Skip to main content

Full text of "Promenades dans toutes les rues de Paris"

See other formats


MA 


RQUIS 


DE ROCHEGUDE | 


R 


PROMENADES 
dans TOUTES les 

ues de Paris 

PAR ARRONDISSEMENTS 


4 


' ARRONDISSEMENT 




r% 



V 




^^ 'or 





COLLECTION G. M. A. 
An Anon^Tiious Donor 



Promenades 

dans TOUTES les 

Rues de Paris 



IV^ Arrondissement 



COULOMMIERS 
Imprimerie Paul BRODARD. 



MARQUIS DE ROCHEGUDE 



Promenades 

dans TOUTES les 

Rues de Paris 



PAR ARRONDISSEMENTS 

ORIGINES DES RUES 

MAISONS HISTORIQUES OU CURIEUSES 

ANCIENS ET NOUVEAUX HOTELS 

ENSEIGNES 



lyo Arrondissement 




PARIS 

LIBRAIRIE HACHETTE ET O 

79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79 

I 9 I O 
Tous droits réservés. 



\5X 



Sj ^'^ 



PROMENADES 



DANS T0UTF3 



LES RUES DE PARIS 



IV ARRONDISSEMENT 



HOTEL DE VILLE 

^er quartier ; St-Merri. \ 3'- quartier : Arsenal. 

2* quartier : St-Gervais. l h^- quartier : Notre-Dame. 



La Cité fut le berceau de Paris. Les murs de la 
première enceinte avaient la Seine pour fossé. L'Ile de 
la Cité s'appela l'Ile du Palais, à cause du Palais des 
Rois qui y était situé. Elle renferme les monuments 
les plus remarquables de la métropole. La partie 
comprise à Fest du boulevard du Palais fait seule 
partie du IV*^ arrondissement. 

Boulevard du Palais (1858). (Côté est.) 

A absorbé la place du Palais, qui fut longtemps le lieu 
où on exposait les criminels, et où le bourreau les mar- 
quait d'un fer rouge sur l'épaule, et la rue de la Baril- 



G PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

lerie qui était jadis occupée par des tonneliers. Cette 
rue de la Barillerie avait été formée elle-même par les 
rues St-iNIichel et St-Barlhélemy : Simone Evrard, 
maîtresse de Marai, mourut en 1825 au 33 de la rue de la 
Barillerie, et la sœur de Marat y mourut également en 
1841. A l'extrémité sud du boulevard, communiquant 
avec la rive gauche, se trouve le pont St-Michelqui fut 
construit en 1378, détruit en 1408, 1547, 1616 et recon- 
struit en dernier lieu par Vaudrey en 1857. Il doit son 
nom à la chapelle St-Michel, où fut baptisé Philippe 
Auguste, qui se trouvait à Tentrée du Palais. 

N"' 9. Caserne des sapeurs-pompiers (État-major). 

Tvjo «7 Préfecture de Police. Elle était située autrefois 
rue de Jérusalem, dans l'ancien hôtel des Pi'ésidents du 
Parlement de Paris (1607). Le Préfet de Police habitait 
l'ancien hôtel de la Cour des Comptes qui était situé 
dans la cour de la Sainte-Chapelle, hôtel qui datait de 
Louis XII et qui, après avoir été incendié, fut reconstitué 
en 1740 par Gabriel. (Voir le P"" ari^ondissement.) A la 
Préfecture actuelle, sous la voûte, inscription des noms 
des victimes du devoir. 

En face de la grille actuelle du Palais se trouvait, 
dans la rue de la Barillerie, la maison des parents de 
Jean Chatel, qui fi'appa Henri IV d'un coup de stylet en 
1594. La maison, rasée, fut remplacée par une pyramide 
expiatoire, puis par une fontaine. 

N° 1. Le Tribunal du Commerce (1864) est sur 
l'emplacement de l'ancienne église St-Barthélemy qui 
datait de 965. Cette église St-Barthélemy, ancienne 
paroisse royale, fut remplacée en partie par le passage de 
Flore (1771) qui disparut en 1858 et qui unissait la rae 
de Constantine (de Lutèce actuellement) à la rue de la 
Pelleterie. Cette rue de la Pelleterie (1183). qui disparut 



IV'= ARRONDISSEMENT. 7 

vers 1860, était sur l'emplacement de la partie nord du 
Tribunal et allait parallèlement au quai, de la rue de la 
Barillerie (boulevard du Palais) à la rue de la Cité. 
L'autre partie de l'église royale et paroissiale de 
St-Barthélemy fut transformée en 1791 en théâtre de la 
Cité, qui devint théâtre du Palais des Vaxnétés en 180G, 
puis théâtre Mozart, loge maçonnique, puis en 1810 
bal public, dit du Prado, qui fut démoli en 1858. 

Rue de Lutèce. 

Précédemment rue et avenue de Constantine. Amé- 
nagée en 1865. Nom actuel en 1880. Les travaux de 
1865 ont fait disparaître, dans le voisinage, la rue de la 
Vieille-Draperie, où naquit Etienne Marcel, qui se trou- 
vait au nord et parallèle à peu près à la rue de Lutèce, 
et la rue de la Calandre (1250) qui était un peu au sud. 
Ces deux rues étaient réunies par deux rues perpendi- 
culaires également disparues, la rue St-Eloi et la rue 
aux Fèves (1260). Celte rue aux Fèves l'ecélait des 
bouges décrits par Eugène Sue dans les Mystères de 
Paris. La fameuse taverne de la Pomme de Pin, fré- 
quentée jadis par Molière, Racine, Boileau, La Fontaine, 
Lully, Mignard, etc., y était située. En 1906 les fouilles 
du Métropolitain ont fait découvrir, rue de Lutèce, près 
de la façade septentrionale de la caserne de la Cité, 
une construction romaine avec hypocaustes. Au 3 sont 
les bureaux de la Gazette du Palais. 

N" 2. Rue Aube (1865). Dénommée ainsi en mémoire 
d'un président du Tribunal de Commerce. Cette rue 
suit le tracé de l'ancienne rue du Marché-aux-Fleurs 
qui allait de la vue de la Pelleterie à la rue de Constan- 
tine, et qui avait été ouverte sur l'emplacement de l'an- 



8 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

cienne église St-Pierre-des-Arcis (926). La façade du 
Conseil des Prud'hommes est sur la rue Aube. Ce 
conseil, qui se trouvait autrefois rue de la Douane, a clé 
transféré là dans le nouveau bâlimcnl du Tribunal de 
Commerce en 1864. 

La statue de Théophraste Renaudot est du sculpteur 
A. Boucher et a été inaugurée en 1893. Elle s'élève non 
loin de remplacement de la maison dite du Grand Coq, 
située jadis rue de la Calandre, où Renaudot avait son 
bureau d'adresses, et où il fonda en 1631 la Gazette et 
les consultations charitables pour les pauvres malades. 

Quai de la Cité. 

Construit en 1785 sur l'ancien Port aux Œufs. Qua^ 
de Breteuil (1788). Quai Desaix (1806). Nom actuel en 
1873. Dans les travaux du JMétropolitain en 1906 on a 
découvert les restes du quai précédent. Cet ancien quai 
était longé jadis par la rue de la Pelleterie dont toutes les 
maisons avaient leur arrière-façade penchée d'aploml) 
sur le fleuve. Ces maisons, condamnées sous Louis XYl, 
ne disparurent que sous le Consulat. 

Le marché aux Oiseaux, qui avait été fondé en 1861 
dans la cour du ÏNIarché-St-Martin, fut transféré quai de 
la Cité en 1881. 

Le marché aux Fleurs est de 1809. Les fouilles occa- 
sionnées par les travaux du Métropolitain en 1906, sur 
l'emplacement du marché aux Fleurs, ont fait reconnaître 
l'existence de deux grands mui's à peu près parallèles 
à la Seine, et coupés par un ti'oisième. Ces murs n'ap- 
partiennent pas au rempart de Lutèce qui passait un peu 
plus loin vers la Seine. Ils sont de l'arrière basse 
époque mérovingienne et faisaient sans doute partie 



IV^ AnnONDISSEMENT. 9 

(l'un vaste édifice construit postérieurement à Tinccndie 
de 585, probablement sous Dagobert. On a découvert 
également en cet endroit, en 1900 el 1907, des stèles, des 
inscriptions, des chapiteaux, des fûts do colonne, des 
monuments funéraires, etc. 

Le pont Notre-Dame occupe la place d'un des deux 
ponts de l'époque romaine. Avant 861 il était construit 
sur pilotis et on devait faire le transbordement des mar- 
chandises. Détruit par les Normands, il fut remplacé, 
sous Charles le Chauve, par le pont aux Meuniers qui 
traversait la Seine obliquement et était défendu par le 
Grand Châtelet. Rétabli sur son ancien emplacement 
après le départ des Normands il prit le nom de pont 
Notre-Dame en 1413 après s'être appelé Grand Pont el 
pont de la Planche-Mibray. Il s'éci'oula, en 1499, entraî- 
nant la maison d'Antoine ^'érard, fameux imprimeur. Il 
fut reconstruit de 1499 à 1507 par Jean Joyeulx, dit 
Joconde, architecte véronnais. Les Français Jehan de 
Doyac et Collinot de la Chesnaye y participèrent. Il fut 
d'ailleurs reconstruit plusieurs fois et en dernier lieu 
en 1853. Après la reconstruction de 1507, les 68 
maisons semblables qui étaient dessus avaient été 
numérotées en lettres d'or et ce fut là le premier essai 
de numérotage des maisons. Ce pont, le plus vieux de 
Paris, servait aux entrées triomphales des souverains. Il 
reçut une décoration spéciale pour l'entrée d'Eléonore 
d'Autriche, femme de François 1'='' (1531), pour celle de 
Louis XIV et de Marie-Thérèse (1600). Au xviii'' siècle 
le pont fut le centre du commerce de luxe. En aval du 
pont et près de la rive di'oite se trouvait, dans une tour 
carrée bâtie sur pilotis, la pompe Notre-Dame (1670 à 
1856), qui alimentait les fontaines avoisinantes. Les 
maisons du pont avaient été démolies en 1786. 



10 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 



Rue de la Cité. 

Formée en 1834 par les rues de la Lanterne, de la 
Juiverie et du Marché-Pallu. 

N° 4. La caserne de la Garde Républicaine de la Cité 
(1860) est sur remplacement de Tancienne rue Sl-Éloi 
qui s'appelait rue de la Cavaleria au xiiF siècle. Celle 
rue était sur remplacement de Tabbaye St-Martial 
fondée par St Éloi, ministre de Dagobert. La première 
abbesse en fut Ste Aure. Les religieuses qui Toccupaient 
furent remplacées au xii'= siècle par les moines de 
St-Maur-des-Fossés. Ce monastère possédait la culture 
St-Éloi sur la rive droite, et la grange Sl-Éloi. La cul- 
ture St-Éloi fut vendue aux xii% xni'= et xiv^ siècles, à 
des particuliers, puis au roi pour son hôtel St-Pol. 
L'abba3'^e St-Martial fut rebâtie et donnée aux Barna- 
bites. Leur église, supprimée à la Révolution (1790), 
devint dépôt du mobilier de l'État. — Le passage dit de 
la Cour des Barnabites a disparu en 1858. La caserne 
est également sur remplacement dune partie de la rue 
de la Calandre, de la rue des Cargaissons, de la rue aux 
Fèves (1260) qui s'appela plus taz'd rue aux Febvres, de 
l'ancien Marché-Neuf (emplacement de l'angle sud-est 
de la caserne) cl de l'église St-Germain-le-^ ieil. 

Quai du Marché-Neuf. 

Existait en 1210 sous le nom de rue de l'Orbi^erie oa 
Herberie. On y conslruisit au xv'~ siècle un marché 
pour les marchands d'herbes et de poissons. Ce marché, 
dit Marché-Neuf, dispai'ut complètement en 1854, époque 
où on construisit le quai actuel. Sur le quai, non loin du 



IV*" ARRONDISSEMENT. 11 

pont St-Michel, se trouvait de 1804 à 1864 la Morgue 
qui antérieurement était au Châielel. Elle fut construite 
en 1830. Victor Cousin, le grand philosophe, est né en 
1792 au Marché-Neuf. 

N° 8. Emplacement de la maison, dite du Grand Coq, 
qui ouvrait rue de la Calandre et sortait au Marché-Neuf, 
Le médecin Théophraste Renaudot y fonda la Gazette, 
premier journal imprimé à Paris (1631). (Inscription.) 

N°' 6 et 4. Emplacement de Téglise St-Germain-le- 
Vieil du ix^ siècle, agrandie en 1458, vendue et démolie 
en 1796. 

N° 2. Administration centrale de la Préfecture de 
Police. 

Le quai communique avec la rive gauche par le Petit 
Pont. (Voir le V" arrondissement.) 

Place du Parvis-Notre-Dame. 

Le Parvis, où se trouvait jadis Féchelle patibulaire 
de l'évêque et la statue du Grand Jeûneur, était bien plus 
étroit qu'aujourd'hui et encombré de boutiques. A 
l'époque de la Révolution, la place était limitée au nord 
par les vieilles maisons de la rue St-Christophe, au midi 
par les bâtiments de l'Hôtel-Dieu qui ont disparu vers 
1882, au couchant par l'hospice des Enfants-Trouvés. 
C'était à peu près le quart de la surface actuelle. Le 
Parvis actuel est formé de l'ancien Parvis et de la rue 
Neuve-Noti'e-Dame construite en 1163 par Maurice de 
Sully. Cette rue s'appela jadis rue Ste-Geneviève-des- 
Ardents, à cause de la chapelle qui, placée en face de la 
cathédrale, devint N.-Dame-la-Petite, ou des Miracles. 
Cette chapelle fut érigée en paroisse en 1132 et démolie 
en 1745. Sur son emplacement s'éleva un hâte! qui devint 



12 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

rhospice des Enfants-Trouvés. Cet hospice, édifié par 
Boffrand en 1748, servit aux Enfants-Trouvés jusqu'en 
1838, époque où ils fuirent transférés rue d'Enfer, puis 
devint le Bureau central des Hôpitaux jusqu'à sa démoli- 
tion en 1877. La rue Neuve-Notre-Dame, dite de la 
Raison en 1793, disparut en 1865. Au sud du Parvis se 
trouve la statue de Charlemagne, œuvre du sculpteur 
Louis Rochet, qui figura aux expositions de 1867 et de 
1878 et ne fut inaugurée officiellement qu'en 1882. 

* L'église Notre-Dame (dont nous ne pouvons nous 
occuper que très succinclement dans ce guide) fut con- 
struite sur l'emplacement d'un temple voué à Jupiter 
par les Romains, et sur une ancienne église de Childe- 
bert. Le pape guelfe Alexandre III en posa la première 
pierre en 1163, et elle fut terminée en 1247. L'église 
St-Jean-le-Rond était adossée à la tour nord de la cathé- 
drale. C'est à la porte de celte église, démolie en 1748, 
que fut déposé l'enfant qui devint Jean le Rond d'Alem- 
bert. L'église St-Denis-du-Pas, qui fut supprimée en 
1790, était adossée au chevet. 

Rappelons binèvement quelques événements histo- 
riques qui eurent lieu à Noire-Dame : En 1239 St Louis 
y apporla la couronne d'épines. Obsèques de St Louis 
(1271). Premiers États généraux (1302). Philippe le Bel 
y pénètre à cheval (1304). Henri VI d'Angleterre y est 
couronné roi de France (1431). Couronnement de jNIarie 
Stuart (1560). Henri IV y entend la messe (1594). Vœu 
de Louis XIII (1638). Abjuration de Turenne (1668). Le 
maréchal de Luxembourg la tapisse des étendards pris 
à l'ennemi. Bossuet y prononce l'oraison funèbre du 
grand Condé (1087). Culte de la Raison. Sacre de Napo- 
léon (1804). Mariage de l'empereur avec Marie-Louise 
(1810). Funérailles du duc de Berry (1820). Mariage de 



IX" ARRONDISSEMENT. 13 

Napoléon III (1852). Funérailles des victimes de la Com- 
mune (1871). Funérailles de Carnol (1894), de Félix Faure 
(1899), du cardinal Richard (1908), etc., etc. Nous ne pou- 
vons pas faire ici la description de la cathédrale, ni de 
son triple portail surmonté de la galerie des Rois, ni de 
ses tours, de sa flèche, ni de Fintérieur qui est d'une 
harmonie parfaite. Rappelons seulement que dans le 
pourtour du chœur se trouvent les tombeaux de 
Mgr Afflue, tué en juin 1848, de Mgr Sibour, mort assas- 
siné, de Mgr Darboy, fusillé par les Communards, de 
Henri-Claude d'Harcourt (œuvre de Pigalle), du cardinal 
de Belloy, de Mgr de Quélen, du cardinal de Noailles, 
du maréchal de Guébriant, du marquis de Juigné, de 
Mgr de Beaumont. Le groupe du Vœu de Louis XIII 
est de Nicolas Coustou. La statue de Louis XIII à droite 
du maître-autel est de G. Coustou ; celle de Louis XIV à 
gauche est de Coysevox. Le trésor de Notre-Dame (ouvert 
tous les jours de dix heures et demie à quatre heures) ren- 
ferme entre autres objets précieux : la Sainte Couronne 
d'épines, le Saint Clou, la croix d'or de ^lanuel Com- 
nène (xii'' siècle), des calices du xiii'^, un fi'agment de 
la vraie croix, la crosse de l'évêcjue Eudes de Sully, la 
discipline de St Louis, des ornements sacerdotaux his- 
toriques, etc. 

En 1711, dans les fondations d'un caveau destiné 
à la sépulture des archevêques de Paris, on a découvert 
neuf pierres sculptées. Une inscription date ces monu- 
ments du règne de Tibère, et constate l'existence des 
nautes parisiens. En 1847, quand on voulut abaiser le 
sol de la place du Parvis, on trouva immédiatement sous 
le pavé les substructions d'un vaste édifice romain qui 
s'étend jusqu'au chevet. L'escalier de 13 marches par 
lequel on accédait jadis à la cathédrale était silué du 



14 IMiOMENADES DANS TOUTKS LES RUES DE PAUIS. 

côté de la rivière et non pas sur le parvis. En 1907 lors 
de la construction d'un égout établi au droit de la façade 
ouest de la cathédrale, on a découvert cjuelcjues vestiges 
de la basilique mérovingienne de la Cité. 

L'ancien archevêché était situé entre la basilique et le 
petit bras de la Seine. (Quai de FxVrchevêché.) Il avait 
été construit en 1697 par le cardinal de Noailles, arche- 
vêque de Paris. C'est dans la grande salle de cet arche- 
vêché que rAsseinblée Nationale tint ses séances pen- 
dant 19 jours, après le 6 octobre, en attendant que la 
salle du Manège soit appropriée. A l'archevêché l'As- 
semblée décréta, sur la proposition d'un évêque (Talley- 
rand), que les biens du clergé seraient mis à la disposi- 
tion de la Nation. L'hôpital du tribunal révolutionnaire 
était situé à l'archevêché. Là fut transférée la princesse 
de jNIonaco qui s'était déclai'ée enceinte, non pour 
sauver sa tête, mais pour avoir le temps de se couper 
elle-même les cheveux. (Voir Paris révolutionnaire de 
M. Lenôtre.) L'archevêché fut restauré en 1809 et 
saccagé en 1831, à la suite de la manifestation légiti- 
miste de St-Germain-l'Auxerrois . II fut détruit peu 
après. 

L'ancien Hôtel-Dieu, qui datait du xii'^ siècle, incendié 
en 1737 et 1772, démoli en 1878, s'étendait sur la partie 
sud du Parvis, le long du petit bras de la Seine, et était 
relié à l'annexe (1029) qui vient de disparaître (1909) 
par le pont St-Charles, qui lui aussi était affecté à 
l'hôpital. Ce pont St-Charles (1651) était une galerie 
vitrée. Il fut remplacé en 1847 par une passerelle 
démolie elle-même en 1878. Dès 1629 l'Hôlel-Dieu s'était 
étendu sur la rive gauche. Avant 1505 l'administration 
de riIôtel-Dieu fut laissée aux chanoines de Notre- 
Dame : à celte époque on y adjoignit 8 bourgeois. L'Hôtel- 



IV AIUIONDISSEMENT. 15 

Dieu actuel a été construit de 1868 à 1878. Les reli- 
gieuses Auguslines, qui donnaient leurs soins aux 
malades depuis de longues années, ont dû quitter 
THôtel-Dieu le 15 janvier 1908! La façade sud longe 
remplacement de Tancienne rue St-Christophe. ex-rue 
de la Regi'atlerie au xiii'^ siècle. Dans cette rue se 
trouvait Téglise St-Christophe où fut baptisé La Bruyère 
en 1645. L'angle sud-est de ITIôtel-Dieu occupe rempla- 
cement de l'église St-Pierre-aux-Bœufs, dont le portail 
a été transféré à St-Sévcrin, Cette église qui existait 
en 1136 fut démolie en 1837. La crypte subsista et 
servit de théâtre jusqu'au commencement du second 
Empire. Un peu au nord de St-Pierre-aux-Bœufs se 
trouvait l'église Ste-Marine, du xi^ siècle, où avaient 
lieu les mariages des personnes ayant subi une con- 
damnation. Les bâtiments ouest de l'Hôlel-Dieu longent 
l'emplac^ement de l'ancienne rue de la Juiverie. Là se 
trouvait l'église de la Madeleine, établie par Maurice de 
Sully en 1189 sur l'emplacement de la synagogue que 
Philippe Auguste avait livrée à Févèque pour en faire un 
temple chrétien (1183) après l'expulsion des Juifs. 
L'église St-Denis de la Châtre où fut enfermé St Denis 
était sur l'emplacement de l'angle nord-ouest, et St-Lan- 
dry sur l'emplacement de l'angle nord-est de T Hôtel- 
Dieu nouveau, qui se trouve également sur l'emplace- 
ment de l'ancienne rue de la Licorne (1269) où habita 
Jean Pitard, chirurgien de St Louis ; de la rue des Mar- 
mousets, jadis rue des Oublieui's, où un pâtissier faisait 
des pâtés de chair humaine de connivence avec son 
voisin, un barbier. C'est un chien, en grattant la terre, 
qui amena la découverte des sinistres débris. La maison 
du pâtissier, qui se trouvait au coin de la rue des Deux- 
Hermites (1220), fut rasée, et ce ne fat que sous Fran- 



16 PROMENADES DANS TOUTES LES KUES DE PARIS. 

çois P'" qu'on put reconstruire là une maison. L'Hôlel- 
Dieu a fait disparaître encore la l'ue de Glaligny qui 
était un val d'auiour, et dans laquelle s'ouvrait la rue 
St-Denis-de-la-Chàtre; la rue des Trois-Canettes, la rue 
de Perpignan, la rue Cocatrix, la rue Si-Landry, la rue 
du Haut-Moulin (1204), cl un tronçon de la rue de Cons- 
tantine (pi^olongemenl de la rue de Lutèce). 

Quai de l'Archevêché. 

Le quai s'appelait quai Câlinât en 1803. L'évêohé de 
Paris se trouvait jadis au chevet de Notre-Dame. Nous 
avons parlé plus haut de l'archevêché, construit en 1097 
par le cardinal de Noailles. C'est cet archevêché, alors 
occupé par Mgr de Quélen, qui fut pillé en 1831 et démoli. 
11 s'étendait au sud de la cathédrale. La sacristie a été 
construite par Lassus et Yiollet-le-Duc. A côté se trouve 
le presbytère. Le (juai communique avec la rive gauche 
par le pont au Double (voir le V'' arrondissement) et 
le pont de l'Arclievêclié (|ui date de 1827. 

Le square de l'Archevêché a été formé en 1837. 
C'était au Moyen âge un terrain vague appelé « Motte aux 
Papelards )> ou simplement le « Terrein », où s'esbau- 
dissait tout le personnel de l'église. Plus tard Boileau 
habita et mourut dans une maison qui se trouvait rue de 
LAbreuvoii' (rue supprimée en 1809) à la place à peu 
près de la fontaine de la Vierge du square. Cette fon- 
taine est de Vigoureux (1845). En 1870 le square devint 
parc d'artillerie. En 1906 on a érigé dans le square le 
buste de Goldoni, donné à la Ville par le duc Melzi d'Eril 
au nom de la Société Dantesque. 

La Morgue est installée sur le quai de l'Archevêché 
depuis 1804. Elle avait quitté le Grand Chàlelet en 1804 



IV*" Ar.nOXDISSr.MENT. 17 

pour le Marché-Neuf où elle resta jusqu'en 1864. Il est 
question de la transporter à la place Mazas, et il faut 
espérer que ce projet sera bientôt réalisé. Les Parisiens 
pourront alors, de la pointe de l'île, jouir d'une vue 
niagnilique. Sur cet emplacement de la ÎNIorgue fonc- 
tionnaient les Eaux clarifiées avant d'aller à l'hôtel de la 
Vieuville. 

Riie du Cloître-Notre-Dame. 

Le cloîti'e Notre-Dame formait jadis une véritable 
cité avec quatre portes. Les chanoines, c|ui touchaient 
un mcreau ou jeton de présence pour assister aux 
offices, y possédaient 51 maisons cju'ils se transmet- 
taient; presque toutes sont détruites aujourd'hui. Phili- 
bert Delorme, cjui était chanoine, mourut au cloître 
Notre-Dame. Fulbert, l'oncle d'Héloïse, était également 
chanoine. La rue du Cloître-Notre-Dame était située 
dans l'ancien cloître ainsi que les églises St-Jean-Ie- 
Rond et St-Denis-du-Pas. Pierre Lescot, l'architecte, 
qui avait été pourvu d'un canonicat dans l'Eglise de 
Paris en 1554, habitait une maison du cloître Notre- 
Dame au moment de sa mort en 1578. 

N'^ 18. Au fond de la cour, maison de chanoine, puis 
bureau des Aides. 

N° 16. Le chanoine Feydeau, puis Jean de Hillerin. 

N° 14. Picot, chancelier de l'Église, confesseur de la 
Brinvilliers. 

Rue Chanoinesse. 

Doit son nom aux chanoines qui l'habitaient jadis. 
Elle est très ancienne et curieuse, et encore habitée 

rv' AKRONI). 2 



18 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

aujourd'hui par des chanoines. Elle était comprise dans 
le cloître Notre-Dame. 

N" 10. Emplacement de la maison de Fulbert, oncle 
terriblement vindicatif d'Héloïse! 

N" 12. Hôtel du xvu" siècle. (Porte). Ici s'ouvre la 
curieuse rue des Chantres (1540) ainsi nommée parce 
que les chantres de Notre-Dame y avaient des écoles. 

N" 5. Rue Massillon. Faisait partie du oloîlie 
Notre-Dame. Nom en 1801 en l'honneur du prédicateur 
(1GG3-1742). Au 1, où se trouve acluellement un garage, 
se trouvait le logis de Fréron, médecin de Charles VI. 
Au 8 se trouve un intéressant hôtel du xvii'' siècle. Cet 
hôtel appartient au département de la Seine et est loué 
au curé de Notre-Dame qui doit y maintenir le siège de 
la maîtrise de la cathédrale. Dans la cour, intéressante 
statue de St Marcel. Au 6, escalier en chêne sculpté con- 
temporain de Henri IV. Au 4, nous voyons une porte 
curieuse, une cour, et un escalier en bois. Au 2, porte 
et cour curieuses. La Harpe habita la rue (à l'ancien 14). 

N° 14. Maison de Bichat. Inscription posée en 1902 
par les soins de la Société de l'Histoire de la Médecine. 
D'après cette inscription Bichat serait mort dans cette 
maison en 1802. 

N° 16. D'après une tradition Racine aurait habité cet 
emplacement. 

N" 18. Emplacement de la Tour, dite de Dagobert, du 
XV* siècle, démolie en 1908. Le pivot de l'escalier en coli- 
maçon, qui était formé d'un seul morceau d'un arbre de 
chêne, a été transporté au Musée de Cluny. De la Tour 
on avait une vue intéressante sur la cathédrale. 

N° 20. Curieuse cour. On a retrouvé, en mars 1908, 
au fond du 18 et du 20, un fragment de l'enceinte de 
Lutèce. 



IV' ARnONDISSEMENT. 19 

N" 17. Porte intéressante. Le cardinal de Retz, dit-on, 
y habita. Lacordaire y logea. — Le 19 est curieux 
(ancienne maison de chanoine). 

N° 20. Maison ancienne et curieuse ainsi que le 22 
(maison de chanoine). 

N" 24. Ancienne maison de chanoine. Grille ancienne 
de marchand de vin. 

Restes de la chapelle St-Aignan (1120) une des vingt 
et une églises de la Cité. Après la suppression du cha- 
pitre de Notre-Dame en 1790, la chapelle St-Aignan, 
l'éunie au domaine national, fut vendue en 1791. L'abside 
de la chapelle a été transformée et coupée en deux par 
un plancher. (Voir 19, rue des Ursins.) 

N° 26. Date de la fin du xviii"^ siècle. Dans le passage 
qui faisait communiquer cette maison avec le 19 de la 
rue des Ursins se trouvent des colonnes qui proviennent, 
dit-on, du couvent des Jacobins de la rue St-Jacques. 
Dans le dallage ont été employés des débris de pierres 
tombales dont on ignore l'origine. Ce ten^ain a dij pri- 
mitivement servir de cimetière. 

N° 26. Rue de la Colombe. Existait en 1228. 
Au 4, curieuse maison du moyen âge qui était jadis à l'en- 
seigne de St-Nicolas. Nous y voyons un médaillon au- 
dessus de la porte. Au 6 inscription : « Le tracé figuré sur 
le sol de la rue devant cette maison désigne l'emplace- 
ment des vestiges de l'enceinte gallo-romaine de la Cité 
découverts en 1898 ». Les 7, 5, 3, sont des vieilles mai- 
sons. Les Raguenet père et fils tenaient, rue de la 
Colombe, une véritable fabrique de vues de Paris (1750 
à 1775). (Voir la série des Raguenet au musée Carna- 
valet. Ces vues décoraient jadis les couloirs de la Sama- 
ritaine). 

En face deJa rue Chanoinesse se trouvait la porte des 



20 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Marmousets, par laquelle on allait du cloître Notre-Dame 
à la rue des Marmousets (emplacement de THôtel Dieu). 

Rue d'Arcole. 

Formée de la rue du Chevet-St-Landry, duviii'^ siècle, 
et de la rue St-Pierre-aux-Bœufs de 1206. Doit son nom 
au voisinage du pont d'Arcole. 

Le pont d'Arcole en 1828, au moment de sa con- 
struction, s'appelait pont de la Gi'ève. Il était en bois et 
on l'appelait communément pont de la Balance. Le 
28 juillet 1830, un jeune homme nommé Durocher, à la tête 
d'une colonne d'insurgés, s'élança sur le pont, un drapeau 
tricoloi'e à la main, en criant : « Mes amis, si je meurs, 
souvenez-vous que je me nomme Arcole! » Il tomba 
frajapé, et depuis le pont a pris sa dénomination actuelle 
qui rappelle surtout la victoire de Bonaparte (1795). Le 
pont a été reconstruit en 1854 par l'ingénieur Oudry. 

Quai aux Fleurs. 

Date du premier Empire et s'appela quai Napoléon. 
A l'angle delà rue de la Cité se trouvait l'église St-Denis- 
de-la-Châtre, et à l'angle de la rue d'Arcole se trouvait 
l'église St-Landry. Les travaux de 1865 ont fait dispa- 
raître l'ancienne rue du Port-Notre-Dame, jadis rue de 
rimage-Ste-Catherine, qui allait de la rivière à la rue 
des INIarmousets. La rue de Glatigny a également dis- 
paru à cette époque. 

N" 11. Rue des Ursins. S'appela rue du Port- 
St-Landry en 1321, puis rue d'Enfer, et rue Basse-des- 
Ursins. Nom actuel en 1831. L'hôtel des Ursins, habité 
par Juvénal des Ursins. prévôt des marchands et chan- 



!%*= ARRONDISSEMENT. 21 

celier au xn» siècle, s'étendait de l'ancienne rue des 
Ui'sins disparue, où il s'ouvrait, jusqu'à la Seine qui 
baignait les deux grosses tours de l'hôtel démoli 
en 1563. (Emplacement de la façade septentrionale de 
l'Hôlel-Dieu.) Les 1, 3, 5 sont des maisons curieuses. 
Le 9 est un ancien logis de chanoine. Le 7 serait sur 
l'emplacement de la maison de Racine, qui ouvrait égale- 
ment IG, rue Ghanoinesse. Au 15 se trouve une école 
des Sœurs de St-Vincent de Paul construite en 1899. Au 
19 sont les restes de la chapelle de St-Aignan fondée au 
xii*" siècle par l'archidiacre Etienne de Garlande. St Ber- 
nard y pi'êcha, et pendant la Révolution on y disait 
secrètement la messe. Les prêtres y venaient, dit-on, 
déguisés en maçons ou en porteurs d'eau. Plusicui's 
pierres ont été transportées au musée Carnavalet. La 
partie subsistante de la chapelle a été ti-ansformée en 
écurie. (Chapiteaux intéressants.) La rue des Ursins pos- 
sède encore d'autres vieilles maisons comme les 11, 12, 
10, 8, etc. En 1908 on a mis à jour dans la rue un frag- 
ment d'un mur gallo-romain. 

N" 9. Maison construite en 1849 sur l'emplacement de 
celle d'Héloïse et d'Abailard (1118). (Inscription.) 

N° 7 et 5. Emplacement d'un ancien rempart du 
v'' siècle. (Fouilles de 1897.) 

Le pont St-Louis. 

Jadis pont Rouge. Fut construit en 1614 par Marie, 
en bois peint en rouge : Incendié en 1656. Reconstruit, 
il fut détruit par les glaces pendant la Révolution. 
Reconstruit de nouveau, il fut remplacé par une passe- 
relle en fils de fer en 1842. Refait complètement sous 
Napoléon III (1862). Ce ponl nous mène à l'île St-Louis 



22 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

L'île St-Louis, formée par File Notre-Dame et Tîle 
aux Vaches, était inhabitée avant 1614. Suivant une tra- 
dition, l'île aurait servi de lice pour les duels judiciaires 
appelés jugements de Dieu. L'île Notre-Dame apparte- 
nait jadis à l'évêque. En 1614, Marie, entrepreneur 
général des Ponts et Chaussées de France, obtint la con- 
cession des deux îlots à condition de combler le canal qui 
les séparait et de relier l'île au quai des Oi'mes par un 
pont qui a gardé son nom. En 1623, Louis XIII céda la 
propriété de l'île Notre-Dame à Jean de Lagrange. 
En 1627, ce dernier subroge dans ses droits les sieurs 
Le Poulletier, commissaire des guerres, Marie, entre- 
preneur général des Ponts et Chaussées de Fi'ance, et Le 
Regrattier, trésorier aux Cent-Suisses, qui se partagent 
l'île en 1630 et l'approprient aux constructions. Le 
chapitre de Notre-Dame qui avait des droits sur l'île 
depuis, dit-on, Charles le Chauve, consentit à la condi- 
tion expresse qu'on ne comblerait jamais le bras de 
Seine qui existe entre la Cité et l'île St-Louis. En 
1664 toute l'île St-Louis était bâtie. 

Rue St-Louis-en-rile (1614 à 1643). 

S'appela rue de la Fi^alernité pendant la Révolution et 
rue Blanche-de-Castille de 1806 à 1814. 

N" 75. Rue Boutarel (1846). Jadis passage Boutarel. 
Doit son nom au propriétaire des terrains, qui était capi- 
taine d'une compagnie de la garde nationale du quartier. 

N° 80. Porte. Au 72 et au 70, ferrures de fenêtres. 

N" 61. Enseigne du Petit Bacchus sur la grille. 

N° 57. Porte cuineuse, ainsi qu'aux 55 et 66. 

*N'^ 51. Hôtel Chenizot (1730). — N. d'Avoust, lieu- 
tenant général civil, y tint ses audiences de 1750 à 1776. 



IV* ARRONDISSEMENT. 23 

Archevêché (1831). On y rapporta le corps sanglant de 
INIgr x\ffre (1848). Caserne de gendarmerie. Balcon sou- 
tenu par des chimères. Très belle porte. Cour intéres- 
sante avec bel escalier au fond à droite. 

N° 58. Le général Charton en 1795. 

N° 45. Rue Budé (1630). S'appela rue Guillaume 
avant 1867. Nom en mémoire du savant philologue 
(1467-1540) cjui détermina François 1='' à créer le Collège 
de France. Maisons anciennes : 18, 8, 4, 13, 15. Le 1 
est la maison natale d'Arvers. (Voir 12, quai d'Oi-léans.) 

N° 54. Là se trouve un ancien jeu de paume, dont le 
toit est recouvert en tuiles. 

N° 52. Hôtel de Valois de Lamare (1750), antiquaire 
et académicien. 

N" 35. Bureau de la Confrérie des Parcheminiers au 
commencement du xvin" siècle. Cette maison possède 
deux étages de caves. 

N" 50. Grille. Les 44, 29, 25, 23, 24 (Porte) sont 
assez intéressants et méritent un coup d'œil. 

N° 27. Chez M. Savare, fabricant de chaussures, jolis 
dessus de portes. Escalier en fer forgé. 

*N° 21. Église St-Louis. Fut à Torigine une modeste 
chapelle construite à ses frais par le maître couvreur 
Nicolas le jeune. En 1633, J.-F. de Gondi avait érigé le 
sanctuaire en église curiale. L'église actuelle fut com- 
mencée en 1664 par Le Vau et achevée en 1726 par 
Jacques Donat. Elle fut inaugurée en 1726 par Mgr Cauiet 
évêque de Grenoble, ^'endue comme bien national en 
Fan VI, et rachetée par la Ville en 1817. Le poète 
Quinault y est inhumé, ainsi que Falconet. Pie VII y 
célébra la messe le 10 mars 1805. (Sépultures de la 
famille de Bailleul, du chevalier d'Hérouval (1689), etc. 
Emaux anciens ; fondation Czartoryski, tableau original 



24 PROMENADES DANS TOUTES LES BUES DE PAUIS. 

de Fra Angelico représentant rAnnoncialion ; tableau de 
N. Halle représentant St Fran(,»ois de Sales et Mme de 
Chantai.) Le clocher à jour avec cadran a été ajouté en 
1741. Portes avec frontons, etc. 

N" 19. Restes de Thôtel du président d'AigremuUe. 

No 15. Porte assez intéressante ainsi qu'au 13. 

N" 13. Le marquis de Fontenay, premier mari de 
Théréza Gabarrus. 

N° 16. Ancien jardin de rhôlel de Meilland qui 
s'ouvre au 19, quai d'Anjou. 

N° 14. Emplacement de l'ancien hôtel de Galard au 
XVI i"^ siècle, 

N" 11. Porte. Marcel Schwob y mourut en 1905. 

N*^ 10. Porte. Mascarons. Poutrelles peintes sous la 
voûte d'entrée. Cour. Ecole St-Louis. Cette maison, 
comme bien d'autres dans Paris, est connue dans le 
quartier sous la dénomination, banale à force d'être 
fréquente, de maison de la reine Blanche. 

N° 7. Arcade de l'hôtel de Le Ragois de Bretonvil- 
iiers, président de la Chambre des Comptes. Cet hôtel, 
construit en 1640 par Jean I" Du Cerceau, s'étendait 
jusqu'à la pointe orientale de l'ile. II était décoré par 
Poussin, Mignard et Vouet. Il fut occupé par le maré- 
chal de Tallard. En 1719 il abritait le Bureau général 
des Aides. En 1782 il était habité par Bernard Delaitre, 
directeur général des Droits d'entrée de Paris et dernier 
seigneur de Charonne (1782). M. de Montrairail en 
était propriétaire en 1790. Séquestré à la Révolution. 
Par décret du 12 juillet 1793, l'hôtel Bretonvilliers fut 
mis à la disposition du ministre de la Guerre pour y 
établir une manufacture d'armes à feu. L'hôtel fut mor- 
celé, détruit par les ponts Sully et disparut en 1840. 
La rue de Bretonvilliers (1614 à 1648) longeait tout 



IV'' ARKONDISSEMENT. 25 

un colé de l'hôlol qui s'y ouvrait au 4. Le 3 de la rue 
de Bretonvilliei's appartenait isolément à Françoise Le 
Ragois de Bretonvilliers, épouse d'Anne d'Héruard, 
inaitre des l'equêtes, tandis que son frère J.-B. Le Ragois 
de Bretonvilliers habitait en face le grand hôtel. Le 1 
dépend de Thôlcl d'Astry (16, quai de Béthune). Au 6, 
cour assez intéressante. 

N"* 5 et 3. Restes de Thôtel Le Ragois de Bretonvil- 
liers (1640). Au 3, intéressante porte de l'hôtel de 
Fénelon (1760) qui se greffait comme une dépendance 
sur l'hôtel Bretonvilliers. Habité par M. Henri Bauër, 
homme de lettres et critique dramatique. 

*N°2. Magnifique hôlel du président Nicolas Lambert 
de Thorigny, construit par Le Vau (1680) et décoré par 
Lesueur, Lebrun, Patel, Romanelli, Herman van Swa- 
nevelt. (Bas-relief de Lepautre et van Obstal.) A 
Nicolas Lambert de Thorigny, président à la Cour des 
Comptes et fondateur de l'hôtel, succéda son fils Jean- 
Baptiste (1692). Son frère Nicolas, président à la 
Chambre des Requêtes (1703) qui mourut sans enfants 
en 1729. Le fermier général Dupin qui fut l'aïeul de 
George Sand. Le marquis du Châtelet-Laumont (1739), 
lieutenant général des armées du Roi. Voltaire y fut 
l'hôte de la marquise. On y joua la comédie. Le fermier 
général iNIarin de La Haye (1768). Rousseau y séjourna. 
M. de ^lontalivet (1809) qui vendit son hôtel à une 
entreprise de lits militaires. La famille Czartoryski 
acheta l'hôtel 160 000 francs en 1843 et le possède 
encore. La princesse Anna Czartoryska y fonda en 1845 
une école pour les filles d'émigrés polonais qui n'a été 
fermée qu"à la mort de sa fille la princesse Dzialynska 
en 1899. Cet orphelinat fut d'aboi'd installé au deuxième 
étage, puis au petit hôtel Lambert. On y donna des 



26 PROMENADES DA.NS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

bals par souscription où le Tout Paris se rendait par 
charité. A Tintérieur les camaïeux de Lesueur ont été 
restaurés par Delacroix. On y voit encore le cabinet de 
l'Amour décoré par van Swanewelt, Patel et Romanelli, 
la galerie d'Hercule peinte par Lebrun, le cabinet des 
Muses, d'où les panneaux de Lesueur éraigrèrent pour 
le Louvre. (Belles portes. Montoirs. Cour intérieure. 
Escalier, etc., etc.) 

N" 1. Vieux et charmant pavillon situé à l'angle de 
l'ancien préau de St-Leu, et faisant partie de l'ancien 
hôtel de Brelonvilliers. Là se tinrent les réunions des 
Arbalétriers avant la Révolution. De 1794 à 1799 la 
maison devint la demeure de Claude de Beauharnais, 
cousin de l'impératrice. 

Quai d'Anjou. 

Commencé en 1G14 par Marie. Aligné en 1640. Achevé 
en 1647. Nom en mémoire du frère de Louis XIII, 
Gaston d'Orléans (1608-1660), qui porta d'abord le titre 
de duc d'Anjou. Sa quatrième fille s'appela Mlle d'Alen- 
çon. Le quai s'appela dans sa partie occidentale c{uai 
d'AIençon, le nom d'Anjou prévalut en 1780. Quai de 
l'Union pendant la Révolution. 

N° 1. Hôtel Lambert de Thorigny (Voir 2, rue Saint- 
Louis-en-l'Ile). 

N° 5. Petit hôtel de Poisson de Marigny, frère de 
Mme de Pompadour (1750). Le comte de Chemillé 
(1778). La famille Pinctot de 1779 à 1843. 

No 7. Faisait partie de l'hôtel Lambert, puis boulan- 
gerie de la Ville. (Fei'rures de fenêtres.) Syndicat de la 
Boulangerie. 

N" 9. Fut habité par le peintre Daubigny. 



IV^ ARRONDISSEMENT. 27 

N°' 11 et 13. Hôtel de Louis Lambert de Thorigny 
(1720), fils du président. Fougeroux, conseiller secré- 
taire du Roi. Famille de Borneville depuis 1825. Au 11, 
ferrures de fenêtres. Au 13, très bel escalier en bois. 
Le 13 fut habité par des artistes : le statuaire de Chaume, 
les peinti-es Daubigny et Alfi'ed Géi'ente, le gi'aveur 
Prévost, etc. 

* N° 17. Hôtel dit de Lauzun. L'entrepreneur 
Le Poulletier était possesseur du terrain en 1630. Il le 
vendit en 1638 à Claude Ribodon, conseiller du Roi, 
qui revendit en 1641 à Charles Griiyn des Bordes, 
commissaire général de la cavalerie légère, lequel fit 
construire la maison de 1650 à 1658. Le sieur des Bordes 
étant décédé en 1682, le curateur Nicolas Ferret vendit 
la maison à Lauzun qui ne la garda pas longlemps. Il y 
épousa, dit-on, sa seconde femme Mlle de Durfort. Dès 
1685 Lauzun vendit Thôtel à Louis-Armand Duplessis 
de Wignei'od, marquis de Richelieu. La marquise de 
Richelieu, devenue veuve, cède l'hôtel en 1709 à 
François Ogier, receveur général des finances à Mon- 
lauban. En 1738, Jean-François Ogier, fils du précé- 
dent, reste seul propriétaire et vend l'hôtel en 1764 au 
marquis de Tessé. A la mort du marquis de Tessé, en 
1769, la propriété échoit à ses petits-enfants : la com- 
tesse de Rieux en a un tiers, le comte et le vicomte 
de Saulx de Tavannes en ont les deux autres tiers. Le 
marquis de Pimodan achète ces deux tiers en 1779 et 
le troisième tiers un an après. Le mai^quis de Pimodan, 
retiré dans ses terres de Champagne, loua une partie de 
l'hôtel en 1788. A sa mort, en 1801, l'hôtel passa à sa 
fille Charlotte de La Violaye qui le vendit en 1802 
pour 40 000 francs à un sieur Hubert. De 1802 à 1842 
les propriétaires furent MINI. Perier, Capon, puis 



28 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Mine Debruge qui vendit Thôlel en 1842 au baron Pichon, 
bibliophile et collectionneur, pour 110 000 francs. C'est 
le baron Pichon qui remplaça la plaque portant le nom 
d'hôtel Pimodan par celle portant le nom de l'époux de 
la Grande Mademoiselle, Lauzun, qui n'habita l'hôtel que 
de 1682 à 1685. Le baron Pichon loua une partie de l'hôtel 
à une pléiade de littérateurs. Baudelaire y habita. Roger 
de Beauvoir y écrivit ses Soirées de V hôtel Pimodan. 
Théophile Gautier y habita également et y fonda le 
Club des Haschif seurs. Michel Pascal, statuaire et 
collectionneur, y habita de 1840 à 1860. Le peintre 
Auguste Boulard y fut aussi locataire. La Ville acheta 
cet hôtel en 1900 pour en faire un musée qui consista 
en un seul tableau pendu dans l'escalier! En 1904 les 
Parisiens de Paris y louèrent un local. En 1906 la Ville 
rétrocéda l'hôtel au baron Pichon, petit-fils du collec- 
tionneur, pour la somme qu'elle l'avait payé en 1900 
(300 000 francs), l^'hôtel a été classé comme monument 
historique le 12 fcvi'ier 1906. Il a été i-estauré en 1907 
intérieurement par l'architecte Juste Lisch. (Dans la 
cour loggia en encorbellement portée par deux lions. 
Bornes. Escalier. Salons magnifiquement décorés, dont 
nous ne pouvons faire ici la description.) 

N'' 19. Hôtel bâti au milieu du xvip siècle par 
Blanc Méliand, pi'ocureur général du Parlement. Hôtel 
de Tessé (1728). Bureau des saisies et recettes. 
Charles de Corbie (1783). (Voir 20, rue Poullelier.) 

N° 19. Piue Poulletier. (Voir la note à la suite du 
quai.) 

No 21. Hôtel du xvii« siècle. 

N°' 23 et 25. Bâtis sur pilotis et quatre puits. Au 23, 
balcon. 

N" 27. Gaillardon, intendant de la Franche-Comté 



IV ARRONDISSEMENT. 29 

au xviii'' siècle. Séquestré à la Révolution. (Balcon. 
INIansardes. Bornes. Vieux puils bouché.) 

N° 33. Façade intéressante. 

N" 35. Edifié pour le cari'ossier de Louis XIV. 

N° 39. Curieuse voûte d'entrée. 

Rue PouUetier. 

Son nom devrait être rue I-.e PouUetier. La rue se 
trouve sur remplacement du canal qui séparait jadis 
l'île Notre-Dame de l'île aux Vaches. Elle doit son nom 
à Le PouUetier, commissaire des guerres, un des entre- 
preneurs des travaux de l'île. 

N" 9. Escalier. Inscription : rue PouUetier. Nous 
revoyons une inscription analogue sur l'église St-Louis. 

N° 20. Portail monumental de l'hôtel de Méliand, 
(Voir 19, quai d'Anjou.) Écusson perlé de forme ovale, 
flanqué de palmes. Cet hôtel de Méliand, puis de Tessé, 
a été acquis par la Ville en 1894. École communale. 
(Escalier.) Les jardins s'étendaient jusqu'à la rue 
St-Louis. 

N" 7. Porte avec statuette de la Vierge. Les sœurs 
de St-Vincent de Paul. 

N° 5 bis. Plaque indiquant l'école des Filles de la 
Charité de la paroisse St-Louis. Aujourd'hui fourneau 
économique. 

N° 12. Mascarons. Portes assez curieuses au 8 et au 4. 

N'^ 3. Vieil hôtel du xvir- siècle, qui fut sans doute 
une dépendance de l'hôtel Hesselin (24, quai de Béthune). 
C'était encore, en 1907, le presbytère de St-Louis. 



30 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Rue des Deux-Ponts (1614), 

Doit son nom à sa situation entre le pont de la 
Tournelle et le pont Marie. (Pour le pont de la Tour- 
nelle, voir le V^ ai'rondissement.) Le pont Marie 
(1618-1635) doit son nom à son constructeur Marie, 
entrepreneur généi'al des Ponts de France, et Tun des 
concessionnaires des travaux de l'île. Marie de Médicis 
en posa le première pierre, en présence de Miron, le 
prévôt des marchands, et d'une foule considérable. Le 
pont fut achevé en 1635 par Jean de La Grange. 11 était 
jadis couvert par cinquante maisons ; une inondation en 
emporta une vingtaine en 1658 et le reste des maisons 
fut démoli en 1788. 

N° 38. Fut habité par le poète Lagrange-Chancel, 
SiUleur des PJi Hippiques contre le Régent. 

N° 36. Vieille maison. Au 28, mansardes. 

N" 14. Voûte d'entrée. Sans en avoir l'air, fut un 
hôtel de Clermont-Tonnerre. 

N"' 4 et 2. Appartenaient au fils du président Lam- 
bert de Thox'igny. 

Les 23, 25, 27, 29, etc., sont anciens et méritent un 
coup d'œil. 

Quai de Bourbon (1614 à 1646). 

De 1792 à 1806 on l'appela quai de la République, de 
1806 à 1845 quai d'Alençon, puis il reprit son nom pri- 
mitif. 

N° 1. Ancien bureau de placement. Grille. Enseigne: 
Au Franc Pinot. 

N" 3. Très jolie boutique Louis X\' (unique à Paris). 



IV"" AURONDISSEMENT. 31 

N° 11. Fut habité par le peintre Joseph Bail (1901). 
Dans le bâtiment du fond, belle rampe en bois sculpté 
du commencement du xvii<= siècle. 

* N°* 13 et 15. Hôtel de Le Charron, intendant des 
finances (1630) ; de Vitry, au commencement du xviii" siè- 
cle, La porte du 15 est curieuse. Cour très intéressante. 
Meissonier y eut son atelier et c'est lui qui fit construire 
réchauguette dans la cour. Escaliers. 

N° 17. Faisait partie de l'hôtel de Jassaud. 

N° 19. Hôtel de Jassaud, famille de robe (1640); de 
Maupas, conseiller au Parlement de Rouen. Façade à 
trois frontons. Habité par >L Maurice ^Nlaindron, homme 
de lettres. 

N° 19 bis. Statue de la Femme sans tète et rue Le 
Regrattier. (Pour la rue, voir la note à la suite du quai.) 

N° 21. Hôtel de Jassaud d'Arquinvilliers (1692). 
Nicolas Poulet, secrétaire du Roi, le vendit en 1700 à 
Le Boulanger, maître des comptes. (Restauré.) 

N° 25. Fut, dit-on, un des hôtels du duc de Nevers. 

N° 29. Très belle porte et escalier en fer forgé. 
Hôtel Roualle de Boisgelon (1750). 

N° 33. Rue Jean-du-Bellay. S'appela rue du Bellay 
en 1867, en mémoire de Jean du Bellay (1492-1560), 
évèque de Paris et écrivain. Le prénom a été ajouté 
en 1906. 

N° 43. Hôtel du xviii*' siècle. 

N''45. Hôtel construit en 1659 par François Le Vau, 
frère de l'architecte de Thôtel Lambert. Les Le Bou- 
langer le possédèrent. (Médaillon représentant un Cen- 
taure.) 

Philippe de Champaigne habita à côté quelque temps. 

N" 49. Appartenait à Jean Rillard de Fontenay, 
gendre de Le Vau. Les 51 et 53 sont également anciens. 



32 PROMENADES DANS TOUTES LES nUES DR PARIS. 

Rue Le Regrattier (1614). 

Doit son nom à Le Regrattier, trésorier aux Cent- 
Suisses, l'un des concessionnaires des travaux de File. La 
partie nord de la rue s'est appelée longtemps rue de la 
Femme-sans-tête à cause de la statue mutilée qu'on voit 
encore au coin du quai de Bourbon. On disait jadis : 
Rue Regratière. 

N° 28. Inscription : Rue de la Femme-sans-Tesle. 
Ancien hôtel ainsi qu'au 26 et au 24. 

N° 10. Porte assez intéressante ainsi qu'aux 4, 2, 5, 

N°9. Ancienne maison ainsi qu'aux 11, 15, 21, etc., etc. 

Coffinhal, au commencement de la Révolution jusqu'à 
Thermidor an II, habita le 5 (ancien) et on raconte que 
c'est lui qui a mutilé la statue. Falconet est mort dans la 
rue Le Regrattier en 1791, ainsi que l'évéque Gobel qui, 
le premier, se déprêtrisa devant la Convention. 

Quai d'Orléans (1613 à 1646). 

Doit son nom à Gaslon d'Orléans, Irère de Louis XIII. 
Quai de l'Égalité de 1796 à 1806. Daubenton y logeait 
en 1811. 

N° 28. Joli balcon, ainsi qu'au 20. 

N" 18. Hôtel Rolland du xviii" siècle. Porte et heur- 
toir. 

N° 12. Balcon. Maison natale du poète Arvers, l'au- 
teur du fameux sonnet, qui naquit là en 1806. (Médaillon 
du poète posé en 1906.) La dame du fameux sonnet 
était la fille de Charles Nodier, Mme Marie-Antoinette 
Menessier, qui fut belle et sage. 

N" 6. Musée Adam Miokicwicz et lîibliothèque Polo- 



IV ARRONDISSEMENT. 33 

naise depuis 1838, fondée par la Société historique polo- 
naise et cédée en 1893 à rAcadémie des sciences de 
Cracovie. Servait de pied à terre à Mgr Perraud, car- 
dinal et académicien, mort en 1906 à Autun. Belle porte 
sculptée. 

Quai de Béthune (1614 à 1646). 

indis quai du Dauphin, puis des Balcons. Quai de 
Béthune en souvenir de la prise de celte ville, ou à 
cause de Maxiinilien de Béthune, duc do Sully (IjGO- 
1641). De 1792 à 1806, ce fut le quai de la Liberté, puis 
il reprit son nom de Béthune. 11 communique avec la 
rive gauche par le pont de la Tournelle (1656). (Voir 
le V^ arrondissement.) 

N° 38. Enseigne de l'Ancre. 

N° 36. Hôtel du président Perrault. Au temps de la 
Fronde, les caves servaient d'entrepôt d'armes qu'on 
faisait sortir la nuit par une gargouille donnant sur la 
Seine. 

N° 34. Habité par M. Maurice Tourneux, homme de 
lettres. 

N" 32. Balcon. Date de Louis XIV. Le chevalier 
Turgot, père du ministre. 

N" 30. Construit en 1672. Faisant corps avec le 32. 
On a bouché en 1899 un souterrain qui, des caves, menait 
à la Seine. Ces souterrains s'appelaient jadis des portes 
d'eau. Après un procès on a rétabli en 1902 cette porte 
d'eau, et elle a été de nouveau bouchée. M. Pichon, 
ministre des Affaires étrangères, y habitait (Balcon. 
Mascaron au-dessus de la porte.) 

N° 26. Hôtel de Binanville au xviii"^ siècle. De Sainctot 
au xvii'' siècle. 

1V« ARROND. 3 



îi'i PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

* N° 24. Construit en 1050 par Le Vau pour Denis 
Hesselin, panetier du Roi et prévôt des marchands. 
Hôtel Molle (1669). Un nonce y habita et y eut une cha- 
pelle (1713). Le sieur Monerat. Hôtel dVVrnbrun (1737). 
Le lieutenant criminel Vegre. Le sieur Brochant dont la 
veuve eut pour héritier M. Lechanteur dont la fille 
épousa M. Parent-Duchâtelet. Famille Parent-Duchâ- 
telet, (Balcon. Portail scupté avec lèles de bélier par Le 
Hongre, très jolie cour en deini-lune d'où Ton a une vue 
sur l'église St-Louis; fontaine dans la cour, etc.) 

N" 22. Construit par Le Vau. — Lefeuve de La Mal- 
maison, conseiller aux Aides sous Louis XIV. (Balcon. 
Porte.) 

N° 20. Balcon. Porte. Bel escalier en fer forgé. Celle 
maison possède un plafond peint par Mignard et une 
décoration inédite de Bérain. 

N'^' 18 et 16. Le 18 fut bâti par les parents de Marie 
de Coomans, sur une place qui avait été acquise en 1643 
du sieur Philippe de Colange. Marie de Coomans d'Astry, 
épouse de Jean Rouillé, comte de Meslay, déjà proprié- 
taire du 18 (hôtel dit d'Astry) acheta en 1706 Thôtel 
voisin, le 16, qui avait été bâti en 1661 par un financier. 
Elle réunit les deux immeubles et les légua à son petit- 
fils Rouillé, comte de Meslay. l'^n 1727, les deux mai- 
sons réunies reviennent à Marguerile-Théi^èse Rouillé, 
veuve d'Armand Duplessis, duc de Richelieu, père 
du maréchal. Cette dame Rouillé, belle-mère du maré- 
chal, lui laissa son hôtel, et dès lors l'hôtel est dit Hôtel 
de Richelieu. Sans doute le maréchal n'y habita pas. A 
sa mort, en 1788, l'hôtel revint à son fils unique Louis- 
Antoine Duplessis de Richelieu. La veuve de ce der- 
nier, Marie -Antoinette de Galliffet, vendit en 1791 à 
M. Delorme, négociant, cl il y eut de nouveau disjonction 



IV' ARRONDISSEMEXT. 35 

entre les deux hôtels. I^e 16, reconstruit sous le Direc- 
toire sur l'avant-corps de l'hôtel Richelieu, appartenait 
au commencement du xix'^ siècle à Mme Favel, née 
Roger, et resta dans cette famille jusqu'en 1886, époque 
où il fut acheté par Mme Lelong, célèbre collection- 
neuse qui, à sa mort, légua sa fortune aux artistes musi- 
ciens. On se souvient de la vente sensationnelle de la 
belle collection de Mme veuve Lelong (190G). Au 18 
se trouve une très belle cour. L'entrée de Ihôtel était 
jadis rue St-Louis. 

N" 14. Sur l'emplacement d'une partie de l'hôtel de 
Bretonvilliers. Cette maison qui a été exhaussée était 
vers 1835 le siège deladministration des Hydrothermes, 

L'hôtel de Bretonvilliers occupait la partie orientale 
de l'île depuis la rue de Bretonvilliers. Il s'étendait au 
nord jusqu'à la rue St-Louis. 

Les ponts de Sully ont été construits de 1874 à 1876. 
Celui du sud remplace le pont de Constantine, et celui 
du noi'd celui dit de Damiette. Le terre-plein qui sépare 
ces deux ponts et qui forme aujourd'hui l'amorce du 
boulevard Henri-IV est sur l'emplacement des jardins 
de l'hôtel de Bretonvilliers. 

A l'extrémité de l'Ile, dans le petit square, les admi- 
rateurs français et américains du grand statuaire anima- 
lier Barye lui ont élevé un monument en 1894. (Au 
sommet le Centaure.) Le groupe du lion et du sez'pent 
a été fondu par Barbedienne. Derrière la statue, se 
trouve la passerelle de l'Estacade, par laquelle nous 
sortii'ons de lile Saint-Louis. 



30 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 



Quai Henri-IV. 

Le quai Heuri-lV occupe l'emplacement des anciennes 
berges méridionales de Tîle Louviers qui a été réunie 
en 1843 à la rive droite. L'île Louviers fut achetée au 
début du xv^ siècle par le sire de Louviers, seigneur du 
Châtelet. Elle s'appelait jadis : île aux Javeaux (1370) et 
île d'Entx^agues. Plusieurs historiens disent qu'elle 
s'appela : Bouteclou, puis île des Ormetiaux. Quoi qu'il 
en soit, après avoir appartenu à Mme Pcrnelle de Villiers 
en 1383, elle prit le nom de son nouveau propriétaire 
Louviers au xv*^ siècle. En 1697 elle appartenait à M. de 
Gesvres qui l'avait acquise de M. Talon et de la comtesse 
de Grammont et en 1790 elle devint la propriété de la 
Ville. Les arbalétriers s'y exerçaient au tir. En 1806 
c'était un marché de bois à brûler. En 1848 on y établit 
des baraquements d'artillerie. Depuis le xviii'' siècle 
l'île Louviers communiquait avec la rive droite par le 
pont dit de Grammont qui débouchait sur le quai des 
Célestins, dans l'axe de la rue du Petit-Musc. Le quai 
actuel longe le port Henri-IV qui fut créé en 1843. 

N° 40. Rue Agrippa-d'Aubigné (1807). Nom en 
mémoire du soldat écrivain, aïeul de Mme de Main- 
tenon (1550-1630). 

N'^ 36. Magasins de la Ville de Paris qui sont sur 
l'emplacement de la rue de l'Ile-Louviers, rue qui allait 
du quai au boulevard Morland. 

N" 30. Rue de Scliomberg (1841) . Prolongée en 1848 
dans sa partie sud. Nom en mémoii'e du maréchal de 
Schomberg (1583-1632) ou en mémoire de Gaspard de 
Schomberg, capitaine et homme d'État (1540-1590). Au 
4, caserne de la Garde Républicaine. 



IV'' ARRONDISSEMENT. 37 

N" 30. Archives de la Seine (1892) (Municipales et 
Dépai'tementalcs). Les Archives reconstituées après la 
Commune étaient avant au palais de la Bourse. 

N'' 12. Rue Coligny (1841). Nom, en 1844, en 
mémoire de Tamiral (1517-1572). 

N° 12. Laboratoire central des Poudres et Salpêtres. 

A Textrémité orientale du quai, le pont Morland 
tx-averse la gare de TArsenal, ex-bassin du canal 
St-Martin. Ce bassin, qui forme l'extrémité du canal 
St-Marlin, occupe remplacement des anciens fossés de 
l'Arsenal. Le bureau d'octroi qui se trouve près du 
pont IMorland occupe l'emplacement du jardin de la 
curieuse maison éclusière du bassin de l'Arsenal que 
les travaux du Métropolitain ont fait disparaître en 
1906. 

Boulevard Morland. 

Occupe l'emplacement de l'ancien Mail, établi du 
temps d'Henri lY, qui longeait le Grand Arsenal. En 
1770 le Mail devint quai du Mail, et, rappelons-le, 
longeait le petit bras de la Seine qui séparait la terre 
ferme de l'île Louviers. En 1806 le quai du Mail devint 
quai du Colonel-Morland, en l'honneur du colonel tué à 
Austerlitz en 1805. Le corps du général Morland (il fut 
nommé général après sa mort) ne fut pas mis dans un 
tonneau de rhum comme le raconte JMarbot, mais il fut 
embaumé par Larrey, et resta exposé dans le cabinet 
d'anatomie de l'École de médecine de Paris, jusqu'en 
1818. Lorsque l'île Louviers fut réunie à la inve di'oite 
en 1843, l'ancien quai devint boulevard Morland (1844). 
Au xv'= siècle, les magasins de la Hanse parisienne se 
trouvaient sur l'emplacement de ce boulevard. Sous le 



38 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

second Empire il y avait sur ce boulevard un bal disparu 
qui se nommait : les Jardins de TxVrsenal. 

N° 5. Décoré de médaillons modernes. 

N° 6. Rue Grillon (1843). Sur les terrains de l'ancien 
Arsenal. Nom en mémoire du compagnon d'armes 
dlïenri IV (1541-1615). 

N° 10. Rue de Brissac (1843). Sur les terrains de 
l'Arsenal. Nom en mémoire du maréchal de Brissac, 
moi't en 1621. 

N" 18. Intéressante façade de la Bibliothèque de l'Ar- 
senal. (Canons, mortiers, bombardes, etc.) (Voir rue de 
Sully.) En face, au 17, niagasins de la Ville. 

Rue de Sully. 

Rue créée en 1807 sur l'emplacement des cours du 
Grand Arsenal. Nom en Thonneur du ministre 
d'Henri IV, grand maître de l'Artillerie (1560-1641). 

* L'ancien Arsenal, construit sous Henri II, sur l'ancien 
Chamjvau-Plâtre, où François I" avait déjà fait fondre 
des canons, occupait un vaste emplacement qui s'éten- 
dait entre la Seine et la Bastille, à laquelle l'Arsenal 
communiquait. Cet Arsenal consistait en constructions 
diverses, et plusieurs moulins à poudre. Après l'explo- 
sion de 1572, Henri IV y réédifîa un nouvel arsenal, 
sous le nom de Granges d'Artillerie. Louis XIII et 
Louis XIV contribuèrent à l'embellir. Sous Louis XIV 
la fonte des canons fut remplacée par la fonte des statues 
destinées au parc de Versailles et autres résidences 
royales. Le Régent reconstruisit une partie des bâti- 
ments sur les dessins de Boffrand, et en 1788 
Louis XVI suppi'ima l'Arsenal et on ouvrit sur son 
emplacement plusieurs rues. Un bâtiment a survécu, 



IV ARKONDISSEMENT. 39 

c'est celui qui sex't de Bibliothèque dile de l'Arsenal qui 
ouvre au 3 de la rue de Sully. 

Le bâtiment primitif, achevé sous Henri IV, fut 
l'emanié par Bofirand en 1718, et sous le second Empire 
la façade a été complètement refaite. Les appartements 
en bordure du boulevard Morland ont été construits 
pour le duc et la duchesse du Maine après la cassation 
du testament de Louis XIV. Sully logeait à l'Arsenal. 
La Chambre ardente s'y réunit pour juger Fouquet 
et Mme de Brinvilliers. Le duc de La Meilleraye, grand 
maître de T Artillerie, mourut à l'Arsenal en 1664. 
Mme de Genlis, pensionnée par Napoléon, y logea. 

Le fondateur de la Bibliothèque fut M. de Voyer 
d'Argenson, marquis de Paulmy (1757). Il la vendit en 
1785 au comte d'Artois. Celui-ci y ajouta en 1787 une 
partie de la bibliothèque du duc de La Vallière. Pro- 
priété nationale en 1792. Ouverte au public le 9 floréal 
an IV. Louis XVIII la rendit au comte d'Artois et elle 
fit de nouveau retour à l'Etat après la Révolution de 
Juillet. Charles Nodier, le bibliophile Jacob, le vicomte 
Henri de Bornier qui y mourut, J.-M. de Heredia, en 
furent bibliothécaires (10 000 manuscrits, 200 000 vo- 
lumes, etc.). M. Funck-Brentano, homme de lettres, y 
habite. Dans la galerie du rez-de-chaussée se trouve un 
fragment considérable de l'enceinte de Charles V. — 
Escalier en abîme. (Oratoire de la duchesse de La Meil- 
leraye, où on voit son portrait sous le costume de Marie 
Stuart; le prétendu cabinet de Sully, changé de place en 
1864 par l'architecte Labrouste ; salle de musique de la 
duchesse du Maine, etc., etc.). 



40 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Rue Mornay (1841). 

Dans sa partie ouest, elle s'appelait primitivement 
rue de Sully. Elle a été prolongée en 1878 jusqu'au bou- 
levard Bourdon, sur l'emplacement des anciens greniers 
de réserve. Nom en mémoire de Duplessis-Mornay (1549- 
1623), partisan huguenot do Henri IV. 

N" 2. Rue de l'Arsenal (1829). Tracée sur Tan- 
cienne avenue de TArsenal qui allait du Grand Arsenal 
au Petit Arsenal, puis elle lit partie de la rue de FOrme 
(la partie supérieure de la rue de FOrme est devenue 
rue Jacques-Cœur). A Fendroil où la rue de l'Arsenal 
rencontre la rue de la Cerisaie se trouvait la cour sud 
du Petit Arsenal, qui était devenue un passage. Sous le 
second Empire l'administration des Poudres était située 
du côté impair, au coin de la rue de la Cerisaie. 

Boulevard Bourdon (1806). 

Nom en mémoire du colonel tué en 1805 à Auslerlitz. 
Longe le port de l'Arsenal. C'était jadis une allée qui 
longeait le fossé de l'Arsenal, depuis la Seine jusqu'à la 
Bastille. Depuis 1822, le canal St-Martin a remplacé, 
entre la Bastille et la Seine, l'ancien fossé de l'Arsenal. 
Le mur d'escarpe de ce fossé avait remplacé au 
xvi'= siècle le mur d'enceinte de Charles Y. 11 fut sur- 
élevé et couronné d'un parapet pour devenir le mur du 
(juai actuel du boulevard Bourdon. Les greniers d'abon- 
dance (1807), sous le second Empire, s'étendaient le 
long du boulevard Bourdon entre le boulevard Morland 
et la rue Bassompiei're. Ils furent brûlés par la Com- 
mune (du 1 au 21). La Compagnie des Omnibus occupe 



IV'^ ARRONDISSEiMENT. 'il 

une partie de cet emplacement. Le Petit Arsenal, qui 
datait de François I" occupait l'emplacement qui s'étend 
du 21 à la place de la Bastille. Sur le boulevard Bourdon 
se tint la foire aux jambons de 1840 à 1869. 

N° 21. Rue Bassompierre (1841). Nom en l'hon- 
neur du maréchal François de Bassompierre (1579- 
1646). 

Rue de la Cerisaie. 

Percée en 1515 dans sa partie ouest sur les jardins de 
l'hôtel St-Pol (emplacement d'une allée de cerisiers). 
Son extrémité du côté du boulevard Bourdon a été 
percée après le premier Empire, sur l'emplacement du 
Petit Arsenal. 

N° 10. Emplacement de l'hôtel du fameux et intrigant 
financier Zamet, ami d'Henri IV. C'est là que la belle 
Gabrielle, en soupant, fut prise d'un mal subit et mortel. 
Hôtel du connétable de Lesdiguières (1614). Le maré- 
chal de Villeroi en hérita après la moi"t de la duchesse 
de Lesdiguières et y reçut Pierre le Grand en 1717. 
(Inscription.) En 1776 la maison fut occupée par le 
conseiller d'État Drouin de Vandeuil. En 1826 c'était 
une pension oîi Ledru-Rollin et Ste-Beuve firent leurs 
études. L'hôtel Lesdiguières possédait de très grands 
jardins. 

N° il. Maison du xviii" siècle avec médaillon sur la 
façade et dans la cour. 

N° 15. Restes de l'hôtel de Titon du Tillet, ancien 
maître d'hôtel de la Dauphine et protecteur des arts 
(1690). (Deux escaliers intéressants.) Aujourd'hui 
chambre syndicale de l'Ameublement (1866). 

N" 16. Vieille maison. (Lavoir dit de l'Ai'senal.) L'ar- 



42 PROMENADES DANS TOUTES LES HUES DE PARIS. 

chitecte Fetil-Radel demeurait au IG (ancien) de la rue 
de la Cerisaie. 

N" 22. Emplacement de la maison de Philibert 
Delorme. 

N° 25. Ancien hôtel (surélevé). 

N° 29. Enseigne de marchand de bois. Le 31 est assez 
curieux. 

Dans la rue de la Cerisaie s'ouvi'ent les rues de 
Lesdiguières et Jacques-Cœur. 

JRize de Lesdiguières {Il kO). 

Doit son nom au connétable de Lesdiguières (1543- 
1626) dont l'hôtel s'ouvrait au coin de la l'ue de la Ceri- 
saie. Elle est tracée sur l'ancienne impasse Lesdiguières 
démolie en 1792, par laquelle le peuple s'introduisit dans 
les jardins particuliers de Launay lors de la pi'ise de la 
Bastille. Balzac habita le 9 en 1819. A l'angle de la rue 
de Lesdiguières et de l'ancienne cour de l'Orme se trou- 
vait la curieuse maison, dite de la Vieille Souche, dis- 
parue sous le second Empire. 

N"' 14 et 13. Sont restés intacts. Le 9 est ancien. 

N" 10. Reconstruit en 1901. On y voyait encore avant 
la reconstruction un ancien mur de clôture des dépen- 
dances de la Bastille. Ce mur formait la mitoyenneté du 
fond des maisons compj'ises entre les l'ues de Lesdi- 
guières et Jacques-Cœur. Sur l'emplacement du 10 se 
trouvait, en 1832, un petit théâtre de société dit du Père 
Thierry. Vers 1836 ce théâtre se transporta impasse 
Guéménée, puis il alla sous la direction de Fanfan, 
gendre de Thierry, rue Ste-Croix-de-la-Bretonnerie 
et dispai'ut peu après. 



IV* AIUIONDISSEMENT. 43 



Rue Jacques-Cœur (1829). 

Faisait primitivement partie de la rue de 1 Orme qui 
allait jusqu'à la rue Schoniberg. Nom en 1869 en 
mémoire de Targenticr de Charles VII (1400-1450). 

Boulevard Henri-IV. 

Percé en 1866 et dénommé en 1877. 

N" 37. Rue Castex (1805). Sur remplacement de 
l'ancien couvent des Filles Ste-INIarie. Nom en mémoire 
du colonel tué à Austerlitz (1760-1805). Le 12 de la rue 
est assez curieux. Au 5 se trouve une entrée du temple 
Sle-]Marie (voir 17, rue St-Antoine). 

N" 22. La caserne des Gélestins occupe remplace- 
ment d'une partie de l'ancien couvent des Gélestins 
fondé en 1365 sous Charles V. La chapelle démolie en 
1849 contenait les tombeaux du duc d'Orléans et de 
Valentine de iNIilan, de Marguerite de Luxembourg, de 
Sébastien Zamet, de Philippe de Chabot (par Jean 
Cousin), des Longueville, etc. Elle renfermait également 
le cœur de François II, de Henri II, de Charles IX, de 
Catherine de Médicis (monument de G. Pilon), du con- 
nétable de Montmorency, la statue des Trois Grâces de 
G. Pilon (actuellement au Louvre), etc. L'ordre fut 
supprimé en 1778. L'ancien couvent fut occupé, en 1784, 
par un hospice médico-électrique, puis en 1785 par l'ins- 
titution de l'abbé de l'Épée pour les sourds-muets. La 
Révolution en transforma une partie en magasin de bois 
de charronnage, et les restes se convertirent ultérieure- 
ment en un quartier de cavalerie. L'emplacement du 
célèbre cloître des Célestins est traversé par le bou- 



44 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

levard Henri-IV. Avant 1904 on voyait encore, en face 
delà caserne actuelle, les restes de l'ancien couvent qui 
étaient occupés par la caserne dite du Petit-Musc. 
C'était l'infirmerie des Célestins, infirmerie dont la pre- 
mière pierre avait été posée en 1729. Ces bâtiments ne 
servirent que cinquante ans aux Célestins qui furent 
dissous en 1778. (Emplacement de la rue Jules-Cousin.) 
La caserne a été construite en 1892 par l'architecte 
Jaccjues Ilermant et comprend l'hôtel de l'état-major au 
coin de la rue de Sully, le pavillon des officiers à gauche, 
et le pavillon des sous-officiers mariés au milieu. La cour 
de manœuvres a 9 000 mètres de surface, et se trouve 
sur l'emplacement des anciens jardins du couvent. 

N" 12. Inscription placée sur la caserne indiquant 
l'emplacement de l'église du couvent des Célestins. 
M. Parés, chef de la musicjue de la Garde républicaine et 
compositeur, y habite. 

N" 15. Rue Jules-Cousin (1904). Sur l'emplace- 
ment de la caserne dite du Petit-Musc. Nom en mémoire 
de Férudit qui fut un des fondateurs de la bibliothèque 
de la Ville et du musée Carnavalet (1830-1899). La 
caserne du Petit-Musc avait été construite vers 1840 par 
Charles, architecte de la Ville. 

JRize du Petit-Musc. 

Existait déjà en 1358. C'était un val d'amour et le 
nom vient par corruption de son ancien nom : « Rue de 
la Pute-y-muse ». 

N° 1. Ecole Massillon. (Voir 2, quai des Célestins.) 

N" 20. E. de Menorval y mourut en 1897. 

N" 29. Derrières de l'hôtei Charny, ainsi qu'au 31 qui 
a été reconstruit. 



IV* AlîRONDISSEMENT. 45 

N" 35. Aubei'ge de la Herse d"Or. (Cour curieuse.) 

La rue possède encore de vieilles maisons comme les 
22, 24, 21. 27, 30, 34, 33. 

Dans la rue se trouvait Tauberge du Chariot d'Or, 
d'où partirent en 1392, pour attaquer Olivier de Clisson, 
les hommes de Pierre de Craon. 

A l'extrémité sud de la rue, du côté des chiffres pairs, 
se trouvait avant 1904 la caserne dite du Petit-Musc, 
construite vers 1840, qui occupait une partie des locaux 
des Céleslins. A son extrémité nord, le même côté pair 
de la rue longe un côté de l'hôtel de ^Mayenne. (Voir 21, 
rue St-Antoine.) 

Rue Beautreillis. 

Tracée en 1555. Doit son nom à une belle treille des 
jardins de l'hôtel royal St-Pol. La partie entre la rue 
des Lions et la rue Charles-V s'appelait rue Gérard- 
Beauguet avant 1838. Celte dénomination subsiste encore 
enbeaux caractères surlen°l,à l'angledela ruedesLions. 

N"» 29-27. Curieux. 

N° 21. Date de Louis XIII. 

N" 22. Hôtel Maupertuis. (Partie de l'hôtel Charny.) 
Du 22 au 14 s'étendait l'hôtel Beautreillis qui, sous 
St Louis, appartenait à Philippe Commin qui exerçait le 
métier de changeur. Cet hôtel lut incorpoi'é dans l'hôtel 
royal de St-Pol, ainsi que l'hôtel de la Pute-y-muse, 
l'hôtel des Lions, etc. 

N° 20. Emplacement de l'hôtel Charny (1676) qui 
s'étendait jadis du 12 au 24. C'est un membre de celte 
famille bourguignonne qui donna le Saint Suaire, actuel- 
lement à Turin, au duc de Savoie. La famille du ministre 
Machault l'occupait sous Louis XVI. L'hôtel fut vendu 



46 PROMENADES DANS TOUTES L?.S RUES DE PARIS. 

en 1753 pai- M. de Siry, seigneur de Charny, à Dumas, 
officier de la Reine, beau-pèi'e du baron Dunoyer. Le 
baron Dunoyer, frère de Coffinhal. (Dunoyer était le 
nom de famille de sa mère.) 

N° 17. Emplacement de l'hôtel de Brenne au xm'' siè- 
cle, d'Estampes au xiv^. Acquis par Charles V pour la 
création de Thôtel St-Pol (1361), il devint hôtel de la 
Reine. Reconstruit sous Henri IV, il fut Thôtel du pré- 
sident de Plancy (1780). Démoli en 1902. C'était une 
maison 1res curieuse qui appartenait à la comtesse de 
Flavigny depuis 1868. Des passages souterrains menaient 
à la Seine, à la Bastille, à l'hôtel de la Brinvilliers (?) Son 
jardin faisait partie du cimetière de St-Paul et on y avait 
découvert un cercueil de plomb de l'époque de la Fronde. 
Lors des fouilles de 1902. on n'a rien trouvé de très 
intéressant. L'opinion publique était très surexcitée, car 
on croyait devoir y retrouver les restes de l'Homme au 
masque de fer, qui fut enterré dans le cimetière St-Paul. 
On a cru reconnaître dans ce prisonnier plusieurs per- 
sonnages importants notamment : le duc de Beaufort, 
le duc de Monmoulh, le duc de Veinnandois, un fils 
d'Henriette d'Angleterre, un fils naturel de Marie de 
Neubourg, le patriarche arménien Avedick, etc., etc. Le 
baron de Gleichen prétend que l'homme au masque de 
fer était le fils de Louis XIII et d'Anne dAutriche, tandis 
que Louis XIV n'était en réalité que le fils d'Anne d'Au- 
triche et de Mazarin. Les intéressants travaux de 
M. Funck-Brentano ont réduit à néant toutes ces 
légendes, absurdes pour la plupart, et nous savons 
maintenant que l'homme au masque de fer était le comte 
Mathioli, secrétaire de Chai'les II de Mantoue,qui por- 
tait tout simplement un masque de velours, et mourut à 
la Bastille en 1703. 



IV^ ARRONDISSEMENT. 47 

N*^ 16. Petit hôtel Charny, sur l'ancien jeu de paume 
de la Courtille Beautreillis. V. Sardou y est né en 1831. 

N" 14. Hôtel de Lyonne. Pension Menorval en 1870. 
(Toit en tuiles.) 

N" 11. Le conseiller Pierre Hérouard du Mesnil 
(1635). Le marquis de Reinty qui le vendit en 1719 à 
Claude de Rye, capiloul de Toulouse. Le financier 
Crozat l'acheta et le vendit en 1736 à Benjamin Guilhon, 
sieur de Montleveau, qui eut pour successeur Jacques Le 
Pelletier, conseiller au Parlement. Fut habité en 1786 
par le président Murard et M. de Ponty de St-Avoye. 

N° 9. Ancien séjour de magistrats (1596). (Coup d'œil 
sur la cour.) 

N° 10. Hôtel du duc de Valentinois, prince de 
Monaco (1640). Valton, sommelier de Louis XVL Fut 
occupé sous le second Empire par un cercle militaire. On 
y voyait encore, il y a peu de temps, des vestiges d'une 
chapelle au premier étage. 

N° 7. Maison construite sous Henri IV. Bel escalier 
en bois. Puits dans la cour. Nous y voyons un semblant 
de treille qui, dit-on dans le quartier, provient des 
treilles royales (en tout cas cette treille est très 
ancienne). 

N'^ 6. Hôtel de J. -Louis Raoul, riche industriel et 
fabricant de limes sous le premier Empire. Cet hôtel a 
été construit avec les matériaux provenant de l'hôtel de 
Zamet, qui se trouvait rue de la Cerisaie. (Inscription du 
nom de l'hôtel au-dessus de la porte.) 

N" 4. Puits ancien dans la cour. 

N" 1. Belle inscription : rue Gérard-Beauguet. 



'i8 PROMENADES DANS TOUTES LF.S RUF.S DE PARIS, 

Rue Charles-V. 

Ouverte au xvi^ siècle. Jadis i^ue St-Paul. La partie 
entre la rue Beautreillis et la rue du Petit-Musc s'appe- 
lait, avant 1841, rue des Ïrois-Pistolets. Nom actuel 
depuis 1864. Mme de Sei'an, dont le mari était gou- 
verneur des pages du duc d'Orléans, habita la rue, avant 
d'aller au Palais-Royal : Marmontel logeait chez elle. 

N° 2. Balcon. INIascaron. On l'aconte qu'il y avait là 
un cabaret où Piobespierre venait faire bombance avec 
ses collègues de la Convention. 

N" 6. Maison du xvi'^ siècle avec entrée 9, rue Beau- 
treillis. 

N° 8. Cour et jardin. Était une dépendance de l'hôtel 
de la Brinvilliers. (Marchand d'antiquités aujourd'hui.) 

N" 10. Construit en 1550. Un Paris de la Chambre 
des Comptes y habitait en 1792. Hôtel de l'Aigle. A fait 
partie de l'hôtel d'Aubray et a appartenu au duc de 
Beaufort-Canillac. Hôtel de Maillé. (Jolis dessus de 
portes.) 

* N° 12. Hôtel d'Antoine d'Aubray, père de la Brin- 
villiers. La fameuse marquise empoisonneuse y habita. 
C'est dans cet-hôtel qu'elle voulut faire assassiner Brian- 
court par Ste-Croix. Peu avant la Révolution, Ledru, 
surnommé Cornus, grand-père du tribun de 1848, trai- 
tait là les maladies nerveuses par l'électricité. Aujour- 
d'hui la maison de l'empoisonneuse est occupée par des 
sœurs garde-malades. Le paisible jardin est rempli de 
charme, le joli escalier a pris un air monocal, et il est 
réellement impressionnant de songer à tous les crimes 
qui se sont préparés dans cette demeure aujourd'hui si 
calme! 



IV" ARRONDISSEMENT. 49 

N° 16. Statuette de la Vierge. 

N" 23 et 21. Hôtels du xvin'= siècle. 

N" 15. Anfien hôtel. (Porte. Mascaron. Escalier.) 

N" 9 et 7. Portes assez intéressantes. Au 7 habita 
Canclaux, ancien commandant en chef des armées répu- 
blicaines en 93, ambassadeur sous le Directoire et comte 
de l'Empire. 

N" 5. Inscription : Rue Neuve. 

N° 3. Ancien petit hôtel. 

Rue des Lions. 

Percée vers 1560. S'appelait rue des Lions-St-Paul 
dernièrement encore. 

Elle doit son nom à la ménagerie de Thôtel royal 
St-Pol. En 1699, la maréchale de Clérambault (Louise- 
Françoise Boulhillier) habitait en son hôtel, rue des 
Lions, avant d'aller en 1700 à son hôtel de la rue des Bons- 
Enfants. 

N°4. Belle inscription : Rue des Lions. 

N° 3. Hôtel dit des Parlementaires. Jolie fontaine 
dans la cour. Jolis escaliers en fer forgé. 

N° 5. Joli hôtel ainsi qu'au 7. Au 5, heurtoir de 
porte. Au 7, cour. 

N° 11. Hôtel d'Aubricourt (1672). Le Féron (1700). 
Appartenait en 1908 au comte d'Aucourt ainsi que le 17. 
(Porte. Intéressante chambre à coucher avec coupole 
peinte.) 

* N° 10. Hôtel intéressant qui appartenait à la famille 
du cardinal de Fleury (il est plus ancien). (Escalier 
en pierre avec rampe armoriée. Escalier en bois à 
gauche dans la cour.) 

N° 12. Hôtel Louis XlII. Belle porte. Escalier inté- 

IT« AHRONl). ^ 



50 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE l'ARlS. 

ressant avec rampe de bois. La date de 1673 que Ton 
voit dans la cour est une date trouvée sur une plaque de 
cheminée, car l'hôtel est antérieur à cette époque. 

N" 14. Là se trouve Tancienne fontaine dite du 
Regard des Lions. (Balcon dans la cour.) 

N° 17. En face de nous, en entrant dans la cour, nous 
voyons un gi'and bâtiment orné de hautes mansardes à 
frontons triangulaires et circulaires du xvii'= siècle. Ce 
bâtiment orienté de Test à Touest est une aile de l'an- 
cien hôtel de la Vieuville, aile ajoutée probablement pen- 
dant la première moitié du xvii'= siècle, et qui bordait le 
côté sud du jardin de l'hôtel qui s'étendait jusqu'à la rue 
des Lions. Dans cette cour nous voyons également à 
droite le derz'ière du bâtiment orienté du nord au sud, 
dont nous verrons la façade au 4 de la rue St-Paul. De 
ce côté le bâtiment est éclairé par de hautes fenêtres du 
xvi*" siècle ; mais il a été recouvert par un épais plâ- 
trage. 

N° 19. Faisait partie de l'hôtel de la Vieuville (4, rue 
St-Paul). Inscription : Rue des Lions. 

Rue St-PauL 

Existait vers 1350. Elle doit son nom à l'ancienne 
église St-Paul, qui fut détruite en 1729. Cette église 
s'élevait sur l'emplacement d'un ancien oratoire bâti par 
St Eloi, qui fut détruit par les Normands. Cet oratoire, 
dédié à St Paul, s'élevait au milieu du cimetière qui ser- 
vait à la communauté de St-Martial de la Cité, car une 
coutume tant païenne que chrétienne défendait d'en- 
terrer les morts dans la ville. Il fut rebâti au xii*^ siècle, 
et devint paroisse dès 1107. Charles V, qui y fut baptisé, 
la reconstruisit et elle fut consacrée en 1431. Cette église 



IV"" AnnONDlSSEMENT. 51 

renfermait les mausolées de Quélus, Maugiron et 
St-Mégrin, qui Curent détruits pendant la Révolution. 
(Emplacement du 32.) Charles V avait créé son séjour 
royal de St-Pol sous les auspices de l'église, et avait fait 
élever la Bastille pour fortifier Tenceinle de Paris et 
protéger son séjour. Ce séjour royal, dit hôtel St-Pol 
ou des grands esbattements, s'étendait entre les rues 
St-Paul, St-Antoine, du Petit-Musc et la rivière. 
Charles V ne construisit pas un hôtel, il en composa un, 
par une série d'acquisitions dont les plus importantes 
furent celles de l'hôtel d'Etarapes, habité par Jeanne 
d'Eu en 1361, de l'hôtel des abbés de St-Maur (1362), 
de l'hôtel primitif des archevêques de Sens (1366), etc. 
Cet hôtel St-Pol , fut morcelé par François 1"='' et 
Henri II. 

N° 3. Emplacement d'un ancien hôtel d'Angivillers, 
dit de la Dame Blanche, on ne sait pas pourquoi. Cette 
appellation se rencontre d'ailleurs pour un grand nombre 
de vieux logis parisiens, et chaque quartier possède 
une ou plusieurs maisons de la Dame Blanche, ainsi 
d'ailleurs que des maisons de la Pompadour ! 

N° 5. Porte de l'ancien hôtel du marquis de Lignerac 
(1780), qui partageait avec le marquis de Sade les faveurs 
de Mlle Collette de la Comédie-Italienne. Il y avait 
là il y a quelques années au premier étage un temple 
juif. 

* N° 4. Hôtel dit de la Vieuville. Le grand bâtiment 
avec brique et chaîne de pierre qui s'étend du nord au 
sud dans la cour a été construit à la fin du xv<^ siècle. 
Les mansardes sont postérieures et datent sans doute 
du xvii'' siècle. Les fenêtx*es du premier étage sont 
décorées de moulures dans le style de la fin du xv" siècle. 
A ce bâtiment vint se souder une aile pittoresque orien- 



52 pnOMENADES DANS TOUTES LES KUES DE PARIS. 

tée de Test à Touesl, où se trouve une tour carrée for- 
mant cage d'escalier. Cet escalier possède une belle 
rampe en fer forgé de Tépoque de la Régence. Une 
voûte conduit à une petite cour située enlre ce bâtiment 
et celui qui borde le quai des Célestins. 

L'hôtel de la Vieuville occupe l'emplacement d'un 
hôtel d'Auraont qui portait ce nom au moins dès 1418, 
et qui se trouvait dans les dépendances de l'hôtel royal 
de St-Pol. Cet hôtel était possédé par Pierre d'Aumont, 
conseiller et chambellan du Roi. Son épouse était la 
mère nourricière du dauphin Charles VI. En 1540, 
l'hôtel est possédé par Jehan Lyonne, receveur de 
l'écurie du Roi. Marguerite Godefroy, veuve de Jehan 
Lyonne, vendit en 15G4 l'hôtel à Jean de Bâillon, tréso- 
rier de l'Epargne, qui y maria, en 1569, sa fille avec 
Pierre de l'Etoile, le célèbre mémorialiste. La veuve de 
Jean de Bâillon, Marie de Hacqueville, vendit en 1572 à 
Guillaume de Marzillac, seigneur de F'errières. En 1576 
les héritiers Marzillac vendent à dame Fulvie Pic de 
la Mirandole, veuve de Charles de La Rochefoucauld, 
comte de Randan. L'hôtel s'appela alors hôtel de Ran- 
dan. La nouvelle propriétaire était l'arrière-petite-nièce 
du célèbre et précoce savant italien Jean Pic de la 
Mirandole, surnommé le Phénix de son siècle (1463- 
1494), et était la fille de Galeotti II Pic de la Mirandole, 
qui avait tué son oncle et son cousin et livré Mirandole 
aux Français. Mme de Randan, qui était dame d'hon- 
neur de Louise de Lorraine, femme d'Henri III, vendit 
l'hôtel en 1596 à Vincent Bouhier, seigneur de Beau- 
marchais, trésorier de l'Épargne. Il y maria ses filles. 
L'une épousa d'abord Louis de La ïrémoïlle, et ensuite 
le max'quis de Vitry, maréchal de France, et assassin du 
maréchal d'Ancre. L'autre épousa, en 1613, Charles de 



IV" ARRONDISSEMENT. 63 

La Vieuville. L'hôtel, qui avait été augmenté par diverses 
acquisitions en 1591, 1597, 1600, appartint définitive- 
ment aux La ^'ieuYille en 1628 et fut encore augmenté 
en 1639. Charles de La Vieuville était fils de Robert, 
grand fauconnier de France, et de Catherine d"0. Il fut le 
premier duc du nom, premier ministre, surintendant des 
finances, et fil entrer Richelieu au ministère. Son second 
fils, Charles II du nom, reçut Thôtel en 1649 lors de son 
mariage avec Marie de Vienne, comtesse de Château- 
vieux. En 1668 l'hôtel passa entre les mains de son frère 
Charles-François, évéque de Rennes, qui en réserva 
cependant l'usufruit à Charles II, gouverneur du duc 
de Chartres, qui moui'ut en 1689, et l'hôtel repassa au 
fils de ce dernier, René-François de La Vieuville, gou- 
verneur du Poitou, qui le conserva jusqu'à sa mort en 
1719. Après ce dernier, Ihôtel échut à son fils aîné Louis, 
marquis de La Vieuville, époux de la petite-fille de 
Fouquet, qui mourut en 1732. Il loua l'hôtel. Son frère 
puîné René-Jean-Baptiste, époux de Charlotte de Creil, se 
débarrassa de Ihôtel familial en le vendant en 1741 à 
Jean Chiquet de Champrenard, écuyer secrétaire du Roi. 
En 1777, les immeubles indivis entre les enfants de Jean 
Chiquet furent vendus à Antoine de Vouges de Chante- 
clair, Charles Macault, et André de Vouges, pour l'ins- 
tallation des Messageries de Paris à Lyon. En 1793, 
l'hôtel appartenant aux enfants d'André de Vouges fut 
vendu à Cardon, négociant. Ce dernier vendit, en 1822. à 
M. Jacques Happey, fondateur de l'établissement des 
Eaux clarifiées, qui était déjà locataire et y avait installé 
ses filtres en 1808. Jacques Happey mourut en 1850, lais- 
sant une fille, Mme Caroline d'Aucourt. L'hôtel appar- 
tint en 1907 aux enfants de cette dernière : Mme Vathaire 
de Guachv, Mme Eugène Charmet, et à M. le comte 



54 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

d'Aucourt, rhistorien des anciens hôtels de Paris décédé 
en 1908. M. Lucien Lambeau, le très aimable et très 
érudit secrétaire de la Commission du Vieux Paris, a 
écrit en 1907 une très belle étude sur cet hôtel de la 
Vieuville, étude dont nous avons extrait les renseigne- 
ments précédents. .Jusqu'à présent on avait dit que 
riîôtel de la Vieuville était sur remplacement de l'hôtel 
de J. Galiot de Genouillac. M. Lambeau n'a pas pu rat- 
tacher le logis du grand maîti'e de l'artillerie à l'hôtel de 
la Vieuville. Dans tous les cas, ce logis exista au com- 
mencement du xvi*^ siècle et semble avoir été situé plu- 
tôt du côté de la rue du Petit-Musc que du côté de la rue 
St-Paul. L'archevêque de Sens, Etienne Becquard acquit, 
en 1296, diverses constructions au bord de la Seine à 
partir de la rue St-Paul, et construisit le premier hôtel 
de Sens. Cet hôtel fut acquis par le roi de Guillaume de 
Melun, archevêque, et incorporé dans l'hôtel St-Pol 
(1365). Ce premier hôtel de Sens, s'appelait hôtel des 
Barrés, à cause du voisinage du couvent des Carmes. 
Les rois ayant émigré au palais des Tournelles, l'hôtel 
St-Pol fut abandonné et une partie fut vendue ou con- 
cédée. L'emplacement occupé par l'ancien hôtel de Sens 
fut concédé en 1516 à Jacques Galiot de Genouillac, 
maréchal d'Armagnac, grand écuyer de France, grand 
maître de l'artillerie. Il s'étendait à peu près sur l'empla- 
cement actuel du collège Massillon. 

N° 9. Hôtel des Bazins, seigneurs de Bezons. Hubert 
Robert y eut son atelier de 1767 à 1772, puis il alla à 
l'Arsenal oîi son père était logé. 

N" 6. Insci'iption : Rue Paul. Le mot « saint « a 

été effacé pendant la Révolution. 

N° 8. Tourelle quadrangulaire d'un hôtel St-Maur, 
construit sur l'emplacement des écuries d'Isabeau de 



IV= ARRONDISSEMENT. 55 

Bavière. Botral, médecin de Charles IX et de Henri II. 
La BrinviJIiers y installa sa première officine. (Escalier.) 

N° 18. Maison du xvi'= siècle. 

N° 19. Initiales de Jésus dans la grille au-dessus de la 
porte. 

N" 20. Curieuse maison avec niche et statuette. 

N° 28. Grande porte charretière. 

*N° 31. Rue Eginhard. Ruelle St-Paul en 1367, puis 
rue Neuve-St-Anaslase (Inscription au 3). Nom actuel en 
1864 en mémoire de Fhistorien de Charlemagne (771- 
844). Dans cette ruelle intéressante, curieuses maisons 
du xvii" siècle appartenant jadis à la fabrique de l'église 
St-Paul. Au fond niche en forme de fontaine. Grille avec 
chiffre A. S. 

N" 30. Manège St-PauI qui sert parfois à des réu- 
nions politiques. 

N° 32. Emplacement de l'ancienne église St-Paul 
aliénée en 1796 et démolie en 1799. Dans le passage 
St-Pierre, à côté, on voit encore une baie ogivale qui 
éclairait jadis la grosse tour nord du portail de St-PauI 
disparu. Cette église était remarquable par le Jacque- 
mard de bronze placé au sommet, qui de son marteau 
frappait les heures. Dumont, l'auteur de la célèbre 
messe, y était organiste. 

N° 34. Passage St-Pierre, formé au xvir siècle. Il 
était composé de deux tx'onçons, l'un, dit passage 
St-Pierre, allait de la rue St-Antoine au cimetière St-Paul, 
le second, dit passage St-Paul, menait de la rue St-Paul 
au cimetière également. La partie qui débouche rue 
St-Paul longeait le côté nord de l'ancienne église 
St-Paul. A l'intersection de l'équex're cjue forme le 
passage, voûte d'entrée' du cimetière St-Paul, oîi furent 
enterrés Ste Aure, morte de la peste en 666, le maréchal 



56 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

de Biron, décapité, Rabelais, Nicot, Armande Béjart, 
Mansard, THomme au masque de fer (Mathioli), Philippe 
Le Bas qui s'était suicidé, etc. Le vieux logis à gauche 
de la voûte faisait partie avant la Révolution de la com- 
munauté des Filles St-Paul, supprimée en 1790. 

N° 36. Ancienne grange, puis prison publique 
Sl-Éloi, qui devait son nom à la chapelle St-Paul-des- 
Champs édifiée par St Éloi. La grange St-Éloi, où on 
apportait la dîme, appartenait au monastère St-Eloi 
situé dans la Cité. La grande culture St-Eloi appartenait 
également à ce monastère dont la fondation remontait à 
Dagobert. La grange devint prison et pendant la Ter- 
reur on y enferma les fabricants de faux assignats. 
Aliénée en 1796. 

N" 38. Emplacement de la maison du geôlier de la 
prison St-Eloi. (Cour assez curieuse.) 

N° 43. Passage St-Paul, ex-passage St-Louis avant 
1877. Mène à l'église St-Paul-St-Louis. A l'extrémité 
du passage à gauche se trouve un cul-de-sac qui longe 
l'église à l'est. Au 7 du passage, pavillon ancien (pres- 
bytère). Ce presbytère passe pour avoir servi de pied- 
à-terre au grand Condé. (Boimes dans le passage.) 

N° 35. Porte d'un ancien hôtel de Sève du xvni'^ siècle, 
démoli. 



Rue Charlemagne. 

Rue de la Poterne ou de la Fausse-Poterne-St-Paul 
au xii*" siècle, rue de l'Archet-St-Paul, rue des Poulies- 
St-Paul, rue des Prètres-St-Paul et rue de Jouy en 
partie au xvn'^ siècle. Nom actuel en 1844. 

N"' 2 et 4. Appartenaient avant la Révolution à la 
fabrique de St-Paul et les maisons en face aux Hospita- 



IV"" ARRONDISSEMENT. 57 

Hères de St-Gervais. — Au 4, insci-iption : Rue des 
Prêtres. — Celte même inscription se retrouve au 7, au 
coin de la rue des Jardins. — A côté du 12, fontaine de 
1840. 

N°9. Hôtel de Jassaud, seigneur de Bournonville (1640 
à 1784). Cet hôtel fut augmenté par Tachât de la maison 
voisine qui appartenait à Marie de Benoimont. Le 
pignon ouest de cette maison est formé par le pan res- 
tant d'une des deux tours de l'ancienne poterne St-Paul 
(tour de Montgomery). (Escalier curieux avec rampe 
en fer forgé et baluslres en bois à partir du premier 
étage.) 

N» 13. Petit lycée Charleraagne, sur remplacement 
du couvent et de l'église des Filles de l'Ave-Maria qui 
furent remplacés par une caserne dispai'ue. Entre ce 
petit lycée et le lycée Charlemagne se trouvait la 
poterne St-Paul ou archet St-Paul, défendu par deux 
tours de l'enceinte de Philippe Auguste. Une de ces 
tours subsiste en parlie dans les constructions du petit 
lycée. La concavité de cette tour, dite tour Montgomery, 
se trouve en arrière de la petite porte de service du 
lycée, à côté du 9 rue Charlemagne. Elle renferme 
actuellement au rez-de-chaussée le compteur à gaz du 
lycée. On retrouve également derrière la salle de 
gymnastique les restes d'une autre tour de la même 
enceinte. Le mur de Philippe Auguste allait en ligne 
droite de la l'ue St-Antoine à la Seine, à travers le lycée, 
et il possédait trois poi'tes et trois tours. La troisième 
tour a disparu lors du percement de la rue de l'Ave- 
Maria. 

N" 16. Passage Charlemagne (1825). Là se trou- 
vaient avant 1908 les i^estes intéressants de l'hôtel dit 
du Prévôt. M. Charles Sellier, le très érudit conser- 



58 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

valeur adjoint du musée Carnavalet, a écrit une très 
intéressante étude sur ce vieux logis parisien, qui vient 
de disparaître, étude qui nous a largement servi pour le 
résumé suivant. 

En entrant dans le passage, on avait, avant 1908, devant 
soi un bâtiment datant de la fin du règne de Henri IV, 
orné de bustes de femmes enchâssés dans des gaines, et 
éclairé par des (enôlres Renaissance. La tourelle de 
gauche était du xw" siècle. (Escalier à vis.) Sur le flanc 
ouest de la tourelle se trouvait un autre corps de bâti- 
ment de l'époque Henri II. Au midi de la cour se trou- 
vait, avant 1891, une autre bâtisse du xvi^ siècle qui mal- 
heureusement a été détruite pour la spéculation. Une 
tradition erronée en avait fait la demeure de la reine 
Blanche, mère de St Louis. 

Sur cet emplacement s'élevait, au xni'^ siècle, la maison 
des Marmousets, qui appartenait, sous Charles V, à 
Jacques de Pacy, conseiller du Roi au Parlement, 
anobli en 1339. Hugues Aubriot, ancien bailli de Dijon 
et prévôt de Paris, acheta la maison en 1367, par ordre 
et avec les largesses de Charles V. Il en fit une brillante 
demeure. Après la mort de Charles V, Aubriot tomba 
en disgrâce et fut même emprisonné à la prison de 
révêché. Après un procès qu'Aubriot soutint contre 
l'abbé de Tiron pour la possession de l'hôtel, celui- 
ci passa à Guy de La Trémoïlle, chambellan de 
Charles VI (1384). Peu de temps après, Charles VI 
racheta l'hôiel et le donna à son chancelier Pierre de 
Giac. L'hôtel passa ensuite entre les mains de Louis 
d'Orléans, frère du i"oi (1357) et prit le nom d'hôtel du 
Porc-lilpic. — Le duc d'Orléans céda ce manoir à son 
oncle, le duc Jean de Béni, en échange de l'hôtel des 
Tournelles (1404), et la même année le duc de Berri le 



IV* ARRONDISSEMENT. 59 

donna au surintendant Jean de Montaigu, qui embellit 
et augmenta la demeure. Jean de Montaigu fut immolé, 
décapite en 1409 pour crime de sortilège, et plus tard 
réhabilité. A la mort de Jean de Montaigu, Thôtel fut 
donné, au nom du roi, par le duc de Bourgogne à 
Guillaume de Bavière, beau-frère de Jean sans Peur. 
A sa mort, en 1417, Thôtel passa à Jean de Bourgogne et 
à son épouse et cousine germaine, Jacqueline de Bavière, 
qui après quatre mariages stériles, le céda en 1431 à 
Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Ce dernier est 
remplacé peu après par son beau-frère le connétable 
Arthur de Richemond, deuxième fils de Jean V, duc de 
Bretagne, et plus tard duc de Bretagne lui-même. Sa 
femme, Marguerite de Bourgogne, fille de Jean sans 
Peur, et veuve du dauphin Louis de France, y mourut 
en 1442. Le successeur du connétable de Richemond 
dans rhôtel fut vers 1450 Robert d'Estouteviile, prévôt 
de Paris, qui fut disgracié à l'avènement de Louis XI 
en 1461. L'hôtel fut pillé en partie. L'amiral Malet de 
Graville, arrière-petit-lils de Jean de Montaigu réhabi- 
lité, refit le logis du prévôt de Paris. Après la mort de 
l'amiral (151G) il y eut division. Une partie, l'ancien 
hôtel du Porc-Épic, échut à Anne de Gi^aville, fille de 
l'amiral et épouse de Pierre de Balzac d'Entragues, 
puis à Pierre de Balzac et ensuite à Guillaume Le Gen- 
tilhomme, avocat au Parlement et seigneur de La Barre. 
L'ancien hôtel du Porc-Épic devint alors hôtel de La 
Barre. Le successeur de Guillaume Le Gentilhomme, 
mort en 1549, fut Jérôme Angenoust, conseiller au 
Parlement de Paris. Ses enfants vendent l'hôtel de La 
Barre en 1602 à Thomas Morant, conseiller au Parle- 
ment de Paris et seigneur d'Esterville. Son fils vend 
en 1629 aux Pères Jésuites pour l'agrandissement de 



60 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

leur maison professe, et Fhôtel de La Bari'e suit les des- 
tinées de cet établissement. (Installation des chanoines 
réguliers de Ste-Catherine du Val des Escoliers après 
l'expulsion des Jésuites; suppression des chanoines à la 
Révolution; installation d'une Ecole centrale, et Lycée 
Charlemagne en 1804.) 

La deuxième parlie de Fhôtel de Thérilage de Montaigu 
n'appartint pas aux de Graville et resta aux d'Estou- 
teville en la personne de Charlotte d'Estouteville, épouse 
du comte de Brienne. Cet hôtel s'appela quelc^ue temps 
hôtel de Brienne. En 1677 il appartenait à M. de Creil. 
A la fin du XYii"^ siècle, il appartenait à Nicolas de Jas- 
saud, conseiller d'État, puis en 1719 à son fils Augustin 
Nicolas de Jassaud, et il fut transformé en maison de 
rapport. Sa petite-fille, Mme Macé, qui y mourut en 1776. 
Ses nièces vendent l'hôtel dit de Jassaud en 1793. En 
1824, Lebas de Courmont, référendaire à la Cour des 
Comptes, dont le petit-fils fit démolir en 1908. La moitié 
de l'hôtel, sur la rue Chai'lemagne avait déjà été rasée 
en 1791 et remplacée par une hideuse maison de rap- 
port! C'est avec peine que tous les amoureux de Paris 
ont vu disparaître ce vieux et curieux logis en 1908. 

N" 18. Hôtel du président de Châteaugiron (1708), 
seigneur breton qui se faisait donner par les plaideurs 
des petits cadeaux, dits pots-de-vin aujourd'hui. (Au 18, 
rue du Prévôt. Voir note plus bas.) 

N° 21. Gilles Charpentier, trésorier do l'ordre de 
St-Louis. Charpentier de Foissel. Charpentier de 
Sainsot (1700). Dans la cour jolis mascarons. 

N° 22. Vieille maison. Enseigne du Petit Matelot. 

N° 25. Jolie porte. (Consoles cannelées à pomme de 
pin). Ancienne habitation de procureur refaite en 1890. 



IV" AHRONDISSEMENT. 61 

Rue du Prévôt. 

S'appelait rue Percée avant 1877. On voit encore les 
anciennes inscriptions de la rue au coin de la rue 
Charlemagne ainsi qu'au coin de la rue St-Antoine. Doit 
son nom à Thôtel voisin dit de Prévost. Toutes les mai- 
sons sont anciennes sauf le 12 où se trouvait la porte 
des dépendances de Thôlel du Prévôt. 

N° 4. Escalier à balusires de bois. 

N° 6. Poi-te sculptée. 

N" 5. Enorme arcade charretière. 

Rue du Figuier (1300). 

Doit son nom à un arbre c[ui s'y trouvait au coin de 
l'ancienne rue de la INIoi'tellerie, et qui ne l'ut abattu 
c{u'en 1605. 

N° 19. Ancienne maison de procureur (Entrée 25, rue 
Charlemagne.) 

N" 15. Maison des INIiron, seigneurs du Tremblay, 
médecins du Roi de 1550 à 1680. Aujourd'hui asile 
Israélite. 

N° 22. Le Pileur de Brévannes, président en la 
Chambre des Comptes au xviii'= siècle. (S'intitule hôtel 
des Nations!) 

N° 20. Relevait de l'abbaye de Tiron. Adjugé en 
1680 à Christophe Oger, trésorier des vivres du Berri. 

N" 9. Petit mascaron. 

N°7. Maison du marquis de Conflans. Le cardinal de 
Luynes disait à ce dernier : « Votre famille est devenue 
si pauvre que mon gentilhomme caudataire est un 
Conflans ». Le marquis répondit : « Il y a longtemps 
que nous tirons le diable par la queue ». 



62 PnOMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PAniS. 

N° 5. Escalier et puits à margelle sculptée dans la 
cour. 

N° 3. L'historien Lefeuve y voyait la maison du 
tailleur de Louis XI. 

N° 8. Charles Nodier et Monselet y voyaient la 
demeure de Rabelais. 

N" 4. Maison du xvi'' siècle. 

N° 2. Ancienne niche sculptée. 

* N° 1. Hôtel de Sens. Là s'élevait la demeure de 
Jehan d'Hestomenil qui fut cédée par Charles V aux 
archevêques de Sens. L'hôtel lut construit par Tristan 
de Salazar pour les archevêques de Sens (1474-1519). 
C'était le second hôtel des archevêques de cette ville. 
Paris était alors suffx'agant de cette métropole. Ce 
Tristan de Salazar, fils d'un capitaine espagnol et ai'che- 
vêque, avait suivi Louis XII dans ses campagnes d'Italie. 
L'hôtel fut habité par le cardinal Duprat qui l'acheva, 
par Louis de Bourbon, Louis de Guise cai'dinal de 
Lorraine, par le cardinal de Pellevé qui y mourut de 
saisissement en apprenant que les portes de Paris 
s'ouvraient devant le Béarnais. Marguei'ite de Valois, 
épouse répudiée de Henri IV, en fit son séjour en 1605. 
Le 5 avril de Tannée suivante, son page Dal de St-Julien 
qu'elle aimait (elle avait alors cinquante-deux ans), fut 
tué dans son carrosse par un rival jaloux, le comte de 
Vermond. Elle jura de ne plus ])oire ni manger avant 
qu'elle n'eût vu faire justice et elle assista le lendemain 
à l'exécution du meurtrier qui eut lieu sur l'emplace- 
ment du crime, c'est-à-dire devant l'hôtel de Sens. La 
reine Margot abandonna alors Thôlel, qui fut hal)ité 
ensuite par le cardinal Uuperron. En 1622 les Métro- 
politains de Sens perdirent leur suprématie sur l'évêché 
de Paris et quittèi'ent l'hôtel en 1623 pour le louer. 



1V'= AHRONDISSEMENÏ. 63 

Après avoir été le dépôt des coches de Bourgogne, 
puis plus récemment une confiturerie dite de St-James, 
c'est aujourd'hui la verrerie Ilarroux. Cet hôtel est un 
très intéressant spécimen de l'architecture privée du 
xv^ siècle. Deux tourelles circulaires à poivrières et en 
encorbellement flanquent le portail, et une autre tou- 
l'elle se voit rue de l'Hôlel-de-Ville. Le boulet de canon 
que nous voyons dans le mur de façade est de 1830. 
(Visiter l'intérieur : escalier à vis, cheminée de pierre, 
échauguette crénelée au fond de la cour, etc.) Les jar- 
dins, occupés maintenant par des maisons à loyer, 
s'étendaient par derrière jusqu'à la rue des Nonnains- 
d'Hyères. Une modeste synagogue, qui s'ouvre 6, rue de 
l'Hôtel-de-Ville, est installée dans l'ancien hôtel des 
archevêques de Sens ! 

Rue du Fauconnier. 

Existait en 1265. La partie située enti'e le quai des 
Célestins et la rue de l'Hôtel-de-Ville se nommait, avant 
1868, l'ue de l'Étoile à cause d'une maison dite château 
de l'Etoile qui y était située. Cette rue était autrefois 
classée comme val d'amour et habitée, par tolérance, par 
des femmes de mauvaise vie. Le grand fauconnier, dit le 
gouverneur des oiseaux de proie, y avait une maison 
qui a été l'origine du nom de la rue au xiii*^ siècle. La 
rue longeait à l'ouest le couvent des Béguines de l'Ave- 
Maria. (Jeter un coup d'œil sur les 19, 17, 15.) 

Rue de l'Ave-Maria. 

La partie orientale de cette voie, qui s'étendait jadis 
en dehors des murs de Philippe Auguste, s'appela au 



64 PItOMENADES DANS TOUTES LES RUES 1)E PAUIS. 

XI v" siècle rue de la Folie-Jean-lMorel. Toute la rue 
s'appela, avant 1867, rue des BaiTés-St-Paul à cause des 
Carmes aux manteaux bariolés qui y avaient un monas- 
tère dès le xii!^ siècle. Ce monastère était voisin de 
celui des Béguines de TAve-Maria. Ces béguines, 
fondées par St Louis à Paris, occupèrent le monastère 
de FAve-Maria avant Louis XI, mais le couvent fut 
reconstruit en 1485 par Charlotte de Savoie, veuve de 
Louis XL 11 s'étendait entre la rue de TAve-Maria et la 
rue Charleraagne, sur remplacement de l'école commu- 
nale de filles qui est au 22 et sur l'emplacement du 
petit Lycée Charlemagne qui se trouve à la place de 
l'église du Monastèi'e. Le couvent fut supprimé en 1790, 
et remplacé par une caserne qui a également disparu 
pour faire place au petit Lycée Charlemagne et à l'école 
communale. A la caserne de l'Ave-Maria se trouvait, en 
1841, le 10e bataillon de chasseurs à pied commandé par 
le futur duc de Magenta, Mac-Mahon, qui habitait 17, 
rue des Ban-és. 

Le marché de l'Ave-Waria (1859) est sur l'emplace- 
ment de l'hôtel de Portus Sacer ou des Barbeaux, qui 
appartenait à l'abbaye des Barbeaux près Sens. Cet 
hôtel était antérieur aux remparts de Philippe Auguste. 

N° 15. Aujoui'd'hui hôtel meublé de l'Ave-Maria. 
Ancien jeu de paume de la Croix-Noire dans lequel 
étaient installés les artistes de l'Illustre Théâtre, comme 
le rappelle une inscription placée 32, quai des Célestins. 
Molière y fut arrêté et conduit au Châtelet pour une 
dette de 115 livres à son moucheur de chandelles. 

N° 2. Vieille maison. (Boucherie dite de l'Ave-Maria.) 



IV" ARRONDISSEMENT. C5 



Rue des Jardins. 



Ouverte sur dos jardins aboutissant à renoeinle de 
Philippe Auguste dont on retrouve quelques traces au 
fond des cours, jardins qui firent sans doute partie de 
l'hôtel royal de St-Pol dit « des gï'ands esliattemonts ». 
La rue existait dès le xii^ siècle. Klle doit son nom à sa 
situation champêtre. Avant 1904 elle s'appelait rue des 
•lardins-St-Paiil. Toutes les maisons sont anciennes. 

N" 39. Inscription ancienne : Rue des Jardins. 

N° 25. Cour curieuse. Maison ancienne ainsi qu'aux 
33, 21. 

N° 16. Ancien hospice du St-Esprit. Porte sculptée. 
(Hôtel meublé où on loge à la nuit depuis fr. 50!) 
Vieille maison ainsi qu'aux 12, 9. 

N" 8. Emplacement de la maison où serait mort 
Rabelais (?). 

N" 6. Ancien cabaret de la Croix d'Or. 

N" 5. Crochet qui, dit-on, servait à la chaîne qui 
fermait la rue an mo3'en âge. Molière logea, en 1645, 
au 5 ou au 7. 

N° 2. Inscription nous rappelant que Rabelais, né à 
Chinon, est mort dans une maison de la rue des Jardins 
en 1553. 

Quai des Célestins. 

Longe le port St-Paul et une partie du port des 
Célestins qui se prolonge jusqu'à la passerelle de l'Esta- 
cade. Le quai doit son nom à l'ancien couvent voisin 
des Célestins. La partie entre les rues du Fauconnier 
et des Nonnains-d'Hyères, faisait partie du quai des 
Ormes; la partie entre la rue du Fauconnier et la rue 

IV' ARnoNfi. 5 



66 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

St-Paul s'appelait quai St-Paul. Ces deux parties ont 
été ajoutées au quai des Célestins en 1868. La partie du 
quai située devant l'hôtel de la Vieuville s'appela aussi 
jadis quelque temps rue des Barrés. Près du pont Marie, 
le quai occupe l'emplacement de la place Mofis au 
xvii" siècle, place Moneils au xviii^ siècle. A hauteur 
du boulevard Henri-lV, on a transporté et réédifié les 
restes de la substruction de la tour dite de la Liberté 
de la Bastille, mise à jour en 1899 par les travaux du 
Métropolitain. 

*N'' 2. Le terrain dépendait jadis de l'hôtel royal de 
St-Pol, et c'est là sans doute qu'il faut voir l'emplace- 
ment de l'hôtel de J. de Genouillac, grand maître de 
l'artillerie sous PVançois P''. Ce logis fut ensuite la 
demeure des familles de Béthune, de Courlay et de Sen- 
neterre et acquis en 1676 par Gaspard de Fieubet, chan- 
celier d'Anne d'Autriche. Ce fut lui qui fit construire 
l'hôtel actuel par J.-H. Mansart, et la construction fut 
achevée en 1681. Des mains des Fieubet l'hôtel passa 
entre les mains de la famille de Clèves, puis dans la 
famille Roussel. Dedelay de La Garde (1755-1769). Boula 
de Mareuil (1769 à 1777). J.-B. de Mareuil(1777 àl818). 
En 1813 on y installa une raffinerie, puis une pension. 
Acheté en 1850 par M. de La Valette, publiciste, qui le fit 
restaurer d'une façon plutôt douteuse et désordonnée. 
En 1877 les Oratoriens y établirent l'école Massillon, et 
déshonorèrent les ailes de ce vieux logis pour l'agran- 
dissement de leur école. La saillie au premier étage que 
l'on voit sur la fa(,*ade en retour, rue du Petit-Musc, est 
l'ancien oratoire qui avait été décoré par Lcsuenr. 

N" 4. Faisait partie jadis de l'hôtel Fieubet. La sœur 
du chancelier, qui avait épousé Nicolas de Nicolaï, en 
hérita et le laissa à sa fille unique la duchesse de Mor- 



IV* ARRONDISSEMENT. 67 

lemart, qui elle-même le légua à Jean de Nicolaï, marquis 
de Goussainville. En 1854 c'était un atelier pour Thabil- 
lement de la garde impériale. Le sculpteur Barye y est 
mort (1875). (inscription.) 

N° 6. Restes de l'hôtel de M. Janin (1652). Saint- 
Mesmes (1728). 

N° 14. Fut le petit hôtel de Vincent Bouhier, sieur 
de Beaumarchais, trésorier de l'épargne, beau-père du 
ujaréclial de Vitry et du marquis de La Vieuville. Petit 
hôtel de la Vieuville (1689). Il était séparé du grand 
hôtel (4, rue St-Paul) par un groupe de trois maisons, 
mais communiquait avec lui. Le graveur Rançonnette y 
mourut en 1878. Propriété du comte d'Aucourt (1885 à 
1908). Fut temple Israélite. Ce petit hôtel possède un 
très beau plafond avec le monogramme. L. V. 0. (La 
^'ieuville d'O). Balcon avec le chiffre L. V. 

N" 16. Très curieuse cour. (Mansardes.) 

N° 22. Bureau de placement gratuit. (Hôtel de la 
Vieuville. Voir 4, rue St-Paul.) 

N° 32. Emplacement de la tour Barbeau où se ter- 
minait, du côté de la rivière, l'enceinte de Philippe 
Auguste, commencée vers 1200. Le nom lui venait du 
logis de l'abbé des Barbeaux qui lui était presque con- 
tigu (emplacement du Marché). (Inscription.) Autre 
inscription rappelant l'emplacement du jeu de paume de 
la Croix-Noire où Molière et la troupe dite l'Illustre 
Théâtre jouèrent en 1645. 

N°42. Balcon soutenu par six < onsoles à cannelures et 
guirlandes Louis XVI. 

N" 46. Enseigne du Lion. 

N" 58. Maison à mansardes. Curieuses fenêtres à 
Tenlresol. F'errures. Inscription : Quay des Ormes. 



68 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Rue des Nonnains-d'Hyères (1182). 

Les religieuses ou nonnains qui avaient leur cou- 
vent, baigné par la rivière de TYerres, près de 
Villeneuve-St-Georges, avaient leur succursale dans 
cette rue, une des plus anciennes de Paris, On écrivait 
jadis rue des Nonaindières : mais on devrait bien dire 
aujourd'hui rue des Nonnains-d'Yerres,ot nond'Hyères. 
L'extrémité sud s'appelait rue des Ormes. 

N"' 2 et 4. Maisons curieuses. 

N° 5. Très intéressant bas-relief en pierre peinte, 
représentant : un Gagne-Petit. Date du temps de 
Louis XIV. 

N° 14. Maison dite de la Pie. Achetée comme suc- 
cursale par les Nonnains d'Yerres (reconstruite). 

N° 21. Fut institution Petit (1827). Dans la cour nous 
voyons la façade sud de l'hôtel d'Aumont, aujourd'hui 
Pharmacie Centrale des Hôpitaux. Buste de Dorvault, 
fondateur de la Pharmacie Centrale. 

N° 20. Curieuses mansardes. 

N° 22. Façade assez intéressante. On peut jeter aussi 
un coup d'oeil sur les 24, 31, 35, etc. 

Rue de Fourcy. 

Avant 1684, c'était au bout de la rue des Nonnains- 
d'Hyèi'es un cul-de-sac désigné sous le nom de Ruelle- 
sans-chief, dès 1313, puis cul-de-sac Censée. Transformé 
en rue par Henri de Fourcy qui fut prévôt des mar- 
chands de 1684 à 1671. Le marquis de Dangeau habitait 
la rue à la fin du xvii" siècle. 

N° 1. L'abbé Terray y demeurait à la fin du règne de 
Louis XV(?). 



IV* AimONDISSEMENT. G9 

N" 2. Ancien bureau de loterie en 1820. Enseigne 
du Grand-St-Antoine, représentant le saint avec son 
cochon. 

N" 6. Porte du xviir^ siècle. Ancienne maison au fond 
de la cour. 

N*" 5 et 7. Restes d'un hôtel Hénault de Gantorbe, 
fermier général. L'hôtel s'ouvrait 82, rue François- 
Miron. 

N° 12. Rampe d'escalier en 1er lorgé jusqu'au qua- 
trième étage. 

N" 11. Vieille petite porte. 

Rue de Joiiy. 

Rue de l'Abbé-de-Jouy au xiii'^ siècle. Doit son nom à 
un abbé de Jouy qui y avait un hôtel à cette époque sur 
l'emplacement des 13, 15, 17. Cat hôtel fut donné en 1342 
à Jean d'Andrezel par Philippe VI de Valois, et aliéné 
par PieiTe de Bellièvre, abbé commendataire en 1658, 
époque oîi l'hôtel tombait en ruines. 

* j\'o 7. Hôtel d'Aumont. Là jadis s'élevait un hôtel 
habité par les Guyot, les Viole, les Le Charron. Cet hôtel 
fut démoli et reconstruit en 1G48 par l'architecte Le 
Vau et l'entrepreneur Villedo pour Antoine Scarron, 
oncle du poète et beau-père du maréchal d'Aumonl, qui 
acheta l'hôtel en 1G56 et confia à François Mansart le 
soin de faire la façade principale. L'hôtel s'étendait jus- 
qu'au 14 actuel de la rue de l'Hôtel-de-Ville. 

Au maréchal d'Aumont succéda son fils, le duc d'Au- 
mont, colonel de cavalerie à dix ans, et époux de la sœur 
de Louvois, et ensuite de Mlle de Toussé, qui fut la 
maîtresse de Le Tellier, archevêque de Pveims. Ce duc 
d'Aumont fut un cuineux et un numismate (1669-1704). 



70 PROMENADES DANS TOUTES LES HUES DE PAIUS. 

Son fils Louis, duc d'Auinont, ambassadeur en Angle- 
terre, qui mourut subitement cliez la Dangeville (1723). 
Son fils mort également en 1723. Son fils Augustin, duc 
d'Aumont, qui abandonna riiùiel pour aller habiter place 
Louis XV, vend l'hôtel d'Aumont en 1750 à Charles 
Sandz'ié, entrepreneur des bâtiments du Roi. Pierre 
ïeri^ay, seigneur de Rozières, procureur général de la 
Cour des Aides et frère de l'abbé, acheta l'hôtel en 1765 
sauf le petit hôtel qui correspond au 5 de la i^ue de Jouy. 
I.avoisier s'y maria. Antoine Jean Terray (1788), fils de 
Pierre, qui fut exécuté. Confisqué pendant la Révolu- 
tion. Acquis en l'an XI, par Séverin Dubreuil-Mignard. 
Mairie de l'ancien IX". (Celte mairie était antérieure- 
ment au presbytère de St-Jean-en-Grève.) Rondeau 
(1823). Institution Petit (1824). Pharmacie Centrale des 
Hôpitaux depuis 1859. 

(M. Charles Sellier, le très érudil conservateur adjiniit du 
musée Carnavalet, a écrit une très intéressante monogi'aphie 
de l'hôtel d'Aumont, monographie dont nous nous sommes 
servi pour la note précédente). 

Il est probable que le cardinal de Richelieu est né 
dans la rue de Jouy oîi est à présent l'hôtel d'Aumont, 
dans l'ancienne maison à l'enseigne du Croissant qui 
appartenait à Mmed'Absac qui épousa en secondes noces 
Henri du Plessis, seigneur de Richelieu. 

N° 8. Porte et ferrures. 

N" 9. Ancienne demeure des Gencien, opulente 
famille parisienne au xV^ siècle. Hôtel de Fourcy (1623). 
Son fils Henri, prévôt des marchands (1684). Institution 
d'Harant (1859), puis école Sophie-Germain (école pri- 
maire supérieure déjeunes filles), fondée par la Ville en 
1882. Bas-reliefs dans la cour. 



IV" ARUONDISSEMENT. 71 

N" 12. Dépendait de Ihôlel de Beavivais (()8, i-iie 
F'rançois-Miron). Les caves ogivales qui existent dans 
cette maison, sous la boutique d'un menuisier, provien- 
nent de l'ancien hôtel des abbés de Chaalis, religieux 
de Citeaux établis près de Senlis, qui avaient là leur 
succursale. Cette propriété l'ut vendue à Mme de 
Beauvais par Louis de Lorraine, abbé comraendataire 
en 1654. (Mascarons, ferrures avec chiffres.) 

N" 14. Dépendances de Ihôtel de Beauvais. 

N° 19. Impasse Guépine qui déjà en 1266 s'appelait 
cul-de-sac Guépine. Sous St Louis il existait près de la 
porte Baudet ou Baudoyer un bourg dit de la Guespine, 
et le nom de l'impasse provient sans doute du bourg 
voisin. Dans l'impasse se trouvent des vieilles maisons 
comme le 1, le 3, etc. 

Rue Geoffroy-!' Asnier. 

Date du xni'' siècle. Jadis rue Fiogier-Lasnier, et rue 
Geoffi'oy-l'Asnier par altération. Elle tire son nom d'une 
famille bourgeoise qui possédait presque toute la rue 
au XVI* siècle. A son arrivée à Paris, Danton descendit 
à l'auberge du Cheval-Vert qui se trouvait dans la rue. 

X° 32. Maison à pignon. Jadis auberge de la Clef 
d'Argent. Restaurée en 1774. Aujourd'hui fourneau 
populaire. 

N** 30. Un médecin y habitait sous Louis XIV. Celte 
maison possédait encore il y a quelques années des 
anciennes écuries souterraines avec auges sculptées. 
Ces écuries n'existent plus. Dans la cour qui est assez 
intéressante nous voyons un bas-relief moderne, enseigne 
de l'Entrepôt d'Ivry (d'après Daumier). Les sœurs de 
St-Vincent-de-Paul. (Porte, raascaron, escalier.) 



72 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

i\° 28. Perle k gros clous. La seconde cour est assez 
intéressante. Escalier. 

* N° 26. Très belle porte du xyii*^ siècle, surmontée 
d'un puissant cartouche. Les boiseries de la porte ont 
été restaurées en 1886. Nous lisons Finscription : Hôtel 
Ghalons (1625). Luxembourg (1659). Ce joli hôtel entre 
cour et jardin a appartenu à Antoine Le Fèvre de La 
Borderie, ambassadeur en Angleterre (1608). Peri*ocheI, 
maître d'hôtel du Roi (1623), qui eut comme locataire des 
Chalons, membres d'une famille de commerçants rouen- 
nais. La fille de Perrochel vendit Thôtel à Mme Béon de 
Luxembourg, épouse d'un conseiller du Roi. (Cour 
intéressante, perron à double rampe, fenêtres à frontons 
décorés de mascarons avec monogrammes.) 

N" 22. Belle porte sculptée. 

N-^ 20. M. de Villemontré, conseiller d'État (1668). 
J.-B. de Machault, conseiller (1713j. (Mansardes.) 

N° 4. Maison curieuse. 

N" 3. Inscription ancienne : Rue GeoflVoy-rAsnier. 

N" 5. Vieille maison. (Bar Barre.) 

N" 9. Enseigne du Lion d'Argent. Au 13, enseigne de 
taillandier à façon. 

N" 15. Inscription : Cul-de-sac Putigneux. 

N" 17. Inscription ancienne : Rue Geoffi'oy-l'Asnier. 
— Impasse Putigneux (inscription ancienne). A la lin 
du xiT' siècle cette impasse s'appelait rue Ermeline- 
Boiliane. Elle doit son nom à l'accouplement des 
mots « Pute-Teigneux ». C'était en 1300 un val d'amour, 
sans doute peu élégant. Dans l'impasse se trouvent des 
vieilles maisons comme le 3, le 5, etc. 

N° 19. Restes de l'hôtel de Preuilly (Inscription). 
Appartenait eu 1350 à M. Frottier, descendant des 
Preuilly, puis aux Clermont-Gallerande, aux La Roche- 



IV'' AUUOXDISSEMENT. 73 

foucauld-Barbezieux, aux Le Tonnelier de Breteuil, aux 
GallifTet. Cet hôtel avait été confisqué en 1422 par les 
Anglais au profit de Philippe de JNIorvilliers. Les habi- 
tants de l'hôtel avaient une seconde poi'te sur le-cul-de 
sac Putigneux. 

N"' 21. Curieuse rue Grenier-sur-l'Eau ; ruelle du 
xin'" siècle qui doit son nom à son voisinage de la 
rivière et à un personnage nommé Garnier ou Grenier 
qui y habitait au xiii'^ siècle. Un édit de Henri III de 
1577 avait permis aux marchands de vins d'y établir le 
siège de leur corporation. La rue a été coupée en deux 
par la rue du Pont-Louis-Philippe. Les plaques murales 
sont bien conservées (voir au coin de la rue des Barres). 
Au 3, vieille maison. Le 11, au coin de la rue des Barres, 
est intéressant. Cette maison fait saillie sur la rue Gre- 
nier-sur-l'Eau, et nous y voyons un cul-de-lampe avec 
fleurs de lys. 

N° 23. Ancienne mairie de l'ancien IX^ arrondissement. 
Aujourd'hui école (1898). 

Rue François-Miron. 

La partie Est de la rue existait en 1300 et faisait partie 
de la rue St-Antoine, dont elle porta le nom jusqu'en 
1865. La partie ouest s'appelait jadis rue du Monceau- 
St-Gervais, puis rue du Pourtour-St-Gervais. Le Mon- 
ceau St-Gervais fut, à travers les siècles de l'époque 
romaine, un vaste champ de repos. La partie qui s'ap- 
pelait autrefois rue St-Antoine, servait jadis aux 
fêtes et aux tournois. C'est dans un de ces tournois 
qu'Henri II fut blessé mortellement par Montgomery. 
La rue actuelle doit son nom à Fi'ançois Miron, pré- 
vôt des marchands de 1594 à 1609, qui fit élever la 



74 PROMENADES DANS TOUTES LES HUES DE l'AUIS. 

façade de l'ancien Hôtel de Ville incendié par la Conj- 
niune. Hébert, api'ès son mariage avec Françoise Goupil, 
ancienne religieuse sécularisée de la Conception, habitait 
rue St-Antoine (rue François-Miron actuellement) vis-à- 
vis l'église du Petit-Sl-Antoine. Il demeura là de 1792 
jusqu'à l'été de 1793, y menant une existence familiale 
et y l'ecevant son ami Desgenettes, le médecin. Sa 
maison était vers le 64 actuel. 

N° 82. Hôtel du président Hénault, fils du fermier 
général Hénault de Cantorbe. Beau balcon soutenu par 
de belles consoles et une têle de Maure. Belle cour. 
Escalier (fin du règne de Louis XIV), 

''^' N° 68. Très bel hôtel de Boauvais. Occupe rempla- 
cement d'une maison qui appartenait au monastère de 
Chaalis, oîi Le Tasse composa une partie de sa Jérusa- 
lem délivrée. Les caves de l'hôtel, qui ont conservé des 
restes de construction ogivale, sont celles de cette 
ancienne maison qui fut cédée en 1634 par Nicolas Fou- 
quet au sieur et dame de Beauvais qui la firent jeter bas. 
L'hôtel actuel a été dessiné par Antoine Lepautre (1655). 
Porte. Belle cour circulaire. Escalier avec sculptures 
(têtes de béliers avec B entrelacés), Mme de Beauvais, 
née Bellier, dite Cateau la Borgnesse, était femme de 
chambre d'Anne d'Autriche. Ce fut elle qui déiiiaifia, à 
son profit, Louis XIV, La reine mère, la reine d'Angle- 
terre, Mazarin, Turenne, assistèrent le 28 août 1660 à 
l'entrée solennelle de Louis XIV et de Marie-Thérèse, 
sur le balcon qui a été remplacé à la façade de l'hôtel. 
A la mort de M. de Beauvais, en 1686, Mme de Beauvais 
n'y était plus que comme locataire de l'ancien échevin 
Savalette. Christine de Suède y logea. A la mort de 
l'intrigante Mme de Beauvais, l'hôtel fut acheté par 
Jean Orry, président à mortier de Metz et administra- 



IV" AllUONUlSSKMliNT. 75 

leur des finances de Philippe d'Espagne (1706), qui 
mutila l'œuvre de Lepautre. A sa mort, en 1719, ses deux 
fils en héritèrent et le vendirent à leur sœur, la marquise 
de La Galaisière, qui le leur recéda en 1740. L'atné de 
ces frères, Orry de Fulvy, gouverneur de la Compagnie 
des Indes, habita peu rhôlel. Le cadet, Philibert Orry de 
Fulv}', qui fut contrôleur généi'al des finances et direc- 
teur des bâtiments et beaux-arts, vendit l'hôtel au 
comte d'Eyck, ambassadeur de Bavière. Mozart, à son 
arrivée à Paris, y logea chez le comte d'Eyck en 1763. 
Les filles du comte d'Eyck, devenues propriétaires de 
l'hôtel en 1777, le vendirent en 1785 au président 
Bourée de Corberon qui périt sur l'échafaud en 1794. 
Séquestré à la Révolution l'hôtel devint un bureau de 
diligences. Acheté pour 33 000 francs environ par le 
citoyen Maurin, acquéreur de biens nationaux. C'est lui 
qui transforma ce bel hôtel en maison à loyers. Acheté 
en 1810 par j\L Lemière, négociant. Propriété du petit, 
fils de ce dernier, M. A. Jouet. 

N" 56. Fronton circulaire à guirlande et écusson. 

X'^' 52. Soleil au fronton. (Restaurant Israélite russe 
depuis 1884.) 

N° 29. Rue Tiron qui doit son nom à un hôtel de 
l'abbé de Tiron en 1270. L'abbaye de Tiron était située 
près de Chartres. A côté de la rue Tiron se trouvait la 
Cour Tiron (au 46 ancien de la l'ue St-Antoine) où était 
le théâtre Mareux qui fut aussi théâtre de Thalie 
(1791-1807). 

N" 46. Très curieuses lucarnes à frontons triangu- 
laires ainsi qu'au 44 (xvi'= siècle). 

N" 42. Balcon. Mascaron dans un trophée. 

N'^ 15. Rue Cloche-Perce (1250). Jadis rue de la 
Grosse-Margot. Doit son nom à une cloche percée 



76 PROMENADES DANS TOUTES LES UUES DE PARIS. 

servant d'enseigne. Elle a été coupée en deux par la 
rue de Rivoli. 

N° 13. Maison à pignon du w" siècle. 

* JN° 30. Très curieuse maison Renaissance au fond 
de la deuxième cour. 

N° 22. On y voyait encore à la fin de 1907 une curieuse 
enseigne de barbier : « Au chat qui fait le poil à un 
feignant w. Cette enseigne a été i-ecouverte par le ravale- 
ment (1908). (S'intitule : Hôtel meublé du Grand Apollon I) 

N° 18. Celle maison, ainsi que le 20, possède deux 
étages de caves ogivales. 

N" 14. Du 14 au 4 (pourtour St-Gervais), les maisons 
sont ornées, au deuxième étage, de balcons comportant 
comme motif cenlral un arbre aux feuilles légèrement 
ouvertes, travail qui rappelle le fameux orme St-Gervais 
qui était voisin. Cette rangée de maisons qui bordait le 
cimetière a été construite en 1733 par la fabrique de 
St-Gervais. Elle remplace les maisons élevées par per- 
mission du pape Sixte IV en 1475 sur la boi'dure du 
cimetière pai'oissial. Les ferronneries des fenêtres ont 
été exécutées par le maître serrurier Baptiste Bouillot. 

N" 10. Ledru-Rollin y est né le 3 février 1807. En 
face de cette maison qui portait jadis le numéro 2 de la 
place Baudoyer, se trouvait la rue Renaud-le-Fèvre, qui 
menait au marché St-Jean. Une plaque a été posée sur 
cette maison le 2 février 1908 à l'occasion du centenaire 
de la naissance du promoteur du suffrage universel, 
membre du Gouveiuiement provisoii'e de 1848. 

N° 4. Inscription à demi effacée : Rue du Pourtour. 
Nous voyons encore de ces anciennes inscriptions au 14 
et au 12 (Place Baudoyer). 

N° 2. Là se trouve l'entrée des charniers. (Entrée 
ordinaire par la sacristie.) 



IV" AniiONDISSEMENT. 77 

Place Baudoyer. 

La place Baudoyer tire son nom de la porte Baudoyer 
qui était située rue St-Antoine. Dès le xiii^ siècle il y 
avait là une place qui fut au moyen âge le rendez-vous 
des oisifs et des nouvellistes. En juin 1848 elle fut le 
ihéàtre d'un terrible combat. La place occupe la partie 
sud de l'ancien cimeiière St-Jean-en-Grève. Ce cimetière, 
qui occupait lui-même remplacement de l'ancien hôtel 
Oaon abattu en 1392, s'étendait jusqu'à la inie du Roi- 
de-Sicile au nord, au carrefour formé des rues de la 
Verrerie et du Bourg-Tibourg. Dans ce cimetière furent 
inhumés Robespierre jeune et Mme Charles, l'Elvire 
de Lamartine. Le cimetière fut remplacé vers 1830 par 
un marché qui disparut et la place s'appela Place du 
Marché -St -Jean. La place Baudoyer fut modifiée en 
1851, époque où la plus grande partie des maisons dis- 
parurent par la contruction de la caserne Napoléon et le 
percement de la rue de Rivoli. 

A l'est de la place, bien modifiée maintenant, se trouve 
la mairie du IV'' arrondissement construite en 1866 par 
Bailly, incendiée en 1871 et restaurée en 1884. A l'ouest 
se trouve la caserne Napoléon (1852) qui doit être 
incessamment désaffectée. Cette caserne a été construite 
sur l'hôtel des abbés de St-Faron et sur une partie de 
l'ancien hôtel dit du Pet-au-Diable. Cet hôtel, dont la 
tour n'a été démolie qu'en 1843, était en 1379 l'hôtel dit 
du Gloître-St-Jean et appartenait aux seigneurs de Coucy 
et de Béthisy au xiv'' siècle. Au xvi" siècle il était aux 
seigneurs de Bouri'on, aux St-Mesme au xvii", à la mar- 
quise de La Tour au xviii", et à la famille Le Roy au 
moment de la Révolution. On appelait aussi cet hôtel le 



78 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Martelet St-Jean. La caserne occupe également rempla- 
cement de rexlrémité sud de la rue des Mauvais-Gar- 
çons, et sa partie sud se trouve sur remplacement de 
l'ancien hôpital St-Gervais. 

Place St-Gervais. 

La place, avant 1836, faisait partie de la rue François- 
Miron. Elle précède l'église St-Gervais et St-Prolais. 
Une première église existait déjà là au vi'' siècle. En 
avant du portail se trouvait un grand orme, dit Orme 
St-Gervais, sous lequel on attendait la justice (De là 
vint l'expression : Attendre sous Toi'me.) L'église fut 
reconstruite en 1212, 1420, 1581 et le portail actuel, 
dont Louis XIII posa la première pierre en 1616, est 
l'œuvre de Salomon de Brosse (et non de Jacques de 
Brosse). Le clocher, balafré des balles de 1830, 1848, 
1871, possède un escalier remai-quable. Le sommet a été 
reconstruit au commencement du xviir siècle. L'abbé de 
Cajamano, qui joua un rôle dans la conspiration de Malet, 
étant prêtre habitué de St-Gervais, y logea dans une 
chambre occupée aujourd'hui par le sonneur. Dans cette 
belle église Bossuet prononça, en 1686, l'oraison funèbre 
de Michel Le Tellier qui y est enterré ainsi que Scai'ron, 
Philippe de Champaigne, Crébillon, Ducange, les chan- 
celiers Louis Boucherat et Charles Yoysin, l'archevêque 
de Reims Le Tellier, etc. Mme de Sevigné s'y maria. 
En 1793 on essaya de faire tomber l'église, et plusieurs 
piliers ont été minés. Temple de la Jeunesse pendant 
la Révolution. Ambulance en 1848. L'intérieur de 
l'église date de la lin du xv"^ siècle, et les dimensions 
étroites de la nef font ressortir sa grande hauteur. (Voir 
les décorations de Philippe de Champaigne, le tableau 



IV' ARRONDISSEMENT. 79 

d'Alberl Durei-, le coui'onnement du banc d'œuvre dû au 
Pérugin, le monument de Le Tellier, les slalles qui 
datent de Henri II et qui proviennent de Port-Royal-des 
Champs, les fresques de Heim, la chapelle de la Vierge 
avec la couronne de 1517 supportée par les nervures 
des arcs, ce qui reste des vitraux de Pinaigrier.) Il faut 
voir aussi la très intéressante chappelle dite de Scarron, 
attribuée, dit-on, à Mme de Maintenon, et surtout les 
anciens charniers, d'où on a une vue des plus intéres- 
sante sur l'église. 

Rue des Barres. 

Ruelle aux Moulins-des-Barres en 1250, puis ruelle 
aux Moulins-du-Temple. Rue du Ghevet-St-Gervais en 
1386. La partie sud s'appela rue Malivaux. 

N° 19. Ancienne inscription de rue à moitié effacée 
par la plaque nouvelle. Nous revoyons une autre ins- 
cription ancienne au 14. 

N° 15. Ancienne annexe de l'église. Vestiges de 
l'ancienne chapelle de la Communion désaffectée et 
occupée actuellement par une maison de confiserie. C'est 
dans cette chapelle que fut sans doute enterré Philippe 
de Champaigne. D'une fenêtre de la confiserie on a une 
vue curieuse sur l'église et les charniers. 

N" 12. Maison de ville des religieuses de l'abbaye de 
Maubuisson, pi"ès de Pontoise. 

N" 13. Curieux aspect du chevet de l'église .St-Ger- 
vais et St-Protais. 

N'^2. Grille à l'enseigne du Pigeon. 

Dans cette rue qui doit peut-être son nom aux barres 
qui y étaient placées jusqu'à la rivière par les employés 
des Aides et Gabelles, se trouvait jadis l'hôtel des Barres 



80 PROMENADES DANS TOUTES LIÎS HUES UE PARIS. 

démoli aujourd'hui par la rue du Pont-Louis-Philippe. 
Cet hôtel avait appartenu au xiv^ siècle à Louis de 
Boisredon, amant d'Isabeau de Bavière, que Charles VI 
fit jeter à la rivière dans un sac avec ces mots : « Laissez 
passer la justice du Roi ». Après avoir été la propriété 
des moines de St-Maur, des seigneurs de Charny, et 
être devenu le bureau général des Aides au commence- 
ment du xviii'' siècle, ce manoir devint le siège du 
Comité de la Section de la Commune en 1793. Robes- 
pierre jeune, qui venait de se jeter d'une des fenêtres 
de l'Hôtel de Ville, y fut transporté sanglant avant d'être 
conduit à l'échafaud avec son frère. 



Rue de l'Hôtel-de-Ville. 

Jadis rue de la Foulerie, puis rue de la Mortellerie. 
Ce dernier nom était dû aux Morteliers , ouvriers 
maçons, originaires du Limousin. A la suite du choléra 
de 1832, les habitants, mal impressionnés par cette 
dénomination de Mortellerie, dont ils ne connaissaient 
pas l'origine, exigèrent le changement du nom de leur 
rue, d'où le nom actuel qui date de 1835. Cette rue, qui 
jadis était la grande rue d'un bourg de pêcheurs et de 
bateliers, a conservé son aspect du xv" et du xvi'= siècle 
et est une des plus curieuses du Vieux Paris. 

N" 86. Vieilles maisons. Escalier en bois au fond de 
la cour. 

N" 105. Vieille maison. (S'intitule hôtel meublé avec 
vue sur le quail) 

N" 84. Ledru, commissionnaire du iNlont-de-Piété 
et père de Ledru-Rollin vint y habiter en 1812 et y 
resta jusqu'à sa mort en 1823. Ledru-Rollin y passa sa 



IV ARRONDISSEMENT. 81 

jeunesse et y resta jusqu'en 1828, époque où il alla avec 
sa mère 9, rue du Mouton. (Escalier.) 

N° 82. Maison à pignon. Le 103 est également ancien. 

N° 95. La commission du Vieux Paris y a placé une 
inscription rappelant l'ancien nom de la rue (rue de la 
Mortellerie). La même inscription se retrouve à Textré- 
initc orientale de la rue. 

N" 56. Maison qui possède une cave curieuse avec 
arceaux et clefs de voûte sculptés. C'est sans doute une 
ancienne chapelle et, d'après une tradition, cette cha- 
pelle aurait été fondée par Blanche de F'rance, petite- 
fille de Philippe le Bel, religieuse en Tabbaye de 
Longchamp, décédée en 1358. 

IV° 50. Vieille maison ainsi qu'au 71 et au 69. 

N** 38. A l'enseigne du Chapeau Rouge (sept cha- 
peaux sur la façade). 

N° 36. A l'enseigne de la Pinte. 

N° 53. Vieille maison : Au Père Normand. 

N° 51. Très vieille maison. (Au rendez-vous des Creu- 
sois et à Vercingétorix.) 

N*^ 26. Curieuse entrée ainsi qu'au 24. 

N° 39. Curieuse rue du Paon-Blanc qui doit son 
nom à l'enseigne d'un hôtel meublé. C'est la plus étroite 
de Paris (1 m. 50). En 1550 elle s'appelait : Descente à 
la Rivière. Inscriptions anciennes : Rue de la Mortel- 
lerie et rue du Paon-Blanc. 

N° 20. Le Paon-Blanc, antique cabaret où se réunis- 
sent encore les gâcheurs de plâtre du quartier. La 
maison existait déjà en 1741. C'était jadis le rendez-vous 
des enfants de la Creuse et de la Haute-Vienne. Actuel- 
lement c'est le rendez-vous des cimentiers et rocail- 
leurs. L'enseigne du Paon faisant la roue qui était peinte 
à la détrempe sur la façade a disparu en 1904. 

IV" ARROND. 6 



82 PROMENADES DANS TOUTES LES UUES DE PABIS. 

N" 18. Très vieille maison. Emplacement de l'an- 
cienne Cour Genlien qui faisait partie de l'hôtel d'Aumont 
de 1G59 à 1680. 

N" 16. Vieille masure ainsi qu'au 29. 

N° 25. Rue de la Masure qui date du xvi'^ siècle. 

N° 19. Maison à encorbellement. 

N° 17. Maison cuineuse. Grille. Le 7 est assez cui^eux. 

N° 8. Du 8 au 2, hôtel de Sens avec tourelle. Le 6 est 
occupé par une modeste synagogue (Voir rue du Figuier.) 
Dans la rue de FlIôtel-de-Ville se trouvait la chapelle, 
dite des Haudriettes, vendue à la Confrérie des maçons 
en 1764. 

Quai de l'Hôtel-de-Ville. 

Ancien chemin aux Merrains (\ni'= siècle), quai de la 
Grève (1250) entre la place de Grève et la rue Geoffroy- 
TAsnier, quai des Ormes entre la l'ue Geoffroy-l'Asnier 
et la rue des Nonnains-d'Hyères. Nom actuel en 1867. 
Il bordait autrefois l'ancien port aux Blés et le port aux 
Foins. A son extrémité est, se trouvait la place aux 
Veaux et la place Monfils. Le quai actuel longe le port 
des Ormes et le port de riIôtel-de-Ville. 

N" 10. Assez curieux ainsi que le 12. Au 14 balcon. 
N" 30. Grille de marchand de vins. 
N° 34. Maison portant la date de 1548. Escalier inté- 
ressant avec rampe en bois à pai'lir du premier étage. 

N'- 56. Emplacement de l'ancienne impasse Hyacinthe, 
l'ermée aujourd'hui. 

N° 64 bis. Rue du Pont-Louis-Philippe (1833). 
Créée sur l'emplacement de l'ancien hôtel des Barres. 
S'est appelée rue du l'onl-de-la-Réforme. Au 2 nous 
lisons cette inscription : Cette maison a été construite 



iV AnUONDISSEMENT. 83 

SOUS Louis XV par Jacques Charles, conlrôleur des vins, 
l)Ourgeois de Paris. Au 20, Vidocq, célèbre aventurier 
et plus tard policier, fonda une agence de renseigne- 
ments. La rue doit son nom au pont Louis-Pliilippe 
qui se trouve à son extrémité. Ce pont a été construit 
en 18G2. Il remplace l'ancien pont suspendu de 1833 
qui avait été construit par Séguin d'Annonay, pont qui 
était soumis à un péage racheté après la Révolution de 
Février. De 1848 à 1851 ce pont s'était appelé pont de 
la Réforme. 

N^ 70. Enseigne de la Grande Botte. 

N° 80. Enseigne du Renard. 

N»^ 90. Enseigne de la Cloche d'Argent. 

N" 90. Rue de Brosse (xiit"^ siècle). Jadis rue de 
Longpont et rue aux Moines-de-Longpont. Rue Jacques- 
de-Brosse en 1838, puis rue de Brosse en 1881 en 
mémoire de l'architecte Salomon de Brosse (dit à tort 
Jacques), mort en 1630, c^ui construisit le portail de 
St-Gervais et le Luxembourg. Dans la rue de Longpont 
se trouvait le passage Gervais qui est devenu l'impasse 
innommée au sud de l'église St-Gervais. La rue longe 
l'annexe de l'Hôtel de Ville. 

Rue de Lobau. 

La rue se trouve sur remplacement de l'ancienne 
église Sl-Jean-en-Grève qui avait été construite en 1212 
comme baptistère de St-Gervais : Simon A'ouet y fut 
enterré. Le cloître St-Jean se trouvait au nord de 
l'église et c'est là que fut enterré le marquis de Favras. 
En 1838 la rue de Lobau a englobé les rues Femelle, de 
la Levrette, de la Garnison cpii allait de la rue de la 
'lixeranderie à la rue du Touiniquet-St-Jean, ex-rue du 



84 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Pcl-du-Diable, eir. Nom actuel en riionneur du uiaré- 
fhal (1770-1838.) 

N° 2. Ancienne caserne Lobau, construite sous le 
second Empire. Annexe de rilôtel de Ville depuis 1885. 
Un souterrain Tunit à THôlel de Ville et un autre à la 
caserne Napoléon. L'aigle qui orne le fronton de cette 
ancienne caserne a été décapité. Plusieurs communards 
furent fusillés là, et on voit encore les traces des balles 
sur les murs de la cour. 

N" 4. Caserne Napoléon (1852). Doit devenir pro- 
chainement une annexe de l'Hôtel de Ville. La rue 
longe la façade est de l'Hôtel de Ville. Les lions en 
bronze qui se trouvent à la porte sud sont de Jacquemart, 
ceux qui se trouvent à la porte nord sont de A. Gain. 

Place de IHôtel-de-Ville. 

Occupe en partie la place du port de Grève de 
l'époque gallo-romaine. Avant 1830 on l'appelait place 
de Grève. Elle a été le théàti-e des événements histo- 
riques les plus importants, et son histoire serait l'his- 
toire même de Paris, l'histoire même de la France. Les 
exécutions capitales y eurent lieu depuis 1310 jusqu'en 
1832. Au milieu de la place de Grève était la croix 
gothique avec huit hautes marches ; elle était destinée à 
recevoir les prières des suppliciés : elle fut détruite 
vers 1673. 1 -a première sujDpliciée fut ^lurguerite Porette, 
brùléé comme hérétic|ue en 1310. Puis ce furent : 
Anne Dubourg, étranglé puis brûlé comme hérétique 
(1559), .Jean de Montaigu, le connétable de St-Pol qui fut 
exécuté devant 200000 personnes, La Mole et Coconas, 
iNlontgomery, Piavaillac, Eléonore Galigaï, Montmo- 
renc}"^ BouHeville. la marquise de Brinvilliers (1G76), la 



IV'' ARRONDISSEMENT. 85 

Voisin (1680), Daniiens, Lally, le comte de llorn pendu 
en 1720, Cartouche rompu vif (1721). Berthier y fut 
évenlré. Foulon et le marquis de Favras y lurent 
pendus (1790). La machine du docteur Guillotin y fut 
dressée la première ibis le 25 avril 1792 pour Tassassin 
Pelletier. Après le 10 août, Téchafaud fut transporté 
place du Carrousel, puis revint place de Grève pour 
trois faussaires. La place de Grève resta lieu d'exécution 
pour crimes de droit commun, tandis que Téchafaud se 
dressait pour les exécutions ordonnées pour crimes 
soi-disant politiques, place du Carrousel, place de la 
Révolution ou place du Trône^lienversé. En Thermidor 
an II, Téchafaud revint place de Grève pour l'exécution 
de Carrier et de Fouquier-Tinville. Louvel y lut exécuté 
en 1820. La place de l'Hôtel-de-Ville, qui occupe une 
superficie plus que double de celle qu'elle occupait jadis, 
a été agrandie en 1759 et en 1853 et ainsi ont disparu 
les anciennes rues de la Vanneine, de la Tannerie, du 
Martroy et la rue du Mouton, où se trouvait la fameuse 
maison de la Lanterne qui joua un si grand rôle pendant 
la liévolution. L'effigie du manulacturier Piéveillon y 
fut pendue en 1789, puis les défenseurs de la Bastille et 
Foulon y furent pendus eux-mêmes. De cette fameuse 
maison vient l'expression de l'époque : « Les aristos à 
la Lanterne ». Berthelot est né dans cette maison en 
1827. Ledru-Rollin habita également la rue du Mouton. 
Le premier Hôtel de Ville qu'ait eu la place de Grève 
s'appelait la Maison aux Piliers et avait été l'ancien 
hôtel des Dauphins du Viennois. Cette maison fut achetée 
par Etienne Marcel, prévôt des marchands, en 1357. 
François l" posa la première pierre du second Hôtel de 
Ville en 1533, et cet hôtel fut achevé en 1628. Ce fut 
l'architecte italien Dominique de Cortone, dit Boccador, 



8(j PnOMENADl-.S DAXS TOUTES LES HUES DE l'AUIS. 

qui donna les plans en 1530, el siiivil les conslruclions 
sans disconlinuilc. Pierre Chanibigcs fui l'enlrepreneur 
général de la maçonnerie, et Charles Le Comte fut le 
chef de la charpenterie. Les travaux furent interrompus 
de 1548 à IGOO. L'édifice, dont la façade fut construite 
sous Henri IV, fut continué par le gendre, les petits-fils 
et les arrière-petils-fils de Chambiges, Guillaume, Pierre 
et Augustin Guillain. M. Marius Vachon, dans son His- 
toire de Vancien Hôtel de Ville de Pa?'is, dit que l'édi- 
fice Renaissance a été faussement attribué au Boccador 
et qu'il est de l'architecte parisien Pierre Chambiges. 
Rappelons que le Boccador est mort en 1549, et Cham- 
biges en 1544. Cet hôtel était «ontigu vers le nord ù 
l'hospice du St-Esprit (1362), et vers le sud il fran- 
chissait le rue du Marlroy par l'arcade dite de St-Jeau 
où fut tué, le 10 août 1792, Mandat, le commandant de la 
Garde Nationale de Paris. L'église St-Jean-en-Grève se 
trouvait à l'est de Ihôtel. L'hospice et l'église furent 
englobés dans l'Ilôlel de Ville en l'an XL Cet hôtel, 
agrandi par Godde et Lesueur de 1837 à 1871, fut 
incendié par les Communards en 1871. Avant la Révolu- 
lion l'Hôtel de Ville était la résidence du prévôt des 
marchands. La Commune de Paris s'y assembla de 
1792 à 1794. Robespierre y fut arrêté le 9 thermidor. 
En 1830 la garde de Charles X défendit l'Hôtel contre 
les insurgés. La République y fut proclamée en 1848. La 
Commune s'en rendit maîtresse en 1871, et l'occupa du 
18 mars au 24 mai. A l'arrivée des troupes de Versailles, 
le feu y fut mis. 

Le troisième Hôtel de Ville, l'actuel, a été reconstruit 
par Ballu et Deperthes de 1874 à 1882, sur l'emplace- 
ment du précédent. Depuis l'Empire l'Hôtel de Ville est 
devenu la résidence du Préfet de la Seine. Le Conseil 



IV" AllUONDISSEMENT. 87 

municipal y lient ses séances. Au sud de l'IIôlel de Ville, 
dans le petit jardin, se trouve la statue équesti-e 
d'Etienne Marcel, en costume de prévôt des marchands. 
Cette statue, œuvre d'Idrac et de Marqueste, a été inau- 
gurée en 1888. 

En face de rHùlel do Ville, sur la place, s'ouvre 
l'avenue Victoria (tronçon jusqu'à la place du Châtelel) 
(1854). ijui b'appela primitivement Itoulevard de IHôlel- 
de-Ville. Nom actuel en 1855 en mémoii'o de la visite de 
la reine Victoria à l'Hôtel de Ville. Cette avenue a fait 
disparaili'e les anciennes rues de la Tannerie, de la 
Vannerie, J. -l'Epine, une partie delà vieille place aux 
Veaux, etc. Elle longe l'annexe de l'Hôiel de Ville qui 
est au 4 et l'Assistance Publique qui est au 3. 

Quai de Gesvres. 

Fut établi en 1041 par le marqui^^ de Gesvres, capi- 
taine des gardes, sur des arcades qui existent toujoui's 
mais sont masquées. Sous ces arcades il y avait jadis des 
boutiques qui furent démolies en 1789. La voûte du quai 
de Gesvres qui existe encore, masquée par les murs du 
quai, forme aujourd'hui une gare centrale à l'usage du 
grand collecteur. Lequai Le-Pellelier, qui n"était en 1642 
qu'un terrain en ])enle appelé la Tuerie, s'étendait entre 
la place de Grève et la rue St-Marlin : il s'appela quai 
Neuf, puis quai de la Tannerie et en 1868 il fut confondu 
avec le quai de Gesvres. Gouthière habita en 1767 le 
quai Le Pelletier, comme ciseleur doi'eur, et il y avait 
une boutique à l'enseigne de la Boucle d'Or. Le moulin 
de l'Hôtel-Dieu, qui était établi primitivement dans le 
petit bras de la Seine, fut transporté en 165.^ le long du 
quai de Gesvres. 



S8 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

N" 4. Administration de l'Assistance publique créée en 
1848 pour l'emplacer le Conseil des Hôpitaux et des 
Hospices. 

N" 6. Rue de la Tacherie. Rue de la Juiverie au 
xiii'= siècle, puis rue de la Petite-Juiverie, rue de la 
Tascherie au xiv^ siècle. Le nom vient de tâche, travail. 
Elle allait primitivement de la rue Jean-Pain-Mollet à la 
rue de la Coutellerie. Elle a été remaniée en 1854, 
époque où on a ouvert la partie sud. 

N" 10. Café qui a |)ris roiiime enseigne : A la Pompe 
Nûtrc'-Dame. Ce nom rap})elle les deux pompes jumelles 
du pont N.-Daiiie au \\n^ siècle, pompes qui alimen- 
taient les lonlaines du voisinage. Ce café a été fondé 
en 1855 au moment de la démolition de la pompe. 

N° 14. Rue Adolphe-Adam (1864). Primitivement 
rue Adam, puis rue Adolphe-Adam en 1879, enThonneur 
du compositeur (1803-1856). 

Le quai de Gesvres se termine au pont au Change. 

Le Pont au Change. 

L'ancien pont aux Changeurs du xn'' siècle se trou- 
vait un peu en amont. Il était en bois et occupé par des 
orfèvres et des changeurs. Il s'est appelé pont de la 
Marchandise et pont aux Oiseaux. Après plusieurs 
inondations et incendies il fut reconstruit en pierre de 
1639 à 1647. Il était décoré des statues en bronze de 
Louis XIII, de Louis XIV âgé de dix ans, et d'Anne 
d'Autriche (actuellement au Louvre). Ces statues étaient 
l'œuvre de Simon Guillain. Les maisons qui encombraient 
le pont furent supprimées en 1769. Le pont a été refait 
en 1858 dans l'aliornement du boulevard du Palais. 



iV ARKOXDISSEMENT. 89 



Place du Châtelet. (CMé Est.) 

La place du Chàlelet est sur reujplacenient de l'an- 
cien Grand Châtelet. Le Grand Châtelet, et le Petit Châ- 
telet sur la rive gauche, étaient à Torigine deux tours 
pour la défense du grand et du petit pont. Le Grand 
Châtelet lut transformé en château fort sous Louis le 
Gros et devint plus tard la maison do justice du pi'évôt 
de Paris. En 1318 une ordonnance de Philippe le Long 
enjoignait au greflier du Châtelet d avoir à entretenir 
une chandelle auprès de la porte du dit Châtelet, et telle 
lut l'origine de Téclairage de notre ville. Louis Xl\ 
reconstruisit le Grand Châtelet et y incorpora toutes les 
juridictions particulières de la Ville. En 1789 le lieute- 
nant civil au Châtelet était Talon, dont la fille, Mme de 
Cayla, fut la favorite de Louis XVIIL Le Châtelet qui 
était une forteresse et une prison, et dans lequel se trou- 
vait la Morgue, ajipelée Basse Geôle, fut le théâtre de 
nombreuses tragédies sanglantes. Les Bourguignons y 
égorgèrent, en 1418, 216 Armagnacs. Les captifs y 
avaient les pieds dans l'eau croupie et les immondices. 
Cartouche y fut détenu en 1721, ainsi que l'empoisonneur 
Derues en 1777. En 1792 les Septembriseurs envahi- 
rent la prison. Le Châtelet fut détruit en 1802 et sur ses 
ruines on ouvrit la place actuelle, qui a également 
absorbé la rue de la Joaillerie (1300), jadis rue du 
Chevet -de-St-Leufroy et de la Passementerie au 
xvii' siècle, la rue de la Triperie, de la Vieille-Cheva- 
lerie, du Pied-de-Bœuf, etc. On entrait dans le Grand 
Châtelet par un passage en partie voûté nommé rue St- 
Leufroy. Les prisons s'élevaient sur l'emplacement de 
la fontaine. 



90 PROMENADES DANS TOUTES LES HUES DE PAItlS. 

Le ihéâtre Sarah-Bernhardt a élu conslruit en 1861 
par Davioud. Il fut primitivement Théâtre Lyrique. Ce 
Théâtre Lyrique avait été fondé en 1847 au boulevard du 
Temple, sous le titre d'Opéi'a National. Alexandre Dumas 
en prit la direction et passa la main à Carvalho. C'est à 
ce premier théâtre lyrique du boulevard du Temple 
qu'avait été donnée la première représentation de Faust 
en 1859. Les représentations continuèrent sans succès 
au nouveau théâtre. Le Théâtre Lyrique devint théâti'e 
des Nations en 1870. Opéra-Comique (1887) après l'in- 
cendie de la salle Favarl. Théâtre Sarah-Bernhardt 
(1898). Il se trouve sur l'emplacement de la rue de la 
Vieille-Lanterne (jadis rue de l'Ecorcherie puis de la 
Tuerie), qui de la place du Ghâtelet aboutissait au petit 
carrefour du Marché-aux-Veaux. Dans cette rue se 
pendit Gérard de Nerval en 1855. La scène du théâtre 
Sarah-Bernhardt est sur remplacement même de l'en- 
droit où on trouva le corps du pauvre et illustre fou. 

Rue de Rivoli. (Tronçon oriental). 

Dans son parcours dans le lY* arrondissement, le 
percement de cette rue a fait disparaître entre autres : 
la rue du Petit-Crucifix, la place et la rue St-Jacques-la- 
Boucherie, la rue des Ecrivains, qui s'était confondue en 
1851 avec la rue Jean-Pain-Mollet. La rue Jean-Pain- 
Mollet occupait à peu près l'emplacement de la rue de 
Rivoli entre la rue de la Tacherie et la rue de la Cou- 
tellerie. Maillard, dit Tape-Dur, habitait rue Jean-Pain- 
MoUel au moment de son mariage qui eut lieu à l'église 
St-Sauveur. Le percement de la rue de Rivoli a fait dis- 
paraître également une partie de la rue de la Tacherie, 
la rue de la Tixeranderie, où naquit Mme Ackermann 



IV'' AnitONUISSI'MEXT. {)[ 

en 1813. riin])assc Sl-Farun, la rue Jean-de-l Épine, une 
partie de la place Baudoyer el des rues du Roi-de-Sicile, 
des Ballets, et le passage du Petit-St-Antoine, etc. 

Le square St-Jacques a été créé en 1854 sur Tem- 
placeiiienl de Tancienne église Sl-Jacques-Ia-Boucherie. 
Dès le viii<= siècle, il existait là une chapelle dite « dans 
la boucherie ». (In carnificeria.) Celte chapelle, située 
au delà du grand pont de la Cité, était voisine d'une bou- 
cherie. Les boucheries n'étaient tolérées alors qu'en 
dehoi*s des agglomérations, l^'église fut reeonsti'uite 
plusieurs fois au xiv" et au xv^ siècle et elle conserva 
son surnom. Nicolas Flamel, qui contribua à la dernière 
rcédification, y fut enten'é en 1417. L'emplacement de 
l'église dont la façade était tournée vers l'ouest, et dont 
le chevet était tourné vers l'Hôtel de Ville, correspond à 
la partie nord du square et au trottoir de la rue de 
Rivoli qui est ici sur l'emplacement de l'ancienne lue 
des Ecrivains. L'église fut démolie en Tan V. La tour, 
qui avait été achevée entre 1521 et 1522, fut rachetée en 
183G par la Ville el i'ut restaurée par Ballu. Un Anglais 
y avait installé une fonderie de plomb de chasse. C'est 
avijourd'hui un observatoire. Au somme! , statue de 
St Jacques le Majeur avec les trois symboles des évau- 
gélistes : l'aigle, le lion et le bœuf. (Ce sont des repro- 
ductions : les originaux sont aux Thermes.) Sous la clef 
de voûte au rez-de-chaussée se trouve une statue de 
Pascal (œuvre de Cavelier, 185G), c{ui renouvela sur cette 
tour ses expériences barométriques faites antérieure- 
ment au Puy-de-Dôme en 1648. Celte tour est tout ce 
qui reste de la vieille église qui fut remplacée primitive- 
ment par un marché de vieux habits, c[ui lui-même fut 
supprimé en 1853 pour céder la place au square actuel 
en 1854. 



92 PnOMENADES DANS TOUTES LES HUES DE PAHIS. 

N" 90. Aux Lions de Faïence. (Enseigne.) 

N° 88. Rue Nicolas-Plamel. Rue de Marivas en 
1280, puis rue Marivaux, et Marivaux-des-Lombards 
avant 1854, Elle a été percée à Fendroit oîi Nicolas 
Flamel, écrivain juré, qui passait pour alchimiste au 
commencement du xv'' siècle, avait sa maison au coin de 
la rue des Escrivains. 

N° 86. A la Gerbe d'Or. (Enseigne moderne.) 

N° 82. Rue St-Bon. Existait au xiii^ siècle. Doit son 
nom àranciennecliaj)eUede Si-Bon qui datait du xi'' siècle. 
Elle se trouvait sur remplacement du 0, en face du débou- 
ché de la rue Pernelle. Celte chajoelle St-Bon ou St-Bonnet 
devint le siège du Comité civil de la seclion des Ai'cis 
en 1790, servit de corps de garde, puis fut affectée aux 
hospices et démolie en 1792. Au 12, vieille maison 
curieuse. Au 7 s'ouvre la rue Pernelle, qui s'appela 
ruelle St-Bon en 1273, rue de la Lanterne au xv!!*" siècle, 
de la Dentelle au xv!!!*" siècle. Nom actuel en mémoire 
de Pernelle, femme de Nicolas Flamel. 

N" 76. Maison moderne abritant une enseigne dun 
« Corset régénérateur » et qui n'a pas hésité à inscrire sur 
sa porle d'entrée : Ancienne propriété de Gabrielle 
d'Estrées! 

N" 33. Rue de la Coutellerie. Date de la fin du 
xn" siècle. En 1.300 c'était la rue des Recommanderesses, 
})uis rue de la Vieille-Oreille et Guignoreille par corrup- 
tion. Rue des Couteliers à la fin du xv<' siècle, puis 
rue de la Coifîerie et de la Coutellerie. Le plan de Gom- 
boust indique dans cette rue un hôtel Boucot (jui a 
été détruit par le percement de la rue de Rivoli. 

N°31. Le café de la Garde Nationale remplace l'an- 
cien café de même nom qui se trouvait à l'angle de 
l'ancienne rue du Mouton dans une maison Renaissance. 



IV' AUUONDISSEMENT. 93 

N" 68. Bas-reliefs modernes sous la voûte d'entrée. 

N" 66. Courdatanl du premier Empire. (Etablissement 
de bains.) 

N° 64. Construit sur remplacement de Thôtel des 
Coquilles habité par le président Jacques Louvet en 
1519. 

N° 60. Entrée monumentale du Bazar de THôtel-de- 
Ville. 

N" 48 bis. Là se trouvait avant 1905 la dernière mai- 
son debout de la rue de la Tixeranderie. (Cariatides sur 
la maison reconstruite en 1905.) 

N° 44. Vieille maison. (Hôtel dit de la Toison d'Or.) 
Rue des Mauvais-Garçons (xiiic siècle). S'appela rue 
Chartron. Nom actuel sous François l"'. Sauvai dit que 
le nom vient des brigands, ou mauvais garçons, qui 
essayèrent d'assassiner Olivier de Clisson, et qui furent 
cachés dans celte rue par Pieri*e de Craon. Une partie 
de la rue a été absorbée par le percement de la rue de 
Uivoli, et la construction de la caserne Napoléon. Aux 4 
et 6. vieilles maisons. 

N° 42 bis. Rue du Bourg-Tibourg. Ouverte au 
xui" siècle. Elle tire sa dénomination d'un lieu appelé 
Petit-Bourg qui fut enclavé dans la ville en 1190, et 
dont le colon principal était un nommé Tiboud. Bourg- 
Tibourg est une corruption du Bourg de Tiboud. La rue 
s'appela Boure-Thibout en 1317, rue Boutibourc en 1525. 
Avant la suppression des remplaçants militaires, cette 
rue était le rendez-vous des racoleurs ou marchands 
d'hommes. Dans cette rue s'élevait l'hôtel de Pierre de 
Craon, rasé en 1392, après l'attentat contre Olivier de 
Clisson. Sur son emplacement, donné par Charles VI à 
la paroisse St-Jean-en-Grève, fut établi un cimetière, dit 
Cimetière Verl. Les 15, 17, 19, 21 sont sur Templace- 



94 PROMENADES DANS TOUTES LES HUES DE PAUIS. 

ment du séjour des Nicolay, premiers présidents de la 
Chambre des Comptes. Une autre entrée donnait rue de 
Moussy. Cet hôtel fut habité en 1728 par Nicolas d'Ar- 
gouges, lieutenant général des armées du Roi, et en 1789 
par M. d'Oultremont, conseiller au Parlement. Au 21, 
porte. Au 33 est la porte de l'hôtel du duc de Vendôme, 
petit-fils de Henri IV. Au fond de la cour, à gauche, 
escalier en pierre avec rampe de fer forgé. Au 30, dit 
M. G. Pessard, est mort le diacre Paris. Suivant d'autres 
historiens ce décès serait survenu rue des Bourguignons 
(emplacement du 72 actuel du boulevard du Port-Ro3''al). 
Le 26 est ancien, comme presque toutes les maisons dans 
le haut de la rue. 

N°40 bis. Au Lion qui déchire une botte. (Enseigne.) 

N" 38 bis. A la Corbeille d'Or. 

N° 26. Rue des Ecouffes. Existait en 1233. Cette 
rue était habitée par des préteurs sur gages, et le mot 
écouffe était synonyme de Mont-de-Piété. Le mot signi- 
fiait également un ornement pouj-la coiffure des femmes 
au moyen âge et l'origine du nom de la inie vient peut- 
être des modistes qui y logeaient. Baraguay d'Hilliers, 
pendant sa minorité, habita la rue ainsi que le géographe 
Buache, l'inventeur de la division géogi'aphicjue par 
bassins, qui logeait au 23 ou au 25. Au 2, maison à 
pignon et grille. Le 14 et le 16 sont anciens. Au 20, 
inscription : (' Philippe de Champaigne habita et mourut 
en 1674 dans la maison qui se trouve sur l'emplacement 
du 20 actuel, dans sa partie contiguë au 18. » Cette maison 
appartenait à son beau-père, Nicolas Duchesne, prévôt 
des bâtiments du Roi. Au 25, joli hôtel du xvir- siècle 
au fond de la cour. (Porte ainsi qu'au 23.) Le 21 et le 11 
sont anciens. Au 9, se trouve un curieux passage allant 
rue du Trésor. Le 3 est ancien, etc.. elc. 



IV"^ ARRONDISSEMENT. 95 

N" 18. Rue Ferdinand-Duval. S'appelait encore, en 
1900, rue des Juifs; nom qu'elle a porte pendant plus de 
huit siècles, et qui fut changé sur la demande des habi- 
tants. Nom actuel en mémoire du Préfet de la Seine 
(1827-1896). Boissy d'Anglas habitait la rue en 1804 
(le 17, ancien). La rue possède de nombreuses boutiques 
Israélites. Au 8, au 16, ferrures de fenêtres. Au 20, cour 
et façade très curieuse du xvi" siècle d'un hôtel qui 
s'appela hôtel des Juifs en 1728. A cette époque il était 
habité par la famille Le Fèvre de Léseau et plus tard 
par la famille de Géminy. (Pilastres corinthiens, man- 
sardes sculptées.) 

N°' 18 et 16. Emplacement du Petit-St-Antoine. 
Avant la Révolution il y avait entre la l'ue St-Antoine et 
la rue du Iloi-de-Sicile un couvent des Hospitalières de 
St-Antoine-en-Viennois, dit le Petit St-Antoine pour le 
distinguer de l'abbaye du même nom sise au Faubourg. 
Ce couvent datait de Charles A' et avait été érigé en 
comnianderie en 1365. Hôpital pour les malades atteints 
du mal des Ardents ou feu St-Antoine. En 1615 ce fut 
une maison d'éducation religieuse qui fut supprimée en 
1790. Devenu propriété nationale, le Petit St-Antoine 
fut vendu en 1798 et démoli en 1804. Dans l'église siégea 
le Comité de la section des Droits de l'Homme. On a 
ouvert en 1806 sur son emplacement, et dans l'axe de la 
rue des Juifs (Ferdinand-Duval), un passage dit égale- 
ment du Pelit-St-Antoine. C'est dans ce passage, qui a 
été élargi et ajouté à la rue des Juifs dont il était le pro- 
longement jusqu'à la rue St-Antoine (rue François-Miron 
actuellement), cju'étaient situés les magasins dits du 
Petit-St-Antoine. (Sorte de Bon-Marché sous l'Empire.) 
Le Petit-St-Antoine s'étendait à peu près sur l'empla- 
cement des maisons portant actuellement les numéros 18, 



96 PROMENADES DANS TOUTES LES HUES DE PARIS. 

16, 1, 3, de la rue de Rivoli, le sol de celte mie et 48, 45, 
de la rue François-Miron. 

N° 1. Café dit de la Pointe Rivoli. C'est ainsi qu'on 
dénomme cet endroit. 

N" 8. Au Bûcheron (enseigne). Au 10, s'ouvre la rue 
Pavée. 

Rue Pavée (1235). 

Jadis rue du Petit-Marivaux (1406), puis Pavée-au- 
Marais à cause du pavage cju'on y fît. Tronchet, le défen- 
seur de Louis XVI, président du Sénat, mourut en 1806 
au 6 de la rue Pavée-au-Marais et fut inhumé au Pan- 
théon. 

N*"* 11 et 13. Emplacement de l'hôtel de Savoisy, 
favori de Charles Y, démoli en 1404. Rebâti en 1517 
par Morlet de Museau, conseiller du Roi. Là fut logé le 
duc de Norfolk, ambassadeur d'Angleterre en 1533. 
L'amiral Chabot, compagnon de captivité de François V 
(1543). Sa veuve le vend au sieur de Bellanire qui le 
revend à Charles III, duc de Lorraine. L'hôtel, dit alors 
de LoiTaine, est restauré par sa femme Nicole qui y 
mourut en 1657. Les hoirs de la duchesse vendent 
l'hôtel à Dauvet, président au Parlement. Son gendre, le 
marquis d'Herbouville, guidon des gendarmes, et petit- 
fils, par sa femme, de Desmarets, grand fauconnier. 
L'hôtel fut partagé: François Dauvet devint propriétaire 
de la partie située au coin de la rue du Roi-de-Sicile. 
Simon Lefèvre. François de Cloycate (1797). Inscri- 
ption : Hôtel d'IIerbouville. 

N» 12. Emplacement de l'ancien petit hôtel de 
Brienne, qui fut avant hôtel de Chavigny, et c^ui lut 
englobé dans la prison de la Force sous le ministère de 
Necker. Cour (deux escaliers). 



IV'^ AnnONDISSEîMENT, 97 

* N" 24. Hôlel dit de Lamoignon. Autrelbis sélevaii 
là une maison qui appartenait aux religieux de St-Antoine 
et se nommait la Porcherie de Si-Antoine. Robert de 
Beauvais. L'hôtel fut reconstruit auxvi* siècle par Diane 
de France, duchesse d'Angoulème, fille Icgiiimée de 
Henri II, ainsi que l'atteste le chifi're de Diane de Poi- 
tiers, sa mère (croissants, attributs de chasse, et des D.). 
Diane de France fut un exemple de vertus et l'hôtel fut, 
pendant son veuvage, « un gynécée de pudeur ». Elle 
épousa Horace Farnèse, puis François de Montmorency. 
Elle légua rhôtel à son neveu bâtard, premier duc d'An- 
goulème, fils de Charles IX et de Marie Touchet, qui fut 
célèbre par ses brigandages. L'hôtel fut habite ensuite 
par Mme de La Roche-Guyon et son poète suivant, Ben- 
sei'ade. Charles de Valois, comte d'Alais. Chrétien-Fran- 
çois de Lamoignon, fils du premier pi'ésident, acheta 
rhôtel en 1G84 (et non en 1G58 comme le dit Tinscrip- 
tion au-dessus de la porte). Il était alors avocat géné- 
ral et ne fut président qu'en 1698. (11 refusa d'être 
membre de l'Académie française.) L'hôtel ne fut réelle- 
ment terminé qu'en 1718. Lamoignon de Malesherbes, 
défenseur de Louis XVI, y est né (1721). En 1762 la 
première bibliothèque de la Ville y fut installée. 
Alphonse Daudet y habitait en 1867. (F'rontons gran- 
dioses soutenus par des pilastres engagés, les premiers 
dans ce style.) Échauguette au coin de la rue des Francs- 
Bourgeois. Les lettres S. C. au-dessous de cette échau- 
guette signifient : Ste Catherine (nom du quartier à 
l'époque). 

N° 22. Pilastres à bossages vermiculés de ia jamJ)e 
étrière qui séparait l'hôtel Lamoignon de l'ancienne 
prison de la Force démolie en 1848. La prison qui s'ou- 
vrait rue Pavée, était la Petite Force : elle communiquait 

iV AUROXU. 7 



98 i'ROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

et faisait corps avec la Grande Force qui elle était en 
façade sur la rue du Roi-de-Sicile, à rextrémité de la 
rue des Ballets qui s'y heurtait en impasse. La façade 
de la Petite Force, due à Tarchitecte Desraaisons, était 
encore inachevée en 1792. La maison de détention 
s'étendait derrière cette façade jusqu'aux maisons parti- 
culières en bordure de la rue Culture-Ste-Catherine (de 
Sévigné). La Petite Force était la prison réservée aux 
femmes. Au moment des massacres de Septembre, la 
concierge s'a]:)pellait Mme de Hanère. A la Petite Force 
furent enfermées la princesse de Lamballe, Mme de 
Tourzel et sa fille, la duchesse de Bourbon, sœur d'Ega- 
lité, qui fut ensuite transférée à INIarseille, Mme Du 
Barry, etc., etc. 

Rue Malher. 

Percée en 1848 sur remplacement de l'ancienne rue 
des Ballets et de l'ancienne prison de la Grande Force. 
Nom en mémoire d'un sous-lieutenant tué en 1848 sur 
les barricades. L'hôtel de la Force était devenu prison 
politique après 1780 et 75 députés girondins, des roya- 
listes nombreux y furent détenus. Sous l'Empire, Mallet 
y alla chercher ses complices. Plus lard elle renferma 
Godefroy Cavaignac, Blanqui, Barbes, etc. La prison 
fut démolie en 1848. Comme nous l'avons dit plus haut, 
la Grande Force, qui s'ouvrait rue du Roi-de-Sicile, com- 
muniquait avec la Petite Force, autre prison qui s'ou- 
vrait rue Pavée. Le guichet d'entrée était dans l'axe de 
l'ancienne rue des Ballets. Les massacres de Septembre 
eurent lieu dans la rue du Roi-de-Sicile devant ce guichet 
(angle rue Malher et rue du Roi-de-Sicile). C'est là que 
fut massacrée la princesse de Lamballe ainsi que 167 



IV'' AUKUNDISSEMENT. 99 

détenus royalistes. Les victimes étaient jugées sommai- 
rement et étaient assommées à la sortie du guichet. C'est 
la Commune qui doit porter la responsabilité de ces 
sinistre.s massacres, car si, comme le dit si justement 
M. Lenôlre dans son intéressant ouvrage sur les mas- 
sacres de Septembre, on n'a pas découvert l'ordre écrit 
([ui déchaîna la tuerie, on peut assurer que la Commune 
la provoqua et mit tout en œuvre pour la faciliter. Les 
prisons regorgeaient à cette époque d'aristoci'ates : le 
Gouvernement et la Commune lurent au fond ravis de se 
voir débarrassés de ces pensionnaires. Cent cinquante 
égorgeurs au plus suffirent à la besogne. 



Rue du Roi -de -Sicile. 

Existait pariiellement déjà en 1260. Une partie 
s'appela rue de Bercy-au-Marais et l'ue Hoqueton 
en 1350, une autre s'appelait rue de la Croix-Blanche. 
Elle fut dite rue des Droits-de-rilomme de 1792 à 180G. 
Charles d'Anjou, frère de St Louis, couronné à Rome 
roi de Naples et Sicile (1266), avait un palais dans ce 
quartier, palais qui après plusieurs remaniements 
devint l'hôtel de la Grande Force démoli en 1848. Cet 
hôtel s'étendait à l'est jusqu'à la rue de la Cousture- 
Ste-Catherine (Sévigné) au nord jusqu'à l'hôtel d'An- 
goulème (hôtel Lamoignon.) La rue Malher indique à 
peu près sa limite à l'ouest. 

En 1266 c'était l'hôtel dit du Roi-de-Sicile ; hôtel 
d'Alençon de 1325 à 1476 environ; du cardinal Jean 
Balue, évèque d'Evreux sous Louis XI; de Navarre. 
Hôtel du cardinal de Meudon, oncle de la duchesse 
d'Etampes. Le cardinal de Birague (1559 à 1583.) Le 
duc de Roquelaure sous Henri l\. Le comte de St-Pol. 



100 PltOMENAUES DANS TOUTES LES RUES UE i'AUIS. 

Hôtel de St-Pol. Claude Le Boulhillier, comte de Cha- 
vigny (1622 k 1052). Son fils Léon le laissa à ses deux 
filles. Hôtel de la Force (1698.) Une partie en fut vendue 
alors à Jacques Poultier et cette partie est devenue la 
caserne des pompiers de la rue de Sévigné. L'autre 
partie fut vendue en 1715 aux frères PAris. Prison de 
la Force en 1780. Démolie en 1848. 

N" 2. Emplacement du corps de garde de la prison 
de la Grande Force. A côté se trouvait le logement du 
concierge Bault en 1792. En 1793, Bault et sa femme 
allèrent remplacer à la Conciergerie leurs collègues 
Richard, et furent les geôliers de Marie- Antoinette. 

N" 8. Grille de marchand devins. Emplacement d'une 
maison dite de L. couronnée construite par Louis 
Duchesne (1498) et possédée en 1664 par Nicolas 
Duchesne, beau-père de Philippe de Champaigne. 

N" 10. Emplacement de Fhôtel Desmarets, famille de 
contrôleurs des finances sous Louis XIV. L'hôtel princi- 
pal était au 7 et au 11 de la rue Pavée. 

N° 22. Passe dans le quartier pour avoir été rem- 
placement d'un pied-à-terre de Gabrielle d'Estrées (?). 
S'intitule aujourd'hui Brasserie Orientale tenue par 
Abramoff. 

Le plan de Gomboust indique au coin de la rue des 
Juifs (Ferdinand-Duval) une Notre-Dame d'Argent. Là 
se trouvait jadis une Belle Dame do pierre qui fut mutilée 
et jetée par terre le 1"' juin 1528. Ce fait eut une 
grande influence au début de la Réforme. La statue de 
pierre fut remplacée solennellement en présence du 
Roi par une statue d'argent qui fut volée plus tard par 
un mitron. 

N" 30. Très ancienne maison au coin de la rue des 
Écouffes. 



IV AHItONDISSE.MHM-. 101 

N* 38. M. Olier. londaleur dt" la Coia|>agnie de Si-Sul- 
pice, y est né. 

N° 40. Frise intéressante. 

N" 50. Monogramme du Christ enfant. 

Dorât habita hi rue du Roi-do-Si(>ile vers 1770. 

Rue Vieille-diî-Temple. 

(Partie comprise entre la rue de Rivoli et la rue 
des Francs-Bourgeois.) 

Existait au coninicncement du xiii'' siècle. Elle s'est 
aj)pelée quelque lemps rue Meille-Barbette, mais a 
presque toujours eu sa dénomination actuelle. 

N° 15. Hôtel de Vibrayc (1050). (Cour.) 

X" 17. Cour assez curieuse. 

N" 20. Impasse de THôtel-d'Arg-enson qui condui- 
sait à rhôtel de Voyer d'Argenson au commencement 
du xvni" siècle. Cet hôtel d'Argenson appartenait en 1766 
au mai'quis de Villette. 

N" 24. Hôtel du maréchal d'Efiiat, père de Cinq-Mars. 
Le Peletier, prévôt des marchands en 1668. Le Pele- 
lier, lieutenant civil (1713). lie Peletier de Montmélian, 
magistrat (1789). (Fronton de la porte. Voûte d'entrée.) 

N" 26. Rue du Trésor (1882). Son nom vient des 
monnaies trouvées dans les fondations de l'hôtel d'Effiat 
lors des travaux d'ouverture de la rue. Ce trésor, le plus 
considérable cfue l'on ait trouvé en France était une 
somme de 7882 livres, qui de nos jours représente une 
valeur intrinsèque de 120 000 francs. Ces monnaies d'or 
étaient des francs à cheval du roi Jean et des francs à 
pied de Chai-les Y. Il est probable que ce trésor n'ap- 
partenait pas à un particulier, mais à un détenteur des 
deniers publies. Il a été mis en vente et le musée 



102 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Carnavalet en a acquis quelques échantillons, ainsi que 
le vase de cuivre qui le renfermait. La rue se termine 
par un curieux passage qui la met en communication 
avec la rue des Ecouffes. A côté du passage se trouve 
une façade qui devait servir à une fontaine monumen- 
tale. Au 10 habite M. Henry Céard, homme de lettres. 

N° 36. Le terrain, ainsi que celui du 34, appartenait 
au XVII* siècle à la famille Aimeras. Madeleine Aimeras, 
épouse de Dreux-Poussopin. en hérita à la mott de sa 
mère, Hélène Aimeras (1G60). Hôtel Poussepin. Charles 
Poussepin vendit la maison à son locataire Nicolas de 
Baillif(1776 à 1789). Au 36 porte intéressante. Le 34 a 
été reconstruit. 

N" 33. Inscription presque effacée : Vieille-rue-du- 
Temple. 

N" 42. Rue des Rosiers. (Voir la notice plus bas.) 

N" 43. Restes d'un hôtel de Bragelonne. Curieux 
passage des Singes ouvert au commencement du 
xix*^ siècle. Ce passage conduit à la rue des Guillemites, 
jadis rue des Singes. 

N° 45. Façade intéressante. (Prétend avoir été fondée 
en 14161) 

N" 44. Porte. Mascaron. Escalier original avec rampe 
en fer forgé. 

* N" 47. Hôtel dit des Ambassadeurs de Hollande. 
Emplacement du logis seigneurial du maréchal Jean de 
Rieux (1397). Son fils, le maréchal Pierre de Rieux 
(1417). En 1421, Fhôtel fut confisqué par les Anglais. 11 
tombait en ruines à cette époque. En 1450 le Prieuré 
du Temple céda ces ruines à Gratien Mulart, bourgeois 
de Paris, qui resta propriétaire jusqu'en 1482. Nicolas 
de La Chesnaye, écuyer, le remplaça et fit reconstruire 
la maison, cjui fut ensuite possédée par son fils Jean de 



IV ARRONDISSEMENT. 10» 

la Chesnaye. Ses héritiers vendent la propriété à 
Nicolas Le Hardy, chevalier. Sa veuve, puis son lils 
Sébastien Le Hardy, grand prévôt de France et beau- 
frère de Mme de Coulanges. Sa femme vend Thôtel en 
1638 à Denis Araelot de Chaillou. Son llls Jean Amelot 
de Bisseuil (1655). maître des requêtes, acheva Thôtel 
actuel que son père avait commencé à faire édifier par 
Tarchitecte Cottard. Après Amelot de Bisseuil, l'hôtel 
fui possédé par sa fille Charlotte, épouse de .l.-B. du 
Défiant, marquis de La Lande (1689), qui fut la helle-mère 
de Mme du Deffant. Après la mort de sa femme, J.-B. 
du Deffant vendit Thôtel à Marie Lubin dHarvilliers 
(1714) qui revend à Claude Miotte. Jean-Daniel Kolly, 
contrôleur des finances de l'électeur de Bavière (1719). 
Jean Pingault, secrétaire du Roi (1723), qui le loua aux 
fermiers des Boucheries de Paris. Jean-Pierre Penoit, 
bourgeois (1752). Louis Letellier, maître maçon (1799). 
Pierre Boignes. Famille Lecoq. L'hôtel fut occupé par 
l'ambassade hollandaise et y abrita le culte protestant 
en France. Un des propriétaix'es, Louis Letellier, le 
loua en 1776 à A. Caron de Beaumarchais. C'est là que 
ce dernier y écrivit le Mariage de Figaro. Il y installa 
un Institut de bienfaisance maternelle. Pendant la Révo- 
lution l'hôtel lut occupé par un bal. (Très belle porte en 
chêne avec bas-relief représentant Romulus et Remus 
par Regnardin. Cadrans solaires. Voir la deuxième cour 
reliée à la première par un passage voûté. Terrasse. 
Chambre à l'italienne, voûtée en coupole, décorée par 
Dorigny. Dessus de portes sculptés par Guilbert. Cha- 
pelle transformée en cuisine, etc.). 

C'est devant l'hôtel du maréchal de Rieux, près de la 
poterne Barbette, que le duc d'Orléans, sortant de 
souper chez Isabeau de Bavière, sa belle-sœur et mai- 



loi PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE l'AniS. 

tresse, fut assassiné par les gens de Jean sans Peur le 
23 novembre 1407. 

N° 51. Inscription ancienne : Vieille-ruo-du-Temple, 

N*" 46. Rue du Marché-des-Blancs-Manteaux 
(1817). N'a été dénommée qu'en 1844. Le marclié des 
Blancs-Manteaux, inauguré en 1819, est sur une partie 
de Tancien hôtel d'Adjacet, comte de Chateauvilain. Cet 
hôtel devint hôtel d"0. François d'O, mignon d'Henri III, 
y mourut en 1594. Les hospitalières de St-Anasthase s'y 
installèrent en 165.5 et y restèrent jusqu'à la Révolution, 
époque où le théâtre dit du Boudoir des Muses vint 
s'établir dans le jardin. Plus tard asile de nuit. Le 2 et 
le 4, où nous voyons un joli iVonton et un cadi-an solaire, 
sont les derrières du 47 de la rue des Francs-Bourgeois, 
(jui est un ancien pavillon de l'hôtel d'O. 

N" 61. A hauteur de ce numéro s'élevait ranciennc 
poterne Barbette. 

N° 63. Façade assez curieuse ainsi cju'au 07. 

N° 52. Au Chat qui pelote. (Enseigne.) Fut vers 1750 
un lieu de libertinage, puis un tripot, qui fut fermé par 
la police. Devint un débit de vin politique pendant la 
Révolution, et fut fréquenté par Cambon, Treillard et 
l'imprimeur Momoro dont la femme réprésentait les 
déesses dans les fêtes publiques. 

Rue des Rosiers. 

Date du xni' siècle. La partie entre la rue Ferdinand- 
Duval et la rue Pavée était, avant 1848, l'impasse Coque- 
relle qui a été élargie et ajoutée à la rue en 1850. Elle 
doit son nom aux jardins ornés de roses qui s'y trou- 
vaient jadis. Aujourd'hui elle est presque entièrement 
habitée par des Juifs (enseignes Israélites, caractères 



l\" AnilOXDISSEMENT. 105 

hébraïques sur de nombreuses ))Outiques, boucheries 
juives, fabriques de pains azymes, etc.). Il est très 
curieux, pour ceux que la physionomie des rues inté- 
resse, de visiter cette rue un samedi. On y entend parler 
tantes les langues et on y rencontre à chaque pas le 
type sémite. C'est le ghetto parisien. La rue possède 
plusieurs vieilles maisons. L'hôtel de Tancarville y était 
situé au xvi° siècle. 

N" 23. Entrée de l'hôtel de Mme d'Estat, femme d'un 
colonel ari-ivé grâce à sa femme qui n'était pas une rosière. 

X° 11. Cabaret dans une vieille maison. S'intilule : 
Rendez-vous international . 

N** 4. Façade d'un élablissemenl de bains se disant 
romains. 

N*" 4 bis. École de travail. 

N" 14. Emplacement de Ihôiel de Chal)enat, seigneur 
de Bonneuil, président au Parlement, qui l'avait acheté 
de Brinqueville, maréchal de camp, dont la femme en 
avait hérité du pi'ésident Camus de Pontcarré, son père. 
Démoli en 1903. 

N° 16. Emplacement d'un hôtel ayant appartenu à 
J.-B. Scarron, sieur de Saincton. qui l'avait vendu en 
1651 à Nicolas Robert, sieur de Lay. Démoli en 1903. 

N" 18. Porte en fer et tube d'une ancienne lanterne 
à poulie. 

Rue des Blancs-Manteaux. 

Avant Philippe Auguste cette rue s'appelait rue de la 
Parcheminerie et c'est là qu'on préparait pour écrire les 
peaux de mouton. Louis IX y élablit en 1258 des frères 
mendiants, dits Serfs de la Ste Vierge, qui étaient por- 
teurs de lonsfs manteaux blancs. Ces religieux fusion- 



lOG PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

nèrent sous Boniface VIII avec les Guillemites (1274) et 
Charles VI leur concéda, pour bâtir, une tour de l'en 
ceinte de Philippe Auguste et quarante toises. Malgré e 
général des Guillemites qui résidait à Liège, les Béné- 
dictins de St-Maur-des-Fossés furent envoyés dans le 
couvent par ordre du cardinal de Retz (1618). Les 
Barnabites remplacèrent en 1629 les moines de St-Maur- 
des-Fossés qui avaient repris eux-mêmes au xii* siècle 
le monastère de St-Eloi-dans-la-Cité, vis-à-vis le Palais. 
Le couvent fut reconstruit en 1685 (Voir les restes rue 
des Guillemittes) et Tordre des Blanos-Manleaux fut 
supprimé en 1790. 

Au coin de la rue Vieille-du-Temple se trouvait Thôtel 
de Henri de Lissac, valet de chambre de Charles VI. 

N° 1. Inscription ancienne : Rue des Blancs-Manteaux. 

N° 2. Le chimiste Fourcroy en 1787. (Grille.) 

N° 4. Du 4 au 10 s'étendaient les bâtiments des Guil- 
lemites. 

N" 10. Fronton avec consoles sculptées (ancien regard). 

* N"^ 12, Église des Blancs-Manteaux. L'église primi- 
tive fut reconstruite en 1685. Le chancelier Le Tellier 
en posa la première pierre. En 1863 on lui adapta le 
portail de l'église des Barnabites qui était située dans 
la Cité. L'église fut agrandie en même temps par Baltard 
d'une travée après l'avoir été déjà par l'élargissement 
des bas-côtés et l'érection de la chapelle- latérale dite 
de Ste-Geneviève. Près du chœur nous voyons une 
statue par Héraut (1809) représentant la vierge nommée, 
dès le xiii" siècle, Notre-Dame des Blancs-Manteaux. 
Dans la chapelle Ste-Geneviève nous voyons des ins- 
criptions relatant les personnes inhumées soit dans 
l'ancienne église, soit dans la nouvelle. Les bâtiments 
du monastère ont été englobés dans le Mont-de-Piété. 



IV*^ ARRONDISSEMENT. 107 

LY'glise, vendue en 1797, fut rachetée en 1807 et rétablie 
sous le vocable de Notre-Dame des Blancs-Manteaux. 
C'est dans la première église que fut déposé le corps 
de Louis d'Orléans, assassin('' par Jean sans Peur qui 
vint s'agenouiller devant sa victime en simulant une 
profonde doulour. 

N° 15. Rue Aubriot. (Voir notice plus bas.) 

N" 14. Faisait partie du Prieuré des Blancs-Manteaux. 
(Porte, mascaron. escalier.) Bureau du Mont-de-Piété. 

N" 16- Mont-de-Piété sur une partie du monastère des 
Blancs-Manteaux. (Voir 55, rue des Francs-Bourgeois.) 

N° 23. Ferrures. Mansardes. 

N" 22. Hôtel appartenant avant 1400 à demoiselle 
Denise Baguier, veuve de Jean Le Vavasseur, maître des 
Comptes. 11 a appartenu à plusieurs Séguier. Charles 
de Bourdeille (1657.) (Très joli escalier en fer forgé.) 

N** 25. Cour intéressante. Consoles et mansardes. 
Escalier en pierre au fond de la cour à droite. 

N° 25. Au coin de la rue des Archives : Cabaret do 
riIomme-Armé, qui existait déjà en 1432. Enseigne du 
xviii'^ siècle. Ange Pitou chantait devant ce cabaret ses 
chansons réactionnaires. 

N'' 28. Jolie grille de boulangerie avec épis de blé en 
fer forgé. 

N" 34. Passage Pecquay. Jadis rue Pernelle-St-Pol. 
Existait en 1300. Doit son nom à Jean de La Haie, dit 
Piquet ou Pecquet, qui y fit construire un hôtel, qui 
occupait l'emplacement du nord du passage quand 
celui-ci n'était cju'un cul-de-sac. L'hôtel de Pecquet 
devint ensuite, au xvii" siècle, hôtel de Novion, famille 
de robe au crédit de laquelle la rue devait trois lan- 
ternes. Au 13, curieuse entrée précédée de deux bornes. 
Les 1, 2, 6, etc., sont anciens. 



108 IMJOMENADES DANS TOUTES LES HUES DE 1>AIUS. 

N° 35. Grille et enseigne en l'er lorgé représentant 
un moine du monastère (Aux Blancs-Manteaux). Au .36, 
en face : grille. 

N" 37. Institution Cailleux (1848). Escalier du 
xvii° siècle ainsi c(u'au 38. 

N" 43. Fa(,>ade assez intéressante ainsi qu'au 45. 

N° 47. Emplacement de Thôtel du marquis de Favras, 
gendre du prince d'Anhalt. Schauenbourg. Le marquis 
fut pendu place de Grève en 1790, pour un soi-disant 
complot, dont le véritable chef aurait été Monsieur, qui 
ne fit cependant rien pour le sauver. Le dénonciateur 
de Favras, le nommé Turcatli, habilail également la rue. 
et se pendit dans sa «liaiiibi'c après une nuil de débauche. 
(Escalier.) 

JR«e Aubriot. 

Date du xiii'" siècle. Jadis rue du Puits-au-Marais. 
Nom actuel depuis 1867 en mémoire de Hugues Aubriol, 
prévôt de Paris sous Charles V. Ce prévôt inaugura le 
pont au Change, le pont St-Michel et la Bastille, res- 
taura le Petit Pont, reconstruisit en pierre le Petit 
Chàtelet qui était en bois, et fit construire les premiers 
égouts de Paris. Il fut condamné en 1381 par l'évêque 
de Paris pour hérésie et enfermé dans la grosse toui* 
de l'hôtel épiscopal qui était la prison de lévèché. Il en 
sortit en 1382, le jour où éclata la révolte des INIaillotins. 

N° 9. Belle porte du commencement du wii*^ siècle. 

N° 3. Très grande porte. 

N" 2. Reste d'une niclie de la Merge au-dessous de 
laquelle on lisait encore il y a \)(iu de temps cette ins- 
cription : « Ecce Mater tua ». 

N" 4. Porte et jolie fenêtre ornée d'un mascaron. 



ÎV' AIIHONUISSËMENT. 109 

N" 10. Appartenait en 1(316 à Jean de Vaton, puis ù 
Pierre de Vaton, et ensuite au seigneur de Bissy qui le 
vendit en 1703 à Louis Ilavis, conseiller du Roi et 
contrôleur des rentes. Il reconstruisit Thôtel en 1705 et 
le loua en 1712 au parlementaire Gadot. Hôtel Havis 
jusqu'en 1782. Acheté par Jacques Baron, écu3'-er (1784). 
L'architecte Adolphe Neveu (1835). M. Bernard Jullien 
(1836), érudit et écrivain, qui y mourut en 1881. Son fils, 
propriétaire actuel. Escalier. Au bas de l'escalier, clef 
sculptée (tête de femme). 



Rue des Archives. 

(Partie comprise entre la rue des Francs-Bourgeois 
et la rue de Rivoli.) 

Cette rue n'a pris son nom actuel qu'en 1888. Anté- 
rieurement le tronçon situé dans le IV* an'ondissement 
était composé de plusieurs rues qui ont été réunies : la 
rue des Deux-Portes (1281), qui allait de la rue de la 
Tixeranderie (Rivoli) à la rue de la ^'errerie; la rue des 
Billettes, jadis des Jardins (1299), qui allait de la rue do 
la Verrerie à la rue Ste-Croix-de-la-Bretonnerie; la rue 
de l'Homme-Armé, qui s'étendait de la x'ue St-Croix-de- 
la-Bretonnerie à la rue des Blancs-Manteaux. De la rue 
des Blancs-Manteaux à la rue des Francs-Bourgeois, la 
rue faisait partie de la rue du Chaume. Le bas de la rue 
actuelle des Archives a été élargi en 1880 et a perdu 
plusieurs maisons intéressantes. Le graveur Janinet 
demeurait 3, rue du Chaume, près de la rue des Blancs- 
Manteaux. 

N'' 42. (Rue de rHomme-x\riné). Porte d'entrée du 
xviH* siècle. 



110 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

* N° 24. Cloître, du xV siècle, de Tancienne chapelle 
du couvent des Billettes supprimé en 1790. 

N° 22. Eglise évangélique des Billettes, reconstruite 
en 1745. Là jadis s'élevait dans l'ancienne rue des Jar- 
dins (vicus jardinariuin) la maison du juil Jonathas qui 
fut accusé et convaincu d'avoir fait « bouillir Dieu » en 
bi'ùlant une hostie consaci'ée, qui, dit-on, fut sauvée mira- 
culeusement, et fut conservée jusqu'à la Révolution par 
l'église St-Jean-en-Grève. La maison du juif où le crime 
et le miracle avaient eu lieu (1290) revint de droit, 
après l'exécution de Jonathas, au domaine de la cou- 
ronne. Un bourgeois de Paris, Reignier Flaminge, la 
disposa en chapelle (1294). Guy de Joinville en 1300 y 
installa les Frères de la Charité-Notre-Dame, dits reli- 
gieux du Tiers-Ordre de St-Francois, et ils commencèrent 
à y célébrer l'office solennel dit de la Réparation qui fut 
célébré là ainsi qu'à St-Jean-en-Grève pendant cinq 
cents ans. En 1408 les religieux construisirent une 
nouvelle église consacrée au St Sacrement et à cette 
époque on désignait la rue des Jardins sous le nom de 
« Rue où Dieu fut bouilli ». Le nom de Billettes qui fut 
donné ensuite aux religieux provient sans doute dune 
enseigne qui consistait en un petit billot de bois que 
Ton suspendait à la maison voisine de péage. Les 
Billettes furent remplacés en 1633 par les Carmes de 
la province de Touraine, qui y restèrent jusqu'à la 
Révolution. L'église fut reconstruite en 1745 mais le 
cloître subsista. Fermée à la Révolution l'église fut 
donnée en 1808 au culte luthérien. Elle se compose 
d'une abside sphérique s'ouvrant dans la nef du milieu. 
Au-dessus des nefs latérales régnent deux vastes tribunes 
superposées. (Visiter la sacristie.) 

N° 9. Entre le 9 et le 15 s'étendait le couvent des 



iV AKUONDISSEMENT. 111 

Frères de la Croix installés à Paris en 1258 et suppri- 
més en 1790. 



Rue Ste-Croix-de-la-Bretonnerie. 

Rue du Chauip-des-Brelons en 1228, rue de Lagny en 
1232 et rue de la Grande-Bretonnerie, à cause d'un pelit 
fief de ce nom. Elle doit son nom à l'église Ste-Croix 
bàlie au xni^ siècle par Eudes de Montreuil pour des 
religieux originaires de Liège qui vinrent s'établir là en 
1258 dans l'ancienne maison delà Monnaie du Roi. Dans 
cette église, dite de TExallation de la Ste-Croix, fut 
inhumé en 1591 le président Barnabe Brisson, un des 
hommes les plus érudits de son temps, et une des vic- 
times des fureurs de la Ligue. Rameau y lut organiste. 
Le couvent fut supprimé en 1790 et démoli. Sous Louis XVI 
un local du couvent servait de salle de vente publique 
autorisée. On retrouve quelques traces des bâtiments 
conventuels dans le square Ste-Croix-de-la-Bretonnerie 
qui a été percé à travers l'ancien couvent. La rue fut le 
lieu d'origine de l'Administration des Pompes funèbres. 
Le siège des réunions des crieurs jurés des inhumations 
y était situé. Fouquier-Tinville habita la rue en 1788 
après avoir été en 1786 rue Vieille-du-Temple et avant 
d'aller en 1789 rue du Bourg-Tibourg. 

N° 47. Tourelle carrée de 1610. Turpin, chirurgien de 
Monsieur, frère du Roi, y habita en 1635. 

N" 44. Ancien hôtel Feydeau de Brou (1760). 
Aujourd'hui Dispensaire gratuit. 

N" 39. Enseigne de l'Hôtel de Ville moderne. 

N° 35. Maison ayant appartenu au Chapitre de 
Ste Croix. A la Grille (1696). 

N" 35. Square Ste-Croix-de-la-Bretonnerie. 



112 l'IlOMENADES DANS TOUTES LES ULES DE PAr.IS. 

Ouvert en 1790 sur remplacemenl de la communauté 
des Chanoines de Ste-Cï'oix et de Téglise du couvent. 
Le cardinal de La Rochefoucauld réforma sous 
Louis XIII cet établissement monastique et y introduisit 
des chanoines de Ste-Geneviève, mais les chanoines de 
Ste-Croix résistèrent à Tinnovation, et finalement 
restèrent exclusivement les maîtres du couvent qui, 
comme nous Tavons dit plus haut, fut démoli en 1790. 
Avant 1909 le square s'apelait passage Ste-Croix-de-la- 
Bretonnerie. Au 1.3 du square, dans le couloir d'entrée, 
se trouve une insciiption tuniulaire provenant de l'an- 
cienne église. 

N*^ 28. Fenêtres intéressantes du côté de la rue de 
THomme-Armé. 

N° 24. Porie. Cour. 

N° 22. Ancien hôtel. Fut bureau de l'Assistance 
publique. Aujourd'hui Fcole élémentaii^e de jeunes 
garçons. 

N" 21. Emplacement de l'hôtel de Dufresne de 
St-Cergue, contrôleur général de la maison de Madame 
sous Louis XIV. 

N° 19. Mascaron. Consoles Louis XV. 

N° 20. Hôtel datant de 1G96. Hôtel du fermier géné- 
ral Ilomans, puis de Le Pelletier de Morfontaine, con- 
seiller d'Etat et ami de la duchesse de Mazarin sous 
Louis XV. Le jurisconsulte Target, défenseur du 
cardinal de Rohan dans l'affaire du Collier et plus tard 
président de l'Assemblée Constituante, y mourut en 
1806. Fut mairie (1840). Belle porte Louis XIV. 
(Tympan recouvert de fines sculptures et de deux van- 
taux comportant une décollation de lambrequins, 
coquilles et têtes de guerriers formant le coin des 
panneaux.) Cour intéressante. 



IV* ARRONDISSEMENT. 113 

N" 18. Entrée d'un hôtel du wii'- siècle. Au 13, en 
face, ferrures. 

N° 16. Hôtel de l'astronome l.alande. M. d'Ablinionl 
au xvin® siècle. 

N" 5. Emplacement de Fhôtel de la famille Luillier. 
Eustache Luillier de La Malmaison, prévôt des mar- 
chands au commencement du xvi" siècle. Le comte de La 
Martellière au xviii'' siècle. 

N" 3. Porte et mansardes d'une vieille maison. 

N° 2. Vieille maison au coin de la rue Vieille-du 
Temple. 

N° 19. Rue de Moussy. 

Hue de Moussy. 

Ruelle descendant à la Verrerie à la fin du 
xin'= siècle. En 1530 Jean de Moussy, échevin, lui donna 
son nom, mais on l'appelait aussi rue Mûrier, rue Jean- 
Murier, rue du Mûrier. C'était jadis une rue très mal 
famée et après le couvre-feu on fermait la rue par une 
herse de fer pour y enfermer les femmes « folieuses de 
leur corps ». Cette herse de fer a disparu depuis peu. 

N"' 7. Emplacement de l'hôtel des évêques de Beau- 
vais. Fut habité par l'évêque J. Cauchon qui condamna 
Jeanne d'Arc. Prévost de St-Cyr, maître des requêtes, 
qui le loua à Poisson, père de Mme de Pompadour, 
qui y habita de 1723 à 1728. L'hôtel dit de Moussy fut 
démoli en 1793 et on construisit sur sa place une 
école. 

N" 8. Vieille maison ainsi qu'au 0. etc. 

Les premières maisons de ce côté, en venant de la 
rue de la Verrerie (ainsi que les n"' 4, 6, 8 de la rue de 
la Verrerie) sont sur l'emplacement du Cimetière \'ert 

n' AHRON'D. 8 



llf PROMENADES DANS TOUTES LES UUES DE PARIS. 

(1393 jusqu'à 1772). A cette époque ce vieux cimetière 
fut transformé en un raai'ché qui a disparu. 



Rue delà Verrerie. 

Doit son nom à la Confrérie des Verriers et des 
Peintres sur verre qui s'y établit en 1187, confrérie qui 
devint la Compagnie des Vitriers à la fin duxvii" siècle. 
Jacquemin Gringonneur, l'inventeur des cartes à jouer, 
habitait la rue sous Charles VI. La rue fut élargie en 
1672 pour le passage de Louis XIV qui empruntait cette 
voie pour se rendre à Vinccnnes. Les ambassadeurs 
étrangers passaient par cette rue lors de leur entrée 
solennelle. L'amiral de Ghâtillon, massacré à la Sl-Bar- 
thélemy, y habitait. Le père de Bossuet, fermier des 
gabelles du Languedoc et du Lyonnais, y demeurait en 
face de la rue des Juges-Consuls. L'abbé Chatel, fon- 
dateur de l'Eglise catholique française, y avait son 
église (1838). 

N° 2. Emplacement de l'hôtel de Salignac-Fénelon. 
N" 4, 6, 8. Emplacement du Cimetière Vert. La 
fabrique de Sl-Jean était propriétaire de ces maisons. 
N" 16. Vieille maison ainsi qu'au 15. 
N° 22 bis. Mansarde. 

N" 37. Impasse du Coq. Rue Lambert-de-Rale au 
XIII® siècle, rue André-Mallet, rue du Coq (1416). Est 
devenue impasse en 1854. Le Bazar de l'Hôtel-de-Ville 
l'absorbe presque complètement aujoui'd'hui. Le terrain 
qui s'étend entre la rue des Archives (jadis des Deux- 
Portes), l'impasse du Coq, la rue de la Verrerie au nord, 
et la rue de Rivoli (jadis de la Tixeranderie) au sud 
était occupé jadis par l'hôtel dit de la Reine-Blanche. 
Cet hôtel qui avait été donné à Blanche de Navarre, 



IV ARRONDISSEMENT. 116 

deuxième t'eniine de Philippe de Valois, avait été formé 
parla réunion des hôtels de Jean de Bourgogne, conné- 
table de France sous le roi Jean, et celui du duc de 
Berri. C'est sans doute dans cet hôtel qu'il faut voir le 
logis du dauphin Charles VII qui habitait la rue de la 
Verrerie quand Périnet Leclerc livrait l'entrée de Paris 
aux Bourguignons alliés des Anglais (1418), 

N" 55. Maison curieuse ainsi qu'aux 52 et 54. 

N" 65. Maison à trois pignons. 

N" 56. Curieuse entrée avec bornes. Là. ou au moins 
dans ces parages, se trouvait au xvir- siècle la maison 
d'Etienne Chevalier, qui fut Tami et l'exécuteur testa- 
mentaire d'Agnès Sorel. En 1661 la maison appartenait 
à la famille de Sallo, famille de parlementaii'es alliée de 
la famille Chevalier. Sur le cintre d'une porte se lisait 
cette devise d'Agnès Sorel : « Rien sur L n'a regar ». 

N° 58. Emplacement de l'hôtel d'Arnauld de Pom- 
ponne. Cet hôtel s'ouvrait également au 28 actuel de la 
rue du Renard. Appartenait à Pinon, notaire en 1592, 
puis à son gendre Simon Marion (1605). Antoine 
Arnauld, le grand avocat, mort en 1619 et époux de 
Catherine Marion dont il eut 22 enfants. Son lils 
Robert Arnault d'Andilly qui se retira en 1644 à Port- 
Rcyal. (Le grand Arnauld était son frère.) Son fils, 
Arnauld de Pomponne (1637), qui fut conseiller d'État, 
ambassadeur, ministre et crée marquis. Il alla ensuite 
s'installer à l'hôtel du Hallier, place des Victoires, et fut 
inhumé à St-Merri (1699). Son fils, brigadier des 
armées du Roi, mort en 1737. Sa fille, la marquise de 
Gamache qui décéda en 1745. Sa fille, la vicomtesse de 
Rumain, qui vend en 1770 à Doyen de Mondeville. 
François Richard (1776). Bureaux des Carrosses pour 
l'Est. Mlle Doyen (1807). Famille Laveissière (1811) qui 



116 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

posséda la maison pendant 90 ans. En 1901 il se cons- 
titua une société immobilière pour l'exploitation de 
rhôtel Pomponne, hôtel dont il ne reste plus aujour- 
d'hui que quelques anciens murs (1909). 

N° 60. Emplacement de l'hôtel de Nicolas Pinon, 
secrétaire du Roi vers 1550. Son fils Jacques et sa fille 
Gathei'ine qui épousa Simon Marion, avocat général au 
Parlement. La fille de Simon Marion épousa, en 1585, 
Antoine Arnauld. Gilles Aubery, conseiller du Roi 
(1654). La marquise de Gastilly, descendante des Pinon 
vend en 1729 à Pierre Braulard, marchand faïencier. 
Marie-Elisabeth de Clèves, veuve de Pierre-Nicolas 
Couvray de Bernay (1755). Son petit-fils le comte de 
Grillon, plus tai'd duc de Grillon, posséda la maison de 
1756 à 1820. La façade fut restaurée alors. L'hôtel fut 
indivis entre les deux fils du duc jusqu'en 1843. Le 
nouveau duc resla seul propriétaire jusqu'à sa mort en 
1870. Sa fille, la duchesse de Garaman (1870-1885). 
Adjugé en 1888 à la Société Laveissière. Gette maison 
s'étendait sur les n°^ 24 et 26 de la rue du Renard. Une 
arcade construite en 1627 la réunissait à celle située en 
face, du côté impair de la rue du Renard. La façade fut 
refaite et la maison a dispai^u en 1908. 

N° 77. Gette maison possède des caves ogivales. 

N° 83. Très vieille maison et intéressant escalier en 
bois, à jour, dans la cour. Semble être du commencement 
du xvn" siècle. 

N" 68. Rue des Juges-Consuls. Faisait partie avant 
1844 de la rue du Cloître-St-Merri. Nom en mémoire 
de la maison des Juges-Gonsuls. — Les Juges-Gonsuls 
s'étaient inslallés en 1570 dans l'hôtel du président 
Baillet, et ils furent les fondateurs du Tribunal de Gom- 
merce qui siégea dans cet hôtel jusqu'en 1825. Les bâti- 



IV*' ARRONDISSEMENT. 117 

iiienls des Juges-Consuls, qui se trouvaient du côté pair, 
ont été démolis en 1830 par le prolongement de la rue 
du Cloitre-St-Merri sur la rue du Renard. — Au 1 était 
rhôlel Denisson au xxu' siècle. — Au 3, belle porte. — 
Dans la cour de cette maison on a une vue intéressante 
sur l'abside de l'église St-Merri. Cette maison était 
habitée vers 1750 par Ricard, trésorier de France. 

N" 70. Curieuses fenêtres à l'entresol ainsi qu'au 72. 

*N" 76. Là s'élevait l'hôtel de Suger, ministre de 
l^ouis Vi et Louis Vil. Cet hôtel a été englobé dans la 
reconstruction de l'église St-Merri au x\i^ siècle, mais 
le gros œuvre de la façade actuelle a été respecté. 
Cette façade a été restaurée au xvm^ siècle, et décoi'ée 
de deux amours. — Presbytère de Saint-Merri et entrée 
latérale de l'église. La porte vitrée, qui se ti'ouve à 
droite dans le vestibule d'entrée, donne accès à une 
petite cour d'où on a une vue curieuse sur la façade 
méridionale de l'église. Dans cette petite cour se trouve 
un curieux escalier à vis en pierre. En montant par ce 
petit escalier on arrive à deux chemins de ronde qui se 
trouvent au-dessus de l'Eglise. C'est une amusante et 
intéressante ascension. 

N'J 78. Enseigne de déménageur. 

La rue de la Verrerie est coupée par la rue du 
Temple. 

Rue du Temple. 

(Partie comprise entre la rue de Rivoli 
et la rue Rambuteau.) 

La rue du Temple a été formée par différentes rues : 
la rue des Coquilles, qui allait de la rue de la Tixeran- 
derie (Rivoli) à la rue de la Verrerie; la rue Barre-du- 



118 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Bec, qui allait de la rue de la Verrerie à la rue St-Merri, 
et la rue Ste-Avoye qui allait de la rue St-Merri à la rue 
des Haudriettes. Ces différentes rues furent réunies en 
1851 et ajoutées à la rue du Temple qui s'appela jadis 
rue de la Ghevalerie-du-Teraple. La rue des Coquilles 
devait son nom à la maison dite des Coquilles. La rue 
Barre-du-Bec avait été ainsi nommée parce que Tabbaye 
de N.-D. du Bec-Hellouin en Normandie y avait sa barre 
de justice. La rue Ste-Avoye tirait son nom du couvent 
ainsi dénommé. 

N° 2. Maison moderne qui nous conserve le souvenir 
de l'hôtel des Coquilles qui se trouvait sur cet emplace- 
ment, au coin de la rue de la Tixeranderie. Hôtel et rue 
ont disparu en 1853, lors du percement de la rue de 
Rivoli. 

N" 12. Mascaix)ns. 

N" 17. Emplacement d'une entrée de l'hôtel du con- 
nétable Bertrand duGuesclin (1372 à 1380). (Inscription.) 
N'^ 14 et 16. Emplacement de l'hôtel de Tanneguy 
du Châtel. 

N° 20. Ancien bureau des Gabelles au xyu*^ siècle. 
Enseigne de l'Orme St-Gervais. Cette enseigne, qui 
n'a aucune raison d'être ici, se trouvait jadis au carre- 
four des rues du Monceau, du Pourtour et de Longpont, 
près de St-Gervais. Elle rappelait le fameux arbre sous 
lequel on attendait la justice. Cette enseigne a été trans- 
portée ici après la disparition du carrefour. 

N° 21. M. Pessard, dans son très documenté Diction- 
naire historique de Paris, y voit l'emplacement de 
l'hôtel où l'abbaye de N.-D. du Bec-IIellouin avait sa 
bari'e de justice. 

N" 22. Hôtel de Canel du Guay, lieutenant général 
en 1752. (Porte.) 



IV<^ ARRONDISSEMENT. 119 

N<»24. Tourelle carrée de 1610. (Voir 47, rue Ste-Croix- 
de-la-Bretonnerie.) 

N" 25. Tètes d'anges sculptées à Tangle do la rue 
St-Merri. 

N'^ 41. Ancienne et curieuse auberge de l'Aigle d'Or. 
Cour intéressante aboutissant G, rue Pierre-au-Lard. 

N*» 34. Rue du Plâtre (1220). Rue Jehan-St-Pol, ])uis 
rue de la Plâtricre (1280). Au 18, vieille maison. Au 16, 
mascaron. Aux 12 et 11 vieilles maisons. Au 13, curieuse 
entrée voûtée. 

N*^ 38. Emplacement d'une chapelle de Nouvelles 
Converties au xvii'' siècle. 

N^ 47. S'intitule : Au Boulet de 48. 

N*^ 57. Au fond de la cour, hôtel avec fronton sculpte, 
dans lequel se trouvent des initiales entrelacées. Fut hôtel 
Titon pendant lâO ans. Maxiniilien Titon, fondateur 
du magasin d'armes de la Bastille. Son fils, Louis-Maxi- 
milien, procureur du Roi (1689). Son fils, Louis Titon 
de Villegenon (1719). Sa fille, la comtesse de Chevigné, 
qui vend en 1789. Arnaud, notaire. Sa veuve vend en 
1816 à Antoine Pépin Le Halleur dont la famille le pos- 
séda jusqu'en 1885. Famille Santon depuis cette 
époque. 

N° 61. Maison à pignon. Emplacement du couvent 
d'Augustines, dites Filles de Ste-Avoye (1288-1790). 

Rue Geoffroy-V Angevin. 

Daté du xiii^ siècle. A pour parrain un certain Geof- 
froi dont la famille était d'Anjou. 

N° 2. Enseigne du Lion. Emplacement de la chapelle 
Ste-Avoye. 

N° 4 et 6. Là se trouvait l'ancienne communauté de 



120 PUOMENAUES DANS TOUTES LES HUES DE l'AUlS. 

veuves âgées, dite des Bonnes-Femmes de Ste-Avoye, 
fondée par Jean Séquence en 1288. Ce couvent était 
sous Tinvocation de Ste-Hedwige (S le-Avoye par corrup- 
tion). Il fut dirigé à partir de 1621 par des religieuses 
Augustines qui achetèrent une grande partie des maisons 
de la rue. Elles dépendaient de St-Merri. Le couvent fut 
supprimé en 1790. Le percement de la rue Rambuteau 
en 1840 a fait disparaître les bâtiments. 

N" 7. Emplacement de l'hôtel de Simon le Franc, 
bourgeois notable au moyen âge. M. de Mesmes sous 
Henri IV. Largillière y habita et y mourut en 1746. 

N° 27. Passe pour un séjour de Gabrielle d'Eslrées (?) 
Bâti par Jean Paul, seigneur de Maintenon, qui le vendit 
en 1698. L'abbé de La Blelterie. historien et littérateur, 
vers 1750. (Mansardes dans la cour. Porte à clous.) 

On peut encore jeter un coup d'œil sur les .30. 34, 
23, etc. 

Rue Beaubourg. 

(Tronçon entre la rue Rambuteau 
et la rue Simon-le-Franc). 

Au commencement du xi'= siècle, c'était la voie d'un 
beau bourg, et l'enceinte de Philippe Auguste lui donna 
le droit de cité sans l'enfermer entièrement dans Paris. 
Toutes les maisons situées dans le tronçon de la rue 
compris dans le IV*^ arrondissement sont curieuses.' 

N° 18. Vieille maison. 

N° 15. Vieille auberge du Petit-St-Jean. 

N° 13. Rue des Étuves. Au xiii^ siècle c'était la rue 
des Vieilles-Etuves-St-Mariin, au wv" c'était la rue 
Geoffroy-des-Bains ou Ceoffroy-des-Étuves. Avant 1881, 
on disait rue dos Étuves-St-Martin. l'^llc doit son nom à 



IV^ AIIUONDISSEMENÏ. 121 

un établissement de bains ou étuves pour leniines, qui 
s'y trouvait. Le droit de tenir des bains appartenait 
jadis à la corporation des bai'bicrs-ctuvistes. Ces établis- 
sements étaient jadis des lieux de débauche. Les maisons 
du côté de la rue Beaubourg sont curieuses, notamment 
les 7, 4, 5, 3, etc. 

N° 11. Inscription ancienne du nom de la rue ainsi 
qu'au 7. 

N° 4. Enseigne : Restaurant du Beau Bourg, tenu 
par le Roi du Bon Vin ! 

N° 2. Vieille maison ainsi qu'au 1. (Grille.) 

N° 9. Rue de Venise. 

Rue de Venise. 

Entre la rue Beauboupg et la rue St-Martin elle s'ap- 
pelait rue de la Courroierie, et ce tronçon a été réuni à la 
l'ue de Venise en 1851. Cette l'ue de la CouiToierie s'ap- 
pelait au xvn'= siècle l'ue Lingarière et aussi rue de la 
Plâtinère, au xiv* siècle rue de la Corroierie, au xv*^ rue 
de la Plastaye. Depuis le nom de la Corroierie avait 
prévalu. (Inscription rue de la Corroierie au coin de la 
rue St-Martin.) Quant à la rue de Venise elle s'étendait 
primitivement entre la rue Quincampoix et la rue 
St-Martin. Elle existait eu 1250 et s'appelait rue Hen- 
debourg, Erambourt, et quelque temps rue Bertaut-qui- 
dort. En face de son débouché dans la rue Quincampoix 
se trouvait l'impasse de Venise du xiii'' siècle, qui s'était 
appelée cul-de-sac Batave à cause de son voisinage de la 
cour Batave. Une enseigne : « A l'Ecu de Venise » lui a 
valu son nom et en 1851 on lui a réuni sous la même 
dénomination la vieille rue de la Corroierie. La rue de 
^'enise actuelle est certainement une des plus curieuses 



122 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

du Vieux Paris. Elle a conservé tont son cachet du xiv"= 
et du xv^ siècle. Au moyen âge c'était la ruelle des usu- 
riers, et au temps de Law on s'y volait, on s'y battait, on 
s'y tuait dans la folie de l'agio. Aujoui'd'hui la rue 
est occupée par des bouges et des hôtels borgnes. 
Toutes les maisons sont anciennes. 

N" 7. Impasse de la Baudroierie (1300). Était 
habitée par des corroyeurs ou baudroyeurs. (Aspect très 
curieux.) 

*N° 27. Ancien cabaret de l'Épée de Bois. De Horn, 
membre d'une famille princière d'Allemagne, et deux 
gentilshommes y assassinèrent en plein jour le capi- 
taliste Lacroix pour lui voler son portefeuille. Us furent 
arrêtés tous les trois et l'oués en place de Grève. 
Mazarin avait accordé en 1658 des lettres patentes à 
une compagnie de maîtres à danser et de musiciens qui 
se réunissait dans ce cabaret, et dont le chef s'appelait: 
« Le Roi des Violons », et c'est là l'origine de notre Aca- 
démie nationale de danse et de musique. Les beaux 
esprits, IMarivaux, L. Racine, etc., fréquentaient ce 
cabaret. 

Rue Simon-le-Franc. 

Existait en 1200. Avant 1890 la partie entre la rue 
Brisemiche et la rue St-ÎNIartin s'appelait rue Maubuée 
et existait en 1300. On l'appela quelque temps rue des 
Cinges. Elle doit son nom à Simon Franque, qui était 
un bourgeois notable de ces parages au moyen âge. 
(Simon le Franc par altération.) Cette rue est pitto- 
resque. Presque toutes les maisons dans le haut de la rue 
sont curieuses et sei'vent maintenant de logements à la 
nuit. Dans sa partie est la rue avait et a toujours plu- 



IV* ARRONDISSEMENT. 123 

sieurs maisons communes avec la rue G eoffroy-F Angevin. 

N° 52. Fronton aux armes de Paris. Fonlaine Mau- 
buce. (Voir 122, rue St-Martin.) 

N" 22. Plaque de nom de rue très ancienne. 

N° 20. Rampe d'escalier. Appuis de fenêtres. Porte 
Louis XIII. 

N° 18. Maison ancienne. 

N' 17. Maison de M. Buisson, intendant des finances 
en 1692. 

N" 11. L'abhé de Beaulicu, lils de Mme d'Epinay 
(1771). 

N" 9. Habitation de M. Piobert, procureur du Roi en 
1707. 

N" 8. Emplacement d'un hôtel de Mesmes qui fut 
habité par Cassini de Thury, maître des comptes et fils 
de J.-D. Cassini, premier astronome du Roi. 

N" 29. Rue Brisemiche. 

Rue Brisemiche. 

Cette curieuse ruelle avec ses enseignes a conservé .son 
aspect moyenâgeux. La partie entre la rue Simon-le- 
Franc et la rue St-Merri s'appelait, avant 1868, rue du 
Poirier; elle existait au xiii'' siècle. La partie entre la 
rue St-Merri et la rue du CIoître-St-Merri a été ouverte 
au xv'' siècle sous le nom de Brisemiche. 

Elle doit son nom à une boulangerie du chapitre de 
St-Merri. Presque toutes les maisons sont anciennes, 
curieuses et pittoresques. 

N° 29. On y voit encore un crochet pour la chaîne qui 
fermait la rue au moyen âge. 

N" 26. Vieille et curieuse maison ainsi, qu'au 20. 

N° 7. Rue Taillepain. S'appelait déjà rue Baillehoë 



12'i PROMENADES DANS TOUTES LKS RUES DE PARIS. 

en 1300. En 1517, c'était la rue Brisepain, Tranche- 
pain, etc. Son nom lui vient connue celui de la rue Brise- 
miche de la boulangerie de St-Merri et du pain qu'on y 
taillait pour les chanoines. Cette rue, comme la rue Bri 
semiche, était déjà sous Louis XI un repaire de femmes 
« folles et ivrognesses de leurs corps » et était soumise 
à une police spéciale. 

N" 5. Curieuse construction. Faisait partie du cloître 
St-Merri. 

N° 3. Maison curieuse, ainsi qu'au 1. 

Rue St-Merri. 

Date du xin"^ siècle. Jadis rue Neuve-St-Médéric. 

N° 10. Impasse du Boeuf. S'appelait impasse Bec- 
Oye à la fin du xiii" siècle. La grille d'entrée date de 1774. 
A l'entrée deux inscriptions : Cul-de-sac du Bœuf. 

N" 9. Hôtel de Blancmesnil, chancelier de Marie de 
Médicis. (Fronton avec coquilles.) 

N° 12. Hôtel du président Le Rebours (1685). (Mas- 
caron. Consoles. Cour. Bel escalier. Beau plafond à 
l'intérieur.) Inscription ancienne : Rue Neuve-Médéric. 
Le mot Saint a été effacé pendant la Révolution. 

N" 11. Porte datant de 1640. Ancienne manufacture 
de chandelles. 

N° 14. Rue Pierre-au-Lard. Date du xiii* siècle. 
Nom par corruption de Pierre Aulard qui était un 
particulier notable y habitant au xiii^ siècle. En 1500, 
c'était la rue Espaulart, puis Pierre -Aulard au 
xvi'' siècle. Cette rue est très pittoresque. Au coin de la 
rue inscription ancienne : Rue Pierre-Aulard. Au 6, 
sortie de l'auberge de l'Aigle d'Or. Au 12, rampe d'es- 
calier en fer forgé d'un dessin compliqué et rare à 



IV* ARnONDISSEMENT. 125 

partir du pieniier étage. Au 14, vieille maison ainsi 
qu'au 12, etc. 

N" 13. Hôtel Mangot au xvi'' siècle. (Voir 40, rue du 
Renard.) Rue du Renard. (Voir note plus bas.) 

N° 36. Vieille maison. Numérotage de 1805, blanc 
sur fond rouge. Inscription ancienne : rue du Poii'ier, 
au coin de la rue Brisemiche. 

N° 42. Passage Jabacli (1824). Sur remplacement 
de l'hôtel de ce nom construit en 1G59 par BuIIet pour 
Jabach, banquier et corroyeur. La belle collection de 
tableaux réunie par ce fameux financier fut achetée en 
1071 par Colbcrt et devint le noyau de nos trésors du 
Musée du Louvre. Au commencement du xviiio siècle une 
héritière de Jabach, Anne Jabach, veuve de M. Four- 
ment, vendit Thôtel au président Remijean-Montoire. 
Dans cet hôtel se trouvait un théàti'e où débuta Lekain. 
L'Opéra le fit fermer. L'hôtel devint ensuite un dépôt 
de porcelaines de Sèvres et de toiles peintes dites toiles 
d'Orange. En 1800 le Comptoir commercial, communé- 
ment appelé Caisse Jabach, qui était une annexe de la 
Banque de France, s'y installa et y fonctionna jusqu'en 
1810. Au moment de la Restauration il fut acquis par 
Rougevin, Néi'on et Merel, et on perça, à travers, le pas- 
sage qui aboutit 108, rue St-Martin. (Restes de l'hôtel. 
Pilastres ioniques.) En 1832 le passage servit de cita- 
delle aux insurgés du cloître St-Merri. 

N° 43. Ferrures de fenêtres. 

Rue du Renard. 

Existait avant 1180 et s'appelait avant 1.512 Court- 
Robert-de-Paris. C'était jadis une rue très mal famée et le 
rendez-vous des femmes << iblieuses ». Le nom fut 



126 IMÎOMENADES DANS TOUTES LES HUES DE l'AlUS. 

changé sur la demande des habitants et le nom actuel 
est dû à une enseigne du « Renard qui pi'êche », qui 
existait au xvi^ siècle. En 1868 on lui adjoignit la rue de 
la Poterie-des-Arcis qui allait de la rue de la Verrerie à 
la rue de la Tixeranderie (Rivoli). Cette rue de la Pote- 
rie-des-Arcis datait du xii'' siècle. Des comédiens obtin- 
rent la permission d'y donner des représentations en 
1600 à THôtel d'Argent. La rue a été élargie en 1838. 
La partie supérieure de la rue a été démolie. Les numé- 
ros pairs entre la rue de la ^'^errerie et la rue St-Merri 
sont appelés à disparaître en partie pour l'élargissement 
projeté. 

N°' 40, 38 et 36. Hôtel de la famille Mangot au 
XVI* siècle. C. Mangot, avocat (1554). Claude Mangol, 
garde des sceaux (1616). Mlle Mangot épousa Anne de 
Rochechouart, comte de Tonnay-Charente. Leur fils est 
possesseur de 1662 à 1672. Sa fille Gabrielle de Roche- 
chouart, qui épousa Jules-Armand Colbert, marquis de 
Blainville, quatrième fils du ministre Colbert (1682). Sa 
fille la duchesse de Rochechouai't, dont le mari émigra. 
Acheté par le notaire Dubreuil (1757). Les propriétaires 
furent ensuite : Claude Cousin, Angélique de Vai'ennes, 
veuve de M. de Longchamp, Mme Popot, veuve de 
Michel Clolus (1848), M. Adrian, propriétaire actuel. 
(Escaliers spacieux.) Cette maison doit rester; les autres 
de ce côté entre les rues Simon-le-Franc et St-Merri 
ont dispax'u en 1909. 

N" 34. Maison curieuse. Jean Le Comte, conseiller 
d'État (1590). Claude Bonnot, contrôleur général des 
finances (1595). Les hérilio's de Bonnot (1652). 
Regnault de Yillasavin (1661). Pinette de Charmoy et 
ses héritiers (1701). Lucas de Main (1730). Jérôme 
Vialis, écuyer (1730 à 1742). Son neveu le baron de Clia- 



IV*" ARRONDISSEMENT. 127 

inouset, qui revend en 1785 à Anne Malhon. Cesse alors 
d'être un hôtel particulier. Salle de Comédie d'amateurs 
qui devint salle de spectacle public en 1792 sous le nom 
de Théâtre de la Concorde, qui dura peu. A conservé sa 
forme du xvi'" siècle. Porte cochère. 

N° 30. Maison moderne. Syndicat de TÉpicerie fran- 
çaise (1901). 

N° 28- Emplacement de l'hôtel Pomponne. (Voir 58, 
rue de la Verrerie.) Il existait là, il y a quelques années, 
une fontaine marchande dont l'ancien bureau a disparu 
en 1909. 

N'" 26, 24. Hôtel de Simon Marion, avocat général 
au Parlement. (Voir 60, rue de la Verrerie). Démoli 
en 1908. 

i\° 11. Maison ancienne. 

N" 15. Emplacement d'un hôtel qui en 1629 apparte- 
nait à Jacques Ricouard, contrôleur général des guerres. 
Fernand Fontaine, conseiller du Roi (1790). M. Onfroy 
(1813). Cette maison, ainsi que celles qui s'étendent du 
15 au 29, ont été abattues de 1836 à 1842 et reconstruites 
sous Louis-Philippe. 

N" 19. Emplacement d'un hôtel appartenant à Michel 
Marescot, médecin accoucheur de Marie de Médicis. Son 
fils Guillaume, maître des requêtes, qui céda en 1624 la 
Jouissance d'une partie de sa propriété aux Juges-Con- 
suls qui s'étaient installés en 1570 dans l'hôtel du prési- 
dent René Baillet. La propriété, qui avait son entrée 
principale rue du Cloître-St-Merri, devint bien national 
et le Tribunal de Commerce continua à y siéger jusqu'en 
1825. Ces bâtiments furent démolis en 1836 par le perce- 
ment de la rue du Cloître-St-Merri sur la rue du Renard. 

N° 21. Emplacement de la propriété de René Baillet, 
président au Parlement (1570). Nicolas Potier de Blanc- 



■1-28 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

niesnil, président au Parlement (1635). Hôtel du Président 
de Lesseville (1700). Billard de St-Aubin. M. Gillard 
(1786). Ecole communale. 

N°' 23, 25 et 27. Emplacement de l'hôtel Potier de 
Blancmesnil au xvi" siècle. Nicolas Potier de Blanc- 
mesnil, chancelier de Marie de Médicis. Son fils, prési- 
dent à la Chambre des Comptes, mort en 1628. Son fils, 
René Potier de Blancmesnil, conseiller au Parlement en 
1646 et arrêté en même temps que Broussel. Son petit- 
fils, René de Marillac, conseiller d'État, en hérita en 
1681. Son arrière-petit-fils Charles-Armand de La Tré- 
moïUe (1717). Son petit-fils, Jean Bretagne, Charles 
Godefroy, duc de La Trémoïlle (1741), pair de France. 
Séquestré pendant la Révolution. Loué à un sieur Coque- 
lin, fabricant de chapeaux, ^'endu Tan VIII et cédé à la 
ville en 1835. Le 23 l'ait partie de Fécole. 

N° 29. Appartenait en 1786 à M. Norblin. La der- 
nière maison à gauche appartenait à M. Jacques Garan- 
ger, procureur (1750). 

Rue du Cloître-St-Merri. 

Existait au xiv'= siècle et était compinse dans le cloître 
de St-Merri, qui comprenait également dans son péri- 
mètre les ruesTaillepain et Brisemiche. Avant Louis XIV 
les chanoines de St-Merri exerçaient une juridiction tem- 
porelle, ctleui's droits de justice s'étendaient sur 33 rues. 
Dans cette rue eut lieu le 8 juin 1832 un véritable mas- 
sacre (journée du cloître St-Merri). La rue a été pro- 
longée en 1836 jusqu'à la rue du Renard. Elle débou- 
chait antérieurement sur la rue de la Verrerie et ce 
tronçon est devenu la rue des Juges-Consuls. 

N'^ 8. Emplacement d'un ancien hospice fondé vers 



IV*" ARRONDISSEMENT. 12",» 

1790 par Esprit Viennet. ancien curé de St-Merri. 
Fourneau économique sous Napoléon III. Aujourd'hui 
école de filles. 

N° 16. Famille de Lesseville. Dabos, seigneur de 
Binanville, conseiller au Parlement. Le marquis Dabos 
de Binanville, son fils, premier chambellan du comte de 
Provence, réunit le IG au 14. Le 14 fut vendu à Robert 
Aniel, huissier à cheval au Châtelet. et le IG. confisqué 
pendant la Révolution, lut adjugé eu 1791 au citos'en 
Simon Gabriel. Dans celle maison se trouvent deux esca- 
liers assez intéressants : le preuiier a une rampe en fer 
forgé, le second date du xv" siècle. (Noyau en bois mou- 
luré et contourné.) 

N° 20. Pierre Hennequin, président à mortier. Nicolas 
Hennequin, président du Grand Conseil. Henri de Gouf- 
fîer, marcjuis de Boissy. Son fils Artus de Gouffîer, duc 
de Roanne, qui le laisse en 166G à sa maîtresse Mme 
lïéliot. Savari, grand maître dos eaux et forêts de Nor- 
mandie. Son fils, Savai'i, sieur de Boutez'villiers, vend en 
1704 à Jacques Molin. bourgeois de Paris. Delbos de La 
Borde. Famille Le Coule en 180S. 

N° 22. Appartenait avant la Révolution au Chapitre 
de St-Mcrri. Le sieur Ragueneau, avocat au Parlement, 
y était locatair-c vcr^^ 1650. La maison a été reconstruite 
sous Louis Xy, ainsi que le 24, par les chanoines pour 
augmenter le prix de la location. 

N° 24. Emplacement de l'ancienne prison des cha- 
noines de St-Merri. 

Du côté impair de la rue se développe la belle façade 
nord de l'église St-jNIerri. On voit au-dessus des fenêtres 
ogivales de cette façade quelques-uns de ces vieux logis 
autorisés jadis par les fabriciens. 

IV" ARROND. 9 



130 JMîOMlîNAlU'S DANS TOUTES LES lUH'S DE 1>A1US, 



jRize S t- Martin. 

(Partie comprise entre le quai de Gesvres 
et la rue de Rambuteau.) 

C'était jadis la grande voie romaine des provinces du 
Nord, et elle a possédé quatre portes suivant les enceintes 
successives de la ville : la première, de Fenoeinte de 
Louis VI, près l'église St-Mcrri (archet St-Merri): 
les li-ois autres étaient situées dans la partie de la rue 
qui traverse le 111" arrondissement. C'étaient : la porte 
de l'enceinte de Philippe Auguste, près de la rue Grenier- 
St-Lazare ; la ti'oisième se trouvait à hauteur de la rue 
Blondel,ellaquatrième,de l'enceinte de Louis Xlll.esl la 
porte St-Martin actuelle, sur le boulevard St-Martin. La 
partie entre le quai de Gesvres et la rue de la Vannerie 
(avenue Victoria) s'appelait jadis rue de la Planche- 
Mibray. La partie entre l'avenue Victoria et la rue de 
la Verrerie s'appelait rue des Arcis. Ces deux rues delà 
Planche-iNIibray et des Arcis étaient sépai'ées par le 
carrefour Guillcri qui se trouvait à l'extrémité de la rue 
de la Coutellerie, et furent réunies à la rue St-Martin, qui 
s'appelaitrue St-JMarlin-des-Champs en 1231, etquidevait 
son nom à l'ancien prieuré de St-Martin-dcs-Chamj>s. 
(Conservatoire des Arts et Métiers.) La rue St-Martin est 
intimement liée à l'histoire de France. Elle fut le théâtre 
des luttes des Armagnacs et des Bourguignons (1418) et 
des insurrections de 1832, 1839, 1848, etc. Mlle Laguerre 
est morte en 1783 rue St-Martin. Chai'lcsd'Hozier, com- 
plice de Cadoudal, fut arrêté le 31 mars an Xll chez le 
fripier Gallet qui était au GO. L'hôtel du comman- 
dant de la Garde de Paris, de 1771 à 1789. était situé 



1V« ARHOXniSSEMEXT. 131 

aux II"' 31 cl 33 (anciens). La partie smi de la rue a été 
reconstruite eu 1854, 

N° 76. Ancien logis des chanoines de St-Merri. 

* N" 78. Église St-Merri, construite de 1520 à 1G12. 
Là se trouvait au vii^ siècle une chapelle dite de St- 
Pierre. Sur son emplacement on construisit une nou- 
velle église, sous le vocable de St-Pierre et de St-Merri, 
en Thonneur du saint mort en 700 dans ces parages, et 
qui y lut inhumé. Erigée en collégiale en 884. Recous- 
truite sous François l''^ La tour gothique a été retou- 
chée au xvii" siècle. Les statuettes des voussures au 
portail ont été faites d'après des moulages pris à Notre- 
Dame. Eudes le Fauconnier, un des fondateurs de l'église, 
est enterré sous le chœur (insciiption). Le poète Chape- 
lain y fut enterré ainsi que Largillière. Verrières remar- 
quables. Peintures de Th. Ghasseriau dans la chapelle 
Ste-Marie-l'Egyptienne. Crypte ogivale très intéressante 
avec piliers et retombées de voûtes, culs-de-lampe à 
ligures humaines. Dans cette crypte se trouvent les 
restes de St Merri enfermés dans une châsse et une 
intéressante dalle tumulaire. Il existe encore d'autres 
chapelles souterraines qui ne sont pas encore dégagées 
et qui continuent cette crypte autour du chœur. L'église 
St-Merri, intéressante à visiter eu détail, possédait 12 
superbes tapisseries faites au xvi" siècle par Dubourg à 
l'hôpital de la Trinité, dans la salle des Confrères de la 
Passion. (Un fragment : la tête de St Pierre, est au 
Musée de Cluny.) L'église posséda aussi longtemps le 
tableau représentant Ste Marie F Égyptienne se livrant 
aux bateliers pour payer son passage. (Voir rue de la Jus- 
sienne.) Pendant la Révolution l'église fut dite: Temple 
du Commerce. 

N'' 79. Curieuse impasse St-Piacre (1412), qui doit 



132 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES J>E PARIS. 

son nom à une enseigne qui décorait la maison d'un 
maître de coches. Avant celte enseigne il existait une 
autre maison, rue St-Thomas-du-Louvrc, où on louait 
des voitures, et cette maison était tenue par un nommé 
Fiacre, dont le nom peut avoir été Torigine du nom 
donné par la suite aux véhicules de louage. Inscription 

ancienne : Cul-de-sac fiacre. Le mot « saint » a été 

mutilé pendant la Révolution. 

N" 81. Maison du poêle ('liapelain. aiileur de l.<i 
Piiccilc. 

j\" 85. Dans le (bnd de la eoiw, au-dessus d'une 
porte d'un coi'ridor, grille en fer forgé d'un travail du 
xviii'= siècle. 

N° 89. INIaison dite de l'Annonciation. Bas-reliel du 
xvii'' siècle. Provient d'un ordre religieux. 

N°91. Rue de La-Reynie (tronçon jusqu'au boule- 
vard Sébastopol) (1248). S'appela rue Troussevache 
avant 1873. La partie entre la rue St-Martin et la rue 
Quincampoix s'appelait avant 1851 rue Ogniart. (Inscrip- 
tion ancienne : rue Ogniard, au coin de la rue Quincam- 
poix.) La rue actuelle doit son nom à Nicolas de La 
Reynic, premier lieutenant général de police (1G25-1709). 
Ce fut lui qui, par son ordonnance de 1GG9. prescrivit de 
placer des lanternes aux extrémités et au milieu de 
chaque rue. Les bourgeois étaient chargés de les allumer 
et de les éteindre : ils ne furent déchargés du soin des 
lanternes qu'en 1758 et Sartines remplaça les chan- 
delles par les réverbères à poulies en 1769. La rue de 
La-Reynie communiquait, avant 1854, avec la rue des 
Lombards par la rue des Trois-Maures, qui s'appelait 
rue Guillaume-Josse en 1200. Cette rue a ét«' absorbée 
par le boulevard Sébastopol. 

N° 97. Maison assez curieuse, ainsi que le 99. 



IV AnnONDISSEMENT. 133 

N° 100. Maison a pignon. Ferrures. 

N" 100. Rue Aubry-le-Bouciier. Sappelait déjà 
ainsi avant 1273. Dans totlo rue habitait le premier pré- 
sident de Laïuoignon et là naquit, en 1644, Etienne-Fran- 
çois de I.auioignon. ()n peut jeter un coup d'œil sur les 
15, 17, elc, qui sont anciens. Le 22 est à l'enseigne de 
la Grappe d'Or, et le 18 s'élève sur remplacement de 
réglise St-Jossc, du x'' siècle, reconstruite en 1671 et 
démolie en 1791. 

En 1832, à Tangle de la rue Aul)ry-Ie-Bouclier et de la 
l'ue St-Marlin se trouvait la dernière barricade, centre 
de Tinsurrection qui eut lieu à la suite de Tenterrement 
du général Lamarque. 

N " 103. Maison dite <' des Monnoyes >•> à cause d'un 
trésorier royal qui y habita. Le conseiller Gérard au 
xv!!*^ siècle. Jean Bart y habita. (Décoration du 
xv!!!"^ siècle comprenant comme motif : un casque ailé 
de Mercure, une ancre marine, des ballots.) 

N" 104. Porte. 

N" 108. Passage Jabach (1824). Sur une partie do 
rhôtel du financier de ce nom. (Voir 42, rue St-Merri.) 

N° 116. Maison dite des Goths. Très jolies colonnettes 
et bas-reliefs. 

N° 120. Enseigne de 1745. (Au Cerf.) Dans cette 
maison se trouvent deux étages de caves et un vieux puits 
dans la cave. 

N° 111. Maison du xyiii"^ siècle, jadis à l'enseigne du 
Gros Grenat, comme nous le dit Tinsci'iption à demi 
effacée placée entre les deux fenêtres du premier étage. 

* N° 122. Jolie fontaine Maubuée, mentionnée dès 
1320 et reconstruite en 1733. Le mot Maubuée vient de 
mauvaise buée, mauvaise fumée. La maison où se trouve 
la fontaine appartenait en 1342 à Joan de La Marche, 



134 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

maître des requêtes du Roi, qui la louait à Jehan Voyant, 
bourgeois de Paris. Elle fut reconstruite et au moment 
de la Révolution elle était habitée par le cocher de la 
duchesse de Bouillon. 

N° 119. Inscription relatant que la coi'poration des 
Mei'ciers-Joailliers de Paris occupait avant la Révolu- 
tion l'emplacement des maisons numérotées aujourd'hui 
117 et 119 de la rue St-Martin. Une autre inscription est 
placée aux 38, 40, rue Quincampoix. La compagnie des 
Merciers ne fit l'acquisition des maisons de la rue 
St-Martin que trente ans après l'achat de l'immeuble de 
la rue Quincampoix. Les plaques ont été posées en 1904 
par les soins des Chambres syndicales des Merciers de 
gros et de détail de Paris. 

N" 128. Curieuses mansardes. 

N" 134. A la Grappe d'Or. 

N° 129. Mascaron. 

Rue Quincampoix. 

(Partie comprise entre la rue de Rambuteaii 
et la rue des Lombards.) 

Cesl une des plus anciennes rues de Paris. Jadis 
Quiquempoït ou Qui-qu'en-poist. Lenom vient peut-être 
d'un particulier nommé Nicolas de Kiquenpoit. Elle a 
été surnommée rue des Cocus. La partie de la rue située 
entre la rue des Lombards et la rue Aubry-le-Boucher 
s'appelait avani 1851 rue de>^ Cinq-Diamants, et ce noui 
avait été emprunté à l'enseigne d'un joaillier. Avant 
1210, l'abbaye de Livry était propriétaire d'un four dans 
la rue Quincampoix. Le corps des IMei'ciei's s'est formé 
dans cette rue et y maintint son bureau pendant plus de 
cinq siècles. En 1718. la rue fut le rentre de l'agio, et 



IV« ARRONDISSEMENT. 135 

on rappelait : le Mississipi. La banque de Law était 
installée dans Thôtel de Beauffort. qui a été détruit par le 
percement de la nie Raniiuileau. et chaque maison, 
chaque échoppe, toutes les caves et les greniers se metr- 
taient aux enchères et étaient enlevés à des prix fabu- 
leux. 

N° 60. Ancien hôtel de Sémonville. 

N° 58. Restes d'un ancien hôtel. 

N" 56. Enseigne du Coq. 

N" 47. Emplacement de l'ancienne impasse de Venise 
du xin'^ siècle. Plus tard, cette impasse dispai'ue commu- 
niquait avec la rue St-Denis par la cour Batave. 

N" 54. Cabaret hisiorique de TÉpée de Bois, (^'oir rue 
de Venise.) 

N" 43. Maison d'un savetier qui louait son échoppe 
iOO livres par jour à des joueurs du temps de Law. 

N° 46. Vieille maison. (A la Buvette roulante.) 

N°' 40-38. Emplacement de l'entrée principale des 
bureaux de la corporation des Merciers-Joailliers avant 
la Révolution. (Inscription.) 

N° 36. Porte cochère massive ornée de sculptui'es en 
liaut-relief se composant de tètes de femmes taillées en 
plein bois (xvni'= siècle). liùtcl à la nuit avec chambres 
depuis fr. 50! 

N° 34. Habitation do La Reynie, lieuleuant général 
de police. (Imposte demi-circulaire de la porte.) 

N" 33. Habitation de l'abbé Hamelin, curé de St-Josse 
au xviii<= .siècle. Ancien bureau des Layctiers. Tabletiers, 
Eventaillistes. 

N" 31. Emplacement de l'ancienne église St-Josse, 
érigée en 1260 à la place d'un oratoire élevé en commé- 
moration d'un séjour fait en cet endroit par St Josse, 
fils d'un roi de Bretagne. Une confrérie de St-Fia<re 



136 MIOMENADES DANS TOUTES LES RUES UL PARIS. 

s'y installa en 1415. L'église fut rebàlic en 1671 et dès 
lors et jusqu'en 1703 elle du desservie par des Eudistes. 
Elle fut démolie en 1791. 

N° 29. Vieille maison ainsi quaux 2<S et 27. 

N'' 26. Appartenait à Vannelin. geôlier du Chàtelet. 
Cette maison était jadis à l'enseigne de la Main Dorée. 

N°22. Vieille maison ainsi qu'au 24. (Curieux coup 
d'œil sur la rue de La-Reynie.) 

N° 14. Pox-te cochère Louis X\' avecécusson de genre 
rocaille. Escalier. 

N" 12. Vieil hôtel. Porle lardée de gros clous. 

N° 10. Vieil hôtel. l*ortail orné d'une clef représen- 
tant une tête de Bacchus. Rampe en fer forgé. Dans la 
cour imposte en fer d'une grande importance. (Façade 
du XVII i*^ siècle.) 

N" 15. Vantaux de portes lardés de gios clous, ainsi 
qu'au 13. 

N° 2. Maison qui surplombe. 

N" 1. Emplacement d'une maison démolie qui, au 
début du xviii" siècle, appartenait au maréchal de Balin- 
court. 

JRue des Lombards. 

(Partie comprise entre la rue St-Martin 
et le boulevard Sébastopol). 

Ouverte au xiii^ siècle. Ce fut la patrie des pré- 
teurs sur gages que l'on appelait les Lombards. Aujour- 
d'hui c'est le centre de l'herboristerie. On dit que 
Boccace est né dans celte rue. La maison du Poids du 
Roi dont les privilèges appartenaient depuis Louis VII 
au Chapitre de Notre-Dame y était située au xvii® siècle. 
II y a quelques années nous y voyions l'ancien magasin 



IV'^ AKRONUISSEMENT. 137 

de confiserie : Au Fidèle Berger (1720) (transporté 
depuis 9, boulevard de la Madeleine), dont le poète 
Gilbert était le dcvisier. 

N° 4. Cave gothique (arcades à demi-piliers saillants) 
qui paraît du xiv"^ siècle. Escalier à balustres de bois. 

N° 10. Maison à pignon. Enseigne : Au Grand 
Monarque. 

N" 13. Enseigne de Notre-Dame des Victoires. 

N*^ 14. Celle njaison possède des caves de la fin du 
xiii'^ siècle. 

N° 17. Ferrures de balcon. 

N° 26. Au Pilon d"Or. 

Boulevard Sébastopol. 

(Côté pair du tronçon situé entre lavenue Victoria 
et la rue Rambuteau.) 

Couinicncé en 1854 et inauguré en 1858 par Napo- 
léon III. Il lut primitivement appelé boulevard du 
Centre. Nom en mémoire de la prise de Sébastopol 
(1855). Dans son parcours dans le 1V'= arrondissement 
ce boulevard a fait disparaître : la rue de la Savonnerie 
qui s'étendait entre la rue de la Boucherie et la rue des 
Eci'ivains (Rivoli); la rue de la Vieille-Monnoie qui 
allait de la rue des Ecrivains à la rue des Lombards ; 
la rue des Trois-Morcs, ex-rue Guillaume-Josse au 
xni'= siècle, qui allait de la rue des Lombards à la rue de 
La-Reynie, et une partie de la cour Batave. Ce boule- 
vard n'a rien de bien intéressant. 

N° 4. Enseigne des Ciseaux d'Argent. 

N° 28. Enseigne de chapelier : A l'Hérissé. 



138 PROMENADES DANS TOUTES ^ES RUES DE PARIS. 

Rue de Rambuteaii. 

(Côté impair de la partie comprise entre le boulevard 
Sébastopol et la rue des Archives.) 

Commencée en 1838 et terminée en 1844. Nom en 
mémoire du Préfet de la Seine sous la direction duquel 
la rue a été formée. Elle a absorbé dans le IV*^ ari'ondis- 
sement la rue des Menestriers, qui s'étendait entre la 
rue St-Martin et la rue Beaubourg et qui s'appelait rue 
des Jongleurs au xiii'" siècle. Talma est né dans cette 
rue des IMenesti'iers. La rue moderne a également fait 
disparaître le couvent de Ste-Avoie, de 1288, dirigé par 
les Augustines à partir de 1621 et suppx'imé en 1790. 

N° 49. Maison dédiée à Jacques Cœur. (Buste.) Le 
grand argentier de Charles YII possédait Thôtel du car- 
dinal de La Balue qui était situé rue de THomme-Armé. 

N° 29. Inscription relatant qu'un certain Flamand 
Devergie posa la première pierre de cette rue en 1839. 

N° 5. On a découvert ici en 1909 un fragment de l'en- 
ceinte de Philippe Auguste. 

Rue des Francs-Bourgeois (côté impaii). 

Au xiii" siècle, la rue s'appelait rue des Vieilles-Pou- 
lies. La partie entre la rue du Chaume (des Archives) 
et la rue VieilIe-du-TempIe s'appelait rue de Paradis-au- 
Marais ; la partie entre les rues Pavée et de Turenne 
s'appelait rue Neuve-Ste-Catherine. Ces deux rues ont 
été réunies en 1868 à la rue des Francs-Bourgeois qui 
s'étendait entre les rues YieilIe-du-Temple et Pavée. La 
partie située entre la rue de ïurenne et la place des 
Vosges s'appelait nie de l'Echarpc cl devait son nom à 



IV^ ARnONDISSEMENT. 139 

une taverne. L'abbé Delille, le poète, logeait en 1804 rue 
Neuve-Ste-Calherine (au 14). En 1807 Delauibre était 
au IG (ancien) de la rue de Paradis. En 1793, le docteur 
Desgenettes habitait 3, rue de Paradis. 

Au moyen âge les petits ])ourgeois restaient serfs en 
ce qui concernait leur domicile ; les grands bourgeois 
pouvaient changer de place pourvu qu'ils demeurassent 
justiciables de la même seigneurie locale ; les francs- 
bourgeois étaient tout à fait libres et à cause de leur 
pauvreté ils étaient exempts de toutes taxes de pauvres, 
de boues et de lanternes et de toutes autres impositions 
de voirie auxquelles étaient assujettis les bourgeois de 
Paris. Ils habitaient, dans ce quartier, les maisons 
d'aumône. Ces maisons étaient devenues une sorte de 
cour des Miracles et elles furent abattues au milieu du 
xvi^ siècle, et le lieu annexé au jardin du cardinal Jean 
Bertrand (1555), garde des sceaux. (Maison de Jehan Le 
Blanc au 44, dans le III" arrondissement.) 

N° 55. INIonl-de-Piété fondé par Louis XVI et réor- 
ganisé en 1804 par Napoléon. (Inscription dans la cour.) 
Sur le sol de la cour, dite de l'Horloge, nous voyons le 
tracé de la muraille de Philippe Auguste (1190). Dans 
une autre cour (celle qui donne 57, rue des Francs-Bour- 
geois) se trouve la base d'une des tours de cette 
enceinte, surélevée en brique. A côté de la tour on a 
réédifié, en 1885, la façade de lancien hôtel de Nouvion 
qui avait été détruit en 1G38. Le Mont-de-Piélé occupe 
une partie de l'emplacement de Lancien couvent des 
Blancs-Manteaux. En 1907, Abd-el-Aziz, sultan du Maroc 
y engagea ses bijoux pour 1 200 000 francs. 

N" 53. Rue des Guillemites. Ainsi dénommée en 
1813. Elle est tracée sur le jardin des Guillemites, reli- 
gieux des Blanf^s-Manieaux. La parlic comprise entre la 



140 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

rue des Blancs-Manteaux et la rue Sle-Croix-de-la- 
Bretonnerie s'appelait rue des Singes et antérieurement 
rue Pierre-d'Etanipes. Cette rue des Singes a été réunie 
à la ruades Guilleraites en 1868. Au 5, porte à clous. Au 
6, vieille maison et curieux passage des Singes menant 
rue Vieille-du-Temple. Au 10, arcade charretière. Au 14, 
restes du couvent des Blancs-Manteaux reconstruit en 
1685. Avant Touverlure de la rue ces bâtiments se rac- 
cordaient avec ceux de la cure actuelle. En l'ace du 14, 
sur le pavage de la rue, un demi-cercle indique rempla- 
cement d'une des tours deFenceinte de Philippe Auguste. 
Le père de Bailly, maire de Paris, habitait rue des 
Singes au coin de la rue des Blancs-Manteaux. 
N'^ 51. Maison curieuse et ancienne. 
N'^'49. Inscription ancienne : Rue Paradis, 
N" 47. Restes de l'ancien hôtel d'Adjacet qui s'éten- 
dait également sur une partie de remplacement du marché 
des Blancs-Manteaux. Pavillon de l'hôtel d"0. François 
de Fresnes, marquis d'O, était surintendant des finances 
sous Henri 111. Détesté de tous, il mourut en 1594, 
ruiné malgré ses concussions. (Lucarnes vermiculées.) 
Autre façade 2 et 4, rue du Marché-des-Blancs-Man- 
teaux. 

N°45. Rue des Hospitalières-St-Gervais (1817). 
Tracée sur l'emplacement du couvent des religieuses de 
St-Anastase ou St-Gervais. Ces religieuses adminis- 
traient, depuis le mv° siècle, un hôpital qui avait été 
fondé en 1171 rue de la Tixeranderie et qui avait été 
transporté là en 1616. L'hôpital qui s'appelait hôpital 
St-Gervais et St-Anastase fut supprimé en 1790. Les 
écoles du 10 occupent les jardins de l'ancien hôpital. 
Au 8, fontaine avec têtes de bœufs. Au 2, vieille maison 
qui se prétend fondée en 1679. Au 1 A/s\ Observatoire 



IV' AnnONDlSSEMRXT. VA 

MuiiiL-ipal, sur une partie du marché, qui occupe lui- 
même remplacement de l'ancien hôtel d"0. 

N° 35. Hôtel de Creil, puis Devin de Fontenay (1780). 
Le futur époux de Thérézia Cabarrus y habitait avant 
son mariage. (Mascaron dans la cour. Escalier.) 

* N° 31. Hôtel dit d'Albret, dont la première pierre 

fut posée par le connétable Anne de Montmorency vers 

1550. Guillauiiie de Montmorency le céda en 1580 à 

Marie de Baudini. Louise d'Orgives (1595). Pierre l^e 

Charron (1601) qui le revendit à Gabriel de Guénégaud. 

Sa fille Magdeleine le porta dans la maison dWlbret par 

son mariage avec César-Phœbus d'Albret, gouverneur 

de Bordeaux puis maréchal de France en 1613. (Les 

écuries et les jardins s'étendaient jusqu'à la rue Pavée.) 

Mme Scarron y fréquentait et c'est là qu'elle connut 

Mme de Montespan qui lui confia ses enfants à élever. 

Le financier Brunet du Chailli (1678). Le président 

Du Tillet (1741). (Monument historique.) (Heurtoir de 

porte.) Cet hôlela été restauré et dénaturé au xvni'= siècle. 

N" 29. Fut habité par Jules Cousin. 

* N° 25. Hôtel de Laraoignon. (Voir rue Pavée.) Les 

initiales S. C, au-dessous de l'échauguette, indiquent une 

des limites de l'ancienne censive de Ste-Caihcrine du 

Val des Escholiers. 

N° 7. Fenêtres curieuses. Emplacement de l'ancien 
cabaret de l'Echarpe. célèbre par les rendez-vous des 
amoureux. Ce fut le propriétaire de ce cabaret qui 
inventa les cabinets particuliers au xv!!!"* siècle. 

N" 1. Inscription : Rue de l'Echarde (pour écharpe). 
Sous Henri IV la partie de la rue des Francs-Bourgeois 
située entre la rue de Turenne et la place Royale (des 
Vosges) s'appelait rue de l'Echarpe -Blanche. Cette 
maison a été léguée, comme nous le dit l'inscription, au 



I'i2 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PAHIS. 

bureau de bienfaisance du VIII" arrondissement (ancien) 
par Victor Bellanger (1852), à charge d'entretenir les 
sépultures de la famille du donateur au Père-Lachaise 
et do secourir surtout les pauvres honteux. 

Avant de quitter la rue des Francs-Bourgeois, nous 
devons visiter, au sud de cette rue, les rues de Sévigné et 
de Turenne dans leur partie comprise entre la rue des 
Francs-Bourgeois et la rue St-Antoine. 

Rue de Sévigné. 

(Partie comprise entre la rue des Francs-Bourgeois 
et la rue St-Anloinc.) 

En 1292 c'était déjà une voie importante. Elle s'ap- 
pela rue de la Couture, puis rue Gulture-Ste-Gatherine 
avant 1867. Elle se trouve sur l'emplacement d'un 
ancien marais cultivé, la culture Ste-Catherine, cj[ui 
devait son nom à une chapelle dont St Louis posa 
la première pierre en 1229, pour satisfaire à un vœu 
fait par des sergents d'armes du roi Philippe Auguste 
avant la bataille de Bouvines. Cette chapelle devint 
l'église du Prieuré de Ste-Catherine du Val des Escho- 
liers. En 1867, la rue Culture-Ste-Catherine est devenue 
rue de Sévigné en l'honneur de la célèbre marquise 
(1626-1696), qui habita l'hôtel Carnavalet de 1677 à 1696. 

N° 13. Emplacement de l'hôtel du comte de Chavigny, 
ministre (1622). Porte. 

N° 11. Emplacement d"ua ancien petit hôtel Lamoi- 
gnon. Beaumarchais y construisit, en 1790, un théâtre dit 
du Marais ou Athénée des Etrangers, avec des matériaux 
provenant de la Bastille. Le l*"' septembre 1791 ou y 
joua la Métroinanie. Fermé en 1804. C'est aujourd'hui 
un établissement de bains et on y voit un mur de l'an- 



IV' ARROXDISSEMENT. l'iO 

cienne piison de la Force avec cette iascriplion : « Ce 
mur est le seul qui reste encore de l'ancienne prison 
de la Force. C'est sur l'emplacement du jardin ci-devani 
que furent massacrés trente et un prisonniers. » (Voir 
rue Malher pour l'emplacement du massacre.) 

N° 14. Rue de Jarente (1784). Sur l'emplacement 
du Prieuré de Ste-Calherine du Val des Escholiers, 
dont l'abbé de Jarente était prieur commcndalaire au 
XVIII* siècle. Au 2 se trouve l'impasse de la Poisson- 
nerie (1783), ancien cul-de-sac de la Poissonnerie comme 
nous le dit une vieille inscription, qui doit sou nom à la 
poissonnerie du marché Sie-Catherine. Au l'ond de cette 
impasse se trouve une très jolie fontaine, dite de Necker, 
due à l'architecte Caron en 1700 et réédifiée en 1780. 
Au 6 de la rue de Jarente : toit curieux à voir de la rue 
Caron. 

N" 12. Porte. Maison longtemps habitée par Jules 
Cousin. 

N° 8. Rue d'Ormesson (1783). Nom en mémoire de 
H. Le Fèvre d'Oinnesson (1712-1789), contrôleur 
général des finances, qui posa la première pierre du 
marché Ste-Catherine. Ce marché Ste-Catherine projeté 
en 1767, ne fut exécuté qu'en 1784. Il se trouve sur la 
place du Marché-Ste-Catherine, place qui a été 
ouverte en 1783 sur une partie de l'ancien couvent de 
Ste-Catherine du Val des Escholiers. L'ordre religieux 
avait été fondé en 1201 dans une vallée près de Langres 
par quatre professeurs de Pai-is. De nombreux écoliers 
vinrent assister aux leçons, et les religieux se transpor- 
tèrent à Paris en 1228. Leur église, qui occupait l'em- 
placement du sol de la rue d'Ormesson, fut dédiée à 
Ste Catherine en vertu d'un vœu fait par les sergents 
d'armes à la bataille de Bouvines. et l'ordre des reli- 



14'i PHOMENADES DANS TOUTES LES ULES DE l'AHIS. 

gieux du Val des Escholiers se transforma en ordre 
des religieux de Ste-Catherine du Val des Escholiers. 
Dans cette église avaient été enterrés les maréchaux de 
Champagne et de Normandie tués sur Tordre d'Etienne 
Marcel. Le cadavre de ce dernier, ainsi que ceux de 50 
de ses compagnons, y fut plus tai^d exposé devant le 
portail. Le cardinal de Birague, chancelier de Henri III, 
y fut inhumé en 1583. Les religieux de Ste-Catherine du 
Val des Escholiers possédaient depuis Si Louis une pro- 
priété de cens sur l'ancien parc des Tournelles, et cène 
fut que Louis XIII qui, en 1615, échangea ce cens contre 
un même droit sur le fief de Bézée au circuit de l'hôtel 
de Bourgogne. Le territoire du monastère, qui était très 
grand, fut diminué peu à peu jusqu'en 1767 et le couvent 
lut démoli finalement en 1782. 

Dans cette rue d'Ormesson nous voyons des anciennes 
inscriptions du nom de la rue aux 7, 5 et 6. Sur cette 
dernière maison nous voyons en outre l'inscription : 
Place du Marché... Catherine. (Le mot « saint » a été effacé 
pendant la Révolution.) Au 2 s'ouvre la rue Necker 
(1783) qui doit son nom au ministre (1732-1804). 

N"'' 7 et 9. Pi'oviennent de l'hôtel de la Force. Jacques 
Poultier, intendant des finances. Nicolas Pinon de 
Quincy (1711 à 1724). Pinon del'Avor, son neveu. Con- 
fisqué à la Révolution. Pompes funèhres jusqu'en 1813. 
Caserne de pompiers. Le haut mur qui limite à l'ouest 
la caserne est un l'estc du mur de clôture de la prison de 
la Force, (^'oir la jolie façade de l'hôtel dans la cour 
du 9.) Les plafonds ont été transportés à Carnavalet. 
Dans une cave, vestiges d'une tour d'angle de l'enceinte 
de Philippe Auguste. 

N° 5. Plaque posée par décret du 22 septembre 1808, 
indiquant que là le docteur Raspail, prornoteui' du suf- 



IV* ARRONDISSEMENT. 145 

frage universel, donna ses soins gratuits aux malades 
de 1840 à 1848. La Commission municipale du Vieux 
Paris a fait poser sur cette maison une plaque rappe- 
lant Tancien nom de la rue : Rue Culture-Ste-Gatherine. 

N° 2. Enseigne moderne : A la Vierge. 

C'est dans cette rue que le connétable de Clisson fut 
assailli par Pierre de Craon en 1492, et Charles VI vint 
rendre visile au blesse dans la boutique d'un boulanger. 
Au bas de la rue, sur le sol de la rue Ste-Antoine, se 
trouvait, en face de l'église des Jésuites, la fontaine dite 
fontaine Ste-Catherine ou de Birague (1577 à 1856). 

Rue de Tiirenne. 

(Partie comprise entre la rue St-Antoinc 
et la rue des Francs-Bourgeois.) 

Cette partie s'appelait au xvi* siècle ruedelEgout, 
puis du Nouvel-Egout, de l'Ëgout-Couvert, puis rue du 
Val-Ste-Catherine. En 1865 elle fut réunie à la rue 
St-Louis, qui avait déjà porté le nom de Tui-enne de 
1806 à 1824. Nom en l'honneur du maréchal (1611-1675) 
qui habitait la rue St-Louis. 

N ' 13. Enseigne en fer forgé représentant un tonneau. 

N" 10. Maison à saillie qui donne 9, place des Vosges. 
(Hôtel de Cliaulnes, puis de Nicoîay.) 

N° 14. Derrière de l'hôtel des Hameaux (13, place 
des Vosges). 

N° 18. Dépendances de l'hôtel de Chabannes (17, place 
des Vosges). 

* N" 23. Hôtel d'Edouard Colbert de Villacerf, inten- 
dant des bâtiments du Roi, qui le construisit vers 1660. 
n y mourut en 1099, et sa femme, Geneviève Larcher, 
continua à y hal)iter jusqu'à sa mort en 1712. L'hôtel fut 

IV' AiiHONn. 10 



146 PROMENADES DANS TOUTES LES nUES DE PAIUS. 

hôtel Colbert de Villacerf jusqu'en 1755. Mme Taschc- 
reau de Baudry. Les héritiers le cèdent, en 1778, à 
Lesueur Florent, entrepi-eneur des Ponts et Chaussées. 
Après avoir passé entre diverses mains, il fut acheté en 
1840 par M. Harmann. M. Baudon (1875). Les Pères do 
rOi'atoire y installèrent primitivement leur Ecole Mas- 
sillon. Les Frères de la Doctrine Chrétienne avant 1905. 
Aujourd'hui Société anonyme des anciens établisse- 
ments Pigier. D'après une légende, Jeanne d'Albret 
aurait accouché là d'un fils en 1558 (?). (L'hôtel actuel 
n'existait pas aloi's.) La façade Louis XIll est cachée par 
un affi^eux bâtiment, construit vers 1790. En entrant 
dans la cour nous voyons cette façade avec quatre 
pilastres cannelés à chapiteaux ioniques qui soutiennent 
une corniche d'où partent quatre nouveaux chapiteaux 
corinthiens. Les deux ailes sont surmontées d'un fronton 
demi-circulaire. Dans l'aile droite, escalier en fer forgé, 
quelques boiseries. Fontaine de pierre dans la première 
cour. Dans la seconde, perron monumental avec rampe 
en fer forgé. 



Place des Vosges. 

(Sauf le côté nord qui est dans le 111"^ arrondissement.) 

Jadis Place Royale, Place des Fédérés à la Révolu- 
tion, Place de l'Indivisibilité en 1793, Place des Vosges 
le l^r vendémiaire an IX et définitivement en 1870. Ce 
fut le département des Vosges qui paya le premier la 
plus forte part de contributions. 

Avant 1565 une partie de l'emplacement de la place 
était occupée par l'hôtel royal des Tournclles, que Cathe- 
rine de Médicis fit démolir a])rès la mort de son époux. 



\ 



IV' AanONDISSEMENT. l'i? 

« C'est le coup de lance de Montgoinery (|ui a lait la 
place Royale », dit Victor Hugo. Après la démolition 
de rhôtel des Tournelles, ce (ut un marché aux chevaux 
dans lequel eut lieu, en 1578, le duel des Mignons et des 
partisans du duc de Guise. Au commencement de 1604 
Henri IV avait fait le projet d'établir là une manufac- 
ture de « soie et argent filé à la façon de Milan », mais 
ce projet ébauché s'effondra et, dès 1605, le roi, véri- 
table créateur de la place, qui avait connu les places à 
arceaux du Béarn et de Navarre, concéda des parcelles 
à bâtir pour des pavillons symétriques. 

La Place, comme l'appelait tout court Mme de Sévi- 
gné, fut le centre à la mode au xvii'' siècle; c'était le 
promenoir des Parisiens, un véritable forum habité par 
les financiers et les grands seigneurs. Son histoire est 
celle de la vie publique et privée des Français à cette 
époque. Le 6 mars 1612, à l'occasion des mariages du 
Roi et de Madame avec l'infante et le prince d'Espagne, 
eut lieu la fête du Roman des Chevaliers de la Gloire. 
Le tournoi fut organisé par Guise, Nevers, Bassom- 
pierre et La Châtaigneraie qui se déclaraient pi'êts à 
combattre quiconque osera tenter de se présenter dans 
le palais de la Félicité élevé au milieu de la place. Le 
12 décembre 1643 la place fut le théâtre du duel du 
duc de Guise, petit-fils du Balafré, avec le comte de 
Coligny, petit-fils de l'amiral, au sujet de la quei'elle 
de Mme de Montbazon et de Mme de Longueville, duel 
dans lequel le comte de Coligny fut mortellement blessé, 
tandis qu'aux fenêtres des pavillons les spectatrices déli- 
raient. Pendant la Fronde la place fut le camp retran- 
ché des troupes de la ville, et elles y étaient passées en 
revue par leur généralissime Conti. Richelieu fit élever 
au milieu de la place en 1639 une statue équestre de 



148 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PAIUS. 

Louis XIII, œuvre de Daniel et Volterra pour le cheval, 
et de Biard pour le cavalier ridiculeiuenl empanaché. 
Cette statue fut envoyée à la fonderie par la Révolution 
et remplacée par une fontaine qui en 1811 fut alimentée 
par les eaux de TOurcq. Cette fontaine fit place en 1818 
à la statue actuelle, œuvre de Cortot et Dupaly, Les 
grilles somptueuses qui avaient remplacé les modestes 
barrières de bois du commencement du xvii^ siècle entou- 
rant les partei'res et les gazons, disparurent elles-mêmes 
complètement sous Louis-Philippe et furent remplacées 
par celles peu artistiques qui existent encore aujour- 
d'hui. 

La Place est un des plus admirables décors du Meux 
Paris. Au sud de la Place se trouve le Pavillon du Roi, 
avec porches sur la rue de Birague, ainsi appelé parce 
qu'Henri VI le fit construire pour son propre compte. 
Au nord le Pavillon de la Reine enjambe la rue de 
Béarn. Autour se trouvent vingt-six pavillons, d'un plan 
uniforme, brique et pierre en principe, avec galeries 
voûtées. Les 5, 9, 12, 14, ont conservé aux extrémités 
de leurs toits les épis de faîte en plomb. L'arcade qui 
enjambait la rue du Pas -de -la -Mule fut acquise de 
ISI. Boutray en 1816 et a été démolie vers 1820; celle 
qui devait franchir la rue de l'Echarpe (actuellement 
commencement de la rue des Francs-Bourgeois) n'a 
jamais été construite. Le côté nord de la place appai'- 
tient au III'' arrondissement. 

M. Lucien Lambeau, le très érudit secrétaire de la 
Commission du Vieux Paris, a écrit une très intéressante 
monographie de la place Royale, monographie à laquelle 
nous devons de nombreux et précieux renseignements. 

N* 19. Hôtel du président d'Étiaux (1751) ; de Mello 
(1789). Légué au bureau de bienfaisance de l'ancien 



I 



iV ARROXDISSEMKXT. 149 

N'ill" aiTondisscment par Virior Bcllangci' (1852). (1ns- 
cripiion.) On lit sur le mur : rue de rÉchardc (pour 
Écharpe), nom que portait sous Henri IV cette partie de 
la rue des Francs-Bourgeois. (Balcon.) 

N° 17. Appartenait en 1070 à Jacques PoUard, con- 
seiller au Parlement. Bossuet en fui locataire en 1682 
et y resta jusqu'en 1G94 environ. Hôtel de Chabannes 
(1752). ^Marquis de Fiers (1788). Marquise de Thi- 
boulot (1789). Confisqué comme bien d'émigré. Rentré 
en possession de la citoyenne Thiboutot, veuve Gau- 
laincourt, on Tan VIII. 

X" 15. Petit hôtel de Rohan-Chabot. Acquis en 1701 
par Louis de Rohan-Chabot, de Jacques Lecomte de 
Nonant qui le tenait de sa mère Elisabeth d'Angennes, 
veuve d'Aumont de Villequier. Gilles de Ganeau rachète 
en 1738 d'Elisabelh de Grimaldi, duchesse de Rohan. 
Sa veuve Marguerite de Harlan le lègue à son petit- 
fils, Jacques Fenel, seigneur des Bats. Ce dernier le 
laisse en 1741 à sa fille, épouse de François de Vau- 
cresson, qui le vend en 1760 à Pierre Saunier, seigneur 
du Plessis-Beauregai'd, qui le vend à François Lechan- 
teur. Confisqué à la Révolution sur l'émigré Lechanteur. 
Vendu en l'an \ll au citoyen Prévost qui le revendit en 
l'an X à M. Belon. Cet hôtel avait comme locataix'e en 
1752 M. d'Ormesson el en 1789 M. de Boisboutron. A 
l'époque de la Révolution il était habité par Mlle Bou- 
liard, femme peintre. En 1881 il appartenait à M. Sée. 
(Balcon.) 

N° 13. Hôtel d'Aumonl de Villequier (1630). Prési- 
dent des Hameaux (1648). Hôtel Rohan-Chabot (1680). 
Fut habile par Mme de Lalîorde, « dame du lit » de 
Marie-Antoinette. En 1789 famille Prévost. 

N^ 11. Pavillon de M. Pierrard (1607). Hôtel de 



150 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Golbert de Villacerf (1710). M. de Creil, intendant de 
Metz (1752). de Voisenon (1789). 

N" 9. Pavillon de M. Descures (1607). Hôtel du 
rnai'échal de Chaulnes, le vainqueur d'Arras (1625). [^e 
marquis de Nicolay-Goussainville (1701). Confisqué à 
la Révolution et restitué aux héritiers Nicola}'^ en Tan III. 
S'appela hôtel Nicolay jusqu'en 1822, époque où il fut 
cédé à M. Moreau. négociant. Rarlicl. la tragédienne. 
s'}' installa malade en 1858, peu de temps avant d'aller 
mourir au Canet. Elle fut transportée dans son hôtel 
après sa mort. L'érudit A. de Montaiglon jusquen 
1895. Cet hôtel passait, au xvii" siècle, pour une des 
curiosités de Paris. 11 possède encore un beau salon, une 
salle à manger avec boiseries et médaillons Louis X.VI. 
(Voussures du plafond avec trophées militaix'es.) 

* N" 7. Terrain concédé en 1605 à Huaut de Mont- 
magn}', maître des requêtes. Gagné au jeu par Gallet, 
riche |)artisan. Servait d'entrée au petit hôtel Sully. Ce 
charmant petit pavillon d'un seul étage, que Ton a pris 
à tort pour une orangerie, fut construit vers 1630 par 
Jean du Cerceau et fut habité par Sully api'ès sa retraite, 
par ses descendants jusqu'au xviii'= siècle et par Turgot 
de Ste-Claire, (1752). Propriété actuelle de M. Bellan, 
artiste peintre. Cet hôtel communiquait par les jardins 
avec le grand' hôtel Sull}^ rue St-Anloine. 

N" 5. Pavillon dit de M. de La Salle (1615). Hôtel 
de Rotrou, conseiller au Grand Conseil (1752). Jules 
Cousin, créateur du musée Carnavalet, y mourut en 1899. 
A conservé de jolis plafonds peints de 1660. (Balcon.) 

N° 3. Hôtel d'Estrades (1752). Durand, secrétaix'e du 
Roi (1789). Fut bibliothèque de l'Union centrale des 
Arts décoratifs, avant 1904, (Salon avec boiseries du 
xviii" siècle.) (Balcon.) 



IV ARRONDISSEMENT. 151 

N' 1. Hôtel de Coulanges (1606), de Bussy-Rabuiin 
(1026). Le baron de Chantai, fils de Ste Jeanne de 
Chantai, habitait avec son épouse, Marie de Coulanges, 
le pavillon attenant dont Tcntrée se trouve 11 bis, rue 
de Birague. C'est là que naquit le G février 1626 (et non 
le 5) Marie de Rabutin (Mme de Sévigné). Boutteville, 
après son duel, trouva un refuge dans cet hôtel (1627). 
Le marquis de Bcringhen. Hôtel de la Croix (1789). 

Le Pavillon du Roi est édifié sur trois arcades, agré- 
menté dune décoration comportant le chiffre du Roi 
(des H palmés). Il resta longtemps dans le domaine de 
la Couronne. Dès 1607 la conciergerie en fut conférée au 
peintre Charles De Court. En 1752, ^L Rome, conseiller 
au Grand Conseil, il fut cédé en 1753 à la veuve Barère 
qui passa la main, en 1756, au sieur L'Evêque de La Coin- 
terie, puis en 1769 à Joseph de Bonncval. Le Roy de La 
Faudiguière y avait un célèbre cabinet d'amateur (1787). 
Vendu comme bien national provenant de l'émigré 
Bonneval et acquis par le citoyen Muller (1799). 

IS° 2. La place fut concédée à Pierre Fougen Descures. 
Hôtel du raax-quis de Beausang (1752). De Boisgelin de 
La Vieuville (1789). (Balcon.) 

N" 4. Hôtel de Breteuil (1728); de Mainville (1752). 
Le Roy de Roullée, conseiller au Parlement (1756). Sa 
veuve vendit, en 1814, au baron INIicoud d'Umons. 
Racheté en 1820 par le comte Portails, pair de France. 
Le mai'quis de Favras (Thomas de Mahy) habitait avec 
sa femme, née d'Anhalt, le deuxième étage, et ses fenêtres 
donnaient sur le cul-de-sac Guéménée. 

* N" 6. Bâti en 1605 par l'intendant des finances 
Isaac Arnauld (de la famille des jansénistes). Maréchal 
de Lavardin (1610). Ce dei-nier était dans le carrosse de 
Henri IV lorsque celui-ci fut assassiné par Ravaillac. 



152 PnOMENADES DANS TOUTES LES RUES DE l'AIUS. 

PieiTO de Tigery (1621). Hôtel de Rohan-Guéménée 
(1639 à 1784). Jacques Desmary (1784) et héritiers 
jusqu'en 1797. L'important immeuble situé 17, rue des 
Tournelles en faisait partie avant 1797. II y eut ensuite 
division. M. Péan de St-Gilles eut le grand hôtel, celui 
de la place, et le légua à sa veuve, laquelle le laissa à son 
tour à M. P. Passy, membre de l'Assemblée Nationale. 
C'est de ce dernier que la Ville en fit l'acquisition en 
1873, Marion Dclorme aurait habité la maison du cul-dc- 
sac Guéménée qui fait le coin est de la rnc St-Antoine 
et ([uiest située dcrrièi-e Ihôtel en question. Victor Hugo 
habita l'hôtel de la pkuc de 1833 à 1848 el y écrivit : 
Marie Tudor. Angelo, Ruy Blas, les Burgraves, les 
Feuilles (V Automne, les Chants du Crépuscule, les Bayons 
et les Ombres, etc. En 1848 les insurgés s'emparent de 
la maison, mais apprenant qu'ils sont dans la maison du 
poète ils la respectent. Pension Jauffret (1860). École 
municipale en 1875. C'est depuis 1905 le musée Victor- 
Hugo, inauguré en 1903. (A visiter.) 

N° 8. Bâti par Jehan de Fourcy, intendant des bâti- 
ments (1605). Antoine Le Redde, conseiller secrétaire 
du Roi (1664). La comtesse d'Armalay (1752). Le mar- 
quis do Thomé, maréchal de camp (1777). Vendu à 
Paul Firmin-Didot (1863). Théophile Gautier y habita 
le second étage, et Alphonse Daudet lui succéda. 

N° 10. Bâti par Claude de Chatillon, ingénieur typo- 
graphe du Roi (1605). Hôtel de Gagny (1752), de Ché- 
iainville(1787).' 

N° 12. Bâti par Etienne de La Fond, intendant des 
meubles du Roi (1605). Appartenait en 1752 à l'évêque 
de Verdun. Fut parfois dit hôtel de Breteuil ou hôtel 
Pinon. Acquis par la Ville (1896). Ecole. (Balcon.) 

N" 14. Le terrain, comportant deux arcades du 12 ot 



IV' AlîllONDISSEMEXT. 153 

deux arcades du 14 actuel, fut concédé en 1605 au con- 
seiller Pierre Jeannin, ami de Mayenne, puis contrôleur 
des finances. (Voir son effigie en bronze à la Collection 
Dutuit au Petit-Palais.) Hôtel du marquis de Dangeau, 
conseiller intime de J^ouis XIV. L'abbé de Courcillon, 
membre de TAcadémie française, y logea de 1703 à 1717. 
M. Thomé, conseiller au Pai'lement (1752). Philippe 
de Montboissier-Beaufort-Ganillac le vend en 1777. 
Marquis de Villedcuil (1777). Confisqué sur l'émigré 
^'illedeuil. Restitué en 1814. Mairie de Tancien VIII" ar- 
rondissement (1819). Acquis par la Ville. Ecole pri- 
maire (1860). Incendié en 1871. Réédifié ù usage do 
temple Israélite (1875). C'est aujourd'hui la demeure du 
grand rabbin. Deux plafonds et des boiseries de cet 
ancien hôtel Dangeau ont été transportés au musée 
Carnavalet. Classé comme monument historique. Très 
bel escalier. L'hôtel a conservé sa façade ancienne de 
brique avec chaînes de pierres, tandis qu'ailleurs les 
briques des façades ont été remplacées par un revête- 
ment en plâtre peint en rouge à filets blancs. (Balcon.) 

N" 16. Place concédée à François Félisseau, conseiller 
du Roi. Mlle du Châtelet (1752.) (Balcon.) 

M° 18. Place concédée à Nicolas Chevallier, conseiller 
du Roi. Le mai'échal marquis de Tessé (1752). Hôtel de 
Tonnerre. (Escalier.) 

N° 20. Place concédée à Nicolas d'Angennes, seigneur 
de Rambouillet, ancien ambassadeur de Charles IX en 
Angleterre (1505-1611). Son fils épousa Catherine de 
Vivonne, la divine Arthénice, qui devint la muse adorée 
de l'hôtel de la rue St-Thomas-du-Louvre dont elle fut 
l'architecte. Hôtel de la marquise de Menou (1752); de 
La Ferté-Meung (1789). (Balcon.) 

N" 22. l'iace concédée à Barthélémy de Laffcmas, 



15'i PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

surnommé Beausemblant, contrôleur général du com- 
merce et père d'Isaac de Laffemas, le terrible lieutenant 
civil de Paris. L'hôtel appartint au comte de Maillebois 
qui le loua, en 1749, au prince de Talmond de La Tré- 
moïlle, père du prince tué en Vendée. 

Rue du Pas-de-la-Mule. (Côté impair.) 

Jadis petite rue Royale. Ouverte en 1604. Elle ne 
fut prolongée jusqu'au boulevard qu'en 1G73. En 1603 
ce n'était qu'un chemin menant de la rue des Tournelles 
au Marché aux Chevaux, sous le nom de rue du Pas-de- 
la-Mule, nom qu'elle reporte aujourd'hui depuis 1893, 
après s'être appelée rue des Vosges de 1862 à 1893. 
L'arcade qui l'enjambait a été démolie vers 1820. 
L'origine de son nom est inconnue. Peut-être vient-il 
d'une enseigne. « Par là, passait tous les jours, dit 
Victor Hugo, le pi'emier président au Parlement eu 
1560, Gilles Le Maistre. monté sur une mule, suivi de 
sa femme en charrette. » 

N'^' 7. Fausses fenêtres. 

N° 3. Vieille maison. 

Rue des Tournelles. 

(Partie comprise entre la rue du Pas-de-la-Mule 
et la rue St-Antoine.) 

Cette partie et celle qui s'étend dans le III" arrondisse- 
ment jusqu'à la rue St-Gillcs s'appelèrent primitivenient 
sous François P'', rue Jean-Beausire. La partie entre la 
rue St-Gilles et le boulevard date de 1637 et s'appela 
rue St-Gilles. Cette dernière partie fut ajoutée à la 
rue des Tournelles en 1801. La rue lonareait autrefois 



IV ARRONDISSEMENT. 155 

lancien hôlel des Tournelles, ainsi noniiiié à cause de 
ses tours. 

L'hôtel des Tournelles fut bâti originairement, en 1388, 
par Pierre d'Orgemont, seigneur de Chantilly, et fut 
habité par son fils, cvêquede Paris, par le duc de Berry 
en 1404, et par le duc d'Orléans; puis il devint le 
palais royal des Tournelles et fut habité par Charles VI 
pendant sa démence. Il devint ensuite la résidence du 
due de Bedford, régent de France pour les rois d'Angle- 
terre Henri ^' et Henri ^ I, puis de Charles VII après 
l'expulsion des Anglais. Louis XI y vécut et y partageait 
son lit avec Philippe de Commines, son chambellan. 
Louis XII et Henri II y habitèrent et y moururent tous 
deux. Catherine de Médicis, pour oublier la mort de son 
époux, tué dans le tournoi de la rue St-Antoine par 
Gabriel de Lorges, comte de INIontgomery, fît démolir ce 
palais par un arrêt de 1563. 

X° 21 bis. Temple Israélite construit eu 1861 sur 
l'emplacement do l'ancien hôtel Dangeau (14, place des 
Vosges). 

* N° 28. Hôtel construit par Jules Hardouin-JNIansart, 
lils adoptif du grand architecte (1690). Ninon de Lenclos 
en lut locataire et y mourut. (Plafonds de Lebrun et de 
Mignai'd qui habita la rue.) Autre entrée 23, boulevard 
Beaumarchais. 

X° 17. Faisait partie avant 1797 de l'hôtel Rohau- 
Guéménée (6, place des Vosges). Cette partie fut la 
propriété de Boyvin d'Ardaucourt. Joseph Edou, beau- 
père de Népomucène Lemercier. Actuellement famille 
Robiquet. 

N'' 18. Cour avec constructions curieuses. 

N° 4. Balcon. 

X° 1. A conservé son caractère. 



1.)^, PROMENADES DANS TOUTES l-ES RUES DE PARIS. 

N0 2. Rue de la Bastille (186G). S'appela petite rue 
St-Antoine avant 1877. Au 9 s'ouvre la rue Jean-Beausire. 



Rue Jean-Beausire. 

Rue de TEpargne au xi\ '= siècle, puis rue du Rempart, 
et des Tournelles. Nom en mémoire d'un contrôleur 
général des bâtiments du Roi (1G58-1743). 

No 11. Vieille maison et curieux Passage Jean- 
Beausire allant 12, rue des Tournelles. 

N° 19. Impasse Jean-Beausire. 

Boulevard Beaumarchais. 

(Côté impair de la partie située entre 
la rue du Pas-de-la-Mule et la place de la Bastille.) 

N° 25. Emplacement du théâtre Beaumarchais, cons- 
truit en 1834 en 43 jours et ouvert en 1835 sous le nom 
de Théâtre de la Porte-St-Antoine. Théâtre Beaumarchais 
(1842). Opéra-Bouffe-Français (1843-1845). Fantaisies- 
Parisiennes. Disparu vers 1880. 

* 23 et 21. Hôtel de Hardouin-Mansart, fils adoptif de 
l'architecte (1690), Ninon de Lenclos en fut locataire, 
et y mourut en 1707. A la mort de Jean Hardouin- 
Mansart en 1708, l'hôtel passa à Jacques Hardouin- 
Mansart, comte de Sagonne, puis en 1769 au comte de 
Noailles, duc de Mouchy. (Belles boiseries et plafonds 
de Lebrun et Mignard représentant une iVssemblée des 
Dieux.) Autre entrée 28, rue des Tournelles, 

N" 3. Enseigne des 4 Sergents de la Rochelle, l^e 
fondateur de ce restaurant. M, Dumont, avait été inculpé 
dans l'affaire Bories. Goubin, Raoulx et Pommier. 



IV* ARRONDISSEMENT. 157 



Place de la Bastille. 



La place fut créée en 1792, sur reniplaccmenl de la 
Bastille St-Antoinc dont nous ne pouvons ici faire un 
historique détaillé. 

La Bastille fut priniilivemenl un château fort dont le 
but était de renforcer l'enceinte et de proléger Thôtel 
royal de St-Pol. La première pierre en fut posée, en 
L370, par Hugues Aubriot, prévôt du roi. C'était un rec- 
tangle long, flanqué de huit tours hautes de 23 mètres, 
reliées par d'épaisses courtines d'égale longueur. Sous 
Henri II, la Bastille, appuyée à l'enccinlc, fut renforcée 
vei's la campagne par un bastion triangulaire où se 
trouvaient les jardins du gouverneur. Une ligne de 
pavés blancs, sur la place, nous indique le périmètre de 
la fortei'esse, mais pour bien en reconstituer l'emplace- 
ment il faut faire abstraction des dernières maisons de 
la rue St-Antoine et du boulevard Henri-IV. 

La Bastille, qui compta parmi ses gouverneurs, ou 
capitaines comme on disait, Jean de Montaigu, et au 
moment de la domination anglaise le duc d'Elxeter, 
Falstaff, Talbot, joua uu certain rôle dans la seconde 
partie de la guerre de Cent Ans et dans la Ligue du 
Bien Public, mais elle perdit peu à peu son caractère de 
forteresse à cause du développement du Faubourg 
St-Antoine qui la cerna. Plus tard, pourtant, elle joua 
de nouveau un rôle militaire, lorsqu'en 1652, Mlle de 
Montpensier sauva Condé en faisant tirer sur les 
troupes royales les canons de la forteresse. 

Piimitivement la Bastille n'était pas une prison, mais 
elle le devint dès le règne de Charles VI, tout en restant 
une citadelle militaire. Sous Henri ]\ on y gardait le 



158 PROMENADIÎS DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Trésor royal. Ce ne fut que sous Richelieu que la Bas- 
tille devint prison royale d'État, et une lettre de cachet 
suffisait pour y être enfermé. Lorsqu'on eut rasé, sous 
Louis XIV, les anciennes fortifications, la Bastille sub- 
sista comme un fort isolé et, dit M. Charles Normand, 
« son cachet de geôle royale se précisa chaque jour 
plus nettement à mesure que son but militaire dispa- 
raissait ». Chacune des tours (qui portaient les noms 
de tours de la Chajjelle, du Trésor, du Puits, de la 
Comté, de la Bazinière, de la Berlaudière, de la Liberté, 
du Coin) était divisée en cinq étages. Au bas étaient les 
cachots humides réservés aux gens de basse classe; en 
haut les chambres, dites calottes, où on souffrait du 
froid ou de la chaleur suivant les saisons. Dans les 
étages intermédiaires se trouvaient des chambres hautes, 
convenables, et parfois luxueuses. 

Leclerc du Tremblay, frère du Père Joseph, en fut le 
geôlier. Parmi les prisonniers célèbres que compta la 
Bastille citons : le cardinal de La Balue, Bernard de 
Palissy qui y mourut en 1590, le maréchal de Biron qui 
y fut décapité, la maréchale d'Ancre, Bassompierre, 
Bussy-Rabutin, Mathioli, l'homme au masque de fer, 
Fouquet, Pélisson qui y apprivoisa une araignée, 
Lally-Toliendal, etc. Sous la Régence on y incarcéra des 
accusés compromis dans la conspiration de Cellamarc. 
parmi lesquels se trouvait Mlle de Launay qui s'appela 
plus tard Mme de Staal (1718). Le jeune duc de Riche- 
lieu y fut enfermé deux fois. Citons encore : La Bour- 
donnais; le comte de Belle-Isle; le marquis de Sade; le 
prince de Courlande ; Marmontel en 1759 ; l'abbé Morellet 
en 1760; ^'oltaire cjui y fut enfermé deux fois en 1717 
et en 1726; Cagliostro et sa femme Lorenza Feliciani; le 
cardinal de Rohan ; Mme de Lamottc; Nicole Leguay, 



IV ARKOXDISSliMENT. 159 

dite baronne d'Oliva. (|iii épousa Toussaint de Beausire, 
et le célèbre Latndc. qui n'était en somme qu'un simple 
chevalier d'industrie, mais dont nous nous permettrons 
de rappeler ici la vie mouvementée, car son souvenir 
est généralement intimement lié à celui de la Bastille. 

Latude s'appelait simplement Jean Henri, et était 
enfant illégitime d'un père inconnu. Il prit le nom de 
Danry. Enfermé à la Bastille en 1749 pour sa lettre à 
Mme de Fompadour (lettre qui n'était qu'un essai de 
chantage), il fut transféré à Yincennes d'où il s'échappa, 
et remis à la Bastille. Il s'en évada en 1756, ainsi que 
son compagnon Allègre, avec la fameuse échelle de corde 
conservée au musée Carnavalet. Repris à Amsterdam, il 
fut de nouveau enfermé à la Bastille, puis à Vincennes en 
1764. Il s'en échappa de nouveau. Repincé il fut trans- 
féré à Charenton en 1775, d'oii il sortit en 1777, pour 
être remis peu après à Bicêtre comme escroc. Il fut 
rerais en liberté en 1784, grâce à Mme Legros, chez 
laquelle il vint habiter; puis il alla chez le chevalier de 
Pougens, filsdu prince de Gonti, et mourut en 1805 à l'âge 
de quatre-vingts ans, après avoir fatigué tout le monde 
de ses éternelles doléances. 

Jusc{u'aux si intéressants travaux de M. Funck-Bren- 
tano, on se faisait une opinion très fausse sur le régime 
de la prison, opinion qui s'était formée sur les mémoires 
de Renneville qui n'était qu'un fripon, sur ceux de Latude 
qui n'était qu'un chevalier d'industrie, et sur ceux de 
Linguet, cet avocat-journaliste de mauvaise foi. Nous 
savons maintenant, d'après des pièces originales, que la 
Bastille était en somme une prison de luxe et très confor- 
table. Le gouverneur recevait à sa table les prisonniers, 
non seulement ceux de marcjuc, mais les plus modestes. 
D'ailleurs les repas étaient toujours copieux, et nous 



160 PROMENADES DANS TOUTES LES HLES DE PARIS. 

voyons Latude se plaindre avec amertume que les pou- 
lets servis ne fussent pas piqués, l^cs prisonniers avaient 
souvent la liberté de se promener dans l'intérieur, de se 
voir, de s'y meubler luxueusement. Des idylles s'y ébau- 
chaient. A la veille de la Révolution on n y enfermait 
presque plus personne, et comme elle coûtait fort cher 
Necker songeait à la supprimer par raison d'économie. 
Telle était la fameuse Bastille dont le peuple s'empara 
le 14 juillet 1789. Il y avait en tout à cette époque 
7 détenus : 4 faussaires, 2 fous et un autre prisonnier cou- 
pable d'un crime monstrueux. Le gouverneur ]\I. de 
Launay fut massacré et son corps traîné jusqu'à l'Hôtel de 
Ville. Le but des « vainqueurs de la Bastille », qui en 
somme n'enfoncèrent qu'une porte ouverte, était de s'em- 
parer des armes, dont la Bastille renfermait un impox'lant 
magasin. La vieille forteresse fut démolie et sur son 
emplacement on plaça un écriteau avec ces mots : « Ici 
on danse. » 

L'entrepreneur des démolitions fut un maître maçon 
nommé Palloy. Il vendit les morceaux de pierre comme 
souvenirs, et fit faire de nombreuses réductions du 
vieux donjon. (On peut voir un exemplaire de ces 
réductions au musée Carnavalet, et un autre aux 
Archives, où sont également les clefs de la Bastille.) On 
se servit également des matériaux provenant de la Bas- 
tille pour la construction de la partie supérieure du 
pont de la Concorde. Le 18 septembre 1791, le citoyen 
Palloy organisa une sorte de théâtre de verdure sur 
l'emplacement de la Bastille. Cette fête, dite de la Cons- 
titution, qui fut donnée avec le concours de Boursault et 
des artistes du théâtre de Molière, ne fut pas réussie, et 
■ Palloy ne fit pas ses frais. L'échafaud s'y dressa un seul 
jour, le 14 juin 179^i. 



IV' AUltONDlSSEMliXT. M'A 

l.a i)laro lin décidée en 1792, el commença à être 
exécutée en 1803 sur un plan donné par Ghaptal, ministre 
de l'intérieur. Ce plan comprenait la création du canal, 
et rétablissement d'une place circulaire. On pensa 
d'abord à y ériger un arc de triomphe à la gloire de la 
Grande Armée. En décembre 1808 on posa la première 
pierre d'une fontaine monumentale. Un décret de 1810 
ordonna que cette fontaine se composerait d'un éléphant 
en bronze, surmonté dune tour, exécuté avec les canons 
pris aux Espagnols. Le modèle de cet éléphant, en chai'- 
pente armée de fer et recouverte de plâtre, fut construit 
sur la rive orientale du canal, sur l'emplacement de la 
gare de Vincennes, mais heureusement le projet fut aban- 
donné et l'éléphant tomba en ruines. Sa carcasse devint 
la demeure de plusieurs milliers de rats et ses débris 
disparurent un peu avant l'achèvement de la colonne, 
l'^n 1814 on avait fait élever la voûte au-dessus du canal. 
La première pierre de la Colonne, dite de Juillet, fut 
posée en 1831 par Louis-Philippe. Elle est l'œuvre de 
Duc et Allavoine. Le lion et le coq sont de Barj'e, le 
Génie de la Liberté est d'A. Dumont. Le bassin de la 
fontaine qui avait été commencée en 1808 et qui était 
restée inachevée sert de soubassement à la Colonne qui 
fut achevée en 1840. Les noms de 380 victimes de Juillet 
ont été burinés sur le fût. En 1840 on transporta dans 
le caveau qui se trouve au-dessous de la colonne les restes 
des victimes de Juillet qui étaient en différents endroits. 
Une grande partie des combattants avaient été enfouis 
près du Louvre, là où est la statue de Velasquez, et 
ces restes avaient été mélangés avec ceux de quelques 
momies égyptiennes qui s'étaient décomposées et dont 
le musée avait dû se défaire. Il est donc possible que le 
caveau qui renferme les l'estes des 380 victimes de Juillet 

IV' ABRO:<D. 11 



162 l'IiO.MENADES DANS TOUTES LES HUES DE PARIS. 

renferme également quelques restes d'Egyptiens. Ce 
caveau renferme en outre les restes de 430 victimes de 
1848. En 1848 le peuple brûla à côté de la colonne le 
trône de Louis-Philippe. (Les gardiens du caveau mon- 
trent la nacelle du ballon de Gambetta(?)) La colonne 
à 51 mètres de hauteur. Si on veut se donner la peine 
d en monter les 239 marches, on a du sommet une 
vue intéressante sur les alentours. La colonne reçut de 
uouibi'oux [)rojectiles pendant la guerre et fut réparée 
après 1871. 

N» 1. Au brave Crillou, 

N" 3. Plan de la Bastille et inscription : « A nos pères 
de 1789, à ceux qui ont conquis nos libertés ». 

N" 3. Au Canon de la Bastille. (Canon comme 
enseigne.) 

C'est sur la place de la Bastille que le Gouvernement 
provisoire proclama la République le 27 février 1848. 

JRue St-Antoine. 

Doit son nom à l'abbaye de Si-Antoine. Elle s'est dite 
partiellement et passagèrement, au xii*^ et au xiv'= siècles, 
rue de la Porte-Baudeer, du Pont-Pei'rin, de l'Aigle (à 
cause d'une enseigne). La partie Est de la rue François- 
Miron en faisait partie avant 1865. La rue St-Antoine, 
une des plus anciennes de Paris, tient une place particu- 
lière dans l'histoire du protestantisme parisien. C'est 
par cette rue que les huguenots se rendaient à Charenton, 
au temple qu'Henri IV leur avait assigné. De tout temps 
la rue prit part à toutes les réjouissances populaires, 
et jadis toutes les fenêtres servaient de loges au spec- 
tacle des courses de bagues. Elle fut le théâtre de 
combats meurtriers en 1830 et eu 1848. 



IV" AlUtONDISSEMEXT. 103 

La porle Sl-Auloine, conslfuile par Etienne Marcel, 
faisait partie, sous Charles V, de l'enceinte. Elle se trou- 
vait à l'entrée de la rue à la hauteur de la rue Jean- 
Beausire, Sous Henri III cette porte tut déplacée et 
reportée au delà des l'ossés de la Bastille et décorée par 
Jean Goujon. Elle fut remaniée en 1672 par Blondel et 
démolie en 1788. Une partie servit à décorer les jai'dins 
de Beaumarchais. 

N" 5. Inscription signalant remplacement de Favant- 
cour de la Bastille par laquelle le peuple pénétra le 
14 juillet 1789. 

N° 7. Vieille maison : A la Renommée de la Friture. 
(Enseigne.) — Le 9 à côté (aux Vendanges de Bourgogne) 
est un vieux restaurant. 

N° 11. A la Gerbe d'Or. (Enseigne.) (1776.) 

En face s'élève la siatue de Beaumarchais par Clau- 
sade (1895). 

N° 13. Fenêtres assez curieuses. 

* N" 17. Emplacement d'une partie de l'hôtel de Cessé 
(1572), où mourut, en 1578, Quélus. En 1619 la baronne 
de Chantai lit venir à Paris les Filles de la Visitation- 
Sainte-Marie, qui achetèrent, en 1629, l'hôtel de Cossé. 
Le commandeur de Silery posa la première pierre de la 
chapelle dénommée Notre-Dame des Anges (1632). 
Mansard en fut l'architecte, et s'inspira de N.-D. de la 
Rotonde de Rome. Le couvent qui s'étendait entre l'hôtel 
de Mayenne et l'hôtel de Lesdiguières, et au sud jusqu'à 
la rue de la Cerisaie à peu près, fut supprimé en 1790. 
(La rue Castex a été percée au travers.) St Vincent de 
Paul y fut confesseur pendant dix-huit ans. Les bâti- 
ments furent vendus sauf la chapelle qui est devenue 
temple protestant depuis 1802, sous le nom d'église 
Ste-Marie. Fouquet y fut enterré ainsi que son père et 



164 PROMENADES DANS TOUTES LES HUES DE PAIUS. 

son fils, Mme de Chantai, el les membres de la famille 
de Goulanges, le marquis de Sévigné, époux de la mar- 
quise qui repose à Grignan, etc. 

Cette église est remarquable par son architecture, el 
se compose uniquement d'un dôme soutenu par quatre 
arcs entre lesquels des pilastres corinthiens supportent 
une grande corniche régnant dans le pourtour. Pendant la 
Révolution, la chapelle fut transformée en club, et on 
voit encore un bonnet phrygien sculpté au-dessus d'une 
porte latérale. Après les événements de la Commune 
VarcoUier la restaura. A côté d'une des colonnes 
corinthiennes qui encadrent la porte d'entrée, ancienne 
inscription : « Loix et Actes de l'Autorité publique ». 
N*" 12. Au Petit Phare de la Bastille. (Enseigne.) 
N" 16 et 18. Cours curieuses. 
N° 20. A la Herse d'Or. (Enseigne.) 
* N° 20. Hôtel dit de Mayenne et d'Ormesson. 
Sur cet emplacement ainsi que sur celui de la Visita- 
tion s'élevait jadis l'hôtel du Petit-Musc et la maison 
dite du Pont-Perrin, ainsi appelée parce qu'ici on fran- 
chissait l'égout à ciel ouvert. En 1312 ces deux hôtels 
n'en formaient qu'un seul qui appartenait à Louis P"", duc 
de Bourbon, petit-fils de St Louis. Cet hôtel dit du Petit- 
Bourbon fut vendu à Charles V pour agrandir l'hôtel 
St-Pol. Charles VI rebâtit l'hôtel du Petit-Musc qui 
devint alors Hôtel-Neuf et qui fut habité quelque temps 
par Charles VII el Louis XI. Il fut ensuite à Anne de 
Bretagne avant son mariage avec Charles VIII, puis 
fut possédé par le prince d'Orange, et devint hôtel 
d'Etampes. Achetée en 1554 par Diane de Poitiers. 
L'hôtel d'Etampes ne comprenait qu'une partie de 
l'Hôtel-Neuf reconstruit par Charles VI; l'autre partie 
était occupée par Philibert Delorme et Germain Pilon. 



IV*" AnnONDISSEMENT. 1C5 

L'hôtel de Diane de Poitiers devini ensuite hôtel de 
Boissy. D'après M. de Ménorval l'hôtel actuel aurait été 
construit après 1560 pour Diane de Poitiers, parle vieux 
Jacques I'-'' Androuct du Cerceau, le célèbre graveur, et 
l'hôtel se serait appelé hôtel de Mayenne vingt ans après. 
D'après Jacques Dubreul [Théâtre des Antiquitéz de 
Paris) l'hôtel n'aurait été bâti que pour le fils de Mayenne, 
le duc d'Aiguillon, au commencement du xvii'' siècle. On 
y montre, quoiqu'il en soit, la chambre dite de la Ligue, 
où on résolut, dit-on, l'assassinat de Henri III, le mariage 
de Mayenne avec l'Infante d'Espagne, et l'exclusion des 
Bourbons à jamais. 

Henri de Lorraine, duc de ÎNIayenne et d'Aiguillon, 
fils du lieutenant général du royaume sous la Ligue, céda 
l'hôtel en 1021. à son cousin Henri de Lorraine, comte 
d'Hai'court, qui mourut en 1660. Montauron, le célèbre 
courtisan de Richelieu, y habita. En 1703 l'hôtel était 
possédé par la veuve de François-Marie de Lorraine, 
comte de Lillebonne, qui y hr.bitait avec ses deux filles, 
et son frère, le prince de Vaudémont, à partir de 1707. 
En 1708 Thôtcl fut transformé et rajeuni par Germain 
Boffrand. Mme d'Epinoy, fille de Mme de Lillebonne, 
légua l'hôtel à Mme de Marsan (ïMarie-Louise de Rohan) 
(1748). En 1759 l'hôtel fut vendu à Marie-François Le 
Fèvre dOrmesson, contrôleur général des finances, et 
fut dit hôtel d'Ormesson jusqu'en 1812. Acheté par 
M. Favart, il devint pension Favart. En 1870 : Ecole des 
Francs-Bourgeois dirigée jusqu'à ces dernières années 
par les frères de la Doctrine Chrétienne. Le proprié- 
taire actuel est M. le iiiarc|uis du Bourg. 

Cet hôtel a bien le cachet du début du xvii<= siècle. 
Façade avec deux ordres de pilastres toscans et ioniques. 
Porte à gros clous. Dans la coui'. qui a été peinte pour 



16<î PROMENADES DANS TOUTES LtS HUES DK PAUIS. 

imiter la brique, tourelle en encoi-belleinent. Escalier 
avec voûtes en briques et pierres, et tympan sculpté 
représentant une Pallas assise. Plafond à solives dans 
une des pièces. ^Malheureusement des beaux panneaux 
qui décoraient une des salles ont été vendus en 1882 à 
M. Cahen d'Anvers. Dans la cour se trouve un buste du 
Père Joseph (1825-1897), fondateur de Tlnstilut des 
Frères de la Doctrine chrétienne. 

N° 28. Impasse Guéménée. Date du xv^ siècle. 
Rue des Filles-dc-la-Croix en 1646, et antérieurement 
cul-de-sac du Ha!-Hal Elle servait de dégagement à 
Ihôtel du prince de Rohan-Guéménée (6, place des 
Vosges). Au 4 était le couvent des Filles-de-la-Croix 
fondé en 1643 par Marie Lhuillier de Villeneuve. On y 
enfermait, par lettre de cachet, les jeunes filles d'esprit 
)-omanesque, les dames d'humeur légère, les pupilles 
gênantes, etc. liC couvent fut supprimé en 1790. Au 8 
(Cour Bérard), hôtel avec mascaron et curieux balcon 
plaqué. Dans cette maison se Irouve une curieuse rampe 
d'escalier en fer forgé du xvii* siècle, continuée par une 
rampe de bois. Au 5, porte à clous. 

N" 32. Balcon. Cour curieuse. Escalier. 

N" 33. Enseigne du Petit Moulin. Maison peinturlurée 
en bleu. 

N° 37. Enseigne de la Botte Dorée. 

N° 34. Enseigne du Parasol Chinois. 

N° 36. Rue de Birague. Rue Royale-St-Anloine 
(1605), puis rue du Pavillon-du-Roi, des Fédérés, et 
rue de Birague en 1864. Doit son nom au cardinal René 
de Birague (1507-1583), chancelier de France, qui avait 
fait achever dans le voisinage la fontaine dite de Birague, 
démolie en 1857 par la rue de Rivoli. Au 2, maison à 
pignon. Au 10 niourur Lokan.il en 1845. (Inscription.) 



IV AUKONDISSEMENT. 1«7 

l,e 14 a laspcct d'un ancien hôtel. (Cour assez inlé- 
lessante, escalier, ferrures.) An 16 est mort, en 1852, 
le sculpteur J.-J. Fcurhcre. Au 11 bis, est la maison 
où naquit Mme de Sévigné le 6 février 162G (dépen- 
dance du 1, place des Vosges), Au 7, façade assez inté- 
ressante. 

N" 45. Assez cui'icnx. (x\ncien hôlcl des Maillets.) 
Au 47, balcon. 

N" 40. Les numéros 40, 42, 44 et une partie du 46 
représentent lancien fief du Grand et Petit Chaumont 
qui appartenait, en 1612, aux Dinars, et, en 175.3. à Le 
Pelletier de Beaupré, premier président au Grand 
Conseil. On a retrouvé au 40 une pierre, transportée 
actuellement au musée Carnavalet, qui indiquait la 
limite du fief. 

N" 46. Fut possédé par J.-B. de La Michodicre, con- 
seiller du Roi, qui fut prévôt des maixhands, mais n'y 
liabita pas. Cette maison est foi-raée des anciens 
numéros 159 et 161. Lancien 159 appartenait, avant la 
Révolution, à Mme de La Trémoïlle, princesse de 
Talmond. Bien national en 1792. Rendu à la princesse 
en 1800. La marquise de La Rochejacquelin, légataire, 
vend en 1836 à .I.-B. Gourrich. Aujourd'hui famille 
Émery. Cette maison possédait des boiseries intéres- 
santes. Reconstruite en partie en 1906. (Escalier.) 

N° 49. Enseigne du Sanglier. 

N° 56. Au Cadran d'Or (Enseigne.) 

N" 57. Ferrures de fenêtres assez intéressantes au 
deuxième étage. 

* N° 62. Hôtel de Sully. Construit, en 1624, par Jean 
Androuet du Cerceau, pelit-fîls de Jacques l*^"" Androuet 
du Cerceau, pour Gallel, agioteur et contrôleur des 
finances. Ruiné par le jeu, Gallet le perdit sur un coup 



168 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

de dé, d'après Germain Brice. Jean Habert, sieur du 
Mesnil (1627). Rolland de Neufbourg (1628). Sa veuve, 
et son beau-frère, M. du Vigean, terminèrent la façade et 
ce furent eux qui vendirent à Sully en 1634. On raconte 
que Sully, le grand ministre de Henri IV, passait 
presque toutes ses soirées chez lui avec des femmes de 
mauvaise compagnie. L'hôtel communiquait d'ailleurs, 
par les jardins, avec le charmant petit hôtel Sully qui 
existe toujours et dont l'entrée est au 7 de la place des 
Vosges. La femme de Sully, Rachel de Cochefilet, 
mourut dans le grand hôtel en 1659. L'hôtel fut habité 
par le fils du grand ministre, Sully comte d'Orval, 
écuyer d'Anne d'Autriche. L'hôtel resta dans la famille 
Sully jusqu'en 1752. Antoine Turgotde Ste-Glaire, con- 
seiller au Parlement et cousin au huitième degré du 
minisire de Louis XVI, y mourut en 1771 et laissa 
l'hôtel à sa fille unique, Charlotte- Antoinette Turgot, 
veuve depuis 1764 de René-Gabriel de Boisgelin, briga- 
dier des armées du Roi, et c'est ainsi qu'au moment de 
la Révolution l'hôtel s'appelait hôtel de Boisgelin. Vendu 
en 1796 par Mme de Boisgelin à François Dupré. Rerais 
en vente par expropriation forcée en 1800 et acquis par 
le sieur Jean Cadrés. 

La façade sur la rue a été malheui'eusenient désho- 
norée par un bâtiment parasite construit entre les deux 
pavillons. Les bas-reliefs de la belle cour figurent les 
Quatz'e Saisons et les Quatre Éléments. La façade sur le 
jardin est identique à celle de la cour, et à l'est se 
trouve un mur décoré d'arcatures avec niches et statues. 
(Voir l'escalier, la chambre de Sully.) L'intérieur a été 
réparti entre de nombreuses industries. Depuis 1909 s'y 
trouve le siège de la Société des Amis des Monuments 
Parisiens. M. C. Normand, pi'ésident de la Société, y 



IV'' ARnONDlSSEMENT. 169 

habite et y a disposé entr'autres souvenirs parisiens un 
placard de Mme Récaniier, provenant de l'Abbayc-aux- 
Bois, un grille de la maison de Lulli, etc. 

N° 81. Assez curieux. 

N° 86. Rue Caron (1784). Ex-rue du Colombier. 
Nom en mémoire de Tarchitecte, auteur du projet du 
marché Ste-Catherine, ouvert en 1770. Au 5 et au G, 
inscriptions : Rue Neuve-du-Colombier. Au 9, inscrip- 
tion ancienne : Rue Caron. Au 0, inscription : rue d'Or- 
messon. 

N° 87 bis. Là se trouvait Tancienne enseigne de la 
Truie qui file, rappelant une charcuterie déjà célèbre 
au xvi" siècle qui se trouvait rue du ÏNIarché-aux- 
Poirées. L'enseigne du xvn'= siècle est à Carnavalet. 
C'est aujourd'hui une boucherie. La maison fut incendiée 
en 1868. 

N° 95. Maisou du xvi'^ siècle. Au 97, mascarons. 

* N° 99. Église St-Paul-St-Louis. 

En 1582 les Jésuites, installés à côté dans l'hôtel de la 
Rochepot, avaient jeté les fondements d'une petite 
chapelle dédiée à St Louis. Cette chapelle, qui mesurait 
à peine 30 mètres dans sa plus grande dimension, était 
appliquée contre le flanc gauche de l'église actuelle et 
s'ouvrait directement sur la rue St-Antoine. En 1594 les 
Jésuites furent remplacés par les Jéronymites, mais ils 
revinrent après Tédit de 1G04. Eii 1627, Louis XIII, en 
présence du cardinal de Gondi, posa la première pierre 
de l'église actuelle dédiée à St Louis, et il contribua à 
payer une partie de la dépense sur sa cassette. L'édifice 
fut commencé sur les plans du Père INIartellange, con- 
tinué sur ceux de son confrère, le P. François Derrand, 
et achevé sur ceux du Père Turmel en 1641. Richelieu, 
qui avait fait exécuter le portail à ses frais, y célébra la 



170 l'IlOMENADES DANS TOUTES LES RUES J)i; PAltlS. 

première messe le 9 mai 1641 et la chapelle fut consa- 
crée officiellement on 1676 par François Faure, évêque 
d'Amiens. La chapelle devint la propriété des Genovc- 
fains, ou chanoines réguliers de Ste-Catherine du Val 
des Escholiers, de 1767 à la Révolution. Les membres du 
Tiers Etat s'y réunirent et c'est là que le 21 avril 1789 
furent arrêtées les doléances destinées à être soumises 
aux Etats généraux. En 1791, la chapelle St-Louis-Ia- 
Gulture, comme on disait, devint le siège de la Société 
des Amis de la Constitution monarchique, puis la Con- 
vention y installa un dépôt de livres provenant des 
bibliothèques des couvents de Paris. La masse des 
douze cent mille volumes s'élevait jusqu'à la voûte, et 
cette affectation permit de protéger en partie la chapelle 
contre le vandalisme révolutionaire. Elle fut rendue au 
culte en 1S02 et devint paroisse sous le nom de 8t-Paul- 
8t-Louis, en souvenir de la vieille église abattue de la 
rite St-Paul. L'église eut encore à souffrir du vandalisme 
en 1831 et en 1871. Aucune église de Paris ne fut plus 
resplendissante de richesses. 

L'église St-Paul-St-Louis est construite sur le modèle 
de l'église du Gésu de Rome, de l'architecte Vignole. 
La façade, qui a été restaurée en 1888, se compose de 
trois ordres superposés, deux corinthiens et un troi- 
sième composite formant tabernacle au-dessus des deux 
autres et soutenu par des contreforts en forme de 
volutes hors d'échelle, signe caractéristique de ce genre 
d'architectere dit style jésuite. Au-dessus du portique 
principal se trouvaient les armes de Richelieu avec une 
dédicace, anéantie pendant la Révolution. L'horloge 
était, en 1627, sur la façade de l'ancienne église St-Paul; 
elle fut transportée en 1799 aux Arts et Métiers, lors de 
la démolition de la vieille église, et replacée ici en 1805. 



W" ARRONDISSEMENT. 171 

L'iiitôricur est remarquable par la richesse cl la pro- 
fusion de ses sculptures, ses arceaux, ses pilastres, ses 
voûtes à caissons, ses tribunes, son dôme, le tout dans 
un goût un peu surchargé. Avant la Révolution l'église 
possédait le cœur de Louis Xlll et celui de Louis XIV. 
Pour le premier, le sculpteur Jacqties Sai'azin avait élevé 
un cénotaphe de marbre, de bronze et d'argent, com- 
mande par Anne d'Autriche. Le Régent avait fait exécuter 
par Coustou un monument semblable pour le cœur de 
Louis XIV. (La dépense fut de six cent mille liA'rcs.) 
(Jes deux monuments royaux furent soustraits pendant 
quelque temps aux recherches de la Commission de la 
Convention par Lenoir, mais en 1804, ils furent réclamés 
par Denon et les quatre anges d'argent entrèrent dans 
la confection de la statue de la Paix de Chaudet. L'église 
possédait en outre le cœur et le magnifique mausolée du 
grand Condé par Sarazin, le cœur du duc du Maine qui 
n'échappa pas à la profanation, le mausolée de Birague 
par Germain Pilon, que les Genovéfains avaient trans- 
porté de leur ancienne église. 

L'église possède encoi'e un bas-relief de Michel An- 
guier, en bronze doré, derrière le maître-autel isolé à la 
romaine ; une Vierge assise de Germain Pilon (restaui'ée) ; 
un tableau de Simon Vouet représentant Louis XIII 
présentant à St Louis le modèle de l'église St-Paul ; 
le Christ au Jardin des Oliviers par Delacroix, des belles 
boiseries gâtées par un horrible badigeon jaunâtre, etc. 
Les coquilles qui servent de bénitiers ont été données par 
Victor Hugo à l'occasion du baptême de son premier 
enfant. La sacristie est intéressante et renferme des 
armoires et bahuts des xvii'^ et xviii^ siècles avec pein- 
tures de Philippe de Champaigne encastrées, un Christ 
janséniste provenant de la chapelle de la Bastille, et les 



l/li PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

portraits des anciens curés. La chapelle des catéchismes, 
derrière la sacristie, date de 1835 : elle n'offre aucun 
intérêt. (On y prêche en breton le quatrième dimanche 
de chaque mois.) 

Bourdaloue, qui prononça dans cette église l'oraison 
funèbre du grand Gondé, y est enterré, ainsi que Daniel 
Huet, i'érudit évêque d'Avranches, le duc de La Mcille- 
raye mort à l'Arsenal, plusieurs membres de la famille de 
La Tour d'Auvergne, de la famille de Yalencay, dont nous 
voyons les armes sur un vitrail au-dessus de la porte 
qui mène à la sacristie, etc., etc. 

L'église possède de très curieux souterrains* (qui ne 
sont pas publics). Les Jésuites y furent enterrés en 
pleine terre sans autre marque extérieure qu'une 
modeste plaque de plomb accrochée au mur, parmi 
lesquelles il m"a été permis d'y déchiffrer celle de 
l'évêque d'Avranches (Huet). 

Les ossements ont été réunis ensemble dans un vaste 
sarcophage découvert. Dans un autre caveau se trouvent 
de nombreux cercueils en plomb de forme égyptienne. 
Lors de la démolition de leur couvent, les Genovéfains 
transportèrent dans leur nouvelle chapelle St-l^ouis les 
cercueils de la famille d'Orgemont et ceux de la famille 
de Champrond, parmi lesquels se trouvait celui de la 
marquise du Deffand, etc. 

On raconte qu'au moment de la Révolution, l'archi- 
tecte Petit-Radel, chargé de la surveillance de l'opération 
de la destruction des monuments funéraires, donna le 
cœur de Louis XIV au peintre St-Martin, qui acheta 
également celui de Louis XI IL Les peintres recher- 
chaient les cœurs embaumés pour en extraire une cou- 
leur brune qui provenait des aromates. Le peintre 
Drolling acheta onze cœurs, celui de Marie-Thérèse, de la 



IV*^ AUnONDISSEMEXT. 173 

ducliesse de Bourgogne, du Rcgenl, de Mjuc llennelle, 
etc. Si celte version est exacte, les parcelles des cœurs 
de ces personnages sei'aient sur les tableaux de St-Mar- 
tin et de DroUing, mais naturellement nous ne garantis- 
sons pas l'authenticité de cette version. En face de 
l'église St-Paul se trouvait la fontaine de Birague (1577) 
qui fut réédilléc en 1907 et qui disparut en 1856. 

N° 101. Lycée Charlemagne (1804). Il occupe une 
partie de l'emplacement où s'élevaient autrefois l'hôtel 
de la Rochepol, résidence des Montmoi'ency, et celui des 
Marmousets ou du Porc-Epic qui fut successivement 
habité par H. Aubriot, Louis d'Orléans et l'amiral de 
Graville. 

Les deux hôtels étaient séparés par le mur de Phi- 
lippe Auguste. La porte Baudels ou Baudoyer duxiii^ siè- 
cle, devenue porte St-Antoine de l'enceinte, se trouvait à 
la place de la grille du lycée. Le mur longeant le couloir 
d'entrée est l'ancien mur de l'enceinte. Ce mur se pro- 
longeait ensuite en ligne droite jusqu'à la Seine où il 
aboutissait à la tour Barbeau. Entre la porte Baudoyer 
et la poterne St-Paul (rue Charlemagne) se trouvait une 
seule tour qui s'élevait en face du chœur de l'église et 
qui, après avoir reçu un escalier du temps des Jésuites, 
fut remplacée par le grand escalier d'honneur actuel du 
lycée. Le lycée est divisé en deux corps de logis par 
l'axe du mur de Philippe Auguste. A l'ouest de la pre- 
mière cour se trouvent les classes (terrain du Porc-Epic), 
à Test la bibliothèque et l'économat occupent les terrains 
de la Rochepot. Cet hôtel de la Rochepot avait été 
acquis par le cardinal Anne de Montmorency et donné 
aux Jésuites par le cardinal de Bourbon en 1580. Ils en 
firent leur maison professe. Après l'attentat de Jean 
Châtel (1594). suivi bientôt de l'expulsion de l'ordre des 



17'^ l'UOMKNADHS DANS TOUTES LliS l'.UKS Oli l'AlUS. 

Jésuilcs, l'ancien hôtel de la RochepoL lui alleclé par le 
roi au logement des artistes et c'est ainsi qu'il abrita le 
lajoissier Girard Laurent, le sculpleur Barthélémy 
Tremblay, etc. Les Jésuites, rappelés en 1604, reprirent 
leur maison, et plus puissants que jamais donnèrent à 
leur Hiaison professe un développement considérable. 
Après 1618 ils franchissent l'ancien mur d'enceinte, 
achètent diverses maisons et hôtels, et finalement, en 
1029, font l'acquisition de l'ancien hôtel du Porc-Epic 
qui appartenait alors au sieur Mauran, conseiller du 
Roi, et construisent un nouveau bâlimenl. La maison 
professe s'installa dans sa nouvelle acquisition entre 
1040 et 1650. Le nouvel édifice était magnifiquement 
décoré. Bourdaloue y habita. Le père Lachaise y 
mourut. (Son appartement est la bibliothèque actuelle.) 
Nous avons vu que Téglise St-Faul-St-Louis, était 
Fancienne chapelle de la maison professe. Après l'ex- 
pulsion des Jésuites la maison resta cjuelque temps 
sans habitants, puis les Genovéfains de Ste-Gatherine 
du Val des Escholiers vinrent s'y installer en 1767. Ils y 
restèrent jusqu'à la suppression des ordres religieux. 
En 1795 la Convention y établit une des trois grandes 
écoles centrales. Lycée en 1804. Lakanal y logeait à 
cette époque. Le lycée compta parmi ses élèves : About, 
BufTet, G. Doré, Th. Gautier, Michelet, F. Sarcey, 
A. Thierx'y, A. ^'acquerie, V. Hugo, Maxime du Camp, 
Laurent Pichat, etc. 

Le peintre Gherai'dini avait, à l'époque des Jésuites, 
décoré de fresques le plafond de la bibliothèque. Il en 
reste quelques vestiges. Le gigantesque escalier pos- 
sède une intéressante Assomption peinte au plafond. 

N" 103. Maison curieuse. Attributs sculptés au 
deuxièiue étage. 



IV" AKUONDISSEMENT. 175 

N" 111. La cour dans le l'oiul est assez intéressante. 
(Kscalier.) 

N'^ 115. Forte à clous. Lucarne du xvi" siècle. 

N'^ 117. Vieille et curieuse maison avec lucarne. F'ut 
salle Rivoli (bal populaire). Servait jadis de lieu de réu- 
nions politiques présidées souvent par Louise Michel, 
dite la Vierge Rouge. Actuellement annexe du magasin 
Le Bûchei'on. (Porte.) 

N" 119. Entrée du passage Charlemagne. (Voir rue 
Charleniagne.) 

N° 133. Maison Séguier. Appartenait en 1721 à 
Louis-Anne Séguier, par une donation que lui avait faite 
son père, Claude-Alexis Séguier. Antoine-Louis Séguier, 
académicien et ancien avocat général au Parlement, 
vendit la maison en 1791 à M. Devicques. En 1756 
la maison (ut louée à Elisabeth Mignot, veuve de 
Nicolas-Joseph de Dompierre, seigneur de Fontaine. 
(C'était la sœur de ^'oltaire et la mère de Mme Denis.) 
En 1727 la maison était louée à Anne de Jassaud, mar- 
quise de Roncherolles. Le beau balcon supporté par 
des chimères a été construit par une autorisation de 
1728. (Jolie porte. Escalier Louis XIII en bois au fond 
de la cour.) 

N° 137. Assez curieuse construction au coin de la rue 
de Fourcy. 



REPERTOIRE ALPHABETIQUE 

DES RUES DU IV^ ARRONDISSEMENT 



Adolphe-Adam, 88. 
Agrippa-d'Aubigné, ISG. 
Anjou (quai d'), 2(). 
Archevêché (pont de 1'), M. 
Archevêché (quai de 1'), 16. 
Archevêché (sq.), 16. 
Archives (des), 109. 
Arcole (pont d'), 20. 
Arcole (d'), 20. 
Arsenal (port de 1'), 40. 
Arsenal (de T), 40. 
Aube, 7. 
Aubriot, 108. 
Aubry-le-Boucher, 133. 
Ave-Maria (de 1'), 63. 

Barres (des), 7'J. 
Bassompierre, 11. 
Bastille (pi. de la), 157. 
Bastille (de la), lÛ6, 
Baudoyer (pi.), 77. 
Baudroirie (imp. de la), 122. 
Beaubourg, 120. 
Beaumarchais (boul.), 156. 
Beautreillis, 45. 
Bérard (cour), 166, 
Béthune (quai de), 33. 
Birague (de), 166. 
Blancs-Manteaux (des), 105. 
Bœuf (imp. du), 124. 
Bourbon (quai de), 30. 

iV ARUOND. 



Bourdon (boul.), 40. 
Bourg-Tibourg (du), 'JS. 
Boutarel, 22. 
Bretonvilliers (de), 24. 
Brisemiche, 123. 
Brissac (de), 38. 
Brosse (de), 83. 
Budé, 23. 

Caron, 169. 
Castex, 43. 

Gélestins (port des), 65. 
Gélestins (quai des), 65. 
Cerisaie (de la), 41. 
Change (pont au), 88. 
Chanoinesse, 17. 
Chantres (des), 18. 
Charlemagne (pass.), 57. 
Charlemagne, 50. 
Charles V, 48. 
Châtelet (pi. du), 89. 
Cité (quai de la), 8. 
Cité (de la), 10. 
Cloche-Perce, 75. 
Cloître-N.-Dame (du), 17. 
Cloître-St-Merri (du), 128. 
Coligny, 37. 
Colombe (de la), 19. 
Coq (imp. du), 114. 
Coutellerie (de la), 92. 
CriUon, 38. 

12 



178 



nEPEnTOIftE ALPHABETIQUE DES RUES. 



Deux-Ponts (des), 30. 
Double (pont au), 16. 

Ecouffes (des), 9^. 
Eginhard, 55. 

Estacade (passerelle de 1'), 35. 
Étuves (des), 120. 

Fauconnier (du), 63. 
Fcrdinand-Duval, 95. 
Figuier (du), 61. 
Fleurs (quai aux), 20. 
Fourcy (de), 68. 
Franpois-Miron, 73. 
Francs-Bourgeois (des), 138. 

Geoffroy-l' Angevin, 119. 
Geoffroy-l'Asnier, 71. 
Gesvres (quai de), 87. 
Grenier-sur-l'Eau, 73. 
Guémcnée (imp.), 166. 
Guépinc (imp.), 71. 
Guillemites (des), 139. 

Henri-IV (boul.), 43. 
Henri-IV (port), 36. 
lienri-IV (quai), 36. 
Ilospitalières-St-Gervais (des), 

l'iO. 
Hôtel-d'Argenson (imp. de 1'), 

loi. 

Ilôtel-de-Villc {[>\. de 1"), 8'i. 
Il6tcl-de-VilIc (pont de 1"), 82. 
H6lcl-de- Ville (quai de F), 82. 
ll6tcl-de-Villc (de 1"), 80. 
Hyacinthe (imp.), 82. 

Jabaoh (pass.), 125. 
Jacques-Cœur, 43. 
Jardins (des), 65. 
Jarenle (de), l't3. 
Jean-Beausire (imp.), 156. 
Jean-Beausire (pass.), 156. 
Jean-Bcausirc, 156. 



Jean-du-Bellay, 31. 
Jouy (de), 69.' 
Juges-Consuls (des), 116. 
Jules-Cousin, 44. 

La-Reynie (de), 132. 
Le-Regrattier, 32. 
Lesdiguières (de), 42. 
Lion (du), 49. 
Lobau (de), 83. 
Lombards (des), 136. 
Louis-Philippe (pont), 83. 
Lutèce (de), 7, 

Malher, 98. 

Marché - des - Blancs - M a n teaux 

(du), lO'i. 
Marché-Ste-Gatherine (pi. du), 

143. 
Marche-Neuf (quai du), 10. 
Marie (pont), 30. 
Massillon, 18. 
Masure (de la), 82. 
Mauvais-Garçons (des), 93. 
Morland (boul.), 37. 
Morland (pont), 37. 
Mornay, 40. 
Moussy (de), 1 13. 

Neckcr, 144. 
Nicola«s-Flaroel, 92. 
rsnnnains-d'llycrcs (des), 68. 
Notre-Dame (pont), 9. 

Orléans (quai d'), 32. 
Ormesson (d'), 143. 

Palais (boul. du), 4. 
Paon-Blanc (du), 81. 
Parvis-N.-Damc (pi. du), 11. 
Pas-de-la-Mulc (du), 154. 
Pavée, 96. 

Pecquay (pas.), 107, 
rcrncUc, 92. 



uÉpERTOIRE ALPHACÉTIQLE des RtÈS. 



179 



Petit-Musc (du), 'l'i. 
Petit-Pont (le), 11. 
Pierre-nu-Lard, 12'i. 
PkMre (du), ll'J. 
Poissonnerie (imp. de la), l'iS. 
Pont-Louis-Philippc (du), 82. 
Poulletier, 2'.1. 
PréTût(du), 61. 
Putigneux (imp.), 72. 

Quincampoix, 134. 

Rambutcau. 138, 
Renard (du), 125. 
Rivoli (de), 90. 
Roi-de-Sicile (du), 99. 
Rosiers (des), lO'i. 

Schomberg (de), 36. 

Scbastopol (boul. de), 137. 

Sévigné (de), l'i2. 

Simon-Ie-Franc, 122. 

Singes (passage des), 102. 

Sully (pont de), 35. 

Sully (de), 38. 

St-Antoine, 1G2. 

St-Bon, 92, 

Ste-Gi'oix-do-Ia Brclonneivie, 

m 



Ste-Groix-de-la-Brctonnerie(sq.), 

m. 

St-Fiacre (imp.), 131. 
St-Gerrais (pi.), 78. 
St-Jacques (square), 91. 
St-Louis (pont), 21, 
St-Louis-en-1'Ile, 22. 
Si-Martin, 130. 
Sl-Merri, 12'i. 
St-Michcl (pont), «. 
St-Paul (pass.), 5G. 
St-Pierre (pass.), 55. 

Tncheric (de la), 88. 
Taille-Pain, 123. 
Temple (du), 117. 
Tiron, 75, 

Tournelle (pont de la), 33. 
Tournelles (des), 154. 
Trésor (du), 101. 
Turenne (de), 145. 

Ursins (des), 20. 

N'cnise (de), 121. 
Verrerie (de la), 114. 
Victoria (av.), 87. 
Vieille-du-Temple, lOl. 
Vosges (pi. des), 146. 



liiC-09. — Coulommior'^. Impiimeiie Palî. DRODARD. 



^ Roohôgude, Fei;x, marquis de 

761 Promenades dans toutes 
R63 les rues de Paris 



t. 4 



PLEASE DO NOT REMOVE 
CARDS OR SLIPS FROM THIS POCKET 

UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY 



^^•# 








^KS