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Full text of "Recherches sur les principales espèces de Fagopyrum (Sarrasin)"

'''^î^i^''WWS.E^^^^ 




THELuESTHÊRT.MERTZLIBRARY 
THE NEW YORK BOTANICAL GARDEN 



THE LuESTHER T. MERTZ LIBRARY 
THE NEW YORK BOTÂNICAL GARDEN 

SÉRIE A, N" ^^ ^ 

^^ THESES 

PRÉSENTÉES 

A LA FACILTÉ DES SCIENCES DE PARIS 

POUR OBTENIR 

LE TITRE DE DOCTEUR DE LUNIVERSITÉ 

PAR 

Erïi. ]VlIÈO-E 

INGÉNIEUR AGRICOLE. — LICENCIÉ ÉS-SCIENCES 
PREPARATEUR A LÉCOLE NATIONALE D'aGRICULTURE DE RENNES 



V' THÈSE. — Recherches sur les Principales Espèces de 

Fagopyrum. (Sarrasin). 
2" THÈSE. — Propositions données par la Faculté. 



Soutenues ie 



Décembre 1910, devant la Commission d'Examen 



MM. G. BONNIER, Président. 



CHATIN. } ^ 

C. CHABRIÉ, \ ^^'^""^^^^^'«'•^- 



rtEKTKTES 

IMPRIMERIE DES ARTS ET MANUFACTURES, 2 2. RUE DE WiMOUKS 



SÉRIE A, N" S3 ^ 

j~^ THESES 

PRÉSENTÉES 

A LA FACULTÉ DES SCIENCES DE PARIS 

POUR OBTENIR 

LE TITRE DE DOCTEUR DE L'UNIVERSITE 

PAR 

Erxi. IMIÈGI-E 

INGENIEUR AGRICOLE. — LICENCIE ES-SCIENCES 
PREPARATEUR A L'eCOLE NATIONALE D'aGRICULTURE DE KENNES 



V** THÈSE. - Recherches sur les Principales Espèces de 

Fagopyrum. (Sarrasin^. 
2' THÈSE. — Propositions données par la Faculté. 



Soutenues le ] l Décembre 1910, devant la Commission d'Examen 

I 
MM. G. BONNlER, Presideiii. 
CHATIN. I „ 

G. CHABKIE \ ^examinateurs. 



T<.T=-TSi IsT FIS 
IMPRJMtRIt DÏS AKTS hT MANUF AC I UkhS, 22. RUE DE NhMOUKS 






9ù>ôy 



FACULTÉ DES SCIENCES DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS 



Doven 

Doven honoraire. 



MM. 
P. Appell. Professeur. Mécanique rationnelle. 

G. Darboux. — Géométrie supérieure. 

L. Troost. 



Projesseurs honoraires , Ch. Wolf. 

r J. RlBAN. 



Professeurs . 



O 

r- 



Professeurs-adjoints . . 



Secrétaire, 



LippMANN Physique . 

BouTY. Physique. 

BoussiNESQ_ Physique mathé. et calcul des probabilités. 

Picard Analyse supérieure et algèbre supérieure. 

H. PoiNCARÉ. Astronomie mathé. et mécanique céleste. 

Y. Delage Zoologie, anatomie, physiologie comparée. 

G. BoNNiER Botanique. 

Dastre Physiologie. 

Kœnigs Mécanique physique et expérimentale. 

Velain ... Géographie physique. 

Goursat. Calcul différentiel et calcul intégrai. 

Chatin ... Histologie. 

Haller .... Chimie organique. 

JoANNis Chimie (Enseignement P . C . N . ) 

Janet.. Physique.* Id. 

Wallerant Minéralogie. 

Andoyer Astronomie physique. 

Painlevé Mathématiques générales. 

Haug Géologie , 

HoussAY .... Zoologie. 

H. Le Chatelier Chimie. 

Gabriel Bertrand ... Chimie biologique. 

M"" P. Curie Physique générale. 

Caullery Zoologie (Evolution des êtres organisés). 

C. Chabrié.. Chimie appliquée. 

G. Urbain Chimie. 

Emile Borel Théorie des fonctions. 

Marchis Aviation . 

Jean Perrin Chimie physique. 

G. Pruvot Zoologie, anatomie, physiologie comparée. 

N Application de l'analyse à la géométrie. 

N Calcul différentiel et calcul intégral. 

PuiSEux Mécanique et astronomie. 

Leduc Physique . 

Matruchot Botanique. 

Michel. Minéralogie. 

Hérouard Zoologie. 

Léon Bertrand Géologie. 

Rémy Pekriek Zoologie (Enseignement P. C. N., 

MoLLiARD. Physiologie végétale. 

CoTTON Physique. 

D. TOMBECK . 



A M. Gaston BONNIER 

Membre de l'Institut, 
Professeur à la Sorbonne 



Hommaoe de respeciuense reeonnatssance. 



A M. Lucien DANIEL 

Professeur de Botanique appliquée à la Faculté des Sciences de Rennes 



Hommage de profonde gratitude. 



À Ivl A. IwîK RK 



INTRODUCTION 



La culture du sarrasin, du Fagopyritm, couvre une superficie 
mondiale d'environ 3.620.000 hectares et on' lui en consacre encore 
actuellement en France plus de .Soo.ooo, répartis dans 7.S départe- 
ments. La valeur marchande de ses produits atteint, approximative- 
ment 43o.ooo.ooo de francs par an. 

Malgré l'importance indiscutable de cette plante, il n'existe, sur 
elle, aucun travail d'ensemble. De nombreux auteurs s'en sont occu- 
pés, mais en l'envisageant comme moyen et non comme objet de 
'eurs recherches. 

Le but du présent travail est une sorte de monographie du sar- 
rasin, dans laquelle j'ai, d'une part, rapproché et coordonné, dans la 
mesure du possible, les données acquises mais disséminées dans de 
nombreux recueils, et, d'autre part, envisagé quelques faits nou- 
veaux, jusqu'ici délaissés. 

Dans les céréales, le produit principalement recherché est le 
grain, qui, par ses applications, atteint une utilité et une valeur 
très élevées ; ce grain, but de la culture, en est également l'origine, 
puisqu'il constitue la semence d'où sortira la récolte future. Or, 
des qualités de cette semence dépendent, en grande partie, la réus- 
site et la valeur de celle-ci. Par conséquent le grain, point initial 
et terme final du végétal, possède, surtout chez les céréales et, 
par suite, chez le sarrasin, une très grande importance. 

C'est pour toutes ces raisons que j'ai crû devoir commencer ce 
travail par l'étude du fruit et de la graine de quelques espèces et 
variétés de Fagopyrum. 



Celte étude fait robjet du premier ehapitre. 

l.a semence, couliee au sol dans des conditions favorables de 
température, d'humidité, de prol'ondeur. etc. ... se développe pour 
donner naissance à la jeune plante. Cette transformation ■ constitue 
un stade important de la vie vég-étale, par suite de l'influence énorme 
qu'exercent, sur la plantule, les circonstances extérieures pendant la 
oermination, et par le retentissement profond qu'elles ont sur l'évo- 
lution ultérieure de la plante. Enfin, la Germination constituant la 
première étape du développement de celle-ci, il était naturel que le 
deuxième chapitre fut consacré à son examen et à celui des princi- 
paux facteurs auxquels elle est subordonnée ; la connaissance exacte 
du r(')le de chacun d'eux peut, en eli'et, rendre de trrands services à 
la culture. 

Dès que la semence s'est transformée en plantule, celle-ci, placée 
dans un milieu convenable, poursuit son déveh^ppement, en accom- 
plit les diflérents stades pour aboutir, Hnalement, à la maturité, c'est- 
à-dire à la production des i^raines qui constitue le terme ultime de 
son évolution et le but réel de la culture. 

11 était intéressant de suivre la jeune plante, pas à pas, dans son 
développement, et d'en connaître la morphologie interne et externe, 
depuis la oermination Jusqu'à la maturité. Le troisième chapitre est 
consacré à cette étude. 

L'ensemble de ces trois chapitres, qui traitent successivement : 
du grain, de la germination et de la plante, forme la première 
partie. 

Mais, le développement de la plante, l'abondance et la qualité 
des produits qu'elle fournit et qu'on en attend, sont soumis à des 
lois biologiques quiv malheureusement, sont encore mal connues. 
C'est par l'ensemble des fonctions physiologiques de ses org-anes 
que le végétal peut vivre, et l'accomplissement optimum de ces 
fonctions est subordonné à certains facteurs dont quelques uns, 
tout au moins, sont sous la dépendance du cultivateur. 

Il importe donc de connaître leur influence exacte et le parti 
qu'on en peut tirer dans la pratique. 

De plus, on a constaté que le sarrasin, à difl'érents états, était 



susceptible de provoquer une allection particulière, parfois asseil 
irrave, chez les animaux qui le consommaient. La cause et rétiologie' 
de ces accidents sont encore iiinores. maliirc l'intérêt considérable 
qu'il y aurait à les élucider. 

L'examen de toutes ces questions d'ordre biologique constitue 
la deuxième partie de ce travail. 

Comme la première, elle comprend trois chapitres ; le preriiier 
consacré à la physiologie proprement dite de la plante, c'est-à-dire 
a ses principales fonctions : respiration, assimilation, transpiration; 
le second, réservé à la toxicité et a. la recherche de l'acide cyanhy- 
drique, des alcaloïdes et des giucosides; le troisième, enfin, com- 
prend l'action de certains agents extérieurs, notamment celle des 
matières fertilisantes sur la production. 

Malgré leurs imperfections et leurs lacunes trop nombreuses, 
j'ose espérer que ces recherches pourront rendre quelques services 
en faisant mieux connaître les propriétés d'une plante et les prin- 
cipes d'une culture qui possèdent encore une importance indé- 
niable. De plus, ce n'est guère que par l'étude répétée des végétaux 
cultivés, étude difficile entre toutes en ce qu'elle doit s'inspirer des 
méthodes scientifiques tout en tenant un compte rigoureux des faits 
de la pratique agricole, qu'on peut espérer connaître et formuler 
des règles agronomiques plus précises. 

Il me reste à accomplir le devoir le plus agréable : celui de 
remercier les différentes personnes qui, directement ou non, ont 
bien voulu m'aider dans ces rech'erches. 

Parmi elles je ne saurais oublier M. Séguin, directeur de l'Ecole 
Nationale d'Agriculture de Rennes qui, au point de vue adminis- 
tratif, m'a accordé de grandes facilités de travail. 

Les recherches concernant les alcaloïdes et les giucosides ne 
m'ont été possibles que grâce à la compétence connue et à l'obli- 
geance inlassable de M. Goris, chef de travaux à l'Ecole Supérieure 
de Pharmacie de Paris. 

D'autre part, mon ami, M. Seyot,.chef de travaux à la Faculté 
des Sciences, m'a rendu les plus grands services par ses précieux 
conseils. 

Une grande partie de ce travail a été faite au laboratoire de 



— Î2 — 

M. Lucien Daniel, professeur à la Faculté des Sciences de Rennes, 
qui, avec une bienveillance rare, a mis sans compter, à ma disposi- 
tion, toutes les ressources de son érudition et celles de son labora- 
toire. Je ne saurai jamais trop lui témoigner ma profonde et respec- 
tueuse reconnaissance. 



HISTORIQUE 



Bien que d'orii^ine exotique cl Jintruduclion récente en 
Europe, le genre Fagopynim a fait lobjet de nombreux travaux et 
possède une importante bibliographie. Il a. en cftet, été choisi,- 
parmi les matériaux d'études, par de nombreux savants pour des 
recherches d'ordre général, à cause, sans doute, de son peu d'exi- 
gences et de la rapidité de sa végétation. 

Mais, par contre, il a rarement donne lieu a des études spé- 
ciales et il n'existe pas d'ouvrages, scientitiques ni agricoles, trai- 
tant exclusivement et dans son ensemble, de cette plante importante. 
Il s'en suit que toutes les données qui la concernent sont eparses. 
disséminées, souvent incomplètes et toujours sans aucun lien les 
unes avec les autres. 

De plus, une seule espèce, le Fagopyrum escitlcntum, a géné- 
ralement retenu l'attention, au détriment des autres. Il est vrai, que 
ces dift'érentes espèces sont mal connues et qu'on ignore jus- 
qu'à leur nombre exact. La plupart des auteurs n'en signalent que 
trois, seul de Candolle (i) en cite o; il indique également l'origine 
présumée des trois types principaux cultivés, en même temps que 
les premiers ouvrages qui en font mention, du x" au xif siècle de 
l'ère chrétienne. 

En effet, le Fagopynim était certainement inconnu des Grecs 
et des Romains, de même que des Aryens occidentaux et des Egyp- 
tiens. 

Le.s écrivains du moyen âge n'en parlent pas, et il faut arriver 
au XV' siècle, date probable de ûon introduction en Europe, pour en 



(Ij De Candolle. — L'Origine des plantes cultivées, 1896, p. 279. 



- M — 

entendre causer. Il en est question pour la première fois dans les 
reiïistres de Mecklembourg, en 14.36(1). En France, le sarrasin est 
sicî'nalé, vers la mémo époque, dans une charte de la cure d'Avranches 
de 1460 (21 ; au xvr' siècle on en vante déjà les mérites et les services 
que sa culture peut rendre ; c'est ainsi que Noël du Fail peut dire, 
en i5u~ '3). '■' Sans ce grain, qui nous est vonu depuis soixante ans. 
les pauvres gens auraient beaucoup à souffrir //. 

Parmi les premiers documents relatifs à son histoire, J'ai trouvé 
un compte-rendu de sa culture dans \i\ ff Maison rustique des sieurs 
Ch. l^>stienne et J. Liebaut (qj //, docteurs en médecine, qui le défi- 
nissent ainsi, suus le nom de l^led Sarrazin : 

" C'est un froment assez vulgaire dans toute la France et plus, 
sans compaiaisim. que le bled de Turquie prédit //, ils signalent 
incidemment sa culture en Italie. 

Au début du xvni" siècle, Chomel, médecin du roi (5) mentioiy^^ 
les usages médécinaux que l'on peut faire du Bled Sarrazin . Duha- 
mel du Monceau 6), un peu plus tard, l'appelle déjà blé noir ou 
sarrasin, et en constitue le genre Fagopyrum dont il vante les qua- 
lités et préconise la culture. 

Peu après, l'abbé Rozier (7) puis Arthur Voung (K) en disent 
ei;alement quelques mots. 

Mais c'est au xix*^^ siècle que la littérature agricole s'occupe 
surtout du Sarrasin, en même temps que plusieurs savants en entre- 
prennent incidemment l'étude botanique ou chimique. 



(1) Pritzel, ^itzungs berichl Naturfvrtck Jreunde; zu, Berlin, 
1866. 

i2) Heuze, Les plantes Jourragères, t. II. 

(3) Noël du Pail, {Contes d'Eutrapel, 1587. 

(4) Ch. EsTiENN-E et J. LiÉBAUT, L'agriculture et maison rustique, 
1653, p. 520. 

5) Chomel, Dictionnaire économique, 743. 

('V; Duhamel du Monceau, Éléments d'agriculture, t. II, 1779, 
p. 127. 

(7^ A. Rozier, Cours complet d'agriculture 1.805. 
' iS) A. YouNG, Voyages en Franne. t. II, I. 787. 



De nombreux agr(»nomes discutent successivement la pratique et 
les principes de sa culture, sans apporter, d'ailleurs, beaucfjup de 
faits inédits. La plupart, Bosc (ij, Moll 2 ., (iossin (3 , Bujault 41, 
etc., reconnaissent ses faibles exigences, la facilité de sa produc- 
tion, la rapidité de son développement: certains pourtant ijamet. 5i 
contestent son utilité et les avantages qu'il présente pour les plantes 
qui le suivent dans Tassolement. 

Vers la même époque, des vétérinaires, comme Yvart (6), 
Magne (71 signalent, et les premiers sans doute. les dangers aux- 
quels peut donner lieu lu consommation de la plante verte par les 
animaux. Magne entreprit a ce sujet des expériences, à l'école vété- 
rinaire d'Alfort. 11 en conclut que " le sarrasin a le grave incon- 
vénient de produire souvent un gonflement de la tète sur les ani- 
maux qui s'en nourrissent 11 exerce sur eux une action spéciale qui 
n'a pu être expliquée, mais qui est analogue à celle que quelques 
plantes exercent sur certains individus de l'espèce humaine //. 

Cette toxicité du Fagopynan n'a pas toujours été admise ; 
tandis que de nombreux agriculteurs en voyaient des exemples et en 
cherchaient la cause, d'autres en niaient jusqu'à l'existence. 

Ainsi, E. GayotiSi, de Guarta(9,, Petit (101, etc. . . dans une 
série d'articles, insistent sur les accidents déterminés par l'ingestion 
du sarrasin sur le bétail de la ferme et même sur d'autres animaux, 
tels que les lièvres et les abeilles; les causes qu'ils supposent sont 
diverses et parfois orginales. 

Plus tard, Cornevin appuie de sa grande autorité T'existence 



(1 j Bosc, Dictionnaire d'agricuture. 

(2) Moll, Encyclopédie de l'agriculture, 1S30. 

(3) GossiN, Manuel élémentaire d." agriculture, 1840, p. lUS. 
i4; J. Bujault, Guide des Comices et des propriét., 1843. 
i5; Jamet, Cours d'agriculture, 1846, p. 151. 

(6; Yvart, Cours d'agriculture, 1839. 

7) Magne, Traité d'agrieu,lt. prat. et d'hyg. oétér., 1859, p. 335. 
,8) E. Gayot, Journ. agrie. prat., 1870, t. II, p. 479. 
(9) De Gmkktx, Journ. agrie. prat., 1870. 
'10) Petit, Journ. agrie. prat. 1870. 



— 16 — 

de ce pouvoir vénéneux et dit, dans un de ses ouvrages (i ) : " On 
donne rarement la farine de sarrasin au cheval, cela tient, vraisem- 
blablement à ce qu'on sait que la graine entière lui réussit mal. En 
effet, quand on la fait entrer dans sa ration et qu'on Ta donnée sans 
discontinuer pendant quelques temps, on voit survenir des pous- 
sières congestives à la peau et des démangeaisons//. Em. Thierry 12). 
Dechambre et Curot (3i, Omke (^4>, etc. signalent également cette 
nocivité. 

De même, tout récemment, un savant allemand, Haselhoff(5], 
décrit assez longuemunt cette /< maladie du sarrasin //, comme il 
l'appelle, il en note les symptômes et cite l'opinion d'un autre 
observateur, Damman. qui l'attribue à la présence d'un alcaloïde 
dans les enveloppes du grain. Enfin, une publication périodique. 
Le Progrès argicole, rappelle, en 1909 (6), dans sa correspon- 
dance, cette toxicité légère. Par contre, Lecouteux (7) et Heuzé (8) 
disent n'avoir jamais constaté d'accidents semblables. 

Malgré tant de discussions la question est donc loin d'être 
résolue aussi bien quant à l'existence réelle d'une toxicité qu'à sa 
cause déterminante. 

Par ailleurs, les ouvrages d'agriculture continuent la ^descrip- 
tion de lu plante et l'étude de sa culture, réduite à celle du Fag . 
esciilcntunu seul utilisé. Parmi eux. celui d'Heuze (9) en fait un 
exposé assez complet qui inspirera, dans la suite, de très nombreux 



(liCoRNEViN, Des r.sidas indust. dans L'aliment du bétail, 1892, 
p. 389. 

2 Em. TutEKRY, Journ. d'agria, prat., 1903. 
(3) Dechambre et Curot, Les alinents du cheoal, Paris, 1903. 
i4) Omke, Am'ir'lGan Sci-iatifi';, N îw-Yoï'ck, 190J. 

(5) Haselhoff, Ruchoeisen. Die landio Versucks. stat. Bxnd. 
LXIII, Berlin, 1906. 

(6) Progrés agricole, 19D9. 

(7) Lecouteux, Economie rurale. 

(S) Heuzé, LiiS plantes fourragères, t II, !903. 

(9) Hevié, Les pantes fourragères, Paris, t. il, 1852, 1903. 



articles, qui n'auront rien d"incdit. et que. par le fait même, je 
néglige de citer. 

Lechartier U), dans son cours de Chimie agricole, aborde 
quelques points nouveaux, tels que l'importance des prélèvements 
minéraux dans le sol et l'action de quelques engrais, tandis que 
Besnon (2) étudie spécialement la composition chimique du sarra- 
zin, comparée à celle des autres céréales, notamment du maïs, et se 
tait Tapôtre de sa vulgarisation. 

A la même époque. Ion s'occupe de quelques espèces et varié- 
tés de Fagopyrum, mais plutôt au point de vue horticole et orne- 
mental (3), et l'on commence à en entreprendre l'étude vraiment 
scientifique. 

C'est ainsi que G. Kraus (4) donne la description, sommaire il 
est vrai, du péricarpe du Fagopyrum et de quelques genres voisins; 
qu'Ed. de Janczewski(5), dans ses recherches sur la structure et 
l'accroissement des racines des Phanérogames, étudie celle du 
sarrasin, dont il constate l'analogie avec la racine de Vhélianthus ; 
que Schmidt (61 publie ses travaux sur l'anatomie comparée de la 
tige des espèces du genre Polygonum et du Fag. fataricum; c'est 
lui qui signale dans celui-ci, l'existence en ilôts du liber, la présence 
'< d'utricules à tanin //, etc.. 

. En même temps, certains praticiens entreprennent en Krance la 
culture fourragère d'une espèce nouvelle, le Fag. stenocarpx (o) et 



(1) Lechartier, Journ. agric. [L-et-V). 1877. CR. Ac. Se. t CVIII, 
1884. 

(2) Besnon, Sur la valeur agric. et aliment, du sarrasin, Paris, 
1859. 

(3j Flore des Serres, 186 , 1865. Reeue hort., 1858, 1894. Journ. 
Soc. Nat.Hort., 1".57, 1860. 

(4) G. Kr.vus Heber den Bautrockner Péricarpien, 1866-67. 

(5) Ei. DE Janczewski, Accroiss. des ra<i dans les phanéroganes, 
in Ann Se.Nat. bot.,b' série, t. XX. p. 184. 

(6) Schmidt, Einiger Beobachtui. zur. anat. der oegétatiaen. 
Inaug. dissert Bonn , I. 878. 

(7; Journ agric. prat 



d'autres proposent Temploi de la variété commune comme plante 
potagère ou pour la destruction des insectes. 

Dès lors, nombreux sont les expérimentateurs qui, dans des 
recherches diverses, se servent du sarrasin comme échantillon, 
comme moyen d'études. 

Nobbe, Erdmann, Schreder ( i ) l'utilisent dans leurs expériences 
sur l'alimentation des végétaux, et fournissent des renseignements 
précieux sur la sélection de ses semences, l'action des sels de 
potasse, etc.. 

Harz {2' étudie à son luur la structure du grain de plusieurs 
polygonacées, et, entre autres, des h^Jg'. csculcntiim cl Litaricum, 
dont il indique les caractères diflérentiels. Cette question est d'ail- 
leurs reprise par plusieurs auteurs, parmi lesquels Dammer (.1 , 
Vogl (4), Emma Sirrine (5), Moeller \b), etc.. Villiers et 
Collin (7', l'examinent également, mais surtout au point de vue 
pratique de l'utilisation, des altérations et des falsifications. Enfin, 
Guillaume ^8) élargit le problème et étudie le développement du 
tégument séminal et du péricarpe chez les Polygonacées, mais il 
n'observe que les Fagopynim esculentiim et tataricum, et le fait un 
un peu brièvement. 

Entre temps, Colomb ,9) dans ses » recherches sur les stipules// 
décrit l'ochréa des Polygonacées, qu'il assimile à une ligule stipu- 
laire et axillaire. Il montre également l'analogie de cet oigane avec 
celui des Platanées et y voit une des raisons de rapprocher les 



(Ij Nobbe, Erdmann et Schreder, Cgemniiz, Facke, 1871. 

2) Harz, Landwirth. Samenkunde, I. 885. 

(3) Dammer, Die naturl. Pfansen. Engler et Pranth, 1893. 

4 "Vogl, Die wichtigst. Nahrungs und Genismittel, 1898, 
p. 146. 

(5) Emma Sirrine, Ptoc. journ. Acad. se, t. XI, 1895, p. 128. 

(6 Moeller, Nahrhi<gs und Genussmittel, 1905, p. 242. 

(7) ViLLiEhs et Collin, Traité des altérât, falsifie, des subst. alim. 
i9U0, p. 47. 

(8/ Guillaume, Thèse pharmacie, Paiis, 1909. 

(9) Colomb, in. Ann. Se. Nat, 7" série. T. 6 p. o. 



— 19 — 

Polvgonacées des Urticacees. Comme lui. Petit i adopte ce 
rapprochement qu'il tire de l'examen de la constitution du pétiole 
des Polvgonacées principalement dans ses rappo'rts avec l'anatomie 
comparée et la classification. 

Une autre espèce, le Fag. rotun.i^tiim, est étudiée par \'an 
Tieghem et Douliot(2) qui montrent que les radicelles sont dispo- 
sées en quatre séries équidistantes, dont deux correspondent aux 
cotylédons, les racines se développant dans la région basilaire de 
l'axe hypocotvlé qui présente quatre faisceaux liber<j-ligueux ; dans 
la tige adulte, c'est vis à vis des rayons médullaires que les racines 
prennent naissance. 

Puis Prunet (.Si examine la sirucUirc des n(cuds cl des entre- 
nœuds de la tige, mais, pour les P(jlygonacees. au lieu de s'adresser 
au genre Fagopynim, il choisit diverses espèces du genre voisin. 
Polygonum ( Pol. tinctoriiim, P. cymosum). 

C'est au contraire le Sarrasin qui est choisi par Gain 141 dans 
ses intéressantes recherches sur la transpiration des végétaux déve- 
loppés en sol sec ou en sol humide, recherches qui l'amènent a 
conclure que cette plante évapore environ la moitié plus en terrain 
humide qu'en terrain sec. C'est lui également qui sert a Heinrich .5 
dans ses travaux sur l'influence de la température sur la formation 
de la chlorophvlle. il détermine que pour le l'ag. esc 11 le ni 11 m les 
températures, minimum et maximum, sont e/' et 40". 

Dassonville '6) puis Solacolu 7 l'utilisent encore pour étu- 
dier l'action de l'alimentation minérale sur la structure des plantes, 
mais on sait que souvent leurs conclusions sont différentes, sinon 



[ij Peth, in. Ann. Se. Nat. 1" série. T. 6. p 342. 

(2) Vantieghem et Douliot, in. Ann. Se. Nat. 7 série. T 8. p. 98. 

(3) Prunet, in. Ann. Se. Nat. 7 série. T 13. p. 326. 
4) Gain, Ree Générale de Botaniq. 1895. p 125. 

(5i Heinrich, Zicelter Ber. Landw. Vers. Stat. Hostock. 1894 
p. 1.54. 

(6| Dassonville. Thèse doctorat Se. Nat. Pdiis. 1895. 
(7) Solacolu, Thèse doctorat Se. Nat. Pans. 1898. 



opposées, surtout en ce qui concerne le rôle de la potasse et de 
Tazote. 

La composition chimique du sarrasin est l'objet des recherches 
de Balland (i) qui détermine aussi le poids moyen des graines, la 
proportion des enveloppes, Timportance de la production nationale 
et mondiale, etc. . . Cette question se retrouve également dans des 
travaux importants entrepris en Allemagne, parmi lesquels il con- 
vient de citer particulièrement ceux de Nobbe (2), de Sudakoff (3), 
de Batalin (4), et surtout, ceux de Konig (5), Wickler(6), Mayer (7), 
Czapeck {['>). etc., qui recherchent la composition des principaux 
organes et tissus de la plante, et ses variations sous Faction de cer- 
tains facteurs. 

Puis de Candolle (9) examine l'origine de Taire géographique 
du genre et de ses trois espèces principales (esciikntum tatariciim 
et émarginatiim); il montre qu'elles viennent toutes de l'Asie et que 
leur introduction en Europe est de date relativement récente. Il dit, 
de plus, que le Fagopynim possède huit espèces, dont trois surtout 
sont importantes en culture, mais il ne désigne pas les autres. 

Perdrigeat 1 loj ne s'attache qu'à l'anatomie comparée des Poly- 
gonacées dans le but d'établir une classification rationnelle des 
principaux genres et espèces que cette famille possède, et de définir 
les rapports qu'ils présentent entre eux, mais il ne décrit guère que 
Fagopynim csculentum. Néanmoins, il fixe la place de ce genre, 
qu'il rattache directement au Polrgonum, au Rumex et au Polygo- 
ne! la. 



(1) Balland, C. R. Ac. Se. t. CXXV, p. 797. 

(2) Noble, Land. Werts. Bd. XIII, 1871. 

(3) Sudakoff, Just. Jaliresber, 1879, I. 

(4) Batalin, Jusf. Jahresber, 1879, I. 

(5) J. KoNiG, Chemie der nahrungs u Genujmittel. Auje. Teil. 1889. 
(6.) WiNKLER, Jahrb f. wlss. Botan. Bd. XXXII, 1898. 

(7; Mayer, Journ j. Land. wirtsch., Bd. XLIX, 1901, p. 41. 

(8) CzAPEK, Biochemie der Pjanzen, 1905, p. 97, 356, etc... 

(9) DE Candolle, Origine des plantes cultivées, 1894, p. 231. 

(10) Perdrigeat, Thèse pharmaeie, Bordeaux, 1899. 



Le Fagopynim esc ii loi /uni est choisi par Eberhardt ( i ) dans 
ses recherches sur rinfluence de Tair sec et de Tair humide sur la 
végétation ; ses conclusions sont les mêmes que celles adoptées 
par Gain (2) dans un travail du même genre, -mais il en attribue les 
causes à Thumidité de l'air et non à celle du sol. 

Puis Amar (3) l'utilise à son tour ; il signale à nouveau l'abon- 
dance parfois énorme des cristaux d'oxalate dechauxdans les tissus 
et s'efforce de déterminer les causes qui la provoquent en même 
temps que le rôle que ce corps est appelé à jouer. De même, P. P. 
Richer (4) qui rappelle la forme hétérostylée des fleurs, déjà 
décrite par Hildebrand, Korshinsky et Monteverde (5), etc.. Par 
des expériences de pollinisation réciproque, il montre que les deux 
sortes de fleurs (dolicho et brachystylées) sont nécessaires, car elles 
ne sont fertiles que par fécondation croisée hétéromorphe, mais 
non par fécondation directe et même par fécondation croisée homo- 
morphe. 

Enfin, en Suisse, Déléano (6), puis A. Monnier (7) emploient 
le sarrasin dans leurs recherches sur l'influence des matières miné- 
rales dans l'accroissement des végétaux. Ils arrivent à des conclu- 
sions un peu nouvelles en ce qui concerne le rôle de chacune d'elles 
et la marche des éléments pendant la vie de la plante, et ils mon- 
trent qu'à son terme, se manifeste une désassimilation des principes 
constitutifs. 

A côté de ces travaux purement scientifiques qui intéressent le 
genre Fagopyrum, s'en placent d'autres, également importants, 
mais qui revêtent plutôt un caractère agronomique. 

Parmi les principaux, et après ceux qui ont déjà été signalés, il 



(1) Eberhardt, Thèse doct , Paris, 1903. 
|2) Gain, loc. cit. 

(3) M. Amar, Thèse doct. Se. Xat., Paris, 1903. 

(4) P. P. Richer, Thèse doct., Paris, 1905. 

(5) Korshinsky et Monteverde, Jard. bot. St-Pétersbourg, 1900. 

(6) Délénao, Les minéraux dans la vie des Plantes, 1906, Genève. 

(7) A. M0NNIEB, Hist. Bot. Univ. Genève, 1" série, fasc. III, 1905. 



faut citer les oiivrat^cs classiquesde Rieffel (i i, le pr<>paL;ateur de la 
variété, aujourd'hui exclusivement adoptée, du sarrasin i^ris argenté, 
de Joigneaux (2), de Girardin et Dubreuil (3), de Damseaux (4 , de 
Barrai et Sagnier (.S), de Mdalin (6), de Leclerc-Thouin (7), etc., 
mais surtout celui de Garola (8). 

Cet auteur, qui a fait une des études les meilleures et les plus 
complètes sur les céréales et surtout sur le blé, a appliqué à celle du 
sarrasin ses méthodes d'investigation. Tl en a calculé les exigences, 
la courbe d'absorption des éléments fertilisants, le travail radicu- 
laire, etc., mais il l'a fait d'une façon ma heureusement beaucoup 
plus sommaire que pour les graminées alimentaires plus impor- 
tantes. 

On admet généralement que le sarrasin est une plante amélio- 
rante, et que les cultures qui le suivent donnent des rendements 
meilleurs et plus certains; on a cru pendant longtemps, et plusieurs 
auteurs s'en sont fait l'echo, entre autres Lechartier (9) que cette 
propriété était due à la faculté que posséderait le Fagopyriim 
d'absorber l'azote de l'air, comme les légumineuses. 

Mais, récemment, Bouilhac et Gustiniani (10) ont montré qu'il 
n'en était rien et que l'amélioration du sol constatée était due à la 
présence, à sa surface, d'algues vertes qui jouissent de ce pouvoir. 

Enfin Haselhoff ( 1 1) en Allemagne, J. Stone (12) en Amérique 



(Ij RiEFFEL, L'agriculture de l'Ouest de la France. 

(2) Joigneaux, Le livre de la ferme, t. II, p. 644. 

(3) Girardin et Dubreuil, Traité d'agriculture. 

(4) Damseaux, Manuel des plantes, 1902. 

(5) Barral el Sagnier, Dictionnaire d'agriculture, 1880. 

(6) ViDALiN, Agricult. du Centre de la France. 

(7) Leclerc-Thouin, AgrieuU. de l'Ouest de la France. 

(8) Garola, Les Céréales, 1892. 
(9y Lechartier, loc. cit. 

(10) Bouilhac et Gustiniani, C. R Ac. Se, 1904. 

(11) E. Haselhoff, Buchweixen in Die landoerts. Versvchs. Stnt. 
Band., LXIII, Berlin 1906. 

(12) J. Stone, Buckwtat.Cornellunicersity agricult. exper. station. 
Coll. of agric. Itbaca Agric, 1906. 



et Omke : i ) ont tout dernièrement établi une monographie du 
sarrasin. Le travail d'Haselhoff est le plus intéressant; le premier, 
il cite six espèces de Fcigopynim au lieu des trois irénéralement 
admises par les auteurs agricoles. 

Il rapporte aussi les expériences de Wollny sur la mensuration 
des semences et leur sélection, mais c'est surtout sur la composition 
de la plante, des grains, de la farine, des déchets, etc., et leur utili- 
sation qu'il insiste. 

Il rappelle également, mais sans en donner la cause exacte, les 
accidents constatés parfois par la consommation du sarrasin par le 
bétail; à ce sujet, il signale seulement plusieurs hypothèses, entre 
autres celle de la présence d'un champignon, d'un alcaloïde, etc. 

Comme on le voit par cet expose aride et forcément incomplet, 
le Fagopynim a donné lieu, directement r)u non, à de très nom- 
breuses recherches. Mais celles-ci ne s'en sont sjrvi, le plus souvent, 
que comme moyen, et n'ont pas eu comme but son étude spéciale, 
si bien qu'en détinitive, et malgré cette abondance, il n'existe encore 
aucun travail d'ensemble sur cette importante question. 



(13 1 Omke, American Sclentijh' New York 19u9. 



PREMIERR PARTIE 



JVïopphologie 



Comme je Tai indiqué précédemment, j'ai étudié, dans cette 
première partie, la morphologie externe et interne de quatre espèces 
du genre Fagopyrum et de quelques-unes de leurs variétés. 
en commençant, dans le chapitre i*', par celle des graines, pour 
continuer dans le second par celle de la germination et Hnir. dans le 
troisième par celle de la plante en voie de développement. 



CPi-AI^ITRE F^REIVEIER. 



A.. — Etude cies Akènes 



J'ai divisé cette étude des akènes en quatre parties. 

J'ai examiné tout d'abord : i° les caractères extérieurs du grain 
lui-même et ceux de la graine décortiquée, au point de vue de la 
forme, du poids, des dimensions, etc., dans les quatre types; puis : 
2° je les ai soumis à des mesures biométriques pour déterminer 



- 26 - 

leurs variations spécifiques, et celles dues à une nutrition spéciale 
ou à riiércdité. 

Dans une troisième partie, j'ai envisagé la structure interne de 
Takène et, cians une quatrième, sa composition chimique. 



1. — Caractères Généraux 



J'ai examiné : i° les caractères du tVuit; 2° ceux de la graine. 



1° CARACTÈRES DU FRUIT 

L'étude morphologique complète du fruit des diverses espèces 
et variétés de Fagopynim n'a jamais été faite. On se borne généra- 
lement, dans les ouvrages agricoles, à en décrire sommairement les 
caractères dominants ; seuls, quelques auteurs allemands ont un peu 
appronfondi cette question. 

Cette étude présente cependant un réel intérêt, et c'est pourquoi 
j'ai tenu à l'aborder. J'ai envisagé successivement : la forme, les 
dimensions, le poids et la pigmentation du grain dans les quatre 
espèces que j'ai choisies et dans plusieurs variétés du Fagopyrum 
esciilcntum. 

Le fruit du Fagopyrum, qu'on appelle vulgairement le grain, 
est un akène porté par un très léger pédoncule qui lui reste adhé- 
rent à la maturité. Le péricarpe dur, coriace et coloré, entoure 
complètement la graine qu'il protège, sans lui être soudé ni même 
adhérent, sauf à la base ; c'est lui qui donne au grain ses caractères 
extérieurs. Sa forme, généralement trigone, varie avec les espèces. 
Acuminé k son sommet, il porte à sa base, au-dessus du pédon- 
cule floral, les débris déchiquetés et desséchés du calice persistant, 
qui lui forme une sorte de cupule brun-clair, qui atteint environ le 



cinquième de la lonoueur de Takcnc et ne présente aucune l'orme 
constante et déterminée. 




FiG. 1 — Akène de 
Fagopyrum escu- 
lentum. 



A. Forme 

A. Fagofyynim csciilcnfinn. — Le grain a 
la forme d'une bi-pyramide triangulaire dont 
les faces sont concaves dans l'espèce type et 
convexes dans les variétés améliorées. Ildiffère, 
d'ailleurs, selon les races considérées (iMg. i . 
1. Sarrasin gris argenté. — Dans le sar- 
rasin gris argenté, le fruit est réellement trigone. 
à trois faces bien différenciées et à trois arêtes 
nettes. Le péricarpe est formé de trois feuilles 
carpellaires soudées parleurs bords, et ce sont 
les lignes de suture qui constituent les arêtes 
du grain. Sur le milieu de chaque face, on dis- 
tingue la trace de la nervure carpellaire qui se 
présente sous forme d'une crête très légère, 
un peu plus accusée à la base de l'akène et s'atténuant vers le som- 
met, pour se terminer même parfois par un sillon superficiel. 

Dans certains fruits, les arêtes, au lieu d'être vives, sont plus ou 
moins émoussées et parfois nulles; le grain présente alors une forme 
conique avec section circulaire. 

D'autres sont de petite taille, soit renflés et comme globuleux, 
soit maigres et chétifs, tandis qu'un certain nombre sont allongés et 
particulièrement développés. Le sommet, vers lequel convergent les 
trois arêtes, est ordinairement assez accuminé et, souvent, forme 
une pointe plus ou moins allongée (Fig. 2). 

La forme générale peut être comparée à celle de deux pyrami- 
des triangulaires qui seraient accolées par leurs bases ; la supérieure 
est plus allongée que l'inférieure, ce qui fait que la partie la plus 
large du grain, a-b, constituée par la réunion de ces bases, ne se 
trouve pas en son milieu, c'est-à-dire à égale distance des deux 
extrémités, mais vers le tiers inférieur a-d. 

La base du fruit, qui n'est pas accuminée, est vaguement trian- 




FiCx 2. — Dilierents spécimens d'Akènes de Fagopyrum esculentum. 

i^ulairc. un peu convexe, et recouverte complètement par les 
enveloppes calicinales; les trois arêtes de Takène s'y réunissent, 
mais la saillie qu'elles forment s'y atténue proo-ressivement, jusqu'à 
devenir à peu près nulle en son centre. 

Si l'on considère les faces 
latérales du grain, on voit qu'el" 
les sont, à l'ordinaire, légèrement 
bombées, en leur milieu seule- 
ment, et qu'elles redeviennent 
planes, et même un peu conca- 
ves, sur leurs bords, qui sont 
comme relevés. Cette dispo- 
sition s'accentue dans certains 
grains mal nourris et donne naissance à des ailes membraneuses quj 
sont toujours peu développées. 

2. Sarrasin russe. — Le sarrasin russe possède des fruits beau- 
coup plus volumineux et d'une couleur plus foncée (brun noirâtre) 
que ceux de la variété précédente. Leur forme en est également dif- 




FiG. 3. — Akènes de Fagopyrum 
esculenluni vus par en-dessous. 



29 



férente (Fig. 4^. Ils possèdent, en 
effet, des faces bien limitées, à 
peine convexes, à arêtes saillan- 
tes ; de plus, comme l'amande 
ne remplit pas tout le péricarpe 
— ce qu'on aperçoit assez bien 
par transparence — le grain pré- 
sente ces sortes d'ailes latéra- 
les, formées par deux faces ac- 
colées du péricarpe, qui com- 
mençaient à apparaître dans certains akènes de la variété grise. 




— sarrasm Russe. 



Le sarrasin allemand ressemble beau- 




.3. Sarrasin allemand. 

coup plus au sarrasm 

argenté qu'au sarrasin 

russe. Ses grains sont 

gris, réguliers, mais plus 

petits, plus ronds et à 

angles moins prononcés 

(Fig. 5). 

Fig. b. — Sarrasin Allemand. 
4. Sarrasin améri- 

ain.. — Cette variété présente aussi le même aspect que le sarrasin 

gris, mais avec des dimensions plus fortes, et les grains sont plus 

pointus au sommet et 

plus larges à la base 

(Fig. 6). 

(5). Sarrasin japo- 
nais. — Quant aux sar- 
rasins japonais d'été et 
d'automne, ils se rap- 
prochent davantage de 
la race russe. 
Leurs fruits, à tous deux, sont bruns, relativement volumineux 
et nettement trigones (Fig. 7^. 




Fig. 6 



Sarrasin Américain. 




B. Faoophynim c ma ruina lu m. — Le Fagophyrum emargina- 
tiim possède des akènes de tailles très diverses, toujours bruns noi- 
râtres, avec des arêtes très nettes, à contours droits, sans sinuosités. 
D'une façon g-énérale, ils sont volumineux et larges, mais on y dis- 
tingue plusieurs formes anormales. 

Dans la majorité des cas, les trois faces du grain sont légère- 
ment convexes, mais il arrive assez souvent cependant, que leur 
partie médiane seule, le soit, et que les bords soient relevés en 
forme d'ailes (fig. 8). 




FiG. ^>. — Akènes de P'agopyrum eniarginatum. 



Ce qui, par conséquent, était exceptionnel dans la variété grise 
du Fagopyrum cscii/cntiim et déjà moins rare dans sa variété russe, 
devient ici, beaucoup plus fréquent. Cette particularité tient surtout 
à ce que la graine est relativement beaucoup plus petite que la 
cavité péricarpique qui la contient et que les faces de l'akène s'apla. 
tissent et même se creusent dans les endroits où elle n'existe pas. 
On va donc de la forme caculcntiim à la forme cmarginatum en 




passant par la variété russe, qui constitue comme un terme de pas- 
sage entre ces deux espèces. 

Le sommet, et même 

la base du fruit sont acu- 
minés. 

Parmi les akènes anor- 
maux du Fa.gopyrum emar- 
ginatum deux formes sur- 
tout sont à considérer. 

Dans Tune, qu'on ren- 
contre dans la proportion 
de 2 à 4 7o, les faces des deux pyramides qui forment le grain, au 
lieu d'être convexes se sont creusées et sont devenues concaves, les 
arêtes ont fait de même et se sont allongées, de telle sorte qu'elles 
se terminent en pointes très aiguës, donnant au fruit un aspect très 
particulier ffig. 9.; Cette anomalie se rencontre également quelque- 
fois, mais rarement, dans le sarrasin russe, 



FiG. 8 his. — Akènes de Fagogyrum 
emarginatum vus par en-dessous. 




FiG. 9 et 10. — Formes anormales d'Akènes de Fagopyrum emarginatum 

Dans l'autre forme, qui est moins fréquente (4 à 5 "/ooj on trouve 
quatre faces au lieu de trois. De ces quatre faces, correspondant à 
quatre feuilles carpellaires, deux sont plus développées, au détri- 
ment des deux autres qui sont très réduites, et indiqueraient une 
sorte de duplicature de l'une des feuilles carpellaires (fig. 10). Cette 
forme, que j'ai trouvée surtout en 1909, sur des plantes soumises 
à l'action d'engrais variés, est peu fréquente dans le type commun : 
elle est d'ailleurs fertile et donne naissance à des plantes générale- 
ment bien conformées. 




F. G. 11. ~ Akènes de Kagopyrum 
tataricuni. 



C. — Fagopynim tataricum. — Cette espèce, encore appelée 
Fagopyrum JciiLiftim, possède des fruits d'aspect rugueux, de 

coloration allant du noir 
au brun jaunâtre. Les con- 
tours en sont irréguliers et 
sinueux ; cependant, il ne 
sont pas véritablement den- 
tés, comme le nom pour- 
rait le faire supposer, mais 
ils forment deux ou trois 
lobes plus ou moins pro 
nonces, et se terminent en 
pointe au sommet (tig. ii . 
L"anuinde remplit rarement tout le péricarpe, toutefois, elle fait 
saillie sur le milieu des faces, qu'elle gonfle pour ainsi dire. Grâce 
à ces particularités, la forme générale du fruit est modifiée et n'est 
plus bipyramidale comme dans les espèces précédentes ; elle est 
plutôt comparable à celle d'un prisme surmonté, à chaque extré- 
mité par une pyramide plus petite. 

La nervure carpellaire, saillante dans le Fagopyriim esculemtum, 
plus réduite et à peine perceptible dans le Fa<ji;opvrum emarginatiim, 
présente ici la forme d'un léger sillon réunissant le sommet et la 
base du grain. On assiste donc à une atténuation, à une dégradation 
progressive de cette nervure, en passant d'une espèce à l'autre. 

Les trois sillons qu'elle forme ainsi sur le grain se continuent 
sur la base de celui-ci où ils se réunissent. 
De plus, le long de ce sillon et vers 
le tiers de sa hauteur, commence un 
applatissement de l'akène qui, d'abord 
étroit et insensible, va en s'élargissant 
vers la base de celui-ci. sur laquelleil se 
termine en rejoignant ceux des autres 
faces. Jl en resuite que chaque face du 
fruit est divisée en deux parties, dont 
chacune s'accole latéralement avec celle de la face voisine, de façon 
à former, dans l'ensemble, trois véritables cônes juxtapsés (tig. 12). 




1- — Nervures 
carpelJaires. 



33 




FiG 13. — Akènps de Fa^.'-opyrum 
tataricum vus par en-dessous. 



Si on examine le grain par en-dessous on voit, au centre de sa 
base, la trace ou un vestiire du pédoncule floral et les enveloppes 
calicinales qui la recouvrent ; elle est formée par trois renflements 

correspondant aux cônes dont 
il vient d"étre parlé (fig. i3). 
Sur chacun d'eux se trouve 
une saillie, si, constituée par 
les arêtes du grain, et ils sont 
séparés les uns des autres par 
une dépression, b. qui repré- 
sente le sillon de la nervure 
carpellairc et les régions 
aplaties qui le bordent de chaque côté. 

D. — Fagopyrum stenocarpa. — Les fruits de cette espèce 
ressemblent beaucoup à ceux de Tespèce précédente, mais s"en 
diff'érencient pourtant aisément. 

Leur couleur est uniformément claire, gris jaunâtre, blonde, et 
leurs bords ne sont Jamais dentés ni lobés. Les arêtes ont complète- 
ment disparu et il arrive même, qu'à l'endroit 
qu'elles devraient occuper, le grain est comme 
comprimé, aplati. Il s'en suit que Tamande rem- 
plit presque entièrement la cavité pèricarpique 
flg. 14) et que, d'autre part, la section transver- 
sale de Takène. au lieu d'être triangulaire, est 
presque circulaire. 

Comme dans le Fagopyrum tataricum. la 
nervure carpellaire est un sillon peu profond, 
limité des deux côtés par un aplatissement pro- 
gressif de Takène. 
Le grain, vu par 
en-dessous, ressemble à celui de 
l'espèce précédente, mais sa base 
est plus étroite et les trois renfle- 
ments qui la forment ne présentent 

'^^'' aucune saillie par suite de la dis- 
en- ^ 

parition des arêtes (tig. i5j. 




Fig. 1 



Sec- 
tion lonpitiidi- 
naled'uuakèue 
de Fagopyrum 
slenocarpa. 




Fig. 15. 



Àkenes de Fai 



ruiii slenocarpa vus par 
dessous. 



-34 - 



B. Dimensions 

Avec la forme et la couleur, les dimensions constituent un des 
principaux caractères des fruits. Elles varient sous Tinfluence de 
nombreux facteurs, mais pourtant, elles oscillent entre des limites 
et autour d'une moyenne relativement fixes pour une espèce et une 
variété déterminées, ainsi que j'ai pu le constater dans des recher- 
biométriques qui sont exposées dans un chapitre suivant. 

Les renseignements sur les dimensions des akènes de Fago- 
pyrum sont rares et se rapportent seulement au Fagopyrum escu- 
lentiim. 

a). Fagopyrum csciilentum. — Wollny a mesuré les trois dia- 
mètres orthogonaux du grain ! ?), mais on ne sait pas à quoi corres- 
pondent ces éléments qui ne sont pas définis. 

HaselhofF donne comme dimensions moyennes : longueur : 
5 à 6 "'/"', largeur : 2,8 à 3 '"/"', 2, et J. Stone dit que la longueur 
varie de 3/ 16 à 3/8 de pouce et la largeur de 1/8 à 3/ 16 de pouce. 

De mon côté, j'ai mesuré i.ooo akènes de chacune des variétés 
suivantes de Fagopyrum esculentum et j'ai trouvé, pour les dimen- 
sions les plus fréquentes, les chiffres du tableau ci-dessous (en 
millimètres). 





Longueurs 


Largeurs 




Extrêmes 


Les plus 
fréquentes 


Extrêmes 


Les plus 
fréquentes 


Sarrasin gris argenté 

— russe 

— iaponais d'été 


3,5 -6,25 

4.4 -7, 
3,75-5.75 
4,25-6, 
3,75-5,25 

1.5 -6,5 


4.5 

5,5 

5, 

4,75 

4,5 

5,5 


2,25-3,75 
3.25-5,25 

2, -3.75 

3, -4.5 
2,5 -3,75 
3, -4,75 


2,75 

4. 

3, 


— — d'automne 

— allemand 


3,5 
3, 




3:5 







Tableau L 



Dimensions des Akènes des variétés de Fagopyrum 
esculentum ien millimètres). 



Les variations, comme on le voit, sont assez étendues, que l'on 
considère une variété isolée, ou l'espèce toute entière. Pour celle- 



ci, la longueur oscille de 3 '", '" 5 à 7 '"'"\ avec une moyenne de 5, et 
la largeur : de 2 '","" à 5 ■"/'" 25, avec une moyenne de 3.3. 

b) Fagopyrum tataricum. — Haselhotf donne comme dimensions 
des fruits de cette espèce : longueur : .5 à 7 "V", largeur : 4 
à 5 '" '" 5. 

En mesurant 1. 000 akènes j'ai trouvé : pour la longueur :3'7'"5 
à 5,25, avec 4'"/'" 5 comme plus grande fréquence, et pour la lar- 
geur : 2 '" /■" 25 a 5, avec 3 comme plus grande fréquence. 

La variation est, par suite, bien moins accusée dans cette espèce 
que dans la précédente, et les dimensions moyennes en sont aussi 
plus faibles. 

C; Fagopyrum stenocarpa. — Pour cette espèce, comne pour 
la suivante, il n'existe pas de données concernant la taille des 
grains. 

J'ai trouvé pour celle-ci. comme longueur : 4 '", '" a 5.75, avec 
une fréquence maximum de 4 "y" 5, et comme largeur : 2 '"/'" à 3, 
avec une fréquence maximum de 2 '"/'" 5. 

C'est là un caractère qui permet de distinguer les fruits du Fa- 
gopyrum stenoearpade ceux du Fagapyrum tatan'cum, qui, on l'a 
vu, se ressemblent par plus d'un point. On remarque en effet, par le 
seul examen de ces chiffres, que les akères du Fagopyaum steno- 
carpa sont plus longs et plus étroits que ceux du Fagopyrum tata- 
ricum. 

d) Fagopyrum emarginatum. Pour cette espèce J'ai trouvé des 
dimensions variant, pour la longueur : de 4 "V" 25 a 7,5. avec 
5 ""/'" 5 comme plus grande fréquence et, pour la largeur = de 3 '"/" 
à 6,5, avec 4 ""/'" comme plus grande fréquence. 

La taille des akènes de cette espèce est donc plus élevée que 
dans les autres. 

Résumé. — Si Ton rapproche dans un même tableau 2; les 
dimensions des grains des quatre espèces, on saisit mieux les diffé- 
rences qu'elles présentent entre elles : 



36 



Longueurs 



Les plus 
fréquentes 



Largeurs 



„ , . Les plus 

Extrêmes fréquentes 



Fagopyrum escnlentum. . . 

— tataricum . . . 

— stenocarpa . . 

— emarginatiim. 



3,5 -7, 
3 ô -5,25 
4, -5.75 
4,25-7.50 



o, 
4.5 
4,5 
5,5 



o 

3', 



■3, 

6,5 



3,3 
3, 



Tableau II. — lUmensions des Akènes de quatre espèces de Fagopyrum 
en millimètresi. 



On retrouve ici l'analogie, constatée déjà, du Fagopyrum tata' 
ricum et du Fagopyrum stenocarpa. Pourtant cette similitude est 
loin d'aller jusqu'à l'identité, et il existe même une différence assez 
grande entre les dimensions des akènes de ces deux formes pour 
qu'on puisse utiliser ce caractère pour les distinguer l'une de 
l'autre. 

Le Fagopyrum csculcntum possède des fruits ordinairement 
plus volumineux que les espèces précédentes, mais on constate 
qu'il existe, entre ses variétés, des écarts très sensibles, et que, dans 
une même race, les variations de taille sont plus accentuées que 
dans les espèces précitées. 

Quant au Fagopyrum emarginatum, c'est lui qui présente, en 
même temps que de grandes variations, les dimensions les plus 
élevées. 



Poids 



On peut considérer le poids proprement dit et la densité. 

Il existe entre la taille, la forme et le poids aes grains une 
certaine relation; de plus, malgré la subordination de ce dernier 
caractère à de nombreuses influences (espèce, nutrition, etc.), il 
présente, dans son ensemble, une relative fixité, qui peut également 
servir à l'identification d'un type déterminé; enfin, la connaissance 
du poids spécifique des grains, pour une plante donnée, n'est pas 
sans importance pour la pratique agricole. 



— .07 — 



1. — Poids 



J'ai donc cherché le poids moyen des akènes de Fagoprrum, 
soit par la pesée individuelle de i.ooo grains, soit par la pesée 
globale d'un nombre déterminé d'entre eux. 

A. — Fxgopyrum esculentum. — La plupart des auteurs qui 
se sont occupés de sarrasin indiquent simplement le poids de 
l'hectolitre. Cependant plusieurs expérimentateurs fournissent éga- 
lement celui de i.ooo grains. Ainsi Balland donne pour ceux-ci : 
17 gr. 5 à 23 gr. 4 ; WoUny : 19 gr. 57 à 26 gr. .36, avec une moyenne 
de 22 grammes; HaselhofF adopte la même moyenne, tandis 
qu'Heuzé admet des variations de 17 à 25 grammes, avec une 
movenne de 20 grammes. 

Londet'i) a compté le nombre de grains contenus dans un 
gramme et a trouvé : 

Pour le sarrasin argenté : 69, ce qui fait 14 gr. 49 "1^^ grains. 

— commun : .54, — iH gr. .5i — 

— russe : 46, — 21 gr. 73 — 

En pesant de nombreux lots de i. 000 akènes, j'ai trouvé moi- 
même, pour le sarrasin gris, des variations de 16 gr. 8 à 23 gr. 85, 
avec une moyenne de 20 gr. 82; et, en pesant un à un le même 
nombre de fruits, j'ai obtenu comme extrêmes 7 et 32 m/mgr., avec 
une fréquence maximum de 22 m/mgr. Toutes ces observations 
présentent entre elles des différences appréciables, ce qui peut être 
imputable à des causes très nombreuses et surtout, sans doute, à la 
nature de la variété considérée, et au milieu dans lequel les grains 
ont été obtenus. 

Néanmoins, on voit qu'on peut admettre, sans grande erreur, 
comme poids moyen de i.ooo grains de sarrasin gris argenté : 
22 grammes. 

2. — Sarrasin russe. — J'ai trouve, comme poids de ioocj akènes 
de cette variété, 22 gr. o3. Londet avait compté 46 grains dans 



(1) Londet, Annales agronomiques, Paris 1871, p. 351. 



- :.8 - 

1 gramme, ce qui faisait 21 gr. ~?> comme poids de i.ooc; grains. Le 
poids moyen est donc d'environ 22 grammes. 

3. — Sarrasin japonais d'été. — Les akènes de cette variété 
sont les plus lourds de tous. J'ai trouvé, en effet, comme poids de 
1. 000 grains : 29 gr. 97, 3o, 11, 3o, 47, etc.. Le poids moyen 
atteint donc ordinairement .3o grammes, ce qui ne se rencontre dans 
aucune autre variété. 

4. — Sarrasin japonais d'automne. — Quoique ressemblant 
beaucoup au précédent, ce sarrasin présente des dimensions et un 
poids différents. Les 1.000 akènes ne pèsent, en effet, que 24 gr. 9,^, 
25 grammes, 18; 26, 42, etc..., soit, en moyenne, 25 gr. 5o. 11 
existe, d'ailleurs, d'assez grandes variations selon les échantillons ; 
néamoins, cette variété est toujours une des plus lourdes. 

5. — Sarrasin atlemand. — Au contraire, le sarrasin allemand 
compte parmi les plus légers et j'ai trouvé, comme poids de 
i.ooo akènes 20 gr. 3i. Ses grains, qui ressemblent beaucoup à ceux 
de la variété argentée, sont plus petits; on voit qu'ils sont aussi 
plus légers. 

6. — Sarrasin américain. — Le poids moyen des akènes du 
sarrasin américain est d'environ 20 gr. 12, se rapprochant ainsi 
beaucoup de celui des grains allemands. 

Résumé. — Ainsi, le poids des fruits d'une même espèce varie 
dans de grandes proportions d'une variété à l'autre, passant de 
20 grammes, pour le sarrasin américain, à 3o, pour le sarrasin japo- 
nais d'été. 

Peut-être y aurait-il avantage, pour la pratique agricole, à 
essayer ces races exotiques à grains lourds. 

B. — Fagopyrum tataricum. — Haselhoff donne, comme poids 
de i.ooo akènes de cette espèce: 14 gr. 84 à 20.32, avec une 
moyenne de 17 gr. 41, et Londet trouve qu'un gramme en contient 
59, ce qui fournit, comme poids de i.ooo unités : 16 gr. 90. 

En pesant des lots de i.ooo fruits, j'ai obtenu des variations de 
14 gr. 10 à 21 gr. 80, soit une moyenne de 17 gr. 95. D'autre part, 
des semences sélectionnées pèsent de 18 gr. 85 à 20 gr. o5. 



- r,g - 

En cherchant le poids individuel de i.ooo akènes, j'ai obtenu 
des variations beaucoup plus grandes, allant de 8 m/mgr. à 
25 m/mgr., avec une dominante de i8 m/mgr., représentée par 
i8o individus sur i.ooo. 

Le poids moyen à tirer de toutes ces observations est donc 
assez difficile à fixer. En le représentant par la moyenne arithmé- 
tique des différents chiffres précités, on arrive à celui de 18 gr. 35 
qui doit certainement se rapprocher le plus de la vérité. 

C. Fagopyrum stenocarpa. — Pour cette espèce et la suivante, 
je n'ai trouvé, dans les ouvrages parlant du sarrasin, aucun rensei- 
gnement sur le poids des fruits. 

En suivant la même méthode de pesée, j'ai obtenu, comme 
poids extrêmes, i.S gr. 08 et 24 gr. 40, avec une moyenne de 
19 gr. 24. 

D. Fagopyrum emarginaium. — Le poids global de i.ooo grai- 
nes a varié, dans mes pesées, de 12 gr. 20 à 34 gr. 3o, avec une 
moyenne de 23 gr. 25. En les pesant séparément, un à un, j'ai trouvé, 
comme extrême : 10 et 48 m/mgr., avec une fréquence maximum de 
24 gr. 

Le poids moyen des akènes peut donc être représenté par 
23 gr. 5o. 

Résumé. — En prenant, comme types, les moyennes les plus 
fréquentes, on obtient, pour chaque espèce, les résultats suivants : 



Extrêmes 



/ gris argenté 

l russô 

Fagopyrum escule„tum|i^P»-'^J«t™n; 

allemand 

américain 

Fagopyrum tataricum 

— stenocarpa 

— emarginatum 



8. à 2.Ô, 
13,08 à 24.40 
10, à 48, 



Moyennes 



30, 

25.5 

30;5 

20. 

18,35 

19,25 

23,50 



Tableau HI. 



Poids des Akènes de quatre espèces de Fagopyrum 
(1 000 Akènes — En grammes). 



- 40 - 

Il existe, par conséquent, des différences notables entre ces 
quatre types. Il est d'autant plus légitime d'accorder à ces dissem- 
blances une orig-ine spécitique, que, dans mes pesées, j'ai employé 
des grains récoltes la nicme année et dans les mêmes conditions de 
culture. 

Il est intéressant de remarquer que le Fagopyrun esculentum, 
espèce la plus améliorée et la plus recherchée pour ses grains, 
possède précisément les akènes les plus lourds, malgré leur taille 
qui, elle, n'est pas toujours la plus forte. 

2. — Densité 

Il n'est fait- aucune mention de la densité des akènes de Fago- 
pyritm dans la bibliographie qui le concerne. Nobbe indique seule- 
ment qu'il a employé dans ses essais des semences de Fagopyrum 
tataricum d'une densité de 1,107. 

A vrai dire, je n'ai pas cherché la densité réelle des fruits du 
sarrasin; j'ai préparé des solutions salines (nitrate de soude) de 
densités connues et progressives, et j'ai déterminé la proportion de 
grains immergés et submergés dans chacune d'elles. 

Les bains d'immersion que j'ai utilisés avaient, respectivement, 
une densité de i,o5o, 1,100, i,i5o, 1,200. Dans une première série 
d'essais (A), j'ai employé, tout d'abord, la solution la plus lourde, 
et, après y avoir plongé une quantité connue de grains, j'ai séparé 
ceux qui surnageaient de ceux qui restaient au fond du vase; je les 
ai séchés en les passant à plusieurs reprises dans des feuilles de 
papier buvard, puis je les ai pesés séparément. 

La durée de l'immersion étant très courte — car la séparation 
des akènes est très rapide — les grains n'ont pas le temps de s'im- 
biber de la solution et un séchage superticiel est suffisant ; d'ailleurs, 
les conditions de l'opération étant toujours les mêmes, elles per- 
mettent des comparaisons satisfaisantes. 

Les grains submergeant dans cette première solution à 1.200 
sont ensuite plongés dans le bain suivant à i.i5o, puis, après pesée, 
les nouveaux akènes qui surnagent sont passés, à leur tour, dans le 
troisième bain, à i.ioo, et ainsi de suite. 



- 4t - 

Dans une seconde série d'essais 1 1)1. au lieu d'opérer sur des 
truits précédemment submergés, j'ai employé pour chaque solution 
des grains n'ayant pas encore servi, que j'ai plongés, par lots diffé- 
rents, dans des bains de plus en plus denses. 

Voici les résultats que j'ai obtenus pour les quatre espèces de 
Fagopyriim : 



SERIE A 
Ou grammes 



Faf:^npyrum esculentum . 

— tataricum. . . . 

— stenocarpa . . . 

— emarginatum . 



Grains Immerop:? a 



1.200 1.1 50 1.100 I.O.jO 1.000 



:',,71 

7,0(i 

12,71 

I). (10 



71,:^,o 

OH. (■) ■ 

f)U,70 

4-, HS 



:^.5, 07 
•J9. 27 
27,11 
If., 17 



53, 58 
:^,1,73 



100, .. 
58, 9S 
79, 05 
09,74 



Gr.\i.ns Submergés x 



1 . 200 


1.150 


1.100 


1.050 


9ti, 29 


28, (ii 


0i.9;i 


i6, 42 


92,94 


.36, 38 


70, 73 


(J8, 87 


87.29 


29, 30 


72, 89 


43, .. 


100, „ 


95, 9-J 


.^3, 83 


81,71 



0,00 
41,02 
20,35 
30. 26 



'Iableau IV. — Proportions, 0/0 irramiiies, des Akènes de Fagopyrum surnageant 
dans diverses solutions. 



SERIE B 
0/0 grammes 



Fagopyrum esculentum . . 
■ — tataricum.. . . 

— stenocarpa . . . 

— emarginatum. 





Grai.ns Immergés a 


j Grains 


SUBMERGÉS A 


1.200 

3,71 

7, 06 

12.71 

0, 00 


71,36 

03, 62 

00 7(1 

4; 08 


I.IOOJ 1.050 


i.OOol l 200 


1.150 


1 . 10!» 


1.050 


81,40 
74,26 
71,31 
19,59 


87,86 
8i,i;8 
83, 25 
31,9 


'i 

99. 99 96, 29 
90,84 1 92,94 
88,97 ] S9,29 
70,70,1100, » 


28, 6 i 
36, 38 
39, 30 
95, 92 


18,60 

2.5,7 4 
28. 69 
80.41 


12,14 
15, 42 
16,75 
68,09 



1.000 



0,01 

9,16 

11,03 

29, 30 



T.ABLEAu 4 his. — Proportions, 0/0 grammes, des Akènes de Fagopyrum surnageant 
dans diverses solutions. 



La consultation de ces tableau.x. et particulièrement du dernier, 
est très intéressante : elle montre, entre les grains des quatre 
espèces, des diflérences souvent considérables et parfois même inat- 
tendues, qu'indiquent nettement les graphiques suivants (tig. 16). 
D'une façon générale, et surtout comparativement à ceu.x des autres 
céréales, les akènes de Fagopvnan sont tous très denses et, en 
grande partie, plus lourds que l'eau, puisque, suivant les espèces, 
100 "i^, 90, 88, 70 7o) sont immergés dans ce liquide. 



4^ - 



a) i i.ooo. — Par rapport à l'eau pure, c'est le sarrasin gris qui 
tient la tète; en effet, quelques t^rains seulement y surnagent, soit 
une proportion, à peine appréciable, de quelques milligrammes 

sur loo grammes. Le 
sarrasin-seigle et le 
sarrasin de tartarie se 
rapprochent encore 
par ce caractère — 
comme par beaucoup 
d'autres ; en effet, 
go, 8 "/„ des grains 
pour le tartarie et 
iVd, 9 "/„ pour le sei- 
gle sont immergés 
dans Teau pure ; soit 
près des 9/10. Les 
akènes du sarrasin 
émarginé sont beau- 
coup plus légers car 
les 7/10 seulement 
sont immergés. 

b) à i.o5o. — 
Dans le bain à i.o5o 
de densité , Tordre 
reste le même : sar- 
razin gris, de tatarie, 
seigle, émarginé. 

Pour les trois 

premiers il y a peu 

de différence entre 

la proportion des 

grains immergés à 

1 .000 et à I .o5o. La 

plupart des akènes 

.,, , ,,, , . dépassent encore cet- 

lt5. — Densité des Akènes de quatre ^ 

espèces de Fagopyrum. te densité : 87 "/o 




FiG 



— 4-^ — 

pour le sarrazin gris, f{4,S et l'>?>.2 " ,, pour le tatarie el le sei,ii;ie. 
Mais, pour Fémarginé il en est autrement ; la proportion, qui était 
de 70 " o dans le bain à i.ckk), baisse de plus de moitié et descend 
à 3i ",„. pas môme le tiers du poids total. 

La densité moyenne de cette espèce est donc comprise entre 
I et i.o5o. 

c) à i.ioo. — Dans le bain à i.irxi, on observe encore le même 
classement, et, pour les trois premières espèces, la diminution des 
grains immergés est encore très faible. En effet, on compte, pour le 
sarrasin gris 81 7o de grains immergés, 74 et 71 "'„ pour le tatarie 
et le seigle. Par contre, il n'y en a plus que 19 " '„ pour Temar- 
giné . 

dii i.ijo. — Le même ordre subsiste et il existe encore une 
proportion élevée de grains plus lourds que la solution : 71 "/„ pour 
le sarrazin gris, 6.i pour le tatarie, 60 "/,, pour le seigle. Par contre, 
le sarrasin émarginé se comporte bien différemment, on ne compte 
plus que 4 7„ de grains restant an fond du bain. 

e)ài.2()n. — Enfin à 1.200, tous les grains du /•\7i,T>/>i-r////; 
emarginatum surnagent, tandis quMl en existe encore une certaine 
quantité ci'immergés pour les autres espèces. Mais cette proportion 
n'est plus que très faible et. d'autre part, Tordre de classement 
d'après la densité est modifié. 

C'est, en effet, le Fagopynim stenocarpa qui présente la plus 
grande proportion de grains immergés dans la solution à 1.200, 
soit : 1-2,7 "'01 puis le Fagopynim tatariciirn : 7"',,. et enfin le 
Fagopynim esculen/um : .5,7 "'„• 

La densité moyenne des akènes de ces trois espèces est donc 
comprise entre i.iSo et 1.200, et plus voisine du premier chiffre 
que du second. 

Résumé. — Dans l'ensemble, ce sont les grains du sarrasin gris 
qui sont les plus lourds, puis viennent ceux du sarrasin-seigle et du 
sarrasin de tartarie, dont la densité respective est très voisine, et, 
enfin, ceux du sarrasin émarginé qui sont beaucoup plus légers. 

Ces constatations ont, évidemment, des conséquences pra- 
tiques très importantes, car elles permettent de réaliser une sélection 



— 44 — 

rationnelle des semences de r.io^o/^vnim, i^ràcc i\ laquelle on 
pourra obtenir, et d'une façon très économique, des récoltes 
meilleures et plus abondantes. 

Nous verrons d'ailleurs plus loin l'influence de ce choix des 
semences d'après leur densité, sur leur iiermination, et sur les 
produits qu'elles fournissent. 



D. Pigmentation 

La coloration du ^rain est, comme les caractères précédents, 
assez variable. Cependant dans une même espèce et variété, elle est 
relativement fixe et caractéristique. 

Ainsi le sarrasin «ris amélioré est, comme son nom l'indique, 
gris argenté, le sarrasin seigle est blond, le sarrasin de Tartarie brun 
noirâtre, etc.. 

Mais, si l'on examine attentivement les akènes des Fagopyrum 
csciilfutiim et cmarginatum, on constate, à leur surface, des taches, 
des panachures foncées dans le premier, claires dans le second. 
Tous les grains ne les possèdent pas et la majorité présente, au con- 
traire, une coloration uniforme. 

Ces taches, qui ressemblent à des mouchetures, à des pana- 
chures, de formes et de dimensions variables sont ordinairement 
transversales et disséminées en plus ou moins grand nombre sur les 
trois faces du fruit. J'ai profité des mesures biométriques que j'avais 
entreprises, et qui m'astreignaient à examiner, un à un et au micros- 
cope une grande quantité de grains, pour rechercher le pourcentage 
de ces akènes tachetés. 

Dans le sarrasin gris argenté j'en ai compté près de lo %. 
iqBVoo' répandus indiflféremment sur les gros et les petits grains, 
et dans le sarrasin émarginé, plus de 20 7o- 

Résumé. — Je n'ai pu déterminer la nature de ces taches, et je 
ne leur ai trouvé aucun caractère corrélatif ni aucune importance 
physiologique. 

Semés à part, les grains qui les présentaient germaient normale- 
ment, comme les autres, donnaient naissance à des plantes iden- 



— 4^ — 

tiques, et on ne remarquait aucune particularité dans leur descen- 
dance. 

Ils donnaient naissance, tantôt à des fruits eoalement panachés, 
tantôt à des fruits de teinte uniforme. Le même pied, la même inflo- 
rescence peuvent, d'ailleurs, porter les deux sortes d'akènes, dont 
la répartition ne semble obéir à aucune règle précise. Il se pourrait 
pourtant que ce caractère soit susceptible de s'accentuer par sélec- 
tion continue, et il y aurait la des recherches biomctriques intéres- 
santes à entreprendre. 



2° CARACTERES DE LA GRAINE 

Si, au lieu d'examiner le fruit de Fj^opyruin. on observe la 
graine elle-même, on constate encore, entre chaque espèce, de^ 
différences, qui, pour être beaucoup moins sensibles que celles 
existant dans les akènes, n'en sont pas moins appréciables. 

La décortication, assez facile pour les Fagopyrum escu/cntum 
et emarginatum, l'est beaucoup moins pour les deux autres espèces 
étudiées; mais, malgré les difficultés qu'elle présente, on peut 
néanmoins arriver à obtenir des graines intactes. 

Les figures 17, 18, ig et 20 représentent les graines des quatre 
espèces de Fagupyrum, vues sur leurs trois faces. J'ai examiné 
spécialement la forme, les dimensions et le poicis de ces graines. 



A. — Forme 

La forme des graines se rapproche toujours, plus ou moins, de 
celle des akènes dont elles font partie et qui leur empruntent géné- 
ralement leurs contours. Elle devra donc varier selon les espèces 
considérées. 

A. — Fagopyrum esculentlm. — /. — Sarrasin gris argenté. 
— Les graines ont une coloration jaune verdàtre ou crème, avec, 
parfois, des lavures vertes qui sont dues à la présence de la chloro- 
phylle dans les cotylédons sous-jacents; en effet, lorsqu'on en fait 



- 46 



ralcool. celui-ci dissout cette 



macérer un certain nombre Jan; 
matière colorante et devient vert. 

La forme est assez régulière. Le sommet, plus foncé, très 
acuminc, présente une sorte de bec plus ou moins allongé. C'est à 
cette pointe, correspondante à celle de l'akène, que se trouve la 
radicule. 




Graines décortiquées de Fago- 
pynira esculentum. 



La graine, élargie à la base, présente des arêtes comme le 
fruit, mais elles sont beaucoup plus atténuées et parfois même elles 
disparaissent : la graine, alors, n'est presque plus trigone, mais on 
y reconnaît pourtant encore trois faces. Sur chacune de celles-ci se 
trouve un sillon peu profond, réunissant le sommet à la base, et 
correspondant à la nervure de la feuille séminale. Les faces de la 
graine sont légèrement convexes (Hg. 17) : la base est large, aplatie, 
relativement triangulaire, elle présente une coloration d'un brun 
rouge, tranchant nettement sur la teinte crème générale, et due 
vraisemblablement au contact du péricarpe coloré. En son milieu 
se trouve la cicatrice du hile ; c'est à cette tache, également brune 
et généralement circulaire, qu'aboutissent les trois arêtes laté- 
rales. 



— 47 — 

2. Sarrasin américain. — Les graines de cette variété sont 
beaucoup plus volumineuses que les précédentes; elles présentent, 
en outre, une coloration plus foncée, rouge orangé. 

Les arêtes sont bien marquées et les sillons latéraux très nets. 
Les faces sont plus triangulaires et plus plates (fig. 17. ) 

?>. Sarrasin allemand. — De dimensions plus réduites, ces 
graines sont aussi plus globuleuses, d'une coloration intermédiaire 
entre celle du sarrasin américain et du gris. Les arêtes sont très 
atténuées et les sillons à peine visibles. Les taces sont plus con- 
vexes, en même temps que la base est plus étroite, à bords beau- 
coup plus arrondis (fig. 17.) 

4. Sarrasin russe. — Les graines de cette variété ressemblent 
à celles du sarrasin argenté, mais elles sont plus volumineuses, plus 
renflées dans leur partie inférieure ; les sillons et les arêtes sont 
assez bien marqués; la coloration est plus foncée. 

5. Sarrasin japonais d'été.— La forme de ces graines est régu- 
lière, les dimensions en sont élevées, la coloration roussàtre; la 
base en est élargie. L'aspect général rappelle celui du sarrasin amé- 
ricain. 

6. Sarrasin japonais d'automne.— Les graines de cette variété 
sont plus petites que les précédentes, elles sont également d'un 
jaune foncé, acuminées au sommet et larges à la base; celle-ci pré' 
sente des bords mousses et arrondis. 

B. — Fagopyrum emarciINatum. — Les graines de cette espèce 
sont assez bien caractérisées. Elles sont beaucoup plus volumi- 
neuses que celles du Fagopyrum esculentum \ leur longueur est à 
peu près la même, mais leur largeur est bien plus grande. La colo- 
ration en est également diff"érente ; au lieu d'être pâle et vcrdàtre, 
elle devient jaune roussàtre. 

On trouve ici trois arêtes saillantes, nettes, délimitant, de ce 
fait, trois faces bien distinctes et plus plates que dans l'espèce 
précédente. 

La graine est courte, large, et souvent très acuminée, et à base 
triangulaire, relativement étroite. Par suite de Tamincissement du 



sommet et de la hase, et, aussi de relargissement de la partie 
médiane, les arêtes sont droites, jusque vers leur tiers inférieur, 
mais deviennent courbes ensuite. 

Chaque face, considérée isolément, est nettement trian^'-u- 
laire, mais les angles inférieurs et la base de ce triani^le sont 
arrondis (tig. i8). 




FiG. 18. — Graines décortiquées de Fagopyrum emarginatum. 

La base du grain est rougeàtre et porte également en son centre 
la cicatrice arrondie du hile. 

Enfin, on voit également les sillons latéraux ou nervures sémi- 
nales. 



C. — Fagopyrum tataricum. — Dans le Fagopynim tataricum 
la graine, sauf le long des arêtes, remplit presque toute la cavité du 
péricarpe, auquel elle est presque adhérente, ce qui rend la décor- 
tication très difficile. 

La forme de la graine est différente de celle des deux espèces 
précédentes. Elle est plus allongée et les arêtes ont, pour ainsi dire, 
tout à fait disparu. 

La coloration rappelle celle du sarrasin émarginé, elle est éga- 
lement jaunâtre, mais plus rousse et souvent plus foncée. De plus, 
son tégument est panaché; il présente en petit nombre des espaces 
incolores et des espaces verdàtres, nettement délimités et de sur- 
faces équivalentes. 

Le sommet de la graine est très allongé et acuminé, formant 
fréquemment une pointe très nette ; mais, la partie médiane de la 
graine étant beaucoup moins large que dans les espèces précé- 
dentes, il s'en suit que la configuration générale est différente ; de 



— 49 — 

plus, comme les arêtes ont le plus S(juvent disparu, les faces sont, 
dans certains cas, peu différenciées. Dans leur ensemble, elles sont 
à peu près triangulaires, bien que leurs bords soient rarement recti- 
lignes, mais sinueux; elles sont le plus souvent plates, rarement 
convexes, et elles présentent, en leur milieu, le sillon longitudinal 
de la nervure du tégument séminal (dg. 19). 




FiG. 19. — Graines décortiquées de Fagopyruin tatarlcum. 

Comme dans l'akène, la base — plus large et moins convexe 
que dans les espèces précédentes — est formée de trois renflements 
accolés ; elle est, aussi, colorée et porte, en son centre, la cicatrice 
du hile et, parfois, un très court pédoncule. 

D. — Fagopyrum Stexocarpa. — Les graines du Fagopyrum 
sfenocarpa ressemblent beaucoup à celles du Fagof^ynim tataricum^ 
et plus encore que les akènes de ces deux espèces ne se ressemblent 
entre eux. 

Elles sont également allongées, sans arêtes latérales, à faces 
vaguement triangulaires, à base peu convexe, à pigmentation verte, 
etc.. Mais on trouve cependant dans le sarrasin-seigle quelques 
particularités. C'est ainsi que la teinte est plus claire, l'extrémité 
supérieure plus allongée, plus brune ; la base surt(jut, est moins 
aplatie (fig. 20). 




FiG. 20. 

Graioes décortiquées du 
Fagop\rum stenocarpa. 



— 5o- 

Les bords des faces latérales sont plus réguliers, moins 
sinueux, la pig-nientation est plus fréquente, la graine plus longue et 
plus étroite. 

Mais on distingue aussi sur la base trois renflements sphériques, 
et au centre, la cicatrice du hile. 

Résumé. — S'il existe, entre la forme des akènes des quatre 
espèces de Fagupynim, des diflférences très nettes, permettant 
aisément leur distinction, on voit qu1l en est de même pour leurs 
graines, bien, qu'ici, ces différences soitnt atténuées, particulière- 
ment en ce qui concerne les Fagopyrum tataricum et stenocarpa 



B. Dimensions 

La graine ne remplit presque jamais la cavité pericarpique de 
l'akène ; il s'en suit qu'il peut y avoir entre les dimensions de ces 
deux éléments, de très grandes différences, et que celles de la graine 
ne sont pas toujours en rapport avec celles de l'akène qui la ren- 
ferme. 

De plus, la taille des graines est variable selon les espèces. 

Aussi j'ai décortiqné et mesuré au microscope, dans le sens 
longitudinal et le sens transversal, loo graines des quatre espèces 
de Fagopyrum étudiées. 

A. — Fac.oi'Yru.m esculentu.m. — ■ 1. Sarrasin gris argenté. — 
Les longueurs extrêmes atteignent 3,„/"' 25 et 5 '"/"\ avec, comme 
plus grande fréquence 4 ""/'" ; les largeurs extrêmes sont 2 '"/'" et 
.3'"/'" 25 avec, comme plus grande fréquence : 2 '"/'", 5. Les dimen- 
sions dominantes sont 4 7'" x 2,5. Or, celles de l'akène étaient : 
5 "7"' X 3,3, avec des extrêmes de 3,5 X 7 pour la longueur, et 
2 X 5,25 pour la largeur. 

2. Sarrasin américain. — Les graines de cette variété sont 
beaucoup plus volumineuses que celles du sarrasin gris. En effet, 
les longueurs extrêmes atteignent 4 "7"' et 6,25 et les largeurs : 3 et 
4 "7"' 75, au lieu de 3,25 à 5 et 2 à 3,25. Les dimensions dominantes 
sont 4 X 5,25. 



.). Sjrrasin allemand. — Par contre, le sarrasin allemand se 
rapproche par sa taille, comme par sa forme, du sarrasin ariienté. 
Les longueurs extrêmes oscillent de 3 "V"'25 à 5,25 et les largeursde 
2 '" "" 25 à 3,75. Les dimensions les plus fréquentes sont 3 X 4,25. 

4. Sarrasin russe. — Ces graines ont une taille plus élevée, la 
longueur varie entre 4 et 6"'/'" et la largeur entre 3 et 5 '"/'"• 

Les dominantes sont 3,5 x 5. 

5. Sarrasin japonais d'ete. — Les dimensions des graines de cette 
variété se rapprochent de celles de la précédente. 

Les longueurs extrêmes atteignent : 3 et 5 "V" ^'' l»^» largeurs : 

2 et 3,75, les dominantes étant 3 x 5. 

La graine est donc aussi longue mais plus étroite. 

6. Sarrasin Japonais d'automne. — Ici, au contraire, les graines 
sont plus courtes et plus larges. En effet, la longueur varie entre 

3 ■"/'" 5 et 5,5 et la largeur entre 2 'T et 4,25 ; mais les dimensions 
les plus fréquentes sont 3.5 x 4 au lieu de 3 x 5 . 

Comme on le voit, il existe entre les dimensions des graines de' 
ces variétés des différences sensibles, mais elles ne sont pas tou- 
jours du même ordre que celles que Ton avait constatées dans leurs 
akènes. 

B. — F^AdOPYRUM EMARoiNATUM. — Les dimeusious des graines 
atteignent : pour la longueur : 3,25 et 5 '" "\ avec une dominante 
de 4 '" '" ; pour la largeur : 2,5 et 4 '"'"', avec une dominante 
de 3 "\ '" 25. 

La taille la plus fréquente est celle de 4 X 3,25, tandis que 
celle de l'akène était de : 5,5 x 4, avec des extrêmes de 4, 25 et 7.5 
pour la longueur, et 3 et 6,5 pour la largeur. 

C — P\\GOPYRL'.\i TATARicL'M. — La lougeur des graines varie entre 
3 et 4 '"/'", avec une fréquence maximum de 3.75 et 4 ; et la largeur 
entre 2 et 3 '"/'", avec une fréquence maximum de 2,5 et 2,75. 
Les formes dominantes sont : 3,75 x 2,5 et 

4, X 2,75 
Celles des akènes étaient : 4,5 X 3, avec des extrêmes de 3,5 à 
•5,25 pour la longueur, et 2,25 à 5 pour la largeur. 



— 52 — 

D. — Fagopyrumstenocarpa. — La longueur atteint 3,5 à 5 '"/"', 
avec, comme plus grandes fréquences, 4 et 4,25; et la largeur : 2 à 
3 '"/'", avec, comme plus grandes fréquences, 2,5 et 2.75. 

Les dominantes sont : 4,25 X 2,5. 
4X 2,5. 

Celles des akènes étaient : 4,5 X 2,5, avec des extrêmes de 4 à 
5,75 pour la longueur, et 2 à 3 pour la largeur. 

Résumé. — Si Ton rapproche, dans un même tableau (tableau 5) 
les dimensions extrêmes et dominantes des graines et des akènes des 
quatre espèces de Fagopyrum étudiées, on se rend un compte 
beaucoup plus exact des différences qui les rapprochent ou les sé- 
parent. 

On voit ainsi que les graines de Fagopyrum tataricum sont les 
moins longues, mais elles ne sont pas les moins larges, que celles 
des trois autres espèces ont, ordinairement des longueurs voisines, 
mais que celles du Fagopyrum emarginatum sont beaucoup plus 
larges. 



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On remarque aussi que les sarrasins russe et américain se rap- 
proclîent beaucoup du sarrasin emari4inL\ 

Le type cie chaque catéi>orie pourrait être défini par la formule 
suivante, exprimant, en millimètres, les longueurs et les largeurs les 
plus fréquentes. 

Fagopyrum esculentum : 4 x 2,5. 

Fagopyrum tataricum : .1,75 X 2,7.5. 

Fagopyrum stenocarpa : 4X 2,5. 

Fagopyrum emarginatum : 4 X 3,25. 

On voit également que les dimensions des graines s'éloignent 
parfois beaucoup de celles des akènes, ce qui indique l'existence 
d'un espace plus ou moins grand entre les graines et les parois de 
l'akène. 

Cet espace très faible dans le Fagopyrum stenucarpa (b), aug- 
mente dans le Fagopyrum tataricum ,d), poui; devenir plus impor- 
tant dans le Fagopyrum esculentum (ai, et beaucoup plus grand en- 
core iC) dans le Fagopyi um emarginatum. (I^'ig. 21 1. 




Tous les dessins des 

Akènes e de^ 

Graines ont été pris 

à la obanibre flaire 

et au 

grossissement 

de 5,5 




Ç D 

FiG. 21. — Akènes de Fagopyrum, avec leurs graines en place : 

A. — Fagopyrum esculentum. 1 C. — Fagopyrum emarginatum. 

B. — Fagopyrum stenocarpa. | D. — Fagopyrum tataricum. 



Poids 



La graine est entourée par un tégument péricarpique plus ou 
moins important, selon les espèces et les variétés considérées. Il s'en 
suit que son poids, dans un lot donné, peut être très différent de 
celui de l'akène. Or, comme, en définitive, la graine cons- 
titue la partie réellement utile du fruit, il était intéressant d'es- 
sayer de déterminer son poids. 

A. — Fagopyrum esculextum. — / . S.Trrjsi!i aris arçrenté. — 
i.ooo graines de sarrasin gris argenté pèsent en movenne, i6 gr.90. 

2. iSarrasin allemand. — Le poids de r.ooo graines de sarrasin 
allemand est d'environ 16 gr. 10. 

3 . Sarrasin américain. :zz i .rxjo gvàines de cette variété atteio-nent 
le poids de 24 grammes. 

4. Sarrasin russe. — Le poids du même nombre d'akènes 
débarrassés de leurs enveloppes est, en movenne, de i5 gr. go. 

.T. Sarrasin Japonais d'été. — i.ooo graines de sarrasin japo- 
nais d'été pèsent environ 24 grammes. 

6. Sarrasin japonais d'automne. — Le poids de i. 000 graines 
de cette variété est de 20 gr. go. 

Le poids moyen des graines est donc très différent selon les 
races considérées, puisqu'il varie de i5,go à 24 grammes. 

B. - Fagopyrum TATARicuM. — i.ooograines de cette espèce 
ne pèsent, en moyenne, que i.3 gr. g5, beaucoup moins, par consé- 
quent, que celles du Fagopyrum csculentum. 

C. — Fagopyrum stexocarpa. — Le poids de i.ôoo graines 
n'atteint que i,3 gr. 60. 

D. - Fagopyrum emargixatum. — i.ooo graines pèsent, envi- 
ron 17 gr. 60. On remarque de suite, la grande différence qui existe 
entre ce poids et celui des fruits correspondants. 

Résumé. ~ Si l'on compare le poids des graines des principau.x 



- 56 - 

types examines, on constate, tout d'abord, entre eux, des différences 
spécifiques très sensibles; puis, en second lieu la divergence qui 
existe fréquemment entre ce poids et celui des fruits du même 
échantillon. Cette diveri^ence. comme nous le verrons plus loin, est 
en rapport avec Timportance plus ou moins a^rande des enveloppes, 
qui varie ég-alement avec Tespèce ou la variété considérée. 



3° ENVELOPPES Tégument péricarpiquei 

Les enveloppes du g-rain. ou tégument péricarpique, formées 
par les trois feuilles carpellaires soudées, tiennent une place impor- 
tante dans la constitution de Takène. C'est elles qui lui donnent son 
aspect extérieur, ses dimensions, sa coloration, etc., ainsi qu'une 
partie de son poids. Par leur structure et leur composition elles 
influent sur ia valeur intrinsèque et le rendement en matières utiles 
du grain. 

Leur proportion varie avec les espèces et les variétés, ainsi 
qu'avec les conditions de culture. Elle a été déterminée, pour deux 
espèces seulement, par un certain nombre d'auteurs qui sont, d'ail- 
leurs, arrivés à des résultats très différents. 

A.— Fagopyrum EscuLEXTrM.— /, — Sarrsisiii orris aro-cntc. — 
D'après Bibra, les écales ou enveloppes représentent 40 à 4.1 "/o du 
poids du grain entier, elles n'atteignent que 19 à 21 "/o d'après 
Balland. 20 7o d'après O'Kellner, 25 cà 26 "/o d'après Haselhoft\ 
28 7o pour d'autres, etc . . . 

Ces grandes diff'érences doivent tenir, vraisemblablement, et en 
dehors de la nature particulière de chaque échantillon, à ce que les 
observateurs précités ont cherché les écales dans le son débarrasse 
plus ou moins complètement de la farine adhérente et, par suite, à la 
proportion plus ou moins élevée de celle-ci restée sur les envelop- 
pes. Pour obtenir des résultats précis il est absolument nécessaire 
de décortiquer les grains à la main et d'opérer sur un grand nombre 
d'échantillons. 



En opérant ainsi j'ai trouve pour cette variété 20 "/„ d'enve- 
loppes en moyenne. 

2. — Sarrasin russe. — Pour cette variété, comme pour les 
suivantes, la détermination du rapport des écales à la L^raine n'a pas 
été faite. J'ai trouvé que la proportion des enveloppes était d'envi- 
ron 27,70 %. 

.). — Sarrasin allemand. - Le poids du tégument péricarpi- 
que, dans cette variété, est. en moyenne ; 21,40°/,, de celui de 
l'akène. 

4. — Sarrasin atnérieain. — La proportion des enveloppes est 
d'environ 197..- 

5. — Sarrazin japonSiis d'eie. — F311e atteint 20"'" dans cette 
variété. 

6. — Sarrasin japonais d'automne. — Le rapport des écales 
au grain ne dépasse guère i<'"'„ dans le sarrasin japonais d'automne. 

L'importance pondérale du tégument péricarpique varie, comme 
on le voit, dans de grandes limites, pour une même espèce, selon 
les variétés considérées, allant de i.S a 27,7"',, du poids du grain. 

Si on représente cette proportion des enveloppes pour l'espèce 
entière, en prenant la moyenne de celle constatée dans chaque ya- 
riété, on arrive au chiffre de 21, .55 "/„, qui se rapproche de ceux 
obtenus par plusieurs expérimentateurs fBalland, O'Kellner, etc.. 1. 

B. — Fagopyru.m tataricu.m. — Dans cette espèce les enve- 
loppes atteignent, en moyenne, une proportion de 24 à 25" o. 

C. — Fa(iOpyrl"m stknocarpa. — Le poids du tégument péri- 
carpique atteint, dans le. Fagopyrum stenocarpa. environ .V)'„ de 
celui de l'akène. 

D. -- Fagopvrim EMARfiiNATi'M. — Le poids des écales est 
d'environ 25 à 26%, dans les grains de cette espèce. 

Résumé. — Le poids de la graine debarassée de ses enveloppes, 
ordinairement inutiles, et la proportion de celles-ci. constituent une 
connaissance précieuse pour la pratique agricole, puisque, en 



58 



somme, le i^rain recherche par la culture, n'a de valeur que par les 
matières alimentaires qu'il reni'erme. 

En mettant en regard i Tableau 61 le poids moyen des akènes, 
des graines et des enveloppes, dans les espèces et variétés exami" 
nées, on se rendra un compte plus exact des différences qui les 
séparent et, en même temps, de la valeur intrinsèque de chacune 
d'elles. 



Poids moykn diî 
l'akène la graine 



Fa^ropyrum 
esculentum . 



gris argenté 

russe 

allemand 

américain 

/ japonais d'été 

\ — d'automne. 
Fagopyrum tataricum 

— stenocarpa 

— emarginatum 



20,5 

2<.),6 

30 

25,5 

18,35 

li),L'5 

23, 50 



16,9 
15,9 
16,1 



20,9 
13,95 
13 60 
17,40 



Enveloppes 

0/0 



23, 

27,7 

21,4 

19, 

20, 

18, 

25, 

30, 

26, 



T.\BLF.Au VI. — Poids moyen des Akènes et des graines, et proportion des 
enveloppes dans dilférentes espèces et variétés de Fagopyrum. 

On remarque ainsi que ce sont les sarrasins américain et Japo- 
nais qui possèdent les graines les plus volumineuses et les plus 
lourdes, en même temps, que la proportion la plus faible d'enve- 
loppes. Par ces qualités, ces variétés doivent se recommander à 
l'attention des cultivateurs. 



6^< 



— .19 



II. — Etude bioiîictriquc des Al^èpes 



L"étude hiométrique d'une plante ou de l'un de ses organes, en 
imposant l'examen minutieux et suivi d'un ou plusieurs caractères, 
fournit la possibilité d'en connaître la valeur exacte en même temps 
que sa Hxité, absolue ou relative, et. par suite, d'en suivre la varia- 
tion et l'hérédité. 

Ses cnseig;nements sont donc précieux a plus d'un titre et sus- 
ceptibles de recevoir d'utiles applications. 

C'est pourquoi, il y a quelques années, Je me suis proposé 
d'étudier, par cette méthode, les fruits de quelques espèces et 
variétés de Fagopyrum (i). 

Puis, partant de ce fait que des variations dans la nutrition ont 
des retentissements profonds dans la .structure des végétaux qui en 
sont l'objet, j'ai eti'ectué des mesures biometriques sur les grains 
de divers Fagopyrum soumis à une alimentation différente. 

Enfin j'ai appliqué la même méthode à l'étude de la descen- 
dance de ces premières semences. 

Espèces et variétés étudiées 

J'ai ainsi examiné 4 espèces du genre Fagopyrum : 
Le Fagopyrum cscu/eiilum ou sarrasin f)rdinaire. 

— cmarginatum — emargine. 

— tataricum — de Tartarie. 

— stcnocarpa — seig-le. 



(i) Congrès des Sociétés Savantes, Rennes, 1909. 



— 6o 



cultivées dans le même champ (i) dans des conditions aussi identi- 
ques que possible. 

Quant aux variétés indigènes de ces espèces, elles sont rares 
et très mal délinies, môme dans les régions où la culture du Sarra- 
sin est importante. On ne connaît guère que le sarrasin dit commun, 
le gris argenté, le breton, le petit prussien. Encore est-il difticile de 
se les procurer et elles disparaissent de plus en plus pour faire 
place exclusivement au sarrasin argenté, qui est plus amélioré. 

C'est pour cette raison, que, en dehors de celle-ci, j'ai étudié 
de préférence, des variétés étrangères du Faoopynim cscuh-ntiim. 

Je les ai désignées, d'après leur origine, sous le nom de 
sarrasin russe, allemand, américain. Japonais d'été et japonais 
d'automne. 

Méthode 



J'ai détermine successivement lesdimensionslineairesdesakènes 
(longueur et largeur), leur surface i produit de ces deux dimensions) 
et leur poids, en opérant sur i.ooo grains bien conformés, prélevés 
dans les lots d'après la méthode des stations d'essais de semences 
et représentant bien un échantillon moyen. 

La chambre claire du microscope projetait leur image, grossie 
20 fois (lig. 22), sur une feuille de papier divisée en carrés de .5 m/m 
de côté, réunis eux-mêmes, par des traits colo- 
riés, en carrés de 25 m/ m, et ceux-ci en carrés 
de So mm. Grâce à ce quadrillage les dimen- 
sions m'étaient facilement et immédiatement 
fournies, la longueur par le nombre de carrés 
couverts dans le sens longitudinal, la largeur 
par celui des carrés couverts dans le sens trans- 
versal, et la surface par le nombre total des 

carres cachés par les akènes. 
Fia 22. — Mensu- ^^ '^ , • j. . , 

ration d'un akèae Pour compter les grains d après leur taule 



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(i) En 1908, à l'Ecole Nationale d'Agriculture de Renn 



— 6i — 

et pour les conserver, séparés, en vue d'un semis ultérieur, je les 
ai répartis, au fur et à mesure de leur mensuration, dans de petites 
boîtes correspondant chacune à une dimension déterminée. Pour la 
facilité du calcul et du langage, j'ai exprimé les dimensions attein- 
tes en nombre de carrés couverts et non en parties de millimètres. 
'Par exemple, un fruit recouvrant, dans sa longueur, 20 petits 
carrés de 5 nrm de côté, et 12 dans largeur, était catalogué 
20 X 12. 

Puis, à Taide des chi tires obtenus, j'ai tracé, pour chaque 
espèce ou variété, le polygone de variation, en portant, en abcis- 
ses, les dimensions ou variantes et, en ordonnées, le nombre de 
grains ressortissant à chacune d'elles, c'est-à-dire les fréquences. 

Le grossissement employé étant égal à 20 et les carrés ayant 
5 m/m de côté, il suffît, pour obtenir les dimensions réelles des 
akènes, de diviser les chifires conventionnels qui les expriment 
par 4. Ainsi un grain désigné par la formule 20 X 12 aura, comme 

mesures réelles, — =5 m m de longueur et— := 3 m 'm de laraeur, 
4 - 4 ■ 

T- • - 2I_ ,, _1.5^ 

Ln gram 21X13 aura— — d m;m de longueur 2d et — = 3 m m 70 

4 ' 4 

de largeur. 

Surface. — Avant de déterminer la surface des akènes et de 
rechercher ses variations, j'ai tenu à m'assurer si les trois faces d'un 
même grain étaient semblables ou présentaient, entre elles, des 
différences sensibles. Pour cela, j'ai 'marqué à l'encre rouge et 
verte, deux des faces, la troisième restant indemne, et je les ai 
mesurées dans les deux sens, sur une cinquantaine de fruits dans 
chaque espèce. Les figures 2, 8, 1 1, 14, représentent un grain de ces 
quatre types, vu sur les trois faces. 

En laissant naturellement de côté les akènes anormaux, je n'ai 
trouve que très peu de dift^erences entre chacune d'elles ; évidem- 
ment, elles ne sont pas identiques, surtout quant à leur forme, mais 
s'il existe dans leur dimensions des nuances parfois perceptibles, 
elles sont rarement susceptibles d'être évaluées avec une approxi- 
mation suffisante. 



— 02 — 

Ceci étant établi, les valeurs des surface sont été obtenues par le 
produit des deux dimensions linéaires (longueur et largeur) précé- 
demment obtenues ; puis elles ont été rassemblées, pour permettre 
le tracé des graphiques, en classes de dizaines. 

Aussi, des grains mesurant 
14 X 12, ont une suface de 168, ramenée à 170, ou 17 dizaines. 
i6x 12, — 192, — 190, ou 19 — 

17X11, - T<v, — 190, ou 19 — 

Poids. - Enfin, pour obtenir le poids des akènes, J'ai pesé, un 
à un. à l'aide d'une balance de précision sensible au dixième de 
milligramme, T. 000 grains de Fagopyum esctilciitmii de F.%gopy- 
riim cmarginatum, et de Fagopyrum tataricum. 

C'est là une tâche longue, délicate et quelque peu fastidieuse, 
mais qui pouvait fournir d'intéressantes indications. 

Les résultats de toutes ces mensurations sont consignés dans des 
tableaux individuels, parliculiers à chaque catégorie examinée, et 
dans des tableaux récapitulatifs A. B.C. ainsi que dans les graphi- 
ques représentatifs de chaque espèce et variété. Pour chacune, 
d'elles nous examinerons successivement les variations constatées : 
1° Dans la longueur ; 
2" Dans la largeur ; 
.3" Dans la surface : 
4" Dans le poids des akènes. 

L'ordre adopté sera le suivant : 

I. — Espèces et variétés. 

II. — Influence de l'alimentation minérale. 

III. — Akènes de deuxième génération. 



I. ESPECES ET VARIETES 

1" Variations de la longueur 
A. — Fagopyrum esculentum 
a) Sarrasin gris argenté. — Si l'on examine le tableau i du 
Fagopyrum esculentum, var. gris argenté (grisn° i) on voit que les 



— 63 — 

akènes ont des dimensions très variables, allant presque du simple 
au double, exactement de 14 à 25 (3 m,m 5 à 6 mm 20). 

En partant de ces deux extrêmes, onarrive/>r(;a'''c.s\sn'c'//ic*/?/aune 
forme moyenne correspondant à la dimension 20 (5 mm), à peu près 
également distante des deux limites ; on y accède, dans les 
deux sens, par une transition ménagée, sans sauts brusques et sans 
lacunes, puisqu'on part de 14 avec i grain pour passer à ir> 
avec 4, puis à 16 avec n. 17 avec 3i. i!! avec i2('i. 19 a\cc 171. 
20 avec 325, et pour redescendre à 21 avec ïu~ grains, 22 avec 1 16. 
23 avec 20, 24 avec 11, 25 avec i . 

Cette variété est donc régulière, homogène, et c'est ce qu'indi- 
que nettement la courbe qui la représente et au besoin la définit 
fig. 23;. En effet, après un coude un peu bref, mais n'aft'ectant qu'un 
nombre insigniiiant d'akènes, elle s'éljve et se continue uniformé- 
ment pour présenter un sommet unique et très accuse, et redes- 
cendre avec la même régularité. 

L'on a affaire ici, par conséquent, à un polygone de variation, 
dit unomial, c'est-à-dire à un seul sommet, indice probable d'une 
race pure et déjà bien fixée. 

J'ai, en outre, calculé et tracé la courbe (i) théorique de cette 
variété 'hg. 23) au moyen des formules : 



A- = déviation de la moyenne. 

Y zn fréquence correspondante. 

7 = indice de variabilité. 

.4 = moyenne. 

n = somme des fréquences. 

r" 1=: fréquence maximum. 

On peut voir que, dans son ensemble, elle coïncide avec la 
courbe pratique précédemment dehnie. 



(1) Chodat, Principe de Botanique-, Genève, 1907. 



-64- 



h) Sarrasin russe. — La long*iieur varie de i8 à 28 (4 m/m 5 à 
7 m/m) au lieu de 14 à 25 3, 5 à 6,25; dans la variété argentée, avec 
prédominance du type 22 (5 m/m 5o) mais, si on examine le polygone 
de variation (tig. 25) on voit qu'il présente deux sommets, corres- 
pondant aux modules 20 et 22. Partant de 18 avec 6 grains seule- 
ment, il s'élève régulièrement jusqu'à 20 avec 166, pour redescendre 




Courbe pratique Courbe théorique 

Ficj 23. — Courbe théorique et pratique des variations de longueur du 
grain daus le Fagopyrum esculentum. 



— 65 — 

a 21 (avec 48J et remonter ensuite et déliiiitivement a 22 avec 267. 
Entre les deux longueurs 20 et 22, il existe donc un fléchissement 
très accusé de la courbe. D"âutre part 5i "/, des grains ont des 
dimensions supérieures à la moyenne (22 = 5 m m5o) et 21 " „ des 
dimensions plus faibles. 



Î.^XL 



^éa^ 




\^ ife' n' f5' 1^' $jû' ^< I u I i^ ' ^M I i-j^ ,^' io' iA ^u ' ii ' 'H -^^ ■* '7 ' ^-i 



FiG. 24 et 2ô — Variations de la longueur des Akènes du 
Fagopyrum esculenlum. 



- 66 — 

Cl >S.in\Tsifi allemand. La longueur des airains présente moins 
d'écarts que dans la variété argentée puisqu'elle est comprise seule- 
ment entre i5 et 21 i3 m 'm -5 à 5,25) et leurs variations sont, elles- 
mêmes, très régulières. On trouve, en effet de chaque coté du som- 
met, qui ne correspond ici qu'au module 18, (4 m m 5) au lieu de 20 
dans le sarrasin argenté, trois variantes de valeur à peu près iden- 
tique, deux à deux. 

17 avec 164 grains et uj avec 177 

16. . . . 121 20. ... 121 

'■^•••/ 44 21.... .3.3 

De ce t'ait, l'cjn a une courbe très dr()itc, très resserrée iHg. 241 
et tout à fait caractéristique, qui semble indiquer une variété bien 
homogène, bien stable, n'ayant même pas montré d'affolement par 
un milieu nouveau et une culture différente. 

Sur i.ooo grains, .352 ont une longueur de 4 m 'm 5, .329 sont 
plus grands et .319 plus petits, epars uniformément de chaque côté 
de la ligne médiane, montrant ainsi une très grande régularité dans 
le type et dans la variation. 

d) Sarrasin américain. ■ Le sarrasin américain ressemble éga- 
lement à la variété indigène, mais avec des dimensions plus fortes, 
puisqu'elles varient de 18 à 26 14 m/m 5 à 6 mm 5j et avec un 
maximum de 22 (5 mm 5o) et un autre de 24 (6 m/m). 

La forme et la coloration des grains semblent donc rapprocher 
seules ces deux sortes qui se différencient nettement par ailleurs 
(fig. 6). 

La courbe (lig. 25) présente deux sommets comme dans le sar- 
rasin russe, un correspondant à 22 (5 m m 5) avec 21, 3 grains, et un 
autre à 24 (6 m/m) avec 166. Entre eux deux, à la largeur 21, elle 
subit une dépression peu profonde : 147 grains. 

21 "/o des akènes sont plus petits que la première dominante et 
36 °/o sont plus grands qu'elle ; parmi eux 10 °/o sont d'une taille su- 
périeure à la seconde dominante. 

e) Sarrasin japonais. — J'ai reçu du Japon sous les noms de 
Natsu soba et aki soba, deux variétés de Fagoprrum, le sarrasin 



d"etë et le sarrasin d"automn3. Lnirs forains, a tous deux, sont bruns, 
volumineux, nettement trioones iig. ~\ à péricarpe non rempli. 

Les dimensions des fruits de chaque sorte sont assez variables 
et, par suite, donnent naissance à des polygones titruratifs d "allure 
différente. 

Le sarrasin Japonais d'automne, plus grand que l'autre, pos- 
sède des akènes dont les dimensions passent de 17 32414 m- m 25 à 6i 
avec deux dominantes : 19 14 mm 75) avec une fréquence de .35 "/o. 
et 21 i5 mm 25' avec une fréquence de 22 " \,. 

Ces deux formes représentent donc à elles seules plus de la 
moitié des grains i58° „) : elles sont séparées par la forme intermé- 
diaire 21, qui en comprend 14"',,. Sur les 276 fruits restants. lo" ,, 
sont plus grands que la plus f<jrte dominante, et 9 " \, sont plus 
plus petits que la plus faible. 

On voit que le type caractéristique de la variété correspond a 
la longueur 19 (4 m/m 751 qui constitue, dans la courbe, un premier 
sommet très accusé itig. 241. 

Dans le sarrasin japonais d'été les akènes sont plus petits : 
leurs dimensions extrêmes atteignent en effet i5 et 2.3 '3 m 'm 75 et 
5,751 au lieu de 17 et 24. 

La courbe des variations itig. 241 présente- encore deux som- 
mets, un premier représenté par la longueur i.'l 4 m m 5; avec 207 
grains, et le deuxième, plus élevé que lui, et occupe pur la longueur 
20 (5 m/m) avec 264 grains. C'est donc ce sejond type qui domine 
légèrement. Les deux dominantes ne sont d'ailleurs séparées que 
par une faible différence, la longueur intermédiaire 19 comprenant 
23o grains, il n'v a pas entre elles un écart considérable. 

Ces deux sous-variétes du sarrasin japonais sont, par le fait, 
assez voisines ; d'ailleurs, la coloration, la forme et les particulari- 
tés de leurs akènes sont les mêmes iHg. -). 

B. — Fagopyrum emarg-inatum 

Les variations de longueur du Fagopyrum em.irginxtiim sont 
très accentuées puisqu'elles oscillent entre 17 et 3o (4,25 a 7,5o;. 
Il existe cependant un type moyen 22 ou 5 m/m 5 bien détini et 



( 

HJL-I 



- 68 — 



FiG. -(3. — Variations de la longueur des Akènes 
dans les différenlrs espèi-es de Fagopyrum. 



Fagopyrum escuîentum. 

+ + + — tataricum. 

— stenocarpa. 

— emarginatum. 




15' 16' 'î ' ir fi) ' tO ' ât '■ ^^ ' i3 ' 24^ ' î^ ' î/ ' 2/? I «^' 



- 69 - 

assez important, puisqu'il est représente par 21 "/o des grains, et 
le reste se répartissant sur douze dimensions différentes (fig. 26) 
38 °/o des akènes ont une longueur supérieure à cette moyenne et 
40 "/o sont plus petits ; leur distribution de chaque côté de la domi- 
nante est très uniforme. Par suite, la courbe de cette espèce est, elle- 
même régulière bien qu'étalée et comme surbaissée. A gauche du 
sommet on trouve successivement : i3, 82, 76, 107, 179 grains, et, 
adroite i, 14, 28, 85, 117, ir>-. 

C. — Fagopyrum tataricum 

La longueur varie dans des limites assez étroites = 14 h 21 
i3 m/m5o à 5.25), et elle parait d'autant plus régulière qu'une forme, 
à elle seule, comprend plus de la moitié des individus =: 5i6 "/oo- ce 
qui n'existe chez aucune autre espèce de Faoopynim. Celle-ci pos- 
sède, par conséquent, un type très caractéristique et très prépon- 
dérant. L'autre moitié des akènes se distribue à peu près également 
à droite et à gauche de ce sommet très élevé (lig. 261, 26 °i\, sont plus 
grands et 22 " „ plus petits que la forme moyenne. La courbe pré- 
sente une irrégularité, un léger crochet, dont la pointe correspond 
à la longueur 16 14 m mi mais ce second sommet est relativement 
insignifiant. 

D. Fagopyrum stenocarpa 

Les variations de longueur, de môme sens que dans l'espèce 
précitée, ont comme limites 16 et 23 14 mm à 5,751. 

La légère irrégularité signalée dans la courbe du Fagopyrum 
tataricum, se retrouve ici. mais située en sens inverse, c'est-à-dire à 
droite du sommet au lieu d'être à sa gauche. Partant de la longueur 
16 (4m/m), cette courbe s'élève brusquement au.premier sommet 18 
(4 m/m 5 1 auquel correspondent 40 ",'„ des akènes, elle s'abaisse 
ensuite pour la longueur 19 à 197 grains, pour revenir (longueur 20) 
à 201, et entin redescendre rapidement jusqu'cà la longueur 
maximum 23. On remarque que le premier sommet est particulière- 
ment accentue, d'une hauteur, et par suite d'une importance doubles 
de celles du second sommet qui ne représente, lui. que 20 ° '0 des 
grains au lieu de 40 "/^ hg. 261. 



En tait, la dominante rccllc est la lonoucur i M '4 m m 5) comme 
dans Tespèce précédente. 

7 7o des akènes sont plus petits que ce type moven et \?> " /„ 
sont plus grands que celui du second sommet. 

Résumé des variations Je la longueur. ^- Si Ton compare les 
dimensions longitudinales, et les courbes qui en représentent les 
variations, dans les quatre espèces, on constate que, eu égard à ce 
caractère, celles-ci sont très différentes les unes des autres, sau^ 
les deux dernières. 

Le Fagopyrum esculentum a comme longueur dominante 
20 (5 m'mi avec des extrêmes de 14 à 2.S. 

Le Fagopyrum cmarginatum a comme longueur dominante 22 
(5,5), avec des extrêmes de 17 à 28. 

Le Fagopyrum tataricum a comme longueur dominante lu 14,51' 
avec des extrêmes de 14 a 22. 

Le Fagopyrum stenocarpa a commelongueur dominante 18(4,5), 
avec des extrêmes de 16 à 2.S. 

Les courbes des deux premières sont relativement très régu- 
lières avec un sommet franchement accusé dans le Fagopyrum 
esculentum. 

Quant aux deux dernières espèces, elles offrent, entre elles, 
beaucoup d'analogie — • leur dominante est la même, Tamplitude de 
leurs variations est voisine, la courbe présente un léger crochet 
identique, sauf dans sa situation. 

Quant aux variétés du Fagopyrum esculentum, elles présentent 
également entre elles des différences importantes. 

Le Sarrasin argenté a comme longueur dominante 20(4m/m 5o), 
avec des extrêmes de 14 a 25. 

Le Sarrasin russe a comme longueur dominante 22 (5 m mi, 
avec des extrêmes de 18 à 28. 

Le Sarrasin allemand a comme longueur dominante 18 (4 mm 5o), 
avec des extrêmes de i5 à 21. 

Le Sarrasin japonais d'automne a comme longueur dominante 
19 (4 m/m 75j, avec des extrêmes de 17 à 24. 



Le Sarrasin japonais dï-te a comme loni^-ueur dominante 
20 (5 m/m), avec des extrêmes de i5 à 23. 

Le Sarrasin américain a comme lonjiueur dominante 22 
(5 m/m 5o), avec des extrêmes de 18 à 26. 



2" Variations de la largeur 

A. — Fagopyrum esculentum 

aj Sarrasin gris arocnté. — Comme nous l'avons, vu, les 
g"rains du Fagopyriim esculentum sont toujours plus longs que 
larges. Tandis, que la longueur oscille entre 14 et 25 (3 m/m et 
6,25), la largeur reste limitée entre 9 et i5 (2 m/m 25 et .3.75). De 
plus, et comme l'indiquent ces chiffres, les variations de cette 
dimension présentent beaucoup moins d'amplitude. 

D'autre part il n'y a pas toujours relation entre les deux 
dimensions linéaires des akènes, c'est-à-dire qu'un grain court peut- 
être large, et inversement ; mais, pourtant, jamais la largeur ne 
dépasse la longueur comme cela arrive parfois dans d'autres 
variétés. 

La largeur moyenne, analogue, sinon identique sur les trois 
faces du fruit, est de 11 (2 m/m 75). 

En examinant la courbe figurative de ce Sarrasin argenté et les 
chiffres qui ont servi à l'établir, on remarque que, partant de 10 
(2 m/m 5) elle monte brusquement pour atteindre immédiatement 
son point culminant = 11 (2 m/m 76) qui correspond à 356 indi- 
vidus. Puis elle redescend très régulièrement, mais moins vite et 
progressivement, à 12 (3 m/m) avec 238 grains, puis i3 avec iSg, 
14 avec ii5 et i5 avec 25. 

Le graphique dans son ensemble est unomial, très allongé et en 
même temps très rétréci, attestant une variation limitée, mais très 
franche et très régulière (tig. 29). 

b) Sarrasin russe (fig. 4). — Dans cette variété la largeur des 
akènes est très grande en même temps que très variable. Elle se 



déplace, en effet, entre i3 et 21 (3 m/m 25 et 5,25) au lieu Je 10 et 
i5 (2 m/m 5 à 3,75) dans le Sarrasin gris. Elle est pourtant, sauf 
dans des cas peu fréquents, plus faible que la longueur, qui atteint 
iM à 2ii (4 m/m 5 à 7). 

La largeur dominante est de 16 i4 m /m) avec 26 7o des grains 
et elle est placée plus près du minimum i3 que du maximum 21. 
Mais 25 7o des fruits ont une taille inférieure à cette moyenne, tandis 
que 49 7o la dépassent ; d'autre part, entre les dimensions i5 et 18 
(3 m/m 75 et 4,5) on en trouve 80 7o» dont la moitié localisés dans 
les formes 17 et 18, qui ont une importance à peu près égale (tîg. 28). 

c) Sarrasin jHenmiid (ûii. 2~\ - Les dimensions latérales des 
grains sont ici beaucoup plus réduites et plus stables ; elles varient 
seulement entre lo et i5 (2 mm 5 et 3,-5) comme dans le sarrasin 
argenté. 

Mais la dominante est 12 [?) m/m) avec 355 individus au lieu de 
1 1 dans la variété grise. Ses fruits sont donc moins longs et plus 
larges, plus renfles aussi et mieux remplis que ceux du sarrasin 
indigène : 23 '% sont plus petits et 41 "/„ plus grands que les grains 
moyens. 

La courbe est très régulière, étroite, avec un seul sommet 
élevé : la largeur de 94 "/„ des grains varie seulement de 11 à 14. 

d) Sarrasin japonais. — Le sarrasin japonais d'automne a 
des akènes bien développés, d'une largeur allant de 12 a 18 (3 m/m 
à 4,5) et dominant à 14 avec 34 7,. des grains (3 m/m 5), 20 7o ont 
des dimensions supérieures et 45 7» '-^es dimensions inférieures à 
cette taille moyenne qui se trouve, par suite, plus rapprochée du 
minimum itig. 27^ 93 "/„ des grains sont répartis entre les largeurs 
i3 et 16 ce qui donne une idée de leur taille et de leurs variations- 

Quant au sarrasin /a/o^^/s i.yV/t% il est plus petit puisque ses 
dimensions latérales n'atteignent que 8 et i5 (2 m/m et 3,75 . 

La dominante est 12 (3 m/m) avec .35 7o des grains au lieu de 14, 
et la forme 11 est presque aussi importante qu'elle, puisque sa fré- 
quence est de 347 contre 354. Ces deux largeurs, 11 et 12, à elles 
seules comprennent 70 7,, des grains et les .So 'j„ restants se distri- 
buent également de chaque côté du sommet qu'elles représentent. 



La courbe (ûg. 27) affecte, de ce fait, une allure particulière ; 
au lieu d'un sommet élevé, aii;u, bien net, comme dans les variétés 
précédentes, elle présente un palier à peine oblique et très court 
indiquant l'équivalence approchée des deux modules 11 et 12. 



V^- 



ÎO— 




i'i c)i ]j' II' fg' W m' K^' ik^if'H' ij lîi (4I '^1 Ifai 'P (»'ii-/' 



Fiû. 27 et 28, — Variations de la largeur des Akènes dans difierentes 
variétés de Fagopyrum esculentum. 

5 



e) Sarrasin américain. Ce dernier type ressemble beaucoup, 
comme taille, au sarrasin japonais d'automne. Ses variations 
extrêmes sont les mêmes, 12 et 18. La dominante est également 
14(0 m/m 5o) mais sa fréquence tombe de 345 à 269. 19 % tl^s grains 
sont plus petits et 53 °!„ plus grands que cette dimension et la 
grande majorité, 83 °/, sont aussi répartis sur les largeurs i3 et 16. 

Pourtant, le polygone est diflFérent, à cause surtout de la valeur 
plus faible de la dominante, mais il est encore bien régulier (tig. 28). 

B. — Fagopyrum émarginatum. 

Cette espèce possède des grains ordinairement beaucoup plus 
larges que ceux de Tespèce précédente fig. 8 •. de plus, le rap- 
port entre la longueur et la largeur est plus étroit que dans celle-ci. 
Il arrive même parfois qu'il est inférieur à l'unité et que les fruits 
sont plus larges que longs, montrant ainsi trois sommets au lieu 
d'un ; dans ce cas les arêtes se prolongent en forme d'ailes mem- 
braneuses, les trois 'faces sont semblables et la position du calice 
permet seule de distinguer, extérieurement, la base véritable de 
l'akène. 

La largeur des grains normaux oscille entre 12 et 25 (3 à 
6 m'm 25) et varie, au moins, du simple au double ; tandis que la 
longueur était confinée entre 17 et 27 (4,25 à 6,75j 

L'examen de la courbe montre que la dominante- est 16 (4 m/m) 
ce qui prouve bien qu'habituellement l'akène est plus long que 
large puisque la longueur moyenne est 22 (5 m/m 5). 

Ce fruit type a donc comme mesures 22 x 16, c'est-à-dire 
5 m/m 5X4- 

La largeur suit des oscillations régulières et arrive progressi- 
vement dt uniformément à la moyenne 16, qui est représentée par 
3oo individus ; elle redescend ensuite, mais plus lentement et par 
étapes plus nombreuses jusqu'à 24 et remonte très légèrement à 
25 (fig. 29). 

La dominante 16 se rapproche davantage du minimum 12 que 
du maximum 25 ; on y accède, d'ailleurs rapidement et en ligne 
droite, tandis qu'on s'en éloigne moins régulièrement. Enfin, on 



7D - 




FiG 29 

Variation de la largeur des Akènes de quatre 
espèces de Fagopyrum. 



Fagopyrum esculentum. 

— stenocarpa. 

— emarginatum. 

+ + •+ + — tataricum. 



r i* 



ftJ \\Hi 



\^S 



\^ 



111 .'H-JH 



fi 3 i i.. 



7 3! iû' ii' ^' iî' <l' 1^' 16' ^f' '^' ^j'-^o' i<liil^j'^l^^'^^ ' t;' 



remarque que 28 7„ des e^rains sont plus petits et 42 '\'„ plus i^rands 
que le type spécifique 16. 

C. — Fagopyrum tatavicum 

Les akènes du Fagopyrum tataricum sont, individuellement 
plus irréguliers que ceux des espèces précédentes, en raison des 
saillies de leur téo-ument péricarpique, analogues à des dents 
mousses iig. 11 . Mais leur ensemble est homogène. Jamais la lar- 
geur n'est supérieure à la longueur; elle oscille entre 9 et 20 (tandis 
que cette dernière atteint II et 22) mais, en réalité on peut dire 
qu'elle est limitée entre 10 et 14 puisqu'on ne trouve que 2 "/„ des 
grains en dehors de ces dimensions, ce qui est insignitiant et ce qui 
restreint considérablement la puissance de variation de ce 
caractère. 

La moitié des akènes a la même largeur, 12 (3 m'm) et l'autre 
moitié se trouve, en parties égales, 24 et 2.S 7.,- de chaque côté de 
cette dominante. Il en résulte une courbe d'une rare régularité, à 
sommet très élevé, donnant l'impression d'une race très homogène, 
stable, à type spécifique bien distinct et très important (fig. 29) 

D. — Fagopjram stenocarpa. 

Le Fag-oprrum stenocarpa, ou sarrasin seigle, a des grains longs 
et relativement étroits, bien remplis et à contours arrondis et sans 
arêtes. Ici les faces sont à peine marquées, si ce n'est par leurs 
sillons latéraux, et il n'y en a jamais plus de trois (fig. 14). Jamais, 
dans les 5. 000 observations effectuées, la largeur n'a surpassé ni 
même atteint la longueur. 

Elle ne varie d'ailleurs que dans des limites très étroites, de 
8 à 12 (2 à 3 m/m), tandis que la longueur, qui possède une valeur 
beaucoup plus grande, est moins fixe := 16 à 23 (4 m-'m à 5,75). 

La courbe qui indique les variations d-e largeur des grains 
(fig. 29) egt très frappante à cet égard. Partant de 8 avec 11 fruits, 
elle s'élève rapidement à 9, avec 164, puis à 10, qui représente la 
dominante, avec 477 ; elle redescend ensuite, avec autant d'unifor- 
mité, à i3 avec 304, puis à 12 qui est le maximum atteint. 



— n - 

La dominante lo (2 m/m 5) est donc placée exactement à égale 
distance des deux extrêmes, et occupe un sommet excessivement 
net, qui représente près de la moitié des individus (47,7 Vo"*- A 
sa droite, on compte 357o des grains, etàsa gauche 17 "/„ seulement, 
c'est-à-dire la moitié ; les grains plus larges sont donc plus 
nombreux. 

La courbe, uniforme, élancée, rétrécie, semble indiquer une 
faculté de variation peu développée et la présence, comme dans 
Tespèce précédente, d'une forme nettement prépondérante. 

Résume des variations de la largeur. -— En rapprochant les 
chiffres de largeur afférents à chaque catégorie, on voit qu'il existe 
entre les espèces et variétés du genre Fagopyrum d'assez grandes 
différences (Tableau B). 

On constate également que cette dimension, si elle subit parfois 
de notables variations {Fag. emarginahim, par exemple; reste dans 
chaque type et dans l'ensemble, relativement homogène. 

La plupart des courbes qui la représentent sont très resserrées 
et très régulières et toutes ne possèdent qu'un sommet unique. 
Pour chaque espèce les largeurs extrêmes sont : 
Fagopyrum esculentum : 9 et i5 (2 m/m 25 à 3,7.5; et la domi- 
nante II (2 m/m 75). 

Fagopyrum émarginatum : 12 et 26 (3 m/m à 6,5o et la domi- 
nante 16 (4 m/ni;. 

Fagopyrum tataricum : 9 et 20(2 m/ m 25 à 5) et la dominante 
12 (3 m/mi. 

Fagopyrum stenocarpa : 8 et 12 (2 m/m à 3) et la dominante 
10 (2 m/m 5]. 

Et pour les variétés : 

Sarrasin russe : i3 et 21 (3 m/m 25 à 5,25) et la dominante 
16 (4 m/m). 

Sarrasin allemand : 10 et i5 (2,5 à 3,75) et la dominante 
12 (3 m /m). 

Sarrasin japonais d'automne: 12 et 18 (3 à 4,5j et la domi- 
nantes 14 (3 m/m 5). 



- 78 - 

Sarrasin japonais d'été : 8 et 1 5 ''2 à 3,75) et la dominante 
12 (3 m/m). 

Sarrasin américain : 12 et 19 (3 à 4,75) et la dominante 
14 (3 m/m 5). 

Il est plus intéressant encore de comparer les variations de la 
largeur avec celles de la longueur. 

Les caractéristiques de chaque catégorie peuvent être ainsi 
déterminées : 
Pour le Fagopyrumesculentum (Sarr. arg.). 20x11 (5m/mX2,75] 

— émarginatum 22X16 (5,5X4) 

— tataricum 18x12 (4,5x3) 

— sténocarpa 18x10 (4,5X2,5) 

Pour le Sarrasin russe 22X16 

— allemand 18X12 

— japonais d'automne 19X14 

— — d'été 18x12 

— américain 22X14 

L'examen de ces dimensions et des graphiques qui les figurent 
peuvent servir, en quelque sorte, au diagnostic de chacun de ces 
types qui, on le voit, sont assez différents les uns des autres. 



. S'^ Variations de la surface 

A. — Fagopyrum esculentum 

J'ai indiqué, au début, comment la surface comparative des 
akènes (et non la surface réelle) avait été établie. 

Dans cette espèce, elle varie de i5o à 38o et, traduite en 
dizaines, de i5 à 38. 

La courbe qui en représente les variations (fig. 3o) est très 
mouvementée. On y distingue au moins 4 sommets importants 24, 
"6, 28, 3o correspondant, respectivement, à 108, 173, 164 et 
106 grains. Ils sont comparables deux à deux 106 et 108, 164 et 173, 
et suivent une progression arithmétique de raison 2 : 24, 26, 28, 3o; 



- 79 — 

il va donc un certain ordre dans cette irrégularité, qu'il est d'ailleurs 
difficile d'expliquer. 

Cette courbe, au lieu de s'élever en ligne directe jusqu'à un 
summum détermine, arrive à un palier, 173-164, par une série de 
marches, de crochets, puis redescend de la même façon. 



TA. Ci. 



. a 
g 2 s g 




— 8o — 

En réalité, il existe deux formes vraiment dominantes et très 
voisines, celles qui correspondent à 26 et 28. 

B. — Fagopyrum emarginatam 

Ici, la surface des akènes est comprise entre igo et 670, soit 
entre ig et 5". Les oscillations ont, par conséquent, une envergure 
beaucoup plus considérable, puisqu'elles varient du simple au 
triple. 

La courbe représentative (tig. 3o) est également très accidentée, 
il existe des lacunes, certaines surfaces n'étant représentées par 
aucun grain. Elle possède plusieurs sommets, dont trois surtout sont 
importants et correspondent aux modules : 

25 S8 3"-5 35 3g 43 46 avec 

3o i33 17© 772 g2 85 22 individus, mais 
c'est la forme 32 qui domine. 

On n'y trouve plus la régularité relative constatée précédem- 
ment, la variation est désordonnée. 

C. — Fagopyrum tataricum 

Les surfaces extrêmes sont 10 et 36, variant dans la proportion, 
jusqu'ici la plus forte, de i à 3,6. Le polygone (fig. 3o) est encore 
irrégulier, avec plusieurs sommets, dont le plus élevé correspond 
à 21 et se trouve à égale distance des deux extrêmes importants, 10 
et 32 (les dernières surfaces n'étant représentées que par quelques 
grains). 

Cette dominante correspond à une fréquence élevée. 

D — Fagopyrum stenocarpa. 

Les variations de surface sont beaucoup moins importantes et 
ne se déplacent qu'entre 11 et 2g. Leur allure est cependant diffé- 
rente de celle qu'on a pu constater dans les courbes des espèces 
précitées. 

Au début (Hg. 3o) la courbe s'élève assez régulièrement pou^ 
atteindre un premier sommet correspondant à la forme 18, puis elle 



— 8i - 

redescend très légèrement p(jur dominer de nouveau à 20. elle fléchit 
ensuite brusquement pour remonter détinitivement b 22, et aboutir 
enfin avec assez d'uniformité. 

Les sommets principaux sont très voisins, 18, 20, 22, régulière- 
ment distants, et correspondent à des fréquences assez semblables, 
164, 161, 172. Ces sommets sont plus rapprochés du minimum de 
surface que du maximum. 

Résumé des variations de la surface. — La valeur de la surface 
des akènes est donc très différente dans les quatre espèces et subit 
des variations considérables. 
Elle oscille de i5 à .38 pour le Fagopyrum esculentum. 

— 19 à 57 — emarginatum. 

— II à 29 — stenocarpa. 

— • 10 à 36 (82) — tataricum. 
avec, comme dominantes, 26 (et 28) pour le premier. 

— 32 (35) — second. 

— 22 (28) — troisième. 

— 21 — quatrième. 

Aucun de ces caractères (minima, maxima et moyennes, n"est 
semblable chez ces quatre types, mais on constate une certaine cor- 
rélation entre la valeur de cette surface et celle de ses deux compo- 
santes : longueur et largeur';, quoique cela n'ait rien de fatal, puisque 
à une faible longueur peut correspondre une forte largeur et inver- 
sement. On voit également, qu'ici encore, c'est le Fagopyrum emar- 
ginatum, qui possède les akènes les plus volumineux et la plus 
grande amplitude de variation. 

Que le Fagopyrum tataricum et le Fagopyrum stenocarpa pré- 
sentent aussi de fréquentes analogies, tant par la valeur de leurs 
surfaces extrêmes, que par celle de leurs dominantes respectives qui 
restent très voisines. 



4° Variations du poids. 
Je n'ai examine ces variations que dans trois espèces, le Fago- 



82 



pyrum esculentum, le Fagopyrum emarginatum et le Fagôpyrum 
tataricum. 

A. - Fagopyvum esculentum (Sairnsin gris argenté). 

La courbe fournie par celles de cette espèce est très irrégulière 
Elle présente de nombreuses lacunes, des retours à zéro, dont la 
présence s'explique mal, car les pesées ont été faites lentement et 
minutieusement, et tous les grains examinés étaient bien confor- 
més. 

Les poids extrêmes atteints par les akènes sont 7 et 02 milli- 
grammes, variant dans la proportion énorme de 1^4, 5, mais c'est 
entre 17 et 25 m/mgr qu'on trouve le plus grand nombre de grains : 
près de 60 7o- 

La courbe présente cinq sommets, 16, 18, 20, 22, 24 (fig. 3i) 
dont deux dominent de beaucoup et correspondent à 20 et 22 m/mgr. 
particulièrement, celui de 20 m/m .(162 grains). Celui-ci se trouve 
situé à peu près à égale distance des extrêmes 7 et 02. 

Or, le poids d'un grain de cette variété, obtenu simplement en 
divisant celui d'un litre par le nombre d'akènes qu'il contient est 
d'environ : 

i4m/mgr à 26 d'après Wollny soit (1) une moyenne de 20 m/mgr. 

17,8 à 21,5 id 19,6 

18,7 à 25 Heuzé (2). 

Cet auteur admet une moyenne de 20 m/mgr et HaselhoflF(3)une 
moyenne de 22 m/mgr. 

Malgré l'irrégularité de la courbe obtenue par les pesées indi- 
viduelles, il y a par conséquent, concordance entre les poids moyens 
obtenus par les deux méthodes. 



(i) Wollny. Laiidw. Versuchs Stationen. BandLXIU. 

(2) Heuzé, loc. cil. 

(3) Haselhoff, loc. cit. 



83 - 




Fagopyrum esculentum Fagopyrum tataricum 

FiG. 31. — Variation du fjoids des Akènes des F'agopyrum esculentum 
et tataricum. 



84 



Fagopyrum tataricum. 



Malgré les dimensions des fruits de cette espèce, leur poids 
n'est pas plus élevé que celui d^s akènes du Fagopyrum esculentum- 
Il oscille seulement entre 8 et 25 m/mo-r., soit dans une propor- 
tion de I à 3. 

Sa courbe n'est d'ailleurs pas plus régulière et présente six 
sommets, correspondant aux modules 14, 16, /6', 20, 22 et 24m,'mgr. 
Ici, pourtant, il n'y a pas de lacunes, et à chaque unité de poids on 
trouve, au moins, quelques grains (tig. 3i i. 

Tous les somn^ets se déplacent uniformément deux par deux. 

La dominante 18 m/mgr. est plus près du maximum 25 que du 




wj '/Jl W I16' 'lâ'' ^ 'U^ 'JV 1.%' '^S' 'jdl '^°' '^'t' 



'IL' 'J!!' y\ 'W' 'il,' 'tii' 'W 

FiG. 31 bis.— Variation du poids des Akènes de Fagopyrum emarginatum 



— <\rt — 

minimum 8. et la courbe toute entière est plus élevée dans sa 
deuxième partie, puisqu'on y trouve 429 grains au lieu de 385 dans 
la première. Les sommets y sont aussi plus élevés : 120, 78 et 76 au 
lieu de 90, 67 et 56. 

A la dominante t8, représentée par 180 akènes, succède le type 
20 m/mgT. avec i2.3. 

Les auteurs qui ont donne le poids mnyen du Fagopyrum 
esculentum ne mentionnent pas celui du Fagopyrum tataricum 
et il est impossible, dans ce cas. de se référer à leurs données. 

C. Fagopyrum emarginatum 

Le poids des akènes de cette espèce varie dans de grandes 
proportions, entre 10 et 48 m/mgr., c'est-à-dire du simple au quin- 
tuple. La courbe qui le représente est, comme les précédentes, très 
mouvementée, mais elle ne montre pas de retour à zéro. 

Il existe trois sommets principaux, correspondant aux modules 
20, 25 et .3o; le premier, celui de 20, est le plus important et est 
représenté par 1.S4 individus sur i.ooo. A droite de ce sommet se 
trouve 28 "/o des grains qui sont, par conséquent, de taille inférieure 
à la dominante 20, tandis que 58 "/o sont plus grands qu'elle. Il est 
à remarquer que les sommets secondaires correspondent aux modu- 
les i5 et .35. de telle sorte que tous les sommets suivent une progres- 
sion très régulière, comme précédemment, mais dont la raison est 
plus forte. 

On constate aussi que qi-'^'o des grains sont compris entre 25 
et 3o m mgr. Donc, malgré la situation de la dominante, on peut 
considérer les akènes de Fagopyrum eniargi/ufiim comme avant un 
poids supérieur à 20 m/mgr. et plutôt voisin de 24. 

Résumé des variations de poids. — Si Ton compare les trois 
espèces examinées, on voit que le poids de leurs akènes est très 
variable et très différent. Les limites inférieures sont à peu près les 
mêmes : 7. 8 et 10 m/mgr.. mais les limites supérieures sont très 
éloignées : 25, 32, 48 m mgr. L'amplitude de la variation est surtout 
étendue dans les Fagopyrum emarginatum et esculentum. 



86 



Le poids dominant n'est pas le même non plus dans les trois 
espèces : i8 m/mgr. dans le sarrasin de Tartarie, 20 et 22 dans le 
gris, 24 dans Témarginé. 

Les variations de cet clément sont assez semblables dans 
les trois cas. Elles atiectent toujours une allure mouvementée, 
irregulière, donnant naissance à un polygone plurinomial qui pré- 
sente un sommet principal, de chaque côté duquel dégradent des 
sommets de moins en moins élevés, si bien qu'en les joignant tous 
on obtient une nouvelle courbe parabolique, relativement homogène, 
et dont le point culminant correspond au poids moyen de l'espèce. 

Résume général des mesures biométriques. — L'examen récapi- 
tulatif de toutes ces mesures biométriques intéressant l'ensemble 
des caractères (longueur, largeur, surface et poids) des akènes des 
quatre espèces de Fagopyrum étudiées, montre que chacune d'elles 
se trouve en quelque sorte définie par leur réunion (Tableau Dj. 



ESPÈCES 


L 

Exlr 


OXGUEUK 
Moyenne 


L 
Exir. 


.ARGEUR 
Moyenne 


SURF 
Eitr. 


ACE 
M, 

26 
32 

2Î 


POIDS 
E.\trèmes 


H 


Fagopyr. esculentum.. . 

— émarginatuni . 

— slénocarpa. . . . 

— tataricum 


14,25 
17 27 
1(5,23 
14,22 


18=4 -'"5 
22=5 — 5 
18=4 — 5 
18=4 — 5 


9,15 
11:26 
8,12 
9,14 


11=2 '"/"' 75 
16=4 — 
10=2 — 5 
12=3 - 


15,38 
19,57 
11,29 
10,32 


7,32 ••"/■" gr. 
10,48 

8,25 


20 
24 



Tableau D. — Caractères bioniétriques des Akènes de quatre espèces 
de Fagopyr II m. 



Le Fagopyrum esculentum, par exemple, sera caractérisé par 
une longueur moyenne L de 18 (4 m/m 5), une largeur /de 11 
(2 m/m 75), une surface S de 26. et un poids p de 20 m/mgr. ; ou 
i8xii, 26, 2or=Lx/, s, p. 

La formule L X /, s. p du Fagopyrum émarginatum type serait 
22 X 16, 32, 24, etc. . . 



— 87 - 

Grâce à ce faisceau de caractères, chaque espèce est pour ainsi 
dire établie, identiliee et sans confusion avec les formes voisines. 

Si, maintenant, on compare, dans une m^me espèce ces quatre 
éléments, on constate que la longueur varie plus facilement que la 
largeur, ce dernier caractère étant, d"une façon générale, moins 
affecte par la variation ; que dans la majorité et même la presque 
unanimité des cas, les grains sont plus longs que larges, et que c'est 
le Fagopyrum émarginatum qui présente les dimensions les plus 
fortes et aussi les moins fixes. 

Qu'au contraire, le Fagopyrum tataricum et le Fagopyrum 
stenocarpa sont deux formes voisines, ne formant peut-être que 
deux variétés d'une même race; ce qui est d'ailleurs corroboré par 
l'étude plus complète de ces deux plantes. 



II. — INFLUENCE DE LA NUTRITION MINS51ALE 

Il m'a paru intéressant, aussi bien au point de vue pratique que 
théorique, de rechercher quelle pouvait être Faction de l'alimenta- 
,-ion minérale, c'est-à-dire des engrais, sur les variations des akènes 
de Fagopyrum (i). 

Sur d'égales surfaces d'un même champ, j'ai semé, dans des 
conditions aussi identiques que possible, trois espèces de Fago- 
pvrum (F. esculentum. F. émarginatum. F. stenocarpa). Les parcelles 
de ce terrain, cultivées de la même façon, ne ditfêraient entre elles 
que par la nature ou l'abondance relative des éléments qui y ont été 
apportés. Pour chaque espèce, il existait une parcelle sans engrais 
ou témoin, une avec engrais complet, c'est-à-dire avec nitrate de 
soude (à i5,3 d'azote , chloruie de potassium (à 48,5 de potasse) et 
superphosphate (16-18 d'acide phosphorique), aux doses respectives 
de 100, i5o et 25o kgr. à l'hectare ; une troisième avec chlorure et 
superphosphate seuls, sans nitrate; une quatrième avec chlorure et 



(i) L'influence des engrais sur les rendements et la composition des plantes a 
été traitée dans un autre chapitre, qui donne également la composition du sol. 



— 88 — 

nitrate sans phosphate et une cinquième avec superphosphate et 
nitrate, sans chlorure. 

Les graines de chaque lot ont été récoltées séparément pour 
servir, par la suite, aux mesures biométriques dont il est question. 
Comme, dans cet essai cultural, tous les éléments étaient les mêmes 
et qu'un seul, l'engrais, a varié, il paraît juste d'attribuer à celui-ci 
les modifications observées. 

Comme dans les recherches précédentes, les chiffres obtenus 
ont servi à la construction des polygones de variations de chaque 
catégorie. 

A. — Fagopyrum esculentum 

Dans le Sarrasin gris, j'ai examine les grains d'une parcelle 
supplémentaire avant reçu de la chaux. C'est, qu'en effet, cette 
variété est de beaucoup la plus importante en France et mérite plus 
d'attention et que, d'autre part, le rcMe de la chaux pour cette plante 
a été et est encore très controversé. Ainsi, pour certains auteurs 
comme Garola(i), cet élément est indispensable, tandis que pour 
d'autres, comme de Mlmorin (2), il est inutile. 



1'' Variations de la longueur 

A) Sans engrais. Témoin. — La longueur des akènes du Fago- 
pvrum esculentum cultivé sans engrais varie de i5 à 24 (3 m/m -5 
à 61, mais les formes extrêmes sont peu importantes et le plus grand 
nombre 75 7o est compris entre 18 et 20 (4 m/m 5 et 5j ce qui indi- 
que une grande homogénéité. 

La dominante est 18 (4 m/m 5) avec une fréquence de 292, et 
elle se trouve située beaucoup plus près du minimum i5 que du 
mauimum 25. Mais, par contre, 60 7o des grains ont des dimensions 



(1) Garola. — Loc. cit. 

(2) Bull. Soc. Nai, /igric. défiance, 



- 8g - 

supérieures à cette moyenne i8, tandis que lo "/,, sont plus petits. 
D'ailleurs, la figure 33 indique bien les variations subies ; les 3/4 
des akènes ont comme variantes i8, 19, 20 (avec respectivement 
292, 238, 214 grains) qui ont une importance voisine, la forme 21 
est encore assez bien représentée fiooj, puis la courbe descend 
très rapidement. Elle présente un seul sommet peu différencié, 
avec un palier long et peu incliné indiquant des modificaiions peu 
sensibles. 

B) Avec engrais complet. — Le polygone est absolument diffé- 
rent avec l'engrais complet. La longueur oscille entre 14 et 25 
(3 m/m 5 à 6,25) mais les dimensions 18 a 22 14 m/m 5 à 5,5) 
comprennent à elles seules gSô grains sur i.ooo et sont donc seules 
à considérer. 

Le sommet est ici complètement déplacé et rejeté vers la droite, 
puisqu'il correspond au module 20 i5 m/nij avec 325, au lieu du 
module 18. Autour de lui, les grains se répartissent à peu près éga- 
lement, 35 1 à gauche et 335 à droite. 

La courbe (fig. 32) est donc plus symétrique, avec un sommet 
beaucoup plus accuse que précédemment. Il en résulte que la lon- 
gueur, par le fait d'une nutrition plus abondante, s'est accrue dans 
d'assez grandes proportions ( 10 7^ environ de sa longueur moyenne 1. 
De plus, l'amplitude de la variation est augmentée : 14 à 25 au lieu 
de i5 à 24, les extrêmes sont plus éloignés. 

La masse des akènes, au lieu d"ètre rassemblée sur des lon- 
gueurs voisines, et à gauche de la dominante, s'est étalée pour 
ainsi dire, régulièrement et latéralement pai rapport à celle-ci. 

CJ Avec fumure phospho-potassique, sans azote. — Avec une 
fumure phospho-potassique, en l'absence de l'élément azote, on 
obtient une courbe nouvelle, différente des deux premières, mais se 
rapprochant de celle obtenue par l'engrais complet (fig. 33j. 

Les extrêmes sont i5 et 24 (3 mm 75 et 6) comme dans le 
témoin, mais la dominante, comme avec la fumure intégrale, atteint 
20 (5 m/mj avec .35o grains, au lieu de 18. Il y a donc accroissement 
très net de la longueur des grains, même sans azote ; mais tandis 





— ()0 



qu'à droite de ce module on ne trouve que luo fruits, on en compte 
500 vers la gauche, c'est-à-dire vers le minimum. 

La majorité des akènes a. de ce fait, une dimension inférieure à 
la movenne 20 (5 m-mj. D'ailleurs, sur i.ooo grains, 700 sont repré- 
sentés par les trois dimensions 18, 19 et 20, avec des fréquences 
respectives de 197, 226 et 35o. 




i(ji ]y it ' q • ib ' ''1 ' od I ^1 1 u I ?3 1 ?v I :d itfi (1^1 /^i 1(1 1 0^1 .''I \ unu m-i 



FiG. 32 et 33. — Variations de la longueur des Akènes de Fagopyrum 
esculentum, sous l'influence d'une nutrition ditférente. 



— 91 - 

En somme, avec cette alimentation, la variation est moins 
intense qu'avec Tengrais complet; la longueur est encore aug- 
mentée; mais bien que la dominante soit la même, 20, que dans ce 
dernier cas, son accroissement est en réalité beaucoup moins 
important, montrant par là Tinfluence de Tazote. 

D) Avec fumure azoto-potassique, sajis acide phosphorique. — 
L'absence d'acide phosphorique se fait beaucoup plus sentir que 
l'absence d'azote. En effet (fig. 33), les longueurs extrêmes sont i5 
et 23 (3 m/m 76 et 5,75 , et le sommet du polygone est au module 19 
(4 m/m 75) avec 275 grains, c'est-à-dire exactement au milieu de la 
variation ; mais tandis qu'il n'existe que 24 7o des fruits à sa droite, 
il y en a 48 °/o, juste le double, vers la gauche. Les plus grandes 
fréquences ont, de ce fait, des dimensions inférieures à la moyenne, 
et la variante 18 (4 m/m 5) est presque aussi importante que la 
dominante 19 (243 grains au lieu de 275). 

Par le fait même, la courbe possède une allure particulière, la 
plupart des grains (,89 "/„) étant rassemblés entre les quatre dimen- 
sions 17 à 20, et, tandis que la forme suivante 21 est très peu 
saillante (42 grains), pour la première fois la forme 17 acquiert une 
grande valeur (182 akènes). 

On voit, par cela, que l'apport combiné d'azote et de potasse 
s'est manifesté par une augmentation de la longueur du fruit, 19 
(4 m /m 75) au lieu de 18 (4 m/m 5), mais celle-ci est plus faible que 
dans les cas précédents, et elle l'est d'autant plus que la majorité 
des grains sont plus petits que le type moyen exprimé par la domi- 
nante, montrant par suite l'utilité de la fumure azoto-potassique en 
même temps que l'importance de l'acide phosphorique. 

EJ Avec fumure phospho-azotée, sans potasse. — Lorsque c'est 
la potasse qui manque dans la fumure, l'eifet est encore plus 
marqué. Les extrêmes sont plus rapprochés : i5 et 22, et la domi- 
nante s'abaisse à 18 (4 m/m 5', devenant égale à celle obtenue dans 
le témoin. 

Non seulement la longueur n'est pas augmentée, mais elle aurait 
plutôt diminué dans l'ensemble, car il y a un peu plus de grains d'une 
dimension inférieure à sa moyenne que dans le lot sans engrais. 



- 92 - 

La courbe montre encore d'autres particularités, elle présents 
un palier comme dans ce dernier cas, mais il se répartit sur quatre 
modules au lieu de trois (lig. 02). 

En somme il y a peu de différences entre les akènes de cette 
catégorie et ceux de la parcelle témoin ; le groupe est simplement 
moins compact, moins homogène, par suite, sans doute, du désé- 
quilibre nutritif. L'azote et l'acide phosphorique ont vu leur action 
diminuer lorsque la potasse faisait défaut, cet élément possédant 
une influence très importante. 

f) Avec chaux. — Enfin l'adjonction de chaux au sol se traduit 
dans la variation des akènes récoltés, les extrêmes passent de i5 h 25 
avec une dominante de 20 (5 m/m) comme avec l'engrais complet et la 
fumure phospho-potassique, 35o grains la représentent, mais ici, on 
n'en trouve que i5 °l„ à sa droite contre 5o °/o à sa gauche (fig. 02). 

Il n'y a plus, comme avec la fumure intégrale, une égale répar- 
tition des fruits autour d'un sommet bien net, la plupart se trouvant 
vers le minimum. De plus, au lieu d'être compris dans quatre 
modules principaux, ils ne le sont plus que dans trois (20, 19, 18), 
avec des fréquences relativement rapprochées, mais néanmoins 
décroissantes. 

Par conséquent, l'engrais calcique a eu une action favorable qui 
s'est traduite par un accroissement de longueur presque égal à celui 
fourni par l'engrais complet, ou tout au moins par la fumure phos- 
pho-potassique, ce qui tendrait à démontrer l'utilité de la chaux 
dans la culture du sarrasin. 

Résumé des variations de longueur. — En comparant les 
résultats obtenus dans les mensurations des akènes, on constate que 
l'apport d'une fumure, même incomplète, se traduit généralement 
par l'accroissement de la longueur des grains du Fagopyrum escii- 
lentum. La valeur de cette augmentation est subordonnée à la 
nature de l'élément apporté, de même que l'intensité et la régularité 
des variations constatées. 

C'est la potasse qui semble Jouer le rôle le plus actif car, 
lorsqu'elle fait défaut, l'apport d'acide phosphorique et d'azote ne 



— 9^ — 

suffit pas pour modifier la taille des fruits. Après elle, vient l'acide 
phosphorique, et enfin l'azote. L'absence de ce dernier corps 
diminue peu l'action des deux autres, qui affectent encore sensible- 
ment la longueur du grain. 

Enfin, l'engrais complet possède une influence très nettement 
amélioratrice. 

B. — Fagopyrum emarginatum 

a) Sans engrais. — Les fruits de cette espèce, cultivée sans 
engrais, ont des dimensions longitudinales variant de 17 à 2.7 
(4 m/m 25 à 6,70) c'est-à-dire dans de grandes proportions. La 
dominante est 22 (5 m/m 5) et se trouve exactement à égale distance 
des deux extrêmes. Sa fréquence est 211, et, par suite, peu élevée ; 
à droite de ce sommet on compte 3(3 "/o des grains et 40 "/„ à gauche ; 
les akènes se répartissent donc à peu près également de chaque 
côté de leur dominante et d'une façon régulière qu'indique la courbe 
représentative de ce lot (fig. Sq). 

b) Sans azote. — Les limites de variation des akènes de cette 
catégorie sont 17 et 28 (4 m/m 25 et 7] et la longueur moyenne 
atteint 28 (5 m/ m 75) ; mais 828 grains, plus des 4/5, sont compris 
entre 20 et 24*5 et 6 m/m). D'ailleurs, 52 °/o ont des dimensions 
inférieures à la moyenne, et 19 "/o des dimensions supérieures, il en 
résulte une courbe peu symétrique (fig. 35). 

La longueur du grain, sous l'influence d'une fumure phospho- 
potassique se trouve, comme on le voit, augmentée, sa dominante 
est aussi beaucoup mieux représentée que la précédente (3oo grains 
au lieu de 211), elle est, d'ailleurs bien plus nette, plus distincte des 
formes avoisinantes, et l'allure du polygone en devient différente. 

c) Avec engrais complet. — Les dimensions des akènes attei- 
gnent 17 et 28 (4 m/m 25 et 7 , et la dominante est 23 (5 m/m 75) 
comme dans le cas précédent. Sa fréquence est de 3io (au lieu de 
3oo), mais le nombre des grains de dimensions supérieures est de 
379 au lieu de 190, et celui de dimensions plus faibles descend 
à 33i au lieu de 520 Ils sont donc plus grands dans l'ensemble que 
ceux de la parcelle sans azote. 



94 



De plus on remarque qu1ls se répartissent en trois groupes 
assez voisins 32i, 3io, 879 (le dernier un peu plus important), indi- 
quant une certaine uniformité dans la variation. 

La longueur 
des akènes est 
donc accrue 
par Tadjonc- 
tion d'une fu- 
mure complè- 
te; elle Test 
d'une façon ab- 
solue, par le 
fait d'une do- 
minante plus 
élevée, etîd'une 
façon relative, 
car la majorité 
des fruits ont 
une longueur 
supérieure à 
cette dernière, 
et surtout à cel- 
le des grains du 
témoin (ceux-ci 
avaient, en ef- 
fet une domi- 
nante de 22). 

La courbe fi- 
gurative^ fig.34) 
s'élève unifor- 
mément et ra- 




J^Tjy~lMTTrnilTfTWTY^ 



34. — Variations de la longueur' des Ak-^nes 
de Fagopyrum emargmatum. 



pidement jusqu'à un sommet élevé, situé plus près du maximum 
que du minimum, puis elle redescend de même. 

d) Sans acide phosphorique {ûg. 84). — Les extrêmes sont 16 
et 28 (4 et 7 m/m) et la dominante est 22 (.5 m/m 5) également dis- 



90 - 



tante de chacun d"eux. Mais la variation est ici plus diifuse et repar- 
tie surtout entre les dimensions i8 et 24 (4 m m 5 et 6,. 

Le sommet 22, peu élevé, ne correspond qu'à 242 o-rains i le 
quart environ du total); d'autre part, on ne trouve que 24 "/„ de 

grains plus 
longs que la 
moyenne qu'il 
représente,con- 
tre 52 "/o plus 
courts. Il existe 
ainsi peu de dif- 
férence entre 
ces résultats et 
ceux obtenus 
avec les grains 
de la parcelle 
témoin; la do- 
minante est la 
môme, 22, la 
répartition des 
akènes est sem- 
blable, l'allure 
de la courbe, 
de même natu- 
re. Tl y a, ce- 
pendant , une 
légère amélio- 
ration qui se 
traduit par la 
plus grande 
fréquence de 
la longueur 
moyenne et un nombre plus élevé de grains de dimensions supé- 
rieures à celle-ci. 

En définitive, la fumure azoto-potassique a eu une légère 
influence sur l'accroissement de la longueur des akènes, mais cette 




r 



]i' IV, "^ 



M ' -^ ' -?3 



FiG. 35. — Variations de la longueur des Akènes de 
Fagopyruni emarginatum, sous l'influence d'une 
nutrition dillei'ente. 



- 0- 

influence a été très faible et rabscncc de l'acide phospliorique s'est 
fait nettement sentir. 

e) Sans potasse. — Enfin les grains venus sans potasse ont des 
dimensions qui oscillent entre 17 et 24 (4 m/m 25 et 6,75) et une 
dominante qui ne correspond qu'à 21 (5 m/ m 25). C'est là le fait le 
plus frappant. 

Cette diminution de la longueur est, il est vrai, atténuée par la 
répartition des autres grains dont 47 % possèdent une taille plus 
élevée que la moyenne, tandis que 25 "/o seulement ont une taille 
plus faible; la majorité des grains sont par suite, à gauche du som- 
met de la courbe, pendant qu'ils s'étageaient à peu près également 
de chaque côté pour la parcelle sans engrais. Il y a même ici, plus 
de grains d'une longueur de 22 (5 m/m 5) que dans le témoin (217 
contre 211) bien que, dans le premier cas, la dominante ne soit 
que de 21. 

Avec cette fumure phospho-azotée, sans potasse, la courbe des 
variations (fig. 35) est encore régulière, à sommet bien défini, mais 
rapproché du minimum; il y a déviation de ce sommet et légère 
diminution de la longueur, mais cet affaiblissement est, comme on 
l'a vu par la répartition des grains, plus apparent que réel. 

Il n'en ressort pas moins que la potasse joue un rôle très 
important dans la formation des akènes de cette espèce. 

Résume. — La diversité des fumures paraît avoir eu moins 
d'action sur cette espèce que sur la précédente; Tamplitude des 
variations est à peine modifiée. Mais on retrouve les mêmes faits : 

L'engrais complet a augmenté franchement la longueur, et, 
parmi les éléments fertilisants qui le composaient, c'est la potasse, 
puis l'acide phosphorique et enfin l'azote qui jouent le rôle le plus 
utile. 

C. — Fag'opjrum stenocarpa 

a.) Sans engrais. — Les graines de Fagopynim stenocarpa, 
obtenues par une culture sans engrais, présentent des dimensions 
longitudinales variant entre 16 et 23 (4 et 5 m/m 75). Les 2/5 n'ont 



- 97 — 

que 4 m/ m 5 de longueur i8), mais 53 "/o sont plus grands qu'eux, 
et 7 Vo seulement leur sont inférieurs. 

Le polygone ' tig. 36) estbinomial, avec un premier sommet cor- 
respondant à cette dimension de 4 m/m 5. et un second, beaucoup 
plus bas, correspondant à 20 (5 m/m) avec 201 grains, soit i/5. 

792 grains °U„, soit les 4/5 sont concentrés sur trois longueurs 
seulement, 18, 19, 20. Aussi, malgré l'irrégularité de la courbe, le 
type spécifique peut-il être considéré comme assez homogène. 

b) Avec engrais complet. — L'apport d'une fumure complète 
transforme absolument ces résultats: on remarque d'abord que la 
variation est accentuée, puisque les dimensions extrêmes sont 
reportées à 14 et 24 ^3 mm 5 et 6>. au lieu de 16 et 23 4 m/m et 
5.75). De plus, la courbe est considérablement modifiée. Elle pré- 
sente encore deux sommets, mais qui se sont tout à fait déplacés. 
Le plus élevé ne correspond plus à la longueur 18 '4.51, mais à 21 
^5 m/m 2,5), accusant ainsi une différence énorme; le plus petit 
sommet, au lieu de se trouver en arrière du premier, se trouv-. au 
contraire, en avant, et correspond à la longueur 19 '4 m/m 75 . 

Tandis que précédemment i3 7o seulement des fruits étaient 
plus longs que 5 m/m, il y en a ici 478, soit près de 5o 7o qui dépas- 
sent cette taille ('fig. 36). 

La courbe présente, par suite, une allure très différente ; non 
seulement elle est déviée et ses sommets rejetés vers la droite, mais 
elle est, en quelque sorte, opposable à la première, son premier 
sommet, primitivement le plus bas '342) est ici le plus important 
(394) et son deuxième, qui était le plus élevé (336,i descend à 201. 

L'engrais complet a eu une influence marquée, qui se manifeste 
par un pouvoir de variation plus étendu, par un accroissement très 
important de la longueur, et par une déformation très nette de la 
courbe figurative. 

c) Sans azote. — Par l'absence d'azote dans la fumure on obtient 
une courbe nouvelle. Ses limites sont les mêmes que sans engrais ' 
16 et 23 '4 m'm et 5,75j, d'où même faculté, même puissance de 
variation ; les deux sommets correspondent aux mêmes dominantes 



i8 et 20 (4 m/m 5 et 5), n'impliquant jusqu'ici aucune différence, 
malgré l'apport de potasse et d'acide phosphorique. Mais ces deux 




T^TTgTT^-r^jTTrnTTTrnTT '. rj 1 |(j I 1^1 se' j 



FiG. 3(3 et o7. — Variations de la longueur des Akènes de Fagopy 
stenocarpa, sous l'influence d'une nutrition différente. 



- 99 — 

sommets sont, pour ainsi dire, intervertis : tandis que chez le témoin, 
le premier sommet, correspondant a i8, était le plus élevé, c'est ici 
le second, correspondant à 20, qui est le plus important. 

La fréquence de la dominante 18, qui était dans le premier cas, 
de 394, n'est plus ici que 247, tandis que le module 20 qui était 
représenté par 201 grains, Test ici par 840 ( fig. .36). 

La forme 20 domine, tandis que c'était la forme 18 qui l'empor- 
tait dans la parcelle sans engrais. De plus i35 akènes seulement dé- 
passent 5 mm dans cette dernière, tandis qu'avec potasse et acide 
phosphorique, on en compte 228. 

Comme on le voit, l'action de cette fumure s'est traduite par un 
accroissement réel de la longueur du grain, accroissement moins 
sensible qu'avec l'engrais complet, mais néanmoins évident. 

à) Sans acide phosphorique — Avec ces grains, peu de chan- 
gement : variation à peu près identique 16 et 24 (4 m/m à 6) au lieu 
de 16 à 23 (4 m/m à 5,76;, mêmes dominantes 18 et 20 (4 m/m 5 et 5- 
même position des deux sommets le plus bas à 18, le plus élevé à 20 
(fig. 37). 

La seule différence appréciable se résume dans la faible accen- 
tuation de l'accroissement de longueur qui s'exprime par une fré- 
quence un peu plus basse du premier sommet (226 contre 247) et, au 
contraire, une fréquence un peu plus élevée du sommet supérieur 
(358 contre .340). Par ailleurs, même nombre de grains (224 contre 
228) dépassant la longueur moyenne de 5 m/m. 

En définitive, les fumures phospho-potassique et azoto-potas- 
sique ont eu, à peu près, la même action, la dernière se montrant un 
peu plus favorable. 

e) Sans potasse. — En l'absence de potasse, on obtient des 
résultats à peu près identiques à ceux fournis par la parcelle témoin ; 
la variation est un peu plus étendue, mais les sommets sont iden- 
tiques et de même importance : 18 et 20 (4 m/m 5 et 5), nombre 
semblable de grains atteignant cette dernière longueur (146 contre 
i35) et de ceux n'atteignant pas la première (81 contre 73;. 



La seule modification consiste dans la différence des fréquences. 
Tandis que sans engrais on trouve 894 grains de 4 m/m 5 et 201 de 
5 m, m. on compte ici 35o de 4 m m 5 et 25o de 5 m m. ce qui fait, 
qu'en somme, la longueur a été très légèrement accrue (fig. 37). 

La potasse est donc très importante, puisque lorsqu'elle fait 
défaut, on obtient des résultats à peu près identiques à ceux four- 
nis par la culture sans engrais. Sans elle, l'acide phosphorique et 
l'azote ont des effets très diminués. 

Résumé. — Dans cette espèce, l'influence de la fumure a été 
très grande. L'engrais complet a augmente très notablement la 
longueur des akènes ; puis c'est la potasse, l'acide phosphorique 
et l'azote, dans l'ordre, qui ont joué le rôle le plus important. 

iSomparaison des trois espèces. — Si l'on rapproche les résul- 
tats obtenus dans les trois espèces, on constate qu'ils sont concor- 
dants et semblables. Chez toutes, surtout sur le Fag-opynim escu- 
lentiim, une fumure complète (phospho-azoto-potassique) a eu des 
effets évidents, si traduisant par une accentuation de la variation 
et un accroissement, très appréciable, de la longueur des akènes. 

Par la suppression d'un des éléments constitutifs de la fumure, 
cette action s'atténue et va même jusqu'à disparaître. 

Dans les trois cas c'est l'absence de potasse qui s'est fait davan- 
tage, sentir, allant jusqu'à annihiler presque le rôle des deux autres 
principes fertilisants. 

L'absence d'acide phosphorique et enfin d'azote a eu une 
influence moins marquée ; parfois môme, dans ce dernier cas, on 
obtenait des résultats à peu près égaux à ceux fournis par l'engrais 
complet. 

2" Variations de la largeur 

A. — Fag-opjrum esculentuzn 

a) Sans engrais. — La largeur des akènes de Fagopyrum 
esculentum cultivé sans engrais oscille entre 10 et i5 (2 m/m 5 à 



— loi — 



3,75j. La dominante est 1 1 (2 m m -jô), avec 356 grains (plus du i;3) 
et tout près du minimum. La courbe de variation tig. 38; s'élève 
d'un seul coup à son point culminant pour redescendre ensuite 
régulièrement et progressivement jusqu'au maximum. 

10 °/o des grains sont plus petits que la moyenne et 54 " „ sont 
plus larges qu'elle ; d'autre part, 85 7o ont des largeurs comprises 
entre 11 et 14 (2 m/m "5 à 3,5o). Le type est donc très homogène. 

b) Avec engrais complet. — La fertilisation du sol s'est manifes- 
tée par l'amplification de la variation et, surtout, par une augmen- 
tation considérable de la largeur des grains. En effet, les limites 
passent de 10 et i5 (2 m/m 5 à 3,75) à 10 et 17(2 m/m 5 à 4 m/m 25', 
et la dominante, de 1 1 (2 m/m 75) à i3 f i m/m 75). 

Tandis que chez le témoin, plus de 700 grains avaient moins 
de 3 m/m 25 (i3), ici, près de la moitié atteignent ou dépassent 
cette dimension, et la largeur 11, précédemment dominante avec 
356 akènes, n'en comprend plus maintenant que 69. 

La courbe (fig. 38) est. par suite, très différente. Le sommet, 
au lieu d'être près du minimum, s'est complètement déplacé vers la 
droite et rapproché du maximum. Il est d'ailleurs m jins élevé et on 
y accède par étapes successives. 

C/ Sans azote. — La fumure phospho-potassique accroît aussi 
la largeur des akènes dont la dominante, de 11, passe à 12 :'2, 75 à 3); 
la variation est également amplifiée puisqu'elle oscille entre 9 et 16 
(2,25 et 4) au lieu de 10 et i5 (tig. 3o). 

Pourtant Tabsence d'azote se fait sentir, car l'augmentation de 
largeur est bien plus faible qu'avec l'engrais complet. 

La courbe a un sommet très net et présente une allure très ré- 
gulière mais elle s'est étalée ; le type primitif occupe principalement 
quatre dimensions, de 10 à i3, au lieu d'être rassemblé sur trois 
(11 à i5) 726 grains "/oo ont plus de 2 mm 75 au lieu de 499 dans le 
témoin, mais 90 seulement atteignent ou dépassent 14 (3 m/m 5) au 
lieu de 444. 

Les deux actions, celle positive, de la présence d'acide phos- 
phorique et de potasse et celle, négative, de l'absence d'azote, ont 
été, par conséquent très perceptibles. 



î^ 







£_! 



4, 4. 4. + Sans acide phosphorique. Sans potasse avec chaux 

FiG. 38 et 39. — Variations de la largeur des Aliènes de 
Fagopyrum esculeutum. 



d) Sans acide phosphoriqiic. — En supprimant l'acide phospho- 
rique dans la fumure, on obtient une courbe homologue de celle du 
témoin : variation semblable, 9314 (au lieu de g à i5j, même domi- 
nante, 12. (2 m/m 75) et répartition analogue des grains, mais le 
sommet est plus accentué 488 au lieu de 356. Donc, action faible de 
cette fumure, ce qui est dû à l'absence de l'acide phosphorique 
(tig. 39). 

e) Sans potasse. — La fumure pliospho-azotée a donné des ré- 
sultats voisins de ceux obtenus par l'acide phosphorique et la po- 
tasse, c'est-cà-dire en d'autres termes que l'absence de potasse a eu 
une action semblable à l'absence d'azote. 

La variation est de même ordre, 9 à i5 au lieu de g à 16, et la 
plus grande partie des grains, goo sur 1000, sont réunis sur trois 
dimensions voisines 11, 12 et i3 (2 m/m 75 à 3,25,'. Le sommet de la 
courbe en occupe exactement le milieu, et correspond à la largeur 
12 (3 m/m) comme dans le lot sans azote, au lieu de 1 1 (2,-5) dans le 
témoin, et i3 (3,25) avec l'engrais complet (tig. 38). 

Cette dominante est représentée par un peu plus du tiers des 
akènes, 845, mais les largeurs adjacentes sont presque aussi impor- 
tantes, 322 et 23i. Comparée à celle du témoin, la courbe de cette 
parcelle est différente, le sommet est déplacé vers la droite: au lieu 
de s'élever d'un seul coup, elle y parvient progressivement pour 
s'en éloigner de même; tandis que 4gg akènes ont une longueur 
supérieur à 11 dans la première, il y a 610 dans la seconde. 

L'apport de cette fumure se traduit par une augmentation de 
largeur dans le même sens que celle fournie par la fumure phospho- 
potassique, mais non pas identique. En effet, sans azote, le som- 
met est plus élevé, 408 au lieu de 845 ; de plus, il y a égale réparti- 
tion des grains, 323 et 32i, autour de ce sommet. Ici, au contraire, 
le sommet est plus bas et on trouve plus de grains de dimensions 
inférieures à la moyenne que des grains plus grands : 3go contre 
26g, la largeur 11 est particulièrement importante et presque autant 
que dans le témoin, 822 contre 356. 

Tout cela indique que l'augmentation de largeur, obtenue par 
l'apport d'acide phosphorique et d'azote, existe réellement, mais 



- I04 - 

est plus faible que celle qui résulte de Temploi d'acide phospho- 
rique et de potasse. 

Résumé. — L'influence des engrais se fait donc sentir sur les 
variations de la largeur des grains comme sur celles de la lon- 
gueur. 

L'engrais complet possède une action très efficace, puisqu'il 
peut accroître largement cette dimension. La suppression d'un des 
éléments dans la fumure primitive a des effets immédiats et très 
marqués, variables avec la nature de cet élément. Leur ordre 
d'importance paraît être ici : acide phosphorique et azote. 

b) Fagopyrum emarginatum 

a) Seins engrais. — La largeur des akènes varie de 12 à 26 
(3 m/m à 6,5), avec une dominante de 16 (4 m/m), située beaucoup 
plus près du minimum que du maximum. On trouve pourtant 41 "/„ 
des grains à dimensions supérieures et 28 7o des akènes ne sont 
répartis que sur quatre largeurs de i5 à 19, le quart restant s'éta- 
lant sur 11 largeurs (fig. 40). 

On a une courbe régulière, unomiale, asymétrique et très 
étalée (fig. 40). 

b) Avec engrais complet. — La largeur moyenne passe de 16 à 
18 (4 m/m à 4/5); les extrêmes sont à peu près les mêmes; mais la 
répartition des grains est plus uniforme, on en trouve en effet 3ii à 
gauche et 843 à droite du sommet, égal lui-même à 846 (fig. 40). 

Le polygone de variation est, par suite, plus régulier, plus 
symétrique; les grains sont répartis principalement sur cinq largeurs 
89 °/o de 16 à 20 (4 à 5 m/m). Il y a comme un étalement régulier 
autour d'un point très nettement culminant. 

c) Sans azote. — Sans azote, on constate une variation assez 
réduite, 14 à 24 3 m/m 5 à 6; au lieu de 12 à 26 (3 à 6,5) ; la domi- 
nante est la même, 18, qu'avec une fumure intégrale, mais la courbe 
est bien différente. 



- ir.5 - 

Le sommet est bas, 206 grains, ou i '5 seulement; et près des 
3/5 (573 1 sont à sa gauche, c'est-à-dire plus petits, et répartis surtout 
sur les trois dimensions, i5 à 17 '527 grains . 

Il n'en reste que i/5 ayant des dimensions supérieures et ils 
sont répartis sur 6 largeurs (lîg. 41 1. 

Il va, de ce fait, augmentation de la largeur, 18 au lieu de 16 
(4 m, m 5 au lieu de 4), mais elle est très atténuée par la repartition 
des grains dont les 3 5 sont plus petits que la moyenne et i '5 seule- 
ment plus grands. La courbe est très différente, le sommet est très 
bas et les quatre modules, i5, 16, 17 et 18, ont des fréquences très 
voisines, 142, 186, 199 et 206. 

d) Sans acide phosphorique. — Il y a encore accroissement de 
la largeur, mais il se réduit beaucoup. De plus 43 "/„ des grains sont 
plus petits que le type moyen et 34 "/„ sont plus grands. Le som- 
met 17 (4 m/m 25) est peu élevé, 232, et situé plus près du minimum 
que du maximum; de chaque côté, les largeurs adjacentes ont des 
dimensions très voisines, 16, 17, 18, qui sont également représen- 
tées (2o3, 232, 207). 

A la gauche de la courbe, il existe plusieurs lacunes, les 
largeurs 23 à 27 n'étant représentées par aucun grain (tig. 40). 

La fumure azoto-potassique détermine, en résumé, une augmen- 
tation, mais réduite, de la largeur, avec prédominance des grains de 
taille inférieure à la moyenne et prédominance également des trois 
dimensions 16, 17, 18 de fréquence équivalente. 

e) Sans potasse. — Ici, même amplitude de variation, mais 
courbe très particulière. Il y a presque deux dominantes, 17 et 18 
(4 m/m 25 et 4,5). En réalité, c'est le module 18 qui a la priorité, car 
sa fréquence est 257, contre, 245 à la forme 17. De plus, 33 7o des 
grains ont des dimensions inférieures k ij, et 17 °/„ des dimensions 
supérieures à 18 (tig. 40). 

L'augmentation de la largeur est, par suite évidente, les deux 
formes 17 et 18 représentant à elles seules plus de la moitié des 
grains. 

Autour du sommet jumelé qu'elles représentent, les autres 



— io6 — 

akènes se répartissent, pour i/6 à droite et i/3, le double, à gauche, 
atténuant ainsi Taccroissement apparent constaté. 

Résumé. — En définitive. Tendrais complet a accru notablement 
la largeur des akènes du Fagopyrumemarginatuin, tout en mainte- 
nant un type homogène. 




Sansac. pliosphorique. 

Sans potasse. 



j' lu' 1?' it' f^ ' \i' \Y lo ' i\ m I ^^1 I — 1 — r — T'—' (^ 



FiG. 40. — Variations de la largeur des Akènes de Fagopyrum emargi- 
natum sous l'influence d'une nutrition difterente. 

La fumure phospho-potassique a agi de la même façon, mais 
l'absence d'azote a ralenti, atténué cette augmentation des dimen- 
sions latérales du grain. L'absence d'acide phosphorique a été bien 



J 



I07 — 



sensible et l'accroissement a encore été réduit. Quant au défaut de 
potasse, il s'est manifesté dans le même sens que le manque d'azote, 
mais la plante en a pourtant été plus affectée. 



Engrais complet. 

Sans engrais 
+ + f Sans azote. 




\i\ k u\ li* 16> 1}' ii' ij' -2^' ^ ' iî-' i^^ ^^' " ' '' 



FiG. 41. — Variation de la largeur des Akènes de Fagopyrum 
emarginatum, ?ous l'influence d'une nutrition différente. 



— io8 — 

D'après leur influence sur la largeur des akènes on peut, par 
suite, classer les éléments fertilisants dans Tordre décroissant sui- 
vant : acide phosphorique, potasse et azote. 



C. — Fagopyrum stenocarpa 

a) Sajis engrais. — La largeur est toujours faible dans cette 
espèce et ne subit que très peu de variations, 8 à 12(2 à 3 m/m). 
D'ailleurs 94 °/o des grains sont compris entre 9 et 11 (2 m/m 25 à 
2,75). La largeur moyenne 10(2 m/m 5) représente, à elle seule, 
près de 40 °l„ des fruits et les 3/4 du reste ont des dimensions plus 
élevées. 

Le sommet de la courbe, se trouve à égale distance des deux 
extrémités et est très accentué (tig. 42). 

b) Avec engrais complet. — • L'addition de principes fertilisants 
au sol, augmente la variation qui atteint 8 et 14 f 2 à 3,5) au lieu de 
8 et 12 ; elle augmente aussi la largeur moyenne. Les dimensions 
extrêmes, 8, 9, 14 sont très mal représentées (66 grains seule- 
ment 7oo) et celles comprises entre 10 et i3sont seules importantes. 
40 7o des akènes sont plus grands que le type moyen 12 (3 m/ m) et 
21 7o sont plus petits (lig. 42). 

La largeur i3 (3 m/m 25) a une fréquence presque égale (365) à 
celle de la dominante (3 m/m) représentée par 389 akènes. La lar- 
geur est donc accrue de près du tiers de la taille normale. Le 
sommet de la courbe, qui devient asymétrique, est rejeté vers la 
droite. 

Sans azote. — Avec acide phosphorique et potasse, la largeur 
du grain est augmentée et la dominante passe de 10 à 12 (2 m/m 5 
à 3 m/m) mais l'accroissement réel est cependant plus faible qu'avec 
l'engrais complet. En eff^"et, si la dominante est la môme, on trouve, 
par contre, 47 "/„ des akènes d'une largeur plus petite que la 
moyenne, au lieu de 21 7o pour la parcelle à fumure intégrale 




Sans acide 

phosphorique. 

Sans potasse. 



«1 ;)' (0 I (1 ' 12' 'J' <4' '^ S' W' W ''' 'i 

FiG. 42 et 43. — Variations de la largeur des Akènes de Fagopyrum 
stenocarpa sous l'influence d'une nutrition différente. 



— no — 

Déplus, sans azote, la largreur ii a une fréquence presque 
égale à celle de la largeur 12 (38i contre 410) et par suite une' 
importance de même ordre. 

L'accroissement réel en est diminué, ce qu'on peut imputer à 
l'absence de l'azote dans la fumure. 

Sans acide phosphorique. — Le manque d'acide phosphorique 
s'est manifesté encore davantage. Les limites de variation sont 
encore 9 et i3 (2 m/m 26 à 3,25), mais la dominante, qui est ici très 
nette et occupe dans la courbe (fig. qS) un sommet très élevé, le 
plus élevé de tous (497), n'est que 11 (2 m/m 75) au lieu de 12 dans 
les lots précédents, et de 10 (2 m/m 5) dans le témoin. 

La moitié des akènes (49,7 °/o) présente cette dimension ; de 
plus, on constate que 16 7o sont plus petits qu'elle et Sq °/o plus 
grands. Si bien qu'en fait, il ne subsiste que peu de différence dans 
la largeur des grains de cette parcelle et celle des grains obtenus 
sans azote ; l'accroissement de taille s'est fait sentir dans des pro- 
portions à peu près équivalentes, mais la courbe des variations a 
une allure un peu différente. 

Sans potasse. — Enfin, lorsque la potasse fait défaut, l'accrois- 
sement de largeur du grain est beaucoup atténué et la dominante 
descend à 10 (2 m/m 5) comme dans le témoin. Néanmoins, l'apport 
d'azote et d'acide phosphorique n'a pas été indiffèrent. En effet, la 
fréquence de la dominante 10, qui atteint 477 dans le lot sans 
engrais, descend ici à 413 et la différence se retrouve dans les 
dimensions plus élevées ; tandis que 34 ° 1° de grains ont une 
largeur supérieure à la moyenne dans le témoin, 46 °/o sont dans ce 
cas pour la parcelle sans potasse. D'autre part, comme l'indique la 
courbe, la forme 11 (2 m/m 76; est ici presque aussi importante que 
la dominante 10, 38i akènes contre qiS (fig. 43). 

Il y a donc tout de même augmentation de l'épaisseur des fruits, 
mais elle est plus faible qu'avec les autres fumures. 

Résumé de la largeur. — La largeur des grains a été modifiée 
dans cette espèce aussi, par l'apport des engrais. Comme il était à 
prévoir, la fumure complète a eu l'action la plus considérable, qui 



s'est traduite par un accroissement d'environ i 4 de l'épaisseur 
moyenne. 

L'absence d'un principe fertilisant s'est manifestée par une 
atténuation plus ou moins grande de cette action améliorante. A cet 
égard, c'est la potasse qui semble la plus importante, puis l'acide 
phosphorique et enfin l'azote, dans l'ordre, l'influence de ces 
deux derniers corps étant à peu près équivalente. 

Résumé de h hrgciir dans les trois espèces. — Si Ton compare 
les variations de largeur des trois espèces sous l'influence d'une 
nutrition différente, on voit que, dans tous les cas. l'engrais complet 
a joué un rôle très manifeste, augmentant cette dimension dans des 
proportions très sensibles. 

L'ordre d'importance des principes fertilisants, tire de leur 
action sur l'épaisseur des grains se trouve être : 

Pour le Fagopyrum escidentum : acide phosphorique. potasse, 
azote. 

Pour leFjy-o/)i'rz^m emarginatum : acide phosphorique. potasse, 
azote. 

Et, pour le Fagopyrum stenocarpa : potasse, acide phospho- 
rique, azote. 

D'après leur action sur la longueur des akènes, cet ordre serait : 

Pour le Fagopyrum esculentum : potasse, acide phosphorique, 
azote. 

Pour le Fagopyrum emargmatum : potasse, acide phospho- 
rique, azote. 

Pour le Fagopyrum stenocarpa : potasse, acide phosphorique, 
azote. 

Comparaison des variations de longueur et de largeur dans les 
trois espèces 

Si l'on compare lesvariations de la longueur et de la largeur dans 
les trois espèces, on a une idée plus précise des modifications d'en- 
semble de ces dimensions sous l'influence d'une nutrition difte- 
rente. 

Le tableau suivant (ij indique, pour chaque espèce, les domi- 



nantes de long-ueur et de largeur correspondantes à chaque fumure, 
ainsi que leur fréquence ; le tableau (2) donne, en outre, le pourcen- 
tage des grains de taille inférieure et de taille supérieure à chacune 
de ces dominantes. 

Tableau i 



Fagopyrum sléoocarpa 



Témoin 

Engrais complet .... 

Sans azote 

Sans acide phosplioriq! 

Sans potasse 

Avec chaux 



Fagopyrum esculeoium 


Fagopyrum emaiginai. 


■ — 


^^ ~ 


-^^^^ 


-^^ — -- 


Long. 


Larg. 


Long. 


Larg. 


-^^^ — , 


. — ..-^ 


^-^. — - 


— _-^-- 


a 


1) 


03 




0) 


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s 


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cr 


-S 










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•<u 


c 




C 




c 











;=:. 




[x. 


00 


211 


16 


300 


18 


292 


11 


35(i 


20 


325 


13 


263 


23 


310 


18 


346 


20 


350 


12 


403 


23 


299 


18 


206 


19 


275 


11 


43S 


■>■> 


242 


17 


23-J 


18 


300 


12 


345 


■>•) 


201 


18 


247 


20 


351 


12 


393 


— 


— 


— 


— 



Longueur 



18-20 
21 19 

-'0 18 
>{) 18 
18-20 



201-394 
336-242 
340-247 
358 226 
350-250 



Larg. 



47^. 
389 
410 
497 
413 















Tableau 


2 






















Fagopyrum esculentum 


Fagopyrum émarginat 


F;igopyrum sténocarpa 




Longueur 


Largeur 


Longueur 


Largeur 


Longueur 


Largeur 




-^— — 


--^ 


-^ — 


— 


--.-^ — 


— - 


^.--^ 


-^ . — ^ 


^ — ^y^ — - 




S 


Grains "o 


c 


Grains 9o 




GraiBs"û 


S 


Grains "0 


a- 


Grains % 


03 


Grains % 




c 
S 

a 

18 




11 




ci 

C 

s 


p 

00 




S 

g 

16 




c 

a 

g 

18-20 




5 

a 

S 

8 
10 






< 

10 


> 
60 


< 

10 


> 

53 


< 
40 


> 

38 


< 

28 


> 

42 


< 

7 


> 
53 


< 
17 


> 


Témoin 


34 


Engrais complet 


20 


14 


33 


13 


28 


45 


23 


33 


38 


18 


31 


24 


21-19 


52 


14 


12 


21 


39 


Sans azote 


•JO 


51 


18 


12 


29 


30 


23 


52 


19 


18 


57 


0-) 


20 18 


43 


■)o 


12 


39 


20 


Sansac. phosph. 


19 


48 


21 


1! 


18 


38 


22 


52 


24 


17 


43 


34 


20 18 


41 


■^2 


11 


17 


34 


Sans potasse . . . 


18 


30 


50 


12 


39 


26 


00 


25 


47 


18 


57 


17 


18-20 


8 


58 


10 


17 


46 


Avec chaux .... 


20 


49 


15 


12 


39 


21 


— 


— 




— 


— 




- 


— 


— 


— 


— 


— 



L'examen de ces tableaux récapitulatifs des principales modifi- 
cations subies par les akènes des trois espèces, résume aussi claire- 
ment que possible l'action propre à chaque principe tertilisant, 
son sens en même temps que sa mesure. 

Caractères corrélatifs 

Si l'on examine i.ooo grains de Fagopvnem, non seulement on 
constate qu'ils ont des dimensions différentes, mais encore que tous 
ceux qui possèdent une même longueur ne présentent pas une lar- 
geur identique (Tableau E, page ii6j. 

Si l'on prend, par exemple, le sarrasin gris n" i, on voit que sur 
i.x)0 akènes, 325 atteignent la longueur 20, mais en outre, que ces 
325 fruits, semblables, communs par la longueur, se différencient par 
leur largeur respective. En effet sur 325 grains de longueur uni- 
forme 20, 

26 ont une largeur de 11 

5i 12 

log i3 

87 14 

40 i5 

14 16 

et l'on peut tracer, pour 
une longueur déterminée, 
la courbe de variation des 
largeurs correspondantes, 
en portant, en abcisses, ces 
largeurs et, en ordonnées, 
les fréquences qu'elles at- 
teignent. On obtiendra ain- 
si un sommet, une domi- 
nante qui représentera , 
pour la dimension longitu- 
dinale considérée, la lar- 
geur corrélative la plus fré- 
quente. Pour la longueur 20, la largeur dominante serait i3 avec 
une fréquence de log grains (fig. 44). 



A\tl — 




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îi 


11 13 \U '5 


ir,' 1;' )?' 



Fig. 44. — Variations de la largeur des 
Akènes de longueur 20. 



— 114 



Si l'on construit de cette façon les polygones de variation des 
largeurs correspondantes à chaque module de longueur, on voit, 
pour le Sarrasin gris n° i, par exemple, que pour les modules i5, 
i6 et 17 la largeur dominante est 12, qu'elle passe à t3 pour les lon- 
gueurs 18, ig, 20, et à 14 pour les longueurs 22, 20 et 24. Il existe 
donc une corrélation relativement étroite entre les deux dimensions 
linéaires d'un même grain, les grains courts étant généralement plus 
étroits que les grains longs et inversement. 

Pour l'ensemble des longueurs 14 à 25 atteintes par les 1.000 
akènes de cette variété, il existe donc trois largeurs dominantes, 12, 
i3 et 14, parmi lesquelles, celle qui possède la fréquence la plus 
élevée est la largeur i3, qui correspond à la longueur 20, comme 
l'indique le tableau suivant : 





iNOMBIiE 


LARGEURS 


FRÉQUENCE 


LONGUEURS 


DE GRAINS % 


DOMINANTES 


de ces 




qui les atteignent 


correspondantes 


LARGEURS 


15 


4 


12 


2 


ib 


S 


12 


b 


17 


^1 


12 


\2 


18 


128 


n 


SO 


19 


171 


13 


71 


20 


326 


13 


109 


21 


187 


n 


S7 


22 


iib 


14 


4^ 


23 


20 


14 


7 


24 


II 


14 


6 


25 


I 


12 


I 




NOMBRE 


LARGEURS 


FRÉQUENGIi: 


LARGEURS 


DE GRAINS °/o 


DOMINANTES 


de ces 




qui les atteignent 


correspondantes 


LARGEURS 


Q 


2 


17 


2 


10 


9 


17 


3 


1 1 


48 


20 


2^ 


12 


202 


20 


SI 


13 


331 


20 


109 


14 


2S7 


20 


87 


IS 


113 


20 


38 


16 


36 


20 


14 


17 


2 


22 


2 



— ii5 - 

De même, si Ton cherche la longueur dominante qui correspond 
aux différentes largeurs des akènes, on obtient la répartition 
suivante, qui établit la même corrélation (Tableau précédent). 

Par conséquent, non seulement pour la totalité des individus 
mesurés, les dominantes de longueur et de largeur sont 20 et i3' 
mais encore il y a correspondance, coïncidence entre ces dimensions, 
dans chaque catégorie considérée. 

Pour le même sarrasin gris n° i, 325 grains "/^o ont une lon- 
gueur 20, avec des largeurs variant de 11 à 16; d'autre part, 33i "/^^ 
ont une largeur de i3 avec des longueurs variant de i5 à 23, mais le 
plus grand nombre d'akènes qui ont, à la fois, les mêmes dimen- 
sions, longitudinales et transversales, correspondent à 20 et à i3, 
comme l'indiquent nettement les deux tableaux précédents ; log.sur 
325 et sur 33i, ont, simultanément, la longueur 20 et la largeur i3, et 
ce sont eux qui représentent et caractérisent le mieux l'échantillon 
examiné. 

Les tailles 20 et i3 qui constituent les dominantes absolues de 
celui-ci, peuvent en outre être considérées comme les dominantes 
relatives du type moyen, dont elles sont un des critérium. On peut 
également les envisager comme deux caractères corrélatifs dont 
l'examen confirme et accentue les déductions tirées des observations 
précédentes. 



— ii6 — 






O 



w 



s 


CM 


iO 


f^ 


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S 


■co 


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1 ^^ 


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lO 



lO I 00 



?^1 



i2|- 




^1 



_2J_ 
£J 

£: I col 
1^1 -I 






- 117 - 

Résumé. — Je crois que la concordance de tous les résultats 
précédemment développés permet d'en tirer les conclusions sui- 
vantes : 

i" La nutrition minérale joue un rôle important dans la fluc- 
tuation, dans la variation des caractères des akènes du Fagopyrum. 

2° Cette influence est subordonnée à la nature de Télémept 
nutritif : L'engrais complet, même dans un sol en bon état de 
culture, est susceptible d'augmenter, dans une assez large mesure, 
les dimensions du grain et, par suite, la quantité et, sans doute la 
valeur du produit. 

Des éléments fertilisants considérés séparément, c'est, dans le 
cas présent, la potasse qui montre l'action la plus nette, puis l'acide 
phosphorique, qui la suit de près, et enfin l'azote. 

Ces constatations viennent confirmer les notions agricoles que 
Ton possède déjcà sur la fertilisation, en culture, du sarrasin. On 
admet, en eftet, que cette plante est surtout exigeante en potasse et 
se trouve particulièrement bien de l'apport de ce principe. 

Akènes de deuxième génération 

Gomme je l'ai indiqué au début, j'ai recherché l'influence de 
l'hérédité sur la variation des akènes. Voici comment j'ai opéré. 

1° J'ai repris une certaine quantité des grains de Fagopyrum 
esculentum provenant de la parcelle témoin, d'une part, et de la 
parcelle ayant reçu l'engrais complet, d'autre part, et je les ai semés, 
aussi comparablement que possible, dans un même sol non fumé. 

2° En mesurant les akènes du lot à engrais complet, comme je 
l'ai expliqué précédemment, j'avais mis à part, dans de petites 
boîtes, tous ceux qui présentaient les mêmes dimensions et j'avais 
ainsi obtenu 48 catégories. J'ai semé séparément, et toujours dans 
le même sol, les grains de deux quelconques d'entre elles, celles 
correspondant aux dimensions 20 X 12 (.5 m/m X 3 m/m) et 19 x 1 1 
14 m/m 75 X 2,75). 

Ces cultures en pleine terre ont été faites pendant l'été 190g. 
Après la récolte, j'ai mesuré les fruits provenant de chacune d'elles 
et représentant, par conséquent, la descendance des akènes. 



~ ii8 - 



\ eng 



cultivés 
sans 
trrais 



Du Fagop. escul. 
rObtenussans engrais ( de dimensions quelconques 
2°Avec engrais complet ( — 

3° — 19 X II 

_f — 20 X 1 2 

11 est certain que, dans les résultats obtenus, sont intervenus 
diiférents facteurs dont il n'est pas possible de délimiter l'action. 
La nature du sol, l'époque du semis, et, surtout les conditions 
climatériques, si importantes pour le sarrasin, ont joué évidemment 
un rôle effectif. 

Néanmoins, l'hérédité s'est aussi manifestée, et je crois qu'il es^ 
possible de retrouver son empreinte. 



ÎID. 



■160. 



8«— 







FiG. 45 

Variations de la longueur des 

Akènes dans la descendance du 

Fagopyrum esculentum. 



. — . — .— Sans engrais. 
+ + + + Engrais complet. 

- 19X11. 

20X12. 



fil ^61 t}! igi i^rifli s^iiii ii\^\i^r 



- tt9 - 



i" Descendance du lot sans engrais 

Les grains de semence avaient été obtenus sur un terrain sans 
engrais (parcelle témoin, précédente; et ils ont été contiés à un sol 
ou Ton n'a pas apporté, non plus, de matières fertilisantes. La 
culture s'est donc faite, pendant trois ans, sur nn sol non fumé. 

a) Longueur. — Les akènes récoltés sont restés à peu près 
semblables à leurs parents, leurs variations sont de même valeur et 
leurs caractères peu ditierents. 

La dominante est la même : i8 (4 m/m 5), mais sa fréquence est 
plus élevée : Sig, au lieu de 292. Il y a, de plus, une légère dimi- 
nution du nombre des grains de dimensions supérieures à 18, 53o au 
lieu de 611, et augmentation concomitante de celui des grains plus 
petits : i5 °jo au lieu de 10 7û (tig- 45). 

b) Largeur. — De même, on constate pour la largeur une 
importance un peu plus grande de la dominante 1 1 qui est ici repré- 
sentée par 384 grains, contre 356, chez l'ascendant (tig. 47). 

Ces grains de seconde génération, obtenus sans engrais comme 
ceux de la première, sont donc caractérisés par l'accentuation, par 
le développement du type moyen et par un abaissement général de 
la taille. En même temps qu'une apparence de fixation, il semble y 
avoir une diminution, un affaiblissement des dimensions de l'ensem- 
ble des grains. 

2° Descendance du lot à engrais complet 

Parmi les akènes provenant du lot à engrais complet, j'ai pris 
comme semence: 1° ceux présentant les dimensions 19x11 ; 2° ceux 
à dimensions 20 X 12, et 3° des grains mélangés et, partant, de 
taille quelconque. Tous ont été cultivés dans le même terrain et 
sans engrais. 

Aj Grains de toutes dimensions. — Ils ont donné naissance à de 
nouveaux akènes, un peu différenciés. 



— tiO — 

aj Longueur. — Il convient de rappeler tout d'abord les carac- 
tères de ces grains de première génération. Les longueurs extrêmes 
atteignent 14 et 25, la dominante est 20, à peu près autant de grains 
de taille supérieure que de taille inférieure à cette dimension. 
Courbe régulière, à sommet bien accusé (fig. 45). 

Ici, dans les produits de deuxième génération, Tallure du poly- 
gone de variation est peu modifiée, la dominante reste la même, 20. 
Mais sa fréquence maximum diminue légèrement et n'est plus que 
de 3io. De plus, le nombre d'akènes plus petits que le type moyen 
20 est de beaucoup augmenté : 46 7o au lieu de 35 7o- 




Fig. 46 — Variations de la lar- 
geur des akènes 
de Fagopyrum esculentum. 



Lot primitif. 

4- + + + 20X12. 
19x11. 



iu' is' 'b' fj^' fi' '3' 20' Si' i-^ 



— 121 — 

h) Largeur. — Mêmes constatations pour la largeur : 65 7o de 
grains inférieurs à la moyenne i3 au lieu de 5i %, 7 7» de grains 
plus grands au lieu de 22 7o- 

L'absence de fumure dans la nouvelle culture tend à réduire les 
dimensions du grain; néanmoins, celles-ci restent supérieures à celle 
des fruits de la première parcelle témoin, ce qui montre que Tin- 
fluence de l'engrais s'est maintenue, s'est encore fait sentir sur la 
seconde récolte, bien que la cause efficiente ait disparu (fig. 47J. 

Si l'on rapproche ces résultats de ceux obtenus dans le cas pré- 
cédent, on voit qu'en définitive, les akènes de deuxième génération 
ne diffèrent pas énormément de ceux de première génération. Lors- 
qu'ils proviennent d'une culture identique à celle qui a produit leurs 
parents (parcelle témoin), les caractères de ceux-ci sont développés 
et accentués, la courbe de variation se-rétrécit et s'allonge, semblant 
indiquer une tendance a la fixation. Lorsque, au contraire, ils éma- 
nent d'une culture différente (lot primitif à engrais complet et des- 
cendance sans engrais) les différences grandissent. Les dimensions 
des grains, accrues par une première culture en miHeu riche, sont 
diminuées dans un sol non fumé, mais elles conservent cependant et 
nettement une partie du gain qu'elles ont subi précédemment. 

Il paraît y avoir lutte entre deux facteurs antagonistes, l'influence 
du milieu nouveau, déprimant, et l'hérédité, conservatrice d'une 
amélioration acquise. 

B) Grains de dimensions 79 X //. — Ces semences provien- 
nent, comme il a été dit, de la parcelle à engrais complet, et elles 
présentent toutes les dimensions 19 X 11. Elles ont été semées 
comme les précédentes, dans un terrrain non fumé. 

Les caractères du lot dont elles ont été tirées ont été indiqués 
plus haut : dominantes, 20 X i3, longueurs extrêmes 14 — 25, lar- 
geurs extrêmes 9 — 17; c'est-à-dire qu'il est constitué par un 
mélange d'akènes de tailles diverses; mais à tendances 20 x i3, 
tandis qu'elles-mêmes ont été sélectionnées et ont toutes les dimen- 
sions identiques 19 X n. 

On se trouve donc en présence de graines |à dominantes 
19 X II, issues de parents à dominantes 20 X i3. On peut donc 



prévoir, dans leur descendance, une opposition à ces deux 
tendances, à la prédominance simultanée de ces deux types diffé- 
rents, ces semences possédant, en quelque sorte, un cumul, une 
dualité de caractères antagonistes. 

a» Longueur. — Le polygone de variations de ces akènes 
ig X 1 1 montre que leurs dimensions varient dans des limites plus 
rapprochées que dans le type originel = i5 à 20 (3 m/m 76 à 5,75) 
au lieu de 14 à 25 (3 m/m 5o à 6,25). La dominante atteint 20 
(5 m/m), mais 14 °/o des grains la dépassent, au lieu de 33 °/o, dans 
le lot primitif, et 53 °/o lui sont inférieurs au lieu de .35 7o7 plus de 
la moitié sont donc plus petits que la moyenne. De plus, la 
longueur 19 (4 m/m 75) est représentée par 3o5 grains et se trouve 
presque égale à la dominante, tandis qu'elle n'atteignait aupara- 
vant que 17 7o(fig- 46). 

Donc 1. 000 akènes de longueur 19 ont fourni 3o °/o de même 
taille 19, 32 "/o de longueur 20 et le reste, 38 7o^ se répartit sur les 
sept autres longueurs atteintes. Par la sélection et la deuxième 
culture sans engrais, on a presque doublé la forme 19, sélectionnée, 
dont l'importance s'est trouvé considérablement accrue, mais, en 
même temps les autres formes subsistaient (sauf quelques-unes: 
14, 23, 24, 25) et, en particulier, la forme 20, qui dominait chez 
les ascendants. 

b) Largeur. — La dominante des akènes de première généra- 
tion était i3 avec des extrêmes 9 à 17. Les grains obtenus par la 
seconde culture varient de 9 à i5, la dominante devient 12 avec 
35o akènes (plus du tiers) 3o 7o dépassent cette taille et 34 °/o lui 
sont inférieurs. 

La forme 1 1 , presque insignifiante dans le produit de première 
culture (où elle n'atteint que 6 7o) atteint ici 28 7oi tandis que la 
fréquence de la forme i3, qui, originellement dominait avec 
33i grains, est rabaissée à 23i seulement (fig. 47). 

On constate donc, comme pour la longueur, le développe- 
ment de la forme sélectionnée 11; pourtant ce n'est pas elle qui 



— 12.-) — 

domine mais une forme supérieure 12, intermédiaire entre celle-ci 
et la forme i3 qui dominait chez les ascendants. 

C) Grains de dimensions 20 X 12. — Cette semence provient, 
comme je l'ai déjà mentionné, d'une sélection des akènes compo- 
sites du lot à engrais complet. Les i.ooo grains qui la constituent 
ont tous la même longueur 20 (5 m/m) et la même largeur : 12 
(3 m/ m), et on peut leur appliquer les mêmes considérations qu'aux 
précédents. 

aj Longueur. — On constate aussi une atténuation de la 
puissance de variation : 16 à 24 au lieu de 14 à 25, mais la répar- 
tition des grains change, 

La dominante (20 dans la première génération et 20 dans la 
semence) passe à 21 ; cette forme qui n'était primitivement repré- 
sentée que par 18 °/o des akènes, l'est ici par 28 °/o; par contre, 
l'ancienne dominante 20 est ici rabaissée, sa fréquence passe de 
325 à 255. Un fait également intéressant consiste dans l'augmen- 
tation générale de la taille. En eifet, à l'origine, 33 °/o des akènes 
dépassait la moyenne 20, tandis qu'ici on en compte 53 "/^ (tig. 46). 

11 y a augmentation de la dominante qui passe de 20 à 21, et accrois- 
sement général de la longueur; mais ce qui est curieux, c'est que 
l'ancienne dominante 20, au lieu d'être renforcée, diminue d'impor- 
tance, puisque sa fréquence, égale à 325 dans le lot primitif, descend 
ici à 255. Par conséquent ici il n'y a pas accentuation, tixation, 
mais déviation générale flu type vers la droite, c'est-à-dire vers 
l'amélioration. 

b) Largeur. — Les résultats sont de même nature en ce qui 
concerne la largeur des akènes. Egale à i3 dans le lot originel et à 

12 dans la semence sélectionnée, elle reste à 12 (3 m/m), mais, tandis 
que cette forme avait primitivement une fréquence de 20 7o' elle 
atteint ici près de 40 "/„; de plus, les tailles supérieures à cette 
moyenne sont beaucoup mieux représentées que les tailles infé- 
rieures. Il y a également tendance à l'augmentation de la largeur 
(fig. 48). 



— 124 



^7^ 



iSO" 





5I io' -1* ' Hî' 13 ' ^«' *^' T <y ' 3' te 11- -lî' (3' lu' <r fi' ' n' 

FiG. 48 



FiG. 47 

Sans engrais. 

+ + + + Engrais complet. 
19x11. 



20X12. 

+ + + + 1b, deuxième récolte. 
2 b, deuxième récolte. 



Variations de la largeur des Akènes dans la descendance du 
Fagopyrum esculentum. 



— 125 - 

Résumé. — En somme, et si Ton considère les deux dimensions 
linéaires des grains obtenus et de leurs ascendants, on voit que la 
semence sélectionnée employée représentait, exclusivement, les 
tailles 20 et 12, qu'elle dérivait directement d'un type où les tailles 
20 et i3 dominaient et que celui-ci (obtenu par l'emploi d'une fumure 
complète) était lui-même issu d'une race où les formes 18 et 11 
étaient prédominantes. 

La forme primitive était donc représentée par 18x11. 

Celle qui en est issue de première génération (obtenue avec 
engrais complet) par 20Xi3. 

Celle issue de cette dernière par sélection (et employée comme 
semence) par 20x12. 

Enfin celle obtenue par culture de cette dernière (sans fumure) ou 
de deuxième génération par 21x12 (presque i3). 

Or les résultats obtenus avec les akènes des dimensions 19x11 
et développés précédemment, montrent que : 

La forme primitive était représentée par i8x 11. 

Celle qui en est issue par culture avec engrais complet (première 
génération), 20Xi3. 

Celle issue de cette dernière par sélection et employée comme 
semence, 19x12. 

Enfin, la forme obtenue par culture de cette dernière (sans 
fumure) ou deuxième génération, 20x12. 

Notons, en outre, l'augmentation souvent très sensible du 
nombre de grains plus grands que ces moyennes. 

En résumé, dans les deux cas, par sélection d'une forme, on a 
obtenu une augmentation de taiUe de l'ensemble, conséquence de la 
tendance à l'accroissement, primitivement acquise, et, simultané- 
ment, une plus grande importance de cette forme choisie qui paraît 
tendre à se fixer. Il n'y a pas antagonisme entre ces deux tendances, 
et il en résulte une épuration et une amélioration de la race. La 
sélection, au lieu d'être seulement conservatrice, a été aussi 
améliorante. 

Ce serait là un argument en faveur de la doctrine néo- 
lamarkienne, d'après laquelle la sélection d'une espèce, soutenue 



— 126 — 

pendant un certain temps, peut arriver à créer une nouvelle forme, 
en accentuant et fixant une déviation, latente ou déjà manifestée. 

Evidemment, dans le cas présent, on ne sait nullement ce que 
deviendraient, reprises isolément et livrées à elles-mêmes, les nou- 
velles formes 19x12 et 20x12 obtenues en deuxième génération, 
l'expérience seule pourra le dire. 

Résumé des recherches biométriques 

Quelles conclusions est-il permis de tirer de ces recherches 
biométriques? 

1° Qu'il existe de grandes différences dans les dimensions, des 
akènes des diverses espèces et variétés de Fagopyrum. Mais que 
chacune d'elles correspond à un type bien défini, qu'on ne peut 
confondre avec les autres et qui peut être caractérisé par les dimen- 
sions linéaires L, 1, la surface S et au besoin le poids P dont les 
fréquences dominent. 

C'est ainsi que la formule du Fagopyrum esculentum 
L X 1 X s p, tirée de ces caractères des grains serait : 
18 X II X 26 X 20. 
Celle du Fagopyrum émargitum : 22 x 16 x 32 x 18, dont les 
ermes sont bien différents, etc. 

2° Qu'il est difficile de dire, pour certaines sortes tout au 
moins, si l'on se trouve en présence d'une race pure ou d'un 
mélange de races. 

3° Que l'alimentation minérale a une influence certaine et rela- 
tivement grande sur les dimensions des akènes, et variable avec la 
natnre de l'élément fertilisant considéré. 

Qu'ainsi l'apport d'un engrais complet (Az, K- O, P^ O^) fait 
passer la longueur du Fagopyrum esculentnm de 18 à 20, et leur 
largeur de 11 h i3, tandis qu'en l'absence de potasse, par exemple, 
la longueur reste 18 et la largeur passe à 12. 

4° Que l'hérédité intervient, ainsi que le milieu, dans la varia- 
tion et la fixation de ces caractères et qiie, dans une espèce qui 
paraît pure comme le Fagopyrum esculentum, la sélection semble 
pouvoir jouer un rôle important dans l'amélioration du type primitif . 



— 127 — 
Tarleau a 



Longueurs 


14 


15 


16 


17 


l.S 


19 


20 

1 


1 
21 1 


22 


23 


24 


25 
1 


26 


27 


28 30 




1 


1 
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3 

2 

6 
1 


5 
11 
32 
57 
60 
22 


31 
82 
59 
182 
132 
42 


128 1 171 
292 238 
170 226 
243 j 275 
300^ 248 
184' 246 


325 
214 

350 
181 
198 

351 


187 
100 
97 
42 
42 
89 


116 
49 
45 
6 
14 
53 


20 
2 

13 
2 

5 


11 
2 

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- 128 — 

Tableau R 



Largeurs g 


9 


10 


11 


12 


13 14 


15 


16 17 


18 


19 


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21 


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23 


24 


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10 
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114 


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356 
177 


202 
238 
403 


331 
159 
210 


260 

115 

76 


113 
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57 


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322 

287 
284 


263 
345 
393 
352 


113 
231 
147 
230 


6 

28 
54 
62 


6 
12 
10 


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— 129 — 



III. — structure de l'Al^èpc 



La constitution anatoniique du fruit de Fai>opyruni a été 
décrite par de nombreux auteurs, en particulier par Krauss, E. Sir- 
rine, Mlliers et Collin, Guillaume, etc.. Mais, outre que les résul- 
tats obtenus par ces différents observateurs ne sont pas toujours 
absolument concordants, ils ne concernent presque tous que les 
akènes du Fagopyrum esculentum. 

Aussi ai-je repris brièvement cette étude en l'appliquant au 
fruit des quatre espèces que j'ai choisies. Pour lui donner plus d^' 
clarté, j'examinerai séparément, aux points de vue macroscopique 
et microscopique, la structure des téguments et celle de la graine 
qu'ils entourent. 

A. — Examen macroscopique 

Des coupes en séries faites dans des fruits inclus dans la paraf- 
fine permettent de se rendre compte de la structure de Takène. 
Celui-ci comprend, de l'extérieur vers l'intérieur : 

i" Les enveloppes du fruit ; 

2° La graine proprement dite, composée, elle-même : 

(a) Du tégument séminal, (b) de l'albumen farineux, (c) de 
Tembyron. 

1° Les enveloppes du fruit sont dures, coriaces, épaisses et 
colorées, non adhérentes a la graine sous-jacente, sauf, à la base, où 
celle-ci s'y rattache par un court tunicule ; 

2° (a) Le tégument séminal est forme par une membrane mince 
et jaunâtre, montrant, au sommet delà graine, un micropyle très 
petit. 

(b) L'albumen est constitué par une masse volumineuse de 
matière très blanche, homogène et non ruminée. 



— lOO — 

(cj On peut considérer dans Tembryon : i° l'embryon propre- 
ment dit, c'est-à-dire Tensemble de la radicule, de la tigelle et de la 
gemmule, et, 2° les cotylédons. 

L'embryon proprement dit est petit, droit, renversé et axial, 
dans la masse de l'albumen, à l'extrémité supérieure duquel il est 
situé, la pointe de la radicule se trouvant près du micropyle. 




FiG. 49. — (oupps liansversales d'akènes de Fagopyrum. 

Il est enveloppé complètement par les deux cotylédons qui 
s'enroulent autour de lui, et se replient ensuite deux fois sur eux- 
mêmes. L'extrémité de la radicule, seule, est libre, et les cotylédons 
sont beaucoup plus longs que le reste de l'embryon; de telle sorte 
qu'une coupe transversale du sommet de la graine ne montre que la 
section de la radicule, qu'une coupe moyenne passe à la fois par 
l'embryon proprement dit et les cotylédons, et qu'une coupe de la 
base de la graine n'intéresse plus que ces derniers. (Fig.49et5o). La 
tigelle et la gemmule sont très courtes. J'ai pu constater que cette 
constitution de l'akène est identique dans toutes les espèces de 
Fagopyrum. En résumé, le fruit du Fagopyrum est un akène dans 
lequel l'embryon est droit. La radicule, voisine du sommet et du 
micropyle de la graine, se continue par une tigelle et une gemmule 
courtes. Mais l'ensemble de l'embryon proprement dit n'atteint pas 
la moitié de la longueur de la graine. 

Il est entoure complètement, à partir de la tigelle (qui les sup- 
porte; par les deux cotylédons qui s'enroulent autour d'elle, 
chacun sur une moitié, en partant des deux extrémités d'une même 
génératrice. 



131 



B. — Examen microscopique 

Pour faire l'examen microscopique de l'akène, j'ai envisagé 
successivement : i" les enveloppes péricarpiques; 2" les enveloppes 
séminales; 3° Talbumen; 4° l'embryon proprement dit et les cotylé- 
dons. 

1° Enveloppes péricarpiques. — Comme dans tous les fruits, le 
péricarpe doit être constitué, fondamentalement, par trois éléments 
distincts, qui sont, de l'extérieur vers l'intérieur : l'épicarpe, le 
mésocarpe et l'endocarpe. On retrouve en "effet, ici, ces trois parties 
plus ou moins différenciées. 

A. Fagopyrum esculentiim. — ISépicarpc est formé d'une assise 
externe épidermique, composée de longues cellules aplaties, environ 
quatre à cinq fois plus longues que larges et relativement régulières. 




Elles sont épaissies et striées sur leur pourtour, et ne présen- 
tent qu'un lumen assez étroit ; il n'y a pas de mcats intercellu- 
laires . 



2] Sous répiderme, se trouve une assise assez épaisse de 
sclérenchvme, qui constitue le tissu de soutien du tégument. Elle 
est formée de plusieurs rangées de tibres très caractéristiques. 
Celles-ci ont en eftet de grandes dimensions (i2o.i5oa x io.23a) 
avec des parois excessivement épaisses et scléritiées, et une ouver- 
ture très étroite, allongée et comme ramifiée. 

Ces fibres sont allongées longitudinalement, de forme assez 
irrégulière, mais généralement fusiiormes et onduleuses, et de 
direction assez variable, laissant parfois entre elles de petits 
méats. 

Cette assise sclerenchymateuse. faisant partie, selon certains 
auteurs, de Tépicarpe, et d'après d'autres, du mésocarpe a été aussi 
désignée sous le nom d'hypoderme. 

3) Le mésocarpe est très différent. C'est une véritable assise 
parenchymateuse, formée de plusieurs rangées de cellules, dont le 
nombre varie, d'ailleurs, selon la région considérée. Réduites à 
deux ou trois en effet, dans les parties minces de l'enveloppe péri- 
carpique, elles sont plus nombreuses (5 à 6), au voisinage des 
arêtes et des faisceaux vasculaires (nerxtures). 

La forme de ces cellules n'est pas invariable. Cependant, elles 
sont plutôt rectangulaires, parfois polyédriques, mais en tout cas, 
presque toujours plus longues que larges ; leurs parois sont minces 
et cellulosiques. C'est là qu'est localisée la matière colorante jaune 
brunâtre qui donne à l'enveloppe sa coloration. On rencontre dans 
ce tissu des méats intercellulaires. 

4I Nervures. -- Le tégument péricarpique, résultant de la sou- 
dure des feuilles carpellaires, on y trouve, comme on l'a vu précé- 
demment, des nervures, qui sont constituées par des faisceaux 
libéro-ligneux. Ceux-ci sont' plus volumineux à l'endroit des arêtes 
du grain et sont entourés par les cellules de mésocarpe, qui sont 
plus nombreuses, plus serrées et souvent plus régulières à leur con- 
tact que dans les intervalles qui les séparent. 

Les éléments du liber sont situés vers l'extérieur et formés de 
cellules nombreuses mais de petites dimensions. 



— i3.^ — 

Quant aux vaisseaux du bois, ils sont cylindriques et en nombre 
réduit (7 à 8j, 6 grands et 2 petits généralement. 

Les dimensions du bois sont d'environ 20 a, chaque vaisseau 
mesurant en moyenne 5 a. Celles du faisceau libcro-ligneux total 

atteignent approximativement 4.5 ;j.. 

5: Enfin, Vendocarpe, si- 
tue immédiatement sousle mé- 
socarpe, ressemble beaucoup 
à ce dernier, mais il n'est or- 
dinairement formé que d'une 
seule rangée de cellules qui 
sont grandes, allongées, apla- 
ties et serrées les unes con- 
tre les autres. Leurs parois 



FiG. 51 



Coupe de l'écale du Fagopyrum sont également minces et on 
esculentum (gros. 125). y constate la présence de ma- 

tière colorante. 

Quand on recherche la structure du tégument de l'ovaire, et la 
transformation de celui-ci en tégument péricarpique. on voit qu'elle 
comprend un nombre plus grand d'assises cellulaires, surtout vers 
la partie interne. C'est, qu'en effet, pendant le développement de 
l'ovaire en fruit, les cellules profondes, c'est-à-dire celles du futur 
endocarpe, sont en grande partie détruites et résorbées et qu'il n'en 
reste plus, habituellement, qu'une assise, au moment de la maturité 
du fruit. Les autres tissus ne subissent, eux, que peu de moditica- 
tions, tout au moins quant à leur importance cellulaire. 

B. — Fagopyuum emarginaium. — La structure des enve- 
loppes péricarpiques de l'akène du Fagopyrum emarginatiim est 
analogue à celle du Fagopyrum esculentum. La constitution des 
tissus qui les composent est la même et ils ne se différencient que 
par leurs dimensions relatives qui ne sont pas identiques. C'est 
ainsi que les cellules de l'épicarpe sont plus grandes et que les 
faisceaux libéro-ligneux sont également plus développés 1 65 u. envi- 
ron au lieu de 45). 

C. — Fagopyrum tataricum. — Par contre, la structure est un 



>-\:r~-<~^— -^ 



- i-M — 

peu différente chez le Fagopynim tataricutJi. Ici Tépicarpe est plus 
développé. Les cellules de Tépiderme ont des dimensions plus 
grandes ; leurs parois, épaisses, paraissent lisses et l'extérieure est 
plus développée. L'épicarpe mesure environ i2o-i3o;xau lieu de 
80 dans l'espèce précédente. 

L'hypoderme se distingue aisément. Les libres qui le consti- 
tuent — au lieu d'être toutes sensiblement parallèles et transver- 
sales, comme dans les Fagopyrum esciilentum et emarginatiun — 
forment deux assises bien distinctes. Dans Tune, les fibres sont 
verticales, tandis que dans l'autre elles sont longitudinales. Cette 
importance du tissu fibreux explique l'épaisseur et la dureté plus 
grandes de l'ecale dans le sarrasin de tatarie 

Les cellules du 
mésocarpe et de l'en- 
docarpe sont peu dif- 
~^/- ' > /■!i;^ férentes. Quant aux 

^ :-''ip faisceaux libéro - li- 

■^ i^ gneux, ils ne sont 

^'^:~îïïS:ïiS2:i:^2&=^- - "~ guère modifiés non 

„ _.-, „ j ,>. , j c^ plus et leurs dimen- 

FiG. 52. — ooupe de 1 ecale du Fagopyrum "^ 

stenocarpa (gros. 125). «i^ns sont à peu près 

les mêmes, bien que 

peut-être un peu plus faibles, que dans le sarrasin argenté. 

D. — Fagopyrum stenocarpa. — On remarque entre la struc- 
ture du tégument péricarpique de cette espèce et celle du Fagopy- 
rum tataricum, l'analogie qu'on avait constatée dans la constitution 
anatomique de l'écale chez les Fagopyrum esculefitum et emargina- 
tum. Eu égard à ce caractère, ces quatre espèces vont donc deux à 
deux. 

En eff'et, on trouve ici les mêmes caractères que dans l'enve- 
loppe du sarrasin de tatarie : même forme des cellules, même dis- 
position perpendiculaire des fibres de l'hypoderme, etc.. Cepen- 
dant, celles-ci ne forment que deux à trois rangées verticales, 
mesurant en totalité 85 [x, tandis que les éléments longitudinaux 
n'atteignent que 35 [x environ. Ces derniers sont donc beaucoup 



— i35 — 

plus réduits dans le Fa gopy non stenocarpa, et, malgré l'importance 
parfois plus grande, de Thypoderme transversal, il en résulte une 
réduction de l'ensemble du tissu sclérifié. On constate, d'ailleurs, à 
l'œil nu, que l'écale est souvent moins dure et moins épaisse dans 
cette espèce que dans la précédente. 

Les autres éléments ne montrent que peu de différences, les 
faisceaux conducteurs sont ordinairement moins développés que 
dans les trois autres types. En effet, un faisceau libero ligneux ne 
mesure guère que 35 a; le bois surtout, est plus réduit, le 
nombre des vaisseaux est plus petit (i5 y.), et on n'en compte habi- 
tuellement pas plus de cinq, deux gros et trois petits par suite, 
sans doute de l'atténuation considérable des arêtes de l'écale. 

Résumé. — La structure fondamentale du tégument péricar- 
pique de l'akène de Fagopynnn présente d'assez grandes analogies 
dans les quatre espèces considérées, et peut être admise comme 
caractéristique du genre. 

Elle comprend, somme toute, trois éléments distincts : 

1° L'épicarpe, avec deux régions, l'épiderme rentorcé et l'hy- 
poderme fibreux, constituant le tissu protecteur et de soutien. 

2° Le mésocarpe, avec un parenclupne, plus ou moins homo- 
gène, formant le tissu de coloration, et un appareil vasculaire, for- 
mant le tissu conducteur. 

3° L'endocarpe très réduit. 

Les différences qui distinguent les quatre espèces sont peu 
accentuées, et sont telles qu'elles permettent de rapprocher deux à 
deux, le Fagopyrumesculentum de l'emarginatum, et le Fagopyrum 
stenocaipa du Fagopyrum tataricum. 

Tandis que les deux premières ne présentent que des fibres 
longitudinales, les deux autres possèdent un tissu hypodermique, 
non seulement plus développé, mais renforcé, pour ainsi dire, par 
la disposition en deux assises perpendiculaires des fibres scléreuses 
qui le constituent. C'est dans le Fagopyrum stenocarpa que l'appa- 
reil vasculaire est le plus réduit, et dans le Fagopyrum emargina- 
tum qu'il est, au contraire, le plus développé. 



- i36 - 

2. TÉGUMENT SEMINAL. — A. Fagopyrum csciilcntum. — La 
graine résulte, comme on le sait, de la fécondation et de l'accroisse- 
ment de Tovule fécondé. Celui-ci est constitué par une masse 
centrale ou nucelle, renfermant le sac embryonnaire, et entourée 
d'un tég-ument plus ou moins complexe. 

Dans le Fagopyrum, ce tégument ovulaire est double ou, en 
d'autres termes, l'ovule est bitégumenté ; de plus, le nucelle sous- 
jacent présente une membrane propre ou épidémie. On devrait 
donc retrouver dans la graine ces trois enveloppes primitives. 

Or, d'après Guillaume (ij — qui a étudié le développement de 
l'ovule chîz les Polygonacées — les deux téguments ovulaires 
demeurent intacts jusqu'à un stade très avancé du développement 

de la graine 




ieg e^î 

feg. -m. 



% 



un,. 



FiG. 53 — Différents 1 issus constitutifs des téguments 
péricarpique et séminal de l'akène de Fagopyrum. 



(différenciation 
de l'assise pro- 
téique), mais, 
par la suite, le 
tégument inter- 
ne (secondine) 
disparaît tota- 
lement, de telle 
sorte qu'à com- 
plète maturité, 
le tégument sé- 
minal est uni- 
quement re- 
présenté par le 
tégument ovu- 
laire externe 
(primine). 

D'autre part, 
l'épiderme du 
nucelle persis- 



(i) Guillaume, loc. cit. 



te pendant très longtemps, ses cellules s'accroissent et se cutini- 
sent, et il ne se résorbe, en partie, qu'à une époque très tardive et 
chez des graines en apparence parfaitement mûres. 

Cette persistance de Tépiderme nucellaire serait caractéristique 
des Polygonacées, bien qu'on la retrouve chez quelques autres 
plantes. 

En réalité, si on examine, à un assez fort grossissement, la 
membrane séminale, on voit qu'elle est constituée par plusieurs 
assises de cellules. 

De l'extérieur vers l'intérieur, on distingue, tout d'abord, des 
cellules très régulières, nettement parallèles et à parois peu épaissies 
et sinueuses. Ces cellules, serrées et sans méats, sont de grande 
taille, rectangulaires, presque carrées. En dedans, se trouvent 
plusieurs rangées de cellules colorées, se reconnaissant, de suite, 
à leur forme plus allongée, plus aplatie, assez régulière, et, surtout, 
à leurs parois minces, ondulées et pourvues de lacunes arrondies, 
dans toute leur étendue. C'est cette assise qui donne à la membrane 
séminale sa coloration jaune roussàtre. 

Enfin apparaît une assise caractérisée par des cellules parallèles 
très allongées, nettement polygonales, trois fois plus longues que 
larges environ, et pourvues de parois minces, rectilignes et sans 
méats (fig. 5.3). 

B. — Fagopyrum cmarginaturn. — Il n'existe pas de diffé- 
rences bien appréciables dans la structure du tégument séminal du 
Fagopyrum ema.rginatum et du Fagopyrum esculentum. L'assise 
moyenne est seulement un peu plus épaisse et plus colorée dans le 
premier. 

C. — Fagopyrum tataricum. — Dans cette espèce l'assise 
externe n'est pas modifiée, mais l'assise moyenne parenchymateuse, 
est formée de cellules plus petites mais plus lacuneuses que dans le 
Fagopyrum esculentum, et l'assise interne est plus développée, par 
suite (d'après Guillaume) de la persistance de certaines cellules du 
téo-ument ovulaire interne. 



[38 



Rcsumc. — En résumé, le téoument séminal du Fagopyrum est 
formé de trois assises bien difFérenciées, à peu près semblables dans 
les quatre espèces étudiées : une assise externe de cellules serrées, 
sinueuses et léo-èrement épaissies, une assise moyenne d'éléments 
colorés, ondulés et à parois très lacuneuses, et une assise interne 
de longues cellules polygonales, à parois rectilignes. 

3. — Alrumen. — a) Fagopyrum escidentum. — On peut con- 
sidérer, dans l'albumen, deux parties : une externe, formée de 
cellules à aleurone et constituant l'assise protéique ; et une interne, 
beaucoup plus volumineuse, composée de cellules parenchyma- 
teuses remplies de grains d'amidon. 

i. — Assise protéique. —L'assise protéique est formée d'une 
seule rangée de cellules de dimensions assez grandes, de forme 
plus ou moins polyédrique, à angles arrondis. Leur paroi est forte, 
épaisse et le contenu des cellules est granuleux. 



2. — Albumen proprement dit. - C'est un albumen amylacé, 
homogène et non ruminé. Il est formé de très grandes cellules, nette- 
ment polyédriques, régulières, parenchymateuses et sans méats, 
présentant un noyau et bourrées de grains d'amidon, sans gluten. 

Ce|; amidon est assez caractéristique, 

bien qu'il ressemble, par plus d'un point, à 

celui du riz. Il est composé, à la fois, de 

grains simples, de 

rrf) O O 





grains composes et 
de grains anormaux, 



FiG. 54. — Cellule de l'albumen et grains 

d'amidon (simples et composés) de la graine de 

Fagopyrum. 



1. — ■ Grains sim- 
ples ou isolés. — Ils 
affectent deux for- 
mes principales ; les 
uns sont polyédri- 
ques, les autres ar- 
rondis. 



— K.Q - 

Les grains polyédriques proviennent généralement des parties 
périphériques de Talbumen. Ils sont irréguliers, à angles, soit 
aigus, soit émoussés, et ils mesurent, en moyenne, 6 à 8u, quel- 
ques-uns même 14 à i5y.. 

Les grains arrondis sont également irreguliers. et proviennent 
des parties centrales de Talbumen. Ils ne mesurent guère que de 4 a 
8 [X et sont plus nombreux queles précédents, 

Tous possèdent, en leur centre, un hile, petit et circulaire, très 
nettement visible. 

2. — Grains composés. — Ils résultent de l'agglomération d'une 
certaine quantité de grains simples, et présentent, par suite, des 
formes et des dimensions fort variables. Les éléments qui les com- 
posent ont, assez souvent, conservé leur forme polyédrique. 

.3. — Grains anormaux. — Dans les agglomérats, il arrive que 
les contours des grains sont déformés ou que leurs surfaces de 
contact sont devenues invisibles ; on a alors des masses composées 
tout à fait irregulières. D'autre part, des grains isolés peuvent pré- 
senter egalemeet des formes particulières, très hétérogènes : bos- 
selés, contournés, etc.. (Fig. 54). 

Ces anomalies constituent précisément un des caractères dis- 
tinctifs de la farine de sarrasin. A celle-ci sont d'ailleurs presque 
toujours mélangés des débris plus ou moins fins du tégument, 
débris de formes très variables selons les tissus dont ils pro- 
viennent. 



B. — Autres espèces. — Après avoir examiné attentivement de 
nombreux échantillons d'albumen des Fagopyrum esculentum, 
e7narginatum, tatariciim et stenocarpa, je n'ai pu y découvrir de 
différences appréciables, contrairement à ce que je supposais. 

Les dimensions mêmes des grains d'amidon oscillent dans des 
limites semblables, et je crois qu'il est impossible de pouvoir dis- 
tinguer au microscope, l'origine spécifique de la farine des divers 
ragopyni-n, 



— I40 - 

4- — Embryon. — a) Embryon proprement dit. — Comme Ta 
montré l'étude macroscopique de Takène, Tembryon est situé à la 
partie supérieure et dans Taxe de l'albumen. 

Suivant les auteurs, il est sinueux et contourné en S, ou, au 
contraire, axile et droit. 

Ces divergences tiennent, sans doute, à ce que les uns n'ont 
considéré que l'embryon proprement dit, tandis que les autres ont 
envisagé l'ensemble qu'il forme avec les cotylédons. 

Nous avons vu précédemment que, dans les différentes espèces 
àe. Fagopyrnnu il était droit et situé selon l'axe longitudinal de la 
graine, la radicule étant voisine du micropyle ; il est enveloppé par 
les cotylédons enroulés. Isolé, il apparaît sous forme d'un petit 
cylindre, resserré vers sa base et pointu à son extrémité supérieure, 
et de coloration jaune. 

Des coupes en séries permettent de se rendre compte de sa 
structure anatomique. Sa section transversale, qui est plus ou 
moins circulaire, montre, de l'extérieur vers l'intérieur, et à un faible 
grossissement (tig. 55) : un épidémie net. une écorce et un cylindre 
central. Celui-ci est limité par une assise concentrique, à contours 
irréguliers, et qui présente quatre renflements importants. 

A un plus fort grossissement (fig. 56) on voit que tout l'en- 
semble est cellulosique. L'épiderme, bien distinct, est formé de 
cellules très régulières, à grand diamètre radial. 




Fig. 55 et 56. — Coupe de l'embryon de la graine de Fagopyrum (gros. 125). 



— 141 - 

L'écorce est constituée par six assises de cellules généralement 
arrondies, comme emboîtées les unes dans les autres de façon à 
laisser entre elles le moins de méats possible et à former un paren- 
chyme homogène et compact. Au sein de celui-ci, et de distance en 
distance, se trouvent de très grandes cellules de forme irrégulière, 
plus ou moins ovoïde, bordées d'éléments plus petits, et toujours 
remplies de matières de réserve. 

Sous récorce, apparaît une assise concentrique, formée de 
cellules arrondies, toutes semblables et reliées entre elles. Cette 
couche représente, vraisemblablement, la limite interne de Técorce, 
c'est-à-dire l'endoderme. Au-dessous, vient une seconde assise, 
également concentrique et plus caractéristique. Elle est constituée 
par des cellules très régulières, serrées, et plus ou moins polyé- 
driques, ce qui les distingue nettement des autres tissus qui, eux. 
sont formés d'éléments arrondis. 

En quatre endroits équidistants, cette assise qui limite le 
cylindre central et représente le péricycle, s'épaissit, se renfle et 
forme ainsi quatre amas volumineux, de cellules également polyé- 
driques et sans méats, qui représentent l'ébauche des futurs fais- 
ceaux. On sait, en effet, que ceux-ci sont toujours au nombre de 
quatre dans le Fagopynim. L'ensemble de ce tissu donne exacte- 
ment l'impression d'un méristème. 

Enfin, sous ce tissu, se trouve la moelle, abondante, épaisse, 
sans lacune ; elle est formée de cellules régulières, arrondies, de 
fortes dimensions, et de plus en plus grandes au fur et ci mesure 
qu'on s'avance vers le centre. 

B. — Cotylédons. — Les deux cotylédons entourent l'embryon 
proprement dit, et affectent, sur une section transversale de l'akène, 
la forme d'un S plus ou moins allongé. Dans la graine même, ils 
sont déjà verdâtres et pourvus de chlorophylle, et ce sont eux qui, 
par transparence, déterminent les panachures vertes qu'on aperçoit 
sous le tégument séminal et dont il a été question dans un chapitre 
précédent. 

Les deux feuilles cotylédonnaires, pendant leur enroulement. 



ne sont ni adhérentes, ni même contiguës Tune à l'autre dans toute 
leur longueur. Leurs dimensions sont grandes. 

Leur constitution anatomique rappelle essentiellement, la struc- 
ture foliaire (fig. 57). Ils sont formés, en effet, par deux épidermes 
réguliers, un supérieur à plus grandes cellules, et un inférieur plus 
mince. Entre les deux, se trouve un mésophylle homogène, com- 
posé surtout de grandes cellules, allongées, polyédriques, vers la 
face supérieure, et d'éléments plus petits et plus arrondis, vers la 
face inférieure, indiquant déjà la situation des parenchymes palis- 
sadique et lacuneux. 

De distance en dis- 
tance, se voient de pe- 
tits amas de cellules très 
différentes, de dimen- 
sions beaucoup plus ré- 
duites, et paraissant en 
voie de division. C'est 
là, évidemment, l'ébau- 
che desfuturesnervures. 
Tous les tissus des cotylédons sont absolument bourrés (comme 
ceux de l'embyron, d'ailleurs) de matières de réserve excessivement 
abondantes. 




FiG. 57. — Coupe d'un cotylédon de la graine 
de Fa^opyrum (gros. 125). 



I-p 



IV. — Composition de î'AUène 



La composition cliimique de Takène et celle de ses parties 
constituantes (écales et graine) sont très intéressantes à connaître, 
puisqu'elles indiquent les ressources alimentaires que la plante est 
susceptible de fournir et, par suite, sa valeur économique. 

Elles ont fait l'objet de nombreuses recherches — qui ne 
s'adressent, d'ailleurs, qu'au Fa<gopyrum esciilcntum — et parmi 
lesquelles il faut citer celles de Boussingault, Is. Pierre, Balland, 
Mûntz bt Girard, Dietrich et Konig, Kïihn, Haselhoff, etc. 

Je me bornerai cà signaler brièvement les principaux résultats 
auxquels ces travaux ont abouti, en les faisant suivre de ceux des 
quelques analyses personnelles que j'ai pu effectuer. J'examinerai 
successivement la composition du grain entier et celle de ses 
éléments séparés (c'est-à-dire des enveloppes et de la farine) dans 
les quatre espèces et dans quelques variétés du Fagupynim esciilen- 
tum. Au préalable, j'indiquerai sommairement les méthodes d'ana- 
lyse que j'ai employées. 

MÉTHODES EMPLOYÉES. — Je n'ai pas entrepris l'analyse complète 
de tous les éléments constitutifs du grain; je n'ai recherché dans 
celui-ci que l'eau, la matière grasse, la matière azotée totale, les 
substances non azotées et les cendres; puis, dans celle-ci, les pro- 
portions relatives de potasse, de chaux, de magnésie et d'acide 
phosphorique. 

/. Dosage de Veau. — 20 grammes d'échantillons, finement 
broyés au moulin' et tamisés, sont portés à l'etuve à 100, puis à 
110°, jusqu'à poids constant. La différence de poids X 5 indique la 
quantité d'eau 7o- 



— 144 — 

2. Dosage des cendres. — 5 C;rammes de matière pulvérisée et 
desséchée sont placés dans une capsule tarée et portés dans un four 
à moufle que Ton chauffe progressivement au rouge sombre, en 
évitant les projections et jusqu'à ce que les cendres soient blanches. 

L'augmentation de poids de la capsule refroidie x 20 donne la 
proportion °/o de cendres. 

3. Dosage des matières azotées. — On dose l'azote dans la 
poudre desséchée, et par la méthode de Kjehdall, et on multiplie le 
chiffre trouvé par le facteur 6,25. 

4. — Dosage des matières grasses. ~ 5 grammes de poudre 
sont places dans un tube à déplacement fermé par un tampon 
d'ouate (appareil de Soxhlet). On les épuise par des lavages suc- 
cessifs à l'ether qui dissolvent et entraînent la matière grasse. Les 
liquides d'épuisement recueillis sont évaporés à 5o-6o", puis à 100°. 
On pèse et le poids obtenu X 20 donne la proportion de matières 
grasses "/o- 

5. — Dosage de la potasse. — La potasse a été dosée à l'état 
de perchlorate. 

6. — Dosage de la chaux. — Traiter par l'acide chlorhydrique. 
Etendre à 100'' avec de l'eau distillée. On filtre, on alcalinise par 
l'ammoniaque et on redissout le précipité formé par de l'acide acé- 
tique. On tiltre : dans le liquide en ébullition on ajoute un excès 
d'oxalate d'ammoniaque. On tiltre sur un filtre Berzélius, on lave à 
l'eau bouillante et, après dessication, on calcine au rouge vif. Le 
poids obtenu et ramené à 100, donne la proportion de chaux. 

7. — Dosage à la magnésie. — Dans le filtrat obtenu précé- 
demment, la magnésie a ete précipitée à l'état de phosphate ammo- 
niaco-magnesien et pesée à Tctat de pyrophosphate de magnésie. 

6'. — Dosage de l'acide pJiospltorique. — On traite par de l'acide 
chlorhydrique dilue, à l'ebullition, on évapore au bain de sable, 
puis on reprend par de l'acide chlorhydrique et on tiltre en lavant à 



- 145 - 

Teau bouillante. Ajouter au tiltrat du citrate d'ammoniaque ammo- 
niacal, de Tammoniaque et du reactif magnésien. Agiter vivement 
jusqu'à précipitation du phosphate ammoniaco-magnésien. 

Après un repos de vingt-quatre heures, filtrer sur un filtre 
Berzélius et, après dessication, calciner le précipité, au moufle 
porté au rouge. Peser après refroidissement. Le poids obtenu 
X 0,689 donne la quantité d'acide phosphorique 7„. 



A. 



Composition du Fagopyrum esculentum. 



I. — Composition du grain entier. — Le tableau 7 .réunit les 
résultats obtenus par un certain nombre d'auteurs. Comme on peut 
le constater, ils sont très différents les uns des autres, variant par- 
fois du simple au quadruple, ce qui tient, sans doute, à la nature 
des variétés ou des échantillons étudies, à leur origine, aux méthodes 

employées, etc Chacun de ces éléments possède, en effet, une 

influence importante et, pourtant, il est très rare qu'ils soient décrits 
dans les travaux précités. 



13.20 
9.88 
2.9 

64.35 
9.12 
2.31 



Eau 

Matières azotées . . . . 
Matières grasse?. . . . 
Sucres et amidon . . . 
Cellulose et ligneux. 
Cendres 





^ 




s 


S 


S) 






















a 









m 


13.2 


13 


7.8 


13.1 


1.5 


3.9 


58.0 


64.0 


17.6 


3.5 


1.4 


2.5 



TJ 
























X, 


<v 













2 


_ 


-73 

a 







.^ 


- 


-1 


c3 


— ^ 


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'u 


SI 

■3 


.'2 




m 




.2^ 


S 












14.64 


2.e 


13.2 


14.10 


13.50 


14.1 


7.04 


9.0 


10.16 


10.80 


11 32 


2.40 


7.0 


1.5 


2.04 


2.33 


2.6 


72 92 


61.0 


59.5 


61.51 


63.01 


54.86 


„ 


4.0 


15.0 


10.19 


8.32 


14.35 


3.0 


2.0 


2.77 


2.0 


2.04 


2.77 



Tableau Vil. — Compo.'^ition du grain entier de Fagopyrum. 



— 146 — 


























05 




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se 








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K 








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Q 


!^ 


13.09 


Eau 


13.20 


13.48 


13.79 


12 38 


12.61 


Potasse 


34.66 


31.70 


65.90 




4 55 


Protéine brute. 
Graisse 

Suûsiances non azoïfies 


4.63 

1.11 

35.33 


3.29 

0.70 

37.51 


3.49 

0.63 

36.28 


4.38 
2.18 

28.79 


6.98 

1.30 
56.05 


Soude 


6.82 
17.04 
10.79 


7.81 
17.07 
14.63 


- 




1.18 




13.22 


42.80 


Magnésie 


17.97 


40.64 


Fibre bruie .... 


43.50 


42.74 


43.25 


52.25 


21.35 


Acide phospbo- 










2.31 


Cendres 


2.33 


2.27 


2.56 


2.20 


2.19 


rique 


21.0^ 


6.34 


19.28 


7.05 



Table.xu VllI. — Composition des écales du grain de Fagopyrum. 

L'examen de tous ces résultats ne donne donc (par suite de 
leur diversité et de l'ignorance des conditions dans lesquelles ils 
ont été obtenus) qu'une notion très imparfaite et très vague de la 
composition du grain de Fagopyrum. Pour essayer de la préciser, 
j'ai fait la moyenne arithmétique de ces différents chiffres (colonne A, 
tableau ). Elle indique que, dans le grain entier, l'humidité °/o 
atteint i3 environ, la teneur en matières azotées oscille entre 9 et 
10 "/„ et celle des matières grasses est voisine de 3. Les sucres et 
amidon sont très abondants et représentent, en moyenne, 6470 du 
poids du grain, enlin les matières minérales dépassent rarement 
2,5 7o. 

2. — Composition des écales. — On a vu, dans un chapitre 
précédent, que les enveloppes ou écales du grain étaient plus ou 
moins développées dans les différentes espèces et variétés du genre 
Fagopyrum et que, par le fait môme de leur constitution anato- 
mique, elles constituaient un corps épais et dur qui ne devait pos- 
séder qu'une valeur alimentaire très faible. 

L'analyse chimique de cette partie de l'akène confirme cette 
hypothèse, ainsi que le montre le tableau 8. 

Les résultats qu'il contient sont loin d'être identiques ; toute- 
fois les écarts qui les séparent sont beaucoup moins importants 
que ceux qu'on avait constatés dans la composition du grain entier. 

La teneur en eau des écales est à peu près la môme que celle 



— 147 — 



47 



de Takène, c'est-à-dire voisine de iS'/o- et la proportion des cendres 
est également semblable : 2, 3 "/o environ. 

Mais l'analogie, entre le grain complet et ses enveloppes seules, 
s'arrête là. En effet, la proportion des matières azotées et des 
matières grasses est, en particulier, beaucoup plus faible dans ces 
dernières. Elle ne dépasse guère 4,5 en moyenne, pour la protéine 
(au lieu de 9 à 10 dans l'akène) et 1.2 pour la matière grasse (au 
lieu de .3). 

Par contre, la quantité de libres y est beaucoup plus forte et 
atteint 40.6 °/o, au lieu de 9. 







Balland 
















G 
a; 


3 
S 

'S 


S 

6 
x 


te 

= 

'c 

a 




c 

a: 


<v 

a 
a 

(V 

>i 









Eau 


15 3 


13.0 


15.20 


15.29 


11.36 


14.03 


Potasse 


4.35 


13.47 


Matière azotée . 


9.2 

4.8 


9.44 
1.98 


11.48 

2.82 


9.16 
1.96 


14.83 
3.21 


10.82 
2.95 


Soude 


1.18 

17.78 
20.95 


1.=..75 


Matières grasses 




14.17 


Substances non 


Magnésie 


12.59 


azotées 


61.3 


58.90 


63.35 


01.35 


67.24 


62.43 


Acide phospho- 






Cellulose 


10.0 


8.60 


10.56 


11.29 


iO.83 


10.25 


rique 


33.99 


23.62 


Matières miné- 




















rales 


0.94 


1.50 


2.46 


0.94 


2.53 


1.67 









Tableau IX. — Composition de la farine du grain de Fagopyrum. 





Grain en- 
tier 


Ecales 


Farine 


Eau 


13.29 

9.88 
2.90 
64.35 
9 12 
2.31 


13.09 

4.55 

1.18 

42.80 

40.64 

2.31 


14.03 


Matières azotées 


10.82 


Matières grasses 


2 95 


Substances non azotées 


62.43 


Cellulose .... 


10 25 


Gendres 


1 67 







Tableau X. 



Composition moyenne du grain de Fagopyrum. 



— 148 — 

3. — Composition de la farine. — Le tableau g indique la 
composition de la farine. Les divergences des résultats qu'il ren- 
ferme ne sont pas considérables et la moyenne que j'en ai tirée 
indique que la teneur en eau atteint 14 7o (plus grande par consé- 
quent que dans le grain entier et les écales) la matière azotée oscille 
entre 10 et 11, tandis que la matière grasse est voisine de 3 %, et 
les matières minérales ne dépassent guère 1,6 °j„. 

Résumé. — Si Ton met en regard la composition moyenne du 
grain entier et celle de ses composants, on a, de suite, une idée 
beaucoup plus nette des différences qu'elles présentent entre elles. 
(Tableau 10). 

La composition de l'akène et celle de la farine montrent de 
grandes analogies ; par contre, la proportion des divers éléments 
chimiques est très différente dans les écales. Dans celles-ci, les 
substances utiles, réellement nutritives (azote, graisse, substances 
non azotées) sont beaucoup moins abondantes que dans la farine et 
même le grain entier, tandis que les corps inutiles (cellulose), y 
deviennent beaucoup plus importants, 

Enfin, si Ton rapproche la composition du grain de sarrasin de 
celle des autres graines alimentaires (céréales) on est alors rensei- 
seigné, non seulement sur sa valeur absolue, mais encore sur sa 
valeur relative et comparée (tableau 11). On voit ainsi que le sarra- 
sin ne le cède en rien, comme valeur nutritive, aux grains des autres 
céréales qui servent à l'alimentation humaine ou animale. 



B. — Composition de quelques espèces et variétés 

Toutes les analyses précédentes doivent se rapporter (faute 
d'indication) au Fagopynini csculcntiim qui est l'espèce de beau- 
coup la plus cultivée. 

Je n'ai trouvé nulle part aucun document relatif à la composi- 
tion chimique de l'akène des autres espèces de Fagopyrum. 

Aussi ai-je crû nécessaire de déterminer cette composition 
dans les Fagopyrum emarginaiutn, tataricum et stenocarpa, en 



— M9 — 






ar[n\i .«ojdB^Q 



l- -O 'X - 

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n^8puej9 

S'9jdB,Q 



liriBSuissnofî 
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S9jde,a 



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S9jdB^a 



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linBjjaissnog 

S9jdB^Q 






ajJ9I<j 9J0piS[ 
S9JdB,Q 



îinBâaissnog 

S9jdB^(I 



i» •— ' .-H 



— i5o — 

même temps que dans plusieurs variétés du Fagopynim csculctitum 
(sarrasins argenté, américain, russe et japonais) (i). 

Je n'ai examiné que le grain entier et les écales, et les résultats 
que j'ai obtenus sont réunis dans les tableaux 12 et i3. 

I. — Composition du (jRain entier, —a) Fagupyj'um cmargi- 
natiim.— La teneur en eau est un peu plus élevée que dans le Fago- 
pyrum esculentum (i3,8 au lieu de i3 %) ; la matière azotée est 
moins abondante, 9,6 au lieu de 11,4, tandis que la proportion des 
matières grasses est légèrement plus forte : 2,9 au lieu de 2,5. Les 
substances non azotées sont également plus importantes, 64 contre 
62, et le taux des cendres est surtout plus élevé, 4,2 contre 3. 

Parmi les éléments minéraux, la potasse est moins abondante, 
tandis que la quantité d'acide phosphorique est à peu près équiva- 
lente et que la chaux et la magnésie atteignent une proportion plus 
forte. (Tableau 12), 

b) Fagopynim tataricnm. — Dans cette espèce, l'humidité °/o 
est plus faible (11, 3) et la matière azotée est aussi abondante ; mais 
la matière grasse est en quantité plus petite (i,75) ainsi que les 
cendres (2,7). La proportion de substances non azotées est un peu 
plus élevée, i 7o en plus. La quantité de potasse et de chaux est 
abondante, tandis que la richesse en magnésie et en acide phospho- 
rique est plus faible que dans le sarrazin gris. 

c) Fagopynim stcnocarpa. — Il y a peu de différences entre 
cette espèce et la précédente. Elle s'en distingue seulement par une 
proportion de cendres et de matières azotées un peu plus faible, et 
par une légère augmentation du taux de la matière grasse. 

La teneur en chaux est particulièrement élevée (0,37), mais la 
quantité des autres éléments minéraux est plus petite que dans le 
Fagopynim esculentum . 



(i) Je rappelle que tous les échantillons proviennent de plantes cultivées la 
même année, dans le même sol et de la même fapn et qu'ils ont été prélevés et 
traités dans des conditions aussi identiques que possible. 



— IDI — 

Résumé. — Si Ton compare la composition du grain des quatre 
espèces, on voit qu'elles présentent entre elles des différences peu 
considérables. 

Eau. — C'est dans le Fagopyrum emarginatum que la te-neur 
en eau est la plus grande et dans le Fagopyrum stenocarpa qu'elle 
est, au contraire, la plus petite, avec une différence de 2,8 °/o entre 
ces deux échantillons. 

Matière azotée. — C'est le Fagopyrum emarginatum qui ren- 
ferme le moins de matière azotée et le Fagopyrum esculentum 
(plus cultivé et plus amélioré) qui en contient le plus ; l'écart étant 
de i,73 7o- 

Matière grasse. — Les différences dans les proportions de la 
matière grasse sont moins élevées. C'est dans le sarrasin émarginé 
qu'elle est la plus abondante et dans le sarrasin de tartarie qu'elle 
l'est le moins, avec une différence de i,i5 7o- 

Substances non azotées. — C'est le sarrasin émarginé qui ren- 
ferme le plus de substances non azotées, et le sarrasin argenté qu^ 
en contient le moins, avec un écart faible de i,55 "/„. 

Cendres. — Enfin c'est dans le sarrasin seigle qu'on trouve le 
moins de cendres, tandis que c'est le sarrasin émarginé qui en ren- 
ferme le plus, avec une différence très grande de 2,i5 ";^. 

Potasse. — On trouve le plus de potasse dans le sarrasin de 
tartarie et le moins dans le sarrasin émarginé, l'écart atteignant 
0,22 "/". 

Chaux. — C'est dans le Fagopyrum stenocarpa, que la propor- 
tion de chaux est la plus élevée et dans le Fagopyrum esculentum 
qu'elle est la plus faible, avec une différence de 0,18 "/o- 

Magnésie. — Le sarrasin émarginé renferme le plus de magné- 
sie et le sarrasin de tartarie en contient le moins, l'écart étant de 
0,16 %• 

Acide phosphorique. — Enfin, le sarrasin gris est le plus riche 
en acide phosphorique et le sarrasin de tartarie, le plus pauvre en 
cet élément, avec une différence de o,i3 °i°. 



l52 








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é 


c 
















o 


1 


c 
a 








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O 




O 


a 
ci 


-a c 
o 


Sarrasin argenté. . 


13.03 


11.40 


2.54 


62.76 


3 07 


0.52 


0.19 


0.38 


0.70 


— japonais . 


1-2.52 


11.38 


2.46 


58.08 


3.24 


0.60 


0.10 


0.40 


0.62 


— russe 


13.47 


10.20 


2.08 


61.63 


2 37 


0.45 


0.24 


0.51 


0.65 


— américain. 


13.74 


10.86 


2.32 


62.09 


1.95 


0.58 


0.43 


0.33 


0.50 


Fag. emarginalum 
talaricum . . . 


13.82 


9.67 


2.90 


64-31 


4 20 


0.34 


U.29 


0.42 


0.68 


11.35 


11.10 


1.75 


63.79 


2.78 


0.56 


0.31 


0.26 


0.57 


— stenocarpa . . 


11.02 

\ 


.0.83 


2.00 


63.48 


2.05 


0.47 


0.37 


0.30 


0.61 



Table.vu XII. 



Ooinposilion du grain entier de plusieurs espèces 
et variétés de Fagopyruni. 







9. 


ï 


c 
















c 


^ 


o 
c 








«■ 










i^ 




ï 


m 


xl 


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53 


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9 

-S 
"S 


9 


■J. 


a 
O 


O 
eu 


5 




"1 


Sarrasin argenté. . 


13.58 


3.81 


0.93 


34.35 


2.31 


58 


0.31 


0.30 


0.26 


— japonais . 

— russe 


12.80 


3.11 


0.71 


39.46 


2.73 


0.5VÎ 


0.21 


0.38 


0.18 


13.37 


3.4n 


0.80 


37.22 


2.41 


0.48 


0.38 


0.26 


0.14 


— américain. 


13.14 


2.72 


0.57 


39.31 


2.02 


0.35 


0.26 


0.45 


0.10 


Fag. emarginatum 


13.06 


3 68 


0.75 


40 80 


2 91 


0.38 


0.30 


0.36 


0.15 


— tataricum . . . 


12.27 


2.80 


0.59 


4J.05 


3.46 


0.44 


. 39 


0.27 


0.08 


— stenocarpa . . 


12.55 


2.63 


0.61 


39.72 


3.14 


0.50 


0.38 


0.32 


17 



Tableau XIII. — Composition des écales du grain de plusieurs espèces 
et variétés de Fagopyram. 



d. — \ ariétcs du Fagopyrum csculentum. — La composition 
du grain, dans les quatre variétés du Fagopyrum esculentum que 
j'ai analysées, n'est pas très variable. (Tableau 12;. 

Le taux d'humidité est le plus élevé dans le sarrasin américain 
et le plus faible dans le sarrasin jap.onais, avec un écart de 1,22 7o. 



La matière azotée est la plus abondante dans la variété argen- 
tée, et la moins, dans le sarrasin russe, la diftcrence atteignant 

1,2 °/„. 

La proportion de matière grasse est moins variable : plus petite 
dans la variété russe, elle est la plus grande dans le sarrasin argenté. 
avec un écart de 0,46 " o entre ces deux échantillons. 

C'est le sarrasin japonais qui contient le moins de substances 
non azotées et le sarrasin argenté qui, au contraire, en renferme le 
plus (écart 4,68 °/o)- Enfin, c'est dans le sarrasin américain qu'on 
trouve le moins de cendres, et dans le sarrasin japonais qu'on en 
rencontre la plus grande quantité, avec une différence de 1,29 "/„. 

Les différences dans les proportions des éléments minéraux 
sont à peu près de même ordre. Le sarrasin japonais est le plus 
riche en potasse, tandis que le sarrasin russe est le plus pauvre en 
cet élément avec une différence de 0,1 5 7o- Par contre, l'américain 
contient plus de chau.x que les autres variétés. 

Dans le sarrasin russe, la proportion de magnésie est plus 
élevée, et dans l'américain elle est la plus faible (écart de 0,18 °l„); 
enfin l'acide phosphorique est le plus abondant dans le sarrasin 
argenté, et le moins dans l'américain, la différence atteignant 0,2 7o- 

On peut représenter la composition moyenne spécifique du 
grain de Fagopyrum csculentum, en faisant la moyenne des propor- 
tions de chaque élément trouvé dans ces quatre variétés. On obtient 
alors "/o : 





CA 


















'<U 


^ 





1 








<u 






















i 






Vj 1 

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X 


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3 


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"^ 










-5 




S 


è 


ce 








0.40 




13.19 


10.96 


2.3r» 


61. 14 


2.66 


0.54 


24 


0.62 



2. Composition des égales. — a. Espèces. — C'est dans le Fago- 
pyrum stenocarpa que la teneur en eau est la plus faible, et dans le 

10 



— in4 — 

Fagopyrum esculentum qu'elle est la plus grande, avec un écart de 
i.3i "jo- 

La matière azotée est plus abondante dans le sarrasin gris, plus 
rare dans le sarrasin seigle, avec une différence de i,i8°/o, et la 
matière grasse subit peu de variations, ses proportions sont plus 
faibles dans le Fagopyrum tataricum, et plus élevées dans le Fago- 
pyrum esculentum, l'écart étant de 0,84 °/„. 

La quantité de substances non azotées est plus grande dans le 
Fagopyrum tataricum, et plus petite, au contraire, dans le Fagopy- 
rum esculentum (écart de 7,70 7o)- 

Quant aux cendres, c'est également le Fagopyrum tataricum qui 
en renferme le plus, et le Fagopyrum esculentum qui en contient le 
moins, présentant un écart de 1,1 5 "/o- 

Dans celles-ci, la potasse est plus abondante dans le sarrasin 
ordinaire, plus rare dans le sarrasin émaiginé, avec une différence 
deo,20°,o. La chaux existe en plus grande quantité dans le Fagopy- 
rum emarginatum, et en proportion plus faible dans le Fagopyrum 
tataricum (écart de 0,09 7o)- 

C'est, au contraire, le Fagopyrum emarginatum qui renferme le 
plus de magnésie, et le Fagopyrum tataricum qui en contient le 
moins (0.09 °/„ en moins). 

Enfin, la proportion d'acide phosphorique est la plus forte dans 
le Fagopyrum esculentum, et la plus faible dans le P'agopyrum tata- 
ricum, avec une ditférence de 0,18 "/„. 

h) Variétés du Fa^ropyrum esculentum. - On trouve, dans la 
composition des variétés d'une même espèce, autant de différences 
que dans celle des espèces. 

La proportion d'humidité est la plus petite dans le sarrasin 
japonais et la plus grande dans le sarrasin gris, avec un écart de 
0,7870 entre ces deux échantillons. La teneur en matière azotée est 
aussi plus forte que dans le sarrasin gris, de même que la 
quantité de matière grasse. Par contre, la première est plus petite 
dans l'américain (écart de 1.09 °/oi- et la seconde également (écart 
de o,36°/o). 

C'est le sarrasin japonais qui contient le plus de substances 



- i55 - 

non azotées et de cendres. Le sarrasin gris renferme, au contraire, 
moins des premières (écart de 5,ii °/„) et l'américain qui contient 
moins des secondes (écart de 0.71 °/o). 

Parmi les éléments minéraux, la potasse est plus abondante 
dans le sarrasin gris, plus rare dans l'américain (écart de o.23°'^j, 
tandis que la quantité de chaux est plus grande dans la variété 
russe et plus petite dans le japonais (différence de 0,17 °/o). Cest 
l'américain qui contient le plus de magnésie, et le russe qui en ren- 
ferme le moins (écart de o,ig " '„ - enfin, on trouve plus d'acide 
phosphorique dans le sarrasin argenté et le moins dans l'américain 
(écart de o.iôVo/- 

La moyenne de ces quatre variétés peut représenter la compo- 
sition spécifique des écales pour le Fagopyrum esciilentuui. 

Elle donne les chiffres suivants : 





1 




c 
c 














c 




= 








a; 




w 




"^.- 






3 


-<p 


^^ 


s 






^1 


'S 




2.37 


5 


5 




1 


13.22 


3. 20 


0.75 


37.58 


0.48 


0.29 


0.35 


0.17 



Résumé. — Le grain de Fagopyrum (i;, très riche en substances 
non azotées (63,3 ° ,,1. renferme une forte proportion de matières 
azotées (10 °;oj et une quantité non négligeable de matière grasse 
(3,25 7o) et de matières minérales \ô°I„\. 

Parmi celles-ci, c'est surtout l'acide phosphorique et la po- 
tasse qui dominent. 

11 constitue, par le fait même, un aliment complet et très nutri- 
tif, qui ne doit pas être néglige comme ressource alimentaire. Cette 
valeur est localisée et concentrée dans la graine proprement dite, 



1) Moyenne de toutes les espèces et variétés. 



— i56 — 

tandis que les écales qui la recouvrent sont beaucoup p4us pauvres 
en principes utiles et contiennent une très forte proportion d'élé- 
ments indigestes. 

Les différences entre les quatre espèces examinées ne sont pas 
considérables, mais d'une façon générale le Fagopyrum escidentum 
est plus riche que les autres, sauf pour la chaux. 

Les variétés d'un même type (Fagopyrum esculentum) présentent 
dans leur composition des écarts souvent plus grands que ceux 
constatés entre les espèces. C'est le sarrasin argenté, puis le sarra- 
sin japonais qui. dans le cas présent, sont les plus riches en éléments 
utiles. 



GPi^^F^IXIH-E II 



Grerrrxina.t.ion 



Dans l'étude de la germination du Fagopyrunu i"ai envisagé 
successivement : r la germination proprement dite, c'est-à-dire les 
transformations de la graine au cours de son développement ; 2° les 
conditions intrinsèques et extrinsèques de cette germination. 



1" GERMINATION PROPREMENT DITE 

Pour mieux suivre le développement de l'embryon, j'ai scindé 
son étude suivant les phases de son évolution : 

a) Rupture du tégument péricarpique; 

b) Sortie de la radicule ; 

Ci Croissance de la radicule et apparition des radicelles ; 

d) Développement de l'axe hypocotylé ; 

e) Déroulement des cotylédons. — Apparition de la première 
teuille. 

ai Rupture du tégument péricarpique. ~- Comme on Ta vu. le 
fruit, la semence du Fagopyrum étant un akène, la graine, a la 
maturité, reste entourée du tégument péricarpique. 



- i58 — 

Au moment de la g-ermination, et pour livrer passage à l'em- 
bryon en voie de développement, il doit y avoir déhiscence de cette 
gaîne résistante. 

Cette rupture se fait toujours de la même façon pour toutes les 
espèces. C'est au sommet acuminé du grain que les trois faces du 
tégument se séparent légèrement l'une de l'autre, suivant les arêtes 
d'un trièdre, laissant entre elles un très faible espace par où passera 
la radicule. Cette déhiscence est progressive. D'abord insignitiante, 
imperceptible presque, elle s'accroît lentement, au fur et à mesure 
que la radicule, elle-même, augmente de volume ; la déchirure 
s'étend alors, toujours selon les trois lignes de suture de l'enveloppe, 
mais sans dépasser, sur chacune d'elles, deux millimètres environ 
de leur longueur, c'est-à-dire que les trois plans que forme le 
péricarpe restent soudés entre eux dans leur plus grande étendue 
(fig. 58). 

D'ailleurs, les parties libres de l'enveloppe ainsi déchirée ne 
s'écartent que très peu et restent en contact permanent avec la 
radicule, contre laquelle elles restent appliquées. Ce n'est que par 
la suite, et principalement au moment du développement des coty- 
lédons, que, sous la poussée de ces organes, la déhiscence se con- 
tinue, se prolonge sur chaque arête, jusqu'aux trois quarts environ 
de la longueur de celle ci. 

h) sortie de la radicule. — Il est difficile, sur un grain ordinaire, 
de suivre les premiers stades de l'évolution de la radicule, à cause 
du tégument qui en masque l'extrémité ; et il est nécessaire d'exami- 
ner, et à certain grossissement, des graines décortiquées. 

Au bout d'un, temps variable suivant les conditions de milieu, 
mais généralement court (deux à trois jours), on voit alors la graine 
s'allonger vers son sommet, en même temps que celui-ci s'arrondit 
légèrement. Puis, le phénomène s"accentue, l'extrémité supérieure 
s'étire encore, et il s'y forme comme une hernie, qui constitue la 
radicule. 

Lorsque celle-ci commence à devenir visible, sous forme d'un 
petit cône blanchâtre, on constate, autour du micropyle, le déchi- 
rement, léger et irrégulier, du tégument séminal. 



109 — 




— Germination de la graine de 
de Fagopyrum. 



chee dt 



c) Croissance de la radicule. — Lorsque le irerme atteint environ 
trois à quatre millimètres, il se différencie, et deux cas peuvent alors 
se présenter : 

1" Le g-errae conti- 
nue à s'allonger dans de 
grandes proportions, en. 
restant parfaitement lis- 
se et blanc : cette partie 
constituera, plus tard la 
racinj principale, le pi- 
vot. Au contraire, la 
portion assez courte 
qui est la plus rappro- 
la graine, prend une teinte jaune citron, et, a son extré- 
mité, qui formera le collet, apparaissent des ramifications perpen- 
diculaires à Taxe qui les porte. 

2° Dans la majorité des cas, lorsque le germe mesure trois à 
quatre millimètres de longu.eur, il n'existe pas encore trace de col- 
let, c'est-à-dire qu'on ne remarque aucun étranglement, aucun 
rétrécissement dans son diamètre. On distingue seulement vers son 
milieu, et par un examen très attentif, un changement de coloration 
et une sorte d'exfoliation très superficielle, la tigelle parait s'em- 
boîter exactement dans la radicule. Puis, ces différences, d'abord 
très légères, s'accentuent, l'extrémité pointue et blanchâtre de la 
radicule, s'allonge, devient roussàtre et comme striée, et l'on voit 
apparaître les premières ramifications. Pendant que l'accroissement 
de l'ensemble continue, le collet devient apparent, en même temps 
que la radicule devient de plus en plus brune, rugueuse et ne tarde 
pas à cesser de s'accroître. 

Entre temps, les nombreuses et hnes radicelles, toutes blanches. 
grandissent rapidement, tandis que la racine principale, elle, s'est 
flétrie. Le système radiculaire, pivotant dans le premier cas, est 
devenu fascicule dans le second. 

Ces diff'érences très nettes, et dont les conséquences sont très 
importantes pour la culture de la plante, paraissent tenir aux condi- 



- i6o ^ 

tions de milieu. D'ailleurs, Gain avait déjà, à ce propos, formulé la 
règle suivante : « L'humidité du sol paraît ralentir la croissance des 
ramifications secondaires et tertiaires. La distance des insertions est 
beaucoup diminuée. » 





FiG. 59 

Germination de la graine de 

Fagopyrum 

à un stade plus avancé. 




Dans le développement normal de Tembryon, l'apparition et 
l'origine des radicelles ne sont pas quelconques. Elles sont toujours 
disposées selon quatre plans réguliers, et on constate, par la suite, 
lorsque la germination est beaucoup plus avancée que deux de ces 
plans correspondent aux cotylédons. On verra, par Tétude anato- 
mique, que cette disposition quaternaire des ramifications radicu- 
laires est normale et absolument générale. 



Gain, loc. cit. p. 143. 



— i6i — 




d. Développement de l'ji.ve hvpocotyle. — Pendant que Taxe 
hypocotylc (constitue par la région du t>crme située au-dessus du 
collet 1 grandit, les cotylédons se développent également, tout en 
restant enroulés l'un dans Tautre, dans 
la graine* Les enveloppes de l'akène 
subsistent, soudées par leur base, mais 
les déchirures du péricarpe s'étendent, 
toujours en suivant les arêtes. Souvent, 
avant même que la sortie des cotylé- 
dons s'annonce, la tigelle, près du 
fruit, se courbe, devient horizontale, 
u .' i} fu et, accentuant ce mouvement de plus 

f%^ / 'J\ en plus, s'incline vers le sol, pour se 

redresser ensuite, parcourant ainsi un 
' ' arc de cercle de 120, i5o et même 

180 degrés. 
Il arrive même qu'exagérant cet enroulement — dû vraisembla- 
blement à l'action successivement prédominante de l'hydrotropisme 
et du géotropisme combinés — la tigelle fasse un tour complet sur 
elle-même ftig. 5q>, en entraînant toujours, dans sa rotation, les 
cotylédons et le tégument qui les coiffe. 

La croissance du système radiculaire et de l'axe hypocotylé 
continue. A la lumière, celui-ci devient verdàtre, puis rougit légère- 
ment, et, lorsqu'il atteint plusieurs centimètres de hauteur (de quatre 
à huit, selon les conditions de milieu), le capuchon, formé par les 
enveloppes de la graine, se dessèche et tombe, et les cotylédons 
apparaissent à l'air libre. 



e. Déroulement des cotylédons. — Les cotvlédons ne tardent 
pas alors à verdir complètement et à prendre même une teinte mor- 
dorée particulière; puis à se dérouler. En même temps, leur pétiole 
s'accroît et s'incline horizontalement. 

Ils continuent agrandir et à s'épaissir; leurs nervures palmées 
s'accusent et se colorent en rouge, et, vers la troisième semaine, le 
sommet de l'axe hypocotylé, dégagé, forme un bourrelet qui s'al- 
longe et donnnera naissance à la première feuille. 



— ]62 — 

2" CONDITIONS DE LA GERMINATION 

A. — Conditions intrinsèques 

Pour le cultivateur, la graine doit non seulement pouvoir 
germer, mais encore être susceptible de donner naissance à des 
plantes vigoureuses et productives. Or, pour atteindre ce but, on 
sait qu'elle doit remplir certaines conditions ; c'est ainsi, qu'entre 
autres, elle doit être vivante, complète, mûre, saine, jeune, etc. . . 

L'étude de ces conditions, qui tiennent à la graine elle-même, 
est très importante pour la pratique agricole, car, du choix de la 
semence dépendent, dans une large mesure, le succès et la qualité 
de la récolte future. 

J'ai donc entrepris l'étude squi n'avait pas encore été faite) de 
l'influence de ces principales conditions sur la germination des 
semences de quatre espèces de Fagopynim. 

1" Age des semences 

Pour qu'une graine puisse germer normalement il est indispen- 
sable que son embryon ait atteint un développement suffisant et 
qu'il puisse trouver à sa disposition, et sous un état convenable 
d'assimilabilité, les éléments nutritifs dont il a besoin. Pour que ces 
deux conditions iqui caractérisent la maturité physiologique) soient 
satisfaites, il est ordinairement nécessaire que la graine ait atteint 
un certain âge minimum. 

D'autre part, lorsque la semence est trop ancienne (et pour des 
raisons diverses et d'ailleurs encore mal connues) elle perd de sa 
vitalité, les plantes qu'elle engendre sont chetives et peu produc- 
tives, et il arrive même un moment oi\ cette graine ne germe plus du 
tout. Entre ces deux limites d'extrême Jeunesse et d'extrême vieil- 
lesse (âges minimum et maximum) où la germination est nulle, tous 
les intermédiaires existent, en même temps qu'un optimum où la 
germination est la meilleure. 

Je me suis efforce de déterminer, pour les semences de quatre 
espèces de Fagopynim, comment se manifestait l'influence de l'âge 
snr la germination. 



— i63 — 

J'ai cmplovc des i^raines recueillies sur pied, avant la récolte, 
des graines de rannéc, bien mûres, et eniîn, des graines de i, 2, 
3,6 et 8 ans, n'ayant pu me procurer de semences d'âges intermé- 
diaires. 

Dans tous ces échantillons de même origine, j'ai choisi des 
graines bien conformées et, autant que possible, de mêmes dimen- 
sions et de même poids : j'en ai fait plusieurs lots de 5'j. qui ont été 
placés ensemble et en plusieurs exemplaires, sous papier humide, à 
22-23°, à l'étuve Schribaux. 

^'oici les résultats obtenus : 

1. — CÎRAixES rf:cueillies sur pied avant la rejo'.te). - Ces 
graines, lorsqu'elles ont été recueillies, étaient encore sur pied -et 
adhérentes a l'inflorescence, mais elles présentaient les caractères 
extérieurs de la maturité ('dureté, coloration, etc.). 

Sur .îo semences placées à l'étuve, on en trouve, à la fin de 
l'expérience : 9 pour le sarrasin gris, i3 pour le sarrasin seigle, 14 
pour le sarrasin de Tartarie, 4 pour le sarrasin emarginé, qui ont 
germe. 

La faculté germinative est relativement faible et n'atteint que 
8 à 26 °'„. Les graines, à cet état, ne paraissent donc pas avoir acquis 
leur complète maturité physiologique. 

2. — Graines de l'année (fig. 60). — Ces graines ont été 
essayées deux mois environ après la récolte de la plante. 

a) Sarrasin L^ris. — Dès le deuxième Jour, .55 ",'„ des semences 
de sarrasin gris ont germé et les plantules mesurent déjà i '"" 5 de 
longueur. Au huitième Jour, les cotylédons commencent à se dérou- 
ler et la totalité des graines sont développées. 

b) Sarrasin seigle. — 3b graines, sur 5o, ont germé après deux 
jours, et, au bout de huit jours, elles sont également toutes déve- 
loppées et les cotylédons sont entièrement apparus. La germination 
est encore plus active que dans l'espèce précédente. 

et Sarrasin Je Tartarie. — Au deuxième Jour, on compte 10 
plantules seulement, et la germination n'est complète qu'au dou- 
zième. Les cotylédons n'apparaissent qu'après huit jours et à cette 



- i64 - 

date, raxehypocotylc, au lieu d'atteindre 3 à 4 cm comme dans le 
Fagopyrum esculentum ne dépasse guère i à 2 cm. 

d) Sarrasin émarginc. — Au second jour, 40 graines, sur 5o,' 
se sont développées et ont une plantule d'environ i cm. Au cin- 
quième la radicule mesure ,3 à 4 cm, Taxe hypocotylé i,5 et les 
cotylédons, non seulement sont visibles, mais se déroulent déjà. 

La germination, plus rapide au début que dans le sarrasin gris, 
est un peu plus lente par la suite. 



Résumé. — Les semences des diverses espèces de Fagopyrum 
ont donc atteint leur parfaite maturité physiologique et sont sus- 
ceptibles de germer avec vigueur et rapidité, l'année même de leur 
production et peu de temps après la récolte, contrairement à ce 
qu'on a observé chez un certain nombre de plantes cultivées. 



8 12 



Gris 

'S.] Seigle 

De Tatarie 
Emarginé . 











J 






1 


1 


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i) 


m. 


37 


46 


3 


10 


10 


13 


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3 


9 


12 


14 


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31 


38 





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- 


4 


.|40 


43 


43 



46 



Gris 

Seigle . . . . 

^ ) De Tatarie 

Emarginé . 



27 



31 



39 



45 



(" 



Gris 

Seigle . . . . 

De Tatarie , 

marginé. 



10 
3 7 
11 



Gris 

Seigle 

De Tatarie 
Emarginé. 



1 

1 





II 








C) 1 





























i 





1 


"-' 


2 



Tablkau XIV. 
Germination des se- 
mences de quatre es- 
pèces de Fagopyrum, 
en fonction de leur 
âge. 



i65 



On constate d'ailleurs très fréquemment, au début de l'au- 
tomne, que les grains de sarrasin, provenant de Tégrenage naturel 
de la récolte qui vient d'être enlevée, ont fourni une nouvelle pro- 
duction qui couvre entièrement le sol. C'est là une preuve manifeste 

de leur précoce vitalité. 

3. — Gr.\ines de I .\N. 

— a) Sa) rasin gris. — 
La faculté et l'énergie ger- 
minatives (c'est-à-dire, i''le 
taux des graines suscep- 
tibles de germer, et 2° la 
rapidité de leur développe- 
ment : sont les mêmes pour 
les semences âgées d'un 
an que pour celles âgées 
de deux mois. 

b) Sarrasin seigle. — 
Au deuxième jour, on com" 
pte 27 graines germées au 
lieu de .36 pour les graines 
de l'année, mais le déve- 
loppement ultérieur est 
semblable dans les deux 
cas. Il y a donc, au début, 
une légère différence en 

faveur des semences de l'année, qui se développent, en effet, plus 

rapidement. 

c) Sarrasin de tafarie. — 18 °/o seulement des graines étaient 
germées au second jour, 70% au cinquième, et 88 "j^ à la fin de 
l'essai. 

d) Sarrasin émarginé. — Au deuxième pour 3i semences sur5o 
se sont développées, et au huitième jour, 45. Ce n'est qu'au dou- 
zième que la totalité a germé. Les graines d'un an se comportent 
par conséquent à peu près de la même façon que les graines toutes 
jeunes. 



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FiG. 60. — Germination des graines de 
l'année de quatre espèces de Fagopyrum. 



i66 — 



Résumé. — La g-ermination des graines de Fagopyrum âgées 
d'un an est excellente et sensiblement analogue à celle des semences 
plus jeunes. On constate cependant un léger ralentissement dans le 
développement de Tembryon, pour l'ensemble et, en particulier, 
pour le Fagopyrum tataricum. 

4. — Graines DE 2 ANs(fig. 61). 
— a) Sarrasin gris, — 12 graines 
ont germé après deux jours, et 
90 7o après la première semaine. 
A la tin de l'expérience on en comp- 
te 96 "/o, au lieu de 100 °/o pour les 
catégories précédentes. 

b) Sarrasin scig/e. — On 
compte 17 plantules après deux 
jours, 36 après huit, et 44 après 
douze, au lieu de 5o et 48 pour les 
graines de un an et de l'année. 

c) Sarrasin de ta tarie. — Au 
second jour aucune semence ne s'est 
encore développée, mais on en 
compte 5o °/„ après cinq jourset 
70 °/o à la fin de l'essai. 

d) Sarrasin émarginé. - Au 
deuxième jour, 40 °/odes semences 
ont germé, au huitième, on trouve 




3. 



FiG. Gi. — Germination des grai- 
nes de quatre espèces de Fa- 
gopyrum âgées de 2 ans. 



41 plantules et au douzième 46, soit 92 °l„. 

Résumé. — On constate, d'après ces résultats, qu'après deux 
ans de conservation, les semences de Fagopyrum diminuent de 
valeur. Comparées aux graines plus jeunes, elles montrent peu de 
diftérences chez les Fagopyrum esculcntum et stenocarpa, bien que 
la rapidité de leur développement soit sensiblement plus faible . 
Celles du Fagopyrum cmarginatum sont encore vigoureuses, mais 
la faculté germinative du sarrasin de tartarie a baissé de plus d'un 
quart. 



i6- 



Cependant, bien que léo-èrement affaiblies, ces semences 
possèdent encore, dans leur ensemble, une valeur suffisante pour la 
culture. 

5. — (jRAINES DE .3 ANS [Ûg. 62). 

— ai Sarrasin gris. - Après deux 
jours on ne compte que 4 graines 
germees, i5 après la première se- 
maine, et 2Q, soit 58" ,,, après douze 
jours. 

bi Sarrasin seig/e. Il existe 
6 plantules au second Jour, 17 au 
deuxième, 41 au d<_)U/:ième. La fa- 
culté germinative atteint 82 "/^ pour 
cette espèce. 

cj Sarrasin de Tatarie. - La 
germination ne se manifeste qu'au 
sixième jour. A cette époque 6 grai- 
nes se sont développées. Au hui- 
tième jour on en compte 18, et .3o, 
'soit 60 7o au douzième. 

FiG. 62. - Germination des grai- d) Sarrasin emarginé. Au 

nés de quatre espèces de Fa- sixième jour, iq graines ont germé, 
gopyrum âgées de 3 ans. 3i au huitième et 36, soit 72 "/^ au 

douzième. 



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Résumé. — En somme, à la tin d'essai on comptait : 

58 7o de graines germées pour le sarrasin gris. 

82 — — — - seigle. 

60 — _ — de tatarie. 

72 — _ — émarginé, 

soit, en moyenne, 68"/'o, ou un peu plus des deux tiers, au lieu de 
86,5 pour les semences de deux ans, 97 pour celles de un an, et 98,6 
pour celles de Tannée. La dépréciation, déjà observée précédem- 
ment, s'accentue donc assez nettement, et il est légitime d'en 
déduire qu'il faut, pour la culture, préférer des graines plus jeunes. 



— i68 - 

6. — Graines de 6 ans. — a) Sarrasin gris. — Ce n'est qu'à 
partir du sixième jour que les premiers germes apparaissent, et au 
nombre de 2. Au huitième, on n'en compte encore que 5, et 8 seule- 
ment à la tin de l'essai, soit \b°j^. 

b) Sarrasin seigle. — Au qua- 
Sû—l j^— trième jour, 5 graines se sont dévelop- 
pées, 10 au huitième, et i3, soit 26° jo, 
au douzième. 

c) Sarrasin de Tatarie. — Les 
trois premiers germes ne se montrent 
qu'au sixième jour ; au huitième, il n'en 
existe que 7, et 9, soit i8°/o, au dou- 
zième. 

d) Sarrasin émarginé. — Au sixiè- 
me jour, 4 germes ont apparu, 11 au 
huitième, 27, soit 64 °/o, au douzième. 

Résumé. — La faculté germinative 
des semences âgées de six ans n'atteint 
pins, par conséquent, que : 
FiG. G3. - Germination des 15 o, ^^^ jg sarrasin gris, 

graines de Fajropyrum ^. " . , 

esculeulum de différents ~" seigle, 

âges. 18 — — de tatarie. 

54 — — émarginé. 

L'atténuation, relativement considérable, de la vigueur des 
graines se manifeste également par un ralentissement de leur déve- 
loppement, c'est-à-dire par une diminution très nette de l'énergie 
germinative. 

7. Graines de 8 ans. — Deux graines de sarrasin émarginé se 
développent seulement et aucune semence des autres espèces ne 
germe. 

Le pouvoir germinatif a complètement disparu à cet âge; ces 
semences n'ont plus aucune valeur culturale, bien que leur aspect 
extérieur ne soit pasmoditié et ne révèle aucunement leur infériorité. 




169 



FaCULTI:.S GERMI.NATIVES ° 





«ur 

pied 


de l'année 


1 yn 


- 




6 


8 


Gris 


18. 

■J6. 

28 

8. 


100. 
9(> 
98. 

100. 


100. 
10(1. 

8s. 

00. 


9(3 
88. 
70. 
92. 


58. 
8-^ 
60. 


16. 

'[S. 
54. 





Seigle 

Tatarie 


0. 
0. 


Eniargiué 


4. 


Moyennes. . . . 


., 


OS.fj 


9;. 


86.5 


08. 


•28.5 


1. 



Table.\u XV. 




Faculté lîerminative % des semences de Fagopyrum 
de différents âges. 

Résumé généra/. — En comparant les 
tableaux et les graphiques ci-contre, on trou- 
vera, en quelques sorte synthétisée, l'in- 
fluence de Tàge sur la valeur germinative 
des graines de Fagopyrum. Le tableau i5 
et la figure 64 résument l'ensemble des ré- 
sultats obtenus. 

Ils montrent que [la faculté germinative 
moyenne "/^ (c'est-à-dire pour le genre tout 
entier) est successivement de : 



FiG. 04. — Influence de 
l'âge des semences 
de Fagopyrum sur 
leur germination. 



pour les graines récoltées sur pied 

— de l'année ; 

— de I an ; 



20°/ 
98,5 

97 

86,5 - 2 - 

68 — . 3 — 

28,5 — 6 — 

I — 8 - 

diminuant ainsi rapidement a partir de la 
troisicme année. 

Ils indiquent également : i" que depuis 
la récolte jusqu'à la seconde année de con- 
servation, les graines de Fagopyrum possè- 

H 



— 170 — 

dent une très grande fécondité et que celle-ci est à peu près iden- 
tique pour les quatre espèces considérées. 

2° Qu'à partir de la troisième année, leur pouvoir germinatit 
s'affaiblit sensiblement, et que, dès la quatrième, les semences ne 
possèdent plus une valeur suffisante pour autoriser leur emploi en 
culture. 

3" Qu'à la sixième année leur vitalité a considérablement dimi- 
nué et, qu'après 8 ans, elle a complètement disparu. 

Au point de vue pratique et directement utilitaire, on peut 
donc en conclure qu'on pourra utiliser les graines de Fagopyrum, 
comme semences, dès leur récolte, mais qu'on devra éliminer celles 
qui ont plus de trois et même deux années de bonne conservation. 
Les graines plus âgées n'ont pas, pour cela, perdu leur valeur 
alimentaire et on pourra les utiliser avec protit pour la nourriture 
du bétail. 

2. — Poids des Semences 

On admet généralement, bien que cette conception ne soit pas 
absolue ni toujours exacte, que les semences les plus grosses et les 
plus lourdes sont toujours les meilleures. 

En ce qui concerne le Fagopyrum les expériences sur ce sujet 
sont très rares. On ne peut guère citer que celles de Wollny qui 
corroborent, d'ailleurs, cette hypothèse. (Tableau 17). 

En fait, dans la pratique agricole, on n'opère aucune sélection 
des semences de sarrasin, malgré l'intérêt possible qu'il pourrait y 
avoir à l'effectuer. Aussi, j'ai profité des nombreuses pesées d'akènes 
de Fagopyrum que j'avais entreprises, dans le but d'en déterminer 
les variations de poids et qui sont rapportées dans un chapitre pré- 
cédent ( I ) pour rechercher l'influence du poids des semences sur leur 
germination et leur rendement. 

Des lots d'un même nombre de graines de plus en plus lourdes, 
ont été places ensemble à l'etuve, dans des conditions semblables 



(1} Voir page 40. 



- Ï71 - 

et examinées aux mômes dates. La même expériences fut entre- 
prise avec des semences de densités différentes (§ i). Enfin, 
ces deux séries d'essais, Tune se rapportant au poids et l'autre à la 
densité — ont été répétées en pleine terre et poursuivies jusqu'à la 
maturité des plantes. 

1 . — Poids 

J'ai choisi, parmi les akènes du sarrasin gris argenté (dont les 
poids extrêmes atteignent, comme on Ta vu, 7 et 32 m/mgr) ceux 
qui pesaient respectivement 12, i5, 18, 22, 25 et 28 m/mgr. 

Je dois dire, de suite, que je n'ai pas trouvé, dans leur dévelop- 
pement, de différences nettes ou susceptibles d'être interprétées. 
D'une façon générale, la germination se conduisait semblablement, 
sauf pour les graines les plus légères, et si, dans certains cas, les 
semences les plus lourdes germaient mieux, dans d'autres l'avantage 
revenait à de plus légères. 

Aussi, pour tâcher de déceler plus facilement et plus justement 
l'influence possible de ce facteur, j'ai opère différemment. J'ai pesé 
chaque lot au début, puis à la fin de la germination, c'est-à-dire 
douze jours après. Les différences de poids des plantules obtenues 
dans chaque catégorie, ramenées à 100 du poids initial des 
semences, indiquaient approximativement et comparativement, la 
vigueur et le développement plus au moins grands, acquis par cha- 
cune d'elles. 

Le tableau 16 réunit les résultats obtenus pour les trois 
espèces. 

Le poids des plantules croît progressivement, au fur et à 
mesure qu'elles proviennent de semences plus lourdes. 

C'est surtout entre les graines de i5 et 18 m/mgr. que la diffé- 
rence est grande, pour le Fagopyrum esculentum, les poids des 
plantules correspondantes s'ècartant de 36o m/mgr, soit d'un quart. 
Pour le Fagopyrum emarginatum, c'est entre les semences de 22 et 
24 m/mgr que cette dift'érence est sensible, et entre celles de 14 et 
16 m/mgr, pour le Fagopyrum tataricum. 

Les germinations les meilleures, tant comme nombre des 



çrermes, que comme poids des plantules obtenues, proviennent donc, 
pour les trois espèces, des semences les plus lourdes. Ce résultat se 
rapproche d'ailleurs de celui obtenu par Wollny. avec le Fag-opy- 
rum esculentum récolté à maturité. 

C'est surtout au-dessous d'un certain minimum variable avec 
chaque espjce que l'influence du poids des semences se fait sentir. 

1 e;"r. 8 pour le Fagopyrum esculentum. 

2 OT. 2 — emarginatum. 
I or. 6 — tataricum. 



Kagopyrum tataricum 




240 

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3()0 
440 
500 
560 





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84 


970 


280 


71 


1005 


320 


88 


1170 


•360 


92 


1120 


400 


94 


119.) 


460 


90 


1263 


470 


90 


1-250 



Tablf.au XVI. 



liiHuence du poids des semences de Fagopyrum 
^UI• leur geniiitiatioii. 



Qualité 
de 






-.1 


Réc 
Gi-Hiiis 


olle 


a; 


il 

il 


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"^ 5 g 


■5. 






















la semence 




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Brut .\et 




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Gros grains.. . 


2.1. 


2.1 


100. 


403.5^401.4 

i 


616.4 


5U0.4 


192.1 


5.720 


56 


Petits grains.. 


148 


1.5 


100. 


220.7 219.2 


559.2 


521.5 


147.1 


7.980 


54 



Tableau XVH — Expéri-nces de Woluy. 



2. — Densité 

A certains auteurs, la densité des semences apparait comme le 
meilleur critérium de leur valeur culturale : d"autre part, le mode 
pratique de sélection basé sur ce caractère est Fun des plus simples 
et des plus séduisants, puisque pour l'effectuer, il suffit de plonger 
les grains dans un bain correspondant à la densité optimum, et de 
n'utiliser que les semences immergées. 

}'ai explique précédemment (page 40) comment j'avais opéré 
la séparation des akènes de Fagopyrum d'après leurs densités rela- 
tives et, plus loin (page 170) comment ces différentes catégories de 
semences avaient été placées en germination. Les échantillons des 
quatre espèces avaient tous des densités de i.ooo, i.o5o, i.ioo, 
1 . 1 5o et 1 . 200 . 

J'ai évalue et exprime les résultats obtenus dans ces essais de 
la même façon que ceux fournis par la germination des semences de 
poids différents, c'est-à-dire, d'une part, au moyen de la marche de 
leur germination et, d'autre part, par le poids des plantules qu'elles 
avaient fournies. 




-2 S 



Tableau XVIU. 



302 
330 

381 
400 
448 
466 



1300 
1442 
1648 
1640 
1700 
1725 



72 
96 
100 
10 t 
94 



553 

580 
665 
6i0 
635 



2450 


85 


2480 1 


87 


2532 , 


94 


2500 


96 


2570 ; 


9? 


" 1 
1 


96 



225 j 95i) 

193 940 

290 ! 1015 

337 I 1028 

402 ! 1240 

410 i 1236 



Fagop. slenocarpa 



100 
92 

100 
98 



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253 


975 


310 


1047 


326 


1028 


390 


1290 


438 


1351 


440 


1373 



Influence de la densité des semences de Fagopyrum sur leur germination. 



— 174 — 

Comme précédemment, il faut noter que le seul examen de la 
germination est insuffisant à traduire l'influence de la densité des 
grains sur leur développement ; les résultats qu'il fournit sont 
variables et ne donnent pas d'indications susceptibles d'interpréta- 
tion, de plus, comme leur description détaillée, au moins superflue, 
serait plutôt fastidieuse, je me suis borné à réunir dans le tableau 
précédent (tableau i8), les résultats d'ensemble obtenus par les 
quatre espèces. 

Les grains qui ont une densité inférieure à i.ooo se montrent 
très inférieurs, aussi bien par leur faculté gerininative que par la 
valeur des produits qu'ils fournissent. 

D'une façon générale, la germination est d'autant meilleure que 
les semences sont plus denses, et cette influence est surtout nette 
pour les Fagopyrum tataricum et stenocarpa. Les diflérences dans 
le poids des plantules obtenues sont bien moins grandes avec le 
Fagopyrum emarginatum. C'est principalement entre i.iooet i.iSo 
que les écarts sont importants. 

D'autre part, on a vu, dans un chapitre précédent que, sauf 
pour le sarrasin émarginé, la densité moyenne des grains était pré- 
cisément comprise entre ces deux limites. 

On peut donc en conclure que le cultivateur aura tout avantage 
à sélectionner ses semences de Fagopyrum en les plongeant dans 
un bain d'une densité voisine de i.ioo à i.i5o. 



3. — Dimensions des semences 



On admet ordinairement, pour les plantes cultivées, que les 
grosses semences sont les meilleures, sauf, bien entendu, au delà 
d'une certaine limite, qu'indiquent également les considérations 
économiques. 

De cette notion, maintes fois vérifiée, a été tiré un mode de 
sélection des semences, aussi simple qu'avantageux, qui, pourtant, 
n'a été ni utilisé ni même e.xpérimenté sur le sarrasin. 



- 175- 

Aussi j'ai profité de la séparation et du classement des akènes 
que m'avaient permis de faire les mesures biométriques précédem" 
ment rapportées, pour examiner l'influence de la grosseur ou des 
dimensions des semences de Fagopyrum sur leur gemination. 

Pour chaque espèce, j'ai pris des tvpes nettement définis fpar 
leurs deux dimensions linéaires et je les ai placés, en comparaison, 
à Fétuve. Comme pour la densité, je ne rappellerai pas tous les 
détails du développement, et je me bornerai à l'examen des résultats 
d'ensemble, résume daus le tableau suivant : 



Fagop 


. escuh 


lesjl 


Fagop. 
a V. 


emarginatum! 


Fagopyrum tataricum 


Fagop. stenocarpa 


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1030 


14 


83 


1594 


12 


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225 


900 ' 


11 


89 


936 


14 


80 


1208 


16 


77 


1663 1 


15 


86 


257 


1120 


14 


93 


1090 


18 


94 


1624 


19 


89 


1745 


17 


94 


307 


1141 


18 


98 


1285 


20 


98 


1677 


22 


96 


2180 


18 


95 


407 


1328 , 


20 


98 


1369 


22 


98 


1756 


24 


98 


2239 


21 


92 


398 


1337 1 


22 


99 


1380 


, 24 


93 


1810 


27 


99 


2407 ' 
















25 


96 


1812 























Tableau XIX. — Inliuence de la grosseur des semences de FagopjTum 
sur leur germination. 



L'examen de ce tableau montre, comme les précédents, que 
plus les dimensions des graines sont élevées, meilleurs sont les 
résultats obtenus. Il y a une progression constante dans le poids des 
plantules. et parallèle à celle de la taille des semences. 

Pour le Fagopyrum esculentum, c'est surtout à partir de la 
longueur i8, qui correspond à 4 m/m 5, que les différences s'accu- 
sent. C'est à partir de la longueur 22 (5 m/m 5j pour le Fagopyrum 
emarginatum, de 18 (4 m/m 5) pour les Fagopyrum tataricum et 
stenocarpa. 



176 - 



4. — Hygroscopicité des semences 

Comme toutes les semences, les graines de Fagopyrum, placées 
dans un milieu humide, peuvent absorber une certaine quantité de 
vapeur d'eau, comme elles sont, au contraire, susceptibles d'en 
perdre, lorsqu'elles se trouvent dans une atmosphère sèche. 

Cette propriété possède une influence sur la faculté germinative 
de la semence. 

Pour en déterminer la valeur, j'ai placé des lots de lo grammes 
d'akènes de quatre espèces de Fagopynim et de graines décorti- 
quées de sarrasin gris argenté, obtenus dans des conditions iden- 
tiques, dans des boîtes de Pétri présentant à l'air une assez grande 
surface et déposées sous des cloches reposant successivement sur 
l'acide sulfurique et sur l'eau. L'exposition dans les atmosphères 
sèche et humide a duré jusqu'à ce que la dessication et la saturation 
à peu près absolues soient atteintes, c'est-à-dire jusqu'à ce que 
deux pesées successives d'un échantillon donnent les mêmes 
résultats. 

Voici les résultats obtenus : 



177 - 



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[BIO] ]JBOa 



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- 178 - 

1. — Atmosphère sèche. — Dans une atmosphère sèche, les 
akènes de sarrasin gris perdent rapidement une forte proportion 
d'eau. Au bout ^c cinq Jours, la diminution de poids atteint 7,65 %, 
après treize jours, ii.o5 "j^. Puis la dessication se continue très 
faiblement, et, après 24 jours, la perte ne dépasse pas 11,10 °/o. 

La dessication du sarrasin émarginé suit la même marche. Après 
cinq jours, la diminution de poids est de 8,3o "/„, elle est de ii,7°/o 
après 1 3 jours et de 11,8 °!„ après 24 jours. 

De même pour les deux autres espèces où la perte de poids 
atteint après 5 jours : 3,i5 % pour le sarrasin de tartarie et 2,9 "/^ 
pour le sarrasin seigle ; après i3 jours : 6,3 pour le premier et 3,i 
pour le second : et, après 24 jours 6,5 % pour le sarrasin de tartarie 
et 5,2 7o pour le sarrasin seigle. 

Par conséquent, la diminution de poids des akènes placés dans 
une atmosphère sèche varie de 5,2 à ii,(S°/„, avec une moyenne 
de 8,82 7o- Elle est surtout importante dès le début, puis continue 
ensuite faiblement, pour s'arrêter vers le vingt et unième jour oîi la 
dessication est complète. 

La perte de poids est plus forte pour le sarrasin émarginé, puis 
pour le gris, et bien plus faible pour le sarrasin seigle. 

Dans une même espèce, elle est plus petite pour la graine décor- 
tiquée que pour l'akène. 

2. — Atmosphère humide. — Dès le début du séjour dans une 
atmosphère humide, les grains de sarrasin absorbent une quantité 
de vapeur d'eau très élevée : 6 % pour le gris, 7,9 pour l'émarginé, 
7,3 pour le tartarie, et 6,8 pour le seigle. 

Après trois semaines, le poids des akènes a relativement peu 
augmenté. L'augmentation est la même qu'au quatrième jour pour 
le sarrasin gris, elle atteint 8,2 7o pour l'émarginé, 'j,'^ pour le tar- 
tarie et 6,95 pour le seigle. 

Au quarante et unième jour, le gain a peu changé. 11 est de : 

6,10 °/o pour le sarrasin gris; 

8,40 — émarginé; 

7,80 ' — de tartarie ; 

6,95 — seigle ; 



— 179 — 

7,40 °lo P'^ur les graines décortiquées de sarrasin gris. 

Comme pour la dessication, l'augmentation de poids se fait 
surtout au début, puis elle se continue faiblement, et au vingt et 
unième jour elle peut être considérée comme presque détinitive. 

Le gain est plus élevé pour le sarrasin émarginé, puis pour le 
tartarie et le seigle, et plus petit pour le gris, contrairement à ce 
qu'on avait observé pour la dessication. 

Entre le poids minimum de l'akène (desséché) et le poids 
maximum, il e.xlste donc un écart relativement considérable qui 

pour le sarrasin gris. 

— émarginé. 

— de tartarie. 

— seigle. 
— les graines décortiquées. 

Soit en moyenne 16, i5%. 

En définitive, l'hvgroscopicité est plus grande pour l'emarginé 
et le gris et plus petite pour le tartarie et le seigle, ce qui tient, pro- 
bablement, à la dimension des akènes et a la nature des téguments, 
ainsi que j'ai pu le constater pour les semences d'un grand nombre 
de plantes (ij. 

Influence de rhygroscopicité sur la faculté germinative. — 
La faculté germinative des graines est impressionnée par leur contact 
plus ou moins prolongé avec une atmosphère humide ou sèche, 
ainsi que l'indique le tableau suivant : 



atteint : 




17, 


2°/ 


20, 


2 


14' 


3 


12, 


i5 


16, 


9 



(i) Annales de l'Ecole Nationale d'Agriculture de Rennes, 1907, 



i8o 



Sarrasin gris 

— éni-erginé.. 

— seigle .... 

— dr Ta r tarie 



FACULTE GERMINATIVE % 



GRAINES RESTEES 



5 jours dans 

une 
atmosphère 



iOÛ 
100 
99 
97 



niide 



sèclie 



100 
99 
99 

98 



dans une 

atmosphère 

liumide 



.. 


41 


jours 


jours 


89 





46 





87 





61 






r.\iiLE.\.u XXI..— Inlluence de l'hj-groscopicilé sur la faculté germinative 
de? semences de Fagopyrum. 



Le séjour dans une atmosphère sèche n'a qu'une influence très 
faible sur la germination des semences de Fagopyrum et elle lui 
serait plutôt favorable. 

C'est probablement pourquoi certains auteurs ont préconisé le 
séchage (dans des fours) des semences de sarrasin. 

Par contre, le contact d'une atmosphère humide, dès qu'il 
dépasse une certaine durée, est nettement préjudiciable. Après cinq 
jours seulement, son action défavorable se fait déjà sentir et au bout 
de trois semaines, la faculté germinative est considérablement dimi- 
nuée, surtout chez le sarrasin émarginé où elle a baissé de plus 
de 5o 7o- 

Après 41 jours, toutes les semences, couvertes de moisissures, 
sont incapables de germer. 

On peut donc déduire de ces essais la nécessité de conserver 
les semences de sarrasin dans un milieu sec, ahn de leur garder toute 
leur valeur primitive. 



i8i 



B. — Conditions extrinsèques 

Si la nature de la semence possède une influence certaine et 
prépondérante sur le succès de la récolte, les circonstances exté- 
rieures, les conditions de milieu jouent un rôle également considé- 
rable dans le développement dd la plante et le résultat qu'on attend 
de sa culture. 

A ce point de vue, la température, rhùmidite. la nature du sol 
et la profondeur du semis sont à envisager. 




FiG G5. — Influence de 
de la température sur 
la germination des 
quatre espèces de Fa- 
gopyrum. 



1. Température 

Chaque espèce de plante, pour ac- 
complir les différentes phases de son 
évolution, a besoin d'une certaine somme 
de chaleur. En particulier, ses graines ne 
peuvent commencer à germer que lors- 
qu'elles trouvent une température suffi- 
sante, qui constitue la température mini- 
mum de germination. 

Soumises à une chaleur plus forte, 
leur développement s'accélèr,; jusqu'à 
une température dite optimum, au-dessus 
de laquelle il se ralentit au contraire, pour 
s'arrêter finalement lorsqu'elle atteint une 
certaine limite, qui représente la tempé- 
rature maximum de germination. 

La recherche de ces diverses tempé- 
ratures spécifiques du sarrasin, dont la 
connaissance est évidemment très impor- 
tante, n'a pas encore été entreprise jus- 
qu'ici. C'est pourquoi j'ai été amené à 
essayer de les déterminer. 

Pour cela, j'ai mis en germination à 
des températures dift'erentes. qui m'étaient 



— l82 - 



fournies par une étuve Schribaux et par une usine frig-orifique, 
dont le gérant m'avait ohligeamnient accorde Faccès — un certain 
nombre d'échantil ons semblables d'akènes des quatre espèces de 
Fagopynim. 

Les résultats obtenus, pour les températures de 5, 8, i3, i6, 25, 
ùo, 35 et 40 degrés centigrades, sont réunis dans le tableau 22 et 
représentés par les courbes 65 et suivantes. 







Gris 
















Seig 


e 










1 

5° 8 


13 16 20 


25 30 35 40 


5° 


8 


13 16 


20 


25 


30 35 40 


2 jours 

4 — . . . . 






1 

4 





12 
16 
17 




8 

34 

41 

% 


7 28 
19'31 
30|40 
39; 43 
4447 
46 '41) 

i 


30 
37 
46 
49 

50 
50 


30 
38 
39 
4(J 
41 


•*2 
36 
32 
36 

37 











1 


2 
9 
14 
16 
22 



à 

30 
35 
42 


() 
6 
28 
33 
39 
44 


13 
46 


40 
41 
46 
46 
50 


38 
45 
46 
49 
49 
49 


24 

36 
40 
41 

45 
45 


24 

29 
32 
34 
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38 



1 







9 — 





11 — 


4 


15 — 


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5 







Tatarie 



13 16 20 25 30 35 40 



Emarginé 

J 



8 13 16 20 25 30 35 40 



z jours 
4 — 

9 — 
11 — 
15 - 


















9 


7 


5 


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1 









3 


20 


3 


40 


'-'7 











4 


13 


20 


27 


18 








5 


26 


28 


32 


39 


43 


35 










12 


28 


37 


37 


25 





3 


37 


44 


40 


41 


43 


46 


38 





{) 


5 


19 


30 


38 


44 


31 


•' 


8 


38 


46 


49 


48 


47 


5(-» 


40 





12 


8 


24 


33 


40 


48 


35 


2 


12 


39 


46 


49 


50 


50 


50 


42 





13 


20 


35 


39 


46 


48 


41 


3 


14 


40 


47 


49 


50 


50 


50 


42 



Tableau XXll. 



Germination des graines de Fagopyrum à diverses 
températures. 



Je tiens à faire remarquer que ces résultats ne présentent pas 
une valeur absolue, car, en effet, il est très difficile, quelles que 
soient les précautions prises, de conserver pendant quinze jours une 
température rigoureusement constante; et, d'autre part, la nature 



i83 



même des semences fait sentir son influence. Il ne faut donc leur 
accorder qu'une valeur relative, mais qui reste cependant suffisante 
pour permettre d'en tirer des indications utiles à la pratique agri- 
cole. 




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i' 1(1 71 5' -«' -iî' Oi W T- Mi ir 13 1 

FiG. 66. — Germination des graines de Fagopyrum à des températures différentes. 

Fagopyrum esculentum. Fagopyrum stenocarpa. 

— tataricum. + + + + — emarginatum. 



- i84 - 

A. — Fagopyrum esculentum. — A 5". — A la tin delà première 
semaine, aucun germe n'est encore apparu, et au quinzième jour, on 
n'en compte que 5. La germination, sans être nulle, est donc insi- 
gnifiante à cette température, qu'on peut considérer comme la tem- 
pérature minimum. 

A 8". — Ce n'est encore qu'à partir du septième jour que les 
premières plantules apparaissent, réduites, d'ailleurs, a. la pointe 
blanchâtre de la radicule, et, à la fin de l'essai, 17 graines, sur 5o, 
se sont développées, soit le tiers environ, La germination, quoique 
bien meilleure qu'à 5°, est encore faible et lente. 

A i3'\ — A la deuxième semaine, les 9/ 10 des semences sont 
germées, mais leur développement a été relativement lent. Ce n'est, 
en effet, qu'au quatrième jour qu'on aperçoit les premières plan- 
tules (8) ; cependant, dès le septième, 84 germes étaient apparus, 
indiquant une énergie germinative beaucoup plus grande qu'aux 
températures précédentes. 

.4 76°. — A la fin de Tessai on compte à peu près le même 
nombre de graines germées qu'à i3°, soit 46 sur 5o, au lieu de 46 ; 
mais la rapidité de leur évolution a été plus grande, en effet, dès le 
dix-neuvième jour, on aperçoit ; radicules, et 19 au quatrième jour- 

A 20 et 25". — La totalité des semences ont germé avant la fin 
de la première quinzaine, manifestant ainsi une faculté germinative 
parfaite. La différence de développement à ces deux températures, 
se traduit seulement par une rapidité plus grande à 26°. 

Au deuxième jour, 56 et 60 "/o des graines ont germé dans les 
deux cas. Au quatrième jour, les différences s'accentuent, on compte 
3i plantules à 20°, 87 à 25. Au septième jour : 40 à 20°, 46 à 25, au 
neuvième, 40 à 20°, 49 à 25. 

La germination est donc excellente à ces deux températures, 
mais elle est plus rapide à 25" qu'à 20". 

A 3o'\ — Le début de la germination est très satisfaisant et 
aussi rapide, si ce n"est plus, qu'à 20 et 25°, puisque, au deuxième 
jour, on compte déjà 3o plantules et 38 au quatrième ; mais, par la 
suite, le développement se ralentit considérablement, et, à la fin de 



— i85 — 

Tessai, 48 graines seulement ont germé ; le reste, soit 1/7, se 
couvrent de moisissures et ne se développent pas. 

A 3o°, par conséquent, la germination, bien qu'encore active, 
est cependant moins bonne qu'à 25", et c'est aux environs de cette 
dernière température qu'elle parait la meilleure. 

L'optimum est, de ce fait, situé aux environs de 25° et par 
des essais ultérieurs, j'ai crû pouvoir le fixer approximativement 
vers 27°. 

A 35°. — On ne compte plus que 22 plantules au deuxième 
jour, 32 à la première semaine et 37 après quinze jours de séjour à 
l'étuve. La germination, plus lente, est, d'autre part, réduite à 74°/o 
au lieu de 86 °/o à 3o°, 100 à 25'', 98 à 20°, etc. . . 

A 40°. — Dès qu'on dépasse 35° la faculté germinative diminue 
considérablement ; de plus, les germes qui apparaissent sont bruns 
rougeâtres à leur extrémité et ne tardent pas à périr, et lorsqu'on 
arrive aux environs de 40-41" aucune graine ne se développe La 
courbe de germination (tig. 65), encore assez élevée à 35°, 
subit, à partir de ce point, une chute très brusque et descend rapi- 
dement à 0. 

La température de 40° peut donc être considérée comme la 
température maximum de germination du Fa^o/)jr«;« esculentum. 

Résumé. — Il résulte de ces essais que la germination des 
akènes n'est possible qu'entre des températures extrêmes voisines 
de 5 et 40°, qui correspondraient ainsi aux températures minimum et 
maximum pour cette espèce. Quant à l'optimum, il se trouverait aux 
environs de 25,27°. 

On en peut tirer également cette déduction pratique : que le 
semis ne doit pas s'effectuer quand la température moyenne ambiante 
n'atteint pas, théoriquement 5°, et pratiquement i3°. 

B. — Fagopyrum stenocarpa. — A 5°. — A la fin de l'essai, 
on compte 22 germes, soit une proportion, relativement très élevée, 
de 44 °/o. Il est vrai que leur apparition est lente, et qu'ils sont 

Vi 



- t86 



petits et d'apparence chétive ; mais on n'en constate pas moins une 
différence très appréciable entre le développement de cette espèce 




^ jr-y-H 




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FiG. 67. — Germination des graines de Fagopyrum. à diflérentes 
températures. 



- IÔ7 - 

celui du Fagopynim esciilcntiim i5 germes) à cette température. 
A 3-4'' quelques graines se développent déjà. 

A 8°. — La germination n'est pas encore rapide et il faut 
atteindre la première semaine pour apercevoir quelques plantules; 
au quinzième jour, la presque totalité des akènes ont germé (98°/"). 
La germination, a cette température relativement basse, se fait donc 
très normalement. 

A i3". — 28 germes sont apparus à la fin de la première 
semaine et 44 à la fin de la seconde. Le développement se fait, par 
conséquent, à peu près comme à la température précédente, bien 
qu'il existe ici une légère diminution, difficile à expliquer. 

,4 76°. — Dès le deuxième jour, on trouve i3 germes. 22 au 
septième et 46 au quinzième. Le total des germinations est donc le 
même, mais le développement est plus rapide et plus régulier 
qu'à 1.3°. 

A 20°. — Dès le premier jour on aperçoit les pointes blanches 
de quelques radicules; le deuxième, 5o % des graines ont germé ; 
le quatrième, 807". et, à la fin de l'essai, la totalité se sont déve- 
loppées vigoureusement. 

.4 25°. — Dès le second jour, 38 germes sont apparus, 90'% au 
quatrième jour et la presque totalité au septième. 

La germination est donc excellente et très active à ces deux 
températures. 

A 3ff. — On compte 24 plantules au deuxième jour, 40 au sep- 
tième, mais 45 seulement au quinzième. L'évolution est encore très 
rapide, mais on constate pourtant une atténuation de la vigueur des 
semences et de la faculté germinative, qui n'est plus ici que 
de 90 "/o- 

A 35". — On trouve également 24 plantules au deuxième jour, 
puis 32 au septième, et 38 au quinzième. L'allure du développement 
est donc à peu près la même qu'à 3o°, mais il n'y a plus que 76% 
^des graines qui germent à cette température. 



A 40°. — Quelques plantules apparaissent encore à 40-41°, et 
près de 10% des akènes se développent encore. Cependant la 




51 V y ^' I 




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FiG. 68. — Germioation des graines de Fagopyrum, à dilTérentes 
températures. 



— 189 — 

faculté germinative est considérablement diminuée et, pratiquement 
au moins insignifiante. 

Résumé. — La germination des graines du Fagopynim sfeno- 
carpa présente quelques caractères particuliers, parmi lesquels il 
convient de remarquer la possibilité de la germination aux basses 
températures, et la rapidité générale du développement. Ses tempé- 
ratures limites paraissent un peu plus éloignées que celles du Fago- 
pyrum cscu/entum, sans toutefois s'en écarter beaucoup, et la tem- 
pérature optimum semble à peu près la même. 

C. — Fagopyrum tataricum. — a 5°. — Aucune graine ne 
germe. 

A 8°. — Ce n'est que vers le dixième jour que l'on voit appa- 
raître quelques radicules ; d'ailleurs, à la tin de l'essai on n'en compte 
que i3. 

A i3°. — Il faut encore attendre plusieurs jours avant d'aper- 
cevoir les premières plantules, et, à la deuxième semaine, 20 grai- 
nes se sont développées seulement, soit les 2/5. 

A 16°.— Au quatrième jour, 4 germes ont apparu, puis 12 après 
sept jours et 35 après quinze. La germination atteint 70 Vo^ et, par 
suite, est bien meilleure qu'aux températures précédentes, sans 
pourtant, être comparable à celle des graines des autres espèces 
placées dans les mêmes conditions. 

A 20°. — Au quatrième jour, on compte, cette fois, i3 germes, 
28 au septième et 39, soit près des 4/5, à la fin de l'essai. 

A 25°. — Au deuxième jour on trouve 2 plantules, 20 au qua- 
trième, 37 au septième et 46, soit 92 "/„, au quinzième. Le dévelop- 
pement, comme on le voit, est d'autant plus régulier et meilleur que 
la température s'élève. 

A 3o°. — A 29-30°, la faculté germinative atteint 96 %, c'est-à- 
dire son maximum, dès le deuxième jour, tandis qu'elle n'avait pas 
dépassé 92 °l„ à 25", 78 à 20, 70 a 16, 40 à i3, etc. . . 



— igo — 



^ j5o_ _ ,vu deuxième jour on compte 3 germes, puis 2d au 
septième et 41 à la fin de la deuxième semaine, soit une proportion 
de 82 7o. A cette température élevée, la germination est donc encore 
très bonne. 



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50. 




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FiG. 69. — Germination des graines de Fagopyrum à différentes 
températures. 



— ICI — 

A 40". — Aux environs de 40". on ne trouve que quelques 
akènes (i/i5 environ I qui se développent et, d'ailleurs, très lente- 
ment et très faiblement. 

Résumé. — L'allure du développement des graines de cette 
espèce est, comme on le voit, très spéciale. La germination, impos- 
sible aux basses températures, n'augmente de valeur que lentement 
et progressivement, pour atteindre son maximum d'énergie près de 
3o°, et devenir, à nouveau, très difficile vers 40-41". 

D. — Fagopyrum emarginatum. — A 5°. — Au septième jour 
on compte 3 germes, et 14. soit 28 "/o, à la fin de la deuxième 
semaine ; il est vrai qu'ils sont faibles et que leur apparition est 
assez tardive. 

A 8". — Dès le neuvième jour, 38 plantules sont apparues et, 
au quinzième, la faculté germinative atteint 78 "/q. 

A i3°. — Au quatrième jour, on trouve déjà 52 "/^ des graines 
qui sont développées, et cette proportion s'élève à 88 au septième 
jour et à 94 °/o à la fin de l'essai. Le développement est déjà très 
rapide et très vigoureux à cette température. 

A 16". — Au deuxième pour 3 plantules sont apparues, puis 28 
au quatrième, 40 au septième et 4g dès le neuvième. La faculté ger- 
minative atteint par conséquent 9870- 

A 20-25°, — La totalité des graines germent à ces températures, 
mais le développement est un peu moins intense à 20" qu'à 25. A 
cette dernière température, plus de 60 °/o des semences sont déve- 
loppées dès le second jour, manifestant ainsi une vitalité consi- 
dérable. 

.4 3o°. — La totalité des akènes germent encore et avec une 
rapidité non encore constatée. En effet, dès le quatrième jour, 80 "/^ 
des plantules sont déjà apparues, et au neuvième, on en compte 
ioo°/o. C'est par conséquent dans ces conditions que la germination 
semble la meilleure. 



— 192 — 

A 35°. — Au deuxième jour, 5 °/o des germes sont visibles, et 
à la fin de l'essai 84 °/o des graines se sont développées. 

A 40° quelques akènes seulement germent péniblement. On en 
compte 3 sur 5o, soit i / 17 environ. 

Résumé. — Les graines de Fagopynim cmargiuatiim semblent 
donc posséder une température minimum de germination légèrement 
inférieure à 5° et une température maximum peu éloignée de 40°. 
Quant à Toptimum, il est difficile à préciser, car de 16 et 32° la 
faculté germinative atteint 100 "/o. Les différences ne se traduiseni 
que par une variation de l'énergie germinative, qui paraît la meil- 
leure aux environs de 3o° 





FACULTE GERMINATIVE J° à 




5° 


8° 


13° 


16° 


20° 


25, 


30° 


35« 


40° 


Fagopyrum esculentum 


10 


34 


90 


92 


98 


100 


86 


74 





— emarginatum . . . 


28 


78 


94 


98 


100 


100 


100 


84 


6 


— tataricum 





26 


40 


70 


78 


92 


96 


82 


6 


— stenocarpa 


44 


98 


88 


92 


100 


98 


90 


76 


10 



























Moyennes.. 


20,5 


59 


78 


88 


94 


97,5 


93 


79 


5,5 



Tableau XXIU.— Faculté germinative moyenne des graines de Fagopj'^rum 
à différentes températures. 



RÉSUMÉ GÉNÉRAL. — Si OU détermine, pour les quatre espèces 
et à chaque température, le nombre de germinations °/o (tableau 23) 
et que Ton fasse la moyenne de celles-ci, on obtient, pour le genre 
Fagopynim considéré dans son ensemble, la faculté germinative 
aux diverses températures. 

On peut, par suite, tracer la courbe de l'influence de celles-ci 
sur la vitalité des semences (fig. ^jo) 

On voit ainsi que dans Vensemble les températures minimum, 



— igo 



optimum et maximum de germination des graines de Fagopyrum 
sont voisines de 5, 25 et 41". 

Si d'autre part, on compare les germinations des graines des 
quatre espèces, on aperçoit entre elles, en même temps que d'évi- 
dentes corrélations, certaines différences qui apparaissent plus net- 




FiG. 70. — Températures de germination des foraines de Fagopyrum 



TTWTi 



- 194 - 

tement par Texamen des courbes figuratives [ûg. 65 et suivantes). 
On constate, par exemple, que c'est le sarrasin émarginé et le sarra- 
sin seigle qui germent aux températures les plus basses, tandis 
que le sarrasin de Tartarie possède le minimum le plus élevé ; que le 
sarrasin émarginé se développe également bien aux hautes tempe 
ratures, puisque son optimum parait voisin de 3o°, tandis qu'il reste 
aux environs de 25- 27° pour le sarrasin gris, de 28-24° POur le 
sarrasin seigle et de 28-3o° pour pour le sarrasin de Tartarie. 

Ces indications présentent un réel intérêt pratique, en permet- 
tant de déterminer approximativement l'époque la plus favorable 
pour le semis, et la zone possible de la culture des différentes espèces 
de FcLgopyriim. 

On pourra s'étonner que les températures minima de germination 
soient si basses, en considérant que, dans la pratique agricole, on 
ne sème presque jamais (dans nos climats) le sarrasin avant la fin de 
mai et, plus souvent, le mois de juin. C'est que cette époque tardive 
du semis tient, non pas à l'impossibilité de la germination des graines, 
mais à d'autres considérations culturales, et, aussi, à la sensibilité 
extéme des jeunes plantes aux moindres froids et particulièrement 
aux gelées blanches auxquelles elles ne résistent pas et qui sont fré- 
quentes avant cette date. Si l'on ne tenait compte que des tempéra- 
tures de germination, il paraît certain qu'on pourrait semer le sar- 
rasin beaucoup plus tôt. 



2. — Humidité 

L'eau, par le rôle multiple qu'elle joue, est absolument indispen- 
sable à la germination, mais celle-ci en exige des quantités plus ou 
moins grandes selon les graines considérées, et un excès comme 
une insuffisance d'humidité lui sont également défavorables. 

Comme pour la température, il existe, pour une semence don- 
née, une proportion d'humidité minimum, optimum et maximum, 
qu'il est nécessaire de connaître. 

Ces proportions, qui ont été déterminées pour un certain 
nombre de graines de plantes cultivées, ne l'ont pas été pour celles 



— igS — 

du Fagop'^Tum. Haselhoff dit seulement, en ce qui les concerne : 
z' Les graines de sarrasin, pour germer, ne demandent pas tout à 
fait la moitié de leur poids d'eau >/. 

J'ai essayé de résoudre cette question de différentes façons : i° 
■en recherchant la quantité d'eau absorbée par les graines pendant 
leur évolution, 2" en suivant leur développement dans des milieux 
plus ou moins humides ; 3° en déterminant la faculté germinative de 
semences placées dans des sols arrosés plus ou moins fréquemment 
et plus ou moins abondamment. 

1" Quantités d'p.au absorbées par les graines en germination 

J'ai mis 5 ) graines de poids connu à germer à l'etuve dans les 
conditions habituelles, et à intervalles réguliers, je les ai pesées (i) 
de façon à voir la quantité d'eau qu'elles avaient absorbée jusqu'à 
ce que le germe soit nettement apparu. On tenait compte de l'humi- 
dité initiale, qui avait été déterminée préalablement, et des produits 
solubilisés et entraînés. 

Voici les résultats obtenus, ramenés à 100 grammes de semences. 
(Tableau 24). 



ESPECES 



12.30 
13.65 
10.18 
11.94 



Tableau XXIV 



sarrasin gris. 



emargme . . 

seigle 

de Tartarie 





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59.77 


75.63 


15 86 


59.77 


.50.30 


52 90 


57.30 


88.01 


21.40 


66.61 


34.46 


49.04 


63.32 


71.72 


16.41 


55 61 


43.25 


44.17 


61.02 


l'i.ll 


13.15 


61 02 



o 

47.47 
52.96 
45.43 
49.08 



Augmentation % du poids des semences de Fagopyrum 
pendant la rermination. 



(1) Après les avoir passées dans du papier buvard, pour enlever l'eau 
adhérente. 

(2] Gain total — humidité initiale. 



— 196 — 

L'augmentation de poids des semences, par endosmose, est très 
importante avant même que la germination se manifeste extérieure- 
ment; elle s'accroît ensuite rapidement et au quatrième jour, alors 
que les germes sont bien apparents et mesurent i à 2 centimètres de 
longueur, elle est relativement considérable. 

Déduction faite des produits solubilisés ou exosmosés, et de 
l'humidité initiale des graines, cette augmentation de poids, résultant 
de l'absorption de l'eau ambiante, varie de 45 à 52 °\^ selon les 
espèces, et atteint en moyenne 48,78 °/„. 

Il est à remarquer que ce chiffre est très voisin de celui indiqué 
par Haselhoflf(49,76''/o). 



2° Germination en milieux plus ou moins humides 

Dans cinq séries de vases en verre, remplis d'un poids égal de 
terre siliceuse (5oo grammes) préalablement desséchée à l'étuve, j'ai 
apporté, une fois pour toutes et avant le semis, des quantités d'eau, 
croissantes de l'une à l'autre, de façon à obtenir des milieux dont le 
taux d'humidité soit respectivement de o, 5, 10, i5, 20, 3o °\^. Puis, 
j'y ai semé (à 1 centimètre de profondeur) un même nombre de 
Semences (20) des quatre espèces de Fagopynim, dont j'ai suivi le 
développement. 

Voici les résultats obtenus : 



- 197 - 



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— 19a — 

A o. — Aucune graine ne germe. 

A 5 7o- — • Seules, i semence de sarrasin émarginé et de sarra- 
sin de tartarie se développe. 

A ;-,5 7o- — 2 ou 3 akènes commencent à se développer pour 
chaque espèce, on en compte même 5 pour Temarginé, mais leur 
germination est lente. 

A 10 7o- — On compte 7 plantules, au quinzième jour, pour le 
sarrasin gris, 4 pour le sarrasin seigle, 7 pour le tartarie et 12 pour 
rémarginé. Cette espèce se développe particulièrement bien, puis- 
qu'au bout de deux jours on aperçoit déjà une radicule et, qu'au 
quatrième, le cinquième des graines ont germé. A la fin de l'essai, 
60 °/o se sont développées. 

A i5 7o- — Au quinzième jour, on compte 12 germes de sarra- 
sin gris, 14 de seigle, 17 de tartarie et 20 d'émarginé. Le dévelop- 
pement est donc d'autant meilleur que l'humidité du sol augmente, 
puisqu'il atteint : 

60 °/o pour le sarrasin gris ; 
70 — seigle ; 

85 — de tartarie ; 

100 — émarginé. 

.4 20 %. • — On trouve, a la fin de l'essai, 19 plantules bien 
développées de sarrasin gris, 18 de seigle, 18 de tartarie et 19 
d'émarginé, soit une proportion de 95 "/o, 90, 90 et 96 pour les 
différentes espèces. C'est à ce taux d'humidité que la germination 
se fait le mieux. 

A 25 7o- — On ne compte plus que i3 graines développées 
pour le sarrasin gris, 18 pour le seigle, i5 pour le tartarie et 14 
pour rémarginé, soit une faculté germinative de : 65 7o' 90, 75 et 

7o°/o- 

Le développement est encore rapide, mais moins bon pourtant 
que dans le cas précédent. 

A 3o °/o. — Le milieu est très humide : un certain nombre de 
graines moisissent; parmi celles qui se développent au début, quel- 
ques-unes se détruisent par la suite, et les autres donnent des 
racines latérales adventives. 



— 199 — 

On ne compte plus, à la Hn de Tessai, que 6 germes vivants 
pour le sarrasin gris, 19 encore pour le seigle, i3 pour le tartarie 
et 8 pour Fémarginé, soit une proportion de 3o "/„, 95, 65 et 40 °l „. 

A35°l„. — Aucune graine ne se développe plus. Elles sont 
d'ailleurs placées dans un milieu gorgé d'eau, où l'oxygène est 
forcément insuffisant, et où vraisemblablement les semences meurent 
d'asphyxie, par respiration intra-moléculaire. 

Résumé. La moyenne des germinations °/„, pour l'ensemble 
des quatre espèces, est donc, dans les différents milieux : 
de o "à o "/o d'humidité ; 

2,5 à 5 — ■ 

i5 à 7,5 — 

37,5 à 10 — 

78,7 à i5 

92,5 à 20 — 

75 à 25 — 

57 à .3o — 

; o à 35 — 

Lorsque l'humidité est de 10 à 3o 7o. la germination des 
semences de Fagopyrum est donc possible, mais on voit qu'elle 
n'est réellement satisfaisante que lorsque la proportion d'eau du 
sol oscille entre i5 et 25 °/° (faculté germinative ^ 82,10 en 
moyenne). 

Au-dessous de 10 "/« et au-dessus de 3o %, le développement 
des graines est insignifiant, et c'est lorsque le milieu renferme 
20 7o de son poids d'eau qu'il est certainement le meilleur. 

D'autre part, il existe certaines dift'érences spécifiques. C'est 
ainsi que le sarrasin émarginé paraît exiger moins d'humidité que 
les autres espèces, particulièrement que le sarrasin seigle qui, lui, 
se développe encore bien dans une terre à 3o "/„ d'eau. 

3^ Influence de la. fréquence et de l'abondance des arrosages 

Dans de grands vases remplis de cinq kilos de terre, et où 
avaient été semés à i centimètre de profondeur 20 graines de sarra- 



sin gris, j'ai apporté, tous les 1,2 et 4 jours, des doses déterminées 
d'eau : 5o, 100 et i5o ce, de telle sorte que : 

Le pot 2 recevait tous les jours 5o ce d'eau, 

— 3 — — — 100 — 

— 4 — — — i5o — 

— 5 — — 2 jours 5o — 

— 6 — — 2 — 100 — • etc.. 

De cette façon, on pouvait voir l'influence de V abondance de 
l'eau, et celle de la fréquence de ses apports, sur la marche de la 
germination. 

Les graines ont été semées le i5 mai, dans une terre dont l'hu- 
midité initiale était de 11 7o- D'après la répartition indiquée précé- 
demment, on avait dix séries arrosées différemment. 

Le tableau suivant indique le mode de distribution de l'eau dans 
chaque vase, en même temps que les résultats obtenus. 





MODE 

de distribution de l'eau 


6 
jours 


9 
jours 


APRÈS 

11 
jours 


15 
jours 


17 
jours 


10 
9 
8 


\ 50- 

Tous les i jours ( 100 

] 150 


13 
14 
16 


17 
17 
18 


20 
18 
18 


20 
18 
17 


20 
18 
17 


7 
6 
5 


i 50 

Tous les 2 jours { 100 

i 150 


12 
15 

9 


14 
15 

8 


16 
11 

8 


16 
9 
6 


16 

9 
5 


4 
3 


i 50 

Tous les jours { 100 

i 150 


11 

8 
8 


10 
5 
4 


8 
4 


7 
3 
2 


7 
3 
1 


1 


Témoin j;.- 


















Tableau XXVI. — Marclie de la germination des graines de Fagopyrum 
en sols plus ou moins arrosés. 



t)'autre part, la quantité totale d'eau apportée, dans chaque 
vase, aux ditierentes dates d'observation (6^ g-', i r jour, etc...' est 
indiquée dans le tableau 27. 



(3« 


Jour 


9' 


JOL-R 


H*- 


Jour 


1.5-= Jour 


17« Jour 


Nombre 


,, — „^ 


_. _^,^_. 


, — «^ 


_^v— — — ■ 


__^ 


--v^-i— - 


-— "«^v^--^-— 


'-^v^W^--— ~ 




6 




















de 


-c 


t/3 




OT 




w 




M 




r/i 






-a; 




-(U 




-<B 




'O) 




-a; 




2 


'a S 


N»s 


•2 S 


Xos 




X°^ 




N°« 




germes au 


|-| 


et t3 




cStd 




« 13 




rt'^ 




c3 13 




a 








3 










17e jour 


'^ 




1 








1 




1 






1 


0" 


G- 


1 


o- 


0- 


,>-^ 





10 


100 


10 


150 


10 


150 


10 


200 


10 


200 


20 


7 


doO 


7 


2o0 


9.7 


300 


9,7 


400 


9 


400 


18 


9 


200 


9 


300 


8 


450 


8 


600 


7 


500 


16 


iAS 


300 


4,8 


450 


4 


550 


4 


750 


8 


600 


17 


Tj 


-450 





500 


6 


600 


6 


800 


4 


850 


7 


3 


(JOO 


5 


750 




900 


5 


1.200 


6 


1.000 


9 





900 


3 


900 


3 


1.100 


3 


1.500 


5 


1.500 


5 


„ 


„ 


2 


1.350 




1.650 


2 


2.250 


3 


1.700 


3 


» 




" 


" 






" 


" 


- 


2.550 


1 



Tableau XXVH. — Quantités d'eau apportées, dans chaque série, 
aux ditréreates dates d'observation. 



a hijhicncc de l'jtonJj/ice Je l'eju. — Les quantités d'eau 
appmtees auirmente donc d'une série a l'autre, et du commencement 
jusqu'à la tin de l'essai. A cette époque, elles varient de ') a 2.5r)<> ce 
qui ont été fournis à des intervalles plus ou nnjinsrapprcjehés et par 
dtjses plus ou moins élevées. 

Les ditîérences entre chaque lot sont très lîTandes. puisque le 
nombre des liraines qui se S(jnt développées varie de o à 20, c'est-à- 
dire de o à 100",.,. 

Si <)n classe les séries de vases, 1" d'après la quantité totale et 
définitive d'eau reçue et 2" d'après le nombre linal de ;.,'-ermina- 
tions, on constate, entre ces deux éléments, une évidente coïnci- 
dence, que montre nettement l'examen des deux dernières colonnes 
du tableau précèdent. En ettét. abstraction faite du témoin qui. non 
arrose, ne permet le développement d'aucune L;raine. on voit que la 



205 



série lo, qui a reçu 2i>'j ce d'eau, porte 20 i,'-erminations, que la 
série 9, qui a reçu 400 ce. en porte iM, etc.. tandis que la 
série 3, où Ton a apporté 1.70:) ce n'a que .3 Li-ermes et la série 2, 
qui a reçu 2.55o ce. n'en a qu'un. 

Cette impression est indiquée plus nettement encore par la 
courbe que l'on peut tracer, en portant, en abcisses, le volume d'eau 
correspondant aux k» lots, et, en ordonnées, le nombre des germi- 
nations obtenues dans chacun d'eux. (Fig. 71). 

On constate 
ainsi, d'une façon 
très claire, que la 
iicrm'mationexigc 
une certaine humi- 
dité, puisque dans 
les témoins non 
arrosés , aucune 
graine ne s'est dé- 
veloppée. Mais on 
voit également , 
qu'au-dessus de 
ce minimum d'hu- 
midité indispensa- 
ble, elle se fait 
d'autant mieux que 
les apports d'eau 
sont moins abon- 
dants, et surtout 
moins fréquents. 
En efl'et, tandis que dans les pots de la série 10, qui recevaient 
seulement tous les quatre Jours. .So centimètres d'eau, la germination 
atteint son maximum ifKj " \,, le pourcentage des germes diminue 
progressivement, au fur et à mesure que l'humidité augmente, et 
surtout à partir d'un certain quantum, qui correspond ici à la série 8, 
ayant reçu 600 centimètres. On compte encore pour ce lot 17 germi- 
nations; mais dès que la quantité d'eau apportée dépasse ce chiffre 
de 600 centimètres cubes, la germination s'abaisse rapidement, et c'est 




FiG. 71 

Influence de l'humidité du sol sur la germination 
des graines da Fagopyrum. 



ainsi qu'on ne compte plus que 7 irermes, lorsqu'on en apporte 
l\5o centimètres. 

b. Influence Je l'a fréquence des arrorages. — Dans cette pro- 
g"ression décroissante du taux des germinations d'après Thumiditë, 
on remarque deux dissidences, correspondant respectivement aux 
séries 7 et 4 qui, bien qu'ayant reçu moins d'eau que celles qui leur 
succèdent, montrent cependant une germination plus faible. En effet, 
dans ces séries 7 et 4, qui ne reçoivent que 5oo et 85o centimètres 
d'eau, il n"v a que 16 et 7 graines développées, tandis que dans les 
lots suivants 8 et 6, qui ont reçu 600 et i.o^jo centimètres, il y en a 
17 et 9. 

Ce ralentissement, à priori anormal, de la germination, s'explique 
lorsqu'on examine comment cette eau a été distribuée. Pendant c|ue 
dans le lot 8, on ne l'apportait que tous les quatre jours, elle était 
versée tous les deux jours dans la série 7. De même, tandis que dans 
le loto, on la distribuait tous les deux jours, elle était apportée tous 
les jours dans le lot 4. 

Aux vases arrosés fréquemment correspondent donc des ger- 
minations moins nombreuses. 

Cette influence du mode de distribution de l'eau ressort égale- 
ment de l'examen du tableau suivant : 



MûDi: 

de 

distribution de l'eau 



Témoin 

Tous les 4 jours. . 

Tous les 2 jou'-s . . 

Tous les jours 

Tous les 2 jours . . 

Tous les jours. . . . 



,.. 


V, 






G 






C 


P 


s ^ 






s s-^ 


5 5 




,, c« s-, 




■a 








^'Z. p. 
r- - a- 




S. 2 


z «s 

< 

3 


61 


II 


3* 


■-a 


3 


O'-'- 





10 


200 


20 


9 


400 


18 


8 


500 


16 


/■ 


600 


17 


6 


850 


7 


4 


1.000 


9 





1.500 


5 


3 


1.700 


3 





2.550 


1 


\ 



Classement 
par ordre décroissant 



Mode de distribu- 
tion de l'eau 



Tous les 4 jours. 



Tous les 2 jours. 

Tous les jours. . . 
Tous les 2 jours. 
Tous les jours. . 



Non arro«é 



200'-' 

400 

600 

500 

1.000 

850 

1.500 

1.700 

2.550 





1'adu:.\u XXVIII. — Inlluence de l'abondance et de la fréquence des 
arrosages sur la germination du Fagopyruni. 



— 204 — 

Les oerminations les meilleures sont relevées dans les séries où 
non seulement la quantité d'eau apportée est la plus faible, mais 
encore dans celles où les distributions Cpour des doses égales ou 
voisines) ont été les moins fréquentes. 

Deux facteurs agissent donc : i" Tabondancc des apports; 2" 
leur fréquence. 

Une expérience identique, faite en séries, commencée le i. S Juin 
et poursuivie Jusqu'en septembre, a donné, pour la oermination, des 
résultats semblables. 

L'examen de la marche de la g'crmination du r' au 17"' jour 
corrobore ces faits. Il montre, quau début, le développement est 
beaucoup plus uniforme dans les lots plus ou moins arrosés, et que 
les différences ne s'accusent que par la suite, au fur et à mesure 
que les arrosages se multiplient, déterminant la destruction d'une 
certaine quantité de germes, lorsqu'ils deviennent trop nombreux ou 
trop abondants. 

Resiiiiic. — De ces essais il ressort que les meilleurs résultats 
ont été obtenus avec une quantité d'eau de 2()<)cc apportée tous les 
quatre Jours. Or, les vases qui la recevaient contenant cinq kilos de 
terre, ces 2oi)Cc représentent un apport de 4 " „ d'eau. 

L'humidité de la terre, qui, avant l'expérience était de 12,1 " ,,, 
était donc passée, du fait de ces arrosag'cs, à 16 " ,, (12,1 + 4~>' taux, 
qui, dans les conditions de l'expérience, parait le plus favorable à la 
germination des graines de sarrasin. 

D'autre part, on a vu qu'au-dessus d'un apport de t):i(>cc. la 
germination devenait mauvaise. Or, une telle quantité correspond à 
12 "„ d'eau qui, ajoutés aux 12 " ,, d'humidité initiale delà terre, 
amènent le taux linal à 24 ",„ (124- 12). C'est, par conséquent, dans 
un sol contenant de 16 à 24 ",„ (soit en moyenne 20 7,,) d'humidité, 
que la germination des akènes de l'agopyrum serait la meilleure. 

RÉSUMÉ GÉNÉRAL. — Daus le premier essai, les semences de 
Fagopvrum ont absorbé, pendant leur germination, qui fut normale, 
de 45,4.3 à 52, gô ",„ de leur poids d'eau, selon les espèces soit, en 
moyenne 4.'î,737o. 



La seconde expérience montre que la ^germination n"est réelle- 
ment bonne que dans un sol pourvu d'une humidité initiale variant 
de i5 à 25 ", „, et qu'elle est la meilleure lorsque celle-ci atteint 

Au-dessous de lo "'„ et au-dessus de 3o, le développement des 
graines est insii^nifiant. Pantin, la troisième ;^indique que c'est dans 
une terre qui a reçu, par des arrosai^es peu irequents. de i6 à 24 "/„ 
d'eau que la iuermination se l'ait le mieux. 

11 y a concordance entre tous ces résultats, obtenus pourtant 
par des méthodes différentes. 

On peut donc dire que les semences de Fagopyrum demandent 
pour germer, environ la moitié de leur poids d'eau, en même temps 
qu'une température et une aération suffisantes. Elles paraissent 
trouver ces conditions favorables à leur développement lorsque le 
sol où elles sont placées possède une humidité voisine de ir> à 2.5" ., 
soit en moyenne 20 "'„. 

Ces connaissances nouvelles présentent un intérêt pratique 
incontestable, en indiquant quel est le milieu qui convient le mieux 
à la germination des semences, et l'époque ou il présentera les 
conditions les meilleures. Elles fourniront au cultivateur un rensei- 
gnement précis, et lui permettront de s'assurer le maximum des 
chances de réussite. 

3. — Nature du Sol 

Le sol intervient dans la germination par ses diverses proprie- 
tés physiques : perméabilité, capillarité, pcjuvoir d'echauffement. 
ténacité, etc.... qui créent, par leur ensemble, un milieu plus ou 
moins favorable au développement des semences. 

Pour essayer de déterminer cette intUience complexe de la 
nature du sol. ou tout au moins sa résultante, j'ai opéré de trois 
façons différentes, par des cultures: i" en pots, 2" en caisses, 3" en 
pleine terre. Les graines étaient condées à quatre terres : une sili- 
cieuse, une argileuse, une humifère, et une calcaire. 

Pour constituer ces quatre sols, on a apporté, en grande masse, 
dans un champ argilo-silicieuv dont la composition sera indiquée 



dans un chapitre suivant), du sable g-rossier, du calcaire et du ter- 
reau très fait, de façon à constituer quatre parcelles bien homo- 
gènes, de cinq mètres carrés, et représentant chacune un type de 
terrain particulier. 

C'est dans ces parcelles] qu'ont été prélevés les échantillons 
mis en pots et en caisses. 

1 . — Culture en pots 

Dans des vases contenant un même volume (5oo ce) de ces 
terres de nature différente, convenablement arrosées, j'ai semé à un 
centimètre de profondeur, un même nombre de g-raines de cinq 
espèces de Fagopynim (esculentum, tataricum, emarginatum. ste- 
nocarpa et tinctorium). et j'ai suivi attentivement la marche de la 
germination dans toutes les séries. 

^'oici les résultats obtenus, représentant la moyenne i",„) de trois 
essais. 

1" Terreai". — a) Sarrasin Q-n's. — Les premières plantules 
sont nettement visibles dès le cinquième jour, et à la première 
semaine, plus de la moitié des graines se sont développées. A la lin 
de l'essai gS °/o ont germé. 

b) Sarrasin émarginc. — Au cinquième jour, on compte déjà 
25°/,, des akènes qui ont germé, mais le développement se ralentit 
légèrement par la suite, pour se poursuivre néanmoins régulière- 
ment, et au dix-septième jour, on compte 85 plantules. 

c) Sarrasin de tatarie. — Les premières plantules n'appa- 
raissent à l'air qu'à la première semaine, et, à la tin de la seconde, 
70 graines "j ^ ont germé. 

d) Sarrasin seior/c. — Le développement est à peu près le 
môme pour cette espèce que pour la précédente, mais il est pour- 
tant un peu plus rapide, et au dix-septième jour, on compte -q plan- 
tules. 

Résumé. — La germination des quatre espèces, dans le terreau, 
est donc très bonne et très rapide, puisqu'elle atteint 95 " „ pour le 



sarrasin o-ris, (^>5 '7o pour rémarginé, 76 pour le tartarie, et 79 pour 
le seigle, soit un total de 335 grains développés, ou, en moyenne 

83,75"',,. 





Terreau 


Sable 


A H G ILE 




Calcaire 






■ — 


" 


— ^ 








i 










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— 






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5 


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'» jours 


1'. 





25 





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17 











.^ 

























tiô 


9 


38 


14 


2 


30 





30 11 


•' 


2 





9 





■1 





II 











<j — 


76 


30 


42 


35 


10 


40 


16 


38128 


10 


10 


10 


24 


6 


10 





5 


9 





(» 


11 — 


84 


33 


50 


53 


20 


51 


33 


55 42 


18 


25 


29 


40 


22 


'0 


7 


6 


10 





5 


li — 


90 


46 


77 


65 


60 


79 


59:69,61 


30 


l'O 


43 


50 


6i 


15 


2i 


15 


28 


10 


7 


17 — 


95 


76 


85 


79 


65 


84 


88 


/ i 


80 


35 


79 


«,. 


53 


81 


20 


27 


20 


42 


-■* 


16 



Tableau XXIX. — lofluence de la nature du sol sur la germination des 
semences de plusieurs espèces de Fagopyrum. 

2° Sable. — ai Ssirrasiii gris. — Au cinquième jour, quelques 
germes apparaissent, au septième on en compte .3o. au ii'^ 5i, et au 
17* jour : 79, au lieu de 95 dans la terre humitere. 

b) S.irr.isin ém.iroine. — On compte 17 plantules au cinquième 
jour, 3o au septième, et 77 à la tin de l'essai, au lieu ds 85 précé- 
demment. 

c) Sarrasin de tataric. — A la première semaine, on trouve 
5 germes ; le développement est surtout rapide à partir du onzième 
jour oii l'on en compte 33. Au dix-septieme, 88 graines ont germe. 

d) Sarrasin seigle. — Au septième jour, 1 1 akènes se sont déve- 
loppés: la germination se continue très régulièrement, et au dix- 
septième jour, on compte 80 plantules. 

Résume. — Dans le sable, la faculté germinative atteint donc 
84 Vu pour le sarrasin gris, 77 pour l'émarginé. 88 pour le tatarie et 
80 pour le seigle, soit, au total, 329 graines développées, ou, en 
movenne, 81.25 °,o. 



Dans rensemble, les semences se développent par conséquent 
dans le sable comme dans le terreau. Le sarrasin i^ris et rémari^iné 
y p-ernient un peu moins bien, mais le seii^ie et le tatarle y viennent 
mieux. De plus, il est à remarquer que le développement est toujours 
un peu plus rapide dans le terreau. 




■'I'^' 7' 9' '" ï^ ~- 




0' II' ly 



10- 




jrjrjr 




fTjrjrjjT 



Fin. 72. — Jn/luenoî do la nature du sol sur la germination des 
prainfîs de Fagopyrum- 



— 2IXJ - 

?>" Dans l"ai«>ili:. — a' Sarrasin gri;. — Au septième jour 
2 irermes seulement sont apparus et révoludon reste lente Jusqu^au 
onzième jour ou l'on ne compte encore que 2.5 planîules. Elle s'ac- 
celere par la suite et. à la tin de fessai. 7.) r/raines se S'uit déve- 
loppées. 

h Sarrasin cmarginJ. — Au cinquième jour on ne c<jmpte que 
2 plantules, et 9 au septième. Le développement ne devient impor- 
tant qu"à partir du onzième jour ég-alement, mais tout en restant 
irreijulier et incomplet, puisqu'au dix-septieme jour .53 i^raines seu- 
lement ont germé. 

c) Sarrasin Je talaric. — Au septième jour, aucune plantule 
n'est encore apparue, au neuvième, on n'en compte que 10, et 29 au 
onzième. Au div-septiènu 62 akènes se sont developpjs. 

d Sarrasin seigle. — Comme dans l'espèce précédente, les 
premiers germes ne sont visibles qu'au neuvième jour. et. au onzième, 
on n'en trouve que 22. A partir de cette époque l'évolution des 
semences est plus rapide, et. a la tin de l'essai, oi graines ont 
germe. 

Résumé. — Dans l'argile, le pouvoir germmatit atteint : -()' ^ 
pour le sarrasin gris, 53 "o pour l'emarginé, 62 pour le tatarie et 
81 " ^ pour le seigle, soit, au total. 2-5 graines développées, ou. en 
moyenne. 68.75" „. 

On constate : i" une diminution importante des germinations 
dans ce milieu, diminution qui atteint i5 °/o, et 2" le ralentissement du 
développement. Dans la plupart des cas, en effet, ce n'est qu'à par- 
tir du neuvième jour que les premières plantules apparaissent, de 
plus, si l'on compte le nombre de graines développées au onzième 
jour dans les trois sols examinés jusqu'ici, on trouve : 

Pour le terreau 210. 
-- sable 181. 
— l'argile 96, 
Tùifin, seul le sarrasin seigle vient bien dans cette terre argi- 
leuse, tandis que c'est le sarrasin émarginé qui s'y développe le plus 
mal. 



4" Dans le cahaiue. — .7. Sarrasin ^ris. — Au neuvième jour, 
aucune plantule n'est encore visible: au onzième, quelques-unes 
font leur apparition, et, h la tin de Tessai. 27 i^raines se sont déve- 
loppées. 

/'. Sarrasin anar^iné. — Ce n'est qu'au neuvième jour que les 
premiers germes se montrent. Les autres apparaissent ensuite assez 
réo-ulièrement, quoique lentement, et, au dix-septième jour, on 
compte 42 graines développées. 

c. Sarrasin Je Tartaric. — Au neuvième jour, on aperçoit 
5 plantules. mais le développement reste très incomplet et peu 
rapide, et, à la tin de la deuxième semaine. 20 semences seulement 
ont germé. 

d. Sarrasin seigle. ■ — Au neuvième jour, on ne voit aucune 
plantule ; quelques-unes, très grêles, apparaissent par la suite, et. au 
dix-septième jour, on compte 25 graines développées. 





Terreau 


Sable 


Argile 


Calcaire 


Gris 


95 

85 
70 
7!» 


84 
77 
88 
80 


53 
G2 

81 


27 


Emarginé 


42 


Tatarie 


20 


Seigle 


25 






Movennes 


83.75 


81.25 


08.75 


28.5 







Tableau XXX. — Germination % des semences de Fagopyrum, 
dans des sols de nature diiférente. 



Résumé. — Le nombre des germinations dans le calcaire atteint: 
27 °/o pour le sarrasin gris, 42 °/„ pour Témarginé, 20 pour le tatarie, 
et 25 " o pour le sarrasin seigle, soit, au total 114 graines dévelop- 
pées, ou. en moyenne. 28. 5 ",,.• Toutes les espèces se développent 
mal dans ce milieu, et c'est le sarrasin émargine qui parait y souftrir 
\q. moins. La germination y est lente : au neuvième jour, on ne 



compte, cil tout, que 7 plantules. et ce n'est qu'à partir du quator- 
zième qu'elle devient un peu plus active. 

Cette antipathie du sarrasin pour le calcaire est d'ailleurs géné- 
ralement admise, et certains auteurs considèrent même cette plante 
comme calcifuge. La moyenne des germinations dans les différents 
sols atteint, pour l'ensemble des quatre espèces : 83 ",„ dans le 
terreau. 81 dans le saWe, 68 dans l'argile et 28 dans le calcaire. 

Somme toute, c'est dans le terreau et dans le sable que la ger- 
mination est la meilleure; dans l'argile, elle est moins bonne, surtout 
pour les sarrasins gris et émarginé, et, dans le calcaire, elle est 
encore moins satisfaisante. 

II. — Cultures en caisses 

Le.^ mêmes expériences ont été répétées, au mois de novembre 
de l'année suivante, dans des caisses en bois de 80c X 5o X 3o, 
placées en terre. 

Les différentes terres employées avaient la même origine, et, 
partant, la même composition que celles utilisées dans les deux 
autres essais. 

La germination s'est effectuée de la même façon générale que 
dans les pots, et a conservé la même allure. Comme précédem- 
ment, c'est dans l'humus ou terreau, et dans le sable, qu'elle a été 
la plus rapide et la plus complète, et le calcaire a montre la même 
action défavorable. 

III. — Cultures en pleine terre 

Enfin, le 9 juin 1909 et le 3i mai 1910, un même nombre 
d'akènes des quatre espèces de Fagopyrum ont été semés, en place. 
dans des parcelles différentes, dont la nature était la même que celle 
des terres employées dans les essais précédents, et dont l'origine a 
été exposée plus haut. 

Les plantes furent laissées en terre jusqu'à maturité, afin qu'on 
puisse juger de l'action du sol sur leur développement total. Quel- 
ques-unes seulement furent arrachées, à la fln de la germination, 
pour être mesurées et pesées. 



^'oici le résumé des observations effectuées. 

Le semis a été effectue le 9 Juin. 

Le i5, on aperçoit dans le sable, quelques germes de sarrasin 
giis. 

Le 18. — Dans les autres sols et pour les autres espèces, la 
levée n'a guère commence que le n"). A cette date, c'est dans le 
sable et l'humus, puis dans l'argiic, qu'on compte le plus grand 
nombre de germes pour les quatre espèces. Dans le calca're, l'emar- 
giné a dix graines développées, le gris .i, le seigle et le tatarie 
aucune. 

Le 22. — ■ L'ordre reste le même dans le calcaire. 

Dans le sable, toutes les espèces sont sorties de terre, et la 
plupart des graines ont leurs cotylédons déroules. 

Dans l'argile, c'est le sarrasin gris et le sarrasin seigle qui sont 
le plus vigoureux, l'emargine se développe mal, reste petit et 
chetif. 

Dans l'humus, c'est le sarrasin grrs qui est le plus avancé et 
c'est là que l'on compte le plus grand nombre de germinations. 

Le sarrasin seigle et le tatarie sont plus en retard, les cotylé- 
dons ne sont pas déioulés ; l'emargine est le moins avancé. 

Le 26. — Dans le calcaire, la germination reste mauvaise et 
irrégulière. Les plantules sont rares, disséminées, de dimensions 
très variables mais toujours faibles, la coloration;, d'abord très 
verte, foncée, devient jaunâtre, les feuilles se couvrent de mar- 
brures. 

Dans l'argile, le sol, durci, s'est lendille en de nombreux 
endroits, tous les germes sont recourbés. De grandeur assez uni- 
forme, ils sont, par contre, répartis très irrégulièrement ; les plan- 
tules sont toutes de petite taille ; les cotylédons, lorsqu'ils sont 
déroules, sont également de dimensions réduites. L'emargine paraît 
particulièrement souffrir dans ce milieu- 

Dans le sable, les jeunes plantes sont très belles, d'un vert plus 
clair que dans les autres sols Tous les cotylédons sont étalés, la 
première feuille mêm2 est apparue; Taxe hypocotylé, rosé, atteint un 
grand développement. 



Dans rhumus, le développement, superbe, est, par contre, très 
irréîïulier. Certaines plantes sont énormes, tandis que d'autres 
restent de petite taille, parce qu'elles sont apparues beaucoup plus 
tard. 

Les dimensions ofénérales sont beaucoup plus fortes que dans 
les trois autres sols et parfois très élevées. C'est ainsi que certains 
cotylédons de sarrasin émarginé atteionent .3 centimètres de lon- 
gueur, et la première feuille .3 cm 5X4 centimètres. Dans quelques 
cas, la deuxième feuille se déroule déjà. 

Les dimensions et le poids moyens d'une plantule 'movenne de 
dix échantillons normaux sont très variables dans chaque terrain. 
et viennent corroborer les résultats tirés de l'aspect exteri ur, ainsi 
que l'indique le tableau suivant : 





Sablk 


Terrfac 


Argili; 


1 
Calcaihe 




--^ 


• < ^.-*— 





— ^- 





^ — . 






t- 
p 




3 




3 




t- 
s 




Poids 


i 


Poids 


D 


Poiis 


^ 


Poids 








S 


i2.7CO 






12 cm 




S 


Sarrasin frris 


l.SOÛ 


■iQ'-m 


'■ir. 

0.2.50 


-ÎT. 

0.800 


17 cm 


— émarginé 


LTOO 


:vi 


3.800 


30 


0.300 


12 


0.601) 


20 


— de Ta r tarie 


i . SÛD 


?.a 


4.500 


34 


0.1 01) 


9 


0.3(10 


It 


— sei^'-le 


5.000 


29 


6.200 


28 


0.500 


18 


0.45 


lô 







TAnLEAi; XXXI. 



Eéveloppement des plantples de Fagopyrurn 
dans différents sols. 



Ils montrent également que c'est dans le terreau, puis dans le 
sable, que le développement en hauteur et en poids est le plus 
élevé. Celui-ci est plus grand dans le calcaire que dans l'argile, 
mais le nombre des germinations est plus faible dans le premier sol 
que dans le second. 

Ils indiquent aussi que les affinités de chaque espèce pour les 
dirlérents sols ne sont pas identiques. 

En tenant compte, d'une part, de la taille et du poids, et. 



— 214 — 

d'autre part, du nombre des germinations, <jn peut, pour chacune 
d'elles, établir l'ordre de préférence suivant : 



Sap.hasix gris 

1 


1 

Sar K.MARGINE 


Sar. de 


Tartarie 


Sarrasi 


Poids et 


Nombre 
de 


Poids et 


N'omlc^e 
de 


Poids et 


Nombre 
de 


Poids et 


taille 


germi- 
nations 


taille 


germi- 
nations 


taille 


germi- 
nations 


taille 


Terreau 


Terreau 


1 
Terreau 


Terreau 


Sable 


Sable 


Terreau 


Sable 


Sable 


Sable 


Sable 


Terreau 


Terreau 


Sable 


Calcaire 


Argile 


Calcaire 


Calcaire 


Calcaire 


Argile 


Argile 


Argile 


Calcaire 


Argile 


Argile 


Argile 


Calcaire 


Calcaire 



Nombre 

de 
germi- 
nations 



Argile 
Sable 
Terreau 
Calcaire 



On peut, sous une autre l'orme, noter l'espèce qui se déve- 
loppe relativement le mieux ou le moins mal dans chat]ue type de 
terrain considéré : 





SABLE 


Tl'RREÂU 


ARGILE 


CALCAIRE 


1 

2 

3 
4 


Sar. de Tartarie 
Sar. gris 
Sar. seigle 
Sar. émarginé 


Sar. gris 
Sar. émarginé 
Sar. seigle 
Sar. de Tartarie 


Sar. seigle 
Sar. gris 
Sar. de Tartarie 
Sar. émarginé 


Sar. émai-giné 
Sar. seigle 
Sar. de Tartarie 
Sar. gris 



Kesitmé . — Par le l'ait de la multiplicité et de la concordance 
de ces essais, les indications qu'ils fournissent sont très intéres- 
santes au point de vue pratique ; mais il est évident qu'ils doivent 
être complètes par l'étude du développement ultérieur de la plante 
dans ces divers milieux. 

En ce qui concerne exclusivement la germination, on voit que 
la nature du sol joue un rù!e important et que, par suite, le choix 
de celui-ci, pour la culture d'une espèce déterminée de Fagopyrum, 
n'est pas indifférent. Une bonne terre franche, plutôt humifère, et 
peu riche en calcaire semble celle qui convient le mieux à la gcrmi- 



nation de cette plante, les sols siliceux viennent ensuite. Quant aux 
terres foi tes ou nettement calcaires, elles ne parais|ent pas lui 
convenir. Chaque espèce possède des affinités un peu spéciales, 
vis-à-vis de la nature du sol D'une façon générale, les conclusions 
précédentes s'appliquent aux quatre espèces étudiées ; toutes se 
développent mieux dans le terreau et le sable et assez mal dans 
l'argile et le calcaire. Cependant, le Fagopyrum stenocarpa s'acco- 
mode le mieux des terres argileuses et le Fagopyrum emarginatum 
est celui qui parait le moins souffrir dans les terrains très calcaires. 

4. — Profondeur du semis 

La profondeur à laquelle les semences sont enfouies dans le sol 
n'est pas sans influence sur leur germination. Au-dessous d'un 
certain niveau, variable avec plusieurs facteurs, l'aération ou l'hu- 
midité deviennent insuftisantes ; le germe a. d'autre part, a vaincre 
une résistance trop forte pour arriver jusqu'à la lumière, et, finale- 
ment, meurt avant d'y parvenir ou ne donne naissance qu'à des 
plantes souftreteuses. 

Il existe ainsi, pour chaque espèce considérée, des profondeurs 
minimum, optimum et maximum, subordonnées surtout à la nature 
du sol auquel les graines Sf)nt confiées, et qu'il est très important 
de connaître, en culture. 

Pour les déterminer, j'ai employé la méthode adoptée pa^' 
divers auteurs, et entre autres par Risler(i) dans des recherches 
analogues. 

Dans des caisses en bois de 80 c X 3o x 5o, on place de la 
terre sur un plan incline, de telle sorte que la différence de niveau 
aux deux extrémités soit d'environ 20 centimètres, et que les graines, 
semées sur ce plan et recouvertes de terre, se trouvent, d'un bout à 
l'autre du récipient, à une profondeur progressivement croissante 
de o à 20 centimètres : en tenant compte du tassement ultérieur). 



1; RiSLEK, Physiologie du blé. Paris, 18S7. 



10 



l'n des yraiids côtes Je ces caisses était mobile et, en place, 
|-ec()uvrait une paroi sous-jacente. en treilla£i"e métallique, destinée 
a retenir la terre tout en laissant voir les racines, lorsque le panneau 
de bois était baissé lig-. ■-?> . 

Le sarrasin "'ris fut semé dans quatre terres différentes i voir 
page 2o5';, tandis que les trois autres espèces : sarrasins émargine. 
seigle, et de tartarie, lurent cultivées seulement dans de la terre 
franche ordinaire. 

A'oici les résultats obtenus, ainsi que quelques photographies 
qui s"y rapportent. 

I . Sarrasin cris. — Api'cs - Jours. — Les premiers germes 
apparaissent dans le terreau et dans le sable, sept Jours après le 
semis, et chez les graines enfouies de o à 2 centimètres : plus loin, 
sur les bords de la caisse, quelques semences sont également déve- 
loppées. 3Iais on ne voit aucune plantule dans les autres sols. 

Apres 12 jours. — 
$^^ \ Dans le sable et le ter- 

reau, les graines situées 
à ?) c. .S de profonde u.[ 
montrent leur axe hypri- 
cotyle recourbe, et cel- 
les qui sont enfouies 
moins profondement ont 
des germes qui mesu- 
rent 2 à.T centimètres de 
hauteur au-dessus du 
sol. 

On n"aperçoit rien 
Inlluence de la profondeur du semis. encore dans le calcaire 

et rargile, si ce n'est un fendillement du terrain qui est soulevé par 
les graines. 

Apres I- jours. — Les germes des semences enfouies à 5 cen- 
timètres arrivent à la surface dans le sable et le terreau, tandis que 
les premiers apparus atteignent 7 à o centimètres de hauteur et 
commencent à perdre leurs enveloppes pericarpiqucs. 




Dans rari^ilc on apcrç<_)it quelques planUilcs provenant des 
irraines enfoncées Jusqu'à i c. 5 environ. 

Dans le calcaire, les termes de celles qui se trouvent jusqu'à 
2 centimètres de profondeur arrivent à la surface. 

Après. 2 1 Jours. — Dans le terreau, les semences enfoncées 
jusqu'à lo centimètres ont germe. Les premières plantules atteignent 
une dizaine de centimètres, les cotylédons sont complètement étalés 
et on voit, entre eux. la pointe de la première feuille. Le développe- 
ment est assez irrciiulier. certaines plantes ont jusqu'à i5 centimètres, 
tandis que d'autres mesurent à peine la moitié. 

Dans le sable, seules les semenees enfouies jusqu'à 7 centimètres 
sont développées à cette date, et leurs germes ont environ 6 à 1'. cen- 
timètres de hauteur: les cotylédons sont libres, mais non encore 
déroulés. 

Dans le calcaire, les graines enfoncées à moins de .3 c. 5, ont 
seules germé; les premières plantules restent petites, mais très 
vertes. 

Dans l'argile, le développement est à peu près le même que 
dans le calcaire, et les plantes sont également de faibles dimensions. 

Apres 25 Jours. — Dans le terreau et le sable, l'aspect des 
caisses est très suggestif. Les germinations se font environ jusqu'à 
i5 centimètres de profondeur, et. de l'extrémité jusqu'à cet endroit^ 
les plantules ont une taille et une vigueur nettement décroissante 
tig. 74). Seules, celles qui proviennent des graines semées de oc. 5 
à 4 centimètres environ de profondeur, ont les mêmes dimensions; 
avant et après, la hauteur est plus faible. 

Quelques jours après, l'aspect est encore le mémo, mais les 
différences s'atténuent par la suite. Les graines enfoncées à plus de 
lo centimètres ne se sont pas développées. En abaissant le côté 
mobile de la caisse, on aperçoit pourtant, à cette profondeur, et 
même jusqu'à 20 centimètres, des germes iiliformes, blanchâtres et 
tordus, qui traversent une partie de la terre qui surmonte les graines, 
mais sans avoir pu parvenir jusqu'à la surface. 

Dans l'argile, les semences enfoncées jusqu'à 8 cm se sontdéve- 

14 



veloppees. Les premières pk'.ntules ont leurs cotylédons étalés et 
leur première feuille, mais leur hauteur ne dépasse yuère 3 cm. 

Dans le calcaire, seules les graines enfoncées dans les 5 pre- 
miers centimètres ont g"ermé. les premières plantules sont restées 
chétives et ne mesurent que quelques centimètres. 

Résume. — La germination des graines de sarrasin est très va- 
riable selon la profondeur à laquelle elles sont enfoncées et selon 
la nature du sol. Elle s'effectue encore à près de 20 centimètres 
sous terre. 

Dans l'humus, elle est possible Jusqu'à i<\ centimètres environ, 
dans le sable jusqu'à 16 centimètres, dans l'aroile jusqu'à li ou 10 
centimètres, et dans le celcaire jusqu'à r> à 7 centimètres : ces limites 
constituant la profondeur maximum de germination pour cette 
espèce. 

.De o à o centimètre 5, le développement (quoique plus faible 
que plus profondément) est possible, tout au moins dans un sol 
humide, et cette limite constitue la profondeur minimum. 

Quant à la profondeur optimum, elle varie de o,5 à 5 centi- 
mètres environ. Enfin la germination est d'autant plus tardive que 
l'enfouissement des semences est plus profond. 

2. Sarrazin émargink ( tig. 74). — De o à 2 centimètres, le déve- 
loppement est rapide et très vigoureux, puis la germination est plus 
lente et plus faible pour les graines enfouies jusqu'à 5 centimètres. 
De 6 à 8 centimètres, la végétation redevient plus belle, quoique 
plus tardive, mais elle décroît ensuite jusqu'aux environs de 16 cen- 
timètres, où elle cesse brusquement. 

?,. Sarrasin seigle (tig. 74). — De o à o cent. 5, la germination 
est légèrement plus faible qu'à des profondeurs plus grandes, et de 
o cent. 5 à 4 centimètres, le développement est régulier et intense. 
Il se ralentit un peu ensuite jusqu'à 8 centimètres environ et, passé 
cette limite, par un saut brusque, la végétation décroît jusqu'aux 
environs de 16, 18 centimètres où elle s'arrête tout à fait. 



ly - 





4 




K 


^. 


^ 


''^ê!'Mé 


Mw 




U 


SEIGLE 


. i 






1 


1 



FlG. 



Inllut'iice de 'a profondeui- du ?enus sur la gerniiuation 
du Fagopyrum. 



4. Sarrasin de Tartarik (tig-. 74). — De o à 2 centimclres, la ger- 
mination est excellente, puis elle est moins bonne jusqu'à 5 ou 
6 centimètres. Le développement est ensuite meilleur jusqu'à la 
profondeur de 'à à 9 centimètres, après laquelle il diminue progres- 
sivement jusqu'aux environs de 16 centimètres. A ce niveau, toute 
végétation cesse. 



Résumé. — En somme, dans la même terre franche, les résultats 
sont à peu près identiques pour les quatre espèces. 

Pour toutes, la germination est bonne de o cent, à o c, 5 mais le 
développement ultérieur est plus faible à cette profondeur qu'à des 
niveaux plus inférieurs; c'est de oc 5 à .5 ou 7 centimètres que la 



végétation se montre la plus régulière et la plus intense. Au-dessous 
de cette limite, elle devient beaucoup moins vigoureuse et moins 
homogène, et décroit jusqu'aux environs de i5 ou i8 centimètres 
(selon les espèces) où, alors, elle cesse brusquement. D'autre part, 
la germination est d'autant plus rapide que la profondeur du semis 
est plus faible. 

Il est à remarquer également que les diflèrences, dans la 
vigueur des plantes provenant de graines plus ou moins enter- 
rées, s'atténue au cours de leur développement, sans disparaître 
pourtant. 

La nature du sol joue un rôle important. C'est ainsi que dans 
le terreau et le sable la germination est plus hâtive, et possible à 
une profondeur plus grande que dans l'argile et le calcaire. 

Enfin, comme on le verra plus loin avec plus de détails, ces 
essais ont permis de constater que, contrairement à l'opinion cou- 
rante, le développement du système radiculaire des divers Fago- 
pyrum est considérable ; dès l'apparition de la deuxième feuille, 
en effet, les racines dépasent 40 centimètres de profondeur. 

Résumé du Chapitre II 

La germination des graines de Fagopyrum est épigée. Dans 
des conditions favorables elle est très rapide : dès le premier ou le 
second jour, la radicule peut apparaître, et les poils absorbants se 
montrent dès le troisième ou le quatrième. Vers le cinquième jour, 
le collet est diflférencié et la racine ne tarde pas à se ramifier suivant 
une disposition quaternaire typique; le système radiculaire devient, 
le plus souvent, fascicule. Au bout de douze à quinze jours, les 
cotylédons débarasscs, de leur coiffe péricarpique, sont déroulés et 
étalés. 

Mais la faculté et l'énergie germinativcs sont subordonnées à de 
nombreuses influences. 

Parmi les conditions intrinsèques, l'âge des semences est des 
plus importantes : c'est ainsi que les graines jeunes sont, de beau- 
coup, les meilleures, et qu'à la troisième année, et même dès la 



deuxième, la vitalité des graines diminue, pour disparaître complè-^ 
tement a huit ans. 

Le poids, la densité et la grosseur des semences interviennent 
également dans leur valeur agricole. D"une façon générale, ce 
sont les plus grosses et les plus lourdes qui sont les meilleures ; 
une densité de i.ioo à i.i5o paraît la plus favorable, et le poids et 
les dimensions correspondant à celles du type spécifique sont h 
conseiller. 

Les grains des diverses espèces de Fagopyrum sont, en outre, 
susceptibles de perdre ou d'absorber, selon le milieu <ju ils sont 
places, une grande quantité d'eau. Leur dcssication n'est pas pré- 
judiciable a leur b(jnne germination, au contraire, mais leur conser- 
vation, même de courte durée, dans une atmosphère humide dimi- 
nue considérablement leur faculté germinative. 

Parmi les conditions extrinsèques, tous les facteurs de la culture 
sunt importants. Les graines de Fagopyrum possèdent des tempé- 
ratures minimum, optimum et maximum de germination qui. pour 
l'ensemble du genre, sont voisines de .S", 2.Î-27". et 41". Pour se 
développer, elles absorbent, environ la moitié de leur poids d'eau 
et demandent, de préférence, un sol de ir> a 25",, d'eau 120'' '„; ; 
au-dessous de 10" ^ et au-dessus de ?>5'' „. leur germinatir)n est très 
mauvaise. 

La constitution physique du sol ou elles sont placées n'est pas 
non plus indifférente à leur développement; c'est dans une terre 
franche, plutôt humifère ou siliceuse et peu riche en chaux que la 
germination est la meilleure. Un terrain nettement calcaire ou argi- 
leux est défavorable, et c'est le sarrasin émarginé qui vient le moins 
mal dans le premier, et le sarrasin seigle qui souffre le moins dans 
le secjnd. 

l-'nhn. la profondeur du semis est également à considérer. Les 
semences des quatre espèces de Fagopyrum germent encore relati- 
vement bien a 16-18 centimètres de profondeur, mais c'est entre 
o"'oo5 et o,o5 qu'elles se développent le mieux. 

Toutes ces connaissances nouvelles sr)nt susceptibles d'une 
application utile à la culture, 



G H .A F> I T F< E III 



Etude de la. Filante 



I. — Morphologie externe 



La morphologie externe d'une plante fixe ses caractères exté- 
rieurs et sa place dans la classitication générale. Elle permet de la 
distinguer des végétaux voisins, en môme temps qu'elle renseigne 
approximativement sur ses principales propriétés et l'utilisation 
dont elle est susceptible. 

L'étude morphologique du genre Fa^opyrum a été très rare- 
ment abordée. Les quelques auteurs qui s'en sont occupés ne 
décrivent, et brièvement, que deux de ses espèces : les Fagopyrum 
esculentum et tatariciim. C'est pourquoi je l'ai reprise en la com- 
plétant et en examinant la plante à différents états de son dévelop- 
pement. J'envisagerai successivement la place du genre Fagopyrum 
dans la classification végétale et les principales espèces et variétés 
dont il se compose, puis les caractères ç.xtérieurs de chacune 
4'eUes 



224 



I, — Place du ganre Fagopyvam dans la classification 

Le sarrasin a lont^temps fait partie du g-enre Polygonuni dont 
il constituait une espèce : Polyo-onum Fagopyrum. C'est ainsi que 
le nommaient Linné et de Jussieu (i) et qu'on le désigne encore 
aujourd'hui dans certains ouvrages, notamment dans les ouvrages 
agricoles. 

Cependant, déjà Duhamel du Monceau (2) en avait fait un genre 
spécial sous le nom de Fagopyrnm. Dans la classification de Ben- 
tham et Hooker. et dans celle de Dammer qui a été adoptée par 
beaucoup d'auteurs pour l'ctude des Polygonacées. entre autres 
par Perdrigeat et Guillaume, le Fagopyrum constitue un genre 
distinct. 

De même. Le Maout et Decaisne 3). \'esque (4). ^'an Tieghem i5), 
etc.. séparent le sarrasin des divers Polygoniim, 

Par contre, d'autres savants, comme H. Coste iô . G. Bonnier (7 !. 
etc.. le maintiennent dans ce dernier genre. 

Quand on sépare le Fagopyrum du Polygonum, on distingue 
ces deux genres par l'embryon, qui est droit et axial dans le premier, 
et arqué et excentrique dans le second, ou d'après Dammer), qui 
est large et plissé dans le premier, étroit et non plissé dans le 
deuxième. 

Le Fagopyrum est une phanérogame dicotylédone, apétale, de 
la famille des Polygonacées. Le mode de division de cette famille 
en tribus est assez variable et basé sur des caractères différents. 
Mais, quelle qu'elle soit, le genre Fagopyrum (ou l'espèce Polygo- 



[\) De JussitL'. — Gênera planlarunt, \~>^~ . p. 28;. 

(2) DuHAMCL nu Monceau. -- Eléments d'agriculliire, t. 1!, 1779, p. 127, 

(3) Le Maout et Decaisne, 'Traité général de "Bot. ciesciipt. et anal., Paris, 1868. 

(4) Vesque, Traité de Hotan. agric. et indnst., P.niis, 1883, p. 292. 
{',) Van Tieghem, Traité de Tiotanique, Paris, p. 1403. 

(6) H. Coste, Flore de France, Paris, 1900. T. 3, p. 203. 

(7) G. BoNMiER et LhCLEKC DU Sabi.on, Traité de botanique, Paris, luoi, 



num 



la 



„ aii'opvrum Lin., ou encore Polyii'onum sauittutum Gilib. t'ait 

toujours partie de la tribu des Polygonées ou des Eupolygonées. 

Perdrigeat 1 1 1 qui a fait un essai de classification rationnelle des 
Polvgonacées. basée sur leur anatomie comparée, rapproche le 
F'agopyrum des genres Emcx et Rinnex, et des genres Po/yvoniim 
et Po/ro'owe//:ï. Il rentrerait, au point de vue anatomiquc. dans 
tribu des Polygonoïdées, composée en 'Hitre de Polvonniiiii. O. 
gonum, Ceratagonum, Polygonellsi. 



JI. — Espèces et Variétés de Fagopyrum 

I. Espèces. — Le nombre des espèces appartenant au genre 
Fagopvrum n'est pas défini. Ordinairement, on n"en admet que deux 
iBentham et Hooker. Dammer, etc.) : le Fagopynim csculcntitm et 
le Fagopynim tatariciim. Parfois, on en compte trois (G. Bonnier. 
J. Stone, etc. : F.igopynim cscii/oitum. fatarim et cmarginatiuu. 

Pourtant certains auteurs en citent davantage. C'est ainsi que 
de Candolle (2) dit qu"il en existe huit, toutes originaires d"Asic. 
mais il ne nomme que les trois précédentes. Haselhoft' distingue six 
espèces : 

Fagopyrum esculentum : sarrasin commun, ordinaire, vrai. 

Fagopyrum tataricum : sarrasin tatare. sibérien, turc, dentelé . 

Fagopyrum emarginatum : sarrasin ailé, échancre. 

Fagopvrum pvramidatum : sarrasin en pyramide, brun, grande 
espèce. 

Fagopyrum rotundatum : sarrasin tatare non dentelé, a grains 
ronds ou lisses. 

Fagopyrum tinctorium ; sarrasin indigo, renouée tinctoriale. 

On a admis encore d'autres espèces, telles que : i" le Fagopy- 
rum sieboldi, signale, entre autres, par Heuzé. et qui. d'après lui, 
est cultivé au Japon et en Allemagne, comme fourrage ; 2" le F.7go- 



1 ' l'hRDKlGF.AT, loC. nt. 

2] De Candoi.ue, loc cit. 



pynim cymosum (i) ou sarrasin vivacc, originaire du Nepaul, intro- 
duit en Europe en il\?<7 comme plante alimentaire ; 3" le Fcigopy' 
rum cuspidatiim (2), introduit du Japon par Siebold et recommandé 
comme légume, comme plante fourragère ou d'ornement (3). Il est 
signalé par divers auteurs (Van Houtte, Joigneaux, Bois, etc..) 

Il existe certainement des synonymies et des homomymies dans 
toutes ces espèces. Ainsi — d'après M. Constantin, professeur au 
Muséum d'Histoire Naturelle, qui a bien voulu me fournir très obli- 
geamment quelques-uns de ces renseignements — le Fagopyrum 
siebolJi el le Fagopyrum cuspidatum ne feraient qu'une seule et 
même espèce. 

Quant au Fagopyrum rotundaium, il correspond, à n'en pas 
douter, au Fagopyrujîi stenocarpa, dont il présente tous les carac- 
tères. De même, le Fagopyrum tataricum se confond avec le Fago- 
pyrum dentatum. 

Il existerait donc 8 espèces, comme le disait Candolle : 

1. — Fagopyrum esculentum. 

2. — Fagopyrum tataricum. 

3. — Fagopyrum emarginatum. 

4. — F'agopyrum stenocarpa ou rotundatum. 

5. — Fagopyrum tinctorium. 

6. — Fagopyrum cymosum. 

7. — Fagopyrum cuspidatum ou sieboldi. 
0. — Fagopyrum pyramidatum. 

Nulle part, je n'ai trouvé de renseignements sur ce Fagopyrum 
pyramidatum, cité seulement par Haselhoff et je n'ai pu par consé- 
quent en connaître les caractères et les affinités. 

Quant aux Fagopyrum cymosum et cuspidatum, leurs fruits ne 
mûrissant pas en Europe, il est à peu près impossible de se pro- 
curer leurs graines. Or, comme le caractère distinctif des genres 
Polygonum et Fagopyrum réside dans l'embryon, je n'ai pu 



(i) Jacques et Herincq^ — Manuel général des plantes, T. 3, p. 732 

(2) yerhandl des Sereines ^ur Bef. d. Garten. 1857. 

(3) Flore des Serres, 1861, vol. 14, p. 148. 



— 227 - 

m'assurer si ces deux espèces appartenaient à l'un ou Fautre de ces 
g-enres. 

En définitive, et en écartant les types litigieux ou insuffisam- 
ment caractérisés, on peut ramener à 5, le nombre des espèces de 
Fagopyrum f'esculentum, tataricum, emarginatum, stenocarpa, tinc- 
torium . 

2. Variétés. — Chacune de ces espèces possède plusieurs 
variétés, mais c'est le Fagopyruvi esculentum qui en compte le 
plus. La confusion, en ce qui les concerne, est encore plus grande 
que pour les espèces, à cause du défaut de clarté et de précision 
dans la description de chacune d'elles, et par les modifications 
qu'elles subissent dans des milieux difierents. Il doit d'ailleurs 
exister, là aussi, de nombreuses homonymies et synonymies. Quoi 
qu'il en soit, voici les principales variétés citées par les auteurs qui 
se sont occupés de cette question. 

a.) Fagopyrum esculentum. — Sarrasin commun, gris, carabin, 
bucaille, blé noir, etc. . . 

On distingue dans cette espèce : 

1° la variété noire, à grains anguleux ou sarrasin écossais ; 

2" la variété grise ou argentée, dite encore sarrasin suédois, 
sarrasin de Silésie ; 

3° la variété russe ou de Saint-Pétersbourg, ou sarrasin à gros 
fruits ; 

4" la variété japonaise, avec deux sous-variétés : japonais d'été 
on Aki-soba, et japonais d'automne, ou Natsu-soba ; 

5° la variété allemande ; 

6° la variété américaine. 

En France, on distingue quelques sous-variétés, d'ailleurs peu 
importantes, de sarrasin gris, telles que le sarrasin commun, le 
sarrasin argenté, fe petit breton, le petit prussien, etc.. HaselhofF 
signale, en outre, le sarrasin français (?). Comme aucune de ces 
variétés n'est décrite, il est impossible de les distinguer l'une de 
l'autre, et môme de leur accorder une existence certaine. Aussi 
a-t-on l'habitude de les désigner d'après leur origne : sarrasins aile- 



mand, russe, japonais, ctc .. et ce sont ces appellations que j'ai 
moi-même adoptées. 

A propos de l'étude des akènes et des g-raines. j'ai donné les 
caractères de ces organes (forme, couleur, dimensions, poids) dans 
les principales variétés précitées. Au cours de l'étude de la mor- 
phologie externe, j'indiquerai ceux de leur appareil végétatif; on 
aura ainsi une description assez complète de chacune d'elles. 

b) F.To-oprniiu cm.iroiiuttum. — Sarrasin emargine, ailé, 
echancré. 

Cette espèce n'a pas de variétés connues. Elle est, d'alleurs 
parfois, considérée elle-même (entre autres par de\'ilmorin) comme 
une variété du Fagopyrum esculentum, à certaines variétés duquel 
elle ressemble en effet (sarrasin russe, par exemple i. 

c) Fagopyrum tatariciim ou Fagopyrum dentatum, sarrasin de 
tartarie ou de tatarie, sibérien, tatare, brun, dentelé. Encore appelé 
Diluska, en russe, constitue une espèce bien distincte qui, d'après 
les uns, n'a pas de variété ou qui, d'après d'autres, en p(tssède 
deux : le sarrasin de tatarie et le sarrasin seigle ou Fagopyrum stc- 
iiocarpa. On a déjà vu, dans les chapitres précédents, que ces deux 
types présentent, en eft'et, de très nombreuses analogies, que l'étude 
morphologique, externe et interne, ne fera que confirmer. 

d) F agopyrujn stenocarpa. — Sarrasin seigle, tatare non den- 
telé, cà grains ronds ou lisses. Encore appelé Fagopyrum rotunda- 
tum, n'a pas de variété. Il est môme considéré, ainsi qu'il vient 
d'être dit, comme une variété de l'espèce précédente. 



III. — Caractères extérieurs du Fago-pyrum 

J'examinerai successivement les caractères extérieurs typiques 
i" du svstème radiculaire, 2" de l'appareil végétatif aérien (tige et 
feuilles), 3" de l'inflorescence et de la fleur, dans les principales 
espèces et variétés. Puis, dans le chapitre suivant, consacré à l'étude 
du développement de la plante, je suivrai les modifications subies 
par ces caractères dans les différents milieux où elle a été placée. 



"9 



1° Système radiculaire 

^) Fagopynim csculcntum i sarrasin gris arafeiite ;. — On a vu, 
dans l'étude de la germination, que la radicule, après sa sortie de la 
graine, s'enfonçait dans le sol et ne tardait pas à se ramifier, selon 
deux modes ditierents suivant les conditions de milieu. 

Dans la majorité des cas, la racine principale, ou pivotante, 
qu'elle forme, se flétrit et il naît, à sa base, des racines secondaires 
qui s'accroissent rapidement et se ramilient, donnant ainsi naissance 
à un système radiculaire fascicule. 

J'ai indiqué ég'alement que l'apparition des radicelles ne se 
faisait pas d'une façon quelconque, mais qu'elle avait toujours lieu 
en des endroits détermines, situes en face des faisceaux ligneux et. 
par conséquent, au nombre de quatre (puisqu'il y a toujours 4 fais- 
ceauxi. 

Les ramifications radiculaires aflectent donc une disposition 
quaternaire. 

Le développement des racines est très actif, surtout au début 
de la végétation, et elles atteignent rapidement des dimensions 
relativement considérables, qui atteignent Ho centimètres, et peut- 
être davantag'c. 

Fréquemment, le système radiculaire se compose d'un certain 
nombre de grandes racines qui sont terminées, ainsi que leurs prin- 
cipales ramifications, par une toufife de fines radicelles, évidemment 
très actives et qui jouent un rôle important dans la nutrition de la 
plante. 

D'autre part, le Fagopyrum développe très fréquemment des 
racines latérales adventives. Celles-ci paraissent se former principa- 
lement dans les sols compacts ou humides, ainsi que j'ai pu le cons- 
tater souvent, et comme Belzung(i) l'avait déjà fait remarquer. Ces 
racines latérales ne naissent pas en des endroits quelconques. Elles 
apparaissent en face des faisceaux ligneux primaires de l'axe hvpo- 



(11 ^i.u.um, Anaioniie el physiologie végétales. Paris, 1900. 



— 200 — 

cotvlé, sur lequel elles se forment, entre les deux portions de 
chacun des quatre faisceaux libériens primaires qui. comme on le 
verra plus loin, se dédoublent en cet endroit. Klles afîectent donc, 
comme les radicelles, une disposition quaternaire, qui continue 
d'ailleurs celle des radicelles, ce qui est naturel, puisque l'axe hypo- 
cotylé possède la structure anatomique radiculaire. Ces racines 
latérales doivent jouer un rôle appréciable dans la lixation et surtout, 
dans l'alimentation de la plante. Elles apparaissent à des époques 
variables, parfois même au moment de la ijermination. 

b) Autres espèces cl variétés. — La disposition du système radi- 
culaire est la même dans les autres vatiétés du Fagopyrum esculen- 
tum et dans les trois autres espèces étudiées. 

Résume. — Le svstème radiculaire du oenre Fagopyrum est un 
système fascicule, caractérisé par un? disposition quaternaire, cor- 
respondant aux quatre faisceaux ligneux de la racine. Il est com- 
posé par des ramilications très nombreuses et très fines, pouvant 
atteindre de grandes dimensions. 11 s'augmente parfois de racines 
latérales adventives, naissant sur l'axe hypocotylé ou le bas de la 
tige, et répondent également à la disposition quaternaire. 

Celle-ci, ajoutée à l'abondance et à la ténuité des radicelles, 
peut, en quelque sorte, caractériser le système radiculaire du 
Fagopyrum. 

2° Tige 

Tous les Fagopyrum que j'ai étudiés sont des plantes annuelles 
et herbacées. 

a) Fagopyrum esculentum. — La tige, qui est toujours dressée, 
atteint des dimensions variables, selon les conditions de la culture. 
Dans un milieu sec et pauvre, elle ne dépasse pas une vingtaine de 
centimètres et même moins, tandis qu'elle atteint i m. <V) (école 
d'agriculture de Rennes, 1909) dans un terrain plus humide et plus 
riche. 

D'abord verte, cette tige ne tarde par à rougir, et à maturité. 



elle présente, sur une plante encore vivante, une coloration rouge 
violacée, accentuée surtout dans les parties terminales et à la 
lumière Elle est généralement glabre, sauf aux extrémités tlori- 
tcres où elle est très légèrement pubescente. 

Chez les plantes vigoureuses, son épaisseur est assez grande et 
atteint plusieurs centimètres de diamètre, tandis qu'elle est beau- 
coup plus faible chez les échantillons chétifs, venus en sol sec ou 
en semis très serré. Dans ces dernières conditions, la tige reste ordi- 
nairement peu ramifiée et cylindrique, en s'amincissant progressive- 
ment vers le sommet ; au contraire, chez les plantes très dévelop- 
pées, elle devient fusiforme, c'est-k-dire plus étroite à sa base et à 
son sommet, et plus large vers le deuxième et le troisième entre- 
nœuds. 

De section circulaire au début de la végétation, la tige devient 
irregulière par la suite et généralement quadrangulaire. Elle pré- 
sente alors quatre arêtes bien marquées ; mais entre celles-ci il 
apparaît des arêtes secondaires, des côtes, plus ou moins nombreuses 
(au niveau desquelles la tige est renforcée, et qui lui donnent une 
apparence cannelée. 

Dans le jeune âge, la tige est molle et pleine, mais chez la 
plante adulte elle est creuse, moins pourtant à ses extrémités qu'à 
la partie submédiane. Elle présente un certain nombre de nœuds, 
variable avec les conditions biologiques, et des entre-nœuds, de 
dimensions différentes suivant leur situation et le milieu où la plante 
se développe. 

A chaque nœud se trouve une gaine stipulaire ou ochréa. qui 
enserre la tige et la base du pétiole ou du rameau qui se trouvent à 
ce niveau. Cet ochréa, d'apparence parenchvmateuse et jaunâtre à 
la maturité, est assez allongé et non cilié : 

L'axe caulinaire se ramifie plus ou moins, toujours selon les 
conditions de nutrition. Dans certains cas, il n'existe qu'un axe pri- 
maire, tandis que dans d'autres, au contraire, à chacun des nœuds 
apparaît un axe secondaire qui porte, parfois, lui-même, des 
rameaux tertiaires, donnant ainsi a la plante un port tout parti- 
culier. 



b) Espèces cl varie tes. — Dans les autres variétés du Fagopy- 
niin esciilentiim. les caractères de la tige sont les mêmes que dans 
le sarrasin argenté. 11 en est de môme pour le Fagopynim emargi- 
natiim . 

Quant aux sarrasins seigle et de tatarie, ils possèdent une tige 
généralement plus verte, peu colorée en rouge, pubescente, au 
moins dans le jeune âge, souvent plus ramitiee, et présentant moins 
d'écarts dans ses dimensions extrêmes. 



3'^ Feuille 

Dans une même espèce et dans une même variété, la forme des 
feuilles est différente. Elle varie avec les conditions extérieures et. 
aussi, avec Fàge et la place occupée par ces organes, sur la tige. 

a) Fagopyrum esculentum. — i. Colylédons. — On peut exa- 
miner d'abord les caractères des cotylédons. 

Les cotylédons du sarrasin gris ont une forme très irrégulière. 
Ils sont toujours plus longs que larges, et nettement asymétriques : 
leur pétiole, qui s'insère dans une echancrure du limbe, ne se trouve 
jamais au milieu de leur longueur, mais environ vers le tiers de 
celle-ci. La base du cotylédon, échancrée, est donc divisée en deux 
parties inégales, à bords plus ou moins arrondis: son côté supérieur 
présente souvent aussi un léger sillon. 

Les dimensions, différentes avec les individus, sont, en 
moyenne, de 22 m m. pour la plus grande longueur, et de 16 m/m 
pour la largeur maximum. 

Les pétioles de chaque cotylédon s'insèrent au même niveau 
sur l'axe hypocotylé et sont opposés. Leur longueur moyenne est 
de 3 à .3 centimètres. Les nervures du limbe sont toujours faibles, 
palmées et réduites souvent à deux principales, dont une, plus 
grande, qui continue le pétiole: elles ne tardent pas a se colorer en 
rouge. 

2. Feuilles. — Les feuilles commencent par une pointe, qui 
apparaît à l'aisselle d'un rameau et qui est formée par le limbe. 



enroule sur sa face inférieure: elles se déroulent par la suite et 
conservent pendant quelque temps une sorte de iraufrure. résultant 
de leur enroulement dans le bourq-eon. 




FiG. 76.- — Cotylédons de Fagopjruni (grandeur naturelle). 

A) Fapopyrum esculentum. 1 G) Fagopyrum tataricum, 

B) — emargioatum. j D) — sienocarpa. 



Les feuilles jeunes ont une coloration plus claire que les 
anciennes, elles sont à peu près aussi larges que longues, l'échan- 
crure inférieure est peu profonde et les nervures sont peu accen. 

tuées; les bords sont irrég-uliers (fig. 77). 





FiG. 77. 
DilTérentes feuillles de Fagopyrum esculentum. 



Les feuilles adultes ont des formes et des dimensions variables 
selon leur ordre d'apparition sur la tige; celles de la base sont 
pédonculées, parfois longuement (6 à 8 centimètres), les bords sont 
lisses, réchancrure inférieure profonde, de façon à former deux ailes 
assez écartées Tune de l'autre ; la feuille est plus large vers son tiers 
inférieur et elle est acuminée au sommet; les nervures sont saillantes 
à la face inférieure, qui est plus pâle que la supérieure. Le limbe est 
très légèrement et très tinement tomenteux. Les feuilles du sommet. 
ou les dernières apparues, sont beaucoup plus longues et plus 
étroites, les deux ailes de la base sont également plus grandes et 
plus rapprochées l'une de l'autre: la feuille a encore son maximum 
de largeur vers son tiers inférieur, elle est surtout beaucoup plus 
acuminée. Enfin elle est sessile et engainante (tig, 77J. 

Très souvent, il naît, au cours de la végétation, des feuilles 
nouvelles sur toute la longueur de la tige, à Taissclle des feuilles 
inférieures pédonculées ou à la base de l'axe floral. Ces feuilles 
restent toujours très petites, très acuminees et d'un vert clair. 

b. Variétés. — Le sarrasin jUeinand ressemble beaucoup à la 
variété argentée (tig. 78), ses cotylédons sont semblables, un peu 
plus petits peut-être; les feuilles sont plus nettement cordiformes, 
d'une largeur plus uniforme. 

Le sarrasin ya/o^a/s cVctc se rapproche davantage du Fagopy- 
rum c/naro-inatum, ses cotylédons sont très développes. Ses feuilles 
ont une forme particulière : elles sont nettement triangulaires, leur 
largeur maximum n'est pas au tiers inférieur, mais à la base même 
du limbe; l'échancrure est à peine marquée, et, par suite, les deux 
ailes qu'elle forme sont peu développées et très écartées, l'angle qui 
les sépare, au lieu d'être très aigu, est absolument obtus et égal 
même à 180" (hg. 78) la feuille, enfin, est peu acuminée et sa pointe 
peu distincte . 

Le sarrasin japonais d'automne a des feuilles différentes, bien 
plus cordiformes ; les ailes inférieures du limbe sont également peu 
accentuées et séparées par un angle nettement obtus ; la feuille est 
plus acuminée que dans la variété précédente, mais moins que dans 
les autres (fig. 78). les bords en sont sinueux. 



Le sarrasin russe est caractérisé par des feuilles presque asVmé- 
mctriques, a nervures développées, k échancrure peu profonde et 
a anole très obtus : l'extrémité supérieure de la feuille forme une 
pointe très petite. 





FiG. 78. 

Feuilles de quelques variétés de Fago- 
pyrum esculentum. 



1. — Sarrasin allemand. 

2. — — japonais n'été. 

3. _ — — d'automne. 

4. — — russe. 

'). — — américain. 




— 236 — 

Quant à la variété américaine, ses feuilles ressemblent davan- 
tage à celles du sarrasin argenté. On y retrouve une échancrure 
profonde, déterminant des ailes bien développées séparées par un 
angle parfois très aigu ; les bords du limbe sont souvent onduleux, 
frisés et celui-ci est nettement acuminé (fig. 78). 

c) Fagopyrum emarginatum. — La forme des cotylédons rap- 
pelle celle de ces organes dans le Fagopyrum esculentum . Ils sont 
également asymétriques, mais cependant plus réguliers ; ils ont des 
dimensions supérieures, qui atteignent en moyenne : 28 millimètres 
pour la longueur, et 20 millimètres pour la largeur. Ils sont tomen- 
eux. 

La forme des feuilles est un peu différente ; elle est surtout 
moins triangulaire, moins sagittée et plus nettement cordiforme. 
Les bords du limbe sont toujours frisés, gaufrés. L'échancrure 
inférieure est très peu profonde et les ailes qu'elle détermine sont 
peu développées, séparées par un angle de 180"; souvent elles se 
Recouvrent Tune l'autre. Le limbe, également large dans sa plus 
grande étendue, se rétrécit brusquement pour former une pointe 
très fine et très accusée (fig. 79). 

Les feuilles de la base sont pédonculées, et celles du sommet 
sont sessiles, engainantes. 






Fig. 70. — Feuilles de Fagopyrum emarginatum. 



Dans l'ensembre, elles sont moins lonsfucs et plus lari,^es que 
celles du Fagopynim esculentum. 

d; Fagopyru.m tataricu.m. — Les cotylédons sont très caracté- 
ristiques et ne peuvent être confondus avec ceux des deux espèces 
précédentes. Ils sont toujours moins épais et relativement beaucoup 
plus petits, leurs dimensions moyennes ne dépassent pas, en effet : 
]5 m m pour la longueur et iSmm pour la largeur. Leur forme est 
aussi différente ; ils sont encore asymétriques, mais ils sont cepen- 
dant plus réguliers, leur largeur égale presque leur longueur : leurs 
bords peuvent être rectilignes sur une certaine étendue (tig. 76). 

L'echancrure d'insertion du pétiole cotylédonnaire est pro- 
fonde, et les deux ailes latérales qu'elle détermine sont, de ce fait, 
plus accentuées que précédemment. Ces cotylédons sont plus pubes- 
cents que dans les deux espèces déjà décrites. 

Les feuilles sont également caractéristiques fig. 80) et rappel- 
lent beaucoup plus la forme sagittée que la forme cordiforme. Leurs 
dimensions sont parfois très grandes, et atteignent i5m'm X 14. 
Elles sont donc larges. L'echancrure inférieure est profonde, déter- 
minant deux ailes à bords plats mais terminées en pointe ; les bords 
du limbe sont rarement sinueux et la largeur de la feuilles diminue 
assez brusquement vers son sommet qui est toujours acumine. 





Fig. 80, ^- Feuilles de Fagopyrum tataricum. 



— 238 - 

Les nervures sont très marquées, même sur la face supérieure 
du limbe et elles sont rouges à leur base. Les feuilles du sommet 
sont plus étroites et plus acuminées. 

e) FaciOpyrum stenocarpa. — Les différences dans les feuilles 
de ces deux espèces sont très faibles. Les cotylédons ont. à peu 

près, la même forme, 
la même coloration 
et les mêmes dimen- 
sions. Les feuilles se 
ressemblent ei^ale - 
ment beaucoup. Ce- 
pendant les bords du 
limbe sont moins rec- 
tilignes, plus arron- 
dis, surtout à la base 
de la feuille et sur 
les ailes latérales : la 
largeur du limbe di- 
minue plus régulière- 
ment. 




FiG. 81 
Ffuilles de Fagopynim steno^nrpa. ' I) 



Résume. — Les feuilles des différentes espèces et variétés de 
F'agopyrum se distinguent par quelques caractères de détail mais, 
dans rensemble, elles se ressemblent beaucoup. Elles se rappro- 
chent plus ou moins de deux types principaux : sagitté et cordiforme. 
Le Fagopyrum esculentum se rapproche du Fagopyrum emargina- 
tum, et le Fagopyrum stenocarpa se rapproche du Fagopyrum 
tataricum. 

4° Inflorescence et fleur 

A. Fagopyrum esculentu.m. — i. Inflorescence. — L'inflores- 
cence est différente suivant les variétés, mais elle est toujours com- 
plexe. Dans le sarrasin argenté, c'est ordinairement un corymbe de 
grappes. 



Dans toutes les figures les feuilles sont représentées 1/2 grandeui naturelle. 



— 209 "■ 

Ce^ inflorescences sont terminales ou axillaires, et portées, soit 
par Taxe caulinaire principal, soit par ses ramifications; elles cont 
parfois réunies par deux ou par trois. Elles ne présentent pas d'in- 
volucre. et leur pédoncule, assez court (2 à .S centimètres 1. se trouve 
toujours à l'aisselle d'une feuille, sessile au sommet de la tig^e, 
pedonculée a un niveau plus inférieur. 

Le nombre des fleurs qui composent les inflorescences est varia- 
ble et voisin d'une dizaine. Celles de la base sont d'ailleurs moins 
fournies. 

Le nombre de ces inflorescences, dont l'apparition sur la tige 
est successive et basipete, n'est pas unitorme. Réduit a une sur les 
plantes chétives. il peut dépasser une douzaine sur les pieds très 
fertiles. 

2. Fleur. — a. Pcrianthe. — La fleur est apétale, acyclique. 
hermaphrodite. Eille est toujours composée de 5 sépales pétaloïdes 
(dont un postérieur), presque toujours roses, sauf à leur base où ils 
sont verdàtres; ils mesurent environ 3 m m de longueur sur i m m 5 
à 2 de large' ir. Ces sépales, de forme assez irrégulière, sont géné- 
ralement acumines ou carénés, et présentent une nervure médiane 
accentuée. Leur insertion est spiralée et ils se recouvrent plus ou 
moins, comme dans une préfloraison quinconciale. 

AL G. Bonnier a montre que ce calice constituait un terme de 
passage entre la forme florale du type .1 (ou 6) de certaines Polygo- 
nacées, comme le Rheiim, et celle du tvpe 5 proprement dit, de cer- 
taines autres, comme le Polygonum amphibium. Il se rapproche 
même davantage du type Rheum, duquel il ne dift'ère que par Tavor- 
tement d'un sépale et d'une étamine correspondante. 

Ce périanthe gamosépale, qui a la forme d'une étoile a cinq 
branches, est persistant et entoure encore le fruit à la maturité, 
sous forme d'une cupule plus ou moins déchiquetée et desséchée. 

A cette époque, les pièces du calice sont toutes érigées, plus 
petites que le fruit, et elles ne sont ni adhérentes ni accrescentes. 

On trouve également, dans la fleur, des nectaires volumineux. 

/'. Etiîuines. — Les etamines sont au nombre de 8 (par avorte- 
ment d'une neuvième < et formées de deux anthères, de coloration 



240 



jaune et même rouge, portées par un iilet plus ou moins grand. 

Elles sont, en effet, brachystaminées et dolichostaminées. 

Les cinq plus extérieures 
sont extrorses et les trois 
plus internes sont introrses. 
Les externes sont réunies par 
paires : deux sont placées en 
face le sépale postérieur n"! 
(tig-. 83), deux en face le n" 4, 
et une seule (au lieu de deux) 
en face le n" 3. Parmi les 
étamincs internes, qui sont 
impaires, une est située en 
face du sépale n° 2, une en 
face le n° 5, et la dernière, 
en face Taxe du pédoncule. 




FiG. 82 
Fleurs de Fagopyrum esculentum. 



e) Pis/ il. — Il existe trois carpelles, dont un postérieur. Ils 
sont ouverts et soudés, et forment un ovaire libre, uniloculaire, qu' 
contient un seul ovule basilaire, orthotrope, à funicule court. 

Cet ovule est bi-tegumenté. 

L'ovaire est surmonté de trois styles 
arcqués, terminés chacun par un stigmate 
renflé. Ces styles sont de longueurs diffé- 
rentes suivant les fleurs, qui peuvent être 
brachistylées ou dolichostylécs. Aux étami- 
nes courtes correspondent de longs styles, et 
réciproquement, à des étamines longues cor- 
respondent des styles petits. p,^^, j^3 

La fécondité de ces deux sortes de oig^panime de la lleur 
fleurs est différente. de Fagopyrum. 




li) Espf:ces et variétés (fig. 84). — La constitution fondamen- 
tale de la fleur est semblable dans toutes les espèces et variétés, et 
on ne trouve, entre elles, que des difterences de détail. 

Ainsi, dans le Fagopyi-nm'emargin.Tfiinî,V\nfiore^cQnce trapue 



— 241 — 

très large, est constituée par un corymbe de grappes et comprend 
un nombre très variables de fleurs (3 à 20 et plusj. Ces fleurs sont 
toujours uniformément blanches, exceptionnellement rosées comme 
dans le Fagopyrum esculentum, et elles sont plus grandes que 
dans cette espèce ; chaque sépale mesure, en effet, 5 millimètres 
environ de longueur, et 2, 2 m/m 5 de largeur. 

Les inflorescences et les fleurs des variétés du Fagopyrum 
Càculentum se rapprochent toujours de celles de Tune ou l'autre de 
ces deux espèces. 

Ainsi, les sarrasins allemand et américain ont des fleurs roses 
et ressemblent beaucoup à la variété argentée, tandis que les sarra" 
sins russe, japonais d'automne et japonais d'ete ont des fleurs 
blanches et ressemblent davantai^e au sarrasin émargine. 




Inflorescences de quelques espèces de 
Fa^ropyrum. 



Dans les Fagopyrum tataricum et stenorcapa, l'inflorescence 
est bien dift^érentc. C'est une panicule formée de grappes à longs 



- 242 - 

pédoncules et très écartées les unes des autres (tii^-. <)4). Elle peut 
être terminale ou axillaire. Ces inflorescences sont généralement 
plus nombreuses que dans les deux espèces précédentes (surtout 
rémarginc . Les fleurs sont rassemblées par petits groupes, de 2 à 6 
ou 8. sur une hampe, parfois très longue, surtout dans l'inflores- 
cence terminale. L"aspect de celle-ci est, de ce fait, très particulier. 
Les fleurs sont également difterentes de celles des deux autres 
espèces. Le calice reste sépaloïde. c'est-a-dire verdàtre : les éta- 
mines sont jaunétres et plus petites : le périanthe est beaucoup plus 
réduit et ne mesure guère que 2 à 3 m/m de diamiètre. 



4. — Fruit 

Je ne reviendrai pas sur la morphologie du fruit des diverses 
espèces et variétés de Fagopvrum. puisqu'il a ete étudié en détail 
précédemment. Je rappellerai seulement que chez toutes, c'est un 
akène, dans lequel l'embyron est droit et axial, a cotylédons enrou- 
lés, et l'albumen entier et non rumine. 

Rcsiimc. — Si l'on rassemble tous ces caractères de morpholo- 
gie externe, on voit que le Fagopynim constitue un genre homo- 
gène, qui peut être deiini de la façon suivante : 

Phanérogame, dicotyledone, apétale, de la tamille des Polygo- 
nacees, tribu des Eupolygonées. 

Plante annuelle, herbacée, à système radiculaire ordinairement 
fascicule, présentant la disposition quaternaire, composé de racines 
et de radicelles toujours très flnes, mais très nombreuses, très déve- 
loppées et pouvant atteindre une grande profondeur. 

La tige, généralement glabre, parfois pubescente, peut atteindre 
de grandes dimensions 11 m. 80) et devenir plus ou moins rameuse, 
surtout dans les Fagopynim taisiricun: et sfcnocarpa. Quelquefois 
régulièrement cylindrique, elle devient fusiforme quand elle atteint 
une certaine taille, et reste creuse. Elle présente quatre arêtes prin- 
cipales et des côtes moins accentuées : elle porte aux nœuds une 
gaine stipulaire, non ciliée, ou ochréa, et montre souvent une colo- 
ration rouge qui s'accentue vers la maturité. 



— -4-^ — 

Les cotylédons sont toujours asymétriques, de formes et de 
dimensions très différentes avec les espèces. 

Les feuilles, pedonculees à la base, deviennent sessiles et 
eniiainaiites au sommet. Leur l'orme est variable avec l'espèce, l'âge, 
leur situation sur la tige, les conditions de milieu. D'une façon géné- 
rale, elles sont cordiformes ou triangulaires, ovales, parfois plus 
ou moins sagittées, toujours acuminees, avec une échancrure basi- 
laire prononcée. 

La nervation est palmée, a cinq nervures principales colorées 
en rouge. Le pétiole présente un sillon ventral. 

L'inflorescence, toujours complexe, peut être unepanicule très 
lâche, ou un corvmbe ou une cyme de petites grappes. Elle est axil- 
laire ou terminais, sans involucre. 

La fleur, hermaphrodite, gamosépale est apétale. Elle est for- 
mée de cinq sépales plus ou moins pétaloïdes, spirales, de dimen- 
sions et de couleur variable selon les espèces. Le périanthe persis- 
tant, mais non accrescent, est érige et plus petit que le fruit à 
maturité. Les etamines sont au nombre de huit. 5 intrcjrses et 
?> extrorses. a deux anthères. Il y a trois carpelles ouverts et soudés. 
formant un ovaire libre, uniloculaire et uniovulaire. L'ovule basi- 
laire, dressé est bitégumenté. Il y a trois styles plus ou moins déve- 
loppés et huit nectaires. La fleur, qui se rapproche du type ?>, est 
dolicho ou brachystylée et staminée. Elle est très mellifère. 

Le fruit est un. akène, à albumen entier, non rumine, à embryon 
droit et axile. et à cotvledons enroules et plissés. 



ÎL — Développement du Fa^opyrum 
escalenturp 



On a vu. dans un chapitre précèdent, comment s'efl'ectuait la 
germination du l'^igopyrum esculentum. La radicule sort par le 



— 244 



micropyle. dont elle est très voisine, et écarte les trois faces du 
tégument péricarpique qui restent appliquées contre elle; elle 
s'allonge en s'enfonçant dans le sol et en repoussant vers la surface 
la graine dont elle est issue. 

Pendant ce temps, la tigelle s'accroît également, sort de terre 
et s'élève en se contournant plus ou moins. Lorsqu'elle atteint de 
4 à lo centimètres, suivant les cas, les cotylédons qu'elle supporte 
se dégagent des enveloppes de l'akène qui les coiffaient, puis se 
déroulent et s'étalent. 

Ils prennent rapidement une colorati(jn verte, pendant que 

leurs pétioles, opposés, grandissent et qu'eux-mêmes augmentent 

leurs dimensions. 

La germination est donc épigée. 

On a vu également qu'à ce 
stade, le système radiculaire était 
déjà bien différencié. La radicule, de- 
venue racine principale, s'est ramifiée 
et a donné naissance à des radicelles 
disposées régulièrement, toujours très 
tines, très grêles et très nombreuses. 
Pour arriver à cet état, la plante a mis 
une vingtaine de jours, plus ou moins 
selon les conditions de milieu et la 
vigueur de la semence, ainsi qu'il a 
été indiqué précédemment. 
A cette époque, qu'on peut considérer comme le début du déve- 
loppement de la plante proprement dite, la première feuille apparaît 
entre les deux cotylédons, sous forme d'un bourgeon terminé en 
pointe et de plus en plus grand. Lorsqu'elle atteint deux centimètres 
environ, et qu'elle est entièrement dégagée, cette préfeuille, qui a 
ses deux bords enroulés sur eux-mêmes et vers sa face inférieure 
(tig. 77 et 8.5), se déroule et en très peu de temps s'étale complètement. 
Pendant quelques jours, elle conserve une faible épaisseur, une 
teinte claire et brillante, et des bords ondulés et légèrement frisés, 
puis son pétiole s'allonge, cependant que les dimensions du limbe 
augmentent, que sa surface devient pubescente, plus foncée et plus 




FiG 



. — Développement 
de la feuille. 



-245- 

terne, et que les nervures s'accusent, et de jaunes verdâtres. devien- 
nent rouges, au moins à leur base. 

En même temps, l'appareil souterrain s'accroît très rapidement, 
son développement est très actif et il atteint vite des dimensions 
relativement considérables. La plupart des auteurs signalent pour- 
tant que le svstème radiculaire du sarrasin est très faible et, au point 
de vue agricole, qu'il n'intéresse que les couches superticielles du 
sol (ij. 

Cette opinion tient sans doute à ce que les racines et les radi- 
celles, qui s'accroissent énormément en longueur, restent toujours 
excessivement tines. très grêles et très fragiles, et qu'il est. paj- 
suite, a peu près impossible de les recueillir toutes et surtout inté- 
gralement dans toute leur longueur. Il faut, pour y parvenir, user de 
subterfuges. Une section du sol et son lavage à l'eau, généralement 
utilisés pour étudier le système radiculaire cies autres végétaux, ne 
suffisent pas ici, car le poids des plus petites mottes de terre, qui 
s'éboulent sous l'action d'un jet d'eau, même très léger, suftit à 
briser les racines. 

Après de nombreuses et infructueuses tentatives, je n'ai pu 
arriver à isoler partiellement ces racines dans toute leur longueur 
que par le procédé des caisses à panneau mobile que j"ai indique 
précédemment (page 2i6'. 

La terre étant retenue par le treillage métallique fig. 86), j'ai 
réussi alors, à isoler à la main et avec d'intinies précautions, une 
partie du système radiculaire, et j'ai constaté que chez une plante 
très jeune, dès l'apparition de la deuxième feuille, il dépassait déjà 
40 centimètres de profondeur, ainsi que le montre la photographie 
ci-contre. Devant ce résultat intéressant et quelque peu inattendu. 



(i Ainsi, la quantité m.iximuin de racines trouvées par hectare, pour une 
récolte serait de : 3.800 kg. pour l'avoine de printemps. 

1.525 — le blé d'hiver. 

1. 1 S5 — le seigle. 

072 — l'orge. 

SQO — le ma'i's, 

et 411 — seulement pour le sarrasin. 



]"ai opéré un peu différemment. J"ai semé quelques graines de sai'rà^ 
sin dans ces mêmes caisses en bois, mais disposées cette fois verti- 
calement, de façon à ce qu'elles présentent une épaisseur de terre 
de Ho centimètres, retenue toujours par un treillage métallique qu'on 
trouvait découvrir à volonté. 





FiG. se. 
Développement du sy.stènie radiculaire 



Au début de la floraison, lorsque les plantes avaient six feuilles 
environ, j'ai trouve, en écartant le panneau mobile, que certaines 
racines atteignaient le fond en bois de la caisse, et qu'à cet endroit, 
elles formaient une touffe de chevelu abondant. J'ai alors essayé 
d'extraire ces plantes et leurs racines, mais celles-ci, malgré toutes 
les précautions, se sont, en grande partie, brisées. 11 en est reste, 
néanmoins, une certaine longueur qui donnera une idée du dévelop- 
pement que l'appareil souterrain peut atteindre (tig. 87). Le sys- 
tème radiculaire se compose d'un certain nombre de grandes racines 
qui soni: terminées, ainsi que leurs principales ramifications, par un 
bouquet, une touffe de ilnes radicelles, évidemment très actives et 
qui doivent jouer un rôle important dans la nutrition de la plante. 

Cette constatation est, je crois, du plus liant intérêt pour la 
culture, car elle montre que. contrairement à l'opinion courante, le 



sarrasin est susceptible d'exploiter les couches relativement profon- 
des du sol. Môme lorsqu'il atteint, au voisinage de la surface du 
terrain, un assez grand développement, le système radiculaire de 
cette plante envoie des ramifications à des profondeurs beaucoup plus 
grandes, ainsi que le font, d'ailleurs, beaucoup de végétaux à racines 
fasciculées. L"ameublissement et la fertilisation des couches profon- 
des du sol doivent donc donner d'excellents résultats dans la culture 
du sarrasin. Des expériences ultérieures ont. en effet, confirme cette 
hypothèse. 





FiG. 87. - Développement du système radicalaire. 



A partir de l'étalement de hi premicre feuille, le développement 
de l'appareil aérien, qui avait été jusqu'ici relativement lent, s'ac- 
célère rapidement. La plante, qui s'est bien enracinée, puise dans le 
sol d'abondants aliments, pendant que les cotylédons et la première 
feuille assimilent activement. 

L'axe hypocotylé ne s'allonge plus, mais il se continue par un 
axe très court portant le sommet végétatif de la tige et la première 
feuille, dont le pétiole paraît être le prolongement.immédiat, c'est lui 
qui va s'accroître en épaisseur et surtout en longueur, et c'est à son 
sommet, situé à la base de ce pétiole et sur sa face interne que naîtra 



248 



une seconde feuille identique à la première, mais plus petite et 
située à un niveau intérieur. 

C'est la partie de cet axe, comprise entre l'insertion des cotylé- 
dons et celle de cette deuxième feuille, qui constitue le premier 
entre-nœud. 

A peine cette deuxième feuille est-elle déroulée, qu'à la base 
de son pétiole, encore très court (8 à lo m/m environ), apparaît déjà 
le bourgeon terminal minuscule, d'où sortira la troisième feuille 
(fio-, 88); c'est donc l'axe caulinaire situé à la partie basilaire du 
pétiole de la seconde feuille qui formera le deuxième entre-nœud. 

A cet état, l'axe hypocotylé, sur un échantillon moyen, mesure 
environ lo centimètres. 

Les pétioles cotylédonnaires : 2 cm. r> . 

Le pétiole entier de la première teuille : 2 cm 

L'axe épicotylé formant le premier entre- 
nœud : o cm. 7. 

Le pétiole entier de la deuxième feuille 
o cm. 8. 

L'axe épicotylé formant le deu- 
xième entre-nœud :o cm.. S. 

A chacune de ces in- 
sertions pétiolaircs existe 
un ochréa mince etverdâ- 
tre, et un nœud déjà net. 
Pendant ce temps, la pre- 
mière feuille a continué son 
développement et elle me- 
sure 2 cm. 5X2 cm. 2. 
Elle surmonte la deuxième, 

née au sommet de l'axe situé à la base de son pétiole, et qui, elle, 
ne mesure que i cm. 5 X 7. Cette deuxième feuille surmonte elle- 
même la troisième, apparue vers la base de son pétiole. 

Les feuilles les plus jeunes sont donc les plus inférieures et le 
développement foliaire /arta» /Y être basipète (fig. 89). 

Mais bientôt le premier et le second entre-nœuds vont s'allonger 



f^A 




Développement des rameaux et 

des feuilles. 



249 



el s'cpaissir diins de grandes prop(jrtions, et beaucoup plus que les 
pétioles des feuilles qui les surmontent: en même temps, ils pren- 
dront une direction verticale et continueront ainsi Taxe hypocotylc. 
tandis que les pétioles s'obliqueront à droite et à gauche. 

Du fait de cette croissance intercalai- 
re très active, la disposition foliaire se 
trouve modifiée : la première feuille, qui 
était la plus élevée, devient la plus in- 
férieure, la deuxième la surmonte, etc., e^ 
les feuilles se succèdent d'après leur âge, 
les plus anciennes à la base, les plus 
jeunes, au sommet de la tige fig. Mç). 
Lj développement parait alors basifuge. 
La tige parait terminée par une feuil- 
le, et c'est par le sommet végétatif de 
la tige, située à la base du pétiole de cel- 
le-ci que se fait son accroissement termi- 
nal. Le développement aérien est très ra- 
pide. 

entre n(eud et une feuille. 




FiG. .S'.'. — Disposition des 
fe-iilKs .sur la ti^'e. 



Ainsi 



imptc 



au 4 juin, on 

— lo — — I 2 — 

— i8 — — 4 5 — 

En l'espace de quelques jours seulement, trois feuilles nou- 
velles ont apparu, la hauteur de la tige qui était de 6 centimètres au 
4 Juin, et de 7 centimètres au 10 Juin, a passé à .v» centimètres au i<"'. 
La lonuuenr des entre nct'uds était la suivante : 



Axe hypoc'ftyle 
i"' entre nceud : 



6 cm. .S. 
12 cm. .^. 
4 cm. 
4 cm. 5. 



Les dimensions des feuilles successives sont peu variables, sauf 
pour la dernière apparue qui est, évidemment, la plus petite. Les 
autres mesuraient, en moyenne : 

.\u 4 juin : 40 m m X 42. 

16 



Au 10 juin 56 m m X 55. 
Au i8 — 6o m /m x 62. 

Pendant que la tij^e grandit, sa base s"cpaissit et se lignilie, les 
entre nœuds présentent des côtes très nettes et sont franchement 
roses, les organes foliaires s'accroissent; le pétiole des premières 
feuilles continue de s'allonger, et ainsi, s'accentue le contraste entre 
les feuilles les plus âgées, qui deviennent longuement pedonculées, 
et les plus jeunes, qui sont encore sessiles et engainantes. 

C'est à cette époque (18 juin), lorsque la plante atteint environ 
trente centimètres de hauteur et qu'elle possède trois ou quatre 
entre nœuds, qu'apparaît la première inflorescence. Elle est toujours 
terminale et prend naissance à la base même du limbe de la dernière 
feuille qui. de ce fait, devient sessile. 

Dans certains cas. l'inflorescence ne naît pas exactement a la 
base du limbe de la dernière feuille ie|ui. dès lors, n'est plus sessile), 
mais elle apparaît a une certaine distance de ce limbe 1 10 à i5 m 'm 
environ. 

S(ui pédoncule s'allonge alors et il donne naissance, à son 
sommet, à une nouvelle feuille qui. elle, sera sessile, et semblera 
portera son aisselle, l'inflorescence terminale. Cette nouvelle feuille 
peut également exister dans le cas précèdent: l'inflorescence sur- 
monte alors deux feuilles sessiles. une grande, inférieure, et une très 
petite, supérieure. 

Cette inflorescence se montre d'abord sous la forme d'un petit 
bourgeon, qui grandit rapidement et donne naissance à un pédoncule 
principal portant plusieurs fleurs réunies en cymes ou corymbcs de 
grappes. 

Ce n'est guère qu'après l'apparition des fleurs que la plante 
commence à se ramifler. Cette ramiflcation. plus ou moins rapide et 
plus ou moins complexe, commence t<)uiours par la base de la tige, 
au premier enlre-nceud. A cet endroit, c'est-a-dire a l'aisselle de la 
première feuille i la plus àgéej apparaît, tout d'abord, un bourgeon 
foliaire qui donne naissance à une feuille pétiolée. Vers la base de 
ce pétiole apparaît bient<')t le sommet végétatif du rameau, qui 
forme la pointe d'une deuxième feuille. L'axe secondaire grandit e^- 
l'orme le premier entre-nceud du nou\eau rameau. La deuxième 



feuille se développe simultanément, et. vers la base de son pétiole 
apparaît le bourgeon terminal d'où sortira une troisième feuille, et 
ainsi de suite, absolument comme sur la tige principale. 

Ces productions primaires sont toujours piliféres lorsqu'elles 
sont jeunes. A Tinsertion des rameaux sur la tige, il arrive fréquem- 
ment que l'ocrea se fende le long de l'axe principal, mais il reste 
toujours soudé par sa base, qui entoure, à la fois, la tige, le rameau 
et le pétiole de la première feuille. 

Le rameau ainsi produit peut s'allonger plus ou moins et être 
formé de plusieurs entre-nœuds. Au-dessus de lui, à l'aisselle de la 
deuxième feuille de la tige, pourra apparaître un deuxième rameau, 
puis un troisième au niveau du troisième nœud, et ainsi de suite. 

Ces branches débutant vers la base de la tige et se développant 
successivement, c'est-à-dire selon un mode basifuge, leur longueur 
diminue généralement au fur et à mesure qu'on s'élève sur l'axe prin- 
cipal. 

Chacune d'elles peut, C(j«iime la tige elle-même, porter plusieurs 
inflorescences dont le développement est identique à celui qui a été 
décrit précédemment. Ces inflorescences apparaissent d'abord au 
sommet du rameau, dont elles constituent la partie terminale, et 
ensuite, à l'aisselle des feuilles de cet axe secondaire, en même 
temps qu'une feuille plus, ou moins sessile et toujours très réduite, 
qui les accompagne. 

Enfin, ces rameaux peuvent, à leur tour, se ramifier et donner 
naissance à des axes secondaires, dr>nt le mode d'apparition est le 
même que celui des ramifications qui les portent, c'est-à-dire que le 
point végétatif, situe à la base du pétiole d'une feuille de ces pre- 
mières branches donne naissance i\ une feuille nouvelle, dont le 
pédoncule s'accroît rapidement, ainsi que l'axe, qui formera le pre- 
mier entre-nœud du rameau secondaire, etc. 

Celui-ci peut également produire des inflorescences, toujours 
selon le même processus. 

Il arrive très fréquemment que les feuilles primaires les plus 
âgées, situées aux premiers nreuds de la tige principale, se flétris- 
sent et tombent, ommo I'imU fait pi'imitivcmeiit les colvlcdims: de 



- 252 - 

.ce fait, il ne reste plus à la partie la plus inférieure de l'axe cauli- 
naire, que les feuilles relativement jeunes des rameaux primaires et 
secondaires. Au contraire, au sommet et à la partie médiane de la 
tige, il reste encore des feuilles adultes et. par suite, de dimensions 
beaucoup plus grandes. 

D'autre part, à l'aisselle des feuilles des ramifications latérales, 
il naît, très tardivement, de nouvelles feuilles qui restent naturelle- 
ment très petites, d'un vert clair, et très faiblement pedonculees. 

De toutes ces transformations morphologiques : ramilication de 
la tige, à un ou deux degrés, disparition des feuilles primaires et 
basilaires les plus âgées, conservation, au moins mrtmentanée, des 




FiG. 90. — Développement des Fagopyram esculentum et emarginatum 
(.") Juin, 15 ju:n, 22 juin, \ juillet, 18 juillet, 1'.) août, 10 septembre). 



— 2,-».-) — • 

feuilles primaires médianes et supérieures, apparition de feuilles 
secondaires et tertiaires à la base des ramitications inférieures, il 
resuite, pour la plante, un port tout particulier et une constitution 
relativement compliquée, assez obscure à première vue. 

Certaines tii^es adultes sont composées d'une douzaine ci'entre- 
nœuds, et d'autres portent, dans certaines conditions, plus de vintrt 
ramifications d'ordres divers. Mais, d'une façon générale, il y a 
antagonisme entre le développement en longueur et la puissance de 
ramification, c'est-à-dire entre le développement en largeur de la 
plante et sa croissance. 

Quant au nombre des feuilles portées par un même individu, il 
n'est jamais lixe et varie d'un moment à l'autre, soit qu'il apparaisse 
des feuilles nouvelles, soit que des feuilles anciennes disparaissent.; 

En tout cas, il peut être très élevé et dépasser une trentaine, 
chez certains échantillons très ramifies. 

Enfin, comme on l'a vu, le dével()ppement des inflorescences 
est successif sur une même plante, et la tige peut continuer sa 
croissance terminale, malgré leur apparition. Leur nombre est aussi 
très variable et subordonné à celui des entre-nœuds de la tige et des 
rameaux. Ainsi, au 24 juillet, le rameau le plus inférieur a six feuilles 
et quatre inflorescences; le suivant a cinq feuilles et trois inflores- 
cences, etc. Il en résulte que celles des dernières branches apparues 
sont à peine en boutons, lorsque les premières apparues sur la tige 
principale portent des grains mûrs depuis longtemps. Cette irrégu- 
larité de la floraison et de la maturation constituent un des graves 
inconvénients de la culture du sarrasin. 

Dans une même inflorescence, les fleurs sont dolicho et brachys- 
tylées et staminées. Ce polymorphisme floral joue un rôle important 
dans la fécondation, ainsi que l'ont montré plusieurs auteurs 
(Darwin, Hildebrant. Monteverde, Korshinsky, etc. 1, et entre autres 
PP. Richer. 

Ce dernier a montre expérimentalement que le résultat de la 
fécondati(jn était très différent selon la nature des fleurs qui y 
avaient coopère. Ainsi les fleurs de Fagopyrum sont toujours com- 
plètement stériles après autopollinisation ou après pollinisation 



indirecte, elles sont très peu fertiles après pollinisation croisée 
homomorphe, elles sont au contraire très fertiles après pollinisation 
croisée heteromorphe ''g3 "„ pour la forme dolichostylee et "ô''/^ 
pour la forme brachystylée). Les fleurs dolichostylees ne sont 
fécondes qu'à la condition expresse d'être pollinisées avec du pollen 
de l'autre forme, mais les fleurs brachystylées paraissent pouvoir se 
féconder, dans certaines conditions, après pollinisation croisée 
homomorphe. 

PP. Richer a observé la descendance des o-raines d'orio'ine 
heteromorphe ou homomorphe, et il arrive aux conclusions sui- 
vantes : 

i" Les o-raines dolichostylees, toutes d'origine heteromorphe, 
ont donné une miîjorité nette de plants brachystyles. 

2° Les graines brachvstvlées d'(irigine homomorphe ont toutes 
donné des semis brachystyles. 

.i" Les plantes d'origine homomorphe et d'origine heteromorphe 
ont une égale vigueur. 

La fécondation croisée est d'ailleurs facilitée par la constitution 
de la fleur et le concours des insectes c]ui visitent très fréquemment 
cette plante très mellifère. Cependant, elle est souvent irregulière 
et défectueuse, en raison des influences atmosphériques qui jouent 
un très grand rôle dans cet acte important. 

En résumé, d'après tout ce qui précède, on voit que le dévelop- 
pement des feuilles (en apparence au début basipètei, est en réalité 
basifuge, ainsi que celui des rameaux, tandis que celui des inflores- 
cences est au contraire basipète. 

La croissance de la tige et des branches est terminale et inter- 
calaire, mais cette dernière est, de beaucoup la plus importante. 

Les feuilles ont la disposition alterne. 

Dans une inflorescence, le développement des fleurs et des 
graines est nettement basifuge, c'est-à-dire que ce sont les fleurs ou 
les grains situés à la base de Taxe floral qui apparaissent, s'épa- 
nouissent et mûrissent les premiers. Tl existe même souvent de 
grandes difterences dans les diverses parties d'une même inflores- 
cence; c'est ainsi qu'a la base, on trouve des grains nettement 



formés, verts, commençant même a brunir, tandis qu'à son sommet, 
on trouve encore des boutons non ouverts. 

Par contre, le développement des diverses inflorescences 
portées sur une même plante n"est pas basifuge, mais il est plutôt 
centrifuge (par rapport à Taxe caulinaire), grâce à raccroissement 
terminal de la tige ou des rameaux, qui continue après l'apparition 
des premières inflorescences, .vinsi. au 17 Juillet, la plante porte 
1 1 nœuds; vers le milieu de la tige, au ''>• nœud, tous les grains son^ 
mûrs, au septième, la moitié sont mûrs, au huitième, quelques grains 
verts sont apparus, au neuvième, l'inflorescence n'est composée que 
de Heurs épanouies cl de bout'us. 





iG. 91. — Déve'o{.pement des Fa^'opyrum tatariciiin et slanncarpa aux mêmes dales 

Les grains, blancs dès leur formation, verdissent, d'abord aux 
arêtes, puis sur toute leur surface: le ca\ice persistant conservant 



— 256 - 

seul sa teinte blanche. Puis les arêtes se colorent en roiio-c (Plan- 
che 1) et les faces du g-rain brunissent. 

Entin, à la maturité, les i^rains sont devenus i>ris ou noirs- 
selon la variété à laquelle ils appartiennent, le calice s'est desséché, 
et le pédoncule flétri, s'est incurvé; les o-rains, pendants, s'en déta- 
chent au moindre choc. 

A cette époque, les feuilles de la base, jaunies, se dessèchent et 
tombent, celles du sommet se couvrent de taches rouges plus ou 
moins irrégulières (Planche îi et restent un peu plus longtemps 
adhérentes à la tige. 

Quant à celle-ci. presque entièrement rouge, plus violacée à sa 
partie supérieure, elle ne tarde pas non plus à se desséclier et à 
prendre la teinte brune de la paille. 

Les diflerentcs phases de la végétation du Fagopyniin csciilcn- 
tum sont assez difttciles à lixer et très variables selon les conditions 
de milieu. D'une façon générale, on [peut dire qu'en pleine terre, 
l'apparition du germe au-dessus du S(;l demande de 6 à u jours, le 
déroulement des cotylédons 12 à uS jours et l'étalement de la pre- 
mière feuille, trois semaines environ. La floraison commence 5 ou 
6 semaines après le semis, et la maturation des premiers grains 
10 semaines après l'ensemencement. Quant à la maturité complète, 
elle se produit en moyenne après 12 à i5 semaines de végétation. 
C'est d'abord le système radiculaire qui se développe avec intensité, 
pendant que l'appareil aérien se modifle à peine. Puis dès l'appari- 
tion de la deuxième feuille, celui-ci croit avec une très grande rapi- 
dité, augmentant en quelques jours ses dimensions dans des propor- 
tions considérables et ce, jusqu'à l'apparition des premières fleurs. 
Son développement se ralentit ensuite légèrement, mais il est encore 
très intense jusqu'à la formation des grains, à partir de laquelle la 
plante a presque atteint sa taille déflnitive. 



2D7 



Influence du milieu sur la morphologie externe et le 
développement. 

Les conditions extérieures jouent un rôle considérable dans le 
développement des plantes. Suivant qu'elles proviennent de semen- 
ces sélectionnées ou quelconques, suivant qu'elles sont cultivées 
dans un climat qui leur convient ou non. dans un sol qui leur est 
favorable ou défavorable, dans un milieu humide ou sec, ou. entin. 
qu'elles reçoivent certains aliments ou d'autres, leurs caractères 
morphologiques se modifient, et les rendements qu'elles fournissent 
sont plus ou moins élevés. 

Il est donc de la plus g-rande importanct de connaître l'influence 
de ces différents facteurs de la production, atin de pouvoir profiter 
de leur action favorable et de placer, autant que possible, les végé- 
taux que l'on cultive, dans les conditions que l'on aura reconnu les 
meilleures pour en tirer le maximum de bénéfices. 

Malheureusement, l'étude de ces agents variés est difficile et de 
longue haleine, tant leurs actions particulières sont délicates à 
déterminer avec certitude, et les résultats obtenus jusqu'ici dans cet 
ordre d'idées ne sont encore ni bien nombreux ni très concluants. 

Je l'ai pourtant entreprise en ce qui concerne le sarrasin, mais 
je ne me dissimule nullement que je n'ai fait qu'ébaucher cette 
importante question et que des essais ultérieurs et prolongés sont 
absolument nécessaires pour la résoudre définitivement. 

Les expériences que j'ai faites ont été poursuivies pendant trois 
années consécutives, non seulement dans les champs d'expériences 
de l'école nationale d'agriculture de Rennes, mais encore sur le 
domaine de plusieurs cultivateurs du département qui ont bien 
voulu m'aider dans ces recherches et leur donner, grâce k leur habi- 
leté professionnelle, un caractère pratique qui ne peut qu'en aug- 
menter la valeur relative. 

J'ai examiné successivement l'influence de la nature du sol, des 
engrais, des façons culturales, de l'époque du semis et du choix des 
semences sur le développement du Fagopyrum csciilcntum, et. dans 
certains cas, sur celui des trois autres espèces. 



Devant l'abondance des renseiiincments recueillis, pour ne pas 
donner à ce mémoire un développement exagère et pour d4minuer, 
dans la mesure du possible, les redites ou les détails fastidieux. Je 
résumerai les résultats obtenus, le plus souvent en des tableaux 
synthétiques, et Je me bornerai a leur interprétation. 

Je n'envisagerai ici que les nK)difications morphologiques 
externes, reservant pour la deuxième partie, rcUide de rinlluence 
des facteurs de la production sur les rendements. 



DEVELOPPEMENT EN LONGUEUR 

Pour déterminer la marche de la croissance du Fa'Jopynmu 
J'ai arrache, a peu prés toutes les semaines, un certain nombre de 
pieds de sarrasin, que J'ai mesures en les plaçant devant une grande 
planchette graduée, supportée par un pied. 

Pour atténuer le plus possible l'ini^uence de l'individualité — 
qui est considérable — j'ai opéré, chaque fois, sur un grand nombre 
d'échantillons i récoltes sur .3 mètres carrés, puis j'ai calcule la 
hauteur la plus fréquente, à chacune de ces mensurations, en suivant 
la méthode indiquée par M'"" Stefanowska dans ses « recherches 
statistiques sur l'évolution de la taille des vég'ctaux i 1 1 >/. 

J'ai mesuré, de la même façon, les plantes de trois espèces de 
]'\Tffopyruiii, cultivées avec des engrais de nature différente, de 
façon à mettre en relief Tinfluence de l'espèce et celle de la nutrition. 

Toutes ces mensurations sont condensées dans le tableau ?>2. 

Le développement du Fagopyrum obéit donc, dans sou ensem- 
ble, aux lois, déjà établies, de l'accroissement de la taille des végé- 
taux. Mais il est néanmoins fortement influence par l'apport d'engrais 
différents, ainsi que le montrent le tableau précédent et la photogra- 
phie ci-contre 'tig. 921. 

Pendant les premiers temps de la végétation l'accroissement 



1 I M"^ SThrANOwsKA, C. R. Jic. Se, T. i;:,!, 190^, p. 6c 



— 209 — 

est rapide, puis du r'au iojuillct.il se ralentit, pour redevenir ensuite 
très intense jusqu'à fin de ce mois. A cette époque, la croissance 
continue, mais plus lentement, et s'arrête à peu près définitivement 
vers le 22 août. Si Ton considère le Fagopynim esciilentum témoin, 
par exemple, on voit que du i5 juin au r" juillet soit, pendant 
i5 jours), sa taille au2;mente de i.3 centimètres: du i"' au 10 juillet 
fio jours , elle s'accroît de 1.1 centimètres; du 10 au 2.Ô (i5 jours , 
elle auermente de \(\ centimètres, et du 2S juillet au 22 août 2('l jours , 
l'accroissement est de 42 centimètres. 




Fia. '.'2. — A:tion d-^s eii^n-ai? .siii" le dt^veloppeinent du F.i 
De "■auclie à droite : 



1 . Engrais complet. 

2. Chlorure de potassium 

'?>. Superphosphate de chaux. 

'j. Chaux. 

T). Nitrate de soude et chlorure de 



potassium. 
II. Nitrate de soude et superphos- 

piiate. 
7. Nitrate de soude. 
S. Sulfate de majinésie. 



L'augmentation de taille journalière correspondante à chaque 
période est donc, en moyenne, de o c. 86; i c. .So; i c. 20; i c. 5; 
o c. 62. Elle atteint, avec l'engrais complet : i c. 2; 2 c. .3; i c. 86; 
2 c. I ; 1 c. 2.5. etc.. La croissance de la plante ne suit pas, par con- 
séquent, une marche absolument régulière, mais elle affecte une 
courbe hyperbolique. 



- 26o — 



Témoin 

Engrais complet 

Sans azote 

Sans acide pt.osphorique. 

Sans potasse 

Azote seul 

Potasse seule 

Aciie phosphorique seul. 

Chaux 

Mauganèse 

Mairnésie 

Sulfate de potasse 

Sulfate d'ammoniaque . . . 



Témoin 

Engrais complet 

Sans azote 

Sans acide phosphorique 

Sans potasse 

Azote seul. 

Potasse seule 

Acide phosphorique seul 
Chaux 



Témoin 

Engrais complet 

Sans azote 

Sans acide phosphorique. 

Sans potasse 

Azote seul 

Potasse seule 

Acide phosphorique seul. 
Chaux 



Fagopyrum esculextdm 









































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95 


95 


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145 


95 


120 


120 


120 


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130 


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110 


120 


120 


100 


130 


130 


130 


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110 


110 


110 


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95 


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120 


135 


135 


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120 


120 


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130 


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37 
60 
40 



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112 135 



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65 90 
75 90 



120;i20 
138 140 
115 115 
120 120 
70 78 
95 115 
120:i25 
105 105 
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26 33 


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62 


70 


85 


90 



Talleau XXXII. — Développement en longueur du Fagopyrum cultivé 
avec des engrais différents (en centimètres). 



— 201 — 

L'apport d'éléments minéraux divers modifie plus ou moins 
l'évolution de la taille. L'engrais complet augmente la longueur de 
la plante dans de grandes proportions; l'absence d'azote et de 
potasse ralentit la croissance, tandis que la présence de la chaux 
l'active. 

L'action de cet élément est au début peu efficace et paraîtrait 
plutôt nuisible; mais, au bout d'un certain temps (6 semaines envi- 
ron), elle devient au contraire intense et très favorable, sans doute 
parce que la chaux a eu le temps, aidée par les pluies et la tempe- 
rature, d'agir sur la nitrirication des matières azotées du sol, de 
descendre jusqu'aux radicelles, déjà profondes, et de jouer dans la 
terre le rôle multiple qui lui est dévolu. 




Inlluence de la nature du sol sur le développcMuent du Fagopyi'um. 



Il semble en être de même du manganèse, dont le premier effet 
est peu avantageux. Quant au sulfate d'ammoniaque, il paraît cons- 
tituer une bonne source d'azote pour le Fagopvrum. mais son action 
est plus lente que celle du nitrate de soude. 



- 202 — 

Les diffëreilccs de croissance constatées chez le sarrasin cultivé 
avec des engrais variés ne sont, en somme, que la résultante de 
facteurs divers dont Tinfluence individuelle est à peu près impossi- 
ble à isoler. Un clément minéral ajouté au sol intervient en eifct, non 
seulement comme principe nutritif, mais encore en modifiant les 
propriétés chimiques, physiques et phvsiologiques du sol; en 
faisant varier sa composition, sa structure, son taux d'humidité, etc. 
Or, en considérant seulement ce dernier agent, les travaux de Gain 
ont montré l'infiuence considérable qu'il possédait sur la croissance 
des végétaux, et du Fagopynim, en particulier; les autres doivent 
avoir également une action importante. 

Quoi qu"il en soit, ces résultats bruts fournissent, pour la cul- 
ture, quelques utiles indications. 



263 





Total 




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306.8 

5-44.5 

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6.3 


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452.3 


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Humus 












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512.1 

135.3 

5.0 


0.9 
3.5 

4.4 

0.8 
3.2 


345.1 
487.7 


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314.6 

463.4 

122.5 

4.5 


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20.9 

0.0 

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18,9 


1.6 


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il 


Cailloux 


312.4 
441.3 




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Gi'avier. 




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Sable fin 




^ 


Ar<;ile 




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4.4 


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1.4 



T.\BLE.\L' XXXIII. — De la composition du sol. 



264 



Sol 



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1.59 


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0.08 


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0.37 


5.85 


5.49 


1.51 


1.41 


48.24 


45.39 


-U 20 




10,0 


10.2 



Sous-Sol 



a 


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H| 


03 


H 




0.85 


0.77 


0.44 


0.39 


0.35 


0.31 


3.34 


3.02 


J.:\ 


•) •)•> 






40.46 


42.04 


+ 0.05 




i 


3.6 



Azote • 

Acide pliosphorique, 

Potasse 

Chaux 

Magnésie 

Fer 

Acidité 

Humus (Grandeau . . 



T.uji.uAL- XXXIV. — De la Composilioa du sol. 



DEVELOPPEMENT EN POIDS 

j":ii recherche e,^-alement ki marche du deveh)ppemein en 
poids (21 de trois espèces de l'\7 0()f'ynnu. et les variations qu'il 
subit sous rintluencc de la nature du sol. 

Les échantillons provenaient des trois terrains : siliceux, humi- 
tere et argileux, précédemment décrits (page 2o5i. 

Le tableau 35 reunit les résultats obtenus : 



(1) Annales de l'Ecole Xat. d'agric. de Hennés, 1907. 

(2) M"« Stef.vnowsk.\, C. R., Ac. Se, T. 140, 1904. 



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— 266 — 

Ainsi qu'on peut le constater, le développement du sarrasin est 
très différent selon le sol dont celui-ci provient. C'est dans Thumus, 
puis dans le sable que la plante atteint les poids les plus élevés, 
tandis que c'est dans l'aroile que ces poids restent les plus faibles- 

L'augmentation du poids frais n'est pas uniforme pendant toute 
la durée de la végétation. A deux époques, on constate même un 
arrêt de cet accroissement et une diminution de ce poids; la première 
correspond, à peu près, au i.5 Juillet, et la seconde, à l'approche de 
la maturité, sans doute à cause de la dessication qui commence. 
Ainsi pour le sarrasin emargine, venu dans le sable, l'augmentation 
journalière du poids atteint, pour chaque période comprise entre 
deux dates d'observations : o gr. ?>~i ; o gr. ?>(>o: n gr. 5.1.5; o gr. i25; 
1 gr. oo, — ogr. 5oo; ogr. .iio; ogr. 277: o gr. 55ô; ogr. 400; ogr. 200; 
— o gr. 146. Le processus du développement est le même dans le 
terreau, avec cette seule différence que la valeur de l'accroissement 
quotidien est plus élevé; elle atteint, en effet, o gr. 'S^Y''^ « gr. 264; 
o gr. 8,5o : o gr . i .35 ; i gr. 1 40 ; — o gr . 527 ; o gr. 87 1 ; o gr . 266 ; o gr. SçS ; 
o gr. 387; o gr. .39.3; — o gr. 177, etc.. 

Les mêmes faits se retrouvent dans les variétés de la même 
espèce et dans les autres Fagopvnun. 

On constate, d'autre part, quelques difi'erences dans les carac- 
tères morphologiquss externes. C'est ainsi que les plantes sont géné- 
ralement moins ramifiées dans le sol argileux, et plus, au contraire 
dans la terre siliceuse. Dans cette dernière, les feuilles sont aussj; 
plus accuminees, les inflorescences plus compactes. 



Ilî. — Morpr^olo^îc interne 



L'étude de la morphologie interne d'une plante fournit, 
aux points de vue théorique et pratique, des renseignements 



— 207 — 

ii^téressants, car, des éléments de sa structure dépend souvent, 
en effet, son mode d'utilisation. D'autre part, dos recherches 
nombreuses, entreprises depuis quelques années, ont montré que 
que cette constitution anatomique du végétal — si elle conserve 
toujours un certani nombre de caractères à peu près intangibles, 
e^ par suite spécifiques — était, par contre, susceptible de varier, 
dans ces limites, et cela principalement sous l'action du milieu. 

Le praticien, en agissant sur ce milieu par les moyens dont 
il dispose façons culturales, engrais, amendements, etc..) 
pourra donc, et dans une certaine mesure, modifier la structure 
des plantes qu'il cultivera et les améliorer en vue d'une utilisa- 
tion particulière. 

J'examinerai dans ce chapitre : iMa morphologie interne 
des organes du Fagofyrum escidentmn ; 2" les différences spé- 
cifiques de cette structure; 3" les variations qu'elle subit sous 
l'action de la nature du sol et des engrais. 

C'est Schmidt qui, le premier, fit une étude anatomique un 
peu complète du genre Fagofyrum, puis *Perdrigeat l'entreprit 
à nouveau, au point de vue taxinomique, mais d'une façon très 
brève, en s' adressant seulement aux Fagopyrum cymosum et 
tataricum et sans indiquer ni l'âge, ni l'origine de ses échan- 
tillons. Plus récemment, Dassonville, et ensuite Solacolu ont 
repris cette question, dans leurs recherches sur l'action des sels 
minéraux dans la végétation, mais on sait combien les résultats 
qu'ils ont obtenus sont différents, sinon contradictoires. 

J'ai abordé cette étude d'une façon beaucoup plus com- 
plète, en l'étendant à quatre espèces : Fagopyrum escidentum, 
tataricum, cmarginatnm et stenocarpa, et à des plantes venues 
dans des sols de nature différente 'voir page 205) ou avec des 
engrais différents (page 40) de façon, à déterminer les caractères 
anatomiques véritablement spécifiques, et, d'autre part, à con- 
naître l'influence des facteurs de la culture (sol et alimentation) 
sur la morphologie interne. 

Comme pour la morphologie externe, j'ai examiné des 
échantillons prélevés régulièrement toutes les semaines, du 
5 juin au 10 septembre, sur des plantes le plus semblables pos- 



— 268 - 

sible; et les coupes intéressaient toutes les mêmes régions : le 
milieu du premier et du dernier entre-nœuds. Ces échantillons 
étaient d'ailleurs ceux-là mêmes qui avaient servi aux obser- 
vations de morphologie externe. On possède ainsi tous les élé- 
ments de comparaison et d'appréciation. 

J'envisagerai, d'abord, la constitution, à différents âges, 
de plantes cultivées en sol argilo-siliceux, avec engrais com- 
plet, pendant l'année 1908 ; et, ensuite, en me servant de ce 
terme de comparaison, de plantes venues dans des conditions 
différentes. 

1« FAGOPYRUM ESCULENTUM 
A — Racine 

I. — Radicule. — Nous avons vu, dans l'étude de la 
graine et de la germination, quelle était la situation relative 
des différentes parties de l'embryon et la structure de la radi- 
cule. 

Celle-ci est formée : i" d'un épidémie mince à cellules 
régulières, allongées, à parois cellulosiques; 2° d'un tissu cor- 
tical parenchymateux à cellules arrondies laissant, entre elles, 
peu de méats et formant cinq assises. De distance en distance se 
trouvent de grandes cellules, plus ou moins ovoïdes et remplies 
d'éléments de réserve. Sous ce parenchyme homogène est une 
assise endodermiquc formée d'une rangée d'éléments ronds, 
très réguliers, accolés les uns aux autres, puis vient le péricyle 
constitué par une assise de cellules plus petites et polyédriques. 

La structure du cylindre central est encore très simple et 
peu différenciée. Limité par le péricycle, on y trouve quatre 
amas de petites cellules, plus ou moins pentagonales, qui cons- 
tituent l'ébauche des futurs faisceaux libériens et ligneux, 
(fig- 94 ■ 

Entre ces faisceaux et remplissant tout le reste du cylindre 
central, se trouve une moelle abondante, épaisse, formée de 
cellules arrondies, régulières, plus grandes vers le centre qu'à 
la périphéri^. 



Germe. — Des coup'Cs transversales et longitudinales, 
faites à différents niveaux, dans des germes plus ou moms 
développés, montrent une différenciation de plus en plus grande 
des tissus, en même temps qu'une activité cellulaire considé- 
rable. 




FiG. O'i. — Structure de la radicule dans l'enibryon. 



Gervie de O cm 5 environ. ■ — Extérieurement, le germe, à 
cet état, se montre sous la forme d'une pointe blanc-jaunâtre, 
très homogène. 

L'épiderme est formé de cellules, à grand axe tangentiel, 
de dimensions irrégulières, mais plutôt grandes, et non épais- 
sies. L'écorce est constituée par un parenchyme compact, com- 
prenant six à sept assises de grandes cellules, généralement 
arrondies, et ne laissant entre elles que très peu de méats. 
L'endoderme montre des éléments à parois verticales, mais 
assez irréguliers et moins nets que dans l'embryon. Le péiicycle 
est plus distinct et formé de cellules polyédriques, plus grandes 
que leurs homologues de la graine. 

Les faisceaux ne sont encore nullement différenciés. Ils 
sont simplement indiqués par un parenchyme à cellules nette- 
ment polyédriques, de taille variable, formant un véritable 
méristéinie épais (six assises environ) et très actif. Ces amas de 
cellules sont reliés par un anneau continu d'éléments également 
jeunes et en voie de division tangentielle et radiale. La moelle 



est constituée par de grandes cellules, mi rondes et mi-polyédri- 
ques, présentant peu de méats. 

La structure du germe un peu plus développé et considéré, 
non plus à son extrémité, mais vers le milieu de sa longueur, est 
à peu près identique : même épiderme à grandes cellules allon- 
gées radialement. Ecorce formée de six assises de grandes 
cellules arrondies, plus grandes encore vers l'intérieur; endo- 
derme à éléments inégaux et à parois verticales; péricycle plus 
régulier, à cellules de forme plus polyédrique. De même aussi, 
pas de bois ni de liber, mais un méristènic plus épaissi aux 
angles et très actif, et une moelle formée de grandes cellules 
plus ou moins arrondies. ' fig. Qs). 




FiG 95. — Structure du 'renne û'^'ûi 



Germe de \ ax\ ^ enxnron ('partie médiane). — L'assise pili 
fère est maintenant très nett2 ; elle est formée de cellules à 
grand diamètre radial, irrégulières, d'assez grandes dimensions 
et pourvues de poils absorbants nombreux. L'assise subéreuse 
n'est pas distincte. Le parenchyme cortical comprend six assises ; 
les deux plus externes sont formées de celluks plus petites, 
nettement arrondies, mais de grandeur variable; les quatre 
internes sont constituées par des éléments également arrondis, 
mais beaucoup plus grands, plus irréguliers, et ne montrant que 
peu de méats. L'endoderme est très bien marqué; ses éléments 



sont assez irréguliers, comme forme et comme dimensions, mais 
ils sont généralement arrondis et assez grands, leurs parois sont 
verticales, sans méats, et munies des plissements caractéris- 
tiques de cette région fig. 96'!. 




Fk; 



G, — Structure du germe {V'"'7) 



Le pcricycle est aussi bien \isible ; ses cellules sont plus 
régulières, plus ou moins polyédriques, à parois toujours verti- 
cales; elles sont toutes étroites, et très allongée» dans le sens 
radial. 

Quant au cylindre central, il montre des faisceaux ligneux 
déjà nettement différenciés. Au nombre de quatre, confluents 
vers le centre, ils sont formés de six à huit vaisseaux lignifiés, 
trois ou quatre grands, plus internes et réunis en deux séries, 
et trois ou quatre petits, plus externes, qui les continuent, mais 
sont unisériés:.] 

Les faisceaux libériens, alternes avec ceux du bois, sont 
constitués par des cellules très régulières, mais encore peu nom- 
breuses et dont l'ensemble est peu net. Ils se rattachent latéra- 
lement aux faisceaux du bois, par des cellules plus ou moins 



polyédriques, plus grandes et niéristématcuses. La moelle rem- 
plit toute la partie centrale du cylindre ; elle comprend environ 
cinq assises de cellules, les plus externes polyédriques, les plus 
internes arrondies et plus grandes. 

Racine. — au 22 juin. — Il n'y a plus de poils absorbants. 

L'écorce est formée de six assises de grandes cellules, plus 
arrondies et moins serrées à la partie interne (]u';i la partie 
externe. 

L'endoderme est peu distinct et le péricycle commence à 
se sclérifrer par petits ilôts. L'assise génératrice est active. 

Dans le cylindre central, on distingue encore les quatre 
faisceaux ligneux primaires formés d'une dizaine de vaisseaux 
à parois bien lignifiés, mais à large ouverture, les faisceaux 
libériens, à petites cellules, sont peu nets (fig. Q7 . 





FiG, 97 et '.>S. — Structure do la racine au 'Jl' juin et au 18 juillet. 

Il existe un anneau conbinu de bois, formé de 3 à 5 assises 
d'éléments serrés, bien lignifiés, mais à lumen assez large, et 
entourant des vaisseaux nombreux et d'assez grandes dmien- 



La moelle est constituée par de grandes cellules plus ou 
moins arrondies et à parois cellulosiques; sa partie centrale est 
résorbée. 

On trouve dans les tissus de la racine quelques rares cris- 
taux d'oxalate de chaux. 



Au 10 septembre. — La racine principale est tout à fait 
fibreuse et dure. L'assise la plus externe, dépourvue de poils, 
est complètement cutinisée; l'écorce est formée de cellules 
allongées, ovales, assez grandes, et comme aplaties. 

Les tlbres péricycliques sont plus nombreuses et surtout plus 
épaisses. 

Les faisceaux primaires de bois et de liber sont peu dis- 
tincts. Par contre les formations secondaires se sont considéra- 
blement accrues (fig. QQ). 




Structure de la racine au 10 septemliro maturité). 



Les production ligneuses ont envahi tout le cylindre central 
et la moelle est complètement lignifiée. La racine a développe 
énormément ses tissus de soutien et de conduction. 

Radicelles. — Les radicelles de divers ordres ont une 
structure identique à celle de la racine principale. Elles sont 
d'origine pericyclique et naissent exactement en face des quatre 
faisceaux ligneux primaires; l'endoderme leur formant une 
poche digestive qui disparaît à leur sortie de la racine mère. 

J3. — Tig-e 

I. — Axe hypocotylé. —à). — 5 juin. — 'fig. loo).— 
Cotylédons étalés, la première feuille apparaît. 



— -74 — 

I. — Haut. — A cet état et à cet enciroit, le rayon de l'axe 
hypocot\'lé mesure i '"/'" 23. L'épiderme, non cutinisé et à peine 
épaissi, est formé de cellules régulières, à grand diamètre 
tangentiel. Il est dépourvu de poils. 

L'écorce comprend six assises; les trois externes sont cons- 
tituées par des cellules arrondies, petites et renforcées, collen- 
chymateuses ; les trois internes ont des éléments plus grands, 
plus ou moins arrondis, présentant entre eux des méats, et 
entièrement cellulosiques. Les cristaux d'oxalate de chaux y 
sont nombreux. L'endoderme et le péricycle sont nets et cellu- 
losiques. 

Les faisceaux de bois sont au nombre de 4 et formés seu- 
lement d'une douzaine de vaisseaux lignifiés, mais à parois peu 
épaisses et à large lumen. Chacun des faisceaux est comme 
aplati, étalé, et les éléments qui le constituent sont réunis sur 
une seule rangée tangentiel le, et comme séparés en deux portions 
égales. Chacune de ces deux moitiés comprend, par conséquent, 
(^- vaisseaux en file, un plus grand à l'extérieur, à l'extrémité de 
celle-ci, et les plus petits, à l'intérieur, réunissant entre elles les 
deux parties du faisceau, qui sont plongées dans un parenchyme 
cellulosique (tig. 100 . 

Le liber est dédoublé et comprend 8 faisceaux. Ceux-ci 
sont situés, deux par deux, au dessus des éléments ligneux 
étalés, un sur chaque portion du faisceau de bois. Les forma- 
tions libériennes ne sont donc pas équidistantes ; elles sont 
rapprochées deux par deux, mais non contigues. Les éléments 
en sont petits et assez réguliers. 

L'assise génératrice est très active et très développée. La 
zone péri-médullaire est peu distincte, non différenciée et formée 
de cellules, plus petites que celles de la moelle, et polyédriques. 

La moelle, qui est complète et très développée, est consti- 
tuée par des cellules arrondies et de grande taille. 

Les dimensions d'ensemble des différentes parties de l'axe 
hypocotylé sont les suivantes : 



2-5 



Rayon, i ■" '" 
Ecorce, o "" '" 
Liber, ^^ ;.■. ; 
Bois, 33 a : 
Moelle, o"V" 



15 



2. — Bas. — L'épiderme, non cutinisé, mais épaissi, est 
formé de cellules régulières, à grand diamètre radial. Il est 
dépourvu de poils. 

L'écorce comprend cinq ou six assises de cellules régulières, 
arrondies, laissant entre elles peu de méats. Tous les éléments 
en sont cellulosiques et non renforcés. Il n'y a pas trace de 
CGllench}'me. Les cristaux d'oxalate de chaux sont nombreux, 
surtout dans les couches internes. 

L'endoderme et le péncycle sont simples, réguliers et cellu- 
losiques. 




Fk; loO. — S'i'uiilure de Ttixe h ypoc-tlNié au 5 Juin 



Les faisceaux de bois sont au nombre de 4, formés d'une 
dizaine de vaisseaux. C'omme précédemment, ils sont étalés et 



-276- 

comme divisés en deux parties symétriques), mais ils le sont 
moins et affectent la forme d'un arc, convexe vers l'intérieur ; 
les vaisseaux les plus larges sont à l'extérieur de la file, et les 
plus petits, qui les continuent, se rejoignent presque. Ils sont 
tous, d'ailleurs, peu épaissis et à grande ouverture. 

Le liber n'est pas encore dédoublé et forme 4 faisceaux 
seulement. L'assise génératrice est bien développée, quoique 
moins qu'au sommet de l'axe hypocotylé, et elle fonctionne 
activement. 

La zone périmédullaire est mieux différenciée, surtout sous 
les faisceaux ligneux, où elle forme une assise de cellules très 
régulières, nettement polyédriques, à membranes légèrement 
épaissies, mais non lignifiées. 

La moelle, qui est compacte, très développée est sans 
lacune, est constituée par de grandes cellules, plus ou moins 
polyédriques, sans méats 

Les dimensions sont les suivantes : 
Rayon, o "V" 96 ; 
Ecorce, '"/'" 23 ; 
Liber, 33 u- ; 

Bois, 30 [x; 

Moelle, G""/'" 68. 

Résumé. ■ — La structure à cet âge est, comme on le voit, 
assez simple. Elle est surtout caractérisée par la présence d'un 
épiderme non cutinisé, d'un endoderme et d'un péricycle simples 
et cellulosiques, de quatre faisceaux de bois étalés et d'une 
moelle abondante. Elle est d'ailleurs différente selon qu'on 
examine la partie inférieure ou supérieure de l'axe hypocotylé. 

Au sommet, on trouve du collenchyme et un liber dédoublé; 
à la base, pas de collenchyme et un liber non dédoublé et une 
zone périmédullaire légèrement différenciée. 

b). — 75 juiii (2 feuilles). — i. — Haut. — L'épiderme 
présente les mêmes caractères qu'au 5 juin, mais il est plus 
épaissi, quoique non cutinisé. 



Dans l'écorce, on distingue également un hypoderme cons- 
titue par trois rangées de petites cellules coilenchymateuses. Le 
parenchyme cortical comprend trois assises d'éléments cellulosiques 
arrondis et seulement deux assises au dessus des faisceaux. Les 
cristaux d'oxalate sont nombreux, plus grands que précédem- 
ment et localisés surtout dans les quatrième et cinquième assises. 
L'endoderme est normal, mais le péricycle paraît s'être divisé 
au dessus des faisceaux. Ceux-ci sont très différenciés. Ils sont 
toujours formés de deux parties confluentes, mais celles-ci se 
sont très développées et comprennent au moins deux assises de 
vaisseaux, soit, chacune, une dizaine, les plus grands vaisseaux 
4, en moyenne) étant toujours situés vers l'extérieur du faisceau 
^ûg ICI ). Ces éléments du bois sont plus grands qu'au 5 juin, 
mais ils sont encore peu épais et à large ouverture. 




't^^X 








"\< ./: ,^-^ 



FiG. 101. — Structure de la tige au 15 juin haut. 2 teuiHes 



L'assise génératrice est très nette, épaisse, en voie de cloi- 
sonnement, et formée de plusieurs assises au niveau des fais- 
ceaux. Sous elle et entre les faisceaux on voit apparaître, en 



certains endroits dont la situation ne paraît pas déterminée, un 
large vaisseau, dont la membrane se lignifre peu à peu. 

Le liber forme deux îlots au dessus de chaque faisceau 
ligneux, mais li en apparaît d'autres, au contact du cambium. 
Ces îlots surnuméraires sont encore très petits et formés de 
quelques cellules seulement. 

La zone périmédullaire est peu différenciée, et la moelle, 
très abondante, est constituée par de grandes cellules arrondies. 
Les dimensions sont les suivantes : 
R;!yon. 2 '" '" 36b ; 
Ecorce, o '"/'" 400 ; 
Liber, 60 |j ; 
Bois, 250 ixi 
Moelle, 1 "7"' 316. 

2. — Bûs. — L'épiderme est semblable au précédent. 

L'écorce est encore formée de six rangées de grandes 
celluks arrondies, laissant entre elles des méats assez impor- 
tants ; mais il n')- a pour ainsi dire pas de collenchyme ; par 
endroits, on voit seulement l'assise le plus externe renforcer 
légèrement ses membranes. Les mâcles d'oxalate sont très nom- 
breuses. L'endoderme est très net. Le péricycle est en voie de 
différenciation plus avancée au dessus des faisceaux. En cet 
endroit, surplombant exactement les deux paquets de liber, il 
épaissit les cellules qu'il avait primitivement dédoublées, et 
forme ainsi deux îlots de sclérenchyme, composés chacun de 
8 à 10 fibres, plus ou moins arrondies et à parois peu épaisses. 

Les faisceaux se sont également modifiés et accrus. Ils 
présentent les mêmes caractères qu'au 5 juin, mais ils com- 
prennent maintenant cinq grands vaisseaux, à parois beaucoup 
plus épaisses, et cinq petits. De plus, le parenchyme ligneux 
s'est constitué à l'intérieur des faisceaux (c'est-à-dire entre les 
vaisseaux), et dans les régions interfasciculaires, de telle sorte 
qu'il forme un anneau continu, constitué par trois ou quatre 
assises de cellules lignifiées, encore peu épaisses et à large 
lumen. Dans la masse de ce parenchyme ligneux, se trouvent 



disséminés cle grands vaisseaux de bois isolés. Le bois primaire 
des faisceaux se continue sous ce bois secondaire, mais entre 
ces deux formations, il existe deux ou trois assises de cellules 
non lignifiées (fig. 102). 




Fjg. 102. — Structure de la lig.' au 15 juin bas . 



Le liber est comme étiré et ses éléments sont très petits. 
Entre l'assise génératrice et le pericycle cellulosique, il forme 
de petits îlots disséminés, d'importance inégale, mais jamais 
bien grands. 

Le cambium est très développé et forme un anneau continu, 
très net, qui comprend plusieurs assises. 

La zone périmédullaire ne commence guère à se différencier 
que sous les faisceaux où elle forme une ou deux assises de 
cellules plus ou moins polyédriques, à granci diamètre radial, 
et non lignifiées. 

Quant à la moelle, elle devient lacunaire en son centre et 



^ 280 — 

elle est constituée par des cellules arrondies, volumineuses, sépa- 
rées par des méats assez grands. Elle renferme quelques mâclcs 
d'oxaiate de calcium. 

Les dimensions sont les suivantes : 

Rayon, 2 "Y" 03 ; 

Ecorce, '"/"' ^16 ; 

Liber et assise génératrice, 83 ;j. ; 

Bois, 66 y. ; . 

Moelle, "'/'" 96 ; 

Lacune, o 7'" 78^. 

Résumé. — ■ A cette date {15 juin), c'est-à-dire lorsque la 
plante a deux feuilles étalées, la structure est, par conséquent, 
bien différente de celle de la plante au 5 juin. Les modifications 
n'intéressent pas l'écorce, mais le cylindre central seulement. 
Le fait le plus intéressant est la formation de 8 îlots de sclé- 
rcnchyme aux dépens du péricycle qui, préalablement se cloi- 
sonne et s'accroît; puis le développement relativement considé- 
rable du bois et du liber qui, aux confins de l'assise génératrice, 
donnent des éléments nouveaux d'abord disséminés, puis réunis 
de façon à former un anneau continu. 

c). — 22 juin. — ■ I. — Haut. — L'épiderme est formé de 
cellules régulières, à plus grand diamètre radial et très légè- 
rement cutinisées. L'écorce est formée de six assises de cellules 
très régulières, polyédriques, ne laissant entre elles que très peu 
de méats. 

Le collenchyme hypodermique est très développé, mais 
irrégulièrement; il est formé de deux assises continues et, en 
outre, d'amas disséminés de quatre ou cinq assises formées aux 
dépens de l'écorce qui, à ces endroits, est plus épaisse 
qu'ailleurs. Ce développement du collenchyme se fait surtout 
au niveau et au-dessus des faisceaux secondaires en formation, 
e* correspond aux arêtes et aux côtes qu'on remarque sur la 
tige. 



— 2'6l — 

Les cristaux d'oxalate sont moins nombreux que précé- 
demment. L'endoderme est net et bien développé. Le péncycle 
n'est pas sclénfié. Le bois secondaire ne forme pas d'anneau 
continu. Il comprend seulement, entre les faisceaux primaires, 
des vaisseaux disséminés, lignifiés, non plus isolés comme au 
15 juin, mais réunis par groupes de 2, 3 ou 4. 





FiG. 103 et 104 

Structure de la tige au 2-' juin 

(haut). 



Ces faisceaux secondaires, déjà nombreux (26), sont sépa- 
res les uns des autres par un parenchyme à larges cellules très 
régulières, plus ou moins polyédriques et entièrement cellulo- 
siques. On aperçoit, en outre, par endroits, des vaisseaux isolés, 
non encore lignifiés (fig. lOi). 

Ils sont tous surmontés par des îlots de liber bien déve- 
loppés et beaucoup plus volumineux que précédemment. Toutes 



''tS formations libériennes se sont, d'ailleurs, considérablement 
accrues, en nombre et en dimensions; en effet, non seulement 
il en existe au-dessus de tous les faisceaux ligneux, primair-='s 
ou secondaires, mais encore entre ces éléments. De plus, et 
surtout au niveau du bois primitif, ce liber est très développé, 
bien que ses cellules soient toujours très petites. L'assise géné- 
ratrice est surtout importante au-dessus des régions fascicu- 
laires. 

La zone périmédullaire est nettement différenciée. Sous 
chaque formation ligneuse, même secondaire, elle est formée 
d'un parenchyme d'importance variable avec celle de ces pro- 
ductions ; réduit à une assise sous les vaisseaux isolés, il en 
comprend quatre ou cinq sous les faisceaux plus développés, et 
se termine en pointe dans la moelle. Ses cellules sont très régu- 
lières, polyédriques, à parois légèrement épaissies, mais non 
lignifiées. 

La moelle est constituée par de grandes cellules régulières, 
arrondies, séparées par des méats assez développés. 
Les dimensions atteignent, pour : 

Le rayon, 2 "V" 8^^ ; 

L'écorce, o "V" 48^ ; 

Le liber, iso \j. ; 

Le bois, 1 18 a ; 

La rnoelie, 2 '"/'" 08. 

1. — Bas. — L'épiderme est formé de cellules allongées, 
à parois épaissies et recouvert d'une mince cuticule. L'hypo- 
derme comprend deux rangées de collenchyme. L'écorce pro- 
prement dite est constituée par de très grandes cellules, ovales, 
allongées, séparées par des méats assez volumineux. Les cris- 
taux d'oxalate qu'elle renferme sont énormes. L'endoderme est 
formé de cellules allongées sans plissements apparents. Le péricycle 
est sclérifié en deux îlots superposés aux faisceaux ligneux 
primaires, et comprenant huit à dix sclérites larges, disposées 
sur deux rangées. 

Le liber forme un anneau mince, continu, plus ou moins 



— 2»0 — 

irrégulier et séparé du bois par un cambium bien développé, il 
présente, de distance en distance, des amas plus volumineux. 

La zone périmédullaire forme une assise de grandes cellules 
polyédriques lignifiées. Sous les régions fasciculaires, son déve- 
loppement s'est accru et elle comprend cinq à six rangs de 
cellules non lignifiées, dont l'ensemble continue le faisceau 
ligneux primaire fig. lO^j, 



^^^^. 
'1^-C 







:^m9^-..^ A.-.--/- ">^ T^' 





Fig. 105 et 106 

Structure de la tige au 22 juin 

(bas). 



- 284 - 

La moelle présente une grande lacune centrale et est cons- 
t.'tuée par de très grandes cellules, assez irrégulières et plus ou 
moins arrondies. 

Les dimensions sont pour : 
Le rayon, 2 "7"' 4fc)b ; 
L'écorce, o "7"' 383 ; 
Le liber (+ cambiuiri), iso [x ; 
Bois, 550 u. ; 
Moelle, I "V" 38^. 

Résumé. — Pendant la période écoulée du 15 au 22 juin, 
les changements apparus dans la structure de la tige sont moins 
profonds que pendant la période précédente. Ils sont surtout 
caractérisés par le développement, en épaisseur, du parenchyme 
ligneux et de la zone périmédullaire, ainsi que par l'accroisse- 
ment des dimensions des éléments de tous les tissus. 

d). — 4. juillet. — I. — Haut. — La tige est anguleuse et 
quadrangulaire. 

L'épiderme est formé de cellules régulières, à dimensions 
à peu près égales dans les deux sens (radial et tangentiel) et à 
parois épaissies. Il est nettement cutinisé. Le collenchyme 
comprend de deux à quatre assises de cellules arrondies, très 
fortement épaissies, surtout aux angles. Le parenchyme cortical 
est constitué par des éléments réguliers, cellulosiques, plutôt 
arrondis, 'séparés par de petits méats. L'endoderme est net, et 
le péricycle non sclérifié. 



Fu;. 107 

Structure de la tige au 4 juillet 

(Haut). 




- 285 - 

Le bois ne forme pas d'anneau continu. Comme précédem- 
ment, en plus des faisceaux primaires, il comprend des vais- 
seaux larges, isolés ou groupés par deux, trois ou quatre et 
réunis par un parenchyme cellulosique, mais souvent différencié. 
Le liber est disposé en îlots superposés aux vaisseaux ou non. 
L'assise génératrice est nette. 

La zone périmédullaire est différenciée, mais cellulosique 
sous les régions fasciculaires. La moelle, formée de grandes 
cellules régulières, à méats, présente une lacune centrale et 
quelques cristaux d'oxalate. 

En somme, la structure est identique à celle de la même 
région, au 22 juin. 

Les dimensions atteignent : 
Rnyon. 2 '"/'" soo : 
Ecorce, 166 y. ; 
Liber !+ cambium), n?^; 
Bois, 200 a ; 
Moelle. 2 '"/". 

2. — - Bas. — L'épiderme est très cutinisé; ses cellules, de 
dimensions variables, ont leur grand diamètre dans le sens 
tangentiel. Le collenchyme est peu développé et comprend, au 
plus, deux assises de cellules allongées, à parois peu renforcées. 
L'écoroe comprend quatre rangées de très grandes cellules allon- 
gées, à grand axe tangentiel et à grands méats. Les cristaux 
d'oxalate de chaux sont peu nombreux et surtout localisés dans 
la dernière assise corticale. 

L'endoderme est très net, à grandes cellules très allongées. 
Le péricycle est sclérifié en deux îlots écartés situés au-dessus 
des faisceaux et comprend de douze à seize fibres larges, dis- 
posées sur deux rangs. 

Les faisceaux de bois primaires sont comme étirés tan- 
gentiellement ; les deux parties latérales qui les constituent sont 
écartées l'une de l'autre et séparées par un parenchyme ligneiiJc 
bien développé. Elles sont reliées, à leur base, par de petits 
vaisseaux disjoints, séparés par des cellules à meipbrane cellu- 



— 2P/> 



losique, et dont l'ensemble forme un arc régulier qui embrasse 
et circonscrit une partie de zone périmédullaire, à éléments très 
larges et à parois très peu lignifiées. 





Fia. 108, — Structure de la 
tige au 'i juillet ibasi. 




Fie. 10'.». — Un faisceau au 4 juillet. 




Fio. 110. — Structure de la tige au L'2ijuin (bas), montrant la formation 
des ilôts de liber. 



Le bois secondaire forme un anneau continu, d'épaisseur 
variable, mais formé, en moyenne d'une quinzaine d'assises de 
cellules ligneuses et de vaisseaux larges et très nombreux. Les 
éléments du parenchyme ligneux sont plus épais à la partie 
interne qu'à la partie externe. 

Le liber, écrasé sous les ilôts sclérenchymateux, forme un 
anneau continu, séparé du bois par l'assise génératrice, encore 
nette et importante. La zone périmédullaire forme également 
un cercle continu de cellules régulières, polyédriques, bien 
lignifiées qui, grâce à leurs très grandes dimensions, se distin- 
guent nettement du bois secondaire. Au niveau des régions fas- 
ciculaires, cette partie lignifiée est entourée par les petits 
vaisseaux du bois primaire, réunis eux-mêmes en file tangen- 
tielle, en arc, par des cellules non lignifiées de la i. éme zone. 

La moelle, qui présente une grande lacune, est formée 
d'énormes cellules, de forme irrégulièrs, plus ou moins arrondie 
ou polyédrique, et séparées par des méats triangulaires. 

Rcsumé. — La structure au 22 juin et celle du 4 juillet 
n'offrent donc pas entre elles de différences essentielles et on 
peut émettre , à leur égard, les mêmes considérations que pour 
les constitutions comparées du \'~, et du 22 juin. Elles ne se distin- 
guent, en effet, que par un développement beaucoup plus grand 
de tous les tissus de soutien sclérenchyme, bois, zone périmé- 
dullaire) au 4 juillet, et par la diminution du nombre des 
cristaux d'oxalate de chaux. 

L'anatomie du sommet et de la base de la tige offre égale- 
ment les mêmes caractères distinctifs. 

i). .. 18 juillet. — I. — Haut. — La structure de l'épi- 
derme et celle de l'écorce sont semblables à celles au 4 juillet. 
Les cristaux d'oxalate ne sont pas très nombreux et se trouvent 
principalement de chaque côté des îlots scléreux. L'endoderme 
est également formé de longues cellules orientées transversale- 
ment. 

Mais, par contre le cylindre central est différent. Le péri- 
cycle s'est considérablement épaissi en face de chaque faisceau 



îRa 



ligneux primaire, les deux îlots qu'il y forme comprennent 
maintenant une trentaine de fibres lar^^cs et épaisses, accumulées 
sur trois ou quatre rangées. De plus, il s'est développé en lar- 
geur et en face de chaque faisceau secondaire, il s'est constitué 
de nouveaux petits amas péricycliques qui ne contiennent, eux, 
que (juelques fibres seulement. I^e liber est en nombreux îlots. 




FiG. 111. — Structure de la tige au 18 juillet (haut). 



Les faisceaux ligneux secondaires se sont multipliés, et 
on en compte iiu moins deux ou trois entre chacune des formations 
primaires; celles-ci se reconnaissent encore aisément par l'arc 
de petits vaisseaux qui les termine inférieurement et par le très 
grand développement de la zone périmédullaire et de la région 
marginale de la moelle, qu'elles surmontent (tig. 1121. 

A cet endroit, en effet, la zone périmédullaire est nettement 
lignifiée; de plus, les grandes cellules polyédriques et cellulo- 
siques qui la constituent également, form.cnt cinq ou six assises 
(•et même plus), qui continuent le faisceau et s'enfoncent dans 
la moelle. Celle-ci, lacunaire en son centre, comprend de très 
grands éléments de forme irrégulière, séparés par des méats. 



- 289 - 

2. — Bas. — L'épiderme est régulier, cutinisé, à cellules 
allongées transversalement. L'hypoderme comprend deux 
assises de collenchyme, et l'écorce, quatre rangées de grandes 
cellules irrégulières. Les cristaux d'oxalate se trouvent, prin- 
cipalement, dans la deuxième et la troisième rangées. 




FiG. 1 12. — Structure de la tige au 18 juillet (haut). 



Le péricycle forme de nombreux îlots sclérifiés, plus grands 
au niveau des régions fasciculaires. Les faisceaux ligneux 
secondaires sont très nombreux et pénètrent dans le parenchyme 
médullaire, moins avant toutefois que les formations primaires. 
Le parenchyme ligneux forme un anneau continu épais ; ses 
fibres sont beaucoup plus épaisses à la partie interne que dans 
la région externe; celle-ci est constituée par des cellules plus ou 
moins rectangulaires, à large ouverture, dont les parois sont à 
peine lignifiées. Le liber est également continu, mais peu épais, 
et comme aplati entre le bois et les îlots de sclérench}'me qui le 
surmontent. 

La zone périmédullaire forme une gaîne ininterrompue de 
mandes cellules régulières, nettement polyédriques et lignifiées. 



— 2qO — 

plus nombreuses sous les faisceaux, et principalement, sous les 
faisceaux primaires. 

La moelle présente une très f^rande lacune centrale. 

Résinné. — Ce qu'il y a de plus caractéristique à ce stade 
dn développement, en dehors de l'épaississement et de la ligni- 
fication de plus en plus importants, c'est l'accroissement consi- 
dérable du sclérenchyme péricyclique, accroissement qui se 
tiaduit, d'une part, par une grande augmentation du nombre 
et de l'épaisseur des fibres situées en face des faisceaux pri- 
maires, et, d'autre part, par la multiplication des îlots scléreux 
qui, jusqu'ici, n'étaient qu'au nombre de huit. 

De plus, la zone périmédullaire et la région marginale de 
Il moelle augmentent également leur lignification. Ainsi s'ac- 
centue le développement du stéréome et la consolidation de la 
tige, déjà constatés précédemment. 

/). -- IQ août. — I. — Haut. — L'épiderme n'a rien de 
particulier. Très régulier, il est cutinisé et formé de cellules à 
grand diamètre transversal. 

I.'hypoderme est très développé et comprend, en moyenne 
de trois à quatre assises de coUenchyme. Le parenchyme cortical 
se compose de quatre rangées de cellules régulières, asscii. 
grandes ; les plus internes ont leurs parois légèrement épaissies 
Cl lignifiées, formant un anneau interrompu : fig. in) qui =." 
relie au sclérenchyme péricyclique. Le nombre des assises corti- 
cales est beaucoup plus grand aux angles. Les cristaux d'oxa- 
late sont peu nombreux et situés sous 1-e collenchyme. 

On constate, d'autre part, un fait nouveau : la lignification, 
au moins partielle, de l'endoderme, que j'ai vérifiée par des 
coupes longitudinales. 

Le péricycle, formé de très nombreux îlots scléreux (dont 
les fiores ont un large lumen) qui sont étirés transversalement 
et arqués, de façon à rejoindre latéralement les formations 
libériennes lignifiées, 



— 291 — 

Les faisceaux ligneux sont très nombreux et possèdent de 
lurges vaisseaux. Le parenchyme ligneux forme un anneau 
continu, mais relativement peu épais; il ne comprend, en effet 
que douze à quatorze assises environ. Il présente, d'ailleurs, un 
caractère p '.rticulier, dû, vraisemblablement, aux conditions 
biologiques à cette époque : les fibres qui le composent ont trois 
épaisseurs différentes; elles sont plus minces du côté interne e^ 
du coté externe, et plus épaisses au milieu, formant ainsi, dans 
l'anneau même, trois zones distitictes 




FiG. 113. — Structure de la tige au 19 août haut). 



Le liber est toujours en îlots nombreux, de. dimensions 
\ariables et qui sont, à peu près tous, entourés complètement 
par des productions ligneuses diverses : au-dessous, par le 
parenchyme ligneux, au-dessus, par le péricycle sclérifié et 



— 292 — 

■'écorce plus ou moins lignifiée, latéralement par du paren- 
chyme libérien ligniiié jusqu'à la rencontre du péricycle, lui- 
même arqué en sens inverse. La lignification du parenchyme 
libérien secondaire se fait progressivement et partie.'lement. 
Elle commence par de grandes cellules, puis se continue par 
les éléments plus petits ; seuls, les tubes criblés ne se lignifient 
pas et restent celluloziqv.es. dans l'ensemble de toutes les for- 
mations ligneuses (tig 114^. 

On ne reconnaît plus Tassis-e génératrice. 

Il en résulte que l'ensemble présente un aspect tout parti- 
culier. On a un double anneau continu, formé dans sa partie 
interne (de beaucoup la plua épaisse) par le bois proprement dit 
(primaire et secondaire) et la zone périmédullaire, et, dans sa 
partie externe (la plus mince) par du sclérenchym-e péricyclique. 
De distance en distance, ce double anneau lignifié, d'origine 
complexe, présente des lacunes, plus ou moins irrégulières, qui 
sont remplies par des productions libériennes non modifiées. 

La zone périmédullaire est lignifiée, toujours formée de 
cellules polyédriques larges — formant plusieurs assises, plus 
nombreuses sous les faisceaux primaires — et à parois de moins 
en moins épaissies et lignifiées au fur et à mesure qu'on s'avance 
dans la moelle. Celle-ci est constituée d'éléments volumineux, 
irréguliers, à grands méats, et elle est lacunaire en son centre. 

2. — Bas. — L'épiderme est fortement cutinisé, formé de 
glandes cellules irrégulières, à grand diamètre transversal. Le 
collenchyme «st peu important. 

L'écorce est composée de très grandes cellules, de forme et 
de dimensions variables, et cellulosiques, formant cinq assises. 

L'endoderme et le péricycle sont cellulosiques sauf, pour 
c^ dernier, en face des faisceaux où il constitue des îlots sclé- 
renchymateux. 

Le bois forme un anneau continu très épais, constitué par 
des fibres à large ouverture, encastrant des vaisseaux également 
ti es larges (fig. 1151 I 'JT , | '# f «^ ^^ ' »■ "" ' ' 

Les faisceaux primaires montrent aussi des vaisseaux volu- 



— 290 — 

mineux, confluents à la base et reliés par de très petits vaisseaux. 
Le liber, peu épais, est en petits îlots très nombreux sur 
l'anneau de bois, donnant, à première vue, l'apparence d'un 
anneau libérien continu. La zone périmédullaire est lignifiée et 
conserve ses caractères ainsi que la moelle. 






^i'' 


FiG. 114 








y. y. 

'( ' f '' ^ V 


r - 




, ^ 


structure de la lige au 19 août (haut 


/ ( 




(lignification de l'écorce . 




FiG. 11"). — structure de la tige au 19 août (bas) 



— -94 - 

Les dimensions atteignent : 

Riiyon, 3 '7'" 3 ; 
Ecorce, o "\ '" 2 ; 
Liber, 66 a ; 
Bois, 300 1^ ; 

Moelle, 2 "'/'" 93. 

Résumé. — La structure, à ce stade, présente donc plu- 
sieurs caractères particulièrement intéressants. C'est, d'abord, 
l'épaississement, à peu près continu , de l'écorce, mais plus 
important aux angles (où il intéresse parfois sept ou huit 
assises), et sa légère lignification. C'est, ensuite, l'accroissement 
considérable du péricycle qui arrive presque à former un 
anneau continu. Puis, et surtout, la lignification de l'endo- 
derme. 

Enfin, le développement énorme du bois, qui atteint une 
très grande épaisseur (300 a), et la lignification du parenchyme 
libérien secondaire. 

Il résulte de ces modifications, que, depuis l'hypoderme 
jusqu'à la moelle, il existe toute une série de formations 
ligneuses, d'origine différente, ayant, évidemment pour but la 
consolidation de la tige que la lacune centrale, de plus en plus 
grande, affaiblit considérablement, d'autre part. Le fait 
saillant de cette structure réside donc dans la lignification pro- 
gressive et envahissante de la plupart des tissus de la tige. Il 
est à remarquer que, corrélativement pour ainsi dire, la moelle 
disparaît et le collenchyme diminue. 

g). — 10 septembre. — i, ^ Haut. — L'épiderme, formé 
de longues cellules, est complètement lignifié. Le collenchyme 
comprend cinq assises d'éléments très renforcés. 

L'écorce est réduite à une ou deux assises de très grandes 
cellules irrégulières à grand diamètre transversal. On n'y, voit 
plus d'oxalate. L'endoderme n'est pas lignifié. Le bois forme 
un anneau continu, relativement peu épais. Les faisceaux sont 



nombreux, très nets, formés de grands vaisseaux larges. Le 
liber est en îlots allongés, concaves vers l'extérieur. On ne dis- 
tingue pas l'assise génératrice. La zone périmédullaire est 
lignifiée aux régions fasciculaires et la moelle, lacunaire, est 
toujours formée de grandes cellules (fig. 117 . 

: . , ' FiG. 116 

;.' Structtire de la tige au lu 

septembre bas). 



Explication des Figures 



m 




Ep. — Epidémie. 

C. — Collenchyme. 

P. — i^éricycle. 

L. — Liber. 

V. — Vaisseaux du bois. 

/. ~ Zone périmédullaire. 

M. — Moelle. 

F. — Faisceau. 

S. — Sclérencliyme. 

0. — Oxalate de chaux. 



- 296 - 

2. — Bas. — L'épiderme est lignifié. Le collenchyme est 
peu important et l'écorce présente plusieurs de ses assises inter- 
nes épaissies et lignifiées. 

Les cristaux d'oxalate sont rares, mais de grandes dimen- 
sions. 




FiG. 117. — Structure de la tige au 10 septembre (haut). 



L'endoderme est lignifié et le péricycle forme un anneau 
scléreux continu. 

Le bois constitue un anneau continu très épais (316 [j. ) 
avec des fibres à faible ouverture et des vaisseaux larges, dis- 
posés en file. La zone périmédullaire est très lignifiée. La moelle 
présente une grande lacune centrale et des cristaux d'oxalate 
de. chaux, (fig. iib). 



— 297 — 

Les dimensions sont les suivantes : 
Rayon, 4 '" "' ; 
Ecorce, o '";'" 21b ; 
Liber, 83 p. ; 
Bois, 31b u. ; 
Moelle, ^ "'/"" 3^ ; 

Résumé. — En somme, on retrouve à la partie supérieure 
de la tige, la structure primitive, et, dans sa partie inférieure, 
celle de l'échantillon précédent. Le bois est seulement augmenté. 

RÉSUME GÉNÉRAL. — L'étude de la tige de Fagopyrum 
esculentuin, considéré à différents stades de son évolution, 
permet d'en suivre nettement le développement anatomique. 

Au début, les tissus sont à peine différenciés; on ne recon- 
naît guère que l'épiderme, l'écorce et la masse du cylindre 
central; aucun élément n'est lignifié, les faisceaux sont à peine 
marqués et sont représentés seulement par un méristème abon- 
dant. Un peu plus tard, l'endoderme et le péricycle s'accentuent 
et prennent leurs caractères typiques, en même temps que le 
bois et le liber se différencient en 4 faisceaux. 

L'assise génératrice apparaît et fonctionne activement. 

Puis l'écorce donne un hypoderme collenchymateux qui 
s'accroîtra de plus en plus. Les faisceaux se dédoublent, le 
bois se sépare en deux parties qui s'étalent et restent reliées par 
leur base, et le liber se scinde en deux îlots superposés aux 
formations ligneuses. 

L'assise génératrice se développe considérablement. Entre 
les faisceaux primaires, elle donne naissance, sur sa face exté- 
rieure à des îlots de liber, d'abord petits, puis de plus en plus 
grands et de plus en plus nombreux, et sur sa face interne à des 
vaisseaux de bois isolés qui se lignifient peu à peu et qui se 
groupent ensuite par deux, trois ou quatre, etc., de façon à 
former des faisceaux ligneux secondaires. 

Pendant ce temps, les cellules du parenchyme cortical 
augmentent de dimensions, l'épiderme s'épaissit et le péricycle. 



- 298 - 

qui a multiplié ses cellules, se sclérifie en îlots, superposés pal" 
deux aux régions fasciculaires primitives. 

La zone périmédullaire commence à se différencier, surtout 
sous ces mêmes régions, mais en restant cellulosique. 

A un stade encore plus avancé, le développement des tissus 
conducteur et de soutien continue et s'accentue. Tous les fais- 
ceaux, primaires et secondaires, sont reliés par du tissu ligneux 
de plus en plus épais. L'épiderme se cutinise et le péricycle 
forme des îlots surnuméraires de sclérenchyme situés au-dessus 
des amas de liber secondaire. 

Enfin, les cellules de l'écorce elles-mêmes se lignifient, de 
même que l'endoderme et le péricycle. L'assise génératrice dis- 
paraît et la lignification pénètre, progressivement, jusqu'à la 
périphérie du cylindre central; la zone périmédullaire se lignifie 
également. 

De telle sorte, qu'en définitive, certains éléments du liber 
subsistent, enclavés dans des formations ligneuses, constituées 
extérieurement par des assises internes de l'écorce, y compris 
l'endoderme, et par le péricycle, et intérieurement, par le paren- 
chyme libérien secondaire et le bois devenu très épais. Simulta- 
nément, l'épiderme s'est lignifié, et la moelle, formée de 
cellules irrégulières, très volumineuses, a presque disparu. 

A la partie inférieure de la tige, dont le diamètre s'est 
considérablement accru, le stéréome est représenté par le bois 
qui s'est énormément développé et qui assure la conduction 
dans toutes les ramifications. A la partie supérieure, il est repré- 
senté surtout par le péricycle qui y atteint des proportions 
beaucoup plus fortes qu'à la base; tandis que le bois, dont le 
rôle conducteur est, dans cette région, bien moins important, 
est beaucoup plus réduit. 



3. - Feuille 

a). — Cotylédons. — i. — Dans la graine. ^ On a vu, à 
propos de l'akène, que les cotylédons embryonnaires avaient 



- 29) - 

absolument la structure foliaire typique, mais encore peu diffé- 
renciée. On y trouve deux épidcrmes, un supérieur et un infé- 
rieur, et un parenchyme homogène et compact, au milieu duquel, 
de place en place, existent de petits amas d'un m.éristème actif 
qui donnera, plus tard, naissance à des nervures (tlg. 118 . 

b). — Déroulés. — Les cotylédons étalés sont formés d'une 
lame verte ou limbe, portant quelques nervures. 

L'épiderme supérieur est très net, formé de grandes 
cellules régulières, orientées transversalement et à parois verti- 
cales ; leur membrane extérieure est légèrement épaissie. 
Dessous est un tissu palissadique bien développé qui se continue 
par un parenchyme lacuneux irrégulier formé surtout de grands 
éléments plus ou moins arrondis, séparés par des méats peu 
volumineux. 

La nervure prnicipale, peu saillante extérieurement, est 
bien constituée. Le bois y est formé d'une trentaine de vaisseaux 
disposés sans ordre dans un parenchyme cellulosique, les gros 
vaisseaux, moins nombreux '8 à 10) sont situés vers la face 
inférieure. 

Le faisceau est un peu moins large à sa partie supérieure. 
Au dessous du bois, et séparé de lui par quelques grandes 
cellules polyédriques, se trouve le liber. Il est constitué par un 
arc bien développé qui recouvre toute la face supérieure dn bois 
et déborde même latéralement. Ses éléments se composent 
d'amas de petites cellules entourant de grands \aisseaux. 

L'ensemble du faisceau libéro-ligneux est entouré par de 
grandes cellules assez irrégulières, mais différentes de celles qui 
composent le mésophylle. Quant à l'épiderme inférieur, il est, 
au niveau de la nervure, fortement consolidé, ses membranes 
sont très épaissies, et l'externe est presque cutinisée. \ sa face 
interne, commence à apparaître du collenchyme. 

h). — Feuille. — La structure de la feuille du Fagofyrmn 
esciilentum n'a rien de bien particulier. Dans le limbe on 



tiouve un épiderme supérieur formé de cellules de dimensions 
variables, les unes petites, les autres grandes, orientées géné- 
ralement dans le sens transversal. Ses membranes sont peu 
épaissies. Dessous vient un tissu palissadique formé de très 
grandes cellules irrégulières, à parois plus ou moins rectilignes, 
et formant ordinairement deux assises. Ce tissu est bourré de 
grains de chlorophylle et les parois des cellules sont excessi- 
vement minces. 



F.G. 118. 

Slructure d'un cotylédon 

dan. s la "Taine, 




FiG. 119 et 120. — Structure de la feuille (nervure et limbe), au 15 juin. 

Puis se trouve le tissu lacuneux qui comprend de trois à 
quatre rangées d'éléments hétérogènes, d'assez grande taille 
et plus ou moins arrondis; la dernière assise -est un peu diffé- 
rente et se compose de cellules plus grandes, à grand diamètre 
radial. 

C'est dans ce parenchyme que se trouvent, en quantités 
parfois extraordinaires, des cristaux d'oxalate de chaux. 

L'épiderme inférieur n'est pas cutinisé; ses cellules sont 
plus petites que celles de l'épiderme supérieur. On y trouve des 
stomates assez abondants, avec des chambres sous-stomatiques 
volumineuses. 



La nervure principale est très importante et saillante à la 
face inférieure du limbe. A cet endroit, l'épiderme supérieur 
est formé de grandes cellules très irrégulières, et munies de 
longs poils coniques ; leurs membranes sont cellulosiques. 
Dessous vient un parenchyme abondant, formé d'éléments plus 
ou moins arrondis, assez homogènes et séparés par des méats. 
Le bois comprend de trente à quarante vaisseaux, à large ouver- 
ture, disposés irrégulièrement et séparés par un parenchyme à 
grandes cellules polyédriques 'fig. 21). 




Structure de la feuille au niveau 
d'une nervure. 



Le liber est très développé, très abondant, et paraît entou- 
rer complètement les formations ligneuses; il est parenchyma- 
teux et, comme dans le cotylédon, il est composé de petites 
cellules et grands tubes criblés. 

Sous le faisceau libéro-ligneux, dont l'ensemble est plus 
ou moins arrondi ou ovoïde (avec, dans ce cas, la partie la plus 
étroite vers la face supérieure), se trouvent quelques cellules de 
parenchyme auquelles succèdent plusieurs assises de collenchyme 
et un épiderme, dont les cellules sont à grand diamètre radial 
et qui ont leurs parois fortement épaissies, mais dépourvues de 
poils. 



4. — Pétiole 

Le pétiole du Fagopynim esculcntînn présente peu de 
différences dans ses parties supérieure, médiane et inférieure. 
Il présente une grande échancrure ventrale. 

L'épiderme est assez régulier, à cellules à grand diamètre 
radial, à parois épaissies et même parfois cutinisées. Dessous, 
se trouve un collenchyme abondant, à petits éléments arrondis, 
épais surtout aux deux angles ventraux, puis l'écorce, cons- 
tituée par plusieurs assises de cellules régulières, arrondies, 
cellulosiques, présentant entre elles de petits méats. Le tissu 
ccnjonctif est également composé de cellules arrondies. 




FiG. 122 
Structure du pétiole. 



On trouve ensuite, sur toute la périphérie, un certain nombre 
d( faisceaux libéro-ligneux (lo environ) symétriques, de dimen- 
sions décroissantes, de l'axe vers les extrémités; le bois est, 
naturellement, toujours tourné vers l'intérieur. Le nombre des 
faisceaux est d'ailleurs variable suivant l'âge, la position du 
pétiole et l'endroit de la coupe (plus nombreux à la base du 
pétiole qu'au sommet). 

A la face ventrale, assez loin de l'épiderme, se trouvent 
plusieurs faisceaux libéro-ligneux — de nombre et d'importance 
également variables — les uns dorsaux, les autres ventraux ; 
ceux-ci plus volumineux. Tous sont confluents. Un des faisceaux 



ventraux soment plus développé que les autres) est médian et 
situé dans le plan longitudinal du pétiole. 

Dans tous les faisceaux, on trouve un péricycle ordinai- 
rement cellulosique, mais qui est pourtant sclérifié, dans certains 
cas, dans les plus grands faisceaux. Le bois est formé d'élé- 
ments à large ouverture, et le liber est constitué de petits élé- 
ments. 

On trouve aussi, dans le pétiole, des mâcles d'oxalate de 
chaux. 

5. — Qchréa 

L'ochréa est une véritable ligule stipulaire et, par suite, 
présente nettement la structure foliaire. Il est formé d'un limbe, 
portant plusieurs nervures, dont une principale saillante. Ce 
limbe est très mince et presque réduit aux deux épidermes 
(tig. 124 . 





FiG. 123. — Structure d'un sépale. Fia. 124. — Structure de l'ocbréa. 



L'épiderme supérieur est constitué par de grandes cellules 
irrégulières, allongées tangentiellement et à membrane exté- 
rieure épaissie. Il ne porte pas de poils. Dessous vient un paren- 
chyme excessivement réduit et ne se composant que de une ou 
deux assises, sauf au voisinage des nervures où il est beaucoup 
plus important. On y trouve, disséminés, les faisceaux des 
nervures, qui sont assez développées ; le bois, formé de quelques 
vaisseaux 'parfois un ou deux seulement) petits et très ouverts, 
est tourné vers la face supérieure; le liber, également peu abon- 
dant, ne comprend que quelques tubes criblés. 

L'épiderme inférieur a des cellules plus petites que celles 
de l'épiderme supérieur et à grand diamètre transversal; leur 



— .104 — 

paroi externe est épaissie, surtout en face des nervures. Sous la 
nervure principale, on trouve des cellules collenchymateuses. 

L'ochréa renferme également des cristaux d'oxalate de 
chaux. 



B. — FAGOPYRUM EMARGINATUM 

1. — Racine. - La constitution et le développement ana- 
tomiques de la racine sont les mêmes dans cette espèce que dans 
la précédente. Les formations ligneuses y sont seulement un 
pieu plus importantes (fig. 123). 

2, ' — Tige. — a) 5 jt/in. — L'épiderme est légèrement cuti- 
nisé, formé de grandes cellules régulières, orientées transversa- 
lement. L'hypoderme est formé de deux assises de collenchymc 
mince, et l'écorce comprend quatre rangées de cellules arrondies, 
régulières, séparées par de petits méats. Les cristaux d'oxalate 
sont très rares (fig. 126). 





FiG. 120. 
Fie. 12.".. — Racine au 18 jui'let. Structure de la ti^e au 7^ juin (bas). 



Les faisceaux ligneux, au nombre de 4, sont très étalés et 
formés de nombreux petits vaisseaux, à large ouverture, formant 
un amas étiré, de trois ou quatre assises. Le bois secondaire 
forme un anneau continu, très mince, ne comprenant qu'une seule 
rangn^e de cellules complètement lignifiées. Le liber est dédoublé 
et très réduit. Il n'y a pas de sclérenchyme péricyclique, et la 
zone périmédullaire n'est pas différenciée. L'assise génératrice 
est nette et continue. La moelle, non lacunaire, est composée de 
grandes cellules, mi-arrondies, à très petits méats. Il n'y a pas 
d'oxalate. La différenciation, quoique faible encore, est cepen- 
dant plus avancée, à cette date, que dans le Fagopynnn escu- 
ientuni. En effet, ici, le parenchyme ligneux possède déjà une 
assise lignifiée, ce qui n'existait pas dans cette dernière espèce. 





Fia 127 et 128. — Structure de la tige au 15 et au 22 juin (bas). 



b) ./ juillet. — Haut. — L'épiderme, légèrement cutinisé, 
est formé de petites cellules uniformes, orientées transversale- 
ment ; il est dépourvu de poils. L'hypoderme comprend deux 
à trois assises de collenchyme assez épais, plus développé aux 
angles (8 assises), et le parenchyme cortical, très homogène, est 
formé de trois à quatre rangées de cellules polyédriques, sépa- 
rées par de très petits méats. Les cristaux d'oxalate sont peu 
nombreux. 

Les faisceaux de bois second^iires, très nombreux '27), sont 



— o</) — 

formés seulement de quelques vaisseaux, encore peu épaissis et 
parfois non encore lignifiés ; on en compte généralement un ou 
deux, parfois cinq ou six, les plus grands au-dessus des plus 
petits, qui leur sont accolés. Les faisceaux primaires compren- 
nent, au contraire, douze à quinze vaisseaux larges. Le liber 
forme de nombreux îlots, très nets, sur et entre tous les fais- 
ceaux ligneux primaires et secondaires. 

Le péricycle n'est pas sclérifié. L'assise génératrice est très 
nette, épaisse surtout au-dessus des régions fasciculaires ; et la 
zone périméd.uUaire n'est pas différenciée. La moelle, épaisse, 
iion lacunaire, est constituée par des cellules moyennes, demi- 
polyédriques, à très petits méats mtersticiels. 

Bas (fig. 129). — L'épiderme est constitué de petites cellu- 
les régulières, allongées et cutinisées. Il n'y a pas de collen- 
chyme, et les cristaux d'oxalate de chaux sont nombreux dans 
les grandes cellules allongées et irrégulières de l'écorce. Les 
faisceaux ligneux primaires, étales, sont confluents, et leurs 
grands vaisseaux sont reliés, à leur base, par d'autres, beaucoup 
plus petits. 

Le bois secondaire forme un anneau continu, de moyenne 
épaisseur, formé d'éléments très petits, beaucoup plus serrés et 
plus épais vers l'intérieur de l'anneau ; dans celui-ci, sont dissé- 
minés de larges vaisseaux disposés en files. Le liber, peu net, 
paraît continu et mince. 

Le péricycle commence à se sclérifier, et forme, sur chaque 
production libérienne, un petit îlot de quelques fibres (6) petites, 
mais épaisse.s. La zone périmédullaire commence également à 
se diftérencier et comprend une assise continue de grandes cel- 
lules polyédriques en voie de lignification sous les faisceaux. 

La ip.oelle est lacunaire en son centre, et formée de cellules 
à demi-polyédnques. 

Résumé. — A ce stade du développement, le sclérenchyme 
e.'t donc beaucoup moins important dans cette espèce que dans 

la précédente, Les autres tissus sont semblables, ' 



c) là' jinLlrt. — H. .'Ht. — L'épidermc, fori;:^: de cellules ré- 
f,^ulières, est bien cutmisé. Au-dessous, on trouve deux à trois 
rangées de collenchyme >rpais, et le parench)Mie cortical com- 
prend deux à trois assises de grandes cellules ir-égulières, allon- 
gées transversalement. On n'y rencontre que peu d'oxalate. L'en- 
doderme commence, par endroits, à se lignifier ; et le péricycle 
est presque complètement sclérifié parfois 5 à 6 assises). Les 
faisceaux, distincts encore par leur face interne, sont très nom- 
l^reux '40) ; le parenchyme ligneux forme un anneau continu 
mince, à cellules larges dans les régions interfasciculaires, et 
très étroites ec serrées dans les faisceaux. Le liber secondaire 
constitue de très nombreux îlots étalés, très nets, sur tous le? 
faisceaux ligneu.x, et son parenchyme est lignifié. Ils sont entou- 
rés par l'endoderme, le parenchyme libérien, lignifiés, par le 
parenchyme ligneux et, souvent, par le péricycle sclérifié. Mais 
celui-ci ne forme pas un anneau continu, et certains îlots de liber 
ne sont pas surmontés de l'are scléreux qui couvre tous les au- 
tres. Ce sclérenchyme péricyclique forme des îlots étalés, con- 
vexes vers l'extérieur, surmontant, généralement, les productions 
libériennes. 




FiG. 129 

Structure de la tige au 4 juillet 

(bas). 



L'assise génératrice est lignifiée. La moelle présente une 
grande lacune centrale, et des cellules plus ou moins polyédri- 
ques 



— 3oa — 

Résiwic. — A cet état, toutes les formations ligneuses sont 
développées et la lignification de l'endoderme est plus avancée 
que dans le Fagopymm escidentum. 



d) 10 septembre. — Haut (fig 130). — La structure est la 
même qu'au 18 juillet; l'anneau de bois est seulement plus épais 
.'6 à 10 assises). 




Fig. 130. — Structure de la lige au 10 septembre (haut). 



Bas. — La constitution anatomique de la base de la tige est 
semblable, mais la zone périmédullaire y est plus différenciée 
tncore, le bois a la même épaisseur. La lignification de l'endo 
derme est complète et celle du parenchyme libérien secondaire 
est également beaucoup plus avancée. Tous les îlots de tubes 
criblés, restés cellulosiques, sont recouverts entièrement par le 
sclérenchyme péricycle, qui forme un anneau continu. 



— jog — 

Résumé. — A cette époque, la structure est la même qu? 
dans l'échantillon précédent, mais le développement et la ligni- 
fication y sont plus avancés. En somme, la constitution anato- 
mique de la tige du Fagopyrum emar ginatum est très peu diffé- 
rente de celle du Fagopyrum esculentum. La lignification y est 
généralement plus avancée, mais le péricycle se sclérifie plus 
tardivement. Les cristaux d'oxalate de chaux sont plus rares. 





FiG. 131 
Structure de la feuille au 4 juillet. 



FiG. i;J2 
Structure d'un cotvlédon 



3 Feuilles ;fig. ni). Les cotylédons ont la même struc- 
ture foliaire caractéristique 'fig. 132). 




FiG. 133 et 131 



Structure de la feuille lô juin , limbe et nervare. 



4- juillet. La face supérieure de la nervure porte quel- 
ques poils volumineux. Cette région possède un faisceau dédou- 
blé, circulaire, plus grand à la face inférieure, où se trouvent 
également les vaisseaux les plus volumineux. Le limbe présente 
un tissu palissadique très large, à la limite inférieure duquel 
sont localisées de nombreuses mâcles d'oxalate de chaux. 

10 septembre. — On trouve deux faisceaux distincts, mais 
rapprochés ; le plus grand situé vers la face inférieure et com- 
prenant neuf grands vaisseaux ; le plus petit situé vers la face 
supérieure et comprenant quatre à cinq grands vaisseaux. Les 
cristaux d'oxalate, très volumineux, sont excessivement nom- 
breux. Le collcnchyme est épais. 

Résumé. — La morphologie interne de la feuille du Fago- 
pyrum emarginaium est donc semblable à celle du Fagopyrum 
cscnlentum. 



G. — FAGJPYRUM TATARIGUM 

1. — Racine. — La structure fondamentale de la racine 
est la même que dans les espèces précédentes. On y trouve, éga- 
lement et primitivement, la disposition quaternaire des fais- 
ceaux, puis la lignification progressive et rapide du conjonctif 
jusqu'au centre (fig. n=.). 

2. - — Tige. — Les cellules sont, d'une façon générale, beau- 
coup plus petites que dans les espèces précédentes. 

(i) 5 juin. — L'épiderme, pourvu de poils, est formé de cel- 
lules très régulières, légèrement épaissies. L'h)poderme com- 
prend deux assises de collenchyme, et l'écorce, deux à quatre 
rangées de grandes cellules arrondies, à petits méats. Les cris- 
taux d'oxalate sont nombreux. 



Les faisceaux ligneux sont au nombre de 4, très (étalés, com- 
prenant douze vaisseaux 6 de chaque côté). Le bois secondaire 
forme un anneau continu, très mmce, ne comprenant, en effet, 
qu'une assise de petites cellules, sauf entre les deux portions 
d'un même faisceau, où il se compose de trois à quatre assises 
environ. 





FiG. 135 
Structure de la racine 4 juillet . 



FiG. 13G et 137 
«Structure de la tige au 5 juin et 
•Jl' juin. 



. Le liber est dédoublé et formé de deux îlots au-dessus de 
chaque faisceaux ligneux. Le péricycle est déjà différencié, et 
forme, au-dessus de chaque liber, un amas de sclérenchyme, 
composé de six fibres, placées sur un seul rang ou sur deux. 

La zone périmédullaire comprend une assise de grandes 
cellules régulières, lignifiées ; et la moelle est constituée par de 
grands éléments polyt'driques et n'est pas lacunaire. 

RésitJiiê. — La différenciation parait plus hâtive dans cette 
espèce. A cette date, le péricycle est déjà sclérifié sur les fais- 
ceaux et la zone périmédullaire lignifiée. De plus, l'épiderme 
est pilifère. 



./ juilleL -- Haut. — L'épiderme, pourvu de poils, est très 
net, cutinisé, et formé de grandes cellules à grand diamètre 
transversal. 

Le collench}me forme des amas de 3-5 assises de cellules, 



petites, mais très épaisses, et l'écorce est constituée de 3 à 4 ran- 
gées d'éléments réguliers et plus ou moins polyédriques, légère- 
ment épaissis. Il y a peu d'oxalate de chaux. Les faisceaux li- 
gneux secondaires sont très nombreux (22), et composés généra- 
lement de 3-4 vaisseaux, 2 grands écartés et un ou deux petits 
au milieu. Ils ne sont pas réunis par du parenchyme ligneux. 





FiG. 138 et 139. — Structure de la tige au 4 juillet (haut et bas). 

Le liber forme de très nombreux îlots allongés, situés au- 
dessus de chaque faisceau de bois primaire et secondaire et 
entre ceux-ci ; on trouve parfois trois îlots de liber entre deux 
faisceaux de bois consécutifs. 

La zone périmédullaire commence à se différencier aux ré- 
gions fasciculaires. 

La moelle, très grande, présente, en son centre, une très 
petite lacune et se compose de cellules polyédriques, régulières, 
.\ petits méats. On y trouve des mâcles d'oxalate de chaux. 



Bas. — L'épiderme, pourvu de poils, est cutinisé. Sous lui, 
.se trouvent trois assises de collenchymc, puis deux rangées de 
cellules arrondies, constituant le parenchyme cortical, dans le- 
quel sont répartis d'abondants cristaux d'oxalate. 

Le bois secondaire forme un anneau continu assez épais. On 



ne voit pas de péricycle sclénfié. La zone périmédullaire est bien 
différenciée sous les faisceaux, et la moelle, lacunaire, contient 
de l'oxalate de chaux. 

i8 juillet. — Haut. — L'épiderme est semblable. Le collen- 
chyme est encore épais et l'écorce peu développée. Les cristaux 
d'oxalate sont rares. 

Les faisceaux ligneux sont nombreux, mais ne comprennent 
fiarfois qu'un seul vaisseau, quoique, ordinairement, ils en aient 
3 ou 4, deux grands supérieurs et deux petits inférieurs. Le liber 
torme de très nombreux îlots à petits éléments. Le péricycle 
n'est pas sclérifié. La zone périmédullaire, non lignifiée, est bien 
différenciée. 




FiG. 140 

Structure d'un cotylédon 

lau 5 juin). 



Bas. — L'épideime, pilifère, est bien cutinisé et ihypoderme 
comprend deux assises collenchymateuses. 

L'écorce est formée de grandes cellules ovales, remplies de 
cristaux d'oxalate. Le bois forme un anneau très épais, à élé- 
ments très petits et nombreux, à lumen étroit, et dans la massr? 
desquels sont disséminés de larges vaisseaux. 

Le liber est en petits ilôts, si nombreux qu'ils se touchent 
presque. 



- OI4 - 

Le péricycle est à peine sclérifié. La zone perimédullaire 
forme un anneau lignifié, plus développé et très net sous les 
faisceaux. 

La moelle, constituée par des cellules plus ou moms arron- 
dies, à petits méats, présente une petite lacune et contient de 
nombreux cristaux d'oxalate de chaux. 

Feuille. — An 5 juin. — Le coUenchyme est peu épais 
■2 assises), le liber assez développé, le bois comprend 5 grands 
vaisseaux et 18 à 20 petits. Les cristaux d'oxalate sont nom- 
breux. 

Au ^ juillet. — L'épiderme du limbe n'est pas cutinisé, le 
tissu palissadique comprend 2 assises de cellules allongées et 
irrrégulières. Aux nervures, le collenchyme est assez épais (4 as- 
sises) et on trouve fréquemment 2 faisceaux, le plus petit vers 
la face supérieure. 

Aîi iS juillet. — Les caractères sont les mêmes, le collen- 
chyme est seulemnt plus développé. 



D. - FAGOPYRUM STENOCARPA 

1. — Racine. - La constitution anatomique de la racine du 
Fagopyruin .'stenocarpa est semblable à celle du sarrasin de Ta- 
tarie. 

2. — Tige. - La structure de la tige, à cette date, est la 
même que celle du Fagopyrurn tataricurn. On y trouve un épi der- 
me pubescent, légèrement épaissi, à cellules à grand diamètre ra- 
dial, un hypoderme formé de deux ou trois assises collenchyma- 
teuses et une écorce à trois rangées de cellules petites, arrondies, 
contenant des cristaux d'oxalate de chaux, assez nombreux à la 
partie interne. 



Il y a quatre faisceaux de bois primaire, à deux portions con- 
fluentes, composées de 3 grands vaisseaux, extérieurs, et 7 petits 
Entre ces faisceaux, quelques vaisseaux de bois secondaire com- 
mencent à se différencier. Le liber, très net, est dédoublé en face 
du bois, et concave vers la partie supérieure. Au-dessus de lui, le 
péricycle est sclérifié et comprend 5 fibres larges, très peu ligni- 
fiées. L'assise génératrice est très nette. 





FiG. 141 
Structure de la racine (18 juillet). 



FiG. 142 
Structure de la tige (.' juin). 



La zone périmédullaire n'est pas différenciée; elle est formée 
de grandes cellules polyédriques et commence à s'épaissir aux 
régions fasciculaires. La moelle est constituée de grands élé- 
ments, irréguliers, à assez grands méats. On n'y trouve pas d'o- 
xalate. 



./ juillet. — Haut. — L'épiderme cutinisé, pourvu de poils 
nombreux, est composé de cellules à grand diamètre transver- 
sal. Le collenchyme forme 3 à 4 assises d'éléments petits, mais 
très renforcés ; l'écorce comprend trois rangées de cellules ré- 
gulières, demi-polyédriques, à petits méats. Les mâcles d'oxalate 
sont rares. 

L'endoderme est très net, et formé de grandes cellules ré- 
gulières. Les faisceaux ligneux secondaires sont nombreux ^19), 



— 3i6 — 

formés de 2 à 3 vaisseaux larges, parfois d'un seul. Le liber est 
composé de très nombreux îlots épais, à cellules très petites, 
situés au-dessus des faisceaux et répartis entre eux. On ne voit 
pas de sclérenchyme péricyclique. 





V d 



FiG. 143 et 144. 

Structure de la tige (bas) au 15 et au 22 juin, 
\ ' 

\ ■ 

La zone périmédullaire est différenciée aux régions fasci- 

culaires. La moelle est formée de cellules polyédriques, régu- 
lières, moyennes, et contient de nombreux cristaux d'oxalate de 
chaux. 



Bas. — L'épiderme est bien cutinisé, le collenchyme peu 
épais, et l'écorce formée de grandes cellules contenant quelques 
cristaux d'oxalate. 

Les faisceaux ligneux sont nombreux {22) et le parenchyme 
ligneux forme un anneau continu épais, contenant des vaisseaux 
larges. 

Le liber se compose d'îlots très nombreux, formant presque 
un anneau continu, mais très mince. 

Le sclérenchyme péricyclique est peu développé, et ne com- 
prend que quelques fibres très petites. La zone périmédullaire 
est bien différenciée aux régions fasciculaires. La moelle, formée 
de grandes cellules arrondies, à petits méats, contient de nom- 
breux cristaux d'oxalate et présente une petite lacune. 



10 septembre. — Haut. - L'épiderme est bien cutinisé, à 
cellules orientées transversalement. Il y a trois assises collenchy- 
mateuses. L'écorce est parfois lignifiée et contient des mâcles 
d'oxalate (fig. 143J. 




FiG. 14.-.. 
Structure de la lige (haut au lo septembre. 

Les faisceaux ligneux sont très nombreux, à 3-4 vaisseaux, 
parfois un seul. L'anneau de bois secondaire est continu mais 
très mince (2, 3 assises). 

Le liber, constitué de cellules très petites, se compose de 
grands îlots, nombreux, surmontés d'un arc de sclérenchyme pé- 
ricyclique, qui rejoint le parenchyme libérien secondaire lignifié 
Parfois cet arc n'est pas complet. La zone périrîiédullaire est 
bien différenciée sous les faisceaux. La moelle, à cellules polyé- 
driques, très régulières, est grande et lacunaire en son centre. 



Bas. 



L'épiderme est très cutinisé et l'écorce, formée de 



— 3i8 — 

cellules allongées transversalement, contient des cristaux d'oxa- 
late de chaux. Le bois secondaire forme un anneau très épais, et 
compact, contenant de larges vaisseaux. Le liber est peu net et 
surmonté d'un arc de sclérenchyme peu important. 

La moelle, petite, présente une grande lacune et contient 
des cristaux d'oxalate de chaux. 




FiG. 146, 147, 148. 
Structure de la feuille au 4 juillet, IS juillet et 10 septembre. 

Feuille. ^— Au ^ juillet, les caractères du limbe sont 
semblables à ceux du Fagopyrum tataricuin. Aux nervures, on 
trouve parfois i, parfois jusqu'à 3 faisceaux, le plus grand vers 
la partie inférieure. 

Il en est de même au 10 septembre. Les cristaux d'oxalate 
sont très nombreux (fig. 148). 



B. - VARIATIONS DE LA STRUCTURE 



1. — Influence de la, nature du sol 

Les variations de la nature du sol, en modifiant les condi- 
tions biologiques de la végétation, ont une influence, qui a été' 
maintes fois constatée, sur le développement et la morphologie 
externe des plantes. 

Il est naturel de penser qu'elles doivent agir également sur 
leur morphologie interne, mais cette action n'a pas encore, je 
crois, été étudiée. 



- 3i9 - 

J'ai donc examiné la constitution anatomique des divçrss 
espèces de Fagopyrum, cultivées, ainsi qu'il a été expliqué pré- 
cédemment, dans des sols divers : sable, argile et terreau. Les 
quelques différences — d'ailleurs assez faibles • — que j'y ai 
trouvées, étant à peu près de même sens et semblables dans les 
quatre espèces, je me bornerai, pour réduire cet exposé déjà long, 
à décrire celles qui se rapportent au Fagopyrum escidentiim, 
considéré le i8 juillet 

Argile. — Haut. — L'épiderme est composé de grandes 
cellules régulières, à grand diamètre transversal et peu cutini- 
sées. 

Le collenchyme comprend quatre assises très nettes d'élé- 
ments arrondis et très renforcés, et l'écorce est formée de trois 
rangées de cellules régulières, polyédriques, sans méats. On n'y 
voit pas d'oxalate. 

Les faisceaux de bois sont nombreux '^25) et composés de 
I à 3 vaisseaux qui ne sont pas encore tous lignifiés ; il n'y a 
pas d'anneau ligneux. 

Le liber est formé de nombreux îlots, situés sur les fais- 
ceaux et entre eux, et se rejoignant presque en un anneau. Il n'y 
a pas de sclérenchyme péricyclique. La zone périméduUaire est 
différenciée aux régions fasciculaires, mais non lignifiée. La 
moelle, sans lacune, est formée de grandes cellules polyédriques, 
à petits méats. 

Les dimensions sont les suivantes : 

Rayon, 2 "Y"" 083 ; 

Ecorce, 166 [x ; 
Liber, 150 a; 

Bois, 50 [j ; 

Moelle, I "/" 716. 

Bas. — L'épiderme est composé de cellules allongées, régu- 
lières, peu cutinisées, et le collenchyme par des cellules très 
^^randes. irrégulières, mais peu épaisse? et ne formant que deux 



assises. L'écorce comprend trois rangées de grands cléments ir- 
régiiliers, à petits méats. On n'y trouve que très peu d'oxalate. 
Les faisceaux primaires, nets, sont formés de deux portions 
confluenLes, mais très écartées l'une de l'autre et réunies, en bas 
par de petits vaisseaux, en haut par du parenchyme lignifié. Les 
faisceaux secondaires sont peu importants. Il existe un anneau 
ligneux, continu mais peu épais (4 assises entre les faisceaux) 
à larges éléments. Des vaisseaux larges y sont disséminé^?. 




FiG. 149. 

Structure de la tige (bas, 

18 juillets 

dans l'argile. 



Le liber est comme étiré, mais il est régulier et formé de 
petits éléments. Le sclérenchyme péricyclique forme deux îlots 
étalés au-dessus de chaque faisceau de bois primaire, les fibres 
ont un grand lumen. 

La moelle, très lacunaire, est formée de très grandes cellu- 
les arrondies. Les dimensions sont les suivantes : 
Rayon, 3 ™/'° 516 ; 
Ecorcc, o "V" 5^3 ; 
Liber, 66 |x ; 
Rois, 266 <j.[ 
Moelle, 2 "Y"" 60, 



Sable. — Haut. - - L'épiderme est formé dt cellules allon- 
g-ées et très bien cutinisées. L'hypoderme comprend deux assi- 
ses collenchymateuses à peine renforcées, et le parenchyme 



cortical est composé de 



igées de grands éléments ovales, 



à assez grands méats. On y trouve quelques mâcles d'oxalate. 

L'endoderme est lignifié. 

Les faisceaux sont confluents et formés d'un petit nombre 
de vaisseaux ; et il existe un anneau de bois épais et continu 
12-15 assises), contenant peu de vaisseaux. Le liber forme 
8 îlots, disposés 2 par 2, au-dessus de chaque faisceau ligneux 
primaire et surmontés chacun d'un arc de sclérenchyme péricy- 
clique, très développé, à grandes fibres. 



FiG. 150. 

Structure de la tige (bas, 

18 juillet , 

dans le sable. 



La zone périmédullaire est entièrement lignifiée ; et la 
moelle, très lacunaire, est formée de grandes cellules irré- 
gulières, sans oxalate de chaux. 
Les dimensions atteignent : 
Rayon, 2 "Z'" 80 ; 
Ecorce, 350 \). ; 
. Liber, 66 fi ; 
Bois, 366 [x. ; 
Moelle, 366 [X ; 
Lacune, i "/" 650, 




Bas. — L'épidermc, formé de cellules allongées, plus pe- 
tites que dans l'argile, est très cutinisé. Dessous, se trouvent deux 
assises collenchymateuses, à grands éléments peu épais, et 2 à 
3 rangées de très grandes cellules corticales, plus ou moins ar- 
rondies, contenant, en assez grand nombre, de volumineux cris- 
taux d'oxalate de chaux. Les assises internes et l'endoderme se 
lignifient. 

L'anneau de bois est épais (une douzaine d'assises) ; le 
liber est irrégulier et formé de nombreux petits îlots. Le sclé- 
renchyme péricyclique est moins étalé, mais plus épais que dans 
l'argile ; le lumen des fibres est plus petit. La zone périmédul- 
laire est bien marquée et lignifiée sur tout le pourtour du paren- 
chyme ligneux. 

Terreau. — Haut. — Les caractères sont à peu près les mê- 
mes que dans l'argile. L'épiderme n'est pas cutinisé, à cellules 
régulières orientées transversalement. Il y a quatre assises de 
collenchyme assez épais ; le parenchyme cortical est peu déve- 
loppé (2 assises). On compte 26 faisceaux de bois ; la moelle, 
non lacuneuse, est très grande. Les dimensions sont les sui- 
vantes : 

Rayon, 2 ""/^ 033 ; 

Ecorce, 116 (x ; 

Liber, 100 [j^ ; 

Boi.s, 200 [x; 

Moelle, I "/" 61Ô. 

Bas. — L'épiderme est composé de cellules très allongées; 
et peu cutinisées. Le collenchyme est assez épais, et l'écorce com 
prend trois rangées de cellules assez irrégulières. Les cristau.K 
d'oxalate sont peu abondants. 

Le bois forme un anneau continu très épais, à éléments as- 
sez larges et à vaisseaux peu nombreux. Le liber paraît continu. 
Le sclérenchyme péricyclique est peu important ; il est com- 
posé de 8 îlots, comprenant chacun 8 à 10 fibres assez épaisses. 
La zone périmédullaire est peu lig-nifiée. 



Les dimensions atteignent : 
Rayon, 3 ""/"^ 550 
Ecorce, o "Y" 500 ; 
Liber, 1 16 [x; 
Bois, 916 a; 
Moelle, 2 ■"/"' 016. 




FiG. 151. 
Structure de la tige (bas, 18 juillet), dans le terreau. 

Résumé. — Tout en conservant ses caractères essentiels, la 
structure du Fagopyrmn est donc différente suivant la nature du 
sol dans lequel la plante a été cultivée, ainsi qu'on peut s'en ren- 
dre compte par l'exposé précédent, par le tableau suivant qui 
rapproche les dimensions des tissus, et par les figures ci-contre : 



- 024 — 





Argile 


Sable 


Terreau 




Haut 


Bas 


Haut 


Bas 


Haut 


Bas 


Ravon 


2 083 
UG 
150 
50 

1.716 


3.516 

583 

66 

266 

2.600 


2.800 
350 

3()6 
2.016 


" 


2.033 

. 116 

100 

200 

1.616 


3.550 


Ecorce 


500 


Libei'(l) 

Bois 


116 
916 


Moelle (2) 


2.016 



Au sommet de la tige. — Dans le sable, l'épiderme est plus 
cutinisé, le collenchyme moins développé, le sclérenchyme pén- 
cycle plus important ; le bois beaucoup plus abondant. En 
somme, dans ce milieu, les formations ligneuses, les tissus de 
soutien sont bien plus développés que dans les autres terrains. 
Dans l'argile et le terreau, les caractères sont à peu près sembla- 
bles. 

Ail bas de la tige. — Dans l'argile, le bois et le sclérenchy- 
me sont peu importants, les vaisseaux et les fibres sont large^î, 
à grande ouverture ; dans le sable, au contraire, le stéréome est 
plus développé, les assises internes de l'écorce sont même ligni- 
fiées, le bois plus épais, le lumen des fibres et des vaisseaux est 
plus étroit. Dans le terreau, la lignification n'atteint que l'an- 
neau de bois qui est très épais, mais, par ailleurs, les tissus de 
soutien sont moins importants. Dans le sable, les cristaux d'oxa- 
iate de chaux sont plus nombreux et plus volumineux que dans 
les autres milieux. 

En résumé, dans le sable, la lignification est plus avancé.^ 



(1) Liber -f- assise généra tricp. 

(2) Moelle + lacune. 



et plus intense que dans l'argile et le terreau et dans ce dernier 
terrain, le bois secondaire est plus développé que dans l'argile. 



2. — Influence de la nutrition (Engrais) 

Les variations dans la nutrition minérale des plantes ont 
un retentissement profond sur leur évolution, les rendements 
qu'elles fournissent, leurs fonctions, leur morphologie externe 
et interne. 

Leur influence, étudiée par de nombreux auteurs, est au- 
jourd'hui admise comme certaine, bien qu'on ne soit pas encore 
parfaitement renseigné sur l'action propre à chaque élément 
minéral. 

En ce qui concerne le Fagopyrum, les recherches de cet or- 
dre sont plus rares et on ne peut guère citer que celles de 
Nobbe, Schœder et Erdmann sur l'action de la potasse, celles d:^ 
Dassonville sur le rôle de certains sels, et celles de Solacolu sur 
l'influence de la potasse, du fer et du phosphore. Je rappellerai, 
au début de ce chapitre, les résultats obtenus par ces quelques 
observateurs ; mais on sait qu'ils sont très différents les uns des 
autres, et parfois opposés. 

Ces contradictions légitiment à elles seules de nouvelles 
études. Mais, d'un autre côté, les expériences dont il vient d'ê- 
tre question paraissent avoir eu surtout pour but de fixer un 
point important de physiologie végétale, elles reposaient sur des 
cultures en solutions aqueuses et l'emploi de sels purs et spé- 
ciaux, assez rarement utilisés en agriculture. 

C'est pourquoi j'ai crû nécessaire, dans cet essai de mono- 
giaphie du sarrasin, de reprendre ces recherches, mais en res- 
tant dans les conditions mêmes de la pratique culturale, c'est- 
à-dire en opérant sur des plantes cultivées en pleine terre par 
les moyens habituels, avec les engrais couramment employés. 
La précision scientifique était peut-être ainsi en partie sacrifiée, 
mais elle l'était au profit de l'intérêt agricole qui devait rester 
l'objectif principal de ce travail. 



— o26 — 

C'est donc sur les échantillons prélevés dans les cultures 
avec engrais différents (^nitrate de soude, chlorure de potas- 
sium, superphosphate, du commerce, seuls ou combinés) décrites 
dans un autre chapitre, que j'ai examiné les variations de la 
structure du Fagopynmi. 

RésidUats des travaux antérieurs. — Nobbe, Erdmann et 
Schœder, dans leurs travaux sur le (( Rôle physiologique du po- 
tassium dans les végétaux », se sont bornés, au point de vue ana- 
tomique, à rechercher la répartition de l'amidon dans les divers 
organes du Fagopyrum taiaricum. Celui-ci était cultivé, soit dans 
des solutions aqueuses contenant de la potasse sous différents 
états (azotate, chlorure, etc.), soit dans des liquides où cet élé- 
ment était remplacé par de la soude ou de la lithine. 

Leurs principales conclusions admettent : i ° « que les 
grains de chlorophylle n'engendrent d'amidon autochtone que 
sous l'influence de la potasse, quelle que soit, d'ailleurs, la forme 
sous laquelle cette base se présente » ; 2° que le chlorure de po- 
tassium est la combinaison de potassium la plus favorable à la 
végétation du sarrasin ; 3° que la soude et la lithine ne peuvent 
pas remplacer la potasse. 

Dassonville a étudié l'action d'un certain nombre de sels 
sur la forme et la structure des végétaux, mais il ne décrit la 
constitution anatomique du sarrasin que sur des plantes venues, 
d'une part dans l'eau distillée et, d'autre part, dans la solution 
cie Knop. Il trouve, pour le Fagopynmi comme pour les autres 
genres qu'il a examinés, que la présence des sels retarde la sclé- 
rification et augmente le nombre et le diamètre des vaisseaux. 
On sait que certaines de ses conclusions générales sont en con- 
tradition avec les notions culturales généralement adoptées, 
particulièrement celles où il admet que <( c'est la potasse qui re- 
tarde la différenciation des éléments de soutien et que ce retard 
peut être considérable au point d'être la cause de la verse chez 
les graminées (page 372), et celle où il dit qu'en sol naturel, l'a- 
zotate de soude est un sel nuisible. 

Or, non seulement, ces faits sont opposés à de nombreuses 



constatations agricoles, mais encore ils ont été infirmés en 
partie par les recherches plus récentes de Solacolu. 

J'exammerai successivement la structure, à différentes da- 
tes, du Fagopyrum escidentum, cultivé avec des engrais diffé- 
rents. 

5 a. — TÉMOIN. — 75 juin. — Haut. — L'épiderme est légè- 
rement cutinisé, formé de cellules moyennes à grand diamètre 
radial. Il y a trois assises de collenchyme assez épais, et trois 
rangées de cellules corticales, arrondies, moyennes, régulières, 
séparées par d'assez grands méats. Les cristaux d'oxalate de 
chaux sont assez abondants. 

Les faisceaux ligneux secondaires sont nombreux (21), à 
deux ou trois vaisseaux larges. Le péricycle n'est pas sclérifié. 

Le liber forme des ilôts nombreux, larges, à éléments pe- 
tits. La zone périm.édullaire est différenciée sous les régions 
fasciculaires, mais non lignifiée. La- moelle est constituée par de 
grandes cellules, demi-polyédriques, régulières, et contient des 
mâcles d'oxalate. Elle n'est pas lacunaire. 

Bas. — Epiderme à grandes cellules allongées, non cuti- 
nist!. Une seule assise de collenchyme, trois à quatre rangées de 
grandes cellules corticales, arrondies. Cristaux d'oxalate moins 
nbfjndants, mais plus volumineux. 

Quatre faisceaux ligneux primaires étirés, écartés, con- 
fluents et reliés à leur base par de petits vaisseaux. Entre cha- 
cun d'eux, se trouvent un ou deux vaisseaux non lignifiés. 

Le bois secondaire forme un anneau continu, mais non li- 
gnifié. Le liber forme de nombreux petits ilôts, peu nets. Il n'y 
a pas de sclércnchyme péricyclique. La moelle n'est pas lacu- 
naire. 

6 .a. — Superphosphate de chaux. — Haut. — Epiderme à 
cellules régulières, à peine cutinisées. Collenchyme à deux assi- 
ses épaisses. Oxalate de chaux abondant. 

Faisceaux de bois primaires nets, confluents, composés de 
neuf à dix vaisseaux, dont 6 grands. Les faisceaux secondaires 



comprennent de trois à quatre vaisseaux. Le ptricycle n'est pas 
sclérifié. Le liber est dédoublé et la moelle, à grandes cellules 
polyédriques, contient des mâcles d'oxalate. 

Bas. — Quatre faisceaux ligneux primaires peu développés 
(4 grands vaisseaux et 3 petits). Entre eux, se trouvent quel- 
ques vaisseaux isolés, déjà lignifiés. 

Le liber est dédoublé. Pas de sclérenchyme péricyclique. 
Zone périmédullaire non différenciée. Moelle à grandes cellules 
demi-polyédriques et à oxalate de chaux abondant. 

6 b. — Chlorure de -potassium. — Bas. — Epiderme à gran- 
des cellules allongées, très peu cutmisées. Une ou deux assises 
de collenchyme ; écorce à grandes cellules ovales, oxalate peu 
abondant. 

Faisceaux ligneux secondaires nombreux ; ébauche d'un 
anneau de bois, non encore lignifié. Le péricycle sclérenchyma- 
teux apparaît et comprend 3 à 4 fibres à peine lignifiées. La 
moelle ne contient pas de mâcles d'oxalate. 

7 cl. — Engrais complet. — Décrit précédemment. 

'] b. — Chaux. — Bas. — Epiderme à grandes cellules al- 
longées, peu cutinisées. Deux assises de collenchyme peu épais 
Ecorce à très grands éléments. Les cristaux d'oxalate de chaux 
sont volumineux, mais peu abondants. 

Sur chaque formation libérienne primaire existe un îlot de 
sclérenchyme péricyclique, net, formé de 5 fibres peu épaisses. 

Le bois secondaire forme un anneau continu, peu épais (5, 
6 assises) à peine lignifié. Le liber secondaire mince est très étalé 
et forme de nombreux petits îlots. La moelle est lacunaire et 
formée de très grandes cellules, demi-polyédriques. 

Résumé ■■- Au 15 juin (la plante n'a que 2 à 3 feuilles), il 
existe déjà des différences dans la structure des plantes des di- 
verses parcelles. Le collenchyme est plus développé dans le té- 



— 02Q — 

moin, avec la chaux et avec le superphosphate. Les cristaux 
d'oxalate sont plus abondants avec l'engrais phosphaté et le 
témoni, et plus volumineux avec l'engrais calcique. La lignifica- 
tion est plus avancée avec la chaux, puis avec le superphos- 
phate. 

Le péricycle n'est sclénfié qu'avec la chaux et commence 
a"ec le chlorure de potassium. La moelle est lacunaire dans la 
parcelle 7 b. 

_/ juillet. — 5 a. — Haut. — Epiderme légèrement cutmisé, 
à grandes cellules régulières. Deux ou trois assises de collen- 
chyme, et deux de parenchyme cortical. 

Une trentaine de faisceaux de bois, secondaires, à 3-4 vais- 
seaux larges ; il se forme un anneau ligneux. Le liber comprend 
de nombreux îlots. 

Il n'y a pas de sclérenchyme péric\'clique. La zone périmé - 
dullaire est différenciée aux régions fasciculaircs. La moelle est 
lacunaire, avec très peu d'oxalate. 

Bas. — Epiderme à grandes cellules allongées, légèrement 
cutinisées. Une seule assise de collenchyme ; écorce à 3 rangées 
de grandes cellules irré'gulières contenant d'assez nombreux 
cristaux d'oxalate. 

Les faisceaux ligneux primaires sont ncLs, confluents ; le 
parench}me fasciculaire n'est pas lignifié. Le bois secondaire 
forme un anneau continu épais, contenant de larges vaisseaux. 
Le liber paraît continu. Le péricycle sclérenchymateux est net, 
chacun des îlots qu'il forme au-dessus du liber primaire est com- 
posé d'une dizaine de fibres larges et épaisses. La zone périmé- 
dullaire est différenciée, mais à peine lignifiée ; la moelle pré- 
sente une lacune centrale et renferme très peu d'oxalate de 
chaux. 

6 a. — Haîit. — Mêmes caractères. Le collenchyme est épai?-. 
aux angles. Les faisceaux de bois sont nombreux, mais il n'\- 
a pas d'anneau ligneux, ni de sclérenchyme péricyclique. 



6 ^. — Bas. — Epiderme à cellules allongées transversale- 
ment. Deux assises colienchymateuses, très peu d'oxalate. Le 
bois secondaire forme un anneau ligneux continu, à vaisseaux 
larges, et moyennement épais. Le pé'ricycle sclénfié est très net 
et forme des îlots larges, peu épais, composé de 6 grandes fibres 
et de 4 à 5 petites. 

La zone périmédullaire est bien différenciée, et en partie 
lignifiée. La moelle ne contient pas d'oxalate. 

7 a. — Décrit précédemment. 

■j h. — Haut. — ■ Ecorce à cristaux d'oxalate assez nom- 
breux. 

Sur chaque faisceau ligneux, se trouvent deux îlots de sclé- 
renchyme composés de 7 à 8 fibres, très épaisses. 

Le bois secondaire forme un anneau continu, épais, à nom- 
breux vaisseaux. La zone périmédullaire est lignifiée, et la 
moelle est lacunaire. 

Bus. — Epiderme à cellules très allongées, peu cutinisées. 
Collenchyme à grands éléments à peine épaissis ; écorce à très 
grandes cellules. 

Sclérenchyme péricyclique en 8 îlots, formés chacun de 7 
à 8 fibres peu épaisses. Le bois secondaire constitue un anneau 



Résumé. — Le collenchyme est plus développé dans le té- 
moin et avec le superphosphate. Les cristaux d'oxalate sont plus 
nombreux dans le témoin et avec la chaux, très rares encore 
avec la potasse. La lignification est plus avancée avec l'engrais 
calcique, de même que la sclérification ; vient ensuite le témoin, 
puis la potasse. 

La zone périmédullaire est mieux différenciée aussi avec 
la chaux. Enfin, avec cet élément, la moelle est encore très lacu- 
naire. 



i8 juillet. — 5 a. — Haut. — Epiderme cutinisé, à cellules 
arrondies, trois assises coUenchymateuses, épaisses et régulières. 
Deux rangées de parenchyme cortical à éléments réguliers, sé- 
parés par de petits méats, les plus internes sont légèrement li- 
gnifiés. Les cristaux d'oxalate sont assez nombreux. L'endo- 
derme est lignilié. 

Nombreux faisceaux ligneux, reliés par un anneau de bois 
mince 2, 3 assises). Liber en îlots nombreux, convexes en dehors, 
étirés, peu épais, à éléments irréguliers, surmontés tous d'un arc 
de sclérenchyrae péricyclique. Zone périmédullaire lignifiée sous 
tous les faisceaux. ^^loelle à grande lacune centrale ; peu d'oxa- 
late de chaux. 

Bas. — Epiderme cutmisé, à cellules allongées transversale- 
ment. Deux assises de collenchyme peu épais. L'endoderme com- 
mence à se lignifier, en îlots, sur les faisceaux. Il y a un anneau 
de bois secondaire continu ; le parenchyme libérien secondaire 
commence à se lignifier. Les îlots de péricycle sclérifié sont très 
r.ets. La zone périmédullaire forme un anneau lignifié; la moelle 
présente une grande lacune centrale. 

5 b. — Nitrate de soude. — Bas. — Trois assises de grandes 
cellules coUenchymateuses. Peu d'oxalate de chaux. Endoderme 
lignifié ; lignification du parenchyme libérien secondaire. An- 
neau de bois continu, très épais. Sclérenchyme très net, en îlots, 
formés d'une douzaine de fibres. Zone périmédullaire bien li- 
gnifiée. Moelle lacunaire et à grandes cellules. 

/» 

6 a. — Haut. — Epiderme régulier, légèrement cutinisé 
Trois assises de collenchyme très épais. Ecorce à deux rangées 
de cellules moyennes. Pas d'oxalate. Nombreux îlots de liber, 
entourés complètement de formations ligneuses. La lignification 
de l'endoderme et du parenchyme libérien secondaire est com- 
mencée. Anneau de bois secondaire peu épais '2 assises) à élé- 
n.ents lâches et à larges vaisseaux. 



Le sclérenchyme péricyclique est très large, très développé 
et chaque îlot comprend 4 ou 5 assises de fibres. La zone périmé- 
dullaire est différenciée, mais peu lignifiée, la moelle présente 
une grande lacune. 

Bas. — Mêmes caractères, mais l'anneau de bois est plus 
épais. Chaque îlot de péricycle sclérifié comprend une douzaine 
de fibres. La zone périmédullaire est lignifiée ; la moelle pré- 
sente une grande lacune. 

6 b. — - Haut. — Epiderme cutinisé, à cellules à grand dia- 
mètre transversal. Trois assises collenchymateuses. Très peu de 
cristaux d'oxalate. Les assises internes de l'écorce se lignifient, 
surtout aux angles et parfois jusqu'au collenchyme. Les îlots de 
liber sont nombreux et complètement entourés de productions 
ligneuses. Le bois secondaire est épais. La zone périmédullaire 
est lignifiée. 

Bas. — Epiderme cutinisé, à cellules allongées, irrégulières. 
Les cristaux d'oxalate sont assez abondants. L'endoderme et 
le parenchyme libérien secondaire commencent à se lignifier ; 
de même que le péricycle qui forme déjà 8 îlots de fibres sclé- 
renchymateuses épaisses. Le bois forme un anneau continu as- 
sez épais. 

La zone périmédullaire est lignifiée, surtout sous les fais- 
ceaux. La moelle présente une très grande lacune. 

7 a. — Décrit précédemment. 

7 b. - - H (tilt. — Epiderme à cellules régulières ; collenchy- 
me très net, à 2 assises. L'écorce comprend 3 rangées d'éléments 
réguliers, arrondis, qui commencent à se lignifier ainsi que l'en- 
doderme. Il y a peu d'oxalate. Le péricycle forme un arc de 
sclérenchyme sur toutes les formations libériennes, et le paren- 
chyme libérien secondaire se lignifie et le rejoint latéralement. 
Le bois forme un anneau continu, mince, mais à éléments épais. 



Le liber se compose de très petits îlots, étalés, entourés complè- 
tement d'éléments lignifiés. La zone périmédullaire est bien dif- 
férenciée, particulièrement aux régions fasciculaires. 
La moelle est lacunaire et à cellules polyédriques. 

Bas. — Toutes les assises internes de l'écorce, endoderme 
compris, se lignifient. Les mâcles d'oxalate de chaux sont nom- 
breuses. Le sclérench)'me péncyclique est bien développé, chaque 
îlot comprenant une quinzaine de fibres. Le parenchyme libérien 
commence à se lignifier. 

Le bois forme un anneau épais. La zone périmédullaire est 
lignifiée, ainsi que la région marginale de la moelle. 

Résumé. — Au i8 juillet, le collenchyme est plus épais dans 
le témoin et avec le superphosphate. La lignification est plus 
intense avec la chaux, moins avec le nitrate de soude et le sclé- 
renchyme péricyclique est plus important avec l'engrais calci- 
que et l'engrais phosphaté. Les cristaux d'oxalate sont plus 
abondants avec la chaux et dans le témoin, ils sont très rares 
ou absents avec le chlorure de potassium. 

Résumé des variations de structure. — Les variations de 
structure, que l'on était susceptible de rencontrer dans les plan- 
tes des diverses parcelles, ne pouvaient pas atteindre l'ampleur, 
la valeur de celles que certains observateurs avaient trouvées sur 
des échantillons cultivés en solutions aqueuses et avec des sels 
purs. 11 faut faire remarquer, en effet, qu'ici, le milieu, le sol, 
éiait déjà pourvu de tous les éléments indispensables à la vé- 
gétation, et qu'au point de vue des principes minéraux les par- 
celles ne se distinguaient les unes des autres que par des diffé- 
rences quantitatives et non qualitatives. 

D'autre part, les engrais employés n'apportaient pas qu'un 
élément actif et leur influence réelle était complexe. 

Néanmoins, on a pu constater certaines modifications dan-, 
la constitution anatomique des diverses plantes examinées. C'est 



— ...^4 -- 

ainsi que le collenchyme a toujours été plus développé dans le 
témoin et par l'apport de superphosphate de chaux, que la ligni- 
fication a été avancée et augmentée par la chaux, puis par l'en- 
grais phosphaté, tandis qu'elle a été plutôt dmimué'e par le 
nitrate de soude. L'engrais calcique a eu également pour effet 
d'accroître la sclérification du péricycle. 

Enfin, les cristaux d'oxalate de chaux étaient plus abon- 
dants avec la chaux et dans le témoin, tandis qu'ils étaient plus 
rares et parfois absents avec le chlorure de potassium. Dans les 
conditions de l'expérience, c'est donc la chaux, puis l'engrais 
phosphaté et enfin l'engrais potassique, qui ont augmenté l'im- 
portance des tissus de .soutien, tandis que l'engrais azoté l'au- 
rait plutôt diminuée. 

L'engrais calcique et le superphosphate ont accru l'abon- 
dance des mâcles d'oxalate. 



IV. — Coniposîtiop de la Plante, 



Le but de la culture du sarrasin n'est pas toujours la pro- 
duction des grains. Dans certains cas, ou dans certaines régions, 
c'est la plante entière et verte qui est utilisée, soit comme four- 
rage, soit comme engrais. Il importe donc de connaître sa com- 
position chimique afin de savoir quelles ressources alimentaires 
ou fertilisantes elle est susceptible de fournir. 

A un autre point de vue, la connaissance de cette compo- 
sition est également nécessaire. En effet, quel que soit l'objectif 
de la culture, elle se fait aux dépens des éléments minéraux 
assimilables que le sol renferme et qui se retrouveront dans les 
tissus de la plante. En un mot, celle-ci exporte une certaine 
quantité de principes fertilisants dont la valeur sera indiquée 



par la composition même de la récolte, et représentera les exi- 
gences de celle-ci. D'autre part, il ne suffit pas de restituer au 
sol les matériaux que la récolte y a prélevés, ni même de lui 
en faire l'avance; il faut les y apporter dans les conditions les 
plus opportunes, aux points de vue physiologique et économi- 
que. Or, ces éléments chimiques ne sont pas répartis indifférem- 
ment dans les diverses parties de la plante, et, de plus, celle-ci 
ne les absorbe pas d'une façon quelconque pendant le cours de 
son développement. Leur absorption suit une marche régulière, 
dont l'allure est particulière à chaque genre de plante consi- 
déré, et que le cultivateur a tout intérêt à connaître. Il faut, en 
effet, pour que le résultat d'une culture soit satisfaisant, qu'aux 
besoins immédiats du végétal, correspondent, dans le sol, des 
ressources égales, immédiatem.ent disponibles, et dont il aura 
fallu prévoir et assurer l'existence. 

C'est, précisément, l'étude de la composition chimique du 
végétal à ses différents états de développement qui indique la 
marche de l'absorption des principaux éléments fertilisants, et 
fournit, par suite, une base précise et rationnelle de fertilisation 
du sol. 

Quelques auteurs ont entrepris ces recherches sur le Fago- 
pyruvi esculentum, entre autres Garola et Monnier. J'avais 
pensé la reprendre à mon tour sur les quatre espèces de Fago- 
fynim, mais cela ne m'a été possible jusqu'ici, et je n'ai pu que 
déterminer la composition des différentes parties de la plante, 
à la maturité. 

Je me bornerai donc à indiquer les résultats auxquels je 
suis parvenu, et à rappeler les conclusions obtenues par les 
observateurs précédents. 

J'examinerai successivement : r' la composition de la 
plante entière, verte et sèche, en principes immédiats et en élé- 
ments minéraux ; 2" celle de ses différents organes ; 3" celle 
d'une récolte entière et 4" celle de la plante à différents âges. 
Puis j'indiquerai sommairement la composition de quelques 
espèces de Fagopyrum et enfin, les variations qu'elle subit 
sous l'influence de sols différents. 



336 



. 






1 


























OD cfi 


<V in 




3 






Eau 


il 




= o 


i 


Cendres 






'^- 


•^ 


^ = i 


&- 




Vert, d'après Kùhn.. 


85.00 


2.30 


0.70 


G 30 1 


4.30 


1.40 


— Diétrich 














et Konig. 


83 72 


2. il 


0.07 


7.71 


4 37 


1.09 


— Crome. . 


S2.r.O 


1.25 




2.1)1) 


10.0 


.) 


— B;«ssler. 


73.57 


1.84 


0.70 


15.32 


6 20 


2 . "î7 




8-.M) 


5.1D 










Paille, d'après Kùhn. 


r.'.io 


4.10 


1.40 


32.90 


44.30 


5.20 


— Diétrich 














et Konig. 


1(3 


4.8i 


1 18 


36.96 


34 


7.02 


— Malagutti 


12.0 


3.0 


M gras.Sub 


n,âzoiées,Fib.bru',e.81.80 


3.1 


— Grandeau 


12.0 


3 11) 




— 


81.79 


3.10 


Foin doux ensilé).. . 


08. 15 


1.87 


0.72 


18.99 


17 93 


2.34 


Moyennes (Vert) 


81.48 


2.58 


0.00 


7 . 98 


6.22 


1 

1.62 


— (Paille)..- 


13.36 


4.01 


1.20 


3i.93 


39.15 


5.10 



Tableau XXXV [. — Gouiposition du Fagopyrum esculentum (vert ou sec) 



Paille, d'après Blo- 

nieyer 

Vert, d'après Wolff 
Vert, avant la 

f» fleur 

^ 1 Vert, avant la 
B \ pleine fleur . 
A maturité (Ga 
^ \ rola 



0.39 
4.79 
2.49 



t 


1 


6.15 


48 60 




0.38 




7.40 




3.85 




2.86 


3.203 


0.332 




4.46 

1 



!.20 



18.40 
50 



6 50 



5 36 



3.60 



!ll.80 

I 0.08 



'..46 
06.'() 704 
t>.6 



2.1' 



5.30 



I 3.05 
292 0.015 o.-J88'0 217 

i l.l I 



1.50 



7.80 



TABLE.MJ XXXVIJ. — Cuiuposiiioii minérale ,-f- Azolo) du Fuiropyt'.. 



140 0.095 



«culentum. 



3:.7 



A. — Fagopyrum esculentum 

I. — Composition de la plante entière. .. a). — Prin- 
cipes immédiats. — Le tableau 36 indique la composition 
du Fagopynim esculentum, à l'état vert et à l'état sec. Les 
différences sont assez grandes, selon les expérimentateurs. En 
faisant la moyenne des chiffres obtenus par chacun d'eux, on 
trouve que le sarrasin vert contient, environ, 81 % d'eau, 2,5 de 
matières azotées, 0,7 de matières grasses, 8 d'extratifs non 
azotés, 6 de fibre brute et 1,6 de cendres. La valeur alimentaire 
de ce fourrage n'est donc pas négligeable et égale celle des 
plantes généralement destinées à cet usage ; sa valeur comme 
engrais vert dépasse souvent celle des végétaux utilisés à cet 
état. (Wolff). 

A l'état sec, la composition n'est plus la même. L'eau, 
très abondante dans la plante fraîche, a considérablement dimi- 
nué, et sa proportion ne dépasse guère 13 % du poids total. Par 
contre, tous les autres éléments ont, proportionnellement aug- 
menté : La quantité des substances azotées passe à 4 %, celle 
des matières grasses à 1,2, celle des matières non azotées à 35, 
celle de la fibre brute à 39 %, et celle des cendres dépasse 5 %. 
Cette paille n'ayant aucun usage alimentaire, c'est plutôt sa 
composition minérale qui est intéressante. 

U). — Eléments minéraux. — Dans le sarrasin vert, la pro- 
portion des éléments minéraux est assez élevée (tableau 57). 
Les résultats sont très variables selon les auteurs, mais ils pré- 
sentent, cependant entre eux, certaines analogies très impor- 
tantes. C'est ainsi qu'ils indiquent tous la prédominance, dans 
les cendres, de la potasse et de la chaux, qui existent dans la 
plante en de grandes proportions. 

Cette constatation subsiste pour la paille. Là, on remarque 
que la potasse atteint presque 50 % du poids des cendres 
f'48,6 %), et la chaux 18 %, l'acide phosphorique est également 
abondant (11.8 %) quoique en proportion beaucoup plus faible 



— 33H — 

que ces deux éléments. Quant aux autres substances, elles sont 
relativement peu importantes ; toutefois, le chlore existe en 
quantité inusitée. 

Comparée aux pailles des autres céréales, celle du sarrasin 
se caractérise nettement par la surabondance de la potasse, de 
la chaux surtout, puis par celle de l'acide phosphorique et du 
chlore; par contre, elle est beaucoup plus pauvre en silice, en 
alumine et en oxyde de fer. 

Elle est, par conséquent susceptible de fournir une litière 
et un engrais riches. 



2. — Composition des différentes parties de la plante. 
— Garola a montré que la répartition des différents éléments 
minéraux et de l'azote était variable selon les organes de la 
plante. 

C'est ainsi que l'azote existe en quantité légèrement plus 
forte dans les tiges que dans les racines et que la chaux est, à 
toutes les époques, beaucoup plus abondante dans les parties 
aériennes. 

Quant à la potasse et à l'acide phosphorique, ils dominent 
d'abord dans les parties souterraines 'avant la floraison), mais, 
par la suite, leur proportion est plus forte dans la tige que dans 
la racine (dès la floraison). 





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grain + paille 


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41.5 


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62.80 


03.16 


Acide ptiosplioiipe... 


0.850 


1.393 


25.07 


43.50 


12.7 


15 


27.20 


31.92 


Chaux 


2.650 


1.332 


23 97 


117.50 


» 


» 


25.90 


55.79 


Potasse 


2.080 


3 537 


63.66 


87.30 


» 


40 


69.00 


73.33 


Magnésie 


» 


0.400 


7.30 


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» 


» 


7.90 


7.60 



TABLEAU XXXVIII. — Exigences du Fagopyrum esculentum en 
principes fertilisants, 



— .^59 — 

^. — Composition dk l\ rÉ(:olte entière Exigences). — 
Connaissant la conaposition moyenne d'une plante et le poids 
total de la récolte, il est facile de déterminer la composition de 
celle-ci, et, par suite la quantité d'éléments qu'elle a extraits 
du sol et qu'elle exporte. 

On a vu précédemment que cette connaissance avait une 
très grande importance pratique. Cette quantité de principes 
fertilisants enlevés par la culture du sarrasin a été calculée par 
plusieurs auteurs tableau 3S qui sont, d'ailleurs arrives à 
des chiffres assez différents les uns des autres. 

I.a mo}'enne de ceux-ci atteint : pour l'azote 63 kilos à 
l'hectare pour une récolte de 30 hectolitres), 32 pour l'acide 
phosphorique, 55 pour la chaux, 73 pour la potasse et 7 pour 
la magnésie. Les exigences du sarrasm sont donc assez grandes. 

On constate ici, encore, l'importance, relativement considé- 
rable de la potasse et de la chaux contrairement à ce qui se 
passe chez les autres céréales, de la famille des graminées, où 
ces deux éléments, le premier surtout, sont toujours en très petite 
quantité. 

Si tous les auteurs s'accordent à reconnaître cette prédomi- 
nance de la potasse, il n'en est pas de même en ce qui concerne 
la chaux, ainsi que l'indique l'examen du tableau précédent. En 
effet, tandis que Mùntz et Girard et Garola, par exemple, trou- 
vent dans le sarrasin, une proportion très élevée de cette base, 
Grandeau n'en rencontre qu'une quantité médiocre. J'ai déjà 
signalé, à propos de l'influence de la nutrition minérale sur la 
taille des akènes de Fagofyrum page 87 ) les divergences 
qui existaient au sujet de cet élément, entre les différents obser- 
\'ateurs. 

L'examen sommaire du développement chimique de la 
plante va nous fournir quelques éclaircissements sur cette 
question. 

4. -- DÉVELOPPEMENT CHIMIQUE DE LA PLANTE. — Garola, 
qui a étudié la composition chimique du sarrasin à trois époques 
différentes 'avant la floraison, à la pleine floraison et à la ma- 
turité) a donné quelques indications sur le métabolisme de 
certains éléments minéraux, 



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04I - 



D'après Gauoi.a (à l'ha.) 



Poids sec ! 113.4 

Chaux I i-1^ 

Potasse I 3-^'i 

Acide pho^phoiiiiue ' ! l"^ 

Azote i --^33 




TABLEAi; XL. — Composition du Fagopyrum esculentum 
à différents âges. 

Plus tard, Monnier a examiné cette composition à 14 stades 
de la vie de la plante. Les tableaux ^Q et 40. ou sont 
brièvement condensés les résultats obtenus par ces deux auteurs, 
donnent une idée de la marche de l'absorption des principes 
minéraux par le Fagopyrum, malheureusement il existe certaines 
lacunes dans les analyses. 

Elles montrent néanmoins que la composition de la plante 
varie suivant l'âge auquel on la considère et que l'intensité de 
l'absorption des divers éléments minéraux est loin d'être uni- 
forme pendant le cours de son développement. Très active au 
début de la végétation pour tous ces éléments, elle se ralentit, 
dès la floraison, pour l'azote et l'acide phosphorique, tandis 
que les besoins en potasse et en chaux sont toujours très élevés. 

Ces connaissances sont susceptibles d'applications utiles 
à la fertilisation du sol destiné à la culture du sarrasin. 



B — Autres espèces de Fagopyrum 

Je n'ai trouvé, dans aucun ouvrage, de renseignements 
relatifs à la composition chimique des espèces de Fagopyrum 



- 042 - 

autres que le Fagopyrum esculentum. J'ai donc tenu à la déter- 
miner, au moins sur la plante mûre. 

Le tableau 41 indique les résultats auxquels je suis par- 
venu. 



tatancum. 
stenocarpa , 



Eau 



Fagogyrum e.'^culentum l 14.0 

-^ emarginatuni 14.1 



76.0 4.10 

75 9 3.85 
76. 5' |4. 230 
76.6,4.020 



Potasse 



0.980 3.740 
1.220 3.420 
1.210 .S.. -,05 
1.400 3.290 



2 070 

2.450 
2.285 
2.190 



Total 



6.790 
7.090 
7.000 

6.880 



F. esculenlum. . 
F. emarginaiam, 
?. lalaricum. . , 
F. stenocarpa,. . 



Chaux 










0.8,50 


1.170 


2.740 


735 


1.-180 


1.960 


0.744 


1.230 


2.600 


0.900 


1.220 


2.870 



= Total 



4.760 

3.845 

57 i 

.990 



Acide phosphorique 



0.815 
1.560 
1 
1.710 



1.300 
0.880 
1.020 
0.970 



•5 Total 



1.1003.215 

1.240'3.680 
0.900 la. 400 
1.03013.710 



Azote 





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1.050 


1.640 


2.210 


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1..500 


1.990 


1.220 


1.640 


2.300 


1.080 


1.350 


2.470 



Total 



4.900 
4.390 
5.160 
4.900 



TABLEAU XLI. — Composition de quelques espèces de Fagopyrum. 

b). — Fagopynmi emargïnattim. — Dans cette espèce la 
proportion de potasse est très élevée et dépasse 7 % ; cet élé- 
ment est surtout abondant dans les tiges; la chaux existe unssi 
en assez grande quantité, mais le sarrazin émarginé en contient 
moins que les autres espèces, 3,8 %; par contre le taiLX d'acide 



— 040 — 

phosphonque est élevé et presque égal à celui de la chau^, 
3,6 "^o. Mais ces deux substances sont réparties différemment, 
la chaux domine dans les feuilles et c'est la racine qui en 
contient le moins, tandis que l'acide phosphorique domine au 
contraire dans l'appareil souterrain et que ce sont les feuilles 
qui en referment le moins. Enfin, c'est également cette espèce 
qui est la plus pauvre en azote 4,3 %, cet élément étant surtout 
abondant dans les feuilles. 

c). — Fagopyrum tataricmn. — La proportion de cendres 
est élevée clans cette espèce. I.a potasse domine de beaucoup 
;7 %) et ce sont les tiges qui en renferment le plus, puis les 
feuilles, et enfin les racines. L,a chaux est plus abondante que 
dans l'espèce précédente, mais moins que dans les deux autres 
■'4,5 %), et localisée surtout dans les feuilles qui en contiennent 
deux fois plus que les tiges et trois fois plus que les racines. 
L'acide phosphorique atteint une proportion de 3,4 %, plus 
forte dans l'appareil souterrain que dans les autres parties de 
1?. plante. Quant à l'azote, c'est cette espèce qui en renferme ^a 
plus grande quantité ;5,i %), et on le trouve Surtout dans les 
feuilles (2,3 %). 

(T). — Fagopyrum stenocarpa. — C'est cette espèce qui 
contient le moins d'eau. Le taux de potasse y est toujours 
élevé, mais moins pourtant que dans les autres Fagopyrum 
(6,8 %). On trouve cet élément principalement dans les tiges 
(3,3 %). La chaux est plus abondante dans ce Fagopyrum 
stenocarpa. que dans les autres espèces, et elle atteint presque 
S %. Ce sont toujours les feuilles qui sont les parties les plus 
riches en ce corps. L'acide phosphorique est également abon- 
dant, 3,7 %, particulièrement dans les racines 1,7 %. La pro- 
portion d'azote est élevée, 4,9 % et domine surtout dans les 
feuilles. 

Résu7iié. — En somme, il existe entre les quatre espèces de 
Fagopyrum un certain nombre de différences, mais peu consi- 



- -^44 — 

dérables. Dans toutes c'est la potasse qui domine et de beau- 
coup, puis vient la chaux et ensuite l'acid-e phosphorique. Le 
taux de potasse atteint, en moyenne, pour l'ensemble du genre, 
6,9 , celui de la chaux attemt 4,6, et celui de l'acide phospho- 
rique3,5. 

Ces chiffres diffèrent sensiblement de ceux qui ont été 
obtenus par certains auteurs. C'est ainsi que pour beaucoup 
(Garohi , par exemple) c'est la chaux qui domine. Ici, quoique 
abondante, elle ne dépasse pas 4,9 %, tandis que la potasse 
atteint 7ji %. 

Il existe aussi certaines différences dans la répartition des 
éléments minéraux. Dans toutes les espèces, ce sont les tiges qui 
contiennent le plus de potasse et les racines le moins; et ce sont 
les feuilles qui renferment le plus de chaux. 

En ce qui concerne l'acide phosphorique, la répartition est 
beaucoup plus irrégulière ; tandis que dans le sarrasin gris, 
c'est dans les tiges, puis les feuilles que sa proportion est la 
plus élevée, on constate qu'il n'en est pas de même dans les 
autres Fagofyruni. Aiiisi, dans le sarrasin émarginé, c'est la 
tige qui contient le moins d'acide phosphorique et les racines 
qui en renferment le. plus, de même dans le sairasin seigle ; 
enfin dans le sarrasin de tatarie c'est encore dans les racines 
qu'on trouve la plus grande proportion de cet élément, mais 
c'est dans les feuilles qu'elle est la plus faible. 

Variations de la composition 

i". -- îniliicnce de la nature du sol. — La plante puisant 
ses éléments constitutifs dans le sol, il est évident que sa com- 
position doit varier avec la nature de celui-ci. C'est, en effet, 
c° que j'ai pu constater dans les cultures en sols variés dont 
j'ai déjà indiqué l'origine. Voici, la composition des plantes 
obtenues. (Tableau 42). 

La quantité de matières minérales totales est plus élevée 
dans l'argile, puis le terreau, et plus faible dans le sable. La 
potasse suit la même progression décroissante, ce qui est assez 



— .^o — 

naturel car, d'une façon générale, les terrains argileux sont plus 
riches en cet élément que les sables siliceux. Par contre, c'est 
dans les plantes du terreau et de l'argile que la proportion de 
chaux est, relativement, la plus faible. 

Quant à l'acide phosphorique, il est plus abondant dans 
le sarrasin venu en sol humifère, et plus rare dans celui qui a 
végété dans un terrain argileux. La nature du sol joue donc un 
rôle incontestable et important dans la composition minérale 
de la plante. 



Sarrasin gris cultivé : 


Cendres 


Potasse 


Chaux 


Acide 

ptiosptiorlqoe 


Dans le sable 

le terreau 

l'argile 


3.7 
4.3 

5.8 


28.5 
31.3 
3S.1 


39.4 
33 8 
35.0 


4.6 
0.3 
3.4 







Table.vu XLII. — Inlluence de la nature du sol sur la composition 
du Fagopyrum esculentum. 

2". -- Inlluence des engrais. — 11 eût été intéressant de 
déterminer l'influence des engrais sur la composition chimique 
du sarrasin, mais je n'ai pu entreprendre ces recherches. 

D'îlUtre part, les documents relatifs à cette question sont 
excessivement rares. On ne possède, je crois, que les travaux de 
Nobbe, déjà cités. Ils n'indiquent, d'ailleurs que la compo- 
sition du Fagopyrum tataricum, cultivé en solutions nutritives 
différentes, l'une, ayant reçu la potasse sous forme de chlorure, 
et l'autre sous forme d'azotate. Les différences constatées dans 
les deux échantillons y sont assez grandes et portent, non 
seulement sur la potasse totale, mais sur tous les éléments 
minéraux, et sur leur répartition dans les divers organes du 
végétal. 



Résumé. — La composition chimique du genre Fagopyrum 
est subordonnée à de nombreux facteurs, parmi lesquels il faut 



- 346 - 

placer en premier lieu, la nature du sol et celle des engrais 
employés, ainsi que l'espèce et l'individualité de la plante 
considérée. 

D'une façon générale, on peut admettre que la compo- 
sition moyenne est la suivante : 

Humidité, 13 V° ; 

Matières azotées, 4 ; 

Matières grasses, 1,2 ; 

Matières non azotées, 35 ; 

Fibre brute, 39 ; 

Cendres, 4 à 5 ; 

Potasse, 6,9 ; 

Chaux, 4,6 ; 

Acide phosphorique, 3,5 ; 
Cette composition varie également avec les organes du 
végétal et au cours de leur développement. Eu égard à la 
quantité des éléments qu'il renferme, le sarrasin constitue un 
fourrage et un engrais vert d'une réelle valeur. 

Il faut enfin remarquer l'abondance particulière, dans ses 
tissus, de la potasse, et ensuite de la chaux. 



Conclusions de la Première Partie 



La première partie de ce travail était consacrée à l'étude 
morphologique externe et interne des différents organes de la 
plante, considérés dans plusieurs espèces et variétés de Fago- 
pyruni. « 

Celle du fruit a montré que, pour l'ensemble du genre, cette 
partie était un akène, de forme généralement bi-pyramidale, à 



— 047 — 

base plus ou moins élargie et portant les débris desséchés du 
calice persistant. Tous les caractères extérieurs de ce fruit va- 
rient avec la nature de l'espèce ou de la variété considérée. 

Dans le Fagopyriim emarginatiim, les faces de la bi-pyra 
rnide sont larges, concaves et leurs bords, membraneux, forment 
des ailes parfois très développées ; il arrive, dans certains cas, 
que l'akène présente quatre faces au lieu de trois. Dans le hago- 
pyniin tataricimh les bords du grain sont lobés et sa surface est 
rugueuse ; dans le Fagopynan stenocarpa, les arêtes du fruit 
ont à peu près disparu et la section est devenue presque circu- 
laire. Sur chaque face se trouve un sillon assez profond se conti- 
nuant jusque sur la base de l'akène. 

Les dimensions et le poids des grains sont très différents 
selon les types examinés. D'une façon générale, c'est le sarrasin 
émarginé qui possède les fruits les plus volumineux et les pluo 
lourds, et le sarrasin seigle qui possède les plus petits et les plus 
légers. Parmi les variétés du Fagopyriim esculentum, c'est le 
sarrasin japonais qui a les akènes les plus développés et le sar- 
rasin allemand qui, au contraire, possède les moins volumineux. 
La densité n'est pas non plus la même dans les quatre espèces 
Celle des grains du sarrasin émarginé est la plus faible, contrai 
lement à ce qu'on aurait pu supposer. Pour les autres Fagopy 
mm, elle peut dépasser 1.200, et, en moyenne, atteint i.ioo à 
1.150. 

Les graines déf^orticjuées présentent, entre elles, les mêmes 
différences que les akènes. Elles sont recouvertes, dans l'akène, 
par un tégument péricarpique plus ou moins important, dont la 
proportion, plus faible dans le sarrasin gris, varie, pour le genre 
entier, de 16 à 30 %. 

L'étude biométnque des akènes a montré les variations de 
leurs dimensions linéaires et de surface, et celles de leur poids, 
dans les différentes espèces et variétés. Le polygone des varia- 
tions linéaires est généralement unomial, sauf pour les Fago- 
pyriim tataricum et stenocarpa, où il présente deux sommets. 
Mais celui des variations de surface et de poids est très irrégu 



- ^^ - 

lier. On y distmgue cependant plusieurs modules importants 
et une forme dominante, dont la valeur et la fréquence varient 
avec chaque type considéré Cette étude a montré aussi l'in- 
fluence de la nutrition minérale sur les dimensions des fruits. 
Un engrais complet les accroît dans des proportions élevées, et, 
des divers éléments minéraux c'est, pour l'ensemble, et dans 
l'ordre : la potasse et l'acide phosphorique qui jouent le plus 
grand rôle ; l'azote a une action moins importante. 

I.a composition chimique du grain entier et de ses parties 
constituantes indique que le sarrasin possède une valeur nutri- 
tive élevée, qui ne le cède en rien à celle des autres céréales ali- 
mentaires. C'est le sarrasin gris qui est le plus riche en principes 
utiles, mais le milieu possède sur sa composition une influence 
importante. 

Si la graine, la farine renferme une grande quantité d'élé- 
ments nutritifs, les écales du grain n'ont par contre qu'une va- 
leur très réduite. 

Enfin la morphologie interne de l'akène montre que ces mê- 
mes écales sont constituées par l'ensemble de trois tissus, épi- 
carpe, mésocarpe et endocarpe. Sous le premier se trouve un 
hypoderme fibreux très résistant, surtout développé dans les Fa- 
gopyrum tataricum et stenocarpa où il présente plusieurs assises 
perpendiculaires de fibres très épaissies. La graine est consti- 
tuée par un tégument séminal mince mais complexe, un albumen 
farineux entier, composé d'une assise protéique externe et de 
grains d'amidon simples, composés, et anormaux, plus ou moins 
irréguliers, arrondis et polyédriques, et munis d'un hile central. 
I^'embryon est axile et droit, la radicule voisine du micropyle, 
il est entouré' par deux cotylédons enroulés et plissés, et pourvus 
de chlorophylle. 

Cette graine, dans des conditions favorables, germe lapi- 
dement. La radicule sort la première par le micropyle, en écar- 
tant les trois faces du tégument péricarpique qui se fend pro- 
gressivement suivant les arêtes du grain. Elle s'allonge et en- 
traîne la tigelle et se couvre de poils absorbants ; puis, très ra^ 



— 04V — 

pidemenL, elle se ramifie suivant un mode quaternaire, les radi- 
celles naissant dans le péncycle rhizogène, en face des quatre 
faisceaux ligneux, caractéristiques du genre. La tigelle se déve- 
loppe en entraînant les cotylédons et les enveloppes du grain 
qui les coiffent, et souvent en se contournant plus ou moins. Ce 
capuchon péricarpique tombe ensuite sous la poussée des coty- 
lédons, qui se déroulent et s'étalent. La germination est épigée 

Elle est soumise à de nombreuses influences intrinsèques et 
extrinsèques. C'est ainsi que l'âge de la semence joue un rôle 
important. Les graines de l'année possèdent la plus grande fa- 
culté germina.tive, mais celle-ci s'atténue rapidement et dès la 
troisième année, la faculté germinative est très faible et à huil 
ans, elle a complètement disparu. 

Le poids, les dimensions et la densité des graines jouent 
également un grand rôle dans leur valeur culturale. D'une façon 
générale et pour toutes les espèces, ce sont les plus grosses, les 
plus lourdes et les plus denses qui donnent les meilleurs résultats. 
Ces mêmes semences sont susceptibles, placées dans des milieux 
spéciaux, de perdre ou d'absorber de la vapeur d'eau. L'écart de 
poids résultant de cette propriété peut atteindre 20 0/0 chez le 
sarrasin émarginé, et il est en moyenne de 16 ",. environ. 

Cette hygroscopicité diminue la faculté germinative dans 
de grandes proportions et peut même la détruire. 

Parmi les conditions extrinsèques de la germination, la cha- 
leur a une action très importante. Les températures rninima, op- 
tima et maxima sont, en mo\ enne et pour l'ensemble du genre, 
\oisines de -f- 5", 27" et 41'. L'humidité joue aussi un grand 
rôle dans le développement des semences. Celles-ci, pour germer, 
absorbent environ la ïuoicit' de leur poids d'eau, et se trouvent 
bien d'un milieu (|ui en renferme, en moyenne 20 % (de 10 à 
35 %). L'abondance de l'eau n'intervient pas seule, mais la fré- 
quence de ses apports fait également sentir son influence ; plus 
ils sont fréquents, moins les résultats sont satisfaisants. 

De même la nature du sol auquel sont confiées les graines, 
n'est pas indifférente. C'est dans le terreau et dans le sable que 



- 35o — 

la germination est la meilleure, tandis que c'est dans l'argile, -it 
surtout dans le calcaire, qu'elle est la plus mauvaise. Enfin la 
profondeur du semis doit être aussi envisagée. Les semences de 
Fagopyrum donnent encore naissance à des plantes normales, 
lorsqu'elles sont enfouies à i8 centimètres environ de profon- 
deur, mais c'est de o c. 5 à 5 centimètres environ qu'elles se dé- 
veloppent le mieux. 

Après la germination, la plante poursuit son développe- 
ment. Le bourgeon terminal, qui continue l'axe hypocotylé, ap- 
paraît entre les cotylédons, et la première feuille, enroulée sur 
sa face inférieure, se déroule bientôt ; son pétiole s'allonge et, 
au sommet végétatif apparaît une seconde feuille qui s'étale à 
son tour, pendant qu'une troisième pointe à l'extréïnité de la 
tige. Comme, pendant ce temps, les pétioles ont augmenté de 
longueur dans de grandes proportions, les premières feuilles 
apparues paraissent situées plus haut que les dernières et le dé- 
veloppement foliaire semble basipète. Mais, ensuite, les entre- 
nœuds, par une croissance intercalaire active, grandissent, et le 
développement des feuilles reprend une apparence basifuge. 

Le système radiculaire, toujours suivant le mode quater- 
naire, s'accroît considérablement ; devenu fascicule, il donne 
naissance à des ramifications très nombreuses, toujours très fines, 
mais qui atteignent, contrairement à l'opinion généralement ad- 
mise, une très grande longueur. Son développement est rapide 
dès le début de la végétation, tandis qu'à cette période, pendant 
les trois ou quatre premières semaines, celui de l'appareil aérien 
est beaucoup plus lent. 

Ce n'est qu'à partir de l'apparition de la première feuille 
que la croissance de celui-ci devient intense et rapide. Vers la 
sixième semaine, lorsque la plante possède cinq à six feuilles, 
la première inflorescence apparaît. La floraison est successive et, 
pour l'ensemble du végétal, centrifuge ; par contre, elle est basi- 
fuge dans une même inflore.scence. Le sarrasin, vers la m.ême 
époque, se ramifie, selon un mode généralement basifuge égale- 
ment, et chaque rameau, secondaire ou tertiaire, porte, à son 



— ODl 

tour, des feuilles et des fleurs qui naissent et se développent de 
la même façon que sur la tige. La plante peut ainsi, et suivant 
les conditions de milieu, présenter un nombre très élevé de ra 
meaux, de feuilles et d'inflorescences. La tige, sous l'influence 
de cette ramification, devient fusi forme, en même temps que 
quadrangulaire ; de plus, entre ces arêtes principales, apparais 
sent des côtes plus fines. Puis, à l'approche de la maturité, la 
coloration rosée qu'elle avait acquise, surtout du côté' de la lu- 
mière la plus vive, s'accentue, et la tige devient franchement 
rouge, et même violacée à son sommet. 

La plante a ainsi acquis, par un développement rapide (90 
à no jours environ), ses caractères définitifs et spécifiques. On 
peut alors constater que ce Fagopynmi est une phanérogame, 
dicotylédone, apétale, de la famille des Polygonacées, tribu des 
Eupolygonées. Ses dimensions sont très variables, sa tige at- 
teint en moyenne 80 centimètres à i mètre ''parfois i m. 80), et 
son .système radiculaire 80 centimètres et plus. Les feuilles, pé- 
tiolées à la base et sessiles au sommet Tet au niveau des inflores- 
cences), ont des formes différentes avec les espèces et les varié- 
tés. Plus ou moins cordiformes, triangulaires et très acuminées 
dans les Fagopyrum esculentum et emarginatum, elles sont plu • 
tôt sagittées dans les deux autres espèces. Leurs nervures, pal- 
mées, sont rouges à leur base et à leur face supérieure. A chaque 
nœud de la tige, se trouve une ligule stipulaire, ou ochréa. Les 
inflorescences complexes sont des corymbes, ou des panicules, ou 
des cymes de grappes. La fleur a 5 sépales pétaloïdes spirales 
8 étamines, 3 carpelles ouverts, un ovaire uniloculaire et uniovu- 
laire à ovule bitégumenté, et 3 styles. Elle est hétérostylée et 
hétérostaminée, et ce polymorphisme floral joue un grand rôle 
dans la fécondation, les pollinisations hétéromorphes étant tou 
jours les plus fertiles. Le grain est un akène, entouré par le pé- 
rianthe érigé, persistant, mais non accrescent et plus petit que le 
fruit. Il contient un albumen entier, homogène, et un embryon 
axile et droit, à cotylédons larges et plissés, enroulés autour de 
la plantule. 

Lçs caractères morphologiques externes et le développe- 






ment de la plante sont soumis à Tmlluence du milieu sol, en- 
grais, humidité, etc..) qui les modifie dans de grandes propor 
tions, mais sans leur faire perdre leur spécificité. 

De même, les caractères et le développement anatomiques 
sont influencés par les conditions extérieures, mais ils conserven*: 
cependant une certaine fixité qui permet de définir le genre 
et ses espèces. 

Ainsi la racine, dont les tissus sont à peine difi^érenciés 
dans l'embryon, montre par la suite 4 faisceaux ligneux géné- 
ralement unisériés ec confluents et 4 faisceaux libériens. Son pé- 
ricycle, rhizogène en face des faisceaux de bois, se sclérifie par- 
tiellement par la suite, en même temps que les formations secon- 
daires forment un anneau continu de plus en plus épais qui 
envahit bientôt tout le cylindre central. 

La tige se caractérise également par 4 faisceaux primaires 
nui se dédoublent assez rapidement, puis par la formation d'un 
anneau continu qui apparaît d'abord sous forme de faisceaux 
secondaires, de plus en plus nomh^reux et de plus en plus volu- 
nnneux, qui sont reliés ensuite par du parench\-me de même 
nature. 

A une époque assez avancée du développement de la plante 
et au sommet de la tige, le péricycle qui, primitivement, s'était 
sclénfié seulement en deux îlots superposés à chaque région 
fasciculaire primaire, multiplie ses cellules, les épaissit et cons- 
titue une gaîne scléreuse à peu près ininterrompue. De même 
l'endocierme, les autres assises inférieures de l'écorce et le pa- 
renchyme libérien secondaire se lignifient, en même temps que 
l'épiderme se cutinise. L'axe hypocotylé ne lignifie aucune de 
ces régions, mais le bois secondaire est considérablement déve- 
loppé et forme un anneau continu très épais formé de fibr^^s 
ligneuses et de vaisseaux très larges. Le soutien et la conduction 
te trouvent ainsi assurés par le bois. Au sommet, au contraire 
le stéréom.e est représenté par des tissus divers (écorce, endo- 
derme, péricycle, parenchyme libérien secondaire et bois) qui se 
sont lignifiés, tandis que le bois qui a un rôle conducteur beau- 



coup m<»ins important à jouer, est beaucoup plus réduit qu'à îa 
base. 

La feuille est formée d'un limbe plus ou moins épais ca- 
ractérisé par un tissu palissadique à grandes cellules et un tis^'f 
lacuneux à cellules irrégulières. Les nervures sont saillante.^, 
constituées par un ou plusieurs faisceaux, à vaisseaux de b-n.- 
nombreux et larges, de dimensions variables, et par un liber 
très développé, à éléments très petits, et qui recouvre complè'. -- 
ment le bois et, parfois même, l'encadre latéralement. 

La feuille est remplie de cristaux d'oxalate de chaux, Iccn - 
bsés surtout à la limite des tissus palissadique et lacuneux. Le 
pétiole, à échancrure ventrale, comprend de nombreux faisceaux, 
dont un médian et dorsal, souvent plus développé que les au- 
tres. L'ocréa et le sépale présentent, tous deux, la structure fo- 
liaire. 

La constitution anatomique varie peu avec les espèces et 
\ariétés. 

Par contre, la composition chimique de la plante est su- 
bordonnée à de nombreux facteurs. Son étude montre que le 
sarrasin peut servir utilement comme fourrage ou comme engrais 
verts, et que les éléments minéraux ne sont pas répartis unifor- 
mément dans tous les organes. Leur répartition varie également 
selon l'âge de la plante et indique la marche de leur absorption 
au cours du développement. Enfin, elle renseigne sur les exigen- 
ces du Fagopyrum en principes fertilisants. Ces notions ont des 
applications pratiques très utiles. Elles montrent, en effet, 
qu'une récolte normale de sarrasin prélève, environ, dans le sol 
11/ kilogrammes de chaux, 68 kilogrammes d'azote, 87 kilo- 
grammes de potasse et 43 kilogrammes d'acide phosphorique 
et que ces éléments doivent être apportés sous une forme très 
rapidement assimilable, , 



^)h^ 



:w 



355 - 



DEUXIÈME PARTIE 



Physiologie 



GtîA.F»ITFlE F^FIEMLIEFI 



Etuide des Eonctioris pKysiolo- 
g^icjvLes 



La plante, pour élaborer ses principes immédiats et cons- 
tituer ses tissus, puise, dans le sol et dans l'atmosphère, les 
éléments qui lui sont nécessaires. Ces éléments sont le jeu, 
dans les cellules végétales, de réactions nombreuses, dont la 
nature complexe est encore peu connue, et dont les résidus sont 
immobilisés dans la plante ou évacués à l'extérieur. Il existe 
donc, entre le végétal et le milieu qui l'entoure, toute une série 
d'échanges essentiels dont l'intensité mesurera l'activité chimi- 
que, et par suite, physiologique de la plante. D'autre part, de 
cette même activité, résultera la formation de tissus et de prin- 
cipes plus ou moins abondants, c'est-à-dire qu'elle régira le 
développement du vésfétal et déterminera ses rendements. 



On conçoit que l'étude de cette activité, c'est-à-dire des 
différentes fonctions de la plante, soit des plus importantes. 
De plus, on pressent qu'elles doivent être sous la dépendance 
étroite et directe du milieu extérieur, puisque celui-ci fournit ou 
reçoit les éléments qu'elles mettent en œuvre. 

Les recherches physiologiques concernant le genre Fago- 
fyruni sont rares. Elles se bornent, à peu près, à celles 
d'Heinrich, qui a déterminé les températures d'apparition et 
de fonctionnement de la chlorophylle du Fagofyriim esciden- 
înm, et à celles de Solacolu, qui a calculé l'influence de quel- 
ques aliments minéraux sur la respiration et l'assimilation de 
la même espèce. 

Je les étendues aux quatre Fagopynnn que j'ai choisis, et 
pour lesquels j'ai cherché : le quotient respiratoire, celui de 
l'assimilation chlorophyllienne et la valeur de la transpiration. 



I. — Respiration 



J'ai déterminé l'intensité de la respiration et la valeur du 
quotient respiratoire des quatre espèces de Fagopynnn au 
début de la floraison, lorsque les plantes possédaient environ 
6 feuilles et 4 ou 5 entre-nœuds. 

J";ii hiissé, pendant douze heures, un même poids de feuilles 
de chaque espèce (o gr. 500) dans une éprouvette de capacité 
connue, remplie d'air normal, et renversée sur le mercure; cette 
éprouvette était noircie, et, de plus, placée à l'obscurité. 

J'ai ensuite fait l'analyse, à l'aide de l'appareil Bonnier 
et Mangin, de l'air prélevé à chaque essai. 

Voici les résultats obtenus ; 



- 307 - 

Pour le Fagopyrnin escnlentiiiii. — Un échantillon iiloyeil 
mesurait environ 35 centimètres et pesait 8 g\\ 240. 

ogr. 500 de feuilles adultes ont absorbé, pendant 12 heures, 

10 c. c. 20 d'oxygène. 

. , . Co' Q.gô 

Le quotient respiratou'e = - — o.qôo. 

^ ^ o 10.2 

Pour le Fagopyrum eniarginatuin. — Un échantillon moyen 
atteignait environ 32 centimètres et pesait 6 gr. 600. 

ogr. 500 de feuilles, prélevées au même niveau, ont absorbé, 
en \2 heures, 9 c.'c. 81 d'oxygène. 

Co- Q 00 

Le quotient respnatone — — :; — = 0.917. 

^ ^ o 9.81 ^ ' 

Pour le Fagopyrum tatariciun. ~ Un échantillon moyen mesu- 
rait environ 38 à 40 centimètres et pesait 7 gr. 750. 

ogr. 300 de feuilles ont absorbe 12 c. c. ^o d'oxygène. 

,. , , . Co^ 11.Q8 

Le quotient respiratoire — ■ — = 0,073. 

^ ^ 12.30 ' ' 

Pour le Fagopyrum stenocarpa. — Un échantillon moyen attei- 
gnait à peu près la même hauteur et pesait, en moyenne, 7 gr. 500_ 
ogr. 500 de feuilles ont absorbé 12 c. c. o d'oxygène. 

, . . . Co- II. 61 .„ 

Le quotient respiratoire rr z= 0.968. 

Résumé. — L'intensité de la respiration varie donc avec 
les différentes espèces considérées. On peut en effet admettre 
que les variations observées sont dues à l'influence spécifique 
car, d'une part tous les échantillons proviennent du même sol; 
ils ont été obtenus dans des conditions aussi semblables que 
possible, et récoltés le n.ême jour; les feuilles ont été prélevées 
au même niveau. D'autre pan, en utilisant plusieurs spécimens 
semblables d'une même espèce, on ne constate pas d'écarts 
aussi grands. 

I.e quotient respiratoire est toujours inférieur à l'unité, et 



— 358 — 

varie, dans ces essais, de 0,917 à 0,973. C'est donc dans le 
Fagopyrum tataricitiii qu'il est le plus élevé, puis dans ^e 
Fagopyrum stenocarpa où il est très voisin. La forme et la 
nature des feuilles de ces deux espèces sont d'ailleurs les 
mêmes, coxume on l'a vu précédemment, et leur développement 
est identique. Dans le Fagopyrum esculentum, ce quotient est 
encore élevé, tandis que c'est dans le Fagopynun anarginatnvi, 
d'ailleurs moins vigoureux, qu'il se montre le plus faible. 



II. — Assirpilation 



Pour déterminer l'intensité de l'assimilation chlorophyl- 
lienne et la valeur du quotient assimilateur, j'ai opéré exacte- 
ment comme pour l'étude de la respiration; mais en plaçant les 
échantillons sous des éprouvettes non noircies, contenant du 
mercure, et en les laissant exposer à la lumière solaire une demi- 
heure. L'atmosphère des cloches contenait 8 % de Co-. 

Voici les résultats obtenus : 

Pour le Fagopyrum esculentum. — Pour cette espèce, 
comme pour les suivantes, les plantes sur lesquelles les feuilles 
ont été prélevées, étaient au même état que celles ayant servi à 
l'étude de la respiration. 

Poids de la feuille : 235 ni/myr.. 

Surface de la feuille : 10 "nq- 730. 

Quantité d'acide carbonique décomposé : 6,493. 

r^ ,■ . • 1 . o 6.bi9 

Quotient assimilateur —t; — zn— — -^^ 1 022. 
Co'^ 6.49 s 



— OD9 — 

Pour le Fa^opyntm einarginaiiim : 

Poids de ly feuille : 240 '"/'"S'-,. 

Surface de la feuille : 10 ^nq 44. 

Quantité d'acide carbonique décomposé : 6.247. 

_ . . ., b.^io 

Quotient assmiilateur : -r— = i.oio 

6.247 

Pour le Fdgopynim tataricum : 

Poids de la feuille : 245 '"/'"??'■. 

Surface de la feuille ; 9 ^loq- -780. 

Quantité d'acide carbonique décomposé : 6.778. 

^ • -, o 7.116 

Quotient assimilateur : ^ , ni-g —= i 03. 

Lo'^ 6.775 

Pour le Fagopyrum stenocarpa : 

Poids de la feuille : 282 '" "'«i-. 

Surface de la feuille : 11 """^'i- 618. 

Quantité d'acide carbonique décompose ; 7. 147. 

7 -43 S 
Q.uotient assimilateur : -^ — — — 1.042. 
7.147 

• -, o . , 

Le quotient assimilateur ~--^varie donc pour chaque espèce. 

Il est le plus élevé chez le Fagopyrum tataricum (1,05) et le plus fai- 
ble chez le Fagopyrum emarginatum (1,01). Le Faoopyrum sténo - 
carpast comporte comme le Fagopvrum tataricum. 

Ce quotient est toujours plus grand que l'unité. 



m. — Transpiration 



J'avais commencé par étudier la transpiration (ou plutôt 
la chlorovaporisation) par la méthode employée par mon ami, 



- 36a ^ 

M. èeyot, dans ses recherches sur le cerisier (^i), c'est-à-dire 
en immergeant par le pétiole des feuilles isolées, dans l'eau 
d'un flacon qui porte latéralement un tube capillaire gradué. 

Mais j'ai dû renoncer à ce procédé, en raison même de la 
nature des feuilles de Fagopyrum qui se fanent aussitôt qu'elles 
sont détachées de la tige, et j'ai dû opérer sur la plante entière, 
par la méthode des pesées. 

J'ai utilisé, d'une part, des plantes en place, en pleine 
terre, qui étaient cultivées dans des pots en verre, et, d'autre 
part, des plantes arrachées, le plus délicatement possible, du 
champ où elles se trouvaient, et placées jusqu'au collet, dans 
un flacon rempli d'eau. 

Les échantillons se trouvaient au même état que ceux ayant 
servi précédemmment, à l'étude de la respiration et de l'assi- 
milation. 

Les flacons et leurs plantes étaient pesés au début de l'ex- 
périence, puis après 4 heures, et après 2 jours. La différence de 
poids indiquait la perte d'eau subie par la plante entière, et 
celle-ci était ensuite ramenée à l'unité de poids, c'est-à-dire au 
giamme, et à l'unité de temps, c'est-à-dire à l'heure. 

Je me bornerai à indiquer ces derniers résultats qui sont les 
seuls comparatifs, et, par suite, les plus intéressants. 

Pour le Fagopyrum escidenlum, la quantité d'eau évaporée 
est égale, par gramme de plante fraîche et par heure, à 
3 g-r- 550. 

Pour le Fagopynnn eniarghiatuni, cette quantité n'est que 
de 2 gr. 870. 

Elle atteint 3 gr. 840 pour le Fagopyrum tatarïciim -rX 
3 gr. 425 pour le Fagopyrum stenocarpa. 

La moyenne pour les quatre espèces atteint 3 gr. 421. 

La quantité d'eau évaporée par le sarrasin est donc consi- 
dérable. Hellriegel, qui, à ma connaissance, a seul fourni quel- 
ques renseignements sur cette question, avait trouvé que cette 



(i) Skvot. — Th. dor. Se. Xat,. Paris, 190g. 



— o6i — 

plante, pour former un gramme de matière sèche exigeait 
363 grammes d'eau, c'est-à-dire plus que tous les autres végé- 
taux cultivés, sauf l'avoine. 

D'un autre côté, si l'on détermine la proportion d'humi- 
dité, renfermée par le sarrasni à différents stades de son déve- 
loppement — comme je l'ai fait moi-même, et comme l'avait 
déjà entrepris E. Gain — on voit qu'elle est toujours très élevée 
et supérieure à 80 % et qu'elle atteint parfois 90 %. 

La plante fait donc une .consommation d'eau considérable 
et très active ; tous ses tissus en sont gorgés et elle en rejette 
dans l'atmosphère une très grande quantité. 

Cette constatation s'explique, d'ailleurs, par la rapidité du 
développement du Fagopyrum, qui exige une absorption de 
substances alimentaires, et par suite d'eau, excessivement 
active. Ces exigences sont surtout élevées aux moments de la 
plus grande croissante du végétal, dont l'un correspond, préci- 
sément, au début de la floraison. 

Cette connaissance présente un grand intérêt pratique. Elle 
indique que, contrairement à ce que l'on croît habituellement, 
le sarrasin demande beaucoup d'eau pour se développer et qu'il 
doit végéter plus activement dans un sol relativement humide. 
C'est, en effet, ce qu'a montré E. Gain, et ce qu'on a constaté 
dans certaines cultures, par exemple, en Espagne, où cette 
plante cultivée dans des terrains marécageux, atteint des 
dimensions énormes. Elle montre également que le sol doit être 
travaillé profondément et convenablement, pour pouvoir accu- 
muler les réserves d'eau considérables que la plante réclame en 
un temps très court. 

Heureusement, par une sorte de compensation, le tissu 
conducteur est très développé dans tous les organes du Fago- 
pyrum racine, tige et feuilles) comm.e on l'a vu dans l'étude 
anatomique, et, d'autre part, son système radiculaire très déve- 
loppé, formé de longues et nombreuses radicelles, munies d'un 
chevelu très abondant, paraît particulièrement adapté à une 
absorption très active. 



— o6.) 



Cïi^^F»ITR.E II 



Toxicité dojL Fag^opyrxim 



Ainsi qu'il a été indiqué tout au début de ce travail î'page 
15), le sarrasin est susceptible de provoquer certains accidents 
chez les animaux, et même chez l'homme, qui le consomment 
La nature et la cause de l'afîcction qu'il engendre sont encore 
ignorées, malgré tout l'intérêt qu'il y aurait à les déterminer. 
Aussi ai-je tenté, non pas de résoudre déiinitivement cette ques- 
tion très complexe, mais, tout au moins, de l'éclairer un peu pa- 
des recherches méthodiques. J'examinerai successivement 
1° l'historique de la « maladie du sarrasin » ; .2" les animaux 
qu'elle atteint ; 3° ses symptômes ; 4" ses causes. 



I. — Historique 



Depuis longtemps déjà, on a constaté que l'ingestion du 
sarrasin à divers états provoquait chez le bétail des accidents 
divers, à l'ensemble desquels on a donné le nom de « Maladie 
du sarrasin », remplacé récemment par celui de <( Fagopy- 
risme ». 

Bien que contestée par certains auteurs I.ecouteux), cette 



— 364 — 

affection spéciale paraît, grâce aux observations très sérieuses 
et nombreuses dont elle a fart l'objet, indiscutable aujourd'hui. 
C'est ainsi qu'Yvart l'a constatée chez des moutons ; après 
en avoir décrit les symptômes, cet auteur ajoute : a Nous avons 
appris depuis, par Huzard, inspecteur des écoles royales vété- 
rinaires, que cet effet du sarrasin en fleurs avait aussi été remar- 
qué sur d'autres animaux », et plus loin : « Il est avéré que 
l'usage immodéré du sarrasin comme fourrage vert produit des 
accidents graves, non seulement sur des bêtes ovines, mais aussi 
sur le gros bétail >>. Puis Magne, dans plusieurs de ses ouvrages, 
indique les caractères de la maladie et rend compte d'expérien- 
ces entreprises à ce sujet à l'Ecole vétérinaire d' Al fort ; il con- 
clut en disant : (( Le sarrasin exerce sur les animaux une action 
spéciale qui n'a pu être expliquée, mais qui est analogue à celle 
que quelques plantes exercent sur certains individus de l'espèce 
humaine ». Il l'a d'ailleurs constatée chez de nombreux animaux. 
Plus tard, Baillet, de Gasparin, de nombreux agriculteurs Petit, 
Gayot, de Guarta, etc..) signalent, à leur tour, cette maladie 
du sarrasin. Plus récemment, Cornevin reconnaît l'existence du 
pouvoir vénéneux de cette plante et dit, en particulier : « Quand 
on fait entrer la graine dans la ration du cheval et qu'on l'a 
donnée sans discontinuer pendant quelque temps, on voit surve- 
nir des poussées congestives à la peau et des démangeaisons )). 
Em. Thierry fait les mêmes observation sur les porcs, et 
elles ont été également contrôlées (par Lavalard) à la Compa- 
gnie générale des Omnibus de Paris et à la Compagnie l'Ur- 
baine sur les chevaux. 

Dechambre et Curot, dans ces dernières''annéî:s, sont, si pos- 
sible, plus catégoriques encore : << Les sommités fleuries du sar- 
rasin sont vénéneuses, disent-ils, elles occasionnent des acci- 
dents congestifs parfois mortels. La paille sèche, distribuée 
comme litière dans les bergeries, cause des troubles analogues 
sur les animaux qui la mangent, etc. ». 

Le manuel des officiers de l'armée allemande signale aussi 
cette affection : « Le sarrasin, avec des précautions suffisantes. 



— 365 — 

est un aliment de remplacement utilisable. Si, au cours de la 
consommation du sarrasm, les excréments deviennent mous et 
acquièrent une mauvaise odeur, ou si des troubles cérébraux se 
manifestent, il faut en arrêter immédiatement la distribution ». 

Haselhoff, dont le nom a souvent été cité dans ce mémoire, 
parle assez longuement de cette *< maladie du sarrasin <> et dit, 
entre autres : « L'emploi du sarrasin et de tout ce qu'on en tire, 
dans l'alimentation du bétail, est restreint par les inconvénients 
de ce qu'on appelle la maladie du sarrasin, etc.. >\ 

Enfin, un savant américain, le professeur Omke, spécialiste 
des maladies de la peau, appelle F.agofyrismc les troubles cu- 
tanés résultant de l'usage fréquent du sarrasin dans l'alimenta- 
tion. Il a entrepris de nombreuses expériences sur des lapins et 
des coba}'es et il a constaté, au bout de quelques jours, sur la 
peau de ces animaux, des traces très apparentes d'éruption. Il 
a reconnu également que la consommation du sarrasin compro- 
mettait la blancheur du teint de jeunes filles soumises à ses es- 
sais. 

Cet ensemble de témoignages autorisés rendent donc indis- 
cutable, aujourd'hui, la nocivité du sarrasin. 



II. — Animaux atteints 



La plupart des animaux qui consomment le sarrasin sou> 
différents états, paraissent susceptibles d'être atteints par l'af 
fection qu'il détermine. Yvart l'a constatée chez des moutons : 
Huzard, sur le gros bétail ; Magne, sur des moutons, des porcs 
et des vaches. 



- 366 — 

On l'a signalée également sur des lièvres et des lapins ca- 
chés dans des sarrasinières, et sur les abeilles qui butinaient les 
fieurs de Fagopyrum. Lavalard, Dechambre, Haseloff, etc., l'ont 
reconnue aussi sur les chevaux. Enfin, on a vu précédemment 
que Omke avait déterminé les symptômes du Fagopyrisme sur 
les femmes. 

Il semble pourtant exister quelques différences dans le de- 
gré de sensibilié des diverses espèces animales, au fagopyrisme. 
C'est ainsi que le mouton serait le plus atteint, puis viendrait le 
porc, ensuite le bœuf, et, enfin, le cheval. 

Cette affecion semble atteindre de préférence les animaux 
à robe blanche. Cette opinion déjà émise par Magne en 1847, 
a été confirmée depuis par plusieurs auteurs. Magne dit en effet : 
^' En septemVjre 1853, deux porcs, dont l'un avait les oreilles 
blanches, et l'autre une seule de cette couleur, sont soumis à l'u- 
sage de cette plante. Huit jours après, les trois oreilles blan- 
ches sont engorgées, couvertes en partie de boutons et de plaies». 
Haselhoff écrit, de son côté : « On a fait cette constatation sin- 
gulière que, surtout les animaux blancs ou tachés de hlanc, sont 
frappés par cette maladie, tandis que les animaux noirs ne le 
sont pas )), et il essaie d'expliquer cette sensibilité particulière 
des animaux dépourvus de pigments. Omke a constaté égale- 
ment dans ses expériences que le fagopyrisme n'atteint que les 
cobayes et lapins blancs ; les noirs, au contraire, restent absolu- 
ment indemnes. Il en conclut que la lumière joue un rôle dans 
cette affection. Dammann admet, au contraire, que la peau blan- 
che est plus tendre, plus délicate, à réseau capillaire plus déve- 
loppé, et qu'à sa finesse corresponderait une délicatesse des autres 
parties du corps, d'où une résistance plus faible de l'organisme. 
De plus, les pigments constitueraient un élément protecteur qui, 
chez les animaux blancs, ferait défaut. 

Quelle que soit l'explication qu'on en donne, le fait sub- 
siste, et, en résumé, l'on peut dire que le fagopyrisme peut at- 
teindre toutes les espèces animales c|ui consomment le sarrasin, 
et particulièrement les individus à peau blanche. 



367 



Parties de la plante qui sont vénéneuses 

Des constatations faites par tous les auteurs précités, il ré- 
sulte que toutes les parties de la plante, verte ou sèche, seraient 
vénéneuses. 

Elles le seraient pourtant à des degrés divers. Pour beau- 
coup, ce sont les sommités fleuries du sarrasin vert qui présente- 
raient la plus grande nocivité, puis viendrait la paille sèche, et 
enfin le grain entier, ses enveloppes et même la farine. 



111. — Syipptonies de la maladie 



Tous les observateurs s'accordent pour reconnaître au fa- 
gopyrisme des symptômes identiques, bien qu'assez variés, par- 
mi lesquels on remarque, le plus souvent : une sorte d'ivres^o, 
de vertige, l'animal titube et tombe, puis le gonflement de Ui 
tête, des démangeaisons violentes, l'apparition de boutons se 
transformant en plaies ulcéreuses, la fixité et la rougeur des 
yeux, de l'anune, etc., et, parfois même, la mort de l'animal. 

La maladie semble, d'après certains auteurs, se manifester 
dans des conditions un peu particulières. C'est ainsi qu'elle se 
développerait et s'accuserait surtout, sinon exclusivement, au so- 
leil. 

Magne dit, en effet, à propos des expériences entreprises 
à l'école vétérinaire d'Alfort : (t Nous avions fait nourrir quatre 
moutons à la bergerie avec du sarrasin, et aucun effet ne s'était 
montré, quoique pendant treize jours, ces animaux n'eussent pas 
reçu d'autre nourriture. Ils furent reconduits dans les pâtura 
ges avec le restant du troupeau, et le lendemain tous éprou- 



— 36H — 

\ aient des démangeaisons à la tête, sensibles surtout lorsqu'il 
étaient au soleil ». 

J'ai tenu à rapporter ces observations parce qu'elles se rap- 
prochent absolument de celles du professeur Omke. Celui-ci, 
après avoir placé dans l'obscurité, pendant un certain temps., 
des animaux blancs nourris avec du sarrasin, n'a constaté aucun 
cns de fagopyrisme, tandis que tous ceux qui étaient exposés à 
la lumière, étaient atteints. 

Ces constatations permettent sans doute d'expliquer l'opi- 
nion de quelques auteurs, d'après laquelle la maladie ne se ma- 
nifesterait qu'en plein air. 

En définitive, et avant d'examiner les causes probables de 
cette affection, on peut dire que le sarrasin à divers états peut 
provoquer, chez les animaux de toute espèce qui le consomment, 
et principalement sur les animaux blancs, une maladie particu 
lière, appelée Eagopyrisme. Cette affection se manifesterait de 
préférence au soleil et se traduirait par l'apparition d'éruptions 
de la peau, l'œdème de la tête, des troubles généraux, du ver- 
tige, et parfois la mort de l'animal. 



IV. — Causes 



Les causes du Fagopyrisme sont encore ignorées aujour- 
d'hui. On a émis à leur sujet de très noiiibreuses et parfois in- 
vraisemblables hypothèses. C'est ainsi qu'on a cru d'abord que 
la (( Maladie du Sarrasin » était occasionnée par un insecte qui, 
au moment de la floraison, se cachait dans les fleurs et piquait 
les animaux (de Gasparin, Hue) (i). 



(i) De Gasparin, — Cours cl'agricuhure, t. m, p. 720, 



- 369 - 

C'e qui scmbhiit autoriser cette opinion, c'est que le bétail 
était plus fréquemment atteint lorsqu'il consommait la plante 
en fleurs, en plein air et sur pied. 

Plus tard, on a attribué cette affection à des causes atmos- 
phériques, et particulièrement à des phénomènes électriques qui 
détermineraient une altération spéciale des inflorescences. Plus 
récemment, on l'a imputée à un champignon, dont l'existence et 
la nature n'ont d'ailleurs jamais été étudiées ; ce champignon 
ingéré par les animaux occasionnerait les troubles précités, et 
sa présence sur les tiges servant de litière, déterminerait égale- 
ment des accidents aux extrémités des membres. 

Un auteur allemand, Dammann, voit, au contraire, la cause 
<iu Fagopyrisme dans un alcaloïde qui, d'après lui, serait loca- 
lisé dans les écales ou téguments péricarpiques du grain ; mais 
la recherche de ce corps n'a jamais été entreprise. 

Enfin, dernièrement, un professeur américain, Omke, entre 
prit des expériences sur le déterminisme de cette maladie. Il 
l'attribue, tour à tour, à un microbe et à un principe toxique, 
mais il ne définit ni l'un ni l'autre. Il aurait, cependant, trou\'é 
un vaccin d'emploi plus simple et plus efficace que les rayons 
X, préconisés par d'autres auteurs, pour la guérison des person- 
nes atteintes de fagopyrisme. 

Comme on le voit par ce bref historique, la question est 
loin d'être résolue. Pour essayer de la solutionner, j'ai recherché, 
successivement, s'il n'existait pas, dans le Fagopyrum, soit un 
principe vénéneux susceptible d'engendrer des troubles chez le 
bétail, soit un parasite capable de les provoquer, par lui-même 
ou par une altération qu'il déterminerait dans la plante. 

J'ai été amené ainsi à entreprendre la recherche : 

De l'acide cyanhydrique ; 

D'un alcaloïde ; 

D'un glucosidc. 

i. — JRecherche de l'acide cyanhydrique 

Les recherches effectuées depuis plusieurs années, et prin- 



cipalement celles de Guignard et celles de Treub, tiyant mon- 
tré l'existence de l'acide cyanhydrique dans un très grand nom- 
bre de plantes chez lesquelles on ne le soupçonnait même pas> 
j'ai commencé par rechercher si le Fagopynim n'en contiendrait 
pas et si, par suite, ce corps ne serait pas la cause de la maladie 
du sarrasin. 

Pourtant les travaux de Greshoff il) et la liste complète 
des plantes à acide cyanhydrique donnée par Guérin 2) ne si- 
gnalent d'acide cyanhydrique ni dans le sarrasin, ni dans au- 
cune Polygonacée. 

J'ai employé d'abord la méthode chimique indiquée par 
Guignard. Mais, comme à l'époque où j'opérais (octobre 1908"^, 
la récolte du sarrasin était partout effectuée, j'ai dû opérer sur 
des plantes provenant de l'égrenage naturel de celui qui avait 
été cultivé cette même année au champ d'expériences d'agricul • 
ture de Fougères. Ces plantes, assez petites (30-50 c), étaient à 
ce moment en pleine floraison, c'est-à-dire qu'elles présentaient 
environ la moitié des fleurs épanouies et la moitié des grains 
plus ou moins avancés, mais tous encore verts. 

Après dessication à l'air, j'ai séparé les différentes parties 
de la plante, racines, tiges, feuilles et fleurs, et, à l'aide du pa- 
pier picro-sodé d'abord, puis par le procédé de Denigès, j'ai re- 
cherché la présence de l'acide cyanhydrique. Les réactions ob- 
tenues ont été a?sez caractéristiques et ont indiqué l'existence de 
ce corps. L'été suivant, quand j'eus à ma disposition des maté- 
riaux plus abondants (recueillis dans les cultures de l'Ecole Na- 
tionale d'Agriculture), j'ai repris ces recherches. Mais je n'ai pu, 
cette fois, déceler cet acide cyanhydrique, que j'avais recherché 
dans la plante à différents âges. Devant cet insuccès, dont la 
cause m'échappait, j'ai employé la méthode microchimique de 



(i) Greshoff, — Pharmac. Weckhlad vonr nederhmi^ 1906, 
p. 1039. 

(2) Guérin. — Rev. scient.^ 1907. 



Treub (i), sur des plantes à différents états de développement 
J'ai vu alors que la réaction n'apparaissait que sur les grains 
jeunes, déjà formés, mais encore blancs, avec seulement les arê- 
tes vertes. La localisation n'a été assez nette que dans ces orga- 
nes et nulle dans les autres parties du végétal. 

L'acide cyanhydrique existerait donc dans le Fagopyrum, 
mais seulement à l'état transitoire, pendant une période très 
courte et dans les enveloppes du grain. Ce fait expliquerait la 
divergence des deux premières séries d'essais que j'avais entre 
pris. Il pourrait expliquer également pourquoi le sarrasin est 
surtout toxique à l'époque de la pleine floraison. 

2. — Recherche d'un alcaloïde 

La présence, même certaine, de l'acide cyanhydrique dans 
les inflorescences un peu avancées du sarrasin, ne suffirait pas 
cependant à expliquer sa toxicité. En eftet, cette présence n'est 
pas générale, puisque dans de nombreux essais ultérieurs effec- 
tués sur les différents organes de plantes d'âges variables, je 
n'ai pu la caractériser. De plus, la plante est nocive — quoique 
à un degré moins élevé — à d'autres états de développement, 
et même sèche. 

D'autre part, comme je l'ai indiqué précédemment, l'hypo- 
thèse de l'existence d'un alcaloïde dans le Fagopynan avait 
été émise par certains auteurs. J'ai donc cru devoir vérifier si 
un de ces corps existait réellement dans le sarrasin. 

Pour cela, j'ai fait macérer pendant plusieurs jours, dans 
de l'alcool tartrique, à une température de 40" environ, diff'é- 
rentes parties (farine, écales, fleurs, feuilles, etc.) séparées, de 
plantes sèches et de plantes vertes, pulvérisées ou broyées. Puis, 
après avoir séparé le liquide de macération et pressé le résidu, 
j'ai réuni et filtré les deux solutions alcooliques ; ce mélange a 
été ensuite distillé dans le vide, ou dans un courant de C O2, à 



(i) Trkub. — Ann. fard. Bmtcn^ori^, i8q6, p. 7. 



une température de 50-52°, jusqu'à réduction des deux tiers en- 
^ iron. 

Le résidu, resté dans le ballon, et refroidi, a été rendu lé- 
gèrement, mais nettement alcalni par l'addition de petites quan- 
tités de carbonate de soude, puis agité, dans une ampoule à sé- 
paration, avec 70 parties d'éther et 30 de chloroforme, de façon 
à dissoudre les alcaloïdes. Le liquide décanté a été agité à nou- 
veau, dans une ampoule semblable, avec de l'acide chlorhydri- 
que à 2 % pour transformer ces alcaloïdes en sels solubles 
dans l'eau. 

Enfin, dans cette solution chlorhydnque, j'ai recherché la 
réaction des alcaloïdes, particulièrement au moyen des réactifs 
de Bouchardat, de Meyer, de Dragendorff, de l'acide silico- 
tungstique, etc.. 

Toutes les réactions furent négatives. 

On doit donc admettre, contrairement à l'hypothèse de 
Dammann, qu'il n'existe aucun alcaloïde dans le sarrasin. 

3. — Recherche des glucosides 

J'ai entrepris alors la recherche des glucosides : 

Dans un ballon, muni d'un réfrigérant à reflux, et contenant 
de l'alcool à 90", bouillant, additionné de 3 % de carbonate 
de chaux, j'ai introduit différentes parties de plantes fraîches, 
venant d'être récoltées et coupées. Après une ébullition régu- 
lière d'une vingtaine de minutes et refroidissement, on filtrait, 
pressait le résidu, filtrait à nouveau et distillait dans le vide 
l'ensemble des filtrats, jusqu'à réduction de moitié environ. 

Le liquide restant dans le ballon était filtré, mis à évapo- 
rer dans le vide et abandonné à lui-même. Au bout d'un temps 
variable^ mais ordinairement très court ^parfois quelques heures 
.seulement), il laissait déposer des cristaux jaunâtres (dans cer- 
tains cas excessivement abondants) qu'on isolait par filtration et 
qu'il suffisait ensuite de purifier et d'identifier. 

Pour la purification, ces cristaux étaient repris et dissous 
dans un mélange d'eau et d'alcool 'par moitié), à chaud, puis 



— 070 — 

clarifiés au noir animal bien pur i) et filtrés. La solution était 
placée ensuite dans le vide sulfurique. 

Après cristallisation, on recueille les cristaux et on les pu 
nfie par une nouvelle cristallisation faite dans les mêmes con- 
ditions. On répète ce traitement jusqu'à séparation complète de 
toutes les impuretés. J'ai obtenu ainsi un produit bien pur, léger, 
laune grisâtre, formé de longues aiguilles fines et très nettes, 
que j'ai pu déterminer par la suite. 

J'ai recherché tout d'abord si ce n'était pas un glucoside 
cyanhydrique. 

Pour cela, j'ai placé à l'étuve à 30", pendant cinq jours. 
dans un ballon de 200 ce, d'une part, une certaine quantité du 
glucoside présumé avec de l'eau thymolée '^2) et de l'émulsine, 
et, d'autre part, un témoin. 

Puis, après agitation renouvelée du liquide, j'ai déféqué 
25 ce. du mélange, par l'addition de 2 ce. 5 de solution de Cour- 
tonne 3) et filtrations subséquentes, jusqu'à limpidité parfaite 
J'ai ensuite déterminé, au p^larimètre, le pouvoir rotatoire 
de chaque échantillon, et dosé le glucose, à la liqueur de Feb 
ling. En faisant ces opérations sur les deux échantillons, j'ai 
constaté ainsi que l'émulsine n'avait produit aucune modifica- 
tion. 

Il était possible que ce glucoside, non dédoublable le fût 
par un autre ferment, spécial à la plante et contenu dans 
ses tissus. Pour le vérifier, j'ai répété l'essai précédent, en 
remplaçant l'émulsine par de la poudre de plante sèche. 
Le résultat a été négatif. 

Ce corps, extrait du sarrasin, n'est donc pas un glucoside 
C3'anhydrique. 

J'ai alors recherché ses principales propriétés. 



(1) Lavé à l'acide chlorhydrique puis à Teau distillée, jusqu'à réac- 
tion neutre. 

(2) 3 grammes de thymol pour i litre d'eau distillée. 

(3) Acétate de plomb : 150 t^r ; acide acétique : Q. S. pour neu- 
traliser H- O : Q. S. pour 500 rc. 



— 074 — 

Caractères du glucoside extrait 

Au microscope, ce corps se présente sous la forme de lon- 
gues aiguilles jaunâtres, enchevêtrées et très fines. 

Son point de fusion, déterminé au bloc Maquenne et au 
tube effilé, atteint 190° environ. Avec l'acétate de plomb, il 
donne un produit floconneux orangé, de même avec la baryte et 
la chaux; il ne réduit pas la liqueur de Fehling. 

L'acétate de cuivre donne une coloration verdâtrc et 
l'alun ne produit pas de précipité. Hydrolyse avec de l'acide 
sulfurique au dixième, il donne un précipité de fines aiguilles, 
etc. 

Ce corps se comporte donc comme de la rutine, pentoside 
voisin du quercitrin, et donne, comme lui, par dédoublement, 
un produit jaune, plus brillant, formé également de longues 
aiguilles et qui n'est autre que de la quercétine. 

En recherchant ce qui avait été publié sur cette rutine, -e 
me suis alors et seulement aperçu qu'elle avait déjà été signalée, 
au mjbips hypothétiquement dans le sarrasin, et pour la pre- 
mière fois, par Wischo (i). Depuis, aucun auteur n'est venu 
confirmer ou infirmer les recherches de ce savant; en effet, les 
ouvrages qui, ultérieurement, indiquent la présence de la rutine 
dans le Fagopyrum, ne font, semble-t-il, que renouveler l'h}- 
pothèse de Wischo, sans l'avoir aucunement vérifiée. 

Les recherches précitées, que j'ai été amené à entreprendre 
sans connaître ces précédents, confirment pleinement les suppo- 
sitions de l'auteur allemand et démontrent la présence parfois 
relativement abondante, de la rutine dans le Fagopyrum. 

Une fois connue la nature du corps que j'avais isolé, je me 
suis proposé d'en rechercher : 

I " I^es principales propriétés ; 

2" La localisation dans la plante; 

3'' La toxicité possible. 



(i) F. Wischo. — Pharmac. Post. Bel., .\XIX, 1896, p. y~,T,. 



— o7^ — 

I. — Propriétés de la Rutlne 

Ces propriétés paraissent encore très mal connues et les 
formules chimiques attribuées à ce pentoside par les quelques 
auteurs qui s'en sont occupés diffèrent considérablement les 
unes des autres ainsi, d'ailleurs, que celles d'un de ses produits 
de dédoublement, la quercétine. Ainsi Maquenne (i), Béhal (2) 
donnent, pour la rutine : O^ H»'» + 3 H-0, tandis que Wiirtz y^] et 
Wischo indiquent : C-^' H^'^ O'^ -\- 3 H- O. 

Certains savants, comme Hlasivetz l'identifient au querci- 
trin, tandis que d'autres, tels que Wischo, Zwenger et Dronke, 
les considèrent comme deux corps voisins, mais cependant dis- 
tincts. 

Voici, d'ailleurs, les propriétés générales reconnues à la 
rutine : C'est un pentoside ou pseudo-glucoside, donnant, par 
dédoublement, un pentose rhamnose; et de la quercétine, 
on le rencontre dans le Ruta graveolens, le Capparis, beaucoup 
de fleurs, etc. D'après Wischo on le trouverait également dans 
le Sophora, et Stein lui attribue une répartition universelle dans 
le règne végétal. 

On admet généralement que la rutine perd son eau à loo", 
et fond alors à 190", qu'elle est soluble dans l'eau bouillante, 
l'alcool, les alcalis étendus. Elle se dédouble à chaud, sous 
l'influence de l'acide chlorhydrique en dissolution dans l'alcool, 
ei. quercétine et isodulcite. I/émulsine ne la dédouble pas. 

D'après Hermann '4) avec l'ammoniaque, les alcalis en 
solutions aqueuses caustiques et carbonatées, l'eau de baiyte et 
l'eau de chaux, la rutine donne des solutions jaunes qui se 
colorent en brun à l'air en s'oxydant. 



(i) Maquenne. — Les sucres et frUicifanx dérivés, Paris, 1900 
P 364. 

(2) BÉHAL. — Traité de chimie organique, Paris, 1902. 

(3) WURTZ. — Dictionnaire de chimie, t. 4, p. 1280. 

(4) Hermann. — Noch. or g. Verbind in vegct. Gerc, Leipzig, 1896, 



376 



2. — Localisation de la Rutine 

Hermann a étudié la localisation de la rutine — seulement 
dans les tissus de la rue — au moyen des réactifs précédents 
(ammoniaque, eau de baryte, eau de chaux...) qui donnent, 
in vitro, à son contact, des solutions jaunes, se colorant en 
brun, à l'air, par oxydation. Il ne fournit aucun renseignement 
sur sa technique opératoire, et se borne à signaler la répartition 
du glucoside dans les différents organes de la plante. 

On le trouve, d'après lui ; 

Daris la racine : 1° Dans les cellules du parenchyme de 
l'écorce ; 

2° Dans toutes les cellules des rayons du phloème; 

3" Dans les rayons du xylème, et seulement dans la partie 
limitrophe du tissu cortical ; 

^°' Dans le cambium. 

Daîîs la lige : Dans les cellules du parenchyme de l'écorce, 
les rayons du phloème, et un peu dans les cellules isolées de la 
moelle. 

Dans les feuilles : Dans les nervures et l'hypoderme. 

Dans toutes ces réactions, la rutine se trouve dans le liquide 
cellulaire, et jamais en sédiment dans les membranes. 

J'ai repris cette question importante, en me familiarisant 
tout d'abord avec la localisation de la rutine dans les tissus du 
Rnla gravcolens et du Sophora japonica, et en appliquant 
ensuite les procédés employés, au Fagopyriivi esculentnni qui 
m'intéressait plus particulièrement. 

Coloration des organes aériens du Fagopyrum 

Or, en poursuivant cette étude de la localisation du gluco- 
side, j'ai été amené à observer de près la coloration rouge des 
organes aériens du Fagopyrum esculentnni. On sait, en effet, 
qu'au moment de la floraison (parfois même dès le début de la 
végétation) mais surtout à l'approche de la maturité, la tige. 



— 077 -^ 

les nervures des feuilles et 1 es arêtes des grains encore verts, 
sont colorés d'une teinte rouge de plus en plus foncée et plus 
importante du côté oii la lumière est la plus vive. Je me suis 
tout d'abord demandé dans quels tissus cette matière colorante 
était située, et, par des coupes dans les différents organes de la 
plante, j'ai trouvé qu'elle était localisée, irrégulièrement, mais 
presque exclusivement, dans les cellules épidermiques ou sous- 
épidermiques, dans celles de l'endoderme et, rarement, dans 
quelques cellules du parenchyme, f Planche 1k 

J'ai constaté également que la répartition de ce pigment 
est assez irrégulière et qu'elle ne forme nullement, une ou plu- 
sieurs assises continues et concentriques. Il se trouve au con- 
tiaire disséminé, en apparence d'une façon quelconque, dans 
un certain nombre de cellules des tissus précités, et de préfé- 
rence sur les arêtes ou les côtes de la tige, de la feuille et du 
grain. Cette répartition correspond, d'ailleurs, à la coloration 
extérieure de ces organes, qui n'est pas uniforme, mais disposée 
par bandes, par lignes selon les côtelures qu'on y trouve. 
(Planche I). 

Par contre, c'est le long des sillons de ces mêmes organes 
que se trouve située la chlorophylle. De là résulte l'alternance 
du rouge et du vert, particulièrement nette sur les tiges. 

J'ai remarqué enfin que les cellules épidermiques et collen- 
chymateuses des arêtes présentaient, dans tout leur ensemble, 
une coloration bleue violacée, qui n'affectait que ces régions et 
disparaissait, en s'atténuant progressivement, dans les parties 
planes ou concaves des organes considérés. 

Continuant cet examen, j'ai alors recherché qu'elle pouvait 
être l'origine de ces colorations, et s'il n'existait pas quelque 
relation entre elles et certains principes immédiats du Fagopy- 
niui, tels que les tanins, par exemple. 



Localisation des tanins 
Pour cela, j'ai, tout d'abord, déterminé la localisation de 



-378- 

Ceux-ci, au moyen de leurs réactifs habituels ; i) : molybdate 
d'ammoniaque, bichromate de potasse, acétate d'urane, réac- 
tifs de Brœmer, de Carpienne, etc. 

L'acétate d'urane et le bichromate de potasse m'ont donné 
les meilleurs résultats. J'ai trouvé ainsi que les tanins, non 
seulement existaient, mais encore qu'ils étaient répartis exacte- 
ment dans les mêmes tissus que la matière colorante rouge. 
C'est-à-dire irrégulièrement dans les cellules de l'épiderme, de 
l'hypoderme, de l'endoderme, et rarement du collenchyme. 

J'ai alors repris cette détermination des tanins sur des 
oiganes verts et entièrement dépourvus de coloration rouge, et 
j'ai pu constater, beaucoup plus nettement encore, l'identité de 
la répartition des deux substances : tanins et matière colorante 
l'ouge. Comme celle-ci ne se trouve que chez les plantes et dans 
les organes directement exposés au soleil et à une lumière vive, 
•il me semble ratio:inel de penser qu'elle provient de la transfor- 
mation par oxydation — - des matières tanniques renfermées 
primitivement dans les mêmes cellules. Cette hypothèse me 
paraît d'autant plus vraisemblable que j'ai pu déterminer, dans 
les organes du Fagopyriim, au moyen des réactifs habituels 
(gaïac et eau oxygénée) la présence d'une aéro-oxydase. 

Enfin, il me restait à rechercher s'il existait dans le Fago- 
pyrum (comme cela a lieu dans d'autres plantes) une relation 
entre ces tannoïdes — générateurs de la matière colorante — et 
le glucoside que j'y avais trouvé. 

Localisation de la Rutine 

Il fallait, pour cela, et connaissant déjà la situation des 
tannins, localiser la rutine. 

F"aute de réactifs mieux connus, j'ai employé, à cet effet, 
ceux indiqués par Hermann dans ses recherches sur le Rnla 
grjvcolt'jis^ c'est-à-dire l'ammoniaque, l'eau de chaux et l'eau 
de baryte. Malheureusement cet auteur ne donne aucune indi- 
cation sur sa méthode opératoire, la concentration des réactifs, 
leur mode d'emploi, etc. 

Aussi, ai-je commencé par l'appliquer au R?//û graveolens. 



— -^79 — 

afin de contrôler les résultats obtenus par l'auteur allemand, de 
voir si réellement les solutions alcalines qu'il préconise carac- 
térisaient nettement la rutine dans cette plante et si, par suite, 
elles étaient susceptibles d'être utilisées avantageusement pour 
la recherche du glucoside dans le Fagopyrum. 

Les premiers résultats que j'ai obtenus ne furent guère 
satisfaisants. J'avais employé l'eau ammoniacale, l'eau de 
baryte et l'eau de chaux normales, c'est-à-dire relativement 
concentrées, et j'y plongeais pendant quelques instants les 
coupes à examiner. 

On apercevait alors, au microscope, une coloration jaunâtre 
qui imprégnait à peu près tous les tissus — y compris le collen- 
chyme et les éléments ligneux — et il était impossible de déter- 
miner la moindre localisation. J'obtenais des résultats identi- 
ques avec le Sophora japonica, plante dans laquelle la rutine .l 
également été signalée, et avec le Fagopynim esculeniiun. 

Devant cet échec, j'ai utilisé les mêmes réactifs, mais en 
solutions très diluées telles que i goutte de N H-^ dans loo'^^- 
d'eau, de l'eau de baryte à i % etc.) qui, cette fois, furent in- 
suffisantes à provoquer aucune coloration. J'ai alors choisi des 
solutions de plus en plus concentrées, à partir de ce minimum, rt 
en les utilisant directement sur le porte-objet, de façon à pouvoir 
observer la réaction — in situ — avant que la diffusion, qui est 
très rapide, se produise. 

Après une série de tâtonnements inévitables, je suis ainsi 
parvenu à mettre en évidence quelques cellules — rares dans 
l'endoderme et plus nombreuses dans l'épiderme — où se mani- 
festait rapidement une coloration jaune clair, qui ne tardait 
pas à se diffuser et à s'étendre à l'ensemble des tissus, bien que 
les coupes fussent placées dans l'eau salée pom- plasmolyser le 
contenu cellulaire. 

Les meilleurs résultats ont été obtenus par cette méthode 
de localisation en place, et avec les concentrations suivantes : 

Ammoniaque, lo gouttes dans loo'-- d'eau distillée ; 

Eau de baryte et eau de chaux, étendues des 2/3. 



— 38o — 

Ces substances fournissent donc des renseignements inté- 
ressants à condition d'être employées avec certaines précautions; 
cependant elles ne paraissent constituer que des réactifs impar- 
faits. 

La Rutnie serait par conséquent localisée dans les mêmes 
régions, dans les mêmes tissus que les tannoïdes précités et que 
la matière colorante rouge à laquelle ceux-ci donnent naissance, 
et il existerait une relation fort probable entre ces divers prin- 
cipes. 

Malheureusement, et malgré la netteté relative de ces der- 
nières réactions de localisation, il n'est pas possible d'affirmer, 
dès à présent, que la coloration jaune obtenue par les réactifs 
d'Hermann est absolument particulière à la rutine et qu'elle est 
suffisante pour diagnostiquer ce glucoside avec certitude. En 
dehors de l'imperfection même de ces réactions, il faut recon- 
naître en effet que beaucoup d'autres principes végétaux sont 
susceptibles de fournir, à leur contact, des réactions semblables. 
Il semble donc absolument nécessaire de rechercher un 
réactif plus précis et véritablement spécifique de la rutine, qui 
permette d'assurer sans conteste qu'elle est bien localisée dans 
les mêmes cellules que les matières tanniques et que, par suite, 
il existe entre ces deux substances des rapports étroits. 

Mais il faut, pour cela, disposer d'une très grande quan- 
tité de ce glucoside et pouvoir reprendre la détermination de sa 
composition exacte, de sa formule chimique et de ses princi- 
pales propriétés. 

En tout cas, et ces restrictions indispensables étant posées, 
les résultats que j'ai acquis jusqu'ici et que je viens d'exposer, 
fournissent déjà des notions nouvelles, et autorisent quelques 
hypothèses, à priori vraisemblables. 

La localisation de la matière colorante des organes aériens 
du Fagopyrum esculenttim exposés à la lumière, et celle des 
m.atières tanniques, dans des régions identiques, et d'autre part 
la détermination dans la plante d'une aéro-oxydase, permettent 
de voir dans la transformation de ces dernières l'origine de la 
couleur rouge du sarrasin. 



D'autre part — s'il était démontré que les réactifs d'Her- 
mann caractérisent réellement la rutnie — la localisation de -'c 
glucoside dans les tissus occupés par les tannoïdes laisserait 
supposer qu'il existe entre ces deux substances les relations 
qu'on a déjà trouvées et établies entre les glucosides et les 
tanins dans d'autres vég-étaux(i\ 



Toxicité de la Rutine 

J'ai tenu à savoir si la Rutine était la cause du fagop>-- 
risme et, pour cela, j'ai employé la méthode expérimentale. Je 
me suis servi de lapins, mis obligeamment à ma disposition por 
M. Ledoux, professeur de zootechnie à l'Ecole nationale d'agri- 
culture de Rennes, qui m'a, en outre, aidé de ses précieux con- 
seils et que je suis heureux de remercier ici. 

Au début, j'ai préparé une solution aqueuse et saturée de 
rutme, et je l'ai administrée à deux lapins, en injections hypo- 
dermiques, à la dose de 5" pour l'un, et de 10'" pour l'autre. En 
outre, j'ai utilisé comparativement du quercitrin de quercitron), 
dans les mêmes conditions, sur deux autres lapins, pesés égale- 
ment au début de l'essai. Mais ces pentosides, comme on l'a vu 
précédemment, ne possède qu'une solubilité insignifiante dans 
l'eau 2). Par suite, la solution employée n'en contenait qu'une 
quantité très faible, et les S"' inoculés ne renfermaient qu'une 
dose de rutine absolument insuffisante pour faire sentir son 
action. 

Il yavait donc nécessité de changer de méthode. 

J'ai administré alors la même solution non plus en injec- 
tions, mais par la voie digestive), mélangée au concassage 
d'orge et d'avoine que recevaient les animaux. Les doses 
employées étaient égales à 20 et à 50". Mais les inconvénients 
précités subsistaient, et ces 50'" ne renfermaient, pour ainsi 



(i) GORls. — Th. doct. Se. Xat., Paris, IQ03. 

(2) La rutine se dissout dans 10.942 p. d"eau froide (WURTZ). 



dire, que des traces de rutine. l^es résultats furent donc encore 
négatifs. 

Enfin, j'ai incorporé, aux aliments que recevaient les quatre 
lapins en expérience, de la rutine, non plus en solution, mais \ 
l'état solide, à la dose quotidienne de 2 m/mgr., pendant huit 
jours. 

Il n'y eut aucune réaction. 

Malgré ces insuccès, je ne crois pas qu'on puisse conclure 
que la rutine est incapable d'avoir aucune action sur l'orga- 
nisme animal. Les doses employées étaient, en effet, beaucoup 
trop faibles et j'ai dû arrêter les expériences prématurément, 
ne disposant pas d'une quantité suffisante de produit, pour les 
continuer dans de meilleures conditions. De plus, les animaux 
n'étaient ni blancs, ni tachés de blanc, et on a vu, au début de 
ce chapitre que l'albinisme, au moins partiel, serait nécessaire 
à la manifestation du fagopyrisme. 

Je dois noter d'ailleurs qu'un des lapins a présenté, à un 
certain moment quelques troubles, et qu'on a retrouvé dans sa 
case, une abondante touffe de poils que ses frottements réitérés 
avaient arrachée. Mais ces accidents n'ayant été que momen- 
t?.nés et constatés sur un seul individu, je n'ai pas voulu en 
tenir compte. 

Ces essais ne sont donc nullement concluants et demandent 
h être recommencés. Il est en effet nécessaire d'être renseigné 
sur les propriétés physiologiques de la rutine, propriétés qui 
sont absolument ignorées et qui, pourtant, seraient intéressantes 
à. connaître, indépendamment même de la toxicité possible de 
ce produit et de son rôle éventuel dans le déterminisme du 
fagopyrisme. Mais pour cela, et avant tout, il faut pouvoir 
disposer d'une quantité suffisante de ce corps, dont l'extraction 
et la purification sont longues à effectuer. Aussi, est-ce par 
cette tâche préliminaire que je me propose de continuer ces 
recherches. 



— 383 — 



G h: .A. F» I T Ft E III 



!B]ssa.îs c\ilt\ir»a.\ix 



Le but de la culture du sarrasin est, le plus habituellement, 
la production des grains. 

Si, par conséquent, la connaissance du développement mor- 
phologique, anatomique et chimique de la plante entière est des 
plus utiles, il n'en est pas moins vrai que celle de la composi- 
tion de ses grains et des rendements qu'elle peut fournir, est, au 
point de vue pratique et directement utilitaire, plus intéressante 
encore. 

La production des grains est soumise, au même titre que 
celle des autres parties de la plante, à de nombreuses influences, 
toutes importantes, que le cultivateur doit connaître, et parmi 
lesquelles il faut envisager celles du climat, de la nature du 
sol, des façons culturales, du choix des semences, des en- 
grais, etc.. 

J'ai examiné précédemment l'action de tous ces facteurs 
sur la germination et le développement du végétal. Je n'envisa- 
gerai ici que le poids de la récolte totale et celui des i.ooo 



.^•4 



1, ~ Influcpcc du Climat 



Chaque espèce v^égétale a besoin, pour parcourir les diffé- 
rentes phases de son évolution, d'une certaine somme de lumière 
et de chaleur, et chacune de celles-ci possède des températures 
minimum, optimum et maximum. 

Cesco7zs/(7n/es actinométnques et thermi(|ues, comme on les 
nomme ordinairement, n'ont pas été déterminées pour le sarra- 
sin. On admet seulement et approximativement qu'il exige en- 
viron de 1.500 à 1.800° daprès Garola, i.ooo à 1.300" d'après 
d'autres auteurs. 

Je n'ai fait aucune recherche à ce sujet (sauf en ce qui con- 
cerne la germination) et je n'ai pu, davantage, étudier l'action 
de différents climats sur le développemeni; du Fagopyrmn. Je 
me SUIS contenté : i " de calculer la somme de chaleur au-dessus 
du minimuin^y reçue par la plante depuis la levée jusqu'à la ma- 
turité, et 2" de faire des semis successifs, à intervalles régulier?, 
du 15 avril au 23 juillet lOvoS. 

1 " Constante fhermigue an Fagopyram esculentum 

J'ai admis,d'après les recherches que j'avais entreprises sur 
la germination des diverses espèces de Fagopyruni, que la tem- 
pérature initiale, pour cette plante, était de 5 degrés. 

J'ai donc calculé, en partant de ce minimum, et d'après la 
méthode de Hervé Mangon, la somme des températures né- 
cessaires au sarrasin pour arriver à maturité, en me servant des 
observations météorologiques effectuées chaque année à l'Ecole 
Nationale d'Agricultu'-e de Rennes, sur le domaine de laquelle 
les cultures ont été faites. 

J'ai trouvé ainsi, pour l'année 19C9, une constante thermi- 
que de 1.719°, et, pour l'année 1910, une constante de i.786°5. 
On peut donc admettre que le sarrasin réclame, pour parcourir 



— 385 — 

les différentes phases de son développement, une somme de tem 
pérature d'environ i./^o'\ 

J'ai cherché en outre la quantité de chaleur nécessaire au 
Fago-pyriun pour parvenir à chacun des stades les plus impor- 
tants de sa végétation, c'est-à-dire : i" du semis à la levée ; 
2" du semis au début de la floraison ; 3" du semis à la forma- 
tion des grains ; 4° du semis à la maturité. J'ai trouvé, comme 
moyennes de trois années : 

Pour la première période : icô" ; 

Pour la seconde période : 477, soit 371" depuis la levée ; 

Pour la troisième période : 1.060, soit 583" depuis la pre 
mière floraison ; 

Pour la quatrième période : \.'J^o, soit 1.690" depuis l'appa- 
rition des premiers grains. 

C'est donc principalement pendant la troisième et la qua- 
trième périodes, et surtout pendant la dernière, qui est pourtant 
très courte, que le sarrasin a besoin de la plus grande quantité 
de chaleur. 



2^ Influence de l'époque du semis 

Au point de vue pratique, ce qu'il importe surtout de con- 
naître, c'est l'influence de l'époque du semis sur le développe- 
ment de la plante et sur ses rendements. 

Pour essayer de la déterminer, j'ai procédé, dans un même 
champ, à des ensemencements successifs, effectués tous les huit 
jours, depuis la mi-avril jusqu'à la fin de juillet. Les semis ont 
tu lieu les 15, 23 et 30 avril, puis les 7, 14, 21 et 28 mai, les 4. 
II, 18 et 25 juin, les 2, 9. 16 et 23 juillec, pour les quatre espèce<= 
de FagGpyruvi. 

a) F/.igopynun csculentum. ~ Au 16 mai. — La première 
feuille des plantes du second semis se déroule, la hauteur est de 
2 cm. ; les cotylédons du troisième semis s'étalent, l'axe hypo- 
cotylé esc rouge ; le quatrième sçmis commence à lever, 



- 386 — 

Ail 2j mai. - La seconde feuille du deuxième semis se dé- 
roule et la première mesure 3 cm. environ, la hauteur totale est 
de 8 à 10 cm., les plantes sont vigoureuses quoique attaquées par 
les altises. Dans le troisième semis, la préfeuille pointe, la hau- 
teur est de 4 cm. ; dans le quatrième, les cotylédons se dérou • 
lent. 

Ail 26 mai. - - Le premier semis à 4 feuilles ; dans le se- 
cond, la troisième apparaît, la hauteur est de 12 cm., 15 cm. en 
viron ; dans le troisième, la préfeuille se déroule ; dans le qua- 
trième, les cotylédons sont complètement étalés, la première 
feuille apparaît à peine ; les germes du cinquième sortent de 
terre. 

Au g juin. — Les plantes du premier semis mesurent 38 cm. 
environ et sont bien développées ; celles du second atteignent 
30 cm., portent 10 à 12 feuilles et 5 à 6 inflorescences axillaires: 
les fleurs sont épanouies. Dans le troisième semis, les plantes 
mesurent 25 centimètres, les inflorescences terminales et axillai- 
res apparaissent seulement ; dans le quatrième, les échantillons 
ont 12 à 15 cm. et 3 à 4 feuilles ; dans le cinquième, la pré- 
feuille pointe, la hauteur totale ne dépasse guère 3 à 4 cm.; dans 
le sixième, la seconde feuille apparaît et la hauteur est de 8 h 
10 cm. ; dans le septième (28 mai), les cotylédons sont entière- 
ment déroulés, et la préfeuille pointe ; dans le huitième, on ne 
voit rien encore. 

Au I ^ juin. — Le premier semis atteint 60 cm et se montre 
très vigoureux; le deuxième atteint 50 cm, porte 12-15 feuilles 
et 6 inflorescences; le troisième est tout en fleurs, mais celles-ci 
ne sont pas encore épanouies, la hauteur est de 40 cm environ et 
l'on compte 8 à 10 feuilles; la quatrième mesure 20, 25 cm, on 
compte 6-7 feuilles et les inflorescences sont en boutons encore 
verts; le cinquième semis est mal réussi, on n'y voit que quel- 
ques pieds isolés et dont la hauteur ne dépasse pas 4 à 5 cm et 



— 387 — 

qui ne portent que deux feuilles ; le sixième est plus beau, 
mesure 8 cm en moyenne et porte trois feuilles ; le septième 
est assez beau, mesure 4 à 5 cm, et la seconde feuille se déroule; 
le huitième est bien développé, les cotylédons y sont entière- 
ment déroulés; dans le neuvième, on ne voit rien encore. 

Au 22 juin. — Les plantes du premier semis dépassent 
9c cm et leurs inflorescences sont en grains ; celles du second 
atteignent 70, 80 cm, quelques fruits commencent à se former, 
les feuilles mesurent, en moyenne 6 cm x 5,2, et il s'en forme 
de nouvelles ; le troisième semis a une hauteur de 60 cm et toutes 
les inflorescences sont en fleurs, on ne voit pas encore de grains; 
le quatrième mesure 35, 40 cm et ses fleurs sont à demi épa- 
nouies; le cinquième porte seulement trois feuilles et les fleurs 
commencent à apparaître; le sixième atteint 15, 20 cm, la troi- 
sième feuille se déroule, les plantes sont vertes et vigoureuses; 
le septième est à peu près au même état, mesure une douzaine 
de centimètres et la troisième feuille apparaît; dans le huitième, 
la première feuille est déroulée, et la hauteur atteint environ 
8 cm ; dans la neuvième, les cotylédons se déroulent. 

Ait j juillet. — Le premier semis mesure i mètre environ, 
la plupart des grains sont formés; le second semis atteint 90 cm, 
la moitié des grains sont formés et de nouvelles inflorescences 
apparaissent à la base de la tige; le troisième mesure 75, 80 cm., 
les fleurs en sont toutes épanouies ; le quatrième atteint 50 cm ; 
le cinquième est toujours chétif ; le sixième mesure 30 cm, porte 
6 à 7 feuilles et la première inflorescence apparaît; le septième 
atteint 20 cm, la quatrième feuille se déroule en même temps 
qu'on aperçoit le premier bourgeon floral ; le huitièm.e a sa 
première feuille déroulée et la seconde qui pointe; dans le neu- 
vième, tous les cotylédons sont complètement déroulés; dans le 
dixième, les cotylédons commencent à s'étaler et dans le onziè- 
me, les germes apparaissent à la surface. 

Les observations ultérieures montrent, ainsi que les précé- 
dentes, que tous les semis se sont bien développés. 



Le développement des autres espèces suit exactement la 
même marche. Je crois donc superflu de relater les observations 
auxquelles il a cionné lieu aux différentes dates. 

Malheureusement, la plupart des grains ont été détruits 
par les oiseaux et il n'a pas été possible d'évaluer les différentes 
récoltes avec précision. Aussi, je ne mentionnerai que les ren- 
dements en paille pour les douze premiers semis ; les autres 
étaient encore verts et en fleurs le 7 octobre. 





1er 

semis 


'2° 


3« 


4" 


5" 


Cf 


7" 

28 
mai 


8« 

'1 
juin 


0« 


10« 


11^ 


12" 


Sarrasin gris. 
Sarrasin seigle 
Sar. de Tatarie 


140 
300 
3-40 


300 
400 
380 


240 
300 
360 


'' 


270 

340 
320 


200 
250 
240 


540 
400 
390 


500 
350 
310 


400 
300 
300 


40 

» 


440 
200 
100 


500 
300 
300 



Tableau XLIII. — Inlluence de l'époque des semis. — Kendements en paille. 



Les premiers semis ont donné des résultats satisfaisants, 
mais les derniers sont plus avantageux. C'est le septième et \e 
huitième, effectués le 28 mai et le 4 juin qui ont fourni les ren- 
dements les plus élevés. 

Il est évident que ces résultats n'ont qu'une valeur relative, 
car il est possible et même probable qu'ils auraient été différents 
une autre année, avec d'autres conditions météorologiques. Ils 
ne fournissent donc qu'une simple indication. Avec ces restric- 
tions nécessaires, on voit que les trois espèces cultivées ne se 
sont pas comportées de la même façon. Pour les Fagopyrum 
tataricum et slenocarpa, ce sont les premiers semis qui sont les 
plus favorables et les derniers qui le sont le moins, contraire- 
ment à ce qu'on avait constaté pour le Fagopyriim escnlentum. 
Ces deux espèces seraient donc plus rustiques et plus précoces 
que la dernière, 



- oSi) - 

Résume. — Les exigences calorifiques du Fagopyrhm sont 
relativement faibles. On peut admettre, contrairement à certains 
auteurs qui la fixent à i.ooo ou 1.300°, que sa constante ther- 
mique, c'est-à-dire, la somme de chaleur qui lui est nécessaire 
pour accomplir normalement toutes les phases de son dév-elop- 
pement, est voisine de 1.750". Elle paraît légèrement moins 
élevée 1.500 à 1.600") pour les trois autres espèces de Fago- 
pyrum, dont la végétation est un peu plus rapide et la tempé- 
rature initiale plutôt plus basse. 

Du semis à la levée, la chaleur nécessaire serait, en moyenne 
de 105", du semis au début de la floraison, de 480", du semis a 
l'apparition des premiers grains de 1.050", et, enfin des 
semailles à la récolte, de 1.750". C'est pour la maturation des 
grains que la quantité de chaleur nécessaire est la plus grande. 

Quant à l'influence de l'époque du semis sur le développe- 
ment et les rendements du sarrasin, elle est subordonnée aux 
conditions météorologiques de l'année considérée et peut être, 
en conséquence très variable. Dans les conditions de V expé- 
rience, ce sont les semis de la fin mai, commencement de juin, 
qui ont été les meilleurs. Au point de vue comparatif, les 
Fagopyrum stenocarpa et tataricuni paraissent plus rustiques et 
plus précoces, moins exigeants en calorique, que le Fagopyrum 
esculentum. 



11. — Influence de la nature du sol 



La nature du sol jove ur rôle très important dans la ger- 
mination et le développement morphologique et anatomique de- 
diverses espèces de Fagopyrum, ainsi qu'on l'a vu précédem- 
ment page 20=1 ; elle intervient donc forcément sur leurs ren 



— oyo — 

cléments puisque ceux-ci ne sont en somme que la résultante du 
développement antérieur de la plante. 

Voici les résultats obtenus dans les différentes parcelles 
de terrain, dont la nature a déjà été indiquée : 





Terreau 




S.\BLI< 




Argile 


C.\.Lc.v,mE 




^ 


-_ 


M 




" -^'~ 








c 






C/3 

a 
































<L 


^ £ 




<v 


^ g 




0) 


^ g 




•u 


^ 2 




Grain 


.t: 




Grain 


.— 


■a 


Grain 


.t: 


T3 


Grain 


.— 


^3 






'*" 


H 




530 


■ c S 




£ 


Is 




c. 


■ S o 


Sar'asin grs. 


170 


570 


10.700 


135 


18.000 


105 


3()0 


19.400 




180 


„ 


Sar. émarginé 


30 


520 


2-i.540 


50 


580 


24.150 


24 


230 


24 000 




200 


» 


Sarrasin seigls 


128 


630 


17.950 


123 


480 


18.300 


109 


310 


Ift.llO 




280 




Sar deTa'arie 


185 


&20 


18.200 


104 


460 


18.100 


118 


350 


18.000 


" 


245 


" 



T.\rLE.\LT XLIV . - Inlluence de la nature du sol sur les rendements 
de plusieurs espèces de Fagopyrum. 



Les résultats sont excessivement variables selon la nature 
du sol dans lequel les plantes se sont développées. D'une façon 
générale, c'est dans le terreau que les rendements, en grains et 
en paille, sont les plus élevés, sauf pourtant pour le sarrasin 
émarginé, dont les grains ont été échaudés dans ce terrain 
et qui se montre plus productif dans le sable. 

C'est ensuite dans le sol siliceux que les résultats sont les 
meilleurs. C'est là que le Fagopyrum cniarginainni donne les 
produits les plus abondants. 

Dans l'argile, les rendements sont encore plus faibles, sur- 
tout en ce qui concerne le sarrasin émarginé qui est resté chétif 
et n'a, pour ainsi dire, pas fourni de grains. Par contre, les sar 
rasins seigle et de Tatarie s'y développent encore assez bien. 

Enfin, dans le calcaire, toutes les espèces sont restées pe- 
tites et grêles, la floraison et la maturation ont été prématurées 
et on n'a récolté c|ue quelques grains mal formés et des débris 
d'inflorescences, qui ne méritaient pas d'être pesés. 



— M)l — 

Les rendements en paille ont été aussi peu élevés. Là encore 
ce sont les Fagopyrimi steriocarfa et tatarictan, qui ont le moins 
souffert. 

Par rapport au poids spécifique des akènes obtenus, c'est 
dans le terreau que les résultats sont les moins bons, sauf 
pourtant pour le sarrasin gris. A part cette exception, c'est 
dans le sable et l'argile que le poids des i.ooo akènes est ie 
plus élevé. Par suite de l'insuffisance de la récolte dans ie 
calcaire, il n'a pas été possible de déterminer ce caractère pour 
les plantes venues dans ce terrain. 

En résumé, c'est dans le terreau, puis dans le sable que 
les rendements sont les meilleurs. Pourtant le sarrasni émarginé 
paraît se développer mieux dans le second sol. Dans l'argile, 
les résultats sont médiocres, et ils deviennent très mauvais dans 
le calcaire. D'une façon générale, les Fagopyrum stenocarpa 
et tataricum semblent plus rustiques que les deux autres espèces 
et moins sensibles qu'elles à l'influence du sol. Cette notion 
résulte également des recherches précédentes. Enfin, l'analogie 
entre ces deux espèces s'affirme encore dans cet essai. 



111. — Influcpcc des façons culturales 



Il est aujourd'hui démontré, en agriculture, que la prépa- 
ration physique du sol possède une influence prépondérante sur 
le développement des végétaux et sur les produits qu'on en 
peut attendre. 

Le mode de travail du sol, indépendamment des règles 
générales auxquelles il est soumis, doit varier avec chaque genre 
de plante considéré, et, principalement, avec son mode de 
développement, ses exigences en eau et en principes fertili- 



- 092 - 

santés, et là nature de son système radiculaire. Pratiquement, 
il est encore subordonné aux considérations économiques et avec 
la place que le végétal occupe dans l'assolement. Son étude, 
comme d'ailleurs celle de tous les facteurs de la production, 
est, par conséquent, très complexe. 

En ce qui concerne le Fagopynan, aucune expérience, à ma 
connaissance, n'a été entreprise sur cette question, que, pour le 
moment, je me suis borné, moi-même, à ébaucher. Je ne m'éten- 
drai donc pas sur ce sujet, dont l'importance est incontestable, 
mais qui dépend surtout du domaine agronomique. 

Le sarrasin, qu'il soit considéré comme une culture princi- 
pale ou comme une culture dérobée, ne vient que très rarement 
en tête d'assolement; de plus, sa culture (quoique encore impor- 
tante) est très disséminée et, dans une exploitation, ne couvre 
jamais qu'une faible surface ; d'autre part, ses produits sont 
aléatoires, et, enfui, son système radiculaire a toujours été consi- 
déré comme superficiel et peu développé. 

Pour toutes ces raisons, et d'autres encore sans doute, la 
préparation physique des terres destinées à cette plante est 
presque toujours négligée. On se contente, ordinairement, de 
leur donner un labour moyen ou un scarifiage, suivi d'un roulage 
ou d'un hersage avant les semaiilles (i). 

Or, lorsque dans les expériences en caisses relatées précé- 
demment (page 213 ) j'eus reconnu que l'appareil souterrain du 
sarrasin atteignait des dimensions relativement considérables, 
et en tout cas insoupçonnées, je pensai qu'un travail du sol plus 
soigné, et surtout plus profond, pourrait — en permettant et 
favorisant le développement intensif du système radiculaire ,— 
donner d'excellents résultats. D'un autre côté, l'étude du déve- 
loppement de la plante, de sa transpiration et de ses besoins en 
eau, ne fit que renforcer cette hypothèse. 



(i) Il est évident que les façons culturalcs effectuées pour le sar- 
rasin sont parfois différentes, mais il est imposbible de les cnvasigci 
ici plus com]:)lètement. 



jçS 



Pour la vérifier, j'ai divisé un terrain bien homogène en 
plusieurs parcelles (de 12 mq) qui furent travaillées différem- 
ment, les autres conditions de la culture restant les mêmes pour 
toutes. 

1. — La première parcelle fut labourée à la bêche, à 45 cm 
de profondeur, à la fin de février, puis à 30 cm au milieu de 
mai; à ce deuxième labour, on eut soin d'épierrer le sol (d'ail- 
leurs non caillouteux) et d'émietter les plus grosses mottes de 
terre. 

Elle reçut ensuite deux fourchages énergiques. La veille du 
semis, elle fut roulée, puis fourchée à nouveau, de façon à ce 
que la surface du sol soit bien pulvérisée. 

2. — La deuxième ne reçut que le labour à la bêche de 
^O cm, effectué le même jour, en mai ; puis les mêmes façons 
superficielles. 

3. — La troisième, outre le même labour (mais non com- 
plété par l'émiettement des mottes) ne reçut qu'un fourchage :a 
veille du semis. 

4. — Enfin, à la quatrième, on ne donna qu'un fourchage 
très énergique, destmé à remplacer le labour (une huitaine de 
jours avant le semis) et un deuxième, superficiel, la veille de 
l'ensemencement. 

Voici les rendements obtenus sur chacune de ces quatre 
parcelles : 





Parcelle no 1 


Parcelle do 2 


Parcelle d» 3 


Parcelle no 4 








es 


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kilog. 




kilog. 




kilog. 




kilog. 


Hauteur moyenne 


1">60 


), 


1.40 


;, 


1.25 


>, 


1.00 


„ 


Rendements en grains.. 


2" 410 


2.000 


2.180 


p. 850 


1.800 


1.500 


1.480;i.320 


— paille . . 


3.450 


2.870 


3.060 


2.O40 


2.440 


2 030 


2 100:1.550 


Poids de 1.000 grains. . 


20^60 


" 


19.40 


" 


18.80 


" 


18.85 


» 



Tableau XLV. 



Influence du travail du sol sur les rendements du 
Fagopyrum esculentum. 



— 394 — 

Les résultats sont bien différents dans les quatre parcelles, 
et dès la levée on pouvait le constater. A la récolte, chaque 
carré était nettement délimité et d'aspect bien particulier. Dans 
1h première parcelle, le développement était considérable et 
homogène ; cependant, certaines plantes atteignaient jusqu'à 
>™90 de hauteur! et, une nouvelle preuve que ce résultat était 
bien dû à la préparation du sol, c'est que sur les bords qui, 
forcément, avaient été moins bien ameublis, le développement 
était légèrement plus faible que dans le reste de la parcelle, 
(contrairement à ce que l'on constate habituellement). 

La hauteur des plantes était décroissante d'un carré à 
l'autre, et les rendements suivaient le même ordre. 

L'influence de la préparation physique s'est fait nettement 
sentir. Il faut dire, il est vrai, que le terrain où les expériences 
avaient lieu, était une terre argilo-siliceuse, compacte, qui 
devait particulièrement profiter d'un travail soigné, et peut- 
être, les résultats auraient-ils été moins démonstratifs dans une 
terre plus légère. 

Quoi qu'il en soit, le sarrasin n'ayant qu'une très courte 
durée de végétation (90 à 1 10 jours environ) et réclamant, sur- 
tout à deux époques principales, de fortes réserves d'eau, pos- 
sédant, d'autre part, un système radiculaire développé, très 
ramifié, mais excessivement grêle et fragile, il s'en suit qu'un 
sol léger ou très bien et profondément ameubli répondra à ses 
exigences. Lui seul emmagasinera assez d'humidité, et, en 
offrant à la plante un volume de terre accessible considérable, 
permettra aux fines et nombreuses radicelles de se développer 
abondamment et de puiser dans son sein, une quantité suffisante 
d'eau et de principes fertilisants assimilables, st, en définitive, 
d'obtenir une récolte abondante. D'ailleurs un proverbe breton 
dit c( qu'il faut semer le sarrasin dans de la cendre, et avec de 
la cendre ». 

Tous les ouvrages agricoles sont unanimes à dire que le 
sarrasin ne prospère que dans les sols légers ; qui sait si cette 
prédilection ne tient pas, précisément, à ce que c'est là seule- 



- 395 - 

ment, que la plante peut développer normalement son fin sys- 
tème radiculaire? 



IV. 



Influence du cboîx des Semences 



J'ai montré, à propos de la germination des quatre espèces 
de Fagopyrum, quelle avait é'té l'influence du choix des semen- 
ces, d'après leur poids, leur densité, leur grosseur, leur âge, etc . 
(v. page 162}, et j'ai indiqué que la plaupart de ces essais, en- 
trepris en pleine terre, avaient été poursuivis jusqu'à la récolte 
de la plante. Il me reste donc maintenant à examiner les résultats 
obtenus à cette époque. 

J'envisagerai d'abord l'mfiuence de la densité, et ensuit? 
celle des dimensions des semences employées. 



1. 


— Densité 










Poids de 1.000 grains de la récolte en grammes 


DENSITE 
des Semences employées 


s a 

1 1 


? 1 S 


S 5 

II 


1.1 
1 - 


— 1 000 


18.700 
18.851) 
18.700 
19.400 
19.500 
20 800 


28 OÔO 
28.200 
32.500 


17 800 
18.000 
19.200 
18.700 
19.300 
19.000 


18 850 


1.000 

1.050 


19 500 
19.500 


1.100 


19.700 


1.150 


20.400 


1.200 





Tableau XLVI. — Influence de la densité des semences sur le poids 
spécifique des grains obtenus. 



-396- 

Une grande partie de la récolte ayant été la proie des ron- 
geurs, je n'ai pu tirer aucune indication utile de ce qui restait, 
et je n'ai pu que déterminer le poids de i.ooo grains. 

Le poids de i.ooo akènes de la récolte varie donc propor 
tionnellement avec la densité des semences employées. Plus cel- 
les-ci étaient lourdes, plus le poids des fruits qu'elles ont servi 
it produire est élevé. 

Ce poids peut varier d'ailleurs dans de grandes proportions 
et passer, par exemple, de i8 gr. 700 à 20 gr. 80 pour le Fago- 
pynim esculentum ; de 17 gr. 80 à 19 gr. 60 pour le Fagapyruni 
sténo car pa ; de 18 gr. 80 à 20 gr. 40 pour le Fagopyrum tatari- 
cum et de 28 gr. à 32 gr. 50 pour le Fagopyrum emar ginatuiny 
soit une augmentation de 10 à 12 % environ. 

La sélection des semences d'après leur densité n'est donc 
pas illusoire, et l'on voit qu'elle constitue un moyen simple et 
peu coûteux d'augmenter dans de grandes proportions, sinon la 
quantité des produits (i) tout au moins leur qualité. 



(i) Ce qui est possible, mais n'a pu être démontre ici. 



0V7 — 



Dimensions 



DIMENSIONS 

des Semences 

employées 



Fagopyrum 
ej^culenlum 



FagopjTum 

emar- 

sinatum 



Fagopyrum | Fagopyrum 
stenocorpa tataricum 



11 






0.590 




12 


• '.320 


» >, 


)) ). 


0.670 


14 


0.810 


0.740 


0.630 


). .. 


15 


" » 


» » 
1.005 


" " 


0.690 


16 


0.940 


17 


» » 


» >. 


1 575 


1.320 


18 


1 215 


„ ;. 


» » 


» » 


l'J 


1.3.30 


1.200 


1.700 


» » 


20 




21 




» » 




1 660 


22 


1 . 56- ) 


1.650 


1.880 


» >' 


24 


1 580 


1.800 


» » 


» » 


"-"ô 


1.575 


1.660 


!! !! 


,, „ 


27 


» ). 







T.\BLK.\uXI^Vll. 



irtuence des dimensious des semences sur le poids 
des 'Tains obtenus. 



Les rendements varient énormément suivant les dimensions 
des semences dont ils proviennent. D'une façon générale, leur 
accroissement est peu considérable au-dessus des dimensions 
moyennes de l'espèce considérée, tandis qu'ils diminuent énor- 
mément pour des graines qui n'atteignent pas cette taille spéci- 
fique. Ainsi, à la longueur dominante 20 du Fagopyrum escti- 
lentum correspond un rendement en grains de 1.330, qui ne 
s'élève qu'à 1.580 pour les plus grosses semences, mais qui s'a- 
baisse à 0.320 pour les plus petites. 

De même, à la dominante 22 du Fagopyrujn emar gïnatum 
correspond une récolte de 1.650, qui ne dépasse pas 1.800, fl 
n'atteint même que 1.660 pour la longueur 27; au contraire, elle 
descend à 0.740 pour la longueur 14. 

On constate les mêmes faits pour les autres espèces. 



- 39B - 

Il convient donc de ne pas choisir, comme semences, de 
graines dont les dimensions sont inférieures à celles qui carac- 
térisent l'espèce, sous peine d'une diminution, parfois considé- 
rable, des rendements. On aura au contraire avantage à em- 
ployer celles dont la taille est plus élevée, bien que l'augmen- 
tation des rendements ne soit pas énorme. 

Résumé. — L'influence du choix des semences, qui s'était 
déjà fait sentir sur leur germination, s'est donc continuée, et on 
en retrouve l'empreinte sur les produits obtenus. Bien que, par 
suite de circonstances accidentelles, il ne soit pas possible d'af- 
firmer que la sélection a augmenté les rendements, on peut dire 
que l'aspect général des récoltes laissait prévoir cet accrois- 
sement. 

En tout cas, elle a eu une action certaine sur la valeur des 
grains obtenus, dont le poids spécifique a été accru dans des 
pioportions relativement considérables. 



V. — Ipfluepcc de l'espèce et de la variété 



Quelle que soit la définition que l'on donne de l'espèce et 
de la variété, et la valeur que l'on accorde à chacun de ces 
termes de la classification, chaque type qu'ils représentent dans 
un genre donné possède des caractères particuliers et des apti- 
tudes spéciales. Il est très important de connaître les qualités 
propres à chacun de ces spécimens distincts, plus ou moins rus- 
tiques ou plus ou moins productifs. 

J'ai décrit, précédemment les caractères distinctifs des 
principales espèces et variétés cultivées de Fagofyrum; et prin- 
cipalement ceux du grain, qui en constitue la partie la plus 



- 399 - 

utile. Je vais maintenant indiquer les rendements qu'ils m'ont 
fournis en 1910, 1909 et 1908. 







1910 




1909 


1908 




— ' 


-_^ - 


m 




^ 


^ 


— 






4) 


g 




2. 




S. 




Grain 




OT3 


Grain 


"S 


Grain 


es 






2 


c- s 






S. 




a, 


Sarrasin ar- 
















genté 


4.100 


5.740 


ISeOOO 


i.iOO 


6.200 


1.230 


6.180 


Sarrasin aile 
















mand 


4.040 


5.470 


18.600 


i.OOO 


5.600 


» 


» 


Sar. japonais 
















d'été (1)... 


2.300 


6.620 


23.600 


1 . 100 


6.400 


)) 


.) 


Sar. japonais 
















d'automne. 


4.500 


6.200 


24.700 


1.420 


7.350 


„ 


» 


Sarrasin rus- 
















se 


3.230 


5.070 


23.700 


0.950 


5.220 


» 


)) 


Sarras. amé- 
















ricain 


2.810 


3.700 


19.200 


1.200 


4.500 




» 


Sarras. émar- 
















giné 


3.790 


„ 


24.000 


1.290 


6.460 


1.300 


6.700 


Sarrasin sei- 
















gle 


3.800 


„ 


18.500 


1.370 


4.720 


1.160 


4.310 


Sarrasin de 
















Tartarie . . 


" 


" 


18 300 


1.410 


5.330 


1.190 


5.100 



Table.\u XLVIII. — Rendements en grain et paille de quelques espèces 
et variétés de Fagopyrum. 

Les rendements, en grains et en paille, sont assez variables 
selon les espèces et variétés considérées. 

1° Espèces. — En 1910, c'est le Fagopynivi esculentum qui 
a fourni les plus forts rendements, mais, les années précédentes, 
c'est le Fagopyrum emarginatum qui venait en tête, aussi bien 
pour le grain que pour la paille. Il est vrai, qu'en ce qui con- 



(l) Les grains ont été échaudés, 



— 400 — 

cerne le grain, cet avantage tient surtout au poids spécifique 
plus élevé des akènes. Quant aux deux autres espèces, leur pro- 
duction est assez semblable ; cependant, le Fagopyrum tataricum 
paraît être un peu plus productif. Sauf l'année 1909, elles 
donnaient, toutes deux, des rendements en grains légèrement 
inférieurs à ceux du sarrasin gris; dans tous les cas, la quantité 
de paille qu'elles ont fournie, a été plus faible que celle donnée 
par le Fagopyrum esculentum. 



2° Variétés. — Il existe, entre les variétés d'une même 
espèce des différences relativement considérables, qui tiennent 
sans doute au défaut d'adaptation au sol et au climat, de 
quelques-unes d'entre elles. 

Quoi qu'il en soit, c'est le sarrasin japonais d'automne qui 
? donné les meilleurs résultats, pour le grain et pour la paille. 
Le sarrasin argenté vient ensuite, puis le sarrasin allemand. 

Les autres variétés, notamment le sarrasin russe ne se sont 
pas montrées très productives, dans le milieu où elles étaient 
placées. 

La supériorité du sarrasin japonais a d'ailleurs été cons- 
tatée par J. Stone, en Amérique, 011 il est très cultivé, mais cet 
auteur, dans le compte rendu de ses expériences comparatives, 
ne dit pas à quelle sous-varieté, le sarrasin japonais qu'il a uti- 
lisé, appartenait. 

Or, si l'on se reporte aux chapitres précédents, on verra que 
cette variété se faisait remarquer par le poids élevé de ses 
grains, en même temps que par la faible proportion des parties 
inutiles de l'akène, c'est-à-dire des enveloppes. 

Elle se recommande donc, à la fois, par une très grande 
productivité et par les qualités des produits qu'elle fournit. II 
conviendrait de déterminer la composition chimique de ceux-ci 
et leurs propriétés alimentaires pour être complètement fixé sur 
la valeur de ce sarrasin japonais. Dès maintenant, il mérite 
quelque attention, et son étude et son expérimentation montre- 
ront peut-êre qu'il est susceptible de remplacer avantageusement 



— 40I — 

1 • variété grise, aujourd'hui cultivée, ou de servir à son amélio- 
ration. 



VI. — Influence des Entrais 



Depuis que l'on connaît le mode véritable de nutrition des 
plantes, on est convaincu de la nécessité d'apporter au sol les 
divers éléments que celles-ci y prélèvent; de plus, on a vu pré- 
cédemment, que la nature ou l'abondance relative de ces prin- 
cipes fertilisants avaient une influence certaine sur le dévelop- 
pement et la composition du végétal et qu'elles doivent, par 
suite, en posséder également une sur ses rendements définitifs. 

Cette question de l'influence des engrais sur les rendements 
du sarrasin a préoccupé, sinon les physiologistes, du moins un 
grand nombre d'observateurs agricoles. Pourtant, malgré les 
multiples renseignements obtenus, on ne peut encore songer à 
établir une formule rationnelle de fumure pour cette plante. 
C'est, qu'en effet, chaque expérience, considérée isolément, ne 
possède, pour ainsi dire, qu'une valeur individuelle et locale, et 
que les résultats sont excessivement variables selon les condi- 
tions où les essais sont effectués .climat, nature du sol, etc.) 
D'autre part, depuis quelques années, on a découvert que cer- 
tains éléments chimiques — jusqu'ici complètement négligés en 
raison de leur proportion très faible dans les tissus végétaux 
('magnésie, manganèse, zinc, bore, etc.) — possédaient une 
influence, parfois considérable quoique encore mal définie, sur 
les rendements que les plantes cultivées pouvaient fournir. 

Enfin, et indépendamment de récentes théories sur la ferti- 
lisation des terres théories de Withney, etc.), de nouveaux 
engrais, tels que le nitrate de chaux, la cianamide, etc., sont 



— 402 — 

apparus dans le commerce et leur action est encore insuffisam- 
ment connue. 

Pour toutes ces raisons, de nouvelles et nombreuses expé- 
riences méthodiques sont absolument nécessaires, et ce n'est que 
par la comparaison et l'interprétation scientifique des résultats 
qu'elles auront permis d'accumuler, ainsi que par la connais- 
sance des conditions précises dans lesquelles elles auront été 
entreprises, que l'on pourra connaître les besoins réels d'une 
culture et les moyens les plus propres à les satisfaire. 

Néanmoins, et devant l'importance pratique de cette ques- 
tion — je crois nécessaire de résumer, au moins brièvement, les 
principaux résultats acquis par un certain nombre d'auteurs, en 
même temps que ceux que j'ai obtenus moi-même. 



Exigences du Fagopyrum en principes fertilisants 

Depuis que le sarrasin est cultivé, on s'accorde à recon- 
naître qu'il est peu exigeant, qu'il s'accomode de terrains 
pauvres et que les prélèvements qu'il fait au sol sont faibles. 
C'est même à ces seules constatations que se résument les publi- 
cations des nombreux auteurs qui s'occupent de cette plante. 
(Duhamel du Monceau, Gossin, Bujault, Riefifel, de Gasparin, 
Joigneaux, Thaër, Leclerc-Thouin, Damseaux, etc..) 

Il faut arriver à 1871 pour voir établir les premières expé- 
riences réellement intéressantes concernant la fertilisation du 
sol destiné au sarrasin. 

A cette époque, en Allemagne, Nobbe, Erdmann et Schrœ- 
ber publient leurs recherches sur l'influence de la potasse sur la 
végétation. Ils montrent i" que cet élément est indispensable 
au développement du Fagopynim, et, qu'en son absence, il ne 
se forme pas d'amidon dans les grains de chlorophylle, 2" que 
1^ chlorure de potassium est la combinaison de potassium la 
plus favorable à la végétation du sarrasin. L'azotate de potasse 
s'en rapproche le plus, mais le sulfate et le phosphate de 
potasse causent, tôt ou tard, une maladie particulière, qui con- 



— 4^3 — 

siste dans l'accumulation passive de l'amidon dans les feuilles, 
3" que la soude et la lithine ne peuvent remplacer la potasse, la 
première étant simplement inutile, et la seconde nuisible. Mais 
ces conclusions n'ont par toujours été admises, et déjà, en 1875, 
Vesque (i) tentait de les réfuter. De même plus tard, Braasch 
et Rabe trouvaient comme Knop, que le sarrasm prospère et 
mûrit ses graines dans un sol privé de chlorure, et ils n'ont pas 
constaté la maladie particulière, signalée par les auteurs alle- 
mands; cependant, comme ceux-ci, ils estiment que de tous les 
sels potassiques, le chlorure est le plus favorable au développe- 
ment du F a go fy Y uni. 

En même temps, plusieurs savants entreprennent l'analyse 
chimique du sarrasin, dans le but d'en déterminer les exigences 
en principes fertilisants. On a vu précédemment (page 339) les 
résultats auxquels ils étaient parvenus. 

Puis, Dassonville, dans un travail déjà cité, arrive, en ce 
qui concerne l'alimentation minérale du Fagopyrum escîdentiun, 
aux conclusions suivantes : " A des doses convenables, certains 
sels sont favorables au développement du sarrasin pendant 
toute la durée de la végétation (azotate d'ammoniaque, sulfate 
de chaux, phosphate de potasse, phosphate de fer). 

D'autres sont nuisibles au début, mais fertiles plus tard; 
(sulfate de magnésie, oxalate de potasse), tandis que d'autres, 
favorables au début) sont nuisibles à la fin (chlorure de potas- 
sium. Le nitrate de soude et le chlorure de sodium sont cons- 
tamment nuisibles. D'après leur effet sur la production totale 
d<" la matière sèche, les sels peuvent être classés ainsi. Utiles : 
azotate d'ammoniaque, azotate de potasse, sulfate de magnésie, 
oxalate de potasse, phosphate de potasse, phosphate de fer. 

Nuisibles : nitrate de soude, chlorure de potassium, chlo- 
rure de sodium. 

Ces conclusions, faites un peu pour surprendre au point d? 



(i) Vesque. — Annales agrunainiii., t. i, 1875. 



— 404 — 

vue purement cuitural, sont, d'autre part, en contradiction avec 
celles qui ont été formulées par les auteurs précédents. Peu de 
temps après, Solacolu reprend les mêmes recherches et, pour la 
même plante, arrivent à des résultats bien différents, et qui sont 
beaucoup plus conformes aux observations de la pratique agri 
cole. 

D'un autre côté, l'étude de la composition chimique du Fn 
gopyrum nous a montré que cette plante était riche surtout en 
potasse, puis en chaux, et qu'elle contenait une proportion éle- 
vée de chlore. Elle nous a indiqué également la répartition de'=; 
principaux éléments. C'est ainsi que l'azote existe en quantité 
légèrement plus forte dans les feuilles et les tiges que dans les 
racines, que la chaux, à toutes les époques, est plus abondante 
dans les parties aériennes, de même que la potasse. Enfin, elle 
nous a renseigné sur la marche de l'absorption des principes mi- 
néraux et sur les exigences d'une récolte normale. 

Par ailleurs, de très nombreuses expériences culturales ont 
apporté quelques indications nouvelles et dont il est nécessaire 
de résumer brièvement les principales conclusions. Toutes ces 
expériences conduisent dans leur ensemble à admettre que • 

1° L'azote est indispensable et augmente les rendements, 
mais qu'en excès, il pousse au développement foliacé au détri- 
mens de la production en grains et peut, en outre, déterminer 
la verse ; 

2° L'acide phosphorique est utile, surtout pour le rende- 
ment en grains, dont il augmente le poids ; et cela d'autant plus 
oue les sols où on cultive le sarrasin sont ordinairement pau- 
vres en cet élément ; 

3° La magnésie est utile, et la paille en renferme beaucoup; 

4° Le chlore paraît également utile, contrairement à ce 
qu'on observe pour les autres plantes ; 

5° Le sarrasin est très exigeant en potasse. 

En raison des observations multiples et concordantes dont 
elles résultent, ces notions peuvent être considérées comme les 
plus exactes 



— 40^ — 

Par contre, en ce qui concerne l'azote et la chaux, les opi 
nions sont très partagées. 

On croyait autrefois que le sarrasin avait la faculté d'ab 
sorber l'azote atmosphérique. C'est l'avis de savants autorisée, 
tels que de Gasparin, Lechartier, etc., et il confirme, en l'expli- 
quant, l'action améliorante de cette plante dans la culture, en 
même temps que son peu d'exigences relatives en cet élément et 
les insuccès parfois constatés, des engrais azotés. C'est ainsi que 
de Gasparin i) écrit : « Le grand nombre de feuilles qu'étale 
le sarrasin le rendent propre à étouffer les mauvaises herbes, et. 
en même temps, à recueillir abondamment les engrais atmosphé- 
qiies ; aussi a-t-on remarqué que cette plante épuise peu le sol. 
Si elle recueille une quantité abondante d'ammoniaque atmos- 
phérique, elle a besoin, néanmoins, de trouver la terre pourvue 
d'engrais salins, et principalement de potasse et de magnésie ». 

De même, d'après Burger, le sarrasin tirerait la moitié de 
sa nourriture de l'atmosphère. 

Or, il y a quelques années, Bouilhac et Giustiniani 2), en 
étudiant la fixation de l'azote atmosphérique par le sol, ont fait 
des cultures en pots de sarrasin dans du sable, recouvert ou non 
de Nostoc punctiforme et à' Anabœna, porteurs de bactéries, et 
mélangé d'une solution nutritive sans azote. 

Ils ont trouvé qu'en présence de cette algue, le sarrasin se 
développait parfaitement. Il contenait 7 gr. 10 de matière sèche 
et 127 m/mgr. 27 d'azote, et atteignait 42 cm. 

Au contraire, le sarrasin, seul, n'augmentait de poids que 
dans des proportions insignifiantes i gr. 10 de matière sèche, 
cm 10 de hauteur, et se montrait par conséquent, incapable 
d'utiliser l'azote de l'air (29 m/mgr. 24 dans la récolte). Ces 
auteurs ne parlent d'ailleurs aucunement de l'action fixatrice du 
Fagopyrum, dont ils paraissent même ignorer la possibilité. 

La question n'est donc pas résolue, et aucune expérience 



(i) De Gasparin. — Traité d'agriculture, t. 3, p. 721. 

(i) Bouilhac et Giustiniani, — C. R. Ac. Se, t. 137, 1903, p. 1274. 



— ^o6 — 

directe n'a d'ailleurs jamais été tentée pour la résoudre, malgré 
l'intérêt scientifique et pratique qu'elle présente. 

En ce qui concerne l'influence de la chaux sur le dévelop- 
pement du sarrasin, les connaissances actuelles ne sont guère 
plus précises. J'ai déjà indiqué, à plusieurs reprises, les diver- 
gences des auteurs à ce sujet; tandis que certains estiment cet 
élément indispensable, d'autre le considèrent comme nettement 
nuisible et classent le sarrasin parmi les plantes calcifuges (i). 

Or, il résulte d'observations nombreuses d'une part, et des 
recherches personnelles que j'ai relatées précédemment, d'autre 
part, que cette plante se développe mal dans un terrain franche- 
m^ent calcaire. 

Mais d'un autre côté, le Fagopyrjim renferme toujours des 
quantités élevées de chaux, et sa végétation comme ses rende- 
ments sont considérablement favorisés par un apport de cet 
élément. li y a là deux faits, en apparence contradictoires. 

Or, M. Amar (2), dans ses recherches sur l'oxalate de cal- 
cium qui ont porté — entre auties plantes — sur le sarrasin, a 
montré que ce sel existait dans cette plante, quand le milieu où 
elle vivait contenait, au moins, o gr. 15 "/°" de nitrate de chaux, 
et qu'il pouvait y être très abondant. 

Dans l'étude que j'ai faite du développement anatomique 
des divers Fagopyrum, j'ai trouvé également de très nombreux 
et volumineux cristaux d'oxalate de calcium, bien que les échan- 
tillons que j'observais soient venus dans un sol très pauvre en 
calcaire. 

M. Amar a montré que la chaux était utile au sarrasin 
jusqu'à la dose de o gr. 10 ou O gr. 157"° optimum au-dessus 
duquel elle devient inutile et peut être même nuisible, soit par 
une action directe spécifique, soit par une action indirecte, en 
s'opposant, par exemple, à l'assimilation de la potasse. Cette 



(i) De Vilmorin, M. Vacher. — C. R. Soc. Nat. d'agric. de France, 
1895. 

(2) M. Amar. — Th. doct. Se. îslat., Paris, 1904. 



— 40? — 

dernière hypothèse avait, d'ailleurs, déjà été émise par de 
Gasparin. 

Le sarrasin se déxeloppe donc mal dans les terrams nette- 
ment calcaires, soit parce que ceux-ci sont généralement pauvres 
en potasse ou parce que la chaux s'oppose, au moins partielle- 
ment, à l'absorption suffisante de cet élément, indispensable et 
dominant; soit parce qu'au-dessus d'une certaine quantité, la 
chaux possède sur cette plante, une influence spécifique défa- 
vorable. 

Mais, d'autre part, la chaux est nécessaire au développe- 
ment du Fagopyruvi et tout au moins jusqu'à une dose maxi- 
mum qui ne doit pas être dépassée (et que M. Amar évalue \\ 
O gr. 15 7°° de nitrate de chaux). 

Ainsi, se concilient les deux opinions qui, actuellement, 
considèrent la chaux, l'une, comme un élément indispensable, 
l'autre comme une substance nuisible. 

Il est un fait certain, c'est que si dans les terres calcaires 
rapportées que l'.ji utilisées, le sarrasin gris se développait très 
mal, par contre, dans tous les sols d'IUe-et-Vilame (sols argi- 
leux, argilo-siliceux ou de toui bières), où j'ai apporté de la 
d'aux à laible dose (100 à 300 kilos à l'hectare), les résultats 
ont été surprenants et fréquemment, plus satisfaisants qu'ave.: 
un engrais complet. C'est, qu'en dehors de son rôle alimentaire 
proprement dit, la chaux possède, sur le sol, des actions phy- 
sique, chimique et physiologique, complexes et le plus souvent 
très favorables. 

Il existe, d'ailleurs, des différences spécifiques dans cette 
sensibilité au calcaire. C'est le Fagopyrum esculentum et le 
F a go py mm emarginoluni qui paraissent souffrir le plus de 
l'abondance de ce corps, tandio que les Fagopyrum tataricimi 
e': stenocarpa, le supportent beaucoup mieux. 



— 4o8 





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1910 



Témoin 0.750 

Engrais complet 1.230 

Sans azote 1.000 

Sans potasse . 0.920 

Sans ac. phosphorique 1 . 160 

Chaux 1.220 

Manganèse 1 . 130 



4.780 
6.180 
5.800 
0.170 
7.010 
5.780 
4.970 



23.0 
31.0 
27 
30.0 
22.5 
24.0 



11 00 
18.75 

17.20 
16.80! 

17.001 



5.250 
0.200 
5 320 
5 830 
G. 200 
5.400 



18.00 

24.30 

20.10 

23.70 

23.2 

25.00 

18.20 



26.00,2.700: 
35.20 4.100' 
27.00 4. OOOj 
34. 1^ 3.250 
32. 0013. 000 
33. r,0 14.000 
27 30i3.3' 



16.90 
18.00 
18.00 
16.80 
16.50 
18.10 
17 70 



1.090 
1 .160 
0.800 
1 040 
0.920 
1.520 
1.090 



2 840 
4.310 
2.400 
2 600 
2.780 
3.980 
2.810 



1.200 
1.370 
1 . 160 
1.240 
1 300 
1.430 



3.300 
4 . 720 
:^.650 
2.980 
3.540 
3.700 



3.010 
.800 
3.820 
2.080 
3.550 
4.100 



Témoin 

Engrais complet 

Sans azote 

Sans potasse 

Sans ac. phosphorique 

Chaux 

Manganèse 

Témoin. . . , 

Engrais complet 

Sans azote 

Sans potasse 

Sans ac. phosphorique 

Chaux 

Manganèse 



Tableau L — Influence des engrais sur les rendements de plusieurs 
espèces de Fagopyrum. 
Le tableau 49 indique les résultats obtenus dans un certain 
nombre d'essais de fertilisation du sol. On pourrait d'ailleurs 
les multiplier à volonté, mais sans grand avantage, car ils mon- 
trent simplement que, dans les conditions de l'expérience, Tap- 



ie 00 
18.50 
18.00 
17.70 
17.75 
17.70 



1 .000 


4.650 






1.150 


5.100 






2.870 


1.300 


6.700 


„ 


„ 


1.290 


6.460 


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» 


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1.000 


4.700 






1.180 


5.230 


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3.000 


1.000 


6.500 


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» 


1.200 


6.310 


» 


» 


3.420 


1.050 


6.450 


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1.300 


6.280 


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„ 


3.560 


1.180 


.3.600 


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1.240 


5.400 


» 


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3.480 


1.020 


3.800 


'* 


" 




" 


" 


" 


" 



21.05 
24.00 
19.50 
18.20 
22.30 
24 30 



— 41^ — 

port d'engrais potassiques, phosphatés et azotés a été favorable. 

Des essais entrepris récemment en Allemagne et au Japon 
ont constaté, de même, que le manganèse avait été, à faibles do- 
ses (50 kilogramme à l'hectare), avantageux. Sestini, en Italie 
a observé, de son côté, que la cyanamide de calcium avait pro- 
duit de bons effets sur cette culture (i). 

Enfin, j'ai condensé dans le tableau suivant (tableau so) les 
résultats auxquels je suis moi-même parvenu, pendant trois an- 
nées consécutives, sur le domaine de l'école d'agriculture et sur 
celui de plusieurs cultivateurs de la région. 

La nature du sol de Rennes et les doses d'engrais employés 
ont été indiqués précédemment. 

Les rendements obtenus avec un même engrais sont donc 
variables selon l'année et le milieu considérés. Ils le sont égale- 
ment avec les espèces cultivées. Néanmoins, on voit que, dans 
leur ensemble, les résultats sont à peu près concordants. 

L'influence des engrais potassiques s'est fait surtout sentir 
sur les rendements en grains, de même que celle de l'acide phos- 
phorique. 

L'absence d'azote s'est principalement manifestée par une 
diminution des rendements en paille. Quant au manganèse (em- 
ployé à l'état de sulfate et à la dose de 30 kilos à l'hectare), il 
s'est montré très légèrement favorable. Par contre, la chaux a 
eu une action manifeste, très nettement utile, surtout sur la pro- 
duction des grains, mais son influence sur les rendements en 
paille a été plutôt désavantageuse. 

Le poids spécifique des grains obtenus a également subi 
l'influence des engrais. Ici encore, la potasse, l'acide phospho 
rique et la chaux ont joué un rôle très utile. Ces résultats sont 
d'ailleurs complétés par ceux de l'étude biométrique des akènes 
(page 59), étude qui a montré également l'action amélioratrice 
de la fumure du sol, et particulièrement celle des mêmes élé- 



(1) Les résultats obtenus par M. Brioux, en 1909, sont beaucoup moins 
favorables. 



— 411 — 

ments minéraux, sur les dmiensions des fruits des trois espèces 
de Fagopyrimt examinées. 

Résumé. ■ — Comme tous les végétaux, le sarrasin a besoin 
pour vivre et se développer de trouver dans le sol, un certain 
nombre d'éléments indispensables. 

Parmi ceux-ci, c'est la potasse qui paraît jouer le rôle le 
plus actif, probablement sous la forme de chlorure de potas- 
sium; l'acide phosphorique servirait surtout à la production des 
grains. L'azote a également une action marquée, mais on ne 
sait pas encore, d'une façon certaine, si le Fagopyrnm a la pro- 
priété de le prendre dans l'atmosphère, bien que cela paraisse 
peu probable. 

La magnésie semble également être importante p:ur cette 
plante, et sa présence assez abondante dans les sols où celle-ci 
est habituellement cultivée est peut être une des causes de sa 
répartition culturale. Le manganèse paraît également utile. 
Quant à la chaux, elle est nécessaire à la bonne végétation .iu 
sarrasin et à l'obtention de rendements élevés, mais elle ne doi* 
pas être trop abondante et son excès semble franchement nui- 
sible. 

En raison du développement rapide du Fagopyrjim et de 
la marche de rabsorpion des éléments minéraux, tous les engra .^ 
doivent être apportés sous une forme rapidement assimilable. 
Enfin le grand développement du système radiculaire est sans 
doute une des raisons des propriétés, en apparence, peu épui- 
santes de cette plante. 






4i3- 



CH: ^i^ F> IT FI E IV 



Pat-tiolo^i© 



Tous les ouvrages agricoles sont unanimes à déclarer que 
le sarrasin n'a ni ennemis, ni maladies. Cette affirmation est 
tout au moins excessive. En effet, si la culture n'est à peu près 
jamais sérieusement compromise par l'attaque de parasitée 
animaux ou végétaux, il n'en est pas moins vrai que la ptante 
n'est pas à l'abri de leur atteinte. 

1. — Parasites végétaux. 

Prillieux (i) signale la présence, sur les feuilles, du 
Phytophtora omnivora et Saccardo (2) mentionne 7 champignons 
parasites du Fagopyriim esculentum : 

Ascochyta Fagopyri. Thûn. 

Botrytis vulgaris. Fr. 

Depazea polygonicola. Lasch. 

Didymella Fagopyri. Lamb et Fautr. 

Humaria Patouillardi. Gill et Sacc. 

Puccinia Fagopyri. Barcl. 

Ramularia curvala. Fautr. 
En 1908, j'ai trouvé dans des cultures de sarrasin gris des 



(i) Prillieux. — Maladies des Plantes agricoles, t. 1, p. 72. 
(2) Saccardo. — Sylloge Fungorum, 1898, vol. xiii, p. 469. 



— 4T4 — 

environs de Rennes, des atteintes assez nombreuses de Ramu- 
laria curvala. 

En 1910, dans les champs d'expérience de l'Ecole nationale 
d'agriculture de Rennes, j'ai eu l'occasion de rencontrer deux 
maladies nouvelles, non encore signalées sur le Fagopyrum. 
Sans faire l'étude complète de ces deux affections, j'ai pu 
déterminer qu'elles étaient occasionnées, d'une part, par un 
Peronospora, et d'autre part, par un Heterosporimn. 

A ces deux cryptogames, étaient souvent associés, surtoiit 
sur les organes très atteints, deux autres champignons : un 
Cladosporuon, et un Botrytis. 

Ces maladies ont apparu vers les premiers jours de juillet, 
et elles se sont étendues très rapidement. 



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FiG. 152 
Feuilles de divers Fagopyrum atteints de Peronospora et d'Heterosponium 

Dans l'une, les feuilles commencent par se décolorer partiel- 
lement, formant des panachures plus ou moins jaunâtres sur la 
teinte verte du limbe, et, à la face inférieure de celui-ci, on voit 



- 4i5 - 

bientôt apparaître une sorte de poussière grisâtre, de tomentimi, 
qui est formé par l'appareil tiuclifére du Feronospora. 

Celui-ci, examnié au microscope, montre des fructifications 
tiès caractéristiques, et paraît se rapprocher du Feronospora 
polygonii, signalé par Saccardo, non sur le Fagopyrum, mais 
sur certains Folygonura. Les plantes atteintes, étaient, en effet, 
en contact avec des F oly gonum convolvulus, spontanés et assez 
nombreux, mais sur lesquels on n'apercevait aucune trace de 
maladie. 




FiG. 153 

Pieds de Fagopyrum emarginatum atteints de Perono.spora et 

d'Heterosporiuni. 



Sur les mêmes individus ou sur d'autres, on trouvait des 
taches plus régulières, mieux délimitées, jaunâtres, puis brunes, 
surtout à leur péryphérie, et dans lesquelles on distinguait les 
traces d'un Heterosporiian, que je n'ai pu encore identifier. 

Ces maladies ont attaqué les quatre espèces de Fagopyrum, 



- 4i6- 

qui étaient d'ailleurs cultivées côte à côte. Mais elles ont atteint 
surtout le F a go fy mm envirginatum^ puis le Fagopyrimi escu- 
lentum; au contraire, les Fagopyriim tatarïcuni et stenocarpa 
ont très peu souffert. D'autre part, c'est dans le sol argileux 
que les dégâts ont été les plus grands et les plus étendus. 

Dans ces conditions, les plantes restent souvent chétives, 
plus ou moins rabougries ; les feuilles restent plus petites et 
sont fréquemment déformées, ainsi que l'indiquent les photo- 
graphies ci-contre. (Fig 152 et 153). 

C'est dans le sable que l'affection a été la moins impor- 
tante. Pourtant, il est assez rare que les pieds atteints succom- 
bent, quoique le cas se produise quelque fois. 

Vers le 10 juillet, ces maladies ont apparu sur des jeunes 
semis de sarrasins divers, situés à une certaine distance, mais 
à proximité, des cultures précédemment atteintes, et leur dissé- 
mination a été très rapide. 

C'est sur les feuilles qu'elles paraissent localisées, et c'est 
sur ces organes déjà malades, que l'on trouve les traces du 
Cladosporhim et du Botrytis, dont l'apparition semble conco- 
mittante et postérieure à celle des deux champignons précédem- 
ment signalés. 

Plus tard, j'ai eu l'occasion de retrouver ces mêmes affec- 
tions sur des cultures de sarrasin situées dans d'autres loca- 
lités. 

2. — Parasites animaux. 

J'ai trouvé également, dans des tiges de Fagopyrum escu- 
lentum, un némathelminthe qui, dans certaines années, occa- 
sionne des dégâts assez sérieux, le Tylenchus devastatrix. 

La présence de ce ver dans le sarrasin a, d'ailleurs, déjà 
été signalée, entre autres par Darboux et Houard (i) et par 
Guénaux (2). 



(i) Darboux et IIoL'ARD. — Catalogue systématique des zoocéci- 
dres, Paris, 1901. 

(2) Guénaux. — Entomologie et paraiitologie agricoles, Paris, 1905. 



— 41? — 

Pendant l'été 1907, je l'ai trouvé en très grande abondance 
dans de nombreuses cultures de sarrasin de l'arrondissement de 
Fougères Ille-et-Vilaine). Les plantes restent rabougries, ne 
dépassant guère une vingtaine de centimètres; les feuilles sont 
non seulement gaufrées, mais complètement déformées, enrou- 
lées en parties sur elles-mêmes, et cloquées; le port de la plante 
est caplté, et, naturellement, les rendements sont sérieusement 
compromis. 

Ils le sont d'autant plus que ces anguillules sont, ordinai- 
rement, très nombreuses. Les plantes atteintes forment des 
taches, des plages plus ou moins irrégulières, à répartition spo- 
radique, nombreuses mais rarement très étendues. 

J'ai trouvé de préférence ce Tylenchiis sur du sarrasin qui 
succédait à une culture de trèfle, de carotte ou de navet. Les 
cultivateurs ignorent d'ailleurs totalement l'existence de ce 
parasite, dont, pourtant, on pourrait sans doute, arrêter ou 
atténuer les dégâts. 



?^^ 



- 4i8 - 

Conclusions de la Deuxième Partie 



L'étude physiologique du Fagopyruni montre que la res- 
piration, l'assimilation et la transpiration y sont très actives. 
Les échanges gazeux sont particulièrement intenses chez les Fa- 
gopyruni tataricitm et stenocarpa. Le quotient respiratoire est 
toujours inférieur à l'unité et varie de 0.91 à 0.97, soit en moyen- 
ne 0.94. Le quotient assirnilateur est, par contre, toujours supé- 
rieur à l'unité, il varie de 1.02 à 1.05, soit en moyenne 1.04. 

La transpiration est particulièrement active, tout au moins 
à l'époque de la végétation où elle a été calculée. 

La quantité d'eau évaporée varie, pour les différentes espè 
ces de 3 gr. 4 à 3 gr. 8 par gramme et par heure, soit en moyenne 
3 gr. 6. HeUrieghel a d'ailleurs déterminé que, pour former 
I gramme de matière sèche, le sarrasin exigeait 363 grammes 
d'eau. 

Cette plante a donc de grandes exigences en eau, et doit 
en trouver dans le sol des réserves d'autant plus abondantes que 
sa végétation est très rapide. Le développement du système ra- 
diculaire, de l'appareil foliacé et du tissu conducteur général 
paraît d'ailleurs assurer cette absorption active. 

Le but essentiel et général de la culture du sarrasin est la 
production des grains, et, accessoirement, de la paille. Cett-e 
production est subordonnée à de nombreux facteurs et la con- 
naissance de l'influence réelle de chacun d'eux serait très pré 
cieuse pour le cultivateur. 

Les conditions climatériques jouent un grand rôle sur le 
développement du sarrasin. Cette plante réclame, pour accom- 
plir toutes les phases de sa végétation (dont la température ini 
tiale est voisine de 5'^'), i^me somme de chaleur égale à 1.750' 
environ, soit en moyenne 105" pour la levée, 480° pour la florai- 
son, 1.050" pour la formation des grains, et 1.750" pour la ma 



— 4T9 — 

turation. C'est donc cette dernière étape qui exige la température 
.'a plus élevée, et cela, d'autant plus, qu'elle est parcourue dans 
un temps relativement très court. 

La nature du sol fait varier les rendements dans de gran- 
des proportions. Comme pour la germination c'est le terreau, 
puis le sable qui sont les plus favorables à la culture du Fago- 
pyruin, et l'argile, puis le calcaire qui s'y montrent le moins 
aptes. Pourtant, dans le terreau, les grains sont généralemenr 
moins lourds que dans les autres terrains. D'ailleurs, la prépa- 
ration physique et chimique de ces terres intervient puissamment 
dans les résultats obtenus. Un ameublissement profond et com- 
plet du sol paraît nécessaire au bon développement de l'impor- 
tant mais très frêle système radiculaire de cette plante ; de plus, 
il est indispensable pour permettre l'emmagasinement des réser- 
ves aqueuses abondantes dont la nécessité a été montrée par 
l'étude de la transpiration du Fagopynun. 

La préparation chimique du sol, c'est-à-dire l'apport des 
engrais nécessaires à la fertilisation a également une influence 
marquée sur l'abondance et la qualité des produits que la plante 
peut fournir. L'étude, qui a été faite précédemment, de la com- 
position de celle-ci à différents âges et pour une récolte entière, 
avait déjà renseigné sur les exigences de cette culture. Des expé- 
riences comparatives ont montré, de plus, l'influence particulière 
à chaque élément minéral ; elles indiquent que la potasse est 
particulièrement importante, que l'acide phosphorique agit plu 
tôt sur la production des grains et l'azote sur celle de la paille. 
Mais on ne sait pas encore si cet azote est pris dans le sol par 
les racines, ou dans l'atmosphère par les feuilles, comme on 
l'admettait autrefois et comme les recherches de Bouilhac et 
Giustiniani semblent l'infirmer. 

Quant à la chaux, dont le rôle était jusqu'ici très discuté, 
les uns la considérant comme indispensable et les autres comme 
préjudiciable, il est probable qu'elle est absolument nécessaire 
av sarrasin, jusqu'à une certaine dose optimum fqui serait de 
G gr. 10°/"" de nitrate de chaux, soit 0,02V' '" env. en chauX' au 
dessus de laquelle elle deviendrait nuisible. 



— 420 — 

Mais, en dehors de ces conditions de milieu très impor- 
tantes, la plante possède, en elle-même, des aptitudes diverses 
et une productivité spécifique. En effet, toutes les espèces et 
\'ariétés d'un même genre ne sont pas aptes à fournir des rende- 
ments égaux. C'est ainsi que, dans les conditions de nos expé- 
riences, c'est, d'une façon générale, le Fagopyriun esciilentum 
qui s'est montré le plus productif, et dans cette espèce, le sarra- 
sin japonais qui a fourni les meilleurs résultats. D'ailleurs, 
cette variété, par ses autres qualités (poids du grain, faible 
proportion des écales, etc.) paraît digne d'attirer l'attention des 
expérimentateurs. Enfin, dans une même race, toutes les graines 
ne sont pas douées de la même fécondité, et il résulte, des 
essais relatés précédemment, qu'aussi bien pour la germination 
que pour les rendements obtenus, ce sont les plus volumineuses 
et les plus lourdes qui donne^it les meilleurs résultats. 

L'ensemble de tous ces documents paraît donc devoir 
fournir des indications utiles à la culture et permettre d'obtenir, 
dans les meilleures conditions, des résultats plus avantageux. 
Mais les plantes, ainsi obtenues, provoquent chez l'homme ou 
les animaux qui les consomment, certains accidents, généra- 
lement peu graves, mais parfois mortels cependant, qu'on a 
désignés sous le nom de fagopyrisme. 

Cette affection, qui paraît être surtout une maladie cutanée, 
s^' traduit, en effet, par des éruptions, en même temps que par 
une sorte d'ivresse, l'œdème de la tête, etc. Elle atteint tous les 
animaux, et principalement ceux dont la robe ou la peau sont 
blanches, et ses causes réelles sont encore ignorées. Elle pouvait 
être due à la présence de l'acide cyanhydrique, d'un alcoloïde, 
d'un glucoside ou d'un micro-organisme. Or, l'existence de 
l'acide cyanhydrique, constatée dans certams cas seulement, ne 
paraît être que transitoire et par conséquent, incapable d'être la 
cause efficiente de la maladie du sarrasin. D'autre part, et con- 
trairement à l'hypothèse de certains savants, tels que Dammann, 
il semble certain qu'il n'existe dans la plante aucun alcaloïde, 
m aucun glucoside cyanhydrique. Par contre, j'ai déterminé la 



- 42i - 

présence certaine, et parfois très abondante dans tous les orga- 
nes, d'un pentoside qui parait être la Rutine. Des essais de 
localisation de ce corps, essais encore imparfaits par suite de 
l'absence d'un réactif spécifique certain de la rutine, laissent 
supposer qu'il se trouve principalement dans les cellules de 
l'épiderme et de l'endoderme. 

Or, c'est dans les mêmes régions que j'ai décelé les matiè- 
res tanniques ; et l'on peut, devant cette coïncidence, émettre 
l'hypothèse qu'il existe entre ces substances et le pentoside, les 
relations qu'on a constatés chez d'autres végétaux, entre les 
tannins et les glucosides. D'autre part, c'est également dans les 
mêmes cellules de l'épiderme et de l'endoderme que se trouve 
\-\ matière rouge qui donne à la tige, aux nervures des feuilles 
e<" aux arêtes des grains non mûrs, leur coloration particulière. 
Enfin, il existe, dans ces mêmes organes, une aéro-oxydase. On 
peut donc admettre que ce pigment rouge provient de l'oxyda- 
tion des tannoïdes. 

Des essais d'intoxication d'animaux par la rutine — ■ 
apportée soit par voie hypodermique, soit par voie digestive — 
n'ont pas jusqu'ici permis de conclure à la nocivité de ce corps, 
dont les propriétés physiologiques sont d'ailleurs complètement 
ignorées. La question du déterminisme du fagopyrisme n'est 
donc pas encore résolue. 



RésTjit!n.é et Goncliasions g-énérales 



Les conclusions générales de ce travail sont les suivantes • 
1. — Morphologie 

Les caractères extérieures du fnei^ du genre Fagopyrum, 
tout en se rapportant à un type commun, sont assez différents 
suivant les espèces et les variétés considérées, quant à la forme, 
aux dimensions, au poids et à la densité. 

Les caractères de la graine décortiquée présentent des va- 
riations sensiblement de même ordre, quoique moins accusées. 

Uétude bioniétrique des akènes montre que les polygones 
de variations de chaque espèce sont unomiaux (sauf pour quel- 
ques variétés du Fago-pyrum esculentmn, où ils ont deux som- 
mets) et qu'on a affaire à des types purs et relativement bien 
fixés. La nutrition minérale a une influence sur les dimensions 
des akènes et leur puissance de variation. Un engrais complet 
les augmente dans une grande proportion, et chaque élément 
fertilisant a une action particulière ; c'est ainsi que, dans le cas 
présent, c'est la potasse qui a montré la plus grande influence, 
puis l'acide phosphorique et enfin l'azote. 

Un type spécifique déterminé possède, pour chaque carac- 
tère envisagé, une dominante qui lui est propre, mais qui peut 
varier dans sa descendance. De plus, le milieu modifie cette do- 
minante, et, au moins temporairement, ce type spécifique. Il exis 
tera donc, dans les générations futures, deux tendances anta- 
gonistes, correspondant, l'une à la dominante spécifique, l'autre 
à la dominante acquise sous l'action d'un milieu nouveau. 

Uéiude de la descendance des akènes de Fagopyrum cul- 
tivé dans des conditions différentes, montre que l'augmentation 
des dimensions résultant du milieu, se fait encore sentir dans Je^ 



— 424 — 

générations ultérieures. Par sélection d'une forme, on obtient 
donc une augmentation de taille de l'ensemble, conséquence de 
la tendance à l'accroissement, primitivement acquise, et, simul- 
tanément, une plus grande importance de cette forme choisie, 
c,ui paraît tendre à se fixer. Il n'y a pas antagonisme entre ces 
deux tendances, et il en résulte une épuration et une améliora- 
tion de la race. La sélection, au lieu d'être seulement conserva- 
trice, a été aussi améliorante, et elle permettrait, sans doute, de 
créer une forme nouvelle, en accentuant et fixant une déviation 
latente ou déjà manifestée, conformément aux doctrines néo- 
kmarckiennes. 

La structure de l'akène ne présente rien de bien particulier, 
en dehors de l'hypoderme fibreux qui présente deux dispositions 
différentes suivant les espèces. 

La composition des graines classe le sarrasin dans les cé- 
réales les plus riches en principes nutritifs ; elle varie peu dans 
les différentes espèces et variétés. 

La germination des graines est soumise à de nombreuses 
influences, tant intrinsèques (âge, dimensions, poids, densité, 
etc..) qu'extrinsèques (température, humidité, nature du sol, pro 
fondeur du semis, etc.). 

^ Le développement de la plante est très rapide (90 à iio 
jours) et les inflorescences apparaissent dès la sixième semaine 
Les racines, fasciculées, affectent une disposition quaternaire ; 
elles sont très nombreuses, très fines et aussi très profondes, 
puisqu'elles peuvent dépasser o m. 80 de profondeur, contraire- 
ment à l'opinion courante. 

Sous le rapport de la morphologie externe et de la struc- 
ture, il n'y a que peu de différences entre les quatre espèces 
étudiées du genre Fagopyrum. Les caractères en sont modifiés 
par la nature du sol et par celle des engrais; elles permettent en 
outre de rapprocher les unes des autres certaines espèces et 
variétés généralement séparées. 

La composition de la plante montre qu'elle peut servir uti- 
lement comme fourrage ou comme engrais vert; elle indique le 



— 42:^ — 

rôle prépondérant de la potasse et de la chaux et elle permet de 
comprendre les exigences du sarrasin par rapport k ces subs- 
tances. 

3. - Physiologie 

La respiration, l'assimilation et la transpiration sont très 
actives dans les divers Fagofynim. Le quotient respiratoire, 
toujours inférieur à l'unité, varie de 0.91 à 0.97 soit, en 
moyenne 0.94) , et le quotient assimilateur, toujours plus grand 
que l'unité, varie de i.oi a 1.05 en moyenne 1.03. La transpi- 
ration est très active et sa valeur atteint 3 gr. 6 par gramme et 
par heure. 

Le sarrasin, à divers états, est parfois toxique pour tous 
les animaux qui le consomment et même pour l'homme). Il est 
surtout vénéneux pour ceux dont le pelage est blanc et lorsqu'il 
esl consommé en plein air. Quelle est la substance nocive à 
laquelle sont dûs les accidents constatés? Je n'ai pu déceler 
dans la plante la présence de glucosides cy;iiihydi iqiies ni 
d alcaloïdes. L'acide cyanhydrique s'y trouve accidentellement 
au moment de la floraison, et la rutine existe à toutes les pério- 
des de la végétation; mais, jusqu'à plus amples recherches, on 
re peut voir dans ces corps la cause du fagopyrisme. 

L'étude de la matière colorante rouge du sarrasin montre 
qu'elle provient de l'oxydation des matières tanniques, et il 
semble qu'il existe une relation entre ceux-ci et la rutine. 

Les sarrasins peuvent être attaqués par deux maladies 
eiyptogamiques, non encore signalées sur cette plante et dues, 
l'une, à un Peronospora et l'autre, à un Heterosporium; ils peU' 
vent l'être aussi par un Némathelminthe, le Tylenchus devûs- 
tatrix, beaucoup plus fréquent et dangereux qu'on ne l'admet 
habituellement. 

5* — culture 

L*étude morphologique et physiologique du sartasin expli 
Cjue et justifie diverses méthodes culturales ; elle montre aussi 



cjuc certaines autres, moins rationn^les, sont susceptibles d'etr<^ 
avantagea sèment modifiées. En outre, de cette étude, découlent 
des notions nouvelles, dont la pratique pourra tirer sîirement 
un parti avantageux. Le Fago-pyruni euiar ginatum peut être rap- 
proché de certaines variétés rapportées ordinairement au Fago- 
pynun escidentum (sarrasins russe, japonais) ; et les Fagopy ' 
ï!i:;i taîaricum et stenocarpa ne constituent qu'une même espèce, 
étant donnée l'analogie qui existe entre eux. 

Le développement, jusqu'ici insoupçonné, du système radi- 
culaire, la rapidité de la végétation et l'intensité de la transpi 
tation indiquent la nécessité d'un travail du sol plus profon.-^ 
et plus soigné que celui exécuté dans la pratique actuelle. 

Les résultats acquis par les divers modes de sélection des 
semences, l'étude biométrique des akènes et de leur descendance, 
l 'examen comparé des principales espèces et variétés montrent" 
la possibilité d'obtenir, par une culture rationnelle, des races de 
plus en plus améliorées. 

La composition chimique du sarrasin, l'étude du développe- 
ment et les essais de fertilisation du sol indiquent le rôle des 
engrais, l'inaportance de la potasse, l'influence, jusqu'ici contro- 
versée, de la chaux et la nécessité de principes rapidement assi- 
milables. . ' ■ 

Enfin, la détermination des courbes de température, des 
constantes thermiques et de l'humidité optimum, ainsi que celle 
de l'influence de la nature du sol et de la profondeur du semis 
fournissent aux agriculteurs des données qui leur manquaient 
Jusqu'ici. 



E^^plication de la Planche I 



— Feuille jeune. 

— Feuille à la maturité. 

— Tige jeune. 

— Tige à la maturité (sommet). 

— Grain avant la maturité 

— Localisation de la matière colorante rouge dans 

la feuille. 

— Localisation des tanins dans la tige jeune. 

— Localisation de la matière colorante rouge dans la 

tige un peu plus âgée 







a 




TABLE DES MATIERES 



Pages 

INTRODUCTION ~9 

HISTORIQUE i3 

PREMIÈRE PARTIE (Morphologie) 

CHAPITRE PREMIER. — Etude des Akènes et des Graines 

I. — Caractères extérieurs 

1° Caractères du Fruit : 

A. — Forme 27 

B. — Dimensions 34 

C. — Poids et densité ... . 36 

D. — Pigmentation ... 44 

2" Caractères de la Graine : 

A. — Forme 45 

B. — Dimensions 5o 

C. — Poids .... 55 

f Enveloppes . 56 

II. — Étude biométrique 

i" Espèces et variétés 59 

A. — Variations de la longueur 62 

B. — — largeur 71 

C. — — surface 79 

D. — — poids 82 

2° Influence de la nutrition minérale : 

A. — Variations de la longueur 88 

B. — — largeur 100 

C. — Caractères corrélatifs 1 13 

,>" Influence de l' hérédité, 117 



Pages 

/' Rcsiimc des recherches luoinetriqiies 126 

III. — Structure de l'Akène 12g 

IV. — Composition de l'Akène 143 

CHAPITRE II. — Etude de la germination 

I. — Germination proprement dite 167 

II. — Conditions de la germination. 

/" Conditions intrinsèques 162 

2" Conditions extrinsèques .... 181 

Résumé du Chapitre II 220 

CHAPITRE III. — Etude de la Plante 

I. — Morphologie ex'erne 22H 

II. — Développement . — . . 248 

Influence du milieu . .. 257 

III. — Morphologie interne 266 

Influence du milieu 3i8 

IV. — Composition de la plante 334 

Conclusions de la Première Partie 346 

DEUXIÈME PARTIE (Physiologie) 
CHAPITRE PREMIER. — Ponctions. 

I. — rtespiration 356 

II. — Assimilation 358 

III. Transpiration SSc; 

CHAPITRE IL— Toxicité du Sarrasin (Fagopyrisme) 563 

CHAPITRE III. — Essais culturaux 383 

CHAPITRE IV. — Pathologie 4i3 

Conclusions de la Deuxième Partie 418 

RÉSUMÉ ET Conclusions générales 423 



DHUXIEME THESE 



PROPOSITIONS DONNÉES PAR LA FACLXTP: 



i" Zoologie. — Le Pancréas des \'ertebres : Anatomie comparée. 
Histolog-ie. 

2" Chimie. — Les Nitrates : leur orii^iiie. leur nMc Jans la luitri 
tion des plantes. 



Vil el at'pi oiivé : 
l^aris, le i8 noveiiib:e loio 
Le D^yeii de la h'ajullé des Sciences, 

Paul APPELL. 

Vu et permis d'imprimer : 

Paris, le iSnovendiie 1910. 

Le Vice-Recteur de lAcndéiTiie de Paris, 

L. LIARD. 



New York Botanical Garden Lil 



3 5185 00252 0573 



MACKENZIE 



9^ ^7 



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HORTICUITURAI SOCIEIÏ OF N. ï. 

598 MADISON AVENUE 
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