Skip to main content

Full text of "Promenades dans toutes les rues de Paris"

See other formats



MARQUIS DE ROCHEGUDE 


PROMENADES 
dans TOUTES les 

Rues de Paris 

PAR ARRONDISSEMENTS 


io< ARRONDISSEMENT 







COLLECTION G. M. A. 
'ffiresetxteh ta 

ai % 



An j-monymous Donor 



Promenades 

dans TOUTES les 

Rues de Paris 



X L Arrondissement 



COULOMMIERS 
Imprimerie Paul BRODARD. 



MARQUIS DE ROCHEGUDE 



Promenades 

dans TOUTES les 

Rues de Paris 



PAR ARRONDISSEMENTS 

ORIGINES DES RUES 

MAISONS HISTORIQUES OU CURIEUSES 

ANCIENS ET NOUVEAUX HOTELS 

ENSEIGNES 



X e Arrondissement 




PARIS 

LIBRAIRIE HACHETTE ET C 1 

79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79 

19 I 

Tous droits réservés. 






10 

;37 

S. if- ^i 



PROMENADES 



DANS TOUTES 



LES RUES DE PARIS 



X e ARRONDISSEMENT 



ENTREPOT 

/« quartier : St-Vincent-de- j 3° quartier : Porte-St-Martin. 

Paul. 
2° quartier : Porte-St-Denis. < 4 e quartier : Hôpital-St-Louis. 



Boulevard de la Villette (côté impair) (1789). 

Dans le X e arrondissement le boulevard de la Villette 
longe le cùlé Sud du rond-point de la Villette, où se 
trouvait jadis la barrière de la Villette. A l'endroit où le 
quai de Jemmapes rencontre le boulevard se trouvait la 
barrière de Pantin. Nous arrivons à la place du Combat 
où se trouvait la barrière de ce nom. 

N° 97. Place du Combat. Dénommée en 1903. Là 
se donnaient des combats d'animaux qui avaient lieu 
encore sous la monarebie de Juillet deux fois par 
semaine. La Rotonde du Combat bombardée en 1871 fut 
démolie quelque temps après. Au 3 de la place du Com- 
bat, enseigne : Au Clairon du Combat. 



6 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

De la place du Combat se détache la rue Louis-Blanc 
qui existait en 1730 entre le boulevard de la Chapelle et 
le faubourg St-Martin : elle fut augmentée en 1801, 
1827, 1866 et achevée en 1876. Elle porta le nom de rue 
de la Voirie, des Buttes-Chaumont, de la Boyauterie et 
redevint rue de la Butle-Chaumont de 1821 à 1884. 
En 1885 elle reçut le nom de Louis-Blanc en mémoire 
de l'historien et homme politique (1811-1882). 

Le célèbre gibet de Montfaucon se trouvait à l'empla- 
cement formé par l'angle de la rue Louis-Blanc et de la 
rue Grange-aux-Belles. Il existait là déjà en 1233 et le 
nom vient d'un comte Fulcon ou Faulcon qui possédait 
là des terrains en 1189. Montfaucon par la suite devint 
lieu do sépulture et d'exposition de tous les suppliciés. 
Là furent pendus ou exposés après leur supplice : 
Pierre de La Brosse, ministre de Philippe le Hardi (1278), 
Enguerrand de Marigny (1315), Tapperel, prévôt de 
Paris (1320), Gérard de La Guette (1322), Jourdan de 
L'Isle (1323), Bené de Séran (1322), Hugues de Cuissy 
(1348), Jean de Montaigu exposé en 1409, Pierre 
des Essarts (1413), Olivier Le Daim (1484), Jacques de 
Semblaneay (1527), etc. Charles IX et toute sa cour 
vinrent y contempler le cadavre de Coligny, et d'autres 
victimes de la St-Barthélemy. Après 1627 on n'exposa 
plus. Les suppliciés recevaient la sépulture près des 
piliers. L'église de Paris conserva la jouissance des 
terrains de Montfaucon. Le gibet détruit par le temps 
et les fouilles des plâtriers, disparut de cet endroit 
en 1761, époque à laquelle les fourches furent trans- 
férées à l'angle de la rue Secrétan et de la rue de Meaux. 
(Voir le XIX P arrondissement.) 

N° 63. Rue Vicq-d'Azir (182^. Ex-rue Chastillon 
avant 1864. Nom en souvenir d« médecin de Marie- 



X e ARRONDISSEMENT. 7 

Antoinette (1748-1794). Le bourreau Deiblcr père est 
mort en 1904 au 3 de la rue. 

N° 45. Rue Henri-Feulard. Antérieurement s'ap- 
pelait impasse de Loos. Nom actuel en 1900 en mémoire 
du docteur qui périt dans l'incendie du Bazar de la 
Charité en 1897. 

N u 33. Rue de Sambre-et-Meuse. Précédemment 
rue de la Chopinette. Au 33 se trouvait le passage Fon- 
taine qui aboutissait 37, boulevard de la Villelte et qui a 
disparu. Au 13 se trouve YEgalitaire (1876j. 

N° 25. Rue du Buisson-St-Louis. S'appela rue 
des Moulins et ruelle des Cavées. Doit son nom à son 
ancienne position champêtre dans le voisinage de 
l'hôpital St-Louis. Au 27 se trouve la rue du Chalet 
qui avant 1877 s'appelait passage St-Joseph. Au 17 se 
trouve le passage du Buisson-St-Louis qui débouche 
au 7. Au 13 se trouve l'impasse du Buisson-St-Louis 
qui se confond avec le passage. 

N° 7. Rue Civiale (1882). Nom en mémoire du 
médecin (1792-1867). 



Rue St-Maur. 

(Partie comprise entre la rue du Faubourg-du-Temple 
et la rue Grange-aux-Belles.) 

D'après un projet déposé à la fin de 1909, la partie de 
la rue St-Maur comprise entre la rue Claude-Vellefaux 
et la rue Grange-aux-Belles, sera dénommée rue Juliette- 
Dodu. 

N° 178. Vieille maison à l'angle du faubourg du 
Temple. Au 181, vieille maison. 

N° 182. A l'Obus de 1871. 



H PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

N- 187. Rue Tesson (1892). Ex-impasse Richard- 
Tesson. (Nom de propriétaire.) 

N* 192. Vieille maison à lucarnes. 

N° 195. Rue Corbeau (1826 . Nom de propriétaire.) 
Au 15, enseigne du Corbeau blanc. Au 10, passage Cor- 
beau, ex-passage de Joinville de 1844 à 1877. 

N° 196. Immeuble construit en 1907, avec cadran 
solaire. 

N° 200. Emplacement du marché St-Maur construit 
de 1834 à 1857. Le marché a disparu en 1895 et a été 
remplacé en 1897 par une école communale. 

N° 204. Passage Hébrard. S'appelait impasse 
St-Maur avant 1877. (Nom de propriétaire.) 

N° 212. Cour St-Maur. 

N- 214. Rue Ste-Marthe. Ex-passage Ste-Marie 
avant 1877. Au 20, impasse Ste-Marthe. 

N 218. Rue de Loos. Au 20 la rue forme un coude 
qui s'appelait passage de Loos. 

Rue Claude-Vellefaux (1825). 

La partie entre le boulevard de la Villette et la rue de 
Sambre-et-Meuse a été percée en 1825 : elle a été pro- 
longée au Sud en 1855. Nom en l'honneur de l'architecte 
Claude Vellefaux qui termina l'hôpital St-Louis en 1007. 
Il était « juré es œuvres de maçonnerie du roi 
Henri IV ». La rue longe un côté du pittoresque hôpi- 
tal St-Louis. 

N 37. Rue Charles-Robin. Faisait partie avant 
1894 de la rue Claude-Vellefaux. Nom en souvenir du 
docteur (1821-1855 , qui écrivit de nombreux ouvrages 
de médecine et fut le collaborateur de Littré pour son 
Dictionnaire. 



X e ARRONDISSEMENT. 



Rue de la Grange-aux-Belles. 

La rue s'étendait jadis de l'autre côté du canal jusqu'à 
la rue des Marais, et la partie qui longe la façade Nord- 
Ouest de l'hôpital St- Louis s'appelait rue de l'Hôpital 
en 1652 et rue de l'Hôpital-du-Nord pendant la Révolu- 
tion. La rue a été délimitée en 1836. Elle se nommait 
jadis rue Grange-aux-Pelles. Le nom de Pelle ou Pellée 
signifiait une mesure de bois mort. On dit aussi que le 
nom vient d'une construction rurale fréquentée par les 
« belles » de l'endroit. La rue longe un côté de l'hôpital 
St-Louis. De 1782 à 1788 Clavière, qui fut ministre des 
finances avec Roland, habitait rue Grange-aux-Relles 
au coin de la rue des Marais-St-Martin (ce tronçon est 
devenu aujourd'hui rue de Lancry). Ce fut la voiture de 
Clavière, voiture couleur vert bouteille, qui conduisit 
Louis XVI à l'échafaud. Le peintre Abel de Pujol 
demeurait 13, rue Grange-aux-Relles en 1822. 

N° 63. Cité Jacob aboutissant 12, rue des Ecluses- 
St-Martin. 

N° 49. Rue des Écluses-St-Martin (1803). S'appela 
rue St-Maur, puis rue des Morts. Nom actuel en 1831. 
Au 1 était l'entrée du cimetière des protestants de St-Louis . 
Ce cimetière occupait l'emplacement qui s'étend du 41 
au 47 de la rue Grange-aux-Relles et sur le 1 de la rue 
des Écluses-St-Martin. Le cimetière des protestants 
étrangers, après avoir été rue de Rond)- de 1724 à 1767, 
lut transféré sur l'emplacement des 41 et 43, rue Grange- 
aux-Relles, et c'est dans ce cimetière que fut enterré le 
célèbre corsaire Paul Jones (1702). L'ancien ambassa- 
deur des États-Unis à Paris, M. Horace Porter, a 
retrouvé ses restes en 1005 et le cercueil a été trans- 



10 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

porté en Amérique. La rue des Ecluses-St-Martin, qui 
traverse sur un pont le canal St-Martin, possède à son 
extrémité Ouest quelques vieilles maisons assez curieuses 
comme les 56, 52, 48, 43, etc. D'après un projet déposé 
à la fin de 1900, la partie de la rue des Ecluses-St-Mar- 
tin, comprise entre le canal et la rue du Faubourg- 
St-Martin, doit être dénommée rue Eugène - Varlin. 
Rappelons qu'Eugène Varlin, membre de la Commune, 
fut fusillé en 1871. 

N° 41. Emplacement du cimetière des protestants 
qui s'étendait jusqu'au 47. 

N° 39- Vieille maison. 

N° 33. Impasse Chausson, au fond de laquelle se 
trouve la maison dite des Fédérations. 

N° 23. Rue de l'Hôpital-St-Louis ouverte en 1854. 
Au 5 se trouve la cité Héron. (Nom de propriétaire.) 

N° 12. Vue sur la chapelle de l'hôpital St-Louis. 

N° 9. Emplacement de la maison où habitait le peintre 
Cogniet (1850). 

Rue Bichat. 

Ouverte en 1824 jusqu'à la rue Alibert, augmentée 
d'une partie de l'ancienne rue Carême-Prenant en 1840. 
Prolongée en 1866. Nom en l'honneur du médecin 
(1771-1802). Celte rue longe les curieux bâtiments de 
l'hôpital St-Louis. La barrière de la rue Bichat qui 
était située au coin de la rue du Faubourg-du-Temple fut 
enlevée en 1848 par Cavaignac après un vigoureux 
combat. 

N° 42. École Lailler. (Administration de l'Assistance 
publique.) 

N" 47 bis. Avenue Richerand (1835). Ex-avenue 



X e ARRONDISSEMENT. 11 

de l'Hôpital-St-Louis. Nom en 1851 en souvenir du 
chirugien (1779-1848). Au 10 se trouve la rue Marie- 
et-Louise (1873) qui avant 1879 s'appelait rue Marie- 
Louise. Celte rue doit son nom aux prénoms des deux 
filles de M. Dubois qui fit ouvrir la rue. 

* N° 40. Hôpital St-Louis, fondé par Henri IV à la 
suite d'une maladie contagieuse qui régna à Paris 
en 1600. Il fut construit de 1007 à 1612 par Claude 
Vellefaux, sur les dessins de Claude de Chàtillon. Ce 
fut Henri IV qui lui donna le nom du roi St Louis mort 
de la peste. Pendant la Révolution il fut appelé Hospice 
du Nord. C'est une très curieuse construction. (Visiter 
les galeries, les cours, les jardins, la chapelle, etc.) 
L'hôpital est particulièrement réservé au traitement des 
maladies de la peau. (Le jeudi et le dimanche de 1 heure 
à 3 heures.) 

N° 21. Ferme de l'hôpital St-Louis. 

Rue Alibert. 

S'appela ruelle Dagouri au xvm e siècle, cul-de-sac de 
l'Hôpital, etc. Nom en 1840 en souvenir du docteur 
Alibert (1766-1837). 

N° 4. Emplacement d'une grande remise de citadines 
vers 1850. 

N° 22. Vieille maison. 

Au coin de la rue Claude-Vellefaux, intéressant pavil- 
lon datant de Henri IV, faisant partie de l'hôpital 
St-Louis. 



12 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Avenue Parmentier. 

(Partie comprise entre la rue Alibert 
et la rue du Faubourg-du-Temple) (1855). 

N° 170. Rue Parmentier. Ex-passage Parmentier 
avant 1906. 

N° 160. Au Chamois des Alpes (enseigne). 
N° 158. Cinéma Parmentier (1907). 

Rue du Faubourg-du-Temple (côté impair). 

N° 137. Magasin à l'enseigne des Quatre Arrondis- 
sements (X e , XI e , XIX e , XX e ). 

N° 129. Cour de la Grâce-de-Dieu. Là se trouvait 
le fameux cabaret de Gilles Desnoyers. 

N° 125. Curieux passage de l'hôtel meublé Jean. 

N° 99. Cour des Bretons, ex-cour des États-Réunis. 
Cour de Bretagne (1829). Cour des Bretons (1877). Doit 
être transformée en rue. 

N° 93. Enseigne des Fermes de Brie. 

N° 79. Enseigne du magasin aux 100000 Chemises. 

N° 77. Cinéma Pathé (1907). Antérieurement c'était 
le concert Brunin. 

N° 37. Bijou-Concert. 

N° 9. Rue de l'Entrepôt (1825). Doit son nom à 
l'ancien Entrepôt qui s'étendait du côté pair de la rue 
entre la rue de la Douane et la rue de Marseille avant le 
percement de la rue Beaurepaire. L'extrémité de la rue 
entre la rue de Marseille et la rue de Lancry s'appelait 
rue Laçasse. Au 14, hôtel des Douanes dont Louis-Phi- 
lippe posa la première pierre en 1831. Au 17 qui est 
orné de mascarons habita le peintre Cogniet en 1863. 



X e ARRONDISSEMENT. 13 

Au 19 se trouve un immeuble construit sur l'emplace- 
ment de l'hôtel du sculpteur A. Cain. Sur la façade de 
cette maison se trouve un bas-relief représentant un 
coq rappelant les œuvres de Cain et de son beau-père 
Mène, tous deux éminents sculpteurs animaliers. Au 21, 
vieille maison. Au 34 s'ouvre la rue de Marseille (1825) 
qui s'appela rue du Havre avant 1844. 

La rue du Faubourg-du-Temple aboutit à la place de 
la République, dont une petite partie seulement est 
située dans le X e arrondissement. Au 12 de la place se 
trouve la caserne du Ghâteau-d'Eau, qui a été con- 
struite en 1854 par l'architecte Degrove sous le nom de 
caserne du Prince-Eugène, nom qu'elle porta pendant le 
deuxième Empire. (Voir le portail avec les attributs, le 
fronton.) La caserne a été construite sur l'emplacement 
d'une partie de l'ancien Wauxhall et du Grand Café 
Parisien construit par l'architecte Duval, café qui se 
réfugia en face, au 3 de la rue du Ghâteau-d'Eau, à 
l'endroit où se trouve aujourd'hui la Bourse du Travail. 
La caserne s'élève également sur l'emplacement des 
jardins de l'hôtel de M. Samson, trésorier de la Chambre 
des deniers, qui avaient été remplacés eux-mêmes par le 
Diorama de Daguerre. De la place de la République se 
détache la rue de la Douane. 

Rue de la Douane. 

Créée en partie en 1792. Continuée en 1825. La partie 
sud s'appela rue Neuve-Sanson et rue Sanson. Nom 
actuel dans toute son étendue en 1850. 

N° 11. Douane. 

N° 14. Eden-Palace, qui s'appelait dernièrement 
Tivoli- Wauxhall. Bal public et lieu de réunions politi- 



14 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

ques. C'est là que plus de 2 000 gardes nationaux, 
réunis le 5 mars 1871, adoptèrent les statuts du Comité 
Central, c'est-à-dire la Commune. 

La rue de la Douane nous mène au canal St-Martin 
qui est longé d'un côte par le quai Jemmapes et de 
l'autre par le quai Valmy. Le canal St-Martin, qui fait 
suite au canal de l'Ourcq, a été commencé en 1822 : il 
a été livré à la navigation en 1826. Son parcours du 
bassin de la Villetle au boulevard Morland est de 
4 000 mètres. 

Quai de Jemmapes (1822). 

(Partie comprise depuis la rue du Faubourg-du-Temple 

jusqu'au boulevard de la Villette.) 

S'appela quai Louis-XVIII avant 1830. Avant 1860 
l'entrepôt des Sels était situé sur ce quai au coin de la 
rue Alibert (au 2 de cette dernière). 

N° 56. Vieille maison avec borne-montoir. 

N" 96. A l'Ancre des Marins (enseigne). 

N° 154. Emplacement du gibet de Montigny qui 
datait de 1328. Ce gibet n'existait plus au commence- 
ment du xv° siècle. (Commissariat.) 

Quai de Valmy (1821). 

(Partie comprise depuis la rue du Faubourg-du-Temple 

jusqu'à la rue Lafayette.) 

Dénommé en 1830. 

Sur le terre-plein qui s'étend entre le quai de Valmy 
et le quai de Jemmapes, à hauteur de la rue du Faubourg- 
du-Temple, se trouve le buste de Frederick Lemaîtrc, 
le grand comédien. 



X e ARRONDISSEMENT. 15 

N° 55 bis. Rue Dieu (1867). Ouverte par la Compa- 
gnie des Magasins généraux. Nom en mémoire du 
général Dieu qui mourut des suites des blessures reçues 
à Solférino en 1859. 

N° 71. Rue Beaurepaire (1804). S'appela rue 
Magnan avant 1879. Nom en l'honneur du lieutenant- 
colonel Beaurepaire, défenseur de Verdun (1740-1792). 
Au 11, haut-relief moderne. 

N u 73. Enseigne du Petit-Rémouleur. 

N° 73. Rue des Vinaigriers (1052). Cette rue, au 
xvn e siècle, faisait partie de la rue Carême-Prenant. 
Elle tire son nom d'un lieu dit des Vinaigriers, et 
s'appela quelque temps vers 1054 rue de l'Héritier. 
Au 21, enseigne du Lion d'Or. On peut jeter un coup 
d'œil sur les numéros : 17, 33, 45, 55, etc. 

N° 83. Rue de Lancry (1700). Sur l'emplacement du 
théâtre de l'artificier Torré, qui devint Wauxhall d'été. 
Prolongée en 1782 et augmentée en 1852 d'une partie 
de la rue Grange-aux-Belles. Les terrains appartenaient 
au xvm e siècle à un sieur Lancry. Au 03 se trouve la 
fonderie Barhedienne (1839). Au 59 s'ouvre la rue 
Legouvé qui doit son nom au poète mort en 1903. 
Avant 1904, cette rue était une impasse qui de 1820 à 
1877 s'était appelée impasse Ste-Opportune puis impasse 
de Lancry. Elle a rejoint en 1904 la rue Albouy. Au 
et au 3 de cette rue Legouvé se trouvent de curieuses 
cours. Au 8, mascarons sur la porte et sous la voûte 
d'entrée d'un passage qui aboutit 33, rue des Vinaigriers. 

En continuant à descendre la rue de Lancry nous 
passons devant le 53 où Cogniet habitait en 1853, 
devant le 33 qui se trouve sur l'emplacement de la 
mairie de l'ancien V e arrondissement de 1811 à 1823; ce 
qui en restait a été démoli en 190-3. Au 17, pavillon au 



16 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

fond de la cour. Au 10 est l'hôtel des Chambres syndi- 
cales, construit en 1878. (L'alliance des Chambres syn- 
dicales a été fondée en 1858). Au 40, enseigne dans la 
grille : A la Tartine. 

N° 97. Rue des Récollets (1604). Doit son nom au 
couvent des religieux de ce nom. Au 11 se trouve la 
cité Bonhoure et au 19 le passage des Récollets. 

* Au 8 se trouve l'hôpital militaire St-Martin, qui est 
l'ancien couvent des Récollets, ordre de Franciscains 
qui étaient venus s'installer là en 1603 en vertu d'une 
donation à eux faite par Jacques Cotlard, marchand 
tapissier, et Anne Gosselin, sa femme, d'une maison, 
cour et jardin à eux appartenant. Marie de Médicis 
posa la première pierre de la chapelle en 1614, et 
c'est dans cette chapelle que fut enterré le duc de 
Roquelaure, de galante mémoire. Le couvent fut sup- 
primé à la Révolution et devint sous le Consulat 
Thospice des Incurables hommes. L'hôpital civil devint 
hôpital militaire sous Napoléon III. Le cloître subsiste 
en entier. La chapelle a été tronquée et transformée en 
salle pour les malades. (Voir l'escalier, les frontons 
dans la cour, etc.) 

Aux 31 et 29 de la rue des Récollets : vieilles mai- 
sons. 

N° 103. Rue Albouy (1824). La partie qui s'étend 
entre la rue des Marais (houlevard Magenta) et la rue du 
Château-d'Eau n'a été ouverte qu'en 1859. Elle doit son 
nom à Pierre Albouy, maître charpentier, propriétaire 
des terrains lors du percement de la rue. Au 19 se 
trouve la maison la plus populeuse de Paris (165 mé- 
nages environ). Au 13, façade décorée. Au 16, vieille 
maison ainsi qu'au 22. Entre le 24 et le 28 se trouvait le 
magasin des décors de l'Ambigu incendié en 1896. Ce 



X e ARRONDISSEMENT. 17 

magasin obstruait de ce côté l'impasse de Lancry qui 
est devenue rue Legouvé depuis 1904. 

N° 103. Vieille maison : auberge du Périgord, avec 
une enseigne d'un chercheur de truffes. 

N° 107. Refuge municipal. 

N° 139. Rue du Terrage. C'était, au xvn e siècle, le 
cul-de-sac du Grand-St-Michel qui s'ouvrait rue du 
Faubourg-St-Martin. En 1825,1e cul-de-sac fut prolongé 
du côté du canal St-Martin et devint rue du Grand- 
St-Michel (à cause d'une enseigne). Nom actuel en 1867, 
en souvenir de l'ingénieur Villiers du Terrage (1780- 
1855) qui construisit le canal de POurcq. 

Au 4, s'ouvre la rue Marqfoy qui doit son nom au 
propriétaire des terrains. Au 17, se trouve l'impasse 
Marchand. Au 20, pavillon ancien au fond de la cour 
(école chrétienne delà paroisse St-Laurent). Au 24, cour 
curieuse. 

N° 165. Passage Delessert. Ce passage, qui doit 
son nom au propriétaire, devait prendre le nom de rue 
Eugène-Varlin (1839-1871), membre de la Commune, 
fusillé en 1871. 

N° 169. Rue Alexandre-Parodi (1826). S'appela 
rue du Canal-St-Martin avant 1904. Nom en mémoire du 
littérateur et poète (1842-1901). Au 11 se trouve la 
rue Pierre-Dupont (1830), ex-passage Feuillet, puis 
impasse Delessert, et rue de Wissembourg. Nom en 
1890 en mémoire du chansonnier (1821-1870). 

N° 183. Décoré de cariatides et d'un globe terrestre. 

N° 193. Chevet de la chapelle St-Joseph. 

N° 203. Appartenait aux Jésuites avant la liquidation 
de 1906. 



18 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Rue Lafayette. 

(Partie comprise depuis le boulevard de la Villette 
jusqu'à la rue du Faubourg-Poissonnière.) 

La partie située entre le boulevard de la Villette et le 
Faubourg St-Martin s'appelait à la fin du xvm e siècle, 
cbemin de Pantin ; la partie entre le Faubourg St-Martin 
et le Faubourg Poissonnière s'appelait depuis 1825 rue 
Charles-X. La rue fut prolongée en 1859 jusqu'au Fau- 
bourg Montmartre et terminée en 1862 jusqu'à la chaus- 
sée d'Antin. Nom en l'honneur du général (1757-1834). 

N° 228. Ecole libre de garçons. Appartenait aux 
Jésuites avant 1906. 

N° 214. Au fond de la cour, chapelle allemande 
St-Joseph. 

N° 190. Maison des religieuses de St-Charles. 

N° 193. Rue Philippe-de-Girard (partie comprise 
jusqu'au boulevard de la Chapelle). Rue de la Chapelle 
dans cette partie au xvn e siècle. Nom en 1865 en 
mémoire de l'ingénieur (1775-1845). Au 13, asile de 
vieillards, tenu par les Petites Sœurs des Pauvres. 

N° 166. Rue d'Alsace (1865), précédemment pas- 
sage Lafayette. 

N° 159. Rue de l'Aqueduc (1872). Terminée en 
1885. Cette rue, qui n'offre rien d'intéressant au prome- 
neur, doit son nom à l'aqueduc des eaux du canal de 
l'Ourcq, sur lequel elle a été construite. 

N° 156. Au Grand Lafayette (enseigne). 

N° 153. Boutique de l'artificier Ruggieri. 

N° 116. Maison moderne avec sculptures et campa- 
nile. 

N° 111. Place Lafayette (1822). S'appela place 



X e ARRONDISSEMENT. 19 

Charles-X de 1825 à 1830. Sur la place s'élève l'église 
St-Vincent-de-Paul à laquelle on accède par des rampes 
monumentales. 

* L'église St-Vincent-de-Paul a été élevée sur l'em- 
placement dn Belvédère construit par les Lazarites. 
Elle a été commencée en 1824 par l'architecte Lepère et 
terminée en 1844 par Hittorf. Elle a remplacé une cha- 
pelle de 1805, bâtie au 8 de la rue Montholon qui, trans- 
formée en temple protestant, est devenue ensuite bras- 
serie. Le perron monumental conduit à un portique de 
douze colonnes ioniques, accompagné de deux tours 
carrées. Le tympan du fronton triangulaire montre en 
ronde-bosse la figure de St Vincent de Paul, ayant à ses 
côtés la Foi et la Charité (œuvre de Lemaire). Au-des- 
sus du fronton se trouve un attique qui relie les deux 
tours et qui porte les statues des Quatre Évangélistes. 
Les statues de St-Pierre et de St Paul sont de Ramey. 
A l'intérieur c'est une basilique latine. Dans la coupole 
du chœur Apothéose de St Vincent par Picot. Grande 
et intéressante frise de Flandrin dans la nef. Belles 
verrières de Maréchal. Calvaire du maître-autel de 
Rude. Les anges de la chaire sont de Dusseigneur, etc. 
A l'Est de l'église se trouve la rue Bossuet (1827), qui 
doit son nom à l'Aigle de Meaux (1627-1704). Au 12 de 
cette rue se trouve le patronage St-Charles avec une 
chapelle. 

A l'Ouest de l'église est la rue Fénelon (1827) qui 
doit son nom au précepteur du duc de Bourgogne 
(1651-1715). Au 17 de cette rue se trouve le presbytère 
de St-Vincent-de-Paul. Le 9 est orné de médaillons de 
céramique. 

De la place Lafayette se détache la rue d'Abbeville 
qui est presque tout entière comprise dans le X e arron- 



20 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

dissement. Cette rue, commencée en 1827, ne fut achevée 
qu'en 1894. Aux 14 et 16 se trouvent deux maisons, 
modem style (1901), d'un goût plutôt étrange! 

Rue de Chabrol (1822). 

De 1830 à 1835 la rue s'appela rue de La-Borde. Elle 
doit son nom à M. de Chabrol (1773-1843), qui était 
préfet de la Seine au moment de l'ouverture de la rue. 

N° 51. Là se trouvait le Grand-Occident de France. 
Jules Guérin y soutint un siège du 10 août au 15 sep- 
tembre 1899. (Fort Chabrol.) Aujourd'hui Bureau de la 
Société Générale. 

N° 27. Cité de Chabrol. 

N° 23. Vieille maison. 

N° 15. Cabaret à l'enseigne du Fort Chabrol. 

N° 7. Passage de la Ferme-St-Lazare qui aboutit à 
la cour de la Ferme-St-Lazare. Ce passage et cette 
cour sont assez pittoresques. Les Lazaristes y possédè- 
rent une ferme qui était située derrière leur couvent. La 
cour longe les murs de l'ancien couvent. 



Rue de Strasbourg. 

S'appelait rue Neuve-Chabrol en 1826. Nom actuel en 
1854. 

N° 12. Emplacement de l'ancien théâtre Nicolet. 

La rue de Strasbourg passe devant la gare de l'Est, 
dite aussi gare de Strasbourg, construite en 1850 par 
les architectes Duquesnay et de Sermet. Dans la cour 
de la gare se trouvait encore en 1902 une inscription 
rappelant que là était l'emplacement de la foire St-Lau- 



X e ARRONDISSEMENT. 21 

rent de 1662 à la fin du xvm e siècle. Cette inscription a 
disparu, et nous le regrettons. 

La célèbre foire St-Laurent avait lieu sur un terrain 
religieux et n'était pas couverte comme la foire St-Ger- 
main. Elle durait deux mois à partir de juin, et appar- 
tenait aux Frères Lazaristes. Le privilège leur en avait 
été concédé par Philippe Auguste, en compensation de 
la foire primitive de St-Laurent qui avait été organisée 
par eux à la léproserie de Si-Lazare, du temps de Louis 
le Gros, et transportée par ordre du roi aux Champeaux 
(les Halles). Cette première foire s'étendait sur 36 
arpents. Les Pères de la Mission la réinstallèrent en 
1661 d'une façon moins spacieuse dans l'enclos St-Lau- 
rent qui mesurait 5 arpents, et était situé entre St-Lazare 
et les Rccollets. Abandonnée pendant trois ans en 1775, 
elle fut réorganisée par les Lazaristes et ferma en 1789. 
La Comédie-Italienne débuta à la foire St-Laurent en 
1716, et là aussi prirent naissance les cafés-concerts. En 
1848 les loges servirent d'asile aux insurgés. 

Boulevard de Strasbourg (1852). 

Ce boulevard a supprimé le marché St-Laurent qui 
avait été bâti en 1836 sur remplacement d'une partie 
de la foire St-Laurent, et la rueNeuve-de-la-Fidélité qui 
s'étendait entre la rue de la Fidélité et la rue du Châ- 
teau-d'Eau. 

* 68 bis. Église St-Laurent. Il existait dès levi e siècle, 
près de Paris, une abbaye sous le titre de St-Laurent : 
cette abbaye, citée par Grégoire de Tours, fut dévastée 
par les Normands. Elle était dirigée par St Domnole, 
évèque du Mans. L'église actuelle fut construite en 
1427, inaugurée en 1429 par Jacques du Chàtelier, 



22 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

évoque de Paris, agrandie en 1548, reconstruite en partie 
en 1585 et restaurée en 1622 par Lepautre qui la dota 
d'un portail classique qui a été démoli et remplacé en 
1863 par le portail actuel. Deux travées ont été ajoutées 
à cette époque à la nef. La chapelle de la Vierge est de 
1714. La flèche est de 1862. L'église fut souvent visitée 
par St Vincent de Paul. Guillaume Du Barry. y épousa 
Jeanne Vaubernier (1768). Le moine Gomard signa au 
mariage s'intitulant : « Prêtre aumônier du roi ». Pen- 
dant la Révolution ce fut le temple de l'Hymen et de la 
Fidélité. Le pape Pie VII la visita en 1804. L'église 
renferma longtemps les restes de la veuve Legras, née 
Marillac, fondatrice et première supérieure des Filles de 
la Charité. Les Sanson (famille des bourreaux) avaient 
leur caveau dans l'église. La dalle qui le fermait était 
près du banc d'oeuvre. Ce tombeau a été bouleversé en 
1871, parles fédérés qui, dit M. Lenôtre, avaient cru en 
trouvant les ossements reconnaître là un crime clérical. 
A côté de l'église, le square St-Laurent occupe 
depuis 1896 l'ancien jardin du presbytère. 

N° 77. Rue de la Fidélité. Percée à la fin du 
xvm e siècle. Doit son nom à l'église St-Laurent qui 
s'appela le temple de la Fidélité pendant la Révolution. 
Primitivement la rue s'étendait jusqu'au faubourg 
St-Martin : la partie Est est devenue la rue Sibour. La 
rue a été percée sur l'emplacement du couvent des 
Filles de la Charité qui avait été primitivement fondé 
par St Vincent de Paul et la veuve Legras (Louise de 
Marillac) et transféré au faubourg St-Denis au milieu du 
xvn c siècle. Le couvent était situé en face de la maison 
de St-Lazare, au sud de la rue St-Laurent. Il fut supprimé 
en 1792. On retrouve quelques traces de ses dépendan- 
ces au 9 de la rue de la Fidélité. 



X e ARRONDISSEMENT. 23 

N° 71. Orné de deux bustes modernes. 
N° 69. Cité Jarry. S'appelait passage NeVeux avant 
1877. Doit son nom à Nicolas Jarry, calligraphc (1620- 
1670). 

N° 39. Passage Reilhac. Au 10 du passage assez 
jolie fontaine. Ce passage doit son nom à la famille de 
Reilhac, propriétaire du terrain. 

N° 33. Assez curieuse façade. (Passage Brady.) 

N°25. Concerts Touche. 

N° 14. Ancien théâtre des Menus-Plaisirs (1866), 
construit sur remplacement du café-concert du XIX e Siè- 
cle. Aujourd'hui théâtre Antoine. 

N° 17. Cabaret-concert qui porta le nom de Zcta, du 
Pilori et qui se nomme actuellement cabaret du Bruyant- 
Alexandre. Ce chansonnier a installé dans son établisse- 
ment à la fin de 1909 la guillotine historique qui avait été 
construite pendant la Terreur par ordre de Javogne, 
député de Rhône-et-Loire à la Convention. Cette guillo- 
tine, qui fonctionna pendant la Terreur à Feurs (Loire), 
a été mise en vente publique en décembre 1909 et 
adjugée 921 francs. 

N° 13. Scala. (Café-concert.) Sur remplacement de 
l'ancien concert du Cheval Blanc. M. Fursy en est le 
directeur depuis 1909. 

N° 8. Café du Globe (Enseigne.) 

N° 4. Eldorado (1862). Café-concert où débuta Judic, 
et où Hervé fut chef d'orchestre. 

Le boulevard de Strasbourg, à son débouché sur le 
boulevard St-Denis, a absorbé la cité d'Orléans qui avait 
été formée en 1829. 



24 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Boulevard St-Denis (côté pair) (167G). 

* La Porte St-Denis fut érigée en 1673 par la Ville 
sur les dessins de Blondel en mémoire des conquêtes 
de Louis XIV en Allemagne et en Hollande. Les bas- 
reliefs représentent le passage du Rhin et la prise de 
Maastricht (dessins de Girardon). La Porte fut res- 
taurée en 1782, par Gellerier en 1809, et en 1848. Elle 
servit de point de ralliement aux prises d'armes pari- 
siennes. En 1830 on jeta du haut du monument des 
pavés sur les cuirassiers du maréchal Marmont et 
en 1848 la bataille de juin commença par l'attaque des 
barricades entourant la Porte. 

N° 28. Au Grand-St-Antoine. (Enseigne de la Char- 
cuterie Vero-Dodat.) 

N° 24. Café de la Chartreuse, devenu le rendez-vous 
des musiciens à embaucher. Le carreau des musiciens 
était antérieurement rue des Petits-Carreaux. 

N° 14. Le restaurant Maire se trouve sur l'emplace- 
ment d'un ancien cimetière de protestants. 

N° 6. Cinématographe dit de St-Denis (1908). 

Boulevard St-Martin (côté pair). 

Planté en 1636. Achevé en 1705. 

* La Porte St-Martin a été commencée en 1674 par 
Pierre Bullet aux frais delà Ville et achevée en 1675. La 
face sud porte ces mots : « A Louis le Grand, pour avoir 
pris deux fois Besançon, et vaincu les armées allemandes, 
espagnoles et hollandaises. » Louis XIV est représenté 
en Hercule nu. La Porte, sous laquelle passèrent les 
alliés en 1814, fut restaurée en 1819, 1822 et en 1854. 



X 9 ARRONDISSEMENT. 25 

En 1830 elle fut, comme la Porte Si-Denis, un des 
centres des combats. 

N° 20. Théâtre de la Renaissance (1872). Construit 
par l'architecte Lalande sur l'emplacement du restau- 
rant Deflieux, brûlé par la Commune après 133 ans d'exis- 
tence. Le théâtre fut dit quelque temps théâtre Sarah- 
Bernhardt. et théâtre Guitry. Il a repris son nom pri- 
mitif de théâtre de la Renaissance. M. Tarride, artiste 
dramatique, en est le directeur depuis 1909. 

* N° 18. Théâtre do la Porte- St-Martin (1781), élevé 
en 75 jours par l'architecte Lenoir pour remplacer la 
salle incendiée de l'Opéra (8 juin 1781) qui était conli- 
guë au Palais-Royal. On s'assura par une représentation 
populaire et gratuite de la solidité de la salle si rapide- 
ment construite. Les artistes de l'Opéra y jouèrent jus- 
qu'en 1793. Là eurent lieu les premiers bals masqués. 
Le théâtre fut fermé de 1807 à 1810 et devint alors 
théâtre des Jeux gymniques. En 1814 on y joua des 
drames et Frederick Lemaître y fut le plus incompa- 
rable interprète des mélos. Le théâtre fut brûlé par la 
Commune et reconstruit en 1873. Sous l'Empire La 
Motte-Collier, mari de la fameuse Mme de La Motte y fut 
contrôleur, avant d'être agent de police sous la Res- 
tauration. 

N° 14. Aujourd'hui cinéma-concert Alexandrette. 
Fut café dit Auberge des Adrets, concert Napoli, cabaret 
du « Bruyant Alexandre ». 

N° 8. Fut habité très longtemps par Paul de Kock, le 
romancier. 

N° 4. Habité par M. Sulbac, artiste lyrique. 

N u 2 ter. Théâtre de l'Ambigu-Comique. Le théâtre 
dit de l'Ambigu fut fondé en 1769 par Nicolas Audinot, 
sous la protection de l'avant-dernier prince de Conti. Il 



26 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

occupait primitivement l'emplacement actuel des Folies- 
Dramatiques. Au début ce fut un théâtre de marionnettes 
remplacées plus tard par des artistes très en vogue. 
En 1771, les autres théâtres jaloux obtinrent un arrêt 
qui réduisait l'Ambigu à l'état de spectacle de dernière 
classe, mais moyennant une contribution de 12 000 livres 
payée à l'Opéra, l'Ambigu recouvrit sa liberté. En 1798 
il était dirigé par M. de Puisaye. Après un incendie 
en 1827 il se transporta en 1828 sur remplacement 
actuel, où se trouvait l'hôtel Murinais. Il fut construit 
par Hittorf et Lecointe et il fut inauguré en 1829 en 
présence de la duchesse de Berry. Là brillèrent : Fre- 
derick Lemaitre, Mme Dorval, Mme Marie Laurent, etc. 
Le théâtre fut restauré en 1847, 1854, 1887. 

Sur le boulevard St-Martin, à l'endroit où com- 
mence aujourd'hui la rue de Lancry se trouvait le théâtre 
de l'artificier Torré qui devint le Wauxhall d'été 
(1764 à 1780). En 1785 le Wauxhall, qui était un lieu de 
plaisir et de fête, fut remplacé par un nouveau Wauxhall 
situé 3, rue de la Douane (rue Sanson à cette époque). 

Le boulevard St-Martin a été nivelé en 1850 entre 
l'Ambigu et la porte St-Martin. Lorsqu'on eut à recon- 
struire le théâtre de la Porte-St-Martin on aplanit le sol, 
de sorte qu'il n'est plus nécessaire de gravir des 
marches pour y pénétrer. Le boulevard aboutit place de 
la République. 

Rue de Bondy. 

Jadis rues de la Voirie, Basse-St-Martin, des Fossés 
Si-Martin. Nom actuel en 1770. Elle tire sans doute son 
nom d'un dépôt de coches pour Bondy. Avant la Révo- 
lution la fabrique de porcelaines du duc d'Angoulème 



X e ARRONDISSEMENT. 27 

était située rue de Bondy. Il a été question en 1909 de 
donner le nom de Coquelin à la rue de Bondy. 

N° 22. Marquise de Ferrières. Marquis de Folleville. 
(Escalier.) 

N° 30. Mlle Laguerre, de l'Opéra, qui fut la maîtresse 
du duc de Bouillon. 

N° 36. Orné de médaillons. 

N° 40. Théâtre des Folies-Dramatiques (1862), qui avait 
été fondé boulevard du Temple en 1831. Transporté là 
en 1862 sur l'emplacement de l'ancien Ambigu incendié. 

N° 50. Bestaurant Lecomte fondé en 1801. Là habita 
Béranger de 1800 à 1801 dans une mansarde (le grenier 
de Lisette). 

N° 52. Emplacement d'un quartier de Gardes fran- 
çaises, sur les ruines duquel le sieur Lécluse fonda 
en 1777 le Théâtre à Quatre Sous. Lécluse était dentiste 
du roi de Pologne, et soigna, dit-il, plus de 
40 000 bouches. Son théâtre fit banqueroute, et fut rem- 
placé en 1779 par les Variétés-Amusantes avec Gaillard 
et Dorfeuille. Démoli en 1784. Manufacture de papiers 
peints. Nouvelle salle en 1789 fondée par Desnoyers 
sous le nom de Théâtre-Français comique et dramatique. 
Ce théâtre disparut en 1793 et fut remplacé en 1796 par 
le théâtre des Jeunes-Artistes qui dura peu. Un fronton 
subsiste encore du côté de la rue de Lancry. 

N° 54. Hôtel d'Aligre (1798). La maison fut adjugée 
en 1823 à M. Lavalaise. Les bas-reliefs sont des copies 
de Glodion. Les originaux, dont les moulages sont au 
musée du Trocadéro, ont été vendus vingt francs en 
vente publique. 

N° 56. Le pavillon au bout de l'avenue a porté égale- 
ment le nom d'hôtel d'Aligre, et fut habité par François 
d'Aligre, premier président au Parlement, mort en 1798. 



28 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

L'Orfèvrerie Christophle y a installé ses usines et ses 
magasins. 

N° 1 ter. Théâtre de l'Ambigu, dont nous parlons 
dans la notice sur le boulevard St-Martin. Le théâtre 
s'élève sur l'emplacement de l'hôtel Murinais, qui s'ou- 
vrait rue de Bondy et dont le dernier propriétaire fut le 
chevalier d'Auberjon-Murinais, député aux Etats géné- 
raux, qui combattit Robespierre, s'affilia plus tard au 
Club de Glichy et fut déporté à Sinnamary où il mourut. 
Le jardin de l'hôtel Murinais formait l'encoignure. Sur 
le terre-plein qui s'étend en face de l'entrée de l'Am- 
bigu, fut installée quelque temps une ménagerie. On y a 
inauguré en 1907 un monument en l'honneur du baron 
Taylor, érigé par l'Association des Artistes dramatiques, 
musiciens, décorateurs, peintres, architectes, graveurs, 
dessinateurs, etc. Le buste est dû au sculpteur Tony Noël. 

N° 3. Ancien numérotage (blanc sur fond rouge). 

N° 62. Rue Taylor ouverte en 1881 sous une 
ancienne porte cochère d'un hôtel qui fut celui du pré- 
sident de Piosambo (1780) et du baron Taylor en 1842. 
Nom en souvenir du bienfaiteur des musiciens et des 
gens de lettres (1780-1879). A côté se trouvait l'hôtel 
du général de La Riboisière qui fut grand-maître de 
l'artillerie sous l'Empire (1810). Cet hôtel fut occupé 
ensuite par son fils, le comte de La Riboisière, pair de 
France et sénateur. Antérieurement, sous Louis XVI, 
l'hôtel La Riboisière avait été la propriété du banquier 
Giamboni. 

N° 66. Hôtel du comte de Sechtré qui le laissa à sus 
lilles, Mme de Rennepont et Mme de Casteja, sous 
Louis XVI. Worms de Romilly (1830). 

N° 7. Paul de Kock y habita et y mourut (8, boulevard 
St-Martin). 



X e ARRONDISSEMENT. 29 

N° 15. L'historien Lefeuve y habita dans son enfance. 
Frederick Le maître qui habita également le 7, mourut 
au 15. 

N° 74. Cité Riverin (1820). Nom du propriétaire 
qui l'a ouvert. 

N° 80. Vieille maison. Passage menant au marché du 
Chàteau-d'Eau. 

N° 84. Vieille maison. Ancienne ferme. 

N° 84. Rue Bouchardon (1821). S'appela impasse 
de la Pompe avant 1864. Nom en l'honneur du sculp- 
teur (1698-1762). Au 25 est le passage du Marché. 
Au 20 se trouve le marché dit du Chàteau-d'Eau. Au 3, 
vieille maison. 

N° 17. A l'endroit où s'élève le théâtre de la Porte- 
St-SMartin se trouvait rue de la Voirie (rue de Bondy), 
de 1724 à 1767, le cimetière des étrangers protestants, 
géré de père en fils par la famille Coroy. Quand ce 
cimetière des étrangers protestants, où furent inhumés 
trois membres de la famille Mallet, fut transféré rue 
Grange-aux-BelIes, on installa ici le magasin des décors 
de l'Opéra, puis le théâtre fut construit en 1781 à la place 
du magasin des décors. 

Le théâtre de la Benaissance, du côté de la rue de 
Bondy, est sur l'emplacement de la maison de M. de 
Capello, ambassadeur de Venise sous Louis XVI. Cette 
maison abrita le général Schramm et l'amiral de Bou- 
gainville. Elle appartint plus tard au comte Portalis. 

N° 94. Date de Henri IV. (Brasserie des Camélias.) 
Peintures murales représentant des aimées. En 1909 
une affiche nous annonce que l'établissement s'appelle 
actuellement le cabaret des Antilles et que le service y 
est fait par de jeunes créoles ! ! 



30 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Rue du Faubourg -St-Martin. 

La partie nord depuis l'ancienne Grille-St-Martin qui 
était à hauteur de la rue du Château-d'Eau actuelle, 
s'est longtemps appelée rue du Faubourg-St-Laurent. 
Toute la rue a été dite faubourg du Nord pendant la 
Révolution. 

N° 8. Concert des Galeries. 

N° 16. Vieille maison ainsi qu'aux : 13, 17, 19, etc. 

N° 23. Impasse Martini qui existait en 1652, et 
s'appelait encore en 1903 impasse de l'Egout. Doit son 
nom au compositeur (1741-1816). 

N° 35. Assez joli balcon. 

N° 44. A l'Industrie. Boulangerie qui prétend avoir 
été fondée en 1679. 

N° 41. Passage de l'Industrie (1827). 

N° 43. Passage Brady (1828) qui est assez pitto- 
resque. Fut ouvert par M. Brady. 

N° 48. Casino St-Martin. 

N° 62. Là se trouvait l'ancienne salle Raphaël, puis 
le théâtre des Nouveautés en 1865. Cette salle fut 
incendiée en 1866 et la nouvelle qui fut reconstruite 
fut théâtre des Délassements-Comiques. Le théâtre des 
Délassements-Comiques avait été fondé en 1842 sur le 
boulevard du Temple. Il alla ensuite rue d'Angoulême, 
puis rue de Provence, avant de venir s'installer fau- 
bourg St-Martin. Incendié en 1871. 

N° 59. Emplacement de l'hôtel Le Mercier, puis 
Tïton du Tillet. Ecuries des pompes funèbres. Là fut 
installée l'Église catholique française fondée en 1831 par 
l'abbé Châtel pour se libérer du joug du pape. Il fut élu 
évêque et primat des Gaules par les prêtres de la nou- 



X e ARRONDISSEMENT. 31 

velle Église et M. Fabre Palaprat lui conféra les pou- 
voirs canoniques. L'abbé Châtel mourut épicier sous 
le second Empire. L'Eglise française débuta ruedesSept- 
Voies, puis rue de la Sourdière, en juin 1831 salle 
Lebrun, rue de Cléry, puis au faubourg St-Martin 
jusqu'en 1842. La maison a été démolie en 1900; et un 
immeuble nouveau s'y élève depuis 1904. 

N° 61. Caducée au-dessus de la porte d'entrée. 

N° 76. Emplacement d'une ancienne caserne incendiée 
en 1848. L'immense mairie du X e arrondissement, com- 
mencée en 1892 par l'architecte Rouyer, a été inaugurée 
en 1896 par Félix Faure. 

Elle se trouve sur l'emplacement d'un pont du ruis- 
seau de Ménilmontant, pont dont a découvert une arche 
lors de la construction de la mairie. 

N° 78. Rue Hittorf. Faisait partie de la cité 
Magenta en 1890. Nom en 1899 en souvenir de l'archi- 
tecte (1793-1867). Au 4, cité Hittorf. 

N° 82. Madone dans une niche vitrée. 

N° 86. Rue des Marais. Indiquée au xvn e siècle. 
Nom en 1803. Précédemment c'était la rue des Marais- 
St-Martin. Au 62 est l'impasse des Marais. Au 36 se 
trouve l'église St-Martin (1856), construction sans style. 
Le petit hôtel du dernier des Sanson était situé au 31 bis 
(ancien) de la rue des Marais, en face de la rue Albouy. 
Cette maison, peinte en rouge, ne disparut qu'en 1860. 
Elle appartenait à la famille des bourreaux depuis 1789. 
Charles-Henri Sanson habitait rue Neuve-St-Jean, c'est- 
à-dire la partie de la rue du Château-d'Eau actuelle, qui 
s'étend entre le faubourg St-Martin et le faubourg 
St-Denis. Ce bourreau exécuta jusqu'en 1795. Son fils 
Henri ne fut commissionné qu'en 1795, mais c'est proba- 
blement lui qui opéra le plus souvent pendant la Terreur. 



32 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Henri mourut en 1840 et son fils Clément-Henri Sanson 
lui succéda en 1840. 

N°86. L'économiste J.-B. Say y mourut en 1832. 

N° 87. Grand immeuble moderne. (Classes Laborieuses). 

N°96. Cité St-Martin. 

N°89. Passage du Désir. Jadis du Puits. Doit son 
nom à l'enseigne d'un hôtel meublé. L'historien Lefeuve 
dit que ce passage menait jadis à un lieu galant. 

N° 99. Cour des Vinaigriers, qui s'appela cour du 
Commerce en 1811. Comme la rue des Vinaigriers elle 
doit son nom à un lieu dit. 

N° 101. Au Petit Tambour (enseigne). 

N° 120. Passage Dubail (1820). S'appela passage 
Grados avant 1872. Il aboutit aux 62 et 50 de la rue des 
Vinaigriers. Il se trouve sur l'emplacement d'un ancien 
hôtel de Boyne. 

N° 119. Chevet de l'église St-Laurent. (Voir boule- 
vard de Strasbourg.) 

N° 121. Rue Sibour (1799). Faisait partie avant 
1865 de la rue de la Fidélité. Nom en mémoire de 
l'archevêque de Paris (1792-1857). De cette rue nous 
pouvons jeter un intéressant coup d'œil sur l'église 
St-Laurent. Au 2, enseigne de la Croix d'Or (grille). 
Au 6, vieille maison. (Bains.) 

N° 146. Enseigne du Coing d'Or. 

N° 129. Rue St-Laurent. Date du xvi e siècle. 
Cette rue, qui a été éventrée par le boulevard de Stras- 
bourg, a été diminuée en 1855 par le percement du 
boulevard Magenta. Dans cette rue se trouvait autrefois 
l'entrée de la célèbre foire St-Laurent. A l'angle Sud- 
Ouest que formait jadis cette rue avec la rue du Fau- 
bourg-St-Denis se trouvait le couvent des Filles de la 
Charité fondé primitivement par St Vincent de Paul et 



X e ARRONDISSEMENT. 33 

la veuve Lcgras, née Louise de Marillac. Ce couvent 
fut supprimé en 1792, les bâtiments vendus, et on perça 
à travers la rue de la Fidélité. 

J\° 160. Emplacement de l'ancien cimetière des 
Récollets sous Henri IV. Le duc de Lorges, sous la 
minorité de Louis XV, avait là une propriété, et le 
Régent possédait à côté un lieu de plaisir dit le Château 
Vert. Les dépendances de la propriété de Philippe d'Or- 
léans s'étendaient jusqu'aux Buttes Chaumont où s'or- 
ganisaient des chasses. Aujourd'hui dépôt d'omnibus. 

N° 162. Emplacement de la maison où mourut le com- 
positeur Monsigny en 1817. La maison actuelle a été cons- 
truite par M. Dehaynin. (Lionssur les piliers de l'entrée.) 

N° 172. Impasse Boutron. (Nom de propriétaire.) 
En face de l'impasse Boutron, du côté des numéros 
impairs de la rue du Faubourg-St-Martin, se trouvait, 
avant la construction de la ligne de l'Est, l'hôpital du 
Nom-de-Jésus fondé au milieu du xvn e siècle par 
St Vincent de Paul, pour les hommes et les femmes. La 
maison mère des Frères des Ecoles chrétiennes s'installa 
ensuite dans cet hôpital. 

N° 188. Là était établi l'ancien bureau du Roy pour la 
perception des droits d'entrée. 

N° 175. Vieille maison ainsi qu'aux : 193, 195, 230, 
238, 242 (A la Fontaine Chaudron). 

N° 243. Rue Chaudron, qui doit son nom à la fon- 
taine du Chaudron qui était située à l'angle de la rue 
Lafayette et du faubourg St-Martin. Cette fontaine de 
1718 a cessé de couler depuis 1861. 

N° 257. Cité St-Laurent. 

N° 263. Passage Barthélémy. Dans le passage qui 
doit son nom au propriétaire, bustes de l'Humanité et 
de la Bienfaisance. 

X e ARROND. 3 



34 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Les fontaines monumentales de la rue du Faubourg- 
St-Martin datent de 1849 et sont dues à une souscrip- 
tion publique. 

Boulevard delà Chapelle (côté impair) (1789). 

Ce boulevard a été formé en 1860 des anciens boule- 
vards des Vertus, de la Chapelle, du chemin de ronde 
des Vertus, et du chemin de ronde de St-Denis. 

N° 1. Rue de Château-Landon. Au 39 nous voyons 
la porte d'un castel construit sous Louis XIV par un 
sieur Landon. Ce castel, qui devint la maison de cam- 
pagne de la congrégation de St-Lazare, a donné son 
nom à la rue qui s'appelait jadis chemin des Potences, 
et qui était coupée à angle droit par l'ancienne rue 
disparue Quatre-Sols. Au 27 est l'école municipale 
Colbert sur remplacement d'un abattoir qui existait 
sous le second Empire. Au 3, vieille maison. 

N° 11. Cité du Levant. S'appela cité de l'Est 
avant 1877. 

N° 37. Théâtre Molière construit en 187G dans une 
maison particulière. S'appela théâtre des Bouffes-du- 
Nord avant 1906. 

N° 41. Rue de Maubeuge. (Partie comprise entre 
le boulevard de la Chapelle et la rue du Faubourg-Pois- 
sonnière.) La partie comprise depuis le boulevard de la 
Chapelle jusqu'au boulevard Magenta date de 1855, le 
reste date de 1861. Entre la rue de Maubeuge et la rue 
Guy-Patin le boulevard de la Chapelle longe le côté 
Nord de l'hôpital Lariboisière. 

N° 45. Rue Guy-Patin (1837). S'appela rue de 
St-Omer. — Nom actuel en 1864 en souvenir du médecin 
(1602-1671), auteur de Lettres satiriques. 



X e ARRONDISSEMENT. 35 



Boulevard de Magenta (1855). 

La partie située entre le boulevard de la Chapelle et 
la rue de St-Quentin fut créée en 1827 sous le nom de 
rue du Nord. En 1855 le boulevard atteignit le faubourg 
St-Martin, et il fut prolongé en 1859 jusqu'à la place du 
Chàteau-d'Eau (de la République). Nom en mémoire de 
la victoire de 1859. 

N° 155. Habité par M. Luigi Loir, artiste peintre. 

N° 152 . Rue Ambroise-Paré (1846) . Nom en 
mémoire du chirurgien célèbre (1517-1590). Au 2 se 
trouve l'hôpital Lariboisière. Cet hôpital, décidé en 1839, 
n'était pas achevé en 1848, car à celte époque on se 
battit dans les chantiers de l'hôpital inachevé. Il s'appela 
primitivement hôpital Louis-Philippe, puis en 1848 
hôpital de la République. Hôpital du Nord en 1852. En 
1854 il devint hôpital Lariboisière en mémoire de la 
comtesse de La Riboisière, née Elisa Roy, première 
femme du comte de La Riboisière, pair de France, qui 
légua près de 3 millions à l'hôpital. L'hôpital est con- 
struit sur le clos St-Lazare. Dans la cour se trouve un 
groupe d'Etex représentant la Ville de Paris accueillant 
les victimes du choléra. Dans la chapelle se trouve un 
monument dû au sculpteur Marochetti, en l'honneur de 
la comtesse de La Riboisière. Dans le cabinet du direc- 
teur, portrait de la bienfaitrice de l'hôpital par Gros. 

N° 133. Rue de Rocroy (1827). S'appela rue des 
Jardins-Poissonniers. Nom actuel en 1850 en mémoire de 
la victoire de 1643. Au 6, école professionnelle de filles. 

N° 122. Rue de Compiègne (1859). 

N° 111. Rue de Belzunce (1827). S'appela primiti- 
vement rue du Chevet-de-St-Vincent-de-Paul. Nom en 



36 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

l'honneur de l'évoque de Marseille (1671-1765) qui se 
dévoua pendant la peste de 1720. Au 12 s'ouvre la rue 
St-Vincent-de-Paul, ouverte en 1827 et prolongée 
en 1846. Au 3, école de la ville avec buste de St Vincent 
de Paul. Au 5, presbytère. Au 24, maison de veuves. 

N° 114. Boulevard de Denain. S'appela rue de la 
Barrière-St-Denis en 1827, rue de Denain en 1847. 
Transformée en avenue puis en boulevard Denain (1859). 
Nom en mémoire de la victoire de 1712. Ce boulevard 
nous mène à la place de Roubaix (1845), qui est située 
dans la rue de Dunkerque. La rue de Dunkerque a 
été ouverte en 1827, entre la rue d'Alsace et le faubourg 
Poissonnière, sous le nom de rue de l'Abattoir. Sur la 
place de Roubaix se trouve la gare du Nord (1846). La 
première façade de l'architecte Renaud a été transportée 
pièce par pièce à Lille où elle a été réédifiée et la gare 
parisienne a été elle-même réédifiée en 1865. Dans le 
hall de la gare, au-dessus du couloir donnant accès aux 
quais se trouve cette inscription : « Jean Emile Lacaze, 
volontaire au corps des aérostiers militaires, montant 
le ballon Richard Wallace, partit de la gare du Nord le 
27 janvier 1871. Il succomba dans sa glorieuse mission. » 

N° 112. Rue de Valenciennes. Ouverte en 1827 
jusqu'à la rue de St-Quentin. Prolongée en 1868. S'ap- 
pela rue du Delta. Officiellement le carrefour formé par 
le croisement du boulevard Magenta avec la rue 
Lafayette s'appelle place de Valenciennes. 

N° 100. Cabaret bruxellois. A Manneken Pis. Rap- 
pelle la fontaine de Bruxelles. 

N° 94. Rue de St-Quentin (1827). S'appela rue des 
Jardins, puis rue des Magasins. Nom actuel en 1850. 

N° 87. Rue des Petits-Hôtels (1827). Doit son nom 
aux petits hôtels qui y furent construits. Au 19, école 



X e ARRONDISSEMENT. 37 

Bernarcl-Palissy (1857) fondée par le professeur Lequien. 
Au 17, église évangélique du Nord. Au 27, manufacture 
de pianos Henri Herz (1815) et salle Henri Herz. Au 
30, maison peinturlurée. 

N° 85. Marché de St-Quentin (1806). 

N° 70. Enseigne peinte moderne du Patronomèlre. 

N° 31. Cour et passage de la Ferme St-Lazare. (Voir 
7, rue de Chabrol.) 

N° 75. Bas-relief moderne au-dessus de la porte. 

N° 33 bis. Cité de Magenta (1868). Dans la cité on 
aperçoit le derrière de l'hôtel deGouthière. (Voir 6, rue 
Pierret-Bullet.) 

N° 21. Rue Pierre-Chausson (1835). Ex-impasse 
Chausson, puis rue en 1900. (Nom de propriétaire.) 

N° 22. Emplacement de l'ancien restaurant Véry ou 
eut lieu un attentat anarchiste (Bavachol). Aujourd'hui 
l'ancien café est occupé par une boutique d'un mar- 
chand de ressorts. 

N° 11. Construction moderne (1877) ornée de statues 
de pierre signées Maniglier. (La Science et l'Industrie.) 

N° 6. Cité du Wauxhall. Ouverte en 1841 sur l'ancien 
jardin du Wauxhall. Ce second Wauxhall avait été con- 
struit en 1785 sur les dessins de l'architecte Mcllan et 
s'ouvrait 5, rue Sanson (rue de la Douane). Ce Wauxhall 
s'étendait entre la rue Sanson, la rue des Marais et la 
rue St-Nicolas (rue du Chàteau-d'Eau). Au 6 de la Cité 
se trouvait en 1867 le café des Athlètes, célèbre par 
son patron l'Homme Canon. 

Rue du Château-d'Eau. 

Alignée en 1802. Elle est formée de la rue Neuve- 
St-Nicolas-St-Martin et de la rue Neuve-St-Jean réunies 



38 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

en 1851. Elle doit son nom à la fontaine construite en 
1811 par Girard, fontaine qui s'élevait autrefois au 
centre de la place du Châleau-d'Eau (de la République). 
Au point où commence le boulevard de Magenta avait 
été construite en 1847 la salle Barthélémy, bal démoli 
en 1866. 

N° 3. Bourse du Travail (1888-1893). Sur l'emplace- 
ment du Grand Café Parisien. 

N° 31. Marché du Château-d'Eau (1854). S'appela 
marché de la Porle-St-Martin. 

N° 39. Maison la plus petite de Paris. (Environ 
1 mètre de façade.) 

N" 50. Rue Pierre-Bullet (1890). Nom en l'honneur 
de l'architecte (1680-1716). Au 6, se trouve la très jolie 
maison de Gouthière, l'artiste ciseleur, inventeur de la 
dorure au mat. L'escalier qui y conduit est tlanqué de 
deux sphinx. La porte est surmontée d'un bas-relief 
représentant le Triomphe de Bacchus. A l'intérieur se 
trouvent quelques cheminées linement ciselées par 
l'artiste, ainsi que les espagnolettes des fenêtres. La 
bibliothèque est bien conservée. La jolie décoration 
intérieure est en pâte. L'hôtel, qui communiquait avec le 
faubourg St-Martin par une avenue qui se trouvait sur 
l'emplacement de la prétentieuse mairie du X e arrondis- 
sement, a été construit par Gouthière lui-même, mais le 
malheureux artiste se ruina et l'hôtel fut saisi en 1781 et 
adjugé en 1788 à un ancien notaire. C'est aujourd'hui 
une fabrique de passementerie. M. Georges Cain, le très 
érudit conservateur de Carnavalet, nous dit que la 
Du Barry, seule, était redevable de 756000 livres au 
pauvre artiste qui mourut dans la plus profonde misère 
en 1813! 

N° 55. Enseigne de la Carotte Percée. Cette enseigne 



X* ARRONDISSEMENT. 39 

d'un débit de tabacs porte les traces des balles des 
communards (1871). 

N° 61. Nouveau théâtre du Château-d'Eau (1909). 
Antérieurement l'établissement s'est appelé Concert 
du XIX e Siècle et Éden-Coraédie. Sur la façade de la 
même maison, enseigne des Deux Entêtés. 

Rue des Petites-Écuries (1780). 

Doit son nom aux petites écuries royales qui étaient 
situées au coin du faubourg St-Denis à la fin du 
xvn e siècle. Les premiers numéros impairs de la rue 
appartenaient à l'ancien couvent des Filles-Dieu. Méhul 
habita la rue. 

N° 9. Ancien hôtel. 

N° 14. Rue Martel (1777). Martel fut échevin de 
Paris de 1764 à 1766. Au 15 de la rue Martel, ancienne 
maison. Au 6, Brasserie Munichoise. 

N° 14. Santerre y mourut en 1805 chez son fils. 

N° 13. Fut l'hôtel du contrôleur général des Petites- 
Ecuries. 

N° 17. Passage des Petites-Écuries qui commu- 
nique avec la cour des Petites-Ecuries. 

* N° 44. Au fond de la cour intéressant hôtel datant 
de Louis XVI. A l'intérieur cet hôtel possède encore, 
malgré ce qui a été déjà enlevé, de très belles décorations 
de style empire. (Voir l'escalier, la salle à manger, le 
salon de lecture, etc.) 

N -0 46. M. André sous la Restauration. 

N° 48. Emplacement d'un hôtel construit par l'archi- 
tecte du comte d'Artois pour lui-même. Là se trouvait, 
dit M. Pessard, la loge de l'Amitié où les Jacobins 



40 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

tinrent des réunions. Aujourd'hui c'est un bel immeuble 
moderne, orné de deux cariatides. 

N° 52. Construit par M. de Lathan, officier aux gardes 
françaises (1783). La famille du maréchal Ney en fut 
locataire. Le banquier Cottier sous la Restauration. 

N° 58. Emplacement d'un ancien hôtel d'Espinchal 
avant la Révolution. 

N u 61. Vieille maison. 

Rue de Paradis. 

Gréée en 1643 sous le nom de rue St-Lazare, puis rue 
de Paradis-Poissonnière avant 1881. Cette rue est le 
centre des marchands de faïences, porcelaines, cris- 
taux, etc. C'est un véritable musée céramique. 

* N" 51. Hôtel du duc de Raguse où fut signée la 
capitulation de Paris dans la nuit du 30 au 31 mars 1814. 
Les héritiers Aguado (1842 1 ). M. Legentil, pair de 
France. 

N° 58. Là était l'atelier de Corot qui habitait 56, rue 
du Faubourg-Poissonnière. 

N° 43. Cité Paradis. Voir dans la cité la belle façade 
de l'hôtel qui s'ouvre 58, rue du Faubourg-Poissonnière. 

N° 43. Maison moderne ornée de cariatides de 
M. Perrey, élevée sur l'emplacement d'une petite maison 
où Philippe-Egalité logeait une danseuse en 1785. 

N° 31. Vieille maison. 

N° 27. Façade décorée de médaillons en porcelaine. 

N° 18. Façade moderne de la faïencerie de Choisy-le- 
Roi. Chambre des Négociants Commissionnaires. 



X e ARRONDISSEMENT. 41 



Rue d'Hauteville (1772). 

S'appela primitivement rue de la Michodière. Nom 
actuel en 1790 à cause du titre de comte d'Hauteville 
que portail M. de La Michodière, prévôt des marchands 
de 1772 à 1777. La rue fut prolongée en 1792 sur 
l'emplacement du passage des Messageries (de la rue 
Paradis à la rue des Messageries) et atteignit la rue 
Lafayette en 1826. 

N° 82. Cité d'Hauteville. 

N° 79. Derrières de la caserne delà Nouvelle-France. 

N° 69. Rue des Messageries. Avant 1792 c'était une 
impasse. Elle a été percée sur les terrains des Message- 
ries Royales qui avaient remplacé le dépôt des voitures 
de deuil de la Cour. Au 11, vieille maison. Au 23, vieil et 
curieux hôtel meublé dit de la Nouvelle-France. 

N° 61. Barré et Lebiez y égorgèrent, en 1878, une 
laitière pour la voler. 

N° 57. L'hôtel que nous voyons au fond de la cité 
Paradis s'ouvre 58, rue du Faubourg-Poissonnière. 

* N° 58. Au fond de la cour très intéressant hôtel qui 
fut occupé par Bourrienne, secrétaire du Premier Consul 
Napoléon Bonaparte. Il acheta l'hôtel en 1801 et le 
revendit en 1824 à M. Tattet, ancien agent de change. 
Deberny, ami et successeur de Balzac dans sa fonderie de 
caractères de la rue Visconti, s'y installa. (Voir à 
l'intérieur les appartements de style Consulat, seul 
exemple à Paris de ce style pompeux.) 

N° 51. Œuvre nationale de la Maison du Soldat. 

N° 29. Passage Violet (1824). Au 6 bis du passage 
joli pavillon, avec fronton et colonnes, construit en 1840 



42 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

pour un ministre de Louis-Philippe. (Beaux planchers en 
marcpueterie à l'intérieur.) 

La rue d'Hauleville coupe la rue de l'Echiquier. 

Rue de l'Échiquier (1772). 

Ouverte sur le fief dit de l'Echiquier qui appartenait 
aux Filles-Dieu. 

N° 10. Concert Parisien. 

N° 34. Mme Drouet, amie de Victor Hugo, s'y installa 
avant d'aller rue St-Anastase. 

N° 36. Aujourd'hui hôtel meublé du Pavillon. Formait 
le pendant du Pavillon, dit de l'Échiquier, situé au 48. 
S'appela également pavillon de l'Echiquier et fut hôtel 
de Guerre. (Balcon.) 

N° 37. Casimir Delavigne y habitait en 1829. 

N° 39. Porte et mascarons. 

N° 43. Le baron Louis, ministre « aux bonnes 
finances », sous la Restauration. Derrière cet hôtel, 
mitoyen par derrière avec le théâtre du Gymnase, se 
trouvait le cimetière de la paroisse Bonne-Nouvelle, qui 
s'étendait en 1793 de la rue d'Hauteville au faubourg 
Poissonnière. 

N° 47. Vieille maison. 

N° 48. Là se trouvait le pavillon de l'Echiquier, chef- 
lieu du fief du même nom. Habité par Roberlson, sujet 
liégeois, inventeur de la Fantasmagorie (1790). Le 
pavillon de l'Echiquier fut ensuite un lieu de réunion, de 
fêtes et de bals. Sous le Directoire il y avait pendant 
l'hiver quatre bals par mois. Chaque abonné avait le 
droit d'amener deux dames. M. de Nervo sous l'Empire. 
(Balcon.) 



X e ARRONDISSEMENT. 43 

Boulevard Bonne-Nouvelle (côté pair) (1676). 

Doit son nom à la proximité de l'église Notre-Dame 
de Bonne-Nouvelle. 

N° 42. Cinéma-Palace (1907). 

N° 38. Théâtre du Gymnase-Dramatique (1820), con- 
struit par les architectes Rougevin et Guerchy. S'appela 
Théâtre de Madame à cause de la protection de la 
duchesse de Berry (1824 à 1830). La façade a été recon- 
struite en 1887. Le théâtre s'élève sur l'emplacement 
des jardins de l'hôtel du baron Louis, d'une caserne de 
gardes du corps, et d'une partie de l'ancien cimetière 
de la paroisse lionne-Nouvelle. C'est au Gymnase que 
débutèrent Virginie Déja/.et et Bouffé. 

N° 34. Habité par M. J. Guiffrey, membre de l'Insti- 
tut. 

N» 30. Le Carillon (Cabaret artistique). 

N° 28. Ancienne impasse des Babillards, qui s'ouvrait 
jadis dans la rue Basse-Porte-St-Denis, rue où mourut 
Greuze et qui a été absorbée par le boulevard en 1822. 
Cette rue allait de la rue d'Hauteville à la rue du Fau- 
bourg-St-Denis. 

No 24. Impasse Bonne-Nouvelle (1850). S'appela 
impasse des Filles-Dieu. 

N° 20. Avait été construit en 1837, comme marché 
d'approvisionnement et comme café-spectacle. Occupé 
par le Vaudeville de janvier 1839 à mai 1840. Diorama 
Bouton en 1848. Incendié en 1849 et réédifié sous le nom 
de Café de France. Palais Bazar Bonne-Nouvelle. C'est 
dans les salles basses de ce Bazar qu'en 1848 se réunis- 
saient les « Vésuviennes » sous la présidence d'Eugénie 
Nibovet. Reconstruit en 1900. La Ménagère. 



44 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

N° 16. Rue de Mazagran (1840). En 1697 c'était 
une impasse dite St-Laurent. Nom actuel en souvenir 
de l'héroïque défense de Mazagran en 1840. Au 3, 
mourut en 1907 le vaudevilliste Ernest Blum. Au 7, est 
l'impasse Mazagran. Au 16, façade gothique-roman- 
tique d'une maison construite en 1842. 

N° 10 bis. Auguste Vitu y mourut. 

N° 8. Cinématographe-Théâtre. 



Rue du Faubourg-St-Denis. 

Cette voie très ancienne conduisait de Paris à l'abbaye 
St-Denis. De la prison St-Lazare à l'ancienne barrière 
elle s'appela faubourg St-Lazare, puis faubourg de 
Gloire. La rue s'appela rue Franciade pendant la Révo- 
lution. Dans le bas de la rue, se trouvent de nombreuses 
maisons anciennes et curieuses. 

N° 12. Passage du Bois-de-Boulogne (1785). De 
là partaient les voitures pour St-Denis, et les vieux 
coucous. Doit son nom à un bal fermé en 1785. 

N° 14. Cour assez curieuse. 

N° 21. A l'enseigne de la Tortue. Le 25 est à l'ensei- 
gne des 18 Marmites (1833). 

N° 37. Concert Parisien. Le 44 est à l'enseigne du 
Faisan Doré. 

N° 46. Là se trouvait l'enseigne des Deux Gaspards. 
(Enseigne qui a disparu en 1909). 

N° 47. Rue d'Enghien (1791). S'appela rue Mably 
de 1792 à 1814. Nom en mémoire du Duc (1772-1804). 
Au 33, enseigne de Sl-Vincent-de-Paul. Au 18 est 
installé le Petit Parisien. Au 9, maison ancienne. 

N° 49. Maison à pignon. 



X e ARRONDISSEMENT. 45 

N° 48. Bureau général des fiacres sous le Directoire, 
puis bureaux Lafûtte et Caillard. 

N° 50. Cour assez curieuse avec pavillon ancien. 

N° 63. Cour des Petites-Écuries. On raconte que 
là se trouvait la maison de campagne de Ninon de 
Lenclos. Là se trouvaient les petites écuries royales. 

N° 65. Félix Faure, l'ancien président de la Répu- 
blique, y naquit en 1841. 

N° 71. Vieille maison qui appartenait à l'ancien cou- 
vent des Filles-Dieu. A hauteur de cette maison se trou- 
vait la Grille St-Denis ou fausse porte St-Denis. 

N° 81. Maison ancienne et curieuse ainsi que le 83 
et le 87 bis, 

N° 99. Du 99 au 105 se trouvent les anciennes mai- 
sons de rapport du couvent St-Lazare. Les balcons ont 
disparu, mais les consoles subsistent aux 99, 101, 103 
et 105. 

* N° 107. Prison de St-Lazare. Hôpital et prison 
pour les femmes. Ancienne maladrerie ou léproserie 
fondée pendant les Croisades par les Hospitaliers de 
St-Lazare, ordre religieux et militaire qui fusionna en 
1632 avec les Prêtres de la Mission, institution de 
St Vincent de Paul. Les négociations pour cette fusion 
durèrent jusqu'en 1662. L'ancienne léproserie avait 
droit de haute, moyenne et basse justice, elle possédait 
des prisons et poteaux avec carcan sur les carrefours de 
St-Lazare et Villeneuve- sur- Gravois. L'église de la 
Congrégation de la Mission de St-Lazare qui a été 
démolie en 1823 était entourée par trois petits corps de 
logis, des étables, des écuries, un colombier, etc. L'ancien 
bâtiment des Ordinands, construit par St Vincent de 
Paul, n'existe plus. Tout ce qui est bâti l'a été à la fin du 
xvn e siècle. 



46 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

St-Lazare servit de maison de correction à un certain 
nombre de fils de famille. Elle fut pillée en 1792 et 
devint en 1793 une prison, dite Maison Lazare. Là furent 
enfermés entre autres : André Chénier, Aimée de Coi- 
gny (la Jeune Captive) qui aimait M. de Montrond, égale- 
ment captif, qu'elle épousa, les frères Trudaine, Roucher, 
le peintre Le Roy, le comte de Maillé, le comte de Fla- 
vigny, le comte de Soyecourt, le comte de Vergennes, 
le président de Bérulle, la baronne d'Hinnisdal. Hubert 
Robert y fut enfermé sur la dénonciation de David. Le 
peintre Suvée, détenu, y fit le portrait d'André Chénier 
(propriété du marquis de Pange). Là fut également 
emprisonnée la dernière abbesse de Montmartre : 
Marie-Louise de Montmorency-Laval. Elle était sourde, 
et Fouquier-Tinville l'accusa d'avoir conspiré sourde- 
ment. Quand la malheureuse fut conduite à l'échafaud 
une grêle de cailloux s'abattit sur elle de la maison qui 
formait une saillie très prononcée à l'angle de la rue 
Paradis. L'imaginaire complot de St-Lazare fit guillo- 
tiner 76 victimes. (Pour visiter la prison demander 
l'autorisation à la Préfecture.) St Vincent de Paul n'a pas 
habité la chambre qu'on montre au deuxième étage dans 
un corps de logis qui n'a été construit que sous M. Aimé- 
ras, son successeur, et qui a été transformée en chapelle 
en 1851. En 1898 on a découvert les restes d'une 
ancienne crypte et à l'entrée de cette crypte les restes 
d'un canal creusé par les Lazaristes pour amener 
l'eau de la Grange-Batelière au couvent. L'enclos de 
St-Lazare était immense et au milieu du xvni c siècle il 
occupait tout le terrain du quadrilatère limité aujourd'hui 
par les rues de Paradis, du Faubourg-Poissonnière, de 
Dunkerque, et du Faubourg-St-Denis. Le plan de Maire 
de 1808 porte cette note au sujet de l'enclos St-Lazare : 



X 8 ARRONDISSEMENT. 47 

« Quel enclos immense dans les murs de Paris. Il est 
beaucoup plus grand que le jardin des Thuileries ! » 

Jadis les rois, avant leur entrée solennelle dans Paris, 
mettaient pied à terre dans le « Logis du roi » qui était 
dans l'enclos St-Lazare, et leurs cercueils y étaient 
déposés la dernière nuit avant d'être transportés à 
St-Denis. La maison d'arrêt de Si-Lazare, doit dispa- 
raître. Il est inutile de rappeler que Mme Steinheil y fit 
un séjour en 1909. 

En face de St-Lazare se trouvait le couvent des Filles 
de la Charité (au coin de la rue St-Laurent et du fau- 
bourg St-Denis). 

N° 110. Emplacement primitif de la maison Dubois, 
expropriée pour le peixement du boulevard Magenta. 
A côté sur l'emplacement du 114 se trouvait la fontaine 
St-Lazare. 

N° 148. Passage Delanos. Nom de propriétaire. 

N° 152. Rue des Deux-Gares (1869). Ouverte sur 
l'emplacement d'une caserne de gardes françaises. Doit 
son nom à la gare du Nord et à la gare de l'Est. 

N° 184. Vieille maison. 

N° 190. Rue Demarquay. Nom en 1882 en mémoire 
d'un chirurgien de la maison Dubois. 

N° 200. Maison municipale de Santé connue sous le 
nom de Maison Dubois. Cette maison de santé était 
primitivement installée en 1802 dans les anciens bâti- 
ments de l'Hospice du Nom-de-Jésus, faubourg St-Mar- 
tin. En 1816 la maison se transporta faubourg St-Denis, 
sur l'emplacement du 110, dans l'ancienne communauté 
des Sœurs grises et elle s'appela Maison royale de 
Santé. Elle fut expropriée en 1858 pour le percement 
du boulevard Magenta. Les bâtiments actuels sont de 
l'architecte Labrouste. Henri Murger y mourut en 1861. 



48 PROMENADES DANS TOUTES LES RUES DE PARIS. 

Le docteur Dubois (1765-1837) fut chirurgien de cette 
maison. C'était lui qui au Caire avait reçu dans ses bras 
Kléber expirant, et qui aux Tuileries avait délivré 
l'impératrice Marie-Louise. 

N° 212. Rue Cail (1866). Nom en souvenir du 
constructeur des machines (1804-1871). 

N° 214. Rue Perdonnet (1866). Nom en mémoire 
d'un ingénieur directeur de l'Ecole Centrale au commen- 
cement du xix e siècle. 

N°203. Emplacement du séminaire St-Charles(1773). 

N° 209. Théâtre Molière. Ancien théâtre des Bouffes- 
du-Nord. 

Rue du Faubourg-Poissonnière (côté pair). 

Indiquée en 1652. Jadis chaussée de la Nouvelle- 
France. S'appela rue Ste-Anne au xvm e siècle, à cause 
de la chapelle de ce nom qui avant la Révolution était 
située au coin de la rue de Bellefond et du faubourg (sol 
de la rue Lafayette.) Cette voie conduisait à la poisson- 
nerie des Halles. 

N° 138. Maison en bois. 

N° 106. École Rocroy-St-Léon. 

* N° 82. Ancienne caserne de gardes françaises (1772), 
dite de la Nouvelle-France. Le lieu était dit de la Nou- 
velle-France et le nom venait de l'enseigne d'une 
guinguette. On dit que la cantine est l'ancienne chambre 
du sergent Bernadotte. Hoche y fut sergent. (Fronton- 
Trophée.) Aujourd'hui caserne d'infanterie. 

N° 80. Vieille grille. (Au Beaujolais.) 

* N° 58. Très bel hôtel construit à la fin du xviii siècle 
sur un terrain dépendant originairement du couvent 
des Filles-Dieu et cédé par les religieuses en 1772 à 



X e ARRONDISSEMENT. 49 

M. Goupy qui revend en 1776 à M. Delbare, lequel 
revend en 1784 à M. Titon. Hôtel Titon. Les héritiers 
Titon revendent l'hôtel en 1809 à M. Biderman et il est 
acquis en 1853 par M. Loridan. Propriété actuelle de 
Mme Panhard, fille de M. Loridan. (Portes. Belle 
cour.) 

N° 56. Corot y est mort en 18-75. (Inscription.) Dans 
cette maison, Ch. Sauvageot a formé la belle collection 
qu'il a léguée au Louvre. (Pavillon au fond de la cour.) 

N° 52. Cour assez intéressante. 

N° 42. Vieille maison ainsi qu'au 42 bis. 

N° 32. Bas-reliefs. 

* N° 30. Hôtel dit du Maréchal Ney. (Cour. Péristyle 
à quatre colonnes.) 

N° 10. Emplacement de l'Alcazar d'hiver avant 1871, 
où chanta Théréza. Théâtre Moderne en 1890. Théâtre 
des Poètes. Nouvelles-Folies. Toutes ces entreprises 
n'ayant pas réussi, le théâtre fut démoli et remplacé par 
l'immeuble actuel. 

N° 6. Parny y habitait en 1810. Le célèbre chevalier 
de Maison-Bouge (Gonzze de Bougeville), qui fut le 
héros de l'histoire de l'Œillet à la Conciergerie, logeait 
en 1808 au 6 de la rue du Faubourg-Poissonnière. Il fut 
exécuté à Beims pendant les Cent-Jours. Son fils, le 
marquis de Bougeville, dit M. Lenôtre, se suicida par 
désespoir d'amour en 1845 au n° 3 de la petite rue 
Madame. 

N° 2. Pavillon Louis XVI dans la cour. Au 4, habi- 
tait le vaudevilliste Brazier en 1831. 



RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE 
DES RUES DU X« ARRONDISSEMENT 



Abbc-ville (d'), 19. 
Albouy, 16. 
Alexandre-Parodi, 17. 
Alibert, 11. 
Alsace (d'), 18. 
Ambroise-Paré, 35. 
Aqueduc (de 1'), 18. 

Barthélémy (pass.), 33. 
Beaurepaire, 15. 
Belzunce (de), 35. 
Bichat, 10. 

Bois-de-Boulogne (pass. du), 44. 
Bondy (de), 26. 
Bonboure (cité), 16. 
Bonne-Nouvelle (boul.), 43. 
Bonne-Nouvelle (imp.), 43. 
Bossuet, 19. 
Boucbardon, 29. 
Boutron (imp.), 33. 
Brady (pass.), 30. 
Bretons (cour des), 12. 
Buisson-St-Louis (imp. du), 7. 
Buisson-St-Louis (pass. du), 7. 
Buisson-St-Louis (du), 7. 

Cail, 48. 

Chabrol (cité de), 20. 

Chabrol (de), 20. 

Chalet (du), 7. 

Chapelle (boul. de la), 3'*. 



Charles-Robin, 8. 
Chateau-d'Eau (du), 37. 
Château-Landon (de), 34. 
Chaudron, 33. 
Chausson (imp.), 10. 
Civiale, 7. 
Claude-Vellefaux, 8. 
Combat (pi. du), 5. 
Compiègne (de), 35. 
Corbeau (pass.), 8. 
Corbeau, 8. 

Delanos (pass.), 47. 
Delessert (pass.), 17. 
Demarquay, 47. 
Denain (boul. de), 36. 
Désir (pass. du), 32. 
Deux-Gares (des), 47. 
Dieu, 15. 

Douane (de la), 13. 
Dubail (pass.), 32. 
Dunkerque (de), 36. 

Echiquier (de 1'), 42. 
Écluses-St-Martin (des), 9. 
Enghien (d'), 44. 
Entrepôt (de 1'), 12. 

Faubourg-du-Temple (du), 12. 
Faubourg-Poissonnière (du), 48. 
Faubourg-St-Denis (du), 44. 



52 



RÉPERTOIRE ALPHAHETIQUE DES RUES. 



Faubourg-St-Martin (du), 30. 

Fénelon, 19. 

Ferme-St-Lazare (cour de la), 

20. 
Ferme-St-Lazare (pass. de la), 

20. 
Fidélité (de la), 22. 

GrAce-de-Dieu (cour de la), 1*2. 
< ' range-aux-Belles (de la), 9. 
Guy-Patin, 34. 

Hauteville (cité d'), 41. 
Hauteville (d'), 41. 
Hébrard (pass.), 8. 
llenri-Feulard, 7. 
Héron (cité), 10. 
Hittorf (cité), 31. 
Hittorf, 31. 
Hôpital-St-Louis (de F), 10. 

Industrie (pass. de 1'), 30. 

Jacob (cité), 9. 
Jarry (cité), 23. 
Jemmapes (quai de), 14. 

Lafayette (pi.), 18. 
Lafayette, 18. 
Lancry (de), 15. 
Legouvé, 15. 
Levant (cité du), 34. 
Loos (de), 8. 
Louis-Blanc, 6. 

Magenta (boni, de), 35. 
Magenta (cité de), 37. 
Marais (imp. des), 31. 
Marais (des), 31. 
Marchand (imp.), 17. 
Marché (pass. du), 29. 
Marie-et-Louise, 11. 
Marqfoy, 17. 
Marseille (de), 13. 



Martel, 39. 
Martini (imp.), 30. 
Maubeuge (de), 34. 
Mazagran (imp. de), 44. 
Mazagran (de), 44. 
Messageries (des), 41. 

Paradis (cité), 40. 
Paradis (de), 40. 
Parmentier (av.), 12. 
Parmentier, 12. 
Perdonnet, 48. 

Petites-Ecuries (cour des), 45. 
Petites-Ecuries (pass. des), 39. 
Petites-Ecuries (des), 39. 
Petits-Hôtels (des), 36. 
Philippe-de-Girard, 18. 
Pierre-Bullet, 3S. 
Pierre-Chausson, 37. 
Pierre-Dupont, 17. 

Récollets (pass. des), 16. 
Récollets (des), 16. 
Reilhac (pass.), 23. 
République (pi. de la), 13. 
Richerand (av.), 10. 
Riverin (cité), 29. 
Rocroy (de), 35. 
Roubaix (pi. de), 36. 

Sambre-et-Mause (de), 7. 
Sibour, 32. 

Strasbourg (boul. de), 21. 
Strasbourg (de), 20. 
St-Denis (boul.), 24. 
St-Laurent (cité), 33. 
St-Laurent, 32. 
St-Laurent (squ.), 22. 
Ste-Marthe (imp.), 8. 
Ste-Marthe, 8. 
St-Martin (boul.ï "Ji. 
St-Martin (cité), 32. 
St-Maur (cour), 8. 
St-Maur, 7. 



REPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DES RUES. 



53 



St-Quentin (de), 36. 
St-Yincent-de-Paul (de), 36. 

Taylor, 28. 
'ferrage (du), 17. 
Tesson, 8. 

Valonciennes (pi. de), 36. 



Valenciennes (de), 36. 
Valmy (quai de), 14. 
Vicq-d'Azir, 6. 
Villette (boul. de la), 5. 
Vinaigriers (cour des), 32. 
Vinaigriers (îles), 15. 
Violet (passage), 41. 
Wauxhall (cité du), 37. 



1 1 ï 6-09 . — Coulommicre. Irnp. Pall DRODARD. — 2-10, 



DC Roohegude, Félix, marquis de 
76l Promenades dans toutes 
R63 les rues de Paris 



PLEASE DO NOT REMOVE 
CARDS OR SLIPS FROM THIS POCKET 

UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY 



wm 




m.y