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Full text of "Recueil des Notices et Memoires de la societe archeologique de la province de constantine"



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! 12 e VOLUME DE LA QUATRIÈME SÉRIE 






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RECUEIL 




DES 



Notices et Mémoires 



DE LA 



SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE 



DU 



DÉPARTEMENT DE CONSTANTINE 



QUARANTE-TROISIÈME VOLUME DE LA COLLECTION 



ANNÉE 1909 




CONSTANTINE 

IMPRIMERIE D. BRAHAM, 2, RUE DU PALAIS, 2 



ALGER 

JOURDAN, Libraire-Editeur 

Place du Gouvernement 



PARIS 

René ROGER 

Librairie africaine et coloniale 

38, rue de Fleurus 



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1910 




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UNIVERSITY 
OF FLORIDA 
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RECUEIL 

DES 

Notices et Mémoires 



SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE 



DU 



DÉPARTEMENT DE CONSTANTINE 



12 e VOLUME DE LA QUATRIÈME SÉRIE 



QUARANTE-TROISIEME VOLUME DE LA COLLECTION 



ANNÉE 1909 




CONSTANTINE 

IMPRIMERIE D. BRAHAM, 2, RUE DU PALAIS, 2 



ALGER 

JOURDAN, Libraire-Editeur 

Place du Gouvernement 



PARIS 

René ROGER 

Librairie africaine et coloniale 

38, rue de Fleurus 



1910 



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Avis important 



Article 29 des statuts. — « La Société laisse aux 
« auteurs la responsabilité des faits et déductions histori- 
« (jues, archéologiques, scientifiques ou autres, exposés 
« dans les mémoires imprimés dans son Recueil. » 



LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 



PRÉSIDENTS D'HONNEUR 

MM. Jonnart, Gouverneur Général de l'Algérie. 
Phelut, $fc, Préfet du Département. 
Morinaud, %, Maire de Constantin^. 



Composition du Bureau pour 1910 



Président : 
l ev Vice- Président 
2 e Vice- Président : 
Secrétaire : 
Trésorier ; 
Bibliothécaire : 
Trésorier- A djoint 



M. Maguelonne. 

M. Hinglais. 

M. Gustave Mercier. 

M. Goudray. 

M. Debruge. 

M. BUSQUET. 
M. DE GUIBERT. 



Commission des Manuscrits 



MM. Maguelonne, Président ; 
Hinglais, 

Mercier (Gustave), 
Debruge. 



Membres 



IV 



MEMBHES HONORAIRES 



1904 MM. Babelon, %■ , membre de l'Inslilut, conser- 
vateur à la Bibliothèque nationale, rue de 
Vermeuil, 30. 

1893 Berger (Philippe), |e, I %$, membre de 

l'Institut, professeur au Collège de France, 
membre du Comité des travaux historiques 
et scientifiques, Paris, Quai Voltaire, 3. 

1894 Bréal (Michel), C ^, I $$ , professeur au 

Collège de France, membre de l'Institut, 
70, rue d'Assas, Paris. 

1893 Cagnat (René), O ^, I Q, membre de l'Ins- 

titut, professeur d épigraphie au Collège de 
France, membre du Comité des travaux 
historiques et scientifiques, rue Stanislas 
10, Paris. 

1885 Héron de Villefosse, 0^,1 •|JK membre de 

l'Institut, conservateur des antiquités grec- 
ques et romaines au Musée du Louvre, 
président du Comité des travaux archéolo- 
giques. 16, rue Washington, Paris. 

1904 Maspéro, %, membre de l'Institut, professeur 

au Collège de France. 

190 4 Heinach (Salomon), $, I i|, membre de 

de l'Institut, conservateur du Musée de 
Saint-Germain, rue de Traktir, 4, Paris, 
(xvi e ar.). 

1904 Sai.lio (Kdmond), e$s membre de l'Institut, 

directeur des Thermes de Cluny, rue de 
Sèvres, 85. 

1904 Schlumberger (Gustave), e& , membre de 

l'Institut, Avenue d'Anlin, 37. 

1904 Ballu,0 %,0 l i|, inspecteur des Monuments 

historiques de France, rue Blanche, 80. 



MEMBRES TITULAIRES 



1892 MM. Arripe, I if, Secrétaire Général de la Pré- 
fecture, à Constantine. 

1892 AuBRY(D r ), #,0 A. Q, sénateur. 

1903 Bénos, professeur à l'école primaire supé- 

rieure, Constantine. 

1903 Braham (David), O I ff, éditeur, Constan- 

tine. 

1907 Braham (Marius), O A CJ, éditeur, Constan- 

tine. 

1896 Busquet, O I $$, proviseur du Lycée, Cons- 

tantine. 

1895 Cambuzat-Roy, propriétaire, Boulevard du 

Temple, Auxerre (Yonne). 

1876 Carbonnel, O A $$, imprimeur, Constantine. 

1883 Charrier, O A , ||, sous-chef de bureau de 

Préfecture, en retraite, correspondant du 
Ministère de l'Instruction publique, 58, rue 
Michelel, Alger-Mustapha. 

1902 Coudray, professeur au Lycée, Constantine. 

1902 Debruge,OA ff , commis principal des Postes, 

correspondant du Ministère, Constantine. 

1908 d'Hélie, rédacteur principal à la Préfecture 

de Constantine. 

1892 Escurré, O I 'If, directeur de l'école primaire 

supérieure en retraite, Toulouse. 

1905 François (l'abbé), curé à Constantine (Coudiat) 

1906 Gastu, O A CJ, avoué à Constantine. 

1891 Gsell, j&, O I CJ, professeur à la Faculté des 

Lettres, directeur des Antiquités algérien- 
nes, Alger-Mustapha. 

1903 Guibert (de), avocat, Constantine. 



VI 



1874 MM. Hinglais, I Ç|, proviseur en retraite, con- 
servateur du Musée, bibliothécaire de la 
ville, correspondant du Ministère, Cons- 
tantine. 

1899 Jaubert (l'abbé), A Ç|, chanoine honoraire, 

secrétaire général de l'éveché, Constantine. 

1904 Joly, architecte, délégué financier, Guelma, 

correspondant du Ministère. 

1908 Joly, professeur à la Chaire d'arabe, à Cons- 

tantine. 

1907 Jonchay (du), %, chef d'escadrons au 3 e Chas- 

seurs d'Afrique, à Constantine. 

1903 Leroy, f , I 1|, docteur en médecine, 

conseiller municipal, Constantine. 

1878 Luciani, j&, I 41 > conseiller du Gouverne- 

ment, Alger. 

1892 Maguelonne, O I 4I> directeur des Domaines, 

Constantine. 

1907 MARÇAis,professeuràla Médersa, Constantine. 

1891 Mejdoub Kalafat, O I i|, professeur d'arabe 

au Lycée, Constantine. 

1896 Mercier (Gustave), O A £J> avocat au barreau 

de Constantine, officier interprètede réserve, 
conseiller général de Constantine, corres- 
pondant du Ministère. 

1904 Montagnon (l'abbé), O A 41, à Duzerville. 

1890 Morinaud (Emile), &, ancien député, maire 

de Constantine, Président du Conseil Géné- 
ral, délégué financier. 

1908 Narboni (Elie), à Constantine. 

1903 Ribet, O A O, administrateur de la commune 

mixte d'Oum-el-Bouaghi (Canrohert), cor- 
respondant du Ministère. 

1881 Robert, O I $$, administrateur principal en 

retraite, correspondanl du Ministère, Bordj- 
bou-Arréridj (( lonstantine). 



VII 



1903 MM. Sabatier, ingénieur des Ponts et Chaussées, 
à Sétif. 

1907 Saint-Calbre, A CJ, directeur de la Mé- 

dersa, à Constantine. 

1905 Vel, directeur de l'Hôpital, à Ménerville. 

1906 Vignon, surveillant général au Lycée de Cons- 

tantine. 

1910 Barraud, docteur en médecine, Constantine. 

1910 Lecocq, professeur au collège de Tlemcen. 

1908 Merlin, directeur des Antiquités, à Tunis. 



VIII 



MEMBRES CORRESPONDANTS 



1900 MM. Barry, I %$, inspecteur des fouilles de Tim- 
gad, correspondant du Ministère, Timgad, 
(Constantine). 

1889 Bernard, architecte, 3, rue des Cordeliers, 

Compiègne. 

1891 Bertrand (Louis), I H, conservateur du 

Musée de Philippeville, correspondant du 
Ministère. 

1898 Besnier (Maurice), A %$, ancien membre 

de l'Ecole française de Rome, chargé de 
cours à l'Université, rue Pesmagnie, 14, 
Caen (Calvados). 

1903 Brunache, |,OA H, administrateur de com- 

mune mixte, 82, rue Michelet, Alger 

1900 Carton (D r ), & , O I |Jf, médecin-major de 

l re classe, président de l'Institut de Carthage 
et de la Société d'archéologie de Sousse, 
membre non résidentduComité.LaGouletle. 

1903 Cherronneau, O A $$, avoué, Sétif. 

1907 Choisnet, O A il, sous-Préfet en retraite, di- 

recteur du Mont de Pieté, à Constantine. 

1888 Delattre (le R. P.), &, O I f|, prêtre mis- 

sionnaire d'Alger, membre correspondant 
de l'Institut, conservateur du Musée de 
S' Louis de Carthage, La Goulette (Tunisie). 

1890 Domergue, topographe principal en retraite, 

correspondant honoraire du Ministère, 
Saint-4 reniés (Aveyron). 

1890 Espérandieu, |, O I l|, commandant d'In- 

fanterie en retraite, membre non résident du 
Comité, 37, rue de Bellechasse, Paris. 

1878 I'ahces.O^, O I II, commandant en retraite, 

correspondant du Ministère, Amplepuis 
(Rhône). 



IX 

1906 MM. Flamand, |t, O I (|, chargé du cours à la 

Faculté des sciences d'Alger, directeur- 
adjoint de la carte géologique, Alger-Mus- 
tapha. 

1894 Gauckler, j&, I ff , correspondant de l'Ins- 

titut, Rome. 

1907 Gauthier, Joseph (l'abbé), curé à Tocqueville. 

1892 Gœtschy, 0|5, 1 ff , général de division. 

1874 Goyt, topographe principal en retraite, 31, rue 

Saint André, Grenoble. 

1893 Guérin, O A ff, sous-directeur des Contri- 

butions diverses en retraite, avocat, 4, rue 
de Constantine, Alger. 

1892 Hannezo, %, O I If , commandant, corres- 

pondant du Ministère, Mâcon. 

1909 Hovart, capitaine, affaires indigènes, à Khen- 

chela. 

1890 Jacquot, A|f, juge honoraire, 6, rue Fantin- 

Latour, Grenoble. 

1897 Leroy (Louis), 1 tf, explorateur, Biskra. 

1901 Loizillon, administrateur de la commune 

mixte des Bibans (Bordj-Medjana). 

1888 Milvoy, architecte, rue Dijon, 1, Amiens. 

1907 Morris, O A éjl, administrateur de la com- 

mune mixte de La Meskiana (Constantine). 

1908 Maitrot, O A ||, capitaine, à Saint-Etienne. 

1908 Nicloux, lieutenant aux Affaires indigènes, à 

Biskra. 

1888 Pallu de Lessert, avocat, rue de Tournon, 

17, Paris. 

1909 Patte (Paul), à la Préfecture de Constantine. 

1910 Piquet, architecte, Aïn-Beïda. 
1901 Ponté, propriétaire à Mila. 



1910 MM. Rebuffel, conducteur des Ponts et Chaussées, 
à Batna. 

1902 Rouquette (D r ), A il, médecin-major au 

55 e de Ligne, Aix en Provence. 

1875 Roy, #£,OI i|, ministre plénipotentiaire, 

secrétaire général du gouvernement tuni- 
sien, Tunis. 

1885 Saladin, I, 1 il, architecte, diplômé par 

le Gouvernement, 69 bis , boulevard de Cour- 
celles, Paris. 

1904 Sanrey, $£ , docteur en médecine, maire, 

Batna. 

1910 Simon, capitaine des alïaires indigènes, déta- 

ché à Casablanca. 

1908 Solignac (Marcel), à Constantine. 

1892 Toutain, O I il, professeur à l'Ecole des 

Hautes Etudes, 25, rue du Four, Paris. 

1903 Vallet,0 A 1|, ancien publiciste, Fedj-M'zala. 

1893 Viré (C), avocat à Bordj-Menaïel (Alger). 



Communes mixtes venant en aide à la Société 



Akbou. 

Aïn-Touta. 

Aïn-el-Ksar. 

Aurès. 

Aïn-M'lila. 

Bibans. 

Collo. 

Châteaudun-du Rhumel. 

Djidjelli. 



Eulmas. 

Guergour. 

Jemmapes. 

Khenchela. 

Morsott. 

Meskiana. 

Soummam. 

Souk-Ahras. 

Taher. 



Admis à /'échange : 

1907 Sciiuttek, professeur d'histoire à l'Université 

d'Erlaage-n ( H;*\ ière). 



XI 



SOCIETES COHHIESPOHDAHTKS 



Agfn. — Société d'agriculture, sciences et arts. 

Aix. — Académie des sciences, agriculture, arts et belles 
lettres. 

— Société d'études provençales. 

— Annales des facultés de droit et de lettres. 
Alais. — Société scientifique et littéraire. 
Alger. — École supérieure des Lettres. 

— Société historique algérienne. 

— Société de géographie d'Alger et de l'Afrique du 

Nord. 

Amiens. — Société des antiquaires de Picardie. 

Angoulême. — Société archéologique et historique de la 
Charente. 

Autun. — Société éduenne. 

Avallon. — Société d'études. 

Avignon. — Académie de Vaucluse. 

Auxerre. — Société des sciences historiques et naturelles 
de l'Yonne. 

Bar-le-Duc. — Société des lettres, sciences et arts. 

Beaune. — Société d'archéologie. 

Beauvais. — Société académique d'archéologie, sciences 
et arts du département de l'Oise. 

Béziers. — Société archéologique, scientifique et littéraire. 

Bône. — Académie d'Hippone. 

Bordeaux. — Société archéologique. 

— Société de géographie commerciale. 

Bourg. — Bulletin de la Société de géographie de l'Ain. 

Bourges. — Société historique, littéraire et artistique du 
Cher. 

Brest. — Société académique. 

Chambéry. — Société savoisienne d'histoire et d'archéo- 
logie. 

Chartres. — Société archéologique d'Eure-et-Loir. 



XII 

Dax. — Société de Borda. 

Douai. — Union géographique du nord de la France. 

Épinal. — Société d'émulation des Vosges. 

Gap. — Société d'études des Hautes-Alpes. 

Grenoble. — Académie delphinale. 

Guéret. — Société des sciences naturelles et archéologi- 
ques de la Creuse. 

Langres. — Société historique et archéologique. 

Laon. — Société académique. 

Limoges. — Société archéologique et historique du Li- 
mousin. 
Lyon. — Société littéraire, historique et archéologique. 

— Académie des sciences, belles-lettres et arts. 

— Bulletin historique du diocèse de Lyon. 

Le Mans. — Société historique et archéologique du Maine. 
Marseille. — Société de statistique. 

— Société archéologique de Provence. 

Montauban. — Société archéologique du Tarn-et-Garonne. 
Montbéliard. — Société d'émulation. 
Montpellier. — Société languedocienne de géographie. 
Nancy. — Académie de Stanislas. 

— Société d'archéologie lorraine et du musée his- 

torique lorrain. 

— Société de géographie de l'Est. 
Nantes. — Société archéologique. 
Narbonne. — Commission archéologique. 
Nice. — Société des lettres, sciences et arts. 
NÎMES. — Académie du Gard. 

( Iran. — Société de géographie et d'archéologie. 

( ORLÉANS. — Société archéologique et historique de l'Orléa- 
nais. 
Paris. — Institut de France. 

Comité des travaux historiques el scientifiques. 

— BulletÎD de l'Ecole des Charles. 

— Société «1rs antiquaires de France 

— Société d'ethnographie. 

— Société de géographie. 



XIII 



Paris. — Société d'anthropologie. 

— Association pour l'encouragement des études 

grecques. 

— Société des études historiques. 

— Revue géographique internationale. 

— Musée Guimet. 

— Société académique indo-chinoise de France. 

— Revue des Colonies et des Protectorats, ministère 

des Colonies. 

— Reçue de statistique. 

— Réunion d'études algériennes, 12, galerie d'Or- 

léans. 

— Journal asiatique. 

— Bulletin de la Société des études coloniales et 

maritimes. 

— Revue archéologique. 

— Revue des études historiques. 

Perpignan. — Société agricole^ scientifique et littéraire. 

Poitiers. — Société des antiquaires de l'Ouest. 

Reims. — Académie nationale. 

Rennes. — Société archéologique d'Ille-et-Vilaine. 

Rochechouart. — Société des Amis des sciences et des 

arts. 
Rodez. — Société des lettres, sciences et arts del'Aveyron. 
Rouen. — Commission des antiquités de la Seine -Infé- 
rieure. 
Saint -Brieuc. — Société d'émulation des Côtes - du - 

Nord. 
Saint- Dié. — Société philomathique. 
Saint Malo. — Société historique et archéologique. 
Saint-Omer. — Société des antiquaires de la Morinie. 
Semur. — Société des sciences historiques et naturelles. 
Sens. — Société archéologique. 

Soissons. — Société archéologique, historique et scienti- 
fique. 
Sousse. — Bulletin de la Société archéologique. 
Toulon. — Académie du Var. 



XIV 

Toulouse. — Académie des sciences, inscriptions et belles- 
lettres. 

— Bulletin de la Société de géographie. 

— Société archéologique du Midi de la France. 
Tours. — Société d'archéologie de la Touraine. 

— Société d'agriculture, sciences, arts et belles- 

lettres du département d'Indre-et-Loire. 

— Société de géographie. 

Tunis. — Institut de Carthage. — Association tunisienne 
des lettres, sciences et arts, à Tunis. 

Valogne. — Mémoires de la Société archéologique. 

Vannes. — Société polymathique du Morbihan. 

Vervins. — Société archéologique. 



XV 



SOCIETES ETRANGERES 



Allemagne. — Société d'anthropologie de Berlin. 

Alsace- Lorraine. — Société d'histoire et d'archéologie de 
la Lorraine, à Metz. 

— Société pour la conservation des mo- 

numents historiques de l'Alsace, à 
Strasbourg. 

Amérique du Sud (La Plata). — Direction générale de 
statistique de la province de Buenos- 
Ayres. 

Angleterre. — Société des antiquaires de Londres. 

— Ecosse. — Société des Antiquaires, Edim- 

bourg. 

— Société des antiquaires de Cambridge. 

— Institut canadien de Toronto (Canada). 

— Société de numismatique et d'archéologie 

de Montréal. 

Belgique. — Société des Bollandistes, Bruxelles. 

— Société d'archéologie de Bruxelles. 
Brésil. — Musée national de Rio-Janeiro. 
Egypte. — Institut égyptien, au Caire. 

— Comité de conservation des monuments de l'art 

arabe. 

— Société khédivale de géographie, au Caire. 

États-Unis d'Amérique. — Musée Paebody d'archéologie 

et d'ethnographie américai- 
ne de Cambridge. 

— Institut Smithsonien de Wa- 

shington. 

— Commission d'inspection géo- 

logique des Etats-Unis (Dé- 
partement de l'Intérieur) , à 
Washington. 

— Société d'à nthropologie, à Wa- 

shington, 

— Académie des sciences natu- 

relles de Davenport, Iowa . 



XVI 



États-Unis d'Amérique. — Université de Californie, à 

Berkeley. 

Musée américain d'histoire 
naturelle, à New-York. 

— Association américaine pour 

l'avancement des sciences, 
à Washington. 

Italie. — Institut archéologique d'Allemagne, à Rome. 

— École française de Rome. 

— Société africaine d'Italie, à Naples. 

— Société africaine d'Italie, à Florence. 

— Académie des Lineei, à Rome. 
Norvège. — Université royale, à Christiana. 

Pérou. — Bulletin de la Société de géographie de Lima. 
Suède. — Académie royale archéologique de Stockholm. 

— Institut géologique de l'Université d'Upsala. 

Suisse. — Société d'histoire et d'archéologie de Genève. 

— Société de géographie de Berne. 



Une Inscription de Mdaourouch 



PAR 

M. Jean MARTIN 



M. Joly, Conservateur du Musée de Guelma, a 
trouvé dans ses fouilles si heureuses de Mdaourouch 
trois fragments d'une inscription municipale intéres- 
sante. Elle a été publiée avec un certain nombre de 
restitutions dans le Recueil de la Société archéolo- 
gique de Constantine 0-). Il ne sera pas inutile d'y 
revenir encore ici pour compléter ce qui a été écrit 
à son sujet. 

Les trois fragments de l'inscription sont d'inégale 
grandeur : entre le plus important, celui du milieu 
et celui de gauche, il manque environ deux lettres ; 
entre celui du milieu et celui de droite, trois lettres. 
De plus, il ne reste que les quatre lignes inférieures 
du fragment de gauche. L'aspect des trois fragments 
rapprochés est le suivant : 

3NI • QV1R • GABINiaNO • EQ • R * 1 

ECTO'FL-PP- IIVIR I . HONES 

M. CORNELI ' VICTOriNI ■ FL • P'P- 
NDIDISSIMVS • Ordo ' ET • PO 
DAVRENSIUM ■ ob 171 SIGNEM 5 

MENTI ' COPIAM ' T GRE • IN 

j)7*AESTITAM ' HON Onm BIGAE 

RVNT • PECVnA public A • QVAM 
CDRNELIAE ■ ROMANI A ■ POSTVMIANA ÏVcTORINA 
CLAVDIANA ' ET ■ EVLO</IA • ROMANILLA ' F Mat ET - HERE 10 

EIVS * SVA * PECVN A ■ POSVERVNT ' SJ9 OV TVLIS 
dEGVRIONIBVS * Ef CVRIALIBVS • DAtis 

(1) Rec. de la Soc. arch. de Const., xli, 1908, p. 250. 



— 2 — 

Quelques restitutions s'imposent à première vue. 

Il est évident qu'à la première ligne il faut lire 
Gabin la]no, à la troisième Vict\ori\ni, à la quatrième 
[*ple]ndidissimus o[rtl\> et po[pulus] t à la septième 
[pr]aestitam hon[orem] bigae, à la huitième pecunia 

[public]a, à la neuvième [C]orneliae et [Vic]torina, 

à la dixième Eul[og]ia et hère \ des], à la onzième 
s[por]tulis, enfin à la douzième [d]er.urionibu$ e[i c]uria- 
libus da[tis]. 

Les autres restitutions demandent plus d'explica- 
tions. 

Le génitif M. Corneli Victorini, bien que placé contre 
l'usage après rénumération des fonctions exercées 
par le personnage à qui se rapporte l'inscription, ne 
peut indiquer que la filiation de ce personnage. 

Comme le lapicide tenait à citer les fonctions du 
père à côté de celles du fils, pour plus de clarté il a 
rejeté la filiation à cette place. Nous restituerons donc 
filio un peu après M. Corneli Victorini. D'autre part le 
nom de Corneliae, gentilice au féminin pluriel précé- 
dant les cognomina de Itoman. . .a, Postumiana, Vicio- 
rina, Claudiana, indique qu'elles sont filles d'un Cor- 
nelius. Un personnage fils d'un Cornélius et père de 
Corneliae ne peut être lui-même qu'un Cornélius. Nous 
connaissons donc le gentilice du personnage auquel 
le texte est dédié ; nous ne pouvons connaître son 
prénom ni son premier cognomen. 

Ce premier cognomen terminé en oni est placé, 
phénomène remarquable, avant L'indication de la 
tribu : cela s'expliquerait peut-être par l'importance 
de la gens Comelia qui très rapidement s'est divisée 
en sous gentes. De cette gens se seraient détachées des 
familles : les Cornelii Catones, Comelii Frontones, etc. 



— 3 — 

Nous aurions donc à faire à l'un de ces nombreux 
surnoms terminés au datif en oni. Cependant, il faut 
remarquer que ce surnom ne se trouve pas parmi 
les noms de M. Cornélius Viciorinus, père du person- 
nage. 

La seconde ligne du fragment du milieu commence 
par ecto qui est généralement la terminaison de prae- 
fecto ou d'adlecto. Praefecto est impossible, car l'ins- 
cription ne dit pas à quoi le personnage eût été prae- 
fectus. Adlecto s'impose. Mais à quoi Cornélius Gabi- 
nianus a-t-il été adlectus? Si l'on remarque que les 
fonctions de flamen perpetuus et de // vir sont indi- 
quées dans l'ordre inverse, on en conclura que Yad- 
lectio portait le personnage à une dignité plus élevée 
que celle de flamen perpetuus. Or, nous savons par 
d'autres inscriptions 0) que Yadlectio d'un personnage 
par l'empereur aux cinq décuries était un des plus 
grands honneurs que l'on accordât aux dignitaires 
des municipes. Nous restituerons donc {in quinque 
decurias]adlecto. Cornélius Gabinianus aurait fait partie 
de ce corps de jurés créé par la loi Aurélia en 70 
avant J.-C. et composé primitivement de trois curies, 
puis de quatre sous Auguste, de cinq enfin sous 
Caracalla. 

A la même ligne, on pourrait être tenté de com- 
pléter II vir en II vir[o]. Mais pour plusieurs raisons 
cette restitution est impossible. Tout d'abord entre 
le second et le troisième fragment, il y a place pour 
plus d'une lettre. De plus, on distingue très nettement 
sur l'inscription avant \'h de hones une haste verti- 



(1) Par exemple, C. I. L., vin, 1827, 7961, 1576; R. Cagnat et M. Besnier, 
Aan. épirj., 1909, 162. 



— 4 — 

cale qui est probablement un I. Nous pensons qu'il 
faut restituer // cir[al]i, titre que l'on trouve le plus 
souvent dans les inscriptions funéraires pour indi- 
quer qu'un personnage a été // vir. 

Le groupe hones qui termine cette ligne forme évi- 
demment le commencement d'un mot de la famille 
de honestus. Comme Cornélius Gabinianus est mort 
au moment où est gravée l'inscription, il faut très 
probablement restituer hontstae memoriae viro. Ce 
groupe de lettres occuperait assez exactement le vide 
qui se trouve avant .1/. Corneli. La signification exacte 
du titre d' honestus a été donnée par M. Hirschfeld ' . 
On rencontre le mot chez Cicéron avec le sens un 
peu vague d' " homme honorable". Pline, dans une 
lettre à Trajan (*), l'emploie déjà pour opposer les gens 
de rang supérieur aux plébéiens. Au commencement 
du III e siècle il prend une signification tout à fait pré- 
cise. Les citoyens qui ne sont ni clarissimi, ni egrcgii 
sont divisés en deux catégories les honestiores et les 
humilions. La distinction se rapporte surtout au droit 
criminel, les honestiores, ne pouvant subir des peines 
infamantes. A quelle époque exactement s'est faite 
cette distinction ? C'est ce que nous ne pouvons 
savoir. Cependant, on ne rencontre le mot avec son 
sens précis dans les inscriptions qu'à partir de l'an- 
née 214. Il est donc tout naturel de penser que l'ins- 
cription dont il s'agit ici est postérieure à cette année. 
Une partie de la lacune qui se trouve au début de 
la ligne 4, est remplie par fi Ho que nous avons sup- 
posé tout à l'heure et qui doit se placer immédiate- 



(1) Hirschfeld, Silzungsber. der Al, ad. 3U Berlin, 1901, p. Gu8 sq. 

(2) Plin , Epiât, X, 79, § 3. 



— 5 — 

ment avant splendidissimus. Entre fl(amen) p(er)p(ctuus) 
et splendidissimus ne peut se placer qu'une seconde 
fonction exercée par M. Cornélius Victorinus. On songe 
immédiatement à celle de duumvir, mais le mot 
II viri serait trop court, c'est pourquoi nous rétabli- 
rons pour le père comme pour le fils II viralis. 

A la cinquième ligne, il est évidemment question 
de Madaure : on restitue donc sans difficulté [ J/a ] - 
daurensium. Ce qui est plus difficile à déterminer c'est 
le titre exact de Madaura. Doit-on l'appeler oppidum 
ou colonia ? car on ne rencontre nulle part dans les 
inscriptions de Madaure les noms de cititas et de 
municipium. Or, une seule inscription < l ) commentée 
par Renier ( 2 ) donne colonia, mais elle n'est pas datée. 
Un texte d'Apulée 3 est plus significatif. Il y dit que 
Madaure devint colonia « veteranorum militum novo 
conditu )) et il ajoute « sp'.en li lissima colonia sumus ». 
Comme Apulée est né en 125 après J.-C, on peut 
restituer sans crainte colonia. 

Ob insignem est le début d'une des formules usitées 
en pareil casi 4 ', ob insignem liberalilatem, ob insignem 
munificentiam. Liberalitatem peut être adopté. 

Pour comprendre la ligne 6, il faut se reporter à 
d'autres inscriptions. Prenons par exemple le nu- 
méro 1736 du tome vi du Corpus. Nous y voyons 
que la province d'Afrique a décerné à Julius Hymet- 
tius Feslus proconsul, statuam sub auro pour la rai- 
son suivante « ob depulsam ab eadem provincia 



(1) C. /. L. vin, 4672. 

(2) Reo. arch. 1S57, p. 131. 

(3) Apol, 24. 

(4) Cf. C. I. L., vin, 080, 119"., 1647, 5368, 7119, etc. ; R. Caunat et 
M. Besnier Ânn. Epigr., 1909, 162. 



— G — 

famis et inopiae vastitatem ». Une autre inscription* 1 ) 
nous prouve la fréquence des disettes de blé en 
Afrique : il y est dit qu'un personnage Q. Furfanius 
Martialis donna, au nom de son père Bellicus, 10,000 
boisseaux de blé à 10 deniers, chilïïe promis par son 
père. Il devient alors évident que menti est la fin de 
frumenti, in, le commencement de inopiae et que 
t....ore doit se restituer tempore. Les lignes 6 et 7 
peuvent donc être lues : 

[liberalilatem et fru]menti copiam l[emp]ore in 

[opiae. ..... pr]aestitam 

Entre inopiae et praestitam on peut rétablir civibus 
ou une expression analogue. 

Au commencement de la ligne 8, avant decreverunt, 
il reste un vide que l'on ne peut combler que sous 
toute réserve. Peut-être faut-il restituer patrono sua; 
mais le personnage est un ancien magistrat de la 
ville, bien plutôt qu'un patron. Peut-être faut-il son-' 
ger à un mot déterminant la qualité du bige. On a 
proposé bigae cum statua, mais l'expression forme 
pléonasme; de plus, nous ne l'avons pas trouvée 
ailleurs. Si nous nous en tenons à des adjectifs ou 
à des locutions adverbiales, nous avons à choisir 
entre auratae, aencae, marmorcae , anjenteae, sub auro, 
sub argento. M. di RuggieroC 2 ) donne la liste à peu 
près complète des inscriptions où l'on cite le mot 
biga. La plupart du temps ce mot est employé sans 
qualificatif. Une seule inscription ;i donne bigis aura- 
tis. 11 serait donc préférable, si l'on n'admet pas 



(1) Bull, archéol. du Com. des trao. histor., 1891, p. 183. 
(2; Dizionario epigrafico, s. v. Biga. 
I /. /.., ii. L086. 



palrono suo, d'écrire auratae, aeneae, sub auro, étant 
données les dimensions assez restreintes de la lacune. 
Il nous reste à restituer le surnom de l'aînée des 
Conieliae. On songe tout de suite à Romaailla, d'au- 
tant plus que Romanla n'existe pas et que l'inscrip- 
tion nomme plus loin une Eulogia Romanilla, héritière 
de Cornélius. Si Eulogia est employé ici comme gen- 
tilice, il nous montre que la femme n'était pas de la 
famille des Corneliae, et nous fait supposer, à cause 
de l'origine grecque du mot, qu'elle était de basse 
condition. Il est curieux de constater, en ce cas, 
qu'elle porte le même surnom que l'aînée des sœurs 
citées avant elle. Mais il se peut aussi que le mot 
Eulogia soit un surnom distinctif qui aurait été pré- 
cisément donné à la dernière fille de Gabinianus 
pour empêcher qu'on ne la confondît avec sa sœur 
aînée. La femme se serait alors appelée Cornclia 
Eulogia llomanilla. 

L'inscription se termine par la mention de présents 
faits aux décurions et aux curies. Cela n'a rien qui 
soit pour nous étonner car c'était une habitude en 
Afrique comme l'a montré M. Toutain (*) de faire des 
legs ou de donner des banquets aux membres de sa 
curie ( 2 ). L'esprit d'association s'était, en effet, mani- 
festé en Afrique sous une forme originale, celle des 
curies. Le mot ne rappelle en rien le sens que lui 
donnaient les Romains; elles n'avaient, de près 
comme de loin, aucun rapport avec les comices. Ce 
n'étaient pas non plus des associations religieuses, 
ni des corporations professionnelles, ni des collèges 



(1) Les cités romaines de la Tunisie, p. 285. 

(2) C. /. L., vm, 164H. 



fun - :aient simplement des groupes ayant 

un»; - nalité civile et dont les membres s'offraient 

- banquets et se laissaient des legs. Notre inscrip- 
tion nous montre précisément le membre dune curie 
laissant à sa curie des sportul- s 

L inscription tout entière était donc la suivante : 

itlio.... ibuj Gabin[ia'no, equiti 

in quinquc decurias aile)cto, fl am 
nimrir[al]i hones[tae memoriae tira] 
M. Cor ini fl amin : >iumciralis, 

fili: . mus o\rd]o et po[pulus coloniae Ma]dau- 

rensium, ob itatem et fru] menti co; 

t[emp)ore i honorem bigae 

■ilae ? decrere'runi pecunia [publi]ca, quam [CJorne- 
Uae [M] a > Postumiana, [Vic]torini, Clauliana et 

L et here[<i cu[ni]a 

posuenr :urionibus e[t c]urialibus da[tis]. 



LES HACIENDAS ROMAINES 



MEMOIRE 

pour servir à l'étude des ouvrages défensifs 

de l' époque romaine 

dans la région de Sétif 



Appelés à vivre au milieu d'une population bar- 
bare, jalouse de son indépendance, et qui, en réalité, 
ne leur fut jamais que très imparfaitement soumise, 
les Romains avaient dû prendre des précautions 
particulières pour se mettre à l'abri des coups de 
main toujours possibles et de révoltes qui furent 
probablement beaucoup plus fréquentes que nos 
classiques nous l'ont appris. 

Les difficultés que la France a rencontrées durant 
les quarante premières années de la conquête, avant 
d'avoir pu complètement assurer la sécurité en pays 
kabyle, peuvent nous donner une idée de celles 
qu'éprouva Rome lorsqu'elle envoya ses colons pour 
prendre possession de la Barbarie et en mettre en 
valeur les immenses territoires. 

Si l'on songe que les conquérants d'alors n'avaient 
à leur disposition ni la télégraphie électrique, per- 



- 10 - 

mettant d'avertir en quelques heures la Colonie tout 
entière d'un péril immédiat, ni les chemins de fer, 
grâce auxquels nous est aujourd'hui loisible de ré- 
duire nos garnisons puisqu'il nous est désormais 
facile de transporter rapidement les troupes d'un 
bout à l'autre de l'Algérie, ni, enfin, la navigation à 
vapeur, dont l'invention a mis les ressources de la 
Métropole à 24 heures de l'Afrique, on demeure 
confondu de la puissance d'organisation qu'ont dû 
posséder les maîtres du monde pour pouvoir se 
maintenir pendant plusieurs siècles sur cette terre 
étrangère et, pour l'époque, si lointaine. 

Nos explorations de la région de Sétif (Société ar- 
chéologique de Constantine, 1907), faites avec la méthode 
et avec le soin le plus méticuleux, nous ont permis 
de reconnaître que parmi les principaux éléments de 
succès, on devait surtout compter deux grands fac- 
teurs, d'abord un réseau de voies de communication 
extraordinairement développé et ensuite un choix 
extrêmement judicieux de points stratégiques natu- 
rellement bien placés et encore améliorés par les 
travaux d'art. 

Les Romains, en réalité, avaient fort peu de ces 
constructions massives que nous appelons forts, for- 
teresses ou citadelles et dont les murs énormes, 
édifiés en pierres de taille, pouvaient délier les cata- 
pultes et les balistes comme ils ont aussi défié les 
siècles. N'ayant à redouter que les surprises d'enne- 
mis mal armés et complètement privés des machines 
de guerre alors connues, ils avaient trouvé inutile 
de perdre leur temps et leur argent en construc- 
tions épaisses qui n'auraient jamais arrêté d'au- 
tres projectiles que les Bêches et les balles de fronde 



— 11 - 

des guerriers indigènes. Seuls, les grandes villes, 
les centres de circulation routière et les points stra- 
tégiques particulièrement importants étaient défen- 
dus par des murailles entièrement construites en 
pierres de grand appareil. Les constructions moins 
importantes et les fortains n'avaient guère que leur 
base édifiée en pierres de taille, alors que le haut 
des murailles consistait en maçonnerie plus ou moins 
épaisse. Dans certains cas même les Romains n'éle- 
vèrent que des murs en blocage, mais très épais et 
faits d'un mortier dont la résistance étonne encore 
aujourd'hui. Enfin, pour la plupart de leurs grandes 
exploitations rurales, ils utilisèrent un système mixte, 
le type en harpe, consistant en murs maçonnés sou- 
tenus et coupés de distance en distance par des 
rangées superposées de pierres de taille posées ver- 
ticalement. 

Ce type est celui qu'on observe le plus fréquem- 
ment en Algérie, où il se rencontre sous la forme 
d'alignements de blocs de calcaire taillés en façon de 
parallélipipèdes allongés, généralement isolés parce 
que la maçonnerie intercalaire a disparu, peu à peu 
enlevée par les indigènes ou par les colons, désireux 
d'utiliser ces faciles ressources pour leurs propres 
habitations, et aussi entraînée par les pluies torren- 
tielles une fois la désagrégation des murs commen- 
cée par la pioche des démolisseurs. 

N'oublions pas un terrible agent de destruction 
des ruines romaines : les entrepreneurs des Ponts 
et Chaussées! 

En effet, il n'est pas rare de trouver noyés dans 
la maçonnerie des ponceaux des inscriptions, des 
bas-reliefs ou des pierres ouvragées, que les tâche- 



- 12 - 

rons n'ont même pas songé à disposer de façon à 
laisser apparente la face intéressante. Quant aux roues 
de pressoir, meules de moulin, dessus de tombes et 
pierres plus ou moins travaillées réduits en caillasse 
par les entrepreneurs chargés du rechargement des 
routes, c'est par milliers qu'il faudrait les compter. 
Que ceux de nos lecteurs qui douteraient du van- 
dalisme administratif recherchent sur la route de 
Sétif à Batna les belles ruines que M. Gsell et moi 
avons signalées entre Biar-Haddada et Ampère (Aïn- 
Azel) ; ils ne trouveront plus rien! ('). 

Parmi les types de construction qui nous ont le 
plus frappé, nous signalerons le type hacienda, si 
l'on veut bien me permettre d'employer ce terme 
emprunté à la langue mexicaine. 

L'hacienda est proprement une vaste construction 
construite en pierres de taille, quand on peut s'en 
procurer, ou en solide maçonnerie soutenue aux 
angles el dans ses parties principales par des cor- 
dons de gros blocs plus ou moins équarris. Des 
fossés et des levées de terre achèvent de donner* à 
ces constructions un aspect tout à fait militaire et 
permettent aux habitants de l'hacienda de se mettre 
à l'abri des incursions des indiens pillards. Les bâti- 
ments intérieurs renferment les vastes greniers où 
seront rentrées les céréales, les logements des maî- 
tres et des serviteurs, ainsi que les salles réservées 
aux hôtes de passage, les corah ou écuries, les éta- 
bles, les bergeries, les remises pour le matériel 



i le cas de rappeler l'acte imbécile de cet agent-voyer — 

mort depuis plus de dix ans — qui fil précipiter dans un ravin le musée 

épigraphique et lapidaire rassemblé dans une cour communale du vil- 

V . . . . sous prétexte que cette pierraille l'encombrait et lui 

prenait de la place ! 



- 13 — 

agricole, les fours, les citernes, enfin les magasins 
où le chef de l'hacienda — à la fois colon et com- 
merçant — rassemble tout ce qui est nécessaire à 
l'existence et au plaisir du personnel de la propriété : 
criados (serviteurs), peones (emplayés agricoles), vaque- 
ros (gardiens de bétaiV, chasseurs, etc , qui ne saurait 
où se procurer de lui-même les objets de première 
nécessité puisque les haciendas sont parfois à plu- 
sieurs journées de marche de tout centre relative- 
ment important. 

En cas d'alerte, les malheureux peones quittent 
précipitemment leurs demeures pour venir se réfu- 
gier clans l'hacienda, emmenant avec eux leurs en- 
fants, leur bétail et leur literie, et abandonnant aux 
sauvages peaux-rouges leur misérable case dont les 
murs en torches et nus ne représentent d'autre 
valeur que les quelques journées de travail néces- 
saires pour les édifier. 

En France, les propriétaires aisés, du XIII e au 
XVII e siècle, avaient leurs maisons fortes capables 
de résister à un coup de main des maltotrés, truands 
ou routiers, comme aussi de les mettre à l'abri de 
toute violence de la part de leurs propres vassaux. 
En Algérie, les Turcs avaient les bordjs, que nous 
avons conservés dans les premiers temps de la con- 
quête et où nous avions eu la sage précaution, né- 
gligée depuis, de réunir les principaux services. 
Mais ces deux types ne donnent pas une idée de 
l'hacienda, qui est plus familiale; le burg, tel qu'il 
était avant de devenir le bourg, s'en rapprocherait 
davantage, avec cette différence toutefois que le burg 
était bien autrement défensif que nos bordjs et que 
les haciendas mexicaines, grâce au sol montagneux 



- 14 - 

et rocheux de la France orientale. Pour nous l'ha- 
cienda mexicaine se retrouve beaucoup plus exacte- 
ment (huis le type des ruines dont nous allons parler. 

Autour de Sétif, nous avons principalement rema- 
qué les restes de quatre grandes constructions, dont 
voici les noms et les emplacements : 

Sur le chemin du Génie de Sétif à Mons, après 
Aïn-Regada, la ruine n° 8 (Vol. xxxm, 1899, p. 282 
et vol. xli, 1907, p. 48); 

Sur une piste à peu près parallèle à la précédente 
mais passant plus au nord, Meguebel (Vol. xxxm, 
p. 274 et vol. xli, p. 69); 

A l'ouest de la route de Sétif à Bougie et au pied 
sud du Méghris, derrière El-Ouricia, la ruine de 
Kherbet-el-Goulea (Vol. xxxm, p. 277 et vol. xli, 
page 98) ; 

Enfin, sur l'itinéraire de Sétif àlIammom-Guergour, 
à l'entrée sud du canon dans lequel l'Oued-bou- 
Sellam s'encaisse et semble disparaître, le mamelon 
de Kef-el-Goléa ou deMagraoua (Vol. xli, p. 134). 

Nous allons décrire successivement chacun de ces 
quatre points stratégiques, dont les plans et la phy- 
sionomie particulière méritent assurément d'être 
conserves avant que le vandalisme moderne n'en 
ail lait disparaître jusqu'au dernier vestige. 

Aïn-Regada 

Sur un monticule de quelques mètres seulement 
de relief, à peu de distance du chemin turc ou du 
Génie (qui est l'ancienne voie romaine de Sétif à 
Constantine par Djemila) el au croisement d'unche 
min descendanl du nord, s'élevail une grande cons- 



>evuxA*e 




— 15 - 

truction orientée presque exactement est-ouest et à 
laquelle on accédait par une rampe très facile ame- 
nant à l'entrée principale. 

Du côté nord, le mur d'enceinte était rectiligne, 
long d'environ 80 mètres, construit en bonne maçon- 
nerie et assis sur une strate géologique. Quelques 
constructions légères devaient être appuyées exté- 
rieurement à ce mur à l'angle nord-ouest. Du côté 
sud, la muraille formait un rentrant qui occupait à 
peu près le second tiers de la longueur et dans le- 
quel devait être pratiquée une petite porte de service. 
Les deux petites faces est et ouest étaient rectilignes 
et avaient l'une et l'autre 25 mètres. La saillie du 
mur, par rapport à la partie rentrante, était de 
5 mètres. 

L'intérieur de l'hacienda était divisé en trois par- 
ties sensiblement égales. Celle de l'est formait un 
carré de 25 mètres sur 25, qui parait n'avoir jamais 
comporté de constructions intérieures et où nous 
n'avons pu retrouver trace d'aucune porte ni exté- 
rieure ni intérieure. La partie centrale comportait 
une moitié complètement nue, au nord, et une moitié 
bâtie, au sud ; celle-ci comprenait une salle de 
13 mètres sur 10 et une autre de 15 mètres sur 10, toutes 
deux accotées à la muraille extérieure; en outre de la 
poterne de sortie, elle communiquait avec la partie 
occidentale de l'hacienda par une large baie. La 
partie ouest est celle qui renfermait le plus de cons- 
tructions : accolées à la muraille côté sud, une série 
de cinq pièces de dimensions très différentes, variant 
de 2 m 50 sur 5 à 5 mètres sur 19; accolée àla face ouest, 
une pièce (mal conservée), les restes d'un mur semi- 
circulaire dans l'angle formé par la jonction de ces 



- 10 - 

bâtiments, du côté de la cour, nous ont intrigué; de 
l'autre côté de la porte charretière, petite pièce carrée 
de 4 mètres de côté. 

Tout près de la rampe, nous avons remarqué les 
vestiges d'une petite construction ayant comporté 
plusieurs pierres ouvrées. 

Nous rappelerons (pie la colonie d'Aïn-Regada, 
composée de plusieurs agglomérations élevées dans 
un terrain fertile, était sur une grande voie de com- 
munication, à la source d'un ruisseau à gros débit 
et au pied des derniers contre-forts de la région 
montagneuse. C'était un poste avancé à une heure 
en avant de Sétif (la capitale) et on pouvait, du haut 
de ses tours, voir à peu près toul ce qui se passail 
de grave dans la plaine entre Saint-Arnaud et Çol- 
bert. 

Meguebel 

L'hacienda de Meguebel est à 2 kilomètres nord 
de celle d'Aïn-Regada, sur une route secondaire 
conduisant également de Sétif à Mons et à Djemila et 
déjà dans une région plus accidentée. Elle comman- 
dait en même temps un bon chemin descendant de 
Salalis (Périgotville) à Aïn-Regada et se prolongeant 
jusque dans la plaine de Saint-Arnaud. C'était la 
ligne de retraite des défenseurs qui auraient été 
obligés d'abandonner le col de Teniet-Karmouda ; 
elle faisait partie du système de défenses avancées 
distribuées en éventail dans le secteur est de Sétif. 

La distance qui la sépare de cette ville est de 7 ki- 
lomètres fi demi. On y accède par une pisi<> que 
peuvent suivre, dînant la belle saison, les voitures 
légères h sur laquelle ont même p;issr> les voitures 
du 'lïain et (\as chars agricoles. 




MEGUEBEL 



— 17 — 

Meguebel gardait une des sources de l'Oued-Tinar 
et était au milieu de bonnes terres. 

Bâtie sur un mamelon assez élevé, affectant une 
forme triangulaire, elle s'allongeait de l'est à l'ouest, 
laissait inoccupée la pointe sud et présentait sur 
toutes ses faces une solide muraille en bonne maçon- 
nerie mêlée de pierres de taille. Son plan était celui 
d'un parallélogramme brusquement retiré à l'ouest, 
où le terrain manque. Le grand côté, absolument 
rectiligne, a quelque chose comme 55 mètres de 
long et présente comme un petit bastion près de 
son angle nord-ouest. (*) Le côté sud a 37 à 38 mètres 
en ligne droite, rentre d'environ 10 mètres et s'a- 
vance sur une saillie du monticule pendant encore 
16 à 17 mètres. La face Est a à peu près 30 mètres 
et la face ouest 15 mètres seulement. Pas trace de 
porte. Vestiges d'un mur avancé qui couronnait les 
talus en avant de l'hacienda, au sud et à l'est. 

Deux gros murs partageaient la construction dans 
sa longueur. A l'intérieur, de nombreux corps de 
bâtiments remplissaient la partie médiane et, dans 
les deux autres, s'appuyaient aux murailles exté- 
rieures excepté sur la face nord, particularité déjà 
observée à l'hacienda d'Aïn-Regada. Sauf une pièce 
assez grande (13 m 50 sur 7 environ) et deux autres 
très longues, mais étroites (14 et 17 mètres sur 4), on 
ne rencontre à Maguebel (comme à Aïn-Regada) que 
des chambres très réduites et dont la plupart font 
penser plutôt à des cellules ou à des caveaux à pro- 
vision. 



(i) Disposition à rapprocher de celle observée à Aïn-Regada. 



- 18 - 

L'absence de portes et de débris de poterie, plus 
encore que celle de pierre ouvrée, nous a frappé. 

Bâtie au centre d'un cirque passablement acci- 
denté, Meguebel n'avait que fort peu de vue sur les 
environs et son rôle devait se borner à intercepter 
la route aux colonnes ennemies, à résister à une 
attaque de vive force et à offrir une protection mo- 
mentanée aux colons menacés. 

Kherbet-el-Goulea 

Nous avons déjà donné de cette hacienda (Vo- 
lume xxxm) une description accompagnée d'un plan 
qui nous permettent de ne pas nous étendre cette 
fois-ci. 

Rappelons seulement que Kherbet-el-Goulea pa- 
rait avoir mesuré 40 mètres sur 25, dimensions qui 
sont à rapprocher de celles des haciendas d'Aïn- 
Regada (80 mètres sur 25) et de Meguebel (55 mè- 
tres sur 30 ; . 

L'enceinte ne comportait que deux divisions (au 
lieu de trois), la partie Est étant vide et la partie 
ouest comprenant de nombreux petits comparti- 
ments ^ ]) . 

La surveillance était restreinte, sauf à l'Est. El- 
Goulea était plutôl un point d'appui pour les colonnes 
chargées de la défense du Meghris et un lieu de 
refuge pour les nombreux colons du voisinage. Un 
hameau était construit au pied même de l'hacienda. 
Sources abondantes. 



i) Peut-être faudrait-il compter à l'est une troisième division de 
2d mètres environ el située sur la pente très inclinée du rucher. Cela 
donnerait 6o à 65 m 1res de long, mesure qui bc rapproche bien des 
chiffres donnés plus haul ; i s o 1 > 



— 19 — 

Pièces variant de 3 m 50 sur 4 à 8 mètres sur 5 mè- 
tres. 

Kherbet-el-Goulea appartient au secteur nord. 
Entre ce point et Meguebel, il devait exister d'autres 
défenses que leur mauvais état de conservation ne 
nous a pas permis de reconnaître. 

Magraoua 

La quatrième hacienda est celle de Magraoua à 
l'entrée (côté sud) des gorges ou canon dans les- 
quelles s'engouffre le Bou-Sellam avant d'atteindre 
le Hammam-Guergour et de s'engager dans le mas- 
sif montagneux des Babor. 

A dire vrai, cette hacienda a plutôt l'aspect d'une 
forteresse que d'une exploitation agricole; aussi, Ta- 
vions-nous qualifiée de citadelle en la signalant dans 
notre précédent travail sur les voies romaines de la 
région de Sétif(Vol. lxi, p. 13i), Cependant, l'absence 
de véritables remparts nous oblige à la classer parmi 
les exploitations agricoles défensives plutôt que 
parmi les forteresses proprement dites. 

Magraoua a beaucoup souffert et il est difficile 
d'en reconstituer le plan complet. Telle qu'elle est, 
néanmoins, elle est encore imposante et elle mérite 
quelques lignes de description pour la signaler aux 
archéologues. 

Qu'on s'imagine, à quelques centaines de mètres 
en amont des gorges, un plateau dominant la rivière 
d'une cinquantaine de mètres et à pic sur trois côtés : 
le côté Est, seul accessible, est en pente très raide 
et on y accède par un sentier indigène très difficile, 
qui a remplacé l'ancien chemin d'accès lequel devait 



- '20 - 

être un peu plus au nord. Ce chemin devait monter 
obliquement pour aboutir à l'angle nord-est, à un 
endroit où la ligne de murailles offre un point vide 
de maçonnerie où devait être l'entrée. On remarquera 
sur le plan que la muraille de la face orientale oblique 
fortement et présente à son extrémité une solution 
qui ne peut être accidentelle. 

Nous sommes persuadés que cette disposition était 
calculée, bien que contraire à la tactique habituelle 
des Romains, qui cherchaient toujours à obliger l'as- 
saillant à présenter aux défenseurs son flanc droit, 
dépourvu du bouclier protecteur. Il est possible pour- 
tant que la disposition du terrain ait seule dicté cette 
dérogation aux coutumes militaires. 

Le plateau est un rectangle irrégulier de 100 à 120 
pas de long (nord-sud), sur 10 à 50 pas de large 
(est-ouest,. Partout il se trouvait bordé d'une mu- 
raille épaisse surplombant à pic 'sud, ouest, nord) 
ou la pente a 15° est). A la pointe nord, la muraille 
laissait vide un espace restreint, au-dessus des jar- 
dins actuels. 

A l'intérieur devaient se trouver nombre de bâti- 
ments, dont les indigènes ont pillé les matériaux 
pour construire leurs gourbis. Une ligne de pierres 
de taille, parallèle au mur Est, indique qu'il y avait 
là une seconde muraille intérieure du type dit en 
harpe, peut-être destiné b opposer une seconde ligne 
de défense à l'ennemi qui aurai! pu forcer le mur 
extérieur. 

Il est impossible, tant qu'on aura pas pratiqué de 
fouille — ou au moins des sondages — de donner 
d'autre description de ce rentre extrêmement forl et 
si intéressant, dont l'utilité était de résister à une 
attaque des farouches montagnards kabyles. 




Gorges : 500 mètres. 



Jardins : 200 mètres. 



Col de Kaci : 1 kilom. 



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- 21 - 

Magraoua ne fait plus partie du système de dé- 
fense immédiat de Sétif et n'appartient plus au sec- 
teur nord. C'était un poste indépendant, peut-être 
un gîte d'étape, peut être aussi devrions-nous le 
rattacher au système défensif du gros centre de 
Hammam-Guergour. 

Quand nous l'avons visité, il restait des traces de 
la muraille Est, rasée au niveau du sol et reconnais- 
sable sur 130 mètres (80X50), les restes du mur 
nord (34 à 35 mètres) et quelques vestiges de cons- 
tructions intérieures. 



* * 



De ce qui précède, nous déduisons les conclusions 
suivantes : 

Les Romains avaient protégé leurs villes princi- 
pales par un réseau de postes avancés, distants du. 
centre d'une heure ou deux de marche et toujours 
construits dans une position défensive très forte, 
leur permettant de résister non seulement à une 
surprise, mais même à une attaque de vive force et 
à un siège. Ces postes servaient, en temps de paix, 
de centres administratifs, de magasins et de relais 
de poste; en temps de trouble, ils étaient utilisés 
comme centres de résistance destinés à recevoir 
hommes, bêtes et objets précieux, à retarder la mar- 
che de l'ennemi et à intercepter la route aux convois. 

Ils étaient choisis de façon à surveiller les points 
de croisement des voies les plus importantes et aussi 
les agglomérations populeuses. Ils étaient au centre 
de riches cultures et à proximité de l'eau, mais n'a- 
vaient pas toujours une vue très étendue; sans doute 



— 22 — 

suppléait-on à cet inconvénient par des petits postes 
d'observations (tours, blockhaus, fortins) construits 
dans le voisinage et d'où pouvaient s'échanger les 
signaux destinés à mettre les haciendas en relation 
avec la capitale d'une part et avec les centres plus 
avancés d'autre part. 

Les haciendas étaient construites sur un modèle 
sensiblement uniforme. 

Nos confrères en archéologie, maintenant en pos- 
session de notre inventaire des ruines romaines de 
la région de Sétif (Vol. lxi) et déjà mis en éveil par 
notre première étude sur les citadelles romaines 
(Vol. xxxnr) pourront maintenant compléter notre 
travail de façon utile, la besogne étant désormais 
dégrossie et l'inventaire général méthodiquement 
amorcé. 

L. JAGQUOT, 

Juge honoraire a Grenoble. 



ESSAIS D'ETHNOGRAPHIE 



jcvajÏES â AOYERGN 



• — H2=3^î&£-s&3^— 



"Non de Faucis ad Multos" 

Lorsque l'on parle des ancêtres des Français ou 
plutôt des peuples qui, par leur mélange, ont contri- 
bué à former la race française, on cite les Gallo- 
Romains, la souche principale de notre race latine, 
les Francs d'une façon générale, les Basques au 
midi, les Espagnols au nord et l'énumération s'arrête 
là. 

Cependant, il coule dans les veines de beaucoup de 
nos compatriotes, un sang plus chaud, sinon plus 
riche, celui des Arabes ou mieux des Osroéniens 
de Tacite (H. V. 1) et de Zosime (1. îv) ou des 
Sarrasins de Montesquieu (xxn). 

A mon retour d'Afrique, je fus frappé, ce fut là 
une première impression, ce n'est, dit-on, pas tou- 
jours la plus mauvaise; je fus frappé, dis -je, de 



- 2i - 

l'aflinité physique et morale qui existe entre les peu- 
plades berbères sédentaires et même arabes no- 
mades des Etats barbaresques et les populations qui 
s'étalent au pied du massit central. 

Je résolus alors d'étudier le bien ou le mal-fondé 
de cette impression et c'est le résultat de ces recher- 
ches que j'ai l'honneur de présenter au lecteur. 

Je ne veux pas sur cette question, essayer d'une 
acception générale, comme l'a fait en 1876, M. Joseph 
Boyer, dans ses Recherches sur les rares humaines de 
l'Auvergne et admettre le principe que toutes les races, 
voire même celle des Mongols ou des Lapons, peu- 
vent être représentées sur les confins du plateau 
central. 

Je ne dis pas davantage que les Auvergnats des- 
cendent des Arabes, ce qui d'ailleurs, serait insou- 
tenable, mais je recherche chez les premiers, des 
traces des seconds. 

Je me guiderai sur la directive qui m'est tracée 
par les documents plus que nombreux accumulés et 
présentés d'une façon si intéressante par les docu- 
ments accumulés par le docteur E. Roux, par le 
savant ouvrage de l'abbé Crégut, Riom, ses rues, ses 
monuments, son histoire, par les articles de M. Auguste 
Descamps, Ethnographie française (Vérité française, 
septembre 1896) et surtout par l'étude du général 
Wolf, Recherches sur les Aryas, étude sur les Rerbères, 
peuplades d'Afrique (1893). 

Je serai contraint de laisser l'histoire un peu de 
cuir, les auteurs les plus savants ayant écrit sur 
l'Auvergne, ont laissé cette question dans l'ombre, 
car l'invasion arabe ne fui pas dans ce pays, une 
invasion à proprement parler, mais bien plutôt une 
infiltration, employons le mot puisqu'il est à la mode, 



- 25 - 

une pénétration pacifique, pénétration d'autant plus 
bizarre, plus anormale qu'elle fut faite par le vaincu 
chez le vainqueur. Je serai donc obligé d'avoir re- 
cours à la linguistique et à la toponymie, aux mœurs 
et aux coutumes malheureusement bien effacées. 

Personne n'ignore que les latins, nos ancêtres 
prédominants, sont d'origine aryenne ou aryaque. 
Mais, la connaissance superficielle de cette origine de 
race semble à beaucoup être un summum de science 
et l'investigation s'arrête là. On a quelques vagues 
souvenirs de la Tour de Babel et de la diffusion des 
langues, lesquelles devinrent tellement dissemblables 
que les peuples ne se comprirent plus et furent obli- 
gés de se séparer. 

Qu'il me soit permis de revenir sur ces légendes. 

En Afrique, comme en Europe, on trouve des sta- 
tions préhistoriques. Aux grottes et aux cavernes de 
la France, font pendant et vis-à-vis celles du Gou- 
raya (Bougie) découvertes en 1902 par notre très 
savant collègue de la Société d'archéologie de Constan- 
tine, M. Debruge, et celle du Ghar-Chott explorée 
par le très honorable M. Robert, ancien administra- 
teur de la commune mixte des Màadid (Constantine) 
et membre de la même société savante. Je me rap- 
pelle, de mon côté, avoir ramassé des silex taillés 
au milieu des steppes du Sahara. 

Qui, en levant les yeux sur la cîme brûlée par le 
soleil des montagnes de l'Aurès, n'a vu avec stupé- 
faction se profiler, sur le ciel impeccablement bleu, 
quelqu'un de ces monuments qui font la gloire de 
la presqu'île armoricaine, sous les noms un peu 
surannés de dolmens et de menhirs? Citerai-jeceux 
de Tébessa et du Dyr? 



■ 



- 26 - 

Il y a quelques années seulement, on eut été 
prompt à conclure (pie la religion druidique avait 
régné sur l'Afrique du Nord, arrosant la terre algé- 
rienne du sang des sacrifices humains, faute de 
pouvoir trouver à sa surface le gui du chêne. 

C'eut été là un premier degré de cousinage trop 
agréable aux chercheurs pour être tant soit peu 
vraisemblable. 

Mais il faut, bien plutôt, admettre une migration 
venue d'Asie, à l'époque de la pierre polie et de l'âge 
de bronze, migration qui se serait divisée en deux 
groupes pour suivre les deux bords de la Méditer- 
ranée, sans d'ailleurs se douter qu'elle se souderait 
à elle-même par les colonnes d'Hercule. 

Certains ethnologistes voient là une première ma- 
nifestation de la race aryenne ou araméenne, et les 
monuments dits celtiques, alors que les Celtes ne 
firent leur apparition qu'au XV e siècle avant notre 
ère, d'après d'Arbois de Jubaiuville, doivent être dé- 
nommés, comme l'admet la science moderne et ce 
d'après leur taille, monuments mégalithiques. 

Peut-être, faut-il pour l'Europe du moins, y voir 
l'œuvre des frères moins civilisés que ceux que l'on 
appella des Pelasges et qui couvrirent de leurs murs 
cyclopéens, la Grèce, l'Archipel, l' Asie-Mineure et 
l'Italie. 

En Afrique, seraient-ce les précurseurs des pre- 
miers berbères qui, pendant si longtemps, aveuglèrent 
le monde existant, des éclairs de leur génie sous le 
nom d'Egyptiens ? 

Le général Lebon, dans Les premières civilisations, 
voit en eux des primitifs Aryas disparus de la scène 
du monde lorsque commence l'histoire. 



— 27 — 

Que trouvèrent ces envahisseurs dans les terri- 
toires conquis? 

Pour l'Europe, je l'ignore. En Afrique, ils se 
trouvèrent en présence des descendants de Gham, 
(le maudit de son père), et les refoulèrent dans les 
déserts de la Nubie, d'une part, et au-delà de ceux 
de la Lybie, d'autre part. 

Ces dernières peuplades vinrent partager avec les 
éléphants les forêts qui couvraient les pentes de 
l'Atlas barbaresque et leur teint foncé les fit dénom- 
més maures (Mxupoi) par les premiers navigateurs, 
dit Hérodote. 

Plus tard, c'est-à-dire à des époques qu'il est plus 
facile de contrôler, la région de l'Oxus, autrement 
dit de l'Amou-Daria, commença à s'agiter. C'est la 
région que nous appelons actuellement le Turkestan 
et le plateau de Pamyr. 

Une nouvelle migration descendit de chacun des 
.versants de ce plateau. 

L'une, se dirigea vers la presqu'île hindoustane, 
elle créa la langue dite sanscrite et prit le nom d'Hin- 
dous. 

L'autre, se mit en marche vers l'Occident et se 
répandit dans l'Iran, c'est-à-dire l'Arménie, la Perse, 
l'Hérat, l'Afghanistan et le Beloutchistan; elle parlait 
le zend. 

Ce fut le premier mouvement incontesté de la race 
indo-européenne; cela se passait vers le XXIV e siècle 
avant notre ère et donna lieu à des perturbations 
profondes. 

L'Histoire sacrée, remontant beaucoup plus haut, 
raconte que les fils de Noé construisirent une tour 



- 28 - 

destinée à prévenir, ajoute-t-elle, les désastres d'un 
déluge à venir. Cette tour s'appela Bab-el, que l'on 
a traduit très à la légère par confusion des langues. 
Autour de cette construction se groupèrent des mai- 
sons qui formèrent la ville de Babylone ou Bab- 
ïhlou, c'est-à-dire d'après l'acception générale : porte 
du dieu Ihlou. Cette acception est peut-être, elle 
aussi, un peu osée, Bab signifie porte, c'est bien le 
sens arabe ou mieux sémite du mot; mais Ililou ne 
veut certainement pas dire le dieu Ihlou, mais plus 

probablement Dieu, du mot sémite Ilah, y\H , qui a 

fait Allah s\^ ! , le dernier mot est tout simplement 

la combinaison de l'article et, J! et du substantif 

ilak y\)\ et signifie le Dieu suprême, combinaison 

trouvée par Mohammed. En effet, sa religion avait 
surtout pour but de détruire le culte des 360 idoles 
qui encombraient le temple de La Mecque et de le 
remplacer par l'idée plus pure d'un Dieu unique, 
seul compatible avec une religion révélée. 

Quoiqu'il en soit de Babylone, la première mani- 
festation historique date de 3755 avant notre ère. 

A cette époque, vers 3600, les Akkads et les 
Sumers, d'origine sémitique, envahirent la contrée 
qui nous occupe, et, après avoir fait disparaître les 
aborigènes sous plusieurs migrations, fondèrent dans 
la partie méridionale de la Chaldée, le royaume de 
Babylonie, qui devait devenir le plus grand des em- 
pires des premières civilisations. 

Tel était l'état des choses au XXIV siècle, à cette 
époque, les mouvements aryaques ou aryens qui, 
je l'ai déjà énoncé, agitèrent le plateau de Pamyr 



— 29 - 

plusieurs siècles avant de donner naissance aux mi- 
grations qui devaient submerger le monde ancien, 
ces mouvements donnèrent lieu à un déplacement sé- 
mitique. Les tribus de la Chaldée méridionale remon- 
tèrent l'Euphrate; les unes se fixèrent en Mésepota- 
mie et civilisèrent le pays, ce sont celles qu'on a 
dénommées familles de Bak; les autres franchirent 
le fleuve sous les ordres d'Abraham; les dernières, 
plusieurs années plus tard, sous la conduite d'Ismaël, 
fils d'Abraham et d'Aggar, allèrent retrouver en 
Araba, les sujets d'Yarab, fils de Kathan et formè- 
rent le peuple arabe. 

Je n'insisterai pas sur la distinction établie entre 
les Arab-el-Ariba ou Arabes naturels , descendant 
de Kathan et les Arab-el-Mostereba ou Arabes na- 
turalisés, descendant d'Ismaël. L'important est de 
remarquer l'ascendance sémitique du peuple arabe, 
au milieu duquel, même dans l'Arabie heureuse, on 
trouve des traces des premiers occupants réfugiés 
dans la montagne et appelés Kobailles, ce qui leur 
donne une certaine parenté avec les Berbères ka- 
byles d'Afrique. 

D'autres tribus enfin au lieu de rester sur les rives 
de l'Euphrate, passèrent le Jourdain et s'établirent 
dans le pays de Goschen. De là, ils remontèrent 
beaucoup plus tard vers le nord sous la conduite de 
Moïse et créèrent, en Palestine, la nation hébraïque. 
Cette migration en Goschen est très importante 
pour la thèse soutenue ici. Car à ce mouvement de 
l'est à l'ouest des Sémites, correspondit un mouve- 
ment dans le même sens des berbères d'Egypte, 
aryas primitifs, comme je l'ai dit plus haut. Cet en- 
vahissement, quoique peu connu, est absolument 



- 80 - 

incontestable, il a laissé des traces indestructibles 
en l'hypogée pyramidal qui fut découvert à Bône, 
il y a quelques années et que j'ai décrit dans mon 
ouvrage : Bône militaire. 

Si donc on trouve entre les racines topony iniques 
de la France et celles de l'Algérie des ressemblances 
frappantes, c'est à cette migration aryenne que l'on 
en est redevable. 

Si je continue l'étude des migrations d'Asie, je ne 
trouve plus à partir de ce moment, sauf une seule 
fois, concordance entre l'Europe et l'Afrique; les 
Japhétiques vont s'écouler par le nord de la Médi- 
terranée, les Sémites p*ar le sud, pour se réunir, 
sans se mêler aux colonnes d'Hercule. 

Le mouvement sémitique en Asie-Mineure orien- 
tale et en Syrie donna lieu par refoulement à un 
mouvement chananéen. Les Chananéens sont une 
exception dans la formation des races. Ils descendent 
de Chanaan, lils de Cham et l'ascendant de la race 
noire et malgré cette parenté, ils sont blancs et pos- 
sèdent une écriture se rapprochant de celle des Sé- 
mites. 

Leurs représentants les plus connus sont les Phé- 
niciens. Primitivement, ils habitaient les bords du 
golfe persique; poussés par les envahisseurs de la 
Mésopotamie, ils se trouvèrent au bout d'un certain 
temps sur les côtes de cette Méditerranée, qui était 
destinée à devenir, pour plusieurs siècles, un lac 
chananéen. 

Cet empire ne se développa évidemment pas en 
quelques années; l'expropriation des premiers occu- 
pants, si on peul employer ce mol, si 1 lit lentement 

et c'est seulement vers le XV e siècle que les descen- 



— 31 - 

dants des Aryas primitifs abandonnèrent l'Asie pour 
se répandre dans l'Europe méridionale, sous les 
noms d'Hellènes et d'Italiotes, et clans l'Europe cen- 
trale, sous le nom de Celtes. 

Un petit Etat avait seul subsisté, celui de Troie 
ou de Pergame, fondé par les Pelasges; respecté par 
les nouveaux venus, il tomba, en 118 i, sous les 
coups de ses frères d'origine. 

Ce fut le plus gros événement de cette époque de 
mystère; aussi, les poètes firent-ils du siège de la 
ville et de ses conséquences, le sujet de leurs chants. 
Je n'ai pas besoin de citer l'Iliade, l'Odyssée et 
l'Enéide. 

Toutefois, ce dernier poème a propagé une erreur 
historique des plus grossières. 

Tout le monde connaît le troisième vers du livre II : 

Infandum , tegina, jubts renovare dolorem. 

La regina, d'après Virgile, c'est Didon, la fonda- 
trice de Carthage. 

Or, Didon, ou mieux Elissa, fille de Bélus, veuve 
de Sichée, sœur et épouse de Pygmalion roi de 
Tyr, ne débarqua qu'en l'an 888, à l'endroit où de- 
vait s'élever Kart-Hadatch. 

On peut admettre qu'Enée abandonnant Troie, ait 
touché les côtes d'Afrique, avant d'aller en Latium se 
réfugier chez les descendants des anciens Pelasges, 
ses cousins, par conséquent. Dans cette hypothèse, 
il trouva sur le rivage des Phéniciens qui, à cette 
époque, au XI e siècle, fondaient leurs premiers 
comptoirs, en particulier à Hippo Zaritus (Bizerte) 
et à Hippo Régi us (Bônej t 1 ) 



i) F bon en phénicien signifie golfe. 



- 32 - 

Il put également avoir entendu parler des descen- 
dants des Arabes Sabéens qui, en 1458, vinrent se 
faire absorber par les premiers berbères, en leur 
imposant toutefois le nom de leur chef, Ifriki. 

Mais ce fut un plus tard, vers l'an 888, «pie les 
Phéniciens fondèrent Cartilage, comme je viens de 
le dire, sur remplacement d'une bourgade bâtie par 
Karkhédon, vers 1059. 

En arrivant en Afrique, celui-ci avait trouvé une 
nouvelle race formée de la fusion assez imparfaite 
de trois races et dénommée, d'une façon générale, 
par eux-mêmes, Imoschach, Illowatin ou Berber (ce 
qui signifie hommes libres) et par le genèse Scha- 
him. 

I. Les anciens autochtones s'appelaient les Maures, 
j'ai dit pourquoi. Hérodote les désigne également 
sous le nom de Ai6utjç. Ils habitaient l'ouest. 

II. Les premiers envahisseurs, aryens, grands, 
blancs, à poil quelquefois blond, habitaient la mon- 
tagne; ils étaient sous les ordres du roi Jarbas et 
étaient divisés en Gétules, Melano-Gétules, Dares, 
Natembles et Autotoles. 

III. Enfin, les descendants des Sabéens conti- 
nuaienl leur vie errante et avaient reçu des grecs 
d'Agatocle lf nom de Nc^aSs; dont les Romains firent 
plus tard le nom de Numidi. 

L'historien Salluste présente l'ethnique de l'Afri- 
que du Nord sous un aspect un peu différent; il dit 
(XVIII) que : 

L'Afrique fut occupée d'abord par I''-- Gétules el les I.y- 
biens qui v,. nourissaienl de la viande des animaux sauvages 
cl broutaient lin rbe ;'i la façon des troupeaux. Hercule après 



- 33 — 

avoir échoué en Espagne, ramena son armée en Afrique 
où elle se dispersa. 

Les Perses, les Mèdes et les Arméniens restèrent sur le 
continent. 

Les Perses vécurent dans les carènes de leurs vaisseaux 
renversés, mélangés avec les Gétules; mais, à force de 
chercher des terrains à leurs convenances, ils furent appelés 
Numides , Notasse 

Les habitations de leurs descendants ressemblent assez 
par leur forme oblongue et leurs toits cintrés à des carènes 
de vaisseau. 

Les Mèdes et les Arméniens s'unirent aux Lybiens et 
construisirent des villes Leur nom s'altéra, de Mèdes de- 
vint Maures. 

Je donne pour ce qu'elle vaut l'opinion du premier 
proconsul de l'Africa Nova, mais il est certain qu'elle 
vient à l'appui de ma thèse, en donnant une prédo- 
minence très considérable d'ascendance aryenne. 

Cependant, les Sémites et leurs cousins, les Cha- 
nanéens, allaient être bientôt confinés dans l'Afrique 
du Nord. 

Les Assyriens s'étaient au XVIII e siècle séparés 
des Babyloniens et avaient fondé un royaume lequel 
se couvrit de chefs-d'œuvre qui font encore l'admi- 
ration des savants. Mais après trois cycles glorieux 
caractérisés par leurs trois capitales : El Assur ,1860 \ 
Calach 1020) et Ninive (721), ils virent se dresser 
en face de leur puissance, deux empires aryens qui, 
après s'être eux-mêmes entredéchirés, les rayèrent 
de l'histoire du monde. 

Entre les X e et VII e siècles, un groupe d'Iraniens 
se répandit dans le Kourdistan actuel ; au VI e siècle, 
d'autres Aryens, venus des rives de l'Hindou-Kouch, 
envahirent l'Afghanistan et le Beloutchistan. 



- 34 - 

D'abord gouvernés par de petits principules, sous 
l'autorité des rois assyriens, ils finirent par se grou- 
per et fondèrent, en 827, l'empire perse et, en 713, 
l'empire mède. Puis au Y'' siècle, Cyrus assura le 
triomphe définitif de la race aryenne sur la race 
sémitique qui ne fut plus représentée que par les 
Hébreux. 

Pendant ce temps, les Celtes qui avaient franchi 
le Rhin au IX e siècle s'emparèrent, en 500, de l'Es- 
pagne qu'ils reprirent aux Phéniciens. 

Ces derniers avaient fondé, entre temps, le puis- 
sant empire punique avec Carthage comme capitale; 
enfin, en 146, les Chananéens succombèrent définiti- 
vement sous les coups des Pélasgo-Aryens du La- 
tium. 

L'Afrique du Nord reçut une nouvelle transfusion 
de sang indo-européen sous la domination romaine. 
L'assimilation fut tellement complète dans la plaine 
septentrionale, du moins, que la capitule élu monde 
est redevable à sa colonie Africana de quelques-uns 
de ses plus grands hommes. 

Faut-il citer".' 

Saint Cyprien de Carthage, Saint Augustin de Tha- 

gaste, Seplime Sévère de Leptis Magna appartenant 

à l'ordre équestre, Apulée de Madura, fauteur de 

Y Ane d'Or Philipe l'Arabe, Tertullien de Carthage 

l'écrivain Arnobe. . . 

Mais, je dois à la vérité de dire que, malgré tout, 
le sémitisme avait frappé une empreinte si profonde 
que même à cette époque de haute culture intellec- 
tuelle, on en trouve des traces; le vulgura pecus 
ne parlait que les langues berbère ou punique; la 
sœur de Septime Sévère balbutiait h peine le latin e1 



— 35 — 

le gendre d'Apulée, Sicinius Prudens, ne compre- 
nait que le punique. Aussi, les inscriptions bilingues 
de cette époque ne sont-elles pas rares et le latin y 
est-il souvent traité d'odieuse façon. 

Une revivification de sang arien allait se faire de 
nouveau, avant que n'éclatât la prédominence sémi- 
tique. 

Au V e siècle de notre ère, une invasion indo-eu- 
ropéenne, celle des Germains, épandit sur l'Europe 
occidentale ses cinq races blondes. Les quatre pre- 
mières, les Gépides, les Goths, les Ostrogoths et les 
Wisigoths restèrent dans les pays conquis; je ne 
tiens pas compte évidemment des quelques Gépides 
qui firent partie de l'expédition de Bélisaire, en Afri- 
que, au VI e siècle. Mais la cinquième race, celle des 
Vandales, appelée par Boniface, fonda en Numidia et 
en Africa, un empire qui dura cent ans, c'est-à-dire 
suffisamment longtemps pour que le mélange des 
races se produisit, mais pas sur le moment toutefois, 
nous apprend Procope; ce fut après la chute de Gé- 
limer, que les femmes Vandales épousèrent les Mau- 
res qu'elles devaient pousser à la révolte contre les 
Byzantins. 

Ces Byzantins eux-mêmes marquèrent les Afri- 
cains d'une emprise telle qu'au milieu du moyen- 
âge, il y avait encore des chrétiens indigènes, à Tu- 
nis par exemple. 

Enfin, au commencement du VHP siècle, arrivèrent 
les Arabes musulmans qui donnèrent définitivement 
à l'Afrique du Nord, le caractère sémitique. Je ne 
parle pas des Israélites confinés, en Africa, en 135, 
par l'empereur Hadrien; leur influence fut nulle, tel- 
lement nulle qu'eux-mêmes, ou tout au moins leur 
religion, disparut lors de l'invasion islamique. 



- 36 - 

Je me suis peut-être un peu étendu sur ces migra- 
tions japhétiques et sémitiques; c'était dans le but 
de bien montrer que s'il existe, entre les termes to- 
ponvmiques surtout, des ressemblances frappantes 
d'un côté à l'autre de la Méditerranée, cela tient à 
l'origine commune des peuples, qu'elle suit pélasgi- 
que par les primitifs ou celtique par les Vandales; 
et à ce que tous les termes d'origine sémitique ne peu- 
vent venir que de l'Afrique, car l'Europe n'eut jamais 
d'invasion chaldéenne ou chananéenne, sauf toute- 
fois celle qui fonda Marseille laquelle était elle-même 
très fortement mitigée d'Ariens et de Pélasges et 
celle des armées d'IIannibal qui ne firent que pas- 
ser. 

Ne voulant pas citer tous les termes géographiques 
qui ont une similitude d'origine, je me bornerai à 
choisir, en Auvergne, quelques noms qui n'ont subi 
aucune déformation. 

Issoire n'est-il pas le correspondant d'Isser pro- 
vince d'Oran\ ce qui signifie rivière en langue tama- 
chech. Le tamachech ou tifenagh est, comme cha- 
cun le sait, la langue des Touaregs qui sont des 
Gétules presque purs. 

Les Monts-Dore signifienl montagne (Or) dans 
l'idiome berbère dit kebaïlya, parlé en Kabylie, et 
peuvent se rapprocher du Kef-el-Dor, situé au nord 
du Chott Melhir (idiome berbère dit Chaouïa). 

Thizi, près d'Amplepuis et Roanne (Rhône) est le 
frère jumeau de Ti/.i, près de Mascara et ailleurs, 
qui signifie col idiome berbère dit /.mat va . 

Thiezac (Cantal) et Tizi-Ouzou (Kabylie) ont la 
même acception. 

Ce sont là des termes berbères qui sont d'autant 



- 37 - 

plus caractérisés que ce mot de coi existe dans un 
autre endroit de la France, sous la forme sémitique, 
expliquée d'ailleurs par un débarquement sarrasin ; 
c'est à Puget-Theniers (Alpes-Maritimes) en arabe, 
col se dit theniet, J^.- ? -xJ . 

Enfin, en sortant du plateau central, pour entrer 
dans une région qui nous occupera un peu plus loin, 
le Bugey est de même assonence que Bejaïa (Bou- 
gie) -A) U^ . 

Toutefois, je pourrais dans un autre ordre d'idées, 
dire que le troisième mois de l'année grégorienne, 
mars, qui est bien latin, voire même grec, est dé- 
signé par le même mot en Algérie /^_x_* , mars 
parce que c'est le mois des plantations, /^ ,.£, rares, 
planter en arabe. 

Mais c'est là une de ces exceptions excessivement 
rares qui déroutent un raisonnement, aussi serré 
soit-il. On ne comprend pas cette similitude com- 
plète d'un mot essentiellement p^lasgique venant des 
Hellènes et des Italiotes avec un autre mot de même 
signification, d'essence sémitique non moins pur, 
puisque venant des Arabes de l'Hedjaz. Mais, je le 
répète, c'est là une exception. 

Comment se fait-il qu'en dehors de cette exception 
il existe dans certains coins de la France, des racines 
très nombreuses d'origine sémitique? On pourrait les 
attribuer aux Israélites immigrés, mais chacun sait 
que les individus de cette race furent, même bien 
après le moyen âge, enfermés dans le quartier du 
ghetto, presque sans aucune communication avec 
les chrétiens. Il faut donc rechercher autre part la 
solution de cet intéressant problème 



- 38 - 

L'histoire nous apprend qu'il y eut trois courants 
arabes qui s'infiltrèrent en France, à des époques 

différentes. 

Des Sarrasins débarquèrent en Provence, dès le 
V e siècle, avant, par conséquent, l'apparition de l'is- 
lamisme. Il en est fait mention dans un poème pro- 
vençal : 

Aco sei vis pourtant, 

Aile, lei Aliscarap 

Au cinquième siècle 

Dei Sarrazin gisclé 

De sang ei draio 

Que mot ! Tinco Taïo !!! 

Au Fanioun — J.-D. CASTELIN. 

Quelque légendaire que paraisse cette assertion, 
il est certain que les musulmans abordèrent à la 
garde Frainet ou Freinet, dans le Var, et se répan- 
dirent dans les Monts Maures, conservant le port 
de débarquement de façon à établir des relations 
avec leurs coreligionnaires de Corse et de Sardai- 
gne. Cela se passait au VHP siècle, au moment où 
le corps de Saint Augustin, transporté précédem- 
ment d'Hippone à Cagliari, fut inhumé à Pavie par 
les soins du roi de Lombardie, Luitprand. 

Par les vallées, ils occupèrent toutes les Alpes, 
le Dauphiné, le Comtat, la Bresse, le Maçonnais, la 
Maurienne et le Bugey. 

Cet état de choses dure jusqu'au moment où le 
comte Guillaume de Provence s'empara en 975 du 
château de Fraxinet qui semble être le même que 
celui de Frainet. 

Les Arabes de Savoie furent alors isolés du reste 
du monde. Au X" siècle, ils se présentèrent devant 



- 39 - 

les murs de Grenoble, mais furent chassés par l'évê- 
que Isarn 

Ils se rirent alors agriculteurs et se marièrent dans 
le pays tout en conservant leur indépendance poli- 
tique. Conrad, roi de Bourgogne, transjurane, jaloux 
de cette situation indépendante marcha contre eux. 
11 pénétra dans les Bauges par le col d'Echaud et 
battit les Sarrasins dans la plaine d'Ecole. Les mu- 
sulmans cessèrent dès lors d'avoir une situation poli- 
tique, mais ils formèrent des corps religieux groupés 
autour de Jarsy sur la rive droite du Ghéron. Leurs 
voisins chrétiens, avec l'intolérance qui caractérise 
cette époque, appelèrent les moines-soldats à leur 
aide, sans grand succès d'ailleurs et lorsque les 
Templiers disparurent en 1312, l'islamisme florissait 
encore malgré la pression brutale exercée sur ses 
adeptes. 

Et aujourd'hui encore, un catholique non fervent 
est un mauvais croyant, un fils de race de Sarrasins. 

Les traces de leur séjour sont marquées d'une 
façon très nette dans la géographie du pays. 

Dans les Alpes : Le fort Sarrasin, Sarrasin ou 
Sarrasine, La Motte Sarrasine, Sarrasinet, les Serses 
ou Sereses, peuplade des Bauges, Montmorin, Mont- 
maure, Puymaure, Maurienne. 

Dans les Pennines : Les villages d'Almagel, Al- 
gaby, Alagma, Ala, Alalein où se trouvent l'article 
al et le nom d'Ali. 

Sur le Rhône : Serezin près de Lyon, Rochemaure, 
Roquemaure. 

Dans la Bresse : La côte des Sarrasins — à Crot- 
tet, la chaussée Etourne des Sarrasins — à Ambro- 



- 40 - 

nay, les forts Sarrasins - près de Lent l'Eminence, 
le Sarrasinet, - à Serrières, une grotte dite Chambre 
des Sarrasins, — à Gex, la porte des Sarrasins, — à 
Angles et à Dénonces, la maison des Sarrasins, — 
sur le mont Arelaz, le jardin des Sarrasins. 

La seconde invasion se produisit par la Guyenne. 
En 732, Abd-er-Rhaman, gouverneur d'Espagne, 
dont le nom a été souvent défiguré en celui d'Abdé- 
rame, passa les Pyrénées entre le Bigorre et le 
Béarn, et s'empara de Bordeaux. Arrêté un moment 
par le duc Eudes d'Aquitaine, il le défit en bataille 
rangée et ravagea le Poitou. Il s'apprêtait, à la tête 
de 400,000 hommes, à mettre le siège devant Tours, 
lorsqu'il se heurta à Charles Martel qui le battit à 
Poitiers, mais ne réussit à arrêter complètement sa 
marche que devant Tours même. Toutefois, l'armée 
musulmane ne fut pas anéantie, comme on a cou- 
tume de l'avancer à la légère. La victoire des Francs 
fut réellement un arrêt, un barrage en ce sens que 
les Arabes brisèrent leur élan et s'éparpillèrent dans 
tous les sens, comme le fait un cours d'eau qui ren- 
contre un obstacle. 

Une partie des envahisseurs resta sur place. A 
Barbézieux (Charente) les descendants des Maures 
sont tous potiers. A Chatelus (Creuse), les habitants, 
comme ceux d'ailleurs de Montmaury (Monts des 
Maures), sont remarquables par leurs formes grêles, 
leur peau basanée, leur teinl brun foncé, une imagi- 
nation vive et mobile et un tempérament nerveux 
complètement différent de celui des habitants des 
villages voisins. 

Un premier courant arriva jusqu'à Avoine (Indre- 
et-Loire) en remontant la Vienne, mais parvenu au 



-4i- 

confluent de cette rivière avec la Loire, il s'arrêta, 
ne pouvant franchir les deux fleuves. Il forma là une 
colonie dont les descendants portent des noms qui 
sont des altérations d'Ali et sont reconnaissables à 
leurs cheveux noirs, leurs yeux étiucelants, leur 
teint cuivré, les lignes correctes de leur physiono- 
mie et leurs lèvres très rouges. 

Un autre courant, après avoir contourné le massif 
central se réfugia dans le Bugey et s'allia aux Sar- 
rasins de Provence qui étaient montés jusque-là, 
comme il en a été vu plus haut. 

La Presse Coloniale publiait, en juin 1907, une étude 
de Jacques Bahar sur certaines populations du dé- 
partement de l'Ain, qui seraient, dit la tradition, 
les descendants des hordes laissées en arrière par 
Charles Martel, il y a onze siècles. 

Jacques Bahar a visité les hameaux de Reyssous- 
se, Arbigny, Uchizy et Boz; il a dévisagé les habi- 
tants que l'on désigne dans le pays sous le nom de 
Burins et il écrit : « La plupart eussent pu s'appeler 
« Mohammed, Ali, Aïcha, tant ils portaient écrite 
o sur leur face, leur origine arabe. On ne peut ren- 
« contrer de types plus purs, plus expressifs ni en 
« Algérie ni en Tunisie. Ce sont plus exactement 
« des Kabyles, taille moyenne, faciès anguleux, joues 
« maigres, yeux vifs et profonds, sourcils fournis et 
« rapprochés, cils longs, dentition régulière. Jusqu'à 
a la contraction des muscles, au rire, au cloute, à 
« tous les mouvements de l'âme, tout porte le ca- 
« chet originel. » 

Jacques Bahar qui a relevé au cimetière et dans 
l'église des particularités trahissant l'ascendance des 
Burins, a découvert en outre un glossaire manuscrit 

4 



- 42 — 

qui contient des révélations philologiques précieuses 
et concluantes. 

Dans les communes de Sermoyer, d'Arbigny , 
d'Ozan,d'Asnières,deBenonce, d'Ordonnaz, d'Uchizy 
situées en Bresse et en Bugey, on signalait jusqu'au 
milieu du XIX e siècle, l'existence d'un groupe 
ethnique de type oriental venu de Poitiers, disait la 
tradition, et qui sous, la Restauration, d'après M. Ri- 
boud, était appelé Chizerot. 

A Feillens, les mariages ne se font qu'entre mem- 
bres du groupe; les chevaux sont de race se rap- 
prochant de la race arabe, je dis se rapprochant, car 
les mères ne sont plus, suivant l'expression si poé- 
tique d'Hérodote, fécondées par le souffle du vent 
des steppes sahariens. 

Ozan a des croissants dans ses armes. A Benonce, 
on relève parmi les noms de famille, des Kaffon 
( j-i Lf , Kafer, infidèle), des Cisa ( £ — *_T , Kissa, 
aimable), des Babalah ( ./>!)! ^_.L; , bab allah, porte 
de Dieu), des Galafren ( .-\-*ii , Kalaa, forteresse). 
Une famille Froquet se fait remarquer par une figure 
maigre et basanée, des yeux noirs, hardis et péné- 
trants et des cheveux crépus. 

A Uchizy, une famille d'aubergiste a des cheveux 
noir-bleu, des yeuxétincelants, un masque impassible, 
un teint cuivré et uniforme, une bouche très rouge. 

Dans toute cette région, l'expression d'Allah est 
souvent employée comme exclamation ; le massage 
est en grand honneur; on mange du pillé de millet 
analogue au berghel des Turcs de la Régence et au 
couscous des Arabes. 

Le mot maschet veut dire enfant faible, de b^-«-0 
masker, paresseux. Malais signifie seigneur, de J y 
moulay, maître. Une jeune fille est désignée par 



- 43 - 

l'expression de gazetta, de AJlj._c r'zela, gazelle. Si 
elle est laide, elle est fatime, contraire de A_ A _L L_9 
fatma ou fatima, jolie. 

La troisième incursion ou plutôt immigration eut 
lieu sous le règne de Henri IV. 

Philippe III d'Espagne mit les Maures en demeure 
d'évacuer le territoire hispanique et cela par crainte 
d'alliance avec l'empire ottoman. Un million de mu- 
sulmans traversèrent le midi de la France pour de 
là se rendre en Afrique. 150,000 d'entre eux, toute- 
fois, se convertirent au catholicisme et leurs descen- 
dants forment des îlots au milieu des populations 
méridionales. 

A Sauves, dans le Gard, ils sont reconnaissables 
à leur petite taille, à leur visage à méplats latéraux, 
à leurs yeux pétillants, à leur air grave. 

A Vendays, dans les Landes, les traits sont très 
accentués. Les femmes surtout se font remarquer 
par une grande beauté, des cheveux noirs avec les 
pointes blondes, des yeux brillants et cernés, un 
teint bistré ou olivâtre, un profil très pur, des lèvres 
très minces et très rouges. Tous les chevaux de 
cette région sont des descendants directs des cour- 
siers arabes. 

Mais si le séjour incontesté des Arabes dans cer- 
taines régions de la France donna naissance à des 
locutions particulières, m'objectera-t-on, cela n'en- 
traîne pas que ces locutions devaient et doivent être 
connues de toute la nation. Or, il existe dans la 
langue française des mots qui viennent évidemment 
de l'arabe. 



- 44 - 

C'est exact; je cite les principaux : 

Algèbre 



Chiffre 

Azimut 

Zenith 

Nadir 

Almanach 

se dit 
actuellement 

Alcool 

Alcali 

Amiral 

Felouque 

Câble 

Navire 

Magasin 

Carafe 
Sorbet 



J 



£\ Je 



v— 3->' 



C 



*_x**,j 



Al djabar 

OU 

Alm eldjebr 

Cerf 

Semt 

Tsenih 

Nedir 

El maana 

Rouznama 

El aqoul 

El Aqel 
\mirel(bhar) 

Flouka 

Habel 

Nafekh 



Makhzen 

part, passé 
Makhezen ,.j iwfc*plur.\ 



Jjl«JI 

A_3 ._Lî 



Qarfa 

Chorbet 



i 

^ 5 »_à 



^" 



rl_J ^J 



Solution. 

La science du trouver. 

Monnaie. 

Façon, manière. 

Zenith 

Semblable. 

l'Allusion. 

Les esprits (intelligence). 

L'esprit (siog. du précéd nt ) 

Le prince de la (mer). 

Barque. 

Corde. 

Gonfler (bateau à voile). 

enfermer. 
■ de ^ là, khzen 

emmagasiner 

Cannelle conservée dans 
du verre. 

Rafraichisssement 
de * >>« chreb : boire 



— 45 — 



Alezan 
Gaffard 

Algarade 

Assassin 

Mercantil 

Mesquin 

Taverne 



El hessan 
El hazan 
Ka fer 
Kouffar 
El garache 
El Keras 
Hachchach 
Hachcliachin 
Merkanti 
Meskine 
Taberna 



J 



L^J 



-3 l> s in g. 
Lai* plur.f 



^'—^ P 1 - 



s5 



.C^ 



Le cheval. 
Le beau. 

Infidèle, mécréant, traître. 

La lutte. 

La détented'unearmeàfeu. 

Eaucheur. 

Marchand. 

Pauvre. 

Cabaret. 



D'où peuvent venir tous ces mots d'origine sémi- 
tique absolument incontestable, sauf peut-être le mot 
navire? 

L'histoire nous l'apprend encore. 

Dès le moyen âge, des relations commerciales as- 
sez étroites s'établirent entre les peuples européens 
du bassin méditerranéen et les Etats barbaresques. 
Les Catalans, les Pisans, les Génois, les Florentins.., 
eurent clans presque tous les ports, des comptoirs 
ou, pour employer les termes de l'époque, des fon- 
douks. 

Les Français n'entrèrent en relation avec les mu- 
sulmans qu'un peu plus tard. Les Marseillais instal- 
lés à Bône, depuis 1138, firent le 21 novembre 1270, 



- 46 - 

signer un traité pour quinze ans entre Philippe II, 
roi de France, et Abou Abdallah el Mostamer, roi 
de Tunis : « Les sujets des deux Etats devaient 
« recevoir réciproquement aide et protection. » 

Un second traité de commerce est daté de 1482, 
c'est une lettre adressée en même temps à Abou 
Omar Otsman, roi de Tunis, et à Abdallah Moham- 
med Messaoud, fils du premier et roi de Boue, et 
écrite par Louis XI devenu comte de Provence par 
la mort de son oncle Charles III d'Anjou. 

Les affaires de la Chambre de commerce de Mar- 
seille ne firent que prospérer à partir de cette époque. 
Je n'ai pas besoin d'insister sur le Bastion de France, 
la Compagnie, puis l'Agence d'Afrique. 

En dehors de Bône, on trouve un traité des Mar- 
seillais, en 1230, avec le roi de Tunis et un autre, 
au commencement du XIV e siècle, avec le roi de 
Bougie, Khaled ben Zakkaria. 

Un consul fut installé à Alger par la Chambre de 
commerce de Marseille, dès 1564. 

A partir de ce moment, les traités de commerce, 
les traités de paix, les opérations d'échange soit de 
marchandises, soit de prisonniers se renouvellent 
chaque jour. Les Archives du Consulat général de 
France à Alger (A. de Voulx, 1865) reproduisent 
148 pièces officielles dont l'étude prouve combien 
étaient étroites les relations entre la France et les 
Etats barbaresques. 

Faut-il citer le point de vue moins brillant des 
esclaves français faits par les Corsaires algériens ' 
Ils furent nombreux, bien que le Tachrifat, annales 
de l'Administration turque (A. de Voulx, L853), n'en 
signale que très peu. 



— 47 — 

Qu'il me soit permis de rendre ici un hommage 
aux Trinitaires ou pères de la Rédemption des cap- 
tifs appelés communément Mathurins, crées en 119S. 
Cet ordre, qui s'illustra par son inépuisable charité, 
laquelle ne reculait pas devant la substitution aux 
captifs, contribua par sa connaissance de la langue 
arabe à propager en France l'usage de certains mots 
sémites. 

Des opérations de guerre établirent également des 
relations moins pacifiques, il est vrai, mais non 
moins effectives entre les Français et les Arabes. 

Les Croisades sont trop connues pour que je m'ar- 
rête sur ce sujet; bien qu'il faille signaler le point de 
départ de la première qui fut Clermont-Ferrand, par 
haine des Arabes existant encore ou par représailles 
des événements de 732. Mystère!!! 

Dès 1034, une flotte coalisée de Pisans, de Génois 
et de Provençaux avait enlevé Bône. 

En 1058, la même ville fut prise par une flotte 
sicilienne envoyée par Roger II de Normandie et 
commandée par un renégat arabe, Philippe de Mé- 
hédia. Une garnison normande resta à Bône jusqu'en 
1157 et en fut chassée par le roi du Maroc, Abd el 
Moumen. On connaît l'alliance de François I er avec 
Kheir ed Dine, dit Barberousse II, en janvier 1535, 
contre Charles Quint, lors de l'expédition espagnole 
de Tunis et de Bône. 

En 1608, une expédition toscane enleva de nou- 
veau cette malheureuse ville de Bône, elle compre- 
nait un corps de 400 volontaires français. 

En 1626, le gouverneur de Narbonne, M. d'Argin- 
court, tenta sans succès une expédition contre la 
même ville. 



- 48 - 

Le duc de Beaufort n'obtint pas davantage de résul- 
tats devant Alger en 1662 et devant Djidjelli en 1664. 

Je cite pour mémoire les bombardements d'Alger 
par Duquesneen 1682 et 1683, par l'amiral d'Estrées, 
en 1688. 

Une curiosité archéologique très peu connue, mais 
que je donne sous toutes réserves, vient également 
apporter son appoint à la thèse ici soutenue. 

Il existait, il y a encore quelques années dans la 
Petite Kabylie, une pièce de canon en fer qui portait 
une inscription relatant que : 

« Un sultan des Beni-Abbes (Kabylie) nommé Mo- 
(( hammed ben Abd el Aziz el Abbassi envoya un 
(i de ses officiers en France pour surveiller la fonte 
ft- de la pièce. Cette opération eut lieu en janvier 1366, 
a à Lyon, sous la surveillance d'El Hadj Hassein, 
a renégat français. » 

Enfin, la propagation la plus active fut faite par les 
milices chrétiennes. 

C'est là encore une question quelque peu laissée 
dans l'ombre par les historiens. 

A leur arrivée sur le sol africain, les princes 
musulmans enrôlèrent sous leurs bannières « les 
« chrétiens indigènes qui restaient dans la région. 
« Celait le meilleur moyen de ne pas se faire des 
« ennemis de ces populations guerrières que d'em- 
o ployer à leur service leur activité remuante et 
« meurtrière. «(A. Maitrot, UAfriqm Armée). » 

Ces corps indigènes subsistèrent pendant long- 
temps au Maroc et à Tunis où ils étaient même un 
quartier particulier. 

Mais on leur préféra bientôt des compagnies de 



— 49 - 

grosse infanterie européenne destinées à servir de 
rempart de ralliement aux escadrons volants des 
musulmans. C'est du moins la raison que donne 
l'historien arabe Ibn Khaldoun, clans son Histoire des 
Berbères (XIV e siècle). 

La première milice chrétienne est signalée en 1228 
parle Rouclh el Kartas; on en trouve jusqu'à la fin 
du XIV e siècle pour le Maroc et jusqu'au commen- 
cement du XVI e siècle pour la Tunisie. 

Les soldats étrangers étaient généralement espa- 
gnols, car le roi du Maroc entretenait d'excellentes 
relations avec les rois d'Aragon et de Castille. Mais 
on trouve malgré cela des guerriers de tous les pays 
d'après The Canterbury taies de Chancer, avec toute- 
fois une minorité de Français, par suite, peut-être de 
la majorité des chevaliers de cette nation qui existait 
dans les ordres anti-islamiques de Saint -Jean de 
Jérusalem et du Temple. Pour le premier surtout, 
il est facile de comprendre que les Provençaux, en- 
nemis déjà séculaires des Sarrasins, et souvent leurs 
vainqueurs, aient préféré, aux étendards des princes 
musulmans, la bannière écartelée des successeurs 
de Gérard Tenque, Tépicier-gentilhomme de Marti- 
gues. Il en tut de même des Auvergnats qui formè- 
rent la seconde langue, celle du grand maréchal et 
qui fournirent à Tordre plusieurs de ses grands maî- 
tres, dont le moins illustre ne fut pas Jean de Lastic. 

Je pourrais citer également les milices sarrasines 
au service, en 1265, du roi de Sicile. Manfred, ex- 
communié de ce fait par le pape Urbain IV, alors 
que les rois musulmans étaient couverts de louanges 
par les papes, ses prédécesseurs et ses successeurs, 
pour avoir enrôlé des chrétiens....!! 



- 50 - 

Voilà bien des raisons pour que l'on s'explique 
facilement l'intromission de mots arabes dans la lan- 
gue française. Mais il faut remarquer que l'Auver- 
gne resta étrangère à toutes ces relations extérieures, 
sauf en 1284, où un contingent alla se mesurer avec 
les Sarrasins siciliens, sous les ordres du comte 
Robert VI d'Auvergne et de Boulogne qui accom- 
pagnait, dans l'île, le comte d'Alençon, lequel allait 
tirer vengeance des Vêpres siciliennes. 

Située au centre de la France, habitée par des 
pasteurs dans la montagne où des agriculteurs dans 
la plaine, l'Auvergne ne fit jamais aucune transac- 
tion industrielle ou commerciale pcrviam maris avec 
la Barbarie; hérissée de châteaux forts qui accapa- 
raient tous ses hommes d'armes, elle n'enrôla jamais 
aucun de ses enfants de l'autre côté de la Méditer- 
ranée; attachée à la glèbe, elle ne détacha que peu 
de soldats ou de marins dans les courses contre les 
pirates, sauf dans les cas particuliers que je viens 
de citer. 

Rien, par conséquent, ne vient expliquer dans le 
patois auvergnat, la présence de radicaux et même 
de mots sémites offrant souvent, à l'arabisant surpris» 
des exceptions grammaticales et des formes de verbe 
peu usitées, mais très régulières. 

Pourquoi ces traces de passage étranger se ren- 
contrent-elles dans la partie de plaine et non dans 
la région de montagne, sauf peut-être sur ses contins 
par endosmose, dirait un physicien? 

Je me place ici au point de vue tout militaire des 
traces laissées par une invasion ennemie; car, je 
n'ignore pas que de tout temps la Haute-Auvergne 
entretint des relations commerciales très suivies avec 



— 51 — 

l'Espagne; une des routes de pèlerinage de Saint- 
Jacques de Compostelle traversait cette région. 

L'explication est donnée par la géographie d'abord, 
par l'histoire ensuite; la confirmation est faite par la 
linguistique et les coutumes locales. 

Les Arabes sont signalés d'une part dans le bas- 
sin de la Vienne et d'autre part dans celui de la 
Saône. On ajoute que dans ce dernier bassin s'opéra 
le mélange des Arabes de Poitiers et des Sarrasins 
de Provence. 

Or, les Arabes de Poitiers remontèrent vers le 
nord et s'arrêtèrent au confluent de la Vienne et de 
la Loire parce qu'ils ne pouvaient franchir les deux 
rivières. Comment leurs frères auraient -ils gagné 
directement la Saône puisqu'ils auraient eu à tra- 
verser de nombreux cours d'eau, affluents de la 
Loire et que le massif central eut été dangereux à 
parcourir, parce que facilement défendable. 

Il semble donc qu'ils durent contourner ce massif 
par le sud et remonter ensuite vers le nord à tra- 
vers la plaine de la Limagne. 

L'histoire confirme cette hypothèse. Je lis dans 
Y Auvergne de M. Imberclis, sous une forme un 
peu romanesque : 

Du Limousin et du Quercy, ils pénétrèrent en Auvergne 
et dans le Velay. Rien ne résista à ces nuées de cavaliers 
en turban qui, la masse appuyée sur le cheval, l'arc sus- 
pendue à l'épaule, dans leurs brusques algarades ( iM" ) 
brandissaient, au galop dts coursiers numides, leurs légères 
zagaïes. Tous les excès se commirent sur leur passage. In- 
cités à la cruauté par leurs cheicks, ils massacrèrent avec 
une sorte d'acharnement les populations chrétiennes. Le 
monastère d'Issoire une fois encore f t détruit de fond en 
comble, ceux de Thiers. de Méliteuse, de Mauriac, de Bar- 



— 52 — 

geac furent ruinés par les farouches Infidèles et la ville 
d'Auvergne, si florissante qu'elle fut, de toutes ses pompes, 
si bien gardée qu'elle fut par l'épée de ses robustes défen- 
seurs, par la hauteur de ses tours, par l'épaisseur de ses 
murailles, la noble ville ne put échapper aux ravages de 
cette horrible tempête. La cathédrale, bâtie par Namace; 
neuvième évêque, l'ut en partie brûlée. <> 

M. Michel, dans son histoire delà Vieille Auvergne 
et du Velay dit que la science ne donne aucune indi- 
cation précise, mais que les légendes sont très nom- 
breuses. 11 cité celle reproduite par M. Imherdis sur 
la ville d'Auvergne, qui n'est autre que Clermont, 
comme chacun le sait; il ajoute que ce souvenir est 
perpétué par la muraille dite des Sarrasins et rapelle 
les martyrs pas tout à fait imputables, historiquement 
parlant, aux musulmans : de Saint Théofrède, deu- 
xième abbé de Carmery, actuellement Saint Chaf- 
fre (*> et de Saint Agrève, évêque du Puy. 



(I) La mort de Saint Théofrède, communément appelé Saint Chatfre, 
tendrait à prouver que l'invasion de l'Auvergne par les Sarrasins est de 
beaucoup antérieure à la bataille de F'oitiers. 

Ce saint personnage était, en 720, abbé de Carmery, en Velay, lorsque 
les musulmans, rompant la digue que leur opposait le courage d'Eudes, 
duc d'Aquitaine, envahirent toute la Septimunic. 

« Tbéofrèdc n'eut pas plus tôt été informé de l'approche des infidèles 
. qu'il ordonna à tous ses religieux de se retirer dans les montagnes et 
« les forêts voisines et resta seul à la garde du monastère sans autres 
« armes que celles de la prière. Les Sarrasins essayèrent d'abord de le 
« forcer à leur découvrir le lieu de la retraite de ses religieux qui avaient 
o emporté avec eux les effets les plus précieux de la maison. Mais Théo- 
« frède ayant courageusement refuse de les salisfaire, ils le rouèrent de 
o coups. Le jour suivant, le saint abbé ayant reproché à un de leurs 
« iinans l'impiété de sa religion, celui-ci le renversa d'un coup de piei re, 

« qui le blessa à mort. Les infidèli s s étant ensuite retins, a la suite d'un 

« violent orage qui éclata tout à coup, les religieux revinrent à Carmery 
et donnèrent tous les secours possibles a leur abbé, ce qui ne servit 

o qu'à prolonger sa vie de quelques joins. Il expira le l'J octobre 72'. • . . 

(Comte de Resie — Histoire de l'église d'Auvergne, 1855'. Le même 
auteur plue en TiîO la prise de <:ieiiii<>nt et la destruction de la catbé- 
drale, bâtie par Saint-Namace, au milieu de V" siècle). 



- 53 - 

Mais il est certain que la richesse du pays dut 
évidemment tenter les envahisseurs et certains petits 
groupes de traînards durent laisser marcher la horde 
dévorante pour se reposer dans les régions conquises. 

Je ne parle pas des eaux minérales ou thermales 
du bassin volcanique d'Auvergne. Si elles avaient 
arrêté les légionnaires romains après la traversée 
des neiges du massif central et des Cévennes, elles 
devaient être de mince importance pour les Arabes, 
à cette époque du moins, car ce ne sera pas beau- 
coup plus tard au XI e siècle que l'un des plus célè- 
bres d'entre eux, Avicenne, en préconisera l'usage. 

D'où viendraient les groupes ethniques qui, dans 
le canton d'Herment et dans le Lambron (Puy-de- 
Dôme) se signalent par des cheveux noirs, des yeux 
bruns, un nez mince et aquilin, et un teint chaud et 
mat alors que leurs compatriotes sont plutôt rou- 
geauds? 

« Le système pileux est entièrement développé chez cer- 
taines femmes. Elles se rasent plusieurs fois par semaine, 
favoris et moustaches. Les moustaches se montrent vers 
douze ou quatorze ans. Elles n'en servent pas moins de 
modèles aux peintres des scènes bibliques à cause de leur 
teint uni et bistré. Dans quelques parties de l'Auvergne, 
les femmes à barbe sont très estimées et très recherchées, 
ce qui explique comment elles ont pu se reproduire en exa- 
gérant de génération en génération ce caractère (A. Des- 
camps). » 

En toute franchise, je dois traiter du contre com- 
me du pour. 

Les Bénédictins fondèrent, au VIP siècle, aux por- 
tes mêmes de Riom, une abbaye qui s'appela monas- 
tère de Mozat. Cette abbaye devînt bientôt célèbre 



— 54 — 

par les études très sérieuses que l'on y faisait et, au 
XIV e siècle, il s'y trouvait 300 élèves environ. Ce 
fut à cette époque, en 1350, que l'abbé Bernard de 
Tranchelyon fit venir à grands frais un maître orien- 
taliste qui fut chargé de la chaire d'hébreu. Cette 
langue était encore professée au XVI e siècle; le pro- 
fesseur, en 1555, s'appelait Génébrard, un des plus 
glorieux enfants de la bonne ville de Riom (Abbaye 
royale de Mosat, A. Gomot). 

Mais bien qu'une relation écrive : On y enseignait 
les langues orientales, rien ne vient prouver que 
l'arabe y fut professé. 

A la bibliothèque municipale de Riom existe une 
bible de 1645, en sept langues : hébreu, samaritain, 
chaldaïque, syriaque, arabe, grec et latin; on pour- 
rait s'étonner de voir l'arabe, seule langue vivante, 
au milieu de ces six langues mortes, mais un exa- 
men plus attentif m'a prouvé, malheureusement pour 
ma thèse, que cet ouvrage de très grosse valeur 
venait de la bibliothèque des Oratoriens de la ville 
et qu'imprimé à Paris, il n'était à Riom que d'occa- 
sion bien que l'on puisse se demander à quel besoin 
il pouvait répondre. 

Mais pourquoi y a-t-il à Riom un hôtel des Sar- 
razin (Maison Amblard, rue de l'Hôtel de Ville)? Je 
n'ignore pas que c'est le nom d'une vieille famille, 
mais pourquoi Sarrazin? 

Pourquoi la famille de La Fayette possédait-elle, à 
Clermont, un château des Sarrasins désigné de même 
façon que celui du Puy-de-Montaudon? 

Pourquoi dans cette même ville de Clermont dési- 
gne-t-on ce château sous d'autres noms dans lesquels 
revient toujours l'épithète musulmane; la muraille 



— 55 - 

et la tour des Sarrasins? Il figure sous ce vocable, 
dans la Cosmographie universelle de Belleforêt 
(XVI e siècle) et sur un plan de 1411, au bas du 
faubourg de la porte du Cerf. 

Pourquoi, enfin, M. Marcellin Boudet écrit-il dans 
son étude : Les premiers travaux de dessèchement 
des marais de la Limagne ? 

« Si la rencontre plus effrayante encore de la barbarie 
mahométane et de la civilisation chrétienne eut lieu un peu 
plus au sud et à l'ouest, la Basse- Auvergne en reçut un 
rude contre-coup. Cette période n'est pour elle qu'une série 
de trépidations affreuses. On avait bien le loisir, en vérité, 
de se concerter pour drainer la plaine. » 

Ce loisir fut enfin trouvé et le travail séculaire fut 
terminé, en 1714, par un ingénieur de la province 
d'Auverge, auteur du projet de dessèchement des 
marais de Riom. Cet ingénieur, il faut croire que le 
hasard est un facétieux personnage, portait un nom 
bien arabe, il s'appelait Saladin. 

Je n'ai pas parlé très intentionnellement du camp 
des Sarrasins des Chezaloux, près de Pontgibaud. 
Car les avis sont très partagés et les opinions les 
plus diverses ont été discutées et admises. 

D'après le Mémoire sur les villages en ruine de 
Villars et des Chezaloux, M. Mathieu ferait remon- 
ter le camp à l'époque préhistorique. Le docteur Pom- 
merol, parlant de la pierre polie, le fait habiter de 
l'époque mégalithique jusqu'aux temps mérovin- 
giens. 

MM. C ne Hervier, Bouillet, Contejean sont partisans 
de l'époque gauloise et M. G. de Mortillet ne remonte 
pas plus haut que les Mérovingiens. MM. Julien, de 
la Faculté des sciences de Clermont, et le pasteur 
Bleynie, de Chàteauvieux, ont alors étudié le sol de 
très près, en passant la terre au tamis. Ils sont ainsi 



— 56 - 

arrivés jusqu'à l'assise primitive qui est formée de 
lave, sans avoir traversé aucune stratification. Des 
poteries trouvées dans le sol et dans les murs sem- 
blent prouver que les habitations ont été construites 
par leurs occupants. 

Les objets trouvés sont de quatorze espèces diffé- 
rentes. On remarque des débris d'animaux domes- 
tiques, six deniers de l'église de Glermont, une obole 
de la même église de la fin du XIII e siècle et du 
commencement du XIV 6 siècle, cinquante deniers 
de l'église du Puy du commencement du XIV e siècle, 
des objets domestiques sans valeur et qui indiquent 
une population pauvre: ce sont un sarcloir, des cou- 
teaux, un ciseau à froid, une serpe, trois clefs, un 
fer d'âne, des poteries, une pierre à rasoir et un 
foyer en dalles de lave complet. 

Les archéologues croient que les habitants des 
Chezaloux étaient des paysans fuyant les bandes de 
la guerre de cent ans. 

Pourquoi alors avoir appelé cet endroit, camp des 
Sarrasins? Est-ce que les paysans en question appar- 
tenaient à un groupe ethnique arabe?. ... ou plutôt 
ne doit-on pas voir dans cette appelation, la révéla- 
tion des traces très profondes que l'invasion musul- 
mane a laissées dans l'esprit populaire? En Auver- 
gne, tout, ce qui est ancien et d'origine inconnue, 
notamment les monuments en ruines, vient ou pro- 
vient des Sarrasins Tout individu de race étrangère, 
venu de loin est un Sarrasin qu'il soit Goth, Van- 
dale ou Franc et je ne serais pas éloigné de croire 
qu'en certains endroits, tout comme en Savoie, on 
ne traite de Sarrasins les gens de foi peu robuste. 



- 57 - 

J'ai songé à chercher dans l'Armoriai d' Auver- 
gne des indications parlantes sur les origines des 
familles du pays. Bien que la plupart des armoiries 
actuellement existantes n'aient pas été homologuées, 
et pour cause, par l'édit du 19 mars 1697, il semble, 
au premier abord, qu'on doit y trouver des traces 
indéniables de l'influence sarrasine, ce qui, a certains 
points de vue, n'est pas très extraordinaire, les ar- 
moiries ayant été prises aux Arabes particularistes 
par les chrétiens héréditairistes, aussi bien comme 
emblèmes que comme termes; faut-il citer l'azur 
venant du persan , l'azuré bleu, ou de l'arabe lazreg, 
gris-bleu, le gueule dérivant du mot gui rose ou 
rouge? 

L'écu arabe ne se compose que de trois partitions, 
le chef, la fasce et la pointe; les figures les plus fré- 
quentes représentent lions, léopards, chevaux, bé- 
liers, lièvres, aigles, gerfauts, chouettes, canards, 
poissons divers, coupes, tables, épées, disques ou 
besants ou tourteaux, cibles ou anneaux, cornes, 
losanges, clefs, croissants, arbres, fleurs. 

Les métaux sont l'or et l'argent, les mêmes que 
ceux des blasons européens; les émaux le plus sou- 
vent répétés sont le gueule, l'azur et le sinople; le 
sable est assez rare. 

Sur 2,717 écus que renferme Y Armoriai a" 'Auver- 
gne , on ne trouve que 148 champs de sable, 5 de 
pourpre, 5 d'hermine et 8 de vair, donc il y a une 
majorité considérable au profit des couleurs musul- 
manes. 

Je ne m'occuperai pas des fasces, chefs ou pointes, 
ces partitions étant multipliées ou combinées à l'in- 
fini dans tous les écus français, quel que soit leur 

5 



- 58 - 

origine, ce qui d'ailleurs est en proportion inverse 
de leur ancienneté. 

Mais sur le même nombre d'armoiries, 2,717, je 
trouve parmi les ligures, chères aux musulmans, de 
différents émaux ou métaux, 31G lions, 7 lionceaux, 
18 léopards, 27 chevaux, 3 béliers, 1 lièvre, 67 ai- 
gles, 8 aigles à deux tètes (d'origine incontestable- 
ment arabe bien avant que les maisons allemandes 
y aient songé), 2 aiglettes, 2 gerfauts, 2 chouettes, 
1 canard, 2 cannes, 7 canettes, 2i poissons, 2 carpes 
32 épées, 50 besants, 21 tourteaux, 5 anneaux, 7 an- 
nelets, 1 corne, 19 losanges, 16 losanges, 17 clefs, 
531 arbres, fleurs ou plantes. 

Parmi les attributs qui, sans être d'origine musul- 
mane, rappellent et l'islamisme et l'Afrique, on peut 
citer : 

1 maure d'or; 

1 maure d'argent; 

1 maure de gueules à une famille Morel ; 

14 maures de sable appartenant à des Moranges, 
Morin, de Mouricand, ou à la ville de Mauriac; 

1 chameau d'or à la famille Charnel; 

1 chameau d'argent à la famille Chaumet; 

1 scorpion d'or à la famille Espigoux; 

1 autruche d'or à la famille Soualhat; 

4 palmiers d'or ; 

1 palmier de sinople. 

Les croissants, les emblèmes de la religion du 
Prophète, de leur côté, sont plus que nombreux; on 
trouve : 

37 croissants d'or; 

77 croissants d'argent; 

12 croissants de gueules; 



-B9- 

7 croissants d'azur; 

1 croissant de sinople; 

1 croissant de sable. 

Les croissants nettement musulmans, semble-t-il, 
sont donc de beaucoup les emblèmes les plus fré- 
quents, on en trouve 135; mais, d'après M. l'abbé 
Crégut, ce serait, en Auvergne, une brisure en signe 
d'alliance ou plutôt de mésalliance, faute de pouvoir 
accoler un second écu à celui de la famille; selon 
d'autres personnes, ce serait une brisure de cadet. 
Quelle qu'en soit la signification, il n'en est pas moins 
vrai que l'on pourrait s'étonner de les trouver si nom- 
breux. 

Mais il est un émail qui demande une étude par- 
ticulière, c'est le sinople imposé aux grandes familles 
par un khalife, en 773 de l'Hégire (1371), pour rem- 
placer le sable ou noir réservé aux chefs de la reli- 
gion et, pour ce fait, très rare. 

Or, en Auvergne, je trouve 70 champs de sinople, 
dont 8 de communautés et, parmi elles, celle des 
Arts et Métiers d'Ennezat, petite localité qui sera 
étudiée un peu plus loin Les parties et les figures 
de cet émail sont très nombreuses. Je trouve 206 fa- 
milles ou communautés qui portent ou portaient des 
sinoples dans leurs armoiries. Si l'on veut en retran- 
cher les arbres ou plantes qui sont représentés gé- 
néralement, mais pas toujours en vert, il en reste 88 
qui ont un sinople presque antinaturel, comme tein- 
tant, par exemple, des lions, des croissants ou des 
rivières. 

Mais, car il y a un mais très sérieux, il ne faut 
pas attacher une importance trop considérable à cette 
question toute spéciale du blason. 



- 60 - 

Il faudrait limiter cette étude aux vieux écus don- 
nés par Guillaume Revel (1450; et aux sceaux des 
actes authentiques; on constaterait alors que les têtes 
de Maures sont presque toutes postérieures à L450, 
et se profilent sur des champs très bourgeois, que 
les croissants écartèlent des boucliers qui tentent de 
se donner, sans trop y réussir, une tournure de 
chevalier, et surtout que tous ces attributs furent 
un peu au hasard parsemés de champs passe-partout, 
au gré des enregistreurs de 1690. 

Ce qui est d'ailleurs assez caractéristique, c'est 
l'air de parenté des blasons, je ne dirai pas compo- 
sés, mais bâclés en une journée; c'est à croire que 
dans la tiédeur d'un demi-sommeil matutinal, ces 
messieurs, les demi-quarts de d'IIozier faisaient, pour 
le jour qui se levait, choix d'un émail et d'une figure, 
tout comme une jolie femme arrête son choix sur la 
teinte d'une toilette et la forme d'un bijou. 

Après cette étude, qui ne présente donc, je l'avoue, 
qu'un intérêt superficiel, j'en arrive à l'étude plus 
sérieuse de la toponymie de la région. 

Les noms des villes, villages ou lieux qui sem- 
blent présenter un aspect arabe sont presque tous 
localisés dans la Haute-Limagne, dans l'arrondisse- 
ment de Riom, comme si, hésitant à quitter cette 
région riche et plantureuse, les envahisseurs avaient 
marqué un temps d'arrêt qui, pour quelques-uns 
d'entre eux, aurait été un arrêt définitif. 

Qu'était Riom à cette époque? que fut-il dans la 
suite? 

Au temps des Gallo-Romains, on remarquait seu- 
lement quelques villas semées le long de la route 






— 61 - 

-qui conduisait de Nemetum (Clermont) au pays des 
Eduens. 

. Puis, s'éleva un monastère autour duquel se grou- 
pèrent des fidèles et au VI e siècle, le groupe, habité 
s'érigea en paroisse de Saint-Amable, du nom d'un 
abbé du monastère ou mieux d'un prêtre de l'église. 
Au couvent était annexée une école presbytérale dont 
les cours furent suivis par Grégoire de Tours, le 
père de l'histoire de France. C'est du moins, ce que 
veut, sinon l'histoire, tout au moins la tradition rio- 
moise. 

Philippe Auguste dévolut à la région la qualité de 
baillage à la fin du XII e siècle ou au commencement 
du XIII e . 

En 1360, Riom devint la capitale d'un duché- 
paierie formé de l'Auvergne et donné en apanage au 
fils de Jean le Bon, nommé Jean de Berry, lequel 
transforma le baillage de Riom en sénéchaussée. 

Riom existait donc avant l'invasion arabe et sa 
personnalité morale et communale persévéra au mi- 
lieu des troubles de la région, à l'époque qui nous 
occupe. 

D'où vient ce nom de Riom? 

Il serait, dit-on, d'origine celtique et viendrait du 
mot Rix ou Rig, parce que la ville aurait été cons- 
truite sur « le sol arverne qui était attribué comme 
« liste civile aux rois, c'est-à-dire à ceLuernos dont 
« Posidonios, dans son livre xxn, vantait la libé- 
« ralité avec les bardes, à Bituitos, qui, après avoir 
« succédé à Luernos, son père, fut, en 127, battu 
« par les Romains. César ne nous dit pas si l'ar- 
ec verne Vercingétorix, proclamé roi par ses parti- 
« sans, en 52, eut le temps de prendre possession 



— 62 - 

« du canton affecté à la dotation des rois précé- 
« dents o, dit M. d'Arbois de Jubainville dans son 
ouvrage; Les noms gaulois chez César et Hirtius. 
D'après cet auteur, Riom voudrait dire champ du 
roi. 

Grégoire de Tours emploie le mot de Ricomagus 
(Cap. V. C. 33;, mais sans donner d'explication. 
M. l'abbé Crégut prête le sens de plateau allongé au 
mot Rix, auquel il donne comme synonymes les ter- 
mes de Vig, Rich, Mag et tente un rapprochement 
avec Rotomagus, Rouen. 

Je ne me permettrai pas de contredire mes émi- 
nents et savants prédécesseurs. 

Mais je signale, comme assez curieuse, 1 etymo- 
logie arabe ^---^ rliiiâme, qui affecte l'assonance 
que l'on prête souvent au mot Riome. 

Ce mot arabe signifie brume, c'est-à-dire l'état 
normal de l'atmosphère clans une région telle que 
celle décrite par M. M. Boudet. 

On peut m'objecter que Riom avait certainement 
un nom avant l'invasion arabe, je ne conteste pas ce 
fait, je vais même plus loin, je reconnais dans les 
deux mots latin et français une similitude de son; 
mais n'y en a-t-il pas une semblable entre Hippone 
(romaine) et Bône (arabe), et pourtant, bien que 
s'appliquant à la même ville, ces deux mots ont une 
clymologie et un sens absolument différents. A 
moins que comme Hippone qui, au moment de la 
fondation de Boue, avait perdu son vieux nom phé- 
nicien pour s'appeler Medinat-Zaoui, Riom ne se 
soit a ce moment dénommé de toute autre façon. 
Je n'ose avancer l'hypothèse de l'Eschizarai de 
Claude-Barthélémy Bernard (XVI e siècle^, lequel au- 



- 63 — 

rait, il en faut convenir, un tout petit air de parenté 
avec les Chizerots bressans de M. Riboud. 

En tout cas, que l'origine du mot Riom soit celti- 
que, c'est probable, que l'état du pays ait donné aux 
Arabes l'idée d'appeler ce centre d'un nom qui se 
rapprochait de la désignation en usage, c'est pos- 
sible. Et on peut convenir, sans trop se hasarder, 
que Rhiame, tout au moins en apparence, se rap- 
proche de Riom beaucoup plus que ne peut le faire 
Ricomagus. 

Ce serait d'ailleurs là une exception; car, si les 
Romains avaient l'habitude de conserver les racines 
celtiques ou aborigènes quelconques en y ajoutant 
des finales en us ou en uni, de façon à latiniser les 
termes dans les actes fonciers ou les archives, les 
Arabes, au contraire, bouleversaient tout. 

Thagaste est devenu Souk-Ahras ; Russicada, 
Stora; Icosium, El-Djezaïr; Victoria Colonia, Mas- 
cara; Castra-Nova, Tagdempt; Gœdœum-Castra, 
Miliana; Sufétula, Stleïtla; Mascula, Khenchela 

Ce n'est que rarement que l'on trouve des adapta- 
tions telles que : Sétif pour Sitifis; Kstantina pour 
Constantine; Tébessa pour Theveste; M'daourouch 
pour Madura; Gafsa pour Capsa 

Enfonçons-nous davantage dans la toponymie lo- 
cale; d'autres surprises nous sont réservées. 

Avant d'étudier les différents noms de la région 
de Riom, je ferai remarquer que presque aucun de 
ces noms ne se termine par un e ou un i, ni même 
par un a bref, mais au contraire, ils semblent affec- 
tionner la terminaison al qui est la forme du pluriel 



- 64 — 

féminin arabe, comme il convient à des noms de 
localité. 

De plus il est bon, avant de se lancer dans cette 
élude d'assonnances, de rappeler que les mots ara- 
bes ne comportent que des consonnes; les voyelles 
sont des sons secondaires représentés seulement 
dans la transposition française; il ne faut donc pas 
attacher une trop grande importance à la position 
de ces voyelles dans les mots français supposés dé- 
rivés de l'arabe. 

Je suis obligé de reconnaître que le mot Limagne 
esl celtique et vient de Léman, qui signifie lac, 
grande étendue d'eau, marais, ce qui a fait limon. 
Mais une autre étendue d'eau me donne une bril- 
lante revanche. 

Dans une pièce de 994, décrivant la Limagne et 
et extraite du Cartulaire de Sauxillanges, il est parlé 
du lac du Cendre (lacus al Sandra) dont, en 10 iS, 
on a fait lacus Alexandra; ce qui ne veut rien dire, 
lacus étant du masculin et Alexandra du féminin. 
Mais al Sandra a un petit air oriental; al est bien 
l'article et dans Sandra, on pourrait voir +.-> Lâr— •" 
sr'ana, la fièvre paludéenne, si l'on veut. 

L'eau semble d'ailleurs avoir exercé une grande 
inlluence sur le choix des noms. 

Marsat et Marsac signifient lieux habités au bord 
de l'eau, en celtique; en arabe, ce sont les mots 
U»j-+, mersa, port, ou encore ■^j->, merdja, marais. 

Srgonzat ne vient-il pas de -----^ — • , seguia, ruis- 
seau .' 

La Sennoire ne dérive I elle cas de __ _*a-V , tseb, 
il pleut? 



— 65 — 

La configuration du terrain inspira le nom de Ce- 
bazat, <■— î— o, s'baa, le doigt. 

L'examen de la carte confirme cette acception ; le 
plateau de Malozat est la paume d'une main dont le 
pouce serait au champ Grillot et les doigts s'éten- 
draient jusqu'à Chanturgues et aux côtes de Cler- 
mont; Gebazat se trouve à l'enfourchure du pouce et 
des doigts. 

Si zat, en celtique, veut dire eau; ne trouverait-on 
pas, d'autre part, sept sources à cet endroit, sebao, 
A_x. .^, voulant dire sept? 

Mozac devait offrir des pâturages propres à élever 
des chèvres, mazat ''pluriel régulier), o î y-*.-* . Je 
ne parle pas des bananes c>îj^-/ , mouzat, bien 
que l'élévation de terrain qui s'élève entre ce village 
et celui de Marsat ait la forme allongée de ce fruit 
exotique. En celtique, c'est un endroit humide, mau 
ou mand. 

Ennezat qui, dans la langue primitive, indique des 
marécages, est une des exceptions de la gram- 
maire arabe. 

Une femme, mra, 'î]j—s>\ , a un pluriel très irré- 
gulier, usa, l_^_j ; de plus, ce pluriel commence par 
un nonn, une n, lettre solaire ; l'article placé devant 
le mot perd son lam, son /, et redouble le noun ; ce 
qui donne en nsa pour el nsa l_~_;_)l . Voilà une 
exception grammaticale qui a sa valeur. 

En face d'Ennezat, par rapport à Riom, se trouve 
le faubourg de la Bade. Aux femmes, on opposait 
les hommes, elabad, ^L.-»-!! , les hommes serviteurs 
de Dieu, pluriel très régulier. En se plaçant à un 
autre point de vue, suivant la marche des Arabes, 



- 66 — 

ce faubourg se trouvait après Riom, dans la direc- 
tion de la Bresse, bail, j,*.- , après. 

En celtique, au contraire, bail indique un mouve- 
vement en avant, un passage, une voie, une entrée, 
c'est-à-dire la queue du plateau se réunissant au 
marais. 

La région ne pouvait pas ne pas posséder un en- 
droit religieux; on le trouve à Layat, qui se traduit 
par El Ayat ci-J^" , les versets du Coran, pluriel 
régulier; à moins que l'on y voit le mot el ayat 
LLjJ! , les cris. 

D'autres lieux doivent rappeler des faits qui sont 
actuellement mystère pour nous. 

Maringues, qui peut venir de mar ing, extrémité 
du marais, en celtique, est un participe passé régu- 
lier. On peut y voir : 

Marouk fjy* , de arek, p.. \ , dater, par suite d'un 
incident marquant. 

Ma'rouq ^^j** , de a'rak ,Jj~c , transpirer, parce 
l'été y est très chaud, comme dans tout le marais. 
C'est à rapprocher de la ville d'Irak ^j-* . 

Ma roule <îfjj** , de a raie \jS\jz , disputer, parce 
qu'il y eut une résistance quelconque. 

Mliarouq v_$jj*' , de h'araq ^J>^ , brûler, parce 
qu'il y eut un incendie. Il y a un rapprochement à 
faire avec la Porte du Brûlé, à Fez, Ilab el Mh'arouq, 
Macholles, également, participe passé, est plus 
intéressant encore, car c'est un temps d'un verbe 
syrien employé par les lettrés seulement, machoui 
Jj_^-*_^ , de achel J.-&.6 , rendre manchot; il du! 
\ avoir la un combat singulier ou un accident. 



- 67 - 

La Margeride, en celtique, mar (montagne), ker 
(rocher), dun (sommet), dut servir de refuge à un 
homme affligé d'un malheur quelconque. On y peut 
voir mar j~> , l'homme, keredd s j-* , a gémi, hou v 
sur lui. 

Enfin, Herment, le centre du groupe ethnique dé- 
crit par M. Descamps, n'est-il pas le nom du chef 
de l'invasion (Abd) er Rhaman, A*_»^J) , el rahma, 
le miséricordieux. 

Je ne veux pas, je m'empresse de le dire, infirmer 
en quoi que ce soit les théories chères aux celtisants. 
Je ne veux même pas les discuter, ne me trouvant 
pas assez en forme pour me livrer comme il en a 
spirituellement été écrit, à « ces jeux d'esprit laissant 
le champ libre à toutes sortes d'hypothèses », et très 
courtoisement j'en baisse la lance et écarte le bou- 
clier pour affronter stoïquement les attaques des 
etymologies celtiques, déjà bien momifiées, dirigées 
contre mes phalanges arabes bien vivantes, mais 
assez peu soutenues, j'en conviens. 

Mais, si abandonnant la toponymie, je m'intéresse 
aux noms des familles, j'arrive aux mêmes résultats. 

Margeridon est le synonyme de Margeride, à moins 
qu'il ne désigne un homme ou une femme qui avait 
coutume de porter des bijoux de corail, merdjun, 

Les Fortias devaient être chauves ou teigneux, 
forlas, , y»[-Lj-? . 

Les Echégut étaient des amoureux transis, achekou, 
,^_A_i^ , il l'a aimé passionnément. 

Les fils uniques étaient des Fradet ou Fradetal, 
3 \j-3 > frad, pluriel de J-^-? , frid, seul, unique. 



- 68 — 

Les Ossedat devaient être enclins à la paresse ou 
au sommeil ioL_. ,oussada, coussinet *>— >j , oussed, 
s'appuyer sur un coussin. 

Les Dezelme étaient affligés d'un nez démesuré, 
L/J :> , dzelouma, trompe d'éléphant. 

Les durent occupaient une situation prépondé- 
rante, f^-?-^ , cheikh, chef, vieillard, à moins qu'ils 
ne cultivassent le chanvre pour en faire de l'opium, 
iLi.^ , chira. 

Les Chabrol passaient leur vie à cheval, ^-^U« . 
chabir, pluriel j _•-»•- , chebour, éperon. 



s*.s 



y- 



Les Crégut étaient des guerriers terribles, 
kregou, il Ta transpercé. 

Les Méchin ou Méchain cultivaient les arbres frui- 
tiers et surtout les abricotiers, mechmach, des abri- 
cots, /iU-i*» . 

D'autres noms n'ont pas besoin de commentaires, 
ce sont les Durif, les Emir, les Hazan, les lssaly 
(Es-Salah), les Maurianne, les Morin et bien d'au- 
tres. 

La grammaire patoise est excessivement intéres- 
sante au point de vue auquel je me place. Je n'ai 
évidemment pas la prétention de la faire dériver en- 
tièrement des langues sémites. Je reconnais l'exis- 
tence non contestable de racines françaises, latines, 
celtes, germaines et même saxonnes, provenant des 
invasions germaniques et normandes au IX'' siècle, 
époque à laquelle fui vraisemblablement créée la 
langue; mais je ne puis m'empêrcher d'être extrême- 
1 1 1**1 1 1 intéressé par certaines analogies des pins frap- 
pantes avec la grammaire de l'islamisme. 

L'alphabet d'abord. 



- 69 - 

En patois, il existe quatre a, le même nombre se 
trouve en arabe. 

L'a muet s'émet sous un son intermédiaire entre 
IV, Ya et Yo, il en est exactement de même de la 
première lettre de l'alphabet arabe, Yalif, souvent 

remplacé par un simple signe, le hamza I , et qui 
se prononce quelquefois a et souvent e au commen- 
cement des mots. 

L'a fermé a le son naturel et équivaut au s ha dont 
Y h est à peine aspirée et qui est le signe de la ter- 
minaison féminine. 

L'a ouvert se prononce avec la bouche très ouverte, 
à; il est de même valeur que Y aine ç>, a fortement 
prononcé. 

L'a grave est surmonté, en valeur, d'un accent 
circonflexe de même que le ~ ha fortement aspiré. 

L'o ne s'emploie presque jamais seul, mais est 
accompagné d'un u, ce qui donne le son ou, 27 e lettre 
de l'alphabet arabe. 

Certaines lettres combinées comme valeur, sont 
particulières au patois et à l'arabe, ce sont : 

le (s <t> tsa, valeur ts. 

le dj p djinw, valeur dj. 

le dz h dzal ou -k dza, valeur dz. 

le ch (j& chine, valeur ch. 

Le c placé devant une / se prononce souvent g ; 
le k'af i, valeur le ou c sans cédille, se prononce 
souvent gu et s'écrit >^ — % 

La formation des féminins, soit singuliers, soit 
pluriels, est identique. 

Au masculin singulier on ajoute un a ou un r ha. 



- 70 - 



Le pluriel se termine dans la première langue par 
un a très ouvert, dans la seconde par le son aie, c^ 
Parmi les pronoms personnels, on trouve deux 
signes de parenté. 

La première personne singulière s'énonce ye, je 
et i en finale, ^ x^ andi, chez moi. 

La troisième personne féminine sigulière hia, elle 
et -a hia, elle. 

Parmi les adverbes, je signalerai : 
Gomment, keiche et ip>^ kach ou kech. 
Parmi les prépositions : 
Avec, bel et w be. 
Avec, mei et ^ ma. 

Parmi les interjections : 

Silence, tchut et O^C skout. 

L'étude du glossaire du patois de la Limagne per- 
met d'établir de grands rapprochements entre l'Au- 
vergnat et l'Arabe; je reproduis ici les termes de 
mêmes racines. 



Abie, race, lignée, descendance. 

Abourieu, hâtif, précoce, rapide. 

Andie, trépied à monter les chau- 
drons. 

Anes, narines. 

Anivet, serpent. 

Aquedati, celui-là. 



,' _ Ul ab - aba, pè 



père. 



v J ab, père, -.»> j rilï, le vent. 

Axe and, sur, chez. 



v 2-^~> nif, nez. 

jîx-^-Às,. anicli, serpent. 



X* hadali, celui-là. 
i,C_j Xa> hadik. celle-là. 



Aque, celui ci. 



4sse, mare. 



3accu, imbécile. 
3a.ba.ou, être imaginaire. 



- 71 - 

! w\» hada, celui-ci. 

»i.a> hadi, celle-ci. 

J»~ s asse/, miel. 

(faut-il faire un rapprochement?] 

JjL c > bahloul, imbécile. 

çuu ba.ba.ou, son père (est l'imagi- 
nation). 



3udzada, lessive. 

3udjader, vase à lessive. 

3arra, fermer. 

3arde, bât. 

3ecqué, se battre à coups de cornes. 

3a1sa, creux à remplir de liquide. 

3a^o, seau en bois à traire les vaches 

3e/, avec. 

mbei, avec, 

3egne, ruche. 

3orio, ferme. 

3arto, punaise. 

3ourmo, écume. 

3cza ) flaque d'eau. 



<^o Ujj bour'adha, lessive. 



îjj berra, dehors. 

■^fi ^j beerda, bât. 

j^Uj 6e/ garn, avec la corne. 

^— *— ^— f battia, barrique. 

^_> 6 e JLj 6e/, avec, avec le. . . 



€ 



djebah, ruche (inversion). 



&-/-1 bordj, maison de campagne. 
X-JjCj-j berrouta, puce. 
^^H bourma, marmite à bouillir. 
£}—\ bezza, verser, répandre. 



- 72 - 



Boulia, se mouiller les pieds dans 
un bourbier. 

Buroutino, ver luisant. 

Cacaridzo, poule qui fait cote cote. 

Cache, dur, massif, pesant. 

Cafarouta, creux. 
Calé, lâcher, céder. 



J— i bel , mouiller. 

j._aL ba.hr, brillant. 
U U caca, glousser, caqueter. 
^.jjJLà klœcliin, dur (pain). 
^«U qaçaJi', dur (intelligence). 



^a^ h'efer, creuser. 
balte, céder. 



^5 



Caire ou Quair, endroit ; n'a rien à voir avec le Caire, el qahira îj* '-iJ* 
qui signifie la ville forte; le terme limanien est d'origine celtique, Ker, 
pays. 



Cargoule, citrouille. 

Cassu, induration. 

Quassuna, induré. 

Catsè, frapper, meurtrir. 

Chêne, priser du tabac. 

Cliuque, sommet, faîte, monticule. 

Co, conduit, tuyau. 
Coursei, berceau. 
Flaccé, fouetter. 

Fessu, boyau. 



t 



îj3 qara, citrouille. 
*li qaça/i', dur. 



J._VU catel, combattre. 

--à cliemm, priser. 

? — à chou, voir, par extension 
sommet d'où l'on voit (très usité) 

t yuï\ji qouades, conduites. 

c-mj— b lioursi, chaise. 

-^—ii-3 flaca, bastonnade (punition 
des écoliers). 

/mA-s /"as, pioche. 



Fio, feu. 
Fane, fatiguer. 

Fasei, sale, malpropre. 
Faveu, tourterelle. 
Foro, dehors. 
F ure, courir. 
Founie, nasiller. 
Gandoueso, plaisanterie. 
Glia, glace, verglas. 
Gargaïlo, gorge. 
Goulé, manger avec avidité. 



- 73 - 

£-*-3 le afin, feu. 

l_ x_9 /ana, anéantissement. 

_j Ls fam, périssable. 
-X- l? fased, corrompu, gâté. 
^, à. La faket, tourterelle. 

j— ? ferr, fuir. 

=2__ /i, par v $-*-'> nif, le nez. 

jj j-_x_3 g ue ndouz, étudiant? 
J-da* djlid, verglas, glace. 
2l»j».jS gardjouma, gorge. 
Jw— r /îoid, manger. 



Goù, endroit profond plein d'eau a été considéré comme d'origine arabe 
et venant de gara, pluriel goyr, qui signifie plateau témoin, mais ce mot 
n'est pas arabe ; il est employé seulement dans les régions sahariennes 
où prédominent les langues du genre berbère (Kebaïl, Ghaouïa et Ta- 
machech) ; il est donc d'origine jephétique. 



Ibari, desséché. 

Issite, restes du repas des bêtes à 
cornes. 



Keiche, comment. 
Lin, botte de paille. 



m*_\_ j ibès, sécher. 



r-sri iezzi. 



assez, suffisamment. 
^y-l izzi. 

/ji. L-5" kach, comment. 

j^j— ' loua i rouler. 



74 - 



Marecan, seulement. 

Marti \ 
Miarou > Ane. 
Miaro 
Moi, avec. 

M.'h> ou Meïa, vase en grès pour 
les viandes salées. 

Mergue, petit lait. 

Mouhre, mère. 

Mourino, mortier sec dun mur. 

Niasse, se coucher. 

Nichi, naître. 

Nira, puce. 

Piné, lils unique. 

lîaco, vieille et petite brebis. 

Ralè, battre victorieusement. 

Ramé, vin doux. 

Jîaso, fossé. 

Ribé, rêve. 



i'._rL>> (Ij^) (/iada) ma/tan (cela) 



seulement. 

.1*^. lïiimar, âne. 

>» ma, avec pour les personnes. 
C 

— j 6p, pour les choses. 

J*> melh, sel. 
C 

A3^_ ^ merga, sauce. 

>' oumm, mère. 

/ r ) »>> mehras, mortier. 

»»*! nas, avoir sommeil. 
laJ nicha, naître. 
y~*-J nerz, piquer. 
^j bon (V I îbn, fils. 
A-U. . rallia, agnelle. 

JLc ra/6, vaincre. 

-^.*js. . rahma,doux, miséricordieui 

tj»>\.è ras, plonger. 

, A -i j rib, doute, improbabilité. 



Ricai, bêtes à cornes qui se battent. 

Roddo, roue. 

Roudei, roue hydraulique. 

Rodzas, ce qui reste au fond d'une 
marmite lorsqu'on y a fait cuire 
un aliment. 

Tabeizê, frapper, battre. 

Tabourié, battre, cogner. 

Tchut, silence. 

Tieno, récipient en bois. 

Tûmbalo, grosse caisse. 

Tsouchedo, chardon. 

Tunido, chute. 



- 1d - 

^xi , rika, génisse. 



ïïjj rouda, roue. 



à la forme d'une rose. 



^ ; 



JJJ 



rouza. 



S _^J2.L t'abfab, frapper. 

Oj£~ skout, silence. 

A_; J tina, baquet (terme d'Alger) 

J. ? ls tebel, tambour. 

\L5"jZ> chouk, chardon. 

^~x\.-o tcïha, chute. 



Faut-il faire entrer en ligne de compte le caractère, 
les coutumes, les mœurs des Auvergnats? 

Je crois inutile d'insister sur ce que certaines côtes 
de la Limagne, avec leurs maisons de vigne se dé- 
tachant nettement sur le fond plus foncé, présentent 
de loin l'aspect de certains coins du Tell, égayés, 
rehaussés par les taches blanches des koubba. C'est 
là, s'il faut traiter sérieusement de la question, une 
coïncidence peut-être bizarre, mais sans aucune im- 
portance. 

Peut-être les constructions en pierres sèches, aux 
portes basses et d'une saleté qu'on est convenu d'at- 
tribuer, souvent à tort, à l'Arabe, surtout si Ton 



- 76 - 

établit une comparaison, sont-elles des indices plus 
sérieux. 

Mais ce sont là, je le répète, des coïncidences qui 
n'ont rien à voir avec une parenté morale quelle 
qu'elle soit. 

Il n'en est pas de môme du caractère déliant, rusé, 
un peu en arrière de la main du paysan, tant Auver- 
gnat qu'Arabe. 

L'hospitalité algérienne a été définie d'une façon 
très juste par un Officier de l'armée d'Afrique : c'est 
un jujubier. Ce petit arbuste a un caractère épouvan- 
tablement méfiant; aussitôt qu'on l'aborde, il met 
toutes épines dehors et ce n'est qu'au bout d'un cer- 
tain temps, lorsqu'il a fait connaissance, qu'il livre 
ses fruits délicieux qui font le bonheur des petits 
enfants. 

L'Arabe et l'Auvergnat sont, sous ce rapport, un 
peu semblables au jujubier. Le premier abord est 
d'une rudesse un peu brutale et d'une fierté un tan- 
tinet réfrigérante. Ce n'est qu'après quelques instants 
qu'ils s'amadouent, mais pas entièrement cependant, 
la défiance a toujours une certaine influence sur les 
relations, môme quotidiennes; les demandes de 
conseil sont toujours alambiquées, noyées dans un 
llol d'incidences et d'à-côtés, par peur de se livrer. 
La crainte délie trompé est poussée jusqu'à un cer- 
tain degré d'hypocrisie spéciale, qui t'ait qu'au point 
de vue politique, ils sont toujours de l'avis des gou- 
vernants, quelles que soient leurs convictions inti- 
mes. Il en est de cette façon d'être aussi bien à 
l'égai il des citadins et des supérieurs que des égaux. 
Celte défiance à l'égard du prochain est, chez l'un 
comme chez l'autre peuple, non peut-être la cause 



- 77 — 

exclusive, mais une des causes de trois fléaux : la 
routine, le morcellement des propriétés et le déve- 
loppement des actes processifs, avec la ruine consé- 
cutive et cetle défiance se complique d'une âpretéau 
au gain absolument extraordinaire qui souvent re- 
tarde de quelque temps la chute finale. 

Les citadins agissent d'autre façon, n'ayant que 
peu ou prou de propriétés foncières, ils émigrent et 
deviennent, s'ils sont Auvergnats, marchands de 
charbon et porteurs d'eau; s'ils sont Arabes, porte- 
faix, commissionnaires, cireurs, ce sont les biskris. 

Personne n'ignore que les Africains se vêtissent 
ou plutôt se vêtissaient exclusivement de laine avant 
l'invasion des marchés algériens par les cotonnades 
européennes. Les paysans de la Limagne, il y a 
tout au plus 50 ou 60 ans, ne portaient pas d'autre 
étoffe. 

En hiver, ils étaient entièrement vêtus de bure; 
en été, surfout pour travailler dehors, ils rempla- 
çaient le pantalon et le gilet de cette étoffe par des 
vêtements de même forme, mais en tissu plus léger 
quoi que toujours en laine et, actuellement encore, 
il n'est pas rare de voir des bergers recouverts d'une 
grande mante en laine imperméable qui ressemble 
absolument à un burnous, sauf qu'elle s'accroche sur 
la poitrine par une agrafe en bois ou en os au lieu 
d'être cousue et de s'enfiler par dessus la tête. Mais 
les couleurs sont les mûries : brun foncé comme 
l'est le tissu de poil de chameau, avec une bordure 
bleu de roi. 

Le sabot est la chaussure nationale de l'Auvergne, 
mais les paysans les laissent à la porte lorsqu'ils 
pénètrent dans la maison et même n'en portent pas 



- 78 — 

du tout quand il fait chaud, ils marchent alors nu- 
pieds. Les Arabes ne font pas autre chose lorsqu'ils 
quittent leurs sabbath, avec cette différence pourtant 
qu'ils ont les pieds beaucoup plus propres. 

Toutefois, je n'insiste pas énormément sur cette 
question du vêtement qui est commune à beaucoup 
de provinces du centre et du midi de la France, 
autrefois en contact, il est vrai, avec les Arabes et 
surtout les Maures. 

La nourriture est extrêmement frugale; chez les 
uns, de la soupe, des farineux, des châtaignes, du 
laitage; chez les autres, des pâtes, des figues, des 
dattes, du lait aigre; mais, chez les premiers comme 
chez les seconds, les grandes fêtes sont célébrées 
par des orgies de victuailles : salaisons, viande de 
porc, lard, choux, ou bien couscouss, mouton sous 
toutes les formes. Il n'y a que l'amour du vin qui 
se présente sous des aspects différents; affiché et 
exalté chez les Auvergnats, il est plus discret et 
plus effacé chez les Arabes, mais n'en est pas moins 
réel. Du reste, Mohammed ne savait-il pas qu'en 
défendant le jus de la vigne, il ne faisait que mettre 
un frein absolu à l'ivrognerie de ses compatriotes 
les Mekkois, parce que toute autre mesure aurait 
été insuffisante? Et, malgré cela, personne n'ignore 
(|ue dans les fondouks des côtes barbaresques, il y 
avait une boutique où l'on vendait cinum ad usum 
saraceiwruw, et qu'à Alger, au XYIII 6 siècle, le vin 
provenant des prises en nier était réservé à certains 
fonctionnaires pour en faire du... vinaigre, ajoutent 
certains documents empreints d'une réserve du meil 
leur goûl . . . islamique. 
Les paysans Auvergnats et Arabes, c'est surtout 



— 79 — 

à eux qu'il faut restreindre cette étude, puisque 
comme partout ils forment le fond de la nation, ont 
de nombreux points de ressemblance dans la façon 
de cultiver la terre. 

Le travail est superficiel, on se contente souvent 
de gratter la surface arable, d'ailleurs l'instrument 
principal ne permet pas de faire beaucoup plus. La 
charrue de l'un et de l'autre peuple est du genre 
araire, souvent sans soc de métal et je me souviens 
d'avoir vu, en pleine Limagne, une charrue faite d'un 
morceau de bois plus ou moins contourné et durci 
au feu, qui aurait fait le bonheur d'un cultivateur 
d'outre-Méditerranée. Ces instruments primitifs sont 
attelés de bœufs ou de vaches et en avant des bo- 
vidés, on voit souvent, en France, un âne, en Algé- 
rie, un mulet et dans les deux pays on vous explique 
que c'est pour entraîner les autres animaux. 

On se sert, dans la Limagne, comme outils de 
main, de la bêche ou de la binette et du hoyau; dans 
le Tell, on utilise la messa, qui est une binette ayant 
un fer de la largeur de celui de la bêche et de la 
pioche qui s'appelle fas . J~* > pluriel fissan .L~._ n _3, 
alors que le hoyau en patois se dit fesson. 

Un moissonneur qui se respecte, dans l'une et 
l'autre région, après s'être ceint le corps d'un tablier 
de cuir (Abbé Guélon. - A. Robert 1 , se servira rare- 
ment de la faulx et sera très expert dans le manie- 
ment de la faucille. Mais, toutes les fois qu'il aura 
besoin d'aiguiser son instrument, il se servira d'une 
petite enclume et d'un marteau. 

Le moissonneur peut être ou propriétaire ou jour- 
nalier et, dans les deux situations, il se comportera 
de même façon, qu'il soit de Riom ou de Constantine. 



- 80 - 

L'Arabe est un travailleur hors ligne lorsqu'il tra- 
vaille pour lui, c'est-à-dire chez lui; il découvrirait 
la paresse, si elle n'existait pas, lorsqu'il est aux 
gages de quelqu'un. 

L'Auvergnat arrache à la terre qui lui appartient 
tout ce qu'elle peut lui donner et il l'arrose littéra- 
lement de sa sueur; mais loué à gages, comme il le 
dit, il fait se succéder fréquemment les 8, les 10, 
les 4 heures... et chacun de ses repas est suivi 
d'une sieste digestive pour le passé et apéritive pour 
l'avenir. 

D'ailleurs, l'Auvergnat comme l'Arabe, adore 
s'accroupir à l'ombre d'une murette ou au coin d'un 
feu. Il rêvasse, le temps passe. . . ces messieurs sont 
contemplatifs. 

Cette sieste, le Limanien la fait souvent sous les 
noyers si chers aux Arabes de la limite des hauts 
plateaux. Des fruits de ces arbres, il tire de l'huile 
dont il fait une consommation effrayante, sauf pour 
les Arabes et les Kabyles qui, eux aussi, font leurs 
repas avec du pain ou de la kesra trempés dans de 
l'huile de noix pour les premiers, d'olive pour les 
seconds. 

Pour être conservée, l'huile de noix est placée dans 
d'immenses jarres de terre cuite sans pieds, qui ne 
diffèrent des jarres à huile d'olive qu'en ce que les 
premières sont plus larges et les secondes plus 
hautes. 

Des arbres fruitiers si nombreux en Limagne, les 
Auvergnats utilisent les produits pour faire des pètes 
qui sont une des gloires des villes d'eau des bassins 
de Vichy el deClermont, mais ces frivolités ne sonl 
en rien supérieures aux pâtes d'abricots qui sont 



- 81 - 

le chef-d'œuvre gastronomique de toute ménagère 
arabe. 

Il y a une centaine d'années, il existait encore en 
Limagne des associations agricoles très florissantes, 
je pourrais citer celles des Guitards-Pinons (962), 
des Barystel (1569), des Garnier (1513), des Bour- 
gade, desTarenteix. Les premières dateraient, d'après 
des pièces authentiques, du VIII e siècle, et selon 
M sr Doniol, en 1813, il en fut créé de nouvelles; 
enfin, d'après Fr. Mège, il en existerait encore une 
dizaine dans les environs de Thiers. 

L'origine de ces associations, selon certains au- 
teurs, remonterait au moyen âge et aurait été le fait 
des seigneurs dans le but de faciliter la culture de la 
terre et la rentrée des redevances. Les dates que je 
viens de citer les font beaucoup plus anciennes et 
semblent donner raison à ceux qui, avec M. Viallet 
(Précis de l'Histoire du Droit français), veulent y 
voir un reste des coutumes antiques. On pourrait 
peut-être y voir une persistance du clan celtique tel 
qu'on le retrouve encore clans le pays de Galles. 
Mais, en tous cas, il faut remarquer que l'existence 
de ces communautés paraît en désaccord avec le 
droit romain et qu'elles sont totalement différentes 
du colonat latin. Ces associations avaient des biens 
collectifs qui étaient cultivés par chaque membre, 
suivant ses forces et ses moyens et dont le produit 
était réparti entre tous. Le chef de ces collectivités 
s'appelait le monislre; il était élu de parmi les vieil- 
lards et avait quelquefois un coadjuteur. Il avait la 
surveillance, entre autres choses, des établissements 
de charité dits Ladreries, destinés à recevoir les 
malheureux, et récitait lui-même la prière devant la 
communauté assemblée. 



- 82 - 

Y a t-il une gronde différence avec les tribus arabes 
qui cultivent en commun des terrains appelés arch 
{J»j- Z , absolument inaliénables, par opposition aux 
terrains particuliers dits mdk ^>A.j>. Ces tribus sont 
sous les ordres de chefs appelés clieichs ^à, dont la 

traduction est vieux, vénérable, aidés de vicaires 
appelés khalifat J-f^. Pour recevoir les pauvres et 
subvenir à leurs besoins, il existe des propriétés ré- 
servées d'ordre religieux, appelées llabous. Les chefs 
dignes de ce nom tiennent à honneur de remplir les 
fonctions d'Iman, comme le faisait Abdelkader, 
c'est-à-dire de se mettre en avant de leur tribu pour 
la cérémonie des cinq prières rituelles. 

C'est, d'ailleurs, la continuation de ce que Strabon 
signalait comme existant en Arabie et si l'on ren- 
contre semblables organisations en Géorgie, Turkes- 
tan, Crimée et Serbie, c'est probablement au contact 
des peuplades musulmanes de ces régions qu'il faut 
l'attribuer. 

Dans ces associations et ces tribus régnaient des 
mœurs spéciales qui ont beaucoup de ressemblance 
entre elles et dont il reste encore des traces appré- 
ciables, même en Auvergne. 

La femme est considérée comme inférieure à 
l'1 101 urne, mais elle n'en est pas nu nus respectée com- 
me tille, comme épouse et surtout comme mère. Je 
me souviendrai toujours d'avoir chassé avec un chef 
indigène de la plaine de Constantine, qui réservai! 
toujours sa première pièce de gibier pour sa mère, 

qu'il honorait d'un véritable culte. Chez les deux 
peuples, les seul imeills de famille, quoiqil'eri disent 

les légendes, sont très développées, mais la tradition 

esl la plus forte que la nature. 



83 



La femme ne mange pas en même temps que 
l'homme et ne s'assied pas à table avec lui : elle 
s'occupe presque exclusivement des enfants jusqu'à 
l'âge de 15 ans dans les associations agricoles, jus- 
qu'à celui de 7 ans dans les tribus. 

Les filles sont peut-être plus caressées par le père, 
parce que plus chattes, mais il n'est pas rare d'en- 
tendre un indigène algérien indiquer comme nom- 
bre d'enfants le chiffre des garçons, et lorsqu'on lui 
fait remarquer son erreur, il répond : « Ah! oui, 
ce sont des filles, je ne comptais que les garçons. >> 
Cette réponse fut faite à Alexandre Dumas par El 
Hadj Mokrani, khalifat de La Medjana, le 1 er jan- 
vier 1846. Un Limanien ferait peut-être bien la même 
réponse. Un Arabe va plus loin; en parlant d'une 
femme, il ajoute toujours «hachai», sauf votre res- 
pect. 

On voit fréquemment des femmes enceintes, qu'elles 
soient chrétiennes ou musulmanes, se livrer aux tra- 
vaux des champs, aller chercher de l'eau, traire les 
animaux, et j'ajouterai que les mesures les plus élé- 
mentaires de l'hygiène et de la propreté sont aussi 
inconnues aux unes qu'aux autres. 

Dans les associations agricoles, le monistre impo- 
sait les mariages et on a vu des unions dispropor- 
tionnées entre un garçon de 15 ans et une femme 
de 28 ans. Chez les Arabes, le chef de la tribu n'a 
rien à voir dans cet acte familial, mais les parents 
règlent tout à leur gré et les fiancés ne se sont sou- 
vent jamais vus avant la cérémonie. Ces fêtes nup- 
tiales se célèbrent avec accompagnement de coups 
de feu, dangereuses salves qui ne se tirent guère 
sans quelque accident grave, qu'elles fassent retentir 



les échos de la chaîne des Dômes ou ceux des forêts 
de l'Aurès. 

De ces unions naîtront des enfants qui, une fois 
livres à eux-mêmes, s'en iront flâner le long dos 
sentiers. S'ils sont Auvergnats, ils couperont dans 
les haies, des brins de sureau ou, le long des ruis- 
seaux, des branches de saule. Puis ils frapperont 
sur l'écorce de façon à la détacher du bois, en chan- 
tant une mélopée aussi plaintive que celles qui char- 
ment les oreilles des petits arabes, et dans cette 
mélopée reviendront souvent les mots Barri, Barré. 
Or, Barré, qu'est-ce autre chose que le mot sémite 
! y -} barra (sors) dehors. 

Mais lorsqu'ils s'éloigneront par trop, leur prie 
ou leur frère les rappelleront eu criant d'une voix de 
tête, dans un ton presque mineur, en allongeant la 
première syllabe et en terminant la dernière syllabe 
par un a. 

Pour qui a entendu, ne fut-ce qu'une seule fois, 
les bergers arabes s'interpellant d'une voix qui vrille 
les ombres violettes du soir qui tombe, c'est la voix 
du cousinage qui parle. 

Enfin, il est une étude assez intéressante, quoique 
bien spéciale à faire, c'est celle des superstitions et 
des légendes. Mais elle est aussi assez délicate; le 
peuple orabe ayant vu s'accroître avec les années la 
puissance de son imagination, alors qu'au contraire, 
dit Legrand d'Aussy : « Je vois un peuple abusé, à 
a qui ses ecclésiastiques el ses moines ont fait croire 
(( les contes de leurs légendes; mais, en vain, je 
(( cherche à découvrir dans ses traditions quelques 
a germes d'un grand caractère, quelque étincelle de 
« sagesse «ai de génie, d'énergie nu d'audace, je n'y 



-65- 

a trouve que superstition grossière, ignorance hon- 
« teuse et crédulité absurde. >) 

Je vais tenter, cependant, de trouver quelques 
points de ressemblance. 

Il y a certain conte de sorcière où l'on voit Belzé- 
buth sortant « tout petit d'abord d'une cruche qu'une 
« main secrète apportait.... puis Belzéhuth gran- 
« dissait à vue d'œil. » C'est l'histoire du vase retiré 
du fond de la mer dans les contes des Mille et une 
Nuits. 

Dans la légende du pape Gerbert, on voit ce pon- 
tife devenir un mécréant et un suppôt de l'Enfer 
pour avoir été chez les a Musulmans » et s'établir 
clans une « ville damnée appelée Cordoue. » Les dis- 
ciples de Mohammed n'avaient cependant pas cette 
mauvaise réputation au XIII e siècle notamment, au 
moment où Astorg ou Austan d'Aurillac conseillait 
aux Chrétiens de se faire Mahométans à la suite de 
la mort de Saint Louis, pendant la 8 e croisade. 

La mule qui portait les reliques de Saint Mary 
frappa, à Apehen, le roc du pied et fit jaillir une 
source, de même que le marabout de Kenachia, 
après s'être ouvert un passage dans le massif du 
Guérioune, fut enterré à cet endroit et un olivier 
jaillit subitement de sa tombe. 

Saint Maurice, le légionnaire, guérit les pieds 
bots, si la mère du petit malade dépose une offrande 
à la roche de la Griseyre et si cette offrande est prise 
par le premier passant. La médecine populaire arabe 
repose essentiellement sur le dépôt en un endroit 
quelconque d'une offrande destinée aux djenoun; la 
guérison est obtenue lorsqu'un passant renverse le 
vase qui la contient; toutefois, la croyance musul- 



-66 - 

mane est assez inhumaine, le malade guérit, mais le 
passant contracte l'affection morbide. 

Au moment de la conquête de l'Algérie par les 
Arabes, Sid Ali, gendre de Mohammed, fut serré 
de près par des cavaliers chrétiens, il arriva en face 
de la faille d'El-Kantara. Son cheval franchit l'obs- 
tacle en imprimant ses pieds de derrière sur un bord 
et ceux de devant sur l'autre. 

Saint Martin, plus pacifique, allait, prêchant la re- 
ligion du Christ, monté sur un cheval que rien n'ar- 
rêtait. En gravissant les versants du Riou, il y im- 
prima son pied; mais par suite d'une maladresse 
invraisemblable, il prit mal son élan en franchissant 
le ruisseau et alla donner du front contre un rocher 
qui se dressait sur l'autre rive. Il ne faut pas avoir 
l'air de douter de l'authenticité des traces laissées 
par le guerrier musulman et l'apôtre chrétien, pas 
plus d'ailleurs que par la Pucelle de Saint Michel. 

Qui n'a entendu parler d'Hammam-Meskoutine? 
et cependant bien peu de personnes connaissent l'éty- 
mologie du nom. Un jour, un jeune homme s'éprit 
d'amour pour sa sœur et l'épousa. Mais au milieu 
des cérémonies nuptiales, Allah pétrifia tout le cor- 
tège. Meskoutine veut dire « maudits ». On voit avec 
un peu d'imagination les deux jeunes gens, les mu- 
siciens surtout, l'un joue de la reïla, l'autre frappe 
sur un tebel... de même qu'à Monistrol-sur-Loire, 
on aperçoil tous les diables immobilisés au moment 
où ils voulaient induire en tentation le saint homme 
Antoine. 

Près de Massiac, Madeleine, pour aller converser 
avec Victor, son fiancé spirituel, lançait son chapelet 
par dessus l'Alagnon et passait sur ce pont de mince 



- 87 - 

tablier. Le Coran ne dit pas autre chose, lorsqu'il 
décrit la lame de sabre sur laquelle les croyants 
doivent passer pour atteindre au Paradis, qui se 
trouve à l'extrémité, alors que l'Enfer ouvre en des- 
sous sa gueule béante. 

Les animaux ont une grande influence dans la 
conjuration du sort. 

Voir une araignée tisser sa toile au-dessus de sa 
tête est d'un présage aussi heureux que d'apercevoir 
un chacal après le lever du soleil. 

Un algérien superstitieux cloue un fer à cheval 
sur sa porte, cela préserve du mauvais œil; un 
habitant de la Limagne ne manque jamais de ramas- 
ser le fer qu'il peut trouver, cela porte bonheur. 

Puisque j'ai dit, il y a un moment, un mot des 
mélopées, j'en arrive à étudier le point de vue très 
particulier de la musique. 

Les Arabes ont des airs très originaux, d'un ton 
lent., solennel, grave et souvent en mineur; je dirais 
presque que ce sont des récitatifs si, tout à coup, la 
reïta, qui accompagne le chanteur de ses notes grêles 
et aigrelettes, ne faisait entendre une finale brisée 
que la voix soutient d'un éclat énervant; puis sou- 
dain l'orchestre tout entier, composé surtout de tam- 
bours sourds et bruyants et de massives castagnettes 
en fer, fait rage en un tintamarre assourdissant et 
précipité, on dirait d'un bruit de tempête et d'orage 
au milieu duquel la reïta continue à casser des vitres. 
Puis, avec non moins de soudaineté, le couplet re- 
prend son mode pleurard. 

Les Auvergnats n'ont rien à envier aux Algériens 
pour la gravité, l'élévation et la monotonie, et la res- 
semblance est encore complétée par les sons criards 



- 88 - 

de la musette et de la vielle, et s'ils ne font pas appel 
aux instruments bruyants, ils le regrettent assuré- 
ment, car ils adorent le tambour, parce que « le tam- 
bour fait du vacarme. » 

Les notes arabes commencent entre le do dieze et 
le do naturel et ne parcourent pas plus d'une octave, 
la notation auvergnate fait un usage immodéré de la 
clef de fa dièze et si elle contient plus de huit notes, 
il est de règle qu'elle ne dépasse pas ce chiffre de 
beaucoup. 

Ajouterai-je que si les chansons des chrétiens sont 
grivoises au point d'avoir pu faire le bonheur d'un 
grenadier de la garde consulaire, celles des musul- 
mans auraient été fort goûtées des janissaires de la 
Régence. 

Tout peuple qui chante, aime la danse; mais cette 
danse est en rapport direct avec les chansons, dans 
le cas qui nous occupe. Elle présente les mêmes ca- 
ractères de gravité et de monotonie. 

La Bourrée n'a généralement qu'un seul couplet. 
« L'air est à deux temps et se compose de deux rao- 
« tifs distincts, chacun de huit mesures; le second 
« n'est jamais qu'une contre-partie ou une variation 
« du premier motif. » (D r Pommerol). 

Quelque fois la danse consiste à avancer, à reculer, 
à se porter à droite, à gauche, à tourner, à changer 
de place. Puis le mouvement s'accélère, on frappe 
des pieds et des mains. 

D'autres fois, la danse affecte des allures lentes 
et majestueuses, je dirais presque religieuses. La 
jeune fille s'avance d'un air résolu, puis se dérobe à 
l'approche du jeune homme, et recule vivement, la 
poursuite se termine par un tour du couple enlacé. 



— 89 — 

La danse arabe, non pas la danse dite " du ventre ", 
qu'ont si odieusement vulgarisée les expositions à 
attractions, mais la véritable danse, qu'elle s'appelle 
" du mouchoir " ou " du sabre", qu'elle soit exécutée 
par des Oulad-Naïls ou des Iferkas, est grave, ma- 
jestueuse. Elle symbolise l'invite l'aile par une jeune 
fille à l'élu de son cœur, puis celle-ci hésite, elle 
recule, elle se risque de nouveau. Les gestes sont 
lents, gracieux, un peu puérils, et lorsque la dan- 
seuse s'anime, les bras s'élèvent au-dessus de la tête 
en faisant claquer le mouchoir et les pieds martè- 
lent impatiemment le sol. Le jeune homme de la 
bourrée est supposé, la bienséance musulmane ne 
le permet pas autrement. 

Dans les deux cas, qu'il s'agisse de l' Auvergne 
ou de l'Afrique, ce sont des danses à spectacle, 
danses offertes aux spectateurs par les danseurs qui 
deviennent des acteurs. 

Mais je ne veux pas m'éterniser en cette étude 
comparative. Je ne voudrais pas que le lecteur put 
croire que, soutenant aveuglément ma thèse, je 
veuille à tout prix voir des concordances là où il y 
a à peine des ressemblances. Je me contente de 
signaler, sans aucunement tirer des déductions, 
comme d'ailleurs doit le faire tout archéologue un 
tant soit peu sérieux. Comme le disent les Arabes : 
a A quoi bon conclure, l'avenir comme le passé sont 
« à Dieu seul. Dieu seul sait et connaît, a 

Lieutenant MAITROT, 

du 105 e Régiment d'Infanterie, 

Membre de la Société d'Archéologie de Constantinc 
et de la Société de Géographie d'Alger et de Y Afrique du Nord. 



La Source d'Aïn-el-Ksar, 

PRÈS DE ROUFFACH 



La question hydraulique étant, de beaucoup peut- 
être, la plus importante en Algérie, il est bon de re- 
lever toutes les traces des travaux jadis exécutés 
par les Romains à l'effet d'utiliser les eaux apparentes 
ou cachées du pays où nous leur avons succédé. 

Nous ne pouvons mieux faire que de les imiter, 
car ils semblent avoir porté à la perfection l'art de 
capter les sources, de mettre à profit les moindres 
suintements du sol au bénéfice de l'hygiène et de 
l'agriculture. 

Dans presque tous les travaux que nous entrepre- 
nons nous-mêmes dans ce but, il est rare que nous 
ne rencontrions pas les vestiges de travaux analo- 
gues datant de l'occupation romaine. 

Le fait vient de se produire tout récemment encore 
au village deRouffach. Il m'est signalé par M. Louis 
Frey, ingénieur-expert à Constantine, qui m'envoie 
la notice suivante, accompagnée d'un plan explicatif. 

« Chargé par la commune de Rouffach de l'établis- 
sement d'un projet de captage et d'adduction d'une 
source dénommée par les arabes Aïn-el-Ksar (source 



- 92 - 

du château-fort), située à 3 kilomètres environ au 
sud de Roufïach, aux environs de l'antique Mastar, 
j'ai eu l'occasion de relever des vestiges assez inté- 
ressants du captage de cette source par les Romains. 

a Ce nom d'Aïn-el-Ksar lui vient de ce qu'elle 
sourd à la base d'un gros mur romain en pierres de 
taille, qui ne doit être que la substruction d'un an- 
cien temple, comme les anciens avaient coutume 
d'en élever aux divinités des sources. 

« Ce mur, établi sur la rive gauche du ravin d'Aïn- 
el-Ksar (voir le plan ci-joint), mesure dix-sept mè- 
tres de longueur sur trois de hauteur en moyenne. 

« Le long de sa base et sur la rive opposée, on 
voit encore en place, sur un massif en béton, les 
pierres de bordure du radier destiné à préserver des 
crues du ravin les sources qui étaient captées par 
en-dessous. 

« Ce radier se prolongeait en amont de façon à se 
confondre avec le lit du ravin, et l'on voit encore 
dans le rocher un redan rectangulaire taillé au burin, 
qui avait pour but d'assurer une bonne liaison du 
radier avec le rocher de la rive droite. 

o Pour mon projet de captage, je n'ai pu mieux 
faire que de prévoir le rétablissement de ce qui exis- 
tait dans l'antiquité. » 

Notre Société archéologique se fait un devoir d'a- 
dresser ses plus sincères remerciments à M. Frey 
pour son intéressante communication. 

U. HINGLAIS. 



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Plan (de l'AIn-el-Ksar 




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Vestiges r.imain- ivkn- .l.in- le Cliabei Ain-d-K 
situé d^ins l,i commune de Rouffacii! 




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Notre actif confrère, M. André Piquet, architecte 
à Aïn-Beïda, m'a signalé, il y a quelque temps, une 
intéressante découverte faite à Clairfontaine, dans 
une ruine byzantine, par M. Vuillemot, actuellement 
commissaire de police à Perrégaux. 

Elle consiste en un crucifix de plomb « fortement 
encrassé de matières terreuses ou calcaires, — 
m'écrit M. Piquet, — mais en excellent état. La 
c*roix a m 40 de hauteur et m 22 de largeur; l'épais- 
seur est de m 006; la largeur des branches de m 065; 
la hauteur du Christ, de la tête aux pieds, de m 20, 
et sa largeur, dans l'extension des bras d'une main 
à l'autre, de m 18. » 

La lettre de notre confrère était accompagnée d'un 
dessin, très habilement exécuté, de l'objet trouvé; 
elle me disait en même temps que, si je lui en adres- 
sais la demande, M. Vuillemot n'hésiterait peut-être 
pas à faire don de sa découverte à notre Musée de 
Constantine. 

J'écrivis aussitôt à M. Vuillemot qui, avec une 



- 94 - 

générosité digne d'un véritable ami de l'antiquité, 
me répondit par l'envoi du crucifix. 

Cet objet fait donc désormais partie de nos collec- 
tions et j'ai pu l'examiner en détail. 

Il me fut facile, après l'avoir mouillé, de le débar- 
rasser tout à fait, au moyen d'une brosse, des ma- 
tières terreuses qui l'encrassaient. 

Disons tout d'abord que l'œuvre accuse une main 
tout à fuit inexperte aux travaux de ce genre, celle 
d'un amateur malhabile chez qui la piété n'a pas eu 
la vertu de remplacer le talent. Les proportions assez 
exactes qu'il a données au corps du Christ montrent 
cependant qu'il avait d'assez justes notions du des- 
sin académique. 

Le Christ tait corps avec la croix et a été fondu 
de la même coulée. Le moule en a été grossièrement 
creusé au couteau dans une pièce de bois, du cèdre 
probablement, autant qu'on en peut juger par l'em- 
preinte des filtres qui sont très fortement accusées, 
aussi bien dans les branches mêmes de la croix que 
dans le corps du Christ. L'ouvrier se réservait peirt- 
être de retoucher ce dernier au ciseau pour lui don- 
ner du modelé. 

Le corps est nu, sauf aux reins qu'entoure un 
linge noué sur le côté gauche, en forme de serviette, 
et non de jupon comme dans la plupart des crucifix 
byzantins et généralement dans ceux des premiers 
siècles. Les pieds, l'un à côté de l'autre, ne se su- 
perposent point. La tète, levée en l'air, a les yeux 
dirigés vers le ciel; ou n'y aperçoit plus do traces 
de la libre ligneuse du moule. Celui-ci avait proba- 
blement été doublé en cette pai lie d'une couche d'ar- 
gile alin de permettre de donner au visage du Christ 



- 95 — 

des détails que la grossièreté de la taille du bois 
n'aurait pas rendus. 

L'endroit où le crucifix était enfoui, au milieu de 
ruines byzantines, marque l'époque probable à la- 
quelle on peut le reporter; sans doute à la dernière 
période de la domination grecque en Afrique, au 
VIP siècle, quand déjà les monuments qu'elle avait 
élevés étaient brusquement abandondés à l'approche 
des envahisseurs. 

U. HINGLAÏS. 



LA 

Kalâa des Beni-Hamiftftdi 

(MAADID) 



Dans le 37 e Recueil de la Société archéologique 
de Constantine (1903), nous disions : « La Somàat 
« qui sert encore de minaret aux indigènes lettrés 
« pour annoncer l'heure de la prière aux fidèles, 
a mériterait bien d'être classée monument histori- 
« riques nous espérons que l'Autorité supérieure ne 
« la laissera pas tomber en ruines et prendra les 
« mesures nécessaires pour conserver ce remarqua- 
à ble spécimen de l'architecture berbère. » 

Ce vœu vient, enfin, d'être exaucé grâce à la solli- 
citude du Gouvernement Général et à l'heureuse 
intervention du distingué architecte en chef des mo- 
numents historiques, M. Ballu. 

De très sérieuses réparations ont été faites aux 
deux monuments : le palais du Fanar et le Minaret. 
Deux tirants en fer ont été placés au premier de ces 
monuments afin de retenir la partie Est qui mena- 
çait de s'écrouler dans l'Oued-Fradj. Le Minaret 
dont les murs (surtout celui de la face nord) étaient 
fortement dégradés par les intempéries, a été égale- 
ment réparé. Les vides occasionnés par la chute des 



- 98 - 

pierres de certaines parties de la maçonnerie ont été 
comblés et les angles des murs ainsi que les arceaux 
des ouvertures de la lace sud ont été refaits 

On ne saurait trop féliciter le service des monu- 
ments historiques du soin qu'il a apporté à la répa- 
ration du Fanar et de la Somûat. Malgré les plus 
grandes difficultés à établir ses échafïaudages volants 
au-dessus de l'escarpement rocheux du Fanar et 
sur les ilancs du Minaret qui a plus de 24 mètres 
de hauteur, le contre-maître Bertagnolio, employé de- 
puis 20 ans aux monuments historiques, a pleinement 
réussi dans la mission que lui avait confiée M. Ballu. 

Sous la direction éclairée de l'architecte en chef 
des monuments historiques qui se rendit à cet efïet 
sur les lieux, les réparations nécessaires ont été 
effectuées d'une façon parfaite et sans qu'aucun acci- 
dent (ce qui était à redouter) ne se produise. 

Les sérieuses et solides réparations faites au pa- 
lais du Fanar et à la Somâat (minaret) assurent la 
conservation de ces deux intéressants vestiges de la 
célèbre capitale Hammadite. Ils peuvent, dorénavant, 
résister encore victorieusement, pendant plusieurs 
siècles, aux intempéries. 



* # 



Le général De Beylié, commandant les troupes 
d'Indo-Chine, fit à ses frais au cours de l'année 1908 
des fouilles importantes au palais du Fanar et dans 
les ruines appelées par les indigènes Dar-el-Bahar, 
à 170 mètres au nord du Minaret. 

Ces fouilles permirent de dégager le palais du 
Fanar et de relever exactement le plan de Dar-el- 




Figure 1, — Kalàa des Beni-Hammad, 
Plâtres sculptés et colorés. 



— 99 - 

Bahar, Elles amenèrent aussi la découverte de nom- 
breux débris de poterie décorée et estampée (') ainsi 
que des vases, lampes, etc., en poterie commune, 
des pierres tombales avec inscriptions, des marbres 
sculptés, des verres de diverses couleurs, des plâ- 
tres artistiquement fouillés. 

Dans un travail illustré de nombreuses et belles 
reproductions photographiques, le général De Beylié 
a exposé le résultat de ses recherches (-) 

Nous croyons intéressant, pour les Membres de 
la Société archéologique, de donner ici la reproduc- 
tion de certaines pièces découvertes au cours des 
travaux de recherches, pièces que nous avons pho- 
tographiées à l'intention du général De Beylié. 

( Planche n° i ) 

1° Fragments de frise et de coupolettes en plâtre 
sculpté et peint. — Ces pièces ornaient une salle 
de Dar-el-Bahar. La coupolette avait environ 50 cen- 
timètres de diamètre et se trouvait dans l'angle de 
deux murs garnis de frise. Ses diverses sections 
étaient peintes en rouge et bleu. Le fond de la frise 
était ronge et les entrelacements étaient peints en 
bleu avec filets jaunes. 

Ces appliques murales, dont l'épaisseur avait en- 
viron 5 centimètres, étaient bien conservés, grâce à 
l'envahissement par les terres, de la salle dans la- 
quelle elles se trouvaient, mais les couleurs bleu et 



(1) Voir les planches 9, 10 et 11 de La Kalàa et Tihamamine par A.Ro- 
bert, 37 e Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique, 
année 1903. 

(2) La Kalaâ des Beni-Bammad. général De Beylié, E. Leroux, Paris, 
1909. 



- 100 - 

ronge ne résistèrent pas à l'action de l'air et de la 
lumière, elles disparurent très rapidement. 

(Planche n° 2) 

2° Vases, tuyaux en poterie. — Ces divers objets 
sont faits en poterie commune et ne portent pas d'or- 
nementations. La terre avec laquelle ils ont été con- 
fectionnés est grossière et de couleur blanchâtre. 

Le plus grand des tuyaux, de forme cylindro- 
conique, devait servir à une conduite d'eau. Ces di- 
verses poteries ont été trouvées dans le Dar-el- 
Bahar. 

Les débris de poterie de luxe que l'on rencontre 
à chaque pas, dans les diverses parties de la ville, 
sont faits d'une pâte beaucoup plus fine, qui a été 
soigneusement lavée et pétrie. Cette poterie de luxe 
comportait des Iniques, tomeltes, plats, assiettes, 
vases de diverses formes, lampes. Ces divers objets 
étaient décorés de dessins divers, coloriés et émail- 
lés. Quelques-uns étaient estampés avec des enrou- 
lements très artistiques, ils démontrent que l'art 
musulman avait pénétré jusque dans le pays ham- 
madite. 

( Planche 11° 3 ) 

3° Linteau de la porte du Fanar. — En dégageant 
la porte du palais du Fanar, les ouvriers ont trouvé 
ce linteau qui est en calcaire provenant des roches 
locales. Les pieds-droits de cette porte étaient en 
calcaire de la même origine et comportaient, comme 
le linteau, des inscriptions en caractères coufiques. 

Achille ROBERT, 

Administrateur principal de Commune mixte honoraire, 

Correspondant du Ministère de l'Instruction puM que. 




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ET 

VESTIGES ANCIENS 

RELEVÉS 

DANS LA PROVINCE DE CONSTANTINE 

PAR 

L. JOLEAUD et A. JOLY 



N.-B. — Les chiffres romains se rapportent à des sections tracées 
sur les feuilles de la carte topographique pour faciliter le repérage 
des ruines signalées. 



Mous avons usé des abréviations suivantes : 

R , ruine. — R. I., ruine indigène. — R. A., ruine arabe. — 
R. R., ruine romaine. — T. prêisl. ou antéisl., tombeau préislamique 
ou antéislamique. — Tum-, tumulus. — Croml., cromlech. — Bas,, ba- 
zina. — Dolm.. dolmen. — SU , silex. — Esc, escargotière — M. de 
/)/•., mur de propriété. — NéoL, néolilhique, - Vest., vestiges. — 
Monum., monumental. — P. cot. point coté. — /2 e , route. — R' Nat., 
route nationale. — Ch. d. F., chemin de fer. — S : gn. top., signal topo- 
graphique. — Dr., droite, — G., gauche. — R. dr., rive droite. — 
R. G., rive gauche. — Diam., diamètre. 



1° Feuille Thala 

(au 1 /200,000 e de la carte topographique de l'Algérie 
du service géographique de l'armée) 

I. — Angle S.-O., alentours de Tèbessa. 

1. Djebel-Osmor, flanc E., carrière romaine, pierres 
avec les trous préparés pour placer les coins, d'au- 
tres débitées. 



- 102 - 

2. Tébessa, angle S. du jardin public, sous le 
blockhauss, un kjœkœnmœdding de l'espèce dite 
escargotière U), silex taillés. (Observation communi- 
quée par MM. Latapie et Pallary). 

3. Hfana, R. G. de l'oued, face au moulin, et sur 
1 kil. de long, esc; deux beaux grattoirs, une lame 
retouchée de m 09, un disque, une pierre de jet, etc., 
(Latapie-Pallary). 

4. Sur un espace d'un kilom. au N. de la précé- 
dente esc, trois ou quatre autres disséminées. (La- 
tapie-Pallary). 

5. Sur la rive opposée, quantité de petits tertres 
(tum. ou fonds de cabanes?); alentour, abondance 
de sil. taillés (grattoirs, polissoirs, lames à pointe 
recourbée, à dos retaillé, disques de dimensions pe- 
tites, mais d'un beau travail). Un morceau de poterie 
analogue à celui ligure page 132, fig. 9, Bull, arch., 
Const. 1908, Grotte des Gurs } mais sans bourrelet 
à la partie supérieure; la pâte grossière, contient des 
paillettes brillantes et des débris de coquilles d'escar- 
gots. A remarquer la forme particulière en coin des 
grattoirs. (Latapie-Pallary . 

6. Col entre le Djebel- A nouai et le Djebel-Doukkane, 
au haut de l'oued Refana, une dizaine d'amas de 
pierre; ce sont probablement des tas de pierres ara- 
bes. (Latapie-Pallary). 

7. Aïn-Elanba, esc; sil. (Latapie-Pallary ). 

8. Aïn-Chabro, R e de Tébessa à La Meskiana; à 
côté de la source, les R. R. signalées au n° 98 de 



(1) Ainsi dénommée à cause de l'abondance de coquilles d'hélix qui 
\ rencontrent et qui toutes portent la trace du feu ; ces hélix ont été uti- 
Lié< - pour sa nourriture par l'homme préhistorique. 



iô3 - 



Y AU. arch. m'ont paru assez étendues, et il m'a sem- 
blé que l'épithète « sans importance » dont elles sont 
qualifiées ne leur convenait qu'imparfaitement. Elles 
ont d'ailleurs servi de carrière. 

9. Le kjœkœnmœdding, du type esc. signalé Tan 
dernier par nous dans le Bull, de la Société sur la 
Voie ferrée du Kouif, est au point kil. 3 -f- 500. 

II. — Le Kouif. 

10. Ain-Sejra, esc; sil. (Latapie-Pallary). 

11. Aïn-Kebira, village de la mine; unpeuauN.-E. 
de celui-ci, pentes de la montagne, dolmens. (Pal- 
lary). 

III. — Chaîne de Gounifida à Morsott. 

12. Usine de phosphates d'Essenn; au N. et tout 
près; esc. et sil. (Latapie-Pallary). 

13. Un peu plus au N., sentier se dirigeant sur 
l'E. de Hamimat-Gueblia, à 100 m. au N. de la bifur- 
cation avec le sentier se dirigeant sur l'O. de la même 
Hamimat, à la coupée d'un ravin, esc; sil. (Latapie- 
Pallary). 

14. Morsott (n° 66 de Y AU, arch.), Beau chapiteau 
composite dans les champs, au S. du village, à une 
centaine de m. et une tumulaire reprise dans un 
caniveau. 





~~~~x~~— ~~~~ 






D M S 






ROCIMARVS 






V I X T ANS 






I X X H S E 






F 1X1 PIIICER 











— 104 - 

15. A un kil. N. de Morsott, environ, esc. et sil. 
(Latapie-Pallary). 

IV. — Massif montagneux entre les Oued-Oureirir 
et Sarrat. 

16. Ain Najeriya; esc. et sil. (Latapie-Pallary). 

•i icuillc Aïu-Beïda 

(au 1/200,000') 

I. — Aïn-Beïda à La Meskiana (en tournant le 
Djebel-Zazia par l'O. et le S. et le 
Guern-Ameur par le N et l'E.). 

1. Manon canlonnière, au sud de la halte du ch. 
cl. f. de Khenchela; à 150 m. au N. de la maison et 
à 80 m. O. de la route, colonne cylindrique en pierre 
dure (servant aujourd'hui de rouleau à battre), hau- 
teur l'"20, diamètre m 50; a porté une inscription 
sur une de ses faces, tellement usée qu'elle est illi- 
sible; j'ai cru y reconnaître : 

\. 1 E N T 1 A 

T \J 

I N 

L'A de la fin de la première ligue n'est pas sûr, 
c'est peut-être un N. 

2. Coudiat-Errajel; sil. épars, grossièrement taillés, 
à ileur de sol. (Il y a en ce point, dans les roches, 
des gisements de sil. qui ont fourni d'abondants 
matériaux aux tailleurs de sil. 

3. Terrasses dominant la plaine entre le Coudiat en 
question et la maison cantonnière du n° 1, vest. de 
tombes préisl. (baz. ou tum.). 

4. Entre Jlenchir-Elhamem et lilr-dréa-Elmakhzen, 

au S. du Djebel-Zazia, sil. grossièrement taillés à 
fleur de sol. 



- 1Ô5 - 

5. Dréa-Elmckhazen, au col, vest. de baz. circulaires 
avec mur de base double en dalles debout; l'un, a 
10 m. de diam. juste au col; d'autres plus petits 
(3, 5, 6 m. de diam.) dans l'alfa, au N. du col ; vest. 
d'autres plus petits encore (l m 50 à 2 m 00) çà et là. 
Dans un ravin, à 250 m. N.-O. du sommet du col, 
un tum. bien conservé; c'est un tertre de 20 m. de 
base, de 2 m 50 de haut., tronc conique à base circu- 
laire, légèrement affaissé au sommet, revêtu exté- 
rieurement de plaques de calcaire tufacé, destinée s 
à le protéger contre le ruissellement. (Type n° 6 de 
la " Répartition et caractère des Vestiges anciens 
dans l'Atlas tellien '0. oranais) et dans les Steppes 
oranaises et algézaïres ". (Joly, Reo. afr., 1909, 
1 er et 2 e trim.). 

6. Bir-bou-Arouj, vest. de petits tombeaux préisl. 
(baz. ou tum ). 

7. Coudial-Maazoula et Guern-Ahmeur, au N., vest. 
de murs de jardins et de terrasses. 

8. Guern-Ahmeur, pointe E., vest. vagues de baz. 

IL — La Meskiana à Tèbessa. 

9. La Meskiana, sommet mamelon de la mzara à 
150 ou 200 mètres O. du village; esc, sil. 

10. A 1,500 m. S. du village et à 6 ou 800 m. O. 
de la route, R. R. qui a servi de carrière, (village) . 
Colonnes, bas-reliefs, etc., en ont été tirés, ainsi 
que d'une ruine qui se trouve sur la première ligne 
de collines à 5 ou 6 kil. au N. du village. 

11. Oued-Elhamaja, collines à l'O. de la R e et do- 
minant de l'E. la vallée de l'Oued; sil. grossière- 
ment taillés à ileur de sol; vest. de T. préisl. circul. 

8 



— 106 — 

en moellons; l'une d'elles, à l'endroit où s'élève une 
m/.ara. à laquelle elle sert de base. 

12. Baba Elrecltioua, bord S.-O. de la forêt, à peu 
de distance de la R' nat. Aïn-Beïda-Tébessa, vest. 
de T. préisl. circul. 

13. Djebel-Kechrid, au-dessus du sommet, au pied 
des pentes boisées, vest. de nombreuses T. préisl. 
circul. Quelques-unes sur un petit plateau qui rompt 
la pente, paraissent avoir été monumentales; une 
très grande (20 m . de diam ) parait avoir été llanquée 
de plusieurs petites . 

On relève plus bas un groupe de T. circul. réunies 
par une enceinte. 

Les pentes en gradin qui descendent de là vers la 
maison cantonnière portent des vest. d'autres T., 
de murs en terrasses et des décombres provenant 
d'habitations, avec quelques pierres de taille; il y a 
donc là des vest. romains et indigènes. 

14. Gorges de Halloufa, entrée au sud, petite R. R. 
(ferme). 

15. Gorges de Halloufa, à côté du p. 1059, à l'est 
de la route, petite R. R. (terme). 

16. Gorges de Halloufa, à côté de la fontaine et au- 
dessus, esc. 

17. A 3 kil. S. de Aïn-Halloufa, a vol d'oiseau, 
bord E. de la R. nat. petite R. R. (ferme). 

18. Sommet de coteau entre la R" nat., à l'O. de 
celle-ci et l'oued Halloufa, petite R. R. (ferme), a 
servi de carrière. 

19. Youks, à un kil. S. du village, flanc mame- 
lon, bord de l'oued, esc, sil. (lames à pointe re- 



- 107 - 

courbée, dos retaillé, beaux grattoirs, cailloux roulés 
pyriformes ou ellipsoïdaux, un galet rond (mollette?). 
Les cailloux et galets proviennent du lit de la rivière, 
mais ils ont été apportés en cet endroit. (Latapie- 
Pallary). 

III. — Pâté du Matloug et montagnes voisines. 

20. Plateau dominant la naissance des Chaab-Elre- 
chiona, à la pointe 0. du Matloug, sil. épars à fleur 
du sol. 

21. Oued-Meguisba, au N.-O. de l'oued, au N. de 
la R e de La Meskiana-Morsott. vest. de tum. et de 
R. R. (ferme). La plupart des pierres de taille ont 
été prises pour la R e et ses ouvrages d'art. Tuiles 
rouges, débris de poterie fine, rouge ou noire. Un 
monument (T. avec enceinte avancée?) en moellons. 

22. Col de Mzouziya, vest. vagues de tum. circul. 
en cailloux; quelques-uns plus grands, avec de gros 
blocs . 

23. Aouinel-Elmorra, au N. de la source, petite 
R. R. (ferme) exploitée comme carrière. 

24. Aouinel-Elmorra , à la tête de la source, sil. et 
esc, formant un tas conique de 20 m. au moins de 
diam. et de 5 à 6 m. de haut. 

25. Aouinet-Elmorra, mechta au S.; petite R. R. 
(ferme) exploitée pour la construction de la mechta. 

26. Cirque d 'Aouinel-Elmorra, près de la sortie, à 
l'E., au bord d'un ravin qui longe à l'O. les dernières 
barres rocheuses formant le cirque de ce côté, vest. 
de tum. en cailloux, circul. 



- 108 — 

IV . — Sidi-Reris et abords 

27. Tour carrée antique, bâtie à quelque distance 
du ruisseau qui sert d'exutoire au cirque intérieur 
à la montagne. (Coquand, "Descr. géol. delaProv. 
de Const., p. 72"). 

28. Mine de cuivre exploitée par les Romains; le 
filon court parallèlement aux crêtes qui s'élèvent au- 
dessus du marabout; un certain nombre de puits 
étroits et sinueux communiquant avec des descen- 
deries; haldes importantes (Coquand, op. cit., p. 82). 

29. Mine de cuivre exploitée par les Romains, au 
fond du cirque, au S.-O , dans des calcaires dolo- 
mitiques (Coquand, op. cit., p. 73). 

30. Pied S. E. de la montagne en allant sur Aïn- 
Bebbouch, sur 15 à 18 kil. de longueur, murs de 
clôture formés de gros blocs détachés de la montagne 
(Coquand, op. cit., p. 72). 

3° Feuille Soiik-Ahras 

(au 1/200,000«) 

1. Â'in-litbboitch, au pied du Sidi-Reris; poste 
militaire romain (Coquand, op. cit., p. 71) (Cf. Ail- 
urcli , n° 455, villa romaine). 

2. Sidi-Reris, pied S. etS.-E. en partant de Aîn- 
Bebbouch, vest. de murs de clôture, etc. (suite du 
n° 30 de la feuille précédente) (Coquand, op. cit., 
p. 72). 

3. Au n° 107 de Y AU. arch., ajouter à la biblio- 
graphie : Coquand, op. cit., p. 93-91. 

4. Au n" 159 de Y AU. etreh., ajouter de même : 
C oquand, op. cit., p. 9G. 



— 109 — 

5. Au n° 180 de Y AU. arc h., ajouter : Coquand, 
op. cit., p. 97. 

6. Au n° 297 (Kramisaj, de Y AU. arc h., ajouter : 
Coquand, op. cit., p. 132. 

7. Au n° 391 (Tifech), de Y AU. arch., ajouter : 
Coquand, op. cit., p. 10S. 

Coquand donne quelquefois des détails qui ont pu 
échapper à d'autres ; il indique ainsi la citadelle de 
Dréat comme appliquée contre le Djebel-Tifech dont 
elle est isolée par une tranchée pratiquée à la pointe- 
rolle dans le vif du roc, etc. 

Coquand (op. cit., p. 131) dit ailleurs : « Lorsque 
de Tifech (391, AU. arch ) on se dirige sur Kramisa 
(297, AU. arc k.), on va de la plaine de Tifech à la 
vallée de la Medjerda par un défilé qui coupe en 
deux le Djebel-Tifech en face du Djebel-Alia ; on 
débouche dans la seconde par le Chaab Erreçaç, où 
le sentier se trouve dominé par deux mamelons 
coniques, vraies thermopyles dont les Romains 
avaient compris l'importance. » Cette phrase indique 
que Coquand a dû voir des restes de fortifications 
romaines sur les deux mamelons en question, à 
dr. et à g. de la R e R. que Y AU arch., indique 
en cet endroit. 

4° Feuille Batna 

(au l/2CO,O0O e ) 

I. — Batna à Lambèse et Timgad, près la route. 

1. Au S. de la R e , entre le ravin de SUi-Belkheir 
(Oued-Elkemen) et Lambèse, à quelque distance à l'E. 
du n° 222 de Y AU. arch., petite R. R. (ferme,. 



— 110 — 

2. Grand coude de la R e entre Lambèse et Merkouna, 
au S. de la R e , petite R. R. (ferme). 

3. A FE. de Merkouna, à peu de distance, à l'E. 
et tout près delà R°, petite R. R. (ferme). 

4. A l'E. de la Maison cantonnière, entre Merkouna 
et Timgad, au N. de la R e , vest. de baz. 

5. A 1,800 m. E. de la Maison cantonnière, au N. 
de la R e , mais tout près, petite R. R. (ferme). 

G. Un peu plus à l'E., au S. de la R c , mais tout 
près de celle-ci, et un peu au N. du n° 2i9 de Y AU. 
arch., petite R. R. exploitée comme carrière (grande 
ferme ou groupe de fermes). 

7. Un peu plus à l'E. encore, à 1 ou 2 kil., petite 
R. R. (ferme). 

II. — Aurès. 

8. Stah des Ouled-Fedala, au S. de Lambèse, restes 
de plusieurs tum. 

III. — Haracta Guebala. 

9. Voie ferrée entre Fesdis et Ahi-Yagout, des deux 
côtés, vest. de T. préisl. circul. (baz.?) exploitées 
comme carrières. 

IV. — Zemoul. 

10. Si)iik-i\aamane, R.R. importante. On a brisé 
dernièrement, paraît-il, une inscription que l'on venait 
de découvrir. Au n° 50, Y A II. arch. signale des 
li. sur les pentes de la montagne qui dominent le 
marché, et la découverte d'une épitaphe latine au 
marché même; mais le texte du numéro semble dire 
(jue la ville ou village, ne descendait pas dans la 



— in - 

plaine « qui ne devait pas être saine. » Nous avons, 
au contraire, vu dans la plaine même, des tertres 
d'où l'on retirait des pierres de taille de monuments 
ruinés. 

11. Rive gauche du ruisseau qui sert d'exutoire 
au marais, sur le chemin de Souk Naamène à Ain- 
Mlila, R. R. assez étendues (petit village). 

12. A 3 ou 4 kil. N. de Souk-Naamane, R. R. 
assez étendues (village). 

13. Bord N. de la feuille, chevauchant sur la 
feuille Aïn-Mlila, grande R. R. (Henchir-ElguaçriyaJ. 
Cette R. n'est pas celle que Y AU. arch. indique 
avec le même nom au n 1 51 ; elle n'occupe pas la 
même situation, et se trouve loin du Djebel- Amsed. 
Le n° 52 de Y AU. arch. porte aussi le même nom ( l ). 

IV. — Angle N. 0. de la feuille (OuledBe/kheir). 

14. — Krerbet-Thaoura, un peu au N. du douar 
Ouled-Aïf et au N.-O. de Bir-Tachma, petite R.R.( 2 ). 

5° Feuille Aïii-Faki'oimc 

(au 1/00,000") 
(Feuille Constantine au l/20),000 e de ÏAtl. arch.) 

I. — Bord 0. de la feuille. 
1. Dréa-Slib, point 803 et butte immédiatement à 



(1) Le nom de Guaçrhja est d'ailleurs commun; on le trouve appli- 
qué, en une foule de parties de l'Algérie, à des R. R. Faut-il le rappro- 
cher du latin Ceserea ? Cf. aussi le même nom donné, dans les villes 
anciennes d'Algérie, de Tuuisie et aujourd'hui encore au Maroc, à la 
partie généralement centrale des villes importantes, où se trouve, ou bien 
se trouvait le marché aux étoffes. En Espagne, certaines villes d'Anda- 
lousie (Grenade, par exemple), ont encore leur Plaza de la Caiseria. 

(2) Le mot Tachma, qui sert de qualificatif à beaucoup de Bir dans 
cette partie de l'Algérie, n'est autre qu'une corruption et une abréviation 
du mot français détachement; il s'applique à des puits creusés par des 
détachements du Génie ou des Travaux publics; son pluriel est loua- 
chem. 



— 112 - 

l'E., profusion de décombres sur une grande éten- 
due, silos anciens, vest. de murailles, baz., etc. Des 
murs relianl certaines baz. Le tout est en moellons 
et a été exploité comme carrière. 

2. Pied de la colline dite Don Chiyouta, vers le 
milieu de son étendue; vest. d'une R. R. qui a dis- 
paru, exploitée comme carrière, surtout parle hameau 
arabe voisin. 

3. Sommet de Bou-Chiyouta, revers E. murs de 
jardins en pierres énormes, debout, sur deux ran- 
gées dans chaque mur. 

4. Pied 0. du Djebel-Âchèch. Je n'y ai vu aucun 
dolm., comme l'indique la carte topographique, mais 
des tum. en pierres nombreux et de grande taille. 

5° Pied 0. du Djebel-Achèch. Un peu plus au S.-E., 
murs de jardins nombreux et non pas un mur ayant 
pu jouer un rôle particulier, comme l'indique la carte 
topographique. Celui que cette carte figure est seu- 
lement remarquable par son étendue; un autre, 
presque aussi important, le recoupe à angle droit. 

6. Djebel-Achèch, entre les p. cot. 994 et 1024, au 
lieu maraboutique, vest. de cercles de pierres qui 
correspondent sans doute à des croml. ou à des 
bases de T. préisl. détruites. 

7. Djebel-Achèch, ravin descendu du p. cot. 1024 
et aboutissant au mamelon des oliviers, vest. d'un 
barrage-terrasse et de murs de jardins. 

8° Coudiat Ezziloun, au N.-E. de mechta Rokniya, 
au pied S , maisonnettes arabes ruinées, peut-être 
élevées sur des constructions plus anciennes en gros 
blocs. Silos très anciens un peu à l'amont dans le 
ravin qui aboutit en ce point. 



— 113 — 

9' Mechta Rokniya, décombres de constructions en 
moellons assez étendues, à 500 m. au N. 

10. Défilé entre le liou-Lachral et le Rasel-Kasba 
R. R. importante tout à fait sur le bord N. de la 
feuille (Cf. AU. arc h., n° 329). 

III . — Défilé des Ouled-Jehich, entre le Djebel- 
Achèch et le Fortass des Ouled-Kraled. 

11. Abords de la R e Aïn-Mlila-Sigus, au S. du 
Djebel-Achèch, entre les p. cot. 763, 764, 783 murs 
et vest. de murs de propriétés en plaine. 

12. Henchir Ouled-Gasem, R. R. importante; tuiles, 
poteries rouges ou blanches, conduites d'eau en 
poterie, grandes pierres de taille, débris d'amphores ; 
les maisons bâties en amphithéâtre sur l'extrémité 
d'une butte étaient peut-être en partie disséminées 
dans des jardins en terrasse. R. A. sur les R. R. 

13. Mamelon 812, immédiatement au N., murs 
de jardins en terrasse sur une très grande étendue. 

14. Mamelon 865, flanc S.-E., un chemin de 2 m. 
bordé de murs doubles, monte la pente et aboutit au 
sommet. Sur le plateau terminal nombreux murs 
de jardins et restes de maisons en moellons. Enceinte 
circulaire qui paraît avoir été un retranchement, sur 
le bord E., fragments grossiers de silex, de poterie 
rouge extérieurement, intérieurement noire, très mal 
cuite, ou même qui ne l'est pas ; autres poteries 
blanches, ossements. Sur le bord N.-O. retranche- 
ment composé de deux carrés accolés (de 40 m x 40 m ) 
circonscrits par une double rangée de murs doubles; 
un espace de 2 m., qui a pu soit servir de chemin 
de ronde, soit rempli de blocage, contribuer à la 



— 114 — 

solidité des murs, sépare les deux murs qui cir- 
conscrivent le réduit, sur toute leur étendue. 

Ces murs sont d'ailleurs du type de ceux que l'on 
rencontre dans toutes les R. I. et que les Indigènes 
d'aujourd'hui construisent; deux rangées parallèles 
de dalles plantées entre lesquelles on met un blocage 
en cailloux servent de base à un mur en moellons 
ou en pierres sèches ; lorsque le blocage et les moel- 
lons se sont écroulés, on se trouve en face d'un mur 
double formé de deux rangées de dalles debout. 

Relevé le plan d'une habitation de 5 à 6 m. de 
long, avec terrasse de jardin tout autour. 

15. Kef-Elahmeur, ravin du ilanc N.-O., face à 
Henchir-Ouled-Gasem, vieilles masures arabes qui 
paraissent élevées sur des constructions anciennes 
en gros blocs. 

16. Mamelon 800, face à Aïn-Bazem, profusion de 
murs de jardins en terrasses. T. préisl. circul. 
L'une (bazina?) a 10 mètres de base. 

N.-B. — Remarquer la graduation très nette des ruines; R. R. au bord 
de la plaine, R. I. dans l'intérieur du massif montagneux. 

17. Coteau dit Elgueb (d'après la carte, mais pro- 
bablement Coudiat Elogueb), vest. de chemin en cor- 
niche, large de l n, 50 à 2 mètres et bordé de pierres 
sur le flanc S.-E. 

18. Coteau dit Elgueb, extrémité S. du plateau ter- 
minal, baz. de 10 m de diam., avec chambre funé- 
raire rectangulaire à grand axe N.-E., terminée au 
N. par un réduit carré plus petit. 

A 250 m. plus au N., rectangle de 1 m. de long 
et 6 de large, orienté N.-E.-S.-O., comme la colline, 
dallé au moyen de petits moellons debout et suppor- 



— 115 — 

tant deux ou trois petites sépultures circul., de 
1 m. à 2 mètres de diam., complètement rasées. 

Grand mur de plusieurs centaines de m. de long 
sur le bord N.-O. du plateau, soutenant la crête de 
celui-ci, en haut des pentes du versant N.-O. 

Sur le flanc N.-E., très abrupt, quantité de ter- 
rasses très étroites et longues, séparées par des talus 
raides, bien conservées, décrivant des courbes pour 
épouser le terrain. Les vignes des montagnes de 
Catalogne sont fréquemment établies sur des ter- 
rasses de ce genre. 

19. A 1,300 m. environ au sud du col, près du p. 
cot. 947, au point marqué n pa r l a carte, sur le bord 
0. de la R e , six tertres (vest. de baz.); quelques 
pierres énormes provenant d'un groupe de construc- 
tions anciennes, reprises dans des masures arabes 
modernes, mais elles-mêmes ruinées. 

20. Au col, à dr. et à g., murs de jardins. 
Carrière romaine, à dr. (à 100 m. E. ) avec blocs 
prêts à être détachés. Dolm. fruste, en gros blocs, 
dont la table s'appuie d'un côté, directement sur la 
pente. Fragments de poteries indigènes (?) blanches 
ou rouges. Au sommet à l'E. de la R e , tertres 
circul. (vest. de baz.). 

N.-B. — Aucune des ruines précédemment signalées ne fait double 
emploi avec celles qu'indique Y AU. arch. Le n° 453 de Y Atl (Aïn-Srir) 
ne s'étend pas « sur les deux côtés de la route de Sila à Aïn-MJila, » 
comme l'indique le texte, mais bien sur les deux côtés d'un chemin mule- 
tier qui court parallèlement à la route, mais à 2 kil. O. de celle-ci. 

Le n° 454 de Y AU. correspond non à une, mais à deux petites ruines 
séparées par 800 m. d'intervalle et sises entre le Chaab-Derrègue-Narou 
et l'Oued-Thalaouine, au N. de Ras-Ali-ben-Ahmed, à l'O. du Djebel- 
Belrit. 

Il faut ajouter encore les R. R. suivantes que 
Y Atl. arch. n'indique pas, mais qui sont portées sur 
la carte topographique. 



- 116 — 

21, 22. Flancs S.-E. et N.-O. du mamelon 988 
(entre les n os 452 et 455 de Y AU. arch.) petites R.R. 

6° Feuille Viu Jllila 

(au 1/50,000°) 
(Feuille Constantine au 1/200,000' de Y AU. arch.) 

I. — Abords du village d'Aïn-Mlila. 

1. Dréa-Slib (face à la gare), décombres, murs en 
moellons exploités comme carrières. (Se reporter au 
n° 1 de la feuille Aïn-Fakroun, de cet article). 

2. Au N. du village, à 100 m. à l'E. delaR e nat., 
au S. de Dréa-liennam, bourrelet du sol, sur 2 à 
300 m., jonché de moellons et paraissant le reste 
d'un mur N.-S. que la charrue a détruit. 

3. Dréa-Rennam, versant N., en allant sur Bled- 
Ouled-Zeïd, vest. de baz. 

4. Drca-Elkouacluya, mamelon des carrières au S. 
de la R e Aïn-Mlila-Télerma, vest. de baz. ou de tum. 

II. — Abords de la route Aïn-Mli/a-Tèlerma. 

(sur les io premiers kilomètres) 

5. Dréa-Elnwtnèn, partie au S. delà R e etau N.-E. 
de Bir-Belgasem-ben-Larbi, vest. de m. depr., se 
coupant à angles droits. 

6. Dréa-Labiod, partie S.-O. du coteau, vest. de 
baz. ou tum. 

7° Dréa Essrjra, liane S.-E., au S. et près de la R e , 
décombres étendus (moellons); murs de jardins en 
terrasses; vest. de baz. dont deux, bien nettes, ont 
été très grandes. A quelques m. plus au N.-E., en 
s'approchant de la R", vest. frustes de T. préisl. 
circul. 



— 117 — 

8. Dréa-Essejra, crête de la colline, autour de l'arbre 
signal, décombres (moellons) sur plusieurs centaines 
de m. de longueur (restes d'un hameau d'étendue 
moyenne). 

9. Dréa Mechta Ouled-Sib, au S-O. des cabanes 
arabes, dans la partie S. du mamelon, vest. d'une 
agglomération en moellons; quelques pierres taillées, 
probablement romaines. Murs de propriétés en ter- 
rasses sur le flanc E. du mamelon. 

10. Dréa-Labiod, à 1,500 m. environ au N. de la 
R e (à l'endroit où elle coupe la colline) vest. d'une 
T. préisl. circul. (tumul. ou baz.?). 

11. Bled-Essejra, p. cot. 842, murs de jardins en 
terrasses. 

12. Henchir-Elguaçriya (et non Elksariya, Ail. arch. 
n° 411) R. R. étendues; ont servi de carrière, mais 
il y a de beaux restes. Puits antique comblé, mais 
qui ne l'était pas il y a une dizaine d'années 'rensei- 
gnements à ajouter au 411 de Y AU. arch.). 

13. Vieux puits des Ouled-ben-Eamela, au N. du p. 
cot. 789 (Bir-Arfa de la carte, nom inconnu dans le 
pays), d'origine antique; pierres romaines trouvées 
au fond en le déblayant il y a quelques années. 

14. Mechta Edijellaba, au S., à 5 ou 600 m., R. R. 
(ferme étendue ou groupe de fermes). 

15. Mechta Eddjellaba. La R. R. au N. de l'oued 
(418 Atl. arch.) est bien plus étendue vers l'O. que 
ne l'indique la carte topographique. 

16. Mechta Eddjellaba, à 1,500 m. S.-E., vest. d'une 
baz. qui a dû être monumentale, en pierres bien 
équarries. Autour, m. de pr. très longs, ne cir- 



— 118 — 

conscrivant pas des rectangles, mais retenant les 
terres, en longues terrasses, sur les pentes. 

17. Henohir Mayouf (^jc**). Murs analogues aux 

précédents. (Ajouter au 413 de Y AU. ai-ck.) 

18. A 1,500 m. S.-E., vest. d'un tum. ou d'une 
baz. 

19. Dréa-Labiod, extrémité N.-E., le long de l'oued 
Elmalha, vest. de baz. 

20. Dréa-Labiod, entre le p. 805 et Bir-Ouled-Sib 
(s^-r~) m. de pr. 

III. — Me/ me/ et angle N.-E. de la feuille. 

21. Eniirons de Mn-Elhaddada, décombres en trois 
points différents, un au S. et deux au N. du ruis- 
seau (Ces derniers plus étendus). 

22. Drêa Elkebir, p. cot. S il, sommet; vest. de 
quelques tum.; le p. trig. est élevé sur une T. préisl. 
circul. (baz. ou tum .) Espaces de forme ovale, pavés 
de cailloux qui paraissent recouvrir des tombes. 

Le sign. top. renferme une pierre romaine qui a 
pu être apporté de la R. R. signalée près de là, à 
Aïn-Naïma. 

23. Htnchir Ouled-Zeïd (n° 414 de Y AU. arch. sans 
aucun détail) R. R. importante qui couvre tout le 
mamelon ; débris de poteries, au puits même, cons- 
truction en pierres de taille. Margelle du puits formée 
de pierres en corniclie. 

24. Plaine entre le Meimel et Aïn-Elhama (Lahma) 
vest. de m. de pr., découpanl l'espace en grands 
rectangles. 



- 119 — 

IV. — Angle S.-E. de la feuille, jusqu'aux crêtes 
de Bou-Zebaouine et du Nif-Enneceur. 

25. Coudiat Mechia-Erremada (440 de Y AU. arch. 
pans aucun détail] R. R. assez importante, couvrant 
tout le mamelon. Exploitée comme carrière. 

26. Un peu au N. et au N.-E. de Mechta Kifène- 
Elhada, décombres en moellons; m. de pr. formant 
des rectangles réguliers sur une vaste étendue . 

27. Plus près de la mechta, murs analogues dé- 
terminant de longues terrasses sur les pentes. 

28. Mamelon 878 deKifène-Elhada, vest. analogues. 
Un grand tum. ovale, arrasé. 

29. Kifène-Elhada, rocher 913. Au sommet, sur la 
table terminale, belles baz., certaines encore assez 
hautes ; un lieu maraboutique à l'emplacement de 
Tune d'elles; une autre détruite pour l'édification 
d'un signal topographique. 

30. Kifène Elhada, revers S., au pied des escar- 
pements, croml. (peut-être bases de baz. détruites?). 

31. Kifène Elhada, flancs N.-0.,vest. de tum. en 
cailloux et murs de jardins. 

32. Bir-Koreïchi, des pierres de taille, un mortier 
qui sert d'auge, ont été apportés de Mechta Kifène 
Elhada. Dans celle-ci, vieux puits romain comblé, au 
milieu de R. R. (Cf 422, AU. arch., relatif à la 
mechta, mais avec la seule indication de quelques 
pierres de taille et ruines plus au N.-.E) 

33. Chemin muletier du passage à niveau du Ch. 
de F. au col entre Coudiat Ezzitoun et les pentes du 
Nif-Enneceur, quantité de murs de jardins en ter- 



- 120 - 

rasses. Vest. de T. préisl. circul. fbaz ou tum.), 
assez nombreuses. 

34. Ain ben-Rezg -Allah, à l'O. de Coudiat-Ezzitoun . 
Murs de jardins en terrasses, vest. de T. préisl. 
comme ci-dessus. Petite R. R. (petite ferme) un 
peu au S.-E. de la source. 

35 . Teniet-Annouta ( i-L y I ) entre le Djebel-Annouta 
et le Nif-Enneceur; murs de jardins et tum. 

3G. Djiïd-Malou, au S. de la source, vers le p. cot. 
790, décombres ''moellons. 11 y a eu là autrefois 
une R. R. disent les indigènes; mais elle a été ex- 
ploitée comme carrière. 

37. Djïi l-Malou, au N. de la source dans le marais, 
espaces circulaires de 2 m dediam., environ, pavés 
de cailloux. Les indigènes rattachent ces restes à la 
R. R. ci-dessus signalée. 

(Cf. le n° 441 de Y AU. arch). 

38. Médita Rar-Etùne, anciens silos; vest. de baz. 
détruites aux alentours; R. R., fragments de colon- 
nes, sur la butte qui porte le hameau indigène. 

V. — Bled-Eddouh (au S. du Nif-Enneceur) 

39. Tète de YOned-lletha-Elbeïda, au S.-O. de 
mechta Elfrèda. Vest. de T. antéisl. circul. Murs 
de jardins . 

40. P. cot. 894 au S.-O. de mechta Elfrèda, R. R. 
qui paraissent s'étendre jusqu'à celles que la carte 
indique à côté de Bir-Rouara (un peu plus au S. 
que le 437 de Y Ali. arch.), 

41. Plus au S., au bord même de la feuille, vest. 
de T. antéisl. circul. 



— 121 - 

42. Entre les p. 830 et 845, Henchir-Elguaçriya, 
importante R. R. Monument carré de 10 m. de 
côté; entièrement en pierres de taille qui paraissent 
provenir de ruines plus anciennes; on y trouve des 
fragments de colonne, de chapiteaux, de frises, etc., 
repris d'une façon quelconque. Chapiteaux frustes, 
colonnes, frises, etc., le tout grossier d'exécution. 

N.-B. — Le n" 436 de Y AU. arch. est mal placé; car, d'après le texte 
qui s'y rapporte, il devrait se trouver à 1,500 m. O, du 437 ; or, il est 
à près de 4 kil. Sui-Ouest. Il arrive ainsi à se confondre presque avec 
notre Henchir-Elguaçriya. Mais peut-être la carte de Y AU. est-elle 
exacte et le texte fautif ; en ce cas, celui-ci est tout à fait insuffisant 
pour une R. R. aussi importante. Le nom, plusieurs fois répété, de 
Henchir-Elguaçriya, s'appliquant à des R. R. très différentes, mais 
voisines les unes des autres, a pu causer des confusions. 

43. Oued-Tcniet-Elaraïs,\). cot. 884 . R.R. moyenne 
(groupe de fermes ou petit village). Tout autour murs 
de jardins. 

44. Même ravin, plus à l'amont, vest. de murs 
riverains longeant le cours ou d'épis obliques au 
courant; m. de pr. sur les deux rives et en plaine. 

45. Hir Teniel-E tarais. Certains puits sont peut-être 
romains; autour vest. d'agglomération; quelques 
pierres romaines. 

46. Plus au N., au S.-E. de Mechfa-Demnet Beni- 
Addès, R.R. (petit village ou groupe de fermes). 

N.-B. — Les deux derniers numéros indiqués paraissent correspondre 
au 434 de Y Atlas; mais le texte très vague qui se rapporte à celui-ci le 
rend bien difficile à localiser. 

VI. — Cuvette entre Guelaat Ouled-AH, Guerouaou, 
Nif-Enneceur, Errekane et B/ed-Elgue- 
çaïya. 

47. Col dit Teniei-Elarais, presque à l'entrée du 
côté S.; vest. de monument carré en pierres de taille, 
probablement poste de garde . 

10 



— 122 — 

48. A une centaine de m. plus au N. vest. d'un 
gros mur, en gros blocs, barrant le col et peut-être 
plus ancien que le numéro précédent. 

49. Dans tout le col, murs de jardins en terrasse; 
restes d'une route limitée par deux rangées de pier- 
res; à l'extrémité N.-O. le chemin a dû être entamé 
dans le roc. 

50. Bled-Elgueçaïya, m. de pr. un peu partout. 

51. Bled-Elgueçaïya , mamelon 1,024, T. préisl. 
circul. 

52. Bled-Elgueçaïya. Un peu plus au N., petite 
R. R. (ferme) qui paraît avoir été élevée aux dépens 
d'un monument plus ancien. Chapiteaux frustes, co- 
lonnes, repris de façon quelconque. 

N.-B. — Au n° 428 YAtl. arch. indique, sans bien préciser, R. R. 
« plus grande au S. de Coudiat Elouost. » 

53. Col entre Djebel Etiolba et Kef-Elgueçaïya, murs 
de jardins; plusieurs tum . et baz. assez bien 
conservés . 

54. 55, 56. Cirque de Mertoum (entre Djebel-Ettolba, 
Kef-Elguecaïya, le Nif-Enneceur et Bou-Zebaouine) 
prodigieuse quantité de m. de pr. dans toute l'éten- 
due du cirque. Route romaine allant presque direc- 
tement du col entre Bou-Zebaouine et Nif-Enneceur 
au col entre Kef-Elgueçaïya et Djebel-Ettolba. R. R. 
(ferme?) au p. 800, au centre du cirque. T. préisl. 
(baz. tum.) un peu partout. 

N.-B. — Dans le cirque de Mertoum le n" 433 de VAtl. arch. est 
mal placé; il faut, si l'on veut si- conformer aux indications du texte, 
le reporter de '2 kil. vers l*E., afin qu'il se trouve bien à 1 lui. N.-S. 
environ de Djebbauet-Sidi-Sadok. 



— 123 — 

VIII. - Collines et plaines au N. de Guelaat- 
Ouled-Sellem, d'Elgueçaïya et de Erre- 
kane, jusqu'aux abords du Meziout. 

57. Henchir-Ellazza {'iy*) !) à Bled-Elazla, au S.-O. 
de Mechta-Ouled-Elhamla, à quelques centaines de 
mètres N.-E. de Mechta-Elazza, R.R. (ferme). 

58. Coudial Mzara-Sidi-Saïd, à 200 m. S.-O. de la 
mzara environ, liane E. ; vest. d'un tum. en terre 
qui a jadis été recouvert de pierres. Au sommet, 
restes d'enceintes grossièrement quadrangulaires, 
l'une de 20 m. de longueur, l'autre de 4 à 5 m., la 
plus grande avec vest. de tum. (ou cercles de pierres 
bases de tum.) à l'intérieur; les murs sont doubles, 
en grosses dalles et les grands axes des rectangles 
s'orientent dans le sens de la longueur de la colline. 
A 100 mètres S.-O. environ, décombres (moellons). 

59. Dréa Elbotom, p. cot. 891, cimetière arabe an- 
cien et vest. de murs doubles en grosses dalles, épais 
de 2" 50 ou plus, enserrant des espaces grossièrement 
polygonaux; ces enceintes n'ont pu limiter des jar- 
dins, à cause de leur exiguïté; elles peuvent, par 
contre, avoir entouré des T. ; restes bien nets d'un 
tum. au centre de l'une d'elles. 

60. Mzaret-Sidi-Ahmed-Chérïf, vest. de plusieurs 
T. préisl. cire, quelquefois accolés par deux. L'une 
est très grande. 

61. Coudiat-Elouost, pentes rocailleuses du pied 
jusqu'à l'oued Drimil, murs de jardins, croml., tum. 
épars. Il en est ainsi sur tout le versant O. 

62. Collines fermant au N.-O. EUjueçaiija, alen- 
tour de la R.R. portée sur la carte au 1/50, 000 e , 
murs de jardins. 



— 124 — 

63. Mêmes collines, p. cot. 949, baz., m. de pr., 
petite R. R. (ferme,. 

64. IJled-Elmetarihe, m. de pr. 

65. Al ou 2 kil. S. de Ilenchir-ben-Jenène (Bled 
Elatatfa) m. de pr. et vest. de petites baz. 

IX. — Teyouelt et abords. 

66. Sommet 898 dominant du S. Bir-Elhallouf, 
baz; carrés en grosses pierres mal équarries (habi- 
tations?), murs de jardins en terrasses. 

67. Mechta-Gabcll-Teyouelt, baz.; m. de pr., R R. 

68. Entre Tagzit et Guern-Teyouelt, baz., m. de pr. 

69. Mzaret-Sirfi-Relgacem-ben-Guerba (corne N.-O. 
de Teyouelt), baz., m. de pr. 

70. Col entre TeijoueU et Hadjar-Merekkeb restes de 
grandes baz. circul. et murs de jardins en terrasses 
au pied N. de Teyouelt, sur 2 kil. de longueur en- 
viron . 

X. — Plaine de Te/erma. 

71. Hameau arabe à côté de la gare de Teleimn, 
R.R. 

72. A un kil. E. de Henchir El-Ksar, près de la 
voie ferrée, m. de pr. 

XI. — Mazioute, Tifeltassine, Tajeroute. 

73. En face Mechta-Dakhlet-BeUoum, au N. et près 
de la voie ferrée, vest. de deux lum. 

7i. En face le pitOîi 934 (ou 954, c'esl illisible de 
Mazioute, au X. de la voie ferrée, près celle-ci, petite 
lî. probablement romaine. Autour m. de pr. 



— 125 — 

75. Pied N. du Tifeltas du N., au S.-E. du p. cot. 
798, vest. de petit bâtiment carré; fondations en bons 
moellons. 

76. Pourtour du Tifeltas du N., au N.-E., m. de 
pr. (voir Saint-Donat); vest épars de tum. ou baz. 
A la corne N.-E. de la montagne quelques baz. ont 
dû être monumentales. 

77. Entre les deux Tifeltassine, murs longeant les 
pentes, d'autres les recoupant; certains sont très 
nets. Les espaces enclavés sont de dimensions très 
variables. D'autres murs barrent les ravins; quel- 
ques-uns ont encore une hauteur très appréciable et 
conservent des assises de pierres sèches bien faites, 
non dérangées. 

Il semble qu'il y ait eu une R e sur le flanc S. du 
défilé; celui-ci, au point culminant, aurait été gardé 
par un réduit carré de 40 à 50 m. de côté, avec 
murs épais en moellons mêlés de quelques pierres 
de taille. 

78. Sommet 4015 du Tifeltas du S., restes d'une 
grosse baz. (ou tum.?) éboulée, servant de base au 
sign. top. 

79. Les deux montagnes de Tifeltassine parais- 
sent, à l'E., avoir servi de carrière aux Anciens. 
Pierres de taille détachées, prêles à être emportées, 
ou à demi-équarries. 

XII. — Mec h ira. 

80. Coudiat-Meehira, flanc N., vest. de baz. monu- 
mentales, juste au-dessus du p. cot. 

81. Pourtour du Coudiat; les flancs sont couverts 
de murs très nets et de vest. de baz. Sur le bord 



— 126 — 

O., dons le périmètre de la feuille Saint-Donat, on 
voit un grand mur descendre la pente tout droit, 
jusqu'au pied. 

7° Feuille Salut-Donat 

(au 1/50,000*1 
Feuille Constaniine au l/200,COO' de l'Âtl. arch.) 

I. — Angle N.-E. de la feuille, au N. de la 
voie ferrée. 

1 . Route de Mechta à Châteaudun, à 3 U 500 au nord 
de la gare, à dr. et à g. de la R e , petite R. R., vest. 
aussi de petits tum. ronds, en cailloux. 

2. Mzaret- Kezhne, au N. de Mechta- Larbi ; le sign 
top. est sur nue baz ruinée. 

3. Ondulations au N. de Chaab-Aïn-Elflous, un peu 
à l'E. du p. cot. 861, vest. d'un tumul. circul, en 
cailloux qui a dû être important. 

4. Plus à l'E., en allant vers Dréa-Elmaad, mêmes 
ondulations, vest. de plusieurs tum. en cailloux; 
Quelques-uns, qui ont dû être très grands, avaient 
à la base un cercle de dalles debout destinées à re- 
tenir les cailloux. 

5. Plus à l'E. (au N.-O. de Aïn-Elfloui, au S.-O. 
de Dréa El Maad et au N -O. du p. cot. 867) vest. 
d'une agglomération en moellons qui a dû être assez 
importante. 

6. Belvédère naturel dominant de l'O. la vallée 
d'Âïn-Hamra, vest. de baz. ou tumul. 

7. Sommet dominant de l'O. le chemin qui va 
d'Âïn-Elajaïz à Aïn-Elhanira, vest. de murs bien nets 
(jardins eu terrasses). Une grande mzara (qui n'est 



— 127 — 

cependant pas un lieu maraboutique, mais un lieu 
de réunion une fois par an pour les indigènes des 
alentours) a repris une pierre romaine qui se trouve 
dressée au milieu d'un cercle de pierres sèches. 

8. Chebka de Tuuhouya, vest. de tumulus en cail- 
loux sur les sommets. 

9. Même Chebka, au S. de Aïn-ElaJjaiz, restes 
analogues; vest. de murs de terrasses barrant le 
ravin de la pointe S. 

10. Tombes recoupées par la voie ferrée au ma- 
melon de Goum-Tayeb, flanc 0. vestiges de tum. 

11. Tranchée du ch. d. f. au p. cot. 856, restes 
analogues. Au-dessus des tombes (et par consé- 
quent plus récentes) R.R. Certaines tombes sont re- 
couvertes d'une épaisse couche de cendre et de terre 
de ruines ; mais nous n'avons pu reconnaître si elles 
lui sont antérieures ou postérieures. Poteries à fleur 
de sol, romaines les unes, indigènes et grossières 
les autres. 

12. Première tranchée du ch. de f. entre Mestaoua 
et Gahrar, esc. très étendue. On trouve parmi les 
cendres des bulbes de liliacées à demi-carbonisées. 

13. Col franchi par le ch. de f . à l'Est de Mechta- 
el-Arbi; juste au N. du col, vestiges de gros tum. 
en terre avec dalles debout au pied. 

14. Guelt-Elkhadem, coteau immédiatement au N, 
de la source, R.R. étendues. 

15. Guelt-Elkhadem, au bord même de la source, 
au N. esc. (tas conique de 8 à 10 m. de diam.). 

16. A 800 m. N. de Guelt-Elkhadem, vest. de 
baz. qui ont été exploitées comme carrières. 



— 128 — 

II. — Collines des Ouled-bou-Haoufane. 

16 bi3 . Meckla Ouled-Mouça, à l'aval de Bir-Lakehal, 
R. R., pierres romaines, colonnes, chapitaux en 
partie repris dans les constructions modernes. 

17. Ain-Kelella, au bord S., esc. (tas de 20 à 25 m. 
de long). 

18. Mestaoua, toutes les terrasses, jusqu'au Mer- 
gueb-Ettir sont jalonnées à leur bord occidental de 
restes de tum. ou baz. 

19. Mergueb-Euir, vest. d'une baz. monum. 

20. Sidi-Rabah, au sud de Mechta-Larbi, vest. de 
plusieurs tum. 

21 et 22. Chabel-Elmellaha, bord S., immédiate- 
ment au N. de la cote 876, deux petites R. R., mar- 
quées par de simples points rouges sur la carte to- 
pographique. 

N.-B. — Les n os 21 et 22 correspondent au 361 de Y AU. arch. qui 
est ainsi à dédoubler. 

23. De Mergueb-Euir à Coudiat-Mahjouba toutes les 
buttes, toutes les crêtes sont jonchées de tum. en 
cailloux. En nombre de points des décombres de 
gros cailloux et de moellons bruts indiquant la place 
d'anciennes murailles ou de petits groupes d'habita- 
tions. 

24. Chebka-Essejra, au S. de Coadiat Mahjouba, tum. 
et baz. parfois très grands, isolés ou groupés sur 
tous les sommets, tous les épaulements vers 10. 
Une baz. monum. a dû exister à S ou 900 m. de 
Bir-ben-Zouari, sur le sommet d'un épaulement à 
tlanc de coteau. 

25. Chebka Essejra, pied E., depuis Mechta-Gabel et 



— 129 — 

environs jusqu'à Kef-EImonchar et au-delà; m. de 
pr. très nets circonscrivant souvent des espaces de 
un hectare environ, terrasses sur les pentes; ces 
murs sont souvent doubles, en blocs ou grosses 
dalles; d'autres fois en moellons dégrossis. Ils ne 
sont peut-être pas tous contemporains. Vest. de baz. 
ou tum. circulaires, quelquefois ovales. 

26. Coudiai Essejra. Vest. analogues. Au col, im- 
médiatement au N. de la butte qui porte l'arbre 
signal, vest. d'une enceinte carrée de 30 à 40 m. de 
côté; murs doubles de 2 m. d'épaisseur, bien faits. 

Sans doute ouvrage qui défendait le col. 

27. Demnet Essema, Vest. analogues à ceux du 
n 3 25 ci-dessus. 

28. Collines triasiques, entre les Ghebka d'Aïn- 
Elkebch et d'Essejra, vest. épars de tum. et baz. 
Un tum. est brûlé jusqu'à sa base, entouré de cen- 
dres et de coquilles d'hélix. 

29. Buttes dominant les R. R. à' Ain- Kerma, vest. 
de petite enceinte en pierres sèches ou moellons de 
15 à 20 m. de côté [poste de garde )? 

30. Cirque entre Aïn-Timerij et, Elmonclnr, vest. de 
m. de pr. 

31. Chebka Ain Elkebch, sommet 1108. Vest. de baz. 
quelquefois grandes, m. de pr., vest. de petits bar- 
rages, terrasses sur les ravins. Sil. épars. 

32. Col entre la Cliebka et Dréa-Ellcassa, baz. nom- 
breuses dont plusieurs ont été monumentales. A l'E. 
immédiat du chemin on observe un groupe compli- 
qué de baz. et d'allées et murailles. 

33. Butte formant le flanc E. du dit col, vest. 



— 130 — 

analogues plus frustes, plus petits ; quelques tum. 
ont eu à la base un cercle de dalles debout. Sil. 
grossiers épars. Un petit carré de l'"50 environ de 
. côté, à axes E.-O.-N.-S. formé d'un pavage de cail- 
loux, avec bordure de moellons à plat. A l'angle 0. 
pierre debout orientée E.-O. Traces de feu autour 
de plusieurs tumulus. 

34. Sommet plus à l'E., au-delà d'un ravin, vest. 
de tum. 

35. Route au col, entre la Chebka et les gorges de 
Bahbah-Âugui, vest. de tum., m. de pr. en grosses 
pierres. 

36. Chebka- Aïn-Elkebch, flancs 0., baz., tum. et 
murs de jardins. Sur les sommets les baz. ont été 
souvent très grandes. 

37. Mamelon à l'E. des gorges de Hahbah, sil. 
épars, vest. de m. de pr. 

38. Aïn-Elliaci, au S.-E., près le hameau arabe, 
vest. de baz. 

39. Mamelon entre Âïn-Elhaci et gorges de liahbah, 
vest. de tum. sur les sommets. L'un d'eux encore 
assez élevé. 

40. Crète rocheuse à l'O. d' Âïn-Elkebch; vest. de 
baz. assez importantes et de m. de pr. dont quel- 
ques-uns ont été bien bâtis en moellons. A l'extré- 
mité N., petite esc. 

41. Même crête, plus au S., vest. de m. de pr. 

42. Pied N.-O. du Kef-Elmonchar (celui de l'O.), 
nécropole; nombreuses et belles baz. circul. dont 
plusieurs ont été monumentales, en gros blocs ordi- 
nairement debout à la base. 



— 131 — 

III. — Plaine des Ouled-Sacy. 

43. Tifeltassine, le tour et l'intérieur, m. depr. en 
terrasses, quelquefois avec des pierres de taille. 
Sont-ils contemporains des Romains ou faits aux 
dépens de R.R. ? 

44. Tifeltassine, corne S.-O. (Tifeltas du S.), au 
pied N., une très grande baz. ; énormes pierres au 
centre, à l'emplacement de la chambre funéraire. Le 
monument a dû être presque aussi beau que le Me- 
dracen. 

45. Sentier coupant la corne S.-O. de Tifeltassine, 
à dr. et à g., vest. de deux tum. ; sur celui de l'O. 
les Indigènes ont édifié un tas de cailloux. 

46. Kef-Belrerour, à la R. R. (n° 374 de Y AU. 
arch.), ajouter : vest. de tum., m. de pr. étendus 
sur un vaste espace. 

IV. — Mechira et vallées amont. 

47. Oued-Mechim, à l'aval du moulin, face à la 
maison cantonnière, vest. de baz. sur les deux rives. 
Sur la r. dr., une d'elles a été très grande; la cham- 
bre funéraire subsiste au-dessus du sol, marquée 
par quatre dalles debout. Vest. de murs doubles en 
blocs, autour d'une baz. (?). 

Des huttes indigènes, ruinées depuis que leurs 
propriétaires ont vendu le terrain aux européens, 
avaient repris les matériaux anciens ou même utilisé 
des portions de murs. Autre monument circulaire 
de 10 m. de diam., juste en face la maison canton- 
nière, formé d'assises concentriques de grosses 
pierres debout, inclinées vers le centre. 



- 132 - 

48. Comliat-Mcchira, croml., tum., baz., m. de pr. 

49. Oued-Mcchira, juste au-dessus du moulin, petite 
esc. 

50. Un peu au N. du numéro suivant, petite R.R. 

51. Chemin de Mechira à Hiar-Jdèd, à la R. R. mar- 
quée par la carte, ajouter des vest. de baz. ou tum. 
épars et nombreux. 

V. — Chai non de Belrerour. 

52. Bou-Telmaihen (le Bou : Terma de la carte); tout 
le pied E. et N., vest. de m. de pr., baz. et tum. 
nombreux mal conservés. 

53. Pied S. du même, vest. de m. de pr., baz. 
et tum. nombreux mal conservés. 

54. Au S. de Bou-Telmaihcn, R.R. assez éten- 
dues., marquées sur la carte top. par des points 
rouges sans autre mention. 

55. Autre R. R. plus petite un peu plus à l'O., 
indiquée de la même façon sur la même carte. 

N.-B. — Souvent des points rouges, sans aucune notation adjointe- 
indiquent ainsi des li. R. sur la carie topographique; mais on ne saus 
rait s'y fier, car d'autres fois ces mêmes points rouges indiquent des 
habitations actuelles. La plus grande incohérence règne à ce sujet et la 
légende n'esl pas toujours d'accoi il avec la carie; ainsi, d'après la légende, 
des points longes doivent indiquer îles maisons sur la feuille Saint" 
Donat; or, les maisons y sonl portées on noir et les ruines on rouge; 
même contradiction sur d'autres feuilles \ quelquefois loin est eu rouge, 

ou iinlillt'n i ciit en rouge ou en noir, suivant les parties de la carte 

que l'on considère. 

56. Sidi Rem, lia/., sur le sommet, sur les flancs 
et au pied. 

57. Tenict-Elouaara , flanc S., immédiatement à 
côté du col, vest. d'un petit bâtiment quadrangu- 

laire eu dalles debout . 



— 133 — 

58. Tout l'espace entre Djebel- Hamèm, Belrerour et 
Makhroug, m. de pr. en terrasses. 

59. Djebel-Elhamèm, pourtour, vest. debaz., tum., 
m. de pr. très nombreux. 

60. Kcj-Makhroug. Près des crêtes, très haut, au S., 
quelques blocs intentionnellement placés pour mé- 
nager des enceintes de quelques mètres carrés, 
adossées au pied d'escarpements. 

61. Bou-Arour. Quelques rocs et pierres debout, 
formant des cercles irréguliers et incomplets sur le 
flanc S., ayant pu servir à tendre quelques peaux 
et constituer des abris comme ceux des Touaregs. 

VI. — Plaines et terrasses au S.-O. Belrerour. 

62. Terrasses dominant du N. le Coudiat-Elbellarej, 
et de là vers l'O. jusqu'à Outd-bou-Tekhmathen, vest. 
de tum. en cailloux, plus rarement de baz. avec cer- 
cle de dalles debout à la base, soit sur le bord des 
terrasses, soit au pied des petits escarpements qui 
les limitent au S. 

63. Biar-Jdèd. Les R. R. (389 de Y AU. arch.) sont 
bien plus étendues que ne le porte la carte sur la 
rive g. de l'oued. Leur étendue totale serait de 17 hec- 
tares. Fondation bien nette de plusieurs maisons; 
pierres de taille au bord même du ravin, indiquant 
que celui-ci a dû couper des édifices et, par suite, 
se creuser et s'élargir depuis leur abandon. Deux 
inscriptions, trouvées dans les ruines et apportées à 
la source par les Indigènes pour servir de lavoir, 
ont été emportées récemment par une crue. 

64. Sur les bords du ravin de Biar-Djèd, mais sous 
une couche de limons, une esc. 



— 134 — 

65. Gnateur-Bejaya, petite R. R. marquée par des 
points rouges sur la carte; a servi de carrière. 

GG et 67. Coudiat-Sebaa-Ai/oune et Chouf-bou-Cahha, 
tu m. et baz. sur la crête des escarpements; murs 
étendus sur le Coudiat; l'un d'eux, en gros moel- 
lons et en petits blocs, longe la crête N. du plateau 
qui le termine. 

68. De Chonf-bou-Çahha à Dréa-Elouost, crête des 
terrasses, pourtour des tètes rocheuses au S. des 
escarpements qui les terminent, vestiges de baz. et 
tum. 

G9. Colline de Mechta-Elbouzidi, vestiges de baz. et 
tum. 

70. Dréa-Elouost, vestiges vagues de baz. et d'un 
monument carré. 

VIL — Massif de Tafrenî et abords. 

71. Guergour-benSidi-Lahsen, au S.-E. du Rakoht- 
Ejjemel, vestiges de baz. 

72. Dréa-Elguerhous, pied S. agglomération en 
moellons. 

73. P. cot. 983 à E. de Qum-Errezaïme, vestiges 
de baz. 

74. Au N.-N.-O. de la maison forestière, au pied 
de la montagne, à l'O. de la cote 1039, vestiges de 
murs en arc de cercle, à convexité vers l'amont 
(barrages, terrasses comme ceux du S. Tunisien). 
A quelques mètres plus au N. vestiges de baz. 

75. Entre le mamelon de la maison forestière et 
Ras-Oum-Errezaim, vestiges frustes de tombes préisl. 
circul., ovales ou elliptiques. 



- 135 - 

76. Pied N.-E. du mamelon de la maison fores- 
tière vestiges d'une baz. et de m. de pr. 

77. Face à la maison forestière au N.-O., au pied 
de gros rochers, abri sous roche; fragments de sil. 
et de calcaires durs taillés; cendres et escarg. 

78. Sommet piton 1225 plus au N. vestiges d'un 
tumul. qui a été important, actuellement surmonté 
d'un abri circulaire élevé par les hommes de garde 
(poste d'incendie). 

79. Crête contiguë, vers l'O., vestiges analogues. 

80. Sommet au N., vestiges analogues. 

81. Sommet au N.-O., vestiges analogues. Une 
tombe ovale, orientée E.-O., murs allant d'une 
tombe à l'autre. Plate-forme support sur partie de 
l'espace occupé, avec petit mur de soutènement par 
place. 

82. Ravin descendu du Kef-Tafrent au S.-E., 
barrages-terrasses . 

83. Kef-Tafrent, sommet, énorme tumulus en moel- 
lons, surmonté d'un signal topographique. 

84 bis . Kef-Tafrent, falaises du flanc Est, au pied, 
vestiges d'agglomérations en moellons et blocs. 

84. Demnet-Echcherf, pied S.-E., vestiges de baz. 

85. Dos rocheux entre Demnet-Echcherf et Gorges 
de Bahbah, vestiges de baz. sur tout le pourtour; 
sur la rive g. des gorges, une bazina a dû être mo- 
numentale. 

86 . Pied N.-E. de Demnet-Echcherf, vestiges de baz . 

N.-B. — Le n' 362 de Y AU. arch. doit être reporté de 3 kil. vers l'E., 
si l'on veut qu'il se trouve bien sur les pentes de Demnet-Echcherf, 
comme l'indique le texte. 



— 136 — 

87. Sortie des gorges de Ttniet-Elbir au N., ves- 
tiges de baz. et. tum. et murs de jardins en terrasses, 
jusqu'assez avant dans la gorge. 

88. lsserane, sommet immédiatement à l'E. du 
grand, sur la crête, vestiges de tum . 

89. lsserane, pied des abrupts, au S. vestiges d'ha- 
bitations en moellons et blocs, peut-être en partie 
adossées au roc. 

90. Mamelon 1001, au N. de Kef-Isseraw, restes 
de gros tumulus en moellons et en grosses pierres. 

91. Entre les buttes 955 et 1035, près de là, ves- 
tiges de baz. et de m. de pr. 

92. Chemin longeant Cluab-Dréa-Ras-Elain, liane 
dr. du ravin, vestiges de baz. et de m. de pr . 

93. Col d' lsserane, tumul. circul. ou ovales. 

94. Butte sur le flanc N.-O. de Medjanine, près de 
la crête, vestiges de baz. assez bien conservées, en 
gros blocs. L'une d'elles monumentale. 

95. Kef-Eddiar, vestiges de baz. et tum. en gros 
blocs. Une tombe circul. sur une plate-forme en 
grosses dalles; chambre funéraire et assises concen- 
triques en gros blocs. 

96. Toutes les buttes, tout le pied des hauteurs 
de Cliaabet-Ellialalc/ à Furiass; puis de là, à lsserane, 
au N. de Medjanine : vestiges de baz., m. de pr. en 
terrasses, barrages-terrasses sur les ravins, tumul. 
souvent bien conservées. Au piton qui domine 
Mechta-Elmerazgua, ce sont des baz. 

97. Chaabei-Ellialalef, rive g., coupée du sentier, 
vestiges de tum. 

98. Butte immédiatement à l'E., vestiges de tum. 



— 137 — 

99. Rakobt-Ejjemel, pied S., vestiges de baz., tum., 
m. de pr. sur une longue étendue. (En partie signalé 
au 381-383 de Y AU. arch.; mais il faut insister sur 
l'extension des vestiges). 

100. Entre Chaabet-Elbir et liakobt-Ejjemd, vestiges 
de baz. dans la broussaille. 

VIII. — Angle S.-O. de la feuille. 

101. Esseitar, restes de baz. monumentales. Une 
d'elles a environ 20 m. de diam.; la cella est bien 
nette encore, mais violée. Restes de murs. 

IX. — Chebka-E/megsem. 

102. A 150 ou 200 m. E. de Sidi-Hummana (cha- 
pelle) vestiges de baz. 

103. Pied de la côte qui porte la dite chapelle, à 
son O., vestiges de murs. Certains ont dû être des 
parcs à bestiaux {mrah) . 

104. Mzaras Si il Hammanu, ces mzaras s'élèvent 
sur d'anciennes tombes préisl. 

105. Chemin de Saint-Donat, à Ehnegscm, coupée des 
premières barres rocheuses à l'aval de Chaab Elke_ 
baïli, sil . épars ; vestiges de petites tombes préisl . 
circul. ou carrées. 

106. Pied N. de Dréa Elkebir, vestiges de tombes 
préisl.; enceintes de pierres debout (parcs à bes- 
tiaux?) orientées vers l'E. de façon à profiter du 
soleil. 

106 bis . Tête de Chaab-Elkeba'ili, restes de tum. L'un 
d'eux est entouré d'une esc. et porte des traces de 
feu. 

12 



— 138 - 

107. Dréa-Elkebir, sommet E., à la crête même; 
baz. monumentales de plus de 10 m. de diam., en 
grosses pierres taillées ou presque taillées; enceintes 
de pierres ou blocs debout, sur deux rangs, de 20 
à 30 m. de longueur ou de diam., mur rasé, dont 
les fondations sont en bons moellons. 

108. Dréa-Elkebir, sommet plus à l'ouest de 150 ou 
200 m., restes d'autres baz. monumentales. 

109. Dréa Elkebir, sommet occidental, restes d'au- 
tres baz. monumentales. 

110. Col à la tète de Guergour-Elhamèm, baz. assez 
importante, vestiges de parc à bestiaux. 

111. Croupe à la tête de Y Oued Elkerma, restes de 
baz. monum. 

112. Pied O. de Dréa Elkebir, baz. recouverte de 
cendres et entourée d'une esc. 

113. Elguelaa, vestiges de baz. au sommet; liane 
N., m. de pr.; vestiges de parcs. 

114. Guergour-Elhamèm, bord O.; vestiges de baz. 

115. A quelques centaines de m. N.-O., vestiges 
de baz, ou tum. et murs. 

116. Sommet dominant Cliaab-Elmaaigua, entre 
celui-ci et le Bir du même nom, grande baz. sur- 
montée d'un signal topographique; murs de parcs. 

117. Plus bas, sur la pente, un peu au N.-O., m. 
de pr. bien réguliers (jardins?). 

118. Entre le Chnnb-Elmaatgua et le puits du même 
nom, silex néolithiques épars. 

119. Plaine, au N. du Chaab en question, m. de 
pr. 



— 139 — 

120. Chaab-Alouèch, flanc E., sentier qui, de Bir- 
Ouled-Mesaï passe au pied de Si-Abd-Allah-Laouar, 
un tum. de terre, qui a été autrefois recouvert de 
pierres et Test encore en partie. 

121. Pus haut, sur le chemin en question, vest. 
baz. ou tum. 

122. Entre le sommet dit Si-Ahd- Allah- Laouar et le 
p. cot. 1044, autre tum. analogue au n° 120 ci-des- 
sus; vest. d'autres autour. 

123. Sommet dit Si-Abd-Allah-Laouar, vest. de 
tum. semblables; sil. 

124. Col. à l'E. d'Eddouh, tum. nombreux. 

125. Eddouh, 8 à 10 baz. monumentales, d'autres 
plus petites. Certaines sont en pierres en grande 
partie taillées. Les murs sont doubles. 

X. — Plaine au S.-E . de l'Oued-Elmehari, au 
S . de la voie ferrée. 

126. Bir-Chaouch-Messaoud, au puits, plusieurs 
pierres sculptées et sarcophages, venant d'une R. 
R. sise plus au N. 

Un sarcophage revêtu d'une assez heureuse orne- 
mentation. Trèfle et rosace sculptés en creux, la 
nervure saillante, au niveau de la face du sarco- 
phage. 

127. Bir-Elmekhancha. Autres pierres sculptées et 
sarcophages provenant de la même R. R. 

128. En face Krerbet-Mouchi, sur la rive dr. de 
l'oued Elmehari, à dr. et à g. du chemin de Saint- 
Donat au Megsem, deux esc. (Tas coniques de 3 à 
4 m. de haut et de 40 m. de diam.). 



— 140 - 

129. Rive dr. de VOued-Elmehari, des abords du 
chemin de fer à Mechta-Rir-Elafra, au S., sur 2 kil. 
environ, R. R. étendue. Elle a été exploitée comme 
carrière et il n'en reste presque plus rien. 

130. Crête des ondulations des Ouled-Rrelouf, au 
S.-O. du moulin, vestiges de tomh. préisl. circul. 

131. Butte de Mcchta-Elliarmd, vestiges de tomb. 
préisl. circul. 

132. Butte à 900 m. plus au S., vestiges de tomb. 
préisl. circul. 

133. Chaab-Elmcguitla, vestiges de tomb. préisl. 
circul. et vestiges de murs. 

134. Butte Âli-Mansour (cote 919), vestiges de tomb. 
préisl. circul. et vestiges de murs. 

135. Butte 941, plus au S. groupe de baz. de tou- 
tes tailles, parfois contiguës les unes aux autres; 
murs doubles formant des compartiments qui com- 
prennent un certain nombre de tombes; certains 
murs ont été simples, et en pierres sèches ou en 
blocs; certaines baz. sont en murs doubles à la base; 
d'autres en grosses dalles posées à plat. On relève 
une baz. monumentale, avec d'autres annexées, 
formant un groupe régulier, compliqué de murs et 
d'allées. 

136. Mamelon 955, au N. du massif de Tafrent. 
Groupe de tombes et de murs assez analogues au 
numéro précédent. 

Une grande bazina centrale, monumentale, est en- 
tourée d'autres plus petites et avoisinée de murs. 

137. Plaine au N. de Maazoula, m. de pp. 

138. Plaine à l'O. de Coudial-Elyuarbous, m. de pr. 



- 141 — 

139. Au S. de Coudiat-bcn-Zouari, au S.-O. de 
Coudiat-Elbeïda , vest. de baz et de m. de pr. 

XI. — Collines de Sidi-Hammana. 

140. Kef-Maouch, bord des abrupts; baz. dont plu- 
sieurs ont dû être assez grandes. 

141. Mechta-Ouled-Sidi-Srir, à la tête de Chaab- 
Elmrabta; un sarcophage romain, servant d'auge, 
existe depuis un temps immémorial, suivant les In- 
digènes. 

142. Mamelon 853 à TE. de Mestaoua, vest. de baz. 

143. Colline 863 au S.-O. de Mestaoua, vest. tum. 
cire, en cailloux. 

144. Dira-Mestaoua, flanc N., sous le point coté, 
une baz (ou tum ?) 

145. Mestaoua, terrasse terminale, vest. de plu- 
sieurs T. préisl. 

146. Colline 838 au S. de Coulmitrs, r. dr. du 
Rummel, vest. de baz. qui ont dû être importantes. 

147. Un peu au S.-O. du p. cot. 811, vest. de 
baz. 

148. Buttes aux alentours de Mechia Elmaadam, 
vest. de baz. 

148 bis . Alentours de la tête de YOucd-Ahtilov, vest. 
de baz. 

149. Un peu à l'O. du p. cot. 868, vest. de baz. 

150. Plus a l'O., à mi-chemin de Demnet-E^sama 
(fi^LJ'), vest. de baz. 

151. Mamelon 860, de Demnct-Essama , flanc E., 
vest. de baz. 

152. Demnci-Essama, flanc 0., vest. de tum. ou baz. 



— 142 — 

XII. — Angle N.-O. de la feuille, jusqu'à l'Oued- 
Elmehari au S. et à l'E. 

153. P. cot. 844, Oued-Smar, la R. R. signalée 
au 350 de YAtl. arch. a été si bien exploitée com- 
me carrière qu'elle a presque complètement disparu. 

154. Vestiges de baz. à Coudiat-Essafra. 

155. Au N. de Fetd-Elguernine, plateaux, sil. épars. 

156. Sommet des falaises au S. du Rummel, à 
600 m. ouest du p. coté 815, rectangle de 3 m X2 m 
de coté, orienté N.-S. à peu près, pavé de pierres 
à plat (tombe?). 

157. Bord N. de la feuille, au coude de la R e au 
N. du pont, grande esc. (tas circul. de 15 à 20 m. 
de diam.) Les hélix qui dominent sont les H. Mela- 
nostoma. Sil. taillés. 

158. Krerbet-Elrabaa, (maison cantonnière entre 
Saint-Donat et Navarin) R. R. étendue sur 15 à 
1,800 m , (jusqu'au ch. de f) mais exploitée comme 
carrière. 

159. Entre Mtchta-Elknrba (Feïd-Kouachi-ben- 
Nekka ( «— £-») et Feïd-Essedra, sil. épars. 

160. Rémada, le sign. top. s'élève sur une esc. 
(tas conique élevé de 2 m. environ . 

161. Rive g. de Y Oued- Elmehari, face à Mechta- 
Kloulja, vest. de tum. qui ont dû être importants. 

162. Même rive, à Krerbet Mouchi, R. R. Les R. 
R. ont d'ailleurs occupé toute cette rive g., sur plu- 
sieurs kil. d'une façon presque continue. 

L63. I T n peu plus au N., à l'E. du sentier do 
Sainl Donat, entre les p. col. 866, 866, 868 et 873, 
vest. de petil édifice carré en pierres de taille, long 
de 6 à 8 m., large de 3 ;'i i., orienté ;i peu près !•;. I ». 



- 143 - 

8° Feuille Navarin 

(au l/50,000 e ) 
(feuille Séiif, non parue, au 1/200,000°) 

1. A 200 m. N. du cimetière, R. R. étendue,, 
mais dont la plupart des pierres de taille ont été 
enlevées. 

9° Feuille Cliàteatidmi 

(au 1/30,000") 
(Feuille Constantine au l/200,000 e de Y AU. arch.) 

I. — Angle S.-E. jusqu'à la Route nationale. 

1. Premier mamelon au S. du Moulin Gassiot 
Coudiat-Ezzenadiya et non Ezzenatia, comme le dit 
la carte, vest, de baz. 

2. Chemin vicinal delà Ferme Blanc à Sidi-Messaoud, 
bord N., petite R. R. presque complètement dis- 
parue. 

3. Traverse de Mechta à Chàteaudun, Mechta-El- 
Ganlara, vest. m. de pr., décombres en moellons, 
mur limitant un espace carré d'un demi hectare en- 
viron, quelques pierres de taille. 

4. A quelques centaines de m. au N.-E. du dit 
point, R. R qui ont dû être étendues, mais dont il 
ne reste plus rien. 

II. — Ondulations des Brana (entre la R e Nat., 

l'Oued E la fia et le Feïd-ben-Nafa, jusqu'à 
Douh-Esslougui au N). 

5. Coulmiers. Quelques pierres de taille brisées 
signalent une petite R. R, qui a servi de carrière. 

6. Sidi-Aliyà, mzara, à l'O. de Coulmiers, élevée 
sur vest. de baz. 



- 144 - 

7. Point coté 827 à l'O. de Goulmiers, entre Merj- 
Hariz et Mn-Taltmacht, vest. de petites baz. 

8. P. cot. SiO et 847, à l'O. de Tahmacht, vest. 
frustes de petites baz. 

9. Mzaret-Sidi BouTabba, p. cot. 842 de Dréa- 
Ezzenadiya, vest. d'une baz. qui a dû être impor- 
tante. 

10 Feuille Oaed-Elathménla 

I. — Entre la bordure N. de la feuille, la /? e 
Nat. Constaniine-Sètif et la R e Oued-EI- 
at h m en la à Bled-Youceuf et Sidi Khalifa. 

1. Bord N. de la R" nat., à 300 m. de Chaab- 
ben-Libguiret, petite R. R. (ferme). 

II. — Massif du Toukouya. 

2. Sommet de Coudiat-Bahloul, une baz. avec des 
pierres taillées et d'autres non; aux deux extrémités 
du sommet monuments analogues plus petits. 

III. — Collines de Guettar-Elaïch. 

3. Djebel- Chaïma, au bord S.-E. une baz. sur 
un sommet surmontée d'une mzara. 

4. Col à l'E. du sommet précédent, mur en moel- 
lons barrant le col. 

5. Plus au S., sur l'un des derniers sommets, 
une baz. 



Il I eu il le Le Kliroii» 

(au 1/00,000") 
(Feuille Constantine au 1/200.0JJ de V Atlas archéologique) 

IV. — Entre l'Oued-Berda, le Chaabet-Elbey et 
le bord E. de la feuille. 

1. Près Mechla-Ouled-bou-Kralfa, sommet mamelon, 
vest. de baz. 

2. Dréa-Chadi, liane S.-E., m. de pr. 



- 145 - 

V. — Collines des Ameur-Seraouïya. 

3. Pointe N. de la colline 846, à 15 ou 1,800 m. 
0. de Henchir ben- Guetta f, petite R. R. (?) (différent 
du 317 de YAtl. arch.). 

4. Près p. cot. 953, N. de Mechta-Lagrare (et non 
Magrare comme le porte la carte) vest. de baz. 

5. Coudiat Aïn-Elguetlara, cote 1167, vest. de baz. 
importantes. 

6. Au N. de Aïn-Keberta (le Bir-Djelil de la carte), 
crête portant le p. cot. 954. très grandes baz. rasées. 
Celle du p. cot. a plus de 20 m. de base. m. de pr. 
en terrasses. 

7. Aïn-Keberta, on y aurait trouvé une conduite ro- 
maine; aménagement moderne de la source avec 
des pierres et briques romaines (signalé comme R. 
au n° 338 de YAtl. arch ). 

8. Bled-Elyakiriya, R. R. (600 m. environ à l'O. 
des R. R. indiquées par la carte au bord de Chaab- 
Elma-Elasoued). 

9. Terrasses autour de Aïn-Elhadjar, m. de pr. et 
baz. 

VI. — Collines des Mokhbachiya et des Ouled- 
Sakrar. 

10. Mamelon central de Bled-Elmouella, autour du 
cimetière, poteries probablement romaines. R. I. 

11. Bir-Hammou, R.R. (ferme). 

12. Coteau à l'E. du moulin de Aïnben-Sidi-Aïssa, 
RR. (ferme). 

13. Moulin ci-dessus cité, R R (ferme). 

14. Coteau entre le dit moulin et Borj-ben-Zekri, 
R.R. (ferme). 

13 



— 146 — 

15. liorj-ben-Zekri, R. R. ferme). 

16. Cuudial-.Uahjouba, tête du ravin de Ain-Jerara, 
baz. 

17. Lieu dit Eljabia ''entre Dréa-Elbey et Coudial- 
Mahjoub), R. R. (village). (Ces ruines doivent rejoin- 
dre celles que la carte indique un peu plus au S. et 
qui sont mentionnées en bloc avec plusieurs autres 
au n° 309 de Y AU. arch.). 

18. Au-dessus de Sidi Mohammei-ben-Âli (le Sidi- 
Ali-Belkacem de la carte, inconnu dans le pays), près 
du 309 de Y AU. arch., m. de pr. 

19. Cimetière à côté de Sila (gare), vestiges d'une 
grande baz. réadaptée en mzara. 

20. Route Sigtis-Sila, à l'Oued-Tijeranine, E. du 
passage à niveau, fondations en blocage et mortier 
d'un pont romain. 

VII. — Pointe N. du Fortass des Ouled-Sel/em. 

21. Au-dessus de Mechta-Mouça-ben-Kiri, grande 
nécropole; un chemin d'accès très large, très net, 
en lacets et corniche sur la pente, avec mur double 
vers l'abrupt et coupé de gradins de 100 en 100 m. 
environ. La nécropole est divisée en compartiments 
par des murs doubles; sépultures de types divers, 
baz., dolmens, etc. Un chouchet (tour cylindrique) 
de 8 m. de diam. renferme une belle cella en grosses 
dalles. Il y a des types intermédiaires entre ceux 
précédemment cités. 

22. Mamelons 829, au S.-O. de Sigus; chaque 
mamelon porte au sommet desR. R. (fermes); elles 
sont étendues sur le plus occidental. Terrasses de 
culture tout autour, sur les ilancs. 



— 147 - 

23. Colline 862 plus à l'E. vest. de murs. 

24. Hemhir Si-EUayeb-ben-Bou-Reda, au pied 0. du 
dit mamelon, petite R. R (ferme). 

N.-B. — L' Henchir-Tijera/iine que la carte topogr. indique à peu 
près à cette place se trouve en réalité fort loin de là, à plusieurs kil. 
au N., de l'autre côté de la route Sigus-Le Khroub. 

25. Coteaux entre le Dréa-Ezzaaroura et le p. cot. 
862 vers TE.; deux sommets en face de Kef-Eloguèb 
portent des tumul. circul. de grande taille, avec 
cellas en dalles énormes et épaisses. A chaque som- 
met, un grand monument et d'autres plus petits au- 
tour. 

26. Col de la route Sigus-Aïn-Mlila, entre Dréa- 
Ezzaaroura et Coudiat-bou-Merzouf, vest. baz. et m. 
de pr. 

27. Collines au N. de Dréa-bou-Merzouf, vest. de baz. 

28. Colline dominant la Mechta-Kebab, petite R. R. 
et vest. de murs. 

29. Mamelon 795 vers Bir-Ahmed-Bel-Kacem, vest. 
baz. et m. de pr. 

30. Aïn-Elksar, R. R. et m. de pr. 

VIII. — Pâté du Tessala. 

31 . Route Sila-Aïn-Mlila, de Sila à Borj-Elhabbasi 
(^-U^î) et Coudiat-Tajidount (le Taguitount de la 
carte), murs de pr., quelques-uns immenses, souvent 
en gros blocs. 

32. Mamelon 847, au N. de Borj-Elhabbasi, plu- 
sieurs baz. considérables, en gros blocs, fragment de 
corniche; ces tombes indigènes ont donc été peut-être très 
perfectionnées. 

33. Ravin dit Chaabet-Elmelah, m. de pr. partout. 



— 148 — 

3i. Dorj-Elhabbasi (le 331 de Y AU. arch.)\ ajouter 
aux renseignements donnés par Y Atlas : m. de pr. 
aux alentours et caves voûtées; chapiteaux et colon- 
nes repris dans des constructions récentes. 

35. Mamelon 900 à l'E. de la route Sigus-Aïn- 
Mlila, et à son pied, à dr. et à g. de la R e , vest. de 
m. de pr. (un peu au N. de Aïn-Chouka). 

36. Borj-Elksar, Aïn-Chouka, abords de la R e ; baz. 
et m. de pr. 

37. Aïn-Chouka-($uebUya, baz. et m. de pr. dans 
toute la zone. 

38. Mechta-lîokniya (dite Ras-Elksar) entre Chaabet- 
Elmelah et Aïn-Mlila, quelques baz. comme au n° 32 
ci-dessus; m. de pr. 

39. Sentier entre le Tessala et le Djebel-Elborma, 
p. culminant, une baz. de grande taille; murs en 
grosses pierres barrant le col. Le sommet qui do- 
mine s'appelle Kef-Elmenia, nom qui semble indiquer 
qu'il a servi de refuge. 

40. Mechta-Ras-Elkas, village indigène presque for- 
tifié; murs autour des masures. Paraît établi en un 
lieu très anciennement habité, facile à défendre. 
Murs anciens en pierres énormes repris dans des 
murs modernes; accumulation de débris d'une agglo- 
mération humaine très ancienne, qui ont donné la 
terre cendreuse grise spéciale aux ruines. 

41. Vers Bir-Jedid, m. de pr. 

42. Entre Coadial-Tajidount et le Coudiat-Aiou de la 
carte, m. de pr. 

43. Extrémité de Dcmnel-Elrenem, dolm. et baz., 
chemins, murs. 



— 149 — 

44. Coudiat- Aie boucha, dolm. et baz., avec che- 
mins et murs. 

N.-B. — Ces deux nécropoles continuent celle du lîou-Merzoug, qui 
va, par suite, de Dernnet-Elrenen) à Mechta- Biaouine et à la gare 
d'El-Guerra, avec une étendue bien plus grande que ne l'indique la 
carte. 

45. Aïn-bou-Merzoug, petits abris sous roche, ayant 
peut-être été un peu aménagés autrefois et servant 
encore aujourd'hui occasionnellement. 

46. Entre Mechta-Braouine et la gare d'El-Guerra, 
m. de pr., baz. C'est la continuation de la nécro- 
pole du Bou-Merzoug). (Cf. AU. arc h., n os 327, 328. 

47. Hameau indigène au S. de Ferme Ben Gana, 
petite R. R. (ferme). 

48. Traversée du Chabet-Eljiba par la conduite de 
Fesguia, à 5 m. à l'E. de la conduite actuelle, restes 
d'une culée d'aqueduc romain en moellons, briques 
et pierres de taille (5 m. de hauteur environ ou plus). 

49. Coudial-Dourei, p. cot. 774 à l'O. de la station 
des Ouled-Rahmoun, R. R. couvrant un espace 
étendu, surtout importante au Col entre Douret et 
Radia. 

50. De là vers le S . , à flanc de coteau, piste pres- 
que horizontale, bordée de pierres du côté de l'aval. 

51. A l'O. du Moulin Moniebello et de la cote 750, 
vestiges de la conduite d'eau romaine (aqueduc qui 
suit à peu près le même trajet que la conduite ac- 
tuelle à 10 m. en contrebas); la conduite était dis- 
posée, comme actuellement, au fond d'une tranchée; 
au passage des ravins seulement elle était aérienne 
et portée par des arches. 

52. Cote 774, baz. éparses; R. R. (grosses fermes 
ou village) au sommet à l'O des bazinas. 



— 150 - 

53. Colline de Borj-Elyoudi, vestiges de construc- 
tion en moellons. 

54. Trig-Elbab, mur dégradé au passage d'un col 
(en moellons); peut-être essai de fortification. 

55. Plateau au S. de Djebbana-Si-Hamla, baz. Près 
de là, dans la R. R. 300 de Y AU. arch.) outil (pi- 
lon ?) de pierre polie. 

56. Coudiat-To.oH^, 1 , R. R. sur tout le plateau ter- 
minal (très grande ferme). 

57. Un peu plus au N., baz> 

58. Coudiat-lladia, grande nécropole, baz., tombes 
carrées, murs doubles formant des enceintes, che- 
mins, etc. 

Le mur d'enceinte du N. est incomplet; il est subs- 
titué en nombre de points par un escarpement na- 
turel du roc, un peu aménagé. Un peu plus loin, 
entre Coudiat-Radia et Coudiat-Elmelah, au bord 
d'un ravin, à 200 m. du cimetière Montebello, la 
nécropole, qui se continue, présente les tombes ins- 
crites dans de grands carrés formés d'une double 
enceinte en murs doubles, de 30 à 35 m. de côté. 
Les murs doubles laissent entre eux un espace de 
'1 m. les uns des autres. 

La nécropole dont il s'agit est très étendue, très 
complexe. 

59. Au N. du Coudiat-Elmelah, à l'E. de 842, dol- 
men ruiné. 

60. Sur tout le Coudiat-Elmrah 1 (kil. de long sur 
500 m. de large) murs douilles et baz. 

61. Coudiat-Elmelah, pilon au-dessus du moulin, 
une baz. circulaire au flanc s. 

62. Coudiat-Elmelah, au sommet, tombe rectan- 
gulaire. 



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REFERENCES 

B(l gte \ ■]■:. de Iq feuille, Tombes coupées pot ! 



Coupe des tombes 

: lie de cendres et de 



0' 3 i0 . 

C ;Ue de ubUIoux plats (1»). 

l. ,,..., ossements U» fi 1*50). 



REFERENCES 

■:.iu l/ _ <>. i 



udiat Radia, - Croquis pion provisoire île la nécropole. - Le mur A esl inçoraple 

;. ,..„ nomlu-..' '!" | ■> I'" un '■-'•■ir|.<.'iii'.-iil ii..ikii'.'l .!« i-.m-, -1.-iv.--i. fil surplotillte. 



1 mue double, remblaya en son ôpai 




.1.-"- m.-.^ui.- ,|>' mm- .iM.il.li--. ■- <„ :,./,.<, Hatha ël 'V.„/.<r 

V.tmehih. - I.v- ln.il* «li-rulilnm- iinli>[i.)".'iit .1./- w-li-"-; <!'' 



RÉFÉRENCES 



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— 151 — 

63. Coudiat-Elmelah, flanc N., deux baz. subcir- 
culaires . 

64. Mamelon 768 au S. de Coudiai.-Elnelah, nécro- 
pole (baz., pierres debout provenant sans doute de 
murs) qui paraît être celle décrite par Julien sous le 
nom de Nécropole du Coudiat Elmrah (voyez Atl % 
arch., 303, Assoc. Fr. av. Se/., Alger, 1881, p. 1138, 
1141, Bull. Ac. Hipp., xvin, p. 160, 165, Rec. Soc. 
arch. ConsL, xxu, 1882, p. 216, 219). Mais Julien 
a peu précisé et il y a tant de nécropoles aux envi- 
rons qu'on ne sait de laquelle il s'agit. Quoiqu'il en 
soit celle qui nous occupe s'étend jusqu'à la route 
nationale. Constantine-Biskra, la traverse et va re- 
joindre la nécropole de la rive gauche du Bou- 
Merzoug, face à celle de la rive droite. 

65. Entre les cotes 826 et .844 entre le Chnabet- 
Elkerma et YOued-Elrarzel, près de Coudiat-Elmelah, 
grande nécropole se reliant probablement avec celles 
que nous venons de signaler ci-dessus. 

Murs doubles qui se continuent par des groupes 
de deux murs espacés de 5 m. D'un groupe à l'autre 
il y a une distance qui varie de 15 à 40 m. Ces murs 
ne contiennent pas, comme les précédents, de pier- 
res debout. Les parties comprises entre les groupes 
de murs distants de 5 m forment une espèce de ter- 
rasse avancée, dans laquelle il semble que le sol ait 
été consolidé par des murettes transversales. 

Sur le flanc S. de la colline, on voit de distance 
en distance des pierres assez volumineuses encore 
debout qui semblent avoir appartenu à un ou plu- 
sieurs murs de clôture ou de soutien (?) éboulés. 

A 60 m. à l'E. de l'extrémité du mur, deux tu- 
mulus circulaires dégradés, distants l'un de l'autre 
de 10 m., et 50 m. plus à l'E. quelques silex à fleur 
de sol. 



— 152 — 

66. Mamelon entre YOued-Elgueraa et le Chaabei- 
Elkerma, vest. d'une baz. circul. 

67. Mamelon plus à l'O., rectangle de 25 m. de 
longueur, orienté comme la colline, avec enceinte en 
mur double de dalles de champ et deux baz. assez 
grandes à l'intérieur. 

68. Mamelon 852 dominant Aïn-Ddhoum, carré de 
5 a 6 m. de côté, orienté E.-O. à peu près, avec 
enceinte formée d'un mur double (Tombeau?) 

69. Flanc N. de Chaabel-Ain-Béida, à 300 m. N. 
Aïn-Dellwum, une baz. circul. avec plusieurs rangées 
de pierres concentriques. 

70. Mamelon 947, à la tète de Cliaab-Aïn-Reïda, 
une baz. circul. avec plusieurs rangées de pierres 
concentriques. 

71 . Djebel-Mançour (rocher d'El-Guerra), ilanc N., 
restes d'une enceinte en moellons (retranchement?). 
Mur barrant le col plus au N.-E. Baz. assez nom- 
breuses. 

72. Hocher d'El-Guerra, ilanc S., monuments rec- 
tangulaires (tombes?] très dégradés, entourés d'en- 
ceintes qui déterminent des compartiments sur la 
surface du sol. 

73. Mamelon entre Ain-Delhoum et la R° nat., au 
N. de Chaabet-Aïn-Beïda, vest. de baz., tumul. de 
cailloux, de murs circul. ou subcirculaires qui pa- 
raissent attenants. 

74. 75, 76. Col voisin, vest. d'une baz. circulaire 
avec pierres debout à la base. A peu de distance, 
un dolmen, puis une baz. bien conservée. 



— 153 — 

l-> Feuille I l.uia 

(au 1/50,000°) 
Feuille Conslantine au 1/200,000° de Y Atlas archéologique 

I. — Djebel-Ouach et abords. 

1. Au S.-O. de la Rivière des Chiens, près la voie 
ferrée, au pied des dernières pentes du Mrij, vestiges 
d'un tum. assez grand. 

2. Hameau et ferme indigène dits Maison du Caïd, 
quartzites et silex taillés. 

13° Feuille Constaiitinc 

(au 1 /50,000 e ) 
Feuille CoDstantine au 1/200,000" de Y Atlas archéologique 

II. — Angle N.-E., jusqu'au Rummel au S. 

1 . Hekeïra, pointe E. du plateau, près du p. cot. 654, 
baz. monumentale qui a dû être presque aussi belle 
que le Medracen. 

2. Djebel-Bergli, signal; vestiges de murs dirigés 
suivant des horizontales, en gros blocs de grès ame- 
nés de très loin. 

N.-B. — Le n° 132 de Y AU. arch. n'est pas à l'extiémité même du 
Djebel-Bergli, mais sensiblement plus au N.. comme l'indique la carie 
topogr. 

3. Croupe de Mechla-Bachiarzi, près de la R e qui, 
de Bizot, va dans le N.-O., au N. au p. cot. 718, 
vestiges de petits tum. en cailloux auprès d'une 
mzara qui paraît élevée sur quelque chose d'analogue. 

III. — Bord N. de la Carte entre l'Oued-Elbe- 

grate, le Rummel, la R e de Rouffach à 
Bel fort et l'Oued- Koton. 

4. Col entre p. cot. 351 et Mamelon-Vert, R. R. 
(ferme importante, différente de celle marquée sur 
la carte au sommet). 



- 154 - 

5. P. cot. 535, près Bir-Menten, sommet de croupe; 
baz. nombreuses, mal conservées et vest. de murs 
qui divisent l'espace en compartiments. 

6. A l'E. de Mechta-Dartoum , R. R. [un peu à l'O., 
d'autres R. R. indiquées par la carte. 

N.-B. — D.nis celle parlie de la feuille, on trouve signalées par la 
carte topogr. plusieurs R. R. dont Y AU. arck. ne tait pas mention. 
Celles qu'il indique au n" 1H i. Ferme Felter) sont assez éloignées de là. 

7. Même croupe, à 2 ou 300 m. plus au S., à l'E. 
du ravin de Sidi-Okkaz, vest. de baz. 

IV. — Bord 0. de la feuille limité, à l'E , par 
l'Oued-Koton et la R e de Bel fort à l'Oued- 
Athmènia. 

8. Angle du confluent des Oued-Koton et Oued- 
Ksar-Elkellal, col entre les mamelons 38 L et 385, 
R. R. (Elles sont situées entre deux autres R. R. 
qu'indique la carte topogr.). Les matériaux antiques 
ont été repris dans des constructions plus modernes, 
quoique également antiques, complètement rasées. 

9. A 1000 m. X. de Sidi-Krennennou, R. R. en 

partie exploitées comme carrières. 

10. Tête de YOued-Ksar-Elkellal à gauche, R. R. 
(petite ferme). 

11. A 200 m. N. du p. cot. 5G2, pierres taillées 
venant peut-être d'une R. R. située à 900 m. S. de 
502, d'après la carte topogr., mais qui a disparue 
récemment. Hache en grès (?) trouvée vers le même 
point. 

12. Au S.-O. de la Mila indigène, limite des jar- 
dins, butte de 4 à 5 m. de hauteur formée de débris 
de briques, tuiles, etc. Peut-être emplacement d'une 
ancienne briqueterie. (Ce n'est pas le n° 59 signalé 
par Y AU. arch. entre les villages français et arabes). 



— 155 — 

13. Chaab-bou-Haâ, dans les jardins, au N. de Mila, 
pont romain (les culées et une arche). 

14. Suivant renseignements, un autre pont romain 
existerait à la traversée d'un ravin (Chaab Elmessousa?) 
sur la piste arabe de Mila à Constantine (à peu près 
l'ancien chemin du Génie). 

15. Aïn-Euine, bord S. du vignoble, au N du Havin 
du Palmier et à l'O. de la R e Mila-Constantine, vest 
de tombe cire. (baz.). 

16. Au S. du Djebel-Lakehal, au S.-E. de Mechta" 
Elguergour, au sommet 912, tumul. de pierres. Au 
pied du mamelon vest. de plusieurs autres. 

17. A 500 m. E.-N.-E. de 912, m. de pr. 

18. Sommet 976 au S. de Mechta-iïlguergour, tas de 
pierres formant dans l'ensemble des groupements 
circulaires (?). 

14' feuille RecEjas Fei'a'ada 

(au 1/50,000*) 
(Feuille Constantine au 1/200,00(1'" de Y AU. arch.) 

I. — Angle N.-E. limité au S.-O. par Oued-Redjas, 
Oued-Elhammam et Chaab-Abbès. 

1. Kherba-bou-Krateb, cote 820, R. R. (hameau im- 
portant). 

2. Un kil. plus au N., R. R. (ferme). 

3. 300 m. plus au N. R. R. (petite ferme). 

4. Au bas de la butte 671, au pied de Dréa-bèn- 
Tebbal, restes d'une construction en moellons. 

5. Dréa-ben-Tebbal, R. R. (ferme). 

6. Krerba-ben-Zaaroura , R. R. (ferme). 

7. Mechta-Elkrerba de YOued-Elkrerba, R. R. (ferme 
étendue ou groupe de fermes). 



— 156 — 

II. — Bord N ., limité par la route de Redjas- 
Ferrada à Fedj-Mzala au S., puis 
l'Oued- M agramen , l'Oued-Ou-Am- 
mouch, l'Oued-bou-Guerfa. 

8. — Entre Rotiached et la pointe du Fellag (le Fe- 
lak de la carte) m. de pr. 

15° feuille Mitli-Itleroiiaiic 

(au 1/50,000») 
(Feuille Philippeville au 1/200,000* de V Atlas archéologique) 

1. Sidi-Maarouf, puits romain au travers du gîte 
de fer pour exploiter le cuivre qui s'y rencontre in- 
clus par place, haldes, scories. 

2. Ke/Darja. Anciens travaux romains (?). 

16° Feuille Sldl-Drlfl 

(au 1 /50,000 e ) 
(Feuille Philippeville au l/2(JO,0U0 8 de l'Atlas archéologique) 

I. — Angle S.-O ., entre le bord de la carte et 

le Rummel. 

1. Croupe qui porte Mn-Elkerma, à 600 m. de la 
source en question, à TE. de l'Oued-Mila; R. R. 
(fermes). 

2. En face le point sus-dit, liane g. du ravin de 
Aïn-Sa/mfiya, au douar Elkanaza, R.R. fermes). 

N.-B. — Le n" 135 de YAtl. arch. feuille Philippeville) indique en 
elïet des groupes de fermes dans ces parages. 

II. — Bord E. de la feuille, pâté du Rerab, 

Djebel-Rara , Souari , etc., jusqu'à 
l'Oued Smendou, le Chaabet-Elbèze et 
le Chaabet-Elharb. 

3. Bord S. de Coudial-Echchaaba , R R. (fermes). 

III. — Portion orientale du Sidi-Dris, (jusqu'à 
l'Oued-bou-Chouk et au Chaabet-Dar- 
EttheljK 

4. Crète qui va de Elguern (1028) au Sidi-Dris, au- 



- 157 - 

dessus de la tête de Chaab-Medjez-Ennakhla, nom- 
breux tum circul. ; vestiges de m. de pr. 

5. Entre Mechta-Gournata et Sidi-Belkacem, quelques 
tum. 

VIL — Angle N.-O. de la feuille (jusqu'aux, 
crêtes du Sidi-Msid et du Kef-Semah, 
au S., à l'Oued-Elakehal, à l'E.). 

6. Sortie de Mechta-Elakbiya et de Mechta-Beni-Haï, 
vestiges de chaussée dallée, bordée de petites pierres 
debout (voie romaine) qui aurait été de l'un de ces 
points à l'autre, pour se brancher sur la R e de Collo 
par le Rummel (se reporter au 135, Philippeville, 
Atl. arch.). 

7. Mechta-Beni-Haï, espace circul. (diam. 10 m.) 
dallé, entouré d'un cercle de pierres debout, peu 
élevée (Tombeau? aire à battre?) 

17° Feuille Djidjclli 

(au 1 /50,000 e ) 

1. Rocher Picoleau à Djidjelli; sur le dessus, non 
loin des tombes phéniciennes, le sol est jonché de 
coquilles marines qui semblent appartenir exclusi- 
vement à des espèces employées par les Phéniciens 
à la fabrication de la pourpre. Purpura hematostoma 
et Murex trunculus . 

18° Feuille Philippeville 

(au 1/50,000») 
Feuille Philippeville au I /200,000 e de l'Atlas archéologique 

1. Ras-Elayoune, au S.-O. de la feuille, dolmens. 

2. Coudiat-Achaouf, au S.-O. de la feuille, dolmens. 

3. Entre Zaouiya-bou-Majen et Aïn-Guelt-Aïouj, dol- 
mens . 



— 158 — 

4. Coudiat-Sidi-Kras-Krouchi, dolmens. 

5. Âtn-Cheraya, caverne où l'on aurait trouvé des 
ampes et des monnaies de cuivre romaines. 

N.-B. — Il faut remarquer la disposition des dolmens, sur le bord S. des 
forêts, de même que plus a l'E., dans les feuilles El-Aria et Hamrnam- 
Meskoutine, sur le bord S. des forêts des Beni-Medjalet et des Beni- 
Snib. 



19' Feuille Hei'billou 

<au 1/"200,000«) 

1. Cap-de Garde, carrières romaines dans les cal- 
caires sachcharoïdes, exploitées comme marbres 
parles Romains (Coquand, Descr. géol. de la Prou. 
de'Const., p. 28. — Texier, Bull, de la Soc. géol. 
de Fr., l' e série, IV, p. 160, avec leur description). 

20° Feuille Itlsila 

(au l/ l 200,n" |»j 

1. Elhammam, sur YOuedElguesob, à 14 kil. amont 
de Msila, vest. de barrage romain. (V. Spielman, 
Msila-Hodna, in Rev. Nord-Africaine illustrée, 
1908, p. 517). 

2. liechilga, à 4 kil. de Msila, ruines d'un acqueduc 
romain (Sans doute le n° 83 de Y AU. arc h., dont la 
situation n'est pas bien précisée) (V. Spielman, op. 
cit., p. 517). 

3. Au N.-O. de M'sila, en allant sur Tarmount, 
vestiges romains plus ou moins bien conservés, 
ponts ou acqueducs sur plusieurs ravins (V. Spiel- 
man, op. cit., p. 517, . 

4. Djebcl-ISatali, baz. et dolm. sur les sommets 
d'un des contreforts Sud, sur la rive dr. de l'Oued- 
Chabouti, près de Tarmount (Y AU. arch. 16, 17, 18 
indique, sans préciser, des baz. sur toutes les hau- 



— 159 - 

teurs autour de Tarmount. (V. Spielman, op. cit., 
p. 718). 

5. Alentours de Tarmount, vest. de m. de pr. 
(V. Spielman, op. cit., p. 554). 

6. A l'O. de Tarmount, pied du Djebel-Tarf, R. R. 
autour de presque toutes les sources. UAtl. arch. 
6, 7, 8 indique seulement bien peu de chose. (V. Spiel- 
man, op. cit., p. 554). 

7. Plateau limitant au N. les douars Melouza et 
Khebacha, plusieurs R. R. (V. Spielman, op. cit., 
p. 567). 

8. Elhammam, sur un affluent du haut Oued-Loug- 
raan, au N.-E. du Djebel-Ettarf, vestige de barrage 
romain et R. R. étendues sur les deux côtés de 
rOued (V. Spielman, op. cit., p. 567; . 

9. Chellèl, route nouvelle de Bou-Saâda à Msila; 
les travaux de la route ont mis à jour des conduites 
d'eau en maçonnerie, d'origine romaine. (V. Spiel- 
man, op. cit., p. 568; . 

10. Oued-Chellel, à quelques kil. plus à l'amont, 
barrage romain dit Cedd-Eddjir (non communément 
donné dans le Ilodna aux barrages romains) (V. Spielman, 
op. cit., p. 569 et du même, autre article, Reo. Nord- 
Africaine illustrée, 1909, p. 8). 

11. Passim, dans la plaine autour du Chott-El- 
hodna, entre celui-ci et la R° Msila-Bou-Saada, puits 
romain, moulins à huile, etc. (Spielman, op. cit., 
p. 569). 

21° Feuille Boi*<lj-bou-Ai»réi*idj h Msila 

A côté de Sidi-Morsli, sur une colline pierreuse 
près du chemin de Bordj aux Maadid, R. R. (vil- 



- 160 - 

lage) (Monplessis, Une nuit d'été sur les Hauts- 
Plateaux, lieu. Nord- Africaine illustrée, 1909, 
p. 90-91) (Il reste à préciser l'endroit. Mais le nom 
de Sidi-Morsly n'étant pas commun dans ces para- 
ges ce sera sans doute facile). 

L. JOLEAUD et A. JOLY. 



ÉTUDE ETHNOGRAPHIQUE 

SUR 

la Population indigène de la Commune mixte d'Ain -M'iila 



Discussion entre une Femme Arabe 
et une Femme Chaouïa 

— N>@^3s^e<M — 



Nous avons eu la bonne fortune de nous procurer 
un texte arabe, en vers, qui relate, d'une façon pitto- 
resque, une discussion entre deux femmes, l'une 
Arabe, l'autre Chaouïa, toutes deux originaires de 
la région d'Aïn-M'lila, discussion ayant trait à la 
valeur respective des deux races qui habitent cette 
région. 

Dans ce dialogue animé, les deux adversaires 
s'efforcent d'exalter les qualités de leur race et, en 
dehors de certains arguments, s'injurient récipro- 
quement. Cette discussion est bien symptomatique 
de la haine qui divise encore les deux races arabe 
et berbère, car malgré l'islamisation des autochto- 
nes, ces derniers ont conservé un certain ressenti- 
ment contre l'Arabe envahisseur et pillard. 

Journellement les Arabes plaisantent les Kabyles, 
Chaouïas et autres Berbères et ceux-ci leur répon- 
dent sur le même ton. L'inimitié des Berbères contre 
les Arabes est la perpétuation de l'opinion des an- 
ciens écrivains berbères. 

14 



- 162 — 

Ibn Khaldoun ne dit-il pas, dans son Histoire des 
Berbères : 

« Les Arabes se jetèrent comme des loups affamés sur 
l'Afrique, semblables à une nuée de sauterelles ; ils dé- 
truisirent tout sur leur passage. » 

Et, plus loin : 

« On pillait, on dévastait les moissons et on revenait 
les mains pleines, les montures chargées de butin. 

« Les cultivateurs et les commerçants, victimes cons- 
tantes de l'oppression des Arabes, ne cessaient d'invo- 
quer contre eux le secours de Dieu. » 

Les vers du poète arabe d'Aïn-M'lila reflètent bien 
l'état d'âme des deux races; les reproches que se 
font mutuellement les adversaires sont journelle- 
ment énoncés dans les petites querelles se produi- 
sant entre Arabes et Berbères. Qui n'a vu les coura- 
geux colporteurs kabyles être l'objet, lorsqu'ils cir- 
culent dans une localité algérienne, des sarcasmes 
des habitants Arabes? C'est à celui qui lui lancera la 
plaisanterie la plus lourde. 

Nous avons pensé qu'en dehors du texte arabe et 
de la traduction de ces vers, il serait intéressant de 
les faire suivie d'une liste des fractions des divers 
groupements indigènes de la commune mixte d'Aïn- 
M'lila avec l'indication de l'origine que revendiquent 
les diverses populations de cette commune. 



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— 163 - 

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164 — 



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(TRADUCTION ) 

La Femme Arabe. . . « O Chaouïa! Tu es malpropre, 
a ta condition est celle d'un dépôt de fumiers. Ta 
« saleté est si intense que tous les jours, par un la- 
ce vage continuel, tu t'efforces de devenir comme la 
« gazelle du Sahara qui est si propre! » 



La Femme Chaouïa. . . « O Arabe! Que Dieu te dirige, 
« tes mensonges t'ont toujours mise nue, tes reins 
« sont déchirés et fatigués par de longs voyages. Tu 
« ne manges que des petits pains froids et fades. » 



La Femme Arabe. . . « Racleuse de crottin, ta condi- 
« tion est celle de la malpropreté la plus grande. Ta 
« saleté est si intense que tous les jours par un lavage 
« continuel, tu t'efforces de devenir comme la gazelle 
« du Sahara qui est si propre. » 



La Femme Chaouïa... . . « Tu es prétentieuse, tu nous 
« quittes et tu reviens chez nous pour estiver. Tu te 
« présentes en tous lieux et, à ton faible mari cupide, 
« le cheikh des khammès fait L'aumône d'une poignée 
« de criblure de grains! » 



La Femme Arabe.... « Ceci est mon affaire, je fais 
« ainsi une niche aux Chaouïas, je les dépouille en 
« leur arrachant les poils. Lorsque ton grain est épui- 
« se, je te méprise et te considère comme un crachat. » 

La Femme Chaouïa. ... « Je jure devant Dieu que je 
« n'ai nul besoin. J'ai du gros couscous dans mon gre- 
« nier qui le conservera longtemps. Ton père vient 
o solliciter le mien, sur l'emplacement des silos, pour 
U mesurer et acheter un peu de grains, » 



- 165 — 

La Femme Arabe.... « Nous possédons la beauté 
« aux cheveux nattés et la vie nous est assurée par les 
« dattes translucides. Je t'envoie une poignée de viande 
« de bœuf, tu crois posséder un fruit nouveau, un prè- 
« sent remarquable et tu en réclames encore un peu! 
« J'en perds l'esprit! » 



La Femme Chaouïa « Arabe! Ta religion est 

« mauvaise, tu te maries avec le cheikh des bergers 
« dont le turban est pouilleux. Tantôt il t'offre du lait 
« dans une outre, tantôt dans une torche! » 



La Femme Arabe « Chaouïa ! Tu es en faillite, tu 

« te maries avec le cheikh des khammès'dont les sou- 
ci liers sont fabriqués d'une queue de mouton. Il se 
« rend au marché et te rapporte en cadeau quelques 
a livres de fruits! » 

Les aménités qu'adresse la femme arabe à la fem- 
me chaouïa relatent sa saleté, sa pauvreté, son ma- 
riage avec un khammès. La femme arabe revendique 
hautement les exploits que sa race accomplit, au dé- 
triment des Chaouïas, chaque année au moment de 
la récolte et croit écraser son adversaire en lui exal- 
tant les beautés sahariennes aux longues nattes, et 
les dattes translucides. 

La réplique de la femme chaouïa consiste en cri- 
tiques sur les longs et pénibles voyages effectués 
obligatoirement par la femme arabe lors de l'esti- 
vage et sur la rapacité de la race arabe. Elle fait 
allusion aux grains que les Arabes du Sud obtien- 
nent des gens du Tell, souvent par des moyens illi- 
cites, et elle reproche également à sa rivale de se 
marier avec un berger! 

Le reproche que se jettent à la face les deux com- 
mères, relativement au mariage, prouve le peu de 
considération que les femmes indigènes éprouvent 
pour les maris obligés de travailler pour vivre. 



- 166 — 



Répartition ethnique des populations indigènes 
de la commune mixte d'Aïn-M'lila 



NOM DES FRACTIONS 



; 

usité 
chez les 
Indigènes 



ORIGINE 
d'après les indigènes 



Douar Kouahi (tribu dos Zemoul) 



Mehaïdia 

Oulad-Bouiuiela 
Oulad-Touhami 
Oulad-Ghanem. . 

Bouata 

Lounauda 

Oulad- Nououi.. . 

Guenadzia 

Debabha 

Soualhia 

Zeghaouna 

Oulad Gheribi . . 



Arabe. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 



Oulad- Derradj de M'sila. 
Metarfa de M'sila. 
Ahl-ben-Ali, Biskra. 
Oulad-Sahnoun de Barika. 
Beni-Brahira de Sétif, 
Ahl-ben-Ali. 
Marakech (Maroc). 

id. id. 

Oulad-Abdi-Aurès. 

id. 
Tabremt, N'gaous. 
Maroc. 



Douar Oulad-Zouaï (tribu des Zemoul) 



I Milad Sâadi . . . . 
( lulad-Zouaï.. • . 

Lahlala 

Oulad-Hadjaïssa 
Oulad-DJBbeur.. 
< lulad-Aïssa . . . 

1 >ebabha 

Akachat 

Oulad -Larbi. . . . 
Oulad N'sar . . . . 
Oulad-Abdelhak. 
Haouara 



Arabe. 

id. 

id. 

id 

Ghaouïa 

Arabe 

id. 

id. 

id. 

Chaouïa 

Arabe. 

id. 



Oulad-Derradj, M'sila. 

id. 

id. 
Oulad-Naïl. 

Chaouïa d'Ahmar-Khadou. 
Oulad-Derradj, Barika. 

id. 

id. 

id. 
Ghaouïa d'Ahmar-Khadou. 
Oulad-Derradj, Barika. 
( lhaouïa de Belezma. 



Douar Meraouna (tribu des Zemoul) 



Tlot 

Tkari 

Oulad Aoum 
Aouassa . . . . 
( îhenakhra . 
Khenatra. . . 
Meraouna 



Arabe. 

id. 
id. 
id. 
id. 

id. 
i.l. 



Oulad-Derradj, Barika. 

id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 



- 167 - 



NOM DES FRACTIONS 



Langage 

usité 
chez les 
Indigènes 



ORIGINE 

d'après les indigènes 



Douar Meraouna (tribu des Zemoul (suite) 



Guazit 

Dekakma 

Oulad Bouguela. 
Oulad-Helal.. 
Oulad M'rabet. . 



Arabe. 


Sidi-Eddris, Maroc. 


id. 


Oulad-Derradj, Barika 


id. 


id. 


id. 


id. 


id. 


id. 



Douar Oulad Aziz (tribu des Berrania) 



Aziz 



Oulad- 

Atàtfa 

Oulad- Hedjez. 
Oulad- Yacoub 
Oulad-Anane . 



Chaouia 

id. 

Arabe. 

id. 

id. 



Chaouïas de Bouarif. 
Amour (Sahara). 
Ahl-ben-Ali, Biskra. 
Oulad-Derradj, Barika. 
Oulad-Saoula. Hodna. 



Douar Oulad-Belaguel (tribu des Berrania) 



Oulad-Belaguel 

Meraza 

Oulad-Zaïd. . . . 

Larbâa 

Lachache 

Djellaba 

Oulad- Yala 



Chaouïa 
id. 
id. 

id. 
id. 

Arabe, 
id. 



Oulad-Saoula, Hodna. 

id. 
Nememcha de Tébessa, 
Oulad-Saoula, Hodna. 
Chaouïas du Bouarif. 
Oulad-Derradj. 
Kabyles du Guergour. 



Douar Oulad-Sellam (tribu des Berrania) 



Oulad-Melloul.. 
Oulad-Sigha. . . . 

Zeghaouna 

Touabet 

Zehabfa 

Ouled-Ahmed. . . 

Ferada 

Oulad-Mansour. 
Oulad-Boukassa 
Oulad-Amar 

Oulad-Ali 

Oulad Ouada . . . 



Chaouïa 



Chaouïas d'Ahmar- Khadou 



id. 




id 


id. 


Ch 


aouïas de Tabremt. 


id. 


Seharis. 


id. 


Eu 


Imas, Saint-Arnaud 


id. 


Bouazid, Biskra. 


id. 




id. 


id. 




id. 


id. 




id. 


id. 




id. 


id. 




id. 


id. 




id. 



— 168 — 




ORIGINE 
d'après les indigènes 



Douar Oulad-Achour (tribu des Segnia) 



Oulad-Ahmed-ben Ab- 

dalha 

Oulad- Ahmed 

Oulad-Maza 

Oulad- Mohamed-Sassi 

Kouaoucha 

Oulad Ghenam 

Oulad- Messaoud 

Oulad- Hallem 

Oulad- Balti 

Oulad Baba-Ghenam. 
( )ulad Chikh-Leulmi 



Chaouïa 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
Arabe 



Sekiet-Sidi-Faatallah. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 
Ahl-ben-Ali, Biskra. 
Sekiet-Sidi-Faatallah. 
Oulad-Derradj, M'sila. 



Douar Oulad-Msaad (tribu des Segnia) 



On 






Chai »uïa 
id. 

id. 

il. 

id 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

il. 

id. 

,d-Sebaa 

Chaouïa 

id. 
id, 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 


Ahl-ben-Ali, Biskra. 
Oulad-Solthane, N'g 

Ahl-ben-Ali, Biskra. 

id. 

id. 

id. 
GhomriaDe, Mila. 
Ahl-ben-Ali, Biskra 
Oulad-Melloul. 
Oulad-Derradj. M'si 
Ahl-ben-Ali, Biskra. 

id. 

(tribu des Segnia) 

Oulad-Ainor-beii-Seljàa, 
id. 
id. 
id. 
Nememcha. 
id. 
id. 
Oulad-Amor-ben-Sebàa, 

id 




Ou 






aous. 


Ou 
Ou 


ad-Chobra. • 
ad-Abdallah. . 





Ou 
Ou 








Ou 

( lu 


ad-Ghomriane 






< in 








Ou 


ad Ali 




a. 


Ou 
Ou 


ad-Amdjelleb . 






Ou 

On 


Douar 
ad-bou-Aziz . . 


Oula 


N'ijaous 


( in 








Ou 


ad- \li 






Ou 












Ou 








Oulad-Boulekhad 
Oulad- Amor-ben 


•At- 


N'ijaous 



— 169 — 



NOM DES FRACTIONS 



Langage 

usité 
chez les 
Indigènes 



ORIGINE 

d'après les indigènes 



Douar Oulad-Sebâa (tribu des Segnia] 



Leulma 

Oulad-Abbas 

Zaaria 

Oulad Benkadjouh . . 



Chaouïa 
id. 
id. 
id. 



Eulma, Saint-Arnaud. 
Nememcha. 

id. 
Beni-Frah, Aïn-Touta. 



Douar Oulad- Si-Ounis (tribu des Segnia] 



Oulad-Abbas 

Oulad-Alia , 

Oulad-Saïd 

Oulad-Krari 

Oulad-Nouioua 

Douafria 

Oulad-Hadj-Messaoud — 

Oulad- Kanti 

Oulad bou- Abdallah. 

Oulad-Solthane 

Oulad-Kaaba 

Lamdjadja , 

Oulad-Ighid 

Oulad- Kabri 

Khoualdia 



Chaouïa 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 



Oulad-Madhi. 
Sbaïlia. 

id. 
Nememcha. 

id 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 
Beui-Oudjena, Aurès. 
Nememcha. 

id. 

id. 



Douar Oulad-Djehich (tribu des Segnia) 



Oulad-Aïssa 

Oulad-Leulmi 

Oulad-Abdelhamin. . 

Barchia , 

Oulad-Ali 

Ghedabna , 

Oulad Saadi 

Oulad Hamouda . . . 

Oulad-Difallah 

Cheraga 

Oulad-Amor 

Degharcha 

Oulad-Saad 

Oulad-Belkassem . . 
Oulad-Djebari id. 



Chaouïa 


Khangat Sidi-Nadji. 


id. 


Mraouna-Oued-Derradj 


id. 


Seharis. 


id. 


Khangat- Si li-Nadji. 


id. 


Seharis. 


id. 


id. 


id. 


id. 


id. 


id. 


id. 


id. 


id. 


id. 


id. 


Oulad-bou-Ali. 


id. 


Seharis. 


id. 


id. 


id. 


id. 



id 



15 



- 170 - 




ORIGINE 
d'après I.KS indigènes 



Douar Ouled Djehich (tribu des Segnia) (suite) 



Oulad Rezgui. . . 
Oulad-M'barek . 

( )ulad Oulmi. . . . 
Oulad Mi >iimen . 
Oulad-Slaina. . . . 
Dehaïchia 

Oulad-si Zerara. 



Chaouia 

il. 

il. 

il. 

id. 

Arabe. 

Chaouïa 



Seharis. 

id. 

id. 
Seçuiat-IIamra, Maroc. 

id. 
Medjana. Bibans. 
Remila, Aurès. 



Douar Oulad-Sekkar (tribu des Segnia] 



Brakna 

Oulad- Bouguerra . 

Chiabna 

Oulad-Oudjerten . . 
Oulad-bou-Hadjar. 

Braoula 

Oulad-Tadjouh . . . 
Oulad Arbia 



Arabe. 

il. 

i 1. 

Chaouïa 

Arabe 

Chaouïa 

id. 
Arabe. 



Du pays même. 
Moulay- Eddris* Maroc. 
Sans origine certaine. 
Bélezrna (Chaouïas). 
Beni-Bulaïd, El-Milia. 
Bélezma (Chaouïas). 
Oulad Aziz-bou-Arif. 
-Sans origine certaine. 



Douar Oulad Khaled (tribu des Segnia) 



Oulad-Saïd. 
Oulad-Saoud . , 

Kedadra 

Bir-Touja .... 
Oulad- Youssef 
Oulad Amara . . 
Oulad-Chabou 
Oulad- Khaled.. 
Khoualdia. . . . 

Leulma 

Ben Zekri . . . 



Arabe. 
Chaouïa 

id. 

Arabe. 

Chaouïa 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 
Arabe 



Oulad-Derradj, M'sila. 
Sans origine certaine. 

id. 
Oulad-Derradj, M'sila. 
Nememcha. 

id. 

id. 

id. 

id. 
Eulmas, S lint-Arnaud. 
1/-2 Oulad-Derradj, M*sila et 
1/2 de Smendou. 



Douar Oulad Gassem (tribu des Segnia] 



Oulad Aïcha 

Oulad-Bakha 

Ladjardia 

Oiihid bou-Sâada. 



Chaouïa 
id. 

id. 
id. 



( )ul;id-Saoula, llodna. 
Oulad-Gassem. Sétif. 

id. 
Oulad-Nails, Bou Sàada. 



— 171 



NOM DES FRACTIONS 



Langage 

usité 
rhez les 
Indigènes 



ORIGINE 

d'après les indigènes 



Douar Oulad-Gassem (tribu des Segnia) (suite) 



Oulad-Rihan . . . 
Oulad Kechaou . 

Menasria 

Oulad-Mazouz. . 

Zeghamria 

Zehalifa 

Oulad-bou-Ali . . 



Chaouïa 


Segnia. 


id, 


Oulad-si-Brahim, Diss 


il 


Sans origine certaine. 


id. 


id. 


il. 


Oulad-si-Brahim, Diss 


id. 


Oulad-Gassem, Sétif. 


id. 


Sans origine certaine. 



Douar Hezebri (tribu des Bahira-Touïla) 



Oulad-Kaïm 

Oulad- Mohammed 

Oulad-Kebale 

Oulad-Bouraï 

Oulad-si Moussa. . 
Oulad Belkassem . 
Oulad-Mekked... 

El-Arbab 

Oulad- Ahmed 

Oulad-Sari 

Oulad-Mansour. . . 
Oulad-Ghennem . . 



Ch 



aouia 

id. 

id. 

id. 

id 

il. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 



Oulad-Abdi, Auris. 
Eulmas, Saint-Arnaud 

id. 
Oulad-Abdi, Aurès. 
id. 
id. 
id. 
id. 
Eulmas, Saint-Arnaud, 
id. 
id. 
id. 



Douar Oulad-Drid (tribu des Bahira-Touïla) 



Oulad-Yahia.. , 

Oulad-Mehaouche.. . . 


Chaouïa 

id. 

id. 

id. 
Arabe 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

Chaouïa 

Arabe 


Sans origine c 
'id. 
id. 
id. 
Seharis. 
id. 
id. 
id. 
id. 
Màadid, Bordj 
Seharis. 
Bouarif. 
Sans origine c 


rtaine. 














Màadid 


■bou-Arréridj 










i rtaine. 



- 172 — 



NOM DES FRACTIONS 



Langage 

usité 
chez les 
Indigènes 



ORIGINE 
d'apkès les indigènes 



Douar Hassasna (tribu des Ameur-Cheraga) 



Oulad-Chergui 

Oulad- Belaïd 


Arabe 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 


Ameur de Sétif. 

id. 

id. 

id. 
Zenatia. 




Ameur de Sétif. 
Zenatia. 


Oulad-Boukhalfa .... 
Oulad-Solthane . 


Ameur de Sétif. 

id. 

id. 
Zenatia et partie venant de Bône 



Douar Ameur-Sraouïat (tribu des Ameur-Cheraga) 



Mekalfa 

Oulad-Saïd. . . . 
Oulad-Moumen 

Lahfaga 

Sharoua 

Oulad-Taleb . . 

Grardja 

Mehada 

Oulad- Yahia. . . 

Baït 

Ain Beïda 



Ara 


De Ameur 


de Sétif. 


id 


Sans origine certaine. 


id 


Ameur 


de Sélif. 


id 


Ahl-ben-Ali, Biskra. 


id 


Ameur 


de Sétif. 


id 




id. 


id 




id. 


id 




id. 


id 

id 




id. 
id. 


id 


Den-Leffjoune de Constantine 



Douar Oulad-Nasseur (tribu des Ameur-Cheraga) 



Oulad-Bechina-Kouadria. . 
Oulad-Bechina-Lahmor . . . 
I >ulad- Bechina-Torch, 

I ayaïcha 

Maaza 

Mekhalfia 

Hetarba 

Oulad Rabah 

< lulad-1 lamida 



Arabe 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 



Ameur de Sétif. 
id. 
id. 
id. 
id 
id 
id. 
id. 
id. 



— 173 - 




ORIGINE 
d'après les indigènes 



Douar Oulad-Nasseur (tribu des Ameur-Cheraga) (suite) 



Oulad-Maaf... 
Oulad-Turki- . 
Oulad-Gouam. 
Oulad-Saïd... 



Arabe. 
id. 
id. 
id. 



Ameur de Sétif. 

id. 

id 
Se disent descendants des Romains 



Douar Merachda (tribu des Ameur-Cheraga 



Oulad-Lakhlef.... 

Smaala 

Lemamcha 

Oulad el-Hadef .. . 
Oulad-Belkassem . 
Oulad- Djebnoune . 

Oulad M'barek 

Drabla 

Oulad-Slama 

Khalcha 

Oulad-Alia 

Rouached 



Arabe. 

id. 

d. 

d. 

1. 



Ameur de Sétif. 

id. 

id. 

id. 

id. 
Beni-Abmed, Djidjelli. 
Sans origine certaine. 
Beni-Foughal. Guelma. 
Ameur de Sétif. 

id 

id. 

id. 



Les vingt douars actuels de la commune mixte 
appartenaient, antérieurement aux opérations du 
Sénatus-Consulte, aux cinq tribus : Zemoul, — Ber- 
rania, — Segnia, — Bahira-Touïla, — Ameur-Che- 
raga. 

Si Ton s'en rapporte au langage usité chez les po- 
pulations de la commune mixte d'Aïn-M'lila, on 
constate que : 1° les tribus Zemoul et Ameur-Che- 
raga sont d'origine arabe; en effet, sur les quatre- 
vingt-trois fractions composant ces deux tribus, 
deux fractions seulement de la tribu des Zemoul, les 
Oulad -Djabeur et ,Oulad-Nsar sont d'origine ber- 
bère, leurs habitants parlent la langue chaouïa et 
prétendent être originaires de l'Ahmar-Khaddou. 



— 174 - 



2° La tribu Berrania a cinq fractions parlant l'arabe 
et dix-neuf fractions employant la langue chaouïa. 
La grande tribu des Segnia possède dix fractions 
parlant l'arabe et quatre-vingt-treize fractions par- 
lant le chaouïa et, enfin, la tribu Bahira-Touïla huit 
fractions parlant la langue arabe et dix- sept em- 
ployant la chaouïa. 

Au point de vue philologique, le relevé ci-après 
donne le dénombrement des populations d'origine 
arabe ou berbère : 



NOMS DES DOUARS 


NOMBRE D'HABll 

l'arabe 


ATNS PARLANT 

LA CHAOUÏA 




5.290 
2.455 
2.012 
1.662 

7.103 


259 

9. 807 

19.917 

3.343 

» 






18.522 


33.326 



Il ressort de ce relevé que la proportion des indi- 
gènes d'origine berbère peut s'évaluer approximati- 
vement aux trois cinquièmes de la population totale 
de la commune mixte d'Ain- M'iila qui s'élève à 
51,848 habitants. 

La population autochtone a, dans la commune 
mixte d'Aïn-M'lila comme dans bien d'autres régions, 
résisté aux invasions arabes, elle a conservé ses 
mnMirs, ses coutumes, son langage et n'a subi au- 
cune modification si ce ,n'est sa conversion à la foi 
islamique. 

Il n'est pas inutile de mentionner qu'en dehors 



— 175 — 

des éléments berbère et arabe, une fraction, celle des 
Oulad-Saïd du douar Oulad-Nasseur, prétend des- 
cendre des Romains et une autre, les Soualhia du 
douar Kouahi, descendrait des juifs berbères de 
l'Aurès. 

Il serait bien intéressant au point de vue ethnique 
de faire dans toute l'Algérie une statistique générale 
qui ferait ainsi connaître exactement l'origine de la 
population indigène que l'on englobe trop souvent 
dans le langage usuel sous la dénomination de po- 
pulation arabe. 

Achille ROBERT, 

Administrateur principal de Commune mixte honoraire, 
Correspondant du Ministère de l'Instruction publique. 



TÊTE DE FAUNE EN BRONZE 



Poignée de glaive romain 



Lors des fouilles exécutées, en 1906, dans la com- 
mune mixte des Bibans, M. Morris, administrateur, 
a découvert à Siour (douar Bou-Ktone), près de 
la route qui conduit à Teniet-el-Khemis, le tron- 
çon d'un glaive romain, dont la poignée est surmon- 
tée d'une tête de Faune. 

La pièce entière mesure quarante-huit centimètres 
de long et se décompose ainsi : tète, sept centimè- 
tres; poignée, six centimètres; lame, trente-cinq 
centimètres. 

La tête est en bronze et rapportée, très habile- 
ment, sur la poignée. Elle a cinq centimètres d'é- 
paisseur du nez à la nuque et cinq centimètres éga- 
lement de largeur d'une oreille à l'autre. Les cornes 
et les oreilles sont brillantes, à éclat cuivreux, bien 
apparentes. La face est jouflue et imberbe. Si l'on 
place la tête du Faune en pleine lumière, le front, les 
sourcils, le nez, la lèvre supérieure, le menton s'é- 
clairent et offrent la patine luisante du bronze. 

La poignée a une largeur moyenne de an centi- 



- 178 - 

mètre et une épaisseur à peu près égale ; elle devait 
être garnie de bois pour assurer la préhension. 

La lame, qui est en fer forgé, a été brisée ; elle a 
une largeur de trois centimètres et, comme toutes 
les lames des glaives romains, elle était à deux 
tranchants. Sa plus grande épaisseur est d'un cen- 
timètre et demi. 

Les Faunes romains étaient la continuation de la 
tradition grecque du dieu Pan. Ils étaient, d'après 
la légende, velus et cornus, avec des oreilles mobi- 
les et des pieds de chèvre. 

Les Faunes, dieux champêtres, auxquels les Ro- 
mains attribuaient la protection des troupeaux et la 
fécondité de toute la nature, étaient ordinairement 
représentés barbus. 

Contrairement au Faune classique, celui du glaive 
romain de Bou-Ktone a, comme on le verra par les 
photographies ci-jointes, le menton glabre. L'artiste 
a voulu certainement représenter un jeune Faune, 
petit dieu des troupeaux. 

Les reproductions photographiques que nous don- 
nons sont dues à M. Viallat, juge au Tribunal de 
Constantine, archéologue érudit, qui a bien voulu 
nous les communiquer. 

Achille ROBERT, 

Administrateur principal de Commune mixte honoraire, 
Correspondant du Ministère de l'Instruction publique. 




Figure 1 




Figure 2. 



PIERRE TUMULAIRE 

TROUVEE 

entre Navarin et Bellâa 



D M S 



Hauteur 
de la pierre.. n '60 



VS S AT VR 
NINVS VIX A LXII 



Longueur... m 75 
Largeur .... ra 50 



L'inscription, sauf l'invocation aux dieux mânes, 
est gravée dans un cadre d'une hauteur de treize 
centimètres. Elle est surmontée de deux personna- 
ges dont la tête et le thorax ont été brisés. L'un 
des côtés de la pierre porte, dans le sens de la lon- 
gueur (0 m 75), diverses ornementations gravées. L'un 
des personnages a un glaive dans la ceinture. 

Emblème chrétien à Beliàa 




Hauteur de la pierre m 80 

Largeur id. m 60 

Epaisseur id. ra 15 

Diamètre du cercle ajouré.. m 2f 



- 180 - 

Dans les travaux de colonisation effectués à Bel- 
lâa, commune mixte des Eulmas, il a été découvert 
une dalle ajourée de façon à former une croix dans 
un cercle. 

Cette dalle était probablement placée, comme fe- 
nêtre, dans une maison appartenant à des chrétiens 
qui, tout en l'utilisant comme fenêtre, avaient tenu à 
manifester leur sentiment religieux par l'emblème 
chrétien. 

C'est, du reste, à Bellâa qu'a été trouvée la belle 
lampe byzantine signalée dans le dernier Recueil de 
la Société archéologique. La présence de ces deux 
documents peuvent faire admettre l'existence d'une 
certaine population chrétienne sur ce point, lors de 
l'époque byzantine. 

Je dois à l'obligeance de M. Kast, conducteur des 
travaux de colonisation à Sétif, tous les renseigne- 
ments concernant les deux pierres que je signale 
plus haut. 

Achille ROBERT, 

Administrateur principal de Commune mixte honoraire, 
Correspondant du Ministère de l'Instruction publique. 



NOTES SUR LES RUINES 



DU 



MUHICÏPIUM iGLIUM CHOBA 



— no^^ — 



A l'époque où M. Stéphane Gsell a publié les 
Notes d'archéologie algérienne , non seulement 
(ainsi que l'avoue le savant archéologue) les ruines 
de Choba étaient peu connues, mais elles ne pou- 
vaient pas l'être; le plateau de Ziama était encore 
couvert d'une brousse impénétrable et d'autant plus 
épaisse qu'elle recouvrait des amas de décombres 
plus intéressantes. Il n'existait encore aucun chemin 
praticable entre Djidjelli et Bougie; seul, un européen 
était venu s'installer dans ce désert et s'y était cons- 
truit une habitation autour de laquelle il se taillait 
un petit domaine qu'il défrichait lentement. 

M. Gsell a vu des ruines de Choba tout ce qui 
pouvait se voir à cette époque, le croquis qu'il en a 
dessiné est sensiblement exact; malheureusement 
s'il y revenait aujourd'hui, il ne reconnaîtrait plus 
la vieille cité. De toutes les cités romaines de la 
Maurétanie, disait-il, Choba est celle dont le rempart 
est le mieux conservé. Cette partie si intéressante 
des ruines a presque entièrement disparu sous le 



— 182 — 

marteau des démolisseurs aidés de tous les procédés 
de destruction rapide que la chimie moderne met à 
leur disposition. 

Ainsi en est-il de toute la partie du plateau com- 
prise entre les remparts de l'est, la muraille byzan- 
tine et la mer. Malheureusement, c'est la partie la 
plus intéressante de Choba. Elle comprend les ther- 
mes, etc., etc. 

J'ai parcouru, depuis 1905, les environs de Ziama 
jusqu'à une certaine distance et j'ai acquis la convic- 
tion que non seulement Choba a été une ville impor- 
tante, mais qu'à un moment donné elle fut riche et 
prospère. La route qui la reliait à Sitifis était semée 
de villas très fortement édifiées dont j'ai retrouvé 
partout des traces. Il en existe au col d'El-Khenak 
entre le Djebel-M'rada et le Djebel-Messaya; on en 
trouve à plusieurs endroits sur les pentes de la rive 
droite et de la rive gauche de l'Oued-Ziama à Tader- 
nout et à Khankham. Certaines de ces villas étaient 
somptueuses, avec colonnes et chapiteaux de style 
très pur. On retrouve les mêmes ruines au-delà de 
Bou-M'raou aux pieds du Djebel-Betacha, et il en 
existe aussi à Taghezout. 

Au col des Beni-Marmi l'importance des ruines 
semble indiquer que ce point fut solidement fortifié. 
Vingt kilomètres plus loin chez les Beni-Zoundaï 
mêmes ruines à peu près régulièrement échelonnées. 
Un moulin romain presque intact et en tout sembla- 
ble à celui que j'ai déterré à Ziama sert de borne 
kilométrique près du bordj du cheikh. Jusqu'au 
plateau des Babors, la voie romaine est parfaitement 
reconnaissable. Nous arrivons là dans la région de 
Sétif et je ne l'ai pas suivie plus loin. 



- 183 - 

Revenant à Choba, j'estime que le port suffisam- 
ment vaste pour abriter une flotte romaine et bien 
abrité de tous les côtés se trouvait non pas dans la 
rade du Bou-Blata, mais bien dans l'estuaire depuis 
encombré d'alluvions qui se trouve à l'embouchure 
de l'Oued-Ziama. Des quais dallés de marbres et 
bordés de constructions importantes, dont les dé- 
combres se découvrent encore par les temps calmes 
au nord-est de la ville, servaient aussi à faciliter les 
mouvements du port de commerce. Les vestiges 
d'un plan incliné sont encore visibles attenant à un 
ensemble de constructions importantes avec caves ou 
citernes voûtées qui surplombent à pic les quais 
dallés signalés plus haut. 

J'ai pu étudier la question d'emplacement du port 
romain, j'estime que la petite baie qui s'étend au 
nord-ouest entre l'embouchure de l'Oued-Ziama et 
le promontoire du Djebel-bou-Blata n'a jamais servi 
que de rade. Le véritable port se trouvait à l'em- 
bouchure même de la rivière dans une crique natu- 
relle aujourd'hui comblée par les alluvions de la 
montagne, mais qui se dessine encore nettement 
lorsqu'on étudie son emplacement de la tour, point 
culminant et réduit de la défense du plateau de 
Ziama. Il existe encore des vestiges des quais du 
port, au pied de la culée du pont de Ziama; une li- 
gne non interrompue de constructions encore indé- 
terminées et en partie ensevelie sous les décombres 
et les éboulements longe la rive droite de l'ancien 
lit de la rivière. A cinquante mètres du pont et re- 
couvert depuis l'année dernière par une épaisseur de 
près de deux mètres de limon, se trouve un barrage 
ayant pu servir de fond au radier d'une écluse. Une 



— 184 — 

colonne portant une inscription de laquelle je n'ai pu 
relever que les trois lettres supérieures D M S était 
appuyée aux fondations d'une solide muraille recou- 
verte aussi actuellement par les alluvions. En face, de 
l'autre côté de la vallée, j'ai mis à jour des fondations 
romaines; enfin, au pied du promontoire qui com- 
mande l'embouchure de la rivière, rive gauche, sont 
très nettement déterminées les bases de construc- 
tions importantes édifiées sur les pentes de la colline. 
Avant de revenir au plateau de Ziama, je dois de 
suite indiquer l'emplacement d'un petit castellum 
carré édifié au sommet du promontoire et prolongé 
sur les pentes de la colline par les ruines très pro- 
bablement d'un temple à Neptune. Ces ruines n'ont 
été dégagées complètement de la broussaille que 
cette année, j'y trouve des chapiteaux, des fûts de 
colonnes, des murailles ass»ez nettement dessinées, 
mais je n'ai pu encore y faire de fouilles sérieuses, 
c'est là que j'ai trouvé le fragment de pierre portant 
la belle inscription. 

LIBERTA 

P. 

J'ai dégagé l'enceinte byzantine, elle est comme je 
l'ai déjà écrit, composée de pierres de toutes prove- 
nances réunies là en toute hâte et au petit bonheur 
pour essayer d'établir un rempart sérieux et peut- 
être un dernier réduit de la défense quand l'enceinte 
sud attaquée directement menaçait ruine. Il ne sem- 
ble pas (pie cette seconde enceinte ait été jamais 
terminée, du point S à la tour D (croquis Gsell), on 
n'en trouve plus aucune trace et les fouilles que j'ai 
faites au sud de la partie qui s'étend du point S vers 
l'ouest ne mettent à jour aucun matériaux ayant pu 



— 185 - 

appartenir à la partie supérieure qui alors aurait été 
construite en bois ou peut-être même n'aurait jamais 
été achevée. 

J'ai dégagé au nord de la seconde enceinte les 
bases d'un édifice rectangulaire byzantin, les fonda- 
tions mises à nu sont composées de fûts de colonnes, 
de piédestaux accolés à des chapiteaux de propor- 
tions et de styles différents, je continue de dégager 
ces ruines. Plus loin, un vaste édifice tentait ma 
curiosité, j'avais cru y reconnaître le tracé d'une 
basilique; mes premières fouilles ont mis à nu plu- 
sieurs cellules de quinze à seize mètres carrés pa- 
raissant entourer soit une vaste salle, soit une cour 
intérieure; je suis encombré par les déblais et ne 
pourrais déterminer la nature de cet édifice qu'après 
avoir complètement débarrassé la place. J'ai trouvé 
là une belle inscription paraissant avoir appartenu 
au frontispice d'un monument L'inscription est 
incomplète, mais suffisante pour ne laisser aucun 
doute : 

MVNICIPI VM 
CHBA 

Nous sommes bien au milieu des ruines du Mu- 
nicipium zElium Choba. 

Au milieu du plateau, à vingt mètres au sud du 
point S, j'ai découvert l'intérieur d'un édifice cons- 
truit en pierres et ciment, la partie N se termine par 
une construction de forme semi-circulaire qui semble 
avoir servi de piscine, le fond est cimenté et légère- 
ment incliné du N. au S.; il est entouré d'une galerie 
également cimentée; l'édifice dont il faisait partie est 
assez bien déterminé par des pierres de taille encore 

scellées que je dégagerai plus tard. 

10 



— 186 — 




A cinquante mètres environ de mon habitation, 
j'ai dégagé un seuil qui affleurait le sol, c3 seuil 
repose sur une muraille appartenant à une vaste 
construction du sous-sol de laquelle j'ai extrait la 
belle amphore. Les décombres provenant de cette 
construction sont à Heur de terre et à peine recou- 
vertes de gazon, j'ai encore dégagé là un fort beau 
piédestal de colonne de style corinthien très bien 
conservé. Un peu plus loin, c'est un édifice de 
15 mètres de largeur sur 18 de profondeur dont le 
portail étail orné de quatre colonnes à piédestaux 
carrés remarquablement conservés; entre les deux 
colonnes à piédestal carré du milieu se trouvent 
deux piédestaux de colonnes cylindriques d'un tra- 
vail plus délicat. Ce monumenl étail en bordure 
d'une voie traversant la ville d'est à ouest et main- 
tenant nettement indiquée par un alignement de 
pierres scellées qui n'onl certainement pas été dé- 
placées depuis des siècles. 

Plus au sud (en terrain militaires je continue de 
déblayer un édifice de vastes proportions (18x24 au 
moins), entouré probablement d'un portique et qu'or- 



- 187 - 

nait une profusion de colonnes. Je suis arrêté dans 
ce travail par l'amoncellement des déblais, que je 
n'ai encore pu enlever entièrement et surtout par 
d'énormes blocs provenant sans cloute de l'éboule- 
ment du dôme ou de la partie centrale de la cons- 
truction. 

J'ai remarqué, d'une manière générale, que toutes 
les pierres de grandes dimensions provenant des 
décombres présentaient une forte inclinaison du sud 
au nord. Cette inclinaison a pu provenir pour plu- 
sieurs de la poussée des terres glaises de la couche 
supérieure qui les englobe depuis des siècles; mais 
celles qui sont le plus profondément enterrées pré- 
sentent la même inclinaison, ce qui peut laisser croire 
qu'elle a eu pour cause une forte oscillation sismique 
qui aurait du même coup ébranlé les plus solides 
monuments et peut-être provoqué la destruction de 
Choba. Partout, en effet, je retrouve mêlés ensemble 
des débris de poteries et des ossements humains. 

Quant à Mansouria, les ruines qui couvrent la pointe 
de la presqu'île semblent d'origine plus récentes et 
la plupart sont certainement sarrasines. En effet, 
Mansouria fut construite il y a quelques siècles seule- 
ment par un bey de Bougie surnommé Mansour (le 
victorieux) qui avait fait installer sur l'îlot des bos- 
quets et des jardins où il venait l'été villégiaturer 
avec son harem. Ces constructions furent détruites 
par les Espagnols et les ruines se dégradèrent natu- 
rellement ; il paraît même que c'est en souvenir du 
bey Mansour que l'idée vint de créer là un cen- 
tre où devaient se construire des villas d'estivage 
ou d'hivernage destinées à offrir aux amateurs le 
repos et le doux farniente dont y jouissait au temps 



- 188 - 

jadis le bey victorieux. Quant à la rade très sûre en 
temps calme, elle a vu s'y perdre par le gros temps 
tous les bateaux qui se sont malavisés de venir s'y 
réfugier; l'îlot ne l'abrite, en elïet, que très imparfai- 
tement; elle n'a pas beaucoup de fond et est coupée 
au milieu par une ligne de roches basses, excessive- 
ment dangereuses, presqu'à Heur d'eau, qui relient 
l'île à la pointe de Mansouria. 

J'ai recueilli un peu de tous les côtés, parmi les 
décombres encore inexplorés qui recouvrent le pla- 
teau de Ziama, une collection très intéressante des 
fragments de colonnes, de chapiteaux, fûts, piédes- 
taux, poteries de toutes sortes. Cette collection, qui 
s'enrichit chaque jour, fait présumer que la couche 
de glaise qui recouvre la vieille cité garde précieuse- 
ment des quantités innombrables de documents de 
toutes sortes qui viendront certainement enrichir un 
jour le domaine de la science et seront un gage de 
l'importance qu'avait autrefois la cité disparue. 

Les indigènes ont mutilé les sarcophages cités par 
M. Gsell. J'en ai recueilli des fragments informes : 
deux hommes tenant d'une main une palme, de l'au- 
tre une guirlande de feuilles de chêne el île laurier; 
une danseuse les luas étendus et agitant un voile 
au-dessus de sa tête. Une hache gravée dans un 
cadre en queue d'aronde est incrustée dans le mur 
ouest de la maison d'habitation de Ziama. 

Choba n'étail pas enfermée dans son enceinte 
militaire, les défrichements que l'on fait aux envi- 
rons font découvrir partout les traces de nombreuses 
villas qui l'entouraient jusqu'à une distance assez 
considérable. Elle a dû jouir, à l'époque de sa splen- 
deur, d'une longue période de paix pendant laquelle 



— 189 — 

sa prospérité s'était singulièrement accrue, ainsi que 
le laisse à supposer le nombre considérable de mo- 
numents et d'édifices importants qui s'étaient entas- 
sés dans son enceinte et dont les débris l'encombrent 
littéralement. 

J'oubliais de signaler la belle ruine non explorée 
qui s'élève à 60 mètres à l'est de l'enceinte et au 
milieu des décombres de laquelle se trouve la pierre 
tombale de Hyérax. Cette ruine, qu'il serait peut-être 
intéressant d'explorer, se trouve, comme toute la 
partie est et nord-est de Ziama, dans une conces- 
sion non soumise, paraît-il, aux prescriptions légales 
édictées pour protéger les ruines antiques intéres- 
santes. 

Je regrette de ne pouvoir joindre à ce résumé de 

mes travaux de Tannée un plan réduit; j'ai dû me 

servir des indices du croquis de la brochure de 

M. Gsell. 

* 
* * 

Le chanoine Jaubert étant venu à Ziama, au mois 
de juin 1909, a pu voir les fouilles exécutées à Gho- 
ba. Il m'a obtenu de la Société archéologique un 
nouveau subside de 100 trancs dont je la remercie, 
et sur ses indications, nous poursuivrons, dès que 
les pluies auront cessé, les recherches concernant 
le monument dont nous avons commencé à dégager 
avec lui 18 mètres sur 24, ainsi que je l'ai dit plus 
haut. 

M. Jaubert a relevé, en outre, les inscriptions et 
marques de potier que nous donnons ci-après : 

1° Dans le mur d'un gourbi arabe, au nord, près 
la mer. 



- 190 - 

P. M- S 
I. NVMISIVS 

FVN I) A N \ S 
V. A- XXIII- 

Cette inscription doit se rapprocher d'une autre 
signalée l'an dernier et qu'il faut lire : 

I>- s. M. (sic) 
DECIMV 
S • N V M I 

(si us //// 
Voilà donc deiix inscriptions de la gens Numisia. 

2° Au lieu indiqué ci-dessus, à 60 mètres à l'est 
des remparts, une stèle néo-punique portant le croi- 
sant accosté de deux roses d'ornementation, contient 
l'épitaphe d'un numide romanisé, Hiérax. 

DIS M A N I 

BVS- F- HIER 

A X • V I X I T 

ANNIS PLVS 

MINVS XX XIII- 

3° Dans le mur du gourbi précité : 
///////////////// 

■> SER 

VATOR1 SAC . 

CVLTORES 

EIVS S VA 

P E C V N I A 

PO S VER VNT 

DEDICAVERVNT 

L. Rénier et après lui le Corpn* n" 8374 ont cru 
pouvoir restituer : jovi conservatori. L'estampage 
relevé donne exactement le jambage arrondi d'un 
reste d'O sans autre lettre avanl ser. 11 faut donc 
chercher une autre lecture. A notre avis, celle pierre 



— 191 — 

est dédiée à une divinité qui doit être Neptune ou 
Saturne, car on ne peut placer que trois lettres au 
plus dans la première ligne conservée, avant l'O à 
demi-brisé. Nous restitutions volontiers l'inscription. 

(Dico ncp) (lunjo ser vatori s\c(rum), etc. 

Ce qui fait pencher pour Neptune), au lieu de 
S tturno, bien que les deux noms donnent six lettres 
avant l'O, soit trois à la seconde ligne, c'est que 
cette pierre dédicatoire, bien encadrée et de bonne 
époque, provient du promontoire situé au bord de 
la mer, où je crois à la présence d'un temple à Nep- 
tune, a l'extrémité du castellum sus-mentionné. 

4° Dans les ruines de ce castellum, un fragment 
en belles lettres, de la belle époque et de 0"05 porte : 

TIBERI 

pos 

Ce qui peut faire supposer que le castellum, ou 
un monument inclus dans son enceinte encore visi- 
ble, a été élevé sous Tibère. En effet, je crois qu'on 
pourrait lire : 

IMPERATORE TIBER'O POSVERVNT 

5 n La grande amphore signalée plus haut porte 
comme marque H. Elle a l m 30 de hauteur et mesure 
2 m 60 de circonférence. Son goulot a ra 30 de dia- 
mètre; c'est une pièce superbe. 

6' Une autre amphore de belle grandeur porte la 
curieuse marque suivante vers le sommet, près du 
goulot : xx ap. Probablement la date de la mise au 
four, marquée une fois l'amphore terminée. Vigesimâ 
(die) Âp(rilis). 



— 192 - 

7° Une autre amphore de moyenne taille porte 
près du goulot : aa ki. Faut-il lire? 

kaa(endis)i(vnii) ? 

En ce cas, l'inscription mise par le potier aurait 
été faite partie en lettres grecques, partie en lettres 
latines. 

Signalons, enfin, des débris de belles amphores à 
dessins en émail bleu; quelques monnaies ordinaires 
dont deux d'Adrien, deux d'Antonin et une petite 
en argent de Julia Sœmia, mère d'Hélagabale. 

C nc Ed. POUSSET, 

Propriétaire à Ziama. 



TRAYAUX ANTIQUES 

D'IRRIGATION & DE CULTURE 

dans la région du Djebel-Ouk 



*a=frv^<M- 



Ayant été appelé à faire un voyage au sud de Té- 
bessa, je l'entrepris sans penser d'y trouver quel- 
ques travaux hydrauliques intéressants. Les conclu - 
sions d'un travail que je venais de lire étaient très 
affirmatives à ce sujet. L'un des collaborateurs de 
M. Stéphane Gsell a, en effet, écrit dans l'Enquête 
sur les travaux hydrauliques anciens en Algérie ( l) : « Il 
n'existe dans le cercle de Tébessa que bien peu de 
vestiges de travaux hydrauliques anciens! » 

Grande a été ma surprise en constatant que, pour 
n'être ni des ouvrages en maçonnerie qui ne sont 
pas probablement, l'œuvre des Romains, il y avait 
au moins, en un point de cette région, un ensemble 
d'aménagements pour l'eau de ruisellement des plus 
remarquables. 

On sait que la piste, qui va de Tlieveste (Tébessa; 
à ad Majores (Négrine), est jalonnée d'établissements 
agricoles ou militaires très importants. Beaucoup ont 
conservé leurs murs jusqu'à une grande hauteur, et. 
je ne connais, dans l'Afrique du Nord, pas de région 



(I) Nouo. arch. des Missions scient, et litt., t. x, 1903, p. I. 

17 



- 194 — 

où se présente de manière aussi saisissante une telle 
série de ruines avec leurs constructions de grand 
appareil, leurs portes, leurs fenêtres, leurs arcades; 
n'étaient les dimensions des pierres et la belle patine 
du temps, on croirait, à distance, se trouver en pré- 
sence d'établissements modernes, tant est excellent 
leur état de conservation. 

Cette piste ne correspond pas à la voie antique 
qui reliait Tkeveste à ad Majores, et qui passait au 
nord du Djebel-Ouk. Je serais tenté d'admettre que 
le point ad Palman, qui se trouvait sur cette voie, 
correspond, non à Bir-el-Ater, comme on l'a écrit, 
mais à la source d'Ain -Fouris, située au sud du 
Djebel-Ouk, où l'on voit encore un joli groupe de 
palmiers, une source très abondante d'eau excel- 
lente, des ruines romaines, et qui fut, ainsi qu'on 
va le voir, le centre politique d'un point où la culture 
a été autrefois 1res intense. 

Je n'ai malheureusement pas eu le temps de visiter 
les établissements antiques de la piste de Tébessa à 
Négrine, mais il n'est pas besoin d'une grande pra- 
tique en archéologie africaine pour être sûr, à priori, 
que des centres aussi importants devaient être pour- 
vus d'installations hydrauliques et j'en ai, du reste, 
aperçu quelques-unes en passant : barrages et ca- 
naux maçonnés, en particulier auprès du bordj 
Sheika, où l'on voit, au voisinage du puits, des restes 
très nets de canalisation. Mais je ne veux parler ici 
que de ceux que j'ai pu étudier un peu en détail et 
il m'a paru d'autant plus intéressant de le signaler 
que ces vestiges sont situés dans une région abso- 
lument désertique, en des points où même, par cette 
année exceptionnellement pluvieuse, il n'y a aucune 



— 195 — 

récolte, alors que des plaines voisines portent de 
magnifiques moissons. 

La plaine, qui s'étend au sud du massif monta- 
gneux compris entre le Bir-el Ater et le Djebel-Ouk, 
offre un curieux exemple de l'intensité avec laquelle 
sévissent les météores en ces régions dénudées. Ce 
dernier mot étonnera peut-être ceux qui ont entendu 
parler des forêts du Djebel-Ouk. Mais il faut recon- 
naître que cette végétation ne mérite une telle appel- 
lation que par contraste avec les régions voisines. 
A dire vrai, il y a dans la montagne d'assez beaux 
arbres, thuyas ou genévriers, dont le feuillage très 
vert réjouit agréablement l'œil. Mais ces arbres ont 
cru, la plupart, entre les fentes de la roche où la 
terre n'a pas été enlevée par le ruissellement et, au- 
tour d'elles, la pierre lavée, crûment, grise, presque 
blanche, apparaît dans toute sa nudité. 

Les profonds ravins qui découpent ces montagnes 
forment d'ailleurs les sites les plus sauvages et les 
plus pittoresques qu'on puisse rencontrer, avec leurs 
cluses profondes et silencieuses qui dominent les 
hautes murailles rocheuses, aux assises régulières 
auxquelles la végétation se suspend. Quand le pay- 
sage s'élargit, les rochers, à cause de la régularité 
des assises, prennent l'aspect de ruines déchique- 
tées, d'imposantes forteresses. Lorsque, sur cette 
surface, s'abattent les pluies torrentielles de l'hiver 
africain, le bruit des eaux tombant de pierre en 
pierre, et des torrents se précipitant de cascades en 
cascades entre les hautes murailles sonores, doit être 
formidable! 

Par cette série de gradins successifs, s'échelon- 
nant depuis les parties les plus élevées de la mon- 



- 19G - 

tagne, les eaux se ruent vers la plaine immense, où 
l'absence d'obstacles leur a permis de creuser le sol 
en lits profondément encaissés et sinueux. 

C'est un spectacle saisissant que celui de la vaste 
étendue tonte sillonnée de ces longs rubans blan- 
châtres qui ressortent nettement sur le sol plus gris, 
où la végétation est presque nulle. Xon seulement 
les récoltes ne peuvent y pousser, mais c'est à peine 
si les plantes sauvages y vivent et y fleurissent. J'ai 
recueilli à ce point de vue un mot bien typique d'un 
Arabe du pays qui, me montrant les rares fleurs 
écloses, cette année, par suite de l'abondance rela- 
tive des pluies, me demandait s'il y en avait autant 
clans nos régions du nord ! 

On sait, maintenant, que les flancs de la montagne 
renferment d'énormes masses de phosphates de 
chaux affleurant sur une grande partie de leur éten- 
due. Les eaux que charrient les torrents, en lavant 
les croupes minéralisées, parsèment donc, depuis 
des siècles, à la surface du sol, l'élément fertilisant. 
On peut dès lors admettre que si la terre n'y a plus 
l'antique fécondité que vont nous révéler des vestiges 
bien apparents, c'est, ou que la décomposition des 
particules se fait mal par suite du manque d'eau et 
de travail, ou que, pour les mêmes motifs, l'absence 
d'humus ou de certains composés acides en empê- 
che l'utilisation par les plantes. On saisit que si, à 
un moment donné, un peu de terre végétale a recou- 
vert le sol, que si, par son travail, l'homme en a pro- 
voqué la formation et a pu y faire séjourner l'eau, 
la production y ait été particulièrement abondante et 
(pie se soient ainsi créées de magnifiques cultures 
dont nous allons étudier les traces indéniables. 



- 197 — 

Ces vestiges sont encore si apparents que, malgré 
leur peu de visibilité, ils avaient frappé plusieurs de 
nos compagnons de voyage, non archéologues mais 
observateurs. J'ai pu les étudier pendant quelques 
heures et c'est le résultat de ces observations rapi- 
des que je voudrais exposer ici en attendant qu'il 
soit possible d'en faire un levé plus précis. 

* * 

Comme bien on le pense, les restes les plus frap- 
pants de cet ancien état de choses ne peuvent être 
que des travaux hydrauliques, clans un pays dont 
la richesse dépend surtout de l'eau. 

Je dois tout d'abord attirer l'attention sur ce fait 
qu'il s'agit ici d'ouvrages ayant pour but, non pas 
l'irrigation proprement dite, mais l'inondation ou la 
submersion. J'ai eu l'occasion de le démontrer, il y 
a quelque vingt ans, à propos d'un ensemble très 
important que j'ai étudié dans l'extrême sud tuni- 
sien W. J'avais été amené à y conclure qu'il n'avait 
jamais été possible, en dehors des oasis, de faire 
des irrigations régulières en ce pays, où les oueds 
ne roulent d'eau que pendant quelques jours, mais 
qu'en jetant l'eau de ruissellement quelques heures 
sur de vastes surfaces, et en abondance, on recher- 
chait un double résultat. Le premier était la possi- 
bilité, dès les premières pluies, d'ensemencer de 
suite le sol, ce qu'on aurait pu faire si celui-ci n'avait 
reçu que l'eau tombée directement sur lui. C'était 
aussi la possibilité de décupler, pour les surfaces 



(1) D r Carton, Bulletin archèol, 1888. (Essai sur les travaux hydrau- 
liques des Romains dans le sud de la Régence de Tunis. 

D r Carton, Revue tunisienne, i889. (Etude sur les travaux hydrau- 
liques des Romains, etc. 



— 198 - 

arrosées, l'effet des pluies, même peu abondantes, 
el dans les années de sécheresse surtout, celle d'avoir 
ainsi et quand même des récoltes. 

Le second résultai étail de faire pénétrer lente- 
ment et profondément l'eau dans le sol et la culture 
devenait ainsi non seulement productive, mais par- 
ticulièrement favorable, puisque l'arbre pouvait en- 
suite aller chercher profondément l'eau que les céréa- 
les ne pouvaient plus atteindre. Cette observation 
me fait admettre que dans les pays où, rare était 
l'eau et restreinte la surface que l'on pouvait, tous 
les ans, cultiver grâce aux travaux hydrauliques, 
on devait faire de la culture arbustive (oliviers, 
figuiers), avec cultures intercalaires (céréales, four- 
rage), de manière à utiliser tous les effets de cette 
inondation artificielle. 

J'ajoute que l'excédent de l'eau ayant ainsi pé- 
nétré dans le sol, était à son tour repris à l'aide de 
puits ou utilisé par les sources, dont le débit deve- 
nait ainsi plus régulier et plus abondant Cette obser- 
vation s'appuie de la manière la plus frappante sur 
ce fait que nombre de puits et de sources qui don- 
naient de l'eau à l'époque romaine parce qu'on faisait 
di-s irrigations ou des inondations, sont taris à notre 
époque dans les centres où on ne détourne plus, sur 
le sol, l'eau des torrents. 

On doit fort admirer l'ingéniosité et la prévoyance 
des Anciens qui, au lieu d'énormes barrages-réser- 
voirs, coûteux et dangereux, destinés à l'irrigation, 
avaient préféré "réserver" l'eau dans ces immenses 
et parfaits réservoirs-souterrains qui constituent les 
nappes aquifères où les arbres se chargeaient d'aller 
sans aide puiser le liquide et où, d'ailleurs, l'homme 



- 199 — 

pouvait le reprendre lui-même soit aux puits, soit 
aux sources '). 

Le système des inondations convenait donc par- 
faitement à ce pays, non seulement parce qu'il était 
le seul possible, mais aussi parce que c'était le pro- 
cédé qui, tout en demandant le minimum de tra- 
vaux, économisait le mieux le liquide. 

Il s'agit ici, du reste, d'un mode qui n'a pas dis- 
paru. S'il n'existe plus dans l'extrême sud, en raison 
de la rigueur du climat et de la raréfaction de la po- 
pulation, on le trouve encore, très florissant, en 
certaines régions plus septentrionales. Il y en a de 
très remarquables dans le centre de la Tunisie, aux 
environs de Kairouan. 

Les rivières de Zerou et de l'Oued-Merguelil sont 
d'énormes torrents où l'eau ne coule que pendant 
quelques jours de chaque année. D'ailleurs, l'eau 
utile n'est pas celle qui tombe dans la région, mais 
celle que lui transmettent des impluvia très éloignés. 
Elle n'y arrive que quatre ou cinq fois par an, en 
moyenne, et chaque fois pendant deux, trois, quel- 
quefois quatre, cinq ou six jours. 

La partie basse de la plaine est régulièrement sub- 
mergée par ces apports. La partie supérieure est 
trop accidentée ou trop dénudée, et les ouvrages y 
sont trop exposés à la violence du torrent. C'est 
donc dans la partie moyenne que le travail d'inon- 
dation artificiel est pratiqué. 

Ces inondations sont bienfaisantes quand elles 
tombent au bon moment, désastreuses quand elles 



(i> La nappe aquifère, avec son canal d'écoulement souterrain et les 
sources qui Jui donnent issue, n'est-elle pas tout à fail comparable à 
un réservoir avec son aqueduc d'écoulement, réservoir qui ne coûte à 
l'homme aucun travail de creusement ou de construction? 



— 200 — 

sont trop violentes, enlevant les semailles, les recou- 
vrant trop ou couchant les moissons. 

Voici comment cette eau est distribuée. Les tor- 
rents ont, en général, déposé clans la plaine un long 
cône de déjection à la partie supérieure duquel, à 
l'aide d'un barrage, on dérive l'eau qui suit cette 
crête, où elle est maintenue par une ou plusieurs 
digues pouvant avoir un kilomètre de longueur t 1 ) et 
se répand ensuite dans les terres situées au-dessous. 

En raison de la violence du torrent, ce n'est pas à 
la sortie des montagnes que le barrage est établi, 
mais en plaine, quand cette violence est atténuée, 
lui été, quand l'inondation pourrait devenir dange- 
reuse pour les moissons, on fait une coupure dans 
le barrage pour rendre l'eau au lit du torrent. 

Les indigènes, pour utiliser l'invasion fertilisante, 
ont constitué de véritables syndicats pour l'édifica- 
tion de barrages, construits très ingénieusement à 
l'aide de fascines et de terre. La manière dont celle- 
ci est transportée mérite d'être notée ici, car elle 
doit remonter à une haute antiquité. On attelle une 
bête de somme à une espèce de pelle, que le conduc- 
teur plonge dans le sol, comme un soc de charrue. 
La pelle, ainsi chargée, est traînée sur le sol jusqu'au 
barrage où d'autres indigènes entassent les brancha- 
ges. Les pelles, ou moujerafas, viennent ainsi les unes 
après les autres, chargées de terre, en décrivant un 
grand cercle tangent, d'un côté, du barrage et, de 
l'autre, à l'endroit où l'on prend la terre. 

Des coupures faites de distance en distance dans 



(1) Celte disposition esl tout a f . * î t celle du barrage i'Augarius dont 
il sera question plus loin, avec cette différence qu'ici le travail, au lieu 
d'être africain esl romanisé, c'eît à-dire qu'au lieu d'une digue de terre, 
il y a une digue eu maçonnerie. 



— 201 - 

le talus du canal d'irrigation permettent l'inondation 
sur tout le trajet. 

Il serait oiseux d'entrer, ici, dans le détail de l'or- 
ganisation de ces syndicats. Mais il doit y avoir là 
une tradition très ancienne, dont la modalité a été 
imposée de tout temps par la climatologie et les 
conditions où se trouve, ici, l'agriculteur. Ce que 
font de nos jours les Africains, ils devaient le faire 
à l'époque romaine. On sait, d'ailleurs, qu'il existait 
des règlements de ce genre autrefois et on en a 
trouvé, dans une inscription de Lamaslia, un exemple 
célèbre. L'étude de la construction et du fonctionne- 
ment de tout ce système est donc des plus intéres- 
santes. Elle équivaut, en quelque sorte, à une recons- 
titution archéologique, qu'on pourrait appliquer à 
ces travaux d'ensemble par lesquels les Anciens 
fertilisaient le sol et qui ont été étudiés surtout par 
Fayet, pour le Hodna, par de La Blanchère, pour 
l'Enfida, et par moi-même, pour l'Extrême-Sud tuni- 
sien. 

La constatation des ouvrages d'inondation de la 
région de Kairouan m'a précisément donné la solu- 
tion d'un problème dont j'avais exposé depuis long- 
temps les données, sans pouvoir le résoudre W. 

Il s'agit d'un grand travail de dérivation établi sur 
l'Oued-Hallouf, où les eaux ne coulent que deux ou 
trois fois par an, mais avec une extrême violence. 
Ces eaux sont dérivées dans deux plaines divisées 
en compartiments ou étages qui communiquent entre 
eux par des coupures. De plus, à l'origine du canal 
de dérivation se trouve une autre coupure très pro- 



(1) D r Carton, Etude citée. 

18 



— 202 — 

fonde, qui avait pour but, à l'aide de chasses, de 
curer, d'approfondir son embouchure et de servir de 
trop-plein. 

En raison de la grande quantité d'eau qui pouvait 
passer dans ce travail et du peu de temps pendant 
lequel, chaque année, cette eau y coulait, j'avais 
conclu t 1 ) qu'on n'était pas ici en présence d'un tra- 
vail destiné à l'irrigation, et m'étais demandé com- 
ment et dans quel but on pouvait l'utiliser. La ré- 
ponse à cette question, que personne ne donna, je 
l'ai trouvée en observant les canaux d'inondation de 
la région de Kairouan qui, on l'a vu, sont disposés 
absolument comme celui-ci. 

Il y a une seule différence, facilement explicable : 
Ici, le barrage, le canal de dérivation, les échancrures 
d'émission sont parfaitement maçonnés. En revanche 
le plan est bien africain. On se trouve donc une fois 
de plus en présence d'un fait observé si fréquemment 
dans l'archéologie africaine. Les Romains!' 2 ) ayant 
trouvé en ce pays un travail intéressant et utile, 
l'ont complété en le régularisant et en lui donnant 
de la solidité. Ils ont remplacé les ouvrages en terre 
par de la maçonnerie, évitant ainsi aux indigènes 
d'avoir à en refaire chaque année certaines parties. 
« Nous sommes en présence d'un travail africain 
romanisé » et il est possible qu'un jour, sous notre 
action, les africains de la plaine de Kairouan régu- 
larisent et solidifient leurs travaux ( 3 ). 



(1) D r Carton, Etude citée. 

(2) Ou plutôt ce sont les indigènes qui ont fait ce travail sous la 
direction îles Romains. 

(3) Au moins dans une certaine mesure, la constitution sablonneuse 
du sol devant îemliv la cbose sinon impossible du moins dillicile en 
certains endroits. 



— 203 — 

Ce sont les travaux sinon identiques à ceux dont 
il vient d'être question, du moins s'en rapprochant 
beaucoup, que j'ai pu observer au pied du Djebel- 
Ouk. 

Ce long préambule était nécessaire pour permettre 
de se rendre compte de leur disposition et de leur 
fonctionnement , car ils sont abandonnés depuis 
longtemps et en grande partie atténués par les effets 
du vent et du ruissellement. Il fera en même temps 
comprendre dans quelles conditions ils ont été éta- 
blis et l'intérêt non seulement pratique, mais encore 
archéologique qu'offre leur étude puisqu'il est dé- 
montré que ces installations, extrêmement simples, 
étaient aussi très répandues, qu'on en retrouve les 
traces partout dans le sud et dans le centre de notre 
Colonie africaine, que l'Afrique leur dut, en majeure 
partie, son historique prospérité et que c'est en les 
restaurant que nous pourrons la lui rendre. 






J'ai donné précédemment une courte description 
des conditions dans lesquelles apparaît, du haut des 
montagnes qui la dominent, la plaine qui s'étend au 
sud du massif du Djebel-Ouk. 

La loi qui a été indiquée pour les travaux moder- 
nes de la plaine de Kairouan a dû être observée ici. 
Ce n'est pas dès leur arrivée dans la plaine que les 
eaux, animées d'une extrême vitesse, ont pu être 
arrêtées ou détournées. C'est sans aucun doute plus 
bas et il serait intéressant de le rechercher, ce que 
je n'ai pu faire. 

Mais les contreforts qui forment le pied des mon- 



— 20-i — 

tagnes et dont l'eau alimente de petits ravins ont été 
utilisés pour l'arrosage des terres qui leur sont con- 
tiguës et auxquelles ils servent d'impluvium. Les 
vestiges en sont si remarquables que, comme je l'ai 
déjà dit, ils frappent tous les voyageurs pour peu 
que ceux-ci soient observateurs. 

Tout le territoire qui, dans la plaine, entoure, à une 
grande distance, l'Aïn-Fouris est couvert d'innom- 
brables alignements de pierres, plus ou moins recti- 
lignes, se recoupant pour former des surfaces rec- 
tangulaires de dimensions variables. Ces alignements 
sont évidemment formés de blocs plus ou moins gros, 
en général de 40 à 60 centimètres de côté, qui pa- 
raissent avoir été ramassés à la surface des champs 
et portés ou roulés à leur limite. En général, les 
rectangles ont leur plus grande longueur perpendi- 
culaire à la direction de la montagne. Mais cette 
règle est souvent enfreinte. La surface en est plutôt 
petite et ce n'est pas une des constatations qui 
m'ont le moins étonné. Chacun d'eux a 100, 200 mè- 
tres de côté. On est loin, on le voit, de cette division 
en centuries dont on a rencontré de si intéressantes 
traces, notamment dans le Sud tunisien. 

C'est au voisinage de l'Aïn-Fouris que cette divi- 
sion semble avoir été la plus dense, ce qui se com- 
prend. Cette source est, en e/ïet, le seul point où l'eau 
coule abondamment toute l'année, et c'est auprès 
d'elle que l'homme dut, tout d'abord et de tous temps 
s'installer et commencer la conquête du sol pour, 
de là, l'étendre peu à peu. 

La source jaillit au bas d'une profonde et pitto- 
resque échancrure de la montagne, à l'intérieur d'un 
vaste amphithéâtre dans les parois duquel les eaux 



— 205 — 

se sont ouvert une voie vers la plaine. Aussi, de 
cette dernière, ne soupçonne-t-on même pas la pré- 
sence de source. 

Les ruines de l'époque romaine y sont nettes, 
mais peu distinctes. De belles pierres de taille em- 
ployées dans une construction récente, une conduite 
maçonnée, sont les seuls restes qu'on en puisse dé- 
terminer, A cette époque, le ruisseau devait servir 
à arroser de grands vergers, et du moment, proche 
peut-être, où la civilisation aura reconquis ses rives, 
on y verra rapidement surgir de verdoyants jardins. 

L'eau en était, au demeurant, trop encaissée et 
surtout trop peu abondante pour qu'elle put servir 
à l'irrigation des terres voisines de la plaine et, ce- 
pendant, si l'on gravit la haute crête rocheuse qui 
sépare la source de celle-ci, on aperçoit, s'étendant 
à perte de vue, d'innombrables lignes de pierres 
entourant des espaces actuellement arides et semés 
de rocaille, qui furent sans aucun cloute, cultivés et, 
comme nous allons le voir, arrosés autrefois. 

C'est surtout au commencement ou à la fin de 
la journée que ces alignements sont le plus appa- 
rents, car ils sont à cette heure, soulignés par l'om- 
bre des pierres projetée sur le sol. Je regrette que 
les circonstances ne m'aient pas permis d'en pren- 
dre une photographie clans ces conditions. L'allon- 
gement rectangulaire de ces surfaces, perpendicu- 
lairement à la montagne, est très visible d'ici. Est- 
il dû à la forme d'un allotissement plus général, 
d'une espèce de cadastre? Je ne le pense pas et in- 
clinerais plutôt à admettre que le champ a naturel- 
lement été développé clans le sens des rigoles qui le 
traversait. 



— 206 - 

On est aussi frappé de l'extraordinaire quantité 
de pierres qui jonchent la surface de ces anciens 
champs. Il est difficile d'admettre qu'on ait fait seu- 
lement des céréales sous des surfaces aussi petites 
et aussi remplies de pierres. 11 est probable que celles- 
ci ne se trouvaient pas à la surface du sol quand on 
le cultivait et que c'est la dénudation très intense 
qui s'est exercée sur celui-ci, qui les a découvertes, 
car, dans un pays aussi cultivé, les champs devaient 
être relativement soignés et on en aurait enlevé au 
moins une partie. L'alluvion a donc ici dû disparaî- 
tre dans de notables proportions, l'eau et le vent 
l'ayant enlevé en partie, alors qu'ils ne pouvaient 
emporter les pierres. 

A côté de ces alignements de pierres on remarque 
de la manière la plus nette, l'existence de canaux 
ayant servi à conduire l'eau dans ces champs. On 
voit facilement que, comme il a été dit plus haut, ce 
ne sont pas les eaux sauvages, issues de la mon- 
tagne avec une grande violence, qui y ont été dé- 
versées. C'étaient celles qui tombaient sur {'implu- 
vium encore bien vaste que formaient les pentes et 
les ravins immédiatemenl voisins. Moins abondantes 
que les premières, mais suffisantes néanmoins pour 
l'usage auquel on les destinait, ces eaux étaient 
recueillies par îles barrages élevés sur les ravins 
secondaires, avant que ceux-ci n'aient rejoint le 
grand collecteur. Elles étaient ensuite dirigées dans 
les champs par de véritables canaux bien reconnais- 
santes, encore le plus souvent rectilignes el placées 
à la limite «les terres, le long du mur d'enceinte qui 
les séparail les unes des autres. Celle seule cons- 
tatation montre qu'ils sont artificiels. 



— 207 — 

Je n'ai pu étudier en détail qu'un point de cette 
vaste organisation, mais les observations que j'y ai 
faites peuvent donner une idée assez nette de ce que 
celle-ci devait être entre l'Oued-Fouris et un autre 
ravin situé à l'est et sortant, comme lui, d'une cou- 
pure faite dans la montagne; tout le sol est divisé par 
des lignes de pierres, les unes parallèles et droites, 
limitant de petits rectangles, les autres irrégulières. 
On voit nettement sortir du grand ravin une rigole 
située au point où des eaux arrivent dans la plaine, 
contrairement à la règle générale indiquée ci-dessus, 
mais il faut remarquer que ce ravin est peu impor- 
tant. Cette rigole chemine sur le cône de déjections 
situé entre les deux oueds, longeant obliquement le 
pied de la montagne et coupant tous les ravins se- 
condaires qui en descendent, pour se diriger vers le 
sud-ouest. 

En un point où un petit ravin est ainsi coupé par 
la rigole, -on distingue très nettement les restes d'un 
barrage, se composant de deux rangées de gros 
blocs disposées en assises assez irrégulières et entre 
lesquelles il y a de la terre. (*) L'épaisseur en est de 
3 m 50 à 4 mètres. Il est ainsi disposé qu'un de ses 
côtés est parallèle à l'axe du ravin en sorte que, 
lorsque les eaux se précipitaient dans celui-ci, elles 
traversaient la rigole d'irrigation et le barrage n'avait 
pas à en supporter le choc. On voit combien était 
ingénieuse cette disposition. Quand la pluie avait 
été peu abondante, les eaux de la rigole d'inondation 
et du ravin étaient déviées par le barrage; quand 



(1) Il est évident que jadis le barrage était soutenu, jusqu'à sa partie 
supérieure, par de la terre sans quoi il n'aurait pas pu résister à la vio- 
lence des eaux même si celles-ci le heurtaient obliquement. 



- 208 - 

l'apport d'eau était plus abondant, l'excédent fran- 
chissait celui-ci ou plutôt le contournait par un dé- 
versoir de trop-plein dont il existe encore des traces. 

La rigole parallèle au barrage est rectiligne et elle 
chemine à l'est d'un mur en pierres sèches qui sé- 
pare deux champs entourés de murs semblables. 

Cette zone, voisine de la montagne, était donc plus 
privilégiée que le reste de la plaine, puisqu'à la 
moindre pluie, elle recevait de l'eau et que, lors 
d'abondantes précipitations atmosphériques, elle se 
débarrassait, sur elle, de son excédent. 

Les rectangles que sépare la rigole ont environ 
5 à 600 mètres de longueur sur l'"50 de largeur. 

Ainsi que je l'ai indiqué, cette rigole est d'une 
rectitude remarquable. Elle était coupée, de distance 
en distance, par des barrages semblables au premier, 
qui rejetaient les eaux de chaque côté, dans les 
champs étages en terrasses. Dans presque tous ceux- 
ci, on remarque des monticules de 2 ou 3 mètres de 
côté. J'ai signalé un fait analogue pour des divisions 
de terrains situés dans la région de Médenme. W 
Ce sont des enclos présentant aussi des petits cônes 
ou des tas de pierres sèches/' 2 ) restes de portes, 
d'habitations et quelquefois de tombes. 11 y a même 
ici, dans certains murs d'enclos, des solutions de 
continuité dont le sol, soigneusement dallé en pierres 



(1) D r Canton, loc cit. 

(2) Depuis la publication du travail où est consignée cette observation, 
j'ai pu faire des observations qui m cm montré qu'il y avait à Kesseur- 
Koutine, quelque chose d'analogue à ce que je décris ici. La colline où 
h'éU vail le mausolée de était sillonn le canaux obliques condui- 
sant l'eau dans la plaine à un collecteur ariificiei qui arrosait les vergers 
"ii enclos i n question. En ou ire, une série de puits encore bien i 

vés allaient reprendre la partie de cette eau qui avait descendu jusqu'à 
la nappe aqnifère. 



— 209 — 

brutes, devait servir au passage de l'eau d'un champ 
dans l'autre, réalisant ainsi grossièrement, à la mode 
africaine, la disposition si remarquable en maçon- 
nerie, des radiers de Kesseur-Koutine. 

Cette rigole a encore l m 80 de profondeur sur 
5 mètres de largeur, dimensions qui montrent qu'elle 
était faite pour livrer passage à un grand volume 
d'eau, c'est-à-dire en vue du procédé dit d'inonda- 
tion. 

Je n'ai pas trouvé, aux angles des champs, de 
bornes taillées portant une inscription, mais on y 
remarque, d'une manière constante, des pierres 
moins irrégulières et plus élevées que les autres, 
qui paraissent avoir réellement joué le rôle de bornes. 

Au pied de la montagne, et longeant la grande 
rigole d'inondation, à son origine, passait une voie 
romaine qui devait certainement conduire à Aïn- 
Fouris où, comme je l'ai dit, il faut peut-être cher- 
cher l'antique ad Falmou. 

Fait curieux, on ne trouve pour ainsi dire pas, 
dans ces terres, de poteries romaines ou berbères, 
ou autres. Il n'y en a même pas près des tas de 
pierres qu'ils renferment, ce qui me fait penser que 
ceux-ci ne sont peut-être pas les restes de huttes. 

Ça et là, sur des points culminants, ou à la sépa- 
ration de deux rigoles, il doit y avoir des nécropoles. 
On y voit, en effet, des agglomérations de véritables 
ttimuli entourés de cercles de pierres posées sur le 
sol ou, ce qui est encore plus significatif, en pierres 
plates plantées dans le sol. L'une de ces sépultures 
a été fouillée récemment. Elle était posée sur un 
cercle de ce genre, formant une plate-forme d'un 
diamètre de 12 mètres. 



— 210 — 

La plus remarquable de ces nécropoles est située 
à l'entrée de l'amphithéâtre naturel où jaillit l'Aïn- 
Fouris. On sait que le ruisseau qui en sort est pro- 
fondément encaissé à 10 ou 15 mètres au-dessous 
du niveau de la plaine. Sur sa rive gauche se trou- 
vent les tombes, de forme circulaire ou elliptique, 
en pierres de grosseur variable, entassées de ma- 
nière à former un cône entouré extérieurement d'un 
cercle ou d'une ellipse de grosses pierres et rempli 
de moellons. 

Au point culminant de cette partie de la plaine et 
à l'entrée de l'amphithéâtre naturel de l'Aïn-Fouris, 
oii remarque le plus considérable de tous ces monu- 
ments. C'est un cercle parfait de dimensions énor- 
mes. Il n'a pas moins de 50 pas de diamètre et sa 
largeur est de 2 à 3 mètres. En son centre, s'élève 
un grand tumulus conique de 7 à 8 mètres de dia- 
mètre. Sur son côté sud lui est accolé un cercle 
d'environ 10 mètres de diamètre. Plus bas se trouve 
une grande quantité de sépultures, très rapprochées. 

On est donc ici en présence soit d'un sanctuaire 
important, soit plutôt d'un mausolée ayant reçu les 
restes d'un chef qui sans doute commandait à la 
tribu établie autour de la source d'Aïn-Fouris. Il 
y eut par suite en ce point un centre important, ce 
qui expliquerait, si c'était nécessaire, les grands tra- 
vaux faits pour y rendre le sol productif. 

On a vu que tous ces aménagements ne portent 
pas l'empreinte du génie romain et paraissent être 
l'œuvre de Berbères, le barrage notamment, avec 
ses deux assises de pierres accolées rappelle tout a 
fait ces innombrables murs (pic l'on rencontre par- 
tout dans l'Afrique du Nord, de l'Océan au golfe de 



— 211 — 

Gabès. Et l'on se trouve ici, une fois de plus, en 
face du problème qui se pose si souvent devant les 
monuments laissés par ce peuple qu'il s'agisse de 
murs, de tombeaux en forme de tumuli, de dol- 
mens ou d'autres manifestations de son activité : 
bijoux, inscriptions, rites religieux. On ne sait à 
quelle époque il faut les attribuer, qu'ils soient anté- 
rieurs aux Carthaginois ou postérieurs aux Romains 
et même à l'occupation byzantine, la matière et la 
façon sont invariables; tout au plus y a-t-il des dif- 
férences clans les dimensions ou le soin avec lequel 
ils ont été faits. Lorsque, comme dans le cas pré- 
sent, les produits de cette industrie si originale, mais 
si primitive, ne sont pas accompagnés de ceux d'une 
autre civilisation, il est impossible de les dater. Com- 
ment, pour n'en citer que deux exemples, distinguer 
certaines poteries, trouvées dans des dolmens, à 
côté d'objets romains, de celles que font de nos jours 
les Bédouines? A quoi reconnaître la date de ces 
murs qui parsèment tout le sol de l'Afrique, dont 
les uns sont recouverts de constructions romaines ( 1 ) 
et dont les autres sont édifiés sous nos yeux? 

Le doute plane donc sur l'époque à laquelle ont 
pu être élevées les constructions dont on voit les 
vestiges aux alentours de l'Aïn-Fouris. Certaines 
observations permettent seulement d'établir quelques 
probabilités. Il est un fait généralement admis, c'est 
que, depuis l'époque romaine et malgré une renais- 
sance de l'activité et de l'individualité berbère, la 
surface occupée et cultivée n'a fait que diminuer. 

(>n doit donc en conclure — et il me semble que 



(1) Comme j'en ai vu à Bulla-Regia. 



— 212 — 

c'est ici le cas — que si une grande étendue de 
terrain a été cultivée sur ce point, ce n'a pu être 
que pendant ou avant l'époque de la civilisation ro- 
maine. Comme on ne trouve sur place aucun des 
produits de cette dernière, il faut admettre que ce 
sont des africains qui, à cette époque même, ont 
cultivé le sol ou qu'il ne l'était déjà plus sous les 
Romains; si l'on se trouvait en présence d'une civi- 
lisation berbère post-romaine, comme celle dont on 
a trouvé de si brillants vestiges en plusieurs points 
de la Berbérie, on en trouverait aussi des restes. 

Un effort aussi considérable que la mise en rap- 
port de ces terres arides, la création de murs d'en- 
ceinte, de rigoles impliquent l'existence d'une nom- 
breuse population, et, autour de la source, d'une ville. 
Or, on ne trouve point ici de restes d'une véritable 
ville soit romaine, soit berbère post-romaine. On sait, 
d'autre part, que les centres berbères primitifs n'ont 
laissé que peu de traces en Afrique ou que celles-ci 
ne peuvent que difficilement être distinguées des restes 
de centres africains modernes. C'est donc un centre 
primitif qui, semble-t-il, a dû exister autrefois à 
Aïn-Fouris. Enfin, l'enlèvement d'une forte couche 
d'alluvions, révélés par la grande quantité de pierres 
qu'elle a laissé sur place, implique un abandon re- 
montant à plusieurs siècles. Si dès lors il est permis, 
d'après ce qui précède, d'émettre une hypothèse sur 
l'époque à laquelle le pays fut aménagé, il faut ad- 
mettre qu'elle est très ancienne, préromaine proba- 
blement. 

* * 

Puisque cette étude m'en fournil l'occasion, je vou- 
drais, avant de terminer, exposer ici comment, à 



— 213 — 

mon avis, se sont produites les profondes modifi- 
cations, sinon de climatalogie, du moins du régime 
des eaux et de culture que la plupart des auteurs 
admettent en ce qui concerne l'Afrique du Nord. 

Lorsqu'on recherche quelles sont les opinions 
émises à ce sujet par les auteurs qui ont traité cette 
question, on est frappé d'un fait, c'est la valeur pres- 
que égale des arguments qu'ils ont présentés en 
faveur des deux théories opposées : celle qui admet 
l'existence de variations et celle qui les rejette. On 
ne peut de ceci donner qu'une seule explication. 
C'est que toutes deux renferment une part de vérité. 

Il faut donc chercher à les concilier. Je ne ferai 
pas, après tant d'autres, la citation ou même la 
simple énumération de tous ces textes anciens, dont 
les uns nous disent que l'Afrique du Nord renfer- 
mait des jungles où pullulaient les fauves, tandis 
que d'autres nous apprennent que le sol africain 
était impropre à la culture des arbres. Mais il est 
facile de prouver, en dehors des textes et en s'ap- 
puyant sur des faits que les uns et les autres ont 
partiellement raison. 

On sait que le sud de la Berbérie fut, à l'époque 
quaternaire, sillonné de fleuves abondants en eau et 
qu'une population très dense vivait sur les bords de 
ceux-ci et autour des sources. Elle nous a laissé, 
sous la forme de silex très habilement taillés, la 
preuve de la prospérité de son industrie, en des 
lieux actuellement incultes, inhabités et qui seraient 
le plus souvent inhabitables. La perfection même de 
ces produits nous indique qu'elle a dû fleurir jus- 
qu'à une époque relativement récente. 

Les rochers sur lesquels les naïfs dessinateurs de 



— 214 — 

cette époque ont laissé la représentation de leurs 
occupations et des symboles religieux nous permet- 
tent d'affirmer que cette population, qui avait connu 
des espèces animales disparues maintenant de la 
région, tout en évoluant au point de vue de son in- 
dustrie, s'est maintenue avec ses croyances, jusqu'à 
une époque contemporaine de la préhistoire africaine 
et de l'Egypte ancienne, sur laquelle l'archéologie 
nous a fourni des renseignements plus précis que 
ceux fournis par l'histoire elle-même. 

Nous sommes donc bien près de l'époque à laquelle 
les historiens ont noté les mœurs et l'histoire des 
Numides et de la Carthage primitive, et nous savons 
que c'est aux environs de cette période qu'existaient 
les jungles et les animaux dont il vient d'être ques- 
tion. 

Faudrait-il donc admettre que ce pays, qui fut 
fertile et habité alors, se dessécha et fut abandonné 
brusquement? Dans ce cas, les auteurs qui se re- 
fusent à admettre qu'un tel changement ait eu lieu 
entre les époques romaine et moderne devraient l'ac- 
cepter pour une période antérieure, mais de même 
durée ! 

On est donc, ce semble, autorisé à admettre que 
quand les premiers colons de Carthage, puis les 
Romains arrivèrent en Afrique, ils la trouvèrent 
plus boisée, plus cultivée et plus peuplée qu'ils ne 
la laissèrent, et que nous ne l'avons trouvée. Il me 
paraît même certain que, contrairement à l'opinion 
généralement admise et qui leur attribue la mise en 
valeur de ce pays, s'ils l'avaient trouvée inculte et 
desséchée, ils eussent été incapables de lui rendre 
sou ancien état et, en tous cas, de l'exploiter comme 
ils l'ont fait. 



— 215 — 

Nous autres Français, venus trop tard en cette 
contrée pour en empêcher la ruine, nous nous ren- 
dons bien compte qu'il serait impossible, malgré les 
moyens dont nous disposons, de la rendre, non tel 
que la firent les Romains, mais tel qu'elle fut à leur 
époque. Ce sont clone les premiers cultivateurs, ins- 
tallés dans le pays quand y vinrent Carthaginois et 
Romains, qui l'avaient mise en valeur. 

Faut-il admettre que des peuplades moins civili- 
sées que ces deux nations aient pu ainsi réaliser ce 
que ces dernières n'auraient pu faire? I 1 ) Assurément 
non, et il ne reste plus, dans ce cas, qu'une hypo- 
thèse. C'est que les premières peuplades qui se sont 
installées dans le pays n'ont pu arriver à le trans- 
former qu'à la faveur de conditions toutes différentes 
et autrement avantageuses que celles où se trou- 
vèrent Carthaginois et Romains. 12 ) 

Si l'on considère que, lorsque les Tyriens vinrent 
installer leurs comptoirs sur la côte africaine, le pays 
était déjà riche et peuplé — ils n'y auraient pas, sans 
cela, multiplié les emporta — et que tout cela impli- 
que, chez ces populations aborigènes, un développe- 
ment très lent, une évolution de plusieurs siècles, v 
faut bien admettre que les premiers cultivateurs se 



(1) On peut objecter que les Numides étaient, eux, une race civilisée, 
mais l'époque à laquelle nous les voyons se livrer à la culture est trop 
voisine de celle oùllorissait Cannage pour rien changer la question îelle 
qu'elle est posée ici. Avant d'être de bons cultivateurs, les Numides, si 
l'on donne ce nom aux plus anciens habitants de l'Afrique, ont dû être 
des peuplades grossières. 

(2) Tout ceci, on le voit, est absolument d'accord avec ce que disent 
des historiens qui paraissaient jusqu'ici se contredire; l'Afrique, pays de 
jungles, en possédait encore une partie, à l'époque romaine, mais déjà 
la culture de l'arbre y était difficile et les forêts rares. N'avons-nous 
pas nous-mêmes assisté à la disparition de certaines espèces animales 
et végétales en Afrique, depuis peu de temps : la canne à. sucre, par 
exemple, et le lion? 



- 21(5 — 

mirent à l'œuvre à une époque où le climat de l'Afri- 
que ou tout au moins celui du Sahara — ce qui 
nous intéresse ici — était plus humide <{ue par la 
suite et sa population plus dense. 

C'est parce que cette population vivait dans de 
telles conditions et qu'elle était nombreuse qu'elle 
put mettre tout le pays en culture, ce qu'une po- 
pulation rare, vivant sur un sol inférieur et sous 
un climat sévère n'aurait jamais pu faire. Et ce n'est 
que parce que ces premiers travaux avaient pu être 
ainsi effectués, c'est-à-dire en raison de l'avance 
prise sur la nature par le cultivateur que, quand 
l'une vint à changer, celui-ci pat lutter contre elle 
et se maintenir. 

En effet, quand les pluies vinrent à diminuer, 
peut-être aussi parce que le cultivateur avait dû 
déboiser le sol pour le mettre en valeur, la popula- 
tion, installée solidement sur celui-ci si prospère, 
fut en état de lutter contre ce changement pro- 
gressif en installant peu à peu, et en commençant 
par les points les plus exposés. 

Ces points étant les premiers qui nécessitèrent des 
travaux, des aménagements durent être opérés pour 
lutter contre le ruissellement des eaux sauvages et pour 
amener ces eaux là où l'insuffisance des pluies com- 
mençait à se faire sentir. C'est ainsi que progressive- 
ment, je ne saurais trop le répéter, l'ancien cultivateur 
fut amené à couvrir le pays d'installations que nous 
avons trouvées en bloc et que, trop souvent, nous 
sommes tentés de croire avoir été construites de 
même. N'ayant a s'occuper à la fois que des parties 
où apparaissait la nécessité de le faire et cette néces- 
sité ne se faisant sentir que peu à peu, ils eurent 



— 217 - 

tout le temps de s'y plier, car à cette époque, en 
raison de l'existence, à côté de ces parties en 
souffrance, de parties encore indemnes, ces travaux 
n'étaient pas nécessaires, mais seulement utiles. Et 
c'est ainsi qu'une série de tâtonnements rendus pos- 
sibles par la lenteur de la transformation a permis 
de trouver ce qui convenait le mieux à chaque pays. 
Et ceci nous explique non seulement le nombre des 
travaux hydrauliques, mais encore leur admirable 
adaptation aux conditions locales et leurs variations 
suivant les régions, variations qui n'auraient pas eu 
lieu ou qui auraient offert bien des défectuosités si 
elles avaient été appliquées en bloc à tout le pays 
ou à une région entière par les agronomes Cartha- 
ginois ou Romains, nouvellement venus. 

C'est ainsi que s'établit en quelque sorte automati- 
quement, sur toute la surface du pays, une gigantes- 
que installation agricole. Quand les Carthaginois et 
les Romains y arrivèrent, ils n'eurent qu'à les conso- 
lider par l'usage plus généralisé de la maçonnerie, 
et à les réglementer au fur et à mesure de la pacifi- 
cation des populations. 

Pendant ce temps, la transformation du climat 
continua plus ou moins rapide, en rendant le sol et 
l'atmosphère plus humide par l'arrêt des eaux à la 
surface et leur pénétration dans la profondeur. Il y 
a, en effet, deux éléments qui, en Afrique semblent 
agir dans ce sens; d'une part le boisement et les 
travaux hydrauliques, d'autre part, un dessèche- 
ment graduel dû à une cause plus générale. Mais, 
grâce à ces travaux, on ne s'apercevait guère de ce 
changement. 

Aux anciennes forêts, le cultivateur avait substi- 

i9 



- 218 - 

tué les plantations d'arbres : oliviers, figuiers, pal- 
miers qui jouent le même rôle qu'elles, ou bien, à 
l'endroit où elles avaient existé, il avait fait des 
labours qui, comme elles et mieux qu'elles peut-être, 
peuvent retenir l'eau et la faire pénétrer dans le 
sol. 

Il avait complété cette action par la construction 
de murs de soutènement retenant les terres à flanc 
de coteau et celle de barrages sur les ravins ; en 
sorte qu'on peut dire que, quand ce pays était entiè- 
rement cultivé, il se trouvait, au point de vue de 
l'hydraulique et de l'aménagement des eaux, dans 
de meilleures conditions que lorsqu'il était couvert 
de forêts. Le climat et la météorologie devaient for- 
cément s'en ressentir, car on sait que la fraîcheur 
de l'atmosphère, qui dépend en partie de celle du 
sol, facilite les précipitations pluviales. 

Mais si la transformation ainsi accomplie donnait 
des résultats immédiats excellents, la durée de ces 
résultats était essentiellement précaire. 

Que, par suite des guerres religieuses ou politi- 
ques, la dépopulation de l'Afrique se produise, en- 
traînant l'abandon des cultures et celle des travaux 
hydrauliques, que, comme le lit la Kahena pour sup- 
primer une richesse qui attirait les invasions, on 
détruise les forêts d'oliviers et qu'un peuple pasteur 
vienne compléter l'œuvre de déboisement, immédia- 
tement l'eau se précipite sur les surfaces durcies et 
sans protection; elle les dénude sans y pénétrer, 
puis se rue dans la plaine qu'elle ravine ou couvre 
de pierres arrachées à la montagne. Ainsi, l'homme 
a supprimé l'action de la nature lente, progressive, 
mais pouvant se maintenir sans son intervention 



— 219 — 

pour lui substituer son action, plus rapide, plus bril- 
lante même par ses résultats immédiats, mais dan- 
gereuse et nécessitant un effort continu. Il ne faisait 
que reculer par un palliatif trompeur, les effets de 
cette suppression. Dès qu'il lui fut impossible de conti- 
nuer cet effort, ces effets se rirent sentir brusquement. 
On en a conclu, à tort, à l'apparition brusque des phé- 
nomènes qui les avaient amenés, alors que ceux-ci 
n'avaient cessé d'agir depuis que l'homme s'était mis 
à cultiver le sol. De là, chez les auteurs qui ne voient 
qu'un des côtés de la question, l'opinion d'un chan- 
gement notable et brusque de la climatologie et du 
régime des eaux ( l ) survenus depuis l'époque ro- 
maine, c'est-à-dire au moment où l'homme avait 
cessé son action. De là également, pour ceux qui ne 
voyaient que l'autre face de la question, l'opinion 
d'après laquelle il n'y aurait eu aucun changement 
dans le climat et la météorologie, tout ce qui s'est 
passé étant attribué à la seule action de l'homme. 
Si au lieu d'exclure l'un de ces facteurs pour ne 
tenir compte que de l'autre, on leur accorde une ac- 
tion identique, on obtient, on vient de le voir, une 
explication très satisfaisante de ces faits sur lesquels, 
depuis longtemps, les auteurs ne peuvent se mettre 
d'accord. 

Voici comment on peut, d'après ce qui précède, 
esquisser rapidement l'évolution subie par l'Afrique 
du Nord : 

Fin de la période géologique quaternaire se confon- 



(l\ L'un ne va pas sans l'autre, puisque c'est la présence des forêts 
et l'humidité du sol qui, rendant l'atmosphère plus humide, favorisent 
ou multiplient les précipitations pluviales, 



— 220 — 

dont avec la période préhistorique, au cours des- 
quelles le Sahara est humide et peuplé ( 1> . 

Périodes légendaire et historique primitives, où 
très nettement il y a des parties encore boisées de 
jungles avec des animaux égyptiens ( 2 ) et soudaniens 
(population et animaux des rupestres), mais où des 
parties arides ou desséchées 3 ) commencent à appa- 
raître. C'est à cette période que correspond la mise 
en culture du sol. 

Période historique ancienne. Le sol est admirable- 
ment aménagé, ce qui empêche les effets de la dénu- 
dation de se produire (époques carthaginoise et ro- 
maine). 

Période historique plus récente. Abandon brusque 
des cultures et destruction violente des plantations, 
produisant l'apparition également brusque des effets 
d'une dénudation et d'un déboisement très anciens, 
mais que la culture et l'entretien des plantations 
avaient écartés jusque-là. 

Période moderne. Certains auteurs sont tellement 
frappés de la coïncidence entre l'abandon du sol et des 
plantations, d'une part, et le changement de climat 
et de régime des eaux, d'autre part, qu'ils attribuent 
les uns à l'autre. D'autres, voyant que dans la pé- 
riode historique ancienne on avait déjà constaté des 
indices d'un changement de climat et d'hydraulique, 



(1) Je ne parle ici que du Sahara à cause du caractère excessif i'es 
phénomènes qui s'y sont produits el qui ont agi, à fortiori, quoique avec 
moins d'intensité, sur des contrées plus septentrionales. 

(2) Ce qui montre qu'il y avait encore un" communication avec l'Egypte 
par le Sahara on que cette communication n'avait cesse que depuis peu 
de temps. 

('.\, ("e qui explique les contradictions apparentes des auteurs anciens, 
suivant qu'ils parlent de parties difléreutes 'le l'Afrique ou d'époques 
différentes de c< tte péi iod< , 



221 

attribuent à ce seul facteur la transformation funeste 
du pays ( 1) . J'ai indiqué que la solution me paraît 
devoir être cherchée dans les opinions qui tiennent 
compte, dans une proportion plus ou moins variable, 
de ces deux facteurs. 

La fertilité du sol de la plaine qui s'étend au Sud 
du Djebel- Ouk nous est attestée par son extrême 
division et l'absence en ce point de vestiges romains; 
elle ne peut être expliquée que par le fait d'une occu- 
pation berbère très intense, qui dut être respectée 
dans ces régions situées au delà du boulevard que 
Rome avait élevé à Theveste, sur les frontières de 
son empire. 

* 
* * 

On peut se demander pourquoi, si le sol fut aussi 
fertile jadis, il ne le serait plus de nos jours, surtout 
quand on sait qu'il existe, dans le voisinage, d'énor- 
mes masses de phosphates de chaux dont torrents et 
oueds ont dû disperser les éléments fécondants sur 
toute sa surface. Peut-être cela peut-il s'expliquer 
par, précisément, un excès de ces éléments et l'ab- 
sence d'autres, non moins nécessaires au sol, et qui 
lui auraient été enlevés par suite de la violence extrê- 
me de la dénudation, -c'est ce que des recherches 
analytiques nous diront un jour. On peut, du reste, 
espérer qu'il serait possible de rendre facilement au 
terrain ce qui pourrait lui manquer, qu'il s'agisse de 



(1) Il suffit, pour voir ce qu'ont d'exce-sif ces deux opinions, de se 
poser les deux questions suivantes : Pourrions-nous, si nous n'avions 
que les seuls moyens dont disposaient les Romains, ou même avec ceux 
dont nous disposons, rendre à tout ce pays son antique prospérité? Le 
changement de climat a-t-il été si absolu que l'or ne pui-se rendre a 
une bonne partie de ce pays la prospérité dont il jouissait autrefois? Je 
pense que tout le monde répondra négativement à ces deux questions. 



222 

l'ameublir, ou de l'enrichir et que ceux qui entre- 
prendraient ce travail seraient amplement récom- 
pensés par les effets de la présence du précieux élé- 
ment fertilisant. 

Je reviens ainsi à une question d'ordre général et 
comme la question de l'hydraulique ancienne est 
intimement liée au problème du développement éco- 
nomique de ce pays, on me pardonnera de tirer, en 
terminant, quelques conclusions pratiques ; il peut 
être, du reste, intéressant de montrer au public que 
les études archéologiques méritent d'être favorisées 
en raison des enseignements utiles qu'elles peuvent 
donner. 

Il paraît évident que, malgré les puissants moyens 
dont nous disposons, nous ne saurions, sans de 
grands frais et tout au moins sans un temps extrê- 
mement long, remettre en valeur les surfaces aban- 
données, si nombreuses en Afrique et que les an- 
ciens avaient cultivées. (*) 

Les causes de cette impossibilité ou de ces diffi- 
cultés sont aussi multiples qu'évidentes : absence de 
ces innombrables barrages de montagne qu'il fau- 
drait plusieurs générations pour refaire, dénudation 
comptète et irrémédiable de certaines régions, ( 2 ) dis- 
parition des forêts, etc. 



(1) Les Romains auraient pu d'ailleurs fort à faire pour empêcher aussi 
l'abandon de certaines terres. La preuve en est donnée par ce règle- 
ment sur les terres en friche ou abandonnées qui a été retrouvé gravé 
sur la pierre, aux environs de Dougga : 

« Lcx Hadriana de rudibus agris et Us qui per decem annos in- 
culli sunt. » 



(2) Il n'est évidemment que très peu de sols qni, même en Afrique ne 
puissent a la longue être transformés. Mais cette transformation ne peut 

être faile, dans les cas dont il est question ici, que par l"s météores aidés 
par la végétation et il faut pour cela que des espèces successives de 
plantes s'y succèdent pendant des siècles. 



- 223 - 

Ce qu'il n'est pas possible d'entreprendre sur toute 
la surface du pays, on peut et on doit le tenter en 
certains points, d'abord dans les plus fertiles et, en 
outre, là où l'importation de certaines industries, et 
l'établissement consécutif de centres habités ont créé 
de nouvelles sources de richesse et de nouveaux 
moyens d'action. 

Je me ferai comprendre par un seul exemple, rela- 
tif aux exploitations minières. Celles-ci, installées 
fréquemment en des régions stériles, sont toujours 
à une distance plus ou moins grande de points où 
a fleuri la colonisation romaine et où il serait pos- 
sible de rendre au sol sa fertilité d'autrefois. On s'est, 
jusqu'ici, désintéressé de cette question. 

L'exploitation de la mine enrichit quelques parti- 
culiers souvent étrangers au pays; elle draine quel- 
ques fonds vers les caisses publiques, elle n'ajoute 
le plus souvent rien à la richesse de la contrée où 
elle se trouve ou ce qu'elle lui donne est éphémère 
et insignifiant. 

On comprend que des particuliers n'aient pas de 
projets à bien longue échéance, mais il appartient au 
pays et à ceux qui l'administrent d'être plus pré- 
voyants et. de saisir cette occasion fugace et sans 
retour qui se présente de l'enrichir d'une manière 
durable. 

Inviter les exploitants à mettre en valeur les terres 
voisines par la reconstruction des barrages, le reboise- 
ment des montagnes, leur venir dans ce but, en aide 
par la concession de terrains ou d'autres avantages, 
ce serait contribuer à la fois à la richesse du pays 
et à la prospérité bien comprise de l'exploitation. On 
pourrait encore contraindre les compagnies minières 



— 224 — 

à attribuer aux ouvriers mineurs, dans des terrains 
concédés à cette intention, des lots qu'ils cultive- 
raient entre temps et où ils se retireraient dans leurs 
vieux jours. Ainsi serait fixé cet élément trop sou- 
vent nomade, composé en majeure partie d'Italiens 
qui s'en retournent plus tard dans leur patrie empor- 
tant eux aussi, sous la forme d'un pécule, une partie 
de la richesse du pays. L'administration de la mine 
pourrait les aider dans la création, autour de celle- 
ci, de ces villages ou de ces petites propriétés, par 
la création de pépinières, la distribution de graines 
et d'instruments, l'aménagement de certains travaux 
d'utilité générale, dont elle bénéficierait elle-même 
par la plus-value donnée au sol. Aussi, en dehors 
de l'exploitation de son gîte, le propriétaire se crée- 
rait pour l'avenir, et pour le cas où celui-ci viendrait 
à être épuisé, une source de revenus durable et non 
négligeable. 

On ferait, en un mot, pour les vétérans de l'in- 
dustrie, ce que les Romains faisaient pour les vété- 
rans de leur armée. 

Ainsi, comme l'a écrit l'illustre inventeur des 
phosphates, M. Ph. Thomas, on pourrait, grâce aux 
produits du sous-sol de l'Afrique, rendre à sa sur- 
face la ^richesse dont elle a joui autrefois et que 
nous attestent tant d'admirables vestiges. 

D r CARTON, 

Membre non résiliant du Comité des Travaux historiques. 



RECUEIL DES NOTICES ET MÉMOIRES 
de la Société Archéologique de Constant /ne (année 1909, p. 193) 



:e:r,:r,a.t.a. 

DU MÉMOIRE DE M. LE Docteur CARTON 

INTITULE 

Travaux antiques d'irrigation, etc. 



Dans tout le travail., au lieu de. Djebel-Ouk lisez ... Djebel-Onk 

p. 193, 1. 2 supprimez, d' 

p. 193, 1. 11 au lieu de. ni lisez . . . pas 

p. 194, 1. 11 — . Palman — . . Palmam 

p. 194, 1. 27 — . Sheika — . . . Sbeïka 

p. 197, 1. 26 après on ajoutez, n' 

p. 197, renvoi — . 1888 — 

p. 197, renvoi au lieu de. '1889, etc lisez 



198, 1. 31 

200, renvoi — 

201, 1. 11 - 

201, 1. 18 

p. 201, renvoi — 

p. 202, 1. 25-26 Supprimez les guillemets. 

p. 203, 1. I au lieu de. les 



qui 

Augarius... 
Lamaslia . , 

Fayet 

Etude citée. 



lisez 



lhez 



p. 438 

1896, p. 281. Etude sur les 
travaux hydrauliques de la 
Tunisie, 
que 

Auyarmi 
Lamasba 
Payen 
loc. cit. 

des 

d'une 

au moment 

dans 

Médcnine 

Marins Rufus 

Palmam 

p. 214 Les lettres, italiques doivent être mises en lettres ordinaires. 

p. 215, 1. 4 et 5 .... au lieu de. tel lisez . . . telle 

p. 215, renvoi après changer ....... . ajoutez, à 

p. 210, 1. 8 au lieu de. inférieur lisez ... infécond 

p. 2 1G, 1 20 après peu à peu ajoutez . des travaux hydrauliques 

p. 217, 1. 24 tout le passage entre : rapide et Mais doit être reporté à la page 

suivante. 

p- 218, 1. 6 ajouter ici le passage de la page 25, 1. 24 (V. ci-Jessus\ 

p. 225, renvoi, ligne 1. au lieu de. auraient lisez... aoaient 

p. 224, 1. 14 — . aussi — ... ainsi 



p. 205, 1.3 - 

p. 205, 1. 9 — . 

p. 206, 1. 4 — 

p. 208, 1. 21 - 

p. 208, renvoi après 

p 2(9, 1. 19 au lieu de. 



de 

du moment., 

sous 

Medenme . . . 
Mausolée de . 
Falmou . . . . , 



STATIONS PRÉHISTORIQUES 

DES 

ENVIRONS DE TÉBESSA (l) 



Un de nos correspondants qui, en raison de sa situa- 
tion, désire conserver l'anonymat, nous adresse l'in- 
téressante notice qui suit sur les stations préhistori- 
ques et les monuments mégalithiques de la région de 
Tébessa qu'il habite. Il ressort de l'examen de cette 
étude et des spécimens communiqués, que la région 
de Tébessa est l'une des plus curieuse et des plus riche 
à cultiver, non seulement au point de vue de la quan- 
tité des restes que l'on y rencontre, mais aussi en rai- 
son des diversités d'époques d'habitat qui s'y trouvent 
représentées. Le silex, fort varié, y est en grande abon- 
dance et d'une richesse extraordinaire. 

A. DEBRUGE, 
Correspondant du Ministère. 



1. Château d'eau de Tébessa. — Station préhistori- 
que au premier ravin, à 50 mètres au sud-est du 
château d'eau de Tébessa, couverte presque totale- 
ment par les figuiers de Barbarie. 



(1) Kjœkœnmœddings. Ces stations sont connues des indigènes sous le 
nom de Enehir-RemeïJia ou Euch'r-Babouch. 



£0 



- 226 — 

Au sud-est et à 200 mètres de la station, dans un 
champ entouré d'un mur en pierres sèches, un dol- 
men. Trois dolmens à 800 mètres au sud-est du 
blockhaus qui domine la station. Deux dolmens fouil- 
lés sur la troisième crête de la montagne l'Osmor, 
au sud-est et à un kilomètre du cimetière mozabite. 
Un dolmen, route de Tébessa à Bekkaria, au sud de 
la ferme Chettouh, au-dessus d'une ancienne car- 
rière, près de la route (*). 

2. Rouie de Tébessa à Bekkaria. — Importante sta- 
tion préhistorique signalée sur Y Atlas archéologique, 
sous le n° 101, mais elle est portée au kilomètre 2, 
route de Tébessa à Bekkaria; elle se trouve au kilo- 
mètre 3 + 200. 

3. Route de Tébessa à Bekkaria. — Station préhis- 
torique presque recouverte par la terre descendue 
de la montagne, à 800 mètres à l'est de la station 
n° 2, au sud, à 100 mètres du premier pont sur les 
bords de l'oued. 

4. Rafana (moulin). — Cinq stations préhistoriques, 
un atelier et quelques tumulus de différentes formes. 
La première station, peu conséquente, est à 25 mè- 
tres au nord-ouest du troisième pont, avant d'arriver 
au moulin, chemin de Tébessa à Rafana. A 400 mè- 
tres avant d'arriver au moulin, petits tumulus (2) sur 
le bord du chemin; sur la crête du mamelon, côté 
est, grands tumulus, berge de l'oued côté ouest, 
atelier. Deuxième station à l'ouest et à 200 mètres 
du moulin; une petite habitation est construite des- 



(1) Dolmens de l'Osmor. FaidhbrBE, a' ir>2 de l'Atlas archéologique. 
2 Tumulus avec lerre noire et escargots de la station. 



— 227 — 

sus. Les quatre autres stations se trouvent au nord, 
à des distances de 800 mètres à un kilomètre de celle 
du moulin, sur les bords de l'Oued-Rafana; deux 
sont en contrebas de forts mamelons couronnés de 
ruines romaines; la cinquième se trouve à l'ouest et 
à 800 mètres, la ferme Cambon. Au col, au-dessus 
du moulin, nombreux tas de pierraille. 

5. Aïnel-Annba. — Station préhistorique surplom- 
bant presque l'abreuvoir de la source. Deux cons- 
tructions circulaires, de 2 m 50 environ, se trouvent à 
quelques mètres de la station. Les murs ont une 
épaisseur de m I0 et sont en terre. Une de ces cons- 
tructions est remplie de gros blocs de rochers, la 
deuxième est vide. Au sommet de la station, on 
trouve des ossements humains. Deux dolmens com- 
plètement renversés au nord, à un kilomètre de la 
station, au pied de la falaise Deux autres stations à 
300 mètres à l'ouest de la première, à droite et à 
gauche du chemin de Cheria, la deuxième au-dessus 
d'un pont en ruines. 

6. AïnEd-Diba. — Station préhistorique peu consé- 
quente, à l'est et au-dessus du jardin de l'ancien 
Kebir-Bouganem. Lieu dit " Tamedoud ", piste de 
Diba à Kissa, nombreux murs berbères, tumulus se 
prolongeant vers la plaine. Sur le flanc de la mon- 
tagne, petits tumulus ou dolmens, sans dalle de re- 
couvrement^. Piste de Diba au Dyr, au lieu dif'Kef- 
el-Djelem", dolmens et tumulus à droite et à gauche 
du chemin. Piste de l'usine de Kissa à la mine du 
Dyr, dolmens et tumulus au lieu dit " Guerboussa " 



(1) Des dolmens sont signalés au-dessus de Kissa, n p >S0 de l'Atlas 
archéologique (sans autre indication). 



— 228 - 

ou Aïn-ed-Zerdah. Mine du Dyr,au sud et à 50 mè- 
tres de la galerie n u 1 , chambres creusées dans les 
blocs de rocher et dolmens au-dessus de la monta- 
gne au nord ( ] ) Sur le Djebel-Dyr ou Rass-es-Set- 
tah, nombreux dolmens, tumulus, grottes naturelles 
et artificielles, notamment ù Aïn-Zouarah, Erkel, 
Gastel et Fedalla ( 2 ), on peut voir ces monuments 
mégalithiques en passant : 1° par une piste de la 
maison du cheick Ali, du douar Gouraye, aux Ouled- 
Hamza; 2° par une piste de ladite maison à Gastel, 
par Fedalla. Sur le plateau du Dyr, des galets à 
éclats alternatifs y ont été trouvés. 

7. Am-el-Melah. — Station préhistorique, route de 
Tébessa au Kef, en face la borne kilométrique 10+500, 
à l'ouest et à 30 mètres de la source d'Aïn-el-Melah. 

S. Aïn-Sedjera. — Station préhistorique à l'ouest, 
à quelques mètres au-dessus de la source d' Aïn- 
Sedjera. 

Djebel-Kouif, nombreux dolmens et tumulus. 

9. Houlhaf (usine). — Station préhistorique à 
200 mètres au nord-est de l'usine. 

10. Aïn-Morsott. — Station préhistorique à 200 mè- 
tres au nord-est de la prise d'eau qui alimente le vil- 
lage de Morsott. Dolmens et tumulus à l'est ■'• 

11. AïnNedjcria. — Deux stations préhistoriques 
dans la forêt du Bou-Rebaïa, à quelques centaines 
de mètres à l'est el à l'ouest de la source d'Aïn- 
Nedjeria. 



(1) X° 81 de l'Atlas archéologique. 

(2) X° 90, 93, 61, 63 de l'Atlas archéologique, - I'm-.i.i i. 
(■'■ V l>6 de VAllus ,irr/ir n /<,<iitjw\ — lîoSREDON. 



- 229 — 

12. Kouchada. — Station préhistorique sur un mon- 
ticule, à 300 mètres à Test de la ferme Kouchada. 
Cette station a dû servir de nécropole aux Romains, 
dont les ruines nombreuses se trouvent à proximité, 
car, au milieu de la dite station, des ossements 
humains sont épars sur le sol , d'autres engagés 
dans la terre (Piste de Tébessa à l'usine de Kissa, 
par la ferme Melliès). 

13. Route de Tébessa à Constantine. — Station pré- 
historique en face la borne kilométrique 195 + 600, à 
25 mètres au sud de la dite borne (petit monticule 
dans un champ). Entre la ferme Jeanot et la maison 
cantonnière de Rafana. 

14. Fia fana (falaise). — Station préhistorique sur 
les bords de l'Oued-Rafana, à 150 mètres au nord 
d'une falaise qui fait face à la ferme Cambon. 

15. Aïn-el-Mazoïd. — Station préhistorique, route 
de Tébessa au Kef, au nord et à 50 mètres de la 
borne kilométrique 12, contre la falaise, au-dessus 
de la source d'El-Mazoui. A 200 mètres à l'est près 
du pont, traces d'une deuxième station. 

16. Enchir-Babouch. — Station préhistorique à en- 
viron 1 kilomètre au sud d'une piste allant de Té- 
bessa au Kouif près du lieu dit "N'cila". Enchir 
porté sur la carte d'Etat-Major "Enchir-Babouch". 

17. Youks- les- Bains. — Station préhistorique au 
nord-est et à 600 mètres du cimetière français, au- 
dessus de POued-Youkous, en face d'un ancien bar- 
rage. 



- 230 - 

18. Ahi-PCcid. — Station préhistorique au-dessus 
de la source d'Aïn-N'cid, à 800 mètres au nord de 
la maison forestière du territoire militaire. 

19. Aïn-Faonara-Daharia. — Deux stations préhis- 
toriques au lieu dit "Faouara-Daharia". La première, 
au sud-est et à 50 mètres de la source, la deuxième, 
à l'est et à 800 mètres de la première (3 kilomètres 
au nord de Morsott). 

20. Ain ■ Faouara-Gueblia. — Trois stations préhis- 
toriques au lieu dit "Faouara-Gueblia" au nord de 
la source. Elles sont en ligne droite de l'est à l'ouest 
à 300 mètres de la source. 

21. Mechta-Langa ou l.amima — Station préhisto- 
rique au nord et à 1 kilomètre de Boulhaf (usine), 
au sud- est et à 100 mètres de la dite mechta. 

22. Mechta Lamba i. — Station préhistorique au 
sud et à environ 800 mètres de la mechta Lamba, à 
l'entrée des gorges. 

23. Ksar-Gourai 1. — Station préhistoriqueau nord- 
ouest et à 50 mètres de la tour byzantine de Ksar- 
Gouraï, route de Tébessa au Kef. 

24. Mechla Gounifida. — Station préhistorique à 
100 mètres à l'ouest du premier pont en fer sur 
l'Oued-Gounifida, voie ferrée de la station du 119 à 
la mine de Kissa. 

-7>. l'istc de Y Oued Chabron à Gounifida. — Station 
préhistorique à l'ouest et à 100 mètres de la voie 
Ferrée du Bône Guelma, sur une piste qui va de 
l'Oued-Chabrou à Gounifida. 

2G. Ain- hanr/is ou Bir- Kanéfis, — Trois stations 



— 231 — 

importantes, deux à l'est et à l'ouest d'un groupe 
de maisons arabes près du puits, la troisième au- 
dessus de la source, au nord et à 800 mètres des 
dites maisons. 
Mamelons côté nord-ouest couvert de silex taillés. 

27. Djebel-Belkfif. — Station préhistorique à 1 kilo- 
mètre à l'est du n° 26, à l'entrée de la forêt, près 
d'une piste qui va de Bir-Kanéfis à la forêt. 

28. Kef-Es-Zoubia. — Station préhistorique au nord 
et à 800 mètres de la maison du nommé Dourifia 
(Mohamed ben Abdallah), à 25 mètres à l'ouest de 
la piste qui va à la mine du Dyr. 

29. IHr Remeïdia — Station préhistorique au lieu 
dit "Bir-Remeïdia", à 800 mètres au nord la station 
du 119, sur un mamelon à l'ouest et à 50 mètres de 
la voie ferrée du Bône-Guelma. 

30. 2 e Pont, route de Tébessa à Rafana. — Station 
préhistorique à l'ouest et à 50 mètres du 2 e pont 
sur la route de Tébessa à Rafana. 

31. Chemin des Carrières. — Station préhistorique 
à 800 mètres au sud de la zaouïa, dans le fond du 
ravin, sur un chemin qui conduit aux carrières si- 
tuées au sud-est. 

32. Aïn-Zafrania. — Station préhistorique à 100 
mètres à l'est de la maison de M. Gambini (Joseph), 
au nord de la source d' Aïn-Zafrania. 

33. Ain- Sari. — Station préhistorique à 150 mè- 
tres à l'est de la source d'Aïn-Sari, au sud de la 
ferme Fabre. 

34. Aïn-Zeriba. — Station préhistorique complète- 



— â32 — 

ment recouverte par les rochers, à 25 mètres au sud 
de la source. A un kilomètre au nord, dolmens et 
tumulus. 

35. Médita Lamba 2. — Station préhistorique au 
nord et à 100 mètres du n° 22. Tumulus au nord, 
bords de l'Oued-Lamba, à quelques mètres de la 
station O. 

36. Oaed-Egbel. — Station préhistorique au lieu 
dit " Oued-Egbel ", route de Tébessa à Morsott, à 
3 kilomètres au nord de l'usine de Boulhaf. 

37. Médita Hamaïma. — Quatre stations préhisto- 
riques : trois sur les bords de l'Oued-Hamaïma, la 
la quatrième près d'un jardin de figuiers de Barbarie, 
au sud et à un kilomètre du n° 36. 

38. Médita Erzela ou Enchir-Erzela. — Station pré- 
historique au sud-est et à 800 mètres de la médita 
Erzela. 

39. Ksar-Gouraï. — Station préhistorique au nord- 
ouest et à un kilomètre du n° 23, sur le tlanc de la 
montagne, bords de l'oued. 

40. Aïri-cl-Mouhaâd. — Station très importante au 
col d'El-Mouhaàd, à 800 mètres à l'ouest de la 
source de ce nom. A un kilomètre de la douane tu- 
nisienne d'El-Loubira. 

41. Aïn-el-Loubira. — Station préhistorique au 
sud-ouest et à 500 mètres de la source. 

42. Enchir-Remeïdia. — Station préhistorique sur 
un sentier qui va de Bekkaria à la médita Ouled- 
Selim, à 200 mètres au sud des premières tentes de 
la dite médita. 



(1) Tumulus avec terre et escargots transportés de la station. Ces tu- 
molua se retrouvent à plusieurs stations, à quelques centaines de mètres, 
généralement sur une pente, bord de ravin, etc. 



iphie % éogpaphipe et J istopiqae 

DE LA TRIBU 

DU HODNA ORIENTAL 



Description géographique 

La tribu du Hodna oriental faisait partie récem- 
ment encore du territoire militaire; elle dépendait 
de l'annexe de Barika, subdivision de Batna. Elle a 
été érigée en commune mixte par décision gouver- 
nementale du 5 octobre 1907. 

Barika, où est installé le siège de la commune 
mixte, est situé dans la partie est de la tribu à 
l'extrémité du grand chott du Hodna, à 4 kilomètres 
au nord des ruines de la ville romaine de Tobna et 
à 85 kilomètres ouest de Batna. 

La tribu du Hodna est limitée, savoir : 

1° A l'est, par le douar de Seggana, ancienne 
tribu des Lakhdar-Halfaouïa, commune indigène de 
Barika; par la tribu des Ouled-Soltane, de la com- 
mune mixte des Ouled-Soltane et par la tribu des 
Ouled-Ali-ben-Sabor , de la commune mixte des 
Ouled-Soltane; 

21 



— 23<i — 

2° Au nord, par la tribu des Righa-Guebala, 
commune mixte des Rhiras; par le douar des Ouled- 
Tebbane, ancienne tribu des Righa-Dahra, commune 
mixte des Rhiras et par la tribu des Ayades, des 
communes mixtes de Boi'dj-bou-Arréiïdj et de M'sila; 

3° A l'ouest, par les douars des Ouled-Gues- 
niya et Ouled-Ouelha, ancienne tribu des Ouled- 
Derradj, commune indigène de Barika; par la tribu 
des^Souamas, commune indigène de Barika et par 
le douar des Ouled-Sidi-Hamla, ancienne tribu des 
Ouled-Mahdi, commune indigène de Barika ; 

4° Au sud, par la tribu des Ouled-Sliman, 
commune indigène de Bou-Sâada, et par le douar de 
Bitam, ancienne tribu des Saharis, commune indi- 
gène de Barika. 

Périodes autochtone, romaine et turque 

L'histoire du Iîodna, dans la période antérieure à la 
conquête romaine, est absolument inconnue. Il est 
admis, par la plupart des écrivains, que la popula- 
tion autochtone était berbère. 

Mais il existe dans le Hodna des vestiges impor- 
tants de la domination romaine et de la domination 
byzantine. Les ruines d'un barrage et d'un aqueduc 
qui conduisaient les eaux de FOued-Barika dans la 
ville de Tobna, située à quatre kilomètres au sud du 
bord] actuel de Barika, et d'autres ruines répandues 
dans les environs démontrent que le Hodna était 
doté à cette époque d'une civilisation avancée et que 
la contrée jouissait de la même fertilité que la Mau- 
rétanie sétilienne dont elle faisait partie. 

Les Arabes y parurent pour la première fois vers 
la lin du VII siècle. Toutefois, ce n'est qu'au XI e siè- 
cle qu'ils s'implantèrent profondément dans le pays. 



— 235 — 

La tradition fait remonter à cette époque l'établisse- 
ment de plusieurs tribus dans le Hodna et les Turcs 
les y trouvèrent installées lorsqu'ils y arrivèrent 
vers la fin du XVI e siècle. 

L'occupation paraît s'être faite sans grande résis- 
tance, mais elle donna lieu dans la suite à de san- 
glantes querelles entre les Ouled-Derradj et les 
Ouled-Mahdi qui occupaient la partie occidentale du 
Hodna. 

La tribu du Hodna oriental se compose actuelle- 
ment de plusieurs groupes qui font remonter leur 
arrivée dans la région au XVI* et au XVII e siècles. 

Les principaux sont : les Ouled-Sahnoun, les 
Selalhas, les Ouled-Amor, les Ouled-Nedjaas, les 
Ouled-Sidi-Ghanem et les Zoui. 

Voici, d'après la tradition locale, l'origine de cha- 
cun de ces groupes. 

Ouled-Sahnoun . — Au commencement du 
XVII e siècle, Sahnoun ben Chinoun, de la tribu des 
Ouled-Mouled, des environs de Touggourt, vint se 
placer comme berger chez Sidi Barkat, marabout du 
Bou-Thaleb. 

Là, il se maria à deux femmes : Hania et Ber- 
rouka. 

De la première, il eut six fils : Mahmed, Abdallah, 
Ammar, Ali, Sliman et Messaoud. 

De la seconde, il en eut trois : Abderrahman, 
Ahmed et Mebarek. 

Quand sa famille se fut accrue, Sahnoun vint 
s'installer dans les environs de Magra, chez les 
Ouled-Zemira. 

Le pays était occupé à ce moment par les Ouled- 



— 236 — 

Amor, les Ouled-Nedjas, les Ouled-Mansour et les 
Ouled-Sliman. Bou Akkaz, de la famille d'Ali Bey, 
était à Barika. Les nouveaux arrivants ne tardèrent 
pas à être mal vus des Ouled-Mansour qui, un jour, 
firent dévorer un de leurs enfants par des faucons. 

Les Ouled-Salmoun s'unirent alors aux Ouled- 
Amor pour tirer vengeance de cet outrage. Ils leur 
tuèrent vingt-deux hommes, les forcèrent à s'enfuir 
et prirent leurs terres. Ils possédaient déjà beau- 
coup de terrains; ils en achetèrent d'autres et une 
année que la disette avait réduit les Ouled-Sliman 
aux plus dures extrémités, ils leur achetèrent les 
terres qu'ils possédaient près du chott. 

Vers la fin du XVIII e siècle, le marabout Si Mo- 
hammed ben El Hadj, de M'doukal,' avait obtenu du 
pacha d'Alger la possession du territoire de Barika. 

Il fit venir les Souamas pour le cultiver de moitié 
avec lui. Mais les Ouled-Sahnoun et les Ouled-Amor 
en prirent ombrage, battirent les Souamas et les 
forcèrent à rentrer chez eux. 

Si Mahammed ben El Hadj lit alors venir les Ouled- 
Amor, mais les Ouled-Sahnoun mécontents, aidés 
des Selalhas, battirent aussi les Ouled-Amor et les 
chassèrent également. Ils occupèrent Barika et le 
conservèrent. 

Plus tard, les Ouled-Amor ayant recommencé la 
lutte, furent encore battus et durent même évacuer 
Magra. 

Ils ne le réoccupèrent que vers 1837. 

La tribu importante des Ouled-Sahnoun comporte 
actuellement dix fractions : Ouled-Mahmed, Ouled- 
Ammar, Ouled-Abdallah, Ouled-Ahmed, Ouled-Che- 
rifa, El-Ayadat, Tsaaleb, El-Amcia, Deramna, Ouled- 



— 237 - 

Embarek. Les six dernières sont désignées spéciale- 
ment sous le nom d'Ouled-Abderrahman. 

Selalhas. — Le groupe qui porte ce nom est for- 
mé de trois éléments distincts : les Ouled-Selhaï, 
les Ouled-Sidi-Saïd et les Ouled-Ahriz. 

D'après la légende, leurs fondateurs vinrent s'ins- 
taller à peu près à la même période près du Djebel- 
Djezzar. 

Les Ouled-Selhaï descendent d'Abdallah ben Selhaï, 
ancien serviteur du marabout Sidi Allab, de Magra. 

Si Abdallah ben Selhaï vint dans le pays vers 1670. 

Les Ouled-Sidi-Saïd descendent de Sicli Saïd ben 
Amor, marabout vénéré qui était venu de Sâada, 
près de Biskra. Il eut quatre fils : Si Bousseta, Si 
el Bechir, Si Mahmed et Sidi Ali. Il fit venir de 
M'sila deux serviteurs des Ouled-Ahriz. Ce sont 
leurs descendants qui forment actuellement la sous- 
fraction des Ouled-Ahriz. 

Ces trois groupes distincts s'étant multipliés, on a 
toujours donné à leur ensemble le nom de Selalhas, 
car ce sont les Ouled-Selhaï qui sont en majorité. 

Les Selalhas ont toujours vécu en bonne intelli- 
gence avec leurs voisins les Ouled-Sahnoun. Ils les 
ont aidés dans toutes les luttes qu'ils ont eu à sou- 
tenir. 

Ouled-Amor et Ouled-Nedjaas. — Les Ouled- 
Amor et les Ouled-Nedjaas se disent les descendants 
de Derradj qui s'installa dans le Hodna vers la fin 
du XVI e siècle et forma la puissante tribu des Ouled- 
Derradj. 

Il venait de Milianah et amenait avec lui de nom- 



- 238 - 

breux compagnons. Chemmir, Kanfar, Ali ben Sa- 
lem, Kechichi ben Mebarek et d'autres. 

Les tentes des diverses familles s'étant accrues 
considérablement, on procéda à un partage des ter- 
res. 

Les Ouled-Amor eurent Magra et le terrain arrosé 
par l'Oued-Malah, l'Oued-Magra et l'Oued-Guernini- 

Les Ouled-Nedjaas eurent la partie supérieure de 
l'Oued-Meneifa et de l'Oued-Berhoum. 

Les autres occupèrent la partie occidentale du 
Hodna sous le nom de Souamas et d'Ouled-Derradj. 

Cinq fractions des Ouled-Amor font remonter leur 
origine, savoir : 

Celle des El-Kechaïch à Kechichi ben Mebarek 
qui avait été adopté comme fils par Derradj ; 

Celle des Ouled-Zemira à Kanfar ; 

Celle des El-Ahzal à Chemmir; 

Celle des Ouled-Ahriba à Ali ben Salem; 

Celle des Debahba à Debbah, fils d'Amor, fils de 
Derradj; 

Cinq fractions des Ouled-Nedjaas auraient comme 
fondateur Nedjaa, fils de Derradj. Elles portent les 
noms suivants : Ouled-Saïd, Ouled-el-Hachi, El- 
Meneifa, Debahma, Ouled-Brahim-ben-Nedjaa. 

Plus tard, vers la fin du XVII e siècle, deux familles 
de marabouts vinrent s'établir au milieu d'eux. Elles 
formèrent chez les Ouled-Amor la fraction des Ouled- 
Sidi-Abdelkader et chez les Ouled-Nedjaa, la fraction 
des Ouled-Sidi-Yahia. 

Les Ouled-Amor avaient trouvé à côté doux, éta- 
blis (huis le pays, les Ouled-Mansour, aidés des 
Ouled-Sahnouu. dont les tentes étaient encore peu 
nombreuses à ce moment, ils en tuèrent une partie 
et chassèrent les autres du territoire. 



— 239 — 

Plus tard, vers 1780, ils rirent de nouveau cause 
commune avec les Ouled-Sahnoun pour chasser de 
Barika les Souamas, leurs frères, qui y avaient été 
amenés comme travailleurs par le marabout Si Ma- 
hammed ben el Hadj, de Mdoukal. 

Ils prirent leur place, mais ce fut au tour des 
Ouled-Sahnoun, devenus puissants, de les chasser 
de Barika. Ils durent même abandonner la grande 
plaine de Magra à leurs agresseurs. Ils ne la réoc- 
cupèrent que vers 1837. 

Ouled-Sidi-Ghanem. —Vers le milieu du XVII e siè- 
cle, le marabout Si Ghanem ben Ali quitta .Oran 
pour s'établir dans les environs d'Aïn-Kelba. 

Il eut cinq enfants : Belkacem, Yahia, Guendouz, 
Sekkaï et Khaled. 

Il cultiva des terres sur l'Oued-Nfida, à la partie 
supérieure qui porte le nom d'Oued-Meneifa et à la 
partie inférieure, près d'Aïn-Nakhar. 

Les Ouled-Derradj étaient déjà installés dans le 
pays; ils laissèrent les nouveaux arrivants cultiver 
le terrain qui leur était nécessaire. 

Deux générations après, les descendants de Sidi 
Ghanem étant devenus nombreux, rirent un partage 
de leurs propriétés; les familles de Sidi-Yahia et de 
Sidi-Guendouz eurent les terres de Meneifa, les 
autres, celles qui sont aux environs d'Aïn-Nakhar. 

Sept générations se sont succédé depuis cette épo- 
que. Pendant cette longue période, les Ouled-Sidi 
Ghanem n'ont souvenir d'aucune modification qui se 
serait produite dans leurs cantonnements. 

Ils ne comprennent que cent familles environ, la 
moite forme la fraction des Ouled-Sidi- Yahia (tribu 



- 2i0 — 

des Ouled-Nedjaas) et le reste est réparti chez les 
Ouled-Sahnoun, surtout à la fraction des Ouled- 
Cherifa dont dépend Aïn-Nakhar. 

Zoui. — La tribu des Zoui comprend quatre frac- 
tions qui ont une origine distincte; elles descendent 
toutes les quatre de marabouts. 

Ces fractions sont les suivantes : 
Ouled-Sidi-Atman ; 
Ouled-ben-Daoua ; 
Ouled-el-Khadra; 
Ouled-Sidi-Ahmed-ben-Gassem. 

La tradition fait remonter leur origine à huit ou 
dix générations, dans le courant du XVII e siècle, 
mais sans pouvoir fournir aucune chronologie à 
l'appui. 

Les vieillards de la fraction des Ouled-Sidi-Atman 
racontent que leur aïeul Sidi Atman vint de Milia- 
na et trouva Sidi Hamla installé dans le pays. 

Il lui demanda des terres, mais Sidi Hamla lui 
en refusa en disant : « Je ne puis vous en donner 
quand bien même vous me donneriez cent juments 
blanches comme la mienne. » Sidi Atman lui répon- 
dit : « Je suis l'envoyé de Dieu, je vais vous donner 
une preuve de ma mission. » 

Il lui cacha la tête sous son burnous et se mit à 
invoquer le nom d'Allah. 

A chaque invocation, une jument blanche sortait 
de terre. Lorsque cent juments eurent paru, Sidi 
Hamla invita Sidi Atman à regarder. A la vue de 
ce prodige, celui-ci ne douta plus un instant de la 
mission de Sidi Atman et lui accorda toutes les ter- 
res qu'il demanda. 

Telle est la légende qui a cours. 



— 241 — 

Quant aux trois autres fractions, leurs fondateurs 
sont : Sidi ben Daoua, Sidi Ahmed lien Ali ben 
Khadra et Sidi Ahmed ben Gassem, dont les restes 
reposent dans des koubbas vénérées. 

Leurs descendants sont de pauvres marabouts 
sans instruction, qui n'ont aucune notion des événe- 
ments qui se sont succédé depuis l'arrivée de leurs 
ancêtres dans le pays. 

Tels sont les principaux groupes qui occupaient 
le territoire à la fin de la domination turque. 

Divisions politiques 

Les divisions politiques étaient les suivantes : 

Les Ouled-Sahnoun avaient un cadi pris dans les 
deux familles des Ouled-Yllenset des Ouled-Moussli, 
d'origine turque. 

Dix cheikhs, pris parmi les Ouled-Sahnoun, étaient 
à la tète des dix fractions. 

Les Selalhas n'avaient que des kebars à leur 
tête. 

Les Ouled-Amor étaient divisés en six fractions 
ayant chacune un cheikh. 

Il en était de même des Ouled-Nedjaas qui avaient 
aussi six cheikhs. 

Tous ces chefs indigènes étaient nommés par les 
Turcs. 

Quant aux Zoui, ils n'avaient pas d'organisation 
bien fixée. 

L'impôt n'était pas levé d'une façon régulière. 

De temps en temps, une troupe turque, venue de 
Constantine, venait s'installer dans le pays pour le 
lever. 

Il consistait le plus souvent en chevaux, chameaux, 



9Î9 



moutons, quelquefois, mais rarement, en un peu d'ar- 
gent. Dès que l'impôt était levé, la troupe partait. 

Ces différents groupes de population ne vivaient 
pas toujours en bonne intelligence. Les Ouled-Sah- 
noun ont encore présente à la mémoire une lutte 
qui s'engagea entre deux de ces fractions, les De- 
ramna et les Ouled-el-Amria, vers 1820. Quarante 
hommes environ furent tués. Le tombeau d'Abder- 
rahmane ben Lamissi, à trois kilomètres d'Aïn- 
Nakhar, a perpétué ce souvenir. 

Période française 

Les années qui précédèrent l'arrivée des Français 
dans le pays furent signalées dans le Hodna par les 
luttes de Si Mokran, khalifa de la Medjana et de Si 
Abdallaz ben Bouaziz, chef des Ouled-Mahdi. 

Les habitants du Hodna oriental se divisèrent en- 
tre les deux çofs, fournissant à chacun l'appoint de 
leurs forces, changeant leurs alliances suivant les 
événements du jour. 

Plus tard, en 1838, quand Si Mokran eut été rem- 
placé par Boudiaf, nommé agha du Hodna, par 
Abdelkader, les Ouled-Sahnoun, principalement, 
continuèrent à être divisés entre les deux partis. 

Ces luttes ne prirent lin qu'en 1811, quand Bou- 
diaf reconnut notre autorité à la suite de l'arrivée 
dans le Hodna de la colonne du général Négrier. 

La soumission du Hodna oriental ne fut définitive 
qu'en décembre 1845, après l'arrivée du général 
Levassent'. 

En L849, les tribus s'insurgèrent pour venir au 
secours de Zaatcha, mais leurs contingents se dis- 
persèrent à la nouvelle de la défaite des révoltés de 



— 243 — 

l'Aurès, à Seriana (17 septembre) et de l'arrivée du 
colonel Canrobert (8 novembre^, devant Zaatcha, 
avec des renforts importants. On leur donna comme 
caïd Si Mokhtar ben Deïkha (1849-1860). En 1860, 
les tribus se soulevèrent à la voix du marabout Bou 
Kentach. Elles furent bientôt soumises et leur défec- 
tion leur coûta un prélèvement important sur leurs 
terres : l'azel des Ouled-Amor et celui des Ouled- 
Mansour. A ce moment, les six cheikhats des Ouled- 
Amor furent supprimés et remplacés par un seul, 
sous le commandement du cheikh Bibi ben Mo- 
hammed. 

Le caïd Si Mokhtar ben Deïkha fut remplacé par 
le caïd Si Smaïl ben Ali Massarly (1860-1882), d'ori- 
gine turque. En 1864, à la suite de l'agitation pro- 
voquée dans le Hodna oriental par l'insurrection des 
Ouled-Mahdi, les six cheikhats des Ouled-Nedjaas 
furent aussi supprimés et remplacés par un seul, 
sous le commandement du cheikh Djenan ben Derri. 

En 1871, toute la tribu du Hodna oriental se sou- 
leva, à l'exception de 200 tentes des Ouled-Sahnoun 
et fit cause commune avec les tribus voisines : les 
Ouled-Derradj, les Souamas, les Ouled-Mahdi. 

La pacification ne fut complète qu'au mois d'octo- 
bre, à l'arrivée de la colonne du général Saussier. 

Tous les chefs indigènes, à l'exception du cheikh 
Djenan ben Derri, étaient restés fidèles à la France. 

Djenan ben Derri fut révoqué et son cheikhat réuni 
à celui du cheikh Bibi ben Mohammed qui, resté 
étranger à la défection de sa fraction, avait aidé de 
tout son pouvoir le rétablissement de l'autorité fran- 
çaise. 

Pour éviter cependant que ce cheikhat ne fut trop 



— 244 — 

important, deux fractions, celles des Ouled-Zemira 
et des Keehaïch, en furent séparées et placées sous 
le commandement d'un autre cheikh. 

En 1873, un arrêté du 20 décembre créa à Barika 
le chef-lieu de l'annexe de Barika, dont dépend la 
tribu du Hodna oriental. 

Depuis 1871, la tribu du Hodna oriental a vécu 
dans la paix et la tranquillité, donnant tous ses soins 
à ses cultures et l'élevage du bétail. 

Population, moeurs, industrie, etc. 

La population de la tribu du Hodna oriental, d'après 
le dernier recensement, s'élève à 11,583 habitants, 
savoir : 

Ouled-Sahnoun 5. 230 

Selalhas 1.331 

Ouled-Amor 2.141 11.583 

Ouled-Nedjas 1.202 ) 

Zoui 1.679/ 

Les indigènes du Hodna sont laboureurs et ber- 
gers, campés sous la tente. Une partie, cependant, 
habite des maisons, c'est celle qui occupe le cours 
supérieur de l'Oued-Meneifa, de l'Oued-Berhoum et 
de l'Oued-Magra. Ceux qui campent sous la tente 
ont construit, depuis l'occupation française, des mai- 
sons en toubes qu'ils habitent surtout pendant l'hi- 
ver. Ces constructions se sont multipliées depuis 
vingt ans. Leur nombre peut s'élever à 500 environ 
et s'accroît tous les jours. 

Les indigènes ont le désir de se lixer au sol. La 
constitution de la propriété individuelle ne fera que 
développer ces tendances. Il est certain qu'à ce mo- 
ment chaque propriétaire voudra construire une 
maison. 



— 245 — 

Les indigènes passent l'hiver sur leurs terrains de 
culture situés au nord du chott, terres haï ou djelfs. 
Dès que la récolte est terminée, un grand nombre 
d'entre eux vont faire paître leurs troupeaux de mou- 
tons, de chèvres et de chameaux dans le Rummel, 
immense terrain de pâturage, situé au sud du chott. 

Si l'année a été mauvaise, si l'herbe est rare, ils 
s'en vont en achaba dans le Tell. 

Il n'y a aucune industrie dans le pays, chaque fa- 
mille confectionne les burnous, tentes et poteries 
grossières dont elle a besoin. 

La culture du blé, de l'orge et l'élevage du bétail 
sont les seules ressources des habitants. 

Le territoire occupe une superficie de 224,000 hec- 
tares environ. 

La majeure partie en est occupée par le chott, par 
le terrain de pâture appelé le Rummel et par d'im- 
menses espaces arides. 

Le terrain irrigable est bon, mais en petite quan- 
tité. 

Il va en diminuant de jour en jour. Cinq rivières 
l'arrosent d'une façon permanente : l'Oued-Barika, 
l'Oued-Siguen, l'Oued-Magra, l'Oued-Bounesroun 
et l'Oued-Meneifa. Mais, depuis quelques années, 
le débit de trois de ces rivières, dépourvues de règle- 
ment d'eau, a considérablement baissé, car les rive- 
rains d'amont, situés sur les territoires voisins, 
augmentent leurs barrages de jour en jour. Ils fini- 
ront par ne plus laisser passer d'eau. 

Cette situation ne peut qu'empirer si des règle- 
ments fixant le nombre des barrages n'y mettent 
obstacle. 

La majeure partie des terrains de culture est 



— 246 — 

constituée par des djelfs, dont la terre est excellente 
mais les récolles y sont maigres, car on ne peut 
guère compter que sur quinze ou vingt jours de 
pluie par an. 

Depuis près d'un demi-siècle que l'autorité fran- 
çaise est établie dans ce pays, la colonisation n'a 
pas fait grand progrès dans le Hodna. 

Les européens ne comprennent encore qu'une 
vingtaine de représentants, fonctionnaires, ouvriers 
et négociants établis à Barika. 

Il est difficile qu'il en soit autrement. Lors de 
l'occupation romaine, il "est vrai, une forte colonisa- 
tion s'était implantée dans la contrée et une ville 
importante, Tobna, avait même été créée. 

Les conditions ne sont plus les mêmes aujour- 
d'hui, les rivières qui amenaient l'eau en abondance, 
sont maintenant presque à sec sous la triple influence 
du déboisement des montagnes, des barrages éta- 
blis près des sources et du climat qui s'est modifié. 
Les seuls remèdes que comporte cette situation 
consistent à reboiser les montagnes, à réglementer 
l'eau pour toutes les rivières, à construire des bar- 
rages et des réservoirs pour utiliser toute l'eau des 
crues et à creuser des puis artésiens. Lorsque ces 
améliorations auront été apportées et que la propriété 
individuelle aura été constituée, des colons pourront 
venir s'établir avantageusement dans le pays et met- 
tre en valeur les immenses terrains qui s'y trouvent 
en utilisant toutes les ressources de l'industrie mo- 
derne. 

Barika, construit en 1884, à peu de distance des 
ruines de Tobna, n'aura probablement jamais l'im- 
portance qu'avait cette ville romaine. Cependant, ce 



— 247 - 

village, qui tout récemment encore était une modeste 
agglomération arabe dont les maisons étaient cons- 
truites en toubes, prend en ce moment un dévelop- 
pement remarquable due à l'initiative privée et à la 
présence des européens qu'y attire le siège de la 
commune mixte. 

BHvisioBi de la trihn eu douars 

La tribu du Hodna oriental est située à l'est du 
grand chott qui la sépare en deux régions bien dis- 
tinctes : celle du nord-est ou terres de culture et 
celle du sud dite Rummel ou terres de parcours et 
d'hivernage. 

La région du nord-est, d'une superficie approxi- 
mative de 148,000 hectares, est fertile sur tous les 
points irrigués. L'Oued-Barika, l'Oued -Magra et 
rOued-Berhoum arrosent de grands terrains qui 
donnent des résultats remarquables comme rende- 
ment et comme qualité. 

Les djelfs, d'une superficie considérable, ne sont 
cultivés qu'en partie et ne donnent de bons produits 
que lorsque l'année a été pluvieuse, ce qui est rare. 

La région du sud, d'une contenance approximative 
de 47,000 hectares, est formée d'une immense plaine 
sablonneuse, couverte d'herbes, mais impropre à la 
culture, sauf cependant près d'Aïn-F'karin où se 
trouvent quelques terres des Ouled-Cherifa. C'est là 
que se rendent, en hiver, les troupeaux de toute la 
tribu et principalement ceux des Zoui et des Ouled- 
Sahnoun. 

Entre ces deux régions se trouve le chott du 
Hodna et la Sebkha-el-Djediane, d'une superficie 
totale de 29,000 hectares. 



- 248 - 

Le territoire de la tribu du Hodna oriental se 
compose donc de : 
Terres de culture environ ... lis. 000 hectares. 

Terres de parcours id 47.000 — 

Chott et sebklia id 29.000 - 



Total 221.000 hectares. 

Ce territoire a été divisé en six douars, savoir : 

1° Douar de Barika, du nom du village qui porte 
ce nom; il comprend l'ancien groupe des Ouled- 
Sahnoun ; 

2° Douar de Metkouak, du nom d'un puits artésien 
et d'une agglomération de gourbis située à proxi- 
mité de ce puits, il comprend l'ancien groupe des 
Ouled-Abderrahman ; 

3° Douar du Djezzaï, du nom d'une montagne cen- 
trale, il comprend l'ancien groupe des Selalhas; 

4° Douar de Magra, du nom d'une rivière et d'un 
important territoire de ce douar; il comprend l'an- 
cien groupe des Ouled-Amor; 

5° Douar de Berhoum du nom d'un cours d'eau 
important qui traverse tout le territoire; il comprend 
l'ancien groupe des Ouled-Nedjaas ; 

6' Douar d'Aïn-Kelba, du nom d'un puits artésien 
et d'une agglomération de gourbis située à proximité; 
il comprend l'ancien groupe de Zoui. 

Caractère de la propriété <l:ms la tribu 

Les terres de culture de la tribu du Ilodna orien- 
tal peuvent se diviser en trois catégories : 
1° Les terrains irrigables ; 
2° Les terrains djelfs ou terres de bas-fonds; 



— 249 — 

3° Les terrains sur lesquels sont bâties des mai- 
sons de pierres entourées de jardins. 

Terrains irrigables. — Les terrains irrigables, 
appartenant en commun aux membres de diverses 
fractions et désignés sous le nom de terres à la 
corde, se trouvent surtout sur l'Oued -Barika et 
TOued-Magra . 

Ils sont répartis à des époques variables par les 
djemaâs entre les diverses fractions et sous-fractions, 
puis entre les différentes tentes suivant la superficie 
que chacun peut mettre en valeur. 

Les djemaâs reconnaissent que ces terrains sont 
de nature arc h. 

Il en existe d'autres, ne présentant pas les mêmes 
caractères, sur cinq rivières : l'Oued-Siguen (affluent 
de l'Oued-Guermimi), l'Oued-N'fida (cours inférieur 
de l'Oued-Berhoum), l'Oued-Bounesroum, l'Oued- 
Meneifa (affluents supérieurs de l'Oued-Berhoum) 
et l'Oued-Soubella (cours supérieur de l'Oued-Magra). 

Les terres, arrosées par l'Oued-Siguen, sont peu 
importantes. 

Elles appartiennent à la famille du marabout Si 
Saïd, installée depuis deux siècles environ chez les 
Selalhas, cette famille les considère comme melk. 
Elle ne possède aucun titre de propriété, mais per- 
sonne ne lui en conteste la possession. 

Les terres de l'Oued-N'fida ont une contenance de 
80 hectares environ. Elles appartiennent depuis un 
temps immémorial aux Ouled-Sidi-Alhman qui, les 
considérant comme melk, les ont vendues entre eux 
de tout temps. Sur toutes ces terres, il n'existe que 
des constructions en toubes. 



2-2 



- 2.-.0 - 

Les terrains irrigués par le cours de l'Oued-Bou- 
nesroum, de l'Oued-Meneifa et de l'Oued-SoubelIa, 
sont parsemés de nombreuses maisons en pierres et 
de jardins clos. Ils sont considérés comme melk par 
les indigènes qui en ont toujours fait l'objet de ventes 
nombreuses, dont plusieurs très a/iciennes. 

Djelfs. — Les djelfs sont des terrains situés dans 
des bas -fonds ou dans des plaines à pente douce 
où, au moyen de rigoles, l'on amène l'eau des pluies 
recueillies sur la plus grande surface possible. 

Ils forment la majeure partie des terres de culture 
de la tribu. 

Grâce à la longue période de tranquillité dans la- 
quelle se trouve la contrée depuis longtemps, les 
indigènes se sont plu à considérer ces terres comme 
melk. 

Depuis trente ou quarante ans, et surtout depuis 
1872, ils y ont construit de nombreuses méditas à 
la mode du pays, c'est-à-dire en toubes avec toits 
en branchages recouverts de terre. 

A Metkaouak, aux Ouled-Ammar et près de Bari- 
ka, ils y ont même formé des agglomérations de 
trente à quarante maisons. 

Ce ne sont pas des campements d'hiver, mais bien 
des habitations permanentes dont le nombre s'élève 
à trois cent cinquante environ. Dans quelques en- 
droits, aux Kechaîch et aux Ouled-Zemira, on a 
même creusé, à côté, des puits d'une profondeur de 
quinze à vingt mètres. 

On n'a créé aucun jardin aux environs. 

Ces terres présentent les caractères suivants : 

Les indigènes déclarent d'abord ne pas avoir sou- 



— 25i — 

venir d'un partage. Tous disent qu'ils possèdent ces 
terres de père en fils. 

Dans le cas où le sol n'est pas cultivé, la djemaâ 
n'a pas le droit d'en disposer. 

Ces champs se transmettent aux héritiers en ligne 
directe et, à défaut, aux héritiers en ligne collatérale. 

Les femmes héritent de la moitié de la part d'un 
homme à degré de parenté égal. 

Les terres ne font pas retour à la djemaâ à défaut 
d'héritiers, car il s'en trouve toujours, la fraction 
étant composée de parents. 

Les indigènes donnent leurs terres en nantisse- 
ment d'une dette ou les vendent, mais presque tou- 
jours à des gens de la fraction, les étrangers étant 
très rares. 

Nous avons, cependant, trouvé dans la tribu des 
Ouled-Nedjaas dix tentes d'étrangers qui y possèdent 
des terres d/'elfs achetées vers 1845. 

Lorsque le Cadi procède au partage d'une succes- 
sion, jamais il n'y comprend les terres. 

Toutes les ventes ou mises en nantissement se 
font en présence de djemaàs. Quelquefois un taleb 
de la tribu en inscrit les clauses sur un papier signé 
des témoins qui savent le faire. 

Ces conventions sont passées rarement devant un 
Cadi. 

Aucune d'elles ne l'a été depuis 1883. 

Le caractère privé de ces terrains paraît ne s'être 
accentué que depuis 1850, date à laquelle remonte 
l'établissement des premières méditas permanentes. 

L'absence de toute construction antérieure à cette 
époque semble indiquer que ces terres étaient con- 
sidérées autrefois comme collectives. 



- 252 - 

Terrains sur lesquels sont bâties des construc- 
tions en pierres. — A la partie supérieure de l'Oued- 
Soubella, de l'Oued - Bounesroum et de l'Oued - 
Meneifa, la population est sédentaire, installée dans 
le pays depuis plusieurs siècles. 

Elle y a construit des moulins et de nombreuses 
maisons en pierres dont le nombre s'élève à cent 
cinquante environ. 

Elle a fait beaucoup de plantations d'abricotiers, 
grenadiers, figuiers, qu'elle a entourées de murs en 
pierres sèches. 

Les terres sont bien cultivées, fertiles, arrosées 
souvent par les dérivations des rivières. Les par- 
celles sont bien définies. 

Les caractères de ces propriétés sont les suivants : 

Les indigènes ne se rappellent pas qu'il ait jamais 
été fait un partage de ces terres et de ces jardins. 

Chacun habite la maison qu'il a reçue de ses an- 
cêtres. 

Les terres non vivifiées ne font jamais retour à la 
fraction. 

Elles se transmettent aux héritiers de la même 
façon que le reste de la succession. 

Les femmes héritent de la moitié de la part d'un 
homme. 

Les propriétaires louent ces terres, prennent des 
associés pour les cultiver. 

Ils les donnent en nantissement d'une dette et les 
vendent. 

Les ventes de terrains sont nombreuses. Elles ont 
presque toujours lieu entre gens de la fraction. 

Elles se font toujours devant une djemaè. Les 



— 253 — 

clauses de la vente sont rarement inscrites par un 
taleb. 

Quelques-uns de ces écrits remontent à cinquante 
et cent ans. 

Le Cadi a dressé autrefois plusieurs de ces actes 
de vente. 

Toutes ces terres ont le caractère de propriété 

privée ou melk. 

* 
* * 

Les opérations d'application du Sénatus-Gonsulte 
du 22 avril 1863, clans la tribu du Hodna oriental, 
ont été homologuées par un arrêté de M. le Gouver- 
neur Général, du 28 janvier 1895, qui répartit ainsi 
qu'il suit le territoire de cette tribu. 

HECT. A. C. 

Terrains domaniaux 56.405 29 05 

Forêts 2.105 » » 

Communaux et terrains de 

parcours J 92 19 45 

Terres melk ou de propriété 

privée 9.891 95 » 

Terres arch ou collectives.. 149.393 05 » 
Domaine public 36.136 51 50 

Total 254.124 » » 



J. MAGUELONNE. 



QUELQUES INSCRIPTIONS 



DE 



IL'.A.IIXriSrEE 1909 



Monsieur le Président, 

J'ai l'honneur de vous adresser les inscriptions 
ci-après, que j'ai recueillies pendant l'année 1909. 

Coustantiuc 

En nous promenant, avec notre confrère Solignac, 
au quartier de Bekira, situé à vol d'oiseau, à 4 kilo- 
mètres au nord de Constantine, et où ont été trou- 
vées les inscriptions des Limes fundi SaUustiani, 
nous avons relevé les épitaphes inédites suivantes : 



1 


•2 


3 


4 


D M 


D M 


D M 


11/1111/ 


D0MIT1A 


//civs 


ll'll! 


/RC1I VI 


TERTVLLINA 


illh 


V A 


//////FA 


V A LXXXI 


Il en 


C X X 


V A V 


H S E 




H S E 


H S E 



1° Stèle placée au bord d'une tombe arabe, au ci- 
metière de Bekira. Domitia Tertullina a vécu 81 ans; 



- 256 — 

2° Stèle sur le sentier, près de la ferme Bachtarzi. 
Epitaphe d'un homme qui a vécu 102 ans; 

3° Gravée sur un rocher, à 200 mètres au nord de 
la ferme Bachtarzi, epitaphe d'une personne qui a 
vécu 120 ans. Le nom a disparu ; 

4° Même endroit. Tombe d'une fillette de 5 ans. 

Plus de cinquante autres épitaphes, gravées sur 
ce rocher, sont détériorées et illisibles. 

A Bekira, près de la ferme Bachtarzi, nous avons 
traversé de grandes ruines agglomérées, indiquant 
qu'à l'époque romaine, une florissante petite ville 
s'élevait là. D'autre part, les ruines d'une centaine 
d'établissements agricoles sont disséminées aux en- 
virons, sur une superficie restreinte. On en rencon- 
tre à chaque pas, dès que l'on a franchi le second 
tunnel du chemin de fer. 

Actuellement, quatre sources y donnent assez 
d'eau pour l'arrosage de quelques petits jardins. 
Mais les Romains, gens ingénieux et pratiques, 
avaient construit un canal qui y amenait une eau 
plus abondante, prise dans l'Oued-Zied, nom actuel 
d'un ruisseau qui coule constamment et dont les 
sources prennent naissance sur les pentes ouest du 
Djebel-Tafrent et du Djebel-Ouach. On voit encore, 
à un kilomètre au nord de la grande courbe du che- 
min de fer, trois piliers d'un aqueduc. 

Ce quartier est admirablement situé. Il est abri lé 
des vents d'ouest, par une haute crête montagneuse. 
Aussi, la végétation y est très hâtive. C'est peut- 
être la raison pour laquelle les Romains y avaient 
créé liint d'établissements agricoles h de jardins. 
De sa situation vient aussi son nom arabe actuel qui 
signifie en français : « Pays peuplé depuis une grande 



— 257 — 



« ancienneté » et encore « Pays du matin, ou qui 
« donne des récoltes de bonne heure. » 

5 6 

//IVL//// /////VA/// 

//H1VS // /V<J)A<J>X/// 

/a lxxxis <J?h<J>s / 

5° Stèle brisée, trouvée au-dessous du square Valée, 
dans la tranchée creusée pour la construction du 
mur de soutènement de la route de Sétif (...Julius 
rius, a vécu 81 ans. 

6° Stèle brisée provenant des déblais du Goudiat. 
Elle gît, sur le bord du sentier qui descend de la 
porte Djebbia au Rhumel. Tombe d ; une jeune fille. 

Roiiffach 

M. Frey, propriétaire à Rouffach, nous a remis 
aimablement le dessin de l'inscription libyque ci- 
après, qui est la première trouvée dans la région : 



h ÇO® e . 



1 



! 



P 






Cette inscription est gravée sur une dalle longue 
de m 93, large de G'» 73 et épaisse de m 20, trouvée 
à Roufïach il y a deux ans, recouverte de terre, à 



— 258 - 

50 mètres à l'est de la route des vergers et à 80 mè- 
tres au sud de la maison Grand, Paul. 

Nous sommes allés voir cette inscription. Elle a 
été placée sur la bouche d'une rigole, située à l'est 
et au sommet de la principale rue du village et à 
environ 50 mètres de l'église. 

Les lettres ont, en moyenne, n> 07 de hauteur et 
sont bien conservées. Mais nous avons constaté que 
la dalle n'est pas entière. Elle n'est qu'une partie 
d'une dalle plus grande qui a été brisée; il manque 
ainsi le commencement de l'inscription. M. Frey 
nous a conduit à l'endroit où elle a été trouvée et 
nous avons cherché si l'autre partie existait. Nos 
recherches n'ont pas abouti. 

En face de cet endroit, M. Frey nous a montré, 
à 6C0 mètres au sud- est de Rouffach, le mamelon 
escarpé, couvert de ruines, où a été trouvée, en 1899* 
l'inscription donnant le nom de la ville romaine du 
Castellum Elefantum et qui a été apportée à Cons- 
tant i ne en 1907. 

Il nous montra ensuite plusieurs inscriptions, 
maçonnées dans les murs des maisons du village, 
et diverses autres, relevées par son fils, Charles 
Frey, élève de 3 e au Lycée, dans les grandes ruines 
des Beni-Ziad, restes de la ville romaine du CasteL- 
lum Mastarense, qui sont situées à 2 kilomètres au 
sud de Rouiïach. Mais presque toutes ont été pu- 
bliées. Nous donnons seulement celles qui sont iné- 
dites. 

8 '.i 

DM DM 

M D O N I C S 1 : 1 V S 1 

Y S (iVD FIL QVIR 

VI. VS VA PACATVS 

Ll V1X1T 

ANNIS IX VII 

Ces deux épitaphes sonl au village de Rouffach. 



— 259 — 

8° M... Donius Gudulus a vécu 51 ans. 
9° G... Seius, fils d'Ingénus, de la tribu Quirina, 
surnommé Pacatus (le pacifique), a vécu 67 ans. 

Les inscriptions suivantes sont aux Beni-Ziad. 



D M 


//////// 


//////// 


D M 


L FAB1VS ANNIS 


VI 


AN 


L TADIVS 


IANVAR1 XXXXX 


LXXXV 


LVCINVS 


VS VA XX H E S 


H 


S E 


VA XXVI 
HSE 


/////// 


/////// /////// 




/////// 


/////// 


VA 


IVS VA CV 




ANMS 


VI AN 


LXXXX 


AA L H S E 




LXXXX 


CT^ 


H S E 


HSE 









/////////////////DIVI SEV/// 
/////////////// D1VI ANTO// 
NI MAGN1. Pli ////////////// 
//////////////3BVEBO//////// 
////////////////////////////// 
////////////////////////////// 
/////////////////Y//////////// 
////////////////////////////// 
////////////////////////////// 

/////////////////////// Respv 
blica castlilli mastah 

///y////////////////////////// 

//////////////y/////////////// 

P P D D 

Cette inscription est presque semblable à une autre, 
publiée dans notre Bulletin de l'année 1859, p. 209. 
Elle en diffère, cependant, car elle donne un autre 
ordre aux lettres restantes, comporte dans son milieu 
cinq lignes entières martelées et mentionne les let- 
tres P P D D à sa dernière ligne. 

Klieucliela (douar ïabous) 
Nous devons à l'obligeance de M. Murienne, archi- 



— 2G0 — 

tecte à Aïn-Beïda, l'inscription ci-après, qui se trouve 
à 6 kilomètres au sud-ouest du hameau de Touf- 
fana, situé à 50 kilomètres à l'est de Batna. Elle est 
gravée, sans encadrement, sur un rocher qui forme 
l'escarpement nord-ouest du défilé de Krazza, situé 
à l'ouest du Djebel-Dzellah, un des premiers contre- 
forts de l'Aurès septentrional. M. Arripe, adminis- 
trateur à Lambèse, m'ayant fourni obligeamment un 
guide, je suis allé voir cette inscription. Elle com- 
portait primitivement six lignes, mais trois ont été 
martelées. Celles qui restent ont l ni 75 de longueur, 
un interligne de m 0G5 et leurs lettres m 09 de hau- 
teur. La voici, telle que j'ai pu la copier, car plusieurs 
lettres sont effritées et illisibles. 

////////// 7 //////////////////// 7 // / 
//////////y//////////////////////// 
1 1 1 1 1 \ 1 1 1 1 II 1 1 1 1 1 1 1 1 1 ! 1 1 1 1 1 1 1 1 ! 1 1 1 1 

5EVERJNI0 AFRONIANfO I-p\ )/ 1 1 [Ta 
C0NLAP5ADOAAÏMVSSECVND 
4WR0S-RESTITVIT 



5 



J'ai envoyé cette inscription à nos éminents con- 
frères, MM. Gagnai H Gsell. Ils m'ont donné d'utiles 
indications qui me permettent de l'interpréter, sans 
en affirmer cependant la lecture. 



— 261 — 

Elle mentionnait la restauration d'une route qui 
commençait à 5 kilomètres à l'ouest de Touffana, à 
un point de la grande voie romaine de Mascula à 
Lambèse, puis s'avançait au sud, vers le centre de 
l'Aurès, en passant par le défilé de Krazza, la plaine 
de Yabous et ensuite entre le Djebel-Amrous et le 
Djebel-bou-Djeza. 

Les lignes martelées comportaient les noms des 
empereurs régnants. La 4 e donne celui de Seeeruiius 
Apronianus , personnage illustre, qui gouverna la 
Numidie à la fin du III e ou au commencement du 
IV e siècle. On sait, par une autre inscription, trouvée 
à Lambèse, que ce gouverneur fit restaurer l'aque- 
duc de cette ville. La 5 e ligne mentionne un certain 
Domitlus Secundus ou Secundinus, qui fit sans 
doute exécuter les travaux. 

Quant à la 6" ligne, diverses hypothèses se pré- 
sentent, à cause de l'effritement de sa 5 e lettre qui 
était R ou B. Si cette lettre était R, on aurait un mot 
dérivé du radical Ros, signifiant que la route avait 
été détériorée par un courant d'eau ou par l'humi- 
dité. Le mot Rostrurn indiquerait sa réfection sous 
une pointe de rocher recourbée. Ce serait possible, 
car c'est en réparant la route, à coups de mine, à un 
endroit où le rocher la surplombe en corniche, que 
M. Murienne a découvert l'inscription. 

Mais si cette lettre était B, on pourrait lire, sans 
certitude toutefois, la 6 e ligne : P(ecunia) P(ublica) 
R(ei) P(ublicae) Bos. Restituit. (....réparé avec les 
fonds publics de la République de Bos. . . .). 

Les auteurs latins mentionnent une seule ville de 
la Numidie, dont le nom commençait par le radical 
Bos. C'est Boseùh, appelée aussi Boseth-Amphora- 



- 262 - 

riae. Ce second double nom vient peut-être de la 
réunion de deux villes voisines. Morcelli cite plu- 
sieurs évêques de cette ville, parmi lesquels deux, 
Palatin, orthodoxe, et Félix, donatiste, assistèrent à 
la conférence de Carthage de 411. D'autre part, Saint- 
Mammaire et 14 autres chrétiens y furent martyrisés, 
le 10 juin 254. A ce sujet, je vais citer un passage 
d'un rapport écrit, en 1903, par notre distingué con- 
frère, M. le chanoine Jaubert, sur des reliques trou- 
vées à Enchir-Akhrib, par M. Jacquetton, alors 
administrateur à N'gaous, qui donne, d'après les 
Bollandistes, le texte des actes de ces martyrs. 

a En 254, le prêtre Mammaire fut arrêté à Vaga, 
a (aujourd'hui Bagaï), ville de Numidie. Conduit à 
« Lambèse, avec le diacre Victorianus, il vit arrêter 
a sur la route et réunir à son sort, au lieu dit Cen- 
« tum Arbores, le diacre Félix et les chrétiens Albin 
a et Donat. Leur juge apprenant aussi qu'il y avait 
« d'autres chrétiens à Timgad, envoya 20 soldats 
« qui les saisirent et les amenèrent enchaînés à Lam- 
« bèse. Tous subirent alors de cruels supplices, 
a mais ils en sortirent sains et saufs, et ressusci- 
« tèrent un mort. Frappés ensuite avec des nerfs de 
« bœufs, ils furent reconduits à Vaga où se trouvait 
« en ce moment le proconsul. Mais celui-ci avait 
« quitté Vaga et s'était rendu à Boselh-Amphora- 
« riae. C'est là que furent reconduits les saints 
« martyrs et ils y furent mis à mort au milieu d'un 
« champ, à un demi mille de la ville. » 

M. Jaubert nous a fait toutefois observer qu'il n'a 
jamais entendu regarder ces actes comme irrépro- 
chables dans leurs détails. On s'accorde, en efïet, à 
reconnaître que, s'ils ont été écrits d'après des récits 



- 263 - 

antérieurs, ils renferment de nombreuses interpola- 
tions. Cependant, MM. Paul Monceaux ( l ) et Le 
BlantC 2 ) reconnaissent qu'ils contiennent un fond de 
vérité, mais M. Monceaux retarde le martyr de 
Saint Mammaire et de ses compagnons jusqu'à l'an- 
née 259. 

Cette réserve, si justifiée qu'elle soit, n'infirme 
pas les renseignements géographiques mentionnés 
dans ce document. 

D'après ce récit, la ville de Boseth pouvait se 
trouver aux environs du défilé de Krazza qui est 
distant, à vol d'oiseau, de 30 kilomètres de Lambèse, 
de 12 de Timgad et de 45 de Bagaï. Or, le service 
topographique a reconnu récemment et réservé à 
l'Etat, à 3 kilomètres au sud de Foum-Krazza, près 
d'une source appelée Aïn-Merat, où passe la route 
signalée, 32 hectares de ruines romaines agglomé- 
rées, qui sont encore inexplorées. Ce sont peut-être 
les ruines de Boseth. Un autre indice est le nom 
actuel d'un village voisin appelé Foum-Toub (la gorge 
des briques séchées au soleil). Si Ton fait des bri- 
ques en cet endroit, on pouvait y faire, dans l'anti- 
quité, des amphores, d'où vint peut-être l'appositif 
Amphorariae, joint au nom de la ville de Boseth. 

La voie aménagée par les Romains a toujours été 
très fréquentée. C'est sans doute par cette voie, que 
le général Bedeau, venant de Balna par l'Oued- 
Soultz et Timgad, avec une armée de 5,600 hommes, 
vint camper, le 2 mai 1845, dans la plaine de Yabous. 



(1) Paul Monceaux, Histoire littéi aire de l'église d'Afrique, tome II, 
page 153. 

(2) Le Blant, Supplément aux actes des martyrs (Mémoires à l'Acadé- 
mie des inscriptions), tome XXX, page 107, 323 -24. 



— 264 - 

Le 3 mai, il se porta sur Médina, en passant près 
du Djebel -Amrous. La première colonne française 
qui pénétra dans l'Aurès septentrional, suivit ainsi, 
sans s'en douter, la voie stratégique romaine créée 
dix-sept siècles auparavant. 

La plaine de Yabous, située à 7 kilomètres au sud 
de Touffana, est couverte de ruines romaines et on 
y voit, à son extrémité orientale, un fort byzantin 
appelé Enchir-el-Ksar, dont le rez-de-chaussée bien 
que rempli de terre, est encore presque intact. Placé 
entre les défilés d'El-Ateb au nord et de Taarest au 
sud, et dominant la plaine, ce fort était admirable- 
ment situé. Il communiquait avec la grande voie de 
Lambèse à Mascula, par une route qui s'embran- 
chait à Touffana, où se trouvent les ruines d'un vil- 
lage romain et se dirigeait au sud, vers le pied du 
Chélia Cette route, aménagée de nos jours pour le 
transport des cèdres, forme le chemin vicinal iV 7 
de la commune de Khenchela. J'ai eu le regret de 
constater que l'entrepreneur de ce chemin a démoli 
la tour nord -ouest du fort, pour y prendre, sans 
autorisation, de belles dalles destinées à former des 
bornes kilométriques ou à réparer des ponts. 

Ce fort mesure 40 mètres de longueur et 20 de 
largeur à l'intérieur de ses murs. Ceux-ci sont épais 
de 2 m 30, à l'exception de ceux des tours qui ont 
seulement m 90. Ils ont actuellement 4 mètres de 
hauteur, mais ils s'élevaient primitivement beaucoup 
plus haut, comme d'un premier étage. Les pierres 
de cet étage sont tombées de chaque côté. Le plan 
ci-après indique la disposition des tours qui sont 
rectangulaires et placées en pointe, à chaque angle. 
La porte est au sud. 



— 265 - 




Il existe autour du fort 4 hectares de ruines qui 
attestent un village important. J'ai vu un sarcophage 
encastré dans la tour nord-ouest et une dalle, tom- 
bée de la tour nord-est, porte l'épitaphe suivante : 

d m s 

CLOVIN 

TIANVS 
VIX ANN1S 

A 800 mètres au sud-est de ce fort, existe un 
moulin, construit par M. Carmen Cherri, de Batna, 
sur l'emplacement d'une ruine romaine. J'y ai copié 
cette épitaphe : 

d m s 

//VEIVMA 

ci/agsae 

V A LXXII 

Enfin, j'ai remarqué des sépultures mégalithiques 
sur les berges de l'Oued-Taarest et le flanc nord du 
Djebel-Aziz. En revenant sur Batna, j'ai visité les 
ruines romaines de Foum-Toub et d'Oum-Achra 



23 



— 266 — 

(gros rocher entouré de dix petits), ainsi que les 
ruines mégalithiques du plateau d'Ichoukrane ou de 
Seba-Argoud (les sept dormants), que m'avait signa- 
lées notre confrère, ►M. Jacquot. Ces ruines ont été 
décrites par le commandant Poyen, dans notre Bul- 
letin de l'année 1863. Je n'y ai pas vu d'inscriptions. 
Je traversai ensuite la riche plaine de Firès, que 
les tribus de l'Aurès se sont longtemps disputée et 
où elles se sont livrées de nombreux combats. Près 
du sentier, existe un tombeau renversé, dont l'épi- 
taphe se lit ainsi : 

d m s 

CANDIDA 

Z O M A 

V ANN 

1S C IV 

LIA HOR 

ATIANA 

FILIA 

FECIT 

La plaine de Firès et la vallée de l'Oued-Taga, qui 
la suit, situées à 5 kilomètres au sud de Timgad, 
sont couvertes de ruines nombreuses. Ce sont, sans 
doute, les légionnaires romains en garnison à Tim- 
gad, qui ont créé tous ces établissements. 

Je n'ai pas visité les ruines de 32 hectares recon- 
nues par le Service topographique, que je suppose 
être les ruines de Boseth-Ampliorariae. Je les igno- 
rais à mon passage. Je le regrette, car il devait y 
avoir là une ville considérable. Je tâcherai d'y re- 
tourner un jour, atin d'en donner la description. 

Auguste VEL. 



dJ^TJ^XuO GUE 

DES 

OBJETS PRÉHISTORIQUES 

renfermés dans les Vitrines du Musée de Constantine 
ÉTABLI PAR M. DEBRUGE, 

Préhistorien, 

Correspondant du Ministère de l'Instruction publique, 

Membre de la Société archéologique de la Ville 



MOUSTÉRIEN. — NÉOLITHIQUE ANCIEN & RÉCENT 



Vitrine n° 1. 

Tout le produit de cette vitrine vient de la grotte Ali-Bacha, à Bougie 
(Fouilles Debrdge) 

■ 1, 2, 3. Photographies de la tête fossille trouvée dans la 
grotte Ali-Bacha et dont l'original se trouve à l'école d'an- 
thropologie. 

4. Carton de douze ossements fossilisés de la couche infé- 
rieure. 

5. Carton de treize ossements fossilisés de la couche su- 
périeure. 

6. 75 Pointes ou burins. 

7. 53 Objets divers, industrie de l'os, pointes, harpons, 
aiguilles, etc. 



- 268 - 

8. Coudyle de maxillaire inférieure du grand bœuf. 

9. Molaire du grand bœuf. 

10. Morceau de fer oligiste écailleux. 

11. Morceau de fer oligiste autre aspect. 

12. Gros morceau d'hématite avec nombreuses traces 
d'outil en silex. 

13. Tranchoir en silex. 

14. Hache polie en ophite. 

15. Grossière flèche en silex. 

16. Six nuclei. 

17. Tranchoir, grattoir eu jaspe verdàtre. 

18. Lot d'une cinquantaine de pointes diverses en silex. 

19. Lot d'environ 150 burins. 

20. Lot d'une centaine de grattoirs de diverses factures. 

21. Lot d'environ deux cents lames diverses. 

22. Neuf types de la faune malacologique marine. (Le 
sujet sous étiquette a comporté deux trous pour la suspen- 
sion). 

23. Fragment de brèche osseuse. 

24. Type d'hélix (aspersa muller) dans sa gangue stalag- 
mitique. 

25. Fragment de brèche osseuse. 

26. Sept coquilles marines — valves de pectunculus vio- 
lacescens — quelques-unes perforées pour l'ornement, dans 
le spécimen sous étiquette se trouve un très petit galet tel 
(ju'il s'est présenté au moment de la fouille et place sans 
doute avec intention. 

27. Perle — disque de cardium ou d'oeuf d'autruche. 

28. Onze coquillages — turitella triplicata, vraisemblable- 
ment fossiles, perforés pour la suspension, quelques sujets 
rencontrés paraissent avoir été peints avec de l'ocre. 

29. Ocre rouge et jaune. 



— 269 — 

30, 31, 32, 33, 34. Cinq galets allongés trouvés en contact 
avec les squelettes — ont pu servir de broyeurs pour les 
matières colorantes. 

35. Un lot de plus de 300 lames à retouches unilatérales. 

36. Disque en terre cuite. 

37. Fragment de vase en terre cuite. 

38. Fragment d'un creuset en terre très grossière, ayant 
servi à fondre le cuivre. 

39. Fragment de bordure du même creuset. 

40. Autre fragment. 

41. Débris de cuivre. — Dans une reprise des fouilles dans 
la grotte Ali-Bacha, il a été rencontré plus de 400 petits 
lingots ronds, ovales, carrés et trapézoïdaux qui ont per- 
mis à l'auteur d'y avancer une curieuse monnaie. 

42. Lot de silex divers. 

43. Fort fragment d'un broyeur en grès. 

44. Percuteur en silex. 

45. Minerai de plomb argentifère. 

46. Six objets enquartzite. 

47. 48, 49, 50, 51. Cinq outils en calcaire et calcaire sili- 
ceux. 

52. Fragment de poterie à dessin. 

53. Autre fragment de poterie à dessin. 

54. Trois grattoirs incurvés. 

55. Treize silex divers et variés. 



Vitrine n° 2. 

Tout le produit de cette vitrine est originaire de Bougie. — Station 
de pêche, époque transistoire de la pierre aux métaux. — Pic des 
Singes (Fouilles Debruge). 

1. Os débité à la scie en silex. 



— 270 — 

2. Os débité à la scie et représentatif d'une grossière figu- 
rine. 

3. Huit perles en coquille d'œuf d'autruche. 

4. Deux arêtes de poisson perforées. 

5. Douze objets de l'industrie de l'os. 

6. Vingt-deux objets et fragments constituant l'industrie 
de l'ivoire au centre du carton, sur un morceau plat on re- 
marque l'amorce de la scie ayant servi au débitage. 

Sur la première rangée et à droile, une pendeloque ellip- 
tique avec deux perforations. 

7. Fragment d'objet en terre grossièrement cuite avec 
bordure saillante. 

8. Treize sujets représentant les minéraux rencontrés 
dans la fouille (aragonite, bitume, ocre fer, oligiste, tur- 
quoise, malachite, azurite et cuivre). 

9. Carton de huit pièces, patelle, trois valves de pectun- 
culus violacescens perforées, un lissoir en os, une canine 
de sanglier usée du côté de la racine, une défense de san- 
glier, un disque en terre cuite. 

10. Ce curieux carton contient vingt-trois dents diverses, 
sangliers et ruminants. Ces dents ont été préparées pour 
l'utilisation comme harpons et pour l'ornement (collier de 
suspension ). 

11. Autre fragment du même type que le n° 7. 

12. iMorceau de vase à bourlet pour la suspension. 

13. Fragment de grand vase à double bourlet de suspen- 
sion et à bordure saillante. 

14. Vase recueilli dans un foyer à incinération, à quatre 

bourlets de suspension, divers objets de cette vitrine pro- 
viennent d'un tumulus voisin de la station de pèche et sont 
sans doute de la même époque. 

15. Fragment de bordure de vase avec trou de suspension. 

16. Morceau de vase avec trou de suspension. 

17. Genre d'entonnoir en terre cuite. 



- 271 - 

18. Carton de dix-sept objets classifiant l'industrie du 
cuivre l 1 ). 

Les deuxième et quatrième sujets sont des hameçons. 

19. Carton de l'industrie du silex, la rangée du haut com- 
porte onze spécimens de silex géométriques, le premier type 
de la rangée du bas est un fragment de scie, puis huit 
autres silex variés. 

20. Carton de 65 perles dont beaucoup comportent encore 
un curieux émaillage. Sable de grès préparé d'une façon 
particulière. 

21. Carton de 46 perles de la même fabrication que celles 
de la planche, vingt formes variées, ces perles devaient 
être exposées sur des plaques de schiste pour la cuisson, 
ainsi qu'il est facile de s'en rendre compte par les deux frag- 
ments que comporte celte planche où se trouvent encore 
soudées quelques perles. 

22. Gros galet en granit ayant servi de meule pour broyer 
le grain. 

23. Broyeur à grain. 

24. Fragment d'urne à incinération. 

25. Fragment de poterie. 

26. Fragment de poterie avec bourlet pour suspension. 

27. 28. Débris de vases. 

29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37. Fragments de vases. 
38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46. Broyeurs divers. 
47. Fond de grande urne à incinération. 
48 à 73. Débris de vases. 

74. Fond d'un grand vase. • 

75. Petit vase forme demi-sphérique. 

76. Patelle, vulgairement arapède. 

77. Un lot de seize petits cylindres en argile cuite, ont dû 
servir de poids pour filets de pêche. 

(1) Le musée de Mustapha possède du même auteur un choix d'objets 
analogues et d'une reprise de fouille faite avec une subvention de M. le 
Gouverneur Général de l'Algérie. 



— 272 - 



Vitrine n° 3. 

ÉPOQUES NÉOLITHIQUES RÉCENTES 

Cette vitrine renferme des objets recueillis dans les fouilles de divers 
abris sous roche à Bougie, lieu dit les Aiguades (M. Debkuge) 

1. Un lot important d'ossements, représentant la faune 
des abris fouillés, grand bœuf, bos divers, cheval, chacal, 
sanglier, etc. 

2. Un lot de 25 débris de vases divers. 

3. 4. Deux fragments de bordures de vases avec dessin 
constitué par cinq lignes parallèles au pointillé. 

5. Petit fragment de vase avec paillettes micacées. 

6. Rayon de meule à broyer le grain, on y remarque des 
lignes creuses nettement accusées et disposées en éventail. 

7. Disque en argile cuite. 

8. Incisive de sanglier dont la racine est aiguisée. 

9. Vingt coquillages marins (columbella rustica) perfo- 
rés pour être portés en collier. 

10. Trente-quatre perles en coquille d'œuf d'autruche. 

11. Trois cylindres en argile cuite, poids pour filets de 
pêche. 

12. Deux débris de scories de four à poteries. 

13. Soixante perles de corail; la couleur rouge se remar- 
que encore sur bon nombre d'entre elles. 

14. Lot d'une soixantaine de perles, disques en os. 

15. Canine curieusement perforée. 

16. 17. Deux os incisés au moyen d'un outil de silex. 

18. Deux fragments de mosaïque de l'époque romaine 
trouvés à la surface. 

19. Trois débris de verrerie de l'époque romaine. 

20. Huit spécimens d'os calcinés. 



- 273 — 

21. Dix-sept spécimens de l'industrie du silex. 

22. Faune, vertèbre de squale. 

23. Coquillage de mer perforé. 

24. Plaque de schiste rectangulaire. 

25. Coquillage de mer perforé. 

26. Un lot de débris de vases divers. 

27. Trois coquillages de mer dont deux perforés. 

28. Patelle. 

29. Espèce de marteau en calcaire, quartzeux très dur. 

30. Quatre pointes, industrie de l'os. 

31. Mobilier funèbre, deux perles en cornaline. 

32. Industrie du cuivre, quatre débris. 

33. Broyeur en quartzite. 

34. Gros coquillage de mer. 

35. Trois patelles dont l'une de grande dimension a pu 
servir de récipient. 

36. Faune malacologique marine, six spécimens. 

37. Boucle de ceinturon en cuivre dont l'ardillon simule 
un poignard. 



Vitrine n° 4. 

Tout le produit de cette vitrine provient des fouilles faites par M. De- 
bruge, à Bougie, et de ses recherches en France 6ur la station de 
Canneville, près de Creil (Oise). 

1. Curieux outil en os. 

2. Cylindre creux en terre cuite. 

3. Fragment de lame en fer trouvée dans le tumulus du 
Pic des Singes. 

4. Bordure de vase à dessin ondulé. 

5. Neuf sujets de l'industrie de l'os. 

6. Une vingtaine de silex divers. 

24 



- 274 — 

7. Une dizaine de débris de l'industrie de l'ivoire. 

8. Débris d'une masse de fer trouvée au dégagement 
d'un mégalitlie à Bougie. 

9. Un lot de vingt-sept débris de vases divers. 

10. Grains calcinés, genre féverolles, trouvés dans un 
foyer du tumulus du Pic des Singes, à Bougie. 

11. Lot de molaires palatines de sargue. 

12. Opercule de poisson. 

13. Dix otolitbes. 

14. Un lot de restes de divers poissons. 

15. Lot d'une cinquantaine de perles en sable de grès 
aggloméré et émaillées. 

16. Treize perles en os et en coquille d'œuf d'autruche. 

17. Restes de perles en sable degrés permettant de recon- 
naître la composition. 

18. Lot de 400 à 500 perles en sable de grès. 

19. Lot important d'ossements divers principalement des 
dents représentant la faune de la station de pêche du Pic des 
Singes, à Bougie. 

Tous les objets ci-après proviennent de Canneville, près de Creil 
(Oise). 

20. Percuteur ou marteau en silex. 

21. Lance en silex. 

22. 23. Haches taillées en silex. 

24. Gros fragment de hache polie. 

25. Hache polie. 

26. Quatre pointes diverses en silex. 

27. Cinq grattoirs en silex. 

28. Quatre lames en silex. 

29. Petit javelot en silex. 

30. Perçoir en silex. 



— 275 — 

31. Deux tranchets ou flèches à tranchant transversal, en 
silex. 

32. Deux flèches en silex. 

33. Deux lames en silex. 

34. Nucleus en silex. 

35. Tranchoir ou doloire en silex. 

36. Deux pointes en silex. 

37. Ciseau en silex. 

38. Un lot important de coquillages marins représentant 
la faune malacologique de la station de pêche du Pic des 
Singes. 

Vitrine n° 5. 

Tout le produit de cette vitrine provient des fouilles exécutées dans 
la grotte de Bou-Zabaouine, près d'Aïn-M'lila, par M. Achille Robert, 
alors Administrateur dans cette localité. 

1 . Lot assez important d'ossements typiques de la fouille, 
beaucoup comportent des traces de feu. 

2. Cinq fragments de côtes sur lesquels on remarque des 
incisions faites avec une scie en silex. 

3. Fragments d'une défense en ivoire. 

4. Broyeur en grès. 

5. Broyeur polissoir en grès. 

6. Polissoir en grès. 

7. Polissoir en grès. 

8. Broyeur forme boulet. 

9. Petit broyeur en grès. 

10. Fragments de gros polissoir. 

11. Polissoir. 

12. Polissoir en grès quartzeux. 

13. Petite hache à deux tranchants dont l'un assez mal 
accusé, roche indéterminée. 



— 276 - 

14. Hache en ophite forme en boudin. 

15. Pelite hachelte forme coin en ophite. 

16. Tronçon de hachelte. 

17 Pelite hachelte en ophite. 

18. Un lot de débris de coquilles d'oeuf d'autruche. 

19. Vingt-cinq silex divers représentant l'industrie de la 
grotte. 

20. Quatre fragments de carapace de tortue dont deux 
comportent chacune une perforation pour être portés comme 
amulettes. 

21. Un lot de flèches néolithiques analogues à celles de 
l'industrie du sud, ne sont certainement pas de l'époque 
d'habitat ancien de la grotte, couche de surface. 

22. Deux perles dont l'une en cornaline couche de sur- 
face. 

23. Un lot important de silex divers. 

2i à 41. Dix-huit spécimens généralement des fragments 
de côtes sciés, polis et tous perforés pour l'utilisation. Celle 
industrie est absolument remarquable. 

42. Pelite plaquette en os, polie el comportant sur toute 
la surface des cupules assez chymatiques. 

43. Qualre aiguilles à chas, trois sont malheureusement 
brisées. 

44. L'industrie de l'os se complète par une soixantaine 
de types divers dont une superbe série de poinçons, perçoirs, 
harpons. 

45. Un lot d'ossements fendus dans le sens longitudinal 
et formant pointes. 

Vitrine n° 6. 

Toute cette vitrine représente l'industrie du silex dans le Sud algé- 
rien, à diverses époques, sauf quelques rares objets dont les origines 
sont indiquées. 

1 . Récolte de M. lemajor Oudry, du 3° Tirailleurs, carte 
de huit objets divers, trouvés aux environs d'El-Oued 



— 277 — 

2. Récolte de M. Duprat, de Tébessa, quatre grattoirs, 
le première queue, trouvés à Bir-oum-Ali. 

3. Récolte de M. le lieutenant Farges, carton de onze 
lames diverses, trouvées à Guentis, sur la route de Khen- 
chela à Négrine. 

4. Récolte de M. le major Oudry, carton de trente-cinq 
objets divers, lames, poinles, burins, trouvés à Bir-Touit, 
sur la route de Biskra à El-Oued. 

5. Récolte de M. Weslerweller, carton de quatorze 
objets divers, trouvés à Bir-en-Sa, près de Sétif. 

6. Récolte de M. le major Oudry, carton de vingt-cinq 
objets divers dont vingt- deux petits tranchets ou tlèches à 
tranchant transversal, trouvés à Bir Touit, au sud du chott 
Melrir. 

7. Récolle de M. l'agha Sid Ismail ben Massarli Ali, 
de Touggourt, carton de seize flèches, trouvées à Ba-Men- 
dil, près de Ouargla. 

8. Récolte de M. le major Oudry, carton de vingt-six 
flèches et trois pointes, recueillies en divers points le long 
de la route de Biskra à Touggourt. 

9. Récolte de M. l'agha Sid Ismail ben Massarli Ali, 
carton de trente flèches, trouvées à Ba-Mendil, près de 
Ouargla. 

10. Récolte de M. le capitaine Genvos, carton de vingt- 
neuf objets divers, dont vingt flèches, trouvées en divers 
points. Mraïer, Ourlana et Tamerna, route de Touggourt. 

11. Récolte de M. l'agha Sid Ismail ben Massarli Ali, 
carton de vingt-sept flèches, trouvées à Ba-Mendil, près de 
Ouargla. 

12. Planche de vingt sept flèches, don de M. Prud- 
homme, conservateur du Musée, originaires de Ourlana, 
route de Batna à Touggourt. 

13. Récolte de M. le major Oudry, carton de vingt-six 
lames ou fragments de lames, trouvées à Bir-Touit, sur la 
route de Biskra à El-Oued. 



— 278 - 

14. Recolle de M. le capitaine Genvos, carton de vingt- 
neuf objets divers, lames, burins, flèches, trouvés à. Mraïer, 
Tamerna et Ourlana, route de Touggourt. 

15. Récolte de M. le major Oudry, carton de trente flè_ 
ches et dix pointes diverses, trouvées à Ourlana, route de 
Balna à Touggourt. 

16. Récolte de M. le capitaine Farges, carton de seize 
flèches et deux lames, trouvées à Ouargla et aux environs. 

17. Récolte de M. le capitaine Genvos, carton de trente 
objets, lames et pointes diverses, trouvés à Mraïer, Ta- 
merna et Ourlana, route de Touggourt. 

18. Récolte de M. le major Oudry, carton de trente- 
quatre objets, flèches, lames et burins, trouvés à Bir-Touit, 
route de Biskra à El Oued. A remarquer cinq perles en co- 
quille d'œuf d'autruche et une perle en verre bleuté. 

19. Récolte de M. le major Oudry, carton de vingt-sept 
lames et pointes diverses, trouvées aux environs d'El-Oued. 

20. Récolte de M. le capitaine Genvos, carton de onze 
objets, lames, pointes, grattoir, nucleus, et deux javelots, 
trouvés à Mraïer et Ourlana, route de Touggourt. 

21. Récolte de M. le major Oudry, carton de vingt huit 
objets divers, lames, burins, pointes, trouvés à Bir-Touit, au 
sud du chott Melrir. 

22. Récolte de M. le capitaine Ilélo, carton de vingt- 
deux objets divers, lames et flèches, trouvés dans les val. 
lées de l'Oued- Mia et Insokki, au sud-ouest d'El-Goléa. 

23. Récolte de M. le capitaine Hélo, carton de douze 
objets divers, trouvés dans les vallées de l'Oued-Mia et 
Insokki, au sud-ouest d'El-Goléa. 

24. Carton de sept objets divers, de la collection Costa, 
recueillis aux environs de Ouargla. 

25. Carton de dix-sept objets divers, recueillis aux envi- 
rons de Tébessa, par M. Duprat, receveur des Douanes. 

26. Récolte de M. le capitaine Hélo, carton de sept frag- 
ments de poterie, une grosse perle en verre et deux pende- 
loques faites avec des coquilles fossiles. 



— 279 — 

27, 28. Deux lames trouvées à Aïn-Touta, par M. Le- 
mesle. La croûte rogneuse est intacte sur l'une des faces et 
sur les deux objets. 

Les objets désignés ci-après du n° 29 à 38 ont été recueillis 
par M. Foureau, au grand Erg et Oudje 

29. Un superbe ciseau poli en quartzite rosé d'un fini 
irréprochable. 

30. Lame en silex. 

31. Javelot en silex jaunâtre moucheté. 

32. Disque en silex (a servi de retouchoir). 

33. Grossière ébauche de flèche en silex. 

34. Ebauche de flèche en forme de feuille de laurier en 
silex jaunâtre marbré. 

35. 36. Tronçons de flèches en forme de feuilles de lau- 
rier en silex. 

37. Pointe sans retouches en silex. 

38. Neuf flèches en silex. 

39. Trois flèches et trois fragments de flèches en forme 
de feuille de laurier, recueillies en Algérie, mais de prove- 
nance inconnue. Industrie ayant beaucoup d'analogie avec 
celle de l'époque solutréenne, quoique néolithique. Don de 
M. Goquand. 

40. Récolte de M. le docteur Battarel, carton de dix flè- 
ches recueillies à Hassi-Inifel, au sud-ouest d'El-Goléa. 

41 . Lot de quatorze objets divers, lames et pointes en si- 
lex, des environs d'Ouled-Djella). 

42. Cinq jolis objets en quartzite, recueillis par M. Fou- 
reau, au grand Erg d'Issaouan. 

43. Lot de trente-deux objtts divers en silex, receuillis 
par M. Farges en différents points du Gassit-Touil. 



— 280 - 



Vitrine n° 7. 

1. Objet volumineux et grossier trouvé à Khenchela et 
donné au musée par M. Coquand, désigné comme hache en 
pierre. Ancune analogie avec les haches taillées de l'époque 
préhistorique et simple jeu de la nature. 

2. Hache polie forme en boudin, trouvée à Bouira et 
donnée au musée par M. Magnier. La patine ne permet pas 
de désigner la nature de la roche, doit être en diorite. 

3. Hache polie forme en boudin, trouvée à Simmachi, 
près de Aïn-Touta, et offerte au musée par M. Le Mesle. 
Elle est en calcaire siliceux et bien patinée. 

4. Hache polie forme légèrement^ aplatie et désignée 
comme originaire des stations lacustres de la Savoie. 

5. Hache polie forme aplatie plus petite que le n° 4, 
même nature de roche et même provenance. 

6. Marteau à main en serpentine, désigné comme origi- 
naire des stations lacustres de la Savoie. Ce superbe spéci- 
men est poli aussi bien dans la partie pour la prise en main 
que du côté masse sur cinq faces. 

7. Polissoir à main en serpentine du lac de Neufchâtel 
(Suisse). 

8. Curieux objet sphéroïde poli, aux deux pôles aplatis, 
figurant déjà au catalogue général comme poids; sur l'une 
des surfaces, il existe cinq points en croix, il est en serpen- 
tine. 

9. Aiguisoir à trou de suspension, en schiste ardoisier 
dur, imliqué comme originaire des stations lacustres de la 
Savoie. 

10. Espèce de long outil en calcaire, sans désignation 
d'origine, recueilli dans une fouille, pourrait avoir servi, 
mais il ne doit y avoir là qu'un simple jeu de la nature. 

11. Broyeur en quarlzite, provenance inconnue. 

12. Broyeur en grès quart/eux, trouvé par M. Chabas- 
sière, dans un dolmen du Djebel- Fortas. 



— 281 - 

13. Polissoir en diorite, d'origine inconnue. 

14. Broyeur en grès, trouvé à Tébessa, don de M.Farges. 

15. Broyeur en grès quarlzeux, trouvé dans un dolmen 
du Djebel-Fortas, par M. Chabassière. 

16. Polissoir en quartzite, d'origine inconnue. 

17. Broyeur polissoir en quartzite, trouvé dans un dol- 
men du Djebel-Forlas, par M. Chabassière. 

18. Broyeur en quartzite, trouvé dans un dolmen du Dje 
bel Fortas par M. Ghabassière. 

19. Espèce de boulet indéterminé. 

20. Broyeur en quartzite, d'origine inconnue. 

21 . Rognon de silex, comme on en trouve intercalé dans 
le calcaire, recueilli à Tébessa par M. Farges. 

22. Gros boulet en pierre, indéterminé. 

23. Curieux rognon de silex, trouvé dans un dolmen à 
Sigus. par M. Chabassière. 

24. Boulet en silex, paraissant avoir servi de percuteur, 
d'origine inconnue. 

25. Boulet en quartzite, recueilli dans un dolmen du Dje- 
bel-Fortas, par M. Ghabassière. 

26. Boulet en calcaire, d'origine inconnue. 

27. Un lot de cinquante-six lames et un grattoir en si- 
lex, sans désignation d'origine. 

28. Quatre fragments de poterie à dessins, d'origine 
inconnue, néolithique. 

29. Gros fragment de bordure de vase, don de M. Gau- 
lon, recueilli dans une grotte à Néremond (Yonne). 

30. Même désignation que le n° 29. 

31. Gros fragment de bordure de vase des grottes de Né- 
remond. En bordure et extérieurement, on remarque un 
premier dessin obtenu par de simples petits traits assez ré- 
gulièrement espacés, puis immédiatement en dessous de la 
bordure et sur la périphérie, un deuxième dessin fait vrni- 



— 282 - 

semblablement avec l'extrémité d'un faible os creux ou d'un 
roseau. 

32. Fragments de coquille d'œuf d'autruche, d'origine 
inconnue. 

33. Six lames en silex, des grottes de Néremond. 

34 à 42 inclusivement. Vases et fragments de vases en 
terre rougeatre, grossièrement fabriquée et mal cuite, dési- 
gnés comme recueillis dans différents dolmens du départe- 
ment de.Constantine. 

43. Casserole en cuivre, recueillie dans un dolmen de 
Aïn-Regada et décrite sous le n° 473 du catalogue général. 

44. Deux bracelets en cuivre, de la même provenance que 
l'objet ci-dessus. 



Vitrine n° 8. 

Tous les objets de cette vitrine proviennent des recherches de 
M. A. Robert, alors qu'il était Administrateur à Aïn-M'lila. 

Nous n'avons pas toujours élé de l'avis de notre collègue, 
mais respectueux de ses opinions, nous présentons aux 
connaisseurs une importante série de calcaires travaillés? 
perforés et vermiculés, recueillis pour la plupart à fleur de 
sol par l'auteur, autant de spécimens dans lesquels il re- 
trouve des outils et des armes de l'époque. 

Parmi les silex, il en est beaucoup qui ne sont que des 
éclats ainsi qu'on en rencontre en quantité sur les stations 
et les ateliers. 

1. Lot de silex recueillis dans la grotte de Bou-Za- 
baouine. 

2 à 13. Calcaires de diverses provenances. 

14 à 22. Calcaires perforés. 

23-24. Calcaires vermiculés. 

25. Spécimen avancé comme hache polie. 

26. Silex de Aïn-M'lila (Bou Chioula). 

27. id. id. 



— 283 - 

28. Silex d'Aïn-M'lila (Bou Chiouta). 

29. id. id. 

30. id. (Coudiat Ziloune). 

31. id. id. 

32. id. id. 

33. id. id. 

34. id. id. 

35. id. (DjibMalou). 

36. id. id. 

37. Nuclei (Oulad-Zouaï). 

38. Silex divers id. 

39. id. (Oulad-Sellem). 

40- id. (Oulad-Zouaï). 

4L id. id. 

42. id. (Oulad-Aziz). 

4 '3. id. (Oulad-Sellem). 

44. id. ;Oulad-Zouaï). 

45. id. id. 

46. id. (Col du Guerioune) 

47. id. (Oulad-Aziz). 

48. id. id. 

49. id. id. 

50- id. id. 

51 • id. (Oulad-Belaguel). 

52. id. id . 

53. id. id. 

54. id. id! 

55- id. (Oulad-Gassem). 

56. id. (Ghar-Debâa). 

57 • id. (Oulad-Zouaï). 

58. id. id. 

59. id. id. 

60. id. id. 

61 • id - (Col du Guerioune) 



— 284 — 

Vitrine n° 9. 

1,2, 3, 4. Quatre vases des tumulus des environs de 
Tébessa. 

5 et 9. Dessous de vases des tumulus de Tébessa. 

7-8. Coquillages recueillis dans les tumulus de Tébessa. 

6. Très petit vase à double perforation, tumulus de Té- 
bessa. 

10. Deux bracelets en cuivre à fermeture martelée et jux- 
taposée, perles, anneaux de cuivre et de fer, débris divers 
des tumulus de Tébessa. 

11. Joli lot de soixante-douze silex variés, représentant 
l'industrie préhistorique des environs de Tébessa. 

Toute cette série n os 1 à 11, a été gracieusement offerte au 
musée par M. Latapie, gendarme, à Tébessa. 

12. Un lot de vingt-sept silex recueillis par M. Mercier 
(Gustave) à Mechta-el-Arbi, près de Châteaudun-du-Rhu- 
mel, dans un tumulus ancien avec sépultures. 

13. Lissoir en os du tumulus ci-dessus. 

14. Fragment de mâchoire supérieure humaine avec 
dents fortement usées et ayant appartenu au môme individu 
dont l'occipital est décrit ci-dessous. 

15. Occipital avec crête très débordante du tumulus de 
Mechta-el-Arbi, signalé dans un travail de M. Mercier. 



Vitrine n° 10. 

(Fouilles de M. Debri 
Tout le produit de cette vitrine a été recueilli au cours de la fouille 
île la grotte «In mouflon a CouBtantine. 

L'industrie a élé assimilée par l'auteur à celle de Pauri- 
gnacien de France, sans tenir compte toutefois de l'indus- 
trie de la poterie recueillie dans un pêle-mêle qui a été 
expliqué au cours du travail présenté au Congrès do Lille, 
(Association française pour V avancement des Sciences). 



— 285 — 

1. Restes humains recueillis dans un amas cendreux, 
non loin de la surface. Le morceau de crâne sous étiquette 
a été rongé par le porc-épic. 

2. La faune très ancienne et fossilisée est représentée 
dans cette vitrine par des ossements divers et remarquables 
portant sur : 

Grand bœuf. 

Mouflon. 

Bos divers. 

Antilopes diverses. 

Gazelle. 

Zèbre. 

Cerf. 

Chacal. 

Ours. 

Porc-épic. 

Thon. 



Vitrine n° 11. 

Fouille de M. Debruge dans la grotte des Ours, à Constantine 

Epoques reconnues dans ces fouilles : Romaine, néolithique récente, 
paléolithique. 

1. Polissoir en grès rougeâtre. 

2. Broyeur, polissoir en grès grisâtre. 

3. Polissoir en grès blanchâtre. 

4. Polissoir en grès jaunâtre. 

5. Polissoir en grès jaune. 

6. Broyeur arrondi enquartzite. 

7. Morceau de minerai de fer. 

8. Morceau de polissoir en grès jaune. 

9. Broyeur en quartzite. 

10. Broyeur-polissoir en grès jaunâtre. 



— 286 — 

11. Polissoir circulaire en grès jaune. 

12. Polissoir en quartzite ayant servi sur toutes ses faces. 

13. Polissoir en quartzite. 

14. Polissoir en grès quartzeux ayant servi sur toutes ses 
faces. 

15. Tête de hache polie en calcaire. 

16. Polissoir en quartzite ayant servi également de per- 
cuteur. 

17. Tête de hache polie forme en boudin, en roche verdà- 
tre ophitique. 

18. Tête de hache polie forme en boudin, en roche noirâ- 
tre ophitique. 

19. Hache polie forme marteau en roche ophitique. 

20. Hache polie préparée pour l'emmanchement, le milieu 
incurvé, en ophite. 

21. Petite hache polie tranchante d'un côté et forme mar- 
teau de l'autre, en ophite. 

22. Fragment de polissoir en grès tendre. 

23. Petit galet allongé ayant servi de broyeur à ses extré- 
mités. 

24. Petite hachette plate brisée et repolie ensuite, variété 
de schiste. 

25. Petite hachette plate en schiste veiné. 

26. Tête de hache en ophite ayant servi de polissoir. 

27. Petite hachette forme coin en ophite. 

28. Fragment de hache en ophite ayant servi de broyeur 
à ses extrémités 

29. Broyeur, polissoir. 

30. Tranchant de hache en ophite. 

31. Tronçon de hache en ophite. 

32. Grossière industrie paléolithique, quartzites et silex, 



— 287 — 

recueillie en contact avec la faune exposée dans la vitrine 
n° 10, une cinquantaine de spécimens. 

33. Nombreux débris de vase de l'industrie néolithique de 
de la grotte. A remarquer quelques fragments d'un vase en 
terre rougeâtre vernissée, d'une facture curieuse, sur de 
nombreux débris, on remarque des paillettes mycacées en 
assez grande quantité. 

34. Ossements d'une lourdeur excessive fossilisés, re- 
cueillis dans la couche inférieure, ont, d'après l'auteur, pu 
servir et seraient comme l'aurore de l'industrie de l'os. 

35. Un lot très important de l'industrie de l'os, belle 
époque néolithique d'occupation de la grotte, soixante-qua- 
torze sujets divers. 

36. Trois dents de sanglier sciées et polies pour être uti- 
lisées. 

37. Lot d'une cinquantaine de silex divers. 

38. Un lot de vingt-huit silex divers, représentant tous 
les types les plus caractéristiques de cette période néolithi- 
que d'babitat. A remarquer au bas de la vitrine deux cu- 
rieuses flèches dites berbères. 

39. Plaquette de carapace de tortue perforée ayant servi 
d'amulette. 

40. Fragment de côte large sciée par le milieu dans le 
sens longitudinal et sur lequel on relève des traces de burin 
en silex assez accusées. 

41. Morceaux de phosphorite recueillis au cours des 
fouilles. 

42. Six coquillages de mer ayant servi pour l'ornement. 

43. Deux perles discoïdes en coquillage d'œuf d'autru- 
che. 

44. Un lot très important de débris de vases divers, la 
plupart avec curieux dessins au poinçon. Tous ces spéci- 
mens typiques ont été reproduits sur le Bulletin de la So- 
ciété archéologique. A remarquer les trous pour la suspen- 



- 288 - 

sion, ainsi que de curieux bourlets pour la préhension, 
vingt-sept sujets. 

45. Un important lot de silex. 

46. Fragment de vase, très probablement grec. 

47. Genre de tasse, époque romaine. 

48. Objets divers de l'époque romaine, recueillis au cours 
des fouilles lampe, épingles, etc. 

Vitrine n° 12. 

Cette vitrine renferme un lot considérable d'ossements divers, repré- 
sentant la faune recueillie au cours de la fouille de la grotte des 
Ours, à Constantine (Fouille de M. Debruge). 

Les principaux animaux reconnus sont les suivants : 

Ours des cavernes en grande quantité (plusieurs variétés), 
grand Bœuf, Bos elaphus saldensis, Bos opisthonomus, 
Zèbre, Hyène, Chacal, Antilopes bubales et autres variétés, 
Panthère (cette faune a été recueillie en contact avec une 
industrie très primitive; généralement des quart/.ites expo- 
sés dans la vitrine suivante, elle a été déterminée par 
M. Pallary). 

Nous n'avons pas cru devoir nous arrêter sur chaque 
ossement, pour un catalogue cela nous entraînerait trop 
loin. 



CHRONIQUE ARCHÉOLOGIQUE 



Constantine 

En faisant creuser une cave dans une maison qu'il 
a récemment acquise, rue Cahoreau, n° 17, M. Co- 
tasson a mis à jour des ruines qui semblent offrir 
quelque intérêt. Au nord-ouest, un mur de soutène- 
ment adossé à la roche vive apparaît, à l m 10 du 
niveau actuel de l'immeuble. Ce mur se prolonge au 
nord-est sur une largeur de 3" 25. A sa suite, au 
nord-est se trouve un escalier de huit marches, de 
5 m 20 de large, donnant accès sur une esplanade mi- 
partie taillée dans le roc et mi-partie en pierre et 
située à 2 m 50 au-dessous du niveau actuel. Cette es- 
planade s'étend sur toute la largeur du mur et de 
l'escalier en question et sur une longueur encore in- 
déterminée, le déblaiement étant inachevé. En ex- 
haussement de m 10 sur les deux côtés de cette es- 
planade et commençant en bordure, mais en retrait 
de l'escalier, court, sur toute la longueur dégagée 
jusqu'à présent, une plateforme dallée, large de l m 20, 
sur laquelle, à l m 50 de distance l'une de l'autre, re- 
posent les bases de trois superbes colonnes. Ces 

25 



— 290 — 

bases, qui ne mesurent pas moins de l m 10 de dia- 
mètre, conservaient encore des tronçons de colonnes 
en calcaire blanc tendre. 

« Peut-être sommes-nous là, m'écrit notre confrère 
« M. le Chanoine Jaubert, qui a examiné et suivi 
a ces fouilles avec grande attention, en présence de 
« la Colonnade servant de façade à un temple dont 
« l'entrée se trouvait sur une petite place, à laquelle 
g on accédait de la ville haute par un escalier, tout 
« comme on accède aujourd'hui à la Cathédrale, 
(i D'après les renseignements que nous fournissent 
« sur la topographie de l'ancienne Cirta, au III e siè- 
« cle, les inscriptions Ravoisier, Renier, Vars, 
a Poulie et Cherbonneau, l'arc de triomphe de Cœ- 
« cilius, dont il reste un vestige dans l'impasse Ca- 
« raman (derrière la maison où se font les fouilles 
« actuelles) devait être en bordure sur la belle voie, 
« ornée de statues, qui coupait la rue Cahoreau ac- 
« tuelle, allant du forum de la place du Palais à celui 
« de la place de Brèche, à peu près dans le sens de 
« la rue du Palais. Une façade latérale du monument 
« dont on trouve les traces aurait doncété en bor- 
« dure de cette grande voie, en avant de l'arc de 
« Cœcilius , tandis que sa façade principale aurait 
« donné sur une place située, en retrait de cette 
a voie, à côté de cet arc et se prolongeant derrière 
a lui. » 

La suite des fouilles nous permettra, sans doute, 
de contrôler l'exactitude de cette hypothèse qui, 
pour le moment, paraît reposer sur des données 
assez sérieuses, et, dans tous les cas, semble ration- 
nelle. 

Les travaux que continue M. Cotasson, viennent 
de mettre à découvert une pierre de l m 32 de hau- 



— 291 — 

teur, large de m 45, portant l'inscription suivante : 
ivlia c F 

VFU3ANA 
VA LXII 
O'T- BQS- 
MATER F' 

Hauteur des lettres : m 006, m 005 et O' n 004 et 
demi. 

* * 

Les Arcades romaines qui amenaient à Cirta les 
eaux de la source "Ras-El-Aïn-bou-Merzoug" à 
35 kilomètres au sud de la ville, avaient été quelque 
peu maltraitées par le tremblement de terre de 1908 ; 
des fissures s'étaient manifestées, et il était devenu 
nécessaire de reprendre en sous-œuvre le pied de 
l'une des piles et de placer des tirants en fer pour 
maintenir l'écartement des arcs dont les joints s'ou- 
vraient. Ces travaux ont été effectués par le service 
des Beaux-Arts. 

* * 

A un kilomètre de Constantine, sur la route de la 
corniche, existait, sur la paroi d'une petite grotte 
située en dessous de l'hôpital civil, une inscription 
rupestre signalée à la Société archéologique, par M. Jo- 
seph Bosco, portant le mot OFICINA M suivi de 
plusieurs lettre illisibles. Cette pierre, détachée du 
rocher, a été portée au musée de la ville, par les soins 
de la Société archéologique, en même temps qu'une 
barre de fer scellée dans le rocher et faisant corps 
pour ainsi dire avec la pierre en question. 

Au Lycée de Constantine, dans un espace avoi- 



— 292 — 

sinant la cour et où notre aimable et sympathique 
collègue, M. le Proviseur Busquet, faisait faire quel- 
ques travaux pour y créer un petit jardin, a été trouvé 
un trésor composé de pièces espagnoles en argent 
d'un poids brut de 27 U G00 et d'un petit poignard. Ces 
pièces, des XV e et XVI e siècles, et de forme générale- 
ment ronde, ont été cisaillés sur leurs bords par les 
Beys de l'époque qui se procuraient des ressources 
au moyen des parties ainsi détachées de ces pièces. 
Le terrain où la découverte a eu lieu appartient en 
propre à la commune qui l'avait acquis de particu- 
liers pour l'agrandissement du lycée. L'Etat n'a donc 
élevé aucune prétention à la propriété de ce trésor, 
dont la destination doit être réglée par l'article 716 
du Gode civil. Il serait à désirer que la commune 
conservât ce trésor en entier pour le déposer au 
Musée de la ville; il suffirait, pour cela, qu'elle versât 
à l'ouvrier inventeur une indemnité représentant la 
part qui lui revient. 

* 

* * 

Sur le plateau du Mansonrah, à droite de la route 
qui conduit à la caserne de la Remonte et en bor- 
dure de cette route, M. Raygot (Alexis), casernier 
du Génie en retraite, vient de découvrir, clans un ter- 
rain dont il s'est rendu récemment acquéreur, des rui- 
nes 'romaines paraissant avoir une certaine impor- 
tance ; les murs ont été construits avec d'énormes pier- 
res de taille, et dans la direction nord-sud. Au centre 
de ces constructions, non encore entièrement fouil- 
lées, se trouve un petit bassin circulaire de m 70 de 
profondeur sur 0"i5 de diamètre, également cons- 
truit avec des pierres spécialement taillées et as- 



— 293 — 

semblées à cet effet; au fond de ce bassin, qui est 
cimenté, existe une ouverture ronde à laquelle était 
adaptée un reste de tuyau de conduite en terre. Il 
est difficile, dans l'état actuel des fouilles, de préci- 
ser la destination de ce petit bassin circulaire, qui 
pouvait peut-être servir à recueillir de l'eau, mais 
il ne pouvait pas en contenir une bien grande quan- 
tité. 

Tocquevilie 

M. l'Abbé Gauthier, curé de ce village, n'a pu dé- 
terminer encore exactement les dimensions et l'épo- 
que de la petite basilique, dont il nous a entretenus 
l'an dernier, près de la mechta d'Aïn-Zer'aba. Il nous 
communique les deux inscriptions suivantes, trou- 
vées dans la même région. 

1° SATVR 

NONVM 
1N1SAN 
CTO ET O 
PI SANG 
RODIO 
LVCIV.-s 
SACERDO 
SA RAM 
DEDICAVT 
SVIS SVMT 
ANPCCLXIII 
R- R. 

Saturno numini sancto et Opi sanc (tœ) Radio? Lucius 
sacerdos aram dedicavit sais sum(p)t(ibus) An(no) 
P(rovinciœ) CCLXIII B(onis) ll(enc). 

Le nom de la déesse Ops est assez rare sur les 

monuments épigraphiques. 

2° Au même endroit une pierre frustre et grossie- 



— 294 - 

rement gravée porte seulement : mesa. Probable- 
ment Me(n)sa. 

3° Dans le même terrain : 

D- M. S- 
IVL. FELIX- FA 
BER. IVLI. FEL 
ICIS FILIVS 
VIXSIT A NI 
S- XXX- A- P. CCLVII 
AC- VRB- VXO- El- F- 

Jul(ius) Félix Faber Juli(i) Felicis filius vijcsit an(n)is 
XXX. A(nno) P(rovinciœ) CCLVII. Ac(ilia) Urb(ana) 
uxo(r) ej(us) f(ecit). 

Deux grandes briques portant le chrisme ont éga- 
lement été trouvées près de la petite basilique où se 
trouvait, selon toute apparence, l'inscription men- 
tionnant le Locus Tituli Sancii Rogationi Marturis, re- 
trouvé à quelques mètres de cette modeste chapelle. 
Malheureusement, malgré les recommandations de 
l'abbé Gauthier, qui ne pouvait enlever ces briques 
et ce tiiulus au moment où on le découvrit, tous ces 
objets ont disparu et il est à craindre que les Arabes 
ne les aient brisés. Quand on est venu les chercher, 
il n'y avait plus ni pierre, ni briques. 

Khenchela 

A 7 kilomètres au sud-est de Khenchela, M. Durili, 
propriétaire d'une ferme importante, vient de mettre 
à jour des ruines qui offrent un certain intérêt. Nous 
ne pouvons que les signaler pour le moment. Grâce 
a l'obligeance du propriétaire, de M. Reygasse, ad- 
ministrateur-adjoint de la commune mixte de Khen- 
chela et de M. l'abbé Montagnon, curé de la paroisse, 
notre confrère, M. le chanoine Jaubert a pu visiter 



— 295 — 

ces ruines et nous a fourni, à la dernière heure, les 
quelques renseignements suivants : 

A 50 mètres à l'ouest de la ferme, se trouve une 
vaste salle rectangulaire de 20 mètres sur 15. En 
gros appareil à l'extérieur et revêtus à l'intérieur de 
cailloutés et de ciment sur une épaisseur d'un mètre, 
les murs de cette construction mesurent 1" ; 80. La 
porte de cette salle était cintrée; de chaque côté, à 
la naissance du cintre, de belles pierres sculptées 
en forme de caissons à rosaces supportaient le cin- 
tre lui-même, orné d'un chrisme, flanqué de TA et 
de l'U. 

Il est difficile de déterminer encore la destination 
de cette salle dans laquelle on descendait par deux 
marches. A l'époque byzantine elle a dû être com- 
blée de 30 ou 40 centimètres et servir d'écurie, car 
au milieu, on a retrouvé une série d'énormes dalles 
debout, hautes d'un mètre et supportant des auges 
en pierre; chaque dalle est percée en forme d'anneau 
à m 70 du sol environ. 

Parmi les décombres, on a trouvé les débris d'une 
belle inscription qui peut dater du II e siècle (car elle 
est de très bonne époque) et qui doit provenir d'un 
autre monument, parce que celui-ci ne me paraît pas 
être antérieur au IV e siècle. On y lit en helles lettres 
de m 10 environ : 

TRIVMPr 

flOSTRORV 

AP/1STNO 

Il s'agit évidemment d'une inscription en l'honneur 
d'un triomphe des Césars de l'époque. Il faut ajouter 
que dans le mur de la ferme on voit aussi un débris 



- 296 - 

d'inscription qui paraît de la même époque et porte: 
ET VICTORIIS. 

A cûté de cette salle se trouve, au nord, une petite 
salle dans laquelle est un puits profond de 12 mètres. 

A 40 mètres ouest de cette ruine, le sol est jonché 
de bases de colonnes, corbeaux sculptés et pilastres; 
tout fait présumer que des fouilles permettront d'y 
découvrir une basilique de la fin du IV e ou peut- 
être du V e siècle. 

En effet, près du mur qu'il a rencontré, sans pou- 
voir encore dire à quelle partie de l'édifice il appar- 
tient, M. Durili a découvert, à 2 mètres de profon- 
deur, une augue en pierre d'environ m 70 carrée, 
fermée par une dalle scellée elle-même avec du plâ- 
tre. A l'intérieur de cette auge s'en trouvait une 
autre, longue de ni 60, large de û'"25 et profonde 
de m 30. Cette auge ne contenait qu'un peu de terre, 
mais elle porte au sommet d'une de ses faces extrê- 
mes : 

MEMORIA IVLIANI MARTIRIS (en deux lignes) 
et sur la troisième ligne : KAT -j- 
qu'on peut lire : Memoria Juliani Martiris K(alendis) 
A(ugu$)i(i). 

Mais il est possible que cette inscription soit do- 
natiste, ù cause de l'absence du mot : sancti, avant 
Juliani, et on se demande si, dans le cas ou KAT 
ne représenterait pas une date, il ne faudrait pas lire : 
Memona Juliani martyris KAT(holioorum). Peut-être 
encore pourrait-on lire: Kfalendis) A(ugusti) T(itulati), 
enfermé dans ce Titulua aux Kalandes d'août. 

De plus compétents en décideront. 

M. Gsell va semble i il. recueillircet objet au musée 
de Mustapha. Nous aurons donc l'avis de ce savant 



— 297 - 

En attendant, M. Durili a promis de faciliter les 
fouilles que M. Reygasse va entreprendre, au nom 
de la Société archéologique de Constantine. 

M. l'abbé Montagnon, étant sur place, sera heureux 
de prêter son concours à M. Reygasse et ce dernier 
nous fait espérer, pour le prochain volume, un compte 
rendu détaillé des découvertes qu'il lui aura été donné 
de faire dans les ruines de cette ferme, lesquels sont 
à moins de deux kilomètres au nord-est des cata- 
combes signalées par M. Vars, en 1898, et situées à 
un peu plus de 8 kilomètres, au nord-est du Djaffa, 
à 500 mètres environ du chemin de Khenchela à 
Babar, et non à Bâbord, comme M. Vars l'avait indi- 
qué. 

Mila 

M. Daniel, maire de Mila, a mis à jour des restes 
de thermes; dans une salle rectangulaire, dont un 
des côtés est percé d'une porte précédée, à droite et 
à gauche, d'une retraite en quart de cercle et condui- 
sant à un large couloir au fond bétonné, on a trouvé 
une dalle de pierre décorée de cinq compartiments ; 
celui du milieu contient l'inscription suivante : 

c M 

MEMOH I 

A — A 

Deux trous, pour attacher les chevaux à l'époque 
byzantine, ont été pratiqués, comme d'habitude, près 
de l'arête de la dalle. 

Kalna des Beni-Hammad 

La tour de Minar, qui menaçait ruine, vient d'être 
consolidée; des tirants en fer ont été disposés pour 



- 298 — 

empêcher la dislocation de ce qui reste de ce monu- 
ment; en outre, le minaret a été également conso- 
lidé. 

Guelnia 

M. Joly, délégué financier et architecte du Gou- 
vernement général, continue la restauration métho- 
dique et minutieuse du théâtre de Guelma. Malheu- 
reusement, le manque de crédits ne lui a pas permis 
de donner, cette année, un grand développement à 
son œuvre. 

11 a bien voulu nous communiquer d'abord deux 
stèles à Saturne, trouvées à Aïn-Nechma, et, un peu 
plus tard, deux belles mosaïques découvertes au 
cours des fouilles faites dans l'intérieur de la caserne 
de Guelma; ces mosaïques, qui sont formées de 
dessins géométriques, portent chacune deux inscrip- 
tions, dont l'une, presque entièrement conservée, 
est. ci-après reproduite : 

////iVTVSCON 

SKHVAETIN 

PANTKSEOHVM 

OBDES1D1SRI 

VMAMMIaV 
ITHSLLAVKRVtyT 

Djemila 

Les fouilles de Djemila sont poussées avec vigueur 
sous l'impulsion de M. de Crésolles, ancien admi- 
nistrateur de commune mixte. Les ruines mises à 
jour paraissent être celles d'une partie d'une grande 
et luxueuse habitation où ont été découvertes notam- 
ment deux fort belles mosaïques, bien conservées, 
dont l'une entourée d'une bordure de l'"10 de lar- 
geur, représente des figures humaines el animales. 



- 299 — 

Au cours des fouilles, a été découvert un texte 
gravé sur une base honorifique dédiée par la Répu- 
blique de Cuicul, dévouée à la divinité et à la ma- 
jesté de l'Empereur Valérien. 

imp • CAES 
p • licinio . 

VALERIANO 

INVICTO PIO 

FELICI AVG 

PONTIF • MAX • 

GERMAN • MAX ■ 

TRIB • POT " //// 

P- P- COS III I PROC • S • 

PATR1 DN GAL 

LIEN1 AVG VST I 

REsP ' CVICVLIT • DEVOT 

NVMINI MAIESTAT1 Q MVS 

Les deuxième, troisième, dixième et onzième lignes 
ont été martelées. 

Des pourparlers sont actuellement engagés avec 
les indigènes, propriétaires de terrains avoisinant les 
fouilles, pour obtenir la cession au profit de l'Etat 
des terrains en question contre d'autres terrains do- 
maniaux qui leur seraient attribués en dehors des 
ruines. 

Lambèse 

Les déblais du camp de la III e Légion ont été re- 
pris, mais les résultats n'ont pas été satisfaisants. 
Parmi les objets trouvés, on signale une statuette 
ailée en bronze de 7 centimètres de hauteur et de 
6 centimètres de largeur, des monnaies de bronze, 
deux bagues du même métal, une lampe, un anneau 
et une jolie intaille en pierre rouge transparente, re- 



- 300 - 

présentant un guerrier casqué, debout, un manteau 
sur ses épaules laissant le torse nu; la main gauche 
s'appuie sur un bouclier, le bras droit coudé tient 
une lance. 

Sétif 

On consolide en ce moment les voûtes du château 
d'eau romain découvert à Sétif; il serait question de 
l'utiliser pour les besoins de la ville, en laissant à 
ces ruines l'intégralité de leur caractère. 



D J 



Tiinrjad 

Au courant de l'année 1909, les fouilles de Tim- 
gad ont porté sur l'achèvement de la découverte du 
monastère de l'ouest, de la pose de gradins au 
théâtre et sur l'entretien des ruines. En outre, on a 
découvert des maisons, des thermes près du monas- 
tère de l'ouest, d'un monastère au nord, des con- 
duites d'eau et plusieurs inscriptions dont voici les 
deux plus importantes : 

1MP • caesa//// maximo medico 

AVG • PO////J/ ANTONIN1 F1LIO 
DIVI////////// DIVITHAIANI PAR 
THICl///////// CVMSTATVIS ET///// 
CMOD//// AVGVSTI PB' PATHONVri 
AE- D////IONVM PECVNIA PVBL1CA 

////// ANTONINO AHMENIACO 
////// POTEST XXV IMI'- V COS III //// 
////// MAXIMV FRATR1 DIVI HADRIANI 
/////////// NERVAR A /////////////// 
///////////// LEGATVS //////////// 

Les aulics inscriptions sont ou incomplètes ou 
pi esque toutes tumulaires 



— 301 — 

Beaucoup de fragments divers en pierre et en 
marbre, d'objets en terre cuite, en bronze, en plomb, 
en os, en verre ont été également découverts et dé- 
posés au Musée. Parmi ces objets, on remarque une 
très jolie intaille en cornaline, représentant une tète 
de Gérés, avec profil regardant à droite. 

Longueur 15 centimètres, largeur 12 millimètres, 
épaisseur 9 millimètres. 

* * 

Recherches préhistoriques 

Notre dévoué trésorier, M. Debruge, qui avait 
bien voulu se charger d'aller étudier sur place, dans 
la région de Tébessa, diverses stations préhistori- 
ques signalées par M. Latapie, gendarme à Tébessa, 
dont les indications à cet égard nous ont été si pré- 
cieuses, nous écrit ce qui suit : 

Monsieur le Président, 

Je rentre de la région de Tébessa, où j'avais mission de 
notre Société, d'aller étudier sur place les diverses époques 
d'habitat aux périodes préhistoriques, et je suis heureux de 
vous mettre au courant des résultats que j'ai eu la satisfac- 
tion d'obtenir. Je dois, en premier lieu, remercier MM. le 
Maire, l'Administrateur et le Commandant d'armes, pour 
leur précieux concours et le bienveillant accueil qu'ils m'ont 
réservé, et je vous signalerai aussi, d'une façon toute spé- 
ciale, le collaborateur dévoué que j'ai rencontré en M. La- 
tapie, gendarme, lequel avait bien voulu attirer notre atten- 
tion sur divers points de la région qu'il habite. 

Dans mon compte rendu pour le Bulletin, j'aurai à m'é- 
tendre longuement sur tout ce que j'ai vu et fait, aujourd'hui 
je me bornerai à vous résumer succinctement mes travaux, 
afin que vous puissiez en rendre compte à la Société archéo- 
logique à notre prochaine réunion. 



- 302 - 

J'ai voulu d'abord étudier ce que pouvaient être les sta^ 
lions désignées sous le nom d'escargotières par divers 
auteurs, car il m'avait paru qu'on glissait un peu à tort sur 
ces emplacements d'habitat et qu'on leur attribuait une 
époque d'occupation relativement récente ; or, j'ai la ferme 
conviction qu'elles sont du plus puissant intérêt et d'une 
époque très reculée. 

Par escargotière, j'entends un amas considérable de 
cendres noires et de coquilles terrestres, sur une surface 
variable de 5 à 20 mètres dans tous les sens et sur une 
profondeur moyenne de l ra 50, dans lequel on recueille une 
superbe industrie de silex taillés, de rares os polis, des 
débris de coquilles d'oeuf d'autruche et divers objets pou- 
vant netlement caractériser l'époque d'habitat. 

Nulle trace de pierre polie, pas plus que de poterie. Les 
ossements d'animaux fortement fossilisés, très rares, ne 
s'y rencontrent guère que dans la proportion de 1 pour 
4,000 à 5,000 escargots, ce qui nous amène à dire que les 
habitants de ces stations se nourrissaient pour ainsi dire 
spécialement de mollusques terrestres; aussi la comparai- 
son est-elle grande avec les amas de coquilles marines 
laissées par les ichtyophages des côtes du Danemark et du 
Portugal. 

J'aurai du reste à revenir sur cette intéressante question 
et sur des constatations faites antérieurement au cours 
d'autres fouilles. 

Je me suis rendu à El Oubira, à 22 kilomètres sud-ouest 
de Tébessa, pour y fouiller une station de flèches, soi-disant 
berbères, et là aussi, marchant de surprise en surprise, j'ai 
recueilli un outillage absolument inédit et j'aurai besoin 
des conseils de savants plus autorisés que moi avant de 
pouvoir émettre une opinion. 

Trois dolmens, un tumulus, une escargotière avec osse- 
ments humains ont reçu aussi ma visite et, enfin, pour ter- 
miner, j'ai poussé jusqu'à El-Malabiod, à près de 45 kilomè- 
tres, pour constater la présence d'une industrie franchement 
chelléenne. Là, on recueille sur plusieurs kilomètres, le 
long de la rivière, le véritable coup de poing des fameux 
gisements de France. 



- 303 — 

Il y aurait là une fouille du plus puissant intérêt à pra- 
tiquer pour trouver les matériaux en place, et, hélas! j'ai 
dû tout abandonner, à faute de temps et surtout de fonds. 

Mon ouvrier est demeuré à Tébessa pour terminer ma 
tâche, jusqu'à épuisement des fonds alloués, nul doute que 
de nouvelles découvertes ne viennent encore s'ajouter à 
celles que je vous signale. Cet ouvrier s'y entend presque 
aussi bien que moi, c'est lui que j'ai occupé pendant cinq 
ans à Bougie et c'est lui qui a fouillé la grottedes Ours et 
la grotte du mouflon, à Gonstantine en 1908. 

Tels sont, mon cher Président, courtement résumées, 
mes impressions sur ma mission. 

Toujours dévoué à notre vieille et belle société, je vous 
prie de croire à mon attachement à la rendre prospère. 

* 

* * 

En terminant, nous tenons à adresser les plus vifs 
remerciements de la Société archéologique à notre 
Président d'honneur, M. Phelut, l'honorable et dis- 
tingué préfet de Gonstantine, qui a bien voulu auto- 
riser MM. les Administrateurs des communes mixtes 
du Département à nous allouer une petite subvention 
pour remplacer celle que le Conseil Général s'est vu 
dans la nécessité de nous supprimer. 

Nos remerciements bien sincères doivent aller 
également à notre cher collègue et ami, M. le Secré- 
taire Général Arripe, qui, avec son amabilité ordi- 
naire, nous a prêté son bienveillant et utile concours 
dans cette circonstance. 

Enfin, nous remercions tout particulièrement ceux 
de MM. les Administrateurs du Département qui 
ont bien voulu répondre à la demande de notre 
Société. Les charges des communes sont lourdes et 
les budgets communaux parfois assez maigres ; la 



— 304 — 

Société n'en a été que plus sensible aux envois qui 
lui ont été adressés. Pour si modestes que soient 
les subventions, elle n'en remercie pas moins avec 
eiïusion MM. les Administrateurs qui veulent bien 
les lui faire obtenir et les lui continuer. 

Le Bulletin qu'elle publie annuellement leur a été 
envoyé l'an passé et leur sera régulièrement adressé 
à l'avenir; au cas où il ne leur parviendrait pas, ils 
devront le réclamer au Présient de la Société. 

J. MAGUELONNE, 

Président de la Société archéologique. 



NÉCROLOGIE 



Au moment de faire paraître le présent volume^ 
nous apprenons avec peine la mort de M. Charles 
Desjahdins, directeur des Contributions diverses en 
retraite, chevalier de la Légion d'Honneur, décédé à 
Constantine, le 13 février 1910, dans sa 73 e année. 

Notre regretté collègue avait rempli pendant plu- 
sieurs années les fonctions de trésorier de la Société 
et il était très assidu à nos réunions. 

Au cimetière, M. Maguelonne, président de la 
Société, lui a adressé, en ces termes, un dernier 
adieu : 

Discours de M. Maguelonne 

Messieurs, 

Au nom de la Société archéologique de Constantine, 
je viens dire un dernier adieu à notre regretté collègue 
et ami M. Desjardins. 

M. l'Inspecteur des Contributions diverses vous a 
dit en termes émus, au nom de l'Administration dont 
il est le représentant autorisé, ce que fut M. Desjardins 
comme homme privé et comme fonctionnaire. Mais les 
fonctions dont il était investi ne suffisaient pas à occu- 
per la grande activité de celui que nous pleurons au- 
jourd'hui. 

Pour reposer son esprit des lourds labeurs que lui 
imposaient les devoirs de sa charge, il aimait, aux rares 
moments de loisir que lui laissait son important ser- 
vice, à se tenir au courant des découvertes de la science 
et plus particulièrement à étudier les choses de l'anti- 
quité. 

Aussi, à peine arrivé à Constantine en qualité de 
Directeur des Contributions diverses, exprima-t-il le 



- 306 — 

désir de prendre part aux travaux de notre Compagnie 
qui fut heureuse de lui donner une place parmi ses 
membres. 

Il assistait régulièrement à nos séances, et il y appor- 
tait ce jugement droit et sûr. cet esprit délié qui fai- 
sait le charme de ses conservations. 

En iqo ). il voulut bien accepter les fonctions de Tré- 
sorier de notre Société, et il les remplit avec un zèle et 
un dévouement absolument dignes d'éloges. Il dut les 
résilier en 1908, parce qu'il se sentait fatigué et que sa 
vue. faiblissant, ne lui permettait plus de lire et surtout 
d'écrire facilement. A partir de ce moment, nous 
eûmes le regret de ne plus le voir aussi assidu à nos 
réunions. Nous étions cependant loin de nous douter 
qu'il fut si gravement atteint et rien ne pouvait nous 
laisser supposer que sa fin fut si proche. Aussi, c'est 
avec une profonde douleur que nous avons appris la 
nouvelle de sa mort. 

Au moment de nous séparer de votre dépouille m >r- 
telle, je tiens à vous apporter, mon cher collègue et 
ami, le témoignage de notre vive atl'ection; votre sou- 
venir restera vivant parmi nous et ce souvenir sera 
celui d'un homme de bien, d'un homme d'honneur. 

Notre pensée se porle également vers votre chère 
famille, vers votre épouse éplorée, vers vos enfants et 
vos petits-enfants en larmes, et à tous j'adresse l'ex- 
pression de notre douloureuse sympathie; puissent 
nos sentiments attristés être pour eux un léger adou- 
cissement a leur légitime affliction. 

Nous nous découvrons très respectueusement de-' 
vaut la dépouille mortelle de celui qui fut un homme 
de bien, un excellent père de famille et un fonction- 
naire intègre, et nous assurons de nouveau sa famille 
de la grande part que nous prenons à sa douleur. 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages. 
Présidents honoraires. — Composition du 
Bureau pour 1909 et Commission des manus- 
crits III 

Membres honoraires IV 

Membres titulaires V 

Membres correspondants VllI 

Sociétés correspondantes XI 

Sociétés étrangères XV 

Une inscription de Mdaourouch. — M. Jean 
Martin 1 

Les Haciendas romaines. — M. L. Jacquot. . 9 

Arabes et Auvergnats. — Lieutenant Maitrot. 23 

La source d'Aïn-el-Ksar. — M. U. Hinglais . 91 

Le Crucifix de Clair fontaine. — M. U. Hinglais. 93 

La Kalàa des Beni-Hammad (Maâdid). — M. A. 

Robert 97 

Ruines et vestiges anciens relevés dans la pro- 
vince de Constantine. — MM. L. Joleaud et 
A. Joly 101 

Etude ethnographique sur la population indigène 
de lacommune mixte d' 'Aïn-M'lila. — M. A. 
Robert 161 

Tète de faune en bronze. — M. A. Robert . . 177 

Pierre tumulaire trouvée entre Navarin et Bellàa 
— M. A. Robert 179 

Notes sur les ruines du Municipium ^-Elium 

Choba. — C ns Ed. Pousset 181 



- 308 — 

Pages . 
Travaux antiques d'irrigation et de culture dans 
la région du Djebel-Ôuk. — D r Cakton . . 193 

Stations préhistoriques des environs de Tebessa. 225 

Monographie géographique et historique de la 

tribu du Hodna oriental. — M. J. Maguelonne 233 

Quelques inscriptions de l'année 1909. — M. A. 
Vel 255 

Catalogue des objets préhistoriques renfermés 
dans les vitrines du Musée de Constantine. — 
M. A. Debruge 267 

Chronique. — M. J. Maguelonne 289 

Nécrologie (M. Desjardins) 305- 






STORAGE 



UNIVERSITY OF FLORIDA 




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■*T 



EXTRAIT DES STATUTS 

DE LA 

SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE CONSTANTINE 



Article premier. — La Société archéologique du départe- 
ment de Constantine a été fondée en 1852 dans le but de recueil- 
lir, de conserver et de décrire les monuments antiques du dépar- 
tement ; elle a aussi pour but de favoriser l'étude de l'histoire, 
de la géographie et de l'archéologie algérienne; elle peut 
accueillir également des communications intéressant l'Afrique 
septentrionale. 

Art. 3. — Le nombre des membres titulaires est illimité. On 
en fait partie après en avoir fait la demande par écrit, avoir été 
présenté par deux membres et admis au scrutin secret et à la 
majorité des voix dans la séance qui suit celle de la présentation. 

Art. 22. — Les membres correspondants, sur leur demande 
écrite et sur leur présentation par deux membres titulaires, sont 
admis à la pluralité des voix dans la séance qui suit celle de leur 
présentation. La Société peut aussi conférer d'office ce titre à des 
personnes qui lui adressent des travaux pour son 'Recueil ou des 
communications utiles. 

Art. 29. — La Société laisse aux auteurs la responsabilité 
des faits et déductions historiques, archéologiques, scientifiques 
ou autres, exposés dans les mémoires imprimés dans son Recueil. 

Art. 32. — Les membres titulaires de la Société sont astreints 
à une cotisation annuelle de douze francs, les membres corres- 
pondants à une cotisation annuelle de cinq francs, payable inté- 
gralement dans le courant du mois de janvier. 

Le prix du diplôme est fixé à cinq francs pour les membres 
titulaires ou correspondants. 



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