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Full text of "Recueil de têtes antiques idéales ou idéalisées"

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THE GETTY RESEARCH INSTITUTE LIBRARY 
Halsted VanderPoel Campanian Collection 



V 



RECUEIL 



TÊTES ANTIQUES 



IL A ETK IMPRIMK DE CE LIVRE 



Cinquante exemplaires sur papier du Japon. 



SALOMON REINACH 



RECUEIL 



DE 



TÊTES ANTIQUES 

IDÉALES OU IDÉALISÉES 




PARIS 
GAZETTE DES BEAUX-ARTS 

8, RUE FAVART 
MDCCCCIII 



THE GE7TY RESEARCH 
INSTITUTE LIBRARY 



PRÉFACE 



Le titre de cet ouvrage pourrait se passer de commentaires. 
Il dit assez que j'ai voulu offrir aux amateurs et aux historiens de 
l'art antique une collection de têtes grecques et romaines, repro- 
duites avec soin et à grande échelle, à l'exclusion des portraits, 
dont il existe déjà plusieurs bons recueils. 

De ces recueils, les plus anciens dont on fasse encore usage, 
ceux de Visconti et de Mongez, n'ont pas cessé d'être utiles; ils 
ont été complétés de nos jours, sinon tout à foit remplacés, par les 
deux grands ouvrages de M. Bernoulli sur l'Iconographie grecque 
et romaine, illustrés de dessins et de phototypies qui ne méritent, 
à peu d'exceptions près, que des éloges. Enfin, ceux qui aiment 
les exercices de gymnastique en chambre, ou ne craignent pas de 
contracter des infirmités pour l'amour de l'art, peuvent manipuler 
l'énorme collection de portraits grecs et romains, due à l'industrie 
de la maison Bruckmann et au savoir archéologique de M. Paul 
Arndt. Cette collection est encore inachevée, et elle pèse déjà 
120 kilogrammes \ Chaque photographie, tirée au charbon, est 
collée sur un carton de format et de poids également formidables ; 
et il arrive que la même tête antique, d'ailleurs insignifiante, est 
reproduite sous trois aspects sur trois cartons, alors qu'une photo- 
gravure haute de deux pouces aurait suffi à tous les besoins. Pour- 
quoi n'avoir pas fait tirer ces beaux clichés en héliogravure ou en 

* Prix : 1500 francs. 



II PREFACE 

photolypie, dans un format maniable et sur papier? C'est, disent les 
gens portés à la médisance, qu'il aurait fallu vendre ces planches 
beaucoup moins cher. J'ignore si les médisants ont raison ; mais je 
n'ai pas voulu suivre l'exemple qu'ils critiquent en ajoutant à une 
série d'ouvrages aussi difficiles à payer qu'à manier. Je liens que 
ces publications, malgré leur mérite intrinsèque, sont préjudi- 
ciables à la science, parce qu'elles creusent autour des monuments 
de l'art une sorte do fossé que seuls quelques privilégiés peuvent 
franchir. Je crois qu'on peut et qu'on doit mettre les matériaux de 
l'histoire à la portée du public sans lever sur lui un impôt exor- 
bitant. Voilà bien des années que j'y donne mes soins, avec la 
conscience de servir la cause des travailleurs ; l'accueil qu'ils ont 
fait à mes pubUcations précédentes — Bibliothèque des monu- 
ments figurés^ Répertoire de la statuaire, liépertoire des vases 
peints — me persuade que je n'ai pas perdu ma peine et mon 
temps. 

On s'étonnera peut-être que je publie des dessins, au lieu de 
phototypies ou d'héliogravures. Sauf deux exceptions, tous les 
dessins de M. Weber, exécutés sur papier procède', ont été 
calqués sur des photographies, puis examinés minutieusement par 
moi, de concert avec cet excellent artiste, retouchés à plusieurs 
reprises et souvent recommencés. Ils off'rcnt, je crois, toutes les 
garanties d'exactitude désirable et sont d'un aspect bien plus 
agréable que des phototypies. Assurément, des héliogravures Dujar- 
din ne seraient pas moins jolies à regarder et inspireraient peut-être 
plus de confiance; mais ceux qui sont au courant des procédés de 
reproduction mécanique savent que la bonne héliogravure est très 
dispendieuse. Le présent volume, illustré de la sorte, aurait 
coûté quatre fois plus à établir et devrait, par suite, se vendre 
quatre fois plus cher. En outre, l'héliogravure comporte un travail 
de retouche très considérable, où la personnahté d'un graveur-des- 
sinateur se superpose à l'image fournie par la lumière. C'est donc 
presque exactement la même chose que dans les dessins que je 
publie, puisque le talent de M. Weber s'est exercé sur des photo- 
graphies ou sur des agrandissements photographiques. L'avantage 



PREFACE m 

de l'héliogravure, au point de vue de la fidélité quasi mécanique, 
est bien moindre qu'il ne paraît au premier abord. 

Enfin, j'avais une raison décisive de renoncer aux procédés 
photographiques. Parmi les têtes que je voulais reproduire, il en 
est un bon nombre dont les photographies ne sont pas dans le 
commerce ; pour en faire exécuter de nouveaux clichés, il aurait 
fallu des démarches sans fin et de lourdes dépenses. Celles même 
dont les clichés sont dans le commerce ne peuvent être pubhées 
sans une entente, toujours onéreuse, parfois difficile, avec les mai- 
sons qui sont propriétaires des clichés. 11 est vrai que Ton a tou- 
jours la ressource de faire photographier des moulages, par 
exemple dans les grandes collections de Paris, de Dresde ou de 
Strasbourg; j'ai inséré, en effet, dans le texte du présent livre, 
quelques excellentes simihgravures d'après des photographies de 
moulages. Mais combien il est rare que des photographies de plâtres 
soient absolument satisfaisantes ! J'en possède près de six cents, 
prises, expressément pour moi, par un photographe très expert, 
dans le musée admirablement éclairé de l'Université de Strasbourg ; 
or, dans le nombre, il n'y en a pas trente que je pourrais faire 
reproduire sans une retouche très minutieuse de l'épreuve à l'encre 
de Chine et à la gouache. Retouche pour retouche, j'aime mieux 
le travail intelUgent d'un artiste comme M. Weber et je préfère à 
des photogravures truquées des dessins sincères, exécutés sur des 
photographies. 

On ne trouvera pas, dans ce volume, toutes les têtes antiques qui 
offrent de l'intérêt pour l'histoire de l'art. En 1898, quand j'ai 
annoncé d'abord mon projet d'un Uecueil de têtes, je parlais d'en 
réunir cinq cents ^; je ne suis pas arrivé à ce chiffre, et le volume 
est déjà un peu trop gros. Je tenais à ce que tous les dessins fussent 
exécutés par le même artiste et le jour est venu où M. Weber 
s'est senti fatigué d'un travail aussi pénible. Sur le conseil de 
quelques amis compétents, je me suis décidé à donner ce que 
j'avais en portefeuille; peut-être publierai-je quelque jour un second 

' Bépertoire de la statuaire, t. II, p. viii. 



IV PRÉFACE 

volume, où figureraient bien des morceaux célèbres qui man- 
quent à celui-ci, comme les têtes des bas-reliefs du Parthénon, 
des frontons d'Olympie, de la frise de Pergame. Mais les belles 
histoires de l'art antique que nous possédons aujourd'hui, celles de 
MM. CoUignon, Gardner, Springer-Michaelis, Sybel, etc., repro- 
duisent toutes un choix des monuments dont il vient d'être ques- 
tion ; je me console facilement de n'avoir pas tout donné, par la 
pensée que j'ai réuni un ensemble dont on ne trouverait pas l'équi- 
valent ailleurs. 

En théorie, il est facile de dire que l'on exclut les portraits d'un 
recueil de têtes idéales ou idéaUsées ; mais, dans la pratique, on 
s'aperçoit bientôt que la limite est souvent fort incertaine. 

L'art plastique, dans la représentation de la figure humaine, 
tend toujours vers le portrait, parce qu'il est nécessairement sous 
l'influence du modèle vivant. 11 arrive qu'une tête archaïque 
donne l'impression d'un portrait, simplement parce que l'artiste, 
encore embarrassé de sa besogne matérielle, n'a pas su s'élever 
assez haut ; l'illusion de la ressemblance voulue tient moins alors, 
comme l'a si bien dit M. Heuzey, « à la recherche de l'expression 
individuelle qu'à l'impuissance de créer un type idéal ^ ». D'autre 
part, nous avons des marbres grecs qui prétendent être des por- 
traits, comme le Périclès du Musée Britannique, certains Alexan- 
dre, la plupart des Antinous, et qui sont, en réalité, des inter- 
prétations très libres d'un type fourni par la nature ou par la 
tradition. La base de la statue de Périclès par Crésilas, retrouvée 
sur l'Acropole d'Athènes, date de 440-430, époque où l'homme 
d'Etat athénien était déjà âgé ; or, toutes les copies qui en dérivent 
représentent un homme dans la fleur de l'Age, parce que l'original 
n'était pas un portrait réaliste -. 

Assurément, les Grecs ont sculpté des portraits réalistes avant 
le m* siècle ; mais les exemples que signalent les textes prouvent 



' Heuzoy, Catalogue des terres cuites du Louvre, p. 13i; cf. Lechat, Musée de 
l'Acropole, p. 187. 



* Gardner, Ilandbook of ijreek sculpture, p. 318. 



PRÉFACE V 

que ces œuvres étaient considérées comme des exceptions '- et 
Pline dit expressément que les premiers portraits réalistes, par 
opposition aux portraits idéalisés, furent Tœuvre du frère de 
Lysippe, Lysistrate ^. Ce n'est qu'à partir du f siècle de l'ère 
chrétienne qu'on trouve, du moins en abondance, de ces portraits 
où tout le talent de l'artiste s'est appliqué au rendu implacable 
de la, nature. Cromwell, posant devant le jeune peintre Lely, 
lui disait : « Peins-moi tel que je suis ; si tu omets les cicatrices 
et les rides, je ne te pa^^erai pas un shilling ^ » Les modèles 
du goût de Cromwell sont assez rares, et il ne s'en est pas 
rencontré à toutes les époques. Pour nous en tenir à l'anti- 
quité, il y a dans les Musées des centaines de têtes antiques qui 
pourraient prétendre à figurer indifféremment dans mon recueil et 
dans celui de M. Arndt. J'ai puisé le moins possible dans ce lot de 
têtes qui flottent, pour ainsi dire, entre la réalité et l'idéal, plus 
voisines de celle-là que de celui-ci; du reste, j'avertis dans le 
texte chaque fois que la question « portrait » se pose et je justifie 
ou j'excuse ceux de mes choix qui peuvent paraître en contradiction 
avec mon titre. 

Le texte a été rédigé avec la préoccupation constante de rendre 
sensible, par l'étude détaillée des têtes, la diversité des écoles et 
l'évolution de l'art. Le style d'un artiste, comme je l'ai dit ailleurs*, 
s'affirme surtout dans sa manière de figurer les traits du visage ^ ; 
on peut faire une histoire de la peinture italienne rien qu'en clas- 
sant, par écoles et par époques, les têtes de Vierges peintes par les 
divers artistes. Assurément, le rendu des muscles et des extré- 
mités, mains et pieds, sans compter d'autres particularités, telles 



' Pline, Uisl. Nat., XXXIV, 83: Quintilien, XII, 10; cf. J. Lange, Darstelliing 
des Menschen, p. 31, 165. 

- Pline, Hist. Nat., XXXV, 153. 

' Macaulay, Warren JJastings. 

* Gazette des Beaux-Arts, 1902, II, p. 449-470. 

' Le premier à entrer résolument dans cette voie fut un médecin, le D"^ Hugo 
Magnus, auteur d'un livre sur la manière de figurer les yeux dans l'art antique 
[Die Darstellung des Auges, Leipzig, 1892). Ce n'est d'ailleurs qu'un essai plein 
d'erreurs (cf. Kalkmann, Philologische Wochenschrift, 1893, p. 661). 



VI PREFACE 

que les poils, fournit aussi des principes de classification et d'iden- 
tification dont Morelli et Furtwaengler ont montré l'importance; 
mais l'étude des têtes, outre qu'elle est plus attrayante, offre encore 
cet avantage qu'on y trouve réunis, sur un espace restreint, 
nombre de détails variables que l'on peut énumérer et définir. 

Ce qui ressort surtout d'une pareille étude, c'est que la nature 
a été la servante, mais non la maîtresse des grands artistes du 
passé. Un Phidias, un Polyclète, un Praxitèle a ses partis pris 
dans le rendu de la forme ; il les transmet à ses élèves, en qui 
et par qui ces enseignements évoluent. L'observation directe de la 
nature influe fort peu, ou n'influe pas du tout sur cette évolution ; 
elle la règle seulement, en l'empochant de s'égarer hors des limites 
de ce qui est physiquement possible. Le passage de l'ovale carré 
à l'ovale allongé du visage, de Phidias à Praxitèle, ne tient pas à 
une observation plus exacte de la nature, mais à la lente trans- 
formation d'un idéal de beauté. L'histoire de l'art est surtout celle 
d'un idéal qui évolue, tant en raison des principes internes de 
changement qui sont en lui que des rencontres d'idéals différents 
ou môme opposés, d'où résultent une antithèse d'abord, puis un 
compromis ou une synthèse. Le rôle des génies individuels se 
trouve ainsi restreint, alors que celui des écoles, des traditions, 
des ateliers s'accroît d'autant. Ce qui est vrai des Grecs l'est aussi 
des artistes de la Renaissance et, dans une très large mesure, des 
artistes modernes. Le fait qu'un artiste se croit de bonne foi l'élève 
de la nature est une illusion qu'on peut lui pardonner, d'autant 
mieux qu'elle est plus de vingt fois séculaire ' ; en réalité, il est 
l'élève de son maître, qui est l'élève d'un autre maître, et l'obser- 
vation directe de la nature n'a jamais fait qu'il parût un Millet au 
XV* siècle ou un Signorelli au xix". Si les relations du grand art 
avec la nature étaient telles qu'on se les figure volontiers, il n'y 
aurait pas d'histoire de l'art, mais seulement des biographies 
d'artistes. Or, il se trouve précisément qu'avec le progrès de nos 

' Lysippe déjà, vers 330 av. J.-C, prétendait n'avoir eu d'autre maître (pie la 
nature : nous sommes en mesure, malgré l'imperfection de nos connaissances 
sur l'art grec, de réduire d néant cette prétention. 



PREFACE vu 

études on reconnaît que les artistes sont des individualités presque 
négligeables et que l'objet essentiel d'une histoire de l'art, c'est 
l'art lui-même, évoluant grâce à des individus, mais plutôt dans 
leurs œuvres qu'en vertu de leur initiative. Le génie lui-même 
n'échappe au déterminisme universel qu'aux yeux de ceux qui le 
regardent de trop près. 

C'est dans l'espoir de contribuer à établir cette vérité, qui élève 
l'histoire de l'art à la hauteur d'une science naturelle, que je livre 
au public un recueil où il en trouvera la démonstration pour peu 
qu'il l'y veuille chercher. 

Salomon Reinach. 

Février 1903. 



RECUEIL 

DE TÈTES ANTIQUES 



EXPLICATION DES PLANCHES 



PLANCHES 1 ET 2 
TÈTE D'ATHLÈTE EN MARBRE 

[Glyptothèque de Ny-Carhbcrg.) 



Découverte, dit-on, à Athènes, près de l'usine à gaz, cette tète en 
marbre de Paros* appartint d'abord à Olivier Rayet et l'ut acquise, 
lors de la vente de sa collection, par M. Jacobsen, fondateur de la 
glyptothèque de Ny-Carlsborgprès de Copenhague. Elle est connue, 
en archéologie, sous le nom de tète Rayet. 

On peut étudier ici quelques caractères essentiels de l'archaïsme 
attique vers 1 an 520 avant J.-C, encore imprégné des traditions de 
la sculpture en pierre calcaire : face aux joues massives, presque 
ronde, gros yeux très ouverts, à fleur de tète et un peu obliques, 
bouche grande avec lèvres épaisses, menton saillant, pommettes 
accusées^. La ligne médiane de la bouche est arquée, avec un léger 
relèvement aux coins et une échancrure au milieu. C'est le type 
de la bouche dite éginé tique (ainsi nommée des statues qui déco- 

* Haut., O-o.Sl. Traces de couleur rouge sur les lèvres, les yeux et les che- 
veux. 

* Sur l'expression bienveillante et un peu niaise de ces têtes, voir Gardner, 
Journal of hellenic sludies, 1887, p. 187 ; Holleaux, Bulletinde correspondance fiel- 
lé7iirjt(e,\S^2, p. oOo; Ilomolle, ibid., 1900, p. 4ao. 

1 



2 PLANCHES 1 ET 2 

raient les frontons d'Égine); mais, dans les tètes do cotte prove- 
nance, la bouche est plus fine et la ligne médiane forme un arc de 
cercle plus prononcé. 

Lacomparaison des yeux avec ceux des statues du v^ot du iv*' siècle 
est très instructive. L'art grec, à ses débuts, croyant donner l'illusion 
de la vie, fait les yeux très gros et les met comme on évidence ; au 
v* siècle, il les dessine avec plus de régularité et do discrétion ; au 
i\-* siècle (voir pi. 152), il reconnaît que l'expression des yeux no 
dépend pas de leur grosseur et de leur saillie, mais de leur encadre- 
ment; il projette sur eux l'ombre des sourcils, en diminue l'ouverture 
et raccorde les paupières inférieures aux jouos par dos gradations 
atténuées '. 

Les oreilles sont celles d'un athlète, tuméfiées par l'effet des coups 
de poing-. Les cheveux sont divisés en boucles courtes et symétri- 
ques, rayonnant du sommet de la tète et s'étageant en trois bourre- 
lets, dont le plus saillant encadre le front. 

On a rapproché avec raison celte tôte d'athlète de l'Athéna du 
fronton archaïque de l'Acropole^, dont elle ala simplicité d'exécution 
et la fermeté. A cet égard, elle contraste avec les œuvres raffinées 
jusqu'à l'afféterie qui ont été exécutées à Athènes, vers la môme 
époque, sous l'influence de l'archaïsme ionien '•. 

' Conze, Ueber Dat'slelliing des Auffes in der antiken Sfciilptuf. in Berl. Silzuiigs- 
ierichle, 1892, p. 27; E. Gardnor, Ilandhook of greek sculpture, p. 160. 171, 380. 

' Rayot, Éludes d'archéologie, p. 4 (avec les textes antiques sur les oreilles 
d'athlttes). M. Lechat (Mélanges l'errol, p. 210) conteste que le gonflement et la 
déformation de certains cartilages de l'oreille soient dus à de violents coups de 
poing, car alors on n'en trouverait d'exemples que chez les pugilistes. « C'est un 
résultat de la lutte à main plate, drt aux fortes pressions exercées par les bras 
ou les mains d'un des lutteurs sur le côté du crAne de l'adversaire. » Cette 
déformation est indiquée môme sur des têtes de dieux, quand ils sont censés 
avoir .soutenu de longues luttes, comme Ares et Héraklès (Homolle, Hall, de 
corresp. hellén., 1899, p. 455.) 

' Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, p. 376, fig. 193. 

* Hayet, Monuments grecs, \^'l, pi. I {Éludes d'archéologie et d'histoire, pi. I): 
Arndt. Glyplolhèfjue de Sy-Carlsberg, pi. 1 ; \irui\\\-\\vnvV.miu\i\.l)eukmdler, pi. 11G|; 
{laW'xycwan, Ilisloire de la sculpture greci/ue, 1. 1, p. 301, fig. 183; E. Gardner, //««(/- 
hook o/' greek sculpture, p. 177. M. Lechat {Musée de l'Acropole, |). 3u9) attribue à 
l'auteur de la léte Hayet deux statues de provenance aihéiiienue (p. 153 et j). 303), 
remar(|uables l'une et l'autre par la simplicité de la chevelure et « la belle^fer- 
meté du dessin de la bouche, la carrure du maxillaire inférieur et l'ossature très 
accusée du menton. » 



PLANCHES 3 ET i 

PLANCHES 3 ET 4 
TÈTE VIRILE EN MARBRE 

{Musée du Louvre.) 



Cette tête étrange, en marbre des îles S a été exhumée en 1877 à 
Athènes, dans des circonstances qui sont restées inconnues. Elle 
appartint d'abord à Rampin, secrétaire d'ambassade, d'où le nom 
de tête Rampin sous lequel, elle est familière aux archéologues. En 
1896, elle fut donnée au musée du Louvre. Il y a des traces de rouge 
sur la barbe, sur les cheveux et au-dessus de la lèvre, oîi la couleur 
indiquait probablement une légère moustache. Un trou au sommet 
du crâne, servait à l'insertion d'une tige de métal (le meniskos), qui 
empêchait les gros oiseaux de s'y poser*. 

L'aspect général éveille l'idée d'une œuvre de marbre qui conti- 
nuerait les traditions de la sculpture en pierre calcaire, héritière elle- 
même de la sculpture en bois. La forme des yeux, moins ouverts 
que dans la tête Rayet (pi. 1 et 2), se rapproche de celle qu'on 
observedans le Typhon en tuf' et le Moschophore *; il en est de même 
de la bouche, dont la ligne médiane est plus arquée que dans la 
tête Rayet (pi. i). La façon dont la chevelure est coupée droit sur 
la nuque est une analogie de plus avec le Typhon. La chevelure 
« en cordons de perles », les accroche-cœur au-dessus des oreilles *, 
la barbe en collier à petits grains ® et les feuilles de la couronne de 
chêne sont exécutés avec une mièvrerie qui trahit déjà, comme l'a 
remarqué M. Collignon, l'influence des marbriers ioniens de Chios'. 

* Elle est un peu plus petite que nature (hauteur totale, 0°,2S)). 

* Lechat, Musée de l'Acropole, p. 215, 217. 

' Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, pi. 2. 

* Ibid., t. I. fig. 102. 

* Une des Korai de l'Acropole est coiffée à peu près de même (L,echat, Musée 
de l'Acropole, p. 202; Répert. de la statuaire, II, 635, 8.) 

* Sur la barbe taillée en collier et les cheveux coupés droit sur la nuque, voir 
Homolle, Bulletin de corresp. hellénique, 1896, p. 673. 

' Monuments grecs, 1889-1890, p. 39. 



PLANCHES li ET 6 



La forme de l'oreille, qui semble collée à la lèle, est singulière, mais 
non sans exemple à la même époque (530-520 av. J.-C.)^ 



PLANCHES 5 ET G 
TÈTE VIRILE EN BRONZE 

{Musée national d'Athènes.) 



Les fouilles de l'Acropole d'Athènes ont rendu à la lumière, en 
1886, cette curieuse tête de bronze, de grandeur presque naturelle. 
Elle représente un guerrier qui était casqué, mais dont le casque 
manque; on voit seulement les trous des rivets au moyen desquels 
il était fixé. Le modelé du crâne est très sommaire, parce qu'il était 
caché par le casque; mais les cheveux bordant le front, la mous- 
tache puissante- et la barbe en pointe sont ciselés avec grand soin. 
Les yeux étaient remplis dune pâte vitreuse; ils sont peu ouverts et 
ne présentent pas le contour ondulé que l'on a pu remarquer dans 
les deux têtes données plus haut. La glande lacrymale est à peine 
indiquée, alors qu'elle l'est très fortement dans les tètes Rampin et 
Rayet(pl. l et 'à). La ligne médiane de la bouche est peu arquée (com- 
parez avec la pi. 1); les lèvres sont l'une et l'autre très épaisses. Il 
se dégage de l'ensemble une expression de force et de brutalité, 
mais aussi, semblc-t-il, de réflexion et même d'astuce. On a dis- 
cuté pour savoir si l'artiste avait voulu faire un portrait; il faudrait, 

* Alhenische Millheilunyen, t. XV (I8'.t0), p. 4. IVabord collée sur le côté de la 
tête, avec très grand lobe inférieur, loreille s'éloigne peu à peu de la tôle et 
s'arronûil (Lanm\ iJarstelltaïf/ lies Meiisclieu. j). 47.) l/art archaïque la place quel- 
quefois trop haut, mais ce n est là nullement une régie. 

Dumont. Monuments jrecs,1878. pl.l, p. 1 ;Rayet, Monuments de l'art antique. 1. 1, 
pi. 18; Colligiion. llist. de la sculpture, t. I. p. 36D, lig. 18i; Lechat. Monuments 
Piot, t. VII. pi. 14. p. 143; Bulle. Der sdiône Mensch. pi. 34. 

* Dans les slaliu\s grecques. la moustache ne couvre jamais les lèvres; cf. 
Lange, Darstellung des Menschen, p. b\. 



PLANCHES 7 ET 8 



pour trancher la question, s'entendre d'abord sur le sens exact qu'il 
convient de donner à ce mot'. 

MM. Gardner et Collignon ont proposé d'attribuer cette œuvre 
puissante à l'école des bronziers d'Égine ; cela n'a rien d'invraisem- 
blable, car il est prouvé, par la découverte de bases de statues signées 
de Kallon et d'Onatas, que des artistes d'Egine ont travaillé à Athènes 
dès le premier tiers du.v^ siècle'-. 



PLANCHES 7 ET 8 
TÈTE VIRILE EN iMARBRE 

{Musée de Berlin.) 



Découverte suivant les uns à Athènes, suivant d'autres à Égine, 
cette tète en marbre de Paros, de grandeur naturelle, a fait partie 
de la collection du comte Sabourofï avant d'entrer, avec les autres 
marbres de cet amateur, au musée de Berlin. Elle présente une 
série de particularités singulières, dont la plus frappante est l'indi- 
cation par bretlelage des cheveux et de la barbe coupés très courts ; 
ce procédé paraît avoir été imaginé « pour préparer le champ de la 
polychromie » et n'a sans doute pas été appliqué souvent, puisqu'on 
ne connaît qu'une seule autre tète archaïque (au Louvre) qui offre 
un exemple du même travail^. L'hypothèse que cette tète aurait été 

* M. Lechat fait justement observer que les sculpteurs archaïques ont imité de 
près leurs modèles, mais qu'ils étaient trop absorbés pas leur labeur matériel 
pour essayer de rendre une personnalité, d'exprimer un être intérieur, ce qui 
est l'essence du portrait {Bulletin de corresp. hellénique., t. XIV, 1890, p. 128; 
cf. Musée de V Acropole, p. 287.) 

* 'Ey7i[Ji£pU àpx^atoXoY'.xrj, 1887, pi. 3; Musées d'Athènes, \)\. 14: Brunn-Bruck- 
mann, Denkmâler, pi. 2; Gardner, Journal of hellenic studies, 1887, p. 191 et 
Ilandbook, p. 207, fig. 43 ; Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. 1, p. 304, 
fig. loi ; Bulle, Der schône Mensch, pi. 35. 

* Collignon, Monuments grecs, 1889-1890, p. 36. 



« PLANCHES 9 ET 10 

casquée n'est pas vraisemblable '; M. Lcchat a fait observer- que la 
chevelure du prétendu Phérécyde de Madrid ' n'est pas moins courte 
et dessine le môme contour brisé sur le front. Les yeux sont 
cernés, les paupières étroites et saillantes ; les glandes lacrymales 
sont à peine indiquées et le coin interne de l'œil se resserre au lieu 
de se dilater. La ligne médiane de la bouche est droite, les oreilles 
hautes et presque adhérentes. M. Furtwaengler a pensé que l'artiste 
avait voulu faire un portrait ; ce qui est sûr, c'est qu'il a subi l'in- 
fluence d'un type individuel très prononcé *. 



PLANCHES 9 ET 10 

TÊTE EN BRONZE D'AURIGE 

{Musée de Delphes.) 



Cette tète surmonte une statue de grandeur naturelle qui a été 
découverte à Delphes au mois de mai 1896, au cours des fouilles de 
l'Ecole française d'Athènes. La statue est celle d'un conducteur de 
char, debout, vêtu d'une longue robe, dans une attitude presque 
verticale ; une inscription trouvée tout auprès, sur une pierre de la 
base ayant supporté l'ensemble de l'ex-voto, nomme, à titre de 
donateur, Polyzalos, sans doute le frère d'Hiéron et de Gélon de 

* Il n'est pas besoin de justifier ainsi le dessin un peu indécis des lignes du 
crâne; comme l'a fait observer M. J. [..ange (Darslellung des Menschen, p. 47), 
les Grecs ont toujours été inférieurs, à cet égard, aux artistes égyptiens de 
l'époque saïte. 

' Lcclial, lievue (les études grecques, 1899, p. 451. 

' On a proposé de rajuster celte télé, découverte en 177'.) à Tivoli, sur le corps 
d'un des Tyrannicides du grou|)e de Naples; cf. Overbeck, Gesch. ilrr l'iaslik, 
3«éd.. t. r, fig. 42; Arndl, Griechische Portraits, n« 541. 542. 

* Furtwaengler, ^ummliiny Sahuro/f, t. I. pi. 3 et 4 ; (Gonze|. Aniike Skulpluren 
zu licrlin, n» 308 ; Colligiion. Monuments yrecs, 188".»-1890, p. 38; J. Lange. Ihir- 
slellung des Menschen, lig. 71, p. 31 ; Graef, Jahrfjuch des Instituts, t. \l\' (1890), 
p. 87; Lechat. Hevue des études grecques, l. XII (1800), p. 4i)0; .\rndl, Griechische 
Portraits, w 24. 




Fig. 1. — TETE EN BRONZE 
de l'Aurige de Dclplies. 



8 PLANCHES 9 ET 10 

Syracuse (482-472 av. J.-C). L'auleur est inconnu, mais paraît 
devoir ôlre chcrclié, malgré certains caractères altiques, dans 
le cercle de Pythagore de Rhégium ' plutôt que dans celui de 
Calamis-. 

La tète est ceinte d'un diadème orné d'un méandre et de petites 
croix incrustées d'argent. Le crâne est presque exactement sphé- 
rique ; la face affecte une forme ovale très prononcée qui caractérise 
une petite série de tètes archaïques dont on a rapproché avec raison 
celle de l'Aurige^. Les yeux et les pommettes présentent une légère 
dissymétrie'*, chose assez commune à toutes les périodes de l'art 
antique. Le moulage, d'après lequel ont été exécutés nos dessins, 
n'a conservé que le modelé extérieur des yeux ; il faut se reporter à 
la reproduction ci-dessous (fig. 1) pour avoir une idée de leur appa- 
rence vivante". « Les sourcils sont ligures par deux arcs de cercle 
légèrement saillants et couverts do traits gravés en accents circon- 
flexes ; les cils sont découpés un par un dans une mince lamelle de 
bronze, retroussés, rabaissés avec un naturel parfait ; l'œil môme 
est composé de matières colorées, qui en représentent au vrai le fond 
blanc, la prunelle brune et la pupille noire » *. 

Les yeux sont très peu ouverts, fort allongés ; les paupières les 
encadrent de bourrelets saillants. La bouche est longue, peu ondu- 
lée, avec une lèvre inférieure charnue et puissante, dont le bord 
inférieur offre une courbure régulière et non échancrée au milieu ; 
le menton est fort et un peu aplati. Sur les joues se dessinent les 
frisons d'une barbe naissante, caractère que l'on retrouve dans la 

' .MahI(M-, Oeslerreichisc/ie Jalireslief'le, t. III. p. 14; lloniolle, liullelin de cor- 
resp. hellén., 1897. p. 582. M. Iloniollo a remarqué (juc, dans l'-Vurigc, on voit 
courir les veines sous lépidernie, innovation que les anciens attribuaient à Pytha- 
gore de Rhégium. On a des mentions de statues exécutées par cet artiste en i7(>. 
472 et 4a2 {Revue archéoL, 1899. II, p. 412.) 

• Homoile. Monumenh l'iol, (. IV, p. 207. 

' Tôtes de Périntiie (Furlwaengler. Maslcrpieccs, p. 170), de la collection Erbach 
(Gazette des Beaux-Arts, 1898. II. p. 424. 42;»). Voir plus loin, pi. 32 et 34. 

• « Indubitable, mais it demi latente comme dans la nature. » (Ilomolle, Rulleliu 
de corresp. hellén.. 1897, p. ;J83.) 

• «Les yeux, vrais comn)e la nalure, semblent suivre le speclaieurd'un vivant 
regard. » (Ilomolle, /*////. de conesp. hcllénh/ue, 1898. p. liGO,) .M. Ilomolle 
trouve d'ailleurs it celle tête, non sans raison, une cerlainc expression de tris- 
tesse (ifjid., 189». p. 4;i7.) 

• ilomolle, Comptes rendus île l'Acad. des Inscriptions, 1896, p. 308. 



PLANCHES 11 ET 12 9 

tète attiquc de l'Ilarmodios à Naplcs^ et dans divers profils déphèbes 
sur des vases attiqucs, comme la coupe d'Euphronios à Berlin -. 
Les cheveux sont partagés«en petites mèches détaillées au burin, 
qui dîvero-ent du sommet de la tète et sétagent en boucles au- 
dessus des oreilles; la disposition de ces boucles se retrouvera 
dans certaines tètes de Phidias (pi. 82 et 86). Les oreilles sont très 
larfçes et dun dessin sintiulier^. 



PLANCHES il ET P2 
TÈÏE FÉMININE EN MARBRE 

{Musée de V Acropole d'Athènes.) 



Le caractère le plus saillant de cette belle tète, découverte en 
■1882'*, cest l'expression de g-ravité qui s'en dégage. Elle appartient 
à une nombreuse série de statues votives exhumées sur l'Acropole 
d'Athènes^ et marque peut-être le point le plus élevé auquel soit 

' Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, fig. 189, 190 (plus loin, 
pi. 19). 

* Hartwig, Meislerschalen. \û. 51 ; Iloniolle, Monum. Plot, t. IV, p. 203, fig. 11. 

•'' Ilomolle, Motnimenls Piof, t. IV (1897). i)l. la, 16, p. 169; Revue de l'art ancien 
el moderne, 1897, I, j). 289; Comptes rendus de V Académie des Inscriptions. 1896, 
p. 178, 186, 362-388. avec 4 pi. ; Mahler. Oeslerreichische Jahres/ieffe, [. III (1900), 
p. 142 (rapproche la tète de l'Aurige de celle de l'Athéna de Brescia, plus loin 
pi. 93): J. de Mot, Bulletin des Musées royau.v de Bruxelles, 1901, fig. à la p. 19. 
La Direction des Musées royau.v a bien voulu me prêter cette gravure, e.\é- 
cutée d'après une photographie que lui avait donnée M. Ilomolle. — Sur Tinscrip- 
tion de Polyzalos et les difficultés qu'elle soulève, voir en dernier lieu Schrœder, 
Arcluiologischer Anzeiger, 1902, p. 11. 

*■ Marbre de Paros ; grandeur naturelle. 

' Après de longues discussions sur la désignation qui convient à ces statues, 
on est à peu près d'accord pour y reconnaître, avec ]M. Lechat, des crantes, des 
jeunes filles (liorés) composant la cour de la déesse Athéna (cf. Lechat, Musée de 
V Acropole, p. 273.) 



10 PLANCHES 11 ET 12 

parvenu l'archaïsme attique. Il est probable quelle est antérieure 
de peu d'années à l'an 480, date de la destruction des monuments 
de lAcropole par les Perses, qui mit un terme au « moyen âge » 
hellénique. On remarquera l'ovale allongé de l'œil, dont l'intérieur 
est fortement bombé ; la ligne supérieure qui le dessine ne se con- 
tinue pas au delà du contour de dessous et la paupière inférieure 
est très peu indiquée. L'iris et la pupille étaient ])cints et sont 
encore visibles sur 1 original ' ; il y a aussi des traces de peinture 
verte (palmettes) sur les restes du diadème et des rayures rouges 
sur les boucles d'oreilles. 

La bouche est grande, avec des lèvres accusées, mais plutôt 
énergiques que sensuelles ; la ligne médiane est peu ondulée. Le 
menton saillant, divisé par un sillon, donne l'impression de la 
volonté et de la force. L'oreille est régulière, mais lourde. Les che- 
veux ne sont pas séparés par une raie ; il offrent une ondulation 
continue au pourtour du front, disposition qui s'observe sur la 
plupart des statues archaïques de l'Acropole-, ainsi que sur la 
copie romaine d'une Athéna archaïque découverte en 1902 à Poi- 
tiers ^. 

A la différence de la plupart des têtes exhumées au cours des 
mêmes fouilles de l'Acropole, celle-ci est très peu charnue ; on sent 
que la carrure de l'ensemble tient à la force de l'ossature et qu'il y a 
très peu de graisse entre l'épiderme et le squelette •. 

* Voir la lilhojçraphie publiée clans r'Eor^jxspî^, 1883. jjI. G. 

• Musées d'Athènes, |)1. 2 ; Collignon, llisl. de la sculpture grecque, t. F, fig. 171. 
La raie parait plus souvent, à cette époque, sur les tètes viriles (Lechat, Musée 
de l'Acropole, p. 201.) 

• Revue archéologique, 1902, pi. Ai; Monuments Piot, t. IX. pi. .">. 

* Musées d'Athènes, pi. 13; 'EoT.asp;; àp/ato/ovi-x-/;, 1883, pi. 6; Collignon. 
Histoire de la sculpture grecque, t. 1, p. 3.")j. pi. 6. à gauche : Winter. Jahrbuck 
des Instituts, 1887. p. 216, i)l. 12; Gardner. Uandbook. p. 172; Lechat, Musée 
de l'Acropole, p. 369 (avec les parties conservées du torse) ; Bulle, Der schône 
Mensch, pi. 33. 



PLANCHE 13 11 



PLANCHE 13 



TÊTE FÉMININE EN MARBRE 

{Musée de V Acropole lV Athènes.) 



Exhumée en 1882 sur T Acropole d'Athènes, cette tète char- 
mante *etle buste qu'elle surmonte faisaient partie dune statue dont 
on a retrouvé la base, avec une dédicace d'un certain Kuthydikos à 
Athéna^. A cause du dessin insoHte de la bouche, composée de deux 
courbes dont les extrémités sabaissent au lieu de se relever, de la 
saillie des paupières et de l'expression un peu maussade qui en 
résulte ^ on lui a donné le sobriquet de La Boudeuse., sous lequel elle 
est devenue populaire. Le style n'est pas sans analogie avec celui 
de la tète figurée sur la planche 12 ; la ressemblance dans l'exé- 
cution des cheveux est particulièrement frappante, bien qu ils soient 
ici séparés par une raie. Mais une comparaison des deux tètes 
montre que les caractères archaïques sont moins accusés dans celle- 
ci^: les yeux ne sont plus bombés; ils ne se terminent pas sèche- 
ment aux coins ; le modelé de la bouche est moins dur, le nez moins 
long, le menton plus arrondi. Cet ouvrage marquecomme le passage 
entre l'art attique antérieur à Salamine et celui des prédécesseurs 
immédiats de Phidias ». 

' Marbre de Paros ; grandeur naturelle. 

* Jalirbuch des Instituts, 1887, p. 219 (gravure). 

' « Cet air boudeur n"est pas une bouderie positive, mais seulement la néga- 
tion de Tair souriant et une sorte de protestation contre Ihabituel sourire 
archaïque. » (Lechaf, Musée de V Acropole, p. 378.) Sur les tètes archaïques qui 
sont « expressives par hasard », voir les judicieuses réflexions du même savant, 
Bull, de corresp. hellénique, t. XIV, p. 129-131. 

* Cf. Lechat, Musée de l'Acropole, p. 308. 

'^Musées d'Athènes, pi. 14; CoUignon. Histoire de la sculpture grecque, t. F, 
p. 356, pi. 6, 2; Gardner, llandbook, p. 188, fig. 37 (vue de face); Winter. 
Jahrbuch des Instituts, 1887, p. 219, pi. 14 (face et profil) ; Lechat, Musée de l'Acro- 
pole, p. 365, 367. 



12 PLANCHE 14 

On a trouvé sur 1 Acropole une lôted'éphèbe très semblable à celle 
de la Boudeuse, que l'on a dénommée le Boudeur, et dont le style 
semble un acheminement vers celui de l'Apollon d'Olympic plutôt 
que vers les types du Parthénon *. 



PLANCHE 14 



TÈTE VIRILE EN MARBRE 

{Musée de Stockholm.) 



Ce marbre, provenant de Rome, fut vendu par Pirancsi à Gus- 
tave m comme étant le portrait d'un des Ptolémées-. L'intérêt qu'il 
présente réside surtout dans le dessin de la bouche, qui, avec ses 
coins abaissés et sa dépression médiane, ressemble beaucoup à 
celle de la Boudeuse (pi. 13j. Le type est voisin de celui d'une tète 
découverte sur 1 Acropole d'Athènes *, qui rappelle elle-même, par 
ses proportions, celle de l'IIarmodios de Naples (pi. 19). C'est 
donc une œuvre des environs de 475 avant Jésus-Christ, ou plutôt la 
copie dune scul|)ture attique de cette époque. L'Apollon Choiseul- 
(iouftier et l'Apollon dit à TompAa/os (pi. 24) représentent un dévelop- 
pement ultérieur du même type viril, dont on peut aussi signaler l'in- 
lluence dans les sculptures des frontons dOlympie. On remarquera 
l'oreille, dont la forme et la position sont également singulières'. 

• Gardiicr, llandbook, fi^. 38; Ilomollt*. Momuncnls Viol, I. IV. p. 207; Colli- 
Kiioii, llisl . delà sculpl., I. I, p. 36.5; Furtwuenglcr, 'KoT,[ji£p!; àpy ., 1901, 
|). 140; Bulle. Iterschùne Mcntcli, pi. 54, iiô. 

• Le nez est moderne et il semble que la surface a été fortement nettoyée. 
=• Colli^iinii. Histoire de la sculpture grecque, t. I. Hk- 192. 

• llml.. liK. 208. 209. 

" Journal nf hellenic sludies, t. IX, pi. 4, p. 33 ; lie vue archéologique, 189G, II, 
pi. 11. p. 28. 



PLANCHE 15 13 



PLANCHE 15 



TETE EN MARBRE D'ATHENA 

{Glyptothèque de Munich.) 



C'est la tôte de l'Alliéna placée au centre du fronton occidental 
du temple d'Aphaia à Égine (vers 475 av. J.-C. ^). Elle est très 
bien conservée ; le bout du nez seul a été restauré en marbre 
par ïhorwaldsen. Même les raccords faits au casque attique, dont 
la surface était parsemée de clous dorés, sont insignifiants. Le type 
est celui qu'on qualifie oviVina'wemcnicVé g iné tique, caractérisé parla 
longueur du nez, le relèvement des coins de la bouche arquée, la 
saillie des pommettes et laccentuation du rictus'-. La disposition 
des cheveux est la môme que dans la tète découverte sur l'Acropole 
d'Athènes (pi. 12); c'est la mode ionienne, avec ondulations hori- 
zontales sur le front, grosses retombées de boucles sur les tempes et 
large nappe de cheveux ondulés descendant sur le dos. Il y a des 
traces de bleu sur le casque et de rouge sur le cimier, qui est sup- 
porté par un serpent ^ 

* La statue entière (haut., 1"",68), est gravée dans Clarac. J/«see, 817, 8i2:Col- 
lignon, llist. delà sculpl. grecque, t. I, p. 289, fig. 143. — Sur la désignation du 
temple, établie par une découverte récente, voir Comptes rendus de V Académie 
des Inscriptions, 1901. j). 324 ; Aphaia était une divinité locale d'Égine, analogue 
à Artémis. Une inscription a prouvé que le temple, dit autrefois dAthéna ou de 
Zeus, était placé sous l'invocation d" Aphaia. 

' M. lleuzey a montré que « le ytrélendu sourire éfjinétique est simplement une 
tentative d'expression se rattachant au grand effort original des anciennes 
écoles grecques pour animer la physionomie » {Catalogue des figurines 
antiques du Louvre, p. 132.) Ce « détail d'expression » (p. 130) est étranger aux 
sculptures de l'Egypte et de l'.Xssyrie. 11 prouve que les artistes grecs ont 
cherché avec passion à rendre leurs œuvres vivantes, mais n'autorise point à 
leur i)rêter, comme le fait encore J. Lange (Darstellung des Menschen, p. 85), 
une conception optimiste et souriante de la vie. 

^ Furtwaengler, Beschreibung der Glyptothek, p. 90, u" 74 (sur la tête, p. 93, 
94) : Bulle, Der schOne Mensch, pi. 36; Friederichs-Wolters, Oipsabgiisse, n" 69. 



14 PLANCHES 16 ET 17 



PLANCHES 16 ET 17 



TÈTE EN MARBRE D'APOLLON 

{Collection Barracco à Rome.) 



Voici une œuvre de style éginétiquc, antérieure de quelques 
années peut-être aux frontons du temple d'Aphaia S mais qui offre 
des analogies frappantes avec plusieurs têtes du fronton occidental. 
Les yeux sont allongés, très peu ouverts, avec paupières lourdes et 
saillantes- ; le nez est long, la ligne de la bouche arquée, les lèvres 
serrées cl tendues^ le rictus fortement accusé. Le Moschophore *, 
remontant aux environs de 520, est un exemplaire plus ancien du 
même type, dont les statues d'Égine (vers 475) sont l'expression la 
plus complète. D'autres tètes, comme celles de l'île deCythère*etde 
l'Apollon d'Akraephiae en Béotie * appartiennent vraisemblablement 
à la même série. M. Kalkmanna publié, en l'attribuant à l'école égi- 
nétique, une statuette en bronze du Louvre' qui présente les mômes 
rangées de bouc les saillantes au-dessus du front *, coifïure qui a encore 
trouvé des imitateurs à l'époque romaine (voir pi. 22). Il est digne de 
remarque que l'expression souriante et niaise, si fort en faveur avant 
les guerres médiques, disparaît de l'art après cette dure épreuve de 
l'Iiellénismc, pour faire place à l'air grave et presque triste dont l'A- 
pollon Choiseul-Gouffier et la Hestia Giusliniani offrent des exem- 

• Voir la notice précédente. 

• (Joniinc «Ijins le .Moschophore. « l'iris et la pupille étaient seuls d'une 
matière étranKère, la sclérotique étant découpée dans le marbre môme. » 
(Lechat, Musée de l'Acropole, p. 242.) 

' Voir la description (|ue fait .M. Ilomolle delà Caryatide du trésor des Siphniens 
à Delphes. Hull. de corresp. hellénirjue, 1900, i)l. 6, p. 51)8. 

• (^ollif^non. Hist. de la sculpture grecque, t. I, fig. 102. 

• Ibid..l. I, (iK. 116. 

• Ibid., t. I, flg. 1S7 et Holleau.x. Itull. de corresp. hellénique, t. XI, p. 280, 
pi. 13. 

' Kalkmann. Jalirbuch des Instituts, 1892, pi. 4. 

• Comparez une tète archaïque du British Muséum, avec triple étage de 



PLANCHE 18 15 

pies. Mais il ne faut pas voir là l'indice d'une transformation du tem- 
pérament national; l'art, en possession de tous ses moyens, a sim- 
plement renoncé à une manière naïve d'exprimer la vie par une 
sorte de tension uniforme des traits*. 



PLANCHE 18 



TETE VIRILE EN MARBRE 

{Musée du Louvre) 



Cette tète, un peu plus petite que nature, a été acquise à Rome par 
M. Héron dcVillefosse dans l'atelier du sculpteur Jérichau, en môme 
temps que la charmante tête déjeune fdle publiée par M. Collignon-, 
dont on trouvera un dessin sur la planche 138. C'est un fort intéres- 
sant spécimen de l'art grec archaïque aux environs de 480 av. J.-C; 
je ne vois pas de raison d'y reconnaître une copie romaine plutôt 
qu'un original attique. Les yeux à fleur de tête, peu ouverts, la bouche 
aux lèvres épaisses, avec ligne médiane non ondulée, sont des 
caractères de larchaïsme attique dont nous avons déjà signalé plu- 
sieurs exemples. L'expression un peu étonnée et niaise rappelle celle 
du triple Typhon, groupe en tuf découvert sur l'Acropole etantérieur 
d'au moins quarante ans à l'invasion des Perses"'. Mais, ici, l'ar- 
chaïsme est moins sensible et la matière n'est plus le tuf, mais le 
marbre. Nous sommes en présence d'une survivance du style de la 
sculpture en tuf, postérieure à l'influence des marbriers ioniens. L'on- 
dulation de la chevelure en boucles superposées est restée familière 
aux sculpteurs attiques pendant le premier tiers du v® siècle*. 

boucles frisées (Gollignon, Bulletin de corresp. hellénique, t. XVII, 1893, pi. 12, 
p. 294) et une tête du Louvre [ibid., t. XVI, 1892, pi. 5, p. 447.) 

* Helbig, Collection Barracco, pi. 29. 

' Monuments Piot, t. II, p. 157, pi. 18-19. 

» Gollignon, Histoire de lasculpiure grecque, 1. 1, fig. 99; Lechat, Musée de l'Acro- 
pole, p. 55. 

* Photographie Giraudon, n» 1449. 



16 PLANCHE 19 



PLANCHE 19 



TÈTE EN MARBUE D'IIARMODIOS 

[Musée de Naples.) 



On ne peut plus attribuer l'original du groupe tics Tyrannicides 
de Naples à Anténor, depuis qu'une statue de ce dernier, d'un style 
encore primitif, a été découverte sur l'Acropole d'Athènes ^ Force 
est d'y voir une copie du groupe de Kritios et de Nesiotès, qui rem- 
plaça en 477 celui d' Anténor, emporté par Xerxès en Asie. Nous 
avons donc là un document de premier ordre, copie lidèle dune 
œuvre importante en bronze, rigoureusement datée et dont 1 attri- 
bution à l'école altique est certaine, bien que la sévérité du style 
semble révéler des influences doriennes-. La tète d'IIarmodios, très 
bien conservée, est remarquable par la petitesse du front, la rondeur 
du crâne, le développement de la partie inférieure du visage et du 
menton. Les cheveux, très courts ', sont divisés en petites boucles 
formant des rangées ^ ; sur la joue se dessinent les frisons d'une barbe 
naissante, comme dans l'Aurige de Delphes (pi. 10), qui est à peu 
près contemporain. Une réplique inférieure de celte tête existe à 
la villa Maltei*. 

' Collignon, Ilisl. delà sculpture f/recque. I. I, i). 3GG, fig. 180. 

* Gardiicr, ïlundhuolc, p. 18a. 

' Mode tilhl<''tif|iic (|iii se répand uu \- siècle: cf. Lauge, Darslellun;/ des Mens- 
chen, p. 73. 

* Celle repivseiilaliuii ronveiitionnelle de la chevelure dérive de la terliiii(iue 
du bronze (Collignon. liull. de corresp. hellénujue, I. XVI, 1892, j). 450, <iiii 
coniredil avec raison Hayet, Gazelle avcliéol., 1883, p. 88.) 

' Arndl. Einzeluufnukmen, 114. ll;>. — AnnalideW Inslilulo, 1874, pi. G ; Col- 
lignon. Hixl. de la sculplure (jrecque, I. I, p. 373, fig. 190 (cf. la statue entière, 
fig. 189) : Craef, Alhenische MiUheilunrjen, I. XV (1890), p. 1 et suiv.; Sludniczka. 
Jahrbuck des Insliluls, I. Il (1887), p. 141, pi. 10, 2 : Joubin, ïai sculpture grec- 
que, p. 49, 52, fig. 2 et 3; Ilomoile, Monumeiils l'iot, t. IV. p. 206. 



PLANCHES 20 I:T 21 17 



PLANCHES 20 ET 21 



TETE EN MARBRE DE DEESSE 

{Ancienne collection Luclovisi.) 



On ne sait rien touchant l'origine de cette tète colossale, aujour- 
d'hui au Musée National de Rome ; mais il faut incontestablement y 
reconnaître une œuvre grecque des environs de l'an 500, et non une 
copie romaine. L'arrangement des étages de boucles sur le devant 
rappelle l'Apollon Barracco (pi. 16) et l'Harmodios du groupe des 
Tyrannicides (pi. 19) ; M. Helbig a signalé l'analogie du profd avec 
celui d'une monnaie syracusaine frappée au début du v^ siècle. 
Toutefois, ces ressemblances ne sont pas assez concluantes pour 
qu'on puisse encore préciser la place de ce morceau célèbre dans 
l'histoire de l'art grec archaïque; la seule chose qui me semble 
certaine, c'est qu'il n'est pas attique. 

La présence de nombreux trous à la naissance des cheveux et 
dans la chevelure prouve qu'une riche décoration métallique venait 
compléter l'effet du marbre. 

Les yeux sont asymétriques ; la lèvre supérieure est mince, 
contrastant avec la lèvre inférieure qui est charnue et dont le contour 
est arqué, sans échancrure au milieu. La ligne médiane de la bouche 
est presque horizontale. Comme dans presque toutes les tètes 
archaïques, les lèvres sont serrées avec une apparence d'effort ; la 
bouche entrouverte est une conquête de l'art grec aux environs de 
450. Un caractère particulier est la longueur et le défaut de saillie 
du menton ; le profil donne l'expression d'une idole en bois^ 

M, Petersen a émis l'ingénieuse hypothèse que le bas-relief de la 
même collection, sur lequel est figurée la naissance d'Aphrodite^, 

' Les procédés de la sculpture en bois ont passé d'abord à la sculpture en 
pierre tendre, pour se transmettre aux plus anciens marbriers; voir les justes 
observations de M. Lechat sur l'emploi de la gouge précédant celui du ciseau. 
Musée de V Acropole, p. 65. 

• Rômische Miltheilunqen, 1892, pi. 2. 



18 PLANCHE 22 

avait décoré le trône d'une Aphrodite assise, transportée d'Éryx en 
Sicile à Rome, dont la tête serait celle qui nous occupe. Mais le style 
du bas-relief en question accuse une époque plus récente d'au moins 
trente ans. D'autre part, il est digne d'attention qu'une tête d'Apollon, 
assez analogue à la tête Ludovisi S paraît justement avoir été décou- 
verte en Sicile -. 



PLANCHE 22 



TÊTE EN MARBRE D'APOLLON 

{Musée de Naplcs.) 



Par l'attitude hiératique et la direction horizontale du regard, 
cette tête rappelle le type de l'Apollon de Gasscl (pl.2o, 2G) ; par ses 
rangées déboucles symétriques et régulièrement étagécs, elle se rat- 
tache aux sculptures éginétiques^. Mais c'est évidemment une copie, 
ou plutôt l'œuvre d'un artiste archaïsant d'époque romaine, qui s'est 
librement inspiré d'un original célèbre, peut-être d'un Apollon do 
Kanakhos*. Les yeux, avec les paupières supérieures débordant le 
contour inférieur, la bouche, avec sa ligne médiane fortement ondu- 
lée, suffisent à trahir la main d'un imitateur de basse époque, 
impression confirmée par la froideur du modelé et le manque de 
caractère, qui laisse à peine deviner celui de l'originaP. 

'Apollon de la collection Biscari (Pclersen, Rômisclie Miltheiiunyen, i. VI, 
1897, p. 124.) 

* Monumenli delV Inslilulo, t. X, pi. i ; Annali delV Institulo, 1874, |). 38 ; 
Hriinn-ltriK-kmann. henkmdler, p. 223; Peterscn, lioiiiische MUlheilmif/en, 1892. 
|). <i2 ; llclhig, Filhrer, 2« éd., n» 27 ; Joubin. Sculpliire fjrecque, p. 154, fig. iiO. 

'' Cf. Collignon, Hisl. de la sculpture f/recque, t. I, t\g. 144. J. Lange dit fort 
bien des chevelures de ce genre qu'elles sont une sorte de décoration architec- 
turale dont la fonction est de couronner la figure (Darslellung des Menschen, 
p. 51.) 

* Voir la statue du musée Chiaramonti que M. .Mahler considère comme une 
copie libre de l'Apollon de Kanakhos à }\\\c\,Jouvn(d internai, d'archéol. numis- 
matique, 1901, pi. 11. 

* Photographie Alinari, n» 1501. 



PLANCHE 23 



19 



PLANCHE 23 
TÈTE VIRILE EN BRONZE 

{Musée de iVap/cs.) 



Trouvée à Ilcrculanum en 1756, cette tète de grandeur naturelle, 
violemment détachée d'une statue, est peut-être un chef-d'œuvre 




Fig. 2. — TETE EN MARBRE D'APOLLON 
Mus<?c Ijiilanniqiic. 

original de l'art grec du v" siècle. On a voulu l'attribuer à l'école 
d'Egine et y reconnaître l'Apollon du sculpteur Onatas, qui avait été 
transporté à Pergame. Toutefois, les caractères de cette tête ne se 
trouvent réunis ni dans les œuvres éginétiques ni ailleurs. Les sour- 
cils sont indiqués par des bourrelets; la paupière supérieure est 



2a PLANCHK 24 

forte, alors que la paui)iorc inférieure est 1res atténuée ; la bouche 
offre une ligne médiane légèrement ondulée, mais anguleuse (et 
non arrondie) au milieu de son parcours. La lèvre supérieure est 
très fine, la lèvre inférieure épaisse, mais d un contour élégant et 
nerveux. Le maxillaire inférieur est lourd ; l'oreille est j)lacée beau- 
coup trop haut, suivant un caractère de l'art égyptien qui se 
retrouve dans l'art grec archaïque, mais non pas dans toutes les 
écoles. La chevelure, striée sur le crâne, forme au-dessous du dia- 
dème de petits enroulements, fondus à part, qui couvrent la plus 
grande partie du front* ; une disposition analogue paraît dans une 
statue du fronton oriental d'Kgine-. 

On peut ra|)procher de ce bronze une tète en marbre du Musée 
britannique, achetée à Rome, qui paraît dériver tl'un original de 
métal (fig. 2) =». 



PLANCHE 24 
TÊTE EN MARBKE D'APOLLON 

{Musée britannique.) 



La statue que surmonte cette tète a été acquise à Constantinople 
par Choiseul-Goufficr et a passé en 1818 au Musée britannique '*. Une 

' Celle technique raffinée du bronze. cK's la i)remière moitié du v siècle, est à 
l'origine de beaucoup de conventions qui furent aclo|>4ées de bonne iieure par 
les marbriers ((jardner. llandbooli. p. 210. 

' Collignon. Ili.sloire de lasciilpline yrec/iie. I. I. (ij^. M". — Itayet. Monmneiils 
de l'arl aulifjiti-. t. I. pi. 20 (article tie M. Colli^non) ; Moiuitueuli, t. L\. pi. iS et 
Kekulé. Annali deW Insliltilu, 1870, p. 203: Friedcriclis-Wolters. Gipsa/jgihsse. 
w 22'.»; Collignon. Ilisl.de la si-iilpl., I. I. p. '.Wo. lig l^'O: Lange. Alhen. Mil- 
lUeUttiKjen. 1882. p. 20i: Studnic/ka. Hiimisclw Milllieiliiuijeii, 1887, |). dOo; Benn- 
dorf, Oenlerreichisclie Jahiruhcfte, 1001. p. 171. 

' Aruient marbleg.lU. i; Midler-Wieaeler, Denkmah-r. t. L pi. 4, 222; A. 11. Smitli. 
Catal. of sculpture, in the Ihil. Mus., t. I. p. 85. n» 208. 

* l'holographie d'ensemble, Cullignun, Histoire de la sculpture grecque, t. I, 
p. 403, fig. !m. 



PLANCHE 24 21 

réplique de cette statue, dite à tort Apollon à VOmphalos, a été 
découverte en 180:2 au tliéàtre d'Athènes*. Il y a une seconde 
réplique de la tète au Louvre, malheureusement en médiocre état, 
et une troisième au Musée britannique, provenant du temple 
d'Apollon à Cyrène-; une quatrième a été découverte à GherchelP. 
Dans la tète de la statue de Londres, le nez est restauré. 




Fig. 3. — ÏKTE DE FEMME EN MARBRE 

(Collection Hum|)hry SVard à Londres. 

La célébrité de l'original, certainement en bronze, qui est attestée 
par les répliques citées et d'autres encore % a donné lieu à deux 
iiypothèses touchant le nom de l'auteur. On a proposé, sans raisons 
solides, de reconnaître en lui Pythagoras de Rhegium ou Calamis. 
Ces deux artistes sont malheureusement de ceux dont nous ne savons 
encore presque rien. Il paraît du moins certain que le bronze original 
était contemporain de Calamis (vers 450 av. J.-C.) et qu'il représen- 
tait Apollon et non un athlète. 

' IbUL, p. 405, fîg. 209; Athen. MUlheiL. 1884, pi. 9. Tout auprès était un 
omphalos, qui n"a rien à voir avec la statue. 
^ Murray, Iltstonj of Greek sculpture, 2» édit., t. I, p. 230. 
^ Monuments Plot, t. I, p. 69. 
* Elles ont été énuméréesparM. Iléronde Villefosse, .VoHJi?«e«^s/'<o^, t. I, p. 04. 



22 PLANCHE 24 

La chevelure olTrc un caractère particulier. «Tandis que, suivant 
une ancienne mode, les deux tresses ducrobyle maintiennent la che- 
velure et viennent se nouer sur l'épi du crâne, des boucles flottantes. 




Fig. 4. — TKTIi U'HDRxMÈS 
Musée britannique. 

divisées assez irrégulièrement en deux masses, encadrent le front 
et donnent à la coiffure un certain air de négligence inconnu de l'art 
attique » (Gollignon) '. L'expression grave et même triste de la phy- 
sionomie est encore accentuée par la masse de cheveux qui couvrent 
le front. Elle offre une analogie remarquable avec la tôte de la Hestia 
Giustiniani((ig. 5) *, et une belle tête de la collection IlumphryWard 
il Londres (fig. 3)'', où la disposition delà chevelure sur l'oreille rap- 
pelle une ligure de la bascLudovisi, également attribuée à Calamis 

' Cf. Héron de Villefosse, Monumenln Viol. t. I, p. 62. 

* Baumi'islcr, DenkmiUei', 1. I, p. 689. (Ik- 74(); MnWa. ^De r nchiine Memch, pi. 48. 
Q'ile staliii" a passé (le la colleclioii Uiustiiiiaiii dans celle du prince Torlonia 
à Rome. 

' VA\g. Selleis. Journal of hellenic sludies, l. XIV, 1894, pi. 5; S. Reinach. 
Gazelle des Ueaux-Arls, 1895, II, p. 149-150. 



PLANCHE 24 23 

(voir le texte delà pi. 21). Le môme style se reconnaît dans un hermès 
barbu découvert à la villa d'Hadrien à Tivoli et conservé au Musée 
britannique (tlg. 4)^. — La ligne médiane de la bouche s'abaisse vers 




Fig. 5. —TETE DE DEESSE DITE VESTA 

Collcclion Toplonia à Rome. 

les coins et au milieu, comme dans la tète de Stockholm (pi. 14) ; 
les yeux sont allongés et peu ouverts, les paupières lourdes ^. 

* Ancient marbles, II, 191, Baumeister, Denkmdler, t. I, p., 674, fig. 736. Notre 
gravure est e.xécutée d'après un moulage. 

* Waldstein, Journal of hellenic studies, t. I, pi. 4, p. 178 ; GoUignon, Histoire 
de la sculpture grecque, t. I. p. 404; "Wlnter, Jahrbuch des Instituts, 1887, p. 234; 
Furlwaengler, oO"»» BerZ. Winckelmatinsprogramm, p. 150; Xiliefosse, Monicments 
Piot, t. I, pi. 8, 9, p. 61 ; Friederichs-Wolters, Gipsabgiisse. n" 221 ; Bulle, Der 
sckône Mensch, pi. 79. 



24 PLANCIIKS 25 ET 26 



PLANCHES 25 ET 26 



TETE EN MARBRE D'APOLLON 

{Musée du Louvre.) 



Nos planches reproduisent deux répliques de la même tôle : la 
première (pi. 25) provient de Grèce ; la seconde surmonte au Louvre 
la statue célèbre sous le nom de Bonus Evenlus. Elles sont lune et 
l'autre un peu plus grandes que nature. 

On connaît de cette admirable tète, « un des types les plus gran- 
dioses qu'ait produit l'art grec » S plus d'une douzaine de répliques ; 
une des plus importantes, bien que d'un travail sec, est celle de 
l'Apollon du musée de Casscl, qui ressemble au Bonus Eventus du 
Louvre, mais a été moins restauré-. Qu'il faille ou non, avec 
^L Furlwaengler, en attribuer l'orignal à Myron (je le considère, 
pour ma part, comme plus ancien), il est certain que cet original a 
joui d'une grande célébrité. De l'existence de répliques très sem- 
blables entre elles, comme du style de la chevelure, on peut conclure 
qu'il était en bronze. 

Les détails du visage accusent une période de transition entre 
l'archaïsme et lart classique. L'œil est allongé, avec glande lacry- 
male prononcée et paupière supérieure anguleuse ; déjà elle déborde 
un peu sur le contour inférieur. La bouche est légèrement 
ouverte et laisse paraître les dents. Le dessin de la lèvre inférieure 
trahit l'influence de l'original de bronze, où elle était sans doute 
insérée dans le métal. Un trait notable d'archaïsme est le dévelop- 
pement en largeur du front et, en hauteur, de la partie inférieure 
du visage, notamment du menton ; le maxillaire inférieur est très 
fort. Le traitement des cheveux est assez libre : les boucles sont 
isolées et ne se ressemblent pas exactement entre elles. C'est un 

* Furtwaonpicr, Inlermezzi, p. 7. 

• Overbcrk, Apollon, Allas, pi. W, 2i ; S. ncinach, Héperl. de la slal., II. 97. ; 
Pour Ic8 répliques, voir Furlwaengler, Masierpieces, p. 191. 



PLANCHES 27 ET 28 23 

monument d'un grand art encore hiératique qui tend vers l'indivi- 
dualisation et la liberté. 

Alors que M. Furtwaengler admet que l'original, œuvre deMyron, 
occupait la cella du temple d'Apollon Patroos (le Théseion) à 
Athènes*, M. B. Graef nie que la statue soit attique et l'attribue 
à Pythagore de Rhegium -. 



PLANCHES 27 ET 28 
ÏÉTE VIRILE EN MARBRE 

{Musée du Louvre.) 



Superposée à un mauvais buste auquel elle n'appartient pas, 
cette tête, de grandeur naturelle, n'a pas encore reçu l'attention 
qu'elle mérite et ne paraît pas avoir occupé les archéologues. Les 
caractères en sont tout différents de ceux des tètes dérivées de 
Polyclète, bien qu'elle remonte également à un original du v" siècle. 
Le bord de la paupière supérieure dépasse à peine la ligne inférieure ; 
le nez est court, la partie inférieure du visage développée ; détail 
essentiel, la ligne de la bouciie n'est pas ondulée. L'ensemble 
rappelle, avec quelque chose de plus rude et de plus archaïque, la 
tète de Discobole du musée de Berlin, qu'on a lieu de rapporter à 
Myron (pi. 68)^^. Les yeux sont grands et assez ouverts, comme 
dans les différents exemplaires du Discobole et dans llléraklès 
myronien du Musée britannique (pi. Go)'*; le travail des cheveux se 

' aUzungsberichle de Munich, 1899, If, 2, p. 279. 

- Jahresbericht, 1901, III, p. 46.— Photographies Giraiulon. w» 1278 et 1272: 
Furtwaengler. Maslerpieces, p. 192, fig. 80. 81; Intermezzi, p. (1; lleibig, Collet- 
lion Barracco, pi. 34, 34 a (bonne réplique); Overbecii, Kunslmijtholotjie. Apollo, 
pi. 19-20; Monumenti delV InsHlulo, t. XI, pi. 10, 1 ; Bulle, Der schone Mensch, 
pi. 80. 81. 

^ Furtwaengler, Maslerpieces, fig. 69. 
* Ibid., fig. 75. 



2:; PLANCHES 29 ET 30 

retrouve dans le buste du palais Riccardi à Florence, considéré aussi 
comme myronien par M. Furtwaengler (pi. 69) , mais où le modelé 
des yeux est tout à fait différent. Vue de profd, la tête du Louvre 
rappelle celle de l'IIarmodios de Naples (pi. 19), avec laquelle elle 
a d'ailleurs en commun le développement exagéré du menton. La 
ligne du nez ne continue pas celle du front, qui présente une légère 
saillie; ce dernier caractère, qu'on trouve déjà dans le Pirithoiis du 
fronton ouest d Olympie-, sert à distinguer, depuis la lin du v^ siècle 
surtout, les tètes viriles des têtes féminines'. 



PLANCHES 29 ET 30 
TÈTE VIRILE EN MARBRE 

(Musée du Louvre.) 



Plusieurs particularités du style de Myron se retrouvent dans 
cette tète de grandeur naturelle, provenant du musée Campana. Le 
nez est la seule restauration importante qu'elle ait subie. Il suffit de 
comparer ce profil d'athlète à ceux des DiscobolesLancelotti (fig. 0-7), 
deCataio'etdeBerlin^' pour être frappé de la ressemblance. D'autre 
part, l'arrangement des cheveux est très analogue à celui d'une 
tête <le dieu ])arbu, conservée au musée de Berlin*, dont ^I. Furt- 
waengler, sans mentionner la tête du Louvre, a rapporté l'original à 
Myron. On peut comparer aussi une tête plus ancienne, mais de 

' FurlwatMiKlt'i'. Maslerpieces, fig. ()6. 

* (îiirdiicr, lluiulbook, p. 225. 

•' Voir Lcclial. Le f'roni île l'Hermès d'Oh/mpie, dans les MëlatKjes l'errol, 
p. 207. La prolubOrancc frontale |)aralt avoir été in(ii(|uée i)ar Myron, mais non 
par Polyclèlc. — Photographie Giraudon, n» 1277 ; Marbres du Louvre, n» 565. 

' Fiirhvaengier. Maslcrpleces, fig. 68. 

• I/tld.. (ig. 09. 
" IhiiL, fig. 78. 



PLANCHES 29 ET 30 27 

même lignée, qui a été découverte sur l'Acropole *. La paupière 
supérieure ne se prolonge pas au delà du contour inférieur de l'œil, 
caractère archaïque que nous avons déjà constaté. La bouche. 




Fig. 6 et 7. — TÈTE DU DISCOBOLE DE xMYRON 

D'après le moulage de la copie du ]ialais Lancelotli à Rome (conserve au musée 

du Louvre)*. 

très allongée, avec une légère inflexion, offre un type intermédiaire 
entre les bouches à peu près horizontales et celles où la ligne 
médiane ondule avec grâce. L'original doit être attribué à un artiste 
des environs de 450 avant J.-C, qui n'était ni Myron, ni Polyclète, 

^ Collignon. Ilisl. de la sculplure grecque, t. I, fig. 192; 'EcpT,u£p;c àp/atoXo- 
■sy.Y.r,, 1883. pi. 3. 

- Celle copie, découverte en 1781 sur l'Esquilin, a figuré dans la collection 
Massimi avant d'entrer dans celle du prince Lancelotli. On croyait qu'elle n'avait 
jamais été moulée lorsque M. Furtwaengler découvrit, au Louvre, un moulage 
de la tôle, e.xécuté sans doute vers 1866, jjar les soins de F. Ravaisson. C'est 
d'après ce moulage qu'ont été gravées nos figures 6 et 7. Cf. Collignon. Histoire 
de la sculpture grecque, t. I, p. 473, pi. 11 ; Studniczka, Festschrift fur Benn- 
dorf, p. 163, pL 7-8 : Furtwaengler, Sitzungsberichte de Munich, 1900. o« fasc, 
p. 705. 



28 



PLANCHE 31 



mais qui travaillait dans le même milieu et sous des influences ana- 
logues ^ 



PLANCHE 31 
ÏÈTE EN MARBRE DE JEUNE FILLE 

{Musée du Vatican -.) 



La statue que surmonte cette tète est celle d'une jeune fille 




Fig. 8. — TKTE DE JELNK FILLE 
Must'c ilu Valicaii. 

victorieuse à la course' ; c'est la copie en marbre d un bronze grec 

* Pholopraphies Giraudon. 1426, Hil ; Marbres du Louvre, ii" (»3G. 

* Noire figiiro 8 représente celle lôte en profil ilaprùs un monliiKc. 

* Comparez ce que dit Pausanias (V, 10, 2) des jeunes filles (pii prenaient 
part au concours de course ù Olympie. 



PLANCHES 32 ET 33 29 

(lu milieu du v** siècle. Mais à quelle école faut-il la raltachcr? La 
question est depuis longtemps litigieuse. On songe naturellement à 
une œuvre péloponésienne, assez voisine du Tireur d'épine du 
Gapitole. Le curieux arrangement des cheveux se retrouve dans 
une petite tète en marbre du Louvre, que M. Gollignon a judicieuse- 
ment rapprochée du Spinario K 

L'archaïsme se trahit encore à la forme des yeux un peu bombés, 
à la grosseur de la glande lacrymale, à la position trop élevée de 
l'oreille. La ligne inférieure de la paupière supérieure déborde 
nettement sur le coin de l'œil, ce qui peut être le fait du copiste, 
ou un caractère de l'école dorienne à laquelle appartenait l'original. 

On explique généralement la fixité du regard en alléguant que la 
jeune fille attend le signal de la course ; mais ce n'est là probable- 
ment qu'un reste d'archaïsme -. 



PLANCHES 32 ET 33 
TÊTE VIRILE EN MARBRE 

{Musée de Dresde.) 



On reconnaît au premier abord que cette tète, découverte en 1855 
à Périnthe, est la copie d'un modèle de bronze, qui devait être une 
statue d'athlète, à en juger par les oreilles tuméfiées (cf. pi. 1). La 
conservation du marbre laissant à désirer, on en a exécuté, à Dresde, 
un moulage très sobrement restauré, d'après lequel a été prise la 
photographie qui a servi à notre dessinateur. 

Il est intéressant de comparer le profil à ceux du Doryphore (pi. 47) 

' Gollignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, p. 423, fig. 220. — Une 
parenté plus éloignée avec le Spiiiariose reconnaît dans une tête crx\donis(?). 
du Musée de Madrid, Rev. archéoL, 1901, pi. 20 (P. Paris). 

* Arndt-Bruckmann, Denhnâler. n» 521 (avec deu.x aspects de la tète dans le 
texte); Gollignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, p. 423; Ilelbig, Fiihrer^, 
t. I, p. 384 et p. 503; Bulle, Der schune Mensch, pi. 58. 



30 PLANCHE 34 

et de IHarmodios (pi. 19). La forme sphérique de la tète se rap- 
proche de celle de l'Harmodios et s'éloigne beaucoup de celle du 
Doryphore. Le travail des cheveux bouclés, encore conventionnel, 
rappelle le Centaure mordu par un Lnpilhc du fronton occidental 
d'Olympic'. Les yeux sont allongés, peu ouverts, sans aucune 
obliquité, cernés de paupières saillantes et anguleuses. La ligne 
médiane de la bouche est horizontale, avec une légère échancrure au 
milieu ; la lèvre inférieure est forte, tandis que la lèvre supérieure 
est très mince, comme dans l'Aphrodite Ludovisi (pi. 20). L'ensemble 
présente une analogie éloignée avec l'Aurige de Delphes (pi. 9), 
plus marquée avec les tètes d'athlète d'Ince Blundell Hall - et du 
Louvre (pi. 35) "'. 



PLANCHE 34 
TÊTE VIRILE EN MARBRE 

(Château d'Erhach en Franconie.) 



On a signalé, en dehors de celle de la planche précédente, plusieurs 
tôtes de ce type, copies d'époque romaine d'après des originaux 
grecs de bronze qui présentent des affinités avec l'Aurige de Delphes 
(pi. 9), tant dans la disposition de la chevelure et du bandeau que 
dans le profd et la forme sphérique du crâne. La tète d'Erbach ne 
m'est connue que par le moulage conservé au musée de Dresde, 
d'après lequel M. Herrmann a bien voulu exécuter une photogra- 

' Ces cheveux sont très coiirls, suivant la mode alhléli(iue du v« siècle; muis 
c'est à cela que se borne le réalisme. « L'art n'étant pas encore prêt à chercher 
la beauté dans l'imprévu, fait prévaloir la régularité dans l'agencement des 
boucles courtes et les fait chevaucher avec une recherche qui est encore à 
moitié monumentale. » (Lange, Darslelluiif/ des Mensc/ien, p. 87.) 

* l-'iirtwaengler, Maslerpieces, fig. 71. 

* I*. ilerrmann, Alfienixche Millheilunf/eii. t. XVI. I8'.)l, p. 313. pi. i.l't; Furl- 
waengler, Maslerpieces, p. 171, fig. 70; Inlermezzi, p. 10; .\rndt-Bnickmann, 
Uenkmdler, n» 542 (face et revers de la tôle) ; Arndt, (Hijplolhèque de Sij-Carlsbeifj, 
texte de la pi. 30 ; Amclung, Seue Jahrbilc/ier, 1900, p. M. 



PLANCHES 35 ET 36 31 

phie à mon intention. L'atténuation dos traits, en particulier de la 
paupière et des lèvres, est probablement le fait du copiste. On 
remarque l'absence de la barbe naissante, qui caractérise le profil 
de l'Aurige (pi. 10) ; c'était là une mode attique que l'art des époques 
suivantes ne connaissait plus. 



PLANCHES 35 ET 36 
TÊTE VIRILE EN MARBRE 

(Musée du Louvre . ) 



Il y a comme un air de famille entre cette tète et celle de lAma- 
zone Mattei (pi. 56) ; la forme du crâne est la même ; la glande 
lacrymale et l'arête vive delà paupière supérieure ne sont pas moins 
nettement accusées. La tète du Louvre (autrefois dite Thésée, sans 
aucune raison) est évidemment la copie d'un original de bronze et 
représente probablement un athlète ; mais c'est une copie tardive et 
de travail assez sec. Le bout du nez est la seule restauration impor- 
tante. L'analogie avec le buste d'Ince Blundell Hall -, autrefois 
signalée par M. Conze^ ne peut être poursuivie dans le détail ; le trai- 
tement des cheveux, notamment, y est tout autre, ainsi que le 
modelé de la bouche, beaucoup moins sévère dans la tète dince*. 

* Anthes, Alhlelenkopf in Erbach, dans la Festschrift filr Overbecfc, Leipzig, 
1893, p. 791, pi. 4; S. Reinach, Gazette des Beaux-Arts, 1898, II, p. 424, 42o. 

* Arclmologische Zeilung, 1874, pi. 3; Furtwaengler, Maste, pièces, p. 172. 

* Archàologischer Anzeiger, 1864, p. 223. 

* Froehner, Musées de France, pi. 37; S. Reinach, Gazette archéologique, 1887, 
pi. 10, p. 81 (avec buste moderne enlevé depuis) ; Marbres du Louvre, n» 830. 



32 PLANCHE 37 



PLANCHE 37 



TETE EN MARBRE D'ATIIENA 

[Musée du Louvre.) 



C'est la tète de rAlIiéna colossale, en marbre de Thasos, décou- 
verte à Velletri en 1797 et entrée au Louvre en 1801 ^ La statue est 
presque intacte, sauf les mains. Le travail et le style attestent que 
l'original était un bronze grec du v" siècle (vers 440) ; il existe d'ail- 
leurs plusieurs répliques de la tète, toujours coiffée du casque corin- 
thien*. M.Micliaelis a fait observer, en 1886 ', que cette tète ressemble 
à celle des Amazones du type capitolin (pi, 54). M. Furtwaengler, 
qui attribue le modèle de ces Amazones à Crésilas, n'hésite pas 
à faire honneur au même artiste de l'original de l'Athéna de Velletri ; 
il lidentitie même à l'Athéna Soteira du Pirée, que Pline rapporte 
par erreur à Céphisodore (sic) *. Quoi qu'il en soit de cette hypothèse 
accessoire, il est évident que la forme très ovale de la tête, la dispo- 
sition symétrique des cheveux, le modelé des paupières à arêtes 
vives, la grandeur de la bouche, l'épaisseur des lèvres, la petitesse 
relative du menton établissent autant de liens entre la tête de Vel- 
letri et celles des Amazones du Palais des Conservateurs et du 
Vatican. L'attribution de ces dernières à Crésilas * est rendue vraisem- 
blable par lanalogie des traits, en particulier des yeux, dans le por- 
trait idéalisé de Périclès, œuvre à peu près certaine de Crésilas, dont 
nous possédons plusieurs copies*. D'autre part, la tête de Velletri 

* Clarac. Musée. 320, 861. 

* Furlwaeiigler. Maslerpieces, p. 141, note 2. La plus belle réplique est l'Athéna 
Albani à Munich (VywXwaen^Wv, llunderl Tafeln,\i\.ZZ). Un écho jiffaihli du môme 
type se consfiite, au u» siècle av. J. C, dans la tête de l'Athéna du monument 
(riMii)ulid(> iAlhenische MillUeilungen, t. VII, |). 81, pi. 5.) 

;• Jahrbuch des Insfilids, 188C), p. 27, 

• Pline, Hisl. Nat., XXXIV, 74. 

• Crésilas de Kydonia. artiste dont on connaît (piatrc signatures (Bull, de 
corresp. hellénique, t. XXIII. 1899, j), 378 ) 

• Furtwaengler, Maslerpieces, pi. 7. 



PLANCHES 38 ET 39 33 

diffère de celle de la liera Farnèse (pi. 74), dont on l'a souvent rap- 
prochée, par la forme beaucoup moins lourde des paupières supé- 
rieures et l'ovale plus prononcé du visage. 

C'est de l'Athéna de Velletri qu'Otfried Millier s'est inspiré pour 
décrire le type idéal de la déesse ' ; il y a, toutefois, dans le colosse 
du Louvre, beaucoup de sécheresse et de raideur^. 



PLANCHES 38 ET 39 
TÈTE DE FEMME EN MARBRE 

{Musées de Berlin et du Louvre.) 



Notre planche 38 reproduit de face une tête du Musée de Berlin dont 
une réplique, figurée de trois quarts sur la planche 39, est au Musée 
du Louvre '. On a reconnu depuis longtemps que ces têtes, de gran- 
deur naturelle, dérivaient d'un même original en bronze du v" siècle 
et on a supposé que c'était un portrait d'Aspasie ; mais cette hypo- 
thèse est contredite par le style, antérieur à l'an 449, qui paraît être 
la date initiale de la liaison d'Aspasie avec Périclès. On connaît 
aujourd'hui au moins cinq répliques du môme type et M. Amelung 
a fort ingénieusement montré, en 1900, que la tète dite d'Aspasie 
s'adapte à un torse sévèrement drapé dont il existe aussi une demi- 
douzaine de répliques dans nos musées. L'original était donc une 
œuvre célèbre, apparentée — comme il est facile de le voir — à la 
Ilestia Giustiniani (Torlonia) et à l'Apollon Choiseul-Gouffier (Musée 
britannique). M. Furtwaengler avait songé à attribuer ce groupe de 
statues à Calamis et à son école ; mais la figure reconstituée par 

' 0. Millier, Ilandbuch der Archœologie, ^, 369. 

* M. Froehner (Notice, n» 114, p. 144) parle d'une « figure ravissante » ; il ne 
semble pas que cette épithèle soit justifiée. — Furtwaengler, Masterpieces, p. 141, 
fig. iiS et 59; Furtwaengler et Urlichs, Denkmxler, p. 17, pi. .">; Collignon, His- 
toire de la sculpture grecque, t. I, p. 139; Brunn-Bruckmann, Den/cmœler, n» 68. 

■' Dans la tète de Berlin, le nez est moderne; dans celle du Louvre, sont 
modernes le nez, le buste et la partie antérieure du voile. 

3 



34 PLANCIli: 40 

M. Amelung n'a rien de la légèreté et de la grâce, ).£::tôtt,; xal yioiç, 
vantées par les admirateurs anciens de Calamis. M. Amclung pense 
à l'école d'Kgine ou à celle de Corinthe, dont, en vérité, nous ne 
savons presque rien. 

La tôte du Louvre, avec sa bouche un peu boudeuse, aux coins 
abaissés, ses paupières saillantes et anguleuses, paraît être plus voi- 
sine de l'original que celle de Berlin. Il y a un(î parenté, mais une 
parenté seulement, entre la tète du Louvre et celles de l'Amazone 
du Palais des Conservateurs (pi. 54) et de l'Athéna de Velletri 
(^pl. 37), qui sont l'une et l'autre plus dégagées de l'archaïsme'. 



PLANCHE 40 



TKÏE DE DEMETER 

{Bas-relief du Musée national d'Athènes.) 



Le bas-relief célèbre auquel cette tête est empruntée a été trouvé 
à Eleusis; il représente Triptolème entre les deux déesses, Déméter 
et Koré. La tôte de Déméter offre des analogies avec celles des 
frises du Parthénon, bien qu'elle soit d'une dizaine d'années plus 
ancienne-; on remarquera notamment le dessin de l'œil, grand et 
ouvert, qui^ sans être de face, est cependant figuré d'une manière 
plus complète qu'il no conviendrait dans un profil. La ligne du nez 
continue presque directement colle du front; le bout du nez est 
mince, avec une narine un peu forte; le coin de la bouche est abaissé 
et donne à l'ensemble une expression de gravité religieuse et de tris- 

' Arcliaeologiache Zeilunçi, 1877, pi. 8: Beschreibunff der Skulpluren in Berlin. 
n» lJO.'i: Marbres du Louvre, n» .'WiS: Kiiriwaonj^Ier, Maslerpieces, p. 81 ; Amoliinjf, 
Itfiinische Milfkeilunyen. l'JOU, p. 18;i: Reinach. Gazelle des lieuux-Arls. \W1, 1, 
p. ii'.»: photographie Giraiidon, n-' 1219. 

* D'autres oui eonsi(h'rn> le bas-relief d'Kleusis ronime contemporain du Par- 
thénon (Friederichs-Wollers,^i7xw6.7»7.sse,n" 1182 : C.oW'xy^nun, llisl. de lascidplure, 
t. Il, p. 142); Overbcck le croyait plus récent et le rapprochait de l'Eiréné de 
Céphisodote ii Munich [Demeter, p. 420). 



PLANCHE 41 35 

tesse discrète. La disposition des cheveux répond sans doute à 
l'idée que l'artiste se faisait de Déméter, la déesse en deuil; je n'en 
connais pas d'autre exemple dans l'art classique. Il est possible que 
la ligure du relief d'Eleusis soit la copie d'une statue de Déméter 
conservée dans le temple de cette ville et remontant au milieu du 
v" siècle K 



PLANCHE 41 



TÈTE EN MARBRE D'HERMÈS ARCHAÏQUE 

{Musée du Louvre.) 



Le Louvre possède deux exemplaires de cet hcrmès colossal, pro- 
venant l'un et l'autre du musée Campana. Celui-ci, de beaucoup le 
meilleur, a été fortement restauré ; le nez, une partie de la pommette 
gauche, le bas de trois mèches de la barbe, dix boucles de cheveux 
et les longues mèches entre les oreilles et les épaules sont moder- 
nes. On remarquera que la paupière supérieure ne déborde pas sur 
le contour inférieur de l'œil ; c'est un caractère archaïque que le 
copiste romain a conservé. L'original de cette tête et de beaucoup 
d'autres du même style ^ doit être attribué aux environs de l'an 
460 av. J. G. et à l'art attique^ 

' CoUignon, Histoire de la sculpture grecque, t. II, p. 14i, fig. 08; Mo7iiimenti 
delV Instilulo, t. VI. pi. 45; Cavvadias, DorTct n« 126: Friederichs-WoUers, 
Gipsabgiisse, n»H82: Overbeck, Kunslmythologie, Demeter, p. 420. 

- Voir notamment l'hermès de Chatswoiiii. publié par M. Furiwaengler. Jour- 
nal ofliellenic sludies, t. XXI (1901). pi. 8. 

* Froehner, Notice, n» 191; photographie Giraudon, n» 1232. 



36 l>LANCIli:S 44 ET 43 

PLANCHES 42 ET 43 
TÈTE EN MARBRE DE DIEU BARBU 

[Gli/ptothèque deNy-Caiisberg.) 



Le comte Tyskicwicz, qui possédait autrefois cette belle tôte, 
croyait savoir qu'elle provenait des fouilles exécutées en 1885 sur 
l'Acropole d'Athènes. Suivant un autre témoignage, elle aurait été 
découverte au Pirée. 

C'est un terme d'Hermès ou de Dionysos avec cheveux et barbe 
stylisés. L'expression de la physionomie est douce et bienveillante; 
les yeux ne sont pas obliques ; la ligne médiane de la bouche est 
légèrement ondulée. Le type appartient incontestablement à la pre- 
mière moitié du v^ siècle; mais il est probable que l'exécution est 
postérieure à cette date et môme aux sculptures du Parthénon. L'art 
grec n'a ignoré l'archaïsme factice à aucune période de son histoire; 
il n'a jamais cessé de reproduire certains types hiératiques, tels 
que termes, caryatides, images de Peitho, suivant des canons 
iixés antérieurement aux guerres médiques et conservés, à cause de 
leur caractère religieux, longtemps après que l'archaïsme propre- 
ment dit eut pris lin *. 



PLANCHES 44 ET 45 
TÈTE EN MARBRE DE DIEU BARBU 

{Glyptothèquc de Ny-Carlsbery.) 



Conmie la précédente, cette tête a fait partie de la collection du 
comte Tyskiewicz, qui croyait (|u'olle avait été découverte sur 

• Arndt, Otyptolhèque île Sy-Carlsbery, pi. Il; Joubiti, La sculpture grecque, 
p. 106, flg. H\, il. 



PLANCHES 46 ET 47 37 

l'Acropole, alors que, suivant une autre version, elle proviendrait 
du Pirée. 

Il me semble certain que ce marbre est une copie ou une variante, 
datant des premières années du iv'' siècle au plus tôt, d'un modèl(> 
contemporain de l'Harmodios. Le copiste s'est laissé influencer par 
l'art de son temps. Les yeux sont cernés de paupières lourdes, ce 
qui est un trait archaïque ; mais la paupière supérieure déborde sur 
l'orbite et la ligne médiane de la bouche est ondulée, caractères 
difficilement admissibles à l'époque où ce type plastique a été créé. 

Le bonnet qui surmonte cette tète convient à Iléphaestos et à 
Hermès ; M. Jacobsen s'est décidé pour la première attribution, 
M. Arndt préfère la seconde et croit même qu'il s'agit d'Hermès 
Ghthonios, à cause de l'expression de tristesse qu'il distingue dans 
la physionomie. J'avoue ne pas en être frappé ^ 



PLANCHES 46 ET 47 
TÊTE EN BRONZE DU DORYPHORE 

{Musée (le Naples.) 



Un bronzicr du temps d'Auguste, Apollonios, fils d'Archias 
d'Athènes, a signé le buste que surmonte cette tète, copie appa- 
remment très exacte, mais un peu sèche, du célèbre Doryphore ou 
« Porte-lance » de Polyclète, à laquelle faisait pendant, dans la même 
maison d'Herculanum, le buste d'Amazone figuré sur la planche 57. 
Les caractères du style de Polyclète ne peuvent s'étudier nulle part 
avec plus de précision : yeux très ouverts , un peu bombés, avec 
paupières fines, dont la ligne supérieure déborde un peu sur le con- 
tour de l'œil, glandes lacrymales accusées, nez fort et large, bouche 
ondulée, légèrement tombante aux coins, lèvres épaisses et sensi- 
blement égales. Les oreilles sont celles d'un athlète, un peu tumé- 

' Arndt, Gh/plollièque de Nij-Carlsberq , pi. 12. 



38 PLANCIIL: 48 

fiées par les coups de poinj^ (cf. pi. 1)^ Le crâne n'est pas rond, 
mais assez développé d'avant en arrière et nettement aplati au 
sommet, ce qui ajoute à l'impression de « carrure » déjà signalée 
par les anciens -. Les cheveux adhèrent au crâne et sont divisés en 
petites boucles qui divergent du sommet de la tète et s'écartent pour 
former un an«rlc au sommet du front ^. 



PLANCIIK 48 



TETE EN MARBRE DU DORYPHORE 

[Musée de Naplcs.) 



C'est à Friederichs que revient l'honneur d'avoir identifié au 
Doryphore de Polyclète l'original de la statue découverte à Pompéi 
en 1797*, dont notre planche reproduit la tète. Celte statue est dun 
travail assez commun, mais a lavaiitage, sur les autres copies du 
mémo chef-d'œuvre, d'être complète. C'est le type par excellence de 
l'athlète dorien, auquel s'appliquent à merveille ces belles lignes, 
devenues presque célèbres, que le sculpteur Guillaume adressait à 
Olivier Rayet, au début d'une « consultation » sur la statue de 
Naples : « L'ensemble donne l'idée d'une force redoutable ; mais on 
sent que celte force est réglée par la discipline et par l'exercice. 
KUe est sans ostentation ; elle se laisse voir, elle s oublie et la jeu- 
nesse qui la tempère s'y montre par une sorte d'abandon à la 

* Pour la statue entière (répli(|ue de Naples), voir Collif^iioii. Histoire <lc la 
sculpture (jrecque, I. I, pi. 12. 

* Cf. Ilomolle, Bulletin de correspondance hellénique, 189'.), p. 4."j3. 

' Oimparetti et De Petra. La villa Ercolnnese dei l'isoni, \A. VIII, 3: Kriede- 
riclis-Woilers, (iipsabgilsse, n" 50o; Kurlwacn^ler, Maslerpicces, \>. i29; LaiiKe, 
Uurstellunij des Menschen p. 206 ; Coilignon, Histoire de la sculpture f/recque, 
t. I. p. 495. «K. 232, 

* Dans la palestre de Pompel (.Mau. Slrena Helbif/iana, p. 184.) Une tète ana- 
lof(ue a été trouvée dans le ffvmnase de Delphes {liull. de corresp. fiellén., i899, 
p. :i7:i.) 



PLANCHE 48 39 

nature*. » Cet éphèbe robuste, « type accompli du jeune étalon 
humain -)), est d'ailleurs dépourvu de toute expression, de toute 
personnalité, et M. Mahler a justement signalé dans la tète le 
« manque de toute note intellectuelle. » Pour les critiques anciens, le 
Doryphore était devenu le canon, c'est-à-dire la formule des propor- 
tions du corps humain ; mais, en le célébrant à l'envi, ils ne nous 
ont point dit ce qu'il représentait, sans doute parce qu'à leurs yeux 
il n'était que le canon éphébique et pas autre chose. Le nom de 
Doryphore date probablement de l'époque alexandrine. M. Furtwacn- 
gler croit que la statue originale était celle d'un vainqueur au pen- 
tathle portant son javelot et rejette, comme entachée d'anachro- 
nisme, l'hypothèse de M. Gollignon, qui était tenté d'y voir une image 
décorative ou funéraire. 

Le visage est ovale, les yeux très ouverts, les paupières minces, 
le nez fort et large, la bouche ondulée, entr'ouverte, avec lèvres 
épaisses. Les cheveux ne sont plus seulement un revêtement du 
crâne, bien qu'ils en suivent docilement les contours ; dans leur 
arrangement symétrique, mais d'une symétrie sans pédantisme, il y 
a déjà un effort vers la liberté. Le front est triangulaire^. 

' Cette phrase, suivie d'autres qui sont faibles, est d'une beauté rythmique 
({ui rappelle les meilleures inspirations de Montesquieu. 

* Lechat, Mélanges Perrot, p. 210. 

^ Photographie Giraudon, 1282 (d'après le moulage conservé à l'Ecole des 
Beaux-Arts). La statue entière, CoUignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, 
pi. 12. — Friederichs, Der Doryphoros des Polyklet, Berlin, 1865; Rayet (et 
Guillaume), Monuments de l'art antique, t. I, pi. 29; Monumenti delV Instituto, 
t. X, pi. 50, n" 1 a, 1 b; Furtwaengler, Masterpieces, p. 228; Mahler, Polyklet, 
p. 24 et fig. 5 (la statue de face): Gardner, llandbook, p. 318 ; Lange, Darstellung 
des Menschen, p. 199; Bulle, Der schone Mensch, pi. 1J6; Friederichs-Wolters, 
Gipsabgusse, n» 503; Overbeck, Schriftquellen, 953-962. Pour les répliques, voir 
Michaelis, Annali deW Instituto, 1878, p. 1-30; Mahler, op. t., p. 26,27 ; Furtwaen- 
gler, Journal of hellenic sludies, t. XXI, p. 212, fig. 2. 



40 PLANCHE 49 



PLANCHE 41) 



TETE EN MARBRE DU DIADLMÈNE 

{Musée du Louvre.) 



Bien qu'il n'y ait d'antique, suivant l'étiquette du Louvre, que « le 
principal du visage, le devant du bandeau et des cheveux », cette 
tète présente un intérêt réel, car les parties conservées sont intactes 
et d'un travail soigné. Plus que celles des Diadumènes de Vaison *, 
de Délos^ et de Madrid "^ elle se rapproche de la tête du Doryphore 
de Polyclète, telle que nous venons de l'étudier à deux reprises 
(pi, 46-48.) La comparaison avec l'Amazone du Palais des Conserva- 
teurs (pi. 54) n'est pas moins instructive ; toutefois, les yeux du Dia- 
dumène sont plus ouverts et les paupières moins lourdes. La ligne 
ondulée de la bouche est un caractère qui se retrouve dans toutes 
les têtes d'Amazones, mais qui fait défaut aux sculptures plus 
anciennes. Le copiste romain auquel est due la tête du Louvre a 
probablement travaillé d'après le moulage d'un bronze, doi]t lin- 
fluence est apparente dans la sécheresse du modelé et dans les 
cheveux. A cet égard, il est certainement resté plus voisin de l'origi- 
nal que le sculpteur, infiniment plus habile, du Diadumène de 
Madrid *. 

M. Emm. Lœvvy a donné de bonnes raisons pour admettre que le 
Diadumène de Polyclète était la statue de l'éléen Pylhoclès, vain- 
queur en 4o2^ Cette date serait très importante pour l'histoire de la 

' Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, fig. 253. 

' Monutnenls l'iol, I. III, pi. 14 et lii. 

» Ibid.. t. IV. pi. 9. 

♦ Marbres du Louvre, n» 840; photographie (jiraudon. 4283: FurlNvacnglcr, 
Maslerpieces, p. 240; MahliT, Vohjklct. p. 24, n- 29. Cf. les articles de M.M. Couve 
v\ Paris sur les Diadumènes de Délos et de Madrid, Monuments l'iol. t. III, p. 137; 
t. IV, p. 53. 

» Uonnanmhefl der Wiener Sludien, t. XXIV, 2. Cf. Pausanias. V, 7. 10. La 
date de la victoire de Pythoclès est connue depuis peu [Rev. archéol.. 1899. ii, 
p. 412.) 



PLANCIIK 50 41 

sculpture grecque ; mais M. Lœwy concède que la statue a pu être 
exécutée quelques années plus tard. En tous les cas, le Diadumènc 
paraît plus ancien que le Doryphore, qui appartient aux environs 
de 440. 



PLANCHE 50 



TETE EN MARBRE D'UN DIADUMENE 

{Musée britannique.) 



Polyclète était l'auteur d'une statue célèbre représentant un Dia- 
dumène ; mais il y avait dautres Diadumènes que celui de Polyclète, 
comme il y a d'autres Madones que celles de Raphaël. La tète que 
nous reproduisons ^ a bien fait partie dune figure d'athlète nouant 
un bandeau autour de son front ; mais c'est en vain qu'on a 
essayé d'y voir une réplique, môme libre, de la statue de P0I3 clète 
(pi. 49). Le traitement des cheveux est absolument différent et 
témoigne de l'influence d'un original en bronze appartenant à 
l'école de Phidias -. « Il m'est très difficile, écrivait avec raison 
M. Paris, de retrouver ici Polyclète... Je cherche en vain des souve- 
nirs heureux du modèle original ; il n'en reste pour ainsi dire aucun, 
et cela parce que la transposition qu'a voulue l'artiste est trop 
complète ». Mais l'artiste a-t-il vraiment voulu une transposition? 
Il a représenté un Diadumène, comme l'art grec en fit après 
Polyclète et en avait fait sans doute avant lui. Les têtes de Diadu- 
mènes conservées à Cassel-' et à Dresde ' sont plus voisines de celles 

' Les lèvres et une partie du nez sont restaurés. Grandeur naturelle. 

* Il en est de même du Diadumène Farnèse au Musée britannique (Furtwaen- 
gler, Masterpieces, p. 244), variante attique du motif traité par Polyclète (Lanj^e, 
Darslellunrj des Menschen, p. 204.) 

^ Gonze, Beitrâge, pi. 2. 

* Furtwaengler. Masterpieces, pi, 10 et 11. 



PLANCHES ol ET 52 



du Musée britannique que de l'original de Polyclète et ne parais- 
sent pas davantage en dériver*. 



IM.ANCIIKS ol ET o2 
TÈTE EN MARBRE DE DÉESSE 

(Mu^ée national (V Athènes.) 



Dès le début des fouilles fructueuses qu'elle a pratiquées en 1892 
au temple de Héra près d'Argos, l'École américaine d'Athènes 
découvrit celte jolie tète en marbre de Paros, d'un tiers plus petite 
(|ue nature*, dont les épreuves en j)làtre sont aujourd hui fort répan- 
dues'. Elle paraît un peu jeune pour représenter liera ; mais le 
nom d'Hébé, qu'on a mis en avant, n'est autorisé par rien '•, La 
silhouette arrondie du visage, le développement du menton et le 
dessin des yeux prouvent qu'elle remonte au v" siècle ; c'est certai- 
nement un original. A l'encontre de M. Waldstein, qui l'attribuait 
à Polyclète ou à son école, M. Furtwaengler a prétendu que cette 
tète était attique". Mais les yeux largement ouverts, avec une 
nuance d'effort, sont pareils à ceux du Doryphore de Naples (pi. 46), 
copie exacte d'un ciief-d'œuvre de Polyclète, et ne se retrouvent 
pas dans les marbres qu'on peut rapporter à l'école de Phidias. Le 
dessin de la bouche est également polyclétéen. Nous n'hésitons donc 
pas à voir dans cette tôle une œuvre sortie de l'atelier du maître 

* .Miiriay, Hevue archéologique, 1895. Il, p. 145, pi. 12 (d'après une autre plio- 
to^rapliic) ; Mahler, Polyklel, p. 73; Couve, Monuments Piol, t. III. p. 146; 
i'ari.s, i/Ad.. t. IV, p. TA. 

* Hauteur, du menton au sommet du crâne : 0<*,223. 

* Waldstein, American journal of archiFolar/i/, 18'.I4, I. l.X, p. 331, 33'.). 

* Overbeck. Sachsische Berichie, M'Xi. p. 31. 

' Fiirtwaenj^ler, Arckdolof/ische Sluilien II. lirunn (lar;/e/)racht, p. 8'.) et Max- 
lerpieces, p. 243. Le te.\tc allemand (Meisterwerke, p. 443) est plus formel que la 
traduction auKlaise. 



l'LANClIE o3 43 

(l'Argos ; c'est aussi l'opinion de M. Collignon, qui y trouve avec 
raison « toute la saveur du style polyclétéen ». Il n'est pas impos- 
sible qu'elle ait fait partie du fronton occidental du temple; en tous 
les cas, elle est trop grande pour avoir appartenu aux métopes'. 



PLANCHE 53 



TÈTE EN MAUBRE D'AMAZONE 

[Musée britannique.) 



Le plus bel ornement de Lansdowne House à Londres est une 
statue d'Amazone blessée, la tète inclinée vers la gauche, le bras 
droit relevé et appuyé sur le sommet de la tète, le bras gauche 
reposant sur un pilier. Cette statue, dont il existe plusieurs répliques, 
est généralement considérée comme une copie de l'Amazone en 
bronze de Polyclète, que l'on admirait dans le temple d'Artémis 
àKphèsc-. La réplique de la tôle, de grandeur naturelle, que Lyde 
Browne rapporta d'Italie en Angleterre et qui, de la collection 
Townley, a passé au Musée britannique, est l'une des meilleures de 
la série; il n'y a de restauré que l'extrémité du nez et du cou. 

Les cheveux, finement ondulés sur le devant, sont divisés par 
une raie qui remonte jusqu'au sommet du crâne. Les yeux sont bien 
ouverts, avec des paupières étroites ; le nez — dont la restauration 
paraît exacte — est un peu fort, l'intervalle entre le nez et la bouche 
singulièrement court, le menton aussi. La bouche est grande, ondu- 
lée, légèrement ouverte. Il ne faut pas chercher à reconnaître dans 
la physionomie l'expression douloureuse d'une Amazone blessée ; 

' Waldstein, Excavations of Ihe american scliool of Athens at llie lleraion of 
Ai'f/os, 1892, pi. 4, ii; The argive Heraeum, t. I (1902), frontispice et pi. 36 
(sous trois aspects), p. 164; E. Gardner, Handbook, p. 340. fig. 79; CoUigiion, 
Histoire de la sculpture grecque, t. Il, p. 108, fig. 82: Reinach, Gazelle des 
Beaux-Arts, 1893, I, p. 2bl. On a trouvé des fragments de métopes, qui sont en 
marbre pentélique et non en Paros ; le type des têtes est également polyclétéen 
('EoT,txîp(;, 1893, pi. 15 ; Gazette des Beaux-Arts, 1893. I, p. 2o3 : 1895, II, p. loo.) 

* Pline, Ilist. naturelle, XXXIV, 53. 



44 PLANCHE 54 

Polyclèlc n'a pas rendu des expressions, mais des altitudes. L'ori- 
ginal datait probablement de lan 440 avant J.-G. * 



PLANCHE 54 
TKTE EN MARBRE D'AMAZONE 

{Palais des Coiiservateurs à Rome.) 



Découverte en 1874 sur l'Esquilin, cette belle tôte, où le bout du 
nez seul est moderne, se distingue de la précédente par des carac- 
tères essentiels, en particulier par le peu (l'ouverture des yeux, 
l'épaisseur des paupières supérieures et celle de la lèvre inférieure, 
beaucoup plus forte que l'autre. La chevelure trahit l'influence d'un 
modèle de bronze ciselé avec une minutieuse habileté. C'est une 
réplique meilleure de la tète qui surmonte, au Musée du Capitole, 
l'Amazone debout, appuyée sur sa lance, dont on a proposé de rap- 
porter l'original de bronze soit à Polyclète, soit à Phidias, soit à 
Crésilas. Cette dernière attribution, soutenue par M. Furtwaengler, 
est très vraisemblable; les deux premières sont inadmissibles dans 
l'état de nos connaissances sur le style de Polyclète et de Phidias-. 

' La statut; Laiisdowiie entiLTC. Furtwaengler, Masterpieces, pi. 8; la tôle seule, 
i/tid., fig. 155. La tôle du Musée britannique a clé publiée par M. Michaelis. 
Juhrhuch des Jnsliltits, 1886, I, pi. IIF, 2 (cf., ibid., p. 16, K) : voir aussi 
A. -H. Smith, Calaloyue of yreek sculpture, t.'I, p. 209, n» 503. 

' Pholograpliic Alinari, n» 1173(1; MichaeUs, Jahrbuch des Insliluls. l. I (1886), 
p. 18 n: Hotho (Iraef. ihid.. t. XII (1897), pi. 3 (de face) et p. 84; Furlyvaengier. 
Masleipieces. p. 132: .Mahler. l'olyklel, \). 82; llelbig, Filhrer*, t. 1. n- 59(1 (cf. 
n» 51.') et. pour la statue du Capitole. ifnd., t. 1, \). 337-339). Pour un e.xposé 
général de la question des statues d'Amazones au v« siècle, voir Gardner, Journal 
ofhellenic studies. t. XVIII (1898). p. 142 et llandbook, p. 333. 



PLANCHE o7 45 

PLANCHES 55 ET 5() 
TÈTE EN MARBRE D'AMAZONE 

{Musée du Vatican.) 



Cette tête surmonte l'Amazone de la villa Mattei, aujourd'hui au 
Vatican ' ; mais Klugmann a justement contesté qu'elle ait appartenu 
originairement à cette statue. Par ses caractères essentiels, elle se 
rapproche beaucoup du type Capitolin (pi. 54) ; ils sont encore 
plus nettement accusés, en particulier dans les yeux, allongés, peu 
ouverts, bordés de paupières saillantes, avec une exagération frap- 
pante des glandes lacrymales. La copie, faite sans doute d'après un 
moulage du bronze original, reproduit jusqu'aux traits incisés qui 
courent le long des paupières inférieures et qui cernent les lèvres 
(rapportées dans l'original). Si la tète du palais des Conservateurs 
dérive, comme le croit M. Furtwaengler, de Crésilas, il en est incon- 
testablement de même de celle-ci^. 



PLANCHE 57 



ÏÈTE EN BRONZE D'AMAZONE 

{Musée de Naples.) 



Comme cette tête, surmontant un buste, faisait pendant, dans la 
villa des Papyrus à Herculanum, à Thermes du Doryphore de Poly- 

' Reslaurations : le nez, partie de la lèvre inférieure, menton et cou. 

* Klugmann, Rheinisches Muséum, t, XXI, p. 332: Michaelis, Jahrbuchdes Ins- 
tiluls, t. I (188G), p. 18 l et 20 y; Furtwaengler, Maslerpieces, p. 132 et fig. 54; 
Ilelbig, F«/«m-*, t. I, n" 199. 



46 PLANCIIK 58 

clète (pi. 47), avec lequol on la découvrit en 1753, il est à priori 
vraisemblable qu'elle reproduit une des Amazones du même artiste. 
Ce n'est pas celle dont nous avons déjà étudié une réplique (pi. 53) ; 
mais pourquoi Polyclcte n"aurait-il sculpté qu'une seule Amazone ? 
Cependant M. Turtwaengler a voulu attribuer à Phidias 1 original du 
buste de Naples. Gela est inadmissible pour plusieurs raisons, mais 
surtout parce que Phidias entourait les yeux de paupières épaisses 
et très rapprochées des sourcils, tandis que celles de l'Amazone 
d'HercuIanum sont très fines et que les sourcils en sont assez éloi- 
gnés. Les traits du visage sont conformes à l'idéal de Polyclètc. La 
bouche est grande, avec les deux lèvres sensiblement égales. La 
partie inférieure du visage, mesurée à partir du bas du nez, est beau- 
coup plus petite que la partie supérieure, jusqu'à la racine des che- 
veux. Ceux-ci ne sont pas exactement appliqués sur le crâne, mais 
forment des ondulations qui marquent une tendance vers un traite- 
ment plus libre. 

Nous avons reproduit le buste de Naples sous l'aspect qui lui est 
le plus favorable ; vu de face, il offre une asymétrie choquante. Le 
travail, sans doute du i""' siècle de l'Empire, en est médiocre '. 



PLANCHE 58 



TETE EN BRONZE D'ÉPHÈBK 

{MuȎc de Naples.) 



L'air hagard (jn'on a signalé dans cette tète tient uni(iuemenl aux 
yeux, dont l'intérieur, globe et pupille, est une restauration faite au 
xviii" siècle. On la exhumée à Herculanumen 1752, dans la fameuse 
Villa des Papyrus. C'est la copie d'un original du v" siècle, appar- 

« Friwh'rk-hs-NVollcrs. (ilpsa/ifjiluse, n» 228: Micliaclis. Jahrhuch des lusliluls. 
\. i, (i88(»j, p. Ki, I; KurIwai'iiKicr, Masterjiieces, p. 138, lig. lu; S. Rt'iiiach. 
liazelle des Heaux-Arls, 1902, II. p. 164. 



PLANCHE 59 47 

tenant à Técole de Polyclètc, dont il existe, au musée de Berlin, une 
intéressante réplique en marbre (n° 479). Il est probable que la che- 
velure était ornée d'une mince couronne dor. Les cheveux suivent 
le contour du crâne, mais se relèvent un peu vers le front et les tem- 
pes. La bouche est très peu ondulée, le menton relativement court. 
Comme dans l'Amazone de Polyclète (pi. 53), le nez est plutôt long. 
Le propriétaire de la Villa des Papyrus paraît surtout avoir possédé 
des copies d'œuvres grecques célèbres ; on ne s'étonnerait pas que 
l'original de celle-ci fût du nombre, mais je ne vois pas de motif 
suffisant pour l'attribuer à Polyclète ^ 

Une tète virile, également remarquable par la longueur du nez et 
le peu de distance entre le nez et la lèvre supérieure, fait partie de 
la collection Nelson à Londres et se rattache à l'art de Polyclète, 
comme celle de Naples, par un lien qui ne semble pas être direct-'. 



PLANCHE 59 



TETE EN MARBRE D'HERMES 

(Musée du Louvre.) 



Fixée sur un cou et un buste moderne, cette tète de grandeur 
naturelle, provenant de la collection Campana, trahit, par l'arrange- 
ment de la chevelure, par le dessin de la bouche et l'aspect indiffé- 
rent ou même maussade, linfluence dun original perdu de Poly- 
clète. Mais c'est un médiocre travail romain, que ne recommande 
aucune qualité intrinsèque. Pour la division des cheveux au milieu 
du front et la manière dont ils sont collés au crâne, on comparera 

* Photographie Alinari. n» o6i2; CompareUi et De Petra. Villa Ercolanese, pi. XI. 
1: Rayet, Monumenis de l'art anlique, t. IL pi. 24: Mahler, Polyklet, p. 41, 42, 
fig. 9 (la réplique de Berlin). 

* E. Gardner, Journal of hellcnic studies, t. XVIII (1898), p. i41, pi. 11: cf. 
Waldstein, The arf/ive lleraeum, t. I, p. 179. 



48 PLANCHE fiO 

la réplique en bronze du Doryphore découverte à Ilerculanum 
(pi. 46) '. 



PLANCHE 60 



TÊTE EN MARBRE DE HÉRA 

{Musée du Vatican.) 



La statue colossale du Vatican, dite HéraBarberiiii, a été considérée 
à tort par E. Q. Visconti ^ comme une copie de la Héra Teleia de 
Praxitèle à Platées '. Si cette hypothèse était fondée sur un docu- 
ment, il faudrait, en tous les cas, songer à un Praxitèle plus ancien, 
il'abord parce que la liera Teleia ne peut guère être attribuée au 
célèbre Praxitèle % puis, parce que le style de la Héra Barberini est 
plus voisin du v" siècle que du iV. AL Furtwaengler était disposé à 
en rapporter l'original à Alcamène, dont Pausanias mentionne une 
statue de Héra dans un temple de Phalère*. Mais l'influence de 
l'école de Phidias est moins sensible, du moins dans la tète, que 
celle de Polyclète, bien que certains caractères (les yeux, par 
exemple) ne soient pas polyclétéens. MM. Klein et Helbig ont eu 
raison d'admettre que la Héra Barberini est une œuvre éclectique 
plutôt que la copie d'un chef-d "œuvre du v" siècle. M. Helbig s'est 
«lemandé si elle ne reproduisait pas une des deux Héra du ii" siècle 

' Km'hiuT, .Vo//tr, 11" l'J"; Fiirlwaengler, Miislerpieces. p. 2'JO, note b; Mailler, 
Pul'jlclel, p. a9, fig. 14. — On trouve aussi clos ailerons sur une tète du slylcî 
de Scopas i» Chalsworth, dont M. Furtwaengler (Journal of hellenic sludies, 
t. X.XI. pi. 11, 12. p. 214) a montré les affinités niyroniennnes. F..C plus ancien 
exemple d'Hermès avec des ailes sur la télé remonte à 1 e|)0(|ue de la guerre du 
IV'Ioponôse (Furtwaengler et Roiclihold, Gricch. Vasenmalerei, |)l. -0). 

" Visconti, Musée Pie-Clémenlin, t. I, pi. 2. 

=• Pausanias, XI, 2, 7. 

* Platées avait été dévastée et ruinée en 3Ti. 

* l*ausanias, I, 1. 



PLANCHES Gl HT 0:2 49 

avant J.-C, œuvres de Dionysios et de Polyklès, qui travaillèrent 
à Rome pour Metellus jMacedonicus^ Les artistes grecs do cette 
époque s'inspirèrent volontiers de sculptures célèbres du v"^ siècle, 
combinées et modifiées suivant le goût académique de leur tem])s. 
Le caractère le plus singulier est la nudité du sein gaucbc, qui 
trahit l'influence d'un type d'Aphrodite drapée et ne serait pas 
admissible dans une statue de Héra due à Polyclète ou à Phidias. 
L'expression de la tète est d'une majestueuse froideur. Le travail 
des cheveux est très sec. Toute la surface du marbre a été grattée 
et polie, mais le nez seul est moderne -. 



PLANCHES 61 ET Oii 
TÊTE EN MARBRE DE PAN 

{Autrefois au Palais des Conservateurs à Home.) 



Un type plastique du dieu Pan, n'ayant de bestial que les deux 
petites cornes, nous est connu par une statuette du Vatican^ dont la 
célébrité est attestée par de nombreuses répliques*. La meilleure 
réplique de la tète, trouvée à Rome sur le Gaelius, était naguère au 
palais des Conservateurs ; elle a été volée en 1901 et je ne sais où 
elle se trouve aujourd'hui. Je la reproduis d'après un agrandissement 
de la phototypie publiée en 1887. 

La statue originale dérivait du Doryphore de Polyclète, mais la 

' Pline, Ilisl. Nul., XXXVI, 3a; Overbeck, Schriflquellen. n» 2207. 

- Photographie Anderson, ii" 4798: IJaumeister. Denhmûler. p. 647, fig. 71o; 
y^cnwke, Anlike Denkmâler, pi. XI, 5, p. 124: Overbeck. Kunstmythologie. Allas, 
pi. IX, 10; X, 33: Brunn-Brukmann, Denhmûler, n» 492: Furtwaengler, Masler- 
pieces, p. 82; Klein, Praxiteles, p. 64; Arndt et Amelung, Einzelauf'nahtneii, 
n» 280; Coliignon, Histoire de la sculpture grecque, t. II, p. 179; llelbig, 
Fiitirer^, t. I, w 308. 

•■' S. Reinach, Répertoire, t. Il, 66, 3; llelbig. Fûhrer', t. I. n» 395. 
* Furtwaengler, Masterpieces, p. 270, note 1 ; Mahler, Volyldet, p. 133, note 3. 
La plus complète est à Leyde (Masterpieces. p. 271, fig. 114). 

4 



:iO PLANCIIK G3 

t(*lc offre les caractères de l'art tlu iv"' siècle et trahit, sinon 
l'inlluciice directe, du moins le voisinage de Praxitèle. Je ne saurais 
être d'accord avec M. Furtwacngler, qui voit ici « une reproduction 
très exacte du type de Polyclète. » 11 y a des souvenirs de Polyclète 
dans le traitement des cheveux et dans la bouche, mais ce ne sont 
(jue des souvenirs. Je crois que MM. Ilelbig et Mahler ont eu raison 
d'insister sur l'expression rôveuse et langoureuse de la physionomie, 
(jualité tout à fait étrangère au maître d'Argos '. 



PLANCHE 03 



TETE VIRILE EN BRONZE 

J[us(ic de SaiiU-Gcnnain-eu-Lai/e.) 



Dans cette tète plus petite que nature -, nous avons une preuve 
intéressante de l'influence exercée par Polyclète sur les bronziers de 
la (iaule romaine. Ce buste a été découvert à Saint-Barthélomy de 
Beaurepaire (Isère) et acquis en 187o par le Musée des Antiquités 
Nationales. 11 était accompagné de plusieurs j)ièces de bronze, 
entre autres de colonnettes creuses ornées de moulures à la base et 
de deux poignées do bronze représentant des dauj)hins. La tète, où 
les pupilles sont indiquées, est ceinte d'un diadème. L'ensemble 
rappelle, en plus raide et en plus laid, la copie du Doryphore par 
Apollonios (pi. 40). Il est possible que l'artiste gallo-romain ait eu 
l'intention de faire un portrait et se soit insj)iré, à cet effet, d'un 
modèle grec '. 

• Hullellino coinunale, 1887, pi. 4; Vuviwucui^h'v, Maslerpieces, \). iHi; ilelbig. 
Fahrer*, t. I, p. 418, ii» 020; .Mahli-r, Pohjldel, p. 133. 

* iluutoiir avec le buste : O^.i". 

' S. Reinucli, Bronzes fU/urés de la (ïaide rouuiine, p. 22i, n" 213. 



PLANCHE G4 51 



PLANCHE 64 



TÈTE EN MAUBUE DE PEUSÉE 

{Musée britannique.) 



En 1879, le Musée britannique acquit d'Alessandro Gastellani cette 
tête en marbre italique de grandeur naturelle, offrant ce caractère 
particulier qu'elle porte une sorte de cape couverte de plumes ou 
décailles où se voient les amorces de deux ailes (indistinctes sur 
notre dessin comme sur les photographies). jNI. Murray, en 1881, 
reconnut qu'elle représentait Persée, coifïé de la cape d Hadès 
(A;6o; xjvÉT)) qui le rendait invisible. M. Klein, en 1890, publia une 
réplique de la même tète, découverte à Rome, et songea d'abord à 
attribuer l'original à Myron ; finalement, il se décida pour l^ythagore 
de Rhégium, à cause des différences entre ce type et celui du Dis- 
cobole ^ M. Furtwaengler reprit la première idée de M. Klein et 
altirma que ce Persée n'était autre que celui de ^lyron, figuré, au dire 
des auteurs, sur l'Acropole d'Athènes, au moment où il venait de 
tuer la Gorgone-. 

11 est incontestable que cette tète ne ressemble en aucune façon à 
celle du Discobole Lancelotti (texte de la pi. 29). M. Furtwaengler a 
insisté sur les analogies qu'elle présente avec celle de l'Apollon de 
Gassel(pl. 26). Ces analogies sont réelles; mais il y a aussi des diffé- 
rences importantes, notamment dans la partie inférieure du visage, 
beaucoup moins développée dans le Persée. Il est toujours possible 
d'alléguer, avec M. Furtwaengler, que le Perséç appartient à la der- 
nière période de la vie de Myron ; mais cette hypothèse ;'ne serait 
utile que si le prototype de l'Apollon de Cassel était incontestable- 
ment deMyron, ce qui n'est pas. Le Discobole et le Persée témoignent 
d'un art émancipé de l'archaïsme, alors que l'Apollon de Cassel y 
est encore engagé. 

' Klein, BuUelLino comanule, 1890, p. 234, pi. 13. 

* Pausanias, I, 23, 7; Pline, llist. Nat.. XXXIV, 57; cf. Klein, Arc/i. Epirjr. 
MiltUeilungen, 1883, j). 67. 



5i PLANCHI-: 60 

Les caractères essentiels du Pcrsée sont le traitement libre et 
déjà pittoresque des cheveux, le développement des sourcils, la 
saillie de la paupière supérieure (la paupière inférieure est atténuée), 
la ligne ondulée de la bouche, la grosseur de la lèvre inférieure et 
la carrure du bas du visage. Par sa forme générale, cette tète se 
rapproche de celle du Thésée du Parthénon *, à tel point que l'attri- 
bution du Pcrsée à Phidias n'aurait rien d'invraisemblable-. 



PLANCHE 65 



ti:te e's marbre d herakles 

{Musée britannique.) 



yi. Furtwaengler a proposé d'attribuer à Myron l'original de cette 
lôte colossale, évidemment sculptée d'après un modèle en bronze 
du v* siècle '. Gomme elle a été découverte à Tivoli dans la villa 
d'Hadrien, il est probable qu'elle reproduit un original célèbre. Les 
cheveux et la barbe, très courts, sont semés de petites boucles 
régulières dont le rendu a dû être plutôt suggéré par le travail de 
la pierre que par celui du bronze, mais qui a été adopté au v" siècle 
par les bronziers. La moustache est lisse. Le front est large et haut, 
avec un siyius accusé, les yeux grands et assez ouverts, la bouche 
avec ligne médiane j)eu ondulée. Le bas du visage est plutôt court, 
alors que dans l'Apollon du type de Gassel (pi. 20), également 
attribué à Myron par M. Furtwaengler, il est très développé; on ne 
peut guère admettre que deux œuvres du môme artiste offrent un 
contraste aussi frappant. 

l'ne grande ligure dHérakIès découverte h Gherchell, dont le torse 

' ColliKHon, llisloire de la sculpture yrec(/iie, I. II. j)!. 2. 

* Mnrniy, Journal of hellenic studies. 18S1, p. 5;;, pi. IX: Klein, Hiilleffino 
couiunale, 1890, p. 1:>1 ; Kalknianii, l'roporlionen, p. 77: KiirlwaciiKli'r, Manter- 
piecen, (>. 11)7, pi. '.» (n'-pliciut' à Konic. ihid., fig. 83): llclhig. FUlirer*, l. I, ri" 738. 

* Une parlic du tic/ cl les l)ord8 des deux oreilles sont des restaurations. 



PLANCHES 66 KT 67 53 

et les jambes sont conservées, dérive certainement du même ori- 
ginal que la tète de Londres. C'est à tort qu'on l'a attribué à l'école 
de Lysippe ^ 

L'expression de l'Héraklès du Musée Britannique est rude, avec 
une nuance de cette tristesse que l'art hellénique et hellénistique 
postérieur prêtera de plus en plus au héros-. 



PLANCHES 66 ET 67 
TÈTE EN MARBRE DE MARSYAS 

[Collection Barracco à Rome.) 



Il n'est pas douteux que cette tète, de grandeur naturelle, soit 
une réplique de celle du Marsyas eu bronze de Myron, qui formait 
un groupe avec Atiiéna. Les deux meilleures copies que l'on con- 
naisse de la figure entière sont le Marsyas en bronze de Patras, au 
Musée britannique ^ et le Marsyas en marbre du Latran*. 

A rencontre de M. Collignon, qui a vanté Texcellence de la tète 
Barracco*, M. Furtwaengler a prétendu qu'elle s'éloignait de l'ori- 
ginal par ses lignes « coulantes et conventionnelles ». Gela tient à ce 
que M. Furtwaengler a la tendance d' « archaïser » le style de 
Myron. A défaut du groupe original de l'Acropole d'Athènes®, dis- 
paru pour toujours, nous avons la bonne copie Lancelotti de la tête du 
Discobole (texte de la pi. 39), qui nous montre un Myron aussi dégagé 

' Gauckler, Musée de Cherchell, p. 133 et pi. 13. 

* Furtwaengler, Masterpieces, p. 178, lig. 75. 

* Rayet, Monuments de l'art antique, t. I, pi. 34. 

* Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, fig. 243. 

^ Collignon, Mélanges de Rome, t. X (1891), p. 118; Histoire de la sculpture 
grecque, t. I, j). 468. 
» Pausanias, I, 24, 1 ; Pline, Hist. Nat., XXXIV, 57. 



54 PLANGHK C8 

de larchaïsmc que Phidias'. D'ailleurs, personne ne contestera que 
le Marsyas de la collection Barracco est un chef-d'œuvre, infiniment 
précieux pour la connaissance de l'art du v* siècle. Le traitement des 
cheveu.K, courts, relevés sur le front, capricieux de lignes, bien 
qu'encore adhérents au crâne, celui de la moustache et de la barbe, 
si expressifs dans leur liberté contenue, sont autant d'indices de 
l'évolution féconde qui achevait l'émancipation de l'art grec. L'ex- 
pression du Satyre est celle de la curiosité et de la convoitise. Athéna 
a laissé tomber ses flûtes; Marsyas survient et s'apprête à les 
ramasser ='. Il semble qu'on va trop loin en voulant distinguer aussi 
dans sa physionomie « la stupeur dont il est frappé à la vue du 
visage menaçant de la déesse »; je ne vois, pour ma ])art, rien de 
pareil-'. 



PLANCHE 68 



TETE VIHILE EN MARBRE 

{il usée de lierlin.) 



Par le style et les |)roportions*, cette tète d'athlète se rapproche 
beaucoup de celle du palais Riccardi (pi. 69) ; mais M. Furlwaenglor 
paraît exagérer la ressemblance en la considérant comme une copie 
du môme original. 11 y a notamment des différences importantes 
dans le dessin de la chevelure et (les yeux. Toutefois, il est certain 
que ces deux tètes aj)parliennent à la môme école et M. Amelung 
a pcut-ôlrc raison d'y voir les copies de deux bronzes dus au môme 
artiste. 

' On cunnalt une date certaine de la carrière di* Myron. la .slaltie ilr Ti- 
manthe de Cléones en 456 {Hevue archéoL, 1899, II, p. 4I2|. 

* Le mouvement du .Marsyas a [)eul-ôtre été imité par IMiidias dans le Poséidon 
du fronton ouest du Parthénon ((jardncr. Uandbouk, p. i7(>). 

* Helbifç, Collection Ihirracco, pi. 37. 

* Grandeur naturelle; le nez, les oreilles et le revers de la lile s()nt modernes. 



PLANGIll-: «9 li'S 

L'expression delà tète de Berlin est plus pensive et moins ])rulal(! 
que celle de la tète de Florence; mais cela peut tenir au fait que la 
première est certainement une copie plus libre. 

On notera la disposition des cheveux adhérant au crâne et décri- 
vant un arc surbaissé au-dessus du front. La bouche est jurande et 
la ligne médiane ne présente qu'une faible ondulation. Ce sont là des 
caractères de l'art pendant le deuxième tiers du v^ siècle. L'ana- 
logie de cette tète avec celle du Discobole (p. 27) permet d'en 
attribuer l'original h lécole, sinon à l'atelier de Myron*. 



PLANCHE 69 



TETE VIRILE EN MARBRE 

{i^alaiii Iliccardi à Florence.) 



Les oreilles tuméfiées sont celles d'un athlète (cf. pi. 1); mais que 
signifierait alors le baudrier antique sur l'épaule? On peut supposer 
que c'est une addition du copiste romain. 

La physionomie respire la force, une force, d'ailleurs, purement 
physique et brutale. Les yeux, avec leurs paupières accusées, la 
bouche grande et énergique, le menton puissant, enfin les cheveux 
formant comme une calotte sur la tète, indiquent assez que l'original 
appartenait au milieu du v^ siècle. M. Wolters, le premier, l'a rap- 
proché du Discobole et l'a attribué à Myron; cette opinion a été 
développée par M. Furtwaengler, mais contestée par M. Amelung, 
qui, tout en reconnaissant certaines analogies, a insisté sur les diffé- 
rences des deux tètes, notamment dans les ycux^ la bouche et le 
menton. En tous les cas, c'est un travail attique contemporain de 
Myron et sorti d'une école en relations étroites avec la sienne. La 

* Furtwaengler, Maslerpieces, p. 103, fig. C7:[Conze], Beschreiôunt/ der Skul- 
pluren in Berlin, n» 472; Amelung. Fiihrer in Florenz. p. 151. 



86 PLANCHE 70 

tète d'Incc Blundcll Hall* marque une étape antérieure dans l'évo- 
lution du même type-. 



1M.ANGIIK 70 



TÈTE EN BHONZE D'ÉPHÈBE 

{Musée de Naples.) 



On a découvert, dans la Villa des Papyrus à Herculanum, deux 
statues représentant des éphèbes, à peu peu près identiques de 
mouvement, l'un courant vers la f2:auche, l'autre vers la droite^. 
L'éphèbe courant à gauche, dont nous reproduisons la tète, dérive 
certainement d'un^type duv® siècle à cause du caractère delà cheve- 
lure et de la qualité encore anguleuse du mo;lelé. M. Mahler a pro- 
posé sous réserves d'y voir une imitation du Ladas de Myron, hypo- 
thèse que M. Amelung a repousséc, mais qui n'a rien d'invraisem- 
blable. 

On a cru d'abord que les deux éphèbes étaient des Discoboles ; 
mais M. Hauser a montré que se sont des lutteurs et que les deux 
corps sont sortis du même moule*. Cette constatation exclut l'hy- 
pothèse d'un groupe original remontant à l'époque hellénique ; les 
deux statues sont des copies diversement modifiées d'un même 
type grec, qui ont été combinées à Herculanum en vue d'un effet 
décoratif*. 

' Arcfuieologische Zeituny, 1874, pi. 4. 

* Photof^niphie Aliiiari, ii" 3i62: llcydenianii. Mid/ieiluiif/en nus Obertind Mil- 
lel-Ilalien, p. 101, pi. 0; Kricdcriclis-WoHcrs, Gipsufifjiisse, ii"458: Hriitin-hriick- 
inanii, Den/andlei; w 361 ; Fiirtwaengler, Maslerpieces, p. iOo, fig. ôti; Amelung, 
Fiiltrer in Florenz, p. 150, n» iilO. 

' Clurac, Musée. 863, 2196 A et Répertoire, t. II, :iH, I. 

* Jttlir/tuc/i (les Instiluls, t. IV (1889). p. IKi, S. 

» l'hotograpliic Alinari, n» y278 a; Comparclli cl De Pcira, Villn Ercolanese, 
pi. XV. 3; Kalkmann, Jalir/jiuh tie.s InslUuls, t. X (I89;>), p. îiO; Hrunn-Hruck- 
munri, Ifen/nnâler, a» 314; .Mailler, l'oly/def. p. 17; Benndorf, Oeslerreichisclie 
Jalireshefle, {. IV, p. 172. 



PLANGIIH 71 



PLANCHE 71 



TETE EN BROxNZE D'EPHEBE 

[Miisée archéologique de Florence.) 



La statue de grandeur naturelle que couronne celte tète est 
connue sous le nom de Vidolino; elle a été découverte à Pesaro en 
1530^. C'est incontestablement un original grec des environs de l'an 
440-430 avant J.-C. ; mais rien n'autorise à croire que ce soit l'œuvre 
d'un des artistes célèbres de ce temps. 

Si l'on compare cette tête à celle du Doryphore de Polyclète 
(pi. 46), on reconnaîtra qu'elles offrent des ressemblances dans le 
dessin des cheveux, mais que la forme des yeux et celle de la 
bouche sont très différentes. A cet égard, Vidolino est plus voisin 
de l'Amazone du Musée Britannique (pi. 53), avec laquelle il a en 
commun le développement du bas du visage et la longueur du nez. 
ainsi que de l'Athéna de Bologne (pi. 73), attribuée par M. Furt- 
waengler à Phidias. M. Amelung a donc eu raison de reconnaître 
dans Vidolino les traces d'une influence attique exercée sur un élève 
ou un imitateur de Polyclète ; c'est une de ces œuvres éclectiques, 
quoique contemporaines des plus grands maîtres, dont on trouve 
tant d'exemples parmi les tableaux florentins de la fin du xv" siècle, 
peints dans l'entourage deOhirlandajoetde Verrocchio. L'éclectisme, 
en art, est bien antérieur à la décadence, qui l'a seulement érigé en 
système, et les génies eux-mêmes paraîtraient éclectiques, si Ion 
était capable de démêler toutes les influences qu'ils ont subies-. 

' Clarac, Musée, 680, 1S91. 

* Furtwaengler, Masterpieces, p. 283 et fig. i22 (profil) ; CoUignon, Histoire de 
la sculpture grecque, t. 1, p. 480. fig. 247, 248 ; J. Lange, Darstelluna des 
Menschen, p. 217; Amelung, Fuhrer in Florenz,p. 272 ; Bayersdoerfer, Skulpturen- 
schalz, pi. 2; Mahlcr, Polyklet, p. 70 ; Bulle, Derschône Mensch, pi. 125, 126. 



PLANCIIi: li 



PL ANC H K 7-2 



TÈTE EN BRONZE D'ÉPHÈBE 

{Musée du Louvre.) 



Provenant, dit-on, de Bénévent et autrefois en la possession du 
comte Tvskiewicz^ cette tête de grandeur naturelle offre un certain 
air de famille avec celle de VIdolino (pi. 71) ; mais les différences 
apparaissent à l'analyse. Le traitement des cheveu.v est beaucoup 
plus libre ; ils ne sont pas colles au crâne, comme dans leDorypbore, 
mais divisés en i)etites boucles qui chevauchent et s'entremêlent 
avec art. Les yeu.\ sont cernés de paupières épaisses. L'ondulation 
de la lèvre supérieure est très marquée ; au milieu, elle décrit une 
courbe à grand rayon au lieu de dessiner un angle. L'ensemble, com- 
paré à VIdolino, a quelque chose de plus libre, de plus sensuel, qui 
présage déjà l'art du iv'' siècle. Les analogies avec la tète de l'Athéna 
de Bologne (pi. 73j sont, d'autre part, si étroites qu'il faut attribuer 
ces deu.x œuvres à la môme école, peut-être au même atelier attique ; 
reste à savoir si le nom de Phidias, mis en avant par M. Furtwaeng- 
ler, est admissible, étant donné le style tout différent des copies 
de l'Athéna Parthénos. 

La tête est ceinte d'une couronne d'olivier sauvage (kotinos). ce 
(jui indique qu'elle surmontait une statue représentant un athlète 
vainqueur à Olympie-. 

• Tyskiewicz. Revue archéologique, 1893. II. p. 270. Ce que dit Tyskiewic/ d»' 
l'orijfitu* pompéiciiiio de ce bronze est certainement erroné. 

* Fiirtwaenf^ler. Masterpieces, p. 2!)0, |)l. 14 : Itrunn-Bruciiniann. Itenlimiiler, 
n«:Ji4; Miction. Munumenis l'iol, t. I. p. 77. pi. 10-11 ; Kalkniann, l'ropovUuncii, 
p. 27; Mailler, l'olyklel, p. IJIO; Collignon, Hisl . de la sctipllure 'jrecqiie, frontis- 
pice du l. Il et p. 16D ; Huile, Der achOne Mensch, pi. 129. 



FLAN cm: ".; 59 



PLANCHE 73 



TÈTE EN MARBRE D'AÏHENA 

{Musée de Bologne.) 



Considérée tantôt comme virile, tantôt comme féminine, parfois 
môme comme une œuvre moderne', cette admirable tête, copie 
évidente d'un bronze du v^ siècle, est devenue tout à coup célèbre 
lorsque M . Furtwaengler eut démontré qu'elle s'adaptait à un torse 
d'Athéna dont il y a deux répliques à Dresde et que l'on pouvait, par 
cette combinaison, reconstituer une statue d'Athéna sans casque, 
froide et sévère, mais d'une majesté imposante. De cela, la preuve 
est faite et, quoi qu'on ait dit, il n"y a plus lieu d'y revenir. Mais 
M. Furtwaengler alla plus loin. Il voulut reconnaître dans l'Athéna 
ainsi restituée la Lemnienne de Phidias et rapporter ainsi au môme 
artiste des œuvres aussi dissemblables que la tète de Bologne, les 
copies de l'Athéna Parlhénos et les débris des frontons du Parthé- 
non. Cette opinion, bien que généralement admise, a soulevé des 
protestations dont on ne peut méconnaître le bien fondé. - Sans doute, 
il Gsi possible que la manière d'un artiste de génie, h une époque de 
transition rapide entre l'archaïsme et le grand style, ait subi des 
modifications profondes; mais, a priori, cela n'est pas vraisemblable 
et l'attribution de l'Athéna de Dresde-Bologne à Phidias doit rester 
jusqu'à nouvel ordre douteuse. 

Les caractères essentiels de la tète de Bologne sont la finesse de 
l'ovale, la forme allongée des yeux, la ligne ondulée de la bouche, 
la petitesse relative du bas du visage. Les paupières supérieures sont 
minces et moins prononcées que les paupières inférieures. Les 
cheveux sont traités avec un souci de la symétrie qui n'exclut pas 

' Par Brizio et Heydemann. — J. Lang3 fait remarquai", à ce propos, combien 
l'art du V" siècle individualisait peu, puisqu'on n'avait môme pas su recon- 
naître Afhéna dans la tète de Bologne {Darstelhiny des Menuchen, j). 217;. 

* Par exemple celle de Reichel, Oeslerreichische Jahreshefle. t. I (1898). j). 67. 



00 PLANCHE 74 

une tendance vers la liberté ; sur le front, ils s'élèvent en touffes qui 
interrompent un peu la ligne du crâne. La raie se poursuit jusqu'au 
sommet de la tète, comme dans l'Amazone de Polyclète (pi. 53), 
dont l'Athéna de Bologne diffère d'ailleurs par la forme des yeux au 
point qu'on ne saurait l'attribuer à la même école. M. Furtwaengler 
a reconnu lui-même que le profd rappelle les œuvres de Myron, 
comme le Discobole et le Tireur d'épine. Mais c'est surtout la tète de 
J3enévent au Louvre (pi. 72) qui ressemble à celle de Bologne; les 
originaux de ces deux tètes sont probablement dus au même artiste. 
Un coup d'œil sur celle du fronton occidental du Parthénon, appar- 
tenant à la collection de Labordc, suffit à faire mesurer l'intervalle 
qui sépare cet artiste du Phidias que nous avons cru connaître jus- 
qu'à présent'. 



PLANCHE 74 



TETE EN MARBRE DE DEESSE 

{Musée de Naples.) 



On désigne ordinairement cette tète colossale sous le nom de liera 
Farnèse ; d'autres l'ont considérée, avec plus de vraisemblance, 
comme une Artémis. 

L'ancienne opinion qui voyait dans le buste de Naples une imita- 
tion de la liera de Polyclète est absolument inadmissible. Sans doute 
on y reconnaît l'influence de l'art de Polyclète ; mais le modèle en 
bronze qu'a copié l'artiste romain ne peut être l'œuvre du même 

' Statue de Dresde restituée avec la tôle do Bologne. Furtwaengler, Masler- 
pieae.s, frontispice, pi. 2 et 2 .\; tête de Bologne, ihid., pi. 3 et fig. 5 (profil) : lliille, 
Itfi- schiine Memch. pi. 87, 88; cf. S. Reinach, Gazelle des Beaux-Arls, 18U4. II, 
p. iMb. iM7. 219. Analyse de la ItMe. Mnslerpieces,\). M elauW. IK>s 1822. Schorn 
avait affirmé le caractère phidiesque de la statue de Dresde ; l'uclislein, en 1890. 
avait proposé, en passant, d'y reconnaître la Len)nienne. — Objections à Topinion 
de .M. Furtwaengler: Jamot, Monuments yrecs, 1894, fasc, 2[-2± p. 24 et suiv.; 
Reichel, OeslerreichiacheJahreshefle, 1. 1 {1898). p. 67;Gardner, llandbook. |). 26o. 



PLANCIIKS 75 KT 7(i 61 

artiste auquel nous devons le Doryphore (pi. 47) et l'Amazone 
(pi. o3). En particulier, lesyeux, avec paupières inférieures formant 
de £?ros bourrelets, sont tout à fait étrangers au style de Polyclète. 
On les retrouve, bien qu'atténues, dans des œuvres appartenant à 
une école différente, vraisemblablement attique, celle à laquelle 
nous devons l'Athéna de Bologne (pi. 73) et l'éphèbe de Bénévent 
(pi. 72). M. Furtwacngler estime que la tête de Naples rappelle 
l'Artémis de la métope d'Actéon du temple de Héra à Sélinonte et 
attribue ces sculptures à l'école de Kritios; mais le seul monument 
certain de cette école, la tète d'Harmodios (pi. 19), ne peut guère 
être rapproché du buste Farnèse. M. Mahler a songé à Phradmon, 
imitateur attique de Polyclète, auquel il voudrait aussi rapporter 
l'Amazone de Berlin.' 

Il faut remarquer la forme de la bouche, qui est ondulée, mais dont 
les coins sont abaissés, ce qui donne à l'ensemble une expression 
sévère et presque maussade ^. 



PLANCHES 75 ET 76 
TÊTE EN MARBRE D'ATHLÈTE 

{Gbjptothèque de Munich^.) 



Le motif de la statue que surmonte cette tête * a été souvent repro- 
duit par l'art antique : c'est celui d'un athlète versant l'huile d'un 

' On peut, à mon avis, grouper avec la Héra Farnèse une tête de femme du 
Musée britannique considérée à tort comme une réplique de la liera de Polyclète 
par M. Waldstein (Journ. ofhelL stucL, t. XXI, 1901, pi. 2 et 3; Bulle, Der 
schône Mensch, pi. 86), une tête d'Asklépios récemment découverte à Rome 
{Rom. Mitlheil. 1901, pi. XIV) et quelques têtes incontestablement corinthiennes 
défigures drapées qui forment des pieds de miroir en hronze {liull. de corresp. 
hellén., 1898, t. XXII, pi. 1, p. 22). 

- Photographie Alinari, n» 5109 : Friederichs-^Volters, Gipsabgusse, n» 500; Monu- 
menli delV Inslituto, t. VIII. 1 ; Annali. 1864, p. 297; Overbeck, Kunslmythologie, 
Atlas, pi. IX, 1, 2; Furtwaengler, Maslerpieces, p. 223; Mahler. Volyklet, p. 105; 
GoUignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, p. 513, fig. 264. 

* Exceptionnellement, et faute de photographies suffisantes, nos dessins on 
été exécutés d'après les gravures en taille douce des Monument i. 

* Acquise à Rome en 1811 ; la tête est intacte. Glarac, Musée. 857. 2174. 



62 l'LANCUKS Ta KT 76 

flacon sur sa main gauche, alin do se frotter ensuite le corps, lue 
des copies les plus intéressantes, parce qu'elle est intacte, est la 
terre cuite découverte à Myrina au cours des fouilles de l'Ecole fran- 
çaise d'Athènes'. M. Furtwaengler a décrit trois répliques en marbre 
«le la statue de Munich- et il en existe aussi d'assez nombreuses 
variantes ; une statue mal restaurée aux Uffizi à Florence porte une 
l^'te analogue''. Tous ces exemplaires dérivent d'un bronze antique, 
«lont la technique a exercé de l'influence sur les marbriers. 

M. Kekulé a eu l'heureuse idée de reproduire la tête de Munich a 
côté de celle de l'Hermès de Praxitèle (pi. 168) et en ajustement fait 
ressortir les ressemblances; comme l'a fait observer M. Lee bat % 
il y a presque identité dans le modelé des fronts. Mais la première 
est incontestablement plus ancienne. On peut l'attribuer soit à 
Myron, soit, comme le propose M. Furtwaengler, au fils de Myron, 
Lykios, qui florissait vers 440. Brunn y a finement remarcpié « la ten- 
sion de l'esprit et du corps vers un acte purement matériel » ; la phy- 
sionomie, en efTet, exprime l'attention, mais n'exprime guère autre 
chose. Le visage est osseux, la lèvre inférieure forte ; le nez, qui est 
antique, présente une saillie à la partie supérieure. Il y a toute une 
évolution non seulement artistique, mais intellectuelle, entre l'a- 
thlète de Munich, qui pense uniquement à ce (ju'il fait, et l'Hermès 
de Praxitèle, qui joue avec l'enfant Dionysos, mais, en jouant, se perd 
dans un rêve*. 

' PoUier et Reinacli, La nécropole de Myrina. p. 4."J0, |)l. 41, IJ. 

* Furtwaengler, Masterpieces, \). 251). 

•■' Rutnlsche Millheilunf/en, 189"2, pi. .5. 

' Mélanfjes l'errol, \). 210. 

' Bninn-Bnickniann, Denkmûler, ii»* 132, 134 «, 135; llnmii. Aunali deli Insli- 
/u/o, 1879. p. 201 ; Monumenli, t. XI, pi. 7; IJulle. IJerschûneMenscU, pi. 114; Bloch, 
Itihniscke Mitlheilunf/en, 1892, p. 99;.\riidt. Einzelaiifnahmen, ii<" 222-'224 ; Kurt- 
waengler. Masterpieces, p.2.i!); Ueschreibiiny iler (Uijplolek, n» 302; Kckult', lleber 
dcn Kop/ (lesprujitelischen llerntes. p. 8. 



PLANCHE 77 



C3 



PLANCHE 77 
TÈTE EN MARBRE DE DÉESSE 

{Collection de Labonle à Paris.) 



Felice San Gallo, secrétaire de Morosini, rapporta cette tète colos- 




Fig. i) et 10. — T. ETE DE NIKE (?) 
Collection Labonle à Paris. 



sale, provenant du fronton occidental du Parthénon d'Athènes, à 
Venise, où elle appartint au sculpteur allemand David Weber avant 
d'être acquise par Léon de Laborde, dont la famille la possède encore 
aujourd'hui. Elle a été fortement restaurée (le nez, une partie de la 
lèvre supérieure et du revers de la tète) et la surface, qui est tachée, 
paraît avoir subi un grattage ; mais si l'aspect de l'original est déplai- 
sant, celui des moulages est d'autant plus instructif qu'il nous fait con- 



64 1» LANGUE 77 

naître la tôle en ronde bosse la plus complète qui ait survécu à la 
ruine du Parthénon. Il est probable, mais non pas certain, que cette 
tète est celle de la Niké qui conduisait le char d'Athéna'. 

Le style est remarquable par la franchise et la largeur ; l'impres- 
sion dominante est celle de la force. Le crâne est à peu près sphé- 
rique, comme celui de lAthéna de Brescia(pl. 93). La ligne du nez 
continue exactement celle du front, qui offre un très léger renflement, 
mais pas de dépression ; le menton est fort et un peu fuyant. Les 
yeux sont cernés de paupières en bourrelet qui ne débordent que très 
peu du côté des coins. Les paupières sont rapprochées des sourcils, 
caractère que l'on retrouve dans les tètes de l'école de Phidias, en 
particulier celles des frises et des métopes du Parthénon. Le travail 
des cheveu.K, très sommaire, mais déjà libre, avec des ondulations 
serpentiformes, est analogue à celui d'un fragment de tète du Par- 
thénon conservé à Athènes- et du débris de la ^Y'mésis d'Agoracritc 
au Musée britannique. La chevelure était peinte et le bandeau por- 
tait des ornements en métal. On remarquera les deux sillons hori- 
zontaux du cou, indication un peu rude et primitive du « collier de 
Vénus » qui se retrouve dans la tête de bronze du cabinet des 
Médailles (pi. 110)''. 

* Michaelis, De r l'art /leiian, |)1. VIII. 0. p. 19.t. 

* Ibid., |)l. VIII, S. Voir aussi (Jauckler, Musée de Cherc/iell, pi 5. 

^ Laborili'. Al/iène.i aiu: xv«. xvi» et xvii» siècles, t. Il, \). 228 (photographie) : 
(^olUgnon, llisluire tle la sculpture grecque, t. II, fig. 19;Gardiu*r. llandbook, 
p. 28;5. lig. 60; Lange, Darsleltuny des Menschen, p. 180: S. Reiiiach, Gazette 
des Iieau.i-Arts, 1902, il, p. 453; Bulle, Der schune Mensch. pi. 96. Comparez les 
liMes provenant des bas-reliefs de la base de la Némésis de Rhamnus. Cazetlt- 
des Beauj-Arls. 1893, I. p. 2oi), 2o7. 



PLANCHES 78 ET 79 65 



PLANCHES 78 ET 79 



TÊTE D'APOLLON (?) 

[Glijptothèque de Nij-Carlsberg.) 



On connaît trois exemplaires de cette tète^ : celui que nous repro- 
duisons, découvert, dit-on, à Formies ; un second, signalé par 
M. Amelung, au musée de Bologne et un troisième qui surmonte une 
statue d'éphèbe nu à la villa Albanie Les yeux, qui sont trop rap- 
prochés et un peu dissymétriques, étaient incrustés d'une pâte 
blanche qui encerclait sans doute une pierre de couleur. Le travail 
des cheveux accuse un original de marbre, travaillé avec une habi- 
leté consommée. Le développement de la partie inférieure du visage 
et la forme de la bouche, à ligne médiane horizontale, sont des 
caractères archaïques et prouvent que l'original appartenait à la 
première moitié du v® siècle. En comparant cette tête à celle de 
l'Apollon du musée des Thermes à Rome (pi. 180), on reconnaîtra 
qu'elles sont apparentées, mais que celle qui nous occupe est d'au 
moins vingt ans plus ancienne. On peut donc en attribuer l'original 
à quelque prédécesseur attique de Phidias, dont les progrès de l'ar- 
chéologie mettent sans cesse en lumière le « génie éminemment 
conservateur ^. » 

' Hauteur : 0",25. 

- Arndt, Einzelaufnahmen, n<>» 1094-1096. 

' Pottier, Bulletin de correspondance hellénique, 1897, p. 509. — Arndt, Glypto- 
thèque de Ny-Carlsberg, pi. 23; Einzelaufnahmen (texte), n» 1094. 



66 PLANCHE 80 



PLANCHE 80 



TETE D'APOLLON 

{Musée des Thermes à Rome.) 



Découverte à Rome dans le Tibre, la statue à laquelle cette tête 
appartient est une des œuvres capitales du nouveau musée des 
Thermes'. De la tète du dieu, légèrement inclinée, se dégage une 
expression de bienveillance, mais d'une bienveillance sans familia- 
rité et qui vient de haut. La saillie du front au-dessus de la naissance 
du nez est accusée, sans qu'il y ait toutefois de dépression corres- 
pondante. La lèvre supérieure est légèrement avancée, mais petite; 
le menton est carré, un peu fort et en retrait. La chevelure est admi- 
rablement indiquée, avec quelques traces d'archaïsme dans les 
boucles qui émergent du bandeau ; celles qui tombent en masses 
épaisses sur la nuque rappellent le Zeus dOlympie tel qu'il nous est 
connu par les monnaies d'Élis. La vue de face est beaucoup moins 
agréable, à cause d'une asymétrie assez choquante qui peut être 
due au copiste. 

MM. Petersen et Furtwaengler ont reconnu dans cette statue la 
copie d'une œuvre célèbre du v° siècle et M. Petersen a essayé de 
montrer que l'ensemble présente un aspect fort analogue à celui de 
l'Athéna de Dresde, complétée par la belle tôte de Bologne (pi. 73), 
On sait que pour M. Furtwaengler (comme pour M. Petersen) l'Athéna 
ainsi restituée est la Lemnienne de Phidias et ces savants n'hésitent 
pas à reconnaître, dans la statue du musée des Thermes, la réplique 
d'un des Apollon du grand maître attique. Je ne crois pas, pour ma 
part, que l'attribution de l'Athéna de Dresde-Bologne à Phidias soit 
démontrée ; mais il me semble certain que les deux statues en question 
dérivent d'œuvres voisines de 440 av. J.-C.M. Petersen a supposé que 
l'Apollon et l'Athéna sont les copies des statues en bronze vouées 
par les Athéniens à Delphes avec le produit de la dîme de Marathon, 

* S. Reinach, Bépertoire de la statuaire, l. II, 98, 1. 



PLANCHES 81 ET 82 67 

groupe qui comprenait des images d'Apollon et de Miltiade ; cette 
hypothèse a été écartée parM. Furtwaengler, comme impliquant une 
date trop haute pour l'original de l'Apollon du Tibre*. 



PLANCHES 81 ET 82 
TÈTE EN MARBRE D'ARES 

[Musée du Louvre.) 



Attribuée parM. Trou àPolyclète^, par M. Furtwaenglerà Crésilas '*, 
])uis à Phidias", cette admirable tète présente des caractères propres 
à justifier ces attributions différentes et, par suite, à les faire écarter 
tour à tour. Les yeux peu ouverts, avec paupières inférieures lourdes, 
ne conviennent ni à Polyclète ni à Phidias, mais rappellent l'Athéna 
de Velletri (pi. 37) ; d'autre part, les cheveux émergeant du casque, 
tout à fait comparables à ceux de l'Athéna Parthenos et de l'Aphrodite 
de Phidias (pi. 86), ne se retrouvent pas dans les œuvres attribuées à 
Crésilas par M. Furtwaengler. Le Diadumènc du musée Britannique 
(pi. 50), qui répète un motif de Polyclète avec des particularités du 
style de Phidias, soulève un problème analogue, dont la solution 
doit être attendue de l'avenir. 11 y eut des éclectiques dans l'Athènes 
du v** siècle, comme dans la Florence du xv^. 

L'original devait être en bronze. On en connaît une réplique dans 
la collection Torlonia * et une variante au musée du Latran. 

Le nez, la moitié de la lèvre supérieure, une partie du sourcil 
gauche, de la paupière et du front sont restaurés ^ 

' Petevsen, Rômische Mittheilungen, 1891, p. 302, 377, pi. 10-12; Furtwaengler, 
Masterpieces, p. 51 (fig. 9, tète ; fig. 8, la statue entière) ; Brunn-Bruckmann, 
Den/cmâler, n» 462; Helbig, Fiihrer-, t. Il, n» 1069. 

* Arcliâologischer Anzeiger, 1889, p. 57. 
^ Ibid., 1891, p. 36. 

* Furtwaengler, Masterpieces, p. 92. 

^ Album du musée Torlonia, pi. XXV, 104. 
« Ilelbig, Fiihrer-, t. I, n''238. 

' Photographie Giraudon, n»» 1280, 1281 ; Furtwaengler, Masterpieces, p. 92, 
fig. 40. 



C8 PLANCHES 83 ET 84 



PLANCHES 83 ET 84 



TETE EN MARBRE DE DEESSE 

(Musée du Louvre^.) 



Le type est analogue à celui de la prétendue Sappho de la villa 
Albani- et aussi de la Peitlio assise de la frise du Parthénon ; mais il 
est plus ancien d'une vingtaine d'années que ces monuments et 
marque une étape antérieure dans l'évolution doù ils sont issus. 

La forme du visage est presque ronde, très large dans le bas ; la 
partie inférieure, notamment les maxillaires, est très développée. Les 
yeux évidés, où était insérée une pâte blanche avec globe de cou- 
leur, sont bien ouverts ; la ligne de la paupière supérieure ne déborde 
pas sur lorbite ; elle est épaisse, de contour irrégulier, avec une 
arôte vive. La bouche est entrouverte, la ligne médiane gracieuse- 
ment ondulée; la lèvre supérieure, très mince, contraste avec la 
lèvre inférieure, grasse et presque sensuelle. La courbe du nez offre, 
à la hauteur de l'œil, une concavité très légère. La coiffure est le 
cécryphale retenu par des bandelettes qui se voit souvent sur les vases 
de la première moitié du v" siècle^. Il y a une section nette à l'extré- 
mité de la tête, avec trou pour recevoir un morceau de marbre com- 
plémentaire*; au sommet de la tête est un trou pour l'insertion du 
ménisque^, tige de métal destiné à protéger les statues contre les 

* Acquise à Rome en 1889 comme provenant de Cagli près d'Urbin. Il y avait ô 
Cagli un temple d'Ares où l'on a découvert de beaux bronzes (Mahler, l'olyklel, 
p. 1^8, fig. 39). 

' Wintcr, Jahrbucli des Insliluls, 1890, p. llil, pi. 3; S. Reinach. Gazelle des 
Heaua:-Arls,\S90, II. p.4:)o: Hernoulli, Griechische I/conographie, 1. 1, p. 6a, fig. 10; 
Arndt, Griechische l'orlrals, t\°* 147, 148. Si cette tôfe dérive vraiment d'un por- 
trait idéal de Sappho par Silanion. il faut admettre que le type a été créé au 
V» siècle (Graef, Jalivesbericht, 1902, III, p. 76). 

' Rayetet Collignon, Céramique grecque, pi. 10. 

* (Jf. Bull, decorresp. hellénique, 1896, p. 453. note 4. 

* Ibid., 1890, p. 337. 



PLANCHES 8u ET 86 69 

familiarités des oiseaux. Le travail des cheveux, relativement libre, 
ne semble pas influencé par la technique du bronze ^ 



PLANCHES 85 ET 86 
TÊTE EN MARBRE D'APHRODITE 

{Musée de Corneto . ) 



Un connaisseur de l'art de la Renaissance, M. B. Berenson, m'a 
envoyé il y a quelques années de Corneto la photographie de cette 
tète de marbre, qui l'avait frappé par sa singulière beauté'. Elle a 
également été signalée, mais d'un mot seulement, par M. Furtwaen- 
gler^. Ce dernier y a reconnu, à la suite de M. Helbig, une excel- 
lente réplique d'un type assez fréquent, autrefois considéré comme 
un portrait idéalisé de Sappho, mais qui parait bien plutôt être celui 
d'une Aphrodite de Phidias, peut-être de celle que Pline admirait à 
Rome in Octaviœ operibus. Les formes du visage sont pleines, un 
peu carrées, les yeux allongés et ouverts, avec des paupières assez 
fortes, les sourcils rapprochés des paupières, le nez très droit, conti- 
nuant la ligne également droite du front, la bouche légèrement 
ouverte et grande, le menton énergique. Un bandeau fait plusieurs 
fois le tour de la tète et semble une atténuation du disgracieux cécry- 
phale, quelque chose comme un cécryphale ajouré. Sous le ban- 
deau, au-dessus de l'oreille, émergent de grosses boucles d'un type 
tout à fait phidicsque, que l'on trouve dans les répliques même 
éloignées de l'Athéna Parthenos. L'ensemble présente une analogie 
remarquable avec la Peitho vue de proiil sur la frise du Parthénon, 

* Ravaisson, Revue archéologique, 1893, II. p. 4; Pottier, Bulletin de correspon- 
dance hellénique, t. XX (1896), pi. 7, p. 4io. Cette tète est au type féminin de Phi- 
dias ce que 1" Apollon de la pi. 78 est à celui du musée des Thermes (pi. 80). 

* Grandeur naturelle. Il y a une autre réplique de la même tête dans le même 
musée. 

^ Furtwaengler, Masterpieces, p. 66, note 2. 



70 PLANCHE 87 

que l'on attribue naturellement àPhidias^ Cependant, dans le bas- 
relief de marbre, le traitement des cheveux est différent ; ils sont 
simplement ondulés. C'est que l'Aphrodite de Corneto dérive d'un 
original métallique, qui comportait une plus grande liberté dans le 
traitement de la chevelure. La technique du bronze, matière résis- 
tante, légère et souple, a e.xercé une induence considérable sur le 
mode de représentation des cheveux. C'est d'elle que les marbriers 
ont appris à enchevêtrer les boucles, à les évider, à les disposer en 
pyramides et en torsades, toutes combinaisons que le travail du 
marbre seul n'aurait jamais suggérées -. 



PLANCHE 87 



TÊTE EN MARBRE D'APHRODITE (?) 

(Musée de Naplcs.) 



Cette tôtc, comme la précédente, appartientàune série de marbres, 
au nombre d'une vingtaine environ, où l'on a reconnu d'abord des 
portraits idéalisés de Sappho, mais que l'on tend aujourd'hui à con- 
sidérer comme des variantes d'un type d'Aphrodite créé par Phi- 
dias, assez voisin de l'Athéna Parthenos. Gomme le corps était cer- 
tainement drapé, on a songé à l'Aphrodite en bronze qui se trouvait 
à Rome, dans le portique d'Octavie'. Une des répliques de la tète, fai- 
sant partie d'un hermès double h Madrid S est plus grande que nature, 
ce qui paraît exclure définitivement l'hypothèse d'un portrait. 

Le buste de Naples avait été restauré, au xviii" siècle, en Cybèle 
tourreléc ; la tour a été enlevée par M. Patroni, chargé momenta- 
nément de la direction du musée de Naples. Cependant on peut se 
demander si l'ancienne restauration n'avait pas été motivée par la 

' l'ollicr, liull. de corresp. hellénique, I. .\.\ (1896), pi. 18. 

• Gazelle dex Ifeaiu-Arls, 1902, II, p. 4:i". 

• Pline, Ilist. nal., XXXVI. 15. 

• Fricderichs-Wolters. Gipsabr/tlsse, n»1009; Kiiriwticnglcr, Afos/erpiecM, p. 67, 
lig. 20. 



PLANCHE 88 71 

présence de vestiges antiques d'une tour ; il est tentant de sup- 
poser que le buste de Naples était originairement une Tyché, comme 
le buste en bronze du Cabinet des Médailles (pi. 110). 

Les caractères de cette tète sont assez particuliers. Le nez est fin, 
la bouche énorme, le menton et la mâchoire très lourds. Il y a une 
faute de dessin choquante dans la lèvre inférieure, qui est déplacée 
vers la gauche. Je ne crois pas qu'il faille reconnaître, dans de 
pareils détails, l'influence d'un modèle vivant; ce sont des erreurs ou 
des exagérations de copistes, comme il s'en trouve très souvent 
dans les marbres romains. Les cheveux et le large bandeau qui les 
enserre sont, en revanche, traités avec beaucoup de soin; le modelé 
libre du bronze a été parfaitement rendu*. 



PLANCHE 88 



TETE EN MARBRE D'APHRODITE 

{Autrefois chez Sir Ch. Robinson à Londres.) 



Le hasard m'a mis, il y a quelques années, en possession d'une 
photographie de cette tète, que l'on disait provenir d'une collection 
d'Espagne ; je ne l'ai pas vue et j'ignore où elle a passé. Je la repro- 
duis comme un spécimen inédit du type créé par Phidias, dont il a 
été question dans les deux précédentes notices. Les restaurations 
sont indiquées sur le dessin. 

* Museo Borbonico, t. IV, pi. 38, 1 ; Rizzo, Revue archéologique, 1901, II, pi. 22 
(sans la tour), p. 301 ; BernouUi, Griechische Ikonographie, t. I, p. 59-73; Helbig, 
Filhrer*, t. II, n»' 964, 973 ; Furtwaengler, Masterpieces, p. 66, 67. 



72 PLANCHE 90 



PLANCHE 89 



ÏÈÏE EN MARBRE DE DÉESSE 

{Collection Barracco à Rome.) 



Que cette tête exquise, de grandeur naturelle, soit celle d'Aphro- 
dite ou d'une autre divinité juvénile, il importe peu ; ce qui est 
certain, c'est qu elle remonte à un original du v° siècle, probable- 
ment en bronze et sans doute de l'école de Phidias. Mais cet ori- 
ginal n'était pas l'œuvre du maître lui-môme ; si l'arrangement des 
boucles enchevêtrées au-dessus de l'oreille et celui du long bandeau 
qui fait trois fois le tour de la tête sont conformes à la tradition phi- 
diesque, l'allongement des yeux, où la paupière supérieure déborde 
sur le contour inférieur, la grâce ondulcuse de la bouche et surtout 
la langueur du regard témoignent d'un art plus récent qui, parti 
du grand style de Phidias, évolue vers la grâce attique de Praxitèle. 
On peut placer aux environs de l'an 400 l'original en bronze dont 
cette tête est une copie très soignée*. 



PLANCHE 90 



TÊTE EN MARBRE D'ATHÉNA 

{Collection Barracco à Rome.) 



Œuvre archaïque des environs de 460 avant Jésus-Christ, cette tête, 
malgré la médiocrité de l'exécution, offre cependant un vif intérêt 
pour l'histoire de l'art. En effet, le type est très analogue à celui de 

* Helbig, Collection Barracco. pi. 48 bis. 



PLANCHE 90 73 

l'Athéna Parthenos de Phidias, tel qu'il nous est connu par la petite 
copie trouvée à Athènes près du Varvakeion^ ; l'auteur attique anonyme 
adonc étéunprécurseurdePhidias et peut-être son maître. Les globes 
des yeux sont creusés; celui de gauche est formé d'une rondelle 
d'ivoire enchâssée dans une monture de bronze. Au milieu du cercle 
d'ivoire est un renfoncement où devait être fixée une pierre sombre 




Fig. 11. —TETE D ATHENA PARTHENOS 
(Statuette dite du Varvakeion) . 

marquant la pupille. Cette manière de creuser le globe de l'œil pour 
y insérer une matière différente du marbre n'était pas étrangère à 
l'art attique, car les yeux sontévidés de môme dans la tête du Mos- 
chophore ^ et dans celle de la statue d'Antônor^. Nous sommes donc 
ici en présence d'une œuvre attique de conception et de facture, 
qui démontre une fois de plus le caractère attique et traditionnel 
de l'Athéna Parthenos. Peut-on admettre que Phidias, tout en imi- 
tant, dans une statue chryséléphantine, un modèle énergique jusqu'à 
la lourdeur, ait pu se dégager, d'autre part, de la tradition archaïque 

au point de produire une œuvre fine et élégante comme l'Athéna 

• 
* Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, p. 541, fig. 273; S. Reinach, 
Gazette des Beaux-Arts, 1902, II, p. 460. 
- Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, fig. 102. 
^ Antike Denkmâler, t. I, pi. 53. 



74 PLANCHES 91 ET 92 

de Bologne (pi. 73)? Il faudrait des indices, que nous ne possédons 
point encore, pour faire accepter sans réserves une évolution si pro- 
fonde de son génie. 

Le rictus accusé et la longueur du bas du visage sont des restes 
d'archaïsme, caractères communs à l'Athéna Barracco et à l'Har- 
modios de Naples (pi. 19)*. 



PLxVNGHES 91 ET 92 
TÈTE EN MARBRE D ATHÉNA 

{Gli/ptothèqiie de Nif-Carlsberg.) 



Ce buste colossal a été découvert à Rome lors de la construction 
de la gare du Transtévère. C'est incontestablement une copie per- 
gaménienne ou romaine d'un original de bronze appartenant à l'école 
de Phidias. On a pensé qu'il reproduisait la Promachos, dédiée vers 
445 sur l'Acropole, et cette hypothèse peut encore se soutenir, même 
après que M . Furlwaengler a renoncé lui-môme à mettre cette tête en 
relation avec le torse Médicis-. Dès 1894, j'ai proposé de reconnaître 
une copie de la Promachos dans une jolie statuette de bronze décou- 
verte près de Coblence et acquise par le musée de Boston ' ; la lôte 
de la collection Jacobsen s'accorde fort bien avec cette manière de 
voir. 

La bouche entrouverte, qui laisse paraître les dents, n'est 
guère dans le style du v* siècle ; elle est d'ailleurs trop petite, à 
peine plus grande que l'œil, comme dans l'Artémis colossale de 
Lycosoura, qui est du temps d'Hadrien '. C'est là sans doute le fait 

_ ' ilcibig, Collection Barracco, pi. 25 (vue de face) et 25 a; cf. la p. 28 du texte. 

* Furtwaengler, Inlermezzi, p. 31. 

' S. Hciiiacli, Ifroiizcs figurés, p. 41, (ig. 12; cf. Gazelle des Beaux-Arls, 1902, 
II. p. 4li8, 4(i9. 

* Gardner. Handbook, flg. 96. 



PLANCHES 93 ET 94 



du copiste, qui ne paraît pas non plus s'être tenu très près de son 
modèle dans le rendu des cheveux qui émergent du casque K 



PLANCHES 93 Eï 04 
TÊTE Ei\ MAKBUE D'ATHÉNA 

{Musée de Brescia.) 



Du casque qui coiffait cette tète, il ne subsiste que le cercle infé- 
rieur au-dessus du front ; le casque lui-même était probablement en 
bronze. Le buste devait être inséré dans une statue drapée, suivant 
un usage très répandu. Les traits du visage sont durs, le crâne par- 
faitement sphérique, l'ossature très forte et sans traces de graisse 
entre le squelette et l'épiderme. Les yeux sont cernés de paupières 
ftneset saillantes, le nez est fort, la bouche épaisse, avec lèvre supé- 
rieure fortement avancée, le menton fort et un peu fuyant. Entre le 
casque et loreille s'échappent de grosses boucles de cheveux que 
l'on retrouve, par exemple, dans l'Aphrodite de Gorneto (pi. 86) et 
les répliques de l'Athéna Parthenos (pi. 96-99). M. Furtwaengler a 
pensé que cette tête dérivait d'un original de Phidias et son opi- 
nion a été approuvée par MJNL Arndt et Amelung-; M. Mahler la 
croit plus ancienne, la rapproche de l'aurige de Delphes et l'at- 
tribue, comme cette dernière statue, à Pythagorc de Rhegium. 
Il est certain que la tête de Brescia offre un caractère un peu plus 
archaïque que la Parthenos; on pourrait donc, être tenté d'y voir 
une œuvre de la jeunesse de Phidias ou d'un des maîtres qui lui ont 
frayé la voie. Mais le rapprochement avec l'aurige de Delphes 
(pi. 9) ne s'impose pas '. 

* Arndt, Glyplolhèque de Nij-Carlsbevg, \)\. 41, 42 ; Furtwaengler, Maslerpieces, 
j). 100, <ig. 43: Infennezzi, p. 31. 

* Arndt et Amelung, Einzelaiifnalimen, n»^ 194 et 307. 

^ Furtwaengler. Maslerpieces. p. 90, fig. 39 ; Mahler, Oeslerreichische Jahres- 
hefte, t. 111 (1900). p. 144, fig. 47 et 48. 



76 PLANCHE 9b 



PLANCHE 95 



TÈTE EN MARBRE D'ATIIÉXA 

{Musée de Naples.) 



La nudité du torse de la déesse est le fait du copiste romain ; dans 
l'original de bronze, elle devait porter une simple tunique sans 
égide, ce qui explique pourquoi le gorgoncion figure sur le casque. 
On coimaît trois répliques de celte tète, deux d'Herculanum et une 
du Capitole * ; la poitrine n'est découverte dians aucune. 

Il est incontestable que ce buste un peu froid - remonte à un ori- 
ginal de la belle époque de l'art; mais tandis que M. Wolters, 
frappé de la ressemblance de la tête avec celle de l'Eiréné de 
Municli, voudrait l'attribuer à Cépliisodote, M. Furtwaengler insiste 
sur l'analogie quelle présente avec l'Athéna de Bologne et y recon- 
naît la copie d'une œuvre de Phidias. L'opinion de ^l. Wolters 
paraît, à la réflexion, plus vraisemblable. L'original était peut-être 
cette Atliéna Soteira de Cépliisodote'' que M. Furtwaengler avait 
proposé autrefois d'identifier à l'original de l'Athéna Farnèse et 
M. Milchhoefer à l'Athéna de Velletri *. 

' Jahrbuchdes Instiluls, 1893, p. 176. 

* II n'y a de restauré qu'une boucle sur l'oreille droite. 
» Pausanias, I.i, 3 ; Pline, llisl. Nal., XXXIV, 74. 

* PholoKraphie Alinari. n» 5421 : Furtwaengler, Maslerpieces, p. GO, fig. Iti : 
Wolters. Jahrbuch des Imlilids, t. IX (1894), p. 174, pi. 3 ; Comparetli et De Potra, 
Villa Ercolanese, \>. 273, pi. XX, d, 2. 



PLANCHE 96 77 



PLANCHE 96 



TÊTE EN MARBRE DE LA DÉESSE ROME 

{Musée du Louvre.) 



Ce buste colossal en marbre de Paros', provenant du château de 
Richelieu, figure la déesse Rome; cestce que prouvent les bas-reliefs 
qui décorent le casque et qui représentent la louve nourrissant 
Romulus et Remus. L'art de l'Empire n'a pas créé de type nouveau 
pour la déesse éponyme de la capitale ; il s'est contenté d'emprunter 
à l'art grec, en les combinant quelquefois, ses types classiques 
d'Athéna et des Amazones. Ici, comme le prouvent les boucles de 
cheveux émergeant sous le casque, c'est l'Athéna Parthenos de Phi- 
dias qui a servi de modèle ; la correction un peu froide du travail 
laisse encore percevoir l'influence d'un original du plus grand style. 
L'artiste romain a peut-être eu sous les yeux un bronze, dérivant 
lui-même d'une adaptation de l'Athéna de Phidias faite dans l'ate- 
lier d'un élève du maître athénien. La nudité du buste ne convient 
pas à Athéna; mais cette considération, comme nous l'avons vu 
(pi. 95), n'arrêtait pas les copistes romains -. 

* Restaurations : bord antérieur du casque, partie de deux mèches de cheveu.x 
à gauche, sourcil gauche et nez, bord de l'oreille gauche, épaule gauche, côté 
gauche du buste. 

- Photographie Giraudon, nf 1311; Froehner, Notice, n» 469; Bouillon, Musée, 
t. II, vignette du titre ; Glarac, Musée, 1200, 2820 e. 



PLANCHES 98 ET 99 



PLANCHE 97 



TÈTE EN MARBRE DE LA DÉESSE ROME 

[Musée du Louvre.) 



Il existe une ressemblance indéniable entre ce buste colossal * 
et l'Athéna de Velletri, dont l'original est attribué par M. Furtwaen- 
gler à Crésilas (pi. 37). Celle analogie est surtout sensible dans la 
forme et le modelé des yeux, avec leurs paupières saillantes et 
terminées en arête; mais la bouche, faiblement ondulée, est moins 
brutale, le bas du visage est plus développé et la chevelure rappelle 
plutôt les types de Phidias. Le marbre du Louvre reproduit un 
bronze à tendances éclectiques, mais inspiré des modèles du 
\^ siècle. La désignation « déesse Rome » est motivqp par les reliefs 
du casque, qui représentent la louve allaitant Romulus et Remus*. 



PLANCHES 98 ET 99 
TÈTE EN MARBRE D'ATHÉNA 

(Musée de Vienne.) 



Le casque et le sphinx, les cheveux sur les tempes et le buste 
sont des restaurations de Cavaceppi ; il est donc possible et même 
probable que, si celte tête colossale nous était parvenue moins endom- 

• Restaurations : partie principale du bas du nez cl des lèvres; raccords aux 
sourcils, aux paupières, k la joue droite, au rou. aux cheveux, au casque. 

• Photographie Giraudon, n» IlJIitt; Froehner, Notice, n* 468; Bouillon, Musée, 
t. 1. pi. 74 ; Clarac, Musée, HOO. 2820 /"; Baumeister, Denhnâler, fig. 1598. 



PLANCHE 100 79 

magée, nous y distinguerions quelque attribut autorisant à la qualifier 
de « déesse Rome », comme celles que nous avons reproduites plus 
haut (pi. 96, 97). 

Quoi qu'il en soit, nous avons là une réplique romaine de l'Athéna 
Parthcnos de Phidias, d'autant plus digne d'attention, riialgré sa 
froideur, qu'elle a été découverte dans la villa d'Hadrien à Tivoli. La 
fidélité de la copie est attestée par le dessin des veux, où les pau- 
pières supérieures ne débordent pas-sur le contour inférieur de 
l'œil, et par l'indication un peu brutale des stries du cou (voir 
pi. 77). Les oreilles étaient percées pour recevoir des pendants ; 
on voit encore, dans l'une d'elles, un petit anneau de bronze ^ 



PLANCHE 100 



TÊTE EN MARBRE D'ATHENA 

{Musée de iVap/es.) 



La statue colossale connue sous le nom d'Athéna Farnèsc n'est 
pas isolée dans l'art antique ; il en existe des répliques et des 
variantes qui font conclure à un original célèbre. Cet original, cer- 
tainement en bronze, devait être de Phidias ou de son école; mais les 
copistes qui l'ont reproduit ont procédé librement et l'auteur de 
l'Athéna Farnèse, ou de l'œuvre dérivée dont elle s'inspire, paraît 
avoirété quelque peu un électique. Ainsi, bien que l'ensemble rappelle 
les types de Phidias, les yeux peu ouverts, avec leurs paupières 
lourdes, font songer plutôt à l'Athéna de Velletrietà ses congénères 
attribuées par M. Furtwaengler à Crésilas ; mais le bas du visage est 
plus développé que dans l'Athéna de Velletri et la forme de la 
bouche est différente. D'autre part, il y aune ressemblance évidente 
entre cette tète et celles de la Héra du Capitole, de la HéraBarberini 
et de l'Aphrodite dite Genetrix, qui appartiennent à l'école ou à la 

' Sacken, Skulpluren, pi. 16; Schneider, Album, pi. 3. 



80 PLANCHE 101 

tradition de Pliidias. Une statue importante, bien connue depuis 
quelques années seulement, l'Athéna Hope*, est un élément essen- 
tiel de la question, car elle est presque identique d'aspect à l'Athéna 
Farnèse, mais paraît plus voisine de l'original. M. Furtwacnglcr a 
pensé que l'Athéna Ilope était la réplique de l'original de Phidias et 
que l'Athéna Farnèse était celle d'une Athéna d'Alcamène; les deux 
originaux seraient les Athénas rivales sculptées par Phidias et Al- 
camène dans le concours do.nt parle Tzetzès -. Mais n'est-ce pas trop 
rabaisser Alcamène que de lui attribuer une copie médiocre où la 
médiocrité seule aurait été de son fait^? Il vaut mieux admettre que 
l'original de Phidias a été imité plusieurs fois avec plus ou moins 
de bonheur, à une époque où les copies exactes n'étaient pas encore 
de mode, et que l'Athéna Hope est la meilleure de ces imitations. 

Le casque de la déesse est surmonté d'une sphinge entre deux 
Pégases. II n'y a de moderne que les deux couvre-joue relevés*. 



PLANCHE 101 



TÈTE EN TERRE CUITE D'ATHÉNA 

{Musée du Louvre.) 



On sait que les figurines en terre cuite découvertes en grand 
nombre sur le Pagus à Smyrne sont généralement des surmou- 
lagcs de petits bronzes, copiés eux-mêmes des œuvres célèbres de 
l'art grec. Aussi leur importance pour l'histoire de l'art est-elle consi- 
dérable et il est à regretter qu'on en ait encore publié si peu. L'ad- 
mirable tête d'Alhéna que nous reproduisons est d'une grandeur peu 

' A Decpdene en Angleterre : Monuments l'iol, t. III, pi. 2. 

' Tzi'tzès. Chiliailes, VIII, :U0 ; Overbeck, Scliriflquellen, 772. 810. 

' Ddinmlcr, art. Athena, ap. Paiily-Wissowa. p. 2014. 

'l'holographie Alinari, n'.TlOl. La statue enlH'Tc, Fiirtwaongler, Masterpieces, 
fig. 20 (Clarac, Musée, 4a8. 851 A) ; la tète seule. Masterpieces, fig. 25 ; répliques, 
ibUl., p. 70. Cr. Gerhard et Panofka, Seapel's antike Uildwerke, p. 41, n» 118. 



PLANCHE 102 81 

commune (haut. 0"*,07) ; elle oiïre tous les. caractères de Tart grec à 
la fin du V® siècle ou au début du iv". L'aspect en est très juvénile, 
comme celui de l'Athéna de Leptis (pi. 133) ; il s'en dégage un air 
exquis de simplicité et de candeur. Si ce n'était Athéna, ce pourrait 
être Jeanne d'Arc. Une tète analogue, celle de GlienickeS rappelait 
précisément à M. Furtwaengler la Jeanne d'Arc conçue par Schiller. 
A ses yeux, ce type serait dû à Scopas, ce qui n'est pas invraisem- 
blable; mais la terre cuite du Louvre paraît remonter à un modèle 
un peu plus ancien. Le casque corinthien de la déesse est pourvu 
d'un très petit couvre-nuque, qui laisse échapper les flots épais de 
la chevelure. Athéna paraît quelquefois, dès le v^ siècle, coiffée du 
casque corinthien ; mais il ne devient usuel qu'au siècle suivant. 



PLANCHE 102 



TETE EN MARBRE D'ARES OU DE GUERRIER GREC 

[Musée du Louvre.) 



On a vu autrefois dans cette tète - un portrait idéalisé de Miltiade 
et l'on a cru reconnaître Massinissa dans une réplique du même 
buste au Capitole^. Miltiade est trop ancien et Massinissa trop 
récent; l'original était une œuvre des environs de 430 av. J.-C, dont 
l'auteur a probablement voulu représenter Ares. Le casque est orné, 
sur le timbre, de deux griffons en relief et, sur le couvre-nuque, 
d'un lion et d'un taureau. M. Furtwaengler a insisté sur la ressem- 

' Mûller-Wieseler, Denkmaler, II, 198 a; Roscher, Lexikon der MylhoL, I, 
p. 703 (art. de M. Furtwaengler) ; Furtwaengler, Masterpieces, p. 305 et note 1 . 
Un autretype voisin de celui-là est représenté par une tête de Stockholm {Rom. 
Mitlh., 1879, pi. 6), voisine elle-même de l'Athéna à la ciste du Louvre {Monum. 
grecs, 1893-94, pi. 12) ; cf. Journal of hellenic fitudies, t. XIX, p. t. 

- Grandeur naturelle; nez moderne. 

' Arndt, Einzelaufnahmen, n»» 437, 438 ; BernouUi, Griechische Ikonographie, 
t. I, p. 95. 

6 



8* PLANCIItS 103 Kï 104 

blancc du casque avec celui de l'Alliéna Partlienos de Phidias et siu' 
lanalogic de la barbe avec celle du Poséidon de la frise du Parthénon. 
Ces observations sont d'une indéniable justesse. Toutefois, l'attribu- 
tion de l'orig^inal à Phidias ne se fondant sur aucun caractère décisif, 
il vaut mieux dire que c'est une œuvre attique contemporaine des 
dernières années de cet artiste et probablement inspirée par lui*. 



PLANCHES 103 Kï 104 
TÊTE EN MARBRE DE DIONYSOS (?) 

[Musée du Vatican.) 



II est évident que cette belle tète- dérive d'une conception de 
Phidias ; mais peut-on y voir la copie directe d'une œuvre du 
maître? Le dessin un peu compliqué de la barbe paraît attester 
l'intervention d'un sculpteur appartenant aux premières années du 
IV* siècle. L'expression douce du rep^ard, la finesse des paupières, 
la liî^ue peu ondulée de la bouche, avec coins tombants, sont tout à 
fait conformes au grand style attique des environs de 430 av. J.-C. 
La disposition des cheveux au-dessus du bandeau est singulière. 
M. Amelung y voit l'indication d'une crinière de taureau et conclut 
(pie le dieu ainsi figuré est Dionysos. On [)ourrail aussi songer à 
un héros médecin du cycle d'AsUlépios, hypothè.se qui serait bien 
d'accord avec l'expression bienveillante et un peu triste de la phy- 
sionomie •■'. 

* Kouilloii, Mii.see, t. III {liiistes. pi. 4); Ariull. lunzelauf'na/tnien, n<>* 437. 4^8 
(ré|»li(iu(' (lu Ciipilolc) ; BiTiioulli, Uriechische Ikonoijiuphie, t. I, p. 94; Furl- 
waengliT. Maslerpieces, p. 90 et pi. 4; Hclhig. Filhrer*, t. I, n» 497. 

* Le nez. l'oreille gauche et (juel(|ues boucles de cheveux sont restaurés. 
'Amelung, Florenliner Anliken, p. 17: Kurlwiiengler. Maslerpieces, p. Oo. 

(ig. 19 et Slaluen/iopien. I. p. 39 ; Ilelhig. FiHirer'. I. I. n" 73. 



PLANCHE 105 83 



PLANCHE 105 



TÊTE EN BRONZE DE DIONYSOS 

{Musée de Saint-Gcrmain-en-Laye.) 



Le D' Plicque découvrit ce masque à Lezoux (Puy-de-Dôme) en 
4888, dans une localité où florissait, dès le i""" siècle, l'industrie de 
la céramique à reliefs ; il l'exposa à Paris en 1889 et il fut acquis 
l'année suivante par le musée de Saint-Germain. 11 en existe non 
seulement des moulai^es en plâtre, mais des reproductions en cuivre 
et en fonte de bronze ; l'une de ces dernières a été exposée à Paris 
en 1900 par la maison Fontaine. 

La tête, d'une conception et d'un travail également admirables, 
est celle de Dionysos aux cornes de taureau (-raupoxépw;), figuré avec 
des cornes naissantes de jeune animal. Ce Dionysos est le Zagreus 
déchiré par les Titans ; la tristesse convient à sa physionomie de 
dieu sacrifié. Dans l'applique de Lezoux, cette expression s'unit à 
celle de la majesté et de la force. L'indication en creux des globes 
oculaires et des pupilles empêche de faire remonter ce bronze au 
delà de l'époque d'Auguste ; d'autre part, le style est évidemment 
celui de l'école de Phidias, comme le prouve surtout le traitement 
de la barbe et des cheveux. Il est possible qu'un type du v^ siècle 
ait été imité à Alexandrie par l'art industriel et qu'un modèle 
dérivé de celui-là ait été acquis par un céramiste de Lezoux -. 

' Haut., O^jOS ; belle couleur verte. 

* S. Reinach, Revue archéologique, 1890, H, p. 297, pi. 16 ; Bronzes figurés, 
p. 89, fig. 83 ; Guide illustré du musée de Saint-Germain, p. 110, fig. 87. 



84 PLANCHE 107 



PLANCHE 106 



TÊTE EN MARBRE DE DÉESSE (?) 

{Musée de Naples.) 



On a voulu voir une Vestale dans celte tête colossale de femme à 
demi voilée, qui a été découverte près du théâtre dHerculanum. La 
nudité de la poitrine ne suffirait pas à écarter cette désignation, 
car elle pourrait être le fait d'un copiste, comme dans l'Artémis et 
l'Athéna du Musée de Naples (pi. 74 et 95). Mais ce qui est décisif, 
c'est le style même de la tête, qui accuse un original en bronze de 
l'époque classique, moins sévère que le prétendu portrait d'Aspasie 
(pi. 38), mais de la même tradition. La longueur de la face et la 
forme triangulaire du front ne sont guère admissibles dans l'école 
attique du v" siècle; je songerais volontiers à une œuvre péloponé- 
sienne de la première moitié du siècle suivant. Le type conviendrait 
à Déméter ou à Koré ; je ne crois pas que ce puisse être un portrait ^ 



PLANCHE 107 



TETE EN MARBRE DE NIKÉ 

(Collection de 3/"° Harry Hertz à Rome.) 



M. Amelung a reconnu que cette tête colossale est une réplique 
de celle de la Niké de Paeonios, statue découverte en 1875 à 
Olympie ; dans l'original, il ne subsiste que la partie postérieure de 
la tête, mais l'arrangement des cheveux et du bandeau est assez 

• Gerhard et Panofka, Neapel's anlike Dildwerke, n° 93; Arndt et Bruckmann, 
Griechisc/ie iind ROmische Porlrâts, n« S3a, 536. 



PLANCHE 107 85 

particulier pour avoir suggéré la belle découverte du savant alle- 
mand. Toutefois, quelques différences dans le traitement de ces 
détails prouvent que le copiste, travaillant à distance, n'a pas 
réussi à saisir exactement la disposition insolite de l'original. La 
copie est, d'autre part, assez précise et les dimensions assez sem- 
blables pour qu'on ait pu placer un moulage de la tète Hertz sur 
celui de la statue d'Olympie et reconstituer ainsi une œuvre capitale 
que la signature, précédée d'une dédicace des Messéniens et des 
Naupactiens à Zeus, attribue à Paeonios de Mendé. Mais la question 
de la date reste difficile. Pausanias, qui a parlé de la statue, pensait 
que l'inscription faisait allusion à des événements de 455 ; les Mes- 
séniens eux-mêmes lui disaient que la victoire, commémorée par la 
statue de Paeonios, était celle de Sphactérie (425). Si Pausanias n'a 
pas accepté cette opinion, c'est qu'il avait sans doute pour cela des 
raisons sérieuses; mais lesMesséniens devaient en avoir aussi à l'appui 
de leur tradition. Le type de la déesse est encore rude; le profd se 
rapproche de ceux des marbres de l'Acropole d'Athènes immédiate- 
ment antérieurs à 480 S bien que le travail des cheveux soit beau- 
coup plus libre et déjà dans la manière de Phidias. Il faut remarquer 
aussi la carrure très prononcée de la partie inférieure du visage, 
qui rappelle moins Phidias que l'auteur de l'Apollon de Cassel 
(pi. 25). L'expression n'est pas seulement énergique, mais un peu 
brutale ; cette Niké est encore une virago *. 

' Par exemple la tète de jeune homme, Collignon, Histoire de la sculpture 
(jrecque, t. I, fig. 184. 

* Amelung, Rômische Mittheilunqen , t. IX (1894), p. 162, pi. 7; Treu, Olympia, 
t. III, p. 188-192; Collignon, Histoire de la sculpture grecque, 1. 1, p. 457; Gardner, 
Handbook, p. 341; S. Reinach, Gazette des Beaux- Arts, 1902. I, p. 144 (face), 145 
(profil), 146 (la statue entière, daprès le plâtre restitué de l'Albertinum à Dresde). 
La découverte, à Delphes, d'un piédestal analogue à celui de la ISiké d'Olympie, 
à fait penser que Paeonios, vers 424, avait exécuté à Delphes une réplique de 
cette statue (cf. HomoUe, Bulletin de correspondance hellénique, 1897, p. 611, 616). 



86 PLANCHES 108 ET 109 



PLANCHES 108 ET 109 



TETE EN MARBRE DE DÉESSE 

{Glijplothèque de Ny-Carlsberg.) 



Une (les statues les plus importantes que M. Jacobsen ait acquises 
à Rome pour la glyptothèque fondée par lui est la prétendue Héra 
de la collection Borghèse S dont nos planches reproduisent la tête de 
face et de profd. Ce marbre est de travail romain, probablement de 
l'époque d'Auguste, mais il copie certainement avec fidélité un bronze 
du V* siècle. L'archaïsme de l'original est attesté par la forme des 
yeux allongés et cernés de paupières saillantes, par la largeur de la 
base du nez, par la grandeur de la bouche, avec ligne médiane très 
peu ondulée, enfin par l'arrangement symétrique de la chevelure. 
Le type est analogue à celui de la Venus genelrix du Louvre 
(pi. Ho), quoique plus dur et plus brutal, ainsi qu'à la Tyché en 
bronze du Cabinet des Médailles (pi. 110); cette dernière tête, en 
particulier, offre la même forme du cécryphale et le même traite- 
ment des cheveux. On en a aussi rapproché avec raison une tête 
colossale du musée de Berlin (pi. 113), dont l'aspect n'est pas plus 
agréable. Le type en question est certainement voisin de Phidias et 
les archéologues l'attribuent généralement à Alcamène; on a même 
pensé que la statue Borghèse reproduisait la liera de ce sculpteur, 
dont il est question dans Pausanias*. Mais il est vraiment difficile de 
rapporter au même artiste des œuvres aussi différentes de sentiment 
que la Héra Borghèse et l'Aphrodite voilée du Louvre. D'autre part, 
si la copie de la glyptothèque de Ny-Carlsberg est fidèle, et elle 
paraît l'être, cette tête présente des caractères plus archaïques que 
l'art de Phidias, notamment dans le dessin de la bouche. Aussi 
suis-je enclin à croire que les sculptures de cette série, malgré 
leurs analogies extérieures dans la coiffure, dérivent d'originaux 
sortis d'ateliers divers et qui ne sont |)as nécessairement atliqucs '. 

* s. Reinach, Répertoire de la statuaire, t. II. 239, 8. 
' l'iiusanias, I. 1, 5. 

* Moniimenti ed Annuli dell' liuslilulo, 1855. pi. 7. p. 48; Ariidt, (/lyplol/iè(/ue 
de Ny-Çarhbery, pi. 56 11, 58; Fiirtwaenglcr, Maslerpieces, p. 84. 



PLANCHES 110 ET 111 

PLANCHES MO ET 111 
ÏÈÏE EN BRONZE DE DÉESSE 

(Cabinet des Médailles.) 



Au lômoignage du P. Molinet, religieux de Sainte-Geneviève, ce 
buste colossal aurait été découvert à Paris même, vers 1675, non 
loin de l'église de Saint-Eustache. Molinet dit que les yeux « avaient 
été ôtés ». Il appartint d'abord à Berrier, qui l'avait déterré dans 
son jardin, puis à Girardon, qui lit probablement refaire l'intérieur 
des yeux, enfin à Crozat et au duc de Valentinois, qui le légua au roi 
de France. M. Babelon et moi, reproduisant cet objet d'art dans nos 
catalogues illustrés, avions exprimé sur son autbenticité des doutes 
qui ont été écartés par les judicieuses observations de M. Furtwaen- 
gler. Le savant allemand a particulièrement insisté sur le témoi- 
gnage de Molinet relatif aux « yeux ôtés », qui a été contredit par 
Caylus, sans que ce dernier s'aperçût que les yeux pleins étaient 
une restauration. L'aspect singulier de la tour qui couronne la tète 
doit sans doute être attribué à l'artiste romain qui fondit un bronze 
destiné aux Parisii en s'inspirant d'un modèle grec. 

Ce modèle, d'après M. Furtwaengler, serait une Tychéd'Alcamène. 
Le nom de ce sculpteur lui a été suggéré par l'analogie de la 
physionomie et du cécryphale avec la tête de la Vénus genelrix du 
Louvre (pi. 115) et celle de Berlin (pi. 112) ; mais je ne crois pas que 
ces œuvres dérivent toutes d'un même atelier. Si, d'autre part, on 
compare la ïyclié du Cabinet des Médailles à la tête de la collection 
de Laborde, provenant des frontons du Parthénon (pi. 77), on sera 
frappé de l'identité que présentent, dans l'une et l'autre sculpture, 
les sillons du cou qui limitent le « collier de "Vénus. » En admet- 
tant que les Parisii aient voulu personnifier leur ville par la copie 
d'un chef-d'œuvre de l'art grec, pourquoi auraient-ils choisi un 
modèle d'Alcamène ou d'Agoracrite au lieu d'un modèle du plus 
célèbre artiste de l'antiquité, de Phidias ? 



88 PLANCHES 112 ET U3 

La petite boucle qui se détache au-dessus de l'oreille est un 
détail très rare, dans l'art grec, avant le iV siècle ; c'est peut-être 
une addition du copiste. Il y a de nombreux raccords à la surface 
du bronze, preuve d'authenticité, comme l'a remarqué U. Furtwaen- 
gler, la Renaissance n'ayant pas usé de ce procédé pour réparer les 
défectuosités de la fonte K 



PLANCHES 112 ET 113 
TÊTE EN MARBRE DE DÉESSE 

[Musée de .Berlin.) 



Après avoir vu, dans ce buste colossal-, une réplique excellente de 
l'Aphrodite des Jardins (iv xr,ro!.;) d'Alcamène, dont la Vénus gene- 
trix du Louvre serait une copie ', et avoir fait partager son opinion à 
M" Lucy Michell*, M. Furtwaengler s'est rétracté et a proposé d'y 
reconnaître une Athéna sans casque, copie d'une création d'Alca- 
mène'. Il me semble que cette tète, d'ailleurs médiocre, ressemble 
beaucoup à la a Héra » Borghèse (pi. 108), mais que, par ses formes 
lourdes et massives, elle s'écarte beaucoup de la Vénus genelrix du 
Louvre, avec laquelle elle n'a de commun que la coiffure. L'original 
devait être un bronze des environs de 430 avant J.-C, que rien n'au- 
torise à considérer comme attique. 

Les yeux sont encadrés de paupières lourdes qui, jointes au dessin 

' Babelon et Blanchel. Calalofjtie des hvonzes anliques de lu liibliollièque natio- 
nale, n» 614; S. Ri'inach, Bronzes fujurés, fi^. 01 ; Guide illustré du Musée de 
Saint-Germain, p. 83, (ig. (iO; Gazette des Heauj-Arts. 1902, II. p. 459; Furlwai'ii- 
gler, Seuere Falschunrjen nach Anlilien (1899), p. id. avec photographie, fig. tï. 

* Le bout du nez est restauré. 

' Fiiriwaengler, ap. Roscljer, Lexikon dcr M;/! Uoloyie, t. I, p. 413. 

* .Mitchell, llistory of aneienl Sculpture, p. 321 et pi. à cette page. 
' Furtwaengler, Maslerpiecea, p. 85, note 2. 



PLANCHE 114 89 

de la bouche, donnent une impression de tristesse et de fatigue. Le 
menton est légèrement fuyant*. 



PLANCHE 114 



TÊTE EN MARBRE DE NIOBIDE(?) 

{Glyptothèque de Ny-Carlsberg.) 



On a découvert sur l'Esquilin, en 1873, une statue de grandeur 
naturelle, qui représente une femme drapée fuyant d'un pas rapide ; 
ses vêtements portaient des traces de couleur bleue. Suivant toute 
apparence, c'est une Niobide courant, ou bien une des Leucippides, 
qui ramène des deux mains sur sa tête les plis de sa draperie-. M. Furt- 
waengler a proposé, en 1891 ^ de reconnaître dans cette statue, 
ainsi que dans une figure d'éphèbe mort acquise aussi par M. Jacob- 
son *, les restes du fronton du Théseion d'Athènes, considéré par 
lui comme le temple d'Apollon Patroos ; l'original de l'Apollon de 
Gasscl, attribué à Myron, aurait occupé la cella de ce temple. Il a 
développé cette thèse en 1899 et obtenu l'adhésion de M. Lechat ; 
maisM. Arndt déclare ne voir aucune raison de rapprocher les deux 
statues (la femme courant et l'éphèbe), qui ne proviennent pas 
d'unemôme trouvaille. D'ailleurs, l'étude des marques laissées par les 
figures sur le rebord du fronton du temple athénien {Slandspuren) a 
définitivement réduit à néant l'hypothèse si séduisante de iNI. Furt- 
waenglcr. Il l'a rétractée lui-même en 1902, mais lui en a substitué 
une autre, suivant laquelle la statue de Ny-Carlsberg (Niobé ou Nio- 

' Furtwaeiigler, Maslerpieces, p. 80, fig. 3i; [Conze], Beschreibiuig der Skulp- 
turen in Berlin, n» 008. Voir, sur cette série de têtes, le texte de M. Arndt dans la 
Ghjplolhèque de N tj-Carlsberg , p. 48. 

' Pour l'ensemble de la statue, voir mon Répertoire, t. II, 419, 2. 

' Archseologischer Anzeiger, 1891, p. 70. 

* Arndt, Glyplolhèque de Ny-Carlsberg, pi. bl, 52. 



90 PLANCHES 115 ET 116 

bide) aurait occupé le milieu du frontou occidental d'un temple 
d'Apollon, de dimensions identiques à celles du Théseion, mais 
distinct de ce dernier^ 

Quoi qu'il en soit de la destination originale de cette ligure, le 
style de la tètcsuflil à prouver quelle appartient à la seconde moitié 
du V" siècle. M. Arndt y voit une copie romaine ; mais je crois que 
M. Furtwaengler a raison de la considérer comme un travail grec 
décoratif. Les yeux offrent des analogies — atténuées, il est vrai — 
avec ceux des statues que M. Furtwaengler rapporte à Grésilas ; 
les boucles émergeant du cécryphale rappellent le style de Phidias. 
Le nez est singulièrement long (la restauration du bout est certaine) 
et peut faire douter qu'il sagisse d'une couvre attique ; on retrouve 
ce caractère dans quelques têtes des frontons d'Olympie, qui ne 
paraissent pas être sortie d'un atelier athénien, dans les Amazones 
de Polyclèlc et dans la tète de la collection Nelson -. 



PLANCHES 115 Eï 116 
TÊTE EN MARBRE D'APHRODITE 

{Musée du Louvre.) 



La statue de grandeur naturelle dite Venus genetrix passe pour 
avoir été découverte à Fréjus au xvii'^ siècle et offerte à Louis XIV 
en 1650^. C'est unc.dcs figures dont il existe le plus grand nombre de 

' Fiirl waongler, >>Uzunijshenchle \\ii'Sln\w\\, l'.IO;2, p. 443. 

* Journal of hellenic sliulies, t. XVIII (18'.)8), pi. II, Il y a un inoulaKt' <lt' t'cMli' 
tclc au Louvre. — Arndt, (ihjptolhèqite de Sij-Cnrls/jerg, p. 67, pi. 38, 40; (Iraof, 
Juhresberichl, 1901, III, p, 46; Lecliaf, Revue des éludes (irecques. t. XII (1899). 
|). 198; t. XIH (!900). p. 384: FurlwaenKler, SUzniif/sherichleih^ .Munich, 1899. Il, 
)t.279; I90i, II, p. 443; HoborI, XXI* llnUisclies Winc/celinannsproyramm, j). 32 (y 
v(»il une Lcucippidc.) 

' La UHi' t'.sl inlaclc. à quciqufs rotouclios pri's (joue droite, .sourcil Ki'<i<'l't') ^ 
mais elle parait avoir élô fortement nettoyée. Le cou est en partie moderne.— Il 
n'existe aucun témoignage contemporain sur la provenance de celte statue. 



PLANCHES 115 ET 116 «1 

répliques, preuve de la célébrité de l'originale Autrefois, ony voyait 
une copie de la statue faite par Arcésilas au temps de César, en 46, 
pour le temple de Vénus genetrix h J\omG-; quelques archéologues 
avaient cependant rappelé le souvenir de l'Aphrodite velatd apecie 



Fig. 12. — TETE EN MARBRE DAIMIRODITE 
Musée du Louvre. 

faite par Praxitèle et acquise par les habitants de Cos. En 188:2, M. Furt- 
waengleret moi proposâmes simultanément et indépendammentde la 
rapporter à V Aphrodite dans les Jardins d'Alcamène, à cause du 
caractère légèrement archaïque de la tête, confirmé par la découverte 
d'une statuette du môme type à Myrina •'. Cette hypothèse a fait 
fortune et a été "presque universellement admise pendant près de 
vingt ans. Cependant, dès 1887, traitant la question dans son 
ensemble, j'ai exprimé l'avis que l'Aphrodite d'Alcamène avait été 

' Une liste rectifiée, mais encore incomplète, des répliques a été donnée par 
M. Klein, Praxileles, p. 55. 
- Opinion encore soutenue par M. Gardner. Handbook, p. 506. 
' Pottier et Reinach, La nécropole de Myrina, pi. 8. 



92 PLANCHES 115 ET 116 

reproduite, dans un style plus moderne, par Praxitèle d'abord, puis 
par Arcésilas ; j'avais peine à placer dans l'école de Phidias une statue 
dont la draperie est si peu phidiesque. Depuis 1899, je soutiens que 
cette statue ne dérive pas d'un marbre, mais d'un bronze, ce qui 
explique le grand nombre des répliques', et que ce bronze doit être 
attribué h un artiste ionisant et archaïsant comme Callimaque ^. Ce 
sculpteur, influencé par Phidias, mais de goûts conservateurs' , 
travaillait vers 420 à l'Erechthéion ; vers 425, il avait sculpté 
une Héra assise pour Platées*. La même idée était venue en 1890 
à M. Winter; mais il avait préféré mettre en avant le nom de 
Calamis et le souvenir de la Sosandra décrite par Lucien, dans 
la pensée que l'original de la statue du Louvre devait être antérieur 
à 450, qu'il se rattachait à la série des figures de Korai de l'Acropole 
et qu'il n'était pas « concevable » après Phidias ^. En 1893, M. Reisch 
déclara une première fois que la Vénus genetrix ne pouvait appar- 
tenir à l'école de Phidias*. Il revint à la charge en 1898 à l'oc- 
casion d'une ingénieuse tentative pour restituer l'Héphaestos d'AI- 
camène groupé avec Athéna''. Presque en même temps, M. Sauer* 
identifiait, comme ^L Reisch, l'Athéna Hephaestos d'Alcamène 
avec une statue de Cherchell ' et niait que la Genetrix pût 
dériver d'une œuvre du même artiste. M. B. Graef '" et M. Hel- 
big" ont été convaincus par les arguments négatifs de M. Reisch'-. 

* Les répliques étaient e.\écutées d'après des moulages; or, à cause de la 
polychromie, on ne devait guère permettre de mouler des marbres. 

* S. Reinach, Revue critique, 1899, II, p. 277 ; Revue archéologique, 1900, II, 
p. 386. frur Callimaque et l'art néo-attique qui se rattache à lui, voir, en dernier 
lieu. Gardner. Handbook, p. 320. 

' Cf. Eug. Sellers, Journal of hellenic studies, t. XIV, p. 203. 

* Callimaque était surnommé calatexitechnos à Athènes, à cause de l'élégance 
et de la finesse de sa technique de marbrier (Pline, XXXIV, 92; Vitruve, IV, 
1.10); mais nous savons qu'il était aussi bronzier, et il est probable qu'il porta 
dans le travail du marbre les habitudes qu'il avait acquises dans celui du bronze. 

* Winter, oO"»* Winckelmannsprogramm, 1890, p. 118-112. 
" Reisch, Eranos Vindobonensis, p. 18. 

'■ Oeslerreichische Jahreshefle, t. I (1898), p. 55. 

* Sauer, Dos sogennanle Theseion, 1899. 

" Musée de Cherchell, pi. 1 4 ; cf. l'Athéna de Crète au Louvre (Athéna à la ciste) , 
Monuments fjrecs, 1893-94, pi. 12. 
'» Graef. Jahresherichl, 1901. III, p. 40. 
" Ilelbig, Fahrer, t. II, n» 908. 
".M. Amelung, à son tour, déclare que rAphrodilc èv xï^itot; doit être cherchée 



PLANCHES 115 ET 116 93 

Ce dernier dit nettement que l'hypothèse relative à la Genetrix ne 
peut plus se soutenir ; Alcamène était l'élève de Phidias et son con- 
tinuateur, tandis que la Genetrix se rattache à l'art de Calamis. 
Le même savant ajoute que la statue du Louvre implique un original 
de 450 environ, alors que l'Aphrodite des Jardins ne peut guère 
être antérieure à 420. Gela serait sans réplique sil ne s'était 
trouvé, en 420 et môme plus tard, des continuateurs volontaires du 
style de Calamis, si bien caractérisé par ces mots que M. Reisch 
applique à la Vénus Genetrix : herbe Zierlichkeit (quelque chose 
comme la morbidesse âpre de Botticelli)^ Je pense, pour ma part, 
que la Genetrix a toutes les apparences de l'œuvre d'un retarda- 
taire et que, si les traditions dont elle s'inspire remontent à 450 et 
au delà, l'original peut fortbien n'avoir été exécuté que vers420. Quant 
à l'attribution à Callimaque, je ne sache pas qu'elle ait encore été 
discutée. Elle est d'ailleurs confirmée, dans une certaine mesure, 
par une petite copie de la Genetrix découverte àAthènes vers 1840 et 
appartenant à M"'" Trubert^ où la chevelure retombe sur le dos en 
une large nappe, comme dans les statues du vi*^ siècle. Le copiste 
savait que l'œuvre reproduite par lui était archaïque et il en exa- 
gérait à plaisir le caractère. Eût-on jamais modifié ainsi une œuvre 
de l'école de Phidias ? 

Les cheveux de l'Aphrodite du Louvre sont ceints d'une bande- 
lette et finement ondulés ; sur la nuque, ils forment un chignon 
emprisonné dans le fichu dit cécryphale. Le style de la tête est à 
la fois meilleur et plus archaïque que celui du corps ; il n'est pas 
impossible que la tête, exécutée à part dans quelque atelier hellé- 
nique, ait été ajustée à un corps sorti d'un atelier romain. La join- 
ture actuelle de la tête et du corps est due à un restaurateur du 
xvii" siècle ; mais il n'y a pas lieu de supposer, comme on l'a fait 
autrefois, que la tête soit étrangère à la statue '. 

dans des figures d'un caractère tout différent, comme l'Aphrodite Doria {Rum. 
Mittheil., 1901. p. 32, pl.l.) 

' J. Lange, qu'il ne faut pas se lasser de citer, ne croyait pas que la Genetrix 
filt antérieure à la guerre du Péloponèse [Darstellung des Menschen, p. 184). 
— Je ne comprends pas que M. Kjellberg (Rom. Mittheil., 1899, p. 116) refuse de 
reconnaître dans la Geneinxlà herbe Zierlichkeit qu'y a vue Reisch. 

* Répertoire de la statuaire, t. II, 378, 4. 

'Froehner, Notice, n" 135 ; Friederichs-Wolters, Gipsabgilsse, n" 1208; Furtwaen- 
gler, ap. Roscher. Lexikon der Mythologie, t. I, p. 413 ; Furtwaengler, Master- 



94 PLANCHES 117 ET 118 



PLANCHES 117 ET 118 



TÈTE EN MARBRE DE ZEUS 

[Glijptothèque de Ny-Carlsberg.) 



Le comte Tyskiewicz, qui m'a donné les photographies de cette 
admirable sculpture, après l'avoir cédée à M. Jacobscn, était per- 
suadé quelle provenait des fouilles de l'xVcropole d'Athènes ; un 
autre témoignage veut qu'elle ait été découverte au Pirée. Elle ne 
surmontait pas une statue, mais un hermès, comme les tètes figu- 
rées plus haut (pi. 42, 45), qui ont fait partie de la même collection. 

Ce type de Zeus est incontestablement très voisin de celui de Phi- 
dias. Mais il est assez difficile de l'attribuer à cet artiste-si l'on veut 
lui rapporter aussi la tête de Dresde (pi. 119 et 120), dont le profil 
offre des particularités très différentes, notamment dans la forme du 
crâne. Le témoignage des monnaies d'Elis est plutôt favorable à la 
tète qui nous occupe ; toutefois, elle semble un peu plus archaïque 
(|ue celle du Zeus d'Olympie et n'en peut être regardée comme une 
copie. 

Il y a un singulier mélange de douceur et de sévérité dans la phy- 
sionomie; le regard qui s'abaisse exprime la bienveillance ; la par- 
tie inférieure du visage est plutôt dure ou dédaigneuse. Les boucles 
de cheveux, terminées en tire-bouchons, ressemblent à celles qui 
émergent du casque dans les imitations de l'Athéna Parthcnos au 
Louvre (pi. 97) et à Vienne (pi. 98, 99.) Un caractère phidiesque, que 

pièces, p. 82; Wollcrs, Athenische Mittheilungen, t. XH, p. 225; Conze. ibid., 
t. XIV. p. 199; Peterscn, /<<>/»j«c7ie MillheUungen, t. IV, p. 72; Klein, Pmxileles. 
p. 1)3: S. Reinach, Gazelle arcliéolof/ique, 1887, p. 2o0, pi. 30 (avec toute l'un- 
«•ieiine hibliofîmijhie); Kekulé, Archdol. epiyvaph. MUtkeilunqen, t. III. j). 16; 
\fii\i\iiiv\n, American Journal of archaeolof/y, 1887, pi, I (avec h^'liogravure de 
la statue entière; voir aussi Klein. Praxileles. fig. 3) ; Gardner, Ilandbook, p. 500, 
fig. 127; Huile, Der schune Mensch, pi. 97 et fig. 10. M. Iloniolle (Uull. de corrcsp. 
hellén.. 1897. p. GI3) a signalé l'analogie entre les Danseuses de Delphes et 
l'Aphrodite Uenelrix ; ne seraient-elles pas du môme artiste que les Saltanles 
iMcaenue attribuées par Pline (XXXIV, 92) à Callimaque ? 



PLANCHES 119 ET 120 95 

nous avons déjà eu l'occasion de signaler, est le peu de distance 
entre le sourcil et le haut de la paupière supérieure. Le diadème 
était recouvert dune plaque de métal ^ 



PLANCHES 119 ET 120 
TÊTE EN MARBRE DE ZEUS 

[Muscc de Dresde.) 



M. Treu a émis l'opinion que cette belle tête, qui surmonte àDresde 
une statue restaurée en Asklépios-, est la copie d'une tète de Zeus 
sortie de l'atelier ou de l'école de Phidias. Cette hypothèse peut 
sautoriser de la ressemblance qu'offre la tète de Dresde avec plu- 
sieiu's tètes de vieillards de la frise du Partliénon et de stèles funéraires 
attiques du v® siècle. Les yeux sont allongés et peu ouverts ; l'es- 
pace entre la paupière supérieure et le sourcil est petit, comme dans 
les tètes du Parthénon ; la ligne extérieure de la paupière déborde à 
peine sur le tracé de l'orbite. Le bout du nez est exactement à égale 
distance de la naissance des cheveux et de l'extrémité inférieure de 
la barbe. Celle-ci, comme la chevelure, offre encore certains carac- 
tères archaïques de symétrie, mais ne se complaît plus dans l'indi- 
cation isolée des boucles. La chevelure rappelle, avec plus de détails 
seulement, celle de la tète de Laborde (pi. 77), provenant du fron- 
ton occidental du Parthénon. La bouche est ondulée, avec une lèvre 
inférieure assez forte, dont le bord ne décrit pas une courbe, mais 
plutôt trois lignes droites se coupant à angles obtus. L'expression 
est celle de la majesté divine, tempérée par une discrète bien- 
veillance. 

La tète de Zeus reproduite sur les planches précédentes (117 et 

' Arndt, Gbjplolhèque de Ny-Carlsberg, pi. 13; S. Reinach, Gazelle des Beaux- 
Arts, 1902, II, p. 407. 

- Clarac, Musée, 541), MiiG. 



96 PLANCHE 121 

118) est certainement plus archaïque, mais peut appartenir à la 
même école, qui est incontestablement celle de Phidias ^ 



PLANCHE 121 



TÊTE EN MARBRE D'ASKLÉPIOS 

{Palais Orlandini-Gresham à Florence.) 



II existe plusieurs têtes analogues à celle-ci - et dérivant du 
même original, au musée Britannique ', au Louvre ' et aux Uffizi à 
Florence, cette dernière sur une statue représentant Asklépios ^. 
L'original appartenait à l'école de Myron, dont les caractères essen- 
tiels se retrouvent dans le travail des cheveux et de la bouche ; 
comme dans la tête dHéraklès au Musée britannique (pi. 65), la 
moustache est lisse, alors que la barbe est détaillée en petites bou- 
cles. Ce premier type d'AskIépios dérive, suivant l'observation de 
M. Amelung, de celui de vieux héros chthoniens, comme Amphiaraos 
et Trophonios ; ainsi s'explique l'air un peu bourru du personnage 
et son expression plutôt sombre, qu'accuse encore l'envahissement 
des cheveux et de la barbe. Au contraire, l'idéal récent d'As- 
kIépios, tel qu'il fut peut-être créé par Praxitèle et que nous con- 
naissons surtout par l'admirable buste de Milo (pi. 195), se rattache 
à celui de Zeus — fixé, sinon créé par Phidias — et s'éclaire comme 
lui d'un rayon de bonté et de bienveillance *. 

« Treu, dans Feslschrift fUr Ollo Benndorf (Vienne, 1598), p. 99, pi. 2-3; S. Rei- 
nach, Gazelle des Beaux-Arts, 1902, I, p. 147 ; 11, p. 406. M. Furtwaengler main- 
tient que la tôte de Dresde est celle d'AskIépios. 

• Le nez est restauré. 

• Furtwaengler, Masterpieces^ fig. 89. 

• Marbres du Louvre, n» 2457. 

• Furtwaengler, Maslerpieces, (ig. 87. * 

• Photographie Alinari, n»3562; Furtwaengler, Maslerpieces, p. 210; DUtschkc. 
Bildu:erke in Oberilalien. t. II, n» 503; Amelung, Filhrer, p. 70; AnuH, Einzel- 
uufnuhinen. n« 240, 241. 



PLANCHE 4 23 97 



FLANCHE 122 



TETE EN MARBRE DE DIEU BARBU 

{Glijptothèque de Ny-Carlsbe7'g .) 



Trouvée, suivant les uns, au Pirée, suivant d'autres sur l'Acropole 
d'Athènes, cette tête de grand style, qui surmontait un hermès, a 
appartenu d'abord au comte Tyskicwicz, qui m'en a donné la photo- 
graphie. Il est assez difficile de préciser la désignation qui lui con- 
vient; M. Jacobsena songé à Poséidon, M. Arndt à Hephaestos. Ce 
dernier savant a été beaucoup trop loin en prétendant y reconnaître 
<c le brave forgeron, bonhomme, dépourvu des dons brillants de 
l'esprit, berné par sa jolie femme, bancal et godiche. » Helbigium 
quisquis sludet aemulari... Mais il a fait observer avec raison que 
le bandeau, là où l'on attendrait un diadème, ne permet guère de 
songer à l'un des grands dieux de l'Olympe. 

Le style est celui du milieu du v*" siècle (vers 440). La distance 
entre les paupières supérieures et les sourcils est à peine égale à 
la largeur des paupières, caractère que l'on trouve seulement, à ma 
connaissance, dans les tètes de l'école de Phidias. Il ne semble pas 
que celle-ci soit une copie *. 



PLANCHE 123 
TÈTE EN MARBRE DE DIEU BARBU 

[Gliiptothèqiie de Ntj-Carhbcrg.) 



La provenance de cette léte est la môme que celle de la précédente. 
L'expression en est plus amicale : les yeux très ouverts regardent 

* Arndt, Glyptothèque de Ny-Carlslevfj, pi. 13. 



98 PLANCHE li4 

avec douceur et la bouche s'enlr'ouvre pour sourire. M. Jacobsen y a 
reconnu Dionysos, M. Amelung un héros médecin, prédécesseur 
d'AskIépios dans le culte public d'Athènes, tel quelerlpwç larp^ç ano- 
nyme ou Alkon. L'époque est celle de la maturité de Phidias. Le peu 
d'éloignementde la paupière et du sourcil est un caractère de l'école 
de Phidias que nous avons déjà plusieurs fois signalé (pi. 122) ^; tou- 
tefois, les yeux sont plus ouverts que dans les tètes de la frise du 
Parthénon -. 



PLANCHE 124 



TÈTE EN MARBUE DE DIONYSOS 

{Musée du Louvre.) 



Cet hermès colossal en marbre pentélique provient de la collection 
Campana. Bien qu'il ait été fortement restauré ^, on y reconnaît un 
beau modèle du v« siècle, s'éloignant des types de Phidias par la 
forme allongée et le peu d'ouverture des yeux, et se rapprochant de 
ceux de Myron par le traitement des cheveux et de la barbe. L'ex- 
pression est à la fois majestueuse et bienveillante, avec une nuance 
de tristesse. La bouche est très faiblement ondulée et la lèvre infé- 
rieure, assez forte, ne présente pas une courbure régulière. Dans le 
catalogue italien du musée Campana, ce buste était décrit comme un 
portrait de Numa Pompilius. C'est, d'ailleurs, une copie d'époque 
romaine et il est possible que l'écharpe ceignant la tète soit une 
addition du copiste *. 

' Vuir mon article de la Gazelle des Beaux- A ris, 19Ui, II, p. 4o3. 
' Arndt, GlyploUièque de Sy-Carlsbery. pi. 14. 

' Le nez, le haut du diadème, (juelques touffes de cheveux, toute la partie 
inférieure de la barbe et des bandelettes sont modernes. 

* Photographie Giraudon, n* M'i'i ; Froehner, yolice, u" 2U8. 



PLANCHE li'5 99 



PLANCHE 125 



TKÏE EN BRONZE DE DIONYSOS 

{Musée de Naples.) 



Pendant longtemps on a reconnu dans ce chef-d'œuvre, découvert 
en 1753 à Herculanum, un portrait du philosophe Platon'. 
Fr. Lenormant, suivi par M. Golli<^non, y a vu un Poséidon ; il existe, 
en effet, une monnaie de Tarente, au revers de laquelle figure Po- 
séidon assis, la tète inclinée dans une attitude presque identique ^. 
Toutefois, l'arrangement très soigné des cheveux ne convient pas 
au dieu des mers ; la seule désignation acceptable, quoique difficile 
à établir avec certitude, est celle de Dionysos. La grosseur insolite 
du cou, qui rappelle l'encolure du taureau, est un indice delà nature 
du dieu. Le type est assez semblable à celui de Dionysos barbu sur les 
reliefs représentant la visite du dieu chez Ikarios ; on le trouve aussi, 
dès le Y** siècle, sur des monnaies de Naxos en Sicile. 

Bien que ce buste ne soit pas un original, ni un fragment détaché 
d'une grande statue, mais une copie un peu sèche de l'époque 
d'Auguste, il est évident qu'il reproduit avec fidélité un grand bronze 
de la plus belle époque de l'art. Winckelmann y saluait avec enthou- 
siasme « l'idéal lui-même », éloge qui ne semble pas exagéré. 
L'expression pensive et discrètement douloureuse annonce les 
créations du génie de Praxitèle ; mais le traitement minutieux et 
symétrique des cheveux et de la barbe oblige de faire remonter 
l'original jusqu'aux dernières années du v^ siècle. Les grosses boucles 
de cheveux ont été fondues à part et soudées ; elles offrent quelque 
analogie avec les boucles des tètes de Phidias. L'inclinaison de la 
tète fait songer à Céphisodote, dont le style, connu par l'Eiréné de 
Munich, paraît avoir, en effet, marqué la transition entre Phidias et 

* Il n'y a de moderne que l'intérieur des yeux. 

" CoUignon, ap. Rayet, Monuments de l'art antique, t. II, pi. 54, p. 2. 



100 PLANCIIKS 126. 127 ET 128 

Praxitèle. On pourrait sans témérité, lui attribuer l'original du 
Dionysos de Naples *. 



PLANCHES 126, 127 ET 128 
TÊTE EN MARBRE DE JEUNE FEMiME 

{Musée de Berlin.) 



« Un des plus nobles morceaux de la sculpture grecque », disait 
M. Furtwaengler en publiant cette tète colossale -, dont le style est 
voisin de celui de l'Aphrodite de Mélos et qui mérite d'être louée ainsi. 
La largeur de la manière de Phidias et de ses disciples s'y allie au 
sentiment délicat et personnel qui caractérise l'art attique dès le pre- 
mier tiers du siècle suivant. Le front est triangulaire, comme dans 
l'Aphrodite de Cnide, les yeux peu ouverts, la bouche encore forte, 
avec des coins nettement marqués au trépan ; l'expression est celte 
tristesse contenue qui voile la physionomie delà Déméter hellénique 
et des figures funéraires depuis le dernier quart du v" siècle. 

La tète qui nous occupe provient d'une grande stèle funéraire en 
haut relief, découverte dans la nécropole d'Erétrie (île d'Eubée) ; 
elle devait être engagée dans un torse de femme drapée et assise, rele- 
vant un pli de son voile de la main droite. Il est instructif de la com- 
parer à la Déméter de Cnide (pi. 177), moins ample de formes et plus 
voisine de Praxitèle, alors que la tête de Berlin est plus proche de 
Phidias. Elle ne peut guère, à mon avis, être postérieure à l'an 360 
avant J.-C. La persistance du style de Phidias dans les sculptures 

* Compurelli el Du l'etra. Villa ercoln/iese. pi. VIII, 2; Lcnormanf. La (Wande 
(irèce, t. I, |). '.)l: Rayet, Monuments de l'art antique, I. II. pi. 54 (arliclc de 
M. Collif^Mon) : Krioderichs-Wollers, Hipsalxjiisse, n" 1285; Beiuidorf, Osterrei- 
chische Jakreshef'te, t. IV, p. 172; lirunn-Bruckmanii, Uenkmâler, n» 382: lliillc, 
Der schône Menac/i, pi. 75. 

* Hauteur : O" 37. Ancienne collection formée k Athtncs par le ministre de 
Russie comte SahourofT. 



PLANCHE 129 101 

funéraires du iv'' siècle a été très bien expliquée par M. E. Gardner '; 
nombre de sculpteurs employés à ces travaux devaient avoir fait 
leur apprentissage dans les grands chantiers de l'Acropole et 
formé, à leur tour, des élèves imbus des mêmes traditions -. 



PLANCHE 129 



TETE EiN MARBRE DE DEESSE 

{Musée (le Berlin.) 



Nous sommes ici en présence d'une de ces nombreuses sculptures 
attiques qui, en plein iv^ siècle, continuent les traditions du v®, par 
les raisons que nous avons indiquées dans la précédente notice. Cette 
tête colossale =', coiffée d'un polos artistement décoré, a toute la lar- 
geur de style des figures du Parthénon ; seule l'atténuation des 
paupières inférieures trahit l'influence de l'art nouveau, épris des 
transitions douces et des modelés discrets. La bouche, peu ondulée, 
présente encore un type archaïque. Le grand développement de la 
partie supérieure du visage, comparé à la petitesse de la lèvre supé- 
rieure et du menton, ainsi que la coupe particulière des yeux, font 
pensera l'Amazone de Polyclète, telle qu'elle nous est connue par 
la copie du Musée britannique (pi. 53). Il n'est pas impossible qu'il 
y ait dans cette tète un souvenir de la Héra de Polyclète. Une déesse 
coiffée d'un haut diadème peut être Héra, Déméter ou Kora ; mais il 
est probable que la tète de Berlin représente Déméter '. 

' Uardner, Handbook, p. 393, 394. 

* Furtwaengler, Satnmlunc/ Saburoff, t. I, \\\. 12-14; Besckreibuny der anliken 
Skulpluren zu Berlin, n» 743. 

' Hauteur : 0"'4C; le nez et les lèvres sont restaurés. Ancienne collection 
SabourofT. 

* Furtwaengler, Sanimlung Sahuro//', t. I, pi. 7 ; [Conze], Beschreibung der 
Skulpturen zu Berlin, n» 614. 



102 PLANCHE 131 

PLANCHE 130 
TÊTE EN MARBRE D'ÉPHÈBE 

{Musée de Berlin.) 



On peut considérer cette petite tète *, qui provient, dit-on, de 
Sunium, comme un des spécimens les plus caractéristiques de la 
sculpture attique entre l'époque de Myron et la fin du v" siècle. La 
chevelure, rayonnant à partir du sommet du crâne et formant comme 
une calotte, est encore dans la tradition myronienne (cf. pi. 68). Les 
yeux sont remarquables par leur petitesse, les paupières minces 
et l'indication très atténuée de la glande lacrymale ; la bouche est 
grande, avec ligne médiane bien ondulée. L'ensemble dégage une 
expression un peu rêveuse qui annonce l'art de Praxitèle. L'oreille 
gauche est tuméfiée, alors que l'oreille droite ne l'est pas ; c'est là 
un trait fourni par l'observation, car l'oreille gauche était plus exposée 
que la droite aux coups portés par la main droite de l'adversaire. Ce 
détail prouve aussi que cette tôte juvénile est celle d'un athlète ^ 



PLANCHE 131 
TÊTE EN MARBRE DE JEUNE FEMME 

{Musée du Louvre.) 



Le musée d'Héraclée en Crète possède une statue féminine pro- 
venant de Kisamos dont la tète est presque identique à celle qui 

' Hauteur : 0" 195. Ancienne collection SabourofT. 

' Furtwaengler, Hammlung Saburo/f, t. 1, pi. 38; Beschreibung der Skulpturen 
zu Berlin, n» l>4'.>. 



PLANCHES 132 ET 133 103 

nous occupe' et qui porte le cliilon dorien, à la mode du v" siècle-. 
Il y a une réplique de cette statue dans l'ancienne collection Ludo- 
visi^et l'on connaît au moins trois répliques isolées de la tôte, à 
Ny-Carlsberg, dans la collection Torlonia et au Musée britannique *. 
Le style est analogue à celui de la prétendue Déidamie du fronton 
occidental d'Olympie ; c'est donc, vraisemblablement, une œuvre 
péloponnésienne. Avant même de connaître la statue d'Héraclée, 
M. Arndt avait rapprocbé les tètes analogues de celles des figures 
de femmes, généralement appelées Aphrodite, qui servent de support 
aux miroirs de bronze découverts à Corinthe et qui sortent d'une 
fabrique corinthienne ou sicyonienne^. 



PLANCHES 132 ET ^33 
TÊTE EN MARBRE D'ATHÉNA 

{Musée de Constantinople.) 



La statue d'Athéna, plus petite que nature, à laquelle appartient 
cette tète *, a été découverte à Leptis en Tripolitainc. Elle représente 
un type dont on ne connaît pas d'autre exemplaire, mais dont l'ori- 
ginal paraît bien être péloponésien et remonter à la fin du v® siècle. 
Le front est tout à fait droit; les yeux sont bien ouverts, comme dans 
les tètes de Polyclètc (pi. 51); le menton fait une légère saillie. 
L'expression juvénile et virginale contraste avec l'apparence éner- 
gique et la maturité de l'Athéna Parthenos. Ce charmant morceau, 

' Nez moderne ; la tète est placée sur un buste moderne. 

* Mariani, Bullellino comunale, 1897, p. 169. pi. 12 et 13. 
' Brunn-Bruckmann, Denkmâler, n» 357. 

* Cf. .Vrndt, Glyplollièque de Ny-Carlsberg, texte des pi. 31. 32. 

* Photographie Giraudon, n» 1248; Clarac, Musée. 111;), 3521; Arndt, Ghjplo- 
fhèque de Ny-Carlsberg, p. 49. 

" S. Reinach, Répertoire de la statuaire, t. II, 274. 7. 



104 PLANClli: 134 

aussi cliarniant quénigmatiquc, mérite d'être signalé une fois de 
plus à l'attention des archéologues*. 



PLANCHE 134 



TETE EN MARBRE DE JEUNE FEMME VOILEE 

{Musée du Louvre.) 



Il est fâcheux qu'une restauration peu adroite du nez ait porté 
atteinte au charme de cette tète en marbre de Paros, rapportée 
d'Apollonie en Épire par M. Ileuzey. C'est une œuvre de style encore 
sévère, certainement antérieure à Praxitèle, et dérivant sans doute 
d'un modèle des premières années du iv" siècle. Le buste était des- 
tiné à l'insertion dans une figure drapée assise et l'ensemble devait 
présenter de l'analogie avec la Démétcr de Cnitle. M. Heuzcy, suivi 
f)ar M. Overbeck, y a reconnu, en effet, une Déméter, déesse àlaquelle 
son expression attristée pouvait tenir lieu de tout attribut-. Une 
figure deDémétcr, sculptée dans l'attitude qu'on peut présumer pour 
celle du Louvre, se voit sur un bas-relief découverte Eleusis, ex-voto 
de Lakrateidèsd'Icarie''. Toutefois, le type de Déméter assise, mélan- 
colique et voilée, a été prêté de bonne heure à de simples figures 
funéraires* et il est probable que la tête d'Apollonie a fait partie d'un 

* Kiirtwaengler. Orifjinals lai tien in Venedig, p. 7 (Abkandlungen der haijevischeii 
AkadPtnie, t. XXI, pclile simili jçravurc de la statue entière) ; Bulle, iJer schone 
Mensch, p. 43 i\^. 13 (ensemble) et pi. 109 (la tête); Joubin, Catalogue dit Musée 
impéfial olloinan, w 20. 

* Clément d'Alexandrie (Protrepl., p. 50, P) dit qu'on reconnaissait Déméter 
àrJj T?,; Tjjjioopâ;, e'esl-à-dire à la nuir(|uc de ses malheurs. 

"■ Mken'tsche Mill/teilungen, t. XVI, p. 4: Hlocli. art. hofu dans le Le.vi/,on de 
Roscher. p. i.362; Ileberdey. Feslschrlft fUr Benndorf, \). 161, pi. 4: Ruliland, Pie 
Ehusinlschen (liillinnen, j). 61. 

* l'iir c.xeniplf, Conze, Allincfie Reliefs, t. I, pi. 114. 



PLANCHES 135 ET i:J() lOo 

monument de ce genre, comme celle de l'ancienne collection 
Sabourolï à Berlin (pi. 126-128). 

On observe, sur la gauche delatôte, une section plane, à laquelle 
s'adaptait la partie manquante de la chevelure ; des raccords de ce 
genre ont été fréquemment constatés sur les marbres grecs de la plus 
belle époque*. Les cheveux sont ondulés symétriquement, comme 
ceux des Danseuses de Delphes-, les sourcils très rapprochés des 
paupières, qui sont un peu gonflées, les joues légèrement creu- 
sées comme par la souffrance, la bouche peu ondulée et sévère. 
Le cou présente des plis accusés où l'on a coutume de reconnaître 
l'influence de Praxitèle, mais que cet artiste; n'a sans doute pas été le 
premier à indiquer ainsi '. 



PLANCHES 135 Eï 136 
TÈTE EN MARBRE DE DÉESSE 

{Musée d'Arles.) 



L'original dont ce beau marbre^ est une copie devait être en bronze ; 
on sent l'influence du métal dans le travail des cheveux et dans la 
silhouette très nettement découpée de la lèvre inférieure. Le buste était 
certainement destiné à l'insertion dans une statue drapée. Le nom 
d'Aphrodite, qu'on lui donne généralement, est contestable ; celui 
d'Artémis conviendrait mieux à la sévérité virginale de l'expression. 

Le nez est brisé d'une manière si malheureuse que les moulages 
de la tète d'Arles et les reproductions directes qu'on en a faites^ 

« Héron de Villefosse, Monuments Piol, 1. 1, p. 72. 

* Radet, Histoire de l'École française d'Athènes, fig. à la p. 393. 

^ Photographie Giraudon, nollOS; Heuzey, Mission de Macédoine, p. 395. pi. 32; 
Monuments grecs, 1873-74, p. 5 et pi. I ; Overbeck, Démêler, p. 689; Bloch, art. 
Kora dans le Lexikon de Roscher, p. 13G2. 

' Découvert en 1823 au théâtre d'Arles; plus grand que nature. 

' Par exemple Gazette des Beaux-Arts, 1893, I. p. 337. 



106 PLANCHE 137 

présentent un aspect très déplaisant. Le moulage du musée de 
Saint-Germain a été complété avec grand soin par le sculpteur 
Lanson ; nos dessins ont été exécutés d'après des photographies de 
ce moulage. 

MM. BernouUi, Wolters, Klein et d'autres savants ont attribué 
l'original de cette tête à Praxitèle et l'ont rapprochée de l'Aphrodite 
de Cnide et de la Niobé. Tel n'est pas notre sentiment. L'auteur était 
plus âgé que Praxitèle ou s'inspirait d'une tradition plus archaïque. 
Les yeux sont très peu ouverts, mais encadrés de paupières sail- 
lantes et anguleuses qui sont plus voisines de l'Athéna de Vellctri 
que de la Cnidienne. La bouche, dont la ligne médiane est peu 
ondulée, offre également les caractères de l'art du v<= siècle. On no 
connaît pas de répliques de cette tête ; celles qu'on en a rapprochées 
ne présentent avec elle que des analogies générales*. 

Au milieu du bandeau, on distingue un trou destiné à l'insertion 
d'un ornement en métal, qui était peut-être un diadème, à moins 
qu'il n'ait servi à fixer le ménisque^, tige métallique destinée à 
écarter les oiseaux'. 



PLANCHE 137 
TÈTE DE DÉESSE 

{Masée de Boston.) 



De la collection de Broadlands, où elle fut autrefois décrite par 
M. Michaelis, celte tête* a passé au musée de Boston; la photogra- 
phie que j'en ai reçue, identique à celle qu'a reproduite M. Klein, 

* Tête du Louvre, sur une statue dite Anchyrrhoé (Clarac, 324, 1834); lôlo tle 
Hotiton (Klein, l'raxileles, fig. GO, 67); voir la notice suivante. 

* Cf. le texte de la pi. 3. 

' \\cT\wu\\\, Aphrodite, rronlispice (lithographie) et p. 213; Friederîchs-Wolters, 
tiij)sahgUii.se, n» 4o7; Klein, l'raxileles, p. 344, (ig. (14. 

* .1 beauti/'ul f/reek head of coarae-yrained inarble, probably Partait, tlie surface 
iHucli corroded (Michaelis). Le visage a 0'",21 de haut. 



PLANCHE 138 107 

ne justifie pas, à mon avis, l'opinion de ce dernier, qui y reconnaît 
une réplique meilleure de la tête d'Arles. II y a des différences essen- 
tielles entre ces deux têtes dans la forme des paupières et dans le 
dessin de la bouche, différences qui ne s'expliquent pas suffisam- 
ment par le fait que les photographies ont été prises sous des angles 
différents. Toutefois, il existe, entre la tête d'Arles et celle de Boston, 
une analogie générale assez marquée, en particulier dans la forme 
du visage et dans la chevelure, pour qu'on doive admettre qu'elles 
ont subi l'influence d'un modèle commun. N'ayant pas vu la tête de 
Boston et n'en connaissant même pas de moulage, je m'abstiens 
d'être affirmatif à ce sujets 



PLANCHE 138 



TÈTE EN MARBRE DE JEUNE FILLE 

{Musée du Louvre.) 



Le sculpteur Steinhaeuser, vers 1860, avait remarqué ce buste à 
Rome et l'avait fait mouler; en 1883, il a passé de l'atelier romain du 
sculpteur Jcrichau au musée du Louvre^. 

C'est une œuvre exquise, d'une expression toute virginale, qui 
paraît avoir été insérée dans la partie supérieure d'une figure drapée, 
ce qui suggère l'idée d'une image funéraire ou votive. L'original, 
peut-être en bronze, ne devait guère être postérieur à 400, vu la 
régularité des cheveux, la grosseur des paupières et la faible 
ondulation de la ligue médiane de la bouche. C'est peut-être le 
plus ancien exemple connu de l'emploi de deux petites boucles déta- 
chées sur le front pour atténuer le passage de la chevelure au visage ; 

■* Klein, Praxiteles, fig. CG (l'ace), fig. 67 (profil) : Michaelis, Ancient niarbles in 
Great Brilain, Broadlands, n» 6; Farnell, Culls of the fjreek stales, t. II, p. 718. 

* Hauteur : On», 23. Restaurations : le bas du nez, le milieu de la lèvre supérieure, 
une partie de la paupière et du sourcil droit; raccords à la joue et à l'oreille 
droite. 



108 PLANCHE 13!) 

M. Collignon, en publiant cette tête, a disserte fort agréablement 
sur ce détail. 

On n'en connaît pas de répliques* . 



PLANCHE 139 



TÈTE EN BRONZE DE DÉESSE 

[Muiiée britannique.) 



Newton, dans une lettre au Times du 10 avril 1873, vantait le 
« charme transcendant » âe cette tête, qui appartenait alors à 
Alessandro Gastellani et dont il recommandait l'acquisition. A ses 
yeu.x, c'était un spécimen unique de l'art des bronziers grecs à 
l'époque de Phidias-. Les éloges de l'ancien conservateur du Musée 
britannique peuvent paraître aujourd'hui exagérés ; mais il semble 
que l'attribution au v'' siècle, sinon du bronze lui-même, du moins 
du type qu'il reproduit, est plus vraisemblable que l'opinion plus 
récente, qui voit là une copie libre de l'Aphrodite cnidienne de 
Praxitèle. En vérité, il n'y a rien de praxitélien dans cette tète aux 
contours un peu âpres, à l'ossature puissante ; c'est une œuvre du 
<lébut du IV® siècle, encore inspirée des grands maîtres du v*. 

Le lieu de la découverte est Sadagh près dErzindjàn en Arménie 
(Erizaj, siège d'un ancien culte d'Anaïtis, que les anciens identi- 
fiaient avec Artémis ou Aphrodite. En même temps que la tète, on 
aurait découvert une main gauche écrasée tenant un pli de draperie. 
Ces indices ne suffisent pas à justifier l'hypothèse de Rayet, suivant 
laquelle la tète de Sadagh serait le reste d'une réplique en bronze de 
l'Aphrodite de Gnide. La comparaison avec les bonnes copies de la 
(Cnidienne n'autorise nullement à rapprocher d'elle ce morceau d'un 
caractère bien différent. 

' ColliKtion, Moninnenls Viol. I. II, |). Vol, \}\. 18, l!) (d'après deux photogra- 
pliifs autres que celle dont notre dessinateur s'est servi). 
• Newton, Essaya, p. 401, 402. 



PLANCHES 140 ET 141 109 

La chevelure ondulée, rejetée des deux côtés du front, est serrée 
par un bandeau qui a souffert, mais où l'on distingue les traces 
d'ornements (sans doute en or) qui y étaient insérés. De part et d'autre 
de la raie descendent deux petites boucles, pareilles à celles que 
l'on observe dans la tète reproduite sur la planche précédente. Les 
yeux, très ouverts, étaient remplis d'une substance vitreuse ou 
émaillée. Le nez est fort, la bouche entr'ouverte, mais sévère, avec 
coins tombants, le menton énergique. Le modelé des joues est 
vigoureux et atteste l'originalité du travail, qui ne saurait être une 
copie. La statue devait être une œuvre grecque de haute valeur, 
vouée par quelque roi dePerse,pcndantla première moitié du iv" siècle, 
dans le sanctuaire d'Anaïtis à Eriza*. 



PLANCHES 4 40 ET 141 
TÊTE DITE D'APHRODITE 

(Musée du Louvre.) 



Je considère la statue colossale dite Vénus de Milo comme repré- 
sentant une Amphitrite, analogue à celle que l'historien Philochore, 
vers 300 av. J.-C, signalait dans l'île de Ténos et qu'il attribuait à 
Télésias, sculpteur d'ailleurs inconnu-. Il me semble d'ailleurs évi- 
dent que l'Aphrodite de Melos a été sculptée avant le milieu du 
IV'' siècle et qu'elle marque comme la transition entre l'art des élèves 
de Phidias et celui de Praxitèle; telle était, d'ailleurs, l'opinion géné- 
ralement admise, depuis l'époque de la découverte jusqu'aux envi- 

* Culalof/iie of the bronzes in Ihe Brilisli Muséum, ii" 200: Newton, Caslellani 
Colleclio7i, pi. I, et Essays, p. 400;. Murray. llislory of greek sculpture, t. Il, 
p. 274, pi. 24; Rayet, Monuments de l'art antique, t. Il, pi. 44; CoUignon. His- 
toire de la sculpture grecque, t. H, p. 477; Brunn-Brukmann, Denlcmûler, n»» 55 
et. 56. 

* Philochore ap. Clément d'Alexandrie, Prolrept,, IV, p. 41 (Overbeck, Schri/'t- 
quellen, n» 1371), Cf. Chronique des ar/s, 9 juillet 1898. p. 226. 



110 PLANCHES 142 ET 143 

rons de 1880 ^ Celle de M. Furtwaengler, qui y voit une œuvre pseudo- 
classique voisine de l'an 50 av. J.-C, m'a toujours semblé une héré- 
sie de cet illustre archéologue; je ne puis comprendre qu'elle ait 
trouvé et qu'elle garde encore des partisans. 

Le bout du nez est restauré en plâtre, mais la restauration est cer- 
taine. Sauf quelques éraflures, la conservation de la tête est excel- 
lente ; la partie inférieure des lobes des oreilles, qui étaient peut- 
être percés pour recevoir des pendants, a été arrachée au moyen âge 
et n'a pas été rétablie; un ornement en métal, ou plutôt un ménis- 
que (cf. pi. 3), était fixé au milieu du bandeau. 

H y a une légère dissymétrie entre les yeux et les coins de la 
bouche, caractère fréquent dans l'art antique comme dans la nature, 
mais qu'il ny a pas lieu d'attribuer, comme on le fait parfois, à 
l'influence exercée sur le sculpteur par son modèle. 

La tète de la Héra du Capitole, la tète Caetani et celle de l'Artémis 
de Mételin ressemblent à celle de l'Aphrodite de Melos ; mais il n'existe 
aucune réplique proprement dite de cette statue, preuve qu'elle n'est 
pas elle-même la copie d'un original célèbre, mais un original qui, 
étant resté à Melos, n'a pas été copié à l'époque romaine-. 



PLANCHES 142 Kï 143 
TÈTE EN MARBRE DE HÉRA(?) 

[Mutiée du Capitule.) 



La statue que surmonte cette tête est connue à Rome depuis le 
milieu du xvi** siècle; elle appartenait alors à la collection Cesi"'. On 

* Voir, par exemple, Froehner, Notice, n» 13(1, p. I(i8. 

* Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. Il, p. 4G8, pi. Il (la meiiieuir 
reproduction de la statue eiiliî'rc): Gardner, Ilandbook, p. 482; Kiirlwaengk'r. 
Maslerpieces, p. 367; S. Reinach, Revue archéulor/i(/ue, 1902, II, p. 207 (avec ren- 
voisaux travaux récents sur les circonstances de la découverte, etc.) ; Chronique 
des Arts, 1903, I, p. 83. 

' S. Reinach, L'Album de Pierre Jacques, pi. 14. La statue entière, Ciarac, 
Jfu«é«, 417, 727. Le bout du nez et quelques morceaux des lèvres sont modernes> 



PLANGiii: 144 m 

la désigne généralement sous le nom de liera, bien qu'aucun 
attribut ne vienne confirmercette désignation; mais celles de Persé- 
phone oudeKora, qu'on a proposées, ne sont pas moins hypothétiques 
et ont l'inconvénient d'être nouvelles. 

Le type est assez voisin de celui de l'Aphrodite de Mélos (pi. 140 
et 141). Le travail des cheveux n'est pas moins libre que dans la 
statue du Louvre et le modelé de la bouche est presque identique; 
toutefois, la tète du Capitole est un peu plus carrée du bas et les yeux 
sont peut-être plus allongés. Je n'hésite pas à croire que l'original 
appartient, comme celui de l'Aphrodite, aux environs de lan 400 
av. J.-C. et qu'il est le produit d'une école encore dominée par le 
génie de Phidias. M. Furtwaengler et M. Helbig attribuent l'original à 
Scopas, ce que je crois absolument inadmissible, et pensent que la 
copie du Capitole a été exécutée à Pergame, ce qui est, en effet, 
assez vraisemblable. 

AlM.Arndtet Amelung rapprochent avec raison de cette tète celle 
de l'Artémis deMételin(pl. 163); maisilsme semblentégalementdans 
l'erreur lorsqu'ils attribuent ces œuvres à la seconde partie du 
iv^ siècle et non à la première^. 



PLANCHE 144 



TÈTE EN MARBRE D'ARÏÉMIS (SÉLÉNÉ) 

{Musée du Vatican.) 



Deux petits trous dans le bandeau ont servi à l'insertion d'un 
croissant lunaire en métal. Il est presque certain que la statue 
entière, bien conservée, représente Séléné en marbre qui, ayant 
aperçu Endymion, s'arrête tout à coup et le regarde avec intérêt^. 

* llelbig, Fulirer*, t. I, p. 3G6, ii" 547 ; Brunn-Bruckmann, Denkmdler, n» 3b9: 
Arndt et Ameluiig, Einzelau/'nahmen, ii"* 470 et 471 (la tête seule) ; Kurtwaen- 
gler, Masterpieces, p. 392, flg. 173. 

* La statue entière, Clarac, Musée., 577, 1244. Le liez est moderne. 



112 PLANCllL 145 

L(i sujet ainsi traité appartient à l'art hellénistique et la statue du 
Vatican n'est guère qu'une copie romaine d'une œuvre postérieure 
elle-même à Alexandre. Si la tôte de la déesse figure ici, c'est à 
cause de l'analogie quelle présente, surtout dans le traitement des 
cheveux, avec celle dont il vient d'être question. On sait que la sculp- 
ture hellénistique a souvent cherché des inspirations, sinon des 
modèles, dans l'art du v*" et du iv" siècle ; c'est même de cette con- 
sidération que s'est autorisé M. Furtwaengler pour faire descendre 
jusqu'à l'époque gréco-romaine l'Aphrodite de Melos, dont il recon- 
naît cependant la parenté avec les œuvres de Phidias. Dans le cas 
de l'Artémis du Vatican, l'attribution d'une date aussi basse n'est 
pas invraisemblable. La petite boucle de cheveux au-dessus de 
l'oreille est un détail qui ne se trouve guère avant la seconde 
moitié du iv*^ siècle; il paraît ici comme un ornement superflu cl 
manquait probablement à la tète grecque que le sculpteur hellé- 
nistique a imitée. 



PLANCHE 145 



TÊTE VIRILE EN MAUBRK 

{Musée (le lierlin.) 



Ce fragment d'un haut relief, sculpté vers le milieu du iv** siècle, 
a été découvert à Sunium-. Comme la Déméter de la planche 12G, 
c'est un intéressant exemple de la survivance du grand style du 
V* siècle c'i une époque oîi d'autres tendances avaient déjà prévalu 
dans l'art. L'expression calme et sereine de la physionomie est plus 
voisine des modèles de Phidias que des tètes barbues sculptées sous 
l'influence de Praxitèle, comme le Sardanapale du Vatican (pi. 197), 

' HclhiK. Fnlirer*, t. I, n» 25, (|iii cilc la bibliographie antéricuro, IW's |)aijvrc; 
Kobert, Sarkop/iuffi-eliefs, t. III, p. 53. 
* Hauteur : 0",17. Ancienne collection SabourofT à Athtnes, 



PLANCHE liG H3 

le Zcus d'OtricoIi(pl. 194),rAsklépiosdcMelos(pI. 105), où lamajcsté 
s'empreint d'une nuance de tristesse. Le dessin fortement accusé 
de la bouche et de la lèvre est aussi un souvenir de l'ancien style. 
La tète provient vraisemblablement d'un bas-relief funéraire de 
grande dimension'. 



PLANCHE 146 



TETE EN MARBRE DE DIONYSOS 

[Glyptothèquc de Nij-Carlsberg.) 



Le comte ïyskiewicz, qui possédait cette tète colossale, ma fait 
présent de la photographie que reproduit notre planche. C'est une 
sculpture décorative, adroitement et rapidement exécutée, d'après 
un beau modèle de la tin du v'' ou du commencement du iv'' siècle. 
La tète, enguirlandée de raisins, est ceinte d'un bandeau, au- 
dessus duquel on aperçoit le sommet du triangle frontal. La forme 
triangulaire donnée au front ne se constate pas, dans lart grec, 
avant les dernières années du v^ siècle et n'y devient ordinaire qu'à 
l'époque de Praxitèle-. L'expression a quelque chose de lourd et de 
rude, avec un regard fixe rappelant celui du taureau ; mais M. Arndt 
exagère sans doute en y discernant une « expression excessive- 
ment bestiale », une « fougue sauvage et effrénée », « une brutalité 
impétueuse ». Ce sont là de bien gros mots pour une sculpture où 
tout est indiqué avec discrétion ^ 

' Furtwaengler, Sammluiif/ Sahuvo/f, t. I, pi. 2i: [ConzeJ, Besclweibung der 
SkulpLiiren zu Berliti, n° 7o3. 

* Arndt, Glyplothèque de Ny-Cavlsberg, p. 113. 

' Arndt. Glyplothèque de Ny-Carlsberg, pi. 71. 



114 



PLANCHE 147 



PLANCHE 147 
TÊTE EN MAHBRK DE Gl EHHIER 

{Muxéc National (VAthènes.) 



Des fouilles cxéculées en 1879 au temple d'Athéua Aléa à Tégée, 
reconstruit après l'incendie qui le consuma en 395, ont fait retrouver 




Fig. 13. — T1%TE DE DÉESSE (?) 

(lécouverlc sur l'Acropole <rAtliôiics '. 

(pirhjues fragments des sculptures des frontons qu'il cstpermis d'at- 
fribucr à Scopas-. De ce nombre est la tète que nous reproduisons, 

' Bniiiii-UriK-kmaiiii, Dcnloni'der, ii" 174 a ; Jiilius. Atlien. Mitlheiluntjen, 1876, 
I, |»1. 13. p. loy ; GardiKT. llundbook, p. 418, fig. lOI. 

* Krozer, PuuaaniaH, t. IV, p. 42u fl siiiv. l'ausuiiiu» no dit pas (|ucles frontons 



IT.ANGIIE 147 415 

d'après la restauration on plâtre qui en a été faite au musée de 
Dresde. Quelque mutilé que soit l'original, la restauration est 
certaine ; l'impression de froideur académique qui s'en dégage 
tient à la qualité du travail moderne, mais les copies romaines qui 
nous sont parvenues de chefs-d'œuvre grecs n'offrent pas plus de 
garanties de fidélité. Cette tète est donc pour nous le point de départ 
obligé de toute étude sur l'art de Scopas. 

Le caractère qui irappe tout d'abord est la carrure, le développe- 
ment du menton et du ma.xillaire inférieur. En second lieu, le sinua 
frontal est très accusé, contrairement à ce qu'on observe dans les 
tètes de l'école de Phidias. L'œil, à demi noyé sous l'ombre de l'ar- 
cade sourcilièrc, est très enfoncé dans son orbite, ce qui donne à la 
physionomie une expression pathétique et presque douloureuse. La 
distance entre le nez et la bouche est petite. Ces caractères se 
retrouvent dans les tètes d'Héraclès et de Méléagreque l'on attribue à 
Scopas ou à son école ; on les constate aussi dans certains portraits 
d'Alexandre le Grand, qui dérivent en partie d'œuvres deLeocharès, 
élève et collaborateur de Scopas. La source de cette sculpture expres- 
sive et passionnée doit être cherchée dans l'école attique de Myron ; 
toutefois, l'influence de l'école argienne (Polyclète) est aussi sensible 
dans la carrure du visage et dans la petitesse relative de la distance 
entre le nez et la lèvre. Là où ces caractères ne se trouvent pas 
réunis, mais où les yeux seuls sont scopasiens, comme dans la belle 
tète découverte sur la pente sud de l'Acropole d'Athènes (fig. 13), 
on peut reconnaître l'inspiration de Scopas, mais non sa main^. 

lussent l'œuvre de Scopas, mais il dit que Scopas fui l'architecte du temple et il 
décrit ensuite les frontons sans les attriiiuer à un autre artiste. Le cas est ana- 
logue à celui des frontons du Parthénon, que l'on considère, sans plus ni moins 
de raison, comme l'œuvre de Phidias. Cf. Gardner, llandhook. p. 350. 

' Treu, AllienisclieMillheilunQen, t. VI (1881), p. 393, pi. 14-15; Anlike Denlunàler. 
t. I. pi. 35, p. 21, 22; Brunn-Bruckmann, Denkmûler, pi. 44 ; S. Reinach, Revue 
archéoL, 1900, H, pi. 17 (la même tête de face), p. 391; Gazelle des Beuux-Arh. 
1890, If. p. 340; Baumeister. Denkmûler, t. III, p. 1()G7, fig. 1732; Gollignon, His- 
toire de la sculpture grecque, t. II, p. 237, fig. 118 : B. Graef, Rômisc/ie Mitlliei- 
luuf/en, t. IV (1889), p. 189; Gardner. Handbook, p. 380 ; Perrot, Monuments Viol. 
t. I, p. 19 et suiv. 



lie 



PLANCHES 148 ET 149 



PLANCHES 148 ET J49 
TÊTE EN MARBRE D'HÉR AKLÈS 

{Musée (lu Louvre.) 



Jo ne sache pas que les archéologues contemporains se soient 
occupés de ce beau buste, en marbre grec et de grandeur naturelle» 




Fig. 14. — TIvTE EN MARBRE D'IIKRAKLÈS JEUNE 

flrcouvcrlc il A<>(|iiuiii. 

qui se rattache à un groupe de têtes viriles attribuées à l'école de 
Scopas dont nous devons surtout la connaissance h M. Botho Graef 
(cf. pi. 152). Il provient du chùtcau de Richelieu, où nombre dcsculp- 



PLANCHES 150 ET 151 117 

turcs venues d'Italie avaient trouvé asile * ; malheureusement, il a 
<^'té assez fortement restauré ^. 

Une tête analogue d'Héraklès jeune a été découverte à Acquum 
en Dalmatie (Sindj) ; on y remarque, comme dans celle du Louvre, 
la saillie frontale accusée, l'œil enfoncé dans son orbite et la forme 
presque exactement sphérique du crâne (fîg. 14) '•'. Les cheveux, 
coupés court, sont traités avec liberté et se relèvent en demi-cercle 
sur le front. L'art grec de cette époque commence à comprendre le 
parti qu'il peut tirer du contraste entre la chevelure rugueuse, avec 
ses saillies où la lumière s'accroche, et le poli des chairs où elle 
s'épand'*. 



PLANCHES 150 ET 151 
ÏÊTE EN MARBRE D'ATHLÈTE 

{Ghjptothèque de Ny-Carlsberg.) 



Voici encore un beau marbre provenant d'Athènes, qui a passé de 
la collection du comte Tyskiewicz dans la glyptothèque fondée par 
M. Jacobsen. Cette tête, un peu plus petite que nature^, représente 
un athlète vainqueur, comme le prouvent les oreilles (en particulier 

' Cf. Boislisle et Michon, Mémoires de la société des antiquaires . t. XLII. j). 71 
et Bulletin, t. LV, p. 169. 

- J.-B. de Saint-Victor, ap Bouillon, Musée des antiques, t. II, pi. 133 : « Le nez 
et les oreilles ont été restaurés avec maladresse, moins mal cependant que la 
bouche, dont la restauration est si mauvaise qu'elle détruit l'ensemble. » Gela 
est fort exagéré. 

^ Schneider, Archaeol. epigr. Mittheilungen, 1885, p. 57, pi. I; S. Reinach, Gazette 
des Beaux-Arts, 1886, I, p. 413, 429. 

* Ilomolle, Bulletin de correspondance hellénique, 1899, p. 458 (voir ibid., p. 462, 
des observations analogues sur l'effet du travail des draperies avec la râpe.). 
— Photographie Giraudon, n» 1240; Bouillon, Musée, t. II. pi. 153; Clarac, Musée, 
1085, 2810 a. 

* Hauteur : 0°-,24. ' 



118 PLANCHES i'6-1 ET 153 

lorcille droite), fortement tuméfiées par les coups de poing (cf. pi. 1). 
Les globes des yeux sont sculptés dans une pierre noire, sorte de dio- 
rite, et encastrés dans le marbre ; il sont, à leur tour, évidés au 
milieu pour recevoir une pupille qui était probablement une pâte 
vitreuse ou une pierre de couleur. La comparaison avec les tètes 
reproduites sur les planches précédentes prouve que celle-ci appar- 
tient également à l'école de Scopas : même saillie frontale, même 
<pil encaissé et baigné d'ombre \ même intervalle réduit entre le nez 
et la bouche. La ressemblance est surtout frappante entre le profil et 
celui du guerrier du fronton de Tégée (pi. 1 47). On remarque aussi le 
caractère de la chevelure , coupée court et relevée en demi-cercle 
sur le front, comme dans l'IIéraklès juvénile du Louvre (pi. 148.) - 
La tête de la glyptothèque de Ny-Carlsberg est d'autant plus précieuse 
(juc nous devons y voir non une copie romaine, mais un original 
atlique du iv*^ siècle '. 



PLANCHES 152 ET 153 
TKTE EN MARBRE DE MÉLÉAGRK 

[Villa Médicis à Rome.) 



Un Méléagre de l'école de Scopas, que les textes antiques ne men- 
tionnent pas, nous est connu par une vingtaine de répliques *, dont 
deux, celles de llolkham Ilall et du Vatican, sont pourvues de têtes 
antiques. Le meilleur exemplaire de cette tête surmonte, à la 
villa Médicis, un torse d'Apollon de l'école de Praxitèle. Elle est 
sculptée en marbre de Paros et d'un si beau travail qu'on incline à 

' liomolle. Bulletin de correspondance hellénique, ISD'J, p. 455. 

' Le m<^me caractère se trouve dan.s la tôtc d'IU'-rakK's barbu du Must'»- bri- 
tjinuiqiic (pi. 6;i), dont on a lieu d'attribuer roriginal à Myron. 

" Ja<-obsen, Def ijainle (ihjptothek pnu S'i/'Carls/jery (catalogue sommaire), 
n» 58: .Vrndt. lilijplolhèque de \i/-Carl.sher(j. |)l. 92 (à paraître). 

• (Jra'f, Hômisclie Millheiluntfen. I. IV, p. il9; llelbig, Fahrer\ 1. I. n» 1025. 



PLAiNGllE 154 119 

y voir non pas une copie, mais l'original grec lui-même. La rondeur 
(lu crâne, la protubérance de la saillie frontale, l'enfoncement des 
yeux, la carrure du menton et des maxillaires inférieurs, enfin et 
surtout l'expression intense et pathétique, tout contribue à lui 
assurer une place d'honneur parmi les restes de l'école de Scopas. 
Le travail des cheveux est moins pittoresque que dans l'Hermès de 
Praxitèle et révèle encore l'influence de l'art du v® siècle. Les ana- 
logiesavec les tètes des frontons deTégée sont incontestables, en par- 
ticulier dans les yeux et dans le bas du visage ; toutefois, il y a aussi 
des différences que M. B.Graef a mises en lumière et qui nous inclinent 
à attribuer le Méléagre non pas à Scopas lui-même, mais à l'un de 
ses élèves ou collaborateurs, comme Bryaxis ^ 



PLANCHE 154 



TETE EN MARBRE DE MELEAGRE 

[Musée du Vatican.) 



Notre dessin laisse entrevoir le travail froid et superficiel de ce 
marbre*, œuvre d'un praticien qui copiait un beau modèle sans 
en apprécier ni en savoir rendre la qualité. La comparaison avec la 
tête de la Villa Médicis (pi. 152, 153), qui est, sinon l'original, du 
moins une excellente réplique due à un ciseau grec, n'est pas moins 
instructive que celle de l'Hermès du Belvédère (pi. 169) avec l'Hermès 
de Praxitèle à Olympie (pi. 168). Toutefois, l'expression passionnée, 
chère à Scopas et à son école, se retrouve encore dans cette copie 
affaiblie, avec les autres caractères scopasiens tels que la dispo- 
sition demi-circulaire et l'irrégularité delà chevelure, l'exiguïté des 
paupières, le développement du maxillaire inférieur. L'original 

* Antike Deiikmaler, t. I. pi. 40; Graef, Rômische Mitlheilungen, t. IV (1889), 
p. 218 et suiv.; Furlwaengler, Maslerpieces, p. 304, pi. 13 (l'ensemble de la 
statue Médicis) ; Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. II, p. 230, fig. 127 ; 
Bulle, Der schône Mensch, pi. 149. 

- Le bout du nez est moderne. 



4âO IM.ANCIIK 15.i 

devait être en bronze, comme suffit à le iairc présumer le noml)rc 
considérable des répliques. 

La statue du Vatican, qui est très bien conservée, représente le 
chasseur Méléaa^re debout à côté de son chien ; elle a été découverte 
au xvi* siècle sur le Janicule à Rome^ 



PLANCHE 155 



TETE EN MARBRE D'HÉRAKLÈS 

{Munée britannique.) 



Il existe plusieurs répliques de ce beau buste en marbre dcParos, 
découvert en 1777 à Genzano et d'une conservation presque parfaite. 
Visconti a reconnu que le personnage représenté était Héraklès jeune, 
portant une couronne de feuilles de peuplier blanc liées par une ban- 
delette ; ^L Wolters a cru pouvoir attribuer l'original à Praxitèle, en 
insistant sur l'analogie de la tète avec celle de l'Hermès d'OIympie ; 
enfin, ^L Botho Graef a convaincu la plupart des archéologues en le 
revendiquant pour Scopas, dont un Héraklès jeune, au gymnase de 
Sicyone, est figuré sur des monnaies impériales ^ M. Graef a très 
finement démêlé les caractères qui distinguent ce type juvénile de 
celui de Praxitèle et le rapprochent, en revanche, des tètes des fron- 
tons de Tégée, attribuées, comme nous l'avons vu plus haut (pi. 147), 
à Scopas. Les formes de Scopas sont plus pleines, plus carrées, 
l'expression est plus passionnée et moins rêveuse, la cavité oculaire 
est plus prononcée, la bouche plus ouverte. On sent encore, dans 
les iéles de Scopas, les influences du v' siècle et l'on pressent des 
œuvres romantiijues comme le Dionysos de Leyde et l'Apollon 

• IMiotoKraphîe Alinari. n» 34ii a; IlclhiK, Filltrcr*, t. I, n» 137; Antuili ilelV 
Jnslitiilo, 1843, p. 2;i8,pl. Il; \ir\n\u-linu-kiuimn, JJenkinâler, n«38(i: Klein, I'ra.ii- 
felen. p. 3'.)4; (Jraef, HOmische MUlheilunijen, I. IV, j). 218. — La tùle scuk', 
Antike Itenkmaler, l. l, pi. 40, 1. 

' Journal of /telle nie atudien, t. VI, pi. }»3, 11. 



PLANCHES 1^6 ET 157 121 

du Belvédère. Praxitèle se rattache aussi aux maîtres du v^ siècle, 
notamment à Myron ; mais son génie, enclin aux expressions atté- 
nuées, tend plutôt à rendre la quiétude rêveuse que la passion*. 



PLANCHES 156 ET 157 
ÏÈTE EN MARBRE D'ATHLÈÏE 

{Glyptothèque de Ny-Carlsberg.) 



Comme celle des planches 150 et 151, cette tête d'athlète, recon- 
naissable aux oreilles tuméfiées (cf. pi. 1), provient d'Athènes et a 
passé par la collection du comte Tyskiewicz-. Il y a des traces de 
couleur rouge sur les cheveux et d'autres traces de peinture dans les 
yeux. L'expression est un singulier mélange de brutalité et d'humeur 
maussade, dont on citerait difficilement un second exemple dans la 
sculpture grecque. Les caractères exagèrent ceux du style de Scopas : 
bosse frontale accusée"^, cavité oculaire prononcée, bouche très 
rapprochée du nez, grosseur du maxillaire inférieur. La bouche 
présente une ligne médiane fortement ondulée entre deux lèvres 
épaisses ; le menton est carré, avec une fossette dans le bas ; les 
cheveux sont courts et décrivent un arc de cercle sur le front. Evi- 
demment, l'auteur de celte tête un peu étrange appartient à l'école de 
Scopas, mais il a son individualité propre et même son parti pris '*. 

* Wolters, Jahrbuch des Instituts, t. I (188G), p. 55 et pi. 5; Graef. Rbmische 
Mittlieilungen, t. IV (1889), p. 189, pi. 8 (réplique du Capitole), pi. 9 (réplique du 
Quirinal) ; Gollignon, Histoire de la sculpture grecque, t. II, p.240,fig. 120 (de face). 

* Hauteur : 0",26. 

•' Comparez, pour la forme de cette protubérance, une tête (portrait?) conservée 
au Musée national d'Athènes, up. Arndt et Bruckmann, Portraits, n» 400. 

* Jacobsen, Det Garnie glyptothek paa Ny-Carlsberg (catalogue sommaire), 
n» 57; Arndt, Glyptothèque de Ny-Cai'lsberg, pi. 93 (à paraître). 



FLANCHE 159 



PLANCHE lo8 



TÊTE EN MARBRE D'APOLLON 

{Musée (le Vienne.) 



C'est une réplique, d'ailleurs assez faible S de l'Apollon de ïaor- 
mina en Sicile, marbre bien connu, mais dont il n'existe pas, que je 
sache, de photographie satisfaisante. La forme et l'enfoncement 
(les yeux rappellent la Psyché de Capoue au musée de Xaples 
(pi. âOO). Comme la tête de l'Apollon de Taormina, celle-ci était 
destinée à être insérée dans une statue drapée. Le type, qui n'est 
peut être pas antérieur au m® siècle av. J.-C, trahit l'influence de 
Scopas par le mo<lelé de la cavité oculaire, le dessin du front, du 
nez, de la lèvre supérieure, etc., mais aussi celui du Praxitèle par 
le gonflement très prononcé de la ligne du cou, qui est un caractère 
féminin (cf. pi. 173j -. 



PLANCHE 159 



TETE EN MARBRE D'APOLLON 

{Munce (lu Louvre.) 



11 y a, dans celte tête colossale, malheureusement très restaurée ', 
une certaine froideur académi(iuc, jointe à des caractères incontes- 

' Hauteur : 0",l'Jo. Le bout du nez est restauré. 

• Schneider. Album der Anlikenmmmluny, pi. VIH, 2. Pour l'xVpollon de Taor- 
mina. voir Kckulé, Archûol. Zeitung, 1878, p. 7 cl pi. I; Overbecit, Kunstmytko- 
loi/ie, Apollon, p. 131, pi. XX, 4 et 5. 

' Sctnt modernes une partie de la ciievelure, le sourcil et la paupière supérieure 
gauche, le bas du nez, la lèvre inférieure, la moitié de la lèvre supérieure, la 
pommette et le bas de la joue gauche, le menton, le cou et le corps. 



PLANCHE 160 123 

tables d'archaïsme, qui rappellent les copies romaines de certaines 
œuvres de l'école de Phidias, comme la Tyché du Cabinet des 
Médailles (pi. 111). Les cheveux sont ondulés, avec des inflexions 
terminales en S dont les têtes attiques du v" siècle offrent des exemples 
(pi. 77) ; ils sont disposés en étages, séparés par les circonvolutions 
d'un bandeau. Les yeuxsonttrès ouverts (caractère polyclétéen), les 
«glandes lacrymales accusées, la bouche un peu sèche ; la silhouette 
du visage est plutôt ronde qu'ovale, indice de l'influence d'un modèle 
voisin de 450 av. J.-C. M. Froehner, décrivant jadis cette sculpture, 
avait pensé à l'Apollon de Kanakhos, erreur très excusable en 1868 et 
qu'on peut rappeler aujourd'hui comme témoignage de l'impression 
archa'ique qui se dégage du marbre. L'original peut avoir été un bronze 
de la lin du v^ siècle ou une œuvre académique postérieure à Alexandre ; 
le fait qu'on n'en a pas signalé encore de répliques viendrait à l'appui 
de la seconde hypothèse ^ 



PLANCHE 160 



ÏÈÏE EN MARBUE DE DÉESSl 

{Musée (te Cjn^lantiiioplc .) 



Découverte à Ephèse, à l'époque des fouilles de Wood, cette 
tète-, au lieu d'aller à Londres, a pris, je ne sais comment, 
le chemin du musée de Tchinli-Kiosk. C'est une sculpture d'un 
beau style large, encore imprégnée des influences attiques du 
\® siècle, comparable à la tète de Tralles conservée au musée de 
l'Ecole Evangélique de Smyrne^et peut-être, comme elle, postérieure 

' Une tèle d'un caractère analogue surmonte une statue dA|)ollon au Capitole 
(Clarac, 483, 9:29). — Photographie Giraudon, n» -1241; Froehner, Notice, iv 09; 
Houillon, Musée, t. III, 1,2; Clarac, Musée, 1073, 2785 a; Overbeck, ApoUo, p. 113, 
2 et Atlas, p. XIX, 29. 

MIauteur : 0'",21. 

■' Arndt, Einzelauf'nahmen , n» 1342. 



m PLANCHE 161 

à Alexandre. Jai proposé en 1882, clans mon catalogue du musée 
de Gonstantinople (n** 324), d'y reconnaître une Artémis ; mais cette 
désignation n'est confirmée par aucun attribut. La tête était destinée, 
comme tant d'autres, à être insérée dans un torse drapé. Peu de temps 
aj)rès sa découverte, elle a été vue par M. Eugène Melchior de Vogué, 
qui l'a décrite avec un enthousiasme juvénile; je reproduis en 
bas du texte cette page de littérature archéologique*. 



PLANCHE 161 



TÊTE EN MARBRE DE MUSE (?) 

[Musée du Vatican.) 



Cette belle tête a été placée, au Vatican, sur le corps d'une Muse 
dite Érato ; mais elle n'appartient pas à la statue et M. Helbig a fait 
justement observer que le type en est très voisin de celui d'une Léda 
avec le cygne dont il existe plusieurs exemplaires-. Or, AL Ame- 

' K.-M. de Vogiié, Syrie, l'alesline, mont Alhos, 1875, p. 9 : « On a trouvé ici 
même (à Éplièse) une des plus merveilleuses reliques de Tart grec : c'est une 
tête sé|)arée de son corps et déposée aujourd'hui au musée de Sainte-Irène à 
(Jonslanlinople, ])armi des fragments informes et des restes d'un médiocre inté- 
rêt. Ce fruit exquis de l'art ionien, plus humain, sinon plus vrai, cpie l'art 
attique (!}, ce chef-d'œuvre d'un Lysippe (!) anonyme est digne de rivaliser avec 
les marbres historiques de nos galeries d'Kurope. Plus on regarde celte figure 
pensive, plus elle apparaît profonde : ce n'est pas une femme, c'est la femme. 
Je ne sais (piel est son ûge; sa beauté est toute jeune, sa mélancolie est déjà 
mûre; on sent que ses jours ont été ])leins, parlant mauvais. La lèvre de l'Io- 
nienne est sensuelle, ironique un i)eu; son œil vague regarde on ne sait où, et 
sur son front un nuage de tristesse n'a pu éteindre un rayon d'espérance. La 
iétc est penchée et ù demi tournée, comme si elle regardait dans le passé: elle 
a beau sourire dédaigneusement de tout ce qu'elle y a trouvé, on sent qu'elle y 
regrette (juchpie chose; elle sait la vie, en souffre et es|)ère quand même. J'ai 
passé |)lus d'une heure k contempler ce bijou antique, me demandant où le 
grand artiste inconnu entrevit cette figure idéale. Klait-ce un jjorlrait ou un»' 
conception du génie? Ne serait-ce pas Diane, la grande déesse d'Éphèse? Je 
comprends alors qu'on accourût des extrémités du globe pour l'adorer. » 

• Le meilleur est au Ca|)ilol(' (Clarac, Musée, i\\. 715: llelhig. FiiUrer*, t. I, 
n»4<)7). 



PLANCHE 1C1> 125 

lung^ et M. Winter ^ ont reconnu indépendamment que la Léda res- 
semblait beaucoup aux figures des frontons du temple d'Asklcpios à 
Kpidaure, sculptés, vers 375 av. J.-C, par Timothcc, qui fut peut-être 
le maître de Léocharès comme Scopas fut celui deBryaxis'.LaLcda a 
déjà été rapprochée du Ganymède de Léocharès par Otfried Millier. 
Si on l'attribue à Timothée, il est tentant de mettre en avant le 
même nom pour l'original de la tète de 1' « Eralo » du Vatican. Le 
travail des cheveux et la forme des yeux témoignent d'un style un 
peu antérieur à Praxitèle et appartiennent, si l'on peut dire, au même 
horizon artistique que l'Eiréné de Géphisodote à Munich*. 



PLANCHE 162 



TETE EN MAUBRE D'APHRODITE 

[Musée de Naples.) 

La statue connue sous le nom d'Aphrodite de Capoue, découverte 
dans l'amphithéâtre de cette ville au milieu du xvui" siècle, est loin 
de mériter sa réputation. La déesse est figurée debout, se mirant 
dans un bouclier qu'elle tient appuyé sur son genou =^. L'original, 
comme l'atteste le travail des cheveux, devait être en bronze; il en 
existe plusieurs répliques ou variantes®, alors qu'il n'y en a pas de 
l'Aphrodite de Melos, chef-d'œuvre original en marbre que des ana- 
logies tout extérieures ont fait rapprociier à tort de l'Aphrodite de 
Capoue. Le travail, à la fois sec et imprécis'', n'est pas antérieur à 

' Amelung, Dasls des Praxileles, p. 70. 
■ Winter, Alhenische Millheilungen, 1894, p. 157. 
•' Cf. mes Chroniques d'Orient, t. II, p. 373. 

* l*hotographie Anderson, n» 4803; Visconti, Musée Pie-Clémenlin, t. 1, j)!. il ; 
Bouillon, Musée, t. I, pi. 41; Clarac, .W«*ee, 520, 1063 ; Ilelbig, F«/t/'er-, t. I,ii» i'7.'i. 
'^ Clarac, Musée, 5'.)8, 1310. 
" Fiirtwaengler, Masterpieces, p. 384, note 5. 
' Dcad smoothness of Ihe flesh (Furiwaenglcr, Masterpieces, p. 389). 



iid PLANCHES 163 ET 164 

Hadrien. Les globes des yeux et les pupilles sont indiqués ^ M. Furt- 
waengler a supposé que l'original avait été fondu pour Gorinthe au 
iv"" siècle avant J. -G., d'où la représentation d'une ligure analogue 
au revers de certaines monnaies de cette ville -. Gette hypothèse 
est séduisante ; mais la statue de Gorinthe pouvait n'être elle-même 
qu'une imitation ou une copie de quelque image créée dans l'école 
de Scopas. A l'époque romaine, le môme type a servi à des repré- 
sentations de Niké '. 



PLANGHES 163 ET 164 
ÏÈTE P:N MAUBUE D'ARTÉMIS 

(Musée de Constantinople.) 



La statue entière, découverte dans l'île de Mételin, est un des orne- 
ments du musée de Tchinli-Kiosk et n'a pas obtenu, jusqu'à présent, 
toute l'attention qu'elle mérite. M. R. von Schneider la rapprochée 
de la tête de Tralles donnée au musée de Vienne par l'amiral Millo- 
sicz ; je ne crois pas que ce rapprochement soit fondé. Le prolil est 
attique et présente les caractères de l'atticisme antérieur à Praxitèle ; 
on remarquera, en particulier, la très légère saillie frontale, suivie 
et précédée d'une dépression, qui se retrouve dans les profils de 
femme sur les lécythes blancs athéniens, le menton carré et un peu 
fuyant, (jue nous avons signalé dans les têtes de l'école de Phidias. 
L'ensemble rappelle, en plusjeune et plus virginal, si l'on peut dire, 
1 Aphrodite de Melos(pl.l40, 141). Du reste, la statue de Mételin, qui 
dérive d'un chef-d'ceuvre, n'est i)as un chef-d'œuvre, mais une 

• Le nez est moderne. 

* Uritisli Muséum Calalof/ue, Corintli, pi. ,\L\. 12; XX, 23. 

^ l'Yiederichs-Wolters, (iipsabyaase, n» 1 ♦52 ; Millingen, Ancienl unediled monu- 
ments, I. II. |)1. 4, l');Mu.seo Itovhonicn, I. III. pi. .'14; Hernoiilii, Ap/irodife. p. KiO: 
KiirlwHcnKlef, Maslerpiecex, p, 3»;» (la lùle, p. 380, lig. 171); nrunn-Hnitkniann. 
Denkmûler. n 297, 



PLANCHE 165 127 

copie ; la petite boucle au-dessus de l'oreille, qui ne s'explique pas 
par 1 arrangement de la chevelure, pourrait être une addition de 
copiste (cf. pi. 144). Il y a un manque de symétrie assez choquant 
dans les yeux et dans la chevelure ; le reste de la statue est encore 
inférieur à la tête, qui se présente le plus avantageusement de 
profil. La partie droite, du crâne est sculptée, comme cela se voit 
souvent, dans un morceau de marbre rapporté et ajusté suivant une 
section plane*. 

Je me suis parfois demandé si l'original de celte* belle statue ne 
serait pas de Strongylion, sculpteur contemporain d'Alcamène, 
créateur du type classique de l'Artémis chasseresse qui nous est 
connu par les monnaies de Mégare et de Pagae^. Strongylion, très 
apprécié à l'époque romaine, était l'auteur d'une Amazone dite 
Eucnemos (aux belles jambes), que Néron transportait avec lui dans 
ses voyages, et de trois Muses aur l'Hélicon '. 



PLANCHE 165 



TETE EN MARBRE D'EPHEBE 

{Musée de Berlin '\) 



Ce chef-d'œuvre n'est plus qu'une ombre, mais une ombre char- 
mante ; on peut le citer parmi les morceaux qui donnent la plus 
haute idée du génie grec. Suivant un récit plus ou moins autorisé, 

'Cf. les exemples réunis par 11. de Villefosse, JJ/ont/jnen^s l'iot, t. 1, p. 71. — 
Nos planches ont été exécutées d'après de belles photographies obligeamment 
communiquées par Hamdi Bey, directeur du musée de Tchinli-Kiosk. 

S. Reinach, American Journal, t. I, pi. 9 : Répertoire de la statuaire, t. Il, 315, 
4; Joubin, Catalogue du musée ottoman, n" i;j (rapproche le type de celui de 
l'Amazone de Berlin) ; Schneider, .4Z6M*>i der Anti/censammlung, p. 3 (le croit praxi- 
télien) ; Wernicke.art. Artemis, dans Pauly-Wissowa, Real-Encyclopsedie, p. 1425. 

- Gardner, llandbook, p. 319. 

' Overbeck, Schriftquellen, 877-892. 

* Ancienne collection du comte Sabouroff à Athènes. 



\2ii PLANCHE 1G5 

la stèle funéraire dont la partie supérieure seule s'est conservée 
aurait été découverte à Méj^are. L'ensemble devait être analogue 
ù la stèle de Thespies, représentant un jeune homme jouant avec 
un chien *. La célébrité du motif est encore attestée par la découverte, 
h Panticapée sur la mer Noire, d'une stèle presque identique à celle 
de Berlin, quoique d'un travail fort inférieur^. 

Le relief est très faible ; on voit que l'artiste a commencé par graver 
le contour à la pointe, avant de ciseler légèrement le fond et de 
modeler discrètement le corps. L'œil est encore figuré de trois quarts ; 
les cheveux, courts et bouclés, où se reconnaît l'influence de la 
technique du bronze, adhèrent au crâne comme dans les tètes de 
Myron (pi. 65). La bouche est assez grande et rappelle, par sa forme 
tombante, celle de la Déméter du bas-relief d'Eleusis (pi. 40). Le 
charme indéfinissable du contour n'est pas isolé dans l'art grec; on 
le retrouve notamment sur les tètes de profd de certains lécythes 
blancs athéniens (cf. le profil de l'Artémis de Mételin, pi. 164). Le 
front est très peu bombé, la ligne du nez et du front presque con- 
tinue, avec deux petites dépressions au-dessous de la naissance 
du nez et au delà de la saillie frontale. La lèvre supérieure est très 
forte, la lèvre inférieure fait un retour brusque vers le creux du 
menton, le menton lui-même est fuyant. Les rédacteurs du « Cata- 
logue illustré des marbres de Berlin » font observer que « les formes 
de la tète ne sont pas purement attiques »; mais si l'atticisme n'est 
pas là, où donc est-il ? 

La date peut être approximativement fixée vers l'an 400 av. J.-C '. 

' Stackelberg, Oraeber der Ilellenen, pi. Il, 2. 
* Anitfiuilés du Dosphore cimmérien. p. 40 de mon édition. 
=' Furtwacngicr, Sammliiny Sahuro/f, t. I, \)\. 5; [Conze], lie.schrcibuiKj der 
Skulpturen zii lierlin, n» 735. 



l»LANGlli;S 166 I:T 167 129 



PLANCHES 106 ET 167 



TETE D'APHRODITE 

{Musée du Louvre.) 



Intacte à quelques morceaux près S cette tète colossale à été rap- 
prochée, dès le début du xix^ siècle, de la Niobé de Florence; puis, 
dans la première édition de sa Griechische Plastik, Overbeck a sup- 
posé qu'elle provenait des frontons du Parthénon et M. Froehner y 
a également reconnu une œuvre de l'école de Phidias (1868). Aujour- 
d'hui, on est généralement d'accord pour y voir une sculpture praxi- 
télienne, analogue tant à l'Aphrodite de Cnide qu'à la Niobé. L'arran- 
gement des cheveux est plus simple que dans l'Aphrodite de Cnide 
et le style est plus large que celui des répliques connues de cette 
statue. On ne s'étonne donc pas que des archéologues informés 
aient pensé à Phidias. Peut-être pourrait- on tenir compte de leur 
impression en attribuant cette belle tête à l'un des prédécesseurs 
immédiats de Praxitèle, encore dominé par la grande tradition de 
l'école attique du v*^ siècle. 

Il n'existe pas de répliques de l'Aphrodite du Louvre, mais on a 
signalé des têtes analogues de la déesse à Holkham Hall - et à Ter- 
racine -^ 

' Le bas du nez, une partie du sourcil droit et de la paupière, le milieu de la 
joue gauche et un morceau de la lèvre inférieure sont modernes. 

* Michaelis, Ancient marhles in Greal Brilain, Holkham, n» 37 (avec planche). 

^ La Blanchère, Terracine, pi. 3. — Bouillon, Musée, t. Ifl, pi. 3, 7; Clarac, 
Musée, 1096, 2793 c; Froehner. Notice, n» 163; Stark, Niohe, ]>. 234; Klein, 
Praxiteles, p. 348 et fig. 68. 



130 PLANCHE 168 



PLANCHE 168 



TÈTE EN MARBRE D'HERMES 

{Musée d'Olympie.) 



Tout le monde connaît, du moins par des moula«:^es, l'IIcrmès 
colossal découvert le 8 mai 1877 dans les ruines du temple de liera 
à Olympie, qui avait été converti, au i"" siècle ap. J.'C, en une sorte 
(le musée. Cette statue a été mentionnée par l^ausanias comme 
l'œuvre de Praxitèle ^ Malgré les doutes qu'ont élevés Hirsclifeld et 
Rayet,dès l'époque de la découverte, sur l'exactitude de l'attribution 
dePausanias et la difficulté réelle qu'on éprouve àconcilier les carac- 
tères de l'Hermès avec ceux des meilleures répliques de l'Aphrodite 
de Cnide, il paraît certain que Pausanias a raison et que nous devons 
partir de l'Hermès pour reconnaître, dans les musées, des copies 
d'autres œuvres de Praxitèle. Les traits distinctifs de la tèt(; sont la 
forte saillie frontale, la largeur du nez à la base, son étroitesse au 
bout, l'enfoncement assez prononcé de l'œil dans la cavité orbitaire, 
son peu d'ouverture-, enfin le travail libre et pittoresque des cheveux 
« drus et courts »', où l'on observe des traces de coloration rouge, 
support d'une légère dorure. Le fait qu'il n'existe pas de répliques 
de cette tôte n'a rien de surprenant, puisque l'original était resté à 
Olympie et qu'il devait être soustrait aux entreprises des mouleurs, 
comme l'étaient généralement les marbres, à cause de sa délicate 
polychromie. 

' Ti/vT(... Ilpa;'.::iXoji; (Pausanias, V, 17, 3). 

' La hauteur de l'œil est environ trois fois plus petite que sa largeur, alors 
(|ue la proportion, au v» siècle, est g6n6ralomenl de 1 : ± La paupière supérieure 
fait saillie, la paupière inférieure est atténuée. Le globe oeuiaire est très peu 
bombé et le regard parait dirigé de haut en bas, sans se fi.\er sur auciui objet 
voisin, d'où l'expression de rêverie et même de mélancolie (|ue l'on a souvent 
signalée — en l'cxagéraid d'ailleurs — «lans cette belle tôle. Voir tiardiier. llaud- 
book, p. 360 (la meilleure description de l'Ilermés.) 

' Collignon, ïlisloire de la sculpture yrec/ue, t. Il, j). iJ'.>3. 



PLANGIIIi; 168 131 

L'ensemble da groupe, Hermès portant l'enfant Dionysos, a été 
rapproché de celui de Munich, Eiréné et Ploutos, qui reproduit un 
bronze de Géphisodote. M.KekuIéamontré que la tète de l'Hermès est 
un développement du type d'éphèbe créé par Myron. Mais ce qui est 
bien propre à Praxitèle, ce sont les transitions douces ménagées entre 
les plans, notamment entre l'œil et la joue , et le traitement pittoresque 
de la chevelure, qui semble inviter les jeux imprévus de la lumière', 
La douceur du modelé de l'Hermès n'a rien de commun avec la 
rondeur banale des marbres romains ; cette rondeur est une absence 
de modelé : la douceur de l'Hermès en est l'achèvement et la perfec- 
tion. Il faut reconnaître, d'ailleurs, que cette qualité supérieure, toute 
de imances, est singulièrement dissimulée dans les moulages ; on 
doit étudier l'Hermès à Olympie ou sur des photographies de grandes 
dimensions. 

^L Woltcrsadit que, dans la vue de prolil, le charme de l'Hermès 
se perd en partie, à cause de la bosse du front et de la grosseur du 
nez. Mais ce sont là précisément les traits caractéristiques de cette 
tcte et il importait de les faire saisir. 

J'ai soutenu, à la suite de Brunn ^, que l'Hermès était une œuvre 
do la jeunesse de Praxitèle et datait de 363environ.M.Furt\vaenglera 
donné des raisons pourle placer dans la seconde moitié du iv° siècle, 
aux environs de l'an 343 \ Si M. Furtwaengler a raison, l'Hermès 
serait postérieur d'une dizaine d'années à l'Aphrodite de Gnide (350). 
Comme, dans toutes les répliques de cette dernière statue, le traite- 
ment des cheveux est beaucoup moins libre que dans l'Hermès, je 
suis disposé à me rallier aujourd'hui à l'opinion de mon éminent 
contradicteur, proposée d'abord, dans l'introduction à la Grèce de 
Baedekcr, par M. Kekulé de Stradonicz. 

Pour mesurer la distance qui existe entre un chef-d'œuvre grec et 
une copie romaine, on peut comparer la tète de l'Hermès à celle de 
r « Antinous » du Belvédère (pi. 169) '. 

' « La préoccupation des ellets de la lumière sur les corps qu'elle enveloppe 
et (pielle baigne, le sentiment du peintre dans la sculpture. » (llomolle, Bulle- 
lin de correspondance hellénique, 1899, p. 47o). 

* Brunn, Deutsche Rundschau, t. VIII, p. 188 et suiv. ; S. Reinach. Revue 
archéol., 1888, I, p. 1 et suiv. 

^ Furtwaengler, Maslerpieces, p. 207. 

* Friederichs-Wolters, Gipsabr/iisse, n''1212; Kekulé, [/e/;e/' (/e« Kopf der praxi- 



132 PLANCHE 169 



PLANCHE 169 



TETE EN MAHBUE D'HEHMES 

{Musée du Vatican.) 



Cette tête est à celle de l'Hermès de Praxitèle (pi. 168) ce que la 
tôte du Mélcagre du Vatican (pi . 1 52 j est au Méléagre Médicis (pi . 1 54) . 
Les traits et la forme du visage tendent à la gracilité et à la miè- 
vrerie ; le modelé s'est arrondi et affadi au point de ne plus offrir 
que des surfaces mortes, lisses à l'ongle et vides à l'œil. C'est du 
Praxitèle édulcoré et dégénéré. Toutefois, la ressemblance avec 
l'original disparu est encore telle que, dès la découverte de l'Her- 
mès d'Olympie, on reconnut la parenté de ce chef-d'œuvre avec la 
statue du Belvédère, qui dérive aussi d'un original praxitélien. 

L'Hermès du Belvédère a été exhumé à Rome en 4543, près du 
mausolée d'Hadrien, et installé par Paul III dans les jardins du Bel- 
védère, où l'on s'habitua à le qualifier d'Antinous. On en connaît un 
certain nombre de répliques *, entre autres une statue funéraire 
découverte dans l'île d'Andros-; la meilleure est au Palais Vieux 
de Florence-'. D'après le nombre des répliques et le travail des che- 
veux, on est porté à croire que ces statues dérivent d'un original en 
bronze. Cet original doit être sorti de l'école de Lysippc; mais il 
est incontestable que le motif traité par le bronzier appartenait à 
l'école de Praxitèle*. 

lelischen Hermès. 1882, et l'introduction au \o\\imc'Griechenland de Baedeker; 
Smith, Joui-nal of hellenic sludies, t. III, p. 81 (motifs analogues); Treu. Olympia, 
t. III, |)l. 4!)-o3; Laloux et Monceaux, liestauralion d'Olympie, héliogravure à la 
p. 100; Furlwaengler, Maslerpieces, p. 30", 337; Klein. Praxiteles, p. 376; Col- 
lignon. Histoire de la sculpture grecque. I. Il, p. 295 (la tôte) et pi. 5 (ensemble de 
la statue) ; (iardner, llandhook, p. 358; Léchai, Mélaiifjes l'errol, p. 207 (le front 
alhl6ti(|ue de l'Hermès); Bulle, Der schiine Meiiscli. pi. 157. 

' Klein, Praaileles, p. 390. 

' Le Bas-Rcinach, Monuments fiyurés, p. 107, pi. 118. 

' Amelung, Ftihrer. n» 3. 

* Photographie Alinari, n» 3421 a; Friederichs-Wollers, GipsabgUsse, n» 1218; 



PL.VNGIIK 170 133 



PLANCHE 170 



TETE D'HERAKLES JEUNE 

[Musée britannique.) 



Autrefois dans la collection de i'Earl of Aberdeen, dont les antiqui- 
tés provenaient en partie de la Grèce propre, cette tête charmante, 
en beau marbre de Paros, est devenue célèbre depuis que M. Wol- 
ters (1886), suivi par MM. Kalkmann, Klein et surtout par M"^ Eugé- 
nie Sellers (M™^ Arthur Strong), en ont fait ressortir le caractère 
praxitélien et les analogies avec l'Hermès. Pour les deux derniers 
auteurs cités, c'est incontestablement un travail de la main de 
Praxitèle lui-même, mais appartenant à sa maturité, à cause de 
l'emploi du trépan aux coins de la bouche. Il est certain que les 
caractères connus de l'art de Praxitèle et même la prodigieuse 
maestria de son ciseau se retrouvent dans le rendu pittoresque des 
cheveux, le modelé très accidenté du front, l'atténuation des pau- 
pières inférieures, la bouche entr'ouverte et sensuelle, les jeux de 
la lumière sur les joues et sur le menton. Mais, pour se faire une 
opinion défmitive sur cette attribution, il faudrait pouvoir placer la 
tête de Londres à côté de celle d'Olympie ; la comparaison des pho- 
tographies et des moulages n'y suflfit pas *. 

Baumeister, Denkmdler, t. I, p. 675, fig. 737 (la statue entière) ; Klein, Praxi- 
teles, p. 390 ; Helbig, Fûhrer', t. I, n» 148. 

' Wolters, Jahrbuch der Instituts, t. I (1886), p. .'ii, pi. 5; Kalkmann, Propor- 
tionen des Gesichles, p. 41 ; Klein, Prax'Ueles, p. 38'J, fig. 78 ; Furtwaengler 
Masterpieces, p. 3i6 pi. 18 (addition de la traductrice Eugénie Sellers). 



134 PLANCHL: 171 



PLANCIIK 171 



TÈTE D'ÉPHÈBE DITE EUBOULEUS 

{Musée d' Athènes.) 



Lorsqu'on découvrit ce buste colossal à Eleusis, au cours des 
fouilles de 1885, on y reconnut d'abord Antinous ; en 1887, 
MM. Benndorf et Furtwacngler proposèrent simultanément d'y voir 
l'EubouIeus de Praxitèle, connu par un hermès sans tête du Vatican 
qui j)orte l'inscription Eù^ojasj; llpav.TîAou;. Eubouleus est un per- 
sonnage juvénile de la mythologie éleusinienne auquel conviendrait 
l'expression sombre et rêveuse de cette tête, car il a des affinités avec 
Pluton et le monde infernal. Toutefois, du fait qu'on a découvert 
deux autres répliques de la même tête à Eleusis même*, M. Kern, 
suivi par M. Collignon, a conclu que c'était non pas Eubouleus, mais 
Triptolème, opinion qui semble destinée à prévaloir. 

Il n'est pas douteux que ce buste soit un original du iv'' siècle et 
l'œuvre d'un artiste de premier ordre ; mais le nom de Praxitèle 
soulève des difficultés à cause d'une certaine mollesse du modelé 
et de la recherche, poussée très loin, du pittoresque dans la cheve- 
lure. A cet égard, il est encore plus récent que l'Hermès, dont l'at- 
tribution aux dernières années de la vie de l'artiste paraît aujour- 
«iliui très vraisemblable. M. Benndorf l'avait déjà rapproché du 
Ganymède de Léocharès et de l'Apollon Steinhaiiser du musée de 
Bàle ; ces ressemblances, ainsi que l'analogie avec le type de Séra- 
pis créé par Bryaxis, élève de Scopas et contemporain de Léocharès, 
nous disposent à cherciier l'auteur du buste d'Eleusis dans la géné- 
ration qui a suivi Praxitèle, à moins que ce dernier n'ait vécu et 
travaillé jusqu.HUX environs de 333-. 

' Il en existe d'autres, plus libres, considérées autrefois comme des portraits de 
Virgile, à .Mantoue, au Capitole, au Louvre, etc. 

' IMulios, 'Eor^aeoî; àp/a-.oXoY'.Xï^, 1886. p. 258, pi. 10; Benndorf. Anzeujev der 
Wiener Akademie,\<à novembre 1887 et /Iw/iAe />e7jA?Hd/e;-, t. I,p. 21. |)l. 34; Furl- 
Vr-aengler, Maslerpieces, p. 330, pi. 10; Kern, Alhenische Mittheilungen, t. XVi 



PLANCHE 172 135 



PLANCHE 172 



TÈTE EN MARBRE D APHRODITE 

{Musée du Vatican.) 



Les anciens admiraient dans l'Aphrodite de Gnide, l'œuvre la 
plus vantée de Praxitèle, la chevelure, le front, le dessin des sour- 
cils, le regard humide et langoureux*. On comprend ces éloges à 
l'aspect de la copie de la Gnidienne conservée au Vatican - ; mais si 
l'on ne possédait pas tant de témoignages antiques sur l'original, on 
n'eût jamais songé à reconnaître dans cette statue la copie d'un 
chef-d'œuvre que les poètes ont célébré à l'envi. G'est qu'en effet 
cette copie est médiocre ; mais la tête, sculptée à part, en marbre 
pentélique, est beaucoup plus soignée que le reste et sans doute assez 
voisine de l'original. On possède d'ailleurs des répliques meilleures 
de la tète et M. Michaelis, au musée de moulages de l'Université de 
Strasbourg, l'a remplacée, sur le moulage de la statue du Vatican, 
par celui de la tète découverte à Tralles et appartenant à un col- 
lectionneur de Berlin, M. de Kaufmann^. 

L'ovale du visage est très prononcé, les yeux peu ouverts, avec 
paupières inférieures atténuées, le regard voilé et comme noyé. 

(1890), pi. 1 : Klein, Praxiteles, p. 428; S. Reinach, art. Eubouleus dans le Diction- 
naire des Antiquités, t. II, p. 8a0 et Gazette des Beaux Arts, 1888, I. p. 69, 72; 
Brunn-Bruckmann, Denkmûler, n» 74 ; Fiirtvvaengler et Urlichs, Denkmûler, p. 68, 
pi. 23 ; GoUignon, Histoire de la sculpture grecque, t. II, p. 300, pi. 6. M. Gardner 
(Handbook. j). 487) a insisté sur le type « alexandroïde » de la tête pour la 
faire descendre jusqu'à la fin du iv siècle; mais le type idéal prêté à Alexandre 
devait exister, du moins en germe, avant lui. 

' Lucien. Images, 6 {'à ôypôv). J. Lange définit l'uypôv etwas schmaclitendes 
und vibrierendes im Blick [Darstellung des Menschen, p. 225). M. Gardner a rap- 
pelé k ce propos le vers de Pope (Imit. of Horace. II, 1) : The sleepy eye Ihat 
spoke the melten soid. 

* Dans la tête, le nez seul est moderne. 

^ Bien reproduite dans Bayersdorfer, Skulplurenschatz, t. III, 301 et dans Bulle, 
Der schiine Mensch. pi. 177. 



436 PLANCHES 173 ET 174 

La bouclie est ciilr'ouvcrte, bien ondulée, la lèvre inférieure 
assez forte. Les cheveux, ceints d'une bandelette qui fait deux fois 
le tour de la tôte, sont arrangés très simplement, en boucles ondu- 
lant sur le front et rejetées en arrière sur les tempes. Le front est 
triangulaire. L'expression est « paisible, un peu rêveuse, empreinte 
d'une douceur nonchalante. »^ Il n'y a plus de traces d'archaïsme; 
mais les cheveux, dans cette réplique comme dans les autres, n'ont 
rien de la liberté pittoresque de ceux de l'Hermès-. 



PLANCHES 173 Eï 174 
TKTK EN MARBRE D'APHRODITE 

(Musée (le Toulouse.) 



Trouvé à Martres-Tolosanes en 1827, ce buste en marbre grec est 
une des meilleures copies connues de l'Aphrodite de Cnide et peut 
soutenir la comparaison avec la tôte de la collection Kaufmann à 
Berlin (cf. pi. 172). Toutefois, le modelé présente une certaine 
dureté que l'on peut attribuer au copiste, notamment dans les coins 
des yeux et de la bouche. Le cou est traversé par deux dépressions 
profondes, séparées par un large bourrelet de chair, qui caractéri- 
sent les bustes féminins de Praxitèle, où le « collier de Vénus » 
est très accusé. Les imitateurs du maître attiquc ont parfois modelé 
de même le cou des éphèbes et des jeunes dieux (pi. 158). Le travail 

' Collignon, Histoire de la sculpture f/recque, t. Il, j). :275. 

' l'hoto^raphie .\nderson, ii" 4809; Furtwacngler, Masterpieces,\).'i2i;\ir\um- 
Hrtickmann, Denkmâler, n» 371; Klein, Praxiteles, p. 255, fig. 40; Mirhaelis, 
Journal of hellenic studies, l. VIM, p. 324 et Fesff/afje f'iir die archdol. Se/ction 
der W.W*" l'kiloloffenversummlunri, 1901. p. 35; Ilclbig. Filhrer*, f. I, w" 324; 
ColliKiion, Histoire de la sculpture f/rea/ ne, t. Il, |). 274 (1^. 137; p. 270, fig. 138; 
IJiillf. Der sc/ione Meiisch. pi. 178. Héliogravure de la statue entière, Gazette des 
Beaux- Art s, 1888, I, p. 89. 

* Hauteur : O" 40. L'extrémité du nez est la seule restauration. 



PLANCHE 175 137 

des cheveux est moins détaillé que dans la tète du Vatican (pi. 17i) 
et il y a encore d'autres différences, notamment dans la forme de 
l'ovale; mais il est hors de doute que ces marbres d'époque romaine 
dérivent d'un même original ^ 



PLANCHE 17o 



TÈTE EN MARBRE D'APHRODITE 

{Collection de Lord Lcconficld à Londres.) 



En 1890, M. Furtwaengler a cru reconnaître un original de la 
main de Praxitèle dans cette admirable tète de grandeur naturelle, 
en marbre de Paros, — \e même lychnitès, semble-t-il, dans lequel a 
été sculpté l'Hermès d'Olympie. Autrefois à Petworth, elle a été 
récemment transférée à Londres, où elle est devenue plus aisément 
accessible. 

Bien qu'elle soit en assez mauvais état^, elle avait déjà été consi- 
dérée, au xvni'= siècle, comme un travail grec et non une copie romaine. 
Là-dessus, tout le monde sera d'accord, comme aussi sur le carac- 
tère tout à fait praxitclien du style. Évidemment, nous sommes ici 
en présence d'un travail hellénique de premier ordre, tandis que les 
meilleures copies de l'Aphrodite de Cnide ne sont que des œuvres 
d'atelier exécutées, à l'époque impériale, par des praticiens qui 
n'avaient eux-mêmes pour modèles que des copies inexactes ■*. Les 

' S. Reinach, Guide illustré du musée de Saint-Germain, p. 82, fig. 59 ; L. Jouliii. 
Les établissements gallo-romains à Martres-Tolosanes (dans les Mémoires présentés 
par divers savants, t. XII), Paris, 1900, p. 93, pi. X, 121, B ; Clarac, Musée, II, 1, 
p. o88 (du texte) : Roschach, Musée de Toulouse, 186o, p. 31, n»52: Revue archéo- 
logique du Midi, 1867, p. 50. 

- Restaurations : le nez et une partie de la lèvre supérieure. La surface a été 
l'objet d'un polissage qui a fait disparaître l'ancienne épiderme. 

■^ J'ai souvent insisté sur ce fait que les gardiens du temple d'Aphrodite à 
Cnide n'ont jamais dû permettre de mouler la statue ni même de la copier en 
grandeur naturelle. Toutes nos copies dérivent probablement d'esquisses, tout au 
plus de maquettes, d'après lesquelles des copistes plus anciens avaient tra- 
vaillé. Cf. Gazette des Beaux-Arts, 1902, 1, p. 143. 



138 



l'LANCHK 175 



cheveux sont traités, comme ceux de l'Ucrmcs et de l'Hèraklès 
jeune (pi. 108,170), avec ce goût du pittoresque, succédant à celui de 
la symétrie, qui est une des marques de l'art de Praxitèle. Les yeux, 
le sourire, le charme exquis de la bouche et i\c lovale répondent 
beaucoup mieux que les copies de la Cnidienne aux éloges que 




Fig. 15. — ÏI:TE 1)AI»IIU0I)1TE 
Moulazp (lu niusf-o du Louvre. 



fait Lucien de l'original. Les yeux, en parliculier, ont le « regard 
humide », tô 'jyoo'v, dont l'Aphrodite du Vatican ne donne qu'une 
sensation imparfaite. La bouche ressemble à celle de l'Hermès tant 
par l'ondulation de ses lignes que par sa grâce moelleuse et sen- 
suelle. Le cou offre ces replis et ce collier de chair qui caractérisent 
les bustes féminins de l'école de Praxitèle. Dans le travail des che- 
veux et dans celui des coins de la bouche, l'artiste s'est servi du 
trépan, dont l'usage ne paraît pas dans les œuvres authentiques de 
Scopas (têtes de Tégée et bas-reliefs du mausolée d'IIalicarnasso), 
mais se constate dans l'Hermès d'01ymj)ic et dans le prétendu 
Eubouleus d'Élcusis (pi. 171). 



PLANGIIK 17() 139 

Ce buste était destiné à être inséré dans une statue, probable- 
ment drapée. On aimerait se figurer avec cette tête l'Aphrodite de 
Vvsixiiblc vêla ta specie , que Pline signale dans l'île de Cos; mais si le 
récit de Pline est exact, cette Aphrodite drapée avait été sculptée 
à la même époque que la Gnidienne ; or, il est certain que la tète de 
lord Lecontield, si elle doit être attribuée à Praxitèle, ne peut appar- 
tenir qu'à une période tardive de la vie de l'artiste. On la placerait 
volontiers, d'après le style, à une époque intermédiaire entre 
l'Hermès et l'Eubouleus. 

Le Louvre possède depuis longtemps un moulage assez mal con- 
servé d'une tête d'Aphrodite, dont on ignore la provenance et qui 
n'a été exposé que récemment dans la Salle du manège. Nous le 
reproduisons (fig. 15) d'après une photographie. Si ce n'est pas un 
moulage de la tète Leconficld, c'est celui d'une réplique ])rcsque 
identique de cette tète et d'un style qui ne paraît pas inférieure 



PLANCHE 17G 



TETE EN MARBRE D'ATHLETE 

{G lyptothèque de Ny-Carlsbcrg.) 



Cette charmante tête juvénile, qui appartint jadis au comte Tys- 
kic wicz, est celle d'un athlète aux oreilles tuméfiées, œuvre d'un artiste 
fortement influencé par Scopas et par Praxitèle (de face, fig. 16). La 
forme de la tète et notamment celle du front rappellent de très près 
l'Hermès d'Olympie ; mais le traitement des cheveux, le dessin de 
l'oeil et le peu de distance entre le nez et la bouche font plutôt 
songer à Scopas. Les anciens déjà étaient parfois embarrassés, 

* Spécimens of ancient sculpture, t. I. pi. 45, 4C ; 0. Millier, Ilandbucli der 
Archaeologie, § 375, 5: Furtwaengler, Masterpieces, p. 343, pi. 17; CoUignon, 
Histoire de la sculpture grecque, t. II, p. 305, fig. 155; Klein, Praxiteles, 
p. 278, 279 (face et profil); Bulle, Der schône Mensch, pi. 179; Amelung. Viihrer 
in Florenz, pi. 9, 10; S. Reinach, Gazelle des Beaux-Arts, 1894, H, p. 229. 



UO PLANCHE 176 

comme dans le cas du groupe des Niobides, pour décider si une sculp- 
ture devait ôtrc attribuée à l'un ou à l'autre de ces artistes *. Il faut 
donc qu'il ait existé une série d'œuvres importantes qui partici- 




FiK. 16 — THTl-: EN MARBRE D'ATHLETE 
rjlyplollièi|uc <lc Ny-Carsibcrg. 

paient à la fois des caractères de l'un et de l'autre, c'est-à-dire qui 
sortaient d'ateliers éclectiques, comme Florence, par exemple, en a 
compté beaucoup au xV siècle. Il y avait de ces ateliers éclocti- 
qu<'.s, vers 250, tant à Athènes qu'à Alexandrie -. 

' IMinc, Hist. Xal., XXXV'L 28 : Par haesilalio est in lemplo Apollinis Sosiani, 
Siohae libéras morienles Scopas an Praxileles feceril. 

* Arridt. Chjptollièque de Ny-Carlsberrj, n» 117; S. Rcinach, (iazclle des Beaux- 
Arl», 1896. n, p. 328 et 332. 



PLANCHES 177 Eï 178 141 

PLANCHES 177 ET 178 
TÈÏE EN MARBRE D'ARTÉMIS (?) 

{Musée de Dresde.) 



Malgré le triste état où elle nous est parvenue, cette tête de gran- 
deur naturelle, découverte à Cyzi que, est une des œuvres les plus jD/'a- 
a;^7e7^em^es que nous ait léguée l'antiquité. Les caractères particuliers 
à l'art du grand maître attique se constatent dans le modelé exquis 
des cheveux ondulés, dans la forme triangulaire du front, dans les 
yeux allongés et peu ouverts, dans la ligne sinueuse de la bouche, 
dans la délicatesse de l'ovale, dans le renflement prononcé et moel- 
leux du cou (collier de Vénus). Le seul trait qui puisse surprendre 
est la grosseur relative de la paupière inférieure, très atténuée dans 
l'Hermès d'Olympie. En l'absence de tout témoignage littéraire, l'at- 
tribution à Praxitèle lui-même serait tout à fait gratuite ; d'autre 
part, il y a dans le modelé des chairs une morbidesse un peu floue, 
une crainte apparente de toute indication précise, de tout détail qui 
pourrait être une dureté, où l'on reconnaît la main d'un imitateur 
très habile plutôt que celle d'un maître. La tête de Dresde peut être 
rapprochée des œuvres alexandrincs inspirées de Praxitèle ; mais elle 
est supérieure en beauté à tout ce que l'on a encore découvert dans 
l'Egypte grecque ^ 

' Treu. Arcliaeoloqischer Anzeiger, 1894, p. 5: Brunn-Bruckmann, Denkmuler, 
n" 391): Klein, Praxiteles, p. 353; Arndt, Einzelaufnahmen, n»» 899, 900; S. Rei- 
nach. Revue archéologique, 1900, II, p. 391, pi. 19 et 1894, II, pi. 17, 18 ; Amelung, 
BuUellino comunale, 1897, p. 141 (émet l'hypothèse de la provenance ale.xan- 
drineet suppose que la tête de Dresde pourrait représenter Séléné). 



142 PLANCHE 119 



PLANCHE 179 



TETE DE DEMETEH 

{Musée britannique.) 



Parmi les débris du sanctuaire de Déméterà Cnide, en compagnie 
de dédicaces qui ne laissent aucun doute sur le nom de la déesse. 
Newton découvrit en 1858 et rapporta au Musée britannique la statue 
colossale de femme assise dont notre planche reproduit la tète. On 
y a aussitôt reconnu une œuvre de l'école de Praxitèle et l'un des 
plus beaux monuments de l'art antique. La tète est en marbre de 
Paros et a été sculptée séparément, sans doute dans un atelier athé- 
nien. Elle se distingue par la hauteur et la forme triangulaire du 
front, par la petitesse des yeux enveloppés et comme voilés, par la 
charmante ondulation de la bouche entr'ouverte et la longueur rela- 
tive dumenton. L'expression estcellequiconvientàDéméter, pensive, 
maternelle, discrètement affligée. On a dit, non sans exagération 
d'ailleurs, que cette Déméter de Cnide était la Mater dolorosa de 
l'art païen. Toutefois, l'admiration qu'elle inspire ne doit pas faire 
méconnaître une certaine inégalité de travail, notamment la raideur 
déplaisante des deux grosses boucles qui encadrent le cou. Depuis 
(|ue nous connaissons l'Hermès, il n'est plus permis d'attribuer au 
même sculpteur la tète de la Déméter de Cnide. C'est une œuvre des 
environs de l'an 300 av. J.-C, où l'influence de Scopas est sensible 
à côté de celle <!(' l'raxitèle •. 

* Newton, Discoveries, pi. 55: Overbeck, Kuiuilmylholu(/ie, Denteler, p. 447, 4Î)6 
et pi. 14; Kayet, Monuments de Veut anlU/ue, t. Il, pi. 49; Klein, Pvaxiteles. 
p. 3fi9, (ig. 74; Uninn, Griechische (iûlteriUeale, pi. 42; Jirunn-Bnickmann. 
Uenkindler, w 65; Cullignun. Histoire de la sciiplure grecque, t. 11, p. 362, pi. 7; 
Uardner, Handhook oft/reek sculpture, j). 414; .\. H. Sniilli, .1 calalor/ue of 
sculpture in Ihe Ifrilish Muséum, l. Il, p. 203, pi. 24 ; Hpringor-.Michaelis, 
Kunstf/escliichle. p. 247, fig. 43 i; Fricderichs-Wolter.s, (iipsabf/iisse, i\" 1275. 



PLANCHE 180 143 

PLANCHE 180 
TÈTE EN MARBRE DE JEUNE FILLE 

{MuHce de Berlin.) 



Vers le milieu du iv" siècle, ou constate, dans la coiffure des 
jeunes femmes grecques, l'avènement d'une mode nouvelle : les 
cheveux sont relevés au-dessus du front, comme dans les masques 
tragiques, et noués en touffe sur le sommet de la tète i. Sous 
lintluence de cette mode se constitua, dans l'école de Praxitèle, un 
type de Kora dont le meilleur exemplaire est au musée de Vienne ■^ 
et qui ressemble beaucoup à la tête reproduite sur notre planche. 
Cette tête, en beau marbre de Paros', peut être celle de Kora, ou 
d'une mortelle figurée sous les traits de la déesse, car elle a été 
trouvée, dit-on, dans les ruines d'un monument funéraire sur la 
route de Thèbes à Ghalcis ; elle surmontait une statue drapée pour 
laquelle elle avait été sculptée séparément dans quelque atelier 
attique. Le caractère praxitélien est presque exagéré, dans les yeux, 
par l'atténuation de la paupière inférieure ; il y a aussi quelque 
excès de raffinement et quelque mièvrerie dans le nez et dans la bouche, 
de sorte qu'on ne peut voir dans cette gracieuse sculpture qu'une 
œuvre d'école. Le traitement des ciieveux, à la fois sobre et pitto- 
resque, est admirable'. Les oreilles sont percées pour recevoir des 
pendants, caractère qui convient à une mortelle mieux qu'à Kora ". 

' Coiize. Alllsche diab reliefs, pi. 63, 83, 8'J, 109 ; Babelon, Cabinet des antiques, 
pi. 20 ; Schneider, Julirbach der osterreichischen Kunstsammlangen, t. XVI, p. 142; 
Koepp, Athenische Mittheilungen, 1885, p. 2oo, pi. 9. 

" Schneider, Album der Aniikensammlung , pi. 5 et Jahvbuck, loc. laud., pi. 11. 

^ Ancienne collection du comte Sabouroff à Athènes. 

* M. Ilomolle a finement montré {Bulletin de corresp. hellén.. 1899, p. 480) 
comment les qualités de coloriste qui distinguent les sculpteurs du iv siècle, en 
l)articulier le sfumato quon a signalé dans leurs marbres, sont comme un écho des 
progrès de la peinture, alors préoccupée surtout de saisir les jeux de la lumière 
et l'enveloppe, « c'est-à-dire cette pénétration réciproque de l'atmosphère et des 
corps qui supprime les rigueurs du contour, les sécheresses de la ligne. » 

^ Furtwaengler, Samndung Saburoff, f. 1, pi. 22; [Gonze], Beschreibung der 
Skulpturen zu Berlin, n» 744. 



144 PLANCHES 182 ET 183 

PLANCHE 181 
TÊTE EN MAUBHE DE DÉMÉTER 

(Musée du Bardo à Tunis.) 



La stalue plus petite que nature ^ à laquelle cette tête appartient a 
été découverte avec plusieurs autres à Dermescli près de Carthage. 
La tôte avait été sculptée à part et insérée dans le torse drapé. C'est 
une œuvre intéressante de l'école néo-attique, inspirée d'un modèle 
praxitélien. Les cheveux ondulés, de part et d'autre du triangle 
frontal, les yeux noyés, le « collier de Vénus » sont, h cet égard, 
autant d'indices probants. Peut-être ce marbre provient-il d'un des 
ateliers gréco-égyptiens où la tradition de Praxitèle, comme l'a 
montré M. Amelung ^ est restée particulièrement en honneur'. 



PLANCHES 182 ET 183 
TÈTE EN MARBRE D'APHRODITE 

[Musée du Louvre.) 



Le Louvre possède deux répliques plus grandes que nature de la 
môme statue, dont l'une, celle dont nous reproduisons la tôte, a été 
<lécouvcrle à Arles au xvii" siècle * ; l'autre, qui porte une tôte 

' Hauk'iir : l^Oll. Restes de polycliromie. 

• AmeluiiK. IhillelUno comunale, 1897, p. 110. 

' Perrol, Revue de l'art ancien et moderne, t. V (1899), pi. à la p. 4 (la slalue 
<;nlk're), p. 14 (la tôte de face), p. 15 (la tôte de profil); Lccliat. lievue des éludes 
fjrecfjiies, I. XII, p. 472. 

* .Marl)re(leTiias()s. Découverte en lOaC» dans les ruines du théûtrc d'Arles, cette 
statue fut offerte ii Louis XIV en 1683 (Clarac, Musée, 342, 1307). 



PLANCHES 182 ET 183 145 

antique, mais étrangère, provient, comme l'a montré récemment 
M. A. Mailler, de la collection Cesi à Rome. Une troisième réplique, 
qui n'est qu'un torse, a été exhumée près du théâtre d'Athènes, et 
semble d'un travail plus soigné que les deux autres*. 

La tète de l'Aphrodite d'Arles est presque intacte ; le bout du nez 
seul a été restauré. Très frappé de la ressemblance qu'elle oiïre avec 
les copies de l'Aphrodite de Gnide, M. Furtwaenglera supposé que la 
statue d'Arles était une copie de l'Aphrodite de Praxitèle à Thespies. 
Le savant allemand n'a pas manqué d'observer que la tête présente 
certains caractères plus archaïques que la Gnidicnne, en particulier 
la lourdeur des paupières et le dessin encore sévère de la bouche ; 
toutefois, il a cru écarter cette difficulté en attribuant l'original de 
l'Aphrodite d'Arles à la jeunesse de Praxitèle. Gela pourrait se soute- 
nir si l'ensemble de la statue était digne du maître athénien ; mais il 
me semble que le torse et la draperie laissent entrevoir un modèle 
en bronze encore plus éloigné de Praxitèle que la tête. Je crois que 
l'Aphrodite d'Arles dérive d'un bronze contemporain de Géphisodote, 
dont l'Eiréné (à Munich) offre une attitude analogue ; si ce bronze 
était de Géphisodote lui-même, nous aurions ainsi une preuve nou- 
velle et singulièrement concluante de l'influence de ce maître de 
transition sur Praxitèle. A ne considérer que la tête, on peut affirmer 
que le type en est intermédiaire entre la Héra Borghèse (pi. 108) et la 
Gnidienne(pl.l72), mais plus voisin, à certains égards, du premier-'. 

' Friederichs-Wolters, Gipsabgilsse, n''14o6; Brunn-Bruckmann, Denkmûler, 
n° 300 .\ (le torse d'Athènes). Pour la statue de la collection Cesi, connue par 
un dessin de Pierre Jacques, voir Mahler, Revue arcAe'oi., 1902, I, p. 301 et pi. 12; 
Michon, ibid., 1903. I, p. 39. 

' Froehner, iVo/ice, nol37; Furtwaengler, Masterpieces, p. 319, fig. 136; Brunn- 
Bruckmann, Denkmûler, n»296; BernouUi, Aphrodite, p. 180; Klein, Praxiteles, 
p. 295, fig. o2 (y reconnaît l'Aphrodite de Cos, velala specie, ce qui ne supporte 
pas l'examen). 



10 



146 PLANCHES 184 ET 185 



PLANCHES 184 ET 185 



TETE D'APHRODITE 

{Musée de Dresde.) 



Le fait que nous connaissons plus de cent répliques ou copies de 
l'Aphrodite dite deMédicis à F'iorence, alors que nous n'en avons pas 
vingt de la Cnidienne, pose à l'histoire de l'art un problème difficile 
et irritant. Stephani' qui en était très préoccupé, osa soutenir que 
l'Aphrodite deMédicis était bien une copie de la Gnidienne; mais le 
témoignage formel des monnaies deCnide réduit ce paradoxe à néant. 
Plus tard, j'ai fait observer que l'original de l'Aphrodite de Gnide, 
étant en marbre et enfermé dans un temple, ne pouvait être ni moulé 
ni copié à loisir, tandis que l'original en bronze de l'Aphrodite de 
Médicis avait été popularisé par des moulages. Gettc opinion me 
paraît encore très juste ; mais il fallait aussi que l'original de l'Aphro- 
dite de Médicis fût l'œuvre d'un sculpteur célèbre pour avoir été 
reproduite si souvent à l'époque romaine. Voir dans cet original, 
avec M. Milani, une Aphrodite en bronze de Praxitèle qui aurait été 
transportée à Rome, n'est pas admissible à cause des caractères 
mêmes de la sculpture, qui marquent une étape ultérieure dans 
l'histoire du type de la déesse nue. D'autre part, en l'attribuant aux 
iils de Praxitèle, on n'en justifie pas suffisamment la célébrité. Aussi 
ai-je accueilli avec sympathie l'hypothèse récente de M. Mahler, 
d'après lequel l'original de l'Aphrodite deMédicis serait de Lysippe: 
une statue dont le type était probablement analogue ou identique, 
et dont la base portait le nom de Lysippe, fut découverte et détruite 
à Sienne au xiv* siècle -. 

La tôte de la statue de Florence a été fortement retravaillée ; il 
vaut donc mieux fonder l'étude du type sur la réplique du musée de 
Dresde, provenant de la collection Albani, qui n'a de moderne que 

' Slcphani, Com/)/e rendu pour 1875. p. 138. 

* Loewy, Inachriflen griechiacher Bildhauer, ii» 47G. 



PLANCHES 186 ET 187 147 

le bout du nez et le haut de la chevelure *. Le traitement des cheveux 
et du front rappelle Praxitèle, mais les yeux et la bouche sont d'un 
style tout différent. L'ovale du visage est beaucoup moins fin et les 
os maxillaires sont plus accusés. C'est là un caractère par lequel 
cette tète se rapproche de celle de l'Herculanaise de Dresde, dont 
j'ai attribué l'original à Lysippe, alors que M. Amelung l'a revendi- 
quée pour Praxitèle (pi. 216). 



PLANCHES 186 ET 187 
TÊTES D'APHRODITE 

{Musées du Capitole et du Louvre.) 



La célèbre Aphrodite du Capitole fut découverte sous Clément X 
entre le Quirinal et le Viminal ; elle est l'ornement du musée du 
Capitole depuis 1752. C'est une variante du motif de l'Aphrodite de 
Cnidc, créée peut-être dans l'école même de Praxitèle, mais témoi- 
gnant d'une tendance à la mièvrerie qui est encore étrangère à la 
Cnidienne. Cette tendance est particulièrement sensible dans l'arran- 
gement de la chevelure, relevée en partie au-dessus du front et for- 
mant une masse épaisse, savamment ordonnée, au sommet de la 
tête. Cette mode n'était pas tout à fait ignorée au milieu du 
iv"^ siècle', mais semble n'avoir prévalu qu'après Alexandre; 
l'Artémis du musée Britannique (pi. 190), l'Apolloin Giustiniani de la 
même collection (pi. 247) et l'Apollon du Belvédère (pi. 241) en 

* Clarac, Musée, 612, 13o8. 

- Becker, Augusleum, pi. 27-30; Hettner, Die Dildwerke zii Dresden, p. 122. 
n» 276; Bernoulli. Aphrodite, p. 231, n» 37 ; Friederichs-Wolters. n» 1461 ; Mahler, 
Revue archéologique, 1903. I, p. 33. Sur les restaurations et altérations qu'a 
subies l'Aphrodite de Médicis, voir mon article dans les Mélanges Perrot, 1902, 
p. 285-290). 

^ Cf. Furtwaengler, Sammlung Saburoff. pi. 22 ; Maslerpieces , p. 408, note 10. 



148 PLANCHES 186 ET 187 

offrent des exemples. La petite boucle sur le devant de Toreille, 
dans l'Aphrodite du Gapitole, est un détail que l'on ne trouve guère 
avant la seconde moitié du iv*' siècle ; là où il se rencontre sur des 
tètes d'un style plus ancien, comme la Tyclié de bronze du Cabinet 
des Médailles (pi. 'III), on est disposé, peut-être à tort, à y voir une 
addition du copiste. Nous l'avons également signalée sur la tète de 
lArtcmis de Mételin (pi. 163), qui remonte à un modèle de l'école 
de Phidias et contemporain de Céphisodote. 

L'Aphrodite du Capitole est l'œuvre d'un marbrier très adroit du 
II" siècle avant J.-C. ; ce n'est certainement pas un original. Le tra- 
vail est un peu mou et manque d'accent; mais l'indication pitto- 
resque de la chevelure témoigne d'une habileté prestigieuse. Le 
Louvre possède une bonne réplique de la tête (pi. 187), en marbre 
de Paros, provenant de la villa Borghèse^ La chevelure y est 
traitée plus simplement que dans l'exemplaire du Capitole et se 
rapproche peut-être davantage de l'original; le modelé est moins 
mou, mais un peu sec. Si l'on ne connaissait que la réplique du 
Louvre, on en concluerait volontiers que l'original était en bronze; 
rien n'empêche, d'ailleurs, d'admettre qu'il en fût ainsi et que l'au- 
teur de l'Aphrodite du Capitole, s'inspirant d'un modèle en bronze, 
l'a copié librement avec ses goûts et sa technique de marbrier-. 

* Grandeur naturelle. Il y a des restaurations insignifiantes it l'oreille droite e» 
aux cheveu^. 

* Pourl'Aphroditedu Capitole : Photographie Brogi, n«4244</; Brunn-Bruckmann, 
Uenkmdler, n» 373 ; Bernoulli,^p/iro(i<7e, p. 223 ; Friederichs-Wolters. (iipsabcjilsse. 
n' Uo'J; Helbig, Filhrer*, t. I, n''4G0; Locwy, Monumenti clei Lincei, t. I (1892), 
p. %.") (répli(|ue en bron/e de la collection Tyskiewicz) ; Klein, Praxileles, p. 276. 
— Pour la tôte du Louvre : Photographie Giraudon, n» 1243 ; Froehner. Solice. 
n» 1G7 ; Bouillon, AfuseV. t. I, |)l. 69; Glarac, Musée, 1105, 2794 (/. 



PLANGIIK 188 149 



PLANCHE 188 



TÈTE EN MARBRE DE JEUNE DEESSE 

{Collection Barracco à Rome.) 



On a découvert, à Athènes même, deux tètes analogues à celle-ci ; 
l'une d'elles, exhumée dans l'Asklépieion, sur le flanc méridional de 
l'Acropole, représente sans doute Hygie, la jeune parèdre d'Asklé- 
pios*. Le type dHygie a été créé par l'art attique du v° siècle, mais 
il ne l'a pas été de toutes pièces ; c'est une simple variante de celui 
d'Artémis, la déesse jeune et virginale par excellence, qui passait 
aussi, comme son frère Apollon, pour infliger des maladies aux 
hommes et pour les guérir. 

La tête de grandeur naturelle de la collection Barracco est une 
copie gréco-romaine un peu sèche d'une Hygie ou d'une Artémis 
attique sculptée vers le milieu du iv" siècle. L'ensemble off're de l'ana- 
logie avec l'Aphrodite d'Arles (pi. 136), qui est cependant un peu 
plus ancienne. Les cheveux relevés sur le front et noués sur le 
sommet de la tète sont une mode qui paraît au iv" siècle et se 
répand au siècle suivant; on peut, à cet égard, rapprocher la tête 
qui nous occupe d'un beau buste d'Apollon conservé à Venise -, que 
M. Amelung attribue à la première moitié du iv" siècle ^. 

' Koepp, Athenische Millheiliingen, t. X (1885), pi. 8, 9. 

' Amelung, Fuhrer, p. 2, pi. 1. 

^ Helbig, Collection Barracco, pi. 69. 



MO PLANCHE 189 



PLANCHE 189 



TÈTE EN MARBRE D'APHRODITE 

{Musée britannique.) 



De la collection de Sir William Hamilton, qui acheta des antiques 
en Italie, cette jolie tète a passé à celle de Townley, puis au Musée 
britannique. Elle offre un exemple intéressant d'un mode de coiffure 
{jue l'art du iv* siècle attribua aussi aux têtes viriles*. Deux tresses 
de cheveux, relevées vers le sommet de la tète, sont nouées en touffe 
horizontale*; le reste de la chevelure, ondulée sur les tempes, se 
réunit par derrière en un chignon. La tête est serrée par un ban- 
deau dont on aperçoit le tracé sur la gauche. Il n'y a de restaurés 
que le nez et une partie de la lèvre inférieure. 

Ce type d'Aphrodite a certainement été influencé par celui de 
Praxitèle, mais ne paraît pas appartenir à son école. Le dessin des 
yeux, en particulier, est différent, avec une expression de langueur 
moins accusée. L'auteur de l'original doit plutôt être cherché dans 
le groupe d'artistes auquel appartenait Léocharès ^. 

' Pottier, art. Coma, dans le Dictionnaire des antiquités, p. 1359. 

* On appelait autrefois cette touffe un crobyle, mot qui parait avoir une signifi- 
cation toute différente. 

" Ellis, Townley Gullenj, t. I, p. 324; Ancient marbles, t. XI, pi. 8 : Synopsis, 
Graeco-roman liootn, n» 20i. 



PLANCHE 191 151 



PLANCHE 190 



TETE DE JEUNE DEESSE 

(Musée britannique.) 



Le peintre écossais Gavin Hamilton acquit cette tête à Rome vers 
le milieu du xyiii** siècle. L'expression candide et virginale qui s'en 
dégage ne permet pas d'y reconnaître une Aphrodite; c'est Artémis 
ou Koré, plus vraisemblablement Artémis (cf. pi. 188). L'arrange- 
ment coquet des cheveux est presque identique à celui de l'Aphro- 
dite du Capitole (pi. 186) et comme il y a d'autres ressemblances, 
entre ces sculptures, il est tentant d'en attribuer les originaux à un 
même artiste, appartenant à l'école de Praxitèle et de ses fils. Les 
deux frisons qui s'enroulent sur le front de part et d'autre de la raie 
sont un détail que nous avons déjà signalé dans des têtes de style 
sévère appartenant au Louvre (pi. 138) et au Musée britannique 
(pi. 139). Le bout du nez et un morceau du menton sont des restau- 
rations, d'ailleurs sans importance ; l'ensemble est exquis et eût 
mérité de trouver place dans les histoires de l'art grec, où pourtant 
l'on en chercherait vainement une mention. 



PLANCHE 191 



TETE EN MARBRE DE DÉESSE (HÉRA?) 

{Ancienne collection Ludovisi-.) 



Peu d'antiques ont été plus admirés et célébrés que cette tête 

* Ancient marbles, t. X, pi. 7: Ellis, Townley Gallery, t. I, p. 324 ; Synopsis, 
Graeco-roman Room, n» 197. 

* Aujourd'hui au musée des Thermes à Rome. 



152 PLANGllK lOi 

colossale', connue sous le nom déliera Ludovisi ; le poète Schiller, 
en particulier, lui a consacré des lignes enthousiastes, dont l'exu- 
bérance est difficile h rendre en français. Hcrder, Winckelmann, 
Goethe, Guillaume de Ilumboldt nont pas été moins prodigues 
d'éloges. Or, à la fin du xix'^ siècle, dans son Histoire de la sculpture 
grecque, M. Gollignon ne la môme plus mentionnée. Ce n'est pas 
tant que le goût ait changé ; mais on a appris à connaître la vraie 
beauté grecque et à en dédaigner les contrefaçons. Cette tète, 
malgré son air de majesté souriante, n'est qu'un écho très affaibli 
de l'art classique et quiconque en étudiera de près le moulage (au 
I.ouvre ou à l'école des Beaux-Arts) s'étonnera qu'elle ait trouvé si 
longtemps non seulement des admirateurs, mais des dévots. 

M. Furtwaengler a été très loin dans la voie opposée : il a vu, dans 
la Héra Ludovisi, le portrait idéalisé d'une dame romaine du temps 
de Claude, vaguement imité d'un modèle praxitélien qui représentait 
peut-être Latone. Il se fonde principalement sur le bandeau perlé qui 
court au-dessous du diadème et retombe à droite et à gauche ; c'est 
là, en effet, un des ornements des dames de la famille impériale 
figurées dans le costume de prêtresses. Déjà, dans l'inventaire Ludo- 
visi de 1633, cette tête était appelée Giulia; c'est Winckelmann qui, 
le premier, en fit une déesse et M. Conze, dès 1870, proposait d'y 
voir une Juno Regina de l'époque impériale-. Mais M. Helbig a 
regimbé contre l'hypothèse de M. Furtwaengler. Après tout, 
les dames romaines figurées en prêtresses n'ont inventé ni leur cos- 
tume ni leur coiffure ; elles ont dû s'inspirer des modèles ptolé- 
maïques, qui donnaient alors le ton en toutes choses. Rien n'em- 
pêche donc de voir dans la tête Ludovisi une Héra alexandrine, 
œuvre d'un de ces imitateurs gréco-égyptiens de Praxitèle sur 
lesquels M. Amelung a appelé l'attention des archéologues. Le ban- 
deau de perles se retrouve précisément sur une Déméter d'une pein- 
ture pompéienne ; or, on sait quels liens étroits rattachent ces pein- 
tures à l'école d'Alexandrie ■'. 

• Restaurations : le bout du nez. une partie de la narine droite, quelques par- 
ties des cheveux. Le tout a été gratté et nettoyé ix outrance. 
'Conze, Die Famille des Auyustus, p. 15. 

•Kékulé, llefje, pi. 2: Overbeck. Kunslmylholor/ie, pi. IX. 7. 8 et t. H, p. 83; 
Hrhrvlhiir, Villti Ludovisi, li.ii'i: Friederichs-WoItcr-s. ii»l212: Haumeister. Den/c- 
mâler, t. II. fijç. 1505; Brunn-Bruckmann, n« 389; Furtwaengler, Masterpieceaf 



PLANCHE 192 153 



PLANCHE 102 



TÈTE EN MARBRE DE DIONYSOS 

(Musée de Constanlinople.) 



Un type statuaire très apprécié des anciens, qu'on fait remonter 
à l'époque de Praxitèle, est celui d'un jeune dieu au repos, le bras 
droit levé et appuyé sur le sommet de la tète. Apollon et Dionysos ont 
été l'un et l'autre figurés ainsi, comme on peut s'en assurer au 
Louvre môme en regardant les statues dites V Apollon lycien et le 
Bacchus de Versailles. Une tète colossale, découverte au théâtre de 
Tralles, appartient à la même série. L'influence de Praxitèle y est 
évidente, mais il est douteux que l'original remonte au maître lui- 
même ; c'est une modification hellénistique, dans un style large, 
d'un motif attique du iv° siècle. De la statue qui surmontait la tète 
de Tralles, on possède des fragments considérables découverts par 
Humann. C'était une œuvre décorative, fruste au revers, analogue 
aux Caryatides que Texier vit encore en place sur la scène du même 
théâtre de Tralles. La construction de ce théâtre et, par suite, l'exé- 
cution des copies qui l'ornaient datent à peu près de l'an 200 av. J.-C. 

La tête portait un bandeau en métal, fixé par des pointes dans des 
trous qui subsistent. Les pieds sont chaussés de brodequins, ce qui 
prouve que la statue représentait Dionysos et non Apollon*. 

p. 3iG ; F. Six, Romische Mittheilungen. t. X (180a), p. 189 (y voit Drusille, sœur 
de Gaiigula): llelbig, Fuhrer* L H, n» 917. 

' Gollignon. Revue archéologique, 1888, H, p. 289, pi. 14; Joubin, ibid.. 1894. I, 
p. 184, pi. 4 ; Catalogue du Musée ottoman, n" 9 ; Bulle, Der schône Mensch, 
pi. 194. S. Reinach, Répertoire de la statuaire, t. II, 96, 4. 



154 PLANCIII-: 193 



PLANCHE 193 



TÈTE EN MARBRE DOMPHALE (?) 

[Musée du Louvre.) 



L'indication des parties restaurées est, dans l'espèce, très impor- 
tante : ce sont une partie du front et du sourcil gauche, la peau de 
lion derrière et sur les côtés du visage, l'oreille et les cheveux à 
droite, le cou (et le corps). Cela suffit, je crois, à réfuter l'opinion 
de M. Sieveking, pour lequel l'Omphale (ou lolc) du Louvre serait 
un Héraklès juvénile, transformé en femme par une maladroite 
restauration *. Le fait que les cheveux à gauche sont très courts peut 
s'expliquer, dans l'hypothèse d'une Omphale, par l'imitation de la 
coiffure d'Héraklès. 

Il est vrai que l'art de l'époque classique ne nous a pas laissé de 
statues (l'Omphale et que les textes n'en mentionnent pas à cette 
époque ; mais ce n'est pas une raison de croire que ce type n'ait été 
introduit dans l'art qu'à l'époque romaine. Si le modèle de l'Omphale 
du Louvre, qui provient de la villa Albani, remonte seulement au 
i*' siècle, il faut que l'artiste se soit inspiré d'œuvres plus anciennes, 
car les yeux très ouverts, le nez et la bouche, avec sa forte lèvre 
inférieure, se rattachent à l'art de Polyclète. Toutefois, l'ovale pro- 
noncé du visage; interdit défaire remonter le prototype de la tète du 
Louvre au delà du milieu du iv* siècle et l'on pourrait y voir, sans 
difficulté, une création éclectique du siècle suivant^. 

* Arlicle Omphale du Lexikon der Mythologie de Roscher, p. 892. 

* Photographie Giraudon, n° 1284; Bouillon, Musée, t. Il, pi. 153: Marbres du 
Louvre, li-ZlS. 



PLANCHl:: 194 455 



PLANCHE 194 



MASQUE EN MARBRE DE ZEUS 

{Mimée du Vatican.) 



Peud'œuvrcs anticjues peuvent se comparera ce masque colossal, 
en marbre de Luna, qui a été découvert au xviu^ siècle à Otricoli 
et décore aujourd'hui la rotonde du Vatican ^ Autrefois, on croyait 
reconnaître dans cette admirable tête une copie du Zeus olympien 
de Phidias ; plus tard, on voulut y voir un des types de Zeus créés 
par Lysippe. La vérité est entre ces deux attributions. De notre 
temps, on a été justement frappé du caractère praxitélien des cheveux 
groupés par masses, de la douceur du regard, de la forme allongée 
des yeux peu ouverts, aux paupières inférieures atténuées. Evidem- 
ment, Praxitèle n'ignorait pas le Zeus de Phidias et à dû s'en ins- 
pirer, comme tous les sculpteurs postérieurs au v" siècle, pour 
représenter le maître des Dieux ; mais le style du Zeus d'Otricoli est 
celui du iv° siècle, non du v** (cf. pi. 117). L'expression est à la fois 
bienveillante et majestueuse. Le front puissant, fortement bombé, 
exprime l'intensité de la réflexion ; le regard doux et dirigé de haut 
en bas répond à l'idée de la bienveillance du dieu suprême pour 
l'humanité ; la bouche entr'ouverte esquisse un sourire mêlé de 
bonté et de dignité souveraine. Quand l'art grec n'aurait produit 
que ce type-là, il serait le premier de tous les arts. 

Je doute que M. Helbig ait eu raison d'attribuer l'original du 
masque d'Otricoli à Léocharès, car les caractères du style de Scopas 
n'y paraissent pas et les cheveux sont nettement praxitéliens'^. La 
copie que nous possédons doit dater des environs de l'ère chrétienne; 
elle n'a rien de la sécheresse de l'art sous les Antonins ^, 

' Sont restaurés : le bout du nez, les extrémités des boucles et le buste. 

- M. Gardner {Haiidbook, p. 498) est frappé du caractère de la « crinière léonine », 
qui ne lui semble pas admissible avant Lysippe et les portraits idéalisés 
d'Alexandre le Grand. Mais ces portraits dérivent des œuvres idéales de l'époque 
précédente et leur caraclère même implique un développement antérieur de 
l'art dans le même sens. 

* Photographie Alinari, n" 4134 ; Visconli, Musée Pie-CLémenlin, t. VI, pi. 1 ; 



156 PLANCHE 195 



PLANCHE 195 



TÈTE EN MAftBRE D'ASKLÉPIOS 

(Musée britannique.) 



Huit ans après la découverte de l'Aphrodite du Louvre, cette tète 
colossale fut exhumée dans l'île de MiIo(1828) et acquise par le duc 
de Blacas dAulps ; elle a passé au Musée britannique, en 186G, avec 
presque toute la collection de cet amateur. Pendant longtemps, on crut 
y reconnaître les traits de Zeus ; mais la désignation d'Asklépiosaélé 
définitivement établie en 1892, par le rapprochement avec des tètes 
analogues découvertes dans l'Asklépieion d'Épidaure*. D'autres répli- 
ques, très inférieures comme travail, ont été signalées à Athènes, à 
Calaurie et à Orope-. Une réplique médiocre de la statue entière est 
conservée à la villa Pamfili '. 

La tête, fort maltraitée au revers, est intacte par devant; il y avait 
sur les cheveux une couronne métallique, fixée par des pointes dans 
des trous d'insertion encore visibles. 

La bienveillance du dieu guérisseur, sa compassion pour les souf- 
frances humaines n'ont jamais été mieux exprimées que par l'auteur 
de ce chef-d'œuvre ; la Renaissance n'a produit aucun type de 
Jésus qui puisse être préféré à celui-là. Le travail libre et pitto- 
resque des cheveux et de la barbe fait songer aux têtes célèbres du 
Zeus d'Otricoli (pi. 194) et du prétendu Sardanapale (pi. 197), que 

Ovcrbeck, Kttnsitnylholof/ie. Zeus, pi. M, 1, 2. cl t. I. p. 74 et 569 ; Brunn-Bnick- 
mann. henkmdler, n» 130; Furtwaengler, A/a-v/erp/ec^v. p. 190, 342; Collignon, 
Histoire de la sculpture grecque, t. Il, p. 364. fig. 186; Ilelbig, Filhrei*, t. I. 
ri" 301. 

• Voir Ips ptiotograplilcs juxtaposées dans XaGazelte des Beaux-Arts, 1893, I, 
p. 25". 

' .M. Arndl a publié une réplique assez faible de la collection F. A. Kaulbach 
ii .Munich (Zeilschrift des MUnchener Aller thumvereins, 1900). 
'Chirac. Musée, 551, 1160 c. 



PLANCHE 196 157 

l'on est d'accord aujourd'hui pour attribuer à lécole do Praxitèle ; 
daus la tôte de Milo, cette impression est encore confirmée par le 
modèle tout praxitélien des yeux, avec leurs paupières très atté- 
nuées et cette espèce de sfumato qu'on admire dans l'Aphrodite de 
lord Lcconiield (pi. 175). On peut se demander si le type d'Asklé- 
pios a dû sa douceurà celui de Zeus, transformé par l'art du iv^ siècle S 
ou si ce ne serait pas plutôt le typed'AskIépios, dieu naturellement 
bienveillant et secourablc, qui aurait influé sur l'évolution du type 
de Zeus. 

Le travail de l'Asklépios de Milo est bon, quoique inférieur à celui 
de l'Hermès d'Olympie; ce ne peut être qu'une œuvre d'atelier, mais 
elle semble bien appartenir encore au iv" siècle-. 



PLANCHE 496 



TETE EN MARBRE D'ASKLEPIOS 

[Ancienne collection Loge rot.) 



Le général Logerot, qui commandait en 1883 la division d'occu- 
pation en Tunisie, m'a autorisé, il y a vingt ans, à photographier 
cette petite tète assez fruste, trois fois environ plus petite que 
nature, qui avait été découverte à Thysdrus (El Djem) et était 
devenue sa propriété. N'était la forte inclinaison de la tète sur le 
cou, on y reconnaîtrait sans hésiter une image de Zeus ; mais dans 

' Parlant de l'Asklépios d'Épidaure (d'après Thrasyinède, (jfa:. (/es Beaux-Arts, 
1889, I, p. 184), M. Gardner l'appelle spirituellement « a mildev and more human 
version of Zeus » [Handbook, p. 399.) 

■Expédition de Marée, t. III, pi. 29, 1 ; Rayet, Monuments de l'art antique, t. I. 
pi. 42 (article de M. CoUignon) ; Brunn, Goetterideale, p. 96 et pi. 9 ; Friederichs- 
Wolters, Gipsabgiisse, n» l'J83; Wolters, Athenische Mittheilunqen, t. XVII (1892), 
p. 119 ; Klein, Praxiteles, p. 423; Arndt, Einzelaufnahmen, n» 285; Collignon, 
Histoire de la sculpture grecque, iA\, p. 363, fig. 185 ; Gardner, //a«(<6oo^, p. 417, 
iig. 100: Bulle, Der schône Mensch, pi. 159. 



158 PLANCHE 1«.)G 

quel type sculptural de Zeus la tête est-elle inclinée ainsi? Kn 
revanche, on a découvert au Pirce.en 1888, la partie supérieure d'une 
statue d'Asklépios*, qui présente un motif fort analogue. La tête est 
un peu renversée en arrière, les yeux levés vers le ciel, le regard 
inquiet et pathétique. Si l'on a eu raison de rapporter cet Asklépiosdu 
Pirée à Scopas, il faudra faire un sort pareil à l'Asklépios de Thysdrus, 
tout en admettant, dans cette faible sculpture romaine, d'autres 
influences, carie traitement des cheveux rappelle le Zeus d'Olricoli. 
— Sur la photographie, on croit distinguer les contours incisés 
des globes oculaires, que ne reproduit pas notre dessin. 



PLANCHE 197 



TÈTE EN MARBKE DE DIONYSOS 

{Musée de Naples.) 



Gerhard et Panofka ont vu dans ce buste colossal - « une des plus 
belles répliques de cette admirable création antique qui nous montre 
une tôle pleine d'une noblesse divine au sein d'une existence de 
félicité et de rêve, peut-ôtre môme le type le plus accompli de la 
béatitude d'un Olympien^. » Ils en ont reconnu l'identité avec la partie 
supérieure de la statue du Vatican sur laquelle est inscrit, on ne sait 
trop pourquoi, le nom de Sardanapale. M. Treu, suivi par M. Arndt\ 
a proposé avec vraisemblance d'attribuer l'original à Praxitèle. Les 
cheveux sont traités comme ceux de l'Aphrodite de Cnide (copie du 
Vatican, pi. 172) ; la barbe, d'une finesse et d'une souplesse merveil- 
leuses, est digne de l'auteur des draperies de l'Hermès. L'attribution à 

' Wollers, Alhenisdie Miltheiluufjen , t. XVII (1892), pi. 4 ; Collignon, Histoire 
de la sculpture fjrecque, t. H, p. 249, fig. 126. 

' Le nez et quelques morceaux de lu chevelure sont modernes. 

* Gerhard et l'anofka, Seapels unlike liiUlwerke, u» 38:2. 

* Treu, ap. Arndt, Festschrifl /'ilr Overbeck. p. 100; Arndt, Eitizelaufnuhmen, 
n» 714. 



Pf.ANGIlES 198 ET 199 150 



Céphisodotc, proposée autrefois par M. Wolters*, paraît moins vrai- 
semblable, car il n'y a plus aucune trace d'archaïsme -. 



PLANCHES 198 ET 199 
TÈTE EN MARBRE D'APHRODITE (?) 

{Mu)iée de Vienne.) 



L'amiral autrichien Millosicz acheta à Tralles en 1871 et céda au 
Musée impérial de Vienne cette jolie petite tète ^ que les moulages 
ont rapidement popularisée. M. 0. Benndorf remarqua qu'elle offrait 
des analogies avec celle de l'Aphrodite de Milo, tant dans l'atti- 
tude que dans la disposition de la chevelure ; il en conclut qu'elle 
représentait une phase antérieure dans l'évolution de ce type, erreur 
qui n'a pas trouvé crédit. De son côté, M. Robert de Schneider fit 
valoir que ce buste avait dû être inséré dans une statue drapée et 
que cette circonstance, jointe à l'air de jeunesse répandu sur le 
visage, conseillait d"y reconnaître plutôt une Artémis. Il ajoutait que 
cette tète ressemblait beaucoup à celle de l'Artémis de Mételin au 
Musée de Constantinople (pi. 163), ce qui n'est vrai que d'une façon 
très générale. Aux yeux de M. de Schneider, nous avons là une œuvre 
due à un imitateur de Praxitèle, qui cherchait à renchérir encore 
sur la grâce de son modèle et tendait, s'il n'y tombait pas, vers le 
maniérisme. Wernicke a combattu le sentiment du savant viennois * 
et maintenu que la tète de Tralles était bien celle d'une Aphrodite. Je 

' Wolters, Jalu'buch des Instituts, 1893, p. 179. 

- Photographie Alinari, n» 11132; .\rndt, Einzelaufnahmen, n»« 5o7, 714; Klein, 
Praxiteles, p. 419 ; Helbig, Fichrer-, t. I. p. 213, n» 334. 

* Hauteur: 0"',29; marbre blanc à grain fin (Paros?) En haut du bandeau, un 
trou ayant servi à fixer un ornement en métal ou un meniskos (cf. pi. 3). 

* Wernicke, art. Artemis dans Pauly-Wissowa, p. 1425. 



160 PLANCHE 200 

ne pense pasqu il ait tenu compte du fait que les oreilles ne sont pas 
percées, ce qui convient plutôt à une divinité de caractère très juvé- 
nile et me porte à accepter l'opinion de M. de Schneider. 

Les plis praxitéliens du cou « collier de Vénus » sont indiqués 
avec une certaine exaf^éralion, ainsi que la fossette du menton, qui 
est marquée dans les répliques de la Gnidienne et, plus encore, dans 
rAj)hrodite de Médicis. La saillie de la paupière inférieure n'est pas 
très atténuée et le dessin de la bouche ondulée ne manque pas de 
viffueur*. 



PLANCHE 200 



TETE EN MARBRE D'APHRODITE (?) 

(Musée de Naplcs.) 



La désignation de Psyché, sous laquelle ce fragment de statue est 
célèbre -, ne repose sur aucun indice digne d'attention ". Il a été 
découvert à Capoue, dans l'amphithéâtre, non loin de la statue 
d'Aphrodite (pi. 102). Gomme les statues d'Aphrodite servaient 
fréquemment à la décoration des théâtres grecs, il est probable que 
la |)rétcndue Psyché est une image de cette déesse, peut-être groupée 
avec un Éros qui lui présentait un miroir. 

La section plane de la iôte, à laquelle était ajusté le reste de la 
chevelure sculptée à part, est une particularité fréquente des sculp- 
tures helléniques, alors qu'elle est rare dans les copies romaines du 
temps de l'Empire. On a donc lieu de considérer la statue de Capoue 

' Benndorf, AvcluBoloyisck-ep'ujmpliisclie Mitlheiliinrjen au.s Oeslerrelch. l. IV, 
p. fi6. pi. 1 et 2 ; Furtwaengler, Maslerpieces, p. 398 ; Scluioidor, AlOuiii der Anli- 
/{ensdniinlutif/, p. 3, pi. 6. 

' Voir h' fragment entier dans Ciarac, Musée, (i4'.t, 1493. 

* On a allégué deu.v trous aux éi)aules (|ui auraient servi à l'in.serlion d'ailes ; 
mais on peut expliquer ces trous autrement. D'ailleurs, l'expression n'est pas 
douloureuse et le type n'est pas assez juvénile pour Psyché. 



PLANCHE '201 161 

comme un original. Mais cet original n'appartient pas au iv® siècle, 
car le style qu'il accuse est un écho déjà lointain et un peu affadi 
de cette époque. M. F'urtwaengler a justement signalé les caractères 
du style de Scopas dans la bouche, les narines dilatées, le cartilage 
fortement marqué de l'oreille ; mais l'influence de Praxitèle est non 
moins sensible dans l'expression, qui est rêveuse sans être exaltée 
ni passionnée. J'attribuerais volontiers ce marbre à un artiste gréco- 
égyptien du II* siècle, ou à un éclectique de l'école néo-attique *. 



PLANCHE 201 



TÈTE EN MARBRE DE DIONYSOS (?) 

{Musée de Berlin.) 



Cette tète intacte-, découverte à Athènes près du Lycabette, fut 
d'abord considérée comme féminine ; M. Furtwaengler y reconnut 
plus tard une image de Dionysos efféminé, yu^^^iq, les cheveux 
entourés d'une mitre, u.-.-prjcpôpo;''. Ce type dionysiaque, création de l'art 
attique du iv* siècle, rappelle l'admirable tête de l'école de Scopas 
découverte sur la pente méridionale de l'Acropole* (fig. 13); la tête 
que reproduit notre planche représente une phase plus ancienne 
de la même évolution, car, suivant la juste remarque du premier 
éditeur, on n'y voit encore qu'en germe cette expression de langueur 
passionnée qui, au iv® siècle, atteindra son paroxysme dans la tête 
presque douloureuse du Dionysos de Leyde (pi. 244). 

' Gerhard, Anlike Bildwerke, pi. 62, i ; Millingen, Ancienl unediled monuments, 
t. II, pi. 8 ; Museo Dorbonico, t. XV, pi. 42; Kekulé, Annali delV Inslituto, 1864, 
p. 144 (Psyché enchaînée); Furtwaengler, Maslerpieces, p. 395; Friederichs- 
Wolters, Gipsabgiisse, n» 1471. 

- Hauteur : 0°',24. Ancienne collection du comte SabourofT à Athènes. 

•* M. Furtwaengler a signalé depuis, à Ghatsworth, un autre exemple de Dio- 
nysos (Jitxprjcpôpo; (Journal of hellenic studies, t. XXI, p. 216). 

^ Athenische Mittheilungen,\. I, pi. 13. 

11 



462 PLANCHE 202 

Le modelé des yeux enveloppes et rêveurs, la bouche entrouverte 
et sensuelle, sont les caractères de lart attique à l'époque et sous 
l'influence de Praxitèle ; les sillons nettement marqués du cou 
conviendraient plutôt à une tète féminine dans la tradition du v^ siècle 
(cf. pi. 111 j. En somme, cette œuvre charmante ne peut être attri- 
buée à un grand maître ; elle indique plutôt le niveau moyen de la 
sculpture attique vers 350, époque où la même tendance sentimen- 
tale paraît même dans les bas-reliefs funéraires ^ 



PLANCHE 202 



TÊTE EN MARBRE D'APHRODITE (?) 

{Musée de Vienne.) 



On a reconnu tantôt Apollon, tantôt Aphrodite dans cette tête 
colossale, qui était destinée à être insérée dans une statue. Les plis 
de chair qui dessinent un bourrelet sur le cou (collier de Vénus) 
inclinent cependant à y faire voir une Aphrodite, sculptée sous l'in- 
fluence de Praxitèle (cf. pi. 198). Les cheveux sont relevés comme 
dans la tête de la Kora de Vienne -, celles du Musée de Berlin (pi. 180) 
et de la Bibliothèque Nationale, considérée autrefois à tort comme 
provenant des frontons du Parthénon ''. Cette mode commença vers 
350 avant J.-C, mais se prolongea bien au delà du iv« siècle; on l'a 
déjà plusieurs fois signalée dans des têtes qui, comme celle du Musée 
devienne, appartiennent à l'un des nombreux ateliers où les modèles 
praxitélicns étaient en honneur. La grosseur relative de la bouche, 
sans aucune trace de mièvrerie, ne permet pas d'attribuer ce beau 

' Furlwacngler. Sammlung Saburo/f, l. I. pi. 23 ; [Conze], Beschreibunrj der 
Skulpluren zu Berlin, n» 118. 

* Gazelle des Beaux-Arts, 1895, II, p. 160. 

* Gazelle archéologique, 1873, pi. 1 ; Babelon, Cabinel des Anliques, pi. 20. 



PLANCHES 203 ET 204 163 

fragment à une date plus basse que le début du ni" siècle avant 



PLANCHES 203 ET ^204 
TÈTE EN MARBRE DE DIONYSOS 

( A/usée britanniq ue.) 



Le Musée britannique possède une tête colossale d'Apollon pro- 
venant, comme celle-ci, des Thermes de Garacalla à Rome et qu'il 
est intéressant d'en rapprocher (pi. 243j. Alors que l'Apollon est 
un écho fidèle du style dé Scopas, le Dionysos semble plutôt inspiré 
de Praxitèle ; à l'expression enthousiaste et passionnée du premier 
répond la bienveillance souriante et légèrement mélancolique du 
second. La chevelure flottante, couronnée de jierre et de baies, est 
traitée avec une largeur et une simplicité admirables. L'original était 
probablement en bronze ; les yeux, creux aujourd'hui, étaient rem- 
plis d'une pâte émaillée avec, au centre, un disque d'ivoire où la 
pupille était figurée par une pierre de couleur. 

J'attribuerais volontiers ce beau marbre à un atelier alexandrin ou 
attique du ii* siècle avant J.-G. -. 

' Sacken, Ajilike Skulptureii, pi. 5; Monumenti delV Institulo, l. XI, pi. XVI, 
3 et 4 : Schneider, Album der Antikensammlung. p. 4, pi. VII, 2; S. Reinach, 
Gazette des Beaux-Arts, 1892, I, p. 283. 

' Monumenti delV Institulo, t. X, pi. 20 ; Robert, Annali, 1875, p. 37, pi. C : Thrà- 
mer. art. Dionysos dans le Lexikon de Roscher, p. 1129, fig. 13; CoUignon. Histoire 
de la sculpture grecque, t. II, p. 4o3, fig. 235. 



164 PLANCHE 205 



PLxVNCHE 205 



TÈTE EN MARBRE DE DIONYSOS 

[Musée du Capitule. ) 



Ovide prête à Dionysos jeune une tète de jeune lille, virgineum 
caput. Ce caractère est si bien marqué dans le buste célèbre du 
Gapitole^ qu'on l'a longtemps cru féminin et désigné sous le nom 
d'Ariane. Ce type prit naissance au iv" siècle et se développa après 
Alexandre ; l'ancêtre de ces Dionysos efféminés est peut-être sorti 
de l'atelier de Praxitèle. Bien entendu, on ne peut attribuer au 
maître lui-même l'original d'une œuvre où leraflinement sensuel est 
poussé si loin. La plus belle partie est la chevelure, traitée avec une 
souplesse étonnante et une entente vraiment pittoresque des jeux 
de l'ombre et de la lumière ; mais cette manière d'indiquer les che- 
veux ne se rencontre guère avant Alexandre. Le modelé du visage 
est un peu rond et mou ; en revanche, l'expression rêveuse du jeune 
dieu n'a jamais été rendue avec plus de charme. II faut regretter que 
les archéologues contemporains, séduits par les rudesses savoureu- 
ses de l'archaïsme, soient devenus moins sensibles que Winckel- 
mann et Gœthc aux grâces de l'art romantique des Praxitélides. 
Il y a pourtant loin de ces œuvres-là aux bonshommes en sucre de 
Ganova et de Thorwaldsen ! - 

' Restaurations : le bout du nez, la lèvre inférieure, le buste. 
* Brunn-Biuckmann. Den/cmdler, n» 383; Friederichs-Wolters, GipsabgUsse, 
n" 1490 ; Roschcr, Lexikon, t. I, p. 1137, fig. 16: Helbig, Filhrer*, t. I, n» 544. 



PLANCHE 206 169 



PLANCHE 206 



TÊTE EN MARBRE D'ARIANE 

{Musée des Thermes à Rome.) 



Les fouilles exécutées dans les ruines de la villa de Néron à 
Subiaco ont rendu à la lumière, outre cette belle tète de femme 
endormie, la statue acéphale dite éphèbe de Subiaco, où il faut peut- 
être, avec M. H. Lucas, reconnaître Ganymède fuyant devant l'aigle 
de Zeus^ L'cphèbe paraît être dû au même ciseau que lllioneus de 
Munich, que Curtius considérait déjà comme un Ganymède. Si la 
villa de Néron était ornée de sculptures représentant les amours des 
dieux, on ne s'étonnera point d'y rencontrer Ariane à côté de Gany- 
mède. 

Le travail des cheveux indique un original du milieu du iv^ siècle, 
contemporain de Praxitèle, mais d'un style diftérent et un peu plus 
lourd. On a songé à une réplique de la Jocaste de Silanion ; mais la 
tête du musée des Thermes représente une femme endormie, non 
pas une morte. Toutefois, l'attribution de l'original de l'Ariane à Sila- 
nion ne serait pas dépourvue de vraisemblance -. 

' A. H. Lucas, Neue Jahrbilcher, 1902, p. 427. 

* Nolizie deffli Scavi, 1884, p. 427: Ilelbig, Fiihrer', t. If, n» 114o. 



iC6 PLANCHE 208 



PLANCHE 207 



TÈTE JUVÉNILE EN MARBRE 

{Musée de Vienne.) 



On a cru reconnaître dans cette petite tète mélancolique * celle 
d'un Hermaphrodite, couverte d'un fichu en grosse étoffe comme 
la réplique de l'Hermaphrodite de Polyclès à Berlin -. Ce n'est pour- 
tant ni une copie, ni môme une imitation de ce type célèbre, mais 
une œuvre sentimentale , probablement gréco-égyptienne, qui ne 
manque pas d'un certain charme langoureux '. 



PLANCHE 208 



TÈTE EN MARBRE DE PAN 

{Musée de Vienne.) 



On a énuméré cette tête* parmi les répliques du Pan de Leyde, 
dont l'original appartient à l'école de Polyclète, à côté de la tôte du 

* Hauteur : 0-,21. 

* Clarac, Musée, 669. 15i6: Furlwaengler, Staluenkopien, p. 58. j)!. 12. 

' Hprrmann, np. Roschcr. Lexikon. p. 2325; Schneider, Album der Antiken- 
mmmlutif/,i>\. VIII, 1, p. 4. — Lhypothèse deloriKine gréco-égyptienne a déjà été 
émise par M. Amelung, liuUeltino comuîiale, 181)7, p. 134. Mais il semble bien 
«pie les ateliers atticpies de la même époque ont produit des œuvres édulcorées 
du même genre, caractérisées par la recherche ùusfumalo (cf. Archaeol. Anzeiger 
1902, p. 110. fig. 1 el2). 

* Hauteur: 0",22. Le bout du nez et le menton sont modernes. 



PLANCHE 209 167 

Palais des Conservateurs (pi. 62) '. Sans doute, elle remonte au môme 
prototype, mais elle est conçue dans un esprit tout différent, bien 
plus voisin de l'idéal néo-attique que de l'idéal argien. Le traite- 
ment des yeux, influencé par les œuvres de Praxitèle, n'a rien de 
polyclétéen ; il en est de même de la bouche. L'exécution n'est pas 
antérieure à l'époque romaine; les globes des yeux et les pupilles 
sont indiqués en creux. Peut-être ce marbre provient-il aussi d'un de 
ces ateliers gréco-égyptiens où la persistance de la tradition pra- 
xitélienne, exagérée par le mauvais goût provincial, édulcora jus- 
qu'aux imitations des œuvres du v« siècle. D'ailleurs, nous avons déjà 
constaté que le motif du Pan de Leyde avait été repris dans l'école 
de Praxitèle (pi. 62)2. 



PLANCHE 209 



TETE EN MARBRE D'EROS 

(Musée du Vatican.) 



On compte une douzaine de répliques de cette statue, entre autres 
une ligure entière au Musée de Naples ^. L'exemplaire du Vatican a 
été découvert à Centocelle et est considéré généralement comme 
la copie d'un des Eros de Praxitèle. M. Furtwaengler, après l'avoir 
attribué à l'école péloponésienne du iv^ siècle*, est revenu depuis 
à l'autre opinion, d'abord émise par Visconti ' : il croit que l'Éros 
de Centocelle reproduit le célèbre Eros de Thespies, œuvre de 
jeunesse de Praxitèle, où l'influence de Polyclète paraît encore 
sensible. MM. Helbig et Klein ont eu raison, ce me semble, de com- 

' Furtwaengler, Masterpieces, p. 270, note 1. 
- Schneider, Album der Antikensammlung , pi. VIII. 3, p. 4. 
^ Furtwaengler, Masterpieces, fig. 134; Klein, Praxiteles, p. 233, note 1. 
* Furtwaengler, ap. Roscher, Lexikon, t. I, p. 1362. 
' '• Visconti, Musée Pie-Clémentin, t. I, p. 12. 



168 PLANCHE 210 

battre ce sentiment. A moins de postuler un Praxitèle qu'aucune 
œuvre authentique ne nous fait connaître, il n'est pas possible 
d'attribuer au maître de l'Hermès l'original d'une sculpture qui pré- 
sente des caractères presque opposés. La statue de Gentocellc est 
certainement la copie d'un bronze, œuvre d'un artiste fortement 
influencé par Polyclète; il est d'ailleurs très douteux que ce soit un 
Eros et M. Helbig a proposé, non sans vraisemblance, d"y recon- 
naître Thanatos, le Génie de la Mort, ce qui expliquerait son 
expression attristée. Stephani, frappé de cette expression, avait 
songé à Eros groupé avec Psyché, hypothèse que la date présumée 
de l'original rend, a priori, peu admissible*. 

Le travail du marbre est médiocre et ne paraît pas antérieur au 
i*"" siècle après J.-C. Les refends de la chevelure, en particulier, sont 
accusés d'une manière brutale et le dessin des longues mèches 
manque de caractère 2. 



PLANCHE 210 
TÊTE EN MARBRE D'ANTINOUS 

{Musée du Capitole.) 



Les archéologues savent depuis longtemps que les statues d'An- 
tinous ne sont pas, à proprement parler, des portraits, mais des 
images idéales, inspirées de l'art grec du v" et du iv" siècle, les 
dernières que l'art antique ait créées, et non les moindres. C'est ce 
qui justifie l'admission, dans ce recueil, de la tête de l'AntinoUs du 
Capitole, découvert en 1738 dans la villa d'Hadrien à Tivoli''. 
L'éphèbe est représenté debout, tenant dans la main droite l'amorce 

• Stephani. Die Anliken zu Pavlovsk, p. 6. 

• PholoKraphic Alinari, n» 0343 ; Furiwaengler, Masierpieces. p. 31o. fig. 135; 
Klein. PrauHeles, p. 233; Friederichs-Wolters, n»1578 ; Brunn-Brucitmann, Denk- 
mdler, n» 379 ; Coilignon. Histoire de la sculpture grecque, t. Il, p. 268, fig. 13 ; 
Hell)ig, Fahrer*. t. I. p. 189. 

• Clarac. Musée, 947, 2426. 



PLANCHE 211 169 

d'une canne à pèche ; cet attribut se comprend d'autant mieux, 
dans la main du favori d'Hadrien, qu'il avait trouvé la mort dans les 
eaux du Nil, par accident, suivant les uns, par dévouement, suivant 
d'autres, car l'on racontait qu'il avait offert sa vie pour prolonger 
celle de son maître. La pèche n'est donc ici qu'un prétexte ; le beau 
Bithynien contemple, la tète inclinée et pensive, les flots du Nil 
qui doivent être son tombeau. 

M. Helbig a nié avec énergie que cette statue représentât Anti- 
nous; il y voit la copie d'un type de l'art grec du iv® siècle, proba- 
blement d'un Narcisse. Mais, d'abord, le travail, d'une correction 
minutieuse et sèche, est bien contemporain d'Hadrien ; en second 
lieu, la statue a été découverte dans la villa môme de l'empereur ; 
enfin, la ressemblance de la tète avec celle que les artistes ont 
attribuée à Antinous est évidente. Il n'y a donc pas lieu de modi- 
fier la désignation généralement adoptée. 

La sécheresse du style n'empêche pas que la tète qui nous occupe 
soit digne de toute admiration ; comme celle de l'Antinous de la 
villa Mondragone au Louvre S où M. Furtwaengler a justement 
reconnu un écho des Athénas de Phidias, celle-ci reproduit sans 
doute un ouvrage célèbre du iv® siècle, que Ion est tenté d'attribuer 
à Praxitèle, mais qui pourrait bien être d'un artiste un peu posté- 
rieur. Le traitement métallique et pédantesque de la chevelure est 
sans doute à la charge du sculpteur romain -, 



PLANCHE 211 
TÊTE EN MARBRE DE PARIS 

(Musée du Louvre.) 



Paris ou Ganymède ? Le première désignation est préférable, car, 
au iv^ siècle, époque à laquelle remonte évidemment l'original, 

* Gazette des Beaux-Arts, 1894. II, p. 223. 

- Photographie Alinari. n» 5979 ; Dietrichson, Antinoos, p. 145, pi. 4 ; Friede- 
richs-Wolters. Gipsabgusse, n» 16.Ï9 : Arndt, Griechische Portraits, n" 529, 530; 
Helbig. Fulirer-, t. I. n» 538. 



i70 PLANCHE 212 

Ganymède n'avait pas encore été figuré, semblc-t-il, sous les traits 
(lun éphèbe phrygien. 

Nous avons là, provenant de la villa Albani*, une des nombreuses 
variantes d'une tôte juvénile, inclinée tantôt sur l'épaule droite, 
tantôt sur l'épaule gauche, que M. Furtwaengler, par une hypothèse 
vraisemblable, a fait dériver de la célèbre statue de Paris due au 
peintre-sculpteur Euphranor. Plusieurs de ces tètes surmontent des 
statues complètes où il est difficile de ne pas reconnaître Paris. 

Le buste du Louvre est d'une exécution un peu mièvre et pauvre, 
probablement d'époque romaine ; mais le copiste a fidèlement con- 
servé le caractère des yeux qui, avec leurs paupières à arêtes 
saillantes, rappellent les types attribués à Grésilas. S'il fallait se 
faire une idée d'Euphranor d'après le Paris du Louvre, ce serait un 
Grésilas praxitélisant-. 



PLANCHE 212 



TÈTE ExN MARBRE DE PARIS (?) 

{Musée britannique.) 



On a désigné celte tète, découverte à la villa Palombara à Rome, 
sous les noms d'Atys et de Paris ; la dernière appellation est sans 
doute préférable, car rien ne prouve que l'art grec ait produit des 
statues d'Atys dès le iv" siècle, époque à laquelle appartient sans 
conteste l'original de ce marbre. Nous connaissons plusieurs tètes 
analogues, inclinées tantôt à droite, tantôt à gauche, à Lansdowne- 
Ilousc, à la villa Albani, à Ny-Garlsberg, au Louvre, etc. Or, il 
est question dans Pline-' d'une statue célèbre de Paris par Euphra- 

' Le bout du nez et le buste sont modernes. 

' l'holofîraphic (liraiidon. n» iHi; Bouillon. Musée, t. III. Bustes, pi. 3: Chirac, 
Munêe, 1007, 2'.>0l e: Kroehner, Solice, w 41 ; Marbres du Louvre, n» 53a ; .\rndt, 
(jlyplol/ièque de Sy-CarUber;). texte, p. ll'J, note 0; Furtwaengler, Masterpieces, 
p. 3Ô8, Hk- 154. 

» Pline, nut. SaL, X.XXIV. 77. 



PLANCHE 213 171 

nor, peintre et sculpteur qui florissait à l'époque de Praxitèle *. 
M. Furtwaengler a supposé que nous en possédons des répliques, 
ce qui est, a priori^ très vraisemblable ; la mieux conservée, qui 
est presque intacte, se trouve à Lansdowne-House -. La tète du 
Musée britannique aurait appartenu à une imitation du même motif, 
La partie supérieure du bonnet phrygien est moderne. Le visage 
est entouré de grosses boucles tordues qui lui font un encadrement 
pittoresque ; la même disposition des cheveux paraît sur la réplique 
Albani. Dans l'ensemble, l'influence de la tradition de Polyclète est 
sensible, mais profondément modifiée par le goût d'un artiste du 
IV'' siècle qui vivait dans l'atmosphère de Praxitèle. Cet artiste nest 
certainement ni Scopas ni Praxitèle et l'hypothèse qui l'identifie à 
Euphranor est, quoiqu'on en ait dit, très séduisante^. 



PLANCHE 213 



TÈTE EN MARBRE DE KORA (?) 

{Musée du Vatican.) 



Conservée d'abord à Velletri et donnée par le prince Lancelotti à 
Pie \l, la statue que surmonte cette tête à été restaurée plus tard 
en Uranic pour compléter (!) le groupe des Muses du Vatican. La 
tête, découverte en 1786 dans la villa d'Hadrien à Tivoli, est étran- 
gère au corps *, mais dune incontestable authenticité. On est à peu 
près d'accord pour reconnaître dans la statue une Ivora ; la même 

' Pline, Hist. Nal., XXXIV, 50. 

- Furtwaengler, Masterpieces, ûg. 154. 

■■' Spécimens of ancient sculpture, t. II, pi. 17; Ancient mavhles, t. X, pi. 4 ; 
Friederichs-Wolters. Gipsabgilsse, n° 1580 ; Furtwaengler, Masterpieces, p. 358 ; 
Beschreibung der Ghjptolliek, n» 263; Statuenkopien, I, p. 42; Arndt, Glypto- 
Ihèque de Ny-Carlsberg, p. 119. 

^ Clarac, Musée, texte, t. IV, p. 289. 



172 PLANCHES 214 ET 213 

désignation conviendrait à la tète, qui a été très judicieusement 
choisie par le restaurateur de la statue. Elle offre des analogies 
avec celle de lArtémis de Gabies, dont on a rapporté l'original — 
à tort, suivant moi — à Praxitèle, et fournit un exemple d'une mode 
en faveur au iv" siècle, consistant à rejeter les cheveux ondulés vers 
le sommet de la tête. Le dessin des yeux n'est pas du tout praxité- 
lien. Une tôle d'Apollon, au musée de Venise S ressemble beau- 
coup à celle-là et nest pas non plus inspirée directement de Praxi- 
tèle, dont les contemporains sont encore mal connus et trop sou- 
vent confondus avec lui par les modernes*. 



PLANCHES 214 ET 215 
TÈTE EN MARBRE D'ATHLÈTE 

[Musée du Vatican.) 



En 1849 on découvrit à Rome une statue de marbre presque 
intacte où l'on ne tarda pas à reconnaître une copie fidèle du 
fameux bronze de Lysippe, YApoxyomène, représentant un athlète 
se frottant avec un strigile. L'original était célèbre à Rome au com- 
mencement de l'Empire. Agrippa l'avait placé devant les Thermes ; 
Tibère l'enleva pour en orner son palais, mais dut céder aux cla- 
meurs du peuple qui demandait qu'on le remît là où il était. 

Le trait dislinctifde la tête est la silhouette carrée, osseuse, mas- 
sive de la partie inférieure du visage ; il n'y a là rien qui rappelle 
l'ovale délicat de Praxitèle. Un second caractère est la petitesse 
relative des yeux et la façon toute particulière dont s'infléchit la 
paupière inférieure pour se raccorder, avec quelque brusquerie, à 

' Amelung, Fuhrer, pi. I. 

' Photoffniphic Andersoti. n' 4805; Visconli, Musée l'ie-Cli'mentin. t. I. pi. 24 ; 
Bouillon, Musée, t. I. pi. 41 ; Amelung, fiasia des l'raxileles. j). 53, fig. 27 ; Klein. 
Praxiietes, p. 359, fig. 27. 



PLANCHES 214 ET 215 173 

l'angle externe de l'œil. Le nez est long et fort, avec un élargisse- 
nnent notable vers la base (il ne paraît pas avoir été restauré). 
Notons encore la hauteur du front, qui n'est pas triangulaire, mais 
en demi-cercle, et le sinus accusé qui limite la protubérance sour- 
cilière. La bouche, un peu ouverte, est remarquable par l'atténua- 
tion de la lèvre supérieure, à peine indiquée, et par la saillie 
énergique de la lèvre inférieure ; mais la bouche est assez petite 
et l'inflexion de la ligne médiane y est très discrètement accusée. 
En somme, il y a là, avec des éléments nouveaux, une survivance 
du type athlétique des bronziers du v^ siècle, dont Lysippe se fit le 
continuateur. L'influence de Praxitèle est peut-être sensible dans la 
douceur du regard, mais l'ensemble dérive surtout dePoIyclèteS 
avec cette différence essentielle, conséquence de l'état des esprits 
au iv^ siècle, que l'idée de la force y est rehaussée par celle de 
l'intelligence et une légère tendance à la rêverie, qui est la vie 
intérieure. Cette particularité est accusée graphiquement par le pli 
frontal, indice de réflexion qui fait défaut au Doryphore (pi. 46). 
Les cheveux sont massés « à l'effet », sans trace de schématisme, 
en boucles qui chevauchent et se contrarient-, aveclapréocupation 
dominante de la réalité^; c'est un des mérites que les anciens 
déjà reconnaissaient à Lysippe *. 

' M. Homolle a admirablement opposé l'observation analomique de Polyclète 
à l'observation optique de Lysippe ; je renvoie à tout le passage, qui doit être 
lu avec le contexte {Bulletin de correspondance hellénique, 1899, p. 484.) 

- Cf. Homolle, Bull, de correspondance hellénique, 1896, p. 454. M. Mahler 
{Rev. arch., 1903, I, 35) a parlé avec raison du « caractère inquiet » de la cheve- 
lure de l'Apoxymène, avec la petite boucle qui s'élève, sans motif apparent, au 
sommet du crâne. 

' Il faut lire les belles pages où M. Homolle, à propos de la statue d'Agias 
découverte à Delphes, analyse le style de Lysippe et en définit avec sûreté les 
caractères (Bull, de corresp. hellén., iS99, p. 481-485). Toutefois, mon éminentami 
s'est exagéré l'importance de l'Agias — copie d'un bronze de Lysippe par un 
marbrier élève de Scopas — pour la connaissance du maître de Sicyone. M. Emm. 
Lœwy, d'accord avec moi. continue à croire que r.\poxyomène doit rester le 
point de départ de toute étude sur Lysippe (Rom. Miltheil., 1901, p. 392). 

* Friederichs-Wolters, Gipsabqilsse, n» 1264 ; Monumenli dell' Instituto, t. V, p. 13 ; 
Annali, 1850, p. 223 ; Lœwy, Lysipp und seine Stellung iti der griechischen Plastik, 
p. 7, fig. 2; du même, Rôm. Miltheil., 1901, p. 390 (comparaison, pi. 17, de 
la tête de l'Apoxyomèneavec celle de l'Éphèbe adorant de Berlin); Brunn-Bruck- 
mann, Denkmûler, n<" 281, 487 ; CoUignon, Histoire de la sculpture grecque, t. H, 
p. 415, fig. 218 ; S. Reinach, Revue archéologique, 1900, II, p. 390, pi. 18 (la tête) ; 
Helbig, Fuhrer*, t. I, n» 32 ; Bulle, Der schône Mensch, pi. 164. 



174 PLANCHES 21G ET SI- 

PLANCHES 216 ET 217 

TÊTE EN MARBRE DE MNÉMOSYNE 

(Musée de Dresde.) 



On connaît une demi-douzaine de répliques, dont plusieurs 
découvertes en Grèce même, de la belle statue de marbre du musée 
de Dresde que nous désignons sous le nom de Mnémosyne. Elle a 
été découverte au xviii® siècle à Hcrculanum, en compagnie de deux 
autres statues plus petites, mais du même style ; doù le nom de 
« grande Herculanaiso » que les archéologues lui ont donné ^ 

A rencontre de M. Amelung, qui en rapportait le type à Praxitèle, 
j'ai essayé d'établir que la grande Herculanaise était la copie d'une 
Mnémosyne en bronze de Lysippe-, groupée, à Mégare, avec plu- 
sieurs Muses, dont les petites Herculanaises seraient des copies. La 
coiffure en côtes de melon, commune à ces trois statues, remonte 
pour le moins à Silanion, qui l'a prêtée à sa Corinne (cf. pi. 223) 
et n'a presque jamais été figurée dans les statues attiques ^. 

L'art de Lysippe marque, à certains égards, un retour vers celui 
du v® siècle, en particulier vers Polyclète, dont Lysippe se disait 
l'élève en prétendant qu'il avait eu pour maître le Doryphore. La 
tête de la grande Herculanaise présente une silhouette carrée et 
un peu lourde, notamment dans la partie inférieure du visage, 
qui contraste avec les ovales de Praxitèle. Les maxillaires sont 
fortement accusés ; les yeux sont petits, mais assez ouverts, avec 
remontée brusque du contour inférieur vers l'angle externe de 
l'œil ; la ligne du nez est en saillie sur celle du front. La bouche 
est remarquable par l'atténuation de la lèvre supérieure et le dessin 
énergique de l'autre ; la ligne médiane est peu ondulée. Il n'y a rien 

' Croquis d'ensemble des trois statues. Répertoire. I. 250. 4 ; 449, 8 ; H, 6C6, 
2. Hauteur des statues : l",9o; 1",70; 1».T0. 
' Pausunias. I. 43, G. 
» .S. Rcinach. Revue archéoL, 1898, I. p. 103; 1899, II. p. 394 ; 1901, I, pi. 1 et 2. 



PLANCHE 218 175 

d'enveloppé ni de langoureux dans le regard. Enfin, le front n'est 
pas triangulaire, mais demi-circulaire, comme celui de la jeune 
déesse d'Argos (pi. 51). Tous ces caractères sont identiques à ceux 
de l'Apoxymène, décrit dans une notice précédente (pi. 214, 215) ; 
c'est la constatation de ces ressemblances qui m'a conduit à l'hypo- 
thèse, déjà entrevue par M. Klein , que les originaux des Hercu- 
lanaises sont dus à Lysippe. 

M. Sieveking ayant déclaré qu'il adhérait à mon opinion S 
M. Amelung s'est hâté de protester : il croit plus que jamais, dit-il -, 
à l'origine praxitélienne de la grande Herculanaise. Espérons qu'il 
finira par se détromper^. 



PLANCHE 218 



TETE EN MARBRE D'ATHLETE (?) 

{Musée du Louvre.) 



Avec sa protubérance frontale très accusée, son nez court et éner- 
gique, ses maxillaires puissants, cette admirable tête de la statue 
colossale dite Lutteur Dorghèse paraît tout imprégnée des tendances 
de l'art réaliste de Lysippe''. C'est d'ailleurs, évidemment, la copie 
d'un bronze et la signature d'Agasias fils de Dosithée d'Éphèse, 
qu'on lit sur le tronc d'arbre, est celle d'un habile copiste du 
II® siècle av. J.-C, non celle de l'inventeur du motif. La statue, 
découverte au commencement du xvii^ siècle à.Antium, est arrivée au 
Louvre en 1808 avec la collection Borghèse. Très admirée de l'école 
académique (David, Guérin, Ingres), elle a été injustement dépréciée 

' Sieveking, ap. Arndt, Einzelaufnahmen, n" 1292, p. 39. 

* Ibid., p. 39, note. 

* S. Reinach, Revue arcliéologiq ue, 1900, II, p. 380 et pi. 18 ; Amelung. Basis des 
Praxiteles, p. 27 ; Arndt. Festschrift fur Overbeck, p. 96 : Ilettner, Bildwerke der 
Anlikensammlung , n»» 140-1 i2. 

* L'oreille droite est la seule restauration importante. 



176 PLANCHE 219 

depuis*; c'est cependant un des chefs-d'œuvre les plus complets de 
l'art antique. On reproche à la tôtc de manquer d'expression; mais 
quelle expression attend-on d'une tête d'athlète ou de guerrier au 
fort de l'exercice ou de la lutte, sinon celle de l'intérêt passionné 
qu'il prend à son action même ? Y a-t-il plus d'expression dans la 
tête du Doryphore dePolyclète, qui cependant est figuré au repos? 
L'influence du grand maître argien est sensible jusque dans le travail 
des cheveux et leur adhérence au crâne; mais c'est un souvenir 
plutôt qu'une imitation. 

J'avais d'abord songé à attribuer l'original de ce chef-d'œuvre à 
l'école de Pergame et à y reconnaître un Grec combattant une 
Amazone montée - ; M. GoUignon pensa à l'école rhodienne -. Peut- 
être vaut-il mieux admettre que le copiste éphésien, qui travaillait 
entre 100 et 86 av. J.-G., a pris pour modèle un bronze sorti de 
l'école de Lysippe. L'attitude est celle d'un lutteur ; mais Quatremère, 
suivi par Rayet, préférait y voir un athlète hoplitodrome (c'est-à- 
dire courant avec ses armes), arrivant au terme de sa course. Cette 
hypothèse, que j'ai autrefois combattue, peut cependant s'autoriser 
de bons arsTuments *. 



PLANGHE 219 



TÊTE EN BRONZE D'HERMÈS 

{Musée de Naplcs.) 



La statue colossale d'Hermès assis, qui est un des chefs-d'œuvre 

• .M. (Jardner (llandbuo/c, \k 470) oirit (jue la figure a l'air dun écorohé, qu'on 
y «hrrche vaiiu-mciit lindication de la peau et que cest un modèle anatomique 
pliilùt (ju'une œuvre d'art. Il y a, ce me semble, beaucoup de.xagéralion dans 
••es critiques. 

• S. Reinach. Bulletin de correspondance hellénique, t. XIII (1889), p. 119. 
' Collignon, Hinloire de la sculpture grecque, t. Il, p. 073. 

• Krifderichs-Wolters. Gipsabr/Usse, n» I4i;i ; Hayet, Monuments de l'art antique, 
t. Il, pi. «il. 05; Lo.'wy, Inscfiriflen fjriechiscfier Uildhauer, n» 292; Collignon. 
Histoire de la sculpture grea^ue. t. Il, p. 673, fig. 353 ; Gardner, Handbook.p. 476. 



PLANCHE 220 177 

du musée de NaplesS a été découverte en 1758 dans la Villa des 
Papyrus à Herculanum. Elle représente le dieu messager, qui attend, 
pour prendre son vol, les ordres de Zeus. Quoi qu'en ait dit Wolfî-, 
il n'est pas exact que la chevelure soit en grande partie moderne, 
bien qu'il soit difficile de savoir aujourd'hui quelles restaurations le 
bronze a subies ". Le type rappelle celui du Lutteur Borghèse au 
Louvre (pi. 217, 218) et remonte au dernier tiers du iv" siècle ; les 
cheveux, qui suivent la convexité du crâne, sont encore dans le 
caractère de Polyclète. Les lèvres sont cernées d'une rainure où 
devait être incrusté de l'argent. Le modelé est d'une singulière dou- 
ceur, évitant toute transition brusque entre les plans. Le fait qu'il 
n'existe pas de répliques de cet Hermès autorise à croire que ce 
n'est pas une copie, mais un original % appartenant sans doute à 
l'école de Lysippe, sinon sorti de son atelier". 



PLANCHE 220 
TÊTE EN BRONZE D'ARTÉMIS 

{Musée de Naples.) 



Lorsqu'on découvrit ce buste à Herculanum, en 1756, dans le 
jardin de la Villa des Papyrus, on se persuada que c'était un por- 
trait de la reine d'Egypte Bérénice et cette erreur s'est perpétuée pen- 
dant plus dun siècle. Mais la tête n'a rien d'individuel et l'expres- 
sion, comme la coiffure, convient parfaitement à la déesse Artémis. 
La statue entière représentait probablement la chasseresse accoudée 

' Clarac, Musée, G6o, 1522. 

- WolfT, Bulletlino clell' Inslituto,\8ZS, p. 133. 

■' M. Benndorf signale quelques restaurations à la joue gauche. 

* On ne peut en dire autant, comme l'a montré en dernier lieu M. Benndorf, 
des autres grands bronzes découverts en Campanie. 

* Rayet, Monuments de l'art antique, 1. 1, pi. 56 (article de M. GoUignon) ; Benn- 
dorf, Oesterreichisclie Jahreshef'te, t. IV, p. 18G. 

12 



178 PLANCHES 221 ET 2ii 

à un cippc et regardant son chien, comme dans un petit groupe en 
terre cuite du musée de Berlin '. A cela on a objecté que le sein est 
nu ; mais celui du buste d'Athéna à Naples Test également (pi. 95) 
et c'est là une liberté dont le copiste seul est responsable-. 

Les lèvres étaient autrefois incrustées d'argent; il ne reste que les 
lignes incisées ou s'insérait le métal. Les cheveux, ramenés en 
arrière pour dégager le front demi-circulaire, sont traités avec 
autant d'esprit que de souplesse. Les proportions de la tète sont 
celles de l'art au temps d'Alexandre le Grand. Il y a de l'analogie 
entre ce buste et la froide copie en marbre d'un bronze grec connue 
sous le nom de Diane de Versailles au Louvre; les deux originaux 
peuvent avoir été l'œuvre de Léocharès '. 



PLAXCIIKS ÏÎ21 ET "222 
TÈTE EN MAUBHE DE JEUNE FILLE 

{Musée de Munich.) 



On a cru à tort, d'après une vieille notice mal comprise, que cette 
tète exquise on marbre deParosS la « favorite » de l'illustre archéo- 
logue Henri Brunn, avait été découverte à Cnide, d'où l'on concluait 
(lu'clle représentait Kora. En réalité, elle a été découverte à Ostic vers 
1792 et ac(juise à Rome, en 1809, i)ar Louis de Bavière*. Quoi qu'en 
aient dit ^L Arndt et d'autres savants, le caractère n'en est pas praxi- 
télien ; la saillie des paupières, l'arrangement de la chevelure en 
« côtes de melon » et la forme demi-circulaire (et non triangulaire) 

* Kekulë. (iriechùiche Thonfiguren, pi. 17. 

• Cf. JahrhucU des Instilitts, I8'.l.3. p. 17G. 

' Frii'diTichs-Wolters, GipsahrjUstie. ii» l'.)0;J: Coinparclli et De l'clra, La villa 
Ercolanexe, pi. X, 3, p. 1G4: Rayet, Monuments de l'art antique, t. II, pi. 8. 

• ilmiteur : 0"4r.. Le haulel k; revers de la tète ont été mal restaurés, ainsi que 
le nez et lu plus grande partie du n>enton. Le cou et le buste sont modernes. 

* Furtwaengler. Beachreibung der Ghfptotek, p. \\i. 



PLANCHES 223 ET 224 179 

du front suffisent, je crois, à prouver qu'elle appartient à une 
autre école du iv^ siècle, non moins éprise de délicaiesse dans le 
traitement du marbre, mais plus conservatrice, et qui affectionnait, 
pour les chevelures de femmes, la disposition qui caractérise celle- 
ci. Cette coiffure, très rare dans les bas-reliefs funéraires attiques, 
est, en revanche, très fréquente dans les terres cuites tanagréennes 
et se retrouve dans la petite copie, conservée àCompiègne, de la statue 
de Corinne par Silànion. On peut donc attribuer à ce maître, contem- 
porain de Praxitèle, l'original de la tète de Munich. Est-ce une déesse 
ou une mortelle? Lûtzow et Brunn avaient songé à une Muse, hypo- 
thèse très soutenable ; M. Furtwaengler laisse la question indécise. 
Il y a une analogie curieuse entre cette tête et la fameuse tête de 
cire du musée de Lille ^ attribuée par les uns à Léonard de Vinci ou 
à Raphaël, considérée comme romaine par d'autres, comme un pas- 
tiche du XIX'' siècle par quelques sceptiques. Si. comme cela semble 
vraisemblable, elle a été modelée au xv^ siècle, l'auteur anonyme 
aura sans doute vu des tètes antiques analogues par le sentiment 
à celle de Munich -. 



PLANCHES 223 ET 224 
TÊTE EN MARBRE DE JEUNE FILLE 

{Autrefois dans le commerce à Rome.) 



Cette charmante tète, photographiée dans le commerce à Rome, 
présente une analogie indéniable avec celle de la petite Corinne de 

' Miintz, La Renaissance, t. II, p. 461. 

- Mitchell, Hislory of ancient sculpture, p. 619, fig. 251 ; Liitzow, Mûnchener 
Anliken, pi. 19 ; Brunn-Bruckmann,I>eMA:;nâ/e/', n» 13 ; Arndt, Festschrift fiir Over- 
beck, 1893, p. 96 ; Zeitschrift des milnchener Alterthumvereins, janvier 1900, 
p. 4 et Griechische Portraits, n»» 531-534; Springer-Michaelis, Kunstgeschichte. 
p. 247, fig. 435; Furtwaengler, Beschreibung der Glyptothek. n» 210; S. Reinach, 
Revue archéologique, 1898, 1, 163 ; 1900, 1, p. 168 (comparaison avec la Corinne de 
Silànion). 



180 PLANCHES 223 ET 224 

Compiègne, dont l'original ne peut gubre ôtre autre que la statue de 
la poétesse duc à Silanion *. M. Amelung a signalé deux répliques de 
la tête romaine, l'une au Musée Chiaramonti, l'autre découverte à 
Alexandrie par Schliemann. L'original était donc célèbre et il est 
permis de se demander si ce n'était pas précisément la Corinne de 
Silanion, la petite copie de Compiègne, médiocre à tous égards, ne 
pouvant donner qu'un idée très sommaire de l'original. Toutefois, la 
tète de Compiègne - présente certains caractères de l'art de Praxi- 
tèle, alors que celle de Rome se rapproche davantage du style de 
Lysippe et, notamment, des Herculanaises, que je crois pouvoir lui 
attribuer (pi. 216). Il se pourrait donc quelle dérivât plutôt d'un por- 
trait idéalisé de Lysippe. M. Amelung croit y reconnaître « un por- 
trait très fortement idéalisé du début du iv*' siècle ou même du 
\^ siècle. » Je ne pense pas, pour ma part, que l'original puisse ôtre 
antérieur à l'an 330 av. J.-C. 

La coiffure présente la disposition dite « en côtes de melon » qui 
paraît avoir été de mode en Béotie, mais très peu répandue en Attique 
(pi. 221). Elle est cerclée d'un long bandeau lié au-dessus du front, 
auquel est ajusté, derrière les oreilles, un second bandeau qui enserre 
la tête. Le front est demi-circulaire et la partie inférieure du visage 
assez développée'*. 

' s. Reinach. Revue archéologique, i898, I, p. 164, pi. 5 ; 1900. I, p. 168, pi. 2 
et 3. Quand jai découvert ot publié cette statue, dont la base porte l'inscription 
Kop'NN A, les uns ont dit que l'inscription était fausse, les autres que la tôle n'appar- 
tenait pas. Depuis deux ans, personne ne dit plus rien ; est-ce une manière de 
reconnaître que j'ai raison ? 

' Revue arcliéologique, 1900, I. pi. 2 et 3. 

" Arndl. Einzelaufnalimen, n»' 1188 1189 ; S. Reinach, Revue archéologique, 1900, 
I, p. 170. 171. 



PLANCHE 225 181 



PLANCHE 225 



TÊTE EN MARBRE D'APOLLON 

{Musée du Vatican.) 



L'Apollon citharèdc du Vatican, vêtu d'une longue robe — Py- 
thius in longâ veste ^ — • a été découvert en 1774 dans une villa au 
sud-est de Tivoli, avec une série de statues de Muses. La tète est 
fortement restaurée et repolie *, le travail froid. Mais on y reconnaît 
au premier abord la copie d'un original de bronze appartenant à 
l'art du IV® siècle. M. Amelung a songé à Praxitèle, ce qui paraît 
tout à fait inadmissible, M. Furtwaengler et d'autres à Scopas, dans 
la dernière période de sa vie. Il y eut d'autres grands artistes que 
ceux-là au iv" siècle et nous ne sommes pas obligés de rapporter 
toutes nos copies romaines à l'un ou à l'autre. Ici, la longueur de la 
partie inférieure du visage et la forme particulière des yeux, avec 
glandes lacrymales très accusées, ne conviennent pas plus à Scopas 
qu'à Praxitèle, mais à quelque artiste de la fin du iv® siècle influencé 
par des maîtres plus anciens. On connaît deux répliques de la tète, 
l'une à Stockholm et l'autre à Londres ^ 

* Properce, II, 31, 16. 

* Une partie de la couronne, le bout du nez, les lèvres et le menton sont 
modernes. 

" Photographie Anderson, n" 5301 ; Visconti, Musée Pie-Clémenlin, t. I, pi. lo; 
Baumeister, Denkmdler, t. I, p. 99, fig. 6i ;Overheck, Kunstmythologie, Apolloti, 
p. 124, 185, 180 ; Atlas, pi. XX, 7 ; XXI, 32 ; Furtwaengler. Masterpieces, p. 305 ; 
Amelung, Basis des Praxiteles, p. 33, 36, fig. 18, 19 ; Ilelbig, Fuhrer' t. I, n" 274. 



182 PLANCHE 226 

PLANCHE 226 
TÊTE EN MARBRE DE MUSE 

{Musée du Vatican.) 



La Melpomène du Vatican est la copie d'un original de bronze qui 
doit avoir joui d'une certaine réputation, car il y a deux répliques 
de la statue au musée des Thermes et à Stockholm et deux répliques 
de la tôte (sans la couronne) au Vatican et à Athènes. Cette dernière, 
découverte au Dipylon-, est dun excellent travail. M. Wolters y a 
déjà vu une Muse et M. Collignon y signale très justement un 
« accent moderne », tout en la rattachant à la tradition de lEubou- 
leus(pl. 171). Comme dans la Melpomène du Vatican, le front est en 
partie couvert par le ruissellement des cheveux, les yeux sont très 
peu ouverts, allongés, avec paupières supérieures lourdes, la 
lèvre supérieure est très peu marquée, la lèvre inférieure forte, les 
coins de la bouche relevés, l'ovale du bas du visage très prononcé. 
L'expression est un singulier mélange de tristesse douce et de 
bienveillance souriante : c'est bien cet « air de sphinx » dont on à 
tant parlé à propos de la Joconde de Léonard de Vinci et qu'au- 
cune tôte antique ne présente au même degré que celle-là. En 
vérité, je n'en connais pas d'autre qui puisse être qualifiée de 
« léonardesque » ; cette nuance particulière du sourire ne se ren- 
contre pas, que je sache, ailleurs. 

La disposition des cheveux, couronnés de larges feuilles de vigne, 
est une imitation très habile de l'onkos qui surmonte les masques 
tragiques. Ainsi, malgré son allure très « moderne », cette tête 
s'inspire d'un type traditionnel qui remonte pour le moins au 
v* siècle '. 

* Clarac, Musée, 513. 1044. 

* Collignon, //i«/oi>e de ta sculpture grecque, t. 11. p. aoa, fig. 236; Friederichs- 
Wollcrs, Cipsuhqiisse. n» 1444. 

" Rcslaurations : quelques boucles, des parties de la couronne. le bout du 
nez, une partie dos lèvres. 



PLANCHE 227 183 

L'attribution de l'original à Praxitèle ne se fonde sur aucun argu- 
ment solide ; seule, la forme allongée des yeux pourrait être invo- 
quée pour l'établir, mais leur regard « en coulisse » n'a rien de 
praxitélicn. Je crois que l'auteur n'est })as éloigné de celui quia créé 
le type hellénistique de Sérapis, le carien Bryaxis ; son œuvre est 
plus voisine de l'Apollon Pourtalès (pi. 247) que de l'Hermès d'O- 
lympie(pl. 168)^ 



PLANCHE 227 



TÊTE DE FEMME EN MARBRE 

{Collection Ashley Ponsonby à Londres.) 



On dit que cette belle tcte - a été découverte à Ostie. Son posses- 
seur, feu Ashley Ponsonby, l'a déposée pendant de longues années 
au musée de South Kensington {Victoria and Albert Muséum). La 
surface en a déplorablement noirci, sous l'influence des fumées de 
Londres; mais j'apprends qu'elle vient d'être nettoyée (janvier 1903). 
Toutes les grandes collections en possèdent d'ailleurs des moulages. 

Le caractère essentiel de ce marbre est l'expression tragique : 
ce pourrait être une héroïne de la fable, telle queMédéeou Electre, 
ou une figure funéraire, comme l'ont pensé O. Jahn et M. Michaclis, 
ou encore une captive, comme la grande statue de la Loggia dei 
Lanzi à Florence, avec laquelle elle offre de frappantes analogies 
(fig. 17). Mais cette dernière statue n'est pas non plus d'une inter- 
prétation certaine : on y a vu tour à tour la captive germaine Thus- 
nelda et une héroïne barbare de la fable grecque, Médée. En tous 

' Photographie Anderson, 2248: Visconti, Musée Pie-Clémenlin, t. I. pi. 19; 
Bouillon, Musée, t. I. pi. 37 : Amelung, Basis des Praxiteles, p. 34, fig. 13. 16 et 
p. 41 (la tête) : Helbig, Fulirer-, t. I. n» 278 : Furtwaengler et Urlichs, Denkmâler, 
p. 78, pi. 27. 

- Hauteur : 0",30. Le bout du nez est restauré. 



184 PLANCHE 227 

les cas, le nom d'Omphale, sous lequel est connue la tête de la collec- 
tion Ashley Ponsonby, est absolument inadmissible ; ce qu'elle 
porte sur la tète est un voile et non pas la peau de lion d'Héraklès. 
J'ai proposé dubitativement en 1900 de voir dans cette tète le 
portrait idéalisé d'une princesse macédonienne comme Olympias, et 




Fig. 17. — TÊTE DE BARBARE DITE TIIUSNELDA 

Loggia (ici Laïui à Florence ' . 

d'en attribuer l'original en bronze à Lysippe. Cette opinion ne me 
paraît plus acceptable. C'est bien plutôt à l'époque hellénistique, au 
III" siècle, qu'il faut placer l'original de la tôte Ponsonby. Elle offre 
des particularités singulières, comme la mèche errante sur la 
gauche du front, qui rompt intentionnellement la symétrie de la 
chevelure ; ce même détail se constate dans la prétendue Thusnelda 
de Florence. L'indication des cavités dans les joues, qui suggère 
l'idée de longues souffrances, est également insolite, bien que 
M. lleuzey l'ait signalée dans la tète voilée d'Apollonie (pi. 135). 

' D'après le moulage du Louvre. Pour la statue entière, voir Répertoire, 11, 
.'*07.7, avec la bibliographie. 



PLANCHE 228 185 

L'étoffe aux plis lourds qui surmonte la tête se retrouve dans la 
copie de l'Hermaphrodite de Polyclès ^ à Berlin -. 



PLANCHE 228 



TÈTE EN MARBRE DE LAOCOON 

[Musée du Vatican.) 



Le groupe colossal représentant Laocoon et ses fds a été décou- 
vert à Rome en 1506 sur l'Esquilin, aux environs des Thermes de 
Titus ; il est probable qu'il était exposé autrefois dans le palais 
même de ce prince. Nous savons par Pline qu'il était l'œuvre de 
trois artistes rhodiens^ Agésandros et ses deux fds Polydoros et 
Athénodoros. Mais Pline n'indique pas la date de leur activité. L'ex- 
pression dont il se sert, qu'ils auraient travaillé de consilii sententia, 
est probablement la traduction d'une formule grecque telle que 
Sôyiia-:!. ^ouA-fi? ou xo'.voj (par décision du conseil), qui terminait une 
inscription gravée sur la base. On possède plusieurs piédestaux 
avec les noms des fds d'Agésandros, datant de 100 à 50 avant J. -G * ; 
mais il est toujours possible d'admettre que cette famille de sculp- 
teurs rhodiens, comme celle des Agasias d'Éphèse, se soit continuée 
pendant plusieurs générations, ou qu'elle ait produit plus de 
copies que d'originaux. On a beaucoup discuté pour savoir si le 
Laocoon était antérieur ou postérieur aux sculptures du grand 
autel de Pergame (197-175), où la tète du jeune géant enlacée par le 
serpent d'Athéna ressemble beaucoup à celle de notre planche ^. 

' Clarac, Musée, 669, 1546. 

- Michaelis, Ancient marbles in Great Britain, p. 484 (18); Archaeoloqische Zei- 
tung, 1880, p. 75, pi. 8 ; Revue archéologique, 1900, II, p. 392, pi. 19. 
^ Pline. Hist. Nat., XXXVI, 37. 

* Gollignon, Histoire de la sculpture grecque, t. II, p. boo; Jahrbuch des Insti- 
tuts, t. IX (1894), p. 23. 

* Amelung, Filhrer in Florenz, pi. 2i. 



186 PLANCHE 229 

Brunn et M. Helbig croient le Laocoon antérieur; je pense, avec 
MM. Kekulé et CoUignon, qu'il est postérieur et marque comme la 
dernière étape de ce style pathétique qui, né de l'école de Scopas, 
sépanouitet s'exaspéra au iii'^ et au ii'' siècle pour s'effacer, vers le 
milieu du i" siècle, devant une réaction archaïsante et académique. 
Laocoon est représenté au moment où il succombe à la morsure 
d'un des serpents qui ont enlacé ses fds. Sa physionomie exprime 
la douleur avec une perfection qu'on n'a jamais dépassée'. Les yeux 
du père s'élèvent suppliant vers le ciel ; sa bouche ouverte laisse 
échapper un cri d'angoisse ; l'intensité de la souffrance se peint 
dans le relief de ses muscles tourmentés, dans le désordre et l'agi- 
tation même de sa chevelure ; mais sur toute celte misère plane 
une noblesse et une beauté morale qui idéalisent jusqu'aux con- 
vulsions de la mort -. 



PLANCHE 229 



TÈTE Ey MARBRE DE CENTAURE 

[Collection Barracco à Rome.) 



Les artistes grecs qui ont signé des œuvres d'art à l'époque 
romaine ne sont, en général, que des copistes, qui reproduisent, 
avec plus ou moins de liberté, des sculptures helléniques ou alexan- 
drines. De ce nombre furent Aristeas et Papias d'Aphrodisias en 
Carie, signataires de deux statues de Centaures portant des Amours 
qui ont été découvertes dans la villa d'Hadrien à Tivoli et sont con- 

' IJnc réplique de celle tète, diino ntithenticité contestée et contestable, figure 
(liins la collection d'Arenberp .'» Bruxelles; il en existe un moulage au .Musée 
(lu Louvre, l'our d'autres répliques, voir liiini. MillheiL. 1898. |). 14" el lievue 
(les études f/recffues, 1899, |). 20". 

* Fricdericlis-Wollers, (iipsabf/ii.sse, n" 23fi; Collignon. Ilisloire de la sculpluve 
!/recf/ue, t. Il, p. 553, fig. 28."); Hriiiui. Jnluhiirit tlev preussische» Knnslsantinlun- 
iien. I. V (1884,, p. 263; Furlwaengler el L'rlichs. Uenkmaler, p. 114, pi. 3.'i (la 
léte. p. 118) : Huile. Der schône Mensch. pi. 213: Helbig, Ftihrer*. t. I, n- lli6. 



PLANCHE 230 187 

servées au Capitole ^ L'un des Centaures est vieux et barbu, l'autre 
jeune et imberbe. Une réplique de la tôle du vieux Centaure appar- 
tient à la collection Barracco K Au premier abord, on est frappé de 
l'analogie qu'elle présente avec les tètes de géants de la grande frise 
de Pcrgame et celle de Laocoon. Cette dernière statue appartient à 
l'école de Rhodes, qui paraît bien dériver de celle de Pergame ; 
on est donc libre d'attribuer à Pergame ou à Rhodes l'original com- 
mun de la tète Barracco et de celle du Capitole. 

L'expression de souffrance a été admirablement rendue par le 
sculpteur, mais non sans quelque exagération romanesque, car la 
souffrance du Centaure est due uniquement aux aiguillons de l'a- 
mour inassouvi. C'est l'idée que l'auteur du groupe a voulu expri- 
mer en figurant Éros sur le dos du Centaure, conception qui est 
tout à fait dans le goût de la Grèce alexandrine et de la littérature 
anthologique ^. 



PLANCHE 230 



TETE EN MARBRE DE HEROS MOURANT 

{Musée des Offices à Florence.) 



Autrefois, et pendant de longues années, on a vu dans cette admi- 
rable tête l'image idéalisée d'Alexandre mourant. Depuis la décou- 
verte de la grande frise de Pergame, où figure un jeune géant de 
même expression et dans la même attitude % on y reconnaît un géant 
foudroyé de l'école pergaménienne (197-175). Cependant il est dif- 
ficile que les anciens eux-mêmes n'aient pas été frappés de l'analo- 

' Collignon. Hisloive de la sculpture grecque, t. II, p. 678 : Brunn-Bruckmann, 
Denkmuler, n" 392; Helbig, Fuhrer\ I, no»o2o, 526: Clarac, 739, 1781 et 740, 1780. 

* Hauteur : 0"',22. 

^ Ilelbig, Collection Barracco, pi. 66. 

* .Aimelung, Filhrer in Florenz, pi. 24. 



188 PLANCHES 231 ET 232 

gie de cette tête avec celle que l'art du temps des Diadoques prêta 
souvent au conquérant macédonien. Alexandre mourant pouvait être 
représenté comme un jeune géant terrassé et un géant terrassé 
pouvait emprunter les traits d'Alexandre, comme un sculpteur du 
xixo siècle eût pu lui donner les traits de Napoléon, ou figurer, 
semblable à Napoléon, Promélhée enchaîné sur son rocher. Il est 
donc bien possible que l'équivoque remonte à l'antiquité et quelle 
soit voulue. 

Avec celle de Laocoon, cette tète est le plus bel exemple de 
pathétique que nous ait légué l'art grec. Tout le visage respire l'an- 
goisse de la mort et les cheveux même, superbement agités, 
semblent prendre part à l'agonie du héros. 

Il ny a de restauré que le nez, quelques boucles, une partie du 
revers de la tête et un morceau du cou ', 



PLANCHES 231 ET 232 
TÈTE EN MARBRE DE CENTAURE (?) 

{Palais des Conservateurs à Rome.) 



Le bout du nez et l'extrémité supérieure de l'oroille gauciic sont 
les seules restaurations notables do cette tête colossale, découverte 
en 1874 sur l'Esquilin, où les premiers éditeurs se sont accordés à 
reconnaître le centaure Chiron, mais qui peut tout aussi bien repré- 
senter Marsyas ou un Silène quelconque. C'est une œuvre apparentée 
aux sculptures de l'autel de Pergame et au Laocoon, visant à l'effet 
et touchant au but vi.sé. Les cheveux et la barbe, notamment, sont 
d'une très belle venue et traités avec un vil sentiment du pittoresque. 
L'expression passionnée, quoique brutale, trahit rinlluence lointaine 
de Scopas, ancêtre intellectuel des sculpteurs pergaméniens. Le 

' I)fi(iM,-hke, Anliken in Oberilalien, t. I. n° 513 ; Brunn-Bruckmann, Denkmdler, 
n» 204 ; AmelunK, Fahrer, p. 93. 



PLANCHES 233 ET 234 189 

travail n'est pas antérieur à l'an 150 avant J.-C. Comme on n'en 
connaît pas de répliques, il est possible que la statue dont cette tête 
faisait partie ait été un original '. 



PLANCHES 233 ET 234 
TÊTE EN BRONZE DE CENTAURE 

{Musée de Spire.) 



L'original de cette magnifique tête, dont le musée de Saint-Germain 
possède un moulage -, a été découvert dans le Palatinat. A l'époque 
impériale, elle a servi de peson de balance et a été pourvue, à cet 
effet, d'un anneau fixé à la partie supérieure du crâne ; en même 
temps, pour en augmenter le poids, on a rempli l'intérieur de 
plomb. 

On la considérait autrefois, avec l'indifférence habituelle en ces 
matières, comme un bon travail romain ; mais M. Furtwaengler a 
démontré, en 1892, que c'était un original grec, fondu et ciselé dans 
un atelier hellénique longtemps avant d'avoir servi de poids en pays 
demi-barbare, sur les bords du Rhin. 

L'expression pathétique de cette tête ne permet guère de la faire 
remonter au delà du ii^ siècle avant J.-C. ; c'est un produit tardif, 
comme le Laocoon qu'elle rappelle, de l'art qui avait fleuri à Per- 
game. Les cheveux eux-mêmes semblent agités et participer à 
l'émotion violente qui se peint sur le visage. Les yeux et les dents 
sont incrustés d'argent^. 

* Kroker, Annali, 1884, p. 50; Monumenti, t. XII, pi. I: Arndt-Bruckmann, 
Denkmûler, n» 535; S. Reinach, Gazette des Beaux- Arts, 1887, I, \û. à la p. 338; 
Ilelbig, Fuhrer% t. I, n» 589. 

' Hauteur : 0"",142. Les moulages sont en vente au musée de Mayence. 

'Furtwaengler, Bonner Jahrbûcher, t. XCIII (1892), p. 54 et pi. 6; Linden- 
schmidt, Centralmuseum., pi. XXIII, 2 ; S. Reinach, Bronzes figurés, pi. 114, 
fig. 117. 



190 PLANCHE 235 



PLANCHE 235 



TETE EiN MARBRE DE POSEIDON 

{Musée de Syracuse.) 



Cette tète a été photographiée et publiée sous la désignation de 
Zeus; Overbeck a eu le mérite de reconnaître qu'elle représentait 
Poséidon et d'en faire ressortir les caractères distinctifs qui con- 
viennent à une image du dieu des mers, le front tourmenté et presque 
bossue, la chevelure en désordre comme au sortir des flots, le 
regard inquiet et dirigé vers Ihorizon, ce qui est le propre des divi- 
nités marines, d'Amphitritc comme de Poséidon et des Tritons*. 

11 est intéressant de rapprocher le Poséidon de Syracuse des Zeus 
d'Otricoli (pi. 196) et de Naplcs (pi. 238). L'e.xpression du premier est 
passionnée autant que celle des deux autres est majestueuse ; les 
cheveu.x, au lieu de dégager le front, le recouvrent en partie ; les 
yeu.v, petits et largement ouverts, avec globe convexe, ont quelque 
chose d'interrogateur et d'effaré. Nulle expression de douceur ni de 
bienveillance ; le dieu, comme le Neptune de Y Enéide, a sur les 
lèvres un terrible Quos ego. 

C'est une sculpture d'époque romaine, mais imitée ou copiée 
d'une œuvre de l'école de Pergame qui pouvait sans doute soutenir 
la comparaison avec les plus belles productions pathétiques de l'art 
grec. Je crois que l'original était en marbre-. 

' Cf. nruiiii. Griechische Guellerideale, p. 08. 

' Phol()xra|)ln(' Sommer, n- 8712; iMuller-VVieseler, Denkmâler, pi. XV, 4; Wer- 
iiicke, Uenkmâlcr, \). 180; Overbeck, Kiinstinijlkolofjie, pi. XI, 14; Poséidon, 
p. 263. Il y a une autre statue de Poséidon à Syracuse, dont la moitié supérieure 
est seule conservée, Répertoire de la .statuaire, t. II, p. 30, 6. 



PLANCHE 236 191 



PLANCHE 236 



TÈTE EN MAKBRE D'HÉRAKLÉS 

[Musée britannique.) 



Une tranchée ouverte dans la lave, au pied du Vésuve, a rendu à 
la lumière cette tête colossale, qui n'est pas une réplique exacte de 
celle de l'Héraklès Farnèse par Glycon, et lui est incontestable- 
ment supérieure. Les muscles sont mieux marqués et le travail des 
cheveux et de la barbe est autrement libre et spirituel. L'oreille 
antique (celle de gauche) est bossuée comme celle des athlètes ; le 
bout du nez, l'oreille droite et un morceau de la joue droite sont 
restaurés. 

En présence d'une tête d'Héraklès supérieure à toutes celles que 
nous connaissons, on songe naturellement à un original de Lysippe, 
prototype commun de la statue Farnèse et de plusieurs sculptures 
dont la tête du Musée britannique est la meilleure. Le motif est celui 
d'Héraklès fatigué, appuyé sur sa massue ^ Mais j'avoue ne pas 
reconnaître, dans le marbre qui nous occupe, l'influence d'un original 
de bronze; c'est donc moins peut-être une copie qu'une imitation, 
due à un excellent marbrier de Pergame ou de Rhodes, vers le 
milieu du ii" siècle avant J.-C -. 

' « Une certaine lassitude morose ne messied pas à ce dieu » (IlomoUe, 
Bulletin de correspondance hellénique, 1899, p. 456.) 

- Muséum Marbles, t. I, pi. 11: EUis, Townley Gallénj, t. I. p. 331; Miiller- 
Wieseler, Denkmâler, pi. XXXVllI, 153; Helbig, Annali, t. XL (1868), p. 386; 
Synopsis, grœcoroman sculpture, p. 64, n" 141 ; Furtwaengler, ap. Roscher, art. 
Heraklès, p. 2174. Pour les répliques de la statue Farnèse à Naples (Friederichs- 
Wolters, n" 4265), voir Stephani, Ausruhender Heraklès, p. 161. Une esquisse de 
l'Héraklès assis de Lysippe, à Tarente et plus tard à Rome, vient d'être signalée 
par M. Furtwaengler sur un coffet byzantin en ivoire {Sitzungsberichte de Munich, 
1902, H, p. 435). 



192 PLANCHE 237 



PLANCHE 237 



TETE EN BRONZE DE ZEUS 

{Musée de Vienne.) 



Ce joli buste de bronze * avait passé des collections Albani et 
Odescalchi au couvent de Klostcrneuburg en Autriche lorsque 
Sacken réussit, en 1862, à l'obtenir à titre d'échange pour le musée 
impérial. Le dieu porte une couronne de chêne et un voile ; ses yeux, 
où les pupilles sont creusées, ont un regard inquiet ; l'expression de 
la bouche, complètement close, est plutôt maussade. Bien que la 
tête soit sculptée en ronde bosse, l'ensemble formait une applique, 
car la poitrine est absolument plate. 

C'est un travail romain, d'après un original grec de la fin du 
IV" siècle qui sortait peut-être de l'atelier de Bryaxis. Le môme type, 
voisin de celui de Zeus Sérapis, paraît sur le camée Zulian à Venise -. 
La couronne en chêne est un attribut assez banal et ne suffit pas, 
comme le croyait Sacken, à faire reconnaître ici une image de Zeus 
dodonéen '• 

* Hauteur : O"",!". 

* Overbeck. Zeus, \A. HI, 3. 

' Sacken, Zeus von Doclona, Vienne. 1879 (gravure sur cuivre); Overbeck, Zeus, 
fig. 20; Schneider, Album der Antikensammlung, p. 12, pi. 30. 



PLANCIIt; 238 ly3 



PLANCHE 238 



TETE EN MARBRE DE ZEUS 

{Musée de Naples.) 



Overbeck a trop loué cette tête colossale, découverte, croit-on, à 
Pompéi^ C'est, en somme, une modification à la fois théâtrale et 
froide du type d'Otricoli, dérivé lui-même de celui de Phidias. Mais 
l'influence des modèles du v^ siècle est encore sensible dans la che- 
velure relevée sur le front et les spirales régulières de la barbe. Les 
yeux sont enfoncés, les sourcils rapprochés des paupières et d'un 
dessin énergique, le sinus frontal accusé, le nez fort et court, les 
narines un peu gonflées. La bouche entr'ouverte exprime une bien- 
veillance que l'on cherche en vain dans le regard, plutôt courroucé. 
Les cheveux sont drus et largement ondulés, avec un vif sentiment 
du pittoresque, mais une recherche non moins apparente de l'effet. 
Overbeck a pensé que ce pouvait être une copie du Zeus tonnant de 
Léocharès, que l'on admirait, du temps de Pline, au Capitole-. Cette 
hypothèse n'est nullement dépourvue de vraisemblance et méritait 
d'être citée, aujourd'hui que Léocharès revient à la mode^. Elle peut 
s'autoriser notamment de la disposition et du traitement de la che- 
velure, qui rappellent les portraits d'Alexandre dérivant d'originaux 
de Léocharès ^ 

* Une partie de la poitrine est moderne. 

* Pline, Ilist. Nat., XXXIV, 79. 

* Cf. Arndt, Denkmaler, notice du n» 530. 

* Photograpliic Alinari. n» 5112; Mitseo Borbonico, t. V, pi. 9; Overbeck, Zeus, 
p. 82, n» 13. 



13 



194 PLANCHE 239 



PLANCHE 239 



TÊTE EN BRONZE DE ZEUS 

{Collection Ouvaroff à Poretchié, gouvernement de Moscou. 



Rapportée d'Italie par le feu comte Serge Ouvaroff*, cette tête 
colossale' est encore unique, à notre connaissance, par la nature de 
ses attributs. Elle est coiffée d'une haute couronne de feuilles de 
pin, entremêlées de pommes, que l'on prête à Dionysos et à d'autres 
dieux champêtres, mais jamais, que nous sachions, à Zcus. Toute- 
fois, il est impossible de ne pas reconnaître Zeus à son expression 
majestueuse et à l'arrangement traditionnel de la chevelure, relevée 
sur le front et retombant en boucles ondulées le long du visage. On 
est donc obligé d'admettre un type étranger à l'art classique ou un 
type panthée caractérisé par un mélange d'attributs. Dans la pre- 
mière hypothèse, nous aurions là une image du Zeus phrygien, à 
qui le pin conviendrait comme à Atys ; le caractère sombre de la 
physionomie s'accorderait avec cette conjecture. Dans la seconde 
hypothèse, on pourrait songer à un dieu italique, Jupiter Liber, aux 
fêtes duquel on suspendait les oscilla aux branches des pins-'. Une 
inscription de Prénestc mentionne une statue de Liber Pater pan- 
thée '• {signum Liberi Patris panthei) ; s'agirait-il d'un ouvrage ana- 
logue à la statue que surmontait la tête Ouvaroff ? 

En tous les cas, le travail du buste de Moscou n'est pas antérieur 
au i" siècle de l'Empire; ù côté de l'influence du type hellénique de 
Zeus, il trahit celle du type alexandrin de Sérapis ". 

• Je tiens de M" la C'«"« Ouvaroff que le comte iSerge accompagna Nicolas 1" 
à Pompéi; les Bourbons donn^^ent au tsar un terrain à explorer et c'est dans 
ce terrain que fut découverte la tôle que nous publions. 

« Hauteur : 0"41. 
•Virgile, Ceorg., II, 390. 

• Corpus inscriptionum lalinarum, t. XIV, 265. 

• A.Schwartz, dans les Drevnosli de Moscou, t. XII (1888), avec une hôlio- 
gravure. 



PLANCHE 240 195 



PLANCHE 240 



TETE EN MARBRE DE SERAPIS 

{Collection Léopold Goldschmidt à Paris.) 



Au commencement du iv* siècle, l'art avait achevé d'adoucir et 
d'humaniser les divinités du Panthéon grec ; à la fin de ce siècle, 
il fallut que les divinités orientales, annexées à l'hellénisme par la 
conquête d'Alexandre, subissent une transformation analogue. LOsi- 
ris-Apis égyptien devint le Sérapis gréco-alexandrin, avec ce mé- 
lange singulier de douceur et de gravité, de sérénité et de tris- 
tesse, qui ajoute un charme pénétrant et comme romantique au type 
de Zeus créé par Phidias.- Sérapis, il ne faut pas l'oublier, est une 
divinité funéraire et s'il est voisin de Zeus par son type, il se rap- 
proche, par sa nature et son caractère, de Pluton. 

Les images de Sérapis qui nous restent paraissent toutes dérivées 
de celle de Bryaxls, que l'on admirait à Alexandrie au iii^ siècle. Le 
buste colossal de la collection Goldschmidt \ découvert et acquis à 
Rome en 1891, est un des meilleurs exemplaires de ce type idéal 
qui jouit, jusqu'au III® siècle de l'Empire, d'une vogue extraordinaire. 
Le travail des yeux prouve qu'il a été sculpté vers le début de l'ère 
chrétienne. La tête devait être surmontée d'un boisseau ou modius 
qui a disparu '^. 

* Hauteur : 0"'27. 

* S. Reinach, Gazelle des Beaux-Arts, 1893. I, p. 259. Sur le type de Sérapis et 
l'histoire de la statue de Bryaxis, voir mon article dans la Revue archéologique, 
1902, H, p. Setsuiv. 



196 PLANCHE 241 



PLANCHE Ul 



TÈTE EN MARBRE D'APOLLON 

{Musée du Vatican.) 



La statue colossale connue sous le nom d'Apollon du Belvédère a 
été découverte à Grotta Ferra ta à la fin du xv* siècle. C'est une copie 
romaine, soignée, mais froide, d'un bronze hellénistique, que 
M. Winter a proposé, sans raisons décisives, d'attribuer à Léo- 
charès'. Le visage est le développement d'un type créé par Scopas, 
(lontLéocharès futlecoUaborateur plus jeune au Mausolée d'Halicar- 
nasse; il se distingue par la protubérance frontale accusée, l'œil 
encaissé, le regard inspiré et ardent, le menton robuste, la carrure 
du maxillaire inférieur. L'action du dieu, qui est au moment de déco- 
cher une flèche, justifie l'expression de colère contenue qui paraît 
dans ses narines gonflées. Le globe de l'œil est plus bombé qu'il 
n'est ordinaire après le v* siècle. La chevelure, beaucoup plus simple 
dans la réplique ayant appartenu au sculpteur Steinhauscr (aujour- 
d'hui au musée de Bàle) ', accuse l'influence de l'école pergamé- 
nienne ; cependant la statue n'a rien de commun avec les reliefs de 
la grande frise, car la musculature y est enveloppée et atténuée 
autant qu'elle est exagérée dans ces figures. L'ancienne hypothèse^ 
(pii attribue l'Apollon du Belvédère à l'école de Pergamc, est donc 
dénuée de vraisemblance. 

La copie en bronze de l'Apollon du Belvédère, conservée dans la 
collection StroganofTà Saint-Pétersbourg, est d'une authenticité con- 
testée ; elle n'a d'ailleurs d'importance que pour la restauration de 
la main gauche, dont nous n'avons pas à nous occuper ici '*. 

* L'iuiuloKH- avec la copie du (îanymède de Léocharès ne s'impose nullement ;. 
«f. (iardner, Uandbook, p. 480. 

* Monumenti deW InstilulOft. VIII. pi. 3'.», 40. M. Furlwaengler y voit (à tort, je 
crois) tme « copie un peu aiTangée. » 

" Brunn-Bruckmann, Oenkmdler, n» 41'J; Furlwaenjîler, Masterpieces , p. 405: 
Winler, Jahrbuch des Instituts, l. Vil (I8'.t2), p. 165; Collignon, Histoire de la 
sctdplure grecque, t. I. p. 315, (ig. 161; i\avûn<ir, Uandbook, p. 478; Helbig. 
FUfner\ l. 1, n» 164 (cf. t. I, p. SOI.) 



PLANCHES 244 KT 245 197 

PLANCHES 242 ET 243 
TÈTE EN MARBUE D'APOLLON 

{Musée britannique.) 



Peu de sculptures sont plus propres que celle-ci à témoigner de 
l'influence de Scopas sur les habiles marbriers du m*' siècle. L'œil 
enfoncé et l'expression pathétique ne laissent aucun doute à cet 
égard. D'autre part, cette tète colossale, découverte dans les 
Thermes de Garacalla à Rome, présente des caractères communs 
avec l'Apollon Pourtalès (pi . 247) , bien que ne dérivant pas, 
comme lui, d'un original de bronze. On peut en rapporter l'invention 
à un des élèves et collaborateurs de Scopas, par exemple à Léo- 
charès. Une réplique, que l'on dit très fidèle, est conservée à Rome 
au Palais Giustiniani *. 



PLANCHES 244 ET 245 
TÊTE EN MARBRE DE DIONYSOS 

[Musée de Leyde.) 



Les photographies que reproduisent nos planches ont été exécu- 
tées spécialement pour ce recueil, grâce à l'obligeante entremise de 
M. Marcel Mauss. 

Un marchand hollandais établi à Smyrne envoya cette tête 

' Overbeck, Apollon, p. 142, 7. — Monumenli delV Inslitulo. t. X. pi. 19; Annali, 
1873, p. 27 ; Overbeck, Apollon, p. 141, 6 et pi, XXFI, 34 ; Collignon, Histoire de la 
sculpture grecque, i. Il, p. 445, fig. 238; Bulle, Der schône Mensck, pi. 198; Furt- 
waengler, Masterpieces. p. 165. 



198 PLANCHES 244 ET 243 

colossale à Leyde vers le commencement du xviii'^ siècle ; elle y fut 
médiocrement restaurée par le sculpteur Eberhard et figure ici sans 
les restaurations. C'est un des chefs-d'œuvre de l'art hellénistique 
et une des représentations les plus expressives du délire diony- 
siaque. Urlichs l'avait attribuée à Scopas *, Overbeck avait pensé à 
une imitation néo-attique du Dionysos de Praxitèle décrit par Callis- 
trate^. Aujourd'hui, personne n'hésitera à rapprocher cette tète des 
portraits idéalisés d'Alexandre et beaucoup l'attribueront à l'école 
de Léocharès, ou plutôt à une branche asiatique de cette école. En 
effet, les cheveux relevés, montant vers le ciel comme des flammes, 
sont un détail fort rare dans la sculpture grecque; mais on les 
retrouve précisément dans une grande tête de Tralles conservée à 
l'École Évangôlique de Smyrne et dans nombre de terres cuites de 
cette ville ^. D'autre part, Urlichs avait certainement raison de 
reconnaître, à l'origine de cette œuvre hellénistique, la manière pas- 
sionnée de Scopas dont Léocharès fut l'élève et le collaborateur. 

Les cheveux sont entremêlés de baies de lierre. Les yeux pré- 
sentent une forte convexité, comme ceux de l'Apollon du Belvédère; 
la bouche entr'ouverte laisse apparaître les dents. Sur le haut de la 
tête est pratiqué un trou qui servait à l'insertion du ménisque *. 

' Urlichs, Scopas, p. 161. 

* Overbeck, Griechische Plastik, t. Il, p. 58, 77, 

' S. Reinach, Bull, de corresp. hellénique, 1882, p. 175, pi. 3 ; Furlwaengler. 
Masterpieces, p. 398; Bulle, ap. Xrndl, Einzelaufnahmen, n»» 1342, 1343. Voir aussi 
la petite Aphrodite de Cyzique dans la collection Nelidoff à Rome, publiée par 
M. Furlwaengler, Zeilschrifl des mûnchener Aller lliumve reins, 1901, pi. sans n". 

* Lechat, liullelin de correspondance hellénique, t. XIV, p. 350 et plus haut, 
pi. 3. — Monumenli delV Itistiluto, t. 11, pi. 41 6; Thraemer, ap. Roschcr, Lexikon 
der Mythologie, t. I, p. 1128; Brunn-Bruckmann, Denkmâler, n» 155. 



PLANCHE 246 199 



PLANCHE 246 



TÊTE EN MARBRE D'APOLLON 

{Musée Britannique.) 



En 1880, époque où cette tête fut acquise par le Musée britan- 
nique, Newton, dans un rapport au Parlement anglais, la décrivait 
comme un Alexandre et y voyait la copie en marbre d'un bronze 
célèbre de Lysippe. M. Koepp a reconnu * que ce n'était pas un 
portrait et que le style n'avait rien de commun avec celui du 
maître de Sicyone. Il a proposé d'y voir un Apollon, analogue à 
celui du Belvédère (pi. 241), La ressemblance est, en effet, incontes- 
table ; celle avec l'Apollon Pourtalès (pi. 247) ne l'est pas moins et 
se constate notamment dans l'angle externe de l'œil, intentionnelle- 
ment abaissé^. La tête qui nous occupe appartient donc au groupe de 
sculpteurs dont Léocharès fut le chef et pourrait même être un peu 
plus ancienne ; M. Furtwaengler est disposé à y voir le produit d'une 
école qui remonterait, à travers le iv*' siècle, jusqu'à l'auteur d'un 
des Dioscures du Monte Gavallo, qu'il attribue à Praxitèle l'Ancien. 

L'original, en bronze, devait jouir d'une certaine réputation, car 
il s'en trouve une réplique à Naples sur le torse d'un héros blessé ^. 

' Koepp, Bildnisse Alexanders des Grossen, p. 23. 

* Cf. Collignon, Revue archéoL, 1903, I, p. 2. 

* Clarac, Musée, 865, 2203. — Furtwaengler, Masterpieces, p. 411, flg. 177; 
Koepp. Bildnisse Alexanders, p. 24; Overbeck, Apollon, p. 141. 



2(10 PLANCII1-: Si- 

PL ANC HE 247 
TÊTE EN MARBRE D'APOLLON 

{Musée britannique.) 



Ornement des collections Giustiniani à Rome et Pourtalès à Paris, 
cette tôte colossale, évidente copie d'un bronze, offre une analogie 
frappante avec celle de la planche précédente, qui figure également 
au Musée britannique. Elle en diffère cependant dans la mesure où 
l'Apollon du Belvédère diffère de l'Apollon Steinluiuser àBàle, en ce 
qu'elle représente une étape plus avancée dans l'évolution du môme 
type hellénistique. Tout, depuis la bouche dédaigneuse et les sour- 
cils abaissés jusqu'aux cheveux tordus et comme bouillonnants, vise 
à l'expression pathétique la plus intense. Est-ce la musique, comme 
le croyait Newton, qui a provoqué le délire du dieu ? Cette interpréta- 
tion a été justement contestée par Overbeck, qui insiste, à la suite de 
Kinkel, sur la tristesse qui se dégage de la physionomie et qu'accuse 
surtout, comme dans les masques tragiques, l'abaissement singulier 
du coin des yeux. Kinkel a supposé que la statue dont cette tète est 
le débris représentait Apollon au moment où Hyacinthe tombe mor- 
tellement blessé par la flèche du dieu. Cette hypothèse ingénieuse a 
été adoptée par Overbeck ; il faut convenir qu'elle est vraisemblable, 
quoique impossible à démontrer. 

M. Furtwaenglcr a signalé avec raison, dans la saillie des pau- 
pières anguleuses, un écho lointain du style connu surtout par 
l'Athéna de Velletri (pi. 37) et qu'il attribue à Crésilas. 

Le bas du nez et une partie des lèvres sont les seules restaura- 
tions. Le travail des cheveux est admirable, très supérieur à celui de 
l'Apollon du Belvédère; le modelé de l'épiderme est un peu trop 
lisse *. 

' Prcmitre publication dans Sandrart, Teulsche Akademie. t. 1. pi. U. — 
l'anofka, Cabinet l'ourlalès, pi. 14; Brunii, Griecidsche GutleriUeale, pi. 7; 
Overbeck, Kunslmytholoffie. Apollon, p. 141 et pi. XXII, 35 ; Furtwaengler, 
Maslerpieces, p. 105 : Collij<non, limtoire de la sculpture grecque, t. Il, j). 456, 
«K- 237 ; Synopsis of the lirilish Muséum {i» M., 1877), p. 60. 



PLANCHE 248 20t 



PLANCHE 248 



TETE EN MARBRE DE DIONYSOS 

[Musée du Louvre.) 



La plaque de marbre de Luna sur laquelle se détache en relief 
cette tète colossale * n'était pas destinée à être encastrée dans un 
mur, car les tranches en sont également ornées de reliefs : à droite, 
d'un ceps de vigne, à gauche, de feuilles de chêne. Quelle en était 
donc la destination? C'est ce qu'il n'est pas facile de deviner. 

Dire quel est le dieu représenté ne l'est pas davantage. Visconti 
crut le personnage féminin et y reconnut l'Espagne, à cause de la 
guirlande de pampres et de feuilles d'olivier ; pour Clarac, c'était 
« l'Automne et les plaisirs de la chasse » ; Braun et M. Frœhner en 
rapprochèrent les monnaies de Rhodes à l'effigie d'Hélios ; Wieselcr 
etHeydemann pensèrent à « Dionysos dieu solaire » ; MM. "Wheeler 
et Ujfalvy au « soleil printanier identifié avec la personnification de 
l'Espagne » où à « Alexandre déifié comme Hélios » ; enfin le Cata- 
logue des marbres du Louvre donne cette sobre notice : « Masque 
colossal du Soleil dit l'Espagne, entouré de pampres; sur le buste, 
un rat couché. ». 

Cet animal, dont la tête est moderne, a été pris quelquefois pour 
un lapin ; s'il en était ainsi, la désignation de l'Espagne s'imposerait, 
car le lapin, aux yeux des Romains, caractérisait ce pays ;mais il ne 
paraît pas douteux que ce soit une grande souris ou un mulot (notre 
rat vulgaire n'est connu en Europe que depuis le iv" siècle, époque 
où il arriva d'Asie à la suite des Huns). 

Au dire de J.-B. de Saint-Victor, l'expression de tristesse qui se 
dégage de cette tête conviendrait à la personnification d'une province 
vaincue. Mais l'expression n'est nullement triste; c'est l'cnthou- 

' Hauteur : O" 46. Collection Borghèse. Restaurations : le haut du marbre, 
l'intervalle des sourcils, le nez, une partie de la lèvre supérieure et du menton, 
le devant de la gorge, la tète du petit animal à gauche. 



202 PLANCHE 249 

siasme bacchique, mêlé de rêverie et de langueur, tel qu'on le cons- 
tate également dans la célèbre tête de Dionysos à Leyde, apparte- 
nant à l'époque hellénistique (pi. 244). L'original du masque du 
Louvre remonte à cette époque, et non plus haut, comme le croyait 
Heydemann. La copie à été faite en Italie, probablement à la fin du 
I" siècle, à en juger par l'indication du globe des yeux et des pupilles 
dessinées en creux *. 



PLANCHE 249 



TÊTE EN MARBRE DE HÉROS MORT 

[Loggia de'Lanzi à Florence.) 



Quelque connu que soit le groupe delà Loggia de Florence, dont le 
Pasç'MiwodeRomeest une réplique meilleure, mais très mutilée, on 
n'a généralement pas l'occasion d'étudier la tête de la figure juvénile, 
qui se présente renversée et de haut en bas. Elle paraît ici redres- 
sée, comme on peut s'en assurer en recourant à une gravure de 
l'ensemble -. Le nez, la lèvre supérieure et une partie des joues sont 
modernes ; l'oreille, beaucoup trop forte, l'est également. Le tra- 
vail des cheveux est intéressant à cause'de son allure libre et pitto- 
resque. Le bronze original, représentant Ménélas emportant le corps 
de Patrocle, appartenait à la génération qui suivit Alexandre et 
probablement à une école de la Grèce propre, où prévalait la tradi- 
tion de Lysippe ^ 

* Bouillon, Musée, t. I, pi. 77, 2; Clarac, Musée, 2b5, 311 bis; Heydemann, 
Pariser Anliken, p. 15, pi. 1 ; Ujfalvy, Le type physique (T Alexandre le Grand, p. 10, 
iW, 105. 

* Répertoire de la slaluaire, l. I, 498, 2 ; t. H, 508, 1. 

" Photofçraphie Alinari, n» 3069 ; Brunn-Bruckmann, Uenkmâler, n» 346 ; 
Ameiiinj^, Fuhrer in Florenz, p. 8. 



PLANGlIl!: ->50 203 



PLANCHE 250 



TÈTE EN MARBRE D'ALEXANDRE EN HELIOS 

{Musée de Boston.) 



L'authenticité de ce magnifique morceau a été suspectée à tort, par 
suite d'un nettoyage brutal qui l'avait privé de toute patine ^ Le 
motif est le même que celui de l'Alexandre du Capitole, mais ce 
n'en est pas une copie. On dit qu'il a été découvert à Ptolémaïs en 
Egypte, pays où les représentations d'Alexandre le Grand se ren- 
contrent en plus grand nombre qu'ailleurs. 

Dans l'exemplaire du Capitole-, le bandeau est percé de trous qui 
devaient servir à l'insertion de rayons métalliques : c'est donc un 
Alexandre en Hélios, conclusion qui vaut pour la tête de Boston, où 
le diadème fait cependant défaut^. M. Helbiga très heureusement rap- 
pelé que le culte d'Hélios était florissantàRhodesetquele plus célèbre 
se ulpteur rhodien s'appelait Charès, élève de Lysippe. Or, Pline parle 
de statues de Philippe et d'Alexandre dues à un sculpteur, d'ailleurs 
inconnu, qu'il appelle Chaereas. Il y a toute apparence que ce nom 
est une erreur de copiste pour Charès etquel'Alexandre-Hélios était 
l'œuvre de cet artiste, auteur de la statue colossale d'Hélios que l'on 
admirait dans l'île. A cela on a objecté que la statue d'Alexandre par 
Chaereas était en bronze, alors que la tête de Boston éveille l'idée 
d'un original en marbre ; on a ajouté que la tète de l'Hélios de Rhodes, 
connue parles monnaies, ne ressemble pas à celle qui nous occupe*. 
Mais le fait que l'original de la tête de Boston fût un marbre n'est 

* Gazette des Beaux-Arts, 1902, I, p. 150; cf. Journal of hellenic studies, t. XXI, 
p. 213. 

* Suivant M. Furtwaengler (Journal of hellenic studies, t. XXI, p. 113), le buste 
du Capitole serait une copie de la statue de Lysippe, Alexandre avec la lance. 
La tète d'Alexandre, conservée à Chatsworth, dériverait de Léocharès. 

' Sur le type d'Hélios dans l'art hellénistique, voir Uartwig, Rômische Mitthei- 
lungen, 1897, p. 159. 

* Amelung, Bulletlino comunale, 1897, p. 140. 



204 PLANCHE 251 

nullement certain ; l'existence de la réplique du Gapitole fait plutôt 
conclure à un modèle de bronze. En second lieu, rien n'oblige d'ad- 
mettre que rilélios colossal de Charès dût être identique, ou même 
semblable à un Alexandre en Hélios sorti du môme atelier. Tant que 
l'on n'aura pas confirmé, par une trouvaille épigraphique, le nom du 
sculpteur Chaereas, l'hypothèse de M. Helbig restera, tout au moins, 
très vraisemblable. 

La rêverie enthousiaste, avec une nuance de souffrance, comme 
sous l'aiguillon d'un désir inassouvi, a été admirablement rendue 
par l'artiste; le traitement des cheveux est analogue à celui de 
l'Alexandrie mourant de Florence (pi. 230), mais celui de la muscu- 
lature est beaucoup plus sobre. La comparaison de ces deux tètes 
permet peut-être de saisir les différences essentielles entre les écoles 
de Rhodes et de Pergame *. 



PLANCHE 251 



TETE EN MARBRE DE DIOSCURE 

{Musée du Bar do à Tunis.) 



Cette tête intéressante, découverte en 1896 à Carthage, provient 
d'une statue plus petite que nature; il yen avait deux qui se fiii- 
saient pendant ; la tête de la seconde, acquise par le commandant 
Marchand, est aujourd'hui au musée du Louvre ^ Le type, d'un carac- 
tère pathétique qui rappelle le Dioscure de Paramythia au Musée 
britannique,' est inspiré de celui d'IIélios, qui fut souvent figuré à 
l'époque hellénistique (cf. pi. 248) '*. Les grosses boucles régulières 

« Helbig, Monumenli dei Lincei, t. VI, pi. 1 ; Ujfalvy, Type physique 
)l' Alexandre le (îrand, pi. 4: Arndt, Criechische Portraits, n<" 481. 482 (U* buste 
«iii Capilole. ii" 180, 187) ; S. Rcinach, liazette des Ueaux-Arts, 1902, I, pi. à la 
p. 158 (face et profil). 

• Mar/jrea du Louvre, n» 1832. 

^ Uritiah Muséum Bronzes, n» 277, pi. 5. 

* Voir Kurtwacngler. ap. Roscher, Lerikon. art. Dioskuren, p. 1175. 



PLANC1I1::S 2o2 ET 253 20ë 

font à la tète un encadrement pittoresque, analogue à celui des tètes 
de Paris qu'en a rapportées à Euphranor (pi. 212), Un détail à noter 
dans cette œuvre, qui dérive de Scopas par l'entremise d'un maître 
de Rhodes ou de Pergame, est l'ouverture presque exagérée des yeux, 
que nous avons notée comme un caractère polyclétéen (pi. 52) ; ce 
caractère n'est certainement pas dû au copiste, mais devait se trouver 
dans le modèle hellénistique qu'il a suivi ^ 



PLANCHES 252 ET 253 
TÊTE EN MARBRE D'APOLLON 

{Collection Bairacco à Rome.) 



On a successivement fait honneur à Scopas ^ et à Praxitèle^ d'un 
motif souvent répété par la sculpture antique ', celui d'Apollon au 
repos, le bras droit levé et reposant sur sa tête. li existe un type 
analogue, représenté surtout par leBacchus de Versailles au Louvre ^ 
où le dieu ainsi représenté n'est pas Apollon, mais Dionysos. 

La tète de grandeur naturelle que nous reproduisons est une des 
meilleures répliques de l'Apollon au repos. Elle est remarquable par 
la largeur du style, l'expression calme et un peu dédaigneuse de la 
physionomie, où n'intervient encore aucun élément pathétique, l'élé- 
gante disposition de la riche chevelure^ la forme triangulaire du 
front, la grandeur relative de la bouche entr'ouverte, la petitesse de 
l'oreille. Sur le sommet de la tète on observe des traces de la main 
qui s'y posait. 

' Gauckler, Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions. 1896, p. 445. 

* Friederichs-Wolters, Gipsabgiisse, n» 1292. 

^ Furtwaengler, Satyr von Perr/amon, p. 21 ; Masterpieces, p. 337. 

* La liste des répliques est donnée par M. Furtwaengler, Masterpieces, p. 337, 
note 2 ; cf. Klein, Praxiteles, p. 164. 

" Clarac, Musée, 275, 1574. 



206 planche: 254 

Le motif de cet Apollon peut bien remonter à Praxitèle, mais il 
me paraît certain que nos répliques dérivent d'une statue de bronze 
appartenant à une école postérieure. La ressemblance avec l'Aphro- 
dite de Cnide, que signale M. Furtwaengler, m'échappe complète- 
ment. En revanche, le traitement des cheveux fait songer à l'Apollon 
du Belvédère et à l'Apollon Steinhiiuser du musée de Bâle. Mais 
l'original de l'Apollon au repos est antérieur à ces œuvres, à cause 
de la sérénité majestueuse de l'expression. Sans proposer d'attribu- 
tion, on peut penser à un contemporain d'Alexandre, influencé par 
Scopas et par Praxitèle, mais possédant une individualité propre et 
se rattachant, comme Lysippe, aux maîtres à style large du v" siècle '. 



PLANCHE 254 



TÈTE EN MARBRE DE FEMME BARBARE 

{Musée britannique.) 



Comme la prétendue Omphale de la collection Ashley-Ponsonby 
(pi. 227) et comme la prétendue Thusnclda de la Loggia de'Lanzi à 
Florence (fig. 17), cette belle tôte^ se distingue tout d'abord par un 
détail singulier : les deux bouclettes irrégulières qui descendent sur 
le front de part et d'autre de la raie. Évidemment, ce n'est pas l'effet 
du hasard si la même particularité se constate dans ces trois tôtes 
qui, toutes les trois, à diverses époques, ont été considérées comme 
représentant des femmes barbares. Celte dernière désignation est 
encore celle qui convient le mieux à la tète que nous publions, bien 
que l'on puisse songer aussi à une Ménade ; mais si l'expression 
est bien sereine pour une femme barbare, elle peut sembler égale- 

' llt'lbig, Collection Barracco, pi. 59 et 59 a ; Furtwaengler, Maslerpieces, p. 337, 
note 1; Arndt, Einzelaufnahmeii, n» 276. 

' Restaurations : le nez, une partie du front et de la lùvre inférieure, l'extrémité 
dos longues tresses de cheveux. 



PLANCHE 255 207 

ment trop placide pour une Bacchante, dont le délire dionysiaque 
aurait dénoué la chevelure. 

Une femme barbare n'est pas nécessairement une captive ; ce peut 
être la personnification d'une province ou d'une ville. Quoi qu'il en 
soit, le style, vigoureux et large, est celui de la plus belle époque 
hellénistique ; c'est peut-être une œuvre pergaménienne du ii" siècle. 
La longue chevelure peut être rapprochée de celle d'une tête fémi- 
nine de l'Ermitage S où l'on a cru reconnaître une captive germaine 
et qui est bien plutôt une Gauloise *. 



PLANCHE 255 



TETE EN MARBRE D'EPHEBE 

[Glyptothèque de Ny-Carlsberg.) 



Le comte Tyskiewicz, qui possédait autrefois cette tête et m'en a 
donné une photographie, savait qu'elle avait été découverte en 
Syrie '^. Elle provient d'un bas-relief, peut-être d'un sarcophage. Le 
travail n'en est pas antérieur au ii® siècle ap. J.-C, comme le prouve 
l'indication brutale et expéditive de la chevelure. Je ne sais quel 
personnage de la fable elle représentait. On y remarquera, outre le 
pathétique de l'expression, certains détails tout à fait insolites, 
comme la dépression accusée du front entre deux bourrelets de 
chair*, la concavité de la ligne du nez, la grandeur et la position sin- 
gulière de l'oreille. La ligne du sourcil paraît soulignée par une 
incision, comme dans une belle tète de la collection Singher au 

* Kieseritzky, Catalogue illustré des marbres de l'Ermitac/e (en russe), p. 170, 
n" 35 B ; Friederichs-Wolters, Gipsabgusse, n» 1565. 

* Muséum Marbles, t. XI, pi. 28 ; Synopsis, qrxco-romansculpture, n» 129 ; Hùbner, 
Archœologische Zeitung, 1868, p. 50. 

' Hauteur : Ù>',\1. 

* Comparez plus haut, pi. 156, et une tête romaine à Athènes (Arndt, Portraits, 
n» 400). 



208 PLANCHt: 2b6 

Mans qui provient également d'un relief de la lin du i" ou du commen- 
cement du II* siècle *. La môme particularité se constate sur les 
figures non restaurées du grand sarcophage d'Achille au Louvre ^ 
et, beaucoup plus accusée, sur une tête de sphinx découverte à 
lîalbeck^ ; elle est fréquente dans les plus anciennes sculptures chai- 
déennes et constante dans la statuaire de Palmyre. Le fait que la tête 
qui nous occupe est d'origine syrienne confirme ce que nous avons 
dit ailleurs touchant le caractère à la fois local et traditionnel de 
celte technique '\ 



PLANCHK 256 



TETE EiN MARBRE DE MUSE 

{Musée du Vatican.) 



La statue assise dite Clio, au Vatican, trouvée à Tivoli dans la 
villa de Cassius, porte une tète qui paraît ne pas lui appartenir, 
mais qui est certainement antique et celle d'une Musc ^. La chevelure 
est ceinte d'une couronne de laurier. Un caractère singulier du 
visage est l'amincissement de la partie inférieure, réaction extrême 
contre les types carrés du v* siècle et exagération, entachée de 
mièvrerie et de maniérisme, du type ovale de Praxitèle. C'est, en 
effet, dans l'école des praxitéliens décadents d'Alexandrie qu'il faut, 
je crois, chercher l'origine de cette tôte. Dans son intéressant article 
sur l'art alexandrin, M. Amelung en a publié une autre, conservée au 
palais Pilti à Florence, qu'il a considérée avec raison comme alexan- 
drine et dont la ressemblance avec la Clio du Vatican est évidente, 

' s. Kcinach, Monuments l'iol, t. Il, p. 185, pi. 22. 

* IbiU., p. 188. 

* S. Keinach, lievue archéologique, 1902. I, |», 26 et pi. 4. 

* Ibid., p. 27 el sulv. 

* Le nez et le cou sont modernes; grandeur nuturellc. 



PLANCIIK ?57- 209 

bien qu'il ne l'ait pas signalée ^ Les caractères généraux de ces 
sculptures alexandrines ont été indiqués par M. Amelung avec 
autant de précision que de finesse : morhidezza straordinaria... 
forme molli e tenere... sfumato délie forme... occhi quasi velati... 
maniera nemica di tutte le durezze... forte tendenza idealistica-. 
Cette tendance idéaliste se marque aussi par la petitesse relative et 
l'amincissement de la partie inférieure du visage ; on n'en saurait 
citer d'exemple plus frappant que la Clio '^. 



PLANCHE 257 
TÊTE EN MARBRE DITE ZINGARELLA 

{Musée de Naples.) 



Ce buste étrange et charmant, connu sous le nom de La Zinga- 
rella (la Bohémienne) *, à déjà préoccupé Winckelmann, qui ne 
pouvait se résoudre à y reconnaître une Vestale, suivant la désignation 
qu'il avait reçue au xviii* siècle. Gerhard remarqua avec raison que 
tout caractère sacerdotal fait défaut au buste de Naples ; il n'a d'ail- 
leurs rien de commun avec les portraits authentiques de Vestales, 
véritables abbesses sévères et hautaines, que les fouilles du Forum 
romain nous ont révélées*. Le voile ramené sur le menton, qui sem- 
blait tout à fait insolite à Gerhard, nous est aujourd'hui familier 
grâce aux nombreuses figurines en terre cuite qui présentent cette 
disposition ; elle y est souvent plus accusée encore, la bouche ellc- 

' Bullettino comunale, 1897, p. 135, fig. 12, 13; Arndt, Einzelaufnahmen , 232, 
233. 

- Ibid., p. 122, 125. 

* Photographie Anderson, n''2247 ; Visconti, Musée Pie-Clémentin, t. I, pi. 16 ; 
Bouillon, t. I, pi. 36 ; Helbig, Fuhrer, t. I, n» 281. 

* Le Louvre possède également une statue dite Zingarella, flgure d'Artémis 
qu'on avait déjà qualifiée de bohémienne à l'époque d'Aldroandi (Glarac, Musée, 
287,1231.) 

' Jordan, Det^ Tempel der Vesta, Berlin, 1886. 

14 



210 PLANCHE 238 

même étant couverte par les plis de l'étoffe croisée. L'habitude de 
se voiler partiellement le visage paraît avoir été de règle pour les 
femmes dans certaines villes grecques, notamment à Thèbes, à 
Ghalcis et sans doute à Tanagra *. M. Heuzey a donné d'excellentes 
raisons pour voir Déméter dans celles des statuettes voilées dont 
l'attitude et l'expression sont empreintes de tristesse ; mais il a 
reconnu lui-même que nombre de femmes voilées n'ont rien de triste 
et que la même désignation ne saurait convenir à toutes. Évidem- 
ment, la Zùigarella ne peut être identifiée ni avec la Mère doulou- 
reuse, ni avec sa fdle. La tête, gaie et spirituelle, offre certains 
caractères individuels assez accusés : la lèvre supérieure, très 
mince, limitée en haut par un arc à grand rayon, la lèvre inférieure 
plus atténuée encore, le nez relativement gros à la base. J'y verrais 
volontiers le portrait idéalisé d'une poétesse grecque de la Béotie, 
région où l'usage du voile facial était fort répandu, et j'attribuerais ce 
portrait à un sculpteur de l'époque alexandrine. La copie de Naples, 
crue par Meyer du siècle des Antonins, est certainement plus 
ancienne, comme l'a déjà vu Gerhard. M. Amelung m'apprend qu'il 
en existe une jolie réplique inédite au musée des Thermes à Rome-. 



PLANCHE 258 



TÈTE EN MARBRE DE ZEUS AMMON 

{Musée dot Offices à Florence.) 



Ce masque colossal, qui a dû servir à la décoration d'une paroi, 
dérive sans doute d'un original de bronze ; il est d'un style admi- 

' Heuzey, Recherches sur les figures de femmes voilées dans l'art yrec, in Monti- 
meitls firecs, 1874, n» îi, p. i6 ; cf. Fscudo-Dicéarcjue. dans les Fragm. hist. rjrsFc. 
dr Didot, t. II, p. 259, 18 et Plutaniue, Qitaest. f/rsecw, 49. 

' l'holographie Alinari.n" 11, 158 ; Gerhard et Vanoka, Neapels anlike li'ddwerke, 
II» 378. 



PLANCHE 259 2H 

rable, qui rappelle les plus beaux morceaux à effet de l'art hellénis- 
tique du m'' siècle. Le dieu-bélier, avec ses cornes et ses oreilles 
d'animal, ne pouvait ressembler au dieu purement humain que repré- 
sente, par exemple, le masque d'Otricoli (pi. 194) ; l'expression elle- 
même est celle d'un animal puissant, plutôt taureau que bélier, et 
la bouche semble s'ouvrir pour pousser un mugissement. L'inten- 
sité de la pensée s'accuse seulement dans le front, qui est traversé 
d'un profond sinus'. Le bout du nez, une partie des cornes et des 
cheveux sont modernes ^ 



PLANCHE 259 



TÈTE EN BRONZE DE MÉDUSE 

{Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale.) 



Le duc de Luyncs avait acquis ce beau bronze, peut-être un mar- 
teau de porte, comme provenant de Gapoue. Les yeux présentent 
des traces d'incrustations en pâte de verre bleue. Les serpents, dont 
les crêtes dominent les ailerons de la Méduse, encerclent de leurs 
queues le visage de la déesse redoutable et s'enlacent au-dessous de 
son cou. Dans l'anneau formé par cet enlacement s'insère un autre 
anneau plus grand et mobile. Travail très soigné des premiers 
temps de l'Empire. 

C'est là un excellent spécimen du type pathétique de la Gorgone 
qui se dégage, dès le v^ siècle avant J.-C, du type hideux adopté par 
l'art archaïque et suit, dans son évolution, celle de l'idéal de la 
beauté chez les Grecs, d'abord placide, puis inquiet et tourmenté^. 

' Photographie Alinari, n» 10015 ; Dûtschke, Antiken in Oberitalien. t. III, 
n» 528 ; Amelung, Fuhrerin Florenz, p. 104, n» 164. 

* F. Lenormant (E. de Chanot), Gazette archéologique, 1875, p. 69, pi. 17; 
Babelon, Cabinet des Antiques, p. 101, pi. 32; Babelon et Blanchet, Catalogue 
des bronzes antiques de la Bibliothèque Nationale, n» 710 ; Saglio, Dictionnaire, 
art. Janua, fig. 4136. 



212 PLANCHE 260 



PLANCHE 260 



TÊTE EN BRONZE DE SATYRE 

{Musée de Naples.) 



A partir du iv° siècle avant J.-C, l'art grec représenta les Satyres 
sous les traits de beaux éphèbes rêveurs, dont il atténua ou sup- 
prima même les caractères rustiques et sensuels. Mais, pour qu'ils 
restassent reconnaissables, il fallait que leur nature animale primi- 
tive ne fût pas complètement effacée. D'autre part, les Pans chèvre- 
pieds avaient subi une transformation analogue et tendaient à se 
confondre avec les Satyres. Le Satyre endormi du musée de Naples, 
provenant d'Herculanum S est un exemple de l'évolution et du syncré- 
tisme dont il vient d'être question. Sont front est surmonté de petites 
cornes de chevreau, attribut prêté par Pan aux Satyres depuis la fin 
du IV* siècle. Sur son cou l'on aperçoit des papilles de bouc, carac- 
tère des Satyres à l'époque hellénistique; déjà, sur la grande frise 
de Pergame, les Satyres du cortège de Dionysos en sont pourvus. 

Il y a une analogie indéniable entre le Satyre de Naples et celui 
de Munich, si l'on adopte pour ce dernier la restitution proposée 
par M. Bulle ^ Ni l'une ni l'autre de ces statues n'est un original, 
mais elles dérivent d'un beau bronze du iii« siècle, dont il devait 
exister plusieurs variantes. 

Les cheveux sont massés en touffes épaisses, enchevêtrées dans 
un désordre savant et voulu. Diodore de Sicile, parlant des Gau- 
lois, dit que leur chevelure inculte les fait ressembler aux Pans et 
aux Satyres'; preuve qu'à son époque ces divinités rustiques 
oiTraient un aspect analogue et étaient reconnaissables à ce détail. 
Mais, à cela près, le Satyre de Naples n'a rien d'un « campagnard au 

' Clarac, 720, 1724. L'œil droit et une partie de la joue gauche sont restaurés. 
* Jahrbuck des Instituts, 1901, p. 16; Gazelle des Beaux Arts, 1902, 1, p. 150. 
" Diodore, V, 28 : ù>»xe tt,v xpô<To<{'iv aoTtov oaivîTOai ilaxjpoi; xal Uauiv 
èo'.y.jîav. C, Rf.Scinach, Les Gaulois dans l'art antique, p. 35. 



PLANCHE 261 213 

galbe lourd, au menton ramassé, aux lèvres charnues ));ces expres- 
sions, qui lui ont été appliquées par un savant archéologue, ne 
paraissent en aucune façon lui convenir*. 



PLANCHE 261 



TÊTE EN MARBRE DE SATYRE 

{Musée du Louvre.) 



Il est regrettable pour la ville de Vienne en Dauphiné qu'elle ait 
fait hommage au roi Louis XVIII de ce chef-d'œuvre, exhumé sur son 
territoire en 1820. La tête dont le Louvre s'enrichit à [cette époque 
faisait probablement partie d'une statue; Delorme affirmait, en 1841 ', 
qu'on avait découvert en même temps quelques parties des jambes, 
entre autres le genou du Satyre, surlequel était posé Dionysos enfant. 

L'expression de gaîté rustique et primesautière, sans aucun 
mélange de malice, n'a jamais été rendue avec plus de saveur et de 
bonne grâce. Ce Satyrisque aux oreilles pointues, au front cornu, aux 
cheveux incultes et hérissés en grosses touffes, ne médite pas un 
des mauvais coups où excellent les rôdeurs de son espèce ; il rit à 
belles dents, il s'amuse en amusant autrui et tout porte à croire 
qu'il faisait danser un enfant sur son genou, conformément au 
témoignage de Delorme que nous avons rappelé. Le marbre est 
grec; c'est sans doute une sculpture originale de l'école de 
Pergame ou de Rhodes*. 

* Photographie Alinari. n» 11 226; Bulle, Jahrbuch des Insliluls, 1901, p. 14, 
fig. 6; Benndorf, Oeslerreichische Jahreshefte, t. IV, p. 173. 

' Hauteur : 0°>,46. Traces de couleur rouge dans les cheveux. L'oreille droite et 
la pointe de l'oreille gauche sont modernes. 
8 Delorme, Description du Musée de Vienne, 1841, p. 242. 

* Photographie Giraudon, n» 1255; Bouillon, Musée, t. III, Supplém., I, 4; 
Clarac, Musée, 1082, 2763 A ; Froehner, Notice, n» 276 ; Friederichs-Wolters, 
Gipsabgilsse, n" 1498. 



214 PLANCHES 263 KT 264 

PLANCHE 26^ 
TÈTE EN MARBRE DE SATYRE 

(Musée de Vienne.) 



Sacken avait raison dadmirer dans cette tète* la îçaîtc native 
— urwûchsige Frôhlichkeit — qui est un des enviables attributs des 
Satyres, vauriens que n'a jamais attristés le dur joug du travail : 
... Ycvo; oÙTiôavôiv îiaT'jpwv xal àu.T,)^avoeç)vwv -. 

Il rit de bon cœur, sans méchanceté, en montrant ses belles dents. 
Ses cheveux, suivant la mode des Satyres, se relèvent en brosse sur 
le front; on y distingue la trace d'une couronne de lierre. Les 
oreilles sont naturellement pointues. Le bout du nez et un morceau 
de la lèvre supérieure sont modernes ; les cheveux ont souffert, 
mais n'ont pas été restaurés. Le travail est d'une bonne venue, franc 
et vigoureux, sans être pourtant comparable à celui du Satyre 
reproduit à la planche précédente^. 



PLANCHES 263 ET 264 
TÈTES EN MARBRE DE SATYRES 

{Musée de Venise.) 



Ces deux iéles colossales* comptent parmi les plus belles images 
de Satyres que nous ait léguées l'art antique. La première (pi. 263)" 

• Hauteur : 0-, 20. 

• Hésiode, ap. Strabon, X, p. 47i. 

• Sacken, /ln/<A:e Sculpluren in Wien. p. 32. pl.XIII, 3. 

• Hauteur : 0-.46 et 0",65. 

' Restaurations : le cou, une partie du nez. l'oreille gauche. 



PLANCHES 265 ET 266 215 

est surtout remarquable par le travail des cheveux, traités avec une 
simplicité et une souplesse charmante; le front, très grand, est orné 
de petites cornes ; les sourcils divergent fortement et les yeux très 
ouverts expriment la surprise '. La seconde tète - est beaucoup plus 
juvénile et plus gracieuse ; le sourire, qui entrouvre un peu trop la 
bouche, creuse les joues potelées et en fait saillir les chairs. Les 
pupilles des yeux sont indiquées. Sur le front errent deux petites 
boucles que l'on a prises pour des cornes naissantes. Les cheveux, 
courts et ondulés, sont rejetés sur le sommet de la tête. Le buste 
était destiné à être inséré dans une statue ^. 

Ces tètes de Satyres appartenaient à l'ambassadeur de la Répu- 
blique de Venise à Rome, Girolamo Zulian, et furent léguées par lui 
à sa ville natale en 1794, en même temps que d'autres antiquités de 
provenance romaine, aujourd'hui au musée archéologique*. 



PLANCHES 265 ET 266 
TÊTE EN MARBRE DE PETITE FILLE 

{Musée de Dresde.) 



Si cette enfant avait des oreilles pointues, on n'hésiterait pas à y 
voir une jeune Faunesse ou une Satyresse. Mais elle à des oreilles 
normales et l'on est fort embarrassé pour lui donner un nom mytholo- 
gique ; celui d'Hermaphrodite ne convient certainement pas. Disons 
donc simplement que c'est la tète d'une enfant rieuse, où les carac- 
tères de l'enfance, le grand front et les joues potelées, sont rendus 
avec exactitude et non sans esprit. Les cheveux sont relevés et 
ramenés en arrière, où ils se nouent en chignon. Une rangée de 

' Valentinelli, Mai^mi scolpili (Prato, 1866), pi. 54; Dûtschke, Bildwerke in Ober- 
italien, t. V, n» 363. 

* Restaurations : Toreille gauche et une partie de l'oreille droite. 
' Valentinelli, op. l., p\. 54; Diitschke, op. l., t. V, n" 314. 

* Cf. Dûtschke, ibid., p. 31. 



216 PLANCHE 267 

(lents paraît à travers récartement des lèvres. Le nez camard est une 
restitution qui semble exacte. 

Cette tête, de grandeur naturelle, était autrefois placée sur une sta- 
tue à laquelle elle n'appartenait pas *. J'en dois de bonnes photogra- 
phies à l'obligeance de M. Herrmann. 



PLANCHE 267 



TÊTE EN MARBRE D'HÉRAKLÉS ENFANT 

{Musée du Capitule.) 



Charmante tête d'Héraklès enfant assis, qui, de chaque main, 
étouffe un des serpents envoyés par Héra pour le tuer : non sine Dis 
animosus infans^. L'expression du visage est énergique, avec une 
pointe d'espièglerie ; on remarquera la finesse de la bouche et la 
quasi-absence de la lèvre supérieure. Les cheveux sont spirituelle- 
ment massés en boucles qui s'enchevêtrent, d'après un type qui n'est 
pas antérieur au m® siècle. La statue dont cette tète fait partie^ est 
un pasticcio et n'a pas été décrite par M. Helbig ; mais il ne semble 
pas que l'authenticité de la tête puisse être contestée*. 

* Clarac, Musée. 449. 1649. 

* Horace, Odes, Hl, 4. 20. 

' Clarac, Musée, 782, 19G0. 

* Photographie Alinari, n» 19 663; Armellini, ScuUure del Campidoglio, t. H, 
n*190; Museo Capitolino, t. III, pi. 25. Sur Héraklès enfant, voir Abhandlungen 
der siichsiscUen Gesellschafi der Wissenschaflen, t. XV (1894), p. 455 et suiv. 



PLANCHE 269 217 



PLANCHE 268 



TETE EN BRONZE D'ENFANT 

{Musée britannique.) 



L'art grec apprit assez tard^ à représenter les enfants tels qu'il sont 
réellement, avec leur grand front, leurs grands yeux, leur visage 
arrondi, leurs chairs molles et potelées. Le buste de grandeur natu- 
relle que nous reproduisons, provenant d'Italie et ayant appartenu 
au comte Pourtalès, est un des types les plus gracieux de tout 
jeune enfant que l'art antique ait produit -. Les cheveux, encore 
clairsemés, sont serrés par un anneau au-dessus du front, suivant 
une mode que l'on constate assez souvent dans les tètes d'Eros ; 
les yeux, aujourd'hui creux, étaient en émail ou en argent. Le tra- 
vail n'est certainement pas postérieur au i" siècle de l'Empire 
romain. 11 est possible, mais possible seulement, que l'artiste ait 
voulu faire un portrait'. 



PLANCHE 269 



TETE EN BRONZE D'ÉROS ENFANT 

[Musée de Naples.) 



Cette jolie tète surmonte une statue de genre découverte à Pompéi, 
représentant Eros portant un dauphin*. C'est un excellent spécimen 

' Peut-être l'apprit-il de Boëthos, l'auteur de YEnfant à l'oie. Cf. Gardner, 
llandbook, p. 441. 
» Hauteur : O^jSS. 

^ Catalogue Pourtalès, n» 682; Catalogue of bronzes in Uie British Muséum, 
p. 153, n» 8o0. 

* Répertoire de la statuaire, t. II, 468,3. 



218 



l'LANCIIE 269 



(les grosses tètes potelées et joufflues que l'art alexandrin — et l'art 
romain à sa suite — a prêtées aux jeunes enfants, mais que 1 art 
hellénique, moins attentif à observer la nature, avait ignorées. La 




,„.>..^ 



FiR. 18. — TKTK D'ENFANT DECOUVERTE A CIIYI'UE 
Musée britannii|UO. 

télé du jeune Dionysos, dans le groupe de Praxitèle à Olympic, celle 
du jeune Ploutos, dans le groupe de Céphisodote à Munich, ne sont 
pas plus « naturelles » que celles des nombreux enfants en bas-àge 
ligures sur les bas-reliefs funéraires alliques de la belle époque ; la 
charmante tétc d'enfant du Musée britannique, découverte h Chypre 
(fig. 18), est probablement de travail alexandrin *, comme V Enfant 
à Voie dont la meilleure réplique est au Louvre '^. 

' Journal of hellenic studieM, l. IX. pi. 10 et (. XI, p. 100: Gazelle des Beaiix- 
.iW.v. 1890. II. p. 4:J0. 431. 

» S. Rcinach, Revue de l'Université de Bruxelles, I. VI (1901), p. 241. 



PLANGIIK 270 219 

Les cheveux sont relevés en grosse mèche sur le front et serrés 
dans un anneau, mode que nous avons déjà signalée dans la tête en 
bronze d'enfant appartenant au Musée britannique (pi. 266) et déri- 
vant sans doute de la même école d'arts 



PLANCHE 270 



TETE EN MARBRE D'ISIS 

{Musée du Louvre.) 



Le marquis de Drée, dont la biographie m'est inconnue, possédait 
cette tête au début de la Restauration; elle fut acquise pour le 
Louvre par Louis XVIIL C'est une curieuse sculpture, présentant un 
ensemble d'attributs qui ne se trouvent pas réunis ailleurs. Le dia- 
dème est orné d'un croissant lunaire qui encadre l'aspic royal ou 
uraeus ; à droite et à gauche étaient figurés des pavots (celui de 
gauche est endommagé). Sur le front de la déesse s'élèvent deux 
petites cornes ; de part et d'autre du visage, des rangées de grosses 
boucles se dégagent de la chevelure à la hauteur des tempes et des- 
cendent en torsades épaisses jusqu'au bas du cou. Les globes et les 
pupilles des yeux sont indiqués en creux. L'ensemble est d'un 
aspect agréable, bien que l'œil gauche soit placé un peu trop bas. 
La surface du marbre paraît avoir été très nettoyée et même râpée. 
Toutefois, il ne semble pas que l'on doive concevoir d'inquiétudes 
sur l'antiquité de ce morceau ; un faussaire du commencement du 
xix*' siècle neùt pas inventé un type d'Isis où aucun détail nest 
invraisemblable. C'est, je crois, un travail du i" siècle de l'Empire, 
d'après un modèle alexandrin 2. 

' Photographie Alinari, n» 11 195. 

* Photographie Giraudon, n» 1247; Froehner, Notice, n" 559: Bouillon, Musée, 
t. I, pi. 72: Clarac, Musée. 1087, 2773 A; Lafaye, Divinités d'Alexandrie, \). 275, 
n<>39: Marbres du Louvre, n» 223. 



220 PLANCHE 273 



PLANCHES 271 ET 272 



TÈTE EN MARBRE D'ISIS 

{Dans un mur à Pompéi.) \ji\ ^^ 7,3, 



Je dois deux photographies minuscules de cette jolie tête, encas- 
trée autrefois (y est-elle encore ?) dans un mur de Pompéi, près du 
temple d'Isis, à l'obligeance de mon confrère M. l'abbé Thédcnat. 
Ces photographies grandies ont servi de modèles aux dessins que 
reproduisent nos planches. Il m'a semblé intéressant de faire con- 
naître cette tête inédite de la déesse gréco-égyptienne, dont le type 
est assurément original. Les yeux sont très allongés, les paupières 
supérieures fortement débordantes, l'expression un peu rêveuse et 
extatique. Les grosses boucles, tombant d'aplomb de chaque côté 
du visage, sont un caractère distinctif des tôtes d'Isis. D'ailleurs, 
il ne serait pas impossible que celle-ci représentât non la déesse 
elle-même, mais une de ses fidèles, ce qui expliquerait peut-être 
le caractère individuel de la physionomie, peu ordinaire, même h 
l'époque romaine, dans les images de divinités. 



PLANCHE 273 



TÊTE EN BRONZE D'ISIS (?) 

{Autrefois en Lycie.) 



Je n'ai jamais vu cette tête et j'ignore où elle se trouve aujour- 
d'hui. La photographie m'en a été envoyée, il y a une dizaine d'années, 
par M. Imbert, alors chargé d'une mission scientifique en Lycie ; 



PLANCHES 274 ET 275 2 21 

elle était alors à Castelorizzo, dans la collection d'un Grec du pays, 
M. Diamantaras. Je la reproduis à cause de son caractère très insolite . 
Ne serait-ce pas le portrait d'une princesse ou d'une prêtresse, ptolé- 
maïque ou syrienne, figurée sous les traits d'Isis, avec la dépouille 
d'un épervier sur la tête ? Il faut en rapprocher une tête isiaque 
découverte à Rome près de Saint-Clément et publiée par M. Ame- 
lung comme un spécimen de l'art gracieux et mou des Alexandrins ^. 



PLANCHES 274 ET 275 
TÊTE EN BRONZE D'ISIS 

[Musée de Vienne.) 



Il est à peu près certain que le type alexandrin d'Isis dérive de 
celui d'une Kora de Bryaxis, modifiée dans le costume et complétée 
par certains attributs-. L'un de ces attributs, que l'on rencontre sou- 
vent, est une fleur de lotus couronnant la tête ; ici, ce n'est pas une 
fleur, mais une touffe de cheveux qui en imite la forme. On connaît 
une réplique en marbre du même type au Vatican^. Le buste de 
Vienne * a été découvert dans le Danube à Widdin ; c'est un beau 
travail du premier siècle de l'Empire, d'après un modèle alexan- 
drin ^. 

' Bulletlino comunale. 1897, p. 118, note 2, pi. 8 : « Una principessa egiziana 
colla pari'ucca e con la pelle d'un alvoltoio, accommodala a modo di cappello, quale 
porlano le déesse degli Egiziani. » Une figure de femme coiffée de même et 
représentant peut-être une prêtresse a été publiée par M. Furtwaengler, Ueber 
Statuenkopien, I, p. 33, pi. 5; il y en a une troisième à Florence, Bull, comu- 
nale, 1897, p. 120, 121. La tète découverte à Rome, « princesse lointaine et 
inconnue », a été reproduite par M. Lechat, Revue des éludes grecques, 1898, 
p. 209. 

* Cf. S. Reinach, Revue arche'ologique.i^Qi, il, p. 13, 21. 

^ Visconti, Musée Pie-Clémenlin, t. YI, pi. 17, 2: llelbig, Fuhrer, t. I, n» 233, 
qui conteste (à tort, je crois) la désignation de Visconti. 

* Hauteur : Û^SS. 

' Schneider, Album de7' Anlikensammlungen, p. 13, pi. 35. 



222 PLANCHE 276 



PLANCHE 276 
TÈTE EN MARBRE DE MÉDUSE 

{Musée du Louvre.) 



Ce masque colossal* de Méduse ailée provient de la collection 
Campana. Sur le front paraissent les tôtes opposées de deux serpents 
dont les queues s'enroulent au-dessous du menton. Les proportions 
du visage sont lourdes, avec de grands yeux trop ouverts, un nez 
court et raidc, un menton énorme. C'est un travail décoratif de la 
basse époque romaine (vers 200 après J.-C. ou plus tard encore), à 
rapprocher de la Méduse colossale de Gonstantinople-, conservée au 
musée de Tchinli-Kiosk ^. 

« Hauteur : ©".Sb. 

* S. Reinach, American Journal of archœoloyy, t. Hl, pi. 9. 

^ Photographie Giraudon, n» 1331; Marbres du Louvre, n» 501. 



FIN 



2ii mars 1903. 



TABLE DES GRAVURES 



Frontispice. — Apollon dit de Choiseul-Gouffîer, au Musée britannique (pi. 24). 
Fig. l, p. 7. — Aurige de Delphes. 

— 2, p. 19. — Apollon du Musée britannique. 

— 3, p. 21. — Déesse (•?) de la collection Humphry Ward. 

— 4, p. 22. — Hermès du Musée britannique. 

— 5, p. 23. — Déesse dite Vesta Giustiniani, collection Torlonia. 

— 6-7, p. 27. — Discobole de Myron, collection Lancelotti. 

— 8, p. 28. — Jeune fille Spartiate, au Vatican. 

— 9-10, p. 63. — Niké ("?) de la collection Laborde. 

— 11, p. 73. — Athéna Parthenos, statuette dite du Varvakcion. 

— 12, p. 91. — Aphrodite dite Genetrix, du Louvre. 

— 13, p. 114. — Déesse (?) du Musée national d'Athènes. 

— 14, p. 116. — Héraklès jeune de Sindj (Dalmatie). 

— 15, p. 138. — Aphrodite, d'après un moulage du Louvre. 

— 16, p. 140. — Athlète de la glyptolhèque de Ny-Garlsberg. 

— 17, p. 184. — Thusnelda (?) de Florence. 

— 18, p. 218. — Enfant découvert à Chypre. 



INDEX ALPHABÉTIQUE 

N. B. — Les chiffres renvoient aux planches; précédés de p., ils renvoient 
aux pages du volume. 



Acropole. Voir Athènes. 

^quum (tête d'). p. 116. fig. 14. 

Agasias. Lutteur. Louvre, 218; Agasias 
d'Ëphèse. p. 175. 

Agesandros, p. 185. 

Agias (Delphes), p. 173. 

Alcamène, p. 80, 86. 

Alexandre du Capitole, p. 203; type 
idéal, p. 135, 155. 

Alexandre-IIélios. Boston, 230. 

Alexandre mourant (?) Florence. 230, 
p. 187. 

Alexandrin (art), p. 144, 163, 160, 167, 
208, 219, 221. 

Amazone. Mattei. p. 45; Musée britan- 
nique, 53 ; Napies, 57 ; Palais des 
Conservateurs, 54; de Strongylion, 
p. 127 ; Vatican, 55, 56. 

Amphitrite, p. 190. 

AnaUis, p. 108, 109. 

Anténor, p. 16. 

Antinous. Capitole, 210; Mondragone, 
p. 169. 

Aphaia (Égine), p. 13. 

Aphrodite. Arles. 135, 136 ; Barracco, 89 ; 
Boston, 137; Capitole, 186; Corneto, 
p. 85, 86; Cos, p. 145; Doria, p. 93; 
Dresde, 184, 185; Genetrix, p. 91. 
fig. 12; Kaufmann,p.l35; Leconfield, 
175 ; Louvre, 83, 84. 115-116 (Genetrix), 
166, 167, 182-183 (Arles), 187 (type 
Capitolin); Médicis, p. 146; de Milo, 
140, 141; Musée britannique, 189; 
Napies, 87, 162 (Capoue), 200; de 
Phidias, p. 69; RobinsonfO 88; Tou- 



louse (Martes Tolosanes). 173, 174; 
Vatican, type de la Cnidienne, 172; 
Vienne, 198, 199, 202. 

Apollon. Akraephise, p. 14 ; Barracco, 16, 
17, 252, 253; du Belvédère, 241 
Cassel, p. 24, 89; Ghiaramonti, p. 18 
Choiseul-Gouffier, 24 et frontispice 
Kanakhos,p.l8; Louvre, p. 25.26,159 
Musée britannique, 24, 242, 243, 246, 
247 (cf. p. 19, fig. 2); Musée des Ther- 
mes, 80; Napies, 22,23; Ny-Carisberg, 
78, 79; à X'Omphaloa, p. 21 ; d'Onatas. 
p. 19; Pourtalès (Giustiniani), 247; 
Steinhâuser, p. 196; de Taormina, 
p. 122; Vatican, 225; Venise, p. 149, 
172; Vienne (type Taormina), 158. 

Apollonia en Epire, p. 104. 

ApoUonios fils d'Archias, p. 37. 

Apoxvomène de Lysippe. Vatican. 214. 
21o' 

Arcésilas, p. 91. 

Archaïsme factice, p. 36. 

Ares. Louvre, 81, 82, 102. 

Argos. Déesse, 51, 52. 

Ariane (?) Capitole, 205 ; Musée des 
Thermes. 206; cf. p. 164. 

Arles. Aphrodite (?), 135, 136 ; au 
Louvre, 182, 183. 

Artémis. Dresde, 177, 178; Lycosoura, 
p. 74 ; Mételin, 163, 164, p. 159 ; Napies, 
220; Vatican, 144; Versailles, 178. 

Ashley-Ponsonby (Londres.) Femme 
barbare (?), 227. 

Asklépios. Dresde, p. 95; Florence, 
p. 96; Logerot, 196; Musée britanni- 
que (Milo), 125 ; Orlandini, 121 ; Pirée^ 

15 



226 



INDEX ALPHABÉTIQUE 



p. 158: Romp. p. Gl : de Thrasymède, 
p. 157: type idéal d'Asklépios, 82. 

Aspasie (prétendue). Berlin, 38 : Louvre, 
39. 

Athéna. Acropole (fronton), p. 2: à la 
ciste (Crète, Louvre), p. 92: Albani. 
p. 32 : d'Alcamène, p. 88 : Barracco, 90 ; 
Bologne. 73; Brescia. 93, 9i; Cons- 
tantlnople (Leptis). 132, 133 : hgine 
(Munich). 15; d'Eubulide, p. 32: Glie- 
nicke, p. 81 : Hope, p. 80 : Louvre (Yel- 
letri). 37 : (terre cuite) 101 ; Munich, 
15; Naples. 95, 100 (Farnèse) ; Ny- 
Carlsberg. 91, 92; Poitiers, p. 10: Pro- 
machos, p. 74; Soteira, p. 32,70: du 
Varvakeion, p. 73: Vienne, 98, 99. 

Athènes . Tête virile archaïque de 
bronze, 5, C ; tètes de femmes archaï 
quesdel'.Vcropole.ll, 12. 13:Déméter, 
relief dÉleusis, 40; tète de déesse 
d'Argos. 51. 52 ; tète de Tégée, 147 ; 
Kubouleus, 171 ; tête du versant méri- 
dional de l'Acropole, p. 114. 

Athlète versant derhuile.Munich.75,70. 

Atys, p. 170. 

Aurige. Delphes, 9, 10 (cf. p. 7, fig. 1). 

Barbare (femme) . Ashley Ponsonby, 
227; Musée britannique, 254. 

Barracco (Rome). Aphrodite (?) 89 ; 
Apollon, 16. 17, 252, 253; Athéna, 
90 ; Centaure, 229 ; jeune fille, 88 : 
Marsyas, 66, 67. 

Barbe en collier, p. 3; frisons d'une 
barbe naissante, p. 8, 16. 

Bénévent, Tête d'éphèbe en bronze 
(Louvre), 72. 

Berlin. Aspasie (prétendue), 38 ; Démê- 
ler, 129 ; Dionysos, 201 ; éphèbes. 68, 
130. 165 (relief) ; liera (?) 112, 113 ; 
homme archaïque, 7, 8; homme barbu, 
145; jeune femme, stèle funéraire, 
126, 127, 128 ; jeune fille, 180. 

Bois (sculpture en), p. 17. 

Bologne. Athéna, 73. 

Boston. Alexandre, 250; Aphrodite (?), 
137. 

Bouche aussi petite que l'œil, p. 74: 
ondulation de la ligne médiane, p. 41 : 
lèvres incrustées d'argent, p. 177, 
178; lèvres serrées, p. 17 (voir ^jin^- 
lique.) 

Boudeur, boudeuse, p. 11, 12. 

Brescia. Athéna. 93, 94. 



British Muséum. Voir Musée britan- 
nique. 
Broadiands (tête de), 137. 
Bronze (technique du), p. 70. 
Brya.xis, p. 119, 134, 192, 195. 221. 

Cabinet des Médailles (Paris). Méduse, 
259; Tyché, 110, 111. 

Galamis, p. 21, 92. 

Gallimaque, p. 92, 94. 

Canon de Polyclète. p. 39. 

Capitole (Rome). Aphrodite, 186: Dio- 
nysos, 205: Héra, 142, 143: Héraklès 
enfant, 267: Antinoiis, 210. 

Capoue. Aphrodite, 162, p. 125: Psyché, 
p. 160. 

Captive, p. 183. 206, 207. 

Carlhage. Déméter, 181; Dioscure, 251 , 

Cécryphale, p. 69, 93. 

Centaure. Barracco, 229 ; Palais des 
Conservateurs, 231, 232 ; Spire, 233, 
234. 

Genfocelle, p. 167. 
Céphisodote, p. 76, 99, 125, 159. 
Chaereas. p. 203. 
Charès, p. 203. 

Cheveux adhérents au crâne, p. 38. 39, 
46, 176. 177: boucles descendant sur le 
front, p. 107, 109. 151 ; boucle errante 
sur le front, p. 184 : boucles irréguliô- 
res sur le front, p. 206 : boucles émer- 
geant du bandeau ou du casque, p. 69, 
75, 94: boucle isolée au-dessus de 
l'oreille, p. 88, 112, 127, 148; boucles 
étagées, p. 9. 14, 15, 16, 52; contraste 
avec le poli des chairs, p. 117; cor- 
dons de perle, accroche-cœur, p. 3; 
cheveux courts des athlètes, p. 30 ; 
cheveux des Gaulois, p. 212; indi- 
qués par brettelage, p. 5 : dessinant 
un contour brisé sur le front, p. 6 ; 
en côtes de melon, p. 174, 178, 180 ; 
massés à l'effet, p. 173: montant 
comme des flammes, p. 198 ; ondulés 
en S, p. 123 ; ondulés symétrique- 
ment, p. 105: pathétiques, p. 188, 189: 
raie, p. 10, 60; cheveux relevés, 
p. 162; serrés par un anneau, p. 217, 
219. 

Clio. Vatican, p. 208. 

Cnide. Déméter (Musée britannique), 
179. Voir Aphrodite. 



INDEX ALPHABÉTIQUE 



227 



Collier de Vénus, p. 79. 87, 103, 122, 

136, 138, 141, 144, 160, 162. 
Constantinople. Athéna, 132, 133 ; Arté- 

mis de Mételin, 163, 164; déesse 

d'Ëphèse, 160 ; Dionysos de Tralles, 

192. 

Corinne (?) Rome, 223, 224 ; de Silanion, 
p. 179, 180. 

Corinthien (art), p. 61, 103, 126. 

Corneto. Aphrodite, 85, 86. 

Coureuse Spartiate. Vatican, 31. 

Crâne (forme du), p. 6, 64. 

Crésilas, p. 32, 44, 170. 

Cyzique, p. 141. 

Danseuses de Delphes, p. 94. 

Delphes. Aurige, 9, 10, p. 7 (fig. 1) ; 
réplique de la Niké de Paeonios, p. 85. 

Déméter. Athènes (relief d'Eleusis), 40; 
Berlin, lti9 ; Cnide (Musée britanni- 
que), 179; Tunis (Carthage), 181. 

Diadumène Farnèse, p. 41 ; Louvre, 49 ; 
Musée britannique, 50. 

Dionysos. Berlin, 201 ; Capitole, 205 ; 
Constantinople (Tralles), 192 ; Leyde, 
244, 245 ; Louvre, 124 (barbu), 248 
(haut-relief) ; Naples, 125, 197 ; Ny- 
Carlsberg, 146 ; Saint-Germain, 105 ; 
Vatican, 103, 104. 

Dioscure. Carthage (Tunis), 251. 

Discobole de Myron, p. 27 (fig. 6-7). 

Dissymétrie des traits, 8, 17, 46, 65, 66, 
71, 110, 127. 

Doryphore. Naples, 46, 47, 48. 

Dresde. Aphrodite, 184, 183 ; Artémis, 

177, 178; homme archaïque, 32, 33; 

herculanaise (Mnémosyne), 216, 217; 

petite fdle, 265, 266 ; Zeus, 119, 120. 
Éclectisme au \" siècle, p. 57. 
Égine (frontons d'). Athéna (Munich), 

15. 

Éginélique (type), p. 1, 13. 

Eleusis. Déméter (relief), 40; Eubouleus, 
171. 

Enfant. A l'oie, p. 218 ; Capitole, 267 ; 
Chypre, p. 218; Dresde, 265, 266; Mu- 
sée britannique, 268 ; Naples, 269 ; 
réaliste, p. 217; rieur, p. 215. 

Éphèse. Tête de femme, 160, p. 123. 

Erato, p. 124. 

Erbach. Tête virile archaïque, 34. 



Eros. Centocelle, 209 ; Naples, 269 ; 
Thespies, p. 167; Vatican, 209. 

Espagne personnifiée (?), p. 201. 

Eubouleus. Athènes, 171. 

Euphranor, p. 170. 

Florence. Alexandre (?) mourant, 230; 
éphèbemyronien (palais Riccardi), 69; 
Idolino, 71 ; Palrocle, 249; Zeus Am- 
mon, 258. Voir Orlandini. 

Front. Expression, p. 207 ; front demi- 
circulaire, p. 173, 178 ; triangulaire, 
p. 113, 136 ; saillie frontale (sinus), 
p. 26, 115, 173. 

Ganymède, p. 169. 

Géant de Pergame, p. 185, 187. 

Goldschmidt (Paris). Zeus Sérapis, 240. 

Gorgone, p. 211. Y oir Méduse. 

Harmodios. Naples, 19. 

Hélios (Alexandre en). Boston, 250. 

Héra. Berlin, 112, 113; Borghèse, 108, 
109; Capitole, 142, 143: Farnèsé, 74; 
Ludovisi, 20, 21, 191 : Naples, 74; Ny- 
Carlsberg, 108, 109; de Polyclète, 
p. 101; Vatican, 60. 

lléraklès. Aequum, p. 116; Capitole 
(enfant), 267; Cherchell, p. 52; B'ar- 
nèse, p. 191 ; Louvre (type de Scopas), 
148, 149; Musée britannique (type de 
Myron), 65, 155, 170 (jeune) ; 236 (type 
de Lysippe). 

Herculanaise. Dresde, 216, 217, p. 174. 

Hermaphrodite (?). Vienne, 207; de 
Polyclès, p. 166. 

Hermès. Louvre, 41 (archaïque), 59 
(polyclétéen) ; Musée britannique, 
p. 22, fig. 4; Naples, 219 ; de Praxi- 
tèle à Olympie, 168; Vatican, 169. 

Héros mourant. Florence, p. 187. 

Hertz (Rome). Niké de Paeonios, 107. 

Holkham Hall. Aphrodite, p. 129. 

Humphry W^ard. Tête de femme, p. 21, 
fig. 3. 

Hygie. Athènes, p. 149 ; Cabinet des Mé- 
dailles, p. 162. 

Idolino. Florence, 71. 

Ince Blundell Hall, p. 30, 31, 56. 

Isis. Louvre, 270; Lvcie, 273 ; Pompei, 
271, 272; Vienne, "^274, 275. 

Jacobsen. Voir Ny-Carlsberg. 

Joues creusées par la souffrance, p. 105. 



228 



INDEX ALPHABETIQUE 



Jupiter Liber, p. 194. 

Kisamos (Crète), p. 102. 

Kora de Bryaxis.p. 221 ; Vienne, p. 143, 
162. 

Korai, p. 9. Voir Athènes. 

Laborde (Paris). Tête du Parthénon, 
77. 

Lancelotti. Discobole, p. 27, fig. 6-7. 

Laocoon. Vatican, 228. 

Leconfield (Londres). Aphrodite, 175. 

Léda. Capitole, p. 124. 

Léocharès, p. 115, 155, 178, 193, 196-199. 

Lesbos. Artémis, p. 126. 

Leyde. Dionysos, 244, 245. 

Lezoux. Dionysos, 105. 

Liber Pater, p. 194. 

Lille. Tête de cire, p. 179. 

Logerot. Askiépios (?), 196. 

Louvre. Aphrodite, 166, 167; Aphrodite 
d'Arles, 182, 183; genetrix, 115, 116, 
p. 91 ; de Milo, 140, 141 ; type Gapi- 
tolin, 187 ; Apollon, 25 ,26, 159 ; Ares, 
81, 82, 102 ; Aspasie (prétendue), 39 ; 
Athéna de Velletri, 37 ; Athéna en 
terre cuite, 101 ; Diadumène, 49 ; Dio- 
nysos barbu, 124; Dionysos dit Hélios 
ou Espagne (haut relief), 248; éphèbe 
de Bénévent, 72; femmo, 131, 134 
(voilée) ; Héraklès jeune, 148, 149 ; 
Hermès archaïque, 41 ; polyclétéen, 
59; hommes archaïques, 18, 27,28, 29, 
30, 35, 36 ; Isis, 270 ; jeune fdle, 138; 
lutteur Borghèse, 218 ; Méduse, 276; 
Omphale, 193 ; Paris, 211; Peitho (?), 
83, 84 ; tête Ram pin, 3, 4 ; déesse 
Rome, 96, 97 ; satyre de Vienne, 
261 ; prétendu Thésée, 35, 36. 

Ludovisi. Déesse archaïque, 20, 21 ; 

liera (?), 191. 
Lutteur Borghèse. Louvre, 218. 
Lycosoura, p. 74. 
Lysippe. Apo.vyomène, 214, 21d ; cf. 

p. 146, 191, 

Marsyas. Barracco, 66, 67; cf. p. 188. 

Martres Tolosanes. Aphrodite, 173, 
174; cf. p. 136. 

Masque tragique, p. 143, 182, 200. 
Massinissa (prétendu), p. 81. 
.Méduse. Cabinet des Médailles, 259 ; 
Louvre, 276. 



Méléagre. Vatican, 154; villa Médicis, 
152,153. 

Mélos. Aphrodite, 140, 141; Askiépios, 
195. 

Melpomène, p. 182. 

Ménisque, p. 3,106, 110, 198. 

Mételin. Artémis, 163, 164. 

Miltiade (prétendu), p. 102. 

Mitre de Dionysos, p. 161. 

Mnémosyne. Dresde, 216, 217. 

Moschophore. Acropole, p. 3. 

Moulage de marbres, interdit dans 

l'antiquité, p. 137, 146. 
Moustache, p. 4. 
Munich. Athéna d'Égine, 15; athlète, 

75, 76; jeune fille, 221, 222. 

Muse. Dresde, 216, 217 ; Mégare, p. 174 ; 
Vatican, 161, 213, 226, 256. 

Musée britannique . Amazone , 53 ; 
Aphrodite, 139, 189; Apollon, 242, 
243, 246, p. 19, fig. 2 ; Apollon Choiseul- 
Gouffier, 24; Apollon Pourtalès (Gius- 
liniani), 247; Askiépios de Milo, 195 ; 
Déméter de Cnide, 179; Diadumène, 
50; Dionysos, 155, 203, 204; enfant, 
268 ; femme barbare (?), 254 ; Héra 
(prêt, réplique de la Héra de Poly- 
clète), p. 61 ; Héraklès jeune, 155, 170 : 
lysippéen, 236 ; myronien, 65 ; Hermès, 
p. 22, fig. 4; jeune déesse, 190; Paris, 
212 : Persée, 64. 

Myron, p. 25, 26, 27. 

Naples. Amazone, 57 ; Aphrodite (Ca- 
poue), 162 ; Aphrodite (Psyché), 200 ; 
Apollon (?), 22, 23; Artémis, 220; 
Athéna, 95, 100 ; Dionysos, 125 (pré- 
tendu Platon), 197 (Sardanapale) ; 
Doryphore, 46, 47, 48 ; éphèbe polyclé- 
téen, 58; Éros enfant, 269; Harmo- 
dios, 19 ; Héra, 74 ; Hermès, 219; lut- 
leur, 70 ; Satyre, 260 ; Tyché (i), 87 ; 
Vestale, 106 ; Zeus, 238 ; Zingarella, 
257. 

Narcisse, p. 169. 

Nelson (collection), p. 47, 90. 

Niké. Hertz, 107; Laborde, 77; cf. p. 63, 
fig. 9 et 10. 

Niobide. Ny-Carlsberg, 114. 

Nudité de la poitrine, fait des copistes, 
p. 76, 77, 178. 

Ny-Carlsberg (près Copenhague). Apol- 



INDEX ALPHABÉTIQUE 



229 



Ion, 78, 79; Athéna, 91, 92; athlète 
(tête Rayet), 1, 2 ; athlète scopasien, 
150, 151, 156, 157; dieu barbu, 42. 43, 
44, 45, 122, 123 ; Dionysos, 146 ; 
Éphèbe, 176, 255 (haut-relief) ; Héra, 
108, 109;Niobide, 114;Zeus, 117, 118. 
-Olympie. Hermès de Praxitèle, 168. 

Omphale. Louvre, 193 ; cf. p. 184. 

Oreille. Cartilage fortement marqué, 
p. 161; position de l'oreille, p. 20; 
oreille tuméfiée, p. 2, 38, 102. 

Orlandini-Gresham. Asklépios, 121. 

Ouvaroff. Zeus, 239. 

Pœonios. Niké, 107. 

Pan. Palais des Conservateurs, 61, 62; 
Vienne, 208; cornes de Pan, p. 212. 

Papilles de bouc, p. 212. 

Paris. Voir Cabinet des médailles, Gold- 
schmidt, Laborde, Louvre. 

Paris. Louvre, 211; Musée britannique, 

212. 
Parthénon. Laborde, 77. 
Pasquino. Florence, 249. 
Patrocle. Florence, 249. 

Paupières rapprochées des sourcils, 
p. 46. Voir Yeux. 

Peitho (?). Louvre, 83, 84; Parthénon. 
p. 68, 69. 

Pergame (grande frise de), p. 185. 
Périnthe (tête de). Dresde, 32, 33. 
Persée. Musée britannique, 64. 

Peson de balance (tête ayant servi de), 
p. 189. 

Petworth, p. 137. 

Phérécyde. Madrid, p. 6. 

Phidias, génie conservateur, p. 65. 

Platon (prétendu), 125. 

Polyclète. Diadumène, 49 ; Doryphore, 
46, 47, 48. 

Pommes de pin, p. 194. 

Pompéi. Isis, 271, 272. 

Portraits (question des), 5. 

Poséidon. Syracuse, 235. 

Praxitèle. Hermès, i^%.\o\v Aphrodite, 
Eubouleus. 

Psyché (?). Capoue, 160; Naples, 200. 

Pythagore de Rhegium, p. 8, 21, 25. 

Rampin (tête dite de). Louvre, 3. 4. 



Rayet (tête dite de). Ny-Carisberg, 1, 2. 
Riccardi (palais), à Florence. Éphèbe 

myronien. 69. 
Robinson (sir Ch.). Aphrodite, 88. 

Rome (déesse). Louvre, 96, 97; Vienne, 

98. 
Rome. Musée des Thermes. Apollon. 80; 

Ariane, 206. Palais des Conservateurs. 

Amazone, 54 ; Centaure, 231 . 232 ; Pan, 

6 1,62. Voir Ba>vacco, Capitale, Hertz, 

Ludovisi, Vatican, Villa Médicis. 
Romulus et Rémus, 96, 97. 
Saint-Germain-en-Laye . Dionysos de 

Lezoux, 105 ; tête virile, 63. 
Sappho. Albani, p. 68. 
Sardanapale (?). Naples, 197; cf. p. 158. 
Satyre. Louvre, 261 ; Naples, 260; Venise, 

263, 264; Vienne. 262. 
Scopas. Tête de Tégée à .\thènes, 147 ; 

cf. p. 114, 118. Y oir Héraklès. 
Sections planes, p. 127, 160. 
Séléné (?), p. 141. 
Sérapis. Goldschmidt, 240. 
Sfumato, p. 143, 157, 166. 
Sicile (école de), p. 18. 
Signatures d'artistes gréco-romains, 

p. 186. 
Silanion, p. 68, 165. 
Singher (collection), p. 207. 

Sourire éginétique, p. 13; léonardesque, 
p. 182. 

Souris, p. 201. 

Spire. Centaure, 233, 234. 

Stockholm. Homme archaïque, 14. 

Strongylion, p. 127. 

Subiaco, p. 165. 

Sunlum, p. 112. 

Syracuse. Poséidon, 235. 

Tégée. Tête du fronton à .Uhènes, 147 ; 
cf. p. 114. 

Thanatos, p. 168. 

Thésée (prétendu). Louvre, 35, 36; Par- 
thénon, p. 52. 

Thusnelda (prétendue), p. 183, 184. 

Thysdrus, p. 157. 

Timothée, p. 125. 

Tireur d'épine, p. 29- 

Torlonia. Vesta, p. 23, fig. 5. 

Toulouse. Aphrodite, 173, 174. 



230 



INDEX ALPHABETIQUE 



Trallês. Aphrodite à Vienne, 198, 199 ; 
Dionysos à Conslantinople, 192. 

Trépan (usage du), p. 133,138. 

Tuf (sculpture en) , p. 15. 

Tunis (.Musée du Bardo). Démêler, 181; 
Dioscure, 251. 

Tyché. AIcmène, p. 87 ; Cabinet des 
Médailles, 110,111; Naples, 87. 

Typhon. Acropole d'Athènes, p. 3, 15. 

Tyrannicides, p. 16. 

Uranie, p. 171. 

Vatican (Rome). Amazone, 55, 56; 
Aphrodite cnidienne, 172; Apollon, 
225, 24.1 (Belvédère) ; Apoxyomène, 
214, 215; Artémis, 144; coureuse 
Spartiate. 31; Dionysos, 103, 104; 
Eros, 209; liera. 60; Hermès 169; 
Laocoon, 228; Méléagre, 154; Muse, 
161,213. 226,256; Zeus, 194. , 

Veihes indiquées, p. 8. 

Venise. Satyre, 263, 264. 

Vesta Giustiniani, p. 23, fig. 5. 

Vestale (prétendue.).. Naples, 106, 257. 

Vienne (Autriche). Aphrodite, 198, 199 
(Tralles), 202; Apollon, 158 ; Athéna, 
98. 99: Hermaphrodite (?) 207; Isis, 
274. 275; l'an, 208; Satyre, 262; 

• Zeus, 237. 



Vienne (Isère.) Satyre du Louvre, 261. 

Villa Médicis (Rome.) Méléagre, 152,153. 

Virgile (prétendu), p. 134. 

Visage aminci dans le bas, p. 208. 

Voile facial, p. 210. 

Yeux, gros, à fleur de tète, p. 1 ; très 
ouverts, p. 205; regardant au loin, 
p. 190 ; regardant en coulisse, p. 183 ; 
coins abaissés, p. 200; encadrement 
des yeux, p. 2 ; noyés dans l'ombre, 
p.' 115; regard humide, p. 135, 138; 
indication des cils, p. 8; glandes 
lacrymales peu indiquées, p. 4; 
accusées, 29, 45, 181 ; paupières sail- 
lantes, p. 30, 45, 64, 200; paupières 
prolongées, 27; paupières rapprochées 
des sourcils, p. 46, 64, 98, 105; sour- 
cils incisés, p. 207; emplois de matiè- 
res étrangères, p. 14, 65, 73. 

Zeus. Dresde, 119, 120 ; Florence, 258 
(Zeus Ammon) ; Goldschmidt, 240 
(Zeus Sérapis) ; de Léocharès, p. 193 ; 
Naples, 238; Ny-Carlsberg, 117, 118 ; 
Ouvaroff, 239; Vatican, 194; Vienne, 
237. 

Zingarella (prétendue). Naples, 257. 



ACHEVE DIMPRlMEll 

PAR 

CHARLES HÉRISSEY, D'ÉVREUX 

Le W avril J903. 



PLANCHE 1 




TETE D'ATHLETE 

Glyptothèque de Ny-Garisberg. 



PLANCIII^ 2 




TETK D'ATIII.ETE 

Glyplolhôquo do Ny-Garisherg. 



PLANCHE 3 



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TÉÏE VIRILE 

Musée <lu Louvre. 



PLANCHE 4 



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TETE VIRILE 

MuHéc (lu Lduvro. 



PLANCHE 5 




TETE VIRILE 

Musée d'Athènes. 



PLANCIIi: (i 




TÉTK VI IULE 

Musée (I'AI|HT|(3S. 



PLANCHE 7 




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TP]TE VIRILE 

Musée (lo Berlin. 



PLANCHE 8 







TKTK VIRILE 

Musôo lit; Iti'i'liii. 



PL ANC Ml] 1) 




TETE D'AURIGE 

Musée de Delphes. 



PLANCHE 10 



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TETK DAl l{l(JK 
Musée (l(! Dciplifs. 



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TETK DE FEMMK 

Musée do TAcropole d'Athènos. 



PLA.NCIJE \2 







TETE DE FEMME 

Muséo <lu l'Aci'opoli! (rAlliones, 



PLANCHE 13 




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TETE DE FEAIME 

Musée de l'Acropole d'Athènes. 



PLANCHE 14 










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TETE VIHILE 

Muséo (]*; Slo<'kli()lrii. 



PLANCHE lo 




TETE DAT II EN A 

Glyptothôque do Munich. 



planchp: i(\ 




TÉTK DAPOLLON 

Collt'ction IJaiiacco à Homo 



PLANCHE 17 



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TÊTE D'APOLLOiN 

Collection Barracco à Rome. 



PLANCHE 18 



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TETK VIHILK 

Muséu (lu Louvro. 



PLANCHE 19 







TETE DTIAHMODIOS 

Musée do Naplcs. 



PLANCHE 20 







TÊTE DE DÉESSE 

Ancienne collection Ludovisi. 



PLANCHE 21 







TETE DE DEESSE 

Ancienne collection Ludovisi. 



PLANCHE 22 



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TÊTE DAPOF.LOiN 

Musûo (If Naplcs. 



PLANCHE 23 




TETE VIRILE 

Musée de Naples. 



PLANCHE 24 



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TETE D'Al'OI.LON 

MuHtie Britannique. 



PLANCHE 2! 




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TETE D'APOLLON 

Musée du Louvre. 



PLANCIII-; 20 



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TÊTE D'APOLLON 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 27 




TETE VIRILE 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 28 



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TÊTE VIRILE 

Musûu du Louvre. 



PLANGHK 29 




TETE VIRILE 

Musée du Louvre. 



PLANCHK 30 




TÈTE VI IULE 
Musée du Louvre. 



PLANCHE 31 





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TETE DE JEUNE FILLE 

Musée du Vatican. 



PLANCHE 32 



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TÉÏE VIRILE 

Musée de Dresde. 



PLANCHE 33 



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TETE VIRILE 

Musée de Dresde. 



PLANCHE 34 







TÊTE VIRILE 

Ch&leau d'Erbach. 



PLANCHE 35 







TETE VIRILE 



Musée du Louvre. 



PLANCHH: 36 




TKTE M IULE 



Musée du Louvre. 



PLANCHE 37 




TETE D'ATIIENA 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 38 




TÊTE DE FEMME 

Musée do Berlin. 



PLANCHE 39 




TETE DE FEMME 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 40 




TÊTE DE DÉMÉTER 



Musée d'Athènes. 



PLANCHE 41 




TETE D'HERMES 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 42 



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TÊTE l)K DIEU BARBU 

Glyptothéque de Ny-Carlsberg. 



PLANCHE 43 



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TETE DE UIEU BARBU 

Glyptolhèque de Ny-Garlsberg. 



PLANCHE 44 




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TÈTK l)K 1)1 Kl IJAinUl 

(}|ypluliii;(|uu (lu Nv-CaiislxMf;. 



PLANCHE 45 




TÊTE DE DIEU BARBU 

Glyptothèquc do Ny-Carlsbcrf^. 



PLANCHE 4() 




TÊTE DU DOHYPHOHE DE POLYCLETE 

Itluséu <lu Nuplus. 



PLANCHE 47 




ÏÊTE DU DORYPHORE DE POLYCLETE 

Musée de Naples. 



PLANCHK 48 




TÈTE DU DOUYI'IIOHK l)K l'OLYCLÈÏE 

Muséo lit' Naplcs. 



PLANCHE 49 




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TETE DU DIADUMENE DE POLYCLETE 

Musée du Louvre. 



PLANCHE oO 




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TETE DE Ul A 1)1 MENE 
Musée Brilunniquu. 



PLANCHE 51 



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TETE DE DEESSE 

Musée d'Athènes. 



PLANCHE o2 







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TÊTE DE DÉESSE 

Mus(3e (l'Athi'nos. 



PLANCHE 53 






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TETE D'AMAZONE 

( Type Lansdowne.) 
Musée Britannique. 



PLANCHE 34 











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TÉTK D'AMAZONE 

(Ti/pe Capilolin.) 
Palais (les Consorvalours ù Rome. 



PLANCHE 55 




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TETE D'A 31 A ZONE 

[Type Capitolin.) 
Musée du Vatican. 



PLANCHE oG 




TETE D'AMAZONE 

iType Capilolin.) 

Musée du Vatican. 



PLANCHE 37 




TETE D'AMAZONE 

Musée de Naple«. 



PLANCHE 58 




TÊTE D'KIMIKHE 

MusOe de Naples. 



PLANCHE 59 




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TETE D'HERMES 

Musée du Louvj-e. 



PLANCHE 00 



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TÈTE DE HÉRA 

Musée du Vatican. 



PLANCHE (H 




TETE DE PAN 

Palais des Conservateurs à Rome. 



PLANCHE 62 




TÊTE DE PAN 

Palais dos Conservateurs ù Rotne. 



PLANCHE 63 




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TETE VIRILE 

Musée de Saint-Germain-en-Laye. 



PLANCHE ()4 




TÊTK l)K PEllSÉK 

Musée Urilanni(iuo. 



PLANCHE 05 






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TETE D'IIERAKLES 

Musée Brilannhjuc. 



PLANCHE (H) 







TETE DE MAHSYAS 

Collection Harnuco ù Rome. 



PLANCHE 67 



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TETE DE MARSYAS 

Collection Barracco à Rome. 



PLANCHE ()8 






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TETK VI H ILE 

Musée (Je Hmlin. 



PLANCHE 09 



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TETE VIRILE 

Palais Uiccanli à Florence. 



PLANCHE 70 




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TETE D'EPIIEHE 

Musée (le Naplos. 



PLANCHE 7i 




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TETE D'EPIIEBE 

Musée de Florence. 



PLANCHE 12 




TÉTK DKPIIKHK 



Must'i' «lu Louvic 



PLANCHE 73 




TETE DAT II EN A 

Musée do Bologne. 



PLANCHE 74 




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TETE DE DEESSE 

Musim; do Naplos. 



PLANCHE 75 



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TETE D'ATHLETE 

Musée (le Munich. 



PLANCHE 7(> 



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TETK D'ATIILKTE 
Musùo du Municli. 



PLANCHE 77 




TETE DE DEESSE 

Collection de Laborde à Paris. 



PLANCHE 78 




TÉTK D'APOLLON 

Glyplolht'-quo de Ny-Carlsberg. 



PLANCHE 70 




TETE D'APOLLON 

Glyptothèque de Ny-Carlsberg. 



PLANCIIK 80 




TÊTE D'APOLl.ON 

Muiiéo (les Tlierinos à Rome. 



PLANCHE 81 



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TETE D'xVRES 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 82 




TETE D'ARES 



iMuséc du Louvro. 



PLANCHE 83 



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TETE DE DEESSE 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 84 




TETK DE DEESSE 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 83 









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TETE D'APHRODITE 

Musée de Corneto. 



PLANCHE 8G 




TÊTE D'APIIUODITE 

Muséo de Cornclo. 



PLANCHE 87 




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TETE D'APHRODITE (?) 
Musée de Naples. 



PLANCHE 88 




TÈTK I) AIMIUODITE 
Autrefois chez Sir Cl». Robinson à Lomlres. 



PLANCHE 89 




TETE DE DEESSE 

Collection Barracco à Rome. 



PLANCHE 90 




TÈTE D'A TU EN A 
Colleclion Barrucco à Bonio. 



PLANCHE 91 




TETE D'ATHÉNA 

Glyptothèque de Ny-Cai-lsber| 



PLANCHE 92 




TÊTE D'AÏUÉNA 

Glyptolliôquo de Ny-Carlsberg. 



PLANCHE 93 



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TETE D'ATHÉNA 

Musée de Brescia. 



PLANCHE 94 



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TETE D'ATIIENA 

Musée de Brcscia. 




TÊTE D'ATHÉNA 

Musée de Naples. 



PLANCHE 90 




TÊTE DE LA DÉESSE ROME 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 97 




TÊTE DE LA DÉESSE ROME 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 98 




TÊTE D'ATIIÉNA 

Musée de Vienne. 



PLAxNCHE 90 



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TETE D'ATHÉNA 

Musée de Vienne. 



PLANCHE 100 



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TETE D'ATIIENA 

Musée de Naples. 



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PLANCHE 101 








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TETE D'ATHENA 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 102 




TETE D'ARES 

Musûo du Louvre. 



PLANCHE 103 




TETE DE DIONYSOS 

Musée du Vatican. 



PLANCHE 104 







TETE DE DIONYSOS 

Musôu du Vatican. 



PLANCHE 105 







TETE DE DIONYSOS 

Musée de Sainl-Germain-on-Laye. 



PLANCHE 106 




TÈTE DE DEESSE 
Musée de Naples. 



PLANCHE 107 








TETE DE NIKE 

Collection Hertz à Rome. 



PLANCHE 108 



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TETE DE DEESSE 

Glyplolliùquo do Ny-Carlsberg. 



PLANCHE 109 




TÊTE DE DEESSE 

Glyptolhèque de Ny-Carlsberg. 



PLANCHE 110 




TÊTE DE DÉESSE 

Cabinet de Médailles. 



PLANCHE 111 




TETE DE DEESSE 

Cabinet de Médailles. 



PLANCHE 112 




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TETE DE DEESSE 
Musée de Berlin. 



PLANCHE 113 



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TETE DE DEESSE 

Must3e de Berlin. 



PLANCHE 114 




TKTE UK MOinUE 

Glyptotlii'i|iic tlo Ny-Carlsl)org. 



PLANCHE 115 



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TETE D'APHRODITE 

Musée du Louvre. 



PLANCHE HO 





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TÊTE D'APIIKODITE 
Musée du Louvru. 



PLANCHE 117 






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TETE DE ZEUS 

Glyptotlièque de Ny-Carisberg. 



PLANCHE lis 




TKTK l)K ZKIS 

(j|y|it')tliri|Uf (Ir .Nv-(Jarlsboig. 



PLANCHE MU 






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TETE DE ZEUS 

Musée do Dresde. 



PLANCHE 120 



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TKTE l)K ZEUS 
Musée de Dresde. 



PLANCHE 121 




TETE D'ASKLEPIOS 

Palais Orlandini-Gresham à Florence. 



PLANCniC i2-2 



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TÉTK 1)K 1)1 Kl HAHIUI 
UIyptothè(iUû do Ny-Carlsberg. 



PLAXCHE 123 




TEÏE DE DIEU BARIiU 

Glyptothèque de Ny-Carlsberg. 



PLANCHE 124 





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TÊTK l)K DIONYSOS 
Must'D «lu Louvre. 



PLANCHE 125 




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TETE DE DIONYSOS 

Musée de Naples. 



PLANCHE 120 




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TÊTE DE JEUNE FEMME 

iMustio do Berlin. 



PLANCHE 127 



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TETE DE JEUNE FEMME 

Musée de Berlin. 



PLANCHE 128 



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TKTK l)K .IKl.NK FKM.MK 

Musri! (ii; IJiMlill. 



PLANCHE 121) 




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ÏÊÏE DE DÉ M ET EH 

Musée de Berlin. 



PLANCHE 13(1 












TÊTE D'ÉPIIÈBE 



Musco de Berlin. 



PLANCHE 131 




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TETE DE FEMME 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 132 




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TÉTK D'ATIIENA 

Muséo de Constantinoplo. 



PLANCHE 133 



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TETE D'ATHENA 

Musée de Constantinople. 



PLANCHE 134 



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TÊTE 1)K FEMME VOILÉE 



Musi'o «lu Limvre. 



PLANCHE 135 




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TETE DE DEESSE 

Musée d'Arles. 



PLANCHE 13() 



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TÊTE DE DÉESSE 

Musée «l'Arles. 



PLANCHE d37 




TETE DE DEESSE 

Musée de Boston. 



PLANCHE \:\H 




TÊTE 1)K .IKINK TILLE 

MUSL'O du l^c»U\ Tf. 



PLANCHE 131) 




TETE DE DEESSE 

Musée Britannique. 



PLANCHE 440 




TÉTK D'AIMIRODITE (1) 



Musée (lu Louvre. 



PLANCHE 141 






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TÊTE D'APHRODITE (?) 
Musée du Louvre. 



PLANCHE 142 




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TETE DE IIERA (?) 
Musée (lu Capilolc. 



PLANCHE 143 




TETE DE IIÉRA (?j 

Musée du Capitule. 



PLANCHE 144 




TETE D'Ain EMIS 

Musée lu Vatican. 



PLANCHE 145 



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ÏEÏE D'IIOMMK IJAHliU 

Musée de Berlin. 



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PLANCHE 140 




TÊTE DE DIONYSOS 
Glyptolhèque do Ny-Carlsberg. 



PLANCHE 147 




TETE DE GUERRIER 

Musée d'Athènes. 



PLANCHE 148 




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TÈTE D'il KUAK LÈS 

Musée (lu Louvre. 



PLANCHE 149 




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TETE D'HERAKLES 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 150 



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TÊTE D'ATHLÈTE 

Glyptothèque de Ny-Carlsberg. 



PLANCHE loi 




TETE D'ATHLETE 

Glyptothoquo de Ny-Carlsberg. 



PLANCHE lo2 




TETE DE .MELEAGHE 

Villa Médicls ù Rome. 



PLANCHE 153 




TETE DE MELEAGRE 

Villa Médicis à Romo. 



PLANCHE 154 




TETE DE MELEAGKE 
Muséu du Vaticun. 



PLANCHE lo5 








TETE D'HERAKLES 

Musée Britannique. 



PLANCFIE 15() 




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TÉTK i)'\tiilP:te 

GlyploUu''(iuc (l(! Nv-Carisbcrg. 



PLANCHE 157 




TÊTE D'ATHLETE 

Glyptothèque de Ny-Garlsbcr{ 



PLANCHE 158 




TETE D'APOLLON 

Musée de Vienne. 



PLANCHE io9 




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TETE D'APOLLON 

Musée du Louvre. 



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TETE DE DEESSE 

Musùu du Cunstaiitinoi)lo. 



PLANCHE KH 




TETE DE MUSE 

Musée du Vatican. 



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PLANCHE 1()2 




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TÊTE D'APHRODITE 

Musée de Naples. 



PLANCHE 163 



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TETE D'ARTEMIS 

Musée de Constantinople. 



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PLANCHE 164 



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TÊTE D'ARTKMIS 
MuHée de Constantinoplo. 



PLANCHE 165 




TETE D'EPHEBE 

Musée de Berlin. 



PLANCHE I6() 







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TETE D'AIMIKODITE 

Musuo (lu Louvic. 



PLANCHE 1G7 







TETE D'APHRODITE 

Musée du Louvre. 



PLANCHK 108 




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TÊTE U'IIKHMES 

Musée d'Olympie. 



PLANCHE lOÎ) 




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TÊTE D'HERMÈS 

Musée du Vatican. 



PLANCHE 170 




TÈTE D'IIKHAKLKS .lEI NE 

Musûu Uritanni(]ue. 



PLANCHE 171 



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TETE D'EPHEBE DIT EUBOULEUS 

Musée d'Athènes. 



PLANCHE 172 



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TETE D'APHRODITE 

Must';e du Vaticun. 



PLANCHE 173 




TETE D'APHRODITE 

Musée de Toulouse. 



PLANCHE 174 




TÊTE D'APHRODITE 

Musée de Toulouse. 



PLANCHE 17o 



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TETE D'APHRODITE 

Collection Leconfield à Londres. 



PLANCIIK )-(> 



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TETE D'ATHLETE 

Ulyptothèquo do Ny-Carlsberg. 



PLANCHE 177 




ÏEÏE D'ARTEMIS 

Musée de Dresde. 



12 



PLANCHE 178 




TÊTE D'ARTÉMIS 

Musée de Dresde. 



PLANCHE 179 




TETE DE DE3IETER 

Musée Britannique. 



PLANCHE 180 




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TETE DE JEUNE FILLE 

Musée do Berlin. 



PLANCHE 181 



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TETE DE DEMETER 

Musée du Bardo à Tunis. 



PLANCHE 182 




TETE DAIMIHODITE 

Musûu (lu Louvre. 



PLANCHE 183 




TETE D'APHRODITE 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 184 




TETE J)'APIIR0D1TE 

Musée de Dresde. 



PLANCHE 185 




TETE D'APHRODITE 

Musée de Dresde. 



PLANCHE 186 




TÈTE D'APIIROnn K 

Musée «lu Capilolf ;i Romo. 



PLANCHE 187 




TETE D'APHRODITE 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 188 




TÊTE DE JEUNE DÉESSE 
Collection Barracco ù Rome. 



PLANCHE 189 




TETE D'APHRODITE 

Musée Britannique. 



PLANCHE 11)0 



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TÊTE DE JEUNE DÉESSE 

Musûu Brilanniquo. 



PLANCHE 191 





TETE DE HERA 

Ancienne collection Ludovisi. 



PLANCHK 492 




TÊTE UE DIONYSOS 

Musée de Cunstunlinople. 



PLANCHE 193 




TETE DITE U'OMPHALE 

Musée du Louvre. 



13 



PLANCHE 194 







MASQUE DE ZEUS 
Musée du Vatican. 



PLANCHE 195 







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TETE D'ASKLEPIOS 

Musée Britannique. 



PLANCHE 196 



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TÊTE U'ASKLÉPIOS (?) 
Ancienne collection Logerot. 



PLANCHE 197 







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TÊTE DE DIONYSOS 

Musée de Naples. 



PLANCHE 198 




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TÊTE D'APHRODITE (?) 
Musée de Vienne. 



PLANCHE 199 





TETE D'APHRODITE (?) 

Musée de Vienne. 



PLANCHE 200 




TETK D'APIIHOUITE 

Musée (lo Napics. 



PLANCHE 201 






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TETE DE D[ONYSOS 

Musée de Berlin. 



PLANCHE -202 




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TÊTE D'APHKODITK 

Musée (ic Vii-nni!. 



PLANCHE 203 




TETE DE DIONYSOS 

Musée Britannique. 



PLANCHE 204 




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TÊTE DE DIONYSOS 

Musée Britannique. 



PLANCHE 205 




TETE DE DIONYSOS 

Musée du Capitule. 



PLANCHE 206 




TÊTE D'ARIANE 

Musée des Thermes à Rome. 



PLANCHE 207 




TETE D'EPHEBE 

Musée de Vienne. 



PLANCHE ^08 




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TETK DE PAN 

Musée de Vienne. 



PLANCHE 209 







TETE D'EROS 

Musée du Vatican. 



14 



PLANCHE 210 






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TÊTE D'ANTINOUS 

Musée du Gapiloio. 



PLANCHE 211 



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TETE DE PARIS 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 212 




TETE DE PARIS 
Musée Britannique. 



PLANCHE 213 




TETE DE DEESSE 

Musée du Vatican. 



PLANCHE 214 



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TETK D'ATHLETE 

Musée du Vatican. 



PLANCHE 215 




TETE D'ATHLETE 

Musée du Vatican. 



PLANCHE 216 




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TETE DE MNEMOSYNE 

MusC'O do Dresde. 



PLANCHE 217 






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TEÏE DE MNEMOSYNE 

Musûo de Dresde. 



PLANCHE 218 



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TÊTE D'ATHLÈTE (?) 
Musûo du Louvro. 



PLANCHE 219 









TÊTE D'HERMES 

Musée de Naplcs. 



PLANCHE 220 



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TETE D'AltTEMIS 

Musco de Naples. 



PLANCHE 221 



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TETE DE JEUNE FILLE 

Glyptothèque de Munich. 



PLAiNCIIE 222 





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TÊTE DE JEUNE FILLE 

Musée do Municli. 



PLANCHE 223 



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TETE DE JEUNE FILLE 

Autrefois à Rome. 



PLANCHE 224 











TETE DE JEUNE FILLE 

Autrefois à Romo. 



PLANCHE 22o 




TETE D'APOLLON 

Musée du Vatican. 



13 



planciui: 226 




TÊTE DE MUSE 

Musée du Vatican. 



PLANCHE 227 




TETE DE FEMME BARBARE 

Collection Ashley Ponsonby 



PLANCHE 228 



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TÊTE DE LAOGOON 
Musée du Vatican. 



PLANCHE 229 



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TETE DE CENTAURE 

Collection Barracco à Rome. 



PLANCllK 230 




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TETK DE HEROS MOURANT 

Musée des Ofïîces à Florence. 



PLANCHE 231 




TETE DE CENTAURE 

Palais des Gonsei'vateurs à Rome. 



PLANCHE 232 



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TÊTE DE CENTAURE 

Palais dos Conservateurs à Rome. 



PLANCHE 233 




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TÊTE DE CENTAURE 

Musée de Spire. 



PLANCHE 234 




TÊTE DE CENTAURE 

Musée de Spire. 



PLANCHE 235 




ÏEÏE DE POSEIDON 

Musée de Syracuse. 



PLANCHE 23G 




TÈTE i)'iip:uakles 

Muséo Britannique. 



PLANCHE 237 




TETE DE ZEUS 

Musée de Vienne. 



PLANCHE 238 




TÈTE DE ZEUS 
Musée de Naplcs. 



PLANCHE 239 




TETE DE ZEUS 

Collection Ouvaroff près do Moscou. 



PLANCHE 240 




ÏÉTE DE SERAPIS 



Collection Goldschmidt à Paris. 



PLANCHE 241 




TÊTE D'APOLLON 

Musée du Vatican. 



16 



PLANCHE 242 



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TÊTE D'APOLLON 

Muséo Britannique. 



PLANCHE 243 



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TETE D'APOLLON 

Musée Britannique. 



PLANCHE 244 




TÊTE DE DIONYSOS 

Musée do Loyde. 



PLANCHE 245 



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TETE DE DIONYSOS 

Musée de Leyde. 



PLANCHE 246 







TETE D'APOLLON 

Muséo Britannique. 



PLANCHE 247 



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TETE D'APOLLON 

Musée Britannique. 



PLANCHE 248 




TÊTE DE DIONYSOS 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 249 




TÊTE DE HEROS MORT 

Loggia dei Lanzi à Florence. 



PLANCHE 2o0 




TÊTE D'ALEXANDRE EN HÉLIOS 

Musée de Boston. 



PLANCHE 251 




TETE DE DIOSCURE 

Musée du Bardo à Tunis. 



PLANCHE 252 




TÈTE D'APOLLON 

Collection Barracco à Rome. 



PLANCHE 253 



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TÊTE D'APOLLON 

Collection Barracco à Rome. 



PLANCHE 254 




TÊTE DE FEMME liAUBAHE (?) 

Muséu Britaiiiiii|uu. 



PLANCHE 253 







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TETE D'EPHEBE 

Glyptothèque de Ny-Carisberg. 



PLANCHK 256 




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rETE DE MUSE 



Musée du Yalican. 



PLANCHE 257 



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TETE DE FEMME VOILEE 

Musuo de Naples. ^ ^ l^'Y 



17 



PLANCHE 258 




TÈTE DE ZEUS AMMON 

Musée des Offices à Florence. 



PLANCHE 239 




TETE DE MEDUSE 

Cabinet des Médailles. 



PLANCHE 260 




TETE DE SATYRE 

Musée de Naples. 



PLANCHE 261 




TETE DE SATYRE 

Musée du Louvre. 



PLANCHE 262 







TÊTE DE SATYRE 

Musée de Vienne. 



PLANCHE 263 







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TETE DE SATYRE 

Musée de Venise. 



PLANCHE 264 




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TETE DE SATYRE 

Musée de Venise. 



PLANCHE 2()o 



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TETE DE PETITE FILLE 

Musée de Dresde. 



PLANCHE 266 




TÊTE DE PETITE FILLE 

Muséo do Dresde. 



PLANCHE 2(n 




TÊTE D'HERAKLES ENFANT 
Musée du Capitule. 



PLANCHE 268 




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TETE D'ENFANT 

Musée Britannique. 



PLANCHE 269 




TETE D'EROS ENFANT 

Musée de Naples. 



PLANCHE 270 




TÊTE D'ISIS 

Musée du Louvro. 



PLANCHE 271 




TÈTE D'ISIS 

à Pompéi. 



PLANCHE 272 



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TETE D'ISIS 

ù l'onipéi. 



PLANCHE 273 









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TETE D'ISIS (?) 

Autrefois en Lycie. 



18 



PLANCHE 274 




TÈTE D'ISIS 

Musée de "Vienne. 



PLANCHE 275 







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TÊTE D'ISIS 

Musée de Vienne. 



PLANCHE 276 







TÊTE DE MÉDUSE 
Muséo du Louvro. 




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