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Full text of "Recherches cliniques et thérapeutiques sur l'épilepsie, l'hystérie et l ..."

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RECHERCHES 

SUR 

L'ÉPILEPSIE, L'HYSTÉRIE 

L'IDIOTIE 



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N» 160. — IMPniMEUIE DES ENFANTS DE BICÉTRE. 



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PUBLICATIONS DU PROGRÈS MÉDICAL 

RECHERCHES 

CLINIQUES ET THÉRAPEUTIQUES 

L'ÉPILEPSIE, L'HYSTÉRIE 

ET 

L'IDIOTIE 



COMPTE RENDU DU SERVICE 

DES ENFANTS IDIOTS, ÉPILEPTIQUES ET ARErÉRÈS DE 

BICÉTRE PENDANT l'ANNÉE 1892 



BOURNEVILLE 

MÉDECIN DB BICÉTRE 

Avec l& collaboration de 

MM. DAURIAC. FERRIER ET NOIR, 
Internes! du service. 

Volume XIII. 
Avec 37 figures dans le texte et 15 planchée. 



AMBDUExnxDn I Félix ALCAN 

PROGRES MEDICAL édited» 

14, rne det Carmes, 14. ' 108, Bonlevard St Germiiln, ins. 

1893 



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PREMIÈRE PARTIE 



Histoire du service pendant Tannée 1892. 

(Bicêtre et Fondation Vallée.) 



BouRNEviLLB» Bicéire, 1892. 



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PREMIÈRE PARTIE 
Section I : Bicêtre. 

Histoire du service pendant Tannée 1892. 



Situation du service. — Enseignement primaire. 

La quatrième section du quartier des aliénés de 
l'hospice de Bicêtre, est, on le sait, spécialement con- 
sacrée aux enfants. Les enfants y sont répartis en 
trois groupes : 1® Les enfants idiotSj gâteux, épilep^ 
tiques ou non, mais invalides; — 2** les enfants idiots, 
gâteux ou non, mais valides ; — 3** les enfants propres, 
valides, imbéciles, arriérés, instables, pervers^ épi- 
leptiques^ et hystériques ou non. 

I. Enfants idiots, gâteux^ épileptique s ou non, 
mais INVALIDES. — Ils se subdivisent en deux caté- 
gories : la première est composée des idiots gâteux, 
ne parlant, ni ne marchant. La plupart d'entre eux, 
cependant, contrairement à l'opinion commune sont 
susceptibles d'amélioration. On leur apprend à se tenir 
debout à l'aide des barres parallèles que nous avons 
décrites précédemment, à marcher, soit en les tenant 
sous les bras, soit à l'aide du charriot. On fortifie leurs 
membres en les fléchissant et les étendant alternative- 



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iT. Petite ÉCOLE. 

ment, en leur faisant des frictions stimulantes. En 
même temps, ces enfants soumis à un traitement toni- 
que (bains salés, fer, huile de foie de morue, etc.) Dès 
qu'ils sont capables de marcher, ils sont envoyés à la 
petite école, d'abord le matin pendant quelque temps, 
puis toute la journée aussitôt que leurs forces le per- 
mettent. Quatre enfants ont appris à marcher : Baud., 
Berta.., Charma.., Léser... — La seconde catégorie 
comprend des idiots tout à fait incurables et des enfants 
atteints d'épilepsie devenus gâteux ou déments sous 
rinfluence des accès ou des poussées congestives qui 
les compliquent. Ils ne sont plus, en général, que l'objet 
de soins hygiéniques. 

IL Enfants idiolSf gâteux ou non gâteux^ épilepti- 
ques ou non^ mais valides [Petite École), — Ces 
epfants fréquentent la petite École confiée exclusive- 
ment à des femmes. 213 enfants ont été inscrits 
dans Tannée. Sur ce nombre, un seul est décédé, 
cinq sont sortis définitivement, neuf sont passsés à 
la grande École, un est passé aux adultes et deux ont 
été transférés. Sur les 195 enfants qui restaient au 31 
déceaabre 1892, 40, au réfectoire, se servent de la cuil- 
ler; 85 de la cuiller et de la fourchette; 70 de la cuiller, 
de la fourchette et du couteau. 14 enfants sont deve- 
nus propres dans le courant de l'année (i). Tous les 
enfants de la petite École sont exercés à la gymnas- 
tique Pichery, sauf six, trop infirmes pour pouvoir y 
participer. Parmi eux, cinq suivent en outre les exer- 
cices do la grande gymnastique. 20 enfants ont été 
envoyés aux ateliers comme apprentis; ils se répar- 
tissent ainsi : tailleurs, 14 ; cordonniers, 4 ; vanniers, 2. 

Le traitement du gâtisme^ qui consiste à placer les 
gâteux à des heures régulières sur des sièges d'aisan- 

U) Bign.., Boy.., Dav.. (Léon), Dur.., Bea.., Misb.., Thouy.., Dupon,., 
I^mna.., Boir.., Rog.., Bill.. Peti.., Camii... 



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Petite école. v 

ces; les leçons de toilette (lavage de la figure, des 
mains, entretien de la chevelure, cirage des souliers, 
etc.), les exercices des mains (fermer, ouvrir les mains, 
agiter les doigts, les allonger, les étendre et les plier 
simultanément ou isolément, Texercice de la brouette ^ 
du passe boule, etc.) ; la gymnasticiue, les leçons de 
choses^ ïéducation des sens (tableaux et cartons de 
couleurs, gamme de sonnettes, flacons de diverses 
odeurs, etc.), Véducation de la parole (exercices do 
prononciation), les promenades avec interrogations ^ 
etc., constituent comme toujours la base de Tensei* 
gnement (1). 

III. En fants propres et valides, imbéciles, arriérés 
instables, pervers^ épileptiques et hystériques on 
non. Grande école. — La population de cette école 
était de 203 enfants au i*''' janvier 1892 et de 209 au 31 
décembre de la même année. 

Nous avons continué l'emploi des mêmes procédés 
que les années précédentes, cherchant toujours à maté- 
rialiser en quelque sorte renseignement. Parmi les 
améliorations de Tannée nous citerons les suivantes : 
1® organisation d'une classe spéciale de dessin le jeudi 
matin, sous la direction de M. Boyer. M. Carriot, direc- 
teur de l'Enseignement primaire du département de 
la Seine, a bien voulu nous adresser les tableaux pro- 
grammes servant à renseignement du dessin ; 2* orga- 
nisation d'une Société de Jeux sous la direction de M. 
Boyer. Les membres de cette petite société paient 
une cotisation mensuelle de fr. 25 pour l'achat do 
jouets collectifs. Le but de cette création est de con- 
tribuer à l'occupation constante des enfants, de les înté- 



(i) Voir pour les détails les Comptes rendva précédents et surtout ceux de 
iSSi, p. II ; 1886, p. V; 1887, p. IV; 1888, p. IV. - Pour le traitement de la 
bave, nous avons employé avec assez de succès des bâtonnets de bois de 
réglisse, d*abord assez gros, puis plus petits. Nous nous proposons de recou- 
rir à l'électricité du muscle orbiculaire des lèvres. 



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VI Grande école. 

rester à la conservation des objets qu'ils ont achetés 
eux-mêmes, et dont ils prennent plus de soin que de 
ceux qui leur ont été fournis par l'Administration. La 
société, fondée en avril 1892, a fonctionné jusqu'au 
mois de novembre ; elle comptait alors 44 sociétaires. 
A partir de cette date le temps ne permettant plus les 
jeux en plein air, les exercices de la société repren- 
dront au printemps prochain. Voici un aperçu de ce 
qui a été fait. 

Les enfants ont versé comme cotisation 56 fr. 45. Il a été 
acheté 1 ballon, 4 tambourins, 8 balles, un arc, 34 balles en 
peau et 2 fanions. La société a en outre donné une subven- 
tion de 5 fr. à la fête du 24 juillet et une autre de 10 fr. à la 
fête du 24 septembre. La menuiserie des enfants a confec- 
tionné pour la société 24 boucliers en bois. Les dépenses 
faites s'étaient élevées à la somme de 43 fr., il reste en caisse 
au niois de novembre, 13 fr. 45. 

Nous devons une mention spéciale aux courses à 
pied qui ont eu lieu dans la cour de l'Hospice avec 
les enfants valides des deux écoles. 

3^ Les maîtres ont pris possession du musée scolaire 
au point de vue de l'enseignement à l'aide des projec- 
tions à la lumière oxhydrique. Auparavant l'ensei- 
gnement se faisait au gymnase couvert dans des con- 
ditions assez mauvaises ; maintenant il pourra se 
fair^ dans d'excellentes conditions. L'Administration 
a acheté un nouvel appareil (30 mars). 

4^ Création d'une caisse d'épargne scolaire confiée 
à l'un des instituteurs, M. Mesnard. A la date du 31 
décembre, les 53 participants avaient versé 145 fr. 70. 

5® Pour obtenir une plus grande régularité dans les 
mouvements d'ensemble, M. Goy, professeur de gym- 
nastique, a eu l'heureuse idée de les faire accompa- 



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Grande école ; éducation physique. vu 

gner par le tambour. Les exercices de gymnastique 
se font toujours d une façon très régulière et avec suc- 
cès. 40 enfants ont pris part à une grande conférence 
pratique de gymnastique au palais du Trocadéro. Ils 
ont exécuté des mou vements avec les xylofers et 
accompagnement de musique. Ils ont également par- 
ticipé au festival de gymnastique organisé dans la com- 
mune, où ils ont obtenu une palme en vermeil, et à 
une course pédestre communale. 

La part importante qu'occupent les exercices phy- 
siques dans le traitement médico-pédagogique des 
enfants de notre service a attiré l'attention de ceux qui 
se préoccupent de ce qu'on appelle aujourd'hui rédu- 
cation physique. M. Gaufrés, ayant été délégué parle 
Conseil général au Congrès des exercices physiques 
qui a eu lieu à Paris au printemps dernier, a bien voulu 
nous demander des renseignements sur ce que nous 
faisions à Bicêtre. Pris de court nous n'avons pu que 
lui envoyer le résumé très sommaire qui suit: 

c L'éducation physique est une des préoccupations constan- 
tes du chef de service et de son personnel. Elle tient une large 
place dans l'emploi du temps des écoles (grande école et 
petite école pour les garçons, fondation Vallée pour les filks). » 

Danse. — C'est ainsi que dés le matin, aussitôt après les 
soins de propreté, les douches et le petit déjeuner^ les enfants 
dansent de 7 à 8 h. sous la direction d'un instituteur^ assisté 
de deux violonistes. A cette leçon prennent part, par groupe 
de 20, tous ceux dont les infirmités n'apportent pas trop d'obs- 
tacle à cet exercice. 

Gymnastique. — A 8 heures, gymnastique proprement dite 
80U8 la direction d'un professeur, consistant en mouvements 
d'ensemble et d'assouplissement avec ou sans barres à sphère 
et haltères, avec accompagnement de chants spéciaux ou de 
musique instrumentale (1), en exercices aux agrès, lesquels 



(!) Nous avons fait composer à rimprimerie des enfants, deux Recueilë 
de chanta pour la gymnastique, les jsux et différents exercices toolaires. 



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VIII Grande école ; éducation physique. 

sont très complets à Bicôtre; appareil à contre poids, de rota- 
tion, Rebelle horizontale, échelles orthopédiques, concave et 
convexe, poutre, tremplin, cheval de bois, barres parrallèles, 
barre fixe, vindas, balançoires et portique ordinaire. 

Concours de gymnastique, — Les enfants prennent part à 
tous les concours de gymnastique qui ont lieu, soit à Paris, 
toit aux environs; ils ont remporté, depuis i879, i4 médailles 
et une palme de vermeil. Dernièrement, au Trocadéro, l'Asso-' 
dation régionale de tir et d'exercices gymnastiques, les a 
invités pour exécuter des mouvements d'ensemble avec ac- 
compitgnement de musique, pendant une conférence pratique 
de M. Sehé, sous-inspecteur de gymnastique; ils y ont obtenu 
beaucoup de succès. 

Leçons en plein air. — Pendant la classe de 9 à H heures, 
lorsque le temps le permet, une division d'élèves assiste à une 
leçon en plein air sur les travaux des jardins et des champs, 
dans les diverses plantations du service organisés au point 
de vue de cet enseignement. 

Jeux, — Pendant la récréation de midi, les infirmiers qui 
mangent en même temps que les enfants dans le but de les diri- 
ger dans leurs jeux, distribuent cerceaux, boules, palets, 
billes, balles et ballons, et engagent tous les élèves à parti- 
ciper aux jeux. 

La classe de l'après-midi comme celle du matin donne aussi 
lieu à des leçons en plein air. De plus, dans la dernière heure, 
jusqu'au moment du diner, les instituteurs dirigent des jeux 
d'ensemble, tels que jeux de paume, du cochonnet, de barre, 
de balle au chasseur, de balle à la crosse, de quilles et de 
croquet. 

Promenades, — Deux fois la semaine, les enfants sont con- 
duits en promenade, sous la conduite des instituteurs, de 
préférence à la campagne, où les joueurs se donnent libre 
carrière. De temps en temps, les plus valides sont entraînés 
dans de longues promenades de 12 kilomètres environ, aller 
et retour (de Bicôtre à Choisy-le-Roi, à Bourg-la-Reine, àChà- 
tilloir, à Bagneux, au bois de Vincennes, à la Fôte de la place 
de la Nation et à différents points du centre de Paris. 

Société de jeux. — La Fanfare exclusivement composée des 
enfants de la Section soutient les marcheurs en jouant de 
teinpd en temps des pas redoublés et des marches militaires, 



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Grande école ; éducation physique. ix 

Dans Tintervalle les enfants chantent pour conserver le pas. 
Tout récemment les instituteurs ont organisé pour les enfants 
une Société de jeux afin de régler leur activité et de leur 
apprendre les nouveaux jeux préconisés par la ligue nationale 
d'Éducation physique dont ils font partie depuis 1887. 

Escrime, — Après le dîner qui a lieu à 5 heures, leçons 
d'escrime par séries de 20 sous la direction d'un maître d'ar- 
mes du fort de Bicôtre. 

Travaux manuels. — Les travaux manuels ont lieu toute la 
journée dans les ateliers de menuiserie, serrurerie, imprime- 
rie, couture, cordonnerie, vannerie, rempaillage et brosserie. 
Les enfants sont divisés en deux séries qui se rendent à tour 
de rôle aux ateliers et en classe. 

TravaxLx ménagers, — Pour ne pas laisser inoccupés les 
enfants valides on les fait participer, durant les récréations» 
aux travaux de nettoyage, de transport du linge, frottage des 
salles, et nettoyage du réfectoire. 

Gymnastique Pichery, — Les enfants de la petite école 
sont surtout exercés au point de vue de l'éducation des sens. 
Leur gymnastique est celle du système Pichery (gymnastique 
de l'opposant). On les exerce au moyen d'un escabeau à sau- 
ter de la hauteur d'une marche d'abord, puis de 2. etc.. Un 
chariot particulier et un système de barres parallèles à hau- 
teur variable servent à exercer les plus invalides aux premiers 
mouvements des jambes et des bras. 

Les jeux usités en récréation, sous la direction des mai- 
tresses, sont appropriés à leur âge : les enfants jouent au 
tonneau, au passe-boules, au cerceau, au postillon, aux 
volants, aux grâces, à la corde, etc.... Des brouettes de toutes 
grandeurs sont données aux élèves, pour leur apprendre des 
notions d'équilibre et en môme temps, les exercer à porter 
de petits fardeaux (linge, sable, etc.). 

Gymnastique des filles. — Les filles de la Fondation Vallée 
suivent des cours réguliers de gymnastique proprement dite 
sous la direction d'un maître. Les plus jeunes sont exercées à 
la gymnastique de Topposant. Les jeux sont ceux de leur 
sexe, tels que, cordes, guides, volants, cerceaux, ballon, cro- 
quet, grâces et aussi jeux de tonneau et de passe-boules, pour 
l'éducation de l'œil et de la main. 



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X Grande école ; éducation physique. 

L«s travaux manuels consistent chez elles en couture, 
repassage et soins du ménage. Comme les garçons, elles vont 
toutes les semaines en promenade dans les environs. » 

Dans son discours au Congrès, M. Gaufrés s*est 
exprimé ainsi qu'il suit au sujet de la pratique déjà 
ancienne qui existe à Bicêtre : 

« Ce qui n*est pas d'un moindre intérêt, ni d'une moindre 
hardiesse, c'est la culture Intensive donnée au développement 
physique de ce groupe important d'enfants arriérés relevant 
non du département, mais de l'administration connexe de 
l'Assistance publique, et formant à Bicêtre TÉcole des Enfants 
idiots et épileptiques, placée sous la direction de M. le D^* 
Bourneville. Il y a quatre à cinq cents enfants qui ne pouvant 
suivre, et pour cause, de longues études, sont occupés, pres- 
que toute la journée à des jeux et exercices de plein air, et à 
des travaux qui sont aussi des exercices : danse, gymnasti- 
que proprement dite, avec ses appareils variés, escrime pour 
les garçons, promenades pour les élèves des deux sexes, tra- 
vaux manuels et domestiques, leçons au jardin toutes les fois 
que le temps le permet, mouvements et marches avec chants. 
C'est par ces moyens qu'on occupe les heures de ces pauvres 
enfants, qu'on égaie leurs journées, qu'on développe leurs 
forces, qu'on éveille leur esprit. C'est là de la gymnastique 
éducative au premier chef et ces enfants en profitent car Ils 
sont en état de prendre part à des concours institués pour des 
élèves normaux, ils y recueillent des couronnes ; ils y ont été 
récemment applaudis au Trocadéro. » 

La fanfare a continué de fonctionner régulièrement 
durant Tannée 1892. Elle a participé au concours 
musical du XX* arrondissement (2"**' prix de lecture 
à vue, médaille de vermeil ; 2" prix d'exécution, 
médaille de vermeil) ; au concours festival organisé 
par la commune de Gentilly ( palme et médaille de 
vermeil). Elle a donné deux fêtes à Thospice d'Ivry, 
s'est fait entendre à la distribution des diplômes aux 
Écoles municipales d'infirmières, a prêté son con- 
cours aux fêtes données dans l'hospice de Bicêtre et 
dans le quartier. — La société a acheté sur sa caisse 



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Fanfare; uustE scolaire. xi 

un tronbone et un drapeau-fanion en soie. Le compte 
rendu flnancier ci-après donne une idée de son fonc- 
tionnement. 

« Le nombre d'enfants faisant partie delà Fanfare s'élève au 
nombre de 22. La cotisation mensuelle est fixée à 0,50. Il a 
été versé par les enfants en 1892. en cotisations, la somme 

de 112 55 

en amendes^ celle de 7 70 

« En outre^ dans les différentes quêtes faites 
à l'occasion des fêtes et matinées, on a recueilli 111 35 

Enfin, le report de l'année 1891 s'élevait à 103 90 

Soit un total de recettes de . . . 335 50 

« Il a été dépensé pour achat d'instruments, de 
costumes, de décors, de morceaux de musiaue, 
pour réparations d'instruments, la somme de. . 315 20 

« Il reste en caisse le 31 décemdre 1892 20 30 

« Depuis que la Société existe, c'est-à-dire de- 
puis le 4 novembre 1888, les recettes se sont 

élevées à 1319 75 

les dépenses à 1299 45 

d'où nn excédent des recettes de 20 30 

Les instituteurs ont présenté 5 enfants aux examens 
du certificat d'études du canton de Villejuif, 4 d'entre 
eux (Beauj..., Dav..., Eck..., From...) ont été reçus 
ainsi que 4 infirmiers et 2 infirmières. 

Musée scolaire. — Il s'est enrichi d'une carte en re- 
lief (l^ôO sur I^SO), pour l'explication des termes géogra- 
phiques (don de M. Boyer); d'un petit travail mécani* 
que représentant deux voies de chemin de fer avec tous 
les appareils qui servent aux manœuvres et aux signaux, 
wagons, aiguilles, disques (don de M. Lafargue) ; d'un 
moulin à vent et d'un pressoir (don de M. Boyer) ; — 
d'un modèle réduit d'une toiture en zinc (don de M. 
L. Gay, couvreur de la maison); — d'un renard empaillé 
(don de M. J. Gay) ; — d'une petite locomobile, fonc- 
tionant avecune lampe à alcool (don de M. Bénard, mai- 



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Hi Promenades et distractions. 

tare serrurier). Ces différents dons témoignent de Tin- 
térêt que tout le personnel du service et même de la 
maison, porte à l'instruction pratique des enfants. Tous 
ces objets, en effet,, servent aux leçons de choses. 

Bibliothèque récréative. — Cette bibliothèque ins- 
tallée dans le Musée scolaire et composée de livres 
amusants s*est enrichie de 145 volumes et de gravures. 
M. Pinon, directeur de Thospice, l'a abonnée au Journal 
des Voyages, au Petit Français illitstré et à VÉcolier 
illusti'é. Au 31 décembre elle comptait 321 volumes. 

Promenades et distractions, — Les enfants de la 
grande école et ceux de la petite école qui sont propres 
or^t continué à faire de nombreuses promenades soit à 
Paris, soit dans les communes voisines. Nous croyons 
inutile d'énumérer les endroits où elles ont eu lieu, 
car nous en avons maintes fois donné la liste dans les 
précédents Comptes-rendus. Signalons seulement les 
promenades à la foire au pain d'épices sur la place de 
la Nation, où les directeurs de trois théâtres forains 
(MM. Marchetti, Corvi et Laurent) leur ont offert des 
représentations. Comme d'habitude tous les enfants 
valides sont allés au Jardin d'acclimatation dont le 
directeur M. Geoffroy Saint-Hilaire a l'obligeance, 
chaque année, de nous envoyer des cartes d'entrée(l). 

Ces promenades n'ont donné lieu à aucun accident 
capable d'attirer l'attention et de troubler la tranquil- 
lité publique. Le maximum des accès survenus au cours 
de ces promenades a été de trois. Le nombre des 
enfants qui y ont pris part s'est élevé jusqu'à 165 à la 
fois. Malheureusement il est arrivé que leur nombre 
n'était pas aussi élevé, par suite de l'insuffisance des 
vêtements de promenade. 

(1) Noui demandoni également une permission pour les enfants de la Sal- 
pêtrière. 



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Distractions diverses. xm 

Mentionnons enfin les distractions diverses commu- 
nes à tous les enfants valides et partagées parles petites 
filles de la Fondation Vallée : l®"" janvier, distribution 
de jouets et de bonbons ; en février : matinée drolatique 
organisée par les enfants ; grande cavalcade du Mardi- 
gr-ds dans les cours de l'asile et de Thospice, promenade 
en musique dans la commune, grand bal paré et travesti 
(104 enfants déguisés, 22 de la grande école, 40 de la 
petite école, 42 de la Fondation Vallée) ; en mars, même 
distraction pour la fête de la Mi-carême ; matinée donnée 
par M. et M"** Darthenay (pupazzi) ; — en juillet, fête 
du Centenaire des grandes journées de 1792, précédée 
la veille d'une conférence avec projections lumineuses 
par MM. Boyer et Mesnard; matinée musicale et dra- 
matique avec le concours de la fanfare municipale de 
Gentilly, de la symphonie la Fauvette et de la fanfare 
des enfants, jeux pour les garçons et pour les filles, 
retraite aux flambeaux ; les enfants de la Société de jeux 
sont exercés au jeu de la petite guerre : comme arme 
défensive ils ont un bouclier en bois, comme arme de 
jet ils ont deux balles ; concert annuel des frères Lion- 
net. — En septembre, 40 enfants de la Société de jeux 
font une marche militaire et parcourent 26 kilomètres ; 
une voiture de la maison suivait la petite colonne, un 
seul enfant a dû s'en servir au retour; — fête du cente- 
naire de la proclamation de la République. Tous les 
enfants de la section et de la Fondation Vallée y pren- 
nent part. Matinée dramatique par les artistes de la 
Gaité-Montparnasse (1). Courses et jeux collectifs. 
Retraite aux flambeaux. Feu d'artifice. Les frais ontété 
couverts par une quête faite parmi les employés et les 
sous-employés de la maison. — En décembre, matinée 
en commémoration du 4* anniversaire de la fondation 



(1) Les artistes de la Gaité-Montpamasse au nombre de 8 ont prêté leur 
concours moyennant la modeste somme de 100 francs. 



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XIV Visites et congés. 

de la Fanfare; banquet aux membres de la Fanfare. 
— Les parents des enfants assistent aux matinées dra- 
matiques. 

Ces promenades et ces distractions, outre qu'elles 
font grand plaisir aux enfants, contribuent à leur 
bien-être physique et servent à leur instruction, les en 
priver constitufent une punition à laquelle ils sont très 
sensibles (1). 

Visites. — Les enfants ont reçu 9.626 visites. Les 
visiteurs ont été au nombre de 12.243. Voici la statisti- 
que des permissions de sortie et des congés : 

Permission de sortie : 4 jour i09 enfants. 

— — 2 — 86 -. 

Congés 3 — 95 — 

— 4 — 63 — 

— 5 — 468 — 

— 8 — 2 — 

— 15 — 2 — 

— un mois 3 — 

Total 82S — 

Nous avons fait remarquer souvent que ces permis- 
sions de sortie et ces congés n'offraient que des 
avantages. De temps en temps, surtout à l'approche 
des grandes fêtes où les demandes de congé sont plus 
nombreuses, nous faisons rappeler aux enfants par 
leurs maîtres et leurs maîtresses que les permissions 
seront refusées aux enfants qui se conduiront mal, 
seront violents, grossiers, menteurs, etc. Grâce à ces 
avertissements, nous arrivons à mieux maintenir la 
discipline et il serait certainement possible d'obtenir 

(1) Nou« rappellerons que les punitions consistent : !• en privation de yin ; 
2* mise en cellule; 3* suppression de promenades ; 4« suppression de la visite 
des parents; et 5* des permissions de sortie et de congés Dès qu'un enfant 
promet sérieusement d'être plus obéissant et de ne pas commettre de nouvelles 
fautei, la punition est levée. 



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Bains et hydrothérapie. xv 

encore davantage dans cette voie. Nous répétons aussi 
que ces congés contribuent à maintenir le lien naturel 
entre les familles et leurs enfants. Ajoutés aux prome- 
nades et aux distractions, ces visites et ces congés 
rendent le séjour de Tasile plus supportable aux mala- 
des et rapprochent autant que possible notre section 
d*un hôpital ou mieux encore, d*un pensionnat ordi- 
naire. 

Vaccinations et revaccinations, — Elles ont été au 
nombre de 88. Suivant Thabitude, elles ont été prati- 
quées sous notre direction et celle de nos internes par 
les élèves de TÉcole municipale d'infirmiers et d'infir- 
mières de Bicêtre. 

Service dentaire. — Notre ami le D*" Cruet, ancien 
interne des hôpitaux, continue ses visites bi-mensuelles 
aux enfants de Bicêtre et de la Salpêtrière. Les résultats 
obtenus au point de vue de l'hygiène de la bouche et 
d'une meilleure dentition des enfants sont excel- 
lents. 

"Bains et hydrothérapie. — Les bains et les douches, 
joints à la gymnastique et à tous les exercices physi- 
ques dont nous avons parlé, les bromures, surtout 
l'élixir polybromuré de Yvon, le bromure de camphre 
et les médicaments antiscrofuleux ont continué à être 
la base du traitement pendant l'année 1892. Voici la 
statisque des bains et des douches de Tannée : 



Bains simples 10.517 

— salés 5.517 

— amidonnés 985 

— alcalins 1.399 

— de son 142 

Total 18.560 



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XVI Améliorations diverses. 

Bains de pieds 10.395 (1) 

Douches aux enfants 72.252 (2) 

I^ouches à des malades externes 1.475 

Améliorations diverses. — La vêture des enfants 
laisse toujours beaucoup à désirer ainsi que nous 
Tâvons vu à l'occasion des promenades. Il en est aussi 
de même des ustensiles du réfectoire, et de Tappro- 
visionnement d'eau des cabinets d'aisance. Pose de 
bancs dans la cour du parloir. L'hiver ayant été très- 
vîgoureiix, nous avons eu à nous plaindre plusieurs fois 
de l'insuffisance du chauffage des classes et des dortoirs. 
La grande cour du gymnase a été drainée et le gravier 
renouvelé ; il en est résulté une sérieuse amélioration. 
Nous avons réclamé une augmentation du traitement 
de nos instituteurs ; jusqu'à présent ils ne sont assimilés 
ni aux instituteurs de la ville de Paris, ni aux employés 
de l'Assistance publique. Nous avons appelé l'attention 
de l'Administration sur cette situation anormale, et les 
services qu'ils rendent journellement, dans des condi- 
tions beaucoup plus pénibles que celles des instituteurs 
communaux, méritent qu'on leur accorde les mêmes 
droits qu'à leurs collègues. 

Lors de la visite de la Commission de surveillance 
et de la visite de la Commission du Conseil général, 
nous avons réclamé encore une fois la modification du 
tramway du square Cluny à Bicêtre et demandé qu'il 
vienne passer devant l'iiospice même. Cette légère 
modification rendrait d'incontestables services aux 
vieillards, aux enfants, aux familles, à tout le person- 
nel de la maison et leur éviterait de faire le trajet de 
l'hospice à la station, très pénible surtout en hiver. 

Visites du service. — La section a été visité en 



(1) Les enfants de la Fondation Vallée ont pris 1260 bains de pieds dans le 
service de Bicêtre. 

(2) Les enfants de la Fondation Vallée, à Bicêtre, ont pris 11.388 douclies. 



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-''Hl;^ 



Visites du service. 



XVII 



1892 par : le D' Autokratow, Mistress BurgAvin, 
D"" Berlier; M. Marcel Berger, architecte; D*" Ber- 
geon (de Lyon), D*^ Canto, M. P. Dreyfus de la iVa- 
tioriy D'"Dmitri-Drill,D'"Delasiauve, M. G. Danville, ré- 
dacteur au Courrier du Soir; D' Ch. Eloy, D** A. Frus, 
directeur de TAsile des idiots du Danemark; D** Four- 
neret; D' Faucher; D" Gardiné; M. Gallet; D-^Ghilar- 
ducci; D*" J. Gacon, député; D*" Hache; D"" Hilfrich ; 
M"' Anna Jannoes, (de Christiania) (I); D' Kœnig; D"" 
Kratow ; D"* E . Lebrun ; M"* Rose Lyon ; D' Le Blond ; D"^ 
Lavallée ; M. A. Larcher, ingénieur ; D*" Mallac ; M. Man- 
lock; M. Nesler (de St-Pétersbourg), architecte; D"" 
Othon de Fschetsott (de St-Pétersbourg) ; D*" Pojack ; D"" 
Pozzi; D'V.Péchère;D'Rosapelly; D^'daSaval; D^ 0. 
Snolfs; D'Saziée;D'Targosvla; D*" Teixera Brandao, 
professeur à la Faculté de médecine de Rio de Janeiro ; 
D' Volant; D^ Verhooven ; D' Walter-Ghaning (de 
Boston). — De même que tous les ans la Commission 
de surveillance des asiles d'aliénés, présidée par M. 
Barbier, et la Commission d'Assistance publique du 
Conseil général ont visité le service. — Espérons que 
ces visites auront des conséquences heureuses et con- 
tribueront à rendre plus facile l'organisation de l'as- 
sistance des Enfants idiots etépileptiques, aussi bien 
en France qu'à l'étranger ! 

Musée pathologique'. — Le musée, placé sous la 
surveillance de notre ancien interne, M. le D^ P. Sollier, 
s'est enrichi notablement en 1892, ainsi que le montre 
le tableau comparatif suivant (p. xviii) : 



(i) Mlle Â. Jannoës est Tune des maîtresses de Tinstitution de Lindercn, 
consacrée aux enfanU idiots. Cette institution renferme 120 enfants confiés à 
dix institutrices. £ile est venue pendant une semaine, chaque jour, dans le 
service, pour se rendre compte de tout ce qui s'y fait. 



BouRNEViLLE, BicêtrCt 1892. 



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XVIII 



Enseignement professionnel. 



Désignation 


188G 

i3G 

» 

2*2 

123 

129 


1887 

IGI 

2'i 

)) 

25 

150 

152 


1888 

180 

28 

» 

38 

1T7 

188 


188Î) 

200 

30 

5 

45 

100 

310 


1890 

231 
33 
H 
58 

209 

335 


1891 

251 
33 
11 
02 

222 

357 


1892 

277 
33 
17 
72 

248 

381 


Bustes en plâtre 

Plâtres divers 


Squelettes entiers 

— de tôte 

Calottes crâniennes 

Cerveaux d'idiots et épi- 
lep. adul. et enfants . . 



Nous avons continué à reprendre, dans le cimetière 
de la commune (Gentilly),lors du relèvement des corps 
des malades décédés il y a i)lus de cinq ans, les crâ- 
nes et les squelettes entiers, quand il s'agit d'hémi- 
plégiques. C'est cette pratique qui explique renricliis- 
sement rapide du Musée depuis février 1887. 

Le musée reçoit, en outre, toutes les j)hotographie8 
des malades décédés, leurs obsemitioiis qui sont re- 
liées en volume chaque année, les photographies des 
cerveaux^ qui forment aujourd'hui sept Albums (1). 

Nous avons fait dresser par M. SoUier, et impri- 
mer par les enfants le Catalogue de notre musée, 
Aussi les visiteurs, qui le désirent, peuvent-ils avoir 
des indications précises sur toutes les pièces. 



II. 

Enseignement professionnel. 

Comme les années précédentes cet enseignement à 
été dirigé, en 1892, par MM. Leroy pourla menuiserie^ 
Alène pour la couture ^ Bénard pour la serrurerie^ 

(1) Nous profitons de l'occaiion pour remercier de nouveau nos collabora- 
teurs MM. Hubert et IIurel, qui apportent le plus grand zèle à Texécution 
des photographies et des moulages. 



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Enseignement professionnel. 



XIX 



Dumoulin pour la cordonnerie j Mercier pour la bros- 
seriCy Morin pour la vannerie, le paillage et le can- 
nage des chaises, Maréchallat pour V imprimerie. 

Nous sommes heureux de les féliciter tous de nouveau, 
non seulement pour le zèle et rintcUigence qu'ils appor- 
tent chaque jour à l'instruction professionnelle des 
enfants, mais encore pour la bonne direction morale 
qu'ils savent leur imprimer. Bien des fois nous avons 
insisté auprès de l'Administration pour qu'elle les en 
récompense en accordant une suite favorable à la 
demande que nous lui avons adressée, afin de les faire 
admettre successivement à jouir de la pension de 
repos qu'elle accorde aux agents du personnel secon- 
daire. Nous avons renouvelé cette proposition lors de 
la visite de la Commission du Conseil général. Nous y 
revenons encore, convaincu que M. Peyron trouvera le 
moyen de réaliser, en faveur de nos maîtres de l'en- 
seignement professionnel, leur admission à la pension 
de repos ou de leur accorder l'équivalence. Le tableau 
suivant met en évidence les résultats obtenus grâce 
à leurs efforts : 







Nombre des 




=1 


Ateliers. 


Date de 
l'ouverture. 


APPRENTIS 


Valeur de la 
MAIN d'oeuvre 










Janv. 


Dec. 






Menuiserie . . . 


2G août 1883 


25 


2,') 


5386 fr 


35 


Cordonnerie.. 


8 octobre 1883 


/iG 


39 


3568 


75 


Couture 


8 octobre 1883 


04 


64 


5942 


50 


Serrurerie 


16 janvier 1884 


H 


16 


4703 


B 


Vannerie 


20 octobre 188i 


28 


20 


2847 


35 


Rempaillage . 


•20 octobre 1884 


13 


11 


735 


20 


Brosserie 


26 novcm. 1888 


7 


9 


4076 


40 


Imprimerie... 


8 juin 1889 


14 


12 


6911 


a 


Jardinage 


8 octobre 1892 


a 


6 


»» 




202 


34.170 


55 



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^tx" Fonctionnement des ateliers. 

Les 7 maîtres sont payés à raison de 6 fr. 50 par 
jour, soit pour Tannée 16.007 fr. 50. Cette somme étant 
déduite do celle du travail des enfants, il reste un 
bénéfice de 17.503 fr., soit 2.209 fr. de plus qu'en 
1891. Ces chiffres, établis soigneusement par l'inspec- 
teur du service d'architecture, M. Delahaye, et par M. 
Ilusson, économe, montrent c[U(^le travail des enfants 
couvre, non seulement la dépense occasionnée par le 
salaire de leur maître, mais en'.'orc et au-delà l'intérêt 
du capital ("2 10.000 fr.) enij;agé dans la construction des 
ateliers. « C'est hi d'ailleurs, répéterons-nous, une 
considération secondaire. Eu elïet, l'enseignement 
professionnel rend des services d'un ordre bien autre- 
ment supérieur. 11 permet de donner à un certain 
nombre d'enfants un métier qui, à leur sortie, les 
mettra en mesure de gagner leur vie. Quelques-uns 
ont déjà quitté l'hospice et sont placés; d'autres le 
seront aussitôt que les circonstances le permettront. 
Il nous aide à donner à un plus grand nombre d'en- 
fants le moyen d'atténuer le sacrifice que la société 
s'impose pour eux. Précisons par un exemple. Nous 
avons à râtelier de couture des hémiplégiques, c'est- 
à-dire des malheureux condamnés presque certaine- 
ment à passer toute leur existence à l'hospice ; la plu- 
part sont ou deviendront de lions tailleurs. Autrefois 
ils ne savaient rien faire : maint(Miant, grâce à l'ensei- 
gnement qu'ils reçoivent, une fois passés auxépilepti- 
ques adultes, s'ils ont encore des accès, ou passés dans 
les divisions de l'hospice, s'ils n'en ont plus, ils pour- 
ront travailler à l'atelier commun de la Maison et leur 
travail compensera en parti(% et pendant de longues 
années, les dépenses de leur entretien, en même temps 
qu'il leur fournira quelques ressources personnel- 
les. » 

Bien des fois depuis prés de dix ans, nous avons 



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Fonctionnement des ateliers. xxi 

réclamé à rAdministration la création d'un emploi 
de maître- jardinier et nous avons donné, à l'appui, 
do nombreux motifs. Nous avons obtenu satisfaction 
cette année et au mois d'octobre M. Peyron a autori-^é 
le directeur de Bicetre, M. Pinon, à choisir le titulaire 
de ce modeste, mais très utile emploi. Grâce à celte 
création, nous pourrons exiger que les maîtres et h*s 
m:iitresses des écoles soient prévenus chaque fnU 
qu'auront lieu des travaux de jardinage, de labourage, 
de hersage, de semailles, de fauchage, etc., etc., quand 
il s'agit du champ des céréales ou des plantes fourra- 
gères. Outre les avantages que nous venons d'énunié- 
rer, le maître jardinier pourra utiliser, s'il remplit 
bien les conditions d'un véritable maître^ non seule- 
ment les enfan-s qui désirent apprendre le métier de 
jardinier, mais aussi un certain nombre d'enfants qui 
se plaisent aux grosses besognes. 

Nous terminerons ce chapitre de Ycnse\gnem(,rit 
professionnel, en reproduisant ce que nous disiouï^ 
l'an dernier et qui a une réelle importance au point 
de vue du succès de nos ateliers et de l'intérêt dei> 
finances de l'Assistance publique. 

« Lorsque les enfants de nos ateliers de brosserie', 
vannerie, canage et imprimerie sont devenus adul- 
tes et passent dans les autres sections du quartier 
des aliénés ou dans les autres divisions deriiospice, 
ils ne peuvent i)lus continuer l'exercice de la profes- 
sion que nous leur avons fait enseigner, TétablisËo- 
ment n'ayant pas d'ateliers similaires. Nous avons 
demandé et dans l'intérêt de ces malades et d^n'^ 
celui de la Maison, qu'ils fussent autorisés à venir 
travailler dans nos ateliers, au fur et à mesure des pla- 
ces disponibles. Il est certain que, en raison de.s 
besoins des malades, il sera indispensable d'avcar 
dans le département de la Seine un asile pour les idio! s , 
les imbéciles et probablement les épileptiques adul- 



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XXII Enseignement professionnel. 

tes, avec des ateliers où les malades pourront continuer 
à leur avantage et à celui des finances départemen- 
tales, la profession qu'ils auront apprise dans les sec- 
tions d'enfants. )> 

Les ateliers de menuiserie et de serrurerie doivent 
pourvoir d'abord aux besoins des autres ateliers, puis 
à ceux de la section, enfin aux besoins de la Fonda- 
tion Vallée, annexe de Bicetre, consacrée auxarriérées. 
Les ateliers de couture et de cordonnerie travaillent 
exclusivement à la confection et à la réparation des 
vêtements et des chaussures des enfants. Nous avons 
la conviction que si le personnel chargé de la surveil- 
lance durant les récréations faisait strictement son 
devoir, exerçait une véritable surveillance et surtout 
s'intéressait aux jeux des enfants, la destruction des 
effets d'habillement et des objets mômes qui servent 
à l'amusement des malades, deviendrait chaque jour 
de moins en moins considérable. Les ateliers de vanne- 
rie, de rempaillage, de canage des chaises et de bros- 
serie font face aux l)esoins de la section et de l'hospice, 
et font, en outre, d'importantes livraisons au Magasin 
central de l'Assistance publique (I). 



III. 

Statistique. — Mouvement de la population. 

Le 1®*^ janvier 1893, il restait dans le service 
434 enfants : 414 enfants idiots, imbéciles ou épi- 
leptiques dits aliénés, et 20 réputés non aliénés. Sur 
ce chiffre, 5 sont atteints de surdi-mutité et H de 



(1) L'atelier de brosserie^ en 189-2, a livré 6.900 brosses au Magasin cen- 
tral et 1.011 à Bicôtre. L'atelier de vannerie ii réparé 180 paniers pour Bicé- 
tre et fabriqué 3G7 paniers ou mannes tant pour cet établissement que pour le 
Magasin central. Il a rempaillé 430 chaises pour Bicêtre, Lourcine et la 
Salpétrière et canné 101 chaises pour Bicêtre. 



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Mouvement de la population. 




xx 



cécité. Voici le mouvement de la population en 
1892: 



MOIS. 


ENTRÉES. 


DKCÔ8. 


80RTIB8. 


TRAN8- 
FERT8. 


ÉVAflO^I, 


Janvier 


8 

i2 
14 

8 
17 
12 
20 

6 

5 
11 
17 

8 


3 

1 
2 
2 

1 
» 
6 
» 
» 
2 
1 
3 


9 

» 

4 
4 
4 
4 
5 
11 
16 
4 
4 
4 


t 

» 

t 

3 

t 
1 

9 

i 

» 

2 


9 
> 
> 
i 
* 

1 
1 

> 

if 


Février 


Mars 


Avril 


Mai 


Juin 


Juillet 


Août 


; Septembre 

1 Octobre 


Novembre 

Décembre 


Totaux 


138 


21 


69 


7 


4 



Décès, — Ils ont été au nombre de 21. Le tableau ci- 
après (p. xxiv) donne le diagnostic, la date et la cause 
du décès, ainsi que quelques-unes des particularités 
présentées par les malades dont l'observation nefîgurt* 
pas dans le volume. Nous avons continué, autant quf 
possible, à relever le poids du thymus et de la glande 
thyroïde. Sur 21 autopsies, il n'y avait 8 fois aucuno 
trace du thymus ; 9 fois, nous avons trouvé des frag- 
ments de cet organe, dont le poids a varié de quelque. ^> 
grammes à 28 gr. Dans 4 cas, on a oublié de noter 
la présence ou l'absence du thymus. Il serait intérrs^ 
sant de comparer à cet égard, les enfants sains avoc 
les nôtres. Nous espérons qu'un jour un de nos amis, 
chargé d'un service d'enfants ordinaires, nous foui- 
nira le3 éléments de cette comparaison. 



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XXIV 




DÉCÈS. 




NOMS. 


AGES. 


MALADIES. 


Date du déoèfl. 


Cheval 


9 ans. 


Idiotie hydrocéphalique. 


3 janvier. 


God 


5 ans. 

i/2 


Idiotie. 


3 janvier. 




Gob 


iSans. 


Idiotie. Atrophie musculaire. 
Idiotie congénitale. 


23 janvier. 
8 février. 


Touch 


1/2 
3 ans. 


Sal 


4 ans. 


Microcéphalie. 


10 mars. 


Thom 


4 ans. 


Idiotie méningitique. 


20 mars. 


Thilla 


16 ans. 


Athétose double. 


14 avril. 


Lhom 


18 ans. 


Épilepsie. 


30 avril. 


LeTal 


18 ans. 

1/2 


Imbécillité. Hémiplégie droite. 
Athétose. 


22 mai. 


Stif 


6 ans. 


Idiotie. 


17juiUet. 


Roch 


6 ans. 


Microcéphalie. 
Idiotie. 


17 juillet. 
25 juillet. 


Dufoulo 


3 ans. 



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9 B 



Décès. 



XXV 



CAUSES DU DÉCÈS. 



Cachexie progressive 



Congestion pulmo- 
naire. 



Pneumonie double. 



Broncho-pneumonie 
rubéolique. 



Tuberculose intesti- 
nale. 

Broncho- pneumonie 
rubéolique. 

Tuberculose pulmo- 
naire. 

Broncho-pneumonie 
tuberculeuse. 

Etat de mal. 



Broncho-pneumonie. 

Congestion pulmo- 
naire. 



Méningite suppurée. 



PARTICULARITÉS. 



Tôte soaphoïde. — Hydrocéphalie partielle (U 
l'hémisphère gauche. Dilatation ventrirulai 
re. Résorption du liquide. Ëpaississecm m 
généralisé des méninges sur la face coru t*xc 
Glande thyivïdey 25 gr. Pas de thymus 

Congestion pulmonaire, Dégénérescence ^^rai^ 
seuse du foie et des reins. — Rien de pariit u 
licràrœilnu dansles centres nerveux, G/an(^ 
thyroidey 15 gr. Traces du thymus. 

Sclérose cérébrale atrophique. Adhérences dî a 
séminées. Epaississement et opacité de la pso 
mère. Dilatation des ventricules latéraux 
Glande thyroïde, 25 gr. Pas de traces du 
thymufi. (Voir Obs. p. 223). 

Méningo-encéphalite. — Induration prononcée 
de la protubérance, des olives et des pyra 
mides antérieures. Glande thyroïde, 7 ^^r 
Thymusy 10 gr.(V.OHS. p. 3). 

Asphyxie à la naissance. — Sclérose cérébrale 
atrophique, généralisée. GL thy. 5 gr Pnf 
de traces du thymu$.{V, Obs. p. 23). 

Méningite chronique. — GL thyroïde, ÏO ^r 
Quelques traces du thymus. (V. Obs. p, ^ifn. 

Sclérose cérébrale atrophique disséminL^e 
GL thyroïde, 15 gr. — Pas de traces du 
thymus (V. Obs. p. 76). 
Glande thyroïde, 32 gr. — Pas de traces di 
(hyïnu8(V. Obs. p. 109). 

Absence de synostose des os du crâne, — D^ 
wormiens. — Inégalité de poids des hémis- 
phères. — GL thyroïde f 15 gr. Thymv^, ;\' 
gr. (V. Obs. p. 39). 

Méningo-encéphalite légère.— GL thyroirh. H 
gr. Pas de traces du thymus (V.Obs. p^ MG 

Pseudo-kyste des hémisphères. — Adhiieii 
ces des lobes frontaux. — Atrophie des rjrrf> 
optiques et olfactifs. — Double porenc* idia- 
lie. — GL thyroïde et thymus, pas d1rt Ji ca- 
tion (V. Obs. p. 88). 

Méningite suppurée. — Adhérences des in*' 
ninges principalement sur l'hémisphùn 
gauche. — Pas d'indication sur la gfi. ilHjtiïi 
de et le thymus. (V. Obs. p. 165.) 



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XXVI 




DÉCÈS. 




NOMS. 


AGES. 


MALADIES. 


DAH DU DÉCÈS. 


Marti 

Watteb 

Louv ' 


1 an 

1/2. 

3 ans. 

1/2 

4 ans. 

18 mois. 

4 ans. 

1/2 

4 ans. 

13 ans. 

13 ans 

1/2. 


Idiotie, cécité. 
Idiotie. 
Idiotie. 
Idiotie. 
Idiotie. 

Idiotie. 
Idiotie. 

Epilepsie. 
Idiotie. 


24 juillet. 
26 juillet. 
28 juillet. 


Téra 


12 octobre. 


Gâte 


29 octobre. 


HUR 


14 novemb. 


o 

Guer 


30novemb. 


March 

Roug 


22décemb. 
29décemb. 



Sorties. — Des malades sortants, 5 sont passés 
dans les divisions do Thospice, ne présentant plus 
d'accès ou étant suffisamment améliorés au point 
de vue mental pour vivre en liberté, mais étant 
atteints de maladies ou d'infirmités incurables. 39 ont 



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DÉCÈS. 



XXVII 



CAUSES DU DÉCÈS. 



Méningite suppurée 
Broncho-pneumonie . 
Broncho-pneumonie . 



Tuberculose pulmo- 
naire. 

Congestion pulmonai- 
re. 



Rougeole. Proncho- 
pneumonie. 



Jnragnation intesti- 
nale. 



Etat de mal. 



Pneumonie gauche. 



PARTICULARITÉS. 



Méningite suppurée. — GL thyroïde et thy- 
mus très ruclimentaires; pas d'indication du 
poids (Voir Obs. p. 201). 

Atrophie disséminée des circonvolutions. Pas 
d'indication sur la glande thyroïde et le thy- 
ynuii. 

Légère sclérose cérébrale. — Aspect chagriné 
de l'hémisphère gauche. Glande thyroïde^ G 
gr. Thymus, 28 gr. (Voir Obs. p. 217). 

Arrêt de développement des circonvolutions. — 
Crànioctomie. — Glande thyroïde, J5 gr. 
Persistance du thymus (V. Obs. p. 147). 

Sclérose atrophique de l'hémisphère gauche; 
lésions de méningo-encéphalite sur l'hémis- 
phère droit. — Plagiocéphalie. — Inégalité 
considérable des hémisphères. Glande thy- 
roïde, 4 gr. Thymus, 10 gr. 

Légère congestion pulmonaire. — Léger épais 
sissement de lapie-môre sans adhérences. — 
Glande thyroïde, 10 gr. Pas de trace du thy 
mus. (Voir Obs. p. 132). 

Tubercule sur le trajet du phrénique et à la 
pointe du cœur sur le péricarde. — Pseudo- 
kyste du lobe temporal ; vestige d'anciens 
foyer, probablement de ramollissement. Pas 
d'indication sur la glande thyroïde et le thy- 
mus. 

Impression maternelle. — Tubercule crétacé 
et gangrène du poumon. — Glande thijroïde, 
normale. (Pas do jjoids). Persistance du thij 
mus. (Pas de poias) (Voir Obs. p. 185). 

Sclérose corticale. — Atrophie cérébrale. — 
Glande thyroïde, 15gr. Pas de traces du thy 
ynus. 



été dirigés sur les autres sections de la division des 
aliénés, soit comme épileptiques, soit comme idiots ou 
imbéciles, incapables d'être mis en liberté. Le tableau 
suivant indique les motifs de la sortie et la nature de 
raffection dont étaient atteints les malades (v. p. xxviii). 



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2XTI Population ; personnel du service. 

Évasions. — Elles ont été au nombre de quatre 
Dup.... Dup.... Maa.... Plo 

Transferts. — Il y a eu 7 transferts : Lorr. . . , à l'asile 
de Saint-Dizier ; Pasq..., à Tasile de Tours; Jeand..., 
à Tasile de Clermont ; Grom. . . , à Tasile d'Armentières ; 
Pép..., à Tasile de Vaucluse; Goul... et Garr..., à 
l'asile de Clermont. 

Maladies épidémiques et conlagieuses. — Le pavil- 
lon d'isolement a reçu dans le courant de l'année 31 
enfants (30 garçons et 1 fille) atteints de la rougeole ; 
il y a eu trois décès ; — 3 cas cVérisypèle (2 garçons 1 
fille) ; — 1 cas de coqueluche (fille) ; — 1 cas de diph- 
thérie (enfant d'une surveillante) suivi de mort; — 10 
cas de gale et 4 de varioloîde légère. Au 31 décembre 
il restait trente enfants atteints de la teigne. 

Population au 31 décembre 1892. — On comptait à 
cette date dans le service 471 enfants, se décompo- 
sant ainsi : 445 enfants idiots, imbéciles ou épilep- 
tiques, dits aliénés, et 26 réputés non aliénés. Sur ce 
chilîre 5 enfants sont afTectés de surdi-mutité et 11 
de cécité. Signalons les ruminants au nombre de 
18. 

Personnel duservice en 1892. — Le personnel était 
ainsi composé : i'^ponrle service médical : de 2 internes 
titulaires. MM. Dauriac et Ferrier, d'un interne provi- 
soire, M. Noir et de M. le D*^ P. Sollier, conservateur 
du Musée pathologique ; — 2** pour le service sco- 
hire : a) Grande école : d'un instituteur, M. Boutiller, 
et do deux institueurs adjoints, MM. Boyer et Mes- 
nard; d'un professeur de chant, M. Pény ; d'un profes- 
seurde gymnastique, M. Goy ; de deuxmoniteurs, admi- 
nistrés de l'hospice ; d'un maître d'escrime, M. Godin ; 



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Personnel de service. xxvii 

d'un suppléant, M. Routier, et de deux infirmiers dont 
un ayant le grade de premier infirmier. — b) Petite 
école : de M"® Blanche Agnus, surveillante ; de M"* 
AmandineBohain, sous-surveillante; de M"* Givalois, 
suppléante; de M"** Lacroix, boursière; d'une 1* infir- 
mière, M™' Grizard, chargée du pavillon d'isolement ; 
do 9 infirmières de dortoirs qui, quand elles ont fini 
leur besogne, viennent aider les maîtresses d'école ; 
— 3® pour V enseignement professionnel : de huit 
maitres dont nous avons donné les noms plus haut; 
plus un infirmier de garde ; — 4* pour le service hos^ 
pilalier : de M. Agnus, surveillant; de M. Siégel, 
sous-surveillant ; de M"*"* Bié, sous-surveillante (bâti- 
ment des gâteux) ; de M"* Ath. Bohain, sous-surveil- 
lante (infirmerie) ; de M""* Gladel, suppléante de nuit; 
d'un suppléant (baigneur), M. Givalois; de 2 pre- 
miers infirmiers (musée, portier), de 28 infirmiers et 
de 35 infirmières de jour ou de nuit, d'un perruquier; 
total du personnel secondaire : 71. 

Tout le personnel s'efforce, en général, de nous 
seconder; malheureusement, il est en nombre insuffi- 
sant, d'abord en raison même de la nature des maladies 
dont sont atteints les enfants et, par suite aussi du 
chiffre de la population qui, au 31 décembre, dépassait 
de 71 le chiffre réglementaire. 



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Section II : Fondation Vallée. 

Histoire du service pendant Tannée 1892. 



I. 
Situation du service. — Enseignement primaire. 

Les besoins du service des aliénés ont fait fléchir 
la règle que nous nous étions fixée de limiter la popu- 
lation de la Fondation Vallée à 100 enfants au maxi- 
mum. La population à la fin de l'année 1892 atteignait 
le chilTro proportionnellement beaucoup trop consi- 
dérable de 112 enfants. Le cube d'air correspondant à 
chaque lit, qui était déjà un peu faible pour une popu- 
lation de 100 enfants, est devenu aujourd'hui, avec les 
lits supplémentaires, tout-à-fait insuffisant. Cette 
situation est encore aggravée par l'existence, à la Fon- 
dation, d'une proportion considérable d'enfants gâteu- 
ses (42), et par l'impossibilité où nous sommes, en raison 
de î'exiguité des locaux, de répartir les enfants en 
différents groupes, ce qui nous contraint, en particu- 
lier, de mélanger, dans les mêmes classes, les enfants 
gâteuses valides avec les enfants propres. 

Les enfants idiotes gâteuses invalides ont pu, ainsi 
que nous l'avons dit l'an dernier, être isolées ; elles 



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Enseignement. xxxix 

ont leur dortoir, leur salle de réunion (servant en 
même'temps de réfectoire, ce qui est fâcheux), et un 
préau découvert Nous avons fait bitumer le sol de 
ce dernier : ce qui permet aux enfants de faire leurs 
exercices de chariot. Une tente-abri, pouvant se dé- 
monter, a été installée pcui; protéger les enfants 
contre les ardeurs du soleil. 

On sait qu'il s'agit là d'une catégorie d'enfants sou- 
vent incapables, non seulement de marcher, mais 
même de se tenir debout, 11 faut donc exercer leurs 
jambes et pour cela, de même qu'à Bicêtre, nous les 
plaçons dans des barres 'parallèles; nous les faisons 
sauter sur place en les tenant sous les bras; nous leur 
faisons pratiquer des frictions stimulantes sur les 
jambes et les cuisses, et nous leur faisons exécuter des 
mou'vements de flexion etd*extensiondetouteslesjoin 
tures des membres (Massage). De plus nous faisons 
asseoir les enfants de ce groupe sur une balançoire 
spéciale^ disposée de façon que les pieds vont battre sur 
un tre r plin vertical en bois, collé contre le mur, trem- 
plin qui repousse et reçoit les pieds tour-à-tour (1). On 
pourrait appeler cet appareil : balançoire-tremplin. 

Nous n'avons eu qu'à nous féliciter de l'emploi de 
la laine de tourbe pour les coussins perforés des fau- 
teuils et des bancs des enfants gâteuses. 

Li' Enseignement est confié exclusivement à des 
femmes sous l'habile et intelligente direction de M°"* 
Berthe Langlet, surveillante. Les procédés employés 
sont les mêmes qu'à la section des enfants de Bicêtre. 

Tout le matériel scolaire est identique. Les leçons 
de choses sont multipliées autant que possible et com- 
plétées par des promenades dans le domaine et aux 
environs. Les enfants assistent à toutes les opéra- 
it) V. Seguin. — Traitement et Education des idiots^ p. 357: — Un appa- 
reil semblable fonctionne dans le gymnase pour les enfants valides. 



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XL Enseignement professionnel. 

tiens du jardinage, participent à la récolte des légu- 
mes et des fruits. 

106 enfants ont fréquenté l'école et ont été exercées 
à la gymnastique Pichery. 38 des plus grandes ont 
suivi les exercices de la grande gymnastique (mou- 
vements, appareils, etc.). Les échelles convexes nous 
sont d'un grand secours pour remédier à la tendance 
q^u'ont un certain nombre d'enfants à tenir la tête et 
le tronc inclinés en avant. M. Goy, maitre de gym- 
nastique à Bicêtre, est venu régulièrement tous les 
jeudis donner une leçon afin de dresser le personnel 
et de s'assurer de la régularité des exercices. Nous 
avons pu, enfin, obtenir pour lui une modique indem- 
nité annuelle. 

40 enfants savent se servir de la cuiller, de la 
fourchette et du couteau; 39 de la cuiller et de la 
fourchette; 17 de la cuiller. 16 enfants ne savent pas 
manger seules. — Trois enfants gâteuses sont deve- 
nus propres : Bane.., Galmi.., et Pich.. Les deux pre- 
mières ont en outre appris à manger sans aide. 

Enseignement professionnel. — Nous tenons en 
premier lieu à apprendre aux enfants tout ce qui est 
nécessaire pour essayer [d'en faire de bonnes ména- 
gères. Le matin, après leur toilette,' on leur apprend 
à faire leurs lits, à entretenir proprement leurs dor»- 
toirs. On leur enseigne à mettre et à retirer le couvert, 
à laver la vaisselle. Nous avons choisi 10 des moins 
arriérées; nous les faisons manger avant les autres et 
on les dresse spécialement pour qu'elles sachent 
manger aussi convenablement que possible. Nous nous 
en servons ensuite pour faire l'éducation, au point de 
vue particulier de la préhension des aliments et de la 
tenue à table, des autres enfants moins intelligentes : 
elles leur servent en quelque sorte de monitrices. 

Les deux ateliers que nous possédons ont fonctionné 



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Enseignement professionnel. xli 

comme par le passé : 65 enfants vont à Vatelier de 
couture^ les unes pendant une heure seulement, les 
autres durant quatre heures. Au 31 décembre dernier, 
22 étaient devenues des apprenties sérieuses. Elles font 
ou raccommodent des tabliers, des robes, des jupons, 
des bavettes, des pantalons, des pèlerines, des mou- 
choirs, des chapeaux, des costumes pour leurs bals du 
Mardi-gras et do la Mi-carème. 

35 enfants ont fréquenté Vatelier de repassage^ 
d abord pendant une heure puis durant quatre heures. 
Nous retrouvons-là les 22 meilleures apprenties de 
Tatelier de couture. Elles repassent des tabliers, 
des jupons, des mouchoirs, des bavettes, des ri- 
deaux, des bonnets, des fichus, des corselets, des pan- 
talons. 

Le travail, évalué par M. Husson, économe de 
Bicêtre, d'après les tarifs de cet établissement, s'est 
élevé à 560 fr. pour le premier atelier, dirigé par M™* 
Herman et à 1.052 fr. pour le second, dirigé par M™* 
Lejeune, soit au total 1.611 fr. Ce chiffre est inférieur 
de 261 fr. à celui de Tannée 1891. Cela tient à ce que 
pendant deux mois, par suite de la construction d'un 
calorifère pour le bâtiment des classes, les travaux 
professionnels n'ont pu se faire dans de bonnes con- 
ditions. Le tableau ci-après donne le produit mensuel 
du travail en 1892 (Voir p. xlii). 

Nous devons ajouter qu'un certain nombre de 
jeunes filles ont appris à faire du tricot (4), du cro- 
chet (10), de la tapisserie (2), à marquer (8), et 
qu'elles ont confectionné quelques layettes. M"* Lan- 
glet a eu l'heureuse idée d'organiser une petite expo- 
sition des objets fabriqués par les enfants le jour de 
la visite de la Commission d'assistance du Conseil 
général. 

VisiteSy permissions de sortie et congés, — Les 



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XLII 



Visites, bains, hydrothérapie. 



Mois. 


NOMBRE 

tlesAppren- 


valeur I 

de la main-d'œuvre. I 


tits. 


Couture. 


Repassnce 


Janvier 


12 
15 
15 
13 
15 
20 
21 
21 
21 
21 
22 
22 


fr. c. 
38 75 
73 50 
53 » 
3 » 
48 25 
45 » 
55 » 
30 » 

40 » 
48 50 

41 25 
43 25 


fr. c. 

75 10 

83 75 

85 50 

71 80 

65 10 

68 35 

70 » 

79 50 

119 50 

109 25 

131 60 

92 90 


Février 


Mars 


Avril 


Mai 


Juin 


Juillet 


Août 


Septembre 


Octobre 


Novembre . . , 


Décembre 


Totaux 


559 50 
IGJl 


1052 35 
fi5 


Total général. . 








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enfants ont reça 2.126 visites. Les visiteurs ont été au 
nombre de 3.594. 



Congés de 2 jours 

— de 3 jours 

— de 3 à 8 jours. 

Total... 



11 

6 

148 

l65" 



Revaccinations. — Elles ont été au nombre de 25 
dont 8 infirmières. 

Bains et hydrothértipie. — Les bains, les douches, 
la gymnastique, joints à l'emploi des médicaments anti- 
scrofuleux et aux préparations bromurées ont conti- 
nué à être la base du traitement pendant l'année 1892. 
Les bains sont donnés à la Fondation. Des bidets per- 
mettent de donner les soins de propreté aux enfants 



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Bains, distractions, hydrothérapie. ïliii 

gâteuses ou aux jeunes filles pubères. Les enfants 
valides vont prendre leurs douches dans la section des 
enfants de Bicêtre, et les enfants invalides le;? pren- 
nent à la Fondation même. Les bains de pied^4 sont 
également donnes à Bicctre, oii existe, comme nous 
Tavons déjà dit, une installation rendant facile le hivai^^e 
simultané des pieds d'un grand nombre de malades (t)- 
Voici la statistique des Lains et des douches en 1892 ; 

Bains simples 3.893 

— salés 623 

— amidonnés 501 

Total 5.077 

Douches à Bicôlre iO.227 

— à la Fondation.. 053 

Total \2.1tl 

Bains de pieds 1 .788 

Proinenades, — Les promenades ont lieu lo mardi 
et le vendredi soit à Paris (place d'Italie, parc Mont- 
souris, Jardin des plantes. Foire au pain d'épice, place 
Saint-Michel, Luxembourg, etc.), soit aux environs : 
Arcueil, parcde Vitry, Jardin d'acclimatation, Plessis 
Picquet, etc. Le nombre des enfants qui assistent à 
ces promenades varient entre 50 et 60. 

Distractions. — Les enfants de la Fondation ont 
pris part à la distribution des jouets donnt'^s par la 
Lanterne, à Toccasion du jour de l'an; — auxprome-' 
nades et aux bals déguisés qui ont eu lieu (avec les 
enfants de Bicêtre) le Mardi-Gras et à la Mi-Carômc. 
Les petites filles valides de la Fondation ont assisté à 
toutes les fêtes données à Bicêtre, à toutes les mati- 



(1) Dans tous les établissements de ce genre, ainsi que dans les usiîf ?, il est 
indispensable, à notre avis, contrairement à celui de que]r|iieG médec^a»j 
d'avoir un service de bains de pieds. 



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ZLiY Distractions; chauffage. 

nées dramatiques organisées par les garçons, au con- 
cert des frères Lionnet, etc., etc. 

Estimant que la séparation arbitraire qu*on établU 
de nos jours entre les enfants des deux sexes est con- 
traire à la nature, nous n'avons pas hésité, en dépit de 
certaines craintes administratives, à faire venir les 
petites filles de Vallée à toutes les fêtes données au 
gymnase de la Section des garçons, à leur faire prendre 
rang dans le cortège du Mardi-Gras et de la Mi-Carême ; 
à faire ces mêmes jours un bal commun aux garçons et 
aux filles. Il va de soi que nous donnons au personnel 
des instructions pour redoubler de surveillance. Ces 
bals et ces réunions n'ont jamais donné lieu à aucun 
désordre. 

Chauffage. — r Le chauffage du bâtiment des classes, 
de l'ouvroir et du gymnase étant très insuffisant, 
n'atteignant que 3® ou 4® au mois de janvier, nous 
avons dû le faire évacuer et laisser les enfants dans 
les réfectoires et, pour remédier à une situation 
aussi fâcheuse, nous avons demandé la reconstruction 
du calorifère. Ces travaux, qui ont entraîné la réfection 
du parquet du gymnase, ont commencé à la fin do 
septembre. Ils auraient dû être faits au mois de juil- 
let et d'août ce qui aurait permis de faire travailler 
les enfants dans le jardin, tandis que nous avons été 
obligé de nous servir du réfectoire et pour Técole et 
pour la couture. Les travaux ont été terminés le 10 
"novembre. 

Améliorations diverses, — La Fondation étant ali- 
mentée en eau de Seine, nous avons réclamé et obtenu 
un /îifreC/iamberiand (avril). Citons encore la transfor- 
mation des matelas et des traversins desgâteuses dont 
la laine ou la paille ont été remplacées par de la laine 
de tourbe ; — l'aménagement de la cour voisine du 



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Statistique. xlv 

dortoir des gâteuses, dont le sol a été nivelé, avec un 
chemin cimenté pour reArercice du chariot, et qui 
a été pourvue d'une tente pour protéger les enfants 
contrj les rayons du soleil (1); — Tachât d'une Jan- 
terne magique-^ — Taménagement du premier étage 
du bâtiment des écuries et remises en logements pour 
des sous-employées mariées. 

Maladies épidémiques. — Une enfant, Lent.. (Pau- 
line) est entrée à la période d'incubation de la rouf/eo/e; 
elle a guéri; — une autre Leg... Alice est entrée avec 
lacoqueluchc] — quatre enfants ont eu la teigne et sont 
guéries. Toutes ces malades ont été traitées au pavil- 
lon d'isolement de Bicêtre. 

Enumération des travaux faits par Vatelier de 
menuiserie des enfants de Bicêtre pour la Fondation 
Vallée. — En avril : trois planches pour la coupe ; 
table avec tréteaux; barres parallèles pour la gymnas- 
tique ; une table scolaire ; — en mai : chariot pour les 
pansements; — en décembre : une armoire. 



IL 
Statistique. — Mouvement de la population. 

Le 1" janvier 1892, il restait à la Fondation 99 
enfants se répartissant ainsi : 

Epileptiquei 22 

Idiotes et imbéciles 77 



(f) Grâce à cette amélioration nous pouvons placer les enfant i à Tair et 
assainir la pièce très exiguë que leur sert de réfectoire et de salle de réunion. 



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XLVI 



Mouvement de l\ population. 



Sur ce nombre 43 étaient gâteuses; 3 atteintes de 
surdi-mutité et 3 de cécité. Voici le mouvement de 
la population en 1892 : 



Mois . 


Entrées. 


Sorties. 


DÉCÈS. 


Trans- 
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5 
5 


1 
3 
» 

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» 

1 
1 
1 




1 


Février 


Mars 


Avril 


Mai 


Juin 


Juillet 


Août 


Septembre 

Octobre 


Novembre 

Décembre 

Total 


28 


7 


5 


3 



Décès. — Les décès ont ont été au* nombre de cinq. 
Le tableau ci-contre fournit les renseignements sur le 
diagnostic, la date et la cause du décès, ainsi que sur 
les principales particularités présentées par les mala- 
des. 

Sorties. — Le tableau ci-après indique les motifs 
de la sortie et la nature de Taffection dont étaient 
atteintes les malades. 

Evasions. — Il n'y a pas eu une seule évasion en 
1892, de même qu'en 1890 et 1891. 

Transferts. — Il y a eu 3 transferts. Ceux de 
l'enfant Duv.., à Clermont, de l'enfant Gir .., à 
Auxerre et de l'enfant Par.., à l'asile de Dury (Somme). 



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Personnel du service. xux 

Population au 31 décembre 1892. — Il restait à 
cette data à la Fondation, 112 enfants se décomposant 
ainsi : 

Epileptîques 26 

Idiotes et imbéciles 86 



Total il2 

Sur ce nombre, 43 sont gâteuses, 2 sont atteintes de 
surdi-mutité et 2 de cécité. 

Personnel. — Il se compose d'un médecin, d*un 
interne en médecine, M. Ferrier, d'une surveillante 
M"' Berthe Langlet, de trois suppléantes. M™" Her- 
man, Tliomas, et Croizelle, de deux premières infir- 
mières, M**' Lapeyre et M"*® Lejeune, d'un premier 
infirmier, portier, de six infirmières de jour et de 
nuit. Totçsil du personnel secondaire : 17. De même 
que les années précédentes nous n'avons eu qu'à nous 
louer de l'activité, du dévoumcnt et de l'intelligence 
apportées par M"® Langlet et ses auxiliaires dans l'ac- 
complissement de leurs fonctions. C'est à elles que 
nous devons reporter la plus grande partie des résul- 
tats obtenus. 



teoURNEViLLB, Bicêtre, 1892. 



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ni. 

Projet d'agrandissement de la Fondation Vallée. — 
Premier rapport. 

En qualité de membre de la Commission de sur- 
veillance des asiles de la Seine, nous avons été chargé 
d'étudier la question de ragrandisscment de la Fon- 
dation. Voici le texte du Rapport que nous avons fait 
à cette Commission dans sa séance du 2 juin : 

Messieurs, 

Dans de précédents rapports, nous vous avons exposé 
rhisiorique et l'organisation de la Fondation Vallée. Nous 
vous avons décrit son fonctionnement durant les exercices 
1890 et 1891 dans une Notice qui vous a été distribuée au 
cours de cette visite. 

En 1889, vous avez nommé une Sous-Commission char- 
gée d'étudier Tutilisation ultérieure du domaine. Dans la 
séance du 5 décembre 1889, vous avez adopté entre autres 
propositions la suivante : 

« 2® L*étude à bref délai d'un programme pour la 
construction sur ce domaine d'un établissement autonome 
destiné à l'entretien de 300 jeunes filles idiotes ou arrié- 
rées. » 

Lors de votre visite à la Fondation Vallée, le 7 mai 1898, 
nous avons appelé votre attention sur les différents moyens 
d'agrandir le domaine légué par M. Vallée : 

1® Acheter le terrain enclavé dans le domaine et don- 
nant sur la rue Benserade ; 2"* ou acheter le terrain qui 
longe au sud ce domaine ; 3^ ou enfin acheter les terrains 
vagues situés au-dessus de l'institution, longeant la rue 
Penserade et le chemin de l'IIay. 



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Projet d'agrandissement. u 

I. 

Vers le mois de novembre dernier, M. E,.Trélat, archi- 
tecte en chef du département, est venu oflîcieusement nous 
demander, non pas un programme détaillé du futur usilç, 
dont TAdministration l'avait chargé de tracer les plans, 
mais un aperçu général. Il nous a semblé naturel de lui 
poser les questions préjudicielles ci-après : 

!• Quel est le terrain adopté par l'Administration pour 
Tédification de Tasile? 

2® Quel est le nombre de malades que l'Administration 
se propose d'y placer? 

Les réponses furent négatives. Nous pensions inutile de 
poursuivre notre entretien dans de telles conditions. 

M. Trélat ayant insisté afin que nous lui fassions con- 
naître nos idées sur l'organisation d'un asile pour les 
petites filles idiotes et épileptiques, nous lui avons répondu 
que l'on pouuait prendre pour base d'une telle organisa- 
tion, la section des enfants de Hicôtre, et qu'il convenait 
en conséquence de prévoir les services suivants : 

1® Services de jour: Des écoles pour l'instruction pri- 
maire, avec un certain nombre de classes permettant de 
grouper les enfants et comprenant une salle pour le traite- 
ment du gâtisme et des préaux multiples afin d'en réserver 
un pour les enfants gâteuses, un pour les enfants les plus 
jeunes et un pour les plus grandes ; — des réfectoires^ dont 
l'un spécialement réservé aux enfants gâteuses, tous pour- 
vus de vastes oilîces, où Ton pourra apprendre aux 
enfants à nettoyer la vaisselle ; — des ateliers pour l'en- 
seignement professionnel (couture, repassage, brochagCi 
buanderie, lingerie, etc.). 

2» Services du traitement physique : Gymnase ; — Salle 
pour apprendre aux enfants à cirer leurs chaussures; — 
Salle de bains et d'hydrothérapie ; — Salle de bains de 
pieds. Ces trois derniers services sont indispensables si 
l'on veut assurer un état constant do propreté à la caté« 
gorie d'enfants pour lesquels l'asile est créé. 



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ui Fondation Vallée. 

3** Services de nuit: Dortoirs de 20 lits avec lavabos, 
cabinets d'aisances, meubles de toilette, bidets, etc. 

4** Bâtiment des enfants gâteuses invalides, avec réfec- 
toire, salle de réunion avec appareils servant à appren- 
dre à se tenir debout, à marcher, etc., enfin salle spéciale 
pour le traitement du gâtisme. Il conviendrait d'établir 
dans ce bâtiment une division entre les enfants suscepti- 
bles d'être améliorés et les enfants reconnus absolument 
incurables. (Les idiotes, en petit nombre, et les épilepti- 
ques devenues démentes). 

5® Service hospitalier: a. Infirmerie avec chambre 
d'isolement pour les cas douteux, chambres d'infirmières, 
réfectoire, ofïice, bains, lavabos, cabinets d'aisances, etc. ; 
— 6. Pavillon pour les maladies contagieuses; —c. Pavil- 
lon de cellules. 

Il ne pouvait s'agir là que d'un programme général fait 
au pied levé et comportant, il va de soi, des modifica- 
tions. Toutefois nous avons signalé la nécessité d'éviter 
les escaliers, d'avoir des portes et des couloirs larges afin 
de faciliter les communications et d'imiter dans les cons- 
tructions ce qui a été fait à Bicétre, en tenant compte des 
améliorations que l'expérience a fait reconnaître indispen- 
sables. Nous n'avons rien dit du logement du médecin- 
directeur, ni du personnel médical, ignorant si l'on veut et 
si l'on peut utiliser pour le logement du personnel médi- 
cal, des institutrices, des employées et infirmières, quel- 
ques-uns des bâtiments qui existent. 

En ce qui concerne la cuisine, nous estimons qu'elle 
doit être aménagée de telle façon, quelle puisse servir en 
quelque sorte d'atelier pour apprendre la couture aux 
enfants. 

II. 

Nous n'avions plus entendu parler de cette affaire, lors- 
qu'à la fin du mois d'avril, l'Administration nous a envoyé, 
conformément à un vote du Conseil général du 27 décem- 



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Projet d'agrandissement. un 

bre 1891, un dossier sommaire relatif à Tagrandissement 
de la fondation Vallée. « Le service d'architecture, y est- 
il dit, a été invité, conformément au vote du Conseil géné- 
ral du 27 décembre 1891, h faire établir : 

t 1« L'avant-projet d'un bâtiment destiné à recevoir 100 
lits d'enfants avec les services nécessaires ; 

« 2® Le plan d'ensemble relatif à la construction de bâti- 
ments pouvant conetnir 400 enfants. » 

L'Administration demande l'avis de la Commission de 
surveillance sur le principe même du projet et sur la cons- 
truction d'un bâtiment pour 100 lits. 

Celte dernière proposition, qui est urgente, ne nous 
parait pas pouvoir être tranchée, si on n'est préablement 
d'accord sur l'ensemble du futur asile. 

D'après ce plan, le futur asile occuperait : 1* Le domaine 
aclucl ; 2** tout le terrain vague situé en avant de la fonda- 
tion entre la rue lienserade et la route départementale de 
Paris à l'IIay ; 3® le terrain enclavé dans le domaine ; 4* le 
terrain situé au sud de la fondation Vallée, dans toute sa 
longueur; en d'autres termes, tous les terrains sur les- 
quels nous avions appelé l'attention de la Commission. 

La superficie totale de ces terrains serait de 45,472 
mètres carrés (1). 

La superficie occupée par les enfants de Bicétre est de 
30,880 mètres carrés. 

Examinons maintenant avec vous le plan provisoire 
dressé par M. l'architecte et que nous mettons sous vos 
yeux. 

M. l'architecte place le bâtiment de l'administration et 
l'entrée principale sur la route de l'Hay. A gauche de la 
cour d'entrée, se trouve le pavillon d'habitation du direc- 
teur; en face du bâtiment d'administration, l'infirmerie, le 
pavillon des agitées et, vers la rue Benserade, le pavillon 
des contagieuses, le tout sur la môme ligne. 



(1) La propriété actuelle, y compris la ferme, a une contenance 

de 18.924 m. q. 

La surface des terrains que M. Trélat propose d'acheter 

est de 2é,548 m. q. 

Soit ensemble 45,472 m. q. 



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Lïv Fondation Vallée. 

Au-delà, en descenc ant le coteau et parallèlement à la 
série des trois services dont nous venons de parler, s'élève 
le bâtiment des gâteuses (hospice), du côté de la rue Ben- 
serade, et au-delà, vers le sud, la buanderie. 

Puis, vient une immense cour, répondant à toutes les 
constructions actuelles et les dépassant au-dessus et au- 
dessous. Cette cour est limitée en bas par la cuisine, au 
Bud est un grand bètiment se prolongeant vers la rue Ben- 
serade. Le rez-de-chaussée de ce grand bâtimçnt com- 
prendrait la salle de gymnastique, des réfectoires pour 
140 enfants. Au-dessus, il y aurait deux étages compre- 
nant six dortoirs de 20 lits chacun. 

C'est ce bâtiment que l'Administration propose de cons- 
truire immédiatement. 

Plus bas, nous trouvons un autre bâtiment. La légende 
dit : « Au-dessous, un étage, trois ateliers de 100 places; 
au rez-dc-chausséc, neuf classes dont huit de 32 élèves et 
une de i4. Au-dessus un étage, composé do trois dortoirs 
de vingts lits chacun. 

Enfin, plus bas, à cheval sur l'enclave et sur le terrain 
de la ferme, un dernier bâtiment composé d'un rez-de- 
chaussée comprenant, au centre, les bains et la salle d'hy- 
drothérapie, à gauche et à droite un préau couvert et au- 
dessus deux étages pour six dortoirs de vingt lits chacun. 

Enfin, à l'angle sud-ouest, donnant sur la rue du Bout- 
Durand, le service des morts. 

Une galerie de communication, prenant son origine 
entre l'infirmerie et le pavillon des agitées et descendant 
jusqu'au préau situé au sud du bâtiment des bains, dessert 
tous les services. Des galeries latérales aboutissant à la 
buanderie et à la cuisine, ou s'étendant du pavillon des 
agitées au pavillon des contagieuses, faciliteront le ser- 
vice. 

Telle est la disj)osition générale des bâtiments qui doi- 
vent composer le nouvel asile. 

IIL 
Nous devons vous présenter quelques remarques géné- 



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Projet d'agrandissement. lv 

raies avant d'aborder l'étude du projet de construction du 
bâtiment destiné à recevoir cent enfants. 

1^ Nous ne voyons aucune utilisation des bâtiments 
existants ; peut-être aurait-il été possible d'affecter au 
logement du médecin-directeur l'ancien pavillon d'habita- 
tion de M. Vallée et de se servir, au moins durant utie 
dizaine d'années, des autres bâtiments. 

2** Nous ne trouvons aucune indication d'un parloir pour 
les familles les jours de visite. 

3® L'hôpital, c'est-à-dire l'infirmerie, le pavillon des 
contagieuses, le pavillon des cellules, ne nous parait 
pas a sa véritable place. Ce n'est pas à l'entrée de 
l'asile, mais plutôt au fond que Vhôpital devrait être 
placé. En effet, chaque fois que les enfants sortiront 
pour aller en promenade, ou pour venir au parloir, 
qui a sa place naturelle à l'entrée de l'établisse- 
ment, ils seront obligés de passer entre les cellules et 
l'infirmerie. Il en sera de même pour tout le personnel 
quand il viendra au bâtiment de l'Administration ou se 
rendra au dehors. Les corps des enfants décédés passe- 
ront tout le long des services de jour pour être transpor- 
tés à l'amphithéâtre. Nulle indication d'une étuveh désin- 
fection. 

i^ La buanderie, qui doit être un véritable atelier, se 
trouve au voisinage de l'infirmerie, à une très grande 
distance des autres ateliers. 

5* La lingerie est placée au-dessus de la buanderie. 
Nqus pensons qu'on ne doit rien mettre au-dessus de la 
buanderie qui a besoin d'être largement aérée et de pou- 
voir laisser échapper très facilement toutes ses buées. 

6^ Les ateliers paraissent être prévus dans le sous-sol 
des écoles, ce qui nous semble tout à fait défectueux. 

?• Le service balnéo-hydrothérapique est surmonté de 
deux étages. Or, dans ces derniers temps on a construit 



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Lvi Fondation Vallée. 

ces services sans étages, par suite des inconvénients qui 
résultent de Thumidité, des vapeurs, etc. C'est ce principe, 
déjà admis avant nous, que nous avons fait prévaloir à 
Laennec, à Lourcine, k la Salpôlrière, à Bicétre. 

8* Contrairement au principe accepté à peu près par tous 
les médecins aliénistes pour la construction des asiles, les 
bâtiments ne doivent avoir qu'un rez-de-chaussée ou tout 
au plus un étage. Or, plusieurs des bâtiments du futur asile 
doivent avoir deux étages, ce qui nous paraît déplorable. 
Et, comme il s'agit de placer dans cet asile des enfants 
infirmes, paralytiques ou atteintes de maladies convulsi- 
ves, les inconvénients des étages sont encore plus considé- 
rables que dans les asiles consacrés aux aliénés adultes. 
C'est parce que nous connaissions par expérience tous les 
inconvénients, pour ces enfants, des bâtiments à plusieurs 
étages, que nous avons fait prévaloir à Bicctre les pavil- 
lons 'à rez-de-chaussée. 

IV. 

Arrivons maintenant à l'examen du projet particulier 
qui consiste à construire immédiatement un pavillon de 
100 lits. 

La dépense totale, est-il dit dans la lettre d'introduction 
de M. le Préfetde la Seine, a est de : 2.332.740 fr. et de 222, 
720 francs pour la construction d'un pavillon de 100 lits. » 

(C En présence du chiffre élevé de cette dernière évalua- 
tion, l'Administration a fait rechercher quelle serait la 
dépense d'une construction provisoire analogue à celle 
qui existe à la colonie de Vaucluse et à celle qui vient 
d'être édifiée à la Salpêtrière pour les petites filles idiotes. 

« Il résulte du rapport de M. l'architecte en chef du 
département, qu'en raison de la nature du sol et de sa 
déclivité, un baraquement analogue à celui de la Salpê- 
trière entraineraît une dépense d'environ 110,000 francs. 
Dans ces conditions, il semble qu'il y aurait avantage à 
adopter immédiatement le projet d'une construction défi- 
nitive. 

« Toutefois, dit M. le Préfet en terminant, avant de 



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Projet d'agrandissement. lvii 

faire procéder h l'établissement des devis détaillés de To- 
pération, je vous demanderai, Monsieur le Président ^ de 
vouloir bien provoquer sur le principe môme du projet 
l'avis de la Commission de surveillance. » 

L'Administration nous parait avoir agi sagement en 
abandonnant l'idée d'une construction provisoire. 

Il ne nous reste plus qu'à vous donner la description du 
pavillon définitif, d'après le rapport de l'architecte en chef 
du département à M. le Directeur des travaux : 

« Ce bâtiment, en raison de la nature du sol et de sa disposi- 
tion sur rampe, demandera des fondations d'une assez grande 
profondeur (3°» environ^ et permettra d'établir un sous-sol qui 
assainira le bâtiment, il y aura au-dessus de ce sous-sol un 
rez-de-chaussée, un premier étage dans toute la surface et un 
deuxième étage dans toute la partie du centre, conformément 
aux plans ci-joints. 

*c La construction ser.i en b Jlon dans les fondations, en meu- 
lière dans la hauteur du sous-sol et en moOllon dans la hauteur 
des étages; les parements extérieurs seront appareillés et 
piqués ; les verrous, les appareils de croisées, les bandeaux et 
corniches d'entablement seront seuls en pierre de taille; les 
planchers en fer, les combles, faux-planchers et les escaUers 
en bois ; les parquets en chêne, ainsi que les portes et croisées ; 
les peintures à l'huile, 3 couches ; vitrerie ordinaire, calorifère 
de puissance sufTisante pour chaufler tout le bâtiment. 

Estimation. 

Partie avec sous-sol en fondations, rez-de-chaussée et i**" 

étage 84'» 8 672"» à 295 fr. le inôtre . . . 198.240 » 

Etage surélevé 36°» 8 288. à 85 fr. le mètre . 24.480 » 

Frais de surveillance et direction, ci pour . . mémoire 

Total . ." 222,720 » 

Comme vous le voyez, cette description est un peu 
brève. C'est en nous reportant au plan que nous voyons 
qu'il s'agit d'un bâtiment de deux étages. Le 2* étage occupe 
la moitié centrale du bâtiment. Chaque dortoir a 20 lits et 
est pourvu d'un lavabo, d'un vestiaire, d'un cabinet d'ai- 
sances et d'une baignoire. Nous ne voyons pas bien l'utilité 
de la baignoire. Le plan indique aussi qu'il y aura autant 
de cuvettes que de lits, ce qui nous parait une superfluité ; 



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Lviii Fondation Vallée : discussion. 

la moitié de ce nombre nous semble amplement suffisante. 
Le plan montre encore que l'on placera les lits deux par 
deux entre les fenêtres. Le système adopté dans la section 
des enfants de Bicêtre et qui consiste à placer un lit entre 
chaque fenêtre nous parait de beaucoup préférable. Et nous 
ne sommes pas seul de cet avis. La largeur des dortoirs 
nous paraît insufTisante. Nous n'avons aucune indication 
sur le cube d'air. 

Nous arrêtons là notre examen. Nous espérons, Mes- 
sieurs, vous avoir donné une idée exacte de l'affaire qui 
vous est soumise. A vous de vous prononcer. 

M. le Président. — Il résulte, Messieurs, du savant rapport 
de notre collègue M. le D«" Bourneville , que l'Administration 
nous demande un avis de principe relativement à la construc- 
tion sur les terrains de la Fondation Vallée, d'un asile pour 
400 jeunes filles idiotes et arriérées, et subsidiai rement l'adop- 
tion du projet de construction immédiate d'un premier bâti- 
ment pour 100 de ces jeunes filles. 

Ne pensez-vous pas, à la suite des observations présentées 
par notre eolIè<?ue dans le rapport dont il vient de nous don- 
ner lecture, qu'il y aurait lieu de soumettre cette question à 
une sous-conmiission d'étude chargée de nous faire connaître 
son appréciation non seulement sur la question de principe 
posée par l'Administration, mais aussi sur celles relatives au 
mode de construction des bâtiments eux-mêmes (rez-de- 
chaussé, un ou deux étages, etc.)? 

M. Deschamps. — Le projet de construction d'un bâtiment 
à deux étages ne répond pas aux sentiments de M. le U^Bour- 
neinlle qui le voudrait à un rez-de-chaussée, ou tout au plus 
à un étage. Tout en me réservant de revenir s'il y a lieu sur 
cette question, je demandrai à M. le Directeur des affaires 
départementales s'il peut nous afiirmer que la construction de 
ce premier bàtimeiit ne nous coûterait pas plus de 222.000 
francs ? Des dépenses d'agrandissement des services généraux 
de la Fondation Vallée ne me paraissent pas comprises dans 
ce projet. Or, il est évident que si vous augmentez de 100 lits 
la population de cette fondation en la portant de luO à 200 
lits, vous devrez de toute nécessité procéder à l'extension des- 
dits services généraux. 

Avant de m'engager comme membre de la Commission de 
surveillance, je prie en conséquence M. Le Roux, de vouloir 



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Fondation Valléb : discussion. lix 

bien faire connaître à la Commission, par un rapport écrit, 
que la construction de ce bâtiment, y compris l'agrandisse- 
ment des services généraux ne coulerait pas plus de 222.000 
francs. Je le prie, en outre, de nous faire savoir dans ce rap- 
port ce que coûtera le personnel secondaire et administra- 
tif nécessité par cette augmentatiou de population. 

M. Le Roux. — Conformément au vœu manifesté par la 
Commission de surveillance dans sa séance du 8 mai 1890, 
l'Administration a fait procéder à l'étude d'un double projet, 
en vue de l'agrandissement de la f'ondation Vallée, savoir: 
!• La construction d'un asile spécial pour le placement de 
400 jeunes filles idiotes ou arriérées , 2" La construction d'un 
bâtiment, ne comportant que 100 lits. Ce second projet ne 
touche en rien aux bâtiments existants, qu'il maintient tels 
quels avec leur affectation actuelle. Cependant, comme ce 
bâtiment, s'il est construit, se relierait a un plan d'ensemble, 
l'Administration a dû appeler d'abord la Commission à se 
prononcer sur le principe de ce plan d'ensemble. En réalité ce 
pu'elle désire ce n'est pas un vote immédiat, mais une discus- 
sion, lui faisant connaître les vues de la Commission sur 
l'utilisation des terrains. Dés que ces vues lui seront con- 
nues l'administration se mettra à la disposition de la Com- 
mission pour l'étude du programme de construction défini- 
tive. 

En réponse à la question qui m'a été posée par M. le D«" 
iJeschamps, je dois dire que la construction du bâtiment de 
iOOlits ne comportera pas d'autresdépenses que cellesprévues 
au devis, soit 222,000 fr. Jusqu'à la constuction du plan d'en- 
semble, il n'est pas dans l'intention de l'administration de tou- 
cher aux bâtiments actuels où sont installés les services 
généraux de la fondation Vallée. 

Il me reste à répondre à la question relative aux dépenses 
du personnel. L'Administration Préfectorale compte, jusqu'à 
achèvement complet de la fondation Vallée, maintenir à la 
direction de l'Assistance publique, la gestion de cette fonda- 
tion, moyennant le payement d'un prix de journée par malade 
fixé annuellement par le Conseil général. 

Dans ce prix de journée sont comprises les dépenses du 
personnel. Ce sera donc à la Direction de l'Assistance publi- 
que qu'il appartiendra de se préocuperde cette question. 

Cequi nous préoccupe, nous administration départementale, 
c'est la construction d'un bâtiment nous permettant de reti- 
rer de l'asile de Villejuif, les petites filles qui y sont placées, 



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LX Fondation Vallée : discussion 

d'affecter leur quartier aux malades femmes qui encombrent 
nos établissements. 

M. le D"" BouRNEViLLE. — Il me parait impossible que nous se" 
parions la construction de ce bàlimcnt de la question d'ensem' 
ble. 

Ceci dit, j'appelle l'attention de la Commission sur un 
ne autre ordre d'idées: Je demande si l'achat de tous les ter- 
rains mentionnés au plan de M. l'architecte est nécessaire. 
Ces achats donneraient à là fondation actuelle une superficie 
totale d'environ \ hectares. Or, la superficie de la section des 
enfants de Bicètre avec des bâtiments i\ rez-de-chaussée et 
une population de 400 enfants est d'environ trois hectares. Des 
économies peuvent être réalisées de ce cùlé. L'examen de cette 
question peut être é«ralcment renvoyé à une sous-Commis- 
sion, déjà désijrnée pour l'étude de cette construction et com- 
posée de MM. PutoauXj le D>- Tliuliè, le D»* Tnule et nous. 
J'ajoute, au point de de vue de cette étude, que si M. leDirec 
teur des affaires départementales voulait bien ne pas persis-" 
ter dans son idée de bâtiments à deux étages, j'adopterais de 
mon côté, quoique à regret, l'établissement d'un premier étage 
pour ces constructions. 

M. Le Roux. — Dans mon idée, le 2*^ étage ne doit servir de 
dortoir que pour les enfants valides, et il en existe un certain 
nombre. Je ne demande pas mieux toutefois que de m'en rap- 
porter sur ce point à la décision de l.i Commission. 

M. TuÉLAT, architecte en chef du Département. — Le plan 
que j'ai remis à l'Administration, n'est pour ainsi dire qu'un 
schéma permettant à la discussion de s'engager. 

M. le Président. — De la discussion qui vient d'avoir lieu, il 
résulte que les questions que la sous-commission est appelée 
à examiner sont les suivantes ; 

1** Y a-t-il lieu de construire un asile pour les jeunes filles 
idiotes et arriérées, sur les terrains de la fondation Vallée? 

2" Une superficie de quatre hectares est-elle nécessaire à 
cette édification? 

3« En attendant l'édification d'un plan d'ensemble^ doit-on 
procéder à la construction d'un bâtiment de 100 lits, en vue d'y 
placer les jeunes filles internées à l'asile de Villejuif, sous 
réserve que ce bâtiment se reliera au plan d'ensemble? 

4* Faut-il que les bâtiments à construire soient à un ou à 
deux étages? 



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Fondation Vallée : discussion lxi 

M. Bailly. — Ne conviendrait-il pas, Messieurs, avant de 
nous lancer dans des projets de constructions coûteuses, de 
savoir qu'elles seront les nouvelles dispositions légales con- 
cernant les enfants? Nos délibérations doivent être subor- 
données aux lois qu'on édictorasur cotte importante question. 
Sait-on où en est la proposition de loi qui doit réformer celle 
de 1838 sur les aliénés? L'hospitalisation des enfants idiots 
sera-t-clle à la charge des Départements ou î\ celle des com- 
munes? Dans l'état actuel des bâtiments, combien la fonda- 
tion Vallée peut-elle contenir d'enfants? 

M. Pelletier, chef de service des aliénés. — Dans le projet 
de loi déposée par M. Reinach, sur le bureau do la CJiambre, 
l'obligation d'assister les enfants idiots et épileptiques incom- 
berait aux Départements. 

M. le D*" Bdurneville. — Après do nombreuses études fai- 
tes par M. Pinon directeur de Bicètre, par M. Baron, économe 
et par moi, nous sommes parvenus à trouver de la place pour 
100 lits, à la fondation Vallée; sur ces 100 lits ÎJDsont occupés, 
l ne reste plus qu'un lit vacant. La construction d'un nou- 
Ive:iu bâtiment s'impose donc, non seulement pour y place 
les jeunes filles qu'on pourra nous amener du dehors, mais 
encore pour dégager l'asile de Villejuif de celles qui l'encom- 
brent, ce qui permettra de rendre cent lits au service des 
femmes. M. Bailly a demandé où en est la proposition de loi 
concernant les enfants idiots ou épileptiques. Je puis fournir 
à la Commission quelques renseignements sur cette questionr 
Le Sénat, dans le projet de loi qu'il a voté, a écarté l'hospita- 
lisation des enfants idiots: mais l'obligation de les hospitaliser 
figure dans les projet de M. Reinach, lequel n'est en grande 
partie que la reproduction de celui ([ue j'avais moi-même pré- 
senté aux délibérations de la Chambre des Députés. Il repro- 
duit, entres autres, le texte que j'avais eu le bonheur de faire 
accepter par la Commission parlementaire, concernant l'obli- 
gation pour les départements de créer dans un délai do dix 
ans des asiles départementaux ou interdépartementaux pour 
les enfants idiots et épileptiques. M. le député Lafont, rappor- 
teur du projet de Reinach, admet lui aussi la construction 
d'établissements spéciaux pour les enfants idiots et épilepti- 
ques. M. Th. Roussely sénateur, m'a dit qu'il soutiendrait cette 
mesure au Sénat, si elle est votée, comme les décisions des 
Commissions le font pressentir, par la Chambre des Députés. 
J'ajouterai enfin que, suivant en cela l'exemple donné par le 



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LXir Fondation Vallée ; discussion. 

Conseil municipal de Paris et le Conseil général de la Seine, 
plusieurs départements, considérant le vote du Parlement 
comme acquise, ae préoccupent vivement de la construction 
de services spéciaux pour les enfants. Il y quelques jours, j'ai 
reçu iV BïctStre, hi visite do M. le D^ Faucher, médecin-direc- 
teur de l'asile de Ja Charité (Nièvre), chargé de rédiger le pro- 
l^ramnie d'un asilf» de ce genre. 

II. PûTiiiii. — Je me demande si la prudence ne comman- 
derait pas de s'assurer, dès à présent, des terrains nécessaires 
ù l'agrandissement de la fondation Vallée alin de les obtenir 
dans de bonnea conditions. 

M. Le Hoi'ï. — Avant de procéder à Tachât de ces terrains, 
il est iEïdispeusable que la Commission fasse connaître soa 
avis surlaqijustion de principe qui lui est posée. 

M* io Ph1':s[DE\t. — Je propose à la Commission de renvoyer 
l'examoii île cette question et de colle que la présente discus- 
sion vîejit de soulever, à l'étude d'une sous-commission com- 
posée de M^ï. Ptfieaux, le D*" Hournevillo. le I)*" Tliuliè et le 
D* Taale^ ce dernier Directeur de l'asile Clinique. 

Adopté. 



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Second rapport sur ragrandissement de la Fondation 
Vallée. (I) 



Messieurs, 

Dans la séance de la Commission de surveillance 
du jeudi 2 juin dernier, nous avons lu un rapport sur 
ragrandissement de la Fondation Vallée et sur la 
construction d'un pavillon de 100 lits. Dans ce rap- 
port, nous avons examiné d'abord l'avant-projet de la 
création d'un asile de 400 lits, ensuite le projet de 
construction d'un bâtiment pour 100 lits, avant-projet 
et projet qui nous étaient soumis par M. Trélat, au 
nom de l'Administration. A la suite de la lecture de 
notre rapport et de la discussion à laquelle il a donné 
lieu, la Commission a décidé la nomination d'une Sous- 
Commission appelée à discuter les questions sui- 
vantes : 

1** Y a-t-il lieu de construire un asile pour les jeu- 
nes filles idiotes et arriérées, sur les terrains do la 
Fondation Vallée ? 

2^ Une superficie de quatre hectares est-elle néces- 
saire à cette édification ? 

S** En attendant l'édilication d'un plan d'ensemble, 
doit-on procéder à la construction d'un bâtiment de 
100 lits, en vue d'y placer les jeunes filles internées 
à l'Asile de Villejuif, sous réserve que ce bâtiment se 
reliera au plan d'ensemble ? 



(I) Présenté par M. Bourneville, au nom d'une Sous-Comm'.ssion co7n- 
posée de MM. Barbieo, Bourneville, Putbaux, Taule cl Tuulié. 



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Lxiv Fondation Vallée. 

4^ Faut-il que les bâtimeats à construire soient à 
un ou deux étages ? 

La sous-Commission s'est réunie à la Fondation 
Vallée le 10 novembre, sous la présidence de M. Bar- 
bier. Après avoir visité minutieusement le domaine 
tel qu'il se comporte aujourd'hui avec les construc- 
tions existantes, elle a discuté les quatre questions 
qui précèdent. Nous allons résumer cette discussion. 

1** Y a-t'il lieu de construire un asile pour les jeu- 
nes filles idiotes, arriérées^ sur les terrains de la 
Fondation Vallée ? — La Sous-commission, M. Albert 
Pétrot,conseillergénéral chargé du rapport de l'Asile 
clnique et de la Fondation Vallée, présent à la réunion et 
M. LeRouxsous-directeurdesaffairesdépartementales, 
ont été unanimes à penser que le Département devait 
utiliser le domaine légué par M. Vallée, dont la super- 
ficie est d'un hectare 89 ares 19 centiares. D'ailleurs 
la nécessité de la construction d'un nouvel asile pour 
les jeunes filles idiotes, ariérées et épileptiques, s'im- 
pose d'une façon urgente. La section de la Salpê- 
trière (141 lits), le quartier de Villejuif (56 lits) 
et la Fondation Vallée avec ses 110 lits (1) ne peuvent 
faire face aux besoins de cette catégorie de malades. 
L'insufiîsance des lits pour les femmes aliénées exige 
impérieusement que le quartier de l'asile de Ville- 
juif soit rendu à sa destination primitive. La Sous-Com- 
mission est donc d'avis de construire un nouvel asile 
pour les jeunes filles idiotes et épileptiques et d'utiliser 
dans ce but les terrains de la Fondation Vallée. 

2** Une superficie de quatre hectares est-elle néces- 



(1) Nous a vous dit et répété que lo cube d'air des salles alTectées auxùor- 
toirs ne permetUiit, au grand nuiximum, que Tinstallation de 100 lits. Les 10 
lits suplémentaires constituent un réel encombrement. 



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Projet d'agrandissement. lxt 

«aire à cette édification ? — Nous avons signalé la 
possibilité d'agrandir le domaine actuel et indiqué 
les terrains qu'on pouvait y annexer. Leur superficie 
totale est de 2 hectares 65 ares 48 centiares, ce qui 
fait avec le domaine primitif 4 hectares 54 ares 72 
centiares. Nous avons fait valoir que Tachât des trois 
terrains en question n'était pas indispensable, en 
nous appuyant sur ce que la superficie occupée par la 
section des enfants de Bicêtre n'est que de 3 hectares 
8 ares ; sur la situation du futur asile en pleine campa- 
gne, sans aucune construction avoisinante(i), et enfin, 
sur l'état des finances départementales. La Sous-Com^ 
mission a partagé notre sentiment et décidé qu'on pou- 
vait se contenter de deux des terrains : a) celui qui 
est situé au-dessus de la Fondation, entre la rue Ben- 
serade et la route de l'Hay ; b) celui qui est enclavé dans 
le' domaine. La superficie de ces terrains est de 
14.400 mq. + 1.828 mq. = 16.228 mq., qui, jointe à 
celle de la propriété actuelle (18.924 m.q.) forme un 
total de 35.152 m. q. 

3® En attendant lédification d'un plan d'ensemble 
doit'On procéder à la construction d'un bàiiment de 
iOO litSy en vue d'y placer les jeunes filles internées 
à V Asile de Villejuif\ sous réserve que ce bâtiment se 
reliera au plan d'ensemble? — La Sous-Commission 
estime que pour débarrasser le plus tôt possible l'A- 
sile de Villejuif des jeunes filles qui y sont internées, 
il convient de construire de suite un bâtiment qui 
devra se relier au plan d'ensemble. Quant au nombre 
de lits, il a été réservé pour être tranché par la solu« 
tion à donner à la 4™' question. 



(1) Il est probable que, de très longtemps, il n'y aura dans les environs, 
même assez éloignés, aucune construction importante, car la commune de 
Gentilly n'a aucune tendance à s'étendre de ce côté et que, d'autre part, ces 
terrains sont occupés par d'anciennes carrières. 

BouRNEViLLE, Bicêtre, 1892. •**•• 



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txvi Fondation Vallée. 

i'' Faut-il que tous les bâtiments à construire soient 
à un ou deux étages? — A la suite des vœux émis en 
1877 et 1878, par le Conseil général, demandant que 
les enfants de Bicêtre fussent séparés des adultes et 
qu*on créât pour eux une section spéciale, TÂdminis- 
tration générale de l'Assistance publique chargea M 
l'Inspecteur Brelet de rédiger le programme de la 
future section. Naturellement, il n'étudia pas sVir 
place les conditions qu'elle devait remplir et he 
jugea pas utile de se renseigner auprès des médecii^s 
en contact journalier avec les enfants idiots et 
•épileptiques. Il proposa l'édification, à l'endroit 
•où se trouvent les ateliers, d'un grand bâti- 
.ment semblable aux grands bâtiments des trois 
sections consacrées aux adultes, comprenant un 
rez-de-chaussée et trois étages. Les circonstances 
ayant fait que nous ayons été nommé médecin 
de la 3' section du quartier des aliénés de Bicêtre, 
qui comprenait, en plus des épileptiques adultes, les 
enfants idiots et épileptiques, et que nous ayons été 
chargé de rapporter au Conseil municipal le projjet 
dressé parle regretté M. Gallois, d'après le programitie 
de M. Brelet, nous avons pu nous rendre un compte 
exact des conditions spéciales que devait réaliser une 
section construite pour les enfants do cette catégorie 
et faire prévaloir au Conseil municipal la construction 
de bâtiments composés, sauf le bâtiment des gâteux, 
d'un seul étage (1). En efTet,parmi ces enfants, les uns 
ne marchent pas et il y a des inconvénients à les des- 
cendre dans les escaliers; les autres marchent diili- 
"^cilement, montent et descendent péniblement les esca* 
liers et encore faut-il les aider ; d'autres sont hén^i- 
plégiques et partant peu ingambes ; eniin d'autres sont 



(1) Nous rappellerons que certains aliénittes, en tète Esquirol, ont préconisé 
pour les alénés les bâtiments à rez-de-ctiaussée. C'est ce qui existe entrt 
autres à la Salp^tridre (Section Pinel et Section Rambuteau). 



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Projet d'agrandissement. Lxvir 

épileptiques et peuvent être pris à Timproviste de crises 
convulsives les exposant à des chûtes dangereuses: 
Vous savez tous qu'à la Fondation Vallée, les classes 
sont situées au f étage, au-dessus du gymnase. Afin 
d'apporter la conviction sur le danger des escaliersj 
nous avons prié les membres de la Sous-Commission 
d'assister à la descente des enfants des classes. Ils ont 
tous pu en constater les inconvénients. Nous revien- 
drons plus loih, à propos du programme d'ensemble, 
sur les concessions qu'il est possible de faire sur le 
principe absolu des bâtiments à rez-de-chaussée. C'est 
alors que s'est engagée une discussion sur le nombre 
d'étages que doit avoir le bâtiment qu'il s'agit de cons- 
truire immédiatement. M. Le Roux a insisté pour qu'il 
eut deux étages, se préoccupant surtout du désir dû 
Conseil général d'avoir le plus rapidement possible 100 
lits pour dégager l'Asile de Villejuif. Nous avons 
insisté pour que ce bâtiment n'ait qu'un seul étage, 
et montré qu'il était possible de donner, à peu de cho- 
se près, satisfaction au Conseil général. A notre idée, 
ce bâtiment serait construit à usage de dortoirs, 2 au 
rez-de chaussée, 2 au premier étage, soit 80 lits si on 
adopte des dortoirs de 20 lits, soit 96 si l'on adopte 
des dortoirs de 24 lits. Provisoirement les deux dor- 
toirs du rez-de-chaussée seraient affectés l'un aux 
classes^ l'autre au réfectoire et pourraient servir en 
même temps et provisoirement d'ouvroir. Les classes 
actuelles seraient transformées, par la suppression des 
cloisons, qu'il est facile d'opérer, en dortoirs contenant 
20 lits. Les réfectoires subiraient la même transforma- 
tion, ce qui donnerait 17 lits. On aurait ainsi 37 littf, 
qui, joints aux 48 lits des deux dortoirs du premier 
étage du futur bâtiment formeraient un total général 
de 85 lits. Enfin, comme le cube d'air proposé pour 
les dortoirs est largement suffisant, on pourra, jusqu'à 
la construction, des autres pavillons à usage de dor- 



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Lxvin Fondation Vallée. 

toifQi tolci:eT, 6 ou 7 lits suplémentaires, ce qui don-^ 
nerait le nombre da lits exigé par le Conseil général. 
j;tLo but de l'Institution qu'il s'agit de créer n'est pas 
Miriement d'hospitaliser les enfants atteints de maladiesi 
t)lHrOQi<|ueâ, longtemps réputées incurables, il est des 
{4U9 {Complexes : Cette institution est à la fois \xne,école 
OU mieux un internat, un hôpital et un hospice , réunis 
^]t A^ services généraux communs et placés sous une 
direction spéciale. Nous avons donc à examiner succesr 
fixement le programme général de chacune de, ces 
tlîyipipns s^iis entrer dans tous les détails, puisque la 
CQiX9truction de l'établissement doit se faire d'année 
0n;annéi9 et que chaque projet particulier devra être 
IJobjety ultérieurement, d'un examen minutieux de la 
pdrt diéja Commission de surveillance et du Conseil 
général. 

i.— Une question toutefois doit être tranchée immé- 
diatement : c'est celle du personnel et de son logement^ 
Le personnel pourrait comprendre : 1* un médecin- 
directeur ; — 2"* un médecin-adjoint ; — 3® deux internes 
en médecine ; — 4® un interne en pharmacie ; — 5® un 
économe ; — Ô* un commis, qui tous doivent être logés ; 
:— 7* au moins 7 ou 8 institutrices ou mieux surveillanf 
tes-in«titutrices (1). Faut-il les loger toutes ? Nous n'y 
yoyons aucun avantage réel. Nous nous bornerions à 
]ioger la surveillante institutrice en chef; — 8® les 
maitresses de l'Enseignement professionnel qui, la 
'plupart, comme la lingère, la buandière en chef, la maî- 
t|:esse de blanchissage, appartiendront au personnel 
secondaire et devront être logées ; — 9"* Quant aiix 



." (t) Il s'agit d*aa établissement destiné à des moZaded ; les personnes char- 
gée! de l'enseignement doivent être en même temps des hospitalières parfai- 
ta. tl c'onviendrait donc de les obliger à suivre les cours de l'école d'tn/lrmtd- 
.•^ de 9iÇ^^6 afin, d'avoir leur diplôme, et de leur faire passer quelques mois à 
Vinfirmerie générale de Tliospice et de rinflrmeric de la section des garçons de 
Sicêtr« ou à MiU de la Fondation. 



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Projet d*a6randissembnt. lxii 

autres maîtresses professionnelles, comme les maî- 
tresses brocheuse, fleuriste, etc., dont le t^hoix et le 
nombre seront à fixer plus tard, nous ne voyons aucune 
utilité à les loger dans Tintérieur de la maison. Il en 
serait de même des maîtresses de chant et de gymnas- 
tique, ainsi que du jardinier; — 10* Personnel set^on- 
daire. Il serait logé dans un ou plusieurs pavilluna 
analogues à ceux qui ont été construits à l'Asile de 
-Villejuif (1). - - '» 

II. — Tout le monde a paru d'accord pour placer 
. renfr<^ede Tasile sur la route del'Hay. C'est donclàqu*il 
faudrait édifier le bâtiment de l'Administratioa, h 
parloir des familles et la loge du concierge. Le bâti- 
ment devra-t-il comprendre les appartements des 
médecins, des internes, de l'économe et du commis 
et la salle de garde? (Voir Planche XV.) 

C'est là une question que la Commission et l'Adminis- 
tration auront à trancher. Quant à nous, nous sommes 
d'avis d'accorder au médecin-directeur un pavillon isolé 
et peut-être l'ancien pavillon d'habitation de M. Vallée 
pourrait-il convenir. Quant aux parloirs, ils devront 
être très vastes, au nombre de trois (épileptiques, 
imbéciles ou idiots propres, idiots gâteux) (2), en raison 
des nombreuses visites que reçoivent ces malheureuses 
déshéritées. Pour bien préciser l'étendue de ces par- 
loirs, il conviendrait que l'architecte fit une ou ^eux 
visites à Bicêtre le dimanche. Il serait désirable de 
placer autour de ces parloirs un certain nombre de 
bancs afin de permettre aux familles, durantt^étéjde voir 
leurs enfants à l'extérieur, et de faire les plantations 
nécessaires pour leur procurer de l'ombrage. 



(11 A moins que, en raison de la déclivité du sol, on ne puisse les totn^er 
danf les sous-sols-rez-de-chaussée des pavillons, comme à Bicétre. 

(2J Daits le parloir des idiotes gâteuses, peut-être conviendrait-il d'établi riift 
sièges d'aisances comme ceux qui nous servent pour le traitement du fi»Lisni« 
àfiieétre. 



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Lxx Fondation Vall^.e. 

III. Pensionnat. Services de jour. — Ils compren- 

• nentles écoles, les réfectoires, le gymnase, les ateliers. 
Les écoles pourraient être faites suivant le modèle des 
écoles de Bicêtre, mais en leur donnant une plus grande 
étendue. Il y aurait aussi intérêt à faire huit classes au 
lieu de six, d'avoir des préaux couverts et une vaste 

' salle de réunion pour les enfants de la petite école (1). 
De plus, la petite école doit comprendre une salle spé- 
cial^ pour \etraitement du gâtisme et renseignement 

.des soins de toilette. Pour les deux écoles, il faudrait 
un musée pédagogique servant en même temps de 
bibliothèque récréative et de salle de projections. Le 
gymnase pourrait être placé en retour à Tune des 
extrémités du bâtiment des écoles, vers la vallée de la 
Bièvre ainsi que le musée pédagogique, formant de la 
sorte un fer à cheval. La première cour pourrait être 
désignée sous le nom de Cour d'honneur^ la seconde, 
sous celui de Cour des écoles. Dans celle-ci seraient 
installés le gymnase à air libre et des cabinets disposés 
die façon à rendre commode la surveillance. (Pl. xv). 
Les réfectoires seraient au nombre de deux, l'un pour 

' les enfants épileptiques, imbéciles et idiotes propres ; 
l'autre pour les enfants de la petite école, propres ou 
gâteuses. Ce dernierpourrait être divisé en deux parties 
dont l'une serait réservée aux idiotes gâteuses. Chacun 
de ces réfectoires sera pourvu d'oflîce avec laverie où 
l'on devra utiliser les enfants par séries, danslamesure 



(I) A Btcétre, la salle de réunion primitive de la petite école mesare 8 mètres 
de long sur 4 m. 80 de large. Tandis que Ton peut maintenir les enfants de 
la grande école, durant les grands froids, sous leurs préaux ou si les fh>ids 
sont extrêmes, les laisser dans le gymnase, les enfants de la petite école, plus 
sensibles au Aroid, ont besoin d*une salle de réunion fermée; et comme parmi 
eux, il. y a une proportion notable de gâteux, il s'en suit que cette salle de réii- 
nion doit être beaucoup plus vaste qu'à Bicètre. Il aurait fallu confondre la 
salle. de réunion avec la petite salle qui sert à quelques exercices manuels 
(brouettage, passe-boules, tonneau), exercices de la main et de ToeU. Pour pal- 
lier à cet inconvénient, nous avons dû installer dans le sous-sol du bâtiment 
des Musées une seconde salle de réunion avec les appareils nécessaires au trai- 
tement du gâtisme. 



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Projet d'agrandissement. :vxwl 

de leurs aptitudes. C'est là qu'on doit leur apprendfe 
i nettoyer et ranger la vaisselle. Un lavabo sera ins*- 
tallé à l'entrée du réfectoire des enfants de la grande 
école, afin qu'elles puissent se laver les mains à la sor- 
tie des classes ou des ateliers. Il sera disposé dans cè« 
réfectoires une prise d'eau pour permettre un lavage 
quotidien et une bonde pour l'évacuation des eaux. 

Par suite du rôle considérable des bains et de l'hy*» 
drothérapie au point de vue du traitement et de Thy^ 
gièno de ces enfants, nous croyons qu'il faudrait placer 
ensuite le service balnéo-hydrothérapique, puis la cui-p 
sine, la lingerie, la buanderie et les ateliers. 

a) Le service balnéo-hydrothérapique pourrait être 
fait d*après les plans du service analogue de Bicêtre avec 
lc$ modifications suivantes : 1"" donner une plus grande 
étendue au déshabilloir, i*" ajouter une petite salle 
pour les bains sulfureux et deux cabinets chacun avec 
une baignoire pour le personnel. 

b) La cuisine devra être disposée de manière à ce 
qu'elle puisse servir à des cours culineiires pour les 
filles. La salle de Vépluchage devra être grande, car 
l'épluchage devra être fait par les enfants. 

c) La lingerie devra comprendre une salle de cou^ 
ture vaste et bien disposée pour l'enseignement. 

d) La buandeine devra servir en même temps pour 
renseignement du lavage du linge. On y joindra une 
salle de repassage destinée, elle aussi, à faire de l'en- 
seignement. 

Le service balnéo-hydrothérapique, la cuisine et la 
buanderie devront être à rez-de-chaussée. Il y aura 
lieu d'examiner toutefois 3'il est pratique de faire la 
«aile de couture au«^dessus de 1^ salle de repassage. 



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xxxn Fondation Vallée. 

Quant aux autres ateliers^ on pourrait, après une étude 
détaillée, voir s'il convient de les placer on retour 
soit d'un côté, soit de Tautre des services que nous 
venons d'énumérer. Le voisinage des bains, de la cui- 
sine et de la buanderie permettrait d'avoir des géné- 
rateurs communs, ce qui réaliserait une économie. La 
disposition de ces services réunirait assez bien, 
croyons-nous, tout ce qui concerne V enseigne ment 
professionnel^ depuis les ofïîces des réfectoires jusqu'à 
la buanderie et les ateliers spéciaux. La cour comprise 
entre ces services et ces réfectoires pourrait s'appeler 
la Cour des services généraux ou encore Cour dès 
ateliers ou de V enseignement professionnel. 

IV. — Le service cle nuit comprendra les pavillons 
pour dortoirs. Chaque pavillon se composera d'un rez- 
de-chaussée et d'un l**^ étage. Chacun d'eux- sera 
divisé en 2 dortoirs de 24 lits. A Bicêtre chaque dortoir 
n'a que 20 lits ; mais comme le futur asile est destiné 
à des filles et que celles-ci devront concourir d'une 
façon sérieuse aux soins du ménage, apprendre à 
faire les lits, à balayer et à nettoyer, nous ne voyons 
aucun inconvénient à augmenter un peu le nombre des 
lits. Ceux-ci, rangés à droite et à gauche de la salle, 
seront séparés par autant de fenêtres, les trumeaux 
correspondants aux lits auront au moins 1 m. 25. La 
largeur des dortoirs ne sera pas moindre de 7 mètres ; 
la hauteur du plafond de 5 mètres, de manière à avoir 
pour chaque lit un cube d'air de 40 à 45 mètres. Au 
centre du pavillon l'on réunira : 1® les lavabos sur le 
modèle de ceux de la section de Bicêtre, avec 6 ou 8 
cuvettes à bascule pour chaque dortoir; les armoires 
treillagées à clair-voies et tiroirs pour les serviettes, 
les peignes et les brosses; 3** les cabinets d'aisances avec 
deux sièges séparés, un bidet et 4** une chambre de 
débarras. Dans chaque dortoir, il y aura un box pour 



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Projet dUgbandissement. .wxiii 

l'infirmière de jour et un autre pour le dépôt du linge 
et des efîets d'habillement. Les infirmières de nuit 
devront être logées en dehors des dortoirs (1). 

V. Hospice. — Service des glteuses et des infir^ 
mes. — Ce service doit comprendre : 1** les enfants 
idiotes gâteuses invalides, c'est-à-dire qui ne mar- 
chent pas; — 2** les épileptiques et les idiotes démen- 
tes et incurables. 

• Les enfants de la 1" catégorie comprennent elles- 
mêmes deux groupes : des enfants à peu près com- 
plètement incurables, des enfants susceptibles d'amé- 
lioration.. Ces deux salles auront au -moins 8 mètres 
de largeur, .le plafond sera élevé de 5 mètres. Le 
cube d'air de chaque lit devra être de 45 à 50 mètres 
cubes. Chaque lit sera séparé du voisin par une fenê- 
nêtre. Les fenêtres auront la même disposition qu'à 
Bicêtre. Le sol sera carrelé. Au centre de chaque 
salle il y aura une prise d'eau et, à une des extrémités, 
une bonde pour l'évacuation des eaux do lavage. Ces 
deux salles seront séparées par une salle de réunion 
pourvue de lavabos et d'un service de propreté, sem- 
blable à celui des idiotes gâteuses valides, avec circu- 
lation d'eau chaude en hiver, et séparation de chaque 
orifice par des bras de fauteuil; par un réfectoire, le 
cabinet de la surveillante, un ofiîce, un cabinet avec 
deux baignoires, un vidoir, un cabinet d'aisances avec 
siège pour les adultes. Chaque dortoir sera pourvu en 
outre, à son extrémité, de chambres pour les infir- 
mières, d'une pièce de débarras, d'une autre pour 
le linge propre, d'ufte trémie pour le linge sale qui 
devra s'enlever par l'extérieur et qui serait avanta- 



(1) II y a an grave inconvénient à faire coucher les veilleuses d^ns le 
box placé dans le dortoir parce que leur sommeil peut être troublé par les 
allées et venues dans les galeries ou les dortoirs et aussi parce que leur cou- 
eber dans le« dortoirs 'empêché de les ventiler pendant Thiver.' 



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Lxxiv Fondation Vallée. 

geusement reçu dans un bac contenant une solution 
désinfectante. EJnfin, il serait peut-être bon de réser- 
ver, dans les mprs, des armoires pour y déposer les 
appareils de nettoyage (balais, plumeaux, etc.). 

Ce pavillon aura un premier étage destiné à servir 
de salles de rechange ; tous les deux mois par exemple, 
les enfants seraient transportés du dortoir du rez-de- 
chaussée au dortoir du 1*' étage. C'est le seul moyen, 
sinon pour supprimer compl'Uement, tout au moins 
pour diminuer autant que possible l'infection produite 
par ces enfants qui exigent des conditions d'hygiène 
beaucoup plus coûteuses que les enfants propres ou 
sains d'esprit. Enfin le bâtiment aura une galerie au 
rez-de-chaussée, une terrasse ou balcon au premier 
étage, afin de pouvoir faire aisément sortir les enfants, 
les exposer à Tafr et à la chaleur et assainir les salle». 

VI. Hôpital. — Sous ce nom nous réunissons : 1* 
l'infirmerie ; 2"* le pavillon des maladies contagieuses ; 
3^ le pavillon des cellules. 

!• Vinfirmer^e renfermera 24 lits en 2 salles qui 
auront 7 à 8 mètfes de largeur, et 5 m. de hauteur et un 
cube d'air d'environ 50 mètres par lit. Au centre : 
entrée, vestibule, office, pièce avec une baignoire, 
lavabos, cabinet^ d'aisances (unpourlesenfants, un pour 
les infirmières), }xn urinoir, une armoire pour les balais, 
un vidoir, une s^Ue pour les enfants convalescents et 
qu'on utilisera également comme réfectoire ; un cabinet 
pour le médecin, un cabinet pour la surveillante. Aux 
extrémités de chaque salle, 2 chambres d'isolement 
pour les malades douteux ou entrants, 2 chambres 
pour l'infirmière de jour et l'infirmière de nuit, une 
trémie pour le linge sale, disposée comme celle du 
bâtiment des gâteuses. 

2* Pavillon dHsolement. — Ce pavillon, destiné ai» 



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Projet D*AGRANDI$9BICBNt . LXtf 

maladies contagieuses^ comportera un sous-sol pour 
la réception dans un bac à désinfection du linge des 
malades et les calorifères. Au*dessu8 et au centre, 
le cabinet de la surveillant^, roflice, les cabinets 
d'aisances, une baignoire, up vîdoir. A droite, et à 
gauche, sur Tune des façades^ 2 dortoirs de 6 lits. Sur 
l'autre façade, 4 chambres d^ chaque côté du service 
central, soit 4 lits de plus quei dans le pavillon d'isole- 
ment de la section des garçons à Bicêtre. L'expérience 
nous a, en effet, démontré qife cette augmentation de 
lits était nécessaire. Un couloir central longitudinal, 
terminé à chaque extrémité par une fenêtre, séparera 
les deux dortoirs de la série des chambres . Les chambres 
seront desservies par une galprie extérieure couverte. 
Chaque chambre sera pourvue d'une cuvette-lavafeo. 
Les dortoirs seront munis d'^n lavabo, d'une bonde à 
' évacuation ; les fenêtres seront larges avec balconnets 
assez élevés pour empêcher {a chute des enfants. Les 
murs seront stuqués, les anq^les arrondis, le sol daHé 
avec bondes évacuatrices. Les cloisons seront en bois 
et vitrées de façon à rendre très facile la surveillance. 
Le cube d'air devra être de 50 mètres cubes. Au 
pavillon seront annexées 4 chambres au moins pour le 
logement du personnel de ce pavillon. 

3* Pamllon des cellules. -^ Ce pavillon aura une 
disposition rectiligne. Le vestibule ouvrira sur une 
galerie courant tout le long 4u bâtiment. Au centre : 
1* office, pierre d'évier, réservoir d'eau chaude pour les 
bains ; 2^ salle de bains ; 3"" water-closets. De chaque côté 
de ce service central, il y aura quatre chambres d'iso- 
lement ou cellules et une chambre d'infirmières. On 
adopter a pour les portes, lesfehêtres, les murs, le chauf- 
fage, la ventilation, l'éclairaee artificiel, les cabinets 
d*aisances, le coucher, la mên>e disposition que dans le 
service de Bicêtre. Deux cellules seront capitonnéèà. 



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Lxxvi Fondation Vallée. 

L'infirmerie, le pavillon d'isolement et les cellules 
seront à rez-de-chaussée. 

4* Pharmacie. — Faut-il avoir une pharmacie com- 
plète avec laboratoire ; prévoir un pharmacien en chef 
et un logement pour lui? Ou faut-il se contenter d'une 
petite olTîcine confiée à un interne en pharmacie, 
placée, moyennant une indemnité sous la surveillance 
du pharmacien en chef de l'Asile clinique ou, ce qui 
serait plus pratique, du pharmacien en chef de Thaspice 
de Bicêtre? Ce sont là des propositions que nous ne 
pouvons trancher sans l'avis de la Commission. 

5** Service des morts. — Il pourra être fait, toute pro- 
portion gardée, sur le modèle du service similaire de 
l'Asile de Villejuif : salle de dépôt des morts, salle 
d'autopsie, salle d'attente, pour les familles moitié plas 
grande que ccllç de l'Asile de Villejuif, laboratoire, 
musée, logement du garçon d'amphithéâtre, etc., etc. 
Il sera entouré d'une double rangée d'arbres et placé 
autant que possible à proximité de la rue la plus voisine. 

VII. — La disposition du sol nécessitera sans doute 
des sous-sols asqez élevés ; ils pourraient être utilisés 
pour l'installation d'une salle de bains depieds^ d'un 
magasin aux chaussures j et d'une salle pour le cirage 
dès chaussures^ d'un vestiaire pour les effets des 
décédés, d'un magasin pour le remisage des outils des 
ouvriers et des jardiniers, etc. — Des galeries dé com- 
munication relieront tous' les différents services entre 
eux. 

VIII. Considérations générales. — Partout, notam- 
ment aux classes et aux réfectoires, les vestibules d'ac- 
cès seront vastes; partout les portes et les couloilTS 
devront être larges de manière à rendre la circulation 
facile' et à éviter les bousculades et lesriî^es; leô car- 



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Projet d'agrandissement. lxxvii- 

reaux des portes et des fenêtres seront notablement 
plus petits qu'à Bicêtre afin de diminuer les dépenses 
d'entretien occasionnées par le bris des carreaux. Tous 
les moyens de fermeture, les robinets d'eau, etc., 
seront à clef. 

Tous les espaces libres situés entre les bâtiments 
seront aménagés en jardins pour l'enseignement 
(leçons de choses). 

Le chauffage se fera autant que possible à l'aide de 
calorifères. 

Véclairage se fera à la lumière électrique. 

Les constructions seront en fer et briques, couver- 
tes, en tuiles ou en ardoises. 

Les bSitiments existants seront conservés tant qu'ils 
ne nécessiteront pas un entretien exagéré. 

Les bâtiments d'habitation de ce qu'on appelle la 
ferme, pourraient peut-être, pendant un certain temps, 
être affectés au logement du personnel secondaire^ 
par location en attendant l'expiration du délai pour 
que ces bâtiments fassent retour au département. 

EaiLX. — Nous avons souvent appelé l'attention 
du Conseil municipal et de l'Administration sur l'in- 
suffisance de l'approvisionnement d'eau de l'hospice 
de Bicêtre. Bicêtre reçoit de l'eau de son puits, des 
sources de Rungis et de la Seine. Nous avons demandé 
l'augmentation de son appprovisionnement et montré 
la possibilité dé l'approvisionner en eau de source. En 
effet, l'aqueduc de la Vanne passe à une distance peu 
considérable de l'hospice. M. Vaillant s'est fait l'inter- 
prète de notre vœu au Conseil municipal. Nous 
croyons que cette question devrait être examinée à 
propos de l'agraiîdissement de la Fondation Vallée; 



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LixTiii Fondation Vallée. 

Katurellement nous désdrons voir cet établissement 
alimenté avec abondance en eau de source. 

Cabinets d'aisances; ToutkVégout. — l*Les cabi- 
nets d'aisances seront généralement avec siège; par- 
fois lU seront formés d'Une cuvette garnie de bois. 
Tous seront pourvus de siphons, largement appro- 
visionnés d'eau, avec chasses automatiques à l'entrée 
et à la sortie, de telle s6rte que les enfants n'auront, 
ici comme partout, le hianiement d'aucun apparefl. 
Toutes las matières seront projetées directement à 
Tégout. 1 

Égouts. — Il est absolument nécessaire que le futur 
asile soit pourvu d'une canalisation spéciale pour 
l'évacuation de ses eaux ménagères et de ses vidan- 
ges, car, en raison de là disposition du sol, il n'est 
malheureusement guère j facile de songer à leur utili- 
sation agricole comme nbus n'avons cessé de le récla- 
mer pour les asiles de la Seine (1) et comme nous l'a- 
vons proposé pour le cinquième asile. 

Afin, Messieurs, de pouvoir vous renseigner exac- 
tement, nous avons dû, nous souvenant des diflicul- 
tés qu'avait rencontrées M. Gallois lors de laconstruc- 
tion de la section des ehfants de Bicêtre, nous avons 
dû nous enquérir du régime de la canalisation sou- 
terraine de Bicêtre et de celui des rues de Gentilly 
les plus voisines de la Fondation Vallée. Dans ce 
but, nous avons eu recours à M. Delahaye, inspec- 
teur du service d'architecture, chargé de Bicê- 
tre, et en même temps conseiller municipal de la 
commune. Il s'est mis à notre disposition avec la 
plus grande obligeance et c'est d'après ses notes et le 

(1) Vuir Iti Procèê'Verbaux de la Commission de surveillance. 



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Projet D^AGRANDissEiiSMt. dliix^ 

plan qu'il a bien voulu dresser que nous pouvons vous 
exposer la situation d'une façon sérieuse. 

Les eaux-vannes de THospice de Bibêtre sont ame- 
nées des divers services par des canalisations et des 
égouts dans le grand branchement oïl espèce d'égout 
collecteur ayant sa naissance en un poiht élevé de l'hos- 
pice, près de la buanderie, passant par la partie nord 
du marais, le chantier à charbon, venant aboutir par 
la rue du Kremlin à l'Avenue de Bicêtre qu'il descend 
jusqu'à la rencontre de l'égout de la foute de Fontai- 
nebleau. 

Au moment de la construction du nouveau service 
des enfants idiots et épileptiques, afin d'éviter la con- 
struction d*égouts nouveaux, ce qui aurait été très dis- 
pendieux, M. Gallois a envoyé toutes les eaux tom- 
ber dans l'égout de la buanderie, à l'aide de tuyaux 
en grès vernissé de 0°*,22 de diamètre. 

Le service des enfants idiots étant construit sui- 
vant la pente naturelle du sol, pente se dirigeant 
en sens inverse de celle de l'Avenue de Bicêtre, il 
en est résulté que la nouvelle canalisation n'a pu 
atteindre qu'un maximum d'un millimètre de pente par 
mètre. Cette faible pente devient de jour en jour 
insuffisante ; des engorgements se pi^oduiscnt à cha- 
que instant par le fait de la stagnation des eaux. 

Deux services du quartier des enfants idiots, le 
pavillon d'isolement pour les maladie^ contagieuses et 
le pavillon des cellules se trouvent même obligés à 
cause de la pente du sol d'envoyer leurs eaux directe- 
ment dans le ruisseau qui contourne l'hospice. Les 
eaux de lavage, de pansement, etc., de la partie la plus 
suspecte de la section coulent ainsi à air libre dans le 
ruisseau, sortent de l'hospice qu elles contournent et 
descendent i Gentillyparla rue du Paroy jusqu'à l'Ave- 
nue Raspail où elles entrent en égout, c'est-à-dire après 



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Lsxx \- Fondation Vallée. 

un parcours au ruisseau d'eviron 1.400 mètres. C'est 
une pratique assurément très défectueuse, et qui exi- 
gerait un prompt remède. 

En ce qui concerne la Fondation Vallée, actuelle- 
ment, les eaux-vannes des bâtiments, des dortoirs, 
réfectoires, olïîce, infirmerie, etc., s'écoulent dans des 
tuyaux en grès vernissé. Ces tuyaux, après avoir 
longé les bâtiments, se déversent sur le trottoir de la 
rue Benserade où elles coulent à air libre jusqu'au coin 
de la rue des Noyers pour se jeter ensuite dans la fausse 
Bièvre, près de l'avenue Raspail. 

La rue Benserade qui longe la Fondation est dépour- 
vue d'égouts, ainsi que la rue des Noyers qui lui fait 
suite. L'égout le plus voisin est situé sous l'avenue 
Raspail. 

Sur le plan dont nous parlions tout-à-l'heure, M. 
Delahaye a indiqué, par un pointillé rouge, le tracé 
de l'égout à construire. Son point de départ est à 
l'angle de la route de l'Hay et de la rue Benserade, 
qu'il descend. 11 recevrait sur son parcours les bran- 
ments d'égout des futures constructions de la Fonda- 
tion Vallée. Le tracé suivrait ensuite la rue des Noyers, 
puis à gauche, une petite voie non dénommée, condui- 
sant à l'avenue Raspail, qu'il suivrait sur une longueur 
d'environ 200 mètres, distance à laquelle il se jetterait 
dans l'égout actuel. Le parcours total de l'égout à 
construire serait approximativement de 1.100 mètres. 

La dépense pourrait être payée en partie par le 
département, en partie par la commune qui amélio- 
rerait la situation d'un de ses quartiers, en partie enfin 
par l'Assistance publique. La construction de cet 
égoutpermettrait, en effet, à l'hospice de Bicêtre d'y 
envoyer toutes les eaux-vannes du service des enfants 
idiots et épileptiques, en continuant cet égout à partir 
de-lsk rue^e l'Hay jusqu'aux murs de l'hospice/ soitj 



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Discussion. txxxî 

en droite ligne, sur une longueur d'environ 200 mè- 
tres (1). 

Ce programme sommaire contient assurément des 
lacunes qui seront comblées naturellement lorsqu'on 
examinera les projets particuliers des bâtiments à 
construire plus tard. Tel qu'il est, il nous paraît 
répondre aux désirs de la Commission d'avoir une 
idée générale de la disposition des divers services qui 
doivent composer le futur asile. 

Le rapporteur, Bourneville. 

M. LE Président. — Vous venez, Messieurs, d'entendre la 
lecture du remarquable rapport, présenté par notre collègue 
M. le D' Bourneville au nom de la sous-commission chargée 
de l'étude du programme en vue de l'agrandissement d^e la 
Fondation Vallée, rapport dont un exemplaire vous a été 
adressé hier au soir à domicile. Si personne ne demande la 
parole sur la discussion générale, je vais donner lecture 
des questions suivantes que ce rapport renferme et que la 
Sous-Commission a eu à examiner. J'ajoute que cette sous- 
commission les a tranchées conformément aux indications du 
rapport de notre collègue. 

4« Ya-t'il lieu de construire un asile pour les jeunes filles 
idiotes et arriérées sur les terrains de la Fondation Vallée ? 

Il me semble, Messieurs, que tous nous sommes d*accord 
pour qu'il soit procédé à cette construction dans un délai 
plus ou moins rapproché. Personne ne demandant la parole, 
je mets cette question aux voix. 

La commission consultée émet, à l'unanimité de ses 
membres, le vœu qu'un asile pour les jeunes filles idiotes 
soit construit sur les terrains de la Fondation Vallée. 



(t) Dans le cas où Hiospice, ce qui est très désirable, utiliserait le • Tout à 
Tégoot ■ de la partie haute du service pour la culture du « Marais » — ce qui 
soprimerait les dépenses de vidange (15.000 fr.), et d'achat de fumier (3.000 fr.l, 
il n'en faudrait pas moins remédier à la situation déplorable créée par ib 
pavillon d'isolement. 

Bourneville, Bicêtre, 1892. •*♦*♦♦ 



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Lixxii ' Discussion. 

M. LE Président. La 2* question que nous avons à exanxi* 
ner est la suivante : 

2* Une superficie de 4 hectares et demi est-^elle nécessaire 
à cette édification, 

M. le D*" BoUrneville fait observer que la superficie occupée 
par les bâtiments de la section des enfants d,e Bicétre conte- 
nant plus de 400 lits n*est que de 30.800 mètres carrés. Une 
étendue de 34 à 35.000 parait suiTisante à notre collègue. La 
sous-commissIon a partagé son sentiment. 

M. LE D' BduRNEViLLE. — Cette superficie me parait d'au- 
tant plus suiliëante que les bâtiments de la Fondation Vallée 
seront à un étage, alors que ceux de la section des enfants 
de Bicétre ne sont qu'à rez-de-chaussée. 

M. LE Président. — Personne ne demandant la parole, je 
mets aux voix la proposition ci-après : 

La Commission adoptant la décision prise par la Sous- 
Commission, estime qu'une superficie de 34 à 35.000 mètres 
carrés est suffisante pour la construction de cet asile, et que, 
pour obtenir cette superficie, il conviendrait d acheter :.Â. 
Le terrain situé au-dessus de la Fondation Vallée entre 
la rue Ben8et*ade et la route de l'IIay, d'une contenance 
de 14 .400 m. c. 

B. Le terrain enclavé dans le domaine 
d'une contenance de i . 828 m. c. 

Total de ces terrains i6.228 m. c. 

Cette étendue jointe à celle de la pro- 
priété actuelle 18.924 m. c. 

donne pour le nouvel asile une étendue de 35.152 m. c. 



Adopté à l'unanimité. 



M. LE 
BOUS 



LE Président. Nous passons à la 3* question que la 
•Commission a résolue par l'affirmative. 

3* question. En attendant l'édification d'unpland'ensemblet 
doit-on procéder à la construction d'un bâtiment de iOO lits, 
en vue d'y placer les jeunes filles internées à l'asile de 
Villejuif, sous réser've que ce bâtiment se reliera au plan 
^'ensemble't 



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Discussion. lixihi- 

M» le D' BOUKNEVILLE. — Le nombre des jeunes filles trai- 
tées à Vasile de Villejuif est de 56. Si la construction du 
bâtiment de 400 lits ext votée par vous^ il resterait encore 
une quarantaine déplaces à donner aux nouvelles entrantes, 
ce qui permettrait de faire face pendant quelque teçips aux 
besoins de cette catégorie de malades. 

La Commission consultée sur cette question émet le voeu 
qu'un bâtiment de 100 lits, se reliant à un plan d'ensemble, 
soit aussitôt que possible construit sur les terrains actuels dç 
la Fondation Vallée. 

M. le Président la quatrième question est la suivante : 

4« question. Faut-il que tous les bâtiments à construire 
soient à un ou deux étages ? 

Cette question, une des plus importantes, a été examinée 
avec le plus grand soin par la Sous-Commission qui a fini 
par se ranger à Tavis de M. le D' Bourneville, lequel demande 
que ces bâtiments ne soient qu'à un étage en raison du genre 
de malades qu'ils sont destinées à loger et du danger que 
présente pour les enfants épileptiques et hémiplégiques la 
montée et la descente des escaliers. 

M. le D»" Bourneville. — Mon idéal serait de n'î^yoir que 
des bâtiments à rez-de-chaussée ; mais en présence des 
impossibilités budgétaires qui ne permettent de mettre à la, 
disposition de l'architecte, pour la construction de ce bâtiment, 
qu'un crédit de 232.000 francs et de la nécessité qui s'impose 
de dégager l'asile de Villejuif des petites filles qui l'encombrent, 
je me suis rallié à la construction de bâtiments à un étage. 

M. Le Roux. — En présence delà nécessité de se maintenir. 
dans la limite d'une dépense de 232.000 francs et de donner 
asile à cent enfants, l'Administration avait soutenu un projet 
de bâtiment à deux étages qui, seul paraissait pouvoir répon- 
dre à ce programme ; mais étant donné la solution adoptée 
par la Sous-Commission d'étude de laquelle il résulte que ce 
bâtiment, dont les frais de construction ne dépasseront pas la 
dite somme, contiendra quand même une centaine de lits, je 
ne m'oppose pas à ce qu'il n'ait qu'un étage. 

M. le Président. La sous-commission et l'administration 
étant d'accord, je vous propose, Messieurs, d'émettre un avis 
favorable à la présente proposition. 



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Lxxxnr Discussion. 

Chacun des hâtimenls à construire et devant contenir une 
éentaine de lits, sera à un étage. 

Adopté à Tunciiniinitô. 

M. le Président. — Reste à nous prononcer sur Tensemble 
du projet. 

M. PUTEAUX. — Dans le rapport qu'il a présenté, au nom 
de la Sou8-Conimission d*étude, M. le D'' Bourneville a traité 
d'une façon magistrale la question du programme d'ensem- 
ble des diverses constructions à élever sur les terrains de la 
fondation Vallée. J'ai en conséquence l'honneur de déposer 
la proposition ci-après : 

La Commission, adoptant le programme d'ensemble élaboré 
par la Sous-Commission pour la conalrnclion des divers bâti» 
ments en vue de Vagrandî.<}^cment do la Fondation Vallée, 
émet le vœu que le service d'architecture, lors de la prépara* 
tion des plans et devis, s'inspire des indications de ce pro* 
gramme énoncé dans le rapport de M. le D^ Bourneville, 

Adopté à l'unanimité. 

M. le D' Bourneville. — Reste à trancher la question de 
la pharmacie. 

Y a-t-illieu de placer à la pharmacie de la Fondation Vallée 
agrandie, un pharmacien en chef ou un interne en pharmacie. 
Au point de vue du programme général la solution de cette 
question s'impose. Il est, en effet, nécessaire de faire savoir à 
l'architecte s'il doit prévoir le logement d'un pharmacien ou 
celui d'un interne en pharmacie. 

M. le D' DuMESNiL. — A l'asile de Vincennes, il n'y a qu'un 
interne en pharmacie placé sous la surveillance du pharmacien 
de l'asile de Charenton. J'estime en conséquence que ce mode 
de procéder pourrait être appliqué à la pharmacie de la Fon- 
dation Vallée, dont l'interne serait placé, soit sous la surveil- 
Içmce du pharmacien de l'Asile clinique, soit sous celle du 
pliarmacien de l'asile de Bicôtre. 

A la suite d'une discussion à laquelle prennent part M. le 
Président. M. le D' Bourneville et M. Le Roux, la Commis- 
sion émet le vœu que la pharmacie de la fondation Vallée soit 
confiée à un interne en pharmacie logé dans l'établissement. 



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Section III : Assistance publique. 



Assistance des arriérés et des épileptiques adultes et 

enfants. 



. Nous avons profité de la visite faite dans notre ser- 
vice le 22 juin 1892 par la Commission de surveil- 
lance pour attirer son attention sur quelques points de 
la question si importante de l'assistance des épilep- 
tiques et des idiots de toute catégorie et, en particu- 
lier, des semi-imbéciles ou des imbéciles aviéliorés. 
Voici l'extrait du procès-verbal relatif à cette ques- 
tion. 

J'ai fait réunir ici plusieurs catégories de malades ayant 
appartenu ou appartenant encore à mon service pour 
attirer votre attention sur quelques points relatifs à l^as- 
sistance des arriérés et épileptiques, enfants et adultes. 

L'an dernier, lors des discussions sur les placements 
d'enfants, il a été dit que, jusqu'en 1877, les enfants ne pas- 
saient point par le bureau d'admission. J'ai fait faire la 
statistique des placements opérés à Bicôtre pendant onze 
ans. Elle nous montre qu'il y a eu : 



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LYXXVI 



Assistance de» ARRïfeniî:s. 



ANNEES. 



1869 
1870 
487i 
4872 
1873 
1874 
1875 
1876 
1877 
1878 
1879 



. Comme vous le voyez, le nombre des placements volon^- 
tàires est très peu élevé et la très grande majorité dés 
enfants passaient par le bureau d'admission et étaient pla- 
cés d'olïice. Cependant les plaintes étaient nombreuses 
déjà contre le passage des enfants par le Dépôt. 

On avait dit aussi que Ton admettait, comme dangereux 
et placés d'office, des enfants de moins de deux ans. A ce 
point de vue, je trouve pour cette période de onze ans : 



PLACEMENTS 

volont. d*office 



2 


46 





37 


3 


49 


8 


70 


8 


58 


6 


72 


5 


64 


9 


61 


5 


51 


6 


» 


7 


B 



Enfants au-dessous de 2 ans 4. 

— — de 2 à 3 ans.... 21 

-- — de 3 à 4 ans 17 

• La limite pour l'admission des enfants a été fixée à 
deux ans par l'administration de TAssistance publjquq 
bien avant mon entrée dans le service (1879). Je n'ai fait 
que la maintenir, j'ajoute que je suis partisan de cette li- 
mite, et même, parfois, d'une limite inférieure. Il y a 
quelques jours l'Administration a envoyé dans mon ser- 
vice un petit enfant de 18 mois, aveugle et idiot. Je n'ai 
pas protesté. Il s'agissait d'un enfant assisté. Que le 
département paie ici ou aux Enfants-Assistés, cela 
revient au môme. Les enfants, pris à l'âge de deux ansj 
peuvent être beaucoup plus sûrement améliorés sinoi\ 
guérifi». D'ailleurs, les enfants à partir de cet âge s'iU 



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ASSISTANCE DES ENFANTS ARRIÉRÉS. LXXXVH 

-iné sont pas dangereux pour les grandes personnes, sont 
dangereux pour eux-mêmes et pour les autres enfants. 
, Ils ne font que se plaindre et crier, ce qui empêche les 
voisins et les enfants des voisins de reposer; ils sont 
"méchants, destructeurs; ils griffent et ils mordent leurs 
frères et sœurs; ils gâtent, ce qui est une cause d'insa- 
lubrité. Le plus souvent même les parents n'ont pas de 
lir.ge pour les changer. A ces divers titres ils doivent 
être placés dans une maison spéciale de traitement. 

A Tappui voici un groupe d'enfants : L'enfant Baud..., 
a été renvoyé de l'asile maternel, de [l'école, de partout. 
Les parents ont été amenés à le faire séc^uestrer pour 
éviter des accidents et dos fugues. 

L'enfant Lorra... exerce ses violences de préférence 
sur les enfants qui sont incapables de pouvoir lui rendre 
le mal qu'il leur fait. Elles consistent en égratignures qui 
ont pour siège principal les yeux, en coups d^ pied lancés 
énergiquement, en morsures. Il crache au visage; il jette 
par les fenêtres les objets à sa portée; il bouscule tout sur 
son passage, etc. 

L'enfant Mighet... pince, mord, égratignp cherche à 
blesser avec des morceaux de verre, ou à faire tomber 
les enfants, à leur tordre les doigts, à leur mordre la verge, 
etc... • 

Les enfants Devism.., Laud.., Dunna.., déchirent leur^ 
habits, égratignent, mordent les enfants et les infirmières^ 
culbutent tout, etc. 

L'enfant Ilans... a de violents accès de colère dans lesr 
quels il renverse les enfants, pousse des cri^ elTrayantsj; 
grimpe sur les bancs, court, et se frappe la tête de. tous 
côtés. Pendant ces accès, son visage est pourpre, ruisse- 
lant* de sueiir, les yeux sont hagards, le nez est pincé, les 
lèvres sont tremblantes. Ces crises durent 15, 20, 38 
minutes. A la fin, le visage est très pâle l'enfant cherche 
à se faire caresser et pleure. 

Multiplier ces exemples serait aisé. 

Ceux-ci nous paraissent suffire pour démontrer, aux 
personnes qui en doutent, que les enfants hospitalisés ici 
sdnt dangereux pour eux-mêmes et pour les autres et 



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Lxxxrni Assistance des arriérés.- 

que leur internement est tout à fait indispensable et jus- 
tifié. 

J'ai parlé tout à l'heure de Tâgc d'admission. Un mot de 
l'âge de sortie du service. Il est fixé à 18 ans administra- 
.tivement. Nous y dérogeons avec l'assentiment au moins 
tacite de l'Administration et nous prenons généralement 
pour base le développement physique des malades. 
Voici un groupe des petits de 18 ans et au-dessus ; 

Adel..., 26 ans, taille 1». 46. 

Cri.., 49 ans, taille 1™. 38. 

Delcamb..., 19 ans. taille i«. 33. 

Gaut..., 19 ans, taille 4»». 37. 

Gautr..., 20 ans, taille 4». 37. 

Jacq..., 20 ans, taille 4*». 45. 

Naud..., 20 ans, taille 4™. 28. 

Pet... E .... 48 ans, taille \^. 32. 

Debar..., 27 ans, taille 0™. 91. 

(Sir..., 2i ans, taille 4"». 46. 

Nig..., 48 ans, taille 4"». 22. 
Comme vous le voyez, Messieurs, ces enfants, par Texi- 
guité de leur taille, par l'absence des caractères de la 
t)uberté, par leur apparence infantile ne peuvent être con- 
sidérés physiologiquement ou médicalement comme des- 
adultes. Leur maintien, ici, a donc sa raison d'être : ce sont 
encore des enfants. Je dois dire que la très grande majo- 
rité d'entre eux n'a pas le moindre intérêt pour moi; ils 
sont trop vieux pour que j'espère en tirer plus que je 
n'ai pu le faire. En ne les faisant point passer aux 
adultes, dans leur intérêt, je ne cauise assurément aucun 
préjudice scientifique à mes collègues des sections d*a-> 
dultes. 

Quant aux autres, aux grands de 18 ans, voici ce qu'ils 
deviennent : 

1® Les uns passent dans la section des épilei^iques. Il 
y a en a eu 4 en 1892, et 8 certificats de passage sont signés 
actuellement. Ils attendent des places, 

2® t)*autres, les arriérés, insulTisamment améliorés, tou- 
jours idiots, imbéciles ou pervers, passent dans la l'* et 



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ASSISTANCB DES IMBÉCILES AlfÉLIOBÊS. LXXXtt 

la 2"* section comme aliénés; Il y en a eu 22 en 1891 et 11 
depuis le l""' janvier 1892, 2 certificats de passage sont 
signés. 

3® D'autres, qui sont améliorés et sont jugés capables de 
se guider, mais ayant des infirmités graves, telle qu'une 
hémiplégie, ou une maladie chronique, passent dans la 
division des incurables de Thospice, en voici quelques- 
uns.... 

Ces malades, au moment de leur envoi de la section des 
enfants dans Thospice me promettent bien d'aller travail- 
ler de la profes^ftOft que nou» leur avons fait apprendre, 
dans les ateliers de la maison. Malheureusement, l'absence 
d'un règlement formel leur fait oublier — à la plupart — 
cette promesse. Ils usent et même abusent de cette liberté 
qui leur est accordée. Je crois, et c'est là un point que j'ai 
déjà signalé, qu'il serait nécessaire de les soumettre au 
moins durant plusieurs années à une réglementation : obli- 
gation du travail dans les ateliers ou les jardins de l'hos- 
pice, dans la mesure de leurs forces et de leurs aptitudes; 
sorties au dehors que sur une permission du directeur ou 
accompagnés de leurs parents. 

J'ai dit que, parfois,ces malades abusaient de leur liberté, 

je citerai comme preuve le nommé Debéth dont voici 

les photographies : c'était un imbécile rentrant dans la 
variété décrite par quelques auteurs sous le nom de fatui- 
tas. Nous en avions f^it un bon ouvrier cordonnier; mais 
possédant des aptitudes musicales, il a délaissé l'ate- 
lier de cordonnerie où il pouvait, tout en gagnant 
quelque argent, être utile à la maison, pour aller faire de 
la musiijue dans les bals borgnes des environs. On lui 
avait à tort accordé des permissions de minuit, des per-» 
missions de découcher. Porté aux rapports sexuels, il ne 
s'est pas contenté des clientes f9ciles qu'il faisait danser, 
un jour il a tenté de violer une fillette d'une douzaine 
d'années, a été arrêté et condanpné. 

Sill.., que je vous montre, paralysé du côté gauche, 
ouvrier tailleur, pouvant être utilisé, a lâché l'atelier de 
couture et a trouvé à gagner davantage en faisant des 
çQwrses chez un marchand du voisinage. Un jour, chargé 



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^C: T.* . r ' ASSISTANCIÏ DBS Aiii\n^.nèy. : *. 

'de 'faire' *des achats; il:ao!Ubiré de' s'acquitter do la comp- 
vinissioiiva dépenard les vingt francs q.tii lui avaient étd cour 
fiés, et deux fois a été ramassé ivre-mort sur la voi.e publir 
que., Il a été .consigné poux plusieurs mois; j'ignorp s'il a 
été obligé d'aller travaillera râtelier de couture. 
■ Ces faits — et j'en ai d'autres — prouvent la nécessité 
"des mesures .réglementaires dont j'ai parlé tout-à-l'heure. 

4* D'autres de nos malades sortent étant améliorés où 
'guéris et n'ayant pas d'infirmités. Quelques-uns s'enga- 
"gent dans l'armée. 'tels feonl :Ygonl., Bruck.., dontvoicA 
•fes photograplïie§, Filh':, aujourd'hui ofTiciér dans l'un des 
régiments de la garnison de- Paris, Àlvat..., maintenant 
T)tivrier menuisier dans les afeliei^s du chemin de (e^ dé 
Lyon, et qui est venu ce matin nous demander un service* 

Un certain nombreule nos malades devenus libres exer- 
cent au-dehors le métier qu'ils ont appris ici : tels qàé 
Charpent.., Dczob.., (irand..., etc.. etc.. Pour eux il faû-^ 
drait l'appui d'une Société de patronarie^ afin de les souS- 
tenir,de les encourager, de les replacer quand ils n'ont 
plus de travail. — ' 

* 5** Enfin d'au tres^ après être passés démon service dans 
les autres sections, sont rendus a la liberté par ines coi-^. 
lègues,' fatigués de lelirs réclamations pour sortir^ Sait 
insuiïisànce, paresse ou mauvaise volonté, soit parce que 
souvent, hélas! ils ne payent pas deiiiine, ils sont impUis^ 
sants à se placer, ils font de grosses besognes, des cour4 
ses dans les'chantiers, aux halles, sur les quais^ etci,sant 
irioccùpés, mendiejit ou vivertt ije ne sais comment.. Tela 
àontObuiv*..^ Auch..;^ qui vient d'être condamné à 8 jours 
de prison pour rixe! avec les agents, Riedl... qui vient d& 
SHxbir une seconde candajrinatïon et pour lequel j'ôî 
réclamé l'intervention de notre vénéré et dévoué Président; 
Taes... que vous. avez devant vous et qui ne peut trouve» 
à s'occuper au-dehors. .i 

Ce dernier groupe, assez important, est composé de 
malades qui souvent rentrent dans les asiles et d'où ils 
sortent, usante de leur liberté de la façon que je \ietk9 
é'indiquer^.rQxi): .e^u^Ae. patronage neserait peut-être pas 



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Assistance des imbéciles AMÉLIORI^:s. xci 

sufTisant. Ce qu'il faudrait , afin d'en débarrasser partiel- 
lement nos asiles et de leur éviter le dépôt de mendicité. 
ou la prison, c'est une organisation spéciale. Il faudrait 
leur donner une demi-libe» téy les maintenir dans un demi- 
internement, passez-moi le mot, en les utilisant dans les 
établissements hospitaliers cp qualité d'hommes de peine, 
auxquels on donnerait un sîfjaire restreint et qui ne pour- 
raient sortir que dans des conditions particulières. 

.'/Jchxbde rf,aôsistance seraitîpluX'huriiuin, moins jcoûtéux 
et plus économique que l'abandon actuel. Il supprimerait 
la mendicité qu'exercent ces malades, les sauverait du 
dépôt de mendicité, de la prison où on les en\^ie trop sou- 
vent, quoique irresponsables. , 
;; .» ■ i • » ' ' ' L : ■> ' ' '■" ' ':■ ' ' - : ' " • 

' J'ai pensé, Messieurs, que eette esquisse de quelques 
tëfdrmés dan& l'assistanee de eette catégorie de malades 
pourrait être faite plus^ clait^ement ici en présence dc^ 
faitSi avec les maladès^-sous A'ôs yeux, que dans la salfô 
de nos séances. J'ai été»plu^ lôhg'qùe ie ne laurais^voulu,^ 

je vous prie donc de bien' vouix)h'm'excuser. ^ 

.'■ -^ ' • ' \ ,lf' ■'■ . ' * ' 

'M. LE Président.— La Commission est yWement 
impressionnée par les considérations humanitaires que 
M. le. D' Bourrieville vient de développer avec exemple^ 
à i'appuk Elle ne peut(|ue prier l'Administration de l'as^ 
«wtance publique de vouloii» bien étudier le difflcile pro- 
bième d'assistance H l'égard des personnes as^ez amélio-» 
rées pour ne plus: pouvoir être mairtteuuies on é:tàt de sér 
questratior, mais, non assez valides d'esprit ou de corps 
pour gagner^ au-dehors, jeur vie par le travail. 



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II. 
Assistance des aliénés : des placements Yolontaires. 

Messieurs, 

L'an dernier, dans les séances du 12 mars, du 16 et du 
30 avril, des 11 et 25 juin, la Commission de surveillance, 
vous ne Tavez sans doute pas oublié, s'est occupée du mode 
de placement des enfants dans les asiles (1). Cette discussion 
a montré la nécessité de préciser les conditions dans les- 
quelles devraient être faits les placements volontaires. 
Pour répondre au désir de la Commission, l'Administra- 
tion, par Tintermédiaire de M. Le Roux^ chargé de la 
direction des affaires départementales, a adressé à M. le 
Présitlent de la Commission, un mémoire explicatif du 
règlement qu'il propose. Ce mémoire a été renvoyé à une 
Bous«commission composée de MM. PuteauXi Thulié et 
Bounieville, exposant d'une façon très nette la situation 
et les réformes proposées^ nous ne croyons mieux faire 
que d'en placer le texte complet sous vos yeux. 

Pârir, 6 iTril 18W. 

Monsieur le Président, 

Lei placements volontaires d'aliénés dans les asiles du 
département de la Seine et les quartiers d'hospice de Bicétre 
et de U Salpôtrièrc ont été, pour la première fois, réglementés 
par rnrrôté préfectoral du 15 janvier 1877, rendu après avis 
de la Commission de surveillance du 31 octobre 1876, et en 



il) Xoas avons reproduit cette discussion dans notre Compte-rendu pour 
ÈBSl <p. Bxii-cvij. Ce rapport en est, en quelque sorte, la suite et la Conclufion. 



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Plagbmbnts volontaires. xgiii 

exécution de la délibération du Conseil général du 9 décem- 
bre 1876. Aux termes de cet arrêté, les placements volon- 
taires, sont divisés en placements payants et placements gra. 
tuits. 

Les placements payants pouvaient être effectués directe- 
ment dans chaque asile. Les placements gratuits devaient pas- 
ser par le bureau d*admissiQn de Tasilç clinique. 

Mais quelque fût le mode de placement, il était nécessaire, 
pour être admis, que l'aliéné eût son domicile de secours dans 
le département de la Seine. Le nombre de places dans chaque 
asile affecté à ces placements avait été fixé, par la délibéra- 
tion précitée du Conseil général à 330 pour Tannée 1817: 170 
places pour les aliénés payants, 160 pour les indigents; la 
même délibération fixait en outre le tarif des placements 
payants. 

Ces dispositions ne furent pas modifiées pendant les années 
suivantes: 1878, 1870 et 1880. Mais en 1881, le Conseil général 
par une délibération du 5 décembre, rendue sur le rapport de 
M. le docteur Uoumeville décida que le nombre des place- 
ments volontaires payants ou gratuits pouvait être illimité, et 
les autres dispositions étaient maintenues. Parmi ces dispo- 
sitions, la plus importante était celle stipulant qu'aucun alié- 
né ne pouvait être admis que s'il avait son domicile de secours 
dans le département. 

Ce domicile s'acquiert, aux termes du décret du 24 vendé- 
miaire an II, par un séjour d'une année dans la même loca- 
lité pour les individus majeurs. Mais à l'égard des mineurs^ il 
est au lieu de naissance. 

Par suite de ces dispositions, les enfants aliénés, nés hors du 
département de la Heine, mais dont les parents habitaient Paris 
ou les communes de la.banlieue, ne pouvaient être maintenus 
dans les asiles de la Seine et devaient être envoyés dans l'asile 
du département d'origine. 

Cette nécessité imposait aux intéressés, parents et enfants, 
une douloureuse séparation. C'est pourquoi le Conseil général, 
par une délibération du 9 mai 1881, autorisa l'administration 
à maintenir dans nos asiles les mineurs de 18 ans, originaire 
de Seine-et-Marne, dont les parents habitaient le départe- 
ment de la Seine depuis deux ans au moins. Cette délibération. 
bien qu'elle ne visât dans ces termes que les enfants origi- 
naires de Seine-et-Marne a été, en fait, et on s'appuyant sur les 
conclusions du Rapporteur au Conseil général, M. le D' Bour- 
neviUe, appliquée aux enfants originaires des autres dépar- 
lements* 



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tp 



xciv Assistance des aliénés^ 

Telles sont, dans leurs lignes principales^ les tliâpositiônisr 
qui sont encore en vigueur aujourd'hui. Cependant, si on se 
reporte jm Tableau statistique des placements d'office et des 
plîiecniculs volontaires, durant la période décennal 1880- 189Û 
[Voir Rapport de service pour Tannée 4890, pîige i6), oncst 
amené à constatei* que si les placements volontaires ont tou- 
jours p ni Ivresse, notamment en 1890, l'écart entre les deux 
motiew de ])Iacements est toujours aussi élevé, alors qu'il serait 
désirable que l'admission des aliénés, par voie de placement' 
voIciiitHiro, devint la règle habituelle. " 

Ce desideratum répond d'ailleurs aux intentions du Conseil 
(général qui a maintes fois exprimé le vœu de voir se dévelop- 
per les plîicoments volontaires dans les Asiles de la Seine, afin' 
d'éviter aux malheureux qu'on est obligé d'interner dans un 
asile le pa^^sage par l'nfirmerie du dépôt. 

Après étude de la question, l'administration a préparé un 
projet de règlement qui, sans modifier profondément l'ancien, 
L^outient des dispositions de nature à i-épondre aux désirs du 
Conseil général. 

Le projet, après avoir posé, dans son article premier, le 
prineipc de l'admission des placements volontaires d'aliénés 
dans tous les asiles et quartiers d'hospices de la Seine, repor- 
duit doi!^ les articles suivants: 2, 3, 4, 5, les dispositions for- 
mulées dîuis les articles 5, 15, 10, 17 et 18 de la délibération du 
Cuiiseîl jzénéral du 9 décembre 1876. Il a semblé qu'il y avait 
inlérél h réunir dans un seul document la réglementation com- 
plète des placements volontaires, d« manière à en faciliter la 
connaissance au public auquel il sera distribué. 

Les modifications principales consistent : d'une part, dans 
la supprest^ionde toute distinction entre les placements volon- 
taires jmyunts et les placements volontaires gratuits; d'autre 
pari, dïiua l'application aux placements volontaires du prix de 
journée, fixé annuellement par le Conseil général pour les 
placements d'office. 

Actuellement, les placements volontaires payants peuvent^ 
être elTetîtiiés directement dans tous les asiles de laSeine, tan-; 
di» que les placements volontaires gratuits ne sont reçus qu'à 
TAsile Clinique où ils doivent passer par le bureau d'admission. 
L*articlc t> du nouveau projet dispose que dorénavant touta 
perBonne ntteinte d'aliénation mentale pourra être admise 
directe meut, par voie de placement volontaire, dans chacun 
Oea a^^ili^ii ci quartier.^ d'hoi^pices de la Seine. 

On n'a]jerçoit pas bien, en effet, pour quel motif les familles 
oui sont dénuées de ressources se trouveraient privées d'une 



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PLAGEStENTS - VatONTA J II E S. IC V 

faculté atcordi^^ A eollea qui 3onL plus fartun*''ôs. U ne faut pas 
oublier qu^il s^itrit avant tout de 1 A?isifltauce à domier l'i une 
maladie d'une nature toute piirticuliL*ro et que les lUL-mes faei- 
litt'rs doivent Oiva aecûrdt'-es à luus pouj^ raduiissitiu de leurs 
alién^'âdans les agiles publics. 

L'adoption de ^ette jiiesurc eonsti tuera un viMÛtahlc eneou-. 
rarement pnur lt>g place uïcnts vulon hures, puisque eeux-ct 
pourront se faire ilireeteiucnt à tuus les usUe?^ taudis que les 
placements d'arfiee sont olditrés de passer par rinfinueric du 
Dépôt et le Bureau d'adinisàinii de l'Agile tliuiquo. t 

On pourra olijecter que le plus souvent les faïuilles condui- 
ront leui^s nit:ludos à T Asile clinique, le seul qui ■soit ilans Tin- 
terteur de Paris, et que, par la force un''] ne des chapes, les 
malades sei'ont obliges d'i-Ure tratisférés dans um autre asilej 
L'article 7 a prcciséuient pour objet de prcvoir le cas où, en 
raison de rencombrement, le inahidene ptjurraitpasotre reçu 
au bureau d'atlmîssion de TAsiie cliui<[uc, 

La seconde uiodlficalion à intro<ïuire dans hî rê,^dementeon- 
siste dans rapplication à tous les placeuients vipluutaîres du. 
prix de journée fixé annuel lejueiit par le Uonseil générât poap 
les placemejUs d'ulUee. - ^ 

Lorsque le Conseil ^'éuéral, rjtahli^saul; les placements 
volontatrcsi d'alicn(?sdans nos asiles, a iustitviè ileiix catégo- 
ries de placemeuts voh>rîLi[rc3, il a dccidi' que, pour les pla- 
cements volontaires dits jtrratiiits, le prix, de journcc applica- 
ble aux malades internes d'ofïicc pourrait être nH^lamc aux 
famille a non iudi^rentes, et, pour les place me uts volontaires 
payantî^, il a ad(q>ïé le tarif oi-aprcs. 



PfiX put' mois: 

IL F. 

Asile Clinique lilO fr. *^ii fr. 

Vîllejuif 80 75 

Vaucluse 80 75 

Ville -Kvrard . . . . , 70 05 

lilciSlre , < ^ 7r> « 

La Salpétriêrc w 05 

La suppression de toute distinclîon entre îes placements 
payants et gratuit* aura l'avan taire de mettre lin aux malcn* 
tendus et aux supercheries qui se produisent actuellement. 
Eik effet, que se passe^t-il géuéraleuient ï C'est que, pour. 



I DigitizedbyCjOOQlC 



xcvr Assistance dbs aliènes. 

clioUîr leur asile, left familles signent une demande de place* 
ment ; payent le premier, quelquefois le deuxième mois, 
puia r^voipentde leur indigence pour transformer le placement 
payant en placement gratuit. Par contre, les familles qui ont 
demandé le placement gratuit protestent lorsque TAdminis- 
tration, estimant, d'après les résultats de Tenquète, que les 
frais de Héjour doivent être recouvrés en totalité ou en par- 
tie, les met en demeure de payer. 

En ri^sumé, l'expérience faite des deux catégories de place- 
ment, instituées parle règlement de 1877, démontre que le 
mode tiu placement dit payant tend de plus en plus à tomber 
en désuétude. 11 est facile de s'en convaincre, en rapprochant 
du chiffre de 1.046 placements volontaires effectués en 1890 
les cliiffi-cfi inscrits aux comptes des quatre asiles, au titre 
des Hecttes provenant de ces placements. Ces recettes repré- 
sentent seulement 48 placements payants sur 1.046. 

It convient d'ajouter que l'écart existant entre les prix do 
pension lïi'B payants et les prix de journée des indigents a 
pour nin^idire disparu, par suite de l'augmentation progres- 
sive du prix de journée dans les asiles; et, en facilitant les 
placements volontaires, le département ne cherche pas à réa- 
liser des bénéilccs. Le prix payé par les familles doit être en 
réalité le remboursement pur et simple des frais de séjour, 
suivant le taux fixé chaque année par le Conseil général. 

Cette modification a encore un avantage : elle abolit la dis- 
tinction entre les payants et les gratuits, distinction cho- 
quante et qui n*a pas raison d'être puisque la loi permet de 
recouvrer les frais d'hospitalisation sur les parents en état de 
les payer et que tous ceux qui contribuent suivant leurs res- 
taurées, sans payer la totalité, ne peuvent être équitablement 
classés parmi les gratuits. 

La distinction établie par le règlement entre les payants et 
les gratuits avait même amené quelques personnes à deman- 
der que des quartiers spéciaux fussent aménagés pour les 
payant»^ La question a été étudiée et l'on a du reconnaître 
les diilîi-ultés qu'elle présente. Il faudrait, pour le petit nom- 
bre de payants (dont seraient exclus ceux qui ne paient que 
partie des frais de séjour), autant de quartiers que pour les 
autres, dea séparations infinies, peut-être aussi un régime 
ditTêreut, des vêtements autres. Pour ceux-là, il y a la maison 
de santï^ de Ville-Evrard, qui, sans grande augmentation, 
répond a ces desiderata. Au reste, cette proposition a été 
envoyée à t'examen de la Commission de Surveillance qui pré-^ 
•entera un rapport complet sur la question. 



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Placements volontaires. xcvn 

Les modifications dont nous venons de parler font l'objet 
des Art. 41 et 12 du projet nouveau. 

Je dois, avant de terminer, appeler Tattention de la Com- 
mission sur les dispositions particulières aux placements des 
enfants. La Commission sait quelles sont les difliièultés 
qu'ont soulevé ces placements et les plaintes légitimes ^rovo- 
quéespar la promiscuité des adultes avec les enfants au BùresCu 
d'admission. L'Administration a pu parvenir, avec le concours 
du Directeur de l'asile Clinique et du médecin du service de 
ladmission, à empocher que les enfants ne séjournent ^u 
Bureau d'admission ; mais l'inconvénient résultant de l'absence 
de local spécial pour les enfants subsiste toujours et réclame 
une solution longtemps attendue. [ 

Dans les résolutions votées par le Conseil général' dans la 
séance du 27 décembre 1891, sur le rapport de la 3"« commis- 
sion, figure l'invitation adressée à l'Administration d'exami- 
ner, pour la traduire en propositions précises, l'idée de ïa 
création d'un bureau de répartition spécial aux enfants idiots 
et arriérés. Par délibérations antérieures, le Conseil avait 
demandé que le service de répartition des enfants idiots et arrié- 
rés fût transféré à la Salpêtrière et confié au médecin résident 
de cet établissement. Mais l'Administration hospitalière a tou- 
jours objecté qu'elle n'avait pas qualité pour diriger un bureau 
de réception et de répartition et que ce soin incombait à l'Ad- 
ministration préfectorale. Il faut bien reconnaitre, d'ailleurs 
que transférer le bureau d'admission pour les enfants de 
l'asile Clinique à la Salpêtrière n'est pas résoudre la difficulté 
puisque des garçons et des filles seraient dans un établisse- 
ment excluslveipent réser\'é aux femmes (1). 

Mais s'il ne parait pas expédient de transporter le Bureau 
d'admission pour les enfants, il semble qu'il serait possible 
d'étendre aux enfants aussi bien qu'aux adultes la faculté do 
pouvoir être admis directement, par placement volontaire, 
dans tous les établissements où il existe des quartiers d'en- 
fants. C'est dans cet esprit qu'a été libellé l'art. 9 du projet 
nouveau. On pourra sans doute objecter que, par suite des 
facilités concédées aux placements volontaires, les quartiers 
d'enfants se trouveront toujours au complet, et que les entapts, 
internés sur réquisition du Préfet de Police, seront obligés de 
séjourner au Bureau d'admission de l'asile Clinique, faute de 
place dans les quartiers spéciaux ; mais il sera possible d'éviter 
cet inconvénient en donnant des instructions aux directeurs 

(1) Il y a une salle d'hommes dans le service de M'. Charcot. 

30URNBVILLB, Bicétrc, 1892. ***•*•* 



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SCVllI ASSISTXNC» DES ALIÉNÉS. 

de oes tîtablissements pour que les enfants envoyés par Tasile 
Clinique soient toujours reçus, sauf 'à ajourner, lorsqu'on 
manquera de lits disponibles, les demandes de placements 
volontaires. En prévision de ces refus, le projet prévoit la 
tenue, dans chaque "établissement d'enfants, d'un registre 
spécial où seront inscrites les demandes auxquelles il sera 
donné satisfaction, suivant Tordre d'inscription et au fur et à 
mesure des vacances (t). Cette mesure n'aura d'ailleurs qu'un 
caractère transitoire et elle deviendra sans objet lorsque le 
Conseil général aura statué sur les projets d'agrandissement 
de la colonie de Vaucluse et de la fondation Vallée. L'adop- 
tiqn dé ces deux projets aura pour résultat de mettre à la dis- 
position de l'Administration un plus grand nombre de places 
pour les enfantf idiots ou arriérés. 

En r£q)pelànt dans la première partie de cet exposé les 
diverscfs délibérations du Conseil général sur la question des 
placements d'aliénés, je vous ai signalé la délibération aux 
termes de laquelle les mineurs de 18 ans, dont les parents habi- 
tent Paris depuis plus de deux ans, peuvent être maintenus 
dans nos asiles, bien qu'ils aient leur domicile de sccoui^s 
datis les départements où il>$ sont nés. La délibération ajoute 
que le département d'origine doit, dans ce cas, payer au dépar- 
tement de la Seine le prix qu'il paierait dans l'asile où sont 
traités ses aliénés. Aujourd'hui, les départements refusent de 
reconnaître le droit aux secours pour tout enfant qui est l'ob- 
jet d'un placement volontaire dans un asile de la Seine ; ils con- 
testent même la légitimité des placements d'oilicc qui les con- 
cernent, prétendant que l'internement de ces enfants ne ren- 
tre pas dans la catégorie de ceux prévus par l'article 18 de la 
loi de 1838. Plusieurs contestations de cette nature ont été 
déférées à M. le Ministre de l'Intérieur qui a donné gain de 
cau^e à: ces départements; l'affaire a été portée devant le 
Conseilrd'K'tat où elle est encore pendante. 

Le seul inoyen de remédier à cette regrettable situation 
est de décider que les enfants dont les parents habitent Paris 
depuis un temps déterminé seront considérés comme ayant 
leur domicile de secours dans le département de la Seine. 
En ce qui concerne la durée du séjour, le Conseil ayant deman- 
dé que le domicile de secours fût modifié dans ce sens, que 
le domicilene put s'acquérir que par une résidence de trois 
années, il semble qu'il y aurait lieu de décider que, pour étte 

{i) Voir Procès-verbaux de la CommiMion de SiirveilUnce, 1S91, p. ISS, et 
Çompte^rendu de Btcétre powr iSOi^ p. lxxxvi. 



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Placements volontaires* xcm 

admis dans les asiles au compte du département de la Seine, 
les enfants, nés hors de ce département, devront habiter, 
ainsi que leurs parents, Paris ou le département delà Seine 
depuis trois ans au moins. 

Quant à la limite d'âge qu'il conviendrait de fixer pour béné- 
ficier de cette mesure, il serait à désirer, dans un intérêt d'hu' 
manitc, que ces nouvelles dispositions pussent profiter à tous 
les mineurs de 21 ans, dont les parents ont fixé leur domicile 
dans la Seine depuis trois ans, au moment de l'internement ■ 
Par suite de leur état de minorité, ces aliénés no peuvent, en 
effet, quelle que soit la durée de leur séjour dans la Seine. 
acquérir un autre domicile que celui de leur naissance aux 
termes du décret de Vendémiaire an II; ils se trouvent, déa 
lors, exposés à être transférés loin de leur famille, dans les 
asiles de leur département d'origine. 

Mais le Conseil général ayant fixé cette limite d'âge â 18 aïK, 
dans sa délibération du 9 mai 1881 l'administration ne croit 
pas pouvoir prendre l'initiative d'une extension qui ne laisse- 
rait pas que d'être une nouvelle cause d'aggravation des char- 
ges déjà si lourdes du service d'assistance des aliénés. 

Sous le bénéfice de ces considérations, j'ai Thonneur de 
vous prier. Monsieur le Président, d'appeler la Commission do 
surveillance à délibéVer sur le nouveau projet de règlement 
des placements volontaires d'aliénés dans les asiles de la 
Seine. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de 
ma haute considération, 

LE PRÉFET DE LA SEINE. 

Pour le Préfet et par autorisation. 

Le Sous-Direcleur chargé de la direclio}t 
des affaires départementales, 
Henri Le Roux. 



I. — Il nous paraît utile de rappeler, tout d'abord, les 
passages de nos rapports au Conseil général concernant 
les placements volontaires auxquels il a été fait allusion 
dans la discussion de 1891 (1). Ce sera le complément de 

(l) Voir le Compte-rendu de i891j p. LXii-cvi. 



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t AsStâtANCB DB8 ALIÉNÉS. 

ttoite réponse k ceux qui combattaient les réformes que 
noiis reproposions. 

26 novembre 1818. — « Votre Commission vous deman- 
de d'inviter l'Administration à faciliter les placements 
volontaires et à en abréger le plus possible les formalités. » 

2 décembre. — » Le rétablissement des placements volon- 
t&ires n'a supprimé le passage à la Préfecture que pour un 
nombre très minime d'aliénés indigents. En elTet, il y a eu, 
en 1879, 25 placements volontaires à Vaucluse, 96 à Sainte- 
Anne et 4 à Ville-Évrard. Vous voyez par ces chiffres 
qu'une t-éforme est urgente et qu'il y a lieu d'inviter l'Ad- 
ministration à étendre les placements volontaires à tous les 
malades dont l'admission est sollicitée par les familles. » 

Ces chiffres comprenaient les placements volontaires 
d'indigents et les placements payants. Malheureusement, 
les réclamations du Conseil général au sujet des place- 
ments volontaires ne furent pas indiquées dans le projet de 
délibération. Les errements anciens continuèrent. 

27 novembre 1880. — Après avoir rappelé les inconvé- 
riients du passage des malades au Dépôt de la Préfecture 
de police et reproduit la citation qui précède, concernant 
lés placements volontaires, nous ajoutions : « Votre Com- 
rtiission pense donc qu'il convient de maintenir les place- 
ihents volontaires d'aliénés payants au même chiffre 
<|u'en 1880 (soit 170), et de laisser pour les placements 
'dolontaires d'aliénés indigents toute latitude à l'Adminis- 
tï*ation; d'inviter la dite Administration à examiner d'ur- 
gence lés demandes qui lui sont faites à ne pas prolonger 
pendant cinq à dix jours, comme cela se fait trop souvent, 
les réponses aux familles, d 

30 novembre 1881. — Nous enregistrons une légère 
augmentation dans les placements volontaires et nous 
ajoutons : « Votre troisième Commission vous propose 
<j^alement de maintenir votre délibéi^ation de l'an dernier, 
donnant toute latitude à l'administation pour les place- 
hients volontaires d'indigents. » 

Si le Conseil général avait accepté les propositions qui 
lui avaient été faites précédemment par sa 3* Commission, 
en réalité, le projet de délibération était muet. Aussi a-t* 
on pronté de cet oubli. 



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AsSlSrAtlCI DES ALIfiNéS. Et 



r 



Instruit par l'expérience, nous avons fait modifier dans 
le projet de délibération de 1881, l'article relatif aux pla- 
cements volontaires qui a été ainsi rédigé : 

Art. 2 — Il n'est rien changé pour 1882 aux dispositions 
admises en 1881, concernant les placements volontaires 
payants ou gratuits d'aliénés, dans les établissement^ du 
département delà Seine, sauf en ce qui concerne le nom- 
bre de ces placements qui pourra être illimité. 

19 décembre 1882. — Voici ce que nous disipns : « fja 
situation étant restée la même, au nom de la 3* Commis* 
sion, nous insisterons de nouveau, afin que vous invitiez 
TAdministration h tenir enfin compte de vos décisions. 
Dans le but de lui faciliter la tâche, vous avez décida 
qu'il y avait lieu de lui accorder toute latitude pour 
les placements volontaires dindigents. Malgré cela, 
la progression est très lente. En eiTet, on a con;ipté 
25 placements volontaires gratuits en 1880, 31 en 1881 
et 35 du 1*' janvier au 31 octobre 1882. D'où il suit que, 
malgré votre insistance, les familles pauvres trouvent tour 
jours des difficultés à la Préfecture de la Seine pour le 
placement de leurs malades à Sainte-Anne, et qu'au lieu 
de les aider, on préfère les renvoyer à la Préfecture de 
Police. Il est temps que cette situation cesse ; à vous d'exi- 
ger que l'Administration se conforme à vos vœux, en auto- 
risant les familles à conduire directement leurs malade^ 
au Bureau d'admission. L'enquête nécessaire pour s'ftssu- 
rer de la situation de fortune des malades sera faite 
après l'admission, au lieu d'être faite avant, et il n'en 
résultera aucune perte pour les finances départemen- 
tales. 

La persistance du Conseil général porta ses fruits, A 
partir de 1882, ainsi que le rappelle M. LeRouXy les place- 
ments volontaires d'indigents sont allés en croissant jus- 
qu'en 1890. En 1890 et 1891, pour des raisons qu'il est super- 
flu de rappeler maintenant, ils sont allés en décroissant. 
Mais, grâce aux mesures si libérales et si humaines qui 
vous sont proposées par l'Administration, il e8tcer4aia 



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ni Assistance des alii^.nés. 

qu'ils Iront de nouveau en augmentant, et on ne peut que 
féliciter M. Le Roux d'avoir eu l'idée, non seulement de 
réunir dans un seul document la réglementation complète 
des placements volontaires, mais encore, d'en faciliter la 
connaissance au public auquel le règlement sera distribué. 
Nous applaudissons d'autant plus aux intentions de M. Le 
RouXy qu'elles répondent absolument aux idées que nous 
avons si souvent exprimées. Puissent ses intentions géné- 
reuses passer dans la pratique et avoir des imitateurs (1) ! 

IL — L'Administration nous propose de donner [Art. 6) 
les mêmes avantages aux placements volontaires d'indi- 
gents qu'aux placements volontaires payants, en autorisant 
les familles des indigents à conduire directement leurs 
malades dans les asiles ou les quartiers d'hospice de la 
Seine. Peut-être y aurait-il eu avantage à faire passer 
tous les aliénés placés volontairement au Bureau d'admis- 
sion, pour qu'ils y soient inscrits, en autorisant les familles 
à indiquer a l'occasion leur préférence? La pratique démon- 
trera s'il y a lieu de modifier le règlement sur ce point. 

IIL — Nous ne saurions qu'approuver la proposition qui 
nous est faite d'appliquer à tous les placements volontaires 
le prix de journée fixé actuellement par le Conseil général 
pour les placements d'office. 

IV, — La partie du mémoire de M. Le Roux qui a trait 
aux placements volontaires des enfants est toqt à fait en 



(1) « Suivant nous, disions-nous dans une conférence faite le 16 janvier 189?, 
sur le Service des aliénés dans le départemenl de la Seine, les citoyens qui ont 
besoin de recourir à l'Assistance publique, soit pour rinsciiption au 
Bureau de bienfaisance, soit pour l'admission dans les hospices, les maisons de 
retraite ou les asiles d'aliénés^ devraient trouver dans les mairies, les maisons 
de secours et les établissements hospitaliers, des atliches leur indiquant d'une 
fhçon précise quelles sont les formalités qu'ils ont h remplir pour arriver au but 
qu'ils poursuivent. £t, dans les bureaux des mairies et de TAsfistance publi- 
que, ils devraient trouver tous les renseignements complémentaires dont ils 
ont besoin. En un mot, nous voudrions que les portes fussent largement ou- 
vertes aux malheureux, tandis qu'aujourd'hui encore,ils trouvent presque par- 
tout devant eux mauvais vouloir et portes closes. Au lieu de l'appui bienveil- 
lant auquel les malheureux ont droit, ils ne reçoivent souvent que des fins de 
non -recevoir, formulées plus ou moinç brutalement,» 



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Placements volontaires. ^ . cm 

harmonie avec les iddes adoptées par la Commission. de 
surveillance et par le Conseil général. La réglementation 
proposée pour eux sera acceptée avec bonheur par les 
familles ot en particulier par les familles des enfants qui 
sont nés en dehors du dépaiiement de la Seine. 

Il est à espérer qu*au Ministère de l'Intérieur, on finira 
par apprécier les sentiments d'humanité, qui ont décidé 
le Conseil général, la Commission de surveillance et FAd- 
ministration départementale, à consentir des sacrifices 
pécuniaires, afin de ne pas priver ces enfants, déjà si dés- 
hérités, des visites et de l'affection de leurs parents. 

M. Le Roiix nous propose de faire bénéficier de la géné- 
rosité du Conseil général les enfants dont les parents 
habitent le département de la Seine depuis trois années. 
Nous avions fait adopter une durée de résidence de deux 
ans et cela dans rintôrét même des enfants afin de ne pas 
retarder leur éducation, Nous acceptons cette fixation, 
convaincu que l'expérience dissipera les craintes qu'inspire 
à quelques-uns, au point de vue financier, les mesures 
humanitaires acceptées dans la Seine et qu'on en revien> 
dra à la limite de deux ans. 

M. Le Roux propose aussi, et avec raison, d'étendre 
cette mesure de 18 a 21 ans. Nous vous demandons d'é* 
mettre sur ce point un avis favorable qui rendra plus facile 
son intervention auprès du Conseil général. 

Pour justifier les placemen/s i;oIo/ifatres diaects, c'est- 
à-dire faits immédiatement dans les asiles, sans le pas* 
sage il l'infirmerie du Dépôt de la Préfecture de police ou 
plutôt à la prison, nous ne pouvons que renvoyer aux 
raisons que nous avons maintes fois exposées, notamment 
durant les séances de la Commission que nous avons rap^ 
pelées au début de ce rapport (1). Elles sont d'ailleurs, con* 
formes à l'esprit et à la lettre des circulaires ministérielles 
auxquelles il serait bon de se reporter de temps en 
temps — et cela s'adresse en particulier aux bureaux du 
Ministère de l'Intérieur — car elles montrent, on ne 



LD Voir le Compte^rendu pour i89îtp. Lxxxi et xcvii. 



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CIV ÂSdt^TANdE DES ALIÉNÉS. 

saurait trop le Redire, que la loi du 30 juin 1838 est, non 
seulement une loi de police^ mais surtout une Loi -de 

BIENFAISANCE. 

Lee remarques qui précèdent ne changent rien au fond 
des propositions qui vous sont faites. Nous avons la con- 
victiqn (juc les mesures proposées par l'Administration 
auront dea conséquences heureuses pour les malades de 
nos asiles et pour leurs familles. 

Nous concluons donc en vous demandant, au nom de 
votre Kous-commission, d'accepter le règlement qui nous 
est soumis. 

M. \e Pli Kîfi DENT. — Vous venez, Messieurs, d'entendre la 
lecture du rapport que M. le T>^ Bourneville présente sur cette 
Tm portante question au nom d'une sous-oommission compo- 
sée dp MM. PutealiXy le D«" Thulié et de lui. 

La pous-commission propose l'adoption du projet de règle- 
ment sur les placements volontaires tel qu'il a été présenté 
par TAdministration et dont je vais vous donnner lecture : 

R^GT.EMENT SUR LES PLACEMENTS VOLONTAmES DANS LES ASILES. 

. Abt. 1". — Les placements volontaires d'aliénés sont auto- 
risés dans tous les asiles publics du département de la Seine 
et les quartiers d'hospice de Bicôtre et de la Salpôtrière, aux 
éandilioni déterminées dans les articles ci-après. 

FORMALITÉS DES ADMISSIONS. 

Art. 2* — Toute personne, atteinte d'aliénation mentale, 
peut-t^tra admise, à titre de placement volontaire, dans un 
asile de la Heine, si elle est en possession du domicile de 
secours dans ce déparlement. Le domicile de secours est 
acquis, pour les majeurs de 21 ans, par une résidence ininter- 
rompue d'une année dans la môme commune. 

Art. 3. — Les demandes d'admission peuvent être formées 
par toutes personnes intéressées, parents, tuteurs, curateurs, 
ftmis et par le Maire de l'arrondissement ou de la commune. 

Art. L — Toute demande d'admission doit être écrite et 
stgnée par U -personne qui la présente ; si l'auteur de la 
demande ne sait pas écrire, celle-Oi est reçue par le Maire 



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Discussion. CV 

ou îe Commissaire dç police. Elle (loif contenir les noms* 
prénoms, profesî^iuu?. il^r^ ot dcittiit-Lle tant de la personne qui 
la forme que la perso iiur ilont le placement e^^t réclamé, et 
Undicalion du de^re de parenté, ou, k défaut, do b nature des 
relations qui existent entre elles. 

Art. 5. — La demande doit LUre accompagnée : 
!« D'un certificat du luédecin cnn^l-'itant lY^Ut mental de la- 
personne à placer, indiquant les partîcularitiis de la maladie 
ainsi que la n45cessité de faire traiter ladite porsoiuie dans 
un é ta blii^ 'bernent d'aliénés. Ce certiticat qui doit *>trc; légalisé^ 
ne peut être admi^ s'il a étiS dressvO plus de quinze jours avant 
f^a remise au Directeur de Ta^sile. Le médecin si^^nataire du 
cerïilicat ne doit pas être altaelié à l'aî^iilc, ni être paretit ou 
allié au second degré , in[.dusivojuent, du Dirccleiir de Tasile 
ou de la personne qui fait efferluer le placement ; 

^2« D'une pirce constsUaiit rijidividualité de la personne à 
placer a bullelin de naissance, de mariage, livret de famille, 
etc, » 

Art. g, -- Toute personne, atteinte d'aliénation mentale, 
pour le placement de laquelle, Il est satisfait aux conditions 
indiq^iéos ci-desaus, peut étro admise directement dans tous 
les asiles pui>lies de la Seine, ainsi que dans 1rs quartiers 
d'hospices de Birétre et de la Salpétrière. Toutefois les place- 
ments d'aliénés épi le p tiques ne peuvent avoir lieu directe- 
ment que dans les asiles où il existe des quart ieri^ spéciaux 
d'épiloptiques (1). 

Aî\T. 7- — A défaut de place?» disponibles dans Tasilc où il est 
conduit, Taliéné peut touj<mrsétre admis à l'Asile clinique, 
rue Cabanis, {14*' arrondissement) d'où il est dirigée, par voie de 
répartition, sur les asiles ou quartiers d" hospices, suivant les 
places disponibles et en lenatit coîupte^ dans la mesure du 
possible, des préférences des familles, 

DISt»OSITIOXS FARTlCULlÈnES AUX ENFANTS ÂGÉS DE MOINS DE 
i8 ANS, ALlIÎ^NÈSpU IDIOTS- 

Art. s, — Los enfants aliénés ou idiots, dures de moins de 



iU Ces iisUcsï sont : pont Us ^pilf^ptinu^s du nt^^f^ maAi^ulin ; rastïe (]« Vîlîe- 
Êvr^rtt et k ^[uariier d'iiosplce de Btcètrc : pour ies éjniefjttucif'H dti sexe 
fdmijtLt) : Tïitik de VUlejuIf et le i^aartier dUioapltie d« Jii SaJpétHèrCi 



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WT Assistance des aliénés. 

18 îïiis, f[iH. parle fait do leur naissanco on dohors du dcpir- 
tcjïU'iU dt? la Soinc, ont leur domicile de secours dans un autre 
dùparti-iiiLMit, peuvent néanmoins être admis dans les asiles 
de la Seine, lorsque les parents sont domiciliés à Paris ou 
dans une commune de la Soino, depuis trois ans, au moment 
de la dojnande d'admission, et qu'ils habitent avec eux. 

AîiT. 0. — Les placements volontaires d'enfants aliénés ou 
Idiots, îljrés de moins de 18 ans, peuvent avoir lieu directement 
dans les établissements où il existe des quartiers spéciaux 
afTeetes au traitement des enfants (1). 

Art. 10. — A défaut de places disponibles dans ces établis- 
«emenlrt^ ^"t aucun enfant ne devant séjourner à l'asile Clini- 
que, 1rs di>inandes de placement volontaire auxquelles il ne 
peut étrt^ fîonné satisfaction immédiate sont inscrites, sur un 
rojfislrt^ spécial ouvert dans chaque établissement où il existe 
un quartier d'enfants. L'admission des enfants a lieu dans l'or- 
dre rijrouï'oux des inscriptions et au fur à mesure des vacances. 

PRIX DE JOURNÉE. 

.\ltT. IL — Le prix de journée dans les Asiles publics et 
quartiers d hospice de la Seine est le même, pour les aliénés 
placés volontairement, que le prix de journée fixé annuelle- 
ment par le Conseil général pour les aliénés placés d'olTice. 

AnT. {-2. — Le prix est recouvré, mensuellemont, par les 
soins et h la dili«rence de l'Administration départementale, 
aprèw en({UiHe sur les ressources de l'aliéné et de ceux qui 
s<ïnt tenus, vis à vis de lui, de la dette alimentaire, aux termes 
des articles '205 et suivants du Code civil. 

AnT. l:î. — Les demandes relatives aux dispenses totales 
ou partielles de paiement de la dépense de l'aliéné placé 
vu Um ta i renient doivent être adressées au Préfet de la Seine qui 
jitatue suivant les rè«rles fixées par la loi et les instructions 
ministérielles. 

M. le PuKSiDENT. — Si personne ne demande la parole, je 
vaiA mettre aux voix l'adoption de ce règlement. 

M* Baïlly. — La question qu'on soumet aujourd'hui à notre 
examen ent d'une importance capitale pour les finances du 



\ii L>s elaljhsseinents sont; la colonie de Vuucluse et le quartier spécial de 
rijuifHce lU' Uicêtre, pour les garvons : la Fondation Vallée (Gentilly) et le 
quiàriziT »pét4ui de riiospice de la Salpétrière, pour les filles. 



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Discussion. cyïî 

Département dont elle augmentera certainement les dépen- 
ses. Nousn'avon? pn, fl'aillear'j, ^iïtud^e^J puisquo le rapport de* 
la Sous-Com mission ne nous a pas ciit^nre ùUi communiqn(>. 
Je propose en conséquence à la Commîi^sion de vouloir bien 
déoidei* Timpressifjn et la UintrihiUion en i^preiives du rapport 
de M. le D^ !ioifrfiei:îlîe et du projet de rt^glemeiU pr*>Hentô 
par radininUtratîon. \ûu^ pourrons ainsi nous faire nne opi- 
nion raisunnéo sur un certain nombre d*articlea de ce projet 
que j'ai l'intention de combattre. 

M, le PniîsrDENT, — La question des placements yolonlairea 
dau!^ les agiles est une de celles qui depuis longtejnps occu- 
pent notre attention; elle a ùiù ùl diverses reprlsfcs discutée par 
nou&i. Tous ou presque tous, nous avons via d'avis qu'il y avait 
Heu d'apporter des modifications au règlement actuel con- 
cernant ce» placejuents. 

I l/Admini-strationa soumis à la Commission un travail d'en- 
semble; une SoU!^-Co m mission a été chargée de l'examen de 
ce travail et nous présente aujourd'hui ?*on rapport concluant 
â l'adoption d^.'^; propositions de l'administration. 

U me st^jTihlt- donc que laqut^stionaété sutnsammciït étudiée 
pour que nous puissions nous prononcer dans la présente séance, 

M. Le Roux. — L'Administration voudrait soumt'ttre co pro- 
jet de règlement au Conseil géoéral au cour do ta session 
extraordinaire qu'il va tenir dans quelques jours; mata il ne 
peut le faire qu'autant que la f'omjnisf^ion aura exprimé son 
*vis sur cette question. 

M. le Prrsidknt. — Quelqu'un appuie-t-il la proposition de 
notre honorable eollègu^^ M. fiailhj, tendant à Timpression et 
à la distribution L*n épreuves du rapport de laSous-Commis 
•ion sur le projet du règlement dont il fl*a^it? — Personne 
n'appuyant cette proposition je mets en discussion les conclu- 
sions du rapport de la Soua-Commision, 

M. Baïlly. — Le projet de règlement qu'on nous soumet a 
pour but de rendre plus facile^» très faciles m^ine, les place* 
ments volontaires d'adultes et d'enfants. Cette faculté accor- 
dée au public de pouvoir placer plus facilement ses malades, 
aura très prochainement pour etTet : 



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cvrii Assistance des enfants aliénés. 

1*" DVncombrcr nos asiles et nos quartiers d'aliénés et par 
auîU' tli^ retarder et même d'empêcher l'admission des mal- 
heun*ux sans famile et sans amis ; 

'2" D'accroître considérablement les dépenses que le Dépar- 
tement ne cesse de s'imposer pour le traitement des aliénés. 

Je comprends que, dans un but humanitaire, on veuille éviter 
à ces malades, le passage par l'Infirmerie du Dépôt et leur 
transport à l'asile Clinique par les voitures cellulaires; mais 
alors enleiidons-nous, choisissons un autre procédé, et ne 
faisons plus passer nos malades par la Préfecture de police. 
Quant aux enfants épileptiques, idiots et arriérés, nous 
pouvons titti^ndre, avant de les admettre à première demande. 
le vote d^' în nouvelle loi en préparation et surtout la cons- 
truction de nouveaux bâtiments. — Rien ne nous presse. 

Tout en rendant hommage aux sentiments humanitaires 
qui ont inspiré l'Administration et la Sous-Commission, senti- 
ments que \v partage d'ailleurs, et afin d'éviter que les autres 
départements ne nous envoient pas leurs enfants idiots et 
épileptiques à hospitaliser, je prie la Commission de vouloir 
bien ajourner la question de ce règlement jusqu'après le vote, 
par la t.'hambre des députés, du projet de la loi Reinach, qui 
je Tespère, îjnposera, soit aux départements, soit aux com- 
munes, l'hospitalisation de leurs enfants. 

M- Le Rûtx. — L'Administration, en présentant ce projet 
de règlement, a tenu compte des observations qui lui ont été 
faites tant par le Conseil général que par la Commission de 
surveillance, d'éviter, autant que possible, le passage des 
malades et surtout des enfants, par l'Infirmerie spéciale du 
Dépôt, En prescrivant leur placement direct dans nos établis- 
sèment^, nous n'augmenterons pas sensiblement le nombre 
des malades; nous ne ferons qu'éviter aux familles un certain 
nombre de démarches pénibles et surtout le transport de 
leurs aliénés à cette Infirmerie et de là à l'asile Clinique par 
les voitures cellulaires. 

En outre, nous revenons purement et simplement à l'ap- 
plication de la loi de 1838, en vertu de laquelle les place- 
meuu volontaires peuvent avoir lieu directement dans les 
s«Ues. 

M. le Pbksident. — Il est évident que l'adoption de ce 



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Discussion. cix 

rèjiclemcnt aura pour effet, dans un temps plus ou moins rap- 
proché, une augmentation de dépenses ; mais il présente tant 
d*avantages au point de vue de l'humanité qu'il ne me semble 
pas possible que nous puissions le repousser. 

M. le D' BOURNEVILLE. — Ce qui préoccupe M. Bailly c'est 
la crainte que l'application de ce règlement n'entraine une 
augmentation de dépenses, en facilitant le placement des alié- 
nés et surtout celui des enfants épileptiques ou idiots. Cette 
préoccupation est légitime ; mais c'est la môme préoccupation 
qui m'a fait agir en vous proposant l'adoption des conclusions 
de mon rapport. Un certain nombre de familles, pour éviter le 
passage par l'Infirmerie du Dépôt près la Préfecture de police, 
gardent leurs malades et ne se décident à les y conduire 
qu'après épuisement de leurs ressources et alors que la mala- 
die s'est agravée et est devenue incurable. Aussi qu'arrive-t-il? 
C'est que ces malades, une fois placés, guérissent diflicile- 
ment, si même ils guérissent. Par suite, ils restent plus long- 
temps dans nos établissements, qu'ils finissent par encom- 
brer. 

Si les malades étaient placés au début de leur accès, ils 
auraient plus de chance de guérison. Plus elle est traitée à 
une période voisine du début, plus l'aliénalion mentale est 
guérissable : c'est l'opinion unanime de tous les médecins alié- 
nistes. 

Cette règle générale est surtout applicable aux enfants. Plu- 
tôt ils sont placés dans les quartiers spéciaux, plus ils sont 
susceptibles d'amélioration et de guérison. D'ailleurs, en ce 
qui les concerne, beaucoup de départements se préoccupent 
déjà de leur hospitalisation. Je citerai, entre autre, la Seine- 
Inférieure et la Nièvre. Dans quelque temps nous aurons donc 
de moins en moins à craindre l'hospitalisation des enfrnts 
étrangers à la Seine. L'impulsion étant donnée, d'autres dépar- 
tements suivront. 

M. Bailly demande qu'avant de rien faire, nous attendions 
le vote de la loi en préparation; mais outre que le vote de 
celte nouvelle loi peut se faire attendre encore longtemps, 
nous n'avons qu'à nous reporter, aux termes du deuxième 
paragraphe de l'article 25 de la loi du 30 juin 1838, relatif aux 
placements volontaires, pour reconnaître que le législateur a 



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ex ASâlBTÀNCE DES ENFANTS AUEKÊB. 

voulu édictor non une loi de poli ce , mab une loi de bîenfal- 

Les cireulniros ministérioUc^s qui oui wuivî la loi du 30 juin 
1838 ont Bouvcnt rappelé aux I^rèfetn qu'ils devaient autant 
qui* passible faelUlcr aux familles k' placemeïit voloiUaire t*e 
leurs malades. 

Je prie, en conaéqueuce, la Commission de vouloir bien 
adopter jojî conclu8ions de mon rapport, ainsi que le projet de 
règlement qui nous est préseuttî, dont les disposî lions sont en 
parfait accord non seulement avec la ïépslation actuelle, 
mais encore avec les votes souvent réitiîrés du Conseil gêné- 
raL 

M. le Phestdëxt. — Si per^^onne ne demande plus la parole, 
je mets aux voix Tadoplion des conclusions du rapport pré- 
senté par M, le !>' ï3o\tn\€riîle, au nom de la Sous-Commis- 
BJon. 

Ces conclurions sont adoptées par S4^pt voix contre une 
abstention, sur huit ineaihres présents. 

M, le Président. — Je jnets maintenant aux voix radopiion 
du projet de réglt^ment en treize articles présenté par TAdmi- 
nistration bmt les placcjuents volontîtires, 

La Commission consultée émet un avis favorable à ce projet 
de réjjlenient par sept volx eontrc une abstention sur huit 
membres présents. 



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iir. 

D8 rèiucation d'uae catégorie spéciale d'enfants 

arriérés. 



Au commencement de Tannco 1892, nous avons 
reçu la visite do yV*\ Biirgwiu ([uî nous éLait adrt's- 
sée par lo School Board for Lontlun. iSa lettre d'ins- 
truction indiquant l'objet spécial do cette visite nous 
la reproduisons ; 

A Monsieur le D^ BounxEViLLE. 

13 janvier 1892. 
Monsii^uri 

îje Bureau des Ecolt^s de U Villc' de Londres est sur le 
point dû fonder une école pour Tinstruftiuii spéciale des 
en'^ants* qui* <'n rnlsou di^ !i*iir éiat malndif, tniit au point do 
vue physique qu*au point de vue montai, m^ pcuvi'iU recevoir 
d'une façon convirnablt^ rfiiscigncnient dans les écoles ordi* 
iiaires et par le^^ un^thodes en usage. 

Le Bureau désire donc sr rcMidrt» eonipte par lui-môme de 
rexpérienee dea personnes ([ui ont été appelées à la dueetion 
d'écoles suinlaires sur le Coiitit\ent. 

En connéquence, je prends la libertés au nom du Bureau des 
école.s de la Ville de Londres, de vous demander le concours 
de vos conseils éclairés^ sur cette matiO-rc, et do vouloir bien 
Initier à votre méthode MJsiress Dui'g^win, l'une des* direc" 
triées du Bureau, qui a été choisie pour prendre la direct ion 
des classes qu'il s'agit dt.* créer. 

Le Bureau ^ait que vous avez la direction d'une institutidu 
semblable à celle qu'il a en vue; aussi vous serait-il très 
reconnaissant de permettre à Mistrcss BurgvvinUe visiter V03 



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c:xïT De l'éducation des enfants arriérés. 

Ecoles, et lui donner tous les renseignements et documents 
qui peuvent lui être utiles. 

J'ai î'honncur d'être, Monsieur, avec la plus haute considé- 
ration, votre dévoué serviteur, etc.. 

Nous avons eu déjà roccasio.i de signaler à maintes 
reprises Tutilité qu'il y aurait à créer dans les villes 
un i>cu importantes et à Paris dans chacun des vingt 
arrondissements une ou plusieurs classes spéciales 
pour les enfants au-dessous de la moyenne et d'ins- 
tituer pour ces enfants un enseignement spécial 
analosru€> à celui qui existe pour les enfants arriérés. 
Ces enfai)ts sont la risée de leurs camarades et néces- 
sairement se trouvent plus ou moins délaissés par les 
instituteurs qui les considèrent comme des non-va- 
leurs. Nous avons donné des renseignements sur ce 
qui se fait déjà pour eux dans un certain nombre de 
villes d'Allemagne. Nous avons soulevé cette question 
Van dernier à la délégation cantonale du V* arrondis- 
sement^ sans avoir pu jusqu'ici la faire aboutir. Nous 
en avons également entretenu notre ami, M. Léon 
Bourgeois, quand il était ministre de l'instruction 
publique; nous devions même lui adresser sur ce 
sujet, à notre avis très intéressant, une lettre ouverte. 
Les circonstances nous en ont empêché. Nous avons 
cru devoir soulever de nouveau la question au sujet 
de la mission de Mistress BuLgwin. (1) 



(J} Voir î Aï chives de neurologie, 1893, n* 73, p. 156. 



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DEUXIÈME PARTIE 



Clinique 



BouMCEViiXE, Bicêireî 1892, 



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p 
I 



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Idiotie méniB^tique; 

Par BOURNBVILLE et NOIR. 



60MMAIBE, — Père et grand-père paternel, excès de boisson. 
Tante paternelle, suicidée. — Mère, convulsions de l'en- 
fance, suivies de strabisme \ alcoolisme; morte aliénée. — * 
Grand*père maternel, méchant et violent, alcoolique, 

— Soeur gourmande et voleuse. — Pas de consanguinité. 

— Inégalité d'âge de 6 ans. — Crises éclamptiques durant 
lagrossesse. — Lymphatisme^ — îdiotie complète: parole 
et marche nulles; gâlisjne; aucune connaissance des per^ 
sonnes. — Rougeole à la période d'incubation^ au moment 
de l'admission ; marche de la température ; — Otite prècé' 
dée €l*une ascension thermométrique; — broncho-pneu^ 
monte : mort : élév^Hon considérable de la température 
après le décès. 

Autopsie : état des sulurm; — lésions de mèningo-encé* 
phalite chronique; — persi&lti^nce du thymus. 

Toucb... Jeân-Etienne, 3 ans, né 1« 7 février 1889, à Saint- 
Cloud (Seine-cUOiae), eit rntré le 25 janvier i892, à Thospice 
deBicétre (service de M. Dourneville). 

Cet enfant, placé d'olTice comme étant atteint d'îdioUe, Tut 
dès son entrée envoyé au pavillon d'isolement, car il présen- 
tait BUT la tète plusieurs pUques de fetguô tonsurante. Le 
lendemain on notait une éruption, la rougeole, maladie qu'il 
avait contractée à l'hôpital d«a Enfants- malades où il a fait un 
«éjourde deux semaines avant de venir dans notre service* 

Renseignements fournis par son père (8 février). — Père, 
40 ans, blanchisseur. U raconte qu'il n'a marché qu'à 3 ans, 
que pendant BOn service militaire en Âfrtquei U a eu une lièvre.. 



L 



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r 



4 Idiotie mêningitiqub. 

typhoïde accompagnée d'un violent délire ; aucun trouble 
nerveux appréciable n'a succédé à cette maladie. Il avoue 
qu'il a rapporté d'Afrique l'habitude de prendre la goutte tous 
l^s matins et avant chaque repas un verre d'absinthe. Du côté 
paternel, signalons le grand-père alcoolique, mort des suites, 
d une phlébite. La grand'mère morte d'une ascite (?) vers 38 
ans et une tante, sœur de celle-ci, qui se suicida par chagrin 
d'amour. 

Afére, fille d'an alcoolique^ mort à la suite d'un accident 
survenu pendant qu'il était ivre, et d'une femme estropiée, 
contrefaite, « asthmatique », ne tarda pas à se livrer à des 
excès de boisson « pour se consoler des mauvaises affaires que 
faisait le ménage». Elle parvint à boire en moyenne un litre 
de rhum par jour et fut bientôt frappée d'aliénation mentale 
avec délire furieux qui nécessita son internement à l'asile de 
Clermont (Oise) où elle a succombé. Dans son enfance, elle 
avaït été atteinte de convulsions. Un certain degré de stra- 
bisme persistant en aurait été la conséquence. On ne peut 
donner d'autres renseignements. 

Pas de consanguinité. — Inégalité d'âge de 6 ans. 

10 enfants^b sont morts : 2 d'affections aiguës ; i athrepsique, 

5 jours après sa naissance; un autre pendant l'accouchement, 
enfla un dernier vint à 6 mois non viable ; une frayeur avait 
provoqué cette fausse couche. Parmi les 5 enfants vivants, 
signalons un jeune garçon de 13 ans, méchant et violent, une 
petite fille de 8 ans, gourmande et ayant, d'après les dires de 
son père, une tendance au vol très marquée pour satisfaire sa 
gourmandise ; notre petit malade, l'avant-dernier des enfants 
et une dernière fille, faible et mal portante. 

Antécédents personnels, — Lors de la conception, la mère 
commençait à se livrer à ses excès alcooliques. Pendant sa 
grossesse^ elle a eu deux attaques d'écHmpsie (?) bien caractéri- 
sées, — L'accouchement s'est fait normalement et sans chlo- 
roforme. L'enfant, à la naissance, n'était pas asphyxié et sem- 
blait bien constitué ; il fut envoyé en nourrice aux environs 
de Dijon et allaité avec du lait le vache. Il resta chez sanour- 
rice jusqu'à 3 ans, eut sa première dent à 7 mois, ne parvint 
jamais à parler, ni à marcher. La nourrice, dont les renseigne- 
ments semblent sujets à caution, aurait afilrmé au père que 
l'enfant n'avait jamais eu de convulsions, ni de maladies 
graves dur^at le séjour qu'il fit auprès d'elle (?). 



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DB3GRI?nON PU |CAt49B* 8 

État actuel (25 janmer), — Peau blanche et laiteuse ; che- 
veux châtains blonds^ quelques ganglions inguinaux engorgés 
à droite (lymphatisme). — La tête est asymétrique; la bosse 
pariétale droite est plus saillante. -* Face ovale; front un peu 
bombé ; arcades sourcilliôres peu proéminentes, recouvertes 
de sourcils peu fournis. La voûte palatine est très excavée, 
les amygdales sont volumineuses. La dentition est normale. 
Les oreilles bien ourlées et à lobules assez volumineux s'écar- 
tent d*une façon caractéristique. Signalons comme particula- 
rités, les difformités qu'offrent les mains de l'enfant, surtout la 
main droite qui est en demi-flexion sur l'avant bras ; les quatre 
derniers doigts sont demi fléchis sur le métacarpe. Toute la 
main est légèrement déviée sur le bord cubital. 

L'enfant ne reconnaît personne, ne parle pas, et gâte con- 
tinuellement. L'examen des organes des sens, en raison de 
son état intellectuel, est difttcile, néanmoins nous avons pu 
constater Tintrégrité des réflexes pupillaires et la conserva- 
tion de la sensibilité qui toutefois parait un peu obtuse. Ni 
sucre, ni albumine dans les urines. — L'enfant est très abattu, 
paraît souffrant et pousse des cris plaintifs. T.R. 3S<*,3. 

26 janvier, — Matin : T. R. 37o, 4. — Soir : T. R. 39<», 3. 

27 janvier. — Eruption morbilleuae caractéristique sur la 
face et le corps. Catarrhe conjonctivo-rhino-pharyngien peu 
accentué. Pas de signes pulmonaires. Matin : T. R. 39^. — 
Soir : T. R. 39». 

28 janvier. — L'éruption pâlit sur le corps, devient conflu- 
ente à la face. A l'auscultation, respiration rude des deux côtés. 
Afatin ; T. R. 39o. 8. — Soir : T. R. 39o. 

29 janvier. — Matin : T. R. 38». --Soir : T. R. 38», 8. 

30 janvier. -* L'éruption a disparu presque complètement ; 
quelques râles muqueux et sonores dans les poumons. 

31 janvier. — Matin : T. R. 37», 7. — Soir : T. R. 38», 8. 

2 février. — Adynamie. Lèvres fuligineuses. Langue sèche. 
Râles muqueux très nombreux dans toute l'étendue de la 
poitrine à droite et à gauche. Matin : T. R. 38^2.— Sot>: 
T. R. 38« ,4 . Ventouses sèches, potion calmante. 

3 février. *- État à peu près stationnaire. — ilf atm : T. R. 
37*» ,9. — Soir: T.R. 38» ,2. Sirop d'ipéca. 

4 février. — Matin ; T. R. 39», 1. — Soir : T. R. 39». 

6 février. — Adynamie plus accentuée. Même état des 
poumons. Matin : T.R. 39<». --Soir : 39«,2. Potion avec Banyuls 
et extr. de quinquina.. 

7 février. — Jtfatin : T. R. 38* , 4. — Soir : T. R. 38* , 7. 



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s IDIÔTII MÊNINGITIQUB. 

8 février. — Dyspnée plus Intense. Otite moyenne suppu' 
Tée, Etat adynamique profond. Matin: T.R. 38«, 9. Mort une 
heure après la visite. T. R. après le décès, 41<», 2 ; un quart- 
d'heure après le décès 41o; une heure après, 40<>i ; deux heu- 
res après, 38<*; trois heures après, 36<», 1. 

Mesures de^la tête {février 1892). 

Circonférence horizontale maxima 47 

Demi-circonférence bi-aaricalaire 20 

Distance de l'art, occipito-atloldienne à la racine da 

nez 23 

Diamètre antéro-postérieur maximum 15 

— bi-auriculaire 10 

— bi-pariétol 13 

— > bi-temporal 11,5 

Hauteur médiane du front 6 

Poidi 16 k. 500 

Taille i m. 02 

Autopsie (10 février 1892). — Poids du cadavre après le 
décès : 16 kgr. 200. — Rigidité cadavérique disparue, tissu 
cclluto-adipeux peu abondant. A l'ouverture de l'abdomen on 
ne voit.rien d*anormal. 

Cou. ^ Corps thyroïde {1 gr.) normal.— Thymus persistant 
10 gr). — Laryrucet trachée normaux. 

Thorax, — On ne constate pas d'adhérences pleurales, ni 
de lésions des plèvres tant pariétales que viscérales. -^ 
Péricarde, rien de particulier. — Cœur normal (20 gr.), trou 
de Botal obturé. — Poumon gauche (120 gr.) fortement 
congestionné et présentant sur toute son étendue des nodules 
hépatisés de broncho-pneumonie. Sur une coupe, les bronches 
laissent sourdre à la pression des gouttelettes muco-purulen- 
tes, ^ Poumon droit (160 gr.), congestionné, montrant des 
lésions analogues à celles du poumon gauche, mais moins 
intenses cependant. — Ganglions médiastinaux non engorgés. 

Abdomen. — Foie (500 gr.), sain. — Vésicule biliaire sans 
calculs. — Rate (55 gr.). — Reins droit et gauche (65 gr. cha- 
cun), normaux. 

Estomac, pancréas (15 gr.), intestins, uretères: aucune 
lésion. — Vessie vide et sans calculs. 

Tête. — Voûte et base du crâne asymétriques ; aplatissement 
prononcé de Toccipital à gauche, d'où rétrécissement de la fosse 



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L ' J';^.^,'-!^.'--^»-^^.. 



Autopsie; cranb. 7 

correspondante. Calotte présentant Tépaisseur normale de 
celle d'un enfant de cet âge. Bosses asymétriques. BoMe 
pariétale droite un peu saillante : plagiocéphalie. Fontanelles 
oblitérées ; zone transparente à la partie postérieure des deux 
pariétaux. Deux zones transparentes à 15 mm. environ de 
la suture fronto-pariétale sur la ligne médiane. La zone droite 
a 45 mm. de largeur sur 20 mm. de longueur et s'étend jusqu'à 
la suture sagittale, où elle se fusionne avec la zone gauche, 
qui a 15 mm. de long sur 10 mm. de large. Un léger épaissis- 
sèment linéaire sépare ces deux zones. Une petite surface 
transparente de 10 mm. sur 3 mm. existe encore au niveau de 
la partie interne de la bosse pariétale droite à 2 cm. environ 
de la suture sagittale. — Sutures, Il n'y a pas de traces de la 
suture métopique. La suture fronto-pariétale, est un peu 
sinueuse à sa partie médiane, offre la forme d'un S italique 
très allongé ; elle devient un peu sinueuse à ses parties laté- 
rales. La suture sagitale d'abord rectiligne et légèrement 
sinueuse, présente à sa partie médiane des dentelures plus 
grandes pendant 3 cm. environ pour redevenir presque recti- 
ligne à soutiers inférieur. La suture lambdoide, régulière, est 
très dentelée à gauche, adroite elle est plus irrégulière et àsi« 
nuosités plus petites. Ni sur la face interne, ni sur la face exter* 
ne, on ne trouve la plus légère trace de synostose. 

Crâne assez dur; épaisseur variant de 3 à 6 millim. ^ A 
l'ouverture du crâne il s'est écoulé une assez grande quantité 
de liquide céphalo-rachidien, La durc-mèrc, très adhérente, 
surtout aux points d'insertion de la faux du cerveau, se déta* 
che très diflicilemcnt au niveau de l'angle antérieur des parié- 
taux. Les artères de la base sont symétriques. La pie-mère 
cérébrale est très notablemant hypérémiée. Sa vascularisation 
est plus prononcée au niveau de la région sylvienne de 
l'hémisphère gauche et du bord supérieur de cet hémisphère* 
A droite elle présente des adhérences au niveau du pli parié* 
tal inférieur et du lobe frontal. La décortication néanmoins 
s'opère assez facilement. 

Encéphale 896 gr. 

Hémitpbèie cérébral droit MO • 

Hémisphère cérébral gauche 400 • 

Cervelet et ithsme 90 • 

Hémisphère cérébelleux droit 40 • 

Hémisphère cérébelleux gauche 35 • 

Bulbe et protubérance 15 • 

Cerveau. Hémisphère droit. — a) Face convexe. Le lobe 



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t Idiot» MinmaniQicjB. 

frontal est nettement limité en bas par la scissure de &yWkM 
profonde, et permettant devoir nettement dans récartemeni 
de ses branckes le lobule de l'insula qui parait normal . Le 
Eïllon de Rolando e«t moins inarqué. F^ et F* sont tr^ con- 
tournées ùt unies par trois plis de passage perpendiculaires «à 
ces circonvolutions. F* présente des adhérences ^ la 
pie^mdre. —- P très contournée a la forme d'un S italique 
et olfre un pU de passage avec la F* à son tiers antérieur. 
Toute cette partie, ainsi que le second tiers antérieur, sont le 
ê'ïége d'adhérences pie-mériennes. Le tiers postérieur et le pli 
de passage avec la frontale ascendante sont peu dévcloppés.^- 
Fâ est divisée en trois sections par des sillons antéro- 
postérieurs; seul le tiers inférieur . parait bien développé. 
FÀ est très volumineuse. Rien à noter au lobe pariétal, 
ni au pli courbe, si ce n'est des adhérences nombreuses au 
niveau de leur jonction au lobe temporal et à la partie supé- 
rieure et postérieure de la scissure de Sylvius. P offire aussi 
quelques adtiôrences. 

b) Face iaieme, — Lobule paracential, cuneus, lobe occi- 
pital, etc., rien de particulier. 

Hémisphère gauche. Cet hémisphère est nettement divisé 
en deux étages, supérieur et inférieur, par la scissure de 
Sylviua et une ligne d'adhérences pie-mériennes s'étendant de 
la branche postérieure de cette scissure au cuneus. Le lobule 
de rtnsula est normal en apparence. 

Les troia circonvolutions frontales sont très développées. 
La F' est tout particulièrement contournée. Toutefois elle 
n'envoie guère qu'un pli de passage au niveau de son quart 
antérieur à F* tandis que F^ et F* présentent environ cinq 
plis de passage entre elles sur toute leur étendue. 

La scissure prérolandique est très développée et sépare 
complètement FA du reste du lobe frontal. Cette scissure se 
continue du reste avec la branche inférieure de la scissure 
de Sylvius, Par contre le sillon de Rolande est à peine 
creusé. 

Le reste de la face externe de l'hémisphère n*o(frd 
guère d'intérêt, si ce n'est la région inférieure du lobe parié- 
tal et la région supérieure des lobes temporal et occipital qui 
présente des traces d'adhérences nombreuses et profondes. 

h) Face interne et base. — Rien de particulier à noter. 
Traces d'adhérences assez nombreuses au niveau du lobe 
orbitaïre. 

Les couchés optiques paraissent un peu rétrécies. 



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HÈFLBZI0N8. 9 

Les ventricules latéraux sont manifestement dilatés, sur- 
tout le droit. 

La protubérance, les olives et les pyramides antérieures 
sont nettement le siège d'une induration prononcée. Le cerve^ 
let est aussi induré. 

Moelle (20 gr) . Aucune lésion macroscopique. 

Réflexions. — I. Les antécédents héréditaires 
relèvent de V alcoolisme: père ^ mère, grands-parents 
sont ivrognes. C'est le cas de dire avec Rabelais que 
le couvercle vaut le chaudron. 

II. Nous n'avons pu recueillir aucun renseigne- 
ment sériQux sur les antécédents pei^sonnels do 
l'enfant. Il est probable que la nourrice n'a paa fait 
connaître la vérité. 

III. Signalons la marche de la température dans 
la rougeole et en particulier la veille de l'éruption, 
et la diminution de poids (300 gr). 

IV. Enfin au point de vue anatomo-pathologique, 
mentionnons les lésions deméningo-encéphalitey les 
plaques transparentes des os du crâne et l'absence 
de synostose. 



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IL 

Idiotie symptûmatique d'un ancien foyer (pseudo- 
kyste) du lobe temporal gauche et de méningite 
de rhémisphère droit; 

Paë BOUH.MÎ ville et Paul FEURIEIL. 



goMMAiivE, — Père ne ri? eux, convulsions de Venfance ; 
fièvres intermittentes probables. — Grand père paternel ^ 
excès de boisson, — Grand "mère paternelle nerveuse. — 
A rr iè re- g ra. n d -pè re pnterne l m ôrl d 'h èmor rhug iecêrêb raie , 
— Cousin paterneL excès de boisson, aliéné. — Oncie patev' 
net mort de convulsions. — Mère sujelte à des névralgies 
faciales. — Grand-père maternel, txcès de boisson, mort 
de congestion cérébrale, ayec paralysie du cùlé gauche — 
Grand' mère maternelle sujeMe à des nêijralgies faciales. — 
Arriére-grand-père maternel, suicidé. — Arrière-grand' 
mère maternelle, excès de boissoji. — Deuxième arrière- 
grand'mère maternelle morte d'un cancer du sein. — Pas 
^ de consanguinité. — Inégalité d*dge de S ans^ 

Émotion vive et chute durant la grossesse. — Naissance 
un peu avant terme, — Accidents convulsifs mal caracté- 
risée du 18' au 39" jour après la naissance. — Premières 
dents à un an. — Accès de cris, — Cognemênts de tête 
contre les murs. — Blépharite. — Parole et marche nulles : 
jambes de plus en plus faibles, 

WJ\. Accès de colère et de cris. — Balancement latéral 
de la tête et anîéro-poslèrîeur du tronc ; grinmces de la face 
et occlusion des paupières ^ — Grincements de dents. — 
Attention et affeciii^ité nulles. — Onanisme. 

Octobre : Toux^ diarrhée, amaigrissement, 

1892. Cachexie tuberculeuse. — Mort, 

A u tops ie: no m b reuses ad h é re nces de la p ie-mèrei^a bs ence 



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Antécédents. 41 

du tubercule mamillaire gauche; -^ pseudo-kyste du lobe 
gauche; tuberculisation pulmonaire, ganglionnaire ^ péri- 
tonéale, etc. 

SchefT..., Désirée, née à Paris le 12 avril 1888, est entrée le 
5 jula 1891, à la Fondation Vallée (service de M. Bournevillk). 

Antécédents héréditaires. (Renseignements fournis par le 
père de Venfant,) — Pèrey 29 ans, facteur des postes. Aurait 
eu des convulsions dans l'enfance ; pas de fièvre typhoïde, de 
migraines, d'accidents scrofuleux, de rhumatismes, ni de syphi- 
lis. Il aurait eu les fièvres (?) au Tonkin. Il est sobre^ fume peu, 
est assez nerveux et émotif, s'emporte facilement. Il parait 
robuste, bien constitué et intelligent. — [Père, 55 ans, marbrier 
en pendules ; excès habituels de boisson, sans ivresse ; carac- 
tère emporté, mais pas de troubles mentaux. Il est d'ailleurs 
bien portant. — Mère, 53 ans, intelligente, émotive, très-bien 
portante. Jamais de crises nerveuses. — Grand-père paternel 
mort à 60 ans d*hémorrhagie cérébrale; il n'était pas nerveux. 
Grand*mère patemelley 78 ans, intelligente, saine d'esprit. — 
Onze oncles et tantes paternels parmi lesquels aucun n'a eu 
de maladies mentales ou nerveuses. — Un cousin germain 
de la grand-mère de l'enfant est interné dans un asile d'aliénés 
depuis 1874 à la suite d'une insolation. Il faisait des excès de 
boisson. — Un frère est mort de convulsions. Des 5 autres, 
un a été réformé pour faiblesse de constitution ; celui-là et les 
4 autres se portent bien. Deux soeurs mortes jeunes, on ne 
sait de quoi ; deux autres bien portantes, mais nerveuses, sans 
crises. — Dans le reste de la famille, pas de tare physique ou 
physiologique ; pas de criminels, de suicidés, de débauchées.] 

Mère, 21 ans, mariée à 17 ans, petite mais bien portante. 
Aucune maladie connue du mari. Nerveuse, sans crises. 
Bon caractère. Intelligente. Morte le 23 octobre 1891 de péri- 
tonite après accouchement chez elle par une sage-femme. — 
[Père, mort à 40 ans de congestion cérébrale après 3 semaines 
de maladie, avec hémiplégie gauche. Il était nerveux, emporté 
et sujet à des ivresses fréquentes. — Mère, 39 ans, intelligente, 
rien de particulier. — Grand-père patemeL suicidé ; on ignore 
la cause de ce suicide. — Grand'mère paternelle morte à 60 
ans. Elle commettait des excès de boisson et était souvent 
ivre. Grand-père et grand'mère maternels non nerveux, 
intelligents, morts l'un à 60 ans, l'autre à 45 ans, d'un cancer 
du sein. — Un oncle paternel est mort de la poitrine à 19 ans. 



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42 Idiotie stmptoicatiqub. 

— Pas d'aliénés, d*épilepiques, etc., dans le reste de la famille. 
Pas de eoneanguinité. — Inégalité d'âge de 8 ans. 

Deux enfants : 1« un garçon, 18 mois très bien portant, 
fort» avancé pour son âge; pas de convulsions; — 2<» notre 
malade. 

Notre makrfe- — Rien de particulier à la conception qui a 
BU lieu peu après le mariage. — Pendant la grossesse, au 
lixième mois, émotion vive due à une peur : étant en train 
de travailler seule, le soir, dans sa chambre, sa sœur est 
entrée à Timproviste en jetant un cri : elle a failli se trou- 
ver mal, a dit que Tenfant remuait violemment dans son 
ventre et qu'il avait fait demi-tour. Elle trembla durant quel- 
ques instants. Un mois auparavant elle était tombée et dans 
sa chute avait en quelque sorte glissé sur son ventre. Cette 
chute n'oceaBionna ni émotion ni aucun accident; elle se 
releva seule et vite. — Accouc/iemen^ huit jours environ avant 
terme, naturel, sans chloroforme, après un travail de 24 heures. 

— Pas d'asphyxie à la naissance, pas de circulaires du cordon, 
etc. G'é ta i t une belle e nfant , très forte , Elevée cinq mois au sein 
par sa mère, puis au biberon (lait de vache) ; sevrée vers unan, 
la dentition se développa lentement: i'« dent à un an, une 
dent récemment formée encore. 

A iS jours, elle fut atteinte de convulsions. La face était 
bleue, les yeux roulaient. On ne sait s'ils se tournaient d'un 
côté plutôt que de l'autre. Il se passait dans sa gorge un bruit 
que le p^re délinit : « comme si on l'étranglait, v Les membres 
« se raidissaient droits ». On n'a pas remarqué de secousses. 
La convulsion durait une minute, revenait au bout d'une 
demi-heure. Ces accidents se reproduisirent pendant trois se- 
maines. Le père affirme que, ultérieurement, lorsque Tenfant 
A commcne(^ à se tenir un peu sur les jambes, il n*a pas re- 
marqué de différence ; mais que, au lieu de faire des progrès 
les jambes devenaient de plus en plus faibles. Sch.. ne voulait 
pas qu'on la prit de la main gauche, elle voulait que ce fût de 
la main droite. On ne sait à quoi attribuer cette préférence. 
A partir do 18 mois, l'enfant se donna des coups de poing sur 
la tôte, pendant 5 ou 6 mois seulement. Si elle était près d'un 
mur, elle s'y frappait la tète et riait. Son père attribue ces ac- 
cidents à la dentition. 

Depuis Vàge de 15 mois, jusqu'à 2 ans et demi, accès décris 
la nuit, ff Quelques claques sur les fesses, un changement de 
position syr le côté, et elle se rendormait », dit son père. 

Absolument aucune autre maladie qu'une en(ërt(e avec sellea 



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Description de la malade. i^ 

sanguinolentes à Tâge de 2 mois. Pas de fièvres éruptivea. Blé- 
pharite qui dura environ 2 mois. 

Bon appétit. Pas de troubles digestifs. Constipation habi- 
tuelle. Elle perdait matières et urines lorsqu'on ne la mettait 
pas sur le vase. Ne toussait pas, dormait bien, ne grinçait pas 
des dents. A la maison, elle restait assise, ou se traînait par 
terre^ ou marchait sur les genoux. Elle fit pendant quelques 
temps des grimaces d'un seul côté de la face, on ne sait plus 
lequel; ces grimaces qui ont débuté vers deux ans et demi^ 
étaient devenues très rares moment de l'entrée de l'enfant 
à la Fondation Vallée. Elle n'avait jamais les yeux fixés sur ce 
qu'on lui faisait voir; riait bêtement, sans motif; son sourire 
ne ressemblait pas à celui des autres enfants » . Elle émettait 
quelques monosyllabes sans aucun sens. Dans les derniers 
temps seulement de son séjour chez ses parents, elle parais- 
sait reconnaître son père ; pleurait lorsqu'il partait, essayait 
de quitter sa mère comme pour venir au-devant de lui lors- 
qu'il rentrait. Elle se mettait dans de violentes colères lors- 
qu'on lui refusait ce qu'elle désirait. 

Les parents ont demandé le placement de leur fille parce 
c^'elle est très en retard à tous les points de vue. 

Etat actuel (8 juin 1891). — Enfant de petite taille, assez 
cbétive. Ne se tient debout que soutenue sous les bras. Ne 
parle pas, ne paraît rien comprendre, ne fixe son attention sur 
rien. Se met en colère, agite ses bras et ses jambes quand on 
l'examine. 

Tête ronde, assez développée ; bosses occipitales et parié- 
tales saillantes. Sutures et fontanelles imperceptibles au pal- 
per. Cuir chevelu sain. Cheveux châtain clair, assez longs, 
fins, régulièrement implantés; tempes recouvertes par les 
cheveux. 

Circonférence horizontale maxima 450 mil. 

Demi-circonféreoce bi-auriculaire 300 

Distonce de la racine du nez à rarticulation occi- 

pito-atloldienne 320 

Diamètre antéro-postérieur maximum 148 

— bi-aunculaire 95 

— bi-pariétal 124 

âauteur médiane du firent 50 

Front peu élevé, très bombé, non fuyant ; bosses frontales 
assez marquées. Arcades orbitaires peu saillantes. Sourcils 
assez fournis, châtain foncé. Paupières supérieures courtes, 
4|alement mobiles et tombantes , sans lésions. Gils, ch4taia 



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lé rBlQflE SYMPTOUATIQUE. 

foncé, assez longs, régunèrement implantés, Conjonctivei 
oculaires et palpébrales sainaa ainsi que la cornée. Iris 
marron foncé ; pupilles égales» réagissant normalement à la 
lumière et à Vaccommoclation ; pas de stcabîamCr de paralysie, 
de nystagmus, etc. 

Nez court, épaté, un peu camus* Narines écartées, sous- 
cloison un peu saillante; cloison non déviée. Il est impossible 
de se rendre compte de l'odorat, qui est, en tous cas^ déve- 
loppé jusqu'à un certam point. (Plus tard on constata qu'elle 
ne faîisaif pas la dilTérence do^ bonnes et des mauvaises 
odeurs). Joues assez pleines, colorées . — Bouche assez grande ; 
commissures horizontales. Lôvre supérieure peu élevée^ avec 
sillon médian assez marqué. — Physionoînte sans expression » 

Dentition de lait encore complète. Dents de bonne qualité, 
sur des arcades un peu courtes. Dents trop serrées pour per- 
mettre la sortie exacte et régulière des deots permanentes. 
Articulation profonde, avec léger prognathisme supérieur. — 
Mastication bonne. 

Oreilles grandes ^ écartées. Lobule un peu allongé, 'partiel- 
lement adhérent. Les différentes parties de l'oreille sont nor- 
males. L'orifice du conduit auditif externe est assez large; 
pas d'otorrhée. L*ouïe semble normale. 

Cou court, assez mince. A sa partie moyenne, circonférence 
de 2ïi centiQiètres. Pas de cicatrices ni d^adénites cervicales. 
Corps thyroïde vaguement perceptible. 

Thorax peu développé. Région înterscapulaîre couverte 
d'un duvet fin et assez abondant. Pas de lésions ni de cour- 
bures anormales de lacolomie dorsale. — Courbure des côtes 
régulière. Pas de chapelet rachitique ; pas de malformation du 
sternum, — Glandes mammaires non développées. Aréoles 
comme une pièce de fr, &0, un peu pigmentées. Mamelon non 
saillant, 

La respiration et la crrcuiah'on sont naturelles. La pointe 
du cœur bat dans le 4^* espace, les battements sont réguliers» 

Abdomen glabre, sans cicatrices, souple àlapalpation. Pas 
de hernies, matité hépatique normale. Matité splénique vague- 
ment perceptible. Pas de courbures anormales du rachis lom- 
baire. Bassin proportionné à la taille de l'enfant, non dévié, 

Pénil peu saillant» Grandes lùvros minces. Ces parties sont 
glabres. Petites lèvres, capuchon, clitoris, très*petits. Hymen 
un peu boursouflé, orifice trés*petit, en forme de fente autéro* 
postérieure, Pourtou** de l'anus fortement pigmenté. 

Membres supérieurs assez grêles. Pannicule adipeux asse^ 
abondant pMuscles ot os grêles. Trois cicsitricee de vaocîac aa 



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«^ 



Description db la maladb. 15 

bras droit. Articulations saines. Mains petites, doigts eflilés. 
Ongles courts, aplatis. 

Membres in/'ëneurs assez développés, d'égale longueur. Os 
et articulations sains. Pas de déformation des genoux. Pieds 
petits, concavité normale de la voûte. Orteils courts, non 
déviés. Ongles petits et plats. Réflexes rotuliens normaux. 
La sensibilité semble normale sur toute retendue de la sur- 
face cutanée. 

Dans le cours de son séjour à la Fondation Vallée, on cens* 
tate que l'enfant ne parle en aucune façon. Elle ne fait entendre 
qu'un petit cri « qui ressemble à un vagissement. » 

Elle ne mange pas seule avec une cuiller, mais elle porte 
bien à sa bouche un morceau de pain qu'elle parait manger 
avec plaisir. Elle ne bave pas, n'a pas de mouvements de suc- 
cion, de vomissements, de rumination. Elle aime les choses 
sucrées, a bon appétit, n'est ni salace, ni vorace, rejette le» 
choses vinaigrées. Elle ne voulait prendre ni lait ni vin. Son 
pore a dit qu'elle buvait toujours chaud, le plus souvent de la 
tisane. On peut attirer son attention en l'appelant. Elle n'est 
donc pas sourde. Elle aurait présenté fréquemment du stra- 
bisme. Elle marche tenue par la main. Elle a môme fait un pas 
ou deux seule. 

Absolument incapable de se nettoyer, de se déshabiller, de 
s'habiller. Très-propre et soignée à l'entrée, elle gâte main- 
tenant le jour et la nuit. On se rappelle qu'il en était ainsi chez 
ses parents lorsqu'on ne la mettait pas sur le vase. Onanisme 
efîréné, crural et manuel. 

Tics : L'enfant ferme souvent les yeux, fait des grimaces de la 
face, grince des dents. Balancement de la tête de droite à gau* 
che et du tronc d'avant en arrière. 

Sommeil bon, calme. Enfant colère. Pleure une partie de la 
journée. Elle ne veut pas être portée, ou arrache alors les 
boutons, et donne dos coups de tète. N'est pas affectueuse. 
N'a pas fait la moindre amitié à ses parents à leurs deux 
visites ; ne paraissait pas les reconnaître. Poids : 8 kilog ; taille : 
85 cent. 

20 juin. — On continue à donner du sirop d'iodure de fer, 
en supprimant l'huile de foie de morue. Deux bains salés de 
10 minutes chacun. — Exercices de la marche. 

3 juillet. — L'enfant maintenant marche seule; elle semble 
moins colère, et est devenue un peu plus caressante. 

!•' octobre. — L'enfant, depuis quelques jours, n'a pas 
d'appétit, dort mal, crie. Elle tousse un peu. A l'auscultation, 



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-^ 



1 




16 Description de ul bcalaîdb. 

quelques râtes sonores disséminés dans la poitrine. Rien au. 
cœur. Rien dans la gorge. Pas de vomissements, pas de 
diarrhée. 

B octobre. — Pas d*amélioration sensible. Elle a maintenant 
une diarrhée, assez abondante et très fétide. Abdomen souple» 
non douloureux à la palpation. T. R. 38o. Anorexie, toux, ainai« 
grissement. -» Potion calmante avec sirop de tolu, teinture 
d'aconit. — Neiphtol et bismuth. 

15 oclobre. — Langue sale, anorexie complète. Diarrhée 
jaunâtre, très-fétide. Toux fréquente, râles sous-crépitants 
en dîfTërentâ points de la poitrine. 

28 octobre^ ^ Pas de modification. Le laudanum, les lave- 
ments au nitrate d'argent^ le naphthol et le bismuth n'influeor 
cent pag la diarrhée. — Toux toujours aussi fréquente. Rien 
de localisé à la percussion, auscultation diflicile : Tenfaot crie 
lorsqu'on l'examine. 

"29 Qciobre^ — Même état. Potion avec acide lactique 2 gr. 
Eau albumineuse. 

30 octobre. — T. R. 37o, 5. — Soir T. R. 37», 2. 

31 octobre. — T. R. 37», 3. —Soir: T. R. 38», 3. 
1" 7iovembre. — T. R. 37<>, 8. — Soir: T. R. 38», 5. 

2 novembre. — T. R. 38^ 2. — Soir: T. R. 37», 7. 

3 novembre. — Toux moins fréquente ; diarrhée moins abon- 
dante, s'arrôtant même pendant quelques heures. L'enfant 
prend quelques aliments. T. R. 37o, 7 et 37», 6. 

4 novembre. — T. R. 33«, 2. — Soir :T. R. 39», 2. 

5 novembre. — T. R. 37», 8. — Soir: T. R. 38^ 4. 

6 novembre. — T. R. 37», 3. — Soir: T. R. 38o, 6. 

7 novembre. — T. R. 3^. —Soir; T. R. 38«, 4. 

8 novembre. — T. R. 38«, 1. — Soir: T. R. 38», 2. 

9 novembre. — Amélioration marquée. Diarrhée cessant 
complélement à certains moments, pour reprendre, ilest vrair 
tuais cédant facilement au traitement par l'acide lactique. A 
l'auscultation, quelques râles sonores et sous-crépitants fini 
disséminés. L'enfant mange assez bien. Sommeil bon. T. R» 
37<î, 9 et 37*, 3. 

ÎO novembre. — T. R. 37<». — Soir : T. R. 37o, 3. 
H novembre. -^ T. R. 38<», 7. — Soir: T. R. 37«, 8, 
n novembre. — T. R. 37o, 4. — Soir: T. R. 39o, 4. 

13 novembre. — L'amélioration continue. L'enfant a meil« 
leure mine, ne crie plus dès qu'on s'approche d'elle et qu'on 
rexamine. EHe n'a plus de diarrhée. La toux est moins fré« 
quente. T. R, 3&^ et 39. 

14 novembre, ^ T. R. 38«, 6. -^ Soir: T. R. 37«, 5. 



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CACHEIIE TUSE&Ct^LEUSB* Vt 

15 novembre. — T. R. 37*, 5. — Soir: T. R. 37°, 4. A partir 
de là jusqu'au 28 novembre, la température a oscillé entre 37', 
2 et 3B°i 4 (une fois), reslEint le plus souvent un peu au-deasus 
ou au-dessous de 37*, 5* 

21 novembre^ — Revacclnation sans résultat^ (30 novem.) 

1892. — Du l»*" au 31 janvier, la temi><5rature prise matin et 
soir est restée entre 37** et 38* ut descendant môme six fois à 
36°, 9. 

2 fém'ier. — L*enfant tousse beaucoup et s*affaiblit de plus 
en plus. Diarrhée. — Aspect cachectique, T, R. 37". 2 et 37°, 

9 février. — Quatre ulcérations au niveau du sacrum, pas 
de Buppuration : fond noirâtre, bords blanchâtres. T. R. 36°, 8 
et 37°, 3. 

iO février. -^ T. R. 36", 0. — Soir: T. R. 37°, 3 

11 féi^rier. — T. R. 30°, 8, --SoiriT, R. 36", 9. 

12 février. — Matin: T. R. 3i»°, 7. Mort à heures. Poids: 
6 kilogr. — T. R. un quart d'heure après la mort, 35", 5. — Un© 
demi-heure après, 35°, 5i — 2 heures aprés^ 32". — 3 heures 
et 4 h. aprèSf 31°. 

Autopsie faite le 13 février 1892» 24 heures après la mort, ^ 
Le cadavre est très émacié. 

Tête. Cuir chevelu extrêmement amaigri, — Base ci a crfme 
tout à fait symétrique. Quant à la rouf ti le frontal droit semble 
un peu avancé, et loccipal droit un peu en retrait. — Les os 
du crâïie sont cxtrûmement minces et oiïrent tous de très nom- 
breuses plaques transparentes. — La suture sagitlalù vue par 
transparence, laisse apercevoir des iniersHcea nombreuses 
permettant l'introduction diin bec de plume surtout dans le 
rayon qui s'étend sur une longueur de 3 conti mètres en avant 
des trous pariétaux 0^ gauche seul existe). La face externe 
ne porte en aucun point de son trajet trace d*un début quel- 
conque de synostose, lien est de même à la face interne. La 
suture est d'une grande simplicité et très peu arborescente. — 
La suture cc>r07ia!é est libre dans toute son étendue tant à 
la face interne qu'à la face externe, — La suture lambdoïde 
est entièrement libre et un peu plus compliquée que la sagi- 
taie on rencontre un petit os wormien à un centimètre de 
l'angle sur la branche droite. — Il n'y a pas trace de \s^ suture 
méiopique. 

Les sinus de la dure-mère sont remplis de caillots noirs et 
légèrement jaunâtres. — La dwre-Uîére est très adhérente tout 
le long de la suture interpariétale^ les dentelures des sutures ne 

Boit ENE VILLE, Bicétrej 1892, 2 



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18 PSBUDO-KYSTB ET MÉNINGITE CHRONIQUE. 

flûnt plus apparentes. — Quand on a enlevé Tencéphale, il 
s'est écoulé 75 grammes de liquide céphalo-rachidien mêlé 
de sang. 

Les artères de la base, les nerfs olfactifs, optiques, les ban- 
delettes et les pédoncules cérébraux, sont symétriques, mais 
le tubercule mamillaire gauche parait faire défaut complète- 
ment. Le tubercule mamillaire droit a environ 5 millimètres, 
sur \ millimètres, c'est-à-dire ses dimensions ordinaires. La 
protubérance f les pyramides et les olives sont égales. 



Kncéphaie 720 gr. 

Hémisphère cérébral droit , 330 gr. 

Hémisphère cérébral gauche 275 gr. 

Cerveau » 605 gr. 

Cervelet et isthme 120 gr. 

Hémisphère cérébelleux droit 51 gr. 

Hémisphère cérébelleux gauche 51 gr. 

Bulbe et protubérance 18 gr. 



IHe-mère, Elle adhère sur Vhémisphère gauche au niveau 
du lobule pariétal inférieur, de la !••« circonvolution occipitale, 
de la partie antérieure de la !'• frontale. Il y a aussi quelques 
adhérences à la face interne du môme hémisphère. 

Sur Vhémisphère droit, les adhérences sont beaucoup plus 
étendues. Les parties saines de Técorce sont, à la face externe : 
une petite portion de lai»* frontale située vers sa partie moy- 
enne et la portion correspondante delà 2« frontale (en tout, 
une étendue de 2 centimètres carrés) ; la partie moyenne de la 
frontale ascendante sur i/2 centimètre carré; la portion mo}'- 
enne do la pariétale ascendante sur 3 centimètres 5 de long ; 
la portion externe des circonvolutions occipitales; la portion 
antérieure de la !'• temporale ; à la face interne, les circonvo- 
lutions occipitales, la portion moyenne de la circonvolution du 
corps calleux. — Rien d'anormal dans la forme et la distribu- 
lion des circonvolutions. 

Sur 17iëmi«p/iére gauc/ic siège une poc/ie de couleur ocreuse 
à parois minces, s'étendant sur une longeur de 5 centimètres 
5 et une largeur de 3 centimètres. Cette poche offre le volume 
d'un gros œuf de pigeon, à grosse extrémité tournée en avant. 
Ouverte, elle laisse s'écouler un liquide jaune rougeâtre, assez 
Huide, d'aspect séreux. La poche, affaissée, s'étend: i^ d'avant 
en arrière, depuis la 3'»« frontale, en avant et au-dessous du 
cap, jusqu'à 4 centimètres en arrière de l'extrémité antérieure 
du lobe sphénoîdal ; 2o transversalement, du fond de la scis- 



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Tuberculose généralisée. 19 

sure de Sylvius, au-dessous de sa branche verticale Jusqu'au 
pédoncule cérébral (Pl. i etii). 

La circonférence adhère ainsi, au pli situé au- dessous et en 
avant du cap de F s, à la périphérie du lobule de l'insula, 
à l'extrémité antérieure de la 1^ temporale, empiète davan- 
tage sur la 2* temporale et sur la 3«, gagne la face inférieure 
et se dirige ensuite de dehors en dedans et d'arrière en avant 
jusqu'au-dessus du pédoncule cérébral qu'elle atteint à l'union 
de son tiers interne avec ses deux tiers externes; puis se dirige 
d'arrière en avant en suivant la face externe du pédoncule, pas- 
sant au-dessous des bandelettes optiques et gagnant la partie 
postérieure des circonvolutions frontales de la face inférieure. 

La surface recouvre : la partie postérieure et inférieure de 
la 3« frontale, la portion transversale de la scissure de Sylvius, 
le lobule de l'insula, la partie antérieure des circonvolutions 
occipitales, qui est détruite sauf au niveau de la 5«. 

Les couches optiques, les corps striés^ les ventricules laté- 
ratJLXf n'ont rien d'anormal. 

Le cervelet, la protubérance, le bulbe, n'offrent rien de 
particulier. 

Cou. La glande thyroïde est normale : 5 gr. Le thymu&, 
qu'il est impossible de peser faute d'en reconnaître exactement 
les limites, est longde 6 centimètres, dur, caséewjc.llestreliéen 
arrière à une masse caséeuse du volume d'un œuf de pigeon, 
qui s'étend un peu plus du côté droit par sa grosse extrémité. 
Cette masse recouvre la trachée et l'œsophage, qu'elle déborde 
un peu en arrière et à droite. Elle est séparée de la portion 
inférieure du thymus par les deux troncs brachio-céphaliques 
veineux. 

Thorax. Le pédicule pulmonaire gauche est resserré par de 
nombreux ganglions tuberculeux, A droite, ces ganglions sont 
dans le môme état, mais moins nombreux. Tous ces ganglions 
sont durs. Les deux plèvres viscérales portent des tubercules 
assez nombreux, à divers degrés d'évolution. Les deux plèvres 
pariétales ep portent également un très grand nombre à droite. 
5 ou 6 seulement à gauche. 

Poumon droit : 80 gr. La lame antérieure est emphyséma- 
teuse, ainsi que le bord antérieur du lobe inférieur. Quelques 
tubercules très-petits au sommet droit, qui est dur et tombe 
au fond de l'eau. Un tubercule dur, gros comme un pois, tout 
près du hile droit dans le tissu pulmonaire du lobe supérieur. 



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M TUBBR€U^SB aBNÉAALISBB. 

Poumon gauche : 120 gr. Le sommet, lalanguette antérieure, 
lea bords supérieur et inférieur du lobe inférieur sont emphy- 
aériiateu:i[. A la coupe du lobe supérieur, quelques tubercules. 
dont Tun, gros comme une lentille, est ramolli au centre et 
présenta une cavité pouvant contenir un grain de millet. 

Péricarde. A sa surface, sur le trajet du nerf phrénique 
gauche, deux tubercules. Sur le trajet du nerf phrénique 
droit, doux tubercules également, de l'un desquels on ne 
peut séparer le nerf par la dissection. Le péricarde contient 
environ 25 gr. de liquide citrin; sa face interne est d'un 
aspect lavé. — Cœur: 58 gr. Quatre tubercules gélatiniformes 
à la pointe. Les artères aorte et pulmonaire ont leur calibre 
normal. Les oreillettes et les ventricules sont bien séparés 
tl, partant, le trou deBotal est oblitéré. 

Abdomen. Lu péritoine viscéral et pariétal sont couverts de 
tubercules de différentes dimensions: le grand épiploon en 
est criblé. La face antérieure du foie et le petit épiploon, la 
face antérieure de l'estomac, la surface externe de la rate, 
portant d'assez nombreux tubercules. — Uintestin grêle est 
violacé et offre aussi des tubercules en grand nombre ainsi 
que le mésentère et les appendices épiploîques du gros intes- 
tin. 

Les ga.ngliùns mèsentériques sont gros et rosés. Au niveau 
de Tarigle (léo-cœcal existe un ganglion nettement caséeux. 
L'appendice vermiculaire remonte en arrière du cœcum, au- 
quel il est relié par un méso triangulaire dont le bord libre 
contient Tartère de Torgane. Celle-ci émet des branches par 
Ba convexité tournée du côté de l'appendice. Plaques de Peyer 
un peu gonflées, non ulcérées. L'intestin est très vascularisé. 

Foiet 450 gr. Adhérent au diaphragme, il présente de nom- 
breux labevcules à sa face supérieure. On en trouve aussi àla 
coupe ; l'un deux est coloré en vert par la bile. — Rate : 50 gr., 
dure ; assez nombreuxtuberbules sur des coupes. — Pancréas: 
10 gr., normal. — Rein et capsule surrénale gauches : 35 gr. — 
Hein et capsule surrénale droits : 33 gr. 

Les organes génitaux ne sont pas le siège de tubercules, 
mais le cul-de-sac de Douglas en est couvert. La vessie con- 
tient 15 gr. de liquide. — Uutérus est long de deux centimè- 
tres. Les ovaires ont une longueur d'un centimètre 5, une 
largeur de 7 millimètres, une épaisseur de 4 millimètres. — 
La mofi est due k la généralisation de la tuberculose. 



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RÉPLfixioîirs. tt 

Réflexions. — I. Au point de vue de l'hérédité^ 
on trouve chez les ascendants paternels, l'alcoolisme, 
des accidents cérébraux, des convulsions ; chez un 
collatéral, Talcoolisme et la folie ; du côté maternel, 
Talcoolisme, des accidents cérébraux. De plus, la 
tuberculose apparait chez les ascendants eoUa!^- 
reux les plus rapprochés. 11 est à remarquer (Jue 1^ 
ascendants directs étaient, à cet égard, relativement 
épargnés. 

n. Durant la grossesse, nous avouer noté une ôfatite 
de la mère sur le ventre au cinquième mois et un© 
émotion vive accompagnée d*un mouvement brusqué 
de Tenfant. Est-ce à ce moment que s'est développée 
la lésion qui a abouti au pseudo-kyste que nous avons 
trouvé à l'autopsie, nous ne saurions le dire. Mais il 
est certain que ces accidents surajoutés à l'hérédité 
ont préparé le terrain pour les convulsions qui, surve- 
nues au 18® jour delà vie, ont persisté pendant trois 
semaines. Si l'on accepte l'hypothèse que nous venons 
d'émettre au sujet de la genèse du pseudo-kyste, les 
convulsions prolongées et l'état concomittant consti- 
tueraient les symptômes correspondant aux lésions 
méningitiques. Nous rattacherons aussi à la ménin" 
gite chronique les coups que l'enfant se donnait sur la 
tête, ses accès de cris et de colère, le strabisme inter- 
mittent, la réapparition du gâtisme (la maladie s'ag- 
gravant), le grincement des dents, etc. 

III. Mentionnons aussi l'absence du tubercule 
gauche correspondant au pseudo-kyste. Uinégalité 
de poids des hémisphères cërëbraitJC, le gauche pesant 
55 gr. de moins que le droit et par opposition l'égalité 
des hémisphères cérébelleu^x: \ enfin l'absence de 
synostose prématurée du crâne. 

IV. A aucune époque on ne voit se développer l'in- 



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Sî HÊLLEXIOKS. 

telligence de Venfant- La volonté se manifeste cepen- 
dant par des t-ris pt de^ mouvements de défense. La 
tiiiuclic t^st trèst tardive, ot lorsqu'elle est possible on ne 
remarque aucune dilTérence appréciable dans la force 
des membres inférieurs- Pourquoi la préférence de l'en- 
fant à donner la main droite lorsqu'on veut la faire 
marcher? 

V* A signaler Tabsence totale du goût chez cette 
enfant. Est-elle due à la destruction de la partie anté- 
rieure do la 2*"^ temporale gauche, en avant du point 
où siège la léî^ion dont dépend la surdité verbale ? 
Nous n'oserions nous prononcer. 



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UL 



Idiotie Hicracéphalique ; — Hémiplé^e spasmodiqtie 
infantile; — Sclérose atrophîque; — Tuberculose 
abdominale. 

Pa8 BOCRPfEVILLE et J. EVOIft. 



SoikiMAmE. — Père, RÎcOQlique, emportée — Grand-père pater- 
nel, mort d'une Bit aque de paralysie, — Grand'Onçle paler' 
nel iubercHleux. —Cousin germainj aveugle-né. — ^fère. 
céphalalgies, intelligetice bornée. ^Grand-père maternel j 
et arrière -grand' mère maternelle^ inorts d*un€ pleu^ 
Tcsie. — Oncle maternel, ivrogne, — Frère, asphyxié à 
la naissance, — Accident au 2»»« mots de la grossesse, 

— Frayeur légère au 5™* mois, — Accouchement labo- 
rieux, — Asphyxie et défo^^mation crânienne à la nais- 
sance. — Convulsions dès le premier jour. — Secondes 
convulsions à 4 mois. — Début de la parole k Î8 mois. 
Premières dents h 6' mats. — Ne marche pas. — Gâtisme 
compleL — Paraplégie inférieure et Hémiplégie gauche 
avec contracture. — Microcéphalie* — Tuberculose inles'^ 
tinale. — Mort, 

A utopsie : sclérose atrophique des circonvolu t ions cérébra les . 

— Ulcérations tuberculeuses de Vintestin. — Adénopathiê 
mésentêrique tuberculeuse. 

SaL., Paul, né à Villejuif. le 8 avril 1888, est entré le 20 mai 
189Û à Bicétre (service de M. BoiUiNE ville). 

Antécédents, (Renseignements fournis par sa mère.) — 
Père, 41 ans, gratieur de chaudière dans une chandellerie de 
Gentilly, n'aurait pas eu de convulsions dans son enfance; ni 



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tk Antécédents. 

fièvre typhoïde, ni migraines, ni affections cutanées, ni rhu- 
matismes. Aucun signe nepermet de soupçonner la syphilis (l). 
Il a été soldat durant la guerre et s'est marié à 25 ans. Caractère 
violent et emporté, il lui arrive parfois de battre sa femme. Il 
est de plus très vantard, bavard et parle souvent de ses rela- 
tions avec des personnes influentes. Depuis 5 ou 6 ans, c'est-à- 
dire depuis son établissement à Paris, il se livre à des excès 
de boissoïis consistant surtout en l'absorption de nombreux 
verres d'absinthe (4 ou 5 fois par jour) ; autrefois, habitant la 
provinee, il avait la réputation d'un grand buveur mais ne 
prenait que du vin et ne se livrait pas à des excès pareils aux 
excès actuels. Sa funeste passion agit sur son caractère: 
«plus il va, plus il devient violent », nous dit sa femme. Il ne 
fume pas, — [Père, meunier, sobre et calme, serait mort d'une 
B attaque de paralysie » après deux mois de maladie. — Mère, 
71 ans, bien portante, n'ajamais présenté les symptômes d'une 
maladie chronique ou nerveuse quelconque. — Grand-père 
palernel mort à 76 ans et grand'mère paternelle morte à 82 
ans d*aiTections que l'on ne peut préciser. — Il en est de môme 
du graj]d-père maternel mort à 77 ans et de la gran'dmère 
materneile sur lesquels on ne peut donner aucun détail. — 
Sur 5 onclùH paternels j deux sont bien portants ainsi que leurs 
enfants qiiL n'ont jamais eu de convulsions; 3 sont morts, 2 
par accident : l'un écrasé par une voiture sans avoir été en 
état d^ébriété, un autre en chargeant un sac de blé, on ne sait 
au juste de quoi; quant au troisième on ne peut préciser la 
cause (le sa mort. Pas de tantes paternelles. — Un oncle mater- 
7ielj sobre, mort à 32 ans « de la poitrine » ; il était célibataire. 
Deux lanteti maternelles en bonne santé; l'une d'elles a une 
fille également robuste. — Sept frères ou sœurs : l'aîné, bien 
portant, marié n'a pas d'enfants. Le second, aveugle-né, est 
tombé îi 27 ans d'une trappe dans le moulin de son père, s'est 
fracturé la colonne vertébrale et a succombé en trois jours. 
— Le troisième est mort à 9 mois d'une affection demeurée 
inconnue à la famille. — Des quatre sœurs la première est bien 
portante, sans troubles nerveux ; elle est mariée, a 3 enfants 
en excellente santé et qui n'ont jamais eu de convulsions. — 
Deux autres sœurs sont mortes, l'une à 18 ans, l'autre à 9 ans, 
à la même époque, de fièvre typhoïde. — La quatrième est 
morte à 3 ans du croup. — Aucune n'avait présenté de trou- 
bles pathologiques de nature nerveuse. — Dans le reste de la 



[1} Le père, interrogé à part, afflnne n'avoirjamais eu d'accidents vénériens. 



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iDIOtlB MICROCÊPHALIQUE. 25 

femille du père nous n'avons à signaler, ni idiots, ni aliénés 
on épileptiques, paralytiques, bègues, sourds-muets, diffor- 
mes, suicidés^ criminels, prostituées, etc.] 

Mère, 37 ans, blanchisseuse, n'a eu ni convulsions, ni fièvre 
typhoïde, ni migraines. Parfois à la suite de fatigues ou de 
contrariétés, elle était prise de céphalalgies. Elle n'est pas 
nerveuse, est sobre, n'a eu ni maladie de peau, ni rhumatis- 
mes. D'une instruction nulle et d'une intelligence médiocre, 
elle était occupée, avant de venir à Paris, aux soins du ménage 
et des bestiaux de la petite ferme que son mari avait 
louée. — [ Père, laboureur, sobre, mort à 50 ans d'une pleu- 
résie, — Mère bien portante. — Grand-pèi e paternel mort âgé, 
mais là se borne tous les renseignements. — Grand*mère 
paternelle morte à 73 an^ d'une pleurésie (?). — Grand-père 
maternel et grand^mère maternelle, sobres, morts, l'un avec 
€un mal de jambe » (?) l'autre à 69 ans, asthmatique (?). Trots 
oncles paternels sans enfants, tous ordinairement sobres et 
sains de corps et d'esprit; deux sont morts; l'un écrasé par 
accident, l'autre au cours d'une fièvre typhoïde. — Pas de 
tantes paternelles. Un oncle maternel, rhumatisant, porteur 
de varices, à cela près bien portant; sans enfants, sobre et 
robuste. — Pas de tantes maternelles. — Cinq frères : le pre- 
mier, puisatier, ivrogne, mort à 30 B,ns d'un érysipèle gangré- 
neux, sans enfants. — Les quatre autres, mariés, auraient tous 
des enfants également en bonne santé; aucun n'aurait eu de 
convulsions dans son jeune âge. — Une sœur, sans antécédents 
nerveux, a eu un seul enfant mort d'affections fébriles de 
longue durée et n'ayant jamais présenté de convulsions. — 
Dans le reste de la famille, ni aliénés, ni épileptiques, ni'idiots, 
etc.] — Pas de consanguinité. — Le mari a 4 ans de plus que 
sa femme. 

Quatre enfants : 1« un garçon mort après 2 ou 3 heures; 
l'enfant, asphyxié à la naissance, fut ranimé pendant quelque 
temps, mais ne tarda pas à succomber; — 2° garçon, 13 ans, 
jouit d'une parfaite santé; — 3« garçon, 10 ans, se porte aussi 
bien que son frère ; — 4» notre malade. 

Notre malade. — La conception n'aurait pas eu lieu pen- 
dant l'ivresse. — Grossesse : au 2«"« mois la mère a reçu un 
tuyau de poêle sur la tôte, ce qui détermina une plaie, mais 
n'amena pas de perte de connaissance ; au 6">« mois, frayeur 
de courte durée et sans conséquence, la mère ayant entendu 
crier au feu dans sa maison. — Accouchement laborieux; « les 
douleurs durèrent deux jours au moins et le passage fut très 



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?fi Description du malade. 

dinîcîli?. » Néanmoins Tenfant sortit spontanément; on n'em- 
ploya ni anesthésique, niergotine. — .îsp/iy.viéàla naissance, 
TenfarU ne fut ranimé par la sage-femme qu*après une demi- 
heure de soins. Presqu'aussitôt il eut des convulsions. Elles 
consistaient, si nous en croyons le père qui en fut témoin, en 
rotation de la tête adroite et à gauche et en contractures du 
corps portant seulement sur le côté gauche. La durée de ces 
convulsions était de 2 à3 minutes et une rémission de 10 à 15 
minutes les suivait. La série convulsive dura quatre jours 
pendant lesquels l'enfant ne put prendre le sein. Un médecin, 
consulté, prétendit : « qu'il y avait quelque chose de dérang>é 
danâ le cerveau ; que cela était dû au temps trop long que 
Tetifant avait mis à franchir la filière pelvienne», et il malaxa 
la ttte sans doute siège d'une déformation. L'enfant put pren- 
dre ie sein de sa mère le 5"« jour. Il fut sevré à 22 mois. — A4 
mais, de nouvelles convulsions se manifestèrent; la tête en 
fut seule le siège. Elles durèrent 4 à 5 heures et consistèrent 
en Touverture de la bouche, en mouvements dissociés des 
yeux, cL grimaces sans prédominance à droite ou à gauche. 
Pas tl'autres convulsions. 

Début de la parole à 18 mois. — Première dent à G mois ; 
denlUion complète à ? — L'enfant n'a jamais marché. Il a tou- 
jûur!5 vie trâteux. Il dort bien, n'est pas coléreux, il n'aurait ja- 
mais eu de veis intestinaux. — Aucun stigmate de scrofule 
( impétigo, otorrhée, etc. ). — Pas de tic, de grimaces, ni de 
grincement de dents. — En fait de maladies infectieuses signa- 
lons seulement une rougeole bénigne à 9 mois. — L'enfant n*a 
pai été vacciné. Il n'a jamais eude6ronc/iife. 

Elut fie l'enfant (30 mai 1890). — Apparence de bonne santé, 
toirtt rimé, embonpoint satisfaisant. Physionomie hébétée. — 
Pas d adénopalhie. — Téie. Cheveux châtains clairs, àimplan- 
tatiou rt'gulière. — Crâne oblong, symétrique. — Front rétréci 
en avant ; bosses frontales assez saillantes ; bosses pariétales 
encore plus saillantes. — Face ronde ; arcades sou rcilières régu- 
lières et symétriques. Paupières supérieures boufïîes; sourcils 
dirigés en haut et en dehors, peu épais, châtain clairs; fentes 
palpehrales grandes, yeux en amandes ; cils longs et noirs. Pas 
d*exijtphUlmie, de paralysie oculaire, denystagmus, ni de stra- 
bisme. Iris brun foncé, pupilles égales, réagissant également 
bien à la lumière et à l'accommodation, conjonctive sensible. La 
vuf? ne paraît être le siège d'aucun trouble. 

Xt'z légèrement camard, à narines petites, regardant en 
avant et en bas. Joues pleines, très adipeuses. Pommettes peu 



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i 



Idiotie microcéfhalique. "27 

saillantes. Bouche petite^ bien faite. Lèvres régulières, symé- 
triques. Maxillaires bien conformés, 16 dents dont 8 molaires. 
Canines très pointues. Menton rond. 

Langue, amygdales, voile du palais, pharynx, rien de parti- 
culier à signaler. — Le réflexe pharyngien existe. Le gofiî 
semble normal. 

Oreilles bien ourlées^ implantées régulièrement, h'ouh' 
parait saine. 

Cou : circonférence, 27 cm. Pas de goitre. 

Thorax bien conformé. Aucune anomalie, ni aucun signe 
morbide révélé par l'examen des organes intra-thoraciques 

Abdomen: Rien de pathologique. Région anale normale. 

Peau absolument glabre. Verge 2 cm. de longueur, 3 cm. de 
circonférence. Phimosis. — Pas de testicules perceptibles dans 
les bourses, ni dans le trajet inguinal. 

Membres supérieurs gros, bien conformés, mains bien faiten, 
ongles régulièrement implantés. 

Membres inférieurs. Le membre gauche est sensiblemeni 
moins volumineux que le droit. Les réflexes rotuliens sont 
normaux. Le pied gauche est plus arqué que le droit. Sen- 
sîbilité normale. 

La paroZe est limitée aux mots : papa et maman. S., ne saisit 
rien spontanément avec les mains mais prend le pain et les 
gâteaux qu'on lui présente ; la mastication est bonne ; l'enfant 
suce et bave en mangeant. Il est caressant, gai, colère. Il e^t 
possible de fixer son attention. Le sommeil est parfois agité 
et accompagné de petits cris. 8... se tient assez bien dans le 
charriot mais est incapable de se tenir seul debout. Les mem- 
bres du côté gauche sont plus faibles que ceux du côté droit 
Balancement autéro-postérieur du tronc. 

Vidiotie paraît due à Vasphyxie de l'enfant à la naissance, 
compliquée d'un état convulsif. La situation s'est aggravée, 
à 6 mois. Les convulsions sont susceptibles d'être rattachées 
à une sclérose atrophique prédominant dans les régions 
motrices de Vhémisphèi-e droit, en raison de l'hémiplégie 
gauche. 

Diagnostic: idiotie microcéphalique. 

Juillet. — Coqueluche. A cette époque, on note dt* 
Tadénopathie généralisée, et de l'impétigo du cuir chevelu. 
La coqueluche a été guérie vers la mi-septembre. Parfois lu 
sommeil est très bon, d'autres fois l'enfant s'agite et pleure. 

Novembre. — Teigne tondante. 

\j' hémiplégie gauche est de plus en plus nette. — Lemeni- 



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28 Descriptiov du maladb. 

bre supérieur est atteint au même degré que Vinférieur. Les 
doigts sont fléchis dans la main qui elle-même est fortement 
fléchie sur Tavant-bras. L'enfant ne se sert pas de cette main 
etlorsqu'il veut la remuer, elle est le siège de mouvements 
athétosiques. Le bras est assez mobile. Du côté des membres 
inférieurs, Ton constate de la tendance à Téquinisme des deux 
Côtés, mais surtout à gauche. La marche est impossible, l'en- 
fant ne peut se tenir debout seul. Soutenu, il parvient à faire 
quelques pas. Contracture légère surtout marquée à gauche. 
Extension et rotation en dedans. — Exagération des réflexes 
rotullens. Teinte cyanosée et refroidissement des extrémités. 
Différences de longueur et de circonférence assez prononcées 
entre les membres droits et gauches. (Voir le tableau p. 29). 

1891. Janvier, — Tympanisme et rhinite intenses. Sa mère, 
qui vient visiter fréquemment son enfant prétend que ses 
membres inférieurs gauches s'atrophient de plus en plus. 

Juillet. — On continue à l'exercer à se tenir debout et à 
marcher; il semble mieux appuyer les pieds. Môme traitement: 
huile de foie de morue; sirop d'iodure de fer, bains salés, 
exercices des membres. 

28 novembre. — Diarrhée et fièvre. (La température oscille 
entre 38® et 39<>). L'examen des organes ne permet de consta- 
ter qu'un peu de ru lesse au sommet gauche. L'enfant passant 
par des alternatives de mieux et de plus mal avec une tem- 
pérature qui oscille de 37° aux environs de 49<>, dépérit peu à 
peu. Néanmoins à partir du 19 décembre 1891, la diarrhée 
cesse, la température tombe à 36*> et l'enfant sort le 28 décem- 
bre de l'Infirmerie des teigneux. 

1892. 10 février^ — La diarrhée est revenue, l'enfant dépé- 
rit. Durant le mois de février, il s'émacie de plus en plus. Le 
lait, la viande crue, le bismuth ne peuvent venir à bout de la 
diarrhée et empêcher l'amaigrissement rapide du petit malade. 
La température oscille entre 36« et 40®, présentant sur le 
tracé, les grandes oscillations de la fièvre hectique. 

L'examen physique fait constater le ballonnement du ventre, 
un peu douloureux à la pression, et l'existence de nombreuses 
veinosités. L'auscultation, difTicilc car l'enfant se plaint conti- 
nuellement, ne nous permet de rien préjuger de l'état des 
poumons (Fig. i). 

Mars. — L'état général de l'enfant s'aggrave de plus en plus, 
il offre un aspect squelettique. Ne pouvant allonger les cuisses 
à cause des contractures qui les maintiennent dans la demi- 



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Sclérose atrophique du cerveau. 



29 



flexion sur le bassin, il repose sur les ischions. Les fessera, 
constamment souillées, deviennent érythémateuses. Le 8 
mars deux plaques de la grandeur d'une pièce de 2 fr. s'ulcè- 
rent à droite et à gauche. Les extrémités sont froides, le 
visage cyanose et couvert de sueur. S... succombe le 10 mars 
à 10 heures du soir ayant présenté le matin 36° de tempéra- 
ture et le soir 39<>, 6. Un quart d'heure après le décès: T. R. 
37«; — une heure après: T. U. 36»; — 2 heures après 33«, i. 
Le poids de l'enfant après le décès est de 11 kilog. 200. Â 
son entrée en mai 1890 il pesait 9 kilog. 250. 

Mensurations de la. tête et des membres : 
Tête. 

1890 1891 1892 

Mai Juillet Février 

Circonf. horizontale maxima.. 44 44, 5 44 

1/2 circonférence bi-auriculaire 28, 29 29 
Distance de Tarticu. occipito- 

atloldienne à la racine du nez 31 31, 5 31, 5 
Diamètre antéro-postér. maxi- 

mam 15, 1 13, 5 15, 2 

Diamètre bi-auriculaire 10 10,6 10,6 

— bi-pariétal 12 12,8 12 

— bi-frontal 9 9 9 

Nota. — Leê modifications entre certaines mensurations opérées en juillet 
1891 et en février 1892 doivent tenir à Tamaigrissement considérable da 
malade. 

Membres supérieurs (février 1892) : 

Droit Gauche 

Circonférence au niveau de Taisselle U 10 

— à 10 c. au-dessus de Tolécràne 9 9 

— à 10 c. au-dessous de Tolécr&ne 8, 5 8, 5 

— au niveau du poignet 9 8 

— du métacarpe 12 11 

Distance de Tacromion à Tolécràne 17, S 17 

— de Tolécr&ne à Tap. stylolde du 

cubitus 12 12 

Distan. du cubitus à Textrémité du médius 11,5 U 



Membres inférieurs 

Circonférence au niveau de Talne 

— à 10 c. au-dessus de la rotule 
-* à 10 c. au-dessous de la rotule 

— au niveau du cou-de-pied . . . 

— à la partie moyenne du pied 



Droit 


Gauche 


17 


16 


15 


13,5 


11 


10 


11 


10 


12,5 


11,5 



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30 Sclérose atrophique du ce ïi veau. 

DiîtOTi.il*! ré|»inc îiîiiïjiH! mitero-fiapédeurfl 
jà ]'iiiterLiizi\e iirticuluire du genou H 1... 2-i ^I 

Distsiicfi lie cet intcrli^iï^ à lu maUéoJe 
externe..-.. 18 i7 

DisUiif i' de U\ malJéole externe à l'extré- 
mité de rortejl médian ^.^. ,^, ,^ ,^. .^, ,. U, ^^ 10, â 

AcTOPSiE pratiquée 3ii heures nprè.s le décè^. — î^a culotte 
crânienne est un peu t^paissc (3 à l mi IL) mais peu dure. T^es 
sutures sont pfirtout transparentes; les dentelures sont peu 
prononcées. La salure inlirfrontalCr ^cu\e , est tout à fait ossi* 
fioe. IjGSi sutures } iarif^to-occipitales uni ÛQ.^ dentelures un peu 
plus sinueuses et l'oecipital est si peu soudé aux pariélaux 
qu'il en est, au contraire, presque détaché. Tl y a une plaque 
trau!?iparente de fhucjue cùté de la sulure m é topique et au 
niveau de l'ang-le antérieur et supérieur des pariétaux ; la 
droite (25 niilIiuii*trL*a} est raoitié plus grande que la gauche, 
La voûte etla base paraissent symétriques. 

La dure-mùrej les veines sont normales. Rien de parti- 
culier au corps pituitairej ni aux organes de la base émer- 
geant de Tencéphale, — Lti pie-mère qui les recouvre est trèi 
légèrement vasculariséc. — Le tubercule mamillaire gauche 
a environ 4 *"/"" <^^ diamètre et est peu saillant; le droit, 
encore moins saillant, est presque complètement atrophié 
à son bord externe. Le pédoncule cér*^br^l droit est nette- 
mont plus petit et moins bombé que le gauche. — La 
protubérance parait syraétriquCn — La pyrnmide antérieure 
droite est un peu plus étroite que la gauche, sans aucune 
moditlealion de coloration. 

Les circonvoli liions cérébralGS^ d'une fa^'on générale, sont 
petites et présentent de nombreux plis de passage. — La 
pie-mère qui les recouvre est fine, par points adhérente et 
dilïicile A enlever (Pl. iit, iv, v et vi). 

Hémisphère cérébral gauche. — La pie-mère de la face 
externe oiTre des adhérences au niveau de la partie antérieure 
de la 1^* circonvolution frontale et de la partie mo^'enne de 
la Q"^* frontale. La partie inférieure du lobe frontal cH sclé- 
rosée et déprimée au niveau de roriginc de la Iroisiémc circon- 
volution frontale. La fronlaïe ascendante est saine, sauf dans 
sa partie inférieure qui est atrophiée ainsi que Bes plis de pas- 



sif Cette iTiensuratioii eat uiiproximatîve. — Lu contracture des museler de 
1b caiiifl «iiipftclifl.[it «on extonaioci camplète. 



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["^B^'^ 



Sclérose atrophique du cerveau. 31 

sage avec la troisième frontale et la pariétale ascendante. On 
note une altération analogue à la partie toute supérieure du 
lobule de Tinsula. Ij2l pariétale ascendante est atrophiée à son 
extrémité supérieure au point cV offrir un vobkme moitié 
moindre que celui de la frontdde ascendante. Môme lésion de 
la partie la plus supérieure du lobe pariétal. Adhérences nom- 
breuses de la pie-mère au niveau du pli courbe. 

Le lobe occipital est fort peu développé ; les circonvolutions 
y sont très petites, très tortueuses, mais saines en apparence. 

Le lobe temporal, sain en avant, présente sur la partie pos- 
térieure de la 2« temporale et au niveau des plis de passage, 
au pli courbe et au lobe occipital un foyer très net de 
sclérose atrophique. 

La face interne de rhémisphère gauche présente de Vatro- 
phie scléreuse de la partie antérieure de la U^ frontale sur 
un trajet d'environ 3 centimètres. La partie post-rolandique 
du lobule paracentral est considérablement atrophiée, c'est 
elle qui correspond à la pariétale ascendante, tandis que la 
région antérieure de ce lobule est saine et bien développée. 
L'avant-coin présente en avant la continuation de la même 
lésion. Le coin, tivbs petit , n'offre aucune lésion appa- 
rente. 

Constatons encore une atrophie notable de la circonvolu- 
tion du corps calleux et de la partie postérieure de la cir- 
convolution de Vhippocampe. 

Hémisphère droit. — Les lésions sont bien plus intenses et 
plus nombreuses sur cet hémisphère que sur l'hémisphère 
gauche. Le lobe frontal présente une bande d'atrophie obli- 
que d'avant en arrière, large de 2 centimètres environ, for- 
mant une dépression allant du tiers médian de la !»•• circon- 
volution frontale à l'extrémité inférieure du sillon de Rolando 
et à la petite branche de la scissure de Sylvius. Cette zone 
à*atrophie comprend donc le pied des trois premières circon- 
volutions frontales. Le lobule de l'insula moins développé que 
celui du côté opposé, ne semble pas très altéré. Légère atro- 
phie de la partie toute supérieure du lobe pariétal. En arrière 
et au-dessous du pli courbe, le lobule pariétal inférieur est 
le siège d'une atrophie considérable qui se prolonge sur la 
2«B« circonvolution occipitale, où elle atteint son maximun. 
Les circonvolutions sclérosées et atrophiées offrent à ce 
niveau l'apparence dun amas d'anneaux de tœnia. 

Le lobe temporaU sain en avant, présente en arrière des 



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5S Tuberculose viscérale. 

adhérences pie-mériennes avec atrophie se prolongeant sur la 
partie posléricurc ot inférieirre de la circcmvtilulîon de Thip- 
pocanipe. A la face interne de 1 héjui^phère droit nous notons 
une sclérose alrophiqite considérable <îe la moitié posl<5 Heure 
de la première circonvolution frontale, de la partie inférieure 
du lobule pmrsceniral et de toute sa portion post-ï*olandique 
yers la terminaison de la pariétale ascendante, La partie 
correspondant à la terminaison de la frontale ascendante est 
saine en apparence. L'arrière-coin est aussi atrophié au voi- 
sinage du lobule paracentraî. Le coin esi petit et atrophié 
surtout vers son sojnmet mais cette U^eion est moins intense 
que les précédentes. La partie toute postérieure du lobe occi- 
pital semble saine. La circonvolalion du corps Calleux est le 
siège d'une alropfiie scléreuse intense surtout à son bord 
iûféricur dans îa portion qui correspond au lobule paracentraL 
Le pli de passage qui termine cette circonvolution et la fait 
communiquer k la partie postérieure de Vavant-eolnj semble 
sain et non atrophié. 
Moelle épinièrê. Rien d'appréciable à la simple inspection. 

Encéplmlfl .,.*-.*, , 680 gr. 

Hémisphère cérébral droit ,.,,.*..,*...-... * , , . 2*0 g r. 

— ^ gaucUe 370 gr. 

Pfjids total du cerveau 510 gr. 

Cervelet et isthme. , „ , iij gr. 

Uémi^pliére cerébeUeuii d roit . ^ .. « >........... ^ .. « 65 gr. 

— -^ gauche .,,»,,»,.,»,,» 05 gr. 

Hulbe et protubérmïcô ,,,, ,,..«...... lâ gr. 

Litjuide cépUalo-rutthtdieu ccoulô 25 g r» 

Mt>eUe épixiière .*..,*..... 25 gr. 

Cou. — Larynx et trachée^ rien. — Corps thyroïde, 5 gr. — 
Pas de traces du ihymiis. 

Thorax. -^ Grosses bronches^ saines. Quelques ganglions 
péribronchiques oITrant le volume d'une bi!le et présentant à 
leur centre des foyers casée W.V. — Poumon droit {iîd gt.), gra- 
nulatioris niiliaires assez abondantes p at^lectasie de la basa 
dont les fragments plong-ent dans l'eau. — Poumon gauche 
{HQ gr.)i granulations mibaires disséminées, congestion de la 
base, — Plèvres tant pari totales que viscérales couvertes de 
nombreuses graiiulatlons tuberculeuses miliaires, — Péri- 
carde et cœur (40 gr.) sains^ et sans anomalie. Il en est de 
mûme des gro3 vaisseaux. 

Abdomen, — Péritoine «ans granulations apparentes mais 



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REFLEXIONS. ^ 

recouvert d'un enduit puri forme. Adhérences noipbreuses d^ 
anses intestinales entre elles. — Estomac et duodénum sains: 
— l^ jéjunum eiViléon présentent 10 ulcérations plus rappro- 
chées et plus profondesvers la terminaison de l'intestin grêle. 
Ces ulcérations^ situées entre deux valvules eonniventes, sont 
perpendiculaires à Taxe de l'intestin. Leurs bords sont tumé- 
fiés, taillés à pic, d'un blanc légèrement rosé; le fond, dépouillé 
de muqueuse, est npirâtre et présente par places de petits'points 
blancs et granuleux, semblant être des' granulations tubercu- 
leuses. Ces ulcération?, situées à l'opposite de l'insertion du 
mésentère, forment parfois des anneaux presque complets. Du 
côté de la face séreuse de l'intestin, au niveau des ulcé^-ationaj, 
existent des dépressions noirâtres qui adhèrent fréquemment 
aux circonvolutions intestinales voisines. Dans le çœçum et 
le côlon ascendant, l'on rencontre encore quelques ulcérations 
semblables. — Vappendiceiléocœcal, sain et libre, a environ 6 
c/m. de longueur. — Les ganglions mésentériques offrent une 
masse d*aspect cérébroïde qui ne pèse pas moins de 170 gr. 
Ces ganglions ont à leur centre de volumineux foyers caséeux^ 
surtout développés au niveau du cœcum. Un de ces foyers 
caséeux communiquait avec Tintestin par une ulcération 
intestinale. 

Foie (540 gr.j hyi>ertrophié et graisseux sans aucune gra- 
nulation à la suilacb, m sur }es coupes. — » Pancréas (10 gr), 
dur, volumineux. — haie[bbgr\) : quelques ganglions caséeux 
au niveau de son hile; pulpe splénique, dure, parsemée de 
quelques granulations tuberculeuses. La capsule, épaissie 
par places, ne laisse voir aucune granulation.— Reins (45 gr.) 
chacun), traces nettes de lobulation; sains. — Vessie, rien de 
particulier. — Testicules, naturels, situés dans l'intérieur du 
canal vagino-péritonéal persistant, près de l'orifide inguinal 
supérieur. 

Signalons encore Vatrophie toute particulière des muscles 
adducteurs des cuisses et du psoas-iliaque. Ces muscles, de 
couleur feuille morte, sont rétractés au point de ne permettre 
que par leur section, tant à droite qu'à gauche, l'extension des 
cuisses sur le bassin du cadavre. D'aune manière générale, tous 
les muscles du côté gauche sont considérablement atrophiés» 

REFLEXIONS. — I. Valcoolisme du père est le 
•eul antécédent héréditaire auquel on puisse atta-f 
cher une certaine importance. La tuberculose n'p^ji, 
BoUANSViLLB. Bicétre, 1802. 3 



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JH Sclérose atropuiqub du cerveau. 

pas iuflisamment aflirmée parmi les ascendants pour 



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lui faire jouer le rôle de cause prédisposante dans 
la maladio ultime de Tenfant. 



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RÉFLEXIONS. 35 

II. Rien de bien particulier durant la grossesse ; les 
frayeurs de la mère, femme bornée et peu émotive, 
n'ont occasionné aucun trouble, même passager. Mais 
rinfluence de Taocouchement laborieux est ici indé- 
niable : V asphyxie i la naissance, intense et prolongée, 
parait en être la première conséquence. Rappelons 
que cet accident s'était déjà produit dans la famille, 
le frère aîné de Sal... vint asphyxié à sa naissance et 
mourut deux heures après. Les convulsions liées sans 
doute à l'asphyxie, limitées aiujc membres du côté gau- 
che et portant sur toute la face, se manifestèrent dès 
le premier jour de la vie de Tenfant. Notons enfin la 
déformation céphalique, constatée par le m^Sdecin, 
appelé pour soigner les accidents convulsifs. Tout ceci 
nous permet de croire que Taccouchement laborieux 
a joué le rôle principal dans la genèse des lésions qui 
ont occasionné Tidiotic et S€s complications. 

IIL Parmi les symptômes que présenta le malade, 
deux dominent la scène : 1** laparaîysie avec contrac- 
tures, se manifestant sur les membres inférieurs, prin- 
«ijpalement le gauche et sur le membre supérieur 
correspondant; 2* le gâtisme. L*autopsie nous per- 
mette de faire à ce sujet quelques remarques inté* 
reâsantflo^ 

En ce qm concerne l'évolution de la tuberculose 
intestinale qui a suivi la marche torpide de la plupart 
des maladies d^ idiots gâteux, nous nous bornerons 
à signaler la maro)t% de la température. (Fig. l.) 

IV, A Tautopsie, noug avons constaté la persistance 
des sutures de la calotte orânienne, Tabsence de synos- 
tose, la transparence de cet sutures, la disjonction pos- 
sible de r occipital des pariétaux, ce qui montre que le 
crâne était encore capable de se développer. Le 
tableau des mensurations successives de la tête vient 



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M Sclérose atrofriqus du cerveau. 

d'alHaurs i Tappui de cette opinion. Aussi, avant d'in- 
tarvenîr chirurgicalement, serait-il sage de se rendre 
oompte du développement de la tête par des mensura- 
tioM périodiques, etc. 

V. L'examen du cerveau nous a montré, suivant les 
prévisions, une sclérose atrophique très nette de la 
pariétale ascendante et du lobule paracentral tant à 
droite qu*à gauche. Ce fait concorde avec la paraplégie 
complète et les contractures observées pendant la vie, 
A gauche, la lésion est bornée à la partie supérieure de 
la pariétale ascendante, tandis qu'à droite, la lésion 
occupe toute la zone motrice; notre malade n'avait, en 
effet, que le membre inférieur paralysé du côté droit, 
tandis qu'à gauche, les deux membres étaient frappés 
dQ paralysie. 

La lésion bilatérale de la partie toute postérieure 
du lobule paracentral nous paraît mériter une men- 
tion spéciale à cause de sa coïncidence avec le gâ- 
tisme le plus complet. Ce fait viendrait à l'appui du ré- 
sultat des expériences de Sherrington f de Londres). 
D'après cet auteur, la partie toute postérieure du lo- 
bule paracentral, chez le chat, serait le centre mo- 
teur cortical des contractions du sphincter anal (1). 
Or, chez l'enfant Sal..., il y avait à ce point, des 
deux côtés, une atrophie de la région tout- à- fait 
postérieure du lobule paracentral. Nous signalons cette 
coïncidence, sans en conclure que là est la cause du 
gâtisme. 

VI. Nous avons wl que les convulsions^ au dire 
des parents, siégeaient exclusivement sur les mem- 
bres du côté gauche. L'autopsie nous a fait découvrir 
une prédominance très nette des lésions atrophi- 

(1) Congrèê inUrn, de phyeiçlogie, tession de Liège, 31 août 1892. 



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RÉFLEXIONS. M 

ques sur V hémisphère cérébi^al droit qui pesait 30 
^r. de moins que le gauche et offrait une dégénérsL" 
tion secoji(Li.ire portant sur le tubercule ?ïiamiî/aire, 
le pédonrAile cérébral et la pyramide antérieiwe du 
côté droit. Les hémisphères cérébeUeiuc étaient 
égaux* 

VII. Il est regrettable que l'absence complète 
d'intelligence de Fenfant nous ait empêché de 
procéder à un examen sérieux de la vue. Peut-être 
aurions-nous trouvé un trouble fonctionnel concor- 
dant avec la lésion du coin droit et le manque do déve- 
loppement du lobe occipital gauche. 

VIII. Mentionnons enfin V:ïdénopnthic énorme dea 
ganglions mc^îcntériqucs surtout au niveau du ccecum 
et Tabouchement sîn^^ulier d'une caverne, due au ramol^ 
lia sèment d'une de ses masses ganglionnaires, avoo lô 
cœcuni par Tintcrmédiairc d'une ulcùratio7i intestU 
7ia/e. - 



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IV. 

Imbécillité et hémiplégie droite avec athétose; 

Par BOURNEVILLE et DAURIAC. 



SotftfArRi. — Père, quelques excès de boisson, mort phtisi- 
que. — Mère, migraineuse. — Grand-père maternel, quel- 
ques excès de boisson. — Oncle maternel, aliéné. — Pas 
dé consainguinité. — Inégalité d'âge de 10 ans. 

Première dent à 5 mois, — Marche et parole à 20 mois. 
Méningite à 2 ans 1/2, avec convulsions, suivies de para- 
lysie du côté droit avec impossibilité de parler, — Retour 
progressif de la marc/ie et de la parole. — Début précoce 
de iathétose. — Début de Vépilepsie à 3 ans; prédo- 
minance des convulsions dans le côté droit (paralysé). 
Kleptomsinie. — Ilypospadias, — Suspension des accès en 
1882-1884. — Marche des accès, — Mort dans un état de 
mai* 

Autopsie. — Absence de synostose des os du crâne; os -wor- 
miens. — Inégalité de poids de 75 gr. des deux hémis- 
phères cérébraux .— Atrophie de Vhémisphère cérébral, du 
nerf optique et du pédoncule cérébral gauches. — Adhé- 
rences partielles de la pie-mère. — Longueur exagérée de 
l'appendice vermiculaire. 

Le Tâl.., Hypolite, né à Paimpol, le 1*' septembre 1873, est 
entré à Bi ce tre (service de M. BouRNEViLLB),le 29 septembre 

1882. 

Antécédents. (Renseignements fournis par sa môre, le il 
octobre 1882). — Père, employé de commerce, mort en 1878 de 
la poLtriûe, à 38 ans. C'était un homme de haute taille, d'un 
caractère calme et très intelligent. 11 a fait quelques excès de 



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ÂKTÉCiDBNTS. $9 

boissoû, prenant de temps en temps, mais non tous les jours, 
de labsinthe ou du vermouth. Marié à 29 ans, ni migraines, 
ni syphilis, ni dartres. Il vivait en bonne intelligence avec sa 
femme. — [Père, perruquier, sobre et sans antécédents ner- 
veux. — Mère, bien portante, n*a jamais rien présenté de 
particulier au point de vue nerveux. Les grands parents n'ont 
pas laissé la réputation d*avoir été nerveux. On ne les a pas 
connus. 2 /réres morts Tun à Sedan, l'autre de la variole, pen* 
dant la guerre. Une sœur en bonne santé et sans enfants* 
Pas d'aliénés, d'épileptiques, de suicidés, de criminels» de pa* 
ralytiques ou de difformes dans la famille] . 

Afère, 32 ans, domestique depuis son veuvage. Elle est 
grande, brune, de physionomie agréable et intelligente. Sa 
santé est bonne, et elle n'est incommodée que par des migrât - 
nés qui surviennent presque toujours 2 ou 3 jours avant 
l'époque menstruelle. Elle éprouve une céphalalgie frontale 
sans vision colorée, nausées ou vomissements. Tout rentre 
dans Tordre après le sommeil. Elle n'accuse aucun antécédent 
nerveux tels que convulsions de l'enfance, attaques de nerfs^ 
etc. Pas de maladies de peau. — [Père, excès modérés de cidre, 
mort d'une maladie de foie. — Mère, bien portante, à part 
quelques migraines. — Pas de détails sur les grands 
parents des deux côtés. — 3 frères : un est mort du croup; 
un second est bien portant et a un enfant de 3 mois ; le S* 
est enfermé dans un asile d'aliénés; il est devenu fou à 
iS ans. — Une sœur en bonne santé, non mariée. — Pas 
d'autres aliénés, pas de paralytiques, etc. — Pas de consan* 
guinité, — Inégalité d'âge de 10 ans. 

4 enfants : !<> une fille morte de la variole à 20 jours, sans 
convulsions; — 2» notre malade ; — 3« un garçon de 7 ans» 
intelligent, bien portant, pas de convulsions; — 4« une fille de 
4 ans en parfaite santé. 

Notre malade. — Rien de particulier à l'époque de la eon" 
ception. — Grossesse bonne. — Accouchement naturel. Pas 
d'asphyxie à la naissance. Elevé au sein par sa mère jus- 
qu'à 7 mois. Marche et parole à 20 mois. Il a été pro* 
pre de bonne heure. — Il venait très bien, grandissait et 
se montrait intelligent lorsque, vers 2 ans et demi, il aurait 
été atteint de méningite. Il resta somnolent pendant 12 jours» 
consécutifs et ne présenta pas de phénomènes convulsifs.AprèK 
le i2«« jour, il sembla sortir de sa torpeur, mais cela ne fut que 
passager et il resta encore un mois et demi dans le même 
état. Il a eu des convulsions dans les 15 derniers jours. Oes 



WLl, à'tlm 



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^ HÉMIPLÉGIE DROITE; AMASÏE VRANSITOmE. 

convulsions, sur les caractères desquelles on ne peut fournir 
de détails précis, ont été suivies d'une paralysie du côté droit 
avec impossibilité de parler. Au bout de trois semaines la mar- 
che est devenue possible, mais en traînant la jambe; la parole 
est revenue peu à peu vers la même époque et s*est perfec- 
tionnée progressivement. La mère de Le Tal... dit qu'elle a 
remarqué les mouvements convulsifs des doigts de la main 
paralysée (athétose) quand il a commencé à se remettre. 
• Vers l'âge de 3 ans, apparition d'accès épileptif ormes, sur- 
venant le jour aussi bien que la nuit. Il y avait ordinaire- 
ment une aura; l'enfant criait: « maman, maman! » puis sans 
autre cri, les yeux « chaviraient » et le côté paralysé parais- 
sait plus intéressé que l'autre. Il est impossible de préciser 
l'existence de secousses. La figure devenait noire et onvoyaH 
aux lèvres un peu d'écume. L'enfant s'est mordu plusieurs 
fois la langue et a eu des mictions involontaires. Parfois som- 
meil consécutif. Pas de folie avant ou après les accès. — Le 
maximum des accès a été de 12 en 24 heures. — En 1882, il 
est resté 3 mois sans en avoir. 

. Le T.. a été envoyé à l'asile maternel à 2 ans, puis à 3 ans et 
demi. Depuis, il a été mis à diverses écoles dont on le renvoyait 
à cause de ses accès. Par suite, il n'a appris que peu de choses ; il 
connaît ses lettres, s'habille seul et a bonne mémoire. Il est pro- 
pre, doux, affectueux, mais voleur et quémandeur. Il met volon- 
tiers la main sur les sous ou les friandises qui sont à sa portée, 
et demande de l'argent aux personnes qu'il voit chez lui. Il se 
sert surtout de sa main gauche, en particulier pour manger. 
Ses fonctions digestives et respiratoires sont bonnes. Pas 
d'oifanisme. — Il a eu sa l""» dent à 5 mois. — Il les avait toutes 
lorsqu'est survenue sa méningite. Il n'a pas eu de fièvres 
éruptives, mais quelques accidents scrofuleux. Comme traite- 
ment antérieur, il a pris seulement du bromure de potassium. 

Septembre. — Le T... parle avec une certaine difficulté à 
cause de son athétose. Il apporte de la bonne volonté aux tra- 
vaux de l'école. 11 se lave, s'habille et se déshabille, se boutonne 
et se déboutonne seul quoique avec difïïculté par suite de Ba 
paralysie. Caractère doux, obéissant, mais un peu autoritaire : 
il commande volontiers à ses camarades. Il est soigneux de sa 
personne et de ses affaires. Il connaît les différentes parties 
de son corps, le nom des objets usuels, les couleurs, les lettres 
(il commence à syllaber), les chiffres (il compte sur le boulier 
jusqu'à 120), quelques nombres (10, 20, 30, etc.). Il ne veut 
pas jouer avec les enfants en robe (gâteux). 



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iMBÊciLtiiTft ; HfiinPLÉaiï ; é?filêpsib . 41 

M-3! octobre. — Revacciné sans succès. 

\9 décembre. — L'enfant n*a pas eu d'accès d'épilepsie depuis 
son entrée bien qu'il ait été envoyé à Bicètre de 1 hôpital 
Beaujon comme épileptique. Il est atteint d'hémiplt^gia du 
côté droit avec athétose : contorsions de la face à droite, mou- 
vement des doigts de la main qui se porte en arrière, etc. 

Le certificat, qui nous est communiqué, d'un médecm prin- 
cipal en retraite, fait à la date du 2 septembre, dit quo l'etifant 
f est atteint d'épilepsie depuis plusieurs années, qu il a t^té 
soigné par nous et par plusieurs confrères sans amitlIorBtian 
notable dans son état, malgré les moyens les plus énergiques, 
remploi de la belladone, du bromure, etc. ; que cet LMifant 
tend à devenir maniaque et qu'il y aurait lieu de le placer 
dans une maison de santé. » 

1883. Janvier. — Le T... se montre très désobéissant. Ten- 
dance au vol; il demande de l'argent aux personnes qui vien- 
nent visiter ses camarades. Si on le gronde et qu'il ne puisse 
pas répondre, il entre dans de violentes colères etdevJL'nt tout 
bleu. 

Juillet. — Le T... commence à tracer des o, àlîre mais pas 
encore couramment; il a appris à cirer ses souliers et X mieux 
se servir de sa main droite. Il n'est plus aussi volear ni meû* 
diant et ne se fait plus servir par les autres enfaots 

1883. 23 juin. — Dentition. Mâchoire supérieure : 12 denta 
médiocrement rangées.; érosion des deux tiers inff^rieiurs de 
lacouronne des incisives, en cupule. Canines delait jaunes et 
atrophiées. Érosion des premières molaires, jaunâtres et irré- 
gulières sur toute leur surface. 

Mâchoire inférieure : 4 incisives permanentes avec érosion. 
Premières molaires avec érosion do toute la surface ; le rcate, 
dents de lait plus ou moins cassées. Articulation : elle no 
semble pas encore bien fixée; se rapproche de l'état normal - 
Voûte palatine profonde. Gencives en un bon état. 

20 août. — Séjour à l'infirmerie pour la diarrhée. 

1884. 14 juin. — Le T. . . exécute bien tous les exercices de 
la gymnastique Pichery. Il connaît assez bien le nom des 
objets qui l'environnent. — Il sait boutonner, déboutonner, 
lacer, s'habiller^ se déshabiller, se laver mais avec quelque 
difficulté en raison de son infirmité; il mange avec la cuiller 
et la fourchette; il distingue les couleurs et les place vite, El 
compte par unité jusqu'à 100 et par deux jusqu'à âO; il con- 



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4t DESCmTPTIOK DU kALADB. 

naît rheure, le nom de quelques figures géométriques et celui 
des animaux. îl comn^encc à ayllaberetà faire quelques mots 
sur le cahier de la mnîn gauche. Il n'a pas de tics ni de mau- 
vais instincts, 

1885, Juin, — Le Tal... lit à peu près couramment; sa 
mémoire est bonne; il est docile et attentif. — L'enfant qui 
n'avait pas eu d'accès depuis son entrée en a eu ce mois-ci 
17* — Traitement: élixir polybromuré. 

1887. 21 février. — Légère amygdalite. — Les accès conti- 
nuent, même traitement. — En avril, embarras gastrique. 

— Hydrothérapie, du H juin au !•' octobre. 

23-28 décembre. — Abcès du sein droit, un peu au-desssus 

du mamelon. 

Mémoire bonne. Parole libre. Le T... peut converser; il s'ha- 
bille et se lave seul, est soigneux, même coquet. A l'entrée, 
îl ne pouvait tracer que des bâtons, (Pl. vn, Fig.i); maintenant, 
il commence à écrire iPl. Vil, fig. 2). Il compte jusqu'à 1000, 
distingue les chifîres pairs et impairs, possède la notion du 
temps, connaît les mois, les jours, l'heure, les différentes 
parties de son corps et de ses vêtements. Il exécute convena- 
blement tous les exercices de la gymnastique Pichery. Le T.. 
est obéissant, respectueux, mais un peu sournois. 

1888. 15 juin, — Etat actuel. — La tête offre un léger degré 
d'asymétrie. Le crâne est ovoïde, un peu plus renflé à gauche. 
Le front, bas, mesure 4 cent. 1/2. Les bosses frontales sont peu 
proéminentes. Il en est de même des arcades sourcilières. La 
bosse pariétale est surtout proéminente à gauche. 

Les yetcr sont bruns, parfaitement mobiles, sans paralysies. 
Le Tal... distingue bien les couleurs. Les pupilles sont égales. 

— Le ne: est bien constitué. L'odorat paraît intact. — La 
botiche, les lèvres n'offrent rien de particulier. La voûte 
palatine est fortement ogivale. — Les oreiHcs, très écartées du 
crâne, sont adhérentes par leur lobule. L'ouîe est conservée. 

L>nfaut ne peut gonfler ses joues et parfois les aliments 
restent dans le sillon alvéolo-labial. 

Le COH et le corps thyroïde n'offrent rien d'anormal. Le 
thorax est légèrement asymétrique et l'on peut constater que 
l'omoplate du coté droit est plus rapprochée que la gauche de 
la ligne médiane. 

Les membres supérieurs sont bien musclés. On observe 



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Descbi?tiûx du malade, 4$ 

à droite des mouvements atK(5to3Îques. Il en est de m^medans 
le membre inférieur droit. 

La parole et la prononciation sont gùnés par des meuve* 
ments convulsifs des lèvres, — La ^ensibililé générale est 
conservée : contact, douleur et température. — Les rê/le.ves 
pharyngiens et rotuliens sont aboli9(?). — Peau» normale- Adé- 
nites cervicales guuches* — Digestion, respiration et circula- 
tion, rien de particulier. (Voir plus loin le tableau des men- 
surations de la tête et des membres. \ 

Puberté. — Visage et aisselles glabres. Un bouquet de duvet 
de chaque côté de la racine de la verge. Bourses pendantes. 
Testicules inégaux : le gaucho est plus gros que le droit (côté 
paralysé), dans la proportion d'un cinquième ; on peut lea 
comparer à une grosse et une petite olives. Le prépuce est 
long et son ouverture étroite. En tlécouvrant le gland, on 
rompt des adhérences de chaque calé, assez facilement 
d*ailleurs. Le méat estporté fortement en arrière (ftypospadias) 
mais est assez large. Longueur de la verge^ 4 centimètres; 
circonférence, \ centimètres 5» 

Le T**. est apprenti tailleur depuis le mois de février, 11 
travaille bien à Técole, et pourrait faire mieux. Il s'Irrite 
à la moindre observation et déclare qu'il ne veut plus rien 
faire. Parfois, ce qui n'arrivait pas auparavant, il est grossier, 
s'emporte et menace de battre, 

f 889 * A VT il- oc to bre . — IX y d rot h é rap î e . 

Août, ^Puberté. — Fin duvet de la lèvre supérieure ; quel- 
ques poils courts sous les aisselles et au niveau de la 
colonne vertébrale. Quelques poils {une diz.iîne| autour 
de la racine de la verge, Lee testicule^i, de la grosseur 
d'un petit ceuf de pigeon, paraissent égaux. 

iB%. Janvier, — Traitement: élixlrpolybromuré.(V* Pl,TIT| 
Fig, 3|.^ 

ib Juillet. — Puberté. Visage et menton glabres, — Peu de 
poils sous les aisselles, pas sur le tronc etl'abdomen. Quelques 
poils noirs, assez longs, sur les parties latérales de la verge. — 
Le pénis est long de 5 centimètres. Le gland est difficilement 
découvrable. Les testicules, égaux, sont de la grosi^eur d'un 
petit œuf de pigeon. Pas de poils au périnée, anus normal. 

29 juillet. — Dans un accès, chute sur le coté droit et ecchy- 
mose orbitaire, — La langue est craquelée, et présente de 
nombreuses fissures. 

Décembre. — Physionomie asses ouverte, regard expressif. 



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H lUBtClVUnÈ ; HÉMIPL6aiB ; éPILEPSIE. 

Caractère toujours un peu irascible ; il se plaint souvent de 
ses camarades pour des motifs futiles; il les menace alors de 
l*enfer; cependant il joue volontiers. Il est courageux, attentif 
au travail, affectueux, poli, neprononcc jamais de mots gros- 
fiiers, n'est pas menteur. Il lit couramment, fait de petites 
dictées H commence la multiplication. En somme, légère 
amélioration, (Pl. vu, Fig. 4). 

!89L Janvier. — Le Tal... a continué les douches et Télixir 
polybromuré. Les accès ont diminué, mais les vertiges ont 
augmenté, 

i*f avril. — //ydroi/iérapie jusqu'au l*^»" octobre et, en môme 
tempa, élixir, 

iS juillet. — Recrudescence des accès^ due probablement 
k Tonanisme. 

Puberté. Léger duvet un peu plus abondant au-dessus de* 
coramîssureasuplalèvre supérieure. Menton et joues glabres. 
Duvet peu aboïidant et fm au niveau du sternum. Une tren- 
taine de poils ïoQgs, châtains foncés, au niveau du sommet des 
aisselles. — Une soixanta ine de poils longs, frisés, châtains, au 
niveau de la racî ne de la verge. — Quelques poils sur le scrotum. 
et autour de l'anus. Verge : circonférence, 85 millimètres ; lon- 
gueur, 8 centimètres; phimosis assez prononcé. — Testicules 
égaux, du volume d'un œuf de pigeon, le gauche descendant 
un peu plus bas que le droit. 

Décembre. — Les progrès sont peu sensibles depuis le mois 
4e juin ; l'écriture est la même ; le calcul reste faible ; on a 
beaucoup de peine à faire faire à l'enfant de petits problèmes 
sur Taddition et la soustraction. La mémoire est assez bonne. 
Le caractère semble se modifier d'une façon fâcheuse : Le T... 
est moins docile, devient plus irascible, est parfois grossier 
avec SCS mailrcs. Il joue peu avec ses camarades, a des idées 
mystiques, parle souvent de ses prières et du bon Dieu. A l'ate- 
lier de couture, il paraît un peu en progrès et fait bien mieux 
les coutures qu'autrefois. 

1892, 2i mai. — Le T... ayant eu deux accès et s'étant blessé 
le nez est ein-^oyé à l'infirmerie. Dans l'après-midi, il a quatre 
autres accès après chacun desquels il a repris aussitôt con- 
naissance. Il a mangé avec bon appétit, et le soir au coucher il 
n'a présenté rien de particulier. T. R. 37«, 4. — Soir : T. R. 
37*', 6, Depuis quelque temps, il y a un arrêt dans son tra- 
vail à l'école ^Pl. vu, Fig. 5). 

2îmai, — Le T... a été pris d'accès ce matin à 5 h. iO, puis 



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Etat de mal épileptique. 



45 



à 5 h. 20. 5 h. aO, S h. 45, h.. 6 h. 15, 6 h. 30, 6 h. 35, 6 h. 42, 
7 h,; la T. R. est restés à 38^. 

Les accès ao sont montrés î%ux heures sulvaiitûs ; 7 h, 5» 
7 h. 10, 7 h. i5, R b. 'li}, H h, Vh, S h. A5. Li connaissance revient 
après chaque aeciiti ; l enfant parle de sa mère et dit qu'il 
pense qu'elle ne viendra pas le voir aujourd'hui, 

Aecès fi 10 h. Kn 10 h. ^0, 10 h. ^:*3, 10 h, 57 (50' accès) ; 10 h. 30, 
m h. :ri, lO h. 40, lO h. IS, lO h. A^, W h., 11 h. 15, 11 h. 20, 
H h. 25. 11 h. 30, !1 h. 35, 11 h. 45, midi, midi et 1/2, La T, U. 
prise aussitôt est à ^> 8; 1 h. plu?* tard, sans nouvel accùs, 
elle est à 33" 2 ; 5 h* aprô^, c'ci^t-à-dire à 2 h. 1/5 sans nouyel 
aec<is, on note 38° 7. Durant cette rémission, l'enfant a sa 
connaissance et dit qu'il va mieux. A 3 h. un quart, 35* aeeâs 
à la suite duquel reufant ne reprend plus connaissance et 
tombe dans le coma. Accès à i h, 15, 4 h. 50, \ h. 23, 4 h. 'Il, 
4 h. 30, 4 h. 35. 4 h, 40, \ h. 47 et 4 h- 50. A 5 h. il a son 45« 
accès dans lequel il succombe (Etat de mal). 

La température au moment de la mort est de 30^, 4; — 1/i 
d'heure après la mort de 38«, 8; — 1 heure après de 38°, S; — 
2 heures après de 36**! 5. 



T^te. 



Clrconfirencft horlKCiDUlle mnx., 

D ç m i-c irco 11 réren c e b i-auric u lai rc 

Distance de l'articulAiionorciinlo- 
^tloide à U rtiCinQ du UGZ 

[ D iamé t re an té ro-pos t é rie n r m b x . 

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Hauteur médiiLnt du front * 

CîrconrérenCË du cou 


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Dans les derniers mois de son existence. Le T.., était encore 
devenu plus irritable. Il répondait grossi ùrement aux obser- 
vations de ses maîtres et, en même temps, il avait le regard 
menaçant. Sea pochas étaient constamment garnies de livr«3 



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HÉMIPLÉGIE ET ATROPHIE* 



de piétéf que ses parents ou le vicaire lui donnaient. Dans 

ses co!éri;s, il menace dos peines do l'enfer* du démon, etc. 
Sea camarades, malgré la d<^fenae qui leur en était faite, le 
taquinaient à cause de ses idées mystiques, ce qui irritait en- 
core son caractère. A l'école, état stationnaire pour le calcul ; 
il commençait à faire de petites dictées. Son attention était 
Houvent distraite par une âorlo de contemplation* La tenue 
restait bonae. 

Membveiy sitpé rieurs. 



CùiMMirérence nu uîvoau de L'ais^ 



Circonférence ii 10 Ch ûiiMlesaiis de 
rolécrikne * 

Circonférence il 10 c* au-desaoua 
ûs Tolécràue ....,*..*...* 

Circonférence au niveau du poi- 
gnet , , , 

— au niveau du méta- 
carpe H, . - . . - . 

Distancfl do ractuoiLon A Volé- 
CTàiïC , ,. 

Distance de rol^crslne il Tapuphyse 
atyloïde du cubitus * * 

DJânmce du cnbitas à Textrémité 
du médiu» ,..,,.„.,, * 



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1881 



Membres inférieurs. 

Circonférence an niveau de Taine. 

Circonréreuce à 10 c. au-desaus 
de la rotule *. , — .. 

Circonférence à tO c- au-dessous 
de Ja rotule , . ! 

Circonférence nu niveau du cou- 
de-pied ^au-dcj^BUB dcâ malléoles) 

Circunféreiice à la partie moyenne 
du pied 

Distance de Téphie iliaque aritérn* 
supérieure ù Vinterljgne articu- 
laire du is^enou 

Di<itance de cH interligne à lu 
malléole externe .►..*,..,.,.,,<- 

DU tan ce de la malléole externe il 
Textrémité de Turteil mt^dian 



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48 



DÉVELOPPEMENT DU POIDS ET DE LA TAILLE. 



Les mensurations de ce genre ne peu%'ent être prises tou- 
jours par nous ; nous sommes obligés souvent de les faira 
prendre par nos internes. De là, parfois, et c*est le cas, quel- 
ques irrégularités. Ici les mensurations montrent que Tatro- 
phie des membres paralysés nY*tait pas considérable. 



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Persistance des sutures. 49 

Autopsie faite le 24 mai 1892.— Tête, — Cuir chevelu ivèa 
épais, très congestionné, presque ecchymotique et sans pa- 
nicule adipeux, 

La calotte crânienne est épaisse et lourde. Les os parais- 
sent fort denses. Plus épaisse à gauche qu*à droite, elle porte 
les vestiges de congestions répétées qui ont amené une 
vascularisation inégale dans les divers points de la voûte. La 
zone de vascularisation est plus accentuée à gauche, en arrière 
de la bosse pariétale; à droite, elle siège dans un rayon plus 
étendu et occupe une circonférence dont le centre serait le 
sommet de la bosse pariétale. Vue par transparence, la calotte 
n'est en aucun point diaphane, excepté en deux zones bien 
limitées, occupant à droite et à gauche de la sagittale deux 
points symétriques très rapprochés de la réunion de cette suture 
à la coronale. A droite de la protubérance occipitale interne, 
on remarque encore un point peu épais. 

En ce qui concerne les sutures^ il est tout d*abord impos- 
sible de trouver trace de l;i suture métopique. On est 
frappé par la courbure régulièrement plane du frontal. 
On ne trouve pas trace de bosses frontales. Les sinu^ 
frontaux font absolument défaut. La coronale présente urt 
trajet parfaitement régulier, mais très riche en arbori- 
sations osseuses, surtout à droite et à gauche vers . la 
partie la plus élevée de la suture. En aucun point la synos- 
tose n'a débuté, néanmoins, l'engrénement est plus rappro- 
ché à la table interne qu'à la table externe, où il est facile, en 
certains points, d'introduire une lame de canif entre les deux 
bords de coaptation. Lsi sagittale &iïecte une direction antéro- 
postérieure régulière. La partie correspondant au bregma 
n'est pas sinueuse. Il n*en est pas de môme des parties situées 
en avant et en arrière qui sont très arborlsantes. 

L'insertion du sinus longitudinal a laissé un sillon profond 
à la table interne de la suture. On voit aussi sur les deux 
pariétaux, près de leur bord antérieur, une forte dépression 
causée par la méningée moyenne. La synostose fait défaut 
sur la table interne,aussi bien que sur la table externe dans toute 
l'étendue de la sagittale. La suture lambdoïde est tout aussi 
libre. Elle présente deux os wormiens inclus dans son trajet 
au sommet de l'angle qu'elle forme en rencontrant la suture 
sagittale. Sur la branche gauche, on trouve également un os 
yffonnien. — La base du crâne est asymétrique. — Le trou 
occipital est régulier.— Le liquide céphalo-rachidien n'est pas 
augmenté. 

BoDRNEviLLB, Bicêtre, 1892. 4 

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50 IfÈNtNaiTB; ATROPHIE DE t*HBaiISPHàRE GAUCHE. 

£ neéphale 1220 gr. 

Hémisphère cérébral droit 5G0 

— gauche 485 

Poids du cerveau 1045 

Cervelet et isthme 150 

H. cérébelleux droit 90 

— gauche 00 

Bulbe et protubérance 10 

Moelle épiniére 40 

Le nerf olfactif gauche est moins large que le droit, 
surtout vers son origine. ^^ Le nerf optique gauche parait 
un p«u plus petit que le droit. — Il en est de môme du tuber* 
cule mamillaire gauche. — Le pédoncule cérébral gauche 
semble un peu plus aplati que le droit. On ne note pas 
de diiTérence sensible entre les deux moitiés de la protubé» 
Tance. 

Dure-mère congestionnée. Les veines et les sinus sont 
gorgés de sang fluide. Les artères de la base paraissent sy- 
métriques. La pte-mére est très hyperémiée sur toute son 
étendue, avec de petites ecchymoses très nombreuses sur la 
partie antéro-inférieure des circonvolutions. Le cerueau est 
mou ainsi que le bulbe. 

Hémisphère cérébral gauche, — La pie^mère s*enlève en 
général assez facilement, sauf au niveau du pli pariétal infé« 
rieur, du pli courbe, de la partie postérieure de la i«et de la 2* 
temporale, de P. de la partie inférieure de FA, du lobule de 
Tinsula. Sur la face interne, on voit à peine quelques petites 
adhérences au niveau du lobe temporal. — La couche optique, 
le corps strié n*ofTrent rien de particulier. — Le ventricule 
latéTRl parait un peu uniformément dilaté. — La pte-mére 
semble partout un peu épaissie. 

Les circonvolutions sont bien dessinées, mais sensiblement 
moins volumineuses que celles du côté droit, ce qui est en 
rapport avec la différence de poids, 75 gr., des deux hémis- 
phères cérébraux. La frontale ascendante est coupée à sa 
partie moyenne par un sillon transverse, une sorte de crochet 
qui embrasse Textrémité supérieure de la moitié inférieure 
de la circonvolution qui est moitié moins développée que la 
supérieure. — Les sillons sont assez profonds et les plis de 
passage assez nombreux. — Sur la face interne, les circonvo* 
lutiona sont relativement plus volumineuses. — Deux coupes 
pratiquées obliquement dans le sens antéro-postérieur ne 
font découvrir aucune lésion en foyer. 



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RÉFLEXIONS. 51 

Hémisphère cérébral droit, -r- Mômes particularités que sur 
l'hémisphère gauche au point de vue de l'état de la pie-mère. 
On note, en particulier, des adhérences de la pie-mère sur 
la partie moyenne des circonvolutions frontales et pariétales 
ascendantes, et les circonvolutions temporo-occipitales, le 
lobule de l'insula, la partie antérieure de la circonvolution du 
corps calleux. Toutes les circonvolutions sont plus volumi- 
neuses qu'à gauche. Les sillons sont profonds; les plis de pas- 
sage assez nombreux. 

Le cervelet est très mou et la décortication est pénible. 

Cou. — Le larynx est normal. — Le corps thyroïde pèse 15 
gr. — Le thymus persiste et pèse 15 gr. 

Thorax. — Le poumon gauche pèse 315 gr. Pas d'adhérences. 
Parenchyme sain. — Le poumon droit (480 gr.) présente des 
adhérences des plèvres pariétale et viscérale. Il est le siège 
d'une congestion fort étendue. — Le cœur pèse 186 gr. Rien 
de particulier, sauf un peu d'épaississement des bords libres 
de la valvule mitrale. Persistance du trou de Botal se tradui- 
sant par un orifice de 5 millimètres environ; l'obliquité de la 
communication est très prononcée. 

Abdomen. — Foie (870 gr.) très congestionné. — Rate (150 
gr.) normale, ainsi que le pancréas (35 gr.) — Appendice ver- 
miculaire très développé; sa longueur est de 20 centimètres. 
—Les reins sont fortement congestionnés; ils se décortiquent 
élément et pèsent chacun 120 gr. — Pas de calculs de la 
vessie. — Testicules sains. 

Réflexions, -t- I. Sous le rapport de Vhérédité, il 
n'y a rien du côté paternel sauf quelques excès de 
boisson du père. Du côté maternel, nous trouvons 
des migraines chez la mère et l'aliénation mentale 
chez un oncle maternel. 

II. Le T... aurait été tout à fait normal jusqu'à 
lage de 2 ans et demi. Alors il parait avoir eu une 
méningite qui aurait duré près de deux mois et aurait 
été accompagnée de convulsions fréquentes, suivies 
d'une paralysie du côté droit avec perte de la parole. 



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52' Syndrome: imbécillité, hémiplégie, êpilepsie. 

Trois semaines environ après la terminaison de cette 
méningite, la motilité et la parole ont commencé à 
revenir en même temps qu'apparaissait Vathétose. Le 
diagnostic méningite paraît exact, car, à lautopsie, 
nous avons trouvé un épaississement de la pie-mère et 
de nombreuses adhérences. 

Vers l'âge de 3 ans, à Vimbécillité^ à Vhémiplégie 
droite et à Vathétose, est venue s'ajouter Vépilepsie : 
le syndrome était ainsi complet. 

Lépilepsie a suivi la marche que Ton observe d'or- 
dinaire chez les hémiplégiques infantiles : il y a eu 
une rémission prolongée (1882-1884), des périodes 
avec diminution des accès, particulièrement en 1887 ; 
enfln souvent les accès venaient par séries, portant 
sur 2, 3, 4 ou 5 jours. Ainsi, Le T... a eu 1 accès le 
17 avril 1892, 2 le 18 avril, 4 le 19 et 4 le 20, enfin 
3 le 24 avril. 

Nous avons dit souvent que les malades atteints 
d'hémiplégie infantile spasmodique étaient sujets 
à l'état de mal comme les épileptiques vulgaires : 
tel a été le cas de Le T... ; il a succombé à la période 
convulsive d'un état de mal en 10 heures, avec éléva- 
tion de la température centrale. Ânatomiquement, 
Tétat de mal s'est traduit, selon la règle, par une 
congestion de la dure-mère et de la pie-mère, plus 
ou moins ecchymotique et une hypérémie des princi- 
paux viscères. 

in. Le syndrome imbécillité ou idiotie, hémiplégie 
avec contracture ou athétose et êpilepsie est symptoma- 
tique, comme on le sait, tantôt d'une sclérose atrop/ii- 
que, tantôt d anciens foyers d'encéphalite, de ramollis- 
sement, etc., ou encore de méningo-encéphalite^ etc. 
Ici il relevait de la méningo-encéphalite. Est-il possible, 
durant la vie, de reconnaître la cause du syndrome? 
Chez Le T..., diverses particularités pouvaient éclairer 



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RÉFLEXIONS. 93 

le diagnostic : 1"^ les renseignements donnés par sa 
mère étaient précis sur Texistence, à Torigine, d'acci- 
dents méningitiques de longue durée ; — -: 2* lorsque 
le syndrome relève de la sclérose atrophique, par exem- 
ple, les accès ne se compliquent pas en général detrau- 
matismes, d'évacuations involontaires, d'hébétude et 
ne déterminent pas d'abaissement intellectuel, phéno- 
mènes que nous avons observés chez Le T.... Les 
malades conservent leur intelligence, et le caractère 
demeure habituellement le même dans le syndrome 
de la sclérose atrophique. Ici, nous avons noté des 
modifications défavorables du caractère : irritabilité, 
grossièreté de langage, accès de colère, etc. 

IV. Uathétose a été constatée à la fin du premier 
mois qui a suivi la fin de la maladie, aussitôt que la 
paivalysie s'amendant. Le T... a commencé à se servir 
de son bras paralysé. L*/iémzpZëgze avait les caractè- 
res habituels dans les cas de ce genre, c'est-à-dire com- 
pliqués d'athétose ; le membre supérieur n'avait pas 
d'attitude fixe, ainsi qu'on l'observe en gén éraldans 
les cas d'hémiplégie avec contracture permanente et 
l'atrophie musculaire était peu prononcée. Nous de- 
vons noter l'arrêt de développement du testicule du 
côté correspondant à la paralysie. En 1888, ce testicule 
était moins gros d'environ un cinquième que l'autre. 
Cette inégalité a disparu chez Le T... ; nous l'avons vu 
persister, au contraire, dans d'autres cas et en parti- 
culier chez le malade Pins...(V), âgé de 23 ans, atteint 
d'hémiplégie droite : le testicule du côté gauche a le 
volume d'un œuf de pigeon, tandis que le droit(côté 
paralysé^ est moitié moins gros, — Il en est de même 
chez Math..., âgé de 28 ans, qui a une hémiplégie 
droite : le testicule du côté gauche (sain) a la gros- 
seur d'un petit œuf de poule et le testicule gauche 
(côté paralysé) est sensiblement plus petit, etc. 



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54 RÉFLEXIONS. \ 

V. Les lésions de méningo-encéphalite étaient 
environ moitié plus nombreuses sur la face convexe de 
rhémisphère gauche que sur la face correspondante 
de l'autre hémisphère. A droite, la face interne était 
presqu'entièrement respectée, tandis qu'à gauche, on 
trouvait de nombreuses adhérences sur le lobe tem- 
poro-sphénoïdal. Enfin si le lobe oibitaire droit était 
exempt d'adhérences, on en trouvait de nombreuses 
sur le lobe orbitaire gauche. Est-ce à cette méningo- 
encéphalite qu'il faut attribuer l'atrophie notable de 
l'hémisphère gauche? Nous serions tentés de le pen- 
ser, plusieurs coupes pratiquées sur cet hémisphère 
n'ayant fait découvrir aucune lésion macroscopique. 
Le doute subsiste, d'ailleurs en l'absence d'un examen 
histologique. 

VL Cette observation, malgré ses imperfections, fait 
suflisament connaitre notre méthode habituelle : men- 
suraitions de la tête et des membres (quand il s'agit 
d'un hémiplégique), toujours notation du poids et de 
la taille, description des phénomènes qui caractérisent 
la puberté, et cela tous les 6 mois. 

VIL Nous devons aussi appeler l'attention sur la Plan- 
che VII qui donne également une idée du procédé que 
nous employons à l'école pour enregistrer les progrès 
intellectuels des enfants. Dès qu'ils commencent à 
tracer des bâtons, nous ouvrons leur cahier .«coiaire et, 
tous les trois mois d'abord, puis tous les deux mois et 
enfin tous les mois, nous faisons consigner sur ce 
cahier les exercices dont l'enfant est devenu capable. 
Les figures 1, 2, 3 et 4 montrent, surtout au point de 
vue de l'écriture une amélioration progressive ; la 
figure 5 décèle une déchéance, en harmonie avec les 
symptômes consignés dans l'histoire du malade. 



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RÉFLEXIONS. 41 

VIII. Les mensurations delà téfe,prises à différentes 
époques, montrent qu'elle s'est développée pro|,^rei- 
sivement. L'autopsie a du reste démontré qu'il n*y 
avait pas de 8i/no3to8e prématurée des os du crâne. 



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4 






Idiotie complète symptomatique de sclérose 
atrophique ; 

Par BOURNEYILLE et FBRRIER. 



SoiCMAiRE. — Père tuberculeux. — Grand'mère paternelle 
morte d'apoplexie cérébrale. -^Arrière-grand-pèrepatemeU 
nombreux excès de boisson. — Mère, rien de particulier. — 
Grand-père maternel violent ; excès de boisson. — Deux 
frères et une Roeur morts de convulsions. — Pas de consan- 
guinité. — Inégalité d'âge de 3 ans. 

Grossesse : impression vive produite par la vue d'un épi- 
leptique. — Méningite à 4 mois avec convulsions {?). — 
Marche, parole, propreté^ mastication nulles. — Cécité 
complète. — Tics. 

Autopsie : tubercules crétacés et gangrène du poumon. — 
Nombreux foyers de sclérose atrophique. 

Vouri..» Joséphine, âgée de il ans, née le 6 mars 1879, est 
entrée à la Fondation Vallée (service de M. Bourneville), le 
43 août 4890. 

Antécédents {Renseignements fournis par sa mère le 29 
décembre 1890). — Père, 45 ans, maçon, sobre, pas de convul 
fions, de migraines, de chorée, de rhumatismes, de dartres 
ou de syphihs. Tuberculose pulmonaire chronique; dyspepsie 
{Père, mort à 73 ans, d'accident; pas d'excès de boisson. — 
Mère, sobre, morte à 70 ans d'apoplexie cérébrale sans hémi 
plégie. Pas d'excès de boisson. — Grand-père paternel, nom 
breux excès de boisson. Pas de renseignements sur les autres 
grands-parents et les oncles ou tantes. — Deux frères bien 



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Description de la malade. 57 

portants ; Tun deux a des enfants, qui sont intelligents et en 
bonne santé. Pas de suicidés, d'aliénés, d'épileptiques, d'idiots, 
etc.] 

Mère, 42 ans, blanchisseuse, est obèse, à face vultueuse, 
d'une intelligence moyenne, elle n'a eu ni rhumatismes, ni 
dartres, etc. [Père violent, buveur , s'est noyé involontairement, 
à 66 ansi — Mère, morte à 73 ans, non nerveuse, sobre. — Pas de 
renseignements sur les grands-parents, les oncles ou tantes. 
Une sœur, non nerveuse, est en bonne santé ainsi que ses en- 
fants qui sont intelligents. Pas d'aliénés, de suicidés, etc.] 

Pas de consanguinité. ( Le père et la mère sont de Paris.) 
Différence d'âge : 3 ans. 

Douze enfants : 1*> garçon, mort à 7 ans de fièvre typhoïde 
ataxique; — 2° garçon, mort à 4 ans, de fièvre typhoïde avec 
phénomènes pulmonaires; — 3o garçon, mort à deux ans de 
fièvre typhoïde; — 4« fille, morte à deux ans de convulsions 
prolongées ; la durée et les phénomènes de la maladie font 
penser à la méningite; — 5» fille, morte à deux ans d'angine 
diphtérique; — ô*» garçon, mort à deux ans arvec convulsions; 
— 7° fille, morte du croup à 18 mois; — 8° garçon, mort à 13 
mois de convulsions; — O*» fille, 4 ans, bien portante, intel- 
ligente, pas de convulsions ; — 10® fille, 10 ans et demi, bien 
portante, pas de convulsions. 

11*> Notre malside. — Au moment de la, conception, rien 
de spécial. — Grossesse bonne, ni maladies, ni intoxications, 
ni trausmatismes d'aucune sorte, mais la mère a « eu un regard 
sur un jeune homme de 21 ans qui était comme ça » Pas 
d'émotions. — Accouchement à terme, facile, sans aucune 
interv'ention. L'enfant était grosse, pesait, dit-elle, 9 kilog., 
(?) et n'avait pas de cyanose. — Élevée au sein par sa mère, 
elle a été bien portante jusqu'à 4 mois. A cette époque, elle a 
eu une méningite, avec convulsions toniques et cloniques à 
la 4* semaine de la maladie. Ces convulsions duraient de 15 à 
20 minutes. Elles se répétaient 3 ou 4 fois par jour. Depuis lors, 
l'enfant a toujours présenté les mômes convulsions, et n'a pour 
ainsi dire fait aucun progrès. Elle n'a jamais marché, parlé, 
ni été propre. Elle est complètement aveugle. Elle recon- 
naît un peu ses parents à leur voix, elle montre qu'elle les 
entend venir. Lorsqu'on la met dans un endroit, elle y reste 
> comme un morceau de bois. » 

État actuel. — 29 septembre 1891. Enfant immobile dans son 



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58 DEScniPTiON de la malade 

lit» déformée par les contractures, ne vivant plus que de la 
vie végétât! VL\ si Von peut appeler ainsi l'état d'une enfant 
quï ne parait mtîme pas éprouver le besoin de manger et de 
boire. Qu'on soulève la tête ou l'un des membres inférieurs, 
on enlève l'enfant « comme un morceau de bols. » 

Tële. — Asymétrie céphalique assez marquée, due au moin- 
dre volume de la moitit3 droite du crâne. Crâne petit, ovalaire, 
légèrement aplati sur les côtés et au sommet. Pas de traces 
de fontanelles. Cheveux courts, rugueux, assez épais, châtain 
foncé. Tourbillon postérieur légèrement dévié à gauche. — 
Front bas, fuyant, surtout sur le côté; bosses frontales 
modérément saillantes; arcades orbitaires très-marquées, 
formant une sorte de ressaut au-deisus du front. — Sourcils 
peu fournis, arqués, largement séparés en dedans. Paupières 
supérieures égales et bien mobiles. Fente palpébrale assez 
large. Cils longs, châtain foncé. Conjonctive oculaire et palpé- 
brale, et cornée saine, sensibilité normale; sclérotique bleuâtre. 
Irîa larges, marrou foncé; pupilles égales, de dimensions 
normales, réagissant naturellement à la lumière. L'enfant ne 
parait pourtant que peu impressionnée par les objets présentés 
à ses yeux. Sa mère, avons-nous vu, la tient pour complètement 
aveugle, et dans le service, on n'a jamais remarqué qu'elle eût 
des perceptions visuelles quelconques. Les muscles de l'œil 
fonctionnent réguliù rement. Pas de strabisme, pas de paraly- 
sie, pas de nystagmus. 

Nez légèrement aquilin, de dimensions moyennes; narines 
écartées: cloison non déviée ; pituitaire saine. — Bouche 
petite, constamment entr'ouverte. Lèvres minces, sèches et 
fendillées. Langue volumineuse, paraissant trop grande pour 
la cavité buccale, hors de laquelle elle est presque toujours à 
demi-sortie. — Arcades alvéolaires allongées. Dents assez 
grandes, irrégulièrement implantées. Quelques-unes sont 
cariées. 11 y a du tartre. — Voûte palatine allongée, étroite, 
peu profonde. Rien de particulier au voile du palais. Amygda- 
les un peu grosses. Réflexe pharyngien peu marqué. 

Joues peu colorées, pommettes saillantes. — OretHestrès 
larges, peu écartées, minces; repli de Thélix large, formant à 
la partie supérieure une courbe plus grande que normalement ; 
Ira L, as très-dé veloppé, recouvrant comme une valvule la plus 
grande partie de rorifice du conduit auditif externe ; lobule 
peu marqué, adhérent. L'enfant paraît percevoir des sons. 

Cou court, circonférence 26 centimètres 5. Contracture êtes 
muscles cervicaux maintenant la tôte dans la rectitude, et 



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Description de la malade. 50 

légèrement fléchie sur le thorax. Cette contracture peut-être 
vaincue par un effort assex considérable, et on arrive à fléchir 
davantage ou à étendre la tôte. — Corps thyroïde à peine 
perceptible. — Rachis cervical régulier. 

Thorax déformé : courbure antéro-postérieure du rachis un 
peu exagérée dans sa portion dorsale ; scoliose à concavité 
droite assez prononcée, commençant au milieu de la région 
dorsale, et s'étendant sur la région lombaire, qui est un peu 
courbée ; courbure des côtes modifiée en ce sens que, à gau- 
che, la courbure d'enroulement diminue dans les deux tiers 
antérieurs, le coude de Tangle est prononcé ; a droite, la 
déformation est inverse, de sorte que le coude qui correspond 
régulièrement au col se trouverait pour ainsi dire en avant» 
à 4 ou 5 centimètres du sternum. Rebord costal saillant, don- 
nant lieu à un élargissement du thorax à la base. Pas de 
malformation du sternum. — Glandes mammaires non déve- 
loppées, aréoles brunes. — Rien à la percussion du thorax. 
Les râles humides disséminés que Ton perçoit à l'auscultation 
ne s'accompagnent pas de dyspnée apparente. Respiration 
surtout diaphragmatique. La pointe du cœur bat sur la ligne 
mamelonnaire, à la partie supérieure du 8« espace. Rien à 
l'auscultation. 

Abdomen a|)lati, rétracté, dur. Sonorité tympanique au 
niveau des deux bases des poumons en avant. Matité hépati- 
que peu nette. Matité splénique non perceptible. 

Pénil peu saillant, recouvert d'une touffe de poils assez longs 
mais peu abondants, s'arrôtant au rebord de la symphyse 
pubienne en haut, se prolongeant en bas sur la moitié anté- 
rieure des grandes lèvres qui sont assez épaisses et flasques. 
Muqueuse vestibulaire rouge. Hymen annulaire, orifice assez 
large et facilement extensible, non déchiqueté. Fourchette 
assez saillante. 

Les membres supérieurs sont contractures. La contracture, 
qui d'ailleurs peut être vaincue assez facilement, leur imprime 
des attitudes particulières et permanentes : les bras en légère 
abduction, les avant-bras fléchis au maximum sur le bras, 
les mains légèrement fléchies, plus à droite, où la contracture 
est plus accentuée. Pouce dans Textension, doigts fléchis dans 
la paume de la main, l'index très-peu, le petit doigt complè- 
tement, les autres dans des positions intermédiaires. 

Circonf. horizontale maxima 43 

1/2 circonférence bi-auriculaire 29 

Distance de Tartico. occipito-atloldienne à la racine 

da nez 28 



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6ê Description de la malade. 

Diftmètre antéro-postér. maximum 13,5 

— bi-auriculaire 10,5 

— bi-pariétal 11 

Haateur médiane du front 4,5 

Membres supérieurs : 

D. G, 

Circon férence au niveau de Tai sselle 16 18 

— à 10 c. au-dessus de Tolécrâne. . . 14 15 
-^ à 10 c. au-dessous de l'olécràne . 14 15 

•^ au niveau du poigne t 10 11 

-» au niveau du métacarpe 12,5 13,5 

Distance de Tacromion à l'olécràne 24,5 25 

— de Tolécrâne à l'apophyse styloïde du 

cubitus 18 19 

— de l'apophyse styloïde à l'extrémité 

du médius 14 14 

Membres inférieurs : 

D. G. 

CïFconférence au niveau de l'aine 30 26 

— à 10 c. au-dessus delà rotule 18 19,5 

— à 10 c. au-dessous ,5 

*- au niveau du cou-de-pied au- 
dessus des malléoles 14,5 15 

— à la partie moyenne du pied 15,5 16,5 

Distancé de l'épine iliaque antérieure et supé- 

"^ Heure à l'interligne articul. du genou. 34 32 

— de cet interligne à la malléole externe. 28 28 
^ de la malléole externe à l'extrémité de 

l'orteil médian 15 16 

Lca membres inférieurs sont immobilisés par une contrac- 
ture permanente, et à un degré tel qu'elle ne peut être vaincue. 
Cuisse en Hexion assez prononcée sur le bassin, en abduction 
et rotation, en dehors; jambe fléchie à angle droit sur la cuisse. 
Pied plat, valgus équin, reposant sur le lit par son bord interne. 
Orteils fléchis en griffe, surtout le gros orteil, qui de plus est 
dévié en dehors. Telle est l'attitude à droite. — A gauche, elle 
est inverse en certains points; la cuisse, en flexion sur le bassin, 
est en adduction et rotation en dedans pour s'appliquer sur 
la droite; la jambe est semblablement fléchie; le pied en varus 
équin pou prononcé. Rien aux orteils. Bassin dévié en rapport 
avec l'attitude des membres inférieurs : épine iliaque anté- 
rieure et supérieure gauche située plus bas et plus en avant 
que la tîroite. Le bassin a subi un mouvement de torsion, qui 
Tft abaissé et porté en avant du coté gauche. Légère scoliose 
À concavité droite de la colonne lombaire. 

Peau rugueuse, sèche, squameuse, glabre. Ongles non 



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Sclérose atrophique du cerveau. 61 

déformés ; pas de cicatrices ; pas d'adénites. Réflexes patellaire» 
notablement exagérés, surtout à droite. 

Il est très-difïiciie de se rendre compte de l'état de la sen- 
sibilité. La sensibilité à la douleur parait abolie au niveau des 
jambes; elle semble exister à un faible degré à partir de la 
partie moyenne des cuisses. Au tronc, à la face et aux mem- 
bres supérieurs, elle existe, quoique très obtuse. 

L'enfant est absolument immobile, ne fait aucun cri, gâte 
constamment, mourrait de faim si on ne la faisait manger 
régulièrement. Elle ne sait pas mâcher, avale gloutonnement. 

On note quelques tics de la face. — Pas de bave, de succion, 
de rumination, pas d'onanisme. — Sommeil agité. 

1890. — Une dizaine de mois après son entrée, cette enfant se 
mit à tousser et à dépérir progressivement, sans qu'il fût pos- 
sible de trouver une lésion localisée dans quelque appareil. 

Octobre. — V... décline lentement toujours de la môme 
façon. Une eschare sacrée qui s'était guérie se reproduit 
avec de plus grandes dimensions. Cette eschare est pansée 
à la poudre de quinquina. L'enfant mange bien, 

1892. Mars. — Depuis la fin de décembre, V... a dépéri très 
lentement. 

22 mars. — On constate une élévation de température ; 39«; 
nuit tranquille, sommeil calme. 

23 mars. — Ce matin, l'enfant mange encore un peu de 
soupe, et, à 10 heures, elle meurt, avec pâleur de la face, 
respiralion de plus en plus rare, une par minute environ, de 
sorte qu'on l'a crue morte une dizaine de minutes avant 
l'heure réelle de la mort. La température au moment de la 
mort était de 37«,8 ; — 1/4 d'heure après 36o,2 : — 1 heure 
après 350,8 ; — 2 heures après 35*>,2 ; — 3 heures après 34o,7 ; 
— 4 heures après 34® ; — 5 heures après 33<>,2 ; — 6 heures 
après 32o,8 ; — 7 heures après 32« ; — 8 heures après 31» ; — 
9 heures après 30<»,4. 

Autopsie, 24 heures après le décès. — A l'ouverture du crâne, 
il s'écoule du liquide céphalo-rachidien en quantité un peu 
plus que normale . 

Tête. — Cuir chevelu épais et ferme. — Calotte crânienne^ 
Tous les os sont très-épais ; le frontal au niveau de ses deux 
bosses, Toccipital dans sa partie moyenne, au-dessus de la 
protubérance occipitale^ mesurent un centimètre d'épaisseur. 



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62 Sclérose atrophique du cerveau. 

Lea pariétaux dans la partie la plus mince de la section de la 
calotto, ont 4 ™" d'épaisseur. On ne remarque de transparences 
et encore très-faibles, que dans la partie située au-dessus et 
en arrière des rayons d'ossification des deux frontaux, et au 
niveau des sutures. Il n'j"^ a trace d'ossification de ces sutures, 
ni à la surface interne, ni à la surface externe de la calotte. 
Les fontanelles n'existent plus. Il n'y a pas d'os wormiens. 

Durti-mère assez épaisse. — Les différentes parties de la 
base du crâne et de l'encéphale sont symétriques, les tuber- 
cules niamillaires sont un peu gros. — Les hémisphères 
cérébraux paraisssent avoir la môme longueur. Les lobée 
occipitaux ne recouvrent que les deux tiers antérieurs du cer- 
velet, qui déborde en arrière. Le cerveau est petit, le cerve- 
let volumineux. 

Tlr'mispliëre cérébral droit 2îW gr. 

TïéinSspMjre cérébral gauche 215 gr. 

Orveau 445 gr. 

H(»ini8phère cérébelleux droit . 50 gr. 

Hémisphère cérébelleux ga uche &Q gr. 

Bulbe et protubérance 15 gr.> 

Cervelet et isthme 115 gr. 

Puids total de l'encéphale 560 gr. 

Mœlle épiniére 30 gr. 

Hémisphère cérébral gauche. — Lapie-7nére se détache sans 
difficulté. — Sclérose atrophique vennicellée, occupant tout le 
lobe occipital (faces interne et externe. )La sclérose remonte 
du lobe occipital le long des deux faces de l'hémisphère, 
occupîuit le coiUy les 2/3 supérieurs du lobe quadrilatère, la 
partie postérieure du lobule paracentral sur la face interne 
et, sur la face externe, le pli pariétal supérieur, la moitié 
supérieure de la pariétale ascendante, un fragment de la 
partie moyenne de la face interne de la frontale ascendante, 
— Fj est atrophiée. — 11 y a un foyer de sclérose à l'angle de 
la scissure de Sylvius et du prolongement de la 1" temporale. 

Hémisphère cérébral droit. — Face externe. La scissure de 
Rûlando, dont l'extrémité inférieure est un peu en arrière de 
la partie moyenne de l'hémisphère, est remarquablement peu 
oblique. Cette extrémité est séparée de la scissure de Syl- 
vius par un pli de passage superficiel. — La scissure de Syl- 
vius se poursuit en arrière et en remontant en dedans jusqu'à 
15 miiliinôtres de la scissure intermédiaire. Presque entr'ou- 
vcrte, elle laisse parfaitement à découvert le lobule de l'in- 



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SCLÉnOSE ATROPÏÏIQUE DU CERVEAU. 83 

suïa, qui eat volumineux. — Les sillon,^ frontaux sintéro- 
postéFJeui's prennent très-nettemciït tle lu scissure rolïin- 
dique. Les circonvalutioiis F^, F^ et Fa, 4ont peu abondantes, 
A la partie tout antérieure de F-ï, se trouve un petit foyer de 
sclérose atrophique, La frontale ascendante est inlerronipiiet 
au niveau de son tiera supérieur, par un autre fo5er de sclé- 
rose atrophique» qui empiète un peu .sur l'extriïmité supérieure 
de Ft et s'étend tnVs-ioin on arriére, occupant la partie supé- 
rieure de la pariétale ascendante, ie lobule pariétal supérieur 
en entier, ainsi que le lobe occipital 

Face mlerne. — l'rï avant, Ica circonvolutions sont norma- 
les- En arrière, sclérose atrophique portant la partie posté- 
rieure du lobule paracentral, le lobule quadrilatère, U face 
Interne du lobule pariétal supérieur et la face' interne du lobe 
occipital i sur la partie tout-â-faît postérieure de la circonvo- 
lution du corps calleux* — La scissure occipitale est très- 
nette et se prolonge sur la face externe jusqu'à un centimètre 
dé la scissure interhémisphérîque. 

Facê inférieure. — Elle présente en avant une dépression 
quadrang^ulaire, infundibuliforme dont le sommet correspond 
 la barre transversale on H du lobule orbitaire ; en arrière, 
sclérose alTOphiquc du lobe occipital semblable à celle des 
deux autres faces. 

Le cervelet n*offre rien d'anormal. Il est exceptionnellement 
mou et très dUïicile à décortiquer, en ratsori de ce défaut de 
consistance. Pas d'adhérences méningé en. 

Protubérance, rien de particulier, ^fîuibe : saillie remarqua- 
ble des oUves, dont lalong'ueur est de ii miliimétrea et la lar- 
geur de 5 millimètres. 

Cou ,— On A omis Vexamen delà glan de thyroïde et du th ymus. 

Thorajc. Poumon gauche (140 grj un peu congestionné. 
Sur la partie postérieure du lobe inférieur, on trouve une 
cicatrice bleuâtre â la surface, au centre de laquelle sont de 
petits noyaux crétacés^ — Poumon droit (330 gr.). Adhérences 
de tout le lobe supérieur. Le lobe moyen est le siège d'un 
vaste foyer de gangrène occupant la face antéro-externe. — 
Cœur (90 gr.), sain. 

Abdomen. — Foie (990 gr.)^ trés-friab!e. Dégénérescence 
graisseuse marquée. — Baie saine (55 gr.). — Reiji gauche 
(75 gr.), rein droit (80 gr.). pâles, d aspect normal, ainsi que le 
ancrêas (30 gr,), Vulérus {10 gr,J et les ooaîres, qui ont le 
volume d'un haricot. 



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64 RÉFLEXIONS. 

Réflexions. — I. Le père de cette enfant est tuber- 
culeux; elle Tétait également ainsi que les dépôts cré- 
lacesdcl'un des poumons, trouvés à l'autopsie, le dé 
montrent. — Ualcoolisme^ toujours fréquent dans les 
antécédents de nos enfants, se retrouve chez un arrière- 
grand-pere paternel et un grand-père maternel. Il ne 
peut être invoqué que comme cause secondaire. Toute- 
fois , dans ce cas, on ne peut se prononcer sérieusement 
sur rinHuence possible de l'hérédité parce que les 
renseignements font en grande |)artie défaut tant sur 
les ascendantî? que sur les collatéraux. 

n. Notons, en passant, le « regard » de la mère « sur 
un jeune liomme qui était comme ça, » c'est-à-dire 
comme son enfant. 

ilL Relativement à la viéniiigite survenue, d'après 
les parents, chez notre malade, il convient de faire de 
eéi'ieuseïs réserves. Lorsqu'on interroge les parents, il 
est loin d être facile d'avoir des renseignements précis 
pour porter un diagnostic rétrospectif. Quelquefois 
même, le médecin qui a soigné alors l'enfant s'est trompé 
et a parlé plus ou moins vaguement de méningite. Ici, 
rcxistence de contracture des membres conduisait à 
douter de laréalité d'une méningite originelle. L'absen- 
oe de grincements de dents, d'accès de colère, de cogne- 
ments de tête, venait d'autant augmenter le doute. 
L*autopsie a démontré que les enveloppes ne présen- 
taient pas d'adhérences et partant, fait écarter l'idée 
d'une méningite. 

IV. A Texamen clinique de l'enfant, le trait le plus 
frappant était la présence de contractures très pro- 
noncées , mais pourtant susceptibles d'être vain* 
eues. Comme complément, ajoutons -y l'exagération 
des réflexes patellaires. Ces phénomènes sont en 



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HÉFLËIIÛXS. 65 

rapport avec la sclérose cérébrale constatée à Tauto- 
psie. 

IV. Remarquons, comme dans de nombreux autrefl 
cas de lésions cérébrales, la facile production des 
êschares. Enfin attirons encore une fois Tattention 
sur rétonnante tolérance des enfants comme notre 
malade pour des affections aussi graves que la gan- 
grène pubnonaire. Nous avons eu Tocoasion d'obser- 
ver souvent des exemples semblables. 



BûUiiK£Vi£XE. Bicétre^ lii^J2 




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VI. 

Idiotie méningitique ; 



SoNïMAiBE. — Père, convulsions^ fièvre typhoïde ai^ec tlHlre 
xiioienL — Alcooli^m^ f — Enfant naturel, ne connaît pas 
SB, famille. — Mèr*;, migraines, crises iierueiises, acfré,^ de 
colère, asymétrie crânienne. — Grand-père maternel alcoo^ 
tique. — Grand^mère paternelle, aliénée. — Cousin ;/er- 
main mnten^el, convuti^ions, méningite. — Cousine rnater^ 
7itlie, suicidée. — Frère, convuhions, mort de méningite. 
— Denii^sœur paternelle, convttUions et tubercutose. 

Grossesse ; r^omissemerits jui^qu'à i mois, chute à G mois, 
lipothymies. — Convulsions répétées à un an^ accès de 
colère, ^ Première dent à un an; denlitioii complète à 3 
ans. -^ Marche et parole à 2 ans et demi. — Mobilité f^xces- 
sive. — Coqueluche à 3 ans et demi, avec convulsiomi et 
probablement méningite (?L — Tics. — Roageoleav.ee bron* 
cho-pneumonie et albamine dans les urines : Mort. 

Autopsie* — * Méningite chronique; — atèlectiisie pulmo* 
naire. 

Thom,.. Georges, né à Parîa^ le 7 janvier i8SB, est entré le 
î mars 1892| à Bicétre (sôrvice de M. BounxEVfLLE), 

antécédente. — (Renseignements fournis par sa mère le 8 
mars i83î]. — Père, 38 ans, charron, enfant naturel, placé par 
sa mère à Tâge de deux jours aux Enfants- Assistés et envoyé 
par l'Assistance publique dans te département de la Nièvre. 
Il aurait eu jusqu'à l'âge de 7 ans des convulsions sur le 
caractère desquellet on ne peut avoir aucun renseignejuenl ; 
toujours est^il que la dernière convulsion fut si violente qu'on 
le crut mort, A cet âge, noua dit sa femme , il [tissait 
«pour ne pas dtre une bonne tête « ; il faisait fréquemment 



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Idiotie mëkingitiqub : antécédents. 67 

Técole buissonnière. Venu à Paris à 20 ans environ, il contrn.io 
à 25 ans la fièvre typhoïde. Cette maladie aurait été grave et 
accompagnée d'un délire violent ; néammoins la guérison se 
serait opérée sans accidents et sans troubles psychiques. Il 
a été réformé à la révision à cause d'une plaie de la main 
droite faite dans son enfance et qui l'avait estropié. Il aurait 
été atteint aussi d'une fracture d'un poignet. Là se borneraient 
tous ses antécédents pathologiques. 11 n'aurait jamais eu de 
migraines, de chorée, de douleurs rhumatismale?, ni d'érup- 
tions cutanées. Aucun signe ne permet de le croire atteint 
de syphilis. Sa femme prétend qu'il boit et fume beaucoup, 
mais interrogé à part, il proteste énergiquement et ne pré- 
sente aucun des signes de l'alcoolisme chronique. Marié une 
première fois assez jeune, il eut une fille de son premier 
mariage, morte aux Enfants Malades à l'âge de 3 ans i/2 de 
méningite tuberculeuse. Cette enfant aurait eu des oonvul^ 
sions durant toute sa vie. Sa première femme serait morte 
subitement durant ses couches. D'après sa seconde femme, 
il aurait un caractère violent et emporté, il entrerait en colère 
pour des motifs futiles et alors briserait tout. Notons que ces 
renseignements sont sujets à caution, vu l'état mental dé la 
femme qui nous les donne et l'apparence de calme et de sin- 
cérité du langage du père lorsqu'il est venu compléter notre 
enquête à son égard. Il ne connaît absolument personne de 
sa famille,] 

Mère, 36 ans, vit séparée de son mari sous prétexte qu'il Ta 
battue. Elevée jusqu'à Tàge de 2 ans 1/2 en Normandie, son 
pays natal, elle y aurait joui d'une santé parfaite, n'aurait pas 
eu de convulsions durant son enfance. Ses premières dents ne 
seraient survenues qu'à 7 ans, et elle les aurait conservées 
depuis (?). Ses dents actuelles, toutefois, oflrent les caractères 
des dents normales. Elle n'aurait bien parlé qu'à l'âge de 7 ans. 
Réglée régulièrement et sans souffrance à 15 ans, elle aurait 
eu fréquemment, mais sans périodicité, 2 ans avant cette 
époque, des migrâmes, l'obligeant à se coucher et s'accom- 
pagnant parfois de vomissements ; elle n'aurait pas eu de phos- 
phènes, ni d'étourdissements ; ces céphalalgies auraient com- 
plètement disparu depuis l'établissement des menstrues. A 18 
ans, pneumonie guérie en 10 jours; à 34 ans, bronchite accom* 
pagnée d'un affaiblissement et d'un amaigrissement notables; 
à 35 ans, hémoptysie peu abondante, qui se renouvela depuis 
la s uite de fatigues. Depuis sa fluxion de poitrine^ elle tousse 

fréquemment. Elle prétend n'avoir jamais eu de chorée, dQ 



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68 Idiotie léningitique : antécédents. 

rhumatisme, ni d'afTections cutanées. Elle ne présente 
aucun stigmate de syphilis, ni d'alcoolisme. Très nerveuse 
et très émotive surtout dans son enfance, elle aurait assez 
souvent, selon son mari^ des crises nerveuses qu'elle n'avoue 
pas. Elle serait prise alors d'accès de colère sans cause 
appréciable durant lesquels, elle se roule à terre, appelle au 
secours* Ces crises qui persistent encore, se seraient mani- 
festées dès le début de leur mariage ; il ajoute qu'il la croit 
atteinte de troubles intellectuels. Ses actes bizarres lui 
auraje[it aliéné les voisins qui ne lui parlent plus. Depuis très 
peu de temps, du reste, elle a déménagé secrètement son 
Imgc et a quitté son mari. Elle a été mariée une première 
fois à un homme mort de tuberculose aiguC et dont elle n'a 
pas eu d'enfants. Ce fut à 27 ans qu'elle contracta son second 
marin^o. L'expression de sa physionom'c est assez intelligente, 
mais elle présente une asymétrie crânienve évidenlo, la 
bosse frontale étant nettement plus développée à gauche qu'à 
droite- [Père, mort à 45 ans ; on en ignore la cause. Alcoolique, 
colùreux, il aurait a abusé de la vie» et avait abandonné sa 
femme . — Mère aliénée, morte à 45 ans de la rupture d'un 
anévrysmc à la Salpôtrière où elle anrait été internée à diffé- 
rentes reprises. L'origine de sa folie daterait d'une frayeur 
que lui aurait faite son mari au troisième jour de ses couches. 
■ Il ft'ivst levé la nuit ayant à la main deux petits pistolets de 
porhe et a dit: "A nous deux, maintenant!» Sa maladie mentale 
disparaissait après quelque temps d'internement pour repa- 
raître et nécessiter son retour à l'asile. — Grand-père pater- 
nel, pa»^ cîe renseignements. — Grand-mère paternelle, morte 
il y a II ans, on ne sait de quoi; auparavant elle avait une 
bonne iiunté. — Gra?id-pére et grand'mère maternels ne sont 
paâ connus, mais ils n'auraient jamais présenté de troubles 
intellectuels. — Pas d'oncles, ni de tantes paternels. — Quatre 
tantes maternelles, dont deux mortes à la suite a d'un chaud 
et froid w et deux autres vivantes et bien portantes. — Un 
oncle maternel, mort à 29 ans subitement. — Deux sœurs, 
une morte ii 26 ans de pneumonie; une autre, 38 ans, se porte 
bian;elïc est mariée et a 3 enfants; Tainée aurait eu des 
convidsions et aurait été atteinte d'une méningite quali- 
fitje de -i tuberculeuse »; elle serait inintelligente; bien 
qu'ayant appris à lire et à écrire, elle serait restée a bonasse ». 
— Un frère tnaternel adultérin est intelligent et se conduit bien, 
^ Une cousine, malheureuse en ménage, se serait suicidée 
dernièrement. A part cela, pas d'aliénés, d'idiots^ d'épilepti- 
ques, d hystériques, de paralytiques» de difformes, de bègues, 



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i 



ANTéCÉDENTS PERSONNELS, 09 

de sourds-muets, d'aveugles-nés, de suicidés, de prostituées, 
etc., dans le reste de la famille]. 

Pas de consanguinité. — Inégalité d'âge : \ an 1/2. 

3 enfants : 1» garçon, mort à 15 mois, de méningite tuber^ 
culeuse;\\ n aurait jamais dénoté aucune trace d'intelligence 
et « ne faisait qu'un cri » durant toute sa vie. 11 a eu cor>ti' 
nuellement des convulsions; — 2« fille, 6 ans 1/2, intelligente, 
douce, assez nerveuse, n'a pas eu de convulsions; — 3<> Neutre 
malade. Rappelons que le père de l'enfant a eu d'un premier 
mariage une fille, morte à 3 ans à l'hôpital des Enfants Mala- 
des, de tuberculose. Cette enfant aurait eu des convulsions 
durant toute sa vie. 

Notre malade, — A la conception, les époux faisaient bon 
ménage, n'étaient pas malheureux. Le mari ne faisait paa 
d'excJs alcooliques à cette époque. — Pendant la grossesse, 
vomissements incoercibles quotidiens jusqu'au 4« mois, ayant 
causé un affaiblissement considérable. A 6 mois, chute d'un 
escabeau sur le côté gauche, lui ayant causé une vive émotion. 
Plus tard, à des époques qu'elle ne peut préciser, la mère eut 
peur deux fois au sujet d'accidents survenus à sa petite fitle. 
Lipothymies fréquentes pendant toute la durée de la grossesse, 
mais pas de véritables syncopes, ni de crises d'aucune sorte. 
La mère n'entrevoyait pas avec plaisir la naissance d'un autra 
enfant, à cause de la faiblesse de sa santé et de l'exiguité des 
ressources du ménage. — Accouchement k terme, normal et 
sans l'emploi d'ergot, ni d'anesthésique. La durée du travail 
fut de 2 heures et demie. — A la naissance, ni cyanose, ni 
asphyxie; l'enfant était petit et grêle. — Elevé au sein par sa 
mère, il fut sevré à 15 mois. — Première dent à un an; den- 
tition complète à 3 ans. — Début de la marche et de la parure 
à 2 ans et demi. — Les premiers symptômes de son affection 
datent de l'époque de la dentition. L'enfant fut alors pris de 
convulsions fréquentes, survenant par attaques portant î^ur 
8 jours environ, puis restant un mois sans revenir. Une 
période d'anxiété ouvrait la crise. D'abord immobile, l'enfant 
devenait rouge, se plaignait en grognant, puis se raidissait» 
la bouche écumante, les yeux fixes et hagards. Aucun mou- 
vement tonique, ni clonique; pas de déviation du tronc, ni 
des membres. Parfois survenait durant la crise, une expulsion 
d'urine et de matières fécales. Après vingt minutes environ, 
il reprenait connaissance, dormait un peu et se réveillait dans 
son état normal, jouant comme par le passé, ne présen tant 
absolument aucun trouble psychique, sensitif, sensoriel ou 



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70 AKTÊCéDENTS PERSONNELS : MÉNINGITE. 

moteun Lee crises n'étaient pas toujours aussi longues, par- 
fais Tenfaru devenait pâle, regardait un instant fixement, 
faisait quelques efforts bruyants d'expiration. La mère lui frap- 
pait alors clans les mains et tout était terminé. Souvent aussi 
il était pris d'accès de colère, il poussait alors des cris per- 
çants et continus qui ameutaient les voisins contre ses parents. 
La mère avoue que, sur leur conseil, elle donna des claques à 
son malheureux enfant. — Vacciné à 2 mois avec succès ; ni 
rougeole, Tîi variole, ni scarlatine, ni autre maladie infectieuse 
■î ce n'est la coqueluche à 3 ans et demi. Cette dernière 
Taurast fort éprouvé. Le médecin, effrayé par le nombre de 
ses convulsions, aurait parlé de ménmgfife et lui aurait fait 
appliquer un vésicatoire à la nuque. Les crises cependant, 
durant la c<jqueluche, n'auraient pas été sensiblement modi- 
fiées. 

Cùt enfant aurait toujours été d'une mobilité incomparable. 
« Jamais, nous dit sa mère, il ne pouvait tenir en place ». — 
Nui accident scrofuleux, nul traumatisme sérieux. Gourmand, 
vorace, il gâtait parfois la nuit et urinait fréquemment au lit. 
Sa mare s aperçut que ses selles contenaient parfois des oxyu- 
res. On ne constata jamais de pyromanie, de clastomanie, ni 
d'onanisme. Parfois afTectueux, il menaçait à de certains mo- 
ments sa mère et battait sa petite sœur. Il n'aimait que les jeux 
bruyants. Son éducation était presque nulle, cependant il 
iavait se servir de la cuiller. Le 20 février, lassée des plaintes 
des voisins et croyant son enfant atteint d'une maladie ner- 
veuse qu'elle attribuait à la dentition, la mère se décida à 
le faire admettre à l'hôpital des Enfants-Malades, d'où il fut 
envoyé àBicètre. Tout porte à croire qu'il contracta dans cet 
hôpital la rougeole qui s'est déclarée 8 jours après son arrivée 
à Bicétre. 

Éiai actuel. (14 Mars 1892). — L'enfant n'a pas l'air maladif, 
son embonpoint est satisfaisant. Malgré l'éruption rubéolique, 
sa peau parait être normalement très blanche. Les cheveux 
blonds sont bien implantés. En arrière et à droite, croûtes 
impétigîneuses du cuir chevelu. Pas d'adénites chroniques. 

Tête allongée, sensiblement asymétrique, ne présentant au. 
cune trace appréciable des fontanelles. — Front bombé et assez 
large. Arcades sourcillières peu saillantes. Sourcils clairs et 
blonds. Paupières et fentes palpébrales moyennes et réguliô. 
res. f^iîs longs et bien implantés, yeujc grands, à motilité nor- 
male, pas d'axophthalmie^ de paralysies, ni de nystagmus. Iris 
gris clair, Pupi7/es régulières égales, à ►«éaction normale. Cor-' 



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I 



Description du malade. 7i 

née, conjonctive f rien de particulier. Uacuité visuelle semble 
normale. 

Nez droit, déprimé jusqu'au niveau du lobule qui est un peu 
large. Narines regardant directement en bas. un peu larges, 
pas de déviation de la cloison. Odorat normal. — Pommettes 
symétriques, peu saillantes et régulières. — Bouche petite et 
régulière, lèvre inférieure un peu mince. Palais, voile du 
palais, normaux. Amygdales non hypertrophiées. Le goût 
paraît normal (?). — Menton, rond. -^ Oreilles assez larges', bien 
ourlées, bien implantées, à lobule assez volumineux. Acuité 
auditive assez développée. 

Mensurations de la tête : 

Circonférence horizontale raaxima 525 mil. 

1/2 circonférence bi-auriculaire 330 

Distance de Tart. oocipito-atlold. à la racine da nez 'Mb 

Diamètre antéro-po8t. maximum 175 

— bi-aoriculaire 120 

— bi-pariétal 135 

— bi-temporal 115 

Hauteur du fVont 45 

Cou : Circonférence 30 centimètres. C^orp8^/iy)*o!de normal. 

Thorax sans déviation. Pas d'anomalie cardiaque pouvant 

être clécelée à l-auscultation. Râles muqueux nombreux dus 

à raffeotion actuelle. Abdomen régulier, sans hypertrophie du 

foie, ni de la rate. Région anale normale. 

Organes génitaux, — Phimosis, gland découvrable; méat 
régulier. Bourses pendantes, contenant les testicules de la 
gro:sseur d'un œuf de moineau, le gauche descendant plus bas 
que le droit. 

Sensibilité cutanée normale sur toute la surface du corps. 
— Voir plaintive. Parole limitée à quelques mots : papa, maman, 
à boi re, pipi, qu'il prononce assez nettement. — Les membfûs 
supérieurs ei inférieurs sont réguliers dans tous leurs seg- 
ments. L'enfant sait se servir do la cuiller, il marche seul.est 
très turbulent et indifférent, son sommeil est agité. On n'a pas 
constaté l'onanisme depuis son entrée. Il gâte jour et nuit. 11 
présente comme tic des battements fréquents des paupières et 
a l'habitude de garder la bouche entrouverte. Il n'a aucune 
notion de l'instruction même la plus élémentaire. — Poids : 
17 kilogr. iOO; — Taille : i mètre. 

Entré à Bicôtre le 2 mars, l'enfant resta selon les habitudes, 
du service pendant 5 jours en observation à l'infirmerie où sa 
température prise avec soin matin et soir, ne dépassa pas 37<>. 



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^ Rougeole ; albumine. 

il mars. — L'enfant un peu agité a été conduit la veille au 
pavillon d'isolement. Léger catarrhe oculo-naso-bronchitique. 
Toux rauque assez fréquente, pas de signes physiques à Taua- 
cultatlon. Pas de dysphagie, diarrhée légère. Eruption discrète 
sur le tronc de taches lenticulaires rosées, disparaissant à la 
pression. Soir: T. R. 40o. Potion à l'acétate d'ammoniaque. 

12 mars. — Délire assez violent pendant toute la soirée de 
la veille et la nuit. Soif intense. Bouche fuligineuse. Nari- 
nes pulvérulentes. Plus de diarrhée. A l'auscultation: râles 
muquoux abondants aux deux poumons mais surtout àgruche. 
L'éruption, à peine apparente à la face, est très développée sur 
le tronc et les membres. Les taches larges, dentelées, en for* 
me de corymbes sont cohérentes. Température de la veille 
au soir: 40«, 4. — Vésicatoire à gauche et en arrière du thorax. 
— Potion avec sirop diacode et teinture de musc. T. R. 39®, 6, 
Soir: T. R. 39^8. 

13 mars, — T. R. 38«. 2. — Soir : 38<», 6, mais l'état général est 
statlonnaire. 

14 mars. — T. R. matin: 39«, 6. — Soir: 39», 5. La déferves- 
cence n'était que l'abaissement normal que l'on observe après 
l'éruption morbilleuse. Pouls fréquent et assez fort. Respiration 
fréquente, haletante. Râles muqueux nombreux, disséminés. 
Coryza intense. Bouche sèche, lèvres fuligineuses. Soif ardente. 
Subdôlirium continuel. Eruption confluente au tronc et aux 
membres. Sirop d'ipéca; potion au musc. 

15 mars. — Etat général un peu meilleur. Le malade est plus 
calme, signes physiques pulmonaires non modifiés. Albumine 
en asBSK grande quantité dans les urines. T. R. 39®, 8, Soir : 
T. R. 39", 1. Régime lacté exclusif. Potion diacodée. 

17 mars, — Toux fréquente. Amélioration notable des signes 
■téthoscopiques. Il n'y a plus d'agitation. Diarrhée noire et 
abondiinte. Eruption pâlie, en voie de disparition. Matin : 
T. U. 3Ô", 2. — Soîr: 390, 5. 

18 mars, — L'éruption a disparu. Agitation très grande. 
Dyspnée intense, battements des ailes du nez. Visage légère- 
ment cyanose. Râles muqueux abondants dans toute l'étendue 
de la poitrine. Parfois dans la journée, crises asphyxiques avec 
apnée et cyanose intense. La diarrhée a cessé. Albumine en 
grande quantité dans les urines. T. R. 39«, 7. — Soir: 39«, 5. 
Ventouses sèches sur toute la poitrine. Une cuillerée de sirop 
d'ipéca; potion aux sirops diacode et de tolu. Régime lacté. 

19 mars. — L'enfant est décédé à minuit 1/2. Son poids était 
alors de 16 kilog. 800. Il avait donc maigri d'environ 300 gr. 



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MÉNINGO -ENCÉPHALITE CHRONIQUE. 73 

durant sa maladie. — T. R. 38«, 2: — Soir: 37°, 6. Un quart 
d'heure après la mort. 

Autopsie (faite 32 heures après le décès). — Lecuir chevelu 
est assez épais. La calotte crânienne présente une asymétrie 
manifeste, tant au niveau de la bosse frontale, qu'à celui de 
la bosse pariétale. La paroi osseuse est très mince et offre des 
zones de transparence au niveau du siège de la fontanelle an- 
térieure, surtout à droite de la suture sairittale. Des zones ana- 
logues se rencontrent encore tant à droite qu'à gauche de la 
BUture lambdoide. Aucune trace de synostose sur le trajet des 
sutures. La suture métopique a complètement disparu. Les 
sutures fronto-pariétale et lambdoide sont finement dente- 
lées. La suture sagittale offre des dentelures plus accentuées 
surtout à partir de ses deux tiers postérieurs. — En arrière 
de la suture fronto-pariétale existe une dépression nette sous 
forme d'une large gouttière creusée dans les pariétaux et 
parallèle à la suture. — La baf^e du crâne semble à peu près 
symétrique. — La dure-mère est un peu épaissie au niveau 
de la face et adhérente à la voûte crânienne. 

Hémisphère cérébral droit 500 gr. 

Hémisphère cérébral gauche 500 gr. 

Poids da cerveau 1120 gr. 

Hémisphère cérébelleux droit 65 gr. 

— — gauche 65 gr. 

Bulbe et protubérance 15 gr. 

Cervelet et isthme 145 gr. 

Poids total de l'Encéphale 1270 gr. 

Peu de liquide céphalo-rachidien. 

La pie-mère est généralement opalescente et parait épaissie. 
La décortication des hémisphères est relativement facile, sur- 
tout pour l'hémisphère droit. 

Cerveau. — Hémisphère droit. Face externe : Fl est sans 
lésion sur tout son trajet, tlle offre sur ses deux tiers posté- 
rieurs un sillon qui la subdivise et est unie à FA par un 
pli de passage important qui se recourbe, devient parallèle à 
FA, à la partie médiane de laquelle elle va s'unir. F"^ 
présente à sa partie moyenne des traces d'adhérences pie- 
mériennes considérables. Cette circonvolution est nettement 
séparée de la FA par le sillon préfrontal très accusé. F3, 
fortement recourbée en S est le siège d'adhérences sur tout 
son trajet. Adhérences méningiennes au niveau du tiers infé- 
rieur de FA. Le sillon de Rolando est normal ainsi que PA 



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74 MÉNINGO-ENCÉPHALITE CHRONIQUE. 

Tout le lobe pariétal présente des adhérences qui s'étendent 
de PA au pli courbe inclusivement. La scissure de Sylvius, 
régulière, laisse apparaître le lobule de l'insula sans lésion 
apparente. — Le iobe temporal présente à la partie posté- 
rieure de F* et de F^ des adhérences méningées considéra- 
bles mais assez nettement circonscrites. — Le lobe occipital 
offre à sa partie antérieure un aspect franchement chagriné ; 
en arrière de cette région, on trouve encore de nombreuses 
adhérences de la pie-mère. 

Face interne. — Presque absolument saine, sauf quelques 
adhérences à l'origine de F'. Le lobule paracentral, Yavant- 
coin, le coin, la circonvolution du corps calleux sont normaux. 
A la partie moyenne des circonvolutions temporo-sphénoïdales 
et sur la circonvolution de l'hippocampe, existent des adhé- 
rences. 

Le corps calleux, le trijone, le ventricule, la couche 
optique, le corps strié et le pédoncule ne présentent, de ce 
côté, aucune lésion macroscopique. 

Hémisphère gauche. — Face externe : Adhérences nom- 
breuses à la partie antérieure du lobe frontal sur tout le tra- 
jet de F3, moins contournée que sur l'autre h(Jmisphère. Cette 
circonvolution est mince et nettement atrophiée, surtout à sa 
partie postérieure. Les deux tiers postérieurs de F^ et F* sont 
sains et b#en développés. — Le sillon préfrontal est bien moins 
considérable qu'a droite. FA présente un aspect chagriné 
dans sa moitié inférieure. Rien de particulier à noter pour le 
sillon de Rolande. — Aspect chagriné de PA dans sa moitié 
inférieure et du lobe pariétal supérieur qui présente des tra- 
ces d'adhérences dans ses deux tiers inférieurs. — Atrophie 
et aspect chagriné au niveau du pli courbe. Scissure de Syl- 
vius, lobule de l'insula et lobe occipital, rien de particulier. — 
Aspect chagriné et adhérences sur tout le tiers du lobe tem- 
poral. 

Face interne : F» normale. Lobule paracentral chagriné et 
atrophié surtout à sa partie postérieure. — L'avant-coin et le 
coin présentent la môme lésion en avant. — Il en est de môme 
du corps calleux et 'de sa circonvolution sur tout leur trajet. 
— Lobe temporO'Sphénoïdal d*;«spect normal. Le trigone, les 
noyaux gris centraux et le ventricule latéral semblent sains. 

Cervelet et bulbe : rien de particulier. — Moelle: (35 gr.), 
normale. 



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RÉFLEXIONS. 75 

Cou, — Les cordes vocales du larynx sont trôs tumt^liées. 
— Glande thyroïde, (10 gr.) — Thymus, quelqin?s traces. 

Thorax. — Poumon droit (320 gr.); Adhérencc^^ conrplùtes 
de la plèvre, blanchâtre et épaissie, atélectasic surtmit an 
sommet du poumon qui crépite encore et ne pl^fTiiri^ pris. — 
Poumon gauche (220 gr.) un peu congestionné. I/îiIcUh tasie 
a été cause de la mort. — Cœur (110 gr.) normuL Trou tlo 
Botal oblitéré. 

yl6dome?i. ^Estomac» tube intestinal, Fate (8(1 crr,}, h*ein 
droit (HO gr.), Rein gauche (65 gr.), — Foie (760 irr.), — VesÈ- 
sie, aucune lésion apparente. 

Réflexions. — I. h'héi^édité^ du côté paieniel 
comme du côté maternel, peut être ici nettement con- 
sidérée comme cause prédisposante de l'état mental 
de Tenfant. Remarquons encore que son iVêio luwé 
et sa demi-sœur paternelle ont présenté tou« deux tles 
Siccidents méningitiques graves. 

II. Les incidents de la grossesse (vomissements, in- 
coercibles jusqu'à 4 mois, chute au sixirnie nioit;, 
émotions, lipothymies) ont pu avoir uim certaine 
influence sur le développement de l'enfant, 

III. Il est àremarquer que les conuukion>r iiUrilim'ea 
à la dentition furent les premiers symphunes do 
l'affection nerveuse de Thom... 

IV. LarougfeoZe, sa maladie ultime, présente comme 
particularité intéressante Valbuminuric surveuuo 
quatre jours avant la mort. 

V. A Vsiutopsie nous constatons l'absence compUte 
de synostose des sutures et la présence do ])laf[iies 
transparentes surtout à la région de lu iuiitan< lia 
antérieure; tout cela joint à la minceur remarquable 
de la paroi crânienne nous permet d*aniniicr que la 
boîte osseuse n*a en rien gêné le déveloiJpement de 



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7S R6FLEXÎ0NS. 

l'encéphale et que partant la crRJiiectoniie n'aurait 
en rien été justifiée. L'égalité parfaite du poids des 
deux hémisphères cérébraux et les lésions méningi-- 
tiques^ bien ([u'cUes ne se soient pas traduits par dea 
symptômes cliniques assez nets pour en tirer une 
conclusion, méritent encore d*attirer rattention. Le 
court séjour de l'enfant dans la section, la rougeole 
dont il a été atteint de suite, ont empêché d'ailleurs , 
qu'on put, par une observation suffisamment prolon- 
gée, poser un diagnostic précis sur la cause de ridiotie. 



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VII. 

Idiotie symptomatique de sclérose atrophique; 
tuberculose pulmonaire; 

Par BOURNEVILLB et DAUELIG. 



Sommaire. — Père aliéné. —Grand mère paternelle nerveuse. 
— Deux tantes et une cousine paternelles aliénées, — Tante 
paternelle tuberculeuse. — Mère, fièvres intermittentes. — 
Pas de consanguinité. — Inégalité d'âge de 8 ans. 

Chute durant la grossesse. — Accouchement laborieux. — 
Jamais de convulsions. — Rougeole à 4 ans ( ?). — Marche, 
parole, préhension nulles. — Gâtisme. — Contractures des 
quatre menbres. 

i892. Rubéole. — Tuberculose pulmonaire ; mort. 

Autopsie. — Absence de synostose; plagiocéphalie. — Inéga- 
lité de poids des hémisphères cérébraux. — Os wormi- 
ens. — Sclérose atrophique d'un certain nombre de cir- 
convolutions des deux hémisphères du cerveau, prédomi- 
nant à gauche (Hémisphère plus petit). — Tuberculose 
pulmonaire. — Abcès froid du deltoïde. 

Thill., Edouard^ né le 27 janvier 1876, à Bukarest^ est entré 
le 24 février 1891, à Bicôtre (service de M. Bournevillb), et est 
décédé le 14 avril 1892. 

L*enfant est amené le 24 février 1891 par sa mère. Il est 
propre et sa tenue ne donne lieu à aucune remarque. On lui 
donne dès le 1«' jour le traitement suivant : 2 bains salés par 
semaine ; huile de foie de morue et sirop d'iodure de fer. 

Sa température prise matin et soir à partir du 24 jusqu'au 
28 février ne présente rien d'anormal : elle oscille autour de 
370. La température la plus basse a été de 3^, S, la plus élevée 
de 370,6. 

Antécédents héréditaires. (Renseignements fournis par une 



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78 Antécédents hèréditaihes, 

nièce du D^ Bl** qui raccompagnait le jour de son entrée). 
Père, âgé de 4lj atis. Il a exercé plusieurs professions ; d^abord 
employé dans les pan ta et chaussées, il est ensuite devenu 
commis- rédacteur à la Ville. C'est en Roumanie ou il était 
allé en qualité d'employé dea ponts et [-haussées, qu'il connut 
la mère de l'en faut, lille dt^ payhikti\^ dont il eut quatre ert fonts. 
Pendant fiori séjour dans ce pays, il rutiiilernéàdeuK reprises 
différentes pour folie des grandeurs avec idées de persécu- 
tion. R II racontait qu'il avait remporté de grandes victoire» 
mais que malgré cela le roi voulait Un fair^ couper la tête- * 
11 s'échappa de Taaile et pendant 18 mois parut à peu près 
raisonnable, 11 revînt en France, devint employé delà Ville et 
épousa il y a six mois la mère de ses enfants. Il y a deux moiSi 
il fut repris de folie et interné à Charenton, C est un homme 
emporté et peut-être alcoolique, i 8a femme, convoquée le 13 
avril 18l^'2, contredit ce renseig^neuieut: elle le dit sobre et no 
Fa jamais vu se livrer a aucun excès). Il n'aurait jamais eu de 
maladies chroniques telles que : alTections nerveuses, dartres, 
rhumalisjnes, [Père, architecte; il partit tout jeune en Uoii- 
manie el y devint directeur du ministère des travaux publics, 
H était intelligent, bien portant, et on ignore la cause de sa 
mort qui arriva à 75 aiis. Il aurait eu une affection oculaire 
eans paralysie, et aurait fait un aéjovir de six mois au lit. 
Mère, originaire de M eaux ; elle est dune familllc où il y aurait 
eu des aliénée ; nerveufsc et un peu vive, elle est morte à 67 ans 
de la variole, — Une sœur juorte folle après un séjour de lî 
ans dans un anile d'Odessa. La folie la prit après ses couches. 
Klle ne pouvait phi s voir son mari et se croyait persécutée. 
Elle a laissé une lille qui, elle-même, est morte folle ^pvùs deux 
ans de mariage. — Une '2* sœur est hnllucinée] après la mort 
de âon père, elle résolut de no point se marier, et dès lors se 
confina dans un isolement farouche. Elle a été enfermée» mais 
quoique libre A I heure actuelle, elle eât incapable de se con- 
duire; il eat question de la faire îiUerner de nouveau, — Une 
3" sœar, saine d'esprit colle-là, est morte tuberculeuse. Ello 
a eu 4 enfanta, 3 sont morts eu Russie. Une lille, ^3 ans, est bien 
portante et exerce la profession d institutrice. Le grand^père 
paternel était conservateur des collections de la Faculté de 
médecine et du musée Dupuytren. 11 est mortà un âge avancé 
onnesaitde quoi. — h^d grmid^nère jialerneile, est morte très 
vieille sans jamais avoir donné de signe de démence ou d*alié- 
nation,] 

Mère, 38 ans, n*a jamais eu de convulsions ou de maladies 



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Antécédents personnels. 79 

(fép^^Qes. Bien portante et sufTisament intelligente, elle est 
Pri|^^**vue d'instruction et ne sait ni lire ni écrire. Elle s*ex- 
fièo^^ ^n français avec la plus grande difficulté. Elle a eu des 
iioi^^ intermittentes à partir de 15 ans. Rien autre chose à 
^"^^ K.^ l^^^^* sobre, 82 ans, n'ajamais été malade. Mère, 60 
^^u ^îen portante, n'a jamais eu d'affection chronique ner- 
, ^^^ ou autre. — Grand-père paternely mort à 89 ans, sans 
)%t&ais avoir été malade. — GrancVmère paternelle, morte à 75 
ans. Elle est restée un an au lit avant de mourir. Elle était très 
faible, mais non paralysée. — Grand-père maternel mort tout 
jeune. — Grand' mère maternelle, morte en couches. Rien 
comme maladies nerveuses ou mentales. — Ni oncles, ni 
tantes. — Trois frères : l'ainé, 30 ans, bien portant, n'a pas 
d'enfants. Le second frère, 28 ans, et le troisième, 24 ans, 
sont d'une bonne santé. — Dans le reste de la famille de la 
mère, aucune tare nerveuse.] — Pas de consanguinité. — Iné- 
galité d'âge de 8 ans. 

4 enfants : 1» notre malade ; — 2® un enfant mort à \\ ans 
de la variole; il était intelligent, n'avait jamais eu de convul- 
sions; — 3® fille, 9 ans, bien portante, pas de convulsions, 
intelligente et pas nerveuse ; — 4° garçon, 4 ans, venu avec 
sa mère, très bel enfant, très intelligent, parlant bien;-il n'a 
jamais eu de convulsions. 

Notre malade. — Rien de particulier à la conception, A 
cette époque le père n'était pas aliéné. — Grossesse: Pendant 
168 4 premiers mois, fatigues diverses. Affaiblissement au 8"»* 
mois, chute dans un escalier sans accidents consécutifs. — 
i4ccouc/iemen^ pénible, le travail aurait duré trois jours. Il y 
eut une intervention médicale sur la nature de laquelle on ne 
s'explique pas. Pas de forceps? — A la naissance, Th.... était 
bien portant, pas d'asphyxie. Il présentait sur les deux fesses, 
deux taches noires qu'on attribue à la chute de la mère. 
Ces taches persistèrent longtemps et ne disparurent qu'à 
cinq ans. Elles n'étaient pas saillantes et avaient les dimen- 
sions d'une pièce de 5 francs. — Allaitement maternel jusqu'à 
2 ans et demi. Th.... n'a jamais pu marcher et est toujours 
resté couché. Le début de la parole a eu lieu à 3 ans. Pas 
de renseignements sur l'apparition des dents. — A 3 ans, 
la mère le promenant dans une voiture, le laissa tomber et 
depuis lors il dépérit. Sa mère attribue l'état actuel de son 
enfant à sa chute et à celle de son enfant. Un médecin rou- 
main aurait prétendu qu'il s'était de la sorte abimé la moelle. 
^ A 4 ans, rougeole; pas d'autre maladie. — Vacciné à trois 



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80 Rubéole. 

ans avec succès. Th... pleurait beaucoup étant tout enfant. Il 
n'a pas eu de convulsions. La mère affirme qu'il n'a jamais 
été malade, qu'il n'a jamais eu de lièvre, ni de troubles moteurs 
autres que ceux qu'il présente à l'heure actuelle. — Son état 
ne s'est jamais modifié. 
2-6 octobre. — Revaccination sans succès. 

1892, 9 février. — Rubéole. Température peu élevée 
(38®). Eruption discrète sur la face et le tronc. Toux grasse. 
Yeux larmoyants, coryza peu intense. Itien à l'ausculta- 
tion. T. R. 370,8. — Soir : T. R. 38o,3. 

10 février, — T. R. SB» matin et soir. 

il février. — T. R. 37o,6. — Soir: T. R. 380. 

12 février. — Etat général relativement bon. L'éruption a 
disparu en grande partie. Il est difficile de juger de la des- 
quamation, car le petit malade présente des troubles trophi- 
ques de la peau se traduisant par une sorte de desquamation 
icththyosique qui rend difficile de faire exactement la part de 
l'exanthème. BÎépharite ciliaire assez accusée de l'œil gauche ; 
lavages boriques. T. R. 37°, 2. — Soir: T. R. 37®, 4. 

13 février. — T. R. 37«. — Soir : T. R. 37o2. Le malade entre 
en convalescence — Exeat le 22 février. 

23 février. L'enfant passe de l'isolement à l'infirmerie. Une 
peut se tenir debout et reste continuellement assis. Il a beau- 
coup maigri pendant sa rougeole. Face pâle. Sa température, 
prise régulièrement matin et soir pendant tout le mois, n'est 
pas élevée. Rien à l'auscultation. L'état de l'enfant ne se 
modifie pas et il présente de temps en temps des élévations 
de température qui ne dépassent jamais 38'». 

2 avril. — Thill... tousse et maigrit. Son appétit reste bon 
et il n'a pas de fièvre. — Traitement : alimentation abondante : 
lait et œufs ; Todd au quinquina. 

9 avril. — L'enfant se plaint toujours mais on ne peut lui 
faire dire où il souffre. Il a un peu de diarrhée, sue^ maigrit 
beaucoup, jette des cris et respire difficilement. T.R. 37<>, 8; 
— Soir : T. R. 38°. 

Percusion : Du côté droit, matité de la fosse sus-épineuse 
et de la région sous-claviculaire ; submatité de la partie 
inférieure du poumon surtout en arrière. — A gauche: subma- 
tité de touce la partie du poumon. En arrière, matité plus 
prononcée à la partie moyenne. 

Auscultation: Craquements humides dans les deux som- 
mets au-dessous de la clavicule, du côté droit et, dans la fosse 
Bous-épineuse du môme côté, souffle amphorique avec gar- 



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Description du malade. Bt 

gouillement. Du côté gauche, râles crépitants et sous-cré- 
pitants dans toute la partie supérieure du poumon. Souffle 
caverneux en arrière, vers la pointe de l*omoplate. L'ausculta- 
tion est très difficile. 

L'état se maintient les jours suivants identiquement le 
même et le dépérissement général s'accentue. 

En résumé : Tuberculose pulmonaire à la période des exca- 
vations. — Huile de foie de morue créosotée. Todd au quin- 
quina ; pointes de feu. 

État actuel (M avril). — L'enfant est pâle et reste constam- 
ment couché. — Le crâne est petit, aplati transversalement 
et se termine légèrement en pointe vers son sommet. — Le 
front est étroit, les bosses frontales peu saillantes ; les bosses 
occipitales sont plus marquées. On ne trouve pas à la palpati on 
trace des fontanelles.— Cheveux châtains foncés, un tourbillon 
en arrière sur la ligne médiane. Les cheveux empiètent bettu- 
coup sur les côtés du front et rejoignent presque les sourcils. 
Face ovale, constituant presque une ellipse, avec le front. 
Le visage est très amaigri et sans expression. Il exprime 
parfois la soutTrance. — Arcades soucilières nettement sail- 
lantes surtout vers la pointe externe. Paupières longues: fen- 
tes palpébrales larges, un peu obliquement dirigéees en dehors 
et en haut. Sourcils abondants, mais assez clairsemi>a, 
noirs. Cils longs et noirs. Yeux mobiles dans tous les sens. 
Pas de nystagmus en ce moment. Impossible d'apprécier la 
valeur fonctionnelle de l'œil. Iris presque brun. Les pupilles 
sont égales. La sensibilité de la conjonctive paraît un peu 
diminuée à droite. 

Nez légèrement dévié à gauche, aquilin, long, à ractnû 
enfoncée au-dessous du front et d'une largeur exagérée. 
Lobule unique, étroit et en pointe. Sous-cloisons peu éten- 
dues d'avant en arrière et peu saillantes. Narines bien ouver- 
tes, à direction oblique en dehors et en arrière. L'enfant ress- 
pire bien par le nez. 

Bouche large de 4 centimètres, à peu près toujours fermée. 
Lèvre supérieure moyennement épaisse, portant de chaque 
côté une dépression, qui rappelle le bec de lièvre. Cette 
lèvre supérieure est ombragée d'un léger duvet qui commence 
à noircir. Lèvre inférieure plus étroite. Même duvet au-des- 
sous d'^'lle sur la ligne médiane. Les deux lèvres sont pâles. 

Uentition : 12 dents, fortes et contigués, assez bien rangé es. 

Langue enduite d'une épaisse couche saburrale, rouge & la 
pointe. Palais absolument pâle. L'enfant parait dûitinguer et 

BouRNE VILLE, Bicêtre, 1892. 6 



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82 Description du malade. 

préférer les choses sucrées ou douces comme le lait. Il ne 
semble pas être désagréablement impressionné par la quinine. 

Sur la ligne médiane, la face antérieure du maxillaire 
inférieur est obliquement dirigée en bas et en arrière. Au 
contraire, le bord inférieur est dirigé de chaque côté très 
obliquement en arriére, en dehors et en haut. Sur le menton, 
qui est pointu, on trouve quelques poils comme ceux de la 
lèvre supérieure. — Joues très amaigries, couvertes d*un fin 
duvet. Apophyses zygomatiques et pommettes saillantes. 
Dépression au niveau de la boule de Bichat. 

Oreifjes volumineuses, écartées, de forme elliptique. Toutes 
ses parties sont normales, à part la largeur des lobules qui est 
exagérée. Ils ne sont pas adhérents. 

Cou, 24 centimètres. — La^^ynx saillant. Corps thyroïde 
légèrement perceptible. Dépression sus-sternale assez accusée. 
Les clavicules se dessinent nettement sous la peau et sont 
dirigées très obliquement en arrière, en dehors et en haut. Les 
articulations externes et internes de la clavicule sont saillantes. 

Thorax très amaigri, laissant voiries saillies des côtes, asy- 
métrique, avec une dépression au niveau de Thypochondre 
droit et une saillie au niveau de Thypochondre gauche. Le 
sternum est en /ordose ; la colonne vertébrale est en cyphose. 
Circonférence du thorax au niveau du premier espace inter- 
costal : 56 centimètres au niveau de la pointe du sternum. 
Circonférence : 59 centimètres. 

La colonne vertébrale ne présente pas de déviation latérale. 
L'incurvation antéro-postérieure n*est pas angulaire , il y a 
un assez grand nombre de poils entre les deux omoplates et 
au niveau des lombes. 

L*enfant porte sur les parties postérieures et latérales du 
thorax une dizaine de cicatrices de forme oblongue. Au niveau 
du sacrum, existe une eschare de la dimension d*une pièce 
d'un franc, et au-dessus de cette eschare, deux cicatrices d*es- 
chares antérieures. La fesse gauche, au niveau du sommet du 
grand trochanter, porte également une eschare un peu plus 
petite que la première. Une autre eschare, beaucoup plus 
petite se trouve à quelques centimètres en dehors. 

Poumons, Sonorité exagérée en avant et à droite. Subma- 
tité au sommet gauche. Murmure vésiculaire normal à droite, 
exagéré à gauche, toujours en avant. En arrière, submatité au 
niveau de la fosse sous-épineuse. Râles sous-crépitants au 
même niveau avec souffle caverneux. R. 46. Battements du 
oœur précipités, donnant lieu à une ondulation de la paroi, 
analogue à celle qu'on remarque dans la symphyse cardiaque. 



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fe- 



1 




Description du malade. 83 

Quelques faux pas du cœur. Pouls à 132» assez résistant. 
Sur la ligne mamelonnaire, la matité hépatique commence 
à la 7« côte et s'étend à 5 centimètres au-dessous dans l'abdo- 
men. Sur la ligne médiane, elle occupe à peu près l'étendue 
de l'appendice xiphoîde. La rate n'est pas perceptible. L'abdo- 
men est souple, non douloureux à la pression. 

Membres supérieurs décharnés. L'avant-bras droit est en 
flexion complète sur le bras qui lui-même est à peu près cons- 
tamment appliqué sur le tronc. L'avant-bras peut cependant 
s'étendre sur le bras presque à angle droit. Les mouvements 
volontaires sont extrêmement limités. Les mouvements de 
toutes les articulations sont à peu près normaux. Les deux 
doigts, médius et auriculaire, restent en demi-flexion, le pre- 
mier métacarpien en opposition, la première phalange pouvant 
être placée en luxation postérieure sur le métacarpien et la 
deuxième en luxation postérieure sur la première. 

Membre supérieur gauche dans le même état d'amaigrisse- 
ment que le droit. Les deux os de l'avant-bras sont absolu- 
ment parallèles à l'humérus et l'articulation du coude est 
ankylosée dans cette position. La main est en extension et 
adduction sur lavant-bras. Les mouvements des doigts sont 
libres sauf ceux du pouce qui reste le plus souvent en opposi- 
tion. 

Membres inférieurs, complètement décharnés, couverts 
de poils qui commencent à noircir. 

Membre droit: la cuisse est à-peu-prôs fixée en demi-flexion 
et adduction. La jambe est en flexion complète sur la cuisse 
et le pied est fléchi autant qu'il est possible sur la jambe. Les 
orteils sont en flexion et le gros orteil est, de plus, en adduc- 
tion. Le pied est en rotation externe. 

Membre g&uche en flexion presque complète sur le bassin 
avec légère adduction. La jambe est en flexion complète sur 
la cuisse, le pied en rotation externe forcée, la malléole 
externe portant par son sommet sur la face externe du calca- 
néum. Le calcanéum et l'astragale ont à peu près complète- 
ment perdu leurs rapports. 

Puberté, — Quelques poils sur les lèvres, sur le menton. 
Quelques poils un peu moins colorés sur le pubis. Rien sous 
les aisselles. Verge longue dd 4 centimètres. Circonférence, 
3 centimètres. Gland découvert. Bords du prépuce rouges. 
Scrotum très petit, ridé, vide. Le testicule droit est percep- 
tible dans le trajet inguinal, près de son orifice abdominal, le 
gauche ne peut être senti. Région anale non déformée, cou- 



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à 



84 Description du malade . 

verte dé poils nombreux disposés sur deux lignes parallèles 

antéro-posténeures. 

Mesures de la tête, 

CÏTtron^ér^ncé Iiorizontale maxima 40,5 

D«mi-circonrérence bi-auriculaire 30 

Distance de l'arL occipito-atlotdienne à la racine du 

n«i .*..,.-..* 3î,5 

Diamètre an te ro^postérieur maxiinum 15,5 

— bi-aaricalaire 11.4 

— bi-pariétal 12,5 

— bi-tctnporal 11,8 

Bnnteur médiimc du front 4,5 

Membres supérieurs. 

Droit. Gauche, 

Circonférence au niveau de Taisselle 10.5 10.0 

— à 10 centimètres au-dessus de 

roUcràno.... 10.0 10.0 

Circonférence à 10 centimètres au-dessous de 

Tolécràne 90 95 

Circonférence an niveau du poignet 11-0 11.5 

-* iiu niveau du métacarpe 11 .0 12.0 

Distance fie Tncromion à PoIécrAne 20.0 26.0 

— de Toiécràne à Tapophyse stylolde 

lin cubitus 19.0 19.5 

Diataiicedu cubitus à Textrémité du m5dius.. 13.0 15.0 

Membres inférieurs. 

Droit. Gauche. 

Circonférence an niveau de Paine 16.0 18.0 

'- à 10 centimètres au-dessus de 

la rotule 13.5 12.5 

Circonrérence à fO centimètres au-dessous de 

îiiroiiik 10.5 10.0 

Circonféreiic*? nu niveau du cou-de-pied 16.0 15.0 

Di«tiincc de Ti^pJne iliaque antéro-postérieure 

u J'interligne articulaire du genou.. 25.0 29.0 

— eIc Tinterligne à la malléole externe 2G.4 26.0 

— de la malléole externe à l'extrémité 

(lu médius 26.0 13.5 

Longueur du pkd 18.0 16.5 

Liirgeur du pied 5.0 5.0 

La parole est réduite à « papa, maman » . Pour dire « à boire », 
il prononce n à bare. » Il a l'air de comprendre ce qu'on lui 
dit. Il est impossible à Tenfant de se servir de ses mains; il 

ne mange donc pas seul. — La mastication est à peu près 
nulle et ThIL.. ne prend que des aliments liquides. — Son carac* 
tare est doux et il aime à être flatté. — Il yâle jour et nuit. — 
Bon sommeil est paisible. -^ Pas d'onanisme. — Il présente le 



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i 



Autopsie : abssncb de stnobtosb. 85 

tic de faire aller sa tète de droite à gauche en claquant 
la langue. Il ne peut ni s*habiller ni se déshabiller. Il ne 
86 tient pas sur ses jambes. Il est facile de fixer son atten- 
tion. 
i2 avril, — Même état, Tenfant ne veut pas de nourriture. 

13 at;ri^ — Le malade pousse des cris continuellement ; il 
ne prend que du lait, et respire diflicilement. Il est couvert 
de sueurs, aucune modification sthétoscopique. 

14 avril. — Affaiblissement de plus en plus grand. 

15 avril. — L'enfant est mort ce matin à 4 heures en se plai- 
gnant beaucoup. — Température aussitôt après la mort, 89* ; 

— 1/4 d'heure après, 38®, 3; — une heure après, 35* ; — 2 
heures après, 35<*. 

Autopsie faite Ze 15 avril 1892, 30 heures après la mort. 
Tête. — Cuir chevelu assez épais et bien fourni de cheveux. 

— Calotte crânienne mince. Léger degré de plagiocéphalie : 
proéminence frontale à gauche, dépression légère à droite; 
proéminence oc cipitale à droite, légère dépression à gauche. 

— La suture métopique est ossifiée complètement ; la future 
coronale est entièrement libre aussi bien à la face interne qu'à la 
face externe. Il en est de même de la suture sagittale où il y 
a une légère tendance au chevauchement du pariétal droit 
vers l'inion. Les deux trous pariétaux existent. On voit deux 
plaques translucides vers le bord supérieur du pariétal droit à 
un centimètre 1/2 de la ligne médiane. L'antérieure est éloignée 
de 4 centimètres de la coronale, la postérieure d'un centimètre 
delalambdoide. La suture Zambdoïde est très compliquée. Elle 
est formée par une série d'os wormiensau nombre de 4 dans 
la région du lambda. Leurs connexions sont telles qu'elles 
effacent l'angle et le rendent mousse. On compte ensuite 3 oe 
wormiens à droite et deux à gauche. Ils s'étendent sur une 
longeur de 5 centimètres dans la suture. — Hieu de particulier 
à la base du crâne. — La dure-mère est d'épaisseur normale 
Les vaisseaux et les nerfs de la base sont symétriques. — - 
Liquide céphalo-rachidien en quantité normale. 

Encéphale • 790. gr. 

Hémisphère cérébral droit 340 gr. 

— — gauche 300 gr. 

Poids total du cerveau 640 gr. 

Cervelet et isthme 150 gr. 

Hémisphère cérébelleux droit 69 gr. 

— — gauche 69 gr. 



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i 



S6 Sclérose atrophique. 

Bulb« et protabérance l'2 gr. 

Moelle épinière 30 gr. 

Rien de particulier dans les ventricules latéraux, les cou- 
ches optiques, les tubercules mamillaires. 

Hémisphère cérébral droit, — La pie-mère est très fine et 
ie détache facilement. — Le sillon de Rolando est très net. 
Fi. F^, F' sont bien conformées. — Il n'en est pas de môme 
de U pariétale ascendante qui est atteinte de sclérose atro- 
phique, depuis son extrémité inférieure jusqu'à son extrémité 
supérieure elle offre l'aspect d'un gros cordonnet qui égale à 
peine le t/3 de la frontale ascendante. La sclérose se prolonge 
Bur le loiiule paracentral qui est atrophié. La partie qui se 
relie au lobule de l'insula offre la môme lésion. — Les cir- 
convolutions qui sont en arrière sont légèrement plus petites 
qu*à l'état normal; le lobe occipital, en particulier, a ses 
circonvolutions sclérosées aussi bien sur la face externe que 
BUT la face interne. L'atrophie y est encore plus prononcée que 
aur la pariétale ascendante. — La scissure de éylvius ne pré- 
sente rien d'anormal. — Le lobe temporo-sphénoîdal est 
intact, ainsi que le corps calleux. 

Hémisphère gauche. — Les lésions de sclérose atro- 
phique sont beaucoup plus accentuées. Ici la sclérose 
occupe les deux versants du sillon de Rolando, rédui- 
sant à un mince cordon de 4 à 5 millimètres la pariétale et 
la frontale ascendantes, — Le pied des F>, P, F* est égale- 
ment atteint de sclérose atrophique ; celui de P' notamment 
n'est plus représenté que par son tiers antérieur, ses deux 
tiers postérieurs étant atrophiés au point de ne plus avoir 
que deux millimètres à peine d'épaisseur. — Le lobule para- 
central est rudimentaire. — Les circonvolutions pariétales 
sont le siège du môme processus atrophique dans le voisi- 
nage de la pariétale ascendante. — La. circonvolution du corps 
caïleux est également sclérosée. — Quant au lobe occipi- 
tal tout entier il n'est plus figuré que par des circonvolutions 
rudînentaires à aspect vermicelle et qui sont les mômes sur 
les faces interne et externe. 

Cou. — Larynx, rien de particulier. — Corps thyroïde 
(15 gr.) sain, — Pas de thymus. 

Thorax. — Cœur (100 gr.). — Adhérences caséeuses de la plè- 



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Abcès froid du deltoïde. ST 

Trequî est assez épaisse, rubercufosecaaéeuaedetûutlelobe 
in féri eu r avec ra vcrue con ai dérable au cent re . — Pou mon droit 
(170 frr.K Adhérences g-énéralisées; Ficlérose pulmonaire 
complète des lobes inf;îrîeur3: caséification du lobe supérieur 



Abdomen.— Fore (750 gr.), raie (50 gr.], pancréas (10 gr.), 
sains. —Ri'in gauche (80 ^^r.), un pou congestionné. Fein droit 
(70 gr.), pas de lésions. — Vessie, rien de particulier. — 
Testicules ab?>ent3 de î 'anneau. 

Abcès froid au niveau de la pointe du delloitle gauche (i cen- 
tinuHres de long sur 3 de large) Iminédiatemeiit au-de«su5 de 
Tinsertion. 

Réflexions. — I. L'influence de l'hérédité nerveuse 
est ici très manifeste ea ce qui concerne le côté pater- 
nel. — Lopcîre, deux tantes paternelles et une cousine 
sont aliénés. La grand'mèro paternelle parait aussi 
avoir été très nerveuse. 

II. L*aceouchenient a été laborieux, mais dans le cas 
particailter, son influence nous paraît avoir été nulle. 

Rappelons encore une ehûte de la mère durant sa 
grossesse. 

IIL Thil.,. n'a jamais marché. Sa parole ne s'est 
jamais développée chez lui, et il a toujours été inapte 
à se servir de ses mains. Aucune cause déterminante 
ne peut être invoquée pour expliquer cet état de 
déchéance, qui paraît dater de la naissance. On ne 
saurait ici faire entrer les convulsions en ligne de 
compte puisqu'on afïîrme qu'il n'en a jamais eu. 
L'hérédité et tes conditions particulières de raccou- 
chement semblent donc avoir produit Tidiotie. 

IV, Le côté défectueux du système nerveux central 
se traduisait chez lui à première vue par une déforma- 
tion crânienne très marquée. Il était franchement 



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t$ RÉFLEXIONS. 

plagiocéphale. A Tautopsie on a pu voir qu'à cette 
plagîocéphalie correspondait un écart de poids de 40 
grammes entre les deux hémisphères cérébraux qui 

étaient le siège de aclêrose Etrophique. 

V» ThiL,, n'avait aucune chance d'être amélioré par 
unecraniecto nie. Elle n'aurait pas d'ailleurs été justi- 
fiée, car il n*y avait aucune trace de synostose, et on 
pouvait constater dans les sutures la présence d*od 
wormiens. 

VL Enfin la tuberculose est venue se greffer sur ce 
dégénéré et elle Ta emporté, — Elle s'est manifestée 
par sa localisation aux poumons, et aussi par la pro- 
duction d'un abcès froid du deltoïde. 



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r 



VIII. 



ïdioLie coiBt^lète symptomatique de double 
porencéphalie vraie; 

fAH flOURNEVlLLE et DAURIAC. 



^ûM^iiMRE. — Père et grand père paternel, quelques excès de 
^oiason. — Mère convulsions de Venfance, neri^euse. — 
(jTBJid oncle paternel mort de tuberculose, — Sœur, acci- 
dents neri^eux. -^Emotion vive au cinquième moL^ de ta 
grossesse, — Pre rdères convulsions à 3 mois;— t:rii>es fré- 
quentes jusqu'à 4 ans. — Rougeoie et influenza à 5 ans 
— Sueurs abondantes de la tête su'vies d'un peu d'tum^- 
ÎX0TatiQ7i. — Marche et parolenulles. - Strahii^im' fwleme ; 
cécitécomplète. ^Çontracturesdesqua*remembrf'A. — Mas- 
tication nulte ; bave. — Accès de cris. — Tics d*? ta face 
et balancement. — Gâtisme. — Épilepsie. — CouDeslion 
puimonaire ; mort. 

Autopsie: Porus vrais des deux hémisphères cérébraux ; — 
Méningo- encéphalite chronique; — atrophie de la prota- 
bérance. — Lésions pulmonaires. 

Roc. . . Georges E., né à la Noue ( Marne ) le 2^ juin 188G. 
e&tentréàBicéirc (service de M.Bourneville), le i mai 181J'^ 

Antécédents. {Renseignements fournis par sa mère, le l-'ï 
mai 1392). — Père, M ans, prarçon de bureau. Aucmi rt^asei- 
gnement sursûn jeutie âge. Il a eu une conjonctlvito k ^if qï;s 
et deux pneumonies, à 19 ans et 39 ans. Il ne préserUe aucun 
signe de syphilis, 1[ serait légèrement alcoolique et cet état 
se traduirait surtout par des cauchemars effrayant qui sur- 
viennent la nuit. Il n'a pas de céphalalgies habituelles ni de 
raigraincfî. On ne relève aucune affection nerveuse dana 3ou 



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''^^'"'"'^^^■W 



90 Antécédents hérêditaihes. 

passé. Caractère calme et placide. Fumeur passionné» il con- 
somme pour l fr. 50 de tabac par jour (?) Un a jamais subi aucun 
traumatisme. [Père, journalier, mort à 79 ans, d'une hernie 
étranglée. Il était habituellement bien portant, mais aimait à 
boire. — Mère, 69 ans, en bonne santé jusqu'à la ménopause; 
à partir de cette époque, elle aurait eu des « pituites et des 
vomissements. » Elle était d'un caractère très vif et fort 
prompte à se mettre en colère. Jamais elle n'a eu de maladies 
nerveuses. — Sur les grands-parents, aussi bien du côté 
paternel que du côté maternel, nous n'avons aucun renseigne- 
ment. — Trois oncles paternels : 2 sont morts et on ne sait 
rien d'eux. Le dernier a 75 ans; il est très sobre. — Une 
tajite paternelle, âgée de 60 ans environ, a des douleurs rhu- 
matismales qui l'empochent de marcher. — Pas d'oncles ni 
de tantes du côté maternel. — Un frère, âgé de 50 ans, bien 
portant. — Dans le reste de la famille, pas d'idiots, d'aliénés, 
d'épileptiques, de paralytiques, de difformes, de bègues, de 
pieds-bots, de suicidés, de criminels ou de prostituées.] 

Mère, 38 ans, ménagère, a eu des convulsions au moment 
de la dentition. A onze ans, abcès de l'épaule. Ni chorée, ni 
rhumatisme ou fièvre thyphoïde. Elle n'a, nous dit-elle, qu'une 
seule chose qui la gène ; c'est sa nervosité : — « Quand je 
suis agacée, mes mains se crispent et se mettent à trembler. » 
Elle n'a jamais eu pourtant de crise nerveuses. Parfois elle 
devient subitement pâle; point de migraines. — [Père, 71 ans, 
bûcheron, aurait actuellement « une tumeur dans l'estomac. » 
Auparavant, il était robuste et bien portant. Très sobre, il 
était cependant « trèï* prompt, coléreux et violent. » — Mère, 
66 ans; elle a eu, vers 47 ou 48 ans, des douleurs qui. pendant 
6 mois, l'obligèrent à march^^ravec des cannes. Depuis, « elle 
est redevenue très forte. » Pas d'afîection nerveuse. — Les 
grands-parents paternels sont morts jeunes. La grand'mère 
maternelle serait morte du choléra. — Un oncle paternel, 
mort à 67 ou 68 ans environ, on ne sait de quoi. — Une tant e 
paternelle, 73 ans, bien portante et pas nerveuse. — Un oncle 
maternel, mort à 63 ans, d'une tuberculose pulmonaire. — 
Trois frères et trois sœurs en bonne santé. — Dans le reste 
de la famille, rien à signaler au point de vue d'une tare n er- 
veuse quelconque. 

Pas de consanguinité. — Le mari à trois ans de plus que sa 
femme. 

Cinqenfants: 1<> une fille. 11 ans. jamais de convulsions, 
habituellement bien portante, coléreuse, nerveuse et irritable, 
ntelligente; — 2^ fille, 10 ans, D*a pas eu de convulsions, a 



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Antécédents personnels. Oi 

eu un abcès froid au pied; n'est pas nerveuse, caractère .iini;v 
ble, intelligente; — 3° lille, 8 ans; au cours de sa dent mon, 
elle eut trois fois des syncopes (ses yeux ne tournèreni j^asH 
ses membres ne s'agitèrent pas) ; elle est depuis très bii n por- 
tante, travaille en classe; — 4° notre malade; — 5<» ï\il*\ Il 
mois, paraît vigoureusement constituée pour son âge; pa^ dû 
convulsions. 

Notre malade. — Rien de particulier ne s'est pae^L^ nu 
moment de la conception. Une parfaite entente régnail dans 
le ménage. — Au cinquième mois de la grossesse, la murii 
tomba de voiture: « on m'a ramenée chez moi, prc^^t.[Uû 
morte, dit-elle, à moitié tuée». On lui fit prendre de i'iifit r. 
Sa peur avait été profonde : elle trembla durant wii 
quart d'heure, puis elle se remit sans qu'il se produiMt dv 
menaces d'avortement. — Accouchement à terme, nornuil, siiiiti 
chloroforme. — A Isinaissance, pas d'asphyxie; l'enfant iHîiii 
en excellent état et paraissait vigoureux et bien consi^ivu^ 
— La mère le nourrit elle-même au sein pendant (roiSr 
ans. Il vomissait assez souvent, et elle craignait ilo h^ 
sevrer. — La prcmiôro dent perça à 9 mois, la dcnMuoti 
était complète à 2 ans 11 n'a jamais dit que « maman» in i-i'\^ 
à partir de i5 ou iC) mois. Il se tient actuellement un pru sur 
les jambes, mais il no marche pas. 

Les prem i>re.ç convulsions se sont montrées vers troi?^ niMN. 
Elles avaient lieu surtout au réveil et consistaient en uu irif^- 
saillement des bras avec rotation de la tète et des yeux. liWt''^ 
n'étaient pas généralisées et le côté droit était partiruljorr- 
ment atteint. A 2 ans, ces convulsions augmentèrent dv fn'- 
quence. Elles diminuèrent à 4 ans. Leur durée n'exnduiL 
pas cinq minutes. Il y en avait jusqu'à trois ou quatrr \m\^ 
jour. Les plus fortes débutaient par une sorte d'awra* roiir:viU 
pleurait, rougissait, puis îivait des convulsions cltKuqiius 
qui siégeaient surtout dans le bras droit. Les jambes l'huent 
moins agitées, ainsi que le bras gauche. Les yeux se di^viiurnt. 
devenaient blancs, puis l'enfant fe raidissait. La fin di' la 
crise était annoncée par une pâleur de la face. Durant t^es 
convulsions, il avait les poings fermés, le pouce en dedans 11 
se mordait la langue, au point de saigner abondanniMd!, 
grinçait des dents, et s'en serait même cassé deux. Mn ne 
constata point de paralysies consécutives. Il dormait iiprt^ 
ses crises mais sans être plongé dans le coma. Dans d'atHrps 
circonstances, il revenait d'emblée complètement à lui. Au 
cours de ces crises, il avait quelquefois des émissions du ri air 



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92 Description du malade. 

.1 

mais jamais eu de matières fécales. Il n'a pas eu d*athétose \ 

ou de chorée. ] 

A t) mois, il fut vacciné avec succès; il n'a pas eu de vario- 
loîdt?, 111 de scarlatine ou de coqueluche. Il aurait eu la 
rougeole et l'influenza à 5 ans. — Blépharite ciliaire; aucune 
autre manifestation scrofuleuse. A partir de2aiis, on ajouta à 
l 'allait!^ m G ut maternel, quelques aliments. L'enfant, à partir 
de ce moment, prit un peu d'embonpoint. Il est habituellement 
constipé et a toujours été gâteux. Pas de vers; pas de trau- 
matismes. 

Jusqu a 5 ans, R... aurait été sujet à des poussées fébriles. 
Vers cetto époque, il se mit à transpirer beaucoup de la tête, 
et à la suito, nous dit sa mère, il aurait été bien mieux. \ 

Il recommit ses parents et se montre affectueux (?). Il ne 
marche pas, ne dit que a papa » et « maman » et pousse des 
cris inarticulés. Il est difficile d'avoir des renseignements bien ^ 

précis sur les habitudes et les penchants de l'enfant, car la i 

mère semble, de médiocre intelligence. Elle est très touffue ^ 

dans ses réponses et montre une certaine tendance à l'exagé- 
ration. La petite fille qu'elle a amenée avec elle paraît peu 
intelligente. 

Etat actuel (21 mai 1892). — L'enfant est développé physi- 
quement et parait bien portant. Pas d'adipose. Le faciès est 
absolument inintelligent et sans expression. 

La tête est celle d'un microcéphale. Aucune saillie ; pas de 
cicatrice. Au-dessus du front, à la racine des cheveux, il 
existe une dépression transversale, appréciable à la vue aussi 
bien qu'au toucher. — Cheveux châtains; tourbillon sur la 
ligne médiane, à l'union de la face postérieure et de la face 
supérieure du crâne. — Le front est assez élevé, mais étroit. 
Les arcades sourcilières sont peu saillantes. Les orbites sont 
grandes, les sourcils châtains. Les paupières sont le siège 
d'un léger degré de blépharite ; les fentes palpébrales sont 
dirigées en haut et en dehors. Les globes oculaires paraissent 
mobiles ddus tous les sens. Il y a du strabisme externe, loit 
de fceil gauche seul, soit des deux yeux. Dans aucun mouve- 
ment, la pupille do fun ou de l'autre côté n'atteint l'angle 
interne- Les conjonctives sont saines. L'iris est châtain foncé 
et aâ^ez grand. Les pupilles inégales, — la gauche plus grande 
que la droite, — réagissent bien à la lumière. »1 est impossible 
de constater la réaction à l'accommodation. 

Le fond de l'œiL examiné par M. Vialet, interne des hôpi- 
taux, a montré à gauche, une atrophie du nerf optique, La 



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Desciuption du malade. 03: 

pupille est en mydriase et réagit sous l'influence des moiivp- 
ments du globe. A droite, il y a du strabisme divergent. La 
pupille est moins dilatée et ne réagit pas à la lumière. Le fond 
de l'œil est invisible. Il y a cécité complète. 

Nez droit, lobule intact, sous-cloison peu saillante, na- 
rines un peu graudes et légèrement obliques en arrière t^t 
en dehors. L'odorat n est pas développé!?). 

La lèvre supérieure ne présente rien de particulier. Sur la 
lèvre inférieure nous notons de chaque côté de la ligne im^- 
dianedeuz cicatrices distinctes d'environ huit millimètres, La 
bouche, presque toujours béante, laisse couler une bave a-^jspT; 
abondante. — La langue, de volume naturel, est légèreiiif^nt 
saburrale et très mobile. — Voile du palais normal. Voiite 
palatine aplatie. Amygdales un peu grosses; réflexe phiu-yn- 
gien conservé. — Grincements de dents assez fréquents. 

Le menton est en pointe; les joues sont assez pleine?^. t*t 
colorées. Les 07'ei//es, grandes et normalement conform<:*es, 
sont un peu écartées du crâne. La droite présente une saillie 
anormale de l'anthélix due au retrait de l'hélix à ce niveau. 

Le cou est court. Circonférence: 24 cent. Le corps Ihy- 
roïde est légèrement perceptible. Le larynx n*esi passaillniit. 

Les membres supérieurs sont en adduction, l'avanL^bras 
dans un état qui dopasse la demi-flexion sur le bras ; ks 
mains sont en flexion légère sur le poignet et sont toutes flt'u:ï 
appliquées sur l'abdomen, la gauche d'une façon plus enor- 
gique que la droite. L'enfant résiste très fort lorsqu'on vout 
écarter le bras de cette position. Il est trésdifTicile dans toue 
situation de juger de l'état des articulations, sauf de celles Uu 
poignet et des doigts qui sont saines. 

Les membres inférieurs sont dans la situation suivante : la 
jambe gauche passe en avant de la droite, au niveau du cuu- 
de-pied; les jambes sont demi-flcchies sur les cuisses. Ces 
dernières sont en demi-flexion sur le bas-in et en adduction 
énergique. Les deux membres sont égaux. 

En arrière du grand trochanter droit existe uneélevure de 
coloration rougeâtre ayant un centimètre de long sur 7 mtlH- 
mètres de large et entourée de quelques poils plus dévelop- 
pés qu'ailleurs. Saillie considérable des condyles internes 
du fémur. — Pas de courbure anormale des tibias. — Les pieds 
sont bien conformés et cependant il y a une faible cambrure 
de la voûte. Les mouvements comuniqués sont très difTicilew; 
les mouvements volontaires sont a^sez rares. Il y a de la tré- 
pidation épileptoide. Le réflexe rotulien est exagéré suriuut 
à gauche. Le réflexe plantaire est peu développé. 



I 



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H Congestion pulmonaire; mort. 

Le thorax ne présente rien d'anormal en avant; en arrière, 
convexité dorsale de la colonne. Les côtes font en arrière 
et à (iroîte une certaine saillie. — Rien à la percussion. A 
l'aiiscullaLioLi quelques râles ronflants des deux côtés. Rien 
au cceui\ Uospiration costo-abdominale. L'enfant fait ordi- 
nal rcimtiut d<^ petites inspirations, puis tout à coup une grande 
iiispiration suivie de stertor. La palpation du ventre ne parait 
pa^ douloureuse. — Los organes génitaux externes sont gla- 
broH. La vor^^e a une longueur et une circonférence de 4 cen- 
timiUres. Pliiinosis et gland découvrables. f^es testicules sont 
extrùmemeiiL petits, difficiles à découvrii*. Région anale 
normale. 

'il }uai — Traitement ;3 bains salés. — Exercices de la 
marche et des jointures. 

2b juin. — Revacciné sans succès. 

MjtiilhH. — L'enfant est envoyé à l'infinnerie vers 10 heures 
du matin, U vient du pavillon des gâteux. Il n'aurait pas dormi 
dâ la nuit, aurait eu des frissons. La respiration parait libre 
mais il y a un peu de rougeur des pommettes. L'auscultation 
ne dâcôli? aucun signe de quelque valeur. Néanmoins, on 
■otipçonrHï l'oxistcnce d'une pneumonie. 

A i h(-ur(^^ du soir, la respiration devient haletante et péni- 
ble, liatcmpopature est de iO®, 5. La face est rouge, vultueuse, 
etcouvorle de sueurs. Le pouls est très petit et très fréquent. 
A raustmltanon râles muqueux en grande abondance du haut 
en bas de la jîoitrine, en avant et en arrière, des deux côtés. — 
TrsiitffiUi'ni: Inhalations d'oxygène. Sulfate de quinine 0.30 
reiiii^-rauiruE s. Sinapismes. 

L'enfant meurt à une heure du matin. Température après 
la mort : i(J'\ 8 ; un quart d'heure après la mort : 38*», 2 ; une heure 
aprt"î?s la iiiori: 3Go, \\ deux heures après la mort: 35® Tem- 
pérature de la pièce: 18® 5. Poids après décès 10 k. 100. 

L'observation de l'enfant a donné les résultats suivants au 
point (lo vue de son caractère et de ses habitudes: 

Hoch,.., ne prononce pas une seule parole. Il crie de temps 
on temps et ses cris très perçants se succèdent à intervalles 
plus ou moins rapprochés. Il mange peu et mal et rejette les 
aliments au fur et à mesure qu'on les lui introduit dans la 
boufhe. U préfère les légumes, le potage, le lait et les œufs 
et manifeste pour la viande un profond dégoût. Il tourne la 
tète lorsqu'on persiste à lui en présenter. La mastication est 
nulle et ce n'est que trèsdifTicilement qu'il avale les aliments 
même liquides. 



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Double porengêphalib vraie. 95 

Les sentiments affectifs paraissent nuls; les caresses le 
laissent complètement froid, il ne fait aucune «ittention aux 
objurgations qu'on croit devoir lui faire lorsqu'il crie trop fort. 
Il ne rit jamais. Il pleure abondamment lorsqu'on le change. 
— Il gâte jour et nuit, dort peu et mal et crie chaque fois qu'il 
se réveille. Pas d'onanisme. 

Comme tics, on ne remarque chez lui que des tiraillements 
de la bouche de divers côtés. Un balancement de la tête de 
droite à gauche et réciproquement, balancement qui dure une 
bonne partie de la journée. Il est incapable de se servir de 
ses mains. Les selles sont régulières et bonnes. Il n'a pas de 
diarrhée. Il ne marche pas et tient continuellement dans son 
lit ses jambes repliées. — Les yeux, atteints de cécité, restent 
constamment ouverts, même lorsque lagrande clarté les frappe. 

Ro .. était signalé comme atteint d'épilepsie par le certificat 
d'admission. Durant son séjour, il a eu 7 accès et 3 vertiges 
en mai et 2 accès en juin. La sous-surveillante de l'infirmerie 
décrit ainsi l'accès; Pas de cri initial ; la face devient rouge, 
se tourne à droite ainsi que la bouche et les yeux. Légers 
mouvements des paupières ; quelques secousses des membres 
supérieurs ; rien aux inférieurs. Ni morsure de la langue, ni 
émission d'urine. Durée: une minute. Sommeil consécutif: 
10 minutes. T. R. à la fin de l'accès : 36°, 9 ; — un quart d'heure 
après : 37® ; — une heure après : 37o,3 (1). 

Autopsie faite le 19 juillet, 34 heures après le décès. — 
Tête. — Le cuir chevelu est assez épais et un peu rosé. — 
La voûte crânienne est assez élevée, mince, les os sont peu 
épais. Il y a de nombreuses plaques transparentes occupant 
la moitié de la calotte à gauche et les deux tiers à droite. — 
La suture sagittale, entièrement libre, est modérément sinu- 
euse. Les dentelures sont apparentes aussi bien sur la table 
interne que sur la table externe. — La suture coronale est 
très régulière sans interposition d'os wormiens. Aucune trace 
de synostose n'est appréciable sur l'une ou l'autre face. — 
La suture coronale est libre dans toute son étendue, sans 
trace de synostose. Les fontanelles et la suture métopique 
sont fermées. 



(1) Afin de nous assurer que les enfants qui nous arrivent ne sont pas à la 
période d*incubation d'une affection algue, nous faisons prendre leur T. R. 
pendant les cinq premiers jours de leur admission, ce qui nous a permis de 
constater que Roc... avait d'habitude une T. basse. 4 mai, soir : 37*. — 5 mat: 
87» et 37»l. — 6 mai ; 37« et 37«. — 7 mai ; 36% 8 et 37«. 



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•■■.Wi' m 



96 Double porencéphalie vraie. 

Lorsque la calotte est enlevée, la dure-mère apparaît disten- 
due par du liquide et ressembleà deux poc/ies incomplètement 
remplies de liquide, c'est-à-dire affaissées ou plissées par 
places. Il s'écoule pendant l'enlèvement de la calotte i 00 gram- 
mes de liquide céphalo-rachidien et de sang. Lorsqu'on pro- 
cède à l'ablution de l'encéphale, il s'écoule encore 150 gram- 
mes de liquide céphalo-rachidien. 

Au premier examen, ce qui frappe surtout c'est la dispro- 
portion qui existe entre les deux hémisphères cérébraux. Le 
gauche est allongé, en quelque sorte effilé dans le sensantéro- 
potérieur. L'hémisphère droit est tassé sur lui-même dans le 
sens antéro-postérieur. Il est, au contraire, élargi dans le 
sens transversal. 

Encéphale 490 gr. 

Hémisphère cérébral droit 200 gr. 

— gauche 188 gr. 

Cervelet et istlime 102 gr. 

Hémisplière cérébelleux droi t 47 gr. 

— gauche 47 gr. 

Bulbe et protubérance 8 gr. 

MoMle épiniére 25 gr. 

Liquide céplialo-racliidien 250 gr. 

Hémisphère gauche — La face convexe est interrompue à 
cinq centimètres en arrière de la pointe du lobe frontal par 
l'existence d'une perte de substance porencéphalique qui inté- 
resse toute l'épaisseur de la substance grise et blanche à ce 
niveau et met en communication le ventricule latéral avec 
l'extérieur Ce porus affecte une direction antéro-postérieure. 
— Son plus grand diamètre mesure six centimètreB et est 
dirigé de haut en bas et d'avant en arrière. Les bords sont 
formés par une sorte de réflexion intérieure des circonvolu- 
tions de la face convexe. En avant, ce sont les frontales dont 
la deuxième et la troisième sont notablement atrophiées. Elles 
ont tout au plus la grosseur d'un lombric ordinaire et sont en 
outre le siège d'adhérences de la pie-mère, adhérences qui 
lors de la décortication ont quelque peu elTrité les parties de 
la substance cérébrale sur lesquelles elles siègent. Le pied 
de la troisième frontale est complètement méconnaissable 
ainsi que celui de F.**. Le pied de cette circonvolution sem- 
ble pourtant plonger dans un sillon à direction ascendante 
qui borde le porus en avant et qui n'est autre chose qu'une 
branche de bifurcation supérieure de la scissure de Sylvius. 

La scissure de ISylvius n'existe pas. Le bord inférieur du 



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Double poiiencèphalie vumb. 9t 

porus la détrailc et ce bord supérieur se continue insfinsi* 
hlemunt avec la face infijrieure. 

Le bord supérieur du porus est bordé par les circonvo- 
liltions frontale et pariétale ascendantes séparées par lo sillon 
de llulando. 

Ce que nous avons dit de la situation du porus sufïit à faire 
corn prendre ([ue lea eirconvotuHonf^ frojiiahs et pa.r létales 
w^Cëtidunies soiit forcément incomplètes : leur partie infé- 
rieure est tfïtalcmcnt détruite et remplacée par le pseudo- 
kj'ste qui remplit le porus ; leur tiers supérieur seul persiste. 
De la frontale aseendan .\ se détache la circonvolution 
frontale qui est assez nette. 

Le pli panétni i?iupériêiti\ le pli pariétal inférieur sont 
ausfîi asseiî bien di.sLinctes- Leur volume est presque normal. 
Le lobe pariétal est séparé du (o^ie occipital par une scissure 
perpjMidifulaire externe bien développée. Les circonroïuh'oHS 
occipilitiei^ sont rudimentaires et du volume d'un lombric. 

Le fond du paras est tapissé par une membrane séreuse 
qui se continue avec celle dos ventricules* En soulevant le 
bord supérieur on arrive à voir le 3' ventricule qui commu- 
nique largement avec le ventricule latéral du même côté, 
dont lo porua n'est que la continuation. Le 3' ventricule n'est 
pas dilaté. 

Face inférieure. — Les cireonvolutiuni de cette face sont 
très irréj^'uliéres. Les circonvfïlutions frontales sont larges, 
étalées. Les sillons qui les séparent sont peu profonds. 

LVtaffc moyen occupé par le lobe teniparo-aphénoidal est 
à peine indiqué, ïa plus grande partie ayant été détruite par 
répanouîssement du porus sur la face inférieure du cerveau. 
— Le lobuie de l'hippocainper la conie d^Ananon n'eilatent 
plus. 

Hémisphère droit. — Ici le poria; occupe surtout la partie 
supérieure de la faccconve^ie del'héïnisphére dont il intéresse 
le bord supérieur. Ce porusî est distant de 4 cenlimùtres de la 
pointe du lobe frontal. Il est moins vaste que celui du ctVté 
gauche et ne mesure guère que 3 centimètres dans son plus 
grand diamètre. Il a plutôt la forme d'une fente qui croit en 
s'ùlargissant depuis son origine dans le tiers înfé rieur du sil- 
lon de Holando, jusqu'à sa terminaison à l'extrémité supé- 
rieure dû ce Fillon, 

n s^agit là d'unvéritablcécartemcnt des deux bords du sillon 
de Roi a ridfK Cet écarte m ente 4 mi ni m un en bas. 11 est maximum 
en haut où il atteint 3 centimètres. Le fond du sillon est détruit 

BouAi^E VILLE, Bicêtre, 1^92. T 



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98 Double porencéphalië vraie. 

et on tombe directement dans le ventricule latéral. Le plan- 
cher du troifiième ventricule n'est pas même respecté et il 
n^cxiste plus que sous la forme d'une très petite et très étroite 
handt^'lette tout à fait à la partie interne. 

L:i frontale ascendante borde en avant le porus. Elle s'ar- 
rondit en s'élargissant considérablement. On dirait qu'elle a 
éié aplatie du fait de la traction qu'on aurait exercée sur elle. 
F' et F^ sont le siège de nombreuses adhérences des enveloppes 
qui ont en grande partie entraîné la substance grise corticale. 
— Fs a le volume d'une grosse fice'.lc et alTccte une dispo- 
sition tnmtournéc qui échappe à la description. — La scissure 
de Syliiius n'existe pas. non plus que le lobule de Vinsula. 

Sur le versant opposé du porus^ la pariétale ascendante 
s'étale, présentant le môme aspect que la frontale. Ces cir- 
convolutions fortement séparées Tune de l'autre ne peuvent 
30 réunir à leur partie terminale, et il est à peine besoin de 
dire qtie le lobule paracentral n'est nullement représenté. 

Les circonvolutions pariétales qui s'en détachent sont net- 
tement séparées des circonvolutions occipitales par une scis- 
sure pt^rpendiculaire externe très accusée. 

Au fond du porus on voit le ventricule latéralqm est quoi- 
que [ïeu dilaté. On aperçoit le pédoncule cérébral qui est gros 
et rcnfio. Les noyaux gris centraux sont difficilement dif- 
fércnciables des circonvolutions de la face inférieure du lobe 
fmntaï, très rudimentaires et à peine séparées entre elles par 
de Djinces sillons peu accusés. 

Le lobe ieniporO'Sphénoïdal est figuré par quelques circon- 
volutions peu volumineuses, se prolongeant insensiblement 
avec t^cHesdcla face convexe. 

Au niveau du prolongement occipital du ventricule, on voit 
une nouvelle communication s'établir entre la superficie du 
cerveau et l'intérieur de ce prolongement. Cette communica- 
tion se fait sous forme d'une fente assez large (15 mm.) et 
longtie de 3 cent. Elle contourne la circonvolution de l'hippo- 
campe qui est assez nette. (Voir Planches VIll, IX, X, ,XL) 

Les pédoncules cérébraux n'offrent rien de particulier. — 
Le quiiirième ventricule est normal. — Le bulbe paraît être 
complet ; macroscopiquem^nt on lui distingue toutes ses par- 
ties intégrantes. — Le cervelet est symétrique, parfaitement 
constitué. — La protubérance n'est plus représentée que par 
une bandelette peu épaiése. qui aiTeate l'apparence d'un large 
ruban très aplati. Nul doute qu'elle ne soit très atrophiée 
dans les parties constituantes. 



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Double poiiengèphaub vraie. 99 

Cou. — Le larynx et le corps thyroïde sont normaux. — On 
remarque de nombreux et assez volumineux ganglions péri- 
trachéo-bronchiques. — Thymus : pas de renseignements. 

Thorax. Les poumons sont congestionnés. Le droit pèse 
1 18 gr. Son sommet est sain, de môme que les languettes anté • 
rieures. Le bord postérieur est rouge foncé à la coupe, on 
tombe sur un parenchyme rouge foncé d'où sort par la pres- 
sion une écume sanguinolente et de Tair. Un fragment jeté 
dans l'eau surnage. Le poumon gauche pèse il5 gr. et pré- 
sente absolument le mémo aspect que le droit. Le cœur (7p 
gr.), est vide et sain. Le trou de Botal est obturé. 

Abdomen. Foie (440 gr.), d'un beau jaune doré avec des mar- 
brures plus claires au niveau du ligament suspenseur. Aucune 
altération à la coupe. La vésicule biliaire ne renferme pas de 
calculs.— /îérfn droit (40 gr.), rein gauche (42 gr.), rien de parti- 
culier ainsi que la ra^e (30 gr.) et le pancréas ( 15 gr.). Pas de 
caictiis dans la vessie ou les bassinets. — La mort est due à 
la congestion des poumons. 

Réflexions. — I. Les antécédents héréditaires sont 
peu chargés dans ce cas : quelques excès de boisson 
chez le père et le grand-père paternel de Tenfant et 
des convulsions de la mère durant son enfance^ 
convulsions qui ont produit un certain degré d'arrié- 
ration intellectuelle. Toutefois, comme nous avons 
des lacunes dans nos renseignements, nous sommes 
obligés de nous tenir sur la réserve, 

II. Nous sommes très enclins à rattacher Tarrêt de 
développement du cen'cau, la doicble porencéphalie 
vraie, qui a ou Vidiotie complète pour conséquence, 
à la violente émotion éprouvée par la mère au 
cinquième mois de sa grossesse. 

III. Il est souvent très difficile de bien faire préci- 
ser aux parents l'état réel de leur enfant avant les 
accidents auxquels ih rattachent avec plus ou nioinç 
de raison la maladie mentale. Ici, par exemple, nou^ 
voyons que ce sont les convulsions qui ont attiré Tat- 



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iuD Double porencêphalie vraie. 

tention des parents et, cependant, il s'agit d'un arrêt 
de développement congénilal. Il est juste de recon- 
naître que les convulsions sont venues à 3 mois et que, 
à moins d'avoir une très grande expérience des enfants, 
il est difficile de faire une description psychique com- 
parative à cet âge. 

En tout cas ces convulsions nous semblent devoir 
être rattachées aux lésions de méningo-encéphalile^ 
constatées à Tautopsie et c'est aussi à elles qu'il con- 
vient d'attribuer Vépilepsie. 

IV. Nous avons toujours soin dans nos observations 
de décrire les tics des enfants. Roc... en avait plu- 
sieurs: l'un d'eux consistait en un balancement laté- 
ral de la tête. Ce genre de tics offre, ainsi que nous 
Tavons déjà dit, plusieurs variétés : parfois on note un 
halanct^ment antéro-poslérieur du tronc^ ou un balan- 
ceuienliatéral; d'autres fois on observe unmouvernent 
de rotation de la tête. Toutes ces variétés peuvent 
être réunies chez le même enfant. Souvent le balan- 
cement s'accompagne d'une sorte de chantonnement, 
compliqué ou non de grimaces, décris. Dans d'autres 
cas, les grimaces et le chantonnement se montrent 
dans les intervalles du balancement. Celui-ci est quel- 
quefois presque continu, quelquefois il se produit par 
accès, 

V. Dans ce cas, la porencêphalie s'accompagnait 
d*un arrêt de développement de la tête se traduisant 
ainsi que cela ressort de la description clinique du 
malade, par la microcéphalie. Des personnes peu 
au courant des maladies chroniques de l'encéphale 
pourraient supposer que cet état de microcéphalie 
de l'enveloppe osseuse a pu gêner le développement 
de rencéphale, et l'empêcher d'arriver à l'état parfait. 
Cotte supposition tombe devant l'examen de la calotte 



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PORENCÉPHALIE VRAIE. 101 

du crâne. En effet, outre qu'elle porte de nombreuses 
plaques transparentes, ses sutures ne présentent en 
aucun point des traces desynostose. Ce n'est donc pas 
une synostose précoce qu'il faut incriminer dans notre 
observation. Le cerveau avait toute liberté pour se 
développer ; l'enveloppe osseuse ne s'est arrêtée dans 
sa croissance que parce que le cerveau s'était précé- 
demment arrêté lui-même dans la sienne. Une 
craniectomie n'aurait pu remédier en rien à cet état. 

VI. Dans le Compte-rendu de 1890, l'un de nous 
a publié en collaboration avec M. SoUier un mémoire 
sur la porencéphalie, comprenant deux cas de poren^' 
céphalie vraie et, en 1891, un autre cas accompagné 
de planches. La nouvelle observation de porencépha- 
lie qui fait l'objet de cette discussion et qui porte à 
quatre seulement le chiffre des cas observés depuis 
1879 dans le service des enfants de Bicêtrc, nous paraît 
mériter une sorte de rapprochement, de parallèle, avec 
les cas du service antérieurement publiés. 

Nous avons dit autrefois qu'il fallait établir une dis- 
tinction entre les porencéphalies. Il y en a de vraies^ 
il y en a de fausses. Les premières sont congénitales 
et sont caractérisées par l'existence d'une communica- 
tion entre la surface de l'hémisphère atteint et le ven- 
tricule latéral. Les bords du porus ne sont pas creusés 
à pic ; ils sont tapissés par les circonvolutions voisi- 
nes qui se réfléchissent le long de ses parois, allant 
ainsi do la face convexe jusqu'au fond du porus. 

La pseitdo-porenc^p/ia/ie, au contraire, se caracté- 
rise par une perte de substance due à des causes diver- 
ses, perte de substance variable en profondeur, et dont 
les parois montrent la disposition stratifiée des couches 
qui ont été intéressées. Nous ne nous occuperons pas 
de la pseudo-porencéphalie. 

La pathogénie de la porencéphaHe vraie a donné 



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loi PonEXCÈPHALlE vhaië. 

Heu à de nombreuses hypothèpe?. Les uns ont 
voulu la mettre sur le compte d'un arrêt de dévelop- 
peanent; d'autres ont incriminé rhydrocéphfilie, snfTi^ 
santé d'après eux, pour détruire tes hémisphères par 
accumulation dans le crâne d'une quantité anormale 
de liquide. 

Pour Kundrat la porencéphalie congénitale est le 
résultat d'un anémie profonde des départements corti- 
caux, surtout de ceux que dessert la sylvienne, Cette 
anémie entraine une encéphalite destructive. Suivant 
le même auteur, riiémorrliagio ccréhnile ne saurait 
irtra sérieusement invoquée. On sait qu'elle est exccp^ 
tionnelle chez le fœtus. 

Lallemand (de Nancy) admet ;\ la suite d'une ané- 
mie intense des circonvolutions, l'établissement d'une 
encéphalite déterminant une sclérose des circonvo- 
lutions insufïisamment irriguées. Quoiqu'il en soit, il 
est certain que ïbl porencéphalie vi^Rie s'établit au cours 
de la vie intra-utérine, ce qui la différencie encore de 
la p&eudo-porencéphaUe qui, elle, se montre surtout 
après la naissance (ramollissement, hémorrhagie, encé- i 

phalitCf etc.). i 

Il est de toute évidenco tle par le siège variable ' 

de la lésion, de par son étendue, tantôt vaste, tantôt * 

réduite à des proportions minimes, et intéressant par 
conséquent des territoires affectés à des fonctions ' 

diveries, que Ton ne saurait tracer de cette alTec- j 

tion un tableau symptoma tique précis. Nous dirons ! 

seulement que l'idiotiej les paralysies et les contrac- I 

tures sont le cortcge habituel d'un poims cêrâbraL La 
lecture de nos observations sulTîra pour s'en convaincre, i 

l 

De nos quatre malades, uUj Arn.., est mort par 

asphyxie due à Tintroduetion du lait dans les voies 
respiratoires; un. Pot., de broncho-pneumonie, le troi- 



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PORENCBPHAtlE VU AIE. iû^ 

sîème, V.., de tulierculose pulmonaire et pérîtonalo 
enfin, le dernier, Roc, a succombé à une congestion 
pulmonaire. 

L*ensemhle dos j^ymptûmes observés chez nos ([ua- 
tre malades aboutis.sait au diagnostic : idiotie complète 
e t permettait d'en déduire qu*une amélioration eérieuse 
paraissaitfort aléatoire. Mais, pour se prononcer d'une 
manière motivée stur la possibilité ou rimpossîbilito 
d'un amendement intellectuel dans Tidiotic sympto- 
matiquc de porenccphalie, il faudrait disposer d'un 
nombre considérable dobservations. En Amérique, on 
a eu recours à la craniectomie dans des cas de ce genre 
dont on n*avait certainement pa^ fait d'ailleurs le dia- 
gnostic. Inutile de dire que cette intervention chirur 
gicale n'a produit aucune amélioration et qu'au point 
de vue de Tétat du crâne et du cerveau elle n'est nul- 
lement justifiée. 

En poursuivant la comparaison entre les quatre cas 
de porencéphalie vraie que nous avons recueillis jus* 
(juâ ce jour, il est facile de voir quau point de vue 
du siège la lésion varie peu. C est toujours le territoire 
irrigué par la cérébralo moyenne qui est creusé par 
le porus. F'\ F A, P A, P^, T*, sont les circonvolutions 
le plus souvent intéressées. Les circonvolutions situées 
autour d'elles peuvent aussi être altérées, mais elles 
le sont seulement lors{[ue le parus a des dimensions 
énormes. 

La chose est très nette sur rhémisphcre droit de 
8t. Arn. La première temporale manque. Lee frontale et 
pariétale ascendantes sont détruites vers leurs tiers 
inférieur. 11 en est de même pour le pied de F* et do 
F», Cette disposition met complètement à découvert 
sur ce cerveau le lobule de Tinsula. 

Le cerveau de 8t-Arn., est, sous ce rapport, cora* 
pnrable a celui des singes. Le développement des cir- 
convolutions de l'hémisphère et surtout du lobe frontal 



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loi PORENCÉPHALIE VRAIE. 

nn pas Oui suffisant pour déterminer la formation 
d^operculcs qui recouvriraient le lobule de Tinsula. A 
rétat normal, en effet, ce lobule est recouvert par deux 
opercules constitués pcir deux saillies qui surplombent 
celle du pied des deux circonvolutions rolandiques, 
{opercule supérieur) et celle de la première temporale 
(opcrculf inférieur) ; le cap de la troisième frontale 
forme en outre un opercule accessoire. 

Le lobule de Tinsula de St-Arn...., s'il est à décou- 
vert comme celui des singes, se distingue cependant 
de celui de ces animaux en ce qu'il est volumineux 
et netlemént différencié au point de vue des circonvo- 
lutions! qui lui appartiennent. 

Si on passe au cerveau de Pot. . , on se trouve en pré- 
sence d'une porencéphalie double siégeant en deux 
points symétriques des deux hémisphères. Le terri- 
toire d*îrrigationdela sylvienne est ici encore une fois 
très nctlnment intéressé des deux côtés. 

*^ur le cerveau de Viv.. et sur celui de Roch.. nous 
faisons la même constatation. 

Au point de vue de la bilatéralité ou de Vunilatéra- 
lilé de la lésion, nos quatre cas se partagent ainsi : 



Porencéphalie double . 
Porencéphalie simple. . 



Nous pouvons ajouter cependant que la bilatéralité 
nous parait être la règle. En nous reportant, en effet, 
au CBâ de St-Arn.. et en examinant les deux hémis- 
phères de son cerveau, nous constatons un ciéi-e/oppe- 
i}Wî}t itifomplet du territoire de la cérébrale moyenne. 
Il n'y a pas de véritable porus du côté gauche, mais 
on peut constater une ébauche de travail patholo- 
gique ayant amené la disparition des mêmes parties 
dey memûs circonvolutions qui manquent à droite : un 
degré de plus et le porus était constitué. 



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105 PORENCÉPHALIE VRAIE. 

Au point de vue de Vétendue de la lésion, nos quatro 
cerveaux nous offrent en quelque sorte une gamme 
d'accroissement des porus. Sur le cerveau do St Ain.., 
le porus ne mesure que 30 millimètres dans l:i plus 
grande longueur; chez Pot., le porus gauche mesiirQ 
53 millimètres et le droit, 35 millimètres ; chez \ iv.., 
le ventricule latéral droit est ouvert dans toute son 
étendue, jusque dans ses prolongements postériours. 
Le porus de Roc... ne mesure pas moins de 70 luiilî- 
métrés à gauche dans son plus grand diamètre. Rien 
n'est donc plus variable que Vétendue de la lésion 
porencéphalique. 

Ce qui est, par exemple, toujours constant dans nos 
quatre cas, c'est la disposition des 6orc/.s du parus. 
On n'observe pas une seule de ces excavations dont la 
paroi afTecte la forme stratifiée qui est le propre de 
la j^seudo-porenréphRlie , et qui dénote la dc^truc- 
tion successive des couches constituantes de l'iicmis- 
phcre. Sur nos quatre cerveaux les parois des porus 
sont tapissées par la réflexion des circonvolutions voi- 
sines. 

11 nous a paru bon d'examiner aussi sur les cnluitrfi; 
crâniennes qui ont recouvert ces divers cervcîuix, si 
le développement incomplet de l'encéphale pouvait 
être mis sur le compte d'une synosloso prénii}tfiré{\ 

1** En ce qui concerne St-Arn.. la calotte est léirère, 
peu dense. Les os qui la constituent sont peu épais. Ils 
le sont également des deux côtés. La sagittalo est 
libre dans toute son étendue aussi bien sur la lal>le 
interne que sur la table externe. lien est de mémo de la 
coronale et de la lambdoïde. Les fonlanelles sont 
oblitérées. Les trous pariétaux sont très développés. 
Il y a une légère plagiocéphalie avec prédominance 
de la bosse frontale droite. 



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iùù PORENCÉPHALIE ET CRANIECTOMIE. 

2° Cliez Pot.., même minceur, même légèreté de la 
calotte; plaques transparentes fort étendues, siégeant 
vers la piirtie inférieure du pariétal droit. 

Sutures coronale, sagittale et lambdoïde entièrement 
libres de travail synostosique. Notons sur la coronale, 
Texiatence d'un petit foramen qui siège sur son côté 
droit à un centimètre et demi de l'aboutissant de 
rextrémité antérieure de la sagittale. Ce petit pertuis 
occupe le centre d'une plaque transparente. Pla- 
giocéphalîe très marquée avec prédominance de la 
bosse frontale droite. 

Z° La calotte de Viv. . . est très volumineuse : on dirait 
d'une calotte d'hydrocéphale, et cela rapproché de 
l'énorme étalement du ventricule latéral du côté droit 
de rhémîspbère, on ne serait pa? éloigné de croire, 
avec les partisans de cette théorie, que l'hydrocépha- 
lie a joué un rôle dans la production de ce porus. 
Quoiqu'il en soit, comme les précédents, le crâne de 
Viv.., est libre de tout travail synostosique. 

4** Chez Roc..., la calotte crânienne, de dimensions 
réduites, a une grande légèreté et est presque entière- 
ment transparente. Nous avons dit plus haut (p. 95) 
qu'il n'y avait aucune trace de synostose. La disposi- 
tion trigonOLéphale est très nette, et nous n'hésitons 
pas à la mettre sur le compte du défaut de dévelop- 
pement des lobes frontaux, défaut de développement 
fjui a eu pour conséquence l'absence de formation des 
lolïos frontaux. 

On ne saurait mieux trouver pour mettre en évi- 
dence cette vérité, à savoir que le développement de 
la calotte osseuse de Tencéphale est sous la dépen- 
dance du dé%eloppement des centres nerveux. Si l'ac- 
croissement de ces derniers s'arrête, la boite osseuse 
cesse de s'accroître. 



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POREVCÉPIIALIE ET CHANIECTOMIE. 



m 



Inutile d'ajouter, après ce que nous venons tic cHro 
^^ lV(ni du cerveau et de VéUit du crâne, fjue clans 
^f t*a8 cricliotie relevant de la porencépbnlie la cra- 
^^^ctoînie ne peut avoir aucune inftupncc avantageuse 
P<iUPles malades. 



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\ 



IX. 

Epilepsie ; tuberculose pulmonaire ; 

Par BOURNEVILLE et FERRIER. 



Sommaire. — Pève, excès de boisson, mort de laryngile tuber- 
culeuse. — Oncle paternel, convulsions de l'enfance, mort 
de plitliisie. — Autre oncle paternel, convulsions àe l'en- 
fance. — Mère, excès de boisson, morte phtliisique. — 
^ Grand-père paternel mort plitliisique. 

Émotion vive au cinquième mois de la grossesse. — Xais- 
sance à 7 mois. — Début de l'épilepsie à 3 ans (?). — Excès 
de boisson. — Tuberculose pulmonaire ; mort. 

Autopsie: Épaississement et congestion de la pie-mère; — 
tuberculisation avancée du poumon ; — hypertrophie du 
foie, de la rate, etc. 

L'iiom..., (Charles Emile François), né à Paris, le 20 avril 
1874, sommelier, est entré le 24 février 1892 à Bicôtre (service 

de M. BOURNEVILLE.) 

Antécédents (Renseignements fournis par le patron et 
surtout par Voncle de l'enfant, le 22 avril 1892.) —Père, a eu 
des convulsions dans l'enfance. Pas de cliorée, de rhumatis- 
mes, de dartres, de migraines, ni de fièvre typhoïde. C'était 
un homme très vigoureux, il ne paraissait pas avoir eu la 
syphilis et n'a jamais eu aucun accident nerveux. Il buvait et 
fumait beaucoup. D'un caractère doux habituellement, il 
devenait furieux lorsqu'il était ivre, et brisait tout ta la maison. 
Il y a 4 ans, il fut atteint de tuberculose, qui se localisa bientôt 
au larynx. On lui fit la trachéotomie à Lariboisière pour des 
accès de suffocation, ot il sortit de l'hôpital, avec sa canule, 



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Antîicédents héréditaires. 109 

au bout de 3 jours. II mourut un mois après sans que la 
canule eût été enlevée; il avait 39 ans.— [Père, mort en 1871, à 
58 ans, d'un coup de feu. Sobre, un peu colère, mais très- 
affectueux pour ses enfants. Pas de maladies nerveuses. — 
Mère, non nerveuse, morte « de chagrin » à 58 ans éa^alement, 
6 mois après son mari ; elle avait un ulcère variqueux à la jambe 
gauche. — Grands-parents paternels ci maternels, totalement 
inconnus. — Aucun renseignement au sujet des oncles et 
tantes. — Un frère mort phtisique à 34 ans, sobre, doux. — 
Un second frère est vivant : c'est celui qui nous fournit les 
renseignements. Il parait en assez bonne santé, mais a eu, 
étant soldat, une adénite cervicale pour laquelle il a été 
réformé. Tous deux ont eu des convulsions dans l'enfance. 
Une sœur, sans enfants, bien portante. — Les enfants du 
second frère sont bien conformés, en bonne santé, affectueux. 
On ne connaît dans la famille ni idiots, ni épileptiques, ni 
bègues, ni sourds-muets, etc.] 

Mère, morte phtisique, à 36 ans, en 1891. On ignore si 
elle a eu des convulsions dans l'enfance ; elle aurait eu 
une fièvre typhoïde à 10 ou 11 ans, rien de plus. D'après 
le patron de l'enfant, cette femme s'adonnait à la bois- 
son comme son mari. — [Père, mort phtisique, à 50 ans. 
— Mère, de 7 ans plus âgée, serait morte également phti- 
sique [?) à 74 .-ms. Tous deux étaient sobres et de caractère 
calme. — Grands-parents paternels, oncles et tantes mater- 
nels inconnus, Unesœur serait morte très jeune. — Pas d'idiots, 
d'épileptiques, d'aliénés, de bègues, de sourds-muets, de dif- 
formes, etc., dans la famille.] 

Pas de consanguinité. — Inégalité d'âge de 4 ans (père plus 
âgé). 

Deux enfants : 1« une fille venue à 6 mois et qui n'a vécu que 
quelques semaines ; 2o notre malade. 

Notre malade. — Vers le quatrième mois de la gros- 
sesse, la mère épror.va une violeiite émotion à la vue d'un 
couvreur tombant d'un toit, et qu'elle crut être son mari. 
11 n'y eut, ni à ce sujet ni à aucun autre pendant la grossesse, 
aucune syncope ou autre phénomène nerveux. — L'accowc/ie- 
ment eut lieu à 7 mois, sans qu'on puisse donner de cause 
à ce fait, après un travail de courte durée. Il n'y avait pas 
d'asphyxie à la naissance. L'enfant fut mis dans de l'ouate, 
et nourri avec du lait de vache. Il grandit normalement. On 
ne sait ni à quel âge il fut sevré, ni à quel âge il eut soit sa pre- 
mière dent, soit ^a dentition temporaire complète. — L'enfant 



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410 Antécédents personnels. 

paraissait intelligent, connaissait bien ses parents. On ne sait 
s*il a eu des convulsions. On ne peut donner aucun rensei- 
gnement sur les maladies qu'il peut avoir eues. Au sujet de 
l'épilepsie, les dires du patron et de Toncle s'accordent pour 
en faire remonter le début à l'enfance. Pour l'un, L'honi... « a 
toujours tombé » ; pour l'autre, on s'est aperçu qu'il était épi- 
leptique lorsqu'il commença à marcher, c'est-à-dire vers 3 ou 
4 ans. A celte époque, voici quel était approximativement le 
tableau de l'accès : l'enfant « tournait sur lui-môme » sans 
pousser un cri, et «tombait comme une masse ». Après la 
chute, il paraît bien avoir eu des convulsions toniques, puis 
quelques légères convulsions cloniques. Ces phénomènes, 
accompagnés de pâleur de la face et de bave dans les pre- 
miers temps, 6«as stertok*, constituaient tout l'accès. Après 
l'accès, l'enfant dormait environ une heure. A son réveil, il 
restait hébété; mais il recoruMâssait ses parents. Il n*aurait 
jamais eu de délire. Il ti'urinait jms sous lui ; il se levait 
quelquefois après l'accès pour uriner. 

Ces accès étaient surtout nocturnes, et survenaient en 
moyenne une fois par semaine, quelquefois à deux jours d'in- 
tervalle. Le nombre est toujours resté à peu près égal. Oft|ii»a- 
dant des accès auraient pii passer inaperçus la nuit. 

Le récit que fait le patron de l'enfant au sujet des accès de 
ces dernières années est Sensiblement le môme que celui de 
l'oncle. La tôte se tournait à droite; mais il n'y avait aucune 
prédominance des convulsions d'un côté du corps. 

L'enfant n'avait pas de vertiges, mais lorsqu'un accès était 
imminent, sesyeuxadevenaientfixes.» Ces accèslui revenaient 
quelquefois tous les 2 ou 3 jours; parfois aussi plus de trois 
semaines s'écoulaient sans qu'il s'en présentât. A cause de 
ses accès, on ne voulut pas le garder à l'école. L'enfant, se 
servant de ce qu'on lui avait appris, continua à faire des pro- 
grès, et parvint seul à lire et à écrire. 

L'h... n'a pas de mauvais instincts, toutefois il est très ta- 
quin. On n'a pas constaté d'onanisme et on pense qu'il n*a 
jamais eu de rapports sexuels. — Les fonctions digestives ont 
toujours été régulières. L'h... a eu, on ne sait à quel âge, des 
oxyures vermiculaires. Il aurait été propre de bonne heure? 
D'après son patron, « il s*adonnait à la boisaon, comme son 
père et peut- être sa mère. • Il a commencé à tousser il y a 3 ou 
4 ans; on ne lui a pas vu d'hémoptysie. 

Etat actuel. — L'enfant est d'une pâleur terreuse. Il est 
amaigri. Les yeux sont excavés et brillants, fortement cer- 



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ill DiiîiCHii'Tmx dl: malaue. 

né*. îl parle pL^nîblGmeiit. Sun di'îbit. entrecoupa de qidntca 
fie toux, est aiiîsi iiiicrroiiipvi pjir (les eJïbrts iii?3pirntoire3. Lfi 
physionomie nxprîjue rUobi>tiide et décélo le mauvais otat de 
la santé générale. 

Le cou présente* hhv le eotii droit, une cicatrice allongée 
daus le sens antéro-postôrîeur, trace d'un abcès ganglion- 
naire survenu il j^ a 7 ansi. Il y a sur le brns droit, au niveau 
du tiers iaférieur, une cicatrice résultant d'une iuorsuro de 
chien* 

Tête. Cheveux cla:rsf»mé^, chAtaina, régulîôn^nient implan- 
tés. — Cr.lnt? volumineux, plaLnoréphale, aplati dans le sens 
transversal, parai s^arit symétrique. Les fontauellc?s sont 
comblées.^ Le /'roïd est liant et découvert.— La /Vice est 
allongée en ovale, lillc est asymétrique et le uex est dévié du 
côté gauche- J^es arcades aoureilières, neltement destinées, 
et proéminentes* sont recouvertes de aourcilf? noirs, ]>arlicu- 
lièremenC abondants, se rejoij^'nant d'un côté à l'autre »ur la 
racine du nez. Les paupières sont minces, se relèvent bien, 
et produisent en a'abaissant l'occlusion parfaite de IVriL Les 
cib, noirs, sont long-s et abondants. Yeux bien mobiles ; pas 
d'exopthalmie. Pas tlj strabisme, ni de paralysie des musoles, 
aoite Jitrinséques soit intrinsèques. Pas de nyslagmns* L'iris 
est châtain foncé. Les pupilles, égales, réagissent bien à la 
îumiére et â raccommodation- Il n'y a pas de lésion de la cor- 
née ou de la conjonctive. La seri.sibiiité de ces parties est 
parfaite. L'acuité visuelle est rmrmale, L*h... ditTérencie les 
couleurs. Pas de diplopie, ni de rétrécissement du champ 
visuel. — Le ne: est droit, allongé, légèrement renflé à la 
pointe. Les ailes du ne^ sont syuié triques, les narines bien 
ouvertes, la cloison est déviée h gauche. Les pommettes, 
saillantes, sont régulières, syjnétriques,— £îouc/te de grarï- 
deur moyenne. Ijévres, saillantes et épaisses, surtout l'infé- 
rieure, fendillées et .^créées. Voile du palais régulier. Ajnyg- 
daîes non hypertrophiées, fioùl intact. 

Le menton porte une fossette qui lui donne une apparence 
bifide. La saillie est plus accentuée à gauche, fjreîncêj grandes, 
à pavillon largement étalé et quelque peu décollé. Lobule 
bien détaché, iiien d'anormal dans les diverses parties de 
roreille. 

Cou maigre et long. — Corps th}jroïde normal. — La voix 
est rauque et voilée, plus basse qu a l'état normal. 

Thorax. Le gril costal est appréciable à la simple inspection. 
La respiration est faible, entrecoupée, irut^crcidose pulmo- 



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Tuberculose pulmonaire. il2 

naîre au 3*» cloîtré). — Rien de particulier à signaler pour le 
cœur. Pouls r^^gulier. — Abdomen souple, non douloureux à 
la palpa U on. Ut'^çion anale saine. 

2Me}}ïbre!y t^apérieurs amaigris. Muscles sans puissance. 
Mains o^simïsi^s. — Doigts longs et nerveux, non liippocra- 
lîques. ^ llien de particulier pour les membres inférieurs. 

StniHÎhiUtt^lniaiCic au toucher, à la douleur, à la température. 

Puberté. }\)ils nombreux sur le pubis. Verge longue de 8 
ceiitimùtre*^, iMrconférence: 7 centimètres. Le prépuce se 
relùvc facilcinent en arrière du gland. Testicules égaux, bien 
développés, de la grosseur d'un œuf de pi^^'on. Rien à l'épi- 
dîdymc. 

5 a^ril. — L'h.., qui est re«;té continuellement à l'infirme- 
riû depuis sun entrée dans le service, présente un amai- 
grisseinciU 1res prononcé de la face et du corps. Il tousse 
conLiiiucllomcnt. Son expectoration consiste en crachats 
nummulaircs, puriformes, nageant dans un liquide clair. 
Les qiiiiUes île toux déterminent des vomissements alimen- 
taires. L*ap|iélit est très faible. Pas de diarrhée. Il y a des 
gargouillfUUMits très étendus dans les poumons, principale- 
ment dan*3 le poumon gauche. Le murmure vésiculaire est 
faible da!is le reste des poumons. 

18 arrît. — L'h.... «e plaint de dysphagie et de dysphonie. 
Badigotmnaii^^s du pharynx avec une solution de cocaïne à 5 
0/0* CoiiL^c^tiun de la base gauche, au-dessous de la zone du 
gargùMillemeiit. 

\*^ mai. — L'h. ., qui s'affaissait de plus en plus et qui avait 
depuis une huitaine de jours une diarrhée incoercible, a eu 
ce matin ûe^ accès de dyspnée plus prononcés et est mort à 
îJ beurcî* avec des phénomènes d'asphyxie. 

Au moment de la mort, la iempérniure était de 37*»; — un 
quart d'heure après, elle était de 3G®, 2 ; — une heure après 
de 3*:<^ 4, La température de la salle était primitivement de 10*», 
ensuite de 8'^. Poids après décès; 43 k. 100. 

Autopsie faite 3() heures après décès. — Têle. A l'ouverture 
du criUio, il --'écoule du liquide céphalo-rachidien en quantité 
un pou pins grande que de coutume. La calotte présente une 
certaine asymétrie: en avant, la partie droite du frontal est 
un peu proéminente; en arrière, au contraire, le pariétal gauche 
dépasse Vos correspondant du côté droit et le côté gauche de 
roccipital es[ plus saillant que le droit. — Les sutures lamb- 
doldç et ssifjittale n'offrent pas de trace de synostose. Il en 



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Autopsie : crâne. 413 

est de môme du côté gauche de la suture fronto-pariétale, et 
delà plus grande partie de son côté droit Mais, sur une lon« 
gueur de 3 cent., de haut en bas à partir de la limite de la 
temporale, la suture ne laisse voir sa place que très vague- 
ment, au moins en dehors. En eUet, elle est encore très nette 
à la face interne de la calotte. Au-dessous de la portion de 
cette suture qui est complètement oblitérée ^ la face externe, 
il existe encore quelques parcelles de suture circonscrivant 
deux ou trois espèces de presqu'îles osseuses. 

La face externe de la calotte présente comme particulari'» 
tés: lo du côté gauche du frontal deux sillons presque verti- 
caux, à un peu moins d'un centimètre l'un de l'autre, l'inté- 
rieur, court, peu profond, est situé à demi distance çntre la 
ligne médiane et la partie inférieure gauche de la suture méto* 
pique; le postérieur, long d'environ 5 centimètres, remonte 
obliquement en arrière et en dedans jusqu'à un centimètre 
de la môme suture; — 2» la conformation particulière des 
fosses temporales, qui n'offrent pas de dépression, sauf à la 
partie moyenne de la fosse temporale gauche. 

Vue par la face interne, la calotte est en grande partie opa- 
que et laisse voir un certain nombre de points plus ou moins 
translucides. Ces points ne sont indiqués à la face externe 
par aucune dépression, tandis qu'à la face interne ils corres- 
pondent à une diminution très nette d'épaisseur. Au voisi- 
nage de laligne médiane se trouvent deux points, l'un droit, l'au* 
tre gauche, situés tous les deux au point culminant de la calotte. 
Tous les deux sont allongés d'avant en arrière. Celui de gau- 
che présente en outre une branche dirigée en dehors, et abou- 
tissant au sillon antérieur de la méningée moyenne, qu'elle 
prolonge exactement. A droite, cette partie moins épaisse 
a une longueur de 3 centimètres, avec une partie plus épaisse 
en avant et une partie extrêmement mince en arrière. A gau* 
che, elle est à 15 millimètres de la ligne médiane ; elle est 
d une épaisseur à peu près uniforme. A la partie moyenne du 
frontal, à un centimètre à gauche de la ligne médiane, existe 
une autre dépression de la table interne. Il en existe une 
a utre un peu plus bas, à droite, mais celle-ci est moins pro- 
noncée. Sur les côtés se trouvent, au niveau des pariétaux, 
un peu au-dessus de chacun des temporaux, des plaques 
translucides, présentant un certain nombre de points épaissis* 
Des deux côtés, le sillon de la méningée moyenne est trans- 
lucide sur une partie de son étendue, mais principalement à 
droite. — La base du crâne est asymétrique.— Le trou occipital 
est très oblique. 

BouRNBYiLLB) Bicétre, 1892. 8 



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114 Autopsie : crans et cerveau. 

Pa« de congestion de la pie-mère de la base. Les lobes 
frontaux sont un peu accolés à leur face interne. On les sépare 
d'ailleurs facilement. Sur la face convexe, principalement sur 
le lobe frontal, sur les F A et P A, la pie-mère est un peu 
épaissie, blanchâtre, et cela sur chaque hémisplière. — Les 
artères, les nerfs de la base paraissent toutà-fait symétriques. 
Les tubercules mamillaircs sont égaux, les tubercules qua- 
drijumeaux n'ont rien de remarquable. 

Hémisphère droit, ^ La décorticalion se fait facilement. Le 
ventricule latéral^ la corne d'Ammon, les masses grises, n'offrent 
aucune lésion. Les scissures de Rolando et de Sylvius sont bien 
dessinées et se continuent par une entaille peu profonde, creu- 
sée dans le pli de passage superficiel qui réunit les deux circon- 
volutions F A et P A. — La scissure occipitale ne se prolonge 
pas sur la face externe. Les sillons sont en général profonds, 
surtout les sillons frontaux. Cette remarque s'applique ég-ale- 
ment à Thémisphère gauche. — Les circonvolutions sont 
listes à la face externe et à la face interne. Mais à la face 
inférieure, au niveau du lobule orbitaire, un lambeau de pie- 
mère resté adhérent ne s'arrache qu'en laissant à la substance 
grise un aspect «granité» Les circonvolutions frontales sont 
asse: sinueuses et nettement séparées à leur origine. Dans 
leur Jers antérieur, elles offrent de fréquents plis de passage 
soit profonds, soit superficiels. — Les circonvolutions parié- 
tales, occipitales^ temporales, n'ont rien de particulier. — 
Rien à noter au sujet de l'intula, ni au sujet des circonvolu- 
tions de la face interne et des noyaux gris. 

Hémisphère gauche, — La pie-?nére est épaissie sur toute 
la convexité. La décortication est facile. Pas de lésions 
macroscopiques. 

On ne peut que faire les mémos observations sur cet 
hémisphère que sur l'autre; il faut pourtant noter qu'il 
n'est pas resté de pie-mère adhérente à la face infé- 
rieure du lobe frontal ; que la scissure de Sylvius n'est 
pour ainsi dire pas séparée de la scissure de Uolando, 
puisque ces deux scissures communiquent par-dessus un 
pli de passage profond. Les deux branches inférieures de la 
jicissure de Sylvius sont bien nettes. — Les circonvolutions de 
la face externe, de la face interne, de la face inférieure sont 
lisses. — Les noyaux gris, le ventricule latéral n'offrent rien 4 
lignaUr. 



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AUTOPSIE : TUBERCULOSE PULMONAIRE. 115 

Cou, — Le corps thyroïde^ normal, pèse 32 grammes. Pas 
de thymus. 

Thorax. — Coeur (200 gr.) Péricarde épaissi. Il y a environ 
GO çr. de liquide péricardique; pas do lésions d*ori[iccs m de 
persistance du trou de Botal. — Poumon droit (iOOÛgr.|. Légè- 
res adliérences. Très nombreux tubercules surtout dans les 
lobes supérieurs. — Poumon gauche (1150 gr.) ; adhérence 
complète et épaisissement des plèvres. Nombreusea cavernes^ 
Tubercules fort nombreux dans le reste du tissu pulmonaire. 

Abdomen. — Le foie est très volumineux (2000 gr, ). Il est 
adhérent par toute sa surface, et a subi la dégénérescence 
graisseuse. — Le rein droit et le rein gauche pèsent chacun 
180 gr. Ils sont pâles, faciles à décortiquer. — La rate est 
légèrement adhérente, extrêmement développée (330 gr.) et 
molle. — Rien à remarquer dans le tube digestif. Pas de 
tuberculose péritonéale ou intestinale. 

Cause de la m,ort : Broncho-pneumonie tuberculeuse. 

Réflexions. — L Le point le plus intéressant do 
cette observation, incomplète à quelques égards, c'est 
raîcoolisme des père et mère du malade et du malade 
lui-même. 

IL Mentionnons en second lieu Thérédité de la (it- 
berculose. Ici la prédisposition venait à la fois du père 
et de la mère et même des ascendants. 

III. L'insuffisance dos renseignements nous empo- 
che de pouvoir établir un lien entre Vémotion vice 
éprouvée par la mère durant sa grossesse et Vépilep- 
sie dont nous ignorons d'ailleurs la date exacte de 
l'apparition. 



I 



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Idiotie mèaingitique ; craniectomie sans résultat appré- 
ciable ; mode curieux de réossification de la brèche 
osseuse; 



Par BOURNE ville bt NOIR. 



SOMMAIHE, — Père : excès de boisson, ^ Grand-père paternel 
alcoolique ût nerveux, — Oncle paternel mort de méningite 
traumatiquc(?). — Tante paternelle morte phthisique, — 
Mère, vive et coléreuse, — Cousin idiot ne parlant pas. — 
Un frère, mort de convulsions, — Un autre frère mort du 
carreau, à 3 ans, — Une sœur morte de bronchite. — Pas de 
consanguinité. — Inégalité d'âge de trois ans. 

Conception, grossesse, accouchement : rien de particulier. — 
Première dent à 10 mois. Dentition complète à 2 ans. — 
Çonvulsion^i? dites internes à 3 semaines, se reproduisant 
quoîidienuetnent jusqu'à la fin du troisième mois ; occlu- 
sion des paupières; immobilité. Strabisme constsité à 13 
mois. — Craniectomie à Vhôpital Trousseau en juûi 1890. 
Coqueluche à 2 ans et demi. — Rougeole à 3 ans et demi. 
Teigne tonsurante. — Broncho-pneumonie, mort. 

Autopsie. — Description des os du crâne. — Mode de répa- 
ration de la brèche osseuse produite par la craniectomie. 
— Minceur et transparence des os. — Absence de synostose. 
Adhérences de la dure-mère au niveau des cicatrices osseu- 
ses. — M éningo-encéphalite prédominant notablement sur 
l* hémisphère gauche. — Persistance du trou de Dotal. — 
Lésions pulmonaires. 

St.., Emile-Frédéric, né le 12 juin 1886, à Paris, est entré à 
Bioètre, le 19 juin 1891 (service de M. Bourneville). 



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Antécédents héréditaires. 117 

Antécédents {Renseignements fournis par sa mère, le 26 
juin 1891). — Père, 48 ans, ébéniste, n'a jamais été malade, 
fait quelques excès alcooliques, rentre à demi-ivre environ une 
fois par mois, ne boit jamais d*absinthe, fume environ pour 
50 centimes de tabac par jour. Bon ouvrier, vif et emporté, il 
aurait battu sa femme, mais depuis trôs longtemps, cela ne 
lui est plus arrivé. Ni dermatoses, ni traces de maladies véné* 
Tiennes. — [Père, mort à 70 ans passés, laboureur, t très ner- 
veux » il faisait parfois des excès de boisson, — Mère, morte 
à 70 ans (?). — Grands-parente paternels et maternels, morts 
âgés, on ne sait de quoi. — Trois oncles paternels, bien por- 
tants ainsi que leurs enfants. — Deux frères, tous deux sans 
enfants et sobres ; Tun serait mort à 32 ans d'une méningite 
traumatique, l'autre est bien portant. — Cinq sœurs : deux 
sont mortes; l'une probablement phtisique à la suite de cou- 
ches, l'autre assez jeune de fièvre typhoïde; trois sont vivan- 
tes et en bonne santé ainsi que leurs enfants, une d'entre elles 
parait avoir des douleurs rhumatismales. Dans le reste de la 
famille, pas d'aliénés, d'épileptiques, de personnes atteintes 
d'affections nerveuses, de suicidés, ni de débauchées, etc.] 

Mère, 45 ans, mariée à 24 ans, domestique avant son ma- 
riage ; depuis, elle s'occupe des soins du ménage. Elle n'a 
jamais été malade, ni présenté d'accidents nerveux. Elle paraît 
intelligente ; son visage est régulier; elle parle ave un fort 
accent alsacien ; elle avoue être vive et un peu coléreuse. — 
[Père, mort à 41 ans, d'une chute de voiture, laboureur, était 
très sobre. — Afére, morte à f)6 ans, d'une a maladie de ven- 
tre ». n'a jamais eu d'accidents nerveux. — Grands^parents 
paternels et maternels, morts âgés; pas d'autres détails. — 
Demi-oncles paternels, bien portants ainsi que leurs enfants. 

— Deux oncles maternels, morts on ne sait de quoi, ayant des 
enfants sains de corps et d'esprit, sauf un, âgé de 17 ans, placé 
à Uosheim, près Strasbourg, et qui ne parle pas. — Deux 
tantes maternelles bien portantes, ainsi que leurs enfants. 

— Huit enfants : cinq seraient morts jeunes, on ne sait de 
quoi; un autre, ayant bu, aurait été écrasé par une voiture 
et serait mort assez jeune; 2 sont vivants et bien portants. 
Dans le reste de la famille, pas d'aliénés, d'épileptiques, etc.] 
Pas de consanguinité. — Inégalité d'âge de 3 ans. 

14 enfants : i^ Une fille, morte un quart d'heure après la nais- 
sance ; — 2« fausse couche de 3 mois ; — 3» fille, 21 ans, domes- 
tique, pas de convulsions de l'enfance, pas d'accidents nerveux, 
bien portante, intelligente ; — 4<> garçon, mort à 2 ans avec 



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1 1 8 Antécédents peusonnels. 

des convulsions^ binn portant et intelligent auparavant; — 
5^ garçon, mort à iOmois delà coqueluche, n'a pas eu de con- 
vulsions, était bien constitué; — G» garçon, 16 ans, intelligent, 
a son certificat d'études, n*a pas eu de convulsions ; — ?<> gar- 
çon, 1 4 ans, de bonne santé mais un peu sauvage et n'apprend 
guère en classe, n'a pas eu de convulsions; — 8» fille, 13 ans 
et 3'* garçon, 12 ans, pas de convulsions, bien portants et intel- 
ligents ; ^ 10<> garçon, mort du carreau à 3 ans, pas de con- 
viiïsions, intelligent ; — 11° fille, 6 ans, saine, intelligente, pas 
de convulsions; — 12« notre malade; — 13® fille, morte à 2 
ans d'une bronchite, sans avoir eu de convulsions, intelligente ; 

— 14" fille, 5 mois, se développe bien. Ces deux dernières n'ont 
pas eu de convulsions. 

No^^e malade. Riendeparticulieràlaconceph'on, l'enfant n*a 
pas été conçu durant l'ivresse. — Grossesse bonne, chute sans 
accident consécutif ; à part cela, rien de particulier. — ylccou- 
chement à terme, naturel et rapide, sans médicaments. 

— A la naissance, pas d'asphyxie, bien que l'enfant eût, 
comme tous ses frères et sœurs, un circulaire du cordon 
autour du cou. Élevé au sein par sa mère, il fut sevré à 18 
mois. Premières dents à IOmois; dentition complète à 2 ans. 

Le& premiers jours, on eut delà peine à lui apprendre à 
tâter, cependant durant les deux ou trois premières semaines 
de son existence, c il était bel enfant et ressemblait à tous les 
autres, n Vers la troisième semaine, l'enfant commença à 
décliner, il maigrissait et sa mère s'aperçut qu'il tenait toute 
la journée les yeux fermés; qu'il ne les ouvrait que la nuit. 
Elle constatait quotidiennement que « ses yeux marchaient 
tout le temps comme un moulin. » Ce phénomène se produi- 
sait par crises et elle le remarquait lorsque, durant la nuit, elle 
lui donnait le sein. Ces crises se manifestèrent durant trois 
mois au moins une fois par nuit, et, en môme temps l'enfant 
continuait de maigrir. Il ne poussait aucun cri, ni le jour, ni 
la nuit : « on n'aurait jamais dit qu'il y avait un enfant à la 
maison, i^ Il restait toujours assoupi. 

A 3 mois, les mouvements des yeux cessent; l'enfant reste 
maigre, ne donnant aucun signe d'intelligence. Il demeure cou- 
ché dans son lit, immobile, les yeux clos, la bouche à demi 
ouverte et ne riant jamais. 

À 13 mois, on constata une amélioration notable dans l'état 
de l'enfant. C'est à cette époque que, pouvant entr'ouvrir les 
paupières, ses parents constatèrent le strabisme plus accen- 
tué, disent-ils, qu'actuellement. Alors aussi, il commençait à 



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Antécédents p£R30NnbL8 : craniectomie. 119 

s'asseoir, tout en restant presque complôtement immobile. A 
2 ans, il ne pouvait encore se tenir sur ses jambes. Ce ne fut 
que vers les premiers mois de 1890 (à 3 ans 1/2) qu'il y parvint. 
Dans la môme année, il commença à reconnaître son père, sa 
mère, ses frères et sœurs et souriait « tout comme un enfant 
d'un an. « Il faisait des manières avec ses mains, comme M. le 
curé à l'église. » Toujours gâteux, il avait parfois la diarrhée 
durant une semaine. Sa parole, à 3 ans 1/2, se bornait à (quel- 
ques mots : papa, maman^ mimi (nom qu'il donne à sa sœur 
Adrienne), titine (Augustine, une autre sœur). Entré vers 
février 1890, à l'hôpital Trousseau, dans le service de M. le 
professeurLANNELONGUE, ily fut cràniectomiséle 22 juin 1890(1). 

Il sortit de l'hôpital à la fin de février 1891. Sa mère prétend 
ne pas avoir constaté de progrès bien manifestes à la suite de 
l'opération. Il fixait peut-être un peu plus son attention et il 
faisait plus facilement le tour d'une table sur le bord de 
laquelle il se cramponnait; mais elle n'ajoute pas une grande 
importance à ces faibles progrès opérés en un an, car elle 
avait remarqué que son enfant commençait à les effectuer 
avant son entrée à Trousseau. A l'hôpital, il apprit à se servir 
de la cuiller ( il savait avant tenir son pain à la main) et à 
prononcer le mot a Lisa » (Elisa, nom de l'infirmière qui 
prenait soin de lui). 

Le sommeil est généralement bon. S... ne grince pas des 
dents et ne présente pas d'autres mauvaises habitudes que 
celle de sucer le pouce droit. Parfois il s'amuse à parler à des 
images et à glisser sur les fesses, assis sur le parquet. — Les 
fonctions digestives et respiratoires se font normalement; 
toutefois il a des alternatives de constipation et de diar- 
rhée. 

St... a eu la coqueluche à 2 ans 1/2 (elle fut légère et ne dura 
que six semaines), et la rougeole à 3 ans 1/2, à Trousseau. 
C'est à la suite de cette rougeole qu'ayant eu un petit abcès 
au-dessous de l'oreille gauche, il fut envoyé dans le service 
de M. Lannelongue qui ouvrit l'abcès et pratiqua ensuite la 
crâniectomie. 

St.. n'a jamais eu d'accidents scrofuleux, ni de dermatose 



(1) Notre ami M. Lannelongue a bien voulu nous envoyer les notes suivantes : 
Opération.'^ Débridement antéro-postérieur traversant la suture fronto-pa- 
riétale. — 25 juin : violentes attaques de eonvutêions épileptiquet. — 26 juin-z 
nouvelles attaques qui ne se sont plus reproduites. — 30 janvier 1891 : Etat 
intellectuel amélioré, reconnaît les personnes, dit quelques mots : à boire» 
Blisa, fait des pieds de nez, ne perd plus ses matières. 



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120 Description du maladb. 

et sa mère pense que la teigne tondante dont il est atteint et 
qui a été constatée ici dès le 20 juin 1891, le lendemain de 
son entrée, a été contractée à l'infirmerie du dépôt, où il 
séjourna deux jours avant d'être admis à Bicôtre. L'enfant 
n'a pas eu de vers instestinaux ni subi de traumatisme sé- 
rieux. On n'a jamais constaté d'onanisme. Il ne sait pas 
s'habiller, essaye de mettre ses souliers, mais sans pouvoir y 
parvenir. 

État actuel. (23 juin 1891). — Les paupières à demi fer- 
mées, la bouche entrouverte donnent à l'enfant un air d'hébé- 
tude très accentué ; on parvient néanmoins en lui parlant 
à le faire sourire. Etat général de santé satisfaisant. La tête 
est de volume médiocre. Les bosses pariétales saillantes sont 
situées fort en arrière. La protubérance occipitale externe est 
très développée. Le crâne est sensiblement symétrique. Pasde 
traces au palper des sutures, ni des fontanelles. Sur la partie 
gauche de la tôte, on remarque une cicatrice linéaire antéro- 
postérieure où les cheveux manquent et qui s'étend parallèle- 
ment à la suture sagittale du front à Tocciput; une dépres- 
sion correspond à cette cicatrice. En palpant avec soin cette 
région, l'on sent une petite rainure superficielle de 3 centi- 
mètres en avant, puis une ouverture /arge de 6 ou 7 millimètres 
sur un centimètre de longeur, la soudure parait à peu près 
effectuée sur 9 centimètres de trajet. Une nouvelle dépression 
triangulaire d'un centimètre fait suite et se termine en arrière 
par une petite rainure longue d'un centimètre. Cheveux châ- 
tain foncé, peu abondants, courts; nombreuses plaques d'alo- 
pécie dues au tricophyton. Le tourbillon postérieur est régu- 
lier et situé sur la ligne médiane. 

Visage allongé et ovale. — Front assez large et élevé ; 
saillie assez prononcée des bosses frontales. Arcades sourci- 
lières peu saillantes. Sourcils clairs. Paupières peu mobiles; 
la supérieure recouvre normalement la moitié supérieure du 
globe oculaire. Rétrécissement léger de la fente palpébrale à 
la commissure externe. Cils assez longs à la paupière supé- 
rieure, détruits complètement à la paupière inférieure par la 
blépharite ciliaire. Léger degré d'exophthalmie. Strabisme 
convergent des deux côtés, surtout prononcé à gauche ; pas 
de nystagmus. Iris brun foncé. Pupilles égales à réac- 
tions normales. Examen fonctionnel de l'œil impossible. 
— Nez, aplati, légèrement camard. Pas de déviation de la 
cloison. Odorat(?).—Bouc/ie petite, toujours entr 'ouverte; lèvre 
supérieure proéminente. Langue normale. Palais, voile du 



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BeSCBIFTION DÎÎ hTAL4DE * AMéLlORATION. iîl 

paTaîs symétriques et normaux. Luette volumineuse. Amyg- 
dales hypertrophii^ea. Pas de tumeurs adénoïdes. GoiVM?). — 
Dentition de lait cojnplèle, dents d'assez bonne qualÉtL^ mms 
trop seffL^es et irrégulièrement placées. Articiulation défectu- 
euse. Les dents au lieu do s'entrecroiser «e rencontrent en 
avant bout à bout, disposition très rares dans la dentition 
de lait. Les gencives en mauvais (!'tat. uleért^es et rouges à 
leur bord, permettent le déchaussement des dents. 

Meaiùii petit, avec une îég'ôre fossette. Poraemttes saillan- 
tes, — OreiHes creusées en forme de biVteau, l^i moitié supé- 
rieure forme avec ta moitié inférieure un angle presque droit. 
Les replis k peine saillants font que le pavillon et la conque 
constituent une seule cavité. Le lobule asse?: volumineux 
est détaché. Ouifé normale, 

Co\t : circonférence 57 cm.; pas de goitre, ni d*adénUes. — 
Thorax, rien de particulier. — Abdomen souple, pas de 
hernies. 

Mf^mbrês supérieurs bien conformés et symétriques, ainsi 
que les membres inférieurs, sauf que le 3* orteil du pied 
gauche est légèrement eu marteau. 

Orga.nes génitaux. Verge petite, p/iïmc8i5. gland découvra- 
ble^ léger hypospadias. Testicules égaux de la grosseur d'un 
pois. Scrotum assez développé. — Sensibilité au contact, à 
la douleur, à la température, normale. Réflexes normaux. 

Mesures de la. tête: 

Jain l»9t. 

Circonférence lioriiontide maxima . . , ,,,....,,. 4*'»,^ 

Demi-circoiiiïreiice lii-au rien lui rc . , , T2.'A 

Dï(t' ds fart occipito-atl. i\ la mcinedi) nez ».,*,,. 35,5 

biainètre antéro-poalé de ur maximum ,.,, ...... IQ 

— bi-fluriciîiaîre *..**.*..., 15,5 

^ bi-pariélaK,,, ,,..,,,,,.,,,,, ,, tli,5 

— bi-temponvl * h ....*..,.,.,*, ,,... MA 

nutitêur médiane du front (î 

Traitement : 3 bains saléa par semaine. Exercer lenfant à 
marcher, à se servir d'une fourchette, à se déboutonner, i^ de ve- 
ni r propre . Une cul Itérée de si rop d 'iodu rc de fer. — Trai te m en i 
delà teigne : Vaseline iodce. lotion parasiticide au sublimé^ 

Uî octobre, — Vacciné avec îe vaccin do irénîsse. L'en fan* 
présente 2 cicatrices anciennes à chaque bras. Pas de résulta^ 
(2Î octobre}. 

Î3 octobre. -- Ouverture d'un peifi abcès du cuir chevelu 
de lagrrosseur d'une noix. 



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â 



122 ^ONCHO-PNBUICONIB. 

4 novembre. — Ouverture d'un nouvel abcè« de la région 
parotidienne. Pansements au sublimé. Guérison le 23 
novembre, 

1892. Mars. — État stationnaire de la teigne qui n'a aucune 
tendance à s'améliorer. Lotions au sublimé. 

A cette époque Tenfant a fait de très sérieux progrès^ dûs 
aux soins assidus que lui prodigue l'infirmière chargée du ser- 
vice des teigneux. M™» Grizard. Il se sert de mieux en mieux 
de la cuillère et mange seul assez proprement. Ses parents 
eux-mêmes ont remarqué les progrès notables qu'il a faits 
surtout pour la parole ; il a ajouté à son vocabulaire les 
mots : « du pain, pipi, popot, » qu'il dit pour exprimer 
ses différents besoins. Assis sur le vase et abandonné à 
lui même, il le fait glisser et accomplit ainsi le tour de la salle. 

Avril, — S... marche presque seul et se promène sur le 
balcon du pavillon en se tenant aux barreaux. Il a ajouté aux 
quelques mots qu'il prononce, ceux-ci : « lui, jardin, à table. » 
Si on veut le faire parler lorsqu'il n'est pas disposé, il répond : 
« Peut pas. » Il envoie des baisers à ceux qui s'adressent à 
lui et lorsqu'on lui dit de chanter, il essaie de faire des roula- 
des. Ces progrès vont en s'accentuant jusqu'au 22 juin, épo- 
que à laquelle il tombe malade. 

22 juin. — L'enfant est faible, il a la diarrhée, tousse légè- 
rement. 

23 juin, — Pas de matité thoracique, mais à l'auscultation, 
râles muqueux dans toute la poitrine surtout nombreux à droi- 
te. T. R. 39«, 9. — Soir : T. R. 39», 5. — Vésicatoire à droite, 
sirop d'ipéca. 

24 juin, — Pas de modification notable dans l'état local. 
Anorexie, iiitat général relativement bon. T. R. 39o,6. —Soir: 
39*,2. 

2b juin. —Rien de particulier. T. R. 39«, 2. —Soir : 39», 5. — 
Inhalations d'oxygène. 

26 juin. — Les râles sont toujours aussi nombreux. — Abat- 
tement notable. Etat saburral de la langue. Bouche fuli- 
gineuse. Traces d'albumine dans les urines . T. R. 40o, 1 . — Soir : 
36», 5. Sirop dipéoa. 

27 juin. — L'enfant a vomi abondamment et sa diarrhée a 
augmenté. Sa physionomie s'est néanmoins améliorée. Il p'a 
plus d'albumine dai^ .es urines. T. R. 38«,5. Soir : T. R.39«, 6. 

28 juin. — Le» signes sthétoscopiques restent les mômes. 
L'enfanta encore vomi et a toujours un peu de diarrhée. Poids : 
11 k, 100. T. R. 390, 4. — Soir : 39», 5. 



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BrONCHO-PNEUMOMIB ; MOBT. 123 

29 juin. — T. R. 39o. — Soir : SS*». 2. 

30 juin. — T. R. 38», 9. — Soîr: 39°, 3. Inhalations quotidien- 
nes d'oxygène. 

{^'juillet — Môme état. T. R. 38«, i. — Soir: 37«, 8. 

2;ui^e^— T. R. 39», 6.— Soir : 39<», 4. Sulfate de quinine, gr. 
20. 

3 juillet. — T. R. 39«, 3. — Soir : 39*>, 2. 

^juillet. — T. R. 390, 4. — Soir : 38o. 

5 juillet. — A l'auscultation : râles nombreux, souffle léger 
du côté droit. Matité légère à la percussion de ce côté Rien 
à gauche. Une ponction exploratrice aseptique faite à droite ne 
donne aucun résultat. — Les lèvres sont fuligineuses, la lan- 
gue estsaburrale sans que cependant Tenfant ait l'aspect ty- 
phique en quoique ce soit. Il est pâle, mais répond comme 
jadis dans la mesure de ses moyens aux questions qu'on lui 
pose. Diarrhée. T. R. 39o, 4. — Soir : 38«. — Traitement : Sus- 
pendre la quinine; continuer les inhalations d'oxygène. 1/2 
potion de Todd. Sous-nitrate de bismuth, 2 gr., lotions 
d'eau vinaigrée ; lait. 

e juillet, — T. R. 38», 2. — Soir : 38o. 

I juillet. -^ T. R. 390, 7. — Soir : 38», 4. 

S juillet. — T. R. 40o, 8. Sulfate de quinine, gr. 30. — 
Soir : 38o, 2. 
9 juillet. — T. R. 40», 1. --Soir : 39«, 9, 
10 ;ui/^et. — T. R. 39», 7. — Soir : 38s 7. 

II juillet, — Le poids de l'enfant est stationnaire. La tem- 
pérature reste élevée sans qu'il y ait une modification appré- 
ciable de l'état général, ni des phénomènes pulmonaires. — 
T. R. 39«,9. -'^Soir : 39o, 3. — Suppression de la quinine. 

iî juillet — Même état, mais diarrhée plus intense. T. R. 
39», 1. — Soir : 38», 6. — Même traitement, et de plus, salol : 
deux grammes. 

\Z juillet. — T. R. 39», 6. — iSoîr ; 38», 3. 

14 jui^ei. — T. R. 39». — Soir : 38», 7. 

ih juillet. — T. R. 39», 3. — Soir : 39», 6. 

{^juillet. — Aggravation manifeste, le strabisme est plus 
accentué. Nystagmus prononcé. L'enfant n'est plus gai, ne 
répond plus aux questions aussi facilement. Diarrhée assez 
abondante. Signes pulmonaires non modifiés. T. R. 38», 7. — 
iSoîr : 38», 3. 

il juillet. — Dyspnée très inten9e. Pâleur, vomissements. 
Diarrhée verte abondante. T. R. 38», 5. Ventouses, sirop d'é- 
ther; potion avec acide lactiqne, 5 gr. 

L'enfant meurt à 3 heures du matin. Son poids au moment 



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à 



124 Description du crâne. 

du décès est de 11 kilogr. La température rectale descend de 
38<>, 9 au moment du décès, à 36®, 7 un quart d'heure après, 
36o, une heure après et à 34«, deux heures après; la tempéra- 
ture de la salle était de 22». 

Notons que bien que l'enfant n'ait reçu pendant sa maladie 
aucun soin de la tête plus assidu qu'autrefois, la teigne s'est 
notablement améliorée et était presque complètement guérie 
lors de son décès. Cette action d'une maladie fébrile sur une 
affection cutanée est d'ailleurs connue. 



Poids.. 
Taille . 



Juin. 


Décembre. 


15 k. 500 


12 k. 500 


Om. 86 


Om. 865 



AUTOPSrE faite le 19 juillet 1892, 40 heures après le décès. — 
Tête. Le cuir chevelu est amaigri et pâle. Les os du crâne 
sont minces. La dure-mère se détache facilement sur la moi- 
tié droite de la voûte, mais à gauche, au niveau de la brèche 
osseuse, résultant de la crâniectomie, il existe des ad/iërences 
très résistantes de la dure-mère à la calotte crânienne qui 
rendent délicate l'ablation de cette calotte. Des adhérences 
analogues avec le cuir chevelu existent en dehors au niveau 
de la cicatrice. 

Calotte. La calotte paraît légèrement asymétrique, mais 
cette asymétrie, est plus apparente que réelle. Cette appa- 
rence est le fait de l'incision osseuse faite à gauche. Une men- 
suration exacte démontre que les deux côtés du crâne sont 
presque parfaitement égaux. La forme générale de la calotte 
est régulièrement ovoïde à grosse extrémité occipitale. Les 
bosses pariétales sont très saillantes. Nous insisterons plus 
particulièrement sur la grande minceur des os qui offrent 
une épaisseur variant de 1 à 2 millimètres 1/2. L'occipital est 
particulièrement mince et présente latéralement des régions 
tranparentes. Des plaques translucides existent encore sur 
les pariétaux et sont surtout nombreuses à la région posté- 
rieure et inférieure. Les traces des vaisseux méningés sont 
nombreuses et nettement accusées sur les pariétaux. Le /"ron- 
tal, un peu plus épais que les pariétaux, présente à sa région 
moyenne une bande transparente. Les sutures, finement 
dentelées, n'offrent nulle part aucune trace de synostose. La 
suture fronto -pariétale, très dentelée dans ses deux tiers infé- 
rieurs à droite et à gauche, devient presque rectiligne, sur- 
tout à droite, à 3 centimètres environ de la glabelle. Un petit 



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RÉPARATION DB LA BRÈCHE OSSEUSB. 125 

OS Vi?ormien existe de chaque côté dans cette partie rectili- 
gne. A la face interne cette scissure est sinueuse, mais n'oflre 
pas de dentelures accentuées. Il n'y a pas de tr^ce de \& suture 
métopique. La suture sagittale finement dentelée dans ses deux 
centimètres antérieurs, offre sur un centimètrel/2, 4 dentelu- 
res aiguës et profondes de 5 millimètres environ, puis, chan- 
geant de caractère, elle se continue en dentelures arrondies 
et irrégulières jusqu'au niveau du lambda. La suture lamb- 
doîde est très contournée, ses dentelures sont fines et irrégu- 
lières. Adroite, à 4 centimètres 1/2 du lambda, les dentelures 
s'exagèrent et forment deux petits os v^ormiens très irrégu- 
liers ayant un centimètre environ dans leur grande dimension 
qui est perpendiculaire à la suture. A la face interne, ces 
sutures sont moins contournées, les os wormiens signalés 
plus haut, apparaissent nettement, mais moins longs, plus 
larges et à bords moins déchiquetés. La brèche osseuse, due 
à la crâniectomie, située à gauche, est antéro-postérieure et 
s'étend sur le frontal et le pariétal. Elle forme avec la suture 
sagittale un angle, aigu à sinus postérieur de 25® environ. Cette 
brèche est en voie de réparation et les parties non ossifiées y 
sont recouvertes d'une membrane dépendant du périoste, 
s'étendant d'un bord à l'autre et transformée sur les bords en 
minces lamelles osseuses. Une partie ayant 32 millimètres de 
longeur, reste non ossifiée à la région frontale. Une région 
de 20 millimètres, complètement réparée, lui succède. Cette 
région croise la suture fronto-pariétale. Son mode de répara- 
tion est des plus intéressant; en effet, la soudure osseuse s'est 
effectuée sous forme de suture à fines dentelures, analogues 
à celles de la suture qu'elle croise. Une région de 16 millimè- 
tres, non réparée, lui fait suite et offre des bords assez réguliers ; 
cette région a 3 millimètres à sa partie la plus large ; 18 mil- 
limètres à peu près soudés complètement viennent ensuite; ici 
la soudure bien qu'un peu irrégulière n'offre pas de dentelures 
comme précédemmc't, mais elle n'est pas aussi complètement 
effectuée. Enfin durant 30 millimètres la brèche reste sans 
ossification. Elle offre là une largeur moyenne de 4 millimètres, 
présente sur ses bords de petits prolongements osseux minces 
et se termine par un cul-de-sac arrondi, à demi comblé par 
une jetée osseuse interne. A l'état frais cette partie non ossi- 
fiée était -recouverte d'une membrane ostéogène, les prolon- 
gements osseux lamellaires des bords de la brèche en sont 
une preuve. (Fig. 2). 

La base du crâne est légèrement asymétrique, la fosse occi- 
pitale droite paraissant un peu plus développée que la gau- 



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126 RÉPARATION DE LA BRÈCHE OSSEUSE. 

che. — Liquide céphalo-rachidien assez abondant. — Les 




artères de la basé hè t»l*ésejitéilt j^as d^anoinalies de disposi- 



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MéNINOO-ENCÉPHALITB. ÎTI 

tion. La vertébrale droite est cependant plus petite que la 
gauche. 

Hémisphère cérébral droit 460 gr, 

— — gauche 440 gr, 

Cerveau 900 gr, 

Hémisphère cérébelleux droit 50 gr. 

— — gauche 50 gr, 

Bulbe et protubérance 10 gr, 

Cervelet et isthme 110 gr. 

Poids toUl de l'Encéphale 1010 gr. 

Hémisphère cérébral gauche. — Le long de la brèche 
osseuse due à la craniectomiej il existe de nombreuses adhé- 
rences de la pie-mère à la dure-mère. La pie-mère présente 
aussi de nombreuses adhérences avec le cerveau sur les lobes 
temporal, pariétal et sur la face externe de Fl; ces adhérences 
correspondent surtout aux parties en rapport avec la broche 
crânienne de la crâniectomie. Le lobe frontal est bien déve- 
loppé, mais les plis de passage sont rares entre ses circonvo* 
lutions. Rien de particulier à noter sur Fl et F2, si ce n'est 
d'assez nombreuses adhérences méningiennes. F*, bien 
contournée, ne parait pas aussi développée dans son tiers 
postérieur que dans ses autres parties. — Le sillon de Rolando 
est nettement accusé. — Traces d'adhérences sur le tiers infé- 
rieur de FA et de PA. — La scissure de SylviiLS, large et pro- 
fonde, laisse apercevoir le lobule de Vinsula qui ne parait pas 
altéré. Le lobe pariétal, le pli courbe offrent des lésions très 
accentuées et dues aux adhérences pie-mériennes. — La scis- 
sure perpendiculaire externe est très nettement marquée. 
Les circonvolutions occipitales, parallèles, peu contournées» 
présentent aussi de nombreuses adhérences. -*- Le lobe tem- 
poral a un aspect à peu près normal. 

La face interne de l'hémisphère est saine en apparence dans 
sa plus grande partie. Des traces d'adhérences nombreuses 
existent à la partie antérieure de Fl. Le lobule paracentral, 
Vavant-coin, le coin, la circonvolution du corps calleux, celle 
de l'/i ippocampe^ le corps calleux lui-môme semblent nor- 
maux. — Le ventricule latéral est un peu dilaté. — Aucune 
lésion macroscopique de la couche optique^ du corps strié, 
ni du pédoncule. 

Hémisphère cérébral droit. — L'hémisphère cérébral droit 
aune configuration analogue à celle du gauche. Comme sur 
ce dernier, les scissures sont nettement accusées» les plis de 
passage peu nombreux. L'enlèvement de la pie-mère se fait 



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128 MÉNINGO-ENCÉPHALITE. 

facilement sur cet hémisphère. A peine note-t-on quelques 
adhérences à la partie inférieure du lobe pariétal surtout au 
niveau du pli courbe et sur la partie inférieure du lobe tem- 
poral, — La face interne est d'apparence absolument saine. 

— Le ventricule latéral est un peu dilaté. — Les noyaux gris 
centraux et le pédoncule ont un aspect normal. 

Cervelet, bulbe, protubérance, rien de particulier. — Moelle 
(25 gr.), rien d'anormal à l'extérieur, ni sur des coupes. 

Cou. — Pas de persistance du thTjmus. — Corps thyroïde: 
{10 gr.). Larynx et trachée : inflammation intense de la 
muqueuse. 

Thorax. — Péricarde normal. — Cœur (125 gv.), plein de cail- 
lots. (90 gr. vidé) n'offre aucune lésion. Pertuis ovalaire de 5 
millimètres dans son grand axe ne pouvant être oblitéré par 
l'accolement de ses bords et représentant le trou de Botal. — 
Pleures adhérentes surtout adroite et siège de fausses mem- 
branes peu consistantes. Leur surface irrégulière donne 
l'aspect de tartines beurrées. — Poumon droit (360 gr.) : il pré- 
sente à sa base et à son sommet des points d'emphj^sème. 
Les lobes adhèrent entre eux. A la coupe, le tissu interstitiel 
est ccdématié et l'on constate des nodules assez nombreux 
de broncho-pneumonie. — Poumon gauche (260 gr.). Lésions 
analogies mais moins marquées. Emphysème lobulaire can- 
tonne^ au bord antérieur. Pas de traces de tubercules dans 
les poumons. — Engorgement des ganglions péri-rachéo-bron- 
fhiliques: plusieurs ont le volume d'une petite noix. Ces 
ganglions, à la coupe, ne sont pas caséeux et n'ofîrent pas de 
tubercules. 

j4Ddomen.— Foie (735 gr.), volumineux, congestionné, légère 
dég^ériérescence graisseuse. Voies bi7iairesnon oblitérées. — 
Estomac, intestins : pas de lésions. — Rate (35gr.), assez dure. 

— Rein droit (55 gr.), congestionné; traces.de trois infarctus 
anciens — Rein gauche (60 gr.), aussi congestionné ; nom- 
breux infarctus à sa surface. Capsules surrénales normales. 
^-Pancréas: (30 gr.), dur. — Ectopie inguinale du testicule 
droit. Le testicule gauche est au fond des bourses. Tous 
deux sont égaux et du volume d'un gros haricot. — La vessie 
est saine et sans calculs. — Le péritoine n'offre aucune lésion. 

La cause de la mort est la bronc/io -pneu )nonie. 



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RÉFLEXIONS. 129 

Réflexions. — I. Autant qu'on peut en jucrer par 
les renseignements qui nous ont été fournis, les tares 
nerveuses chez les collatéraux seraient très peu nom- 
breuses. L'influence héréditaire qui mérite surtout 
d'être relevée, c'est Talcoolisme, du père et du grand-' 
père paternel de Tenfant. 

II. hHdiotie complète observée chez St.., noua 
parait être la conséquence des accidents survenus à 
l'âge de trois semaines, qui ont persisté jusqu'à la fin 
du troisième mois, ont laissé après eux un strabisme 
permanent, une occlusion des paupières, une inertie 
physique anormale et une obnubilation complète de 
l'intelligence et qui se sont traduits, au point de vue 
anatomo-pathologique, par une méningo-encéphaliie. 

III. Relevons, en passant, l'existence d'un phimo- 
sis et d'un hypospadiaSj l'oblitération imparfaite du 
trou de Botal et Vectople testiculaire. 

IV. St.. a été l'un des premiers enfants sur lesquels 
M. Lannelongue a pratiqué la c?'aniecfomie, U opéra- 
tion a été faite le 22 juin 1890; elle a été suivie de 
ii convulsions épileptiques n ^ ce qui montre, soit dit 
en passant, qu'elle n'est pas aussi inoffensive que cer- 
tains le prétendent. L'enfant est sorti à la fin de février 
1891. Pendant son séjour à l'hôpital, il a été naturelle* 
ment l'objet des soins les plus attentifs. Chirurgien, 
internes, surveillants, etc., se sont assurément beau- 
coup plus occupé de lui que ne pouvait faire sa raére 
chez elle. Eh bien, malgré cela, d'après la note même 
de M. Lannelongue et aussi d'après la mère tic l'enfant, 
la situation était à peu près à la sortie de rhopital ce 
qu'elle était à l'entrée. 

L'enfant nous est arrivé avec la teigne, c'est-à-dire 
dans des conditions fâcheuses car, au lieu de l'envoyer 

BoDRNEViLLE, Bicêtre, 1892. 9 



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130 MÉNINGO-ENGÉPilALITE. 

à la petite école^ nous avons dû le placer au pavillon 
d'isolement. Là, néanmoins, son vocabulaire s'est 
enrichi; sa physionomie s est éclairée et son langage 
par signes est devenu plus expressif. La compréhen- 
sion était plus vive. Enfin, St.. faisait des progrès 
incontestables au point de vue de la marche. Le 
traitement médico-pédagogique^ bien qu'il ait été 
entravé considérablement par la nécessité de mainte- 
nir l'enfant au pavillon d'isolement, a donné, pendant 
son année de séjour dans le service, des résultats supé- 
rieurs à ceux du traitem,ent chirurgical. 

V, St.. ayant succombé à une broncho-pneumonie, 
nous avons pu examiner son cerveau et son crâne, 

Ij'hémisphère cérébral gauche était le siège de 
lésions d<3 méningo-encéphalilCj disséminées un peu 
partout, mais prédominant sur la face convexe. A ces 
lésions anciennes qui répondent aux symptômes que 
noua avons décrits, se sont ajoutées : 1** des lésions 
de la dure-mère qui adhéraient très fortement à la 
brèche osseuse; 2** des lésions méningitiques (adhé- 
rence de la dure-mère à la pie-mère), dues, les unes 
et les autres, à Tintervention chirurgicale. 

U hémisphère cérébral droit, qui pesait 20 grammes 
de plus que le droit, n'offrait que des lésions méningo- 
encéphaliques très circonscrites ce qui autorise à pen- 
ser que Tenfant avait des chances de survivre et de s'a- 
méliorer au moins dans une certaine mesure. 

L'existence d'une méningo-encéphalite nous sem- 
ble déjà plaider contre l'utilité de la craniectomie. 
L'examen du crâne fournit, de son côté, des argu- 
ments tout-à-fait décisifs. 

En effet, toutes les sutures étaient indemnes de 
synostosG et interrompues par des os u^ormiens. Les 
parois du crâne étaient très minces et parsemées de 
plaques translucides. Elles étaient par conséquent 



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RÉOSSFICATION DE LA BRÈCHE OSSEUSE. 131 

^«ïiBîbles et n'opposaient pas de résistance à l'ac- 
^*^issement du cerveau. 

Vf. SiEfualons, enfin, laréossification rapide de labrè- 
f'/je osseuse et surtout le mode de réossification par 
m /brniation de dentelures engrenées tout àfaitsem^ 
^f^hlGs> celles des ^iiUires normales {Fig. 2). 



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XI. 



i 



Idiotie symptomatique de sclérose atrophique de Thé- 
misphère cérébral gauche et de méningo-encéphalite 
de rhemisphère droit; 



Par BOURXEVILLE et NOIR. 



SoMMAinK. — Père: convulsions de Venfance, nerveux, sujet 
à des cf}phalalgies, — Grand-père pat^.rnel : migraineux. — 
Grand mère paternelle rhumatisante, crises de nerfs. — 
Arri*)re-grayid-père paternel mortd'hémorrhagie cérébrale. 

— Arrière-grand' niève paternelle morte d'un cancer uté- 
rin, — Grand-oncle paternel mort tuberculeux. — Grand' 
tante et cousins paternels morts de convulsions. — Mère: 
céphalnlgies, mélancolie, — Arrière -grand-père materneU 
ftHicidé. — Frère, convulsions et méningite. — Sœur, con- 
vulsions avec hémiplégie transitoire. — Pas de consangui- 
nité. — Égalité d'âge. 

Premières dents à 4 mois. Dentition complète à 3 a7is i/2. 
Peur à six mois suivie de convulsions courtes et répétées, 
prédominant dans tout le côté droit. — Hémiplégie droite 
à 11 mois, compliquée de contracture. — Tic particulier 
des membres du côté droit à 18 mois. — Déviation du 
rac/i is. Rougeole à 11 mois (?). Bronchite à 15 mois. Tic de 
la face. Succion, bave, cris gutturaux. — Hémiplégie 
droite avec contracture, épilepsie spinale. — Tic du pied 
gauche. — Phimosis. — Rougeole; Mort. 

Autopsie: Plagiocéphalie très prononcée. --Développement 
et épnississement plus grand de la moitié droite du crâne. 

— Absence de synostose. — Diminution de calibre des 
artères de la moitié gauche du cerveau. — Atrophie de la 
bandelette optique, du pédoncule cérébral, du tubercule 
mamilîaire gauches. — Sclérose atrophique de l'hémis- 



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ANTBGtoSMTS HÊBfiOITAiREâ. 133 

phère cérébral gauche. — Méningo-encéphâlite de VhémiS' 
jjhère cérébral droit, 

Ilug... (Georges), né à Paris, le 21 mars 1888, est entré à 
Bicôtre, lo 2 novembre 1888 (service de M. Bournbvillb}. 

Antécédents. — (Renseignements fournis par le père ei lu 
mère de Venfant le 9 novembre 1892.) — Père, 69 ans, em- 
ployé à la Compagnie d'Orléans ; il a eu des convulsions de 
l'enfance et est sourd à droite depuis sa naissance^ Il fît. 
étant en bas âge, une chute sur la tête qui n'a pas amené 
d'accidents consécutifs. Il est actuellement sujet à des cépha- 
lalgies assez fréquentes, à apparition irrégulière, se maniXes- 
lant surtout au niveau des yeux et l'amendant après le repos. 
Ces céphalalgies n'ont pas le caractère de la migraine. Il ne 
présente aucune autre tare nerveuse ou arthritique, n'est pas 
alcoolique, fume très peu. Rien ne nous permet de penser 
qu'il ait pu contracter la syphilis. Petit, brun, maigre, il olYre 
une physionomie assez expressive. Il serait irritable, violent, 
coléreux. — [Père, 63 ans, artiste peintre, sobre, aurait de fré- 
quentes migraines, est doux de caractère. lia, lorsqu'il est très 
ému, une sorte de bégaiement. — Mère, 63 ans, rhumatisante, 
très nerveuse, aurait eu à diverses reprises des crises de 
nerfs qu'elle a toujours cherché à dissimuler. — Grand' 
père paternel, mort d'une hémorrhagie cérébrale à 54 ans. 

— Grand*mère paternelle, morte à 38 ans, d'un cancer uté- 
rin. — Arrière-grand-père paternel, mort à 84 ans; — 
Arrière grand' mère paternelle, morte à 74 ans. — Grand- 
père materne/, mort à 77 ans, d'acQÎdent, était petit et mai- 
gre, mais bien conservé et vigoureux. — Grand*mère mater- 
nelle, morte à 28 ans, en couches, « de chagrin, dit-on. » — 
Un oncle pateimel est mort à 57 ans, tuberculeux, il était 
fort, intelligent; il a eu deux enfants, morts à 4 ou 5 ans, un 
d'eux aurait eu à sa mort de nombreuses convulsions. — 
Un second oncle paternel disparut à la guerre de Crimée. 

— Une tante maternelle mourut à 3 ans de convulsions. — 
Une sœur, 41 ans^ est bien portante ainsi que ses cinq en- 
fants; jamais de convulsions. — Pas d'idiots, d'aliénés, d'épi- 
leptiques, de paralytiques, de difformes, de bègues, de sourds- 
muets, de suicidés, ni de prostituées dans la famille.] 

Mère, 39 ans^ couturière, n'a jamais été malade et n'accuse 
aucun accident nerveux, ni arthritique; cependant depuis la 
naissance de son enfant, elle est aujette à des céphalalgies, 



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194 Antécédents héréditaires. 

ayant leur maximum d'intensité localisé au sommet de la tête. 
Ces céphalalgies qui n*ont aucun des caractères de la migraine. 
s*exacerbent au moment des règles. Au physique, la mère est 
une femme forte, robuste, brune, n'ayant pas l'aspect des 
névropathes ; elle prétend être d'un caractère triste et mélan- 
colique.— [Père, 73 ans, travaille encore dans un chantier de 
bois, est sobre et jouit d'une bonne santé. — Af ère, morte à 
74 ans, â la suite d'un long séjour au lit, déterminé par une 
entorse, toujours bien portante jusqu'alors, un peu coléreuse. 
^Grand-père paternel, mort à 74 ans d'une gastrite (?), vigne- 
ron, très sobre. — Grand'mère paternelle, morte à 68 ans, 
d'accident ; robuste. — Grand père maternel, mort à 55 ans : 
11 &'àsphyxia à la suite de mauvaises affaires commerciales : 
il n'avai t auparavant dénoté aucun trouble psychique. — Grand' 
mère maternelle, morte à 88 ans. — Oncles ou tantes pater- 
nels : tous ont atteint un âge avancé, sauf un oncle mort à 23 
ans, par accident. Une tante maternelle morte en bas âge, à 
la euite d un mauvais allaitement : sa mère, malgré le trouble 
causé par le suicide de son mari avait continué de la nourrir. 
— Un frère, tué à 29 ans, à la guerre de 1870. Un autre frère, 
(43 anp) et une sœur (41 ans) sont bien portants, intelligents et 
sobres. — Dans le reste de la famille, ni idiots, ni aliénés, ni 
éptIepUques, etc.] — Pas de consanguinité (père, parisien, 
mère, bourguignonne). — Egalité d'âge. 

Trois enfants: 1^ garçon, 12 ans, a eu des convulsions très 
fortes étant petit et à 5 ans 1/2, il aurait été atteint de ménin- 
g ite ; aucu n trouble n*aurait succédé à cette affection, il apprend 
k Técole ; — 2® fille, 7 ans, convulsions au moment de la den- 
tition. Elle fut à la suite paralysée durant deux mois du côté 
rirott. Au cours de sa maladie, elle présenta des symptômes 
analogues à ceux de notre malade, mais comme elle savait 
déjà parler et marcher, elle put, selon ses parents, continuer 
à développer son intelligence. Longtemps gauchère, elle est 
actuellement ambidextre. Très vive, très éveillée, trop avan- 
cée pour son âge; ses parents inquiets de sa santé ne l'ont pas 
mise en classe sur le conseil d'un niédecin ; l^ notre malade. 

Noire malade. — Lors la conception la mère venait de sevrer 
sa fille et était très fatiguée. Rien de particulier durant 
la grossesse, sauf une chute au 7'»« mois qui ne fut accom- 
pagnée d'aucun accident. — L'accouc/iejnent à terme, fut 
normal. Le travail dura trois heures. — Pas d'asphyxie à 
la naissance; pas de circulaire du cordon: il était robuste 



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Antécédents personnels. 135 

et pesait 4 kgr. 500 environ. Allaité au biberon avec du 
lait de vache, il fut sevré en partie à 6 mois et but du lait 
comme aliment principal jusqu'à trois ans. Sa première dent 
apparut à 4 mois; sa dentition était complète à 3 ans 1/2. A 
9 mois, époque où il commençait à se tenir seul debout, il . 
fut pris de convulsiovs. Tout le corps fut secoué par une 
sorte de tremblement qui dura une demie heure environ ; puis 
il fut pris de grands sursauts « comme s'il avait peur. » Ces 
sursauts qui parfois manquaient durant deux jours, surve- 
naient souvent par crises de 5 ou 7 ; en môme temps, les yeux 
se convulsaient, « on ne voyait que le blanc. » Les parents 
attribuent ces soubresauts à la frayeur causée par le passage 
subit d'une locomotive au voisinage de l'enfant. Le côté droit 
actuellement paralysé était le siège des mouvements convul- 
sifs des plus violents. Depuis les premières convulsions, la 
main droite avait de la tendance à se mettre en supination et 
en demi-flexion. A li mois, la main fut prise de contracture, 
les doigts se lléchirentet on ne pouvait les allonger. Les pa-^ 
rents racontent qu'à ce moment « il perça les dents de l'œil. » 
Petit à petit, dit-on, tout le côté droit fut paralysé, on 
remarqua une diminution de longueur de la jambe droite 
mais Ton ne nota pas alors d'asymétrie faciale. Vers 18 mois, 
on remarqua chez l'enfant un tic consistant en mouvements 
rapides du pied et de la main gauches se reproduisant pendant 
assez longtemps. Une déviation de la colonne vertébrale 
nécessita alors le séjour dans un appareil, ce qui lui fit per- 
dre l'habitude de ce tic (?) qui néanmoins se reproduisait 
lorsqu'il était énervé. Ce tic parait être survenu spontané- 
ment, personnne ne lui aurait appris à imiter ces gestes. — 
L'intelligence de l'enfant était presque nulle. Gâteux complet, 
il semble avoir conscience de son état lorsqu'il s'est sali, car 
il pousse alors des cris. Il est vorace, mâche et digère bien les 
aliments. Il n'aurait jamais eu de vers intestinaux. 

Aucun accident scrofuleux. Comme autres antécédents 
pathologiques, notons la rougeole à H mois et une bronchite 
à 15 mois; aucun accident nerveux spécial n'a été constaté 
durant ces maladies. H., n'est pas vacciné. Le tic décrit plus 
haut existe actuellement, il s'accompagne lorsque l'enfant est 
en colère de mouvements des lèvres, et du bruit brrr... brrr.. 
Il se mordille parfois les doigts et suce tout ce qu'on lui pré- 
sente. Il ne reconnaît personne, et ne peut pousser que des 
cris gutturaux. Le sommeil est bon. 

État actuel ( 10 novembre 1892). — L'enfant dont l'état 



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136 Description du malade. 

d*adiposité est médiocre a Tair maladif. Ses cheveux sont 
ternes, laineux, le tourbillon postérieur est irrégulier. Le 
crâne, asymétrique, olTre un développement de la bosse parié- 
tale gauche plus accentué que celui de la droite qui est 
aplati; le front est inversement bombé à droite ; en un mot, il 
y a unepla^îocéphah'e accentuée. L'occiput est un peu saillant. 
— La/âce paraît légèrement prognathe. Les arcades sourcil- 
liéres sont peu développées et recouvertes de poils rares. Les 
orbites sont creux, les paupières bridées sont garnies de cils 
assez longs. La cornée et la conjonctive n'offrent rien de par- 
ticulier. L'iris est vert-jaunàtre et assez pâle; les pupilles 
ont les réactions normales. Ni strabisme, ni nystagmus, ni 
exopthalmie^ pas de troubles de la motilité oculaire. L'examen 
de l'acuité visuelle et de l'étendue du champ de la vue est 
imposaible. — Le nez, droit, est régulier. Les narines regar- 
dent en bas, il n'y a pas de déviation de la cloison et la fonc- 
tion de Vodorat paraît normale (?). — L& bouche est grande 
et horizontale, les lèvres assez volumineuses. Les dents bien 
Implantées sont courtes et espacées. Le palais, le voile du pa- 
lais, les amygdales, la luette. n'ofTrent rien d'anormal. — La 
l&ngue est actuellement saburrale, le pharynx rouge verni »sô. 
Lo^oût est peu développé. — Le menton est moyen et le maxil- 
laire inférieur est nettement en retrait sur les supérieurs. — Les 
joues sont larges, charnues, colorées, il n'y a pas d'asymé- 
trie des plis naso-labiaux. — Les oreU^es, bien faites, ourlées, 
oiTrent une conque profonde et un lobule détaché. L'oaze sem- 
ble bien développée. 

Le membre supérieur droit est contrac(u)*ê. L'avant-bras 
est en demi-flexion sur le bras. La main en pronation est 
déviée sur le bord cubital. Le pouce est en adduction et les 
autres doigts repliés sur lui. Le membre supérieur gauche 
est normal. Les ongles sont bien implantés aux deux mains. 

Le membre inférieur droit est le siège d'une contracture 
intense. La cuisse est en demi-flexion sur le bassin, la jambe 
en demi-flexion sur la cuisse, le pied en position normale. Si 
on essaye de fléchir le pied droit, l'on produit la trémulation 
épileptoîde du membre, phénomène qui, provoqué deux on 
trois fois, cesse de se manifester. La contracture de ce membre 
est incomplète car parfois l'enfant seul étend presque com- 
plètement la jambe. — Le membre inférieur gauche n'est le 
siège d'aucune contracture. On ne provoque pas sur lui de 
trémulations épileptoides, mais il offre un tic tout particulier. 
Ce tic consiste en ce que le pied en adduction avec rotation en 
dedans considérable, frappe rapidement la partie antérieure 



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BOUGKOLE. 137 

de la jambe ^uche ou le g^nou. Souvent p en même temps, 
la main i^auche est animr'O do mouvLîJiicriïs de vu ^>t vient 
rhylhiuiqiies. isochrone!^ A ceux du pied, Ku an^me temps, on 
observe parfois chez Tenfant de g^rands nxïuveuieiïts l' x pira- 
tai res riurant lesquels il pousse un prrogtiement ^^uLhiral 
(errrre) trèê désiij^rcable. La position qu'd imprime à sun pied 
pour produire ces mouvements habituels ont ainenO une sorle 
desublnxMtion de l'artieulation tibio-tiirsieriiieerauehe, de sorte 
que de prime abord» ou le e mirait atteint d'un pied but èqnin 
valgus qui disparait facilement lorsqu'on met le pied à plat. 
Notons en môme temps qiie> l'en faut pri3ï>ente toutes les 5 ou 
10 minutes une sorte de seeoiisse tonique ttVtaniforme trùa 
rapide des muscles du tronc et des membres. 

Le t/iorav est aplati latéralement, bombe en haut et en 
avant. — L'ubdomen n'olTro rien à si^^-naler. — Les organeii 
génitaux sont bien développé»; la ver-^'-e a î centim. de lonj| 
sur 2 cent, de circonféreiïce : phimosi!^ irréduciible, l^es teâ- 
ticuïes dans les bour^^es sont du vol n me d'un petit haricot. — 
Région anale aaîne. Petite cicatrice au niveau du coccyx. 

10 novembre- — L'enfant qtiî depuis le h novembre est malade 
àrjnlirmerie est envoyé au pavillon de l isolement. Depuis le G 
novembre [i™* jour de son entrée), ilug... adela li^ivre, la tem- 
pe rature s'est élevée graduellement jusqu'à 3l]'>. Il otïro 1 as* 
pect typhoïde : narines pulvérulentes, bouche fuligineuse^ 
langue très saburrale» pharynx rou^^e et sec, toux rauque. 
Râles sous-crépitatits très tins des deux côtés, surtout à droite. 
Ni coryza, nieonjonctivite. Il dort couché su rie côté droit. Hier 
a paru une éruption de taches lenticulaires et rodées. Cette 
éruption a débuté sur les fesses où elle est cou Ou ente, pui» 
elle a jçrag-né la face interne des cuîises où elkî est acluelle- 
inent très développée. Elle a ensuite envahi tout le pourtour 
du cou, la partie antérieure de Tabdoînen et du thoriix où elle 
est discrète. Les membres supérieurs sont indemnes. Le men- 
ton, le fronti le cuir chevelu srmt couverts des ces taches. 
Elles sont de la grosseur d'un grain tie mil, roses, légèrement 
agminées au centre ; elles s'clfaeent par {a pression. Leur 
nombre augmente très rapidement et durarit l'exameu de l'en- 
fant, elles paraissent se multiplier. La face externe du bras 
droit est le siège d'une plaque crylhéniateuse, disparaissant à 
la pression, de 7 à 8 cent, de long sur 3 de large. Pas de diar- 
rhée. — Traitemetil: Sirop d'ipéca ^ ventouses euches sur 
toute ïa poitrine; potion de Todd. 

11 novembre.^ T. R. matin 40**, i- Respiration embarrasaôô. 



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188 RODGEOLB ; MORT. 

Symptômes stéthoscopiques stationnaires. L'éruption a pâli. 
Diarrlii:e assez abondante. 

12 novGUibre. — La diarrhée n'a pas persisté. État général 
toujours grave. 54 mouvements respiratoires par minute. 
Aiïiiîssc;iuent général, pouls filiforme, visage abattu* yeux cer- 
nés, soinuolence. Il n'a pas de secousses trépidatoires ni de 
tics; il reste inerte, le pied gauche appuyé sur la jambe droite. 
L*exaineii dos urines est impossible, vu le gâtisme continuel 
de Tenfant. T. R. 39'', 3. — Traitement : Ventouses. Potion de 
Toddi sirop d'éther. 

14 novembre. — Dyspnée profonde. Extrémités froides et 
violanées. T. R. 37o, 4. Traitement : Inhalations d'oxygène. 
ift potion de Todd, 1 cuillerée de sirop d'éther. 

1j norvmbre. — L'enfant est mort le 14 novembre à 2 heu- 
re» du ïïuir. Les parents nous racontent que l'enfant est sorti 
de l'hôpital Trousseau le 31 octobre, est passé de là à l'Asile 
Oliniqut;, où il est resté 2 jours avant de venir à Bicétre. Il est 
donc probable qu'il a contracté à l'hôpital Trousseau les ger- 
mes de la rougeole à laquelle il a succombé. 

Mensurations : 1° Tête. 

circonférence horizontale maxima 45,5 

Ueiiii-circonférence bi-auriculaire 31 

Distance de la protubérance occipitale à la racine du 

nez .3*2,5 

Diti mètre antéro-postérieur maximum 15,5 

— bi-auriculaire 11 

— bi-pariétal 13.5 

Uaïueur médiane du front 5 

2® Membres supérieurs. 

Droit. Gauche. 
Circonférence au niveau de l'aisselle 15 15 

— »i 10 cent, au-dessus deTolécràne. 13 14 

— à 10 cent, au-dessous de l'olécràne 11 13 

— au niveau du poipjnet 9, 2 10 

— — du métacarpe 11 12 

Distance de l'acromion à l'olécràne 15 14 

— de l'olécràne à l'ap. styloïde du cubitus 13, 5 15 
Dîat4in. du cubitus à l'extrémité du médius 9, 2 11 

3® Membres inférieurs. 

Droit Gauche 
Circonférence au niveau de l'aîne 24, 5 27 

— à 10 c. au-dessus de la rotule 20 23 

— à 10 c. au-dessous de la rotule 15, 5 17, 5 

— au niveau du cou-de-pied 11, 2 11, 2 

— à la partie moyenne du pied 13 13 



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Description du crâne, iJÔ 

rinteHîfçne artiouJuire du ^ennn,.. ?S, 5 Î5 

— de cctinterlipfiie ù U malléole externe 17 Ift 

de lii muUéok externe il ForteiL médian. ........ M) 1 1 

T. R. a% moment ûu la mort, 3>, ;i; —un quart d'heure 
après, 38'^; — urie heure apK^s, 37". 1 ; — deux heures après, 
3(J*, 3, La tompéj-ature de lu salle a oscillé peudaiU ee temps 
entre 21^' ei "21 h (h, 

Atttopsie f faite 43 heures après le décès). T^tr. — Le cuir 
chevplu e^t peu adipeux. Liiciiloite de cr^iie esi très mineo; 
toute sa moitié droite n une épni.^sfnr moi lié moindre tiite 
ia gauche. Les a:ones de irarispareui-e y soûl nombreuses, sur- 
tout au niveau de lit partie postérieure du pEiriètal droit et de 
la partie aupérieure et droite de Toc ei pilai Tranwparetice 
encore très uiarqiuïe dans lu région de la fontanelle antérieure, 
le long des sutures et à la partie médiane du frocit sur une 
surface d>n%iron 2 cm.q. A g-auehe, les réi,'-itjus pariétale pos- 
térieure et ot^eipitale supérieure sont encore trausparentea, 
mais moins qu'à droite. Le er;\ne est parsemé, surtout au 
niveau de ses p/irties opaques, de petits traits noirs, de quel- 
ques niilliméire^i. produisant ah^^ioluinerit Taspect que donne ^ 
une épine enfoni^é dajis Tépaisseur de la peiiu. 11 est aisé de 
se rendre coin pie que l'origine de celte partieularité est la 
coagulation du sang^ dans les canaux du diploé. Les vaisseaux 
méningiens unt nifirqués sur les pariétaux dcssillotis très peu 
accentués. Pas de traces de la suture mé topique. Les sutures 
fronto-pariélaks et dRijiiliîle sont fujemeut denlelées et près* 
que rectilignes au niveau de leur union, La suture sagittale 
laisse voir à son tiers postérieur une partie reetilîgiie de t 
centimètres environ, située au fond d'une légère dépression: 
elle se continue, en f on riant toujours ntie légère g<juttiére 
jugqu*à la suture lamhdoide et montre dans sa dernière partie 
des dentelures très aeeeuiuées et tré.s contourtiées. Il eu est 
de même de la suture tnudiduidti. Sur tout le trajet de ces 
sutures, on ne note nucurtn ir^ce de sipiostose. 

L'aspect général du crâne est caractérisé par une asymé- 
trie coitaidérabte. Tout le côté droit, dont nous avons signalé 
la plus grande épaisseur .est beaucoup plus dértHoppé et plus 
ÊRiUani que le gauche, La base du crâne est également asy- 



(t' Côtle étude dr» hi te m itéra ru re Jiicurps iiprés dée<i?, qii^ ntuiâ po^rsuistuiâ 
pliifl longtemps, mmi pHralt consîiiuer un moyeu cerLaùj de dJMgnoatic entre 
U mort réeiie et la mctrl ûppurenic. 



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140 Sclérose atrophique de l'hémisphère gauche. 

métrique ; elle est beaucoup plus développée à droite et paraît 
tordou autour de son axe antéro-postérieur, qui au lieu d'élre 
rectjligne sserait convexe à droite. En résumé, il y a une pla- 
giocéplmlie des plus accentuées. 

La dure-mère offre comme unique particularité, trois 
paquets d'adhérences qui l'unissent à la pie-mère et cèdent faci- 
lement. Toutes les arliires de la base qui correspondent à Thé- 
mi^phùru gauche sont considérablement atrophiées. La syl- 
vienne gauche surtout, réduite à un mince cordon, contraste 
avec la droite qui parait normalement développée. La commu- 
nioanle antérieure très longue semble tiraillée et tendue parle 
développement de l'hémisphère droit, ou la rétraction de Thé- 
niisphùn;! gauche atrophié. Les nerfs de la base sont sensible- 
ment égaux. La bandelette optique gauche est notablemen- 
plus peiiie que la droite. 

Hémisphère cérébral droit 460 gr. 

Ht'iiùsphère cérébral gauche 200 gr. 

PuiU i du cerveau ' 6G0 gr. 

Hémisphère cérébelleux droit 55 gr. 

Hémisphère cérébelleux gauche t>i» gr. 

Bulbe et protubérance 10 gr. 

Cervelet et isthme 130 gr. 

Puida de l'encéphale 7iK) gr. 

Liquide céphalo-rachidien écoulé 75 gr. 

Iléinisphère cérébral droit i î®"«- |?^ "** 

( I&rg. 110 m. 

Uémisphèrre cérébral gauche j {^"«- ^^^ ^• 

Hémiaphère cérébral gauche. — Face convexe, — Ladécor- 
tîcation est relativement facile et la pie-mère, bien que très 
vaiîcuLirisée s'enlève sans arrachement de la substance grise. 
Cet héïiiis[)hére est le siège d'une sclérose atrophique des 
plus aceeiiLuées et s'étendant sur sa totalité. Les circonvolu- 
tions sont très petites et déprimées ; tous les sillons et les 
scissures sont béants et profonds. La scissure de Syloius, 
lar^^e, laisse apparaître le lobule de Vinsula à surface irrégu- 
Yiùv^, mairt ne rappelant en rien les circonvolutions de l'état 
normal. Lo sillon de Holando est très net et n'olTre aucune 
particularité. — Le lobe orbitaire est déprimé et atrophié. 
K\ bien que considérablement sclérosée, n'offre pas de lésion 
ausiii ijittHïse que F-* et F^. Ces circonvolutions, assez contour- 
nées et parallèles, n'ont pas entre elles de plis de passage. La 
sclérose atrophique va graduellement en s'exagérant de F» à 
F* et d'avant en arrière, de sorte que, pour le lobe frontal, 



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Méningo-enc::phalite de l'hémisphère droit. 141 

le maximum de la lésion est au tiers postérieur de F^. 
— FA est considérablement sclérosée, elle présente à sa partie 
toute supérieure au moment où elle se perd dans le lobule 
paracentral une sorte d'atrophie kystique, lésion que noua 
retrouverons plus accentuée dans le lobe pariétal et sur la 
description de laquelle nous insisterons plus loin. — Sclérose 
atrophique de PA dans toute son étendue, surtout à son tiers 
supérieur. Le lobe pariétal et la partie postérieure du lobe 
temporal présentent une lésion toute particulière. Ils forment 
une zone en entonnoir, où l'altération va en s'accentuant de 
la périphérie au centre qui est au niveau du pli courbe. La 
pie-mère très vasculurisée sur tout cet hémisphère présentait 
à ce point un aspect ecchymotique. Cette zone offre, sur sa 
périphérie, une sclérose atrophique plus accentuée mais 
analogue à celle des parties voisines. A son centre, les cir- 
convolutions ont un aspect gélatineux, kystiforme. On dirait 
que la substance grise est séparée de la substance blanche. 
Ces circonvolutions sont flétries et forment une excavation en 
entonnoir dont la partie centrale, la plus profonde et la plus 
altérée, est un peu au-dessous du pli courbe sur le trajet de 
la seconde circonvolution temporale (T"^). 

Les lobes temporaux et occipitaux sont fortement altérés, 
toutefois, T^ offre un aspect à peu près normal. (Pl. XII). 

Face interne. — Sclérose atrophique considérable de Fi et 
du lobule paracentral. Avant-coin, moins altéré. — Coin, très 
sclérosé dans sa moitié inférieure. Circonvolution du corps 
calleux atrophiée surtout dans son tiers antérieur. Lobe ton- 
poro-sphénoïdal bien moins atrophié. Altération très accusée 
du corps ca//eujc sur toute son étendue. — Ventricule latéral 
dilaté. — dorps strié et couche optique peu volumineux mais 
neparaissant pas altérés. — Tubercule mamillaire et pédon- 
cule cétébral, notablement moins développés qu'à droite. Les 
lésions de cet hémisphère peuvent se résumer dans ces mots : 
atrophie, induration, blancheur. (Pl. XIII). 

Hémisphère droit. — Face convexe. La décortication est 
très difficile, la pie-mère très adhérente entraîne de grands 
lambeaux de substance grise. Les circonvolutions frontales 
sont volumineuses contournées et n'ont que de rares plis de 
passage. Adhérences nombreuses au tiers moyen des circon- 
volutions frontales et au niveau du lobe orbitaire. — FA et PA 
sont sans lésions. — Le /obe panerai est déprimé et porte les 
traces de nombreuses adhérences sur sa partie antérieure et 



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142 LÉSIONS PULMONAIRES. 

surtout au niveau du pli courbe. Il en est de môme à la partie 
postérieure de T* et de T^. — Le lobule de Vinsula est très 
développé et d'apparence normale. (Pl. xiv). 

Face interne Aucune lésion apparente de F^ du lobule 
paracentral, de Tavant-coin, du coin» ni du lobe temporo-sphé- 
noidal. — Le corps calleux, sa circonvolution et le ventricule 
latéral n'ont rien d'anormal. — Le corps strie, la couche 
optique et le pédoncule cérébral sont très développés. L'hé- 
misphère droit présente dans son ensemble une consistance 
molle qui contraste singulièrement avec Vinduration du côté 
opposé. 

Les lobes du cervelet paraissent sains, mais le gauche est 
plus volumineux que le droit et pèse 10 grammes de plus que 
lui. 

La protubérance semble saine. Dans le bulbe, au niveau de 
l'olive, la jyyramide ayitérieure gauche est considérablement 
atrophiée et est remplacée par une petite bandelette grise 
formant une sorte de fossé ; il en résulte que l'olive gauche 
semble plus volumineuse que la droite. (Dégénération secon- 
daire j. 

La moelle offre une diminution nette de sa partie droite, 
néanmoins, il est dillicile sur une coupe fraîche de se rendre 
bien compte de la dégénération du faisceau pyramidal droit. 

Cou, —Larynx, corps thyroïde (10 gr.), rien de particulier. 
Pas de traces de thymus. 

Thorax, — Poumon droit (130 gr.). Adhérences nombreuses 
mais peu résistantes des plèvres pariétales et viscérales. 
Emphysème interstitiel considérable des deux lobes supé- 
rieurs ; atélectasie du lobe inférieur. Les bronches, sur une 
coupe, laissent sourdre à la pression des crouttelettes muco- 
purulentes. Petit foyer caséeux circonscrit à la partie anté- 
rieure de la base ; dépression cicatricielle assez étendue du 
sommet ; ganglion interbronchique caséeux présentant le 
volume d'une petite noix. — Poumon gauche (125 gr.). Pas 
d'adhérences ; emphysème interstitiel et lobulaire au lobe su- 
périeur surtout en avant; atélectasie du lobe inférieur. Cœur 
/80 gr), pas d'anomalie, trou de Botal oblitéré. 

Abdomen, — Foie (440 gr.), adhérence intime de sa face; 
convexe au diaphragme ; légère dégénérescence graisseuse; 



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réflexions; tics. 143 

voÎD« biliares, rientle pnrLiculJpr. Pannèas |35gr.], assez dur 
l\atei3hgr,\^ peiîte, quelques t'^paii^sissemt^ntsclela trapsule. — 
Reins: gauche jTOj^r.), droit (55 gr.). Hieii de particulier. 
Vessie^ pas de calculs. ^ Estoiuac cL tube iuleslimal, rien, 

La cause de la mort a été la broncho-pneumonie qui a com- 
pliqué la rougeole* 

Réflexions. — I. Les Èarcs nerveuses tle la famille 
tant du cote du père que de la mère sont suflisam- 
ment nettes pour expliquer la prédisposition aux 
aecidcnla cérébraux des trois enfants issjsns de oe 
mariage. 

11. A 9 mois, H,, a été pris de convulsioni^ prédo- 
minant dans le côté droit f se reproduisant plusieurs 
fois, et suivies d'une héînipïégie droite qui se serait 
aggravée protrressive nient et se serait eompliquéo 
de conlrsclure, deux mois ft])rés le début, et iVépilcp- 
sie spinale. Bien que les détails sur les convulsions 
soient incomplets, leur existence, leur prédominance 
dans tout le coté droit, 1 lu^mipléLne droite avec con- 
tracture et la trépidation épileptoïde avaient fait pen- 
ser que V idiotie était sympto ma tique d'une sclérose 
atrophique do Vhêraisphùre cérébral gauche j com- 
pliquée d'une dégénérsition secondaire. 

IIL Nous avons toujours soin dans nos observations 
de décrire les tirs des malades. On sait qu'ils ofTrent 
de très grandes variétés: mouve vents divers des 
muscles de la face et des yeux, grimaces de toutes 
sortes ; mouvements alternatifs d'allongement et de 
retrait de la langue; lialanccnicnt de la tête et du 
troncj rotation de la tête; attitudes diverses du corps 
se répétant régulièrement, échulalie, échokinésle ou 
répétition d'un mouvement exécuté devant Tenfant, 
etc., etc. Mais, nous n'avions jamais observé un tic 
analogue à celui de Hug..* Son tic (p. 135 et i36) se 



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!44 Rougeole : température durant les prodromes. 

manifestait dans le côté non paralysé : le pied en 
adduction avec rotation forcée en dedans, frappait 
rapidement la partie antérieure de la jambe g-auche 
ou le genou. En même temps et souvent, la main 
gauche était animée de mouvements de va et vient 
rhytmiqucs et isochrones à ceux du pied. Parfois ces 
mouvements des membres supérieurs et inférieurs 
du côté gauche étaient accompagnés de grands mou- 
vements respiratoires durant lesquels l'enfant faisait 
un grognement guttural très désagréable (1). 

IV. D'après les parents, Tenfant aurait eu la rou^ 
geôle à onze mois. Est-ce bien exact? Nous n'oserions 
l'afTirmcr, faute de renseignements précis. Quoiqu'il 
en soit, il parait avoir contracté cette maladie, à 
laquelle il a succombé, durant son séjour à l'hôpital 
des Enfants-Malades. L'habitude que nous avons de pla- 
cer en observation, à l'infirmerie, pendant cinq jours, 
les enfants qui nous arrivent et de faire prendre leur 
température matin et soir, nous a permis d'avoir un 
tracé complet de la température de la période pro- 
dromique de la rougeole. Les particularités qu'elle 
présente sont sufTisaîïLiment mises en relief par la 
figure 3 pour que nous ayons besoin d'y insister. 

V. Le crâne offre des caractères très curieux. Il n'y 
a pas d'ossification prématurée et par conséquent une 
intervention chirurgicale n'aurait pas été justifiée. 
La moitié droite est notablement plus développée que 
la moitié gauche. Les os correspondants ont une 
épaisseur moitié moindre que du côté gauche ; ils 
présentent des zones de transparence plus largos et 
plus nombreuses que les os correspondants du côté 
gauche. 



(1) La plupart des tics sont, comme ici, compliqués de bruits offrant une 
grande diversité et dilliciles à bien décrire. 



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Sclérose atrophîque et méningo-encéphalité. 145 

VI. Ces différences entre les deux moitiés du crâne 
correspondent à des dlff renées très tranchées de» 
deux hémisphères cérébraux. 

A GAUCHE, nous trouvons une sclérose atrophique 
intéressant presque tout riiémisphère, se traduisant 
par une diminution de poids de deux cents grammes; 
— 2** un arrêt de développement des artères cérébra^ 
les ; — 3** une atrophie de la bandelette optique, du 




Fig. 3. — Rougeole. — E, éruption. 

tubercule mamillaire et du pédoncule cérébral. 

A DROITE, nous avons découvert une mémngfo- 
encéphalite à peu près généralisée de toute la face 
convexe de l'hémisphère, mais aucun foyer de sclérose. 
Rien dans les renseignements fournis par la famille ne 
permettait de penser à cette lésion et, d'autre part, 
l'enfant a fait un trop court séjour dans le service pour 
qu'une observation attentiire ait pu nous mettre sur 
la voie. 

BouRNEViLLB, JBicé(re, 1892. 10 



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146 SCLÉBOSE ATHOPHIQUE ET MÊNINGO-BNCÉPHALITE. 

La méningo-encéphalite nettement limitée d'un 
hémisphère, la sclérose atrophiquCy non moins nette- 
ment circonscrite à l'autre, constituent une \critable 
exception. Ajoutons ((ue ces deux lésions du cerveau, 
pas plus que Tctat tlu crâne, ne pouvaient être sérieu- 
sement modiriccâ par la C7'âMiecfo?7iie. 



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\ 



XÏI. 

Idiotie congénitale; douMe crâniectomie ; tuberculose 
pulmonaire ; 

Pau DOtnMi; ville ut DAUaiAÇ. * 



SoMMiîfiE. — Pfh-e sujet à des céphnlalgte^ fréquentes. Grand- 
père paieniet, mort probabiçmcat d'aaeaffecUon d0 Vesto- 
mac. — Grand'inère a (*rt trois ntiRquesi de congestion céré- 
brale snns paï\dii:iie: céph:ilii.lgii^s fréquentt^'i ; c unie t ère 
très violent. — Grand-oncle pnteniel, alcoolique. — Tante 
P^itiirnelle. morte de U poitrine. — Autre tante pfttêrnelle, 
morte de mèniniftte et de phitsie. Autre tante patâï^eLle, 
sujette à des cèphabdgies. — Phs de consanguinilè. Inêga- 
titè d'âgt de huit ïtiois. — Botur, morte de convuli^îons à 
4 moi^. 

Asphyxie complète h U iiai^mnce. — Entérite à Imols. Pre- 
mière dent k S nn^. Dentition complète à 10 ans. — Parole 
nulle. — Détmt de la rnarct^e à H ans. — Accès de cris 
datant probablement de la naissmice. — Coiimitsions à 
huit mois suicies de parai gsie incomplète €la côté droit. 
Antêrieuremetit, demi-contracture de^ quatre mâmbreê 
auec mouuements athéto^iques des quatre membres. 

Autopsie. — État des trois brèches osseuses de la crâniecto^ 
mie; lésions de ta dure -mère, de la pie-ntère et du cerveau; 
— absence de synostose. — Aspect chagriné des circonvo- 
lutions. — Tuberculose pulmonaire. 

Ter... (Emile), ué le 17 juillet 1878, est entré à Bicêtre, le 
29 décembre \S9\ (service de M. Boobnëvillei, et y est décédé 
le n octobre 1802. 

Lenfunt arrive de l'hôpital Trousseau muni du certiJlcat 
suivant, signé du D*^ Jalaguier, ctiirurg-ien des hôpitaux : • Est 
attettit dldiûtie incurahle. Il est nt^cessaîre de l'admettre dans 
un asile spécial, i Ou ne note rien de particulier à l'arrivée. 
La température prise sous Taissellc pendant les 4 premiers 
jours se maintient autour de 36», 8, 



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k 148 Antécédents héréditaihes. 

^ Antécédents, (Renseignements fournis par son père le 10 

|. juin 1892.) — Père, 40 ans, agent-voyer. n'a jamais eu de con- 

p. vulsions. A 17 ans, dyssenterie; à 18 ans. rhumatisme articu- 

\\ laire aigu sans complication apparente. Pas de fièvre lyphoide 

r ni de cliorée. De temps en temps quelques cauchemars. Pas 

\ de tremblement. Il ne prend depuis un an que du lait à la suite 

- de* palpitations dues à des excès de tabac. Il en fumait envi- 

; ron pour 40 centimes par jour. Il nie tout excès alcoolique. Il 

r aurait eu, à 19 ans, un chancre qu'on étiqueta chancre mou. 

l II n*y eut pas de bubon suppuré, ni aucune manifestation cuta- 

née. Certains accidents se manifestèrent néanmoins du côté 
de la gorge. Le médecin les met sur le compte de l'abus du 
tabac. Céphalalgies assez fréquentes donnant la sensation d'une 
sorte de soulèvement de la calotte crânienne ; pas de points 
névralgiques. Ces douleurs, qui n'ont rien de lixe dans leur 
apparition ou leur intensité, ont diminué considérablement 
depuis l'adoption du régime lacté et d'un traitement médical 
qui comporte l'emploi fréquent du sulfate de quinine. Carac- 
tère violent et emporté. [Père, maître modeleur, grand fu- 
meur, sobre, très vif, sans accidents nerveux, mort à 63 ans 
après une maladie qui a duré huit mois ; il vomissait continuel- 
lement de la bile. Il n*y eut pas de diagnostic posé. — Mère, 
66 ans, actuellement bien portante, a eu trois attaques à 60 ans 
qualifiées de congestion cérébrale. Il y eut chute accompagnée 
de congestion de la face, de perte de connaissance, de divaga- 
tion et de délire peu violent. Après chacune de ces attaques, 
elle est revenue à son état normal, sans avoir de paralysie. Elle 
n 'aurait jamais eu de crises de nerfs ou d'atîections chroni- 
ques. Elle a des céphalalgies hebdomadaires peu violentes, 
depuis fort longtemps. Il n'y a, à la suite, ni nausées ni 
vomissements. La patiente ne se couche pas. Ce qui domine 
ce sont surtout des scotomes accompagnés d'hyperesthésie du 
cuir chevelu. Ces douleurs ne dateraient que de Tépoque de 
la ménopause. Caractère violent. 

Aucun renseignement sur les grands-parents tant du côté 
paternel que du côté maternel. 11 sait seulement que le grand* 
père maternel serait mort jeune, noyé accidentellement dans 
la Nièvre. Trois oncles paternels : un mort à 20 ans, un autre 
à 40 ans, on ne sait de quoi. Le dernier, 68 ans, seVait bien 
portant mais légèrement bègue, — Deux oncles maternels, 
morts on ne sait de quelle maladie; l'un d'eux, marchand de 
vins, était fortement alcoolique. — Pas de tantes. — Deux 
frères et trois sœurs : L'ainé est mort à 6 semaines ; pas de 
renseignements. La 2«, fille, est morte à 21 ans de la poitrine; 



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Antécédents personnels. 149 

hémoptysies ; non nerveuse. La 3«, morte à 15 ans d'une ménin^ 
gite qui aurait duré un mois. Depuis longtemps elle se plai- 
gnait de maux de tête. Sa maladie était caractérisée par un 
délire continuel avec quelques lueurs d'intelligence de 2 ou 3 
minutes. Elle n'aurait pas eu de troubles moteurs ni de pho- 
tophobie. Elle chantait constamment. Elle toussait beaucoup 
et un médecin aurait dit que ce qui l'emportait était une 
phtisie galopante. La 4« sœur a 45 ans, bien portante, sujette 
à des céphalalgies comme son frère. Mariée, elle a 2 enfants 
intelligents, qui n'ont jamais eu de convulsions. Un frère sobre, 
non nerveux, a un garçon sain, très intelligent, sans convul- 
sions. — Dans le reste de la famille, il n'y a ni idiots, ni alié- 
nés ni épileptiques, ni sourds-muets, ni difformes, ni suicidés 
ni criminels ou prostituées]. 

Mère, 40 ans, ni migraines, ni convulsions, ni dartres, etc. ; 

— [Père, sobre, mort d'une affection de l'estomac (?); il 
fumait beaucoup. — Mère, décédée à 23 ans du choléra; aucun 
renseignement. — Grand-mère paternelle, morte à 70 ans. 
Grand-père paternel, mort à 87 ans et grand'mère maternelle à 
86 ans. Pas d'autre détail. — Point d'oncles paternels. — Deux 
tantes paternelles se portent bien ainsi que les enfants de Tune 
d'elles. — Pas d'oncles ni de tantes du côté maternel. — Ni frè- 
res ni sœurs. — Dans le reste de la famille, ni idiots, ni alié- 
nés, ni épileptiques, etc. — Pas de consanguinité. — Le mari a 
8 mois de plus que sa femme.] 

Trois enfants : 1» notre malade; — 2<» fille. 13 ans, n'a jamais 
eu de convulsions, est fort intelligente ; notons pourtant qu'elle 
n'a marché qu'à 15 mois et parlé qu'à 20 mois ; — S® fille, morte 
à quatre mois de convulsions qui auraient duré deux 
jours. 

Notre malade. — Rien de particulier à la conception. — Sur 
le conseil de voisines, la mère prit tous les deux jours pen- 
dant les trois premiers mois de sa grossesse des bains chauds 
tempérés afin de rendre l'accouchement plus facile. Elle cesça 
sur l'avis d'un médecin. — Ni coups, ni envies, ni crises de 
nerfs, ni idées noires. Une seule syncope à trois mois ^t 
peu grave, un œdème as-ez considérable des jambes ; on ne 
sait s'il y eut de l'albuminurie. — Accouchement à terme, 
naturel, sans chloroforme ; la tête resta engagé trois heures. 

— A la naissance, Venfant était complètement noir, La sage- 



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ibù Antécédents personnels : Craniectomte. 

femme « laissa saigner le cordon » jusqu'à ce que la respiration 
a'établ[t- Cet état asphyxique dura au moins dix minutes. Les 
jours suivants l'enfant n'était plus bleu. Il était gros, et parais- 
sait blan portant. — Allaité au sein par une nourrice déjà âgée 
^4 1 ana}. Au bout de quatre mois on dut la changer. La nouvelle 
nourrice quoique jeune ne donna que peu de lait à son nour- 
risEon/ Elle lui faisait manger de la soupe aux haricots. Il eut 
une entéilte à 7 mois, et resta un mois malade. Les parents le 
reprirent alors et il fut nourri au lait de vache avec semoule 
et tapioca jusqu'à deux ans. — Première dent à 3 ans passés; 
dentition complète à iO ans. — Parole nulle. — Début de la 
marche à 8 ans. Il marchait alors comme un enfant de 6 mois. 
— En nourrice on prétend ne s'étrejamais aperçu que l'enfant 
ait eu des convulsions. La mère a constaté deux fois seule- 
ment des convulsions : « leur durée maximum n'a jamais excédé 
deux minutes; il n'y avait ni rigidité, ni secousses du corps. 
La face était très pâle» les mâchoires serrées et les yeux 
détournés. L'enfant criait constamment. Dès son bas-âge, on 
constata que le bras droit fonctionnait très difficilement. On 
avait remarqué, après son retour de chez la nourrice, un état 
de dëini-contracture des bras et des jambes. Les parents 
auraient aussi noté dès cette époque des mouvements athèlo- 
siques des doux mains qui auraient persisté. L'enfant digérait 
mal, vomissait, avait des périodes de diarrhée, suivies de pério- 
des de constipation. Pas de vers intestinaux. Fort glouton, 
Te . . gâtait constamment et cet état persistait à l'entrée à Bicé- 
tre. On n'a jamais rien observé du côté de la respiration. — Pas 
de rougeole, de variole ou de scarlatine. — Coqueluche à 5 ans. 
Pas de gourmes, etc. — Engelures aux mains tous les ans. 
Pas d'étourdissements, de chorée, de vertiges, ou de trem- 
blements, de traumatismes sérieux. L'enfant reconnaît ses 
parents et semble joyeux à la vue de son père. Il s'attache aux 
personnes qui le soignent et est très doux. Il ne remue pas 
et se tient constamment immobile. Pas de pyromanie, de klep- 
tomanie. Il grince parfois des dents en dormant. Il ne déchire 
pas ses elTets, mais les salit par sa bave et son gâtisme. 

 la Lecture d'un article de journal sur la craniectomie, le 
père se mit en rapport avec M. le D*" Lannelongue et l'enfant 
fut opéré le i4 décembre 4890. On fit deux incisions à droite: 
une antéro- postérieure et une transversale. Au bout de 20 jours 
la plaie tStait cicatrisée. A la suite de cette ^ pération, pen- 
dant un moment^ il sembla au père que le regard de son fils 
devenait plus fixe et meilleur. A part cela aucun autre résul- 
tat, 



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rry 



Description du malade. ISÎ 

Un an aprôs, le 15 décembre 1891, sur les instances du 
père et à son corps défendant M. Lannelongue refit une 
nouvelle crânieclomie. Laguérison opératoire était complète 
au bout de 20 jours. Aucune amélioration ne fut constatée. Au- 
jourd'hui l'enfant est redevenu ce qu'il était auparavant. Alora 
son père se décida à l'envoyer à Bicôtre (1). 

1892. Etat actuel (1" arrîij.'— État général médiocre; peau 
d'un blanc jaunâtre, adipeuse, cheveux châtains clairs» d'une 
implantation régulière. Quelques adénites cervicales. — Crâne 
peu volumineux, aplati latéralement ; bosses peu saillantes ; 
symétrie à peu près parfaite. Il présente à droite, dans la 
région pariétale, à 4 centimètres 1/2 de la ligne médiane, une 
ctca^ncecufanëe répondant à une dépression linéaire o*!Jî<?uKe 
de 10 centimètres de long dans le sens antéro -postérieur : 
c'est la trace de la crânieclomie. Une seconde dépression se 
détache à droite de la première dans le sens de la ligne bi-au- 
riculaire. On ne sent pas la brèche de la crâniectomie faîte à 
gauche. — Les fontanelles et les sutures ne sont nullement 
perceptibles au toucher. — Front très étroit et très peu 
élevé. — Face saillante. Physionomie hébétée. Arcades sour- 
cillières peu marquées garnies de sourcils peu épais de même 
couleur que les cheveux; fentes palpébrales peu fendues. Pas 
d'exophtalmie, ni de strabisme, ni de nystagmus. Irit bleu, 
pupilles égales ayant des réactions normales. — Nez légère- 
ment aquilin ; ailes minces ; lobule gros ; narines ouvertes. — 
Poommettes non saillantes. — Bouche moyenne, lèvres sail- 
lantes. Bave continuelle. — Voûte du palais légèrement ogi- 
vale ; voile du palais normal. Pas d'hypertrophie des amyg- 
dales. Le goût est assez développé. — Menton large. Oreilles 
grandes, bien ourlées. 

Cou, 30 centimètres de circonférence, pas de goitro. 
Thorax peu développé, peu large à sa base. Pas de léalona 
du cœur ni des poumons. 

Membres supérieurs longs et grêles, très peu musclés; 



(1) Voici d*aillears la note concernant cet enfant que notre ami, M. Je pro- 
fesseur Lannelongub a bien voulu nous transmettre : « 15 décembre 1jî90. 
Crâniectomie double du côté gauche, en avant au niveau du sillon de Ralando, 
en arriére parallèlement à la suture occipito«pariétale. Il est sorti guéri de 
Thôpitai Trousseau le 28 décembre. Il est indiqué comme non microcéphale; 
il ne parle pas, ne mange et ne marche pas seul ; il est gaucher. Le 24 mari tS9l , 



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iSS Description du malade. 

pPriu rufie. marbrée de rouge aux extrémités. Les mains froi- 
deâ Pi cyai>oBées sont en flexion sur l'avant-bras. La main 
g-aui^he semble être plus particulièrement le siège d'une para- 
lysie olfr'ajit le tj'pe de la griffe radiale. A droite, il semble 
n y avoir qii*une parésie des extenseurs. 

Meuibr(*< inférieurs minces et grêles peu musclés. Le mem- 
bre îiif*-Vieur droit est sensiblement plus froid que le gauche 
Denii-llcxion des cuisses et léger équinage surtout accentué 
à droite. Démarche difficile. 

Abdompn peu sjaillant. Rien de particulier; pas d'hypertro- 
phie du foie ou de la rate. 

pMberiù €t organes génitaux. — Verge, courte : 3 cen- 
timètrfs environ de longueur et de circonférence. — Gland 
découvert. Poils blonds, longs et épais sur le pubis et les bour- 
ses. ^^ Testicules égaux, de la grosseur d'un œuf de merle. — 
Pas de poils aux aisselles. Duvet léger à la lèvre supérieure. 
La région anale est recouverte de poils assez longs. Elle 
n'orfre rieti de particulier. 

Elni intellectuel. L*enfant ne parle pas, ne comprend rien; 
tons le.'i mouvements sont instinctifs. Lorsqu'on attire son 
attention il prend un air étonné. Il détourne la tête quand on 
l'appelle [1 donne la main quand on lui tend la sienne. 11 arrive 
à marcher seul et à se tenir debout. 

Deviiiloii. Mâchoire supérieure : 10 dents permanentes. Les 
canines ne sont pas encore sorties. Leur place existe mais 
in?ï!QnisaMie. Les incisives sont assez bien rangées mais un 
peu ahliquea en avant et en éventail. — Mâchoire inférieure : 
12 dents -issez bien rangées, contiguës sans être serrées, sai- 
nes, — Articulation normale. Les dents antérieures ne se 
rencontrent pas lorsque les mâchoires sont rapprochées. — 
Gencives en assez bon état. 

189 2 

Avril. Octobre. 

Puids 30 k. 34 k. 200 

TAiUf; , 1 m. 38 i m. 40 



unE Iptlr^ lin médecin de la famille constate une légère amélioration : 
Tcnfiinl a pnindi de 45 millimètre» et un peu engraissé. 11 est devenu 
jirqpre et ilit très bien, mais bas, papa et maman. — Le h décembre 1891, le 
m^rleciii trjnstiàte la continuation des mêmes améliorations légères. Il boit 
&^y\\ iijjrés ^V>»r« versé lui-même à boire. Il me demande une nouvelle iuter- 
Rntirn que i ai faite et sur laquelle je n*ai pas de notes. 



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Etat du malade : lâgére amélioration. 



153 



Mensurations : 1« Tête, 



Circonférence transversale maxima 

— bi-auricuUire 

Distance de Tarticulation occipito-atloïd* 

à la racine du nez 

Diamètre antero-posténeur maxima 

— bi-auriculaire 

— bi-pariétal 

— bi-temporal 

2» Membres supérieurs 



1892 



Avril. 


Octob 


47..S 


47.5 


31.5 


31.6 


32.5 


32.5 


16.5 


16.2 


11.3 


11.5 


13.5 


13. 


10.5 


11. 



1892 



Circonférence au niveau de Taisselle.. 

^ à 0», 10 au-dessus de l'o 

lécr&ne 

— à 0", 10 au-dessous de 

Tolécrane 

— au niveau du poignet 

— — du métacarpe. 
Distance de Tacromion à Tolécràne .... 

— de Tolécràne à l'apophyse 
styloïde 



— de Tapophyse styloïde du 

cubitus à l'extrémité du médius. . . 



AVRIL 


OCTO 


Droit 


Gauche 


Droit 


17 


17 


15. 5 


15 


15. 5 


14 


14 


14 


13. 5 


13 


12. 5 


13 


16 


16 


15 


26. 5 


26. 5 


26. 5 


21 


21 


20. 5 


16 


16. 5 


16 



3° Membres inférieurs : 



Circan'érence au niveau de l'aine 

— 0", 10 au-dessus de la 
rotule 

— — au-dessous de la 
rotule 

Circonférence du cou de pied 

— de ta partie moyenne du 
pied 

Distance de l'épine iliaque antéro-pos- 

Sostérieure à l'interligne articulaire 
u genou 

Distance de l'interligne à la malléole 

extérieure 

Distance de la malléole externe à l'extré- 
mité du médius 



Gauch 



30 


30 


29. 5 


24 


24 


23 


20 
18 


20 
18 


18 
18 


19 


19 


19 


39 


39 


39 


34 


34 


34 


17 


17 


17 



15. 5 

14. 5 

13. 5 

12. 5 
15 

26. 5 

20. 5 

16. 5 



29. 5 

23 

18 
18 

19 

39 
34 
17 



21 mars. — Voici d'autre part» les observations faites sur 
Ter... à rinûrmerie et à la petite école : i<> Parole nulle. 



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i 54 Etat du malade ; légère amélioration. 

Réfectoire: A l'exception de son pain, l'enfant ne prend aucun 
aliment seul. 11 saisit mal les objets qu'on lui présente. Il ne 
mastique aucun aliment : il les avale tels qu'on les lui donne. 
Cependant il parait bien dijLîérer. Il ^âte jour et nuit. Il est 
est incapable de se donner aucun soin de propreté. Il paraît 
satisfait lorsqu'on le nettoie. Il ne s'habille ni ne se désha- 
bille seul. Son caractère est doux et affet tueux. Comme tics on 
ne peut signaler que de fréquents grincements de dents. 
Bave continuelle. Pas d'onanisme. Sommeil bon. L'enfant 
marche seul. On fixe as«ez facilement son attention. — Trai- 
tement : 2 bains salés par semaine; 2 cuillerées d'huile de 
foie de morue; 2 de sirop de fer. 

2° Petite Ecole. Depuis quelque temps l'enfant semble mieux 
comprendre ce qu'on lui dit. Sous le rapport du gâtisme il y 
a amélioration. Dans la journée il va seul au siège. La nuit il 
urine quelquefois aij lit, mais moins souvent qu'autrefois. On 
l'envoie à la petite Ecole une demi-heure l'après-midi tous les 
jours. — Douches de 25 secondes; 2 séances de gymnastique; 
exercices de la parole. 

Mai. — L'enfant est exercé à la petite gymnastique. Il 
pleure et a l'air de se demander ce qu'on lui veut. Il saisit 
mal les échelons et relire les mains dès qu'on les a mises en 
place. En classe, on essaye sans résultat appréciable de lui 
apprendre à lac(»r, à cirer, à boutonner, à placer les cartons 
de couleur, les chiffres et les lettres sur les tableaux. Il parait 
content lorsqu'on lui cause, mais ne fixe pas longtemps son 
attention. Il sourit en voyant autour de lui courir ou chanter 
ses camarades. 

Au point de vue du gâtisme, il y a grande tendance à Tamé- 
lioraiion. Au pavillon des gâteux, parfois, il va seul aux cabinets. 
— Son caractère est toujours doux et affectueux. 

6 juin. — La parole est toujours nulle, mais l'enfant semble 
mieux comprendre. Debout, il se tient un peu voûté, le bras 
droit allongé sur le membre inférieur du môme côté ; le gauche 
un peu fléchi et la main pendante. Les membres inférieurs sont 
assez droits, mais le pied gauche est un peu tourné en dedans. 

A table, l'enfant se tient assez bien, mais c'est à peine sMl 
sait se servir d'une cuillère. — Il ne mange pas seul. Il ne 
mâche pas et bave beaucoup. Il avale difficilement. La diges- 
tion est assez facile. Selles rares. 

L'enfant reste quinze jours au pavillon des gâteux pour une 
grosse ampoule. Le 24 juin, il est renvoyé à la petite école. 

Juillet. — Il est gai, devient joueur il commence à dire : 
papa, maman, oui, non, méchant, chocolat. 



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Tuberculose pulmonaire. 455 

Il noue, boutonne, lace beaucoup mieux. — A la gymnasti- 
que Pichery, il exécute passablement les mouvements d'avant 
en arrière, et de flexion sur les jarrets. 

Il s'améliore tous les jours au point de vue du gâtisme, et 
conduit môme aux infirmières les enfants qui ont gâté, leur 
montrant qu'ils doivent être changés. Il cherche à se désha- 
biller lui-môme, sans pouvoir y arriver. Il aime ses petits cama- 
rades, refuse les friandises, indiquant que c'est à eux qu'il faut 
les donner. 

!••• août. — Ter., est conduit à l'Infirmerie avec de la fièvre. 
Il a eu des vomissements pendant la nuit. T. R. 40<», 2. A la 
percussion du poumon droit, on trouve, en arrière, un peu de 
submatité. — A l'auscultation^ il y ft vers la base une zone de 
crépitation très circonscrite. — Traiiement: oxygène, 30 cen- 
tigrammes de sulfate de quinine ; Todd avec 4 grammes d'ex- 
trait mou de quinquina. — Soir: T. R. 40®. 

2 août. — T. 39», 5. — Soir: 40®, 2. 

La respiration est plus difficile. La matité du côté droit, vers 
la base, est plus étendue. La zone de crépitation s'est aussi 
élargie. — Du côté gauche, submatité en arrière et en bas. 
Quelques râles fins aux deux temps de la respiration. 

Il n'a pas reposé et s'est plaint. Pas de transpiration. Pas 
de selles durant la nuit et la journée d'hier. L'enfant ne souf- 
fre pas et répond négativement lorqu'on l'interroge sur ce point. 
Il n'y a pas trop de torpeur. Le soir, il a eu une petite selle 
après le lavement. Môme traitement. 

3 août. — La nuit du 2 au 3 a été mauvaise : Agitation, 
insomnie Ce matin, T. H. 39®, 7. Respiration et toux pénible; 
dyspnée. Râles humides, fins, dans les deux poumons, surtout 
aux bases. Submatité des deux côtés. — Traitement : 50 cen- 
tigrammes de quinine ; 3 ballons d oxygène ; Todd, et extrait de 
quinquina. — Soir : 40®, 1 

4aouf. — Nuit très agitée. T. R. 39®, 7. Sommeil calmepen- 
dant l'après midi. — Soir: T.R. 40®. 

5 août. — Sommeil assez bon. T. R. 39®, 3. — Sonorité pres- 
que normale. Un peu de submatité à gauche. Quelques gros 
râles muqueux àjla base gauche. A droite, zone de crépitation 
dans la fosse sous -épineuse. Souille intense à la base. — Même 
traitement. — Soir: T. R. 40®, 2. 

6 août. — Nuit un peu agitée. T. R. 38®, 8. Journée calme. 
- Soir : T. R. 39®, 6. 

7 août. — Nuit mauvaise. — T. R. 39®, 9. Son père est venu 
ce matin et, à sa vue. Ter. . a pleuré puis a paru content. -^ 
Soir: T. R.39«, 4. 



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BU 



156 Tuberculose pulmonaire. 

8 août — T. R. 37<», 5. — Soir: T. R. 38«, 8. 

9 août, — Grande amélioration. T. R. 37», 3. — Soir: 37«,6. 

— Le mieux se maintient les jours suivants. La température 
n'est pas franchement à la normale. 

15 août. — La défervescence s^est faite lentement: elle 
paraissait complète le 10 août, mais le lendemain, la tempé- 
rature s'est relevée et chaque soir on note une ascension qui 
n'atteint pas cependant 39<>. Peu de signes stéthoscopiques 
pour expliquer cet état. 

21 août. — T. R. 37s 1. — Soir: 39o. 

22 août. — Un peu d'oppression. Diarrhée jaunâtre. — 
Lait, œuf à la coque. Todd. Oxygène. 

25 août. — Un peu d'abattement et d'oppression. Quelques 
crachats après l'absorption du Todd. 

30 août. — Nuit très bonne. T.R. 36«,9. — Soir : 37s 6. 

!•' septembre. — Un peu de viande et de vin. Toux inter- 
mittente. Sommeil irrégulier. 

4 septembre. — On constate de l'amaigrissement. Le 
malade a un appétit irrégulier. 

5 septembre. — Les oscillations de la température se faisant 
toujours sentir, la quinine est reprise. — Sous la clavicule 
gauche, la respiration est souillante. Gros râles disséminés en 
arrière des deux côtés. 

7 septembre. — Submatité dans la région sous-épineuse à 
gauche. Affaiblissement du murmure vésiculaire très notable. 

— Vésicatoire sur la région. Pas de sueurs la nuit. Toux. 

12 septembre. — La sonorité a reparu au niveau de la fosse 
sous-épineuse. Murmure vésiculaire normal au môme endroit. 
La température ve-^pérale dépasse toujours 38®. Hier, elle a 
atteint 39s 9. — Oxygène, Todd. 

16 septembre. — Faiblesse dt plus en plus grande. Amai- 
grissement continuel. Respiration embarrassée. 

20 septembre. — T.R. 38«,8. — Soir : 39o. Ter... parait 
accablé, est pâle et amaigri. Respiration difTicile. Vers les 8 
heures du soir, il a eu hier un accès de suffocation. L'appétit 
est toujours fort irrégulier. Craquements humides en avant 
aous la clavicule gauche. Râles humides et souille lubaire en 
arrière et à droite au niveau de la fosse sous-épineuse. 

29 septembre. — T.R. 38o. Nouvel accès de suffocation. 
Auscultation très difficile. 

4 octobre. — Pendant les journées des 1, 2 et 3, la tempé- 
rature s'est maintenue à 37°. Aujourd'hui T.R. 38<». Il n'y a ni 
sueurs, ni diarrhée. Respiration assez libre. Toujours mômes 
signes sthétoscopiques. 



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Autopsie : adhérences de la durb-mère. 157 

8 octohrp., — La tuberculose fait tous les jours des progrès. 
La marche est rapide. L'amaigrissement et la faiblesse s'ac- 
centuent. T. R. 390. 8. — Soir : 39°, 8. 

9 octobre, — T. U. 37», 9. — Soir : 39», 4. 
\0 octobre. — T. R. 39». 9. — Soir : 40». 1. 

11 octobre, — Soir: T. R. 38», 9. — L'état de Ter. . . devient 
de plus en plus mauvais. Respiration pénible, torpeur. Les 
yeux sont brillants et sans expression. Pas de sueurs, pas de 
diarrhée. Toux fféquente ; absence complète de crachats. 

12 octobre. — L'enfant ne prend que du lait chaud. Vers 
deux heures, accès de suffocation qui a duré 15 minutes. Les 
inhalations d'oxygène ont paru le soulager. Vers 4 heures, il 
a mangé du potage. A 4 heures Va suffocation. L'enfant se débat 
durant un quart d'heure. Il est mort à 5 heures. T. R. aussitôt 
après la mort: 38», 7; — V4 d'heure après : T. R. 38», 5; — Une 
heure après : T. R. 37» ; —Deux heures après : 36». 3 ; — Tem- 
pérature de la pièce : 12». — Poids après décès : 29 k, 900. 

Autopsie faite le 14 octobre 1892, 40 heures après décès. 
— Cadavre très amaigri. Très légère rigidité du coude et des 
doigts à gauche; môme chose à droite. Rigidité des hanches, 
des genoux et surtout des pieds. 

Encéphale 855 gr. 

Hémisphère cérébral droit 375 

— — gauche 360 

Cerveau 735 

Hémisphère cérébelleux droit 50 

— — gauche 50 

Bulbe et protubérance 15 

Cervelet et isthme 115 

Tête. — Cuir chevelu assez épais. Lorsque après avoir fait 
une incision transversale allant d'une oreille à Tautre^ on rabat 
la moitié antérieure du cuir chevelu, on aperçoit un morceau 
de drain parfaitement conservé de 34 millimètres de longueur 
sur 3 à 4 millimètres de diamètre qui se dégage de la brèche 
osseuse gauche sur laquelle il était appliqué et où il a impri- 
mé une gouttière. Le drain a suivi le cuir chevelu dans lequel 
il était enclavé en quelque sorte par son extrémité interne, 
sur une longueur de 3 à 4 millimètres et libre dans le reste 
de son étendue. Sur la face interne du cuir chevelu le drain 
a laissé une empreinte superficielle mais très nette. En som- 
me, il pénétrait plus dans Tos que dans la peau. 

En raison des adhérences de la dure-mère du crâne, on est 
obligé de la sectionner sur place, de sorte que le bulbe est 



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158 Crâne ; craniectomie. 

coupé un peu court. On enlève donc tout l'encéphale en même 
temps que la calotte. 

LdL dure-mère est adhérente au niveau des brèches osseuses 
et entre elles, de telle sorte que respace quadrilatère compris 
entre les deux brèches est adhérent par les quatre bords et 
que la partie du crâne qui correspond à ce quadrilatère est 
blanchâtre, exangue, tranchant ainsi par sa coloration avec 
les autres parties du crâne qui avaient une coloration rougeâ- 
tre assez foncée: il y avait anémie de cette j^artie. Le liquide 
céphalo-rachidien est en petite quantité. 

Les artères de la base sont symétriques ci égales. Il en est 
de môme des ?ier/s, des tubercules mamillHires et des pédon- 
cules cérébraux. — La pie-mère de la base n'est pas va^cu- 
larisée;mais on note une vascularisation très fine sur les 
lobes temporaux, pariétaux et occipitaux; la vascularisation 
prédomine à droite. 

Les différentes fosses de la base du crâne sont normales et 
à peu près symétriques, sauf une légère inégalité due à la 
plagiocéphalie. — Le trou occipital est normal. 

Les Ob de la calotte crânienne sont assez épiis et consistants. 
Il n'y a pas de plaques transparentes. En revanche, en exa- 
minant successivement la sagi/iaie, la coro?7ri/e etla /a77i^doïde, 
aussi bien sur leur face interne que sur leur face externe, 
on ne trouve pas traces de sj'nostose. La coronale, assez com- 
pliquée au point de vue des dentelures, est libre dans toute 
son étendue. Sur les parties latérales de chaque côté, on peut 
insinuer un crin de brosse dans les interstices laissés hbres 
par les arborescences. Pareille chose peut se faire sur pres- 
que tout le trajet de la lambdoidc. La sagittale est un peu plus 
serrée, mais il n'existe de soudure osseuse en aucun point de 
son trajet. — Les trouspariétaux sont très nets des deux côtés. 
Du côté droit, le pariétal présente une brèche osseuse longue 
de 9 centimètres, large de 2 centimètres 1/2. {Fig. 4). Cette brè- 
che part de la suture coronale en avant, chemine d'avant en 
arrière parallèlement à la suture sagittale et s'arrête à 3 cen- 
timètres d^. la lambdoïde. Elle est éloignée de 3 centimètres 
du vertex. Les dimensions primitives de cette brèche sont 
celles que nous rapportons. Le travail de réparation osseuse 
a créé des bords minces, déprimés, festonnés par des arbo- 
rescences qui tendent à le rapprocher et à combler le vide. 
Ce vide n'est plus par le fait que de 7 centimètres sur 1 cen- 
timètre. 

Sur le pariéfafgauc/ie existent deux brèches osseuses paral- 
lèles à la suture coronale, perpendiculaires, par conséquent. 



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Description du crâne. 159 

à la sagittale. La plus antérieure, longue de 5 centimètres, est 




Fig. 4. 



large dô 2 centimèti^es 1/i. Parallèle à la coronale, elle en est 



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160 Tuberculose pulmonaire. 

éloignée d*un centimètre. Son extrémité supérieure aboutit 
à 2 centimètres de la sagittale, ha brèche postérieure a les 
mêmfis dimensions que la précédente. Parallèle à la branche 
gauche de la lambdjîde, elle est écartée d'un centimètre. Elle 
est distante de 2 centimètres de la sai^ittale. Cette dernière 
brèche est en partie comblée par le travail de réparation 
osseuse. La plus antérieure re^>t beaucoup moins. (Fig, 4). 

Hémisphère cérébral gauche. — Il est de consistance ferme, 
la pie-mère s'enlève très facilement; pas de traces d'adhé- 
rences. — Les circonvolutions sont bien dessinées, mais les 
scissures sont peu profondes. Sur le iîobe pariétal, on peut 
noter un aspect chagriné de la pariétale ascendante, du pli 
courbe, des plis pariétaux. — Sur le lobe frontal, nous notons 
à la partie postérieure des deux circonvolutions frontales une 
série de petits plis de passage, distants de 3 à 4 millimètres. 
La partie tout-à-fait postérieure de la première temporale est 
chagrinée et grêle. — Les circonvolutions occipitales n offrent 
rien de particulier. — La scissure perpendiculaire externe 
est très nettement dessinée. La scissure de Sylvius est très 
large; les bords sont écartés. — Le lobule de l'insula est très 
volumineux. 

Uien de particulier dans le ventricule latéral, la corne 
d*Aminon, la couche optique, le corps strié. 

Hémisphère cérébral droit. — La pie-mère s'enlève très 
facilement. — Les circonvolutions du lobe frontal ont un aspect 
c/iagrmé. Elles affectent une disposition normale. Les /"nm/a/c 
et pariétale ascendantes n'offrent rien de spécial. — La scis- 
sure perpendiculaire externe est très accentuée. — Les ci>- 
convotutions occipitales ont un aspect normal. — Le lobe 
iemporO'Sphénoïdal a un aspect chagriné. — La scissure de 
Sylvius est moins béante qu'à gauche. 

♦Côu. — Corps thyroïde, 15 gr. — Pas de thymus. — 
Larynx sain. 

Thorax. *- Poumon droit (540 gr.). On trouve au sommet 
de nombreux noda!es tuberculeux dont le centre est ramolli 
et la périphérie caséeuse. Une zone résistante et blanche 
sépare ce magma caséeux d'une zone périphérique dTiëpah*- 
salion rouge. Ces ilôts tuberculeux sont surtout nombreux 
au sommet et à la partie postérieure du lobe moyen. — Pou- 
mon gauche (530 gr.). Lésions analogues; toutefois le lobe 



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RÉFLEXIONS. .161 

supérieur est atteint d'un degré plus considérable : une 
caverne de la grosseur d'une noix occupe sa partie supérieure. 
Dans le lobe inférieur, les lésions sont les mômes qu'à droite 
et semblent moins avancées. — Cœur (130 gr., vide); rempli 
de caillots, il pesait 160 grammes. Pas de persistance du trou 
de Botal. 

Abdomen. — Estomac très dilaté, descendant jusqu'au 
niveau de l'épine iliaque, ne présentant aucune lésion macros- 
copique. — Foie (960 gr.), un peu dur, blanc jaunâtre. Pas de 
calculs de la vésicule — Rein droit (100 gr.) ; — Rein gauche 
(90 gr.). Tous deux sont légjrement congestionnés et offrent des 
traces de lobulation. — Pancréas (65 gr.), dur et volumineux. 
— Testicules dans les bourses. 

Réflexions. — I. Uhérédité n'a exercé qu'une 
influence relative chez le malade de Tobservation qu'on 
vient de lire. Elle se trouve seulement d'ailleurs du 
côté paternel. La grand' mèro paternelle a présenté 
trois attaques sans paralysie, étiquetées attaques de 
congestion cérébrale. Quelques céphalalgies chez le 
père, chez cette même grand'mère et chez une tante, 
et c'est tout. Pourtant, il ne faut point passer sous 
silence Valcoolisme et la tuberculose que nous avons 
notés dans la famille paternelle de Ter.. L'affection de 
l'estomac à laquelle a succombé Je grand-père est mal 
définie. Peut-être faudrait-il la mettre sur le compte 
des habitudes alcooliques. Un grand-oncle paternel 
était en tout temps un alcoolique avéré. Une tante 
paternelle est morte de tuberculose des poumons et 
des méninges. Ces tares ancestrales nous paraissent 
avoir joué un rôle prépondérant dans la préparation 
du terrain dont a hérité Ter.. Il a succombé lui-même 
à la. tuberculose. 

IL La conception et la grossesse n'ont rien présenté 
de particulier. Il n'en est pas de même de l'accouc/ie- 
ment : la tête est restée trois heures au passage et 
l'enfant, à la naissance, était complètement noir. C'est 

BouRNSViLLB, Bicêtre, 1892. 11 



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i^t RÉFLEXIONS. 

là» sans doute le point de départ des lésions cérébra- 
le! qui ont eu pour conséquence Tidiotie. On doit, tou- 
tefois, se tenir sur la réserve au sujet de Texistenceou 
non de convulsions pendant que lenfant était en nour- 
rice, car à son retour chez ses parents, on a constaté 
une paralysie incomplète du bras droit, des mouve- 
ments choréiformes des mains et un état de demi-con- 
tracture des quatre membres. Vers le huitième ou le 
neuvième mois, il a eu deux petites crises convulsives 
très courtes. En faveur de l'origine que nous avons attri- 
buée à ridiotie, on peut invoquer ce fait que, dèsles pre- 
miers temps de la vie, Tenfant criait constamment et 
que son bras droit fonctionnait très difficilement. 

ni. Vidiotie était complète : accès de cris dès les 
premiers jours de la naissance, début tardif (3 ans) et 
extrême lenteur de la dentition qui ne fut achevée 
qu'à 10 ans ; marche à un âge avancé (8 ans) ; parole 
limitée à quelques mots ; gâtisme persistant, etc. 

Vautopsie a confirmé le diagnostic d*atrophie céré- 
brale ou mieux d'arrêt de développement du cerveau^ 
posé du vivant de Ter... après connaissance do ses 
antécédents : le poids de Tencéphale, 855 grammes, à 
rage de 14 ans et demi, ne laisse aucun doute à cet 
égard. L'absence de foyers de sclérose avec induration 
corroborait les dires de la nourrice sur l'absence de 
convulsions graves. Signalons enfin l'aspect chagriné 
de quelques circonvolutions. 

IV. Si les 05 du crâne étaient assez épais, sans pla- 
ques transparentes, les sutures ne laissaient aperce- 
cevoir aucune trace de synostose. La première inter- 
vention chirurgicale a eu lieu quand Ter... avait 12 
ans et demi. Elle a consisté en deux brèches trans- 
versales pratiquées sur la moitié gauche du crâne. La 
•ecgnde opération^ faite un an après la première, éga- 



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réflexions; craniegtomib. i&^ 

lement par M. Lannelongue et à son corps défendant, 
a consisté en une brèche longitudinale ouverte sur la 
moitié droite du crâne. La fig. 4 donne une idée nette 
de la manière dont s'efTectue la réparation des brè- 
ches osseuses, cette réparation est rapide et, en suppo* 
sant qu'elle ait été réelle même un instant, la préten- 
due liberté donnée au cerveau pour s'épandre à son 
aise, n'a eu qu'une durée éphémère puisqu'au bout de 
deux ans nous trouvons les brèches de la première 
opération à peu près tout à fait fermées. 

D'ailleurs, à cause de l'âge de Ter..., les chances 
d'une amélioration sérieuse étaient très restreintes. 
Ainsi que nous ne cessons de le répéter, c'est le plus 
tôt possible, dès qu'on s'aperçoit de l'état anormal de 
l'enfant, dès les premiers signes de lidiotie qu'il faut 
instituer le traitement médical et pédagogique. C'est 
pour cette raison que, dans le cas de Ter.., bien que 
nous ayons obtenu plus que le traitement chirurgical 
(voir p. 154 et 155), nous ne pouvions pas, en cas de 
survie, espérer arriver à des résultats considérables. 
Nous serions très probablement parvenus à le rendre 
propre, à lui apprendre à s'habiller et à se laver, à déve- 
lopper dans une petite mesure la parole mais nous 
n'aurions pas conquis davantage. 



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XIII. 



Idiotie méningitique ; rachitisme; fièvre typhoïde; 
méningite ; 



Par BOURNEVILLE et NOIR. 



Somma (RE. — Absence complète d'antécédents héréditaires 

pen^onnels. — Idiotie complète. Amélioration. — Fièvre 

typhoïde anormale. Méningite. — Mort. 
Autopsie. — Distension des sutures : — lésions méningiti- 

gups anciennes et récentes ; — lésions des plaques de 

Pcyer. 

Dufoul... (Auguste-Ernest), né à Boulogne-sur-Seine, le 
2i avril 1889. est entre le 24 mars 1892, à Bicôtre (service de 

Il . BOURNEVILLE ). 

Antécédents. — Cet enfant venant de l'hospice des Enfants- 
Assistais, nous n'avons pu obtenfr aucun renseignement sur 
«es antécédents héréditaires et personnels. Le certificat de M. 
le D^ Hutinel porte « qu'il présente sur les membres, le thorax 
tt et le crâne, les traces d'un rachitisme très prononcé, qu'il 
« ne parle point, qu'il se tient à peine debout, qu'il est ma- 
■ nifestement arriéré (strabisme, hébétude) et que sa vraie 
i place serait à Bicôtre (service des idiots) ». 

Etat actuel (mars). — Brun de peau, un peu émacié, l'enfant 
parait de complexion délicate. Le faciès exprime l'hébétude. 
Les cheveux bruns, régulièrement implantés, empiètent laté- 
ralement sur le front. Pas d'engorgement ganglionnaire. 

Tète volumineuse proportionnellement au corps, et asy- 
métrique. Les bosses frontales et pariétales sont assez sail- 
lantes. La protubérance occipitale externe est accentuée. 
Pas de traces de sutures, ni de fontanelles. — Front assez 



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Description du sîalade. !65 

élevé ; arcades sourciïières a^^aez nettement accusées. Visage 
rond joues pleines, fat-c symétrique. î^iuipières finca et bleuâ- 
tre», recouvrant complètement, en se fermant. les globes 
oculaires. Fentes palpéhrales horizontales et égales. Sourcils 
noirs, abondant!^ et longs. Cils longs et bien implantés. Yeux 
mobiles, sans exophthalmie, ni paralysie, ni nysingmus. Léger 
strabisme convergent do Tceil pauche. Iris jaune foncé. 
Pupilles êg^ales ii réaction ntirmalo, Kxamen fonctionnel de 
rœiî impossible, — Xe: petit et droit. L'odornt parait normal. 

— Pommettes peu saillantes, symétriques, — Bouche un peu 
^ande. La lèvre supérieure fait Faillie surtout à sa partie 
médiane. Voûte palatine légèrement ogivale; voile du palais^ 
luette, amygdales, pharynx, rien de particulier. Goûl normaL 

— M&nton petit et rond, bien conformé. — Oreilles bien 
implantées et bien ourlées. Unes, presque complètement 
transparentes, sillonnées de veinosités bleuâtres. Ouïe bien 
développée. 

Le cou est grêle. Le corps thyroïde n'est pas volumineuï. 

Le thorax est jglobuloux; ït^i^er chapelet rachi tique au niveau 
des articulationFî chondroeosiales. Aucune anomalie révélée 
par la percussion, ni par lauscuUation. — L'abdomen est 
gros» un pou proéminent. Le foie déborde légèrement les 
fausses eûtes. 

Les membres supérieurs minces et peu musclés, sont néan- 
moins normalement eonstitués. Les mains sont bien faites et 
les ongles régulièrement implantés. — Los membres infé- 
rieurs soT^t proportianriellement plus développés que les su* 
périeurs. Les pieds sont sulîisarament cambrés. 

Organes génitaux. — Verge : longueur : 2 contimàtres 5 ; 
circonférence : ^2 centimètres ; phimosis dilïlcilement réducti- 
ble. Testicuïes dans les bourses, du volume d'un petit haricot. 
Ré^^îon anale saine, Lo corps de lenfant est complètement 
glabre. 

La sensibiiiiê au lact, k la piqiire, à la chaleur paraît nor- 
male sur toutes les parties du corps, — Les réflexes patellai- 
res existent et ne sont pas exagérés, 

L*enfant ne parle pus, gâte constamment, ne donne lieu à 
aucune manifestation ijuclligente. Il est mis dans le service 
des gâteux et soumis au traitement suivant: 3 bains salés 
par semaine; j cuillerée par jour de sirop d'iodure do fer ; 
exercices de marche quotidiens, 

i% avril. — L'enfant entre a l'infirmerie présentant une 



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166 MÉNINGITE. 

toux humide et quinteuse. A Tauscultation, on constate des 
riles ftonores et sous-crépitants dans toute retendue des deux 
poumons, mais surtout en arrière et à gauche. Badigeonnages 
de teinture dMode ; potion calmante. 

19 avril, — T. R. Matin : 39». — Soir : 40<». 

20 avril, — T. R. Matin : 39«. — Soir : 40«, 2. 

21 avril, — T. R. Matin: 38°, 9. — Soir : 39», 8. 

22 avril, — T. R. Matin : 39«. — Soir : 40°, 4. 

23 avril, — L'enfant.est notablement mieux. La température 
-vespérale est élevée néammoins. Les signes stéthoscopiques 
n'expliquent pas les oscillations de 2» de la température de 
Penfant. T. R. Matin : 37», 4. — Soir : 37», 6. 

24 stml, — T. R. Matin : 37«, 2. — Soir : 36«, 3. 

25 avril, — La défervescence s'est accomplie brusquement. 
Le tracé thermique offre l'aspect de celui de certaines fièvres 
typhoïdes : on y constate une période d'oscillations station- 
nât re a. Les signes physiques ont disparu. 

31 mai. — L'enfant a fait des progrès; il marche seul, pro- 
nonce quelques mots : « maman, papa, à boire, caca. » 11 est 
devenu propre et commence à se déshabiller seul. 

4 juillet, — La vaccination pratiquée, il y a huit jours, n'a 
pas donné de résultat, bien que l'enfant ne porte aucune 
cicatrice de vaccin. 

ii juillet, — L^enfant est conduit du service des gâteux à 
Tinfirmerie, il a vomi dans la nuit et s'est plaint sans discon- 
tinuer. A son entrée à l'infirmerie, sa température atteint 
39«, 6. Vers 9 h. ^/^ du matin, il est pris d'un accès épilepti- 
forme : les yeux roulent convulsivement dans leurs orbites, 
la face est congestionnée, une écume sanguinolente s'échappe 
de la bouche. Les membres sont raidis à droite, tandis qu'à 
gauche, ils s'agitent violemment. Au bout de deux minutes 
l'accès s'est terminé par une émission d'urine et l'enfant est 
tombé dans un état comateux dont le ronflement était par 
intervalle interrompu par de forts grincements de dents. 
Bien qu'il ait les paupières closes, il ne parait pas dormir. 
T* R. 38o, 5. 

A 10 heures : second accès identique au précédent. Plaintes 
et gémissements continuels. Il repousse et attire alternative- 
ment ses couvertures vers lui. Sa physionomie exprime la ter- 
reur, son front est plissé de rides transversales. Dans lajournée, 
il vomit le lait qu'on lui donne à boire, grince fréquemment des 
dents, reste sans connaissance et murmure par moments : 
< Maman i. Trois selles consistantes dans lajournée. — Soir: 
T.R.38*. 



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Distension dbs sutures. 167 

\LjuUlet, — T. R. 37», 5. Irrégularité du pouls. Hyperesthésie 
cutanée. L'enfant paraît souffrir de la tôte. grince des dents, 
poursuit avec les mains des objets imaginaires. Yeux ternes et 
demi-clos; photophobie, constipation. Diagnostic : Méningite. 
Traitement: frictions mercuriclles sur la tête, lavements; 
applications glacées sur la tôte. — Soir : 38®. 

i^ juillet. — Gémissements plaintifs, agitation, grincements 
de dents. Ni paralysie, ni contracture. Irrégularité du pouls, 
hyperesthésie cutanée. Duf... n'a plus eu d'attaques convul- 
sives. T. II. 37», 7. —Soir : 39». 8. 

il juillet. — Raideur de la nuque, du bras droit et de la 
jambe droite. L'enfant est constipé ; il n'a de selle qu'après 
les lavements. T. R. 38», 8. — Soir : 40», 5. Traitement : Calo* 
mel : gr. 25 en 5 prises, frictions mercurielles et glace sur 
la tôte. 

iS juillet. — L'enfant est décédé à une heure du matin. T. 
R. après le décès: 41». 9; — un quart d'heure après, 40»; — 
une heure après, 38», 4 ; — 2 heures après, 36», 2 ; — 5 heures 
après, 32», 8. La température de la salle a oscillé entre 19» et 
18», 5. 

1892 

Janvier. Juillet. 

Poids 12k.900 14k. 200 

Taille m. 69 

Mensurations de la tête : 

(JuiUet 1892) 

Circonférence horizontale raaxima 49 

1 /2 circonférence bi-auricalaire 31 

Distance de Tarti. occipito-atlold. à la racine da ntz. 33 

Diamètre antéro-postérieur maximum 16, 5 

Diamètre bi-auriculaire : 11 

Diamètre bi-pariétal 14 

Hauteur du front 5 

Autopsie faite 30 heures après le décès. — Cuir chevelu 
assez mince. — Crâne peu dur, la coupe de la calotte est 
absolument rouge. Asymétrie manifeste, le côté droit est 
plus développé que le gauche surtout au niveau de la bosse 
pariétale. Les os, à la coupe, se montrent plus épais à gauche 
qu'à droite et en avant qu'en arrière. Ils sont excessivement 
spongieux, à texture fmement aréolaire^ ofTrent des lames.de 
tissu compact interne et externe excessivement minces et à 
peine sensibles. A Tétat frais, les sutures se présentent à Tes* 



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lit Etat du crâne ; méningite. 

tërieur bous la forme de cordons rouges, saillants, sinueux 
ayant environ 3 à 4 millimètres de largeur ; ils sont plus 
marquée au niveau des sutures coronale et sagittale qu'au 
niveau de^ sutures occipito-pariétales. A la face interne, les 
sutures apparaissent comme une ligne rouge, finement dente- 
lée mais ne formant pas de saillie comme sur la face externe. 
Pas trace de synostose. — A l'état sec, on constate que les 
sutures sont comme distendues et séparées par une substance 
qui a'est rétractée légèrement en se desséchant. La suture 
coronale offre des dentelures très fines et devient presque 
rectilîgne au niveau de la ligne médiane. La suture sagittale 
présente aussi des dentelures très fines qui, à partir du sinci- 
pnt, deviennent . plus considérables jusqu'au lambda. La 
«uture iRmbdoide offre à gauche quatre os -wormiens, un 
central ofïrant environ la surface d'une pièce de fr. 50 ; les 
deux autres sont plus petits, allongés, à grand axe perpen- 
diculaire à la suture. A la partie externe de la suture, toujours 
du niâmo cùté, il y a trois autres petits os wormiens de la 
dimension d'une lentille et paraissant de simples dentelures 
détachées. A droite, la suture lambdoîde offre deux petits os 
wormiens lenticulaires et un troisième plus volumineux 
(comme une pièce de fr. 20). Sur le trajet de cette partie de 
la suture lambdoîde, on observe de petites fissures de la table 
externe des os, perpendiculaires à la suture elle-même. Les 
sutures à la face interne du crâne se montrent sous la forme 
d*une simple ligne sinueuse. De nombreux pertuis vasculai- 
res perforent la table interne des os sur les bords de ces sutu- 
res et au point où siège la suture métopique qui n'a laissé 
aucune trace. Les sillons des vaisseaux méningés moyens 
sont distinctement marqués sur les pariétaux. 

La calolte présente des plaques transparentes sur les parié- 
taux en arrière de la suture coronale prés de la ligne médiane. 
Ces plaques sont au nombre de deux à l'angle fronto-sagittal 
droit, tandis qu'on n'en observe qu'une dans la région symé- 
trique à gauche. Elles ont environ 2 centimètres de diamètre. 
On constate aussi des zones transparentes mais diffuses à la 
région postérieure des pariétaux surtout au niveau du lambda. 

La base du crâne est symétrique ; elle offre comme particu- 
larité, la séparation de l'apophyse basilaire du reste de Toc- 
cipital par deux sutures aboutissant au trou occipital et pas- 
sant en avant du trou condylien antérieur. 

Les sinus de la dure-mère sont gorgés de sang noir. Le 
flinus longitudinal supérieur est rempli de caillots fibrineux 
blanoi. — La dure-mère est un peu violacée. — Le liquide 



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État du cbane ; méningite. 1J$ 

céphalo-mchîdien ne paraît pas sensiblement augmenté. 
La pie-mi^ve est partant congés tioaot^e et présente de? infiN 
tratîons purulente^i ja^niàtres le long fies vaissenux etprinc[- 
palement sur les ^/g antérieur^ des ht'"^ mi sphères etàla partie 
antérieure des lobes temporaux. Ces înllkrationa paraissent 
un pou phiK prononcées sur la face convexe gauche que sur 
la droite. Il exUte encore des plaques ecchymolîqucs sur 
toute l'étendue des lobes frontaux et sur les lobes pariétaux, 
principalement à rimitc, ainsi qu'a la partie moyenne du lobe 
temporal droit. Des s: mas purulents existent au niveau de la 
base des scissures de Bylvius et au niveau des pédoncules en 
arriére du chiasma- — Les artères de la base n*offrent aucune 
anomalie apparente* 

Encéphale ,.,,,„,. Uih gr, 

Hémisplière eéréhral cïmit , , , . . .. ^Hïi gr. 

Hémisphère cérébml (rdiîehe , , 4^0 gr . 

Cetvenu ,.,,,,,,,,.,...,.,...,,, 1*70 gr. 

lïéniiflpUère c^rébeHgux droit ,,.,,,..*.,.. (Ï^j gr* 

Hémisphère eèrébeUçuK gauéh« , 65 gr . 

Cervelet 130 gr. 

Bnllie Bt pratuliérancG t5 jPfr. 

MDeile épimère , . . , Ti gf. 

Cerveau (970 gr). Ilé-ifiisphère cérébrsil gauche (490 gr.)La 
décortication de cet héniiH[ïbùre est pénible. Des irai7iée& 
purulentes accompagnent les vaisseaux et forment des amas 
plus abontlanta au niveau du lobe parac entrai, de la partie la 
plus antérieure du lobe frontal et de Textréniité postérieure 
du lobe oecipîtaL La face convexe de Thémi sphère olTre sur 
toute son étendue de très nombreuses adhérences. Elles sont 
surtout aceentuées à la base de V\ sur toute Té tendue de F*, 
sur la région moyenne de F A et de P A. Le lobe pariétal, sur- 
tout an niveau du pH courbe, est très altéré. Il en est de même 
du lobe occipital et de T'. La /ace interne de l'hémîsphére 
ofTre des lésions moins étendues, P* et le tiers antérieur de la 
circonvolution du corps calleux et la moitié antérieure du 
lobe temporo-sphénoidal sont seuls nettement altérés. 

Hémisphère droit (480 gr,). F'ace convexe : Les adhé renées 
sont nombreuses et très prononcées surtout au niveau du lobe 
frontal. Mêmes lésions du lobe pariétal inférieur et de T^ Les 



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ilÙ RÉFLEXIONS. 

traînées purulentes existent aussi le long des vaisseaux, mais 
sont ninJu^ importantes que sur riiéinisphôpe opposé. 

Face interne: Elle est à peu près complètement indemne, 
sauf au niveau de l'origine du K". Les quelques adhérences 
qu'ijii yl>stirve sur cette face sont beaucoup moins résistantes 
quo sur lu face externe. 

Diis tU^uK côtés, les ventricules, les corps striés, les cou^ 
cht'8 uplifjaes n'offrent aucune lésion. 

Cervelt'i (130 gr.) Bulbe et protubérance (15 gr.). Moelle (22 
gr,j rien tle particulier. 

Thotwx. — Poumon droit (175 gr.), gauche (120 gr.). Adhé- 
renre^i [pleurales nombreuses des deux côtés. Induration de 
lîi bast» fin lobe supérieur gauche, dont les bronches laissent 
Eoiu'iïre a la coupe un pus \erdàtre et bien lié. Congestion 
nsse/ ititrjifie du bord postérieur du poumon droit; filaments 
|îhrii;eMx en train de se liquélier dans les bronches de ce 
pouaioii. 

Afidoinen, — Foie (535 gr.) ; pas de calculs dans la vésicule 
h^Iiairl^— Cœur (75 gr.). — /?ein.s; droit (bbgv.), gauche (57 gr.). 
sains. — Uate (45 gr.) en putréfaction. — Pancréas (14 gr.). Le 
in/'^iinii^rt' contient des ganglions volumineux, nombreux, 
roséis, saîia induration. — Vascularisation anormale de Vin- 
tei^Uit (jr^'le sur le dernier mètre de son étendue. Les plaques 
de Pt*ijcr riont tuméfiées et vascularisées. L'une d'elles a envi- 
ruii trois veïitimôtres de longueur. Quatre de ces plaques sont 
nctteiiÈL'iii altérées, une d'entre elles a été ulcérée à sa partie 
eenUîUr qui est comblée par un tissu transparent, limité à la 
péri[ih*^^rif par un bord opaque fort net. 

Réfi.kxions. — I. Malgré le court séjour que Dufou.. 
a fait tlans le service et Tabsence absolue d'antécé- 
tlents, nous avons pu noter dans son état de sérieuses 
motîilli iitions produites par l'éducation et les soins 
ii^sidiis qui lui ont été donnés (p. 166). 

H. Sos maladies intercurrentes fournissent Tocca- 
sion dv faire d'intéressantes remarques. Dufoul... 
fut atteint au mois d'avril d'une bronchite avec 



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RÉFLEXIONS, m 

toux quînfeuse accompagnée d'élévation de tempé- 
rature. Le tracé thermique offrit une pcriodo d'oscil- 
lations stationnaircs comme dans la }ièm-e hjphmde, 
La défervesuenec brusque, bien que n'étant pas la 
régie, s'observe parfois dans la fièvre typhoïde, (Voir 
un tracé analogue dans : Hourneville, Notes et obsar- 
V Riions sur la fièvre typhoïde, Rg, 10.) Aucun autre 
trouble tyjjhiquc n'avait été noté. Les enfants idiots 
et gâteux et surtout ceux de cet âge ne réagissent 
guère sous l'influence de lésions même très graves; 
on ne s'aperçoit parfois qu'ils sont souffrants qu'alors 
que la maladie est à son summum et eux-mêmes 
sont souvent incapables ou ne sentent pas le besoin 
de se plaindre. Nous nous sommes, en elle t, trouvés en 
présence d'une forme anormale, pulmonaire, de la 
dothiénentérie. Ce diagnostic a été confirmé par 
Tautopsie, qui nous a fait découvrir des lésions des 
plaques de Peyer en voie de réparation. 

C'est probablement à cette infection par le bacille 
typhique qu'est due la méningite sappurée, maladie 
ultime de DufouL* Il est regrettable que l'analyse bac- 
tériologique n'ait pu être faite, car l'enfant n'avait ni 
otite, ni autre infection capable d'expliquer la ménin- 
gite suppurée. 11 est juste de dire toutefois que la pic- 
mère, qui était déjà le siège d'une méningite tincienney 
comme l'ont démontré les adhérences de cette inem* 
brane au cerveau, était un locus minoris rcsistantia^ 
prêt à subir les atteintes de l'infection typhique. Cette 
méningite sup purée a évolué rapidement et présenté 
les symptômes classiques. (Accès épi le pti formes, 
photophobie, hyperesthésie, troubles voso-moteurs, 
céphalalgies, constipation, etc.) 

IlL L'autopsie oITre un intérêt tout particulier, non 
seulement par Texplication qu'elle donne des faits 
cliniques prcédemmcnt observés, mais encore par^ 



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m RÉFLEXIONS. 

rexamen du crâne de Tenfant. Nous trouvons sur ce 
crâne les modifications caractéristiques que subissent 
les os dans le rachitisme. Les os du crâne ont en 
effet Taspect spongoïde et les lames du tissu compacte 
n'existent pour ainsi dire pas. Est-ce encore au rachi- 
tisme que nous devons attribuer la congestion toute 
particulière notée au niveau des sutures? Cela est 
possible. Le nombre des orifices vasculaires persistant 
sur leur trajet nous permet d'affirmer que le tissu 
osseux était là le siège d'une prolifération active. Du 
reste, le dessèchement a amené la rétraction de ce 
tissu de nouvelle formation. Les nombreux os wor^ 
miens, sur le trajet de la suture lambdoïde, la sépa- 
ration de Tapophyse basilaire du reste de Toccipital, 
joints à cet état particulier des sutures et aux plaques 
transparentes que présente la calotte crânienne nous 
permettent de trouver dans l'observation de Dufou... 
un nouveau cas où la crâniectomie devait être contre- 
indiquée de la façon la plus absolue. Rien dans l'exa- 
men clinique du crâne n'autorisait cependant à pré- 
juger de son état. 

IV. Nous devons une mention spéciale à une 
lésion curieuse des sutures qui se présentaient 
sous la forme de cordons rouges, saillants, sinueux, 
ayant environ 3 ou 4 millimètres de largeur. 
Le périoste interposé entre les dentelures des 
sutures s'est donc considérablement congestionné, 
écartant ainsi les dentelures des sutures. Ce fait, qui 
correspond aussi à une congestion intense du tissu 
spongieux des os du crâne, montre qu'il n'y a pas 
trace de synostose et encore que rien ne s'opposait à 
l'extensibilité des os du crâne sous l'influence du 
développement du cerveau. Nous reviendrons sur cette 
intéressante lésion à propos de l'observation de Marie 
Ba.... 



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XIV. 

Idiotie méningitique; 

Par BOURNEVILLE ET FERRIER. 



Sommaire. — Père, quelques excès de boisson, caractère 
emporté, — Grand-père paternel, caractère emporté, mort 
de la rupture d'un anévrisme de l'aorte. Grand'mère 
paternelle, cataracte double, excès de boisson (?). Arrière- 
grand-père paternel, mort de la pierre, Arrière-grand'mère 
paternelle, morte de la rupture d'un anévrisme aortique, 
— Grand-oncle paterneU convulsions dans ienfance aucc 
déformation des pieds, taille exiguë. — Deux grand'tantes 
paternelles, mortes de convulsions. Oncle paternel, mort de 
méningite. Autre oncle paternel, suicidé. Tante paternelle, 
morte d'attaques d'éclampsie. Mère, soignée comme hysté^ 
riqueà laSalpêtrière, poétesse. Grand-père maternel, mort 
phthisique, Grand'mère maternelle, très-colère, A eu des 
attaques de nerfs, — Pas de consanguinité. — Inégalité 
d'âge de 6 ans. 

Syncopes et attitudes particulières de la mère pendant la 
grossesse. — Accouchement à 7 mois. — Enfant très-petite 
à la naissance ; convulsions probables à 3 jours, se répétant 
cinq ou six fois dans le premier mois. Première dent à 
2 ans. Parole limitée à quelques mots. Marche nulle. Ona- 
nisme, gâtisme. Pneumonie et pleurésie (?)àunan. Coque- 
luche à 2 ans. Connaissance presque nulle, 

1892. Entérite, ictère, syncopes. 

Autopsie. — Sutures gorgées de sang, distendues. — Crâne 
asymétrique (Plagiocéphalie) ; — absence de synostose; 
— persistance de la fontanelle antérieure, — Adhérence 
de la dure-mère au crâne. — Méningo-encéphalite disse' 



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!74 Antécédents héréditaires. 

minée sur les deux hémisphères du cerveau. — Tubercule 
du poumon gauche. 

Gauch.., (Aclrienne), âgée de 3 ans, née à Paris, le 12 mars 
1880, cî^t entrée le 18 mai 1892 à la Fondation Vallée (service 
de M. Boun>'EviLLE). 

Antécédents. {Renseignements fournis par la grand'mère 
paterufille dr l'enfant le 28 mai.) — Père, 32 ans, imprimeur 
en titille doure. Pas de convulsions, pas de fièvre typhoïde, de 
rliTinialismc, de chorée, ni de traces de syphilis. Sobre ordi- 
nairement, sauf quelquefois les jours de paie. (D*après sa 
femme, il faisait de nombreux excès de boisson. D'après sa 
mère, il ne s'enivrait jamais.) Pas de migraines. Caractère 
emporté. -- [ Père^ ébéniste, sobre, mais violent, mort à 65 
ans, de la rupture d'un anévrisme de l'aorte. — Mère, 72 ans, 
couturière. Cataracte double; pas d'alcoolisme. (D'après sa 
bru, clic commettrait aussi de nombreux excès de boissson; 
mais cette femme venait très régulièrement voir sa petite-fille, 
tandis qu€ sa bru n'y est venue qu'une fois en 6 mois; de plus, 
elle n'a jamais paru ivre ou déraisonnable pendant ces visites, 
qu'elle faisait malgré toutes les intempéries.) — Grand-père 
pati^rnel, mort à l'IIôtel-Dieu, après l'opération de la pierre. 

— Grnnd'mi're paternelle, morte à 60 ans, de la rupture d'un 
anévrisme af>rtique. — Il n'y a ni 07ic/e8 ni tantes paternels. 

— Sur les dix oncles ou tantes maternels, un seul est vivant; 
il a eu ÛCH convulsions à 6 mois, et a porté a des mécaniques 
aux jambes » jusqu'à 18 ans. Sa taille n'atteint que 1 mètre 
?U de iiauteur. Il n'a marché qu'à 5 ans. Ses jambes sont éga- 
les. -- Deux tantes maternelles sont mortes toutes jeunes, de 
convulsions. — De quatre frères, aucun n'est vivant: un d'eux 
est mort à 15 mois de méningite, un autre, garçon « très 
instruit, » s'est noyé volontairement à 19 ans, on ne sait pour- 
quoi. -7- Sur quatre sœurs, aucune n'est vivante. L'une d'elles 
est morte à 18 ans d'attaques d'éclampsic. — Dans le reste 
de la famille, pas d'aliénés, pas de bègues, de sourds-muets, 
de dilTormes autres que celui qui est mentionné ci-dessus, 
pas d'autres suicidés, pas de débauchées.] 

Mère. 26 ans, brodeuse. On ignore si elle a eu des convul- 
sions. Fièvre typhoïde vers l'âge de 10 ans. Elle n'a eu ni cho- 
rée, ni rhumatisme, ni dartres. Pas de traces de syphilis. Elle 
est sobre, pas emportée, n'a pas de migraines. Elle a été soi- 
gnée, avant son mariage, à la Salpôtrière, comme hystérique, 



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Antêcdents héréditaires. 175 

par M. Charcot. Elle a eu quelquefois des attaques de nerfs. 
Elle est très faible et anémique. Elle prétend actuellement 
avoir une maladie de vessie. Elle lit beaucoup de romans et 
fait des vers. — [ Père, mort phthisique ; caractère doux. — 
Mère, 55 ans, ne peut plus exercer son métier de blan- 
chisseuse parce qu'elle a une « maladie du ventre ». Elle 
a eu des attaques de nerfs. On ne sait si elle fait des excès 
de boisson. Très colère et alors « on dirait une folle; 
elle tremble; ses membres se retournent ». — Les grands- 
parents paternels et maternels sont totalement incon- 
nus. — Ni frères ni sœurs. Pas d'aliénés, d'épileptiques, 
d'idiots, bègues, bourds-muets, etc.]. Pas de consangui- 
nité. Inégalité d'âge de G ans. Après son mariage, endoc- 
trinée par une de ses tantes, la mère de G... refusa à 
son mari pendant 15 jours, tout rapprochement sexuel. Le 
mari perdit patience et s'informa auprès de sa mère. Sur 
l'avis de celle-ci, il insista et obtint un rapprochement, après 
lequel il n'essuya plus de refus. Les tantes de la jeune femme 
lui avaient dit qu'il ne fallait pas qu'elle eut des enfants. Elle 
en a eu deux, et est encore enceinte, presque à terme. (Depuis, 
l'accouchement a eu lieu, et l'enfant est mort au bout de 3 
semaines). Des deux en/'an /s vivants, deux filles, l'une a 2 
ans, et ne parle qu'à peine, mais elle comprend; elle est très 
petite (i). L'autre, l'ainée, est: 

Notre malade. — On ne sait rien au sujet de la concep- 
tion. Au début de la grossesse, il y eut quelques troubles 
digestifs. Pas de coups, chûtes ou peurs. Envies fréquentes, 
souvent non satisfaites. Deux syncopes de courte durée, au 
début de la grossesse. Pas d'albuminurie, pas d'accidents 
nerveux. Pas de tentative ouverte d'avortement, mais pen- 
dant toute cette grossesse, la mère affecta une position 
bizarre, les membres inférieurs plies dans tous leurs seg- 
ments; les pieds sur les barreaux d'une chaise. La belle-mère 
pense que sa bru avait l'intention d'entraver sa grossesse et 
lui disait que « c'était elle qui en souffrirait, et que l'enfant 
viendrait tout de môme. » Au contraire, la mère et une tante 
de la jeune femme lui répétaient qu'elle n'aurait pas dû avoir 
d'enfants. — Accouchement à 7 mois, sans grandes douleurs, 
La mère se préoccupait à peine de son état. Enfant toute 



(1) Elle a été admise à la Fondation Vallée le 31 décembre 1892: elle parait 
limplement arriérée. 



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176 Antécédents personnels. 

petite » grassouillette » du poids d'un kilogr. — A la naissance, 
paa d'asphyxie. On a attendu Tarrivée de la sage femme, qui a 
lié le cordon. — L'enfant n'avait pas d'ongles. — Elevée d'a- 
bord au chalumeau avec le lait de la mère, elle fut nourrie 
ensuite au biberon avec du lait de vache. A deux ans seule- 
ment elle a commencé à manger. — Trois jours après sa 
naissance, l'enfant eut de petites contorsions que la mère prit 
pour du rire, et que la grand'mère croit être des convulsions. 
L'enfant avait les yeux convulsés en haut,, les membres 
supérieurs étaient agités de quelques mouvements, durant 
trois ou quatre secondes. Il ne paraissait pis y avoir syncope. 
Ces crises se sont renouvelées cinq ou six fois en un mois ou 
BIX semaines puis ont cessé complètement. 

Première dent à 2 ans. La dentition a été complète on ne 
^ait à quel moment. L'enfant, à 2 ans, a commencé aussi à 
dire ,- papa, maman; elle jamais rien dit de plus. Elle n'a 
jamais marché. Les tentatives d'onanisme ont été réprimées 
par les parents. 

L'enfant i.'était ni agitée, ni bruyante. Elle avait peu 
d'appétit et mâchait dliFicilement. Elle rejetait, dans les 
panades, les morceaux de pain cuits insuiFisamment. Pas de 
vomissements, mais diarrhée quelquefois, durant peu de 
tempfl. L'enfant, habituellement constipée jusqu'à l'^e de 2 
ajis, l'est moins maintenant. Elle gâte continuellement; en 
dernier lieu, cependant, elle se reculait jusqu'au bord du lit, 
i comme les petits serins. » Elle urine rarement sur les per- 
sonnes qui la tiennent, mais par terre, lorsqu'on l'y pose. 

Elle aurait eu, à l'âge d'un an, une fluxion de poitrine et 
une pleurésie (?). Elle n'a eu ni bronchite, ni hémoptysie, ni 
variole, ni rougeole, ni scarlatine, ni chorée, ni fièvre typhoïde, 
ni diphtérie. Vaccinée à 3 mois. Coqueluche à 2 ans, d'une 
durée de 6 mois accompagnée d'un grand affaiblissement. 

Jusqu'à 2 ans, cette enfant était « une petite marmotte. » 
Elle ne tenait pas les ôb.ets qu'on lui mettait aux mains. 
Depuis ce moment, elle prend les objets avec ses mains, se 
sert de ses jouets, déchire des feuilles de papier. Elle ne cher- 
che pas à jeter par terre les objets qui sont sur un meuble. 
Elle reconnaît et aime bien sa grand'mère, pour laquelle elle 
se montre très affectueuse, mais connaît à peine sa mère, 
qui, d'ailleurs, ne s'occupe pas d'elle. 

Etutactueli3[ mai 1892). — Enfant pâle, d'apparence chétive, 
avec prédominance marquée du développement crânien sur 
celui du reste du corps. Cheveux blonds, implantés réguliè- 



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D&SCRlPTlOEf DE tA VALADS. t77 

renient, avec un tourbillon postérieur régulier — Crâné 
volumineux, presque trlgonocéphale^ fortement asymétrique: 
les bosses oct^tpitate et pariétale du côté droit «ont plus aail* 
laniesque celles du coté g:iuche. Les bosses pariétales font 
une saillie considérable. De chaque coté axiale une dépres- 
sion allant à peu près du bregma d'abord en dehors et en 
avant, puis en bas et en dehors, le long des bords du frontali 
Pas do traces de fontanelles. 

Face presque arrondie, sans expression. Arcades sourcillé* 
res déprimées. Paupières également mobilis et tombantes, 
Fenteîi palpébrulcs assez grandes Sourcils châtains, assez 
abondants. Cils châtains foncés, bien disposés. Orbites asaez 
grandes. Pas de blépharite, pas d'exopthalmie. Appareil mus- 
culaire de Tœil naturel. Sensibilité de la conjonctive normale. 
Pas de conjonciivite. Iris châtain. Pupilles égales, réagissant 
naturellement à la lumière. L'examen fonctionnel, reposant 
sur les signes Fonctionnel», est ici irapraticable. — Nez un 
peucamui ; lobule intact, peu volumineux ; pas de déviation. 
Narines assez grandes. L'enfant aemblo respirer habituelle- 
ment par le nez. Pas de signe» d'odorat. — Pommettes non 
eaillaîites, symétriques, — Bouche légèrement en accent 
circonflexe. Largeur, h crntimùtres. Lèvres assez minceS'. 
L enfant ne bave pas. Voùle et voiïe du palais non déformés. 
Langue de volume ordinaire. Amygdales assez petites. Réflese 
pharyngien normal. L'enfant paraît aimer les aub^tances 
sucrées. Elle fait la gritoace au sulfate de quinine. — Denti- 
tion complète, en assez bon état. — Menton en pointe, petit, 
— Oreilles, de conformation régulière, assez petites, minces ; 
la droite e^t presque appliquée contre Tapophyse mastoide ; 
la gauche est assez écartée ; lobule petite non adhérent. Pas 
d'otorrhée. L'enfant entend bien. 

Cou assest court, oirconférenos 23 centimètres 5, Corps 
thyroïde légèrement perceptible, 

Thonix étroit, proéminent, obliquement de haut en bas, 
cesl-à-dire de la fourchette à la pointe. De chaque coté^ 
au niveau de l'appendice xiphoide, à 2 centimètres en dehors 
de chaque ligne mamelonnaire^ se trouve une dépression 
profonde, en entonnoir, paraissant située au niveau de U 
huitième côte. — Colonne vertébrale présentant une courbure 
dor^sale à concavité postérieure légère. Il existe au contraire 
dans la région lombaire une courbure à convexité postérieure. 
^Poumons : sonorité normale. Quelque» râles sous-crèpitants 
diiséjninés â gauche dans toute l'étendue* Rien à droite, La 

BouaNB VILLE, Bicéire, 1892. |9 



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178 Description de la malade. 

pointe du cœur bat dans le quatrième espace intercostal. Pas de 
frémissement. Premier bruit bien frappé, mais précédé d'un 
souffle diastolique assez difficile à percevoir à cause de 
l'agitation et des plaintes de Tenfant. Deuxième bruit dédoublé 
très nettement. Pouls régulier, assez fort, serré. 

Abdomen un peu ballonné, assez souple. Matité hépatique 
très peu étendue. Rate non perceptible. — Bassin petit, môme 
relativement à la taille de l'enfant. 

Puberté. Glandes mammaires non développées. Aréoles 
très petites, mamelons non saillants. Aisselles, pénil et gran- 
des lèvres glabres. Celles-ci sont un peu saillantes. Capuchon 
très petit. Clitoris à peine visible. Petites lèvres, 4 à 5 milli- 
mètres. — Vestibule assez profond. Fourchette bien marquée. 
Orifîce de Thymen non visible. Muqueuse saine. 

Membres supérieurs d'inégale longueur. Bras et avant-bras 
de conformation normale. Doigts et ongles hippocratiques des 
deux côtés. Trois petites cicatrices de vaccine à chaque bras. 
Motilité normale. L'enfant se sert de ses mains, surtout de la 
droite, pour prendre les objets. Elle ne sait pas se servir de 
la cuiller. 

Membres inférieurs. Le droit est plus long que le gauche. 
Il en est de même des deux membres supérieurs l'un par rap- 
port à l'autre. Genu valgum droit. L'enfant remue bien ses 
jambes, mais ne marche pas. 

Sensibilité générale normale, sauf pour la température, que 
l'enfant ne paraît pas apprécier suffisamment. Étudiée pendant 
son séjour à la Fondation Vallée, l'enfant présente quelques 
modifications ou particularités : au bout de quelques semaines, 
elle commença à manger et ne prit plus le biberon que la nuit ; 
elle eut fréquemment du strabisme convergent, mais il faut 
remarquer qu'elle regardait souvent ses mains de très près. 
Il a toujours été impossible de fixer son attention. 

20 juillet. — Diarrhée verte. Potion avec acide lactique 2 gr. 

24 juillet. — Pas d'amélioration. Créolinc, gr. 20 cent, 
par jour dans un julep de 120 gr. L'enfant va mieux pendant 
^elques jours, puis refuse de prendre la potion. 

9 septembre. — Diarrhée, amaigrissement, hypothermie 
depuis le 31 août, la température variant de 36* à 35<>,4. Potion 
avec acide lactique, 3 gr. 

il septembre. — Pas d'amélioration. Créoline gr. 20 par 
jour, eau de chaux dans le lait. 

13 septembre. — Encore un peu de diarrhée, mais elle 
n'est plus verte. Hier soir, syncope. — Alimentation : lait ; 
poudre de viande, une cuillerée à bouche par jour. -^ Frat- 



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Diarrhée, ictère, hypothermie. 179 

tement. Oxygôue à volonté, boules d*eau chaude. Continuer 
la créoline, le bismuth. Une cuillerée à café d*eau de chaux 
par gobelet de lait. — Poids ; 6 k. 500. 

21 septembre, — Depuis deux jours, la température, qui- 
était descendue à prés de SS^ est remontée au-dessus de 3&>. 
L'enfant prend bien la poudre de viande. Elle n'a plus de 
diarrhée. 

18 octobre. — Revaccination sans résultat (26 octobre). 

12 novembre, — Depuis hier, Tenfant a de Tictére, avec 
coloration de la peau, des conjonctives, de Turine, et décolo- 
ration des matières fécales. — Lait. On continue la potion 
alcoolisée parce que Tenfant ne veut pas prendre de lait 
sans rhum. 

15 novembre. — L'ictère a beaucoup diminué. Les matières 
commencent à se colorer. 

16 novembre. — Augmentation de la coloration de la pe^u 
et des conjonctives. 

20 novembre. — L'ictère a entièrement disparu. L'enfant 
reste très- pâle. 

9 décembre. — Gauc... maigrit de nouveau et paraît très 
faible. Cependant elle demande encore, par des cris, son 
lait, additionné de poudre de viande et de rhum. 

10 décembre. — Cette nuit, l'enfant a eu une syncope. Ce 
matin, elle est d'une pâleur exsangue. Les yeux sont légère- 
ment voilés.. Le pouls «4.1 assez bon. Pas de paralysie. T. R. 
370 et 37^ 6. 

11 décembre. — T. R. 36^ ». — Soir : 37», 4. 

12 décembre. — T. R. 36», T. — Soir ; 36», 6. 

13 décembre. — T. R. 36», 4. -^Soir : 36», 5. 

14 décembre, — T. R. 36», 5. — Soir: 36«, 4. 

15 décembre, — Après avoir été un jour encore dans un 
état inquiétant, G... paraît aujourd'hui absolument remise. 
Elle réclame de nouveau, par des cris, sou alimentation habi- 
tuelle. T. R. 36», 3. — Soir : 36», 5. 

16 décembre. — T. R. 36», 2. — Soir ; 36», 5. 

17 décembre. — T. R. 36», 4. — Soir : 36«, 2. 

18 décembre. — Ce matin, la face a une teinte plombée. 
L'enfant est absolument inerte, mais elle répond fiar des 
mouvements aux excitations cutanées vives. La respiration 
est calme. Le pouls est encore assez fort. — Elle est morle à 
7 heures du soir ce même jour, sans grimaces ni contorsions. 
— Poids, après décès, 5 kilogr. — T. R. aussitôt après la mort 
35», 2 ; 1/4 d'heure après, 34», 3 ; 2 heures après: 33». La tem^ 
pérature de la salle était de 18». 



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i80 Etat des suturSs. 

Autopsie faite 40 heures après le décès. — On a de la peine à 
détacher la calotte à cause des adhérences de la dure-mère. 
On est obligé de faire une section circulaire de cette mem- 
brane, qui adhère très fortement aux os des sutures inter- 
frontale, fronto-pariétale, interpariétale, et dans le voisinage 
de cette dernière. Les sutures sont gorgées de sang, et la 
partie osseuse voisine est considérablement vascularisée. Le 
lendemain de l'autopsie, alors que la calotte avait macéré et 
était complètement nettoyée, les sutures restaient très nette- 
ment accentuées par des dentelures rouges; les parties osseu- 
ses voisines étaient également très rouges. 

La calotte est très asymétrique: le pariétal droit se déve- 
loppe d'une façon prononcée en dehors et en arrière; il en est 
de même de l'occipital du môme côté. Les deux pariétaux se 
présentent sous la forme de saillies hémisphériques. La ré- 
gion frontale est également hémisphérique ; la bosse frontale 
gauche est plus saillante que la droite. L'épaisseur des os est 
très inégale (1); il existe des points translucides : i<> autour 
de ce qui reste de la fontanelle antérieure ; 2" en bas et en 
arrière dans une étendue de 6 à 7 centimètres carrés de 
chaque côté; 3« sur l'occipital, à droite et à gauche, dans 
les points correspondants à ceux qui sont indiqués pour 
les pariétaux. Les sutures n'offreiit pas trace d'ossilica- 
tion à leur surface externe. La suture coronale, peudenielée, 
ne l'est pas du tout au niveau des points dernièrement 
ossifiés de la fontanelle antérieure. Les deux autres sutu- 
res, sagittale et lambdoîde, ne sont pas non plus ossifiées. 
Au niveau de la dernière, existent de petits Ilots osseux (os 
•wormiens). 

Des fontanelles, il ne reste que l'antérieure, représentée par 
une membrane translucide presque de niveau avec les os qui 
l'encadrent, et ayant environ un centimètre de long sur trois 
millimètres de large. Elle est dirigée obliquement de droite 
à gauche et d'arrière en avant. 

La pie-mère est vascularisée sur les faces convexe et 
interne, principalement sur leurs deux tiers postérieurs. 
A la base, la vascularisation est légère. 

Les nerfs olfactifs, optiques, les tubercules mamillaires, 
les artères, les pédoncules cérébraux sont symétriques. Corps 
pituitaire de la grosseur d'un petit pois. 



(1) Sur TocciBiUl, 2 —, à peine ; 6 et 7 — eur la coupe de la partie antérieure 
aes temporaux et un millimètre sur ceUe de laparUe postérieure; sur le fron- 
taij 3 a 4 ■■*, 



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HÉNINGO-BNGÊPHAUTS. iH 

U s'écoule environ 20 gr. de liquide céphalo-rachidien* 

Encéphale 925 gr- 

Hémisphère cérébral droit 410 gr. 

Hémisphère cérébral gauche 410 gr. 

Cerveau 820 gr. 

Hémisphère cérébelleux droit 45 gr. 

Hémisphère cérébelleux gauche 45 gr. 

Bulbe et protubérance i5 gr. 

Cervelet et istUme 105 gr. 

Hémifiphère cérébral droit. — Face convexe. La sci^fiure de 
Sylvius est bien développée et son écartement permet d aper- 
cevoir le lobule de Tinsula d'apparence normale. Le sillon de 
Rolando estcontouré en 8 très allongée. Le lobe frontal pré- 
sente les traces de nombreuses adhérences plus particuHèro- 
ment sur F* et P^ dont la couche périphérique a été presque 
complètement enlevée dans la décortication. F^, bien qu'étant 
le siège de nombreuses adhérences, est beaucoup moint 
altérée. — La suture préfrontale est nettement indiquée, 
F A. altérée dans ses deux tiers inférieurs, est saine dana son 
tiers supérieur. — Le lobe pariétal et le p!i courbe n'offrent 
pas d'altérations macroscopiques. — La scissure perpendicu- 
laire externe est très faiblement accusée. — Le lobe occipilal 
est à peu près sans altération mais les adhérences sont nom- 
breuses sur le lobe temporal et particulièrement au niveau 
des deux tiers antérieurs de T^ et du tiers antérieur de 
•P. 

Face interne. — Les diverses régions de cette face n*ofTrcnt 
aucune lésion notable, leur disposition parait normale. Le 
corps calleux, les noyaux gris centraux, les ventricules ne 
paraissent être le siège d'aucune anomalie, ni d'aucune altÀ* 
ration. 

Hémisphère gauche. Face convexe. Les seissures de ce 
côté sont plus profondes et plus régulières qu'à droite. Le 
lobule de Vinsula est altéré dans sa partie antérieure où il 
offre des adhérences assez nombreuses. — Le lobe frontal 
présente les lésions les plus nombreuses. F^ et F^ ontuneâppa- 
rence gélatiniforme. Ces circonvolutions sont petites, très- 
contournées et divisées par de petites fissures transversal t^w, 
F^ est moin altérée mais a un aspect analogue. La «rt^v^ure 
préfrontale est très accentuée. Le sillon de Uolando est net- 
tement accusé. — -FA, P A sont ^saines. -^ l^e lobule pariétal 



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i82 MÊNINGO-BNCÈPHALITB. 

supérieur présente au niveau de sa partie toute supérieure 
des altérations semblables à celles que nous avons constatées 
sur le lobe frontal. — La scissure perpendiculaire externe est 
très accentuée. Le lobule pariétal inférieur, le lobe occipital 
sont d'apparence normale. Rien sur T^ Adhérences nombreu- 
ses sur toute la surface' de la région inférieure du lobe tem- 
poral 

Face interne. Elle paraît saine dans toute son étendue. 
Signalons cependant des adhérences assez profondes au niveau 
de Torigine de F*. 

Rien de particulier au corps calleux, aux ventricules, ni 
aux noyaux gris centraux. 

Le cervelet n'offre aucune altération macroscopique. — Le 
bulbe et la protubérance sont d*aspect normal et parfaitement 
symétriques. La moelle est symétrique et d'aspect normal 
tant à la périphérie que sur les coupes de ses dilTérentes 
régions. 

Cou. — Thymus du volume d'un petit haricot. — Corps thy- 
roïde normal. — Larynx et trachée, rien de particulier. 

Thorax. — Poumons : gauche (85 gr.), très congestionné 
sur son bord postérieur ; droit (72 gr.). Le sommet est 
un peu œdémateux; il est beaucoup moins congestionné 
que le gauche et présente, à la partie moyenne de son 
bord postérieur, un tubercule assez consistant, de la 
grosseur d'un pois. — Cœur (38 gr.), petit, ferme, avec ses 
vaisseaux saillants à la surface. L'aorte, l'artère pulmo- 
naire et leurs valvules n'ont rien de particulier. Le ventricule 
gauche est fortement épaissi ; sa paroi atteint jusqu'à 8 
millimètres. La valvule mitrale ne paraît pas anatomiquement 
rétrécie ; le bord libre de sa grande valve est un peu épaissi 
mais souple. Le sommet des piliers du ventricule gauche 
est légèrement scléreux. Rien d'anormal au ventricule 
droit. 

Abdomen. — Fote, non adhérent, de couleur brune. 
(S60 gr.) Vésicule remplie de bile. — Les reins sont très 
congestionnés, et pèsent chacun 32 gr. — Rate (25 gr.), de 
consistance ferme ; sa capsule est épaissie, adhérente 
par places. — Pas de lésions intestinales. — Ganglions 
méseutériques hypertrophiés et assez durs. — Le péritoine 



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RÉFLEXIONS. i83 

pariétal n'a rien de particulier. — Vessie de forme allongée, 
remontant presque jusqu'à l'ombilic. — Utérus de la grosseur 
d'un haricot, d'une longueur de 0»»,04. Les ouatres ont une 
longueur de 0», 03, une largeur maxima de 0», 007 et une 
épaisseur de 0™, 003, 

Réflexions. — 1. Nous n'aurions pu nous pronon- 
cer d'une manière précise sur les excès alcooliques du 
père et de la grand'mère paternelle de Tenfant en pré- 
sence des renseignements contradictoires qui nous ont 
été donnés, si une nouvelle enquête n'était venue les 
confirmer. Les excès de boisson du père de Tenfant 
auraient été constatés dès le troisième jour du mariage. 
Il vient d^être condamné pour faux à 4 mois de prison. 
Certains détails feraient présumer la syphilis, anté- 
rieurement au mariage (1). Nous notons encore dans 
la famille paternelle, plusieurs cas de convulsions, 
la méningite^ Véclampsie^ etc. L'état nerveux de la 
mère ne laisse aucun doute. Elle avoue être très impres- 
sionnable, avoir composé beaucoup de poésies, mais 
nie avoir été atteinte d'hystérie et soignée à la Salpê- 
trière. Au sujet de sa mère, il n'y a pas de doute : elle 
a des crises nerveuses. Un des arrière-grands pères 
maternels de Gauc. est mort d'une « paralysie au 
cerveau » en trois jours et une arrière-grand'mère d'un 
« coup de sang. » 

IL La conception a eu lieu trois mois après le mariage 
et probablement durant l'ivresse alcoolique du père : 
« Quand il avait bu, il était très porté là-dessus, autre- 
ment il y pensait bien moins. Pour mes deux autres 
enfants, j'en suis sûre » (2). 

III. La singulière attitude de la mère durant sa 



(1) Il l'aurait contractée en Angleterre, où il était allé après s'être séparé de 
sa première femme. 

(2) Elle atflrme, contrairement à ce que nous avons dit plas haat (p. 175), 
qo*elle n'a pas refusée des rapports conjugaux. 



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lU RÊFLBZI0N8. 

grossesfle a-t-elle eu une influence sur l'enfant, il est 
difïicîle de l'afTîrmcp. Peut-être a-t-elle été en partie la 
cause de la naissance avant terme (7 mois). L'enfant 
n'a survécu que diHdcilement et les convulsions qu'elle 
a eues, dès le troisième jour, étaient sans doute liées 
à la méningo-encéph&lite rendue évidente par l'auto- 
\ psie* 



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;j^ 




XV, 

ÉpUepsîe symptomatitpie ; état de mal, élévation de la 
température; mort 

Par BOUR?îBVILLK %r DAUKIAC. 



BouMAiHE. — Père nerveux, quelques excès de boisson. — 
Tstnte paternelle hyslérique. — Mère nerveuse; névralgies 
faciales; excès de boisson durant ta grossest^e. — Grand- 
père maternel, mort asthmatique. — Cousine, morte de 
méningite. — Tante maternelle, très nerveuse. — Pas de 
consanguinité; inégalité d* âge de 10 ans. 

Naissance avant terme (8 moiii}. ^ Allaitement au lait de 
chèvre. — Premières convulFiom^ à 3 jours, ayant duré 
pendant 4 ou 5 heures — Premières dents à ^mois. — 
Secondes convulsions à 6 mois. — Marche des convulsions 
de 6 mois à A ans. *- Rémission des cOJivulsions de 4 ans à 
6 an*' \ 12 ^ Parole et propreté précoces. —Marche à \H mois. 

— Rougeole à 6 ans îjî suivie du retour di's convulsions. 

— Rémission de 6 ans 1/2 à 7 ans. — .4 7 ans, peur vive 
suivie îe lendemain de convulsions qui ont duré 3/4 
d*heure. — A partir de là, étourdisse menis. — Premier 
accès vers 1 ans 1/2; — retour des accès eoa» les deux 
mois; de 9 ans 1/2 à H ans accès hebdomadaires, — Maxi- 
mumdes accès enîi heures, 20. — Coqueluche vers 3 ans. 

— Intelligence conservée A l'entrée, — Affaibll^^'^emenl de 
lintelligence et modification défavorable du caratère en 
1892, — Etat de mal épileptique : mo^^ 

Autopsie : sclérose atrophique et méningite chronique. 

Marcb.,, (Valentin), né le 17 novembre 1879, à Grand- 
Abbergement, canton d^ Brémon jAin), entré le 23 octobre 
1890, à Bicétre (aemce de M. BouanevjlleJ, eai décédé le 22 
décembre 169^. 



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!86 Antécédents héréditaires. 

Le jeune malade nous arrive le 23 octobre 1890 avec le cer- 
tificat médical suivant, signé de M. le D' Cadet de Gassicourt : 

Je soussigné, médecin de l'hôpital Trousseau, certifle que le jeune March.., 
ftgé de 10 ans, est atteint de mal épileptique parfaitement caractérisé, que 
les attaques épileptiques sont au nombre de 8 à 10 par jour, qu'elles s'accom- 
pagnent de troubles intellectuels et que cette maladie nécessite son entrée 
immédiate dans un hôpital spécial, au point de vue de sa santé et de la 
sécurité publique. 

L'enfant est propre à l'entrée, et n'offre rien de particulier. 
Dès le 31 octobre, il est admis à l'infirmerie, se plaignant 
de maux de gorge. Il accuse aussi des douleurs lombaires, 
a de la fièvre (40<» hier au soir) ; sa peau est chaude et moite. 
Traitement : diète, régime lacté et 0,75 de sulfate de qui- 
nine. 

La fièvre dure une quinzaine, sans qu'il fut possible de 
faire un diagnostic précis. L'état général est bon, et malgré 
cela, l'enfant se plaint de maux de tête, de douleurs articu- 
laires, et dans la gorge et de névralgies. L'intelligence reste 
complète. Le traitement par le salicylate de soude (2gr.) 
donne de bons résultats et le 3 janvier on peut signer Vexeat. 

Antécédents. (R^.nseignements fournis par la mère le 5 
décembre 1890. complétés par le père le 16 mars 1891 .) — Père, 
47 ans, ancien notaire, s'occupe d'affaires. Il se porte bien, 
mais est très nerveux : il se met très facilement en colère. Il 
ne buvait pas au moment où l'enfant est né. Il boit beaucoup 
aujourd'hui ; il a quelquefois des gastralgies et a été traité à 
Lyon pour une anémie du cerveau. Il n'a pas de migraine et 
n'a jamais eu la syphilis. Il est né à Marseille de parents lor- 
rains. Il a acheté une étude de notaire dans un canton de l'Ain, 
sans avoir aucun parent dans ce département L'enfant est né 
là. Le père n'a jamais eu de rhumatismes ni de dartres. Il 
s'est marié à 29 ans, n'a pas fait de service militaire, en étant 
exempté par sa qualité de fils aîné de veuve. 11 n'est plus 
avec sa femme depuis trois mois. II a perdu toutes ses res- 
sources dans un cabinet d'affaires. — [Père, brigadier des 
douanes, mort à 39 ans d'une fluxion de poitrine. — Grands^ 
parents paternels, peu connus. Il a eu des oncles et des tantes 
du côté paternel issus de deux lits. Aucun ne présentait rien 
de particulier au point de vue nerveux. Aucun des enfants 
n'était névropathe. — Mère, morte à 53 ans de la fièvre typhoïde. 
Elle se portait habituellement bien, mais était fort nerveuse. 
— Grand'pète maternel, mort à 83 ans, d'une cystile. — 



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pl^l. ' 



Antêcêdbnts pbbsonnnbls. iST 

Grand*mère maternelle, pas de détails. — Pas d'oncles o\i de 
tantes connus du côté maternel. — Une sœur mariée, lans 
enfants, a été sujette à des crises nerveuses qui n'avaient 
rien d*épileptique. — Il ne voit rien dans le reste de sa famille 
au point de vue nerveux. Pas de tares héréditaires, pas de 
malformations, pas d'aliénés, etc.]. 

Mère, 37 ans, s^occupe de son ménage ; c*e«t une femme 
d'apparence robuste, au teint rouge, paraissant intelligente. 
Elle n'a jamais eu de convulsions, de fièvre typhoïde, de 
migraines, de rhumatismes ou de dartres. Elle se plaint de 
souffrir parfois de névralgies faciales très douloureuses, et 
pour lesquelles on lui a souvent fait des injections de mor- 
phine. — [Père, mort d'un asthme à 72 ans. Il n'a eu que cette 
maladie. — Les grands-parents sont morts fort vieux. — 
Afére, très nerveuse, pourtant elle n'a jamais eu d'attaques de 
nerfs, et n'a jamais fait d'excès de boisson. Elle est morte à 
58 ans d'une maladie du foie qui parait avoir été une cirrhose 
atrophique. — Grand-père maternel, mort de pleurésie puru- 
lente. — Grand'mère, morte d'une maladie de matrice avec 
pertes. — Quatre oncles maternels se portent bien : l*un 
d'eux, capitaine de vaisseau en retraite, a maintenant 72 ani. 
Il souffre du foie. — Pas de tantes maternelles. — Les enfants 
de ses oncles et tantes jouissent d'une bonne santé; pas de 
maladies nerveuses, pas d'aliénation mentale, pas de bègues. 
Toutefois, une cousine germaine a eu une fille qui est morte 
à 21 ans de méningite. — Un frère et ses trois enfants s© 
portent bien et n'ont jamais eu de convulsions. — Une sœur 
sans enfants, est très nerveuse ; elle a eu de 18 à 19 ans de 
petites crises nerveuf^es. 

Pas de consanguinité; mais notons que le père et la mère 
du père étaient cousins germains, de môme que les grands- 
pères et grands'mères paternels et maternels de l'enfant (côté 
du père). 

Un seul enfant : notre malade. — A la conception, rien de 
particulier ; le père ne buvait pas. — La grossesse a été mau- 
vaise : vomissements du commencement à la fin; chute en 
bas d'un escalier, à laquelle la mère attribue l'accouchement 
prématuré. Elle signale deux émotions violentes : Lapreiiùi>re 
serait survenue vers le troisième mois. C'était durant la nuit ; 
son mari se mit fort en colère parce qu'elle l'avait dérangé pour 
.satisfaire un besoin. Cette émotion aurait déterminé une 
hémorragie utérine pour laquelle on l'a soignée. Elle n'a 
jamais été battue par son mari. La seconde émotion eut lieu 



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188 AirrÂcÊDBKTS personnels. 

un mois avant la naissance de l'enfant ; elle fut occasionnée 
par son mari rentrant ivre et qui criait très fort. (A cette 
époque, il buvait très rarement; il n*a commencé à s^adonner 
sérieusement à la boisson que depuis 5 ou 6 ans à la suite de 
ses pertes d'argent). 

Accouchement naturel, sans chloroforme à 8 mois. M., était 
faible, chétif, ne pesait que deux kilogr. : il n'y avait pas d'as- 
phyxie. Trois jours après la naissance, Venfant fut pris de con» 
valsions généralUées. Elles durèrent quatre ou cinq heures 
et étaient fort intenses. La bouche était tirée à droite, les bras 
contractures, de môme que tout le corps. Elles n'étaient pas 
plus marquées d'un côté que de Tautre. A la suite, l'enfant ne 
voulut plus prendre le sein. On fut obligé de le nourrir avec 
des lavements nutritifs, et au lait de chèvre, pendant trois 
semaines environ après sa naissance. II fut ensuite conûé à 
une bonne nourrice et se développa vite. A 6 mois, au moment 
de la poussée des dents, Tenfant fut pris de nouvelles convul- 
sions. Leur durée fut de 30 minutes. Les deux bras étaient 
contractures. 

March... fut nourri au sein jusqu'à 17 mois et sevré dès lors 
complètement. Il ne marcha qu'à 18 mois. 11 disait papa et 
maman à 6 mois. Il grandit jusqu'à 4 ans en ayant des convul- 
sions du môme genre. Il en eut en tout trois ou quatre. Elles 
étaient moins fortes, duraient moins longtemps que les pré- 
cédentes. La bouche, les yeux et les muscles de la face étaient 
seuls intéressés. 

De 4 ans à 6 ans */2 "^^^ "® se produisit. A 6 ans Va» i*ou- 
geole compliquée de convulsions nouvelles. — A 7 ans, son 
père rentre ivre, une nuit où l'enfant était couché avec sa 
mère. Celle-ci avait fermé sa porte; le père la défonça. L'en- 
fant se mit à crier : « au secours. », parce que son père voulait 
battre sa mère ; los agents montèrent et tout se calma. March... 
se rendormit, mais dès le lendemain, il avait une série de 
convulsions qui durèrent trois quarts d'heure. Depuis cette 
époque, il était sujet à dos étourdissements qui lui venaient 
deux foi spsir mois. Six mois après, il avait un accès. 

De 8 ans, à 9 ans ^2 i^ aurait eu des crises tous les deux 
mois environ. De l'âge de 9 ans, à l'époque de son placement, 
il en avait plusieurs fois par semaine. Le plus long inter- 
valle entre elles, durant cette année, a été de 8 jours. La 
maximum des accès en 24 heures aurait été de vingt. — * Pas 
de folie, pas d'automatisme, pas de procursion, pas d'aura. 
Sommeil consécutif de une heure. Au réveil, il était lucide; 
pas de modification du caractère. Pas de traumatismes gra* 



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Description du malade. 189 

ves au COUPS des accès, ni en dehors d'eux, une seule fois 
il s*est blessé au front. 

Pas de vers, pas d*onanisme. Pas de scarlatine, pas de fiè- 
vre typhoïde, pas de diphtérie, etc Coqueluche vers 3 ans. 

Quelques accidents de gourme à la face, et quelques glan- 
des au cou; pas d*abcès, pas d*otite. L'enfant fut mis en 
classe; il était intelligent et apprenait bien: « C'était le 
plus travailleur de sa classe», il sait lire, calculer, faire 
des analyses. Les accès ne firent pas diminuer son intelli- 
gence, mais amenèrent un certain degré d'inhabileté dans les 
mains. Le père alla consulter à la Salpôtrière. On administra 
du bromure et on envoya Tenfant en observation à l'hôpital 
Trousseau chez M. Cadet de Gassicourt, où il resta 18 jours. 
C'est de là qu'on l'envoya à Bicôtre. 

État actuel {^0 janvier 1890.) — Pâleur de la face. Pas 
d'embonpoint, mais pas d'émaciation. Air souffreteux. Peau 
pâle, rosée en certains points, sans cicatrices. Quelques peti- 
tes excoriations à la m lin et aux avant-bras, marques de 
vaccine aux deux bras. Absence de poils sur toute l'étendue 
du corps. Pas d'adénite axillaire ou inguinale. 

Tête ovoïde, plus élargie que normalement à la partie supé- 
rieure; asymétrie de la face : le côté gauche semble moins 
développé. Crâne assez volumineux mais non déformé; bos- 
ses frontales légères; fontanelles oblitérées. Cheveux châtains 
foncés, régulièrement implantés. 

Face ovoïde; arcades sourcilières peu saillantes, pas d'ex- 
cavation de l'orbite ; pas d'exophthalmie ; strabisme divergent 
à droite. Le bord externe de la cornée droite est en contact de 
l'angle externe de l'œil. Iris verdâtre ; pupille non déformée, 
mais mydriasé accusée à droite ; pas de synéchies, pas de 
troubles du côté de la cornée, ni de la conjonctive. l*aupières 
saines. Pas de blépharite, pas de larmoiement. Vision normale; 
pas de diplopie, excepté au moment où les accès vont venir. 
La paralysie a débuté, il y a trois ans, lorsque les accès se sont 
montrés pour la première fois ; quand le strabisme s'est établi, 
il y a eu de la diplopie qui a duré deux mois, et de l'incertitude 
de la marche durant trois mois Acuité visuelle naturelle. Pas 
de rétrécissement du champ visuel. 

Nez droit, assez long, étalé à la base ; les narines ne sont 
pas déformées, regardent en bas et en avant ; pas de déviation 
de la cloison; odorat normal. — Pommettes peu saillantes, 
régulières ; sillons naso-labiaux peu accentués. Bouche petite, 
rectiligne, lèvres minces, non éversées; pas de paralysie de 



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190 DÉVELOPPE MBHr DU ICALADE. 

Torbiculaire ; le mouvement de sifUer ou de souffler se fait 
bien. — Langue et voile du palais normaux» Le goût ne pré- 
sente aucune anomalie. Pas d'hypertrophie des amygdales, 
pas de végétations adénoïdes. 

Menton arrondi. — Oreilles assez grandes, larges en haut, 
mal attachées, assez écartées du point d'insertion ; l'ourlet est 
bien conformé ainsi que les autres parties constituantes. Ouïe 
normale. 

Cou grôle; pas de saillie du corps thyroïde. Mouvements du 
larynx normaux. 

Membres supérieurs amaigris, peu musclés mais réguliers 
et cylindriques ; mains violacées, doigts en fuseaux, un peu 
larges à l'union des phalanges, et des phalangettes, et des 
phalangines. Ongles courts et bombés. 

Membres inférieurs: rien de particulier, pas d'amaigrisse- 
ment, pas de déviation rachitique, pas de pied plat. Orteils 
normaux. 

Thorax non déformé, pas de rachitisme. Abdomen peu 
volumineux. Organes génitaux : bourses petites, testicules 
non descendus. On les sent à l'anneau. Anus normal. 

Pas de troubles de la sensibilité. 

1891. 14 février. — Traitement: Sirop de fer, huile de foie 
de morue, hydrothérapie au l'^* mars. Passé le 15 février à la 
Grande Ecole. 

2 mars. — Légère conjonctivite de Tœil droit, qui amène 
son entrée à l'infirmerie. 

Juin. — Notes d'école. Instruction élémentaire assez bonne. 
Intelligence bien développée ; mémoire exercée. Il se com- 
plaît dans les mauvaises fréquentations et la note du maître 
émet la probabilité d'habitude de pédérastie avec 2 de ses 
amis. 11 n'a cependant jamais été surpris. Il n'est pas voleur. 
Il est remuant et très taquin en classe. Il se tient propre, et a 
soin de ses vêtements. Au réfectoire, il munge proprement. 
A l'atelier du tailleur, qu'il a choisi, il ne montre aucun goût 
pour le métier et est insupportable. Bonnes notes de gym- 
nastique. Il n'a aucune aptitude pour le chant, sa voix est 
fausse. Il commence à faire de l'escrime. 

iS juillet. — Peau. — Puberté. Visage et aisselles glabres. 
Nœvus pi^mentaire dans l'aisselle droite. Un autre naevus un 
peu au-dessous et à gauche de l'ombilic. Testicules égaux, 
du volume d'une petite olive. Circonférence de la verge 48 
millimètres ; — longueur, 35 millimètres. Fin duvet au pénil, 
au périnée et à Tanus. 



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Etat de mal épileptique. 191 

1892. 4 janvier. — Puberté. Verge : longueur, 0,015 mm, ; 
— circoiiféreace. O.Oi-î mm. Gland incomplètement décou- 
vrable. Testicules du Viilume d'une noisette. Quelques peiita 
poils noirs naissants sur le pénii, les aisselles. Dos et poitrine 
glabres. Figure glabre. Quelques poils noirs et courts à la 
partie antéro-interne des jambes. Périnée glabre. 



Mensurations de la tête : 


1891 
Février 


1891 mi 
Juillet Juin 


Circonférnece horizontale maxima 


51. 5 

34. 5 

35. 1 
16. 6 
12. 6 
15. 2 

4. 5 


51. 5 
34. 

34. 
16. 5 
12. 6 
15. 2 
4. S 


17, 2 
12, 5 
15. 
4, 


Demi circonférence bi-auriculaire 


Distance de l'articulation occipito-atloïdienue à 
la racine du nez 


Diamètre antéro-postérieur maximum 


— bi-auriculaire — 


— bi-pariétal — 


Hauteur médiane du front 





POIDS 
TAILLE 



1890 

Janvier Juillet 



24 k. 
1 m. 28 



1891 



Janvier 



24 k. 200 
1 m. 28 



Juillet 



26 k. 200 
1 m. 3. 



J892 



30 k. 
l m. ;*ii 



JuiUer 






Juin, — Ses notes d'école constatent que son caractère est 
devenu très mauvais, qu'il taquine tout le monde, se moque 
de ses camarades, et montre la plus grande susceptibilité 
lorsque ces derniers lui rendent la pareille. Tout le dégoûte 
et rien en classe n'a le don de l'intéresser. Il ne se trouve bien 
nulle part, et se lève constamment. Il ne peut s'astreindre à 
un travail assidu. Il ne fait plus aucun progrès. Il ne se plait 
que dans la société de camarades plus âgés. On n'a pas cons- 
taté d'onanisme. March... se néglige, est moins propre; ses 
vêtements sont >ales et jamais boutonnés. — A l'atelier, aucun 
progrès. A la gymnastique, le maître se montre assez satisfait. 
Il est très mou à l'escrime. 

i 5 décembre. — March. .. entre à l'infirmerie ayant été signalé 
comme ayant des accès répétés. 



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I 



192 



Etat de mal épileptique. 



Dates. 



Accès. 



17 décembre.. 



^ Nuit du 16 au 17. 
( Journée du 17 — 



i Nuit du 17 au 18. 
1 Journée du 18 

( Nuit du 18 au 19... 
f Journée du 19 

^ ^- , i Nuit du 19 au 20 .. 
20 décembre.. { . ^ , «/x 

( Journée du 20 



18 décembre.. 



19 décembre.. 



il 
10 

12 
12 

13 
31 

22 
39 



TOTIL 



21 

24 
44 

61 



Traitement : Lotions vinaigrées froides; sinapismes multi- 
ples; chloral, 3 gr. ; élixir polybromuré. 4 gp. 

21 octobre. — Dans la nuit, a eu 14 accès. Voici l'état 
de Tenfant ce matin (11 heures 1/2). Il est dans la résolution, 
musculaire complète. Couché sur le dos, il regarde dans le 
vague, les paupières entrouvertes. Les conjonctives sont con- 
gestionnées, les pupilles dilatées, les globes oculaires fixes. 
H n'y a pas de nystaginus: Li^s réflexes oculaires, conjoncti- 
vaux et pupillaires sont conservés. La respiration est lente, 
bruyante, irrégulière, on compte 15 àl6 inspirations très pro- 
fondes par minute. La connaissance semble exister. L'enfant 
a souri un peu en voyant son père; il se plaint et parait souf* 
frir. La sensibilité cutanée est peu manifeste iTenfant n'exagère 
pas ses plaintes et ne remue pas quand on le pique. Les lèvres 
sont fuligineuses, la bouche entrouverte; il n'y a pas de con- 
tractures des masseters. Le pouU est à 144. l'as d'inconti- 
nence d'urine. 

Rien d'anormal à Tauscultation du cœur, si ce n'est le rhy- 
thme précipité. La raie méningiiique se produit facilement. 
Tou* ses muscles sont dans la demi-flexion et prennent sans 
résistance la position qu'on leur donne. 

3 heures. — L'enfant est dans le m^me état que ce malin à 
1 i heures. Il a eu un accès à 2 h. V2 • Nous notons un aHaibiia- 
sèment considérable du pouls (142). Tous les muscles sont 
dans la résolution. 

3 h. 10. L'enfant est pri.s d'un accès qui s'annonce par la 
contracture des muscles. La bouche est encore entrouverte, 
mais on ne peut produire l'abaissement de la mâchoire. Au 
bout de 4 ou 5 secondes, surviennent des mouvements rhytbmi- 
ques des lèvres et des paupières, puis le malade ouvr^ iarge- 



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Etat de mal épilbptique. 



(98 



ment la bouche et la tient ainsi ouverte pendant toute sa crise. 
Des secousses cioniques se manifestent alors dans les bras éga* 
lement des deu\ côtés. Elles sont très brusques, durent une 
ou deux secondes, puis le malade écarte les bras et les met 
en croix II les raïaône ensuite en pronation les poings fermés, 
les pouces dans la position normale. Il a de nouveau quelques 
secousses cioniques. Les muscles du visage sont également 
animés de quelques spasmes. 

Les yeux, portés fortement en haut (pupilles également dila- 
tées), reprennent leur position normale, puis tous les muscles 
reviennent en résolution. Les jambes n*ont présenté que de 
légers mouvements cioniques. Pas d'évacuation durant raccès. 
Le tout a duré 2 minutes. A la fin, quelques cris gutturaux. 
Le pouls est un peu plus fort. 

3 h. 20. Nouvelle crise absolument semblable. Notons une 
faible exagération des mouvements toniques du côté gauche. 



MOIS. 



Janvier 

Février 

Mara 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 
Octobro ... 
Novembre., 
Décembre.. 



Accès. Vertig. 



49 

9 



Totaux....... 49 

BouRNBViLLE, Bicêtre, 1892. 



1891 



Accès. Vertig. 



» 
37 
41 

f 



33 

» 

» ■ 



» I 111 




f 

37 
2 

9 

27 
» 
4 

21 
8 

9 
9 

194 



293 



f 

7' 

6 

f 
» 

9 
9 

2 
3 

9 
1 
9 



19 
13 



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r 



194 KTAT DE MAL ÉPILEPTIQUE. 

L« membre inférieur gauche a été animé de mouvements con- 
Tulaïfi qui ae sont ensuite manifestés à gauche. Les cuisses 
tonten adduction, les jambes en légère abduction. Durée une 
minute à peine. T. E. 39^ après la crise. L'enfant reste ensuite 
dans Télat de torpeur décrit ce matin, sans avoir la moindre 
connaissance. Durant ses crises^ Tenfant est pâle; après la 
crise, il a le visage coloré, surtout aux pommettes. Applica- 
tiOQ de quatre sangsues aux apophyses mastoîdes. 

Marche des accès pendant Vétat de mal. 

IC déoêmbre. — 3 accès dans la journée. 
Il accès dans la nuit du 16 au 17 : 

3* - & 10 h. 40, 

4* — âllli. 25. 

r,* _ A 19 1, o-i i T. pendant le ronûement 37-, 6 

a — ifci^a-^. j _ r/4 dMieure après 38- . 

G* - 4 ih.To. 

7- ^ è 2 h. ^, 

g* — Ik Hh.^. 
|0i - i 4 11. Sj. 
tu ^ ik 4 11. 50. 

17 décembre. — 10 accès dans la journée, 
(«accéià Gh. li. 

^« — i\ n h Tû i '^- pendant le rondement 37- 8 

I — Vi d^heure après 38* > 

a- - * 7 11, ». 

à^ ^ A. Hh ■ * "T- P«ndant le ronflement 38* ■ 

*^ * BU. ■. j _ f/^ d^heure après 30- • 

5* — a lOlïp ■, 

G» ** àlOJi.aO, 

7» — û I 11. », 

8» ^ ft 3 h. .. 

!}« ^ à îbMô. 

in» _ tL iii • i "^ï Pendant le ronflement 38* - 

10» - ti 3IU ., j «i/^a'heve après... 38% a 



i^utt du il au 18 : 42 accfs. 

ÎT, pendi^nt J« ronflement 37% 

— I/ft dUièate après 38* 

'^ 2 heures après 38*. 



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Etat d£ mal bpilbptique. i% 



18 décembre. — 12 accès dans la journée. 

l'accès à 6 h. 



2« accès à 


6 h. 


15. 


3- 


» 


à 


6 h. 


30. 


4» 


— 


à 


6 h. 


45. 


5* 


- 


à 


6b. 


50. 


6« 


— 


à 


7h. 


10. 


?• 


— 


a 


7h. 


20. 


8- 


— 


à 


10 h. 


15. 


9- 


— 


à 


Ih. 




lO* 


— 


à 


2 h. 




li- 


— 


à 


2 h. 


30. 


\2* 


— 


à 


3h 


.25. 


13* 


— 


à 


41i 


.30. 



T. pendant le ronflement 38*, t 

— 1/4 d'heure après 38*, 1 



I T. pendant le ronflement .% S7«, 9 

I — i/i d'iieure après 38», 1 



T. pendant le ronflement 37% S 

"- Vi d'heure après 88* • 



19 décembre. — 31 accès. 

1« accès 1 T. pendant le ronflemtftt 37% 8 

' »^^'^'» i — 1/4 d'heure après 38». • 

ÎT. pendant le ronflement 38«, 2 

i/a d'heure après. ^ 34% b 

1 heure après 3i^» î 

1A. «^/.A. i 1 heure après 38% 4. 

*^^<^<^** î 1/4 d'heure après 38*! 2 

Nuit du 19 au 20 décembre : 22 accès. 

20 décembre : de 6 à 11 heures du matin : 29 accès. 

9. ««.,A« i Température 38«. * 

^^^^®* 1 1/4 d'heure après 88% 2 

r. o/.»^e I T. pendant le ronflement 38% 3 

^*^<^^^^ i 1/4 Idiheure après 3^, V 

itut,,^i*Aa ( T. pendant le ronflement 3^V 4 

^^oxices I r/^â'heure après S% 6 

De 11 heures Va ^^ 80ir à 8 heures : 5 accès. 

l'accès à 2 h. 30. 

ÎT. pendantle ronflement 38% 5 

1/4 d'heureaprès 38», 6 

2 heures après 38*, 5 

3» — à 4 h. 

i» — à 4 h. 30. 

5- — à 7 h. 40. 

21 décembre. ^ De 6 h. à 11 h. Va du matin, 21 accès. — 
De 11 h. Va ^ ^ h- Va •' P^s d'accès. De 2 h. Va à 8 h. du soir : 
18 accès : T. R. au 3« accès : 38«, 5. V* d'heure Stprès : 38« 6. •- 



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i% ËTAT DE MAL ÊPILBPTIQUE. 

R. au 6« accèg ; 38». 6. ^4 d'heure après : 38», 6. — T. R. au9« 
accès : 38o,6. *U d'heure après : 38» 7. — T. R. au !!• accès: 
39». V4 d'heure après : 39», 1 ; 2 heures après 39», 2. T. R. au !?• 
accès : 39», 5. *U d'heure après ; 39», 8. — T. R. au IS» accès 
39», 5, V4 d'heure après : 39». 5. 

De 8 heures du soir à minuit : 4 accès. Pas d'accès le restant 
de la nuit. — L'enfant meurt le 22 décembre à 7 heures du 
matin. T.R. aussitôt après la mort : 40». 2 ; — V4 d'heure après 
40».; — 1 heure après : 38»; 2 heures après : 3G», 9; 4 heures: 
Va aprèg : 35». 

Poid8 après décès : 32 kilogr. 100. 

Autopsie faite le 23 décembre 1892. — Tèle. — Cuir che- 
velUf peu épais, dur, légèrement coloré dans sa moitié supé- 
rieure, assez fortement vascularisé dans sa partie posté- 
rieure. 

Calotte assez dure, symétrique, ofTrant un rétrécissemer t 
notable au niveau des ptérions, brachycéphalie manifes- 
te. Très épaissie au niveau du front et de l'occiput, elle ofTre 
0, Oi centimètre d'épaisseur sur la ligne médiane vers le front, 
et 0, 007 millimètres au point correspondant de l'occipital. 
Cette épaisseur va graduellem^^nt en diminuant de la 
suture fronto-pari étale à la suture squameuse, où la calotte 
n'offre que 3 mm. d'épaisseur. Elle est à peu p es opaque en 
tous points, excepté au niveau d^ deux points sy.nétriques 
des pariétaux, situés à 2 centimètres du bregma ; au niveau de 
la partie antérieure du frontal se trouvent des plaques légè- 
rement transparentes, de la surface d'une pièce de 20 centi- 
mes correspondant à des dépressions légères; la tache droite 
est plus mince et moins étendue que la gauche. Sur la table 
interne de la calotte on aperçoit, particulièrement sur les parié- 
taux, un nombre considérable de pertuis. Les sillons des vais- 
seaux méningés sont nombreux, arborisés et assez profonds 
sur les pariétaux. Les suture ne présentent en aucun point 
des traces de synostose. Elles sont toutes fmement dentelées. 
Deux petits 08 vormiens se remarquent à la partie gauche de 
la suture lambdoîde. Pas de traces de la suture métopique. 

La dure-mère est peu épaisse, non congestionnée; quelques 
adhérences au niveau des deux côtés de la tente du cervelet. 
Les sinus sont gorgés de sang coagulé. Les cavités de la base 
paraissent symétriques, le trou occipital est normal. — Corps 
pituiatire, rien de particulier. La pie-mère de la base est 
très-injectée. — Les nerfs olfuctifs, optiques, les tubercules 
piamillaires, les artères et la protubérauce, sont symétri- 



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ques. La pie-môre de la convexité est très*peu vascularisée : 
quelques plaques ecchymotiques à droite et à gauche. Les 
veines de la convexité et les artères de la base sont distendues 
par du sang fluide. Il y a une légère distension des veines sur 
les faces internes. 

Le cerveau est ferme. La pie-mère de la protubérance est 
congestionnée : elle est épaisse et s*enlève facilement. — La 
protubérance, le bulbe et le 4« ventricule n'offrent rien de spé- 
cial, 

Encépliale 1220 gr. 

Hémispliére cérébral droit 520 gr. 

— — gauche .*". 545 gr. 

Cerveau 1065 gr. 

Bulbe ei protubérance 20 gr. 

Hémisphère cérébelleux droit 65 gr. 

— — gauche « 70 gr. 

Cervelet et isthme 155 gr. 

Liquide céphalo-rachidien en petite quantité. 

HémUphère gauche — La décortication se fait assez faci- 
lement, mais, dans les sillons, la pie-mère semble un peu 
épaissie. Les circonvolutions sont bien plissées sur tout le 
lobe frontal. Sur le lobe pariétal et sur la pariétale ascen- 
dante, on note un aspect chagriné. 11 en est de même pour la 
temporale 

En arrière et sur la face interne on remarque de nombreux 
sillons superficiels sur les circonvolutions occipitales qui sont 
en partie ficléronées. blanrhes et dures. — Le ventricule latéral, 
la corne d'Ammon, les masses centrales n'offrent rien de 
spécial. Sur les deux hémisphères les circonvolutions sont 
tassées et on a peine à faire sortir la pie«mère des sillons. 

Hémisphère droit — Ici aussi les circonvolutions pariétales 
sont plus grêles mais elles n*ont pas l'aspect chagriné. — 
Môme particularité à gauche au niveau de la pie-mère, des 
sillon-, etc. Sur la face interne on retrouve une atrophie avec 
scléroi^e dw lobe occipital. — Ventricule latéral, corne d'Am^ 
mon, masiies centrales, rien de particulier. • 

En résumé, en ce qui concerne le cerveau il n'y a à relever 
que : i^ le rétrécissement de la pie-mère et la sclérose des 
circonvolutions, indices d'une méningite chronique pouvant 
correspondre à l'affaiblissement intellectuel et à l'irritabilité 
notée d.ins les durniers temps; — •?• la sclérose atrophique 
de la face interne des lobes occipitaux. 



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iW BftFLBXIONS; ÉTAT DE MAL. 

Cou. — Larynx et trachée normaux. — Persistance du 
thymus, — Corps t/iyroidc normal. 

Thorax, '^Poumon droit (350 gr.), sain sans ecchymoses.— 
Poumon gauche, (320 gr.), un peu de congestion hyposta- 
tique. — Pas d'ecchymoses. 

Abdomen. — Rein gauche (200 gr.), un peu congestionné. 
•« Rein droit (90 gr.). rien à signaler. — Foie (800 gr.), con- 
gestionné, brun à la coupe. — Rate (80 gr.), normale. — Pas 
de culculs dans la vessie. 

Rëflbxions. — I. March.. est d'une souche ner- 
veuse : son père' est un violent dont la vie passable- 
ment agitée dénote une certaine dose d'instabilité 
mentale. Chez une de ses tantes paternelles, le 
nervosisme s*est traduit par des crises d'hystérie. Du 
côté maternel, même tempérament excitable, et en 
plus des névralgies faciales qui ont nécessité remploi 
de la morphine. Une cousine est morte de méningite. 

IL La grossesse a été troublée par de fortes émo- 
tions, dues à des scènes de violence faites par le père. 
L'enfant, né à huit mois, a eu, trois jours après sa 
naissance, des convulsions. Ce sont elles qu'il faut 
rendre responsables de Tépilepsie ultérieure. Ces 
convulsions ont été d'emblée généralisées à tout le 
corps. Elles se sont renouvelées à diverses reprises 
jusqu'à l'âge de 7 ans. On ne saurait à notre avis 
préciser exactement Tépoque où a débuté l'épilepsie 
et où finirent les convulsions. 

Il nous parait vraisemblable que la (c série des 
convulsions » qui succéda à la frayeur nocturne éprou- 
irée paff l'enfant en voyant son père ivre, avait déjà le 
caractère des accès d'épilepsie. Des étourdissements 
se montrèrent aussitôt après et au bout de six mois 
éclata ce que les parents appellent le premier accès. 

Les accès ne présentaient rien de particulièrement 
intéressant au point de vue symptomatique. Ils offraient 



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RÉFLEXIONS ; ÉTAT DE MAL. i%^ 

toutefois un certain degré de gravité puisqu'ils no 
tardèrent pas à influencer la motilité de l'enfant. 
C'est après avoir constaté un certain degré d'inhabî* 
le té dans les mains de son fils que le père alla consul- 
ter à la Salpêtrière. Jusqu'au moment de Tentréo à 
Bicêtre le mal caduc n'avait pas retenti défavorable- 
ment sur Tintelligence de March.. C'est seulement en 
1892 qu'on note une modification défavorable du 
caractère et une tendance assez marquée vers la 
déchéanco intellectuelle. 

III. L'inspection du crâne de notre malade ne peut 
rien faire présumer à première vue. Pas de microcé- 
phalie, pas de malformation évidente. On observe 
senlenient un élargissement de la voûte avec asymé- 
trie faciale. 

Les accès se produisaient par séries et durant son 
séjour dans le service (26 mois) on releva une rémission 
de trois mois, une autre de six mois, une do deux 
mois et deux d'un mois. C'est à la suite de la rémission 
de deux mois qu'est survenu Vétat de mal auquel 
March. a succombé. 

IV. Cet état de mal a été caractérisé par une période 
convulsive avec répétition à peu près incessante, à un 
moment donné, des paroxysmes spasmodiques. Les 
accès ont d'abord été complets et séparés par un 
court intervalle ; puis, ils sont bientôt devenus incom- 
plets et subintrants. Dans l'intervalle des accès^ à ta 
fin, le malade ne reprenait pas connaissance et restait 
dans un état comateux. La température a oscillé entre 
38"* et 39"* durant les premiers jours et le dernier, elle 
s'est élevée à 39% 5. Le pronostic est alors devenu 
défavorable. Le pouls et la respiration, tous deux éga- 
lement précipités, n'avaient aucune tendance à changer 
de caractère. Le malade au fur et à mesure de la 



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20a RÉFLBXïOKS ; ÉTAT DE MAL. 

répétition des accès ne répondait plus à aucune exci- 
tation- Sept heures avant la mort, après le dernier 
accès, la température était de 39*^, 5 ; elle continua 
de monter et, aussitôt après le décès, on notait 40°, 1 
Au point de'vue de la température^ ce fait confirme 
une fois de plus ce que nous avons dit, à savoir qu'elle 
s'élève durant Tétat de mal épileptique. 

Chez March. les convulsions ont prédominé tantôt 
d'un côté, tantôt de Tautre, commo si la décharge 
s*était faite alternativement dans Tun ou l'autre des 
hémisphères cérébraux. 

V, L'autopsie ne nous a apporté aucune notioD 
nouvelle sur la nature et la localisation de mal. Peu 
de congestion dans la boîte osseuse et dans les mem- 
branes du cerveau. Quelques plaques ccchymotiques 
de la pie-mère qui est congestionnée par places. 
Quant aux territoires du cerveau plus ou moins scié- 
Tosés ou d'aspec( chfigriné leur état doit être attribué 
aux séries convulsives de la première enfance. 



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XVI. 



Idiotie complète ; méningite purulente ; congestion iriense 
des os du crâne et distension des sutures; 



Pab BOCRNEVILLE et FERHIËH. 



Sommaire. — Pas d'antécédents. — Idiotie, cachexie, cécité, 
— Leucome total adhérent dem deux côtés. — Parole et 
marche nulles. — Entérite à deux reprises, — Méningite 
arec cris et grincements de dents. Mort. 

Autopsie. Calotte extrêmement milice et molle. — Adhéren- 
ces de la dure-mère au niveau des su iuts. — Pus de trare 
de synostose. — Plaques 1res abondantes et étendues de 
méningite purulente. — Méningite chvoinque de la con- 
vexité et de la base. — Circonvolutions cérèbfnles et scis- 
sures assez irrégulières. — Rien de particulier dans les 
viscères. 

Marti. .^ (Marcel), né à Paris, le 24 octobre J890. est envoyé 
des Enfants-Assistés à Bicôtre (service de M. BouRKEVfLLE), 
le 6 mai 1892. En raison de son origine, nous n'avons aucun 
renseignement sur les antécédents héréditaires et personnels 
de cet enfant. 

Etat actuel — Enfant pâle, d*aspect chétif. — Tête aasez 
développée, asymétrique. Protubérance occipitale très proé- 
minente. Bosse pariétale droite plus élevée et plus saillante 
que la gauche. Cette dernière est sur un plan plus recaîi; que 
la bosse pariétale droite. Bosses frontales latérales très peu 
marquées. Légère bosse frontale moyenne. Pas de trace de ta 
fontanelle antérieure. Dépression nettement sensible au 
sommet du lambda. Cette dépression est constituée par la 
suture parléto-occipitale. Cheveux blonds peu épais, très linn. 



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ifft Description du mâlai». 

régulièrement implantés, avec tourbillon postérieur un peu à 
droite delà ligne médiane. Veinosités sous-cutanées au niveau 
du front i»t des deux régions temporales, mais plus acusées du 
côté droit. 

Fro7i( convexe transversalement. Arcades sourcilières non 
laîHantea Orbites assez grandes. Sourcils blonds, très-peu 
abondants. Cils longs et châtains. Paupières également mobi- 
les, saines. Fentes palpébrales suffisantes. Globes oculaires 
profondément enfoncés dans l'orbite. Strabisme interne de 
i'cBil gauche. Conjonctive péricornéenne saine. Cornée opaci- 
fiée des deux côtés, dans sa partie moyenne. L'examen op/i- 
thalmoscopique, fait par M. Vialet, interne des hôpitaux, 
montre à gauche et à droite, un leucome total adhérent, et de 
plus, à droite, une occlusion pupillaire et l'atrophie de l'iris. 

Nez petit, bien conformé, droit. Narines assez grandes. 
L'enfant respire ordinairement parle nez. — Bouche 2 cen- 
timètres. Lèvres supérieure et inférieure bien conformées, 
toutes Yen deux rosées. L'enfant suce continuellement le pouce 
droit. — Menton petit. Pas de prognathisme inférieur. — 
Voûte palatine en ogive. La ligne médiane de la voûte est 
déviée à gauche. Pas de division de la voûte ni du voile du palais. 
Amygdales petites. L'pnfant a neuf dents temporaires, 4 inci- 
sives supérieures, dont les 2 de gauche sont en retrait sur les 
inférîeureâ; une grosse molaire supérieure à droite, et 4 inci- 
sives inférieures. Joues assez pleines, pommettes non saillan- 
tes. — hesoreilles sont inégales : la gauche a 4 centimètres de 
longueur, la droite 5 centimètres à; la gauche est légèrement 
écartée et la droite s'écart» très nettement de la tète. Lobule 
non adhérent. Les diverses parties de l'oreille sont bien 
conformées. Pas d'otorrhée. 

Cou, court; circonférence 22 centimètres. Corps thyroïde 
vaguement perceptible. Petits ganglions sous-maxillaires à 
gauche. 

Thorax à peu près cylindrique. Circonférence: 44 centi- 
mètres. Sternum légèrement proéminent. Colonne vertébrale 
non déviée. Rien à la percussion. A l'auscultation, quelques 
râles ronflants des deux côtés en arrière. Rien au cœur, pouls 
régulier. 

>l£}dûme^isouple,nondouloureuxàla palpation. Matité hépa- 
tique normale. Rate non perceptible. 

Membres supérieurs égaux, sans saillies musculaires, assez 
abondamment pourvus de tissu graisseux sous-cutané. Les 
mouvements des deux bras paraissent possibles. Ongles 
minces. 



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MÉNINGITE. 203 

Membres inférieurs égaux, assez développés. Pannicule 
adipeux assez épais. Les membres sont mobiles, mais occupent 
toujours la même position: (lexiondes cuisses sur le bassin et 
des jambes sur les cuisses. Les pieds sont régulièrement con- 
formés, les ongles minces, aplatis. Le pli de Taine gauche est 
le siège d un érythème assez intense. L*enfantne marche pas, 
mais tous les mouvements, spontanés et provoqués, des mem- 
bres inférieurs sont possibles. 

Peau glabre. — Verge : longueur, 2 centimètres 5. — Circon- 
férence, 2 centimètres. Phimosis. Testicules du volume d'une 
petite noisette, placés tous les deux à Torifice inférieur du tra- 
jet inguinal. Région anale normale. 

Voix forte. L'enfant sent le contact le choc, les piqûres, 
et réagit sous reffet des températures différentes de la sienne. 
— Traitement : 3 bains .salés par semaine ; exercer Tenfant à 
marcher ; mettre de la teinture de coloquinte sur ses doigts ; 
Tempécher de mettre ses doigts dans ses yeux (habitude fré- 
quente chez nos enfants idiots atteints de cécité)» 

30 juin. — L'enfant a de la diarrhée depuis deux jours : sel- 
les vertes et pseudo-membraneuses. Potion avec 2 gr. d'acide 
lactique à prendre en deux jours. 

2 juillet. — Amélioration légère. La diarrhée est toujours 
abondante et verte. Une cuillerée à café d'eau créolinée à 
i millième toutes les 2 heures. 

A juillet, — Revaccination sans succès. 

12 juillet. — L'enfant n'a plus de diarrhée depuis 5 ou 6 
jours. T. R. 37», 2. 

20 juillet. — T. R. 38», 4. L'enfant maigrit énormément de- 
puis quelques jours et son appétit se ralentit. Il pousse des 
plaintes continuelles, surtout la nuit. — Soir. Forte élévation 
de température : 40<», 2. — Diarrhée abondante et verdAtre. 
Vomissements bilieux, grincements de dents; excitation. 

21 juillet. — T. R. 39«,'4. --Soir: 39^ 6. 

22 juillet. — T. R. 3 1», 4. La diarrhée n'a pas cessé, et la 
maigreur augmente. Raideur de la nuque. Légère parésie 
du côté droit. Yeux caves et bistrés. Les grincements de 
dents continuent. La diarrhée cesse. — Soir : T. R. 39^,6. 

23 juillet. — T. R. 39», 6. - Soir : 40». 

24 juillet. — Môme état général. T. R. 39o, 9. La respiration 
s'embarrasse de plus en plus. — Soir : T. R. 39». 3. — Mort 
vers 11 heures et demie du soir. T. R. aussitôt après la mort: 
37», H?| ; — 1/4 d'heure après : 36», 8 ; — 1 heure après ; 32». Tem- 
pérature de la chambre : 18». Poids après décès : 4 kgr. 900. 



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( 

I 



i 



38t MÉNINGITE ; DtSTENSIOK DES SUTURES. 

Autopsie faite 34 heures après le décès. — Tête. -^ A Tenlè- 
vemeiit de la calotte, on éprouve les plus grandes difiioultés ; 
Il y a, en effet, de nombreuses ad/iérences localisées au bregma 
tout le long de la suture sagittale, au lambda et aux deux 
branches de la suture lambdoide. La calotte est violacée, 
extrêmement molle et mince : la plus légère traction suffirait 
pour la briser. Dans les efforts faits pour l'enlever te frontal 
g'eist désuni d'avec le pariétal gauche, de sorte qu'il ne reste 
plus, à Tt^tat intact, que la partie droite de la suture coronale. 
qui est très injectée. À la palpation« on sent, dans son inters- 
tice, une sorte de bourrelet rouge, vasculaire, formé par la 
membrane intersuturale, et qui forme saillie. En aucun point, 
cette suture n'est le siège d'un travail synostoscique, pas plus 
sur la table interne que sur la table externe. 

Encéphale 980 gr. 

lîéuiisphére cérébral gauche 420 gr. 

H^iuisphère cérébral droit 415 gr. 

Cerveau 835 gr. 

Cervelet et isthme 130 gr. 

Hémisphère gauche. — Lésions de méningite purulent^ 
exiréîïïGuient étendues. Les plaques ménitigiliquessonlsurtout 
abontJauies au niveau de la scissure de Sylvius. 11 y a là une 
pliique, de la largeur d'une pièce de 5 francs, qui rayonne sur 
le pied des circonvolutions frontales, sur la pariétale ascen- 
dantu et sur l'extrémité des circonvolutions temporales. Les 
vaisseaux de la région sont fortement injectés. A la face interne 
ou trouve des plaques de méningite disséminées un peu par- 
tout, mais principalement le long des vaisseaux et vers le 
lobule paracentral. 

Hèmii^phère cérébral droit. Ici. les plaques de méningite 
purulente sont surtout localisées le Ion; des vaisseaux. On 
retrouve ces lésions fort étendues le long de la sylvienne, et 
sur [e trajet d'une grosse veine qui suit la scissure de Rolando. 
L'exiréniité antérieure du cerveau est coiffée, jusqu'au lobule 
paracentral, d'une plaque méningitique continue qui descend 
égîdenu'nt sur la face interne et sur la face externe. L'hexa- 
gone ûc Willis est entouré d'un lit purulent. Les vaisseaux 
qui rampent à la base du cervelet sont aussi le siège de plaques 
niéningi tiques abondantes. 

Cerveau, — Morphologiquement, il présente quelques points 
in t£^ ressauts: le peu d'obliquité de la bcissure de Rolando des 



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MÉNINGITE. 205 

deux cntt^a (à g^aiiehe elle est presque verticale, h rlroîte* eîle 
s'irrcline un pfHï plus en ajcrièrek i'uhliqiiiié ïiti contrîure bien 
prononcée de la branche linrizonlale ne la^rissurtî de ^ylvins. 
Sur l'hL^misî)h(>regaurhe, le pli de passa<,'e superlitiel qui urnl 
en bas les deux circonvolutions PA ei PA est eomuie rejeté en 
arrièn\ Les circonvolutions frontales n'ûffront nen de par lieu- 
lier, îjesi'irconvohïMons FA et PAî^ionl Irt^s sinueuses à gaiirhe, 
presque sans f»lîs à ilroile. Il y a lieu de noter un cei'Iaiu def^'^ré 
d'atrophie po riant snr les ciï"t:orïvoluiinns qui bordent la seîs- 
snreoceipitale, du côté gauche fleuleui en t. Les cireonvolutions 
temporalcîi sont t^paisses. — La eireonvolulioii du eorps cal- 
leux do rhëmisphôre droit est trèa peu divisée, et, dans sa 
partie moyenne, est à peine séparée du corps calleux. Rien 
datis les ventricules ni à Ja corne d'Ammon. 

CùU^ — Persîstïincc du thtjmu>^, qui est tout-à-faît rudîraên- 
taire. — Corps thyroïde, d une conformation normale. 

Thorax. — Poumon droit (70 ^rj, rosé, sain; il est divisé 
en trois lobes bien di^itiucts. Aucune trace de lésions tuber- 
culeuses au Bouïniet, — Poumon (fauche [lït gr,)* sain, 
divi.'^é imparfaitement en trois îobes, de coloration rosée. — 
Cœu r \ hh gr I . L'o rci l lot te gauche est p a?' 1 1 elleme o t re -n pU e par 
uti caillot libririeux^^rîsatre. La valvule jni traie est vaine. L'o ri - 
tire de l'aorte est saiji, ainsi que les valvules aigtnoides. Pas 
de persistance du trou de Botal. Rien de particulier dans 
le cceur. 

Abdomen. — Foie [225 gr.). Son appareil ligameutcux est 
intact. La vésicute biliaire contient de la bille lliiide. Le foio 
parait sain à la coupe. — Uale l'30 gr.\, non altérée. -— Pan- 
créRu (10 gr.l, d'aijparcncc saine. — Kent droit |30 gr*}; rein 
gauclie {Il ^r.), sains. La décorti cation cat facile, — Uien de 
particulier daus le tabe digestif. 

Réflexions. — I. L'observation de cet enfant est 
forcément încoTfiplèbe, an point du vue dos causes de 
lidiotiej jiuis[|ue nous n'avons autnin détail sur ses 
antéL'édents licréditairo^î ou personnels. Mais elle olïre, 
relativement à l'enfant lui-même, trois points intéres- 
sants. 

IL D'abord cet enfant est mort de méningite cévé* 



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20ti REFLEXIONS. 

brale, à la suite d'une affection intestinale grave, de 
nature difTicilc à déterminer. En effet, quoique la 
diarrhée ait été le seul signe observé, du 30 juin au 8 
ou 10 juillet, on peut se demander si Tenfant n*a pas 
eu une fièvre typhoïde (1), et rapprocher son cas de 
ceux d'autres enfants, atteints, dans le service, de cette 
même maladie, et qui sont morts de méningite puru- 
lente plus ou moins longtemps après. II est regretta- 
ble que dans ces divers cas Texamcn bactériologique 
n'ait pu être fait. 

III. Le second point a trait au crâne. Ici nous cons- 
tatons, comme dans la plupart des observations du 
sen ice, qu'il ri existe pas trace de syiiosfose, et que 
riiypothèsc qui a inspiré à M. leD*" FuUer d*abord (1877), 
puis à M. le D' Ouéniot (1889^, ensuite à M. le pro- 
fesseur Lannelongue (1890) Tidée de la trépanation chez 
les idiots, n'est aucunement justiQée parla présente 
observation. 

IV» Ainsi que nous l'avons noté, à diverses repri- 
ses, les sutures étaient distendues par une sorte de 
co?YÎo?i rouge, ssiilhnt^ constitué par une congestion 
intense de la membrane intersuturale, que Ton peut 
considérer comme une lésion concomitante de la 
méningite (2), 



11} Voici 


Jii marc^ic rfo U iûmpér&ture da 30 juin au 8 juillet, qui ne tran- 


clie pas la question : 




30 juin. 


- 3/a(m:3 


7% 8. -Soir; 39% 8. 


i*r jtiiîUt. — Matin 


;37*, 4. -Soir.-aS'. 


2 . 


^ 


37'> 3. 37», 5. 


S -* 


— 


a7% 4. - — 39». 


■i — 


« 


38. 39«, 2. 


5 -^ 


— 


37-, 7. 37% 5. 


- 


« 


37-, 4, 37% 6. 


7 ™ 


— . 


;i7^7. 37% 7. 


S ^ 


_ 


37*j 5. — — 37% 5. 


r2) Voir 


page 177* 





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XVII. 

Idiotie méningitique; 

Par BOVRNE ville et DAURIAG. 



I 



Sommaire. — Grand' mère paternelle morte épiiêptique (en \ 

état de mal probablement), — Mère émotive m^is sans cri^ \ 

ses nerveuses. — Une tante paternelle de la îaère êpilepti- \ 

que. — Une sœur de la mère nerveuse, de caractère bizarre. ; 

— Un frère de la mère mort de congestion cérébrale. — 
Un autre frère de la mère a un fils paralysé et qui parait 
être hydrocéphale. — Un autre frèrede Isomère enfermé à 

Bicêtre pour un accès de délire. — Pas de consanguiniié^ \ 

Inégalité d'âge de 16 ans, i 

Accouchement par la face. — Travail ayant duré 5 heures. \ 

Allaitement au lait de vache. Première dent à 2 ans passés, \ 

— Accidents scrofuleux, — Symptômes méningitiques en 
1891. — Etourdissements quelque temps avant son entrée 
à Bicêtre. — Grincements de dents. — Accès de colère. — 
Tics. Parole à peu près nulle. — Broncho^pneuynoniû. 

Autopsie. — Pas de trace de synostose. — Léger degré de 
persistance de la fontanelle antérieure. — Adhérences de 
la pie-mère à lu dure-mère, d'une part, et auec la substance 
cérébrale d'autre part. — Broncho-pneumonie en foyers 
disséminés dans les deux poumons. — Hrjpertrophic des 
ganglions péritrachéO'bronchiques. 

Watteb... (Edouard) Gustave, Marie), âgé de 3 ans {/2,néle 
8 décembre 1888 à Paris, est entré le 14 mai 18U2 à 
Bicêtre (service de M. Fourneville). 

Antécédents héréditaires. (Renseignements fournie paria 
mère le 22 mai.) — Père, 65 ans, employé de commerce, ni 



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i 



208 Antécédents héréditaires. 

fièvre typhoïde, ni convulsions ; pas de chorée, de rhumatis- 
mes, d alïections cutanées et aucun signe de syphilis. Conges- 
tion puliiianaire à 61 ans, depuis laryngite. l'as d*excés de 
hoissoTT. Jl fumedeu.xou trois pipes de tabac par jour. Pas de 
migraines. Marié 2 fois. La première femme, qui n'est pas la 
mère dt? notre malade, est morte de la poitt-ine, il y a 20 ans. — 
[Faïnilie du père. — Père, mo.t d'une fièvre muqueuse et de 
scurlatine à l'âge de 57 ans. — Mère morte des suites d'accès 
d'épilep^ie après la couche de son second enfant. Pendant la 
grossesse de son premier enfant, elle n'avait pas eu d'accès épi- 
leptiqties. — Grands-oncles, grandes- tantes : aucun d'eux n'a 
jamais eu de maladies du cerveau. — De son premier mariage, 
le pi^n* de notre malade avait eu 5 enfants ; le premier est mort 
à neuf mois ; le second est mort en nourrice d'une maladie de 
la igueiir. Les trois autres étaient forts et vigoureux.] 

Mère, 46 an^*, couturière. Pas de convulsions; fièvre mu- 
queuse à Tâge de 5 ans. Pas de chorée ; rhumatisme chronique 
depuis peu de temps. Pas de dartres, ni de migraines. Femme 
nerveuse, émotive, mais sans crises nerveuses. — [Famille de 
la mère^ — Père, boulanger, mort à 78 ans, sobre, gai, un 
peu violent. — Mère, morte à 46 ans, hydropique, asthmati- 
que, probablement atteinte dune affection cardiaque. Grands- 
pères et grands'mères paternels et îna(er?ie/s, morts de vieil- 
lesse. — Lue tante paternelle, âgée de 60 ans, est épileptique. 
Une tante et un oncle maternels, morts très âgés, n'ont jamais 
eu d'acïkients nerveux. — 3 frères et 4 sœurs, L'ainée, 55 
ans, irèa-nerveuse, a eu de grandes pertes utérines et de 
grands mnnx de tète; elle est restée 2 ans dans un couvent, 
mais n'est plus dévote. — Le second, mort à 52 ans de congés» 
lion cî't'ébrale, a eu quatre enfants bien portants. — Le 3"«, 
48 aris, vivant atteint de tuberculose pu/n/onaire, peintre en 
bâti incnls. a eu plu.sieurs hémoptisies et des coliques de plomb. 
Pas d*auciflent.s nerveux. De ses 4 enfants, 3 sont en bonne 
santé, mais l'autre, âgé de 6 ans, paralysé, a une léle énorme, 
qui lui rentre dans If s épaules; il ne fait que commencer à 
marrhcM', mais aui ait sa connaissance; il parle depuis peu. — 
Le 4^ est mort très jeune, par .suite « d'une conformation du 
go>jier qui L'empochait de manger. » La 5'"«. 44 ans, est bien 
portante, ainsi que ses 3 enfants. La 6"«, 42 ans, n'a jamais 
eu (li; cri es de nerfs • elle a des dartres ainsi que sa petite fille. 
— [^e 7"*» {Xho is Charles} est entré à Bicôtre le 13 janvier 
\SHl p(jur un acc(S de folie, déclare d'abord la mère de notre 
m;tlaile* pour une attaque de deli'ium tremens, dédare- 
t-elle une autre fois ; il en est sorti à peu près guéri. — La 8">% 



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Antécédents personnels. 209 

38 ans, n'est pas nerveuse de môme que ses 3 enfants. — 
Dins le reite de la famille, ni idi )ts, ni aliénés, etc.] 

Pas de consanguinité. — Inégalité d'âge. Le mari a 16 ans 
de plus que sa femme. — Un enfant, notre malade. — Concep- 
tion, r\en de psLTiioxilïer. — Grossesse : durant les deux premiers 
mois, la mère a eu ses règles, mais peu abondantes; elle ne 
se croyait pas enceinte; deux mois après elle sentait Ten- 
fant remuer. Ni chutes, coups, peurs, envies, syncopes, cri- 
ses d'éclampsie, œdème, etc. — Accouchement à terme, sans 
chloroforme, présenlation de la face; l'enfant resta 5 heures 
au passa<j \ — A Ijl niissànce. bel enfant quoique « meurtri. • 
Pas d'asphyxie. Allaitement au biberon, avec du lait de vache. 
Sevré à 14 mois, il était alors dans un état pitoyable. Première 
dent après 2 ans. Il lui manque actuellement 2 dents. Pen- 
dant tout le temps qu'il a été en nourrice, il a été malade : 
abcès du côté droit de la tôle sous le menton et otite suppurée, 
attribuées aux m inœuvres obstétricales. Jusqu'en avril 1891, 
il fut malade, devint aihrepsiqu**. Le D'' Ducamp, qui le soi- 
gnait, écrivait : « Il présente une faiblesse vertébrale, un 
relard de Vossiffication des os du crâne, et un développement 
considérable du ventre qui sont caractéristiques de l'alimen- 
tai ion prématurée et du manque de soins chez les enfants en 
nourrice. » 

En août 1891. il eut des symptômes méningitiques ; il avait 
des co7iou(sions des yeux, se frottait le front continuelle- 
ment avec le dos de la main droite, c poussait des cris 
de bote fauve pendant longtemps. » Il se remit au bout 
de quinze jours à trois semaines sans paralysie consécu- 
tive. 

Aucune maladie infectieuse: vacciné à 2 ans et demi avec 
ancres. — Cholérine en août IS9i. — Anthrax à 2 ans sur 
Tépaule. — Aurait eu le carreau; pas d'autres accidents scro^ 
fuleux. Pas de vers intestinaux. — Gâteux complet; pas de 
vomissements. 

Laryngite (il y a un mois). — Pas d'accidents traumatiques. 
Huit ou dix jours avant sou entrée à Bicôtre, il aurait été pris 
d'éiourdisseinentsqui revenaient trois fois par jour: il pâlissait 
un peu et se remeitait tout de suite. La nuit, sa mère aurait 
observé « que^ par moments, il retenait son haleine pendant 
quelques secondes, puis respirait très fort après. » 

Il aime à ;ouer, est très affectueux ; semble avoir bonne 
mémoire ; ne dit guère que maman, papa. dada. — Il grince des 
dents, entre assez facilement en colère. Il ne bave pas^. 
mâchonne son pouce. Pas d'onanisme. La mère attribue son 

BouRNEviLLE, Dicétre, 1892. 14 



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210 Description dv biâladë. 

état à la méningite survenue, dit-elle, par le manque de 
soins en nourrice. 

État actuel (26 mai). — Enfant bien portant, se laissant 
diflloilement examiner. Crie continuellement, mais plus fort à 
certains moments. Aspect complètement inintelligent. Ne fixe 
son attention sur rien. 

Crâne arrondi, assez volumineux, symétrique. Pas de sail- 
lies particulières des bosses pariétales ou occipitales. Busses 
frontales distinctes. Pas d traces de fontanelles. Cheveux 
blonds» régulièrement implantés. Un tourbillon à droile de 
la ligne médiane à Tunion des faces postérieure et supé 
rieure du cr&ne. Impétigo sur la face. 

Mensurations de l& tétê. (Mai 1892.) 

Circonférence horizontale maxima 44, 5 

1/2 circonférence bi-auriculaire 29 

Distance de Tarti. occipito-atlold. à la ra<:iue d;i nez. 31 

Diamètre ant^ro-pottérieur maximum 14,4 

Diamètre bi-auriculaire 11,5 

Diamètre bi-pariétal 13 

Front, étroit (5 centimètres de hauteur). — Face presque 
circulaire, arcades sourcilières paraissant déprimées en com- 
paraison de la saillie des bosses frontales. Orbites petites, 
Sourcils châtains, courts. Paupières également mobiles. Fen- 
tes palpébrales, dirigées un peu en haut et en dehors. Légère 
blépharite; cils châtains, courts, régulièrement implantés. 
Contraction presque continuelle des orbiculaires des pau- 
pières, donnant un aspect grimaçant à la ri.,^ure de Tenfant 
(tic). Globes oculaires, paraissant mobiles dans tous les sens. 
Léger ^(ra&tsme interne de Tœil droit. Iris gris clair. Pupilles 
égales, paraissant réagir à la lumière. Nez moyennement 
long, aplati d'avant en arrière, concave en avant. Lobule 
intact, narines assez grandes, dirigées en arrière et en dehors, 
souvent pleines de mucosités. L*enfant ne paraît pas respirer 
par le nez habituellement. Il est impressionné désagréable- 
ment par l'ammoniaque, ne parait pas apprécier les autres 
odeurs. — Lèvres supérieure et inférieure normales; bouche : 
3 centimètres, presque toufours entr'o-iverte. Voûte et voile 
du palais, rien. — Langue de volume moyen, mobile. L'en- 
fant avale bien. — Menton petit, en pointe. — Jones pleines 
colorées, pommettes non saillantes. — Oreilles très petites, 
lobule un peu adhérent, normalement conformées. 



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Description du malade. 2iî 

Cou court. 4 cicatrices circulaire», sous le bord Inférieur 
droit du maxillaire inférieur. Circonférence : 23 centimètres. 
Corps thyroïde à peine perceptible. — Parole nulle. 

7'/iora.v assez développé; sternum projeté en avant décrî- 
Tant une convexité antérieure. Pas de déviation de la colonne 
vertébrale. Pas de points douloureux. Cœur et poumons, rien. 

Abdomen difficile à explorer à cause des cris de Tenfant. 
Au lieu de inalité hépatique, on perçoit dans les régions du 
foie une sonorité coiiiinue avec celle des poumons, lequel, à 
raascultiUioii, paraît descendre jusqu'au cinquième espace 
intercostal. Rate non perceptible. 

Organes génitaux. '- Verge très courte, phimosis. Gland 
non df^couvrable. Testicule seul descendu ou du moins seul 
perceptible, Très petit comme un petit haricot. An usnormal. 

iV/embres sapérieans' normalement conformés; motilité et 
sensibilité normales. Cicatrices de vaccin aux deux épaules 
sur la partie supérieure et externe du deltoïde. 

Membres inférieurs normalement conformés. Mobilité et 
sensibilité intactes. Le réflexe rotulien existe à droite, mais est 
très diflicile à constater à gauche (probablcnment à cause des 
mouvements continuels de Tenfant. 

L'enfanl £;ace sa langue et fait avec le voile du palais un 
bruit aériqiie suivi d'un mouvement de déglutition, cela 
depuis 20 minutes environ (tic). 

27 mai. — Traitement : 2 bains salés par semaine, 10 minu- 
tes. Sirop iodure de fer; sirop antiscorbulique et exercices 
de marche : 4 teinture de Kola. 

20 juin. — Lé^^'ère amélioration, mais on ne parvient 
pas à le faire marcher. 

28 juin, — Conjonctivite. Traitement: Collyre au nitrate 
d'argeni 1/50. 

il juillet. — L'enfant bien qu'ayant encore un peu de con- 
jonctivite a été pris en congé par set parents le 14 juillet. 
Ceux-ci l'ont ramené en disant qu*il toussait. — Ce 17, T. R. 
40^.9. A l'auscultation gros râles muqueux au niveau du hile 
pulmonaire des deux côtés. Pas de matité, ni de sub-matité. 
La toux est très fréquente. L'abattement ebt très prononcé. 
Les yeux sont cernés. Le sommeil est très agité et l'enfant 
pousse de petits cris rauques. [1 ne veut prendre que du lait 
61 des jaunes d'œufs. — Traitement : teinture d'iode ; oxygène ; 
sirop de tolu et diacode. 

i« juillet. — T. R. 37», 7. -^ Soir : 40«i Toux fréquente. 



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212 AUT0PSI£ : ËTAT P£S SUTURES. 

19 jutUet. — T. R. 38«. — Soir: 39o. 

20 juillet — T. R. 38». — Soir: 39*. 2. 

21 juillet. — Grande amt^lioration. Il a mieux dormi. Il 
prend depuis quelques jours du sulfate de quinine. T. R. 
38\ 6. — Soir : 40*. 4. 

22 juilleL — T. R. 38*>, 2. — Soir : 38«. 6. 

2Z juillet, — - Hier soir la température est remontée à 40o, 6. 
Il y a de Toppression, la respiration est pénible. L*enfant est 
abattu et peut à peine prendre quelques cuillerées de liquide. 
Il ne rejette pas ce qu'il prend. T. R. 38», i. — Soir : 40«, 6. 

24 juilleL — T, R.39o, 8. — Soir : 40". 

2h juillet. — Ce matin il n*y a plus que 37o, 5. L'enfant est 
pâle mais parait assez éveillé, s'assied môme sur son lit II ne 
semble pas gêné dans sa respiration. 11 n'y a que quelques 
petits râles fms à l'inspiration et à l'expiration du côlé k^u- 
che en arrière. — Traitement : inhalations d'oxygène ; sirop 
d'ipéca. 

Soir. — La température est remontée brusquement à 39*. 
W. devient rouge pourpre, a de la dyspnée et vers 10 heures 
on note 40«, 9. 

2^ juillet. -*- La nuit a été assez tranquille. T. R. 39». 2. 
L'état général de \V... est mauvais : extrémités cyanosées ; 
parties inférieures du corps froides ; dyspnée de plus en plus 
grande.Vers 2 heures de raprès-midi, il avale néanmoins très 
bien de l'antipyrine, puis surviennent de fréquents change- 
ments dans la face, le menton se refroidit, les mains et les 
pieds sont complètement glacés. Vers 4 heures, il expire T. 
R. aussitôt après la mort : 40», 6 ; — un quart d'heure après : 
39* ; — une heure après : 37«, 5 ; — 2 heures après 36». — Tem- 
pérature de la salle : 20». — Poids après décès . 8 kilog. 200. 

AUTOPSIB faite le î^ juillet (40 heures après décès). — Tête. 
Cuir chevelu, rien de spécial. — Les os du crâne sont minces 
et violacés par places ; la suture coronale e.^t très hinueuse et 
ne porte aucune trace d'ossification tant sur la face interne 
que sur l'externe. La sagittale est régulière et n'est nulle 
part ossifiée. La lambdoîde, libre dans toute son étendue, 
porte dans sa branche droite un petit os -worruien. La fonta- 
nelle antérieure est représentée par un léger espace triangu* 
laire d'un centimètre sur deux de large : elle esttapisbée par 
une mince membrane. L'artère méningée moyenne se creuse 
le long du bord antérieur des deux pariétaux un sillon profond 
dont le fond est représenté par une mince lamelle osseuse. — 
La base du crâne est symétrique. -« Le trou occipital ne 



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MÉNINÔO-ENCÉPHALITE, 213 

semble pas rétréci. — Les sinus renfermeat du sang fluide 
et des caillots noirs. 

Encéphale 9*0 

Hémisphère cérébral droit 415 

— — gauche 410 

Cerveau 825 

Hémisphère cérébelleux droit 35 

— — gauche 35 

Bulbe et protubérance 10 

Cervelet et isthme 80 

Moelle épinière non pesée. 

Dure- mère : quelques adhérences au niveau de la suture 
sagittale. Quelques adhérences de la pie^mère à la dure-mère 
au niveau des lobes temporaux, surtout à gauche. Corps 
pituitaire, rien. — La pie-mère est très fortement vasculari- 
sée sur toute la surface des deux hémisphères. •>*- Liquide 
céphalo-rachidien en quantité ordinaire. 

Hémisphère droit. La pie-mère s'enlève très diiïïcilement 
sur toutes les circonvolutions. [1 existe des ad/iérences aussi 
bien sur la face interne que sur la face convexe. Partout on 
entraîne des fragments de la substance grise. Le ventricule 
latéral nest pis sensiblem mt dilaté. Le corps strié, la cou- 
che o,3tiqiie, la corne d*Ammon n'offrent aucune lésion. La 
substance grise a une couleur qui rappelle celle de la chair 
de saumon — Glande pinéale, tien de particulier. 

Hémisphère gauche. Il y a également des ad/iërences très 
nombreuses entre la pie-mère et la substance cérébrale ; on 
détache des parcelles de substance grÏBe en enlevant cette 
membrane. Les circonvolutions de la convexité n'offrent rien 
de particulier. Leur direction, leur volume sont normaux. Le 
ventrir.ute latéral de ce côté est un peu dilaté. — Rien de 
partii;ulier à la scissure de Sylvius, ni à celle de Rolande, ni 
à la corne d'Ammon. 

Cou. Corps thyroïde, normal ; — on a omis de signaler 
Tabsence ou la pré&ence du thymus. 

Thorax. Poumon droit (155 gr.) profondément divUé en 
3 lobes. Le lobe supérieur est le siège d'une congestion 
marquée vers le sommet et la partie la plus supérieure. Le 
lobe moyen esta peu près sain; on remarque pourtant dans 
la partie qui correspond à la scissure inter-lobaire infé- 
rieure des foyers étendus de broncho-pneumonie. Le lobe 



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214 Broncho-pneumonie. 

inférieur est pris dans sa totalité; les fo^-ers de broncho- 
pneumonie, d'un rouge foncé, sont très rapprochés et 
sont d*un rouge foncé. — I oumon gauche (1.*^8 gr.). 
Le lobe supérieur est sain. La partie la plus déclive 
de la face postérieure du lobe inférieur est occupée par dos 
foyers de broncho-pneumonie très rapprochés. Un morceau 
du parenchyme pulmonaire coupé en cet endroit et plongé 
dans l'eau reste au fond. I es ganglions péri-trachéo-bron- 
chiques, surtout ceux situés au niveau de la branche gauche 
de la trachée et de l'inlervalle de sa bilurcalion son! hyper- 
trophiés; à la coupe nous ne les trouvons pas caséeux; ils 
sont seulement le siège d'une vive congestion. Un ganglion 
situé à gauche de la trachée atteint le volume d'une noisette. 
A la coupe, congestion, un peu de ramollissement et fort 
piquelé hémorrhagique. — Cceur (HOgr.). Les cavités gauches 
ne contiennent pas de caillots. Les valvules sont sufîii-iantes 
et saines. Le calibre de l'aorte est normal : ses parois sont 
souples. Les orifices des artères coronaires sont situés au 
point d'ailleurement du bord libre des sigmoîdes. Dans le 
ventricule droit, nous trouvons un petit caillot fibrintMix et 
une petite concrétion calcaire à surface irréguliôre, du volume 
d'un grain de chénevis; elle se trouve située sur une des 
colonnes charnues, à sa naissance à la pointe du cœur. Rien 
de particulier du côté de la tricuspide. I/oreilIctte droite oITre 
un développement exagéré de Tat^ricule dans laquelle on 
introduit la pointe d i médius. La cavité de l'aiiricnte est 
tapis ée par une série de colofinettes charnue^ qui sont dispo- 
sées en une sorte de plexus très dévclo;)pc. Le Iniu dt* Botal 
n'existe plus, mais néanmoins lu membrane q»ii le ferme est 
extrêmement mince et constituée par l'adossement des deux 
endocardes. — Rien à l'artère pulmonaire. 

Abdomen, — Rein droit et gauche (39 gr). Ils ont une cou- 
leur blanchâtre; leur conformation est normale et il n'y rien 
à signaler du côté de l'uretère et du b ssinet. Le parenchyme 
rénal parait un peu anémié ;la décortication est facile. — Foie 
(330 gr.), un peu congestionné; rien dan^ la vés cuit* biliaire. 
— Hâte (31 gr.), normale ; sa pulpe est un peu molle. — 
Pancréas (10 gr.), intestin, ue^sle, rien. 

Réflexions. — Uhérédité se retrouve des deux 
côtés chez les ascendants de Watt... La grand'mère 
paternelle était épileptique et parait être morte en élat 



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RÉFLEXIONS. Î15 

rfe mal. Chez le père il est impossible de trouver aucun 
stigmate de dégénérescence. — Du coté maternel c'est 
ch(»z une tante que nous trouvons encore Vépilepsie. 
La mère elle-même est nerveuse et de caractère bizarre. 
Une de ses sœurs est exactement dans les mêmes 
conditions. Ses quatre frères ont été plus sérieusement 
atteints au point de vue nerveux : un d'eux est mort 
paralysé, un second est mort de congestion cérébrale ^ 
un troisième a un fils paralysé et hydrocéphale, un 
autre frère a été enfermé pour un accès de délire. 

IL L'hérédité avait préparé le terrain pour révolu- 
tion ultérieure d'accidents nerveux. — L'accouchement 
par la' face s'est nécessairement accompagné de 
congestion encéphalique, et bien qu'il n'y ait pas eu 
d'asphyxie, cette complication a pu aggraver encore 
lastuaiion créée par la prédisposition héréditaire. Le 
retard de la dentition, l'absence de la parole, etc, 
semblent indiquer un état congénital que la méningite ^ 
survenue à l'âge de 3 ans, n'a fait qu'accroître. 



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XVIII. 

Idiotie symptomatique de sclérose atrophique; 

Pab bourne ville et dauriac. 



ScMifAfnE. ^Père, caractère emporté. — ^fère, caractère vif, 
morte en couches. — Grand'mf*re maternoUe morte en cou- 
ches^ — Pas d'antécédents héréditaires dans le reste de la 
famille. — Pas de consanguinité. Égalité d'âges. 

Ch uic vetJy le sixième mois de la grossesse ; courtes syncopes. 
— Accouchement à terme. — Asphyxie à la naissance; 
circulaires du cordon autour du cou. — Convul*<ions à 2 
jours, raoenant à interv Ules de plwi en plus éloignés. — 
Rémission des convulsions à un an. — Parole nulle. — 
Demi'parésie à droite vers 2 ans Vq- — Broncho-pneumo- 
nie. — Mort. 

Autopsie : Sclérose atrophique prédominant à gauche. — 
Inégalité notable des hémisphères cérébraux {\ib gr.) et des 
hémisphères cérébelleux, — Dégénération secondaire. — 
Broncho-pneumonie. 

Louv„. Maurice-Paul, né a Paris le 7 juin 18î^8, est entré à 
BicÊtre le 24 mars 1892 (service de M. Bournevillej; il est 
décédé le 18 juillet 1892. 

L'enfanÊ entre à Bicétre le 24 mars i892 avec le 
ccrliticat suivant du Di" Dauchez : « Est atteint depuis sa 
naissance de contractures généralisées des membre» supé- 
rieurs et inférieurs ayant débuté par le côté droit et s'accom- 
pagnant de troubles mtellectuels et sensitifs caractérisant 
ridL(>tie et nécesbitant son admission dans un asile spécial. • 

Antécédents, (Renseignements fournis par le père le 29 



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Antécédents héréditaires et personnels. 217 

mars 1892). — Père^ 31 ans, teinturier, très vif de caractère. 
Il n'a jamais eu de convulsions, de fièvre typhoïde, de chorée, 
de rhumatismes, de dartres. Pas d'antécédents syphilitiques. 
Il a des habitudes très modérées au point de vue du tabac et 
de Talcool. Il n'a jamais de migraines. — [Père, mort à 81 ans, 
sans avoir jamais été malade. — Sa mère a atteint 74 ans 
dans les mêmes conditions. — Nous n'avons pas de renseigne- 
ments sur les grands-pareil U paternels. Les g rancis -parents 
materneU sont morts de vieillesse. — Six oncles ou tantes 
paternels. Le père ne les connuit pas vi n'a jamais entendu 
dire quelque chose de particulier sur leur compte. — Deux 
frères aînés en parfaite santé ainsi que leurs enfants qui n'ont 
jamais présenté de maladies nerveuses. — Il en e^^t de môme 
de ses deux sœurs et de leurs enfants. — Rien de particulier 
dans le reste de la famille : pas d'idiots, d'épileptiques, de 
paralytiques, de difformes, de sourds-muets, de bô«»ues, de 
pieds bot«, de prostituées ou de criminels ] 

Mère, femme de chambre, caractère un peu vif. sobre, non 
migraineuse, morte à 36 ans en couches. Elle n'aurait janaisélé 
malade et n'aurait présenté ni convulsions, ni fièvre lyphoide. 
[Père, mort à 50 ans. on ne sait de quoi. — Mèr(\ morle en 
couches à 36 ans. Le reste de la famille est totalement inconnu 
au mari. Cependant, rien de ce qu'il aenlendu dire à sa femme 
n'expliquerait l'hérédité morbide rei-ueiilie par l'enfant.] 

Pas de consanguinité. Les deux époux étaient, à quelques 
mois près, du môme âge. 

Quatre enfants sont nés de ce mariage : 1° garçon mort de 
la diarrhée verte; 2« fille. 6 ans, bien pirta-Ue et très intel- 
ligente; 2^ notre m.vlaJe; 4<> fille, morte en naissant. 

Notre malade. — Au moment de la co?icepf io?i, rien d'anor- 
mal. — D in> le cours du sixième mois de la grossesse, la mère 
fit une chute sur les fesses. Pas de peur, pas d'envie. De temps 
à autre elle se trouvait mal rnnis revenait vite à elle. — 
Accouchement à terme. Le passage fut fort long. On n'eut 
recours cependant ni au forceps, ni au chloroforme. — 
L*enfant était asphy.vié h la naissance. Il avait des circulaires 
autour du cou et on resta longte?nps à le ranimer. Il parais-ait 
un peu chétif. Il a été éltvé a!i biberon avec du lait de vache. 
Pas de renseignements sur l'époque du sevrage, ni sur la 
manière dont se fit la dentition. La parole est encore nulle à 
l'heure présente. Premières cojiuufsions à 2 jours. Elles ont 
duré tres-peu et portaient principalement sur la tôle. (Yeux, 



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2Î8 Description du malade. 

faoe). Il tordait peu ses brjis et ses jambes. Les convulsions 
se sont de nouveau montrées à intervalles éloignées, et 
avec une intensité moin« grande E'Ies disparurent à V(i<:e de 
2 ans On s'aperçut à cette époque que Tenfant étail paralysé 
du côté droit : \\ se servait très peu de ce eùté II pleurait 
pour un rien. Peu jrourmand. il était fort sale et faisait eons- 
tamment sous lui. 11 est encore gAloux. Il niasliqne mal. bave 
beaucoup mais ne vomit pas. Pas de mérycisme ni de vers 
intestinaux. Il a eu 'a roujjeole mais pas de scarlatine, de 
varicel'e, etc. Vacciné vers 4 mois. Jamais do chorée, d'épi- 
lepsie, de secrusses. de vertiges, d'étourdissemenis. Il a eu 
de la gourme, sans otorrhée, dartres, blépharile ciliaire, 
conjon<'livite, ou adéfiites. Il ouait seul ou avec les personnes 
qui Tentouraient. il cas.sait volonliers et projetait à terre les 
objets qui lui tombaient sous la main. Pas de traumatismes. 
Caractère affectueux^ il reconnaît bien ses parents. 

9 avril, —Traitement : 3 bains salés ; sirop d'iodure de fer; 
massage et exercices de marche. 

État actuel, I/enfant est p/^le, peu adipeux, d'apparence 
chétive. Son faciès exprime l'hébétucle. Ses joues sont pleines 
et rondes. Lorsqu'on lui parle, il vous fixe et secoue sa t^He 
de haut en bas comme pour répondre « oui ». 

Les cheviux sont noirs et bien plantés. 11 n'y a pas d'épis. 
— Le crâne est assez volumineux et asymétrique. Le côté 
droite paraît plus développé que le gauche. La bosse frontale 
droit est surtout proéminente. La bosse pariétale du môme 
côté est aussi plus développée. La glabelle fait un relief à 
peine appréciable. L'inion est facilement senti. Il est impossi- 
blede se rendre compte de l'état des sutures et des fontanelles. 
Ces dernières paraissent comblées. 

Le visage est plein et arrondi. Les arcades sourcilières sont 
bien dessinées. Les paupières, fines et bleuâtres, recouvrent 
complètement le globe oculaire. Il n'y a pas de lagophthalmos. 
Les sourcils sont noirs et assez fournis. Les cils sont longs, 
noirs et un peu relevés. Les yeux sont mobiles. Pas de nystag- 
mus: l'iris est châtain foncé, avec un cercle noirâtre l'enca- 
drant. Les pupilles sont égales et réagissent bien à la lumière 
et à l'accommodation. Il est impossible, vu l'état intellectuel 
de l'enfant, de savoir s'il reconnaît les couleurs, s'il a de la 
diplopie, etc. — Le nez est droit et court, bien conformé. Pas 
de renseignements exacts sur l'odorat. Il parait désagréable- 
ment impressionné par l'ammoniaque. — La bouche petite, 



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Pneumonie ; mort. ^I 

régulièrement conformité, e'-t munie de lèvres charruie^, hîpn 
dessinées. La voûle du parais el le voile sont uoruinux. atn*ii 
que la langue et les amygdales II est difficile d*étr*! renaeiy-né 
sur l'état du gofU. ï/enfant n est pas gourmand H refufie 
quelquefois les friandises et la nourri! ure. — Le mr>ntoii est 
rond, petit, situé sur la ligne médiane. — Les oreilles ^oiit 
bien conformées. 

L** cou est grêle, le corps thyroïde normal. 

Le thorax est régulièrement conformé. î^es poumons et 
le cœur sont normaux. — L*a/)domen, un peu grn«. a des 
parois résistantes. Le foie et la rate ne sont pas hypertrophiés. 

La f^ensibililé générale parait conservée à la douleur et h ta 
température. 

Puberté. L'enfant est tout-à-fait glabre. On trouve A peine 
quelques poils très fins et très rares sur les avanl-bras et 
les jambes. Rien sous les aisselles. — La verge cat petiïe, 
d*nne longueur de 4 centimètres sur 3 Va ^® circonférence. 
Phimosis réductible. Les deux testicules sont descendus et de 
la grosseur d'un œuf d'oiseau. Rien sur le pubis, anus normal. 

Les membres supérieurs sont en flexion. L'avant -bras eat 
fléchi sur le bris, la main sur l'avant-bras. Il est fîîiiiiile do 
relever son poignet qui retombe de lui-même. — L^cMisie est 
également fléchie sur le bassin, la jambe sur la cuisse et le 
pied est en position normale. Cet état n'est pas plus prononcé 
d'un côté que de l'autre. Cependant l'enfant saisit taujours 
les objets qu'on lui présente de la main gauche. 

Wjuin, — Louv...aété revacciné sans succès. Il porte d'ail- 
leurs 3 cicatrices de vaccin à droite. Rien à gauche. 

21 juin. — L'enfant tousse un peu. Il a de la fièvre :38".4 au 
matin. Depuis quelques jours sa température oscillait autour 
de 37«,«. Cet état dure depuis le 22. 

Les battements du cœur sont très rapides. A la pereuision 
un p«^u de matité en arrière des deux côtés et aux bases. Quel- 
ques fines crépitations disséminées çà et là dans les deux pou- 
mons, mais surtout vers la base. — Traitement : OxygiMie» 
sirop d'ipéca. 30 centigrammes de sulfate de quinine ; teinture 
d'iode en badigeonnages. 

2f<juin. — La température qui était hier au soir do 38", 7 
atteint ce matin 39«.5. — Râles nombreux et fins dans In poi- 
trine. Le pouls est extrêmement rapide. II n'y a pas de dyf*prjée, 
ni d'agitation. La peau est brûlante. — Oxygène, ipétni. sulfate 
de quinine. — A 6 heures du soir : T R. 41». L'enfant meurt à 
il heures 45. T. R. après le décès 42«,9; — V* d'heure apré^ 



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Si9 Sclérose atrophique. 

43*; — 1 heure après 39o,7 ; — ? heures après 35o,7. Tempé- 
rature de ïa salle : 23«. — Poids après décès, 14 kilog. 500. 

Autopsie faite le 30 juillet. — Tête. — Cuir chevelu assez 
fortement congeslionné, môme dans sa partie antérieure. 
Crâne uiincc, de texlure compacte; la crôte occipitale est un 
peu doviée à gauche et la parlie gauche de cet os e>t un peu 
dépriiin>i?. La fosse occipitale gauche est un peu plus petite 
qau lii droiio. Nombreuses plaques tran^pa^en(cs le long de 
hi suturr inier-frontale et des angles antérieurs et supérieurs 
des parjélfiux. La suture coronale est libre de tout travail 
syno^tosîqiie. Les pariétaux présentent de nombreuses pla- 
ques minces, transparentes, occupant la moitié du pariétal 
gauche et les deux tiers du pariétal droit. — La dure-mère 
est un peu adhérente aux os. Un peu de sang fluide dans les 
einuH. La base du crâne parait symétrique. Il en est de môme 
des uerïa olfactifs et optiques, des artères, etc. Le (a/iercu[e 
mamilliiire gauche parait plus petit que le droit. Le pédon- 
cule ce réhnil gauche est moins large ei moins bombé que le 
droit. La moitié gauche de la protubérance parait un peu 
dépiiiuée, *ja pijramide antérieure gauche est moins saillante 
et mciius large que la droile. 

Lcïrsqu'ou sépare les hémisphères cérébraux, il s'écoule 
une awsez grande quantité de liquide céphalo-rachidien. 

Encéphale 710 gr. 

ÎTimisplière cérébral droit 355 pr. 

H ^mifi plière cérébral pa uclie 240 gr. 

Cerremi 59'» gr. 

HsJmisrkliè -e cérébelleux droit 50 gr. 

HeiuiHphère cérébelleux gauche 55 gr. 

BniUû et protubérance 15 gr. 

Cervelr^t et istuine 120 ^r. 

Mijelle épinière 22 gr. 

Fièmi^ph'}re giuche. — La pie-mère est modérément injec- 
tée ftceia sur toute son étendue; teinte légèrement ecchy- 
nioiique au niveau de la scissure de Sylvius. Elle s'enlève à 
pr»M prés partout très facilement, — Les circonvolutions de 
la face convexe sont petites et très sinueuses. La pariétale 
ascendante est très atrophiée, trois fois plu'» petite que la 
frontale qui, elle-même, est peu vo umineuse La partie pos- 
térieure ihi lobe temporal est atrophiée. Toutes les circonvo- 
lutiujis mil leur consiataiice habituelle. 



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r' 



B.10NCH0-PNEUM0NIE. Vîî 

S\ir\si face interne, la F* est très atrophiée, blanche et 
indai'êe dans toute sa m )iti6 po^stirieure : toute la [latie 
correspo idante de la cii-convolution du corps calleux est 
blanche et considérablement atrophiée. liC ventricule hilé rai 
est notablement dilaté, la couche optique, le corps atrié 
ainsi que la corne d'Ammon paraissent normaux. 

Hémisphère droit, — Lîi pie-màre s'enlève facilement* r^e« 
cirC'invulutions sont plus développées que de l'autre rôié. 
lia partie moyenne de la circonvolution du corps calleux est 
blanche, atrophiée e\ indurée. La partie postérieure de T', sur 
la face interne de l'hémisphère. e>.t blanche, un peu iiiihirùe 
et léjU^érement atrophiée. Celte lésion est symétrique aver <*eHfl 
de la face interne de l'hémisphJre gauche. La moitié infé- 
rieure de la pariétale ascendante est atrophiée et na p ts 
changé de couleur ni de consistance. Sur le lobe de riiisula, 
il semble y avoir à gauche des lésions scléreuses et des 
nodosités atrophiques. Le ventricule Intéral ne parait pas 
dilaté. La couc/ie op/ique, le cori>s strié et la corne dMm- 
mon paraissent normaux. Môme vascularisation de la pie- 
mère sur cet hémi-phère que sur l'autre. 

Les deux hémisphères décortiqués paraissent très iné- 
gaux. 

Droit Oauclie 

Longueur. 0.152 0.144 

Largeur 0.920 0.8«Û 

Cou. — Corps thyroïde, 6 gr.. — Thymus. 28 gr. 

r/iorajc. — Poumon droit (110 i?r.). Hépatisation roii^e 
de tout le lobe inférieur dans la partie postérieure, l^^yers 
de b-oncho-pneumonie disséminés dans le reste du pfni- 
mon. La partie la plus antérieure du lobe supérieur est fibao- 
lumcxt saine. — Poumon gauche (90 gr.) ; nombreux fovt'rs 
de broncho- pneumonie dans toute la hauteur de Li face 
postérieure. Le sommet est sain. — Cœur (6')gr.), sain. 

Abdomen. — Foie (530 gr.). Le lobe gauche e t très déve- 
loppé et mince. Il affecte la forme d'une oreille de chien- La 
vésicule biliaire est vide de calculs. Parenchyme hépatique, 
sain. — Pancréas |30 arr.) : — Pein gauche (40 gr.) ; - Pein droit 
(45 gr), sains. — Pâte liOgr.), nn>lle. — Rien à Vestomac, à 
Vinltatint ni à la vessie; pas de calculs vésicaux. 



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ttt RÉFLEXIONS. 

Réflexions. — ï. h*hérédilé ne semble avoir joué 
aucun rôle dans ce cas. 

IL Ua*^phrjxie de l'enfant à la naissance a été sans 
doate la cuuse des couvulnons survenues au second 
jour de la vie et qui se sont reproduites à diverses 
reprises jusqu'à l'à^e de deux ans. Rappelons que, 
au dire du père, elles étaient prononcées surtout à la 
face. Toutefois, sur ce point, il convient d'être réservé 
caries membres du coté droit étaient, a-t-on dit, plus 
paralyses que ceux du côté opposé. 

IIL Au point de ¥iis^ etmfqne Fenfant était atteint 
d'idiotie complète: parole et marche nulles, gâtisme, 
etc. U*existence de contractures, dues à des convul- 
sions rcpétces, permettait de rattacher l'état mental de 
Louv»j à une sclérose du cerveau. 

IV. L'autopsie a démontré la réalité de cette sclé- 
rose qui intéressait surtout l'hémisphùre gauche dont 
le poids était de 115 gr. inférieur à celui de l'hémis- 
phère drnit. Relevons, enfin, la dégénération secon^ 
claire du tubercule mamillaire et du pédoncule céré* 
bral du côté gauche, Vatrophie de la ptjramide anté- 
rie are et de la moitié de la protubérance du même côté, 
enlln une diminution do poid^j de ï hémisphère céré-^ 
betteux droit. 



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xrx. 

Idiotie sympt cm:: tique de sclérose cérébrale 
âtrophique ; 

Par BOlinrVEVILtB et KOIR. 



SOMMAinE. — Pève. violent, excè^ de bot '^ son. — G r an damera 
paterveUe, ut ig mineure, emportée. — Gr^iud'btnte ut nier' 
nelle, aliënéoi. — A/ère, d'ti}ie iitlelligeiuc itttjdiucrCt irés 
itervettsi'.. fièvres paladUcnjîca. — Grajtd-iière muiernei, 
ev'C'?8 de btna^on. — Gyaud'm^re maleruplU^, uliètiée. — Pas 
decouKnnguiuUè. — Efjuii é d'^igti.—Grofise^^se iourmênlèe, 

— Rremietu',^ convuisluits à li moifi-piédoniittant à droite, 
répèUes darnvl tt'ois jour^ et ^uii;rt'S tl'une hètniplégie 
dfjfli*. — Noai:}eim^: Hccidfint!^ coutmUif^à partit' de 13 ans. 

— Piivtdp el nnuvîte iiit/ies; — gâlii^iHû incomplet : — 
Atrophie dt^s mcnthreti tlu cùté droite 

Autopsie: Sijuoato^e partielle de ta JoUure lambdoïde ; — 
i^rlt^ rt ise iitro p h i q n e des c i rctmtoltttioît s ft ont a les à d ro i , e 
cl de telles du teniiotn* de tarière sylvienne àfjauclie. — 
Ilépaii bUqïi rouge des lobes inférieurs des deux poumonA, 

Gob... Jo^i^ph Caniill ", né le 7 août 18TG, entre le 2i décem- 
bre lÔUlt à Bii^ùtrc (aiM^'icc do M. Bouuneville). 

Antécédents, (Renseùjnements foiÂrnis par la mère le 10 
janvier 180"?). — Père, eutfopreiieurtledtn^liiirgcjnont i\ la ^aro 
du Nord, nioi't à 4G ans d'une bronchite, atteint déjà d'une 
nfTctrtîon cardiaque. Il avait de fï'oquentea migraines, *f'i?îu- 
Vi\*nt fréqucinment et t^hiquail pour fr. 50 de tabae par jour. 
Calme et doux on temps ordinaire, il deveïiaït méchant, étant 
i\To. n était enfant naturel et aon pùrc ainsi {(uc toute sa 
faniUk e^t inoonnu. 



L 



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224 Antécédents. 

il/ôre, 65 ans, sujette aux wigrnines et à des crises de gas- 
tralgie, vive et emportée. — Demi-frère maternely sobre, cal- 
me, mort à 2G ans d'hémorrhagies auxquelles il était sujet et 
qui se manifestaient p \r le nez et par la bouche. — Une tante 
maternelle serait devenue /b//e, mais on n'a pas de rensei- 
gnements précis à cet cgird. A pirt cela, ni idiots, ni épilep- 
tiques, etc., dans le reste de la famille du père, à la con- 
naissance de lanière de l'enfant.] 

Mère, giletière, 52 ans, vivait avec le père sans jamais avoir 
été mariée. Fièvres piludéetniea de 2 à 9 ans. Santé toujours 
délicate, crises gastralgiques très fréquent i s, très émotive, 
pleure pour rien, repousse énergiquement tout soupçon d'al- 
coolisme. Elle n'a jamais eu de maladie grave. Grande, mince, 
sa physionomie peu sympathique parait médiocrement intel- 
ligente. — [Famille de la mère, — Père, cultivateur, mort à 
62 ans du choléra, buvait beaucoup de vin, était coléreux et 
brutal, n'avait jamais été malade. — Mère, morte subitement 
à 62 ans, était aliénée ; elle fut internée à l'asile de Châlons- 
sur-Marne, aurait eu du délire avec fièvre et se croyait persécu 
téc. Sa maladie présentait des rémissions. Elle n'eut comme 
autre maladie que des esquinancies assez fréquentes. — Deux 
frères et une i<œur morts en bas-âge, on ne sait de quoi. Aucun 
autre renseignement sur les antécédents pathologiques de la 
famille de la mère.] 

Pas de cons nguinité. Inégalité d'âge : 5 ans, la mère était 
la plus âgée. 

Quatre enfants : 1° fausse couche de 5 mois 1/2; — 2» un 
garçon, mort en naissant ; — 3" Notre malade ; — 4» un autre 
garçon, mort à un an d'entérite, n'ayant jamais eu de convul- 
sions. 

Notre malade, — La conception n'eut pas lieu pendant l'i- 
vresse, mais la brutalité du père, l'hostilité de sa famille à l'é- 
gard de la mère, la misère du ménage, la rendaient absolu- 
ment malheureuse. 

Pendant la grossesf^e, forte émotion au 3""° mois, due à des 
symptômes d'étranglement herniaire qu'aurait alors eu le père. 
Aucun autre accident. — /Iccouc/iemeïi^ normal, à terme, sans 
anesthésie. Enfant bien portant à la naissance, ni asphyxie, 
ni circulaire du cordon. — Nourri jusqu'à 10 mois au sein 
maternel, puis jusqu'à 16 mois avec du lait de vache au bibe- 
ron. 

A 14 mois, après l'apparition de sa première dent, survinrent 
des convulsions sans cause apparente. Elles durèrent une 



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Description du malade. 22B 

heure, donnèrent lieu à dés secousses toniques violentes," 
exagérées très nettement du côté droit et accompagnées 
de pâleur de la face. Les convulsions se répétèrent très 
fréquemment durant 3 jours et, après leur disparition, Ten- 
fant resta paralysé à droite, et présentait parfois de ce 
côté de ligors rnoav^m'mts conouUifs très passagers. 
Depuis 2 ans, il y eut une nouvelle recrudescence des convul- 
sions et la mère prétend que Fenfant avait alors de véritablei 
crises épileptifonnes sans perte de connaissance (?). Jusqu'à 
citte épj [U3, il l'avAit pas 3a le vérit vbles cris3s convulsives, 
siu/oelhi d3 11 nuis. Gob.., n'a jamais pu marcher. Av nt 
ses premières cjnvulsions, il prononçait quelques mots, mais 
depuis il n'a plus poussé que des cris inarticulés. — Rougeole 
à 2 ans sans complications ; scarlatine assez grave à 4 ans i/2 ; 
bronchite légère à 13 ans. Quelques abcès au cou à 2 ans, et 
engelures annuelles; pas d'autres accidents scrofuleux. Il est 
glouton, ne peut manger seul, a des alternatives de constipa- 
tion et de diarrhée. On n'a jamais constaté de vers intestinaux 
dans ses selles. A demi-gâteux, il urine sous lui, mais demande 
depuis l'âge de 5 ans pour aller à la selle. Il parait i ffectueux, 
aime les caresses, parait sensible aux reproches. Il a le som- 
meil assez agité, mais sans cauchemars, parait fréquemment 
souffrir de cephnlaliies frontales et est fréquemment pris de 
crampes dans les membres des deux côtés. Il est tranquille, 
s'amuse d'un rien et passe la journée à couper du bois avec 
un vieux couteau. — Les médecins auraient soumis l'enfant à 
des traitements, dont le bromure de potassium et le sirop dé 
Gibert formaient la base. 

État acluel (S janvier 1892). — Peau pâle. Maigreur assez 
prononcée. A Iropliie notable de tout le côté droit. Physiono- 
mie repoussante sans une lueur d'intelligence, ni la moindre 
expression dans le regard. Cheveux châtains, abondants, avan- 
çant sur les tempes, à tourbillon postérieur, situé à gauche de 
la ligne médiane. — Tête volumineuse, d'apparence symétri- 
que. Bosses pariétales peu s illantes. Bosses frontales très 
marquées. Front assez élevé mais étroit. Pas de traces de 
sutures, ni de fontanelles à la palpation. Visage ovale à pom- 
mettes saillantes et menton carré. Arcades sourciliôres très 
accusées, garnies de soucils châtains abondants. Paupières 
normales, cils courts et peu abondants. Fentes palpébrales peti- 
tes. Yeux à motilité normale, ni strabisme, ni nystagmus. 
Pas de lésions de la conjonctive, ni de la cornée. Iris marron 
clair; pupilles égales et à réactions normales. Examen fonc- 

BOUHNEVILLE. Bicétre, 1892. 15 



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L. 



t2t Description du malade. 

tionnel de U vue impossible. — » Nei légèrement busqué, nari- 
nes étroites, regardant en bas. -^ Bouche petite. Lèvre supé- 
rieure procidente ainsi que Tarcade dentaire supérieure. 
Palais, voile du palais, langue, normaux. Amygdales volumi- 
neux. Goût nul. — OreiUes grandes; ourlet peu accentué, 
lobule petit et détaché. 

Cou: pas de goitre, larynx saillant, quelques petits gan- 
glions oarotidiens engorgés. 

Thorax, maigre, saillies des côtes et du sternum. Le rachis 
offre une légère incurvation à concavité à droite. Pas d'ano- 
malie révélée par la percussion ni l'auscultation. 

Abdomen en bateau. Le foie et la rate paraissent de dimen- 
sions normales. 

Puberté et organea génitaux. — Touffe de poils noirs longs 
et bouclés au pénil. — Verge : 7 centimètres de longueur sur 
8 centimètres de circonférence. Prépuce court. Gland décou- 
vert, méat étroit. Testicules égaux, de la grosseur d'un petit 
œuf de pigeon. Quelques poils sur le scrotum, le périnée et à 
la région anale. Poils assez rares aux aisselles. Le reste du 
corps est glabre. 

La sensibilité à la douleur et à la chaleur existe également 
k droite et à gauche. •-* Poida : 48 kilogr. 500— Taille : 1», 61. 

Membres supérieura. Le droit est atrophié. (Voir plus loin 
les mensurations.) L'avant-bras droit, en pronation forcée, est 
fléchi sur le bras. La main est fléchie sur l'avant-bras au point 
que la face palmaire le touche et ne peut être redressée. Le 
membre supérieur gauche n'est pas atrophié mais est fort peu 
développé. 

Membres inférieurs. Ils présentent des deux côtés une dis- 
position particulière de la rotule. Elle se trouve située fort 
haut et laisse apparaître la saillie des condyles fémoraux. Â 
droite, la cuisse est légèrement en rotation interne, la jambe 
en demi*flexion ; le pied est en extension forcée et les orteils 
en déflexion. Les os du tarse font fortement saillie. Tous les 
muscles sont atrophiés. 

Mevwtirattofu : Tétê. 

Cirsonfémece horixontale mftzimft 545 ••* 

Demi circonférence bi-aurionlaire 330 — 

Distance de Tarticulation occipito-atloXdienne à 

la racine da nés 375 — 

Diamètre antéro-poitérieur maximum 184 — 

— bi«aaricalaire 123 — 

— .WrPViétal .,....., 120- 



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PNFUMONm. ^ itï 

— bi-temporal 148 — 

Hanteor médiane du Aront 060 — 

Membreê gupirieurê. Droit. Ganchi. 

Circonférence au niveau de Taiftelle 195 165 

— à 10 c. an-des8Ut de Tolécr&ne. 160 195 

— à 10 c. au-desBoui — 150 175 

— au niveau du poignet 125 150 

^ -* du métacarpe 160 170 

Distance de raoromion à l'olécràne 320 330 

— de Tolécr&ne à Tapophyie ttylolde 

du cubitus 230 245 

— de Tapophyse stylolde du cubitus 

à l'extrémité du médius 165 190 

Membres inférieure. Droit. Gauche. 

Circonférence au niveau de l*alne « 335 350 

— à 10 cm. au-dessus de la rotule. 240 2àO 

— — au-dessous 210 235 

— au niveau du cou de pied 155 175 

— à la partie moyenne du pied 210 210 

Distance de Tépine iliaque antéro supérieure.. 

à l'interligne articul. du genou. 415 305 

— de rinterligne à la malléole ex- 

terne 395 390 

— de la malléole externe à Textré- 

mité de Torteil médian 170 210 

1892. 3 janvier. — L'enfant tousse et est envoyé à rinfirme* 
rie. — Soir: T. R. 40o,4. 

i janvier, — Râles sibilants dans tout le poumon gaucbe. 
Souffle tubaire dans un point très limité du même côté. T. 
R. 38®, 2. — Soir: 39», 7. Vésicatoire camphré. 

b janvier. — La zone de souffle s'étend presque à tout le 
lobe inférieur. Autour de cette zone, râles crépitants et sous- 
crépitants. Quelques râles sibilants à droite. Langue sèche 
couverte d'un enduit saburral. T. R. 38», 4. — Soir : 40», 5. 

6 janvier — Môme état à gauche. Souffle à droite au niveau 
du lobe moyen, avec râles crépitants et sous-crépilanta, 
autour et dans le lobe inférieur. État général mauvais. T. R. 
390^2. — Soir: 39», 8. — Ventouses sèches. Tood, quinquina* 
Vésicatoire à gauche. 

1 janvier. — T. R. 39», 4. — Soir : 40». 

B janvier. — Le souffle a diminué d'étendue à gauche où il 
est remplacé par desrâlessous-crépitants. Môme état à droite. 
T. R. 39«», 4. — Soir 40», 2. 

9 janvier. — T. R. 39», 8. — Soir : 39», 6* 



L. 



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KB Ckahè ; svrmzB. 

iO janvier. — T. R 3S«,7. — Soir : 40o,T. 

ii janvier. — Abattement profond. Râles sous^crépltants 
dans toute retendue des poumons. Gros ràlds bronchiques. 
Une cuillerée de sirop d'ipéca. T. R. 39®, 4. — Soir : 39<», 6. 

\2 janvier. — T. R. 40*>, i. — Soir : 39*, 3. 

13 janvier. — Abattement plus grand, dyspnée Intense. T.R. 
37», 5. — Soir : 38», 8. 

\i janvier. — Faciès terreux et grippé. Dyspnée très grande. 
Signes sthétoscopiquesstatlonnalres. T. R. 39o, 6. —Soir : 4(h». i 
Ventouses, sinapisme. Todd quinquina. 

ib janvier. — T. R. 39», 7. — Sur : 38». 4. 

i6 janvier. — T. R. 38«, 3. — Soit : 38<», 2. 

17 ;anuier. — T. R. 38o, 2. — Soir : 39», 2. 

18 janvier. — T. R. 39», 8. — Soir : 38^, 8. 

19 janvier. — L*état général va en déclinant. T. R. 39«,2. — 
Soir : 39*. î. 

20 janvier — Diarrhée depuis la veille au soir. T. R. 39», 7. 
Soir : 38«», 2. 

21 janvier. — T. R. 38«, 6. — Soir : 38«», 9. 

22 janvier. — Le malade ne peut plus boire, Il s'affaiblit 
d'heure en heure. T. R. 40o, 1. — Soir : 40o. 

23 janvier. -— Dyspnée très intense, coma. Mort à 8 heures 
1/2 du matin. T. R. 40«, 8. — T. R. auj^eltôt après la mort : 41», 8; 
— 1/4 d'heure après : 40«. — Une heure après 38", 1. — Deux 
heures après : 36*. La température de la salle oscille entre 13* 
et 14*. — Poid^ de l'enfant après le décès : 45 kllogr. 400. — 
Diagnostic de la maladie ultime : Pneumonie double. 

Autopsie faite le 24 janvier 1892, 24 heures après le décès. 

Tète. — Cuir chevelu et tissu cellulaire sous-cutané 
assez épais. «^ Calotte crânienne dure, parfaitement 
symétrique. Sur la coupe, elle a, en avant, sur la ligne médio* 
frontale, 5 miUimètres d'épaisseur et 10 millimètres au niveau 
de la coupe de la protubérance occipitale externe. L'épaisseur 
des autres parties de la coupe varie entre 4 et 6 millimètres. 
A sa face externe, on ne constate pas de suture métopique. 
La Buture fronto*pariétale est très finement dentelée et n'offre 
pas de points de synostose. La «uture eagittale, à contours 
compliqués dans la plus grande partie de son parcours, devient 
presque rectiligne pendant un centimètre environ, puis durant 
ses 3 centimètres postérieurs forme des dentelures qui gagnent 
le lambda en augmentant de longueur, composant ainsi une 
sorte de petit triangle. Pas trace de synostose sur le trajet de 



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■Wli*.' 



SCLiROSB ATROMIQUB. S29 

eette suture. La suture lambdoîde est contournée en dente* 
lures irrégulières surtout vers ses parties inférieures, mais en se 
rapprochant du lambda, sur un trajet de 3 centimètres 5 environ, 
les dentelures se simplifient et on note sur l'occipital, en 
arrière de la suture, de petits ilôts osseux très petits et isolés, 
qui paraissent provenir d'un travail partiel de synostose de 
cette portion de la suture. Ce travail est plus accentué à gauche 
qu'à droite et, de ce côté, il est des points où il est diflicile sur 
la table externe de Tos de suivre la suture. Sur la face interne 
de 1 1 calotte on n'observe sur le trajet des sutures aucune 
trace de synostose. Les sutures sont rectilignes. La suture 
sagittale présente à 3 centimètres du lamba. sur un parcours 
d'un centimètre 5, une dépression profonde. Les vaisseaux 
méningés ont laissé sur la table Interne des frontaux et des 
pariétaux de profondes rainures. 

Les canaux du diploé sont injectés. La calotte n'est du reste 
transparente qu'au niveau du point où se trouvait la fonta- 
nelle antérieure dans les angles antérieurs et internes des 
pa^itaux. A gauche, il existe une plaque transparente de 2 
C3nti >i >tre3 d3 lon:»u3ur sur 5 m Uimètres de largeur, tandis 
qu'à, droite, la partie transparente, symétrique, n'a guère plut 
de 5 millimètres. La base du crâne, symétrique, ne présente 
rien de particulier. 

Les vaisseaux et lesnerfs de la base ontleur disposition ordi- 
naire. La pie^mère est très congestionnée, surtout à sa partie 
antérieure, et est blanche et opaque sur le trajet de la scissure 
de Sylvius. 

Eneéptiale 1100 gr. 

Hémisphère cérébral droit 470 gr. 

— — gauche 470 gr. 

Cerveau 940 gr. 

Hémisphère cérébelleux droit 70 gr. 

— — gauche 70 gr. 

Bulbe ef protubérance 20 gr. 

Cenretet et iethme lOOgr. 

Liquide céphalo-rachidien ISO gr. 

Hémisphère cérébral droit — La scissure de Sylvius, très 
profonde, laisse apparaître le lobule de l'insula avec cinq digl- 
tations. — Le siUon de Rolando est très oblique d'arrière en 
avant et de haut en bas. -^ F^ et F> présentent une sclérose 
airophique dans tout le siège de leur parcours. F' est le siège 
de la môme lésion mais dans sa moitié antérieure seulement, 
le reste de la circoavoluUon a son aspect ordinaire, F A, nor* 



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290 Sclérose jltrophiqub. 

maie dans sa moitié inférieure, est sclérosée et atrophiée dans 
sa partie supérieure. Il en est de même de P A, où la lésion 
est moins accentuée. — Le lobe pariétaU surtout au niveau du 
pli courbe, présente des ad/iërences méningitiques assez 
accentuées. — Les lobes occipital et temporal ont une dispo* 
sition régulière. 

Face interne, — La sclérose atrophique intéresse la partie 
antérieure du lobe paracentral. L'avant-coin, le coin, la région 
temporo-sphénoîdale, la circonvolution du corps calleux 
paraissent pas altérés. Il en est de môme des noyaux gris 
centraux, des tubercules quadrijumeaux et du pédoncule. 
Le ventricule latéral est un peu dilaté. 

Hémisphère cérébral gauche, — La scissure de Sylvius est 
entrouverte et bordée par des circonvolutions qui sont le siège 
d'une sclérose atrophique excessivement accentuée. Cette 
lésion est des plus manifestes sur l'insula. F^ et F' sont moins 
altérées que sur le côté opposé, mais F^ dans son tiers posté- 
rieur présente cette altération à son maximum. Le sillon de 
Rolando, très net et moins oblique qu'à droite, sépare F Aet P 
A, sclérosées sur tout leur parcours mais surtout dans leur 
moitié inférieure. — Le lobe pariétal supérieur et le pli courbe 
sont très altérés. La lésion va en s'accroissant, en se rappro- 
chant de la scissure de Sylvius; elle parait surtout porter sur 
le territoire de l'artère sylvienne. — Le lobe occipital est 
indemne. — Le lobe temporal Test aussi, sauf T* qui est très 
sclérosée comme toutes les circonvolutions qui bordent la 
scissure de Sylvius. 

Face interne, — On ne trouve qu'un foyer de sclérose 
assez accentué à la partie postérieure du lobule paracentral 
et à la région antérieure de l'avant-coin. —Le ventricule laté' 
rai est beaucoup plus dilaté qu'à droite. Les noyaux gris cen- 
traux, les pédoncules, etc., paraissent normaux. 

Le cervelet offre de nombreuses adhérences pie-mériennes, 
mais n'est le siège net d'aucune altération macrocospique. Il 
en est de même du bulbe et de la protubérance, — La moelle 
épinière ne paraît pas asymétrique, on ne remarque sur sa 
coupe, à l'œil nu, aucune lésion apparente. 

r/iorax.— Pas d'épanchement pleural, ni d'adhérences. Pou- 
mon droit (770 gr). Hépatisation rouge du lobe inférieur et de 
la partie inférieure du lobe moyen. — Poumon gauche (710 
gr). Hépatisation rouge du lobe inférieur. Congestion Intense 
du lobe supérieur. — Cœur (300 gr.), normal, pas de persis- 
tance du trou de Botal, ni du canal artériel. 



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j 




RirLBxioNS. tll 

Cou, — Corps thyroïde (25 gr.), sain. — Pas de traces de 
thymus. 

Abdomen. — Estomac, pancréas (35 gr.), intestins, Désste , 
péritoine : rien de particulier — » Foie (1350 gr.) un peu gros 
et pâle. — Rate (130 gr.). Rein droit (130 gr.) ; — Rein gauche 
(130 gr.) sains. 

Réflexions. — I. Cette obaervation, comme celles 
de la presque totalité de nos malades, nous montre 
chez le malade qui en fait Tobjet de nombreuses tares 
héréditaires (alcoolisme, aliénation, migraines, névro* 
pathie). Les événements survenus au moment de la 
conception et durant la grossesse^ ne paraissent pas 
devoir être pris en considération, car jusqu'à 14 mois» 
Gob... n'aurait pas différé sensiblement des enfants 
de son âge. Â cette époque, plusieurs séries de 
convulsions prédominant à droite ont eu pour con^ 
séquence l'état d'idiotie et Vhémiplégie droite que 
nous avons notés chez l'enfant pendant la vie, con- 
séquences de l'encéphalite qui se traquit anatomi^ 
quement par deux foyers de sclérose atrophique régio- 
nale. L'état de mal convulsif et Vhémiplégie ont 
permis de rattacher durant la vie l'idiotie à la scié' 
rose atrophique. 

IL Vatrophie musculaire des membres droits 
accompagnée de contracture, et la malformation des 
genoux méritent d'attirer l'attention. 

III. L'autopsie nous a fait constater une épaifseur 
assez considérable des os du crâne et quelques points 
de synostose de la suture lambdoide. Nous ne croyons 
pas que cet état ait légitimé une intervention chirur- 
gicale, les lésions anciennes de sclérose et Tatrophie 
des circonvolutions nous en donnent la raison ; une 
boutonnière osseuse ne peut évidemment avoir aucune 



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n^ 



RâFLSXIOXS. 



influence sur une altération scléreuse préaliblement 
produite. Un fait tout particulier qui semble intliquer 
Tontine artérielle de rafTection, c'est la limitation 
macroscopique de la sclérose à gauche (c'est- à-dîre tlu 
côté le plus atteint) au territoire de la sylvicnne. A 
droite, les points scléreux sont disséminait assez irréen- 
lièreinent et ne permettent aucune déduction anatomo- 
clinique. 



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XX. 



Idiotie symptomitiqae de tnmeors dn cervelet 
eompliqnées d'hydrocéphalie; distension des sntïires; 

Pab B^RNEVILLE et ferrier. 



Sommaire. — P^re migraineux dans Venfance, tr^s colère, 
nombreux excès de boisson avant le mariage, {A deux. 60 
bouteilles de bière enunjour.) Malformation des^doigtiif trois 
doigts seulement à la main droite). — Grand'mère pater- 
nelle très nerveufie. sujette à des migraines, movl subite. 

— A ^Tière -grand' tante paternelle en enfance. — Mère, 
nerveuse; cauchemars. — Grand'mère maternelle, hypo- 
chondriaque, aliénée.^ Arrière-grandoncle maternel, Biii- 
cidè par pendaison. — Grand-père maternel, alcoolique, 
violent. — Grand-oncle materneL mort d'iine attaque 
d'apople.xie. — Pas de consanguinité. — Inégalité d'âge de 
3 ans. 

Allaitement partiel au lait de chèvre. — Intelligence ordi- 
naire jusqu'à 6 ans. — Violents maux de îHe avec 
vomisssements bilieux. — Deux mois plus tard, parésie des 
jambes, affaiblissement de la vue; puis parahj^ie et cécité 
complètes; — crises convulsives probables (?}. — Nystag- 
mus; strabisme divergent; atrophie blanche des deux pa- 
pilles. -^Paraplégie s pasmodique. ^ Trépidation i^pinale, 

— Accès migraineux avec ronflement et élév^'iiion de ta 
température; — accès de colère. — Gâtisme. — Congestions 
de Ùl face. — Augmentation de volume de la tête, — Amé- 
lioration passagère à la Fondation Vallée : diminution de 
la paralysie. — Gangrène des extrémités inférieures. Septi* 
cémie. — Mort. 



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é 



tu Antécédents HÊRÊDiTAmss. 

Autopsie. — Ec&rtement des os du crâne; distension des os 
du crâne ; — état membraneux des sutures. — Hydrocépha- 
lie ventriculaire double, — Dilitation du troisième ventri- 
culaire. — Kystes et infiltration sanguine du cervelet (tuber- 
cules transformés). 

Bais... (Marie), âgée de 7 ans, née à Vitteau (Côte-d'Or), le 
2 nov. 1882, est envoyée d'office, des Enfants-Malades, le 44 
mai 1890, à la Fondation Vallée(service de M. Bourn^ville). 

Antécédents fournis par le père et la mère. (Juin 1890). — 
Père, 30 ans, employé au restaurant Duval ; auparavant cafe- 
tier en Bourgogne, n*a eu ni convulsions, ni fièvre typhoïde, 
ni rhumatisme, ni dartres, ni syphilis. Il a eu jusqu'à 13 ans de 
fortes migraines, d'une violence telle qu'elles lui arrachaient 
des cris. Son caractère était très violent : pour un rien, iUau- 
rait cassé la figure à quelqu'un. » Il buvait, avant son mariage, 
de l'absinthe « jamais plus de 3 par jour, et de la bière jusqu'à 
18 bouteilles.» Il se vante d'avoir bu, avec un de ses camara- 
des, soixante bouteilles de bière en un jour. Il ajoute qu'il 
était souvent gris. Depuis 7 ans, il a cessé son commerce et 
ne boit plus. Il a une malformation congénitale de l'avant- 
bras et de la main du côté droit. L'avant-bras est beaucoup 
plus court et plus petit que le gauche et la main ne se termina 
que par trois doigts : le pouce, et deux autres doigts dont le 
plus long et le plus gros est aussi le plus rapproché du pouce, 
en sorte que, comme volume et comme forme, ces doigts 
rappellent le médius et l'annulaire. (Fig. h). Par suite d'un acci- 
dent, le pouce est luxé en dehors et en arrière. Voici le tableau 
des mensurations comparatives de ses membres supérieurs : 



Cireonférenee au niveau 'de l'aisseUe 

Circonférence au niveau du coude 

— au milieu de l'avant-bras . . . 
— > au niveau du poignet 

— au milieu du carpe 

Distance de Tacromion à l'olécr&ne 

— de rolécr&ne à Tapophyse ttylolde du 

cubitus 25 33 

Distance de Tapophyse stylolde du cubitus & 
rextrémité du médius 20 18 

[Son père est mort à 65 ans, calculeux, il n'avait pas de mala- 
die nerveuse. — Sa mère, atteinte d une aflection cardiaque, est 
morte subitement à table, à 62 ans. Elle avait de fréquentes et 



Gauche. 


Droit 


34 c. 


34 c. 


24 


22,4 


20 


17,3 


15,5 


14 


21 


17,î 


32 


31 



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Antâgèdbnts personnels. 



235 



violantes migraines ; elle était excessivement nerveuse, mais 
n'a jamais eu de crises. — On ne connaît pas les grands-pàrents 
paternels. — La grand'mère maternelle est morte aussi d'une 
affection du cœur. — Il y a plusieurs oncles ou tantes paterneU ; 
mais on n'en connaît qu'un, qui est &gé, en bonne santé, non 
nerveux et sobre. — Un gr^ind-oncle maternel est mort d'une 
maladie du cœur ; quatre autres sont vivants et en bonne santé ; 
une grand'tante maternelle est atteinte de ramollissement 




Fig. 5. 

cérébral. — Un frère jumeau, qui était bien conformé, est 
mort k 3 ans, on ne sait de quoi. Il n'y a dans la famille du 
pore, ni épileptiques, ni aliénés, ni bègues, ni sourds-muets, 
ni paralysés, ni suicidés, ni débauchées]. 

Mère, 27 ans, n'a eu ni convulsions dans l'enfance, ni fièvre 
typhoïde, ni chorée, ni rhumatisme, ni dartres, ni migraines, 
ni symptômes de syphilis. Elle n'est pas alcoolique. En résu- 
mé, elle a toujours eu une excellente santé, mais elle travaille 



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336 ANTÉCéDENTS PERSONNELS. 

beaucoup et elle est trôs-nerveuse ; elle a, la nuit, dans son 
premier sommeil, des cauchemars et des accès de somnam- 
bulisme ; toutefois, elle ne semble pas être hystérique. — [Mère, 
morte à 52 ans, avait ordinairement une bonne santé. A 
un moment donné, elle fut atteinte d'ictère et eut en même 
temps des accès de mélancolie. Elle finit dans un asile d'alié- 
nés près de Dijon. — Père, mort à 60 ans, à la suite d'excès 
alcooliques. Il battait ses enfants. — Les grands-parents 
paternels ne sont pas connus. — Les grands-parents mater- 
nels sont morts âgés. « de vieillesse ». — Les onc/es ou tantes 
maternels sont au nombre de 13. L'un d'eux est mort vieux, on 
ne sait de quoi. Un autre s'est pendu. Les autres sont inconnus. 
— Deux oncles paternels, morts tous les deux, l'un de maladie 
indéterminée, l'autre d'une attaque d'apoplexie. — Une tante 
paternelle est encore vivante. — Deux frères et une sœur sont 
en excellente santé, sobres, calmes, très rangés. On ne connaît 
pas d'idiots, d'épileptiques, etc., dans le reste de la famille]. 
Pas de consanguinité. — Inégalité d'âge de 3 ans. (La mère 
moins âgée que son m.iri.) 

Deu.v enfants : i« notre malade ; C® garçon, mort à un an. du 
carreau, il était rachitique. 

Notre malade. — Au moment de la conception, le mari buvait 
beaucoup. paraît-il. Pendant la grossesse, il adonné quelque* 
fois des coups à sa femme, mais il n'est pas question de coups 
sur le ventre. La grossesse fut bonne. Il faut dire pourtant, 
■que, vers le deuxième mois, la mère eut envie de boire 
et but pendant deux semanies environ, deux petits verres 
d'alcool parjour.— W accouchement a été normal ; les douleurs 
ont duré un jour. Il n'y a eu ni chloroforme, ni forceps. L'en- 
fant, à la naissance, ne présentait pas d'asphyxie, mais elle 
a toujours eu le teint un peu jaune. On l'appelait : « la petite 
moricaude. » Elle fut élevée, jusqu'à l'âge de deux mois, au 
sein, par sa mère, qui dut ensuite cesser r<illaitement à cause 
des gerçures du sein. L'enfant fut placée chez une nourrice. 
Celle-ci devint enceinte et continua à élever l'enfant, mais au 
lait de chèvre. 

Marie B... a été sevrée à 13 mois. Elle a commencé à marcher 
vers la même époque. Elle a eu sa première dent vers le 11* 
mois. Elle a commencé à parler à 13 mois. Elle n'a jamais eu 
de convuUion?, fut très bien portante, très enjouée, jusqu'à 
l'âge de 6 ans. A cette époque, elle fut prise de violents maux 
de tête, qui lui fai aient pousser des cris de douleur. Ces dou- 
leurs se renouvelaient régulièrement. Elles débutaient, vers 



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Description de la malade. 537 

2 heures du matin et étaient terminées vers midi. Outre la dou- 
leur, il y avait des vomissements bilieux. Les maux d** této 
revenaient d'abord tous les 8 jours, puis ce fut tous les 15 
jours. Dans les intervalles, l'enfant ne se plaignait di^ rien, 
était aussi gaie qu'auparavant. C'est l'accès type de migraine. 
On fit à l'enfant des pointes de feu. et on la soigna comme si 
elle avait de la méningite. Puis elle fut conduite aux Enfants- 
Malades. Là, les membres inférieurs, qui s'affaiblissaient avant 
l'entrée, devinrent presque impotents en même temps qu'ils 
présentaient, à l'excitation, des mouvp.ments spasmOiliqu^p, La 
UU3, qui coTiinonç:iit à basses*, disparut compKlcnvHiL It y 
avait une atrophie totale des papilles. Aux Eiifanl^-Mafarle??, 
une petite fille voi>ine du lit de Marie B. aurait dit h la mêro 
de celle-ci que sa fille avait des convulsions. Dans le service 
où elle a passé, il aurait été question de tumeur céré- 
brale. 

Elle a été vaccinée ; a eu la rougeole à 3 ans ; et, parait- il, 
les oreillons durant son séjour à l'hôpital. Ni onautï^rne^ ni 
vers intestinaux. Pas de gourmes, d'ophthalmicy, d'oti-^ 
tes, etc. 

Après avoir passé un an aux Enfants-Malades. Tcnfant a 
été envoyée à la Fondation Vallée. 

État actuel. (2 octobre 1890.) — Fillette de taille moyenne, 
au teint pâle, émaciée. Pas de cicatrices, pas d'adéntipathica. 
La tête est arrondie, symétrique, de volume moyen relative- 
ment au corps. On ne constate plus de traces des fontanelles. 
Les bosses occipitales et pariétales sont symétriques et peu 
accusées. Les cheveux sont châtains, très abondants, et vé^n- 
liôrement implantés. Le front est peu élevé; les bosses fron- 
tales sont régulières. 

La face a une expression de tristesse. Les paupières sont 
normales, bien fendues. Yeu.x : les cils, longs, châtains, sont ré- 
guliers, les pupilles larges, dilatées, les iris bruns, pas de li^siou» 
conjonctivales ou cornéennes. Il y a du nystagmus et un lé^^er 
strabisme divergent. Atrophie blanche des deux jtnpilkSt 
L'enfant a une perception quantitative de lumière. —.Vl*; droit ; 
narines symétriques. Odorat normal. — Pommelti^s égales. 
Pas de parésie faciale. Lèvres rosées, assez bien faites. Bou- 
che bien fendue. Langue normale. Palais régulier. Il;iphé 
médian non dévié. Il n'y a rien de particulier aux amyg-EJalea 
et au voile du palais. Le goût est conservé. — Menton arnmti», 
— Oreille externe assez bien conformée; hélix peu roulé^ 
labule non adhérent. Ouiie normale. 



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2S8 Description de la malade. 

Cou arrondi, pas de saillie ou d*atrophie du corps thyroïde. 
Circonférence, 26 centimètres. 

Thorax régulier. Rien au cœur ni aux poumons. — Seins 
peu développés : dimensions transversales, 8 centimètres ; ver» 
tioales, 7 centimètres. Aréoles rosées ; diamètre, i centimètre 5. 

Abdomen. Rien de particulier. Rate et foie normaux. 

Membres supérieurs régulièrement conformés. Articula* 
tiens et muscles sains. Force égale des deux côtés. Pas d'ar- 
pôt de développement 

Membres inférieurs. L'enfant présente une paraplégie spas- 
modtque très marquée, avec contracture très prononcée des 
cuisses, qui font avec l'abdomen un angle aigu ; on ne peut 
étendre la jambe. — Traitement: bains salés, exercice dei 
jointures. 

2 octobre. — II y a, au point de vue des membres inférieur!, 
une amélioration notable ; les mouvements de la jambe sont 
beaucoup plus libres. L'enfant peut l'étendre, la soulever jus- 
qu'à 80 centimètres au-dessus du plan du lit. Elle se couche 
sur le dos, et les membres inférieurs sont complètement éten- 
dus. Elle commence à marcher et à se tenir dans son chariot. 
Les articulations sont libres. Les mouvements provoqués n'ex* 
citent plus les cris de l'enfant. 

La sensibilité est normale dans tous ses modes (tempéra- 
ture, contact, douleur, etc.) — Les réflexes rotuliens sont for- 
tement exagérés ; il existe de la trépidation spinale, 

La mastication est bonne. Il n'y a ni bave, ni tuccion, ni rumi- 
nation, ni vomissements. La digestion se fait bien ; les selles 
soht régulières. G&tisme absolu. Sous ce rapport, aucune modi- 
fication depuis l'entrée. Cependant l'enfant demande très bien 
le vase lorsque ses parents viennent la voir. 

Marie B. . . parait assez intelligente, parle bien. Elle est affec- 
tueuse, et aime qu'on s'occupe d'elle. Mais, dans les exercices 
qu'on lui fait faire, elle est fort capricieuse et n'obéit pas à la 
demande d'exécution. A cette occasion, elle se met fréquem- 
ment en colère lorsqu'on veut lui faire faire ce qu'elle refuse 
d'accomplir. Quelquefois même elle va jusqu'à ne pas manger. 
A cette époque, on ajoute à son traitement des douches en 
jet de 30 secondes. 

1891. iO janvier. — Depuis un jour, Marie B. a de la céphalée 
frontale, avec vomissements alimentaires. La température 
s'élève à 39^ 5; le pouls à 86. Il est régulier, plein. Pas de rai- 
deur de la nuque ou des membres. Un gramme d'antipyrine. 

Juin.— Depuis six mois, les progrès se sont arrêtés. Ilsem- 



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Migraines ; hydrocêphalib. 



239 



ble que Tenfant se tient debout et marche seulement quand 
celalui plaît. Elle est trôsjalouse de ses compagnes, et se met 
dans de très violentes colères, se jette parterre. Elle gâte tou- 
jours. 

28 juillet. — L*enfant prend ses douches régulièrement tous 
les jours. On remarque que, depuis quelque temps, elle se 
tient moins bien dans les barres parallèles. Elle ne 
grince pas des dents, ne se cogne pas la tète, n'a pas 
de roideurs dans les membres, ni de secousses brusques. 
Parfois, il y aurait, en dehors de ses migraines, des congés^- 
lions de la face. Les migraines deviendraient plus fréquentes. 
Elles survenaient autrefois tous les mardis ; actuellement il y 
en a trois par semaine. On rase les cheveux, et on applique 
un large vésicatoire sur la moitié antérieure de la tète. 

i892. 9 janvier. — Raser les cheveux et appliquer un nou- 
veau vésicatoire recouvrant tout le sommet de la tète presque 
jusqu'à la racine des cheveux en avant. Le vésicatoire sera 
laissé 15 ou 16 heures. A ce moment, on reprend les dimen- 
sions de la tète qui avaient déjà été prises en octobre 1890, 
c'est-à-dire 15 mois auparavant. Voici le tableau de ces men- 
surations, avec celles qui ont été prises au mois de juillet 
suivant : 




Circonrérence horizontale maxima 

Oemi-circonférence bi-auriculaire 

Oiatance de rarticulation occipito-atloldienneà la 

racine du nez 

Diamètre antéro- postérieur maximum 

— bi-aariculaire 

— bi-pariétal 

Hauteur médiane du troni 



Ces mensurations comparatives montrent que le crâne aug- 
mente notablement de volume et qu'il se développe une 
hydrocéphalie symptomatique, à marche assez rapide. 

Puberté. — Glandes mammaires non développées. Aréoles 
de la grandeur d'une pièce de 50 centimes, peu colorées, d'un 
rose clair. Pénil modérément saillant, glabre. Grandes lèvres 



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240 Paraplégie ; troubles trophiques. 

épaisses, saillantes, accolées, humides et un peu routes. Sur 
chacune d'elles, un assez petit nombre de poils fins, châtain 
foncé, coupta et fri es. Petit'»s lèvres assez dévelopjiées, un 
peu plissées. Capiicnon très développé. Clitoris petit. Hymen 
un peu dévié à droite, boursouflé. L orilice a des bords abso- 
lument lisses. Fourchette très saillante. Il y a au pourtour de 
l'anus quelques poils fins, courts, châtain toncé. 

2 avril. — On reprend l'hydrothérapie. 

43 avnl. — Vésicatoirc sur la moitié droite du cuir chevelu 
rasé. Ce vésicatoire donne lieu à quelques petites phlyrtènes. 

21 avril. — Vésicatoire placé dans es mêmes c.>nd'li<ms, 
sur la moitié gaucho du c/âne. Il pro Jait é^aîemo.it q :e!qu2d 
phlyctènes. 

40 mai. — Depuis une quinzaine de jours, l'enfant penche 
toujours la tête soit en avant, soit latéralement. Elle semble 
avoir peine à la tenir verticale. Ce fait a déjà été remarqué 
après l'application du premier vésicatoire et tient au déve- 
loppement progressif et rapide de la tôte (Hydrocéphalie). 

25 juin. — L'enfant marche de plus en plus mal. Elle no 
peut môme plus se tenir debout dans les barres parallèles. 
Si l'on essaie de la faire marcher en la soutenant sous les bras, 
elle s'affaisse sur ellc-môme, les cuisses restant dans l'adduc- 
tion et au môme niveau, les pieds, qu'elle ne p^ut soulever, 
restant en arrière. Le pied içauche repose sur son bord interne. 
— La tôto se penche en avant plus encore qu'auparavant. — 
La face est d'une pâleur jaunâtre, bistrée. — Il n'y a pas de 
grincement de dents. — La tôte a augmenté de volume, ainsi 
que le montrent les mensurations. 

18 octobre. — L'enfant entre à l'infirmerie, accusant de la 
douleur aux deux pieds spontanément, et du côté gauche, 
consécutivement aux mouvements provoqués du pied. Les 
deux pieds, mais surtout le gauohe, sont cyanoses. L'asphyxie 
remonte à gauche jusqu'aux malléoles. A droite, elle remonte 
seulement jusqu'à la partie moyenne du pied. Le pied gauche 
présente un gonflement considérable sur sa face dorsale ; le 
pied droit est également tuméfié. Sur la face correspondante 
du petit orteil gauche, se voit une perte de substance de forme 
circulaire, en form.id'entonnoir peu profond, à bords livides, à 
fond jaunâtre, n'intéressant pas l'os. Du côté droit, pareille 
perte de substance sur le dos du 3" orteil. La consistance de 
la tuméfaction est la môme sur les deux pieds; elle est dure, 
sans œdème. Les jambes sont d'une couleur éryihémateuse. 
Les ganglions des aines ne sont pas engorgés. La douleur 
est aâsez nette à la palpatiou des deux jaaibes au niveau de 



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Gangrène des exthêmités inférieures. 241 

la teinte érythémateuse. Les plaques sont limitées par un très 
léger bourrelet. T. R. 38», 2. 

19 octobre, — Sur le pied gauche apparaissent deux phlyo- 
tônes séro-purulentes, en avant et à 2 centimètres environ de 
la malléole externe, l'une au-dessous de Tautre. — Panse- 
ment humide phéniqué des pieds et des deux jambes. 

20 octobre. — La rougeur des jambes gagne toujours de bas 
en haut, avec les mômes caractères. Perforation très nette du 
derme au niveau de la phlyctène supérieure du côté gauche. 
Le tissu cellulaire sphacélé apparaît parrorifice.— Drainage, 
après lavage. 

21 octobre. — La face dorsale du pied gauche est moins 
dure en général, et a, par places, une consistance fluctuante. 
Contre-ouverture de plusieurs clapiers, en arrière des orteils, 
et au-dessous de la malléole externe. — Lavage, drai- 
nage. 

22 octobre. — Abaissement de la température. La perte de 
substance s'agrandit par la destruction d'un pont cutané qui 
recouvrait un drain. 

A partir de ce moment, l'érysipèle gagne des deux côtés, 
mais s'éteint à la partie moyenne de la jambe gauche. A droite, 
il at-eint les téguments qui recouvrent le trochanter, gagna 
la partie postérieure du bassin, et, par cette voie, et par le 
périnée, la partie supérieure et interne de la cuisse gauche 
(9 novembre). Au niveau du bassin existe le bourrelet patho- 
gnomonique. 

La perte de substance cutanée, située en avant de la mallé- 
ole externe gauche, s'agrandit peu à peu, jusqu'à présenter 
bientôt, avec une forme elliptique, une longueur de 8 centi- 
mètres, une largeur maxima de 4 centimètres. A mesure que 
la plaie s'agrandit, les bords se décollent, deviennent livides, 
et recouvrent de nouveaux foyers de suppuration. Il n'y a 
aucune tendance au bourgeonnement. 

26 octobre. — La destruction de la peau a découvert non 
seulement le tendon du jambier antérieur, mais ceux de l'ex- 
tenseur commun des orteils. Les ulcères des deux orteils 
sont cicatrisés. Mais il se forme une nouvelle eschare, molle, 
sous le talon droit. On la panse à la gaze salolée tous les 8 
jours. Pas d'accidents. Celle du talon gauche s'est détachée, 
et la réparation se fait peu à peu. 

27 octobre. — Au genou gauche survient une deuxième 
phlyctène en arrière de la première. Elle est plus étendue, 
et une fois percée, laisse voir à nu le tissu cellulaire sous- 
cutané. Les pansements humides, tout en tarissant la suppu- 

BouRNBViLLE, Bicêtre, 1892. 16 



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242 Septicémie; mort. 

ration primitive, ne peuvent amener la cicatrisation et empê- 
cher le décollement progressif des bords. 

7 novembre, — Il se produit du côté droit une eschare 
sacrée. Pendant ce temps, la température présente des élé- 
vations le plus souvent subites, vespérales, qui sont suivies 
aussi d abaissements considérables après ouverture de clapiers 
purulents. Aujourd'hui nouvelle élévation, Tenfant tousse un 
peu, elle a des râles sous-crépitants aux bases. Il n'y a pas 
de dyspnée apparente. Le pouls est faible, très rapide, avec 
quelques intermittences. 

Du 9 au 15 novembre^ les lésions pulmonaires s'aggravent 
peu à peu. On trouve, le 15 novembre', des râles sibilants 
dans les deux tiers supérieurs des poumons, des râles sous- 
crépitants aux bases , de la submatité seulement à la base 
droite en arrière. La toux est légère, la dyspnée peu marquée. 
La pommette droite est rouge. Le pouls, depuis longtemps à 
120 pulsations, devient de plus en plus faible. Cependant l'en- 
fant s'alimente toujours, et prend bien son lait. Il n'y a pas 
de troubles digestifs. 

9 novembre, — Le bras gauche est contracture en adduc- 
tion, et tous les segments du membre en flexion forcée. L'en- 
fant crie si l'on veut le lui étendre. Elle semble souffrir au 
niveau de l'articulation de l'épaule gauche. 

23 novembre, — Les plaies sont toujours dans le même état. 
De plus, il s'est fait une nouvelle perforation sur un point 
comprimé, au niveau du bord interne de l'omoplate droite.— 
Il y a de nombreux râles sous-crépitants dans les poumons. 
La respiration semble cependant encore assez facile. L'enfant 
a les yeux excavés, vitreux. Elle a perdu beaucoup de force, 
puisque jusqu'à ce jour elle tenait encore la timbale pour 
boire son lait et qu'elle ne le peut plus aujourd'hui. Les batte- 
ment du cœur sont extrêmement fréquents : 140 par minute. 
Le pouls est à peine perceptible. 

26 novembre, -* Pas de changements notables. L'enfant 
est réduite à une émaciation extrême et s'affaiblit graduelle- 
ment. Les yeux sont ternes, à-demi fermés. Le pouls est 
encore perceptible. La respiration est faible. La température 
s'abaisse maintenant progressivement (Fig, 6). Dans le creux 
poplité du côté gauche, sur le bord du tendon du demi-mem- 
braneux, s'est encore produit un orifice cutané qui donne pas- 
sage à une assez grande quantité de pus et laisse pénétrer le 
stylet, dans une assez grande étendue, sous la peau décollée. Il 
aété impossible de maintenir un pansement derrière l'omoplate 
droite. Là aussi, le décollement de la peau est considérable. 



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ci 
-a 







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244 ECARTEMENT DES OS DU CRANE. 

27 novembre, — L*enfant est morte ce matin à 8 heures, sans 
phénomènes particuliers. La température de la chambre étant 
de 20 degrés, celle du corps était, aussitôt après la mort, de 
35«,6; une heure après, 34«,4; 2 heures après, 30o,3. Le poids 
après décès est de 13 kilog, 500 gr. 

Autopsie, 26 heures après décès. — Tête. Le cuir chevelu 
est très mince, très pâle et a perdu toute sa graisse. La calotte 
est à peu près symétrique, plus développée cependant à droite 
qu*à gauche. Les fontanelles sont fermées, mais les sutures 
coronale, sagittale et lambdoïde sont écartées et rintervalle, 
compris entre les dentelures des sutures correspondantes, 
est comblé par une membrane mince et transparente. Les 
dentelures des os se sont très allongées ; leur écartement de 
celles de Fos voisin atteint jusqu'à 3 ou 4 centimètres. Los 
parties osseuses voisines du tiers moyeu de la suture coro- 
nale sont transparentes. Les deux pariétaux offrent aussi 
en bas des impressions digitales qui les rendent translucides 
{Fig. 7). 

La base est sensiblement symétrique. Le plancher des orbi- 
tes offre des impressions digitales très profondes. La fosse 
pituitaire est un peu élargie, aplatie. Les fosses sphénoidales 
paraissent symétriques. La fosse occipitale gauche est un peu 
plus développée que la droite, en sorte qu'il existe un léger 
degré de pùigiocéphalie. 

Lorsqu'on enlève la calotte crânienne, il s'écoule 50 grammes 
de liquide céphalo-rachidien môle de sang. La dure-mère est 
mince et très pâle. La dure-mère et le cerveau se sont affaissés 
considérablement, et hors de proportion avec la petite quantité 
de liquide qui s'est écoulée. Il y a un paquet d'adhérences à 
l'extrémité antérieure et à l'extrémité postérieure du lobe 
temporal gauche. Les nerfs olfactifs sont aplatis, minces. 
Lorsque l'encéphale repose sur sa convexité, il s'élargit 
d'une façon notable, et a un contour presque circulaire. 

On remarque une sorte de kuste arrondi, translucide, au 
niveau de Tespace interpédonculaire, et en avant du chiasma 
des nerfa optiques qui se trouvent soulevés par le kyste. 
Celui-ci, en arrière du chiasma, forme une sorte de prolon- 
gement ou saillie comme le mamelon. Ce kyste a environ 
deux centimètres de diamètre et forme une saillie d'environ 
un centimètre et demi. En arrière du bulbe, entre les deux hémi- 
sphères cérébelleux, au niveau du sillon qui les sépare, existe 
un second kyste allongé dans le sens transversal, ayant près 
de 3 centimètres dans ce sens, et 2 centimètres de hauteur. Deux 



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ECARTEMENT DBS SUTURES DU CRANf . 



245 



petits sillons le séparent en deux parties, et lui donnent un as- 
pect bosselé. Les kystes sont transparents. L'antérieur ettbleu- 




Fig, 7. 

àtre ; le postérieur, légèrement citrin. Le petit mamelon du kyste 
antérieur répond à Tinsertion de la tige pituitaire. Le kyste anté* 



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246 Tumeur du cervelet; hydrocéphalie. 

rieur communique avec les ventricules, augmente si on les 
comprime et diminue si on les laisse se dilater. Le corps 
pitiiitaire est un peu épais, mais large, et d'une coloration 
grisâtre prononcée. 

Les nerfs optiques sont très atrophiés et ont à peine deux 
millimètres de diamètre. Ils présentent une teinte vitreuse. 
Les bandelettes sont réduites à une mince couche. Les tuber- 
cules mamillaires sont tout-à-fait aplatis. Les autres nerfs 
de la base paraissent à peu près normaux. — Les artères sont 
symétriques. — La protubérance est un peu aplatie. 

Lorsqu'on sépare le cerveau du cervelet, il s'écoule 70 gr. de 
liquide céphalo-rachidien, — Le cervelet est très volumineux. 
Son lobe gauche en particulier est tuméfié et on sent à la pres- 
sion une masse dure dans sa partie antérieure. Au-dessus 
du plancher du quatrième ventricule, on aperçoit une tumé- 
faction jaune-verdâtre, striée, de consistance un peu molle, 
qui fait saillie A la face inférieure du lobe gauche du cervelet. 
En arrière de cette tuméfaction se trouve un kyste, arrondi et 
mamelonné, de volume à peu près égal à celui du kyste du 
cerveau (Fig. 8). 

La décortication du cerveau se fait assez facilement. On 
constate alors que l'hémisphère gauche est plus bombé que le 
droit, et donne la sensation de fluctuation, qui répond à ce 
que Ton voyait par la face supérieure. 

Encéphale 1375 gr. 

Hémisphère cérébral droit 555 

— gauche.. 545 

Cerveau 1100 

Cervelet et Isthme 200 

Hémisphère cérébelleux droit 65 

— gauche 110 

Cou. — Le corps thyroïde a l'aspect normal. Pas de t/iy- 
mus. 

Thorax. — Poumon droit (90 gr.) et poumon gauche (90 gr.). 
normaux. — Çœur^ sain (100 gr.). — Pas de persistance du 
trou de Botal. 

Abdomen. — - Rate (90 gr.). Foie (750 gr.), rien. — Le rein 
droit etle reingauche pèsent chacun 80 gr. et sont normaux, 
ainsi que le pancréas (W gr.) 



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Cerveau; hydrocéphalie. 247 

Hémisphère cérébral droit, — La face externe, très courbe 
et très haute, offre un aspect général très anormal. Les sillons 
sont peu profonds, mal délimités en certains points. La sciS' 
sure de SylviuSy peu profonde et ayant une branche anté* 
rieure très développée, laisse apercevoir le /o6e de l'insula 
formé de 6 digitations qui ne paraissent pas altérées. Le sillon 
de Rolande^ superficiel, semble continuer dans sa direction la 
première partie de la scissure de Sylvius. — F* et F*, mal 
délimitées à leur partie antérieure où de nombreux plis de pas* 
sage les unissent à F^ forment avec F A, dans leur moitié pos- 
térieure, une sorte de lobule où les sillons ont presque com* 
plètement disparu, qui se déprime à la moindre pression 
comme une balle élastique. Cet état est dû à la dilatation 
très prononcée du ventricule latéral, que nous constaterons à 
la face interne. Cette dilatation a amené un amincissement 
considérable de la substance cérébrale, amincissement plus 
prononcé au niveau de la partie supérieure du ventricule 
correspondant, à Textrémitc supérieure de FA et à la partie 
postérieure de F^ et F^. F^ est sinueuse et assez bien déve- 
loppée ainsi que le tiers inférieur de FA. D'une façon générale» 
le lobe frontal peut être considéré comme formé de deux parties 
à peu près égales : une antérieure et inférieure, Tautre supé- 
rieure et postérieure. De ces deux parties, la première assez 
bien conformée a un aspect sensiblement normal, la seconde 
presque lisse, en ce sens que les circonvolutions sont tout-à- 
fait étalées et les sillons réduits presque à de simples lignes, 
est amincie et répond à la partie supérieure de FA, etc.. : c'est 
cette région qui forme sur la face convexe de Thémisphère une 
véritable saillie convexe. Une dépression au fond de laquelle est 
un sillon assez profond perpendiculaire au sillon de Rolando 
sépare ces deux régions. Le lobe pariétal est moins altéré. 
PA est déprimée et assez mince mais les lobes pariétaux supé* 
rieur et inférieur et le pli courbe ont un aspect normal. Il en 
est de môme des lobes occipitaux et temporaux et la seule 
remarque qu*on peut y faire est la petite profondeur des sillons 
que Ton note du reste sur tout le cerveau. 

La face interne de cet hémisphère présente une vaste poche 
due à la dilatation des ventricules. Cette poche a une lon- 
gueur de 13 centimètres environ sur 8 de hauteur. Elle est 
le siège de trois dépressions, Tune au niveau de la corne fron« 
taie, une seconde, la plus profonde, au devant du sillon de 
Rolando, correspond à la partie postérieure du lobe frontal 
auquel elle donne Taspect particulier sur lequel nous venons 
d'insister. Enfin, une troisième dépression existe dans la 



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Î48 Cerveau; hydrocéphalie. 

corne occipitale. La membrane ventriculaire est épaissie, 
comme fibreuse. — Le corps calleux est réduit à un mil- 
limètre ou deux d'épaisseur, sa circonvolution, atrophiée, n'a 
guère que 3 à 4 millimètres de hauteur. F^ et le lobule 
paracentral sont peu développés. L*avant-coin et le coin 
fiont aussi déprimés par cette dilatation ventriculaire. Le 
corps strié et la couche optique sont aplatis surtout à leur 
partie postérieure. Une membrane épaisse et blanchâtre 
les recouvre et leur adhère. 

Hémisphère cérébral gauche. — La face externe est moins 
altérée que celle du côté droit. Les sillons ne sont pas très 
profonds, mais la scissure de Sylvius et le sillon de Rolando 
ont à peu près leur disposition normale. Le lobule de l'insula 
est formé de cinq digitations et ne paraît pas altéré. F*, F^ 
et F'^ sont bien contournées ; la scissure préfrontale est nette 
et F A est séparée ici des autres parties du lobe frontal, A sa 
partie moyenne cependant un sillon coupe FA et sa partie 
inférieure s'unit à ce niveau par un volumineux pli de passage 
en crochet avec F^. Il est à remarquer toutefois que les parties 
toutes supérieures de F^ et de F A se laissent déprimer d'une 
façon analogue à la région correspondante droite, mais d'une 
façon bien moindre. Il en est de même de la partie supérieure 
de P A et du lobe pariéial supérieur qui, cependant, n'offrent 
à la vue aucune anomalie, pas plus que le lobe pariétal infé^ 
rieur, ni le pli courbe. Le lobe occipital est d'apparence 
normale. Il en est de même de T^ La partie moyenne de T^ 
et de T3 est le siège sur un centimètre environ d'une atrophie 
notuble. 

La face interne laisse voir une énorme cavité ventricu- 
laire mais bien moins dilatée qu'à droite. Elle a 12 centi- 
mètres de longueur sur 7 de hauteur dans ses plus grandes 
dimensions. Cette poche, recouverte d'une membrane fibreuse 
blanchâtre, forme des plioatures à son cul de sac supérieur. 
Le cul de sac antérieur est peu profond, le postérieur a 4 cen- 
timètres 1/2 environ de profondeur. Deux dépressions sont à 
signaler sur la paroi externe de cette poche, une linéaire d'ar- 
rière en avant est parallèle et antérieure au sillon pré frontal 
•t cause la zone qui se laisse déprimer sur le lobe frontal ; 
Tautre plus en arrière est une dépression digitale moins pro- 
fonde qui correspond au lobe pariétal supérieur. De ce côté, 
le corps calleuXy transparent par places, est réduit à la mem- 
l^rane d'enveloppe de la poche. La circonvolution du corps 
calleux est lamelliforme et complètement atrophiée. La couche 



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TUMEITBS KYSTIQUES DU CERVELET. t49 

Optique et le noyau caudé sont plus saillants qu*à droite. 
F* et le lobe paracentralt Yavant-coin, le coin et la circon- 
volution de Vhippocampe n'offrent pas d'altérations macros- 
copiques. 

Cervelet. — Surune coupe verticale et transversale de l'hé- 
misphère gauche y pratiquée à 2 centimètres environ du bord 
interne de l'hémisphôre (Fig. 8), on constate de numbreux 




Fig,S, — K', /(, kystes. — I Setis inflltrution sanguine ; en I S, elle est 
à son maximum. 

kystes cloisonnés sur toute la face interne. Ces cloisons fibreu- 
ses assez résistantes, délimitent de grandes loges^ h Tonne 
irrégulière comme K et d'autres loges plus petites, tiOlos que 
k. Un examen minutieux de la paroi de ces loges pi*rmet do 
constater dans leur épaisseur des loj^ettes reprodiiistint eu 
petit les grands kystes que nous venons de sigiuLk-r. Le 
liquide qui remplissait ces kystes était incolore, clair et Irru- 
pide, assez semblable à celui que contient les hydatides. En 
dedans de cette région kystique, on note sur cet hémispUèra 
une masse d'un tissu compact, résistant, donnant lieu à une 
coupe unie et dont la couleur rappelle celle des circonvo- 
lutions cérébrales. La partie supérieure et externe de cette 
masse présente sur la coupe des sections vasculairc^ assex 



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550 



TUMEUBS KYSTIQUES DU CERVELET. 



nombreu!;6s et elle est le siège d'une infîltratiên sanguine 
formant une bande d'un centimètre d'épaisseur environ 
qui donne à cette partie une coloration jambonnée et qui 
présente en IS et en is des centres où l'infiltration est plus 
intense. Sur une seconde coupe faite à 2 centimètres du bord 
eicterne de Thomisphôre cérébelleux, on découvre également 
des kystes ayant le même aspect que ceux de la coupe précé- 
dente {K.k> fig. 9). On y trouve aussi la suite de rinlîltration 




Fig, 9- — K, k, kystes. — 1«, infiltration sanguine. 

sanguine fit!) que nous avons signalée {fig. 8). 

Sur une autre coupe du môme lobe cérébelleux, nous avons 
trouvé une série de foyers hémorrhagiques se présentant 
sous forme circulaire (Fig. 10). Ces caillots hémorrhagiques, 
durs et d'un rouge brique, s'énucléaient facilement et se pré- 
sentaïent^ pour ainsi dire, sous forme de clous. 

U hémisphère cérébelleux droit a, à l'extérieur, son aspect 
normaU 11 offre cependant une consistance anormale. Sur 
une coupe, on ne constate plus l'arbre de vie, et le centre de 
cet hémisphère est constitué par un tissu compact semblable à 
celui que nous avons observé à gauche, mais d'une coloration 
plus blanche et n'étant le siège d'aucune infiltration san- 



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Examen histologique. Tubercules du cervelet. 251 

guine, ni d'aucun kyste. Cette substance a envahi la presque 
totalité de ce côté du cervelet, ne laissant indemne qu'une 
faible zone périphérique irréguliôre et ayant en moyenne de 3 
à 5 millimètres d'épaisseur. C'est cette disposition qui fait que 
l'hémisphère cérébelleux droit a conservé à peu près à l'exté- 
rieur son aspect ordinaire. 

Examen histologique par M. le D«^ Pillïet. — Le fragment 
de cervelet qui nous a été remis présente à l'œil nu (Fig, B) une 
poche kystique tapissée par une membrane fibreuse, épaisse, 




Fig. 10. — C, C, coupe. — c, c, c, conpe dê§ caillott. 

blanche etplissée. La substance cérébelleuse qui entoure le 
kyste, montre un certain nombre de taches blanches, opaques, 
et des kystes du volume d'une tète d'épingle, tapissés par une 
membrane blanchâtre et revenue sur elle-même qui oblitère 
la poche. Tout le tissu est rougeâtre par infiltration sanguine 
(is, is) et l'on rencontre sur les surfaces de sectiondesvai&seaux 
très dilatés, remplis de sang. La pièce ayant été durcie dans 
Talcool, l'investigation histologique devait, par cela même, 
rester incomplète au point de vue du tissu nerveux. La mem- 
brane fibreuse qui forme la poche kystique principale est 
composée de lames de tissu conjonctif séparées les unes des 
autres par une quantité considérable de lacunes aplaties, en 



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252 RÉFLEXIONS : Hydrocéphalie. 

sorte que cette membr*ane qui paraissait homogène sur le 
kyste à Toeil nu, s'étale en un réseau sur les coupes. Le tissu 
nerveux qui la double est entièrement remplacé, par endroits, 
par un système lacunaire formé de vaisseîiux dilatés qui sont 
pour la plupart encore remplis de sang. 

Il existe dans toute la masse, sur toute la surface des cou- 
pes, des vaisseaux formant des pelotons entourés dune gaine 
conjonctive très épaisse et cnllammée. Ces espèces do glonié- 
rules sont séparés de la substance cérébrale par des interval- 
les qui étaient remplis de liquide et, au pourtour de ces for- 
mations, le tissu nerveux montre des taches opaques et casé- 
euses. On rencontre à un degré plus avancé des cavités dans 
lesquelles le peloton glomérnlaire a disparu. Le pourtour 
n'est alors constitué que par un tissu libreux caséeux, comme 
celui que l'on rencontre dans les tubercules deguérison. 

Dans le tissu ambiant les cellules nerveuses ont presque 
complètement disparu. L'aspect névroglique est profondément 
modilié car la plupart des cellules sont devenues énormes et 
l'ensemble rappelle les préparations de tissu conjonctif jeune. 

La conclusion de cet examen ne peut être délinitive, car ou 
observe des dégénérescences très semblables à celles de la 
fubercuio.se dans les (jliomes plus ou moins dégénérés, d'uno 
part, et d'autre part nous n'avons rencontré de cellules géan- 
tes en aucun point. 

Le diagnostic probable que l'on peut formuler est : Tuber- 
culose clironique avec évolution gliomaiteuse et kystique des 
tissus ambiants. Cette opinion aurait été grandement eonsoii- 
déo si l'autopsie avait révélé des lésions tuberculeuses en 
d'autres organes, malheureusement il n'en a pas été ainsi. 

Réflexions I. — Nous trouvons chez les grands-pa- 
ronts, amùre-grands parents et les collatéraux de nonn- 
breuscs tares: aliénation, apoplexie, ramollissement, 
suicide, alcoolisme. Le pôro, qui ejt déjà ua dégénéré, et 
no possède que trois doigts à la main droite, est de plus 
un alcoolique outré ; la mère est nerveuse et somnam- 
bule. Cette hérédité est sufTisamment chargée pour 
qu'on puisse y trouver l'origine des accidents nerveux 
observés chez Marie Bais... Elle le serait peut-être 
encore davantage si nous connaissions mieux l'histoiro 
de ses parents à des degrés plus éloignés. En tout cas, 



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RÉFLEXIONS : Hydrocéphalie. 253 

on peut constater que la famille, nombreuse à un mo- 
ment donné, puisque le père avait douze oncles ou 
tantes maternels, se réduit brusquement, à sa généra- 
tion, et disparaît en ce qui le concerne, car il ne con- 
serve aucun de ses deux enfants. 

II. On ne saurait guère attacher de l'importance aux 
coups reçus par la mère pendant sa grossesse. D'ail- 
leurs, l'enfant vient très-bien jusqu'à 6 ans. A ce mo- 
ment surviennent des douleurs de iéfe, à forme de 
migraines, douleurs extrêmement violentes, qui arra- 
chaient des cris à l'enfant et s'accompagnaient de 
vomissements bilieux. (Nous avons vu qu'il en était de 
même pour son père dans l'enfance.) Alors les jambe» 
s* affaiblissent, puis sont prises de mouvements spas- 
modiques et deviennent le siège d'une paraplégie avec 
contracture; la vue diminue, disparaît bientôt. L'en- 
fant, qui était gaie, tranquille, devient capricieuse, 
jalouse, colère. La marche qui s'était un peu amélio- 
rée à la Fondation Vallée, devient brusquement impos- 
sible, alors que l'on pouvait espérer que Tenfant recom- 
mencerai t à marcher seule . E n même temps que reparaît 
la paraplégie les douleurs de tête sont plus fréquentes 
et la tête augmente de volume, indice évident de la 
production d'une hydrocéphalie symptomatique . 

III. L'asphyxie des extrémités n'est pas très rare 
chez les enfants idiots ou arriérés, mais il est excep- 
tionnel de la voir donner lieu à des accidents aussi 
graves que ceux qui sont survenus chez cette enfant. 
Après avoir été circonscrite à l'un des orteils de cha- 
que pied, la gangrène a envahi les téguments du pied 
gauche. Puis nous avons vu s'ajouter à ces lésions, 
qui servaient de porte d'entrée, un éi^ysipèle et un état 
infectieux qu'on peut qualifier de septico-pyohémie. 
Ces complications nous paraissent être d'origine tro- 



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254 RÉFLEXIONS. 

phique. Ce ne sont pas les seules de ce genre qu'on 
observe dans Thydrocéphalie ; nous en avons men- 
tionné dans de précédentes observations. 

IV. Ainsi que nous Tavons dit, dans la très grande 
majorité des cas de tumeurs du cervelet, il survient 
une hydrocéphalie symptomatique entraînant fata- 
lement une dilatation des venlricules latéraux et du 
troisième ventricule. A cet égard, les observations 
publiées par les auteur» ne laissent subsister aucun 
doute. Mais, (ait assez singulier, aucun, à notre con- 
naissance, ne fait mention de Tétat des os du cr&ne. 
Cet oubli se conçoit très bien quand il s'agit d'obser- 
vations ayant trait à des malades adultes, dont le crânCi 
parvenu à ton complet développement, avait des sutu- 
res inextensibles. Il n'en est plus de même des obser- 
vations de tumeur du cervelet concernant des enfants 
ou deê adolescents chez lesquels les sutures pouvaient 
encore s'écarter sous l'influence de la pression exercée 
par Thydrocéphalie ventriculaire. Il a dû aussi se pro- 
duire, sinon dans tous ces cas, au moins dans quelques- 
un^ d'entre-eux, des lésions analogues à celles que nous 
avons notées chez Marie Bais.., et, auparavant chez 
un malade du nom de Berl.. Dans ce cas nous avions 
affaire à un sarcome du cervelet. Nous avons durant 
le séjour de ce malade dans notre serv^ice, vu la tcte se 
développer sous nos yeux par suite de l'hydrocépha- 
lie ventriculaire. Tandis qu'à l'entrée de la malade le 
19 mai 1888, les os paraissaient réunis sans intervalles 
donnant la sensation d'une membrane, à l'autopsie le 
8 avril 1890, nous constations un écartement considé- 
rable des os {Fig. 12). Or, chez Marie Bais., nous avons 
observé exactement les mêmes lésions mécaniques 
du côté des os du crâne {Fig 7). Dans le cas de Marie 
Bais.., comme dans celui de Berl., Vécartement des 
09, la distension des sutures étaient arrivés à un 



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RÉFLEXIONS. 166 

degré très pronoacé. Nous nous sommes demandé 
quelle était la première phase du processus pathologie 
que qui aboutit à cette distension curieuse des sutu- 
res. Nous pensons qu'il nous est, peut-être» fourni par 
les lésions que nous avons constatées dans les obser- 
vations de Dufoul..., Martin., consignées dans ce 
volume (p. 167, 172, 204, 206). Chez les malades qui en 
font le sujet, nous avons vu se produire dans la subs- 
tance intersuturale une prolifération des tissus^ très 
intense, aboutissant à la production d'une sorte de 
bourrelet vasculaire, et cela sous 1 influence d'une 
méningo-encéphalite, point de départ d*une hydro^ 
céphalie ventriculaire sijmptoyïmiiqae. 

V. Quant à la lésion primitive du cervelet, elle est 
très digne d'attirer l'attention. Les détails consignés 
plus haut en montre le vif intérêt. 



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XXI. 



Idiotie congénitale; — Atrophie cérébrale; — Tics 
nombreux ; 



Par BOURNEVILLB et NOIR. 



Sommaire. — Père^ céphalalgies, coléreux, rhumatisme t acci- 
dents cérébraux, alcoolique. — Grand-père paterneL calcu- 
leux. — Mère, rhumatisante, migraineuse, — Grand'mère 
maternelle, migraineuse. — Aïeul maternel, diabétique (?). 
— Oncle maternel, mort de congestion cérébrale. — Cou- 
sin germain, mort de convulsions. — Sœur convulsions de 
Venfance, — Autre sœur, morte de convulsions. 

Conception durant l'ivresse. — Naissance à 7 mois; absence, 
d'ongles. — Convulsions à 2 mois. — Chorée (?) de 4 a 6 ans, — 
Ticsmultiples.— Par oie nulle. — Marche à 2ansetdemt. 

llos.. (Auguste) né le 27 septembre 1873, est entré à Bicôtre 
le 14 mars 1887 (service de M. Bourneville). 

Antécédents {Renseignements fournis par la mère, le 28 
mars 1887). — Père, 51 ans, sculpteur sur bois, homme vif, 
emporté, sujet à de fréquentes céphalalgies accompagnées 
d'épistaxie. Rhumatisant depuis la guerre, il fut pris en 1873, 
après la naissance, de l'enfant, d'accidents articulaire avec fiè- 
vre qui s'accompagnèrent de phénomènes cérébraux graves 
(délire, perte de la connaissance, durant vingt-quatre heures). 
Cette affection avait été précédée durant plusieurs jours d'un 
état mental tout particulier et bizarre. « Il s'arrêtait sur les 
trottoirs et parlait à toutes les personnes qu'il rencontrait. » 
Depuis il ne fut pris d'aucun accident nerveux. Il n'a jamais 
été atteint de dermatoses et ne présente pas de traces de 
syphilis. Sobre actuellement, il s'enivrait fréquemment à Té- 



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Antécédents hkhkditaires. TdI 

poque de la conception de l'enfant. 11 n'use pas de tabac. — 
[Père, sobre, mort à soixante et onze ans, de la suite le Topé- 
ration de la pierre que l'on exécutait sur lui pour la seconde 
fois. Mère, non nerveuse, morte à vingt-quatre ans d'une affec- 
tion pulmonaire à la suite de sa quatrième couche. Dans le 




l'ig. 11. — Ros... eu robe de gâteux (avril 1887). 

reste de la famille du père, aucune affection psychique, ner- 
veuse, arthritique, etc.] 

Mèrêj cinquante ans, ménagère, femme forte, paraissant 
douce, d'une intelligence moyenne, elle a eu de légères attein- 
tes de rhumatisme chronique aux poignets et des migraines 

BouRNEViLLE, Bicêtre, 1892. i7 



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258 



Antécédents héréditaires. 



assez fréquentes survenant surtout le matin, s'accompagnant 
de scotomes, de nausées et de vomissements. Elle est très 
sobre, ne porto pas de traces de syphilis, est vive, nerveuse, 
sans avoir jamais eu de crises, ni d'accidents nerveux d'au- 
cune sorte — Père, robuste, sobre, d'habitude bien portant, 




pig^ |o — Ros... devenu propre et mis en pantalon. 



est mort à soixante-dix ans de pneumonie. — Mère, morte à 
cinquante-neuf ans avec de l'ictère, aurait contracté sa mala- 
die ultime à la suite d'une peur que lui aurait faite un fou qui 
voulait latuer (?). Elle était aussimigfraineuse. -^3 frères dont 
un mort à treize ans de « congestion cérébrale, accompagnée 



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Antécédents héréditaires. 



259 



de convulsions ». Cette maladie aurait duré deux jours. — 
La grand'mère maternelle morte assez âgée d'une fracture de 
jambe, aurait été extravagante. « Elle aurait été comme un 
homme ». — Le rjrand-père paternel parait avoir été diabéti- 
que. — La grand'mère maternelle est morte « asthmatique » . 




Fig. 13. 



Dans le reste de la famille de la mère, rien d'intéressant, à part 
cela, à signaler. 

Pas de consanguinité (père originaire d'Italie, mère fran- 
comtoise). L'inégalité d'âge des deux époux est d'un an. 

7 enfanté : 6 sont vivants à l'heure actuelle : !<> une fille 



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200 



AnTÉCKDENTS HÉKKDITAIRES. 



(vingt-sept ans) n'ayant jamais eu d'accidents nerveux, ni de 
convulsions, toujours bien portante. D'un caractère gai et vif, 
parfois emporté, elle est mariée et a eu 2 filles : une de ces 
dernières est morte en ayant des convulsions, l'autre a tou- 
jours joui d'une bonne santé, est bien portante et intelligente ; 




Fiu. 14. 



2" une fille (vinirt-six ans), ayant eu à onze mois, une seule 
fois, des crises convulsivei^ à l'époque de la dentition. Cette 
fille, saine de corps et d'esprit, bii^n qu'un peu excitable, a eu 
4 enfants, 2 de ces enfants sont morts en bas Age, les 2 autres 
sont bien portants, aucun n'a eu de convulsions; 3«* un gar- 



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Antécédents personnels. 



<?r,l 



çon (vingt-quatre ans), sobre et intelligent, n'a jamais eu de 
convulsions; ^^ une fille morte à onze mois de méningite 
avec de nombreuses crises convulsives ; 5*» un garçon de dix- 
neuf ans, sobre, sans accidents nerveux; 6*» une fille, sans 




Fiu. là. 



accidents nerveux, bien que nourrie pendant le siège ; 7» notre 
malade. 

\otre malade. — A l'époque de la conception, le mari se 
livrait à des excès alcooliques très fréquents et la mère est 
per.^uadce que l'enfant a été conçu pendant rirra^se. La gros- 



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I 



5G2 



Antécédents personnels. 



Bessse fut accidentée. La mère s'exposait fréqemment au 
froid, passant la nuit à la recherche de son mari, dans le but 
de l'îirracher aux excitations des mauvais camarades et d'em- 
pôchcr dans la mesure du possible ses excès alcooliques. Elle 
prit alors froid, eut de l'œdème des jambes. Un médecin qui 




Fig. IG. 



IVxamina prétendit qu'elle était atteinte d'hydramnios. Elle 
n'eut néanmoins aucune crise syncopale ni éclamptique, ne 
reçut pas de coups, ne fit pas de chutes, ne fut sujette ni aux 
vomissements, ni aux frayeurs, ni aux envies. Vaccouche- 
ment eut lieu prématurément, à 7 mois. Il fut long, difficile» 



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Antécédents personnels. 



263 



sans nécessiter pourtant ni Tanesthésie, ni remploi du forceps. 
La rupture de la poche des eaux s'accompagna d'un épanche- 
ment de sérosité considérable. L'enfant, à la naissance, était 
tout petit, il n'était pas asphyxié, n'avait pas de circulaire 
autour du cou. On remarqua qu'il n'avait pas d'ongles et qu'il 




Fi . 17 



avait les yeux malades : cette affection guérit au bout de deux 
mois. A six semaines, les ongles commencèrent à pousser. Il 
fut pris à deux mois de convulsions très courtes et très rapi- 
des se manifestant par de la cyanose, des grimaces de la face et 
des mouvements convulsifs des membres sans prédominance 



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264 



Antécédents personnels. 



d'un côté. Depuis, il n'a pas eu d'autres accidents convulsifs. 
Première dent à cinq mois. Dentition longue à se compléter. 
Début de la parole à onze mois; n'a jamais pu dire que 
« maman ». Rougeole et variole à deux ans. Coqueluche, plu- 
sieurs fois (?) dans son enfance. 




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De quatre à six ans, l'enfant aurait présenté des mouvemenls 
choréifoinnes dans les membres, tant à droite qu'à gauche 
C'est après la disparition de cette chorée (?) que sont survenus 
chez lui les troubles bizarres que nous observons aujourd'hui 
et qui ont très peu varié. Ces troubles, d'après sa mère, con- 



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Antécédents personnels. 



îfiri 



sistent en un besoin fréquent de mouvements. Depuis Tâge (Jg 
deux ans et demi, il sait marcher et depuis six ans, il court 
constamment, ne peut rester en place et tourne fréquem- 
ment sur lui-môme. Il reconnaît ses parents, mais est dans un 
état intellectuel des plus bas. Gâteux jour et nuit, il ne peut 




/•'.;/. m. 



se laver, ni s'habiller, cependant il se prùte et aide un peu i'i 
cette dernière opération. Il a toujours été incapable de rece- 
voir la moindre éducation. Sans cesse en mouvement, il passe 
parfois des heures à s'amuser avec un objet quelconque, un 
morceau de bois par exemple {fig. il). 



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566 



Description du malade. 



Etat du malade (19 mars 1887). — Tête, Crâne pointu en 
pain de sucre. Front fuyant. Asymétrie notable. Dépression 
prononcée des régions frontales et pariales droites. Occi- 
put peu saillant. — Face ovale, physionomie stupide. Arcades 
Bourclllères déprimées, sourcils châtain clair. — Yeux, stra- 




Fig, 20. 



bisme interne double surtout à droite. — Iris brun, pupilles 
égales, moyennement dilatées, à réactions normales. — SeZy 
moyen, épaté à la base. — Bouche moyenne. Lèvres assez 
volumineuses. Oreilles longues et larges, écartées du crâne 
à la partie postérieure. L'ourlet n'est pas très bien conformé 



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Description du malade. 



267 



surtout à droite, il est déchiré à sa partie supérieure et pré- 
sente un tubercule. Le lobule est peu développé et adhérent 
à gauche. 

Thorax bien conformé ainsi que les membres supérieurs 
et inférieurs. Aucun signe de rachitisme. Le dos des mains 




Fig. 21. 



présente des durillons arrondis, limités par des bords laté- 
raux très saillants, dus aux morsures répétées qu*il se fait 
sur les mains. 

Les aisselles sont entièrement glabres^ Le pénil présente 
quelques poils clairsemés et bruns. La vergé a une longueur 



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Î68 



Description nu malade. 



de 8 centimètres et une circonférence de 8 centimètres 5. 
Phimosis, cependant le gland est découvrable, le méat est 
normal. Testicules du volume d'u œuf de passereau, le droit 
est légèrement moins volumineux que le gauche. 
Sensibilité générale au tact, à la douleur, à la température 




Fuj. n. 



assez développée, (ioàt : Ros.. aime le sucre, mais n'éprouve 
pas de dégoût pour la teinture de coloquinte. L'odorat. 
Vouie paraissent normaux. L'examen de la vue est impossi- 
ble. 

Description des tics (Mars 1888). — L'enfant exécute un con- 
tinuel froncement de sourcils avec des grimaces de la bouche 



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Dkscbiftion des tics 



Î69 



dont il abaisse les commissures en poussant un petit grogne- 
ment avec les lèvres et la langue. Lorsqu'il est en colère, il 
prend un air pleureur. Calme, il regarde autour de lui 
avec une physionomie hébétée. Il a peur et se met à crier dès 
qu'on l'approche on qu'on lui parle. Il fait avec les doigts des 




Fit/. 'T^. 



mouvements bizarres et incohérents.. Dans la marche, il 
traîne toujours la pied gauche et tourne plusieurs fois sur lui- 
môme lorsqu'il veut avancer. Son état intellectuel est très bas. 
Il ne parle pas, comprend peu, est d'une instabillité extra- 
ordinaire, entre parfois dans en colère et se mord furieusement 
le dos des mains. 



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270 



Puberté. 



1888. Juillet. Pas de modification notable de son état. Déve- 
loppement physique peu accentué. Lép^er duvet aux extrémi- 
tés de la lèvre, aisselles glabres, poils assez abondants au 
pénil et à la racine des bourses, verge : longueur, 7 centime- 




Fig. 24. 



très, circonférence, 8 centimètres; testicules du volume d'un 
œuf de moineau. 

1889. Mars. — L'enfant présente à cette époque des plaques 
à la bouche et à Tanus avec des adénites cervicales et sous- 
maxillaires. Aucune trace d'accident primitif; pas do roséole. 
Une enquête à son égard ne donne lieu à aucun résultat. Le 



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Colère; onanisme. 



274 



développement de l'enfant s'est accentué, la verge a conservé 
le môme volume, mais les testicules sont de la grosseur d'un 
œuf de pigeon. 

1890. Juillet. — Son état intellectuel n'est pas sonsiblemnnt 
amélioré. Ses tics conservent les mêmes caractères, il est 
sujet à de violents accès de colère contre ses camarades et les 
infirmiers. Il se livre à Vonanisme. Le système pileux est 
assez développé aux aisselles et à la région anale. Ro.. passe 
à la grande école. 

Décembre. Notes de l'école. — Physionomie douce, yeux à 




Fig. 25. 



demi fermés. Il marche en sautant, trainant le pied gauche et 
tournant souvent sur lui-môme de gauche à droite. Il met fré- 
quemment ses mains sur ses oreilles. Il connaît bien sa place 
en classe. Il ne parle pas. S'il est contrarié, il crie a maman » 
respire fortement et se pelotonne, cherchant à se rapetisser. 
Il est fort craintif. A son entrée à l'école, il était violent, 
criait, gâtait et se masturbait continuellement. Au bout de 
quelques semaines, son état s'est amélioré, il sourit, obéit à 
quelques ordres (fermer la porte, ramasser du papier, eto,). 
Il a manie de couper du papier en petits morceaux, et de frot» 



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-'■^ LKCiÈRK AMF-ILIOHATION. 

ter les murs et les meubles comme s'il voulait les nettoyer. Il 
connait les diverses parties de son corps, mais ne distingue 
pas le côte droit du jrauche. Il n'a nul instruction, mais par- 
vient à classer les ligures géométriques en bois et colorées 



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sur les images correspondantes. Il reconnaît sa mère, mais 
n'est pas très affectueux. 

1891. Juin. — Pas d'amélioration, toujours môme instabilité 
et mêmes manies. Ses notes d'école présente une particularité 
intéressante, c'est l'amour de cet idiot pour la symétrie. Il 
aligne les bancs inégalement distants, met par ordre de volume 



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Description des tics. 



273 



les boules qui servent à son éducation. Au point de vue de la 
puberté,\e développement s'est accentué, quelques poils appa- 
raissent aux joues et à la l'extrémité du menton, les poils sont 
abondants aux aisselles. Les testicules sont du volume d'un 
noyau de pèche : la verge est bien développée. Il se masturbe 




Fig. 27. 

toujours cyniquement. Il ne parle pas et semble n'avoir fait 
aucun progrès (Fig. 12). 

1892. Avril. — Outre ce que nous avons observé, Ros.. exé- 
cute de véritables valses. Il incline la tôte à droite ou à gauche 
et tourne avec une très grande rapidité et cela parfois deux 

BouRNEViLLE, Bicêtre, 1892. 18 



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274 



Description des tics. 



minutes en faisant environ soixante tours par minute. Les 
derniers tours sont encore plus rapides, après il ne parait pas 
étourdi, s'assied ensuite, la tt>te entre les genoux, puis recom- 
mence et cela parfois pendant dos heures. Sa mère explique ce 
tic singulier par ce fait que plusieurs personnes sont venues 




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Fig. 28. 



parfois danser chez elle et qu'il cherchait à les imiter. Il 
écarte souvent les jambes et arrive ainsi à faire le grand écart. 
Au réfectoire, il ne se sert jamais de la cuillère, ni delà four- 
chette, lèche les assiettes, même la table, est gourmand. Le 
repas terminé, il débarrasse la table delà vaisselle et la porte 



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Description des tics. 



275 



à l'oflice. Au dortoir, il ferme toutes les portes, frotte son lit, 
le parquet et le mur, avance en tournoyant, se déshabille 
lorsqu'on le lui ordonne, passe sa nuit assis sur son lit en 
gro.s:nant. IlnegAte jamais. Il s'habille lui-môme, mais on doit 
le débarbouiller. 




Fig. -29. 



Actuellement, sous le rapport de la puberté^ il est bien 
développé : un fin duvet recouvre sa lèvre supérieure, quel- 
ques poils ont poussé aux aisselles, le pénil est garni de poils 
noirs abondants et frisés. La région anale est normale et gar- 
nie de poils noirs comme le périnée. La verge est assez volu- 



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*276 Description des tics. 

mineuse (longueur : 11 centimètres ; circonférence, 8 centimè- 
tres 5), le gland conique. Les testicules sont de la grosseur 
d'un œuf de pigeon ; le gauche parait un peu plus gros que le 
droit. — Ros.. passe aux aliénés adultes (5™" division, l'* 
section, service de M. le D"" Charpentier) le 29 avril 1892. 

Voici la description, à cette date, des fies multiples qu'il 
présente. 

Ros.. commence par grincer des dents, en faisant des con- 
torsions des doigts comparables aux mouvements de l'athé- 
tose (fig. 13, et 14). Il remue lentement les mains demi-fermées, 
comme pour attraper une mouche, puis met ses doigts les uns 
sur les autres, de façon que l'extrémité du petit doigt et des 
suivants jusqu'à l'index touche l'articulation métacarpo- 
phalangienne des doigts suivants. Il parvient à faire ce mou- 
vement compliqué sans se servir de la main opposée. Il ne 
tarde pas alors à se pencher à terre, faisant de petits sauts 
et grinçant toujours des dents II fait vibrer ses lèvres (fig. lo). 
et produit des bruits de cornage particulier. Pendant un 
instant, il se balance avec des mouvements de rotation de la 
tête et présente une posture que Ton ne saurait mieux com- 
parer à celle observée souvent chez les ours du Jardin des 
Plantes. 

Peu après, il se campe sur ses jambes écartées; le torse 
rejeté en arrière, la tête légèrement baissée et tendue en 
avant, il regarde avec fixité, les yeux dans un léger strabisme, 
convergent (/ig.lB, 17). Il met alors la main droite dans la poche 
de son pantalon, laisse flotter l'autre le long de sa cuisse 
gauche, détourne latôteavec une expression de dédain et de 
suprême indifférence. Les vibrations de ses lèvres légèrement 
propulsées en avant, ajoutent encore à cette expression. 

Alors il sort de sa poche un morceau de fer-blanc, se racle 
un instant la main gauche avec, puis le porte à sa bouche, le 
mâchonne un instant et le remet dans sa poche. 

Peu après, il nous tourne le dos, se porte sur le pied droit 
se penche fortement en avant sur ce seul pied et fait tout-à- 
coup volte-face. Nous l'interpellons : il obéit, vient rapide- 
ment auprès de nous en tournant deux fois sur lui-môme, 
dans le trajet des quelques mètres qu'il est en train d'accom- 
plir. Sur notre ordre, il s'assied, prend diverses positons {fig. 
18, 19, 20,21), se lève en se contorsionnant, se couche à terre 
(fig. 22, 23. 24, 25 26), se relève sans hésitation, presqueauto- 
matiquement. Il ne répond pas aux questions que nous lui 
adressons, bien qu'il les comprenne toutes comme le prouvent 
les mouvements que nous lui faisons faire sur simple invita- 



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278 Description des tics. 

tion. Il se contente lorsque nous voulons exiger de lui une 
réponse de tirer la langue, de se dilater la bouche avec les 
index en crochet, tirant sur les commissures des lèvres, mais 
sa physionomie reste placide, et cet acte ne semble pas 
guidé par une intention offensante. 

Ayant voulu examiner ses yeux et entr'ouvrir ses paupières 
il se mit à pousser des cris brefs et plaintifs en traînant sur 
la voyelle finale et comparable aux mugissements et aux bêle- 
ment des animaux : Ma-a-a-a, Be-e-e-e. 

Marche. — Il s'avance le plus souvent lentement en deux 
temps, poussant le pied droit à 20 centimètres environ du gau- 
che, qu'il ramène ensuite en traînant légèrement à peu de 
distance du premier, mais toujours en arrière. Cette démar- 
che est assez analogue à la marche de Tescrime. Parfois, lors- 
qu'on veut le faire aller vite, il porte les pieds en avant Tun de 
Tautre comme dans la marche ordinaire, mais toujours en 
traînant, alors il tourne plusieurs fois sur lui-même pendant 
un court trajet. Les autres mouvements de Ros.. sont bien 
coordonnés, il prend les objets qu'on lui indique sans hésita- 
tion et est nettement droitier. 

Sensibilité à la piqûre normale sur tous les points explo- 
rés. Ros.. se plaint en poussant les cris que nous avons 
signalés plus haut. 

Réflexes. — Abolition complète du réflexe rotulien tant à 
droite qu'à gauche. L'introduction d'une cuillère dans l 'ar- 
rière-gorge semble produire une impression désagréable, 
mais ne provoque pas le réflexe nauséeux. — Ouie : R. . 
entend également très bien à droite et à gauche. — Vue : 
l'acuité visuelle parait suflisante, il va quérir facilement 
et sans hésiter de très petits objets placés à une cer- 
taine distance de lui. Ses pupilles, peu dilatées^ paraissent 
être plus sensibles à la lumière qu'à l'accommodation, mais 
réagissent sous ces deux influences. La notion des couleurs 
est très bornée chez lui. 

Etat intellectuel en général. — Ross. . n'est pas méchant, il 
aime à être seul, et trouve le plus grand plaisir à déchirer 
du papier (fig. 27) dont il entasse les morceaux dans ses 
poches et à se mordiller le dos des mains qui portent en efîet 
une double cicatrice calleuse de 3 centimètres et demi à 4 
centimètres de long. Il obéit toujours et semble n'être jamais 
animé par aucune impression spontanée de plaisir ou de déplai- 
sir. II végète sans aucune volonté, obéissant automatique- 
ment sans cherch»îr à se rendre le moindre compte de la valeur 
do ses actes et de leur conséquence possible. Très pusillanime, 



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RÉFLEXIONS, 279 

le moindre geste brusque Teffraie (fig. 28, 29), toutefois, cette 
frayeur, excessivement passagère, semble purement réflexe 
et disparaît aussitôt que l'acte qui l'a provoquée est accom- 
pli. 

Réflexions. — Les causes prédisposantes et déter- 
minantes de l'idiotie chez Ros... sont nombreuses. Au 
point de vue de Yhérédité^ les accidents neuro-arthri- 
tiques abondent, tant dans la famille du père que dans 
celle de la mère. Ualcoolisme du père, la conception 
probable pendant l'ivresse, l'hydramnios, la naissance 
avant terme, sont plus que suffisants pour expliquer 
Tétat psychique de notre malade. Les accidents convul" 
sifs rares, survenus à deux mois et sans répétition, ne 
sont point sufïîsants pour nous faire songer à une lésion 
irritative du cerveau^(méningite chronique ou sclérose 
des circonvolutions). D'autre part, l'état rudimeniaire 
de son intelligence, les mouvements coordonnés et 
bizarres qu'il répète constamment, l'asymétrie crâ- 
nienne, l'absence de parole nous permettent, en le 
comparant à des cas semblables dont on a pu faire 
l'autopsie, de poser le diagnostic d'arréi de dëuetop- 
pement cérébral. Cette atrophie, d'origine congénitale, 
doit même poser tout particulièrement sur l'hémis- 
phère droit. N'est-il pas, en elTet, remarquable de voir 
Ros... user tout particulièrement de ses membres 
droits, les seuls véritablement actifs, tandis qu'il laisse 
traîner le pied gauche dans sa marche ordinaire, et 
que la main correspondante flotte le plus souvent 
inerte le long de la cuisse. Notons toutefois qu'il n'a 
jamais été paralysé. 

n. Ros.., est le prototype, si nous pouvons nous 
exprimer ainsi, de toute une classe d'idiots, et c'est là 
ce qui fait l'intérêt de cette observation. La forme de 
la tête, les tics coordonnés^ complexes, multiples, et 
reproduisant constamment la même série de mouve- 



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280 Des tics chez les idiots. 

ments^ Tabsence pins ou moins complète de la parole, 
le manque absolu de volonté, sont les symptômes 
caractéristiques de ce genre d'idiots, généralement 
bien constitués physiquement et n'offrant pas de para- 
lysie. 

Uorigine des tics chez Ros. est intéressante. Comme 
ses pareils, il est avide de mouvements et surtout de 
mouvements rotatoires(^gj/7'OspasmesJ. Il éprouve une 
véritable jouissance à tourner, jouissance comparable 
à celle que manifeste l'enfant quand on le berce. 
Mais ici le plaisir dû au mouvement se complique du 
résultat de l'imitation. Sa mère, en effet, nous a 
raconté que son fils est devenu « un valseur » en voyant 
danser des amis qui régulièrement venaient ainsi se 
récréer chez elle et Ros... a joint, dans ses tics, ces 
deux penchants si communs chez les idiots : la néces- 
sité du mouvement et l'imitation. Une autre particu- 
larité intéressante, chez notre malade, est le manque 
de volonté et l'obéissance passive, automatique, qu'il 
met à exécuter les ordres qu'on lui donne. Ce manque 
de volonté peut expliquer en partie la persistance et 
la reproduction des mêmes tics ; aucune action volon- 
lontaire d'inhibition ne peut se manifester chez lui 
pour mettre un terme à ces habitudes vicieuses. Ce 
manque de la volonté est fréquent chez les idiots, il 
offre une similitude avec l'état des hypnotisés, qu'il 
serait intéressant de comparer à nombre de nos mala- 
des, que l'on peut si facilement suggérer à l'état de 
veille. Nous nous réservons du reste, à propos d'au- 
tres cas de ce genre, d'étudier cette particularité et 
d'établir plus nettement cette comparaison. 

III. La descrij)ti07i et la classification méthodiques 
des tics des idiots est une tâche des plus intéressan- 
tes. Elle fera prochainement, de la part de l'un de 
nous, Tobjet d'un travail spécial. Aussi, nous bome- 



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Des tics chez les idiots. Î^! 

rons-nous ici, à propos de Ros..., à rapporter quelques 
exemples qui s'ajouteront à ceux que nous avons en 
l'occasion de citer dans les observations consignées 
dans les treize volumes de nos Comptes rendiis du 
service des enfants de Bicêtre. 

A propos de Vécholalie^ dont nous avons parlé ail- 
leurs et qui est assez fréquente et peut disparaîtra, 
nous dirons que, à côté des enfants chez lesquels la 
répétition se produit vite, il en est d'autres chez les- 
quels elle ne se manifeste qu'après insistance, c'est-à- 
dire après que l'observateur a répété plusieurs fois le 
mot. Elle est simple ou composée. Dans ce dernier 
cas, l'enfant répète deux, trois, quatre fois le mot ou 
les mots qu'on a dits devant elle et cela ou de suite 
ou à intervalles plus ou moins éloignés (Julie Ler. .) (1). 
Parmi les tics de la parolCy notons celui qui consiste 
en une sorte d'explosion : les premiers mots de la 
phrase sont jetés comme une sorte de hoquet. (Telle 
est M"® Louise Th. . . : de plus, il lu i arrive fréquemment , 
lorsque le mot ne vient pas aussi vite qu'elle le vou- 
drait, de pousser une sorte d'interjection, constamment 
la même ; « Tout en plein. ») — Un de nos malades 
Villacè.., surnommé /egi/ïeu?- par ce qu'il a desimpul- 
sions à donner des gifles, fait des contorsions de la 
face, indice d'un elTort, avant de prononcer les pre- 
miers mots qui sortent comme une explosion. 11 entre- 
coupe ses phrases d'inspirations profondes. — Chrz 
d'autres enfants, les tics s'accompagnent de mots gros- 
siers ou bien encore on observe chez eux des impul- 
sions à proférer des injures les plus grossières. — 
Caut. .. a des accès de cris avec émission de mots gros- 
siers. — Coutan... appartient à une autre variété : ce 
ne sont pas des mots grossiers, mais des gestes. 



(!) I/écliolalie s'observe parfois chez les dtHirnnls. Ainsi Carti..., épileptiqiie, 
pris (le délire après une série de crises, répétait tout ce qu'on disait, bien qu>ti 
temps ordinaire il ne soit pas écholalique. 



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I 



282 Des tics chez les idiots. 

Parfois, chez le même enfant, on observe les paro- 
les grossières et les gestes grossiers, tel est Rob... 
(Léon) : il court dans la classe appelant tout le monde 
: « putain, vache, salope, mon c... pour toi » et simul- 
tanément, il ouvre son pantalon en faisant un vilain 
geste et dit : « Tiens, voilà ma bête, salope ! » et si 
Ton arrivait pas à temps, il sortirait sa verge. 

Signalons l'habitude de siffloter, de se ronger les 
ongles, de jeter les objets, de lécher les murs. Les 
grincements de dents, les cognements de tête (1) sont 
fréquents, surtout dans Vidiotie méningitiqiie et peu- 
vent concourir, dans une certaine mesure, au diagnos- 
tic. 

Sim.., idiot aveugle, a Y habitude de mettre ses 
doigts dans ses yeux, puis dans sa bouche, ou bien il 
passe ses mains sur sa figure, comme un chat qui se 
nettoie, et s*enduit le visage de sa bave, qui, mélan- 
gée avec la malpropreté de ses mains, lui donne un 
aspect repoussant. 

Gouj... ouvre de grands yeux, frotte ses mains Tune 
contre l'autre, et aspire fortement en serrant les dents, 
ce qui produit des petits bruits stridents, etc., etc. 

Comme on le voit, l'étude des tics chez les idiots 
est très intéressante. Il faudrait, nous le répétons, les 
grouper et les interpréter au point de vue clinique et 
chercher quelle est leur valeur diagnostique. 



(i) Nous avons vu autrefois une brebis qui avait un tic de ce genre. Elle ne 
se cognait pas la tête comme les moutons qui ont le tournis, mail cherchait 
à cogner les personnes ou les autres brel)is. 



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XXII. 



Du traitement chirurgical et du traitement médico- 
pédagogique de ridiotie (1) ; 



Par BOURNEVILLE. 



Vers le mois de mai 1890, notre ami, M. le D*" P. 
Poirier, chirurgien des hôpitaux, chef des travaux ana- 
tomiques de la Faculté de médecine de Paris, vint nou^ 
entretenir des premiers essais du traitement chirur- 
gical de lidiotie faits par M. le professeur Lannelon- 
gue à rhôpital Trousseau. Comme il trouvait que j'ac- 
cueillais sa communication sans enthousiasme, je lui 
répondis ceci: « Si votre discours me laisse un peu 
froid, c'estquejeréfléchis à l'état des crânes des enfants 
dont j'ai fait Tautopsie ; qu'ils ne me semblent pas offrir 
d'ossification prématurée ; c'est que je pense surtout 
à y état du cerveau recouvert par ces crânes, aux lésions 
si diverses et parfois si profondes qu'ils présentent. Je 
me demande ce que peut faire, pour la guérison, une 
ouverture pratiquée sur la calotte crânienne, ouver- 
ture dont les bords seront toujours inextensibles et 
qui nécessairement se fermera d'autant plus vite que 
les enfants seront plus jeunes.» Et je conclus en lui 
disant : «Je n'ai jamais été opposé, vous le savez, aux 
innovations; je pense qu'avant de rejeter même celles 
quichoquentparleursingularité, leur imprévu et heur- 

(1) Communication faite au Congrès des aliénietei et neurologiatee de /atï- 
gue française. (Session de Blois, août 1892.) 



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I 



284 Idiotie. 

tent plus ou moins brutalement les opinions reçues, 
il convient de les examiner, de peser les faits sur les- 
quels elles s'appuient. Mais, puisque le nouveau trai- 
tement invoque en sa faveur des caractères anatomi- 
ques du crâne particulier, aux idiots, dont les sutures 
seraient ossifiées prématurément, venez voir les crânes 
et les cerveaux correspondants que j'ai conservés dans 
mon musée de Bicêtre. Nous les examinerons ensem- 
ble ; puis, s'il y a lieu, nous choisirons les enfants 
qui seront dans les conditions voulues pour profiter 
du traitement chirurgical qui offre, selon vous, des 
avantages considérables.» 

Quelques jours après cette conversation, M. P. Poi- 
rier vint à Bicêtre. Il jeta un coup d'œil sur une par- 
tie des 300 crânes ou des calottes crâniennes que possé- 
dait alors le musée ; sur les atlas photographiques des 
cerveauxet sur les cerveaxxx eux-mêmes. Cette visite lui 
démontra que si la trépanation ou la cranieciomie 
peut être utile dans certaines circonstances, lorsque 
les troubles intellectuels sont susceptibles d'être rat- 
tachés à un traumatisme de la tête, à un abcès ou à 
une tumeur du cerveau, elle est contre-indiquée dans 
l'immense majorité des cas. 

I. Le traitement chirurgical de l'idiotie ou lacrâ- 
niectomie a été préconisé par M. le professeur Lan- 
nelongue. Sa première opération a été faite le 9 mai 
1890 sur une petite fille de 4 ans. Si l'on en croit M. 
le D"" Lane, l'opération n'était pas nouvelle. Ce médecin 
l'aurait, en effet, pratiquée lui-même le 22 août 1888 
sur une enfant âgée de 9 mois, présentant les signes de 
l'imbécillité mentale. » L'enfant succomba 14 heures 
après l'opération (1). Toutefois la priorité de l'opéra- 



(1) The med. Journal ofthe américan Association, 9 janvier 1892 et Archives 
de neurologie, t. XXIV, p. 381. 



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TllAlTEMENT CHinURGICAL. î8o 

tion, sous le rapport de la publicité, appartiendrait 
sans conteste à M. Lannelongue qui, deux ans avant M. 
Lane, a fait connaîtreses premiers résultats dans une 
note communiquée le 30 juin 1890 à l'Académie des 
sciences (1), si, dès 1878, le docteur FuUer (de Montréal) 
n'avait pas eu l'idée d'enlever par le trépan des mor- 
ceaux du crâne chez un enfant idiot âgé de deux ans. 
8on but, en pratiquant cette opération, était le même 
que celui poursuivi par M. Lannelongue : il voulait faci- 
liter l'expansion du cerveau et par suite le développe- 
ment des facultés intellectuelles (2). 

Suivant M. Lannelongue, il existe trois théories 
pour expliquer la microcéphalie^ — mot générique 
par lequel il désigne les formes multiples de Vidiotie : 
1® ossification prématurée des sutures (Virchow ; — 
2** cerveau normal réduit (Vogt) ; — 3** altérations fœ- 
tales (3), lésions pathologiques (Bourneville, Hill, Hut- 
chinson). Par son opération, M. Lannelongue, «vou- 
lait donner un nouvel essor du cerveau en affaiblissant 
la résistance du crâne. » Tout d'abord, l'opération 
consistait en une incision à deux travers de doigts de 
la ligne médiane, 9 centimètres sur 6 millimètres. 
Puis, M. Lannelongue a modifié la forme et les dimen- 
sions de la brèche osseuse. 

En présentant à l'Institut la note du savant chirur- 
gien de l'hôpital Trousseau. M. le prof. Verneuil s'est 
expriméainsi : «J'appelle, dit il, l'attention de l'Acadé- 
mie sur une opération absolument nouvelle, qui fait le 
plus grand honneur au chirurgien distingué qui l'a ima- 
ginée, exécutée et menée à bonne fin. Il ne s'agit point 
ici, en effet,d'une tentative empirique faite au hazard, 
ni d'une sorte de vivisection humaine comme on enexé- 



{\) De la crânieclomie dans la microcéphalie (Comptes-rendxis) p. 1882). 
d) Voir Progrès médical, 1878» p. 929 et Pi'esse tnéd, belge. 
(3) Produiiant un arrêt de développement. 



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286 Idiotie. 

cute trop souvent de nos jours. La résection partielle 
des os de la voûte du crâne, opposée à la microcé- 
phalie est une conception tout à fait rationnelle, ins- 
pirée par Vanatoraie et la physiologie pathologiques 
et qui a donné déjà à Va priori théorique, un résultat 
fort remarquable. » 

Vous verrez tout à l'heure, Messieurs, si les crânes 
que nous allons faire passer sous vos yeux, corroborent 
l'opinion très optimiste de M. le professeur Verneuil. 

Plus tard, M. Lannelongue a publié une note plus 
étendue dans laquelle il maintient son opinion première 
sur Tossification prématurée des sutures chez les micro- 
céphales. Les lésions décrites, hydrocéphalie, sclé- 
rose, etc., « coïncident, écrit-il, avec la synostose pré- 
maturée. » Au point de vue opératoire, il distingue la 
crâniectomie linéaire et la crâniectomie à lambeaux. 
Dans les deux cas, il fait une brèche plus ou moins 
longue et large de 8 à 10 millimètres (1). 

Enfin, M. Lannelongue a fait sous le même titre 
que la note précédente une communication au Congrès 
français de chirurgie (31 mars 1891, p. 73). Cette 
communication se termine par le résumé suivant : 

« Les résultats opératoires ont été les suivants ; vingt-cînq 
opérations, vingt-quatre guérisons ; la moyenne des guéri- 
sons opératoires a été de 10 jours. Une seule mort au bout 
de 48 heures.... Sur les 24 guérisons, il y a 3 suppurations 
minimes qui ont guéri, deux en quelques jours, la troisième 
a suppuré trois semaines; dans aucun cas, il n*y a eu de 
nécrose. 

Lb plus jeune de mes opérés a été un garçon de 8 mois et le 
plus âgé avait 42 ans ^/j. J'ai opéré 43 garçons et 42 filles. 
« Parler ai-je maintenant des résultats définitifs ? Cela devrait 
être, car s'il est encourageant de n*avoir à enregistrer pour 



(\) De la crâniectomie chez les micix>ccphale8j cnez les enfants arriérés et 
chez les jeunes sujets présentant, avec ou sans crises épileptiques^ des trou- 
bles moteurs ou psychiques {Nouv. Iconogr. de ta Salpétrièref 1891, p. 89). 



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Traitement chirurgical. 88Î 

ainsi dire que des succès opératoires, on ne doit pas oublier 
qu'on vise un tout autre but. Ce but on peut le déterminer 
dans cette formule : faire rentrer dans la yîc commune des 
sujets voués à l'existence la plus misérable, tant au point de 
vue intellectuel et moral qu'au point de vue physique. Mais à 
qui pourrait venir lia pensée que ces déshérités de toutes lei 
manières seront régénérés et transformés subitement? 

« Mes opérés sont suivis avec toute la sollicitude que je 
puis y mettre et je possède déjà des documents qui me per- 
mettent de dire que le plus grand nombre d'entre eux sont 
manifestement améliorés. Mais comme beaucoup de ces opé- 
rations sont encore récentes, je me borne aujourd'hui à en 
informer mes confrères en attendant que je puisse livrer inté- 
gralement à la publicité les résultats obtenus, v 

Près de 18 mois se sont écoulés depuis les premières 
opérations; il serait donc très intéressant de connaître 
exactement la situation actuelle des opérés. Un tableau 
détaillé des âges, des particularités du cas, de la date 
des opérations, du traitement consécutif, etc., ne man- 
querait pas non plus d'intérêt. 

II. Nombreux sont les chirurgiens qui depuis la 
première publication de M. Lannelongue ont pratiqué 
la crâniectomie chez les idiots. Nous avons résumé 
dans ce tableau, non tous les cas, mais au moins le 
plus grand nombre. 



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30 



?5 



40 



isssss^SÊSSSSssssssafm 
NOMS 

DES OPÉRATEURS. 



FuUer (de Montréal) 

Lannclongue 

Anger(Th.). ....... 

Bauër 

Bilhaut 

Binnie(J F.) 

Cerné 

Chénicux 

Chénieux 

Clayton Parkill 

Estor 

Gerster et Sach 

llcurtaux 

Horsley 

Horsley 

Keen 

Keen 



Sexe. 




— 




Age. 


G. 


F. 




G. 




2 ans. 


13 


12 
F. 

pute 


8 ans. 


G. 




4 ans. 


G. 




20 mois. 


G. 




39 mois 




F. 


4 ans 2 
mois. 


G. 




1 an 8 
mois. 


G. 




4 ans. 




F. 


n a. Va 




F. 


i ans Va 




F. 


6 mois. 


G. 




3 ans. 


G. 




7 ans. 




F. 


4 ans 7 
mois. 




F. 


41 ans. 



Diagnostic. 



Idiotie. 

Idiotie ; microcépha- 
lie. 

Idiotie. 
Microcéphalie, 

Idiotie. 
Microcéphalie. 

Idiotie. 

Idiotie. 

Idiotie ; microcépha- 
lie. 

Microcéphalie. 
Idiotie. 

Idiotie. 

Idiotie. 

Microcéphalie. 
Idiotie. 

Microcéphalie. 

Idiotie. 



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Traitement chirurgical. 



289 



DATE 

DE l'opération 



1878 

1890-91 

11 février 1891 

2 crâniectomies 
Pasde date. 

11 mai 1892. 

i892. 

19 juin 1890. 

7 oct. 1891 et 22 
janvier 1892. 

octobre 1891. 

9 octobre 1891. 

10 octobre 1890. 

16 janvier 1891. 
je» février 1891. 
1891. 

1891. 

)1~ crâni» 1890. 
(2* le 17 février. 

1891. 
l'crâniectomie, 

3 déc.1890. 
2«crâniectomie, 

2 mars 1891. 



RÉSULTAT. 



Paralysie transi- 
toire du bras. 
Amélioration. 

1 mort. 

Amélioration lé- 
gère. 

Guérison opéra- 
toire. 

Amélioration. 

Mort. 

Amélioration. 

Amélioration lé- 
gère. 

Amélioration (1). 

Amélioration. 

Guérison opéra' 
toire. Pas d amé- 
lioration. 

Mort 3 h. 1/2 après 
l'opération. 

Mort. 
Amélioration. 

Mort. 

Guérison opéra- 
toire, amélioration 

Amélioration peu 
prononcée; gué- 
rison opératoire. 



Indication bibliographique. 



Bournevillb, Bicêtre, 1892. 



Progrès médical 1878, p. 929 
et Presse médicale belge. 

Congrès français de cliirur- 

gie, 1891,p.80. 

Ibid., 1891, p. 81. 

Cliniçiue des médecins el 
chirurgiens de St-Louis. 

Annales d'orthopédie, 1892, p. 

Kansas City med. Index, 1892. 
XIII, p. 125. 

Norma ndie médicale, 1891, 
p. 401. 

Congrès français de chirur- 
gie, 1892, p. 339. 

Ibid. 

The med. News, 1892, 27 
février, p. 236. 

Montpellier médical, 4 juin 
1892, p. 446. 

Amer, journal of med. Science, 
1891. 

Congrès français de chirur- 
gie, 1891, p. 91. 

British med. journal, 12 sep- 
tembre 1891, p. 579. 

Ibid, 

Med. News, 29 novembre 1890, 
p. 557. 

Amer. Journal of med. Scien- 
ce, 1891, Juin. 



19 



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ÏDIOtîË. 




45 



50 



55 



GO 



62 



Keen 
Lane. 



Lane 

Larabie (de Nantes) . 



Largeau 

Mac Clintoc . 
Maunoury. .. 
Maunoury. . . 
Morrisson . . . 



Moulonguet 

Petel (de Rouen) . . . 
Picchaud-Pons 



Piéchaud-Régis 
Prengrueber — 



Ransohoff 

Schalders-Miller . . . 

Trimble 

Tuholskc 

Villard 

Wieth 



G. 



G. 



G. 



G. 



F. 

F. 
F. 



F. 
F. 



16 mois. 
9 mois. 

id 
id 

4 ans. 

3 a. 8m 
4 ans. 
1 an. 

29 mois 

17 ans. 
13 ans. 

4 ans Va 
9 ans. 

3 a. 7 m. 

8 mois 

3 ans. 

» 

Sans. 

i an. 



Idiotie, crises conTul- 
ftives. 

Idiotie. 

Imbécillité, microcé. 
Idiotie, crises convul 

Idiotie. 

Idiotie. 
Microcéphalie. 
Microcéphalie. 

Idiotie. 

Idiotie. 
Idiotie. 
Idiotie. 

Idiotie. 
Idiotie et microcépha- 
lie. 
Idiotie. 

Microcéphalie et 

névrite optique. 

Idiotie. 

Idiotie. 

Idiotie. 

Idiotie. 



(1) Cet enfant à été cràniectomisé une fois par M. Lannelongue en 1890. 



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Traitement chirurgical 



DATE 

DE l'opération 



16 janvier 1891 
28 août 1888. 

1891. 

2 juillet 1891. 

28 mars 1891. f 

20 octobre 1890. 

2 mars 1891. 

17 avril 1891. 

Juillet 1892. 

15 mars 1891. 

(?) 

février 1892. 
décembre 1891. 

9 février 1891. 

21 mars 1892. 

8 novemb. 1890 

7 octobre 1891 

7 janvier 1891. 



RÉSULTAT. 




Mort 1 h. 1/4 après 
Topération. 

Mort 14 h. après 
Topération. 

Amélioration. 
Mort au 5™* jour. 

Amélioration lé- 
gère. 

Amélioration. 
Pas d*améIioration 

Mort 20 h. après 

l'opération. 

Amélioration. 

Pas d'indication. 

Pas d'amélioration 

Amélioration peu 
sensible. 

Môme état. 

Amélioration. 

Amélioration lé- 
gère. 

Amélioration. 

Quelque améliora- 
tion. 

Guérison opéra- 
toire. 



.4 mer. Journal ofmed, Scien 
ce, 1891. 

The med. Journal ofthe ameri 
cain med. ^4 ssociaf ion, 9 jan 
vier 1892, p. 49. 

/5id., p. 488. 



Mort le 3™« jour- 
Amélioration. 



Congrès français de chirur 
gie, 1892, p. 337. 

Jour, of nervous and mentai 
diseaseSy octobre 1891, p. 645. 
Congrès français de chirur- 
gie, 1891, p. 90. 

Ihid. 

New-York med. Record, i^ 
juillet 1891, p. 63. 

Soc. méd:d*Amiens, août 1892. 

Voir plus loin: Observation 1. 

Jour, de médec. de Bordeaux, 
juillet et août 1891, p. 356 

Ibid. 

Bulletin médical, 1892, 27 jan- 
vier, p. 81. 

77ie med. News, 13 juin 1891 
p. 653. 

British med. Journal, 231 
juillet 1892, p. 176. 

Themed.News, 3 janvier 1891, 

Weekly médical Review, 21 
novembre 1891. 

University med. Magaz., octo- 
bre 1891. 

Med. -Record, N. Y. 21 février 
1891. p. 233. 



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292 Idiotie. 

Malgré le soin que nous avons mis à dresser ce 
tableau, il est assurément incomplet et présente des 
lacunes. Trop souvent les observations sont incom- 
plètes, manquent de détails et ont été publiées quel- 
ques jours après l'opération, c'est-à-dire avant qu'on 
ait pu se rendre un compte exact des résultats que 
les opérateurs en pouvaient attendre. Qu'enten- 
dent-ils par amélioration? Ils ne précisent pas tou- 
jours. Nous attendons maintenant la publication, qui 
ne peut tarder bien longtemps, non plus des résultsits 
opératoires qui font honneur aux chirurgiens mais des 
résultats thérapeutiques qui rendent service aux mala- 
des : Cette publication permettrait d'avoir enfin une 
idée exacte sur la valeur thérapeutique de la crâniec- 
tomie. 

III. Bien des fois nous ayons eu l'occasion de publier 
dans les Comptes-rendus annuels de notre service, de 
1880 à ce jour, des descriptions des crânes de nos 
malades décédés, ainsi que dans nos communications 
au Congrès international de médecine mentale de 
1889, à la session de V Association française pour 
Vavancemeiit des sciences de la môme année et au 
Congrès des aliénistes de Rouen en 1890. Nous avons 
insisté plus particulièrement encore sur ce point dans les 
comptes rendus du service pour 1890 et 1891. Enfin, 
il y a quelques jours, l'un de nos élèves M. Tacquet, 
sur notre conseil, a pris pour sujet de sa thèse : De 
Voblitération des sutures du crâne chez les idiots. 
Elle contient la description de 26 crânes d'idiots appar- 
tenant à presque toutes les formes de l'idiotie (1). 11 
ressort de ces différents travaux que, chez ces malades, 
les sutures du crâne ne sont pas ossifiés prématuré- 
mène. 

(1) Voir aussi mes remarques sur le Traitement de V hydrocéphalie dans le 
n* 70 des Archives de neurologiet p. 130. 



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Etat des sutures du crâne. 293 

Afin de vous mettre, Messieurs, en mesure de vous 
faire vous-mêmes une opinion précise sur la question 
de la sy nos tose prématurée des sutures du crâne chez 
les idiots sur laquelle on s*appuie pour pratiquer la 
crâniectomie, nous allons vous montrer les calottes 
crâniennes de 12 idiots, appartenant à des catégories 
très diverses ; nous vous donnerons d'abord l'histoire 
détaillée d'une jeune idiote, crâniectomisée par M. 
le D*" Petel(de Rouen) dont voici le crâne [Fig. 1). Pour 
les onze autres, nous nous bornerons à un résumé 
somm^aire de leur histoire^ et, avec les crânes, nous 
vous ferons passer les photographies des cerveaux 
correspondants. 



Obs. I. — Idiotie symptomatique de méningo-encéphalite ; 

CRANIECTOMIE. 

Sommaire. — Père, migraineux, rhumatisant, graveleux. — 
Grand-père paternel, nombreux excès de tout genre; plu- 
sieurs attaques apoplectiques; hémiplégique. — Demi- 
oncle paternel, mort phtisique. — Mère nerveuse. — Grand' 
mère maternelle, asthmatique. — Pas de consanguinité. — 
Inégalité d'âge de S ans. 

Enfant petite à la naissance. — Déglutition pénible; bave; 
retard des premières manifestations intellectuelles, pré- 
hension difficile; gâtisme. — Mémoire des personnes, sen- 
timents affectifs conservés. — Grimpeuse. — Accès de 
colère. — Crâniectomie en mars 1891 ; pas de modification 
de Vétat intellectuel. Pelade à Ventrée, — Tuberculisation 
pulmonaire et péritonéale. Mort. 

Autopsie : absence de synostose des sutures du crâne. — 
Description de la brèche osseuse; — lésions de méningo- 
encéphalite, etc. 

Blai... (Maria), née à la Ferté-Saint-Samson, le 8 juin 1874, 
entrée à la Fondation Vallée, le 1«»- juin 1891, est décédée le 5 
novembre 1891. 

Antécédents. — (Juillet 1891). — Père^ 48 ans, voyageur de 



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294 ANTECEDENTS HEREDITAIRES. 

commerce. Pas de convulsions, pas de fièvre typhoïde, migrai- 
neux, assez nerveux, a eu à 36 ans une attaque de rhumatisme 
articulaire aigu qui ne 8*est pas reproduit depuis. Il y a quatre 
mois, attaques de coliques néphrétiques ayant duré 4 jours ; 
hématurie assez abondante. Pas d'alcoolisme ; il n*en présente 
d'ailleurs pas de signes ; avoue pourtant quelques excès avant 
son mariage. Ni blennorrhagie, ni syphilis. Santé habituelle 
bonne. — [Père, mort à 57 ans, à la suite de plusieurs attaques 
d'apoplexie ; il était paralysé de tout un côté (?). — Pas rhu- 
matisant ni nerveux. « C'était un homme qui avait beaucoup 
vécu » ; il avait dû faire des excès de tout genre pendant sa jeu- 
nesse. — Mère, 76 ans, bien portante, non nerveuse, opérée avec 
succès de cataracte double. — Grands-parents paternels tout à 
fait inconnus. — Grand-père maternel mort vers 80 ans ; était 
d'une très bonne santé habituelle. — Grand'mère maternelle 
morte à 86 ans. — Deux oncles paternels morts tous deux 
entre 50 à 60 ans on ne sait de quoi. Ils n'étaient pas nerveux. 
L'un avait 6 enfants qui n'auraient présenté rien de particu- 
lier. — Une tante paternelle, morte à 60 ans, n'aurait pas eu 
de maladie nerveuse. — 10 oncles et tantes maternels, 5 sont 
morts de cause inconnue. Les autres, sont bien portants ainsi 
que leurs enfants. — Deux frères du i^' lit (son père s'est marié 
3 fois). Un est mort de la poitrine, 4 ans après son mariage avec 
une femme phtisique, (il faut noter que sa mère était morte de 
la poitrine) laissant une fille bien portante. Un autre /rére, 58 
ans, pas nerveux, intelligent, a eu 8 ou 10 enfants en bonne 
santé. — Deux sœurs du l*"" lit également,une des deux est 
morte sans avoir eu d'antécédents nerveux. L'autre sœur est 
bien portante, sans enfants. Une sœur du même lit que le 
père est un peu nerveuse, sans crises, intelligente. — Dans 
sa famille, le père n'a jamais entendu parler d'idiots, d'aliénés, 
d'épileptiques, de paralysés ; pas de difformes d'aucune espèce, 
pas de suicidés, de débauchés, de criminels. 

Mère, 40 ans, forte, bien portante ; pas de convulsions. Pas 
de scrofules, de rhumatismes, etc.; elle est assez nerveuse, 
très émotive mais sans crises. — [Père, 60 ans, n'a jamais eu 
aucune maladie nerveuse. — Mère, 56 ans, asthmatique, non 
nerveuse, intelligente. — Grand-père paternel, mort à 86 ans, 
de vieillesse, était assez vif, emporté. Pas de troubles men- 
taux. — Grand'mère maternelle morte vers 40 ans d'une 
maladie épidémique (?) ; aucun détail sur elle. — Les grands- 
parents maternels sont morts tous deux très âgés à 80 ans 
passés, n'ayant jamais été malades. — Trois oncles paternels, 
une tante paternelle et une tante maternelle d'une excellente 



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Antécédents héréditaires. 295 

santé. — Pas de consanguinité ; — différence d'âge de 3 ans, 

4 enfants : l* garçon, 23 ans, pas de convulsions, n'a jamais 
été malade, sobre; — 2® fille, 15 ans, pas de chorée, pas de 
convulsions, etc. ; — 3® notre malade ; — 4® garçon, 3 ans, 
pas de convulsions. 

Notre malade, — Rien de particulier au moment de la concep- 
tion ni pendant la grossesse, sauf que les affaires du père ne 
marchaient pas très bien et qu'il y avait passablement de sou- 
cis de ce côté ; ni coups, ni émotions d'aucune sorte, ni syn- 
copes. — Accouchement à terme, naturel, sans chloroforme. — 
Pas d'asphyxie à la naissance. L'enfant était bien constituée 
mais plus petite que la moyenne des enfants, elle a été élevée 
au biberon, en nourrice, avec du lait de vache . A partir de 3 mois , 
on lui donna en outre de la farine lactée. Sevrage vers 15 mois. 
Dès le débuts on a remarqué qu'elle n'avalait pas facilement^ 
et qu'elle bavait. On ne sait à quelle époque elle a eu sa pre- 
mière dent ni sa dentition complète. Le père ne se rappelle 
pas à quel âge elle a commencé à dire quelques mots et à se 
tenir sur ses jambes ; il sait seulement que, sous ce rapport, elle 
a toujours été très en retard. Elle n'aurait jamais eu de convul- 
sions. Le père ignore si elle a eu des maladies infectieuses. 
— Les renseignements qu'il nous donne sur les antécédents 
personnels de son enfant sont d'ailleurs très peu précis ; elle 
est restée chez sa nourrice sèche presque jusqu'au moment 
où on l'a opérée, et son père n'allait la voir qu'à des intervalles 
assez éloignés. Il prétend qu'elle comprend à peu près tout 
ce qu'on lui dit, mais répond mal, souvent d'une façon incohé- 
rente ; elle aurait pourtant un nombre assez considérable do 
mots à sa disposition (?). On n'a jamais rien pu lui apprendre. 
Elle ne s'habille pas seule, gâte, mange salement avec ses 
mains. Elle bave beaucoup surtout en mangeant; elle parait 
avoir une certaine difRculté à avaler. Elle a une bonne mémoire ^ 
reconnaît bien et longtemps les personnes et les choses. Pas; 
de mauvais instincts, ni gourmande, ni voleuse, etc. Pas d'ona- 
nisme. 

Le père ne sait si elle grince des dents, si elle a des secousses 
brusques, des étourdissements ou des cauchemars. Il assure 
qu'elle n'a rien eu de particulier du côté de l'appareil respi- 
ratoire. 

Les sentiments affectifs seraient assez développés, elle 
reconnaît bien ses parents et paraît contente de les voir. Assez 
coléreuse, elle se fâche quand on veut lui faire faire une chose 
dont elle n'a pas envie, donne des coups de pied et de poing. 
Elle n'a pas eu d'accidents scrofuleux; pas d'engelures, etc. 



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296 Antécédents héréditaires. 

Le père ne sait à quoi attribuer la maladie. Ayant lu dans 
un journal le récit des opérations de M. Lannelongue, il 
demanda l'avis de M. le D^ Pctcl (de Rouen). Celui-ci lui dit 
que l'enfant n'ayant rien à perdre à l'opération, celle-ci lui 
semblait indiquée. La crâniectomie a eu lieu le 15 mars. 
Depuis, le père n'a constaté aucune modification dans l'état 
de l'enfant. 

Avant l'opération, Bla n'avait que peu de spontanéité 

dans SCS actes; elle passait son temps ainsi, jouant avec les 
objets qu'elle avait sous la main, des bouts de papier, d'étoffe 
ou de ficelle, ou bien elle courait de côté et d'autre, grim- 
pait comme un chat sur les meubles. Jamais on n'avait pu 
l'habituera une occupation suivie, ni au travail. Si on la 
laissait sortir dans la rue, elle se traînait dans la boue, faisait 
ses ordures, sans paraître en avoir conscience. Elle bavait 
constamment, se fourrait fréquemment les doigts dans la 
bouche et cela quelquefois pendant fort longtemps. Ses paro- 
les spontanées étaient le plus souvent incohérentes; elle 
demandait à manger, « à faire dodo », sans avoir ni faim, ni 
sommeil. Elle mange avec appétit, salement, avec ses doigts, 
sans salacité d'après le père ; son goût est peu développé, 
elle mangeait de tout indifféremment, pourtant elle paraît 
avoir certaines préférences, aime beaucoup la soupe, les 
choses salées et peu les mets sucrés ; son haleine a toujours 
senti très mauvais. Il ne lui est jamais arrivé d'accidents 
d'aucune sorte, mais elle nécessitait une surveillance de tous 
les instants, bien qu'elle ait le sentiment du danger : elle est 
tombée un jour auprès d'une mare chez sa nourrice et pous- 
sait des cris épouvantables, craignant de tomber à l'eau. Elle 
ne s'approche jamais du feu assez pour se faire du mal ou 
pour qu'on puisse craindre qu'elle tombe dans le foyer. La 
nourrice chez qui elle était avant l'opération l'a vue depuis ; 
elle n'a pas trouvé grand changement dans l'état de l'enfant. 
Elle dit que Bl... ne parle pas mieux maintenant qu'avant 
l'opération. Ses idées ne paraissent pas plus claires ; elle n'est 
pas plus susceptible d'éducation. Le père dit que, à l'hôpital 
de Rouen, la sœur s'occupait d'elle, essayait de lui appren- 
dre. 

Bl... aurait de la mémoire, connaissait bien les gens du pays 
par leur nom qu'elle prononçait toujours très mal; elle se 
rappelait quelquefois des événements survenus 3 ou 4 mois 
auparavant, elle le rappelait par un mot, un geste. Disons 
que tous ces rensignements sont bien vagues ; le père n'a pas 



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Description de la malade. 507 

l'air d'y attacher une grande importance, et tous les petits 
détails que nous lui demandons n'ont jamais beaucoup attirt* 
son attention. En terminant, il exprime le désir que si son 
son enfant meurt, nous pratiquions l'autopsie et lui en fassions 
connaître les résultats. 

i891. 3 juin. — L'enfant nous est arrivé la tôte enveloppée 
dans un pansement. On constate qu'elle présente une cica- 
trice récente, demi-circulaire, à concavité tournée à droitt^ et 
dont les extrémités aboutissent l'une au niveau du br€ trnm, 
l'autre au niveau de la fontanelle postérieure. La cic;drîre 
étant complètement fermée, on supprime le pansement, — 
Traitement : douches, bains salés, sirop d'iodure de fer- 

Etat actuel ib juin 189i). — Au premier examen, c*? qui 
frappe le plus dans l'aspect extérieur de l'enfant, c'est le con- 
traste entre le petit volume de sa tôte et sa taille élevi^o. La 
tôte est à peu près du volume de celle d'un enfant de 7 ou S 
ans. Le crâne est proportionnellement beaucoup plus déve- 
loppé que la face. La physionomie exprime constamment un 
air grognon et inintelligent. L'enfant porte sans cesse la imûn 
à sa tôte en poussant des gémissements et des plaintes tnio- 
telligibles; ou bien, avec ses mains, saisit les objets environ- 
nants, les vêtements des personnes qui l'entourent et on ne la 
fait lâcher qu'avec la plus grande difficulté. Elle marche les 
bras demi-fléchis et en avant, le tronc incliné, les jarnbei 
écartées lançant les membres inférieurs en avant et posant 
lourdement le pied à terre. 

Elle semble par instants comprendre ce qu'on lui dit. maî^ 
il est difficile d'apprécier jusqu'où va son faible degré d'intel- 
ligence. Elle prononce quelques mots, dit : a Papa, maman, 
dormir, oui ou non ». Son vocabulaire n'est guère plus 
étendu, contrairement aux dires du père. 

Crâne très petit, peu élevé. Bosse occipitale assez saillante. 
Régions pariétales peu proéminentes. Au niveau de la cica- 
trice cutanée dont il a été question plus haut, cicatrice qui 
est déprimée en gouttière, on sent une dépression analoQue 
de la voûte osseuse formant un sillon assez marqué ; la l^vre 
interne de ce sillon proéminant plus que la lèvre externe. Les 
sutures et les fontanelles sont fermées et ne sont plus perct?ï>- 
tibles. — Cuir chevelu épais présentant une desquama tioû 
épithéiiale abondante et en plusieurs points des plaques res- 
semblant à des plaques de pelade. On remarque surtouL ce^ 
plaques sur la moitié droite du cuir chevelu. Dans la région 
où se trouve la cicatrice et dans le voisinage, les cheveux 
rasés commencent à reparaître. Les plaques dénudées ne 



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298 Description de la malade. 

sont pas absolument glabres, elles sont parsemées de quel- 
ques cheveux très rares. Les cheveux, disposés par mèches, 
sont courts, rudes, d'une coloration châtain très foncé. Ils 
bouclent sur le front et sur la nuque. 

Front très bas, étroit, fuyant. Pas de proéminence des bos- 
ses frontales. Arcades orbitaires assez saillantes. Sourcils 
bien formés, mais minces, fournis de poils foncés et courts. — 
Yeux petits, très écartés. Fentes palpébrales assez grandes. 
Paupières supérieures bien mobiles et également tombantes. 
Cils courts et assez rares, gris et arqués. Musculature de l'œil 
saine, pas de paralysie, pas de strabisme, pas de nystagmus. 
Conjonctive et cornée saines. Sensibilité normale. Iris large, 
brun, verdàtre, pupilles égales, réagissant normalement à la 
lumière et à l'accommodation. 

Nez droit, assez court, épais. Légère asymétrie au profit du 
côté gauche. Narines écartées , sous-cloisons un peu saillan- 
tes ; cloison non déviée. L'odorat paraît présenter un certain 
développement. — Bouche très largement fendue, transver- 
sale, symétrique, habituellement entr'ouverte. Lèvre supé- 
rieure à bord libre épais. Lèvre inférieure épaisse et pendante. 
Bave continuelle et abondante. — Arcades dentaires très 
larges, dents grandes, assez régulièrement implantées. Voûte 
palatine offrant une prédominance notable du diamètre antéro- 
postérieur. Voile et piliers symétriques et bien mobiles. Che- 
vauchement des incisives verticales sur les incisives trans- 
versales. Langue longue, étalée. 

Menton arrondi, assez large, sillon mento-labial assez mar- 
qué. Joues peu remplies, peu colorées. — Oreilles de dimen- 
sions moyennes, peu écartées ; tragus très large et peu saillant ; 
antitragus peu marqué. Hélix et anthélix seulement ébauchés. 
Orifice du conduit auditif extrêmement large; pas d'otorrhée. 
Lobules complètement adhérents. Ouïe paraissant normale. 

Mensurations : TéU. 

Circonférence horizontale maxima 45 ■■• 

Demi-circonférence bi-auriciiiaire 28 — 

Distance de i'articalation occipito-atloldienne à 

la racine du nez 28,5 — 

Diamètre antéro-postérieur maximum 15 — 

— bi-auriculaire 10 — 

— bi-pariétal 12,5 — 

Hauteur médiane du front 4 — 

Cou long et mince ; circonf. à sa partie moyenne : 27 c/m ; 
pas de cicatrices, pas d'adénites cervicales. — Corps thyroïde 
très peu volumineux. Pas de lésions du rachis cervical. — Tho- 



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Description de la malade. 299 

rax assez développé, de conformation normale. — Pannicule 
adipeux assez épais, muscles peu saillants, peau rude au tou- 
cher, duvet assez abondant entre les omoplates, — Quelques 
poils châtain- foncé assez longs sous les aisselles. — Glandes 
mammaires assez développées. — Auréoles de la largeur d'une 
pièce d'un fr., assez pigmentées. Mamelon bien conformé et 
saillant. — Creux sus et sous-claviculaires peu marqués ; cour- 
bure des côtes normale. Pas de chapelet chondro-costal, ni de 
déformation du sternum. Hachis régulier. — Rien à l'auscul- 
tation des sommets des poumons, murmure vésiculaire nor- 
mal. — Pointe du cœur battant dans le 4«» espace, sur la ligne 
mamelonnaire. 

Abdomen peu proéminent. Ombilic déprimé. Matité hépa- 
tique étendue, à limite inférieure correspondant au rebord 
costal. Matité splénique non perceptible. — Bassin étroit, 
non dévié. 

Organes génitaux et puberté. — Pénil saillant, recouvert 
de poils rares, assez longs sur la partie médiane et inférieure. 
— Quelques poils formant une trainée sur le bord externe des 
grandes lèvres et au pourtour de l'anus. Grandes lèvres plus 
saillantes. Petites lèvres très grandes. Capuchon peu marqué, 
clitoris assez volumineux ; orifice de l'hymen assez grand, non 
déchiqueté. — Les seins ont 7 centimètres et demi de diamè- 
tre. 

Membres supérieurs grêles, peau saine, sans cicatrice, 
quelques poils sur la face dorsale des avant-bras. Ossature 
et articulations saines. Mains grandes, maigres, doigts efïilés, 
ongles longs, un peu bombés. — Membres inférieurs égale- 
ment peu développés ; leur peau présente quelques boutons 
d'acné. Poils sur la face antérieure et antéro-externe de la 
jambe. Réflexes rotuliens normaux. Pieds grands, incurvés; 
courbure de la voûte plantaire, normale. Pas de lésions des 
os, ni des articulations. Orteils ne chevauchant pas. Ongles 
très grands, bombés transversalement. 

Sensibilité : elle parait assez obtuse sur les différents points 
de la surface cutanée mais il n'y a nulle part d'anesthésie 
proprement dite. 

29 juillet, — La température s'est élevée jusqu'au-dessus 
de 38*>. L'enfant ne tousse pas^ n'a pas la diarrhée. Pas d'otite ; 
pas de conjonctivite. L'haleine est extrêmement fétide. L'exa- 
men de la bouche ne montre rien si ce n'est une tuméfaction 



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300 Description de la malade. 

rouge des gencives et quelques mucosités dans Tarrière -gorge. 

ZO juillet. — La température est revenue à l'état normal. La 
fétidité de l'haleine persiste. Les gencives saignent assez 
abondamment. Sur la joue du côté droit, empiétant sur la 
gencive et le voile, existe une tuméfaction assez volumineuse. 

2 août, — La température est toujours normale. Les gencives 
saignent moins. L'haleine est moins fétide. L'examen de la 
bouche, plus facile^ permet de constater la disparition de la 
tuméfaction déjà signalée. 

4 août. — Amélioration marquée. L'enfant peut manger sans 
difficulté. 

8 octobre. — Depuis 2 ou 3 jours, diarrhée assez abondante 
et fétide. Les selles sont involontaires. Le ventre, un peu 
tendu,' n'est pas douloureux à la pression. Langue sale, pas 
de fièvre. Huile de ricin : 20 gr. — Soir : T.R. 38«,4. 

12 octobre. — L'enfant a toujours de la diarrhée. Depuis hier 
la température s'est élevée. (39°, 4.) Potion avec bismuth et 
laudanum. 

14 octobre. — L'enfant demande constamment à boire, ne 
se plaint d'aucune souffrance. La diarrhée continue. Le ventre 
est très tendu, la peau est lisse, sillonnée de quelques veines 
dilatées. La matité hépatique est en partie masquée par le 
tympanisme abdominal. On ne sent pas de parties de consis- 
tance inégale. Ni le palper ni la percussion ne dénotent la 
présence de liquide dans la cavité péritonéale. Rien dans les 
urines. 

25 octobre. — La température est au-dessus de 38®. Toux 
assez fréquente ; rien de précis dans la poitrine bien qu'il soit 
probable que les poumons sont envahis par la tuberculose de 
même que le péritoine. 

25 octobre. — T.R. 37°, 2. — Soir : 39^ 3. Amaigrisse- 
ment assez considérable. Pourtant l'enfant mange relati- 
vement beaucoup. Soif vive; distension du ventre; tym- 
panisme considérable ; pas d'épanchement. 

29 octobre. — La température présente des oscillations très 
grandes avec une différence de deux degrés matin et soir. La 
diarrhée persiste. La langue est blanche, recouverte de muco- 
sités abondantes. Le ventre est ballonné, dur, bosselé et la 
palpation profonde. La malade tousse un peu. A l'auscultation, 
on trouve seulement quelques râles dans la partie moyenne 
du poumon droit. Amaigrissement considérable. Tout indique 
une tuberculisation de l'intestin et du péritoine. 

2 novembre. — Le père dit que sa fille ne vomissait pas 
à la maison ; il ne croit pas qu'elle ait eu le carreau. Vers 15 



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Autopsie. Etat des sutup.es du crâne. 301 

mois elle aurait eu une maladie pendant laquelle elle aurait 
maigri au point de n'avoir plus « que la peau et les os. » 
Serait-ce le carreau ? 

5 novembre, — Les accidents se sont aggravés progressive- 
ment et Tenfant a succombé aujourd'hui. T.R. aussitôt après 
la mort : SO®, 4 ; ^4 d'heure après : 38°, 9 ; i heure après : 36<», 4 

— Poids après décès : 38 kilogr. 

Autopsie faite le 6 novembre 1891, 24 heures après décès. 

— Aspect du corps. — Pas de cicatrice, pas de déformation 
apparente sauf une légère déviation de la colonne vertébrale 
a droite dans la région lombaire; la paroi abdominale est dis- 
tendue, verdâtre. 

Tête. — Après l'incision du cuir chevelUy on note une dépres- 
sion très accentuée au niveau des fosses temporales. Le crâne 
est légèrement asymétrique ; le côté gauche est plus dévelop- 
pé au niveau de la région occipitale que le côté droit ; la pro- 
tubérance occipitale semble reportée à droite de la ligne 
médiane, l'épaisseur des parois crâniennes varie de 2 à 4 mil- 
limètres ; aucune trace des fontanelles. Au niveau du pariétal 
gauche se trouve une perte de substance à direction ancéro- 
postérieure, parallèle à la suture inter-pariétale et à 22 milli- 
mètres de celle-ci ; sa longueur est de 65 millimètres, sa lar- 
geur moyenne de 12 millimètres ; ses bords émoussés offrent 
un aspect polycyclique montrant qu'elle résulte de l'applica- 
tion d'une série de couronnes de trépan (Fig. 30 j ; elle empiète 
un peu en avant, sur la suture fronto-pariétale. — La dure- 
mère n'adhère pas avec le crâne môme au niveau de la 
perte de substance. La base du crâne n'offre aucune 
altération. Sur la dure-mère, au niveau de la perte de subs- 
tance se trouve une sorte de fausse membrane rosée, faisant 
une saillie d'un millimètre, de consistance ferme, ayant comme 
dimension celui de la perte de substance déjà décrite. 

Encéphale 770 

Hémisphère cérébral droit 350 

— gauche 355 

Cerveau 705 

Hémisphère cérébelleux droit 2.5 

~ gauche 26 

Bulbe et protubérance 15 

Cervelet et isthme 66 



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302 Etat dés sùtùRËs du crâne dans L*mtOTlB. 
Hémisphère cérébral droit. On ne constate la présence 




Fig. 30. 



d'aucun tubercule sur la pie-mère. Celle-ci n'est pas modifiée 



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TUBERCULISATtON t»ULMONAlRE. ,^05 

et présente son épaisseur normale. Elle est le siège d'adhé- 
rences assez marquées avec les circonvolutions de la face 
externe qui sont difïiciles à décortiquer; en certains points 
on enlève de petits fragments de pulpe cérébrale. Tout l'hé- 
misphère présente comme particularité générale son peu de 
développement. La disposition des circonvolutions dans leur 
ensemble est normale. On ne constate nulle part la présence 
de foyers de sclérose. Le lobe frontal est bien conformé ainsi 
que le lobule de Tinsula. 

Hémisphère cérébral gauche. — Sur cet hémisphère comme 
sur le droit on remarque une congestion assez intense. Les 
veines sylviennes sont dilatées et gorgées de sang ; il n'y a 
pas de pus au niveau des espaces sous-arachnoidiens, ni 
aucune trace de tubercules. La configuration extérieure de 
cet hémisphère paraît assez régulière. 

Le cervelet est normal ainsi que la moelle épinière (30 gr.). 
Le liquide céphalo-rachidien est en quantité ordinaire. 

Cou. — Lan/ru: normal. — Corps thyroïde (15 gr.). Le lobe 
droit est d'un volume double du lobe gauche. 

Thorax. —A l'ouverture du thorax qui est étroit, décharné, 
on constate une adhérence très grande des plèvres, assez 
facilement rompue du côté gauche, plus complète du côté 
droit et allant jusqu'à la symphyse des plèvres. Directement 
derrière le sternum, à la place du thymus qui a disparu, on 
trouve un gros ganglion de la dimension d'une grosse noix 
pesant 5 grammes et qui, à l'incision, laisse échapper une 
matière tuberculeuse déjà ramollie sous forme de bouillie ver- 
dâtre. — Poumon gauche (385 gr.). Il crépite mal dans pres- 
que toute son étendue; à la palpation on sent des nodosités et 
à la coupe on le trouve farci de granulations tuberculeuses de 
la grosseur d'une lentille mais pas encore en voie de ramollis- 
sement. — Poumon droit. (420 gr.). Il ne crépite un peu 
qu'au niveau de sa languette antérieure. Le sommet est 
complètement induré. A la coupe, on constate que tout le 
sommet dn poumon est infiltré de granulations tuberculeuses 
peu nombreuses. 

Abdomen. — Péritoine très épaissi, recouvert de granula* 
lions tuberculeuses. — Anses intestinales agglutinées par des 
fausses membranes. 



(1) Son obseryation a para dans notre Compte rendu de 1S90, p. 41. 



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304 Sutures du crâne dans l*idiotie. 

Obs. II. — Idiotie symptomatique d*une tumeur sarcoma- 
teuse DU cervelet (Hydrocéphalie) (1). 

Sommaire. — Tumeur cérébrale, hydrocéphalie symptoma- 
tique. — Grand-père paternel, alcoolique. — Mère, convul- 
sions à 2 ans. — Premiers symptômes à 10 ans. — Cépha- 
lalgie, vomissements, gâtisme. — Paraplégie spasmodique. 
Atrophie double du nerf optique. — Mort par fracture 
du crâne. 

Autopsie. — Sarcome àpetites cellules siégeant dans la cavité 
du 4« ventricule et sur la partie latérale du bulbe et du 
cervelet. — Hydrocéphalie : dilatation des ventricules céré- 
braux, 

Ber... (Charles), 12 ans. 

Crâne. — La calotte crânienne présente une épaisseur très 
faible. Elle est transparente dans presque toute son étendue : 
les deux côtés sont symétriques. Au niveau de la fonta- 
nelle antérieure^ il existe encore une surface de quelques 
milliitiètres carrés non ossifiée. Les sutures sagittale, lambdo- 
ide et fronto-pariétales ne sont pas soudées et les difTérents 
os qu'elles séparent présentent une mobilité relative. Le 
frontal est soudé. 

Lors du premier examen de la tète on avait noté que les 
fontanelles et les sutures semblaient fermées; c'est donc 
durant le séjour du malade à Bicôtre que s'est opéré cet écar- 
tement des os, qui vient fournir, croyons-nous, un argument 
sérieux contre la crâniectomie (Fig. 31 j. C'est parce que les os 
du crâne ont pu s'écarter aussi largement que les phénomènes 
de compression n'ont pas été plus graves, ont offert une 
grande lenteur et même des rémissions dans leur marche. La 
vie aurait donc pu se prolonger encore s'il n'était survenu 
un traumatisme qui a eu promptement une issue fatale. 
Tous les os étaient translucides, notablement amincis, car ils 
n'avaient qu'un à deux ou 3 millimètres d'épaisseur. 



Obs. III. — Idiotie myxoedémateuse. 

Sommaire. — Père, mort tuberculeux. — Grand-père pateimel, 
excès de boisson. — Grand'mère paternelle, morte d'un can- 



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Sutures du crâne dans l'idiotie. 



305 



cer de l'utérus. — Oncle patemeU excès de boisson. — Tante 
x>aternelle, migraineuse. — Deuxcousins issus de germains. 




Fxg. 31. 

idiots, — Mère, sujette à des douleurs névralgiques, très 

nerveuse. Grand-père maternel, excès de boisson. Grand' 

BouRNEViLLE, Bicètre, 1892. 20 



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306 Sutures du crâne dans l'idiotie. 

mère maternelle^ hystérique. Arrière-grand-père maternel, 
excès de boisson, mort d'une attaque de paralysie. — 
Grand-oncle materneU excès de boisson. Grossesse mau- 
vaise : envie insurmontable de dormir. — Asphyxie à la 
naissance. — Premières couvulsions à i4 mois. — Refroi- 
dissement et cyanose de la moitié inférieure du corps. — 
Jeune. Pertes de connaissance à partir de 3 ans, — Carac- 
tères complets de la cachexie pachy dermique ; physionomie 
typique; cheveux bruns roux; persistance de la fontanelle 
antérieure; gonflements lipomateux des joues, des creux 
sus et souS'Claviculaires, des aisselles; peau cireuse, eczé- 
mateuse; état pachydermique des pieds et des mains; 
hernie ombilicale ; rachitisme ; absence de la glande thyro- 
ïde, etc. — Congestion j^ulmonaire intense, mort en 
syncope. 
Autopsie. — Absence complète de la glande thyroïde. — 
Persistance de la fontanelle antérieure. — Aspect gélati- 
niforme des circonvolutions cérébrales. 

Bourg.. .(Fern. A.), Sans. (V.robs., Compte-rendu 1889, p. 74.) 

Crâne. — Les os qui le composent sont très minces, trans- 
lucides dans la plus grande partie de leur étendue. Toutes les 
sutures persistent même la suture métopique. La fontanelle 
antérieure est restée ouverte dans une longeur de 6 centi- 
mètres d'avant en arrière, et de 4 centimètres transversale- 
ment (Fig. 32). En arrière de cette membrane, il existe une 
portion osseuse transparente mesurant d'avant en arrière 3 
centimètres et se détachant de chaque côté de la partie corres- 
pondante de la suture inter-pariétale sous forme d'aile. A 
chacune des extrémités du diamètre transversal de la fonta- 
nelle existe, sur la suture fronto-pariétale, un os wormien. — 
La suture métopiquc, très visible à l'extérieur, dans toute sa 
hauteur, commence à se fermer à la face interne. Sur la suture 
inter-pariétale, en arrière, dans ses quatre derniers centimè- 
tres, il existe sept os wormiens répondant à la fontanelle 
postérieure. Entre ces os wormiens, qui se retrouvent sur la 
face interne du crâne, se voient des traînées translucides. — 
Sur les sutures pariéto-occipitales des deux côtés, il existe 
une dizaine d'os wormiens à droite et une quinzaine à gau- 
che. — L'occipital semble séparé, au moins dans sa partie 
supérieure correspondante à la calotte, par une sorte de 
suture qui continuerait la suture inter-pariétale. 



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Sutures du crâne dans l'idiotie. 307 

Obs. IV. — Idiotie mèningitique, rachitisme, fièvre 
typhoïde ; méningite. 

Sommaire. — Absence complète d'antécédents héréditaires 

etpersonnels. — Idiotie complète. Amélioration. — Fièvre 

typhoïde anormale. Méningite. — Mort. 
Autopsie. — Distension des sutures; — lésions méningiti- 

ques anciemies et récentes; — lésions des plaques de Peyer. 

Dufoul... (Auguste-Ernest), 3 ans. (Voir l'obs. p. 164.) 

Crâne peu dur, la coupe de la calotte est absolument rouge. 
Asymétrie manifeste, le côté droit est plus développé que le 
gauche, surtout au niveau de la bosse pariétale. Les os à la 
coupe se montrent plus épais à gauche qu'à droite et en avant 
qu'en arrière. Ils sont excessivement spongieux, à texture 
finement aréolaire, offrent des lames de tissu compact interne 
et externe excessivement minces et à peine sensibles. A l'état 
frais, les sutures se présentent à l'extérieur sous la forme de 
cordons rouges, saillants, sinueux ayant 3 à 4 millimètres de 
largeur, ils sont plus marqués au niveau des sutures coronales 
et sagittales qu'au niveau des sutures occipito-pariétales. A la 
face interne, les sutures apparaissent comme une ligne rouge 
Hnement dentelée mais ne formant pas de saillie comme sur 
la face externe. Pas trace de synostose. — A l'état sec, on 
constate que les sutures sont comme distendues et séparées 
par une substance qui s'est rétractée légèrement en se dessé- 
chant. La suture coronale offre des dentelures très fines et 
devient presque rectilignc au niveau de la ligne médiane. La 
suture sagittale présente aussi des dentelures très fines qui, 
à partir du sinciput, devieni>ent plus considérables jusqu'au 
lambda. La suture lambdoïde offre à gauche 4 os wormiens, un 
central ayant environ la surface d'une pièce deO, 50 centimes ; 
les deux autres sont plus petits, allongés, à grand axe perpen- 
diculaire à la suture. A la partie externe de la suture, toujours 
du même côté, il y a 3 autres petits os x^ormiens de la 
dimension d'une lentille et paraissant de simples dentelures 
détachées. A droite, la suture lambdoîde offre deux petits os 
wormiens lenticulaires et un troisième plus volumineux 
(comme une pièce de 0, 20.) Sur le trajet de cette partie de la 
suture lambdoîde, on observe de petites fissures de la table 
externe des os, perpendiculaires à la suture elle-même. Les 
sutures à la face interne du crâne se montrent sous la forme 
d'une simple ligne sinueuse ; de nombreux pertuis vasculaires 



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308 6UTURE DO CRANE DANS l'IDIOTIE. 

perforent la table interne des os sur les bords de ces sutures 




Fig. 82. 
et au point où siège la suture métopique qui n'a laissé aucune 



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Sutures du crâne dans l'idiotie. 



309 



trace. Les sillons des vaisseaux méningés moyens sont 
distinctement marqués sur les pariétaux. 



i 




La ralotle présenta di h p/;îf/fif'> ti\iit^p^rpiifp>^ sur f*^s parii"- 
tttux en arrit'nx de la sutnrn t'oronîilf, pt*ès di^ lu l'v^n^ 



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310 Sutures du crâne dans l'idiotie. 

médiane. Ces plaques sont au nombre de deux à Tangle 
fronto-sagittal droit, tandis qu'on n'en obterve qu'une dans la 
région symétrique à gauche. Elles ont environ 2 centimètres 
de diamètre. On constate aussi des zones transparentes, mais 
diffuses, à la région postérieure des pariétaux, surtout au 
niveau du lambda (Fig. 33). 



Obs. V. — Idiotie symptomatique de sclérose atrophique. 

Sommaire. — Pas d'antécédents héréditaires, chute et syncope 
durant la grossesse, — Asphyxie à la naissance. — Con- 
vulsions au deuxième jour, revenues à diverses reprises 
jusqu'à un an. — Hémiparésie à droite. — Contracture. — 
Broncho-pneumonie, mort. 

Louv... (Paul Maurice), né le 7 juin 1882. 

Crâne. — Les os sont extrêmement minces (deux à quatre 
millimètres), transparents, environ dans les 2/3 de leur éten- 
due. La suture métopique est fermée, toutes les autres ne le 
sont pas, ni à la face interne, ni à la face externe. Pas d'os 
wormiens. (Voir l'obs. complète p. 216.) 

Obs. VI. — Idiotie méningitiqtje. 

Sommaire. — Pas d'antécédents. — Idiotie, cachexie, cécité.— 
Leucome total adhérent desdeuxcôtés. — Parole etmarche 
nulles. — Entérite à deux reprises. — Méningite avec cris 
et grincements de dents. — Mort. 

Autopsie. — Calotte extrêmement mince et molle. — Adhèreti- 
cesde la dure-mère au niveau des sutures. — Pas de traces 
d'ossification des sutures. — Plaques très abondantes et 
étendues de ménigite purulente. — Méjiingite de la conve- 
xité et de la base. — Circonvolutions cérébrales et scissures 
assez irrégulières. — Rien de particulier dans les viscères. 

Marti... (Marcel), 2 ans, né à Paris, est envoyé des Enfants- 
Assistés à Bicôtre, le 6 mai 1892. (Voir son observation com- 
plète à la page 201.) 

Calotte violacée, extrêmement molle et mince ; la plus légère 
traction suffirait pour la briser. Dans les efforts faits pour 
enlever la calotte, le frontal s'est désuni d'avec le pariétal 
gauche, de sorte qu'il ne reste plus à l'état intact que la partie 
droite de la suture coronale. Cette suture coronale est très 



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Sutures or chane dans l'idiotie. 



311 



injectée. A la palpation, on sent dans son interstice, une sorte 
de bourrelet rouge, vasculaire, formé par la membrane inter- 




Fig. 34. 

suturale. En aucun point cette suture n'est le siège d'un tra- 
vail synostosique, pas plus sur la table interne que sur la table 



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312 Sutures du crâne dans l^idiotie. 

externe. La suture sagittale est fortement dentelée, sinueuse. 
La région de l'obélion est elle-même irrégulière. En aucun 
point on ne trouve de travail d'ossification. La suture lamb- 
doîdeale même aspect que les précédentes. On remarque sur 
sa branche droite la présence d'un os wormien d'un centi- 
mètre et demi de long sur un demi centimètre de large. Le sil- 
lon creusé par l'artère méningée moyenne est profond et bien 
dessiné sur les deux pariétaux. Le crâne est asymétrique et la 
région latérale gauche est aplatie. La bosse frontale de ce côté 
est peu apparente. La fontanelle antérieure persiste (Fig. 34). 



Obs. vil — Idiotie complète symptomatique de double 
porencéphalie vraie. 

Sommaire. — Père et grand père paternel quelques excès de 
boisf^on, — Afére, convulsions de V enfance, nerveuse. — 
Grand^oncle paternel, mort de tuberculose, — Sœur, acci- 
dents nerveux, — Émotion vive au 5« mois de la grossesse. 

— Premières convulsions à 3 mois ; — crises fréquentes 
jusqu'à un an. — Rougeole et influenza à 5 ans. — Sueurs 
abondantes de la tête suivies d'un peu d'amélioration. — 
.»/arc/ie et parole nulles. — Strabisme externe; cécité com- 
plète. — Contractures des A membres. — Mastication nulle; 

bave, accès de cris. — Tics de la face et balancement. 

— Gâtisme. — Épilepsie, congestion pulmonaire: mort. 
Autopsie. — Porus vrai des deux hémisphères cérébraux. — 

Méningo-encéphalite chronique. — Atrophie de la protu- 
bérance. — Lésions pulmonaires. 

Roc... (Georges E.), né à la Noue (Marne), le 16 juin 1886, est 
entré à Bicêtre le 4 mai 1892. (Voir Tobs. complète p. 89). 

Crâne. — La voûte crânienne est assez élevée, mince, les 
os sont peu épais. Il y a de nombreuses plaques transparentes 
occupant la moitié de la calotte à gauche et les ?/3 à droite. 

— La suture sagittale entièrement libre est modérément 
sinueuse. Les dentelures sont apparentes aussi bien sur la 
table interne que sur la table externe. — La suture coronale 
est très régulière, sans interposition d'os wormiens. Aucune 
trace de synostose n'est appréciable sur l'une ou l'autre face. 

— La suture coronale est libre dans toute son étendue sans 
trace de synostose : les fontanelles et la suture métopique sont 
fermées. (Voir l'obs. complète p. 89 et Planches VIH, îX, X, 
XI (Fig. 35). 



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Sutures du crâne dans l'idiotie. 313 

Obs. VIII. — Idiotie microgéphalique. — Hémiplégie spasmo- 
dique. — Sclérose atrophique. — Tuberculose abdomi- 
nale. 

Sommaire. — Père, alcoolique, emporté. — Grand-père pater- 
nel, mort d'une attaque de paralysie. — Grand-oncle pater- 
nel tuberculeux. — Cousin germain, aveugle-né. — Mère, 
céphalalgies, intelligence bornée. — Grand-père maternel, 
et arrière-grand'mère maternelle, morts d'une pleurésie, 
— Oncle maternel, ivrogne. — Frère asphyxié à la nais- 
sance. — Accident au 2™« mois de la grossesse. — Frayeur 
légère au ô*"® mois. — Accouchemement laborieux. — 
Asphyxie et déformation crânienne à la naissance, — 
Convulsions dès le premier jour. — Secondes convulsions 
à 4 mois. — Début de la parole à 18 mois. — Premières 
dents à 6 mois. — Ne marche pas. — Gâtisme complet, — 
Paraplégie inférieure et Hémiplégie gauche avec contrac- 
ture. — Microcéphalie. — Tuberculose intestinale. — Mort, 

Autopsie. — Sclérose atrophique des circonvolutions cérébra- 
les. — Ulcérations tuberculeuses de Vintestin. — Adéno- 
pathie mésentérique tuberculeuse. 

8al... (Paul), 4 ans. (Voir l'obs. complète p. 23). 

Crâne. — La calotte crânienne est un peu épaisse (3 à 4 
mm.) mais peu dure, les sutures sont partout transparentes; 
les dentelures sont peu prononcées. La suture interfrontale 
seule, est tout à fait ossifiée. Les sutures parié to-occipitales 
ont des dentelures un peu plus sinueuses et l'occipital est si 
pou soudé aux pariétaux, qu'il en est au contraire presque 
détaché. Il y a une plaque transparente de chaque côté de la 
suture Diétopique et au niveau de l'angle antérieur et supé- 
rieur des pariétaux; la droite (25 mm.) est moitié plus grande 
que la gauche. La voûte paraît svmétrique (Voir Pl. III, IV, 
VotVI.) 



Obs. IX. — Idiotie méningitique : craniectomie sans résul- 
tat appréciable : mode curieux de réossification de la 

BRÈCHE OSSEUSE. 

Sti.. (Emile F.), 6 ans. (Voir lobservation complète p. 116). 
Sommaire. — Père, excès de boisson, — Grand-père paternel. 



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314 Sutures du crâne dans l'idiotie. 

alcoolique et nerveux. — Oncle paternel, mort de méningite 




Fig.ro. 
traumatique (?). ~ Tante paternelle, morte pthisique. 



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Sutures du crâne dans l'idiotie. 315 

Mère, vive et coléreuse. — Cousin idiot, ne parlant pas, — 
Un frère, mort de convulsions. — Un autre frère, mort du 
carreau à 3 a7is. — Une sœur morte de bronchite. — Pas de 
consanguinité. — Inégalité d'âge de trois ans. 

Conception, grossesi^e, accouchement : rien de particulier. — 
Première dent à 10 mois. Dentition complète à 2 ans. — 
Convulsions dites internes à 3 semaines, se reproduisant 
quotidiennement jusqu'à la fin du troisième mois; occlu- 
sion des paupières ; immobilité. Strabisme coyistaté à 13 
mois. — Cràniectomie à l'hôpital Trousseau en juin 1890. 
Coqueluche à 2 ans et demi. — Rougeole à 3 ans et demi. 
Teigne tonsurante. — Broncho-pneumonie, mort. 

Autopsie. — Description des os du crâne. — Mode de répa- 
ration de la brèche osseuse produite par la cràniectomie . 
Minceur et transparence des os. — Absence de synostose. 
Adhérences de la dure-mère au niveau des cicatrices osseu- 
ses. — Méningo-encéphalite prédominant notablement sur 
l'hémisphère gauche. — Persistance du trou de Botal. — 
Lésions pulmonaires. 

Crâne. — La calotte paraît légèrement asymétrique, mais 
cette asymétrie est plus apparente que réelle, cette apparence 
est le fait de Tincision osseuse faite à gauche. Une mensura- 
tion exacte, démontre que les deux côtés du crâne sont presque 
parfaitement égaux. La forme générale de la calotte est régu- 
lièrement ovoïde, à grosse extrémité occipitale. Les bosses 
pariétales sont très saillantes. Nous insisterons plus parti- 
culièrement sur la grande minceur des os qui offrent une 
épaisseur variant de 1 à 2 millimètres ^/a- L'occipital est parti- 
culièrement mince et présente latéralement des régions trans- 
parentes. Des plaques translucides existent encore sur les 
pariétaux et sont surtout nombreuses à la région postérieure 
et inférieure. Les traces des vaisseaux méningés sont nom- 
breuses et nettement accusées sur les pariétaux. Le frontal, 
un peu plus épais que les pariétaux, présente à sa région 
moyenne une bande transparente. Les sutures finement den- 
telées n'offrent nulle partawcu?2e trace de synostose. La. suture 
fronto -parié taie très dentelée dans ses 2/3 inférieurs à droite 
et à gauche, devient presque rectiligne, surtout à droite, à 3 
centimètres environ de la glabelle. Un petit os wormien existe 
de chaque côté dans cette partie rectiligne. A la face interne, 
cette scissure est sinueuse, mais n'offre pas de dentelures 
accentuées. Il n'y a pas de trace de la suture métopique. La 
suture sagittale, finement dentelée dans ses deux centimètres 



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316 Sutures du crâne dans l'idiotie. 

antérieurs, offre sur un centimètre Va quatre dentelures aiguës 




Fig. 3(i. 
et profondes de 5 millimètres environ, puis, changeant de carac- 



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Suture^ du crâne dans l'idiotie. 317 

tère, elle se continue en dentelures arrondies et irré^ulières 
jusqu'au niveau du lambda. La suture Inmbdoïde est très 
contournée, ses dentelures sont fines et irréguliéres. A droite, 
à 4 centimètres ^j^ du lambda, les dentelures s'exagèrent et 
forment 2 petits os wor miens très irréguliers ayant un centi- 
mètre environ dans leur grande dimension, qui est perpendi- 
culaire à la suture. A la face interne ces sutures sont moins 
contournées, les os worniiens, signalés plus haut, apparaissent 
nettement, mais moins longs, plus larges, et à bords moins 
déchiquetés. La brèche osseuse due à la crâniectomie (Fig. 36^, 
située à gauche, est antéro-postérieure et s'étend sur le frontal 
et le pariétal. Elle forme avec la suture sagittale un angle aigu, 
à sinus postérieur de 25«» environ. Cette broche est en voie de 
réparation et les parties non ossifiées y sont recouvertes d'une 
membrane dépendant du périoste, s'étendantd'unbordàl'autre 
et transformée sur les bords en minces lamelles osseuses. Une 
partie ayant 32 millimètres de longueur reste non ossifiée à la 
région frontale. Une autre partie, longue de 20 millimètres, 
complètement réparée, lui succède. Cette région croise la 
suture fronto-pariétale. Son mode de réparation est des plus 
intéressants. En effet la soudure osseuse s'est effectuée sous la 
forme de suture à fines dentelures, analogues à celles de la 
suture qu'elle croise. Une région de 16 millimètres, non répa- 
rée, lui fait suite et a des bords assez réguliers ; cette 
région a 3 millimètres à sa partie la plus large; 18 millimè- 
tres à peu près soudés complètement viennent ensuite; ici la 
soudure, bien qu'un peu irrégulière, n'offre pas de dentelures 
comme précédemment, mais elle n'est pas aussi complète- 
ment effectuée. Enfin durant 30 millimètres la brèche reste 
sans ossification. Elle offre là une largeur moyenne de 4 
millimètres, présente sur ses bords de petit-* prolongements 
osseux minces et se termine par un cul-de-sac arrondi, à 
demi comblé par une jetée osseuse interne. A l'état frais celte 
partie non-ossifiée était recouverte d'une membrane ostèo- 
gène. les prolongements osseux 1 uiiellaires des bords de la 
brèche en sont une preuve. 



Obs. X. — Idiotie méningitique. 

Sommaire. — Père et grand-père paternel, excès de boisson. 
Tante paternelle, suicidée. — Mère, convulsions de V en- 
fance, suivies de strabisme; alcoolisme ; aliénation. — 



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318 Sutures du ckane dans l'idiotie. 

Grand-père maternel, méchant et violent, alcoolique 




l'W' -«T 



Sxar, gourmande et voleuse. — Pas de consa^iguiriitê. 



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Sutures du crâne dans l'idiotie. 319 

Inégalité d'âge de 6 ans. — Crises éclamptiques durant la 
grossesse. — Lymphatisme — Idiotie complète : parole 
et marche nulles; gâtisme; aucune connaissance des per- 
sonnes. — Rougeole à la période d'incubation, au moment 
de Vadmisssion ; marche de la température. — Otite précé- 
dée d'une ascension thermométrique; — broncho-pneumo- 
nie : mort : élévation considérable de la température après 
le décès. 
Autopsie. — Etat des sutures; lésions de méningo-encépha- 
lite chronique; persistance du thymus. 

Touch.., (Jean-Étienne), 3 ans. (Voir lobs, complète p. 3.) 

Crâne. — La calotte présente l'épaisseur normale de celle 
d'un enfant de cet âge. Bosses asymétriques. Bosse pariétale 
droite un peu saillante : plagiocéphalie. Fontanelles oblité- 
rées; zone transparente à 15 millimètres environ de la suture 
fronto-pariétale sur la ligne médiane. La zone droite a 15 mil- 
limètres de largeur sur 20 millimètres de longueur et s'étend 
jusqu'à la suture sagittale, où elle se fusionne avec la zone 
gauche, qui a 15 millimètres de longueur sur 10 millimètres 
de large. Un léger épaississement linéaire sépare ces deux 
zones. Une petite surface transparente de 10 millimètres sur 
3 millimètres existe encore au niveau de la partie interne de 
la bosse pariétale droite à un centimètre environ de la suture 
sagittale. 

Sutures. — Il n'y a pas de trace de la suture métopique. 
La suture fronto-pariétale, un peu sinueuse à sa partie 
médiane, a la forme d'un S italique très allongé ; elle 
devient un peu sinueuse à ses parties latérales. La suture 
sagittale, d'abord rectiligne et légèrement sinueuse, présente 
à sa partie médiane des dentelures plus grandes pendant 3 
centimètres environ pour redevenir presque rectiligne à son 
tiers inférieur. [La suture lambdoîde est dentelée à gauche et 
régulière; adroite, elle est plus irrégulière, et ses sinuosités 
sont plus petites. Ni sur la face interne, ni sur la face externe, 
on ne trouve la plus légère trace de synostose. Les os du 
crâne sont assez durs et ont une épaisseur variant de 3 à 6 
millimètres (Fig. 37;. 



Obs. XL — Idiotie symptomatique de porenckphalie. 
Sommaire. — Enfant riaturel. — Renseignements insuffisants 



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320 Sutures du crâne dans l'idiotie 

du côté paternel. — Tante paternelle, aliénée. — Mère 
rien de particulier. — Grand père maternel, quelques excès 
de boisson. — Parole nulle. — Marche à 2 ans Vi ^t incom- 
plète. Pas de convulsions. Affaiblissement paralytique du 
côté gauche. — Accès de colère. Phlegmon de la région 
mastoïdienne. — Carie du rocher. — Méningite. — Mort. 
Autopsie. — Porencéphalie droite. — Tuberculose des pou- 
mons et du péritoine. 

Viv... , Louis Albert, 7 ans et demi. 

Crâne. — Les os sont minces et très durs. La suture inler- 
frontale est complètement soudée sans traces de dentelures. 
La bosse frontale est transparente dans ses parties latérales. 
Les autres sutures montrent des dentelures très nettes et 
sont complètes. Le pariétal droit est translucide. — Les bos- 
ses pariétales sont très prononcées, surtout la gauche (i). 



Obs. XIL — Idiotie méningitique. 

Sommaire. — Grand'mère paternelle, morte épileptique {en 
état de mal problablement). — Mère, émotive, mais sans 
crises nerveuses. — Une tante paternelle de la mère, épilep- 
tique. — Une sœur de la mère nerveuse, de caractère bizarre. 

— Un frère de la mère mort de congestion cérébrale. — Un 
autre frère de la mère a eu un (ils paralysé et qui paraît 
être hydrocéphale. — Un autre frère de la mère enfermé à 
Bicètre pour un accès de délire. — Pas de consanguinité. 

— Inégalité d'âge de 16 ans. — Accouchement par la face ; 
travail ayant duré 5 heures. — Allaitement au lait de 
vache. — Première dent à 2 ans passés. — Accidents scro- 
fuleux. — Symptômes méningitiques en 1891. — Étourdis- 
sements quelque temps avant son entrée à Bicêtre. — Grin- 
cements de dents. — Accès de colère. — Tics. — Parole à 
peu près nulle. — Broncho-pneumonie. — Mort. 

Autopsie. — Pas de traces de synostose. — Léger degré de 
persistance de la fontanelle antérieure. — Adhérences de 
la pie-mère avec la dure-mère d'une part et avec la subs- 
tance cérébraled'autre part. — Broncho-pneumonie en 
foyers disséminés. — Hypertrophie des ganglions péritra- 
chéO'bronchiques. 



(1) L'observation complète de o« malade a été insérée dans notre Compte 
rendu du service des eiirants de Bicèfre, poar Tannée 1891, p. 96. 



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Sutures du crâne dans l'idiotie, 3^?! 

excès de boisson, mort d'une attaque deparahjsie.— GraTid- 
oncle maternels excès de boisson. 

Accoucheinent par la face. — Travail ayant dur** 3 heure,^^ — 
Allaitement au lait de vache. Première dentà 2 an^^pasjiès. 
— Accidents scrofuleux. — Symptômes mâniiitjiliqm*ii en 
1891. — Etourdissements quelque temps avant Json entrée 
à Bicêtre. — Grincements de dents. — Accès de colère. — 
Tics, Parole à peu près nulle. — Droncho-pni'umonie. 

Autopsie. — Pas de traces de synostose. — Lèijer degré de 
persistance de la fontanelle antérieure. — Adhèrrjices de 
la pie-mère à la dure-mère d'une part et avec la substance 
cérébrale d'autre part. — Broncho-pneumonie en foyers 
disséminés dans les deux poumons. 

Watebl... (Éd. Gustave), 3 ans 1/2. 

Crâne. — Les 5 os du crâne sont minces et violacés par 
places; la suture coronale est très sinueuse et ne porte aucune 
trace d'ossification tant sur la table interne que sur l'erterne. 
La sagittale est régulière et n est nulle part ossifi^jo. La lamb- 
doide, libre dans toute son étendue, porte dans ya branche 
droite un petit os wormien. La fontanelle antérieure est 
représentée par un léger espace triangulaire d'un centimètre 
sur deux de large : elle est tapissée par une mince membrane. 
L'artère méningée moyenne se creuse le long du bord anté- 
rieur des deux pariétaux un sillon profond dont le fond est 
figuré par une mince lamelle osseuse. 

Nous avons résumé dans le tableau ci-après les points 
principaux de nos 12 observations. 



ËOURNEViLLE, Bicétre, 1892. M 



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Traitement MÉDICO-PÉDAGOGIQUE . 323 

Nous aurions pu multiplier les faits ; ceux qui précè- 
dent concernant une partie des malades morts depuis 
un an dans notre service, nous ont paru suffisants. Ce 
n'est pas que nous soyions absolument opposé à la 
crâniectomie, ou à la trépanation; mais nous ne la 
croyons indiquée que dans les cas où les troubles 
intellectuels reconnaissent pour cause un abcès du 
o^CVeau, un traumatisme, ou encore une tumeur à 
sièg«^bien déterminé. 

Avant de terminer cette première partie de notre 
communicatîoft laissez-nous vous rappeler le mode de 
réossification d& la brèche osseuse chez notre malade 
de TObs. IX: cette réossification s'est faite sous forme 
de dentelures j tout à fait semblables aux sutures natu- 
relles ou primitives. Et, en second lieu, laissez-nous 
insister sur une lésion peu connue, la distension des 
sutures. 

Sur le premier crâne que vous avez vu, les sutures 
se sont écartées j à un degré considérable, sous Taction 
d'une hydrocéphalie consécutive à des tumeurs du cer- 
velet (1). Comment cette distension s*opère-t-elle? Les 
crânes des malades des observations IV et XII, nous 
paraissent en fournir l'explication. Ces malades ont 
succombé à une poussée méningitique, entée sur une 
méningo-encéphalite chronique. Les os étaient con- 
gestionnés à un degré considérable ; les sutures parti- 
cipaient à cette congestion et la substance périostale 
intersuturale s'était gonflée au point de former, au 
niveau des sutures, de véritables cordons qui avaient 
écarté les dentelures des sutures correspondantes. 

L'examen de ces douze crânes et des cervau^ cor- 



(1) Depuis notre communication au Congrès nous avons observé un second 
cas tout à fait semblable. 



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324 Idiotie. 

respondants ne laissera aucun doute, nous le pensons, 
dans votre esprit au sujet de Tinutilité de la crâniec- 
tomie. Ainsi que vous le voyez, le point de départ sur 
lequel les chirurgiens s'appuient pour pratiquer la 
crâniectomie, à savoir Vossification prématurée des 
os du cràne^ est une conception théorique, démentie 
parles pièces anatomiques. 

On peut se demander aussi ce qu'une telle opération 
peut avoir d'influence pour remédier — notre but à 
nous, — à des lésions aussi diverses, aussi profondes 
que celles que vous avez pu constater sur lesp/iofogra- 
phies : Idiotie symptomatique de tumeurs cérébrales, 
de méningo-encéphalite, de sclérose atrophique, de 
porencéphalie, ou due au myxœdôme (absence de la 
glande thyroïde), ou encore à un arrêt de dévelop- 
pement d'origine congénitale. 

IV. L'enthousiasme qui semble avoir accueilli la 
crâniectomie tient en partie à ce que l'on ne possède, 
en général aucune notion exacte des maladies qui 
aboutissent à ce qu'on appelle communément ridiofie. 
On ignore aussi que l'un de nos compatriotes, Séguin, 
devenu l'un des médecins les plus éminents des États- 
Unis, a institué une méthode d'éducation^ qui permet 
d'obtenir des résultats incomparablement supérieurs 
à ceux de la crâniectomie. Cette méthode, complétée 
chaque jour par nous, en y ajoutant des procédés que 
nous suggère l'expérience, constitue ce que nous dési- 
gnons sous le nom de traitement médico-pédagogique 
de l'idiotie. Nous allons vous citer quelques exemples 
qui vous montreront que le médecin n'est pas désarmé 
en face de ce genre de maladies. 

Afin de constater les progrès survenus chez nos 
malades, nous les faisons p/iofograp/iier dès leur arri- 
vée, puis tous les ans ou tous les deux ans suivant 



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Traitement médico-pédagogique. 325 

ramélioration qui s'est produite. Pour faciliter votre 
appréciation, nous avons fait réunir sur un seul carton 
toutes les photographies des mêmes malades : photo- 
graphies collectives. 

En second lieu, dès qu'un enfant parvient à tracer 
des bâtons, nous faisons ouvrir un cahier scolaire. 
Ensuite tous les trois mois, tous les deux mois, tous 
les mois, à mesure des progrès accomplis, les maîtres 
et les maîtresses font faire aux enfants, sur ces cahiers, 
les divers execrices dont ils sont devenus capables : 
écriture, chiffres, dessins, opérations d'arithmétique, 
dictées, etc. 

Nous allons donc faire passer devant vous les p/io- 
tographies collectives et les cahiers scolaires de six 
enfants idiots^ pris surtout parmi les plus malades et 
que nous avons pu améliorer d'une façon sérieuse. 

Observation I. — Idiotie microcéphalique. 

Sommaire. — Antécédents paternels négatifs. — Mère, ner- 
veuse. — Grand-père paternel, excès de boisson. — Grand' 
tante maternelle, migraineuse. — Sœur de mère, morte, de 
convulsions. — Enfant naturel : arrêt de développement et 
tête très petite à la naissance {microcéphalie très prononcée 
et prognathisme supérieur). — Convulsions répétées à un 
an. — Fugues solitaires. Imitation des animaux. —Klepto- 
manie. — Accès de colère. — Grimaces de la face. — Défaut 
de prononciation. — Écholalie. — Amélioration très nota- 
ble (1). 

Arn... (Gabriel), né le 20 mai 1876. 

Les photographies, prises de 1885 à 1892, font voir les chan- 
gements survenus au point de vue du développement physi- 
que et de la physionomie. Son cahier scolaire nous montre 
qu'il a commencé à faire des bâtons en 1886 et que, en juillet, 



(1) Voir robserv'ation de ce malade dans le Compte-rendu du Congrès in^ 
temational de inédecine mentale de 1889, p. 100 et le Compte-rendu du ser- 
vice de Bicétre pour 1890, p. 153. 



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326 Idiotie. 

il écrivait assez régulièrement et faisait des chiffres. Ses 
connaissances usuelles se sont très étendues. Il répond à 
propos aux questions qu'on lui pose, mais la prononciation 
reste un peu défectueuse. Il n'a plus d'écholalie. Son carac- 
tère s'est amélioré ; il est moins jaloux. Il n'est plus voleur. 
Il sait distinguer les couleurs, les noms et l'usage des différen- 
tes parties de son corps. 

Obs. II. — Imbécillité. 

Sommaire. — Père, doreur sur méts,ux, très nerveux et em^ 
portéj suicidé. — Grand-père paternel, ivrogne. — Grand' 
mère maternelley morte hémiplégique. — Arrière-grand-père 
paternel, mort paralysé. — Mère, migraineuse. — Grand» 
père maternelf mort phthisique. — Arrière-grand-père ma- 
ternely mort paralysé. — Grand-oncle maternel, mort para- 
lysé. — Oncle maternely mort phthisique. — Pas de consan^ 
guinité; mère plus âgée que le père de 14 mois. — Sœur, 
morte d'une méningite avec convulsions. Enfant normal jus- 
qu'à il mois époque où ont débuté les convulsions. Répétition 
des convulsions toutes les nuits pendant 2 semaines : accès 
de colère, dur à élever. — .4 3 ans, nouvelles convulsions, 
tous les soirs y pendant une semaine. — Aggravation des 
colères, turbulence, désobéissance, violences envers les 
autres enfants. — Clastomanie. — Grimpeur, gourmand, 
Énervement général. — Amélioration très notable. (Photo- 
graphies en 1885, 1887, 1889, et 1892). 

Chan.., (Emile), né le 28 septembre 1879 (13 ans). 

En 1885, l'enfant ne sait pas se servir du couteau ; il con- 
naît ses lettres, compte jusqu'à 20, fait des bâtons sur le 
cahier. 

En i892t lit couramment, écrit lisiblement, fait de petits 
problèmes sur les quatre opérations, connaît l'heure, les jours, 
les mois, fait de petites rédactions, écrit des lettres, exécute 
tous les exercices de la gymnastique Pichery, est apprenti 
tailleur et travaille de mieux en mieux. Il est devenu de moins 
en moins coléreux et grossier et de plus en plus soigneux et 
affectueux. 



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Traitement médico-pédagogique. 327 

Obs. III. — Idiotie probablement symptomatique de 
sclérose cérébrale. 

Sommaire. — Père emporté, céphalalgies, excès alcooliques 
et vénériens. — Grand-père pateimel, peu intelligenty ivro- 
gne. — Grand' mère et tantes paternelles, débauchées. — 
DeiLx oncles et un cousin paternels, morts de convulsions. 
— Grand-oncle paternel, excès de boisson. — Grand-père 
maternel, excès de tous genres. — Trois frères ont eu des 
convulsions. — Conception probable durant Vivresse. — 
Premières convulsions une heure après la naissance, 
revenant à diverses reprises jusqu'à deux ans et demi. — ? 
Parole nulle, gâtisme, etc. 

Charet... (Charles), né le 2A novembre 1883. 

La première photographique prise en 1887 (3 ans 1/2) repré- 
sente l'enfant en robe de gâteux ; la seconde Tenfant devenu 
propre, en pantalon (4 ans et demi) ; les deux autres témoi- ; 
gnent des heureux changements survenus dans sa physiono- 
mie. 

A Ventrée (8 février 1887) : — Parole nulle, ne se sert que de 
la cuiller, gourmand, turbulent, méchant, voleur, gâteux, ne 
sait ni se déshabiller, ni s'habiller, ni se laver. 

Actuellement (août 1892) : — Il est devenu propre, il trace 
les lettres et des chiffres en gros ; il prononce un certain nombre 
de mots, s'habille, se déshabille seul, avec beaucoup d'adresse. 
Ses souliers sont toujours bien lacés et ses vêtements bien 
boutonnés. Il s'assure qu'il est bien habillé en se regardant 
dans le miroir. Il se lave le visage et les mains avec soin ; se 
sert habilement de la cuiller, de la fourchette et du couteau. Il 
place toutes les lettres en bois sur leur figuration imprimée, 
mais on n'est point parvenu jusqu'à présent à les lui faire 
nommer sauf TU et l'A. Il connaît tous les chiffres et les place 
sans se tromper. Quoique ne pouvant nommer les couleurs il 
place bien les cartons colorés sur le tableau des couleurs. 



Obs. IV.— Idiotie congénitale. \ 

Sommaire. — Père, peintre en bâtiments ; tœnia ; étourdisse- 
ments: céphalées durant Venfance. — Grand-père paternel, 
apoplectique. — Mère, sujette à des douleurs de tête; 
pertes de connaissance de 1 à 21 ans. — Arrière-grand- 
père maternel^ excès de boisson, suicidé par pendaison, — 



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328 Idiotie. 

GrarKTmère maternelle, morte d'une attaque d'apoplexie. — 
Arrière-grand' tante maternelle, aliénée. — Frère, idiot, 

Corb... (Gaston), né le 4 mai 1878. 

Les photographies prises en 1886 (G ans et demi) et en 1887 
le montrent en robe de gâteux; celle de 1890 devenu propre 
en pantalon, mais la figure obtuse; la dernière, celle de 1892 
à l'âge de 14 ans, la physionomie est éveillée et souriante. Il se 
déshabille, s'habille se lave bien seul, la parole s'est notable- 
iment développée. Il reconnaît les objets usuels et ce à quoi 
ils servent. Il connait les lettres et les chiffres, place bien les 
figures géométriques. L'attention est devenue bien plus facile 
à fixer. — Les résultats auraient été plus considérables s'il 
n'avait été transféré à la fin de 188 ) à Clermont où il est resté 
un an pour revenir à Bicôtre ayant perdu ce qu'on lui avait 
appris et plus âgé, c'est-à-dire moins perfectible. 



Obs. V. — Imbécillité prononcée ; épilepsie. 

Sommaire. — Père y rien de particiUier, mort de phtisie. — 
Grand père paternel, mort probablement d'une congestion 
cérébrale. — Arrière grand-père paternel mort d'un coup 
de sang. Oncle parternel mort phtisique. — Mère morte 
d'une péritonite un an après une couche. — Pas de con- 
sanguinité. — Inégalité d'âge de 7 ans. 

Chute avec perte de connaissance à 3 mois. — Evanouissements 
S jours après la naissance jusqu'à 15 mois. — Première dent 
à 12 mois. Gâtisme intennittent. — Parole limitée à quelques 
mots à Ventrée. Marche à 13 moi^.— Turbulence. Grimpeur. 
— Clastomanie. — Parole développée et propreté vers 1882. 
Plaie du cuir chevelu dans un accès {mars 1883). — Torti^ 
colis (septembre). Oreillons (octobre 1885). — Disparition 
des accès en février 1885. 

Duma... (Charles), né le 15 mars 1879. 

La première p/io^Of^raphie représente l'enfant en 1882, âgé 
de 3 ans, il est en robe de gâteiLX. Les photographies, prises 
successivement, la dernière en février 1892 mettent en évi- 
dence les progrès réalisés. 

Son cahier scolaire a été ouvert en 1884, époque où il a com- 
mencé à tracer des bâtons au crayon. La dernière feuille de 
ce cahier montre qu'il sait mettre les noms au pluriel, faire 



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Traitement médico-pédagogique. 329 

de petites dictées, Taddition, la soustraction et qu'il commence 
la multiplication^ enfin que son écriture est très lisible. 



Obs. VI.— Idiotie congénitale par arrêt de développement 
des circonvolutions. 

Sommaire. — Père, quelques excès de boisson, eczéma. — 
Mère migraineuse. — Pas de consanguinité. — Inégalité 
d'âge de deu.x ans. — Sœur, morte de convulsions. — Con- 
ception durant Vivresse. — Première dent à six mois, — 
Marche et parole nulles. — Gâtisme à Ventrée f3 ans). — 
Salacité. — Cris constants, plaintes des voisins. — Tenta- 
tivespour mordre ses frères et sœurs. — Balancement antéro- 
postérieur du tronc. — Préhension défectueuse : ne se sert 
pas de la cuiller. — N'aurait jamais eu de convulsions. — 
Amélioration très remarquable; développement de la mar- 
che, de la parole, etc. 

Dupu.. (Marius),né le 30 juillet 1881. 

Sur ses photographies, vous le voyez en robe de gâteux en 
1884, à l'âge de 3 ans ; propre et en pantalon en 1885, à 4 ans ; 
avec une tenue défectueuse et une physionomie encore obtuse 
en 1887 ; plus éveillé en 1889 et enfin, sur la photographie de 
juillet dernier avec une physionomie souriante et intelli- 
gente. 

A Ventrée (188i): — Parole nulle, gâtisme, se sert assez bien 
de la cuiller; colère, jaloux, se jette par terre, frappe sa tète 
contre les murs et les portes, balance son corps d'avant en 
arrière, etc. 

En 1892 : — Parole libre, raisonnement assez développé, 
réponses précises, se déshabille, s'habille^ se lave seul et con- 
venablement. Sa tenue est bonne ; il se sert bien do la cuiller 
de la fourchette et du couteau, lit couramment, écriture lisi- 
ble et assez soignée, commence à faire quelques dictées, 
exécute quelques petites additions, soustractions, multiplica- 
tions. Parfois, mauvais instincts, pique des aiguilles ou des 
clous dans le siège de ses camarades, est parfois paresseux. 

Obs. VII. — Imbécillité symptomatique. 

Sommaire. — Père, plombier, excès de boisson^ non satur 



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330 Idiotie. 

nin (?). — Grand*pèrepaternel, plombier, alcoolique. -- M ère 
plus âgée de 4 ans que le père. — Grand'père maternely excès 
de boisson. — Conception durant livresse. Peur suivie de 
syncope au 9» mois de la grossesse. Asphyxie à la nais- 
sance. Première dent et marche à 14 mois. — Premières 
convulsions à un mois. Retour mensuel ou bi-mensuel des 
convulsions jusqu'à cinq ans. — Crises plus rares à partir 
de 5 ans. — Parole à six ans. — Gâtisme accidentel. 

Laumail... (Gustave), né le 16 septembre 1878. 

Sa première photographie prise en 1885, quand il avait 7 
ans, le représente en gâteux. Il est devenu propre deux ans 
plus tard (deuxième photographie) ; sur les deux dernières 
photographies, la physionomie est beaucoup moins obtuse. 

A Ventrée : Laum.... parle assez bien avec ses camarades, 
mais ne répond pas quand on l'interroge. La prononciation 
est très difficile; il se sert seulement de la cuiller et de la 
main gauche ; il ne sait ni se laver, ni se vêtir, ni lacer, nouer 
ou boutonner; il n'a aucune notion de la lecture, de la numé- 
ration, de l'écriture, des couleurs, etc. ; il a commencé à être 
propre à 6 ans, mais d'une façon incomplète, car il lui arrive 
assez souvent d'avoir des selles et surtout des mictions invon- 
lontaires la nuit. 

Actuellement (1892) : — L. . parle assez bien, répond aux ques- 
tions qu'on lui pose, dit les noms des personnes et des choses, 
mais la prononciation est défectueuse en ce sens qu'il serre 
les dents et ouvre peu la bouche. Il se sert de l'éponge pour 
se débarbouiller, mais doit être surveillé. Il est assez soi- 
gneux, conserve ses vêtements boutonnés, et ses souliers lacés , 
se tient bien à table, mange proprement, se sert de la cuiller 
et de la fourchette, mais ne peut encore se servir habilement 
du couteau. Il connaît ses lettres, les nomme toutes sans se 
tromper, distingue les chiffres, place bien les couleurs, etc. 
En somme, amélioration très notable. 



Obs VIII. — Idiotie microcéphalique. 

Sommaire. — Père, rien de particulier. — Grand-père pater^ 
nel, alcoolique, mortdupylore. — Arrière grandpère pater- 
nel, alcoolique. — Mère et grand'mère maternelle migrai- 
neuses. Pas de consanguinité. Inégalité d'âge de 7 ans. 

Pas de convulsions. — Parole nulle. — Impossibilité de se 



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Traitement médico-pédagogique. 331 

tenir debout. — Affaiblissement prédominant à la jambe 
gauche. — Gâtisme. — Tournoiement de la tête. — Balan- 
cement du tronc. — Première dent à 6 mois. — Grincement 
des dents. — Rougeole et coqueluche à 2 ans. — Améliora* 
tion considérable. 

Mazi... Henri, 8 ans. 

W s'agit là d'un des microcéphales que nous avons montrés 
à Tune des séances du Congrès international de médecine men- 
tale de 1889. Les premières photographies le représentent 
gâteux, assis ou tenu sur les genoux ; puis devenu propre, 
en pantalon, et marchant. Voici la note qui figure dans les 
Comptes rendus du Congrès : 

« A son entrée (3 décembre 1887), Mazi... était complètement 
« gâteux ; il lui était impossible de se tenir debout. La jambe 
« gauche paraissait un peu plus faible que la droite. On notait 
« chez lui du tournoiement de la tôte, des grincements de dents 
« et un balancement antéro-postérieur du tronc. La parole 
c est absolument nulle. Il crie et pleure une partie de la nuit ; 
« il dort le matin. L'attention ne peut être fixée. La préhension 
« se fait assez bien ; toutefois M... n'aide en rien pour s'habil- 
« 1er et se déshabiller et ne sait pas se servir de la cuiller. Il 
« est affectueux et reconnaît ses parents. 

« Traitement : exercer l'enfant à se tenir debout et à mar- 
« cher; le placer sur le vase à des heures régulières; exerci- 
« ces de la parole; sirop d'iodure de fer, huile de foie de 
« morue, bains salés. Bien que, de son entrée au mois d'août 
« de cette année, divers accidents aient entravé le traitement, 

• déjà nous avons obtenu chez cet enfant une amélioration 

• encore peu profonde, mais indubitable. 

«L'enfant commence à se tenir sur ses jambes, ne gâte plus 

• que par moments, demande le vase. Il dit très bien : papa, 
« maman, çà y est, non, voilà. En nous appuyant sur ces résul- 
« tats, nous pouvons espérer que dans un temps plus ou moins 

• long, l'enfant sera tout à fait propre, marchera et parlera. » 

Nos prévisions se sont amplement réalisées. Le corps et la 
tôte se sont développés ainsi que le démontre le tableau ci- 
après (p. 332). 

De plus Mazi..., ainsi que nous l'avons dit à propos de ses 
photographies, est devenu tout à fait propre. Il marche, court 
ot saute. La parole s'est notablement développée, il dit les 



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Traitement MÊDico-PÊDAGoaiQUE. 333 

noms des personnes, des objets qui l'entourent, dos diiïërcn» 
tes parties de son corps, prononce des phrases simples, com- 
mence à bien exécuter les exercices de la gymnastique Pichcry. 

Les documents qui composent cette seconde partie 
de notre communication me semblent de nature, Mes- 
sieurs, à apporter la conviction dans vos esprits et à 
mettre hors de doute la supériorité du îraitevient 
médico-pédagogique do Vidiotie sur le trailenient 
chirurgical. Il est à désirer que les chirurt^iens qui 
ont pratiqué la crâniectomie fassent connaître, un an 
ou deux après l'opération, les améliorations survenues 
chez leurs malades et qu'ils présentent à l'appui des 
photographies collectives et des cahiers scolaires 
semblables aux nôtres. 



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EXPLICATION DES PLANCHES. 



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336 Explication des planches. 



Planche I. 

Hémisphère cérébral gauche; face externe. 

(Obs. de Scheff.., p. 10-19). 
F*, F^, F', première, seconde et troisième circonvolutions 
frontales. 
FA, frontale ascendante. 
PA, pariétale ascendante. 

P*, P^, PC, lobes pariétaux supérieur et inférieur, pli courbe. 
Lo, lobe occipital. 

T*, T^, première et seconde temporales, 
sr, sillon de Rolande. 
88, scissure de Sylvius, 
PK, pseudo-kyste. 



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BouRNBviLLE. Bicêtre, 1892, 



PI. I. 




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bouRNBviLLB, Bicette, l89l 'M: 

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338 EXPUGATION DES PLANCHES. 



Planche IL 

(Obs. de Schefî..., p. 10-19). 

Hémisphère cérébral gauche; face interne, 

F\ première frontale. 

LP, lobule paraoentral. 

AC» avant-coin. 

C, coin. 

LTS, lobe temporo-sphénoîdal. 

ce, corps calleux. 

co, couche optique. 

sr^ sillon de Rolando. 



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BouRNE VILLE, Bicéire, 1892, 



PI. II. 




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340 Explication des planches. 



Planche III. 

(Obs. de Sal..., p. 22-30). 

Hémisphère cérébral gauche; face externe, 

F^, F^, F3, première, seconde, troisième circonvolutions 
frontales. 

FA, circonvolution frontale ascendante. 

PÀ, circonvolution pariétale ascendante. 

PS P2, PC, lobes pariétaux supérieur et inférieur, pli courbe. 

LO, lobe occipital. 

V, T^ T3. première, seconde et troisième circonvolutions 
temporales. 

LI, lobule de l'insula. 

88, scissure de Sylvius. 

sr, sillon de Rolande. 



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BounNEMLLE, Bicêtrc, 1802. 



n. III. 




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â 



342 Explication des planches. 



Planche IV. 

(OBS.de Sal...,p. 22-30). 

Hémisphère cérébral gauche; face interne, 

F*, première frontale. 

LP» lobule paracentral. 

AC, avant*coiQ. 

G, coin. 

Lo, lobe occipital. 

T*, troisième temporale. 

CO, couche optique. 

P» pédoncule. 

SL, septum lucidum. 

SPE, scissure perpendiculaire. 

ce, corps calleux. 

8r, sillon de Rolande. 



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BouRNEviLLE, Bicêtve, 1892. 



P!. IV. 




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344 EXPUGATION DES PLANCHES. 



Planche V. 

(Obs. de Sal..., p. 22-30). 

Hémisphère cérébral droit; face externe. 

FS F*, F', première, deuxième et troisième circonvolutiooi 
frontales. 

FA, frontale ascendante. 

PA.> pariétale ascendante. 

P*, P2; PC, lobes pariétaux supérieur et inférieur; pli courbe* 

TS 'P, T^, première, seconde et troisième circonvolutions 
temporales. 

LÔ, lobe occipital, 

88, scissure de Sylvius. 

sr, sillon de Rolande. 



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BouRNB VILLE, Bicélte. 1892. 



PI. V. 




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i 



346 EXPUGATION DES PLANCHES. 



Planche VI. 

(Obs, deSal.., p.22-30). 

Hémisphère cérébral droit; face interne. 

F<, première frontale. 

LP, lobule paracentral. 

AC, avant-coin. 

C, coin. 

T^ troisième circonvolution temporale. 

ce, corps calleux. 

es, corps strié. 

co, couche optique. 

P. pédoncule. 

SPË, scissure perpendiculaire externe. 

sr, sillon de Rolando. 



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BouRNEviLLE, Bicêtrc, i892. 



PL VI. 




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346 



Explication des planches. 



Planche VIT, 

(Obs. de Le t..., p. 3S-55). 

Fig. 1* — Bâtons tracés par Tenfant à rentrée (s âp timbre 

Fig. 2. — Son écriture à la On de i887. 

Fig. 3. — Reproduit plusieurs additions et un spécinien de 
Teafanten janvier 1890, 

Fig^ 4, — Addition, souatraclion et multîplîcatîonj spé- 
cimen de l'écriture de l'enfunt en décembre 1890, 

Fig. 5. --Mômes exercices en mai 1892. L'intelligence ayant 
baissé {voir p. 44} , les chiffres et Tdoriture sont devenus nota- 
blement plus i^nparfaits et montrent un recuL 



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Planche VII. 



s; 




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350 EzPLICiLTION DBS PLANCHES. 



Planchb VIII. 

(Obs. de Roq..» p. 88-96). 

Hémisphère cérébral gauche; face supérieure, 

LP, lobe frontal. 
LO, lobe occipital. 
Péd, pédoncule. 
F, porus. 



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Bourse VILLE, Bicétre, 1892. 



PI. VIII. 




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352 Explication des planches. 



Planche IX. 

(Obs. de Roc, p. 88-96). 

Hémisphère cérébral gauche; face externe. 

F^^pa^ p^ première, seconde et troisième circonvolutions 
frontales. 
FA, frontale ascendante. 
PA, pariétale ascendante. 
LO, lobule occipital. 
F, porus. 
sr, sillon de Rolande. 



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BouRNEYiLLE, Bicélre, i892. 



PI. IX. 




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BoURNBVlLLS, Bicitre, 1893. 23 

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354 Explication des planches. 



Planche X. 

(Obs. de Roc, p. 88-96). 

Hémisphère cérébral droit; face externe. 

FS F*, F', première, seconde et troisième circonvolutions 
frontales. 
FA, frontale ascendante. 
PA, pariétale ascendante. 
LP, lobe pariétal. 
Lo, lobe occipital. 
P, porus. 
•r, sillon de Rolando. 



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BouRNEViLLE, BicitTe, 1892. 



PI. X. 




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356 Explication des planches. 



Planche XI. 

(Obs. de Roc, p. 88-96). 

Hémisphère cérébral droit; face interne. 

P*. première circonvolution frontale. 

LP, lobe pariétal. 

AO, avant-coin. 

C, coin. 

LTS, lobe temporo*sphénoidal. 

co, couche optique. 

V, vçntricule. 

spe, scissure perpendiculaire externe. 



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BouRNEViLLE, BicétrCt i892. 



PI. XI. 




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358 Explication des planches. 



Planche XII. 

(Ob8. de Hug.., p. 132-141). 

Hémisphère cérébral gauche; face externe, 

F*, P^, F^ première, seconde et troisième circonvolutions 
frontales. 

FA, frontale ascendante. 

PA, pariétale ascendante. 

PS P^ PC, lobes pariétaux supérieur et inférieur, pli 
courbe. 

Vt T*, T*, première, seconde et troisième temporales. 

LI, lobule de Tinsula. 
ss, scissure de 8ylvius. 



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BouRNEviLLE, Bieêtre, 1892. 



PI. xn. 




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360 EZPUCATION DES PLANCHES. 



Planche XIII. 

(Obs. de Hug.., p. 132-141). 

Hémisphère cérébral gauche; face interne. 

F*, première oiroonyolution frontale. 

LP, lobule paracentral. 

AO, avant-coin. 

C, coin. 

LTS, lobe temporo-sphénoîdal. 

co, couche opli({ue. 

V, ventricule. 

ce, corps calleux. 



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BouRNEviLLE, Bicétre, 1892. 



PI. XIIL 




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362 Explication des planches. 



Planche XIV. 

(Obs. de Hug.., p. 132-141). 

Hémisphère cérébral drot; face interne, 

p<^ pa^ F^, première, seconde et troisième circonvolutions 
frontales. 

FA, frontale ascendante. 

PA, pariétale ascendante. 

P^ P^ PC, lobes pariétaux supérieur, inférieur et pli courbe 

Lo, lobe occipital. 

T*, T^, T3, première, seconde et troisième circonvolutions 
temporales. 

LI, lobule de Tinsula. 

sr, sillon de Rolande. 

8S, scissure de Sylvius. 



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BouRKEviLLE, Bicétte, 1892.. 



PI. XIV. 




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3G'i Explication des planches. 



Planche XV. 

Agrandissement de la fondation Vallée. 

Oq schéma est destiné à donner une idée générale de la 
Fondation d'après le programme que nous avons élaboré (p. 
uni). 



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BOUBNEVILLE, BU 



Pl. XV. 




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TABLE DES MATIÈRES 



PREMIERE PARTIE 

Section I : Bicêtre. 

• I. Situation du service. — Enseignement 

primaire m 

Enfants gâteux, idiots, épileptiques, inva- 
lides llï 

Enfants idiots, gâteux, valides : Petite 

école rv 

Enfants propres et valides, imbéciles, 

arriérés, etc. Grande école v 

Éducation physique vu 

Fanfare, musée scolaire X» sï 

Bibliothèque récréative Xil 

Promenades et distractions xii 

Visites, permissions do sortie, congés. . . iXlv 

Vaccinations et revaccinations xv 

Service dentaire xv 

Bains et hydrothérapie xv 

Améliorations diverses xvi 

Visites du service x vi 

Musée pathologique IVJI 

IL Enseignemenlprofessionnel xvni 

Évaluation du travail xix 

Progression du travail XX 

III. Statistique. Mouvement de la population, xiv 

Décès Xïïil 

Sorties xxvi 

Évasions, transferts xxvi 

Maladies épidémiques xxvi 



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3b6 Table des matières. 

Population au 31 décembre 1892 xxvi 

Personnel du service xxvi 

Section II : Fondation Vallée. 

I. Situation du service. — Enseignement pri- 
maire XXXVIII 

Enseignement professionnel XL 

Évaluation du travail XL 

Visites, congés XLI 

Bains et hydrothérapie XLli 

Vaccinations XLii 

Promenades xliii 

Distractîoos XLIII 

Chauffage XLiv 

Améliorations diverses XLIV 

Maladies épidémiques. XLV 

Travaux faits par les ateliers des enfants 

de Bicôtre pour la Fondation Vallée XLV 

II Statistique : mouvement de la population, xlv 
Décès; sorties; évasions; transferts ; popu* 

lation au 31 décembre 1891 XLVI 

Personnel xLix 

III. Projet d'agrandissement de la Fonda- 

tion Vallée, premier rapport L 

Discussion Lill 

IV. Second rapport sur l'agrandissement de 

la Fondation Vallée LXill 

Discussion Lxxxi 

Section III : Assistance des aliénés. 

I. Assistance des arriérés et des épilepti- 

ques adultes et enfants LXXXV 

II. Assistance des aliénés ; Des placements 

volontaires XCII 

Discussion civ 

III. De l'éducation d'une catégorie spéciale 

d'enfants arriérés CXI 



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Table des matières. %! 

DEUXIÈME PARTIE 
Cltel^pw et amtcHBie i^thoiog^ique. 

I. Idiotie méningitique, par Bourneville et 

Noir 3 

II. Idiotie symtomatique d'un ancien /bî/er (pseu- 
. do-kyste) du lobe temporal gauche et de 
méningite de Vtièmisphère droit, par Bour- 
neville et Paul Ferrier ^10 

III. Idiotie microcéphalique ; — hémiplégie spas- 

modique infantile;— sclérose atrophique; 
— tuberculose abdominale, par Bourne- 
ville et Noir 53 

IV. Imbécillité et hémiplégie droite avec athétose, 

par Bourneville et Dauriag 38 

V. Idiotie complète symptomatique de sclérose 

atrophique, par Bourneville et Ferrier . . 50 

VI. Idiotie méningitique, par Bourneville et 

Noir m 

VII. Idiotie sympiomatique de sclérose atrophi- 
que; tuberculose pu/monaire, par Bourne-- 
ville et Dauriac 77 

VIII. Idiotie complète symptomaiique de double 
porencéphalie vraie, par Bourneville et 
Dauriac • *i!) 

IX. Épilepsie, tuberculose pulmonaire, par BovJX' 

NEviLLE et Ferrier ii}^ 

X. Idiotie méningitique, crâniectomie sans 
résultat appréciable ; mode curieux de réos» 
sifîcation de la brèche oaseuse, par Bourne- 
ville et Noir 1 ! G 

XI. Idotie symptomaiique de sclérose atrophi- 
que de Vhémisphère cérébral gauche et de 
méningo-encéphalite de Vhémisphère droit, 
par Bourneville et Noir 132 



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1 



3M Table des matières. 

XII. Idiotie congénitale; double craniectomie ; 
tuberculose pulmonaire, par Bourneville 
et Dauriac ; 147 

XIIL Idiotie méningitique ; rachitisme ; fièvre 
typhoïde; méningite, par Bourneville et 
Noir 164 

XIV* Idiotie méningitique, par Bourneville et 

Ferrier 173 

XV, Epîlepsie symptomatique ; état de mal, éleva* 
tionde la température; mort; par Bourne- 
ville et Dauriac 185 

XVK Idiotie complète ; méningite purulente ; con- 
gestion intense des os du crâne et disten- 
sion des sutures, par Bourneville et 
Ferrier 201 

XYll. Idiotie méningitique, par Bourneville et 

Dauriac 207 

XVIII. Idiotie symptomatique de sclérose atrophi- 

gue^par Bourneville et Dauriac 216 

XIX. Idiotie symptomatique de sclérose cérébrale 

airophique, par Bourneville et Noir 223 

XX» Idiotie symptomatique de tumeurs du cerve- 
let compliquées d'hydrocéphalie; disten- 
sion des sutures, par Bourneville et 
Ferrier 233 

XXL Idiotie congénitale ; — Atrophie cérébrale) 
— Tics nombreux, par Bourneville et 
Nom 256 

XXI L Du Traitement chirurgical et du traitement 
médico'pédagogique de Vidiotie, par Bour- 
neville 290 

Explication des planches 335 



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