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Full text of "Purén indómito : poema"

PUREN INDÓMITO 



í> O E IM A 

POR 

£L CAPITÁN 



FERNANDO^LVAREZ DE TOLEDg 

PUBLICADO BAJO LA DIRECCIÓN 
DE 

DON DIEGO BARROS ARANA 



LEIPZIG 

A. FRA^CK'SOHE VERLAGS-BLCHHANDLING 

(ALB. L. HEROLD) 

1862 

Librairie A. Franck, 67 me ile Richelieu Paris 



F 

SOCf/ 

Ahí 



Malgré les recherches que nous avons faites dans les 
archives des Indes déposées á Séville et dans les plus 
riches bibliothéques , nous n'avons pu obtenir que tres 
peu de renseig-nements biographiques sur Fernando 
Alvarez de Toledo, auteur du poéme: Puren Indómito. 

Le pére Alonso de Ovalle dans sa relation du royaume 
du Chili imprimée á Rome en 1G4G, cite ce poeme comme 
une autorité historique. 11 ajoute que Fernando de Toledo 
était originaire de l'Andalousie, qu'il prit part á la guerre 
qu'il a chantée, s'y distingua par sa valeur et y acquit 
le grade de capitaine. 

Ceux-lá se tromperaient en eíFet qui croiraient 
trouTer dans le Puren indómito les qualités d'une épopée. 
Ce n est point un poéme selon les regles de l'art. C'est 
riiistoire des soldats Espagnols qui firent la conquéte 
du Chiii, l'histoire racontée par un de ees mémes soldats, 
l'histoire écrite en strophes prosaiques et avec plus de 
vérité que la plupart des chroniques de cette époque. 
L'auteur n'avait point assez d'imagination pour creer 
des personnages fantastiques, inventer des amours ro- 
manesques et des scénes fabuleuses. Kous devons nous 
en íeliciter puisque nous y gagnons un récit fidéle. 

La conquéte du Chili, et les guerres des Espagnols 
contre les Araucaniens ont été célébrées par cinq poémes 
Espagnols, et par un grand nombre de piéces de théatre. 
Quoi de plus poétique que Théroisme ayec lequel les 



VI 



peuplades barbares défendaient leur indépendance, les 
actes de courage de cette petite troupe d'Indiens en 
lutte avec les conquérants d'un nouveau monde. Vaincus 
plusieurs fois, les Araucaniens ne furent pas longtemps 
subjugués. Bientót on les yit se lever hardiment et 
recommencer la guerre avec une nouvelle ardeur. 

C'est un de ees soulévements qui a donné á Alvarez 
de Toledo l'idée de son poéme. Les Araucaniens ayant 
surpris le campement du Président du Chili Don Martin 
García de Loyola, tué ce chef et la majeure partie de 
ses compagnons, de ce dranie sanglant resulta une guerre 
qui dura longtemps. 

Alvarez de Toledo, tient compte de tout dans ses 
vers, méme de la chronologie et dans le premier chant 
de son poéme il indique Tannée, le mois, le jour 
(22 De'cenibre 1598) oú éclata ce desastre. La commence 
son oeuvre dans laquelle il racontera la destruction des 
villes élevées par les Espagnols sur le territoire arau- 
canien. 

Les chroniqueus n'ont vu dans ees guerres que 
l'ardeur des combattants et les diverses péripéties des 
batailles. lis n'ont point cherché á reconnaitre la cause 
morale de cette longue lutte. Mais Alvarez de Toledo 
l'a cherchée comme il le dit lui méme á la fin de son 
6^ chant et l'a clairement expliquée. 

A chaqué instant dans le cours de son récit, il 
moralise; á chaqué instant, il sígnale la corruption des 
colons Espagnols, les cruautés exercées par eux sur les 
Indiens et l'exaspération de cette malheureuse peuplade 
indigéne obligée de combatiré sans cesse contre ceux 
qui envahissaient son domaine. 

On verra á la page 48 du livre d' Alvarez de Toledo 
un discours qui nous oífre d'excellentes notions sur 
Tétat moral de la colonie. Dans d'autres discours, 
l'observateur le moins expérim^enté saura découvrir plus 
d'un renseignement utile, en méme qu'il excusera les 
efforts que le poete est obligé de faire quand il veut 
produire quelque chose de son imagination. Ainsi dans 



VII 



le 10® chant l'indien Anganaman adresse á ses com- 
pagnons une harangue composée toute entiére de citations 
empruntées aux historiens de Tantiquité. 

Ainsi que nous Tavons dit, ce n'est point par les 
qualités littéraires que le poéme d'Alvarez de Toledo 
mérite notre attention. II ne faut y chercher ni une 
riche et harmonieuse versification, ni des conceptions 
élevées, ni des fictions agréables ou originales. C'est 
son caractére historique qui lui donne une valeur par- 
ticuliére. La plupart des poemes relatifs a la conquéte 
de TAmérique, quoique tres iníerieurs á celui-ci ont été 
publiés plusieurs fois et sont encoré tres recherchés des 
érudits. 

L'Araucana de Santisteban Orsorio qui n'est qu'une 
chétive rapsodie, et une píate continuation du célebre 
poéme d'Ercilla a eu l'honneui' d'étre trois fois imprimée, 
et pourtant le iecteur n'y trouvera ni de bons vers, ni 
une lecon d'histoire. 

El Furen Indómito de Alvarez de Toledo, inconnu 
jusqu'á présent vaut mieux, nous le répétons, pour le 
fonds, comme pour la forme que le plus grand nombre 
de ees poemes. 

Composé par un soldat obscur dans un pays qui 
neut que deux siécles plus tard des imprimeries, ce 
poéme na été connu que de quelques curieux. Nous 
avons dit que le pére Ovalle le cite comme une autorité 
historique. II ajoute que le pére Diego Rosales, auteur 
d'une Yolumineuse histoire du Chili écrite dans la seconde 
moitié du 17® siécle et encoré inédito, a suíyí page par page 
le récit d'Alvarez de Toledo, et lui a méme emprunté 
la relation des présagos et des miracles qui annoncérent 
la mort de Loyola. Plus tard le savant Gonzalos Barcia, 
dans son édition de la Bibliottiéque oriéntale et occiden- 
tale du licencié Antonio de Léon Pinelo, cite le Puren in- 
dómito dans le chapitre consacré aux historiens du 
Chili. Depuis cette époque, l'oeuvre d'Alvarez de Toledo 
n'a plus été citée ni employée par les historiens mo- 
dernos. 



VIII 



Xous la croyions perdue comme tant d'autres clocii- 
ments relatifs á rAmérique lorsque par im heureiix 
hasard nous en avons découvert dans la bibliothéque 
de Madrid une copie faite sur un manuscrit qui nous 
semble original. ííous avons remarqué qu'il y manque 
quelques octaves au commencement de plusieurs chants, 
mais bientót nous avons reconnu que cette lacune n'a 
nulle importance, car ees octaves ne sont que de vagues 
préliminaires qui ne tiennent point á la relation historique. 

Depuis longtemps nous avions formé le projet de 
publier ce poéme comme une oeuvre utile pour l'étude 
de l'histoire de TAmérique. Aujourd'hui nous nous 
réjouissons d'accomplir notre voeu, et nous faisons de 
l'oeuvre d'Alvarez le premier tome de la Bibliothéque 
Américaine. 



Canto I. 



El gobernador de Chile don Martin Oñez de Loyola se hallaba en 
la ciudad de la Imperial cuando supo que los indios de Ongol se 
hablan sublevado y dado muerte a dos soldados españoles del fuerte 
de este nombre. Eesuelve salir a castigarlos , pero los indios tienen 
noticia de sus propósitos y espían sus movimientos. Presajios celestes 
que anunciaron su muerte en Chillan. El gobernador siguió su marcha 
hasta Curazaba, donde fué sorprendido por el ejército araucano. 



En la Imperial ciudad Loyola estaba 
Con su gallarda gente apercibida 
Para salir al punto que aguardaba 
Contra la fuerza idólatra crecida; 
Estando en esto nueva le llegaba, 
Que fué para su gusto desabrida, 
De como Longotoro se habia alzado, 
Y a dos soldados nuestros degollado. 



Que sin recato ni orden se salieron 
De su presidio fuerte desmandados; 
A ciertos frutillares cerca fueron 
Solo a cojer frutilla descuidados: 
Unos indios amigos que los vieron 
Sin recelo ninguno y desarmados 
Las cabezas a entrambos les cortaron 
Y con esta ocasión se rebelaron. 

1 



El capitán Vallejo envió el aviso 
Con amplia relación de todo el caso 
Pidiéndole con ella que al proviso 
A reparar el daño tienda el paso: 
La estafeta intiel primero quiso 
Torcer la recta via, y dar de paso 
A los purenes bélicos la nueva 
De la embajada que Loyola lleva. 



Son los purenes gente belicosa 

Y cabeza de todos los chilcanos; 
En una gran laguna cenagosa 
Viven toda cercada de pantanos: 
Han gozado de vida licenciosa 

Sin haber tributado a los hispanos ; 
Arauco j Tucapel se les sujetan, 

Y las demás provincias les respetan. 



Navalburí es el nombre o apellido 
Del bárbaro que fué con el mensaje 
Hombre de gravedad^ por tal tenido^ 
Y en Molchen respetado su linaje : 
En la escuela de Marte preferido^ 
Valiente capitán, gran personaje, 
Sabio, discreto, astuto y belicoso 
Cauto de trato, doble y cauteloso. 



Esta gente, señor, es novelera; 

La ocasión no la sueltan de la mano; 

Fclcilmente abatiéndola se altera 

Y mas con la cabeza de un hispano: 

Muestra sernos amiga en lo de afuera 

Pero no tiene dentro el pecho sano 

Colmado sí de fraudes y novelas. 

De traiciones, engaños y cautelas. 



3 



Pues con las dos cabezas de cristianos 
En secreto trataron juntos luego 
De tomar todos armas en las manos 

Y al español no dar jamas sosiego : 
No fueron sus intentos al lin vanos^ 
Que de aquesta centella prendió el fuego 
Que después encendió toda la tierra^ 

Y en sus ardientes ánimos la guerra. 



Porque Navalburí se fué derecho 

A Puren, á tratar con Palantaro 

De lo que en Longotoro se liabia hechO; 

Y que esperaban de él favor y amparo : 

Un concierto qued() entre los dos hecho 

Que fuese cada cual amigo caro 

De su patria^ y sus gentes se juntasen 

Para que libertarla procurasen. 



Ordenaron también que se fíciese 
Un» ejército grueso y se aguardase 
A i[ue el gobernador solo viniese^ 
Y por sus propios términos pasase : 
Para que con esfuerzo combatiese 
Con el suyO; y la vida le quitase^ 
Haciendo a fuego y sangre después guerra, 
Hasta echar los hispanos de su tierra. 



Fuese Navalburí en tratando aquesto, 
A llevarle a Loyola la embajada, 
Otro dia llegó temprano al puesto 
Adonde la Imperial está fundada: 
Anduvo tan sagaz, astuto y presto 
Que la traición que atrás dejó tramada, 
Vino a salir con ella tan al justo 
Que salió a la medida de su gusto. 

1* 



Dióle aviso razón y larga cuenta 
De cuanto el enemigo iba ordenando, 

Y como los caciques de mas cuenta 
Andan el reino todo alborotando : 

Y que otra cosa alguna no se cuenta 
En todo cuanto estaban practicando 
Sino es del general levantamiento 

En quien ponen el blanco de su intento. 



Pero antes que el fuego mas se encienda 

Ir a apagarle apriesa le conviene 

Que cuando su llegada alguno entienda 

Mudará del propósito que tiene: 

Así pues que no hay nadie que le ofenda 

Ni el enemigo gente junta tiene, 

Que con cualquiera suya bien podia 

Partirse para Ongol el mismo dia. 



Cuando tuvo la tela en tan buen punto, 
Del capitán de Ongol le dio la carta, 
En la cual le avisaba el mismo asunto 
Y que luego importaba que se parta: 
Mandó el gobernador al mismo punto 
Que en dos partes su ejército se parta. 
La parte que con él fué es de cincuenta, 
De buenas partes todos y de cuenta. 



El número entendió ser suficiente 
Para pasar con él a la lijera, 
Asi mandó que el resto de la gente 
Quede con Pedro de Olmos de Aguilera: 
También dejó ordenado á Andrés Valiente, 
A cuyo cargo estaba esta frontera. 
Que en pasando seis dias despachase 
La gente con la escolta que llegase. 



El tiempo fácilmente nos engaña, 

Y así quien sin cimientos edifica 
No veréis que jamas se desengaña 
Si máquinas fantásticas fabrica: 
La mucha diligencia a veces daña 
OtraS; la dilación nos perjudica, 

A su tiempo son buenas las espuelas 

Y al suyo provechosas las pihuelas. 



Que si al tiempo Loyola no creyera, 
Ni de él tan fácilmente se fiara, 
Quizá pudiera ser no se perdiera 
Ki a Chile tan perdido nos dejara: 
Mas él va ya piasando su carrera, 
La cual pluguiera a Dios no la empezara: 
Habréme de ir tras él, que me es forzoso 
Apresurar mi paso vagoroso. 



Salió de la ciudad y fué a alojarse 

A Pailachaca, que es de allí una legua, 

De do Navalburí quiso apartarse 

Y tomar el camino de Maquegua: 
Que quiso de los nuestros desviarse, 

Y a Puren despachar a Millategua 
Al cual le despachó con nueva cierta 
De que Loyola va y estén alerta. 



Ya estaban los purenes aguardando 
Gon seiscientos de guerra en el camino, 
Y de emboscarse todos ordenando 
En un espeso monte convecino: 
Millategua llegó, y les dijo: — "Cuando 
El rutilante Febo cristalino 
Adorne el horizonte de arreboles. 
Entonces partirán los españoles. 



"De la Imjoerial salieron ayer tarde 
Todos con buenas armas j caballos^ 
En Pailachaca hicieron un alarde 
Que gran temor me dio solo en mirallos; 
No sé que gente habrá que les aguarde, 
Ni en batallas se atrevan a esperallos; 
Cincuenta son con cuatro capitanes 
Bizarros, fuertes, bravos y galanes. 



"Aquestos solos son los que sustentan 
El insufrible peso de la guerra, 
Y los que en ella mas nos atormentan 
Sembrando de cadáveres la tierra: 
De nuestro sudor solo se alimentan 
Siguiéndonos en llano, monte, y sierra. 
Así con todas veras procuremos 
Que de tantos agravios nos venguemos. 



"Que si a todos aquestos degollamos 
Quedará nuestra patria redimida, 

Y nuestra libertad reconquistamos 
Que de ellos tanto tiempo es oprimida: 
Los hijos y mujeres rescatamos. 
Gozaremos de larga y quieta A'ida, 
Librándonos de aquesta trabajosa 

Y de gente a nosotros tan odiosa. 



"Despáchense mañana corredores 

Que vayan descubriendo por la cumbre, 

En ágiles caballos voladores 

Y a do se alojen traigan certidumbre: 
Que cuando esconda el sol sus resplandores 

Y lleve a los antípodas su lumbre, 
Les quitaremos todos los caballos 
Para poder mejor desbaratallos." 



Cerca de la quebrada de la Leña 
Mandaron emboscar luego un espía 
Con orden de que hiciera cierta seña 
8i a la española gente venir via: 
Mas cuando descubrió su crespa greña 
El déllico zagal^ autor del dia, 
Loyola tendió el paso de tal suerte 
Que se acercó al horrendo de la muerte. 



Partióse lúneS; dia señalado 

Del incrédulo santo j benemérito^ 

El que metió la mano en el costado 

Del maestro a quien antes no dio crédito 

Solemne y santo dia^, mas desdichado 

Para Loyola de tal daño inmérito^ 

Al fin del año fué^ y con él se cuenta 

Mil y quinientos ocho con noventa. 



Aqueste mismo dia claro vieron 
De Chillan una nube en el ocaso : 
Personas de gran crédito estuvieron 
A verla estando el cielo limpio y raso: 
Ni género de viento no sintieron 
Y no soplar alguno hizo al caso^ 
Para verse mejor la veloz nube 
Que unas veces se baja y otras sube. 



Vueltas daba también á la redonda 

Como suele un espeso remolino^ 

Ya se ponia larga^ ya redonda 

Con mas velocidad que el torbellino : 

Alargóse después mas que una sonda 

Y^ a partirse por medio a la fin vino ; 

De la parte derecha vi formarse 

Un escuadrón de gente y todo armarse. 



Claro se vieron picas y macanas 
En iguales hileras todas puestas, 
Lanzas, dardos, gorguees, partesanas, 
Arcos, flechas, arpones, j ballestas: 
No son patrañas ni ficciones vanas 
Ni fábulas poéticas compuestas. 
Que yo lo vi, señor, muy claramente 
Y en otras muchas partes mucha gente. 



De la otra mitad al mismo instante 
Un galeón se hizo ver muy poderoso. 
Con todas velas como el navegante 
8e lleva por el mar tempestuoso: 
Tomó el navio luego por avante 

Y un presagio se vido aqui es2:)antoso, 

Y fué que de él salió gran gente de armas 
Con disformes figuras y visarmas. 



Pusiéronse también en ordenanza 
Y a punto para darse la batalla. 
Puesta en el ristre cada cual su lanza 
Como para justar suelen llevalla: 
No tuvieron minuto de tardanza. 
Por que luego embistieron para dalla, 
Pero en llegando todos al estrecho 
El escuadrón de nautas fué deshecho. 



Después de rematada aquesta guerra 
He vieron mil figuras espantosas, 
Al modo de carneros de la tierra 

Y manchas a pedazos sanguinosas: 
Levant()se tras de esto una gran sierra 
Con lucidas pirámides vistosas; 

La sierra vimos luego que se abaja 

Y formarse de toda una mortaja. 



9 



A la fin vino todo a deshacerse 

Que no qued(5 señal de ello en el cielo, 

Ni aun átomo de cosa pudo verse 

De aquel nublado grande y negro velo^ 

Que vino en breve espacio a resolverse 

En menos que una punta de un anzuelo^ 

Y de aquestas señales colegimos 

Lo que con daño nuestro después vimos 



Otros portentos vimos espantosos 
Aves no conocidas en poblado^ 
Los cóndores volaban presurosos 
Al canto de lechuzas mal formado: 
Abundancia de buhos y raposos, 
Fuera de los estanques el pescado, 
Prodigios y presagios inauditos 
Casos abominables y esquisitos. 



Una india contó públicamente 
Habiendo vL^o bien estas señales, 
Que por se liaber mostrado en el poniente 
Vendrá a los españoles muchos males: 
Pero que si se vieran al oriente 
Los tuvieran los propios naturales ; 
También dijo afirmándolo por cierto 
Que Loyola sin falta será muerto. 



El cual iba siguiendo su camino 
Apresurando su infelice suerte, 
Guiándole su mísero destino 
Adonde le aguardaba ya la muerte: 
Que como estaba de ella tan vecino, 
Y no hay quien apartarse de ella acierte. 
Quiso llegar en término mas breve 
A pagarle la deuda que le debe. 



10 



Pasó a TaboD; un poco antes que Apolo 
Llegase a la mitad de su carrera. 
También a Llob después atrás dejólo. 
Que si en él se alojara mejor fuera. 
Un indio descubrió adelante solo 
A caballo subiendo una ladera, 
Y era la centinela que habian puesto 
Los indios otro dia en aquel puesto. 



La gente suya cerca de allí estaba 
A este mismo aguardando a que llegase, 
Con nueva, si la nuestra ya llegaba, 
O en que sitio de aquellos se alojase: 
Mas el gobernador a Curazaba 
A la suya mandi» que caminase. 
Porque a su presunción le con venia 
Llegar temprano a Ongol el otro dia. 



Llegó ya noche al triste alojamiento, 
Que alojamiento fué bien desdichado. 
Pues hubo en él tan grande perdimiento 
Que tantos perdimientos ha causado : 
Causa fué del común levantamiento 
Y el haberse los indios levantado. 
No querer alojarse mas temprano 
En otro sitio, sin azar y en llano. 



Lo cual se pudo hacer muy fácilmente, 
Que yo lo he visto bien, y soy testigo 
Que hay allí otro mejor y suñciente 
Para se defender del enemigo: 
Mas cuando nuestro padre omnipotente 
No quiere dilatar mas el castigo. 
No acertamos jamas en cosa alguna 
De cuantas hay debajo de la luna. 



11 



Hizo la noche L'tbrega y oscura 
Que lumbre ni crepúsculo no habia^ 
Que la cara de Febo hermosa y pura 
A \^^ antíj^oda^ daba nuevo dia: 
Por 10 cual se meti() en una angostura 
Que tres padrastos ásperos tenia^ 
Una loma también a mano diestra 
Y el rio barrancoso a la siniestra. 



Soltaron los caballos todos ellos 
Que fué mas ocasión para perderse^ 
Que si a tiempo pudieran recogellos 
Pudieran ofender y defenderse. 
Mas como estaba ya Átropos entre ellos 
Lugar no les dejó en que recojerse^ 
Que todo lo ocupó con su guadaña 
Mostrando su rabiosa y cruda saña. 



En tanto que se están aquí alojando^ 
Me quiero ir a buscar al enemigo^ 
A saber lo que estaban ordenando 
Que quiero yo de todo ser testigo : 
Llegué cuando le estaba cuenta dando 
La centinela suya al bando amigO; 
De como ya pasaron los hispanos 
Adelante de allí con pies livianos. 



A diez mancebos ágiles y diestros 
Prácticos^ belicosos y arriscados^ 
Solícitos^ astutos y maestros 

Y en los peligros mas determinados: 
Para que reconozcan a los nuestros 

Y el sitio a donde estaban alojados^ 
Pelantaro envió en su seguimiento 
Con orden que se vuelvan al momento. 



12 



Con tal cuidado y diligencia fueron 

Que en poco mas de una hora allá llegaron, 

Sin ser sentidos cerca se pusieron 

Y los caballos vieron que saltaron: 

El sitio mal o bien reconocieron: 

A dar cuenta de todo se tornaron : 

Al general dijeron que ya estaba 

Nuestra gente alojada en Curazaba. 



No recibe contento tan crecido 
La madi-e cuando al hijo ve presente, 
Que nueva tuvo cierta era perdido, 
O mucho tiempo estado de ella ausente ; 
Como el que tuvo el bando descreído 
Cuando oyó que alojaba nuestra gente, 
Pues del placer y gusto que tenia 
En todo el ancho prado no cabia. 



Sin estruendo, ruido, ni alboroto 

Los bárbaros hicieron su consulta, 

Y fueron de im común acuerdo y voto 

Todos los de la infame turba multa: 

De que con gran silencio por un soto 

Aquella gente vaya toda oculta. 

Sin que nadie la sienta, y en un bosque 

Que en Curazaba está, que en él se embosque 



Ordenaron también que se partiesen 
Los seiscientos soklados en tres partes, 

Y que por otras tres acometiesen 
Con ánimos soberbios hechos Martes: 

Y que las tres cuadrillas se les diesen 
A tres varones nobles y de partes: 
Pelantaro llev() la una cuadrilla 

Las dos Anganamon y Guaiquimilla. 



13 



Diéronle a Anganamon los escogidos 
Entre todos los prácticos guerreros; 
Que fueron señalados y elegidos 
A embestii' los hispanos los primeros: 
Arrogantes^ soberbios j atrevidos 
Traidores^ desleales y embusteros, 
Como gente intratable que se cria 
Sin fC; sin ley, sin rey, sin policía. 



Llegáronse a emboscar, cuando acababan 

De velar la modorra los cristianos. 

Los cuales sin temor alguno estaban 

De que están de la muerte tan cercanos : 

Ni creo que jamas imaginaban 

De venir a parar entre sus manos, 

¡Pues mirad que ya tiene alzado el brazo, 

Y que os ha dado corto y breve el plazo! 



Porque está ya afilando la tijera 
Con que os ha de cortar el vital hilo, 
Y que para cortarlo solo espera 
No mas que a darles su rabioso filo : 
Mas; ay, cómo es razón tan verdadera 
Lo que esta parca tiene por estilo, 
Venií-nos a buscar, cuando pensamos 
Que lejos y apartados de ella estamos! 



Estuvieron los nuestros en alerta 
Hasta que ya se vio la luz del alba 

Y fué de todo punto descubierta 
Su cristalina y reluciente calva: 
Cuando la Aurora abri(') su blanca puerta 

Y a su esposo Fiton hizo la salva, 
A dormir en las tiendas se metieron 

Y las rondas también se recogieron. 



14 



Todas las armaS; todos las dejaron 

Teniéndolo ya todo por seguro^ 

Desnudos entre sábanas se echaron 

Que ellos no hicieran mas detras de un muro: 

Como la noche sin parar velaron 

Un sueño les cargó pesado y duro^ 

Con el cual se quedaron adormidos 

Y de él y de los bárbaros vencidos. 



No estaba el enemigo descuidado^ 
Pues tuvo en medio de ellos una posta^ 
Para que en viendo tiempo acomodado 
Le fuese a dar aviso por la posta: 
Estuvo el indio allí con mas cuidado 
Que el que tiene la guardia de la costa, 
Cuando se han descubierto los bajeles 
De los cosarios turcos e infieles. 



Cuando vio a cada cual dentro en su tienda, 

Eetirada la ronda centinela, 

El indio se metió por una senda 

Y mas veloz que el viento veloz vuela: 
Como no le tuvieron de la rienda 

Y el odio que nos tiene era la espuela; 
No se paró un punto en la carrera, 
Antes de su tardanza desespera. 



A los suyos llegó, falto de aliento, 
Pero con grande sobra de alegría, 
A todos hizo un breve parlamento 
Que en lengua castellana esto decia: 
— "Senado ilustre, heroico regimiento, 
El tiempo es ya llegado y claro dia. 
En que podréis mostrar los bravos hechos 
Y el ánimo feroz de aquesos pechos. 



15 



"Ya están los españoles descuidados^ 

Y dentro de sus tiendas recogidos; 
Han estado la noche desvelados, 

Y agora podrá ser que estén dormidos: 
Vamos presto nosotros recatados 

Y lleguemos allá sin ser sentidos^ 
Que por esta quebrada tiempo demos 
De suerte que la caza no espantemos. 



"No se pierda ocasión tan importante^ 
Asidla^ pues podéis^ de los cabellos; 
Que si una vez se pasa por delante 
Otra no volveréis jamas a vellos: 
Abamos pues que ya Febo fulminante 
Descubre sus dorados rayos bellos^ 
Sigamos nuestra próspera ventura^ 
Gocemos de la buena coyuntiu-a." 



No gastó mucho tiempo en aquel ruegO; 

Que ya lo estaban ellos deseando: 

Así a caballo se pusieron luego 

Y en orden buena fueron caminando : 

Estaban los hispanos con sosiego 

Al dios Morfeo todos adorando^ 

Sin entender que estaba ya tan junto 

De lo que representan el trasunto. 



Con presteza y silencio se llegaron 

Sin género ninguno de bulliciO; 

A vista de las tiendas se pararon 

Al trompeta aguardando haga su oficio : 

La trompa luego al punto la tocaron 

Para ir al humano sacrificio : 

Juntos por las tres partes embistieron 

Cuando la ronca voz bélica oyeron. 



IG 



; Eterno padre, poderoso y alto! 
Tu divino favor^ señor^ me envía^ 
Con el cual cantaré sin quedar falto 
El sangriento destrozo de este dia : 
El estruendo, alboroto, el sobresalto. 
La espantosa y horrenda notoniía, 
Que en los tristes y míseros cristianos 
Los bárbaros hicieron inhumanos. 



La cual, pluguiera a vos, señor, pudiera 
Pasarme sin cantar tan gran desgracia, 
O que para cantarla yo tuviera 
Alguna erudición, talento y gracia. 
Para que tantas lástimas dijera 
Con espíritu vivo y etícacia ; 
Pero aunque falto soy de todo aquesto, 
Tengo de proseguir con lo propuesto. 



Aun no llegó bien el son a los oidos 
Cuando todos a un tiempo arremetieron; 
Con gritos, algazaras y alaridos 
A las tiendas veloces embistieron: 
¡ O nefandos, traidores, fementidos ! 
¡Cuan bien vuestros deseos se cumplieron! 
Pues no dejasteis español con vida 
Sin haber recibido alguna herida. 



Derribaron de aquel primer encuentro 
Las tiendas en el suelo y pabellones; 
Quedaron los iberos todos dentro 
Cual debajo de red los gorriones: 
A muchos les sacaron de su centro 
Vivos los palpitantes corazones 
Comiéndoselos crudos á bocados 
Sin quedar estos pérfidos vengados. 



17 



Dieron a Alonso Martin el de Ribera 
Al salir de su tienda una lanzada^ 
Que la vida y entrañas salió fuera 
Por los pechos abiertos y la )íijada: 
El alma por allí salió lijera 
De donde estubo tanto aprisionada ; 
Volando fué a cojer la eterna palma, 
Quedando el cuerpo miserable en calma. 



Solo Arango tiró un arcabuzaso 
Sin dejarle poner derecho el punto ; 
Que le dio Longobilo un macanasO; 

Y a un tiempo disparó^ y quedó difunto: 
Belmar dio a Chaplequen un tizonaso 

Y él recibió también al mismo puñtO; 
Sin ver quien se la diese^ grave herida: 
Salió; por donde entró el hierro^ la vida. 



A la primera voz saltó desnudo 
El desdichado y triste de Loyola^ 
Que vestirse la cota nunca pudo 

Y la espada en la mano sacó sola: 
Tomó después la lanza y el escudo 

Y contra el enemigo blandeóla, 
Haciendo con valor gran resistencia 
A toda aquella bárbara potencia. 



Pusiéronsele dos presto a su lado 
Entrambos famosísimos caudillos; 
Juan Guirao era el uno, un gran soldado. 
El otro el animoso Gallequillos : 
Bien pudiera Belona y Marte airado 
Con todos sus discípulos seguillos, 
Que cada cual hiciera de su parte 
Lo mismo que Belona hiciera, o Marte. 

2 



18 



Pusiéronse los tres juntos a una 
Con ánimo aguardando al enemigo ; 
Para probar la última fortuna 
Tomaron la barranca por abrigo: 
No se juntó persona otra ninguna 
Que en las tiendas murieron como digo, 
Escepto quince o veinte que escaparon 
Y huyendo en el rio se arrojaron. 



Los cuales no serán aquí nombrados 

Por haber en el agua fenecidO; 

Habranse de quedar ya sepultados 

En la letea' oscura del olvido: 

Pues no merecen ellos ser loados 

Por haber tan cobardemente huido, 

Ki de hombres tales quiero haya memoria, 

Ni nombrarles sus nombres en mi historia. 



Mas no me olvidaré yo en mi registro 
De un heroico varón de santa vida, 
Porque su gran valor de Chile al istro 
Le publique la fama esclarecida: 
Del glorioso seráfico ministro, 
De limpia sangre, noble y conocida. 
Era frai Juan Tobar su ilustre nombre, 
En letras evangélicas grande hombre. 



Cuando vio este varón rota la gente 
Hinc(')se de rodillas en el suelo, 
Al soberano padre omnipotente 
Pidió para aquel tránsito consuelo : 
Alzó las manos y ojos juntamente 
Con inmensa hu^nildad al alto cielo, 
Pidiéndole le dé favor y ausilio 
Al celestial angélico concilio. 



19 



También mi ruda y torpe lengua pide, 
Que le dejen tomar algún aliento, 
Porque tan grande lástima me impide 
El espacioso y tardo movimiento: 
Así hasta el otro canto se despide^ 
Que no puede sufrir tan gran tormento, 
Y a dejarlo le obliga mueve y fuerza 
Un intenso dolor de ardiente fuerza. 



2- 



Canto 11. 



Muere el gobernador y toda su gente : da la nueva en Ongol un indio 
amigo : socorre Francisco Jofré la cuidad de Santa Cruz : el cabildo 
de la de Santiago nombra por gobernador al licenciado Pedro de 
Vizcarra , y él por su teniente a Francisco Jofré : parte para el Perú 
don Luis Jofré: el castellano de Arauco hace un parlamento a los 
caciques del estado : los purenes : borrachera general. 



Quien enemigos tiene no dé paso 

Sin ver como le da cuando lo diere^ 

Haga de cualesquiera mucho caso 

Porque quien no^ a sus propias manos muere: 

El ir apercibido a cualquier caso 

Es bien, y mas si el caso lo requiere; 

A quien puede ofender justo es se tema, 

Que la centella un monte a veces quema. 



Digo pues que hace mal y es grave yerro 
Ser quien tiene enemigos confiado 
Que vienen cuando vienen sin cencerro 
Y si le trae alguno es bien tapado: 
El vulgo dice bien — ^^dormir sin perro" 
A cualquiera que duerme descuidado, 
También dice que el hombre apercebido 
Es cierto que está menos combatido. 



21 



Descuido no ha de haber en mar ni en guerra^ 

Porque al primero que hay se pierde todo: 

Capitán sin cuidado en todo yerra 

Ki en cosa acertará de ningún modo: 

Con la nao el piloto dará en tierra 

Y a los que en ella van pondrá en el lodo^ 

¡Si cuando ve al soberbio mar airado 

No pone en el gobierno su cmdado. 



Ha de ser en la guerra de ordinario 

Eecatado el caudillo y vigilante^ 

Y nunca tenga en poco su contrario 

Porque un ratón ofende a un elefante: 

Es le también lo mismo necesario 

Al solícito y diestro navegante^ 

Pues cuando menos ¡piensa en la tormenta. 

Delante y sin pensar se le presenta. 



Mas hay algunos hombres ignorantes 

Que cualquiera suceso que sucede^ 

Echan a las estrellas radiantes^ 

Pudiendo el albedrío lo que puede: 

Y cuando así hay descuidos semejantes 

Dicen: ^^lo que ha de ser no hay quien lo vede.' 

Es un notable yerro en que caemos^ 

Pues es libre albedi-ío el que tenemos. 



Tampoco diga nadie: "¿quien dijera 
(Después de haber el caso sucedido) 
Que un caso como aqueste sucediera?" 
Porque es un error grande conocido: 
El hombre haga en todo de manera 
Que esté a cualquiera trance apercebido^ 
Que si el deber él hace de su parte 
Neptuno le dará favor y Marte. 



22 



Mas a mis tristes lástimas volviendo; 
Digo que dejé al fin del primer canto 
Al padre provincial frai Juan pidiendo 
Favor al soberano cielo santo: 
Estando en su oración^ el bando horrendo 
Llegó con tal furor y orgullo tanto. 
Que le hizo pedazos la persona 
Con que ganó de mártir la corona. 



Degollaron también su compañero; 
Frai Melchor se llamaba de Arteaga: 
GuanorelmO; el perverso carnicero; 
En los pechos le abrió una mortal llaga: 
También al capitán Gabriel Lucero 
La muerte le dio aquí su triste paga; 
Del sargento Luzon de Olea y Cabo 
Guaiquimilla dio fin de ellos y cabo. 



Mil invenciones hórridas de muertes 
Jamas vistas ni oidas inventaron; 
Crueles todas y de varias suertes 
Con que a los tristes mas atormentaron: 
Porque fuesen mas ásperas y fuertes 
Las canillas aun vivos les sacaron 
Que dellas hacen trompaS; y cornetas; 
PífanoS; pitoS; flautas y trompetas. 



Anduvo Tesifone con Megera 
Con Alecto sembrando su venenO; 

Y sembráronle todos de manera 

Que a cada un indio de él dejaron lleno 

Y Átropos también con su tijera 
Anduvo allí solícita; sin frenO; 
Cortándoles el hilo de la vida 
La inexorable parca desmedida. 



2B 



No quiero relatar uno por uno 
Los lastimosos casos de este clia, 
Porque para un dolor tan importuno 
Requiere mejor pluma que la mia: 
Mas como no quedaba otro ninguno 
Vivo de la cristiana compañia^ 
Sino es Guirao, Loyola y Galleguiilos, 
Fueron contra los tres los tres caudillos. 



Crecióles el furor a estos malditos 
Cuando vieron que solo tres quedaban; 
Con algazaras hórridas y gritos 
Derribando las picas se llegaban: 
Estaban ellos ya los tres contritos 
Viendo cerca la muerte que aguardaban; 
Mas aunque defenderse pretendieron^ 
Por ser tantos los indios no pudieron. 



Una montaña entera de hastería 

En todos tres a un tiempo derribaron, 

Diéronles mil picazos a porfía 

Con que el vital aliento les quitaron: 

La cabeza con bailes y alegría 

A Loyola los pérfidos cortaron, 

En una pica larga fué clavada 

Y en alto con gran grita enarbolada. 



Era Loyola afable, buen cristiano, 
Casto, limpio, modesto, limosnero, 
Pacífico, discreto, cortesano. 
Sufrido, manso y grave caballero: 
Conversable, de trato noble y llano, 
Piadoso, benévolo, severo. 
Animoso, compuesto, reportado. 
Sabio, prudente, astuto y confiado. 



24 

Plabiendo dado fin a esta batalla^ 
Si nombre tal como este se le debe, 
La tm^ba multa y pérfida canalla 
Para el despojo el paso apriesa mueve: 
Fué tanta la riqueza que allí halla. 
Que quedó rico todo el bando aleve, 
Habiendo para todos largamente, 
Que era rica, aunque poca, nuestra gente. 



Pero en efecto fueron desdichados 

Pobres, cortos y faltos de ventura. 

Por un descuido solo condenados 

A tan acerba muerte, infausta y dura: 

Gobernador, caudillos y soldados 

Tuvieron por igual la sepiütura; 

Que aunque, en la calidad no eran iguales 

Lo fueron en los vientres de animales. 



Cuando a los cuerpos muertos desnudaron 
Las sangrientas camisas y vestidos, 
A Pedro de Escalante y dos hallaron 
Vivos entre los muertos recogidos: 
Por librarse con ellos se mezclaron, 
Aunque es verdad que estaban mal heridos: 
Como el furor pasó, quedando vivos, 
Acordaron llevárselos cautivos. 



Vertiendo humor caliente por los ojos 
Fueron los miserables de contino. 
Descalzos y por ásperos abrojos 
De Lumaco tomaron el camino : 
Pero yo con mis pies torpes y cojos 
Dar por otro la vuelta determino ; 
A Ongol voy a llevar la triste nueva 
Con un indio anacona que la lleva. 



25 



Cuando Apolo dejó nuestro liemisfero 

Y se entró por las puertas del ocaso^ 
Entró dentro de Ongol el mensajero, 

Y en él la nueva dio del triste caso: 
Mirad si el yanacona fué lijero, 

Y si alargar el miedo le hizo el paso ; 

Mas siempre a aquel que lleva nuevas malas 
El tiem^ío suele darle prestas alas. 



Contó el caso en Ongol publicamente, 
Mas aunque lo contó medio al desgaire, 
Despachó el capitán incontinente 
A un soldado llamado Juan Donaire, 
Con el aviso mísero al teniente 
Encargándole vaya por el aire. 
Porque la diligencia convenia 
Conforme el caso grave lo pedia. 



El dia del sagrado nacimiento 

Del soberano hijo de María, 

La nueva entr<') en Chillan del perdimiento 

Al salir el crepúsculo del dia: 

No se detuvo en él solo un momento. 

Porque de Mapochó tomó la via 

Juan Donaire, marchando a paso largo 

Con la nueva que lleva infausta a cargo. 



Fué también la bisforme j cruel giganta 
Con sus alas intrépidas, lijeras 

Y rasgándose a voces la garganta 

A dar la misma nueva a las fronteras: 
De las terribles voces que levanta 
El eco resonó por las laderas. 
En las quebradas cóncabas retumba 

Y en las orejas de españoles zumba. 



26 



La temerosa imagen de la muerte 
A muchos por delante se les puso, 
El cobarde sin ánimo ni suerte 
De espanto y de temor quedó confuso 
Mas el despecho valeroso y fuerte 
Para cualquiera trance se dispuso, 
Separando con tiempo su presidio 
Sin enfado ninguno ni fastidio. 



Tenia Martin de Erizar á 
La nueva población de Millapoa, 
Persona que dio siempre buen descargo 
De cuanto se encargó y mucha loa: 
También de la frontera se hizo cargo 
Quien tiene el apelhdo de Gamboa 
El bravo capitán Nicolás Cerra 
Soldado viejo y práctico en la guerra. 



Del castillo de Arauco y fortaleza 
Era Miguel de Silva castellano, 
De su valor, esfuerzo y gran presteza 
Temblaba todo el término araucano; 
Con cuidado solicito y presteza 
Empezó donde bate el mar insano: 
José de Castro luego se previene 
Porque a su cargo la defensa tiene. 



Estas son las fronteras principales, 

Y las dos que ya tengo dicho arriba, 
A donde siempre van los naturales 
A dar o a recibir la muerte esquiva; 
Donde probaron muchos por sus males 
De aquesta gente indómita y altiva 

El peso de sus fuerzas tan terribles, 

Y sus mortales golpes insufribles. 



27 



Alférez general de aquesta tierra 
Y guarda fiel del híspero estandarte, 
Era un hidalgo práctico en la guerra, 
De mucha autoridad industria y arte, 
En cuyo pecho el ánimo se encierra 
Del iracundo y vigoroso Marte : 
Es Francisco su nombre, y apellido 
De Jofré, caballero conocido. 



Estaba en este tiempo retirado 

Por no sé qué ocasión en una estancia; 

Con Loyola se habia disgustado 

Por negocios de bien poca importancia: 

Fué del suceso mísero avisado 

Que estaba de Chillan poca distancia; 

La ciudad le avisó, y rogó se venga 

A ella sin que un punto se detenga. 



En oyendo el suceso lastimoso 

Y el daño que los bárbaros han hecho 
No tuvo mas un punto de reposo, 

Ni sosiego en su bravo y alto pecho: 
Antes que el enemigo belicoso 
Pusiera Millapóa en grande estrecho. 
Quiso por su persona socorrella 

Y allí quedarse a la defensa de ella. 



Estaba esta ciudad entonces falta 
De municiones, gente y bastimento ; 
Pues ved si adonde todo aquesto falta 
Si pasaran los nuestros detrimento: 
Y el pueblo en una loma seca y alta 
Sin orden, sin compás, sin fundamento. 
El fuerte flaco, sin través la cerca. 
El agua lejos, mil azares cerca. 



28 



Solo al ponerles el primer asedio 
Los bárbaros no mas de su comarca, 
No tenian los nuestros mas remedio 
Que entregarse a los filos de la parca: 
Xi pusieran cual dicen tierra en medio. 
En tomándole el paso de la barca; 
Así por tantas causas justas quiso 
No ser el general Jofré remiso. 



Bien es verdad que ya enviado habia 
El cabildo con tiempo y despachado 
Al capitán Tomas de Olabarría 
Con cartas y poder de aquel senado 
Para Jofré; y en ellas le pedia 
Ló que él tenia ya determinado; 
Mas antes que el socorro ni él se parta, 
Llegó a Chillan el dicho con la carta. 



Detúvose dos dias aguardando 
Sus criados, caballos y el bagaje, 

Y al teniente Viz carra despachando 
El aviso y razón de su viaje: 

Mas luego que su gente fué llegando 
Mandó fuese adelante el carruaje, 

Y tras de él él después tomó el camino 
Con toda la prestesa que convino. 



Llevó pocos soldados, pero tales 
Tan gallardos, tan bravos, tan valientes. 
Que pongo duda hallarse sus iguales 
En todo cuanto habitan los vivientes: 
Porque sean sus nombres inmortales 
Y que su fama viva entre las gentes, 
Aquí quiero nombrar sus altos nombres, 
Sus claros apellidos y renombres. 



29 



Chaves, Antonio Pérez de Aguilera, 

Figueroa, Hernández, y Serrano, 

Verdugo, Mansilla, Juárez, y de Herrera, 

Mateo de Pineda el sevillano : 

Martin Muñoz, y Plaza, que a do quiera 

La hace con su brazo y fuerte mano, 

Pedro de Silva el animoso y fuerte 

Que él solo ha dado a muchos indios muerte. 



Este fué solo el número de gente 
Que llevó, y aunque toda era tan brava. 
No fuera, ni aun diez tanta suíiciente 
A reparar el daño que aguardaba: 
También fui yo con ella juntamente 
No mas de solo a ver lo que pasaba. 
Porque ha de ser de todo el coronista 
Testigo de gran crédito y de vista. 



Por lo cual digo en esto haberme hallado 

Y en todo o en lo mas que ha sucedido, 

Y de lo que no he visto me he informado 
De gente de verdad, y que lo vido: 

A la cual tengo de ir siempre arrimado 
Pues es quien a decirla me ha movido, 

Y no será pasión ni afición parte 

Para que de ella un punto yo me aparte. 



No tuve ni tendré jamás intento 
De quitarle a ninguno lo que es suyo. 
Ni menos me pasó por pensamiento 
Por cosa ser de que yo siempre huyo: 
Mas volviendo a tratar de nuestro cuento. 
Porque ya con aqueste aquí concluyo 
Allá llegamos antes que en su esfera 
Pasase el rubio Apolo su carrera. 



30 



Habia el capitán Erizar preso 
Al cacique de todo MareguaiiO; 
Que luego como supo el mal suceso 
Envióle a llamar j echóle mano: 
Ko porque hubiese hecho algún escesO; 
Que segiu'o en su tierra estaba y llano, 
Mas antes que intentase de hacerle 
Muy justo y acertado fué prenderle. 



Fué la prisión de aqueste mucha parte 
Para tener cual tuvo algún sosiego; 
Que sino no pudiera el mismo Marte 
Refrenar el furioso bando ciego: 
Forzoso me es pasar de aquí a otra parte 
Aunque de allá la vuelta daré luego; 
Tratar de Arauco quiero ahora un rato 
Que también anda vivo allá el rebato. 



Supo Silva la nueva miserable 

Y del gobernador la triste muerte; 
En oyendo la pérdida notable 
Redujo la ciudad toda en el fuerte: 
Hizo después un hecho memorable 
Fabricado en su pecho altivo y fuerte, 

Y fué que al mismo punto ha despachado 
A llamar los caciques del senado. 



Fué el primero que vino Quintegüeno, 
General de los bravos araucanos, 
Que mucho tiempo amigo fué, y aun bueno, 
Con grande lealtad de los hispanos: 
Tarucan el señor de aquel terreno 
El segundo llegó con dos hermanos, 
Huenterai, y Leviande eran sus nombres, 
Caciques ricos y famosos hombres. 



31 



Guache^ Alpen^ y Biirí también vinieron 
Peqiieuan el valiente y Pichinciira, 
Andalí^ Quindelefe con él fueron 
El bravo Navalgualo y Pincuncura: 
Ante, Maulen^ Pillan allí acudieron 
Navalande el soberbio^ Tapancura^ 
El último tras de estos llegó solo 
El nieto del antiguo Coló coló. 



Aquestos diez y siete se juntaron 
Todos del araucano regimiento^ 
Otros muchos caciques no llegaron 
Por estar desviados de este asiento : 
Después que todos juntos se sentaron 
Mandó Silva hacer un parlamento, 
Para lo cual mandó juntarlos 
Y del suceso mísero avisarlos. 



Sentados sobre pieles y en esteras 
Al modo que ellos tienen ya por uso, 
Un vacío quedó entre dos hileras 
Donde el faraute Góngora se puso : 
Hechas los ceremonias agoreras 
Aquesta breve plática propuso 
Que el castellano Silva les dijera 
Y Góngora habló de esta manera. 



'^Ya tengo, amigos mios, conocido 
El amor, voluntad y buen deseo. 
Con que siempre me habéis aquí acudido 
Con gusto y afición, que bien lo veo: 
Mas ahora sabed que yo he sabido 
Un desastrado caso aleve y feo 
Que los purenes pérfidos han hecho 
Por solo el interés de su provecho. 



32 



"A nuestro Apó sabed que ya le han muerto 
Con todos sus caudillos y soldados ; 
Halláronles sin guardia ni concierto; 
Desnudos y en sus camas acostados: 
Aquesto es lo que tengo ahora por cierto^ 
Y que andan los purenes alterados: 
Antes que ellos viniesen a alteraros 
He querido primero yo avisaros. 



^Torque no os inquietasen homicidas 
Ni engañasen con pláticas dañosas^ 
De suerte que perdáis la fama y vida 
Por sus aleves culpas criminosas: 
No deis crédito a gentes fementidas, 
No escuchéis sus palabras fabulosas. 
En paz gocen sus hijos y mujeres 
Haciendas, casas, chácaras y haberes. 



"Pues del dafio que han hecho tienen culpa, 

Páguenlo solo ellos, los traidores: 

Libres estáis vosotros y sin culpa 

Sin serlo de ello no os hagáis hechores: 

Que no se ha de admitir después disculpa. 

Sino que paguen todos sus errores, 

Que del Perú vendrán gentes y de España, 

Y habrá mas que vosotros en campaña. 



"Que sabed que ha de haber de esto venganza, 
Que son los españoles vengativos, 
Y de cuantos pudieren tomar lanza 
De esos no han de quedar ningunos vivos: 
Vendrá del rei también nueva ordenanza 
Para que los vendamos por cautivos. 
Llevándolos de aquí a tierras ajenas 
Porque lo paguen bien con las setenas. 



33 



"¿Piensan por que a Loyola degollaron^ 
Que no ha de haber Apú ya en esta tierra, 

Y que los españoles se acabaron, 

Y que no hay quien les haga ya mas guerra? 
Pues credme que en esto se engañaron, 

Y quien tal imagina que lo yerra 

Que vendi'á el visorey don Luis de Lima, 
Si fuere necesario, a darles cima. 



"Que con su braso heroico y pecho ardiente 
Con poderosa, fuerte y diestra mano 
Al yugo sometió ya mucha gente 
Enemiga feroz del rey hispano: 
La mas soberbia próspera y valiente 
Que hay en todo el imperio mejicano, 
Que son los arrogantes chichimecas 
En la provincia de los zacatecas. 



"Y no tendrá jamas ningún reposo 
Hasta que a todos estos los acabe, 

Y éi hará con su brazo vigoroso 
Que Piiren de lo hecho no se alabe : 
Que es del servicio de su rey celoso, 
Como ya por el mundo bien se sabe; 

Y si el mismo virey acá no viene 

A otro Apó enviará tal cual conviene. 



"No pongáis duda alguna en lo que os digo, 
Que bien sabéis que yo nunca os engaño ; 
Que por ser como soy tan vuestro amigo 
Con voluntad y amor os desengaño: 
Y si viniere el pérfido enemigo 
Con intento de haceros algún daño. 
Yo saldré con mi gente a socorreros 
A tiempo que no puedan ofenderos. 

3 



34 



"Que bien sabéis que siempre os he ayudado 
En todo aquello que me habéis pedido^ 
Sin haber hombre alguno en el estado 
Que haya de mí agravio recibido: 
Así estoy en vosotros confiado^ 
Sin haber cosa en contra yo entendido^ 
Que siempre me daréis aviso y cuenta 
De todo cuanto el enemigo intenta." 



Con esto puso fin a sus razones 
Quedando de lo dicho y aun del hecho 
Todos aquellos bárbaros varones 
Y el mismo Quintegüeno satisfecho: 
Mas cubriendo sus falsas intenciones 
Con sosegado rostro y falso pecho 
Mostraron (pero todo fué fingido) 
Que de ello gran pesar han recibido. 



Mas, para que por todo respondiera 
Dieron á Quintegüneo todos mano. 
Por ser su mano en todo la primera 
En el cabildo pérfido Araucano: 
El cual soltó la lengua lisonjera, 
Con rostro mustio dijo al castellano: 
"No sé si he de poder significarte 
Lo. mucho que me pesa de mi parte. 



"DigO; pues, que en el ánima lo siento, 

Y en mas que lo que puede imaginarse, 
Por que es notable y grande el perdimiento 

Y ha de venir el reino todo a alzarse : 
No entendí de este Apó jamás su intento 
En querer siempre solo aventurarse; 
Mas¡ ay! que así lo tuve yo entendido 
Lo mismo que le ha ahora sucedido. 



35 



"Jamás vi yo a otro Apó como Loyola^ 
Que a los demás vi siempre acompañados^ 
Y no como a este «su persona sola 
Sin gente de su guardia y sin criados; 
Como si en la nación noble española 
Faltasen capitanes o soldados 
De prueba^ confianza y suficiencia, 
Cursados en la guerra y de esperiencia, 



"A quien encomendar algunas cosas, 
Que no se ha de hallar el Apó en todo, 
Sino es en las que son dificultosas 

Y en esas con recato orden y modo: 
Llevando sus escuadras belicosas 

De manera que no se pierda todo; 

Y no como los perros callejeros 
Cruzando los caminos y senderos. 



"Tu buena voluntad agradecemos 
Y el aviso que de esto nos has dado, 
Por donde vemos claro y conocemos 
El amor que nos has siempre mostrado: 
De dártele también procuraremos 
De cuanto los purenes han tratado. 
Que para lo saber por todas vias 
Despacharé solícitos espías. 



"Guarda tii lo que tienes de encomienda 
Socorro no le envíes a otra parte, 
Que siempre que Puren aquesto entienda 
Vendrá con grande ejército a cercarte: 
Su plaza cada cual bien la defienda 
Haciendo lo que debe de su parte; 
Pues tú jamas de nadie le tuviste 
En cuantas veces menester le hubiste." 

3* 



36 



Hecho este parlamento se partieron, 
Habiendo todos ellos prometido, 
A Silva cuando de él se despidieron 
Mas de lo que ya dejo referido: 
Pero ya que estos bárbaros se fueron 
Y yo con sus razones concluido, 
Quiero de aquí bajar a Santiago 
A donde tienen nueva del estrago. 



Habia en la ciudad tanto alboroto 
Tanto rumor, estruendo y vocería. 
Como cuando se siente un terremoto 
O que el mar de sus términos salia: 
Pidiendo todos sin que falte voto 
Con el mismo cabildo en compañía, 
Al teniente Vizcarra se encargase 
De este gobierno, y que él le gobernaíi:e. 



Hasta en tanto que el rey le proveyese 
El teniente Vizcarra de él se encarga, 
Y fué gran maravilla que el quisiese 
Cargarse sobre sí tan grave carga: 
Mas para que llevarla bien pudiese 
De alguna parte de ella se descarga; 
A Francisco Jofré envió patente 
De general del reino y su teniente. 



Envióle recaudo y provisiones 
Para que los presidios todos vea, 
Pero que habiendo justas ocasiones 
Que de otros capitanes los provea: 
¡Socorro le envi(') de municiones, 

Y alguna buena gente de pelea; 

Y que cuidado siempre en todo tenga 

A encargar le envió hasta que él venga. 



37 



Mand(5 que Alonso Cid con gran cuidado 

Este socorro lleve^ y al proviso 

A don Luis de Jofré ha despachado 

Para que al visorey lleve el aviso: 

En cortO; en breve tiempo fué embarcado; 

Del puerto se partió Valparaiso 

Con Aliento fresco^ próspero y galerno 

El mar bonanza^ manso, alegre, y tierno. . 



Vayase en hora buena mar abajo 
Mientras que yo allá arriba doy la vuelta: 
Volver quiero a Puren por cierto atajo 
Que los purenes andan de revuelta. 
Pues ya que me encargué de este trabajo 
Sin tener mano y lengua desenvuelta, 
Andaré de los pies de la manera 
Que anda la revuelta lanzadera. 



Que para lo que trato me es forzoso 
Que aquesta historia vaya de aquesta arte, 
Y para mí no es poco trabajoso 
Bajar, subir, volver á cualquier parte: 
Ya que el inquieto Marte sanguinoso 
Reposar no me deja en una parte, 
Fuerza será decirlo de este modo, 
Pues no se puede junto decir todo. 



Llegaron los purenes a Lumaco ; 
Y en una fresca y plácida floresta 
Para sacrificar a su dios Baco 
Ordenaron hacer una gran fiesta: 
Con la ropa que hubieron en el saco 
Aquella gente toda fué compuesta. 
Vestida de riquísimas libreas 
Adornadas de joyas y preseas. 



38 



Llevaron cueras de ante aderezadas 
Con pasamanos de oro guarnecidas, 
Dagas, espadas finas, plateadas 
Los mas de aquestos bárbaros cefiidas: 
Los tiros y pretinas pespuntadas, 
Vainas de terciopelo muy pulidas, 
Terciadas por los cuerpos muchas bandas, 
De oro y plata las puntas y las randas. 



De raso los valones aprensados 
De vistosos romanos las labores. 
Otros de terciopelo acuchillados 
Con entretelas todas de colores: 
Borceguíes de lazos y argentados 
Estampados en ellos muchas flores. 
Jubones guarnecidos de telillas 
Moradas, rojas, verdes y amarillas. 



Cintillos de esmaltados camafeos. 
Sombreros con airones y plumajes, 
Con otros vistosísimos arreos 

Y los cuellos de puntas con encajes: 
Que para mas blasón de sus trofeos 
Se quisieron vestir de nuestros trajes, 

Y las tiendas armaron en el campo 

A la usanza de guerra puesto el campo. 



Despacharon de allí sus mensajeros 
En furiosos caballos corredores. 
Por que rápidos fuesen y lijeros 
A llamar los caciques y señores: 
Con edicto a la usanza de sus fueros 
De los que dan o nombran por traidores 
A los que a aquella fiesta no vinieren, 
Solo escluyendo a los que enfermos fueren. 



39 



De la suerte que suelen los zorzales 
Acudir al reclamo en banda espesa^ 
Así acudieron estos naturales 
Al chiflo de Puren y aun mas apriesa; 
O como van las bandas de pardales 
A las parvas a hacer alguna presa, 
O por mejor decir cual las hormigas 
Cuando por grano van a las espigas. 



Gente vino sin número y sin cuento 
A dar el parabién de la victoria, 
Que por no ser prolijo no la cuento 
O por no tener tanta en la memoria: 
Mas digo que pasó de mas de un cuento 
La que vino a gozar de aquella gloria, 
Que están los vencedores ya gozando 
Y con soberbia pompa allí triunfando. 



Nombraré las provincias solamente 
Que en esta borrachera se juntaron, 
El alborozo, el tráfago de gente 
Y todo cuanto en ella practicaron: 
Aunque no sé si he de tener torrente 
Para decir cuanto estos ordenaron. 
Que con las voces, trápala y ruido 
Me han de turbar la lengua y el sentido. 



Vino la de Puren y de Pedoco, 
De Paicaví, Guadava, Boquilemo, 
De Elicura, Chichaco, de Malloco, 
Conunpullí, Niningo, y de Cotemo: 
De Güeteque, Nontuco, y de Nantoco, 
Los cuyuncos, Molchen, y Michilemo, 
De Rolomo, Guilaco, de Chepimo, 
Petereve, Rancheo, y Calcoimo. 



40 



La de Pilen^ Guareva^ Quecheregua^ 
De Puchanque^ de Ongol^ de Millapca, 
De Pilmaiquen^ Torúa^ Videregiia, 
Cayocupil; de Angolmo, y de Clarea: 
Tucapel, Rangoel; de Penqueregua^ 
Coyimcaví^ Birguen, Coipo^ Yuncoa; 
De Pangue, de Lincoya, los Toltenes, 
Queule, Mangalican, y los Cautenes. 



Araiico, Lavapié, Quedico, Lebo, 

Millarapue, Giiyapo, Mareguano, 

Catiray, Miilnilla, Jabolebo, 

Los Coyunches que viven en lo llano: 

No quedó viejo alguno ni mancebo 

Que aquí no fuesen juntos mano a mano. 

Que no hay para ellos hoy mayor contento 

Xi gusto que el beber y el mudamiento. 



Ytata fué, Quinel, y Maguelboro, 
Gualque, Rere, Gualebo, Lebopia, 
Yumbel, Tomeco, Paque, Longotoro, 
Arnavilo, y Gualpen en compañia 
Guaiquipangue, Coiton con todo el coro 
Que el grande Guachemávida tenia; 
Los Puelches fuertes, bravos y lijeros 
De grandes cuerpos y únicos flecheros. 



Otras muchas provincias acudieron 

Que de los nombres de ellas no me acuerdo, 

Después que juntos todos estuvieron 

Todos juntos entraron en acuerdo: 

Beban de la cerveza que trajeron 

Mientras que el instrumento humilde encuerdo, 

Que le falta la prima y la segunda 

Y no se canta bien con baraúnda. 



Canto III. 



Hacen los purenes borrachera general y el cacique Pailaniaclio un 
parlamento: eligen por rey a Pelantaro: despachan embajadores a los 
indios de paz para que se rebelen : degüellan al capitán Escalante : 
rescatan el sacerdote : elige Pelantaro generales para Ongol , Arauco 
y las ciudades de arriba. 

Quien *de fortuna sabe la costumbre 
Verá que es como sombra lo que ofrece^ 
Pues no ha mostrado bien alguna lumbre 
Cuando en el mismo instante se oscurece : 
A quien mas ensalzó en su escelsa cumbre 
Poco en aquel estado permanece: 
Es la mayor firmeza de sus bienes 
Estar siempre sujetos a vaivenes. 



No hay cosa suya estable ni segura^ 
Que a la segura firme y mas estable 
Le viene sin pensar su desventura. 
Que es cuando suele ser irremediable: 
¡Cuan poco el tiempo próspero nos dura! 
¡Que poco a poco pasa el miserable! 
Y es por que tras el raudo bien camina 
El espacioso mal a la contina. 



42 



Pues mire cada cual que viva alerta 

Y tema de la súbita mudanza, 

Por que se ha visto, ve, y es cosa cierta, 
La tormenta venir tras la bonanza: 

Y no ha llegado el mal a nuestra puerta, 
Cuando el otro mayor allí le alcanza; 

Y si nos viene el bien, solo nos viene, 

Y poco en nuestras casas se detiene. 



Cuarenta y tantos anos tuvo guerra 
Sin tener solo un dia de reposo 
Aquesta trabajosa y pobre tierra 
Con contumaz y bárbaro alevoso: 
Que parece que en él solo se encierra 
El furibundo Marte sanguinoso 
Y tras de ellos un año de paz hubo. 
Por que veáis el bien cuan poco estubo. 



Vino tras la bonanza la tormenta 
Que ha revuelto este reino y alterado, 
Por que fué tan soberbia y turbulenta 
Que todo o lo mas de él tiene anegado: 
Oid lo que Puren ahora intenta 

Y cuanto en el acuerdo han acordado. 
Pues tengo ya encordado el instrumento, 

Y a cantar volveré con nuevo aliento. 



Con pompa el general sentado estaba 
En el mejor asiento y mejor puesto, 
Anganamon no mas le acompañaba 

Y de allí para abajo todo el resto: 
Con el hábito y cruz de Calatrava 
Tenia un pardo capotillo puesto,- 
Que Loyola llevaba de camino, 

Y el bastón con estreñios de oro fino. 



43 



De la suerte que en Roma algún triunfante 
Entraba con esclavos y tesoro^ 
Que todo lo llevaba por delante 

Y al triunfador guardaban el decoro: 
Así estaban Vallejo j Escalante 

Y Guzman con la seda, plata, y oro, 
Delante el general representando 

La victoria de que él está triunfando. 



Asidas y trabadas de las manos 
Bailaba un coro bello de doncellas, 
Otro de aquellos jóvenes lozanos 
Danzando andaba al parangón con ellas: 
Bravos andaban ellos y galanos 
Galanas, bravas, sueltas también ellas, 
Cantando mil romances en loores 
De Pelantaro y fuertes vencedores. 



De carne mal asada y de cerveza 
Los estómagos todos embarazan, 
Y como se brindaban con presteza 
Los cántaros do está desembarazan: 
En subiendo el vapor a la cabeza 
Con soberbia infernal nos amenazan, 
Quien la macana rígida voltea. 
Quien la pica fornida la florea. 



No hay indio alguno entre ellos que no mate 
A doce, quince, o veinte castellanos, 

Y que no hiera, prenda y desbarate 

A treinta y a cuarenta por sus manos; 

Y que no hable, diga, o que no trate 
Mil injurias y oprobios de cristianos: 
Aquel que bebe mas es mas valiente, 

Y quien en menos tiene a nuestra gente. 



44 



Las lenguas torpemente las menean 
Para decir o echar estas bravatas, 
Los embutidos cuerpos bambolean 
Y todos o los mas andan a gatas: 
Los transparentes ojos centellean^ 
Aunque llenos de paño y cataratas 
Al mas valiente de ellos y bizarro 
Los labios se le pegan con el sarro. 



Cinco dias duró esta borrachera^ 
La grita, baile, música y ruido ; 
Pero el brindar anduvo de manera 
Que todos estuvieron sin sentido: 
Después que al ser primero se volvierí 
Y el juicio tuvieron recogido, 
En él trataron juntos nmchas cosas 
Para el gobierno suyo provechosas. 



No cantaré yo aquí las diferencias, 

Ni pareceres que hubo entre ellos varios. 

Ni otras insufribles menudencias, 

Ni votos unos de otros tan contrarios: 

Ni cuentos muchos llenos de insolencias 

Por no le ser al mió necesarios; 

Mas solo cantaré en esta mi rima 

Los casos graves y de mas estima. 



Pailamacho el cacique mas anciano. 

Porque no hubieíise entre ellos disensiones 

Y ser el general' su primo hermano. 

Así propuso, y dijo estas razones: 

"No estéis vos, primo mió, tan ufano, 

Ni vosotros, bravísimos varones. 

Porque tenéis que andar mas largo trecho 

Que lo que aquí habéis dicho ni allá hecho. 



45 



"La soberbia templad, y ese accidente, 

Y tened lo que os digo en la memoria, 
Que el capitán famoso, si es prudente, 
Ha de saber gozar de la victoria: 
Común es el proverbio entre la gente 
Que se viene a cantar al fin la gloria, 
La cual muchos famosos han tenido 

Y gozarla de torpes no han sabido. 



"Anibal, siendo en armas sin segundo, 

A Roma puso un tiempo en tanto aprieto, 

Que fuera universal señor del mundo 

Y le tuviera todo a sí sujeto; 

Si como fué valiente j furibundo 

En la de Canas fuera mas discreto, 

El gallardo Scipion no le venciera 

Ni su famosa patria se perdiera. 



"Otros muchos sin él hubo esforzados 
Que al tiempo ni ocasión no conocieron, 

Y de fortuna fueron ayudados. 
Mas por no conocerla se perdieron: 
Ni ningunos serán jamas loados 
Hasta verse los fines que tuvieron; 
Que muchos empezaron en comedia 

Y acabaron en misera trao^edia. 



'& 



"Un ánimo gallardo y valeroso 

En quien se halla el don de fortaleza, 

No ha de tener descanso ni reposo 

Sino siempre afanar por la nobleza: 

Que mal podrá hacer un perezoso 

Alguna cosa buena con pereza 

Por que es la diligencia con cordura 

La madre de la próspera ventura. 



46 



"Y si queréis ganar renombre claro 
Y ser en las batallas inv^encible^ 
Ko seáis con los vuestros nada avaro 
Ni de condición áspera y terrible: 
Que el nombre volará de Pelantaro 
En siendo afable^ manso y apacible: 
A todos les haréis buen tratamiento 
Mandando con prudencia y sufrimiento. 



"Y aquel que mereciere algún castigo 

Se le daréis conforme a su pecado^ 

Por que a vos teman mas que al enemigo, 

Y no por ser feroz ni acelerado: 

El bueno halle en vos continuo abrigo 

Que por amor seréis mas respetado: 

Al capitán importa ser querido 

De los suyos y. ser también temido. 



"Ni victoria jamas os desvanezca 
Como desvaneció al rey Alejandi'o, 
Por que a vos, general, no os acaezca 
Lo que al joven Palante hijo de Evandro: 
Ni rehuséis peligro que se ofrezca, 
Que en ánimo seréis otro Leandro, 
Rompiendo con el pecho por las olas 
De las terribles armas españolas. 



"Mas ha de ser con orden 
Y cuando fuere tiempo necesario, 
Que no se ha de embestir a cada rato 
A locas y sin orden al contrario: 
Que no es valiente, no, sino insensato 
1" notado será de temerario 
Aquel que peleare sin prudencia 
Porque escede a las fuerzas la sapiencia. 



47 



"Y pues que todo aquesto en vos se halla 

Y el ánimo y valor en vos se encierra, 
No os canse el peso leve de la malla 
Ni los trabajos grandes de la guerra: 
Que si por arte, industria, o por batalla 
De españoles limpiásedes la tierra, 
Podi^eis cantar entonces la victoria 

Y el triunfo se os dará, palma de gloria. 



"Y con razón seréis mas estimado 
Si vencéis sin llegar a rompimiento. 
Conservando las fuerzas del estado. 
Evitando cualquiera perdimiento: 
Que el general mañoso es mas loado 
Que aquel que suele ser sanguinolento: 
Mas digna es la victoria de alabanza 
Ganada por industria que por lanza. 



"Ahora es menester usar de maña 

Por que ya el español no tiene gente. 

Para poder corrernos la campaña, 

Y vos, señor, sois de ella mas potente: 

Antes que del Perú venga o de España 

Socorro para ello suficiente, 

Acertado será necesitallos 

De servicios, haciendas, y caballos. 



"No pueden sin nosotros sustentarse, 
Porque son todos ellos haraganes, 

Y lo que mas importa procurarse 
Es quitarles pastores y gañanes: 

Y que el servicio venga todo a alzarse 
Que con este desmán y otros desmanes 
A su tierra se irán, y nuestra tierra 
En paz se quedará, libre de guerra. 



48 



"No les detiene mas a esos hispanos 
Que la codicia grande del tributo, 
Que cobran de los míseros villanos 
Sin trabajo ninguno y a pié enjuto : 
No pecharan jamas a los humanos 
Si nuestra ley guardaran y estatuto : 
Fueran como nosotros caballeros, 
Y no villanos, pobres y pecheros. 



"Mas con buenas palabras y doctrina 
Los tiene el español así sujetos, 
Diciendo que su fé santa y divina 
Se guarda como guarden diez precetos: 

Y entiendo que es ñias esto golosina 
Con que ceban a aquesos indiscretos. 
Por que ellos jamas hacen lo que dicen 

Y en el decir y hacer se contradicen. 



"Dicen que a su dios de ellos que le amemos, 

Y nunca jamas vemos que ellos le aman: 

Y que su santo nombre no juremos, 

Y ellos solos le juran y disíaman: 
El día santo mandan que guardemos. 
Mas para trabajar ellos nos llaman: 

A nuestro padre y madre que le honremos 

Y a los suyos honrarlos nunca vemos. 



"Alegan que a ninguno no se mate 

Y a todos nuestros deudos nos han muerto. 
Que no hay ninguno, no, que bien los trate, 
Maltratándolos siempre sin concierto: 
Dicen que el fornicar que no se trate 

Y ellos fornican siempre al descubierto, 

Y está la tierra llena de mestizos, 
Hijos bastardos de esos venedizos. 



49 



"Manda su ley católica y ordena, 
Según ellos continuo nos predican, 
Que no se tome alguna cosa ajena 

Y aquesto por verdad lo certilican: 
La ley la tengo yo por santa y buena, 

Y por buena ellos todos la publican; 
Mas son de nuestra sangre chupadores, 

Y de nuestras haciendas robadores. 



"También su fe sagrada les defiende 
Que falso testimonio no se diga. 
Por que con él al prójimo se ofende 

Y Dios por tal pecado les castiga: 

Y veis que en otra cosa nunca entiende 
Esa gente feroz nuestra enemiga. 

Sino es en levantarnos testimonios 
Llamándonos de perros y demonios. 



"A la muger casada la desean 

Con mandarles no tengan tal deseo; 

Las calles donde vive la pasean 

Pensando enamorar con su paseo. 

Que piensan no hay ningunos que los vean 

Como ellos nunca ven su devaneo ; 

A cuantas ven a tantas las codician, 

Y en verlas solamente se delician. 



"Pues si miráis veréis la gran codicia 
Que tienen todos ellos a lo ajeno. 
La envidia, rencor, odio y avaricia. 
Que tan de asiento moran en su seno: 
No tienen ley con nadie ni amicicia. 
Ni de sus lenguas hay ninguno bueno. 
No aman a sus prójimos, ni honran. 
Mas antes los disfaman y deshonran. 

4 



50 



"Vereislos en el templo pasar cuentas 
A todos a gran priesa en sus rosarios; 
Que parece que rezan y hacen cuentas 
De los indios que tienen tributarios: 

Y cuando habrán crecido mas sus rentas, 
O menguado los gastos ordinarios, 

En el oro maquinan que atesoran, 

Y nos dan a entender que a Dios adoran. 



"Por lo cual creo yo que son tiranos 
Algunos hombres de esos, y alevosos, 

Y que tomaron nombre de cristianos 
Con que encubrir sus artes cautelosos: 
¡Ea pues! remitámoslo a las manos, 

Y mueran los perjuros mentirosos, 

Pues desde el hecho al dicho que ellos dicen 
Los largos trechos que hay les contradicen. 



"La causa cada cual tome por propia 
Pues propia es y justísima la causa 

Y ninguno la tenga por impropia 
Ni pongan dilación punto ni pausa: 
Pues tenemos de gente tan gran copia 

Y nos ofende el híspero sin causa 
Pongamos todos manos en la obra 
Pues la razón y el ánimo nos sobra. 



"Mas para que mejor todo se haga 
A todos cuantos somos nos conviene 
Que soldado ninguno pida paga 
Pues nadie para dársela la tiene: 
Cualquiera se contente y satisfaga 
Con los despojos que la guerra tiene, 
Y con la fama eterna y soberana 
Que en restaurar su propia tierra gana. 



51 



"Impórtanos también que se respete 

A Pelantaro solo y obedezca^ 

Y que a su mando todo se sugete 

Pues no hay otro como él que lo merezca: 

Que por mil causas justas le compete 

El gobierno y de luego se le ofrezca^ 

Que siendo de un varón tal gobernados 

Andaremos en todo concertados." 



Fué de este viejo parte la elocuencia 
Y el número que dijo de razones, 
Para que al primo diesen la obediencia 
De estas provincias todos los varones. 
Que sin haber entre ellos diferencia 
Se conformaron tantas opiniones: 
De rei le dieron la corona y nombre 
Con que de los purenes rey se nombre. 



Mas por que lijo el cargo quede y firme 
A todo aquel soberbio ayuntamiento 
Pelantaro pidió se le confirme, 
Haciéndole el debido juramento: 

Y para que cualquiera jure y filóme, 
Mandó que allí le traigan al momento 
Cantidad de carneros de la tierra 

Y que a la usanza estén todos de guerra. 



El ganado llegado, allí llamaron 
A ciertos viejos magos, hechiceros 
Los corazones vivos les sacaron 
Los pérfidos insanos agoreros: 
De un ramo de canela los colgaron 
En medio de la escuadra de guerreros, 
Y de una flecha cada cual la punta 
En ellos mete y con la sangre se unta. 

4* 



52 



Con estas ceremonias prometieron 
De que respetaran a su persona: 
Un llanto cíe chaquira le pusieron 
De varia pedrería por corona: 
Los caciques en medio le trajeron 

Y Pailamaclio el viejo los entona, 

Y al son de un instrumento dulce y claro. 
Cantaron: ^^¡viva! viva Pelantaro!" 



La gente popular iba delante 
Bailando juntamente y repetiendo 
El canto de los ^dejos elegante 
Con instrumentos bélicos y estruendo: 
La canción repetían resonante 
Cada cual por sus puntos respondiendo 
'Tara nuestro remedio bien y amparo 
¡Viva! viva el valiente Pelántaro!'' 



De los magos un viejo el mas anciano 
Llevó de sangre llena una cazuela 
En la siniestra y encorvada mano 
Y en la diestra una rama de canela: 
En círculo se puso el pueblo insano 
Como para jugar la correhuela, 
El mago en medio y como isopo moja 
En la sangre la rama, y los remoja. 



Después a Pelantaro habló y bendice 

Y con la misma sangre le rocia, 
Con ronca voz el mágico le dice: 
"Siempre nuestro Pillan será tu guia: 
Tu reino haga próspero y felice 

Sin un punto dejar tu compañía 

Y te den gran varón buenos sucesos 
Con que des libertad a los opresos. 



53 



"Vuele tu fama escelsa y alto nombre 
En todo cuanto alumbra el rojo ApolO; 
Con el zumbido solo de él se absombre 
La gente que hay del uno al otro polo: 
Tiemble de tu pujanza cualquier hombre^ 
Y universal señor seas tu solo 
De toda la gran máquina del orbe 
Sin que el poder humano te lo estorbe." 



No quiero gastar mas el tiempo en esto 
Por no dar mayor nota de prolijo, 
Y por que quiero ser en todo presto 
No digo todo cuanto el mago dijo: 
Mas en dejando que dejó aquel puesto 
Con grande aplauso, pompa y regocijo, 
Anganamon se puso en él ligero 
Que quiso en el jm-ar, ser el primero. 



Tres pintadas llevó y agudas flechas 
Por las plumas asidas las tres juntas, 
Luego las apuntó y puso derechas 
Al este, norte, y sur, las crudas puntas; 
Después de algunas ceremonias hechas 
Y aquestas gentes bárbaras conjuntas 
Anganamon jm-ó que a Pelantaro 
Obediente será y amigo caro. 



Allí juró también por su Pillano 
De no tener jamas ningún descanso,. 
Ni de soltar las armas de la mano 
Hasta su reino ver seguro y manso^ 
Y la corriente rauda del hispano 
En sosegado piélago y remanso 
Menguado su furor, ánimo, y brio, 
O él quedar de su espíritu vacío. 



54 



Guaiquimilla juró tras de él lo mismo 
Prometiendo él y todos otro tanto: 
Después este perjuro barbarismo 
Una ley ordenó que causa espanto: 

Y fué que quien el agua del bautismo 
Recibido la hubiese y nombre santo, 
Que el de cristiano luego lo desponga 

Y que el suyo gentilico se ponga. 



Y que del padre eterno el alto nombre, 
O el de la virgen santa esclarecida 

Que cualquiera que en público le nom,bre 
Solo por el nombrar pierda la vida: 

Y que no sea osado ningún hombre 
Con pena de la pena referida^ 
Que sin licencia de su rei no trate 
De españoles cautivos el rescate. 



Las flechas en que se hizo el juramento; 
A los indios de paz las despacharon 
Para que las reciban y al momento 
Lo mismo juren que ellos ya juraron: 
Y a los que fuesen fuera de este intento 
A decirles también junto en^-iaron, 
Que en ellos se hará ejemplar castigo 
Como en quien de su patria fué enemigo. 



Y a los que a Pelantaro la obediencia 
Dieren y obedecieren su mensaje, 
Que el mismo irá con toda su potencia, 
A sacarlos del duro vasallaje: 
Ayudando con toda diligencia 
Como persona que es de su linaje. 
Para que queden libres de tributos 
De fueros, leyes, pechos y estatutos. 



55 



Que no es su intento mas que recatarlos 
Sacándolos de triste cautiverio 

Y del trabajo mísero ayudarlos 

Con que tendrán descanso y refrijerio : 

Y a los hispanos pérlidos echarlos 
De su tierra y antartico hemisferio : 
Así es razón que cada cual acuda 
A libertar su patria con su ayuda. 



Que como aquestos bárbaros no escriben, 
Sus cartas son tenor y provisiones 
Las flechas con las cuales se aperciben 
Para las importantes ocasiones: 
Y a los que no las quieren y reciben. 
Sin aguardar mas tiempo ni razones, 
Contra ellos mueven luego cruda guerra 
Como contra enemigos de su tierra. 



Fué a la Imperial, Valdivia, Rica, Osorno, 
A llevar una flecha y el despacho 
Con algunas preseas de soborno 
El cauteloso mozo Grueracacho ; 
A Millapoa, Ongol y su contorno 
Un hijo fué del sabio Pailamacho, 
A las provincias bélicas de Arauco 
Llevó la otra el joven Jalcamauco. 



Nunca peste se vio que mas cundiese 
Ni que mas fácilmente se pegase. 
Ni que mas los humores removiese 
Ni mas en general los alterase: 
Ni cera en que mas pronto se imprimiese 
El sello, ni mas presto se estampase 
Como cundió, alteró y quedó estampada 
En esta gente fácil la embajada. 



56 



Las flechas todos ellos recibieron 

Y la elección que hicieron aprobaron: 
Al rey de los piirenes prometieron 
De cumplir todos cuanto allí juraron: 
Solo los Mareguanos se eximieron^ 

Y con esta razón se disculparon, 

Que su cacique está en Santa Cruz preso 

Y que sin él no pueden hacer eso. 



Cuando oyó Pelantaro la respuesta 
Que le envi(5 esta gente novelera; 
Mandó de nuevo celebrar la tiesta 
Y hacer otra grande borrachera: 
Sola la de Puren se halló en aquesfa 
Que esotra era ida ya de la primera. 
Lo que en ella trataron ni el decreto 
No lo he sabido por que fué en secreto. 



A Guzman solo sé que degollaron 
Con una tierna y mansa criatura, 
A Pedro de Escalante despacharon 
Para lo mismo al valle de Elicura: 
A clérigo Vallejos rescataron 
Que tuvo por ser clérigo ventura, 
O por saber la lengua joropia de ellos 
Que parte fué el hablarla y entendellos. 



Un pariente del amo preso estaba 
En Ongol, año y medio o mas habia, 
Millacalquin el preso se llamaba 
Que Flores le prendió en Puren un dia: 
Güenomilla por él le preguntaba 
Que de esta suerte el amo se decia, . 
Mas como nueva cierta de él le diese 
Sobre el rescate dijo que escribiese. 



57 



Una carta escribió y despachó luego 
Al capitán de Ongol que era su tio^ 
En la cual le pidió con justo ruego 
Que para le librar no sea tardío, 
Sino que con presteza y sin sosiego 
Haga con tierno amor su poderlo, 
Y dé a Millacalquin por su rescate 
Sin que un minuto solo se dilate. 



Fué la muger del preso mensajera, 

Y como era del bárbaro querida, 
Mas veloz fué, mas rápida y lijera 

Que cuando al agua va la cierva herida: 
Apresuraba el paso en la carrera 
Que en fuego del amor iba encendida: 
A Ongol llegó la bárbara temprano 

Y al capitán la carta dio en su mano. 



Entretanto que tratan del rescate 

Y van con sus contratos adelante. 
Quiero que en breve término se trate 
Del modo que trataron a Escalante. 
Como vio el postrer trance del remate 

Y el funesto espectáculo delante 
Quiso limpiar el ánima y conciencia 

Y Vallejos le oyó de penitencia. 



Aunque mozo era afable y buen cristiano, 

Y tuvo por .costumbre de ordinario 
Oir misa los sábados temprano 

Y rezar a la TÍrgen su rosario: 
Así el inmenso padre soberano 
Por librarle del pérfido adversario 
Quiso que de la muerte se librase 
Hasta que sus pecados confesase. 



58 



Llevábanle estos bárbaros desnudo 
Como al forzado que en galeras voga^ 
Echado al cuello un lazo y fuerte nudo 
Que le tiene el anélito y ahoga: 
Un bárbaro cruel; perverso y crudo 
Las manos le ató atrás con otra soga^ 

Y de la del pescuezo iban tirando 

Y como a torO; en coro voces dando. 



Cuando se vio llevar de aqueste talle 
Conoció que su lin estaba cerca 
Y por que no le fuerzen al matalle 
A que niegue su fé esta gente terca, 
Al padre le rogó dejen hablalle 
Que pues que ya su muerte se le acerca 
Quiere reconciliarse; y lo que dijo 
Aquesto fué con sumo regocijo. 



"Conozco, padre mió, al padre eterno 

Y su poder conozco que es inmenso, 

Y que al mundo envió a su hijo tierno 
Por el amor que al hombre tuvo intenso: 

Y por que al rey sobervio del infierno 
Tributo no pagásemos ni censo 

Con su muerte pagó la deuda nuestra. 
Como la fé católica nos muestra. 



"Y creo resucitó al tercero dia 

Y se asentó a la diestra de su padre, 

Y de la gloriosísima María 

Que virgen antes fué y después de madre, 
A quien yo le encomiendo el alma mia 
Que su devoto soy, soy su cofrade 
A quien suplico, pido y ruego ahora 
Con su esposo me sea intercesora. 



59 



"Aquesta es la verdad^ esta profeso 
La cual yo profesé toda mi vida, 

Y aquí al presente, padre, la confieso 
Por que estoy a la eterna de partida: 

Y que si me forzaren como a preso 
A decir esta gente descreída 

Algo en contra de aquesto que aquí digo 
Digo que desde luego me desdigo." 



No pudo decir mas porque se dieron 
Priesa aquestos feroces vengativos, 
Que ya de tiempo antiguo lo tuvieron 
El serlo con los míseros cautivos: 
Con sollozos los dos se despidieron 
Y apretados abrazos en fe vivos, 
Que como su congoja y pena es tanta 
Un nudo se les hizo en la garganta. 



Llegado al fresco valle de Elicura 
Por las picas al punto le pasaron: 
Aquesta gente bárbara y perjura 
Su ñu'iosa pasión en él vengaron: 
¡O gente desleal, ingrata y dura 
Como tan fácilmente se olvidaron 
Buenas obras que de este recibisteis 
En las prisiones largas que tuvisteis! 



Bien sabéis que en Puren os visitaba 
Cuando estábades presos con prisiones, 
Con palabras, con obras consolaba 
Vuestras penas, angustias y aflicciones: 
¿Porque aquesta obra buena no ablandaba 
Vuestros empedernidos corazones ? 
Mas ¡ingratos! el suyo le sacasteis 
Y la buena con mala le pagasteis. 



60 



De Ong'ol a^oIvíó a Puren con la respuesta 
La que llevó la carta y el mensaje, 
Que como era solícita y tan presta 
No se detuvo mucho en este viaje : 
Respondieron los nuestros que a la cuesta 
Cuatro leguas de Ongol en mal paraje 
De a donde fué poblado Ongol el viejo 
Que allí vengan y traigan a Yallejo. 



Allí vinieron luego los purenes, 

Mas como no hubo entre ellos puestas treguas 

Ni de una parte ni otra hubo rehenes 

Vinieron bien armados y en sus yeguas: 

Armados de los pies hasta las sienes, 

También los nuestros fueron cuatro leguas 

Y llegaron al puesto señalado 

Con ordenanza buena y gran cuidado. 



No hubo entre ellos mas que daca y toma 
Cada cual con las armas en la mano, 
Ellos puestos encima de una loma 

Y los nuestros al pie de ella en lo llano : 
Cualquier rumor o pájaro que asoma 
Piensan que es emboscada del hispano, 

Y los nuestros también que era de esotros 
Que los unos se temen de los otros. 



Contó Millacalquin a Pelantaro 
Cuanto de los de Ongol habia entendido, 
De como su mandato justo y daro 
Con grande amor le habían recibido: 

Y que ellos se alzarían sin reparo 
Cuando el término llegue prometido, 

Y que Nabalvurí cuidado tiene 

En todo cuanto a todos les conviene. 



61 



Nombró a Nabalvurí por su teniente 

Y todo lo de Ongol se lo remite 
Mandándole que en armas diestramente 
A todos sus vasallos egercite: 

Y cuando viere el tiempo conveniente 
Procm-e con cuidado y solicite^ 
Hacer en los de España alguna suerte 
Dando a los que pudiere cruda muerte. 



Envió a Quintegüeno el mismo cargo 
Y le aceptó el traidor de Quintegüeno, 
Tomando lo de Arauco él a su cargo 
Que ya estaba tocado del veneno: 
No sé como dará el traidor descargo 
Ni que descargo habrá que sea bueno^ 
Pues siendo amigo nuestro nos vendiese 
Sin que ocasión alguna se le diese. 



Anganamon llevó poder y mano 

Para que a las ciudades que hay arriba 

Les diese a fuego y sangre saco insano 

Sin que deje persona en ellas viva: 

El rey mandó que contra Mareguano 

Su belicosa gente se aperciba 

Que quiere castigar el desacato 

De no ciunplir al punto su mandato. 



Mas determino yO; señor, en tanto 
Que aquesta gente bárbara se junta 
Dejar solo a Puren en algún tanto 
Y dar por allá arriba alguna punta: 
Aunque mejor será dejar el canto 
Que mi cansado espíritu barrunta 
Que debe estar alguno ya enfadado 
De que soy mal cantor y porfiado. 



Canto IV. 



Da vista el general Anganamon con poca gente a la ciudad imperial : 
salen los españoles en su alcance : llega Bernardo de Pereda a la 
dicha ciudad : intenta Quintegüeno una traición a Icfs españoles del 
presidio de Arauco : rebelase el estado : ponen asedio al castillo de 
diclio Arauco : cuéntase el suceso de él. 



Cuando el predicador cristiano hace, 
O guarda la ley misma que predica, 
Al mismo Dios con ello satisface 
Porque su ley católica ampliñca: 
Pero si lo que dice lo deshace 
Con lo mal que lo hace, certifica 
A la idólatra gente maliciosa 
Ser su doctrina falsa y engañosa. 



Muchos vemos que son en su doctrina 
Para lo que conviene a su provecho, 
Como el cedazo que echa la harina 
Y se viene a quedar con el afrecho: 
Quien predica la fe santa y divina 
Confirma lo que dice con el hecho, 
Mas si es el hecho al dicho diferente 
Será como campana propiamente. 



63 



Con gente en la fe nueva es necesario, 
Pues le será a su alma provechoso. 
Que haga lo que dice de ordinario 
El que predica y sea virtuoso: 
Por que si ve que hace al contrario 
Del dicho, le tendi'á por mentiroso 
Pues para que la fe tome y la crea 
Importa que ningún vicio en él vea. 



El discípulo vemos que deprende 
Lo mismo que ve obrar a su maestro, 
Y que jamas los vicios le reprende 
Aquel que en ellos es cursado y diestro: 
Bien claramente vemos que pretende 
Seguir el potro el paso del cavestro, 
Así cual tras del manso van las reses 
Irán tras del pastor sus feligreses. 



Una alma es tabla rasa en quien se pinta 
Varias y finas suertes de labores, 

Y las palabras el pincel y tinta 
De los de nuestra fe predicadores: 
Pero cuando mal obran se despinta 
Perdiéndose del todo los colores. 
Que lo que en ellos ve eso concibe 

Y aqueste color misma lo recibe. 



La sagrada y católica escritura 

Aqueste ejemplo altífico declara 

En las varas que puso y la pintura 

Al ganado Jacob en agua clara: 

Que de la misma suerte y de la hechura 

Que las labores iban en la vara 

De esa suerte los hijos concebían 

Y si eran blancas blancos los parían. 



64 



Pues mire bien quien de ánimas se encarga 
La carga que se carga tan pesada^ 
Porque ha de dar de todas cuenta larga 
Que ovejas son al fin de su manada: 
Y que de él solamente pende o carga 
Recoger la que fuere desmandada^ 
Procm-ando no venga a su rebaño 
Por darle mal ejemplo el algún daño. 



Que si los nuestros^ bueno se lo dieran 
A aquestos miserables hombres viles^ 
Nuestra sagrada fe la recibieran 

Y dejaran sus fábulas gentiles: 

Y allá en sus borracheras no dijeran 
Palabras tan dañosas y sutiles: 

Mas dimosles nosotros al principio 
La rienda larga, y a la mano ripio. 



Así por nuestras culpas y pecados 
Nos ha enviado Dios de ello el castigo, 

Y quiere que seamos castigados 
De la mano del bárbaro enemigo: 
Dejar quiero estos puntos malhadados 

Y arriba me quiero ir como atrás digo. 
Que amarga la verdad mucho y lastima, 

Y a quien la trata en todo no se estima. 



Atrás dejo, señora, referido 

Que en Canten capitán era Valiente; 

En obras lo era como en apellido 

Aunque precipitado e imprudente: 

Nueva tuvo del paso sucedido 

Y muerte de Loyola y de su gente; 

Otro dia la tuvo y por la tarde 

Con la suya salió en vistoso alarde. 



65 



En la ciudad halló por lista y cuenta^ 

Que salieron armados a la muestra 

Un mimero de ciento y mas cincuenta 

Lucida gente y en las armas diestra: 

Cada cual a Belona representa 

Con las vibrantes lanzas en la diestra. 

Aquesta toda fué caballería 

Y mas cuarenta y tres de infantería. 



Las casas fuertes del obispo escoje 

Con otras dos que estaban en la cuadra^ 

Allí la gente femenil recojo 

Que aquesto a todos les conviene y cuadra; 

A la de guerra le mandó se aloje 

En sus cuarteles y que la una escuadra 

De cuatro que eran por sus cuartos velen 

Con el cuidado mismo con que suelen. 



Cerró las calles todas con maderos 
Y puso el pueblo mísero en defensa, 
Trincheras hizo, muros, caballeros, 
Reparos altos y de fuerza inmensa. 
De do podran hacer nuestros guerreros 
Al bárbaro pujante mucha ofensa. 
Que con recelo están y sobresalto 
Que ha de venir a darles el asalto. 



Estuvieron un mes en las trincheras 
Al bárbaro por horas aguardando, 
Desplegadas al viento las banderas 
Suave y blandamente tremolando. 
Estaba el indio allá en sus borracheras 
En Purer;, la victoria celebrando: 
Así no se ofreció cosa ninguna 
En que poder tentar a la fortuna. 



66 



Hasta que Anganamon llegó a su tierra^ 
Que luego que llegó probó la mano; 
Con setenta famosos en la guerra 
Fué a descubrii' las fuerzas del hispana: 
Salieron por las faldas de una sierra 
Vestidos a nuestro uso castellano, 
Fuertes lanzas traian todos largas, 
Cotas puestas y al cinto las adargas. 



No fué esta gente de la nuestra vista 
Hasta que llegó al rio de las Damas, 
Que una india volvi(') y tendió la vista 
Al tender ropa limpia en unas ramas: 
Como la vio y no vio quien la resista 
Ella y otras huyeron como gamas 
A la ciudad, diciendo: "¡al arma! cierra 
Que el enemigo viene a darnos guerra." 



Estaba el capitán Andrés Valiente 
Indispuesto en la cama y puesto en cura, 
Que de un fiu'ioso y cálido accidente 
Se le encendi() una recia calentiu'a: 
Mandó saliese al arma con la gente 
Un capitán y pruebe a la ventiu'a: 
A ella fué con ochenta y dos soldados 
De todas armas, todos bien armados. 



Hizo el contrario sin defensa presa 
En la ropa que halló en el rio blanca, 
A cogerla se dio notable priesa 
Con mano liberal al tomar franca: 
Retiróse con ella en banda espesa 
Tomando por reparo una barranca 
Que una quebrada hace y alta loma 
Por do el camino de Puren se toma. 



67 



Vínole nuestra gente a dar alcance 

En un -psLSO fortísimo y estrecho^ 

A donde no se pudo Lacer buen lance 

Ni cosa de momento ni provecho, 

Que como se vio el bárbaro en tal trance 

Forzoso fué volver su fuerte pecho: 

Allí esperaron juntos y apiñados 

A vencer ó morii' determinados. 



Con tal brio y tesón se defendieron 

Y tan gallai'damente pelearon 

Que sufrirlos los nuestros no pudieron 

Y por no poder mas se retii-aron: 

Y aunque a los mas valientes mal hirieron 

Y de un balazo a uno derribaron, 
Perdieron la victoria los de España; 
Honra; gloria, el honor; fama y campaña. 



Lleváronles delante de los ojos 

A los nuestros los bárbaros la ropa 

Volviéndose cargados de despojos 

Todos cuantos AÚnieron en la tropa: 

Que por mostrarse tímidos y flojos 

Los mas fuertes varones de la Europa; 

Ganaron los antarticos la gloria 

Y con ser muchos menos la victoria. 



Fué causa aquesta retirada y parte 
Para que conociese el enemigo 
Que la ventiu'a estaba de su parte 

Y la fortuna lúbrica consigo: 

Y el fm-ibundo y sanguinoso Marte 
Se le mostraba plácido y amigo; 

Y los planetas; signos y los hados, 
En contra de nosotros conjurados. 



68 



Por la soberbia vana y arrogancia 
O de tener en poco algunas cosas 
Ocasiones se pierden de importancia 

Y mas las que no son dificultosas: 
Nadie tenga por cierta la ganancia 
En las batallas varias y dudosas, 

Que en nuestra mano está el acometellas 

Y en la de Dios está el suceso de ellas. 



No puede sin su mando cosa alguna 
Moverse un solo punto de su asiento, 
Ni el rubicundo sol ni blanca luna 
No hicieran sin él su movimiento: 
La voluntad, las suertes, la fortuna 
El fuego, tierra, el mar, el sutil viento. 
Las estrellas, los astros, los planetas, 
A su voluntad sola están sujetas. 



Antes que de aquí pase contar quiero 
Un caso cierto y digno de memoria. 
Por ser milagro heroico y verdadero 
Que mas puede el alto rey de gloria. 
En el segundo canto y el primero 
De aquesta desdichada e infausta historia 
He tratado el suceso miserable 
Y muerte de Loyola lamentable. 



De la Imperial salió en su compañía 
Bernardo de Pereda, un buen soldado, 
Mancebo era de fama y nombradla 
Y en la misma ciudad recien casado: 
En el conflicto triste de aquel dia 
Quedó con los demás acribillado 
De veinte y tres heridas penetrantes 
Que le dieron los bárbaros pujantes. 



69 



Dejáronle por muerto entre los muertos 
En su espumosa sangre rebolcandO; 
Los hígados y bofes descubiertos 
Le vieron claramente palpitando: 
Los canos del vital humor abiertos 
Por donde poco a poco fué estilando. 
Negros los labios, la color perdida 
Como quien ya perdi(3 la dulce vida. 



Desnudo le dejaron en el suelo 
El cuerpo del espíritu vacío, 
El rostro vuelto arriba al alto cielo 
Mas tieso que un garrote helado y frió: 
Cuando Telus tendió su negro velo 
Se levant(5 y pasó nadando el rio ; 
Metióse al margen de él entre unas matas 
Como pudo arrastrando el pobre a gatas. 



En el tronco de un roble antiguo y seco 
Que ya de viejo estaba carcomido. 
Capaz concavidad halló en lo hueco, 
Donde estuvo ocho dias escondido: 
No se osaba quejar porque del eco 
No retumbase afuera algún ruido, 
Solo se sustentó con lagartijas 
Y con otras dañosas sabandijas. 



Dos culebras disformes y espantosas 
A las sabandijuelas perseguían, 

Y ellas huyendo de ellas temerosas 
En el cóncavo tronco se metían: 
Las deleznables sierpes ponzoñosas 
Desde la propia puerta se volvían, 

Y esotras se llegaban a Pereda 

Y cada cual se estaba mansa y queda. 



70 



Todo el tiempo que estuvo allí acudieron 
Las sucias sabandijas a sus manos_, 
Muchos indios también a ver vinieron 
Los míseros cadáveres hispanos: 
Mas como el suyo entre ellos no le vieron 
Buscándole anduvieron como alanos, 
Y llegaron al pié del roble seco, 
Mas ninguno miró dentro del hueco. 



Sin estos tristes trances peligrosos 
Cada noche sentía otros mayores, 
De alaridos que daban espantosos 
Con suspiros horrendos y clamores: 
Oyó de cascabeles sonorosos 
Estruendo y de caballos bufadores, 
De temerosas quejas los acentos 
Disonantes y míseros lamentos. 



Por una parte el miedo le apretaba 
De aquel estruendo grande que allí oia 
Y por otra la hambre le aquejaba 
Con las muchas heridas que tenia: 
Por otra el riezgo en que el mísero estaba 
Por la distancia que a poblado había. 
Mas una noche lóbrega y oscura 
Probar quiso su próspera ventura. 



Tomó el camino de Canten derecho 
En Dios y en su fortuna confiado. 
Cosido con la tierra el débil pecho 
Caminó cual el galgo derrengado: 
Anduvo cada dia poco trecho. 
Que como estaba ílaco y desangrado ; 
Diez leguas caminó en setenta dias 
Por ásperas montañas y sombrías. 



71 



Era su suegro muy caritativo 
Humilde^ maiisO; quieto^ afable y llano, 
En público afirmaba que era vivo 
Su yerno y que esperaba verle sano: 
Que no puede ser muerto ni cautivo 
Decia, que el glorioso lusitano 
Librará y me traerá sano a mi yerno 
Con el favor del alto padre eterno. 



Tuvo con este tema gran poríia 

Y por seguro y cierto lo añrmaba; 
Diciéndolo mil veces cada dia 

Y con muchos sobre ello porfiaba: 
Viendo cuan de ordinario lo decia 
La mas gente entendió que caducaba, 

Y le tenian ya por ello en poco 
Haciendo biu-la de él como de un loco. 



Pero vióse después el desengaño 

Que a lo que el viejo dijo fue conforme 

Cuando él llegó, y 'se vio patente el daño 

En las señales del trabajo enorme: 

Espectáculo fué por cierto estraño 

Ver la figura que llevó disforme 

Pues entendieron todos que era un monstruo 

Según llevó de hinchado cuerpo y rostro. 



De los terribles golpes y heridas 

Solamente llevó los cardenales, 

Que aunque fueron rasgadas y crecidas 

Sin ungüentos sanó medicinales: 

Mas como fué por breñas escondidas 

Llevó algunos rasguños y señales 

Del viento fué y del sol tostado y negro 

Que apenas pudo conocerle el suegro. 



12 



Admirable suceso fué y de espanto 
Este caso que tengo referido, 
Digno de celebrarse en mejor canto 

Y de no sepultarlo en el olvido: 
Pues fué milagro del glorioso santo 
El que tiene de Padua el apellido, 

A quien la gloria de ello se atribuya 
Ya quien para ello mano di('> a la suya. 

Pues ya Pereda queda bueno y sano 
Sano de las heridas digo y bueno, 
Volver quiero a tratar del araucano 

Y de lo que ordenaba Quintegüeno: 
Andaba con el cargo nuevo ufano 

Y de traiciones y maldades lleno, 
Procurando enviar al rey presente 
De las cabezas de española gente. 



Solícito procura y solicita 

Hacer una traición a los de España 

Y con facilidad lo facilita 

A los suyos salii' con su maraña 

No se viera traición tan esquisita 

En cuanto alumbra Febo y el mar baña, 

Si saliera con ella el araucano, 

Mas no se fió de él el castellano. 



Pensó con su cautela el cauteloso 
A todos los hispanos dar la muerte. 
Porque sin punto algmio de reposo 
Así lo iba ordenando de esta suerte: 
Mandó que el enemigo belicoso 
Viniese a poner cerco luego al fuerte. 
Echando nueva voz que sobre él viene 
Por la amistad que con los nuestros tiene. 



73 



Mandó que Andalican luego se alzase 
Con todos los demás a un mismo punto^ 
Cuando la nueva cierta les llegase 
Que el bárbaro escuadrón ya estaba junto 

Y a un español^ primero que cortase 
La cabeza, que estaba allí conjunto, 

Y a Cliivilingo el pérñdo y austero 
Degollase; j también a un molinero. 



Quintegüeno se fué con esto luego 
A dar aviso de ello al castellano. 
Dejando ya entablado aqueste juego 
Acordó de ganarle por la mano: 
Llegó como llegó Sinon el griego 
Delante del incauto rey troyano 
Cuando romper de Troya hizo el muro 
Sin recelo del daño o mal futuro. 



Perdida la color y alborotado 
El rostro mustio, pálido, y marchito. 
Mortal, sudando, laxo y fatigado. 
Congojoso, espantado, triste, aliito: 
Ante Silva llegó y dijo: ''el estado 
Con todo lo demás de su distrito 
Están de parecer sin diferencia 
De negar a Felipe la obediencia." 



Dijo como Puren viene marchando 

Con soberbio escuadi'on según le han dicho, 

Y con furor sangriento, amenazando 
A quien la rebelión ha contradicho: 
Yo solo soy quien es de vuestro bando 

Y quien quiso poner el entredicho. 

Por lo cual contra mí el contrario viene 
Con el poder ind(')mito que tiene. 



74 



No puedo ya en mi casa estar seguro 

Ni Hbrarine del pérfido enemigo, 

Así os pido me deis dentro del muro 

Acojida, favor y dulce abrigo: 

Que por mi firme fe os prometo y juro 

De seros como he sido, siempre amigo. 

Que el amor que yo os tengo y ley me obliga 

A que vuestra amistad sin fraude siga. 



El capitán le abraza y agradece 
La voluntad y aviso que le ha dado, 
El aposento suyo se le ofrece 
Para que sea en él aposentado: 
Respondió Quintegüeno: "me parece 
Que será mas seguro y acertado 
Hacer una albarrada suficiente. 
En que esté junto al muro con mi gente. 



Silva le respondió que él mismo escoja 
El sitio que mejor le pareciere, 
A donde con su gente se recoja 
Haciendo lo que mas bien le estuviere: 
Y que no tenga pena ni congoja 
Porque él le ayudará en cuanto pudiere, 
Hasta que Pm^en lleve en recompensa 
El dano propio que él hacerle piensa. 



Quedó de la promesa muy contento 
Que para lo que el bárbaro intentaba, 

Y que tuviese fin su mal intento 
Arrimarse al castillo deseaba: 
Por poder abasar cada momento 
Todo cuanto el alcaide practicaba, 

Y en hallando ocasión por un postigo 
Darle franca la entrada al enemigo. 



75 



Llegó en aqueste tiempo un mensajero 
Sin color, sin aliento y demudado; 
En un caballo vayO; fiel, lijero 
De espuma j de sudor todo bañado: 
Aviso dio que han muerto al molinero 

Y Andalican también a otro soldado, 

Y que la gente toda ya se altera 
Con el favor que de Puren espera. 



A Quintegüeno dijo amenazando: 
"Te vienen a buscar los Tucapeles, 

Y con voz general todos tratando 
De matarte a tormento de cordeles: 

Por que a tu nación misma estas negando 

Y tienes amistad con los fíeles, 
También piensan beber con tu cabeza 
En borracheras públicas cerbeza. 



"Pon en cobro tus hijos y mugeres 
Tus parientes amigos y aliados, 
Sino es que por descuido tuyo quieres 
Verlos a todos ellos asolados: 
Mira que si hoy socorro no les dieres 
Que los veras mañana degollados, 
Pues tienes tiempo, luego los socorre 
Que mas lijero que él, Puren ya corre. 



"No vengo a mas que a darte de esto aviso 

Y de que Arauco todo se levanta. 

Si perezoso fueres o remiso 

El cuchillo veras en tu garganta: 

Vamonos Quintegüeno, y al proviso 

Tu gente la recoje por que canta 

La garladora fama que a buscarla 

Los enemigos vienen y a llevarla." 



76 



Xo es mas veloz el mas lijero viento 
Cuando Eolo sopla embravecido^ 
Ni tan lijero el ávido elemento 
En las aristas leves encendido: 
Ni de un raudal el raudo movimiento 
Del riguroso tiempo compelido^ 
Como partió el aleve Quintegüeno 
De alevosa maldad colmado el seno. 



Como el furor frenético le rije 

Y el fin que piensa dar a su cautela 
Sin tasa le hace al bárbaro que aguije 
Sirviéndose de aguda j viva espuela: 
La tardanza no mas es quien le aliije 

Y así mas que el alado tiempo vuela, 
A su casa llegó y halló su tierra 
Llena de alteración, rumor, y guerra. 



Su intento a los rebeldes les declara, 

La traza en que están puestas sus traiciones, 

Complacida, serena, alegre cara 

Sin pompa ni artificio de razones: 

Loáronle su industria heroica y rara 

A todos estos pérfidos varones. 

Quedando cada cual tan satisfecho 

Como si ya estuviera el caso hecho. 



Partióse de allí luego acelerado 

Siguiéndole su gente presurosa, 

Habiendo a los purenes cuenta dado 

De la dicha marafia cautelosa: 

Ordenado dejó que con cuidado 

La venidera noche tenebrosa 

Al escuadrón lijero que se acerque 

A nuestro fuerte muro, y que lo cerque. 



77 



Cuando el luciente gnomio trasmontaba 
Por el ocaso y fín del orizonte, 

Y escasa luz y pálida dejaba 

En la cumbre del mas escelso monte. 

Y la nocturna sombra le incitaba 
A que de todo punto se remonte, 
Quintegüeno y su gente llegó al fuerte 

Y al castellano dijo de esta suerte: 



"Famoso capitán de quien la fama 

En alta y sonorosa voz pregona, 

En este polo antartico y derrama 

Los hechos altos de tu gran persona: 

Sabe que con furor y ardiente llama 

El aleve Puren dice y blasona. 

De que nos ha de dar la muerte a todos 

Por diferentes géneros y modos. 



"De la victoria están envanecidos, 

Arrogantes, soberbios e inchados. 

Coléricos, feroces, atrevidos, 

Y en su locura vana confiados: 

No entienden que han de ser jamas vencidos 

Ni de su cumbre altiva derribados, 

No tienen miedo ya de los hispanos 

Ni de venir con ellos a las manos. 



"Su venida la ten aquí por cierta 
Que ya vienen marchando ha cinco dias. 
Hoy ha sido su gente descubierta 
Según me han informado mis espias: 
Ten, capitán, cuidado, vive alerta. 
Por descuido no tengas averías, 
La tuya la ten junta en la muralla 
Como sueles en tiempo de batalla. 



78 



"El tiempo claramente ellos conocen 

De que les es ahora favorable^ 

Y que está de su parte reconocen 

Alegi-e la fortuna variable: 

Haced que la victoria no la gocen 

Ganándola vosotros memorable^ 

Que yo os prometo que antes que amanezca 

Que aquí la gente pérfida parezca. 



"No quieren ellos mas que asediaros 

Sustentando gran tiempo aqueste asedio 

Hasta por hambre mísera obligaros 

A que os rindáis a ellos sin remedio: 

Quieren hacer trincheras y reparos 

De manera que el fuerte quede en medio 

Para quitar el- paso a los caballos 

Por que no vais en ellos a inquietallos.. 



"Conozca de esta vez el enemigo 

Sino lo ha conocido a su despecho 

Que el temor no halló jamas abrigo 

En el hispano fuerte y bravo pecho: 

Justo será que lleven el castigo 

Del daño que a los vuestros les han hechO; 

Para que sea ejemplo y escarmiento 

De su locura y vano atre\'imiento." 



Con la verdad engaña y asegura 

Dejando su traición disimulada 

Cubierta con dorada cobertura 

Como vemos la pildora dorada: 

Que por que no se sienta su amargura 

Es menester que vaya disfrazada 

Con el metal precioso que hay de tíbar. 

Cubierto el gusto amargo del acíbar. 



79 



Mas Silva el cuidadoso^ con cuidado 
Su gente toda luego en orden pone 
Su puesto señaló a cualquier soldado 
Trabeces, cubos, piezas lo compone: 
Repara mira y vuelve a cualquier lado, 
Ordena, quita, manda, y se dispone 
Para esperar al bárbaro furioso, 
Que ya viene marchando presuroso. 



No duerme, no reposa, ni sosiega, 

A todos por momentos vé y visita, 

Y para la ocasión de la refriega 

Esfuerza, exorta, mueve, anima, incita: 

Con término cortes les pide y ruega 

Que cuando en ella estén que no den grita. 

Por que el silencio importa y es gran mengua 

Cuando es menester manos tener lengua. 



Anduvo así la noche hasta que el dia 
Mostró su alegre luz por el oriente, 
Y Filomena en dulce melodía 
Su venida declara alegremente: 
Caminando con él también venia 
El enemigo bárbaro potente. 
Haciendo con la grita tal estruendo 
Que el eco retumbaba un son horrendo. 



Pusiéronse a manera de un erizo 
Formado el escuadrón de los piqueros, 
Mas espeso que un monte de carrizo 
Guarnecido de pérfidos flecheros: 
Como suelen las guardas del panizo 
O como los solícitos vaqueros 
Cuando quieren juntar todas las vacas 
Así les daban voces y matracas. 



80 



La gente mal nacida y bando ciego 
En formado escuadrón como venía. 
Intentó de asaltar el fuerte luego 
Con ímpetu gallardo y lozanía: 
Mas el artiñcial y ardiente fuego 
Que el cálamo broncino despedía, 
Refrenó su furor de tal manera 
Que no osaron llegar a la trinchera. 



De las tronantes piezas espantados 
En confuso montón se retiraron, 
En los mas altos cerros y collados 
Su belicoso ejército alojaron: 
Con el capote negro disfrazados 
Trincheras en lo llano levantaron 
Cercaron desde el pié de una alta sierra 
Hasta do el mar se abraza con la tierra. 



Fuertes cubos alzaron y bastiones, 
Revellines murallas y traveses, 
Con tierra, con fagina con cestones, 
Como los alemanes o franceses: 
Con tablas, palos, duelas y tablones 
Parapetos hicieron y paveses. 
Plataformas, rastrillos y troneras 
Torres, dientes, tenazas, y tiseras. 



De allí la gente infame se deslengua, 

Y los nuestros atentos los escuchan; 
Cualquiera oprobio, agravio, o cualquier mengua 
Que de españoles saben desenbuchan: 
Dejaron reposar después la lengua 

Y armados corren, saltan, juegan, luchan, 
Mandando a cada cual luchar por fuerza 
Para que se ejercite así la fuerza, 



81 



A todos los que en tierra derribaban 
Como si acaso fueran los hispanos. 
Fingen que de vida y alma los privaban 
El corazón sacando con las manos: 
En esta vana ceo-uedad estaban 

o 

Aquestos agoreros inhumanos^ 

Creyendo lo que linjen por tan cierto 

Y aun mas que si de veras fuera al muerto. 



Después de aquesto, aquesta vil canalla 
Levante') enarbolada la bandera, 
Diciendo que se asome a la muralla 
El capitán del fuerte o salga fuera: 
Puestos ellos a punto de batalla 

Y los nuestros también de esa manera 
Fuera salió del muro el castellano 

Y esto fué lo que dijo un araucano. 



"Parece, capitán, que es desvario, 
Quereros defender en ese fuerte 
De este poder tan grande de gentío 
Que os está amenazando con la muerte: 
Tomad mi parecer que es justo y pió 
Pues no podéis libraros de otra suerte 
Que os vais y nos dejéis libre la tierra 
Y no nos hagáis mas injusta guerra. 



"Que aunque la vecindad ha sido buena 

Y la favorecéis con tantas veras, 
Recibimos nosotros mucha pena 

De que la gocen gentes estrangeras ; 

Y mas en ver que está de viñas llena 
Cualquiera de esas ásperas laderas: 
No queremos se diga eternamente 

Que a Arauco ha ciütivado estraua gente. 

tí 



82 



"El consejo que os doy tomad que es bueno 
Sabed con tiempo de él aprovecharos; 
No vengáis a gozaros con lo ageno 
Cuando no lo tengáis para libraros; 
Por que ese desleal de Quintegüeno 
También vendrá después él a negaros 
Como ahora su patria insano niega 
Sin saber quien al mísero le ciega." 



No quiso responder la hispana gente 
A la soberbia y bárbara arrogancia, 
Pareciéndoles ser impertinente. 
La prática propuesta y sin sustancia: 
Ni pudo Quintegüeno el insolente 
Hacer alguna cosa de importancia 
Por que con él se tuvo mas cuidado 
Que con el enemigo rebelado. 



Con voces, gritos, saltos, con clamores. 
Con algazaras dísonas y estruendo. 
Con amenazas crueles los traidores 
Están la tierra y mar ensordeciendo, 
Llamándolos de perros malhechores; 
Pero los españoles no queriendo 
Responder a tan bárbaras torpezas 
Responden por las bocas de las piezas. 



Doce dias el cerco sustentaron 
Sin ofrecerse cosa de momento, 
El pasto a los caballos les quitaron 
Que solos nabos fueron su sustento: 
A media noche el cerco levantaron 
Dejando solo y huérfano el asiento. 
También junto con ellos me levanto 
Por no poder cantar de una vez tanto. 



Canto V. 



Sale el castellano de Arauco a correr la tierra : prende a un enemigo 
de quien se informa como el ejército de los rebeldes estaba en Colican 
con intento de dar en la escolta : pasados cuatro dias sale el capitán 
TJrbaneja a tomar lengua: a la vuelta encuentra con los enemigos; 
traba con ellos la batalla: muere en ella el dicho capitán y siete 
españoles : degüella Xavalvuri otros siete de los que estaban de presidio 
en su tierra : Polantaro hace muestra general de su ejército. 



Muchos vemos en esta edad presente 
Con máscara de amigos verdaderos^ 
Que por de fuera muestran cautamente 
Que son mucho mas mansos que corderos, 
Tratando de ordinario con la gente 
Con amorosos tratos lisonjeros: 
Así con semejante rostro cubren 
El engaño que a tiempo le descubren. 



Si por el pecho fuera el hombre abierto 
Ninguna falta Momo le pusiera, 
El corazón se viera descubierto 
Y lo que en él está se conociera; 
Mas si está como está, tan encubierto 
¿Quien podrá conocer desde acá fuera 
Aquel que al hombre trata trato doble, 
O a quien en ellos es hidalgo y noble? 

6* 



84 



Al que es amigo leal y verdadero 

Con justa y gran razón ha de estimar se. 

Que si es de pecho y ánimo sincero 

Pueden seguramente de él liarse: 

Aqueste tal amigo que retiero 

Es con quien debe el hombre acompañarse, 

Que ya no mostrará abierto el pecho 

Dejándole cual debe satisfecho. 



Mas ¿a donde hallaremos uno bueno 
Descuido de artiticios y malicia, 
Que ya este mundo pértído está lleno 
De maldades traiciones y codicia? 
Mirad lo que decia Quintegüeno 
Fingiendo con los nuestros amicicia, 
Y la traición sutil que iba transando 
Debajo de amistad ¡oh vil nefando! 



Que sino se tuviera gran recato 
Como con él se tuvo, yo prometo 
Que dieran a los hísperos mal rato 
Metiéndolos quizá en algún aprieto; 
Mas viendo el escuadrón bárbaro ingrato 
Que no podia ya hacer ningún efeto, 
El cerco, como dije, levantaron 
Y a Colican su gente retiraron. 



Quintegüeno el traidor quedó burlado 

Y de un furor diabólico desecho, 

De ver lo mucho que él ha prometido 

Y que no es nada todo lo que ha hecho; 
Mas luego con la trápala y ruido 
Debió de despachar, según sospecho. 
Aviso a los purenes en secreto 

Que no se vayan sin hacer efeto. 



85 



Salió a reconocer Silva otro dia 
Si estaban emboscados los contrarios^ 
Llevando su pequeña compania 
En un pequeño término apiñados: 
A Pengueregua fué y tomó un espia 
De quien fueron los nuestros informados 
Que en Colican el campó junto estaba 
Y de cojer la escolta se trataba. 



Certiñcó que dentro de ocho dias 
Vendrán sin falta a echar dos emboscadas, 
O en dando nueva cierta sus espias 
Que nuestras gentes andan desmandadas: 
Los pasos cerraran por todas vias 
Con escuadras de picas apiñadas. 
De suerte que no escape alguno de ella 
Ni puedan los del fuerte socorrella. 



"La escolta vaya, dijo, hasta la playa 
Recogida llevándola y dé suerte 
Que no salga ni pase de la raya 
Del limitado término del fuerte, 
Que si adelante va podrá ser vaya 
A parar en las manos de la muerte: 
Ellos no quieren mas que veros fuera 
Para os cerrar los pasos y carrera." 



Por tener- como tuvo aqueste aviso 
Que de importancia fué y grande interese 
No consintió jamas Silva ni quiso 
Que la escolta a lo largo se hiciese: 
Mandó que a la mañana desde un viso 
Divisase una posta y descubriese, 
Mientras que alguna yerba se cojia, 
Si el enemigo pérfido venia. 



S6 



Anduvo recojida así la gente 

Con el recato y orden como digo, 

Temiéndose no diese de repente 

Sobre ella el escuadrón del enemigo. 

Pasados cuatro dias justamente 

Mandó que con un indio ñel amigo 

Urbaneja saliese a tomar lengua 

Que estar mas encerrados es gran mengua. 



Salió con brio y ánimo gallardo 
Corriendo el fértil valle y ancha vega, 
Llevando el mar insano por resguardo 
Por si ocasión hubiese de refriega: 
Lleg(> hasta donde al mar con paso tardo 
Sus cristalinas aguas Rauco entrega, 
De quien el alto nombre soberano 
Le toma todo el término araucano. 



A la boca del rio en la marina 
A un bárbaro de lejos divisaron. 
Que con paso veloz solo camina; 
Mas luego los hispanos le alcanzaron 
Dentro del agua clara y cristahna: 
Por todas partes todos le cercaron. 
Mas viendo que no puede defenderse 
Quiso en el mar hinchado guarecerse. 



De en medio de entre todos se escabulle, 
Sin que pudiese mano echarle alguno, 
Que por no verse preso se sambulle 
En el salado charco de Neptuno: 
Bullendo el agua líquida se bulle 
Huyendo del celtíbero importuno. 
Que mas quiso morir entre sus olas 
Que vivir entre gentes españolas. 



87 



Arrojóse tras de él un indio amigo 
Rompiendo el mar soberbio con la lanza, 
Que bien hizo en llevársela consigo 
Por que con ella al araucano alcanza. 
No se quiso rendir el enemigo: 
Contra el infiel el fido se abalanza. 
Apechugó con el y por el pecho 
El mortífero hierro entró derecho. 



Al duro corazón el golpe apunta, 
Y encaminó la punta tan derecha 
Que le metió por el la cruda punta 
Dejando por dó entró la puerta hecha: 
El alma con el hierro balió junta 
Por la pequeña llaga y boca estrecha: 
Del agua bajó al fuego del infierno 
En donde penará por tiempo eterno. 



Después de haber ya dado al indio muerte, 
Sin ser para cojerle vivo parte, 
El yanacona, aunque era bravo y fuerte. 
El escuadi'on belígero se parte: 
A vísperas entraron en el fuerte 
Los heroicos discípulos de Marte, 
Habiendo todo el dia sin provecho 
Corrido y sin hacer mas de lo hecho. 



La centinela bárbara lo vido, 
Pero ninguno vio a la centinela. 
Que en un lugar oculto y escondido 
Está, y mas que el pastor de Juno vela: 
Habiendo en el ocaso ya metido 
La lámpara divina su candela, 
Salió la oculta posta de su puesto 
Y a dar aviso fué a los suyos presto. 



bS 



La nueva les llevó y aviso cierto 
De que los españoles andan fuera, 

Y que dentro del mar furioso han muerto 
A un indio que rendirse no quisiera. 
Fué el escuadrón indómito cubierto 

Por detras de una altísima ladera; 
Media milla del fuerte se emboscaron 

Y a que la nueva luz llegue se aguardaron. 



Aquesta misma noche el castellano 
Mandó segunda vez correr la tierra. 
Dándole para hacerlo toda mano 
A Luis de Urbaneja, diestro en guerra: 
Mandó correr la vega monte y llano 
Y del gran Carampangue la gran sierra 
Por que saber importa y le conviene 
El intento que el enemigo tiene. 



Ordenóse que fuese con cuidado 

Y que su gente lleve recojida, 

Por que si el enemigo está emboscado 
No será bien la halle dividida; 
Pero que si se viere de él cercado ^ 

Y fuere la contraria sin medida, 
Se venga retirando por la costa 

Con orden, con concierto, y por la posta. 



Pendida la modorra salió fuera 
Que le fuera mejor tener modorra. 
Que para su salud mejor le fuera 
O que nunca rindieran la modorra. 
Cubrió de Carampangue la ladera 
Y a su gente mandó que luego corra 
Para tomar si puede algún espia 
Por que corriendo viene apriesa el dia. 



89 



Por cima de una altísima cuchilla 
Nuestra gente pasó sin sentir nada, 
A donde la cruel bárbara cuadrilla 
Estaba al mismo pié de ella emboscada; 
La pérfida bien vio a la de Castilla, 
Pero dejóle franca la pasada 
Sin que se le j)^isiere algún embargo 
Por cojerla de dia y a lo largo. 



Cuando de Esperion la hija cara 
En el oriente claro parecía, 

Y la nocturna sombra de su cara 
Huyendo en el ocaso se escondía; 

Y el manto nubital, que nunca para, 
Los antípodas árticos cubría, 
Entonces salió el bárbaro encubierto 
Mostrando en campo el suyo descubierto. 



De treinta y siete picas por hilera 
Un escuadrón formaron prolongado, 
Su forma tan igual y tan entera 
Que tuvo ciento y once de costado. 
Estaba el fondo y frente de manera 
Y tan perfecto y bien proporcionado 
Que mejor no lo hicieran alemanes 
Ni en Flandes los mas diestros capitanes. 



Solícito el sargento mayor anda 
Dando cumplidamente buen descargo, 
De cuanto el general ordena y manda 
Sin faltar una mínima en su cargo. 
Pusieron de la una y de otra banda 
De a caballo dos mangas a lo largo, 
LTna que a los de fuera el paso impida 
Y la otra a los del fuerte la salida. 



90 



MaS; como el enemigo descubriese 
La centinela desde una garita^ 
Para que en arma luego se pusiese 
La castellana gente ; al arma ! grita. 
No quedó quien con ellas no saliese; 
Y viendo que es la bárbara infinita 
Mandó Miguel de Silva diesen luego 
A una pieza reforzada fuegO; 



Para que el duro son terrible y fiero 
En las cavernas cóncabas retumbe 
Rompiendo el viento bramador lijero 
En las orejas de los nuestros zumbe. 
Por que el pequeño número guerrero 
De su intento a los bárbaros retumbe^ 
O abra con su pecho diamantino 
Por medio de un ejército camino. 



Con el tremendo son de la respuesta 

Que dio la gruesa pieza reforzada, 

Tembló la vega, valle, monte, y cuesta, 

El mar, la sierra, el alto, y la quebrada. 

El eco retumbó con la. tempesta 

Que dejó a mas de dos la sangre helada 

Hiriendo velocísimo en la oreja 

Del bravo capitán Luis de Urbaneja. 



El natural color del rostro pierde. 
En un funesto y pálido le muda 
Con una mezcla blanquecina y verde 
Sin otros muchos que andan de remuda: 
Que al corazón que el ánimo remuerde. 
Es fuerza que la sangre noble acuda 
Y como de la cara el propio falte 
Queda como figura sin esmalte. 



91 



Mas no por eso el ánimo le falta 
Ni de ver que es sin número la turba, 
El miedo ni temor le sobresalta 
Ni otra cosa le espanta ni le turba : 
Ni la tremenda grita horrenda y alta 
Que el bárbaro levanta le perturba^ 
Antes con mayor ánimo y esfuerzo 
Tendi('> las velas al furioso cierzo. 



8u gente, aunque era poca, en orden puso 
Y un escuadrón formó de ella pequeño. 
Después aquesta plática propuso 
Con rostro grave, plácido, y risueño: 
"Ya que el acerbo hado se dispuso, 
Como de la fortuna propio dueño, 
Traernos a peligro tan patente 
Importa a cada cual hoy ser valiente. 



"Y entienda que no hay mas en todo el numdo 
Que solos estos pocos que aquí estamos. 
Fundándome en aquesto que me fundo 
Que no hay mas tierra que la que pisamos; 
Pues vuelen desde el cielo hasta el profundo 
Nuestros heroicos hechos, y hagamos, 
Que caramente vayan bien vendidas 
A costa de las suyas nuestras ^idas. 



"Que no por que el ejército es pujante 
Y están los campos de enemigos llenos. 
El temor se nos ponga por delante 
Sino que estemos de él todos ágenos: 
Haciendo que la famíi resonante 
Nuestros hechos divulgue como buenos, 
Por que de nuestros nombres, fama y gloria 
Eterna quede al mundo la memoria." 



92 



Con esto el miedo torpe sacudieron; 
Y con furor honroso y justa saña 
Juntos a los contrarios embistieron 
Diciendo: — "¡Santiago! cierra España! 
Al encuentro los bárbaros salieron 
Cercándoles entorno la campaña; 
De la suerte que suelen los monteros 
A los venados sueltos y lijeros. 



Mas como los cerdosos acosados 
Que se ven de los mismos perseguidos, 
Y en una estrecha parte acorralados 
De lanzas y venablos mal heridos. 
Que por entre los hierros ahlados 
Se arrojan de la muerte compehdos; 
Rompiendo los venablos y cuchillos 
Con los agudos rábidos colmillos; 



De aquesta misma suerte los hispanos 
Embisten a las armas contrapuestas. 
Haciendo con las suyas en las manos 
Que las contrarias queden descompuesta; 
Pero volviendo en sí los araucanos 
Con ámino gallardo y manos prestas. 
Se ponen con los nuestro íirme a hrme 
El cuento de la pica en el pié tírme. 



La desigual batalla se comienza 

Y la victoria cada cual pretende, 

Mas por que el uno al otro no se venza 
Con golpes pesadísimos le ofende: 
Movidos los hispanos »de vergüenza 
En ver que el paso el bárbaro defiende. 
Con ímpetu soberbio, todos parten 

Y el bárbaro escuadrón por medio parten. 



93 



Fué Bernardo de Arroyo en la vanguarda, 
Un animoso bravo y fuerte mozo, 
Al mas valiente bárbaro acobarda 
Haciendo por do pasa gran destrozo: 
El capitán llevó la retaguardia 
Con sobra de contento y alborozo, 
Que su ánimo invencible no se espanta 
De que la pértida turba sea tanta. 



De veinte y siete que eran los hispanos 
Pasaron juntos solos diez y nueve 
Rompiendo por los bravos araucanos 
Haciendo cada cual cuanto se debe : 
Mas de cólera y rabia casi insanos 
Aquel poder indómito se mueve; 
El paso abierto cierran al instante 
Con mas de seis mil puntas de diamante. 



El capitán quedó con otros siete 
En medio de las picas homicidas. 
Con mas denuedo y ánimo acomete 
Quitando a muchos pérridos las vidas: 
Pas() de una lanzada el coselete, 
Abriendo juntamente dos heridas, 
Al bravo Lienmanguen, mozo fuerte, 
Con que se remató su triste suerte. 



Quebró la lanza y con presteza arranca 
La cortadora espada, corta y ancha. 
De un alto a bajo a Quilamangue manca 
Y con su sangre el verde campo mancha: 
A su caballo hirieron en el anca, 
Pero el bravo español la plaza ensancha. 
Cabezas, cuerpos, piernas, brazos parte. 
Sin ser para impedirlo alguno parte. 



94 



En el mayor peligro se comporta 

Y un golpe crudo a Cacho dio en el hombro, 

El brazo a cerce le derriba y corta 

Como si acaso fuera algún cohombro: 

A los suyos anima y los exorta 

Poniendo a los contrarios grande asombro. 

Haciendo con la espada tales cosas 

Que serán de creer dificultosas. 



Juan Ramírez, Arévalo y Mendoza, 
Como quien ya no tiene algún remedio. 
Cada cual con valor rompe y destroza 
Cien belicosos ínfimos por medio: 
Hiriendo y ofendiendo a toda broza. 
Tomaron por mejor y último medio 
El morir peleando en la batalla 
Que rendirse a tan pérfida canalla. 



Gutiérrez, Juan Rodriguez y CoUasos, 
El joven belicoso Andrés Hurtado 
De cuerpos divididos en pedasos 
Tienen cubierto en torno el verde prado 
Queriendo con la fuerza de sus brasos 
Remediar aquel trance desdichado, 
En que la varia diosa los ha puesto 
Echando por las vidas todo el resto. 



Pero, en efecto, como variable 
En todo fué a los míseros contraria. 
Siendo a los atrevidos favorable : 
Con estos que lo fueron fué ella varia. 
Ganaran fama eterna y perdurable 
Los ocho si la lúbrica voltaria, 
Alegre les mostrara su semblante; 
8i ella con ellos fuera mas constante. 



95 



Farucari; Perguinande; Nabalguala, 
Quenteray^ Oninelefe^ Pichincura^ 
Con soberbia^ infernal horrible y mala 
Esfuerzan a su gente brava y dura: 
Pusiéronse los bárbaros en ala 
Iguales en el ánimo y postura; 
Con furor infernal bravos embisten 
A los que los maltratan y resisten. 

La gente de a caballo hecha una pifia 
Embistió de tropel por otra parte, 
Y luego todo el campo de campiña 
Cerró con los del célebre estandarte: 
Como suelen las aves de rapiña 
Embestir con la presa, de aquesa arte 
Furiosos embistieron a la presa 
Veloces y hambrientos a gran priesa. 

Farucan, que de cólera revienta, 

Dio a Gutiérrez el viejo una lanzada 

Tan hórrida, mortal y tan violenta 

Que abrió la puerta al alma encarcelada 

Ya Arévalo, que bravo se presenta, 

En la trabada lid ensangrentada. 

Antemaulen hirió con tanto brio 

Que el cuerpo le dejó sin alma y frió. 



Un número copioso de a caballo 

Embistió al capitán Luis de Urbaneja, 

Con intento del suyo derriballo 

Porque a muchos maltrata y los aqueja: 

No pudieron al fin ejeculallo 

Que él de sí los aparta y los aleja. 

Sin que ninguno llegue en cuanto alcanza 

De su braso el vigor y la pujanza. 



96 



Conapillan el bélico le acecha 

Y la ocasión, el tiempo mide y marca, 

Pero cuando le vio tira una flecha 

Guiada de la mano de la parca: 

Por el ojo derecho entró derecha 

Con que rompió la humana y frágil arca. 

De donde salió el alma incontinente 

A dar cuenta al autor omnipotente. 



A Rodríguez, Mendoza, y a Oollasos, 
A Hurtado y a liamirez de tal suerte, 
Hicieron estos bárbaros pedasos, 
Que a lástima movió a la cruda muerte: 
Cortáronles cabezas, piernas, brasos 
Mostrándose cualquiera bravo y fuerte. 
Tomando en los cadáveres venganza 
Probando en ellos cada cual su lanza. 



Los bárbaros cantaron la victoria 
Con solemne algazara, horrenda y grita, 
Que su soberbia vana y vanagloria 
A tales crueldades los incita: 
Kunca se vio jamas alguna historia 
De gente de razón hasta hoy escrita, 
Que la victoria cante su ganancia 
Ni sujeta como esta a la ignorancia. 



Por que aunque de su parte hayan perdido 
La mayor de su ejército en batalla 
8i un español no mas ha fenecido 
La victoria por suya ha de cantalla: 
Y luego el bando crudo fementido 
Cuando quiere volver de nuevo a dalla, 
8in número, sin tasa mas se aumenta 
Haciendo de los muertos poca cuenta. 



Con las ocho cabezas que cortaron 
Se encendió mas el fuego de la guerr 
Que solamente en verlas se alteraron 
Las gentes de lo llano y de la sierra 
Que como a Pelantaro las llevaron, 
A todas las provincias de su tierra 
Mandó que las llevasen, para prueba 
De la victoria que lia tenido nue\a. 



Nabalvurí el soberbio casi insano 

De honrosa envidia a impulso se remuerde, 

En ver que le han ganado por la mano 

Y que su presunción toda se pierde: 

Jura por la deidad de su Pillano 

De manchar con la sangre el campo verde 

De los mas esforzados castellanos, 

Vertida a pura fuerza de sus manos. 



Habia el fanfarrón a Pelantaro 

Con juramento eterno prometido 

Que el seria el primero sin reparo 

Que españoles degüelle en su parrido: 

Así ahora con ánimo preclaro, 

Visto que su palabra no ha cumplido. 

Determina en su pecho furibundo 

Ya que no fué el primero, ser segundo. 



Iba tejiendo el pérfido una tela 
Que tenia de mucho atrás urdida. 
Solícito trabaja siempre, y vela 
Porque en efecto vaya bien tejida: 
Mas para que se entienda su cautela, 
Si vos, señora, sois de ello servida, 
Traeros me conviene a la memoria 
El principio y oríjen de esta historia. 



98 



Un fuerte en Longotoro^ dije, había 

Y un caudillo con pocos castellanos. 
Que guardia importantísima hacia 
A los indios amigos comarcanos: 
Que a ofenderles un b^írbaro venia 
Con los rebeldes bárbaros serranos, 
Los hijos las mugeres les llevaban 

Y a muchos muchas veces degollaban. 



Mas por algunas causas que no ignoro, 
Aunque no las declaro en mi escritura, 
Lo fueron para alzarse Longotoro 
Y el principio de tanta desventura: 
Perdieron a los nuestros el decoro, 
¡O gente sin verdad, inñel, perjura! 
Al caudillo mataron y a un soldado 
Como ya tengo arriba declarado. 



En oyendo la nueva del fracaso. 

El capitán Vallejo incontinente 

Salió a tomar al enemigo el paso 

Apresurando el suyo dilijente: 

No hizo su salida nada al caso 

Que ya era puesto en salvo con su gente, 

Sacó la que en el fuerte nuestro había 

Y fué a Molchen con ella el mismo día. 



Pidió Nabálvurí que a los molchenes 
Guarnición de espafioles les pusiesen, 
Para que de los infidos purenes 
Y demás enemigos defendiesen: 
Por que mujeres, hijos y sus bienes 
Seguros en sus casas estuviesen, 
Por que si no les ponen el presidio 
Tendrán con los contrarios gran subsidio. 



99 



Con parecer de niiichos j consejo 
Que con razones justas aprobaron^ 
De guarnición dejó en Molchen Vallejo 
Los que de Longotoro se libraron: 
Por caudillo dejó un soldado viejo 
Y catorce con él no mas quedaron^ 
En un fuerte sin fuerza^ roto el muro 
Aportillado todo y mal seguro. 



El caudillo envió siete soldados 
A descubrir la tierra una mañana, 
Para que de los indios rebelados 
Aseguren la sierra y vega llana: 
Quedó con otros siete^ y descuidados 
De que estaba la muerte tan cercana^ 
A dormir se acostaron^ y la puerta 
La dejaron de par en par abierta. 



MaS; como la ocasión tan buena vido 
Xabalvurí ¡o traidor! echóle mano 
Para poder cumplir lo prometido 

Y que no fuese el juramento vano: 
Tenia en gran secreto prevenido 
El alevoso per ti do tirano 

Que su gente a la nuestra visitase, 

Y el fuerte cada dia frecuentase. 



Entraban cada vez que lo querian 
Con armas o sin elFas en el fuerte, 
Que la entrada jamas les defendían 
Por no se recelar de mala suerte: 
Mas, como ahora los vándalos dormían 
Acordaron de darles cruda muerte, 
Antes que se levanten ni recuerden, 
Que nunca la ocasión buena la pierden. 

7* 



100 



Entraron seis o siete en cada casa 
Llevando cada cual oculto un leño : 
De aquesta miserable vida escasa 
Sacaron al dormido j triste dueño; 
Que como es sueño cuanto acá nos pasa 
En apacible blando y dulce sueño, 
Pasaron los cuitados de este mundo 
Sin despertar de sueño tan profundo. 



Habiendo ya los indios acabado 
De rematar el triste y mortal juego, 
A un tiempo por tres partes han pegado 
Al fuerte y a las casas vivo fuego: 
Después de haber las suyas abrasado 
De allí se fueron juntos todos luego. 
Con hijos y mugeres a la sierra 
Dejando su nativa y fértil tierra. 



Los siete corredores cuando vieron 
El incendio del fuerte repentino, 
Por ver lo que seria se subieron 
En un cerrillo próximo y vecino : 
Como el horrendo caso conocieron 
De la ciudad tomaron el camino, 
Al capitán la nueva dieron cierta 
De que la demás gente ya era muerta. 



Hubo en el pueblo llantos y dolores 
Por el amigo caro y el pariente, 
Al cielo levantando los clamores 
Según que cada cual el dolor siente: 
Nabalvurí envi(5 al rey embajadores 
Y las ocho cabezas de presente. 
Avisando del orden modo y suerte 
Que dio a los españoles cruda nmerte. 



101 



Recibió Pelantaro gran contento 
Con el presente, y próspero suceso: 
Estubo grave el bárbaro y atento •• 
Mientras le relataban el proceso: 
Mandó después a Palco^ su sargento, 
Que el ejército marche fuerte y grueso. 
Que quiere ir en persona y de su mano 
Castigar al rebelde Mareguano, 



Tenia ya su campo congregado 

Para ir a hacer el hórrido castigo, 

Que por no haber cumplido su mandado 

Puren le declaró por enemigo: 

Que sino estáis, señor, vos trascordado 

En el tercero canto claro digo, 

Como la flecha nunca recibieron, 

Por lo cual contra él se apercibieron. 



Mas para que a su gente en orden viese 
La que fué de Molchen con la embajada, 
Mandó que allí delante de él viniese 
En ordenanza toda y bien armada: 
Y que después apriesa prosiguiese 
Marchando a largo paso la jcn-nada. 
Antes que Mareguano tenga nueva 
Del poderoso ejército que lleva. 



Ya el son horrendo y bélica armonía 
Retumba, suena, y se oye en cualquier parte, 
Ya el belicoso milite venia 
Buscando su caudillo y estandarte: 
Ya en orden el sargento los ponia 

Y en iguales hileras los reparte, 

Y a los soldados bravos y galanes 
Siguiendo en <)rden van sus capitanes. 



102 



Estaba Pelantaro acompanado 

De los grandes caciques j señores, 

En un alto teatro aderezado 

Con rosas, con jazmines y otras flores: 

De un ñierte arnés de limpio acero armado 

En medio de los dos embajadores 

Que para les mostrar su gente diestra 

Mandó que se hiciese allí esta nuiestra. 



Salió Millacalquin, bravo el primero, 
Con semblante galán se contonea, 
Calado un morrión lleva de acero 
La pica por el cuento la florea: 
Y todo su escuadrón fuerte y guerrero 
Lleva de azul y blanco la librea: 
Son purenes, lumacos, y pidocos. 
Valientes y galanes aunque pocos. 



Tras de él salió, soberbio y arrogante, 
Con orgulloso brio y furia brava. 
El ínclito y famoso Nereante 
Con la famosa gente de Guadaba; 
Vestida una costosa cuera de ante 
Encima de un jubón doble llevaba, 
Y su gente con ánimo gallardo 
Vestida va de verde azul y pardo. 



No menos que el gallardo se presenta 
Representando a Marte y a Belona, 
Ranguel, que en casos arduos y de afrenta 
Acreditada tiene su persona: 
Su gente es valerosa y de gran cuenta 
Arrogante, soberbia, y fanfarrona: 
Es la del fértil valle de Elicura 
La librea encarnada y verde oscura. 



103 

Procede el iinpacieiite Guaiquimilla^ 
Mostrando la pasión^ rencor y sana 
Que tiene él y su pérñda cuadrilla 
A la nación íbrtísima de España: 
Morada es la librea y amarilla 
Y la gente, que trae en la compaña^ 
De OngolmO; de Turua^ de Boroa, 
De clara fania^ eterna y alta loa. 



El precio de la gala llevó y joya 
El bravo Millanquen^ diestro y galano 
Que pasó con la gente de Lincoya 
Haciendo estremecer en torno el llano 
Es el estribo y base donde apoya 
La fuerza del ejército araucano, 
Y la librea blanca y de azul claro, 
Colores de su amigo Pelantaro. 



Viene la retaguardia guarnecida 
Con la gente de Pailagüeno sola 
Por ser soberbia, indómita, atrevida 

Y enemiga mortal de la espafiola: 
Anganamon la lleva recojida 
Armado de las armas de Loyola, 

Y los suyos con ellas, todos dobles, 
Con blasones y símbolos de nobles. 



En pasando los últimos, al punto 

Pelantaro mandó que marche luego 

Su campo en escuadrón formado y junto 

Sin género ninguno de sosiego-: 

Mas por que no me atrevo a ir con él junto 

Os suplico, señor, os pido y ruego 

Me concedáis que tome algún descanso 

Porque, si apriesa marcho, yo me canso. 



Canto YL 



Llega Pelantaro a ]\Iaroguano : asalta a los naturales: el cacique 
Quelantaro junta su gente: quita parte de la presa que los purenes 
llevaban: va el general Francisco Jofré a socorrerlos: da alcance a los 
enemigos : degüella muchos de ellos : llega don Luis Jofré a la ciudad 
de los Eeyes : el virey y audiencia nombran por gobernador de Chile 
a don Francisco de Quiñones : vuelve Pelantaro a juntar nuevo ejército. 



¡Olí cuantos nombres bélicos ha habido 
En este nuestro tiempo y el pasado 
Que por su gran valor han merecido 
Subir al" mas sublime y alto estado! 
¡Qué fortuna les ha favorecido 
Y su ventura próspera ayudado, 
Pues sin ser conocidos^ merecieron 
Llegar a los estados que tubieron! 



Varo de cavador y vagajero 
Por su valor subi<j a C(hisul romano, 
Y de hijo de un pobre gondolero 
A augusto emperador, A alentiniano : 
Carmauola, también, de ganadero 
Vino a ser general del veneciano. 
Nícolo; Maximino, Cayo Mario, 
El Tab orlan. Tendido y Belisario, 



105 



Por el valor de su ííiiiiiio preclaro 
Ganaron altos títulos y nombres, 
Y a su linage oscuro hicieron claro 
Con nuevos apellidos y renombres. 
Bien podemos contar a Pelantaro 
Con estos fuertes bravos y altos liombres, 
Pues siendo humilde; bajo y vil plebeyo 
Llegó a tener mas pompa que Pompeyo. 



Sin otra pretencion que ser valiente 
Tiene de aqueste reino el señorio; 
Y todo le obedece llanamente 
Por su valor, esfuerzo, fuerza, y brio: 
Pues va alargando el paso con su gente 
Tender apriesa quiero el corto mió, 
Porque si me detengo en este trance 
íso podré, sino corro, darle alcance. 



Llevó su campo el orden de contino 
La vigilancia grande y el silencio, 
Que llevó el del constante Constantino 
Cuando venció al tirano cruel Magencio: 
Mas yo, según el orden, ya imagino 
Y por sentencia pública sentencio 
Que sino se repara Mareguano 
Que le ha de cargar bien la dura mano. 



En una oculta, honda y gran quebrada 
Cerca de Catiray su gente embosca, 
Y estubo tan oculta en la emboscada 
Como pudiera estar sola una mosca: 
En saliendo la luz de la alborada 
Al son de una corneta ronca y tosca. 
Salió a correr la bélica cuadrilla 
Del belicoso y bravo (juaiquimilla. 



106 

Cuando Febo mostró su rostro claro 
Sin punta de nublado en el oriente^ 
Al pueblo del famoso Quelantaro 
Asaltó Guaiquimilla de repente: 
Como no tuvo nueva ni reparo 
Degollaron alguna de su gente^ 
Las casas j las chácaras quemaron 
Las mujeres e hijos les llevaron. 



Estaba Quelantaro descuidado 
Del caso repentino y nueva guerra^ 
Y de que el enemigo fuese osado 
A pisarle sin término su tierra: 
Pero viendo el suceso no pensado 
Su gente junta luego y con él cierra^ 
Por la crecida fuerza de sus manos 
Vencieron los famosos Mareguanos. 



Quitáronles gran parte de la presa 

O casi todo cuanto les llevaban, 

Que como el hijo es prenda al ün que pesa 

Con mas valor por ella peleaban: 

Despachó Quelantaro a toda priesa 

Aviso al general de como estaban 

Revueltos con el ínhdo enemigo 

Y que les fuese a dar favor y abrigo. 



Estubo el general Jofré suspenso 
Un rato aqueste caso contemplando^ 

Y como capitán viejo en lo intenso 
Si seria traición imaginando^ 

Por que el poder indómito era inmenso 

Y poco el que él tenia de su bando: 
Así lo mira bien y considera 

Y al fin determinó de salir fuera. 



107 



Mandó tocar al arma y (jue su gente 
La de a caballo, digo^ que le siga^ 
Por que en lei de amistad no se consiente 
Que a la nuestra degüelle la enemiga: 
Ni es justo que en el numdo eternamente 
Que su favor negó^ jamas se diga: 
Así a caballo armado salió luego 
Brotando por los ojos vivo fuego. 



El capitán Duran salió el primero 
Por ser el primogénito estimado 
Del viejo Marcos Veas y heredero 
De su valor^ hon(n'; fama y estado : 
El segundo fué Barrios, y el tercero 
Simón Diaz, hidalgo y buen soldado^ 
Solícito^ animoso, vigilante 
En el oticio y cargo de ayudante. 



Don Luis de Fuentes, Sánchez, Espinosa, 
Juan GagO; y Juan Ortiz el de Rivera, 
Con otra gente noble y belicosa 
Procuraban tomar la delantera: 
Alejo de la Fuente no reposa 
Pedro de Silva, Kubio, y Aguilera, 
Tomas de ,Toro, Soto, Liberona, 
Mas furiosos salieron que Belona. 



Francisco Fris, Ramírez, Busca y Sande 
Martin Mufioz, León, Bettrem de Mella, 
Entre una nube van espesa y grande 
Del polvo que levantan con la huella: 
Mandó Jofré que nadie se desmande 
Por que su gente quiere recogella. 
Hasta que toda esté junta hagan alto 
Al pié de un mogotillo jíspe^'o y alto. 



108 



Bernardo de Madrid sali() y su hermano, 

Pineda^ Cerda, Prados^ Alegría^ 

Antón vSanchez^ Arenas, y Lircano, 

Con Juan Ortiz de Araya en compafiía: 

Marcos Veas^ un nieto del anciano 

Con quien Lautaro habló en su fuerte un dia^ 

Estrada, Salvador, y Figueroa 

A quien la heroica fama ensalsa y loa. 



Francisco Lois sali() en la retaguarda, 
Miranda, Alonso Sánchez, y Delgado, 
Pefiafiel un punto no se tarda, 
Ni el moreno Gerónimo de Prado: 
Llegó Diego Lorenzo a la vanguarda 
De fuertes armas todo bien armado; 
Fué Francisco Martínez el postrero, 
Llegando a un tiempo allá con el primero. 



Pues junta ya la escuadra belicosa 
El general intrépido se parte, 
Delante de su gente valerosa 
Representando va el sangriento Marte: 

Y como si a la variable diosa 
Segura la llevara de su parte 
Así va asegurando la victoria 

Y de ella el premio heroico y alta gloria. 



Después de haber corrido un largo trecho 
En un angosto y áspero sendero, 
A la subida eniesta de un rej)echo 
Encontraron segundo mensajero : 
El bárbaro habló allí con gran despecho 
Al general Jofré que fué el primero 
Con quien él se encontró en la delantera, 
Y el indio dijo allí de esta manera. 



109 



"Bravos hispanos^ si en la edad pasada 
Vuestros brazos indómitos pudieron 
Poner el duro yugo con la espada 
A aquestos mismos que hoy nos destruyeron 
Y si por vuestra mano fué vengada 
La injuria que otros muchos recibieron^ 
¿Por que no socorréis a los amigos 
Pues los destruyen vuestros enemigos? 



"Mirad que nos robaron el ganado^ 
Mirad que nuestros hijos van cautivos^ 
Mirad que nuestras casas han quemado 
Aquesoe perros bárbaros altivos: 
Mirad que va su ejército cansado 
Caminad, no dejéis ningunos vivos 
Id de priesa españoles. ¿Qué os detiene? 
Mirad que andar lijero nos conviene. 



"Desbaratados van, y van huyendo 
Y nosotros a muchos hemos muerto, 
Quelentaro los va solo siguiendo 
Sin orden, sin reparo, sin concierto: 
Mas por lo que yo he visto claro, entiendo 
Que algún escuadrón suyo está encubierto 
En parte oculta, puesto en emboscada 
Por cojer nuestra gente desmandada. 



"Antes que mal alguno le suceda 
Podréis con gran presteza darle ayuda. 
Que bien cerca de aquí es donde queda 

Y en esto no pongáis alguna duda: 
Pues bien sabéis que la inconstante rueda 
Que con facilidad se vuelve y muda, 

Y suele muchas veces la voltaria 
A quien favoreció serle contraria" 



lio 



En diciendo Guatil estas lazones 
Tomó Jotré la lanza y una adarga, 
A su caballo arrima los talones 

Y parte con furor a rienda larga: 
Al capitán Duran con diez \arones 
La retaguardia deja y se lá encarga, 

Y en la vanguardia va él tan bravo y fuerte 
Que al indio espanta, y tiembla de la nmerte. 



Y aun que pudiera ser su lanza entena 
De tal suerte la lleva saca y libra, 
Como a cafia sutil, seca de avena 
O cual sino pesara media libra: 
El ruido silvante en torno suena, 
Cuando el fornido y grueso fresno vibra 
Haciendo que aunque seco y duro cimbre 
Como si fuera junco verde o mimbre. 



Iba el hierro luciente amenazando 
Con gran rigor al cielo y a la tierra, 
Y al bárbaro soberbio amedrentando 
Que en verle solo el íntido se aterra: 
Su caballo colérico saltando 
Ganoso de hallarse ya en la guerra, 
Por que alarguen las riendas mas relincha 
Con las manos rosándose la cincha. 



No hubieron bien dos millas caminado 
Cuando encontraron junto el resto todo, 
Que marchando venia descuidado 
Sin concierto, sin límite, ni modo: 
En viéndole, Jofré ha determinado 
Probar a ver si puede darle un todo, 
Así su gente bélica apercibe 
Y al encuentro le sale y le recibe. 



111 

Delante de los suyos como un Marte 
Los iba asegurando y los esfuerza, 
Mandando que ninguno se le aparte 
De su lado ni que el camino tuerza: 
Sino que con valor esfuerzo y arte 
Sacando de flaquesa ánimo y fuerza. 
Haciendo de las tripas corazones 
Embistan cual a ovejas los leones. 



Al bárbaro escuadrón bravo atropella 
Y cual hambriento tigre despedaza, 
Derriba, mata, hiende, pisa, huella, 
Castiga, da fia, espanta, y amenaza: 
Parte, corta, machuca, abre, degüella. 
Atormenta, deshace y hace plaza. 
Esparce, siembra, estrella, y arrebata. 
Asuela, descoyunta, y desbarata. 



íso hay coselete fuerte que resista 
El golpe fuerte de su brazo y lanza, 
ísi bárbaro valiente a quien no embista 
Que en viéndole dañar a él se abalanza 
Puso en el infido Mávida la vista 
Y con presteza y ánimo le alcanza 
Porque habia a Gerónimo de Prado 
En él de un recio encuentro derribado. 



Ya le tenian los bárbaros asido 

Y a punto de cortarle la cabeza, 
Mas fué del general favorecido 

No menos que con toda su presteza: 
Al que le derribó, dejó tendido 
Que co^a donaire brio y gentileza 
La lanza le metió por la tetilla 

Y el hierro salió rojo a la espaldilla. 



112 



Tomas Duran tan duros golpes daba 
Que de ellos los verdugos deja impresos: 
El cuero y blanda carne magullaba 
Machuca; rompe, (piebra; y muele huesos: 
A Pangue en la cabeza uno alcanzaba 
Con que los ojos, cascos^ vida, y sesos. 
Por el llorido campo esparce y siembra, 
Y a Pailaregua de otros dos desmiembra. 



Pineda, Juan de Barrios, y Juan Gago, 
Juan Ortiz, Antón Sánchez, Cerda, y Buiza, 
Hicieron en los bárbaros estrago 
Y cruda mortandad y horrenda riza: 
La tierra está de sangre como lago 
De los que Simón Diaz descuartiza; 
Dejó don Luis de Fuentes en sus pechos 
Fuentes de sangre y manantiales hechos.- 



Pues Toro, cual si ñiera madrigado 
Después que en el palenque o ancha plaza 
Con rígidos rejones le han picado, 
Así los va siguiendo y dando caza: 
Pues Pedro de León, encarnizado. 
Los hiende, rompe, corta, y despedaza; 
Francisco Fris coh'rico los frisa 
Y Francisco Martinez tumba y pisa. 



Pedro de Silva el fuerte los aqueja 

Y con mortales golpes desatina, 
Martin Muñoz a todos empareja 

Y envía a la infernal y horrenda tina: 
Alejo de la Fuente los aleja 

Y Forcen de Espinosa los espina, 
Miguel Sánchez los rompe y desbarata 

Y Francisco Delgado ofende y mata. 



113 



Bernardino Beltran de Mesa solo 
Tan grande en los contrarios las hacia. 
Que es bien que desde el uno al otro polo 
Se celebren sus hechos de este dia: 
Y Juan de Liberona dio a Antecolo 
Un revez y en dos partes le partia; 
Mas Hernando de Prado de los muertos 
Los deja por do pasa bien cubiertos. 



El bravo Antonio Pérez de Aguilera 
Andaba entre los míseros peones, 
Cual águila caudal, suelta j ligera 
Entre los temerosos gorriones: 
A Calco asienta un golpe en la mollera, 

Y en dos le dividió hasta los rifiones, 

Y a no topar primero en el escudo 
Llegara mas abajo el golpe agudo. 



Ningún golpe los nuestros dan en vago 
Por que todos se dan de lleno en lleno, 
Así en ellos hicieron tal estrago 
Que el campo de los muertos quedó lleno: 
Caropil cara a cara dio a Juan Gago 
Sobre el alto crestón de bueno a bueno 
Un golpe con un roble, y fué de suerte 
Que le quitó la vida y dio la muerte. 



El mástil duro el bárbaro revuelve. 
Como si fuera alguna leve paja. 
Entre los españoles se revuelve. 
Escudos, cotas, yelmos, petos raja: 
Entra, hiere, derriba, sale, y vuelve 
Con lijeresa grande a la baraja 
Lastima, rompe, tira, abre, trabuca. 
Señala, quebra, hunde, da, y machuca. 

8 



114 



Alcanza a Juan Ortiz el de Ribera 

Un golpe con el arma horrenda j basta. 

Que la celada sesos y mollera 

Como si fuera masa, así la aplasta: 

Mas viendo el general de la manera 

Que ofende un indio solo, enristra el hasta; 

Al bárbaro le dio tan recio encuentro 

Que el alma le envi<) volando al centro. 



La gente castellana junta cierra 
Con la soberbia y pérfida canalla, 
A su pesar ganaron fama y tierra 
Perdiendo ellos la suya y la batalla: 
Fuéronse retirando a una alta sierra 
Y ya que no pudieron sustentalla, 
Quisieron guarecer la cara vida 
Para tenderla en otra bien vendida. 



Mas como ^ó ^Ajjolo^'la retirada 
Habiendo estado atento a todo el caso, 
Apresurí) a gran priesa su jornada 
Y zabullóse en el profundo ocaso: 
También la heroica gente bautizada 
A la ciudad volvió la rienda y paso. 
Quedándose los bárbaros corridos. 
Coléricos, espulsos y vencidos. 

Al son horrible de la ronca trompa 
Su gente el crudo bárbaro recoge, 
Con morios brio, orgullo, fausto, y pompa, 
Manda que aquella noche allí se aloje: 
Mas cíntes que la luz del alba rompa 
Ni el bélico espanol le desaloje, 
A Puren a gran ])riesa se retira 
Impaciente, fui'ioso, ardiendo en ira. 



115 

Volvieron ios amigos del alcance 

Y fué desbaratado Guaiquiínilla^ 

Estubo de perderse en un balance 

Quelantaro con toda su cuadrilla: 

íSegura de cualquier peligro y trance 

Llegó la valerosa de Castilla 

A la ciudad; j en ella se alojaron 

A dó a los mal heridos bien cuidaron. 



Quiero dejar ahora por un rato 
El horrísono estruendo de atambores^ 
Las armaS; el rüido; el aparato, 
Y del sangriento Marte los fiu'ores, 
La turbación confusa del rebato. 
Las voces de heridos, los clamores 
Los trances peligrosos de la guerra, 
Las continuas batallas de esta tierra: 



Bajar quiero al Perú que me conviene 
Ver lo que el visorey en Lima ordena 
Y el socorro de gente que previene 
Para esta tierra de miserias llena: 
Aunque sé que cuidado grande tiene 
Por que ya en mis orejas zumba y mena 
El alboroto, tráfago," el bullicio 
Del militar y bélico ejercicio. 



Llegó don Luis Jofré con la embajada 
A la ciudad famosa de los Reyes, 
La mas rica del orbe y mas nombrada, 
Asiento de los ínclitos vireyes: 
De templos y hospitales muy poblada, 
Archivo de las santas y altas leyes. 
Cuchillo de los pérfidos tiranos. 
Asombro de piratas luteranos. 

8* 



116 

Don Luis de Velasco gobernaba 
Entonces el gran reyno perüanO; 
A cuyo cargo y orden Chile estaba 
Y su vida y salud puesta en su mano: 
En oyendo que oyó lo que pasaba 
Con celo santo y ánimo cristiano, 
Acordó enviar socorro a Chile 
Antes que por su falta se aniquile. 



Así mandó que luego se juntase 
En general acuerdo allí la audiencia, 
Para que al mismo punto se nombrase 
Una persona grave y de esperiencia: 
Que a Chile en paz y guerra gobernase 
Con rectitud, cuidado y diligencia, 
Y al bcárbaro castigue ásperamente 
Desarraigando de él tan vil cimiente. 



No gastó mucho tiempo ni razones 
En demanda y respuestas el senado. 
Que de un común acuerdo y opiniones 
En el primero fué luego acordado 
Que fuese don Francisco de Quiñones, ' 
Valiente caballero y gran soldado 
Tenido en todo el mundo como en Lima 
En la reputación de su alta estima. 



Por ser de estirpe clara y descendiente 
De Gonzalo Gutiérrez de la Vega, 
Vega próspera, florida, excelente 
Que al monte mas escelso iguala y llega; 
Fué señor de la casa preeminente 
Villa Padrina, y luego se la entrega 
A don Diego Gutiérrez, su hijo amado, 
Que maestre fué en Alcántara estimado. 



117 

Desciende por la línea masculina 
El claro don Francisco de Quiñones 
De aquesta heroica casa de Padrina 
A donde ha habido célebres varones: 
Y por la via recta y femenina^ 
No menos que ella ilustre de blasones, 
De la noble de Sena^ casa antigua^ 
Según que claramente se averigua. 



Siguiendo las pisadas y el camino 
De sus progenitores esforzados^ 
Fué don Francisco célebre contino 
Señalándose en hechos señalados: 
Soldado fué en el reino del latino 
Cuando mas se estimaban los soidados; 
A donde por su heroico braso y mano 
Granó renombre altivo y soberano. 



La prueba y testimonio cierto de esto 

Y del nuicho valor de su persona 
Es públicO; notorio y manifiesto 
Como la clara fama lo pregona: 

Y mas cuando en los Gelbes echó el resto 
Que puso espanto a Marte y a Belona, 

Y absombro y miedo al turco bravo y fierO; 
El esfuerzo de aqueste caballero. 



Hallóse en esta mísera jornada 

En la galera Leyba con su hermano^ 

Vencida fué la gente bautizada 

Y vencedor el bárbaro otomano: 
Perdióse la infeliz y grande armada 

Y casi todo el crédito cristiano. 
Mas hizo don Francisco de su parte 
Mas de lo que pudiera el mismo Marte. 



118 

Solos ci y su hermano defendienm 
De tres galeras turcas su galera^ 
A muchos turcos bravos rebatieron 
Echándolos por fuerza de ella fuera : 
De los pesados golpes que les dieron 
El eco retumbaba en la ribera, 
Haciendo mas horrenda la armonía 
Que la tremenda y gruesa artillería. 



Era de mas de ser soldado viejo 
Caballero del hábito de Malta 
Su hermano don Antonio Mogrobejo 
De nmcha presunción y virtud alta: 
Varón acreditado y de consejo 
En quien jamas se vio ninguna falta. 
Porque supo mostrar en ocasiones 
Ser de la estirpe clara de Quiñones. 



Mas como el turco vio el vigor y esfuerzo 
Y de dos españoles tan gran fuerza^ 
Mas hinchado que ponzoñoso eséuerzo 
A los suyos anima, exorta, esfuerza: 
Así con mas furor (pie el brabo cierzo 
Cuando el tímido Bóreas le refuerza, 
Volvió la turba pérhda tm-quesca 
Con nuevo orgullo v ánimo a la gresca. 



Mas como estaban ambos mal heridos 

Y descubiertos los fornidos huesos, 
Cansados fueron pero no vencidos 

Y de los otomanos al lin presos: 
Por poca cantidad fueron vendidos 
Que el precio no subió de nueve pesos,- 
Por estar don Antonio maltratado 

Y don Francisco todo acribillada». 



119 



Don Antonio nniri<) de las lioridas: 
Estiibo don Francisco a punto de ello, 
Que poi' doce mortales y crecidas 
Echaba fuera el ánimo y resuello: 
Pero siendo ciu'adas y cosidas 
El padre eterno quiso guarescello; 
Que no hay fuerzas humanas en el suelo 
Que puedan contrastar con las del cielo. 



Asi no es necesario (|ue aqui diga 
El gran trabajo,, enorme y espresivo, 
Las miserias, afanes, la fatiga^, 
Que en Bizancio })asó siendo cautivo: 
Xi de la gente bárbara enemiga 
El tratamiento mísero y esquivo 
Xi como a pura fuerza de dinero 
Sali(') de la opresión del turco hero. 



Ni deciros tampoco es necesario 
De cuando en el combate y desafío 
El golpe horrendo crudo y temerario 
Que a su enemigo di<'> con tanto brio, 
Que le cortí) cual junco a su contrario 
El montante por medio, y el vacío 
Del cerebro le abri(» todo de un golpe 
C-on que en tierra cay('> nmerto de golpe. 



Ni los naufragios grandes ni tormenta 
Que en servicio del rei ha padecido. 
Que ya os habrá de todas dado cuenta 
Mejor de lo que yo lo he referido: 
Por que han sido sin número y sin cuenta 
Las peregrinaciones que ha corrido 
De las cuales no trata aquí el suceso 
Que la historia se fuera toda en eso. 



120 



Mas digo que de cuanto tuvo a cargo 
Así en cosas de paz como de guerra, 
Que dio de todas ellas buen descargo 
Mostrando el gran valor que en él se encierra; 
Como en el tiempo venturoso j largo 
Que fué corregidor en esa tierra, 
El cuidado que puso y diligencia 
Cuando la mortal hambre y pestilencia. 



Aquello que faltaba hizo que sobre 
Y tuvo en procurarle tan buen modo, 
Que jamas le faltó para el mas pobre, 
Hallándolo a do quiera siempre arrodo 
Que como caridad fabrique y obre 
Con gran facilidad se hace todo, 
Así h) halló todo siempre hecho 
Por obrar caridad dentro en su pecho. 



Alerta estuvo a todo el nuevo Atlante 

Y puesto de ordinario en centinela. 
Tan íirme cuidadoso y vigilante 
Como suele la grulla cuando vela: 

Y desde que a la lumbre radiante 
Cubría la nocturna y negra tela 
Hasta que nuevamente se mostraba 
La ciudad sin parar siempre rondaba. 



Limpióla de ladrones holgazanes 
Que fué siempre enemigo de ladrones. 
De mosos perniciosos, araganes, 
Romjjedores de poyos y cantones. 
De inquietos, vagabundos y rufianes 
Blasfemos, arrogantes, fanfarrones : 
Al malo castigaba su malicia, 
Usando de equidad y de pulicia. 



121 

También mostró valor estraordinario 
En el gobierno de la infantería, 
Siendo maese de campo y comisario 
General de la gran caballería: 
Y cuando del pirata ingles corsario 
El virey don Martin nueva tenia^ 
Por general le enviaba con la plata 
Del rey a Panamá, y contra el pií-ata. 



El mar se le mostraba alegre y blando 

Haciéndole Keptuno mil favores 

Y la fortuna y Marte de su bando 

Como subditos suyos o factores: 

Así sus hechos bélicos mirando 

El ínclito virey y los oidores 

Le cargan sobre sí el chileno cargo 

Por dar de los que tuvo buen descargo. 



Acéptale contento, y no se usa 

Hacer a Dios y al rey tan gran servicio, 

Que no por ser como es viejo se escusa 

Que siempre fué el servirle su ejercicio: 

Quisiera yo tener sonora musa. 

Erudición, talento y artificio, 

Para que en dulce canto y contrapunto 

Sus méritos subii' en su alto punto. 



Mas aunque la verdad anda corrida 
Huyendo de mordaces atrevidos, 
Será de sus amigos recibida 
Aunque vayan mis versos mas corridos: 
Que no queda ella manca ni tullida 
Porque ellos vayan mancos y tullidos, 
Ni por ser dicho en rústico lenguage 
No es justo que la haga nadie ultrage. 



122 

No pierde su alto precio la esmeralda 
Por estar engastada en bajo cobre^ 
Ni su valor la perla entre la grialda 
Ni el oro en casa mísera aunque sobre 
Ni su vistosa vista la guirnalda 
En la cabeza humilde de algún pobre, 
Ni la Quifiónea gloria que celebro 
Por ser yo falto y pobre de cerebro. 



Que aunque es tan rica y alta la materia 

Y el estilo tan pobre humilde y basto. 
No pierde porque es grande mi laceria, 

Y sí en metal mas rico no la engasto: 
Que causa muchas veces la miseria 



Ser mayor el recibo que no el gasto 

que el dicho al 
No ha de perder el hecho lo que vale. 



por que el dicho al hecho no se iguale 



Las fábulas, mentiras, las ficciones 
Es menester que vayan adornadas, 
Con nuevos tragos, galas e invenciones 
Por que no las conozcan disfrazadas: 
Pero sin artificio de razones 
Compuestas de atavíos ni afectadas 
A decir la verdad limpia y descubierta 
No con rebozo o máscara cubierta. 



Por que tiene ella en sí tanta hermosura, 
Tanta gracia, donaire y gentileza, 
Tan agradable y bella la figura 
Que no creó otra tal naturaleza: 
No ha menester adorno o compostura 
Que siempre ha sido amiga de llaneza, 
Es vergonzosa, afable, grave, honesta 
Y mas grave desnuda que comjmesta. 



123 



Pero aunque Ünca tiene tanta fuerza 
Que por mas que adelgase no se quebra. 
En el mayor peligro mas se esfuerza 
Teniendo firme la delgada hebra: 
Y aunque han querido muchos que se tuerza 
De estos heroicos triunfos que celebra, 
No han podido en efecto convencella 
Con ser tantos los enemigos de ella. 



Mas ha de poder, pudo y puede tanto 
Que ha de salir triunfando con la suya, 
Tan lirme como roca o peua en tanto 
Por quererle ofender se le atribuya: 
Dejando estos asuntos vuelvo al canto 
Antes que algún mordaz muerda y me arguya^ 
Que me entretengo en esto por que falta 
Materia pues la tengo heroica y alta. 



No faltaran Catones envidiosos 

Calígulas, Caines, Adrianos, 

Que mas que canes rábidos furiosos 

Morder quieran sus hechos soberanos: 

Ni Salustios, Tofilos maliciosos 

Momos, Mucios, Ginosoristas varios 

Que adiccionen mis faltas y mis menguas, 

Mas no me detendrán mordaces lenguas. 



Ofrece su persona y mas su hacienda 
Y demás de su hacienda y su persona, 
Don Francisco empeñó su casa en prenda 
Por mas servir a la real corona: 
Que no con ser tan áspera la senda 
Del inmortal trabajo le perdona, 
A su querido hijo don Antonio 
Por dar de su valor mas testimonio. 



124 



Pero para le dar yo verdadero 

De todos los sucesos de esta historia 

Volverme a Chile por la posta quiero 

Que de él perdido habia la memoria: 

Yo volveré a su tiempo mas lijero 

A eternizar su fama tan notoria 

Que me es forzoso hallarme en el presente 

Mientras que en el Perú levantan gente. 



En viva rabia y cólera deshecho 
A Puren llegó roto Pelantaro^ 

Y su escuadrón soberbio con despecho 
Del costoso suceso horrendo y caro: 
Para tomar venganza de lo hecho 

Y levantar su nombre al cielo claro, 
Mandó juntar de nuevo gente nueva 

Y que se reformase la que lleva. 



Juntóse en breve tiempo una caterva 
De gente bulliciosa y holgazana, 
Indómita, feroz, cruel, proterva, 
Colérica, soberbia, e inhumana: 
Del oficio marcial no se reserva 
La juvenil robusta ni la anciana 
Que su descanso, gloria y su contento 
íSolo tiene en la guerra el fundamento. 



Viendo, pues, Pelantaro tan gran suma 
De gente belicosa y bien armada, 

Y que su campo crece como espuma 
En Canten quiere echar una emboscada; 

Y yo también cortar quiero la pluma 
Para que esté mas blanda y delicada. 
Que ya la siento dura, gruesa y bronca 

Y cansada mi voz, cerrada y ronca. 



Canto YII. 



Pelantaro va con poderoso ejército sobre la Imperial-: los españoles 
tienen aviso de ello: sale con algunos a reconocer el capitán Pedro 
de Olmos: traba con el enemigo batalla: muere en ella y otros seis 
españoles : retíranse los enemigos a Puren con la victoria : el teniente 
va en busca de Anganamon a su tierra : llega el gobernador a Pencocea : 
Nabalvurí con otro ejército sobre la ciudad de Ongol. 



Excelente virtud es la obediencia 
Y la que mucho al sumo verbo agrada. 
Por ser de la humildad j de paciencia 
Hija la mas querida j mas amada: 
Guia de las demás por su excelencia 
De la concordia madre regalada, 
De la voluntad propia es enemiga 
Guarda de la justicia y fiel amiga. 



La religión con ella se sustenta; 
Por ella las repúblicas florecen; 
El ser de los monarcas alimenta; 
Sus estados con ella permanecen: 
La fuerza en los ejércitos se aumenta 
Si a los que los gobiernan obedecen; 
Mas valen mil soldados obedientes 
Que setecientos mil desobedientes. 



126 



El que perfectamente obedeciere 
Lo que su superior le ordena o manda; 
Ann(][ue sea cualquiera que se fuerC; 
Merece mucho mas que quien le manda: 
Y quien del justo límite saliere 
O del término puesto se desmanda 
No guardando lo que el mayor ordena 
Es digno de cualquiera grave pena. 



Por no ser olícdientes se lian perdido 
Muchos que si lo fueran» se ganaran, 
Mas por haber las órdenes rompido 
No suenan tanto al fin como sonaran: 
No hubieran tantos daños sucedido 
Si al puesto limitado repararan: 
Ejemplos se verán de lo que digo 
En este mismo canto que prosigo. 



Así volviendo al hilo de la historia 
Digo que Pelantaro partió luego 
A cobrar su perdida fama y gloria 
Mas rápido ♦¥ veloz que el veloz fuego 
Y de como perdió tan gran victoria 
Furioso de ]a ctUera iba ciego 
Camino de Canten con presupuesto 
De echar para vengarse todo el resto. 



Pero el eterno padre poderoso 
Como de su rebano no se olvida. 
Permitió que del bando cauteloso 
Un bárbaro anticipe su partida: 
Y a la ciudad camine presuroso 
A dar la nueva en ella no sabida 
Del orden, la manera, como y cuando. 
Llegará Pelantaro con su bando. 



127 



Avisu dio de todo y que no salgan 
Fuera de la ciudad^ que no conviene 
Sino que dentro de ella que se valgan 
Contra el potente ejército que ^'iene : 
Que como muchas veces se desgalgan 
Sin concierto^ ni el vándalo le tiene, 
Quieren sacarlos de ella y desviados 
Asaltar la ciudad por todos lados. 



Xo hicieron caudal del indio amigo 

Ni de su aviso práctica o razones^ 

Pero tuviéronle por enemigo 

Que venia con tramas de traiciones, 

A ver o conocer el fuerte abrigo 

Los reparos, trincheras, y bastiones, 

La gente, la ciudad, artillería, 

Y todo cuanto dentro de ella habia. 



Pero no pas»'» mucho sin que viesen 
A su pesar el triste desengafio. 
Para que claramente conociesen 
Que el bárbaro no vino con engaño: 

Y quiso el redentor que recibiesen 
Los mas de los incrédulos el daño, 

Y que a su misma costa viesen cierto 
Lo que tuvieron antes por incierto. 



De la suerte que dejo referido 
Dejó el artihcioso Pelantaro, 
Su belicoso ejército escondido 
Cerca de la ciudad con gran reparo: 
Después de haber ya claro amanecido 
Y vístose la luz de Apolo claro. 
Poca gente envió a trabaí- refriega 
Con los indios amigos de la vega. 



128 

No fueron los indómitos sentidos 
Por estar los domésticos durmiendo, 
Pero salieron luego apercibidos 
Al encuentro mortífero y horrendo: 
De las tremendas voces y alaridos 
En la ciudad oyeron el estruendo; 
Al arma tocan luego, y de improviso 
Al capitán Valiente dan aviso. 



Estaba todavia enfermo y falto 

De salud en la cama Andrés Valiente, 

Y así mandó que hiciesen todos alto 

Y que en orden esté toda la gente: 
Por que se recelaba del asalto 

Que el acuerdo se entiende fácilmente, 

Y no quiere que salga nadie fuera 
Por ser cierta la nueva y verdadera. 



Puso fuego a unos ranchos el contrario 

Y volviéronse luego en vivas brasas. 

Que ya es costumbre entre ellos, de ordinario 

Quemarse las haciendas y las casas: 

Por parecerle que era necesario 

Ayudar a las fuerzas mas escasas, 

Pedro de Olmos pidió para ir licencia 

Contra la turba y pérfída potencia. 



Eran suyos los indios de la vega, 
Y por el interese de su hacienda, 
Al teniente importuna, pide y ruega 
Que el socorrer su gente no defienda: 
La licencia el teniente se la niega 
Diciendo que su intento se suspenda. 
Pues claramente ve que se ve cierto 
El cauteloso engaño descubierto. 



129 

Otra vez Pedro de Olmos le suplica 
Que le dé dos docenas de soldados, 
Que él le da su palabra y certiñca 
De no pasar los términos vedados: 
Visto que tantas veces lo replica 
Con otros tres o cuatro interesados. 
Contra sií voluntad y el orden dado 
8e las dio por no ser mas porfiado. 



Pero con íu'den, limite y concierto, 
Que de un término puesto no pasase, 
Y en descubriendo al bárbaro encubierto 
Que con gran brevedad se retirase: 
No guarde) el que le di<) por no ver cierto 
Quien ir mas adelante le estorbase, 
Pero para traer razón del hecho 
Pasó mas adelante no gran trecho. 



Cual suele andar huyendo el dehncuente 
De la justicia a sombra de tejados, 
Y a cualquiera rumor o voz que siente 
De temor vuelve y mira a todos lados: 
Así va de ese modo nuestra gente 
La vista pronta y cuellos levantados, 
A cualquiera ruido que se ofrece 
Que es el bravo enemigo le parece. 



Pero con ir como iban con cuidado 
No vieron la insidiosa infantería 
Que con intento y ánimo dañado 
Oculta entre unos médanos venia: 
Con el robusto braso en alto alzado 
La bárbara canalla se movía 
Para trabar dispuesta ¡ oh cruel canalla ! 
Con nuestra brava gente la batalla. 



130 

De la ciudad la vieron claramente 
Y el orden con que viene y ligereza, 
Mas para dar aviso a nuestra gente 
Al punto dispararon una pieza: 
Pero en oyendo el son incontinente 
Pedro de Olmos revuelve con presteza 
Que bien entendió luego ser aviso; 
Mas no pudo volverse como quiso. 



Que como entró sin orden tan adentro 
Y pasó de la raya señalada, 
Al revolver saliéronle al encuentro 
Los caballos que estaban de emboscada: 
Tuvieron con los bárbaros reencuentro 
No mas de solamente a la pasada, 
Al pueblo nuestra gente dio la vuelta 
Mezclada con la indómita y revuelta. 



Venia recogiendo por delante 
Su gente Pedro de Olmos de Aguilera, 
Y deteniendo al bárbaro pujante 
Con mano poderosa, horrenda y ñera; 
Pero la fuerza humana no es bastante. 
Cuando la rueda lúbrica y ligera 
Quiere volver su curso miserable, 
A detener su vuelta variable. 



Iba delante de él pequeño trecho 
Juan López del Ollaure, un buen soldado, 
Mostrando al enemigo fuerte pecho 
Con denuedo y valor determinado: 
Su caballo cayó en un paso estrecho. 
De los bárbaros fué despedazado. 
Mas como Pedro de Olmos le seguia 
Encima de él cayó en la propia via. 



131 



A Pecli'o de Olmos iba dando caza 
El furibundo bárbaro de Ongolmo, 
Lleva el robusto y pérñdo por maza 
Un fornido y macizo tronco de olmo : 
Pudiera al mas valiente en campo y plaza 
Llenarle bien las manos con su colmO; 
El español gallardo y belicoso 
Según era valiente y animoso. 



Mas, como por desgi-acia su caballo 
En el de Ollaure súbito tropieza. 
Hubo lugar y tiempo de alcanzallo 
Con un terrible golpe en la cabeza: 
No hizo mas que en tierra derriballo 
Y el árbol luego arbola con presteza; 
Encima de Vetanzos le derriba 
Y^del vital aliento y alma priva. 



A la tercera vez que alzó la viga 
Tan gran desaforcido golpe asienta 
Que cual si fuera miserable hormiga 
Así con él deshizo a Juan de Armenta: 
A los nuestros el bárbaro castiga 
Espanta, daña, ofende, y atormenta; 
A Martin de Herrera de la cuarta 
Del mortal cuerpo el alma aparta. 



Al joven Juan Orosco de Velasco 
Otra mortal el bárbaro endereza, 
Y sin valerle un acerado casco 
Menudos le hizo sesos y cabeza: 
Xo se vio roca firme ni peñasco, 
Oso, tigre, o león de tal braveza 
Ni toro bravo de Jarama en coso. 
Como el gallardo bárbaro furioso. 

9* 



132 



Viend(j de la ciudad lu que pasaba 

Y el término en que estaban los hispanos 

Y del modo que Ongolnio los trataba 
Con los terribles golpes inhumanos: 
El teniente salió con furia brava 
Con otros treinta y cinco castellanos 
A vengar a los nuestros de la injuria, 

Y refrenar del bárbaro la furia. 



Juntos en orden buena y recojidos 
Los valerosos héroes de la España 
Embisten con los indios atrevidos 
Bailando con su sangre la campaña; 
Pero como se vieron ofendidos, 
Revuelven con orgiülo nuevo y saña, 
A su pesar los nuestros dan la vuelta 
Segunda vez huyendo a rienda suelta. 



El que tiene caballo mas ligero 
Se tiene por mas bien aventurado 

Y el que pesado, tépido y zorrero 
No se quisiera ver en tal estado: 

¡ Oh como era euA-idiado el delantero ! 
¡Oh como viene el último espantado! 
¡Oh que largo el camino se le antoja 

Y se le aumenta de ello la (jongoja! 



La desenvuelta y bárbara canalla 
Tras ellos va con ímpetu maligno 
Diciéndoles: — "volved a la batalla. 
Cobardes, que ya habéis perdido el tino." 
Mas, como entre los últimos se halla 
El capitán Arana, el vizcaíno. 
Revuelve, de la honra compelido, 
A sustentar él solo aquel partido. 



133 



Al bárbaro escuadrón^ que era sin cuenta, 
El cantabres magnáninio acomete, 
íSin hacer de la dulce vida cuenta 
Cual bravo león feroz por él se mete: 
¡Oh como su valor los ahuyenta! 
¡Oh cuan gallardamente que arremete! 
A todos los maltrata y los deshonra 
Ganando con sus altos hechos honra. 



Con ánimo invencible los ofende 

Y con mortales golpes los quebranta, 

Mata, desgarra, rompe, corta, hiende. 

Atemoriza, muele, daña, espanta: 

Cada vez que su brazo heroico tiende 

A uno, a dos, a tres, en tierra planta 

Pero al que en lleno un golpe alcanza a darle 

No es menester con otro asegundarle. 



Mas viendo su vigor exelso, y como 

Un solo braso humano los baraja, 

Y la cerviz eniesta y duro lomo 

La supedita, rinde, humilla, y baja ; 

Con furibunda cólera Eolomo 

De un seco roble un ramo abre y desgaja, 

Con él se vuelve rápido y furioso 

A la batalla el bárbaro orgulloso. 



Con el maciso y duro tronco en alto 

El infido gallardo aguarda venga 

El español a darle algún asalto 

O a que con otro alguno se entretenga: 

Dio al pasar cerca ele ('1 Rolomo un salto 

Y a su caballo r;ípido derrenga ; 

Que como al dueño no pudo alcanzallo 

El golpe dio en las ancas del caballo. 



134 

El temerario golpe fué tan recio 

Que le sumif5 al caballo toda una anca, 

Y con ser de valor subido y precio 
De aquel solo le tulle, muele y manca: 
Teniendo al español en menosprecio 

El infido dej() la dura tranca, 

Y del brazo derecho le echó mano 

Y del primer tirón le bajó al llano. 



En" viéndole los bárbaros caldo 

Sin caballo, sin lanza y en el suelo. 

Acudió todo el bando fementido 

Cual los pájaros sueltos al. señuelo: 

Y sin querer concierto ni partido 

Le parten los idolatras sin duelo 

Cada cual cortándole una pieza 

O pierna, o brazo, mano, o la cabeza. 



La vuelta di(j a Puren la gente insana 
Victoriosa y pagada de lo hecho 
Arrogante, soberbia, alegre, vana, 
Y pagado su rey y satisfecho: 
Mustia y triste quedó la gente hispana 
El corazón saltándole en el pecho, 
Que del presente daño horrendo y duro 
Ya se le figuraba lo futuro. 



Mas para sacudir el torpe miedo 
Que apoderado estaba del cobarde, 
Hernando Ortiz salió con gran denuedo 

Y setenta españoles una tarde, 

Que no era tiempo ya de estarse quedo; 

Y habiendo de los suyos hecho alarde. 
En busca se parti() del enemigo. 

Con el pequeño número que digo. 



135 

Por altos cerros^ riscos^ por collados 
Por lomaS; montes ásperos enhiestos^ 
Por breñas^ y caminos desusados^ 
Por mil inconvenientes contrapuestos^ 
Por recios matorrales intrincados 
Los nuestros pasan ágiles y prestos, 
Y con ser tan incógnita la via 
Llegan a Piulagiien antes del dia. 



Sin ser sentidos llegan de repente 
Y la gente que hallaron descuidada 
La pasó con coraje y ñu*ia ardiente 
A toda por el filo de la espada: 
Anganamon estaba de allí ausente, 
Que desde la infelice y desdichada 
Derrota de los milites de España 
A su casa dojó por la montaña. 



Que como capitán y gran soldado 
Se recató, guardó y tuvo entendido. 
Que él habia de ser solo buscado 

Y de los españoles perseguido : 
Así con vijilancia y gran cuidado 
De dia estaba siempre apercibido; 

Y en trasmontando Delio el horizonte 
Con toda su familia se iba al monte. 



Aquesta sola noche dejó en casa 
La mas bella de todas sus mujeres, 
Con quien pasaba el bárbaro sin tasa 
Sus amorosos gustos y placeres: 
Mas como la fortuna vuela y pasa 
Usando por do quiera sus poderes, 
Volvió como lo tiene de costumbre 
Y derribe'» a esta dama de su cumbre. 



136 

No sé yo quien fué el rústico villano 
Que con airada mano criminosa 
fSin lástima y sin duelo el inhumano 
Degolló aquesta bárbara hermosa; 
Mas luego el breve número cristiano 
A Canten dio la vuelta presurosa: 
La venganza cruel diré adelante 
Que por su dama hizo el tino amante. 



Quedaron los cautenes satisfechos 

Y con aquesta suerte sosegados, 

Y quietos ya sus animosos pechos, 
Que inquietos los tenian y alterados; 
Que como son tan fáciles y estrechos 
De corazones y ánimos dañados 
Cualesquiera victorias les obligan 

A que la parte victoriosa sigan. 



Estaban a la mira y aguardando 
Todos los naturales de esta tierra, 
Algún suceso malo a nuestro bando 
Para irse en habiéndolo a la sierra: 
Y el nuevo Apó, que viene ya marchando, 
Que de Mapocho gente trae a la guerra 
Por que conforme fuere la que viene 
Verán lo que a ellos todos les conviene. 



Pero fueron las cosas de manera 
Que nadie de ellas hizo ningún caso, 
Que si como era justo se hiciera 
Detuvieran con tiempo al daño el paso: 
Mas Dios sabe quien gusto recibiera 
De Loyola la pérdida y fracaso 
Por sus interesables ambiciones 
Y el odio de sus íntimas pasiones. 



13^ 



No se pudo encubrir el mal intento 

Que claramente vimos las albricias, 

Que a quien la nueva dio del perdimiento 

Le dieron con alhagos y caricias: 

Por cuya causa y otras que no cuento 

De vicios infernales y delicias 

Es la total ruina de esta tierra 

Y la ocasión de haber en ella guerra. 



Y con no haber persona que no entienda 
De adonde nuestro daño nos redunda, 
No veo que jamas nadie se enmienda 
Antes quiere que el vicio mas se cunda: 

Y quiere mas hollar la imnunda senda 
Adonde mas el ánima se inunda, 
Dejando la derecha inperdurable 

Por la breve caduca y miserable. 



Así fueron las cosas sucediendo 
Tan mal como se hizo de ellas cuenta 
Y nuestra perdición también creciendo 
Al paso que crecía la tormenta: 
Fueron algunas plazas proveyendo 
En mancebos inhábiles sin cuenta: 
Alguno, sí, la dio en lo que guardaba 
Como de su persona se esperaba. 



Sesenta y cinco dias se detubo 
En cinco leguas menos de camino. 
Porque veáis, señor, cuan poco andubo 
El socorro y la priesa con que vino: 
Xi de él provecho alguno después hubo 
Por no ser suficiente cual cománo, 
Que solo fué de veinte aduladores 
De públicos oficios pretensores. 



138 



Pudieron bien traer gente bastante 

Para ofender al pérfido enemigo^ 

Y a detenerle el ímpetu pujante 

Haciendo en él un h<)rrido castigo: 

Con que estuviera firme y mas constante 

El incrédulo bando del amigo^ 

Que como vio ser poca nuestra fuerza 

La suya mas y su ánimo se esfuerza. 



Pasó la nueva entre ellos luego al punto 
De como ya eran pocos los hispanos^ 
Que bien claro se ha visto en el trasunto, 
Pues vienen a la guerra los ancianos: 
Así determinó este reino junto 
De venir con nosotros a las manos 
Y todo con Puren se reconcilia 
Para librar su patria y su familia. 



Con su breve y anciana compañía 
Llegó el gobernador Vizcarra a Penco, 
A do a reconocer y oler venia 
El bárbaro vecino cual podenco: 

Y de cuanto pasaba o entendía 
Aviso daba el pérfido mostrenco 

A todos los que estaban conjurados 

Y en contra de nosotros declarados. 



Jamas entre ellos hubo quien nos diese 
Aviso cierto de lo que intentaban, 
Ni por pago ni amor ni otro interese 
Perpetuamente cosa declaraban: 
Hasta que el mal suceso sucediese 
Con grande sufrimiento lo ocultaban, 
Sin querer descubrir jamas su intento 
Ni por muertes, martirios, ni tormento. 



139 

El general Jofré cuii justo ruego 
Por embajadas públicas demanda^ 
A Pedro de Vizcarra que entre luego 
En Santa Cruz con una gruesa banda; 
Porque se va encendiendo mas el fuego 

Y Mareguano en todo se desmanda^ 

Y a la ciudad no viene ni parece 
Xi las órdenes suyas obedece. 



Y la gente que tiene en su distrito 
Le pierde sin respeto la vergüenza, 

Y a cumplir su deseo y apetito 
La pértida canalla ya comienza; 
Que como su poder es intinito 

Con grande libertad se desvergüenza. 
Haciendo al descubierto mil insultos 
Borracheras, concilios y consultos. 



Mas con tener por cierto aqueste aviso 

El licenciado Pedro de Vizcarra, 

Tirar a Millapoa nunca quiso 

Por ser el peso grande de la barra: 

Dejando pues así lo mas preciso 

A Penco echó las áncoras y amarra: 

Agradable, seguro y ancho puerto 

De tormenta v borrascas encubierto. 



Estubo de propósito y de asiento 
En aquesta ciudad, y despachando 
Algunos negocillos de momento, 
Y gente nueva del Perú aguardando: 
Eepartió en general repartimiento 
Los indios que Loyola fué en durando 
Los mas y los mejores se llevaba 
Quien mejor y mas veces adulaba. 



140 



Capitanes nombró y corregidores 
De todas las ciudades j partidos, 

Y fueron los que son mas habladores 
En los mejores cargos admitidos; 

Que como es tierra, en fin, de aduladores 
En todo tiempo han sido preferidos: 
Aquesos solos son los que aquí valen 

Y de cuentos sofísticos se valen. 



Era este reino al fin de belutría 
Pues él de menos partes y servicios, 
Viendo como se daban pretendía, 
¡Sin calidad ni méritos, oficios: 

Y a quien primeramente los pedia 

O se entendió quererlos por indicios, 
Sin dilación alguna se los daban 

Y con ellos a muchos convidaban. 



El general también, por otra parte. 
Con el poder que tubo y provisiones. 
Las plazas de nnportancia da y reparte 
En los faltos de partes y razones: 
]\Iirad como será servido Marte 
Si le sirven inútiles varones, 
O como puede haber buenos efetos 
Adonde mandan mozos indiscretos. 



Pudiera acerca de esto decir tanto 

Aunque en estilo bajo y escabroso. 

Que al mundo admiración fuera y espanto; 

Pero no tengo tiempo ni reposo: 

Volver la pluma a Ongol, quiero y el canto 

Que el infido soberbio y belicoso 

íso me deja poner los pies en tierra 

Ki las manos levanta de la iruerra. 



141 



No descansa sosiega ni reposa 

Nabalvurí el indómito y gallardo^ 

Que con su escuadra bélica j famosa 

Mas bravo anda y feroz que un suelto pardo: 

A la española gente valerosa 

La campana le corre a paso tardo; 

El servicio le lleva y el ganado. 

Las estancias destruve v el sembrado. 



Inquieta a los amigos y levanta 
Degüella^ disminuye y alborota, 
Consume; apoca, hiere, corta, espanta, 
Acribilla, cercena, mata, escota: 
Los ánimos hispánicos quebranta, 
Ya siguen los amigos su derrota. 
Todo lo desbarata y lo destruye 
Y al eco de su voz cualquiera huye. 



Aviso tuvo y nueva verdadera 

De un indio que tomó en una emboscada, 

Que a pretender a Penco ida era 

De la gente de Ongol la mas granada, 

Y entre tanto que vuelve, que pudiera 

Hacer alguna cosa señalada 

Sin haber quien le estorbe ni le impida 

La entrada en cual'quier parte ni salida. 



Con pagas, por amor, por fuerza, y ruego, 
Al vecino, al amigo y al pariente 
Incita, obliga, mueve y junta luego 
De a caballo y de a pie infinita gente: 
Y como el infernal ardiente fuego 
Parte el bélico bárbaro valiente 
La vuelta de Mavel, donde se encierra 
En las mismas entrañas de la tierra. 



142 



Estubo dia y medio allí aguardando 
Con toda aquella bárbara caterba, 
A que de Ongol viniese nuestro bando 
AI valle de Mavel por lena o yerba: 
Y su guadaña rábida atilando 
La vengativa parca^ cruel acerba, 
Para cortar a muchos el estambre 
De la vida, y hartar su mortal hambre. 



Estando pues del modo que he contado 
La escuadra de los pérfidos guerreros, 
Con ()rden, con silencio, con cuidado 
Oculta entre unos ásperos oteros: 
El capitán Gutiérrez, gran soldado. 
Salió con solos once compañeros 
De la ciudad en guardia del servicio 
Que de herbajeros tienen el oficio. 



Entró en el verde, fresco y ancho valle 
Con el cuidado al fin que convenia. 
Sin entender que hay quien pueda enojalle 
Ni que tan cerca al bárbaro tenia: 
Mas cuando le vio el pérfido detalle 
C¿ue a la ciudad volverse no podia, 
Al son salió de roncos instrumentos 
Haciendo estremecer los elementos. 



En viendo la gran cáfila que sale 
Y al bárbaro escuadrón cerrado y junto. 
Por no perder el resto sino el vale 
No quiere por que tiene poco punto: 
Antes que el enemigo al morro cale 
Con todo su poder y cruel conjunto 
Con la velocidad que va una vira, 
Para una casa fíierte se retira. 



143 



Que como a la ciudad volver no pudo 
Protestar el contrario puesto en medio 
Por librarse del trance horrendo y crudo 
Tomó por mas seguro aqueste medio: 
A los suyos sirviendo va de escudo, 
Pero no pudo a todos dar remedio: 
A cuatro yanaconas degollaron 
Que largo trecho de él se desviaron. 



Estaba la bodega cerca y fuerte 

Del capitán Gamboa y con su cerca, 

Que para se librar todos de muerte 

De grande efecto fué él estar tan cerca: 

Mas viendo ya perdida aquesta suerte 

Yolvióse desde allí la gente terca 

A recojer al valle los caballos 

Que fuerza fué a los híspalos dejallos. 



A la ciudad la fama fué volando 
Y de ello aviso dio a la gente de ella, 
De como el inclemente y crudo bando 
A nuestra gente mísera degüella: 
Apenas dio el aviso triste cuando 
Salieron treinta y tres a socorrella 
Con ímpetu gallardo y deseosos 
De alcanzar a los bárbaros famosos. 



Estaba el capitán Vallejo ausente, 
Que a Penco también fué a procurar parte, 
En su lugar quedó por su teniente 
Quien lo pudiera ser del mismo Marte, 
El capitán Ortiz, diestro y prudente 
Persona de valor, industria y arte. 
Varón acreditado de esperiencia 
En obras, en consejo, en diligencia. 



144 



Mas como nuestra gente lleg(') y viese 

De bárbaros el valle todo lleno^ 

Quien duda que el mas bravo no sintiese 

De frígido temor colmado el seno: 

Y que el miedo cobarde le pusiese 

Al ímpetu primero dm-o freno^ 

Que aqiiel de quien aqueste se apodera 

Parar de golpe le hace en la carrera. 



Así los españoles se pararon 

En viendo el gran poder del enemigo, 

La c(jlera, la furia mitigaron 

Después que el miedo en ellos halló abrigo: 

Y mas cuando a la escolta no hallaron 

Ni español vieron de ella ni indio amigo; 

Ent()nces el temor nuicho mas crece 

Y^ cada ár])ol un indio les parece. 



En viendo que vio el pérfido hacer alto 
A la española gente detenida, 
Despachó un escuadrón por lo mas alto 
Para que le tomase la huida 
Mas como el capitán se vio tan falto 
De fuerza y la ciudad desguarnecida, 
Antes que el paso estrecho le tomasen 
A los suyos mandó se retirasen. 



No hubieron bien las ancas todos \aielto 
Para de la ciudad tomar la vuelta, 
Cuando gente del bando desen\iielto 
Ya con la nuestra andaba desenvuelta: 
Mezclado todo estaba ya y revuelto 
Y la sangrienta lid, cruel revuelta, 
Cuando Kabalvurí con todo el resto, 
A socorrer su gente vino presto. 



145 

El sabio capitán viendo la fuerza 
Que viene de la bárbara enemiga^ 
Y que con ella el ánimo refuerza 
Con quien la suya bélica litiga. 
Volverse a su camino le fué fuerza; 
Así a su gente manda que le siga, 
Que no es varón discreto ni maduro 
Quien pone en contingencia lo seguro. 



Apriesa los talones van batiendo, 
Aquel que corre mas piensa que tarda. 
Cualquiera por librarse va corriendo 
Que al deudo ni al amigo nadie aguarda: 
El bárbaro feroz los va siguiendo 
Entre una polvadera espesa y parda : 
Con palabras de afrenta los ofende 
Mas todos sordo,s son que nadie entiende. 



Nabalvuri, Molchen, y Longotoro, 

Los siguen con valor denuedo y brio, 

Haciéndoles sudar por cada poro 

De frígido vapor un grueso rio: 

A Juan de León alcanza Magüelvoro, 

El infido Molclien a Kiofrio, 

Que por no traer caballos mas ligeros 

Vinieron a quedarse los postreros. 



Cojieron vivo a Alonso de Toledo 

Por estar su caballo fatigado. 

Que le faltó el aliento y el denuedo 

Y no pudo pasar de allí encalmado: 

Ki yo pasar de aquí tampoco puedo 

Que demás de que estoy también cansado. 

De ver la gran barbárica braveza 

Un vahído me ha dado de cabeza. 

. 10 



Cauto YIIL 



Si^en los enemigos el alcance hasta las puertas de la ciudad, de 
donde se volvieron : llévanse los bueyes y caballos de la vega : vienen 
los pretensores el mismo día, y los enemigos a la bodega de Gamboa : 
degüellan en ella a tres españoles : reveíanse los naturales de MicMIemo : 
asalta Xabalvurí la ciudad de Ongol : muere en el asalto mucha de su 
gente: vuelve segunda vez con nuevo ejército: quema gran parte del 
pueblo. Despuebla el general Francisco Jofré la ciudad de Santa Cruz 
de Oñez : cerca Talcamavida el fuerte de Jesús : cuéntase el 
suceso de él. 



De una pequeña llaga o rascadura 
Muchas veces se hace una gran llaga, 
Que como a su principio no se cura 
Es fuerza que mayor después se haga: 
Asi cuando el remedio se procura 
Ninguno hay que al presente satisfaga, 
Y por que cuando llega a encancerarse 
Con hierro es menester al fin curarse. 



Que por no hacer con tiempo de ella caso 
Se estiende, cunde, ensancha de tal modo, 
Que si en un dedo estaba el daño escaso 
Se estiende por las manos hasta el codo: 
Y cuando quieren detenerle el paso 
Por que no se corrompa el cuerpo todo. 
Se toma por el último remedio 
Cortar el miembro inútil por el medio. 



147 



Así por no cortar a Chile un dedo 
Que dañado y corrupto le tenia^ 
El cáncer subió arriba del molledo 
Y después por el cuerpo le tendia: 
Mirad lo que ha causado un torpe miedo 
O el caso no hacer que convenía^ 
Que por guardar un dedo afistolado 
El cuerpo se haya todo encancerado. 



Y tanto el mal pestífero ha cundido 
Que apenas ha dejado miembro sano, 
Por descuido se ha todo corrompido 
Cabeza, cuerpo, piernas, braso, y mano: 
Pero para cumplir lo prometido 
Volver quiero a cantar mi canto llano. 
Que aunque he subido ya a tan alto trono 
En canto llano canto, y bajo tono. 



Huyendo van los nuestros todavía 

Y el orgulloso bííi'baro tras de ellos, ' 
Que de ver tan infame cobardía 

El ánimo y la furia creció en ellos: 

Y no porque a los últimos heria 
Fué parte para un punto detenellos. 
Ni el ver caído a Juan de Balmaseda 
Ni que otro compañero entre ellos queda. 



Juntos a la ciudad todos llegaron. 

Mas en llegando ya a la entrada de ella, 

El ánimo perdido recobraron 

Los nuestros con temor de no perdella: 

A la canalla bárbara enfrenaron 

Y a su pesar hicieron detenella, 

Que a no mostrarles pechos de diamante 

Lleváransela toda por delante. 

10* 



148 



En viendo a los católicos que vuelven 
Con el ánimo nuevo que lian cobrado, 
Los pérfidos apostatas revuelven 

Y tiéndense por todo el verde prado: 
En un parecer todos se resuelven 

Que es llevarse los bueyes y el ganado. 
Los caballos que estaban en la vega 

Y en no dejar estancia ni bodega. 



Lleváronselo todo de camino 
í^in dejar en el campo cosa alguna, 
Kobaron la bodega, estancia y vino 
Del capitán Juan Albarez de Luna: 
Victorias han tenido de continuo 
Gozando de su próspera fortuna. 
Que siempre la han tenido de su parte 
Y al iracundo y encendido Marte. 



A las seis justamente de la tarde, 
Al trasmontar la luz del claro dia. 
Cuando el fuego de Febo menos arde 
Isi el bárbaro escuadrón no parecia; 
Con temor de que el infido no aguarde 
A la española y triste comj^añía. 
La escolta lleg() al pueblo libremente 
Sin encontrar al bárbaro potente. 



Pusieron fin al tierno y triste llanto 
Y alivio a la fogosa y dura pena, 
Al horrendo temor al grande espanto 
De que la ciudad toda estaba llena: 
Pero después de haberse puesto el manto 
La noche escura lóbrega y serena. 
Quedando de un color solo las flores. 
Vinieron los ausentes pretensores. 



149 

Don Juan Rodulfo vino con la plaza 
De sargento mayor del reino todo; 
Y luego el otro dia ordena y traza 
De cercar la ciudad a piedra y lodo: 
Las casas del cabildo^ iglesia y plaza 
Fortifica y repara de tal modo^ 
Que pudieran estar allí seguros 
Mas que dentro de los troyanos muros. 



La victoriosa gente dio la vuelta 
A ganar mas renombre fama y loa, 
Y con intento y voluntad resuelta 
De quemar la bodega de Gamboa: 
Ordena que una escuadra vaya suelta 
Al pasage del rio, y la canoa 
Que la quemen al punto, y sin estremo 
Degüellen sino se alza a Michilemo. 



En cuanto intenta y quiere le sucede 
Tan cabal tan medido y tan al justo, 
Que la fortuna todo le concede 
Cortado al mismo talle de su gusto ; 
Y tanto cuanto quiere tanto puede 
El orgulloso bárbaro robusto, 
Pues no intentó jamas alguna cosa 
Que fácil no le fuese y provechosa. 



Como veremos claro en la presente 

Y lo liemos visto en todas las pasadas, 

Y no quedará en ellas solamente 

Que aun no son las mas hórridas llegadas: 

Pero como llegase aquesta gente 

A ejecutar las ordenanzas dadas. 

Hallan en la bodega descuidados 

A un vecino de Ongol y dos soldados. 



150 



Pusiéronse los tres en resistencia 
Defendiendo con ánimo la vida. 
Por saber que no tiene la clemencia 
Con esta gente bárbara cabida; 
Pero como era grande su potencia 
Y la ventaja fuera desmedida, 
Aunque mostraron pecho y brazo fuerte 
No pudieron librarse de la muerte. 



Quemaron la bodega en un momento 

Y el fuego se emprendió de tal manera. 
Que desde el bajo j último cimiento 

Al punto se encendió hasta la cumbrera; 

Y como le ayudaba el recio viento, 

Y la furiosa rábida Mejera 

De su parte también sopla y atiza, 
En breve se volbió toda en ceniza. 



Alzóse la soberbia y varia gente 
Del brabo Michilemo y Biobio, 
Quitaron el pasage, barca y puente 
Al raudo, caudaloso y ancho rio: 
Nabalvurí de bravo no consiente 
Que una hora esté su ejercito valdío, 
Que como gente nueva se le ofrece 
Mas la soberbia y ánimo le crece. 



C<jrriendo el campo tala cuanto halla. 
Abrasa, quema, corta sin sosiego, 
No deja cosa en él de vitualla 
Que toda se la entrega al vivo fuego: 
Pretende a la ciudad necesitalla 

Y estando que lo esté, cercalla luego 

Y apretar a los nuestros de manera 
Que nadie entre ni salga de ella fuera. 



151 



Mas cuando mas soberbio el indio estaba 
Mas bravO; mas inchado; j mas pomposo, 

Y mas en su fortuna contíaba 

Y en su potente ejército copioso: 
Cuando menos al híspero estimaba 

Y de él estaba menos temeroso; 
Un caso les sucede áspero y fuerte 

En que se vio en los brazos de la muerte. 



Que como estaba ya desvanecido 
Y puesto en lo mas alto de la cumbre 
Por dos Adctorias solas que ha tenido, 
Como es de vencedores la costumbre, 
Con ánimo soberbio y atrevido 
Al señalar la nueva y clara lumbre 
Del hijo de Latona en lo mas alto, 
A la ciudad de súbito dio asalto. 



Por entender que estaban descuidados 
Los españoles de ella y divididos, 
O en sus alojamientos apartados 
Y no, como lo estaban, recojidos, 
8e fué con solamente los soldados 
Mas bravos, mas valientes y atrevidos. 
Que en número llegaron a trescientos. 
De nobles y de honrosos pensamientos. 



Pero como ya estaba de otra suerte 
Cercada de muralla y en defensa. 
Cabildo, iglesia, plaza, digo, y fuerte 
El bárbaro no pudo hacerLa ofensa: 
Mas antes como suele estar la muerte 
A donde el hombre nunca jamas piensa. 
Allí con ella muchos encontraron 
Cuando menos en ella imaginaron. 



152 

Estaba lo ciernas del pueblo vaco 
Por no poder estar allí seguros, 
Así los enemigos dieron saco 
A cuanto estaba fuera de los muros: 
Mas como la codicia rompe el saco 

Y romperán con ella montes duros, 
¡Siguiéndola los indios se derraman 

Y en los desvanes altos se encaraman. 



Dejaron junto al muro poca gente 
Con quien los españoles se entretengan, 

Y para que con ánimo valiente 
8i salieren a fuera los detengan 
Mostrando con valor altiva frente 

De modo que no pasen sin que vengan 
Con ellos a batalla y dura prueba 

Y a los que están robando con la nueva. 



Muy luego los hispanos conocieron 
La poca fuerza de ellos y el engaño, 
Así con furia bélica salieron 
Jugando apriesa todos de calcaño: 
A defender el paso se pusieron 
Con un furor diabólico y estraño, 
Aquellos que quedaron de resguardo 
Mostrando pecho y ánimo gallardo. 



Delante de los suyos largo trecho 
El bravo Pailaguala se adelanta 
Desnudo, mas no de ánimo, su pecho. 
Que a mas de dos celtíberos espanta: 
El cuento de la pica y pié derecho 
Con ligereza grande en tierra planta 
Bajando el hasta larga con denuedo 
Poniendo a los de mas ánimo gran miedo. 



153 



En medio de la calle se atraviesa 
El iracundo bárbaro importuno; 
Jugando de la pica tan apriesa 
Que tiempo ni lugar no di(5 a ninguno : 
Pero blandiendo una hasta dura y gruesa 
Con la pujante fuerza que Neptuno 
Cuando le mueve el bravo cierzo guerra^ 
El capitán Vallejo con él cierra. 



Del encuentro primero le derriba 

Y trabuca de espaldas en el suelo, 
De vida, del aliento, de alma priva, 
De gloria, de esperanza y de consuelo: 
A aquel que la perdió cayó de arriba 
Abajo a visitar en raudo vuelo 

A donde verá claro el desengaño 

Y de su error idólatra el engaño. 



En viéndole los suyos sin aliento 
La faz difunta, la color perdida. 
Con mas miedo y temor que sufrimiento 
Anticipan sin tiempo la huida; 
Creció el vigor orgullo y ardimiento 
En la gente de España esclarecida, 
Y hacen en los contrarios cruel estrago 
De su temeridad en justo pago. 



Los unos y los otros van huyendo 
A la vuelta del barrancoso rio, 

Y los hispanos bélicos siguiendo 
Con denuedo, valor, ánimo y brio: 
Ya van los enemigos conociendo 
8u atrevimiento y loco desvarío, 

Y maldiciendo el hado triste y fuerte 

Que en tal trance les puso y de tal suerte. 



154 



Va c4 sargento mayor Don Juan delante 
Haciendo riza cruel con cruda manO; 
Tan bravO; tan valiente^ tan pujante 
Que no hay quien se le oponga en todo el llano 
Sigúele Juan Pulgar y su ayudante 
ValiejO; Alvaro Nufiez; Maturano^ 
Juan de AgurtO; don Pedro la Barrera, 
Gonzalo Rodriguez, Córdova; Olivera. 



Una legua siguieron el alcance 
Los bravos españoles raudamente: 
Perdió Nabalvuri en aqueste trance 
El tercio de su mas lucida gente: 
El estubo también a punto y trance 
De perderse con ella de imprudente : 
Cosióle adarga, cota, cuerpo y braso. 
De un bote duro el joven Juan Tuaso. 



Los demás fueron rotos y heridos 
Rasgadas las entrañas y los pechos, 
Despedazados, tristes, abatidos 
Y de vergüenza rábida desechos: 
Que como pocas veces son vencidos 
Ni a volver las espaldas están hechos, 
Sienten en mayor grado la huida 
Que perder en batalla el alma y vida. 



¿Que griegos, que franceses, que romanos 

O que gente del mundo belicosa. 

Ni que godos, flamencos, o africanos, 

Osaran emprender tan ardua cosa. 

Que a ciento y veinte y cinco castellanos, 

Siendo gente tan brava y tan famosa. 

Estando tras de muros bien armados 

Acometan trescientos desarmados? 



155 



Pocos dias después de este volvieron 
Con mas temeridad que valentía, 
Segunda vez al pueblo acometieron 
Estando ausente el grande autor del dia: 
Pero como ganarle no pudieron 
Por el mucho valor que dentro habia, 
A todo cuanto estaba en lo de afuera 
Abrasan con furor j llama fiera. 



Qiiiero antes que del todo se consuma; 
Pues yo en decirlo solo me consumO; 
Volver a Santa Cruz mi débil pluma 
Que no hay allá en efecto tanto humo: 
Y no pretenda nadie ni presuma 
Lo que yo no pretendo ni presumo, 
Que suceso ninguno verdadero 
Que se quede olvidado en el tintero. 



Ni entienda que es pasión la que me obliga, 
Ni que por afición menos me obligo, 
Para que la verdad llana no diga 
Como en todo lo dicho atrás la digo: 
Que por haber persona que la siga 
Y yo la digo, trato en esto y sigo 
Me siguen y persiguen cautelosos. 
Trapaceros, falsarios y envidiosos. 



Entiendo que es, señor, notable falta 

Decirla en parte donde nunca se usa. 

Que como en esta de ella hay tan gran falta 

Decirla cualesquiera se reusa: 

Pues ved si adonde no hay virtud tan alta 

Si la discordia o guerra estará infusa. 

Que a donde no hay verdad no habrá justicia 

Ni paz, ni amor, ni fe, ley, ni amicicia. 



15G 



Mas diga quien dijere que yo trato 

Verdad de que mi historia va amplia y llena, 

Y aquel que le pesare envíese el plato 
Del modo que el proverbio antiguo suena: 
Pues es de ella el trasunto ella y retrato, 
No hay para que reciba nadie pena, 

Y no es razón, ni justo la reciba 
De que la verdad justamente escriba. 



Pues como vio Jofré de tal manera 
Que van los varios casos sucediend-o, 
Profundo mira bien y considera 
Lo presente y pasado revolviendo: 
Después de haberlo visto, delibera 
Su pretendido ün al fin siguiendo, 
Que el pueblo de su puesto se moviese 
A parte do mas cómodo estuviese. 



Aprueba con razones y sustenta 
Que adonde está que estaba mal seguro, 
Por que para los trances que hay de afrenta 
No tiene casa fuerte ni alto muro: 

Y que es la gente poca, aunque es de cuenta, 

Y el peligro en que están horrendo y duro. 
De bastimento falto y municiones 

Y por hacer algunas prevenciones. 



Dice, pues, con aquesto que si acaso 
Con el barco el amigo se levanta. 
Que quedaran tomándoles el paso 
Con la soga y cuchillo a la garganta: 
O que si por desdicha, suerte o caso 
El pérüdo su campo a vista saca, 
Que les quitará el agua y la salida 
Y con eso después también la vida. 



157 



Así que le parece temerario^ 
O vano parecer y loco intento 
Aguardar allí el golpe del contrario 
Y el miserable y triste ñn violento; 
Pero que es conveniente y necesario 
Antes que todo venga en rompimiento; 
Ni el sospechoso amigo se declare 
Que con tiempo el futuro se repare. 



Ejemplo manifiesto nos ha dado 
Para que remediemos lo presente; 
Michilemo en haberse rebeladO; 
Cosa que nunca hizo eternamente: 
Pues ¿como estar en esta confiado 
Siendo tan novelera y varia gentC; 
O como tendré en ella confianza 
Siendo cual es amiga de mudanza? 



Pues antes que este tiempo vuele y pase 
Volemos y pasémonos con tiempO; 
Que el buen tiempo es razón se mida y tase 
Para que no nos falte después tiempo: 
Por que si el tiempo a tiempo nos faltase 
Y nos queremos ir después sin tiempO; 
Nos dará un temporal de tiempo incierto 
Que no deje tomar con tiempo el puerto. 



Del general el áspero mandato 
La gente popular fué obedeciendo; 
Prepara y adereza el aparato 
Para le despoblar sin causa habiendo: 
Y^a revuelto anda todo y de rebatO; 
Todo es murmullo; trápala y estruendo; 
Quien entra en casa; salC; vuelve, y torna; 
Quien tienta; lia, envuelve; quien trastorna. 



158 



Quien grita, quien suspira, quien se queja, 
Quien se aflige y angustia, quien se amarga, 
Quien mira, quien coloca, y apareja. 
Quien lamenta, quien llora, quien ya carga. 
Quien el tercio tantea y empareja. 
Quien busca cincha, lazo, o sobrecarga. 
Quien con el lio sale, quien con caja. 
Quien alza, quien no puede, quien se ataja. 

Quien ata, quien aprieta, quien afloja. 
Quien por llevarlo todo nada abarca. 
Quien los trastos inúlites arroja. 
Quien los hombros encoje y ceja enarca, 
Quien suda, quien no puede y se congoja, 
Y quien quisiera verse ya en la barca, 
Quien parte, quien camina, quien se para, 
Quien vuelve suspirando atrás la cara. 



Quien se muerde los labios, quien la barba 
Se tira con la una y btra mano, 

Y quien con la certeza el suelo escarba 
Haciendo cuentas fríbolas en vano: 

Y quien cual las hormigas a la parva 
Van y vienen cargadas con el grano, 
Así del pueblo salen y otros entran 

Y cargados los míseros se encuentran. 



Ninguno anda despacio ni valdío 
Cualquiera va cargado con su carga, 
Al margen del famoso Biobio 
Ya sin aliento y fuerza la descarga: 
Quien se mete con ella por el rio. 
Quien antes de llegar a él la alarga. 
Quien con ella y consigo da en el charco 
Por quererse arrojar con tiempo al barco. 



159 

Apriesa van pasando a la otra parte 
Y quiere cada cual pasar primerO; 
Sin ser para estorbarlo alguna parte 
El afligido y mísero varquero: 
Era el espanto y miedo de tal arte 
Que no quiere ninguno ser postrero. 
Seguro estando todo quieto y llano; 
Fuera del temeroso pueblo hisp¿ino. 



La priesa y el cuidado fué de modo 
Y la solicitud de quien lo manda. 
Que en meónos de dos dias pasó todo 
Con no poco trabajo a la otra banda: 
El rio al pie del cerro hace un recodo 
Cubierto con menuda arena blanda, 
Allí estaba hecha una estacada 
Mal hecha, mal segura, y mal trazada. 



Tenia ya con tiempo apercibido. 
Como de despoblar era su intento. 
El cauto general y prevenido 
Que se fortificase aquel asiento: 
El sitio era arenoso y removido 
Del áspero intratable y recio viento, 
Y aun cuando el blando céfiro soplaba 
El movedizo suelo levantaba. 



¡Oh cuanto la pasión puede y obliga 
A aquel que está de ella tocado, 
A que la sin razón sin causa siga 
Mostrando el pecho pésimo dañado! 
Y quiere mas que el vulgo no lo diga 
Aunque el mismo conozca que va errado, 
Que tanto esta pestífera le ciega 
Que a la misma verdad confunde y niega. 



160 

Yo sé que si Loyola no poblara 
Contra la voluntad de alguna gente, 
Que nunca esta ciudad se despoblara 
Como se despobló tan fácilmente: 

Y que con mas calor se reparara 
Pues tiempo j lugar hubo suñciente. 
Para poderlo hacer y abastecerla 

Y de lo necesario proveerla. 



Demás de que en sus términos tenia 
Maiz, cebada y trigo en abundancia. 
Ganado de cualquiera especie habia, 
Con otras muchas cosas de sustancia: 
Pero como a ninguno le dolia 
Prevención no se hizo de importancia, 
Que cuando está doliente la cabeza 
También el cuerpo lánguido empereza. 



No falta quien en público sustente 

Que esta ciudad convino despoblarse, 

Sin dar razón para ello suficiente 

Ki aun rastro de ella halle a que arrimarse 

Mas yo sé que oti'a cosa dentro siente 

Y que ha venido ya a desengañarse; 
Pues el tiempo nos ha desengañado 

Y el daño que de hacerlo ha redundado. 



Ko tiene ya remedio ni yo alabo, 
Ki apruebo, ni condeno aqueste hecho, 
Ko dé en la herradura y no en el clavo, 
Alegue cada cual en su derecho: 
Pasar quiero con tiempo al otro cabo 
A ver el sitio blando y fuerte estrecho. 
Que 2^or no porfiar con el barquero 
Hube de ser el último y postrero. 



161 



Apenas hubo todo allá pasado. 
Cuando niand() Jofré y ordenó al punto 
¡Se vayan los casados a poblado 
Con hijos y mujeres todo junto: 
Después de haber a todos despachado 
Buscaron otro sitio allí conjunto, 
A donde con presteza se nuidaron 
Y otra estacada en breve levantaron. 



En unos pantanales con madera 

Levantaron apriesa un nuevo fuerte^ 

Mas no para que allí permaneciera. 

Que bien se vio en su traza, modo y suerte 

Cuando un enfermo muda cabecera 

Es que anda ya arqueando con la muerte, 

Y como está a la eterna de partida 

No le da cosa gusto en esta vida. 



Así andaban los nuestros arqueando 
Para partir de allí con todo el resto, 
Por lo cual no hallaban lugar blando 
Ni gusto ni contento en algún puesto : 
Estaban por minutos aguardando 
Que dársele pudiera solo aquesto, 
Respuesta o mandamiento de Vizcarra, 
Para levar las áncoras y amarra. 



Mas como el campo limpio quedó y raso 
Y" puerta franca abierta al enemigo. 
Llano, libre, seguro, y ancho el paso, 
Por despoblar el pueblo que atrás digo. 
Haciendo de los nuestros poco caso 
Talcamavida, un cauteloso amigo. 
Con silencio y secreto en tiempo breve 
Juntó su gente el partido y aleve. 

11 



162 



A vista de su tierra luego en frente 
Pasado Biobio de esta parte, 
Estaba de presidio poca gente 
En un pequeño j flaco baluarte: 
El bárbaro despacha ocultamente 
De su escuadrón belígero una parte 
Para que con presteza, industria y maña 
Dejen a pié a los milites de España. 



Tenia, Talcamavida, por cierto 

Que como los caballos les quitasen. 

Que era imposible haciendo buen concierto 

Que españoles algunos se librasen: 

Por que en sacando el campo al descubierto 

Y el fuerte al mismo punto les cercasen, 

Los cojeran a pié entre las paredes 

Cual suelen a los pájaros con redes. 



Estaban los hispanos confiados 
En estos alevosos y perjuros, 

Y los caballos sueltos apartados 
Paciendo largo trecho de los muros: 
Estando como digo descuidados 

En el fuerte, los bándalos, seguros 
Vieron que los caballos les llevaban 

Y que en ellos apriesa caminaban. 



Luego vieron venir tres escuadrones 
Pasando a vado el ancho Biobio, 
Y al fuego de sus bravos corazones 
Herbir las aguas frígidas del rio: 
No desmayan ni temen los varones 
De ver tan temerario poderío. 
Antes cuando mas número parece 
Mas el orgullo bélico les crece. 



163 



Repáranse con tiempo y aperciben 
Lo mas menesteroso y necesario, 
Y en sus ardientes ánimos conciben 
Sumo gusto y contento estraordinario : 
Pesar de cosa alguna no reciben 
Sino es de que se tarda ya el contrario, 
Que siempre le parece a quien aguarda 
Que a quien está esperando que se tarda. 



Estaba cada cual puesto en su puesto 
Por el caudillo de antes señalado, 
Para tirar mas cierto y de manpuesto 
El mosqueto tenia ya asestado, 
Cuando llegó el indómito dispuesto 
De asaltar el castillo por un lado 
Que el mas bajo de todos parecía, 
A causa de un padrasto que tenia. 



El capitán del fuerte estaba ausente, 

Mas no fué necesaria su persona. 

Que era Hernando de Andrade, su teniente, 

Particular amigo de Pelona: 

El cual con pecho y ánimo valiente 

Y digno de inmortal fama y corona 

A los suyos esfuerza de tal arte 

Que infunde en el mas flaco al fiero Marte. 



Anímalos diciendo que no tengan 
Espanto ni temor del barbarismo. 
Aunque vean que en contra suya vengan 
Todos cuantos están en el abismo : 
Y que con la mitad ellos se avengan 
Por que a la otra mitad se atreve el mismo 
Enviar con su brazo furibundo 
Las ánimas dañadas al profundo. 

11* 



164 



En esto ya los bárbaros llegaban 

Con ímpetu soberbio junto al fuerte, 

Y para el duro asalto se aprestaban 

Los de mas valor, ánimo y de suerte: 

Los instrumentos bélicos tocaban, 

A cuyo horrendo son la horrenda muerte 

Acudió veloz, rápida y ligera. 

Con Tesifone, Alecto, y con Mejera. 



Comienzan el combate bravo y duro 
La furia, la soberbia, el tesón crece. 
El suelo, cubos, fuerte, plaza, el muro. 
El rio, el cerro, el llano, se estremece; 
El cielo, el sol, el fuego, el aire puro, 
8e turba, ofusca, cubre, y obscurece; 
El muro cual áspid bravo se eriza 
Con las flechas que el bárbaro graniza. 



De retorno le vuelven los hispanos, 
Aunque no tan espesas, duras balas, 
Abaten los mas bravos y lozanos 
El corazón, el ánimo y las alas: 
Mas otros, mas coléricos y vanos, 
Subir quieren arriba sin escalas 
Por las fornidas picas gateando, 
Y por el aire van tierra ganando. 



Al estrépito grande y vocería 

Al horrendo estallido de las hondas, 

A todo la triste Eco respondía 

De las quebradas cihicavas y hondas; 

Dentro del fuerte trémulo caía 

Lluvia de guijas lisas y redondas, 

Tiradas de los infidos furiosos 

A fuerza de sus brazos vigorosos. 



165 



No estaba el capitán Andrade ocioso 
Que como capitán astuto manda, 
Y ofende con su brazo vigoroso 
Al indio que de bravo se desmanda: 
También Martin Melendez orgulloso 
En el cuartel solícito él solo anda 
Tan bravo, tan feroz, tan denodado 
Que está seguro el fuerte de aquel lado. 



Diez y seis horas justas pelearon 
Con un furor diabólico y sanguino, 
Los bárbaros al fin se retiraron 
Después que la cerrada noche vino: 
Otros dos sin aqueste pelearon 
Con el mismo tesón y desatino, 
Sin dejar solo un punto la baraja 
Ni conocerse punto de ventaja. 



Tres leguas de este fuerte rio arriba 
Estaba el general Jofré alojado. 
Aviso tuvo cierto y nueva viva 
Que estaba de los bárbaros cercado: 
Mandó que al mismo punto se aperciba 
Alguna de su gente, y a Delgado 
Que con ella socorra los del fuerte. 
Antes que les dé el bárbaro la muerte. 



Catorce solos fueron los soldados 
Que osaron emprender tan alto hecho^ 
En muchos como en este señalados, 
Varón cualquiera de animoso pecho: 
No estaban los contrarios descuidados,. 
Pero a su pesar de ellos y despecho 
Entraron en el fuerte los de España, 
Dejando limpia en torno la campaña. 



16G 



Que luego que rió el pérfido que entraron 
En él los españoles francamente^ 
El cerco en aquel punto levantaron 
Con temor de la nueva y brava gente. 
Al general aviso despacharon 
De todo lo pasado y lo presente: 
Mandóles que al momento se voviesen 
Antes que los contrarios revolviesen. 



También mandó que el fuerte desmantelen 
Sin dilación algima al mismo instante. 
Primero que los bárbaros le asuelen 
Pues para sustentarle no es bastante: 

Y que ellos en la noche obscura vuelen 
Sin que rumor alguno se levante, 

Y al suyo sin parar en orden vengan 

Y que descuido alguno no le tengan. 



Caballos envi('), y para este efeto 
A Pedro de León con mas soldados: 
Volvieron con silencio y gran secreto 
Sin ser de los contrarios infestados; 
Pero por no se ver en tanto aprieto 
Como él en que se vieron los sitiados, 
Antes que \Tielva la nocturna niebla 
Al nuevo fuerte el general despuebla. 



No quiso con algunos considtallo 
Ki aguardar de Vizcarra el mandamiento, 
Después que ya estubieron a caballo 
Entonces descubrió a todos su intento: 
Mas yo que en estos términos me hallo 
A pié, cansado, flaco, sin aliento. 
Para tener con ellos me es forzoso 
Descansar o tomar algún reposo. 



Canto IX. 



Desmantela el general Francisco Jofré el segundo fuerte. Anganamon 
asalta el fuerte de los Magues. Eevélanse los indios de los términos 
de la Imperial : sale de la ciudad el capitán Andrés Valiente con toda 
la mas gente de ella en alcance de los rebelados : muere con toda su 
gente: despacha la ciudad a pedir socorro a la de Ongol. 

Quien de su parecer solo se fia 
En todo o en lo mas irá errado, 
Del modo que va el ciego sin la guia 
Por el camino de árboles cerrado, 
O cual suele el piloto hacer la via 
Sin aguja y timón yendo engolfado 
Que por la fantasía va y a tiento 
A solo el disponer de mar y viento. 



En todo y en la guerra mayormente 

Es el consejo al hombre necesario, 

El cual debe tomar el que es prudente 

Y por guia llevarle de ordinario: 

Mas él que no le admite es imprudente, 

Confiado, soberbio, temerario. 

Falto de entendimiento y de cordm-a. 

Pues tendi'á por contraria a la ventura. 



168 



Que la fortuna y ella favorecen 

Y en las adversidades dan la mano 
A los que de consejo se guarnecen^ 

Y el áspero camino le hacen llano: 
El nombre de prudentes bien merecen 
Aquellos que imitaren mas a Jano, 

Y con tiempo rej^aran y previenen 

Que las victorias de esto siempre vienen. 



Las cuales no tendrá de ningún modo 
El tépido remiso y descuidado, 
Porque importa tener cuidado en todo 

Y prevenir en todo con cuidado: 
Quien sabe ¡^revenir antes de todo 
No se verá después necesitado, 

Y el que hace las justas prevenciones 
No pondrá su oj)inion en opiniones. 



Que a nadie el vulgo pésimo perdona; 
Que como de maldades está lleno, 
Lo malo y feo en público pregona, 

Y calla y obscurece lo que es bueno: 
No queda estado alguno de persona 
De que no hable el rústico sin freno, 

Y mas cuando algún blanco ve y sujeto 
Es cuando apunta y habla el indiscreto. 



Su objeto no a de dar al envidioso 

El hombre que es de suerte, lastre y vaso, 

Para que de él hable el malicioso 

De vicios lleno y de virtud escaso: 

Ni será en ningún caso presuroso 

Que de serlo quien digo en este caso, 

Por despoblar sin causa tiempo ni orden 

Ha sido causa de mayor desorden. 



169 

Que gran parte del daño sucedido 
De esto solamente ha redundado, 
De haber sin ocasión desguarnecido 
Este segundo fuerte y despoblado: 
Si se hubiera dos horas detenido 
Y sin tiempo no hubiera madrugado, 
Socorro le llegara suñciente 
De buena, de lucida y brava gente. 



Porque el gobernador mandó y previno. 
Que de Penco y Chillan luego saliese 
El número de gente que convino, 
Y adonde el general estaba fuese: 
Encontróle el socorro en el camino 
Por que antes que Fetonio pareciese. 
Salió del flaco fuerte a largo paso 
Por entre niebla obscura y campo raso. 



Jofré al gobernador escrito habia 

Y su parecer solo despachado. 
Que despoblar con tiempo convenia 
Por cuanto andaba el bárbaro alterado: 
Mas como la respuesta no venia 

Y el hivierno furioso era llegado. 

El fuerte despobló antes que cargasen 
Las aguas, y los pasos les cerrasen. 



A la salida de él y de Timbreo 

Encontró la gallarda y brava gente. 

Que con fogoso y bélico deseo 

Al fuerte iba marchando raudamente: 

Pareciéndole que era devaneo, 

Y el socorro que le iba insuíiciente, 

Sin atender al público provecho 

Con el resto a Chillan se fué derecho. 



lio 



Sintió el gobernador^ como era jiisto^ 
íso haber del orden suyo hecho caso^ 
Y que siguiendo el suyo y propio gusto 
En caminó a Chillan el raudo j^aso: 
Ko fué poca la pérdida y disgusto 
Que recibió este reino de este caso, 
Que de haber despoblado como digo 
Creció mas el furor del enemigo. 



Los Cuyunches quedaron agrabiados 
De que sin haber causa los dejasen, 

Y con los enemigos empeñados, 

Pues ved si era razón que se agrabiasen: 
Sirvieron a Loyola de soldados 

Y como a muchos de ellos degollasen 
Quedaban con temor de la venganza, 
Por ser mayor la indómita pujanza. 



Los míseros sucesos de allá arriba. 

La turbación confusa, el sobresalto, 

Y la violencia bárbara y esquiva, 

Me obligan que a Canten pase de un salto 

Anganamon con mano vengativa 

Al fuerte de los Magues dio un asalto: 

Estando los de dentro descuidados, 

Fueron sin resistencia degollados. 



Con un granado ejército orgullc»so 
El campo corre el bárbaro y rodea, 
Vengando con su brazo vigoroso 
La muerte de su dama Millarea: 
No intenta cosa alguna el victorioso 
Que no le salga al fin como desea. 
Con un furor violento crudo y ciego 
Lo lleva todo a hecho, a sangre y fuego. 



171 



Despachó a los de paz embajadores 
Mandándoles que se alcen sin tardanza, 

Y sean de su patria defensores^ 
Sino que tomará de ellos venganza: 
Pues conocen del tiempo los favores 
Que les da con su próspera mudanza^ 
Que de él antes que pasen se aprovechen 

Y que su libertad no la desechen. 



De temor muchos de ellos sacudieron 
El yugo duro y áspero del cuello^ 
O por que el tiempo afable conocieron 
O por que voluntad tubieron de ello: 
Otros en gran secreto respondieron 
Que ocasión buscaran para hacello, 
Y no la perderán en ningún modo 
Por el precio mayor del mundo todo. 



En cumplimiento, pues, de esta promesa 
La gente de Maquegua cautelosa, 
Hizo primero que se alzase, presa 
En alguna de España belicosa, 
Que como verdad, ley, ni fé profesa, 
Ki tiene lealtad jamas en cosa, 
A siete castellanos dieron muerte 
Que de presidio estaban en un fuerte. 



Amigos los Maqueguas eran nuestros 
Sin querer revelarse vez alguna, 
Y^ soldados muy prácticos y diestros, 
Pero al fin mas mudables que la luna: 
En viendo nuestros hados tan siniestros 
De Anganamon siguieron la fortuna. 
Haciendo al duro suelo que se esponje 
Con la sangre del bravo Martin Monge. 



172 



Conocen los demás por esperiencia 

De Españoles la pérdida y ruina, 

Y que su alcázar alto y excelencia 

Para venii' al suelo se declina: 

Viendo de Anganamon la gran potencia 

De seguirle cualquiera determina, 

Pero con gran silencio lo trataban 

Hasta que el tiempo llegue que aguardaban. 



No fué el concierto j trato tan secreto. 
Que de la rebelión escandalosa 
Aviso el capitán tubo en efeto 
De la bárbara gente cautelosa: 
A revocar el áspero decreto, 
Antes que se declare mas la cosa, 
JSalió de la ciudad Andrés Valiente 
Con toda la granada y noble gente. 



Iba a Rangalican, y en el camino 
ÍSupo como Boroa se alteraba; 
Volver a Boroa el paso le convino 
Y dejar el primero que llevaba: 
Pretendían hacer que pierda el tino, 
Que era lo que el indómito trataba. 
Para le divertir de aquesta suerte 
Hasta traerle al trance de la muerte. 



En llegando a Boroa tuvo nueva 
Que a darla solo vino una estafeta, 
Que al fuerte donde estaba Villanueva 
El furibundo bárbaro le aprieta, 

Y que la gente amiga anda de leva 
Para se revelar y muy inquieta, 

Y que están en gran riesgo los cristianos 
Aguardando el remedio de sus manos. 



17 



Salió al socorro de él Andrés Valiente 
Con furor iracundo y repentino, 
Dejó en Boroa parte de su gente 
Que dejarla en el fuerte le convino : 
Habia caminado justamente 
Una de las tres partes del camino. 
Cuando los enemigos de Clarea 
Asaltaron el fuerte de Boroa. 



Defienden con valor el recio asalto 

Los invencibles ánimos de dentro. 

Haciéndoles bajar en raudo salto 

A muchos de los reprobos al centro : 

Y aunque con gran denuedo y valor alto 

Resistían los nuestros el encuentro, 

No sé como el fin de ello sucediera 

Si el capitán Valiente no volviera. 



Oyó las voces grandes y alarido, 

Y del polvo flamígero el estruendo. 

Que en el opaco bosque y monte erguido 

Retumbaba la voz del son tremendo : 

Volvió como era lícito al ruido 

El acicate rígido batiendo, 

Pero cuando los bárbaros le vieron 

El asalto dejaron y huyeron. 



Allí se averiguó por caso cierto. 

Con número bastante de testigos. 

Que vieron pelear al descubierto 

Con los nuestros los infidos amigos: 

Por donde se entendió mas no fué incierto 

Ser los unos como otros enemigos; 

Así viendo el peligro en que se hallaba 

A la ciudad de todo aviso daba, 



17-4 

Pidiendo que al momento se juntasen 
En el cabildo el clero y seculares, 

Y que al acuerdo y cónclave llamasen 
A todos los monásticos reglares : 

Y que con santo celo le avisasen, 
íSin las causas mirar particulares, 
Pero atendiendo al general provecho, 
Lo que mas le convenga a su derecho. 



Luego que su demanda justa vieron 
Los prelados, el clero, y regimiento. 
Todos juntos a un tiempo respondieron 
Que a la ciudad la vuelta dé al momento: 
Que pues tan claramente conocieron 
De los dañosos Boroas el intento, 
Que sin aguardar mas se vuelva y guarde 
La ciudad, que eso importa y que no tarde. 



Que pues que los Maqueguas se han alzado 
ÍSin ser a tal impulso compelidos, 

Y los de Boroa y otros declarado 

Que es claro que están todos corrompidos; 

Y con presteza importa y gran cuidado 
Estar en tales trances recogidos, 

Pues al presente en riesgo está, se venga 

Y para lo futuro se prevenga. 



Dentro de un cuarto de hora despacharon 
El parecer de todos y el aviso. 
Con dos indios amigos le enviaron. 
Porque a sus manos fuese en un proviso : 
En el fuerte de Boroa le hallaron 
Mas partirse de allí luego no quiso. 
Dos dias mas sin causa se detubo 
Para la perdición que después hubo. 



175 



De Valdivia salió este mismo dia 

Para ir a la Imperial Liñan de Yera^ 

A traer plomo y pólvora venia 

Que falta estaba de esto esta frontera: 

Trece solos llevó en su compafiía^ 

Mas cuando fueran mas lo mismo fuera^ 

Que mal puede guardarse un hombre humano 

Del traidor que está en casa quieto y llano. 



Tres veces cuatro leguas caminaron 
En cosa de diez horas raudamente^ 
A Queule rio pianífero llegaron 
Cuando Febo se entró en el occidente: 
En dos barcas los siete al íin pasaron^ 
Y el capitán y resto de la gente 
Sin pasar se quedó por que ya el cielo, 
Cubierto estaba del nocturno velo. 



O por que el padre eterno lo dispuso 
Permitiéndolo así de esa manera, 
O Cioío no tener aun lleno el uso, 
O el Átropos a mano su tijera, 
O fué que su ventura se antepuso 
Porque no" pase allá Liñan de Vera 
Y los seis que con él allí quedaron. 
Que de la parca horrible se libraron. 



Los otros siete míseros soldados 

Sin recelo ninguno ni sospechas 

Aquella noche fueron hospedados 

Del cacique en su casa aunque era estrecha: 

Estaban ya los Queules congregados 

Y recibido ¡oh pérfidos! la flecha 

Para se rebeiar y alzar el cuello, 

Pero aguardaban causas para ello. 



176 



Mas como esta ocasión ella se vino 
Tan buena y a propósito a sus manos 
Para su intento péríido y malino, 
No quisieron perderla los tiranos: 
Mediado habia la noche su camino 
Y en dulce suefio estaban los hispanos, 
Cuando llegó la bárbara canalla 
Con la resolución de ejecutalla. 



No fueron de los crédulos sentidos 
Los incrédulos, pérñdos y malos 
Por estar ocupados los sentidos 
De Morfeo en los últimos regalos: 
En cera se encontraron convertidos 

Y a porrazos horrísonos y a palos 
Les hicieron pedazos las cabezas, 

Y de los duros cascos blandas piezas. 



Cual suelen los tiznados caldereros 
Batir con vehemencia una caldera, 
De los golpes que dan los indios lieros 
Asi retumba el son de esa manera: 
En oyendo el estruendo los guerreros 
Que atrás quedaron con Liñan de Vera, 
Por no verse en el trance que se vieron, 
Para Valdivia rápidos volvieron. 



Los traidores queulenses despacharon 
El aviso y cabezas a la sierra 
De los siete españoles que mataron 
Debajo de amistad dentro en su tierra: 
Todos las recibieron y alteraron 
Contentos y gritando ¡guerra! guerra! 
Mueran mueran los pértidos cristianos, 
De nuestra patria próspera tiranos! 



177 

Alzáronse de todos los primeros 
Los prácticos Cautenes y ladinos 
Cansados de sufrir los desafueros 
De sus encomenderos y vecinos; 
Que de labrar los cóncabos mineros 

Y de otros mil horrendos desatinos 
Estaban macilentos y apurados^ 

Y de los españoles enfadados. 



El lúcido fulgente autor del año 
Del antartico polo estaba ausente. 
Cuando a la rebelión y nuevo daño 
Principio dio esta variable gente: 
A dos hombres y a, Malta, un hermitaño 
Gran siervo del señor y penitente 
Con bárbaro furor y airado intento 
Les dieron muerte cruel y tin violento. 



En los caminos ásperos y estrechos 
En ciénegas, pantanos, en quebradas, 
Pusieron estos bárbaros a trechos 
Tres armadas cuadrillas emboscadas: 
En los mogoles, cerros, y rej^echos, 
A la vista unas de otras amparadas, 
Atalayas que avisen prestamente 
ÍSi vuelve a la ciudad Andrés Valiente. 



Quitaron las canoas del pasage 

Al rio de Canten manso y fondoso, 

A la vista del pueblo al desparage 

Un escuadrón le puso poderoso: 

Hicieron en su bárbaro lenguage 

Aqueste parlamento ponzoñoso: 

"Al tiempo, al plazo, al término has llegado 

Para pagar las deudas de contado. 

12 



178 



"Mañana moriréis sin falta alguna 

Embusteros tiranos invasores^ 

Hoy podéis solo ver el sol^ la luna^ 

Las estrellas^ el cielo, el campO; y flores: 

Que ya nos favorece la fortuna 

Contra vosotros, pérfidos traidores." 

Diciendo aquesto^ corren, vuelven, cruzan, 

Y en tropel ordenado escaramuzan. 



Quedóse la ciudad maravillada, 

De ver la novedad de aquella gente, 

Y de la alteración jamas usada 
M de ella imaginada eternamente: 
Pero viéndola junta y alterada 

Y el peligro en que estaba tan urgente 
Una pieza disparan rimbombante 

Por que el capitán venga vijilante. 



Ya venia Valiente caminando 

La vuelta de Canten con gran presteza, 

Cuando el eco en los montes retumbando 

Oyó de la respuesta de la pieza: 

No quiso ir, a los suyos aguardando 

Que atrás habian quedado una gran pieza. 

Con los que allí venían a su lado 

Caminó a la ciudad acelerado. 



Creyendo que los infidos purenes 
Descubierto se hubiesen cerca de ella, 
O que el Anganamon y Pailaguenes 
Como suelen vinieran a ofendella; 
No entendió que los pérfidos cautenes 
Rebelado se hubiesen contra ella. 
Por esto se partió cual raudo viento 
Que al imprudente engaña el pensamiento. 



179 



Cuando le vio venir el atalaya 
Aviso de ello dio a la tiu'ba multa, 
En entrando en sus términos y raya 
Salió del puesto a donde estaba oculta: 
Tomáronle los pasos dando vaya 
Como es costumbre de esta gente insulta. 
Ofende con sus lenguas ponzoñosas 
En las duras batallas sanguinosas. 



Al rio de Canten llegó Valiente; 
Mas como ya no estaba en él la barca 
ííi tiene vado en él, balsa ni puente 
Ni en toda su rivera ni comarca, 
Arrojóse en el rio incautamente 
Huyendo de los filos de la Parca, 
Mas como itja herido y todo armado 
En el rio acabó el mísero ahogado. 



Y como los demás iban llegando 
A do estaba la bárbara potencia 
Uno a uno los iba degollando 
Sin resistir la pérfida violencia: 
Cristóbal Conde pasó el rio a nado 
Apesar de la idólatra inclemencia, 
El solo se libró aunque mal herido 
Por ser mas ágil, suelto y atrevido. 



Dos o tres de los últimos guerreros 
Se libraron también de nuestro bando, 
Que como vieron muertos los primeros 
A la Rica volvieron galopando: 
Valióles los caballos ser ligeros 
Y el irse a tan buen tiempo retirando, 
Que por no verse en pasos tan estrechos 
Trocaron las espaldas con los pechos. 

12* 



ISO 

Si vinieran los nuestros recojidos 
Con el recato y orden de soldados^ 
Ko fueran del contrario acometidos, 
Ni de sus crudas manos degollados; 
Pero como venian divididos 
Y del horrendo trance descuidados 
Fenecieron a>í tan tristemente^ 
Por ser precipitado Andrés Valiente. 



Fué aquesta grande pérdida y quebranto 
La mayor que este reino ha padecidO; 
De donde ha redundado todo cuanto 
En todo lo de arriba ha sucedido: 
Y el jueves de la cena sacrosanto 
Que el redentor del mundo fué vendido 
Para que fuese obrado aquel piisterio 
Con que nos libertó del cautiverio^ 



Gran parte acabó aquí de los vecinos 

De la propia ciudad y forasteros. 

Por justos juicios, altos y divinos 

Y sus desaforados desafueros. 

Ko son de gloria^ fama, ni honra dinos, 

Por no haber muerto como caballeros 

Ni es justo ni razón que aquí los nombre, 

Pues no correspondieron con el nombre. 



¡Oh cuanto fué el dolor y las querellas. 
La turbación, las voces, los lamentos, 
De las dueñas, las viudas, las doncellas. 
Los clamores horrísonos, y acentos! 
Punzaban con el llanto a las estrellas, 
Turbaban los confusos elementos, 
Pidiendo al soberano rey del cielo. 
Para tan grande lástima consuelo. 



181 

Lloraron por su pueblo aquestos dias 
Con tiernos y afligidos corazones^ 
Cual hizo el gran profeta Jeremias 
Por la ciudad de Dios lamentaciones: 
Contritas, tristes, pálidas, y frias, 
Iban a las tinieblas y estaciones. 
Por la pasión de Cristo y suya propia 
Derramaban de lágrimas gran copia. 



Los pocos hombres que quedaron de ella 

Lamentaban con órgano mas bajo 

Llevando al tiple de ellas y querella 

Un disonante y triste contrabajo: 

No hay mas que llanto horrendo dentro de ella 

Insufribles angustias, y trabajos 

Aflicciones inmensas y dolores. 

Voces horrendas, dísonos clamores. 



Estaba el criador y rey del mundo 
En la iglesia mayor solo encerrado, 
Con sentimiento fué y dolor profundo 
Al fuerte luego al punto trasladado. 
Por que si del contrario furibundo 
El templo santo fuese profanado. 
No llevasen de Cristo el cuerpo sacro, 
Ni de su madre santa el simulacro. 



Estubo en la capilla y oratorio 
Del obispo famoso de Cisneros 
Los dias que fué gloria el purgatorio, 
Y de el sacó a los santos prisioneros 
Después que en el sagrado consistorio 
De nuestros padres míseros primeros 
Se decretó el perdón y alzó el destierro 
Pagando Dios la culpa de su yerro. 



182 

Llevaron juntamente allí a su madi'e 
Con suma devoción j reverencia^ 
Pidiéndole que pida al alto padi-e 
Que los mire con ojos de clemencia: 
Puso un devoto suyo y su cofrade 
Mucha solicitud y diligencia 
Para que la sagrada virgen pura 
Fuese a estar con el liijo allí segura. 



Los oficios divinos de este dia 
Con gran solemnidad y sentimiento 
El mismo celebró cual convenia 
Y adornó el relicario y monumento: 
Después con ansia intensa y agonía 
Recojió de la iglesia el ornamento 
Que un punto no sosiega ni se para 
El presbítero Pedro de Guevara. 



Hecho pues el divino sacrificio 
Hicieron lista y muestra de la gente, 
Los españolos e indios de servicio 
Llegaron a seiscientos justamente; 
Y para el dui-o, bélico ejercicio 
Catorce hubo con armas solamente: 
Con clérigos y viejos desannados 
A noventa llegaron numerados. 



Con toda diligencia y gran cuidado 
Metieron en el fuerte algún sustento, 
Antes que el enemigo rebelado 
Les viniese a quitar el alimento: 
Estaba el pueblo de él necesitado 
Y falto de cualquiera bastimento, 
Que todo en las estancias le tenían 
Por ser cuando las mieses se cogían. 



183 

Tendió la negra noche el velo oscuro 
Privando de la luz a los mortales^ 
Los pocos españoles en el muro 
Velaban por sus términos iguales: 
Dejaron en sus casas por seguro 
Los indios de servicio desleales^ 
Mas ellos por quitarse de contiendas 
Alzáronse con todas las haciendas. 



Lleváronse las mas preciosas joyas 
Las preseas mas ricas y estimadas. 
En las quebradas íntímas y hoyas 
Las dejaron ocultas y enterradas: 
Pasaron a Canten después cual boyas 
A avisar a las gentes rebeladas. 
Cual al ganado va el hambriento lobo 
Así fueron los bárbaros al robo. 



Metieron la ciudad a saco mano 
¡Sin haber español que la defienda^ 
Entreg(5se el apóstata y tirano 
Sin defensa ninguna en la hacienda: 
Hallaron del licor que halló Taño 
Cantidad de botijas en la tienda 
Del prevenido y práctico Macuelas, 
Que fué para el ñu'or vivas espuelas. 



A su contento y gusto se brindaron 
Y cual hizo el primero que le puso, 
Los bárbaros con él se embriagaron 
Del sentido y razón perdiendo el uso: 
Pero el término viendo a que llegaron 
Una india ladina se dispuso 
A hacer una aguda estratagema 
Industriosa, sutil, grave, y suprema. 



184 



Al fuerte fué la bárbara envaidora 
Finjiendo que iba triste y sollozando, 
Y diü por nueva cierta la traidora 
Que estaban dos mil indios aguardando : 
Asi del fuerte salen a deshora, 
O así con vigilancia están velando 
Con orden que si algún descuido hubiesen 
Que a cualquiera ocasión acometiesen. 



Pero que ella de lástima movida 
Y del amor que tiene a los hispanos, 
Vino a darles aviso apercibida 
De que no la sintiesen sus hermanos: 
Criada era esta pérfida y nacida 
Entre los españoles y en sus manos, 
Ladina de razón, y así le dieron 
Crédito y el aviso agradecieron. 



La india se volvió y salió encubierta 

Y fué a la bacanal y dulce escuela. 

La palabra pasó en el fuerte alerta 

Téngase gran cuidado con la vela: 

Después llegó y llamó un indio a la puerta 

Diciendo en baja voz al centinela, 

Que avise al capitán y de segm'o 

Para que entre con él dentro en el muro. 



La ronda de ella aviso di() al teniente 
El cual con presta diligencia y maña, 
Alistó y puso en ()rden a su gente 
Por si traición sutil fuese y maraña: 
Abrieron un postigo cautamente 
Puestos a punto todos los de España, 
Por donde el indio entró y fué conocida 
Que en la misma ciudad era nacido. 



185 

Gaspar era su nombre del ladino^ 
El cual con dulce término y suave. 
Con estilo fecundo y peregrino 
Aquesto dijo el mozo en tono grave: 
"De vuestro hado y mísero destino 
No es la parte menor la que me cabe 
Que por la fe sagrada que mantengo 
Que es mayor la que yo, señoreS; tengo. 



"Al sumo Dios presento por testigo. 

Que es el amor que os tengo quien me obliga^ 

Para que con amor y fé de amigo 

Un aviso importante os traiga y diga: 

Dad crédito, señor; a lo que digo 

Sin que mi dicho nadie contradiga 

Ni entienda que es mi trato fraudulento. 

Pues vengo con buen celo y sano intento. 



"Digo que están los bárbaros tendidos 
Sin sentido, borrachos, y beodos, 
Embriagados todos y perdidos, 
Y si vais les daréis la muerte a todos. 
¡Oh varones de España esclarecidos! 
Heroicos descendientes de los godos. 
No perdáis la ocasión, tomad venganza 
De esa gente perversa sin tardanza. 



"Vamos, vamos, venid, yo iré delante 

Que no hay en la ciudad quien nos ofenda, 

Dad materia a la fama resonante 

Porque el mundo la vuestra claro entienda: 

Mirad que la ocasión es importante. 

Asidla con presteza de la rienda. 

Que el varón que la halla buena y pierde 

No es de seso maduro sino verde." 



18G 

Del aviso j la plática admirados 
Quedaron los de España y temerosos. 
Confusos; encojidos; alterados. 
Creyendo que eran tratos ardidosos, 
Y que de ios rebeldes obstinados 
Como perversos, malos, alevosos. 
Era enviado el indio y mensagero 
Creyendo le creyesen de ligero. 



Al aviso primero se arrimaron 
Que dio la india bárbara ladina, 
Por verdadero y cierto lo afirmaron, 

Y el indio que pretende su ruina: 
Después el caso cierto averiguaron 

Y fué que la india pérfida y malina 
Para librar su gente usó aquel modo, 

Y que verdad el indio dijo en todo. 



Incitados los bárbaros del vino 
Que a semejantes casos los incita. 
Quemaron del beático Agustino, 
Patrón de esta ciudad, la santa hermita: 
Con el mismo furor luciferino. 
Alzando una espantosa y grande grita, 
A toda la ciudad pusieron luego 
Sin perdonar los templos vivo fuego. 



La llama, el humo, el fuego, las centellas, 
Las voces, el estruendo, el alarido. 
Llegaban a las últimas estrellas. 
Formando allá un horrísono ruido: 
Nunca el fuego llegó tan cerca de ellas 
Cuando a la heroica fábrica de Dido, 
El ejército bélico romano 
íSe le entregó a la furia de Vulcano. 



187 



Cuando el claro luciente rey de Délo 
Mostró su luz fulgente en los collados; 
Los altos edificios por el suelo 
Estaban de los templos consagrados: 
Recibieron los nuestros pena y duelo 
De ver los monasterios abrasados^ 
Y a una ciudad antigua y tan nombrada 
Deshecha; consumida, y abrasada. 



Cercados de temor, puestos en medio 
De tantas y tan grandes aflicciones, 
Sin esperanza alguna de remedio 
Que aliviar les pudiese sus pasioneS; 
Antes que les pusiesen el asedio 
Trataron que se nombren dos varoneS; 
Que en fé de una cerrada noche obscura 
A Ongol vayan a dar la nueva dura. 



A dos famosos hombres eligieron 
Personas de valor y conocidas. 
Que a morir por la patria se ofrecieron; 
Cual los heroicos Cebóla y Leónidas: 
Con gran denuedo y ánimo salieron 
Sin temor ni estimar las caras vidas, 
Que por la libertad de ella pusieran 
Dos mil en sacrificio que tubieran. 



Diré el viage de ellos adelante 

Y el paso en que se vido el uno estrechO; 
El socorro que a tiempo fué y bastante 
Pero de poco fruto ni proA^echo: 

Que aquí es fuerza dejarlo y que no cante 
Que la garganta, voz, órgano y pecho, 
De tanto porfiar se me ha cerrado 

Y de anhélito estoy necesitado. 



Canto X. 



Llegan los embajadores a la ciudad de Ongol: el gobernador despacha 
al maese de campo Gómez Romero por mar con el socorro para la 
Imperial : los nuevamente rebelados de ella piden favor a Anganaraon 
para sitiarla: rebelase la provincia de Calla-Calla: pone cerco Angana- 
mon a la dicha ciudad : pide a los españoles de ella que se den 
a buena guerra. ' 



Grandes nombres y famas adquirieron 
Por sus heroicos hechos y ganaron 
Aquellos semidioses que pusieron 
La vida por su patria que ensalzaron: 
Cualquiera gloria y honra merecieron 
Y los blasones altos que alcanzaron^ 
Pues por su gran valor y para ejemplo 
Estatuas les pusieron en el templo. 



Muchas cosas hicieron los antiguos 
De que noticia tienen los modernos 
Por la querida patria, por amigos 
Por su ley, por su rey, por su gobierno: 
Confirman esto el mundo de testigos 
Con sus heroicos pechos sempiternos 
Ensalzando sus famas y naciones 
Como los Decios, Mucios y Cipiones. 



189 



MalciadeS; OresteS; y Teseo, 
TemístocleS; Horacio, el gran romano 
Marco CurciO; Damon, Kiso, y Opleo, 
Codi'O; Pitias, Timanta, Corioíano: 
Lelio, Pílades, Asinta, Tolomeo, 
Don Esteban Millan el Toledano, 
Y otros muchos varones de altos nombres 
Que al mundo eternizaron sus renombres. 



La misma gloria y títulos merecen 
Estos indios de Chile y mas loores 
Pues por su cara patria ellos padecen 
Muertes, penas, afanes, y dolores: 
Y con lo que mas todos se engrandecen 
Es preciarse de ser sus defensores, 
Pues quieren mas perder la dulce vida 
Que verla de españoles oprimida. 



Aquesto en general todos pretenden, 
Y no ser tributarios ni pecheros, 
Que estrafiamente sienten y se ofenden 
Hugetarse a varones estrangeros: 
Aquestas causas son las que deñenden 
Sin tener mas franquezas ni otros fueros, 
Que como son gallardos y lozanos 
No quieren sujetarse a los hispanos. 



También merecen ser aquí asentados 
Con esta famosísima cuadrilla 
Y entre otros mas heroicos y nombrados, 
Don Baltasar y el padi-e Lagunilla: 
Estos son los valientes y esforzados 
Que a lástima movidos y a mancilla. 
De la Imperial salieron con intento 
De padecer por ella fin violento. 



190 

Cuando los claros rayos bordadores 
Del lúcido fulgente y crespo Apolo 
Bordaban el ocaso de colores 
Dando la luz entera al otro polo^ 
Y en el nuestro los varios de las flores 
Reducido se habian a uno solo^ 
Salieron los nombrados mensageros 
En dos caballos rápidos ligeros. 



Con no poco trabajo ni cuidado 

De verse en tales trances j apretura 

Caminaron a paso apresurado 

El resto todo de la noche obscura: 

Cuando se vio la luz del sol dorado 

En una gran montaña y espesura 

El rastro desmintiendo se emboscaron 

Y a la nocturna sombra allí aguardaron. 



Luego que la siguiente noche vino 
Y cubrió con su manto el hemisfero 
El comenzado y áspero camino 
Volvieron a seguir como primero: 
Cuando se vio el lucero cristalino 
Del alba clara claro mensagero 
Don Baltasar de Osorio a su caballo 
No pudo de cansado meneallo. 



Cuatro leguas de Ongol no mas estaba 
Y en el mayor peligro y riesgg puesto. 
Cuando al caballo el ánimo faltaba 
Perdiendo de las fuerzas todo el resto; 
Pero el Padre frai Juan al fin llevaba 
Mas alentado el suyo, ágil, y presto, 
En viendo en tal estado al compañero 
De él se arrojó cual pájaro üjero. 



191 



Diciéndole que en él luego subiese 

Y apriesa en paso largo caminase^ 
Porque antes que el rey del fico saliese 
A Ongol siendo posible que llegase: 

Y después que la nueva en él la diese 
Con número de gente se tornase, 

A la parte y lugar do le dejaba 

Que allí en un monte espeso le aguardaba. 



La mañana mas clara y de consuelo 
De mas contento, gloria y regocijo 
Que fué cuando del alto rey del cielo 
Kesucitó el eterno y sacro IiijO; 
Cuando su clara faz mostró el de Délo 
Llegó don Baltasar a Ongol y dijo. 
De Valiente y su patria el mal suceso 
Y de su grande pérdida el proceso. 



Contó como a frai Juan de Lagunilla 
A pié lo dejó solo y emboscado 
En un espeso monte y a la orilla 
De adonde Ongol estuvo antes poblado: 
Fue Juan Ortiz de Araya y su cuadrilla 
Y en un pequeño término abreviado 
Llegó a donde frai Juan estaba cuando 
Le andaban ya los bárbaros buscando. 



Por el reciente rastro le buscaban, 
Cual al venado suelen los ventores, 
A donde estaba el fraile ya llegaban 
Cuando llegaron nuestros corredores: 
Pudieron con la priesa que llevaban 
Y alentados caballos de colores, 
Sacarles a los pérñdos profanos 
La presa buena de las crudas manos. 



192 



A dos valientes bárbaros prendieron 
Que el rastro de los dos liabian seguido, 
Dentro del mismo monte los cojieron 
Donde el padre frai Juan quedó escondido: 
A la ciudad a priesa se volvieron 
Y de cuanto en Canten ha sucedido 
Avisan a Vizcarra prestamente, 
Con un bárbaro amigo diligente. 



A Penco llegó el presto mensagero 
Y visto de Canten el triste estado, 
Para que se repare el venidero 
En general consulta fué acordado 
Que fuese el capitán Gómez Romero, 
Varón en muchos trances aprobado, 
Con un tercio de prácticos guerreros 
A castigar los indios noveleros. 



A Valdivia ordenaron c[ue se fuese 
Por el salado campo de Neptuno, 

Y que en llegando allá que apercibiese 
Los soldados sin reservar ninguno: 

Y luego a la Imperial socorro diese 
A pesar del indómito importuno, 

Y a todos los demás favor y ayuda, 

Y adonde menester fuere que acuda. 



De maese de campo el nombre honroso 
Le dieron con el título debido 
Por ser igual en todo y tan famoso 
A Julián aquel de su apellido: 
Comisión y poder llevó copioso 
Amplio, lleno, bastante, y muy cumplido. 
Para que de la hacienda real gastase 
Cuanto a su real servicio le importase. 



193 

Con la plaza mayor de los sargentos 
Don Francisco salió de Valenzuela^ 
Caballero de honrosos pensamientos 
Nacido en la marcial y dura escuela: 
A la furia inclemente de los vientos 
Entregaron la blanca y naval vela^ 
Por el rumbo derecho parten luego, 
Hirviendo el charco túmido a su fuego. 



Con viento fresco en popa se partieron 
Contrastando las ondas de Nereo, 
El puerto al cuarto dia descubrieron 
De Valdivia y el fin de su deseo: 
Sin detenerse mas por él subieron 
Y a la ciudad se van sin mas rodeo; 
En lo mas abrigado manso y hondo 
Alargaron las áncoras al fondo. 



Echaron a la mar la barca luego, 

Y así como llegaron a Valdivia 

De Marte se entibió el ardiente fuego, 

Y para el suyo Venus los alivia: 

Que adonde halla entrada el niño ciego 
Otro cualquier calor presto lo entibia, 
Que adonde está este pérfido encerrado 
No quiere dar lugar a mas cuidado. 



En pasatiempos, fiestas, en regalos, 
En lascivos deleites y amorosos, 
En banquetes espléndidos y malos 
Se entretienen en ocios pegajosos: 
En los vicios son ya Sardanapálos, 
Y de ágiles y prestos perezosos, 
Que de la misma suerte les avino 
Cual en Capua el ejército Braguino. 

13 



194 

Aquí es a donde Marte quedó asido 
En las sutiles redes de A^ilcanO; 
Que con tanto primor liabia tejido 
Y fabricado el mismo de su mano: 
De su consorte asiento patria y nido. 
Mas ameno que el fresco Cipriano 
Albergue de su hijo el dios vendado, 
Aquí mas que en su reino respetado. 



Quédense en torpes vicios sepultados, 
Que yo quiero pasar de aquí a otra parte 
Huyendo de los pésimos soldados 
Que siguen del dios ciego el estandarte: 
Volver quiero a Canten do están cercados 
Los mártires y olífices de Marte, 
Pues tengo en el principio prometido 
De no cantar hazañas de Cupido. 



Después que la ciudad toda quemaron 

Y la purpurea luz del alba vino. 
Los bárbaros feroces la dejaron 
Mitigada la fuerza ya del vino: 

A Anganamon la nueva despacharon 
De cuanto con Valiente les avino, 

Y del estado mísero en que estaba 
La miserable gente que quedaba. 



Con esto le enviaron juntamente. 
Como en recordación de vasallage. 
Un próspero agradable y gran presente 
De lo mejor habido en el pillage, 

Y el caballo y las armas de Valiente 
Con un vestido rico a nuestro trage, 

Y mas dos españoles en prisiones 
Para que vengue en ellos sus pasiones. 



195 



Rogándole con esto venga al punto 
A hacer con su ejército el estrago 
En el pueblo, cual hizo al de Sagunto 
El capitán famoso de Cartago: 

Y que después pondrán su campo juntos 
A Valdivia darán el mismo pago^ 

Y de OsornO; la Rica y la de Castro, 
No dejaran memoria alguna o rastro. 



Recibió Anganamon coma tributo 
El próspero presente y la embajada; 
Delante de su ejército el astuto 
Mandó que fuese luego relatada, 
Y sin perder el tiempo ni un minuto 
Ante él mandó que traigan a Quijada, 
Que es uno de los dos soldados presos 
Para informarse bien de los sucesos. 



A quien el sagaz bárbaro pregunta 
Que número será el de los cautivos, 
Y. que gente del pueblo es la difunta 

Y los hombres que en él quedaron vivos; 
Por que según sospecha, cree y barrunta, 
Que para los trabajos escesivos. 

Que son pocos los que hay y desarmados 

Y de todo favor necesitados. 



Entendió el español el crudo intento 
Del bárbaro ardidoso y su demanda, 

Y que su intención era y pensamiento 
Con la insigne ciudad dar a la banda: 
Así le respondió al mismo momento 
Que de españoles hay dentro una banda 
Bastante a defendella y ofendellos, 

Y a Xerges cuando fuera en contra de ellos, 

18* 



196 

Por estar reparada y bastecida 
De bastimientoS; armas^ 

Y de lo necesario^ j guarnecida 
De valientes y prácticos varones, 

Y demás de la gente referida 

En semejantes trances y ocasiones 
FraileS; clérigos^ jóvenes, ancianos, 
Tomaran todos armas en las manos. 



Oida la agudísisma respuesta 
Del joven español discreto j cauto. 
Mandó venir su gente en orden puesta 
Como es costumbre de ellos al coy auto : 
Sentados a su modo en la floresta 
Los capitanes todos con el llanto, 
Insignia del oficio preheminente 
Anganamon propuso lo siguiente. 



"Famosos capitanes esforzados, 

De quien la cara trompa de la fama 

Vuestros heroicos hechos señalados 

En el trópico Antartico derrama. 

El deseo que tengo y los cuidados 

De vuestra libertad, es quien me inflama. 

Obliga, mueve, incita, y apresura, 

A no perder el tiempo ni ventura. 



"Bien sabéis el suceso venturoso 
Que los Cautenes bravos y lozanos 
Han tenido, y estrago sanguinoso 
Que han hecho en esos pérfidos tiranos; 
Pues de todo su ejército copioso 
Quedaron vivos solos dos cristianos. 
Que son aquestos dos que veis delante, 
Victoria en estos tiempos importante. 



' 197 

"Pues ha podido gente desarmada 
Alcanzar a ganar tan gran victoria^ 
Sin ser en la milicia ejercitada, 
Menos de fama, nombre, ni memoria, 
Mejor podéis vosotros con la espada 
Eternizar al mundo vuestra gloria. 
Siendo como sois todos tan famosos 
De esfuerzo, fuerza y ánimos fogosos. 



"En las armas estáis ejercitados 

De que siempre os preciasteis como buenos, 

En la guerra, en trabajos apiu-ados 

Con que el nombre ensalzáis de pailagüenos, 

De vuestros altos hechos señalados 

Las historias están y libros llenos, 

Con lo cual vuestros nombres se engrandecen 

Y entre los mas heroicos resplandecen. 



"Dad sujeto a la fama nuevamente 
Y materia a los nuevos escritores. 
Para que en lo futuro y lo presente 
Canten de vuestros méritos loores: 
Antes que el tiempo pase floreciente 
Que tanto nos ayuda con favores, 
De él nos aprovechemos y hagamos 
Por donde mayor gloria merezcamos. 



"Ya veis de la manera traza y suerte 
Que están los españoles recojidos 
En la Imperial, metidos en un fuerte, 
Necesitados, tristes, y afligidos: 
Podemos fácilmente darles muerte 
Primero que sean ellos socorridos. 
Por que en viéndose un dia o dos cercados 
Se rendirán de sed y hambre apurados. 



198 

"No perdamos el tiempo venturoso; 
Nuestra querida patria libertemos^ 
Que el lauro, triunfo^ y título glorioso. 
De defensores de ella ganaremos: 
Mirad que cual Panículo el famoso 
Dejar memoria eterna bien podemos, 
Y famosos renombres soberanos 
Cual Codro y otros célebres romanos. 



"Conviene que allá vamos con presteza 
Que suele muchas veces la tardanza. 
La flogedad, descuido y la pereza 
Que en el efecto cierto haya mudanza; 
Que a donde la fortuna ye tibieza 
Tibiamente ella muestra su pujanza, 
Mas cuando ven los hombres al contrario 
Allí es a donde acude de ordinario. 



"Con la solicitud presta y cuidado 
Que tuvo Julio Cesar el famoso, 
Ganó renombre eterno de soldado. 
De fuerte, de valiente, de animoso : 
Cipion el que fué de África nombrado. 
Si al peno no siguiera presuroso, 
Victoria tan famosa no alcanzara 
Ni fama tan escelsa no dejara. 



"Así que, valentísimos guerreros. 
Con la deliberada diligencia 

Y con tan esforzados compañeros, 
Llegar pienso a su altílica escelencia: 
Mostrad de vuestros brazos los aceros, 
Sacudamos la torpe negligencia. 
Mirad que los trabajos perfecciona 

Y quilata con ellos la persona. 



199 



"Yo estoy ciertO; señores^ y seguro 
Que la victoria está segura y cierta^ 

Y que con vuestro esfuerzo y brazo duro 
Abriréis para ella franca puerta. 

Que no es el de Milán su flaco muro 
Para que la tengamos por incierta^ 

Y aun cuando fuera al dicho semejante 
Para mas vuestro brazo era bastante. 



"Cuanto mas que por cierta cuenta hallo 
Que no son los cristianos aun cincuenta, 
Y esos no tienen arma ni caballo, 
Decrépitos los mas y no de cuenta: 
Por que el fuerte no vamos a cercallo 
Mayor hizo Quijada aquesta cuenta, 
Que yo lo conocí en su nnistia cara 
Que es la que mas lo intrínseco declara. 



"De señoras, viudas y doncellas 
'Bien se yo que es el número crecido, 
Y que es justa razón servirnos de ellas 
Como ellos de las nuestras se han servido: 
Podremos engendrar hijos en ellas 
Y^a que las nuestras de ellos han parido. 
Que pues así las suertes se han mudado 
Jugaremos con ellos al trocado." 



En esta borrachera o parlamento 

Hicieron, estos bárbaros varones. 

Entre ellos general repartimiento 

De las damas, conforme a sus blasones: 

Y teniendo por cierto ya su intento 

Movieron sus escuadras y escuadrones, 

Con valerosos ánimos y pechos 

De allí a la Imperial fueron derechos. 



200 

En el valle espacioso se alojaron 
Que está entre la ciudad y Pailachaca^ 
De donde para el pueblo caminaron 
A la angustiada gente a dar matraca: 
De diferente suerte les hallaron 

Y no como pensaron ellos flaca, 

Que ya se habian de armas pertrechado 

Y cuatro cubos altos levantado. 



Hicieron de las pieles de novillos 
Fuertes y defensivos coseletes 

Y de los mismos cueros no sencillos 
Celadas, grebas, agolas, capacetes: 
Por orden de los prácticos caudillos 
En breve aderezaron diez mosquetes 

Y mas de treinta y tantos arcabuces, 
Lanzas, dalles, templones, y gorguees. 



En casa del factor del rey hallaron 
De pólvora afinada tres botijas. 
Antes del fuego allí las enterraron 
Con balas, cuerdas, y otras varatijas; 
Agua cuanta pudieron encerraron 
Y llenaron con tiempo las vasijas. 
Cinco escuadras hicieron de la gente 
De a diez y nueve todas justamente. 



En los cuatro traveces se pusieron 
Cuatro de las nombradas compañias, 
Los nombres a los cuatro cubos dieron 
De las cuatro sagradas cofradías. 
Los estandartes de ellas los tendieron 
Encima de ellos con entrañas pias. 
La puerta de la quinta fué el asiento 
Con el guión del santo sacramento. 



201 

Los ancianos^ los frailes^ y ordenantes^ 
Los clérigos, mancebos, los soldados, 
Con firmes pechos y ánimos constantes 
Estaban a morir determinados: 
Entretanto los bárbaros pujantes 
Aguardaban los nuevos rebelados, 
Los cuales otro dia en la floresta 
Se congregaron para mas gran fiesta. 



Todos los mas famosos de la tierra 
Sin interés ni paga y a su costa 
A la fama y zumbido de esta guerra 
Veloces acudieron por la posta: 
Desde la grande Ninguida, alta sierra, 
Hasta el furioso mar o brava costa 
Ningún varón quedó como pudiese 
Que a aquesta borrachera no viniese. 



Con fausto aplauso y pompa se visitan. 

Los imos a los otros y saludan. 

Ya en el brindar apriesa se ejercitan. 

Ya no saben do están ni adonde acudan. 

Ya riñen, ya vocean alto y gritan. 

Ya descansan, ya caen ya el vapor sudan 

Ya Ceres anda suelta y Baco sobra, 

Ya la diosa de Pafos fuerza cobra. 



En medio de esta turba grande y trulla 
Andaba don Felipe Ladmo, puesta 
Una alba, estola, cíngulo, y casulla. 
Solemnizando el infido la fiesta, 
Que como andaba todo tan de bidla 
Y la canalla bárbara compuesta. 
Con ricas vestiduras y estimadas 
El pérfido salió con las sagradas. 



202 

Cacique de Tolten era este y rico^ 
LadiiiO; poderoso^ y estimadu^ 
Criado entre españoles desde chicO; 
De ellos querido el bárbaro y honrado : 
Cual otro Baltasar aqueste inicuo 
Los vasos de su templo ha profanado^ 
Y todos los sagrados ornamentos 
Menospreciando el culto y sacramentos. 



Por ser hombre de mucha suerte y tomo 
Respetado de muchos y querido; 
Por elección fué electo mayordomo 
De la iglesia mayor de su partido; 
Mas como vio el estrago hecho, y como 
Se habia nuestro crédito perdido, 
No quiso en rebelarse ser postrero, 
Mas fué en apostatar este el primero. 



En esta fiesta y junta el bando inculto 

Con gran cuidado y mucha diligencia 

En público trataron y en oculto 

Que a Anganamon den todos la obediencia: 

Con un cucurro bárbaro y tumulto 

La gente rebelada en su presencia 

De general el título le dieron 

Y a su mandado todos sometieron. 



No descansa la turba ni sosiega 
En la célebre fiesta y borrachera, 

Y tanta gente pérfida se llega 
Que apenas cave toda en la ribera, 
Con regocijo grande se congrega 
La natural de allí y forastera 

Y bajo de amistad y fé jurada 
Quedó la turba multa congregada. - 



203 

Todos ellos hicieron juramento^ 
Sin alguno quedar de la canalla^ 
Que hasta dar a los nuestros fin violento 
No dejaran la lanza ni la malla: 
Acabado este largo parlamento 
Despacharon apriesa a Calla-calla, 
Provincia de Valdivia, embajadores 
Haciéndoles del todo sabedores. 



De esta provincia bélica y remota 
Ninguna gente vino a aquesta junta, 
De que la congregada se alborota 
Y alguna novedad de ella barrunta, 
O que tuerce del rumbo la derrota 
Por estar a Valdivia tan conjunta, 
Pues así la palabra prometida 
Sin causa ni razón la ven rompida. 



Aquí veréis, señor, muy claramente 
Las maldades, engaños, las traiciones, 
Las sutiles cautelas de esta gente, 

Y el odio pertinaz en sus pasiones. 
En cuanto alumbra Febo refulgente 

Y en todas las antarticas regiones, 
Traición nunca se vi(5 jamas como esta, 
Ni gente para ella mas dispuesta. 



Quintolien en oyendo la embajada 

Allí luego a los seis embajadores 

Con dura mano y con soberbia airada. 

Las cabezas cortó como a traidores : 

Y con industria pérfida y malvada 

Las llevaron dos indios corredores 

A Valdivia y presentan al teniente. 

Por que el corregidor de ella está ausente. 



204 

Diciéndole que aquellos seis vinieron 
De parte de los pérñdos a alzallos, 
Con toda la embajada que trajeron 
Enviando con ella a amenazallos ; 
Pero que rebelarse no quisieron 
Por ser del rey católico vasallos^ 
Así que ya dejando el viejo olí ció 
De nuevo vuelven al real servicio. 



Recibióle la paz que antes se habia 
Calla-calla sin causa rebelado, 
Y a decir le envió que agradecía 
El presente y la nueva paz que ha dado: 
Mas viendo Anganamon la rebeldía 
De Quintulien al punto ha despachado 
La mitad de su ejército violento 
A degollar el bárbaro sangriento. 



Pero tubo Andrés Pérez de esto avisO; 
Que entonces en Valdivia era teniente, 
A don Alonso le envió al proviso 
Que en los llanos estaba con la gente. 
A buscarlos salió y con grande aviso 
Marchó toda una noche raudamente, 
Tres leguas los halló de Calla-calla; 
Donde trabó con ellos la batalla. 



Hizo en los enemigos cruel estrago, 
Y aunque fué esta batalla tan famosa 
De ella ni de otras seis mención no hago 
Por no me detener en cada cosa: 
Mas después de les dar el justo pago 
La vuelta di() a Valdivia presurosa, 
A do llegó después también Romero 
Con el tercio que fué por mar ligero. 



205 

Habiendo allí por cierto averiguado 

El serlo el general levantamiento^ 

Y que la paz que Quintulien ha dado 

Era falsa traición y ñngimientO; 

En consulta quedó determinado 

Qu;e para que sean de otros escarmiento, 

Se haga luego un ejemplar castigo 

En el ñngido y cauteloso amigo. 



Para lo cual mandaron que se fuese 
Don Alonso con fuerza de soldados 
A los llanos a donde luego hiciese 
Juntar a los traidores combocados, 
Y a socorrer la Rica se partiese 
Con noventa españoles esforzados 
Romero, y en llegando a Calla-calla 
Junte también la pérñda canalla. 



Al teniente dejaron ordenado 
Que en la misma ciudad sin que se diga 
A los ladinos prenda con cuidado 
Por ser también con ellos en la liga, 
Y el propio dia que quedó asignado 
En las tres partes, con rigor se siga 
El castigo propuesto y con presteza 
Cabeza no quede alta de cabeza. 



Mas llegado Romero a Calla-calla 
Mudó de parecer por parecerle 
Que estaba quieta toda la canalla, 

Y ser gran crueldad así ofenderle : 
Hizo la ejecución no ej centalla 

Y el rigoroso brazo suspendelle 
Decirle Quintulien ¡o cruel perjuro! 
Que estaba todo lo demás segui'o. 



206 

Pero que de Quinchilca a la otra parte 
No pase que esta alzado certitica^ 

Y que no ha de poder ni será parte 
A socorrer sin mas gente a la JRica: 
Vista la relación de allí se parte 

Y raudo sin parar apriesa pica^ 

El socorro dejó y volvió a los llanos^ 

Y a Quintulien catorce castellanos 



Para que en Calla-calla residiesen, 

Y un fuerte de madera levantasen, 
Donde los naturales se metiesen, 

Y de los enemigos reparasen, 

Y que los españoles estubiesen 
Juntamente con ellos y guardasen, 
Haciendo frente al bárbaro pujante 
Por que no los ofenda ni levante. 



Pocos dias después que allí quedaron. 
Estando descuidados los hispanos. 
Debajo de amistad los degollaron 
A todos, ¡o traidores inhumanos! 
Cabezas, pies, y brazos les cortaron, 

Y del hecho contentos y lozanos 

A donde Anganamon estaba fueron, 

Y con aplauso allí les recibieron. 



Alentados con esta buena suerte 
Amenazando al mundo, a tierra, y cielo. 
Animosos caminan para el fuerte 
Haciendo estremecer el duro suelo 
Y a los de dentro de él y aun a la muerte,. 
Según iban los bárbaros de vuelo. 
Coléricos, soberbios, arriscados. 
Orgullosos valientes y ordenados. 



207 



El campo con el suyo se cubría 
Y el cielo con el polvo que levantan, 
Con la espantosa grita y vocería 
Los animales sórdidos espantan : 
Con gallardo denuedo y bizarría 
Algunos íanfarrones se adelantan 
Dando muestra y señales del asalto 
Llevando el brazo fuerte y mazo en alto. 



En tres cuarteles fuertes anchurosos 
Alojaron su ejército y legiones. 
Sirviéndoles de muros y de fosos 
Las tapias de los altos paredones: 
Y con valientes ánimos fogosos 
Se acercaron los bravos escuadrones, 
Poniendo al español en tanto estrecho 
Cuanto era del contrario el ancho pecho. 



Estando así los nuestros apretados 
Con el áspero fuerte y duro asedio, 
Tras de unos paredones levantados 
Anganamon se puso calle en medio 
Diciendo en altas voces, a sus soldados; 
"Españoles perdidos, si remedio 
Y liberdad queréis, yo os la aseguro 
Si le dais para hablar de aquí seguro. 



"Al caudillo decid de aquesa gente 
Que pues tiene la vida breve y corta. 
Si la quiere alargar que atentamente 
Una razón me escuche que le importa." 
En oyendo la plática el teniente 
A sus soldados bélicos reporta 
Y al bárbaro responde que bien puede 
Hablar, seguro que él se lo concede. 



208 

El general salió de adonde estaba 
De dos o tres no mas acompañado, 
Mas cerca de los muros se llegaba 
Para poder hablar mas descansado : 
Las razones que dijo interpretaba 
Un faraute mestizo rebelado, 
Pérfido, proditor, malo, proterbio, 
Y aquesto dijo el bárbaro soberbio: 



"Si lástima y piedad no me moviera 
Ni el intenso dolor que me ha movido. 
De vosotros jamas no pretendiera 
Recibir ni aceptar ningún partido: 
Que bien con. este ejército pudiera 
Haberos totalmente consumido, 
Y no fuera el hacerlo grande cosa 
Ni para mi otra mas dificultosa. 



"Sin mirar los trabajos y aflicciones 

Que en vuestro tiempo pr<')spero nos disteis 

Ni la larga prisión ni a las prisiones 

En que sin causa alguna me tuvisteis; 

Ni menos las pasadas opresiones, 

Ni el gran rigor con que nos oprimisteis, 

Ni vuestras ordinanas injusticias. 

Ni sobra de maldades ni malicias, 



"Ni la grande crueldad ni muerte horrenda 
Que disteis a la vida de mi vida, 
A Millarea, dulce y cara prenda, 
Prenda cara de mi la mas querida. 
Que si antes que la cólera se encienda 

Y la batalla rígida y reñida. 
Veniros a hablar y aconsejaros, 

Y con la paz sabrosa convidaros. 



209 

"Pues digo que os rindáis luesco vosotros 
Sino queréis perder la vida amada; 
Que mejor viviréis entre nosotros^ 
Teniéndola segura y descansada; 
Que los pasados tiempos ya son otros 
Y está toda la tierra levantada: 
No tienen fuerza^ no^ ya los cristianos 
Para poder sacaros de mis manos. 



"Mejor os mantendremos en justicia^ 
A vosotros nosotros honraremos 
Que a nosotros vosotros, y amicicia 
Con mas voluntad fé y amor tendremos, 
Que por vuestra ambición y gran codicia 
Padecéis las miserias que ahora vemos, 
Pues jamas con lo bueno os contentasteis, 
Ni la codicia y p^sca de oro hartasteis. 



"Si con lo moderado, justo y bueno 
Contentado os hubiérades, yo os digo 
Que nunca en todo el término chileno 
Tuviérades jamas indio enemigo : 
Mas como sois amigos de lo ageno 
Y agudos en el áspero castigo, 
Acordamos sufrir antes la muerte 
Que una vida vivir tan cruda y fuerte. 



"Así por la impiedad vuestra y maldades 
La inmensa magestad de Dios eterna 
Os envía cual veis calamidades, 
Por su justa justicia que es suprema: 
Si vuestras perniciones y maldades 

Y la codicia viérades interna. 
El freno de razón os governara, 

Y nadie de vosotros disparara. 

14 



210 



"Pero como sin el os arrojastes 
En pos de vuestra mísera codicia, 
Los limitados términos pasastes 
De clemencia, piedad y de justicia; 
Pero ya que a los últimos llegastes 
De la vida y al lin de la malicia 
El partido aceptad que ahora os ofrezco, 
Pues de la que pasáis me compadezco." 



La soberbia del bárbaro hinchado 
Puso a los españoles nuevo espanto, 
Y el nuevo parlamento delicado 
No poca confusión con nuevo llanto: 
La respuesta diré que dio el senado 
Con nueva voz, señor, y nuevo canto, 
Que para referir cosa tan alta 
Aliento, lengua, mano, y voz me falta. 



Canto XL 



Viendo Anganamon que los españoles no se quieren rendir, apercibida 
su gente, da el asalto : defiéndense valerosamente los españoles : retíranse 
los bárbaros con pérdida de mucLos de ellos : vuelven el segundo dia 
con mas valor a dar el segundo asalto : retíranse a la noche de él en 
la cual volvieron con artificios de fuego: queman gran parte del fuerte: 
otro dia salieron de él los españoles y abrasan el alojamiento de los 
enemigos, los cuales apretaron mas el cerco : estando los cristianos 
necesitados de agua, fueron socorridos del cielo milagrosamente. 



Adonde no florece la justicia 
La paz allí tampoco permanece. 
Que como va creciendo la malicia 
La guerra y la discordia también crece: 
Conviértese largueza en avaricia, 
La verdad se desmaya y enflaquece, 
Los vicios solos son los que producen 
Y a ellos las virtudes se reducen. 



En el reino do falta sobran males, 
En él la cruda guerra mas se esfuerza, 
Ko hay bonanza ni buenos temporales 
Todo se abrasa muda y vase en verza: 
Declara San Gregorio en sus morales 
Que es del pueblo la paz ella y la fuerza. 
Firmeza de la patria y la templanza, 
Libertad de la gente y la bonanza. 

14* 



212 



También San Juan Clúsóstonio la tiene 

Por el fin o remate de la vida. 

San Ambrosio que de ella justo viene 

Condigno el premio al mérito y medida^ 

Y pena de la culpa igual que tiene 

Cualquiera por su causa merecida. 

San Isidoro afirma según suena 

Que es orden e igualdad que al hombre ordena. 



La paz y la justicia se besaron 
En un salmo el Profeta David dice^ 

Y adonde justicia liay otros trataron 
Que será la República felice: 

Pero que adonde de ella nunca usaron 
Trabajosa^ cansada, e infelice. 
Porque sin ella se inficiona y rompe, 

Y cual cuerpo sin alma se corrompe. 



Dicen mas otros santos escritores, 

Y por su boca propia el mismo Cristo, 

Que a donde no hay justicia hay sinsabores, 

Y no estará jamas el pueblo quisto: 
Lo mismo que declaran los doctores 
En este Reino claro lo hemos visto. 

Que por no haber justicia de el se ausenta 
La paz, y mas la guerra se acrecienta. 



Aquí anda la verdad siempre abatida. 
La concordia y la paz acobardadas. 
Es la mentira pésima atrevida, 
Las virtudes están aprisionadas. 
La traición es aquí favorecida, 
La fé, la lealtad menospreciadas. 
Los malos permanecen, a esos precian, 
Y a los buenos por serlo menosprecian. 



213 

Aquí mueren de viejos los ladrones^ 
Aquí son los honestos ultrajados^ 
Aquí viven en paz los valadrones^ 
Y quietos los que están amancebados: 
Aquí es el odio eterno j las pasioneS; 
Aquí son los incestos perdonados; 
Adúlteros^ nefandos^ homicidas^ 
Cercenadores de honras y de vidas. 



Aquí se engendra el fraude y la mentira^ 
Los falsos y perversos testimonios^ 
De aquí todo lo bueno se retira; 
Aquí asisten continuo los Demonios; 
En Dios no pone nadie aquí la mira. 
Sino es en perturbar los matrimonios; 
Aquí anda siempre suelto el apetitO; 
Y la razón cual pega en el garlito. 



Por estas y otras causas que no tratO; 
Aunque tratar de todas bien pudiera; 
Anda todo cual anda de revato 

Y suelta la infernal cruel Megera: 
Quisiérame aquí estar, señor; un rato, 
Pero como enfadaros no quisiera 

A largo lo que puedo el corto paso 

Y por la brevedad por muchas paso. 



Demás de que la historia cuando es larga 

Y va tratando siempre de una cosa 
Aunque sea verdad; pesada carga. 
Desabrida; cansada; y enfadosa: 

Y la que mas en ñibulas se alarga 

Es mas dulcC; agradable; y mas gustosa. 
Como al gusto de Alarios paladares 
Las varias diferencias de manjares. 



214 

Pero como en razón no se consiente 
Mezclar con la v^erdad las variedades 
De fábulas, por ser tan diferente 
Las unas de las otras calidades; 
Y por que cuando alguno mucho miente 
Crédito no le dan a sus verdades, 
La una sola va pobre y desnuda, 
Por que la variedad engendra duda. 



Sin la cual bien los bárbaros creyeron 
Que los nuestros al punto se rindieran, 
Como en el canto décimo pidieron 
O que de la ciudad luego se fueran, 
Para lo cual caballos ofrecieron 
Y todo cuanto menester hubieran, 
Pero con falsa fe y alevosía 
Era cuanto el traidor les prometia. 



Luego que nuestra gente hubo entendida 
La pretensión del bárbaro insolente, 
A lo por el propuesto ha respondido, 
Que el tiempo no le gaste vanamente. 
Por que no se ha de dar así a partido 
A tan infame, varia, y fácil gente. 
Que aunque se ve en tal trance y apretura. 
Esperaba remedio de la altura. 



"Tenemos, dice, un Dios tan justo y bueno 
Que cuanto en la justicia es poderoso. 
Como de amor inmenso está tan lleno 
Es justamente misericordioso: 
Y aquellos que le llaman en su seno 
Acude como padre piadoso, 
A sus hijos amados y queridos 
En dando dos intrínsecos gemidos. 



215 



"Asi tenemos todos confianza 
Que nos vendrá el remedio de sus manos, 
Por que la caridad^ fé, la esperanza, 
Es el bien que tenemos los cristianos: 
Pero aunque sus secretos nadie alcanza 
Por mas que lo escudriñen los humanos, 
Sabemos que a su ira justa aplaca 
La penitencia, y altos bienes saca. 



''Mas aunque la divina mano ordena, 
Por nuestras graves culpas y maldades 
Que nos venga por ellas tan gran pena. 
Con tanta perdición y mortandades. 
Con la misma de amor y piedad llena 
Nos enviará después prosperidades, 
Y tras de esta tormenta la bonanza. 
Cual tras de invierno frió la templanza. 



"Pero que si tan- fácil le parece 
El ganar como dice la muralla. 
Que se acabe la plática y empiezo 
El horrendo combate y la batalla. 
Que pues de entrambas partes se apetece 
No hay para que mas tiempo dilatalla." 
El bárbaro calló, y echó a lo largo : 
Entendió en los negocios de su cargo. 



Toda su gente luego ordena y parte 
En cuatro bien formados escuadrones. 
Mandando que cualquiera por su parte 
Embista juntamente a los bastiones: 
Ya suena el ronco son del ronco Marte, 
Ya tienden las banderas y pendones. 
Ya la canalla bárbara, pujante. 
Mueve el paso con ímpetu arrogante. 



21ti 



Con voceS; gritos altos, y clamores, 

Disparan arcabuces y escopetas, 

Los pifaros, rocinas, y atambores, 

Caracoles retumban, y cornetas : 

Y a vuelta del estrépito y temblores 

Sacabuches, clarines y trompetas. 

Con tal ferocidad ira y denuedo. 

Poniendo espanto el indio, al mundo y miedo. 



Cual en festivos dias señalados 

Desde balcones miran y barreras, 

En el coso a los toros madrigados 

Las vueltas que van dando y las carreras, 

Desde el muro, ventanas, y tejados. 

De los cubos, traveses, y troneras. 

El bando de los nuestros pavoroso 

Así miraba al infido furioso. 



Arrimados los bárbaros al fuerte 

Comienzan el asalto y la batalla. 

Sin que temor, espanto, miedo, o nmerte, 

Detubiese a la pérfida canalla: 

Los bravos Españoles de tal suerte 

Su partido defienden y muralla, 

Que el escuadrón perverso imaginaba 

Que todo el mundo dentro de ella estaba. 



Al sol, al cielo, al campo, el aire cubre 

Una nube de humo y polvo densa. 

Cual las que en nuestra España por octubre 

Se engendran de granizo y agua inmensa: 

Pero no porque cosa se descubre 

Está la gente bárbara suspensa, 

Antes tiene por cierta la victoria. 

El peligro mayor por suma gloria. 



217 

Con la gente mas brava, y mas gallarda; 
Mas valiente, animosa, y mas sufrida, 
El general llevaba la vanguardia 
Para dar la ¡primera arremetida, 
Y al bravo Millanguen para su guarda, 
Con quien tenia amistad firme y crecida. 
Entre los dos atado iva Quijada 
Sirviéndoles de escudo y pavesada. 



Mas como la española brava gente 
De disparar un punto no cesaba. 
Una bala llegó rasa y ardiente 

Y a Millanguen el cuerpo atravesaba; 
Muerto en tierra cayó súbitamente, 

Y visto el general lo que pasaba 

Y al compañero muerto, ardiendo en ira 
Por no lo ser en todo, se retira. 



Con el temor que tuvo y sobresalto 
Del cautivo Quijada no se acuerda. 
Que al tiempo que volvió y dejó el asalto 
De la mano dejó también la cuerda: 
El Español que el suyo vio, dio un salto, 
Por que él ni la ocasión no se le pierda. 
Cual va la piedra rápida a su centro 
Al fuerte fué corriendo y entró dentro. 



Una ventana de él apriesa abrieron 
Por donde le metieron al proviso, 
A recibirle allí todos vinieron 
Con algazara, júbilo, y con riso: 
Los intentos del bárbaro supieron 
Que de todos Quijada dio el aviso. 
Negocio de importancia y gran provecho 
El saber del contrario el falso pecho. 



218 



Anganamon de ver el triste caso 

Espantado y atónito se vuelve^ 

Y su campo tras del en raudo paso 

A los cuarteles rápido se revuelve: 

De polvo, de sudor cubierto y laso 

Entre el sueno y descanso al fin se em vuelve; 

El general de cólera y enojos 

No duerme ni aun cerrar puede los ojos. 



Revuelve en la revuelta fantasía 
Aquello que le ocurre al pensamiento, 
Sin que gusto, descanso, ni alegría. 
Halle en tantos, ni alivio de im momento: 
Al despuntar la luz del claro dia. 
Por aliviar un tanto su tormento, 
A esotro su cautivo que quedaba 
Le dio muerte cruel con furia brava. 



El duro y corvo cuerno al punto arrima 
El furibundo bárbaro a la boca. 
En la infernal caverna y honda sima 
Retumba él trepidante son que toca. 
Poniendo gran temor, espanto, y grima, 
En la región ardiente a do revoca, 
A cuyo ronco y bélico ruido 
Acudía todo el vando fementido. 



Junto pues el ejércití^ furioso. 
Camina junto luego para el muro 
A dar el nuevo asalto peligroso, 
Pareciéndole estaba ya seguro: 
De españoles el vando belicoso 
Estaba ya esperando el trance duro, 
Y toda la pasada noche entera 
8e les pasó también de esa manera. 



. 219 

Disciplinas^ ayunos^ y plegarias, 
Era de las Señoras el oíicio, 
Tan continuas en ellas y ordinarias 
Que lo tenian ya por ejercicio: 
De noche con ardientes luminarias 
De su sangre hacian sacrilicio, 
De dia sin faltar como es notorio 
En la capilla estaban y oratorio. 



Giras veces armados, los varones, 
Por la espaciosa y ancha plaza de armas 
Hacian de ordinario procesiones, 
Cuando libres estaban de las armas: 
Los bonetes que llevan son morriones 
í^obrepellices cotas y otras armas. 
Picas largas, imágenes y cruces, 
Las cuerdas encendidas eran luces. 



Así fueron tres veces socorridos 
De Ifi virgen sagrada santa y pura, 
Cuando estaban mas tristes y afligidos 
Como dirá adelante mi escritura: 
Estaban los de España apercibidos 
Aguardando la nueva desventura. 
Mas cuando mostró Cintio la luz nueva 
Los bárbaros llegaron a la prueba. 



Comenzaron de nuevo la batalla 
Haciendo estremecer el bajo centro. 
Mas con ser baja toda la muralla 
Con valor la detíenden los de adentro: 
La furibunda bárbara canalla 
Pensó del primer ímpetu y encuentro 
Llevarla fácilmente por delante, 
Pero mas dura estaba que el diamante. 



220 



Con tanto esfuerzo y ánimo defienden 

IjOS valerosos vándalos la cerca; 

Y a los contrarios pérfidos ofenden 

Que de su sangre han hecho ya una alberca: 

A muchos sin aliento y alma tienden; 

Tendiendo su cerviz tan dura y terca 

Al yugo de la Parca inexorable; 

Bajando el alma al sótano espantable. 



Viendo el bárbaro el daño que recibe 
8u belicosa gente sin provechO; 
De la rabiosa pena que concibe 
Está un enponzonado escorpión hecho: 
Al punto manda luego y apercibe 
Que se retire atrás. un largo trechO; 
Y traiga cantidad de lena luego 
Para pegar al fuerte vivo fuego. 



Los cuatro cubos altos de madera 
Llegaban con las puntas al tejadO; 
Estaba de alto abajo por de fuera 
De tabla con madera engalanado: 
Salia de el un cubo una barrera 
De la misma manera de estacado 
Hecha de vigas secas y de talle 
Que cerraba los pasos de una calle. 



Volvió de los indómitos la tropa 
Cada cual con un haz de leña seca; 
Cual van los labradores en Europa 
A la parva cargados con mies hueca: 
O coiüo el linO; cáñamo o estopa; 
Que de noche le hilaU; si la rueca 
Acaso y por descuido al candil llega; 
Así en la empalizada el fuego pega. 



221 

El fuerte sin remedio se quemara 
íSegun ardiendo el fuego iba adelante^ 
Si del cubo a apagarle no bajara 
El joven Juan de Arévalo^ estudiante^ 
Que ayudado de Pedro de Guevara 
Pudo el mozo animoso y fué bastante 
A romper con presteza la estacada 
A pesar de la turba congregada. 



Tan gallardo el mancebo en esto andubo 
Y entre los enemigos y la llama. 
Que al elemento cálido detubo 
Por mas que con el fresco viento brama: 
Ketiróse contento luego al cubo 
Después de haber ganado eterna fama, 
Causando a los de dentro sumo gozo 
El valeroso esfuerzo de este mozo. 



Encima de la cumbre del tejado 
Estuvo el provisor Guevara puesto, 
Hasta cortar el joven esforzado 
De los maderos secos todo el resto: 
Y aimque estuvo por blanco señalado 
Tirándole los indios de manpuesto, 
Fueron tantos los ripios que el les tira 
Que de su puesto heridos los retira. 



Quedóse un indio péríido y ladino, 
Debajo de unos árboles gritando. 
Diciendo como espíritu malino 
De la virgen mil males blasfemando: 
Pero su hijo eterno alto y divino 
Permitió que al apóstata nefando 
Le diese en pago de su atrevimiento, 
Don Pedro de Ibacache fin violento. 



22^ 



No piidiendo sufrir la desvergüenza 
Del bárbaro insolente que blasfema; 
Encendido de cólera y vergüenza 
Por ser devoto suyo mas se estrema^ 
Y, al tiempo que el incrédulo comienza 
La plática infernal del falso tema^ 
Don PedrO; el arcabuz al punto encara 
Puesta la mente en Dios, v en él la cara. 



Al seco polvorín apenas toca 

El clabo de la cuerda^ cuando luego 

Escupió del cañón la negra boca 

Un rayo artificial de ardiente fuego: 

Por la del indio pésimo le emboca 

Al tiempo que iba a echar otro reniegO; 

Los labioS; dientes, lengua, el alma, y vida. 

Junto escupió también por la herida. 



Quedaron otros pérfidos tendidos 
De los que mas allí se aventajaron, 
Con otra mayor copia de heridos 
Que nuesiros arcabuces maltrataron: 
Con estruendo confuso de alaridos 
Después de anochecer se retiraron 
A sus cuarteles, fuertes y aívarradas 
Poco de nuestro fuerte desviadas. 



Sin reposar volvieron al momento 
Con hachas encendidas, o almenaras 
De lino seco y cáñamo sin cuento 
Atados en las puntas de unas baras: 

Y apresurando el ímpetu violento 
Con sus acostumbradas algazaras, 
Al fuerte sin parar todos se llegan 

Y al ala del tejado el fuego pegan. 



Cual banda de enfadosos moscardones 
Que vienen, van, j vuelven cucurrando. 
Así los indios van con los hachones^ 
Vuelven, tornan apriesa, voces dando; 
O cual la de langosta o cigarrones 
Con vehemencia intré2:)ida saltando, 
Va la turba soberbia, y el estruendo 
La tierra, cielo, y mar ensordeciendo. 



Los bravos españoles no sosiegan 
Ni dejan de tirar arcabuz az os, 
Y a los que a las paredes mas se allegan 
Los hacen con las balas mil pedazos: 
Mas son tantos los bárbaros que llegan 
Con tan poco temor de los balazos, 
Que mientras mas herian o mataban 
Con mas denuedo y ánimo cerraban. 



En los canes y tablas secas prende 
El ávido elemento y viva llama, 
El mas sutil le avÍA^a mas y enciende. 
Le cunde, alienta, esfuerza, y encarama: 
La codiciosa llama mas se tiende 
Y con gran vehemencia se derrama, 
Arde la tablazón seca y humea 
Cual si de algustran fuera o seca tea. 



Los soldados del cubo en viendo luego 
Irse el fuego de todo apoderando 
Gritaron: socorred con agua el fuego 
Que se está todo el fuerte ya abrasando. 
Nó queda fraile, clérigo, ni lego. 
Que no acudiese rápido volando 
Con vinagre, agua, vino, tierra, lodo, 
Y suma deligencia que fué el todo. 



224 

Con esto y con la priesa que se dieron, 
Pudieron pues los nuestros hacer tanto 
Que al furibundo fuego detubieron, 
Al miedO; muerte, confusión, y espanto: 
Corridos los contrarios se volvieron 
De ver que su poder con todo cuanto 
Han hecho, no han podido ni son parte 
Para ganar tan flaco baluarte. 



El general indómito se afrenta. 

Se aflige, angustia, hincha, y apostema, 

Suspira, gime, rabia, y atormenta, 

Y a su Pillan maldice y de el blasfema: 

Pero aplacado ya, de nuevo intenta 

Una nueva y sutil estratagema. 

Pensando de acabar solo con ella 

De esta vez nuestra gente y su querella. 

Mandó que Andrés González, un cautivo 
Soldado antiguo, práctico y gallego 
Que solo de los presos quedó vivo. 
Que allí delante de él le traigan luego: 
Llegado pues le dijo el indio altivo 
Con mucha magestad y gran sosiego: 
"Si quieres libertad, vida, y contento. 
Escúchame español y estáme atento. 



"Digo, pues, que pretendo por tu mano 
Acabar lo que nunca yo he podido 
Con los de aqueste ejército Araucano, 
De que estoi afrentado y muy corrido: 

Y juro al potentísimo Pillano 

De que seras, después de agradecido 

Y dádote la vida, bien pagado 

De mí querido siempre y estimado. 



225 

"Puedes ganar si quieres fácilmente 
J\Ii gracia; fé, tu libertad y vida^ 
Renombre de animoso^ de valiente^ 
Honor, descanso, fama esclarecida : 
Harete capitán de mucha gente, 
Darete por mujer mi hija querida, 
Serete en todo amigo y compañero. 
Haciendo lo que yo mandarte quiero. 



"I es que vayas y arrimes una escala 
Con ánimo y silencio grande al muro, 
Y subirás por ella y en el ala 
Del tejado pon fuego, y ve seguro. 
Que no te tiraran ninguna bala 
Ni menos te verán que hace obscuro, 
Lleva el fuego cuvierto y escondido 
En una olla o cántaro metido. 



"Con el hecho saldrás que yo pretendo 
Si tu quisieres darte buena maña. 
Aventúrate pues y ve corriendo 
Que quien no se aventura no guadaña: 
Dirás que de nosotros vas huyendo 
Si acaso te sintieren los de España, 
Así podras seguro fácilmente 
Subir arriba libre de tu gente." 



Partió el cautivo al hecho tan ligero 
Como toro que sale alestocado, 
Un látigo de lino por cintero 
Llevó por el pescuezo trasdoblado: 
El cabo quedó asido a un bramadero 
Dentro de las trincheras amarrado, 
Y asidos de el diez bárbaros de fuerza 
Para en tirando de él traerlo por fuerza. 

15 



226 



Supuesto que el gallego se dispuso 

Para cumplir del general el ruego, 

No le culpo, condeno, ni le acuso 

Por ser forzado a ello j ser gallego: 

A la mitad del fuerte fuego puso, 

Y con tanto vigor se prendió el fuego 

Que a un cuarto todo entero de unas casas 

En breve lo volvió en ardientes brasas. 



Quedóse la pared sana y entera 
¡Sirviendo todavía de muralla. 
Quemóse solamente la madera 
Sin poder nuestra gente reparalla 
Por que acudió la bárbara ligera 
Con ímpetu soberbio a la batalla, 
Y con denuedo y ánimo gallardo 
Llovía piedras dentro, flecha, y dardo. 



Dieron a Andrés González un balazo 
Que le abrió una mortal y grande herida, 
Los lomos le pasó y el espinazo 
Y a punto estuvo de perder la vida: 
Tiraron los indómitos del lazo 
Cuando la casa vieron encendida. 
Volviéronle por fuerza y arrastrando 
El hecho en altas voces publicando. 



Apretaron con esto mas de hecho 
Los bárbaros furiosos el asalto. 
Poniendo por escudo el fuerte pecho 
De miedo y de temor desnudo y falto: 
Pero viendo los nuestros el estrecho 

Y el peligro en que están con valor alto 
Los desvian, rebaten, rompen, hienden, 

Y al fin como españoles se defienden. 



227 



Mas de fuerza que grado se volvierou 
Los infidos furiosos del combate^ 
Muchos muchas heridas recibieron, 
Y de la vida muchos el remate: 
Cumplirle la palabra no quisieron 
Al gallego ni darle por rescate, 
Después por gran ventura y buena suerte 
Huyendo se volvió de ellos al fuerte. 



Mas viendo el general bravo y astuto 
Como la mas granada gente pierde 
En los asaltos ásperos, sin fruto 
Impulso de coraje se remuerde: 
Mandó juntar de lino que este enjuto 
Y de leña gran máquina y no verde, 
Que para se esquitar está dispuesto 
Echar picado en otra mano el resto. 



Pensó, mas no era frivolo su intento. 
En juntando la máquina aristosa, 
Arrimarla en el cubo y al momento 
A ella el fuego y llama licenciosa: 
Y romper la pared por el cimiento 
Cuando ya en el través no hubiese cosa 
De donde le impidiesen los hispanos 
La ejecución de sus intentos vanos. 



El chantre don Alonso de Aguilera 
Descubrió desde encima de un tejado 
El lino, caña, cáñamo, y madera. 
Que hablan los idólatras juntado: 
Aviso dio y salió del cubo afuera 
El capitán Godoy acompañado 
De solos doce o trece compañeros, 
Y puso fuego al cáñamo y maderos. 

15^ 



22S 

Y como de los Godos descendiente 
Echó de las trincheras al contrario^ 
Quemóle las barracas juntamente 
Con ánimo y valor estraordinario : 
Volvióse al cubo libre con su gente 

Y del atrevimiento temerario 
Quedó el aleve bárbaro furioso^ 
Espantado; corrido^ y temeroso. 



Puso tanto terror al indio y miedo 
Del capitán Godoy la buena suerte 
Que atirmar con verdad y razón puedo 
Que temblaba de él; mas que de la muerte 

Y al español aflicto tal denuedo 

Que apenas ya cabia en todo el fuerte. 
Según era el orgullo y \áz arría 

Y el ánimo fogoso que tenia. 



Tubieron por agüero y mal presagio 
El quemarles asi el alojamiento^ 
Temiendo el general algún naufragio 
En otra parte hizo nuevo asiento: 
Paréceme que dice un cierto adagio 
Que es sabio parecer mudar de intento. 
Así Anganamon mordiendo el labio 
Mudo de parecer como hombre sabio. 



No quiere mas él, cauto, en los asaltos 

Aventurar su gente ni fortuna, 

Por ser donde los jóvenes mas altos 

Fenecen sin hacer cosa ninguna: 

Sabe que están los nuestros de agua faltos 

Y que dentro no tienen fuente alguna; 

Quiere aguardar que salgan a cogella 

O a que se rindan a él por falta de ella.: 



229 

No estaba en esto el bcdrbaro engañado 
Que dos^ o treS; o mas días habia 
Qne estaba el español necesitado 
De ella^ y sed insufrible padecía: 
Vinagre, vinO; y agua hablan gastado. 
En apagar con ello cuando ardia 
El elemento cálido y terrible 
Que en el tejado puso el indio horrible. 



Un pozo hondo que tenian dentro 
Con el tiempo y calor se fué secando, 

Y aunque le socavaron hasta el centro 
Ningún jugo la tierra fué mostrando: 

Y mientras mas cavaban mas adentro 
Eterna sequedad de si iba dando, 
Que por ser en el tiempo del estío 
Estaba seco todo y bajo el rio. 



Viendo el poco remedio que tenian 

Y la necesidad tan grande y falta 

]Jel agua, y sed mortal que padecían 

Acuden a la fuente eterna y alta: 

A aquella fuente altítica acudían 

Que por mas sequedad que haya no falta, 

Ko habiéndola en los míseros mortales. 

Eternos y celestes manantiales. 



A la Virgen, que es fuente de consuelo, 
Y amparo de los tristes pecadores, 
Regando con sus lágrimas el suelo 
Acuden con gemidos y clamores: 
Gimiendo sus angustias, pena y duelo. 
Le piden que interceda y de favores 
Con su querido esposo, y que los saque 
Del peligro en que están y su ira aplaque. 



230 

En procesión solemne la sacaron 
De su pequeña celda o pobre hermita; 
Por el angosto patio la llevaron^ 
La gente sollozando iba y contrita: 
Con humildad inmensa suplicaron 
A la gloriosa Virgen y bendita^ 
Que con piadosos ojos los mirase 
Y de la falta de agua remediase. 



¡ O magostad de Dios alta y gloriosa ! 
j Y como buen señor os condolistes 
De la afligida gente lacrimosa^ 

Y con amor intenso socorristes! 
¡Y vos sagrada virgen piadosa 

Cuan bien con vuestro hijo intercedisteS; 
Cuan bien que consoláis a quien os llama 

Y tiernamente ama a quien os ama! 



El cielo estaba limpio y despejado 
Alegre^ rasO; plácido^ y sereno^ 
Sin átomo ni punta de nublado 
Y de parleras aves todo lleno. 
El mar en calma, el viento sosegado. 
Cuando sin un relámpago ni trueno 
Del orizonte ven que arriba sube 
Una pequeña densa y negra nube. 



Con tanta ligereza se encarama 
La nube procelosa y sube arriba, 
Que en breve por el cielo se derrama 

Y de su clara luz a Febo priva: 

Tan recio el viento Norte a priesa brama 
Que todo cuanto encuentra lo derriba, 

Y con ser en la fuerza del verano 
Roble no dejó en pié ni pino sano. 



231 



La congelada nube turbulenta 

Se rasga; parte, rompe, abre, y despliega. 

Con el preñado túrbido revienta, 

Al soto, al prado, al monte, al fuerte riega 

La gente devotísima y sedienta 

A la mitad del patio entonces llega, 

En viendo tan heroica marabilla 

Delante de la imagen se arrodilla. 



Por que las blancas ropas vii'ginales 
Del simulacro santo no se mojen. 
Dando de devoción claras señales 
Con el al oratorio se recojen: 
El agua que destilan las canales 
En tinas, ollas, cántaros la cojen, 
Y tanta cuanta Acuario derramaba 
Apriesa nuestra gente envasijaba. 



Los pocos animales que quedaban 
Como era la sed grande que sufrían 
Las bocas para el cielo levantaban 

Y abiertas largo espacio las tenian: 
Las esponjadas lenguas refrescaban 
Con el fresco roció que cojian, 

Y aunque faltos de todo entendimiento 
Algunas muestras daban de contento. 



Fué tal la tempestad tan recia y tanta 

Que sufrii'la los indios no pudieron. 

De tal manera y suerte los espanta 

Que con mas tempestad que ella se fueron; 

A la sagrada virgen sacrosanta 

A dar gracias los nuestros también fueron, 

Y yo mientras las dan quiero entre tanto 

Pedirle su favor para otro canto. 



Canto XII. 



Asaltan los indios la Imijerial: corren las mujeres a asilarse en el 
fuerte : el capitán Kodrigo de Bastidas dispone una salida : los españoles 
combaten heroicamente; pero se ven obligados por el mayor número 
de los contrarios a replegarse al fuerte: levantan los indios el sitio: 
reúnen mayores tropas y vuelven al asedio de la ciudad: trazas de 
los indios para engañar a los españoles: estos las descubren y prin- 
cipian un nuevo combate: los de España rechazan nuevamente a sus 
enemigos: Pelantaro les anuncia que les pone cerco para rendirlos 
por hambre. 



Corrían por las calles desmandadas 
Las casadas, viudas^ las doncellas, 
Confusas, temerosas, espantadas, 
Que lástima y dolor causaba el vellas: 
Cual lobos tras de ovejas desmandadas 
Así corren los bárbaros tras de ellas, 
Pero como el temor las aguijaba 
Cualquiera mas que una ííguila volaba. 



Al fuerte sin parar apriesa corren. 
Que no les dan lugar para ir despacio 
Los bárbaros feroces que las corren 
Hasta las mismas puertas de palacio: 
Mas ya los españoles las socorren, 
Que en breve tiempo, término y espacio 
Salieron a la plaza denodados. 
Ellos y sus caballos bien armados. 



Vi z carra desde Penco babia enviado 
Con provisiones amplias y cumpbdas^ 
Por justicia mayor de aquí y nombrado 
Al capitán Rodrigo de Bastidas: 
El cual su gente habiendo al ün juntado 
Y a las contrarias visto divididas, 
Dejando el fuerte flaco guarnecido 
Salió con parte de ella apercibido. 



Andaban los contrarios derramados 
Las casas y los templos saqueando. 
Otros mas vengativos y arriscados 
La gente de servicio degollando: 
L^na banda de pérfldos soldados 
A una dueña llevaban arrastrando 
Hermosa principal, rica, y vecina. 
De semejante afrenta y daño indina. 



Con esta banda cruel de estos guerreros, 
Que en número llegaban a seiscientos, 
Bastidas embistió y sus compa fieros 
Que de venganza justa iban sedientos: 
Recívenles los bárbaros guerreros 
En hierros atilados y sangrientos, 
Mas de el primero encuentro en raudo vuelo 
Rodrigo de Bastidas vino al suelo. 



En viendo al capitán caido en tierra. 
Herido, sin aliento y maltratado. 
El capitán Alonso de Becerra 
Delante de él se puso denodado: 
Solo con el poder contrario cierra 
Con audacia y valor determinado. 
Por medio de la espesa turba hiende 
Y a su pesar al capitán deliende. 



234 

Desgarra; corta, raja, rompe, abolla 
Celadas de grandísima dureza, 
Caballos, indios, picas, todo arrolla, 
Que cosa no se impide su braveza: 
A Victor cual si fuera de cebolla 
Le rompe de alto abajo la cabeza, 
Y al cabo principal de aquella escuadra 
El cuerpo de una punta le taladra. 



Ko deja pica eniesta ni derecha 
Que a todas las abate y las derriba, 
Al andar que con él algo se estrecha 
Del vigoroso aliento y alma priva: 
Amarrada y de lágrimas desecha 
A la matrona vio llevar cautiva. 
Doliéndose de verla el Trujillano 
Las piernas arrimó a su rabicano. 



El paso deja franco por do pasa 
Que no le impide nadie su derrota, 
Y cual si de papel fuera o de masa 
A Pilcoturo pasa cuerpo y cota: 
A Lebopar la espada toda envasa, 
Al Chuleo la cabeza deja rota. 
Pasando de esta suerte pasa y llega 
A do la dueña está de llorar ciega. 



Hallóla sola, triste y sollozando, 
Que bárbaro ninguno ya la guarda. 
Ni de todo el soberbio y crudo bando 
Menos al español nadie le aguarda: 
En las ancas la puso y galopando 
Al fuerte va, que un punto no se tarda. 
Porque la fuerza bárbara venia 
Cerrándole los pasos y la via. 



235 

En el fuerte la deja y volvió apriesa 
En busca de los pocos españoles, 
Entre la turba indómita y espesa 
Los halla cual al viento los peñoles: 
Por el cerrado ejército atraviesa 
Que al retumbante son de caracoles, 
Las picas largas rábidos vibrando 
Iban con los hespéricos cerrando. 



El capitán Bastidas puesto habia 

A Conapil de un golpe duro en tierra, 

Con otro mas soberbio a Longopia 

El ánima del mundo le destierra: 

En esto ya el ejército venia 

Corriendo al son horrísono de guerra 

Diciendo los idólatras imanos: 

Tened, cercad, no vuelvan los cristianos. 



Pablo Hernández," Sánchez, Luis de Obiedo, 
El hijo de Juan Alvar ez de Luna, 
Hacen con gran valor, brio, y denuedo. 
De la sangre enemiga una laguna: 
Viveros, Martin Arias, Juan Saucedo, 
Siguiendo tras su próspera fortuna 
Destrozan, rompen, hienden, atrepellan. 
Matan, cortan, machucan, y degüellan. 



Con rabia, con tesón, corage y brio. 
Los contumaces bárbaros bravean. 
Con esfuerzo gallardo a su albedrío 
Las rígidas macanas montasean: 
En medio del indómito gentío 
Los hispanos bien se gallardean 
Dejando cuanto alcanzan lastimado. 
Roto, blando, molido y magullado. 



236 



Fuerza fué y aun forzoso retirarse, 
Como se retiraron para el fuerte^ 
Que mal pudieran de ellos escaparse 
Ni de la horrenda parca de otra suerte: 

Y aun fué temeridad el arrojarse 
Entre los crudos brazos de la muerte, 
Que de seis mil los pérfidos pasaban, 

Y a veinte y seis los nuestros no llegaban. 



Quedaron los contrarios por senores 
De la ciudad, haciendas, y campana, 
Soberbios, iracundos, vencedores; 
Humildes y vencidos los de España. 
Robaron (o sacrilegos traidores) 
Los templos, y con grande furia y sana 
A Frai Cristóbal Coronel mataron; 
El pueblo y los comventos abrasaron. 



La cuadra fuerte sola defendieron 
Con gallardo denuedo los hispanos, 

Y lo demás del pueblo no pudieron, 
Por ser pocos, y muchos los tiranos: 
Cargados de despojos se volvieron 
Triunfantes, victoriosos, y lozanos. 
Dejando a los domésticos alzados, 

Y a los de España pobres y encerrados. 



Volvióse el general para su tierra 

Después de haber cual digo levantado 

Los indios de la Rica y alta sierra, 

Y todos sus contornos alterado: 

Del trabajo y provechos de la guerra 

Estaba rico próspero y cansado, 

A descansar se vuelve a Pailagueno, 

De gloria, fama, triunfos, y honra, lleno. 



2d\ 



De paso a la Imperial ciudad dio vista 

Pensando de cojerla descuidada^ 

Mas como en arma estaba siempre y lista 

Una carga les dieron bien pesada: 

Y por ser tan costosa su conquista 

Dejóla j prosiguieron su jornada; 

A su casa lleg(5^ y en pasatiempo 

En ella se entretuvo un breve tiempo. 



Luego que Pelantaro tuvo aviso 
De como el general volvió a su tierra^ 
Y que así a la ciudad dejarla quiso 
Sin acabar la comenzada guerra, 
Su gente juntó luego y al proviso. 
Marchando por las faldas de la sierra 
Con grande orgullo j furia repentina, 
Pensando darla fin a ella camina. 



Tras de él Anganamon partió furioso 
Con otro nuevo ejército granado, 
Que dejar el regalo fué forzoso 
Por no perder el crédito ganado: 
Y aunque era el español tan cuidadoso, 
Estaba de este cerco descuidado, 
Mas coA ser como fué tan repentino 
De agua aunque no mucha se previno. 



Pusieron los dos bárbaros valientes 
Con mas calor que antes el asedio, 
Pensando de esta vez los impacientes, 
Romper los Españoles sin remedio: 
Con ardides y trazas diferentes 
Para ello buscaban cualquier medio, 
Mas estaban los bravos cesarinos 
Mas bravos que los bravos saguntinos. 



238 

De tres asaltos grandes que les dieron, 
Sangrientos todos tres y porfiados. 
Con el propio valor se defendieron 
Que de esotros durísimos pasados; 
Mas viendo que llevarlos no pudieron, 
De su fortuna ya desconfiados, 
Trataron los idólatras de paces 
Habiendo retirado antes sus haces. 



Treguas hubo y seguro de ambas partes, 
Mas, por sino guardaban el seguro, 
Los nuestros se pusieron hechos Martes 
Armados con recato sobre el muro: 
Con fingidos y cautelosos artes 
Procuraba el indíhnito perjuro 
Descuidar aquel dia a los de el fuerte 
Para poder hacer con ellos suerte. 



Mas con paso espacioso, blando, y lento, 
Pasó diciendo un indio por la puerta: 
"Españoles, cuidado, estad con tiento, 
Guardaos, mirad, vivid, el ojo alerta." 
Con este aviso breve y parlamento 
La traición afirmaron que era cierta. 
Así con gran cuidado prevenidos 
Les dieron a sus pláticas oidos. 



No salieron con trato ni partido 
Que bien a los hisjjanos estubiese. 
Que como traición todo era y fingido. 
Lo encaminaban todo a su interese: 
Quedó de entrambas partes concluido 
Que cuando la luz nueva pareciese 
Para fijar la paz de los cautenes 
Que de una parte y otra diesen rehenes. 



239 

Llegado el dia y tiempo señalado 
Los indios se pusieron en sus puestos^ 
Y en el suyo los nuestros con cuidado 
Apercibidos ágiles y prestos: 
Compuesto el capitán salió y armado, 
Armados los soldados y compuestos^ 
Por no ser el varón en mas tenido 
Del precio que valiese su vestido. 



Pusieron en el muro cautamente 
Armados a los indios de servicio, 
Para mostrar mas tráfago de gente 
Del militar y bélico ejercicio: 

Y fué la industria al lin tan escelente 

Y tan grande el estrépito y bullicio^ 
Que de verlo los bárbaros creyeron 
Que los dientes de Cadmo allí nacieron. 



Viendo el orden, la gente, brio, el recato, 
La guardia, gala, orgullo, y el aspecto, 
La plática entretuvo a posta un rato 
Sin efectuarse cosa el rey electo: 
Para que le tuviese aquel contrato 
Como se deseaba buen efecto, 
Al capitán pedian por rehenes 
Y a Pelantáro daban los purenes. 



No vinieron en esto a 
Ni en otra cosa alguna hubo concierto, 
Fuerza fué al español desconcertarse, 
Antes que fuese mas el desconcierto: 
Hicieron a los indios retirarse 
Viendo su marañoso trato incierto, 
Dándoles una carga bien pesada 
Con una culebrina reforzada. 



240 



Saltando cual el gato del rescoldo 

Sin aguardar mas. tiempo ni recado, 

Pelantaro volvió para su toldo 

Del estruendo bombísono espantado: 

Con menos incliazon y menos toldo 

Que aquel que hasta entonces ha mostrado. 

Cual suele el escaldado de agua fría, 

El general también así huia. 



Pasado ya el temor y sobresalto 
Y vuelto el humor cáhdo al vacío, 
Volvieron los contrarios al asalto 
Con todo su ¡íoder, pujanza j brio: 
Con suma diligencia y valor alto 
El general y el rey a su gentío 
Incitaban con obras y razones 
Al duro trance y arduas ocasiones. 



El combate fué tal y tan apriesa 
Que dio el insulto bando banderizo. 
Que la piedra llovía tan espesa 
Cual nube congelada de granizo: 
Por ser redonda, lisa, dura, y gruesa. 
El tejado ceniza, y polvos hizo. 
Sin ser los españoles poderosos 
A desviar los bárbaros furiosos. 



Tendidos en los altos baluartes 
Tenían los iberos vencedores 
Los cuatro tremolantes estandartes 
De símbolos diversos y colores: 
Hicieron a los tres trescientas partes 
Con las flechas y piedras los traidores. 
Dejando las efigies solas sanas 
De sus advocaciones soberanas. 



241 

Pero aunque a esotro el pérñdo profano 
Romper como a los otros tres procura, 
Quedó sin mancha, limpio, libre y sano, 
Sin mácula, mancilla, ni rotura; 
Con prima artificial y diestra mano 
Bordada en medio estaba la figura 
De la gloriosa virgen del Socorro 
Entre el angelical y sacro corro. 



Movido a compasión, un su devoto, 

De ver el riesgo grande en que está puesto, 

Antes que fuese maltratado y roto 

A socorrerlo fué piadoso y presto: 

Entonces con mas grita y alboroto 

El furibundo bárbaro molesto 

Piedras, flechas, balazos, sobre él llueve, 

Mas el español hace lo que debe. 



Apesar de la bárbara inclemencia 
Que con audacia y ánimo pretende 
Del simulacro santo la violencia. 
El clérigo Guevara la defiende: 
Mal herido salió de la pendencia, 
Mas al fin el guión sano desciende, 
Dejando el paso abierto a seis guerreros 
Valientes y esforzados mosqueteros, 



Que puestos sobre el alto baluarte, 
Como la causa es justa y suya propia, 
De balas despidieron tan gran parte 
Que huyen los contrarios con inopia: 
Quedó, antes que la gente infiel se aparte, 
De muertos y heridos grande copia. 
Por lo cual Pelantaro furibundo 
Se retiró del muro verecundo. 

16 



242 

De su Pillano el bárbaro reniega 
Frenético; furioso^ de ira insano, 
Porque así su favor sin mas le niega 

Y se lo da al soberbio castellano: 

Y como tan gran cólera le ciega 
Propone de no alzar jamas la mano 
Del trabajoso asedio, sin que vea 
Él próspero suceso que desea. 



Ordena luego apriesa, manda, y traza, 
Que la pérñda gente esté de suerte 
Que en ninguna manera de la plaza 
Fuera salga por agua la del fuerte, 
A quien con infernal furia amenaza 
Con la espantosa, triste, asada muerte. 
Que ya el soberbio bárbaro sabia 
La falta que en el fuerte de agua habia. 



Puesto cerca del muro y por reparo 
Los edificios míseros caídos. 
Habló con los de España, Pelantaro, 
Segunda vez tratando de partidos: 
"Yo entiendo, dijo, sé, y he visto claro^ 
Que estáis como lo estáis arrepentidos, 
Y que entrañablemente a todos pesa 
De no haber aceptado mi promesa. 



"Negasteis el partido, que era el medio 
Para vivh' en paz siempre y concordia, 
Libres de las miserias de este asedio, 
De trabajos, afanes, y discordia: 
Pero no tienen ya ningún remedio, 
Ni de vosotros yo misericordia. 
Por que de sed y de hambre fatigados 
Os habéis de rendir a mi forzados. 



243 

"El agua y bastimento sé que os falta^ 
Municiones^ socorro, aliento, y fuerza, 
Pues ved si con aquesta tan gran falta, 
El rendiros será forzoso y fuerza: 
Entregaron a Rodas los de Malta 
Con ser inexpugnable aquella fuerza, 
Por no perder la cara y dulce vida 
Que tanto así tenéis aborrecida. 



"Mejor os fuera, y fuera bien contado, 
El aceptar con tiempo algún partido. 
Antes que aqueste término llegado. 
Pues fué con tiempo y término ofrecido." 
Habiendo sus razones escuchado 
Le fué de nuestra gente respondido 
Que cuanto trama, teje, urde, y maraña, 
Es la labor inútil de la arana. 



Por que la soberana mano inmensa 
A tiempo les dará lo necesario. 
Librándoles de aquella grande ofensa 
Que reciben del pérfido incendiario: 

Y cuanto trata, dice, ordena, y piensa. 
Verá el remate y fin de ello al contrario^ 

Y socorridos a ellos y triunfantes 
Como le vieron pocos dias antes. 



Retírase con esto el impaciente 
A su tienda veloz en raudo vuelo, 
Y al bajo, frió, y húmido tridente 
El deifico Fetonio rey de Délo: 
La española oprimida y pobre gente 
A la reina de tierra, mar y cielo, 
A pedir su favor y ausilio parte 
De lágrimas vertiendo mucha parte. 

16* 



244 



Ya que todos se fueron y yo quedo 
Cansado^ solO; sin vigor, ni aliento, 
Agotado el anhélito y denuedo, 
Con falta de caudal y de talento, 
Sentarme a descansar un rato puedo 
Que no he de estar cantando solo al viento. 
Demás de que no es justo que perturbe 
A la devota gente ni la turoe. 



Canto XIII. 



Piden los españoles devotamente a la gloriosa reina del cielo que los 
socorra : cuando luego vieron la nube que subió como la vez primera 
por el cielo : fué tanta el agua que despidió que no la pudieron sufrir 
los enemigos y se retiraron: declárause por enemigos los Coyunches : 
hacen daño en el término de Penco : sale el gobernador con los españoles : 
quítales la presa que llevaban de ganados. Sale de Lima el Gober- 
nador don Francisco de Quiñones : tiene una espantable tormenta en 
la copta de Chile: escapa de ella y entra milagrosamente en Penco. 



Levanta^ sube^ ensabia^ y engrandece, 

A los audaces, fuertes, y atrevidos, 

La inconstante fortuna, y favorece 

A los gallardos ánimos subidos: 

Las prósperas victorias ennoblece 

A los humildes, bajos y avatidos 

Los hincha, ensoberbece, alza, y levanta, 

Cual suele el agua y sol la chica planta. 



Patente se verá este ejemplo y claro 

En la escelente cumbre en que ha subido 

El gallardo y valiente Pelantaro 

Que tanto la voltaria a favorido: 

El cual por restaurar su reino caro 

Con su potente ejército crecido 

A puesto al español de mas conecto 

En mucha confusión y en mucho aprieto. 



246 



El invencible bárbaro animoso 
Conociendo su próspera fortuna^ 
Pretende el iracundo victorioso 
Sus hechos levantar sobre la luna: 
Y los de el Español bravo y famoso 
Sumirlos en la Estígica laguna^ 
Procurando por fuerza^ industria^ y maua^ 
Desarraigar de Chile a los de Espafía. 



Cualquiera cosa intenta con intento 

El cauteloso bárbaro pujante^ 

De dar a los hispanos fin violento 

Y de ganar renombre de triunfante: 
Mas viendo el falto fin de su argumento 

Y que con persuasiones no es bastante 
A que se rindan a él sin mas contienda^ 
Hinchado se volvió para su tienda. 



También los españoles juntos fueron 
De sed, cansancio j hambre fatigados, 
En la capilla todos se metieron 
En la sagrada virgen confiados: 
Con lágrimas de sangre le pidieron 
Perdón de sus ofensas y pecados, 
Y ¡íara tan gran falta, pena y duelo, 
Socorro, su favor, y alto consuelo. 



Hora y media faltaba solamente 
Para mediar la noche tenebrosa. 
Cuando vieron subir por el oriente 
La fusca nubécula procelosa: 
Privó de luz a Cintia refulgente, 
Y rápida, veloz, suelta, y furiosa. 
Todo el cielo entoldó de la manera 
Que se vio la pasada vez primera. 



247 



Despide la preñada nube espesa 
Con truenos j relámpagos tanta agua; 
(<¿u.e parece avenida de represa^ 
O que la mar por ella se desagua: 
Como Acuario se daba tan gran priesa 
El contento a los bárbaros les agua^ 
Mojados a Pufen se retiraron. 
Donde por algún tiempo reposaron. 



Quedaron los iberios fatigados 

Con sobra de agua, y faltos de sustento^ 

Pobres, tristes, heridos, maltratados. 

Sin género ninguno de contento: 

De mil trabajos ásperos cercados, 

Y para tanto afán, pena y tormento. 

Perdida totalmente la esperanza 

De ver jamas el rostro a la bonanza. 



Los bárbaros rebeldes de la villa 
Las estancias quemaron y el sembrado, 
Sin dejar en su término ni orilla 
Una sola cabeza de ganado: 
Pusieron a la gente de castilla 
En el mas miserable y bajo estado, 
Que jamas los varones de la Iberia 
Han visto ni sufrido tal miseria. 



En los términos ricos de Valdivia, 
Quinchilca, y Tenguelen, se rebelaron, 
JVIariquina, el soberbio, no se entibia, 
Que los llanos con él se declararon: 
Cualquiera de los bárbaros se alivia 
Para la cruda guerra, y congregaron 
Cuantos hay de Coquimbo al sur helado 
Con los del archipiélago apartado. 



248 



Cuneo y Chabra se alzaron en Osorno^ 
Llangillangillo y todo su terreno^ 
Y todos los demás de su contorno 
Quedaron todos llenos del veneno: 
En el fuerte de Arauco, a donde torno. 
Se levantó el traidor de Quintegüeno, 
Haciendo cada cual siempre en su tierra, 
Al mísero español sangrienta guerra. 



Catorce cercos ásperos pusieron 

Al castellano Silva los de Arauco, 

Con sangre de ambas partes le tiñeron 

El atavio al venerable Rauco: 

Y con el gran ruido ensordecieron 

A Tetis, a Neptuno, Dores, Clauco, 

Metiéronse las focas y las ninfas 

De espanto en las cavernas y hondas linfas. 



Con furor infernal y cruda saña 
Corrían a los pueblos comarcanos, 
Talando a fuego y sangre la campaña, 
Infestando a los miseros hispanos: 
Viendo la poca gente que hay de España 
Quinel, Fomeco, Rere, Palgue, y llanos. 
Las suyas juntan luego con intento 
De al marítimo Penco dar un tiento. 



Son estos Cuyunches grandes soldados 

Y los mas belicosos de esta tierra. 
Bravos, diestros, valientes, esforzados. 
Mansos en paz, soberbios en la guerra 
Temidos fueron siempre y respetados 
De todos los rebeldes de la sierra. 

En el tiempo que fueron enemigos 

Y del gobernador Loyola amigos. 



249 

Mas como los hispanos los dejaron 
Sin fuerte^ sin presidio en su frontera^ 
Con Pelantaro al ñn se congregaron 
Por no poder vivir de otra manera: 
Para se acreditar con él juntaron 
K^u belicosa gente brava y fiera^ 
Y el distrito de Penco corren luego 
Haciendo guerra cruel a sangre y fuego. 



Pusieron estos bárbaros en campo 
Todo lo principal de su aillaregua, 
Ocupaban con él del verde campo 
Mas término y espacio de una legua: 
El capitán Gurráo y Juan de Orampo 
(Por orden del cacique Longotegua) 
El ganado y estancias les robaron 
Y a los pastores miseros mataron. 



En oyendo esta triste nueva en Penco 
El nuevo Apo Vizcarra^ aunque era viejo^ 
Mas veloz saltó y presto que el podenco 
Tras del tímido y rápido conejo^ 
Sentido de que el bárbaro mostrenco 
Con tanta desvergüenza y sin consejo^ 
Tan cerca de sus canas y presencia 
Hiciese tan gran daño con violencia. 



Movido de vergüenza y grande saña 
Que a la venganza justa le compele^ 
Gallardo sale y bravo a la campana 
Con el denuedo y ánimo que suele: 
Poca gente, mas buena, le acompaña 
Pero el prudente viejo antes que vuele 
La ocasión, ni la pérfida pujante 
Movi(5 la suya bélica a delante. 



250 

Los bárbaros soberbios se volvían 
Con la soberbia presa que habían hecho, 
Y para sus lugares dividían 
El escuadi'on sin orden j deshecho. 
Cuando a nuestros ginetes descubrían 
Cerca de un montezuelo y paso estrecho, 
Pero al punto cerr<) nuestra vanguardia 
Con su mal ordenada retaguardia. 



Con voces y algazaras resonantes 
Longotegua a los suyos apelHda, 
Y con los que allí estaban ch'cunstantes 
Comenzó la guacábara reñida: 
Pero los españoles militantes 
Menospreciando la costo-sa vida, 
Movidos de la c<)lera y venganza 
En ellos hacen riza y cruel matanza. 



Cercenan con gran priesa y acrívillan, 
Rompen, cortan, derriban, muelen, matan. 
Machucan, quiebran, hunden, pisan, trillan, 
Descuartizan, escotan, y maltratan: 
Abren, rengan, abollan, amancillan. 
Quebrantan, descoyuntan, desvaratan, 
A la gente de Chepe y de Chepino, 
Martín Muñoz, Ríguelme, y Diego Sino, 



Miguel de Vendesu, Silva, y Serrano, 
Lancha, y Antonio Pérez de Aquilera, 
Melendez, Juan Hurtado, Altamirano, 
El capitán Quiros, Cuebas, Herrera: 
De verde vuelven rojo todo el prado 
Con mano cruda horrenda y carnicera, 
Pantoja, Fuensalida, Guabo, y Bravo, 
Bravamente dan fin de ellos y cabo. 



251 



Los demás indios que iban delanteros, 
Como el estruendo armígero sintieron 
Y a los hispanos bélicos guerreros, 
Sin aguardar los últimos huyeron: 
Veloces, sueltos, rápidos, ligeros 
Los bravos españoles los siguieron. 
Aquí derriban, muelen, matan, prenden. 
Allí castigan, dañan, rompen, hienden. 



El tesón animoso iba creciendo 
La soberbia, el denuedo, la osadía, 
En el bando español fuerte y horrendo 
La fuerza, la pujanza, y gallardía: 
Y al bárbaro feroz disminuyendo 
Que flojo y tardo el brazo le movía. 
Cabezas, tripas, brazos, cubre el suelo, 
Los clamores retumban en el cielo. 



Viendo el gobernador la cruel matanza 
Y dar a Cintia al mar color de plata. 
Temiendo alguna súbita mudanza 
Tocar a recojer mand(5 a Capata: 
El cual obedeciendo sin tardanza 
El orden un momento no dilata. 
El tímpano retumba, y al estruendo 
Se van los españoles recogiendo. 



Quedaron muchos bárbaros tendidos 
Abiertas las cabezas y costados. 
Los deilias fueron rotos, mal heridos 
Huyendo sin la presa avergonzados: 
Pero siendo los nuestros recojidos 
Con toda la gran presa de ganados, 
Victoriosos con ella se voMeron 
A la propia ciudad de do salieron. 



252 



Ya que mi gran ventura^ dicha^ y suerte^ 
A querido a este puesto encaminarme, 

Y del trabajo, pena, afán y muerte, 

Y del horrendo bárbaro librarme. 

Quiero antes que ha volver el cruel acierte 
Pues tiempo y ocasión hay, embarcarme. 
Pues ella me a forzado a que le deje 
Al sanguinoso Chile y de el me aleje. 



Volver quiero al Perú, pues me convida 
La causa referida y la presente 
De estar a pique y punto de partida 
Una nao con el áncora pendiente : 
Apenas me embarqué cuando tendida 
Fué la vela del nauta prestamente, 
Con viento fresco y próspero llegamos 
Al puerto del Callao donde ancoramos. 



Estando ya para saltar en tierra 
De pie sobre los bordes de la barca. 
Oí el rumor y estrépitos de guerra 
Que en la ciudad retumba y su comarca: 
En las montanas, valles, en la sierra 

Y en cuanto ciñe el término y abarca, 
Los retumbantes pifaros resuenan 

Y en las costas los tímpanos resuenan. 



Cuando a la gran ciudad iba llegando 
Vi en las ventanas altas y en balcones 
Las banderas tendidas tremolando 
Gallardos estandartes y pendones: 
Soldados por acá y allá cruzando 
Mozos, bravos, bizarros, fanfarrones, 
Capitanes, Alféreces, Sargentos, 
De Marte los sonoros instrumentos. 



253 

Era el bélico estruendo j rumor tanto 
Que dentro en la ciudad Limense habia, 
El murmuUo; el estrépito, que espanto 
Al viejo y cano Rimace ponia: 
Por aquel; por aqueste, en aquel canto 
vSe ve la gala, orgullo, y bizarría, 
Todo es furor y máquinas de guerra 
Cuanto dentro en sus límites se encierra. 



En toda la ciudad retumba y mena 
Martillos, fraguas, limas, y bigornias. 
Armas forjaban de que estaba llena 
Con puntas largas ligidas y bornias: 
Nueva \'ino en aquesto (aunque no buena) 
Que allá por las ocultas californias 
Un Pirata pasó, y con grande flota 
Al Perú encaminaba su derrota. 



Por esta y la que vino de las Charcas 
Del intento y designio de Cabrera, 
Mandó el virrey estar las liminarcas 
A punto a cada cual en su frontera: 
Alerta estaban ya las crudas Parcas 
El trofeo aguardando que se espera. 
De las civiles guerras de tiranos, 
Y de los nautas pérfidos germanos. 



Aquestas causas justas fueron causa 

Para que a la de Chile se pusiese 

Alguna dilación forzosa y pausa, 

Y que el socorro en parte menos fuese: 

La nueva sedición tirana, causa 

Nuevo acuerdo al Virrey, mas que partiese 

Don Francisco mandó con los soldados 

Que a la sazón estaban alistados. 



254 

Fueron cuantos estaban prevenidos 
Noventa y tres soldados solamente, 
Mozos bravos, gallardos, atrevidos, 
Cualquiera de ellos de ánimo valiente: 
Pero con ser tan buenos y escogidos. 
Era poco este número de gente 
Para allanar la pértida potencia 
Y castigar su bárbara insolencia. 



Bien quisiera el Virrey y era su intento 
Enviar un ejercito copioso. 
Armas, ropa, dineros, bastimento. 
Con todo lo demás menesteroso. 
Para que al iníiel bárbaro sangriento 
Le abajasen el ímpetu orgulloso, 
Pero a su intento y ánimo cristiano 
Atajó los intentos del tirano. 



Promete a don Franzisco que adelante 

Le enviará gran número de gente 

Con que pueda al indómito pujante 

Aplacarle la cólera impaciente: 

Con la pequeña escuadra militante 

De la ciudad se parte en continente, 

De la nobleza de ella acompañado. 

En Dios mas que en sus fuerzas confiado. 



A dar a aqueste reino algún alivio 
Que tanto a su alma santa le lastima, 
Venir con él queria don Toribio 
Arzobispo dignísimo de Lima: 
No con el pecho lánguido ni tibio.^ 
Que mas ardiente que el ardiente clima 
Le tenia el prelado fervoroso 
Por predicar al bárbaro alevoso. 



255 



Pero la gran ciudad no vino en ello^ 
Ni en que este gran varón faltase de ella, 
Que fuera tan gran pérdida perdello 
Cuanto pudiera serlo perderse ella: 
Pudo el amor tan grande detenello 
Y la fé y voluntad que vido en ella, 
Así corrió el pastor con sus obejas 
En voluntad, amor, y fé, parejas. 



Mas con celo piadoso y pecho humano 
(Que siempre fueron estos sus cuidados,) 
De su renta envió el patrón cristiano 
A los de Chile treinta mil ducados: 
Mandando que se den con larga mano 
A los pobres y mas necesitados, 
A las viudas, huérfanas, doncellas, 
Casando las que son mas pobres de ellas. 



Llegado a la marítima ribera 

Se embarcó don Francisco de Quiñones, 

Que con las corvas áncoras ya fuera 

Le aguardaban dos fuertes galeones: 

Recíbele la gente placentera 

Con resonante son de varios sones. 

Los milites con tímpanos y flautas. 

Con algazaras jubilas los nautas. 



Corren los marineros y grumetes 
A las trizas, escotas, y escotines, 
A las bolmas, braxas, chafaldetes. 
Cual al ladrón corchetes y malsines 
Masteleo, la gavia, y tamboretes. 
Bastardo, racamento, palanquines. 
Cabos, cuerdas, filásigas, amuras, 
iSe rompe, las ostagas y ataduras. 



256 



El seco y duro mangle así se encoraba 
Como si fuera junco verde y tierno, 
El furibundo mar brama y rimbomba 
Volviendo al mar de fuera el mar interno 
Los nautas sin cesar dan a la bomba^ 
Cual las bramantes llamas del infierno 
Enotas^ jarcias, gúmenas, se estiran, 
Los navegantes míseros suspiran. 



Las quillas, ruedas, planes, corbatones 
Tarugos, puercas, llaves, sobrequillas, 
Yerganetes, puntales, puntalones, 
Pernos, estantes, mesas, varandillas. 
Cubiertas, cuitas, latas y fogones, 
Púyeos, valdes, vitácora, escotillas. 
Pringues, cabestrantes se estremecen, 
Crugen, ruedan, se rompen, desfallecen. 



Las velas amain(5 la capitana 
Rasgada del trinquete la relinga. 
Cruje el mástil mayor y la mesana 
Desde lo mas escelso a la carlinga: 
La combatida nao cual paja vana 
Arfa, prende, ya asalta, ya respinga. 
Ya llega con los mástiles al cielo, 
Ya con la baja quilla al bajo suelo. 



Pero para librar el lefio corbo 
Antes que el mar furioso le deshaga. 
Le arrojan cuanto hay dentro sin estorbo 
Pensando de aplacarle con tal paga: 
Mas él el rico don de solo un sorbo 
Con mas braveza y furia se lo traga, 
Y cual el rico y necio se enbravece. 
Se hincha, se levanta y desvanece. 



257 



Levanta cerros^ montes y collados^ 

De espumantes; bramosas y altas olas^ 

Combaten a la nao por los costados 

Rompiendo las ferradas portañolas: 

Tanta priesa le dan por ambos lados 

Que creyeron las gentes españolas 

Que entraba a cada golpe y crudo encuentro 

El crudo mar, y airada muerte dentro. 



Corren todos acá y allá a gran priesa 
Sin hallar en la nao parte segura, 
Quien sus culpas en público confiesa 
Perdida la color y sin figura: 
Quien hace voto tácito y promesa 
De vivir en monástica clausura. 
Quien de ir a Jerusalen o a Santiago 
En saliendo del furibundo lago. 



El general magnánimo y prudente 
Encima de la popa se mostraba 
Animando con ánimo a su gente, 
Que a toda sin faltar nadie faltaba; 
Pero en lo interior, devotamente 
Al sumo altisonante suplicaba 
Con oraciones pias y lamentos. 
Concorde los discordes elementos. 



Decia: "Eterno Padre sacrosanto, 

A cuya voluntad está sujeto 

En todo lo criado, todo cuanto 

Por vuestra voluntad tiene sujeto: 

La luna, el sol, el estrellado manto, 

A vos está mirando como a objeto 

La tierra, el mar, el fuego, el firmamento, 

Y del movible globo el movimiento. 

17 



258 



''A vos estaii; señor^ siempre obedientes 
Aves, pues, las plantas, animales, 
Las savandijas reptiles, serpientes, 
Los brutos sin razón, y racionales: 
Piedras, yervas, el mar, rios, las fuentes, 
Las causas, e influencias celestiales. 
Sin vuestra voluntad nada se mueve 
Y a vuestro gran poder todo se debe. 



"Los cuatro poderosos elementos 
De nada por vos fueron fabricados, 
Señalastes les términos y asientos. 
Los unos con los otros abrazados: 
Mandastes que sus ímpetus violentos 
No pasasen los puestos señalados, 
A las aguas del mar que no anegasen 
Al mundo, ni los límites pasasen. 



"Pues como aliora, señor, tanto se inquieta 
Contra esta nave vuestra el mar airado 
Como si fuera dentro aquel profeta 
Que no quiso cumplir \T.iestro mandado: 
A vuestra fé católica sugeta 
La gente de ella está (o Dios increado) 
Que por hacer a vos y al rey servicio 
Padecemos tan áspero suplicio. 



"Por ensanchar la ley que profesamos 
Que es la propia, señor, que vos nos distes, 
En este leño frágil todos vamos 
Atormentados, míseros y tristes: 
Humildemente, padre, os suplicamos 
Por la pasión acerba que sufristes. 
Que la furia aplaquéis y movimientos 
De los dos alterados elementos." 



259 

Puera con la oración mas adelante^ 
Sino se antepusiera en el camino 
Un monte de agua rápido y volante 
Que forzado del viento Noto vinO; 
Y un encuentro a la nao dio tan pujante 
Que al enturbiado charco neptunino 
Con mas fuerza, corage, furia y rabia, 
Otro golpe mas recio dio la gabia. 



Pué tan soberbio el golpe y recio encuentro 
Que el vaso recibió por el costado. 
Que entró por estribor tanta agua dentro 
Que el batel dentro de el quedó anegado: 
Y a recibii' tras de este otro reencuentro 
Oon el quedara el pleito rematado. 
Porque el mástil quedó inclinado al peso, 
Cual suele a donde hay mas el fiel del peso. 



El joven don Antonio de Quiñones 

Y el sargento mayor don Juan de Añasco 

Corrieron al batel, y otros varones 

Cual con viento las hojas del carrasco: 

Con hacha, palos, tablas, con tizones. 

Hicieron del batel piezas el casco. 

Alijada la carga y peso grave 

De un valance se puso en fil la nave. 



Volvió el humor caliente a los vacíos 
Con súvito alborozo y alegría. 
Que el frígido temor los. dejó fríos 
Y la sangre cuajada helada y fría: 
Pero no aplacó el mar sus bravos brios. 
Ni el implacable viento su porfía. 
La sombra de la tierra el orbe cubre, 
Que ni una sola estrella se descubre. 

17* 



260 

La tenebrosa noche, obscura y larga, 
Con mayor tempestad volando vino. 
La negra cerra con piedra descarga 
Agua, truenos, reálmpagos contino: 
El sibilante viento Cierzo carga. 
Brama Neptuno, crece el torbellino, 
Del trémulo navio en los lujares 
Eevienta la hinchazón de gruesos mares. 



La blanca espuma con que el mar escupe 
Kelumbrando llegaba hasta el cielo, 
Con la cual las condensas nubes tupe 
Engrosando con ella el turbio velo: 
Xo hay lugar descubierto que no ocupe 
Dentro del miserable navichuelo. 
Metiendo dentro de el mas golpes de agua 
Que chispos echa la chisposa fragua. 



El resto de la noche y otro dia 
Con otro y otra noche tiu'bulenta, 
fSin aplacar un punto su porfía. 
Duró la tempestad y gran tormenta: 
Volvieron a seguir la recta via. 
La fatigada gente iba contenta, 
Pero duróle poco este contento 
Por no tener jamas seguro asiento. 



Tres dias y tres noches navegaron 

Con tiempo bueno al parecer eterno, 

Al ensenado Penco enderezaron 

El herrado espolón con buen gobierno: 

Mas cuando a vista o cerca de él llegaron^ 

Como era en el rigor del crudo hibierno, 

Ln huracán saltó de travesía 

Que amenazando al piélago venia. 



261 

Un espantable negro y turbio velo 
(Al de la noche obscura semejante, 
Que apriesa caminaba en raudo vuelo) 
El huracán traia por delante : 
El general que vio entoldarse el cielo 
Con el nublado alígero volante. 
Antes que el viento llegue ni albaroto 
Que mandase amainar mandó al piloto. 



Por presto que fué el presto marinero 
A cumplir del piloto el mandamiento. 
Tan presto llegó el rápido aguacero 
Con furibundo estruendo violento, 
Kompió por la mitad el mastelero 
La violencia indómita del \'iento. 
Quedó de las dos bordas amarrado 
Sobre la obencadura atravesado. 



Un suelto marinero suvió arriba 
Por las no bien seguidas escaleras 
Con un agudo alfange j ansia viva 
Las bordas cortó, escotas, y escoteras: 
El tronco del tronchado árbol derriba 
Encima de las aguas lisongeras. 
Amainan los demás todas las vergas 
Echando el tomador y las subergas. 



Volvió el fecundo piélago a alterarse. 
Con mucha mayor fiu'ia que primero 
Los indensos nublados a densarse, 
Cubriendo en torno todo el emisfero: 
La temerosa gente a alborotarse 
Alzando un alarido lastimero, 
Pidiendo al general que arribe al puerto, 
De Coquimbo, seguro, manso, y cierto. 



262 



Respondió el general que su escelencia 
A Penco le mandó que caminase^ 
Y que el no trae mas orden ni licencia^ 
Para que puerto atrás otro tomase: 
Mas que contra los hados j violencia 
De viento y mar el mismo se guardase, 
Porque se han de cumplir orden y leyes 
Que en servicio del Rey dan sus viiTcyes. 



Mas por tener tan próxima y vecina 
De bajos y arrecifes toda llena 
La brava costa y lóbrega marina, 
A donde la resaca horrenda suena, 
Con el trinquete bajó a la bolina 
Con no poco trabajo, afán, y pena. 
Saltando va la nao mas que una sorza 
Contrastando el furioso mar a orza. 



Podrá ser que pregunte algún curioso 
Si en los demás autores tuvo cuenta, 
Como en aqueste mar Cliileno undoso 
Siempre pasan las naos gran tormenta: 
Respondo que ordinario el Norte odioso 
En Mayo, Junio, y Jidio, siempre avienta 
En aqueste parage y a gran costa 
Entonces se navega hasta la costa. 



Pero sin ver el sol, cielo, ni tierra. 
Entraron sin saber por do en el puerto,. 
Que la gran cerrazón todo lo cierra 
Sin dejar farellón al descubierto: 
Al pie de Talcaguano y alta sierra' 
Del turbulento Bóreas a cubierto 
Los nuestros se hallaron con espanto, 
A donde dieron fondo, y fin yo al canto» 



Canto XIV. 



Llega el gobernador a la ciudad de la Concepción : recibenle los de 

la ciudad con gran fiesta: hace una plática a los vecinos de ella; 

socorre al presidio de Arauco con gente: el corregidor de Chillan 

prende al cacique Millachingue. 



No sé que cuerpo habrá de bestia fiera^ 
Ni que bruto animal en todo cuanto 
Alumbra la fetónica lumbrera, 
Ki sé yo quien podrá ni quien pudiera, 
Que como él mió débil sufra tanto. 
No siendo de algún dui'o roble o canto, 
Llevar tan ponderosa y grave carga. 
Por áspero camino y senda larga. 



Si voy por la Chilena infausta tierra 

A donde reposar no hallo parte. 

Todo es furor, batallas, muertes, guerra, 

Asedios, hambre, estrépitos de Marte : 

No hay valle, monte, llano, ni alta sierra 

Donde no esté arbolado su estandarte. 

Ni ciudad tan segura de rumores 

Do no retumben trompas y atambores. 



264 

Y si al Perú me voy, que es reino quieto. 

Veréis que resucitan los tiranos. 

Que sin tener a Dios ni al Rey respeto 

Guerras mueven por sus intentos vanos: 

O allá por el angosto mar secreto 

Desembocan piratas luteranos, 

Alterando sus costas de manera 

Que no hay lugar seguro en su ribera. 



Pues si me voy a el mar ya veis cual anda 

Jugando con la nao a la pelota, 

Y los de dentro de una en otra vanda. 

Que cual ala de viento así los bota: 

Si alguna sola vez se muestra blanda. 

Mas de cuarenta y cinco se alborota, 

Alzando tan horrísona tormenta 

Con que me cansa, espanta, y atormenta. 



Pues viendo claramente lo que pasa 
Y que si al mar de tierra huyendo llego, 
Salto de la sartén, caigo en la brasa, 
O del rescoldo muerto, en vivo fuego : 
Si a la tierra me vuelvo llana y rasa 
No hallo a do tener algún sosiego. 
Que el furibundo Marte, cruel, airado 
No me deja lugar desocupado. 



Pero yendo cual voy por un sendero 
Tan áspero y tan lleno de malezas, 
(Con un discurso siempre verdadero 
Desnudo de poéticas proezas,) 
No es mucho que mi cántico grosero 
Vaya cual va con tantas asperezas. 
Pues la gran multitud de alteraciones 
No me deja limpiar estos borrones. 



265 

Que si como otros haceii; yo pudiera 
Kamilletes hacer de varias flores^ 
Amorosos efectos escribiera 
Con que diera mas gusto a los lectores 
Pero como es historia verdadera 
No lleva cuento o fábula de amores, 
Por que de la verdad patente y pura 
Es con lo que se adorna mi escritura. 



Pero para que yo, señor, os cuente 
El soberano esfuerzo esclarecido 
Del claro Don Francisco, atentamente 
Con grata voluntad prestadme oido: 
Libre de la gran furia del tridente 
En Talcaguano dije habia surgido, 
A donde el almirante surto habia 
Que otro camino trajo rumbo y via. 



No fueron bien las áncoras echadas 
Cuando mandó salir la gente a tierra, 
En cuatro grandes barcas artilladas 
En ordenanza van todos de guerra: 
Disparan gruesas piezas reforzadas 

Y allá en la Andalicana áspera sierra 
El eco retumbó del son tremendo, 

Y en el estado indómito el estruendo. 



Los vecinos, Vizcarra, y moradores, 
En la playa le estaban aguardando. 
Los pífanos, trompetas, y atambores. 
Los convecinos montes atronando: 
En soberbios caballos corredores 
Soldados por acá y allá cruzando. 
Las lanzas esgrimiendo y las espadas 
Con sangre de los bárbaros manchadas. 



266 

Con palio de damasco turquesado 
Esperando le estaba el regimiento, 
Y un candido caballo enjaezado, 
De perlas, oro, y plata, el guarnimiento 
Los infantes en escuadrón formado 
Solemnizaban el recibimiento, 
Eecibiendo la gente mas lucida 
Contento singular con su venida. 



Con todo aquel aplauso que pudieron, 
Pero no tanto cuanto deseaban, 
Los de aquesta ciudad le recibieron. 
Que al deseo las obras no igualaban: 
Las festivales salvas que le hicieron 
En todo el ancho cóncabo sonaban. 
Apriesa disparaban los infantes 
Artificiales truenos rimbombantes. 



Acabada la tiesta y el bullicio 
A los soldados nuevos alojaron, 
Hallando en el alegre y dulce hospicio 
Colmado todo cuanto desearon: 
El padecido afán, pena, y suplicio, 
Con el refresco espléndido olvidaron, 
Costumbre antigua de hisperos soldados 
No acordarse de tránsitos pasados. 



Pero el Gobernador en continente 
Mandó llamar la gente veterana. 
Estando toda junta alegremente 
Dijo con elocuencia mas que humana: 
"Del furibundo bárbaro inclemente 
La feroz violencia, atroz, insana, 
Y lo que habéis señores padecido 
Todo está en mis entrañas escidpido. 



267 



'Tor aliviar^ amigos^ tan gran carga, 
Tantos trabajos, penas tan terribles, 
Como en vuestros cansados hombros carga 
Con tantas vejaciones insufribles, 
Me puse, j a pasar la mar amarga. 
Tantas tormentas ásperas y horribles, 
No de caudal ni honor necesitado 
Que todo, gloria a Dios, tengo sobrado. 



"Mas por seros en todo compañero 

Y a Dios y a nuestro rey hacer servicio. 
Con pecho vengo y ánimo sincero 

A ofrecerme por él en sacrificio: 
Pero una sola cosa pedir quiero, 

Y es que dejéis de hoy mas el torpe vicio, 
A Dios primera causa nos volvamos 

Pues es suya y por ella militamos. 



"Do falta la verdad, do la ley falta. 
También faltará el culto a Dios debido, 
Y el mas largo dará de corto falta. 
Pues juega al desigual con mal partido: 
Quien no ama la justicia, vii'tud alta. 
Quien sin ella camina va perdido, 
Mas quien con la razón y ella se ajusta 
Ninguna cosa hará que no sea justa. 



"Lo que os quiero decir, patente y claro 
Lo muestran los pretéritos sucesos, 
A cuyo inmenso mal sino hay reparo 
Ygual vendi'á el castigo a los escesos: 
Procuremos tomar por nuestro amparo 
Los favores celestes que con esos 
Venceremos al bárbaro gallardo. 
Mejor que con la espada, lanza, o dardo. 



268 



'Cuando el cerúleo humor del mar salobre 
En cólera robusto el color pierde^ 
Deseando el marinero que no sobre 
El barco aflicto algún sepulcro verde^ 
O a falta de advertencia se zozobre 
Antes que otro remedio nuevo acuerde, 
Al chico barco da segunda amarra 
En viendo que arfa y con el ancla agarra. 



"Pues si por no perder un leño corbo 
En la inclemencia del revuelto octubre^ 
Le basta ver al nauta el rostro torbo 
Con que su interno intento el mar encubre, 
¿Que incombeniente habrá, decid, que estorbo 
Viendo claro que el tiempo nos descubre 
Que nuestro barco va siempre agarrando, 
Para que no le vamos amarrando? 



"Amarrémonos pues con el amarra 
De Dios, que es el amarra verdadera, 
Que firme nos tendrá su diestra garra 
Contra la tempestad terrible j fiera: 
Y veréis como el barco mas no agarra 
Amarrándonos bien de esta manera. 
Haremos que el batel frágil se afirme 
Por que sin Dios no habrá ni hay cosa firme.' 



Con esto puso fin a su altiloquio 
Dejando satisfecho aqael colegio. 
Declarando con el sin circunloquio 
Cuanto decir pudiera un docto elegió: 
Hubo después de aquesto un gran soloquio 
De como se hará el servicio regio, 
Pero quiero decir sin tratar de esto 
En el puesto que halló este Reino puesto. 



269 

Perdido lo halló todo y destrozado; 
Lleno de mil trabajos y fastidios^ 
De miseria y afanes rodeado^ 
De pérdidas inmensas y subsidios: 
El castillo de Arauco asediado. 
Con poca gente todos los presidios, 
A tres ciudades prósperas quemadas, 
A las demás confusas y alteradas. 



La tierra con la sangre enpantanada 
De los valientes cesares hispanos, 
De muros de cadáveres sembrada, 
Pujantes a los bárbaros profanos: 
La nueva ciudad de Ofíez despoblada, 
Rebelados los indios mareguanos, 
Vencedores, soberbios, victoriosos, 
Y a los hispanos bélicos medrosos. 



A todos los amigos comvocados 
Para se levantar la primavera, 
De bastimento falto y de ganados, 
Sin guarnición alguna esta frontera: 
De caballos los mas necesitados, 
Y todo lo demás de esta manera, 
¿Pues quien podrá o será tan sufíciente 
Que pueda reparar tanto sin gente? 



Habiendo pues del todo conocido 

La falta irremediable que hay de gente, 

Y el intento del bárbaro atrevido 
Al visorey avisa prestamente: 
De todo cuanto habia sucedido 
Relación le envió cumplidamente, 

Y a pedir le enviase mil soldados, 
Por ser mil veces mil los rebelados. 



270 



Por que con menor número que aqueste 

No puede reparar ni guardar tanto, 

Y en no habiendo en campaña una graii hueste 

Estará de perderse el reyno a canto: 

Así que le suplica que se apreste 

La gente que le pide, que entre tanto 

Que viene, juntará la veterana 

Para salir en busca de la insana. 



Despacho envi(5 a Santiago juntamente 
(Ciudad de aqueste rejno la cabeza,) 
Al maese de campo con patente 
Para levantar gente con presteza. 
En el soberbio e indómito tridente 
Una nao y tres barcos adereza 
En que vayan a Arauco cien soldados 
A socorrer los bándalos sitiados. 



Del Neptunino piélago salado 
Nombró por general a un caballero 
Don Juan de Añasco y Cárdenas llamado, 
Tanto cuanto galán bravo y severo: 
Por almirante suyo a Juan Hurtado 
Mas soldado que diestro marinero, 
A Don Lope también por castellano 
Del indómito término Araucano. 



Habia el castellano Silva escrito 
Suplicando a Quiñones le hiciese 
Merced en proveer aquel distrito 
En persona que el cargo mereciese: 
Que el trabajo que el pasa es infinito, 
Y que sin paga, sueldo, ni interese, 
A servido a su Rey allí seis años 
Padeciendo su hacienda sumos daños. 



271 



Así por la razón justa que tiene 

De ver a su mujer^ hijos^ j hacienda, 

A Don Lope Ruiz allí entretiene 

En la Araucana bélica contienda: 

Con esta breve máquina previene 

Para que el paso angosto abran j senda, 

Vayan ciento y cincuenta indios Piqueros 

Animosos y amigos verdaderos. 



Embarcada' la gente le partieron 
Con viento bueno, fresco, y favorable, 
Cerca de la Isla fértil fondo dieron 
Del nombre de la virgen memorable: 
A la Ai-aucana costa de allí fueron 
Por el furioso piélago intratable 
En las chatas no mas enpavesadas, 
Que van cual las galeras despalmadas. 



Viendo los belicosos Araucanos 
Que llegaban los barcos a la costa 
A defender el paso a los hispanos, 
A priesa fueron todos por la posta; 
En medio de unos húmidos pantanos. 
Por donde va el camino y senda angosta, 
Los bárbaros se emboscan de manera 
Que el hijo de Aristoro no los viera. 



Pero viendo del modo, traza y suerte 
Que está la gente pérfida emboscada, 
Los españoles bélicos del fuerte 
Alzaron una banda colorada: 
Señal para que huya de la muerte 
La que por el mar viene descuidada 
De que están en los médanos metidos 
Los pérfidos, insanos, atrevidos. 



272 

En viendo el general Don Juan la vanda 
Encima del Castillo tremolando 
Conoció; que la gente cruel, nefanda. 
Que en la playa le estaba ya aguardando^ 
Al piloto mayor con tiempo manda 
Que se vaya de tierra algo apartando, 
Y en el rio de Rauco raudo se entre 
JSin que en los bajos hórridos encuentre. 



Sin pérdida ninguna ni desastre 
Veloces se metieron en el rio, 
Quitaron a las barcas todo el lastre 
Por que boyantes pasen el bajío: 
Ya no hay bárbara gente que contraste 
Con el bélico hispano poderío. 
En pasando los barcos de la barra 
Las áncoras alargan y el amarra. 



Apenas el corbado tenaz diente 

En el lamoso y blando suelo afierra 

Cuando saltó la valerosa gente 

Mas presto que pensarlo toda entierra: 

Fué el primero mas presto y diligente 

El capitán Gonzalo cíe Becerra, 

En poniendo los pies sobre la arena 

Un formado escuadrón al punto ordena. 



De ciento y veinte y dos indios piqueros 
En cuadro le formó y en los costados 
Puso cuarenta y cuatro mosqueteros 
En dos mangas iguales ordenados: 
Y en frente cincuenta arcabuceros 
Diestros, bravos y prácticos soldados. 
Formado el escuadi-on de aquesta suerte 
Marcharon en buen orden para el fuerte. 



273 

En viendo los contrarios la ordenanza 
Con que los nuestros van y desmentido 
El intento mortal de su esperanza 
Salieron con estruendo y gran ruido: 
Vibrando cada cual su fuerte lanza 
Al escuadi'on envisten guarnecido 
Tocando caracoles v cornetaS; 
PitoS; flautaS; bocinas y trompetas. 



Pero como en montón viene confuso 

La tui'ba alaraquienta congregada 

Y el español valiente fuego puso 

A la materia negra salitrada^ 

El bárbaro escuadrón se descompuso; 

A la primera y presta rociada 

El toqui Perquiñande quedó muerto 

El pecho de un balazo cruel abierto. 



De la suerte que suelen los venados 
Su^drse a las montañas pavorosos 
Por lomaS; montes, cerros^ por collados, 
De los truenos flamígeros medrosos. 
Asi los idolatras espantados 
De los tronantes rayos fulminosos, 
Y de ver a su toqui muerto en tierra 
Corriendo van a la fragosa sierra. 



SaKeron del castillo los caballos 
Y fueron a los pérfidos siguiendo, 
Pero nunca pudieron alcanzallos, 
Que corren mucho los que van huyendo: 
Fuerza fué en breve término dejallos 
Por no verse en algún peligro horrendo. 
Que muchas veces echan emboscadas 
En ciénegas, pantanos y quebradas. 

18 



274 

En dejando el indómito Araucano 
Con afrentosa mengua franco el paso^ 
A recibir el bando castellano 
Del fuerte salió Silva en raudo paso: 
Habiendo saludado al Sevillano 
Por ser el dia corto, el tiempo escaso. 
Desembarcar mandaron al momento 
Las municiones, ropa, y bastimento. 



Habiendo en el castillo al tin metido 
El bastimento, ropa, municiones,. 
De leña, y otras cosas bastecido. 
Se volvieron los ínclitos varones: 
A todos tiernamente ha recibido 
El audaz Don Francisco de Quiñones, 
Con sólidas palabras agradece 
El victorioso trance y engrandece. 



Ahora me conviene que atrás vuelva 
El paso, y con veloz discurso y presto, 
Lo atrasado, señor, con esto envuelva 
Con que el caso se os de mejor dispuesto: 
Pues para que el calor virtual resuelva 
La pasta del manjar no bien dijesto, 
Del vigor atrasado fuerzas cobra 
Con que le endensa y perfecciona su obra. 



Supuesto me prefiero a no ser largo 
Diré, posible siendo al arte, breve 
Lo que he de relatar y está a mi cargo 
Deseando no enfadar mas que se apruebe: 
Pues dudo puede haber jarave amargo 
Que tanto ofenda al gusto que le bebe, 
Ni purga de ruibarbo envuelto en opio, 
Cuanto lo dicho por lenguage impropio. 



275 



Digo pues que en llegándole el recado, 

El poder, nombramiento, y la patente, 

De Viz carra, a Jofré, en que le ha nombrado 

Como ya declaré por su teniente. 

Que luego el mismo dia ha despachado 

A un yerno suyo, mozo diligente. 

Con el suyo a Chillan y sin embargo 

Toda aquella frontera y pueblo a cargo. 



En el segundo canto dije como 
Era aquí capitán Nicolás Cerra, 
Soldado viejo, práctico, y de tomo, 
De mas de treinta cursos en la guerra: 
Mas cuando es menester el pie de plomo. 
Que así va siempre todo en esta tierra. 
Cabezas buscan, sin meollo, vanas, 
Y mas que plumas de águila livianas. 



No supe yo, ni se que causas hubo 
Para que al capitán Cerra quitase, 
Pues pocos o ninguno Chile tuvo 
Que en servicio del Rey se le igualase: 
Que desde su niñez armado andubo 
Sin que de su servicio se apartase, 
En África, en Italia, naval guerra 
Y mas veinte y un año en esta tierra. 



Mas por lo que se ha visto y yo he entendido; 
Sin haber otra causa que esta sola, 
Para ser de su puesto removido 
Solo fué ser hechura de Loyola, 

Y haber en tiempo de él los dos tenido 
Un liviano reencuentro o cherinola. 
Por que veáis el odio cuanto ciega 

Y la pasión intrínseca a do llega. 

18* 



276 



Habiendo el capitán nuevo llegado 
A la ciudad que tiene el mismo nombre 
De aquel que fué en Albania desollado^ 
Con el de los Gamboas por renombre^ 
Un bárbaro su amigo le lia informado, 
Que la cabeza de un famoso hombre, 
El que en Lumaco fué por Key eleto 
A su distrito envió con gran secreto. 



Mandando a los amigos comarcanos 
Que se rebelen todos al momento. 
En contra de los pérfidos hispanos 
Sin dilatar un punto el alzamiento : 
Antes de rebelarse los serranos, 
Serrano, sin razón ni fundamento, 
Prendió algunos Caciques principales 
Con otros muchos bárbaros leales. 



En ásperas prisiones los metia 
De adonde uno a uno los sacaba, 
Con grandes amenaza les hacia 
Decir lo que jamas se imaginaba: 
Y a quien confesar cosa no queria 
Con horrenda crueldad tormentos daba, 
De las partes secretas y viriles 
Colgándolos con látigos sutiles. 



Al uno de los indios principales 
En aquestos tormentos tan crueles. 
Las binzas y los miembros genitales 
Le arrancó retorciendo los cordeles: 
Sin merecer, señor aque estos males. 
Que como tengo dicho eran fieles, 
A los demás domésticos cerbices 
Les cortava los pies y las narices. 



2(i 



Aquestas y otras hórridas crueldades, 
Cual las que voy tratando aquí al presente, 
Hizo mudar las íirmes amistades 
En aborrecimiento y odio ardiente: 
Han sido tan infandas las maldades 
De la española cruel y airada gente, 
Que como el cielo de ellas es testigo 
Justamente al esceso envió el castigo. 



Estando así las cosas como cuento 
Y todos los caciques en prisiones, 
Padeciendo los míseros sin cuento 
Grandes agravios, muchas vejaciones: 
Llegó Jofré a Chillan en salvamento 
Con el vagage, piezas, municiones. 
Reliquias miserables que escaparon 
De la infausta ciudad que despoblaron. 



Mandó en llegando luego al punto y hora 

Soltar los presos y cesar agrabios. 

Mordiéndose rabioso un quilo dora 

Por los que estaban hechos y a los labios: 

Pero como la gente fundadora 

Olbida tarde o nunca los agravios. 

Oiréis si atento estáis una maraña, 

Y cuanto un hombre malo a un bueno daña. 



Con esta turba multa preso ectaba 
Don Juan Millachingue indio famoso, 
A quien la cordillera respetaba 
Por sagaz, por valiente y generoso: 
De cuya voluntad pendiente estaba 
La paz, la guerra, la inquietud, el reposo, 
Que era cuanto querido respetado, 
De mucha gravedad y emparentado. 



278 



Con los demás Jofré mandó soltarle ^ 
De la prisión do estaba tan estrecha^ 
Por no ser justo a un hombre así agraviarle 
Sin mas razón que sola una sospecha: 
Hizo en su misma casa regalarle 
En pago de la ofensa grande hecha^ 
Diciéndole después a esto se fuese 
Libremente a su tierra si quisiese. 



Fuese Millachingue con la licencia 
Que el general le dio graciosamente^ 
Mostrando en el semblante y aparencia 
Haber agradecido el bien presente: 
Así llegado a Guete que en presencia 
De todos sus hermanos^ a su gente 
Loó del general lo referido - 
Sin tratar del agravio referido. 



Mas un cunado suyO; mozo inquietO; 
AlevC; contumaz^ hombre liviano, 
Habia de Puren en gran secreto 
La flecha recibido ya en su mano, 
Y prometido al reyecillo eleto 
Con juramento que hizo a su Pillano, 
De ser mientras viviere en esta vida 
De sus contrarios del cruel homicida. 



Pocos dias después de haber llegado 
Don Juan Millachingue a la cordillera, 
Kavalande le dijo, su cuñado, 
De como ya la flecha recibiera: 
Y para dar principio a su cuidado 
Saber su voluntad no mas espera, 
La cual pide que al punto le declare 
Para que él en sabiéndola se aclare. 



279 



Pero por no ser largo en este cuento 
Digo que estos dos bárbaros llegaron 
De todo punto a todo rompimiento 
Y las armas en contra levantaron: 
En un reencuentro durO; cruel; sangriento; 
Gente de entrambas partes degollaron; 
Mas viéndose Don Juan en parte estrecha 
Forzado vino a recibir la flecha. 



Recibióla con trato cauteloso; 

Que la necesidad a tiempos fuerza; 

Por librarse del trance peligroso 

Que fué de Navalande mas la fuerza: 

Pero después el indio valeruso; 

Antes que el fiel intento alguien le tuerza; 

Siguiendo la opinión del castellano 

Dejó la cordillera por el llano. 



Bajóse a Panguelemo con su gente 
Por ser su natural nativa tierra. 
Huyendo de la nuestra antiguamente 
La dejó por valerse de la sierra: 
Aqui pensaba el bárbaro prudente 
Estar seguro y libre de la guerra. 
Siendo del español favorecido; 
Pero salióle caro este partido. 



Fuese para Chillan de aqueste puesto 

Y al general Jofré dio cuenta larga. 
De como Navalande está dispuesto 

A sacudir del hombro la gran carga: 
Sobre lo cual echó con él el resto 

Y combatió en batalla en hora amarga. 
Mas que por no perder su gente en ella 
Forzado concedió con su querella. 



280 

Y que por no se ver en trance estrecha 
Como el en que se vio con los serranos,. 
Se viene con su gente y sano pecho 
A vivir y morir entre cristianos: 
Mas por que esté cual debe satisfecho 
De que es amigo fiel de castellanos^ 
Que en la parte y lugar que el ehgiere 
Se pondrá o en el puesto que quisiere. 



Así que le suplica que al momento 
Despache al capitán a señalarle 
A donde se haga un fuertC; algún asiento 
Que quiere con presteza levantarle, 
Antes que Kavalande el cruel, ^áolento 
Viniese con su ejercito a infestarle, 
Que cuando la palabra vea quebrada 
En busca de él vendrá con mano airada. 



El general manilo que al mismo punto 
El capitán serrano se partiere, 

Y con Millachingue se fuese junto 

Para que el fuerte trace a do el quisiere r 
En un cerro alto al gran paipai conjunto 
El sitio señaló a do se pusiere. 
Dejóle en este puesto señalado 

Y apriesa se volvió para poblado. 



Llegado a Penco, Don Francisco habia. 
En este tiempo que es cuando ya el norte 
Las tempestades frígidas envía 
Mostrando de su agudo alfange el corte: 
Pero para el verano apercibía 
Las cosas necesarias y de porte, 
Armas, gente, caballos, provisiones, 
Pertrechos, bastimentos, municiones. 



281 



Fué el general a darle el bien venido 

Y razón de las cosas de la guerra^ 
Como quien a su cargo la ha tenido 
Por ser práctico en ella y en la tierra: 
De Don Francisco fué bien recibido 
Con la severidad que en el se encierra^ 

Y a la gente que en ella le acompaña 
Con magostad benévola y estraña. 



Trataron los dos solos muchas cosas 

Acerca de la paz y de justicia, 

Para el bien de este Reyno provechosas 

Desnudas de ambición y de codicia: 

Y atropellando las difícultosas 

Con el recato y orden de milicia, 

Acordado quedó que en el verano 

En campo salga el escuadrón cristiano. 



Y que cuando Fetonio refulgente 
Pise del Equinoccio los humbrales, 
Partiendo entre Pluton y él justamente 
La sombra y luz en términos iguales, 
Que partiese Jofré con la mas gente 
Que pudiese juntar, y naturales, 
A socorrer a Ongol que se entendía 
Que mil necesidades padecía. 



Tratadas otras cosas de gobierno, 
Demás de lo que dejo declarado. 
Volvió Jofré a Chillan y fué su yerno 
A darse a conocer al magistrado: 
De las terribles furias del infierno 
El iracundo mozo iba incitado, 
Para hacer el mas enorme hecho 
Que jamas se fraguó en humano pecho. 



282 

Estaba de su suegro algo sentido 
Porque de las prisiones echó fuera. 
Como ya, mi señor, habéis oido, 
Al gran Curaca de la cordillera: 
Así para vengarse lleva urdido 
Un cauteloso engaño, y de manera 
Lo supo relatar y encarecello. 
Que como lo ordenó salió con ello. 



Conociendo Serrano el justo intento. 
La voluntad, el ánimo, el deseo, 
Que Quiñones tenia y ardimiento 
De castigar al pésimo indio reo. 
Con apariencias falsas y argumentos 
Afirmativamente y sin rodeo. 
Claramente le dijo, y no es sospecha, 
Como Millachingue tomó la flecha. 



Y que el haber bajádose a su sierra 
Mostrándose de España fiel amigo. 
Es por dejarle el paso de la sierra 
Desocupado al pérfido enemigo: 
Mas antes que el traidor moviese guerra 
Hacerse en él conviene un gran castigo, 
O ponerle en prisión áspera y dura 
Por que con esto todo se asegura. 



Quejóse do su suegro porque habia 
Teniendo vi a Don Juan aprisionado, 
Con toda la granada compañía 
De las ])risiones ásperas sacado: 
Informóle también que convenia. 
Por ser el general muy confiado. 
Que no se le de cuenta de lo dicho 
Por que pondrá sin falta a ello entredicho. 



283 



Así que dándole (5rden^ que el se atreve^ 
Siendo el gobernador de ello servido, 
A ponerle en prisión en tiempo breve 
Con silenciO; recato, y sin ruido: 
A ira a Don Francisco y saña mueve, 
Cual Drances al Rey Turno habia movido, 
Que para los demás cual estos trances 
Ko faltaran, señor, aquí mil Drances. 



Así el Gobernador creyendo fuese 
Todo lo que le ha dicho verdadero, 
Al punto le mandó que se partiese 
Y a Millachingue traiga prisionero: 
El orden que le dio mandó no abriese 
Hasta que de colton pase el estero, 
Que porque no publiquen su decreto 
Por la sesruridad le dio en secreto. 



'&' 



En llegando a Chillan partió Serrano 
Con la gente que en el había granada. 
Cuando llegó a colton ante escribano 
La comisión abrió que iba cerrada. 
Donde el Grobernador como cristiano 
Mandó que siendo bien justihcada 
La causa, prenda luego a los culpados 
Que con Don Juan estaban congregados. 



El orden que le dio fué santo y justo 
Porque es hacer justicia justo y santo, 
Mas fué el ejecutor en ella injusto 
Que una pasión odiosa puede tanto: 
Diré lo que pasó, señor, al justo 
Con verdadera historia en otro canto. 
Si fuese para tanto suficiente 
Mi torpe lengua y mísero torrente. ^ 



Canto XV. 



Prende el capitán Diego Serrano, abajo de seguro, al cacique Don 

Juan Willacliingue con toda su gente: Gonzalo Quilacan junta ejército 

para la venganza : asalta a la ciudad de San Bartolomé de Gamboa : 

cuéntase el suceso del asalto. 



Los gentiles asirioS; persas^ griegos, 
Babilonios, egipcios, y romanos, 
Con estar en la fe divina ciegos. 
Hicieron mas justicia que cristianos: 
Pues jamas por amor, pagas, ni ruegos. 
Con tener los efectos de tiranos 
Las propias leyes que ellos impusieron 
De su derecho un punto no torcieron. 



Lo dicho el gran Solento verifica 
Según Valerio Máximo nos dijo, 
Y no como la fama lo publica 
Que por guardar su ley castigó al hijo: 
Postronio el dictador lo certifica 
Pues el suyo venciendo un gran letijo, 
Porque rompió su ley puesta y mandato 
La vida le costó como a Torcuato. 



285 



Pues siendo el Rey Cambises imprudente 
Hizo un heroicO; loable y alto liecho; 
En desollar a Sisanes regente 
Por haber recibido un gran cohecliO; 
Y que quedase el cuero eternamente 
Asiento de jueces otros liecho^ 
Para ejemplilicar con tal justicia 
A los que eran tocados de avaricia. 



Aquí, señor, se hace de otro modo. 
Que los jueces son los que desuellan 
A todos los de aqueste reino todo, 

Y a los mas miserables los degüellan: 
Las manos meten todos hasta el codo 

Y después todos ellos se querellan, 

De ver cuan mal se hace aquí justicia 
Siendo quien de su quicio la desquicia. 



Jamas vi yo aquí nadie que pretenda 
Algún oficio o cargo con intento, 
Que en la república haya alguna enmienda 
Ki menos en el pueblo regimiento: 
Hacer cualquiera quiere su hacienda 
Que solo en esto pone el pensamiento 
O en vengar sus pasiones atrasadas, 
Desmandando las lenguas desmandadas- 



Pero para probar cuanto he tratado 
De la gran sinjusticia de esta tierra, 
La sentencia diré que dio un letrado 
Mientras me da lugar la cruda guerra: 
Fué un mozo suyo en público hallado 

ÍDe la nación de aquesta gente perra,) 
^on una yegua el bárbaro nefando 
El torpe y carnal vicio mal usando. 



286 



Informado el juez de esto que digo 

Ante el mandó le traigan al proviso, 

Al bárbaro, la yegua, y el testigo, 

Que de todo le dio bastante aviso: 

Mas visto al delincuente y que es su amigo 

A muerte condenarle nunca quiso, 

Pero acordó de hacer luego una cosa 

Espantable, ridicula, y graciosa. 



Al bárbaro mandó que se apartase 
Del cómplice bestial un poco trecho. 
Para ver cual a cual de ellos buscase 
Primero al otro, y esto siendo hecho. 
La yegua le buscó y como a él llegase 
La cara le arrimó luego a su pecho, 
Dando claras señales de holgarse 
La muda bestia allí empezó a rascarse. 



Porque la yegua fué al indio ha buscarle, 

Y no el indio a la yegua, mandó luego 
Al bárbaro por ser suyo soltarle 

Y a la bestia entregarla al vivo fuego: 
Diciendo esta razón para salvarle. 
Negocio al parecer de burla y juego, 
Que si el hombre a la yegua se llegara 
Como ella hizo a él, que a él quemara. 



Que claro por el hecho se parece 
Que la bestia merece ser quemada, 

Y que el bárbaro pena no merece 
Pues es la yegua sola la culpada: 
Quien de favor, señor, aquí carece 
Su causa justa queda condenada, 

Y son los que le tienen perdonados 

Y los pobres y mudos condenados. 



287 



Si algiin sabio Solento aquí viniera 
Cambises, y Postumio, ya nombrados^ 
Cuantos ciegos adúlteros hubiera 
Y cuantos jueces malos desollados: 
Las órdenes^ ni ley nadie rompiera, 
Andubiéramos todos concerta dos. 
Hubiera mas templanza y mas justicia 
Mas paz, mas bien, mas ley, mas amicicia. 



Mas es dar voces esto en el desierto 
Que las mias a nadie no despierta, 
O palos en cabeza de asno muerto 
Que la gente aquí está dormida y muerta; 
Volver quiero a seguir mi curso cierto 
Diciendo la verdad desnuda y cierta. 
Que por no renovar la pena mia 
La dilataba tanto y detenia. 



Llegado al gran Paipai, Diego Serrano, 
Mandó tocar al punto la trompeta. 
Rompiendo el ronco son el aire vano 
A Don Juan y a su gente toda inquieta: 
Del monte salió luego al verde llano 
Con mas velocidad que una cometa. 
Que por no haber su fuerte levantado 
En la montaña estaba retirado. 



Preguntó al capitán que es lo que manda 
Que allí está con su gente a su servicio, 
Que por solo servir a nuestra banda 
A tomado lo dicho por oñcio:. 
Serrano le responde con voz blanda 
Que en pago de tan alto beneficio. 
Con una escuadra viene heroica y grande 
Ha buscar su enemigo Navalande. 



288 



Así que se aperciba con la gente 
Que tiene allí mas práctica en la guerra, 
Y sea la que fuere suliciente 
Para tomar los pasos de la sierra: 
Que quiere a Kavalande, el insolente; 
Castigar y abrasar toda su tierra. 
Pues con poco temor y sin vergüenza 
A declararse el pérñdo comienza. 



Millachingue le dijo que su intento 

Fué siempre de ir el propio a tal jornada, 

Y que recive de ir con él contento 

Por cuanto la tenia deseada. 

Que se vuelva de allí a su alojamiento. 

Que al apuntar la luz de la alborada 

Tendrá toda su gente apercibida 

Por que no se dilate la partida. 



Acordado lo dicho se volvieron 

Al puesto a do los nuestros se alojaron, 

A verlos muchos bárbaros vinieron, 

Yerva, leña, y perdices, les llevaron, 

Y cuando la luz nueva asomar vieron 

Para el real apriesa caminaron, 

De dos en dos, de tres en tres armados, 

A la usanza de prácticos soldados. 



Mas como iban los míseros llegando 
Al sitio a donde estaban los hispanos. 
Les iban fuertemente atrás atando 
Con látigos de cánamo las manos, 
Y en las tiendas de todos ocultando 
Hasta prender a todos sus hermanos, . 
¡ O caso diu'o, enorme, cruel, sangriento. 
Inaudito, nefario, atroz, violento! 



289 



Prendió sin culpa, causü; y sin defensa, 
A todos cuantos bárbaros vinieron; 
Que tal maldad; traición; fuerza; ni ofensa. 
Que con ellos se usara no entendieron: 
Cuando así a los varones tuvO; piensa. 
Porque del monte espeso no salieron; 
Que orden tendi-á; traza o que manera; 
Para que las mugeres salgan fuera. 



Después de haber en esto algo pensado 
A Millacan soltó que preso estaba. 
Hermano de Don Juan; hombre estimadO; 
A quien como a él su gente respetaba; 
Diciéndole: yo estoy determinado. 
Demás de que el Apo así lo mandaba. 
Llevaros a Talcar con vuestra gente 
A donde viviréis seguramente. 



Allí estaréis seguros y contentos 
De vuestros enemigos apartados. 
Por horas, por minutoS; por momentos, 
Seréis de los de España visitados: 
Aquí estáis con peligro y descontentos 
Y de los españoles desviados; 
A donde no podremos socorreros 
Por la distancia que hay y los esteros. 



Con aquestas palabras cautelosas 
Obligó a Millacan a que trajese 
HijoS; mujeres, vírgenes hermosas, 
Creyendo que lo dicho verdad fuese: 
Apoderóse de ellas y otras cosas 
Que fueron de grandísimo interese. 
Piedras, ropa, ganado, llancas, oro, 
Chaquiras que es entre ellos gran tesoro. 

19 



290 



No hizo la información ni diligencia 

Que es la que Don Francisco habia mandado^ 

Mas con poco temor y sin demencia 

Al sin culpa prendió como al culpado: 

Partió la chusma luego allí en presencia 

De todoS; y a cualquiera parte ha dado, 

Reservó para si ganado y ropa 

Y de la gente nueva una gran tropa. 



Después que se partió tuvo noticia 
Que una yunta de bueyes se quedaba 
Del mísero Don Juan, que sin malicia 
Su hermano Millacan cerca dejaba: 
Por ser tan se diosa su codicia 
Por ella luego al punto despachaba 
A un cacique ladino, famoso hombre; 
Gonzalo Quilacan era su nombre. 



Dos dias antes de este habia venido 
A verse con Don Juan él y su gente. 
Que era demás de ser su conocido 
De su mujer Guallancarel pariente: 
En la prisión sin culpa fué metido, 
Pero por ser ladino y diligente 
Soltóle el capitán diciendo fuese 
Por la yunta y al pueblo la trújese. 



A él llegado, a los demás vendieron 
Como esclavos herrados de Guinea, 
Dándolos a quien mas por ellos dieron 
Que creo que no habrá quien esto crea; 
Cual esta otra maldad gentes no vieron 
Ni en todo cuanto el Délhco rodea. 
Codicia semejante que así hiciese 
Que por esclavo el libre se vendiese. 



291 



Del cielo son juicios soberanos 

Los cuales no penetra algún humano^ 

El librarse Don Juan de los serranos^ 

Y venir a las manos de Serrano: 

¡Oh; pensamientos míseros y vanos 

De aqueste miserable mundo vano. 

Que adonde piensa hallar hombre contetno 

Halle mas presto allí su perdimiento ! 



Después de haber vendido a los cautivos^ 
Hizo una información con los soldados 
De como eran traidores fugitivos 
Y que estaban del todo rebelados: 
Quedaron los oyentes pensativos 
Atónitos del caso y espantados, 
Afirmando los mas que aqueste hecho 
Injustamente y sin razón fué hecho. 



Mas el gobernador como prudente 
No quiso castigar el desatino, 

Y aunque en el alma el hecho injusto siente 
Disimular entonces le convino: 
Despachó a Santiago por la gente. 
Mandando que apresuren el camino, 

Y que antes que en la Virgen Febo entrase 
A Chillan, o a sus términos llegase. 



Escribió al general Jofré diciendo 
Que viviese con orden y cuidado. 
Habiendo vijilancia, anteponiendo 
Cuanto ha por no haberla redundado: 
Y a Serrano que fuese recogiendo 
El miserable pueblo derramado. 
En la parte o lugar mas suficiente 
Para se acomodar toda la gente. 

19* 



292 

Y que con brevedad y diligencia 
La cerque fuertemente con madera, 
De suerte que la bárbara violencia 
En arte no le ofenda ni en manera, 
Ni a persona alguna de licencia 
Para que de los miu'os salga fuera, 
Habiendo guardia siempre con recato 
Porque no cueste caro lo barato. 



No fué una vez, ni dos, ni tres, ni cinco, 

Las que el gobernador escribió aquesto, 

Que con ansia eficaz, y grande ahinco 

Mas de veinte escribió tratando de esto: 

Que como estaba el infido propincuo 

A Chillan, y a cualquier traición dispuesto, 

De algún suceso malo se temia. 

Que a tiempos es temer de gran valía. 



Pero no es de provecho ni momento 
Dar consejo a quien sobra la ignorancia. 
Por que su gran locura y vano intento 
En hinchazón consiste y arrogancia: 
Quien sobre arena funda o sin cimiento 
No le arriendo, señora, la ganancia. 
Que el que en el movedizo polvo estriva 
Cualquiera tempestad se lo derriva. 



Menos caudal Jofré hizo que su yerno 
Del orden de Quiñones y mandato. 
Pues dijo que en la furia del hibierno 
Escusado era haber tanto recato: 
Que cuando Agreo seca el barro tierno 
Y en los estanques frios nada el pato. 
Es cuando mas airado el crudo Marte 
Los ánimos enciende en esta parte. 



293 

Mas fué como si acaso les dijera: 
No es menester tener ningún cuidado; 
Que ya la guerra cruda feneciera 

Y bárbaro ninguno no ha quedado: 

Y aun cuando así fuera esto no viviera 
Un hombre de razón tan descuidado: 
Los descuidos han hecho en esta tierra 
Mas que los enemigos cruda guerra. 



A la gente mas práctica y granada 
De mas obligación y suficiencia, 
En la guerra la mas ejercitada. 
Para salir del pueblo dio licencia: 
Quedó la que quedó tan descuidada 
Que descuido con tanta inadvertencia 
No se vio que a este fuese semejante 
En cuanto alumbra Delio radiante. 



Mas no le tuvo el indio belicoso 

Que apriesa la venganza iba tramando, 

Gonzalo Quilacan, digo, el famoso, 

Aquel que fué los bueyes rastreando: 

Diligente, solícito, orgulloso. 

El tósigo infernal fué derramando 

Entre los agraviados naturales 

Cual Amata en las huestes saturnales. 



No menos que la cruda pestilencia 
Removió los humores sosegados. 
Poniendo su cuidado y gran potencia 
En alzar a los indios asentados: 
Sin dilación le dieron la obediencia 
Cuatrocientos carníficos soldados 
Indómitos, perversos, revoltosos. 
Noveleros, inquietos, sediciosos. 



294 

Nueva tuvo Jofré del nuevo intento 
Que tenia esta gente congregada; 
Para la sosegar envió al momento 
A EpucheO; el traidor^ con embajada : 
Era este un indio suyo a quien tormento 
Serrano dio con mano algo pesada^ 
Sacóle el general de las prisiones 
Cuando a Mili achingue y demás varones. 



Llegado a Guachemábida EpucLeo 
En consultas halló a la compañía 
Que el nuevo capitán Quilacaneo 
Levantado en sus términos habia: 
En \dendo aquella leva y el deseo 
Que de vengarse el pérfido tenia^ 
Como estaba él cual ellos agraviado. 
Propuso aquesta plática al senado. 



'La cara patria y libertad perdida 

Y el amor general que le tenemoS; 
Ha sido la ocasión de mi venida 
Para que restaurarla procuremos: 
A todos la razón justa convida 

Y aquella obligación con que nacemos^ 
A morir o librarla cual procuro 

Del Español nefariO; cruel; perjuro. 



"Podemos bien, fortísimos soldados, 
Con la focilidad que yo esto digo. 
Del agravio quedar desagraviados 
Que nos ha hecho el pésimo enemigo: 
Porque están todos ellos descuidados 
Sin guardia, cerca, fuerte, ni otro abrigo 
En que se recoger, y la mas gente 
Está del derramado pueblo ausente. 



295 



"Las casas con carrizo están tejadas, 

La guardia de ella son dueñas hermosaS; 

Las unas de las otras apartadas 

Cual las obejas sin pastor medrosas: 

Cojerlas heis a todas tan turbadas 

Como con luz nocturnas mariposas, 

Que no hay en la ciudad quien las defienda 

K^i quien ¡oh gente brava! nos ofenda. 



"No dilatéis el tiempo ni la suerte 
Por que no la hallareis jamas tan buena, 
Ni dolor que lastime tanto o muerte 
Cuanto perder lo que fortuna ordena: 
O varones, asid con mano fuerte 
La importante ocasión por la melena. 
Pues nos está ella propia voces dando, 
Y nuestra gran ventura espoleando. 



"Sabed que esta Jofré aguardando gente 
La cual viene marchando en raudo vuelo, 

Y a que Fetonio Deifico caliente 

Y derrita en aquesta parte el yelo. 
Para salir entonces diligente 

A correros el campo, sin recelo 
De que podréis vosotros ofenderle, 
Ni el paso en parte alguna defenderle. 



"A que os dé cuenta de ello me ha enviado 

Y a que no os alteréis sin causa alguna. 
Que no parece bien que así un senado 
Tenga las variedades de la luna: 

Para que esté Jofré mas descuidado, 

Y mas de nuestra parte la fortuna. 
Quiero volver a darle la respuesta 
Que será si os parece a todos, esta: 



296 

''Que jamas no tuvisteis pensamiento 
De apartaros del vinculo cristiano, 
Pero que la maldad y cruel intento 
Que con Millachingue tuvo Serrano, 
Os obligó a dejar el patrio asiento 

Y a venir a la sierra de lo llano, 
Temiéndoos que volviesen a buscaros 

Y cual a los demás presos llevaros. 



"También dii'é que estáis determinados 
A volvei*os de paz y arrepentiros, 
De lo que habéis propuesto, y afrentados 
De las alteraciones y corridos: 

Y que siendo del crimen perdonados 

Y bajo de su amparo recibidos, 
Las armas volvereis contra serranos 
En ayuda y favor de los cristianos. 



':Con lo cual quedará Jofré contento 

Y con mayor descuido del que tiene. 
Podré yo con cuidado ver atento 

Lo que a nuestro propósito conviene: 

La gente que hay, la guardia, y nuevo intenta 

Y si al pueblo ha llegado la que viene 
De Mapocho, que hay nueva que venia 
Una gruesa y granada compafn'a. 



"Tan en tanto que voy todo mii'ando 
Con cuidado y silencio vijilante. 
Podéis a la ciudad iros llegando 
Con las espías siempre por delante: 
De todo cuanto hubiere iré avisando, 
Que negocio será muy importante, 
Y a todos los amigos comarcanos 
Para que estén con armas en las manos.'* 



297 

Dejaron las dañadas persuasiones 
De Epucheo a los bárbaros contentos^ 
Y encendidos sus bravos corazones 
Al fuego de sus ánimos sangrientos: 
Así <iual bravosísimos leones 
O cual feroces tigueres hambrientos; 
A las vecinas armas corren luego 
Para ensayarse en el bélico juego. 



Quien toma el arco, alfange porra, o lanza,. 
Quien el bastón herrado en torno esgrime, 
Quien vibrando la pica se abalanza 
Como que al español mísero oprime. 
Quien corre, vuelve, salta, baila, o danza, 
Y al estrépito el suelo tiembla y gime. 
Haciendo el ronco estruendo de atambores- 
Disonantes y horrísonos rumores. 



El dia en estos juegos le gastaron, 
Costumbre antigua entre ellos muy usada. 
El siguiente a Epucheo despacharon 
A dar el orden dado y la embajada: 
La noche tras de él todos caminaron 
Por parte que no fué jamas hollada, 
Haciendo paradillas y escuchando 
A la ciudad se fueron acercando. 



En un monte que está dos millas de ella 
Emboscados tres dias estuvieron, 
A do el poco recato que hay en ella 
Por orden de Epucheo aviso dieron, 
Que luego que llegó el traidor a ella 
Los comarcanos pérfidos supieron 
Cuanto tratado el pésimo dejaba, 
Y como ya la gente caminaba. 



298 

Fueron a visitarlos todos ellos 
Llevándoles refrescp cada dia^ 
Y a consultar los fáciles con ellos 
El intento que cada cual tenia: 
Alzar de la opresión dura los cuellos 
Sus pretensiones eran, y porfía, 
Pero para cumplir su mal deseo 
Aguardaban al infido Epuchéo. 



El cual llegó a Chillan; y a Jofré dijo 
Como toda la gente congregada 
Recibió con amor y regocijo 

Y singular contento su embajada: 

Y que el temor que tuvo de su hijo 
Fué causa de esta andar desenfrenada, 
Huyendo de su furia inexorable 

Y de su condición abominable. 



JPero que si les da su fé y promete 

De que será sin falta lo pasado, 

En las cabernas ínfimas de lete 

Sin que se trate de ello sepultado, 

Y que Serrano mas no los inquiete 

Como a otros muchos de ellos ha inquietado, 

Que a donde está vendrán para servillo 

Con sano pecho y ánimo sencillo. 



No dijo bien lo dicho el indio, cuando 
Le mandó el general que se volviese 
A decir de su parte al infiel vando 
Que en su provecho hará cuanto pudiese: 
Y que sin ir el término alargando 
A la ciudad al punto se viniese. 
Que él de su parte lo asegura todo 
En toda parte y de cualquiera modo. 



299 



Al punto que ya el bárbaro partía 

Así dijo a su amo alegremente^ 

Pero fué dicho al fin con ironía: 

Yo traeré aquí; señor, presto a esa gente. 

Cuando la refulgente luz del día 

Las puertas entornó del occidente 

A la montaña el pérfido llegaba 

A donde la canalla junta estaba. 



Quien pudiera contar en suma breve 
Sin que faltase un punto, el alborozo 
Que con su vista tuvo el vando aleve, 
El gran contento, el gusto, el sumo gozo 
Pero pues no podré como se debe, 
Digo que no quedó viejo ni mozo. 
Que no saliese júvilo al camino 
A recibir al bárbaro malino. 



Después de haberle dado el bien venido • 
Y un rato sobre el caso platicado. 
Para el pueblo Español inadvertido 
Con silencio caminan y cuidado: 
Jamas fué cazador tan encojido 
Por entre la montaña arrodillado 
Cuando ha visto la liebre estar durmiendo, 
Como fué el escuadrón cruel, horrendo. 



La noche tenebrosa en raudo vuelo ' 
Su curso natural mediado había, 
Y la tri forme hermana de el de Délo 
Su media faz infausta descubría: 
Con el fresco rocío que envía el cielo 
El verde campo todo se cubría, 
Del notival silencio convidados 
Gozando están los cuerpos fatigados. 



300 

FantasoS; Ylison con Pasiltéa 
Rocían a los míseros la cara, 
Con la transportadora agua letéa 
Que en dulce olvido a todos transportara: 
El dios Mercurio entre ellos se pasea 
Y les infunde el sueño con su vara 
Después de haberles dado la comida 
Masista en dulce miel toda cocida. 



Cuando llegó la bárbara pujanza 
A la ciudad vacía de cordura, 
Pero llena de sueno y de confianza, 
De soberbia, descuidos, y locura. 
Viendo el principio ya de su esperanza 
Y tanto de su parte a la ventura, 
En una mano el hierro, en otra el fuego, 
Envistió de tropel furiosa luego. 



No fué asaltada así, tan de repente, 
Ki con tanto furor acometida. 
La troyana infortunada gente 
De la que en el caballo entró metida, 
Como la nuestra fué furiosamente 
De la soberbia bárbara atrevida, 
Ni tan gran sobresalto ni alboroto 
Jamas se vio del norte, al seco noto. 



Lo primero cercó el indio perjuro 
La casa fuerte en do Jofré vivia, 
Por ser a donde en tiempo mal seguro 
La gente femenil se recojia: 
Después con mano airada y pecho duro 
A todas las demás fuego ponia. 
Las codiciosas llamas sonadoras 
Dimanas hacían las nocturnas horas. 



301 

El estruendo, rumor, la grita horrenda, 
El tropel, alboroto, los clamores, 
La vocería bárbara, estupenda. 
Sin término acrecientan ios temores: 
No hay quien su casa mísera defienda 
De los rebeldes pérfidos traidores, 
Salen los mas sin armas y desnudos. 
De espanto y de temor sordos y mudos. 



Las temorosas vírgenes y dueñas. 
Como se ven así desamparadas. 
Saltan cual corzas tímidas las breñas 
Del gran temor y estrépito alentadas: 
Y las madejas de oro o rubias greñas 
Al amoroso céfiro entregadas. 
De las purpúreas plantas de alabastro 
Sangriento queda el abreviado rastro. 



Socorro piden todas a gran priesa. 

Mas no hay en la • ciudad quien las socorra. 

Que la cuadrilla indómita y espesa 

Le hace a cada cual que apriesa corra: 

No vale deudo, amigos, ni promesa. 

Ni persona con otra no se ahorra. 

El hijo no se acuerda de su madi-e. 

Ni de él ni de mujer menos el padi-e. 



A la bizarra Dama de la Corte, 

Gallarda, bella, hermosa, y cortesana 

Tanto cuanto cualquiera de su porte, 

La primera prendió la gente insana: 

No pudo socorrerla su consorte 

Que ausente de ella estaba, y cosa es llana 

Que si en esta ocasión allí estuviera 

La vida por librarla y diez perdiera. 



302 

Diéronle, los id()latras sayones 
Por quitarle las ropas y camisa^ 
Sin duelo y sin piedad mil rempujones, 
Con üesta, mofa, zambra, grita, y risa: 
Cual hizo Aristotimo, los ladrones 
Desnuda la llevaron a gran prisa 
Las carnes descubiertas y belleza 
A donde se estremó naturaleza. 



En Doña Ana María de Toledo, 
Otros dos indios pérfidos tiranos, 
Con ferocidad bárbara y sin miedo 
Pusieron con violencia crudas manos: 
Mas ella con valor, brio y denuedo 
Viéndose maltratar de estos villanos, 
A entrambos los asió por los cabellos 
Y de un tirón en tierra dio con ellos. 



Después de haber en tierra derribado 
A los dos esta bélica matrona, 
Y con su brazo heroico ganado 
De vencedora insigne la corona. 
Una lanzada cruel por un costado 
Le dio Millan, un indio, su anacona, 
Fué el golpe tan soberbio y de tal arte 
Que el cuerpo le pasó de parte a parte. 



Quebró la lanza el bárbaro por medio 
Y un trozo se quedó dentro del asta. 
Viéndose maltratada y sin remedio 
La valerosa duefia, hermosa y casta 
Con una niña en brazos de ano y medio, 
Como su fuerza indómita no basta 
A contrastar el bélico gentío. 
Huyendo se metió en un gran bohío. 



303 



Allí se defendió con tal pujanza 
Que rendii'la no pudo el vando ciego, 
Mas perdida de haberla la esperanza 
A la casa pagiza puso fuego: 
Aquesta dueña digna de alabanza 
'Feneció entre las llamas vivas luego. 
Que por ser tan constante en no ser presa 
El fin tuvo que Juana la francesa. 



A tres nobles hermanas de esta dama 
Aldonza, Leonor, y Bernardina, 
Cualquiera del valor alto de cama 
Prendió esta gente infiel, luciferina: 
Doña Aldonza acabó, pero la fama 
Con la sonante trompa cristalina, 
La suya hará que eternamente viva 
Pues quiso mas ser muerta que cautiva. 



Quedó Doña Leonor también de suerte 
Con mil golpes terribles maltratada, 
Que un dedo escaso estuvo de la muerte 
Sin forma, ni facción, desfigurada: 
A Doña Bernardina, un indio fuerte 
El cuerpo le pasó de una lanzada, 
Cautiva la llevó aunque mal herida 
Llevando entre los labios alma y vida. 



Era tanto el tropel y la tormenta 
La grita, voces, altos y alaridos 
De la bárbara trulla alaraquienta 
Que ensordecen a todos los nacidos: 
Crece el fuego, la furia se acrecienta 
Y el número de muertos y heridos, 
Alecto sopla, Terifone incita, 
La rabiosa Megera solicita. 



304 

Solo cinco soldados se juntaron 
A piC; con arcabuces y desnudos, 
Con unos paredones se abrigaron 
Que sirvieron de cóncabos escudos: 
De a donde a muchos indios maltrataron 
Con balazos mortíferos y crudos, 
Libraron de las manos robadoras 
A mas de la mitad de las señoras. 



No es justo que se queden sepultados 
En las oscuras aguas del olvido 
Varones tan heroicos y esforzados 
Que tanto por su esfuerzo han merecido 
Merecen con razón ser estimados 
Por el hecho que digo esclarecido; 
Y que sus nombres, méritos y gloria 
Vivan eternamente en esta historia. 



Martin Muñoz, soldado veterano, 
Uno fué de estos cinco compañeros, 
Y Baltasar González Lusitano 
Intrépido salió de los primeros, 
Juan Gómez, Porras, Cerda, cuya mano 
Muerte dio a muchos bárbaros guerreros, 
Por ser tan reportado cuanto diestro 
Del arcabuz, y bélico maestro. 



Viéndose pues así tan rodeados 
De señoras y bárbai'os perjuros, 
A pie, desnudos, pocos, desarmados. 
Sin foso, cerco, torres, o altos muros, 
A la iglesia se van determinados 
A defenderse allí con pechos duros. 
Donde los dejaré mientras que corto 
La péndola y cual ellos me reporto. 



Canto XYI. 



Retíranse los bárbaros después de haber saqueado la ciudad : álzanse 
los amigos del valle : la misma mañana entra eu ella el capitán Tomas 
de Olabarria con la gente que venia de Santiago: sale el general 
Francisco Jofré en alcance del enemigo : el gobernador envía a Cliillan 
por su teniente a Miguel de Silva: viene don José de Rivera con 
gente del Perú. 



¡ Oh; cuanto al hombre importa y le conviene 
Ser en trances dudosos reportado! 
Mas es don que del alto cielo viene 
Con el de la virtud acompauado : 
Lugar seguro en cualquier parte tiene 
El que es de esfuerzo y ánimo dotado^ 
Ko hay tiu'bacion^ temor^ muerte ni miedo, 
Que de su honroso intento mude un dedo. 



Mas a quien esto falta de ordinario 
Da, como falto está; de bien falta^ 

Y apenas oye el grito del contrario 
Cuando el temor mortal le sobresalta: 

Y en dando que da entrada a este nefario 
La fuerza, la honra, el ánimo le falta, 

Por que al pecho a do el pérfido se encierra 
Le turva, corta, espanta, y hace guerra. 

20 



306 



Probado queda bien esto que digo 
Con los que del temor fueron tocados^ 
Que en sintiendo el rumor de este enemiga 
Huyeron con pavor desatinados: 
Que como el miedo en ellos halló abrigo 
Quedaron sin valor y despulsados, 
Enterrándose en caños y en acequias. 
Haciéndose ellos mismos las exequias. 



Si fueran todos de ánimos constantes 

Y en tres o cuatro tropas se juntaran, 
No volvieran los bárbaros triunfantes 

Y sus casas los míseros guardaran: 
Pues pudieron los cinco militantes 
Defender con valor que no quemaran 
A toda la ciudad, que sino fuera 
Por ellos totalmente se perdiera. 



Los cuales su valor siempre mostrando 
Y el esfuerzo sin par de sus personas, 
A la iglesia se fueron retirando 
Llevando en medio de ellos las matronas: 
Los bárbaros detras iban gritando 
Diciendo con palabras fanfarronas: 
''Hartaos de ver los astros, sol, y luna, 
Que presto no veréis cosa ninguna. 



"Aqueste dia es nuestro, que el pasado 
El vuestro fué y gozastes de la tiesta. 
Queremos pues que el nuestro es ya llegado 
Holgamos y gozar también de aquesta: 
¿A donde el capitán está encerrado? 
¿Por que no viene aquí por la respuesta 
De los bueyes, o como no pregunta 
8i vino Don Gonzalo con la yunta? 



307 



^'Decidle que la trae lucida y mansa; 
Que viene; cual hidrópico^ redonda^ 
Que es buena carretera y no se cansa, 
Que salga pues por ella y no se esconda: 
¿No responde ? do está, tanto descansa 
bin tener centinela puesta o ronda^ 
Sin cuidado dormida^ guardia y perro 
Habiendo él hecho tan notable yerro? 



''Por el agravio que hizo a nuestra gente 
El redentor del mundo esto permite^ 
Y como justo padi'e omnipotente 
A nosotros la paga nos remite: 
No quiere Dios que al mísero inocente 
Hacienda^ vida, ni honra se le quite, 
Que nunca su bondad alta dispensa 
Para que haga un prójimo a otro ofensa. 



"En pago de la que hemos recibido 

Venimos a llevarle la cabeza, 

Con ella paga bien lo bien debido 

Y no queremos mas de aquesta pieza: 

A Pelantaro la hemos prometido 

Para que beba en ella mas cerbeza, 

La cual recibirá de buena gana 

Que amigo es de efusión de sangre hispana.' 



A cosa de lo dicho respondieron 
Los bien afortunados castellanos, 
En la iglesia mayor se recojieron 
A pesar de los bárbaros profanos: 
La priesa fué tan grande que se dieron 
A despedir balazos de sus manos. 
Que al soberbio enemigo se le antoja 
Que son rayos que Júpiter le arroja. 

20=^ 



3'J8 

Hicieron retirarle en tiempo breve^ 
En torno de la iglesia nadie para, 
Que las ardientes pildoras que llueve 
A mas de dos la cólera templara: 
El mas valiente de ellos no se atreve 
A ponerse con ellos cara a cara, 
Y si alguno se pone al descubierto 
Del primer tiro cae en tierra muerto. 



Pero como en efecto su cuidado 
Era solicitar con diligencia, 
Por ser la del indómito malvado 
Mayor en perseguirlos sin clemencia, 
La pólvora les lia toda faltado 
Cuando andaba mas A'iva la pendencia, 
Algunos que la falta de ella vieron 
De espanto y de temor enmudecieron. 



Los unos a los otros se miraban 
Con no poca congoja ni tristeza, 
La falta que tenian declaraban 
Con manos, ojos, hombros, y cabeza: 
Pues viendo como ya no disparaban 
Y de los Españoles la tivieza. 
Una doncella noble les pregunta 
Que que ocasión así los descoyunta. 



Pero el valiente Cerda alzando el dedo 
Le respondió con voz algo alentada, 
Kinguna cosa puede darme miedo 
Sino es tener la pólvora tasada: 
Mas Dona Catalina de Toledo, 
Que así la bella virgen es llamada. 
Como furiosa leona veloz salta 
Diciendo: no temáis, que esa no falta. 



309 

Salió sin decir mas por un postigo^ 
Cual por el monte Cíntico Diana, 
A su casa fué sola j sin abrigo 
Que de la Iglesia estaba algo cercana 
Apesar del indómito enemigo 
Volvió con una cántara mediana^ 
De pólvora finísima de Quito 
Y díjoles con ánimo inaudito: 



"Tened; no desmayéis, bravos soldados, 
Tomad nuevo vigor^ fuerzas y aliento ; 
Sacudan el temor los macerados. 
Recibid con la pólvora contento." 
Volvieron a cobrar los despulsados 
Nuevo esfuerzo, corage y ardimiento. 
Que la vergüenza a todos les inflama 
Y el ánimo incentivo de esta Dama. 



Al fin de aquí después se retiraron 
Los iracundos bárbaros ligeros, 
Que por decirles mal se levantaron 
Con perdida de treinta compañeros: 
Minar la casa fuerte otros trataron 
Para sacar de allí a los prisioneros, 
Que sobraron en la última almoneda 
Por no haber compradores o moneda. 



Ya estaban las paredes derribando 
Con puntas de barretas aceradas, 

Y los adobes macedos quebrando 
Con estacas de cañas aguzadas, 
Cuando al fuerte venir vieron volando 
A dos mozos, entrambos camaradas, 

Y de una misma edad, fuertes, briosos, 
De quien huyen los indios temerosos. 



310 

Dormían estos dos en una casa 

De seca paja toda mal cubierta^ 

Hasta que estuvo envuelta en A'iva brasa 

Del dulce sueno nadie se despierta: 

Entonces viendo claro lo que pasa 

Y a los contrarios puestos a la puerta^ 

Por escaparse de ellos y la llama 

Dejaron sola la sabrosa cama. 



Las cotas solamente se pusieron 

Sobre las blandas carnes j camisa. 

En sus caballos ágiles subieron 

Sin otro adorno gala ni divisa: 

Por entre el fuego y bárbaros salieron 

Batiendo los talones a gran prisa, 

Con las lanzas en mano y fuerte pecho 

El paso ensanchan del camino estrecho. 



Al fuerte fueron cual Neblis ligeros 
Por entender que estaban los soldados 
En el como es usanza de guerreros 
Con las armas apunto y aprestados: 
Cercado estaba de ladrones fieros 
Y dentro el general con sus criados, 
Defendiendo la entrada, y como vieron 
Venir los dos, los infidos huyeron. 



Andaba todo en fin de tal manera 

Y los feroces bárbaros de suerte. 

Que no se yo quien si áspide no fuera 

Que no le enterneciera un mal tan fuerte 

Acullá suena grita lastimera. 

Acá la inexorable cruda muerte. 

Todo es temor, dolor, pena, quebranto. 

Confusión, fuerzas, robos, fuego, y llanto. 



311 

Quemaron estos pérfidos traidores 
Sin respeto, temor, ni miramiento, 
JDe los sagrados Padres Redentores 
La sacra Iglesia y único convento: 
Con grande mofa y júbilos rumores 
Partieron luego al punto el ornamento. 
Quien lleva cáliz, ara, o corporales, 
Quien la casulla, almática, o ciriales. 



í^l manto noctival adelgazaba 
Por el híspero claro del oriente, 
Y el lucero y behiculo llegaba 
Las ruedas volteando al occidente, 
Cuando la trompa bélica tocaba 
A recojer el bárbaro su gente. 
Que quiere retirarse antes que el dia 
Descubriese la poca que tenia. 



Por aquí, por allí, por la otra parte. 
Cargada gente pérfida parece. 
Con los despojos, presa, o con la parte. 
Que su ventura a cada cual le ofrece: 
Quien paños, seda, plata, oro, reparte. 
Que cosa alguna de estas no apetece. 
Por tener una, dos o tres doncellas 
JVIas hermosas que el sol y las estrellas. 



Otros por parecerles que llevaban 
Pesada carga en ellas y enfadosa, 
Por rocines matados las trocaban 
O por otra cualquiera baja cosa: 
Aquello que estos brutos desechaban. 
Por ser de vista turbia y tenebrosa, 
Y de aquellos en mas precio tenido 
Que si fuera crisólito subido. 



312 

Pasando por el ancho cementerio 
Con una dueña presa, seis tiranos. 
Que para mas valdon y vituperio 
Desnuda la llevaban los susanos, 
O fué ventura suya o gran misterio, 
O del cielo secretos soberanos. 
El pasar por allí esta gente esquiva 
Para que se librase la cautiva. 



Volvió la triste dueña la cabeza 
Cuando fué con la puerta emparejando,. 
A la virgen sagrada de limpieza 
Iba con tierno espíritu imbocando: 
Como abierta la vio con gran presteza 
Corriendo se fué rápida y entrando. 
Diciendo a toda priesa, aquí, señores: 
Que me lleban los bárbaros traidores. 



Sin haber visto mas que una linterna 
Que en la Iglesia de si alguna luz daba. 
Se aventuró a correr la dama tierna 
Y mas que el pensamiento caminaba: 
Dentro de ella se entró y con ansia tierna 
A un español que allí a la puerta estaba. 
La espada le quitó diciendo aquesto: 
Venid tras mi, señores, todos, presto. 



A la calle volvió cual tigre hircana 
Repitiendo a gran priesa esto que digo. 
Venid tras mi, venid de buena gana. 
Desechad el temor, venid conmigo: 
Venid, livertareis a Doña Juana, 
Venid, que aquí la tiene el enemigo, 
A eUa y a otras dueñas en prisiones: 
Seguidme, pues, venid, bravos varones. 



313 



Ea, sus pueS; venid ya voy delante; 

Acabad de venir no tengáis miedo^ 

Que no es la fuerza bárbara bastante 

A resistir la mia que mas puedo. 

Esto dijo con ánimo constante 

Doña Isabel ]\Iegia de Toledo^ 

Que este es el nombre de esta heroica dama 

De honesta vida y excelente fama. 



Pero ninguno de ellos no se atreve 
A pasar de la puerta un solo paso, 
Por ser mucha la gente infiel aleve 
Para verse con ella a campo raso: 
En este punto cual la blanca nieve 
Descuidada del sanguinoso caso^ 
Cubierta de esmaltada argentería 
La blanca hija de Hipirion salía. 



Mas en viendo que vio el infausto duelo 
Con duelo infausto, lacrimosa y triste. 
Se cubrió luego con un negro velo 
Por no ver espectáculo tan triste: 
Haciendo sentimiento el claro cielo 
También de luto lúgubre se viste, 
Los rayos de Titán no resplandecen, 
Lucina y las estrellas se obscm'ecen. 



Los astros, globos, signos, y planetas. 
La tierra, viento, fuego, el firmamento, 
Truenos, rayos, relámpagos, cometas. 
Hicieron del conflicto sentimiento: 
Las procelosas nubes, antes quietas. 
Con gran revolución hacen lamento, 
Rasgándose con pena, tristes braman, 
Y en abundancia lás^rimas derraman. 



314 



Mas ya la gente bárbara proterva 
Marchando apriesa va cual malliechora_, 
AlegrC; contentísima^ superba; 
Arrogante, gallarda, y vencedora: 
Vése de la que fué mísera sierva 
En tiempo corto próspera señora, 
Vengada, libre, rica, poderosa, 
Opiüenta, triunfante, y victoriosa. 



Viendo de la manera, modo, y talle. 
Que a la ciudad los pérfidos dejaron, 
Los amigos domésticos del valle 
Sin aguardar a mas se rebelaron: 
Y por que cosa suya no se halle 
Casas y bienes muebles se abrasaron, 
Fm-iosos, iracundos, indignados. 
Del padecido agravio estimulados. 



Bien así como cuando crece un rio 
Que todos cuantos hay en su ribera, 
Con ímpetu del suyo y raudo brio 
Huyen que de temor nadie no espera; 
De aquesa suerte misma el gentío 
Retirándose fué a la cordillera, 
Por ser el odio mas que la codicia 
Sin lástima su hacienda desperdicia. 



Después de haber pasado la tormenta 

Y la enlutada luz aparecido, 

A ver la ciudad mísera y sangrienta 
Salió Jofré del fuerte apercibido : 
La ira y el dolor se le acrecienta, 
El ánimo, el corage cuando vido 
Tantos cuerpos desechos, sin cabezas, 

Y cabezas sin cuerpos hechas piezas. 



315 

Las opulentas y soberbias casas 
Que en altura frisaban con el cielo, 
Convertidas en polvo y vivas brasas 
Ahora las ve humildes por el suelo: 
Las señoras de lágrimas no escasas 
Desnudas, tristes, sin algún consuelo, 
Andaban por aquí y allí cruzando 
Sus maridos las míseras buscando. 



De la montaña sale uno desnudo 
Cual si fuera hermitaño del desierto. 
El otro que vestirse nunca pudo 
Viene con una sábana cubierto: 
Aquel habla de espanto tartamudo, 
Aqueste la color trae como muerto, 
Acullá vienen otros espantados 
Con los cabellos todos chamuscados. 



Otros de sangre y todo vienen llenos 
Pálidos, tristes, flacos, afligidos, 
Unos echan a sus mugeres menos. 
Las mujeres sus hijos y maridos: 
No tienen que llorar duelos ágenos 
Siendo los suyos propios tan crecidos, 
Eráclitos parecen todos ellos 
En los túmidos ojos y agua de ellos. 



Su pérdida y dolor cada cual siente, 

Pero Jofré la suya y mas la agena. 

No puede remediar el mal presente 

Que es lo que mas le angustia y le da pena: 

Las lástimas ve grandes de su gente," 

La ciudad de lamentos toda llena. 

Quísola consolar, pero no pudo. 

Que se le puso en la garganta un nudo. 



316 

Movióle a mas dolor una Anacona 

Del clérigo ¡Salinas que traia 

La cabeza del amo, y cual matrona 

Con ella muchas lástimas decia: 

Conoció ser aquella su corona 

Que en lo demás facción sana no habia, 

Lloraba el fido amigo de manera 

Que al corazón mas duro enterneciera. 



Pero en temor su llanto se resuelve 

Que en este punto vino uno gritando, 

Diciendo como el bárbaro revuelve 

Al pueblo nuevamente amenazando: 

A su guarida cada cual se vuelve 

Como si fuera alígero, volando, 

Que el miedo aunque es gigante no es cerrero 

Sino suelto, alentado, y muy ligero. 



Cuales tímidos pollos que en sintiendo 

Del milano las alas o la sombra, 

A las maternas van todos huyendo 

Que con cualquiera de ellas los asombra, 

Así los miserables en oyendo 

Cual furioso enemigo el otro nombra. 

Como estaban cual dicen escaldados 

Huyendo todos van desatinados. 



Pero la causa fué del sobresalto 
El cantabres Tomas de Olavarria, 
Que asomó con su gente por un alto; 
Descubriendo la que en el pueblo habia 
Mandó hacer luego en el a todos alto 
Por ver bien si el contrario parecía, 
Que según el rumor que en el andaba 
Pensó que todavía dentro estaba. 



317 

Contado tengo ya sino me olvido^ 
Que soy, señora; frágil de memoria; 
Y con voluntad sola he proseguido 
Falto de lo demás aquesta historia. 
Como luego después de haber salido 
De Neptuno Quiñones con victoria; 
Aun sin tomar el pulso de la tierra 
Quiso tentar primero el de la guerra. 



Para lo cual con suma diligencia 
De que dotado fué cuanto prudente; 
Que es legítima madi-e la prudencia 
Del capitán que fuere diligente; 
Sin aguardar que pase la violencia 
Del riguroso hibierno envió por gentC; 
A Mapocho; mandando que viniese 
Con toda la presteza que pudiese. 



Y que una compañía a la ligera 

A diez del mes que siguC; el de setiembre; 

Que es cuando apunta aquí la primavera; 

Esté en Chillan; y el resto por noviembre: 

Antes que la solícita Meguera 

El tósigo infernal aii-ada siembre. 

En el revuelto ejército dañado 

El antídoto ya esté preparado. 



MaS; con mandar que venga sin embargo 
La gente a la ligera; cual Belona; 
El despacharla fué tan a lo largo 
Que fué como el socorro de Escalona: 
No halló que pretenda aquí alguien cargo 
Para mas que hinchar mas su persona; 
Con la hinchazón que trae vana consigo 
O para se vengar de su enemigo. 



318 

Treinta dias después del señalado 
Según hallo; señora, por mi cuenta^ 
Llegó a Chillan habiendo ya pasado 
La sanguinosa y áspera tormenta: 
El número de veinte fué tasado 
Con mandar que pasase de cincuenta, 
Eran los que vinieron, desarmados 
Los mas pobres y mas necesitados. 



Hizo las diligencias que convino, 
Mas no le aprovechó ser diligente, 
Al cuidadoso y ágil vizcaíno 
Por despacharle mal con poca gente: 
Siguió con paso rápido el camino 
Marchando sin pararse raudamente, 
Hasta llegar al cerro a donde digo 
Que paró a divisar al enemigo. 



Habíase alojado la noche antes 
En la vega de Nuble en sitio bueno. 
Por dar a los cuadrápides volantes 
Sabroso pasto allí de grama y heno: 
Mas cuando oyó los tiros rimbombantes 

Y el pueblo vio de fuego todo lleno, 
El vagage dejó sin quien le guarde 

Y a. socorrerle fué, pero fué tarde. 



Mas a tiempo llegó que si llevara 
La gente que venir mandó Quiñones, 
A media milla o antes alcanzara 
A los traidores, pérfidos, ladi^ones: 
La presa o la mas de ella les quitara 
Y a todos cuantos iban en prisones, 
Pero siem23re se da la traza y medio 
Cuando no tiene ya ningún remedio. 



19 



A la ciudad se fué después que vido 
Que el bárbaro se había retir ado; 
Así como fué eu ella conocido 
El llanto fué de nuevo comenzado: 
No pudo el buen hidalgo enternecido 
Dejar de consolar al mas penado^ 
Y sintiendo la pérdida de todos 
A todos confortó con graves modos. 



Xo estuve a tan gran pérdida presente 
Pero recibí mas que el que mas daño, 
Mis haciendas perdí^ ganado y gente 
Que guardaba el lanígero rebaño: 
La causa fué y razón de estar ausente 
Ser alcalde ordinario aquí aquel año, 
Y haberme Don Francisco antes escrito 
Le avisase de todo mi distrito. 



Viendo el descuido que el pueblo tenia 
Y a los vecinos bárbaros alzados, 
A avisarle partí aquel mismo dia 
Que vinieron los pérfidos airados: 
Solamente llevé en mi compañía 
A dos hombres, entrambos mis cuñados; 
En Itata durmiendo estaba cuando 
El conflicto pasó atroz, infando. 



L"na hora o dos después de amanecido 
Un indio me dio nueva del fracaso. 
Estuve media larga sin sentido. 
Sentido con razón del triste caso: 
Mas aunque de dolor mortal herido 
Me volví a la ciudad a todo paso. 
Cuatro leguas anduve en hora y media 
Por ir a ver la mísera tragedia. 



320 

Ko se que corazón tan duro hubiera 
Aunque fuera de acero^ bronce; o canto. 
Que si lo que yo vi, sefiora, viera 
Que no se enterneciera tanto cuanto: 
La lástima que vi fué de manera 
Y el dolor que sintió mi alma tanto, 
Que a no ser la razón el contrapeso 
Pudiera ser perder del todo el seso. 



Y no de ver las bárbaras crueldades 
Que a ver otras mayores estoy hechO; 

Y para cualesquier calamidades 

Tuve, tengo, y tendré, constante pecho: 
Infortunios he visto y tempestades 
En el mar de Noruega y paso estrecho, 
Muertes, naufragios, espantables guerras, 
En partes varias y en remotas tierras. 



Un dia triste vi en la Paroiba 
Provincia de los indios Petiguares, 
Asar en barvacoa y brasa viva 
De mujeres y niños seis millares: 
Pues en otras provincias mas arriba 
Quemar mas de setenta mil casares, 
Y con ser gentes bárbaras velaban 
Que nunca como aquí se descuidaban. 



Pero que sin cuidado así viviesen 
Españoles en cosa que iba tanto, 
Y que guardia ninguna no tuviesen 
Teniendo el enemigo tan a canto, 
Ni a los avisos crédito no diesen 
Aquesto es lo que a mi me puso espanto. 
Que lo demás el sumo rey de gloria 
A quien él es servido da victoria. 



321 

Veinte y seis horas eran ya pasadas 
Después que sucedió el funesto caso. 
Cuando fuimos siguiendo las pisadas 
Del bárbaro con tibio y lento paso: 
En partes no quedaron estampadas 
Que con ir por camino abierto y raso 
No dejaron señal, huella, ni rastro, 
Cual si fueran por losas de alabastro. 



Anduvimos buscándole perdidos 
Sin descansar un punto el dia entero. 
Los arroyos hallábamos crecidos 
De la gran tempestad del aguacero: 
Estando ya cansados y afligidos 
A la orilla de un caudaloso estero, 
Queriéndonos volver con dolor sumo, 
Al ponerse del sol vimos un humo. 



Cual suele suceder perdiendo el tino 
Al cazador incauto en la montaña. 
Del mal hollado y áspero camino 
Que revuelve en contorno la campana, 

Y vuscando la seña por do Wno 
El humo vi(5 salir de la cabana, 

Y dejando el intento comenzado 
Allá encamina el paso acelerado^ 



Así, cuando nosotros descubrimos 
El humo espeso en la montaña Rala, 
Los feroces caballos revolvimos 
A buscar la perversa gente mala: 
En dos mangas 'de a veinte nos partimos, 
Que cuarenta no mas fuimos en ala. 
Llegamos sin que fuésemos sentidos 
Al fuego, como digo, apercibidos. 

21 



322 

Siete bárbaros solos allí estaban, 
Todos siete mancebos desarmados, 
Una escuadra, que atrás quedó, aguardaban 
De los mas belicosos y arriscados: 
Cerca de allí dijeron que ya estaban 
Los demás con los presos alojados: 
Pasamos adelante como gamos 
Después que las cabezas les cortamos. 



Mas templó nuestra furia y rabia ardiente 
De un estero el raudal arrebatado, 
Que quitaba la vista su corriente 
Sin tener en alguna parte vado: 
Pasado habia ya la infernal gente 
Toda por un recodo manso a nado, 
Hallamos, por pasar el paso acedo, 
A Dona Bernardina de Toledo. 



Quedóse atrás como iba mal herida 

Con el indio no mas que la llevaba, 

Dejóla allí por no dejar la vida 

Con la que ya sin ella casi estaba: 

Valióse de sus pies el homicida. 

Que aunque encima de un buen caballo estaba, 

De el se arrojo y después en el estero. 

El cual pasó nadando mas ligero. 



No pudimos pasar mas adelante 
Por la profundidad del arroyuelo, 
Demás de que también ya por levante 
Mostraba Telus su nocturno velo: 
La vuelta dimos todos al instante 
Con no poco cansancio, hambre y duelo, 
A la triste ciudad llegamos cuando 
Ocupa lo mas alto el sueno blando. 



323 

Mas no porque persona allí durmiese, 
Que a pesar suyo todos ya velaban, 
O fué que el gran temor eso hiciese 
O porque a tiempo tal nos aguardaban: 
Mas antes que Fetonio pareciese, 
Que ya sus rayos Deíficos luz daban, 
Miguel de Mendem partió, y Delgado, 
A contar a Quiñones lo pasado. 



El cual, cuando la nueva lastimosa 
Oyó del triste caso desastrado. 
Lo sintió tanto cuanto fué espantosa, 
Mas con ánimo quieto no turbado: 
Que mal puede turbarle alguna cosa 
Al fuerte pecho de valor armado. 
Ni caso adverso, pérdida o ganancia 
Movió jamas el fil de su constancia. 



Mas con la caridad y amor piadoso 
De que su alma estuvo guarnecida. 
Envió luego un número copioso 
De ropa, a la ciudad desguarnecida, 
Con orden que la parta un religioso 
A la gente que mas quedó perdida. 
De manera que a toda parte alcance 
Conforme a lo perdido en aquel trance. 



Pero la que envió fué tan bastante 
De su casa el magnánimo Quiñones, 
Que le dieron a cada militante 
Dos camisas, jubón, capa, y valones, 
Sayo, medias, sombrero, y lo restante. 
Aforro, tafetán, seda, y botones, 
Y a todas las señoras de la tropa 
Chapines, tocas, manto, saya, y ropa. 

2V 



324 



Saliera luego en campo diligente 

A tomar de los íntídos venganza, 

Si tuviera mas número de gente 

Para poder salii- con gran pujanza: 

A Silva envió a Chillan por su teniente 

Para que con cuidado y sin tardanza 

Le fortifique; cerque y le repare, 

Y a los amigos que hay que los ampare. 



Para lo cual le dio los oficiales 
Que fueron menester para esta obra, 
Carpinteros, canteros, materiales. 
Pisos, cunas, almádenas, de sobra: 
Hachas, hocinos, sierras, esenciales 
Para romper maderas sin zozobra, 
Clabos, palas, barretas, azadones. 
Adoberas, machetes, y esportones. 



La fábrica empezó con tal cuidado 
El cuidadoso Silva y de tal suerte. 
Trabajó que en un mes solo ha acabado 
Tres cubos, la muralla, y contrafuerte : 
No faltó caballero ni soldado 
De baja, pobre, humilde, ó alta suerte, 
Aquel que es mas ilustre su prosapia. 
Con mas fuerza, vigor y aliento, tapia. 



Tomaban los mas ínclitos varones 
Sin que se lo mandasen sus tareas. 
Los robustos pisaban con pisones, 
Los restantes cal llevan en bateas: 
Otros asierran cédricos tablones, 
Paran tapiales, puertas, y trincheas. 
Las mugeres tampoco descansaban 
Que ladrillos y adobes amasaban. 



325 

Acabada la fábrica que cuento 
De Mapocho llegó carta de aviso^ 
De que había llegado a salvamento 
Del Perú nueva gente a Valparaíso: 
Nueva fué para todos de contento 
Y así mandó Quiñones que al proviso, 
Marche para Chillan por ser presidio, 
Que tiene poca fuerza y gran subsidio. 



Visto el Virey de Don Francisco el pliego 

Y relación que envió tan verdadera 
Del modo que halló a este reyno ciego 

Y el proceder del bárbaro y manera. 
En viéndole, envió de Lima luego 
Con esta a Don José de Rivera, 

Para que en las fronteras se entretenga 
Hasta que otro mayor número venga. 



Para lo cual mandó que en su distrito 
Un tercio se levante prestamente, 
Con que castigue el bárbaro delito 
En Valdivia, el del campo diligente, 
Y en Loja, Cuenca, Piura, Paita^ y Quito, 
Otro tercio también de buena gente. 
Con lo cual y la vieja de esta tierra 
Corra el Gobernador toda la sierra. 



Que por ser este reyno tan distinto, 
Y estarlo unas ciudades de otras tanto, 
Es menester los campos que aquí pinto 
Para poner al bárbaro en quebranto: 
Mas ya que soy en todo tan sucinto 
Razón será dar fin a aqueste canto. 
Que quien corre cual yo carrera larga, 
No tiene de llevar pesada carga. 



Canto XYIl. 



Llegada la nueva gente a Chillan : sale de ella el Capitán Miguel de 
Silva a correr la tierra : el enemigo asalta el fuerte de Colbe a donde 
se habia recojido : entran por el estrecho de Magallanes tres gruesas 
naos de cosarios : en Lavapié degüella Antemaulen al general ingles : 
los de la Imperial hacen un barco : sale en él don Pedro de Yvacache 
por el rio Canten: va a la ciudad de la Concepción a pedir socorro. 
Gerónimo de Bello hace fu^a. 



No deben ser en cargos elegidos 
Ni en oficios de guerra preeminentes, 
Mancebos sino son muy conocidos. 
Solícitos, discretos y prudentes: 
Ejércitos se lian visto consumidos, 
Grandes armadas, máquinas potentes. 
Pueblos, reynos, imperios asolados 
Por ser por imprudentes gobernados. 



No puede ser servido no bien Marte 
Cuando le sirven necios servidores. 
Faltos de entendimiento, industria y arte 
De esperiencia y políticos primores: 
En lugar de sus triunfos les reparte 
Tristes penas, desastres, y dolores. 
Menguas, angustias, pérdidas notables, 
Grandes daños, deshonras incurables. 



321 



A de tener quien manda edad madura^ 
Que es cuando la razón tiene mas fuerza, 
Que en la verde es adonde la locura 
La suya tiene, y mas allí se esfuerza: 
Y aquello que endereza la ventura 
Muchas veces es causa que se tuerza, 
Ser el capitán falto de prudencia, 
De edad, valor, consejo y de esperiencia. 



Es ella quien a costa de mil vidas. 
De tanta perdición, de tantos daños, 
De tantas desventuras tan crecidas, 
Nos ha mostrado bien los desengaños: 
Y con ver cuantas son aquí perdidas 
Por honrar a los deudos y no a estraños, 
Sobrando a aquestos lo que a aquellos falta 
Cada dia se da mayor la falta. 



Y lo peor que en ello hallo y veo 

Es que, cuando pretenden remediallo. 

Como siguen su gusto y su deseo. 

Hacen mayor error por enmendallo: 

Pero por que no diga algún bolseo 

Que digo mal en lo qiie digo callo. 

Que aunque es verdad, señora, es de tal arte 

Que es mala cuando es dicha en mala parte. 



Volver quiero a anudar el débil hilo 
Y a seguir mi camino trabajoso, 
Que si muestro sangriento mas el filo 
Temo que me tendrán por sospechoso: 
Aunque no de que habrá ningún Zoilo 
Que maltrate mi libro de envidioso, 
Pero de vuestra gloria se que hay tantos 
Que son mas que los versos de mis cantos. 



^ 328 

Llegado don José de la Ribera 
Mandó el gobernador que Silva fuese 
A correr de Chillan la cordillera 
Para que al enemigo daño hiciese. 
Dejando guarnecida esta frontera 
Con número bastante que pudiese 
Defenderla, partió con cien soldados 
Y doscientos amigos arriscados. 



Aviso le dio cierto un indio amigo 
Que a donde nace Cato caudaloso 
Estaba retirado el enemigo 
En fuerte sitio, áspero y montuoso: 

Y que 'tiene tomado por abrigo 
De Colbe el gran cerro pedregoso, 

Y en lo mas alto de él una albarrada 
Sin tener por alguna parte, entrada. 



¡Oh cuanto gusto dio j cuanto contento 
Al valeroso Silva aquesta nueva! 
Y mas de que el indómito sangriento 
Pensaba de venir con él a prueba: 
En busca se partió de el al momento 
Con el pequeño ejército que lleva, 
Pasando rebentones mil que habia 
A Colbe llegó al ponerse el dia. 



Es el monte tan alto y el camino 
Tan áspero y tan agria la subida, 
Cual la de Atlante, Tauro, o Apenino, 
O cual el Alpe, Olimpo, Osa, o Yda: 
Junto de un arroyuelo cristalino 
En una vega de árboles ceñida. 
Que con sus aguas riega el raudo cato 
Estuvimos la noche con recato. 



329 

Con las riendas y lanzas en la mano 
En pié velando todos estuvimos, 
Hasta que ya los rayos soberanos 
Del clarísimo Apolo claro vimos: 
Entonces^ diez y siete castellanos 
Con algunos amigos, nos partimos 
Por mandado de Silva a ver el puesto 
A donde el enemigo estaba puesto. 



No dimos bien diez pasos adelante 

Cuando dimos allá con la emboscada 

Que tenia el indómito arrogante^ 

Mas fué de poca gente y mal armada: 

En viendo que nos hizo luego al instante 

Arriba se fué huyendo a la alborrada^ 

Pero fué con intento de guiarnos 

Por donde ellos pensaban despenarnos. 



Para lo cual de industria hecho hablan 
Un camino anchuroso por la parte 
Mas áspera del fuerte^ a do tenian 
De peñas movedizas grande parte: 
Con tanta sutileza que podian 
Dos indios solamente con el arte^ 
A dos mil y a diez mil sin embarazos 
Hacerlos fácilmente mil pedazos. 



Mas como Silva tuvo antes de todo 

Aviso de la maquina y engaño^ 

Del intento, designio, traza y modo 

Que el bárbaro tenia tan estraño: 

El camino dejó y por un recodo 

De mayor aspereza y menor daño^ 

Que a m|».iidere<íha está; su gente adiestra, 

Dejando el paso malo a la siniestra. 



330 

Estando a vista ya de la albarrada 
A descansar el paso detuvimos^ 
Que por ser la gran cuesta levantada 
Con no poco trabajo la subimos: 
Mas después que a la gente libertada 
En lo mas alto de ella puesta vimos, 
Al son del sanguinoso inquieto Marte 
El asalto se dio por esta parte. 



El de Camora fué; como a quien toca 
La vanguardia este dia en el asalto, 
Subiendo mas constante que una roca 
Animando a su gente a lo mas alto : 
Al glorioso patrón de Espafia imboca 
Mas de esfuerzo y valor ninguno falto, 
Le sigue la gallarda compañía 
Con gallardo denuedo y gallardía. 



Envían los idolatras bizarros 
Desde los rebellines y trincliea, 
Tan gran copia de flechas y guijarros 
Que obscurece la clara luz febea: 
Ya se oyen las bravezas y desgarros^ 
Ya el fuego artificial relampaguea; 
Ya la fogosa rabia vengativa 
A los ardientes ánimos aviva. 



Ganando tierra van nuestros guerreros, 
Mas es con grande pérdida y trabajo, 
Reciben mucho daño los postreros 
Con las piedras que van rodando abajo: 
Echan tantas los bárbaros lijeros 
Que arrancando los árboles de cuajo, 
PenaS; robles^ caballos, cuanto topan 
Hechos piezas a todos los atropan. 



331 



Sin dar herida y muchas recibiendo, 
Con gallardo denuedo y paso presto, 
Don Luis de Fuentes va y otros subiendo 
Procurando ganar al indio el puesto: 
Vanlos también con ánimo siguiendo 
De los valientes vándalos el resto, 
Pedro Plaza; Villegas, Sánchez, Bello, 
Simón Diaz, Hidalgo, Juan Cabello, 



Pedi'o Guajardo, Córdova, y Olmedo, 
Don Pedro, Don Manuel, y Delgadillo, 
Pedi'o de S ando val, Luis de Toledo, 
Don Diego Bravo, Heredia, Jaramillo, 
Moltien, Delgado, Góngora, Accevedo, 
Juan Gómez, Mendem, Gangas, Castillo, 
Cerda, Lizcano, Prados, y Becerra, 
Ortiz, Miguel, Marchan, Nicolás Cerra. 



Llegando iban también por otra parte 

Forcen, Foro Herrera, Juan Bautista 

Montero, y Montañés, al baluarte 

Deseando dar fin a la conquista; 

Y Pedro Ortiz, entrando como un Marte, 

Cuando perdí de súbito la vista 

Que de un gran lanternazo que me dieron 

Sin ella y sin sentido me tendieron. 



Fué tan terrible y recia la pedrada 
Que a no ser de tan grande fortaleza 
Ni de tan fino temple la celada. 
Agua me hicieran sesos y cabeza: 
Quedóme de tal suerte atormentada 
Que sin sentido estuve una gran pieza 
Sin poderme tener en pié derecho. 
Ni ser en mas de una hora de provecho. 



332 

Pero cuando volví del parosismo, 
Que me tuvo gran rato transportado, 
Claro vi que el perjuro barbarismo 
Ya se había del fuerte retirado: 
Así no puedo dar ni aun de mí mismo 
Mas cuenta ni razón de lo pasado; 
Por tanto, si de alguno no me acuerdo 
No se queje pues vio perdí el acuerdo. 



Solos seis enemigos fenecieron 
En esta cruel batalla y dura guerra; 
Los demás cual venados se subieron 
A lo mas levantado de la sierra: 
Los amigos a diez presos nos trajeron 
Y después de taládoles la tierra, 
Sin ofrecerse cosa de momento 
Nos volvimos a nuestro alojamiento. 



Por el estrecho paso y senda angosta 
Que es adonde esta tierra se remata. 
Pasó un gemían cosario por la posta 
En busca del metal goloso y plata: 
Habiéndole pasado en esta costa 
El hivierno pasó el anchipirata, 
Cuatro vajeles trajo y perdió el uno 
En el angosto cuello de Neptuno. 



Con los tres a la entrada del verano 
Porque ya el bastimento le faltaba. 
Tierra a tierra surcando el mar insano 
En la bárbara costa le buscaba: 
Al belicoso término araucano, 
Sin saber a la parte a do llegaba. 
El general llegó solo y perdido 
Por haberse desotros dividido. 



333 

Pero en la lancha luego a vela y remo 
A tierra fué con treinta y dos soldados, 
Briosos eran todos por estremo 
Y de lucientes láminas armados: 
A donde vais cosarios que ya os temo. 
No saltéis en la Playa descuidados. 
Que en ella hallaréis otros mayores 
Infidos cual vosotros, y traidores. 



Pero que digo yo no es necesario 
Avisaros según aquel proverbio, 
Que dicO; de cosario va a cosario, 
Mas mirad que es el bárbaro soberbio: 
Las armas trae sangrientas de ordinario 
Por ser el duro brazo y fuerte nervio 
De la provincia indómita araucana 
Regada con la sangre castellana. 



Mas ya que sois los unos y los otros 
Tan sutiles en cautelosos artes, 

Y enemigos mortales de nosotros 

La victoria de Dios a entrambas partes; 

Y ninguna jamas tengáis vosotros 
Contra los Españoles estandartes. 

Ni el redentor del mundo tal permita 
Que triunféis de su ley santa y bendita. 



Llegó Simón de Cordes con su gente 
A Lavapié, provincia populosa. 
Poblada toda de la mas valiente 
Que produce esta tierra belicosa: 
No saltó en ella así tan raudamente 
Cuanto la vuelta fué de presurosa. 
Que Antemaulen no quiere ver en ella 
De estrangera nación señal ni huella. 



334 

Como a la lancha vio venir a tierra 
Pensando que eran nuestros castellanos, 
Juntó de los mas prácticos en guerra 
Cuatrocientos valientes Araucanos: 
Cuando en ella los vio con ellos cierra, 
Pero los miserables Luteranos 
Con el temor que en verlos recibieron 
Mas que de paso al barco se volvieron. 



Estando dentro de él y mal segm-os, 
Dijeron medio en lengua castellana 
A los traidores, bárbaros, perjuros. 
Que no son de nación ni ley cristiana, 
Sino enemigos de ella y de los muros 
De la Iglesia católica Romana, 
Asi que de la suya a aquesta tierra 
Vienen solo a hacer a España guerra. 



Estaba un indio entre ellos que sabia 
Hablar la lengua hispana claramente, 
Oyendo lo que el deguasor decia 
De paz llegó y propuso lo siguiente: 
Señores Luteranos si este dia 
Os ha ofendido en algo nuestra gente 
Perdonad que entendió érades hispanos 
Enemigos mortales de Araucanos. 



Pero ya que no sois sino enemigos 
De ellos como lo dice el lenguage, 
Queremos que seáis nuestros amigos 
Y en nuestras casas daros hospedage: 
Venid, que aun no es el tiempo de los higos, 
A descansar del áspero viage. 
Que aquí está de españoles cerca un fuerte 
A donde iremos luego a darles muerte. 



335 

Pagaros hemos bien en oro íino 
En buenos bastimentos ropa y plata, 
Si nos echáis de aquí tan mal vecino 
Que tanto nos persigue y nos maltrata. 
No dijo mas el pérfido ladino 
Para engañar al ábido Pirata, 
En tierra salt<5 luego alegremente 
Guiado del metal resplandeciente. 



Hiciéronle los bárbaros gran fiesta 

Y buen recibimiento a la salida, 
Antemaulen la mesa tenia puesta 

Y a merendar a todos los convida: 
Bebieron y comieron sobre apuesta 
Aunque el precio era el propio de la vida, 
Pues no les costó menos el escote 

De la espléndida mesa y lanciscote. 



Cuando el brindar andaba mas apriesa 
Y mas el vaporoso vino ardia, 
Salió de una emboscada en vanda espesa 
Con gran pujanza gran caballería: 
Tres pages que servían a la mesa 
De toda la flamenca compañía, 
Haciéndosele angosta la playa ancha 
Llegar pudieron vivos a la lancha. 



Este es el fin que tuvo miserable 
El audaz general, cosario fiero. 
Por la gula y codicia insaciable 

Y dar crédito a un bárbaro ligero: 
Quien vive mal y en ley abominable 
Aqueste viene a ser su paradero, 

Y créame quien fé viva tuviere 

Que como el hombre vive que así muere. 



336 

Viendo desde la Nao los que quedaron 
La cabeza de su cabeza rota, 
A Giraldo de Boninguen nombraron 
Por general, j truecan la derrota : 
A la vuelta del sur otra tomaron 
Garando a la bolina la una escota, 
Que por no verse en paso mas estrecho 
8e volvieron por el a su despecho. 



La una de las dos pasó adelante 

Y llegó a la Jacobica marina, 

En entrando en el puerto al mismo instante 

Forzados se rindieron a Molina: 

Mamocha, el intrépido, almirante, 

La suya ligerísima encamina, 

Pero en ella encontró del modo y suerte 

Que acá su general la cruda muerte. 



Andaba Marte aquí tan alterado 

Y el alevoso bárbaro a do quiera, 
Que no habia lugar aun reservado 

En puertos. Calas, Islas, ni en riberas: 
No fué menester mas que haber hollado 
Esta tierra el ladrón para que muera, 

Y lleve que contar si vuelve a Flandes 
El que se libró de ella cosas grandes. 



También tengo yo bien de que dar cuenta 
Si el lleva que contar algo en su casa, 
No es menor que la suya mi tormenta 
Ni la que la Imperial ahora pasa: 
Ha mucho que no hago de ella cuenta 
Mas caúsalo el no ser estotra escasa, 
Y el haberla de dar larga de todas 
Que soy cual el petis de muchas bodas. 



337 



Pasar allá de aquí, señora, quiero, 

Que aunque es estrecho el paso y peligroso 

Del mal pisado y áspero sendero, 

Lo tengo de pasar que me es forzoso : 

Después de haber pasado el aguacero 

8e pasó el audaz bárbaro fui-ioso. 

Su paso a paso en paso concertado 

A Puren, como dige, remojado. 



Pero a los españoles de tal suerte 
Los pérfidos implácidos dejaron. 
Que estuvieron a vista de la muerte 
De las calamidades que pasaron: 
La hambre que sufrieron fué tan fuerte 
Y tanto en estos trances se apuraron, 
Que no se si se ha visto en escrituras 
Quien pasa de tamañas desventuras. 



Viéndose como digo, y que no llega 
Socorro, ni Frai Juan de Lagunilla, 
Para poder tomar lengua en la vega 
Hicieron no se como una barquilla: 
Con ella por Canten manso navega 
Don Pedro de Yvacache, v en la orilla 
La deja en parte al parecer segura, 
Y en busca fué del bárbaro Antecura. 



Aqueste infiel sacrilego habia hecho 
Al pueblo mucho mas que muchos daño, 
Y sin razón, sin causa, ni derecho 
Cortado la cabeza al Hermitaño : 
Vivia sin temer, quieto su pecho 
Sin recelo ninguno, ¡ oh ciego engaño. 
Que quien tanto mal hizo se descuide 
Que aun de su vida el mísero descuide! 

22 



338 



Estaba^ como digo, descuidado 

El pérfido Antecm-a en su bohío, 

Sin recelo, sin miedo, sin cuidado. 

Con gusto, con quietud, por guardia el rio 

Habia al español visto encerrado 

¡Sin valor, sin vigor, sin fuerza, y brio. 

Sin ánimo, sin barco, sin aliento, 

De sed, hambre, y trabajos macilento. 



Todas aquestas causas bien pudieron 
Asegurar al infido Antecura, 
Pero no así como ellos lo hicieron 
Su causa criminosa j desventura: 
Marchando con silencio grande fueron 
A sombra de la noche obscura 
Don Pedro de Yvacache, y sus soldados. 
Mas que de fuerzas de valor armados. 



Llegaron todos juntos a su puerta 
Sin ser de nadie vistos ni sentidos, 
Que la desgracia de Antecura abierta 
La tenia, y cerrados sus sentidos: 
En viendo la ocasión la presa cierta 
Entraron dentro seis apercividos: 
Al damnifico solo degollaron 
Y a toda su familia maniataron. 



Volviéronse con esto raudamente, 
Que no fuera esperar mas valentía, 
Llegaron a embarcar cuando en oriente 
Se veia ya el crepúsculo del dia: 
Supieron de los presos largamente 
Todo cuanto el contrario pretendía, 
Y como no anda ejército en campana 
Por ser poca la gente que hay de Espafia. 



339 



Teniéndolo por cierto dieron corte 
En si sabrán hacer luego otro barco 
Mas fuerte que no esotro, j de mas porte^ 
Con que salir al Neptunino charco: 
Pusiéronlo por obra y no hay quien corte' 
El modelo^ la forma, el plan, el marco, 
Pero al fin dio la traza el garbo, el modo^ 
El chantre don Alonso, diestro en todo. 



Con su favor y pocos materiales 
Acabaron al fin de tal manera 
Que se vio intervenir los celestiales, 
Que sin ellos hacerse no pudiera: 
Sacaron corbatones de perales 
Y de manzanos la demás madera, 
Las tablas de sobrados, cajas, puertas, 
Muchas de ellas por mil partes abiertas. 



Con trapos viejos mádidos taparon 
Por no tener estopa las junturas, 
Clavos y estoperoles que le echaron 
Fueron de varias suertes y hechuras: 
Estando, como digo así, no hallaron 
Brea con que brear las aberturas, 
Pero Dios que a los suyos jamas falta 
Ocurrió como tal en esta falta. 



Seis botijas de vino habian guardado 
Para el divino y santo sacrificio, 
Con aquesta intención fué reservado 
Por no dejar de hacer tan alto oficio : 
En brea las dos de ellas se han trocado^ 
¡ Oh gran milagro, o soberano indicio, 
De que Dios favorece a aquesta gente 
Como se a visto en todo, claramente! 

22* 



340 

Es Dios tan poderoso, es tan benino, 
Que para que mejor quien es se vea. 
En las bodas veréis de Architiclino 
Que del agua hace vino, aquí de el brea 
j Oh, dichoso lugar, oh, pueblo indino 
De la calamidad que te rodea! 
;0h, bárbaro gentil, alza la mano 
De a do pone la suya el soberano! 



Acabáronle al fin, y tan derecho 

Quedó, y con tal primor, sin que en él haya 

Falta ninguna, cual si fuera hecho 

Por el mejor maestro de Vizcaya: 

Echáronle después por un repecho 

Para que por allí rodando vaya 

Al rio de las damas raudamente. 

Por no poder llevarle allá sin gente. 



Mas fué, señor, rodando, de manera 
Tan veloz, tan derecho y de tal arte, 
Como si por el mar con viento fuera 
Sin trastornarse a la una ni otra parte: 
Estaba al mismo pié de la ladera 
Hecho de piedi-a tosca un baluarte, 
O por mejor decir, los paredones 
De unos A'iejos y antiguos casáronos. 



Un caso sucedió aquí misterioso 

Digno de ser aquí manifestado. 

No es poético cuento fabuloso, 

Qiie de ellos voy, señora, desviado: 

Y fué que yendo el barco así, furioso, 

A la pared derecha encaminado 

A donde mil pedazos se hiciera 

8i con la fuerza que iba el golpe diera, 



341 



Mas en lo mas derecho del camino^ 

Cuando ya iba llegando a dar el golpe, 

Algún celeste espíritu dimano 

Llegó; y allí parar le hizo de golpe: 

Iba cual por canal va de molino 

Bajando de agua líquida un gran golpe, 

Mas detenerse a donde se detuvo 

No hay que dudar que Dios fué quien le tuvo. 



Pero acudiendo luego los soldados. 
De mas vigor, espíritu, y aliento, 
A fuerza de sus brazos fatigados 
En el agua le echaron al momento: 
Fueron en él los mas determinados 
A buscar en la vega bastimento, 
Con él, aunque no mucho, se tornaron 
Que a precio de su sangre le compraron. 



Viéndose pues con barco y ya perdida 
De que vendrá socorro la esperanza, 
Las fuerzas apuradas y la A^ida 
Sin tener un momento de bonanza. 
Salieron a buscar con él la vida 
Para el mar rio abajo sin tardanza. 
Que pues por tierra no hay traza ni medio 
Buscar quieren por agua su remedio. 



Con toda diligencia le buscaron 

Sin tomar ningún modo de reposo, 

En él barra, ni boca no la hallaron. 

Que es, aunque es grande el rio, impetuoso: 

En bancos, bajos, islas encallaron 

Muchas veces con ímpetu furioso, 

Viéronse todas ellas en gran riesgo 

En la resaca horrenda del mar sesojo. 



342 

También por la una y otra vanda fueron 

Dos vanólas poderosas de gentío^ 

A vista del vatel siempre andubieron 

Pensando de cojerle en un bajío: 

De ellos con gran valor se defendieron, 

Que en los pasos mas ásperos del rio 

Le daban al pasar de cada vanda 

Con no menos valor gran zurribanda. 



Pasados todos estos tristes trances 
Se volvieron aflictos y penosos. 
Llegan a la ciudad y en sus alcances 
Los iracundos pérfidos furiosos: 
Hicieron en la vega muchos lances 
Con el barco en los tiempos mas dudosos. 
Trayendo inquieto siempre a su contrario 
Y al fuerte bastimentos de ordinario. 



Hacian dentro de el todos los dias 
Rogativas, plegarias, procesiones. 
Penitencias, limosnas, obras pias, 
Ayunos, ejercicios, oblaciones: 
Disciplinas, novenas, romerías. 
Prácticas exortantes, oraciones. 
Confesión general, votos, promesas 
De castidad, de religión espresas. 



Pudiérase llamar mejor, convento 
De santos religiosos consagrados, 
Que habitación, cuartel o alojamiento 
De lánguidos y míseros soldados: 
Puesto en el alto cielo el pensamiento 
Y en Dios, primera causa, sus cuidados. 
Habiéndolo a su madre encomendado 
Segunda vez el barco han despachado. 



343 

A buscar el canal del mar undoso 
-Que su remedio estaba solo en eso, 
Hallarle en él, que entienden que forzoso 
Le tiene de tener el rio grueso : 
A Don Pedro por ser mas cuidadoso, 
Caballero constante de gran peso, 
Amigo de la patria j de constancia. 
Remitieron la empresa de importancia. 



Hecho pues el oficio de cristiano, 
■Como el peligro a que se pone pide, 
A pesar del potente mar insano. 
Tiernamente de todos se despide 
"Con lagrimoso rostro y pecho humano. 
Que con furia inclemente se lo impide, 
Rompió bancos, restingas, y bajíos. 
Mostrando en lo mas áspero sus brios. 



Ko digo el riesgo, trances, ni apretura 
En que se vio al pasar el paso ignoto, 
Ni la tormenta grande y desventm-a 
-Que pasó contrastando al frió Noto: 
Mas digo que con sobra de ventura. 
Sin aguja, sin carta, sin piloto. 
Sin comer, sin beber, sin marinero. 
En Penco entró el valiente caballero. 



Mías cuando los cautenes salir vieron 
El barco y por el mar ir navegando, 
Por ominoso caso lo tuvieron. 
Que ya en su daño se iba declarando 
Airados, de tropel, furiosos fueron, 
A la ciudad paupérrima volando, 
A do con ademanes de embaidores 
Dieron por nueva cierta los traidores, 



344 



Que a do Canten con mano franca ofrece 
8u tributo al amargo señorío 

Y su nombre clarífico fenece, 

El barco feneció en un gran bajío, 

Y que los españoles, cuando crece 
La marea en las márgenes del i'io, 
Parecen todos ellos hechos piezas 

Y que para señal traen las cabezas. 



Levantaban en alto un negro bulto 
Que cabeza de lejos parecía, 
Alzando y arbolándola con sulto 
Horrenda y espantable vocería: 
Era tan grande el bárbaro tumulto 
Que tierra, cielo y mar estremecía, 
Haciendo que se aumente su denuedo,. 
El temor en el fuerte pena y miedo. 



Pero no faltó dentro quien tuviese 
Los hígados pestíferos dañados, 

Y de Dios olvidándose se fuese 
A los bárbaros pértidos alzados: 

Y sin mirar el pésimo a que fuese 
Hijo de nobles padres muy honrados^ 
Fuese a su propia patria mas dañoso 
Que todo el vando bárbaro alevoso. 



Es Gerónimo Bello, un mozo inquieto. 
El produtor, insano, pernicioso. 
Criollo de esta ciudad, de mal respeto, 
De mala inclinación, libidinoso : 
A todos cuantos vicios hay sujeto. 
Jugador, trapacero, revoltoso; 
Con una bella dama era casado 
Pero siempre vivía amancebado. 



345 



Estaba sin prisión el vellón preso 
Y hecha una información con un testigo^ 
De que intentaba de irse el mozo avieso 
El y un mal sacerdote al enemigo: 
Viendo pues la cabeza del proceso 
Temiéndose del áspero castigO; 
Antes de llegar la causa a prueba 
A los indios se fué con su manceba. 



Predicóles, el pésimo cristiano^ 

Sectas, leyes infandas, heregías, 

Cual otro heresiarca Samontano 

Al infierno buscaba nuevas vias: 

Que aquel a quien le da el señor de mano 

Por sus obstinaciones y porfías, 

La hora, el di a, el mes, el afio, piensa 

En que le podrá mas hacer ofensa. 



Fueron por orden de este perseguidos. 
Recibiendo continuo sumo daño, 
Los míseros hispanos, ya afligidos 
Con mas rigor y con furor estraño: 
Mil soldados le dieron atrevidos 
Dispuestos a cualquier traición y engaño. 
Aleves, contumaces, deguasores, 
Perniciosos, nefarios, fraudadores. 



Con esta buena gente fatigaba 

La nuestra sin parar solo un momento. 

Emboscadas apriesa les echaba 

Dentro de la ciudad, que no las cuento: 

Las indias de servicio se llevaba 

Por quitarles con ellas el sustento. 

Que aquestas a buscar fuera salían 

Malvas por que otra cosa no comían. 



346 

Viendo como el traidor los afligía, 
Le dijo con gran lástima su madre. 
Que como así sin ella perseguía 
A la mujer e hijos de su padre ; 
Que se volviese a Dios pues que tenia 
El título y señal de su cofadi-e, 
Pero el mozo sin miedo ni enbarazo 
A su madi'e tiró un arcabuz az o. 



] Oh; pérfidO; alevoso, mal cristiano. 
Impúdico, perverso, parricida. 
Anatema, cruel, sin íe tirano. 
Enemigo de Dios, de su alma y vida! 
Ko ofendieron así al género humano, 
Cuanto de ti tu patria fué ofendida, 
Maximino, Nerón, Minos, Tutíla, 
Oenserico, Diomedes, Mario, y 8íla. 



Miraras pues, traidor, sin fé perjui'O, 
Cuanto a su patria deben los humanos, 
Y aquel valor y amor tan hrme y puro 
Con que la defendían los Romanos: 
Si a aquesto, no a que están dentro del muro 
Tu madre, tu muger, deudos y hermanos. 
Pues no hay león ni tigre tan furioso 
Que no sea con ellos piadoso. 



Y acuérdate también sino te acuerdas. 
Pues es justo y aun lícito acordarte, 
Antes que el alma miserable pierdas 
Lo que padeció el Cristo por salvarte: 
Mas ya que no aflojar quiero las cuerdas 
A mi cansado espíritu, y dejarte 
Juntamente enemigo, con el canto. 
Pues por tu perdición te dabas tanto. 



Canto XVIII. 



Eebélanse los enemigos de los términos de Valdivia : pone el maese 
de campo gente de presidio en los llanos: tratan los indios ladinos 
de la otra ciudad de alzarse con ella: sabido por el teniente, castiga 
a los agresores: véase un presajio inaudito en el cielo: júntanse los 
enemigos : asaltan la ciudad estando los españoles descuidados 
y durmiendo. 



¡Que buena y cuan forzosa es la justicia 

Para todos los géneros de estados! 

Sin ella la república se envicia, 

Por ella son los hombres mas templados: 

Mayor fuera sin ella la malicia, 

Por ella son menores los pecados. 

Sin ella no viviéramos seguros, 

Por ella en campo estamos tras de muros; 



Que conociendo Dios las condiciones 
Del frágil ser humano y calidades, 
Del cielo la envió, con otros dones, 
Para evitar insultos y maldades: 
Hubiera mas dañadas intenciones. 
Muchas y mas horrendas impiedades. 
Si a las conciencias anchas no ajustara 
Y a los desenfrenados no enfrenara. 



348 

Mas ha llegado a tanto la insolencia 
En este reyno triste, que le han dado 
A la hijusticia nombre de clemencia, 
Y de piadoso al necio juez malvado: - 
Al malo perdonarle es dar licencia 
Para que viva el tal desenfrenado^ 
Es tirano traidor que no clemente 
Quien las maldades públicas consiente. 



Es clemente, es magnánimo, es piadoso, 
Quien limpia la república y castiga 
Al malo, al insolente, al pernicioso, 
Antes que otro mayor delito siga: 
A su patria no fuera tan dañoso. 
Sino hubiera ella sido su enemiga, 
En consentirle a Bello tantas cosas 
Horrendas todas ellas y dañosas. 



Si el paso a los principios le atajaran 
Con castigarle algunas liviandades, 
A donde ahora llegaron no llegaran 
Ni tanto así cundieran sus maldades: 
Veráse en otra parte a donde paran 
Y cual pasó primero a otras ciudades. 
Que a Valdivia de aquí volverme quiero 
A ver un Minotauro monstruo fiero. 



Después que el capitán Gómez Komero, 
Como ya tengo dicho fué a los llanos, 
Y en Calla-calla Quintolien austero 
Degolló a los catorce castellanos: 
Por mandado de aqueste vandolero 
Se alteraron después sus comarcanos. 
Mas viendo que iba todo de esta suerte 
En los llanos Romero puso un fuerte. 



349 

Dejó por capitán en esta fuerza 
A Gonzalo Hernández con cuarenta 
Soldados buenos^ pero es poca fuerza 
Para conforme andaba la tormenta: 
La priesa con que voy me hace tuerza 
A otra parte la pluma^ sin dar cuenta 
De quien la dio de si de tal manera 
Que nadie le llevó la delantera. 



Mas diré solamente en su alabanza^ 

Que ganó en estas partes tal renombre 

El Gonzalo Hernández por su lanza, 

Que el nombre mereció de el de su nombre: 

Cacalla, pues, un hijo tal alcanza, 

El suyo ensalce cuanto el de aqueste hombre, 

Le hará que de hoy mas mas alto suene 

Que el que por el licor antiguo tiene. 



Mas volviendo a Valdivia, como digo. 
Digo que por mandado de Romero 
Andrés Pérez dejó de hacer castigo 
En el ladino bando vandolero : 
Aunque prendió después a un indio amigo, 
Por cierto indicio que hubo verdadero. 
El cual dijo apurándose contratos 
De los ladinos pérfidos los tratos. 



Y fué que con los indios comarcanos 
Tienen liga, concierto y trato hecho 
De darles la ciudad toda en sus manos. 
Con cuanto tiene dentro de provecho, 
Por que los libren ellos de tiranos. 
De aquella sujeción, de aquel estrecho, 
De aquella esclavitud, de aquella vida 
En que su libertad está oprimida. 



350 



La trazR; industria^ práctica^ y conciertos. 
El modO; el trato, el orden, la manera 
Para que fuesen sus intentos ciertos 
Estaba dado ya de esta manera: 
Que a cuatro, a seis, a diez indios cubiertos^ 
En su casa cualquier de ellos tubiera, 
Y cuando al arma los demás tocasen 
Que al señor dentro de ella degollasen. 



Yista la información y la resulta 
De ella contra los pérfidos traidores. 
Entró con los alcaldes en consulta 
Y con los mas ancianos regidores: 
Con diligencia y sutileza oculta 
Luego al punto prendió a los agresores; 
Ellos y los que estaban mas culpados 
Fueron el mismo di a justiciados. 



Y sin tomar descanso ni reposo 
Cerró con fuertes vigas las entradas, 
Del desdichado pueblo delicioso 
Con gruesos clavos todas enclavadas: 
En el convento del de Asis glorioso 
Por tener las paredes levantadas, 
Metió la gente, ropa, y bastimento, 
Fortificando mas aquel convento. 



Después que todo estuvo puesto a punto, 
Por orden como digo del teniente, 
íSin del tiempo perder un solo punto. 
Que era sagaz solícito y prudente, 
Aviso envió de todo luego al punto 
Al maese de campo, que al presente 
Andaba campeando en el contorno 
De la ciudad magnífica de Osorno. 



351 



Detúvose en hacer algunos dias 

Malocas^ saltos, dafioS;, emboscadas^ 

Alcances^ suertes, mil corredurías, 

Presas grandes, heroicas cabalgadas: 

Quemando pueblos, ranchos^ alquerías^ 

De las pervessas gentes reveladas, 

Después fué a la ciudad que a Dios pluguiera 

Que a ella el miserable nunca fuera. 



Fueron con el algunos capitanes, 
Mozos sin presunción, lividinosos, 
De gallardos aspectos y galanes, 
Pero lascivos mas que belicosos: 
Y todos los demás eran guzmanes 
De menos presunción que deliciosos, 
Inclinados a Venus mas que a Marte, 
Mas respetada aquí que en otra parte. 



Vendían aquí los hijos a sus madres. 
Las madres a sus hijas dulterinas. 
Tenia cualquier hijo treinta padres. 
Cada padre otras tantas concubinas: 
A menudo se veían las comadres, 
Y en casas de paríentas o vecinas 
Juntábanse a hacer el almoneda 
Valiendo todas clases de moneda. 



No les aprovecharon peticiones. 
Promesas, ruegos, lástimas, ni quejas, 
Requerimentos ni protestaciones, 
Que a cosa de estas quiso dar orejas: 
Haciendo al cielo mil esclamaciones 
Y enarcando los mas de ellos las cejas, 
Del convento salieron desnudados 
Cual los que van a muerte condenados. 



oo2 



No fué el yerro tau grande que hicieron 
En haber sin razón dejado el fuerte 
Como los que después acometieron. 
¡Oh gran dislate! oh^ desdichada suerte! 
Las calles que cerró el teniente abrieron 
Para que entrase mas franca la muerte^ 
De la cual ni de Dios nos acordamos 
Cuando en los vicios mas nos sepultamos. 



Estaban los ministros principales 
En el mar de los vicios engolfados, 
Y en el con amorosos temporales 
Navegaban del ábrego olvidados: 
Siendo los capitanes sensuales 
Mal serán abstinentes los soldados, 
Al mismo paso que ellos caminaban 
Siguiendo el propio rumbo que llevaban. 



En siendo desmandado aquel que manda 
No puede ser el pueblo bien mandado, 
La república luego se desmanda 
Cual sin pastor el mísero ganado: 
No quiere obedecer cosa que manda 
Ni se hará jamas bien su mandado, 
Si no es que a si primero se corrige 
Pues es por quien el subdito se rige. 



Viendo pues los ladinos sediciosos 
El descuido tan grande que tenian, 
Y como los soldados licenciosos 
Que a sus anchuras sin velar dormian, 
Solícitos, alegres, cuidadosos. 
Para salir con cuanto pretendían. 
En secreto enviaron mensageros 
Avisando de todo a los guerreros. 



353 

En Mariquina luego se juntaron 

Los mas famosos hombres de la guerra, 

Y allí los mensajeros publicaron 

La embajada y descuidos de la tierra : 
Hechos sus parlamentos despacharon 
Correos con las flechas a la sierra 

Y a Puren, a decir a Pelantaro 
Que en la ciudad se vive sin reparo. 



Y^ a que les enviase alguna gente 

De la suya, en la guerra ejercitada^ 

Animosa, solícita, y valiente. 

Por quien la nueva sea gobernada: 

Con la cual bien podran seguramente 

Entrar en la ciudad de si olvidada, 

Que según avisaban los ladinos, 

¿5Ín guardia están ni fuerte los vecinos. 



Llevó a Puren la flecha y el mensage 
Pedro, un indio ladino de los llanos, 
De ingenio claro, obscuro de linage, 
Traidor, de pensamientos inhumanos, 
Sagaz, sutil, discreto en su lenguage. 
Pertinaz enemigo de cristianos. 
Vertible, lenguaraz, malo, alevoso, 
Seditor arrogante y belicoso. 



Tardaron mas en ir los mensajeros. 
Con ir mas velocísimos que el viento, 
Que en venir los armígeros guerreros 
A la obediencia y nuevo llamaitiiento : 
Mil soldados vinieron forasteros. 
Cuatro mil naturales y no cuento 
Pages, mozos, caciques, y guzmanes, 
Ni de Puren cuarenta capitanes. 

23 



354 

Envió el general toda su gente, 
Digo la natural, de Pailaqueno, 

Y a Calleuman, su suegro, por teniente^ 
Hombre arrogante de ambiciones lleno: 
No se halló en esta ocasión presente 
Por cuanto estaba de salud ageno. 
Llevó Bello la escuadra de Cautenes 

Y Juan Sánchez la suya de l\>ltenes. 



Otra cuadrilla fué de arcabuceros 
Mestizos y anaconas foragidos, 
Indios ladinos, negros vandoleros, 
Zambahigos, mulatos, malnacidos: 
Juntos fueron los bárbaros guerreros 
En tres escuadras todos recogidos, 
Una de los armígeros infantes. 
Las dos de los ginetes militantes. 



Llegaron todos juntos aquel dia 

Y en orden como cuento a Calla-calla> 
A donde Quintolien junta tenia 

Gran suma de cerbeza y vitualla: 
Allí con fiestas, bailes y alegría 
!Se refrescó la bárbara canalla, 

Y a música de tímpanos grosera 
Empezaron la osada borrachera. 



Cuando ya en los estómagos calientes 
Los manjares espléndidos hervían, 
Y los vapores cálidos, ardientes, 
Al trémulo pináculo subían, 
Llegaron de Valdivia diligentes 
Los mas de los idólatras, que habían 
Enviado el aviso y la enbajada, 
A dar priesa a la gente revelada. 



355 

Diéronles relación estos entera 
De todo cuanto en ella se trataba, 
Del deleite en que estaba y la manera 
Que la viciosa gente se alojaba: 
De la vida que vive placentera, 
Del gran descuido y poco que velaba, 
Del orden que tendrán en el asalto 
Y por donde entraran sin sobresalto. 



Acabada la tiesta, caminaron 
Sin detenerse un punto, raudamente, 
En mal seguras góndolas pasaron 
De Angacliilla la rápida corriente: 
Media milla del pueblo se alojaron 
Cuando el Latonio Rey en occidente. 
Queriendo rematar el tardo dia, 
El dorado behículo escondía. 



Fueron con tal silencio caminando 

Y con tanto recato apercibidos, 

Que con ser de seis mil el crudo vando 

De ningún español fueron sentidos: 

Apenas se alojaron todos cuando 

Vinieron dos malimes o atrevidos, 

A decir que en el pueblo aun no es sabida 

Ki menos se barrunta su venida. 



Caso es digno de ser considerado 
Y de que no se olvide eternamente. 
Pues con razón es justo ser loado 
El grande sufrimiento de esta gente: 
Que habiendo su venida consultado 
Con toda la del pueblo finalmente. 
Siendo tanta como era que no hubiese 
Quien aviso a la nuestra de ello diese. 

23* 



356 

Y si alguno le dio no le entendieron 
Porque el oido; vista y el olfato, 
De puros estragados le perdieron 

Y solo les quedó el gusto y el tato: 
Pues como estaban ciegos, nunca vieron 
Este caso monstrítíco que trato, 

Que por ser la verdad y tan notoria 
Autorizar con él quiero esta historia. 



En esta ciudad mísera vivia 

Un español hidalgo, ya hombre anciano, 

En cuya muestra claro parecia 

La señal de católico cristiano: 

A un jar din pequeñuelo que tenia 

A rezar se salia en el verano. 

Que la oración mejor es la secreta 

Por ser al mismo Dios la mas aceta. 



Estando allí una noche en su ejercicio 
Oon devoción altífica rezando. 
Para ofrecer a Dios su sacrificio 
Los ojos alzó al cielo contemplando, 
A un ángel vio que airado por el vicio 
Al triste pueblo estaba amenazando 
Con una espada aguda alta en la diestra 
Y una antorcha encendida en la siniestra. 



El fuego claramente parecia 

Que sobre el mismo pueblo le arrojaba, 

Con el cual al instante le encendia 

Y con el totalmente se abrasaba: 

De esta visión que vio luego a otro dia 

A mucha gente cuenta de ella daba, 

Pero crédito alguno no le dieron 

Antes haciendo burla se rieron. 



357 

No fué este gran portento alguna parte 
Para que^ de la mal seguida senda^ 
El terco pueblo impúdico se aparte 
Volviendo a la de la virtud la rienda: 
Parécese quien peca mucho en parte 
Al hidrópico hinchado en la contienda 
Que mientras bebe mas mas sed padece 
Y aquello que es dañoso eso apetece. 



Así como esta miserable gente 
De los vicios estaba tan sedienta. 
Cuanto pecaba mas la sed ardiente 
Sin poderse abstener se le acrecienta: 
Y como así vivía ciegamente 
Por su mal no cayó antes en la cuenta^^ 
Hasta que por sus culpas y malicia 
Cayó sobre ella el rayo de justicia. 



Un año, diez, cuarenta, y ciento aguarda 
El poderoso Dios a que se enmiende 
El pecador, mas viendo que se tarda 
Y que sin tasa o limite le ofende. 
No arroja rayo asi la nube parda, 
Ni tan fogoso y rápido desciende. 
Como el de su justicia cuando viene 
Sobre el que de ofenderle no se abstiene. 



Vayan, pues, como van, sigan sus gustos, 
Que presto se verán arrepentidos,. 
Y sus contentos vueltos en disgustos 
Rotos, muertos, deshechos, y abatidos: 
Que a do dejé a los bárbaros robustos 
Me vuelvo a ver si están apercibidos. 
Para dar como tienen concertado 
Al miserable pueblo descuidado. 



358 

Querían los id(51atras se diese 

Con ímpetu al primer sueño el asalto^ 

Para que de mayor espanto fue&e 

A la gente dormida el sobresalto, 

Y para que también, si mal les fuese, 

Poderse retirar sin hacer alto 

A su salvo sin pérdida, ordenados, 

Con el nocturno manto cobijados. 



Mas Gerónimo Bello los detiene 
Diciendo se dilate la jornada, 
Que a hora tal hacerse no conviene 
Porque aun no está la gente sosegada: 
Que cuando mas sosiego y sueño tiene 
Es cuando ya la luz de la alborada 
Se va por el oriente levantando 
Y al ocaso las sombras derribando. 



Entonces dice que es cuando reposa 
La gente que a sin orden trasnochado, 

Y cuando el sueño duerme la viciosa 
Mas dulce, mas sabroso, y regalado, 

Y el tiempo en que podran sin temer cosa 
Entrar por donde tienen ordenado, 
Cercando la ciudad de toda suerte 

Que nadie no se libre de la muerte. 



Con estas y otras cosas que propuso 
El pérfido enemigo, mal cristiano, 
Mud() su intento el bárbaro y dispuso 
Para seguir el suyo por mas sano: 
La gente toda en ordenanza puso 
Que para todo a Bello dieron mano, 
Mandándole que mande, quite y ponga 
Y a su voluntad todo se disponga. 



359 



Estaba ya el traidor bien informado 

De que en el fuerte nadie no asistía, 

Y de como Romero descuidado 

A sueño suelto sin velar dormia: 

Así todo el ejército dañado 

En doce tropas todo dividía, 

Para que a un tiempo y hora como Martes 

Embistiesen las once en once partes. 



A esotra, que es la mas lucida banda 
De la gente gallarda y de mas suerte, 
Antes que las demás embistan manda 
Que cerquen con silencio grande el fuerte: 
Y que por la una ni por la otra banda 
A Calleuman, que va con ella, advierte 
Que no entre alguna de la nuestra dentro, 
Mas que salgan con ímpetu al encuentro. 



Llegada pues la hora desdichada 
En que por el derceto de los hados, 
Y mano de la cruda Parca airada 
Habrán de ser tantos degollados. 
La pérfida cuadrilla congregada 
Con gran silencio y paso concertados 
Entró por la ciudad desguarnecida. 
De torpe sueño y vicios bastecida. 



jOh poderoso Dios! y quien tuviera 
Caudal, estilo y vena mas copiosa. 
Para que por sus términos dijera 
Este conflicto sin faltar en cosa: 
Del bárbaro la furia y la manera 
Que a solo esta ciudad tan poderosa 
Fuerzas, robos, crueldades, asechanzas, 
Rencores, iras, muertes y venganzas. 



360 

Mas sin ayuda vuestra yo no puedo 
Pasar de aquí, señor, mas adelante, 
Que es poco mi valor y mucho el miedo 
Que tengo del indómito arrogante: 
Mas si me dais vigor y mas denuedo 
Esfuerzo firme y ánimo constante 
Pasaré sin temor, mas si esto falta 
Mal podré sin que de mas de una falta. 



Y vos también, ilustre Luciana, 
Me socorred en trance tan dudoso, 

Que el viento carga y la tormenta insana 

Y estoy dentro del piélago furioso: 

Y de ver su gran furia que no cesa 
Que no llegaré a puerto receloso, 
Mas antes en el mas profundo golfo 
Rota mi nave y sin timón me engolfo. 



Mas si volvéis. Señora poderosa. 
Vuestros benignos ojos a mi barca, 
No temeré la mar tempestuosa 
Ni menos a los filos de la Parca: 
La cual alegre, suelta, y presurosa. 
De la de Flegeton se desembarca, 
Y a Valdivia se va revuelta en saña 
Afilada en la diestra su guadaña. 



Las tres rabiosas furias infernales 

Con ponzoñosas viveras incitan 

A los precipitados naturales, 

Y así con mas furor se precipitan: 

Pero los españoles sensuales 

A Pasitea plácidos visitan. 

Hasta que dando golpes a su puerta 

La inexorable Parca los despierta. 



361 



Sin guardia, sin temor, sin centinela, 
Sin atalaya, espías, sin escucha, 
Sin posta, sin recelo, ronda, y vela. 
Cansados duermen de la dulce lucha: 
De la de Marte nadie se recela 
¡Oh gran descuido! oh desventura nr^icha! 
Que así cegase a tantos el dios ciego 
Con los fogosos rayos de su fuego. 



Españoles, ¿decid que sueno es este? 
¿Habéis bebido el opio y el beleño. 
Que así se os va pegando como peste 
El blando, torpe, triste y mortal sueño? 
No durmáis, despertad antes que os cueste 
El resto todo de que fuistes dueño. 
Levantad la cabeza, ¿no os da pena 
Ni escarmentáis de ver rgta la agena? 



Mas ¡ ay ! que no es el sueño no el que digo 
El que os transporta tanto y adormece. 
Ni es la fuerza del opio ni el tosigo 
El que vuestros sentidos entorpece: 
Mas es de vuestras culpas el castigo 
Quien os ofende, olvida y desvanece, 
Y el sueño de los vicios y pecados 
En que estábades todos sepultados. 



Fué un escuadrón de aquellos a Carmenga^ 
Barrio de la ciudad algo apartado, 

Y antes que a socorrerle alguno venga 
A puro fuego fué todo asolado : 

Y sin que allí un momento se detenga 
Pasó luego adelante acelerado. 
Habiendo aquestos bárbaros cosarios 
Degollado a los padi-es Mercenarios. 



362 

Oanaron los demás la plaza y fuerte 
Antes de ser los pérfidos sentidos^ 
Por estar los hispanos de la suerte 
Que dije, descuidados y dormidos: 
Y amenazando a todos con la muerte 
Coléricos, rabiosos, atrevidos, 
Tocaron las campanas dando voces 
Los iracundos bárbaros feroces. 



Los míseros cristianos cuando oyeron 
El rumor y la voz de la campana, 
A las vecinas armas acudieron 
Tomando cada cual la mas cercana, 
Pero como perdidos ya se vieron 
Y a la gente cruel, feroz, insana 
Dentro de la ciudad, sin esperanza 
De vivir, procuraban la venganza. 



Ko les daban lugar para juntarse, 

Que al salir de sus casas muchos mueren, 

Mas con rabiosas ganas de vengarse 

Matando a su enemigo morir quieren: 

Ko pretenden algunos de salvarse, 

!Ni vivir en el mundo, mas no quieren, 

Que aborreciendo las sabrosas vidas 

Son de sus homicidas homicidas. 



Mas como los contrarios eran tantos 

Y de ellos la ciudad estaba llena, 
En aquel, en aqueste, y todos cantos, 
A priesa vidas Átropos cercena: 

I Oh, cuantos sin sentir mueren, y a cuantos 
Les acaba el dolor y grave pena 
De ver su cara patria enagenada 

Y en poder de una gente tan malvada! 



363 

Aquellos que a los nuestros mas ofenden 
Son los indios ladinos sus criados, 
Que como libertarse ellos pretenden 
Mas que esotros se muestran denodados: 
Las casas con rabiosa furia encienden 
Sin perdonar los templos consagrados, 
Centellas; humo, fuego, y las pavesas. 
Bramando a su región suben espesas. 



Con los sesos y sangre que llovia 
De rojo y sangre se matiza el suelo, 
La negra polvareda que subia 
Entolda en torno a todo el claro cielo: 
Las voces, grita y lástimas que liabia, 
Angustias, penas, lágrimas, y duelo. 
El llanto de mugeres y alarido 
Privaban a los hombres del sentido. 



Unos en largas picas levantados 
Despiden por cien partes alma y vida, 
Otros entre los pies mueren pisados 
El aliento y la fuerza ya perdida: 
Los de menores ánimos, turbados 
Por temer a la muerte desabrida, 
Escondidos en casa se quedaron 
Y entre las vivas llamas acabaron. 



Algunos que del fuego se libraban 

Y de los enemigos cautelosos 

Apriesa para el fuerte caminaban, 

Que les hizo el temor ir presurosos: 

Mas cuando a vista o cerca de el llegaban 

Quisieran haber sido perezosos. 

Que mientras mas apriesa van al fuerte 

Mas presto se abrazaban con la muerte. 



364 



Mas aquellos a quien temor no pudo 

No verlos a que fuesen de su bando. 

Desnudos de el y el pecho allí desnudo 

En la contienda mueren peleando: 

Ni muerte, ni dolor de golpe crudo 

A ninguno jamas fué amedrentando, 

Que aunque las blandas carnes son sensibles 

Les hace el odio y cólera insensibles. 



Don Antonio de Córdova y su tio 
El diestro Don Alonso de Zurita, 
Con gallardo valor ánimo y brío 
La diestra cada cual bien ejercita: 
Don Alonso al valiente Calcolío 
La vida de un revés mortal le quita, 
Y volviendo la espada por lo hueco 
Hasta la guarnición metió a Angaleco. 



Pero el gallardo joven no olvidando 

Su prosapia, como hombre mas soberbio, 

La vida y enemigos despreciando 

Se mete por el bando cruel, proterbio, 

La vida y enemigos despreciando 

Correspondiendo bien a su proberbio 

Castiga, descalabra, rasga, hiende, 

Al bárbaro feroz que mas ofende. 



Después de haber dos horas peleado 
Como valiente y bravo caballero, 

Y a muchos de los bárbaros quitado 
La vida con semblante airado y fiero. 
Mas de seis cientos indios le han cercado 

Y en medio de este número guerrero. 
Quedó el honor de Córdovas difunto 
Sin dejar de ofender hasta aquel punto. 



365 

Teñido el brazo en sangre hasta el codo 
Con gallardo denuedo y peregrino. 
Imitándole bien contino en todo 
Don Alonso siguiendo fué al sobrino: 
Hasta que de la misma suerte j modo 
El alma dio al celeste rey divino, 
Dejando aqueste par de caballeros 
Muertos muchos de los contrarios fieros. 



Mas de quinientos bárbaros llegaron 
Antes de que empezasen la reyerta, 
Y sin hacer estrépito ganaron 
Del maese de campo calle y puerta: 
Rompiéndola con hachas dentro entraron, 
Peso por otra falsa de la huerta 
Armado y a caballo salió fuera 
Cuando sintió el rumor y voz primera. 



En la silla los muslos apretando. 
Jugando sin cesar de las espuelas. 
Pasó por medio de ellos galopando 
Sin ser de algún efecto sus cautelas, 
A la banda del rio peleando 
Halló a los dos hermanos Yalenzuelas, 
Y a dos o tres valientes compañeros 
Con una escuadra de infidos guerreros. 



Estaba con la plancha puesta en tierra 
La Nave de Antolin Saez G allano, 
A quien acometió esta gente perra 
Pensando de entrar dentro a paso llano: 
Pero Yillarroel la desafierra 
Y alargando las áncoras a mano 
A lo largo se puso con presteza 
Por no perder la nao con la cabeza. 



366 

Mas algunas mujeres cuando vieron 
La gran furia del bárbaro sangriento, 
Y que a los mas hispanos muerte dieron 
En aquel primer ímpetu violento, 
Pensándose enbarcar a la mar fueron, 
Pero salióles vano aqueste intento, 
Que ya tomado el pérfido tenia 
Los pasos de la playa mucho habia. 



Así a donde pensaron guarecerse 

Y librarse mejor de los tiranos, 
Allí vinieron antes a perderse 

Y a dar de golpe entre las crudas manos: 
Mas como no pudieron defenderse 

De aquellos enemigos inhumanos, 
Socorro con gran lástima pidieron 

Y a dársele los Valenzuelas fueron. 



Trabaron pues con ellos la batalla 
Y por su libertad hicieron tanto. 
Que al bárbaro traidor de Calla-calla 
En confusión pusieron y en quebranto: 
Libráronles al fin de la canalla 
Pero el de ellos diré en esotro canto. 
Porque el dolor me aprieta de manera 
Que no puedo la voz ecliarla fuera. 



Canto XIX. 



Prosigúese el asalto: mueren todos los españoles: queman, roban y 
asuelan toda la ciudad : hacen los enemigos solemne fiesta o borrachera 
en memoria de la celebrada victoria que han tenido: hacen sacrificio 
al Demonio de la sangre de los españoles que llevaron presos : cuéntase 
el mal tratamiento que hicieron y estupro a las doncellas y como mi- 
lagrosamente se libró el teniente Andrés Pérez del bárbaro sacrificio. • 



Es Dios de la justicia tan amigo, 

Que aunque su amor a veces la suspende, 

Jamas dejó a ninguno sin castigo 

Como de sus errores no se enmiende: 

No deja por temor de su enemigo 

De cestigarle luego, mas pretende 

La enmienda del, mas cuando va a la larga 

Su poderosa mano en el descarga. 



Castiga pues por modos diferentes 
A los que no obedecen sus mandados, 
A malechores, a los consintientes, 
A cada cual conforme a sus pecados: 
Los ángeles del cielo inobedientes 
Por la soberbia fueron derri vados, 
A los primeros padres los sentencia 
A muerte por su grande inobediencia. 



368 

Por la lujuria el mundo fué anegado, 
Con fuego consumió a los Sodomitas, 
Y por la idolatría castigado 
El pueblo fué de los Israelitas: 
Cualquier juez mandó fuese ahorcado 
Cuando con las mujeres Madianitas 
Consintieron tratar a los hebreos 
A su gusto cumpliendo sus deseos. 



A Datan, y Abiron, mandó a la tierra 
Por la murmuración se los tragase, 
Al rey Saúl que mueva cruda guerra 
A Amalee y el reyno le quitase: 
Por instrucción le dio que cuanto encierra 
El reyno en si que todo lo asolase, 
Desde el Rey al mas bajo y mas sencillo 
Pase y los animales a cuchillo. 



Mandó también al ángel percuciente 
Que con su destructora espada fuese 

Y al viejo, al mozo, al niño, al inocente, 
Sin perdonar ninguno muerte diese: 

Y porque nadie piense vanamente 
Que algún lugar sagrado le valiese, 
Que el castigo comience para ejemplo 
Por el gran sacerdote de su templo. 



Por lo cual creo yo sino me engaño 
Que del cielo ha venido aquel castigo, 
Y que permite Dios que venga el daño 
Por mano del idólatra enemigo: 
Pues vemos que jamas en todo el año 
Dejaban de ofenderle como digo. 
Corriendo tras del vicio a rienda larga 
Cargando de pecados mas la carga. 



369 

Y porque^ como padi-e piadoso^ 
Antes que su sentencia ejecutase, 
Quiso que aquel arcángel luminoso 
Que airado cual se vio le amenazase. 
Para que el pueblo mísero y vicioso 
Temiendo su castigo se enmendase, 
Pero apel(5 con sobra de malicia 
De su misericordia a su justicia. 



Mas fué de tal manera ejecutada, 

Que otra destrucción jamas se a visto 

Que pueda ser con esta comparada 

Con la de la ciudad do murió Cristo. 

Volver a seguir quiero mi jornada 

Que el bárbaro feroz anda tan listo, 

En el duro certamen sanguinoso 

Que aun no me da un momento de reposo. 



Después que a las cautivas libertaron 
Los valientes hermanos como cuento, 
Y en un batel que estaba allí embarcaron 
Poniéndolas con el en salvamento. 
Llegó Eomero, y siete se juntaron. 
Armados, a caballo, y sin aliento. 
Que del haber con tantos combatido 
Le habían, mas no el ánimo, perdido. 



Vinieron otros trece arcabuceros 
Huyendo de los bárbaros malvados. 
Que por ventanas puertas y agujeros 
Atónitos salieron y espantados: 
Viéndose pues con veinte companeros. 
Aunque los mas estaban despulsados, 
Don Alonso le dijo allí a Romero 
Lo que yo aquí en mi cántico refiero. 

24 



370 

"Ya vemos la ciudad toda perdida^ 
Muertos nuestros amigos y parientes^ 

Y en poder de esta gente descreída 
Las mujeres y niños inocentes: 

Y aunque podemos bien salv^ar la vida, 
Ko podemos vivir entre las gentes 

8i con ella quedamos y sin honra, 

Pues es nuestra la infamia y la deshonra. 



"Aquí será mejor que la perdamos 
Combatiendo con estos escuadrones, 
Que no que así, sin mas ni mas, vivamos 
A poner nuestra honra en opiniones: 
¿Que dirán de nosotros si dejamos 
En poder de estos bárbaros ladrones, 
Mi cara patria^, huérfanas doncellas, 
Y así nos Abamos sin morir por ellas? 



"Dirán que fuimos cual los dos Troyanos, 

Eneas y Antenor, cuando dejaron 

Su cara patria entre las griegas manos, 

Y con deshonor suyo se libraron: 

Muramos como bélicos Romanos, 

De quien la escelsa fama que ganaron 

Continuo vivirá mientras que hubiere 

Gente en el mundo, que esa jamas muere. 



"Vamos, pues, socorramos los amigos. 
Si es que han quedado algunos con las vidas, 
Y cuando no a los crudos enemigos 
Venderemos las nuestras bien vendidas: 
Que aquí solo servimos de testigos 
Pudiendo de estas gentes fementidas 
Tomar justa venganza, pues la muerte 
Vemos que junta en nuestra triste suerte." 



371 



Ya en este tiempo^ Febo cristalino, 
Rompiendo el negro velo liabia mostrado 
Su rostro envuelto en un color sanguino 
JEn medio de un gran círculo morado: 
Y el furibundo bárbaro malino 
A toda la ciudad triste abrasado. 
Andaba así tan bravo y tan furioso 
Cual suele acontecer al virtuoso. 



Mas como vio Romero el mucho brio 
De Don Alonso y causas tan bastantes, 
Remitiéndolo todo a su albedrío 
Cerraron con los pérfidos pujantes, 
Habiendo antes dejado junto al rio 
Al capitán San Juan con los infantes. 
Para que el paso guarde y le defienda 
Cuando ganarle el bárbaro pretenda. 



Pero los siete, cual hambrientos pardos 
A tímidas objas, acometen, 
Y los que son mas bravos y gallardos 
A aquesos con mas ímpetu arremeten: 
Rompiendo picas, flechas, lanzas, dardos. 
Por ellos apesar suyo le meten. 
Privando a muchos del vital aliento 
Los fueron retirando hasta el convento. 



Allí con los demás se entremetieron 
Y a los nuestros revuelven de tal suerte, 
Que con pequeña pérdida les dieron 
A los tres de los siete cruda muerte: 
Pero los cuatro al fin tanto pudieron 
Que apesar de los bárbaros del fuerte. 
Sacaron libre y a sus compañeros 
Al padre Fray Antonio de Viveros. 

24* 



Estuviéronse dentro en San Francisco 

Con no poco temor^ de la manera 

Que suelen los corderos en su aprisco 

Cuando a los lobos sienten que andan fuera; 

Pero libres del fiero basilisco 

En un barco que estaba en la ribera^ 

Sin mirar si los hábitos se moja-n 

Con el agua a los pechos a el se arrojan. 



Embarcados los Padres dio la vuelta 
Romero con el terno de guerreros, 
Entró por la ciudad a rienda suelta 
Atropellando bárbaros ligeros: 
Con una gran cuadrilla desenvuelta 
Se revuelven los cuatro compañeros, 
Tan bravos, tan soberbios, tan airados, 
Que solo en verlos huyen despulsados. 



Mas al rumor que andaba y al estruendo 

De los arneses finos y la malla, 

Vinieron los demás indios corriendo 

Y atacaron con tiempo la batalla: 

Mas no por ser tan grande el vando horrendo 

Dejaron los Ibéricos de dalla. 

Antes como aborrecen ya la vida 

Pefíian la pendencia mas reñida. 



En los terribles golpes que se daban 
Los unos a los otros a porfía, 
Parecian Ciclopes que majaban 
Apriesa en la V^ulcana herrería: 
Los golpes cerca y lejos atronaban 
Y el recinto del hierro reteñía. 
Que como se concute tanto zumba 
Que a do quiera el bombísono retumba. 



373 

El mago Pirempan, gran hechicero^ 
Exortando a su gente andaba a priesa, 
Mas feroz que un león el delantero 
Vibrando una tostada pica gruesa: 
Pero con el cerró Gómez Eomero 
Y el cuerpo con la suya le atrabiesa, 
Rompióle pecho, huesos, y ternillas, 
Entrañas, lomos, bofes, y costillas. 



Alzaron los demás grande alarido 
Cuando vieron al mago muerto en tierra, 
Pero con mayor ímpetu y ruido 
Refrescaron de nuevo mas la guerra: 
Con Anteleo, un jayán muy atrevido. 
El sargento mayor furioso cierra, 
Y dando un crudo golpe el indio en vago 
Quedó por compañero allí del mago. 



Mas fueron los contrarios apretando 
La sanguinosa lucha de manera, 
Que a los nuestros llevaron retirando 
Hasta que los detuvo la ribera: 
Pero siempre rompiendo y maltratando 
A la contraria gente brava y fiera. 
Mas como vencedores que vencidos 
Aunque con los caballos mal heridos. 



Allí se renovó la lid sangrienta. 
Porque salió San Juan con sus infantes, 
Dándoles una carga y otra en cuenta 
De ardientes truenos, rayos ribombantes: 
Pero como la fuerza le acrecienta 
A los reveldes pérfidos pujantes, 
Cerraban con mas ánimo y denuedo 
8in tener de la muerte ningún miedo. 



374 

Mas no por ser tan grande la ventaja 
El número menor un punto afloja^ 
Antes con mas esfuerzo se aventaja 
Haciendo al enemigo se recoja: 
La furia crecC; cólera y baraja^ 
La tierra seca en sangre se remoja; 
Ya se retiran estos de la guerra, 
Ya esotros pierden la ganada tierra. 



Anduvieron asi de aquesta suerte 
Perdiendo y ganado mas de una hora, 
Y en medio de ellos la terrible muerte 
¡Sangrienta la guadaña cortadora, 
Hasta que la fortuna hecho la suerte 
En favor de la gente malhechora, 
Que siendo de ella mas favorecida 
Quedó la nuestra mísera y vencida. 



Con tal denuedo y ánimo cerraron 
Con todo su poder, pujanza, y brio^ 
Que a los hispanos bélicos echaron 
A picazos a todos en el rio: 
Dos de ellos solamente se escaparon 
Y llegaron heridos al navio, 
Kompiendo con los músculos el lago 
San Juan el uno, el otro era Buytrago. 



Varón era Romero acreditado 
Cuidadoso, magnánimo, vahente, 
Cuerdo en las ocasiones, reportado. 
Solícito, sagaz, sabio, y prudente: 
Por estar en tal tiempo descuidado 
Aquí acabó tan desastradamente, 
¡Oh, mundo y como truecas cuando quieres 
En míseros pesares tus placeres! 



375 



Cuan bien dijo quien dijo que del tiempo 
Era despojo el hombre y sin firmeza, 
Imagen de inconstancia en cualquier tiempo 
Ejemplo memorable de flaqueza. 
De la fortuna varia, pasatiempo, 
Mundo abreviado por naturaleza, 
Balanza llena de la desventura. 
De envidia, de soberbia y de locura. 



Quien vio a Romero puesto en lo mas alto 
De la inconstante rueda de fortuna, 
Juzgara sin temor ni sobresalto 
Ser mas inm(5bil que una gran coluna: 
Pero para que diese mayor salto 
En los cuernos le puso de la luna, 
Y cuando allá esta pérfida le tuvo 
Cuan poco en dar su vuelta se detuvo. 



¡Oh que soberbia grida y alaridos 
Levantaron los infidos traidores, 
Cuando vieron los vándalos vencidos 

Y que quedaban ellos vencedores! 
Mas pujantes, soberbios y atrevidos. 
Con mas esfuerzo y ánimos mayores. 
Vuelven a la ciudad a saquealla 

Y a dar del todo fin a la batalla. 



No con tanta crueldad el pueblo Griego 

Hizo en Troya el sangriento y cruel estrago, 

Y la hueste Romana cuando al fuego 

Entregó al infelice de Cartago, 

Como este vando cruel, aleve, y ciego, 

Aqueste dia triste y aciago: 

Si Nerón, Sila, y Gíivalo, le vieran 

De lástima y dolor se enternecieran. 



376 



¿Que es esto^ justo Dios? a tanto llega 
Vuestra ira justa que, con gente vuestra, 
Permitáis que la que es en la fe ciega 
Se muestre tan feroz como se muestra? 
Mas ¡ay! que quien a vos, sefior, os niega, 
Conociendo el ¡Doder de vuestra diestra, 
Y vuestros mandamientos no obedece 
Le dais la justa paga que merece. 



No dejaron los pérfidos malvados 
Tesoro en la ciudad que no robasen, 
Ni conventos, ni templos consagrados 
Que con furia inclemente no abrasasen: 
Ni muros, ni edificios levantados, 
Torres, fuerte, pared, que no arrasasen, 
Ni huerta que no fuese destruida, 
Ni a sacerdote alguno con la vida. 



La imagen sacra de quien hizo el cielo 

Con la de la beática María, 

Aladas y arrastrando por el suelo 

Las trajeron con sobra de alegría: 

I Oh, Virgen! Santa Reina de consuelo, 

Amparo de mi alma, madi^e pía. 

Que al hijo que paristes que así traten 

Y consienta también que a vos maltraten! 



Bastara cuando pérfidos Hebreos 
Para nuestro remedio le quitaron 
La vida, y los dañados Fariseos 
Sin piedad alguna maltrataron, 
Y en los tormentos ás^Deros y feos 
Con horrendos azotes afearon 
Su delicado rostro y cuerpo sacro. 
Sino que aquí también su simulacro. 



377 



Mas ¡ay! que yo de aquesto no me espanto, 
Que al fin son estos bárbaros gentiles, 
Idólatras, sin fe, sin razón cuanto 
En sus errores pésimos sutiles: 
Pues vemos a los de su gremio santo, 
Conociéndole bien, con lenguas viles, 
Por horas, por momentos blasfemarle, 
Y no una vez, mas muchas injuriarle. 



Después que con barbárica braveza 

Arrastraron los bultos soberanos, 

Cortó un mulato al Cristo la cabeza 

Diciendo: "Ya no hay Dios de los cristianos; 

Auméntese el poder y la grandeza 

De nuestros potentísimos Pillanes, 

Seguros viviremos de contraste, 

Pues hemos ya con este dado al traste. 



"Hagamos, pues, por símbolo y memoria 
Nuestro gran Reguetun acostumbrado, 
De los heroicos triunfos y victoria 
Que con tanto valor hemos ganado: 
D arémosle la palma, lauro y gloria 
A quien a nuestra patria ha libertado, 
Y para el Guecubi tener propicio 
Es bien hacerle hiunano sacrificio. 



Ordenada la fiesta se salieron 
Fuera de la ciudad a celebralla. 
En un florido j)rado que eligieron 
Se juntó luego toda la canalla: 
La suma de riquezas que trageron 
No se con quien podré yo comparalla, 
Por ser innumerable la riqueza 
De este infelice pueblo y la braveza. 



378 



Quien doS; quien tres, quien cuatro y seis mugere; 
De los rubios cabellos llevó asidas, 
Cargadas de oro, plata, y sus haberes, 
Maltratadas, llorosas, y afligidas: 
La grita, tiesta, música y placeres. 
De las bárbaras gentes homicidas, 
De las huérfanas tristes el lamento 
Llegaba todo junto al firmamento. 



Pero para mayor lástima de ellas 

Mandaron los inciviles cesasen 

Los llantos, duelos, lágrimas, querrellas, 

Y que con grande aplauso se holgasen: 
Haciendo a las viudas y doncellas 
Que los vestidos todas se quitasen, 

Y a la usanza se vistan luego de ellos, 
La ropa corta y sueltos los cabellos. 



Mas por que desnudarse rehusaron 
Por la honestidad grande y la vergüenza, 
Con bárbaro furor las destocaron 
¡Sin dejarles algún copete o trenza: 
Las ropas sin piedad también quitaron 
Con mucha libertad y desvergüenza, 
Y en lugar de las túnicas delgadas 
Fueron de lana bm-da otras cambiadas. 



Sin pliegues, sin alforza y sin costura 
Es el bárbaro trage, y tan mal hecho 
Que no señala talle, ni cintura. 
Forma, garvo, facción, espalda o pecho: 

Y demás de que es mala su hechura 
Áspero, deshonesto, corto, etrecho. 
Tanto que se descubren las costillas 

Y llega cuando mucho a las rodillas. 



379 

Por ser como es tan grande su aspereza 
Del impolido arreo mal tallado, 
Las blandas carnes pone cual corteza 
Del cuerpo que a vestirle no era usado: 
Con esto y con la sobra de estrecheza, 
Quien conocer quisiere su pecado 
Y por Dios lo llevare con paciencia, 
Hará en traerlo estrecha penitencia. 



Después que las vistieron de su trage, 
O por mejor decir, puesto un silicio, 
Para mayor baldón pena y ultrage 
Las hicieron servir a su servicio: 
Mandando a las que son de su linage 
Que si no hicieren bien cualquier uticio, 
Que las traten del modo que trataban 
A ellas cuando en su servicio estaban. 



Oh, duelo triste i oh trance desdichado ! 
Oh, lástima jamas en parte oida! 
Oh, dolor insufrible y despiadado! 
Oh, muerte amarga, amarga muerte en vidaí 
Oh, caso adverso, enorme y desastrado! 
Oh, pena desigual tan sin medida! 
Que estén señoras nobles y discretas 
A bárbaras idólatras sujetas! 



Las suertes hemos visto aquí trocadas 
En mucho menos tiempo de dos horas, 
Pues vemos las sirvientas levantadas. 
Humildes y abatidas las señoras: 
Quedando por cautivas y criadas 
De las que fueron ya sus servidoras. 
Es mundo cruel que de esta suerte paga 
A quien le sirva mas y el mas le a] 



380 



Que animalejo vemos que se mude^ 
De los que el viento cria en mas colores^ 
Como el; ni quien a darnos tanto ayude 
Pesares, penas, ansias, j dolores: 
Es mundo al fin, y a quien el es acude 
Pagando así a sus necios servidores: 
Es el que de el se fia necio y loco. 
Cuerdo y discreto quien le tiene en poco. 



No se vio en entremés, ni aun en comedia, 
Los ademanes, juegos, ni visages. 
Que aquí en aquesta mísera tragedia 
Hicieron estos bárbaros salvages: 
Largamente duró mas de hora y media 
La representación de personages 
Adornados de galas y de arreos 
Para mas esplendor de sus trofeos. 



A sus cuitados amos remedaban 
Haciendo mil visages placenteros. 
De la manera que les demandaban 
Servicio personal, ropa, y dineros: 
Las Malleues también menospreciaban 
A sus señoras, y con gritos fieros 
Les llamaban de perras y mitayas, 
Dándoles sin aquestas, otras vayas. 



Que pena, que aflicción, que desventura, 
Que lástima tan grande, que quebranto. 
Que duelo, que martirio, que amargm-a. 
Que angustia, que fatiga, ni que espanto, 
Que pérdida, tormento, que apretura. 
Habrá, ni que dolor que duela tanto. 
Como el que aquestas dueñas sentii'ian 
De verse de la suerte que se vian. 



381 



Viéronse muy poco antes respetadas 
Señoras ricas^ prósperas^ servidas^ 
Contentas^ con cuidado regaladas^ 
Y en gran veneración todas tenidas: 
Aquí se ven desnudas^ maltratadas 
De tan infame gente, y abatidas. 
Pues siendo aquesto así no se le niegue 
Que no hay dolor alguno que a este llegue. 



La prisión el señor les de por pena, 

Y su favor, con que en tan graves penas, 
Imiten en ser\drle a Magdalena, 

Ya que en los vicios fueron magdalenas: 

Y rasgando de lágrimas la vena 
Llorando sus errores salgan buenas. 
Cuando su indignación justa se aplaque 

Y de cautividad triste las saque. 



Pero para que mas solemnes fuesen 
Las fiestas de estos bárbaros insanos, 
Ordenaron que al punto se hiciesen 
Sacrificios a sus Pillanes vanos: 
Y que para el efecto se trajesen 
Amarrados los míseros cristianos 
Que trajeron del pueblo allí cautivos 
Para inmolarlos a sus Dioses, vivos. 



Así como con ásj^ero cintero, 
Después de haber un toro agarrochado^ 
Le llevan arrastrando al matadero 
De las manos y pies desjarretado. 
Aqueste vando indómito, agorero, 
En mil partes herido y maltratado. 
Con grita, risa, y mofa de la gente. 
Trajeron sin pararse allí al teniente. 



382 

Habia su persona defendido 

Con ánimo invencible hasta cuando 

Fué su caballo muerto y el herido 

Y el aliento vital casi faltando: 

Así por ser como era conocido 

De toda o la mayor parte del vando, 

Allí le reservaron de la muerte 

Para dársela aquí mas cruda y fuerte. 



Así fué al mismo instante sentenciado, 
De aquestos perros bárbaros malinos, 
A que el mísero muera degollado, 
Sentencia propia que el dio a los ladinos: 

Y que sea después descuartizado 

Y en cuatro palos puesto en los caminos; 
Mas revocaron luego esta sentencia 

Por no ser aun conforme a su inclemencia. 



Era el intento bárbaro quitarle. 
Con el mayor dolor que ser pudiese, 
Al mísero la vida, sin dejarle 
De atormentar hasta que la rindiese: 
Para lo cual mandaron desnudarle 

Y que amarrado en tierra se tendiese, 

Y al Mágico Picol le saque luego 
El corazón amargo sin sosiego. 



El cuchillo en la mano y a el desnudo 
Sin género ninguno de vestido. 
El sátrapa feroz, sangriento, y crudo. 
Para la ejecución tenia tendido: 
Cuando le dio una voz el vando crudo 
Díciéndole y alzando un alarido, 
Deten Picol el brazo, aguarda, espera. 
Désele mas tormento antes que muera. 



383 



Traían otros diez cristianos presos 

Desnudos^ malheridos y amarrados 

Con recios cabos^ duroS; fuertes, gruesos^ 

Por los pescuezos todos enlazados: 

Y entre dos montes de aitas mas espesos 

Que aquellos de la Armefia tan nombrados, 

A Frai Pedro Peroa, porque liabia 

Reprendido a un bárbaro aquel dia. 



Estaban a una virgen tres violando 
En público, sin duelo ni vergüenza, 
Y la noble doncella gritos dando 
Ambas manos ligadas con su trenza: 
Así como Frai Pedro vio el infando 
Atrevimiento, y tanta desvergüenza, 
Llegó y como católico cristiano 
Quitó del acto al bárbaro villano. 



Por ello y por un gran sermón que hizo 
Exortando a las hembras desdichadas, 
A morir con amor por quien las hizo 
Antes que ser de bárbaros forzadas, 
Mandaron que de un álamo rollizo 
Liso de pie y las ramas levantadas. 
Que a la sombra colgado se quedase 
Porque en su daño mas no predicase. 



Y a los demás como iban amarrados 
Con látigos cual dije fuertemente. 
Que sean todos diez despedazados 
En parte a donde bien los vea el teniente: 
Solo para que en verlos desmembrados 
Mas el dolor mortal se le acreciente. 
Pues no fué el detenerle otro su intento 
Que darle mas pesar pena y tormento. 



384 

Pero como su lin no era llegado, 
Estando como dije de aquel modo, 
Fué sin saber de quien arrebatado 
Y echado en un fangal en blando lodo: 
Allí se vio después desamarrado 
Ya una india taparle el cuerpo todo, 
Con las hojas del pangue, de manera 
Que nadie no le vio desde acá fuera. 



Cuando los sacrificios acabaron 
Los sátrapas idólatras, volvieron 
A buscarle al lugar do le dejaron, 
Pero como en el puesto no le vieron. 
Linfáticos apriesa le buscaron 
Y el dia todo en esto se andubieron: 
Pasaron por do estaba muchas veces 
Sin verle los verdugos ni los jueces. 



Mas el bien vido a todos claramente 
Desde el pantano a donde oculto estaba, 

Y como por el rastro aquella gente 
Entre los mismos Pangues le buscaba: 

Y aunque el dolor de las heridas siente 
Apenas el cuitado resollaba, 

Que por ser mas el miedo no le deja 
Quejarse aunque sin límite le aqueja. 



Cuatro dias estubo de esta suerte 
A vista de los indios emboscado, 
Batallando continuo con la muerte, 
Con el temor, dolor, pena, y cuidado: 
Por diez y siete partes sangre vierte 
Pero cuando se vio ya desangrado. 
En cieno de la ciénega se baña 
Y con aquesta cura la restaña. 



385 

Diré después el fin de este portento 
Sino es que ya, señor, os desagrada. 
De verme caminar a paso lento 
Teniendo por andar tan gran jornada: 
Mas como soy tan falto de talento 
De pies torpe y la carga tan pesada, 
Y la senda con tantos reb entones 
A cada paso doy mil tropezones. 



Pero por el camino de mi aldea 
Con la sorna que voy, voy relatando 
En todo la verdad, sin que se vea 
Patraña que la vaya deslustrando: 
La cosa con que mas se vuelve fea 
Es ir con ella fábulas mezclando, 
Como los falsigráficos han hecho 
Torciendo en ello el punto del derecho. 



Quien escribe verdad en verso llano 

No tiene de preciarse de poeta. 

Según Erasmo dice de Lucano 

Por tratarla en su historia limpia y reta: 

Petrarca, el Ariosto, el Mantiiano, 

Quien las transformaciones interpreta. 

Aquestos este título tuvieron 

Por las ficciones grandes que escribieron. 



Aunque es verdad que el verso no es tenido 

En algo sino trata a cada paso 

Enredos fabulosos de Cupido, 

De Apolo, o do las Ninfas del Parnaso: 

Por ir a vos el mió dirigido. 

Aunque de la elegancia tan escaso. 

Lo será sin haber quien se le atreva 

Que esta defensa sola buena lleva. 

25 



386 

Si de vuestro favor yo careciera 

O en el no confiara cual confío^ 

Ko pasara tras de Ona la carrera 

En un rocin tan flaco como el mió: 

A grande liviandad se me tuviera 

Y aun fuera disparate o desvarío, 

A quien delante va en tan buen caballo 

Pensar con otro lánguido alcanzallo 



Es temerario y loco desatino 
Imaginar poder darles alcance, 
A las volantes alas de un latino 
Con las peladas plumas de romance: 
Hasta el Febeo cielo cristalino 
Aquellas solas suben de un balance, 
Aquestas como son de poco vuelo 
No se levantan mínima del suelo. 



Sino me viera ya tan empeñado, 
O mi palabra en tanto no tuviera. 
Por acabar dejara lo empezado 
Por ir cual va y no como yo quisiera 
Pero pues a camplirla soy forzado 
El paso vuelvo a ver la borrachera; 
Oid, que es acromática esta historia 
Y de tenerla impresa en la memoria. 



Dos mil y mas arrobas de buen vino 
Anejo de tres anos, claro, ardiente, 
Quesos, lomos, pemiles de tocino. 
Trajo de la ciudad allí esta gente: 
Al margen de un arroyo cristalino 
Que al oido alegraba su corriente, 
Y a la vista la plácida floresta 
A beber empezaron y la fiesta. 



387 

El lazo del lascivo niño al cuello 
Con dos hermanas como Apolo bellas^ 
Echado estaba sin vergüenza Bello 
En público desnudo en medio de ellas: 
No recibía empacho alguno de ello 
Ni de querer sin lástima ofendellas, 
Por, ser cuanto Calígula, vicioso, 
Pérfido, estuprador, incestuoso. 



Cuando con el licor fuerte quedaron 
Los vencedores bárbaros vencidos, 

Y los brutos estómagos llenaron 
De manjares salados mal cocidos, 

Y los vapores túrvidos dejaron 
Deslumhrados a todos los sentidos, 
Venus estando Baco en su presencia 
Les dio para su música licencia. 



Ciento y cincuenta vírgenes compuestas 
Mas hermosas que lirios ni que flores. 
Bellas, nobles, graciosas, bien dispuestas 
Llevaron estos pérfidos traidores: 
En las celebraciones de sus fiestas 
¡Oh, crudos sin razón estupradores! 
Ninguna no quedó sin ser violada. 
Ni dueña que no fuese allí forzada. 



¿Que lástima tan grande, ni que duelo. 
Que pérdidas a visto desastradas 
En todo cuanto mira el Rey de Délo, 
Que puedan ser con estas comparadas? 
No quiero ya cantarlas como suelo 
Por ser mucho mejor para lloradas. 
Así dejando aqueste triste canto 
Comenzaré de nuevo un nuevo llanto. 
25" 



Canto XX. 



Eetiranse los enemigos a Calla-calla, adonde celebraron de nuevo la 
fiesta : llega el coronel Francisco del Campo a Valdivia , a pocos dias 
después de su ruina con gente del Perú para socorrer aquella y otras 
ciudades : el gobernador don Francisco de Quiñones despacha a don 
Pedro de Ivacache por mar con ropa y municiones para la ciudad 
Imperial : cuéntase un caso milagroso que sucedió al cacique Guaturlo 
en una boi-racliera. 



bon la solicitud y vigilancia 
La prevención en todo que conviene. 
El cuidado, la industria, la constancia 
Manjares con que Marte se mantiene: 
El ánimo, el valor, la tolerancia 
Quien en estado próspero le tiene, 
Y sobre todo aquesto, la prudencia 
Acompañada con la diligencia. 



Por un descuido y necia confianza. 
Cuanto ganado en mil anos habernos. 
Cuando tememos menos la mudanza. 
En una hora sola lo perdemos: 
Quien por el mar navega con bonanza 
Cual solemos decir a vela y remos. 
Si a la tormenta entonces no temiere 
Burlado quedará cuando viniere. 



389 



Mas vemos que hay algunos que adivinan 
O piensan que, la lúbrica fortuna, 
Cuando con tiempo próspero camina 
Que se estará en un ser como coluna: 
Y en esto confiados, no imaginan 
Que nunca fué constante en cosa alguna, 
Ni en que con sus mudanzas infinitas 
Cual las del Lago de los Trogloditas. 



Aquel a quien ha sido favorable 
Debe con mas razón temerse de ella 
Que quien no vio jamas a esta inestable, 
Pues mal podrá no viéndola temella: 
Que siendo como dicen variable 
Fiarse no se tiene nadie de ella. 
Sino vivir continuo recatado 
Con mucha vigilancia y gran cuidado. 



Que si esta fraudadora no mostrara 
Tan plácido a Komero su semblante. 
Pudiera ser que en ella no fiara 
Y viviera quizas mas vijilante: 
Mas como le mostró siempre la cara 
Benévola, entendió que era constante,. 
Pero como mudable y tan resuelta 
Cuando seguro estaba dio su vuelta. 



Así, si le hallare con cuidado, 
Y dentro de su fuerte apercivido. 
No fuera de su trono derribado. 
Mas fuera vencedor y no vencido: 
Ni aqueste pueblo mísero asolado. 
Ni tanto caballero consumido. 
Mas andan siempre juntos cuido 
Los vicios, la pereza, y el descuido. 



390 



Ejemplos muchos hay de hombres famosos 
Que habiendo sido bien afortunados, 
Les hizo el vicio j ocio de animosos 
Cobardes, sin valor, afeminados: 
De gallardos y sueltos, perezosos, 
Y al fin de cuidadosos, descuidados, 
Annibal lo dirá y KSardanapalo, 
De los Godos el último Rey malo. 



Otros hubo sin estos que quisieron 
Ser del lascivo Dios fieles amigos, 
Y por ser™le siempre tanto fueron 
De sus patrias y Reinos enemigos: 
íSolo por culpa suya se perdieron, 
Como lo verifican mil testigos, 
Cartago, Troya, África, y Boecia 
Chipre, que de servirle mas se precia. 



Perdidoso a también por otro tanto 
Cual ellos este Reino desdichado. 
Pues hemos visto claro todo cuanto 
Los vicios y descuidos han causado: 
De aquestos cantos flébiles que canto 
El de mayor dolor es el pasado. 
Pues fueron tantas vírgenes violadas 
Por culpa de personas descuidadas. 



Que ni los duelos ni llantos que hicieron 
Lástimas, ruegos, quejas, ni querellas. 
Poco con estos infidos pudieron 
Para dejar un punto de ofendellas: 
Después que sus señores las hubieron 
Contra la voluntad y gusto de ellas, 
A todos cuantos indios las querían 
Por cualquiera interés se las vendían. 



391 

Después que allí del todo desfondaron 
La cantidad de cántaros de vino 
Y a las cuitadas vírgenes violaron, 
De Calla-calla toman el camino, 
A donde nuevamente comenzaron 
El Eequetun y falso desatino: 
Pasaron sin cesar cuarenta dias 
En juegos, fiestas, bailes y alegrías. 



Cuando Andrés Pérez vio desocupado 
El primer sitio y puesto a do bebieron, 
Del pantano salió medio pasmado, 
A gatas, que los pies se le entumieron: 
A la playa lleg(5 desfigurado. 
En el navio al fin le recogieron. 
Curáronle las llagas nada buenas 
De barro y sangre helada todas llenas. 



Acuerdóme haber dicho en una rima 
Del canto sesto décimo el cuidado 
Con que mandó el Vii-rey hacer en Lima 
La gente que en el dejo declarado. 
Para que con su gran valor oprima 
La cerbiz del soberbio indio alterado 
En Valdivia y los pueblos apartados 
Al coronel Corona da soldados. 



Con un gallardo tercio de trescientos 
Usados en el belicoso juego. 
Con ropa, munición, con bastimentos, 
A \ aldivia llegó después del fuego: 
Mas visto derribados sus cimientos, 
Para Osorno con todo pasó luego: 
8u fin, diré, los triunfos y victoria 
En la segunda parte de esta historia. 



392 

Si en esto solo he sido un poco breve 
Y pai'a la segunda me descargo. 
Es por llevar la carga algo mas leve^ 
Que mal podré si toda me la cargo: 
Demás de que no irá como se debe 
Este cansado estilo si es mas largo, 
Por ser la brevedad cosa tan buena 
Que ninguna dará siéndolo pena. 



Con toda la mayor"^que yo pudiere 

Diré sin detenerme lo restante, 

No con la dulce voz que al alma hiere 

Del consagrado Apolo rutilante, 

Mas con la mia, que al nacer se muere. 

Pasaré, no faltándome, adelante. 

Aunque volver atrás es lo mas cierto 

A tomar con don Pedro en Penco puerto. 



Arriba dije ya de la manera 
Que salió de Canten necesitado, 
Y que mostrando en todo quien el era 
Entró dentro del puerto deseado: 
Dejando el gran batel en la ribera 
Por no tener una áncora varado, 
A cumplii'se partió con paso largo 
Con las obligaciones de su cargo. 



En oyendo Quiñones la embajada 
Que de la Imperial le envió el concejo^ 
Para ver si podia ser remediada 
Llamó a sus capitanes a consejo: 
La orden que se dio mas acertada 
Conforme al tiempo, gente y aparejo. 
Fué que antes que del todo se perdiese 
Que por el mismo mar se socorriese. 



393 

Una nao de seiscientas toneladas^ 
Con dos barcas de mucha ligereza^ 
Para que por Cauten entren cargadas 
Despachó luego al punto con presteza 
Camisas envió^ paño y frazadas, 
Munición, bastimentos, con largueza, 
Y avisó que saldrá presto por tierra 
A librarlos de tan prolija guerra. 



El orden que' le dio fué que estuviese 
La poderosa nao sobre el amarra 
En alguna caleta mientras fuese 
A buscar el batel mayor la barra: 

Y que si descubrirla no pudiese 

Y con el ancla de la nao agarra. 

Que a Valdivia sin falta den la vuelta 
Con la vela mayor seguida y cierta. 



Cuatro dias continuos andubieron 
Con las barcas implácidos buscando 
La entrada de Cauten, mas no pudieron 
Entrar en el sino entraban volando: 
Que las potentes mares que allí vieron 
En los peñascos tétricos quebrando. 
Con tal ferocidad se levantaban 
Que al rutilante Febo rociaban. 



Reconocida bien la barra y nota 
Y que pasar por ella es imposible. 
De Valdivia tomaron la derrota 
Después que hicieron todo lo posible, 
Por no tener aun nueva de la rota 
Ni del calamitoso trance horrible. 
Entendieron hallar allí remedio 
Con que a la Imperial librar de asedia 



394 

Hasta que cerca de el fueron lleg-ando 
La nueva nadie oyó del nuevo dañO; 
Mas cuando al pueblo vieron humeando 
Se les representó luego el engaño : 
Quien iba por su patria procurando 
En viendo aquel destrozo tan estraño, 
Que pena tan intensa sentiria 
De verlo y no poder lo que quería. 



La nave de Gallano surta estaba 
Media milla no mas de la ribera^ 
Que ya declaré arriba en otra octa\'a 
Como Villa Roel la sacó fuera: 
Alguna gente nuestra rescataba 
De la contraria pértída guerrera, 
La decr('pita digo tremolenta 
De quien el enemigo no hizo cuenta. 



Mas como dio don Pedro fondo y vido 
Quemada la ciudad, muerta la gente, 
Antes de ser del bárbaro sentido 
Con la suya fué a tierra raudamente: 
Perdió el color, la habla, y el sentido 
En viendo el espectáculo presente, 
Y a tantos valerosos caballeros 
Por pasto de animales. carniceros. 



Los patios, plazas, calles^ vio sembradas 
De piernas, brazos, cuerpos, de cabezas, 
De manos, tripas, sesos, de quijadas, 

Y a otros hechos aun mas menudas piezas: 
Iglesias, templos, casas levantadas. 
Palacios, salas, cuadras, ricas piezas, 
Deshechas, llanas, rasas, abatidas, 

Y en ceniciento polvo convertidas. 



395 

Después que el corazón hizo su oficio 
La pena por los ojos desfogando^ 
Hicieron por los muertos sacrificio 
Las lágrimas ardientes derramando : 
Halláronse para este beneficio 
Que fueron a don Pedro acompañando 
Frai Juan Tobar García de Albarado 
Y el Padre Frai Gregorio de Mercado. 



En siendo los oficios sacros hechos, 
En funestas cavernas enterraron 
Los míseros cadáveres deshechos, 
Que en poco tiempo mucho trabajaron; 
A refrescar los calurosos pechos 
A las seguras naos se retiraron, 
Que por estar en tierra mal seguros 
Hicieron de las aguas fuertes muros. 



No sacaron los pies bien de la barca 
Para meterlos dentro del navio, 
Cuando llegó de toda la comarca 
A la ciudad el bélico gentío: 
Mas viendo que del filo de la Parca 
Los reparó el amargo señorío, 
Aguardaron los bárbaros furiosos 
A ver si a tierra vuelven insidiosos. 



Pasó tres veces Delio la carrera 

De su fulgente carro tan trillada. 

Otras tantas su hermana placentera 

Mostró su media faz aljofarada: 

Y la insidiosa gente vandolera 

Un punto no salió de la emboscada. 

Que como en ella aguardaba a la nuestra 

Por no dar muestra de ello no se muestra. 



396 

Después que de esperar desesperados 
8e vieron y cansados de aguardarles, 
Salieron tres o cuatro desarmados 
A probar si podran fuera sacarles: 
Ladinos eran todos^ o malvados^ 
Y en castellano empiezan a llamarles, 
Diciéndoles si quieren que se trate 
De rescatar la gente de rescate. 



En oyendo la nuestra valerosa 
La voz de aquellos infidos crueles, 
De rescatar alguna codiciosa 
Se arroja luego al punto a los bateles: 
Armada, vigilante y cuidadosa 
Por no ser trato fiel el de infieles. 
Así por si se viere dolo en ellos 
Va para defenderse y ofendellos. 



Antes que a la barranca alta llegase 
O en laja diese, peña o arrecife, 
Ivache mandó que se quedase 
Algo apartado atrás el fuerte esquife: 
Y porque si rifarse alguien pensase 
La rifa desde allí mejor se rife 
Lanzando en el tablero ancho los dados 
A fuerza de cañones reforzados. 



En viendo que a la playa no llegaron 
Temiendo la traición nuestros guerreros. 
Los pérfidos apóstatas hablaron 
Ganando por la mano los primeros: 
Diciendo, y para atrás se retiraron. 
Teneos allá si sois arcabuceros, 
Y si lo sois llegad, pero sin fuego 
Sino queréis turbar nuestro sosiego. 



397 



Vengo con el j con amor sincero^ 
El mas ladino dijO; a que se traten 
Tratos seguros entre noS; que quiero 
Que algunas dueñas nobles se rescaten: 
Mas a de ser de todos el primero 
Que las ardientes cuerdas que se maten, 
Porque con mas seguridad tratemos 
De que las escopetas nos tememos. 



Mas no de que algún daño hayamos hecho 
Que no somos nosotros los dañados 
Cristianos, si de molde y sano pecho 
Y en esta ciudad mísera criados: 
Guardaros hemos si guardáis, derecho, 
Venid a tierra, pero desarmados. 
Porque no aguardaremos de otra suerte, 
Ki a que el concierto dicho se concierte. 



El bárbaro se dio tan buena mana 
Y tanto importunó con sus razones, 
Que con ser de ella todos los de España 
Mudarles hizo al fin sus intenciones: 
De tal manera y suerte les engaña 
Con aquellas sutiles persuasiones. 
Que a tierra cuanto quiso le llegaron. 
Después que el fuego muchos apagaron. 



Como los vi(5 llegar tan cerca de ella 
Volvió a decir el pérfido malvado: 
Bien podéis sin temor saltar en ella 
En fé de la palabra que os he dado. 
Pero como si fuera el indio de ella, 
Diego Bello, y García de Albarado, 
Solos en una góndola pequeña 
A tierra fueron con la blanca seña. 



398 



Estuvieron con ellos platicando 
En la misma ribera mas de una hora, 
Y el precio del rescate concertando 
De una dama a quien Diego Bello adora; 
Concertados estaban todos^ cuando 
Salió la gente pérfida, traidora, 
Alzando mil confusas algazaras, 
Tirando piedras, lanzas, dardos, jaras. 



Un bárbaro feroz medio gigante 

Dio un bote a manteniente a Diego Bello^ 

Cortóle con la punta de diamante 

El hilo de la vida por el cuello: 

En el agua cayó muerto el amante 

Sin que pudiese nadie socorrello, 

Pero llegó nadando el compañero 

En salvamento al barco mas ligero. 



Tantas piedras tiraban, con tal brio, 

Que de ellas el batel quedara lleno, 

A no llenar también aquel vacío 

Espindola, Mardones, y Centeno: 

Que, opuestos al barbárico gentío. 

Despiden tras de un rayo ardiente un trueno, 

El rayo hiere a aquel, a aqueste mata, 

Al otro el trueno horrendo hace se abata. 



Con todo lo pasaran malamente. 
Según apriesa piedras granizaban, 
A no sacarlos fuera la corriente 
Un poco mas atrás de donde estaban: 
Que como de lo alto a manteniente 
Las mayores con ímpetu arrojaban. 
Estuvo a riesgo, a pique, y en un tumbo, 
Del fondo del batel botar un rumbo. 



399 

Pero cuando se vieron apartados 
De tierra nuestros ínclitos guerreros; 
Y de la gran corriente arrebatados 
Vogar mandaron presto a los remeros: 
Llegaron a la nao descalabrados^ 
Tristes, mudos, corridos, y ligeros: 
Estando dentro de ella lian descubierto 
Entrar otra volando por el puerto. 



En viéndola cualquiera el color muda 

Y demás de quedar la faz turbada 
Pensando que es Inglesa nao armada. 
Un helado sudor de temor suda: 

Ko saben que se liaran por que sin duda 
A do quiera la muerte ve cifrada; 
Ingleses en el mar, indios en tierra, 

Y a el en medio de tan dudosa guerra. 



Viendo el temor, peligro, el pasmo, el miedo^ 

La turbación tan grande de su gente, 

El capitán don Pedro con denuedo 

En medio de ella dijo lo siguiente: 

"Amigos y señores, yo no puedo 

Del riesgo en que nos vemos al presente, 

Libraros, ni librarme, de otro modo 

Sino es aventurándome jo a todo. 



"Quiérolo, pues, hacer, que de otra suerte 
Sino es de la que pienso, no podemos 
Librarnos todos de la cruda muerte 
Por mas que los talones apretemos: 
Alzado el brazo sanguinoso y fuerte 
Del bárbaro feroz en tierra vemos, 

Y si a ella vamos no hay donde valemos 

Y el esperar aquí será perdernos. 



400 

"Con la señal de paz, juntas las manos, 
Determinado estoy de ir a ponerme 
En las de aquesos infidos Britanos 
A rogarles que quieran socorrerme: 
Que aunque son anatemas, luteranos, 
Podrá ser con amor favorecerme. 
Que si dieren oido a mis razones 
Con ellas moveré sus corazones. 



"Mas cuando no y la vida me costare, 
Perderla por la patria es bien perdida. 
Que quien de cargo de ella se encargare 
En poco a de estimar la cara vida." 
Con esto se partió, y antes que pare 
La nave fué de muchos conocida. 
Era de castellanos que venia 
Cargada del Perú con mercancía. 



Como don Pedro vio ser la nao nuestra 

Para la suya luego se retira. 

De la fortuna implácida y siniestra 

8e queja en altas voces y suspira: 

"¡Oh muerte! dice, pues en flechas diestra 

Eres, acaba, enplea en mi tu ira. 

Que pues mi patria socorrer no puedo 

Aquí te aguardo, ven, no tengas miedo. 



"Si con la sangre propia de mis venas 
Comprar tu libertad, patria, pudiera, 
Aunque no fueran cuantas con tus penas 
Por verte libre de ellas yo lo hiciera: 
Hijo no tuvo la famosa Atenas 
Que por ella, cual yo por ti, la diera, 
JVlas pues mi voluntad sabida tienes 
Mi tardanza no culpes ni condenes. 



401 



"Pero puedes tener por entendido 
Que todo cuanto puedo por ti hagO; 
Y que de no te haber favorecido 
Que en lágrimas ardientes me deshago: 
A Caribdis ni a Circes no he temido. 
Ni a los peligros del potente lago. 
Hambres, sedes, naufragios, ni tormenta. 
Aunque las que he pasado son sin cuenta. 



"Jamas rehusaré trabajo alguno 
De cuantos puede la fortuna darme, 
Hasta que a ti te vea sin ninguno 
A cosa dejaré de aventurarme: 
Lucharé con las fuerzas de Neptuno 
No una vez, sino muchas sin cansarme, 
A la gente, a la mar, al viento, al cielo^ 
Pregonaré mis ansias y tu duelo." 



Siguiendo nuevamente su cuidado 
A Penco se volvió por donde vino, 
Y siendo del austral viento ayudado 
Anduvo en poco tiempo este camino: 
De Valdivia el suceso desastrado 
Con cuanto en el viage les avino, 
Como a Osorno pasó la gente nueva 
A Quiñones de todo dio la nueva. 



Y pliego del Virrey en que le avisa 
Que los soldados viejos juntos tenga. 
Que él en habiendo la primera brisa 
Mandará que otro tercio nuevo venga: 

Y que en llegando con los dos aprisa 
Sin que un momento solo se detenga, 
Socorra los castillos y ciudades 

Que han padecido mas calamidades. 

2G 



402 

No estaba en Penco don Francisco ocioso 
Que ya su gente habia recojido, 

Y con esfuerzo válido^ furioso 
Los comarcanos bárbaros corrido: 

Y si tuviera ejército copioso 
Hubiera las fronteras socorrido^ 
Mas no era el que tenia suficiente 
Para mas de lo dicho solamente. 



El número de gente no llegaba 

A dos veces cuarenta, y tres hileras 

De a tres en cada una, pero estaba 

La mitad de presidio en dos fronteras: 

El hijo con el resto paseaba 

Del gran Nibequeten ambas riberas, 

Que a pedimento de la propia gente 

Su padre le nombró por su teniente 



Por ser idóneo el joven confidente, 
Impávido, solicito, avisado. 
Constante, cuidadoso, diligente. 
Práctico, valeroso, recatado, 
Sabio, diestro, magnánimo, prudente 
Sagaz, presto, industrioso, astuto, amado, 
Vigilante, abstinente, grave, honroso. 
Valiente, afable, manso, y generoso. 



En este reino mísero reinaban 
Insultos, fraudes, trampas, odios, iras. 
Adulterios, incestos no faltaban. 
Envidia, ambiciones, ni mentiras: 
Los vicios todos sin cansar se andaban 
Tirando apriesa ponzofiosas viras 
A las mezquinas ánimas dolientes 
De aquellas miserables sus sirvientes. 



403 



Conociendo Quiñones la dolencia 

Que a todo el Reyno ya iba inficionando^ 

Fué con severidad y gran prudencia 

Salutífero antídoto aplicando: 

Así la contagiosa pestilencia 

Con aqueste remedio fué aplacando, 

Que como viejo médico y tan sabio 

A cada cual curó del mal resabio. 



A los amancebados desterraba, 
Por un estilo y término tan bueno, 
Que la causa por que no imaginaba 
El mismo causador del daño ageno: 
Con esto la república limpiaba 
Echando al vicio sensual un freno 
Tan áspero y tan recio de bocado 
Con que le hizo parar mal de su grado. 



Halló los sublimados abatidos, 
A los mas abatidos sublimados, 
Honrados los infames fementidos, 
A todos los famosos infamados. 
Inquietos los pacíficos sufridos. 
Los bulliciosos mas asosegados. 
Despedidos los sabios elegantes. 
Asalariados necios ignorantes. 



Llaman al temerario aquí esforzado, 
Al importuno y torpe, diligente, 
Al cobarde y medroso, recatado, 
Al hablador sin término, elocuente, 
Al escaso, modesto y concertado, 
Al pródigo, magnánimo prudente, 
Al malicioso, simple, sabio al necio. 
Tibio al honesto, flojo al fuerte y recio. 

26* 



404 

Menos valia ei noble que el villanO; 

Gobernaba el cobarde al animoso^ 

Al con OJOS; el ciego, el cojo al sano. 

El fácil al constante valeroso. 

El soberbio al humilde, el mozo al cano^ 

El sin piedad alguna al piadoso, 

El ignorante al sabio, el loco al cuerdo, 

Al despierto el dormido y sin acuerdo. 



Era este Reyno basca desfondada. 
Un juego de ajedrez mal entablado, 
Cota rota, mohosa, desmallada. 
Libro de confusión no encuadernado, 
Navio sin timón, red sin plomada. 
Disonante instrumento destemplado. 
Molino tremulento sin rodezno, 
Potro nuevo, colérico y sin trezno. 



Andaba todo aquí de tal manera, 

Tan sin compás, medida y tan sin tiento^ 

Que a no lo remediar tan presto, diera 

En tierra el edificio sin cimiento: 

Pero no se yo quien así pudiera. 

No teniendo celéstico talento. 

Moderar solamente tanto esceso 

Con la prudencia de maduro seso. 



Puso todas los cosas en su punto 
Apuntándolo todo tan al justo. 
Que no salió jamas un solo punto 
De los límites justos el injusto: 
Sonó su clara voz de contrapunto, 
Causó la dulce música tal gusto. 
Que las redujo a temples consonantes 
Las destempladas voces disonantes. 



405 

Fue siempre de mentiras enemigo^ 
De soberbios; hinchados^ ambiciosos^ 
Cuanto de las verdades caro amigo 
Como de los humildes virtuosos: 
Padre de religiosos^ dulce abrigo 
De viudas y pobres vergonzosos, 
Largo retributor de los servicios, 
Estirpador de pegajosos vicios. 



Néstor seipiente, sutil ArchimedeS; 
Genofonte en plática suave. 
Dédalo en trazas, en la ciencia Eucüdes, 
Pompilio en Religión, Catón en grave, 
En la memoria nuevo Simonides, 
Elocuente Demóstenes, que sabe 
Premiar los buenos, castigar los malos, 
Templarse como Curio en los regalos. 



Mostró ser &i|)rudencia Quinto Fabio, 
En lealtades Kégulo famoso. 
En el consejo Cristomenes sabio, 
En largueza otro Tito dadivoso, 
Y en no hacer a la justicia agra"sdo 
Trajano, y mas que Eneas piadoso, 
Fabricio en la virtud, j Belisario 
En la solicitud contra el contrario. 



Pacífico en la paz era querido. 
En la guerra valiente y esforzado. 
En los peligros de ánimo atrevido, 
En plática discreto y sosegado. 
En las adversidades muy sufrido. 
En las prosperidades humanado, 
Reformador de vidas y costumbres 
Por quien brotaron las virtudes lumbres. 



406 

!0h; gran legislador ¡Numa moderno f 
Perseguidor mortal de la malicia, 
Asombro de las ñirias del infierno, 
Abismador de la cruel codicia, 
8i tu duraras mas en el gobierno 
Pusieras en su punto a la justicia, 
Volviéndola a su trono del destierro, 
Y al primer siglo de oro este de hierro. 



Tuviéramos celestiales regalos. 

Los campos de granadas mieses llenos. 

Hubiera mil lucidos intervalos. 

Fueran los latrocinios muchos menos: 

Que a donde no castigan a los malos 

Poca seguridad tienen los buenos, 

Ki habrá donde temor de el no hay ninguno 

Ki esperanza de premio, bien alguno. 



En tanto que la nueva gente llega 

Que el Virrey del Perú escribi(5 enviaría^ 

Aunque conforme al tiempo ya navega 

A la Imperial volver quiero la via: 

En lo mas agradable de la vega 

Un cacique damnifico vivia. 

Contumaz, pernicioso, traidor, reo. 

El nombre propio de este, es Guatureo. 



Hallóse en el asalto sanguinoso 

De Valdivia, y en otros que no cuento,. 

Aqueste perro, bárbaro, alevoso, 

Por ser feroz, malévolo, y sangriento. 

Cuando volvió a su casa victorioso 

Rico con los despojos de un convento. 

Como para triunfar de la victoria 

Hizo un gran Kequetun con suma gloriar 



407 

Convidó a mucha gente, porque sea 
La borrachera espléndida, solene, 
Que como la ambición le señorea 
Quiere que mas que la victoria suene: 
Cuanto al humano gusto se desea 
El bárbaro arrogante junto tiene 
A la sombra de una arboleda verde 
Donde Filesio mas sus fuerzas pierde. 



Venidos a comer los convidados, 
Con los términos buenos de crianza, 
Fueron en sus asientos asentados 
Según que cada cual el nombre alcanza: 
Muchas maneras hubo de guisados 
Al un suyo como a nuestra usanza, 
Las copas llenas de cerveza espesa 
Vacías quedan del brindarse apriesa. 



Estando en lo mejor de la comida, 
Tomó el aleve bárbaro violento 
El vaso a donde el gran dador de vida 
Su sangre dio a su santo ayuntamiento, 
Con el lleno de Pulco a otro convida, 
Pero es entre ellos ley o mandamiento 
Que el señor del convite esté obligado 
A hacerle la salva al convidado 



Para que se carezca de sospecha 
Que no les dan veneno con la chicha, 
Fué aquesta ley espresa entre ellos hecha 
Hacer la salva que ya tengo dicha: 
Mas dime Guatureo ¿que aprovecha 
Tenerte por Abaron de tan gran dicha, 
O para que, traidor, tanto te ufanas 
Si los sagrados cálices profanas? 



408 

¿No ves que ofendes al señor en ello? 
Que aunque de su divina fé estas falto, 
Al punto te dará la paga de ello 
Que no querrá pasar eso por alto: 
No te arrojes apóstata a bebello, 
Sino quieres bajar de solo un salto 
Al báratro profundo, a donde veas 
Lo que por ofenderle así grangeas. 



Apenas puso el cáliz consagrado 
En la boca pestífera y sedienta. 
Cuando por los Lijares, el cuitado. 
Con no pequeña turbación rebienta: 
Entrañas, bofes, tripas por un lado, 
Y el vientre todo por el otro avienta, 
Con un estruendo igual al de una pieza 
Cuando del fuego escupe la braveza. 



Cual si fueran estatuas de madera, 
O en insensibles mármoles mudados. 
Quedaron los demás de esa manera 
Del suceso monstrítico espantados: 
Enarbolado había su bandera 
La noche tenebrosa en los collados 
A donde se recojen mal hechores. 
Cuando del pasmo vuelven los traidores. 



Mirábanse unos a otros sin hablarse, 
Atónitos de ver a Guaturéo 
Echando por tres partes sin cansarse 
Un infernal resuello cual Tifeo: 
Cuando el fuego vital vino a apagarse 
Quedó tan espantable, negro y feo, 
Cumo el mal sacerdote codicioso 
Que de Ziboria fué hijo y esposo. 



409 

Así pagó el apóstata su culpa; 
Pero los demás infidos dijeron: 
Que quien hizo la chicha tiene culpa 
Porque con ella tósigo le dieron: 
No le valió a la bárbara disculpa 
Y sin mas ocasión muerte la dieron^ 
Que a tanto cuanto tengo dicho llega 
La ceguedad de aquesta gente ciega. 



Mas no faltó entre tanto barbarismo 
Quien recibido el bálsamo j la crisma^ 
Hubiese con las aguas del bautismo 
Para que los sacase de esta cisma: 
El cual dijo el cristiano catecismo 
Yo bieu; señores^ se la causa misma 
De haber así acabado Guaturéo; 
Fué haber llegado al cáliz según creo. 



La muerte de esto al triste le sucede, 

Y sabed que del cielo es duro azote. 
Porque beber con el otro no puede 
Sino es el ordenado sacerdote: 

Solo al que lo es no mas se le concede 

Y no hay para que nadie se alborote, 
Que si la chicha tósigo tuviera 

A mas de cuatro parte nos cupiera. 



Acate Guagueten injustamente 
Quitastes como bárbaro la vida, 
Por solo imaginar que a su pariente 
Le dio la muerte envuelta en la bebida; 
Fuera si fuera clara vuestra mente 
La verdad de vosotros entendida, 
Mas como la tenéis obscura y turbia 
El uso de razón ella os enturbia. 



410 



No quiere Dios eterno ni se agrada 

De que se haga en su templo algún insulto, 

Ni que se llegue a cosa consagrada 

De las que están para el divino culto: 

Así por haber sido esta ensuciada 

Cual vistes de este mísero inconsulto, 

A sido de su mano castigado 

Conforme a la malicia del pecado. 



Por lo que el indio fiel dijo mandaron 
Que con vaso sagrado nadie beba, 
Y el cáliz de común acuerdo echaron 
A donde mas hondura Cauten lleva: 
Su ejército después de esto juntaron 
Para mover al pueblo guerra nueva, 
Diré el suceso en otro si pudiere. 
Que nueva guerra nuevo canto quiere. 



Cauto XXI. 



Huyese de la ciudad Imperial don Juan Barva a los enemigos, por 
cuyo consejo apretaron a los miserables españoles de ella : pídeles con 
grande instancia el general Auganamon que dejándoles la ropa los 
dejaran libremente: viendo el teniente Hernando Ortiz el poco remedio 
que tenian y mucbo aprieto en que estaban sale de ella una noche 
para la de Ongol en busca de socorro: un español de los del fuerte 
da aviso de ello a Anganamon. 



Ninguno por pujante que se vea, 
Soberbio, rico, hinchado j victorioso. 
Si quiere acabar bien a nadie sea 
Ni a la sagrada religión dañoso: 

Y aunque la baja máquina posea 

Crea que Dios que es mas que el poderoso, 

Y que castiga de su mano inmensa 
A aquel que le hiciere alguna ofensa. 



Puede tener por cierto quien mal obra 
Que a de acabar en mal, y así lo entienda^ 
Que quien ofende a muchos con la obra 
Que a de tener con muchos la contienda: 
Ultra de que también por ello cobra 
Un enemigo en Dios, sino se enmienda, 
Tan recto, tan cabal, tan justiciero, 
Que paga acá y sino al plazo postrero. 



412 



Pudiera bien traeros por ejemplo 
En lo que otros mil príncipes pararon^ 
Por haber profanado el sacro templo 
Que poco del potente Rey curaron; 
Pero por lo que dije atras^ me templo ; 
Cuando los enemigos se juntaron 
Para volver al pueblo^ y porque creo 
Que basta para prueba Guaturéo. 



La fuga relaté ya en otra parte 
De aquel facineroso y traidor Bello; 
El clérigo aquien el dio de ella parte 
Salir no pudo entonces ni con ello: 
Prendióle su Juez, mas no fué de arte 
La prisión que pudiese detenello. 
Como estaba sin ellas, cuando quiso 
8e fué por gran descuido y poco aviso. 



Es don Juan Barva el bárbaro que digo. 

Que bien podemos bárbaro llamarle; 

Al que es de Dios, del Rey, de si enemigo^ 

Y con cualquiera bruto compararle: 

Como jamas no tuvo este castigo, 

Ki pach'e que pudiese castigarle. 

Fué tan perverso, impúdico y tan malo 

Cuanto pudiera ser Sardanapalo. 



Siendo en la Villa Rica doctrinero 
(\"ed pues que tal seria su doctrina,) 
Fué gran consultor suyo un hechicero 
Con quien trataba el arte de Abspicina: 
Hacia idolatrar al pueblo entero, 
Kegaba la verdad sacra y divina, 
En lugar de las hostias consagradas 
Alzaba de papel otras cortadas. 



413 



En secreto a los bárbaros decía 
Que cuanto los cristianos predicaban 
Era mentira^ engafíO; y burlería, 

Y que con falta íe los engañaban: 
Sus hijas sin vergüenza les pedia 

Y ellos con mucha menos se las daban, 
Dejábales vivir así a su modo. 
Siendo peor que todos el, en todo. 



Cuenta por cierto caso mucha gente 

De crédito y verdad, y un Fraile honrado. 

Que tres dias estubo justamente 

Con una india en público pegado: 

De cuanto hizo y dijo este insolente 

No fué de cosa alguna castigado. 

Dejáronle sahr con todas ellas 

Por no admitir de muchos las querellas. 



Como tampoco cuenta de el tuvieron, 
Y el mísero ninguna de su alma, 
Cuando mas confianza de el hicieron 
Entonces los dejó a todos en calma: 
A vísperas se fiié, mas no le vieron 
Con ser por donde fué como la palma 
De la mano el camino, llano, abierto. 
Limpio, raso, anchuroso, y descubierto. 



Llegó a donde las fiestas hecho habia 
El mal aconsejado Guaturéo, 
Cuando cansado del prolijo dia 
Bajó a ver a Neptuno el gran Timbreo 
Halló aquella insomniosa compañía 
Sin alguna memoria de Morféo, 
Tratando del suceso milagroso 
No poco para todos ominoso. 



414 

Holgáronse los bárbaros de vello 
Que era de todos ellos conocido^ 
Echóle Tecaman el brazo al cuello, 
Diéronle los demás el bien venido: 
Vino después también a vello Bello 
Que un malo de los malos es querido, 
Después de haberse visto y abrazado 
Trataron de las cosas de su estado. 



Contóle Bello a Barva en poca pieza 
Cuanto ya de Valdivia he ya contado. 
Muertes, robos, incendios, la riqueza 
Que hallaron en el saco no pensado: 
Hambres, sedes, trabajos, y estrecheza 
Fatigas, pena, angustias, y el cuidado 
En que la Imperial se ve al presente 
A los bárbaros Barva estensamente. 



También les avisó que no tenian 
Manjares que comer mas sustanciales 
Que las silvestres yervas que cojian 
En huertas, cementerios, y en corrales: 
Las cuales sin cocer se las comian 
Como si fueran brutos animales, 
De que estaban tan flacos y amarillos 
Que bien podran sin pérdida rendillos. 



Luego que Tecaman oyó el aviso 
Que el clérigo le dio sin mas dislate. 
Con su gente marchó al mismo proviso 
A dar a la ciudad nuevo combate: 
Antes que Pelantaro venga quiso 
Que la cuestión antigua se remate. 
Pretendiendo ganar solo la gloria 
Que da a los vencedores la victoria 



415 

A Bello, Tecaman, mand(5 llevase 

A su cargo la gran caballería, 

Y al clérigo también que gobernase 

El tercio de la brava infantería: 

Con orden que en el pueblo se enboscase 

Antes que la luz del siguiente día 

Sin que el menor estrepito se hiciese 

Ni el anhélito propio se sintiese. 



Con todo aquel silencio que pudieron 
Por el camino entraron mas seguro, 
Detras de unas paredes se pusieron 
De las que estaban próximas al muro: 
Cuando los rayos deíficos rompieron 
El velo noctival triste y obscuro, 
Salieron de tropel juntos gritando, 
Al cielo, tierra, y fuerte, amenazando. 



Enderezaron todos a la puerta 

Con intento de entrar por ella dentro, 

Y como si la hubieran visto abierta 
Iban cual la pesada piedra al centro: 
Estaban pues los nuestros en alerta 

Y así salieron prestos al encuentro, 
Hiciéronles volver mas que de paso 
Danzando al duro con el contrapaso. 



Talaron con furor a la pasada 
Con que satisficieron sus enojos 
Algunas chacarillas de cebada. 
Nacida de milagro en los rastrojos 
En quien tenia la gente sitiada 
Para se sustentar puestos los ojos. 
Sin tener en cuanto hay bajo del cielo 
Otra esperanza ni mayor consuelo. 



41G 

Mas para que del todo desmayase 
El español aflicto y congojoso. 
Le dijo Bello que no imaginase 
De tener en el mundo algún reposo, 
Ni que socorro menos aguardase, 
Sino es al triste tránsito espantoso, 
Pues fué Valdivia siendo mas potente 
Quemada toda con furor ardiente. 



Y que llegará presto Pelantaro 

A postrarle los muros por el suelo. 

Debajo cuyo esfuerzo y fuerte amparo 

El mundo todo viene en raudo vuelo: 

Jurando por la vida de Ancaitaro, 

Su paternal y respetado abuelo. 

De no dejar un punto aquesta guerra 

Aunque sobre el viniesen cielo y tierra. 



Volvióse Tecaman con menos furia 
De la que trajo, pero con gran sana, 
De si se queja, a los demás injuria 
Por cuanto no se dieron mejor maña: 
Temiendo la misérrima penuria 
En que esperaban verse los de España, 
Metieron agua, leña, y malvas dentro 
Para aguardar el último reencuentro. 



Después para saber si es verdadera 
La nueva de Valdivia desastrada, 
Y todo cuanto Bello les digera 
Echaron una noche una emboscada: 
Antes una hora o dos que amaneciera 
Volvió al pueblo la gente revelada. 
Por el camino de ella mas trillado 
Sin aflojar un punto su cuidado. 



417 



En este mismo paso se pusieron 
Diez y seis Españoles esforzados^ 
Con tanta vijilancia que no fueron 
?:?entidos de los indios depravados^ 
Hasta que en medio de ellos se metieron 
Así como venian descuidados^ 
Diéronles en llegando tan gran carga 
Que fué para los pértídos amarga. 



Una docena sola trompicaron 

De aquellos mas indómitos y altivos, 

Al fuerte presos dos solos llevaron 

Que solos estos dos quedaron vivos : 

Por librarse las armas se dejaron 

Los bárbaros traidores fugitivos. 

Caballos, ropa, mucho bastimento, 

Cosa que dio a los nuestros gran contento. 



Después de haber los presos afirmado 
Ser cierto de Valdivia el triste paso, 
Y el Tagalejo Deifico llegado 
Cuarenta y cinco grados del ocaso, 
Anganamon llegó determinado 
Al rio de las damas a gran paso, 
En llegando su gente a su ribera 
Enarboló de paz una bandera. 



Asi como los nuestros conocieron 
Del general la bandereta blanca, 
Que suba con algunos le dijeron 
!Si tiene que tratar en la barranca: 
Dos capitanes suyos con el fueron, 
Machopillan el fuerte y Pichonllanca, 
Que son de los que mas el se fiaba 
Y en cualquiera ocasión acompañaba. 

27 



418 

Llegado pues al puesto señalado 
Entre los dos Anganamon se y)uso, 
Y habiendo a los del fuerte saludado 
La plática fué aquesta que propuso : 
'"Como si me tubiérades pagado 
Para defensor vuestro^ no reuso 
El mirar sin descuido vuestra causa, 
Poniendo a las demás tan justa pausa. 



"A lo que ahora vengo, y se os advierte, 
Es que se a publicado la sentencia 
Contra vosotros de afrentosa muerte 
En los estrados propios de mi Audiencia: 
Si queréis no pasar trago tan fuerte 
O que yo la reboque con clemencia, 
Entregaos luego a mi que yo me obligo 
A seros siempre en todo buen amigo. 



"Con la benignidad juro trataros 

Que trato a aquesta gente de mi tropa, 

Y con tanto cuidado regalaros 

Que no fuérades tanto en vuestra Europa: 

Pero sino quisiéredes quedaros 

Con nosotros, dejándonos la ropa, 

Os dejaremos ir seguramente 

Dándoos ayuda en todo suficiente. 



"Si es que os liáis en la de los vecinos. 
Bien podéis de ella estar desconfiados, 
Porque los miserables y mezquinos 
Han sido a manos nuestras acabados: 
No seáis como aquellos Saguntinos 
Que murieron después desesperados. 
Por no ser socorridos cual vosotros 
Los unos se mataron a los otros. 



419 



"Sino viene al socorro vuestra España 

Mal os podréis librar de tanta guerra^ 

Que a tuerza de hierro, fuego, sangre, y maña, 

Hemos ganado toda nuestra tierra: 

El ánimo a vosotros os engaña 

Os degüella, consume, y os atierra. 

Alargad, pues podéis, mas vuestras vidas, 

No seáis de vosotros homicidas. 



"Mirad que a tiempo es lícito el partido 
Y mas cuando está echando todo el resto, 
Pues todo en esta mano está metido, 
Tomad, de que amistad os hago en esto: 
Desfigurado estáis, lleváis perdido 
Con tres figuras a primera puesto. 
En A^einte habéis de dar yo os satisfago 
Que he de tirar con todo que flus hago. 



"Haced si habéis de hacer esto que os digo 
Antes que Pelantaro airado venga. 
Que no podré después seros amigo 
!Ni que un solo momento se detenga: 
Padre tendréis en mi, favor, y abrigo. 
Mirase por aquello que os convenga, 
Usando de los términos humanos 
Como pudiera usar con mis hermanos.'^ 



Por respuesta se dio que no querían 
A bárbaros rendirse tan soeces, 
Porque de largo tiempo conocían 
Sus traiciones, engaños y dobleces: 
Demás de que entregarle no podían, 
Como se lo han ya dicho muchas veces, 
Sin licencia del Rey la fortaleza. 
Que entre españoles es grande bajeza. 



420 

Y que a los parlamentos lisonjeros 

Y amenazas horrendas del caudillo, 
Tienen hecho el oido cual herreros 
A los pesados golpes del martillo; 
Que no hay para que mas hacer ñeros 
Porque otra vez no piensan consentillo. 
Que no son ellos ni nos, ni con ellos 
Pretendan espantarles como a ellos. 



Mas si les quiere dar algún contento 
Del mucho que les tiene prometido, 
Que un español les de luego al momento 
De los que de Valdivia le han traido, 
De quien poder saber su asolamiento, 
Cosa que jamas ellos no han creido, 
Que una ciudad como ella se perdiese 
Ki tanto caballero pereciese. 



Respondió Anganamon que le enviarla 

Como en rehenes ellos le enviasen, 

Otro primero por que no queria 

Que allá con su cautivo se quedasen: 

Que solamente de esto se temia 

Y de que la palabra le quebrasen, 

Así que si saber cuanto hay desean 

Que el dará, en dando prendas, a quien crean. 



Viendo los españoles el intento 
Del malicioso bárbaro pujante. 
En rehenes le dieron al momento 
Al capitán Macuelas vijilante. 
Por ser varón de gran conocimiento 
Y en el lenguage de ellos elegante. 
Para que escudriñase los intentos 
De aquellos enemigos fraudulentos. 



421 

Túbole Anganamon un rato en peso 
Entre sus mismos brazos recojido^ 
Eecibiendo un gusto el indio en eso^ 
Que era de tiempo atrás su conocido 
Cuando en la Imperial estubo preso 
Fué solo de Macuelas socorrido^ 
Pero como el hacer bien no perece 
Con palabras ahora lo agradece. 



Jamas se me pasó de la memoria 
El general le dice, amigo amado^ 
Las obras buenas dignas de alta gloria 
Que de ti recibí el tiempo pasado: 
Pero si mi Pillan me da victoria 
Contra vosotros^ tu seras pagado^ 
De aquesta mano mia generosa 
Sin quedarte a deber alguna cosa. 



Todo el bien que pudiere el hombre haga 

Y a nadie dañe aunque dañarle pueda^ 
Que como el vulgo dice al fin se paga 
Complido el plazo en la propia moneda: 
El discreto, pues lo es^ se satisfaga. 
Que es la costumbre de la varia rueda, 
Levantar a los míseros caídos 

Y abatir a los prósperos subidos. 



Mas ya que así a nosotros a mostrado 
ÍSu rostro la Fortuna tan jocundo, 
Y por Adiestras soberbias arrojado 
A vosotros allá en lo mas profundo: 
Quisiera como tengo ya tratado 
(Y es porque no saliésedes del mundo,) 
Que os entreguéis a buena guerra luego 
8i es que queréis tener algún sosiego. 



422 

Es vana presunción, es devaneo 
Y aun frenesí parece de hombres locos 
Siendo tres menos dos faltos laneo 
Estar haciéndome mil cocos: 
Para mantenedores de un torneo 
Cuando fuérades mas érades pocos, 
Pues ved como podéis sufrir la carga 
De esta prolija guerra, dura, y larga. 



Si fuere menester desengañarles 
De que ya no hay quien pueda socorrellos. 
Vaya Juan Diaz Tellez a informarles 
Quizá podrá mejor que yo vencellos: 
Que bien se que sabrá desengañarles 
De aquello que creer no quieren ellos. 
Como quien fué presente a tanto daño 
Y verán como yo no les engaño. 



Fuese con esto Tellez para el fuerte 
A donde ya le estaban aguardando. 
Con un dolor igual al de la muerte 
A todos uno a uno fué abrazando: 
De su patria infeliz la triste suerte 
Fué con ardientes lágrimas contando. 
Las bárbaras crueldades que hicieron 
En ciento treinta y siete que murieron. 



De la manera con que son tratados 

Los míseros que están en cautiverio, 

Y con mas aspereza molestados 

Que los que están en el Turquesco imperio 

Contó que una gran tropa de soldados 

A Valdivia llegó no sin misterio 

Once dias después de su ruina 

Como a Osorno se fué por la marina. 



423 

Pero que entre los bárbaros se trata^ 
Después de haber llegado aquella gente. 
Que con todas sus fuerzas se combata 
Antes que aquesta se alimente : 
Cualquiera de nosotros se recata 
Y entre ellos lo platican solamente. 
Por do sospecho yo que no fué sola 
Esta que del Perú vino Española. 



Dicen que el coronel vino con ella, 

Que es lo que mas lo dicho certifica, 

Y que saldrá de Osorno y con la de ella 

A socorrer la pobre ciudad Rica: 

No se yo si podran llegar a ella 

Mas esto solamente se platica. 

Entre los enemigos fraudulentos 

De nuestra sangre púdica sedientos. 



Aquí bien se que son los toros ciertos 
Porque ya esos traidores se alborotan. 
Los campos están de ellos tan cubiertos 
Que las yerbas parece que los brotan: 
Caminos quedan de su rastro abiertos 
Los caudalosos rios los agotan, 
Y dejan la campana toda rasa 
Cual suele el raudo fuego por do pasa. 



A los purenes solamente aguardan 
Para dar el asalto a aqueste fuerte, 
Hoy creo llegaran, mas si mas tardan 
Tarde habrán de llegar a ver su suerte: 
Muchos reparos traen con que se guardan 
De los tremendos golpes de la muerte. 
La cual sobre ellos venga y tan esquiva 
Que no deje persona de ellas viva. 



424 

Quiera el señor; amigos, socorreros 

Que bien es menester del cielo ayuda 

Por que no hay fuerza humana, no hay aceros, 

Que contraste la de esta gente cruda: 

A los santos rogad que os sean terceros, 

A la virgen pedidla que os acuda, 

Y ruegue al unigénito su esposo 

0^ libre de este trance peligroso. 



No os fiéis en palabras de hombres viles 
Aunque a partidos mas la puerta os abran, 
Que si ahora son blandas y sutiles 
Después con ellos propias descalabran: 
^(m bcárbaros, idólatras, gentiles, 
Y a puro fuego a los cristianos labran, 
Que a los faltos de fe palabras sobran, 
No las guardan ni lo que dicen obran. 



No tengo mas, señores, que deciros 

8ino que siempre hagáis lo que habéis hecho. 

Dejareis fama eterna en no rendiros 

Y al mundo de quien fuistes satisfecho: 

Lanzando mil intrínsecos suspiros 

Regándose con lágrimas el pecho. 

Cuando llegó la hora señalada 

íSe volvió con la faz desfigurada. 



La propia nueva dio Gómez Macuelas 

Y de que Pelantaro era llegado, 
Las máquinas, designios, las cautelas. 
Con todo cuanto trae determinado: 
Pusieron rondas, guardias, centinelas, 

Y en sus cuarteles todos con cuidado. 
Por que si acaso fuesen asaltados 

No estén, pues nunca fueron, descuidados. 



425 

Siendo informado bien del crudo intento 
Con que el furioso bárbaro venia^ 
La gran pujanza^ fuerzas, ardimiento. 
Las máquinas, peltrechos que traia. 
Viendo la falta que hay de bastimento, 
Las pocas municiones que tenia, 
Para poder sufrir tan duro asedio 
Buscó el teniente el último remedio. 



Pues como vio los términos pasados 

Que dio a los que a pedir socorro fueron, 

Y que por tierra o mar no eran llegados 
Creyó que en el camino fenecieron: 
Estando juntos todos los prelados 

Con los que del cabildo allí vinieron, 

Y las demás personas principales 
Les dijo estas palabras sustanciales. 



"Señores, bien sabéis como he llevado 
Del cargo la gran carga ponderosa, 
Y^ en estos firmes hombros sustentado 
Como otro atlante sin faltar en cosa: 
Es carga que me tiene tan cansado 
Cuanto ella suele ser a otros gustosa. 
Mas es un gusto amargo el cual estraga 
Al gusto que del suyo no se paga. 



''Pagado si lo estoy de vuestros hechos 
Cuanto jamas no fué alguno pagado. 
Pues habéis hasta los sidéreos techos 
Mi nombre con los vuestros levantado: 
Y se bien que tenéis constantes pechos 
Para sustentar mas lo sustentado, 
Pero es bien que con tiempo procuremos 
Como de estos traidores nos libremos. 



426 



"El bastimento y pólvora nos falta, 

Las fuerzas se nos van debilitando, 

El esmalte del rostro se desmalta 

Y la color en pálida mudando: 

Si el bárbaro robusto nos asalta 

Que es lo que ahora estamos aguardando, 

Podremos resistir su furia ardiente 

Ocho dias o diez tasadamente/^ 



Canto XXII. 



Prosigue el viage del teniente y los enemigos el rastro : hallanlo en 
el valle de Coipo dando de comer a sus caballos : vuelven con ellos 
a Real: Pelantaro pone cerco a la ciudad: pide a los españoles que 
se rindan: hacen sacrificio de los dos cautivos: y los españoles una 
plegaria a la virgen pidiéndole los socorra : milagrosamente se llenó 
el pozo de agua : alzan espantados los enemigos el cerco. 



No hay cosa tan odiada en esta vida 
Ni con mas justa causa condenada, 
Que la traición cuanto es acometida 
Debajo de amistad o fé jurada: 
Es. de DioSj de la gente aborrecida 
Y en general de todos afeada^ 
Mácula que las honras amancilla^ 
Destruye, mancha, roe, y apolilla. 



La cual dicen que nace de flaqueza, 

Y en aviltados ánimos se arraiga 
Con tal vigor, que en esta gran vileza 
Al frágil corazón hace que caiga: 

Y como tiene allí su fortaleza 
Por maravilla de el se desarraiga. 
Antes como en nativa o propia tierra 
Se afirma, tiene, agarra, prende, afierra. 



428 



Los ramos de ella son alevosías, 
Asechanzas, cautelas, emboscadas, 
Caso pensado, ardides, tiranías, 
Fraudes, astucias, dolos y celadas: 
Las cuales tienen ya por valentías 
Y estratagemas son ahora llamadas. 
Poniendo al que es mas práctico en hacellas 
En par de las inmóviles estrellas. 



Que como haya llegado la malicia 
Adonde mas pasar de allí no puede, 
A hecho corrompiendo a la justicia 
Que la virtud atrás cansada quede: 
A crecido tras de esto la codicia. 
De donde vemos claro que procede 
El engaño, mentiras, falsedades. 
Tratos dobles, enbustes, mil maldades. 



Y como de estos nacen otros males 
Cual son envidias, odios, y rencores. 
No tienen mas de vida los leales 
De la que darle quieren los traidores: 
En la cuadrilla de los desleales 
Bien podemos poner con los mayores, 
Al que preso quedó por otro tanto 
En el remate del pasado canto. 



Así para probar como fué vero 
Cuanto dijo la bárbara prudente, 
¡Seguir el rastro por la posta quiero 
Del valeroso y mísero teniente: 
En pasando Atavon copioso estero 
Encontró con alguna de la gente. 
Que de Puren, Laniaco, y de Gruadaba, 
A la ciudad apriesa caminaba. 



429 

Con ella sin que fuesen conocidos 
Los dos valientes vándalos cerraron, 
Dejaron muertos tres, seis mal heridos, 
Y adelante a gran priesa caminaron: 
Por sentir los caballos afligidos 
En el valle de Coypo se pararon 
Ancho, fértil, de verde grama lleno. 
Que es para los caballos pasto bueno. 



Para que mas en breve se alentasen, 
Que de sudor espeso iban ya llenos, 
Y con la fresca yerba refrescasen 
Las sillas les quitaron y los frenos: 
Fundiéndola iban bien sin que dejasen 
De con ella embutir los flojos senos. 
Cuando vieron los míseros señores 
Asomar los cuarenta corredores. 



Así como a los nuestros descubrieron 
Enristrando las rábidas cuchillas^ 
A ellos de tropel arremetieron 
Cual hambrientos leones a corcillas: 
Sin defensa ninguna los prendieron, 
Por estar los caballos sin las sillas, 
Si con ellas y frenos estubieran 
Con ser tantos no se si los prendieran. 



Como rabiosos perros mal sufridos 
Al que en trabada lucha derribaron, 
O a hidalgos villanos ofendidos 
Así sobre los dos todos cargaron: 
No les dejaron armas ni vestidos 
Que de todo a los tristes despojaron, 
Dándoles los indómitos feroces 
Rempujones, puñadas, palos, coces: 



430 

Volviéronse a Canten a toda priesa 
Después de haber enviado embajadores 
Con el aviso de la nueva presa^ 
Por dar mayor contento a sus mayores: 
Con una soga de cabuya gruesa 
(Como si acaso fueran salteadores^) 
Atados llevan a los dos hispanos 
Por los brazos atrás vueltas las manos. 



Que música^ que tiestas^ que contentos^ 
Que bailes, ni que júbilos placeres. 
Que danzas, que saraos, ni que concentos, 
Hicieron a Himeneo, Baco, y Ceres, 
Como aquestos idólatras sangrientos 
Enterpolados hombres y mugeres, 
Tocando trompas, flautas, caracoles, 
Al recibir los presos Españoles. 



No tuvo así contento tan crecido 
El valeroso génito de Anchises, 
Cuando al gallardo Turno vio rendido 
Ni cuando se libró de los Fenises: 
Ni aquella casta Griega cuando vido 
Después de largo tiempo al cauto Ulises, 
Ni el joven indiscreto al padre caro 
Como cuando a los presos Pelantaro. 



Pasado todo aquel solemne dia. 

Que con tanto placer solemnizaron. 

De aquella belicosa compafiía 

A los mas arriscados despacharon: 

Toman de la ciudad recta la via, 

Pero en llegando al fuerte preguntaron. 

Haciéndose de nuevas tibiamente 

Cual solian hacer, por el teniente. 



431 



Pero los Españoles entendiendo 
El fraude de esta gente fraudadora^ 
Respondieron al punto^ está durmiendo 
Que acabó de rondar su cuarto ahora: 
Un indio dijo de ellos sonriendo: 
Dejarle reposar, duerma en buen hora, 
Guardadle el sueño, duerma, que no es justo 
Despertar a quien duerme tan a gusto. 



Sin decir otra cosa se volvieron 
Con ciertos ademanes de arrogancia. 
De que los Españoles coligieron 
Que andaban los reveldes de ganancia: 
Con toda diligencia previnieron 
Aquello que mas era de importancia, 
Limpian fosos, traveses, la muralla, 
Arcabuces, mosquetes, y la malla. 



Después de haber lo dicho todos hecho 
Con la solemnidad tal cual conviene^ 
En la ceñida plaza o patio estrecho 
Una gran procesión hacen solene : 
Con tierno corazón y ardiente pecho 
Las culpas dice cada cual que tiene, 
Pidiendo a Dios perdón de todas ellas 
Levantaba la voz a las estrellas. 



Estando pues los míseros pidiendo 
Con suma contrición al sumo verbo, 

Y ardentísimas lágrimas vertiendo 
Que los libre del trance tan acerbo: 
Oyeron el estrépito estupendo 

Que el enemigo bárbaro superbo. 
Haciendo viene raudo mas que el fuego 

Y así a las armas acudieron luego. 



432 

Pusiéronse con ellas en sus puestos 
Con gallardo valor y gran presteza^ 
Que en valerosos pechos como aquestos 
Nuevas fuerzas engendra la flaqueza: 
Venían pues los bárbaros dispuestos 
A morir o ganar la fortaleza, 
Que como al capitán preso tenian 
Ganarla sin contrastes entendian. 



Tomó para mejor seguir su intento 
El caudillo feroz del adversario, 
Por mas seguro y fuerte alojamiento 
El sitio del colegio seminario: 
Con el acostumbrado parlamento 
Que solia hacerles de ordinario 
Nuevamente pidió que se rindiesen 
Antes que a manos de ellos feneciesen. 



Volvióles a traer a la memoria 
La vida que vivian miserable, 
De Valdivia la péi-dida notoria, • 
El gran riesgo en que están indubitable: 
La prisión del teniente y la victoria 
Que a ganado su ejército indomable, 
Las pocas fuerzas que Espafioles tienen, 
El intento con que los indios vienen. 



No faltaron aP bárbaro discreto 
Otras muchas dulcísimas razones, 
Que pudieran hacer algún efeto 
En otros menos fuertes corazones: 
Pero como el valor era perfeto 
De aquellos constianimos varones. 
Por no quedar al cántico dormidos 
Se taparon con cera los oídos. 



433 

Mas como responderle no quisieron 
Xi de el menos hicieron algún caso, 
El bárbaro y los suyos se volvieron 
A las tiendas corridos a gran paso : 
Cuando al pastor Fetonio puesto vieron 
Entre el Oriente claro y el ocaso 
Haciendo a la fecunda Tellus guerra 
Abrasaron los pérfidos la tierra. 



En toda la campana no dejaron 
Ningún modo ni género de yerba^ 
Mostaza; lamO; y malvas abrasaron 
A posta la feroz gente proterva: 
Los árboles frutales arrancaron 
De que una gran montaña había superba 
Por que los españoles no tuviesen 
Con que los lasos cuerpos mantuviesen. 



Presentáronles luego el mismo dia 

Con sobra de arrogancia (o- pueblo ingrato) 

A los cautivos dos en quien se veia 

De toda la aflicción vivo el retrato: 

Pues ved pues quien los vio que sentiría 

Andar en tales términos y trato, 

A tan esforzadísimos guerreros 

Y en poder de traidores carniceros. 



Como Galdames vio al teniente preso 

Y de la estratagema tuvo aviso, 
Para reparo de cualquier suceso 
Guarneció los traveses al proviso: 

Y como las mas nobles en Efeso 
Todas las principales damas quiso 
Que estén sobre el mas alto baluarte 
Con las insignias ásperas de Marte. 

28 



434 

Aquí se vía en armas y en nobleza, 
En apostura; en ánimO; en divisas, 
En talle, en gallardía, en gentileza, 
Camilas, Bradamantes, y Marfisas, 
Policenas, y Elenas, en belleza. 
En castidad Lucrecias y Fenisas, 
En gracia, en discreción, en hermosura 
Todo cuando engendrar pudo natura. 



Andaba Dona Inés por la muralla 
Armada fuertemente su persona, 
Con una cota de luciente malla 
Ejerciendo el oficio de Belona: 
Puede la fama con razón loalla 
Mejor que a la mas célebre matrona. 
Que antiguamente en la gran Roma hubo 
Cuando el monarquical título tubo. 



Llevaba en la derecha mano una asta 
Hecha del corazón de un seco roble, 
Y en la siniestra de templada pasta 
Gravado escudo, reluciente y doble: 
En campo blanco de su ilustre casta 
Como blasón o símbolo tan noble. 
Dos olmos con una águila ligera 
Antigua insignia de Olmos de Aguilera. 



A todos los soldados visitaba 
Requiriendo pur horas los cuarteles, 
Y con palabras tales animaba 
Que leones hacia de lebreles : 
Su hija la menor le acompañaba 
Tan bella que otra tal no pintó Apeles, 
El pastor la manzana si la viera 
A Dona Lies de Córdova la diera. 



435 

Detuvo el carro Apolo para vella 
De tan grande beldad maravillado, 
Pensando fuese Dafne en ser tan bella 
De quien estubo tanto aficionado: 
Así como los ojos puso en ella 
Quedó de su divina luz privado. 
Como suele quedar la de una vela 
Cuando la ponen junto a la candela. 



Mas para que su luz el Rey de Délo 
Al orbe diese como suele clara, 
Puso sus claros ojos en el suelo 
Y con el antifaz cubrió la cara: 
Cubierta pues la dama con el velo 
Que su gran calidad y honor declara; 
A los soldados dijo estas razones 
Con que encendió los muertos corazones. 



"Ahora es tiempo, mas que humanos hombres, 

En que podéis subir a las estrellas, 

Vuestros heroicos y famosos nombres 

Haciéndolos eternos como ellas: 

Y vuestras descendencias con renombres 

Las dejareis ilustres cuanto bellas 

8i vuestra ley, la patria, honor y vidas 

Defendéis con las fuerzas no vencidas. 



"Pero cuando no fuésedes bastantes 
Para nos defender de esos tiranos, 
Las mugeres con ánimos constantes 
Tomaremos las armas en las manos: 
Seremos a las Cimbrias semejantes 
Cuando de los indómitos Romanos 
Quedaron los inválidos maridos 
Por ellas vencedores de vencidos. 

28 



436 

"Y no penséis que cosa nueva sea 
Vestirse las mugeres la camisa 
Que el iracundo Marte en la pelea 
Con la colchada túnica j divisa: 
Pues ejemplo nos da Pentesilea, 
TomiriS; Semiramis, Artemisa^ 
Rosimunda^ las Setnas y Boemia 
Las Cúrenlas a quien la fama premia. 



''Y cuando nos saliere mal la suerte 
Por la fe de quien soV; seuoreS; juro. 
Que sin temor alguno de la muerte^ 
Me pondré a la defensa de este muro: 
Haciendo con esfuerzo y brazo fuerte 
Que mi nombre resuene en lo futuro^ 
Como el de aquella virgen de honra dina 
Que gloria fué de la Nación Latina. 



''Mas pues que conocido de atrás tengo 
El fuego de esos bravos corazones, 
Xo se yo para que mas me entretengo 
Gastando el tiempo en valde y mis razones; 
Parecese decir que os entretengo; 
Ea, pues, valentisimos varones, 
Asestad los cañones, poned el punto 
A donde el escuadrón está mas junto/^ 



Pudo tanto el valor de aquesta dama. 
La gravedad, el ánimo, el sosiego. 
Que por las frias médulas derrama 
A todos un ardor de vivo fuego: 
Hierve la sangre, el corazón se inflama, 
Enciéndese la cólera, y el juego 
L)e Marte se empezó de tal manera 
Que no piensan ganarle los de afuera. 



437 



Mas viendo la ventaja conocida 
Que tienen^ con ser pocos^ los de España, 
Pelantaro por no perder la vida 
Determinó de hacer el juego maña: 
Con muestra de amistad, pero fingida, 
Disimulando su rabiosa sana, 
Pidió seguro para que se trate 
De los dos prisioneros el rescate. 



Después que se le dio lo que pedia 
Salió de las trincheas libremente, 

Y en medio de una gruesa compañia 
En altas voces dijo lo siguiente: 
"El ánimo, el esfuerzo, la osadia. 
Que en vosotros he visto, noble gente, 

Y la necesidad que habéis pasado 
A piedad me tiene estimulado. 



"Debajo de mi fe podéis seguros 

Entregando las armas entregaros. 

Que mal podran las fuerzas de esos muros, 

De las mias indómitas libraros. 

Ni de los golpes de la muerte duros. 

Aunque seáis mas diestros, repararos. 

Porque ja tiene su tajante espada 

Sobre vuestras cabezas levantada. 



"No reparéis así con la cabeza 
Que no tengo por bueno tal reparo. 
Mas cierto, mas seguro, y mas destreza. 
Será si os reparáis con Pelantaro: 
Es no querer hacerlo gran torpeza. 
Es incierto, es costoso, es duro, es caro, 
La vida va y la muerte solo en ello 
El aceptarlo o no querer hacello. 



438 



"No hay ley humana escrita que os obligue 
A mas de lo que habéis, señores, hecho, 
Ni príncipe ninguno que os castigue 
Por rendiros estando en tanto estrecho: 
Ni aun hombre tan injusto que litigue 
Contra los estatutos del derecho. 
Ni quien menos condene lo que es bueno 
Sino quien es de la razón ageno. 



"De mas de que es cual veis mandato espreso 
Del caudillo que tiene aquesto a cargo. 
Que manda que os rindáis y aunque está preso 
Habéis de obedecerle sin embargo: 
El es quien a de dar la cuenta de eso. 
La cual dará que tiene buen descargo. 
Que es haberle faltado juntamente 
Munición, bastimentos y la gente. 



"Habéis con sobra de ánimo sufrido 
Sed, hambre, fuego, peste, cruel dolencia. 
Cuarenta y nueve asaltos renitido 
A toda la barbárica potencia: 
Poco a poco las fuerzas consumido. 
Como lo muestra claro la esperiencia. 
No se cuando aguardáis a tomar puerto 
Viendo dudoso el bien, el daño cierto/^ 



No pasó con la plática molesta 
El iracundo bárbaro adelante, 
Por que para volverle la respuesta 
Gualdames le atajó en aqueste instante, 
La cual fué con audacia dicha aquesta: 
"Jamas temor alguno fué bastante. 
Ni será mientras yo tuviere vida, 
A que flaqueza en mi sea conocida. 



439 

"Ni de la vida estoy aficionado^ 

La cual no estimo ni la tengo en nada 

Si a de quedar la honra que he ganado^ 

Solo por no perderla, maculada: 

Y que estando el Teniente aprisionado 

La gente suya no estará obligada 

A cumplir ni aun hacer lo que dijere 

Ni a obedecer las órdenes que diere. 



"Asi que si desea que se haga 
Lo que el teniente dice y el procura. 
Que le de libertad o de por paga, 
Pues nada o poco en ello se aventura: 
Que podrá ser que al punto satisfaga 
En cuanto con palabras le asegura. 
Que él es el que podrá mejor haeello 
Por ser quien a de dar la cuenta de ellu/' 



No fueron estas ni otras mil razones 
(Que Francisco Goldames dijo) parte 
Para sacar los dos presos varones 
Ni pudo con industria ni con arte: 
Conociendo las malas intenciones ' 
Desde un secreto y alto baluarte 
Mandó que a los reveldes insolentes 
Los arrojen diez pildoras ardientes. 



Tenian a los presos maniatados 
Con durísimas guascas fuertemente^ 
Látigos a los cuellos enlazados 
Asidos de ellos toda la mas gente: 
Como estaban del caso descuidados 

Y la carga fué tal y de repente 
Alargaron los cabos, diez las vidas 

Y los demás se van a las guaridas. 



440 

En viendo pues la suerte como pinta 
Los cautivos y andar así la cosa, 
Pusiéronse las faldas en la cinta 
Y como dicen pies en polvorosa: 
De entre la gente bárbara distinta 
(Cual con viento la nube procelosa) 
íSalieroUj en caballos corredores^ 
Aquellos dos apóstatas traidores. 



Iban los desdichados prisioneros 
Con la puerta mayor emparejando^ 
Y a recibirles quince arcabuceros 
Que salieron por ella disparando, 
Cuando de las maromas o cinteros 
Les asieron, y vuelven arrastrando, 
Así como a los perros que los llevan 
Muchachos a la horca en quien se ceban. 



Sin parar como digo los llevaron 

Al lugar diputado al sacrificio, 

A su modü gentil los degollaron 

Padeciendo primero gran suplicio: 

Así los dos amigos acabaron 

Por hacer a su Patria y Re}^ servicio, 

Llamando siempre a Dios y el que le llama 

Al pecho siente su divina llama. 



Murieron pues al fin como cristianos, 
Por donde pueden creer piadosamente 
Que están con los celestes Cortesanos 
Gozando de aquel ser omnipotente: 
Delante de los Césares romanos 
Lugar tubiera honíu'ico el teniente, 
Si como fué al principio al fin llegara 
Y el fuerte al mejor tiempo no dejara. 



Perdió por esto solo la corona 
Que con tanto valor ganado habia^ 
Como aquel que en el cerco de Verona 
Igual era en las armas y valia^ 
Y a su sangriento hermano de Belona 
Le mostró con su brava valentía, 
Pero con un borrón lo borró todo 
Poniendo a lo adquirido antes del todo. 



Estando en estos juegos gradiales 
Los bárbaros sin ley embebecidos, 
Se les huyó Francisco de Banales 
Uno de los mestizos forajidos: 
Aviso dio de que los naturales, 
Como en aquel oficio envejecidos. 
Están en su propósito constantes 
Con mas dañados ánimos que de antes. 



Luego como llegó dijo en la plaza 
Todo cuanto Francisco dicho habia, 
De como aquel traidor de mala raza 
En la que están al bárbaro vendia: 
El intento, el ardid, ficción, la traza. 
Que para la entregar dada tenia, 
Y que hay también sin él otros traidores 
Que son de la traición encubridores. 



Con aquesta que fué segunda nueva 
Por ser a la primera semejante, 
A muerte le condena sin mas prueba 
Que la de los testigos es bastante: 
Para la ejecución de ella le lleva 
Al son de una trompeta resonante. 
Cuando del capitán cargó la gente 
Haciéndole soltar al delincuente. 



442 



Al fin le perdonó; mas fué por fuerza 

Que no pudo hacer allí otra cosa^ 

Que aquí la gente ruin tiene gran fuerza 

Y es mas que la de suerte poderosa: 

No hay nadie que al juez haga que tuerza 

La ley por el de sangre generosa^ 

Pero por un plebeyo todos ruegan, 

Que para solo aquesto se congregan. 



Mas como el verbo eterno es poderoso 

Y su poder sin fin no es limitado, 
Aunque lo dilató a aqueste alevoso 
Le vino a castigar de su pecado : 
En el tiempo que estaba mas gozoso 

Y de la parca cruel mas olvidado. 
Con ella se abrazó suvitamente 
Atribuyéndolo a esto la mas gente. 



Pero la rebelada inoficiosa 

Apretó a la de España de manera, 

Que de trabajo, hambre y sed rabiosa 

El alma tuvo para echarla fuera: 

A la del Redentor única esposa 

Otra vez acudió que fué tercera, 

A pedirle llorando que le acuda 

Como en las dos pasadas con su ayuda. 



Oyó el señor sus justas peticiones 
Como a Ismael en el desierto cuando 
Su madre Agar con sobra de aflicciones 
De sed ardiente le dejó acabando: 
Es el manjar de Dios los corazones 
De los que se los dan con pecho blando, 
En cuyas voluntades reconoce 
Al que su santo espíritu conoce. 



443 

Así como a la Virgen vio la cara 
La gente aflicta y agua la pidiese, 
Llenóse el pozo seco de ella clara 
Con mucho mas fervor que si hirviese: 
No fué aquí menester que con la vara 
En la piedra de Oreb Moisés hiriese, 
Por que la de Gese mas virtud tiene 
Que ya la ley de gracia se mantiene. 



Si tubiera caudal, Reina del Cielo, 
Talento celestial, viva eíicacia, 
Levantara en loaros algo el vuelo 
Con un vigor de mas que humana audacia: 
Pero si soy humilde gusanuelo 
Falto de lo que digo y de la gracia, 
Como podré decir cosa que os cuadre 
Sino es decir que sois del Verbo madre. 



Alabemos los coros de los santos. 
Serenísima Reyna cortesana. 
Los Angeles, Arcángeles, y cuantos 
Asisten en la corte soberana: 
Cantemos himnos, celestiales cantos. 
Puerta del cielo, luz de la mañana. 
Por las grandes mercedes y favores 
Que reciben de vos los pecadores. 



Gracias te damos, Reyna esclarecida. 
Cantando estaba en la capilla santa. 
La gente castellana enriquecida 
Con tanto don glorioso y merced tanta, 
Cuando la revelada descreída 
Oyendo la canción dulce que canta. 
De temor llena mas que de esperanza 
La causa preguntó de la mudanza. 



444 



Así como la voz oyó una dama 
Hija de aquel famoso Castañeda^ 
Que con los otros trece de la fama 
Ercilla encumbra en la encumbrada rueda 
A vista de los bárbaros derrama 
Una botija de agua y con faz leda. 
Les dijo: de aquí nace nuestro gozo, 
De ver llenarse de ella el seco pozo. 



Ya nuestro Redentor se condolece 
De nosotros por quien milagros obra, 
El cielo, tierra, el mar nos favorece, 
No hay cosa que nos cause mas zozobra: 
De ninguna en el fuerte se carece 
Todo cuanto faltaba eso nos sobra, 
Airado está el señor contra vosotros 
Y se muestra benévolo a nosotros. 



Ko aguardaron a mas porque en oyendo 
De la gallarda dueña las razones 
Perdida la color vuelven huyendo 
Sin pulsos, sin vigor, sin corazones: 
No volvieron el rostro atrás creyendo 
Que todos los dañados escuadrones, 
Y las demás cuadrillas criminosas 
En sus alcances iban presurosas. 



Con todo aquel temor con que partieron 
Con ese sin perderle caminaron. 
El paso en parte alguna detubieron 
Hasta que a sus estancas allegaron: 
Pero los Españoles como vieron 
Que libres de los bárbaros quedaron, 
A Dios de ello las gracias dieron luego 
Abrasados de amor en santo fuego. 



445 

Así como se fueron los perjuros 
Huyendo de aquel súbito alborozo^ 
Para señal de que ya están seguros 
Volvióse a su primero ser el pozo: 
Viendo el grande milagro de los muros 
Los hispanos salieron con gran gozo^ 
Bien así como cuando el Patriarca 
Después del largo afán salió del Arca. 



Los campos verdes hallan abrasados 
Cubiertos todos con cenizas pardas^ 
Los árboles fructíferos cortados 
Como cosa que estaba sin sus guardas: 
Entre los muladares, y vallados, 
¡Sobre los paredones en la bardas, 
Algunas yerbas hay no conocidas 
Que fueron el sustento de sus vidas. 



Sin saber si eran buenas o dañosas 
Con ellas los estómagos llenaban, 
Cocíanlas sin grasa ni otras cosas, 
Como si fueran puercos se hartaban: 
l'odas las inmundicias asquerosas 
Crudas cual gallinazas se tragaban, 
Cualquiera cosa de virtud agena 
Era para comer aquí muy buena. 



Espaldares de sillas, cueros viejos. 
Las suelas de chapines no baratos, 
K^avandijas hediondas, los pellejos 
De caballos, ratones, perros, gatos, 
Cxuadamecíes, látigos añejos. 
Adargas, cueras, botas, y zapatos. 
Volviendo al cuerpo lánguido las heces 
De lo que ya sirvió en el otras veces. 



446 



La hambre general que hubo en Italia 
Cuando por el Rey Godo fué asolada, 
La de África, ni la de Farsalia, 
No puede ser con esta comparada: 
No fué en Europa, en Asia, o en la Galia, 
En Sagunto Numancia la nombrada, 
En Coron, en Verona, ni en Samaría 
Ni aun en Jerusalén, tan ordinaria. 



De unas semillas duras como un palo 
Pan mas negro que pólvora hacian, 
Pero como a la hambre no hay pan malo 
Cual si fuera de leche le comian: 
Aquellos que se vieron en regalo 
Con cuanta pena lágrimas vertían. 
De ver que totalmente les faltaba 
Aquello que otro tiempo les sobraba. 



Los unos en hidrópicos hinchados 
Con tan malas viandas se volvían. 
Cual éticos los otros descarnados 
Fantasmas propiamente parecían : 
Quedaron todos ellos tan trocados 
Que con diíicultad se conocían. 
Odres parecen estos en la suerte. 
Aquestos el traslado de la muerte. 



Como viejos perláticos temblaban 

Y cual faltos de sueño dan bostezos, 

Por la falta de aliento no pasaban 

Las tituvantes voces de los bezos: 

Los pechos mas que lánguidos se alzaban 

Haciendo un ronco son con los accesos, 

Cáese debilitada la cabeza 

Los desmayados cuerpos de flaqueza. 



44' 



Las tiernas criaturas desmedradas. 
Como es la hambre tanta que padecen, 
Con las piadosas madres abrazadas 
Al criador las ánimas ofrecen: 
Ellas con las entrañas traspasadas 
Como madres al tln se condolecen, 
Mas como remediarlas no podian 
Con sollozos mil lágrimas vertian. 



Cuando ya iba fijando el pie la muerte 
Para les dar asalto en sus umbrales. 
Llegaron ciertos bárbaros al fuerte 
De Tirua y Rolomo naturales: 
Doliéndose de verlos de tal suerte 
Tres o cuatro Caciques principales. 
Se ofrecieron a darles al momento 
Por un precio escesivo bastimento. 



Sin reparar en el se concertaron 
Que no hay alguno igual al de la vida. 
Harina de cebada les compraron 
Tostada, por cerner, y mal molida: 
Largo tiempo el rescate continuaron 
Y aunque fué con ponzoña la comida, 
No quiso Dios que nadie pereciese 
Ni que este pueblo suyo se perdiese. 



Aunque por un descuido que tubieron 

Cuando era menester mas el cuidado. 

Catorce desmandados se perdieron 

Por ser el uno de ellos desmandado: 

La mucha confianza con que fueron 

Fué causa de su fin acelerado, 

Y de que yo le de a este canto amargo 

Que no lo es poco en ser como es tan largo. 



Canto XXIII. 



Degüellan los enemigos de Tenia catorce castellanos en el rescate del 
bastimento: prende el capitán Francisco Goldames al cacique Guaiqui- 
milla: llega del Perú al Puerto de la Concepción gente de socorro: 
sale don Francisco de Quiñones a socorrer las ciudades de Ongol e 
Imperial: junta el enemigo poderoso ejército y en el valle de 
Yumbelle da la batalla. 



J_)e enemigos ni amigos sospechosos 

No se lia de ñar ningún prudente, 

Que son todos sus tratos cautelosos 

Con que engañar pretenden a la gente: 

Y con los enemigos alevosos 

Es lícito el tratar dobladamente, 

No dando algún lugar a sus cautelas 

Que al traidor la ocasión le pone espuelas. 



]\íil historias antiguas vemos buenas 

JJe príncipes que se han solo perdido 

Por dar la entrada libre a manos llenas 

A quien no se debiera dar oídos: 

El último de Roma, otro de Atenas, 

Don Sancho a quien mató el traidor Belido, 

Julio Cesar, dos mil emperadores, 

Que acabaron a manos de traidores. 



449 

Mal hiciera Sinon en Troya tiro 
8i el Rey Priamo de el no se fiara, 
Ni Bausanias al sucesor de Ciro 
A quien fortuna fué por ello avara : 
Burló a los Babilónicos Zopiro 
Las orejas cortándose y la cara, 
Pudo con la crueldad que usó consigo 
Entregar la ciudad al Key su amigo. 



Son de naturaleza los gentiles 
Como faltos de fé y de ley, traidores, 
Mentirosos, aleves, falsos, viles. 
Codiciosos, tiranos, envaidores, 
Disimulados, pórfidos, sutiles. 
Sin honra, sin palabra, engañadores, 
Y sobre todos cuantos hay nacidos 
Aquestos idolatras fementidos. 



No han tratado verdad en esta vida 

Y quieren que con ellos que se trate. 
Ni cumplen la palabra prometida 

Y así es fiarse de ella disparate: 

Aquí veréis cuan mal que fué cumplida 
La que dieron acerca del rescate, 

Y los que de ella tanto se fiaron 
Cuan desastradamente que acabaron. 



Cuando el gran capitán de las estrellas 
Al mundo su luciente faz mostraba, 
Quitándoles la clara luz que en ellas 
Como en claro cristal reverberaba, 
Al rio de las damas cien doncellas 
Y un escuadrón de bárbaros llegaba. 
Cargadas las mujeres con sus yoles 
A donde tran maiz, trigo, y frisóles. 

29 



450 

Desarmados los pérfidos veniari; 
Para que sin sospecha ni recelo 
Fuesen a rescatar como solian 
Los Españoles miseros de vuelo: 
Apriesa los llamaban y decian 
Que fuesen a comprar antes que Délo 
¡Subiese a lo mas alto de la cumbre 
A darles con sus rayos pesadumbre. 



No acude la perdiz asi al reclamo 
Del perdigón cantor que está cautivo, 
Ni a la fontana fria el suelto gamo 
Cuando Pitro arde mas en tiempo estivo. 
Ni a las sonoras voces de su amo 
Transido Tagarote infugitivo, 
Como a las de los bárbaros sangrientos 
Los miserables vándalos hambrientos. 



Desde los altos muros se arrojaban 
Los de menos quilates y paciencia, 
Que por tener tan poco no aguardaban 
Del capitán solícito licencia: 
El cual viendo las cosas que pasaban 
Y en los suyos perdida la obediencia. 
Con todo aquel rigor que convenia 
A los desobedientes oprimía. 



Mas era ya el desorden de tal suerte 
Y la necesidad que los aflige, 
Que con ver como vian a la muerte 
La razón ni el temor no les corrige: 
Salieron los incrédulos del fuerte 
Contra la voluntad de quien los rige, 
Bajaron velocísimos el cerro 
Desarmados que fué doblar el yerro. 



451 

Setecientos de la costa 

En la ciudad estaban emboscados. 
Desde que se rindió la primer posta 
Para cercar a tiempo los cercados; 
Los catorce que fueron por la posta 
De la necesidad estimulados^ 
Dejaron en las manos homicidas 
De sacrilegos pértídos las vidas. 



Tantos palos les dieron con garrotes 
De temO; palo duro que cortaron^ 
Que por las Hacas sienes y cogotes 
Los palpitantes sesos reventaron: 
Degollaron dos nobles sacerdotes^ 
Vivo a Fray Juan Suarez se llevaron;, 
Tres Españoles, niños inocentes. 
Con otros muchos indios sus parientes. 



Uno de los catorce que murieron, 
Pereda, fué a quien estos hombres vanos 
Por inmortal o mágico tubieron, 
O por el Ibumche de los cristianos. 
La cabeza del cuerpo dividieron 
Diciendo como* bárbaros insanos. 
Veamos si este cuerpo sin cabeza 
(Como hizo en Curaraba) se endereza. 



Estaban los cristianos desde lo alto 

Mirando aquel conflicto sanguinoso. 

Cuando salió con ímpetu al asalto 

El escuadrón de bárbaros famoso: 

El denuedo, la priesa, el sobresalto 

Fué tanto j el valor del victorioso. 

Que a no estar Juan de Ybarra puesto apunto 

Entrara por la puerta todo junto. 

29* 



452 



Pero acudiendo luego Don Fernando 
Montiel; Quijada; Conde y Juan de Vega, 
Fueron tanto a los infidos cerrando 
Que forzados dejaron la refriega: 
Recogidos se fueron retirando 
Como los segadores de la siega^ 
Cuanto Titon colérico en la siesta 
Con sus ardientes flechas les infesta. 



Pasados pocos mas de quince dias 
Sin vergüenza los bárbaros volvieron^ 
Al trato con las mismas mercancías 
Que tan costosas para tantos fueron: 
Los Españoles por diversas vias 
Inteligencias útiles tuvieron; 
Hasta que asegurando a los perjuros 
Los hicieron entrar dentro en los muros. 



Como si amigos fueran verdaderos 
Entró al rescate dentro una cuadrilla; 
De los mas revoltosos bandoleros 
Cargados de maiz; trigo y frutilla: 
En prisión los pusieron los iberos 
A todoS; y al Cacique Guait^uimilla 
Por el respeto de este y mandamiento 
Al fuerte vino siempre bastimento. 



Era ademas de ser emparentado 
Valiente; principal; sagaZ; discretO; 
Bien quistO; generosO; respetado; 
Comedido; varón de gran conecto: 
Xo fué mas nuestro fuerte fatigado 
Por tener a este bárbaro respeto 
Antes le alimentaba su aillaregua 
Con quien se hizo una inviolable tregua. 



453 

Así ya pues que aquí tienen bonanza 
Y el paso franco el bárbaro me deja^ 
Dejarlos quiero que de mi tardanza 
Quiñones con razón justa se queja: 
Con el socorro nuevo nueva usanza 
Para salir en campo se apareja 
Que quiere con gallardo contoneo 
Easgar las sordas aguas del Leteo. 



Gallardas compañías seis reparte 
En seis gallardos jóvenes briosos, 
Que cada cual escede al crudo Marte 
En memorables hechos vigorosos: 
¡ Oh bárbara canalla^ guartO; guarte ! 
No te pongas en términos dudosos^ 
Conserva tu feliz prospera suerte^ 
Guarda que te amenaza ya la muerte. 



No fies en tu vana confianza 
Ni menos en la lúbrica fortuna^ 
Que cuando quiere hace su mudanza 
Imitando a las varias de la Luna: 
Ya llena ya vacía su balanza^ 
Ya ninguno le da colmada alguna, 
Demás de qué no es menos que Quiñones 
Quien rige tan soberbios escuadrones. 



Así de hoy mas es bien la fama rompa 

El aire vago con el soplo horrendo, 

Y de los demás globos interrompa 

En trepidante son y en suave estruendo: 

O ya el Olimpo la sonora trompa 

Con que se va mi canto engrandeciendo, 

Cantando aunque no en versos tan sutiles 

Cual los del Griego del segundo Aquiles. 



454 



Dichoso yo en mil siglos pues que puedo 
En verso heroico y dilatada suma, 
Ageno de sospechas, pena, o miedo, 
Batir las alas y tender la pluma: 
Y con la transparente vista quedo 
Fijo mirar al sol, sin que presuma 
Podrá desfallecerme un solo punto 
De estos heroicos cantos que aquí apunto. 



Por lo cual con la voz mas entonada, 
Con mas razón y relación mas cierta, 
Con la verdad mas pura y acendrada 
Y sin ficción de caso o zuza incierta: 
Cantar quiero por obra señalada 
Al mundo, dando por insigne oferta 
Noticia de los célebres blasones 
Del sinpar Don Francisco de Quiñones. 



Aqueste solo fué quien vencer pudo 
Al invencible bárbaro Araucano, 
Orlando a pesar suyo el fuerte escudo 
Con mil trofeos insignes de su mano: 
A quien temió el airado Puren crudo, 
Catira, Tucapel, y Mareguano, 
Que por su ley y Key cuanto pretende 
Todo lo atierra, rinde, asuela, enciende. 



Ninfas que el carro de oro hasta el ocaso 
La venida aguardando del hermano. 
Atentas contempláis desde el Parnaso 

Y con voluble esfera y blanca mano 
Le vais midiendo el curso paso a paso 
Por el diafano abjecto y aire vano. 
Dejad de hoy mas el rumbo y planisferio 

Y atentas asistid a otro emisferio. 



455 



Formad una no vista laureola 

Con el blanco jazmín y rojo acantO; 

Rosa^ liriO; alelí, jacinto^ y viola, 

Y tal que a envidia muev¿i al mismo espanto 

Que yo os afirmo y juro sercá sola 

Digna de aquel que en rudo verso canto, 

Los loores que encubriendo va mi pluma 

Cuanto pretendo mas buscarle suma. 



Ko os pido yo el favor no de Elicona 

Hermanas nueve del intenso Apolo, 

Que Don Juan de Mendoza es quien abona 

Mi heroica historia y basta el suyo solo : 

El cual pues de Elio quiso la corona. 

Ya es bien vaya del uno al otro Polo 

La fama eternizando las hazañas 

Del Marte nuevo honor de las Espanas. 



Habiendo guarnecido las fronteras 
Dejando en todas ellas buen reparo. 
En vistosas escuadras e hileras 
De Penco sale el escuadrón preclaro 
Como en las cristalinas vidrieras. 
En las lucientes armas del sol claro 
Reverberan sus rayos celestiales 
Ofendiendo con ellos los visuales. 



Con orden militar y vigilancia 
En dos jornadas a Quenel llegaron. 
En cuya verde y deleitosa estancia 
La veterana gente allí aguardaron: 
Con ella con denuedo y sin jactancia 

le mostraron 

Con muestra tal, que al bárbaro desdeña 
La bélica cuadi'illa, aunque pequeña. 



4513 



Son aquestos dos ínclitos varones 
Antiquísimos hombres en la tierra^ 
Temidos de las bárbaras naciones 
Tanto en los valles como en la gran sierra, 
Por lo cual les mandó venir Quiñones 
Para que le aconsejen en la guerra, 
Que como tan prudente, sabio y viejo 
Jamas dio paso alguno sin consejo. 



Al capitán Alonso Cid encarga 
La guardia de Chillan, tan importante. 
Porque para tener tan grave carga 
Tiene robustos hombros como Atlante: 
Aquí no hago de él historia larga 
Por estar como estoy tan adelante, 
Pero basta decir que siempre ha sido 
Igual al gran varón de su apellido. 



El campo junta de la gente nueva 

Con las reliquias de la veterana, 

La trompa suena belicosa a leva 

Que incita y mueve a la nación hispana ; 

Deseando venir con ella a prueba 

En busca se partió de la pagana, 

Llegó a Nivequeten, rio famoso. 

Que Biobío hace mas copioso. 



En la espaciosa margen de el se aloja 
Cuando el gran corazón del cuarto cielo 
Al orbe de su clara luz despoja 
Y a la penosa Circe da consuelo: 
Mandó el gobernador que se recoja 
Su gente toda entre el y un arroyuelo 
Que paga su tributo al ancho rio 
Antes que el pague el suyo a Biobío. 



457 

Eligió como práctico soldado 
A donde esté su campo recojido 
Un sitio fuerte en puesto acomodado 
Para cualquiera bélico rugido : 
Este fué siempre solo su cuidado 
Y estar a cualquier hora prevenido^ 
Teniendo mas que todos vijilancia 
En todas las facciones de importancia. 



Habiendo pues el campo en orden puesto 

Y su rostro clarificó la Luna^ 
Despacha el general gente de presto 
Para que traigan nueva o lengua alguna: 
Subió de Conilebo el gran recuesto 

Que está sirviendo al cielo de coluna, 

Y al gran rio llegó cuando la Am-ora 
Las claras puertas del Oriente dora. 



Al pié del reventón junto a BiobíO; 
En unos matorrales enredados, 
A do jamas entró el calor ni frió 
Hallamos ciertos indios emboscados: 
Algunos se arrojaron en el rio 
Huyendo de el temor estimulados, 
A toda la demás gente prendimos 
Y al campo con la presa vuelta dimos. 



El cauto Don Francisco, que su intento 
Era solo saber el que tenia 
El iracundo idolatra sangriento 
La máquina o designios que traia, 
Ante el mandó le traigan al momento 
Los presos, que saber de ellos queria 
En que parte de aquellas le aguardaba 
O que ejército trae o adonde estaba. 



458 



Pero entre quince que eran no hubo alguno 

Que dijese verdad en cosa alguna, 

Que con examinarlos uno a uno 

La respuesta que dieron todos fué una: 

Y fué que en el Marcial juego importuno 

Jamas probaron ellos su fortuna, 

Por ser hombres cursados en el arte 

De Ceres a quien quieren mas que a Marte. 



Que no hay gente junta, ni parecen 
Ningunos de los subditos de Marte, 
Que todos de hambre rábida perecen 
Y asi cada cual anda por su parte: 
Que los Purenes son los que florecen 
En el sangriento juego y bélica arte. 
Que los demás están arrepentidos, 
Pobres, tristes, hambrientos, y aburridos. 



Cuando en la cueva lóbrega de Atlante 

La noche tenebrosa se metia. 

Huyendo de Filesio radiante 

Que en sus alcances rápidos venia, 

La castellana gente vigilante 

Posó a Nivequeten por do tenia 

De espacio desde la una a la otra orilla 

Con mil canales raudos una milla. 



Llevó a su cargo en orden la vanguardia 
Con una bella escuadra de Piqueros 
Don Antonio y con otra que la guarda 
De valientes y bravos mosqueteros: 
Quedó el gobernador de retaguardia 
Con todos los mas prácticos guerreros. 
Pasó en el batallón el carruage 
Piezas, cargas, los mozos y el bagage. 



459 

Llegó sin daño alguno a la otra parte 
Que ya está la Fortuna de la nuestra^ 
Y el soberbio feroz sangriento Marte 
Humilde^ manso^ y plácido se muestra: 
Mandó el gobernador luego se aparte, 
De la caballería la mas diestra, 
Para que vayan siempre los mejores 
Viendo si hay del contrario esplor adores. 



Tras de ellos luego al punto nos partimos 
Con no menos silencio que cuidado, 
Al valle de Yumbel derechos fuimos, 
Que será para siempre celebrado: 
Cerca de Maquelboro descubrimos 
A dos indios encima de un collado, 
Mas luego conocimos ser espías 
Por no se haber mostrado en tantos dias. 



El diestro general con diligencia 
El campo puso en orden de batalla. 
Por si acaso la bárbara potencia 
Aguardando estubiese para dalla: 
y para resistirle su violencia 
De fuertes picas hizo una muralla. 
Adelante pasamos como digo 
Sin haberse mostrado el enemigo. 



Mas la bárbara hueste junta estaba 

Entre el uno y el otro caudal rio, 

A vista de la nuestra siempre andaba 

Con bélico furor, ánimo, y brío: 

Trabar la lid horrísona pensaba 

Al paso del famoso Biobío, 

Por ser difícil, raudo y tan molesto 

Que a gran peligro nuestro está dispuesto. 



460 

Pero como el inmenso padre amado 
De sus hijos un punto no se olvida. 
Permitió que un apóstata soldado 
Volviese arrepentido a la guarida: 
El cual dijo; después de perdonado, 
Que el número de gente que está unida 
De todas las Antárticas regiones, 
Era de a cuatro mil cuatro escuadi'ones. 



Y que los generales en consulta 
Que son Talcalaguen y Quelentaro, 
Kabalvuri tras quien la turba multa 
Viene desde Molchen al rio claro. 
Trataron que su gente vaya oculta 
A la nuestra siguiendo j por reparo, 
A Biobío lleve hasta cuando 
Al paso de el nos fuésemos llegando. 



Ko pudo aquel gran número de gente, 
Que dijo el español que junta estaba. 
Turbar un punto el ánimo valiente 
De quien la poca hispana gobernaba: 
Antes con juvenil furor ardiente 
Para el combate duro se aprestaba, 
Mas porque siempre de el se sacan bienes 
Llamó a consejo a los de blancas sienes. 



Juntos los capitanes y soldados 
Mas antiguos en el servicio Kegio, 
Mandó que fuesen todos asentados 
Guardando a cada cual su privilegio: 
Con sílabas y acentos bien cortados 
Preguntó cuanto al vando sacrilegio 
Se jiodia sustentar junto en campaña 
Sin perder la soberbia furia y saña. 



461 



Kespondiéronle todos al momento 
Que tres dias podían tasadamente 
Sustentarse, que es poco el bastimento 
Que tienen j sin número la gente: 
Oyendo Don Francisco aquel concento 
Volvió a decir con sosegada frente: 
Aunque el tiempo sea mas yo determino 
Cortar con tiempo el bárbaro desino. 



Lo que ordenado tiene ya sabemos, 
Que es como astutamente nos aguarda 
A que a algún paso estrecho nos lleguemos 
Para picar allí en la retaguardia, 
Repararnos con tiempo bien podemos 
Pues hay sol como dicen en la barda, 
Antes que a ver a Tetís baje Pítio 
Es menester buscar un fuerte sitio. 



Que quiero en alojándome forzalle 
A que de si a de darnos la batalla. 
En el lugar mas cómodo del valle 
Y no adonde pretende o quiere dalla: 
O cuando no podi'é necesitalle. 
De suerte que, en faltándole vitualla, 
A deshacerse venga tan en breve 
Como en el agua sal o al fuego nieve. 



Su parecer conformes aprobaron 

Todos cuantos estaban en consejo. 

La traza, industria, ardid, facción loaron. 

Alzando cada cual el sobrecejo: 

El sitio fuerte cerca de allí hallaron 

A donde junto todo el aparejo, 

Hizimos una fuerte palviada 

Con bejucos fortísimos trabada. 



462 

Dos veces se descubre y se presenta 
El antipoda Nomio limpio y clarO; 
Otras tantas Lucina turbulenta 
Suple la falta de su hermano caro: 
Y el Español ejército de cuenta 
Recogido se estaba en el reparo^ 
Mas cuando el tercer curso comenzaba 
El bárbaro furioso se mostraba. 



Estando así cual digo en este puesto^ 

Entró por el ejército gritando 

Un español; diciendo: al arma presto! 

Que ya se viene el infido llegando; 

Mas gallardo que el sol^ en (5rden puesto, 

A largo paso viene caminando, 

Frisar puede en el número su campo 

Con toda cuanta yerba tiene el campo. 



Vimos luego los montes y los cerros 
De bárbaras escuadras coronados, 
Relumbran de las picas tersos hierros 
Cual los rayos Fetónicos dorados: 
De pellejos de tigres y de perros, 
De blanco y negro todos variados. 
Eran las sobrevestas y celadas 
En otros cueros duros aforradas. 



El pérfido de industria puesto habia 
Por cuatro partes fuego a la sabana 
Al Este, al Oeste, al Norte, al Mediodía, 
Por divertir la gente Castellana 
Mostrándose por la una y otra vía; 
Mas al fin le salió su industria vana 
Que conoció Quiñones su cautela, 
Que la prudencia todo le revela. 



463 



Mas el soberbio bárbaro perjuro 
Después de haber mostrádose en alarde, 
Su ejército alojó en sitio seguro 
A la vista del nuestro aquella tarde. 
Nuestro gobernador como maduro 
Para dar algún ánimo al cobarde, 
Con elocuencia trujo a la memoria 
Con que asegura el triunfo j la victoria. 



Contó cuando Alejandro Macedonio 
Venció con poca fuerza al Rey Dario, 
Lo que perdió con muchas Marco Antonio 
Por tener tan en poco a su contrario: 
Otras de que dan claro testimonio 
Las antiguas historias de ordinario, 
La del Salado, j Kabas de Tolosa 
Que a nuestra España hacen mas gloriosa. 



Con aquestas historias entretubo 
A los que les tocó el cuarto primero, 
Rondando, sin hallarle, el sueño andubo 
Esotro que le sigue y el tercero : 
En esto solamente se detubo 
Hasta que vio venir al mensagero 
De la dama tras quien Titon camina 
Por ver aquella faz alabastrina. 



Mas cuando volvió a ver a Febo clicie 
Salir por entre rojos carmesíes. 
Mostrando la dorada superficie 
Cuajada de piropos y rubies. 
Para que reconozca y le justicie 
Al vando de los pérfidos Monfies, 
Despachó al general Miguel de Silva 
Que piensa que ya el bárbaro le silva. 



464 

No pudimos hacer cosa ninguna 
Por estar alojados los tiranos 
A donde Yumbel hace media luna 
Y sus vertientes ciénegas los llanos: 
Tenian por resguardo una laguna^ 
A los costados húmidos pantanos, 
Los ángulos cercaban en redondo 
Yumbel, pantanos, cieno, y lago hondo. 



Mas como no pudimos ofendellos 

ísi menos por el sitio entrar en vuelta. 

Después de haber hablado algo con ellos 

Dimos para el ejército la vuelta: 

Aun no estubimos bien dos cuadras de ellos 

Cuando una manga de caballos suelta 

De su campo salió, en un cerro alto 

Sin temor junto al nuestro hicieron alto. 



Allí por ver lo que los nuestros hacen 

ÍSe pusieron cual águilas al blanco. 

Los caballos sin frenos sueltos pacen 

La verde grama y granujento lanco, 

Yerbas que donde quiera en Chile nacen, 

Y para todos es el pasto franco. 

Que la fertilidad de aquesta tierra 

Es grande, aunque es gran fuego el de la guerra. 



Viendo el gobernador la desvergüenza 
De aquella gente bárbara y tacana. 
El ánimo, el corage, la vergüenza 
La faz de ardiente púrpura le baña. 
Para que le castigue rompa y venza 
Mandó que vaya el capitán Magana 
¡Solo con su gallarda compafiía 
Que es la que de Chillan venido habia. 



465 

Ordenóle primero que no pase 
8i se fueren los pérfidos del cerro^ 
Pero que si aguardaren que les pase 
Por las entrañas pésimas el hierro: 
No hay máquina que así se desencase^ 
Con tal rumor ni tan veloz el perro 
Se arroja tras la liebre y la corcilla, 
Como partió la bélica cuadrilla. 



Los indios que en el cerro estaban viendo 

Que salieron los Vándalos apriesa^ 

Los ágiles caballos recogiendo 

Como venados van en vanda espesa: 

Los nuestros que el alcance iban siguiendo^ 

Deseosos de hacer alguna presa^ 

En llegando al mogote revolvieron 

Con la velocidad con que partieron. 



Estaban las dos márgenes del rio 
Pobladas de dos ásperas montañas, 
Alegre habitación para el estío 
Por ser de juncos verde y espadaña: 
Dos cuadrillas de aquí con mucho brio. 
Bien así como cuando juegan cañas. 
Salieron a la nuestra que iba en vuelta 
Con la suya mas presto dio la vuelta. 



El número pequeño de guerreros 
Usando de el valor antiguo hispano, 
Recogidos vinieron siempre enteros 
Sacando a los contrarios a lo llano: 
Cuando llegaron a el revuelven fieros 
Y entretienen al bárbaro losano, 
Hasta que Don Francisco diligente 
Mandó saliera el resto de la gente. 

30 



466 

Al son salió del instrumento ronco 
La verde, floreciente, escelsa rama 
Del Quiñoneo preclaro antiguo tronco 
A eternizar su nombre al mundo y fama 
Entró por el robusto vando brioso 
Cual madrigado toro de Jarama, 
Se gallardea el joven sin segundo 
Echando vidas y almas al profundo. 



El sucesor de Marte le acompaña^ 

Que solo en verle el bárbaro se asombra, 

A quien el betiz sacro siempre vana 

La llana paternal y verde alfombra ; 

Gallardo se presenta en la campaña 

Don Juan de Añasco y Cárdenas se nombra. 

Su gentileza, brio y compostura 

Cualquier suceso próspero asegm-a. 



Dejando el viento atrás, labrando apriesa 
A un caballo morcillo los costados. 
Jugando una fornida lanza tiesa 
Con dos agudos hierros acerados ; 
Armado de luciente malla espesa. 
Firme entre los arzones tachonados, 
Representando al vivo al Dios guerrero 
El general Jofré salió el tercero. 



Cubierto de metal resplandeciente 
Desde las blancas sienes a la planta, 
Los ojos de color de fuego ardiente. 
El semblante feroz que al mundo espanta, 
La adarga de ante del arzón pendiente. 
En un rucio cual viento se adelanta 
El general Miguel de Silva, sale 
A mostrar su valor al que mas vale. 



467 

Si aquí sus altos méritos no alabo 
Es porque para tanto no soj parte, 
Que si YO fuera parte para tanto 
El fuera el todo de mi humilde canto. 
Cuya fama j renombre en alabastro 
Estamparse justo fuera con oro, 
Que tan heroico nombre y fama altiva 
Es bien que este mundo siempre viva. 



El valeroso anciano cuyo nombre 
En Chile para siempre será eterno, 
Salió para que el bárbaro se asombre 
Acompañado solo de su yerno, 
Pedro Cortes del uno es el renombre, 
El otro cuyo esfuerzo sempiterno 
Eterna dejará también su fama 
Francisco Hernández mas Ortiz se llama. 



Entre una parda nube polvorosa. 
De el polvo que levantan densa y parda 
Salió la demás gente belicosa 
Belicosa, feroz, brava, y gallarda: 
En la horrenda batalla sanguinosa 
Quien con venablo, lanza o alabarda, 
Alfange, pica, estoque, pistolete. 
Como entre obejas león así se mete. 



Al bárbaro feroz sangriento y fiero 
Ningún temor le pone ni quebranta, 
Ver muerto caer en tierra al compañero 
Ni le acobarda, admira ni le espanta: 
Antes con mayor brío, mas entero 
Enviste, rompe, rasga y se adelanta, 
Y del amigo muerto al baco puesto 
Suceden a porfía muchos presto. 



468 



El bravo Quelentaro ardiendo en sana 
Con un denuedo bárbaro y profundo. 
Salió al cuentro airado a los de España 
Teniendo en poco a España y aun al mundo; 
A diestro y a siniestro ofende y daña 
Colérico, soberbio y furibundo, 
El solo pretendiendo por sus manos 
Limpiar su cara patria de tiranos. 



Navalvuri con brio, orgullo, y pompa, 
En un veloz caballo embiste y rompe, 
Al son horrendo de la corva trompa 
Haciendo que en el aire vuelva y trompe, 
Y que salte, arremeta, corra, y rompa. 
Por el valor que nunca se corrompe. 
De los de Santiago y su proverbio 
A quien no estima el bárbaro soberbio. 



Talcalaneguen tampoco no se asombra 
Que al mundo a muerte, miedo a guerra emplaza, 
Y en altas voces su apellido nombra 
Haciendo lo que dice con la maza, 
El sangriento lugar en torno escombra 
Abriendo a fuerza calle y ancha plaza 
Amenazando con furor y saña 
Al bélico valor de toda España. 



Las belicosas trompas resonando. 
Los demás instrumentos sonorosos. 
Estruendo de los tiros rimbombantes 
Al estrépito y golpes espantosos. 
El tumulto, las voces disonantes. 
Relinchos de caballos animosos. 
La priesa, el arma, turbación, espanto, 
Aquí me fuerzan a dejar el canto. 



Cauto XXIV. 



Trátase el fin que tuvo la famosa batalla de Yumbel y la famosa 

victoria que los Españoles ganaron: mueren en ella los generales 

Quelentaro y Talcalanguen y gran número de los mas señalados 

bárbaros. 



No se que gusto habrá; si es gusto bueno, 
Que no esté de escucharme atosigado, 
Pues no hay jarabe, purga ni veneno 
Peor que un largo método cansado: 
El faisán, la perdiz, pavo, el relleno. 
El manjar mas gustoso y delicado. 
Si es ordinario cansa, enfada, estraga, 
Al gusto ,da fastidio y empalaga. 



Está obligado a dar el que combida 
A una gran multitud de combidados. 
Espléndida y sabrosa la comida 
Y mil diversidades de guisados: 
Que como nunca son a una medida 
Los gustos como bien vemos cortados, 
Es menester para cumplir con todos 
La comida guisar de muchos modos. 



470 

Cocido quiere aquel; aqueste asado, 
Aquello ni esto al otro no le agrada. 
La pepitoria, el frito, el lampreado, 

Y la torta real al otro enfada: 
Unos quieren jamón, otros pescado, 
Aquestos aceitunas y ensalada. 

El manjar blanco aquellos aborrecen 

Y mejor los tasajos les parecen. 



Los mismos gustos hay en escrituras 
Que unos gustan leer cuentos de amores, 
Otros fábulas, guerras, aventuras, 
Y" muchos en jardin de varias flores. 
Infaman o acreditan las lecturas 
Conforme son los gustos de lectores. 
Los unos ponen faltas, otros sobras, 
Que no dan gusto a todos todas obras. 



Ko a habido ni hay ni habrá jamas humano 

Que de con un manjar a todos gusto. 

Pues el manjar del cielo soberano 

No le dio al pueblo Hebreo siendo justo; 

Ki estilo tan cabal ni cortesano 

Que le de en general al vulgo injusto. 

Como le dará pues este si a sido 

De sangre todo y todo desabrido. 



Mas gustos hay que gustan de obrecillas 
A los cuales será mi libro aceto, 

Y los que son amigos de rencillas 
Aquí hallan también capaz su objeto. 
Que a do dejé las bélicas cuadrillas 

Me vuelvo a ver el fin de aquel aprieto, 

Y de Talcalanguen la furia insana 
Vestiglo cruel de la nación hispana. 



471 

En viendo de este bárbaro el denuedo^ 
La cólera^ soberbia y la pujanza^ 
El sargento ma^^or Luis de Toledo 
En los estrivos firme a el se abalanza: 
Metióle por debajo del molledo 
La mitad justamente de la lanza 
Rompióle las entrañas vida y huesos^ 
Que fué señal de ^^rosperos sucesos. 



Al fuerte Qüetelao de Flor endereza 

La fulminante espada con un tajo. 

Cortóle de aquel solo la cabeza 

Y aquel pan le hendió de un alto abajo 

De un revés Angarere descabeza 

A Coliguen la vida, el alma^ el cuajO; 

Rodando tripas^ vientre, el asadura, 

Rosar le hizo de una puntadura. 



Iban los tercos bárbaros perdiendo 
Gente, sangre, vigor, fuerzas, campaña, 
Y los mas pusilánimes huyendo 
De ver tanto valor en los de España: 
Cuando el Toque Alepil vino diciendo 
Con un corage ardiente envuelto en saña. 
Vuelta, vuelta soldados, que quien huye 
Su patria, libertad y honra destruye. 



Mallacan, Remolchen, Falpellanga 
Gruentepil, Chillayan, y Mareguano, 
Antenao, Curalongo, Quepolanga 
Furiman, Napaicurai, Filtiguano, 
Revuelven todos hechos una manga 
Y el resto del ejército araucano 
Con tal valor, furor, aire tan brava. 
Que ambigua la victoria se mostraba. 



472 



Quien anda ya tan bravo y tan soberbiO; 
Quien rompiendo la maza el arco acomba^ 
Tirando del torcido y seco nervio 
Hasta el límite cierto trae la comba: 
Quien nombrando sus nombres y superbio 
Al horrísono son de la zambouba^ 
Revuelve al valeroso fratricida 
Aunque en la ejecución deje la vida. 



Mas suelto y mas ligero que una lebra 

Revolviendo un bastón de duro cidrO; 

Andaba el iracundo y suelto Guebra 

Y un golpe alcanza en lleno a Juan Esidro; 

La celada durísima le quiebra 

Cual si fuera de blando y sutil bidrio, 

Dejando al dueño mísero aturdido 

Perdida la memoria y sin sentido. 



Sustenta Guenoraque y se adelanta 
A los valientes vándalos la tela, 
Que de los arcabuces no se espanta 
Ni de cosa ninguna se recela: 
En alto un grueso Líbano levanta 
Y para Antonio Bello raudo vuela^ 
El cual como furioso torbellino 
Al bárbaro feroz salió al camino. 



Oféndense los dos con mano armada, 

Y el indio al Español un golpe asesta 

Encima del crestón de la celada 

Que los sentidos todos le atormenta: 

Del caballo cayó la faz turbada, 

La sangre ¡Dor los órganos rebienta 

Del mísero cristiano, atormentado 

Sin alma quedó el cuerpo en tierra helado. 



473 



Tal fué de aquestos bárbaros la vuelta 

Y el valor adquirido nuevamente, 

Que nuestra gente en miedo toda envuelta 

Vacila^ temO; duda j se arrepiente: 

En retii-arse al fuerte está resuelta 

Cuando llega un soldado diligente 

Que Don Francisco envió a decir a todos 

Que mueran o que venzan pues son Godos. 



Estaba en el real en atalaya 
Con la vista del lince un Argos hecliO; 
Que por que su opinión ni honor no caiga 
Se subió en lo mas alto de un repecho: 
Antes que la ocasión buena se vaya 
Con furia; sana, cólera^ y despecho. 
Les envía a mandar calen el morro 
Y en seguida cien hombres de socorro. 



Creció en la gente hispana el vigor tanto 
Con el nuevo socorro que le vino. 
Que para el reino oscuro del espanto 
Abrió a la gente indómita el camino : 
O cuanto brio, orgullo, ánimo, y cuanto 
Esfuerzo aquí hoy se vio en el vando austero, 
Que valor, que osadía, que denuedo. 
Bastante a dar al crudo Marte miedo. 



El Alférez Don Diego de Sanabria, 

Juan Ramos, Juan Pulgar, y Juan Hurtado, 

Simón Diaz, Don Alfaro de Nabia, 

Diego Simo Melendez, Juan Jurado, 

Bolonia; Sandoval, Leíbia, Sanabria, 

Cortes, Tapia, Quiñones, Atorgado ^f^ 

Francisco Brabo, Aguayo, Buica, Umafia, 

De cadáveres siembran la campaña. 



474 

Montero, MonteS; Montañés, Montejo, 
Calva, Calvo, Calvete, y Moncalvillo, 
Ovalle, Valle, Valladar, Vallejo, 
Castilla, Castellanos, y Castillo, 
Lancha, Losada, Marmol, Marmolejo 
Laso, Luengo, Delgado, Delgadillo, 
Barros, Barroso, Barrial, Barrera, 
Barrenan cuerpos y echan almas fuera. 



En confusión mas negro que azabache 
Colérico, soberbio, y de buen trueno. 
El capitán Don Pedro de Yvacache 
Eugando apriesa andaba un duro frezno 
En el siniestro lado topó a Mache 
Y cual si fuera rápido rodezno. 
Anduvo dando vueltas de esa suerte 
Hasta que le cortó el hilo la muerte. 



De una tortuga vieja la gran concha 
Ampalangue traia por escudo, 
A donde el suelto bárbaro se aconcha 
Con ser de grandes huesos y membrudo: 
La fuerte lanza rompe en ella y troncha 
De un encuentro soberbio horrendo y crudo 
El impar Don Diejo Flores bravo y fuerte 
Que fué el primero que le cupo en suerte. 



Al corbo alfange puso presto mano 
Resplandeciente mas que el vivo fuego, 
Templado de la diestra de Vulcano 
En las templadas aguas de Mondego: 
Al sucesor del viejo Mareguano 
Un volante revés se tiró luego. 
Cortóle de aquel solo el vital hilo 
Cual hizo el Rey Ebandro al Rey Erilo. 



475 



De un tajo cuerpo j venas rasgó a Quempo 

Y a pesar suyo le hizo que se sangre, 
Al mísero Talquen con otro tiempo 
Que del humor caliente se desangre: 

Y que por la herida a un mismo tiempo 
El alma salga envuelta con la sangre^ 
Que como el golpe crudo y filo encarne 
Los duros huesos corta y blanda carne. 



Taladra de una ¡xmta el cuerpo a Guebra 

Y de dos a Motun entrambos brazos^ 
Costillas corta^ muelC; parte y quebra 
Cabezas, lomos, piernas, y espinazos: 
No se si híibrá algún médico o algebra 
Que se atreva a juntar tantos pedazos 
De los huesos que rompe, corta y saja 

Y de sus coyunturas desencaja. 



A Perumellachen y a Millatome 
Les hace a su despecho el joven fuerte 
Que la cerviz en hiesta cualquer dome 
Al yugo inexorable de la muerte, 

Y a Guenopilque el bélico que tome 
La propia desdichada y triste suerte, 

Y que den todos cuatro a un instante mismo 
El mortal y postrero parasismo. 



Estando yo mirando los excesos 
Del lúgubre espectáculo y obscuro. 
Me salpicó la cara con los sesos 
De Quelen que mató de un golpe diu'o: 
Que para ver seguros los sucesos 
A su lado me puse y que el seguro 
Y le pudiera estar de Chile al Gange 
En fé de su vigor brazo y alfange. 



476 

No hay peto, arnes^ jubon^ cota^ ni cuera^ 
Loriga; corazinaS; coselete^ 
Túnica laminada, dentro o fuera, 
Escaupil, remalla, donisa, j ete, 
Celada, gola, morrión, visera. 
Casco, yelmo, crestón, ni capacete. 
Broquel, pabes, rodela, adarga, escudo 
Que baste a resistir su alfange duro. 



Cercena de un revés volante a Palco 
Por encima del codo el brazo diestro. 
Con otro mas pujante a Guilacalco 
Las camillas y nervios del siniestro: 
Como el anciano Pedido cuando a Maleo 
Queriendo defender a su maestro 
A Catiman la oreja y la quijada 
Con el duro faldón de la celada. 



Tan gallarda y soberbiamente lidia 
Y con tanto vigor y orgullo tanto. 
Que a la bárbara gente cruel perfidia 
Pone gran turbación temor y espanto: 
Ya la nuestra el gallardo mozo envidia 
Que de ver su valor, esfuerzo y cuanto 
Hace deshace, rompe a entranbos lados 
Están todos suspensos y elevados. 



El anciano Cortes sin cortesía 

A los soberbios bárbaros ofende 

Con tal vigor que adonde el brazo guia 

Todo lo corta, rompe, rasga, hiende: 

Aunque su mucha edad la sangre enfría 

La cólera fogosa se la enciende 

En tanto estremo que es estrema y dura 

A\ tin como quien es de Estremadura. 



477 



Con plumas de Nebli de águila o garza 
Las suyas la volante fama cange^ 
Para que el nombre de Cortes espanza 
De Guadiana al Pó^ del Rin al Gange: 
Y ensálcese de hoy mas y crea la zarza 
La que goza del título de AlangC; 
Que si otro nuevo mundo se hallara 
Que su hijo Cortes le conquistara. 



Bien muestra ser de la sublime patria 

De aquellos celebérrimos varones^ 

Que apesar del antipoda idolatría 

Propagaron de España los mojones: 

Si el que venció a Cenobia y a Cicopatria 

Si los DecioS; Metellos^ Scipiones^ 

A Roma dieron gloria templo a Febo, 

Aquestos a su patria un mundo nuevo. 



Corteses a brotado Estremadura 
En este polo antartico bizarros^ 
Sotomayores de mayor ventura 
Que fueron los Valdivias y Pizarros: 
Alvarados de quien la fama dura 

Y durará mientras que los dos carros 
De Delio y Delia el Cielo pasearon 

Y de nuestro Cénit al Nadir pasaron. 



Ya no se adonde voy ni quien me saca 
Fuera de mi camino sanguinoso^ 
Amor debe de ser, que el me matraca 
Porque no sigo al suyo cenagoso : 
Sabiendo bien que soy de fuerza flaca 
No me quiere dejar el envidioso, 
Pero yo volveré a tomar el rastro 
Del dios adulterino su padrasto. 



478 



Al general Miguel de Silva cercan 
Por todas partes bárbaros feroces^ 
Los mas desA^ergonzados se le acercan 
Ensordeciendo el campo con sus voces: 
MaS; como en estas ferias siempre mercan 
La muerte los que van a ellas veloces, 
Así los que a estas fueron de corrida 
En cambio de ella dan la dulce vida. 



Madrid, Cordova^ CacereS; Toledo, 
Glorio, Toro, Luis de Villalobos, 
Antón Sánchez, Guzman, Andrade, Glmedo, 
Juan González^ Araya, Cuevas, Cobos, 
Antonio Pérez, León RiquelmC; Andedo 
Como entre mansas reses bravos lobos, 
Así destrozan indios j degüellan 
Quebrantan, rasgan^ muelen^ y atropellan: 



Juan Moreno, Juan Gómez, Juan de Mena 
Pedro Guajardo, Récio^ Cariaga, 
Alfonso de Miranda^ Juan de Vera^ 
El capitán Zamora, Juan de Arteaga^ 
Juan Grtiz; Juan Ruiz, Melchor de Vega 
Juan Martínez, Juan Suarez de Moraga, 
Fuensalida, Contreras, Alencastro 
Por donde pasan dejan rojo el rastro. 



También destrozan bien en otra parte 
Pedro de Silva, Fris, Galán, Arenas, 
Cristóbal, Salvador, Machín, Linarte, 
Y a los contrarios dan las manos llenas: 
Becerra, Don Manuel Marchan Duarte 
Humedecen con sangre las arenas, 
Diego Sánchez y el proveedor Serrano 
Sangriento lleva el tilo hasta la mano. 



479 



No menos que los nuestros se presentan 
Los animosos bárbaros gallardos^ 
Espesas nubes por el aire abientan 
Aladas flechas j nocivos dardos: 
Frenéticos de cólera rebientan 
Encarnizados mas que hambrientos pardos^ 
De la sabrosa vida no hacen caso^ 
Perderla quieren mas que atrás dar paso. 



Cristoval de Quiñones, Juan de Orias 
Cartagena; Escobar, Valdes^ Gamarra; 
Melgarejo; AbileS; Velandia; Olias. 
Antonio Ortiz; Mansillas; Chavy, Parra, 
Martin de Santander, Martin de Hervías, 
Antonio de Sepúlveda, Cegarra, 
Gutiérrez, Santofimia, Figueroa, 
Ganan por su valor eterna loa. 



Con un tesón colérico a pié quedo 

Los unos j los otros se combaten, 

No pierden de sus puestos ni aun un dedo 

Golpes se dan y muchos que rebaten: 

Alcanzados de anhélito j denuedo 

Apriesa acicau; los hijares laten, 

Pero no hay aflojar un solo punto. 

Porque el rencor se está en su primer punto. 



Al bravo Liparque no le admira 
El infinito número de muertos, 
Ni de temor un punto se retira 
Aunque ve sus propósitos inciertos: 
VuelvC; revuelve; reconoce, y mira. 
El valor de los vándalos espertos, 
Y mas quiere morir allí o vengarse 
Que con afrenta allá retirarse. 



480 



Arrojóse el gallardo y suelto mozo 
Adonde vio mas viva la refriega^ 
Hace sangriento daño y cruel destrozo 
Con los golpes mortíferos que pega: 
Quebró la maza y con el duro trozo 
Aquí hombres amontona allí segrega, 
Caballos mata, hiere, muele, y manca, 
A aquel los cascos sume a aqueste el anca. 



Hacen el mismo dano Guaturéo, 
Manquelien, Guenolievo, Curimaque, 
Catiman, Millaquete, Perencheo, 
Licaman, Margretu, Cayoande y Paque, 
Guentecol, Catebilo, Millaqueo, 
Palquitala, Aipinan, de Quepachaque 
Quechocoyan, Puchanq^ue, Ciirilemo, 
Biloner, Farnande, y Uuaiquepemo. 



Jugaba Licoman una guadaña 
Hecha de un ramo verde de peomo 
Tan fácil cual si fuera leve caña 
Pesando mucho mas que pesa el plomo 
En la celada un golpe dio a Magaña 
De suerte que cimbrando por el lomo, 
A cuerpo le dejó de tal manera 
Como si un monte encima le cayera. 



Los dientes traspillados bascas dando 
Estuvo y sin sentido mas de una hora, 
Cual si fuera perlático temblando 
O como si pasara por el ahora: 
Pero del parasismo en si tornando 
Apretando la lanza vengadora, 
Y al caballo belígero el calcaño 
La vida le quitó en pago del daño. 



481 



Pasa por nuestro ejército de claro, 
Con un bastón herrado que gobierna 
Como si fuera junco, Quelantaro, 

Y al de mayor gobierno desgobierna: 
Como a sus golpes no hay ningún reparo 
A Juan Martin Gralan quebró una pierna,, 

Y al caballo de Lancha la testera 
Como si de algún frágil vidrio fuera. 



No hay español alguno tan valiente 
Que delante del bárbaro se ponga, 
Que con el bastón hace el impaciente 
Al mas compuesto que se descomponga: 
Rebate espadas y astas diestramente. 
Dispuesto a lo que no hay quien se disponga, 
Que es a perder la vida por su patria 
Que tanto la ama el infido idolatra. 



El general, gallardo mas que Marte, 
Siguiendo a Chicallande se apresura, 
Con un revés mortal le alcanza y parte 
El cuerpo en dos por junto a la cintura: 
Y tras de Quelantaro al punto parte 
Que con mano cruel, sangrienta y dura 
Destroza, como dije, ofende y daña 
Gran parte del ejército de España. 



Mas el soberbio bárbaro atrevido 
Al cruel combate sale tan airado. 
Que otro cualquiera de ánimo subido 
Quedara solo en verle desmayado: 
Pero el valiente joven no vencido 
No desistió al intento comenzado, 
Antes con un valor mas que preclaro 
Mas bravo embistió al bravo Quelantaro. 

31 



482 



El ganar honra y fama en la campaña 
Están los dos sin par solicitando, 
Y la destreza, el arte, fuerza, y maña. 
Con maña, fuerza, y arte, ejercitando: 
Retumba eco tremendo en la montaña 
De los tremendos golpes que están dando, 
Ya se endereza aquel, ya este se dobla, 
Alzase aqueste, aquel golpes redobla. 



Ya parten, ya se encojen, ya se alargan. 
Ya se cierran, ya se abren, ya se tienden 
Ya se afirman, ya tientan, ya se adargan. 
Ya se nueven, ya van, ya se suspenden, 
Ya de golpes mortíferos se cargan, 
Ya corren, ya se paran, ya se ofenden, 
Ya se apartan, ya vuelven, ya se ciñen. 
Ya de sangre y sudor los rostros tiñen. 



Marte se admira, espántase Belona 
De ver aquel horrísono combate. 
Tiembla Júpiter, cruje la gran zona 
A los golpes que dan, y el mas se abate; 
La Parca cruel que a nadie no perdona. 
Las palmas juntas de contento bate, 
Y alegre rostro y plácido mostraba 
Por el despojo y triunfo que aguardaba. 



Estando rostro a rostro pretendiendo 
Cada cual al contrario dar asalto, 
El bárbaro feroz partió corriendo 
El brazo y el bastón nudoso en alto, 
Dióle al pasar un golpe tan horrendo 
Que de vista memoria y vigor falto 
El de Flores quedó, y en tierra diera 
Si de la clin con tiempo no se asiera. 



483 

Puesto sobre el arzoii; sangre brotando 
Por las orejas^ boca^ j las narices^ 
Quedó y a las lucientes armas dando 
A costa de ella purpúreos matices: 
Pero del mortal sueño dispertando 
Cual Banarice badó a las perdices^ 
Asi se arroja el joven al salvage 
Con fuerzas nuevas, ánimO; y corage. 



Con el dolor intenso que llevaba 
De verse así de un bárbaro ofendido. 
Los puñoS; dientes, piernas apretaba, 
En ira, en saña, en cólera^ encendido: 
Alfange, fuerzas, furia descargaba 
Encima del idólatra fornido. 
Celada, escofia, cascos, sesos, ojos. 
Le rasgó, y satisfizo sus enojos. 



En tierra cayó muerto el monstruo horrendo, 

Y el valeroso mozo aun no vengado. 
Se arroja con estrépito estupendo 

A donde vio el combate mas travado: 
Tendió en el verde llano a Talcaguendo 
De aliento, de alma y vida despojado, 

Y al homicida cruel de Antonio Bello 
Le rasga de un revés rasgado, el cuello. 



En medio de la rígida batalla 
Cercado de Macanas y de Aclides, 
Al ministro mayor de Marte halla 
Haciendo mucho mas que hiciera Alcides: 
Así cercena vidas, rompe mallas, 
Cual diestro podador las tiernas vides, 
De la gallarda gente y fanfarrona 
Sin ánimas los cuerpos amontona. 

31* 



484 

Derriba a Perquiñari; y Putabilo 
Le tiende sin sentido por el llano. 
Cortóle a Tipaicura el vital hilo 
De un golpe solo que le dio de llano 
Pero corriendo de revés el filo 
En dos divide al triste Tilquecuano, 
Sin que fuese bastante a defendello 
Un cuero seis doblado de Camello. 



Quebró" en un duro arnés la dura espada 

Y con tal fuerza cólera y enojo, 
En la sien a Coyan dio una puñada 
Que saltar de los cascos le hizo un ojo: 
Sacó la daga luego acicalada 

Y en el humor vital caliente y rojo, 
Rompiéndole la cota la embarniza 
Con que a los que lo ven atemoriza. 



Con esto y con que ya los [capitanes 
De mas esfuerzo y ánimo faltaban, 
Aquellos mas indómitos guzmanes 
Las velas a sus bríos amainaban, 
En las posturas, cuerpos, ademanes 
Se ve como las fuerzas les menguaban, 
Mas no se irán pediendo la ventaja 
Porque es hacerlo entre ellos cosa baja. 



Dos aquí, tres allí, y acullá cuatro, 
De los de mas estima y de mas suerte, 
Quedan representando en el teatro 
Al vivo la figura de la muerte: 
No quedaba ya mas del Toque Guateo 
Soberbio mozo, desembuelto y fuerte. 
Este con gran esfuerzo los ánima 
Que mas la honra que la vida estima. 



485 

Porque el traidor Navalvurien sabiendo 
De los dos generales el quebranto^ 
Con los caballos revolvió huyendo 
Cual hizo el Calabres allá en Lepanto: 
Así la infantería no pudiendo 
Hacer por ser infantes otro tantO; 
Hubieron de aguantar allí a pié quedo 
A tragar de la muerte el trago azedo. 



Tres veces los Cristianos los deshacen 

Y otras tantas los indios se reforman, 
En el mayor peligro se rehacen 

Y sus escuadi'as, y escuadrones forman: 
Pero aunque aquí lo de potencia hacen 
En el son de las armas desconforman, 
Unos baten en láminas de acero 

Los otros sobre lana y blando cuero. 



Corrido ya el caudillo mas valiente 

De que tan pocos indios puedan tanto, 

Naciendo del honor honrosa rabia 

Hizo lo que aun contándolo da espanto: 

Subiendo pues la cólera a la gavia 

Que es la que obliga en pecho noble a tanto, 

Con la insignia del Rey en la siniestra 

Se arrojó a la mortífera palestra. 



El escuadrón rompió por el costado 
Que estaba mas de picas guarnecido, 
Con llevar el caballo vien armado 
Salió en los pechos del encuentro herido: 
Llevóse por delante al suelto Guado 
Gallardo mozo de valor subido, 
A Millar ecul, Manguelien, a Gatro, 
Billoner, Pelquitaca y otros cuatro. 



486 

Por el portillo que rompió colaron 
Don Pedro y Don Gonzalo de los Rios^ 
Garei^ Gutiérrez^ Flores^ do dejaron 
Muchos cuerpos sin ánimas ya frios : 
Aquí no menos su valor mostraron 
Su esfuerzO; fuerzas, ánimos^ y bríos, 
Acosta del idólatra indiscreto 
Camora, Silva, Ortíz, Castro y Carreto. 



Ya iban los enemigos de vencida, 

No hay quien los acaudille ya y esfuerce, 

A quien el dulce hilo de la vida 

Se le adelgaza, quiebra, y se destuerce: 

Quien ya está para el Orco de partida. 

Quien a la muerte el rostro ya le tuerce, 

A quien de un golpe solo ya le vuelca 

Y en su espumosa sangre se revuelca. 



O como su tijera horrendamente 

En esta gente mísera la Parca, 

Y cuan apriesa el Nauta vil del Lete 

En su ribera fétida la embarca: 

No lleva del pasage ningún flete 

De su asquerosa, negra y sucia barca. 

Que ya lo han de pagar en el infierno 

En pena perdurable y llanto eterno. 



Cualquier soldado de cualquiera suerte 
Apriesa vidas pérfidas chapoda. 
Con el humor purpúreo que se vierte 
Empantanada está la vega toda: 
Yumbel en mar bermejo se combierte, 
Sanguínea espuma hierve a do recoda, 
Y como es tanta al fin la que se pierde 
La yerba muda en rojo el color verde. 



487 



A mas andar se van todos quedando 
Entre los brazos de la Parca dura^ 

Y las mezquinas ánimas volando 
Al profundo de la región obscura: 
Los cuerpos hechos piezas convidando 
A que den en sus vientres sepultura, 
Están a las hambrientas bestias fieras 

Y a las inmundas aves carniceras. 



Ya Lauriga celeste recojia 

Al hondo hospicio el fatigado gremio, 

Y su enemiga alaotica cubria 

Con su argentado y plácido boemio: 

Cansado el tardo buey del tardo dia 

Procuraba el solaz nocturno premio 

Cuando se dio el remate a la victoria 

Que dio a Quiñones mas sublime gloria. 



Setecientos y mas quedaron muertos 
De los mas fuertes bravos y lozanos, 
Muchos por muchas partes descubiertos 
Los hígados entrañas y libianos: 
Otros de la cabeza al pecho abiertos 
De los terribles golpes inhumanos 
Que aplazada la cólera y rencilla 
Lástima daba verlos, y mancilla. 



Sembrado quedó el campo de macanas. 
De petos, cascos, cotas, jacerinas, 
Templónos, picas, lanzas, partesanas. 
Corazas, coseletes, corazinas. 
Mazas, porras, martillos, y tananas. 
Bastones, arcos, flechas, javalinas. 
Venablos, grevas, golas, dardos, loques, 
Alfanges, dagas, láminas, y estoques. 



488 

Como se zabulló en el Océano 
El ojo celestial resplandeciente, 
El piadoso Eneas Quiñoneano, 
Manda tocar a recojer su gente: 
Al fuerte se retira el bando hispano 
Y el valeroso capitán prudente^ 
Temiendo de los Indios las cautelas 
Mandó poner dobladas centinelas. 



DespueS; cuando dejó el nocturno velo 
Las florecillas candidas marchitas, 
El nuevo Gedeon dio al Rey del Cielo 
Dentro en su tienda gracias infinitas. 



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