Google
This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project
to make the world's bocks discoverablc online.
It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover.
Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the
publisher to a library and finally to you.
Usage guidelines
Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automatcd qucrying.
We also ask that you:
+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for
Personal, non-commercial purposes.
+ Refrain fivm automated querying Do nol send aulomated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help.
+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project andhelping them find
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it.
+ Keep il légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other
countries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search mcans it can bc used in any manner
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite seveie.
About Google Book Search
Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders
discover the world's books while hclping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web
at |http : //books . google . com/|
PROVERBES ET DICTONS
DE LA BASSE-BRETAGNE
/
LAVAROU KOZ
VREIZ-IZEL
DASTUMET HA TROET E GALLEK
GANT
L.-F. SALVET
PARIS
H. CHAMPION, LEORIER
KAE MALAQUAIS, 1$
1878
PROVERBES ET DICTONS
DE
LA BASSE-BRETAGNE
RECUEILLIS ET TRADUITS
PAR
L.-F. SAUVÉ
PARIS
H. CHAMPION, LIBRAIRE
QUAI MALAQUAIS, I5
1878
AU LECTEUR.
Les documents que renferme le présent volume sont le résultat de
douze années de recherches à travers les campagnes armoricaines, et
principalement celles du Léon et de la Cornouaille. Maximes familières
et enseignements pratiques, formules naïves, observations piquantes, ils
représentent le côté philosophique de la littérature orale et traditionnelle
de la Bretagne. C'est au foyer de la ferme, dans les entretiens du
dimanche, ou les causeries du soir, pendant les longues veillées d'hiver,
qu'ils ont été recueillis, pour le plus grand nombre. Les autres ont été
glanés un peu partout, à l'aventure, dans la lande, sous bois, sur le che-
min des pardons et jusque dans la barque des pêcheurs. Pâtres, labou-
reurs, marins, tisserands, meuniers, tailleurs, bûcherons, mendiants de
tout âge et de toute misère ont, à mon appela réveillé leurs souvenirs,
et si je suis loin d'avoir épuisé les trésors de sapience du pays, je n'ai
du moins négligé aucun soin pour en reconstituer, feuille à feuille, un
exemplaire aussi complet que possible.
Je mécontenterai d'indiquer brièvement la méthode que j'ai suivie. Le
peuple breton est, à mes yeux, un palimpseste vivant. Rechercher, sous
les textes modernes et souvent sans intérêt qui le surchargent, les traces
de leçons anciennes qui apparaissent, ici, en caractères frustes, là, sans
altération notable; fixer ces caractères et les reproduire, sans y rien
ajouter, sans en rien retrancher: telle est la tâche que je me suis imposée.
Ce livre, comme on le voit, n'est point une anthologie, mais une simple
collection de matériaux. En rassemblant ceux-ci, j'ai voulu qu'on pût les
— VI —
consulter, sans crainte d'avoir à faire la part des empiétements du
diascévaste sur les modestes attributions de l'éditeur.
Dans la traduction, je. me suis fait également une loi d'être scrupu-
leusement fidèle. Il m'a semblé, toutefois, que, pour être vraiment exact,
je devais moins m'attacher à un mot-à-mot toujours rigoureux qu'à con-
server à mes copies la physionomie et la coloration des modèles. Il appar-
tient à la critique de décider si je me suis trompé.
Publiés d'abord par moi dans la Revue celtique ■ , par séries détachées, les
Proverbes et dictons de la Basse-Bretagne sont ici réunis pour la première
fois, avec des additions et des corrections. Est-il nécessaire d'insister sur
les considérations qui m'ont engagé à élargir le cadre de leur publicité P
Depuis longtemps, déjà, l'importance des proverbes, au point de vue des
études de psychologie populaire, n'a plus besoin d'être démontrée. D'un
autre côté, je me plais à croire que, comme vestiges de mœurs, de cou-
tumes, de croyances imparfaitement connues, et surtout comme formes
d'esprit et de langage qui s'effacent de jour en jour, les témoignages de
la sagesse bretonne s'imposent d'eujc-mêmes à l'attention de l'archéogra-
phe, du philologue et du grammairien. Mon ambition serait satisfaite, si'
les éléments nouveaux d'information que je leur apporte pouvaient être
pour eux de quelque utilité.
L.-F. Sauvé.
Aber^Wrac'h, le 15 juillet 1877.
I. Revue celtique publiée avec le concours des principaux savants des Iles Britanniques
et du continent, et dirigée par H. Gaidoz, directeur-adjoint à VÉcole des Hautes-Études,
professeur à VÉcole des sciences politiques, etc. (Paris, F. Vieweg, 1872-77).
TAOLEN.
Eneben.
KENTA STROLLAD 4
EIL STROLLAD 18
TREDE STROLLAD j6
PEVARDED STROLLAD 44
PEMPVED STROLLAD 58
CHOUEACHVED STROLLAD 76
SEIZVED STROLLAD. — AR MIZIOU 98
EIZVED STROLLAD 1 26
NAOVED STROLLAD . ij6
DEKVED STROLLAD 150
TABLE DES MATIÈRES.
Pages.
Au LECTEUR V
Préface i
PREMIÈRE SÉRIE.— Du travail, de son importance, et des condi-
tions dans lesquelles il est profitable. — Aphorismes agronomi-
ques 5
DEUXIÈME SÉRIE. — Morale domestique. — Ce qu'il faut faire et
ce qu'il faut éviter. — Destinée de l'homme 19
TROISIÈME SÉRIE. — Besoins matériels. — Alimentation. —Excès
et désordres 37
QUATRIÈME SÉRIE. — De la fortune, de ses avantages, de ses
inconvénients, et de l'emploi qu'on en doit faire 45
CINQUIÈME SÉRIE. — De l'amour, des femmes et du mariage . . 59
SIXIÈME SÉRIE. — De la famille et de l'éducation. — Leçons pra-
tiques et locutions proverbiales 77
SEPTIÈME SÉRIE. — Calendrier rustique : les mois. — Travaux
agricoles qui leur sont propres. — Pronostics divers. — Météoro-
logie 99
HUITIÈME SÉRIE. — Dictons sur les professions et les métiers . . 127
NEUVIÈME SÉRIE. — Croyances et superstitions, formules de con-
juration, etc. — Légende et histoire 137
DIXIÈME SÉRIE. — Dictons sur les pays 151
CORRIGENDA ET ADDENDA 167
PRÉFACE
Les travaux consacrés à faire connaître les proverbes des Bretons Armori-
cains ont été peu nombreux jusqu'à ce jour. Le seul recueil, digne de ce nom,
que possède la Bretagne, est le livre de Brizeux, intitulé Furnez Breiz, Sagesse
de Bretagne, ou Recueil de proverbes bretons par A, Brizeux, suivi d'une notice sur
Le Gonidec, par le même; — i vol. in- 12 de 108 et 18 pages, Lorient, Gousset,
1855. — Le même ouvrage a été réimprimé dans les œuvres complètes de
Brizeux, 2 vol. grand in- 12, Paris, Michel Lévy, 1861. Il occupe la fin du
premier volume (pages 341-412). — Cest un travail sérieux, fait avec une
entière bonne foi, mais qui, de Taveu même de son éminent auteur, est fort
incomplet. Il ne renferme guère que deux cents proverbes, puisés tant aux sources
orales qu'aux sources écrites. Parmi ces dernières, il faut citer au XVIII* siècle,
les Dictionnaires de Grégoire de Rostrenen et de Larmery, le Buguel Fur, et le
Voyage dans le Finistïre de Cambry ; au XIX', le Dictionnaire de Le Gonidec,
les livres de Souvestre sur la Bretagne et le Barzaz-Breiz.
Avant le recueil de Brizeux avait paru (à Morlaix, chez Guilmer), sans nom
d'auteur et sans date, mais vraisemblablement vers 1830, une petite brochure
dont le titre peu exact est Proverbou Spagnol, troet e Verzou Brezonnec, gant
AT** (in- 12 de 12 pages, renfermant 156 proverbes). Dans cette brochure de-
venue très-rare, et que Brizeux n'a pas dû connaître, se trouve un certain
nombre d'adages plus populaires à coup sûr en Bretagne qu'en Espagne. (Quel-
ques-uns même ont été empruntés presque littéralement au dictionnaire de Gr.
de Rostrenen, et au Buguel Fur, D'autres appartiennent à la tradition bretonne,
et il ne serait pas impossible de les retrouver presque tous. Telle était aussi,
sans aucun doute, l'opinion de M. LeMoal, ancien curé de la paroisse de Saint-
— 2 —
Martin, à Morlaix, qui en a donné une édition sous le titre de Meur a lavarou
koz ha talvoudeCy à la suite d*un Chemin de Croix {Hcnt ar Groaz, gant prcde-
rennou var ann me, in-8*, Morlaix, Lédan, 1843). M. Le Moal ne dit mot des
Proverbou Spagnol, bien qu*il n*ait fait que les reproduire, en les paraphrasant
quelquefois. Je dois ajouter, pour être exact, qu'il en a refait complètement le
texte, exilant sans pitié les mots français, et enjolivant le tout d'une orthographe
barbare qui est à elle seule une véritable curiosité.
Depuis quinze ans la parémiologie bretonne ne s'est enrichie d'aucun travail
important. Il convient toutefois de citer parmi les publications qui ont fait une
place aux proverbes, VAlmanach de Quimperléi pour 1862, et le Dictionnaire
français-breton de M. Troude.
i
KENTA STROLLAD.
PREMIÈRE SÉRIE.
/.
1 Kaoat c'hoant a zo galloud.
2 Neb na oar a gavo da ziski.
3 Kassid ann ero da benn,
4 Seul gentoclij
Seulwelloc'h,
^ Ar c'henta,
Ar gwella;
Na zale-ta
D'ober da dra.
6 Red eo gouzanv da gaout skiant,
Labourât tenn da gaout arc'hant.
7 Red eo d'ann den nhen euz netra
Labourât tenn, ha nanngouela.
8 Ann den iaouank en diegi
A zastum poan war benn koznL
9 Ar gïvella bara da zibri
A vez gounezet o cliouezi.
IL
1 Deuz da gleved ann alc'houedez
'Kana he zon d'ar goulou-deiz,
1 1 Evit paka louarn pe gad
Ez eo red sevel mintin mad.
1 2 Da louarn kousked
Na zeu tamm boed.
1 3 Labourit pa gousk ann dibreder,
Ho pezo ed leun ar zolier.
I.
1 Vouloir c'est pouvoir.
2 Qui ne sait trouvera à apprendre.
3 Menez le sillon à bout. (C'est-à-dire : n'interrompez pas l'ouvrage
commencé.)
4 Tant plus tôt,
Tant meilleur.
5 Le plus tôt
C'est le mieux ;
Ne tarde donc pas
A faire ta besogne.
6 II faut souffrir pour acquérir science,
Travailler d'ahan pour acquérir argent.
7 II faut à l'homme qui n'a rien
Travailler d'ahan, et non se lamenter.
8 Jeune homme qui vit dans la paresse
Amasse tourments sur la tête de sa vieillesse.
9 Le pain le meilleur à manger
C'est en suant qu'on le gagne.
IL
10 Viens entendre l'alouette
Chanter sa chanson au point du jour.
1 1 Pour attraper renard ou lièvre
Il faut se lever de grand matin.
1 2 A renard endormi
Ne vient point morceau de viande.
1 3 Travaillez quand dort le fainéant,
Vous aurez du blé plein le grenier.
— 6 —
14 'Nn hini neus ket c'hoant kaout naon
Na chomm ket re-bell war he skaon,
1 5 Neb na laka poan hag aket
N'hen devezo madou na boed.
i6 c'hortoz ar ieod da zevel, e varv ar zaout gand ann naon.
1 7 Red eo terri ar graouenn
Evit kaout ar voedenn.
i8 Ann hini vez oc h aoza iod
'N euz ann tamm kenta *vid he Iod,
IIL
19 Ar pezazo gret gant va zad
A zo gret mad.
20 Lagad ar mestr a lard ar marc'h
Hag a laka ed barr ann arc' h.
2 1 Ar mestr mad a ra ar mevel mad,
22 Ann hini na oar ket senti
Na oar ket komandi,
25 Na gemerit evit merour
Nag eur c'har nag eur.traïtour.
24 Kaz maneget na dalv netra da logota.
2 5 Ki besk ha kaz diskouarnet
NHnt mad nemet da zibri boed.
26 Laerez he amzer hag he voed,
Brasa pec'hed a zo er bed,
27 Gwell eo eun obérer
Evit kant lavarer.
28 Dibaod ar c'halvez
A labour heb danvez.
29 Gant netra
Na reer tra.
1 4 Qui ne veut avoir faim
Ne demeure trop longtemps sur son banc.
I j Pour qui ne met peine et attention,
Point d'argent et point de pain.
i6 En attendant que l'herbe pousse, les vaches meurent de faim.
1 7 II faut briser la noix
Pour en avoir l'amande.
i8 Celui qui prépare la bouillie
A la première portion pour son lot.
III.
19 Ce qu'a fait mon père
Est bien fait.
20 L'œil du maître engraisse le cheval
Et comble la huche de blé.
2 1 Le bon maître fait le bon serviteur.
22 Celui qui ne sait pas obéir
Ne sait pas commander.
2 3 Ne prenez ppur fermier
Ni un parent ni un traître.
24 Chat ganté ne vaut rien à chasser souris.
2 5 Chien sans queue et chat sans oreilles
Ne sont bons que pour manger.
26 Voler son temps et sa nourriture.
Le plus grand péché qui soit au monde.
27 Mieux vaut un faiseur
Que cent diseurs.
28 Rare est le charpentier
Qui travaille sans matériaux.
29 De rien
On ne fait rien.
7
I
— 8 —
IV.
30 Bepred didalvez
A gav digarez.
3 1 Heb ar skodoa hag ar choat-îro
'Ve muioc'h kilvizien hag a zo,
3 2 Meur a hini a gav mad pesket dizreinet,
3 3 Anez labourât, breac'h didorr,
34 F alla hibil a zo et c'hâr a wigour da genta,
3 5 Klanv hep glac'har,
Kamm ki pa gar.
36 Da zadorn ez eo bel ganet,
Ebad gant-han al labour gret,
37 Ma choan em c'hof me garfe ve noz,
Ar zul warc'hoaz, ha gouel antrbnoz.
38 Meurlaje! Meurlaje!
Me garfe 'badfe bemde,
Ann eosî ter gwech ar bla,
Gouel Mikel bep seiz via,
39 EatwarvloaZy
Emoc^h en noaz.
40 Pa vo ho roched oc'h ar bod,
E vo dizolo ho sac^h-iod.
41 Didalvedigez
Mamm ar baourentez.
V.
42 Dioc'h he labour
Ar micherour.
4 3 Hanter-douget eur bec^h gret-mad.
N'euz labour n'heller da verrad
En eur gemer dre ar penn-mad.
— 9 —
IV.
30 Toujours fainéant
Trouve prétexte.
3 1 N'étaient les nœuds et le bois tordu,
Il y aurait plus de charpentiers qu'on n'en voit.
32 Plus d'un trouve bon le poisson sans arêtes (mot à mot désarité).
33 Si ce n'est pour travailler, bras infatigable.
34 La plus mauvaise cheville du char fait du bruit la première.
3 5 Malade sans affliction,
Chien boiteux quand il veut.
56 C'est un samedi qu'il est né,
Il se réjouit de la besogne faite.
37 Mon souper dans mon ventre je voudrais qu'il fût nuit.
Que dimanche vint demain et fête après demain.
38 Carnaval! Carnaval!
Je voudrais qu'il durât toujours,
Que la récolte vint trois fois l'an,
La Saint-Michel tous les sept ans » .
39 L'an écoulé
Vous êtes à nu.
40 Quand votre chemise pendra au buisson,
Découvert restera votre sac à bouillie.
41 Paresse
Mère de pauvreté.
V.
42 D'après l'œuvre
L'ouvrier.
43 Fardeau bien fait est à demi porté. —
Il n'^st travail que l'on ne puisse abréger
En le prenant par le bon bout.
I. C'est à la Saint-Michel que se paient ordinairement les fermages et que l'on
change de serviteurs. *
— 10 —
44 ^nn hini a ia founnuz a ia pell;
Ann hini a ia difounn a ia welL
45 Karrig a dro
A denn bro\
Karrig a red
Na bad ket.
46 Na biskoaz den na eure re
Na rafe re neubeud goude,
47 Etre re ha re neubeud eman ar muzul just,
48 Kentoc^k e skuiz arfreill evit al leur.
49 Ann hini na zec^h ket he bal
'Tle bep mare sec'ha he dal.
50 Ann hini a c^houitell bepred a zizec'h he veg.
5 1 Na dalv ket ar boan sutal, pa na fell ket d^ar marc'h staotat,
52 Ho labour a ielo da labour wenn.
5 3 Eur poent a zo evit pep tra,
54 Pa weler diouskouarn ar c'had,
We ket re abred he vazata.
5 5 Pep tra hen euz he genteL
j6 Gant kolo hag amzer
E teu da eogi ar mesper.
57 Neubeuttra, neubeud,
Hinkin a ra neud.
$8 Gand ar boan hag ann amzer
A-benn a hep-tra e teuer.
59 Eun dra gret na tle netra d'eun dra da ober.
60 Warlerc'h ar merc'her ema 'r iaou :
Paket ar zizun er c^hraou.
6 1 Nep a gign he vaout er bloa-ma
A ve kuit da vloa d'hen touza.
I
I
— II
Qui va lentement va mieux.
4 5 Petit char qui tourne
Tire du pays (c. à d.: fait du chemin);
Petit char qui court
Ne dure point.
46 Jamais homme ne fit trop
Qui plus tard ne fit trop peu.
47 Entre trop et trop peu est la juste mesure.
48 Le fléau se fatigue plus tôt que l'aire ■ .
49 Qui n'essuie sa pelle
Doit à chaque instant essuyer son front.
50 Qui siffle toujours se dessèche la bouche.
5 1 Ce n'est pas la peine de siffler, quand le cheval ne veut pas pisser.
52 Votre travail tournera en travail blanc. (Cad.: Vous travaillerez en
pure perte.)
55 II y a temps pour tout.
54 Quand on voit se dresser les oreilles du lièvre,
Il n'est pas trop tôt de l'assommer.
5 5 Chaque chose porte son enseignement.
56 Avec de la paille et du temps
Les nèfles mûrissent.
57 . Petit à petit
Fuseau fait fil.
58 Avec de la peine et du temps
On vient à bout de tout.
59 Chose terminée ne doit rien à chose à faire.
60 Après le mercredi, le jeudi :
Voilà la semaine dans l'étable. (C. à d.: Ne vous découragez
pas; plus que deux jours de travail, et dimanche viendra.)
6 1 Qui écorche son mouton cette année
Sera quitte de le tondre l'année prochaine.
I. Se dit surtout des rapports conjugaux.
— 12 —
62 Prena keuneud *zo re zivezad
Pa vez red c'houeza er biziad,
63 Allez euz a fumez
A zeu ar gorregez,
64 En noz e kemerer ar zlllouy
Dale a va vad a-weslou.
Vî,
65 Va mab, re goz ann douar end ober goab anezhl.
^6 Beg ar zouch, beg ar vronn,
Gand ho daou e vevomp,
67 Tri beg *zo soutenn ar bed :
Beg ar vronn, beg ar zoc'h,
Hag ar beg ail 'vel ma ouzoc'h.
68 Diwar breac'h al labourer 'ma ar bed holl veva.
69 En douar fall 'mafall ann ed,
70 Al louzou fall a drec*h atao.
7 î Gwell eo ijin eget nerz,
72 Dre balat sounn
Ez a ar c'hlaz dounn.
1 3 Douar askol, — douar ed;
Douar raden ne-d-eo ket,
74 Douar treaz, — douar ed;
Douar brulu ne-d-eo ket.
1 S Douar meinok,
Douar greunok.
76 Diwar ann treuz-ieod e vez ed,
Diwar ann onkl na vez ket.
11 Gand ar prajou ez eo a vager al loened,
Al loened a ro teill hag ann teill a ro ed,
78 Pà vez ker ar bleud
A vez kezek treud.
— n —
62 C'est trop tard acheter fagots
Quand il faut soufHer dans ses doigts.
63 Souvent de sagesse
Vient lenteur.
64 C'est la nuit qu'on prend les anguilles »
Attendre est bon quelquefois.
VI.
6 5 Mon fils, trop vieille est la terre pour qu'on se gabe d'elle.
66 Pointe du soc, pointe du sein,
Toutes les deux nous font vivre.
67 Trois pointes soutiennent le monde :
La pointe du sein, la pointe du soc,
Et l'autre pointe que vous savez.
68 Sur le bras du laboureur s'appuie le monde entier pour vivre.
69 En mauvaise terre mauvais blé.
70 Mauvaises herbes l'emportent toujours.
7 1 Mieux vaut adresse que force.
72 En bêchant verticalement
On enfonce la motte de gazon.
7 5 Terre à chardons, — terre à blé,
Terre à fougères ne l'est pas.
74 Terre mêlée de sable, — terre à blé ;
Terre à digitales ne l'est pas.
7 5 Terre pierreuse,
Terre graineuse,
76 Où pousse chiendent poussera blé,
Où pousse avoine à chapelets, blé ne poussera.
77 Avec les prairies on nourrit le bétail.
Le bétail donne du fumier, le fumier donne du blé.
78 Quand la farine est chère
Les chevaux sont maigres.
— 14 —
79 ^^^in louet ha teill brein
Ra d'ar c'houer sevel he gein;
Bezin brein ha teill louet i
Lak' ar c'houer da glask he voed,
80 Na espern teill metespern had;
Ha mar feuz hadet eun dournad,
Te hen devezo eurfalsad,
8 1 Teill denved hag hada dioch-tu
A lak' ann heiz da veza dru.
82 Teill a grogadou,
Segal a bochadou.
83 Pa hadi kass had,
Pe losk dihad.
84 Hada lann e pep miz,
Nemet e miz eost ha pa vez avel vit.
85 Ann hini 'ved hag 'had soudenn
*Goll eur bar a war bep ervenn,
86 Arfalla gounid euz a Vreiz
A zo gwiniz warlerc'h heiz.
87 Coude gwiniz gounid heiz
Gwella gounid azo e Breiz.
88 Heiz dibell ha gwiniz pellek
A lak' ann arc' h da veza barrek.
89 Ne deuz netra paea ann dud e par ann amzer.
90 Dioc'h a reot,
E kavot.
91 Etouez ar muia drein
Eman 'r gaera rozen,
92 Sotoc'h evit ann den
A-wesiou her c'helenn,
93 Pa vez avel krenv, niza;
Pa vez kalm, tamoeza.
94 E peb amzer kelenn,
A'Wesiou goure' hemenn.
— «5 —
79 Goémon moisi et fumier pourri
Font que le laboureur se redresse ;
Goémon pourri et fumier moisi
Mettent le laboureur à chercher son pain.
80 N'épargne pas le fumier mais épargne la semence;
Et si tu as semé une poignée,
Tu récolteras une brassée. (Mot à mot : une faucillée; c.àd.
tout ce que peut abattre un coup de faucille.)
81 Engraisse avec du fumier de mouton et sème aussitôt,
Tu auras de l'orge à foison.
82 Fumier à pleines fourches,
Seigle à pleins sacs.
85 Quand tu sèmes, porte de la semence.
Ou laisse en jachère.
84 Sème l'ajonc en tout mois,
Si ce n'est au mois d'août et quand le vent souffle du nord-est.
85 Qui moissonne et sème aussitôt
Perd un pain sur chaque sillon.
86 La plus mauvaise culture de Bretagne,
Froment après orge.
87 Après le froment semer de l'orge,
La meilleure culture de Bretagne.
88 Orge sans balle et froment à balle
Font que la huche devient comble.
89 II n'est rien à l'égal du temps pour payer les hommes.
90 Comme vous ferez,
Vous trouverez.
91 Où il y a le plus d'épines
Sont les plus belles roses.
92 Plus sot que l'homme
Lui donne quelquefois des leçons.
93 Quand le vent est fort, vanne ton blé ;
Quand il est calme, tamise-le.
94 En tout temps enseignement.
Quelquefois commandement.
EIL STROLLAD.
DEUXIÈME SÉRIE.
/.
95
Didalvez eo ha koll amzer
Diski ar mad hep hen ober.
96
Ober vad pa c^helliy
Droug a ri pa gari.
97
Sell petra 'ri.
98
Kalonek a drec'h peb tra.
99
Hep stourm ne vezer ket îreac'h.
100
E ranker neun pe veuzi.
lOI
Ober ha tevel.
102
Pep tra eviî Doue,
103
Mervel da veva.
104
Den a galon a zo doujet.
IL
105 A skiant hag a goantiri
Eo pinvidik 'walc'h pep-hini,
106 Weuz den ebed war ann douar
Na gav en tu bennag he bar.
107 E pep tra a glask peb den
Tenna begik he spillen.
108 Arc'hamm
A wel he damm.
I.
95 C'est peine inutile et perte de temps
Qu'apprendre le bien sans le faire.
96 Fais le bien quand tu pourras,
Tu feras le mal quand tu voudras.
97 Prends garde à ce que tu feras.
98 L'homme de cœur vient à bout de tout.
99 Sans combat point de victoire.
100 II faut nager ou se noyer (c'est-à-dire : Il faut vaincre ou mourir).
ICI Faire et se taire.
102 Tout pour Dieu.
1 } Mourir pour vivre.
104 L'homme de cœur est respecté.
II.
105 De savoir et de beauté
Chacun se trouve assez riche.
106 II n'est homme sur la terre
Qui ne trouve quelque part son égal.
107 En toute chose chacun cherche
A tirer le bout de son épingle.
108 Le boiteux
Voit son morceau. (C.-à-d. : Si disgracié qu^on
puisse être, on a toujours bonne opinion de soi).
1—20 —
109 Ar c^hamm a zaill keit hag eun ail,
Hirroc'h mar galL
110 We ket ai c'hezek bras a gass ar c'herc^h d'ar marc^had,
m Ann hini a vale eeun a gav atao ledan he streat.
1 1 2 Nt'd-eo ket eur skendilik a ra ann hanv,
Nag eur bar-avel ar goanv.
II? Al lestr na zent ket ouz ar stur
Ouz ar garrek a zento sur.
114 Pa ve arruéd ar givall,
Cwell eo born evit dall.
1 1 5 Gwelloc'h eo beza kiger eget beza leue.
1 16 Cwelloc^h eo laza ar bleiz evit beza lazet gant-han.
1 17 A-wesiou gtvelloc'h doujans evit karantez.
118 — Ranna pe ganna !
— Leuskel ar goad da iena,
1 19 Red eo lezel nep hen euz gai
D*hen em gravât ha da c^hrognaL
1 20 Danvad kaillaret, peurvuia,
Ouz ar re ail 'glask em frota,
1 2 1 Ann neb a chomm er ger diouc^h ann noz
A vez divlamm antronoz.
122 Daou louarn kamm a zo treac*h d'unan eeun,
1 2 j Karet a reer ann drubarderez, — kasoni a zo euz ann trubard.
1 24 Em milin n'euz ket dour awaVch evit mala hoc*h arreval,
1 2 5 Ne-d-eo ket pec'het, nemet mad,
Mouga ann aer gant he c'hofad.
III.
1 26 E-leac^h 'ma ann dour ar sioula
E vez ann dounna.
127 Bezo ann avel e-leac'h ma karo,
Pa ra glao e c'hleb atao.
128 Na c'hoariit ket gand al lagad.
09
— 21 —
Le boiteux saute aussi loin qu'un autre,
Plus loin s'il peut.
10 Ce ne sont pas les grands chevaux qui portent l'avoine au marché.
(C.-à-d. : Le plus grand n'est pas toujours le plus fort).
1 1 Qui marche droit trouve toujours son chemin large.
L'Été ne se fait d'une seule hirondelle.
Pas plus que d'un coup de vent l'Hiver.
Navire qui n'obéit point au gouvernail
Obéira sûrement à l'écueil.
Quand malheur est arrivé,
Mieux vaut être borgne qu'aveugle.
Mieux vaut être le boucher que le veau.
Mieux vaut tuer le loup qu'être tué par lui.
Mieux vaut quelquefois être craint qu'aimé.
— Partage ou bataille !
— Laisse le sang se refroidir. (C.-à-d.: Attends que ta
colère soit passée pour prendre une résolution extrême) .
Il faut laisser le galeux
Se gratter et grogner.
Brebis crottée, le plus souvent,
Aux autres cherche à se frotter.
12
14
i6
17
i8
»9
20
21
Qui reste à la maison sur le soir
Est sans blâme le lendemain.
22 Deux renards boiteux viennent à bout d'un renard qui est droit.
25 On aime la trahison, — on hait le traître.
24 Dans mon moulin il n'est assez d'eau pour moudre votre provision.
25 Ce n'est point un péché, c'est un bien
D'étouffer le serpent avec sa portée.
26
27
28
m.
Où l'eau montre le plus de placidité
Elle a le plus de profondeur.
Souffle le vent où il voudra,
Quand il y a pluie elle mouille toujours.
Ne jouez pas avec l'œil.
— 22 —
1 29 List ar re ail diluia ho giviad,
I jo N^e ket red toi mein warlerc^li kement ki a c'harz.
1 3 1 Abred pe zivezad ez a ann toi da falL
1 32 Hep-ken beteg ar wech diveza ez a ar pod d^ar feunteun,
13} Pà vez te domm ar iod
E skaot.
1 34 Divezad skei war vorzed
Pa vez bramet.
1 3 5 Liez a wech vez tizet fall
Nep a gustum tizout 're ail.
1 36 War stad 're ail nep a gomzoy
Mot kar em zellet e tawo.
1 37 N'ez eux pesk heb he zrein.
1 38 N'euz den na tra hep he si,
Hag allez hen euz daou pe dri,
139 Ma mignon, mar am euz eur si,
A kredan hoc' h euz daou pe dri.
1 40 Sellit euz ho poutou
Hag e welot toull ho lerou,
141 Ann hini a zant ar c'houez,
Dioc'h he reor e kouez.
142 Kenta rebech a ra kakous da gakousy
Eo kakous.
IV.
143 Re gravât a boaz, *
Re brezek a noaz.
144 Gwassoc'h eun toi teod evit eun toi kleze.
1 4 5 Brud fall a ia beteg ar mor ;
Brud vad a chomm e toull ann nor.
Goths {canes Gothi)^ mais des Juifs dispersés après la ruine de Jérusalem. De plus, on
les tenait pour lépreux de père en fils, et les professions les plus viles leur étaient seules
permises. Aujourd'hui les Cacous deviennent rares, mal.<i, en souvenir des métiers quMIs
exerçaient de préférence, on donne toujours le nom de Cacous aux cordiers et aux
tonneliers.
— 23 —
1 29 Laissez les autres débrouiller leur écheveau.
130 II ne faut pas jeter de pierre à tout chien qui aboie.
1 3 1 Tôt ou lard le coup porte à faux.
1 32 C'est seulement jusqu'à la dernière fois que la cruche va à la fon-
taine.
1 3 3 Quand trop chaude est la bouillie,
Elle brûle.
1 34 C'est trop tard de frapper sur sa cuisse,
Quand le pet est lâché.
1 3 5 Souventefois est bien pris
Qui a pour habitude de prendre les autres.
136 Sur la condition des autres qui parlera,
S'il veut se regarder se taira.
1 37 Pas de poisson sans arête.
138 II n'est homme ni chose sans défaut,
Et souvent homme et chose en ont deux ou trois.
1 39 Mon ami, si j'ai un défaut,
Je crois que vous en avez deux ou trois.
140 ^ Regardez vos chaussures
Et vous verrez le trou de vos bas.
141 . Sentez-vous puanteur ?
C'est de votre c. qu'elle tombe.
142 Le premier reproche que fait cacous à cacous,
C'est qu'il est cacous».
IV.
143 Trop gratter cuit,
Trop parler nuit.
144 Plus de mal fait un coup de langue qu'un coup d'épée.
145 Mauvaise réputation va jusqu'à la mer ;
Bonne réputation reste au seuil de la porte.
I . Les Cacous de la Bretagne sont les derniers représentants d'une race misérable,
avec laquelle le reste de la population ne voulut jamais contracter d'alliance. Leur nom,
comme celui des Cagots, leurs frères des provinces pyrénéennes, a gardé jusqu'à ce jour
son ancienne valeur de réprobation et de mépris. On les disait descendants, non des
— 24 -
1 46 Nep zo lemm beg he deod a renk beza kalet kostez he benn .
1 47 Araog komz grit nao zro
Gand ho teod en ho keno.
148 Peoc'h! Peoc'h!
Losi ar vioc^h
^Zo gan-e-oc^h, •
149 Gant Doue hanvet muia eo
Nep na lavar mad pe na dao.
1 50 Va maby gant ar ment a venti,
Ha netra ken, mentet e vi.
I s I Gand ar muzul e rofed d^ar re ally e vezo roet d^e-hoc'h.
1 5 2 Barnit ar re ail evel ma fell d'e-hoc'h beza barnet,
1 5 î Diouc'h arfrouez ema ret tanvaat
Kent evit lavaret ema mad.
1 54 Gortozidann noz evit lavaret eo bet kaet ann deiz,
I j 5 D'ann abardae Havarfet
Hag hen a zo bet kaer ann dey
Evel d'ar maro a welfet
Hag hi ^zo bet mad ar vuhe,
1 j6 Eur skoulm great gand ann teod na ve ket diliammet gand ann dent
1 57 Gwelloc^h eo eur ger tavet
Eget daou lavaret.
1 5 8 Kerse
Na deu 'met goude.
V.
IJ9 Ar iar a goll he vi
kana re goude dozvi.
et je l'ai lue comme suit :
Gant : doue : han : vet : mungna : eo :
Nep : na lauar : mat : pe : na : teo.
Cette Inscription en lettres gothiques est contenue dans une banderolle que tient un
ange en granit sculpté en bas-relief à la porte de Possuaire.
— 25 —
146 Qui a pointu le bout de la langue doit avoir le crâne solide. (A cause
des coups de bâton qu'il s'expose à recevoir).
1 47 Avant 'de parler tournez neuf fois
Votre langue dans votre bouche.
148 Paix! Paix!
La queue de la vache
Est avec vous'.
1 49 Qui doit à Dieu le plus de compte est
Celui qui ne parle bien ou qui ne se tait ^.
1 50 Mon fils, comme tu mesureras,
Et non autrement, mesuré tu seras.
1 5 1 Avec la mesure que vous donnez aux autres il vous sera donné.
1 52 Jugez les autres comme vous voulez être jugés.
15) Au fruit il faut goûter
Avant de dire qu'il est bon.
1 54 Attendez la nuit pour dire que le jour a été beau.
1 5 5 C'est au soir que vous direz
Si le jour a été beau,
Comme à la mort vous verrez
Si bonne a été la vie.
1 56 Nœud fait avec la langue ne se défait point avec les dents.
1 57 Mieux vaut une parole que l'on tait
Que deux que l'on dit.
158 Regret
Ne vient qu'après.
V.
159 La poule perd ses œufs
En trop chantant après avoir pondu.
*
1 . Ce dicton est curieux et me paraît ancien. Je Tai souvent entendu. C*est pour couper
court à unç querelle qui menace de devenir sérieuse, qu'on l'emploie d'ordmaire. Aux
premiers éclats de voix un tiers intervient, et s'adressant au querelleur qui s'échaufFe le
plus, il dit : « Paix! Paix! La queue de la vache, c'est vous qui la tenez. » J'ai vaine-
ment demandé quelle signification on prêtait à ces étranges paroles. On me répondait
invariablement : nous disons ce que nous avons entendu dire... Les anciens {ar re goz)
parlaient ainsi... Toutefois, dans nombre de cas, il me semble qu'on aurait pu les tra-
duire de la sorte : « Calmez-vous, calmez-vous ! on sait que la raison est de votre côté ;
on sait que c'est avec.vous qu'est la sagesse. »
Serait-ce quelque souvenir d'une autre patrie ? Il serait difficile d'en faire la preuve.
Quoiqu'il en soit, les Brahmanes ne désavoueraient pas un tel langage.
2. Sur le charnier de Notre-Dame de Trémavoézan (Finistère), cet adage se trouve
— 26 —
i6o Pa gloc^h ar iar e vez vi pe tabous.
1 6 1 Dibaot siminal a voged
Anez ne ve tan en oaled.
162 Ar c'homsiou a zo merc'het
Hag ar skrijoa a zo goazeî.
1 6 3 Lavaret a reer allez
Gaou e-leac'h gwlrlonez.
1 64 Kanî klevet
Na dalvont ket
Eur gwelet.
VI.
1 6 5 Neb a oar relz ar wlrlone
A hell hl laret gnvel a-ze.
1 66 Etre c'hoarl ha fars
E vez lavaret arwlrlonez da gais.
167 Ar wlrlonez a zo diez da glevet
Drelst pep tra d^ann hini n^hi c'har ket.
1 68 Ar wirionez a zo kasauz
Dreist pep tra d^ann hlni a zo kabluz.
1 69 Ar wlrlonez a zo kasauz,
Hag ann hlnl hl Iar a zo arabaduz.
170 Ann den klanv he zaoulagad n^hell ket sellet ann de,
Nag ar re a zo kabluz klevet ar wlrlone.
1 7 1 Petra a zervlch nac^h ouz Doue ar pez a oar ar Werc'hez !
172 Tra kuz da drl nep a lavar
A'benn neubeud eun ail hen goar.
17 j E-leac^h ma vez tri
E vez toull ann tl.
VII.
174 DloUy telr amzer hen euz ann den ;
N'int ket henvel ann ell euz eben.
175 vont d^ar fest c^houl a gano,
toni en dro c'houl a welo.
— 27 —
i6o Quand glousse la poule, il y a œuf ou poussin.
1 6 1 Rarement cheminée fume
S'il n'y a feu dans Tàtre.
162 Les paroles sont des femelles
Et les écrits des mâles.
16} On dit souvent
Mensonge à la place de vérité.
164 Cent entendus
Ne valent pas
Un vu.
VI.
165 Qui sait la règle de vérité
Peut la dire sans broncher.
1 66 En jouant et plaisantant
On dit à plusieurs la vérité.
167 La vérité est difficile à entendre,
Surtout pour celui qui ne l'aime pas.
168 La vérité est haïssable.
Surtout pour qui se sent coupable.
1 69 La vérité est haïssable
Et qui la dit est radoteur.
1 70 L'homme qui a les yeux malades ne peut regarder le jour,
Ni le coupable entendre la vérité.
171 Que sert de niera Dieu ce que sait la Vierge! (C.-à-d. : Pourquoi
faire un mystère de ce que savent plusieurs personnes ?)
1 72 Secret confié à trois personnes
Est avant peu connu de quatre.
173 Où il y a trois personnes
La maison est à jour.
VII.
174 Deux ou trois saisons vit l'homme,
Aucune ne ressemble à l'autre.
175 En allant à la fête vous chanterez,
En revenant vous pleurerez.
— 28 —
176 Goude c^hoarzin eteu gwelay «
Goude c^hoari huanada.
1 77 Re diouz vintin nep a c^hoarzas
Barz ann noz allez a welas.
1 78 Goude ann enkrez
Ê teu levenez.
1 79 Gant ann amzer hag ann avel
Ez apep anken war ho dlouaskel.
1 80 Blskoaz glao n^euz gret na dawfe^
Avel-greon plni na gouezfe.
181 Itron Varia- Druez hag ann Aotrou Sant Per
A ro d'ar gwall zaouî kernlel / en.
1 82 Gwell eo dougen ar groaz eget he ruza,
183 Ne euz droug na zervlch da vad.
1 84 C^hoanî Doue ha c'hoant den a zo daou.
185 Doue had ann ed en douar,
Ha Doue hen dastum pa gar.
1 86 E-leac^h ma od ann erv er bbaz-man, e vezo ann and er bloaz a zeu.
1 87 Koz ha laouank, ha da hep oad,
Ann Ankou 'zeulo d^ho falc^had.
1 88 Eun den krenv, — eun den kreveî ;
Eur baleer braz, — eun den brevet;
Eun neuler-kaer, — eun den beuzet ;
Eun tenner-mady — eun den lazet.
1 89 Gad Doue ema ar madou ;
Sachlt war-n-ho a grabanadou.
1 90 Ar goustlans gant he tlk-tok
A zo kloc'hik Sant Kolledok.
191 Ar bodennou ho deuz daoulagad,
1 92 Gwell ve gan-ln mervel mil gwech
Evlt koll ma enor eur wech ;
Rak ma enor, pa ve kollet,
Evlt he glask n*hen c'havlnn ket.
193 Red eo muzula aznaoudegez gant ann troadad mad-oberlou.
— 29 —
176 Après le rire les pleurs,
Après les jeux les sanglots.
177 Tel que trop matin l'on vit rire
Dans la nuit bien souvent pleura.
178 Après tristesse
Liesse.
1 79 Avec le temps et le vent
Tout chagrin s'envole.
180 Jamais on ne vit pluie qui ne cessât,
Vent impétueux qui ne tombât.
181 Notre-Dame de Pitié et le seigneur saint Pierre
Donnent aux vaches méchantes des cornes courtes.
1 82 Mieux vaut porter sa croix que la traîner.
183 11 n'est mal qui ne serve à bien.
184 Désir de Dieu et désir de l'homme sont deux.
18^ Dieu sème le blé sur la terre,
Et Dieu le moissonne quand il veut. .
186 Où était le sillon cette année sera la fosse l'année prochaine.
1 87 Vieux et jeunes, et gens de tout âge,
La Mort viendra vous faucher.
188 Homme- fort, — homme crevé ;
Grand marcheur, — homme brisé ;
Beau nageur, — homme noyé ;
Bon tireur, — homme tué.
1 89 Dans la main de Dieu sont les richesses ;
Arrachez-les à poignées.
1 90 La conscience avec son tic-toc
Est la clochette de Saint-Kollédoc • .
1 9 1 Les buissons ont des yeux.
1 92 Mieux vaut pour moi mourir mille fois
Que perdre mon honneur une fois ;
Car mon honneur, quand il sera perdu,
J'aurai beau le chercher, je ne le trouverai pas.
193 II faut mesurer la reconnaissance avec la mesure des bienfaits.
I. Dans la croyance populaire, St-Ké, appelé aussi St-Kollédoc, possédait une clo-
chette qui l'avertissait du bien qu'il devait faire ou du mal qu'il devait éviter.
— 30 —
194 'Neb a ra vad e-lec'h drouk
D'ar baradoz hen cm zoug.
195 M ad eo beva pell;
Beva mad a zo well,
196 Ar vuez vad a bad atao,
^ Ar vuez f ail a baouezo,
1 97 Ar vuhe hirran 'zo c*hoaz berr,
Hag ar bec'h skanvan, c'hoaz ponner,
1 98 Pa errvL eux c*holl en ti,
Ez erru daou pe dri,
199 Lagad ann denpa eo sarret,
Lagad Doue ^zo digoret.
200 Ha c^houi a garre kaout eur maro mad?
Beviî ervad,
201 Eul linsel wenn ha pemp plankenn,
Eun îorchenn blouz dindan ho penriy
-Pemp troated douar war c'horre^
Setu madou ar bed er be,
202 Avely holl avel!
Ez eo red mervel.
— 31 —
1 94 QH^ rend le bien pour le mal
Au paradis se porte.
195 Vivre longtemps c'est bien ;
Vivre bien c'est mieux.
1 96 La bonne vie dure toujours,
La mauvaise vie aura un terme.
1 97 La vie la plus longue est courte encore.
Le fardeau le plus léger encore pesant.
198 Quand arrive une perte (c.-à-d. une mort) à la maison,
Il en arrive deux ou trois.
•
199 Quand l'œil de l'homme est clos,
L'œil de Dieu est ouvert.
200 Voulez-vous avoir une bonne mort ?
Vivez bien.
201 Un linceul blanc et cinq planches.
Un bouchon de paille sous votre tête,
Cinq pieds de terre par dessus.
Voilà les biens du monde dans la tombe.
202 Vent, tout n'est que vent!
Il faut mourir.
TREDE STROLLAD
TROISIÈME SÉRIE.
/.
20) Neb 'zo laouen gand bara seac'h
A gav da beuri e peb leac'h.
204 Ann dour a red
Ne ra droug da zen ebed,
205 Ann îamm hag al lomm
A zalc^h ann den en he blomm.
206 Al lomm heb ann tamm
A ra d*ann den kaout Iamm.
207 Ann tamm heb al lomm
A zo war galon ann den evel plomm.
208 Ar pod dour pa deu en îi
Prest he c'houitel da bep-hini.
209 Pep-hini d^he dro
Evel ann toaz e go,
2 1 o Gwelloc'h eur pred bepred
Eget eur bouezellad éd.
2 1 1 Gwelloc'h eun tamm bemdez
Evid re da Veurlarjez.
212 Ne c^houzanver ket ann dienez ken a ve eat ar feunteun da hesk.
2 1 3 Biskoaz den gant naoun bras
Tamm bara fall ne gavas.
214 Sac' h goullo ne-d-eo ket evit chom en he za.
Pa vez leun ar zac'h ne-d-a ket ken ebarz.
2 1 j Dioc'h he dant ve gorroed ar vuoc'h.
2 1 6 Roit d'or zaout bouet freaz
Hag e zavo dienn war al leaz.
I.
20} Qui de pain sec se contente
Trouve à se nourrir en tout lieu.
204 Eau qui court
Ne fait de mal à personne.
205 Morceau et goutte
Tiennent Phomme d'aplomb.
206 Goutte sans morceau
Fait faire à Phomme plus d'un saut.
207 Morceau sans goutte
Sur le cœur de Phomme pèse comme du plomb.
208 Cruche qui rentre à la maison
A chacun prête son goulot.
209 Chacun à son tour
Comme la pâte à lever.
210 Mieux vaut un repas, pour toujours assuré.
Qu'une boisselée de blé.
2 1 1 Mieux vaut un peu chaque jour
Que trop au carnaval.
212 On ne souffre pas de la disette tant que la fontaine n'est pas allée
à sec.
2 1 3 Jamais homme ayant grand' faim
Ne trouva morceau de pain mauvais.
214 Sac vide ne saurait rester debout. (La faim et les privations
débilitent Phomme.)
Quand le sac est plein, plus rien n'y entre.
2 1 j Selon la dent on trait la vache. (C.-à-d. : d'après ce qu'elle
mange, la vache donne du lait.)
216 Nourrissez bien vos vaches
Et la crème s'élèvera sur le lait.
-36-
//.
2 1 7 Pred fall ha pred mad
A zcdc'h eun tiegez en he stad.
2i8 Beza 'zo tri seurt beva : beva, bevdikha bevettez.
2 1 9 Souben ar c'hik hag irvinen
A ra d^ar valez teir chiken.
220 Souben ann tri zrdik :
Doux y c'hoalen ha baraïk.
221 Kement 'zo fall
A gar ar zall.
222 Tammou bihan hag allez
A garg ar c'hof ha pa ve diez.
22 3 Avalou douar da gïvalc'h
Hag ar c'hikjust awalc'h.
224 Arpez a ra d'ann dridi beza treud,
Kalz emaint war neubeud.
22 5 Kerc^heiz a lez pesk bihan
A zebr melfeden d^he c'hoan,
226 Farsforn
A vez debret gant ann dorn,
227 Ann hini 'zebr stripou
A zebr kaoc'h a-wesiou.
228 Mad eo leaz douSy mad eo leaz trenk.
Ha mad da bep-hini gouzout chom en he renk.
22^ Tri seurt tud a laka amann war ho bara : ar veleieny abalamour ma-
Z'int sakr'y ann duchentily abalamour ma-z-int nobl; hag arpaïsantet,
abalamour ma-z4nt sod,
2J0 Cwadegen evit gvi^adegen pa vo lazet ar moc^h,
2 3 1 Ann hini a ubr avalou poaz
Birviken askorn ne gac*haz.
232 Eur sprec'hen a zebr allez kement hag eur marc'h mad.
233 Braz al labour y — bihan ann dibri,
2 3 4 Marc'harit Milimaout,
— Î7 —
II-
2 1 7 Mauvais repas et bon repas
Tiennent un ménage en bon état.
218 II y a trois manières de vivre : vivre, vivoter et misérer.
2 1 9 Soupe de viande et de navets
Fait triple menton à la servante.
220 Soupe de trois pauvres choses :
Eau, sel et méchant pain.
22 1 Tout ce qui est mauvais
Demande à être salé.
222 Morceaux petits et répétés
Remplissent le ventre, fût-il difficile.
22? Des pommes de terre tant que tu voudras,
De la viande — juste le nécessaire.
224 Ce qui fait que les étoumeaux sont maigres
C'est qu'ils sont beaucoup sur peu.
225 Héron qui laisse petit poisson
Mange à souper des limaçons.
226 Far » cuit au four
Avec la main se mange.
227 Qui tripes mange
M.... parfois avale.
228 Bon est le lait doux, bon est le lait aigre,
Et bon est à chacun de savoir rester à son rang.
229 Trois classes d'hommes mettent du beurre sur leur pain : les
prêtres, parce qu'ils sont sacrés; les gentilshommes, parce qu'ils
sont nobles ; et les paysans, parce qu'ils sont sots ^.
2}o Boudin pour boudin quand on tuera le cochon. (C.-à-d. : cadeau
pour cadeau, — service pour service, qnand l'occasion se
présentera. Quelquefois aussi : dent pour dent, — œil pour œil.)
231 * Qui mange pommes cuites
Jamais os ne ch...
232 Une haridelle mange souvent autant qu'un bon cheval.
23 } Grand le travail, — petit le manger.
234 Marguerite Milimaout,
1 . Espèce de flan qui se fait avec du lait, de la farine de froment, du sucre et des œufs.
2. Ce dicton railleur tend à établir Tégalité des hommes devant la faim.
- j8-
Deut ire ama gand ho saout :
Kig ha fars a zo erpody
Deut dre ama hag ho po lod.
2 } 5 Perigou meleriy kraouennigou gell,
Wenz ar valez gand ar mevel;
Krampoez amanenety bannigou lez,
N'euz a r mevel gand ar valez.
m.
236 Lakd kig er pod,
Ann lan, sur, hen devezo lod,
2 Î7 Pa-z-a ar billik war ann lan
Ez a ann daou en unan.
238 Pep loudouren
A gav mad he cheusleuren,
239 lanned eo matez lanned,
lanned hag he mestrez a ribodkevred^
240 Beviny houad, ha kik maout
'Zo mad d'ann neb hell ho c'haout.
241 Bramma a ra eur bourc^his, pa he gofa zo goulloy hag eur breizad a
vreugeudy pa he Kini a zo leun,
242 Paourentez a dosta en kuz
Euz kegin lipous ha re druz.
243 Da c'henou a zo braz
'Vel genou fourn ar raz.
244 Nep 'zo lipous e vuzellou
A lez noaz he jaritellou.
245 Fanch koz a zebr iskiz
Ken na dap gand he viz.
246 Ne ubrann na chivr, na pleizenny
Red e monel da glask va nouenn.
IV.
247 Micher ar remm
Dibri boed ha klemm,
248 Evid ar remm, ann drouk-penn hag ar glizienn,
I . Le piquant de ce dicton repose sur le mot ribod, qui ne signifie pas seulement
baratter, mais aussi faire ribote. Dire que Jeannette et sa maîtresse barattent de compagnie,
c'est donner à entendre qu'elles s'enivrent ensemble.
— 59 —
Venez par ici avec vos vaches :
Viande et far Mi y a dans le pot.
Venez par ici et vous en aurez morceau.
2} 5 Petites poires jaunes, petites noix brunes,
Donne à la servante le valet;
Crêpes beurrées, petites gouttes de lait,
Donne au valet la servante.
m.
236 Mets viande au pot,
Le feu, sûrement, en aura sa part.
257 Quand le poêlon est sur le feu
Deux se réduisent à un.
238 Chaque souillon
Trouve son mauvais ragoût bon.
239 Jeannette est la servante de Jeannette,
Jeannette et sa maîtresse barattent de compagnie.
240 Chair de bœuf, canard et viande de mouton.
Bonnes choses pour qui peut les avoir.
241 Un bourgeois pète quand son ventre est vide, et un Breton rote
quand le sien est plein.
242 La pauvreté s'approche à la sourdine
De délicate et trop grasse cuisine.
243 Ta bouche est grande
Comme la bouche d'un four à chaux.
244 Quiconque a les lèvres friandes
Laisse ses jarrets nus.
245 Le vieux François mange salement
Jusqu'à ce qu'il prenne avec les doigts.
246 Je ne puis manger ni chevrette, ni plie,
Il faut aller me chercher l'extrêroe-onction.
IV.
247 Métier de goutteux —
Bien manger et se plaindre.
248 A rhumatisme, migraine et crampe,
I . Le far dont il est ici question n'est autre chose qu'une pâte de farine de blé noir
ou de froment que l'on fait cuire dans le bouillon, en la renfermant dans un sac de toile
très-épaisse.
— 40 —
Ne gavot biken al louzaouenn,
249 Bron goret hag askorn torret^
Cwasoc'h Vfr ar werbl na eut ket.
250 i4r c^hlenved a zeu war varech, hag a ia kuiî war droad,
251 Da zistaga ar c'hlenved
Eul louzou divezad n^hen deuz galloud ebed.
252 Ann hiky iec'hed da vikannik.
Ha da gozik, marvik,
V.
2 5 3 Ann hini a ziwall sec'hed
A ziwall iec^hed.
254 Nemet sec'heî pe naon a pe,
Na zebr tamm na ne ev banhe,
2 5 j Ev da win pur ha souben tomm.
Ha pep hini diouc'h da ezomm.
256 Muioc'h a dud a laz ar gwin
Evit na bare ar medisin.
257 Nep ho re vignoun d'ar gwin mad
'Zo enebour da vab he dad,
2 58 Aoîrou Personn, deut afo,
Arfoerellik eo a zo.
Aotrou Personny deut d'ar redy
Arfoerellik na ehan ket.
259 Ann nep hen euz evet a evo.
260 Ann neb a gar re ar gwin
A ev dour a-benn ar fin.
261 Digant mignoun eo well kaout dour
Evit gwin digant tràitour.
262 Bezit atao kuzet oc' h eun den mezo,
Rak ar pez a oar ann holl her gwezo.
263 Eur zac'h dizere eo.
264 Ar c'hillok. — Erru ann oac'h d'ar ger.
Ar c'haz. — Hag hen meo, meo, meo.
Ar c'hi. — Aîô, 'tôy 'tô, 'îà, vez '.
I . Ce dicton, qui est tout un petit tableau de genre, a de plus le mérite d*offrir un exemple
des curieux effets d'harmonie imitative que les Bretons se plaisent à tirer de leur langue.
— 41 —
Vous ne trouverez jamais de remède.
249 Mamelle apostumée, os cassé,
Rien n'est pire que le bubon.
250 La maladie vient à cheval et s'en retourne à pied.
2 5 1 Pour triompher de maladie,
Tardif remède est sans vertu.
252 Le hoquet, — santé pour l'enfant,
Et, pour le vieillard, — fin prochaine.
V.
2 5 3 Qui est maître de sa soif
Est maître de sa santé.
254 A moins que tu n'aies soif ou faim.
Ne mange morceau ni ne bois goutte.
2 5 5 Prends ton vin pur et ta soupe chaude.
L'un et l'autre selon ton besoin.
2 56 Plus de gens fait mourir le vin
Que n'en guérit le médecin.
257 Quiconque aime trop le bon vin
Est ennemi du fils de son père.
2 58 Monsieur le Curé, venez vite.
C'est la foire qu'il a ;
Monsieur le Curé, dépêchez-vous,
La foire ne s'arrête pas.
259 Qui a bu boira. ,
260 Qui aime trop le vin
Par boire de l'eau finit.
261 Mieux vaut l'eau d'un ami
Que le vin d'un traître.
262 Ne confiez jamais vos secrets à l'homme ivre.
Car ce qu'il sait tout le monde le saura.
263 C'est un sac non fermé. (C.-à-d. : Il ne peut garder ce
qu'on y met, ce qu'on lui confie.)
264 Le coq. — Le chef de la famille arrive à la maison.
Le chat. — Et il est ivre, ivre, ivre.
Le chien. — Toujours, toujours, toujours, toujours il l'est.
4
PEVARDED STROLLAD.
QUATRIÈME SÉRIE.
/.
265
Gwell eo fumez
Evit pinvidigez.
266
Gwell eo brud vad da pep-hini
Eget kaout madou leiz ann ti.
267
Gwell eo chomm hep heza ganet
Evit chomm hep heza disket.
268
Gwell eo diski mabik hihan
Eget dastam madou d^ezhan.
269
Gwelloc'h skiant
Evid arc'hant.
270
N'e ket dioc^h ann arc'hant
A bouezer ar skiant.
271
Ann arc'hant n^euz ket a lost.
272
Madou 'zeu ha madou 'm,
Evel moged^ evelpep tra.
273
Ar rod a zo atao e tu pe du trei.
274
Eno ema micher ar bed :
Lakad ann traou d^ar red.
Dam vont,
Darn tont.
275
Goude ar rastell e teu arforc^h.
276
m
War lerc^h eun daspugner
E teu eun dispigner.
277
Ann danvez dastumet gant ar rastell
A ielo buhan gant ann avel.
278
He zoc'h a ielo da venaoued.
I.
26$ Mieux vaut sagesse
Que richesse.
266 Mieux vaut à chacun bon renom
Que richesses plein la maison.
267 II vaut mieux rester sans naitre
Que rester sans rien connaître.
268 Mieux vaut instruire le petit enfant
Que lui amasser des richesses.
269 Mieux vaut savoir
Qu'argent.
270 Ce n'est d'après l'argent
Que l'on pèse le savoir.
27 1 L'argent n'a pas de queue < .
272 Les biens viennent, les biens s'en vont
Comme la fumée^ comme foute chose.
273 La roue tourne toujours d'un côté ou de l'autre.
274 Voici le train du monde :
Mettre les choses à courir.
Les unes partent,
Les autres arrivent.
27 j Après le râteau vient la fourche.
276 Après Tamasseur
^ Le dissipateur.
277 Les biens qu'on ramasse au râteau
Avec le vent s'en iront tôt.
278 Son sot (de charrue) se changera en alêne. (C'est-à-dire : ses biens
diminuent rapidement.)
I . Pour le rattraper quand il s'en va.
-46-
279 ^^^^ ^^^ ^^ ^^ ^ ^^'^ ^^'*
280 Beza paour ne-d-eo ket pec'hed,
Gwell eo koidskoude tec'het.
28 1 Ann hini hen euz a lip he c'heuz,
Ann hini n'hen euz a zell a dreux.
282 Gwelloc'h moged evit reo,
Gwelloc'h argand evit bleo.
28 3 Gwell eo merer pinvidik
Eget denjentil paourik.
284 Eun alc'houez arc^hand a ùgor
Gwell' vit eun alc'houez houarn ann nor,
GweW vit arc'hand eun alc'houez aoar,
285 Pa ne euz ket muioc'k red e ober gand ar pez'zo.
286 Gwell eo eurgad paket evit teir redtk.
287 Eut skoet em dorn a dalv d'in-me
Muioc'h eget daou vole.
288 Mean-ruill, mean-ki,
Na zestumont ket a ginvi.
289 Er iaouankiz espern' zo red,
A-benn ma teuïo kozni d'ar red.
290 Petra servich kaout eur vioc'h vady
Mar skuUl al leaz gand eun toi troad f
291 Mar teu d*ar vioc'h dileazan,
Kenavo mignon, ha skan.
292 Kals bugale heb largentez
A laka espern ann danvez.
293 Marfell d'id dastum madou,
Pa lammi unan laka daou,
294 Tenna heb lakat
Berr e pad.
295 'Nn hini a viraz a gavaz
Antronoz-veure pa zavaz,
IIL
2^6 Ar pinvidik
'Zo g;wiridik.
— 47 -
IL
279 Dieu ne regarde pas à la condition.
280 Pauvreté n'est péché,
Mieux vaut cependant Péviter.
281 Qui a, se lèche les babines,
Qui n'a, regarde de travers.
282 Mieux vaut iiimée que gelée,
Mieux vaut argent que cheveux.
283 Mieux vaut riche fermier
Que gentilhomme sans denier.
284 Clé d'argent ouvre
Mieux que clé de fer une porte,
Mieux que clé d'argent ouvre clé d'or.
285 Quand il n'y a pas davantage il £aut faire avec ce qu'il 7 a.
286 Mieux vaut un lièvre pris que trois lièvres qui courent.
2S7 Un écu, que je tiens, pour moi vaut
Mieux que deux qui se promènent.
288 Pierre qui roule ou que chien pousse
Ne ramasse jamais de mousse*
289 Epargne, durant ta jeunesse.
Pour l'heure où la vieillesse au galop accilurra.
290 Que sert-il d'avoir une bonne vache.
Si d'un coup de pied elle renverse le Ifait? (C.-à-d. : Que sert-il
d'être riche, si Ton ne sait que gaspiller follement sa fortune ?}
291 La vache vient-elle à perdre son lait.
Vite, voilà l'ami décampé.
292 Beaucoup d'enfants^ point de largesse.
Et l'on épargne sa richesse.
293 Si tu veux amasser du bien.
Pour un d'ôté mets deux.
294 Tirer sans mettre
Dure peu.
295 Qui mit en réserve trouva
Le matin quand il se leva.
IIL •
296 Le riche
Est douillet.
-48-
297 Nep hen eut arc'hant hag a ro
A gav mignoned e peb bro.
298 Nep a gemer ha na ro ket
N'hen eut mignon ebet.
299 Eur vad peur-c^hret,
Prest ankounac'het.
^00 *Nn hini brest arc'hanty hep goarant,
A goll ha mignon hag arc'hant.
î o I KenderV'gompez pa bresti,
Map da c'hast pa c'houlenni.
302 N'e ket gad marvaillou
E paeer ann dleou.
303 Ann hini a ielo da gredy
Mar na goll, na c^hounezo ket.
304 Koll
A ro skiant da foll.
J05 Gwella skiant 'nn hini prenet,
Nemet re ger e ve koustet.
306 Pa vez tro da goll
Eo gtvell hanter eget holL
307 Ann hini ne risk netra
Na koll na gonid ne ra.
308 E'kenver klinka
Eo gfverza.
309 Re ginnig marc'hadourez
A zo eur merk n^e ket e werz.
310 Na werz netra da eur mignonik
Hana brenn ket digant pinvidik.
3 1 1 Prenit ker pell a gerrot,
Gwerzit ker tost a c'hellot.
3 1 2 Trompluz a zo kompodi 'nn amanenn
Arok ma deuz ar vioc'h hi ferc'henn.
3 1 3 Eun ti kaer ann nep a zavo
A gavo buhan he ialc'h goullo.
314 En ti nevez hag hen krenn,
Siminalou war he zaou-benn,
3 1 5 Trouz arc^hant ha c'houez vad
Ne reont na ialc'h na kofad.
— 49 —
297 Qui Si de l'argent et le sème
Trouve en tout pays des amis.
298 Qui prend et ne donne
N'a d'ami personne.
299 Un bienfait
Est vite oublié.
300 Qui prête argent^ sans garantie.
Perd son ami et son argent.
301 Cousin germain quand tu prêteras,
Fils de p quand tu réclameras.
302 Ce n'est avec des contes
Que se règlent les comptes.
303 Qui de caution servira,
S'il ne perd^ point ne gagnera.
304 Dommage
Rend le fou sage.
305 Le meilleur esprit, — Pesprit acheté.
Si trop cher, pourtant, il n'a point coûté.
306 Une perte est-elle imminente.
Mieux vaut la moitié que le tout.
307 Qui ne risque rien
Ne perd ni ne gagne.
308 De l'apprêt
Dépend la vente.
309 Trop offrir sa marchandise
Prouve qu'elle n'est de vente facile.
310 Ne vends rien à un ami,
Et n'achète pas d'un homme riche.
3 1 1 Achetez aussi rarement que vous voudrez,
Vendez aussi souvent que vous pourrez.
3 1 2 C'est se tromper que calculer le prix du beurre
Avant d'avoir acheté la vache.
3 1 3 Qui bâtira belle maison
Trouvera tôt sa bourse vide.
314 Dans maison neuve, courte soit-elle,
Cheminées sur les deux bouts.
3 1 j Bruit d'argent et bonne odeur
N'emplissent ni la bourse ni le ventre.
— 50 —
3 1 6 Red e da derc^hel tinel gaer
Bexa pinvidik-iras pe laer.
3 1 7 Gwell et e hep die bara heit
Evit en prest bara gwiniz,
3 1 8 Gwelloc'h eun ti bihan hag eo bouedok
Evit eun ti bras hag eo avelok,
319 Saludy aotrouy mar-d-oc^hy
Seta eur marc' h mad, mar-d-eo d'e-hoc'h.
IV.
320 Pinvidik ounn kouls ha nikm
Pa 'z-ounn kontanî eut va fortun.
321 Ar madou bras, ann enoriou
Eut a zent a ra diaoïdou.
322 Seul vu'a ve, seul vu' ve c'hoant
Da zastum lewe hag arc'hant,
323 Seul yui, seul c'hoaz.
324 Seul vui, seul wellan,
325 Eux a wenn ann îousog hen eux aoun na vankfe douar d'ezhan da
zibri.
^26 Reïeurbizenn
Evid eurfavenn.
327 Atao a gaver eost ann amezek gwelloc'h evid hon-kini.
328 Paourik pa binvidika
Gwaz evid ann diaoul ez ia,
329 Dibaod den na binvidika
Oc'h ober gaou euz he nesa.
330 Eun ti karget a vinored
N'hen euz mignon na kar er bed»
3 3 1 Danvez minorety plouz id-du,
A ia bemdez war ziminu.
332 Madou belek ha plouz id-du
Ne-d'int mad 'met d'ober ludu,
333 Ar pez azeu gand ar mare lano,
3 16 Pour men^r grand traki de maison,
Il faut richissime ou larron.
317 Mieux vaut sans dette un pain d'orge
Qu'en prêt un pain de froment.
3 1 8 Mieux vaut maisonnette bien approvisionnée
Que grande maison pleine de vent.
319 Salut, monsieur, si vous l'êtes,
Voilà un beau cheval, s'il est à vous.
IV.
320 Je suis aussi riche qu'aucun^
Si de ma fortune je suis content.
321 Les grands biens, les honneurs
Changent les saints en diables.
322 Plus on a, plus on a désir
D'amasser rentes et argent.
323 Tant plus, tant encore.
324 Tant plus, tant meilleur.
325 (Il est) de la race du crapaud > qui craint qu'à manger la terre ne
lui manque.
326 Donner un pois
Pour avoir une fève.
327 Toujours on trouve la moisson du voisin meilleure que la sienne.
328 Pauvre qui s'enrichit
Devient pire que le diable.
329 Rarement homme s'enrichit
Sans faire tort à son prochain.
3 30 Maison remplie d'orphelins
N'a d'ami ni de parent au monde.
3 3 1 Biens de mineurs, paille de blé noir,
Vont chaque jour diminuant.
332 Biens de prêtre et paille de blé noir
Ne sont bons qu'à faire de la cendre.
335 Ce qu'apporte le 'flot
I . Ce proverbe s'applique aux avares. L'auteur d'un vieux sermonnaire manuscrit, que
j'ai en ma possession, explique ainsi l'une des figures que Ton voit sur les étranges
tableaux dont se servent les prédicateurs bretons, dans les retraites et les missions : a An
avarisdet a so represantet e jurm an tous soc pini a lavarmr ne gret dibry leiz t goff a
zouaty rac aoun na vanque deza. » (L'avarice est représentée sous la forme du crapaud
qui, dit-on, n'ose manger plein son ventre de terre, de crainte qu'elle ne vienne à lui
manquer.)
- 52 —
Gand ar mare a dreac'h er-meaz a ielo.
H 4 Madou deuet pront
Buhan e tizillont.
335 ^^ madou a zeu dre 'nn hent fall
A zo diez-meurbed da ziwalL
3 36 Heritaich eur belek arabad he gass £ar penn huela deuz ann ti.
3 37 Ann arc'hant a uu a-berz ann diaol
A zistrOy buhan, da houarna PoL
338 Ar pez a zeu diwar gousd ann diaoul a ia da houarna he varc*h, ha
c'hoaz e chomm eun troad dishouarn d^ezhan.
339 ^^' S^^ ^ ^^^^ ^^^^^ he gar d'he vamm he zorred hen eux en daou
damm,
340 Bleud ann diaoul a ia da vrenn.
341 Ker braz laer eo neb a zalc*h ar zac'h evel ann nep a lak' ebarz.
342 N'euz ket a chans warlerc'h al laer.
343 Al laer brassan
A groug ar bihanan,
344 Al laeron vihan a vez krouget
Hag ar re vras na vezont ket.
345 Hag a vec'h euz a wenn ar c'hiy
Mar hoc' h euz madou, deut en ti;
Hag a vec'h euz a wenn ar Roue,
Mar-d'Oc'h paour, it en hano Doue.
V.
346 Abars mervel réi he zanvez
A dosta 'nn den oc' h paour entez.
347 Ann hini koz, pa redo,
D'ann ankane ez aio.
348 Trista daou zra 'zo er bed,
Koll ar gweled hag ar c'herzed.
349 Dalc^h ar c'hef en da zorn, pa 'man,
Hag e teui da domma out-han.
— Jî —
S'en retourne avec le jusant.
334 Les biens qui viennent promptement
Se dissipent de même.
335 Les biens qui viennent par le mauvais chemin
Sont très-difficiles à garder.
336 Héritage de prêtre^ ne le portez au plus haut de la maison ^
3 37 L'argent qui vient du diable,
Vite, s'en va pour ferrer Pol ^.
338 Ce qui vient de la bourse du diable s'en retourne pour ferrer son
cheval, encore un des pieds de celui-ci reste-t-il déferré.
339 Le vieux Pol en cherchant à redresser la jambe de sa mère l'a
brisée en deux.
340 Farine du diable tourne en son.
341 Aussi grand voleur est celui qui tient le sac que celui qui met dedans.
342 N'a pas bonne fin qui suit le voleur.
343 Le grand voleur
Pend le petit.
344 Les petits voleurs sont pendus,
Les grands voleurs ne le sont pas.
J45 Quand vous seriez de la race du chien,
Entrez chez moi, si vous avez du bien ;
Quand vous seriez de la race du Roi,
Ëtes-vous pauvre, — au large, loin de moi?.
V
346 Avant de mourir abandonner son bien
Rapproche l'homme de pauvreté.
347 Quand le vieillard courra.
C'est l'amble qu'il prendra. (C.-à-d. : on ne va pas vite en be-
sogne, quand on est vieux.)
348 Les deux plus tristes choses du monde.
Perdre la vue et l'usage des jambes.
349 Tiens bon la bûche, quand elle est dans ta main.
Et tu viendras te chauffer à sa flamme.
1 . Parce que les biens qui en proviennent ne peuvent prospérer, s'ils ne retournent
aux pauvres, qui, d'après Topinion générale, en sont dans Porigine les légitimes pro-
{>riétaires. Il est donc sage à Théritier d'un prêtre de ne pas les placer trop avant dans
a maison, et même de les laisser près de la porte, puisqu'ils doivent sortir sans tarder.
2. Pol est un des noms du diable en Bretagne.
). Traduction littérale du dernier vers : Si vous êtes pauvre, allez au nom de Dieu,
— 54 —
3 50 Ann hini a taleth ann askom
A ielo V c'hi da heul he zorn.
? 5 1 Pa gaser ar paour d'ann douar
Kloc'h braz ar barrez ^zo bouzar.
5 J2 Easoc'h d^ar mab goulenn oc'h tad evit d'ann tad goulenn oc^h mab.
3 5 3 Nesoc'h eo ilin evit dorn.
3 j 4 Reï d'ar paour aluun allez
Ne ziverreaz biskoaz ann danvez,
? 5 J ^r roerig,
Ar c'haverig,
356 Pa zeu ar paour da doull ho tor^
Mar na roit d'ezhan^ respontit gand enor.
357 En danue e hes dispignet
N^en-^-e mui d'it na ne vou ket;
En hani alhoueet d'en neah
A eel bout lairet kend arouah;
Er maru e rei d*ha pugale
Er peh e pou cherret neze :
El lod e rel d'er beurerlon
Vou ha s-hanl, te ha unon,
358 Bezit mutpa roet;
Pa roer iac% komzet.
— 55 —
3 59 De celui qui tient l'os
Le chien suivra la main.
3 5 1 Quand on porte le pauvre en terre
La maltresse cloche de la paroisse est sourde.
3 52 II est plus facile au fils de demander au père qu'au père de demander
au fils.
353 Plus voisin est coude que main. (C.-à-d. : sur les degrés de la pa-
renté doit se mesurer la bienveillance.)
3 54 Faire souvent au mendiant l'aumône
N'a jamais appauvri personne.
355 Qui donne peu
Reçoit peu.
3 56 Quand vient le pauvre au seuil de votre porte,
Si vous ne lui donnez, parlez-lui doucement.
3 57 L'argent que tu as dépensé
N'est plus à toi ni plus ne sera ;
Celui qu'en haut tu as mis sous clé
Avant demain peut être volé;
La mort à tes enfants livrera
Ce que tu auras ramassé,
Mais ce qu'aux pauvres tu donneras
Restera tien, en propre t'appartiendra 1.
3 58 Soyez muet, quand vous donnez ;
Quand on vous donne, parlez.
I . On dit de même dans l'Avranchin, sur les marches de Bretagne :
Ren n'est plus à se
Que c'qu'on a donné.
PEMPVED STROLLAD.
CINQUIÈME SÉRIE.
/.
359 ^^^^^ ^^ karante e-tre daou
'Vit na eo madou leiz ar c'hraou,
360 Gwell eo karante leiz ann dorn
'Vitna eo madou leiz eurforn,
)6 1 Ann aour melen a vez lodet
Hag ar garante na vez ket.
362 Madou a zeu, madou a ia,
Karante morse na guita.
363 Madou a ia war bouez ar ster.
Hag ar garante chomm er ger.
364 Gant karante 'zo plijadur
Ha gant madou tamaladur.
365 Ann delien 'gouez war ann douar,
Ar c'hened ive a ziskar.
366 Pa vec'h ken du hag ar mouar,
Gwenn-kan oc'h d'ann hini ho kar.
367 Red e anavezout
Araok karout,
368 Karout hep beza karet
A zo poanius ha kalet.
369 Karantez pelly
Karantez gwell ;
Karantez tost,
Karantez losk.
370 Gwell eo 'n em garout nebeutoc'h
Evit ma pado pelloc'h.
I.
3 $9 Mieux vaut amour liant deux cœurs
Que richesse emplissant l'étable.
^60 Mieux vaut plein la main d'amour
Que richesses plein un four.
361 L'or jaune, — on le divise,
L'amour, — on ne le partage pas.
362 Les biens viennent, les biens s'en vont.
L'amour ne nous quitte jamais.
36} Les biens s'écoulent comme l'eau de la rivière
Et l'amour reste à la maison.
364 Avec amour — plaisir,
Avec richesses — soucis.
36$ La feuille tombe sur la terre,
La beauté déchoit aussi.
366 Fussiez-vous aussi noire que la mûre,
Vous êtes blanche pour qui vous aime.
367 II faut connaître
Avant d'aimer.
368 Aimer sans être aimé
Est pénible et dur.
369 Amour éloigné>
Le meilleur amour;
Amour rapproché.
Amour relâché.
37c Mieilx vaut s'aimer uif peu moins
Pour que l'amour dure fiÈBf Ibngtemps.
— 6o —
371 Dousou e peb leac^hy
Karantez e neb leac'h.
372 Kemeret hep reï
A laka karantez da drei;
Reï hep kemeret
A laka karantez £ar reà,
II.
373 'Nn hini Vez e gras ar merc'hed
N'hen euz na naoun na uc'hed.
374 Biskoaz n'euz bet chanz-vad karet ar merc'hed.
375 Evid ar mor bout traïtour, traïtouroc'h ar merc'hed.
376 Great he voutou
Araok he lerou.
«
377 Ar bleunig a dro 'wechigo,
Karantez ar pkc'h 'dro ato.
378 Karantez ar merc'hed a zo e-giz ar pell,
Pa sonjer nebeuta ez a gand ann avel,
379 Biskoaz plac'h fur y fur na ve pell
henti goazy na na ve well.
380 Gand ar c'hoant pignat re huel
Ar plac'hïk a ziskenn izei
381 Betek ken n'ema ket ar mod
Ez ia plac'h da glask ar pot.
382 Ma Zalver ar bedy
Nag a blac'h koanf zo eat da c'hrek!
Ma-z-afe kemend ho deux c'hoant,
Ez afent holl kant ha kant.
383 Arbiga grog en he skouarn.
384 Abarz e vezo fin ar bed
Arfalla douar gwella ed,
Arfalla merc'hgavella dimeet^
Hag ar besterd arok oc' h ober tro V veret.
III.
385 Easoc'h dimezi
Evit sevel ti.
- 6i —
^7 1 Des maîtresses en tout lieu,
De l'amour nulle part.
372 Recevoir sans donner
A l'amour fait tourner le dos ;
Donner sans recevoir
Met en fuite Pamour.
IL
373 Qui vit dans les bonnes grâces des femmes
N'a ni faim^ ni soif.
374 Point de bonheur pour qui s'attache aux femmes.
375 Si traîtresse que sdit la mer, plus traîtresses les femmes.
376 On lui a fait ses chaussures
Avant ses bas ^
377 Fleurette tourne parfois,
Amour de fille tourne toujours.
378 L'amour des femmes est comme la balle,
Quand on y songe le moins il part avec le vent.
379 Jamais fille sage, — sage longtemps ne reste
En hantant les garçons^ ni meilleure ne devient.
380 En voulant monter trop haut
Fillette bas descend.
381 Jusqu'à ce jour ce n'est la mode
Que fille aille quérir garçon.
382 Mon Sauveur du monde,
Combien de jolies filles sont entrées en ménage !
Si celles qui le désirent le pouvaient,
Toutes, par centaines, se marieraient.
383 La pie lui pince l'oreille. (C.-à-d. : Elle meurt d'envie de se marier.)
384 Avant qu'arrive la fin du monde,
La plus mauvaise terre produira le meilleur blé,
La plus mauvaise fille sera la mieux mariée,
Et les bâtards seront en tête (de la procession), pour faire le tour
du cimetière.
III.
385 II est plus facile de se marier
Que d'élever maison.
I . Se dit d'un homme éconduit.
— 62^
386 Aliesoc^h (Un dimezet
Evit den plaset ezet,
387 Ne-z-euz ket a koz votez
Na gay hefaretf
^ M et devez e vez,
388 Ann truillo,
AT merc'het brao^
A gavfred ato,
389 Ann dud iaouank a gav gat-he
A gouez ann aour deux beg ar gjve,
Ha padal ann deliou a gouez
Da ober plaz d'ar re-nevez,
390 Eur vodenn skao
Pd vez gfvisket e vez brao.
391 Ann dimeziou great a-bell
Na int nemet touriou ha kestei
392 Ann dimeziou a ziabell
A c^halv eun tiik eur c'hastel.
393 Dimezet eo lann Billenn
Da lanned Truillenn, \
394 E Breiz ann naoun gand ar zec^het
A vo c'hoaz aliez dimezet,
39 j Et int dafrita museged gand paourentez.
396 Frita laouen ar baour entez
War ar bilig ar garantez.
397 Evid eur boanigen
Kant madigen.
398 N'e ket arviloni
A laka ann druzoni,
399 N'e ket bleo melen ha koanteri
Eo a laka ar pod da virvi.
400 Karout gened na bad ket pell ;
Karout honestis a zo welL
40 1 Bleo gïvenn ha lunedo
Na blijont ket d'ar merchejo.
-6) -
3 86 Plus commun est homme marié
Qu'homme dans l'aisance placé.
387 II n'est savate
Qui ne trouve sa pareille,
A moins qu'on ne l'ait brftlée.
388 Les guenilles,
Les belles filles,
Trouvent* toujours à se placer.
389 Les jeunes gens s'imaginent
Qu'il tombe de l'or du haut des arbres,
Tandis qu'il n'en tombe que des feuilles
Pour faire place aux feuilles nouvelles.
390 Un bouquet de sureaux
Quand il est vêtu semble beau. (C.-à-d. : la toilette corrige la
laideur.)
391 Les mariages faits au loin
Ne sont que tours et châteaux.
392 Se marie-t-on au loin,
Une cabane s'appelle un château.
393 Jean Chiffon a époUsé
Jeanne Guenille.
394 En Bretagne la faim à la soif
Se mariera souvent encore.
395 Ils sont allés frire ensemble la gène et la pauvreté.
396 Frire la vermine de la pauvreté
Sur le poêlon de l'amour.
397 Pour une petite peine
Cent douceurs.
398 Ce n'est laideur
Qui engraisse l'homme.
399 Blonds cheveux et gentillesse
Ne font bouillir la marmite.
400 Aimer beauté longtemps ne dure,
Mieux vaut aimer honnêteté.
401 Cheveux blancs et lunettes
Ne plaisent aux fillettes.
-64-
402 Divalo daou den a kafet
Eopotr hep barv ha plac'h barvek.
40 ; Araok sonj da zimezi,
Red eo d*id kaout eun ti
Ha douar diout-hi.
404 Pep ki
A zo hardiz en he di.
IV.
40 5 Dimez da vab pa giri
Ha da verc'h pa âhelli ;
Gwelloc'h eo dimezi merc^h
Eget kaout anken warlerc'h.
406 Evid reiza ar bleizi
Ez eo red ho dimezL
407 A ziwar moueng ar gazeg a ve paked ann eubeulez.
408 'Vit ma krizet eun aval mad
Na eo ket koUet he c'houez vad,
409 Ar bank en tan na laker ket
Dre ma ve ann alc^houe koUet.
410 Fall eo ar iar ma na eo evid ar c'hillok,
41 1 Eur c'hillok, kement ha va dorn^
'Zo treac'h d'eur iar kement hag eun ti-forn.
4 1 2 Lamfet ket 'r c'hok digant ar iar,
Na lann ar boc'hick digant par.
41 ) Ann durzunel a ra truez
Pa he deuz kolled hefarez.
414 Na eux dimi nemet unan, —
'Nn hini zime da daou, da dri,
Ez ia d'ann ifern da leski;
'Nn hini zime da dri, da bevar^
Ez ia 'vit biken gond ar gounnar.
V.
41 5 Eur benn-herez, pa ve fall,
A dalv kantskoet war eun ail.
-65 -
402 Les deux plus vilains hommes qu'il y ait,
Garçon sans barbe et fille barbue.
403 Avant de songer à te marier,
Il te faut avoir une maison
Et de la terre autour.
404 Tout chien
Est hardi dans sa maison.
IV.
405 Marie ton fils quand tu voudras
Et ta fille quand tu pourras :
Mieux vaut marier sa fille
Qu'avoir des regrets plus tard.
406 Pour ranger les loups
Il faut les marier.
407 C'est par dessus la crinière de la jument que l'on enlève la pouliche.
(C.-à-d. : Il faut savoir plaire à la mère si on veut avoir la fille.)
408 Pour être ridée une bonne pomme
Ne perd point sa bonne odeur > .
409 Le coffre au feu ne se jette
Parce que la clé en est perdue ».
410 Mauvaise est la poule si pour le coq elle n'est.
411 Un coq, pas plus gros que mon poing,
Vient à bout d'une poule grosse comme un four.
412 Vous n'enlèverez pas le coq à la poule,
Ni Jean le rouge-gorge à sa compagne.
41^ La tourterelle fait pitié
Quand elle a perdu sa moitié.
414 II n'y a de (bonnes) fiançailles qu'une fois.
Celui qui se fiance à deux, à trois,
Va brûler en enfer ;
Celui qui se fiance à trois^ à quatre,
Le diable l'emporte à tout jamais.
V.
41 5 Une fille unique, mauvaise fùt-elle.
Vaut cent écus de plus qu'une autre fille.
I. Se dit des vieilles femmes. — 2. Se dit des veuves.
— 66 -
4 1 6 Ear penn*her hag eur benn^herez
A ra allez gfvall dlegez,
4 1 7 E-tre ann dlml hag ar c'heaz
N^euz nemet treuz ar c'hleuz^
Ha pa vo zellet mad
N'euz nemet treuz eur votez-koat,
418 Ar reazo dlzher
Ho deuz poan ha mlzer.
419 Arre ho deveuz bugale
Ho deveuz poan hep dale.
420 Bugale vlhan, — poan vihan ;
Bugale vras, — poan vras.
42 1 Nep hen euzgreg ha bugale
A die ive turlutud d'he.
422 E'touez ann truillou hag ar pillou
E saver ar vulgaligou,
42} Dibaot leZ'Vamm a gar ive
Bugale ail keit hag he-re.
J^iJ^ Endann tri de a skuiz peb den
Gant glao, gant greg ha gant estren.
42 5 lena daou dra' zo en ti,
Daoulin ann ozac'h hafri ar c'hi.
426 C'houez ann tin hag al lavand
A zo gant ar merc'het iaouank;
Chouez ar banal mogedet
A zo gant merc'het dimezet,
427 Choant dimezi ha beva pell
Hen euz peb lann ha peb Katell;
Dimezet int, pell e vevont,
Holl war ho giz e karfent dont.
428 Ar c'hreg a zo berr a lostenn '.
I . Cette locution proverbiale s'applique aux femmes jalouses, parce que, remuantes,
toujours aux aguets, il semble naturel qu'elles soient court-yitueSy pour que rien n'em-
barrasse leur marche et qu'elles puissent suivre ou rechercher facilement les traces de
celui qu'elles supposent infidèle.
Les trois locutions et le dicton suivants s'appliquent indifféremme0 Kaout marc'h rouz.
43 1 Kaout marc'h Hamon.
432 Marc'h Hamon 'zo eat da Vrest
Dishuai ha digabestr,
War ar vein, war ann drein,
Hag ann hini goz war he gein.
43 3 Kuzul greg hag heol a.bred
Gwez a vent mady gwez na vent ket.
434 Daonet a vo ma c'hiez...
Lavaret rue ket diez.
43 $ Da c'hrek vad givella gtvisiegez
Eo gouarn mad he ziegez.
436 Da vont da zougen ar Werc'hez
E ranker prenadantelez.
437 ,Bez fur, pa n'oud koant,
Diskouez ez peuz skiant,
438 Greg a labour en he zi
Ne vez kals hano anezhi.
439 Gwell eo eun dorz-vara war ann daol evit eur mezelour war ar prenestr.
440 Gwelloc'h pensell evit toull.
44 1 Gwell eo eur guden mad-nezet
Evit na eo eun ti skubet,
442 N'euz tiegez
Hep buanegez.
443 Pa vez kouez, dorniat, arat,
Ema ar vreg en hi loariat;
Pa vezforniat, iod ha krampoez,
Penn ar vreg triflet a vez,
444 Eur c'hoari gaer e vez e ti
Mar euz kigel komandi.
445 Elec'h ma vez eur c'hillok ne gan ket ar iar,
446 Pa vez brasa ar brezel e vez testa d'ar peoc'h,
447 N'euz baz spern na baz lann
Evit harpa oc' h baz lann.
-69-
429 Avoir courtes chaussures.
430 Avoir le cheval roux.
43 1 Avoir le cheval d'Hamon.
432 Le cheval d'Hamon est allé à Brest
Sans entraves et sans licol,
Sur les pierres^ sur les épines,
Portant la vieille sur son dos.
433 Conseil de femme et soleil matinal
Tantôt sont bons^ tantôt ne le sont pas.
434 Ma chienne sera damnée...
A dire ce n'est malaisé.
43 5 Pour la femme de bien la science la meilleure
Est de bien gouverner sa maison.
436 Pour aller porter la Vierge,
Dentelles il faut acheter.
437 Sois sage, puisque tu n'es jolie.
Montre que tu as de l'esprit.
438 Femme qui travaille à la maison
Ne fait pas souvent parler d'elle.
439 Mieux vaut tourte de pain sur la table que miroir sur la fenêtre.
440 Mieux vaut morceau que trou.
441 Mieux vaut écheveau bien filé
Que maison balayée.
442 Point de ménage
Sans querelles.
443 A>t-elle buée, battage de blés, travaux de charrue,
La femme est dans ses mauvaises lunes ;
A-t-elle pain à cuire, bouillie et crêpes à apprêter,
La femme a la tête sens dessus dessous.
444 A la maison sera brouille.
Si maîtresse est la quenouille.
445 Où est coq poule ne chante.
446 Plus on est au fort de la guerre, — plus on est proche de la paix.
447 N'est bâton d'épine ou de jan >
Qui résiste au bâton de Jean.
I. Ulex europxus, L.
— 70 —
44^ PcL ez pezo tanveeî ar zouben, te he c'havo mad.
449 Dalc'h-mady lann !
Te vo duk e Breiz.
VL
450 Tog pe boned 'zo gan-e-^ioc'h,
Très eun dogan Ho war-n-hoc'h.
4 J I lann^Iann ! Jannik-Iann !
lann diou-wech lann !
452 lann eo,
lann e vo,
45 î Ema va lod e peb-hini
Kent am bezo bel va-hini.
454 Ema va lod e kant
Ken am bezo bet va c'hoant.
455 Na eo ket brao
Beza dogan,
Pa ve bazado
Goude koan.
456 Dogan hag a oar
A ia rag enep d'ar c'hloar;
Dogan ha na oar ket
N'hen euz baradoz ebet,
457 Ac'hantay lann al Leue!
Paket out bet adarre.
VIL
458 Pa vez ann avel e gevret,
A zav c'hoant c^hoari d'ar merc'het.
— Fors d^ann avel beza pe roud,
Atao emaint e gond.
459 Ar ralla tra a ia en hent
A zo eur pe-moc'h hep roc^hal,
Eur c'hi hep trotal,
Diou vdouez hep kaozeal.
460 E'ieac'h ma-z-euz diou vaouez e vez marc'hady eleac'h ma-z-euz tri e vez
foar.
— 71 —
44^ Quand tu auras goûté la soupe, bonne tu la trouveras.
449 Tiens bon, Jean !
Tu seras duc en Bretape.
VI
450 Que vous portiez chapeau, bonnet,
Mine de c... vous gardez.
45 1 Jean-Jean ! Jeannot-Jean !
Jean deux fois Jean !
4J2 Jean il est,
Jean il sera.
453 J'ai ma part de chacune
En attendant que j'aie femme à moi '.
454 J'ai ma part de cent
Jusqu'à ce que mienne soit ma belle.
455 Ce n'est agréable ^
D'être c...,
Quand le bâton joue
Après souper.
456 C... qui sait l'être
Va malgré tout au ciel^
C.qui l'ignore
N'a point de paradis à attendre.
457 Hé bien donc, Jean le Veau !
Te voilà pincé de nouveau.
VII.
458 Quand le vent souffle du sud-est,
Désir de folâtrer s'élève au cœur des femmes.
— Souffle le vent où il voudra.
Elles sont toujours en goût.
4J9 Ce qu'il y a de plus rare sur la route.
C'est un cochon qui ne ronfle pas,
Un chien qui ne trotte pas,
Deux femmes qui ne causent pas.
460 Où il y a deux femmes, marché; où il y en a trois, foire.
I . C'est la réponse des don Juan en sabots du Léon et de la Cornouaille aux sermon-
neurs qui leur parlent de prendre femme.
- 72 —
46 1 Ann taol eo ar pounera,
Penn maouez ar c* haleta.
462 Er fourniou-red, er milinou,
E vez klevet ar c'heloiou ;
Er poullou hag er sanaillou
E vez klevet ar marvaiUou.
463 Ann hini avantur he vreg,
E leac'h unan hen euz deg.
464 Grac^h klemmuz,
Grac'h paduz.
465 Ann hini goz a lamm en dour
Hag a bed Doue d'he zikour,
466 Ar vregy ann arc'hant hag ar gjvin,
Ho deux ho mad hag ho binim.
467 Karout ar^erc'hed hag ar gtvinn,
A denn, peurvula, da walfinn,
468 Ar grageZy siouaz! hag ar givinn
'Lak' ann tiegez war ann tu gin,
469 Greg a zo kustum da eva
A bep hent holl ne dalv netra ;
Ouc^h peb honestis e serr dor,
Hag ouch peb pec^hed e tigor.
470 Eurgoaz dre 'n em vezvi
Hag eur c^hreg dre c'hoari
A skarz buhan madou ann ti.
471 Greg a ev giviny
Merc'h a goms latin,
Heol a sav re vintin,
A oar Doue pegnvallfin.
— 7Î —
461 Ce qu'il y a de plus lourd, — c'est un coup,
De plus dur, — une tête de femme.
462 Au four banal, au moulin.
On entend les nouvelles ;
Au lavoir et dans les greniers
On entend les commérages.
46} Qui aventure sa femme
Au lieu d'une* en trouve dix.
464 Vieille qui geint,
Vieille qui longtemps dure.
465 La vieille saute dans l'eau
Et prie Dieu de la secourir.
466 La femme, l'argent et le vin.
Ont leurs vertus et leur venin.
467 Aimer les filles et le vin.
Presque toujours entraîne triste fin.
468 Les femmes hélas ! et le vin
Bouleversent un ménage.
469 Femme habituée à boire
Sous aucun rapport ne vaut rien ;
A toute vertu elle ferme sa porte
Et l'ouvre grande à tout péché.
470 Un homme en s'enivrant.
Une femme en s'amusant
Ont tôt fait de ruiner la maison.
47 1 Femme qui boit du vin,
Fille qui parle latm,
Soleil qui se lève trop matin,
Dieu sait quelle sera leur triste fin.
CHOUEAC'HVED STROLLAD
SIXIÈME SÉRIE.
/.
472 Ha droug ha mad
A denn d'he had,
473 Hevelep tady hevelep mab :
Mah diouc*h tad.
474 Mah he dad eo Kadiou,
Nemet he vamm a lavarfe gaou
Ma n'ema he wenn, eo al lion.
475 Merc'h he mamm eo Katel.
4j6 Doue hinigety
Pebez torrad filipet !
C'hoaz a veto
Mar chom ar filip koz beo,
477 Doue biniget,
Pebez torrad filipet!
Triouec'h vi em boa laket,
Ha naontek filip em euz bet,
478 Douej mabik, fas kresko ker braz
Hag ar belek as padezaz !
479 Fest ann hibil soun...
D'ho iec'hed, paeroun !
480 Bet du, betgwenriy
Peb gavr a gar he mena.
48 1 Oad hag hed
A laka ki d'ar red.
I.
472 Mal ou bien
De sa semence vient.
473 Tel père, tel fils;
Le fils d'après le père.
474 Cadiou de son père est le fils,
A moins que sa mère n'ait menti :
Si ce n'^st son espèce, c'est du moins sa couleur.
475 Catherine est la fille de sa mère. (Cette fille chasse de race.)
476 Dieu béni,
Quelle nichée de moineaux !
Il y en aura encore
Si le vieux moineau reste en vie.
477 Dieu béni.
Quelle nichée de moineaux !
Dix-huit œufs j'avais mis,
Dix-neuf moineaux j*ai eu.
478 Dieu te fasse, cher enfant, devenir aussi grand
Que le prêtre qui t'a baptisé.
479 Festin de la cheville dressée »
A votre santé, parrain !
480 Qu'il soit noir, qu'il soit blanc.
Chaque chèvre aime son chevreau.
48 1 ' L'âge et la taille
Rendent le chien propre à la course.
I . Se dit d'un repas de baptême. En suivant cet ordre d'idées où, trop souvent,
« Le breton^ dans les mots, brave l'honnêteté »
avec une indépendance toute rabelaisienne, j'aurais pu trouver matière à une série nou-
velle, mais sans intérêt pour la science. Cela étant, il m'a semblé que, si mon devoir
était de ne dissimuler aucun des côtés difficiles de mon sujet, la déclaration que je viens
de faire n'avait pas besoin d'être appuyée de preuves nombreuses.
-78-
482
lac'h evel ar beuz,
Kemet mempr hen euz.
485
E teui da vad mar kar Doue.
484
Pa deu lann
E îeu he rann.
485
Bars er vro
Meur a Vari a zo.
486
Weuz nemet eut banne dour
E'tre neat ha loudour.
487 Ar bugel a ra goab euz ar re goz
Ne-d-aio ked d^ar baradoz,
488 Easoc^k eo plega planten
Eviî n'eo displega gtvezen.
489 drouk-ijourna
E reer kornek ar bar a,
490 Ober strakla he skorjezik
Ne dastum ket kezek spountik.
49 1 N'e ket gand eskern
E taper al lern.
/^()2 Ann hent hag ar zamm a zigass ar marc'h ebarz.
493 Marc^h a reud ouc'h ar c'hentrou
A ra gaou bras d^he gostou.
494 Ki treud,
Lost reud,
495 Ki skaotet, hen euz aoun rag dour klouar.
496 Ki skaotet
A dec^h rag dour bervet.
497 Ar c'haz a vourr logota,
Hag ar c^hi koulineta.
498 N'e ket red kaout skeul d'ar c^haz
Evit paka logod pe raz.
499 Eun dra ha n'eo bet gwelet biskoaz,
Eo eun neiz logôd e skouarn eur c'haz.
500 Al logodenn n'e deuz nemet eun toull a vez paket abred,
501 War-dro ar moc'h
E vez soro(fh.
— 79 —
482 Sain comme buis
Dans tous les membres qu'il a.
48^ A bien il viendra s'il plaît à Dieu.
484 Quand vient Jean
Son morceau de pain l'accompagne. (Les enfants ont toujours faim.)
485 Dans le pays
Il y a plus d'une Marie. (Il y a plus d'un àne à la foire qui s'appelle
Martin.)
486 II n'y a qu'une goutte d'eau
Entre le propre et le sale.
487 Enfant qui vieillard raillera
Au paradis point n'entrera.
488 II est plus facile de ployer l'arbrisseau
Que de déployer (redresser) l'arbre.
489 A mal enfourner,
On fait les pains cornus.
490 Faire claquer son fouet
Ne rassemble point les chevaux peureux.
49 1 Ce n'est avec des os
Qu'on attrapé renards.
492 Le chemin et le fardeau ont raison du cheval.
49^ Cheval qui se cabre sous l'éperon
A ses côtes porte dommage.
494 Chien maigre,
Queue raide.
495 Chien échaudé a peur de l'eau tiède.
496 Chien échaudé
Fuit l'eau bouillante.
497 Le chat aime à chasser souris
Et le chien à chasser lapin.
498 II ne faut point d'échelle au chat
Pour attraper souris ou rat.
499 Une chose que l'on n'a jamais vue,
C'est un nid de souris dans l'oreille d'un chat.
500 Souris qui n'a qu'un trou est tôt prise.
501 Où sont cochons,
Sont grognons.
— 8o —
502 Alanik^ potrar ir,
Potr ar merc'het mar^-e ffvir.
503 Ar broc^h a doull ann douar
Hag Alanik a grog ar iar.
IL
504 Pe pa ve ar bleun er balann,
Pe pa ve ar bleun el lann,
A garez muia da vamm ?
J05 Karantez c'hoar
Breur na oar.
506 Eur mignoun mad a zo gwelloc'h evit kar,
507 Ar c^hlask a zofrank,
Ar c'haout n'e ket stank.
508 Eun amezek mad a zo givell
Evit na e kerent a-belL
5 09 Bugale ar c'hefnianted
Gwasa kerend a zo er bedy
Ha gwella ma vent dimezed,
5 1 o Evit plijout d'ann holl
Eo dleet beza fur ha folL
5 1 1 Ne-d-^uz ked a enebourien vihan.
5 1 2 Ann er a dec'h râg al laouenanik.
513 Da heul ar blelz ne-d-a ked ann oan.
514 Ar (fhi hag ar c^haz,
Mignouned warc'hoaz.
5 1 5 Gwaz eo ar vevenn
Egedar vezerenn.
5 16 Arabad eo lakad pensel burel oud limestra.
5 1 7 Dibaot bugel a heul tud sod
Euz ho sotoni na zesk lod.
5 1 8 Lec^h ma staot eur c^hi,
E staot daou, tri.
5 1 9 Mar grit ho tanvad e viot touzet,
I. Alanicest, en même temps que le nom cyclique du Renard, un nom propre très-
répandu en Bretagne, tant comme nom de baptême que comme nom de famille.
— 8i -
02 Alanic, l'engeôleur de poules,
L'engeôleur de filles si l'on dit vrai.
03 Le blaireau creuse la terre
Et le renard croque la poule.
II.
04 Est-ce^ quand la fleur est sur le genêt,
Ou quand la fleur est sur la lande S
Que tu aimes le mieux ta mère P
05 L'amour d'une sœur,
Un frère ne le connaît.
06 Un bon ami vaut mieux qu'un parent.
07 Chercher est le propre de tous,
Trouver n'est pas chose commune.
08 Mieux vaut bon voisin
Que parents éloignés.
09 Enfants de cousins éloignés
Les plus mauvais parents du monde,
Et les meilleurs si on les épouse.
10 Pour plaire à tous
Il faut être sage et fou.
1 1 Point de petits ennemis.
1 2 L'aigle fait devant le roitelet.
13 A la suite du loup ne marche point l'agneau.
14 Chien et chat,
C'est demain qu'ils seront amis.
I { La lisière est pire
Que le drap.
16 II ne faut mettre pièce de bure à drap violet. (Une faut pas assem-
bler deux choses dont l'une est grossière et l'autre précieuse.)
17 II est rare l'enfant qui fréquentant des sots
De leur sottise ne retienne quelque chose.
18 Où pisse un chien.
Deux, trois pissçnt aussi.
19 Si vous faites la brebis, on vous tondra.
I. La fleur du genêt passe et ne vit qu'une saison ; mais la lande, nom vulgaire de
ajonc, est toujours en fleur.
— 82 —
5 20 N'e ket awal^h staota er pinsin
Ha mont er-meaz da c'hoanin,
5 2 1 Ann diaoul war ar c'hravaz^
Nec'het braz hen cm gavaz.
522 Morse ki klanv na vev pell.
5 2 ; 'Nn hini vez sod iaouankik-flamm
En eur gosaat nafura tamm.
524 Seul gosoc'h,
Seul zotoc'h.
5 2 5 Nep a zo sod a zonj dUzhan
Eo sotoc^h ann hoU egeuhan,
5 26 Ann drezen a daou benneg
A ziskar al lavienneg,
527 Nep a gouez hen deveuz lamm ;
Pa don he c'har e vez kamm.
528 Koms gand eur zod, red eo givelloc'h
Rei flour giviniz £ar moc^h.
529 Brao awalc'h eo laret pa veer pell euz ar bec' h y
Berroc'h a ve ann teod pa veer war al lec'h.
5 }o Briz-diody hag a oar tevely
Ouz eun den fur a zo hevel.
5 3 1 Kaoz ann arahaduz
A zo hir ha paduz,
532 Euz ar sac^h na heller tenna
Nemet ar pez a ve en-ha.
5 3 3 Maro eo lann al Leue, hogen kals a hered hen euz :
III.
534 lannbanezenn,
lann ar ^peul,
lann ioud,
lann laou,
lan ar seac^h,
lann frank-he-c'houzouky
lann lip-he-werenn,
lann ar madigou,
lann pilpouz,
lann golo pod,
lannik kountant.
-8î -
520 Ce n'est pas le tout de pisser au bénitier
Et de sortir pour rire. (Il faut répondre de ses actes.)
J2 1 Etendu sur un brancard le diable
Grandement chagriné se trouva.
522 Jamais chien enragé ne vit longtemps.
j2 3 Quiconque est sot dans sa prime jeunesse,
En vieillissant sage ne devient.
J24 Tant plus vieux,
Tant plus bête.
5 2 5 Tout sot se dit intérieurement
Qu'il a plus d'esprit que tout le monde.
5 26 La ronce à deux têtes
Fait faire la culbute au déhanché.
527 Qui tombe fait un saut ;
S'il casse sa jambe boiteux il reste.
528 Mieux vaut que parler à un sot
Donner fleur de froment au pourceau.
529 II fait beau dire assez quand du faix on est loin,
L'avez-vous sous la main, plus courte est votre langue.
j 30 Sot qui sait garder le silence
D'un homme sage a l'apparence.
$ 3 1 La conversation du diseur de riens
Est longue et semble sans fin.
532 D'un sac on ne peut tirer
Que ce qu'il y a dedans.
5 3 3 Jean Le Veau est mort, mais beaucoup d'héritiers il laisse
in.
534 Jean (bête comme un) panais,
Jean Pieu (le niais),
Jean Bouillie (l'imbécile),
Jean Les Poux (le malpfopre),
Jean Sec (l'avare),
Jean Large-Gorge (le grand buveur),
Jean Lèche-verre (l'ivrogne),
Jean Les Bonbons (l'engeôleur),
Jean Fil-et- Laine (l'hypocrite),
Jean Couvre-Pot (le mari complaisant),
Jeannot Content (le mari trompé).
-84-
5 } 5 ^^^''i ^^ ^^^ fx^'h ^^^ oabl tremen,
5 }6 Pavez deut ar c^haz d'ar rat ne ouzont ober netra.
5 )7 Lakaat he zourn en he zisheol.
5;8 Madha buhan
Wint ket unan.
539 Lakaat ann tamm e-kichenn ann toull.
540 Staga kezek oc' h lost ar c'har.
5 4 1 Lakaat lost ar c'har araok.
542 Klask ar marc' h veza war he gein.
543 Eur penn-glaouik eo .
544 Klask viovL en neiziou warlene.
545 Beza war 1ère' h ar mare pesketa.
546 Goude dale
E ranker baie.
547 Pell eman îann euz he gazek.
548 Kaout eul loden e par g ar Briz < .
$49 Eun troad leue a zo en he voutou.
5 50 Hennez 'n euz par et al loar 'n he c'heno.
^ IV.
5 j I Rei kaol d'ar c'havr,
5 5 2 Ober he fistoulik d'he vestr.
5 5 j Fistoulat he lost e peb leac'h.
j 54 Ober ann danvad.
5 5 5 Digarez ober al leue.
556 Servija ar zant diwar he goust.
5 57 Rei treujou e-leac^h brankou
D'ann hini 'zo bras awalc'h he c'hinou.
558 Liva geier.
j 5 9 Leuskel gedon da redek ^.
1 . Briz ou Bris est à la fois un nom de famille et un adjectif breton qui, à la signi-
fication de tacheté, bigarré, la seule qu'il ait gardée, a dû joindre celle de sot, que l*on
retrouve dans briserez, «sottise ». Ainsi s'expliquerait naturellement le sens péjoratif qu'il
attache aux substantifs qu'il précède.
2. La locution proverbiale bailler le lièvre par l'oreille a le même sens, à peu de chose
près, en français, où elle est très-ancienne et signifie tromper quelqu^un, le leurrer. C'est
ainsi que Régnier, Sat. X^ a dit :
Et le ciel, qui des dents me rid à la pareille.
Me bailla gentiment le libre par Voreille.
-85-
5 35 I^ester à regarder les nuages passer. (Bayer aux corneilles.)
5 36 Quand arrive le chat près du rat, ils ne savent rien faire. (Quand
l'occasion se présente, ne pas en profiter.)
5 37 Mettre sa main dans son ombre. (Manquer une bonne affaire.)
5}8 Vite et bien
Ne font un.
5 39 Mettre la pièce à côté du trou.
540 Atteler les chevaux derrière la charrette. (Mettre la charrue devant
les bœufis.)
541 Mettre le derrière de la voiture en avant. (Même signification que
le précédent.)
542 Chercher le cheval sur le dos duquel on est monté.
543 C'est une mésange. (C'est un étourdi, un étoumeau.)
544 Chercher des œufs dans les nids de l'an passé. (Être en retard.
Faire une chose quand l'heure est passée.)
545 Être à pêcher après marée. (Même sens.)
546 Après tarder
Il faut marcher.
547 Jean est loin de sa jument. (Être loin de compte.)
548 Avoir une portion dans le champ de Le Bris. (Être sot.)
549 C'est un pied de veau qu'il y a dans ses chaussures. (C'est un
imbécile.)
550 Celui-là, la lune a brillé dans sa bouche. (C'est un lunatique, un
sot.)
IV.
5 5 1 Donner des choux à la chèvre. (Flatter quelqu^un.)
552 Faire son empressé autour du maître. (Flagorner quelqu'un par
intérêt.)
5 5 5 Remuer sa queue en tout lieu. (Cajoler Pierre et Paul.)
5 54 Faire la brebis. (Faire le chien couchant.)
5 5 5 Sous prétexte de faire le veau. (Tirer les vers du nez.)
5 56 Selon ce que rapporte le saint, — le servir.
j 57 Faire avaler troncs au lieu de branches
A qui grande assez a la bouche. (Faire avaler des couleuvres.)
5 58 Teindre des mensonges. (Déguiser la vérité.)
5 59 Mettre des lièvres à courir. (Mentir.)
^ 86 —
560 Leuskel Imini da redek warlerc^h gedon ar re-alL
5 6 1 Par wir, par c'haou.
562 Gwerza brâo poultr.
563 Meio kiger.
564 lann a zo eul lapons,
565 Gwallhigen!
566 Gwallhibil!
567 Koanta maout !
568 Choariflu dizolo pa vezo lazet ar goulou.
569 Hennez a zo koat-tro en-han.
5 70 Tenna eun dro louarn,
571 Al louarn prezek d'ar ier " .
572 Lakaat dour e leaz eun ail.
57} Tenna ann dour diwar brad eun ail.
574 Kass ann dorz d^ar ger en dro.
575 Sellout ouc'h ann nor adren.
576 Ne-d-eo ket dall he zaout.
577 Ne 'man ked he voc^h er ger.
578 Trenked eo al leaz.
579 Trenked eo he valadenn.
580 Uhel eo ann eienn en-han.
5 8 1 Eman ann troc' h hag ar zon gant-han.
J82 Kregin hen eux.
58} Heolia arc'hant.
584 Ober hec'hrobis.
$85 Ober ar gouzouk.
586 Ober he geinek.
587 Ober ar c'hoz.
588 Sini a reont ho c'hloc'h ho unan krea ma c'hellonî.
589 Teoded hir ha dorned berr.
I. Cette allégorie, que la sculpture a transportée plus d'une fois dans les églises de
Bretagne, semble empruntée à une série de légendes trés-populaires, mais encore peu
étudiées, qui constituent toute une branche bretonne du Roman du Renard.
-87-
560 Mettre des lévriers à courir après les lièvres d'autrui. (A menteur —
menteur et demi.)
561 Autant de vérités que de mensonges. (Ne mériter qu'à demi
créance.)
562 Vendre bellement sa poudre. (Attraper les nigauds à la façon des
charlatans.)
5 6 3 Boucher ivre. (Trompeur. )
564 C'est un oiseau que Jean. (Le beau merle !)
565 Méchant hameçon ! (Mauvais drôle !)
^66 Mauvaise cheville ! (Maudit garnement !)
567 Le superbe mouton ! (Le bon apôtre !)
568 Jouer au brelan à découvert, une fois la chandelle éteinte. (Le chat
parti, les souris dansent.)
569 II y a du bois tordu en celui-là. (Il y a du louche dans la conduite
de cet homme.)
570 Jouer tour de renard.
571 Le renard qui prêche aux poules.
572 Mettre de l'eau dans le lait d'autrui. (Aller sur ses brisées.)
573 Détourner l'eau du pré du voisin. (Couper l'herbe sous les pieds.)
574 Retourner la miche à la maison. (Rendre à quelqu'un la monnaie de
sa pièce.)
575 Regarder la porte de derrière. (Chercher des défaites.)
576 Ses vaches ne sont pas aveugles. (Il ne s'en laisse pas conter.)
577 Ses cochons ne sont pas à la maison. (Il est de mauvais poil.)
578 Le lait est devenu aigre. (Il est de mauvaise humeur.)
579 Le grain qu'il a fait moudre s'est aigri. (Il est en colère.)
580 Hautes sont en lui les sources. (Il a la tète près du bonnet.)
581 C'est lui qui tranche et qui fait la chanson. (Il fait la pluie et le
beau temps.)
582 II a des coquilles. (Il a du foin dans ses bottes. Il est riche.)
583 Ensoleiller argent. (Entasser son argent, sans en tirer parti.)
584 Trancher du gros-bis. (Trancher de l'important.)
585 Se rengorger.
j86 Faire le gros dos. (S'enfler.)
587 Faire la taupe. (Faire le vaniteux.)
588 Ils font sonner leur cloche eux-mêmes le plus fort qu'ils peuvent.
(Chanter ses propres louanges.)
589 Longue langue et courte main. (Vantard.)
— 88 —
$9° Oberbugad.
J 9 1 Oher kds a deill gand neubeud a golo,
592 Ober ar ioudadek
Araog ar varradek.
59} Great eo ar pod holl nemet ann tachad plad.
594 Re abred e kan ho killoL
595 R^i bronn d^arbaL
596 Barapanenn
Er zoubenm
597 Dre m'e tomm ann houarn eo skei war-n-han.
598 Ar c'had 'zo d'ann neb hefak.
599 Peb hini he vicher ha ne-d-aio ket ar c'haz $a\ leaz.
600 Hen em luia e kudennou ar re-all.
601 Dibri he eost diwar he c'har.
602 Lezel brao he c'horo.
603 Trei penn d^ar vaz.
604 Sencha baz d'he tapoidin,
605 C'hoant gant-ho a ra kazek.
606 Mont da ober he dalarou.
607 Kemeret ar gouriz plouz « .
608 Dre fors kana Nouel ec'h erru ann Nedelek.
609 Choarzin gïvenn evel bleud flour,
6 1 Pebez bek melenn !
61 1 Stlàpa ar bonned warlerc*h ann tok,
6 1 2 Strinka ann trebez warlerc'h ar billik.
613 Kouezet eo he veudik en he zorn.
614 Besk he deot ha born he gazek.
6 1 5 Mont euz ar foennek d'ar menez.
6 1 6 Mont euz ar menez d'ar foennek.
I. Cette expression vient de ce qu'autrefois les banqueroutiers étaient promenés dans
leur paroisse, avec une ceinture de paille autour des rems. La paille a eu de tout temps,
en Bretagne, une signification symbolique qu'elle garde encore de nos jours dans une
foule d'usages locaux.
-89-
590 Faire petite lessive. (Se glorifier.)
591 Faire beaucoup de fumier avec peu de litière. (Faire plus de fumée
que de feu. Être fier sans motifs.)
J92 Pousser les cris de fête
Avant l'écobue. (Chanter trop tôt victoire.)
593 Le pot est achevé^ — le fond excepté. (C'est chose faite, il n'y
manque presque rien, mais ce presque rien est l'essentiel, comme
la signature au contrat.)
594 Trop tôt chante votre coq. (Se vanter trop tôt.)
595 Donner le sein à sa bêche. (Fainéant.)
596 Du pain mal levé
Dans la soupe. (C'est de mauvaise besogne, un ouvrage à refaire.)
597 C'est quand le fer est chaud qu'il faut frapper dessus,
5 98 A qui l'attrape le lièvre appartient.
599 Chacun son métier, et le chat n'ira point au lait. (Chacun son mé-
tier, et les vaches seront bien gardées.)
600 S'enchevêtrer dans les écheveaux d'autrui. (Se mêler de choses
qui ne nous regardent pas.)
601 Manger sa récolte sur la charrette. (Manger son blé en herbe.)
602 Se laisser bellement traire. (Se laisser exploiter.)
60; Changer le bâton de bout. (Changer de ton, de manière de faire.)
604 Changer de baguette à son tambour. (Avoir le caquet rabattu.)
605 Leur désir fait chou-blanc. (Ils ne réussissent en rien.)
606 Être en train de faire ses sillons de la fin. (Avoir fait son temps.
Être un homme coulé, perdu, ruiné.)
607 Prendre la ceinture de paille. (Faire banqueroute.)
608 A force de chanter Noël arrive la Nativité. (A force de craindre ou
de désirer une chose, elle arrive.)
609 Rire blanc comme fleur de farine. (Rire jaune.)
6 1 o Quel bec jaune ! (Quel pied de nez !)
61 1 Jeter son bonnet après son chapeau. (Se laisser abattre.)
612 Jeter le trépied après la galetière. (Jeter le manche après la cognée.)
613 II a le pouce tombé dans la main. (Il est découragé.)
6 1 4 Sa langue est écourtée et borgne sa jument. (Il est dans un état de
prostration complète.)
615 Aller de la prairie à la montagne. (Quitter une bonne place pour
une mauvaise.)
616 Descendre de la montagne à la prairie.
7
— 90 —
6i7
Mala munud.
6i8
Ober iun ann nao sieredennK
619
Staotet e-d-eiiz ar c^havr en ho lavrek.
620
Koeza eut ar billik en tan.
621
Saillat er baiU.
V.
622
Bioc'hik Doue.
623
Sioul evel eul logodenn er bleud.
624
Traitour evel eur marmous.
625
Laer eo
Evdfrao,
626
Dic^hrass evel eur roched nevez.
627
Morzed evel ar gegel he vamm goz.
628
lac^h pesk.
629
Teo evel eun tamm toaz.
6}o
Lard evel eur pemoc^h milin.
6îi
Treud e-c'hiz eur c'havr.
632
Kastiz evel ann Ankou.
63Î
Seac^h evel eur baluc^henn.
634
Eurzac'had eskern.
635
Tremened eo ann heol war he dreuzou.
636
Coude lein meuz boed.
637
Klask pemp troad d'ar maout.
638
Koll ar poell euz he guden.
639
Mont war he benn.
640
Mont araog he benn.
641
Mont da graouna en eur vodenn falL
642
Lakaat re hir he vez er gwask.
643
Sacha ar c'har war ar c^hein.
644
Tomet hen euz dour d^he skaota.
I . Le jeûne des neuf étoiles consiste, dans la pratique religieuse, à ne prendre aucune
nourriture depuis le point du jour^ l'heure du réveil, jusqu'à ce qu'on ait, la nuit
venue, compté neuf étoiles au ciel.
— 91 —
6i7 Moudre menu. (Vivre avec économie.)
6i8 Faire le jeûne des neuf étoiles. (Vivre dans le dénûment le plus
complet.)
619 La chèvre a pissé dans votre culotte. (Il vous arrivera malheur.)
620 Tomber de la poêle dans le feu. (Tomber de Charybde en Scylla.]
621 Sauter dans le baquet. (Mourir.)
V.
622 Petite vache de Dieu ». (Tranquille comme Baptiste.)
62 j Tranquille comme souris dans la farine. (Saint n'y touche.)
624 Traître comme singe.
625 Larron il est
Comme corneille à blanc manteau.
626 Raide comme une chemise neuve.
627 Engourdi comme la quenouille de sa mère grand'.
628 Sain (comme) poisson.
629 Epais comme morceau de pâte.
4)0 Gras comme cochon de moulin.
5 3 1 Maigre comme une chèvre.
632 Décharné comme la Mort.
6} } Sec comme un échalas.
6}4 Une sachée d'os.
63 5 Le soleil a quitté le seuil de sa porte. (Il se fait vieux. Il dépérit è
vue d'oeil.)
636 Après dîner régal. (Moutarde après dîner.)
637 Chercher cinq pieds à un mouton. (Chercher midi à quatorze
heures.)
638 Perdre le bout de fil qui retient l'écheveau. (Être dérouté.)
639 Aller sur sa tête. (Marcher vers sa ruine.)
640 Aller devant sa tête. (Faire un coup de tête.)
641 Aller cueillir noix dans mauvaise futaie. (S'engager imprudemment.
Faire un pas de clerc.)
642 Mettre trop avant son doigt dans le pressoir. (Se mettre dans un
mauvais cas.)
643 Attirer la voiture sur son dos. (S'attaquer à plus fort que soi.)
644 II a fait chauffer l'eau qui doit l'échauder.
i. C'est le nom que Ton donne à la coccinelle.
— 92 —
645 Gwelet kant steredenn lugerni,
646 Gwelet triheol para.
647 Me Hardo he billik d^ezhan.
648 Me 'daillo korrean d^ehan.
649 Kass d^he nask.
6 5 o Kregi araok harzal.
651 Krog evit grog.
652 Kraf evit kraf.
6 5 3 Kik pe groc'henn am bezo.
6^4 Tizout war ann tomm,
655 Kein oc' h keln,
Evel pri oc'h mein.
656 Lagad a dalv teod.
VI.
657 Ann tad a lavar d'he vab :
Pa vezi krog, dalc'h-mad!
D^he merc'h a lavar ar vamm :
Pa vezi krog, digass ann tamm.
658 Iz gant'han, mar teac'h ;
Ha ma na deac'h, dideac'h.
659 Ar c^hamm
I A lamïïiy
Pa wel ann tan;
A redy
Pa wel he (^hreg;
A valcy
Pa welhe vugale;
 dec'h,
Pa wel hevec'h^.
I. Je dois la connaissance de ce dicton à M. Flagelle, expert-agronome à Lander-
neau. Avec une bienveillance et un désintéressement dont je ne saurais lui témoigner
trop hautement ma reconnaissance, cet aimable et modeste savant s'est empressé de
mettre à ma disposition, dés qu'il a vu que je m'occupais de parémiologie bretonne, le
résultat de ses longues et patientes recherches sur le même sujet. En m'indiquant, avec
une exactitude que je n'ai jamais trouvée en défaut, des sources nouvelles ou peu connues,
et en me mettant sur la trace d'utiles et curieuses variantes, M. Flagelle m'a facilité le
moyen de combler de nombreuses lacunes^ et, si mon travail offre quelque intérêt, je me
plais à reconnaître qu'il le doit en partie à son précieux concours. A ce nom bien connu
{Suite de la note à la page 94. )
— 95 —
645 Voir cent étoiles étinceler. (Voir mille chandelles, — à l'occasion
d'un coup, d'un choc ou d'un éblouissement.)
646 Voir trois soleils briller. (Même sens.)
647 Je lui graisserai sa galettoire. (Il lui en cuira.)
648 Je lui taillerai courroie K (Je lui donnerai du fil à retordre.)
649 Conduire à l'attache. (Mettre à la raison.)
650 Mordre avant d'aboyer. (Prendre en traître.)
651 Coup de dent pour coup de dent. (Œil pour œil.)
652 Coup de griffe pour coup de griffe. (A bon chat bon rat.)
65 ? J'aurai chair ou peau. (J'en aurai cuisse ou aile.)
654 Attraper sur le chaud. (Prendre sur le fait.)
655 Dos à dos,
Comme argile contre pierre.
656 Œil vaut langue. (Face d'homme fait vertu.)
VI.
657 Le père dit à son fils :
Quand tu tiendras, tiens bon !
— A sa fille dit la mère :
Quand tu tiendras emporte le morceau.
658 — Poursuis-le, s'il fuit,
S'il ne fuit, fuis toi-même.
659 Le boiteux
Saute,
Quand il voit le feu;
Court,
. Quand il voit sa femme;
« Marche,
Quand il voit ses enfants *,
Fuit,
Quand il voit son fardeau.
I . Dans les contes des Bretons armoricains (Luzel : cinquième rapport sur une mission
en Basse-Bretagne; Archives des missions scientifiques et littéraires ^ t. I, m* série^ et
des Gaëis de l'Ecosse occidentale (Campbell : Popular taies of the West Highlands), il est
souvent fait mention d'une étrange coutume d'après laquelle, lorsqu'un engagement lie
deux hommes, celui qui manoue à sa parole se laisse tailler une bande de peau depuis
le sommet de la tête jusqu'à la plante des pieds, et n'essaie point de se soustraire à
cette torture. C'est peut- être au souvenir d'une semblable coutume que se rattachent
ces paroles de Plante, souvent citées : de meo tergo degitur corium (c'est à mes risques
et périls que l'on fait la chose).
I
— 94 -
660 Eur âhoz louarn, hag hen dure,
Gwelet eur iar c'hoaz a garre.
661 Den ha den hanter,
Daou en eun affer,
Tri ma ve red,
Pevar ne laran keU
662 Lost hen eut eut louarn,
Cad hen eux diouskouarn,
Teir gar hen eux eun trebez.
Ha c^hoaz n'euz netra 'nevez.
de tous les hommes qui étudient le Fimstère, à quelque titre que ce soit, je suis heureux
de pouvoir associer ceux de MM. Luzel, Tinfatigable et savant explorateur de la Bretagne
légendaire et merveilleuse, J.-M. Le Jean, le poète populaire^ V. Le Dault et Rodallec,
qui ont droit également à tous mes remerciements pour les communications qu'ils ont
bien voulu m'adresser à diverses reprises.
— 95 —
660 Un vieux renard, si mûr qu'il soit.
Voudrait encore revoir poulette.
66 1 Homme et homme et demi,
Deux (il vaut) dans une affaire.
Trois s'il est nécessaire,
Quatre je ne dis pas.
662 Une queue a le renard,
Deux oreilles le lièvre,
Trois jambes le trépied,
Et l'on dit encore qu'il n'y a rien de neuf.
SEIZVED STROLLAD
AR MIZIOU
SEPTIÈME SÉRIE
LES MOIS
8
/
MIZ GENVER.
66 j Ann armanach ne lar ket gaou :
Pa ye erc*h 've gwenn ann îraou,
Pa ve ayelfich ar bodouy
Pa ve glao 've vil arpoulloa,
664 Mit Genver,
Kalet pe dener.
665 Miz Genver^ hirio vel kent,
A ziskouez eo hir he zent.
666 Pa ve tremenet dent Genver
E ve diskoidoc^h ann amzer.
667 Ne vezo ket leun ar zolier
Mar bez heol tomm da viz Genver.
668 Gwell eo gjvelet ki en kounnar
Evit heol tomm e miz Genvar.
669 Allez ar wenn reo
A zen araog ar glao.
670 Reo gwenn war ar c'hresk,
Amzer gaer hafresk.
6-j I Reo gwenn war loar nevez
A denn d^ar glao allez.
672 Reo gwenn en diskar^
Amzer c'hleb hep mar.
67} Pa vez ann erc'h war ann douar
Ne vez na tomm na klouar.
MOIS DE JANVIER.
663 Un almanach jamais ne ment:
S'il neige, tout au loin est blanc,
S'il vente, les branches sont en branle,
S'il pleut, il y a des mares partout.
664 Mois de Janvier,
Rigoureux ou tempéré.
665 Janvier, aujourd'hui comme avant,
Montre qu'il a longues les dents < .
666 Les dents de Janvier passées,
Moins glacial est le temps.
667 Point ne s'emplira le grenier
Si chaud soleil brille en Janvier.
668 Mieux vaut voir chien enragé
Que chaud soleil en janvier.
669 Souvent de blanche gelée
La pluie est précédée.
670 Gelée blanche au croissant,
Du frais et du beau temps.
671 Gelée blanche à lune nouvelle
La pluie souvent appelle.
672 Gelée blanche au décours,
Temps humide toujours.
673 Quand la neige couvre les champs,
Ni tiède ni chaud n'est le temps.
I . Les ai^illes de glace qui pendent aux toits sont généralement connues sous le nom
de dents de janvier.
— 100 — .
674 ^^ ^ ^^^% ^^ ^ gerc^hf
Re a skorriy re a zegaL
67 5 Pa skorn ann dour en îi,
A koll ar c'herc^h hefri.
6^6 Pa varv ar gerc^hen gand ar riou^
Unan a chomm a dalv diou.
677 Genvirig a lavar
Et eux vi gand ar iar.
IL
MÏZ CHOUEVRER.
678 Hanter-Genver eun eur a hed^
Da c^houel Chandeleur diou abred,
679 Da chouel ar Chandeleur^
Deiz da hep micherour,
Nemet d'ar c^hemener
Ha d^al luguder.
680 Da c^houel Varia Goulou,
Kuzet ar c'hantoleriou
Ha torret ar c^higelou ;
Hanter-greun, hanter-bloaz,
Ann had diaveazy
Ann ozac*h en eaz.
681 Miz Chouevrer a c^houez^ a c^houez^
Hag a laz ar voualc'h war he nez,
682 Gand dillad tomm ha bevans mad
Pep miz goanv zo deread.
683 Da c'houel MathieZy
Vi e reor ann houadez,
Hag ar bik a choas he barez,
684 Tremenet gouel Sant Mathiaz,
Ann heol d'he liv, ann dour d^he flaz,
Ha lezenn ann hent da vean glaz.
68 5 Genver a garg ar foz,
Chouevrer hen dalc^h kloz.
686 Avel gevret, da ziwada moc'h
DiwalHt ho kountel gan-e-hoc'h.
■— loi —
674 Trop de neige, trop d'avoine ;
Trop de glace, trop de seigle.
67 5 Quand l'eau gèle dans la maison,
Perd son nez l'avoine au sillon.
676 Quand l'avoine meurt de froid,
Un grain qui reste en vaut deux.
677 Le gentil Janvier dit
Qu'il est œuf dans la poule.
.II
MOIS DE FÉVRIER.
678 A la mi-janvier, le jour croît d'une heure,
De deux environ à la Chandeleur [2 février).
679 A la Chandeleur,
Jour pour tout travailleur,
Hormis le tailleur
Et le flâneur.
680 A la fête de la Chandeleur,
Cachez les chandeliers
Et brisez les quenouilles ;
Le grain demi-consommé, l'an demi-écoulé,
La semence prélevée,
A l'aise se sent le maître de la maison.
681 Février souffle, souffle,
Et tue le merle sur son nid.
682 Quand on a chauds vêtements, bonne table,
Chacun des mois d'hiver est supportable.
683 . A la Saint-Mathias,
L'œuf est au c. de la cane,
Et la pie cherche à s'apparier (24 février)
684 La Saint-Mathias passée,
Le soleil reprend son éclat, l'eau sa saveur,
Et la lisière du chemin de reverdir.
685 Janvier remplit le fossé,
Février le tient clos.
686 Par vent de sud-est cochon ne saignez
Et votre couteau ramassez.
— 102 —
687 Erc'h a dreon, glao a viz^
Gwasa diou amzer a weliz,
688 Meurlarjez kaillareky
Arc'h ha solier barrek.
689 Mar îeuje Meurlarjez teir gwech ar bloaz,
E lakafe ann dud da redek e noaz.
690 Red eo lakatpiz e gleac*h^
N'e ket liirio evel deac'h. (Al ludu.)
///
MIZ MEURS,
691 Ber, ber^ miz Chouevrer, karg ann and hag arfoz^
Me ho dizec^ho en eun deiz hag eun noz.
892 Meurs gand eur c^houezadenn
A zizec'h ar foz penn-da-benn.
693 Miz Meurs gand eur c^houezadenn
A laz meur a vagadenn.
694 Ar miz Meurs gand he vorzoliou
A zeu da skei war hon noriou,
695 Miz Meurs gand he vorzoliou
A laz al lueou en ho mammou,
696 Meurs a laz gand he vorzoliou
Ann ejen braz e korn ar c'hraou.
697 Miz Meurs gand he vorzoliou
A zo ker gwaz hag an Ankou.
698 E mis Meurs glao hag avel foll
A rai lakat evez d^ann holL
699 Meurs ^ gand he veurzeri,
A ra d^ar c'hrac*h sîaota barz ann ti.
Ha d'he merc^h kerkouls hag hi,
700 D^iiet Meurs e-giz ma karo,
Grac'h e korn arc'hleun a dommo.
70 1 Da c'houel sanî Guennole^
Stanka 'rfoennek oc* h ar c'hole.
70? Da chouel Pol,
Lakad mern vihan war ann daoL
-. 103 —
687 Neige de derrière, vent de nord-€st,
Les deux plus mauvais temps que je connaisse.
688 Carnaval crotté,
Huche comble et plein grenier.
689 Si le Carnaval venait trois fois l'an^
Tout nus à courir il mettrait les gens.
690 II faut mettre à tremper les pois,
A hier aujourd'hui ne ressemble pas (le mercredi des Cendres)
III
MOIS DE MARS.
691 Coule, coule, Février, remplis rigole et fossé.
En un jour et une nuit je les dessécherai.
692 Mars, d'un souffle,
Dessèche le fossé de bout en bout.
693 Mars, d'un souffle.
Tue beaucoup de nourrissons.
694 Mars avec ses marteaux ^
Vient frapper sur nos portes.
695 Mars avec ses marteaux
Dans leurs mères tue les veaux.
6^6 Mars tue avec ses marteaux
Le grand bœuf dans le coin de l'étable.
697 Mars avec ses marteaux
Fait autant de mal que la Mort.
698 Au mois de mars pluie et vent fou :
Sur nos gardes tenons-nous tous.
699 Mars, avec ses Marseries (rigueurs).
Fait qu'à la maison pisse la vieille.
Et sa fille aussi bien qu'elle.
700 Arrive Mars quand il voudra.
Dans un coin du fossé vieille se chauffera.
701 A la Saint-Guennolé,
Au taureau ferme le pré (4 mars).
702 A la Saint-Pol,
Mets collation sur table (12 mars).
I. La gréie.
I
— 104 —
703 Tri de goude ma km ann drasky
El ia ar vioc'h joaiis d'he nask.
704 Pa glewfet ann drask kanan^
Serret kèuneud mad da doman ;
Pa glewfet ar welc'h goude-ze^
Tolet ho chupenn a goste,
705 D^ar zul BleunioUf
A lamm arzaout dreist ar <^hleuziou.
706 Da Vener ar groez
A kroaz ar bik he nez.
707 D^ar zul Bask,
A lamm ar zaout dreist ho nask.
708 Da c^houel Sant Joseph pe Sant Beneady
Gounid ar panez hag al lin mad.
709 ' Da zutBleunioUy konf ar viou;
Da zul Basky terri ho fennou;
Da zul ar ChasimodoJriV ar c'hoz podouK
7 10 Epad ar zizun santel,
Amzer goloety avel^
7 1 1 Deuz ann heoly Meurlarjik,
Deux ann eteo Paskik.
7 1 2 Ann ened seac'h, Pask kaUlarek
A lak ann arc^h da veza barrek.
IV
MIZ EBREL.
715 Ebreliky Ebreliky
Digor da ziou askellik.
7 { 4 Pask a dost, Pask a belly
Pask a vo en Ebrel ;
Pask en Ebrel a vo
Pe ar Chasimodo.
7 1 5 Deuet Meurlarjez pa garo^
Pask pe Gasimodo
En Ebrel hen em gavo.
I. La très-ancienne coutume de briser, le dimanche de la Quasimodo, les pots hors de
service, est toujours en vigueur dans les vieilles familles bretonnes. Bien que les jeux bruyants
auxquels elle sert de prétexte, semblent dépourvus de toute signification, il ne serait pas
— 105 —
703 Trois jours après que la grive a chanté,
La vache va joyeuse au-devant de son lien.
704 Quand vous entendrez la grive clianter,
Enfermez le bois propre à vous chauffer;
Quand vous entendrez le merle plus tard,
Jetez bas pourpoint pour le mettre à part.
705 Le dimanche des Rameaux,
Les vaches sautent par-dessus les fossés.
706 Le Vendredi Saint,
La pie croise son nid.
707 Le dimanche de Pâques,
Les vaches sautent par-dessus leurs liens.
708 A la Saint-Joseph ou à la Saint-Benoît,
Semez les panais et le bon lin ( 1 9 et 2 1 mars) .
709 Le dimanche des Rameaux, compte tes œufs;
Le dimanche de Pâques, casse-les en deux ;
Le dimanche de la Quasimodo, brise tes vieux pots.
710 Pendant la semaine sainte
Temps couvert et vent.
71 1 Carnaval au soleil,
Pâques au tison.
7 1 2 Carnaval sec, Pâques crotté ;
La huche est pleine à déborder.
IV
MOIS D'AVRIL.
7 1 3 Petit Avril, petit Avril,
Ouvre tes deux petites ailes.
714 Pâques de près, Pâquee l'ail (i 5 avril) ;
A la Saint- Pierre, noue Pail (29 juin) ;
A la Saint-Pierre, arrache l'ail (i^r août).
727 Rude Avril,
Cochon mort.
728 Année de rosée.
Année de froment.
gosier^ et leur causer une toux dangereuse ; ils le refusent et le rejettent. » (Voyage dans
le Finistère, par Cambry, avec des notes par le comte de FréminviUe, Brest, 1836, in-8%
p. IJO.)
I . Var. L'an bissextile, Thomme fin
Délaisse l'avoine et sème du lin ;
Quiconque est fin, Tannée qui suit,
Délaisse le lin et sème de Tavoine.
— io8 —
729 Bleun e Meurs^ feurm en Abrily
A ia holl gand ar morzil.
730 Sant Jorc'hdik diwar he dorchenn
A lak^ ar goz saouî da vreskenn.
731 Da c'houel Mark^
Meren bihan d^ar park.
732 Pa vez ann deillo er wevodenn
Kement ha diou skouarn eul logodenn,
'Tle advern beza war wenojenn,
733 Da c'hoiid Marky
Diodet ar park,
734 Da c'houel Mark
Ann had divezan er park,
7 3 $ Pa ve glao da chouel Mark
E kouez ar c'hignez er park.
MÎZ MAE.
736 Digant kala — Mae goulennet
Pe da zeiz e teui Nedelek,
Ha mar na gredet ket choas,
Goulennet da zant Jerman Bras.
737 Goude miz Ebrel da fin Eosî,
Da dan ebet na-d-a tost.
738 Da viz Mae,
Ar medlsln a ve gae.
739 E miz Mae,
Ar âhezek a dol ho zae.
740 Da viz Mae
'Lamm ar segal dreist ar c'hae.
741 Meurs e skoulm,
Ebrel e vodenn,
Mae e bleunvenn^
Even e greunenn,
Gouere e gwastel wenn.
742 E miz Mae,
Kanab gae.
— 109 —
729 Fleurs de Mars en avril nouées
Par vent de sud-ouest sont toutes brûlées.
730 Saint Georges^ assis sur son coussinet,
Met les vieilles vaches à fringuer (2 3 avril) .
731 A la Saint-Marc,
La collation au champ (25 avril).
7?2 Quand les feuilles se montrent sur le chèvrefeuille,
Grandes comme les oreilles d'une souris,
La seconde collation doit être sur le sentier.
733 A la Saint-Marc,
Au champ monte l'herbe.
734 A la Saint-Marc,
Au champ les dernières semailles.
735 Le jour de la Saint-Marc, s'il pleut.
Partout aux champs tombent les guignes.
V
MOIS DE MAL
736 Demandez au premier jour de Mai
Quel jour Noël doit arriver.
Et si vous n'êtes satisfaits,
A Saint Germain le Grand > allez vous adresser.
737 De la fin d'Avril jusqu'à la fin d'Août,
D'aucun feu ne t'approche.
738 Au mois de Mai,
Le médecin est gai.
739 Au mois de Mai,
Les chevaux jettent leur robe.
740 Au mois de Mai,
Le seigle saute par-dessus la haie.
741 En Mars le nœud.
En Avril la touffe,
En Mai la fleur,
En Juin le grain.
En Juillet le blanc gâteau (de seigle).
742 Au mois de Mai,
Du chanvre gai.
I . Le jour de la semaine par lequel s'ouvre le mois de mai correspond toujours exacte-
ment au )our où le calendrier place la fête de saint Germain l'Auzerrois (xi juillet), et la
fête de Noël. '
— MO —
743 P^ gAno ar durzunel,
M'em bô lez eleiz ma skudei
744 Olao bemdez a zo re^
Re neubeut bep eil de,
745 . Pd vo barvou kelvez e miz Mae
Kalon ann ijuler a zo gae.
746 Bl^un en Abriljeurm e Mae,
Eux ar re-ze e kargimp hon zae.
lAl Ann deliou ^zigor en dero
Kent evid digeri erfao.
748 Da c*houel ar Pentekosî,
Al linn a ra ann dro da gern ann tok.
749 Brumen du pa vez
A bad tri dervez.
75^ Brumen vor,
Tomder en gor,
1 5 1 Mogedenn diwar ar mor,
Heol tomm ken a faouto ann nor.
752 Seiz blavez sec'hour ne reont ket eur hlavez kernez;
Eun deyez glebour hen grafe.
VI
MIZ EVEN.
7 S 5 Serret ar gtvaziou,
Douref ar prajou.
1 54 5^/2^ Ronan dilost Mae
A laka kerc^h e-leac^h na ve.
755 ■ Miz Even ara al linn
Ha Gouere hen gra finn.
756 Eur park a zo gwallfall
Mar da viz Even ne dalv,
1 5 7 Kuîun dioc'h ar gwalarn ,
Toi ar varr er sanaill.
758 Kurun dioc^h ar gevreî,
Marrad bèpret.
759 Ann avel su ha gevret,
Mad d'ar goullo ha d'ar garget.
— III —
74^ Quand chantera la tourterelle,
J'aurai du lait plein mon écuelle.
744 De la pluie, — c'est trop chaque jour,
Et pas assez tous les deux jours.
745 Quand coudrier a barbe en Mai,
Le cœur de l'engeôleur est gai.
746 Fleurs d'Avril en mai nouées,
De celles-là nous remplirons nos robes.
747 Les feuilles s'ouvrent sur le chêne
Avant de s'ouvrir sur le hêtre.
748 A la Pentecôte,
Le lin fait tout le tour du chapeau.
749 Brume noire s'il y a.
Avant trois jours ne s'en va,
750 Brume de mer,
Chaleur qui couve.
7 ( I Vapeur montant de la mer,
Soleil chaud à fendre la porte.
7)2 Sept années de sécheresse ne font pas une année de disette ;
Une journée humide est capable de la faire.
VI
MOIS DE JUIN.
75^ Fermez les ruisseaux.
Les prés sont couverts d'eau ' .
754 Saint-Renan, à la fin de Mai,
Où ne se montre avoine en met (i^^ juin).
75 j Juin fait le lin.
Juillet le rend fin.
756 II faut qu'un champ soit bien mauvais,
S'il ne vaut en juin quelque chose.
757 Si le tonnerre gronde au nord-ouest.
Jette ta marre dans la grange.
758 Si le tonnerre gronde au sud-est.
Continue ton écobuage.
759 Vent de sud et vent de sud-çst.
Bons pour le (navire) vide et le (navire) chargé.
c
t. C'est le vers si connu de Virgile :
CUudite jam rivos, pueri, sat prata bibére.
— 112 —
760 Avel a c'hreste,
Glao hep dale,
76 1 Gwalarn kalmet diouz ann nozy
Su pe gevret antronoz,
-j^i Pa val 'r vilinn diwar ar c^hoad,
'Ve trist doare ar merdead.
763 DiwalHi rag ar merwent koz
Hag ar givalarn iaouank.
764 Pa vez ann avel er gornaoueky
E vez tapet meur a chenaouek.
76 5 Da c^houel Barnabaz^
Gond eur fourniad poaz
Hag eun ail en arc' h,
E paseo awalc'h,
766 Hanter-Mae dilost goan.
Hanter miz Even hen lakan,
767 Pa vez ker arpiz,
E vez ker ar gïviniz.
768 Blavez hoginn, blavez ed,
Blavez irinn ne veket.
769 Blavez c^hniled, blavez ed,
Blavez g^enan ne ve ket,
770 Wè ket ganet gand he vamm
'Nri hini glev ar goukou nao devez goude gouel îann.
77 1 Da c'houel Iann,
la-l-ar goukou d'al Iann.
'j'ji Da c'houel Per,
Ia4-ar goukou d'ar ger.
77 3 Pa vez ar bleun er gaviniz,
E vihanna leaz liviriz.
VU
MIZ GOUERE,
774 Heol a zavo re vintin,
A zo tec'hei da wall fin.
— 113 —
760 Vent de sud,
Pluie sans tarder.
761 Vent du nord-ouest se calme-t-il sur le soir,
Vent de sud ou vent de sud-est le lendemain.
762 Quand le moulin moud de dessus le bois (C.-à-d. quand le vent
souffle du côté des bois),
La situation du marin est triste.
76? Défiez-vous de vieux vent de sud-ouest
Et de jeune vent de nord-ouest.
764 Quand soufHe le vent d'ouest,
Beaucoup de badauds sont pris.
765 A la Saint-Bamabé » ,
Fournée de pain cuit si vous avez
Avec une autre dans la maie,
La journée vous pourrez passer (i i juin).
766 Fin de Phiver à la mi-mai,
A la mi-juin, moi, je la mets.
767 Quand les pois sont chers,
,/ Cher se vend le froment.
768 Année de baies d'aubépine, année de blé ;
Année de prunelles point ne l'est.
769 Année de scarabées, année de blé;
Année d^abeilles ne l'est pas.
770 II n'est pas né de sa mère
Celui qui entend le coucou neuf jours après la Saint-Jean.
771 A la Saint-Jean
Le coucou dans le jan (24 juin).
772 A la Saint-Pierre
Le coucou rentre à la maison (29 juin).
11 ^ Quand la fleur est dans le froment,
Le lait doux va diminuant.
VII
MOIS DE JUILLET.
774 Si le soleil se lève trop matin.
Il est sujet à triste fin.
I. Ce dicton trouve son explication dans le suivant que j'emprunte à la Haute-Bre-
tagne : La Saint- Barnabe,
L'pus long jou d'rété.
— 114 -■
775 ^^^ heol givenn
Da c'hlao a denn.
776 Heol gfi^enn a ro glao
Hag heol ruz amzer vrao.
777 Ruijenn deux ann noZy
Glao antronoz.
778 Ruz dioc'h ann noZy gwenn d'ar mlnîin,
Laka joaiis ar perchirin»
779 Hanter Gouero
Fais en ero.
780 Da c'houel Maria Karmez,
Gwelloc^h gavr eget eur vioc^h lez.
78 1 Biskoaz foar Sant Weltas ne vez
Na zans en hi bara segal nevez,
782 Pa vez glao da c^houel Madalen^
A vrein ar c^hraon hag ar c'hesien.
785 Sant lann a oa eur sant braZy
Ma sant Kristof brasoc'h c^hoaz.
784 Da gann Gouero
Eost e peb bro.
VIII
MIZ EOST,
785 Pa grosmolo ar mor^
Paouriky sarrit ho tor.
786 Mar-d-a ann arne d'ar menez,
Kemer da freill ha kerz er mez :
Euz ar menez mar-d-a d^ar mor,
Sarr war da gein prenestr ha dor.
787 Da c'houel Itron-Varia ann erc'h,
Pa vez avel grenv e vez ann ed ker.
788 Kaneveden dipc^h ann noz,
Glao pe avel antronoz.
789 Gwarek-glao euz ar heure,
Stignit ho tevez koulsgoude.
790 Kaneveden dioc^h ar mintin,
Sin vad d^ar perc^hirin.
— 11$.—
775 Soleil blanc
Attire la pluie.
776 Soleil blanc donne de la pluie.
Et soleil rouge du beau temps.
777 Rougeur au ciel le soir,
De la pluie pour le lendemain.
778 Ciel rouge le soir, ciel blanc le matin,
Rendent joyeux le pèlerin.
779 A la mi-juillet
La faucille aux sillons.
780 A la fête de Sainte-Marie du Carmel^
Mieux vaut chèvre que vache à lait (16 juillet).
781 11 n'est foire de Saint-Gildas »
Où ne danse pain de seigle nouveau.
782 Quand il pleut à la Madeleine,
Pourrissent noix et châtaigne (22 juillet).
78^ Saint Jean était un grand saint,
Mais saint Christophe était plus grand encore (25 juillet).
784 A la pleine lune de Juillet,
Moisson en tout pays.
Vlll
MOIS D'AOUT.
785 Quand la mer gronde sourdement,
Fermez vos portes, pauvres gens.
786 Si l'orage s'avance du côté de la montagne,
Prends ton fléau et va dehors ;
Si de la montagne vers la mer il se porte.
Ferme sur toi fenêtre et porte.
787 A la fête de N.-D. des Neiges,
Si le vent est fort, — cher est le blé (5 août).
788 Arc-en-ciel du soir,
Pluie ou vent le lendemain.
789 Arc-en-ciel du matin.
Aux travaux de la journée disposez-vous quand même.
790 Arc-en-ciel du matin,
Bon signe pour le pèlerin.
I. La foire de Saint-Gildas (arrond. de Châteaulin) a lieu le lundi qui suit le deuxième
dimanche de juillet
~ ii6 —
791 Kaneveden araog deg heur y
Rei he lein d^al laboureur,
792 Kaneveden araog deg heur,
Treac^h ar zec'hor d'ar glebor.
793 Kelc^h loar dioc^h ann noZy
Glao pe avel antronoz.
794 Kelc'h a dosty
Glao a-bell ;
Kelc'h a-bell,
Glao a dost.
79 S Mar bez glao da c'houel hanter-Est,
Kenavezo d'ar c'hraon kelvez.
IX
MIZ GWENGOLO.
796 E miz Gwengolo
En abardae 'ma ann dorno.
797 Hirio ema gouel Sant Jili,
Kant leveneZf mil prediri.
798 Da c'houel Sant Jili
'Teu ar goanv epenn ann ti,
799 Da viz Gwengoulou
E ieu dour er poullou.
800 Frimm er bloaz koz,
Avalou leiz arfoz.
801 Da c'houel Maze^
Arfrouez holl' zo dore.
802 Da c'houel Mikel, da c'houlou-de^
Ann Tri Roue vez er c'hreiz-de.
80 3 Gourmikael hag ann Ankou
Laka kalz a chanchamanchou.
804 E foar-ann-Drogerez
Eun ebeul evid eur gwennek,
80 5 Gounid oc'h diskar loar Gwengolo
Ne vez na greun na kolo.
— 117 —
79 1 Arc-en-cîel avant dix heures,
Donnez son d\vûT au laboureur.
792 Arc-en-cîer'aWdiu'ûîf ' heures,
Sur l'humidité la sécheresse l'emporte*
79} Cercle autour de la lune, le soir,
Pluie ou vent le lendemain.
794 Cercle (halo) qui s'approche,
Pluie qui s'éloigne;
Cercle qui s'éloigne,
Pluie qui s'approche.
795 A la mi-août s'il pleut,
Aux noisettes dites adieu.
IX
MOIS DE SEPTEMBRE.
796 Septembre arrivé.
Le soir on bat le blé.
797 C'est aujourd'hui la Saint-Gili,
Cent liesses, mille soucis (i«' septembre).
79g A la Saint-Gili
L'hiver vient au pignon de la maison.
799 En Septembre,
Aux mares arrive l'eau.
800 Frimas l'année passée.
Des pommes plein le fossé.
801 A la Saint-Mathieu,
Tous les fruits sont mûrs (21 septembre).
802 A la Saint-Michel, au point du jour,
Les Trois Rois' paraissent au midi (29 septembre).
803 La Saint-Michel et la Mort
Font beaucoup de changements.
804 A la foire du Troc,
Un poulain pour un sou (29 septembre).
805 Au décours de la lune, en Septembre, semez.
Et grain ni paille vous n'aurez.
I. La constellation des Trois Rois.
— ii8 —
X
MiZ HEPJZ.
806 Tremenet pardon Bulcu
A beb goabren^ peb gaouad.
807 Da foar Paolj
Kefelek war ann daoL
808 E miz HerOy
Teilit mad hag ho pezo.
809 Foar Hère e Goueznou
Poent eo skuilla ann trempou.
810 Glao da zul, glao da lun,
Glao epad ar zizun.
8 1 1 Glao a zeu diwar greisteiZj
Glao epad ann deiz.
8 1 2 Glao dioc^h ar viz,
Glao epad ar miz,
813 Glao, glao y
Ken a zimezo
Merc^h ar Maho.
8 1 4 Merc^h ar Maho ^zo dimezet
Hag ar glao na ehan ket.
XI
MIZ DU.
815 Eat miz Hère en he hent^
Da hanter-noz gouel ann Holl-Zenî,
816 Hadet da galan-goanv, stanket ann toull karr,
Poent eo d'ar mevel mont gant ar gounnar.
817 Kal-ar-goanVy kal-ar-miz^
Nedelek a-benn daou viz.
818 Da galan-goanv ed hadet,
Hag ivef rouez dastumet.
819 Pa ziverr ann dour euz korn ann ejenn,
E vez poent gounid ar vinizenn.
820 Goanv abredy
Goanv bepred.
82 1 Pa gler ann dour da c'houel Marzin
Ez ia ar goanv war benn he c^hlin.
- 119 —
X
MOIS D'OCTOBRE.
806 La fête de Bulat passée,
A chaque nuage une ondée (8 octobre).
807 A la foire Saint-Pol,
Bécasse sur table (10 octobre).
808 Au mois d'Octobre,
Fumez bien votre terre et votre terre produira.
809 Quand vient la foire d'Octobre à Gouesnou,
Il est temps d'épandre la fumure (25 octobre).
810 Pluie le dimanche, pluie le lundi.
Toute la semaine de la pluie.
81 1 Pluie* qui vient du midi,
Tout le jour de la pluie.
8 1 2 Pluie du nord-ouest,
De la pluie tout le mois.
81 ; De la pluie, de la pluie,
Jusqu'à ce que se marie
La fille de Mathieu.
814 La fille de Mathieu est mariée,
Et la pluie ne cesse de tomber.
XI
MOIS DE NOVEMBRE.
81 5 Octobre a fini son chemin,
A minuit la Toussaint.
816 Semez à la Toussaint, bouchez toutes les brèches,
C'est l'heure ou le valet se donne à tous les diables.
817 La Toussaint, premier jour du mois,
Noël arrive dans deux mois.
818 A la Toussaint semez le blé,
Et aussi le fruit ramassez.
819 Quand l'eau dégoutte de la corne du bœuf,
Il est temps de semer le froment.
820 Hiver prématuré.
Hiver de longue durée.
821 Quand l'eau gèle à la Saint-Martin,
L'hiver s'agenouille en chemin » (i i novembre).
I. Quand il gèle à la Saint-Martin, l'hiver s'annonce rigoureux, et, sur les chemins
partout glacés, les chutes sont à craindre.
— 120 —
822 Da Zantez Katel
Et ia ar mestr da vtvel ■ .
82 } Mad eo hada ann douar
War ann diskar eut al loar^
Hogen segalik Sant Andrez
Dent Nedelek pa deu er met,
824 Hag neza emoc'h-hu c^hoaz!
Gouel Sant Andrez a zo warc^hoaz,
82 j Gouel ann Holl-Zenf ziraou ar miZj
Ha sant André gamm hen finiz,
826 Sant André gamm na vanhas kel
Ter sun tri deiz kent '/i Nedelek,
XII
MIZ KERZU.
827 Tremenet gouel Sant Andrew^
Aret don hag hadet tew.
Ha diwallet dirag al loened bew.
828 Han-goanv betek Nedelek :
Diwar neuze ve goanvkaled^
Ken e vezo bleun en halek,
Hag ac'hano goanv tenn
Ken ne zavo bleun er spern gnvenn.
829 Miz Kerzu^ miz ar gouelio,
Eo miz ar gtvadagenno,
8}0 Mar-d-eo ien ha krizar goan
Da gof oc' h taoly da gein d'ann tan.
8} 1 Gwell eo mogedforn
Evit avel skorn.
832 Nao grozadenn forn
A ia gand eur bar avel skorn.
8jj Ere' h kent Nedelek^
Teil d'ar zegalek.
834 Pave loar wenn d'ann Nedelek^
E ve lin mad e pep havrek.
I. A la Sainte-Catherine, les travaux des champs sont tellement pressants aue !e chef
d'exploitation se voit réduit à partager les fatigues de ses serviteurs, sous peine oe compro-
mettre sérieusement ses intérêts.
— 121 —
822 A la Sainte-Catherine,
Le maître devient valet (2 j novembre) .
82 3 11 est bon d'ensemencer la terre
Quand la lune est à son décours,
Mais le seigle de Saint-André (30 novembre)
One avant Noël ne s'est montré.
824 Comment, vous êtes encore à filer,
Et c'est demain la Saint-André! »
825 La Toussaint commence le mois.
Et saint André le boiteux le finit.
826 Saint André le boiteux jamais ne fit défaut .
Trois semaines trois jours avant Noël.
XII
MOIS DE DECEMBRE.
827 La Saint-André passée, .
Labourez profond et semez dru.
Et de toute bête vivante gardez-vous.
828 L'automne jusqu'à Noël :
Depuis là le dur hiver
Jusqu'à ce que fleurisse le saule;
Depuis là l'hiver cruel,
Jusqu'à ce que l'aubépine soit en fleur.
829 . Décembre, le mois des fêtes.
Est le mois des boudins.
830 Si l'hiver est froid et cruel,
Tiens ton ventre à table et ton dos au feu.
83 1 Mieux vaut de four fumée
Que rafale glacée (C.-à-d. : mieux vaut supporter l'incom-
modité de la fumée à l'intérieur, qu'être exposé dehors à
la rigueur du temps) .
8 3 2 Neuf charges de bois,
Autant emporte un coup de vent glacé.
833 • Neige avant Noël
Pour champ de seigle vaut fumier.
834 Blanche lune à Noël,
Bon lin dans chaque guéret.
I . Les veilles prolongées sont nuisibles à la santé.
10
— 112 —
Sj $ Nedelek ha gouel lann
À laka ar bii être diou rann ;
Kalan Ebrel ha gouel Mikeal
A laka e4eal.
836 Eut gelienenn d'ann Nedelek
A zo kouls hag ear c'hefelek.
837 Etna GuUlou oc' h ober he dro^
Nevezinti a veto.
838 Here^ Du ha Kerzu,
A c'halver ar miziou du.
839 Nedelek seaâh^ Pask kaillarek,
Laka ann arc'h da veza barrek^
Hag ann ozac'h da veza bouzellek.
840 Pa vez da zul deiz Nedelek,
Hada da linn war ar garrek,
Ha d* brena ed gwerzdagazek.
— 125 -
83 $ Noël et la Saint-Jean
En deux coupent l'an;
Le premier avril et la Saint-Michel
En font autant.
836 Mouche à Noël
Bécasse vaut.
837 Guillou 1 fait sa tournée,
Il y aura du nouveau.
838 Octobre, novembre et décembre
Sont appelés les mois noirs.
839 Noël sec et Pâques crotté
Remplissent la huche à déborder,
Et donnent du ventre au chef de famille.
840 Si Noël arrive un dimanche,
Sur le rocher sème ton lin,
Et vends ta jument pour acheter du grain.
I. C'est le loup que la faim fait sortir du bois. Guillou est aussi un des noms du
diable.
EIZVED STROLLAD.
HUITIÈME SÉRIE.
/.
841 Al labourer a viskoaz
A zebr eur garg douar ar bloaz.
842 Goasa ira a hell hen hem gaoutgad eur merer eo klevet killok he vestr.
843 Bleo gonifiedy plun klujar,
N'int ket mad da stuia douar,
844 lannik a vil micher a varvaz gant ann naon,
845 Eur micherour dioc'h ann deiz
A garfe ve noz da greisteiz.
846 Matez nevez da di pa zeuio
Kement a teir a lahouro.
847 Glao a doly avel a c'houez^
Da ober joa d^ar votez.
848 Foeta fank ha foeta drez
Eo micher eur paotr lakez.
II.
849 Eur c^hemener n^e ket den,
'Met eur c'hemener ne-d-eo ken,
850 Nao c'hemener evid ober eun den.
851 Neb a lavar eur c'hemener
A lavar ive eur gaouier.
852 Kemener brein^
'Nn diaoul war hegein.
I.
841 Laboureur de tout temps
Charge de terre avale l'an.
842 La pire chose qui puisse arriver à un fermier, c'est d'entendre le
coq de son maîtres
843 Poils de lapin et plumes de perdrix
Ne valent rien pour engraisser la terre ^
844 Jeannot aux mille métiers mourut de faim.
845 Un ouvrier à la journée
Voudrait à midi la nuit arrivée.
846 Quand servante nouvelle à la maison viendra,
Autant que trois elle travaillera.
847 Pluie à verse et tourmente,
Temps à réjouir la servante.
848 Battre boye et battre hallier,
C'est le métier d'un estafier.
II.
849 Un tailleur n'est point un homme^
Ce n'est qu'un tailleur en somme.
850 Neuf tailleurs pour faire un homme.
851 Qui dit tailleur
Dit aussi menteur.
852 Tailleur pourri,
Le diable sur son dos.
1 . Le cultivateur breton redoute la surveillance, et celle-d le menace d'autant que la
maison du mattre est plus rapprochée de la sienne.
2. Ce dicton concerne les braconniers.
— 128 —
855 Ar c^hemener diwar he dorchenn
Pa gouez, a gouez en ifern.
854 MUin laz-logody — e vez dour awalc'h d^eur zilienn pa vez glao.
855 Napa rafe ar vûin nemet eun dro krenn,
Ar miliner 'zo sur d'oc' h he grampoezenn.
856 Krampoez hag amann a zo mad^
Ha neheudig euz pep sac'had,
Hag ar merc'hed kempenn a-vad,
857 Na euz ket hardissoc'h eget roched eur miliner,
Rag bep mintin e pak eul laer.
858 Ar miliner^ laer ar bleudy
A vo krouget dre he viz meud,
Ha mar ne ve ket krouget mad
A vo krouget dre he viz troad,
859 Ar guiader en he stern^
E'giz ann diaoul en ifern,
Oc'h ober tik-tak, tik-tak,
Hag tenna hag lakat.
860 Ar guiader kaotaer
A ra lienn evel 1er,
86 1 Ar miliner a laer bleudy
Ar guiader a laer neud,
Ar fournerienn a laer toaz,
Ar c'hemenerienn krampoez kraz,
UL
862 Ar zoner war he varikenn
A ra da iaouankiz breskenn,
86 3 Ar glaouaer er c'hoajo
Evel ar bleiz a iudatô.
864 Boutaouer koad a ra bepret
Listri da gas tud da gac'het.
86 j Pa vez ker al 1er
E c'hoarz ar boutaouer.
866 N'e ket greg ar c'here a deuz ar gwella boutou. •
867 Er givijeri ann ejenned
A zo bioc'hed.
— 129 —
85 3 L^ tailleur sur son coussinet^
S'il tombe^ — en enfer va tomber.
854 Moulin tue souris, — assez d'eau pour une anguille il a quand
vient la pluie.
855 Le moulin ne donnât-il qu'un tour de roue,
D'avoir sa crêpe le meunier est certain.
856 Des crêpes et du beurre, — bonnes choses,
Et un brin de chaque sac de farine,
Et les jolies filles pareillement.
857 Rien n'est plus hardi que la chemise d'un meunier,
Car chaque matin elle prend un voleur.
858 Le meunier, voleur de farine.
Par le pouce pendu sera;
S'il n'est bien pendu de la sorte,
Par l'orteil on l'accrochera.
859 Le tisserand à son métier,
Comme diable en enfer se démène.
Avec son tic-tac, tic-tac,
Quand navette il tire et repousse.
860 Le tisserand avec sa colle
Donne à la toile l'apparence du cuir.
86 1 Le meunier vole de la farine.
Le tisserand vole du fil,
Les fourniers volent de la pâte,
Et les tailleurs des crêpes rôties.
in.
862 Le sonneur > sur sa barrique •
Met en branle la jeunesse.
863 Le charbonnier dans les bois
Comme le loup hurle sans cesse.
864 Le sabotier fait en tout temps
Vaisseaux à mener ch... les gens.
86$ Quand le cuir est cher
Rit le sabotier.
866 Ce n'est femme de cordonnier qui est la mieux chaussée.
867 Dans les tanneries lès bœufs
Sont des vaches.
I . Ménétrier, joueur de bombarde (hautbois) ou de blniouj sorte de cornemuse.
868 Af masouner, pa staoto,
Eut e labour e troio.
869 Marichal krign-karn^
Chaoker kac'h houarn.
870 Pa vez houarnet ar c^har,
Er pod e lekear ar iar.
87 1 Ar barazer a oar dre c^houez
Hag hen a vez ira vad er pez.
872 Ann heskenner hag ar c'halve
A blij d'ezhofest ar maout maeK
873 Hostiz ann anaoun
A varvaz gand ann naoun.
874 Tiez savet gant krec'hin tud
A zaver ker buban, ken divrud.
IV.
87 5 Eva g}viny kanjoli merc^hed,
Setu dever ar c*hloarek.
876 Reizen manac'h a zo tenna
Digant ann holl heb rei netra.
877 Te lavar gaouy pe ma vinn manac'h,
878 Pa ta eur manac^h e neb leac*h,
E teu eun allik en heleac^h,
879 Ktlian ha melian,
Menec'h ha beleian,
Pevar seurt loned
Ar givasa ' so er bed.
880 Kazek ar c'hure
A renko baie.
881 Aotrou Personn^ mar grit ho kest,
Choui a raio ivez ar fest.
882 Ar veleienn ne garont ket
Beza distroet eut ho fred;
Gortozit * ta gad pasiantet,
Pe ann absolvenn n*ho pà ket. .
I. On nomme maout « mouton » le vin d'accomplissement qui se distribue aux
ouvriers le jour de l'achèvement d'une construction. Le mot mae qui le suit, en français
« mai », me semble mis ici pour la rime. .
— 131 —
868 Le maçon, quand il pissera,
A son travail le dos tournera.
869 Maréchal, grignoteur de corne,
Mâcheur de m.... de fer.
870 La charrette ferrée,
On met la poule au pot.
87 1 Le tonnelier sait à l'odeur
S'il y a bonne chose en la pièce.
872 Scieur de long et charpentier
Aiment le festin du mouton de mai.
873 Hôtelier des trépassés
Qui de faim sont morts >.
874 Maisons qu'on élève avec des peaux humaines
S'élèvent si vite, avec si peu de bruit».
IV.
87 5 Boire vin, cajoler fillette,
Voilà de tout clerc le devoir.
876 Règle de moine est de tirer
De toutes gens sans rien donner.
877 Tu mens, — ou je veux être moine.
878 Où moine passera,
Moinillon poussera.
879 Mouches et fourmis,
Moines et prêtres.
Quatre sortes de bêtes
Les pires qui soient au monde.
880 Jument de vicaire
Aura de la marche à faire.
881 Monsieur le curé, si vous quêtez,
A votre tour régal vous donnerez.
882 Les prêtres n'aiment pas
Qu'on les dérange à l'heure des repas ,
Avec patience attendez donc
Ou vous n'aurez l'absolution.
1 . Se dit d'un méchant aubergiste dont la maison est mal approvisionnée.
2. A l'adresse des médecins enrichis.
— 132 -
88 3 Eur belek maro, — eun ail en he leac^h.
884 Harzit, harzit^ emezhan,
Ma vo lekeat... en toull-man,
Ma lakefomp eur mean braz war he gein^
Ma 'z efomp da di.., d'hon lein,
885 Peurvuia ar belek
A lâr en eur brezek :
Silaouet ma c^homzo^
Losket ma obero.
— n3 —
88} Un prêtre mort, — un autre à sa place. (Le roi est mort, — vive
le roi !)
884 Arrêtez, arrêtez, dit-il.
Qu'on le mette... dans ce trou-ci.
Avec une grande pierre sur le dos,
Pour que nous rentrions... dtner.
885 Prêtre, le plus souvent,
Sermonne ainsi les gens :
Ecoutez ce que je vous dis,
Mais de ce que je fais ne vous occupez mie.
NAOVED STROLLAD
NEUVIÈME SÉRIE
/.
886 Lein hir hag offeren vert
A hlij d'ann dud dibreder,
887 Pedennou herr a gass d^ann néon,
Pedennou hir a chomm a-dreon.
888 Ann Avid,
Ar gjvir geniel.
889 Blskoaz sant n'eo bel
En he barrez metdet.
890 Ar tant pelky
Ar zantgfvella.
891 Da zanteZ'Anna neb a ia^
Santa Anna n^ankounaâha.
892 Itroun Varia *nn amzer
Ne labour ked en aner.
89} Mai a win a mpigner er pardomou eged agoar.
894 E BreiZ'Izel pa ziskennan,
Dour mad ha tud diampech a lakan.
895 Neb a verv lichou d'ar gwener
Birvi a ra goad hor Salver.
896 Da noz Nedelek ne gousk ken
^Met ann tousok ha mab ann den.
I.
886 Long dîner et messe courte
Plaisent aux hommes de loisir.
887 Courtes prières mènent au ciel,
Longues prières restent derrière.
888 L'Evangile,
La vraie doctrine.
889 Jamais saint n'a été
Dans sa paroisse loué.
890 Le saint le plus éloigné,
Le saint le plus estimé.
891 A Sainte-Anne qui va
Sainte Anne ne l'oublie pas.
892 Madame Marie-du-Temps (c.-à-d. qui préside au temps)
Ne travaille point vainement.
893 Plus de vin dépensé dans les pardons que de cire.
894 En Basse-Bretagne quand je descends,
J'y fais l'eau bonne et bien dispos les gens K
895 Qui bout lessive le vendredi
Fait cuire le sang de notre Sauveur.
896 La nuit de Noël nul ne dort
Hormis le crapaud et le fils de l'homme
I . Dit Jésus-Christ qui, d'après la croyance populaire, a fait de nombreux voyages en
Bretagne.
II
- 1,8-
897 ^ ^^'^^ ^^ ^^^> ^^ divalletj
Sent or vronnan n'anvezann ket.
898 Deomp da bidi sont Herbot
Da reï amann leiz ar ribot.
899 Sont loueriy sont lann,
Leiz ma ribod a amann,
Hag eur bannik bihan a lez
'Vitaluzenn d'ar paour kez.
900 Aotrou sant Oiirzal, me ho ped^
Roït d'eomp-ni pep a c'hreg,
Aotrou sant Ôarzaly eur weach c'hoaz,
Roït d^eomp-ni peb a voaz,
901 Itroun Varia-Molenez,
Digassit pense d*am enez^
Ha c'houi^ aotrou sant Renan,
Na zigassit ket evit unan,
Digassit evit daou pe dri,
Evit m^hen devezo lod peb-hini ' .
902 Mar vez GuUlou, ra-z-ipell dre sant Hervé -,
Mar vez Satan, ra-z-i pell en han' Doue^.
903 Ki Uan, chanj a hent^
Arru V baniel hag ar zent;
Arru V baniel hag ar groaz,
Hag ann aotro sant Weltas.
1 . Les habitants de 111e Molène se défendent, non sans énerve, d'avoir jamais adressé
semblable prière à leurs saints. A les entendre, elle leur serait gratuitement prêtée par
leurs voisins d'Ouessant, grands railleurs par tempérament, et, aussi, quelque peu jaloux
de leur prospérité croissante. Ceux-ci, de leur côté, opposent à cette explication la
dénégation la plus formelle. Quoi quMl en soit, et qu'il s'agisse ici d'une prière ou
simplement d'une épigramme, on ne saurait du moins reprocher à cette petite pièce de
manquer de couleur locale.
2. Ce Guillou n'est autre que le loup, contre lequel on ne peut trouver de meilleur
défenseur que saint Hervé. La légende raconte qu'Ulphroêdus, oncle d'Hervé, avait un
âne qu'un loup dévora. Le saint condamna le fauve à remplacer la béte de somme dont
il avait fait sa proie, et « c'estoit chose admirable, — nous dit Albert le Grand, —
l'intéressant et naïf hagiographe, — de voir ce loup vivre en mesme étable que les
moutons, sans leur mal faire, trabner la charrue, porter les faix et faire tout autre
service, comme beste domestique. »
C'est en souvenir de ce prodige que, dans les églises bretonnes, on représente saint Hervé
aaompagné d'un loup qu'il tient en laisse.
Il faut se garder, cependant, de juger sur les apparences : le diable sait prendre toutes
— IJ9 --
897 O saints de mon pays, protégez-moi^
Les saints de ce pay&<i je ne les connais pas.
898 Allons prier saint Herbot
De nous donner du beurre à pleine baratte.
899 Saint Yves, saint Jean,
De beurre remplissez ma baratte^
Et gouttelette de lait laissez-y
Pour aumône au cher pauvre.
900 Monsieur saint Ourzal, je vous prie,
Donnez femme à chacun de nous. —
Monsieur saint Ourzal, une fois encore,
Donnez-nous à chacune un niari.
901 Madame Marie de Molène,
A mon île envoyez naufrage,
Et vous, monsieur saint Renan,
N'en envoyez pas un seulement;
Envoyez-en deux, trois plutôt.
Pour que chacun en ait morceau.
II.
902 Si tu es Guillou, par saint Hervé, va-t'en;
Va-t'en, au nom de Dieu, si tu es Satan '.
903 Chien enragé, change de route.
Voici la bannière et les saints ;
Voici la bannière et la croix,
Ainsi que monsieur saint Gildas >.
les formes, et se montre souvent sous celle d'un loup, dit le paysan breton. Aussi la
prudence commande-t-elle de se tenir à la fois en garde contre l'un et l'autre de ces
dangereux ennemis.
1 . Cette conjuration et les suivantes, jusqu'au n" 909 inclusivement, — on se sert du
mot conjuration pour désigner indifféremment toutes les formules réputées magiques^ —
jouissent d'un grand crédit dans les campaenes armoricaines. Comme celle-ci est
infaillible pour mettre en fuite les loups et le diable lui-même^ la seconde défend des
chiens enragés, et les six autres sont souveraines pour combattre diverses maladies. Toutes,
à l'exception des deux premières, ont leur rituel spécial, mais variant de canton à
canton, et qui consiste en pratiques bizarres presque toujours subordonnées à certaines
conditions, difficiles à réunir, de temps, de lieux et d'orientation. De plus^ comme il faut
aussi tenir compte de l'influence des nombres sacrés, quelques-unes d'entre elles doivent
être récitées, suivant le cas, trois, sept ou neuf fois, sans reprendre haleine. Si le charme
reste sans effet, ce qui ne doit pas manquer d'arriver assez souvent, le conjurateur a
toujours en réserve quelque bon motif de s'en prendre à lui-même, à moins qu'il ne
préfère attribuer son insuccès à une incomplète initiation.
2. La rage est généralement connue en Bretagne sous le nom de mal de saint Gildas ,
drouk-sant-Wettas.
— 140 —
904 Me ho salud, gmbuill verrienn ;
Me 'zo deut da zigass d'hec'h ann derrienn,
Eun tamm bara hag eur vi,
Ne c'houllan ken he c'hrena mui.
905 Salud d'e-hoc'h, burlugivenn,
Me a zo deut d'ho tispenn,
Evit m'am lakafet iac'hy
Rak klanv oun gand arpennzac^h,
906 At penn a zac'h er zac'h,
Ma fenn er-meaz ha me iac'h,
907 Salud, loar gan^
Kass ar re-man
Gan-ezac'han.
908 Ar Werbl hen deuz nao merc'h :
Deuz a nao a deu da eiz,
Deuz a eiz a deu da drei,
Deuz a zeiz a deu da c^houetfhy
Deuz a c*houec^h a deu da bemp,
Deuz a bemp a deu da bevar^
Deuz a bevar a deu da tri^
Deuz a dri a deu da zaouy
Deuz a zaou a deu da unan^
Deuz a unan a deu da netra.
Ar Werbl n'hen deuz ket merc'h ebet,
909 DenedeOj denedUc^h,
N'e ket ama ema da lec^h^
NU ket ama nag e neb lec^h.
Pa 'z po treuzet nao mor, nao menez,
Nao feunteun a drugareZy
E gavi eun dachennik c^hlaz^
Hag eno ema da blaz > .
910 Tro, pe me az troio :
I. Var, Dtredewez^ *deweztu% Var. Dartre (furoncle, herpès etc.), va-t'en
N*e ket aze man da lec*h, loin d'ici !
Bars eun torkadig lann zec% Ce n'est en ce lieu qu'est ta place.
Seiz park euzarmene, (Elleest)dansunbuisson d'ajoncs dessé-
Terfantan a drugare, chés,
Lec'h na glewi kog kana, Sept champs de la montagne,
Bugel biùn t>ed oela. Trois fontaines de merci,
Où tu n'ouïras coq chanter
Non plus qu'enfantelet pleurer.
Cette version a été recueillie par mon ami M. Luzel.
— 141 —
904 Fourmilière, je vous salue ;
La fièvre suis venu vous apporter
Avec un morceau de pain et un œuf,
Ne requiers que ne plus la trembler.
905 Salut à vous, blanche digitale,
Je suis venu vous cueillir
Pour que vous me rendiez la santé,
Car d'un goitre je suis affligé.
906 Le goitre reste dans le sac,
Ma tête dehors et je suis guéri.
907 Salut, pleine lune,
Emporte celles-ci (^ces verrues)
Avec toi loin d'ici.
908 Le Bubon a neuf filles :
De neuf elles sont réduites à huit,
De huit à sept,
De sept à six,
De six à cinq,
De cinq à quatre.
De quatre à trois,
De trois à deux.
De deux à une,
D'une à rien.
Le Bubon n'a plus de filles.
909 Dartre chancreuse, dartre, va-t'en,
Ce n'est ici que tu dois être.
Ce n'est ici ni autre part.
Quand tu auras traversé neuf mers, neuf montagnes,
Neuf fontaines de merci,
Tu trouveras un petit pâtis vert
Et c'est là qu'est ta place.
910 Tourne, ou je te tournerai :
Le char de l'Ankou est arrivé !
Ourlic! Ourlic !
I . C'est l'injonction suprême, et, en quelque sorte, la prise de possession de la Mort
(Anko ou Ankou, en t)reton), quand la sinistre voyageuse arrête à la porte de quelque
malade sa charrette ferrée, recouverte d^un drap blanc et trainie par deux chevaux blancs.
Employées quelquefois, en dehors de la légende, quand deux rivaux, deux ennemis,
par exemple, en viennent aux dernières limites de la violence, ces paroles prennent la
signification suivante : a Rends-toi, ou j'aurai ta vie! Ta dernière heure va sonner. »
Ourlik est un mimologisme auquel je ne connais point d'équivalent en français.
— 142 —
Erru eo karr ann Anko I
Ourlik! Ourlik!
III.
911 Ar plac'h^ war loar goz^
Ne ve ket hir he broz;
Ar pot^ war loar ne^
Ne ve ket hir he tt.
912 Kamrriy luch^ tort ha born,
A 10 ganet diwar ar c'horn ' .
9 1 3 N'eut bet biskoaz na kamm na tort n'hen dije itrik fall.
914 Ar voualc'h he bek melen
A vev tri oad ann den.
915 Ar vran hi deux tri oad den^ tri oad marc'h,
Ha c'hoaz ne dent ked oad awalc'h.
916 Pa gomur eux ann heol e weler ke sklerijenn.
917 Pa gomur eut ar bleit
E vet he lost e-kreit.
918 Pa voud ar skouarn kUiz^
Meuleudiou eAeiz;
Pa voud ar skouarn deou^
Meuleudiou e-biou.
9 1 9 Gwennili^ gra da neiz
Em frenestrik, e Breiz,
920 Skrill a gan war ann oaled
E ti ann hoU ' zo karet.
92 1 Eur ginidenn dioc^h ar mintin^
Sinawallfin;
Eur ginidenn dioc'h ann noz^
Sin a gelou mad antronot.
922 Eut laouen-dar^
Arc'hant hepmar,
923 Pa gan ar goukou warlerc'h gouel Pir^
Sin a gernez,
I . Dans un conte breton très-répandu, une femme surprise par les douleurs de l'enfan-
tement est priée par un moine de ne faire aucun effort qui puisse hâter sa
délivrance. — Et, pourquoi cela? demande- t-elle. —C'est que, répond son interlocuteur,
au moment où j'entrais chez vous, j*ai vu la lune en train de se pendre. On se sert de
cette expression pour dire que la lune entre dans son croissant. Or, malheur à Tenfant
qui vient au monde à cette heure : il est loariet, frappé par la lune, ce qui ne signifie pas
toujours lunatique, mais certainement disgracié, soit au physique, soit au moral, et
— 14? —
III.
911 De fille née à la vieille lune
Ne sera point longue la jupe;
De garçon né à la lune nouvelle
Longue la robe ne sera.
912 Boiteux, bigles, bossus et borgnes
Sous le croissant sont nés.
91 ; Jamais on n'a vu boiteux ou bossu qui méchante pièce ne fût.
914 Le merle à bec jaune
Vit trois âges d'homme.
915 Le corbeau vit trois âges d'homme, trois âges de cheval^
Encore ne se trouve-t-il point d'âge assez.
916 Parle-t-on du soleil on en voit les rayons.
917 Parle-t-on du loup.
Sa queue est au milieu de nous.
918 Quand bourdonne votre oreille gauche,
Grand éloge de vous l'on fait ;
Quand bourdonne votre oreille droite,
Votre éloge est mis de côté.
9 1 9 Hirondelle, fais ton nid
A ma petite fenêtre, en Bretagne ' .
920 Grillon chantant sur lé foyer '
Dans toute maison est aimé.
92 1 Araignée du matin,
Signe de mauvaise fin;
Araignée du soir,
Signe de bonne nouvelle le lendemain.
922 Un pou d'égout (cloporte).
De l'argent sans aucun doute.
92 } Le coucou chante-t-il après la Saint-Pierre,
— Signe de cherté.
fatalement destiné à être malheureux.
Ce cas n'est pas le seul où l'influence de la lune, jeune ou vieille, soit à craindre pour
les mères : elle les menace dans bien d'autres circonstances, et de là le sujet de mille
recommandations, et des précautions les plus singulières.
Aujourd'hui encore, dans quelques campagnes, les femmes que certains besoins naturels
amènent le soir à quitter leurs maisons, se garderaient bien, pour y satisfaire, de se
tourner du côté où la lune se montre. Si, par malaventure, elles étaient enceintes, nul ne
sait ce qui courrait résulter d'une telle inadvertance.
1. La maison où l'hirondelle fait son nid est regardée comme bénie du ciel.
2. Présage de bonheur.
— 144 —
924 Mar klewfe ar zord^ mar welfe ar c'hà,
Ni vefe beo den ebet er vro ' .
IV.
92 5 Gwasoc^h evid ar raned
A zon ar bal âHax Chorriganed ».
926 Pan ve ar Siren kanan,
E c'hall ' mariolod paour gtvelan.
f)!-] Gargantuas easoc'h da zamma
Evit da garga.
928 GargantuaSj pa oa beo^
A iee 'n eur gammed da BontreoK
929 Boudedeo 4
A valeo
Dre ma vezo
Daou zen beo.
930 Boudedeo
Ann diveza' vo beo.
93 1 Soloc^h eget Merlin a red en dour araog ar glao.
932 Keuta tud a oa ér bed
A oa Guikaznou ha Kerret.
933 Pa'r oc' h euz a Gergournadeac'h,
Savit ho tiskouarn d^ann neac'h.
1. M. Emile Eraault, de Saint-Brieuc, m'a donné de ce dicton la variante suivante
qu'il a entendue à Sarzeau :
Enn enan *pe huile^ Si orvet voyait,
Er zourt a pe gUue, Si sourd entendait,
Den er bet ne bade. Homme au monde ne resterait.
2. Se dit des personnes et des choses, et, particulièrement, de tout cri perçant, de
tout bruit désagréable. Les Korrigans sont les nains, les gnomes de la mythologie
armoricaine.
). En partant de Plouaret, m'écrit M. Luzel, à qui je dois la connaissance de ce
dicton.
4. Nom donné au Juif-Errant, et qui répond exactement à celui de Buttadeus attribué
au même personnage légendaire par un auteur du 17' siècle cité par Grœsse (Sage vom
Ewigen Juden. Dresde, 1844).
En faisant le même rapprochement à l'occasion du gwerz de Boudedeo, M. Gaston Paris
fait observer {Revue Critique du 23 octobre 1869) <jue ce nom « semble un composé de
Thaddée et peut-être de Bar défiguré en But. Mais où, — se demande-t-il, — « le
« poète breton a-t-il trouvé ce nom généralement remplacé par Ahasvérus? Le fait est
« d'autant plus bizarre que s'il fait dire au Juif à un endroit Moi Boudedeo ^ il semble
tt bien l'appeler ailleurs (str. 2), AbsaruSy c'est-à-dire Ahasvérus. »
Dans l'état actuel de la bibliographie bretonne, il n'est pas possible, je crois, d'assigner
une date tant à la composition du gwerz qu'à l'introduction en Bretagne du nom de
Boudedeo. Toutefois, il me paraît acquis que ce nom était tout au moins populaire dans
— 145 —
924 Si sourd entendait et si taupe voyait,
Au pays homme vivant ne serait.
IV.
92 5 Plus agaçant que les grenouilles
Qui sonnent le bal des Korrigans.
926 Quand la sirène est en train de chanter,
Le pauvre matelot peut pleurer.
927 Gargantua plus facile à charger (de viande ou de vin)
Qu'à remplir.
928 Gargantua, quand il vivait,
D'une enjambée à Pontrieux allait.
929 Boudedeo
Marcoera
Tant qu'il y aura
Deux hommes en vie.
930 Boudedeo
Sera le dernier des vivants.
93 1 Plus sot que Merlin qui se jette à Peau pour éviter la pluie <.
932 Les premiers habitants de la terre
Furent les Guicaznou et les Kerret >.
93 3 Puisque vous êtes de Kergoumadeac'h 3 ,
Portez la tète haute.
les campagnes armoricaines au 17* siècle. Grégoire de Rostrenen et Dom Le Pelletier le
mentionnent, en effet, dans leurs dictionnaires commencés Pun et l'autre vers 1700, sans
que rien de la part des deux savants lexicographes permette de supposer qu'il fût d'impor-
tation récente.
Pour ce qui est de la bizarrerie résultant de la double appellation donnée au marcheur
étemel, elle trouve son explication dans l'ancienne légende dont parle Edgard Quinet
(Préface d'Ahasvérus) qui nomme le Juif « Ahasvérus », et, après son baptême,
c< Buttadeus ».
1 . Dans le Bas- Léon, comparer quelqu'un à Merlin constitue une grave injure. Le
personnage auquel il est ainsi fait allusion, et qui ressemble d'une manière si frappante
au Gribouille proverbial de nos provinces françaises, serait-il, par suite d'une dernière
transformation, le même que le fameux enchanteur ? Je ne saurais rien affirmer sur ce
point, toutes mes recherches pour retrouver ailleurs le nom dé Merlin dans la mémoire
du peuple breton étant demeurées infructueuses.
2. Cette devise, que l'on cite souvent, se lisait, au dire de Cambry (Voyage dans le
Finistère, édit. de 1836, p. 8), sur un banc de l'église de Saint-Mathieu, à Morlaix, en
1778.
3 . Une tradition rapportée par Albert le Grand fait remonter l'ori^ne de la maison de
Kergoumadeac'h à un jeune guerrier de Cléder, appelé Nuz, qui vivait au vi" siècle .
Guitar, comte de Léon, pour le récompenser d'avoir délivré la contrée d'un dragon qui la
désolait, lui fit don d'une terre (jui reçut, en mémoire de ce fait, le nom de Ker-gour-na-'
deac'h (la maison de l'homme qui ne fuit pas).
— 146 —
934 Araog ma oa aotrou e neb ltae*h ,
Ezoaeur mar^hek e KergQurnadeac'h.
935 Pa n'oa kastel e neb leac%
*0a kastel e Kornadeac'h,
Ha pa-z-enz kastel e peb leâc%
*EttZ kastel ive e Kùrnaieac*h.
936 Riwalen da, Riwalen glat
A zo tudjentU a viskoaz.
937 Pe tre, pe lano^
Kastelfur eovahanoK
938 Debri a ra (Vann neo evel ma ra Rohan >.
1 . Devise de la famille de Châteaufiir.
2. On donne au pourceau, dans un grand nombre de localités, le nom de Rohan ou
de mab Rohan, fils de Rohan.
— 147 —
9 H Avant qu'il n'y eût seigneur au monde,
Il y avait un chevalier à Kergoumadeac'h.
93 5 Quand il n'y avait château en aucun lieu,
Il y avait château à Kergoumadeac'h,
Ety quand il y a château en tout lieu^
Il y a aussi château â Kergoumadeac'h.
936 Rivoalen noirs, Rivoalen verts
De tout temps furent gentilshommes.
937 Que la mer descende ou monte,
Châteaufur est mon nom.
938 II mange à Tauge comme fait Rohan.
DEKVED STROLLAD.
DIXIÈME SÉRIE.
/.
939 A bep liou marc* h mad^
A bep bro îud vad.
940 Al laouenan a gar atao
He do'énn ha kornig he vro,
941 Kant bro, — kant giZy
Kant maouez^ — kant hiviz,
Kant parrez, — kant iliz.
942 Aotronez Pond-Ivi,
Bourc'hisienn Faouety
Potret Gourin.
943 Sod evel eur Gwennedad,
Brusk evel eur Chernevad,
Laer evel eul Léonard,
Traïtour evel eun Tregeriad,
944 Ebeul Pontreo K
945 Léonard kof iod, laer ar pesk ».
1 . Se dit indifféremment de tout jeune paysan lourd et grossier.
2. Allusion au poisson de Saint-Corentin, « lequel tous les matins, — dit Albert le
« Grand, — se présentoit au saint qui le prenoit et en coupoit une pièce pour sa
« pitance, et le rejetoit dans Teau, où tout a Tinstant il se trouvoit tout entier, sans
tf lésion ni blessure. »
Un morceau de ce merveilleux poisson rassasia, certain soir, le roi Gradlon et la suite
nombreuse de seigneurs qui l'accompagnait dans une chasse où il s'était égaré. « Le Roy
« ayant veu ce grand miracle, voulut voir le poisson duquel le saint avait coupé ce
« morceau et alla à la fontaine, où il le vid, sans aucune blessure dans Teau; mais
a Quelaue indiscret (que la prose, qui se chante le jour de la feste du saint, dit avoir esté
tt de l'evesché de Léon) en coupa une pièce pourvoir s'il deviendroit entier, dont il resta
I.
939 ^c ^0"^ P^t ^^ cheval,
De tout pays bonnes gens.
940 Le rohelet aime toujours
Son toit et le petit coin de son pays.
941 Cent pays, — cent guises.
Cent femmes, — cent chemises,
Cent paroisses, — cent églises.
942 Les messieurs de Pontivy,
Les bourgeois du Faouet,
Les gars de Gourin.
943 Sot comme un Vannetais,
Brusque comme un ComouaiUais,
Voleur comme un Léonnais,
Traître comme un Trégorrais.
944 Poulain de Pontrieux.
945 Léonard, ventre à bouillie, voleur de poisspn.
« blessé, jusqu'à ce que saint Corentiii y vinst, qui, de sa bénédiction, le périt, et luy
« commanda de se retirer de U, jde peur de semblable accident : à quoy il obéit. » —
(Vie de saint Corentin, dans les vies des saints de la Bretagne Armorique, édit. de 1837,
p. 799 et 801.)
Le P. Maunoir auquel nous devons une vie du même saint, en vers bretons, complète
ce récit de la manière suivante :
laeronci cruel! A e'houdevez nicun O larcin cruel! depuis lors personne
NUr vêlas mui rédec ebars en e feuntun. Ne le vit plus courir dans sa fontaine.
An oU quéraU d'an den fall a oa disenoretj Tous les parents de l'homme mauvais furent
Goapeet esiranch a casseet, scandalet, milli' déshonorés, [maudits,
guet, Raillés d'étrange sorte et haïs, querellés.
AbaUmwr d*an torftt en devoa bet privet En raison du fcnait qui avait privé
Bnis eut eur miracl quer brds, ar gar zant La Bretagne d'un si grand miracte et te saint
eus e vouet. de sa nourriture.
(Buez sant Caurintin, Quemper, Y. J. L. Derrien, s. d., p. 9 et 10.)
— I$2 —
946 Panez f Paneuun !
Eul Léonard na zebr ira ken.
947 Crik ! Grik ! Daoukziz > .
948 Plougasiel lovr 2, mar kerez e vezi givelet.
949 Boiu^h Kerneou
Staoter en he graou.
950 Bek meill-mz, bek sali !
'Re Gemperle n'zebront ira ail.
95 1 Penn-sardinenn ar Chonkiz^
Penn-eog ar Chastel-Liniz^
Ha Penn-merluz ar Chon-BruHz.
9J2 Kon~bridiz, traon ha krec'h,
'Zo doganed nemetc'houec^h,
Hag ar c^houec^h-ze e vez ivez;
Paneved resped d*ho gragez,
95 3 Treffiagai^ brochou laou,
A ia d*ar mor daou-daou,
Da glask lanvez da nea,
Evid ober kerdenn d'ho c'hrouga.
954 Kaper lovr y boelbublei^
Hen eux debret kani bara heï
Hag eurzac'h bara draillet,
Ha c'hoaz n'e ket hanter-garget,
Hag e lavare he vamm :
Klanv va Chaper, na zebr tamm.
9 5 5 Potret Primelinn^ potret ann alc*houeZj
Potret Kerlouan^ potret ann had panez,
Potret Guisseniy potret ar c^hill-krok.
956 Avel uhely avel nord
A zigas ar pense d'ar bordy
1. Injure fréquemment adressée aux habitants de Daoulas, dont le nom breton
cK Daoulaziz » signifie en même temps doubles assassins.
La légende raconte qu'un seigneur du Faou, qui s'était rendu coupable du meurtre de
deux saints abbés, se convertit, fit pénitence et érigea, comme réparation de son crime,
sur le lieu même où il Tavait commis, un monastère auquel on donna le nom de Mouster
Daou-laz (le monastère des deux meurtres).
C'est à cet établissement, d'abord sans importance, mais que remplaça plus tard une
riche abbaye, dont les ruines pittoresques font aujourd'hui l'admiration de l'artiste et de
l'archéologue, que la petite ville de Daoulas, chef-lieu de canton du Finistère, doit son
origine.
2. Plougastel-Daoulas.
— I5Î —
94^ Panais! Panais!
Le seul manger du Léonnais.
947 Paix ! Paix ! doubles assassins.
948 Lépreux de Plougastel, on te visitera si tu veux (c.-à-d. : on
enverra le médecin pour te soigner).
949 Bouc de Comouaille,
Qui pisse dans son étable.
950 Bec de rouget, bec salé !
Le seul régal à Quimperlé.
95 1 Tètes de sardine ceux de Concameau,
Têtes de saumon ceux de Chàteaulin,
Têtes de merlu ceux de Combrit.
952 Les hommes de Combrit, ceux de la plaine et ceux d'en haut,
Sont c. . . . excepté six,
Et ces six-là le seraient aussi,
N'était qu'on a respecté leurs femmes.
95 ) Les gens de Treffiagat, broches à poux,
A la mer s'en vont deux par deux,
Cherchant de Tétoupe à tordre
Pour faire la corde qui les pendra.
9 $ 4 Capiste lépreux, loup affamé ' ,
Cent pains d'orge il a dévoré,
De plus un sac de pain haché ;
Encore n'est-il qu'à demi chargé,
Et sa mère de s'écrier :
Mon Capiste est malade, il ne peut rien manger.
95 5 Gars de Primelin, les porte-clés 2,
Gars de Kerlouan, graine de panais.
Gars de Guissény, joueurs de perche à crochet ^
956 Vent d'est, vent de nord,
Amène naufrage à la côte,
1 . Littéralement, boyaux de loup. Le Capiste dont il est ici question est l'habitant du
Cap-Sizun.
2. On les appelle ainsi, parce qu'ils portent, en mémoire de saint Tujean, le saint
Hubert de la Comouaille, une clé brodée sur leurs habits.
Il existe à Primelin, sous Tinvocation de ce saint, une chapelle où l'on conserve dans
un reliquaire en vermeil une clé de fer qu'on dit lui avoir appartenu et à laquelle on
attribue la vertu de préserver ou de guérir de la rage. Le jour de la fête de saint
Tujean, on vend aux portes de la chapelle de petites clés qui, après avoir été bénites
par l'officiant, sont douées, assure-t-on, des mêmes propriétés.
3. Pour tirer à sec les épaves que la tempête envoie sur leurs côtes.*
12
— 154 -
Ha me araok
Da c^hoarivafaotr^
Ha pa-^-^pjenn (Par grouk
^Teuio eun tortadwar va chouk K
957 Hevel oc* h aotrouienn tud-jentil Ploiu$kat
'Rank chom en ho gftfele pa fresker ho dillaU
9 5 8 Goulennit gant potret Rosko
Pedfavenn *ia da ober nao:
959 Potret Lokirek
Laeron kezek.
960 Bara kerc^h fresk amanenet
A blij da Gintiniz meurbed.
961 lotaerienn^ debrerienn kaol^
Ar Zant-Briegiz a zo holl.
962 Fao ru hafao briz^
Setu briskez al Lan-Baliz,
963 Eut maill eo eul Lan-Balad
Evid ober kleuziou mad,
964 Gwerliskiniz^ a ras da ras,
Bordelerienn evel chass;
Ar chass ez a d^ann ofern-bred
Ha Gwerliskiniz n'eont ket.
IL
96 5 Personn Fors a zo biniaouer^
Personn Fouesnant a zo bombarder ^
Personn Santezr-Anna a zo danser^
Personn Sant-Evaruk a zo barazer^
Personn Benn-Odet a zo plonjer,
Personn Ploneour a zo neuier^
Personn Pont-Kroaz a zo mestr skolaer^
Personn Douarnenez a zo pesketaer,
Personn Sant-Vaze a zo pomper,
Personn Sant-Kaourintin a zo kouezer^
Personn Ker-Feuntean a zo arer^
I. Devise des Paganiz, païens, nom sous lequel on désigne les habitants de la partie
du littoral comprise entre l'Aber-Wrac'h et Tréfilez. C'est une population à part, une
sorte de petit clan que ses traditions, ses usages et ses mœurs barbares différencient du
reste de la BretagAe. Le Pagan appelle la mer sa pourvoyeuse, la vacbe qui met bas
— IJ5 —
Et moi d'aller de l'avant,
Mon beau diable faisant;
A la potence quand j'irais,
Mes épaules ploieront sous le faix.
957 Semblables aux messieurs les gentilshommes de Plouescat
Doivent rester au lit quand on nettoie leurs vêtements.
958 Demandez aux gens de Roscoff,
Pour faire neuf combien de fèves il faut.
959 Gars de Locquirec
Voleurs de chevaux.
960 Pain d'avoine avec beurre frais,
C'est le plaisir des Quintinais.
96 1 Mangeurs de bouillie et de choux,
Ceux de Saint-Brieuc le sont tous.
962 Fèves rouges et fèves bigarrées,
Les abricots des Lamballais.
96; C'est un maître que le Lamballais
Pour faire de bonnes cl6tures.
964 Les habitants de Guerlesquin, de race en race,
Sont luxurieux comme des chiens ;
Les chiens vont à la grand'messe,
Les gens de Guerlesquin n'y vont pas.
II.
965 Le recteur de La Forêt est joueur de biniou,
Celui de Fouesnant joueur de bombarde.
Le recteur de Sainte-Anne est danseur,
Celui de Saint-Evarzec tonnelier.
Le recteur de Bénodet est plongeur,
Celui de Plounéour nageur.
Le recteur de Pont-Croix est mattre d'école.
Celui de Douarnenez pêcheur.
Le recteur de Saint- Mathieu est pompier^
Celui de Saint-Corentin buandier.
Le recteur de Kerfeunteun est laboureur,
pour lui, et prétend qu'elle lui doit, en tout temps, le vivre et le couvert. De là ses
habitudes de piraterie et Pabsence de toute hésitation à s'approprier les marchandises
provenant de bris ou naufrages qui attérissent sur ses grèves, si le sabre du douanier ou
du gendarme ne vient pas contrarier ses projets.
- is6-
Personn Erc^hie-^Vras a zo falc^her^
Personn Erc^hie^Vihan a zo minuzer^
Personn Lok-Ronan a zo gwiader^
Personn Pleben a zo masoner^
Personn Foudlou a zo pUlaouer,
Personn Lok-Kevret a zo stouper^
Personn Plonevez a zo boataouer^
Personn Korre a zo boser,
Personn Torc^h a zo krampoezer^
Personn Elliant a zo millioner^
Personn Sant-Divi a zo marrer,
Personn Skaer a zo gourenner^
Personn Rosporden a zo toker^
Personn Kernevel a zo kemener,
Personn Banalek a zo galouper^
Personn Melgven a zo fougeer,
Personn Beuek a zo lanner,
Personn Konk-Kerne a zo bager,
Personn Lan-Riek a zo morer,
Personn Tregunk a zo piker,
Personn Kemperle a zo kivijer,
Personn Nevet a zo boulanjer^
Personn Pond-Aen a zo miliner ' .
966 Kkier Sant-Iann-Voug a lavar :
Keraniz! Keraniz!
Laeroun tout ! Laeroun tout !
Kleier Sant-Iann-Keran a sespount :
Ar pez ma-z-omp^ ez omp !
Ar pez ma-z-omp^ ez omp !
Kleier Logoman a lavar ive :
Merc'hed brao 'zo^n Logoman !
Merc^hed brao 'zo'n Logoman !
Kleier Fouesnant a respount :
Gisti holl !
Gisti holl !
Kleier Fors a lavar oc'h-penn :
I . Pris isolément, chaque vers de cette petite pièce, qui n'est autre qu'une chanson de
danse, représente un dicton dont Tusage est journalier pour caractériser, dans la
personne ae leurs recteurs ou curés, les principales paroisses de la Comouaille. Brizeux
— 157 —
Celui du Grand-Ergué faucheur.
Le recteur du Petit*Ergué est menuisier,
Celui de Loc-Renan tisserand.
Le recteur de Pleyben est maçon,
Celui de la Feuillée chiffonnier.
Le recteur de Loqueffret est marchand d'étoupe,
Celui de Plonevez sabotier.
Le recteur de Coray est boucher,
Celui de Tourc'h crêpier.
Le recteur d'Elliant est millionnaire^
Celui de Saint-Divy écobueur.
Le recteur de Scaêr est lutteur,
Celui de Rosporden chapelier.
Le recteur de Kemevel est tailleur,
Celui de Bannalec coureur d'aventures.
Le recteur de Melgven est fanfaron.
Celui de Beuzec coupeur d'ajoncs.
Le recteur de Concarneau est constructeur de barques,
Celui de Lanriec marinier.
Le recteur de Trégunc est piqueur de pierres,
Celui de Quimperlé tanneur.
Le recteur de Nevet est boulanger^
Celui de Pont-Aven meunier.
966 Les cloches de Saint-Jean-Saint-Vougay disent :
Keraniens ! Keraniens !
Tous fripons ! Tous fripons !
Celles de Saint-Jean-Keran répondent :
Ce que nous sommes, nous le sommes !
Ce que nous sommes, nous le sommes !
Les cloches de Logoman disent aussi :
Il y a de belles filles à Logoman !
Il y a de belles filles à Logoman !
Les cloches de Fouesnant répondent :
Toutes ribaudes !
Toutes ribaudes !
Celles de la Forêt ajoutent :
en a publié quelques fragments, à tort, je crois, sous forme de triade. La version que je
donne ici, et qui offre d'assez grandes différences avec la sienne, m'a été diaée, le 17
mai 1868, par lann Floc'h, fossoyeur de la paroisse de Beuzec-Conq.
- 158-
Evel 'ma 'maint^ emaint !
Evel 'ma 'maint^ emaint!
967 C'houez ann the hag ar c'bafe
A zo gant merc'hed Landerne;
Chouez ann thin hag ar roz gwenn
A zo gant merc'hed Lesneven;
Chouez ar bezin hag ar brug
A zo gant merc'hed Terrug;
Chouez ar bezin hag ar mor
A zo gant merc'hed ann Arvor;
Chouez ar paotr hag ar potans
A zogant merc'hed Rekouvrans^.
IIL
968 Kastel
Santelj
Kemper
Argaer^
Oriant
Ar goant,
969 Lan-Baol ar c'herniel^
Sant Thegonek ar bombansou^
Gimilio ar ga^all deodouy
Plouneour baour^ Komana gaeZy
E Pleber-Krist ema ar fur nez.
970 Bars eparrez Plougraz
E kignerlost ar c'haz.
97 1 Da veneziou Skrignak
E keser ann diaoul da grignat,
c^yz Ebarz e Trogeri
Eman bro ar babi,
973 E Gwiskrif^ war veg eur bal,
N'euz nemet rogn^ laou ha gai;
E Skaer^ war veg eur brank^
N'euz nemet aour hag argant.
I . Les variations brodées sur ce thème sont innombrables, et il n'est si maigre village
de Bretagne qui n'y trouve place. Comme les détails qu'elles renferment ne présentent en
général que peu d'intérêt, et que l'on y sacrifie trop souvent à la rime le bon sens ou la
vérité, je crois devoir m'arréter à ce spécimen^ en le complétant par les deux distiques
suivants, recueillis dans le pays de Tréguier par M. E. Ernault, qui a bien voulu me les
— M9 —
Comme elles sont, elles sont !
Comme elles sont, elles sont !
967 Qui sent le thé et le café ?
Ce sont les filles de Landemeau.
Qui sent le thym et les roses blanches ?
Ce sont les filles de Lesneven.
Qui sent le varech et la bruyère ?
Ce sont les filles de Telgruc.
Qui sent le varech et la mer ?
Ce sont les filles de l'Arvor,
Qui sent les gars et la potence P
Ce sont les filles de Recouvrance.
m.
968 Saint-Pol
La sainte,
Quimper
La belle,
Lorient
La jolie.
969 A Lampaul les cornes,
A Saint-Thégonec les bombances,
A Guimilliau les mauvaises langues,
Plonéour la pauvre, — Commana la misérable,
A Pleyber-Christ est la sagesse.
970 Dans la paroisse de Plougras^
On écorche la queue des chats.
97 1 Aux montagnes de Scrignac,
On envoie grignoter le diable.
972 C^est à Troguéry
Qu'est le pays des guignes.
973 A Guiscrif, sur la pointe d'une bêche,
Il n'y a que rogue, poux et gale;
A Scaër, sur la pointe d'une branche.
Il n'y a qu'or et argent.
communiquer, et que je traduis littéralement :
Chouez pomad ha roz Odeur de pommade et de roses
A zo gant merc'hed Perroz. Est avec les filles de Perros.
Chouez ar pesked en ho sac*h Odeur des poissons (qui sont) dans leur sac
A zo gant merc*hed Ploumanac'h, Est avec les filles de Ploumanac'h.
— i6o —
974 Pignet tr wenn, torret ho kouk^
Gant men Koadri ne vo ket drouk K
975 E Landudal n'allumer ket
A ^houlou koar en ofern-bred :
Ar mel a lipompy
Ar (^hoar a werzomp.
En hostaliri ieont gan-eomp,
976 AotrovL Doue ! Itron Gwerc'hez!
Deud e *nn diaoul bras en enez^
Da eo klask'r banniel hag ar groez,
Evit klass 'nn diaoul bras er^mez.
977 Er barrez vras Tregarantek
Ez eo mad anavezet
Triouetfh ozac'h ha trioue(^h greg^
Plac'h ar personn d'ann ugentved.
978 E Landevenek
Peder maouez evit eur givennek.
Ann hini chom da varc'hata
H en deuz evit netra^
Hag ann hini a ta d'ar iaou
A gav leiz ar c^hraou,
979 Eur pok Spagn hen deuz roet d'ezhi.
980 Livirit : sa I
Livirit : dia !
Troït krenny troïî sounn.
Gant peb hent ez eot da Roum,
IV.
981 Er barrez a Daole, être ann daou drez^
Ema ar brava brezoneg a zo e Breiz.
982 E Breiz na 'z euz nemet daou eskopti
E père na c'houezer prezegi.
I. Emprunté à un cantique populaire, ce dicton^ plus malicieux peut-être que naïf,
renferme un double sens qui lui permet de ne jamais mentir.
Les pierres de Coatdry sont des staurotides croisées. Elles doivent leur nom à un petit
ruisseau, affluent de TAven, qui coule près de Scaer^ et où on les trouve en assez grande
quantité. Les mendiants les vendent, dans toute la Cornouaille, comme talismans contre
la foudre, la rage, les fraaures et les maux d'yeux. Si vous leur demandez pourquoi ces
fûerres sont marquées au signe de la croix, ils vous raconteront qu'il y a longtemps,
ongjtemps, un prince païen ayant détruit la croix de la chapelle de Coatdry, Dieu mit
aussitôt Temblème de la rédemption aux pierres du ruisseau voisin, pour le confondre et
faire éclater sa puissance.
— i6i —
974 Montez dans un arbre^ cassez-vous le cou,.
Avec pierre de Coatdry mal n'y aura.
975 A Landudal on n'allume pas
De cierges à la grand'messe :
Le miel, nous le léchons,
La cire, nous la vendons,
A l'auberge le tout nous portons.
976 Seigneur Dieu ! Dame la Vierge !
Le grand diable est venu dans 111e.
Il faut aller quérir bannière et croix
Pour chasser de chez nous le grand diable >.
977 Dans la grande paroisse de Trégarantec,
C'est chose bien connue
Qu'il 7 a dix-huit hommes et dix-huit femmes,
La servante du curé faisant la vingtième.
978 A Landévénec,
Quatre femmes pour un sou.
Qui reste à marchander
Les a pour rien,
Et qui arrive le jeudi
En trouve à pleine étable.
979 Baiser d'Espagne il lui a donné >.
980 Dites : ça!
Dites : dia !
Tournez court, tournez sur place,
Tout chemin à Rome vous mènera.
IV.
981 Dans la paroisse de Taulé, entre les deux grèves.
Est le meilleur breton parlé en Bretagne.
982 En Bretagne, il n'y a que deux évèchés
Où l'on ne sache prêchera
1. C'est ainsi que se traduit, au dire des gens de Pont-L'abbé, i'ébahissement de leurs
fOisîos de l'Ile TiMty, quand une personne étrangère à la paroisse vient à passer devant
leuri portes.
2. An propre : il a rendu cette fille mère. Cette expression, encore en usage dans
anelques cantons de l'arrondissement de Châteaulin, me semble un souvenir de l'occupation
au pays, au temps de la Ligue, par les troupes espagnoles de D. Praxède ou de D. Juan
d'Aquila.
3. Lev évéchés de Nantes et de Rennes où l'on parle français. '
— l62 —
98 j Brezounek Léon ha gallek Gwened.
984 Gwella gallek
Gallek Gwened,
985 don ha oui ^
Setu gallek ann ti.
986 Koms brezounek evel eur personn ^
V.
987 Menez Ane kein Breiz.
988 Kompeza Brasparz^
Diveina Berrieny
Diradenna Plouiey
Tri zra impossubl da Zoue,
989 Siiz mil seiz kant seiz ugent ha seiz sant
A zo diskennet e Kersant^
Hag hoU int eatda Lan^Riyoare,
Nemet arpaour kez sant André
Hag a oa kamm^
Hag a choumas e Sant-Iann *.
990 Ann nep eut a Landerne a ia da Lesneven,
A bar al loar war he zalben,
99 1 Etre ar Faou ha Landerne
Wemoc^h nag e Léon nag e Kerne,
992 Pa veut war bont Landerne^
Fri Léonard^ reor Kerne.
99 j Ma vankfe chausser a Vrezall^
Landerneïz, pakit ho stall.
994 Mor Kerne a zo peskeduzj
Douar Léon a zo eduz,
995 Abaoue beuzet Ker-Is
N'euz ket kavet par da Baris.
)reimer8 temps de la
prédication de l'évangile en Armorique, les hâbiunts'de la terre âe saint Riyoaré, nou-
vellement convertis, auraient été massacrés au nombre de 7,847 par une peuplade voSsine
restée païenne.
On montre au bourg de Lanrivoaré un cimetière distinct de celui de la paroisse, oà
l'on assure que ces martjrrs ont été inhumés. Les pèlerins nombreux qui se rendent â ce
sanctuaire funèbre, le troisième dimanche d'octobre, seul jour de Tannée où il soit permis
- i6î -
98} Breton de Léon et français de Vannes.
984 Le meilleur français
Le français de Vannes.
985 Non et oui,
C'est tout le français de la maison.
986 Parler breton comme un curé.
987 Montagnes d'Arré dos de la Bretagne.
988 Aplanir Braspars,
Epierrer Berrien,
Arracher la fougère de Plouyé,
Trois choses impossibles à Dieu.
989 Sept mille sept cent sept vingt et sept saints
Sont descendus à Kersaint,
Et tous sont allés â Lanrivoaré,
Excepté le pauvre cher saint André
Qui boiteux était
Et à Saint-Jean est resté.
990 Si de Landemeau vous allez à Lesneven,
La lune brille sûr votre derrière.
991 Entre Le Faou et Landemeau
Vous n'êtes ni en Léon ni en Comouaille.
992 Etes-vous sur le pont de Landemeau
Votre nez est léonnais, votre derrière comouaillais.
99$ Si la chaussée de Brézall vient à manquer,
Gens de Landemeau, faites vos paquets.
994 La mer de Cornouaille est poissonneuse,
La terre de Léon abonde en blé.
99 j Depuis la submersion d'Is
On n'a trouvé l'égal de Paris > .
de le visiter, en font le tour sur les genoux et regarderaient comme une profanation d'y
entrer sans être déchaussés.
r. La YÎtte d'is, dont la fable de la submersion, commune à plusieurs pays, n'est qu'une
variante de l'histoire de la destruction de Sodome, était, d'après la légende bretonne, une
vaste et riche cité, si commerçante et si merveilleusement belle, que l'on crut ne pouvoir
faire dIus d'honneur â la vieille Lutèce que de lui donner le nom de Par-ls^ c'est-à-dire
pareille ou égale à Is.
— 164 —
996 Paris
Par-Is.
997 Pa ziveuzo Is
E veuzo Paris.
99g Setz mantel skarkk ha triugentf hep henvel ar re-dl,
* A zeue eux ar ger a Is d'ann offerenn da Lauval.
999 Ne dremenas den ar Raz
N'hen divije aoun pe c'hlaz.
1 000 Va DoiUy va diwallit da dremen Beg ar Raz,
Rag va lestr 'zo bihan hag ho mor a zo braz.
DIVEZ.
- i65 -
996 Paris
Pareil à Is.
997 Quand des flots Is émergera
Paris submergé sera,
998 Soixante-sept manteaux d'écarlate, sans parler des autres,
Allaient de la ville d'Is à la messe à Lauval >.
999 Homme n'a passé le Raz
Sans frayeur ou sans mal.
1000 Mon Dieu, protégez-moi au passage du Bec-du-Raz,
Car ma barque est petite et votre mer est grande.
I. Dans une prairie voisine du village de Lauval, situé au sud de la baie des
Trépassés, se trouvent des substructions que les gens du pays prétendent être les ruines
d'une chapelle qui aurait été une dépendance d'Is.
FIN.
k
CORRIGENDA ET ADDENDA.
BRETON.
No 23,
page 6,
lign
«2,
au lieu de eur traïtour.
lisez eun traïtour
65,
— 12,
—
*>
—
anezhi.
—
anezhan.
, 67,
— »2,
—
*>
—
tri beg,
—
tri veg.
»M,
— 20,
—
* ,
—
awal'ch,
—
awalc'h.
138,
— 22,
—
* »
—
he si,
—
he zi.
139,
— 22,
—
*i
—
eur si.
—
eur zi.
149 (note),
— 24,
—
6,
—
mungna.
—
muingna.
201,
— 30,
—
2,
—
torchenn.
—
dorchenn.
242,
- 38,
—
2,
— -
re druz.
—
re zruz.
433,
- 68,
—
'ï
—
a. bred,
—
abred.
460,
— 70,
—
^
—
tri,
—
teir.
469,
— 72,
—
4>
—
ouch.
—
ouc'h.
646,
- 92,
—
^f
—
triheol,
—
tri heol.
679,
— 100,
—
'>
—
chouel,
—
c'houel,
702,
— 102,
—
',
—
chouel,
—
c'houel.
736,
— 108,
—
2,
—
e teui,
—
e teuio.
826,
— 120,
—
'1
V
vanhas,
—
vankas.
842,
-126,
—
^f
—
hen hem.
—
hen em.
908,
— Ï40,
—
h
—
drei,
—
zeiz.
id.,
- id.,
--
6 et
7, —
bevar.
—
beder.
id.,
- id.,
—
7,
tri.
—
deir.
id.,
- id.,
—
8,
—
dri,
—
deir.
id.,
- id..
—
Set
9, —
zaou,
—
ziou.
932,
— «44,
—
I,
—
keuta.
^
kenta.
933,
— »44,
—
»,
—
Pa V oc'h.
—
Pa 'z oc'h.
94 S (note),
— »Si,
—
Ï2,
—
ar gar zant,
—
ag ar zant.
946,
— IS2,
—
»,
—
Panezeun,
—
Panezenn.
956,
— i$4,
—
3,
—
apjenn,
—
ajenn.
966,
— «S6,
—
4,
—
a sespount.
—
a respount.
976,
— 160,
—
4,
—
klass,
—
kass.
— i68 —
FRANÇAIS.
Page 2. Ajouter à la notice bibliographique , tenant lieu de préface :
L'auteur de ce dernier ouvrage avait donné précédemment une trentaine de
sentences populaires, dans un volume de conversations bretonnes et françaises,
Divizou galUk ha brezonek/in-iS^ Saint-Brieuc, Prud'homme, 1857. Pendant
que s'imprimaient les dernières feuilles des Lavarou KoZy le même lexicographe a
fait paraître un dictionnaire bretonrfrançais^ i vol. in-8<», Brest, J.-B. et A. Le-*
fournier, 1876^ à la suite duquel se trouve un recueil dé^ proverbes assez étendu.
Il est regrettable que M. Troude n'ait pas cru devoir établir de distinction ehtre
les textes appartenant réellement à la tradition vivante, et ceux, non moins
nombreux, que son travail a de communs avec le livre de M. G. Milin, —
Furmz ar Geiz euz a Vrdz, — où ifs sont présentés comme de simples traduc-
tions.
Quelques proverbes ayant un parfum de terroir bien accusé se rencontrent
aussi dans le Svpplitpcnt aux dictionnaires bretonSy de M. Tabbé Rondaut,
Landemeau^ p.-B. Desmoulins, 1872, in-4*. — Enfin, une nouvelle édition des
œuvres de Bf iieux, publiée en 1 874, à Paris, chez Lemerre, contient égale-
ment le l'ecueil de Furncz Bràz (Tome I, p. 17$).
iV* 33, page 9. Le véritable sens de ce proverbe est : A ne rien faire, bras
ne se casse.
A^* 82, page 1 5, ligne 2, au lieu de seigle à pleins sacs, lisez seigle par touffes.
(C.-à-d. Si vous n'étendez pas le fumier, le seigle poussera inégalement, dm
par endroits, rare et maigre ailleurs.)
N* 484, page 79. Dans quelques localités, ce dicton s'interprète ainsi :
Quand vient Jean,
Vient sa bande.
N' s8o, page 87. Cette locution s'emploie plus généralement en parlant d'un
homme riche, et correspond à l'expression française im'ur de grandes ressouras,
N* $83, page 87, ajouter en note : Se dit des thésauriseurs qui, de temps à
autre, se plaisent à contempler leur argent, en le faisant miroiter au soleil.
N^ SSjjpage 103, au liea de neige de derrière, vent de nord-est, lisez neige
de sud, pluie de nord-est.
No 933 (note), page 145, ligne }^ au lieu de Guitar, lisez Guitur.
Imprimerie Gouverneur, G. Daupeley à Nogent-le-Rotrou.