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Full text of "Proverbes et dictons de la Basse-Bretagne"

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PROVERBES ET DICTONS 



DE LA BASSE-BRETAGNE 



/ 



LAVAROU KOZ 



VREIZ-IZEL 



DASTUMET HA TROET E GALLEK 



GANT 



L.-F. SALVET 



PARIS 

H. CHAMPION, LEORIER 

KAE MALAQUAIS, 1$ 
1878 



PROVERBES ET DICTONS 



DE 



LA BASSE-BRETAGNE 



RECUEILLIS ET TRADUITS 



PAR 



L.-F. SAUVÉ 



PARIS 

H. CHAMPION, LIBRAIRE 

QUAI MALAQUAIS, I5 
1878 



AU LECTEUR. 



Les documents que renferme le présent volume sont le résultat de 
douze années de recherches à travers les campagnes armoricaines, et 
principalement celles du Léon et de la Cornouaille. Maximes familières 
et enseignements pratiques, formules naïves, observations piquantes, ils 
représentent le côté philosophique de la littérature orale et traditionnelle 
de la Bretagne. C'est au foyer de la ferme, dans les entretiens du 
dimanche, ou les causeries du soir, pendant les longues veillées d'hiver, 
qu'ils ont été recueillis, pour le plus grand nombre. Les autres ont été 
glanés un peu partout, à l'aventure, dans la lande, sous bois, sur le che- 
min des pardons et jusque dans la barque des pêcheurs. Pâtres, labou- 
reurs, marins, tisserands, meuniers, tailleurs, bûcherons, mendiants de 
tout âge et de toute misère ont, à mon appela réveillé leurs souvenirs, 
et si je suis loin d'avoir épuisé les trésors de sapience du pays, je n'ai 
du moins négligé aucun soin pour en reconstituer, feuille à feuille, un 
exemplaire aussi complet que possible. 

Je mécontenterai d'indiquer brièvement la méthode que j'ai suivie. Le 
peuple breton est, à mes yeux, un palimpseste vivant. Rechercher, sous 
les textes modernes et souvent sans intérêt qui le surchargent, les traces 
de leçons anciennes qui apparaissent, ici, en caractères frustes, là, sans 
altération notable; fixer ces caractères et les reproduire, sans y rien 
ajouter, sans en rien retrancher: telle est la tâche que je me suis imposée. 
Ce livre, comme on le voit, n'est point une anthologie, mais une simple 
collection de matériaux. En rassemblant ceux-ci, j'ai voulu qu'on pût les 



— VI — 

consulter, sans crainte d'avoir à faire la part des empiétements du 
diascévaste sur les modestes attributions de l'éditeur. 

Dans la traduction, je. me suis fait également une loi d'être scrupu- 
leusement fidèle. Il m'a semblé, toutefois, que, pour être vraiment exact, 
je devais moins m'attacher à un mot-à-mot toujours rigoureux qu'à con- 
server à mes copies la physionomie et la coloration des modèles. Il appar- 
tient à la critique de décider si je me suis trompé. 

Publiés d'abord par moi dans la Revue celtique ■ , par séries détachées, les 
Proverbes et dictons de la Basse-Bretagne sont ici réunis pour la première 
fois, avec des additions et des corrections. Est-il nécessaire d'insister sur 
les considérations qui m'ont engagé à élargir le cadre de leur publicité P 
Depuis longtemps, déjà, l'importance des proverbes, au point de vue des 
études de psychologie populaire, n'a plus besoin d'être démontrée. D'un 
autre côté, je me plais à croire que, comme vestiges de mœurs, de cou- 
tumes, de croyances imparfaitement connues, et surtout comme formes 
d'esprit et de langage qui s'effacent de jour en jour, les témoignages de 
la sagesse bretonne s'imposent d'eujc-mêmes à l'attention de l'archéogra- 
phe, du philologue et du grammairien. Mon ambition serait satisfaite, si' 
les éléments nouveaux d'information que je leur apporte pouvaient être 
pour eux de quelque utilité. 

L.-F. Sauvé. 

Aber^Wrac'h, le 15 juillet 1877. 



I. Revue celtique publiée avec le concours des principaux savants des Iles Britanniques 
et du continent, et dirigée par H. Gaidoz, directeur-adjoint à VÉcole des Hautes-Études, 
professeur à VÉcole des sciences politiques, etc. (Paris, F. Vieweg, 1872-77). 



TAOLEN. 

Eneben. 

KENTA STROLLAD 4 

EIL STROLLAD 18 

TREDE STROLLAD j6 

PEVARDED STROLLAD 44 

PEMPVED STROLLAD 58 

CHOUEACHVED STROLLAD 76 

SEIZVED STROLLAD. — AR MIZIOU 98 

EIZVED STROLLAD 1 26 

NAOVED STROLLAD . ij6 

DEKVED STROLLAD 150 



TABLE DES MATIÈRES. 

Pages. 

Au LECTEUR V 

Préface i 

PREMIÈRE SÉRIE.— Du travail, de son importance, et des condi- 
tions dans lesquelles il est profitable. — Aphorismes agronomi- 
ques 5 

DEUXIÈME SÉRIE. — Morale domestique. — Ce qu'il faut faire et 

ce qu'il faut éviter. — Destinée de l'homme 19 

TROISIÈME SÉRIE. — Besoins matériels. — Alimentation. —Excès 

et désordres 37 

QUATRIÈME SÉRIE. — De la fortune, de ses avantages, de ses 

inconvénients, et de l'emploi qu'on en doit faire 45 

CINQUIÈME SÉRIE. — De l'amour, des femmes et du mariage . . 59 

SIXIÈME SÉRIE. — De la famille et de l'éducation. — Leçons pra- 
tiques et locutions proverbiales 77 

SEPTIÈME SÉRIE. — Calendrier rustique : les mois. — Travaux 
agricoles qui leur sont propres. — Pronostics divers. — Météoro- 
logie 99 

HUITIÈME SÉRIE. — Dictons sur les professions et les métiers . . 127 

NEUVIÈME SÉRIE. — Croyances et superstitions, formules de con- 
juration, etc. — Légende et histoire 137 

DIXIÈME SÉRIE. — Dictons sur les pays 151 

CORRIGENDA ET ADDENDA 167 



PRÉFACE 



Les travaux consacrés à faire connaître les proverbes des Bretons Armori- 
cains ont été peu nombreux jusqu'à ce jour. Le seul recueil, digne de ce nom, 
que possède la Bretagne, est le livre de Brizeux, intitulé Furnez Breiz, Sagesse 
de Bretagne, ou Recueil de proverbes bretons par A, Brizeux, suivi d'une notice sur 
Le Gonidec, par le même; — i vol. in- 12 de 108 et 18 pages, Lorient, Gousset, 
1855. — Le même ouvrage a été réimprimé dans les œuvres complètes de 
Brizeux, 2 vol. grand in- 12, Paris, Michel Lévy, 1861. Il occupe la fin du 
premier volume (pages 341-412). — Cest un travail sérieux, fait avec une 
entière bonne foi, mais qui, de Taveu même de son éminent auteur, est fort 
incomplet. Il ne renferme guère que deux cents proverbes, puisés tant aux sources 
orales qu'aux sources écrites. Parmi ces dernières, il faut citer au XVIII* siècle, 
les Dictionnaires de Grégoire de Rostrenen et de Larmery, le Buguel Fur, et le 
Voyage dans le Finistïre de Cambry ; au XIX', le Dictionnaire de Le Gonidec, 
les livres de Souvestre sur la Bretagne et le Barzaz-Breiz. 

Avant le recueil de Brizeux avait paru (à Morlaix, chez Guilmer), sans nom 
d'auteur et sans date, mais vraisemblablement vers 1830, une petite brochure 
dont le titre peu exact est Proverbou Spagnol, troet e Verzou Brezonnec, gant 
AT** (in- 12 de 12 pages, renfermant 156 proverbes). Dans cette brochure de- 
venue très-rare, et que Brizeux n'a pas dû connaître, se trouve un certain 
nombre d'adages plus populaires à coup sûr en Bretagne qu'en Espagne. (Quel- 
ques-uns même ont été empruntés presque littéralement au dictionnaire de Gr. 
de Rostrenen, et au Buguel Fur, D'autres appartiennent à la tradition bretonne, 
et il ne serait pas impossible de les retrouver presque tous. Telle était aussi, 
sans aucun doute, l'opinion de M. LeMoal, ancien curé de la paroisse de Saint- 



— 2 — 

Martin, à Morlaix, qui en a donné une édition sous le titre de Meur a lavarou 
koz ha talvoudeCy à la suite d*un Chemin de Croix {Hcnt ar Groaz, gant prcde- 
rennou var ann me, in-8*, Morlaix, Lédan, 1843). M. Le Moal ne dit mot des 
Proverbou Spagnol, bien qu*il n*ait fait que les reproduire, en les paraphrasant 
quelquefois. Je dois ajouter, pour être exact, qu'il en a refait complètement le 
texte, exilant sans pitié les mots français, et enjolivant le tout d'une orthographe 
barbare qui est à elle seule une véritable curiosité. 

Depuis quinze ans la parémiologie bretonne ne s'est enrichie d'aucun travail 
important. Il convient toutefois de citer parmi les publications qui ont fait une 
place aux proverbes, VAlmanach de Quimperléi pour 1862, et le Dictionnaire 
français-breton de M. Troude. 



i 



KENTA STROLLAD. 



PREMIÈRE SÉRIE. 



/. 



1 Kaoat c'hoant a zo galloud. 

2 Neb na oar a gavo da ziski. 

3 Kassid ann ero da benn, 

4 Seul gentoclij 

Seulwelloc'h, 

^ Ar c'henta, 

Ar gwella; 
Na zale-ta 
D'ober da dra. 

6 Red eo gouzanv da gaout skiant, 
Labourât tenn da gaout arc'hant. 

7 Red eo d'ann den nhen euz netra 
Labourât tenn, ha nanngouela. 

8 Ann den iaouank en diegi 

A zastum poan war benn koznL 

9 Ar gïvella bara da zibri 

A vez gounezet o cliouezi. 



IL 



1 Deuz da gleved ann alc'houedez 
'Kana he zon d'ar goulou-deiz, 

1 1 Evit paka louarn pe gad 
Ez eo red sevel mintin mad. 

1 2 Da louarn kousked 

Na zeu tamm boed. 

1 3 Labourit pa gousk ann dibreder, 
Ho pezo ed leun ar zolier. 



I. 

1 Vouloir c'est pouvoir. 

2 Qui ne sait trouvera à apprendre. 

3 Menez le sillon à bout. (C'est-à-dire : n'interrompez pas l'ouvrage 

commencé.) 

4 Tant plus tôt, 

Tant meilleur. 

5 Le plus tôt 

C'est le mieux ; 
Ne tarde donc pas 
A faire ta besogne. 

6 II faut souffrir pour acquérir science, 
Travailler d'ahan pour acquérir argent. 

7 II faut à l'homme qui n'a rien 
Travailler d'ahan, et non se lamenter. 

8 Jeune homme qui vit dans la paresse 
Amasse tourments sur la tête de sa vieillesse. 

9 Le pain le meilleur à manger 
C'est en suant qu'on le gagne. 

IL 

10 Viens entendre l'alouette 

Chanter sa chanson au point du jour. 

1 1 Pour attraper renard ou lièvre 
Il faut se lever de grand matin. 

1 2 A renard endormi 

Ne vient point morceau de viande. 

1 3 Travaillez quand dort le fainéant, 
Vous aurez du blé plein le grenier. 



— 6 — 

14 'Nn hini neus ket c'hoant kaout naon 
Na chomm ket re-bell war he skaon, 

1 5 Neb na laka poan hag aket 
N'hen devezo madou na boed. 

i6 c'hortoz ar ieod da zevel, e varv ar zaout gand ann naon. 

1 7 Red eo terri ar graouenn 

Evit kaout ar voedenn. 

i8 Ann hini vez oc h aoza iod 

'N euz ann tamm kenta *vid he Iod, 



IIL 

19 Ar pezazo gret gant va zad 

A zo gret mad. 

20 Lagad ar mestr a lard ar marc'h 
Hag a laka ed barr ann arc' h. 

2 1 Ar mestr mad a ra ar mevel mad, 

22 Ann hini na oar ket senti 

Na oar ket komandi, 

25 Na gemerit evit merour 

Nag eur c'har nag eur.traïtour. 

24 Kaz maneget na dalv netra da logota. 

2 5 Ki besk ha kaz diskouarnet 

NHnt mad nemet da zibri boed. 

26 Laerez he amzer hag he voed, 
Brasa pec'hed a zo er bed, 

27 Gwell eo eun obérer 

Evit kant lavarer. 

28 Dibaod ar c'halvez 

A labour heb danvez. 

29 Gant netra 

Na reer tra. 



1 4 Qui ne veut avoir faim 

Ne demeure trop longtemps sur son banc. 

I j Pour qui ne met peine et attention, 

Point d'argent et point de pain. 

i6 En attendant que l'herbe pousse, les vaches meurent de faim. 

1 7 II faut briser la noix 

Pour en avoir l'amande. 

i8 Celui qui prépare la bouillie 

A la première portion pour son lot. 



III. 

19 Ce qu'a fait mon père 

Est bien fait. 

20 L'œil du maître engraisse le cheval 
Et comble la huche de blé. 

2 1 Le bon maître fait le bon serviteur. 

22 Celui qui ne sait pas obéir 

Ne sait pas commander. 

2 3 Ne prenez ppur fermier 

Ni un parent ni un traître. 

24 Chat ganté ne vaut rien à chasser souris. 

2 5 Chien sans queue et chat sans oreilles 

Ne sont bons que pour manger. 

26 Voler son temps et sa nourriture. 

Le plus grand péché qui soit au monde. 

27 Mieux vaut un faiseur 

Que cent diseurs. 

28 Rare est le charpentier 

Qui travaille sans matériaux. 

29 De rien 

On ne fait rien. 



7 

I 



— 8 — 

IV. 

30 Bepred didalvez 

A gav digarez. 

3 1 Heb ar skodoa hag ar choat-îro 
'Ve muioc'h kilvizien hag a zo, 

3 2 Meur a hini a gav mad pesket dizreinet, 

3 3 Anez labourât, breac'h didorr, 

34 F alla hibil a zo et c'hâr a wigour da genta, 

3 5 Klanv hep glac'har, 

Kamm ki pa gar. 

36 Da zadorn ez eo bel ganet, 

Ebad gant-han al labour gret, 

37 Ma choan em c'hof me garfe ve noz, 
Ar zul warc'hoaz, ha gouel antrbnoz. 

38 Meurlaje! Meurlaje! 

Me garfe 'badfe bemde, 
Ann eosî ter gwech ar bla, 
Gouel Mikel bep seiz via, 

39 EatwarvloaZy 

Emoc^h en noaz. 

40 Pa vo ho roched oc'h ar bod, 
E vo dizolo ho sac^h-iod. 

41 Didalvedigez 

Mamm ar baourentez. 



V. 



42 Dioc'h he labour 

Ar micherour. 

4 3 Hanter-douget eur bec^h gret-mad. 

N'euz labour n'heller da verrad 
En eur gemer dre ar penn-mad. 



— 9 — 

IV. 

30 Toujours fainéant 

Trouve prétexte. 

3 1 N'étaient les nœuds et le bois tordu, 

Il y aurait plus de charpentiers qu'on n'en voit. 

32 Plus d'un trouve bon le poisson sans arêtes (mot à mot désarité). 

33 Si ce n'est pour travailler, bras infatigable. 

34 La plus mauvaise cheville du char fait du bruit la première. 

3 5 Malade sans affliction, 

Chien boiteux quand il veut. 

56 C'est un samedi qu'il est né, 

Il se réjouit de la besogne faite. 

37 Mon souper dans mon ventre je voudrais qu'il fût nuit. 
Que dimanche vint demain et fête après demain. 

38 Carnaval! Carnaval! 

Je voudrais qu'il durât toujours, 
Que la récolte vint trois fois l'an, 
La Saint-Michel tous les sept ans » . 

39 L'an écoulé 

Vous êtes à nu. 

40 Quand votre chemise pendra au buisson, 
Découvert restera votre sac à bouillie. 

41 Paresse 

Mère de pauvreté. 

V. 

42 D'après l'œuvre 

L'ouvrier. 

43 Fardeau bien fait est à demi porté. — 

Il n'^st travail que l'on ne puisse abréger 
En le prenant par le bon bout. 

I. C'est à la Saint-Michel que se paient ordinairement les fermages et que l'on 
change de serviteurs. * 



— 10 — 

44 ^nn hini a ia founnuz a ia pell; 
Ann hini a ia difounn a ia welL 

45 Karrig a dro 

A denn bro\ 
Karrig a red 
Na bad ket. 

46 Na biskoaz den na eure re 

Na rafe re neubeud goude, 

47 Etre re ha re neubeud eman ar muzul just, 

48 Kentoc^k e skuiz arfreill evit al leur. 

49 Ann hini na zec^h ket he bal 

'Tle bep mare sec'ha he dal. 

50 Ann hini a c^houitell bepred a zizec'h he veg. 

5 1 Na dalv ket ar boan sutal, pa na fell ket d^ar marc'h staotat, 

52 Ho labour a ielo da labour wenn. 

5 3 Eur poent a zo evit pep tra, 

54 Pa weler diouskouarn ar c'had, 

We ket re abred he vazata. 

5 5 Pep tra hen euz he genteL 

j6 Gant kolo hag amzer 

E teu da eogi ar mesper. 

57 Neubeuttra, neubeud, 

Hinkin a ra neud. 

$8 Gand ar boan hag ann amzer 

A-benn a hep-tra e teuer. 

59 Eun dra gret na tle netra d'eun dra da ober. 

60 Warlerc'h ar merc'her ema 'r iaou : 
Paket ar zizun er c^hraou. 

6 1 Nep a gign he vaout er bloa-ma 
A ve kuit da vloa d'hen touza. 



I 

I 

— II 



Qui va lentement va mieux. 

4 5 Petit char qui tourne 

Tire du pays (c. à d.: fait du chemin); 
Petit char qui court 
Ne dure point. 

46 Jamais homme ne fit trop 

Qui plus tard ne fit trop peu. 

47 Entre trop et trop peu est la juste mesure. 

48 Le fléau se fatigue plus tôt que l'aire ■ . 

49 Qui n'essuie sa pelle 

Doit à chaque instant essuyer son front. 

50 Qui siffle toujours se dessèche la bouche. 

5 1 Ce n'est pas la peine de siffler, quand le cheval ne veut pas pisser. 

52 Votre travail tournera en travail blanc. (Cad.: Vous travaillerez en 

pure perte.) 

55 II y a temps pour tout. 

54 Quand on voit se dresser les oreilles du lièvre, 

Il n'est pas trop tôt de l'assommer. 

5 5 Chaque chose porte son enseignement. 

56 Avec de la paille et du temps 

Les nèfles mûrissent. 

57 . Petit à petit 

Fuseau fait fil. 

58 Avec de la peine et du temps 
On vient à bout de tout. 

59 Chose terminée ne doit rien à chose à faire. 

60 Après le mercredi, le jeudi : 

Voilà la semaine dans l'étable. (C. à d.: Ne vous découragez 
pas; plus que deux jours de travail, et dimanche viendra.) 

6 1 Qui écorche son mouton cette année 
Sera quitte de le tondre l'année prochaine. 

I. Se dit surtout des rapports conjugaux. 



— 12 — 

62 Prena keuneud *zo re zivezad 
Pa vez red c'houeza er biziad, 

63 Allez euz a fumez 

A zeu ar gorregez, 

64 En noz e kemerer ar zlllouy 
Dale a va vad a-weslou. 

Vî, 

65 Va mab, re goz ann douar end ober goab anezhl. 

^6 Beg ar zouch, beg ar vronn, 

Gand ho daou e vevomp, 

67 Tri beg *zo soutenn ar bed : 
Beg ar vronn, beg ar zoc'h, 
Hag ar beg ail 'vel ma ouzoc'h. 

68 Diwar breac'h al labourer 'ma ar bed holl veva. 

69 En douar fall 'mafall ann ed, 

70 Al louzou fall a drec*h atao. 

7 î Gwell eo ijin eget nerz, 

72 Dre balat sounn 

Ez a ar c'hlaz dounn. 

1 3 Douar askol, — douar ed; 

Douar raden ne-d-eo ket, 

74 Douar treaz, — douar ed; 

Douar brulu ne-d-eo ket. 

1 S Douar meinok, 

Douar greunok. 

76 Diwar ann treuz-ieod e vez ed, 

Diwar ann onkl na vez ket. 

11 Gand ar prajou ez eo a vager al loened, 

Al loened a ro teill hag ann teill a ro ed, 

78 Pà vez ker ar bleud 

A vez kezek treud. 



— n — 

62 C'est trop tard acheter fagots 
Quand il faut soufHer dans ses doigts. 

63 Souvent de sagesse 

Vient lenteur. 

64 C'est la nuit qu'on prend les anguilles » 
Attendre est bon quelquefois. 



VI. 



6 5 Mon fils, trop vieille est la terre pour qu'on se gabe d'elle. 

66 Pointe du soc, pointe du sein, 
Toutes les deux nous font vivre. 

67 Trois pointes soutiennent le monde : 
La pointe du sein, la pointe du soc, 
Et l'autre pointe que vous savez. 

68 Sur le bras du laboureur s'appuie le monde entier pour vivre. 

69 En mauvaise terre mauvais blé. 

70 Mauvaises herbes l'emportent toujours. 

7 1 Mieux vaut adresse que force. 

72 En bêchant verticalement 

On enfonce la motte de gazon. 

7 5 Terre à chardons, — terre à blé, 

Terre à fougères ne l'est pas. 

74 Terre mêlée de sable, — terre à blé ; 

Terre à digitales ne l'est pas. 

7 5 Terre pierreuse, 

Terre graineuse, 

76 Où pousse chiendent poussera blé, 

Où pousse avoine à chapelets, blé ne poussera. 

77 Avec les prairies on nourrit le bétail. 

Le bétail donne du fumier, le fumier donne du blé. 

78 Quand la farine est chère 

Les chevaux sont maigres. 



— 14 — 

79 ^^^in louet ha teill brein 

Ra d'ar c'houer sevel he gein; 

Bezin brein ha teill louet i 

Lak' ar c'houer da glask he voed, 

80 Na espern teill metespern had; 

Ha mar feuz hadet eun dournad, 
Te hen devezo eurfalsad, 

8 1 Teill denved hag hada dioch-tu 
A lak' ann heiz da veza dru. 

82 Teill a grogadou, 

Segal a bochadou. 

83 Pa hadi kass had, 

Pe losk dihad. 

84 Hada lann e pep miz, 
Nemet e miz eost ha pa vez avel vit. 

85 Ann hini 'ved hag 'had soudenn 
*Goll eur bar a war bep ervenn, 

86 Arfalla gounid euz a Vreiz 
A zo gwiniz warlerc'h heiz. 

87 Coude gwiniz gounid heiz 
Gwella gounid azo e Breiz. 

88 Heiz dibell ha gwiniz pellek 
A lak' ann arc' h da veza barrek. 

89 Ne deuz netra paea ann dud e par ann amzer. 

90 Dioc'h a reot, 

E kavot. 

91 Etouez ar muia drein 

Eman 'r gaera rozen, 

92 Sotoc'h evit ann den 

A-wesiou her c'helenn, 

93 Pa vez avel krenv, niza; 

Pa vez kalm, tamoeza. 

94 E peb amzer kelenn, 

A'Wesiou goure' hemenn. 



— «5 — 

79 Goémon moisi et fumier pourri 

Font que le laboureur se redresse ; 
Goémon pourri et fumier moisi 

Mettent le laboureur à chercher son pain. 

80 N'épargne pas le fumier mais épargne la semence; 
Et si tu as semé une poignée, 

Tu récolteras une brassée. (Mot à mot : une faucillée; c.àd. 
tout ce que peut abattre un coup de faucille.) 

81 Engraisse avec du fumier de mouton et sème aussitôt, 

Tu auras de l'orge à foison. 

82 Fumier à pleines fourches, 

Seigle à pleins sacs. 

85 Quand tu sèmes, porte de la semence. 

Ou laisse en jachère. 

84 Sème l'ajonc en tout mois, 

Si ce n'est au mois d'août et quand le vent souffle du nord-est. 

85 Qui moissonne et sème aussitôt 
Perd un pain sur chaque sillon. 

86 La plus mauvaise culture de Bretagne, 

Froment après orge. 

87 Après le froment semer de l'orge, 
La meilleure culture de Bretagne. 

88 Orge sans balle et froment à balle 
Font que la huche devient comble. 

89 II n'est rien à l'égal du temps pour payer les hommes. 

90 Comme vous ferez, 

Vous trouverez. 

91 Où il y a le plus d'épines 

Sont les plus belles roses. 

92 Plus sot que l'homme 

Lui donne quelquefois des leçons. 

93 Quand le vent est fort, vanne ton blé ; 
Quand il est calme, tamise-le. 

94 En tout temps enseignement. 

Quelquefois commandement. 



EIL STROLLAD. 



DEUXIÈME SÉRIE. 



/. 



95 


Didalvez eo ha koll amzer 
Diski ar mad hep hen ober. 


96 


Ober vad pa c^helliy 
Droug a ri pa gari. 


97 


Sell petra 'ri. 


98 


Kalonek a drec'h peb tra. 


99 


Hep stourm ne vezer ket îreac'h. 


100 


E ranker neun pe veuzi. 


lOI 


Ober ha tevel. 


102 


Pep tra eviî Doue, 


103 


Mervel da veva. 


104 


Den a galon a zo doujet. 



IL 

105 A skiant hag a goantiri 

Eo pinvidik 'walc'h pep-hini, 

106 Weuz den ebed war ann douar 

Na gav en tu bennag he bar. 

107 E pep tra a glask peb den 

Tenna begik he spillen. 

108 Arc'hamm 

A wel he damm. 



I. 

95 C'est peine inutile et perte de temps 
Qu'apprendre le bien sans le faire. 

96 Fais le bien quand tu pourras, 

Tu feras le mal quand tu voudras. 

97 Prends garde à ce que tu feras. 

98 L'homme de cœur vient à bout de tout. 

99 Sans combat point de victoire. 

100 II faut nager ou se noyer (c'est-à-dire : Il faut vaincre ou mourir). 
ICI Faire et se taire. 

102 Tout pour Dieu. 

1 } Mourir pour vivre. 

104 L'homme de cœur est respecté. 

II. 

105 De savoir et de beauté 

Chacun se trouve assez riche. 

106 II n'est homme sur la terre 

Qui ne trouve quelque part son égal. 

107 En toute chose chacun cherche 

A tirer le bout de son épingle. 

108 Le boiteux 

Voit son morceau. (C.-à-d. : Si disgracié qu^on 
puisse être, on a toujours bonne opinion de soi). 



1—20 — 

109 Ar c^hamm a zaill keit hag eun ail, 

Hirroc'h mar galL 

110 We ket ai c'hezek bras a gass ar c'herc^h d'ar marc^had, 

m Ann hini a vale eeun a gav atao ledan he streat. 

1 1 2 Nt'd-eo ket eur skendilik a ra ann hanv, 

Nag eur bar-avel ar goanv. 

II? Al lestr na zent ket ouz ar stur 

Ouz ar garrek a zento sur. 

114 Pa ve arruéd ar givall, 

Cwell eo born evit dall. 

1 1 5 Gwelloc'h eo beza kiger eget beza leue. 

1 16 Cwelloc^h eo laza ar bleiz evit beza lazet gant-han. 

1 17 A-wesiou gtvelloc'h doujans evit karantez. 

118 — Ranna pe ganna ! 

— Leuskel ar goad da iena, 

1 19 Red eo lezel nep hen euz gai 

D*hen em gravât ha da c^hrognaL 

1 20 Danvad kaillaret, peurvuia, 

Ouz ar re ail 'glask em frota, 

1 2 1 Ann neb a chomm er ger diouc^h ann noz 

A vez divlamm antronoz. 

122 Daou louarn kamm a zo treac*h d'unan eeun, 

1 2 j Karet a reer ann drubarderez, — kasoni a zo euz ann trubard. 

1 24 Em milin n'euz ket dour awaVch evit mala hoc*h arreval, 

1 2 5 Ne-d-eo ket pec'het, nemet mad, 

Mouga ann aer gant he c'hofad. 

III. 

1 26 E-leac^h 'ma ann dour ar sioula 

E vez ann dounna. 

127 Bezo ann avel e-leac'h ma karo, 

Pa ra glao e c'hleb atao. 

128 Na c'hoariit ket gand al lagad. 



09 



— 21 — 

Le boiteux saute aussi loin qu'un autre, 
Plus loin s'il peut. 

10 Ce ne sont pas les grands chevaux qui portent l'avoine au marché. 

(C.-à-d. : Le plus grand n'est pas toujours le plus fort). 

1 1 Qui marche droit trouve toujours son chemin large. 

L'Été ne se fait d'une seule hirondelle. 
Pas plus que d'un coup de vent l'Hiver. 

Navire qui n'obéit point au gouvernail 
Obéira sûrement à l'écueil. 

Quand malheur est arrivé, 

Mieux vaut être borgne qu'aveugle. 

Mieux vaut être le boucher que le veau. 

Mieux vaut tuer le loup qu'être tué par lui. 

Mieux vaut quelquefois être craint qu'aimé. 

— Partage ou bataille ! 

— Laisse le sang se refroidir. (C.-à-d.: Attends que ta 
colère soit passée pour prendre une résolution extrême) . 

Il faut laisser le galeux 
Se gratter et grogner. 

Brebis crottée, le plus souvent, 
Aux autres cherche à se frotter. 



12 

14 

i6 

17 
i8 



»9 



20 



21 



Qui reste à la maison sur le soir 
Est sans blâme le lendemain. 



22 Deux renards boiteux viennent à bout d'un renard qui est droit. 
25 On aime la trahison, — on hait le traître. 

24 Dans mon moulin il n'est assez d'eau pour moudre votre provision. 

25 Ce n'est point un péché, c'est un bien 
D'étouffer le serpent avec sa portée. 



26 



27 



28 



m. 

Où l'eau montre le plus de placidité 
Elle a le plus de profondeur. 

Souffle le vent où il voudra, 

Quand il y a pluie elle mouille toujours. 

Ne jouez pas avec l'œil. 



— 22 — 

1 29 List ar re ail diluia ho giviad, 

I jo N^e ket red toi mein warlerc^li kement ki a c'harz. 

1 3 1 Abred pe zivezad ez a ann toi da falL 

1 32 Hep-ken beteg ar wech diveza ez a ar pod d^ar feunteun, 

13} Pà vez te domm ar iod 

E skaot. 

1 34 Divezad skei war vorzed 

Pa vez bramet. 

1 3 5 Liez a wech vez tizet fall 

Nep a gustum tizout 're ail. 

1 36 War stad 're ail nep a gomzoy 

Mot kar em zellet e tawo. 

1 37 N'ez eux pesk heb he zrein. 

1 38 N'euz den na tra hep he si, 

Hag allez hen euz daou pe dri, 

139 Ma mignon, mar am euz eur si, 

A kredan hoc' h euz daou pe dri. 

1 40 Sellit euz ho poutou 

Hag e welot toull ho lerou, 

141 Ann hini a zant ar c'houez, 

Dioc'h he reor e kouez. 

142 Kenta rebech a ra kakous da gakousy 

Eo kakous. 

IV. 

143 Re gravât a boaz, * 

Re brezek a noaz. 

144 Gwassoc'h eun toi teod evit eun toi kleze. 

1 4 5 Brud fall a ia beteg ar mor ; 

Brud vad a chomm e toull ann nor. 



Goths {canes Gothi)^ mais des Juifs dispersés après la ruine de Jérusalem. De plus, on 
les tenait pour lépreux de père en fils, et les professions les plus viles leur étaient seules 
permises. Aujourd'hui les Cacous deviennent rares, mal.<i, en souvenir des métiers quMIs 
exerçaient de préférence, on donne toujours le nom de Cacous aux cordiers et aux 
tonneliers. 



— 23 — 

1 29 Laissez les autres débrouiller leur écheveau. 

130 II ne faut pas jeter de pierre à tout chien qui aboie. 

1 3 1 Tôt ou lard le coup porte à faux. 

1 32 C'est seulement jusqu'à la dernière fois que la cruche va à la fon- 

taine. 
1 3 3 Quand trop chaude est la bouillie, 

Elle brûle. 

1 34 C'est trop tard de frapper sur sa cuisse, 

Quand le pet est lâché. 

1 3 5 Souventefois est bien pris 

Qui a pour habitude de prendre les autres. 

136 Sur la condition des autres qui parlera, 
S'il veut se regarder se taira. 

1 37 Pas de poisson sans arête. 

138 II n'est homme ni chose sans défaut, 

Et souvent homme et chose en ont deux ou trois. 

1 39 Mon ami, si j'ai un défaut, 

Je crois que vous en avez deux ou trois. 

140 ^ Regardez vos chaussures 

Et vous verrez le trou de vos bas. 

141 . Sentez-vous puanteur ? 

C'est de votre c. qu'elle tombe. 

142 Le premier reproche que fait cacous à cacous, 

C'est qu'il est cacous». 

IV. 

143 Trop gratter cuit, 

Trop parler nuit. 

144 Plus de mal fait un coup de langue qu'un coup d'épée. 

145 Mauvaise réputation va jusqu'à la mer ; 
Bonne réputation reste au seuil de la porte. 

I . Les Cacous de la Bretagne sont les derniers représentants d'une race misérable, 
avec laquelle le reste de la population ne voulut jamais contracter d'alliance. Leur nom, 
comme celui des Cagots, leurs frères des provinces pyrénéennes, a gardé jusqu'à ce jour 
son ancienne valeur de réprobation et de mépris. On les disait descendants, non des 



— 24 - 

1 46 Nep zo lemm beg he deod a renk beza kalet kostez he benn . 

1 47 Araog komz grit nao zro 

Gand ho teod en ho keno. 

148 Peoc'h! Peoc'h! 

Losi ar vioc^h 

^Zo gan-e-oc^h, • 

149 Gant Doue hanvet muia eo 

Nep na lavar mad pe na dao. 

1 50 Va maby gant ar ment a venti, 

Ha netra ken, mentet e vi. 

I s I Gand ar muzul e rofed d^ar re ally e vezo roet d^e-hoc'h. 

1 5 2 Barnit ar re ail evel ma fell d'e-hoc'h beza barnet, 

1 5 î Diouc'h arfrouez ema ret tanvaat 

Kent evit lavaret ema mad. 

1 54 Gortozidann noz evit lavaret eo bet kaet ann deiz, 

I j 5 D'ann abardae Havarfet 

Hag hen a zo bet kaer ann dey 
Evel d'ar maro a welfet 
Hag hi ^zo bet mad ar vuhe, 

1 j6 Eur skoulm great gand ann teod na ve ket diliammet gand ann dent 

1 57 Gwelloc^h eo eur ger tavet 

Eget daou lavaret. 

1 5 8 Kerse 

Na deu 'met goude. 

V. 

IJ9 Ar iar a goll he vi 

kana re goude dozvi. 




et je l'ai lue comme suit : 

Gant : doue : han : vet : mungna : eo : 
Nep : na lauar : mat : pe : na : teo. 

Cette Inscription en lettres gothiques est contenue dans une banderolle que tient un 
ange en granit sculpté en bas-relief à la porte de Possuaire. 



— 25 — 

146 Qui a pointu le bout de la langue doit avoir le crâne solide. (A cause 

des coups de bâton qu'il s'expose à recevoir). 

1 47 Avant 'de parler tournez neuf fois 

Votre langue dans votre bouche. 

148 Paix! Paix! 

La queue de la vache 
Est avec vous'. 

1 49 Qui doit à Dieu le plus de compte est 

Celui qui ne parle bien ou qui ne se tait ^. 

1 50 Mon fils, comme tu mesureras, 

Et non autrement, mesuré tu seras. 

1 5 1 Avec la mesure que vous donnez aux autres il vous sera donné. 

1 52 Jugez les autres comme vous voulez être jugés. 

15) Au fruit il faut goûter 

Avant de dire qu'il est bon. 

1 54 Attendez la nuit pour dire que le jour a été beau. 

1 5 5 C'est au soir que vous direz 

Si le jour a été beau, 
Comme à la mort vous verrez 
Si bonne a été la vie. 

1 56 Nœud fait avec la langue ne se défait point avec les dents. 

1 57 Mieux vaut une parole que l'on tait 

Que deux que l'on dit. 

158 Regret 

Ne vient qu'après. 

V. 

159 La poule perd ses œufs 

En trop chantant après avoir pondu. 

* 

1 . Ce dicton est curieux et me paraît ancien. Je Tai souvent entendu. C*est pour couper 
court à unç querelle qui menace de devenir sérieuse, qu'on l'emploie d'ordmaire. Aux 
premiers éclats de voix un tiers intervient, et s'adressant au querelleur qui s'échaufFe le 
plus, il dit : « Paix! Paix! La queue de la vache, c'est vous qui la tenez. » J'ai vaine- 
ment demandé quelle signification on prêtait à ces étranges paroles. On me répondait 
invariablement : nous disons ce que nous avons entendu dire... Les anciens {ar re goz) 
parlaient ainsi... Toutefois, dans nombre de cas, il me semble qu'on aurait pu les tra- 
duire de la sorte : « Calmez-vous, calmez-vous ! on sait que la raison est de votre côté ; 
on sait que c'est avec.vous qu'est la sagesse. » 

Serait-ce quelque souvenir d'une autre patrie ? Il serait difficile d'en faire la preuve. 
Quoiqu'il en soit, les Brahmanes ne désavoueraient pas un tel langage. 

2. Sur le charnier de Notre-Dame de Trémavoézan (Finistère), cet adage se trouve 



— 26 — 

i6o Pa gloc^h ar iar e vez vi pe tabous. 

1 6 1 Dibaot siminal a voged 

Anez ne ve tan en oaled. 

162 Ar c'homsiou a zo merc'het 

Hag ar skrijoa a zo goazeî. 

1 6 3 Lavaret a reer allez 

Gaou e-leac'h gwlrlonez. 

1 64 Kanî klevet 

Na dalvont ket 
Eur gwelet. 

VI. 

1 6 5 Neb a oar relz ar wlrlone 

A hell hl laret gnvel a-ze. 

1 66 Etre c'hoarl ha fars 

E vez lavaret arwlrlonez da gais. 

167 Ar wlrlonez a zo diez da glevet 

Drelst pep tra d^ann hini n^hi c'har ket. 

1 68 Ar wirionez a zo kasauz 

Dreist pep tra d^ann hlni a zo kabluz. 

1 69 Ar wlrlonez a zo kasauz, 

Hag ann hlnl hl Iar a zo arabaduz. 

170 Ann den klanv he zaoulagad n^hell ket sellet ann de, 

Nag ar re a zo kabluz klevet ar wlrlone. 

1 7 1 Petra a zervlch nac^h ouz Doue ar pez a oar ar Werc'hez ! 

172 Tra kuz da drl nep a lavar 

A'benn neubeud eun ail hen goar. 

17 j E-leac^h ma vez tri 

E vez toull ann tl. 

VII. 

174 DloUy telr amzer hen euz ann den ; 

N'int ket henvel ann ell euz eben. 

175 vont d^ar fest c^houl a gano, 

toni en dro c'houl a welo. 



— 27 — 

i6o Quand glousse la poule, il y a œuf ou poussin. 

1 6 1 Rarement cheminée fume 

S'il n'y a feu dans Tàtre. 

162 Les paroles sont des femelles 

Et les écrits des mâles. 

16} On dit souvent 

Mensonge à la place de vérité. 

164 Cent entendus 

Ne valent pas 

Un vu. 

VI. 

165 Qui sait la règle de vérité 

Peut la dire sans broncher. 

1 66 En jouant et plaisantant 

On dit à plusieurs la vérité. 

167 La vérité est difficile à entendre, 
Surtout pour celui qui ne l'aime pas. 

168 La vérité est haïssable. 

Surtout pour qui se sent coupable. 

1 69 La vérité est haïssable 

Et qui la dit est radoteur. 

1 70 L'homme qui a les yeux malades ne peut regarder le jour, 

Ni le coupable entendre la vérité. 

171 Que sert de niera Dieu ce que sait la Vierge! (C.-à-d. : Pourquoi 

faire un mystère de ce que savent plusieurs personnes ?) 

1 72 Secret confié à trois personnes 

Est avant peu connu de quatre. 

173 Où il y a trois personnes 

La maison est à jour. 

VII. 

174 Deux ou trois saisons vit l'homme, 

Aucune ne ressemble à l'autre. 

175 En allant à la fête vous chanterez, 
En revenant vous pleurerez. 



— 28 — 

176 Goude c^hoarzin eteu gwelay « 

Goude c^hoari huanada. 

1 77 Re diouz vintin nep a c^hoarzas 

Barz ann noz allez a welas. 

1 78 Goude ann enkrez 

Ê teu levenez. 

1 79 Gant ann amzer hag ann avel 

Ez apep anken war ho dlouaskel. 

1 80 Blskoaz glao n^euz gret na dawfe^ 

Avel-greon plni na gouezfe. 

181 Itron Varia- Druez hag ann Aotrou Sant Per 

A ro d'ar gwall zaouî kernlel / en. 

1 82 Gwell eo dougen ar groaz eget he ruza, 

183 Ne euz droug na zervlch da vad. 

1 84 C^hoanî Doue ha c'hoant den a zo daou. 

185 Doue had ann ed en douar, 

Ha Doue hen dastum pa gar. 

1 86 E-leac^h ma od ann erv er bbaz-man, e vezo ann and er bloaz a zeu. 

1 87 Koz ha laouank, ha da hep oad, 

Ann Ankou 'zeulo d^ho falc^had. 

1 88 Eun den krenv, — eun den kreveî ; 

Eur baleer braz, — eun den brevet; 
Eun neuler-kaer, — eun den beuzet ; 
Eun tenner-mady — eun den lazet. 

1 89 Gad Doue ema ar madou ; 

Sachlt war-n-ho a grabanadou. 

1 90 Ar goustlans gant he tlk-tok 

A zo kloc'hik Sant Kolledok. 

191 Ar bodennou ho deuz daoulagad, 

1 92 Gwell ve gan-ln mervel mil gwech 

Evlt koll ma enor eur wech ; 
Rak ma enor, pa ve kollet, 

Evlt he glask n*hen c'havlnn ket. 

193 Red eo muzula aznaoudegez gant ann troadad mad-oberlou. 



— 29 — 

176 Après le rire les pleurs, 

Après les jeux les sanglots. 

177 Tel que trop matin l'on vit rire 
Dans la nuit bien souvent pleura. 

178 Après tristesse 

Liesse. 

1 79 Avec le temps et le vent 

Tout chagrin s'envole. 

180 Jamais on ne vit pluie qui ne cessât, 
Vent impétueux qui ne tombât. 

181 Notre-Dame de Pitié et le seigneur saint Pierre 
Donnent aux vaches méchantes des cornes courtes. 

1 82 Mieux vaut porter sa croix que la traîner. 

183 11 n'est mal qui ne serve à bien. 

184 Désir de Dieu et désir de l'homme sont deux. 

18^ Dieu sème le blé sur la terre, 

Et Dieu le moissonne quand il veut. . 

186 Où était le sillon cette année sera la fosse l'année prochaine. 

1 87 Vieux et jeunes, et gens de tout âge, 

La Mort viendra vous faucher. 

188 Homme- fort, — homme crevé ; 

Grand marcheur, — homme brisé ; 
Beau nageur, — homme noyé ; 
Bon tireur, — homme tué. 

1 89 Dans la main de Dieu sont les richesses ; 

Arrachez-les à poignées. 

1 90 La conscience avec son tic-toc 

Est la clochette de Saint-Kollédoc • . 

1 9 1 Les buissons ont des yeux. 

1 92 Mieux vaut pour moi mourir mille fois 
Que perdre mon honneur une fois ; 
Car mon honneur, quand il sera perdu, 
J'aurai beau le chercher, je ne le trouverai pas. 

193 II faut mesurer la reconnaissance avec la mesure des bienfaits. 

I. Dans la croyance populaire, St-Ké, appelé aussi St-Kollédoc, possédait une clo- 
chette qui l'avertissait du bien qu'il devait faire ou du mal qu'il devait éviter. 



— 30 — 

194 'Neb a ra vad e-lec'h drouk 

D'ar baradoz hen cm zoug. 

195 M ad eo beva pell; 

Beva mad a zo well, 

196 Ar vuez vad a bad atao, 

^ Ar vuez f ail a baouezo, 

1 97 Ar vuhe hirran 'zo c*hoaz berr, 

Hag ar bec'h skanvan, c'hoaz ponner, 

1 98 Pa errvL eux c*holl en ti, 

Ez erru daou pe dri, 

199 Lagad ann denpa eo sarret, 

Lagad Doue ^zo digoret. 

200 Ha c^houi a garre kaout eur maro mad? 

Beviî ervad, 

201 Eul linsel wenn ha pemp plankenn, 

Eun îorchenn blouz dindan ho penriy 
-Pemp troated douar war c'horre^ 
Setu madou ar bed er be, 

202 Avely holl avel! 

Ez eo red mervel. 



— 31 — 

1 94 QH^ rend le bien pour le mal 

Au paradis se porte. 

195 Vivre longtemps c'est bien ; 

Vivre bien c'est mieux. 

1 96 La bonne vie dure toujours, 

La mauvaise vie aura un terme. 

1 97 La vie la plus longue est courte encore. 
Le fardeau le plus léger encore pesant. 

198 Quand arrive une perte (c.-à-d. une mort) à la maison, 

Il en arrive deux ou trois. 

• 

199 Quand l'œil de l'homme est clos, 

L'œil de Dieu est ouvert. 

200 Voulez-vous avoir une bonne mort ? 

Vivez bien. 

201 Un linceul blanc et cinq planches. 

Un bouchon de paille sous votre tête, 

Cinq pieds de terre par dessus. 

Voilà les biens du monde dans la tombe. 

202 Vent, tout n'est que vent! 

Il faut mourir. 



TREDE STROLLAD 



TROISIÈME SÉRIE. 



/. 

20) Neb 'zo laouen gand bara seac'h 

A gav da beuri e peb leac'h. 

204 Ann dour a red 

Ne ra droug da zen ebed, 

205 Ann îamm hag al lomm 

A zalc^h ann den en he blomm. 

206 Al lomm heb ann tamm 

A ra d*ann den kaout Iamm. 

207 Ann tamm heb al lomm 

A zo war galon ann den evel plomm. 

208 Ar pod dour pa deu en îi 

Prest he c'houitel da bep-hini. 

209 Pep-hini d^he dro 

Evel ann toaz e go, 

2 1 o Gwelloc'h eur pred bepred 

Eget eur bouezellad éd. 

2 1 1 Gwelloc'h eun tamm bemdez 

Evid re da Veurlarjez. 

212 Ne c^houzanver ket ann dienez ken a ve eat ar feunteun da hesk. 

2 1 3 Biskoaz den gant naoun bras 

Tamm bara fall ne gavas. 

214 Sac' h goullo ne-d-eo ket evit chom en he za. 
Pa vez leun ar zac'h ne-d-a ket ken ebarz. 

2 1 j Dioc'h he dant ve gorroed ar vuoc'h. 

2 1 6 Roit d'or zaout bouet freaz 

Hag e zavo dienn war al leaz. 



I. 

20} Qui de pain sec se contente 

Trouve à se nourrir en tout lieu. 

204 Eau qui court 

Ne fait de mal à personne. 

205 Morceau et goutte 

Tiennent Phomme d'aplomb. 

206 Goutte sans morceau 

Fait faire à Phomme plus d'un saut. 

207 Morceau sans goutte 

Sur le cœur de Phomme pèse comme du plomb. 

208 Cruche qui rentre à la maison 

A chacun prête son goulot. 

209 Chacun à son tour 

Comme la pâte à lever. 

210 Mieux vaut un repas, pour toujours assuré. 

Qu'une boisselée de blé. 

2 1 1 Mieux vaut un peu chaque jour 

Que trop au carnaval. 

212 On ne souffre pas de la disette tant que la fontaine n'est pas allée 

à sec. 

2 1 3 Jamais homme ayant grand' faim 

Ne trouva morceau de pain mauvais. 

214 Sac vide ne saurait rester debout. (La faim et les privations 
débilitent Phomme.) 

Quand le sac est plein, plus rien n'y entre. 

2 1 j Selon la dent on trait la vache. (C.-à-d. : d'après ce qu'elle 

mange, la vache donne du lait.) 

216 Nourrissez bien vos vaches 

Et la crème s'élèvera sur le lait. 



-36- 



//. 



2 1 7 Pred fall ha pred mad 

A zcdc'h eun tiegez en he stad. 

2i8 Beza 'zo tri seurt beva : beva, bevdikha bevettez. 

2 1 9 Souben ar c'hik hag irvinen 

A ra d^ar valez teir chiken. 

220 Souben ann tri zrdik : 

Doux y c'hoalen ha baraïk. 

221 Kement 'zo fall 

A gar ar zall. 

222 Tammou bihan hag allez 

A garg ar c'hof ha pa ve diez. 

22 3 Avalou douar da gïvalc'h 

Hag ar c'hikjust awalc'h. 

224 Arpez a ra d'ann dridi beza treud, 

Kalz emaint war neubeud. 

22 5 Kerc^heiz a lez pesk bihan 

A zebr melfeden d^he c'hoan, 

226 Farsforn 

A vez debret gant ann dorn, 

227 Ann hini 'zebr stripou 

A zebr kaoc'h a-wesiou. 

228 Mad eo leaz douSy mad eo leaz trenk. 

Ha mad da bep-hini gouzout chom en he renk. 

22^ Tri seurt tud a laka amann war ho bara : ar veleieny abalamour ma- 
Z'int sakr'y ann duchentily abalamour ma-z-int nobl; hag arpaïsantet, 
abalamour ma-z4nt sod, 

2J0 Cwadegen evit gvi^adegen pa vo lazet ar moc^h, 
2 3 1 Ann hini a ubr avalou poaz 

Birviken askorn ne gac*haz. 

232 Eur sprec'hen a zebr allez kement hag eur marc'h mad. 

233 Braz al labour y — bihan ann dibri, 
2 3 4 Marc'harit Milimaout, 



— Î7 — 

II- 

2 1 7 Mauvais repas et bon repas 

Tiennent un ménage en bon état. 

218 II y a trois manières de vivre : vivre, vivoter et misérer. 

2 1 9 Soupe de viande et de navets 

Fait triple menton à la servante. 

220 Soupe de trois pauvres choses : 

Eau, sel et méchant pain. 

22 1 Tout ce qui est mauvais 

Demande à être salé. 

222 Morceaux petits et répétés 

Remplissent le ventre, fût-il difficile. 

22? Des pommes de terre tant que tu voudras, 

De la viande — juste le nécessaire. 

224 Ce qui fait que les étoumeaux sont maigres 
C'est qu'ils sont beaucoup sur peu. 

225 Héron qui laisse petit poisson 

Mange à souper des limaçons. 

226 Far » cuit au four 

Avec la main se mange. 

227 Qui tripes mange 

M.... parfois avale. 

228 Bon est le lait doux, bon est le lait aigre, 

Et bon est à chacun de savoir rester à son rang. 

229 Trois classes d'hommes mettent du beurre sur leur pain : les 

prêtres, parce qu'ils sont sacrés; les gentilshommes, parce qu'ils 
sont nobles ; et les paysans, parce qu'ils sont sots ^. 
2}o Boudin pour boudin quand on tuera le cochon. (C.-à-d. : cadeau 
pour cadeau, — service pour service, qnand l'occasion se 
présentera. Quelquefois aussi : dent pour dent, — œil pour œil.) 

231 * Qui mange pommes cuites 

Jamais os ne ch... 

232 Une haridelle mange souvent autant qu'un bon cheval. 
23 } Grand le travail, — petit le manger. 

234 Marguerite Milimaout, 

1 . Espèce de flan qui se fait avec du lait, de la farine de froment, du sucre et des œufs. 

2. Ce dicton railleur tend à établir Tégalité des hommes devant la faim. 



- j8- 

Deut ire ama gand ho saout : 
Kig ha fars a zo erpody 
Deut dre ama hag ho po lod. 

2 } 5 Perigou meleriy kraouennigou gell, 

Wenz ar valez gand ar mevel; 
Krampoez amanenety bannigou lez, 
N'euz a r mevel gand ar valez. 

m. 

236 Lakd kig er pod, 

Ann lan, sur, hen devezo lod, 

2 Î7 Pa-z-a ar billik war ann lan 

Ez a ann daou en unan. 

238 Pep loudouren 

A gav mad he cheusleuren, 

239 lanned eo matez lanned, 

lanned hag he mestrez a ribodkevred^ 

240 Beviny houad, ha kik maout 

'Zo mad d'ann neb hell ho c'haout. 

241 Bramma a ra eur bourc^his, pa he gofa zo goulloy hag eur breizad a 

vreugeudy pa he Kini a zo leun, 

242 Paourentez a dosta en kuz 
Euz kegin lipous ha re druz. 

243 Da c'henou a zo braz 

'Vel genou fourn ar raz. 

244 Nep 'zo lipous e vuzellou 

A lez noaz he jaritellou. 

245 Fanch koz a zebr iskiz 

Ken na dap gand he viz. 

246 Ne ubrann na chivr, na pleizenny 
Red e monel da glask va nouenn. 

IV. 

247 Micher ar remm 

Dibri boed ha klemm, 

248 Evid ar remm, ann drouk-penn hag ar glizienn, 

I . Le piquant de ce dicton repose sur le mot ribod, qui ne signifie pas seulement 
baratter, mais aussi faire ribote. Dire que Jeannette et sa maîtresse barattent de compagnie, 
c'est donner à entendre qu'elles s'enivrent ensemble. 



— 59 — 
Venez par ici avec vos vaches : 
Viande et far Mi y a dans le pot. 
Venez par ici et vous en aurez morceau. 

2} 5 Petites poires jaunes, petites noix brunes, 

Donne à la servante le valet; 
Crêpes beurrées, petites gouttes de lait, 
Donne au valet la servante. 

m. 

236 Mets viande au pot, 

Le feu, sûrement, en aura sa part. 

257 Quand le poêlon est sur le feu 

Deux se réduisent à un. 

238 Chaque souillon 

Trouve son mauvais ragoût bon. 

239 Jeannette est la servante de Jeannette, 
Jeannette et sa maîtresse barattent de compagnie. 

240 Chair de bœuf, canard et viande de mouton. 
Bonnes choses pour qui peut les avoir. 

241 Un bourgeois pète quand son ventre est vide, et un Breton rote 

quand le sien est plein. 

242 La pauvreté s'approche à la sourdine 
De délicate et trop grasse cuisine. 

243 Ta bouche est grande 

Comme la bouche d'un four à chaux. 

244 Quiconque a les lèvres friandes 

Laisse ses jarrets nus. 

245 Le vieux François mange salement 
Jusqu'à ce qu'il prenne avec les doigts. 

246 Je ne puis manger ni chevrette, ni plie, 

Il faut aller me chercher l'extrêroe-onction. 

IV. 

247 Métier de goutteux — 

Bien manger et se plaindre. 

248 A rhumatisme, migraine et crampe, 

I . Le far dont il est ici question n'est autre chose qu'une pâte de farine de blé noir 
ou de froment que l'on fait cuire dans le bouillon, en la renfermant dans un sac de toile 
très-épaisse. 



— 40 — 
Ne gavot biken al louzaouenn, 

249 Bron goret hag askorn torret^ 
Cwasoc'h Vfr ar werbl na eut ket. 

250 i4r c^hlenved a zeu war varech, hag a ia kuiî war droad, 

251 Da zistaga ar c'hlenved 

Eul louzou divezad n^hen deuz galloud ebed. 

252 Ann hiky iec'hed da vikannik. 

Ha da gozik, marvik, 

V. 

2 5 3 Ann hini a ziwall sec'hed 

A ziwall iec^hed. 

254 Nemet sec'heî pe naon a pe, 

Na zebr tamm na ne ev banhe, 

2 5 j Ev da win pur ha souben tomm. 

Ha pep hini diouc'h da ezomm. 

256 Muioc'h a dud a laz ar gwin 

Evit na bare ar medisin. 

257 Nep ho re vignoun d'ar gwin mad 

'Zo enebour da vab he dad, 

2 58 Aoîrou Personn, deut afo, 

Arfoerellik eo a zo. 
Aotrou Personny deut d'ar redy 
Arfoerellik na ehan ket. 

259 Ann nep hen euz evet a evo. 

260 Ann neb a gar re ar gwin 

A ev dour a-benn ar fin. 

261 Digant mignoun eo well kaout dour 

Evit gwin digant tràitour. 

262 Bezit atao kuzet oc' h eun den mezo, 
Rak ar pez a oar ann holl her gwezo. 

263 Eur zac'h dizere eo. 

264 Ar c'hillok. — Erru ann oac'h d'ar ger. 
Ar c'haz. — Hag hen meo, meo, meo. 
Ar c'hi. — Aîô, 'tôy 'tô, 'îà, vez '. 



I . Ce dicton, qui est tout un petit tableau de genre, a de plus le mérite d*offrir un exemple 
des curieux effets d'harmonie imitative que les Bretons se plaisent à tirer de leur langue. 



— 41 — 
Vous ne trouverez jamais de remède. 

249 Mamelle apostumée, os cassé, 
Rien n'est pire que le bubon. 

250 La maladie vient à cheval et s'en retourne à pied. 

2 5 1 Pour triompher de maladie, 

Tardif remède est sans vertu. 

252 Le hoquet, — santé pour l'enfant, 

Et, pour le vieillard, — fin prochaine. 

V. 

2 5 3 Qui est maître de sa soif 

Est maître de sa santé. 

254 A moins que tu n'aies soif ou faim. 

Ne mange morceau ni ne bois goutte. 

2 5 5 Prends ton vin pur et ta soupe chaude. 

L'un et l'autre selon ton besoin. 

2 56 Plus de gens fait mourir le vin 

Que n'en guérit le médecin. 

257 Quiconque aime trop le bon vin 

Est ennemi du fils de son père. 

2 58 Monsieur le Curé, venez vite. 

C'est la foire qu'il a ; 
Monsieur le Curé, dépêchez-vous, 
La foire ne s'arrête pas. 

259 Qui a bu boira. , 

260 Qui aime trop le vin 

Par boire de l'eau finit. 

261 Mieux vaut l'eau d'un ami 

Que le vin d'un traître. 

262 Ne confiez jamais vos secrets à l'homme ivre. 
Car ce qu'il sait tout le monde le saura. 

263 C'est un sac non fermé. (C.-à-d. : Il ne peut garder ce 
qu'on y met, ce qu'on lui confie.) 

264 Le coq. — Le chef de la famille arrive à la maison. 
Le chat. — Et il est ivre, ivre, ivre. 

Le chien. — Toujours, toujours, toujours, toujours il l'est. 

4 



PEVARDED STROLLAD. 



QUATRIÈME SÉRIE. 



/. 



265 


Gwell eo fumez 
Evit pinvidigez. 


266 


Gwell eo brud vad da pep-hini 
Eget kaout madou leiz ann ti. 


267 


Gwell eo chomm hep heza ganet 
Evit chomm hep heza disket. 


268 


Gwell eo diski mabik hihan 
Eget dastam madou d^ezhan. 


269 


Gwelloc'h skiant 
Evid arc'hant. 


270 


N'e ket dioc^h ann arc'hant 
A bouezer ar skiant. 


271 


Ann arc'hant n^euz ket a lost. 


272 


Madou 'zeu ha madou 'm, 
Evel moged^ evelpep tra. 


273 


Ar rod a zo atao e tu pe du trei. 


274 


Eno ema micher ar bed : 
Lakad ann traou d^ar red. 




Dam vont, 




Darn tont. 


275 


Goude ar rastell e teu arforc^h. 


276 


m 

War lerc^h eun daspugner 
E teu eun dispigner. 


277 


Ann danvez dastumet gant ar rastell 
A ielo buhan gant ann avel. 


278 


He zoc'h a ielo da venaoued. 



I. 

26$ Mieux vaut sagesse 

Que richesse. 

266 Mieux vaut à chacun bon renom 

Que richesses plein la maison. 

267 II vaut mieux rester sans naitre 

Que rester sans rien connaître. 

268 Mieux vaut instruire le petit enfant 

Que lui amasser des richesses. 

269 Mieux vaut savoir 

Qu'argent. 

270 Ce n'est d'après l'argent 

Que l'on pèse le savoir. 

27 1 L'argent n'a pas de queue < . 

272 Les biens viennent, les biens s'en vont 

Comme la fumée^ comme foute chose. 

273 La roue tourne toujours d'un côté ou de l'autre. 

274 Voici le train du monde : 

Mettre les choses à courir. 

Les unes partent, 
Les autres arrivent. 

27 j Après le râteau vient la fourche. 

276 Après Tamasseur 
^ Le dissipateur. 

277 Les biens qu'on ramasse au râteau 

Avec le vent s'en iront tôt. 

278 Son sot (de charrue) se changera en alêne. (C'est-à-dire : ses biens 

diminuent rapidement.) 

I . Pour le rattraper quand il s'en va. 



-46- 

279 ^^^^ ^^^ ^^ ^^ ^ ^^'^ ^^'* 

280 Beza paour ne-d-eo ket pec'hed, 

Gwell eo koidskoude tec'het. 

28 1 Ann hini hen euz a lip he c'heuz, 

Ann hini n'hen euz a zell a dreux. 

282 Gwelloc'h moged evit reo, 

Gwelloc'h argand evit bleo. 

28 3 Gwell eo merer pinvidik 

Eget denjentil paourik. 

284 Eun alc'houez arc^hand a ùgor 

Gwell' vit eun alc'houez houarn ann nor, 
GweW vit arc'hand eun alc'houez aoar, 

285 Pa ne euz ket muioc'k red e ober gand ar pez'zo. 

286 Gwell eo eurgad paket evit teir redtk. 

287 Eut skoet em dorn a dalv d'in-me 

Muioc'h eget daou vole. 

288 Mean-ruill, mean-ki, 

Na zestumont ket a ginvi. 

289 Er iaouankiz espern' zo red, 

A-benn ma teuïo kozni d'ar red. 

290 Petra servich kaout eur vioc'h vady 

Mar skuUl al leaz gand eun toi troad f 

291 Mar teu d*ar vioc'h dileazan, 

Kenavo mignon, ha skan. 

292 Kals bugale heb largentez 

A laka espern ann danvez. 

293 Marfell d'id dastum madou, 

Pa lammi unan laka daou, 

294 Tenna heb lakat 

Berr e pad. 

295 'Nn hini a viraz a gavaz 

Antronoz-veure pa zavaz, 

IIL 

2^6 Ar pinvidik 

'Zo g;wiridik. 



— 47 - 

IL 

279 Dieu ne regarde pas à la condition. 

280 Pauvreté n'est péché, 

Mieux vaut cependant Péviter. 

281 Qui a, se lèche les babines, 

Qui n'a, regarde de travers. 

282 Mieux vaut iiimée que gelée, 

Mieux vaut argent que cheveux. 

283 Mieux vaut riche fermier 

Que gentilhomme sans denier. 

284 Clé d'argent ouvre 

Mieux que clé de fer une porte, 
Mieux que clé d'argent ouvre clé d'or. 

285 Quand il n'y a pas davantage il £aut faire avec ce qu'il 7 a. 

286 Mieux vaut un lièvre pris que trois lièvres qui courent. 

2S7 Un écu, que je tiens, pour moi vaut 

Mieux que deux qui se promènent. 

288 Pierre qui roule ou que chien pousse 

Ne ramasse jamais de mousse* 

289 Epargne, durant ta jeunesse. 

Pour l'heure où la vieillesse au galop accilurra. 

290 Que sert-il d'avoir une bonne vache. 

Si d'un coup de pied elle renverse le Ifait? (C.-à-d. : Que sert-il 
d'être riche, si Ton ne sait que gaspiller follement sa fortune ?} 

291 La vache vient-elle à perdre son lait. 

Vite, voilà l'ami décampé. 

292 Beaucoup d'enfants^ point de largesse. 

Et l'on épargne sa richesse. 

293 Si tu veux amasser du bien. 

Pour un d'ôté mets deux. 

294 Tirer sans mettre 

Dure peu. 

295 Qui mit en réserve trouva 

Le matin quand il se leva. 

IIL • 

296 Le riche 

Est douillet. 



-48- 

297 Nep hen eut arc'hant hag a ro 

A gav mignoned e peb bro. 

298 Nep a gemer ha na ro ket 

N'hen eut mignon ebet. 

299 Eur vad peur-c^hret, 

Prest ankounac'het. 

^00 *Nn hini brest arc'hanty hep goarant, 

A goll ha mignon hag arc'hant. 

î o I KenderV'gompez pa bresti, 

Map da c'hast pa c'houlenni. 

302 N'e ket gad marvaillou 

E paeer ann dleou. 

303 Ann hini a ielo da gredy 

Mar na goll, na c^hounezo ket. 

304 Koll 

A ro skiant da foll. 

J05 Gwella skiant 'nn hini prenet, 

Nemet re ger e ve koustet. 

306 Pa vez tro da goll 

Eo gtvell hanter eget holL 

307 Ann hini ne risk netra 

Na koll na gonid ne ra. 

308 E'kenver klinka 

Eo gfverza. 

309 Re ginnig marc'hadourez 

A zo eur merk n^e ket e werz. 

310 Na werz netra da eur mignonik 

Hana brenn ket digant pinvidik. 

3 1 1 Prenit ker pell a gerrot, 

Gwerzit ker tost a c'hellot. 

3 1 2 Trompluz a zo kompodi 'nn amanenn 

Arok ma deuz ar vioc'h hi ferc'henn. 

3 1 3 Eun ti kaer ann nep a zavo 

A gavo buhan he ialc'h goullo. 

314 En ti nevez hag hen krenn, 

Siminalou war he zaou-benn, 

3 1 5 Trouz arc^hant ha c'houez vad 

Ne reont na ialc'h na kofad. 



— 49 — 

297 Qui Si de l'argent et le sème 

Trouve en tout pays des amis. 

298 Qui prend et ne donne 

N'a d'ami personne. 

299 Un bienfait 

Est vite oublié. 

300 Qui prête argent^ sans garantie. 

Perd son ami et son argent. 

301 Cousin germain quand tu prêteras, 

Fils de p quand tu réclameras. 

302 Ce n'est avec des contes 

Que se règlent les comptes. 

303 Qui de caution servira, 

S'il ne perd^ point ne gagnera. 

304 Dommage 

Rend le fou sage. 

305 Le meilleur esprit, — Pesprit acheté. 

Si trop cher, pourtant, il n'a point coûté. 

306 Une perte est-elle imminente. 

Mieux vaut la moitié que le tout. 

307 Qui ne risque rien 

Ne perd ni ne gagne. 

308 De l'apprêt 

Dépend la vente. 

309 Trop offrir sa marchandise 

Prouve qu'elle n'est de vente facile. 

310 Ne vends rien à un ami, 

Et n'achète pas d'un homme riche. 

3 1 1 Achetez aussi rarement que vous voudrez, 

Vendez aussi souvent que vous pourrez. 

3 1 2 C'est se tromper que calculer le prix du beurre 

Avant d'avoir acheté la vache. 

3 1 3 Qui bâtira belle maison 

Trouvera tôt sa bourse vide. 

314 Dans maison neuve, courte soit-elle, 

Cheminées sur les deux bouts. 

3 1 j Bruit d'argent et bonne odeur 

N'emplissent ni la bourse ni le ventre. 



— 50 — 

3 1 6 Red e da derc^hel tinel gaer 

Bexa pinvidik-iras pe laer. 

3 1 7 Gwell et e hep die bara heit 

Evit en prest bara gwiniz, 

3 1 8 Gwelloc'h eun ti bihan hag eo bouedok 

Evit eun ti bras hag eo avelok, 

319 Saludy aotrouy mar-d-oc^hy 

Seta eur marc' h mad, mar-d-eo d'e-hoc'h. 



IV. 



320 Pinvidik ounn kouls ha nikm 

Pa 'z-ounn kontanî eut va fortun. 

321 Ar madou bras, ann enoriou 

Eut a zent a ra diaoïdou. 

322 Seul vu'a ve, seul vu' ve c'hoant 

Da zastum lewe hag arc'hant, 

323 Seul yui, seul c'hoaz. 

324 Seul vui, seul wellan, 

325 Eux a wenn ann îousog hen eux aoun na vankfe douar d'ezhan da 

zibri. 
^26 Reïeurbizenn 

Evid eurfavenn. 

327 Atao a gaver eost ann amezek gwelloc'h evid hon-kini. 

328 Paourik pa binvidika 

Gwaz evid ann diaoul ez ia, 

329 Dibaod den na binvidika 

Oc'h ober gaou euz he nesa. 

330 Eun ti karget a vinored 

N'hen euz mignon na kar er bed» 

3 3 1 Danvez minorety plouz id-du, 

A ia bemdez war ziminu. 

332 Madou belek ha plouz id-du 

Ne-d'int mad 'met d'ober ludu, 

333 Ar pez azeu gand ar mare lano, 



3 16 Pour men^r grand traki de maison, 

Il faut richissime ou larron. 

317 Mieux vaut sans dette un pain d'orge 

Qu'en prêt un pain de froment. 

3 1 8 Mieux vaut maisonnette bien approvisionnée 

Que grande maison pleine de vent. 

319 Salut, monsieur, si vous l'êtes, 

Voilà un beau cheval, s'il est à vous. 

IV. 

320 Je suis aussi riche qu'aucun^ 

Si de ma fortune je suis content. 

321 Les grands biens, les honneurs 

Changent les saints en diables. 

322 Plus on a, plus on a désir 

D'amasser rentes et argent. 

323 Tant plus, tant encore. 

324 Tant plus, tant meilleur. 

325 (Il est) de la race du crapaud > qui craint qu'à manger la terre ne 

lui manque. 

326 Donner un pois 

Pour avoir une fève. 

327 Toujours on trouve la moisson du voisin meilleure que la sienne. 

328 Pauvre qui s'enrichit 

Devient pire que le diable. 

329 Rarement homme s'enrichit 

Sans faire tort à son prochain. 

3 30 Maison remplie d'orphelins 

N'a d'ami ni de parent au monde. 

3 3 1 Biens de mineurs, paille de blé noir, 

Vont chaque jour diminuant. 
332 Biens de prêtre et paille de blé noir 

Ne sont bons qu'à faire de la cendre. 
335 Ce qu'apporte le 'flot 

I . Ce proverbe s'applique aux avares. L'auteur d'un vieux sermonnaire manuscrit, que 
j'ai en ma possession, explique ainsi l'une des figures que Ton voit sur les étranges 
tableaux dont se servent les prédicateurs bretons, dans les retraites et les missions : a An 
avarisdet a so represantet e jurm an tous soc pini a lavarmr ne gret dibry leiz t goff a 
zouaty rac aoun na vanque deza. » (L'avarice est représentée sous la forme du crapaud 
qui, dit-on, n'ose manger plein son ventre de terre, de crainte qu'elle ne vienne à lui 
manquer.) 



- 52 — 
Gand ar mare a dreac'h er-meaz a ielo. 

H 4 Madou deuet pront 

Buhan e tizillont. 

335 ^^ madou a zeu dre 'nn hent fall 

A zo diez-meurbed da ziwalL 

3 36 Heritaich eur belek arabad he gass £ar penn huela deuz ann ti. 

3 37 Ann arc'hant a uu a-berz ann diaol 

A zistrOy buhan, da houarna PoL 

338 Ar pez a zeu diwar gousd ann diaoul a ia da houarna he varc*h, ha 

c'hoaz e chomm eun troad dishouarn d^ezhan. 

339 ^^' S^^ ^ ^^^^ ^^^^^ he gar d'he vamm he zorred hen eux en daou 

damm, 

340 Bleud ann diaoul a ia da vrenn. 

341 Ker braz laer eo neb a zalc*h ar zac'h evel ann nep a lak' ebarz. 

342 N'euz ket a chans warlerc'h al laer. 

343 Al laer brassan 

A groug ar bihanan, 

344 Al laeron vihan a vez krouget 

Hag ar re vras na vezont ket. 

345 Hag a vec'h euz a wenn ar c'hiy 

Mar hoc' h euz madou, deut en ti; 
Hag a vec'h euz a wenn ar Roue, 
Mar-d'Oc'h paour, it en hano Doue. 



V. 



346 Abars mervel réi he zanvez 

A dosta 'nn den oc' h paour entez. 

347 Ann hini koz, pa redo, 

D'ann ankane ez aio. 

348 Trista daou zra 'zo er bed, 

Koll ar gweled hag ar c'herzed. 

349 Dalc^h ar c'hef en da zorn, pa 'man, 

Hag e teui da domma out-han. 



— Jî — 

S'en retourne avec le jusant. 

334 Les biens qui viennent promptement 

Se dissipent de même. 

335 Les biens qui viennent par le mauvais chemin 

Sont très-difficiles à garder. 

336 Héritage de prêtre^ ne le portez au plus haut de la maison ^ 
3 37 L'argent qui vient du diable, 

Vite, s'en va pour ferrer Pol ^. 

338 Ce qui vient de la bourse du diable s'en retourne pour ferrer son 

cheval, encore un des pieds de celui-ci reste-t-il déferré. 

339 Le vieux Pol en cherchant à redresser la jambe de sa mère l'a 

brisée en deux. 

340 Farine du diable tourne en son. 

341 Aussi grand voleur est celui qui tient le sac que celui qui met dedans. 

342 N'a pas bonne fin qui suit le voleur. 

343 Le grand voleur 

Pend le petit. 

344 Les petits voleurs sont pendus, 

Les grands voleurs ne le sont pas. 

J45 Quand vous seriez de la race du chien, 

Entrez chez moi, si vous avez du bien ; 
Quand vous seriez de la race du Roi, 
Ëtes-vous pauvre, — au large, loin de moi?. 

V 

346 Avant de mourir abandonner son bien 

Rapproche l'homme de pauvreté. 

347 Quand le vieillard courra. 

C'est l'amble qu'il prendra. (C.-à-d. : on ne va pas vite en be- 
sogne, quand on est vieux.) 

348 Les deux plus tristes choses du monde. 

Perdre la vue et l'usage des jambes. 

349 Tiens bon la bûche, quand elle est dans ta main. 
Et tu viendras te chauffer à sa flamme. 

1 . Parce que les biens qui en proviennent ne peuvent prospérer, s'ils ne retournent 
aux pauvres, qui, d'après Topinion générale, en sont dans Porigine les légitimes pro- 

{>riétaires. Il est donc sage à Théritier d'un prêtre de ne pas les placer trop avant dans 
a maison, et même de les laisser près de la porte, puisqu'ils doivent sortir sans tarder. 

2. Pol est un des noms du diable en Bretagne. 

). Traduction littérale du dernier vers : Si vous êtes pauvre, allez au nom de Dieu, 



— 54 — 
3 50 Ann hini a taleth ann askom 

A ielo V c'hi da heul he zorn. 

? 5 1 Pa gaser ar paour d'ann douar 

Kloc'h braz ar barrez ^zo bouzar. 

5 J2 Easoc'h d^ar mab goulenn oc'h tad evit d'ann tad goulenn oc^h mab. 

3 5 3 Nesoc'h eo ilin evit dorn. 

3 j 4 Reï d'ar paour aluun allez 

Ne ziverreaz biskoaz ann danvez, 

? 5 J ^r roerig, 

Ar c'haverig, 

356 Pa zeu ar paour da doull ho tor^ 

Mar na roit d'ezhan^ respontit gand enor. 

357 En danue e hes dispignet 

N^en-^-e mui d'it na ne vou ket; 
En hani alhoueet d'en neah 

A eel bout lairet kend arouah; 
Er maru e rei d*ha pugale 
Er peh e pou cherret neze : 
El lod e rel d'er beurerlon 
Vou ha s-hanl, te ha unon, 

358 Bezit mutpa roet; 

Pa roer iac% komzet. 



— 55 — 
3 59 De celui qui tient l'os 

Le chien suivra la main. 

3 5 1 Quand on porte le pauvre en terre 

La maltresse cloche de la paroisse est sourde. 

3 52 II est plus facile au fils de demander au père qu'au père de demander 
au fils. 

353 Plus voisin est coude que main. (C.-à-d. : sur les degrés de la pa- 
renté doit se mesurer la bienveillance.) 

3 54 Faire souvent au mendiant l'aumône 

N'a jamais appauvri personne. 

355 Qui donne peu 

Reçoit peu. 

3 56 Quand vient le pauvre au seuil de votre porte, 
Si vous ne lui donnez, parlez-lui doucement. 

3 57 L'argent que tu as dépensé 

N'est plus à toi ni plus ne sera ; 

Celui qu'en haut tu as mis sous clé 

Avant demain peut être volé; 

La mort à tes enfants livrera 

Ce que tu auras ramassé, 

Mais ce qu'aux pauvres tu donneras 

Restera tien, en propre t'appartiendra 1. 

3 58 Soyez muet, quand vous donnez ; 

Quand on vous donne, parlez. 

I . On dit de même dans l'Avranchin, sur les marches de Bretagne : 

Ren n'est plus à se 
Que c'qu'on a donné. 



PEMPVED STROLLAD. 



CINQUIÈME SÉRIE. 



/. 



359 ^^^^^ ^^ karante e-tre daou 

'Vit na eo madou leiz ar c'hraou, 

360 Gwell eo karante leiz ann dorn 

'Vitna eo madou leiz eurforn, 

)6 1 Ann aour melen a vez lodet 

Hag ar garante na vez ket. 

362 Madou a zeu, madou a ia, 

Karante morse na guita. 

363 Madou a ia war bouez ar ster. 

Hag ar garante chomm er ger. 

364 Gant karante 'zo plijadur 

Ha gant madou tamaladur. 

365 Ann delien 'gouez war ann douar, 

Ar c'hened ive a ziskar. 

366 Pa vec'h ken du hag ar mouar, 

Gwenn-kan oc'h d'ann hini ho kar. 

367 Red e anavezout 

Araok karout, 

368 Karout hep beza karet 

A zo poanius ha kalet. 

369 Karantez pelly 

Karantez gwell ; 
Karantez tost, 
Karantez losk. 

370 Gwell eo 'n em garout nebeutoc'h 

Evit ma pado pelloc'h. 



I. 



3 $9 Mieux vaut amour liant deux cœurs 

Que richesse emplissant l'étable. 

^60 Mieux vaut plein la main d'amour 

Que richesses plein un four. 

361 L'or jaune, — on le divise, 

L'amour, — on ne le partage pas. 

362 Les biens viennent, les biens s'en vont. 

L'amour ne nous quitte jamais. 

36} Les biens s'écoulent comme l'eau de la rivière 

Et l'amour reste à la maison. 

364 Avec amour — plaisir, 

Avec richesses — soucis. 

36$ La feuille tombe sur la terre, 

La beauté déchoit aussi. 

366 Fussiez-vous aussi noire que la mûre, 

Vous êtes blanche pour qui vous aime. 

367 II faut connaître 

Avant d'aimer. 

368 Aimer sans être aimé 

Est pénible et dur. 

369 Amour éloigné> 

Le meilleur amour; 
Amour rapproché. 
Amour relâché. 

37c Mieilx vaut s'aimer uif peu moins 

Pour que l'amour dure fiÈBf Ibngtemps. 



— 6o — 

371 Dousou e peb leac^hy 

Karantez e neb leac'h. 

372 Kemeret hep reï 

A laka karantez da drei; 

Reï hep kemeret 
A laka karantez £ar reà, 

II. 

373 'Nn hini Vez e gras ar merc'hed 

N'hen euz na naoun na uc'hed. 

374 Biskoaz n'euz bet chanz-vad karet ar merc'hed. 

375 Evid ar mor bout traïtour, traïtouroc'h ar merc'hed. 

376 Great he voutou 

Araok he lerou. 

« 

377 Ar bleunig a dro 'wechigo, 

Karantez ar pkc'h 'dro ato. 

378 Karantez ar merc'hed a zo e-giz ar pell, 

Pa sonjer nebeuta ez a gand ann avel, 

379 Biskoaz plac'h fur y fur na ve pell 

henti goazy na na ve well. 

380 Gand ar c'hoant pignat re huel 

Ar plac'hïk a ziskenn izei 

381 Betek ken n'ema ket ar mod 

Ez ia plac'h da glask ar pot. 

382 Ma Zalver ar bedy 

Nag a blac'h koanf zo eat da c'hrek! 
Ma-z-afe kemend ho deux c'hoant, 
Ez afent holl kant ha kant. 

383 Arbiga grog en he skouarn. 

384 Abarz e vezo fin ar bed 

Arfalla douar gwella ed, 
Arfalla merc'hgavella dimeet^ 

Hag ar besterd arok oc' h ober tro V veret. 

III. 

385 Easoc'h dimezi 

Evit sevel ti. 



- 6i — 

^7 1 Des maîtresses en tout lieu, 

De l'amour nulle part. 

372 Recevoir sans donner 

A l'amour fait tourner le dos ; 
Donner sans recevoir 
Met en fuite Pamour. 

IL 

373 Qui vit dans les bonnes grâces des femmes 

N'a ni faim^ ni soif. 

374 Point de bonheur pour qui s'attache aux femmes. 

375 Si traîtresse que sdit la mer, plus traîtresses les femmes. 

376 On lui a fait ses chaussures 

Avant ses bas ^ 

377 Fleurette tourne parfois, 

Amour de fille tourne toujours. 

378 L'amour des femmes est comme la balle, 
Quand on y songe le moins il part avec le vent. 

379 Jamais fille sage, — sage longtemps ne reste 
En hantant les garçons^ ni meilleure ne devient. 

380 En voulant monter trop haut 

Fillette bas descend. 

381 Jusqu'à ce jour ce n'est la mode 

Que fille aille quérir garçon. 

382 Mon Sauveur du monde, 

Combien de jolies filles sont entrées en ménage ! 
Si celles qui le désirent le pouvaient, 
Toutes, par centaines, se marieraient. 

383 La pie lui pince l'oreille. (C.-à-d. : Elle meurt d'envie de se marier.) 

384 Avant qu'arrive la fin du monde, 

La plus mauvaise terre produira le meilleur blé, 

La plus mauvaise fille sera la mieux mariée, 

Et les bâtards seront en tête (de la procession), pour faire le tour 

du cimetière. 

III. 

385 II est plus facile de se marier 

Que d'élever maison. 

I . Se dit d'un homme éconduit. 



— 62^ 

386 Aliesoc^h (Un dimezet 

Evit den plaset ezet, 

387 Ne-z-euz ket a koz votez 

Na gay hefaretf 
^ M et devez e vez, 

388 Ann truillo, 

AT merc'het brao^ 
A gavfred ato, 

389 Ann dud iaouank a gav gat-he 

A gouez ann aour deux beg ar gjve, 
Ha padal ann deliou a gouez 
Da ober plaz d'ar re-nevez, 

390 Eur vodenn skao 

Pd vez gfvisket e vez brao. 

391 Ann dimeziou great a-bell 

Na int nemet touriou ha kestei 

392 Ann dimeziou a ziabell 

A c^halv eun tiik eur c'hastel. 

393 Dimezet eo lann Billenn 

Da lanned Truillenn, \ 

394 E Breiz ann naoun gand ar zec^het 

A vo c'hoaz aliez dimezet, 

39 j Et int dafrita museged gand paourentez. 

396 Frita laouen ar baour entez 

War ar bilig ar garantez. 

397 Evid eur boanigen 

Kant madigen. 

398 N'e ket arviloni 

A laka ann druzoni, 

399 N'e ket bleo melen ha koanteri 

Eo a laka ar pod da virvi. 

400 Karout gened na bad ket pell ; 

Karout honestis a zo welL 

40 1 Bleo gïvenn ha lunedo 

Na blijont ket d'ar merchejo. 



-6) - 

3 86 Plus commun est homme marié 

Qu'homme dans l'aisance placé. 

387 II n'est savate 

Qui ne trouve sa pareille, 
A moins qu'on ne l'ait brftlée. 

388 Les guenilles, 

Les belles filles, 

Trouvent* toujours à se placer. 

389 Les jeunes gens s'imaginent 

Qu'il tombe de l'or du haut des arbres, 
Tandis qu'il n'en tombe que des feuilles 
Pour faire place aux feuilles nouvelles. 

390 Un bouquet de sureaux 

Quand il est vêtu semble beau. (C.-à-d. : la toilette corrige la 
laideur.) 

391 Les mariages faits au loin 

Ne sont que tours et châteaux. 

392 Se marie-t-on au loin, 

Une cabane s'appelle un château. 

393 Jean Chiffon a époUsé 

Jeanne Guenille. 

394 En Bretagne la faim à la soif 

Se mariera souvent encore. 

395 Ils sont allés frire ensemble la gène et la pauvreté. 

396 Frire la vermine de la pauvreté 

Sur le poêlon de l'amour. 

397 Pour une petite peine 

Cent douceurs. 

398 Ce n'est laideur 

Qui engraisse l'homme. 

399 Blonds cheveux et gentillesse 

Ne font bouillir la marmite. 

400 Aimer beauté longtemps ne dure, 

Mieux vaut aimer honnêteté. 

401 Cheveux blancs et lunettes 

Ne plaisent aux fillettes. 



-64- 
402 Divalo daou den a kafet 

Eopotr hep barv ha plac'h barvek. 

40 ; Araok sonj da zimezi, 

Red eo d*id kaout eun ti 
Ha douar diout-hi. 

404 Pep ki 

A zo hardiz en he di. 

IV. 

40 5 Dimez da vab pa giri 

Ha da verc'h pa âhelli ; 
Gwelloc'h eo dimezi merc^h 
Eget kaout anken warlerc'h. 

406 Evid reiza ar bleizi 

Ez eo red ho dimezL 

407 A ziwar moueng ar gazeg a ve paked ann eubeulez. 

408 'Vit ma krizet eun aval mad 

Na eo ket koUet he c'houez vad, 

409 Ar bank en tan na laker ket 

Dre ma ve ann alc^houe koUet. 

410 Fall eo ar iar ma na eo evid ar c'hillok, 

41 1 Eur c'hillok, kement ha va dorn^ 

'Zo treac'h d'eur iar kement hag eun ti-forn. 

4 1 2 Lamfet ket 'r c'hok digant ar iar, 

Na lann ar boc'hick digant par. 

41 ) Ann durzunel a ra truez 

Pa he deuz kolled hefarez. 

414 Na eux dimi nemet unan, — 

'Nn hini zime da daou, da dri, 
Ez ia d'ann ifern da leski; 
'Nn hini zime da dri, da bevar^ 
Ez ia 'vit biken gond ar gounnar. 



V. 



41 5 Eur benn-herez, pa ve fall, 

A dalv kantskoet war eun ail. 



-65 - 

402 Les deux plus vilains hommes qu'il y ait, 

Garçon sans barbe et fille barbue. 

403 Avant de songer à te marier, 

Il te faut avoir une maison 

Et de la terre autour. 

404 Tout chien 

Est hardi dans sa maison. 

IV. 

405 Marie ton fils quand tu voudras 

Et ta fille quand tu pourras : 
Mieux vaut marier sa fille 
Qu'avoir des regrets plus tard. 

406 Pour ranger les loups 

Il faut les marier. 

407 C'est par dessus la crinière de la jument que l'on enlève la pouliche. 

(C.-à-d. : Il faut savoir plaire à la mère si on veut avoir la fille.) 

408 Pour être ridée une bonne pomme 

Ne perd point sa bonne odeur > . 

409 Le coffre au feu ne se jette 

Parce que la clé en est perdue ». 

410 Mauvaise est la poule si pour le coq elle n'est. 

411 Un coq, pas plus gros que mon poing, 

Vient à bout d'une poule grosse comme un four. 

412 Vous n'enlèverez pas le coq à la poule, 

Ni Jean le rouge-gorge à sa compagne. 

41^ La tourterelle fait pitié 

Quand elle a perdu sa moitié. 

414 II n'y a de (bonnes) fiançailles qu'une fois. 

Celui qui se fiance à deux, à trois, 

Va brûler en enfer ; 
Celui qui se fiance à trois^ à quatre, 
Le diable l'emporte à tout jamais. 

V. 

41 5 Une fille unique, mauvaise fùt-elle. 

Vaut cent écus de plus qu'une autre fille. 

I. Se dit des vieilles femmes. — 2. Se dit des veuves. 



— 66 - 

4 1 6 Ear penn*her hag eur benn^herez 

A ra allez gfvall dlegez, 

4 1 7 E-tre ann dlml hag ar c'heaz 

N^euz nemet treuz ar c'hleuz^ 
Ha pa vo zellet mad 

N'euz nemet treuz eur votez-koat, 

418 Ar reazo dlzher 

Ho deuz poan ha mlzer. 

419 Arre ho deveuz bugale 

Ho deveuz poan hep dale. 

420 Bugale vlhan, — poan vihan ; 

Bugale vras, — poan vras. 

42 1 Nep hen euzgreg ha bugale 

A die ive turlutud d'he. 

422 E'touez ann truillou hag ar pillou 

E saver ar vulgaligou, 

42} Dibaot leZ'Vamm a gar ive 

Bugale ail keit hag he-re. 
J^iJ^ Endann tri de a skuiz peb den 

Gant glao, gant greg ha gant estren. 
42 5 lena daou dra' zo en ti, 

Daoulin ann ozac'h hafri ar c'hi. 

426 C'houez ann tin hag al lavand 

A zo gant ar merc'het iaouank; 
Chouez ar banal mogedet 

A zo gant merc'het dimezet, 

427 Choant dimezi ha beva pell 

Hen euz peb lann ha peb Katell; 
Dimezet int, pell e vevont, 

Holl war ho giz e karfent dont. 

428 Ar c'hreg a zo berr a lostenn '. 

I . Cette locution proverbiale s'applique aux femmes jalouses, parce que, remuantes, 
toujours aux aguets, il semble naturel qu'elles soient court-yitueSy pour que rien n'em- 
barrasse leur marche et qu'elles puissent suivre ou rechercher facilement les traces de 
celui qu'elles supposent infidèle. 

Les trois locutions et le dicton suivants s'appliquent indifféremme0 Kaout marc'h rouz. 

43 1 Kaout marc'h Hamon. 

432 Marc'h Hamon 'zo eat da Vrest 

Dishuai ha digabestr, 

War ar vein, war ann drein, 
Hag ann hini goz war he gein. 

43 3 Kuzul greg hag heol a.bred 

Gwez a vent mady gwez na vent ket. 

434 Daonet a vo ma c'hiez... 

Lavaret rue ket diez. 

43 $ Da c'hrek vad givella gtvisiegez 

Eo gouarn mad he ziegez. 

436 Da vont da zougen ar Werc'hez 

E ranker prenadantelez. 

437 ,Bez fur, pa n'oud koant, 

Diskouez ez peuz skiant, 

438 Greg a labour en he zi 

Ne vez kals hano anezhi. 

439 Gwell eo eun dorz-vara war ann daol evit eur mezelour war ar prenestr. 

440 Gwelloc'h pensell evit toull. 

44 1 Gwell eo eur guden mad-nezet 

Evit na eo eun ti skubet, 

442 N'euz tiegez 

Hep buanegez. 

443 Pa vez kouez, dorniat, arat, 

Ema ar vreg en hi loariat; 

Pa vezforniat, iod ha krampoez, 
Penn ar vreg triflet a vez, 

444 Eur c'hoari gaer e vez e ti 

Mar euz kigel komandi. 

445 Elec'h ma vez eur c'hillok ne gan ket ar iar, 

446 Pa vez brasa ar brezel e vez testa d'ar peoc'h, 

447 N'euz baz spern na baz lann 

Evit harpa oc' h baz lann. 



-69- 

429 Avoir courtes chaussures. 

430 Avoir le cheval roux. 

43 1 Avoir le cheval d'Hamon. 

432 Le cheval d'Hamon est allé à Brest 

Sans entraves et sans licol, 
Sur les pierres^ sur les épines, 
Portant la vieille sur son dos. 

433 Conseil de femme et soleil matinal 

Tantôt sont bons^ tantôt ne le sont pas. 

434 Ma chienne sera damnée... 

A dire ce n'est malaisé. 

43 5 Pour la femme de bien la science la meilleure 

Est de bien gouverner sa maison. 

436 Pour aller porter la Vierge, 

Dentelles il faut acheter. 

437 Sois sage, puisque tu n'es jolie. 

Montre que tu as de l'esprit. 

438 Femme qui travaille à la maison 

Ne fait pas souvent parler d'elle. 

439 Mieux vaut tourte de pain sur la table que miroir sur la fenêtre. 

440 Mieux vaut morceau que trou. 

441 Mieux vaut écheveau bien filé 

Que maison balayée. 

442 Point de ménage 

Sans querelles. 

443 A>t-elle buée, battage de blés, travaux de charrue, 
La femme est dans ses mauvaises lunes ; 
A-t-elle pain à cuire, bouillie et crêpes à apprêter, 
La femme a la tête sens dessus dessous. 

444 A la maison sera brouille. 

Si maîtresse est la quenouille. 

445 Où est coq poule ne chante. 

446 Plus on est au fort de la guerre, — plus on est proche de la paix. 

447 N'est bâton d'épine ou de jan > 

Qui résiste au bâton de Jean. 

I. Ulex europxus, L. 



— 70 — 

44^ PcL ez pezo tanveeî ar zouben, te he c'havo mad. 

449 Dalc'h-mady lann ! 

Te vo duk e Breiz. 

VL 

450 Tog pe boned 'zo gan-e-^ioc'h, 

Très eun dogan Ho war-n-hoc'h. 

4 J I lann^Iann ! Jannik-Iann ! 

lann diou-wech lann ! 

452 lann eo, 

lann e vo, 

45 î Ema va lod e peb-hini 

Kent am bezo bel va-hini. 

454 Ema va lod e kant 

Ken am bezo bet va c'hoant. 

455 Na eo ket brao 

Beza dogan, 
Pa ve bazado 
Goude koan. 

456 Dogan hag a oar 

A ia rag enep d'ar c'hloar; 
Dogan ha na oar ket 
N'hen euz baradoz ebet, 

457 Ac'hantay lann al Leue! 

Paket out bet adarre. 

VIL 

458 Pa vez ann avel e gevret, 

A zav c'hoant c^hoari d'ar merc'het. 
— Fors d^ann avel beza pe roud, 
Atao emaint e gond. 

459 Ar ralla tra a ia en hent 

A zo eur pe-moc'h hep roc^hal, 
Eur c'hi hep trotal, 
Diou vdouez hep kaozeal. 

460 E'ieac'h ma-z-euz diou vaouez e vez marc'hady eleac'h ma-z-euz tri e vez 

foar. 



— 71 — 
44^ Quand tu auras goûté la soupe, bonne tu la trouveras. 

449 Tiens bon, Jean ! 

Tu seras duc en Bretape. 

VI 

450 Que vous portiez chapeau, bonnet, 

Mine de c... vous gardez. 

45 1 Jean-Jean ! Jeannot-Jean ! 

Jean deux fois Jean ! 

4J2 Jean il est, 

Jean il sera. 

453 J'ai ma part de chacune 

En attendant que j'aie femme à moi '. 

454 J'ai ma part de cent 

Jusqu'à ce que mienne soit ma belle. 

455 Ce n'est agréable ^ 

D'être c..., 
Quand le bâton joue 
Après souper. 

456 C... qui sait l'être 

Va malgré tout au ciel^ 

C.qui l'ignore 
N'a point de paradis à attendre. 

457 Hé bien donc, Jean le Veau ! 

Te voilà pincé de nouveau. 

VII. 

458 Quand le vent souffle du sud-est, 

Désir de folâtrer s'élève au cœur des femmes. 
— Souffle le vent où il voudra. 
Elles sont toujours en goût. 

4J9 Ce qu'il y a de plus rare sur la route. 

C'est un cochon qui ne ronfle pas, 
Un chien qui ne trotte pas, 
Deux femmes qui ne causent pas. 

460 Où il y a deux femmes, marché; où il y en a trois, foire. 

I . C'est la réponse des don Juan en sabots du Léon et de la Cornouaille aux sermon- 
neurs qui leur parlent de prendre femme. 



- 72 — 

46 1 Ann taol eo ar pounera, 

Penn maouez ar c* haleta. 

462 Er fourniou-red, er milinou, 

E vez klevet ar c'heloiou ; 
Er poullou hag er sanaillou 
E vez klevet ar marvaiUou. 

463 Ann hini avantur he vreg, 

E leac'h unan hen euz deg. 

464 Grac^h klemmuz, 

Grac'h paduz. 

465 Ann hini goz a lamm en dour 

Hag a bed Doue d'he zikour, 

466 Ar vregy ann arc'hant hag ar gjvin, 

Ho deux ho mad hag ho binim. 

467 Karout ar^erc'hed hag ar gtvinn, 

A denn, peurvula, da walfinn, 

468 Ar grageZy siouaz! hag ar givinn 

'Lak' ann tiegez war ann tu gin, 

469 Greg a zo kustum da eva 

A bep hent holl ne dalv netra ; 
Ouc^h peb honestis e serr dor, 
Hag ouch peb pec^hed e tigor. 

470 Eurgoaz dre 'n em vezvi 

Hag eur c^hreg dre c'hoari 

A skarz buhan madou ann ti. 

471 Greg a ev giviny 

Merc'h a goms latin, 
Heol a sav re vintin, 

A oar Doue pegnvallfin. 



— 7Î — 

461 Ce qu'il y a de plus lourd, — c'est un coup, 
De plus dur, — une tête de femme. 

462 Au four banal, au moulin. 

On entend les nouvelles ; 

Au lavoir et dans les greniers 
On entend les commérages. 

46} Qui aventure sa femme 

Au lieu d'une* en trouve dix. 

464 Vieille qui geint, 

Vieille qui longtemps dure. 

465 La vieille saute dans l'eau 

Et prie Dieu de la secourir. 

466 La femme, l'argent et le vin. 

Ont leurs vertus et leur venin. 

467 Aimer les filles et le vin. 

Presque toujours entraîne triste fin. 

468 Les femmes hélas ! et le vin 

Bouleversent un ménage. 

469 Femme habituée à boire 

Sous aucun rapport ne vaut rien ; 
A toute vertu elle ferme sa porte 
Et l'ouvre grande à tout péché. 

470 Un homme en s'enivrant. 

Une femme en s'amusant 

Ont tôt fait de ruiner la maison. 

47 1 Femme qui boit du vin, 

Fille qui parle latm, 

Soleil qui se lève trop matin, 
Dieu sait quelle sera leur triste fin. 



CHOUEAC'HVED STROLLAD 



SIXIÈME SÉRIE. 



/. 



472 Ha droug ha mad 

A denn d'he had, 

473 Hevelep tady hevelep mab : 

Mah diouc*h tad. 

474 Mah he dad eo Kadiou, 

Nemet he vamm a lavarfe gaou 
Ma n'ema he wenn, eo al lion. 

475 Merc'h he mamm eo Katel. 

4j6 Doue hinigety 

Pebez torrad filipet ! 

C'hoaz a veto 

Mar chom ar filip koz beo, 

477 Doue biniget, 

Pebez torrad filipet! 
Triouec'h vi em boa laket, 
Ha naontek filip em euz bet, 

478 Douej mabik, fas kresko ker braz 

Hag ar belek as padezaz ! 

479 Fest ann hibil soun... 

D'ho iec'hed, paeroun ! 

480 Bet du, betgwenriy 

Peb gavr a gar he mena. 

48 1 Oad hag hed 

A laka ki d'ar red. 



I. 

472 Mal ou bien 

De sa semence vient. 

473 Tel père, tel fils; 

Le fils d'après le père. 

474 Cadiou de son père est le fils, 

A moins que sa mère n'ait menti : 

Si ce n'^st son espèce, c'est du moins sa couleur. 

475 Catherine est la fille de sa mère. (Cette fille chasse de race.) 

476 Dieu béni, 

Quelle nichée de moineaux ! 

Il y en aura encore 
Si le vieux moineau reste en vie. 

477 Dieu béni. 

Quelle nichée de moineaux ! 
Dix-huit œufs j'avais mis, 
Dix-neuf moineaux j*ai eu. 

478 Dieu te fasse, cher enfant, devenir aussi grand 

Que le prêtre qui t'a baptisé. 

479 Festin de la cheville dressée » 

A votre santé, parrain ! 

480 Qu'il soit noir, qu'il soit blanc. 
Chaque chèvre aime son chevreau. 

48 1 ' L'âge et la taille 

Rendent le chien propre à la course. 

I . Se dit d'un repas de baptême. En suivant cet ordre d'idées où, trop souvent, 
« Le breton^ dans les mots, brave l'honnêteté » 
avec une indépendance toute rabelaisienne, j'aurais pu trouver matière à une série nou- 
velle, mais sans intérêt pour la science. Cela étant, il m'a semblé que, si mon devoir 
était de ne dissimuler aucun des côtés difficiles de mon sujet, la déclaration que je viens 
de faire n'avait pas besoin d'être appuyée de preuves nombreuses. 





-78- 


482 


lac'h evel ar beuz, 




Kemet mempr hen euz. 


485 


E teui da vad mar kar Doue. 


484 


Pa deu lann 




E îeu he rann. 


485 


Bars er vro 




Meur a Vari a zo. 


486 


Weuz nemet eut banne dour 




E'tre neat ha loudour. 



487 Ar bugel a ra goab euz ar re goz 

Ne-d-aio ked d^ar baradoz, 

488 Easoc^k eo plega planten 

Eviî n'eo displega gtvezen. 

489 drouk-ijourna 

E reer kornek ar bar a, 

490 Ober strakla he skorjezik 

Ne dastum ket kezek spountik. 

49 1 N'e ket gand eskern 

E taper al lern. 

/^()2 Ann hent hag ar zamm a zigass ar marc'h ebarz. 

493 Marc^h a reud ouc'h ar c'hentrou 

A ra gaou bras d^he gostou. 

494 Ki treud, 

Lost reud, 

495 Ki skaotet, hen euz aoun rag dour klouar. 

496 Ki skaotet 

A dec^h rag dour bervet. 

497 Ar c'haz a vourr logota, 

Hag ar c^hi koulineta. 

498 N'e ket red kaout skeul d'ar c^haz 

Evit paka logod pe raz. 

499 Eun dra ha n'eo bet gwelet biskoaz, 

Eo eun neiz logôd e skouarn eur c'haz. 

500 Al logodenn n'e deuz nemet eun toull a vez paket abred, 

501 War-dro ar moc'h 

E vez soro(fh. 



— 79 — 
482 Sain comme buis 

Dans tous les membres qu'il a. 

48^ A bien il viendra s'il plaît à Dieu. 

484 Quand vient Jean 

Son morceau de pain l'accompagne. (Les enfants ont toujours faim.) 

485 Dans le pays 

Il y a plus d'une Marie. (Il y a plus d'un àne à la foire qui s'appelle 

Martin.) 

486 II n'y a qu'une goutte d'eau 

Entre le propre et le sale. 

487 Enfant qui vieillard raillera 

Au paradis point n'entrera. 

488 II est plus facile de ployer l'arbrisseau 
Que de déployer (redresser) l'arbre. 

489 A mal enfourner, 

On fait les pains cornus. 

490 Faire claquer son fouet 

Ne rassemble point les chevaux peureux. 

49 1 Ce n'est avec des os 

Qu'on attrapé renards. 

492 Le chemin et le fardeau ont raison du cheval. 

49^ Cheval qui se cabre sous l'éperon 

A ses côtes porte dommage. 

494 Chien maigre, 

Queue raide. 

495 Chien échaudé a peur de l'eau tiède. 

496 Chien échaudé 

Fuit l'eau bouillante. 

497 Le chat aime à chasser souris 
Et le chien à chasser lapin. 

498 II ne faut point d'échelle au chat 
Pour attraper souris ou rat. 

499 Une chose que l'on n'a jamais vue, 

C'est un nid de souris dans l'oreille d'un chat. 

500 Souris qui n'a qu'un trou est tôt prise. 

501 Où sont cochons, 

Sont grognons. 



— 8o — 

502 Alanik^ potrar ir, 

Potr ar merc'het mar^-e ffvir. 

503 Ar broc^h a doull ann douar 

Hag Alanik a grog ar iar. 

IL 

504 Pe pa ve ar bleun er balann, 

Pe pa ve ar bleun el lann, 
A garez muia da vamm ? 

J05 Karantez c'hoar 

Breur na oar. 

506 Eur mignoun mad a zo gwelloc'h evit kar, 

507 Ar c^hlask a zofrank, 

Ar c'haout n'e ket stank. 

508 Eun amezek mad a zo givell 

Evit na e kerent a-belL 

5 09 Bugale ar c'hefnianted 

Gwasa kerend a zo er bedy 
Ha gwella ma vent dimezed, 

5 1 o Evit plijout d'ann holl 

Eo dleet beza fur ha folL 

5 1 1 Ne-d-^uz ked a enebourien vihan. 

5 1 2 Ann er a dec'h râg al laouenanik. 

513 Da heul ar blelz ne-d-a ked ann oan. 

514 Ar (fhi hag ar c^haz, 

Mignouned warc'hoaz. 

5 1 5 Gwaz eo ar vevenn 

Egedar vezerenn. 

5 16 Arabad eo lakad pensel burel oud limestra. 

5 1 7 Dibaot bugel a heul tud sod 

Euz ho sotoni na zesk lod. 

5 1 8 Lec^h ma staot eur c^hi, 

E staot daou, tri. 

5 1 9 Mar grit ho tanvad e viot touzet, 

I. Alanicest, en même temps que le nom cyclique du Renard, un nom propre très- 
répandu en Bretagne, tant comme nom de baptême que comme nom de famille. 



— 8i - 

02 Alanic, l'engeôleur de poules, 
L'engeôleur de filles si l'on dit vrai. 

03 Le blaireau creuse la terre 
Et le renard croque la poule. 

II. 

04 Est-ce^ quand la fleur est sur le genêt, 
Ou quand la fleur est sur la lande S 
Que tu aimes le mieux ta mère P 

05 L'amour d'une sœur, 

Un frère ne le connaît. 

06 Un bon ami vaut mieux qu'un parent. 

07 Chercher est le propre de tous, 
Trouver n'est pas chose commune. 

08 Mieux vaut bon voisin 
Que parents éloignés. 

09 Enfants de cousins éloignés 

Les plus mauvais parents du monde, 
Et les meilleurs si on les épouse. 

10 Pour plaire à tous 

Il faut être sage et fou. 

1 1 Point de petits ennemis. 

1 2 L'aigle fait devant le roitelet. 

13 A la suite du loup ne marche point l'agneau. 

14 Chien et chat, 

C'est demain qu'ils seront amis. 

I { La lisière est pire 

Que le drap. 

16 II ne faut mettre pièce de bure à drap violet. (Une faut pas assem- 

bler deux choses dont l'une est grossière et l'autre précieuse.) 

17 II est rare l'enfant qui fréquentant des sots 
De leur sottise ne retienne quelque chose. 

18 Où pisse un chien. 

Deux, trois pissçnt aussi. 

19 Si vous faites la brebis, on vous tondra. 

I. La fleur du genêt passe et ne vit qu'une saison ; mais la lande, nom vulgaire de 
ajonc, est toujours en fleur. 



— 82 — 

5 20 N'e ket awal^h staota er pinsin 

Ha mont er-meaz da c'hoanin, 

5 2 1 Ann diaoul war ar c'hravaz^ 

Nec'het braz hen cm gavaz. 
522 Morse ki klanv na vev pell. 

5 2 ; 'Nn hini vez sod iaouankik-flamm 

En eur gosaat nafura tamm. 
524 Seul gosoc'h, 

Seul zotoc'h. 

5 2 5 Nep a zo sod a zonj dUzhan 

Eo sotoc^h ann hoU egeuhan, 

5 26 Ann drezen a daou benneg 

A ziskar al lavienneg, 

527 Nep a gouez hen deveuz lamm ; 

Pa don he c'har e vez kamm. 

528 Koms gand eur zod, red eo givelloc'h 

Rei flour giviniz £ar moc^h. 

529 Brao awalc'h eo laret pa veer pell euz ar bec' h y 
Berroc'h a ve ann teod pa veer war al lec'h. 

5 }o Briz-diody hag a oar tevely 

Ouz eun den fur a zo hevel. 
5 3 1 Kaoz ann arahaduz 

A zo hir ha paduz, 

532 Euz ar sac^h na heller tenna 

Nemet ar pez a ve en-ha. 

5 3 3 Maro eo lann al Leue, hogen kals a hered hen euz : 

III. 

534 lannbanezenn, 

lann ar ^peul, 
lann ioud, 
lann laou, 
lan ar seac^h, 
lann frank-he-c'houzouky 
lann lip-he-werenn, 
lann ar madigou, 
lann pilpouz, 
lann golo pod, 
lannik kountant. 



-8î - 

520 Ce n'est pas le tout de pisser au bénitier 

Et de sortir pour rire. (Il faut répondre de ses actes.) 
J2 1 Etendu sur un brancard le diable 

Grandement chagriné se trouva. 
522 Jamais chien enragé ne vit longtemps. 

j2 3 Quiconque est sot dans sa prime jeunesse, 

En vieillissant sage ne devient. 
J24 Tant plus vieux, 

Tant plus bête. 
5 2 5 Tout sot se dit intérieurement 

Qu'il a plus d'esprit que tout le monde. 
5 26 La ronce à deux têtes 

Fait faire la culbute au déhanché. 

527 Qui tombe fait un saut ; 

S'il casse sa jambe boiteux il reste. 

528 Mieux vaut que parler à un sot 
Donner fleur de froment au pourceau. 

529 II fait beau dire assez quand du faix on est loin, 
L'avez-vous sous la main, plus courte est votre langue. 

j 30 Sot qui sait garder le silence 

D'un homme sage a l'apparence. 
$ 3 1 La conversation du diseur de riens 

Est longue et semble sans fin. 
532 D'un sac on ne peut tirer 

Que ce qu'il y a dedans. 
5 3 3 Jean Le Veau est mort, mais beaucoup d'héritiers il laisse 

in. 

534 Jean (bête comme un) panais, 

Jean Pieu (le niais), 
Jean Bouillie (l'imbécile), 
Jean Les Poux (le malpfopre), 
Jean Sec (l'avare), 

Jean Large-Gorge (le grand buveur), 
Jean Lèche-verre (l'ivrogne), 
Jean Les Bonbons (l'engeôleur), 
Jean Fil-et- Laine (l'hypocrite), 
Jean Couvre-Pot (le mari complaisant), 
Jeannot Content (le mari trompé). 



-84- 

5 } 5 ^^^''i ^^ ^^^ fx^'h ^^^ oabl tremen, 

5 }6 Pavez deut ar c^haz d'ar rat ne ouzont ober netra. 

5 )7 Lakaat he zourn en he zisheol. 

5;8 Madha buhan 

Wint ket unan. 

539 Lakaat ann tamm e-kichenn ann toull. 

540 Staga kezek oc' h lost ar c'har. 

5 4 1 Lakaat lost ar c'har araok. 

542 Klask ar marc' h veza war he gein. 

543 Eur penn-glaouik eo . 

544 Klask viovL en neiziou warlene. 

545 Beza war 1ère' h ar mare pesketa. 

546 Goude dale 

E ranker baie. 

547 Pell eman îann euz he gazek. 

548 Kaout eul loden e par g ar Briz < . 
$49 Eun troad leue a zo en he voutou. 

5 50 Hennez 'n euz par et al loar 'n he c'heno. 

^ IV. 

5 j I Rei kaol d'ar c'havr, 

5 5 2 Ober he fistoulik d'he vestr. 

5 5 j Fistoulat he lost e peb leac'h. 

j 54 Ober ann danvad. 

5 5 5 Digarez ober al leue. 

556 Servija ar zant diwar he goust. 

5 57 Rei treujou e-leac^h brankou 

D'ann hini 'zo bras awalc'h he c'hinou. 
558 Liva geier. 

j 5 9 Leuskel gedon da redek ^. 

1 . Briz ou Bris est à la fois un nom de famille et un adjectif breton qui, à la signi- 
fication de tacheté, bigarré, la seule qu'il ait gardée, a dû joindre celle de sot, que l*on 
retrouve dans briserez, «sottise ». Ainsi s'expliquerait naturellement le sens péjoratif qu'il 
attache aux substantifs qu'il précède. 

2. La locution proverbiale bailler le lièvre par l'oreille a le même sens, à peu de chose 
près, en français, où elle est très-ancienne et signifie tromper quelqu^un, le leurrer. C'est 
ainsi que Régnier, Sat. X^ a dit : 

Et le ciel, qui des dents me rid à la pareille. 
Me bailla gentiment le libre par Voreille. 



-85- 
5 35 I^ester à regarder les nuages passer. (Bayer aux corneilles.) 
5 36 Quand arrive le chat près du rat, ils ne savent rien faire. (Quand 

l'occasion se présente, ne pas en profiter.) 
5 37 Mettre sa main dans son ombre. (Manquer une bonne affaire.) 
5}8 Vite et bien 

Ne font un. 
5 39 Mettre la pièce à côté du trou. 

540 Atteler les chevaux derrière la charrette. (Mettre la charrue devant 

les bœufis.) 

541 Mettre le derrière de la voiture en avant. (Même signification que 

le précédent.) 

542 Chercher le cheval sur le dos duquel on est monté. 

543 C'est une mésange. (C'est un étourdi, un étoumeau.) 

544 Chercher des œufs dans les nids de l'an passé. (Être en retard. 

Faire une chose quand l'heure est passée.) 

545 Être à pêcher après marée. (Même sens.) 

546 Après tarder 

Il faut marcher. 

547 Jean est loin de sa jument. (Être loin de compte.) 

548 Avoir une portion dans le champ de Le Bris. (Être sot.) 

549 C'est un pied de veau qu'il y a dans ses chaussures. (C'est un 

imbécile.) 

550 Celui-là, la lune a brillé dans sa bouche. (C'est un lunatique, un 

sot.) 

IV. 

5 5 1 Donner des choux à la chèvre. (Flatter quelqu^un.) 

552 Faire son empressé autour du maître. (Flagorner quelqu'un par 
intérêt.) 

5 5 5 Remuer sa queue en tout lieu. (Cajoler Pierre et Paul.) 

5 54 Faire la brebis. (Faire le chien couchant.) 

5 5 5 Sous prétexte de faire le veau. (Tirer les vers du nez.) 

5 56 Selon ce que rapporte le saint, — le servir. 

j 57 Faire avaler troncs au lieu de branches 

A qui grande assez a la bouche. (Faire avaler des couleuvres.) 

5 58 Teindre des mensonges. (Déguiser la vérité.) 

5 59 Mettre des lièvres à courir. (Mentir.) 



^ 86 — 

560 Leuskel Imini da redek warlerc^h gedon ar re-alL 

5 6 1 Par wir, par c'haou. 

562 Gwerza brâo poultr. 

563 Meio kiger. 

564 lann a zo eul lapons, 

565 Gwallhigen! 

566 Gwallhibil! 

567 Koanta maout ! 

568 Choariflu dizolo pa vezo lazet ar goulou. 

569 Hennez a zo koat-tro en-han. 
5 70 Tenna eun dro louarn, 

571 Al louarn prezek d'ar ier " . 

572 Lakaat dour e leaz eun ail. 

57} Tenna ann dour diwar brad eun ail. 

574 Kass ann dorz d^ar ger en dro. 

575 Sellout ouc'h ann nor adren. 

576 Ne-d-eo ket dall he zaout. 

577 Ne 'man ked he voc^h er ger. 

578 Trenked eo al leaz. 

579 Trenked eo he valadenn. 

580 Uhel eo ann eienn en-han. 

5 8 1 Eman ann troc' h hag ar zon gant-han. 

J82 Kregin hen eux. 

58} Heolia arc'hant. 

584 Ober hec'hrobis. 

$85 Ober ar gouzouk. 

586 Ober he geinek. 

587 Ober ar c'hoz. 

588 Sini a reont ho c'hloc'h ho unan krea ma c'hellonî. 

589 Teoded hir ha dorned berr. 

I. Cette allégorie, que la sculpture a transportée plus d'une fois dans les églises de 
Bretagne, semble empruntée à une série de légendes trés-populaires, mais encore peu 
étudiées, qui constituent toute une branche bretonne du Roman du Renard. 



-87- 

560 Mettre des lévriers à courir après les lièvres d'autrui. (A menteur — 

menteur et demi.) 

561 Autant de vérités que de mensonges. (Ne mériter qu'à demi 

créance.) 

562 Vendre bellement sa poudre. (Attraper les nigauds à la façon des 

charlatans.) 
5 6 3 Boucher ivre. (Trompeur. ) 

564 C'est un oiseau que Jean. (Le beau merle !) 

565 Méchant hameçon ! (Mauvais drôle !) 
^66 Mauvaise cheville ! (Maudit garnement !) 

567 Le superbe mouton ! (Le bon apôtre !) 

568 Jouer au brelan à découvert, une fois la chandelle éteinte. (Le chat 

parti, les souris dansent.) 

569 II y a du bois tordu en celui-là. (Il y a du louche dans la conduite 

de cet homme.) 

570 Jouer tour de renard. 

571 Le renard qui prêche aux poules. 

572 Mettre de l'eau dans le lait d'autrui. (Aller sur ses brisées.) 

573 Détourner l'eau du pré du voisin. (Couper l'herbe sous les pieds.) 

574 Retourner la miche à la maison. (Rendre à quelqu'un la monnaie de 

sa pièce.) 

575 Regarder la porte de derrière. (Chercher des défaites.) 

576 Ses vaches ne sont pas aveugles. (Il ne s'en laisse pas conter.) 

577 Ses cochons ne sont pas à la maison. (Il est de mauvais poil.) 

578 Le lait est devenu aigre. (Il est de mauvaise humeur.) 

579 Le grain qu'il a fait moudre s'est aigri. (Il est en colère.) 

580 Hautes sont en lui les sources. (Il a la tète près du bonnet.) 

581 C'est lui qui tranche et qui fait la chanson. (Il fait la pluie et le 

beau temps.) 

582 II a des coquilles. (Il a du foin dans ses bottes. Il est riche.) 

583 Ensoleiller argent. (Entasser son argent, sans en tirer parti.) 

584 Trancher du gros-bis. (Trancher de l'important.) 

585 Se rengorger. 

j86 Faire le gros dos. (S'enfler.) 

587 Faire la taupe. (Faire le vaniteux.) 

588 Ils font sonner leur cloche eux-mêmes le plus fort qu'ils peuvent. 

(Chanter ses propres louanges.) 

589 Longue langue et courte main. (Vantard.) 



— 88 — 

$9° Oberbugad. 

J 9 1 Oher kds a deill gand neubeud a golo, 

592 Ober ar ioudadek 

Araog ar varradek. 

59} Great eo ar pod holl nemet ann tachad plad. 

594 Re abred e kan ho killoL 

595 R^i bronn d^arbaL 

596 Barapanenn 

Er zoubenm 

597 Dre m'e tomm ann houarn eo skei war-n-han. 

598 Ar c'had 'zo d'ann neb hefak. 

599 Peb hini he vicher ha ne-d-aio ket ar c'haz $a\ leaz. 

600 Hen em luia e kudennou ar re-all. 

601 Dibri he eost diwar he c'har. 

602 Lezel brao he c'horo. 

603 Trei penn d^ar vaz. 

604 Sencha baz d'he tapoidin, 

605 C'hoant gant-ho a ra kazek. 

606 Mont da ober he dalarou. 

607 Kemeret ar gouriz plouz « . 

608 Dre fors kana Nouel ec'h erru ann Nedelek. 

609 Choarzin gïvenn evel bleud flour, 

6 1 Pebez bek melenn ! 

61 1 Stlàpa ar bonned warlerc*h ann tok, 

6 1 2 Strinka ann trebez warlerc'h ar billik. 

613 Kouezet eo he veudik en he zorn. 

614 Besk he deot ha born he gazek. 

6 1 5 Mont euz ar foennek d'ar menez. 

6 1 6 Mont euz ar menez d'ar foennek. 

I. Cette expression vient de ce qu'autrefois les banqueroutiers étaient promenés dans 
leur paroisse, avec une ceinture de paille autour des rems. La paille a eu de tout temps, 
en Bretagne, une signification symbolique qu'elle garde encore de nos jours dans une 
foule d'usages locaux. 



-89- 

590 Faire petite lessive. (Se glorifier.) 

591 Faire beaucoup de fumier avec peu de litière. (Faire plus de fumée 

que de feu. Être fier sans motifs.) 
J92 Pousser les cris de fête 

Avant l'écobue. (Chanter trop tôt victoire.) 

593 Le pot est achevé^ — le fond excepté. (C'est chose faite, il n'y 

manque presque rien, mais ce presque rien est l'essentiel, comme 
la signature au contrat.) 

594 Trop tôt chante votre coq. (Se vanter trop tôt.) 

595 Donner le sein à sa bêche. (Fainéant.) 

596 Du pain mal levé 

Dans la soupe. (C'est de mauvaise besogne, un ouvrage à refaire.) 

597 C'est quand le fer est chaud qu'il faut frapper dessus, 
5 98 A qui l'attrape le lièvre appartient. 

599 Chacun son métier, et le chat n'ira point au lait. (Chacun son mé- 

tier, et les vaches seront bien gardées.) 

600 S'enchevêtrer dans les écheveaux d'autrui. (Se mêler de choses 

qui ne nous regardent pas.) 

601 Manger sa récolte sur la charrette. (Manger son blé en herbe.) 

602 Se laisser bellement traire. (Se laisser exploiter.) 

60; Changer le bâton de bout. (Changer de ton, de manière de faire.) 

604 Changer de baguette à son tambour. (Avoir le caquet rabattu.) 

605 Leur désir fait chou-blanc. (Ils ne réussissent en rien.) 

606 Être en train de faire ses sillons de la fin. (Avoir fait son temps. 

Être un homme coulé, perdu, ruiné.) 

607 Prendre la ceinture de paille. (Faire banqueroute.) 

608 A force de chanter Noël arrive la Nativité. (A force de craindre ou 

de désirer une chose, elle arrive.) 

609 Rire blanc comme fleur de farine. (Rire jaune.) 
6 1 o Quel bec jaune ! (Quel pied de nez !) 

61 1 Jeter son bonnet après son chapeau. (Se laisser abattre.) 

612 Jeter le trépied après la galetière. (Jeter le manche après la cognée.) 

613 II a le pouce tombé dans la main. (Il est découragé.) 

6 1 4 Sa langue est écourtée et borgne sa jument. (Il est dans un état de 

prostration complète.) 

615 Aller de la prairie à la montagne. (Quitter une bonne place pour 

une mauvaise.) 

616 Descendre de la montagne à la prairie. 

7 





— 90 — 


6i7 


Mala munud. 


6i8 


Ober iun ann nao sieredennK 


619 


Staotet e-d-eiiz ar c^havr en ho lavrek. 


620 


Koeza eut ar billik en tan. 


621 


Saillat er baiU. 




V. 


622 


Bioc'hik Doue. 


623 


Sioul evel eul logodenn er bleud. 


624 


Traitour evel eur marmous. 


625 


Laer eo 




Evdfrao, 


626 


Dic^hrass evel eur roched nevez. 


627 


Morzed evel ar gegel he vamm goz. 


628 


lac^h pesk. 


629 


Teo evel eun tamm toaz. 


6}o 


Lard evel eur pemoc^h milin. 


6îi 


Treud e-c'hiz eur c'havr. 


632 


Kastiz evel ann Ankou. 


63Î 


Seac^h evel eur baluc^henn. 


634 


Eurzac'had eskern. 


635 


Tremened eo ann heol war he dreuzou. 


636 


Coude lein meuz boed. 


637 


Klask pemp troad d'ar maout. 


638 


Koll ar poell euz he guden. 


639 


Mont war he benn. 


640 


Mont araog he benn. 


641 


Mont da graouna en eur vodenn falL 


642 


Lakaat re hir he vez er gwask. 


643 


Sacha ar c'har war ar c^hein. 


644 


Tomet hen euz dour d^he skaota. 



I . Le jeûne des neuf étoiles consiste, dans la pratique religieuse, à ne prendre aucune 
nourriture depuis le point du jour^ l'heure du réveil, jusqu'à ce qu'on ait, la nuit 
venue, compté neuf étoiles au ciel. 



— 91 — 
6i7 Moudre menu. (Vivre avec économie.) 

6i8 Faire le jeûne des neuf étoiles. (Vivre dans le dénûment le plus 
complet.) 

619 La chèvre a pissé dans votre culotte. (Il vous arrivera malheur.) 

620 Tomber de la poêle dans le feu. (Tomber de Charybde en Scylla.] 

621 Sauter dans le baquet. (Mourir.) 

V. 

622 Petite vache de Dieu ». (Tranquille comme Baptiste.) 

62 j Tranquille comme souris dans la farine. (Saint n'y touche.) 

624 Traître comme singe. 

625 Larron il est 

Comme corneille à blanc manteau. 

626 Raide comme une chemise neuve. 

627 Engourdi comme la quenouille de sa mère grand'. 

628 Sain (comme) poisson. 

629 Epais comme morceau de pâte. 
4)0 Gras comme cochon de moulin. 

5 3 1 Maigre comme une chèvre. 

632 Décharné comme la Mort. 

6} } Sec comme un échalas. 

6}4 Une sachée d'os. 

63 5 Le soleil a quitté le seuil de sa porte. (Il se fait vieux. Il dépérit è 

vue d'oeil.) 

636 Après dîner régal. (Moutarde après dîner.) 

637 Chercher cinq pieds à un mouton. (Chercher midi à quatorze 

heures.) 

638 Perdre le bout de fil qui retient l'écheveau. (Être dérouté.) 

639 Aller sur sa tête. (Marcher vers sa ruine.) 

640 Aller devant sa tête. (Faire un coup de tête.) 

641 Aller cueillir noix dans mauvaise futaie. (S'engager imprudemment. 

Faire un pas de clerc.) 

642 Mettre trop avant son doigt dans le pressoir. (Se mettre dans un 

mauvais cas.) 

643 Attirer la voiture sur son dos. (S'attaquer à plus fort que soi.) 

644 II a fait chauffer l'eau qui doit l'échauder. 

i. C'est le nom que Ton donne à la coccinelle. 



— 92 — 

645 Gwelet kant steredenn lugerni, 

646 Gwelet triheol para. 

647 Me Hardo he billik d^ezhan. 

648 Me 'daillo korrean d^ehan. 

649 Kass d^he nask. 

6 5 o Kregi araok harzal. 

651 Krog evit grog. 

652 Kraf evit kraf. 

6 5 3 Kik pe groc'henn am bezo. 

6^4 Tizout war ann tomm, 

655 Kein oc' h keln, 

Evel pri oc'h mein. 

656 Lagad a dalv teod. 

VI. 

657 Ann tad a lavar d'he vab : 

Pa vezi krog, dalc'h-mad! 
D^he merc'h a lavar ar vamm : 
Pa vezi krog, digass ann tamm. 

658 Iz gant'han, mar teac'h ; 

Ha ma na deac'h, dideac'h. 

659 Ar c^hamm 
I A lamïïiy 

Pa wel ann tan; 

A redy 
Pa wel he (^hreg; 

A valcy 
Pa welhe vugale; 

 dec'h, 
Pa wel hevec'h^. 

I. Je dois la connaissance de ce dicton à M. Flagelle, expert-agronome à Lander- 
neau. Avec une bienveillance et un désintéressement dont je ne saurais lui témoigner 
trop hautement ma reconnaissance, cet aimable et modeste savant s'est empressé de 
mettre à ma disposition, dés qu'il a vu que je m'occupais de parémiologie bretonne, le 
résultat de ses longues et patientes recherches sur le même sujet. En m'indiquant, avec 
une exactitude que je n'ai jamais trouvée en défaut, des sources nouvelles ou peu connues, 
et en me mettant sur la trace d'utiles et curieuses variantes, M. Flagelle m'a facilité le 
moyen de combler de nombreuses lacunes^ et, si mon travail offre quelque intérêt, je me 
plais à reconnaître qu'il le doit en partie à son précieux concours. A ce nom bien connu 

{Suite de la note à la page 94. ) 



— 95 — 

645 Voir cent étoiles étinceler. (Voir mille chandelles, — à l'occasion 

d'un coup, d'un choc ou d'un éblouissement.) 

646 Voir trois soleils briller. (Même sens.) 

647 Je lui graisserai sa galettoire. (Il lui en cuira.) 

648 Je lui taillerai courroie K (Je lui donnerai du fil à retordre.) 

649 Conduire à l'attache. (Mettre à la raison.) 

650 Mordre avant d'aboyer. (Prendre en traître.) 

651 Coup de dent pour coup de dent. (Œil pour œil.) 

652 Coup de griffe pour coup de griffe. (A bon chat bon rat.) 
65 ? J'aurai chair ou peau. (J'en aurai cuisse ou aile.) 

654 Attraper sur le chaud. (Prendre sur le fait.) 

655 Dos à dos, 

Comme argile contre pierre. 

656 Œil vaut langue. (Face d'homme fait vertu.) 

VI. 

657 Le père dit à son fils : 

Quand tu tiendras, tiens bon ! 
— A sa fille dit la mère : 

Quand tu tiendras emporte le morceau. 

658 — Poursuis-le, s'il fuit, 

S'il ne fuit, fuis toi-même. 

659 Le boiteux 

Saute, 

Quand il voit le feu; 
Court, 
. Quand il voit sa femme; 
« Marche, 

Quand il voit ses enfants *, 

Fuit, 
Quand il voit son fardeau. 

I . Dans les contes des Bretons armoricains (Luzel : cinquième rapport sur une mission 
en Basse-Bretagne; Archives des missions scientifiques et littéraires ^ t. I, m* série^ et 
des Gaëis de l'Ecosse occidentale (Campbell : Popular taies of the West Highlands), il est 
souvent fait mention d'une étrange coutume d'après laquelle, lorsqu'un engagement lie 
deux hommes, celui qui manoue à sa parole se laisse tailler une bande de peau depuis 
le sommet de la tête jusqu'à la plante des pieds, et n'essaie point de se soustraire à 
cette torture. C'est peut- être au souvenir d'une semblable coutume que se rattachent 
ces paroles de Plante, souvent citées : de meo tergo degitur corium (c'est à mes risques 
et périls que l'on fait la chose). 



I 



— 94 - 

660 Eur âhoz louarn, hag hen dure, 

Gwelet eur iar c'hoaz a garre. 

661 Den ha den hanter, 

Daou en eun affer, 
Tri ma ve red, 
Pevar ne laran keU 

662 Lost hen eut eut louarn, 

Cad hen eux diouskouarn, 
Teir gar hen eux eun trebez. 
Ha c^hoaz n'euz netra 'nevez. 



de tous les hommes qui étudient le Fimstère, à quelque titre que ce soit, je suis heureux 
de pouvoir associer ceux de MM. Luzel, Tinfatigable et savant explorateur de la Bretagne 
légendaire et merveilleuse, J.-M. Le Jean, le poète populaire^ V. Le Dault et Rodallec, 
qui ont droit également à tous mes remerciements pour les communications qu'ils ont 
bien voulu m'adresser à diverses reprises. 



— 95 — 

660 Un vieux renard, si mûr qu'il soit. 

Voudrait encore revoir poulette. 

66 1 Homme et homme et demi, 

Deux (il vaut) dans une affaire. 
Trois s'il est nécessaire, 
Quatre je ne dis pas. 

662 Une queue a le renard, 

Deux oreilles le lièvre, 
Trois jambes le trépied, 

Et l'on dit encore qu'il n'y a rien de neuf. 



SEIZVED STROLLAD 



AR MIZIOU 



SEPTIÈME SÉRIE 



LES MOIS 



8 



/ 

MIZ GENVER. 

66 j Ann armanach ne lar ket gaou : 

Pa ye erc*h 've gwenn ann îraou, 
Pa ve ayelfich ar bodouy 
Pa ve glao 've vil arpoulloa, 

664 Mit Genver, 

Kalet pe dener. 

665 Miz Genver^ hirio vel kent, 

A ziskouez eo hir he zent. 

666 Pa ve tremenet dent Genver 

E ve diskoidoc^h ann amzer. 

667 Ne vezo ket leun ar zolier 

Mar bez heol tomm da viz Genver. 

668 Gwell eo gjvelet ki en kounnar 

Evit heol tomm e miz Genvar. 

669 Allez ar wenn reo 

A zen araog ar glao. 

670 Reo gwenn war ar c'hresk, 

Amzer gaer hafresk. 

6-j I Reo gwenn war loar nevez 

A denn d^ar glao allez. 

672 Reo gwenn en diskar^ 

Amzer c'hleb hep mar. 

67} Pa vez ann erc'h war ann douar 

Ne vez na tomm na klouar. 



MOIS DE JANVIER. 

663 Un almanach jamais ne ment: 
S'il neige, tout au loin est blanc, 

S'il vente, les branches sont en branle, 
S'il pleut, il y a des mares partout. 

664 Mois de Janvier, 

Rigoureux ou tempéré. 

665 Janvier, aujourd'hui comme avant, 

Montre qu'il a longues les dents < . 

666 Les dents de Janvier passées, 

Moins glacial est le temps. 

667 Point ne s'emplira le grenier 

Si chaud soleil brille en Janvier. 

668 Mieux vaut voir chien enragé 

Que chaud soleil en janvier. 

669 Souvent de blanche gelée 

La pluie est précédée. 

670 Gelée blanche au croissant, 

Du frais et du beau temps. 

671 Gelée blanche à lune nouvelle 

La pluie souvent appelle. 

672 Gelée blanche au décours, 

Temps humide toujours. 

673 Quand la neige couvre les champs, 

Ni tiède ni chaud n'est le temps. 

I . Les ai^illes de glace qui pendent aux toits sont généralement connues sous le nom 
de dents de janvier. 



— 100 — . 

674 ^^ ^ ^^^% ^^ ^ gerc^hf 

Re a skorriy re a zegaL 

67 5 Pa skorn ann dour en îi, 

A koll ar c'herc^h hefri. 

6^6 Pa varv ar gerc^hen gand ar riou^ 

Unan a chomm a dalv diou. 

677 Genvirig a lavar 

Et eux vi gand ar iar. 

IL 
MÏZ CHOUEVRER. 

678 Hanter-Genver eun eur a hed^ 

Da c^houel Chandeleur diou abred, 

679 Da chouel ar Chandeleur^ 

Deiz da hep micherour, 
Nemet d'ar c^hemener 
Ha d^al luguder. 

680 Da c^houel Varia Goulou, 

Kuzet ar c'hantoleriou 
Ha torret ar c^higelou ; 
Hanter-greun, hanter-bloaz, 
Ann had diaveazy 

Ann ozac*h en eaz. 

681 Miz Chouevrer a c^houez^ a c^houez^ 

Hag a laz ar voualc'h war he nez, 

682 Gand dillad tomm ha bevans mad 

Pep miz goanv zo deread. 

683 Da c'houel MathieZy 

Vi e reor ann houadez, 

Hag ar bik a choas he barez, 

684 Tremenet gouel Sant Mathiaz, 

Ann heol d'he liv, ann dour d^he flaz, 
Ha lezenn ann hent da vean glaz. 

68 5 Genver a garg ar foz, 

Chouevrer hen dalc^h kloz. 

686 Avel gevret, da ziwada moc'h 

DiwalHt ho kountel gan-e-hoc'h. 



■— loi — 

674 Trop de neige, trop d'avoine ; 

Trop de glace, trop de seigle. 

67 5 Quand l'eau gèle dans la maison, 

Perd son nez l'avoine au sillon. 

676 Quand l'avoine meurt de froid, 

Un grain qui reste en vaut deux. 

677 Le gentil Janvier dit 

Qu'il est œuf dans la poule. 

.II 
MOIS DE FÉVRIER. 

678 A la mi-janvier, le jour croît d'une heure, 
De deux environ à la Chandeleur [2 février). 

679 A la Chandeleur, 

Jour pour tout travailleur, 

Hormis le tailleur 
Et le flâneur. 

680 A la fête de la Chandeleur, 

Cachez les chandeliers 

Et brisez les quenouilles ; 
Le grain demi-consommé, l'an demi-écoulé, 

La semence prélevée, 
A l'aise se sent le maître de la maison. 

681 Février souffle, souffle, 

Et tue le merle sur son nid. 

682 Quand on a chauds vêtements, bonne table, 
Chacun des mois d'hiver est supportable. 

683 . A la Saint-Mathias, 

L'œuf est au c. de la cane, 

Et la pie cherche à s'apparier (24 février) 

684 La Saint-Mathias passée, 

Le soleil reprend son éclat, l'eau sa saveur, 
Et la lisière du chemin de reverdir. 

685 Janvier remplit le fossé, 

Février le tient clos. 

686 Par vent de sud-est cochon ne saignez 

Et votre couteau ramassez. 



— 102 — 

687 Erc'h a dreon, glao a viz^ 

Gwasa diou amzer a weliz, 

688 Meurlarjez kaillareky 

Arc'h ha solier barrek. 

689 Mar îeuje Meurlarjez teir gwech ar bloaz, 

E lakafe ann dud da redek e noaz. 

690 Red eo lakatpiz e gleac*h^ 

N'e ket liirio evel deac'h. (Al ludu.) 

/// 
MIZ MEURS, 

691 Ber, ber^ miz Chouevrer, karg ann and hag arfoz^ 
Me ho dizec^ho en eun deiz hag eun noz. 

892 Meurs gand eur c^houezadenn 

A zizec'h ar foz penn-da-benn. 

693 Miz Meurs gand eur c^houezadenn 

A laz meur a vagadenn. 

694 Ar miz Meurs gand he vorzoliou 

A zeu da skei war hon noriou, 

695 Miz Meurs gand he vorzoliou 

A laz al lueou en ho mammou, 

696 Meurs a laz gand he vorzoliou 

Ann ejen braz e korn ar c'hraou. 

697 Miz Meurs gand he vorzoliou 

A zo ker gwaz hag an Ankou. 

698 E mis Meurs glao hag avel foll 

A rai lakat evez d^ann holL 

699 Meurs ^ gand he veurzeri, 

A ra d^ar c'hrac*h sîaota barz ann ti. 
Ha d'he merc^h kerkouls hag hi, 

700 D^iiet Meurs e-giz ma karo, 

Grac'h e korn arc'hleun a dommo. 

70 1 Da c'houel sanî Guennole^ 

Stanka 'rfoennek oc* h ar c'hole. 

70? Da chouel Pol, 

Lakad mern vihan war ann daoL 



-. 103 — 

687 Neige de derrière, vent de nord-€st, 

Les deux plus mauvais temps que je connaisse. 

688 Carnaval crotté, 

Huche comble et plein grenier. 

689 Si le Carnaval venait trois fois l'an^ 

Tout nus à courir il mettrait les gens. 

690 II faut mettre à tremper les pois, 

A hier aujourd'hui ne ressemble pas (le mercredi des Cendres) 

III 
MOIS DE MARS. 

691 Coule, coule, Février, remplis rigole et fossé. 
En un jour et une nuit je les dessécherai. 

692 Mars, d'un souffle, 

Dessèche le fossé de bout en bout. 

693 Mars, d'un souffle. 

Tue beaucoup de nourrissons. 

694 Mars avec ses marteaux ^ 

Vient frapper sur nos portes. 

695 Mars avec ses marteaux 

Dans leurs mères tue les veaux. 

6^6 Mars tue avec ses marteaux 

Le grand bœuf dans le coin de l'étable. 

697 Mars avec ses marteaux 

Fait autant de mal que la Mort. 

698 Au mois de mars pluie et vent fou : 

Sur nos gardes tenons-nous tous. 

699 Mars, avec ses Marseries (rigueurs). 

Fait qu'à la maison pisse la vieille. 
Et sa fille aussi bien qu'elle. 

700 Arrive Mars quand il voudra. 

Dans un coin du fossé vieille se chauffera. 

701 A la Saint-Guennolé, 

Au taureau ferme le pré (4 mars). 

702 A la Saint-Pol, 

Mets collation sur table (12 mars). 

I. La gréie. 



I 

— 104 — 

703 Tri de goude ma km ann drasky 

El ia ar vioc'h joaiis d'he nask. 

704 Pa glewfet ann drask kanan^ 

Serret kèuneud mad da doman ; 
Pa glewfet ar welc'h goude-ze^ 
Tolet ho chupenn a goste, 

705 D^ar zul BleunioUf 

A lamm arzaout dreist ar <^hleuziou. 

706 Da Vener ar groez 

A kroaz ar bik he nez. 

707 D^ar zul Bask, 

A lamm ar zaout dreist ho nask. 

708 Da c^houel Sant Joseph pe Sant Beneady 

Gounid ar panez hag al lin mad. 

709 ' Da zutBleunioUy konf ar viou; 

Da zul Basky terri ho fennou; 

Da zul ar ChasimodoJriV ar c'hoz podouK 

7 10 Epad ar zizun santel, 

Amzer goloety avel^ 

7 1 1 Deuz ann heoly Meurlarjik, 

Deux ann eteo Paskik. 

7 1 2 Ann ened seac'h, Pask kaUlarek 

A lak ann arc^h da veza barrek. 

IV 
MIZ EBREL. 

715 Ebreliky Ebreliky 

Digor da ziou askellik. 

7 { 4 Pask a dost, Pask a belly 

Pask a vo en Ebrel ; 
Pask en Ebrel a vo 
Pe ar Chasimodo. 

7 1 5 Deuet Meurlarjez pa garo^ 

Pask pe Gasimodo 
En Ebrel hen em gavo. 

I. La très-ancienne coutume de briser, le dimanche de la Quasimodo, les pots hors de 
service, est toujours en vigueur dans les vieilles familles bretonnes. Bien que les jeux bruyants 
auxquels elle sert de prétexte, semblent dépourvus de toute signification, il ne serait pas 



— 105 — 

703 Trois jours après que la grive a chanté, 

La vache va joyeuse au-devant de son lien. 

704 Quand vous entendrez la grive clianter, 
Enfermez le bois propre à vous chauffer; 
Quand vous entendrez le merle plus tard, 
Jetez bas pourpoint pour le mettre à part. 

705 Le dimanche des Rameaux, 

Les vaches sautent par-dessus les fossés. 

706 Le Vendredi Saint, 

La pie croise son nid. 

707 Le dimanche de Pâques, 

Les vaches sautent par-dessus leurs liens. 

708 A la Saint-Joseph ou à la Saint-Benoît, 

Semez les panais et le bon lin ( 1 9 et 2 1 mars) . 

709 Le dimanche des Rameaux, compte tes œufs; 
Le dimanche de Pâques, casse-les en deux ; 

Le dimanche de la Quasimodo, brise tes vieux pots. 

710 Pendant la semaine sainte 

Temps couvert et vent. 

71 1 Carnaval au soleil, 

Pâques au tison. 

7 1 2 Carnaval sec, Pâques crotté ; 

La huche est pleine à déborder. 

IV 
MOIS D'AVRIL. 

7 1 3 Petit Avril, petit Avril, 

Ouvre tes deux petites ailes. 

714 Pâques de près, Pâquee l'ail (i 5 avril) ; 

A la Saint- Pierre, noue Pail (29 juin) ; 

A la Saint-Pierre, arrache l'ail (i^r août). 

727 Rude Avril, 

Cochon mort. 

728 Année de rosée. 

Année de froment. 

gosier^ et leur causer une toux dangereuse ; ils le refusent et le rejettent. » (Voyage dans 
le Finistère, par Cambry, avec des notes par le comte de FréminviUe, Brest, 1836, in-8% 

p. IJO.) 

I . Var. L'an bissextile, Thomme fin 

Délaisse l'avoine et sème du lin ; 
Quiconque est fin, Tannée qui suit, 
Délaisse le lin et sème de Tavoine. 



— io8 — 

729 Bleun e Meurs^ feurm en Abrily 

A ia holl gand ar morzil. 

730 Sant Jorc'hdik diwar he dorchenn 

A lak^ ar goz saouî da vreskenn. 

731 Da c'houel Mark^ 

Meren bihan d^ar park. 

732 Pa vez ann deillo er wevodenn 

Kement ha diou skouarn eul logodenn, 
'Tle advern beza war wenojenn, 

733 Da c'hoiid Marky 

Diodet ar park, 

734 Da c'houel Mark 

Ann had divezan er park, 

7 3 $ Pa ve glao da chouel Mark 

E kouez ar c'hignez er park. 



MÎZ MAE. 

736 Digant kala — Mae goulennet 

Pe da zeiz e teui Nedelek, 
Ha mar na gredet ket choas, 
Goulennet da zant Jerman Bras. 

737 Goude miz Ebrel da fin Eosî, 

Da dan ebet na-d-a tost. 

738 Da viz Mae, 

Ar medlsln a ve gae. 

739 E miz Mae, 

Ar âhezek a dol ho zae. 

740 Da viz Mae 

'Lamm ar segal dreist ar c'hae. 

741 Meurs e skoulm, 

Ebrel e vodenn, 
Mae e bleunvenn^ 
Even e greunenn, 
Gouere e gwastel wenn. 

742 E miz Mae, 

Kanab gae. 



— 109 — 

729 Fleurs de Mars en avril nouées 

Par vent de sud-ouest sont toutes brûlées. 

730 Saint Georges^ assis sur son coussinet, 

Met les vieilles vaches à fringuer (2 3 avril) . 

731 A la Saint-Marc, 

La collation au champ (25 avril). 

7?2 Quand les feuilles se montrent sur le chèvrefeuille, 
Grandes comme les oreilles d'une souris, 
La seconde collation doit être sur le sentier. 

733 A la Saint-Marc, 

Au champ monte l'herbe. 

734 A la Saint-Marc, 

Au champ les dernières semailles. 

735 Le jour de la Saint-Marc, s'il pleut. 

Partout aux champs tombent les guignes. 

V 
MOIS DE MAL 

736 Demandez au premier jour de Mai 

Quel jour Noël doit arriver. 

Et si vous n'êtes satisfaits, 

A Saint Germain le Grand > allez vous adresser. 

737 De la fin d'Avril jusqu'à la fin d'Août, 

D'aucun feu ne t'approche. 

738 Au mois de Mai, 

Le médecin est gai. 

739 Au mois de Mai, 

Les chevaux jettent leur robe. 

740 Au mois de Mai, 

Le seigle saute par-dessus la haie. 

741 En Mars le nœud. 

En Avril la touffe, 
En Mai la fleur, 
En Juin le grain. 

En Juillet le blanc gâteau (de seigle). 

742 Au mois de Mai, 

Du chanvre gai. 

I . Le jour de la semaine par lequel s'ouvre le mois de mai correspond toujours exacte- 
ment au )our où le calendrier place la fête de saint Germain l'Auzerrois (xi juillet), et la 
fête de Noël. ' 



— MO — 

743 P^ gAno ar durzunel, 

M'em bô lez eleiz ma skudei 

744 Olao bemdez a zo re^ 

Re neubeut bep eil de, 

745 . Pd vo barvou kelvez e miz Mae 

Kalon ann ijuler a zo gae. 

746 Bl^un en Abriljeurm e Mae, 

Eux ar re-ze e kargimp hon zae. 

lAl Ann deliou ^zigor en dero 

Kent evid digeri erfao. 

748 Da c*houel ar Pentekosî, 

Al linn a ra ann dro da gern ann tok. 

749 Brumen du pa vez 

A bad tri dervez. 

75^ Brumen vor, 

Tomder en gor, 

1 5 1 Mogedenn diwar ar mor, 

Heol tomm ken a faouto ann nor. 

752 Seiz blavez sec'hour ne reont ket eur hlavez kernez; 

Eun deyez glebour hen grafe. 

VI 

MIZ EVEN. 

7 S 5 Serret ar gtvaziou, 

Douref ar prajou. 
1 54 5^/2^ Ronan dilost Mae 

A laka kerc^h e-leac^h na ve. 

755 ■ Miz Even ara al linn 

Ha Gouere hen gra finn. 

756 Eur park a zo gwallfall 

Mar da viz Even ne dalv, 

1 5 7 Kuîun dioc'h ar gwalarn , 

Toi ar varr er sanaill. 

758 Kurun dioc^h ar gevreî, 

Marrad bèpret. 

759 Ann avel su ha gevret, 

Mad d'ar goullo ha d'ar garget. 



— III — 

74^ Quand chantera la tourterelle, 

J'aurai du lait plein mon écuelle. 

744 De la pluie, — c'est trop chaque jour, 

Et pas assez tous les deux jours. 

745 Quand coudrier a barbe en Mai, 

Le cœur de l'engeôleur est gai. 

746 Fleurs d'Avril en mai nouées, 

De celles-là nous remplirons nos robes. 

747 Les feuilles s'ouvrent sur le chêne 

Avant de s'ouvrir sur le hêtre. 

748 A la Pentecôte, 

Le lin fait tout le tour du chapeau. 

749 Brume noire s'il y a. 

Avant trois jours ne s'en va, 

750 Brume de mer, 

Chaleur qui couve. 

7 ( I Vapeur montant de la mer, 

Soleil chaud à fendre la porte. 

7)2 Sept années de sécheresse ne font pas une année de disette ; 
Une journée humide est capable de la faire. 

VI 

MOIS DE JUIN. 

75^ Fermez les ruisseaux. 

Les prés sont couverts d'eau ' . 

754 Saint-Renan, à la fin de Mai, 

Où ne se montre avoine en met (i^^ juin). 

75 j Juin fait le lin. 

Juillet le rend fin. 

756 II faut qu'un champ soit bien mauvais, 
S'il ne vaut en juin quelque chose. 

757 Si le tonnerre gronde au nord-ouest. 
Jette ta marre dans la grange. 

758 Si le tonnerre gronde au sud-est. 

Continue ton écobuage. 

759 Vent de sud et vent de sud-çst. 

Bons pour le (navire) vide et le (navire) chargé. 

c 

t. C'est le vers si connu de Virgile : 

CUudite jam rivos, pueri, sat prata bibére. 



— 112 — 

760 Avel a c'hreste, 

Glao hep dale, 

76 1 Gwalarn kalmet diouz ann nozy 

Su pe gevret antronoz, 

-j^i Pa val 'r vilinn diwar ar c^hoad, 

'Ve trist doare ar merdead. 

763 DiwalHi rag ar merwent koz 

Hag ar givalarn iaouank. 

764 Pa vez ann avel er gornaoueky 

E vez tapet meur a chenaouek. 

76 5 Da c^houel Barnabaz^ 

Gond eur fourniad poaz 
Hag eun ail en arc' h, 
E paseo awalc'h, 

766 Hanter-Mae dilost goan. 

Hanter miz Even hen lakan, 

767 Pa vez ker arpiz, 

E vez ker ar gïviniz. 

768 Blavez hoginn, blavez ed, 

Blavez irinn ne veket. 

769 Blavez c^hniled, blavez ed, 

Blavez g^enan ne ve ket, 

770 Wè ket ganet gand he vamm 

'Nri hini glev ar goukou nao devez goude gouel îann. 

77 1 Da c'houel Iann, 

la-l-ar goukou d'al Iann. 

'j'ji Da c'houel Per, 

Ia4-ar goukou d'ar ger. 

77 3 Pa vez ar bleun er gaviniz, 

E vihanna leaz liviriz. 

VU 

MIZ GOUERE, 

774 Heol a zavo re vintin, 

A zo tec'hei da wall fin. 



— 113 — 

760 Vent de sud, 

Pluie sans tarder. 

761 Vent du nord-ouest se calme-t-il sur le soir, 
Vent de sud ou vent de sud-est le lendemain. 

762 Quand le moulin moud de dessus le bois (C.-à-d. quand le vent 

souffle du côté des bois), 
La situation du marin est triste. 

76? Défiez-vous de vieux vent de sud-ouest 

Et de jeune vent de nord-ouest. 

764 Quand soufHe le vent d'ouest, 
Beaucoup de badauds sont pris. 

765 A la Saint-Bamabé » , 
Fournée de pain cuit si vous avez 
Avec une autre dans la maie, 

La journée vous pourrez passer (i i juin). 

766 Fin de Phiver à la mi-mai, 

A la mi-juin, moi, je la mets. 

767 Quand les pois sont chers, 
,/ Cher se vend le froment. 

768 Année de baies d'aubépine, année de blé ; 
Année de prunelles point ne l'est. 

769 Année de scarabées, année de blé; 
Année d^abeilles ne l'est pas. 

770 II n'est pas né de sa mère 

Celui qui entend le coucou neuf jours après la Saint-Jean. 

771 A la Saint-Jean 

Le coucou dans le jan (24 juin). 

772 A la Saint-Pierre 

Le coucou rentre à la maison (29 juin). 

11 ^ Quand la fleur est dans le froment, 

Le lait doux va diminuant. 

VII 
MOIS DE JUILLET. 

774 Si le soleil se lève trop matin. 

Il est sujet à triste fin. 

I. Ce dicton trouve son explication dans le suivant que j'emprunte à la Haute-Bre- 
tagne : La Saint- Barnabe, 

L'pus long jou d'rété. 



— 114 -■ 

775 ^^^ heol givenn 

Da c'hlao a denn. 

776 Heol gfi^enn a ro glao 

Hag heol ruz amzer vrao. 

777 Ruijenn deux ann noZy 

Glao antronoz. 

778 Ruz dioc'h ann noZy gwenn d'ar mlnîin, 

Laka joaiis ar perchirin» 

779 Hanter Gouero 

Fais en ero. 

780 Da c'houel Maria Karmez, 

Gwelloc^h gavr eget eur vioc^h lez. 

78 1 Biskoaz foar Sant Weltas ne vez 

Na zans en hi bara segal nevez, 

782 Pa vez glao da c^houel Madalen^ 

A vrein ar c^hraon hag ar c'hesien. 

785 Sant lann a oa eur sant braZy 

Ma sant Kristof brasoc'h c^hoaz. 

784 Da gann Gouero 

Eost e peb bro. 

VIII 
MIZ EOST, 

785 Pa grosmolo ar mor^ 

Paouriky sarrit ho tor. 

786 Mar-d-a ann arne d'ar menez, 

Kemer da freill ha kerz er mez : 
Euz ar menez mar-d-a d^ar mor, 
Sarr war da gein prenestr ha dor. 

787 Da c'houel Itron-Varia ann erc'h, 

Pa vez avel grenv e vez ann ed ker. 

788 Kaneveden dipc^h ann noz, 

Glao pe avel antronoz. 

789 Gwarek-glao euz ar heure, 

Stignit ho tevez koulsgoude. 

790 Kaneveden dioc^h ar mintin, 

Sin vad d^ar perc^hirin. 



— 11$.— 

775 Soleil blanc 

Attire la pluie. 

776 Soleil blanc donne de la pluie. 
Et soleil rouge du beau temps. 

777 Rougeur au ciel le soir, 

De la pluie pour le lendemain. 

778 Ciel rouge le soir, ciel blanc le matin, 

Rendent joyeux le pèlerin. 

779 A la mi-juillet 

La faucille aux sillons. 

780 A la fête de Sainte-Marie du Carmel^ 

Mieux vaut chèvre que vache à lait (16 juillet). 

781 11 n'est foire de Saint-Gildas » 

Où ne danse pain de seigle nouveau. 

782 Quand il pleut à la Madeleine, 
Pourrissent noix et châtaigne (22 juillet). 

78^ Saint Jean était un grand saint, 

Mais saint Christophe était plus grand encore (25 juillet). 

784 A la pleine lune de Juillet, 

Moisson en tout pays. 

Vlll 
MOIS D'AOUT. 

785 Quand la mer gronde sourdement, 
Fermez vos portes, pauvres gens. 

786 Si l'orage s'avance du côté de la montagne, 
Prends ton fléau et va dehors ; 

Si de la montagne vers la mer il se porte. 
Ferme sur toi fenêtre et porte. 

787 A la fête de N.-D. des Neiges, 

Si le vent est fort, — cher est le blé (5 août). 

788 Arc-en-ciel du soir, 

Pluie ou vent le lendemain. 

789 Arc-en-ciel du matin. 

Aux travaux de la journée disposez-vous quand même. 

790 Arc-en-ciel du matin, 

Bon signe pour le pèlerin. 

I. La foire de Saint-Gildas (arrond. de Châteaulin) a lieu le lundi qui suit le deuxième 
dimanche de juillet 



~ ii6 — 

791 Kaneveden araog deg heur y 

Rei he lein d^al laboureur, 

792 Kaneveden araog deg heur, 

Treac^h ar zec'hor d'ar glebor. 

793 Kelc^h loar dioc^h ann noZy 

Glao pe avel antronoz. 

794 Kelc'h a dosty 

Glao a-bell ; 
Kelc'h a-bell, 
Glao a dost. 

79 S Mar bez glao da c'houel hanter-Est, 

Kenavezo d'ar c'hraon kelvez. 

IX 
MIZ GWENGOLO. 

796 E miz Gwengolo 

En abardae 'ma ann dorno. 

797 Hirio ema gouel Sant Jili, 

Kant leveneZf mil prediri. 

798 Da c'houel Sant Jili 

'Teu ar goanv epenn ann ti, 

799 Da viz Gwengoulou 

E ieu dour er poullou. 

800 Frimm er bloaz koz, 

Avalou leiz arfoz. 

801 Da c'houel Maze^ 

Arfrouez holl' zo dore. 

802 Da c'houel Mikel, da c'houlou-de^ 

Ann Tri Roue vez er c'hreiz-de. 

80 3 Gourmikael hag ann Ankou 

Laka kalz a chanchamanchou. 

804 E foar-ann-Drogerez 

Eun ebeul evid eur gwennek, 

80 5 Gounid oc'h diskar loar Gwengolo 

Ne vez na greun na kolo. 



— 117 — 

79 1 Arc-en-cîel avant dix heures, 

Donnez son d\vûT au laboureur. 

792 Arc-en-cîer'aWdiu'ûîf ' heures, 

Sur l'humidité la sécheresse l'emporte* 

79} Cercle autour de la lune, le soir, 

Pluie ou vent le lendemain. 

794 Cercle (halo) qui s'approche, 

Pluie qui s'éloigne; 
Cercle qui s'éloigne, 

Pluie qui s'approche. 

795 A la mi-août s'il pleut, 

Aux noisettes dites adieu. 

IX 
MOIS DE SEPTEMBRE. 

796 Septembre arrivé. 

Le soir on bat le blé. 

797 C'est aujourd'hui la Saint-Gili, 

Cent liesses, mille soucis (i«' septembre). 

79g A la Saint-Gili 

L'hiver vient au pignon de la maison. 

799 En Septembre, 

Aux mares arrive l'eau. 

800 Frimas l'année passée. 

Des pommes plein le fossé. 

801 A la Saint-Mathieu, 

Tous les fruits sont mûrs (21 septembre). 

802 A la Saint-Michel, au point du jour, 

Les Trois Rois' paraissent au midi (29 septembre). 

803 La Saint-Michel et la Mort 

Font beaucoup de changements. 

804 A la foire du Troc, 

Un poulain pour un sou (29 septembre). 

805 Au décours de la lune, en Septembre, semez. 

Et grain ni paille vous n'aurez. 

I. La constellation des Trois Rois. 



— ii8 — 

X 
MiZ HEPJZ. 

806 Tremenet pardon Bulcu 

A beb goabren^ peb gaouad. 

807 Da foar Paolj 

Kefelek war ann daoL 

808 E miz HerOy 

Teilit mad hag ho pezo. 

809 Foar Hère e Goueznou 

Poent eo skuilla ann trempou. 

810 Glao da zul, glao da lun, 

Glao epad ar zizun. 

8 1 1 Glao a zeu diwar greisteiZj 

Glao epad ann deiz. 

8 1 2 Glao dioc^h ar viz, 

Glao epad ar miz, 

813 Glao, glao y 

Ken a zimezo 
Merc^h ar Maho. 

8 1 4 Merc^h ar Maho ^zo dimezet 

Hag ar glao na ehan ket. 

XI 

MIZ DU. 

815 Eat miz Hère en he hent^ 

Da hanter-noz gouel ann Holl-Zenî, 

816 Hadet da galan-goanv, stanket ann toull karr, 
Poent eo d'ar mevel mont gant ar gounnar. 

817 Kal-ar-goanVy kal-ar-miz^ 

Nedelek a-benn daou viz. 

818 Da galan-goanv ed hadet, 

Hag ivef rouez dastumet. 

819 Pa ziverr ann dour euz korn ann ejenn, 

E vez poent gounid ar vinizenn. 

820 Goanv abredy 

Goanv bepred. 

82 1 Pa gler ann dour da c'houel Marzin 

Ez ia ar goanv war benn he c^hlin. 



- 119 — 

X 

MOIS D'OCTOBRE. 

806 La fête de Bulat passée, 

A chaque nuage une ondée (8 octobre). 

807 A la foire Saint-Pol, 

Bécasse sur table (10 octobre). 

808 Au mois d'Octobre, 

Fumez bien votre terre et votre terre produira. 

809 Quand vient la foire d'Octobre à Gouesnou, 

Il est temps d'épandre la fumure (25 octobre). 

810 Pluie le dimanche, pluie le lundi. 
Toute la semaine de la pluie. 

81 1 Pluie* qui vient du midi, 

Tout le jour de la pluie. 

8 1 2 Pluie du nord-ouest, 

De la pluie tout le mois. 

81 ; De la pluie, de la pluie, 

Jusqu'à ce que se marie 
La fille de Mathieu. 

814 La fille de Mathieu est mariée, 
Et la pluie ne cesse de tomber. 

XI 
MOIS DE NOVEMBRE. 

81 5 Octobre a fini son chemin, 

A minuit la Toussaint. 

816 Semez à la Toussaint, bouchez toutes les brèches, 
C'est l'heure ou le valet se donne à tous les diables. 

817 La Toussaint, premier jour du mois, 
Noël arrive dans deux mois. 

818 A la Toussaint semez le blé, 

Et aussi le fruit ramassez. 

819 Quand l'eau dégoutte de la corne du bœuf, 
Il est temps de semer le froment. 

820 Hiver prématuré. 

Hiver de longue durée. 

821 Quand l'eau gèle à la Saint-Martin, 

L'hiver s'agenouille en chemin » (i i novembre). 

I. Quand il gèle à la Saint-Martin, l'hiver s'annonce rigoureux, et, sur les chemins 
partout glacés, les chutes sont à craindre. 



— 120 — 

822 Da Zantez Katel 

Et ia ar mestr da vtvel ■ . 

82 } Mad eo hada ann douar 

War ann diskar eut al loar^ 
Hogen segalik Sant Andrez 
Dent Nedelek pa deu er met, 

824 Hag neza emoc'h-hu c^hoaz! 

Gouel Sant Andrez a zo warc^hoaz, 

82 j Gouel ann Holl-Zenf ziraou ar miZj 

Ha sant André gamm hen finiz, 

826 Sant André gamm na vanhas kel 

Ter sun tri deiz kent '/i Nedelek, 

XII 
MIZ KERZU. 

827 Tremenet gouel Sant Andrew^ 

Aret don hag hadet tew. 

Ha diwallet dirag al loened bew. 

828 Han-goanv betek Nedelek : 

Diwar neuze ve goanvkaled^ 
Ken e vezo bleun en halek, 
Hag ac'hano goanv tenn 

Ken ne zavo bleun er spern gnvenn. 

829 Miz Kerzu^ miz ar gouelio, 

Eo miz ar gtvadagenno, 

8}0 Mar-d-eo ien ha krizar goan 

Da gof oc' h taoly da gein d'ann tan. 

8} 1 Gwell eo mogedforn 

Evit avel skorn. 

832 Nao grozadenn forn 

A ia gand eur bar avel skorn. 

8jj Ere' h kent Nedelek^ 

Teil d'ar zegalek. 

834 Pave loar wenn d'ann Nedelek^ 

E ve lin mad e pep havrek. 

I. A la Sainte-Catherine, les travaux des champs sont tellement pressants aue !e chef 
d'exploitation se voit réduit à partager les fatigues de ses serviteurs, sous peine oe compro- 
mettre sérieusement ses intérêts. 



— 121 — 

822 A la Sainte-Catherine, 

Le maître devient valet (2 j novembre) . 

82 3 11 est bon d'ensemencer la terre 

Quand la lune est à son décours, 
Mais le seigle de Saint-André (30 novembre) 
One avant Noël ne s'est montré. 

824 Comment, vous êtes encore à filer, 
Et c'est demain la Saint-André! » 

825 La Toussaint commence le mois. 
Et saint André le boiteux le finit. 

826 Saint André le boiteux jamais ne fit défaut . 
Trois semaines trois jours avant Noël. 

XII 
MOIS DE DECEMBRE. 

827 La Saint-André passée, . 
Labourez profond et semez dru. 

Et de toute bête vivante gardez-vous. 

828 L'automne jusqu'à Noël : 
Depuis là le dur hiver 
Jusqu'à ce que fleurisse le saule; 
Depuis là l'hiver cruel, 

Jusqu'à ce que l'aubépine soit en fleur. 

829 . Décembre, le mois des fêtes. 

Est le mois des boudins. 

830 Si l'hiver est froid et cruel, 

Tiens ton ventre à table et ton dos au feu. 

83 1 Mieux vaut de four fumée 

Que rafale glacée (C.-à-d. : mieux vaut supporter l'incom- 
modité de la fumée à l'intérieur, qu'être exposé dehors à 
la rigueur du temps) . 

8 3 2 Neuf charges de bois, 

Autant emporte un coup de vent glacé. 

833 • Neige avant Noël 

Pour champ de seigle vaut fumier. 

834 Blanche lune à Noël, 

Bon lin dans chaque guéret. 

I . Les veilles prolongées sont nuisibles à la santé. 

10 



— 112 — 

Sj $ Nedelek ha gouel lann 

À laka ar bii être diou rann ; 
Kalan Ebrel ha gouel Mikeal 
A laka e4eal. 

836 Eut gelienenn d'ann Nedelek 

A zo kouls hag ear c'hefelek. 

837 Etna GuUlou oc' h ober he dro^ 

Nevezinti a veto. 

838 Here^ Du ha Kerzu, 

A c'halver ar miziou du. 

839 Nedelek seaâh^ Pask kaillarek, 

Laka ann arc'h da veza barrek^ 
Hag ann ozac'h da veza bouzellek. 

840 Pa vez da zul deiz Nedelek, 

Hada da linn war ar garrek, 
Ha d* brena ed gwerzdagazek. 



— 125 - 

83 $ Noël et la Saint-Jean 

En deux coupent l'an; 
Le premier avril et la Saint-Michel 
En font autant. 

836 Mouche à Noël 

Bécasse vaut. 

837 Guillou 1 fait sa tournée, 

Il y aura du nouveau. 

838 Octobre, novembre et décembre 

Sont appelés les mois noirs. 

839 Noël sec et Pâques crotté 
Remplissent la huche à déborder, 

Et donnent du ventre au chef de famille. 

840 Si Noël arrive un dimanche, 
Sur le rocher sème ton lin, 

Et vends ta jument pour acheter du grain. 



I. C'est le loup que la faim fait sortir du bois. Guillou est aussi un des noms du 
diable. 



EIZVED STROLLAD. 



HUITIÈME SÉRIE. 



/. 

841 Al labourer a viskoaz 

A zebr eur garg douar ar bloaz. 

842 Goasa ira a hell hen hem gaoutgad eur merer eo klevet killok he vestr. 

843 Bleo gonifiedy plun klujar, 

N'int ket mad da stuia douar, 

844 lannik a vil micher a varvaz gant ann naon, 

845 Eur micherour dioc'h ann deiz 

A garfe ve noz da greisteiz. 

846 Matez nevez da di pa zeuio 

Kement a teir a lahouro. 

847 Glao a doly avel a c'houez^ 

Da ober joa d^ar votez. 

848 Foeta fank ha foeta drez 

Eo micher eur paotr lakez. 

II. 

849 Eur c^hemener n^e ket den, 

'Met eur c'hemener ne-d-eo ken, 

850 Nao c'hemener evid ober eun den. 

851 Neb a lavar eur c'hemener 

A lavar ive eur gaouier. 

852 Kemener brein^ 

'Nn diaoul war hegein. 



I. 

841 Laboureur de tout temps 

Charge de terre avale l'an. 

842 La pire chose qui puisse arriver à un fermier, c'est d'entendre le 

coq de son maîtres 

843 Poils de lapin et plumes de perdrix 

Ne valent rien pour engraisser la terre ^ 

844 Jeannot aux mille métiers mourut de faim. 

845 Un ouvrier à la journée 

Voudrait à midi la nuit arrivée. 

846 Quand servante nouvelle à la maison viendra, 
Autant que trois elle travaillera. 

847 Pluie à verse et tourmente, 

Temps à réjouir la servante. 

848 Battre boye et battre hallier, 

C'est le métier d'un estafier. 

II. 

849 Un tailleur n'est point un homme^ 
Ce n'est qu'un tailleur en somme. 

850 Neuf tailleurs pour faire un homme. 

851 Qui dit tailleur 

Dit aussi menteur. 

852 Tailleur pourri, 

Le diable sur son dos. 

1 . Le cultivateur breton redoute la surveillance, et celle-d le menace d'autant que la 
maison du mattre est plus rapprochée de la sienne. 

2. Ce dicton concerne les braconniers. 



— 128 — 

855 Ar c^hemener diwar he dorchenn 

Pa gouez, a gouez en ifern. 

854 MUin laz-logody — e vez dour awalc'h d^eur zilienn pa vez glao. 

855 Napa rafe ar vûin nemet eun dro krenn, 
Ar miliner 'zo sur d'oc' h he grampoezenn. 

856 Krampoez hag amann a zo mad^ 
Ha neheudig euz pep sac'had, 
Hag ar merc'hed kempenn a-vad, 

857 Na euz ket hardissoc'h eget roched eur miliner, 
Rag bep mintin e pak eul laer. 

858 Ar miliner^ laer ar bleudy 

A vo krouget dre he viz meud, 
Ha mar ne ve ket krouget mad 
A vo krouget dre he viz troad, 

859 Ar guiader en he stern^ 

E'giz ann diaoul en ifern, 
Oc'h ober tik-tak, tik-tak, 
Hag tenna hag lakat. 

860 Ar guiader kaotaer 

A ra lienn evel 1er, 

86 1 Ar miliner a laer bleudy 

Ar guiader a laer neud, 

Ar fournerienn a laer toaz, 
Ar c'hemenerienn krampoez kraz, 

UL 

862 Ar zoner war he varikenn 

A ra da iaouankiz breskenn, 

86 3 Ar glaouaer er c'hoajo 

Evel ar bleiz a iudatô. 

864 Boutaouer koad a ra bepret 

Listri da gas tud da gac'het. 

86 j Pa vez ker al 1er 

E c'hoarz ar boutaouer. 

866 N'e ket greg ar c'here a deuz ar gwella boutou. • 

867 Er givijeri ann ejenned 

A zo bioc'hed. 



— 129 — 

85 3 L^ tailleur sur son coussinet^ 

S'il tombe^ — en enfer va tomber. 

854 Moulin tue souris, — assez d'eau pour une anguille il a quand 

vient la pluie. 

855 Le moulin ne donnât-il qu'un tour de roue, 
D'avoir sa crêpe le meunier est certain. 

856 Des crêpes et du beurre, — bonnes choses, 
Et un brin de chaque sac de farine, 

Et les jolies filles pareillement. 

857 Rien n'est plus hardi que la chemise d'un meunier, 
Car chaque matin elle prend un voleur. 

858 Le meunier, voleur de farine. 

Par le pouce pendu sera; 

S'il n'est bien pendu de la sorte, 
Par l'orteil on l'accrochera. 

859 Le tisserand à son métier, 

Comme diable en enfer se démène. 
Avec son tic-tac, tic-tac, 

Quand navette il tire et repousse. 

860 Le tisserand avec sa colle 

Donne à la toile l'apparence du cuir. 

86 1 Le meunier vole de la farine. 

Le tisserand vole du fil, 

Les fourniers volent de la pâte, 
Et les tailleurs des crêpes rôties. 

in. 

862 Le sonneur > sur sa barrique • 

Met en branle la jeunesse. 

863 Le charbonnier dans les bois 

Comme le loup hurle sans cesse. 

864 Le sabotier fait en tout temps 

Vaisseaux à mener ch... les gens. 

86$ Quand le cuir est cher 

Rit le sabotier. 

866 Ce n'est femme de cordonnier qui est la mieux chaussée. 

867 Dans les tanneries lès bœufs 

Sont des vaches. 

I . Ménétrier, joueur de bombarde (hautbois) ou de blniouj sorte de cornemuse. 



868 Af masouner, pa staoto, 

Eut e labour e troio. 

869 Marichal krign-karn^ 

Chaoker kac'h houarn. 

870 Pa vez houarnet ar c^har, 

Er pod e lekear ar iar. 

87 1 Ar barazer a oar dre c^houez 

Hag hen a vez ira vad er pez. 

872 Ann heskenner hag ar c'halve 

A blij d'ezhofest ar maout maeK 

873 Hostiz ann anaoun 

A varvaz gand ann naoun. 

874 Tiez savet gant krec'hin tud 

A zaver ker buban, ken divrud. 

IV. 

87 5 Eva g}viny kanjoli merc^hed, 

Setu dever ar c*hloarek. 

876 Reizen manac'h a zo tenna 

Digant ann holl heb rei netra. 

877 Te lavar gaouy pe ma vinn manac'h, 

878 Pa ta eur manac^h e neb leac*h, 
E teu eun allik en heleac^h, 

879 Ktlian ha melian, 

Menec'h ha beleian, 
Pevar seurt loned 
Ar givasa ' so er bed. 

880 Kazek ar c'hure 

A renko baie. 

881 Aotrou Personn^ mar grit ho kest, 

Choui a raio ivez ar fest. 

882 Ar veleienn ne garont ket 

Beza distroet eut ho fred; 
Gortozit * ta gad pasiantet, 

Pe ann absolvenn n*ho pà ket. . 

I. On nomme maout « mouton » le vin d'accomplissement qui se distribue aux 
ouvriers le jour de l'achèvement d'une construction. Le mot mae qui le suit, en français 
« mai », me semble mis ici pour la rime. . 



— 131 — 

868 Le maçon, quand il pissera, 

A son travail le dos tournera. 

869 Maréchal, grignoteur de corne, 

Mâcheur de m.... de fer. 

870 La charrette ferrée, 

On met la poule au pot. 

87 1 Le tonnelier sait à l'odeur 

S'il y a bonne chose en la pièce. 

872 Scieur de long et charpentier 

Aiment le festin du mouton de mai. 

873 Hôtelier des trépassés 

Qui de faim sont morts >. 

874 Maisons qu'on élève avec des peaux humaines 
S'élèvent si vite, avec si peu de bruit». 

IV. 

87 5 Boire vin, cajoler fillette, 

Voilà de tout clerc le devoir. 

876 Règle de moine est de tirer 

De toutes gens sans rien donner. 

877 Tu mens, — ou je veux être moine. 

878 Où moine passera, 

Moinillon poussera. 

879 Mouches et fourmis, 

Moines et prêtres. 
Quatre sortes de bêtes 

Les pires qui soient au monde. 

880 Jument de vicaire 

Aura de la marche à faire. 

881 Monsieur le curé, si vous quêtez, 

A votre tour régal vous donnerez. 

882 Les prêtres n'aiment pas 

Qu'on les dérange à l'heure des repas , 
Avec patience attendez donc 
Ou vous n'aurez l'absolution. 



1 . Se dit d'un méchant aubergiste dont la maison est mal approvisionnée. 

2. A l'adresse des médecins enrichis. 



— 132 - 

88 3 Eur belek maro, — eun ail en he leac^h. 

884 Harzit, harzit^ emezhan, 

Ma vo lekeat... en toull-man, 

Ma lakefomp eur mean braz war he gein^ 

Ma 'z efomp da di.., d'hon lein, 

885 Peurvuia ar belek 

A lâr en eur brezek : 
Silaouet ma c^homzo^ 
Losket ma obero. 



— n3 — 

88} Un prêtre mort, — un autre à sa place. (Le roi est mort, — vive 
le roi !) 

884 Arrêtez, arrêtez, dit-il. 

Qu'on le mette... dans ce trou-ci. 
Avec une grande pierre sur le dos, 
Pour que nous rentrions... dtner. 

885 Prêtre, le plus souvent, 

Sermonne ainsi les gens : 
Ecoutez ce que je vous dis, 

Mais de ce que je fais ne vous occupez mie. 



NAOVED STROLLAD 



NEUVIÈME SÉRIE 



/. 



886 Lein hir hag offeren vert 

A hlij d'ann dud dibreder, 

887 Pedennou herr a gass d^ann néon, 

Pedennou hir a chomm a-dreon. 

888 Ann Avid, 

Ar gjvir geniel. 

889 Blskoaz sant n'eo bel 

En he barrez metdet. 

890 Ar tant pelky 

Ar zantgfvella. 

891 Da zanteZ'Anna neb a ia^ 

Santa Anna n^ankounaâha. 

892 Itroun Varia *nn amzer 

Ne labour ked en aner. 

89} Mai a win a mpigner er pardomou eged agoar. 

894 E BreiZ'Izel pa ziskennan, 

Dour mad ha tud diampech a lakan. 

895 Neb a verv lichou d'ar gwener 

Birvi a ra goad hor Salver. 

896 Da noz Nedelek ne gousk ken 

^Met ann tousok ha mab ann den. 



I. 

886 Long dîner et messe courte 

Plaisent aux hommes de loisir. 

887 Courtes prières mènent au ciel, 

Longues prières restent derrière. 

888 L'Evangile, 

La vraie doctrine. 

889 Jamais saint n'a été 

Dans sa paroisse loué. 

890 Le saint le plus éloigné, 

Le saint le plus estimé. 

891 A Sainte-Anne qui va 

Sainte Anne ne l'oublie pas. 

892 Madame Marie-du-Temps (c.-à-d. qui préside au temps) 

Ne travaille point vainement. 

893 Plus de vin dépensé dans les pardons que de cire. 

894 En Basse-Bretagne quand je descends, 

J'y fais l'eau bonne et bien dispos les gens K 

895 Qui bout lessive le vendredi 

Fait cuire le sang de notre Sauveur. 

896 La nuit de Noël nul ne dort 

Hormis le crapaud et le fils de l'homme 

I . Dit Jésus-Christ qui, d'après la croyance populaire, a fait de nombreux voyages en 
Bretagne. 

II 



- 1,8- 

897 ^ ^^'^^ ^^ ^^^> ^^ divalletj 

Sent or vronnan n'anvezann ket. 

898 Deomp da bidi sont Herbot 

Da reï amann leiz ar ribot. 

899 Sont loueriy sont lann, 

Leiz ma ribod a amann, 
Hag eur bannik bihan a lez 
'Vitaluzenn d'ar paour kez. 

900 Aotrou sant Oiirzal, me ho ped^ 

Roït d'eomp-ni pep a c'hreg, 
Aotrou sant Ôarzaly eur weach c'hoaz, 
Roït d^eomp-ni peb a voaz, 

901 Itroun Varia-Molenez, 

Digassit pense d*am enez^ 

Ha c'houi^ aotrou sant Renan, 
Na zigassit ket evit unan, 
Digassit evit daou pe dri, 
Evit m^hen devezo lod peb-hini ' . 

902 Mar vez GuUlou, ra-z-ipell dre sant Hervé -, 
Mar vez Satan, ra-z-i pell en han' Doue^. 

903 Ki Uan, chanj a hent^ 

Arru V baniel hag ar zent; 
Arru V baniel hag ar groaz, 
Hag ann aotro sant Weltas. 

1 . Les habitants de 111e Molène se défendent, non sans énerve, d'avoir jamais adressé 
semblable prière à leurs saints. A les entendre, elle leur serait gratuitement prêtée par 
leurs voisins d'Ouessant, grands railleurs par tempérament, et, aussi, quelque peu jaloux 
de leur prospérité croissante. Ceux-ci, de leur côté, opposent à cette explication la 
dénégation la plus formelle. Quoi quMl en soit, et qu'il s'agisse ici d'une prière ou 
simplement d'une épigramme, on ne saurait du moins reprocher à cette petite pièce de 
manquer de couleur locale. 

2. Ce Guillou n'est autre que le loup, contre lequel on ne peut trouver de meilleur 
défenseur que saint Hervé. La légende raconte qu'Ulphroêdus, oncle d'Hervé, avait un 
âne qu'un loup dévora. Le saint condamna le fauve à remplacer la béte de somme dont 
il avait fait sa proie, et « c'estoit chose admirable, — nous dit Albert le Grand, — 
l'intéressant et naïf hagiographe, — de voir ce loup vivre en mesme étable que les 
moutons, sans leur mal faire, trabner la charrue, porter les faix et faire tout autre 
service, comme beste domestique. » 

C'est en souvenir de ce prodige que, dans les églises bretonnes, on représente saint Hervé 
aaompagné d'un loup qu'il tient en laisse. 
Il faut se garder, cependant, de juger sur les apparences : le diable sait prendre toutes 



— IJ9 -- 

897 O saints de mon pays, protégez-moi^ 

Les saints de ce pay&<i je ne les connais pas. 

898 Allons prier saint Herbot 

De nous donner du beurre à pleine baratte. 

899 Saint Yves, saint Jean, 

De beurre remplissez ma baratte^ 
Et gouttelette de lait laissez-y 
Pour aumône au cher pauvre. 

900 Monsieur saint Ourzal, je vous prie, 
Donnez femme à chacun de nous. — 
Monsieur saint Ourzal, une fois encore, 
Donnez-nous à chacune un niari. 

901 Madame Marie de Molène, 

A mon île envoyez naufrage, 
Et vous, monsieur saint Renan, 
N'en envoyez pas un seulement; 
Envoyez-en deux, trois plutôt. 
Pour que chacun en ait morceau. 

II. 

902 Si tu es Guillou, par saint Hervé, va-t'en; 
Va-t'en, au nom de Dieu, si tu es Satan '. 

903 Chien enragé, change de route. 

Voici la bannière et les saints ; 
Voici la bannière et la croix, 
Ainsi que monsieur saint Gildas >. 

les formes, et se montre souvent sous celle d'un loup, dit le paysan breton. Aussi la 
prudence commande-t-elle de se tenir à la fois en garde contre l'un et l'autre de ces 
dangereux ennemis. 

1 . Cette conjuration et les suivantes, jusqu'au n" 909 inclusivement, — on se sert du 
mot conjuration pour désigner indifféremment toutes les formules réputées magiques^ — 
jouissent d'un grand crédit dans les campaenes armoricaines. Comme celle-ci est 
infaillible pour mettre en fuite les loups et le diable lui-même^ la seconde défend des 
chiens enragés, et les six autres sont souveraines pour combattre diverses maladies. Toutes, 
à l'exception des deux premières, ont leur rituel spécial, mais variant de canton à 
canton, et qui consiste en pratiques bizarres presque toujours subordonnées à certaines 
conditions, difficiles à réunir, de temps, de lieux et d'orientation. De plus^ comme il faut 
aussi tenir compte de l'influence des nombres sacrés, quelques-unes d'entre elles doivent 
être récitées, suivant le cas, trois, sept ou neuf fois, sans reprendre haleine. Si le charme 
reste sans effet, ce qui ne doit pas manquer d'arriver assez souvent, le conjurateur a 
toujours en réserve quelque bon motif de s'en prendre à lui-même, à moins qu'il ne 
préfère attribuer son insuccès à une incomplète initiation. 

2. La rage est généralement connue en Bretagne sous le nom de mal de saint Gildas , 
drouk-sant-Wettas. 



— 140 — 

904 Me ho salud, gmbuill verrienn ; 

Me 'zo deut da zigass d'hec'h ann derrienn, 

Eun tamm bara hag eur vi, 

Ne c'houllan ken he c'hrena mui. 

905 Salud d'e-hoc'h, burlugivenn, 

Me a zo deut d'ho tispenn, 
Evit m'am lakafet iac'hy 

Rak klanv oun gand arpennzac^h, 

906 At penn a zac'h er zac'h, 

Ma fenn er-meaz ha me iac'h, 

907 Salud, loar gan^ 

Kass ar re-man 
Gan-ezac'han. 

908 Ar Werbl hen deuz nao merc'h : 

Deuz a nao a deu da eiz, 
Deuz a eiz a deu da drei, 
Deuz a zeiz a deu da c^houetfhy 
Deuz a c*houec^h a deu da bemp, 
Deuz a bemp a deu da bevar^ 
Deuz a bevar a deu da tri^ 
Deuz a dri a deu da zaouy 
Deuz a zaou a deu da unan^ 
Deuz a unan a deu da netra. 

Ar Werbl n'hen deuz ket merc'h ebet, 

909 DenedeOj denedUc^h, 

N'e ket ama ema da lec^h^ 

NU ket ama nag e neb lec^h. 

Pa 'z po treuzet nao mor, nao menez, 

Nao feunteun a drugareZy 

E gavi eun dachennik c^hlaz^ 

Hag eno ema da blaz > . 

910 Tro, pe me az troio : 

I. Var, Dtredewez^ *deweztu% Var. Dartre (furoncle, herpès etc.), va-t'en 

N*e ket aze man da lec*h, loin d'ici ! 

Bars eun torkadig lann zec% Ce n'est en ce lieu qu'est ta place. 

Seiz park euzarmene, (Elleest)dansunbuisson d'ajoncs dessé- 

Terfantan a drugare, chés, 

Lec'h na glewi kog kana, Sept champs de la montagne, 

Bugel biùn t>ed oela. Trois fontaines de merci, 

Où tu n'ouïras coq chanter 
Non plus qu'enfantelet pleurer. 
Cette version a été recueillie par mon ami M. Luzel. 



— 141 — 

904 Fourmilière, je vous salue ; 

La fièvre suis venu vous apporter 
Avec un morceau de pain et un œuf, 
Ne requiers que ne plus la trembler. 

905 Salut à vous, blanche digitale, 

Je suis venu vous cueillir 

Pour que vous me rendiez la santé, 
Car d'un goitre je suis affligé. 

906 Le goitre reste dans le sac, 

Ma tête dehors et je suis guéri. 

907 Salut, pleine lune, 

Emporte celles-ci (^ces verrues) 
Avec toi loin d'ici. 

908 Le Bubon a neuf filles : 

De neuf elles sont réduites à huit, 

De huit à sept, 

De sept à six, 

De six à cinq, 

De cinq à quatre. 

De quatre à trois, 

De trois à deux. 

De deux à une, 

D'une à rien. 
Le Bubon n'a plus de filles. 

909 Dartre chancreuse, dartre, va-t'en, 

Ce n'est ici que tu dois être. 

Ce n'est ici ni autre part. 
Quand tu auras traversé neuf mers, neuf montagnes, 
Neuf fontaines de merci, 
Tu trouveras un petit pâtis vert 
Et c'est là qu'est ta place. 

910 Tourne, ou je te tournerai : 

Le char de l'Ankou est arrivé ! 

Ourlic! Ourlic ! 

I . C'est l'injonction suprême, et, en quelque sorte, la prise de possession de la Mort 
(Anko ou Ankou, en t)reton), quand la sinistre voyageuse arrête à la porte de quelque 
malade sa charrette ferrée, recouverte d^un drap blanc et trainie par deux chevaux blancs. 

Employées quelquefois, en dehors de la légende, quand deux rivaux, deux ennemis, 
par exemple, en viennent aux dernières limites de la violence, ces paroles prennent la 
signification suivante : a Rends-toi, ou j'aurai ta vie! Ta dernière heure va sonner. » 

Ourlik est un mimologisme auquel je ne connais point d'équivalent en français. 



— 142 — 

Erru eo karr ann Anko I 
Ourlik! Ourlik! 

III. 

911 Ar plac'h^ war loar goz^ 

Ne ve ket hir he broz; 
Ar pot^ war loar ne^ 

Ne ve ket hir he tt. 

912 Kamrriy luch^ tort ha born, 

A 10 ganet diwar ar c'horn ' . 

9 1 3 N'eut bet biskoaz na kamm na tort n'hen dije itrik fall. 

914 Ar voualc'h he bek melen 

A vev tri oad ann den. 

915 Ar vran hi deux tri oad den^ tri oad marc'h, 
Ha c'hoaz ne dent ked oad awalc'h. 

916 Pa gomur eux ann heol e weler ke sklerijenn. 

917 Pa gomur eut ar bleit 

E vet he lost e-kreit. 

918 Pa voud ar skouarn kUiz^ 

Meuleudiou eAeiz; 
Pa voud ar skouarn deou^ 
Meuleudiou e-biou. 

9 1 9 Gwennili^ gra da neiz 

Em frenestrik, e Breiz, 

920 Skrill a gan war ann oaled 

E ti ann hoU ' zo karet. 

92 1 Eur ginidenn dioc^h ar mintin^ 

Sinawallfin; 
Eur ginidenn dioc'h ann noz^ 
Sin a gelou mad antronot. 

922 Eut laouen-dar^ 

Arc'hant hepmar, 

923 Pa gan ar goukou warlerc'h gouel Pir^ 

Sin a gernez, 

I . Dans un conte breton très-répandu, une femme surprise par les douleurs de l'enfan- 
tement est priée par un moine de ne faire aucun effort qui puisse hâter sa 
délivrance. — Et, pourquoi cela? demande- t-elle. —C'est que, répond son interlocuteur, 
au moment où j'entrais chez vous, j*ai vu la lune en train de se pendre. On se sert de 
cette expression pour dire que la lune entre dans son croissant. Or, malheur à Tenfant 
qui vient au monde à cette heure : il est loariet, frappé par la lune, ce qui ne signifie pas 
toujours lunatique, mais certainement disgracié, soit au physique, soit au moral, et 



— 14? — 
III. 

911 De fille née à la vieille lune 

Ne sera point longue la jupe; 
De garçon né à la lune nouvelle 
Longue la robe ne sera. 

912 Boiteux, bigles, bossus et borgnes 

Sous le croissant sont nés. 

91 ; Jamais on n'a vu boiteux ou bossu qui méchante pièce ne fût. 

914 Le merle à bec jaune 

Vit trois âges d'homme. 

915 Le corbeau vit trois âges d'homme, trois âges de cheval^ 
Encore ne se trouve-t-il point d'âge assez. 

916 Parle-t-on du soleil on en voit les rayons. 

917 Parle-t-on du loup. 

Sa queue est au milieu de nous. 

918 Quand bourdonne votre oreille gauche, 

Grand éloge de vous l'on fait ; 
Quand bourdonne votre oreille droite, 
Votre éloge est mis de côté. 

9 1 9 Hirondelle, fais ton nid 

A ma petite fenêtre, en Bretagne ' . 

920 Grillon chantant sur lé foyer ' 

Dans toute maison est aimé. 

92 1 Araignée du matin, 

Signe de mauvaise fin; 
Araignée du soir, 

Signe de bonne nouvelle le lendemain. 

922 Un pou d'égout (cloporte). 

De l'argent sans aucun doute. 

92 } Le coucou chante-t-il après la Saint-Pierre, 

— Signe de cherté. 

fatalement destiné à être malheureux. 

Ce cas n'est pas le seul où l'influence de la lune, jeune ou vieille, soit à craindre pour 
les mères : elle les menace dans bien d'autres circonstances, et de là le sujet de mille 
recommandations, et des précautions les plus singulières. 

Aujourd'hui encore, dans quelques campagnes, les femmes que certains besoins naturels 
amènent le soir à quitter leurs maisons, se garderaient bien, pour y satisfaire, de se 
tourner du côté où la lune se montre. Si, par malaventure, elles étaient enceintes, nul ne 
sait ce qui courrait résulter d'une telle inadvertance. 

1. La maison où l'hirondelle fait son nid est regardée comme bénie du ciel. 

2. Présage de bonheur. 



— 144 — 
924 Mar klewfe ar zord^ mar welfe ar c'hà, 

Ni vefe beo den ebet er vro ' . 

IV. 

92 5 Gwasoc^h evid ar raned 

A zon ar bal âHax Chorriganed ». 

926 Pan ve ar Siren kanan, 

E c'hall ' mariolod paour gtvelan. 

f)!-] Gargantuas easoc'h da zamma 

Evit da garga. 

928 GargantuaSj pa oa beo^ 

A iee 'n eur gammed da BontreoK 

929 Boudedeo 4 

A valeo 
Dre ma vezo 
Daou zen beo. 

930 Boudedeo 

Ann diveza' vo beo. 

93 1 Soloc^h eget Merlin a red en dour araog ar glao. 

932 Keuta tud a oa ér bed 

A oa Guikaznou ha Kerret. 

933 Pa'r oc' h euz a Gergournadeac'h, 

Savit ho tiskouarn d^ann neac'h. 



1. M. Emile Eraault, de Saint-Brieuc, m'a donné de ce dicton la variante suivante 
qu'il a entendue à Sarzeau : 

Enn enan *pe huile^ Si orvet voyait, 

Er zourt a pe gUue, Si sourd entendait, 

Den er bet ne bade. Homme au monde ne resterait. 

2. Se dit des personnes et des choses, et, particulièrement, de tout cri perçant, de 
tout bruit désagréable. Les Korrigans sont les nains, les gnomes de la mythologie 
armoricaine. 

). En partant de Plouaret, m'écrit M. Luzel, à qui je dois la connaissance de ce 
dicton. 

4. Nom donné au Juif-Errant, et qui répond exactement à celui de Buttadeus attribué 
au même personnage légendaire par un auteur du 17' siècle cité par Grœsse (Sage vom 
Ewigen Juden. Dresde, 1844). 

En faisant le même rapprochement à l'occasion du gwerz de Boudedeo, M. Gaston Paris 
fait observer {Revue Critique du 23 octobre 1869) <jue ce nom « semble un composé de 
Thaddée et peut-être de Bar défiguré en But. Mais où, — se demande-t-il, — « le 
« poète breton a-t-il trouvé ce nom généralement remplacé par Ahasvérus? Le fait est 
« d'autant plus bizarre que s'il fait dire au Juif à un endroit Moi Boudedeo ^ il semble 
tt bien l'appeler ailleurs (str. 2), AbsaruSy c'est-à-dire Ahasvérus. » 

Dans l'état actuel de la bibliographie bretonne, il n'est pas possible, je crois, d'assigner 
une date tant à la composition du gwerz qu'à l'introduction en Bretagne du nom de 
Boudedeo. Toutefois, il me paraît acquis que ce nom était tout au moins populaire dans 



— 145 — 
924 Si sourd entendait et si taupe voyait, 

Au pays homme vivant ne serait. 

IV. 

92 5 Plus agaçant que les grenouilles 

Qui sonnent le bal des Korrigans. 

926 Quand la sirène est en train de chanter, 

Le pauvre matelot peut pleurer. 

927 Gargantua plus facile à charger (de viande ou de vin) 

Qu'à remplir. 

928 Gargantua, quand il vivait, 

D'une enjambée à Pontrieux allait. 

929 Boudedeo 

Marcoera 

Tant qu'il y aura 
Deux hommes en vie. 

930 Boudedeo 

Sera le dernier des vivants. 

93 1 Plus sot que Merlin qui se jette à Peau pour éviter la pluie <. 

932 Les premiers habitants de la terre 

Furent les Guicaznou et les Kerret >. 

93 3 Puisque vous êtes de Kergoumadeac'h 3 , 

Portez la tète haute. 



les campagnes armoricaines au 17* siècle. Grégoire de Rostrenen et Dom Le Pelletier le 
mentionnent, en effet, dans leurs dictionnaires commencés Pun et l'autre vers 1700, sans 
que rien de la part des deux savants lexicographes permette de supposer qu'il fût d'impor- 
tation récente. 

Pour ce qui est de la bizarrerie résultant de la double appellation donnée au marcheur 
étemel, elle trouve son explication dans l'ancienne légende dont parle Edgard Quinet 
(Préface d'Ahasvérus) qui nomme le Juif « Ahasvérus », et, après son baptême, 
c< Buttadeus ». 

1 . Dans le Bas- Léon, comparer quelqu'un à Merlin constitue une grave injure. Le 
personnage auquel il est ainsi fait allusion, et qui ressemble d'une manière si frappante 
au Gribouille proverbial de nos provinces françaises, serait-il, par suite d'une dernière 
transformation, le même que le fameux enchanteur ? Je ne saurais rien affirmer sur ce 
point, toutes mes recherches pour retrouver ailleurs le nom dé Merlin dans la mémoire 
du peuple breton étant demeurées infructueuses. 

2. Cette devise, que l'on cite souvent, se lisait, au dire de Cambry (Voyage dans le 
Finistère, édit. de 1836, p. 8), sur un banc de l'église de Saint-Mathieu, à Morlaix, en 

1778. 

3 . Une tradition rapportée par Albert le Grand fait remonter l'ori^ne de la maison de 

Kergoumadeac'h à un jeune guerrier de Cléder, appelé Nuz, qui vivait au vi" siècle . 
Guitar, comte de Léon, pour le récompenser d'avoir délivré la contrée d'un dragon qui la 
désolait, lui fit don d'une terre (jui reçut, en mémoire de ce fait, le nom de Ker-gour-na-' 
deac'h (la maison de l'homme qui ne fuit pas). 



— 146 — 

934 Araog ma oa aotrou e neb ltae*h , 

Ezoaeur mar^hek e KergQurnadeac'h. 

935 Pa n'oa kastel e neb leac% 

*0a kastel e Kornadeac'h, 

Ha pa-z-enz kastel e peb leâc% 
*EttZ kastel ive e Kùrnaieac*h. 

936 Riwalen da, Riwalen glat 

A zo tudjentU a viskoaz. 

937 Pe tre, pe lano^ 

Kastelfur eovahanoK 

938 Debri a ra (Vann neo evel ma ra Rohan >. 



1 . Devise de la famille de Châteaufiir. 

2. On donne au pourceau, dans un grand nombre de localités, le nom de Rohan ou 
de mab Rohan, fils de Rohan. 



— 147 — 
9 H Avant qu'il n'y eût seigneur au monde, 

Il y avait un chevalier à Kergoumadeac'h. 

93 5 Quand il n'y avait château en aucun lieu, 

Il y avait château à Kergoumadeac'h, 
Ety quand il y a château en tout lieu^ 
Il y a aussi château â Kergoumadeac'h. 

936 Rivoalen noirs, Rivoalen verts 

De tout temps furent gentilshommes. 

937 Que la mer descende ou monte, 

Châteaufur est mon nom. 

938 II mange à Tauge comme fait Rohan. 



DEKVED STROLLAD. 



DIXIÈME SÉRIE. 



/. 



939 A bep liou marc* h mad^ 

A bep bro îud vad. 

940 Al laouenan a gar atao 

He do'énn ha kornig he vro, 

941 Kant bro, — kant giZy 

Kant maouez^ — kant hiviz, 
Kant parrez, — kant iliz. 

942 Aotronez Pond-Ivi, 

Bourc'hisienn Faouety 
Potret Gourin. 

943 Sod evel eur Gwennedad, 

Brusk evel eur Chernevad, 
Laer evel eul Léonard, 
Traïtour evel eun Tregeriad, 

944 Ebeul Pontreo K 

945 Léonard kof iod, laer ar pesk ». 



1 . Se dit indifféremment de tout jeune paysan lourd et grossier. 

2. Allusion au poisson de Saint-Corentin, « lequel tous les matins, — dit Albert le 
« Grand, — se présentoit au saint qui le prenoit et en coupoit une pièce pour sa 
« pitance, et le rejetoit dans Teau, où tout a Tinstant il se trouvoit tout entier, sans 
tf lésion ni blessure. » 

Un morceau de ce merveilleux poisson rassasia, certain soir, le roi Gradlon et la suite 
nombreuse de seigneurs qui l'accompagnait dans une chasse où il s'était égaré. « Le Roy 
« ayant veu ce grand miracle, voulut voir le poisson duquel le saint avait coupé ce 
« morceau et alla à la fontaine, où il le vid, sans aucune blessure dans Teau; mais 
a Quelaue indiscret (que la prose, qui se chante le jour de la feste du saint, dit avoir esté 
tt de l'evesché de Léon) en coupa une pièce pourvoir s'il deviendroit entier, dont il resta 



I. 



939 ^c ^0"^ P^t ^^ cheval, 

De tout pays bonnes gens. 

940 Le rohelet aime toujours 

Son toit et le petit coin de son pays. 

941 Cent pays, — cent guises. 

Cent femmes, — cent chemises, 
Cent paroisses, — cent églises. 

942 Les messieurs de Pontivy, 

Les bourgeois du Faouet, 
Les gars de Gourin. 

943 Sot comme un Vannetais, 

Brusque comme un ComouaiUais, 
Voleur comme un Léonnais, 
Traître comme un Trégorrais. 

944 Poulain de Pontrieux. 

945 Léonard, ventre à bouillie, voleur de poisspn. 

« blessé, jusqu'à ce que saint Corentiii y vinst, qui, de sa bénédiction, le périt, et luy 
« commanda de se retirer de U, jde peur de semblable accident : à quoy il obéit. » — 
(Vie de saint Corentin, dans les vies des saints de la Bretagne Armorique, édit. de 1837, 
p. 799 et 801.) 

Le P. Maunoir auquel nous devons une vie du même saint, en vers bretons, complète 
ce récit de la manière suivante : 

laeronci cruel! A e'houdevez nicun O larcin cruel! depuis lors personne 

NUr vêlas mui rédec ebars en e feuntun. Ne le vit plus courir dans sa fontaine. 
An oU quéraU d'an den fall a oa disenoretj Tous les parents de l'homme mauvais furent 
Goapeet esiranch a casseet, scandalet, milli' déshonorés, [maudits, 

guet, Raillés d'étrange sorte et haïs, querellés. 

AbaUmwr d*an torftt en devoa bet privet En raison du fcnait qui avait privé 
Bnis eut eur miracl quer brds, ar gar zant La Bretagne d'un si grand miracte et te saint 

eus e vouet. de sa nourriture. 

(Buez sant Caurintin, Quemper, Y. J. L. Derrien, s. d., p. 9 et 10.) 



— I$2 — 

946 Panez f Paneuun ! 

Eul Léonard na zebr ira ken. 

947 Crik ! Grik ! Daoukziz > . 

948 Plougasiel lovr 2, mar kerez e vezi givelet. 

949 Boiu^h Kerneou 

Staoter en he graou. 

950 Bek meill-mz, bek sali ! 

'Re Gemperle n'zebront ira ail. 

95 1 Penn-sardinenn ar Chonkiz^ 

Penn-eog ar Chastel-Liniz^ 

Ha Penn-merluz ar Chon-BruHz. 

9J2 Kon~bridiz, traon ha krec'h, 

'Zo doganed nemetc'houec^h, 

Hag ar c^houec^h-ze e vez ivez; 
Paneved resped d*ho gragez, 

95 3 Treffiagai^ brochou laou, 

A ia d*ar mor daou-daou, 
Da glask lanvez da nea, 
Evid ober kerdenn d'ho c'hrouga. 

954 Kaper lovr y boelbublei^ 

Hen eux debret kani bara heï 
Hag eurzac'h bara draillet, 
Ha c'hoaz n'e ket hanter-garget, 
Hag e lavare he vamm : 
Klanv va Chaper, na zebr tamm. 

9 5 5 Potret Primelinn^ potret ann alc*houeZj 

Potret Kerlouan^ potret ann had panez, 
Potret Guisseniy potret ar c^hill-krok. 

956 Avel uhely avel nord 

A zigas ar pense d'ar bordy 

1. Injure fréquemment adressée aux habitants de Daoulas, dont le nom breton 
cK Daoulaziz » signifie en même temps doubles assassins. 

La légende raconte qu'un seigneur du Faou, qui s'était rendu coupable du meurtre de 
deux saints abbés, se convertit, fit pénitence et érigea, comme réparation de son crime, 
sur le lieu même où il Tavait commis, un monastère auquel on donna le nom de Mouster 
Daou-laz (le monastère des deux meurtres). 

C'est à cet établissement, d'abord sans importance, mais que remplaça plus tard une 
riche abbaye, dont les ruines pittoresques font aujourd'hui l'admiration de l'artiste et de 
l'archéologue, que la petite ville de Daoulas, chef-lieu de canton du Finistère, doit son 
origine. 

2. Plougastel-Daoulas. 



— I5Î — 
94^ Panais! Panais! 

Le seul manger du Léonnais. 

947 Paix ! Paix ! doubles assassins. 

948 Lépreux de Plougastel, on te visitera si tu veux (c.-à-d. : on 

enverra le médecin pour te soigner). 

949 Bouc de Comouaille, 

Qui pisse dans son étable. 

950 Bec de rouget, bec salé ! 

Le seul régal à Quimperlé. 

95 1 Tètes de sardine ceux de Concameau, 
Têtes de saumon ceux de Chàteaulin, 
Têtes de merlu ceux de Combrit. 

952 Les hommes de Combrit, ceux de la plaine et ceux d'en haut, 

Sont c. . . . excepté six, 
Et ces six-là le seraient aussi, 
N'était qu'on a respecté leurs femmes. 

95 ) Les gens de Treffiagat, broches à poux, 

A la mer s'en vont deux par deux, 
Cherchant de Tétoupe à tordre 
Pour faire la corde qui les pendra. 

9 $ 4 Capiste lépreux, loup affamé ' , 

Cent pains d'orge il a dévoré, 
De plus un sac de pain haché ; 
Encore n'est-il qu'à demi chargé, 
Et sa mère de s'écrier : 
Mon Capiste est malade, il ne peut rien manger. 

95 5 Gars de Primelin, les porte-clés 2, 

Gars de Kerlouan, graine de panais. 

Gars de Guissény, joueurs de perche à crochet ^ 

956 Vent d'est, vent de nord, 

Amène naufrage à la côte, 

1 . Littéralement, boyaux de loup. Le Capiste dont il est ici question est l'habitant du 
Cap-Sizun. 

2. On les appelle ainsi, parce qu'ils portent, en mémoire de saint Tujean, le saint 
Hubert de la Comouaille, une clé brodée sur leurs habits. 

Il existe à Primelin, sous Tinvocation de ce saint, une chapelle où l'on conserve dans 
un reliquaire en vermeil une clé de fer qu'on dit lui avoir appartenu et à laquelle on 
attribue la vertu de préserver ou de guérir de la rage. Le jour de la fête de saint 
Tujean, on vend aux portes de la chapelle de petites clés qui, après avoir été bénites 
par l'officiant, sont douées, assure-t-on, des mêmes propriétés. 

3. Pour tirer à sec les épaves que la tempête envoie sur leurs côtes.* 

12 



— 154 - 
Ha me araok 
Da c^hoarivafaotr^ 
Ha pa-^-^pjenn (Par grouk 
^Teuio eun tortadwar va chouk K 

957 Hevel oc* h aotrouienn tud-jentil Ploiu$kat 

'Rank chom en ho gftfele pa fresker ho dillaU 

9 5 8 Goulennit gant potret Rosko 

Pedfavenn *ia da ober nao: 

959 Potret Lokirek 

Laeron kezek. 

960 Bara kerc^h fresk amanenet 

A blij da Gintiniz meurbed. 

961 lotaerienn^ debrerienn kaol^ 

Ar Zant-Briegiz a zo holl. 

962 Fao ru hafao briz^ 

Setu briskez al Lan-Baliz, 

963 Eut maill eo eul Lan-Balad 

Evid ober kleuziou mad, 

964 Gwerliskiniz^ a ras da ras, 

Bordelerienn evel chass; 

Ar chass ez a d^ann ofern-bred 
Ha Gwerliskiniz n'eont ket. 

IL 

96 5 Personn Fors a zo biniaouer^ 

Personn Fouesnant a zo bombarder ^ 
Personn Santezr-Anna a zo danser^ 
Personn Sant-Evaruk a zo barazer^ 
Personn Benn-Odet a zo plonjer, 
Personn Ploneour a zo neuier^ 
Personn Pont-Kroaz a zo mestr skolaer^ 
Personn Douarnenez a zo pesketaer, 
Personn Sant-Vaze a zo pomper, 
Personn Sant-Kaourintin a zo kouezer^ 
Personn Ker-Feuntean a zo arer^ 

I. Devise des Paganiz, païens, nom sous lequel on désigne les habitants de la partie 
du littoral comprise entre l'Aber-Wrac'h et Tréfilez. C'est une population à part, une 
sorte de petit clan que ses traditions, ses usages et ses mœurs barbares différencient du 
reste de la BretagAe. Le Pagan appelle la mer sa pourvoyeuse, la vacbe qui met bas 



— IJ5 — 

Et moi d'aller de l'avant, 
Mon beau diable faisant; 
A la potence quand j'irais, 
Mes épaules ploieront sous le faix. 

957 Semblables aux messieurs les gentilshommes de Plouescat 
Doivent rester au lit quand on nettoie leurs vêtements. 

958 Demandez aux gens de Roscoff, 
Pour faire neuf combien de fèves il faut. 

959 Gars de Locquirec 

Voleurs de chevaux. 

960 Pain d'avoine avec beurre frais, 

C'est le plaisir des Quintinais. 

96 1 Mangeurs de bouillie et de choux, 

Ceux de Saint-Brieuc le sont tous. 

962 Fèves rouges et fèves bigarrées, 

Les abricots des Lamballais. 

96; C'est un maître que le Lamballais 

Pour faire de bonnes cl6tures. 

964 Les habitants de Guerlesquin, de race en race, 
Sont luxurieux comme des chiens ; 

Les chiens vont à la grand'messe, 
Les gens de Guerlesquin n'y vont pas. 

II. 

965 Le recteur de La Forêt est joueur de biniou, 
Celui de Fouesnant joueur de bombarde. 

Le recteur de Sainte-Anne est danseur, 

Celui de Saint-Evarzec tonnelier. 

Le recteur de Bénodet est plongeur, 

Celui de Plounéour nageur. 

Le recteur de Pont-Croix est mattre d'école. 

Celui de Douarnenez pêcheur. 

Le recteur de Saint- Mathieu est pompier^ 

Celui de Saint-Corentin buandier. 

Le recteur de Kerfeunteun est laboureur, 

pour lui, et prétend qu'elle lui doit, en tout temps, le vivre et le couvert. De là ses 
habitudes de piraterie et Pabsence de toute hésitation à s'approprier les marchandises 
provenant de bris ou naufrages qui attérissent sur ses grèves, si le sabre du douanier ou 
du gendarme ne vient pas contrarier ses projets. 



- is6- 

Personn Erc^hie-^Vras a zo falc^her^ 
Personn Erc^hie^Vihan a zo minuzer^ 
Personn Lok-Ronan a zo gwiader^ 
Personn Pleben a zo masoner^ 
Personn Foudlou a zo pUlaouer, 
Personn Lok-Kevret a zo stouper^ 
Personn Plonevez a zo boataouer^ 
Personn Korre a zo boser, 
Personn Torc^h a zo krampoezer^ 
Personn Elliant a zo millioner^ 
Personn Sant-Divi a zo marrer, 
Personn Skaer a zo gourenner^ 
Personn Rosporden a zo toker^ 
Personn Kernevel a zo kemener, 
Personn Banalek a zo galouper^ 
Personn Melgven a zo fougeer, 
Personn Beuek a zo lanner, 
Personn Konk-Kerne a zo bager, 
Personn Lan-Riek a zo morer, 
Personn Tregunk a zo piker, 
Personn Kemperle a zo kivijer, 
Personn Nevet a zo boulanjer^ 
Personn Pond-Aen a zo miliner ' . 

966 Kkier Sant-Iann-Voug a lavar : 

Keraniz! Keraniz! 
Laeroun tout ! Laeroun tout ! 
Kleier Sant-Iann-Keran a sespount : 
Ar pez ma-z-omp^ ez omp ! 
Ar pez ma-z-omp^ ez omp ! 
Kleier Logoman a lavar ive : 

Merc'hed brao 'zo^n Logoman ! 
Merc^hed brao 'zo'n Logoman ! 
Kleier Fouesnant a respount : 
Gisti holl ! 
Gisti holl ! 
Kleier Fors a lavar oc'h-penn : 



I . Pris isolément, chaque vers de cette petite pièce, qui n'est autre qu'une chanson de 
danse, représente un dicton dont Tusage est journalier pour caractériser, dans la 
personne ae leurs recteurs ou curés, les principales paroisses de la Comouaille. Brizeux 



— 157 — 
Celui du Grand-Ergué faucheur. 
Le recteur du Petit*Ergué est menuisier, 
Celui de Loc-Renan tisserand. 
Le recteur de Pleyben est maçon, 
Celui de la Feuillée chiffonnier. 
Le recteur de Loqueffret est marchand d'étoupe, 
Celui de Plonevez sabotier. 
Le recteur de Coray est boucher, 
Celui de Tourc'h crêpier. 
Le recteur d'Elliant est millionnaire^ 
Celui de Saint-Divy écobueur. 
Le recteur de Scaêr est lutteur, 
Celui de Rosporden chapelier. 
Le recteur de Kemevel est tailleur, 
Celui de Bannalec coureur d'aventures. 
Le recteur de Melgven est fanfaron. 
Celui de Beuzec coupeur d'ajoncs. 
Le recteur de Concarneau est constructeur de barques, 
Celui de Lanriec marinier. 
Le recteur de Trégunc est piqueur de pierres, 
Celui de Quimperlé tanneur. 
Le recteur de Nevet est boulanger^ 
Celui de Pont-Aven meunier. 

966 Les cloches de Saint-Jean-Saint-Vougay disent : 

Keraniens ! Keraniens ! 

Tous fripons ! Tous fripons ! 
Celles de Saint-Jean-Keran répondent : 
Ce que nous sommes, nous le sommes ! 
Ce que nous sommes, nous le sommes ! 
Les cloches de Logoman disent aussi : 
Il y a de belles filles à Logoman ! 
Il y a de belles filles à Logoman ! 
Les cloches de Fouesnant répondent : 

Toutes ribaudes ! 

Toutes ribaudes ! 
Celles de la Forêt ajoutent : 



en a publié quelques fragments, à tort, je crois, sous forme de triade. La version que je 
donne ici, et qui offre d'assez grandes différences avec la sienne, m'a été diaée, le 17 
mai 1868, par lann Floc'h, fossoyeur de la paroisse de Beuzec-Conq. 



- 158- 

Evel 'ma 'maint^ emaint ! 
Evel 'ma 'maint^ emaint! 

967 C'houez ann the hag ar c'bafe 

A zo gant merc'hed Landerne; 
Chouez ann thin hag ar roz gwenn 
A zo gant merc'hed Lesneven; 
Chouez ar bezin hag ar brug 

A zo gant merc'hed Terrug; 
Chouez ar bezin hag ar mor 
A zo gant merc'hed ann Arvor; 
Chouez ar paotr hag ar potans 
A zogant merc'hed Rekouvrans^. 

IIL 

968 Kastel 

Santelj 
Kemper 
Argaer^ 
Oriant 
Ar goant, 

969 Lan-Baol ar c'herniel^ 

Sant Thegonek ar bombansou^ 
Gimilio ar ga^all deodouy 
Plouneour baour^ Komana gaeZy 
E Pleber-Krist ema ar fur nez. 

970 Bars eparrez Plougraz 

E kignerlost ar c'haz. 

97 1 Da veneziou Skrignak 

E keser ann diaoul da grignat, 

c^yz Ebarz e Trogeri 

Eman bro ar babi, 

973 E Gwiskrif^ war veg eur bal, 

N'euz nemet rogn^ laou ha gai; 
E Skaer^ war veg eur brank^ 
N'euz nemet aour hag argant. 

I . Les variations brodées sur ce thème sont innombrables, et il n'est si maigre village 
de Bretagne qui n'y trouve place. Comme les détails qu'elles renferment ne présentent en 
général que peu d'intérêt, et que l'on y sacrifie trop souvent à la rime le bon sens ou la 
vérité, je crois devoir m'arréter à ce spécimen^ en le complétant par les deux distiques 
suivants, recueillis dans le pays de Tréguier par M. E. Ernault, qui a bien voulu me les 



— M9 — 
Comme elles sont, elles sont ! 
Comme elles sont, elles sont ! 

967 Qui sent le thé et le café ? 

Ce sont les filles de Landemeau. 

Qui sent le thym et les roses blanches ? 

Ce sont les filles de Lesneven. 

Qui sent le varech et la bruyère ? 

Ce sont les filles de Telgruc. 

Qui sent le varech et la mer ? 

Ce sont les filles de l'Arvor, 

Qui sent les gars et la potence P 

Ce sont les filles de Recouvrance. 

m. 

968 Saint-Pol 

La sainte, 
Quimper 
La belle, 
Lorient 
La jolie. 

969 A Lampaul les cornes, 

A Saint-Thégonec les bombances, 
A Guimilliau les mauvaises langues, 
Plonéour la pauvre, — Commana la misérable, 
A Pleyber-Christ est la sagesse. 

970 Dans la paroisse de Plougras^ 

On écorche la queue des chats. 

97 1 Aux montagnes de Scrignac, 

On envoie grignoter le diable. 

972 C^est à Troguéry 

Qu'est le pays des guignes. 

973 A Guiscrif, sur la pointe d'une bêche, 

Il n'y a que rogue, poux et gale; 

A Scaër, sur la pointe d'une branche. 
Il n'y a qu'or et argent. 

communiquer, et que je traduis littéralement : 

Chouez pomad ha roz Odeur de pommade et de roses 

A zo gant merc'hed Perroz. Est avec les filles de Perros. 

Chouez ar pesked en ho sac*h Odeur des poissons (qui sont) dans leur sac 

A zo gant merc*hed Ploumanac'h, Est avec les filles de Ploumanac'h. 



— i6o — 

974 Pignet tr wenn, torret ho kouk^ 

Gant men Koadri ne vo ket drouk K 

975 E Landudal n'allumer ket 

A ^houlou koar en ofern-bred : 

Ar mel a lipompy 

Ar (^hoar a werzomp. 
En hostaliri ieont gan-eomp, 

976 AotrovL Doue ! Itron Gwerc'hez! 

Deud e *nn diaoul bras en enez^ 
Da eo klask'r banniel hag ar groez, 
Evit klass 'nn diaoul bras er^mez. 

977 Er barrez vras Tregarantek 

Ez eo mad anavezet 

Triouetfh ozac'h ha trioue(^h greg^ 
Plac'h ar personn d'ann ugentved. 

978 E Landevenek 

Peder maouez evit eur givennek. 
Ann hini chom da varc'hata 

H en deuz evit netra^ 
Hag ann hini a ta d'ar iaou 
A gav leiz ar c^hraou, 

979 Eur pok Spagn hen deuz roet d'ezhi. 

980 Livirit : sa I 

Livirit : dia ! 

Troït krenny troïî sounn. 
Gant peb hent ez eot da Roum, 

IV. 

981 Er barrez a Daole, être ann daou drez^ 
Ema ar brava brezoneg a zo e Breiz. 

982 E Breiz na 'z euz nemet daou eskopti 
E père na c'houezer prezegi. 

I. Emprunté à un cantique populaire, ce dicton^ plus malicieux peut-être que naïf, 
renferme un double sens qui lui permet de ne jamais mentir. 

Les pierres de Coatdry sont des staurotides croisées. Elles doivent leur nom à un petit 
ruisseau, affluent de TAven, qui coule près de Scaer^ et où on les trouve en assez grande 
quantité. Les mendiants les vendent, dans toute la Cornouaille, comme talismans contre 
la foudre, la rage, les fraaures et les maux d'yeux. Si vous leur demandez pourquoi ces 

fûerres sont marquées au signe de la croix, ils vous raconteront qu'il y a longtemps, 
ongjtemps, un prince païen ayant détruit la croix de la chapelle de Coatdry, Dieu mit 
aussitôt Temblème de la rédemption aux pierres du ruisseau voisin, pour le confondre et 
faire éclater sa puissance. 



— i6i — 

974 Montez dans un arbre^ cassez-vous le cou,. 
Avec pierre de Coatdry mal n'y aura. 

975 A Landudal on n'allume pas 

De cierges à la grand'messe : 

Le miel, nous le léchons, 
La cire, nous la vendons, 
A l'auberge le tout nous portons. 

976 Seigneur Dieu ! Dame la Vierge ! 

Le grand diable est venu dans 111e. 
Il faut aller quérir bannière et croix 

Pour chasser de chez nous le grand diable >. 

977 Dans la grande paroisse de Trégarantec, 

C'est chose bien connue 

Qu'il 7 a dix-huit hommes et dix-huit femmes, 
La servante du curé faisant la vingtième. 

978 A Landévénec, 

Quatre femmes pour un sou. 
Qui reste à marchander 

Les a pour rien, 
Et qui arrive le jeudi 
En trouve à pleine étable. 

979 Baiser d'Espagne il lui a donné >. 

980 Dites : ça! 

Dites : dia ! 

Tournez court, tournez sur place, 
Tout chemin à Rome vous mènera. 

IV. 

981 Dans la paroisse de Taulé, entre les deux grèves. 
Est le meilleur breton parlé en Bretagne. 

982 En Bretagne, il n'y a que deux évèchés 

Où l'on ne sache prêchera 

1. C'est ainsi que se traduit, au dire des gens de Pont-L'abbé, i'ébahissement de leurs 
fOisîos de l'Ile TiMty, quand une personne étrangère à la paroisse vient à passer devant 
leuri portes. 

2. An propre : il a rendu cette fille mère. Cette expression, encore en usage dans 
anelques cantons de l'arrondissement de Châteaulin, me semble un souvenir de l'occupation 
au pays, au temps de la Ligue, par les troupes espagnoles de D. Praxède ou de D. Juan 
d'Aquila. 

3. Lev évéchés de Nantes et de Rennes où l'on parle français. ' 



— l62 — 

98 j Brezounek Léon ha gallek Gwened. 

984 Gwella gallek 

Gallek Gwened, 

985 don ha oui ^ 

Setu gallek ann ti. 

986 Koms brezounek evel eur personn ^ 

V. 

987 Menez Ane kein Breiz. 

988 Kompeza Brasparz^ 

Diveina Berrieny 
Diradenna Plouiey 

Tri zra impossubl da Zoue, 

989 Siiz mil seiz kant seiz ugent ha seiz sant 

A zo diskennet e Kersant^ 
Hag hoU int eatda Lan^Riyoare, 
Nemet arpaour kez sant André 

Hag a oa kamm^ 
Hag a choumas e Sant-Iann *. 

990 Ann nep eut a Landerne a ia da Lesneven, 

A bar al loar war he zalben, 

99 1 Etre ar Faou ha Landerne 

Wemoc^h nag e Léon nag e Kerne, 

992 Pa veut war bont Landerne^ 

Fri Léonard^ reor Kerne. 

99 j Ma vankfe chausser a Vrezall^ 

Landerneïz, pakit ho stall. 

994 Mor Kerne a zo peskeduzj 

Douar Léon a zo eduz, 

995 Abaoue beuzet Ker-Is 

N'euz ket kavet par da Baris. 




)reimer8 temps de la 
prédication de l'évangile en Armorique, les hâbiunts'de la terre âe saint Riyoaré, nou- 
vellement convertis, auraient été massacrés au nombre de 7,847 par une peuplade voSsine 
restée païenne. 

On montre au bourg de Lanrivoaré un cimetière distinct de celui de la paroisse, oà 
l'on assure que ces martjrrs ont été inhumés. Les pèlerins nombreux qui se rendent â ce 
sanctuaire funèbre, le troisième dimanche d'octobre, seul jour de Tannée où il soit permis 



- i6î - 
98} Breton de Léon et français de Vannes. 

984 Le meilleur français 

Le français de Vannes. 

985 Non et oui, 

C'est tout le français de la maison. 

986 Parler breton comme un curé. 



987 Montagnes d'Arré dos de la Bretagne. 

988 Aplanir Braspars, 

Epierrer Berrien, 

Arracher la fougère de Plouyé, 
Trois choses impossibles à Dieu. 

989 Sept mille sept cent sept vingt et sept saints 

Sont descendus à Kersaint, 
Et tous sont allés â Lanrivoaré, 
Excepté le pauvre cher saint André 

Qui boiteux était 
Et à Saint-Jean est resté. 

990 Si de Landemeau vous allez à Lesneven, 

La lune brille sûr votre derrière. 

991 Entre Le Faou et Landemeau 
Vous n'êtes ni en Léon ni en Comouaille. 

992 Etes-vous sur le pont de Landemeau 

Votre nez est léonnais, votre derrière comouaillais. 

99$ Si la chaussée de Brézall vient à manquer, 

Gens de Landemeau, faites vos paquets. 

994 La mer de Cornouaille est poissonneuse, 

La terre de Léon abonde en blé. 

99 j Depuis la submersion d'Is 

On n'a trouvé l'égal de Paris > . 



de le visiter, en font le tour sur les genoux et regarderaient comme une profanation d'y 
entrer sans être déchaussés. 

r. La YÎtte d'is, dont la fable de la submersion, commune à plusieurs pays, n'est qu'une 
variante de l'histoire de la destruction de Sodome, était, d'après la légende bretonne, une 
vaste et riche cité, si commerçante et si merveilleusement belle, que l'on crut ne pouvoir 
faire dIus d'honneur â la vieille Lutèce que de lui donner le nom de Par-ls^ c'est-à-dire 
pareille ou égale à Is. 



— 164 — 

996 Paris 

Par-Is. 

997 Pa ziveuzo Is 

E veuzo Paris. 



99g Setz mantel skarkk ha triugentf hep henvel ar re-dl, 

* A zeue eux ar ger a Is d'ann offerenn da Lauval. 

999 Ne dremenas den ar Raz 

N'hen divije aoun pe c'hlaz. 

1 000 Va DoiUy va diwallit da dremen Beg ar Raz, 
Rag va lestr 'zo bihan hag ho mor a zo braz. 



DIVEZ. 



- i65 - 

996 Paris 

Pareil à Is. 

997 Quand des flots Is émergera 

Paris submergé sera, 

998 Soixante-sept manteaux d'écarlate, sans parler des autres, 
Allaient de la ville d'Is à la messe à Lauval >. 

999 Homme n'a passé le Raz 

Sans frayeur ou sans mal. 

1000 Mon Dieu, protégez-moi au passage du Bec-du-Raz, 
Car ma barque est petite et votre mer est grande. 



I. Dans une prairie voisine du village de Lauval, situé au sud de la baie des 
Trépassés, se trouvent des substructions que les gens du pays prétendent être les ruines 
d'une chapelle qui aurait été une dépendance d'Is. 



FIN. 



k 



CORRIGENDA ET ADDENDA. 











BRETON. 








No 23, 


page 6, 


lign 


«2, 


au lieu de eur traïtour. 


lisez eun traïtour 


65, 


— 12, 


— 


*> 


— 


anezhi. 


— 


anezhan. 


, 67, 


— »2, 


— 


*> 


— 


tri beg, 


— 


tri veg. 


»M, 


— 20, 


— 


* , 


— 


awal'ch, 


— 


awalc'h. 


138, 


— 22, 


— 


* » 


— 


he si, 


— 


he zi. 


139, 


— 22, 


— 


*i 


— 


eur si. 


— 


eur zi. 


149 (note), 


— 24, 


— 


6, 


— 


mungna. 


— 


muingna. 


201, 


— 30, 


— 


2, 


— 


torchenn. 


— 


dorchenn. 


242, 


- 38, 


— 


2, 


— - 


re druz. 


— 


re zruz. 


433, 


- 68, 


— 


'ï 


— 


a. bred, 


— 


abred. 


460, 


— 70, 


— 


^ 


— 


tri, 


— 


teir. 


469, 


— 72, 


— 


4> 


— 


ouch. 


— 


ouc'h. 


646, 


- 92, 


— 


^f 


— 


triheol, 


— 


tri heol. 


679, 


— 100, 


— 


'> 


— 


chouel, 


— 


c'houel, 


702, 


— 102, 


— 


', 


— 


chouel, 


— 


c'houel. 


736, 


— 108, 


— 


2, 


— 


e teui, 


— 


e teuio. 


826, 


— 120, 


— 


'1 


V 


vanhas, 


— 


vankas. 


842, 


-126, 


— 


^f 


— 


hen hem. 


— 


hen em. 


908, 


— Ï40, 


— 


h 


— 


drei, 


— 


zeiz. 


id., 


- id., 


-- 


6 et 


7, — 


bevar. 


— 


beder. 


id., 


- id., 


— 


7, 




tri. 


— 


deir. 


id., 


- id., 


— 


8, 


— 


dri, 


— 


deir. 


id., 


- id.. 


— 


Set 


9, — 


zaou, 


— 


ziou. 


932, 


— «44, 


— 


I, 


— 


keuta. 


^ 


kenta. 


933, 


— »44, 


— 


», 


— 


Pa V oc'h. 


— 


Pa 'z oc'h. 


94 S (note), 


— »Si, 


— 


Ï2, 


— 


ar gar zant, 


— 


ag ar zant. 


946, 


— IS2, 


— 


», 


— 


Panezeun, 


— 


Panezenn. 


956, 


— i$4, 


— 


3, 


— 


apjenn, 


— 


ajenn. 


966, 


— «S6, 


— 


4, 


— 


a sespount. 


— 


a respount. 


976, 


— 160, 


— 


4, 


— 


klass, 


— 


kass. 



— i68 — 

FRANÇAIS. 

Page 2. Ajouter à la notice bibliographique , tenant lieu de préface : 
L'auteur de ce dernier ouvrage avait donné précédemment une trentaine de 
sentences populaires, dans un volume de conversations bretonnes et françaises, 
Divizou galUk ha brezonek/in-iS^ Saint-Brieuc, Prud'homme, 1857. Pendant 
que s'imprimaient les dernières feuilles des Lavarou KoZy le même lexicographe a 
fait paraître un dictionnaire bretonrfrançais^ i vol. in-8<», Brest, J.-B. et A. Le-* 
fournier, 1876^ à la suite duquel se trouve un recueil dé^ proverbes assez étendu. 
Il est regrettable que M. Troude n'ait pas cru devoir établir de distinction ehtre 
les textes appartenant réellement à la tradition vivante, et ceux, non moins 
nombreux, que son travail a de communs avec le livre de M. G. Milin, — 
Furmz ar Geiz euz a Vrdz, — où ifs sont présentés comme de simples traduc- 
tions. 

Quelques proverbes ayant un parfum de terroir bien accusé se rencontrent 
aussi dans le Svpplitpcnt aux dictionnaires bretonSy de M. Tabbé Rondaut, 
Landemeau^ p.-B. Desmoulins, 1872, in-4*. — Enfin, une nouvelle édition des 
œuvres de Bf iieux, publiée en 1 874, à Paris, chez Lemerre, contient égale- 
ment le l'ecueil de Furncz Bràz (Tome I, p. 17$). 

iV* 33, page 9. Le véritable sens de ce proverbe est : A ne rien faire, bras 
ne se casse. 

A^* 82, page 1 5, ligne 2, au lieu de seigle à pleins sacs, lisez seigle par touffes. 
(C.-à-d. Si vous n'étendez pas le fumier, le seigle poussera inégalement, dm 
par endroits, rare et maigre ailleurs.) 

N* 484, page 79. Dans quelques localités, ce dicton s'interprète ainsi : 

Quand vient Jean, 
Vient sa bande. 

N' s8o, page 87. Cette locution s'emploie plus généralement en parlant d'un 
homme riche, et correspond à l'expression française im'ur de grandes ressouras, 

N* $83, page 87, ajouter en note : Se dit des thésauriseurs qui, de temps à 
autre, se plaisent à contempler leur argent, en le faisant miroiter au soleil. 

N^ SSjjpage 103, au liea de neige de derrière, vent de nord-est, lisez neige 
de sud, pluie de nord-est. 

No 933 (note), page 145, ligne }^ au lieu de Guitar, lisez Guitur. 



Imprimerie Gouverneur, G. Daupeley à Nogent-le-Rotrou.