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THE GETTY RESEARCH INSTITUTE LIBRARY
Halsted VanderPoel Campanian Collection
V
RECUEIL
TÊTES ANTIQUES
IL A ETK IMPRIMK DE CE LIVRE
Cinquante exemplaires sur papier du Japon.
SALOMON REINACH
RECUEIL
DE
TÊTES ANTIQUES
IDÉALES OU IDÉALISÉES
PARIS
GAZETTE DES BEAUX-ARTS
8, RUE FAVART
MDCCCCIII
THE GE7TY RESEARCH
INSTITUTE LIBRARY
PRÉFACE
Le titre de cet ouvrage pourrait se passer de commentaires.
Il dit assez que j'ai voulu offrir aux amateurs et aux historiens de
l'art antique une collection de têtes grecques et romaines, repro-
duites avec soin et à grande échelle, à l'exclusion des portraits,
dont il existe déjà plusieurs bons recueils.
De ces recueils, les plus anciens dont on fasse encore usage,
ceux de Visconti et de Mongez, n'ont pas cessé d'être utiles; ils
ont été complétés de nos jours, sinon tout à foit remplacés, par les
deux grands ouvrages de M. Bernoulli sur l'Iconographie grecque
et romaine, illustrés de dessins et de phototypies qui ne méritent,
à peu d'exceptions près, que des éloges. Enfin, ceux qui aiment
les exercices de gymnastique en chambre, ou ne craignent pas de
contracter des infirmités pour l'amour de l'art, peuvent manipuler
l'énorme collection de portraits grecs et romains, due à l'industrie
de la maison Bruckmann et au savoir archéologique de M. Paul
Arndt. Cette collection est encore inachevée, et elle pèse déjà
120 kilogrammes \ Chaque photographie, tirée au charbon, est
collée sur un carton de format et de poids également formidables ;
et il arrive que la même tête antique, d'ailleurs insignifiante, est
reproduite sous trois aspects sur trois cartons, alors qu'une photo-
gravure haute de deux pouces aurait suffi à tous les besoins. Pour-
quoi n'avoir pas fait tirer ces beaux clichés en héliogravure ou en
* Prix : 1500 francs.
II PREFACE
photolypie, dans un format maniable et sur papier? C'est, disent les
gens portés à la médisance, qu'il aurait fallu vendre ces planches
beaucoup moins cher. J'ignore si les médisants ont raison ; mais je
n'ai pas voulu suivre l'exemple qu'ils critiquent en ajoutant à une
série d'ouvrages aussi difficiles à payer qu'à manier. Je liens que
ces publications, malgré leur mérite intrinsèque, sont préjudi-
ciables à la science, parce qu'elles creusent autour des monuments
de l'art une sorte do fossé que seuls quelques privilégiés peuvent
franchir. Je crois qu'on peut et qu'on doit mettre les matériaux de
l'histoire à la portée du public sans lever sur lui un impôt exor-
bitant. Voilà bien des années que j'y donne mes soins, avec la
conscience de servir la cause des travailleurs ; l'accueil qu'ils ont
fait à mes pubUcations précédentes — Bibliothèque des monu-
ments figurés^ Répertoire de la statuaire, liépertoire des vases
peints — me persuade que je n'ai pas perdu ma peine et mon
temps.
On s'étonnera peut-être que je publie des dessins, au lieu de
phototypies ou d'héliogravures. Sauf deux exceptions, tous les
dessins de M. Weber, exécutés sur papier procède', ont été
calqués sur des photographies, puis examinés minutieusement par
moi, de concert avec cet excellent artiste, retouchés à plusieurs
reprises et souvent recommencés. Ils off'rcnt, je crois, toutes les
garanties d'exactitude désirable et sont d'un aspect bien plus
agréable que des phototypies. Assurément, des héliogravures Dujar-
din ne seraient pas moins jolies à regarder et inspireraient peut-être
plus de confiance; mais ceux qui sont au courant des procédés de
reproduction mécanique savent que la bonne héliogravure est très
dispendieuse. Le présent volume, illustré de la sorte, aurait
coûté quatre fois plus à établir et devrait, par suite, se vendre
quatre fois plus cher. En outre, l'héliogravure comporte un travail
de retouche très considérable, où la personnahté d'un graveur-des-
sinateur se superpose à l'image fournie par la lumière. C'est donc
presque exactement la même chose que dans les dessins que je
publie, puisque le talent de M. Weber s'est exercé sur des photo-
graphies ou sur des agrandissements photographiques. L'avantage
PREFACE m
de l'héliogravure, au point de vue de la fidélité quasi mécanique,
est bien moindre qu'il ne paraît au premier abord.
Enfin, j'avais une raison décisive de renoncer aux procédés
photographiques. Parmi les têtes que je voulais reproduire, il en
est un bon nombre dont les photographies ne sont pas dans le
commerce ; pour en faire exécuter de nouveaux clichés, il aurait
fallu des démarches sans fin et de lourdes dépenses. Celles même
dont les clichés sont dans le commerce ne peuvent être pubhées
sans une entente, toujours onéreuse, parfois difficile, avec les mai-
sons qui sont propriétaires des clichés. 11 est vrai que Ton a tou-
jours la ressource de faire photographier des moulages, par
exemple dans les grandes collections de Paris, de Dresde ou de
Strasbourg; j'ai inséré, en effet, dans le texte du présent livre,
quelques excellentes simihgravures d'après des photographies de
moulages. Mais combien il est rare que des photographies de plâtres
soient absolument satisfaisantes ! J'en possède près de six cents,
prises, expressément pour moi, par un photographe très expert,
dans le musée admirablement éclairé de l'Université de Strasbourg ;
or, dans le nombre, il n'y en a pas trente que je pourrais faire
reproduire sans une retouche très minutieuse de l'épreuve à l'encre
de Chine et à la gouache. Retouche pour retouche, j'aime mieux
le travail intelUgent d'un artiste comme M. Weber et je préfère à
des photogravures truquées des dessins sincères, exécutés sur des
photographies.
On ne trouvera pas, dans ce volume, toutes les têtes antiques qui
offrent de l'intérêt pour l'histoire de l'art. En 1898, quand j'ai
annoncé d'abord mon projet d'un Uecueil de têtes, je parlais d'en
réunir cinq cents ^; je ne suis pas arrivé à ce chiffre, et le volume
est déjà un peu trop gros. Je tenais à ce que tous les dessins fussent
exécutés par le même artiste et le jour est venu où M. Weber
s'est senti fatigué d'un travail aussi pénible. Sur le conseil de
quelques amis compétents, je me suis décidé à donner ce que
j'avais en portefeuille; peut-être publierai-je quelque jour un second
' Bépertoire de la statuaire, t. II, p. viii.
IV PRÉFACE
volume, où figureraient bien des morceaux célèbres qui man-
quent à celui-ci, comme les têtes des bas-reliefs du Parthénon,
des frontons d'Olympie, de la frise de Pergame. Mais les belles
histoires de l'art antique que nous possédons aujourd'hui, celles de
MM. CoUignon, Gardner, Springer-Michaelis, Sybel, etc., repro-
duisent toutes un choix des monuments dont il vient d'être ques-
tion ; je me console facilement de n'avoir pas tout donné, par la
pensée que j'ai réuni un ensemble dont on ne trouverait pas l'équi-
valent ailleurs.
En théorie, il est facile de dire que l'on exclut les portraits d'un
recueil de têtes idéales ou idéaUsées ; mais, dans la pratique, on
s'aperçoit bientôt que la limite est souvent fort incertaine.
L'art plastique, dans la représentation de la figure humaine,
tend toujours vers le portrait, parce qu'il est nécessairement sous
l'influence du modèle vivant. 11 arrive qu'une tête archaïque
donne l'impression d'un portrait, simplement parce que l'artiste,
encore embarrassé de sa besogne matérielle, n'a pas su s'élever
assez haut ; l'illusion de la ressemblance voulue tient moins alors,
comme l'a si bien dit M. Heuzey, « à la recherche de l'expression
individuelle qu'à l'impuissance de créer un type idéal ^ ». D'autre
part, nous avons des marbres grecs qui prétendent être des por-
traits, comme le Périclès du Musée Britannique, certains Alexan-
dre, la plupart des Antinous, et qui sont, en réalité, des inter-
prétations très libres d'un type fourni par la nature ou par la
tradition. La base de la statue de Périclès par Crésilas, retrouvée
sur l'Acropole d'Athènes, date de 440-430, époque où l'homme
d'Etat athénien était déjà âgé ; or, toutes les copies qui en dérivent
représentent un homme dans la fleur de l'Age, parce que l'original
n'était pas un portrait réaliste -.
Assurément, les Grecs ont sculpté des portraits réalistes avant
le m* siècle ; mais les exemples que signalent les textes prouvent
' Heuzoy, Catalogue des terres cuites du Louvre, p. 13i; cf. Lechat, Musée de
l'Acropole, p. 187.
* Gardner, Ilandbook of ijreek sculpture, p. 318.
PRÉFACE V
que ces œuvres étaient considérées comme des exceptions '- et
Pline dit expressément que les premiers portraits réalistes, par
opposition aux portraits idéalisés, furent Tœuvre du frère de
Lysippe, Lysistrate ^. Ce n'est qu'à partir du f siècle de l'ère
chrétienne qu'on trouve, du moins en abondance, de ces portraits
où tout le talent de l'artiste s'est appliqué au rendu implacable
de la, nature. Cromwell, posant devant le jeune peintre Lely,
lui disait : « Peins-moi tel que je suis ; si tu omets les cicatrices
et les rides, je ne te pa^^erai pas un shilling ^ » Les modèles
du goût de Cromwell sont assez rares, et il ne s'en est pas
rencontré à toutes les époques. Pour nous en tenir à l'anti-
quité, il y a dans les Musées des centaines de têtes antiques qui
pourraient prétendre à figurer indifféremment dans mon recueil et
dans celui de M. Arndt. J'ai puisé le moins possible dans ce lot de
têtes qui flottent, pour ainsi dire, entre la réalité et l'idéal, plus
voisines de celle-là que de celui-ci; du reste, j'avertis dans le
texte chaque fois que la question « portrait » se pose et je justifie
ou j'excuse ceux de mes choix qui peuvent paraître en contradiction
avec mon titre.
Le texte a été rédigé avec la préoccupation constante de rendre
sensible, par l'étude détaillée des têtes, la diversité des écoles et
l'évolution de l'art. Le style d'un artiste, comme je l'ai dit ailleurs*,
s'affirme surtout dans sa manière de figurer les traits du visage ^ ;
on peut faire une histoire de la peinture italienne rien qu'en clas-
sant, par écoles et par époques, les têtes de Vierges peintes par les
divers artistes. Assurément, le rendu des muscles et des extré-
mités, mains et pieds, sans compter d'autres particularités, telles
' Pline, Uisl. Nat., XXXIV, 83: Quintilien, XII, 10; cf. J. Lange, Darstelliing
des Menschen, p. 31, 165.
- Pline, Hist. Nat., XXXV, 153.
' Macaulay, Warren JJastings.
* Gazette des Beaux-Arts, 1902, II, p. 449-470.
' Le premier à entrer résolument dans cette voie fut un médecin, le D"^ Hugo
Magnus, auteur d'un livre sur la manière de figurer les yeux dans l'art antique
[Die Darstellung des Auges, Leipzig, 1892). Ce n'est d'ailleurs qu'un essai plein
d'erreurs (cf. Kalkmann, Philologische Wochenschrift, 1893, p. 661).
VI PREFACE
que les poils, fournit aussi des principes de classification et d'iden-
tification dont Morelli et Furtwaengler ont montré l'importance;
mais l'étude des têtes, outre qu'elle est plus attrayante, offre encore
cet avantage qu'on y trouve réunis, sur un espace restreint,
nombre de détails variables que l'on peut énumérer et définir.
Ce qui ressort surtout d'une pareille étude, c'est que la nature
a été la servante, mais non la maîtresse des grands artistes du
passé. Un Phidias, un Polyclète, un Praxitèle a ses partis pris
dans le rendu de la forme ; il les transmet à ses élèves, en qui
et par qui ces enseignements évoluent. L'observation directe de la
nature influe fort peu, ou n'influe pas du tout sur cette évolution ;
elle la règle seulement, en l'empochant de s'égarer hors des limites
de ce qui est physiquement possible. Le passage de l'ovale carré
à l'ovale allongé du visage, de Phidias à Praxitèle, ne tient pas à
une observation plus exacte de la nature, mais à la lente trans-
formation d'un idéal de beauté. L'histoire de l'art est surtout celle
d'un idéal qui évolue, tant en raison des principes internes de
changement qui sont en lui que des rencontres d'idéals différents
ou môme opposés, d'où résultent une antithèse d'abord, puis un
compromis ou une synthèse. Le rôle des génies individuels se
trouve ainsi restreint, alors que celui des écoles, des traditions,
des ateliers s'accroît d'autant. Ce qui est vrai des Grecs l'est aussi
des artistes de la Renaissance et, dans une très large mesure, des
artistes modernes. Le fait qu'un artiste se croit de bonne foi l'élève
de la nature est une illusion qu'on peut lui pardonner, d'autant
mieux qu'elle est plus de vingt fois séculaire ' ; en réalité, il est
l'élève de son maître, qui est l'élève d'un autre maître, et l'obser-
vation directe de la nature n'a jamais fait qu'il parût un Millet au
XV* siècle ou un Signorelli au xix". Si les relations du grand art
avec la nature étaient telles qu'on se les figure volontiers, il n'y
aurait pas d'histoire de l'art, mais seulement des biographies
d'artistes. Or, il se trouve précisément qu'avec le progrès de nos
' Lysippe déjà, vers 330 av. J.-C, prétendait n'avoir eu d'autre maître (pie la
nature : nous sommes en mesure, malgré l'imperfection de nos connaissances
sur l'art grec, de réduire d néant cette prétention.
PREFACE vu
études on reconnaît que les artistes sont des individualités presque
négligeables et que l'objet essentiel d'une histoire de l'art, c'est
l'art lui-même, évoluant grâce à des individus, mais plutôt dans
leurs œuvres qu'en vertu de leur initiative. Le génie lui-même
n'échappe au déterminisme universel qu'aux yeux de ceux qui le
regardent de trop près.
C'est dans l'espoir de contribuer à établir cette vérité, qui élève
l'histoire de l'art à la hauteur d'une science naturelle, que je livre
au public un recueil où il en trouvera la démonstration pour peu
qu'il l'y veuille chercher.
Salomon Reinach.
Février 1903.
RECUEIL
DE TÈTES ANTIQUES
EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHES 1 ET 2
TÈTE D'ATHLÈTE EN MARBRE
[Glyptothèque de Ny-Carhbcrg.)
Découverte, dit-on, à Athènes, près de l'usine à gaz, cette tète en
marbre de Paros* appartint d'abord à Olivier Rayet et l'ut acquise,
lors de la vente de sa collection, par M. Jacobsen, fondateur de la
glyptothèque de Ny-Carlsborgprès de Copenhague. Elle est connue,
en archéologie, sous le nom de tète Rayet.
On peut étudier ici quelques caractères essentiels de l'archaïsme
attique vers 1 an 520 avant J.-C, encore imprégné des traditions de
la sculpture en pierre calcaire : face aux joues massives, presque
ronde, gros yeux très ouverts, à fleur de tète et un peu obliques,
bouche grande avec lèvres épaisses, menton saillant, pommettes
accusées^. La ligne médiane de la bouche est arquée, avec un léger
relèvement aux coins et une échancrure au milieu. C'est le type
de la bouche dite éginé tique (ainsi nommée des statues qui déco-
* Haut., O-o.Sl. Traces de couleur rouge sur les lèvres, les yeux et les che-
veux.
* Sur l'expression bienveillante et un peu niaise de ces têtes, voir Gardner,
Journal of hellenic sludies, 1887, p. 187 ; Holleaux, Bulletinde correspondance fiel-
lé7iirjt(e,\S^2, p. oOo; Ilomolle, ibid., 1900, p. 4ao.
1
2 PLANCHES 1 ET 2
raient les frontons d'Égine); mais, dans les tètes do cotte prove-
nance, la bouche est plus fine et la ligne médiane forme un arc de
cercle plus prononcé.
Lacomparaison des yeux avec ceux des statues du v^ot du iv*' siècle
est très instructive. L'art grec, à ses débuts, croyant donner l'illusion
de la vie, fait les yeux très gros et les met comme on évidence ; au
v* siècle, il les dessine avec plus de régularité et do discrétion ; au
i\-* siècle (voir pi. 152), il reconnaît que l'expression des yeux no
dépend pas de leur grosseur et de leur saillie, mais de leur encadre-
ment; il projette sur eux l'ombre des sourcils, en diminue l'ouverture
et raccorde les paupières inférieures aux jouos par dos gradations
atténuées '.
Les oreilles sont celles d'un athlète, tuméfiées par l'effet des coups
de poing-. Les cheveux sont divisés en boucles courtes et symétri-
ques, rayonnant du sommet de la tète et s'étageant en trois bourre-
lets, dont le plus saillant encadre le front.
On a rapproché avec raison celte tôte d'athlète de l'Athéna du
fronton archaïque de l'Acropole^, dont elle ala simplicité d'exécution
et la fermeté. A cet égard, elle contraste avec les œuvres raffinées
jusqu'à l'afféterie qui ont été exécutées à Athènes, vers la môme
époque, sous l'influence de l'archaïsme ionien '•.
' Conze, Ueber Dat'slelliing des Auffes in der antiken Sfciilptuf. in Berl. Silzuiigs-
ierichle, 1892, p. 27; E. Gardnor, Ilandhook of greek sculpture, p. 160. 171, 380.
' Rayot, Éludes d'archéologie, p. 4 (avec les textes antiques sur les oreilles
d'athlttes). M. Lechat (Mélanges l'errol, p. 210) conteste que le gonflement et la
déformation de certains cartilages de l'oreille soient dus à de violents coups de
poing, car alors on n'en trouverait d'exemples que chez les pugilistes. « C'est un
résultat de la lutte à main plate, drt aux fortes pressions exercées par les bras
ou les mains d'un des lutteurs sur le côté du crAne de l'adversaire. » Cette
déformation est indiquée môme sur des têtes de dieux, quand ils sont censés
avoir .soutenu de longues luttes, comme Ares et Héraklès (Homolle, Hall, de
corresp. hellén., 1899, p. 455.)
' Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, p. 376, fig. 193.
* Hayet, Monuments grecs, \^'l, pi. I {Éludes d'archéologie et d'histoire, pi. I):
Arndt. Glyplolhèfjue de Sy-Carlsberg, pi. 1 ; \irui\\\-\\vnvV.miu\i\.l)eukmdler, pi. 11G|;
{laW'xycwan, Ilisloire de la sculpture greci/ue, 1. 1, p. 301, fig. 183; E. Gardner, //««(/-
hook o/' greek sculpture, p. 177. M. Lechat {Musée de l'Acropole, |). 3u9) attribue à
l'auteur de la léte Hayet deux statues de provenance aihéiiienue (p. 153 et j). 303),
remar(|uables l'une et l'autre par la simplicité de la chevelure et « la belle^fer-
meté du dessin de la bouche, la carrure du maxillaire inférieur et l'ossature très
accusée du menton. »
PLANCHES 3 ET i
PLANCHES 3 ET 4
TÈTE VIRILE EN MARBRE
{Musée du Louvre.)
Cette tête étrange, en marbre des îles S a été exhumée en 1877 à
Athènes, dans des circonstances qui sont restées inconnues. Elle
appartint d'abord à Rampin, secrétaire d'ambassade, d'où le nom
de tête Rampin sous lequel, elle est familière aux archéologues. En
1896, elle fut donnée au musée du Louvre. Il y a des traces de rouge
sur la barbe, sur les cheveux et au-dessus de la lèvre, oîi la couleur
indiquait probablement une légère moustache. Un trou au sommet
du crâne, servait à l'insertion d'une tige de métal (le meniskos), qui
empêchait les gros oiseaux de s'y poser*.
L'aspect général éveille l'idée d'une œuvre de marbre qui conti-
nuerait les traditions de la sculpture en pierre calcaire, héritière elle-
même de la sculpture en bois. La forme des yeux, moins ouverts
que dans la tête Rayet (pi. 1 et 2), se rapproche de celle qu'on
observedans le Typhon en tuf' et le Moschophore *; il en est de même
de la bouche, dont la ligne médiane est plus arquée que dans la
tête Rayet (pi. i). La façon dont la chevelure est coupée droit sur
la nuque est une analogie de plus avec le Typhon. La chevelure
« en cordons de perles », les accroche-cœur au-dessus des oreilles *,
la barbe en collier à petits grains ® et les feuilles de la couronne de
chêne sont exécutés avec une mièvrerie qui trahit déjà, comme l'a
remarqué M. Collignon, l'influence des marbriers ioniens de Chios'.
* Elle est un peu plus petite que nature (hauteur totale, 0°,2S)).
* Lechat, Musée de l'Acropole, p. 215, 217.
' Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, pi. 2.
* Ibid., t. I. fig. 102.
* Une des Korai de l'Acropole est coiffée à peu près de même (L,echat, Musée
de l'Acropole, p. 202; Répert. de la statuaire, II, 635, 8.)
* Sur la barbe taillée en collier et les cheveux coupés droit sur la nuque, voir
Homolle, Bulletin de corresp. hellénique, 1896, p. 673.
' Monuments grecs, 1889-1890, p. 39.
PLANCHES li ET 6
La forme de l'oreille, qui semble collée à la lèle, est singulière, mais
non sans exemple à la même époque (530-520 av. J.-C.)^
PLANCHES 5 ET G
TÈTE VIRILE EN BRONZE
{Musée national d'Athènes.)
Les fouilles de l'Acropole d'Athènes ont rendu à la lumière, en
1886, cette curieuse tête de bronze, de grandeur presque naturelle.
Elle représente un guerrier qui était casqué, mais dont le casque
manque; on voit seulement les trous des rivets au moyen desquels
il était fixé. Le modelé du crâne est très sommaire, parce qu'il était
caché par le casque; mais les cheveux bordant le front, la mous-
tache puissante- et la barbe en pointe sont ciselés avec grand soin.
Les yeux étaient remplis dune pâte vitreuse; ils sont peu ouverts et
ne présentent pas le contour ondulé que l'on a pu remarquer dans
les deux têtes données plus haut. La glande lacrymale est à peine
indiquée, alors qu'elle l'est très fortement dans les tètes Rampin et
Rayet(pl. l et 'à). La ligne médiane de la bouche est peu arquée (com-
parez avec la pi. 1); les lèvres sont l'une et l'autre très épaisses. Il
se dégage de l'ensemble une expression de force et de brutalité,
mais aussi, semblc-t-il, de réflexion et même d'astuce. On a dis-
cuté pour savoir si l'artiste avait voulu faire un portrait; il faudrait,
* Alhenische Millheilunyen, t. XV (I8'.t0), p. 4. IVabord collée sur le côté de la
tête, avec très grand lobe inférieur, loreille s'éloigne peu à peu de la tôle et
s'arronûil (Lanm\ iJarstelltaïf/ lies Meiisclieu. j). 47.) l/art archaïque la place quel-
quefois trop haut, mais ce n est là nullement une régie.
Dumont. Monuments jrecs,1878. pl.l, p. 1 ;Rayet, Monuments de l'art antique. 1. 1,
pi. 18; Colligiion. llist. de la sculpture, t. I. p. 36D, lig. 18i; Lechat. Monuments
Piot, t. VII. pi. 14. p. 143; Bulle. Der sdiône Mensch. pi. 34.
* Dans les slaliu\s grecques. la moustache ne couvre jamais les lèvres; cf.
Lange, Darstellung des Menschen, p. b\.
PLANCHES 7 ET 8
pour trancher la question, s'entendre d'abord sur le sens exact qu'il
convient de donner à ce mot'.
MM. Gardner et Collignon ont proposé d'attribuer cette œuvre
puissante à l'école des bronziers d'Égine ; cela n'a rien d'invraisem-
blable, car il est prouvé, par la découverte de bases de statues signées
de Kallon et d'Onatas, que des artistes d'Egine ont travaillé à Athènes
dès le premier tiers du.v^ siècle'-.
PLANCHES 7 ET 8
TÈTE VIRILE EN iMARBRE
{Musée de Berlin.)
Découverte suivant les uns à Athènes, suivant d'autres à Égine,
cette tète en marbre de Paros, de grandeur naturelle, a fait partie
de la collection du comte Sabourofï avant d'entrer, avec les autres
marbres de cet amateur, au musée de Berlin. Elle présente une
série de particularités singulières, dont la plus frappante est l'indi-
cation par bretlelage des cheveux et de la barbe coupés très courts ;
ce procédé paraît avoir été imaginé « pour préparer le champ de la
polychromie » et n'a sans doute pas été appliqué souvent, puisqu'on
ne connaît qu'une seule autre tète archaïque (au Louvre) qui offre
un exemple du même travail^. L'hypothèse que cette tète aurait été
* M. Lechat fait justement observer que les sculpteurs archaïques ont imité de
près leurs modèles, mais qu'ils étaient trop absorbés pas leur labeur matériel
pour essayer de rendre une personnalité, d'exprimer un être intérieur, ce qui
est l'essence du portrait {Bulletin de corresp. hellénique., t. XIV, 1890, p. 128;
cf. Musée de V Acropole, p. 287.)
* 'Ey7i[Ji£pU àpx^atoXoY'.xrj, 1887, pi. 3; Musées d'Athènes, \)\. 14: Brunn-Bruck-
mann, Denkmâler, pi. 2; Gardner, Journal of hellenic studies, 1887, p. 191 et
Ilandbook, p. 207, fig. 43 ; Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. 1, p. 304,
fig. loi ; Bulle, Der schône Mensch, pi. 35.
* Collignon, Monuments grecs, 1889-1890, p. 36.
« PLANCHES 9 ET 10
casquée n'est pas vraisemblable '; M. Lcchat a fait observer- que la
chevelure du prétendu Phérécyde de Madrid ' n'est pas moins courte
et dessine le môme contour brisé sur le front. Les yeux sont
cernés, les paupières étroites et saillantes ; les glandes lacrymales
sont à peine indiquées et le coin interne de l'œil se resserre au lieu
de se dilater. La ligne médiane de la bouche est droite, les oreilles
hautes et presque adhérentes. M. Furtwaengler a pensé que l'artiste
avait voulu faire un portrait ; ce qui est sûr, c'est qu'il a subi l'in-
fluence d'un type individuel très prononcé *.
PLANCHES 9 ET 10
TÊTE EN BRONZE D'AURIGE
{Musée de Delphes.)
Cette tète surmonte une statue de grandeur naturelle qui a été
découverte à Delphes au mois de mai 1896, au cours des fouilles de
l'Ecole française d'Athènes. La statue est celle d'un conducteur de
char, debout, vêtu d'une longue robe, dans une attitude presque
verticale ; une inscription trouvée tout auprès, sur une pierre de la
base ayant supporté l'ensemble de l'ex-voto, nomme, à titre de
donateur, Polyzalos, sans doute le frère d'Hiéron et de Gélon de
* Il n'est pas besoin de justifier ainsi le dessin un peu indécis des lignes du
crâne; comme l'a fait observer M. J. [..ange (Darslellung des Menschen, p. 47),
les Grecs ont toujours été inférieurs, à cet égard, aux artistes égyptiens de
l'époque saïte.
' Lcclial, lievue (les études grecques, 1899, p. 451.
' On a proposé de rajuster celte télé, découverte en 177'.) à Tivoli, sur le corps
d'un des Tyrannicides du grou|)e de Naples; cf. Overbeck, Gesch. ilrr l'iaslik,
3«éd.. t. r, fig. 42; Arndl, Griechische Portraits, n« 541. 542.
* Furtwaengler, ^ummliiny Sahuro/f, t. I. pi. 3 et 4 ; (Gonze|. Aniike Skulpluren
zu licrlin, n» 308 ; Colligiion. Monuments yrecs, 188".»-1890, p. 38; J. Lange. Ihir-
slellung des Menschen, lig. 71, p. 31 ; Graef, Jahrfjuch des Instituts, t. \l\' (1890),
p. 87; Lechat. Hevue des études grecques, l. XII (1800), p. 4i)0; .\rndl, Griechische
Portraits, w 24.
Fig. 1. — TETE EN BRONZE
de l'Aurige de Dclplies.
8 PLANCHES 9 ET 10
Syracuse (482-472 av. J.-C). L'auleur est inconnu, mais paraît
devoir ôlre chcrclié, malgré certains caractères altiques, dans
le cercle de Pythagore de Rhégium ' plutôt que dans celui de
Calamis-.
La tète est ceinte d'un diadème orné d'un méandre et de petites
croix incrustées d'argent. Le crâne est presque exactement sphé-
rique ; la face affecte une forme ovale très prononcée qui caractérise
une petite série de tètes archaïques dont on a rapproché avec raison
celle de l'Aurige^. Les yeux et les pommettes présentent une légère
dissymétrie'*, chose assez commune à toutes les périodes de l'art
antique. Le moulage, d'après lequel ont été exécutés nos dessins,
n'a conservé que le modelé extérieur des yeux ; il faut se reporter à
la reproduction ci-dessous (fig. 1) pour avoir une idée de leur appa-
rence vivante". « Les sourcils sont ligures par deux arcs de cercle
légèrement saillants et couverts do traits gravés en accents circon-
flexes ; les cils sont découpés un par un dans une mince lamelle de
bronze, retroussés, rabaissés avec un naturel parfait ; l'œil môme
est composé de matières colorées, qui en représentent au vrai le fond
blanc, la prunelle brune et la pupille noire » *.
Les yeux sont très peu ouverts, fort allongés ; les paupières les
encadrent de bourrelets saillants. La bouche est longue, peu ondu-
lée, avec une lèvre inférieure charnue et puissante, dont le bord
inférieur offre une courbure régulière et non échancrée au milieu ;
le menton est fort et un peu aplati. Sur les joues se dessinent les
frisons d'une barbe naissante, caractère que l'on retrouve dans la
' .MahI(M-, Oeslerreichisc/ie Jalireslief'le, t. III. p. 14; lloniolle, liullelin de cor-
resp. hellén., 1897. p. 582. M. Iloniollo a remarqué (juc, dans l'-Vurigc, on voit
courir les veines sous lépidernie, innovation que les anciens attribuaient à Pytha-
gore de Rhégium. On a des mentions de statues exécutées par cet artiste en i7(>.
472 et 4a2 {Revue archéoL, 1899. II, p. 412.)
• Homoile. Monumenh l'iol, (. IV, p. 207.
' Tôtes de Périntiie (Furlwaengler. Maslcrpieccs, p. 170), de la collection Erbach
(Gazette des Beaux-Arts, 1898. II. p. 424. 42;»). Voir plus loin, pi. 32 et 34.
• « Indubitable, mais it demi latente comme dans la nature. » (Ilomolle, Rulleliu
de corresp. hellén.. 1897, p. ;J83.)
• «Les yeux, vrais comn)e la nalure, semblent suivre le speclaieurd'un vivant
regard. » (Ilomolle, /*////. de conesp. hcllénh/ue, 1898. p. liGO,) .M. Ilomolle
trouve d'ailleurs it celle tête, non sans raison, une cerlainc expression de tris-
tesse (ifjid., 189». p. 4;i7.)
• ilomolle, Comptes rendus île l'Acad. des Inscriptions, 1896, p. 308.
PLANCHES 11 ET 12 9
tète attiquc de l'Ilarmodios à Naplcs^ et dans divers profils déphèbes
sur des vases attiqucs, comme la coupe d'Euphronios à Berlin -.
Les cheveux sont partagés«en petites mèches détaillées au burin,
qui dîvero-ent du sommet de la tète et sétagent en boucles au-
dessus des oreilles; la disposition de ces boucles se retrouvera
dans certaines tètes de Phidias (pi. 82 et 86). Les oreilles sont très
larfçes et dun dessin sintiulier^.
PLANCHES il ET P2
TÈÏE FÉMININE EN MARBRE
{Musée de V Acropole d'Athènes.)
Le caractère le plus saillant de cette belle tète, découverte en
■1882'*, cest l'expression de g-ravité qui s'en dégage. Elle appartient
à une nombreuse série de statues votives exhumées sur l'Acropole
d'Athènes^ et marque peut-être le point le plus élevé auquel soit
' Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, fig. 189, 190 (plus loin,
pi. 19).
* Hartwig, Meislerschalen. \û. 51 ; Iloniolle, Monum. Plot, t. IV, p. 203, fig. 11.
•'' Ilomolle, Motnimenls Piof, t. IV (1897). i)l. la, 16, p. 169; Revue de l'art ancien
el moderne, 1897, I, j). 289; Comptes rendus de V Académie des Inscriptions. 1896,
p. 178, 186, 362-388. avec 4 pi. ; Mahler. Oeslerreichische Jahres/ieffe, [. III (1900),
p. 142 (rapproche la tète de l'Aurige de celle de l'Athéna de Brescia, plus loin
pi. 93): J. de Mot, Bulletin des Musées royau.v de Bruxelles, 1901, fig. à la p. 19.
La Direction des Musées royau.v a bien voulu me prêter cette gravure, e.\é-
cutée d'après une photographie que lui avait donnée M. Ilomolle. — Sur Tinscrip-
tion de Polyzalos et les difficultés qu'elle soulève, voir en dernier lieu Schrœder,
Arcluiologischer Anzeiger, 1902, p. 11.
*■ Marbre de Paros ; grandeur naturelle.
' Après de longues discussions sur la désignation qui convient à ces statues,
on est à peu près d'accord pour y reconnaître, avec ]M. Lechat, des crantes, des
jeunes filles (liorés) composant la cour de la déesse Athéna (cf. Lechat, Musée de
V Acropole, p. 273.)
10 PLANCHES 11 ET 12
parvenu l'archaïsme attique. Il est probable quelle est antérieure
de peu d'années à l'an 480, date de la destruction des monuments
de lAcropole par les Perses, qui mit un terme au « moyen âge »
hellénique. On remarquera l'ovale allongé de l'œil, dont l'intérieur
est fortement bombé ; la ligne supérieure qui le dessine ne se con-
tinue pas au delà du contour de dessous et la paupière inférieure
est très peu indiquée. L'iris et la pupille étaient ])cints et sont
encore visibles sur 1 original ' ; il y a aussi des traces de peinture
verte (palmettes) sur les restes du diadème et des rayures rouges
sur les boucles d'oreilles.
La bouche est grande, avec des lèvres accusées, mais plutôt
énergiques que sensuelles ; la ligne médiane est peu ondulée. Le
menton saillant, divisé par un sillon, donne l'impression de la
volonté et de la force. L'oreille est régulière, mais lourde. Les che-
veux ne sont pas séparés par une raie ; il offrent une ondulation
continue au pourtour du front, disposition qui s'observe sur la
plupart des statues archaïques de l'Acropole-, ainsi que sur la
copie romaine d'une Athéna archaïque découverte en 1902 à Poi-
tiers ^.
A la différence de la plupart des têtes exhumées au cours des
mêmes fouilles de l'Acropole, celle-ci est très peu charnue ; on sent
que la carrure de l'ensemble tient à la force de l'ossature et qu'il y a
très peu de graisse entre l'épiderme et le squelette •.
* Voir la lilhojçraphie publiée clans r'Eor^jxspî^, 1883. jjI. G.
• Musées d'Athènes, |)1. 2 ; Collignon, llisl. de la sculpture grecque, t. F, fig. 171.
La raie parait plus souvent, à cette époque, sur les tètes viriles (Lechat, Musée
de l'Acropole, p. 201.)
• Revue archéologique, 1902, pi. Ai; Monuments Piot, t. IX. pi. .">.
* Musées d'Athènes, pi. 13; 'EoT.asp;; àp/ato/ovi-x-/;, 1883, pi. 6; Collignon.
Histoire de la sculpture grecque, t. 1, p. 3.")j. pi. 6. à gauche : Winter. Jahrbuck
des Instituts, 1887. p. 216, i)l. 12; Gardner. Uandbook. p. 172; Lechat, Musée
de l'Acropole, p. 369 (avec les parties conservées du torse) ; Bulle, Der schône
Mensch, pi. 33.
PLANCHE 13 11
PLANCHE 13
TÊTE FÉMININE EN MARBRE
{Musée de V Acropole lV Athènes.)
Exhumée en 1882 sur T Acropole d'Athènes, cette tète char-
mante *etle buste qu'elle surmonte faisaient partie dune statue dont
on a retrouvé la base, avec une dédicace d'un certain Kuthydikos à
Athéna^. A cause du dessin insoHte de la bouche, composée de deux
courbes dont les extrémités sabaissent au lieu de se relever, de la
saillie des paupières et de l'expression un peu maussade qui en
résulte ^ on lui a donné le sobriquet de La Boudeuse., sous lequel elle
est devenue populaire. Le style n'est pas sans analogie avec celui
de la tète figurée sur la planche 12 ; la ressemblance dans l'exé-
cution des cheveux est particulièrement frappante, bien qu ils soient
ici séparés par une raie. Mais une comparaison des deux tètes
montre que les caractères archaïques sont moins accusés dans celle-
ci^: les yeux ne sont plus bombés; ils ne se terminent pas sèche-
ment aux coins ; le modelé de la bouche est moins dur, le nez moins
long, le menton plus arrondi. Cet ouvrage marquecomme le passage
entre l'art attique antérieur à Salamine et celui des prédécesseurs
immédiats de Phidias ».
' Marbre de Paros ; grandeur naturelle.
* Jalirbuch des Instituts, 1887, p. 219 (gravure).
' « Cet air boudeur n"est pas une bouderie positive, mais seulement la néga-
tion de Tair souriant et une sorte de protestation contre Ihabituel sourire
archaïque. » (Lechaf, Musée de V Acropole, p. 378.) Sur les tètes archaïques qui
sont « expressives par hasard », voir les judicieuses réflexions du même savant,
Bull, de corresp. hellénique, t. XIV, p. 129-131.
* Cf. Lechat, Musée de l'Acropole, p. 308.
'^Musées d'Athènes, pi. 14; CoUignon. Histoire de la sculpture grecque, t. F,
p. 356, pi. 6, 2; Gardner, llandbook, p. 188, fig. 37 (vue de face); Winter.
Jahrbuch des Instituts, 1887, p. 219, pi. 14 (face et profil) ; Lechat, Musée de l'Acro-
pole, p. 365, 367.
12 PLANCHE 14
On a trouvé sur 1 Acropole une lôted'éphèbe très semblable à celle
de la Boudeuse, que l'on a dénommée le Boudeur, et dont le style
semble un acheminement vers celui de l'Apollon d'Olympic plutôt
que vers les types du Parthénon *.
PLANCHE 14
TÈTE VIRILE EN MARBRE
{Musée de Stockholm.)
Ce marbre, provenant de Rome, fut vendu par Pirancsi à Gus-
tave m comme étant le portrait d'un des Ptolémées-. L'intérêt qu'il
présente réside surtout dans le dessin de la bouche, qui, avec ses
coins abaissés et sa dépression médiane, ressemble beaucoup à
celle de la Boudeuse (pi. 13j. Le type est voisin de celui d'une tète
découverte sur 1 Acropole d'Athènes *, qui rappelle elle-même, par
ses proportions, celle de l'IIarmodios de Naples (pi. 19). C'est
donc une œuvre des environs de 475 avant Jésus-Christ, ou plutôt la
copie dune scul|)ture attique de cette époque. L'Apollon Choiseul-
(iouftier et l'Apollon dit à TompAa/os (pi. 24) représentent un dévelop-
pement ultérieur du même type viril, dont on peut aussi signaler l'in-
lluence dans les sculptures des frontons dOlympie. On remarquera
l'oreille, dont la forme et la position sont également singulières'.
• Gardiicr, llandbook, fi^. 38; Ilomollt*. Momuncnls Viol, I. IV. p. 207; Colli-
Kiioii, llisl . delà sculpl., I. I, p. 36.5; Furtwuenglcr, 'KoT,[ji£p!; àpy ., 1901,
|). 140; Bulle. Iterschùne Mcntcli, pi. 54, iiô.
• Le nez est moderne et il semble que la surface a été fortement nettoyée.
=• Colli^iinii. Histoire de la sculpture grecque, t. I. Hk- 192.
• llml.. liK. 208. 209.
" Journal nf hellenic sludies, t. IX, pi. 4, p. 33 ; lie vue archéologique, 189G, II,
pi. 11. p. 28.
PLANCHE 15 13
PLANCHE 15
TETE EN MARBRE D'ATHENA
{Glyptothèque de Munich.)
C'est la tôte de l'Alliéna placée au centre du fronton occidental
du temple d'Aphaia à Égine (vers 475 av. J.-C. ^). Elle est très
bien conservée ; le bout du nez seul a été restauré en marbre
par ïhorwaldsen. Même les raccords faits au casque attique, dont
la surface était parsemée de clous dorés, sont insignifiants. Le type
est celui qu'on qualifie oviVina'wemcnicVé g iné tique, caractérisé parla
longueur du nez, le relèvement des coins de la bouche arquée, la
saillie des pommettes et laccentuation du rictus'-. La disposition
des cheveux est la môme que dans la tète découverte sur l'Acropole
d'Athènes (pi. 12); c'est la mode ionienne, avec ondulations hori-
zontales sur le front, grosses retombées de boucles sur les tempes et
large nappe de cheveux ondulés descendant sur le dos. Il y a des
traces de bleu sur le casque et de rouge sur le cimier, qui est sup-
porté par un serpent ^
* La statue entière (haut., 1"",68), est gravée dans Clarac. J/«see, 817, 8i2:Col-
lignon, llist. delà sculpl. grecque, t. I, p. 289, fig. 143. — Sur la désignation du
temple, établie par une découverte récente, voir Comptes rendus de V Académie
des Inscriptions, 1901. j). 324 ; Aphaia était une divinité locale d'Égine, analogue
à Artémis. Une inscription a prouvé que le temple, dit autrefois dAthéna ou de
Zeus, était placé sous l'invocation d" Aphaia.
' M. lleuzey a montré que « le ytrélendu sourire éfjinétique est simplement une
tentative d'expression se rattachant au grand effort original des anciennes
écoles grecques pour animer la physionomie » {Catalogue des figurines
antiques du Louvre, p. 132.) Ce « détail d'expression » (p. 130) est étranger aux
sculptures de l'Egypte et de l'.Xssyrie. 11 prouve que les artistes grecs ont
cherché avec passion à rendre leurs œuvres vivantes, mais n'autorise point à
leur i)rêter, comme le fait encore J. Lange (Darstellung des Menschen, p. 85),
une conception optimiste et souriante de la vie.
^ Furtwaengler, Beschreibung der Glyptothek, p. 90, u" 74 (sur la tête, p. 93,
94) : Bulle, Der schOne Mensch, pi. 36; Friederichs-Wolters, Oipsabgiisse, n" 69.
14 PLANCHES 16 ET 17
PLANCHES 16 ET 17
TÈTE EN MARBRE D'APOLLON
{Collection Barracco à Rome.)
Voici une œuvre de style éginétiquc, antérieure de quelques
années peut-être aux frontons du temple d'Aphaia S mais qui offre
des analogies frappantes avec plusieurs têtes du fronton occidental.
Les yeux sont allongés, très peu ouverts, avec paupières lourdes et
saillantes- ; le nez est long, la ligne de la bouche arquée, les lèvres
serrées cl tendues^ le rictus fortement accusé. Le Moschophore *,
remontant aux environs de 520, est un exemplaire plus ancien du
même type, dont les statues d'Égine (vers 475) sont l'expression la
plus complète. D'autres tètes, comme celles de l'île deCythère*etde
l'Apollon d'Akraephiae en Béotie * appartiennent vraisemblablement
à la même série. M. Kalkmanna publié, en l'attribuant à l'école égi-
nétique, une statuette en bronze du Louvre' qui présente les mômes
rangées de bouc les saillantes au-dessus du front *, coifïure qui a encore
trouvé des imitateurs à l'époque romaine (voir pi. 22). Il est digne de
remarque que l'expression souriante et niaise, si fort en faveur avant
les guerres médiques, disparaît de l'art après cette dure épreuve de
l'Iiellénismc, pour faire place à l'air grave et presque triste dont l'A-
pollon Choiseul-Gouffier et la Hestia Giusliniani offrent des exem-
• Voir la notice précédente.
• (Joniinc «Ijins le .Moschophore. « l'iris et la pupille étaient seuls d'une
matière étranKère, la sclérotique étant découpée dans le marbre môme. »
(Lechat, Musée de l'Acropole, p. 242.)
' Voir la description (|ue fait .M. Ilomolle delà Caryatide du trésor des Siphniens
à Delphes. Hull. de corresp. hellénirjue, 1900, i)l. 6, p. 51)8.
• (^ollif^non. Hist. de la sculpture grecque, t. I, fig. 102.
• Ibid..l. I, (iK. 116.
• Ibid., t. I, flg. 1S7 et Holleau.x. Itull. de corresp. hellénique, t. XI, p. 280,
pi. 13.
' Kalkmann. Jalirbuch des Instituts, 1892, pi. 4.
• Comparez une tète archaïque du British Muséum, avec triple étage de
PLANCHE 18 15
pies. Mais il ne faut pas voir là l'indice d'une transformation du tem-
pérament national; l'art, en possession de tous ses moyens, a sim-
plement renoncé à une manière naïve d'exprimer la vie par une
sorte de tension uniforme des traits*.
PLANCHE 18
TETE VIRILE EN MARBRE
{Musée du Louvre)
Cette tète, un peu plus petite que nature, a été acquise à Rome par
M. Héron dcVillefosse dans l'atelier du sculpteur Jérichau, en môme
temps que la charmante tête déjeune fdle publiée par M. Collignon-,
dont on trouvera un dessin sur la planche 138. C'est un fort intéres-
sant spécimen de l'art grec archaïque aux environs de 480 av. J.-C;
je ne vois pas de raison d'y reconnaître une copie romaine plutôt
qu'un original attique. Les yeux à fleur de tête, peu ouverts, la bouche
aux lèvres épaisses, avec ligne médiane non ondulée, sont des
caractères de larchaïsme attique dont nous avons déjà signalé plu-
sieurs exemples. L'expression un peu étonnée et niaise rappelle celle
du triple Typhon, groupe en tuf découvert sur l'Acropole etantérieur
d'au moins quarante ans à l'invasion des Perses"'. Mais, ici, l'ar-
chaïsme est moins sensible et la matière n'est plus le tuf, mais le
marbre. Nous sommes en présence d'une survivance du style de la
sculpture en tuf, postérieure à l'influence des marbriers ioniens. L'on-
dulation de la chevelure en boucles superposées est restée familière
aux sculpteurs attiques pendant le premier tiers du v® siècle*.
boucles frisées (Gollignon, Bulletin de corresp. hellénique, t. XVII, 1893, pi. 12,
p. 294) et une tête du Louvre [ibid., t. XVI, 1892, pi. 5, p. 447.)
* Helbig, Collection Barracco, pi. 29.
' Monuments Piot, t. II, p. 157, pi. 18-19.
» Gollignon, Histoire de lasculpiure grecque, 1. 1, fig. 99; Lechat, Musée de l'Acro-
pole, p. 55.
* Photographie Giraudon, n» 1449.
16 PLANCHE 19
PLANCHE 19
TÈTE EN MARBUE D'IIARMODIOS
[Musée de Naples.)
On ne peut plus attribuer l'original du groupe tics Tyrannicides
de Naples à Anténor, depuis qu'une statue de ce dernier, d'un style
encore primitif, a été découverte sur l'Acropole d'Athènes ^ Force
est d'y voir une copie du groupe de Kritios et de Nesiotès, qui rem-
plaça en 477 celui d' Anténor, emporté par Xerxès en Asie. Nous
avons donc là un document de premier ordre, copie lidèle dune
œuvre importante en bronze, rigoureusement datée et dont 1 attri-
bution à l'école altique est certaine, bien que la sévérité du style
semble révéler des influences doriennes-. La tète d'IIarmodios, très
bien conservée, est remarquable par la petitesse du front, la rondeur
du crâne, le développement de la partie inférieure du visage et du
menton. Les cheveux, très courts ', sont divisés en petites boucles
formant des rangées ^ ; sur la joue se dessinent les frisons d'une barbe
naissante, comme dans l'Aurige de Delphes (pi. 10), qui est à peu
près contemporain. Une réplique inférieure de celte tête existe à
la villa Maltei*.
' Collignon, Ilisl. delà sculpture f/recque. I. I, i). 3GG, fig. 180.
* Gardiicr, ïlundhuolc, p. 18a.
' Mode tilhl<''tif|iic (|iii se répand uu \- siècle: cf. Lauge, Darslellun;/ des Mens-
chen, p. 73.
* Celle repivseiilaliuii ronveiitionnelle de la chevelure dérive de la terliiii(iue
du bronze (Collignon. liull. de corresp. hellénujue, I. XVI, 1892, j). 450, <iiii
coniredil avec raison Hayet, Gazelle avcliéol., 1883, p. 88.)
' Arndl. Einzeluufnukmen, 114. ll;>. — AnnalideW Inslilulo, 1874, pi. G ; Col-
lignon. Hixl. de la sculplure (jrecque, I. I, p. 373, fig. 190 (cf. la statue entière,
fig. 189) : Craef, Alhenische MiUheilunrjen, I. XV (1890), p. 1 et suiv.; Sludniczka.
Jahrbuck des Insliluls, I. Il (1887), p. 141, pi. 10, 2 : Joubin, ïai sculpture grec-
que, p. 49, 52, fig. 2 et 3; Ilomoile, Monumeiils l'iot, t. IV. p. 206.
PLANCHES 20 I:T 21 17
PLANCHES 20 ET 21
TETE EN MARBRE DE DEESSE
{Ancienne collection Luclovisi.)
On ne sait rien touchant l'origine de cette tète colossale, aujour-
d'hui au Musée National de Rome ; mais il faut incontestablement y
reconnaître une œuvre grecque des environs de l'an 500, et non une
copie romaine. L'arrangement des étages de boucles sur le devant
rappelle l'Apollon Barracco (pi. 16) et l'Harmodios du groupe des
Tyrannicides (pi. 19) ; M. Helbig a signalé l'analogie du profd avec
celui d'une monnaie syracusaine frappée au début du v^ siècle.
Toutefois, ces ressemblances ne sont pas assez concluantes pour
qu'on puisse encore préciser la place de ce morceau célèbre dans
l'histoire de l'art grec archaïque; la seule chose qui me semble
certaine, c'est qu'il n'est pas attique.
La présence de nombreux trous à la naissance des cheveux et
dans la chevelure prouve qu'une riche décoration métallique venait
compléter l'effet du marbre.
Les yeux sont asymétriques ; la lèvre supérieure est mince,
contrastant avec la lèvre inférieure qui est charnue et dont le contour
est arqué, sans échancrure au milieu. La ligne médiane de la bouche
est presque horizontale. Comme dans presque toutes les tètes
archaïques, les lèvres sont serrées avec une apparence d'effort ; la
bouche entrouverte est une conquête de l'art grec aux environs de
450. Un caractère particulier est la longueur et le défaut de saillie
du menton ; le profil donne l'expression d'une idole en bois^
M, Petersen a émis l'ingénieuse hypothèse que le bas-relief de la
même collection, sur lequel est figurée la naissance d'Aphrodite^,
' Les procédés de la sculpture en bois ont passé d'abord à la sculpture en
pierre tendre, pour se transmettre aux plus anciens marbriers; voir les justes
observations de M. Lechat sur l'emploi de la gouge précédant celui du ciseau.
Musée de V Acropole, p. 65.
• Rômische Miltheilunqen, 1892, pi. 2.
18 PLANCHE 22
avait décoré le trône d'une Aphrodite assise, transportée d'Éryx en
Sicile à Rome, dont la tête serait celle qui nous occupe. Mais le style
du bas-relief en question accuse une époque plus récente d'au moins
trente ans. D'autre part, il est digne d'attention qu'une tête d'Apollon,
assez analogue à la tête Ludovisi S paraît justement avoir été décou-
verte en Sicile -.
PLANCHE 22
TÊTE EN MARBRE D'APOLLON
{Musée de Naplcs.)
Par l'attitude hiératique et la direction horizontale du regard,
cette tête rappelle le type de l'Apollon de Gasscl (pl.2o, 2G) ; par ses
rangées déboucles symétriques et régulièrement étagécs, elle se rat-
tache aux sculptures éginétiques^. Mais c'est évidemment une copie,
ou plutôt l'œuvre d'un artiste archaïsant d'époque romaine, qui s'est
librement inspiré d'un original célèbre, peut-être d'un Apollon do
Kanakhos*. Les yeux, avec les paupières supérieures débordant le
contour inférieur, la bouche, avec sa ligne médiane fortement ondu-
lée, suffisent à trahir la main d'un imitateur de basse époque,
impression confirmée par la froideur du modelé et le manque de
caractère, qui laisse à peine deviner celui de l'originaP.
'Apollon de la collection Biscari (Pclersen, Rômisclie Miltheiiunyen, i. VI,
1897, p. 124.)
* Monumenli delV Inslilulo, t. X, pi. i ; Annali delV Institulo, 1874, |). 38 ;
Hriinn-ltriK-kmann. henkmdler, p. 223; Peterscn, lioiiiische MUlheilmif/en, 1892.
|). <i2 ; llclhig, Filhrer, 2« éd., n» 27 ; Joubin. Sculpliire fjrecque, p. 154, fig. iiO.
'' Cf. Collignon, Hisl. de la sculpture f/recque, t. I, t\g. 144. J. Lange dit fort
bien des chevelures de ce genre qu'elles sont une sorte de décoration architec-
turale dont la fonction est de couronner la figure (Darslellung des Menschen,
p. 51.)
* Voir la statue du musée Chiaramonti que M. .Mahler considère comme une
copie libre de l'Apollon de Kanakhos à }\\\c\,Jouvn(d internai, d'archéol. numis-
matique, 1901, pi. 11.
* Photographie Alinari, n» 1501.
PLANCHE 23
19
PLANCHE 23
TÈTE VIRILE EN BRONZE
{Musée de iVap/cs.)
Trouvée à Ilcrculanum en 1756, cette tète de grandeur naturelle,
violemment détachée d'une statue, est peut-être un chef-d'œuvre
Fig. 2. — TETE EN MARBRE D'APOLLON
Mus<?c Ijiilanniqiic.
original de l'art grec du v" siècle. On a voulu l'attribuer à l'école
d'Egine et y reconnaître l'Apollon du sculpteur Onatas, qui avait été
transporté à Pergame. Toutefois, les caractères de cette tête ne se
trouvent réunis ni dans les œuvres éginétiques ni ailleurs. Les sour-
cils sont indiqués par des bourrelets; la paupière supérieure est
2a PLANCHK 24
forte, alors que la paui)iorc inférieure est 1res atténuée ; la bouche
offre une ligne médiane légèrement ondulée, mais anguleuse (et
non arrondie) au milieu de son parcours. La lèvre supérieure est
très fine, la lèvre inférieure épaisse, mais d un contour élégant et
nerveux. Le maxillaire inférieur est lourd ; l'oreille est j)lacée beau-
coup trop haut, suivant un caractère de l'art égyptien qui se
retrouve dans l'art grec archaïque, mais non pas dans toutes les
écoles. La chevelure, striée sur le crâne, forme au-dessous du dia-
dème de petits enroulements, fondus à part, qui couvrent la plus
grande partie du front* ; une disposition analogue paraît dans une
statue du fronton oriental d'Kgine-.
On peut ra|)procher de ce bronze une tète en marbre du Musée
britannique, achetée à Rome, qui paraît dériver tl'un original de
métal (fig. 2) =».
PLANCHE 24
TÊTE EN MARBKE D'APOLLON
{Musée britannique.)
La statue que surmonte cette tète a été acquise à Constantinople
par Choiseul-Goufficr et a passé en 1818 au Musée britannique '*. Une
' Celle technique raffinée du bronze. cK's la i)remière moitié du v siècle, est à
l'origine de beaucoup de conventions qui furent aclo|>4ées de bonne iieure par
les marbriers ((jardner. llandbooli. p. 210.
' Collignon. Ili.sloire de lasciilpline yrec/iie. I. I. (ij^. M". — Itayet. Monmneiils
de l'arl aulifjiti-. t. I. pi. 20 (article tie M. Colli^non) ; Moiuitueuli, t. L\. pi. iS et
Kekulé. Annali deW Insliltilu, 1870, p. 203: Friedcriclis-Wolters. Gipsa/jgihsse.
w 22'.»; Collignon. Ilisl.de la si-iilpl., I. I. p. '.Wo. lig l^'O: Lange. Alhen. Mil-
lUeUttiKjen. 1882. p. 20i: Studnic/ka. Hiimisclw Milllieiliiuijeii, 1887, |). dOo; Benn-
dorf, Oenlerreichisclie Jahiruhcfte, 1001. p. 171.
' Aruient marbleg.lU. i; Midler-Wieaeler, Denkmah-r. t. L pi. 4, 222; A. 11. Smitli.
Catal. of sculpture, in the Ihil. Mus., t. I. p. 85. n» 208.
* l'holographie d'ensemble, Cullignun, Histoire de la sculpture grecque, t. I,
p. 403, fig. !m.
PLANCHE 24 21
réplique de cette statue, dite à tort Apollon à VOmphalos, a été
découverte en 180:2 au tliéàtre d'Athènes*. Il y a une seconde
réplique de la tète au Louvre, malheureusement en médiocre état,
et une troisième au Musée britannique, provenant du temple
d'Apollon à Cyrène-; une quatrième a été découverte à GherchelP.
Dans la tète de la statue de Londres, le nez est restauré.
Fig. 3. — ÏKTE DE FEMME EN MARBRE
(Collection Hum|)hry SVard à Londres.
La célébrité de l'original, certainement en bronze, qui est attestée
par les répliques citées et d'autres encore % a donné lieu à deux
iiypothèses touchant le nom de l'auteur. On a proposé, sans raisons
solides, de reconnaître en lui Pythagoras de Rhegium ou Calamis.
Ces deux artistes sont malheureusement de ceux dont nous ne savons
encore presque rien. Il paraît du moins certain que le bronze original
était contemporain de Calamis (vers 450 av. J.-C.) et qu'il représen-
tait Apollon et non un athlète.
' IbUL, p. 405, fîg. 209; Athen. MUlheiL. 1884, pi. 9. Tout auprès était un
omphalos, qui n"a rien à voir avec la statue.
^ Murray, Iltstonj of Greek sculpture, 2» édit., t. I, p. 230.
^ Monuments Plot, t. I, p. 69.
* Elles ont été énuméréesparM. Iléronde Villefosse, .VoHJi?«e«^s/'<o^, t. I, p. 04.
22 PLANCHE 24
La chevelure olTrc un caractère particulier. «Tandis que, suivant
une ancienne mode, les deux tresses ducrobyle maintiennent la che-
velure et viennent se nouer sur l'épi du crâne, des boucles flottantes.
Fig. 4. — TKTIi U'HDRxMÈS
Musée britannique.
divisées assez irrégulièrement en deux masses, encadrent le front
et donnent à la coiffure un certain air de négligence inconnu de l'art
attique » (Gollignon) '. L'expression grave et même triste de la phy-
sionomie est encore accentuée par la masse de cheveux qui couvrent
le front. Elle offre une analogie remarquable avec la tôte de la Hestia
Giustiniani((ig. 5) *, et une belle tête de la collection IlumphryWard
il Londres (fig. 3)'', où la disposition delà chevelure sur l'oreille rap-
pelle une ligure de la bascLudovisi, également attribuée à Calamis
' Cf. Héron de Villefosse, Monumenln Viol. t. I, p. 62.
* Baumi'islcr, DenkmiUei', 1. I, p. 689. (Ik- 74(); MnWa. ^De r nchiine Memch, pi. 48.
Q'ile staliii" a passé (le la colleclioii Uiustiiiiaiii dans celle du prince Torlonia
à Rome.
' VA\g. Selleis. Journal of hellenic sludies, l. XIV, 1894, pi. 5; S. Reinach.
Gazelle des Ueaux-Arls, 1895, II, p. 149-150.
PLANCHE 24 23
(voir le texte delà pi. 21). Le môme style se reconnaît dans un hermès
barbu découvert à la villa d'Hadrien à Tivoli et conservé au Musée
britannique (tlg. 4)^. — La ligne médiane de la bouche s'abaisse vers
Fig. 5. —TETE DE DEESSE DITE VESTA
Collcclion Toplonia à Rome.
les coins et au milieu, comme dans la tète de Stockholm (pi. 14) ;
les yeux sont allongés et peu ouverts, les paupières lourdes ^.
* Ancient marbles, II, 191, Baumeister, Denkmdler, t. I, p., 674, fig. 736. Notre
gravure est e.xécutée d'après un moulage.
* Waldstein, Journal of hellenic studies, t. I, pi. 4, p. 178 ; GoUignon, Histoire
de la sculpture grecque, t. I. p. 404; "Wlnter, Jahrbuch des Instituts, 1887, p. 234;
Furlwaengler, oO"»» BerZ. Winckelmatinsprogramm, p. 150; Xiliefosse, Monicments
Piot, t. I, pi. 8, 9, p. 61 ; Friederichs-Wolters, Gipsabgiisse. n" 221 ; Bulle, Der
sckône Mensch, pi. 79.
24 PLANCIIKS 25 ET 26
PLANCHES 25 ET 26
TETE EN MARBRE D'APOLLON
{Musée du Louvre.)
Nos planches reproduisent deux répliques de la même tôle : la
première (pi. 25) provient de Grèce ; la seconde surmonte au Louvre
la statue célèbre sous le nom de Bonus Evenlus. Elles sont lune et
l'autre un peu plus grandes que nature.
On connaît de cette admirable tète, « un des types les plus gran-
dioses qu'ait produit l'art grec » S plus d'une douzaine de répliques ;
une des plus importantes, bien que d'un travail sec, est celle de
l'Apollon du musée de Casscl, qui ressemble au Bonus Eventus du
Louvre, mais a été moins restauré-. Qu'il faille ou non, avec
^L Furlwaengler, en attribuer l'orignal à Myron (je le considère,
pour ma part, comme plus ancien), il est certain que cet original a
joui d'une grande célébrité. De l'existence de répliques très sem-
blables entre elles, comme du style de la chevelure, on peut conclure
qu'il était en bronze.
Les détails du visage accusent une période de transition entre
l'archaïsme et lart classique. L'œil est allongé, avec glande lacry-
male prononcée et paupière supérieure anguleuse ; déjà elle déborde
un peu sur le contour inférieur. La bouche est légèrement
ouverte et laisse paraître les dents. Le dessin de la lèvre inférieure
trahit l'influence de l'original de bronze, où elle était sans doute
insérée dans le métal. Un trait notable d'archaïsme est le dévelop-
pement en largeur du front et, en hauteur, de la partie inférieure
du visage, notamment du menton ; le maxillaire inférieur est très
fort. Le traitement des cheveux est assez libre : les boucles sont
isolées et ne se ressemblent pas exactement entre elles. C'est un
* Furtwaonpicr, Inlermezzi, p. 7.
• Overbcrk, Apollon, Allas, pi. W, 2i ; S. ncinach, Héperl. de la slal., II. 97. ;
Pour Ic8 répliques, voir Furlwaengler, Masierpieces, p. 191.
PLANCHES 27 ET 28 23
monument d'un grand art encore hiératique qui tend vers l'indivi-
dualisation et la liberté.
Alors que M. Furtwaengler admet que l'original, œuvre deMyron,
occupait la cella du temple d'Apollon Patroos (le Théseion) à
Athènes*, M. B. Graef nie que la statue soit attique et l'attribue
à Pythagore de Rhegium -.
PLANCHES 27 ET 28
ÏÉTE VIRILE EN MARBRE
{Musée du Louvre.)
Superposée à un mauvais buste auquel elle n'appartient pas,
cette tête, de grandeur naturelle, n'a pas encore reçu l'attention
qu'elle mérite et ne paraît pas avoir occupé les archéologues. Les
caractères en sont tout différents de ceux des tètes dérivées de
Polyclète, bien qu'elle remonte également à un original du v" siècle.
Le bord de la paupière supérieure dépasse à peine la ligne inférieure ;
le nez est court, la partie inférieure du visage développée ; détail
essentiel, la ligne de la bouciie n'est pas ondulée. L'ensemble
rappelle, avec quelque chose de plus rude et de plus archaïque, la
tète de Discobole du musée de Berlin, qu'on a lieu de rapporter à
Myron (pi. 68)^^. Les yeux sont grands et assez ouverts, comme
dans les différents exemplaires du Discobole et dans llléraklès
myronien du Musée britannique (pi. Go)'*; le travail des cheveux se
' aUzungsberichle de Munich, 1899, If, 2, p. 279.
- Jahresbericht, 1901, III, p. 46.— Photographies Giraiulon. w» 1278 et 1272:
Furtwaengler. Maslerpieces, p. 192, fig. 80. 81; Intermezzi, p. (1; lleibig, Collet-
lion Barracco, pi. 34, 34 a (bonne réplique); Overbecii, Kunslmijtholotjie. Apollo,
pi. 19-20; Monumenti delV InsHlulo, t. XI, pi. 10, 1 ; Bulle, Der schone Mensch,
pi. 80. 81.
^ Furtwaengler, Maslerpieces, fig. 69.
* Ibid., fig. 75.
2:; PLANCHES 29 ET 30
retrouve dans le buste du palais Riccardi à Florence, considéré aussi
comme myronien par M. Furtwaengler (pi. 69) , mais où le modelé
des yeux est tout à fait différent. Vue de profd, la tête du Louvre
rappelle celle de l'IIarmodios de Naples (pi. 19), avec laquelle elle
a d'ailleurs en commun le développement exagéré du menton. La
ligne du nez ne continue pas celle du front, qui présente une légère
saillie; ce dernier caractère, qu'on trouve déjà dans le Pirithoiis du
fronton ouest d Olympie-, sert à distinguer, depuis la lin du v^ siècle
surtout, les tètes viriles des têtes féminines'.
PLANCHES 29 ET 30
TÈTE VIRILE EN MARBRE
(Musée du Louvre.)
Plusieurs particularités du style de Myron se retrouvent dans
cette tète de grandeur naturelle, provenant du musée Campana. Le
nez est la seule restauration importante qu'elle ait subie. Il suffit de
comparer ce profil d'athlète à ceux des DiscobolesLancelotti (fig. 0-7),
deCataio'etdeBerlin^' pour être frappé de la ressemblance. D'autre
part, l'arrangement des cheveux est très analogue à celui d'une
tête <le dieu ])arbu, conservée au musée de Berlin*, dont ^I. Furt-
waengler, sans mentionner la tête du Louvre, a rapporté l'original à
Myron. On peut comparer aussi une tête plus ancienne, mais de
' FurlwatMiKlt'i'. Maslerpieces, fig. ()6.
* (îiirdiicr, lluiulbook, p. 225.
•' Voir Lcclial. Le f'roni île l'Hermès d'Oh/mpie, dans les MëlatKjes l'errol,
p. 207. La prolubOrancc frontale |)aralt avoir été in(ii(|uée i)ar Myron, mais non
par Polyclèlc. — Photographie Giraudon, n» 1277 ; Marbres du Louvre, n» 565.
' Fiirhvaengier. Maslcrpleces, fig. 68.
• I/tld.. (ig. 09.
" IhiiL, fig. 78.
PLANCHES 29 ET 30 27
même lignée, qui a été découverte sur l'Acropole *. La paupière
supérieure ne se prolonge pas au delà du contour inférieur de l'œil,
caractère archaïque que nous avons déjà constaté. La bouche.
Fig. 6 et 7. — TÈTE DU DISCOBOLE DE xMYRON
D'après le moulage de la copie du ]ialais Lancelotli à Rome (conserve au musée
du Louvre)*.
très allongée, avec une légère inflexion, offre un type intermédiaire
entre les bouches à peu près horizontales et celles où la ligne
médiane ondule avec grâce. L'original doit être attribué à un artiste
des environs de 450 avant J.-C, qui n'était ni Myron, ni Polyclète,
^ Collignon. Ilisl. de la sculplure grecque, t. I, fig. 192; 'EcpT,u£p;c àp/atoXo-
■sy.Y.r,, 1883. pi. 3.
- Celle copie, découverte en 1781 sur l'Esquilin, a figuré dans la collection
Massimi avant d'entrer dans celle du prince Lancelotli. On croyait qu'elle n'avait
jamais été moulée lorsque M. Furtwaengler découvrit, au Louvre, un moulage
de la tôle, e.xécuté sans doute vers 1866, jjar les soins de F. Ravaisson. C'est
d'après ce moulage qu'ont été gravées nos figures 6 et 7. Cf. Collignon. Histoire
de la sculpture grecque, t. I, p. 473, pi. 11 ; Studniczka, Festschrift fur Benn-
dorf, p. 163, pL 7-8 : Furtwaengler, Sitzungsberichte de Munich, 1900. o« fasc,
p. 705.
28
PLANCHE 31
mais qui travaillait dans le même milieu et sous des influences ana-
logues ^
PLANCHE 31
ÏÈTE EN MARBRE DE JEUNE FILLE
{Musée du Vatican -.)
La statue que surmonte cette tète est celle d'une jeune fille
Fig. 8. — TKTE DE JELNK FILLE
Must'c ilu Valicaii.
victorieuse à la course' ; c'est la copie en marbre d un bronze grec
* Pholopraphies Giraudon. 1426, Hil ; Marbres du Louvre, ii" (»3G.
* Noire figiiro 8 représente celle lôte en profil ilaprùs un monliiKc.
* Comparez ce que dit Pausanias (V, 10, 2) des jeunes filles (pii prenaient
part au concours de course ù Olympie.
PLANCHES 32 ET 33 29
(lu milieu du v** siècle. Mais à quelle école faut-il la raltachcr? La
question est depuis longtemps litigieuse. On songe naturellement à
une œuvre péloponésienne, assez voisine du Tireur d'épine du
Gapitole. Le curieux arrangement des cheveux se retrouve dans
une petite tète en marbre du Louvre, que M. Gollignon a judicieuse-
ment rapprochée du Spinario K
L'archaïsme se trahit encore à la forme des yeux un peu bombés,
à la grosseur de la glande lacrymale, à la position trop élevée de
l'oreille. La ligne inférieure de la paupière supérieure déborde
nettement sur le coin de l'œil, ce qui peut être le fait du copiste,
ou un caractère de l'école dorienne à laquelle appartenait l'original.
On explique généralement la fixité du regard en alléguant que la
jeune fille attend le signal de la course ; mais ce n'est là probable-
ment qu'un reste d'archaïsme -.
PLANCHES 32 ET 33
TÊTE VIRILE EN MARBRE
{Musée de Dresde.)
On reconnaît au premier abord que cette tète, découverte en 1855
à Périnthe, est la copie d'un modèle de bronze, qui devait être une
statue d'athlète, à en juger par les oreilles tuméfiées (cf. pi. 1). La
conservation du marbre laissant à désirer, on en a exécuté, à Dresde,
un moulage très sobrement restauré, d'après lequel a été prise la
photographie qui a servi à notre dessinateur.
Il est intéressant de comparer le profil à ceux du Doryphore (pi. 47)
' Gollignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, p. 423, fig. 220. — Une
parenté plus éloignée avec le Spiiiariose reconnaît dans une tête crx\donis(?).
du Musée de Madrid, Rev. archéoL, 1901, pi. 20 (P. Paris).
* Arndt-Bruckmann, Denhnâler. n» 521 (avec deu.x aspects de la tète dans le
texte); Gollignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, p. 423; Ilelbig, Fiihrer^,
t. I, p. 384 et p. 503; Bulle, Der schune Mensch, pi. 58.
30 PLANCHE 34
et de IHarmodios (pi. 19). La forme sphérique de la tète se rap-
proche de celle de l'Harmodios et s'éloigne beaucoup de celle du
Doryphore. Le travail des cheveux bouclés, encore conventionnel,
rappelle le Centaure mordu par un Lnpilhc du fronton occidental
d'Olympic'. Les yeux sont allongés, peu ouverts, sans aucune
obliquité, cernés de paupières saillantes et anguleuses. La ligne
médiane de la bouche est horizontale, avec une légère échancrure au
milieu ; la lèvre inférieure est forte, tandis que la lèvre supérieure
est très mince, comme dans l'Aphrodite Ludovisi (pi. 20). L'ensemble
présente une analogie éloignée avec l'Aurige de Delphes (pi. 9),
plus marquée avec les tètes d'athlète d'Ince Blundell Hall - et du
Louvre (pi. 35) "'.
PLANCHE 34
TÊTE VIRILE EN MARBRE
(Château d'Erhach en Franconie.)
On a signalé, en dehors de celle de la planche précédente, plusieurs
tôtes de ce type, copies d'époque romaine d'après des originaux
grecs de bronze qui présentent des affinités avec l'Aurige de Delphes
(pi. 9), tant dans la disposition de la chevelure et du bandeau que
dans le profd et la forme sphérique du crâne. La tète d'Erbach ne
m'est connue que par le moulage conservé au musée de Dresde,
d'après lequel M. Herrmann a bien voulu exécuter une photogra-
' Ces cheveux sont très coiirls, suivant la mode alhléli(iue du v« siècle; muis
c'est à cela que se borne le réalisme. « L'art n'étant pas encore prêt à chercher
la beauté dans l'imprévu, fait prévaloir la régularité dans l'agencement des
boucles courtes et les fait chevaucher avec une recherche qui est encore à
moitié monumentale. » (Lange, Darslelluiif/ des Mensc/ien, p. 87.)
* l-'iirtwaengler, Maslerpieces, fig. 71.
* I*. ilerrmann, Alfienixche Millheilunf/eii. t. XVI. I8'.)l, p. 313. pi. i.l't; Furl-
waengler, Maslerpieces, p. 171, fig. 70; Inlermezzi, p. 10; .\rndt-Bnickmann,
Uenkmdler, n» 542 (face et revers de la tôle) ; Arndt, (Hijplolhèque de Sij-Carlsbeifj,
texte de la pi. 30 ; Amclung, Seue Jahrbilc/ier, 1900, p. M.
PLANCHES 35 ET 36 31
phie à mon intention. L'atténuation dos traits, en particulier de la
paupière et des lèvres, est probablement le fait du copiste. On
remarque l'absence de la barbe naissante, qui caractérise le profil
de l'Aurige (pi. 10) ; c'était là une mode attique que l'art des époques
suivantes ne connaissait plus.
PLANCHES 35 ET 36
TÊTE VIRILE EN MARBRE
(Musée du Louvre . )
Il y a comme un air de famille entre cette tète et celle de lAma-
zone Mattei (pi. 56) ; la forme du crâne est la même ; la glande
lacrymale et l'arête vive delà paupière supérieure ne sont pas moins
nettement accusées. La tète du Louvre (autrefois dite Thésée, sans
aucune raison) est évidemment la copie d'un original de bronze et
représente probablement un athlète ; mais c'est une copie tardive et
de travail assez sec. Le bout du nez est la seule restauration impor-
tante. L'analogie avec le buste d'Ince Blundell Hall -, autrefois
signalée par M. Conze^ ne peut être poursuivie dans le détail ; le trai-
tement des cheveux, notamment, y est tout autre, ainsi que le
modelé de la bouche, beaucoup moins sévère dans la tète dince*.
* Anthes, Alhlelenkopf in Erbach, dans la Festschrift filr Overbecfc, Leipzig,
1893, p. 791, pi. 4; S. Reinach, Gazette des Beaux-Arts, 1898, II, p. 424, 42o.
* Arclmologische Zeilung, 1874, pi. 3; Furtwaengler, Maste, pièces, p. 172.
* Archàologischer Anzeiger, 1864, p. 223.
* Froehner, Musées de France, pi. 37; S. Reinach, Gazette archéologique, 1887,
pi. 10, p. 81 (avec buste moderne enlevé depuis) ; Marbres du Louvre, n» 830.
32 PLANCHE 37
PLANCHE 37
TETE EN MARBRE D'ATIIENA
[Musée du Louvre.)
C'est la tète de rAlIiéna colossale, en marbre de Thasos, décou-
verte à Velletri en 1797 et entrée au Louvre en 1801 ^ La statue est
presque intacte, sauf les mains. Le travail et le style attestent que
l'original était un bronze grec du v" siècle (vers 440) ; il existe d'ail-
leurs plusieurs répliques de la tète, toujours coiffée du casque corin-
thien*. M.Micliaelis a fait observer, en 1886 ', que cette tète ressemble
à celle des Amazones du type capitolin (pi, 54). M. Furtwaengler,
qui attribue le modèle de ces Amazones à Crésilas, n'hésite pas
à faire honneur au même artiste de l'original de l'Athéna de Velletri ;
il lidentitie même à l'Athéna Soteira du Pirée, que Pline rapporte
par erreur à Céphisodore (sic) *. Quoi qu'il en soit de cette hypothèse
accessoire, il est évident que la forme très ovale de la tête, la dispo-
sition symétrique des cheveux, le modelé des paupières à arêtes
vives, la grandeur de la bouche, l'épaisseur des lèvres, la petitesse
relative du menton établissent autant de liens entre la tête de Vel-
letri et celles des Amazones du Palais des Conservateurs et du
Vatican. L'attribution de ces dernières à Crésilas * est rendue vraisem-
blable par lanalogie des traits, en particulier des yeux, dans le por-
trait idéalisé de Périclès, œuvre à peu près certaine de Crésilas, dont
nous possédons plusieurs copies*. D'autre part, la tête de Velletri
* Clarac. Musée. 320, 861.
* Furlwaeiigler. Maslerpieces, p. 141, note 2. La plus belle réplique est l'Athéna
Albani à Munich (VywXwaen^Wv, llunderl Tafeln,\i\.ZZ). Un écho jiffaihli du môme
type se consfiite, au u» siècle av. J. C, dans la tête de l'Athéna du monument
(riMii)ulid(> iAlhenische MillUeilungen, t. VII, |). 81, pi. 5.)
;• Jahrbuch des Insfilids, 188C), p. 27,
• Pline, Hisl. Nat., XXXIV, 74.
• Crésilas de Kydonia. artiste dont on connaît (piatrc signatures (Bull, de
corresp. hellénique, t. XXIII. 1899, j), 378 )
• Furtwaengler, Maslerpieces, pi. 7.
PLANCHES 38 ET 39 33
diffère de celle de la liera Farnèse (pi. 74), dont on l'a souvent rap-
prochée, par la forme beaucoup moins lourde des paupières supé-
rieures et l'ovale plus prononcé du visage.
C'est de l'Athéna de Velletri qu'Otfried Millier s'est inspiré pour
décrire le type idéal de la déesse ' ; il y a, toutefois, dans le colosse
du Louvre, beaucoup de sécheresse et de raideur^.
PLANCHES 38 ET 39
TÈTE DE FEMME EN MARBRE
{Musées de Berlin et du Louvre.)
Notre planche 38 reproduit de face une tête du Musée de Berlin dont
une réplique, figurée de trois quarts sur la planche 39, est au Musée
du Louvre '. On a reconnu depuis longtemps que ces têtes, de gran-
deur naturelle, dérivaient d'un même original en bronze du v" siècle
et on a supposé que c'était un portrait d'Aspasie ; mais cette hypo-
thèse est contredite par le style, antérieur à l'an 449, qui paraît être
la date initiale de la liaison d'Aspasie avec Périclès. On connaît
aujourd'hui au moins cinq répliques du môme type et M. Amelung
a fort ingénieusement montré, en 1900, que la tète dite d'Aspasie
s'adapte à un torse sévèrement drapé dont il existe aussi une demi-
douzaine de répliques dans nos musées. L'original était donc une
œuvre célèbre, apparentée — comme il est facile de le voir — à la
Ilestia Giustiniani (Torlonia) et à l'Apollon Choiseul-Gouffier (Musée
britannique). M. Furtwaengler avait songé à attribuer ce groupe de
statues à Calamis et à son école ; mais la figure reconstituée par
' 0. Millier, Ilandbuch der Archœologie, ^, 369.
* M. Froehner (Notice, n» 114, p. 144) parle d'une « figure ravissante » ; il ne
semble pas que cette épithèle soit justifiée. — Furtwaengler, Masterpieces, p. 141,
fig. iiS et 59; Furtwaengler et Urlichs, Denkmxler, p. 17, pi. .">; Collignon, His-
toire de la sculpture grecque, t. I, p. 139; Brunn-Bruckmann, Den/cmœler, n» 68.
■' Dans la tète de Berlin, le nez est moderne; dans celle du Louvre, sont
modernes le nez, le buste et la partie antérieure du voile.
3
34 PLANCIli: 40
M. Amelung n'a rien de la légèreté et de la grâce, ).£::tôtt,; xal yioiç,
vantées par les admirateurs anciens de Calamis. M. Amclung pense
à l'école d'Kgine ou à celle de Corinthe, dont, en vérité, nous ne
savons presque rien.
La tôte du Louvre, avec sa bouche un peu boudeuse, aux coins
abaissés, ses paupières saillantes et anguleuses, paraît être plus voi-
sine de l'original que celle de Berlin. Il y a un(î parenté, mais une
parenté seulement, entre la tète du Louvre et celles de l'Amazone
du Palais des Conservateurs (pi. 54) et de l'Athéna de Velletri
(^pl. 37), qui sont l'une et l'autre plus dégagées de l'archaïsme'.
PLANCHE 40
TKÏE DE DEMETER
{Bas-relief du Musée national d'Athènes.)
Le bas-relief célèbre auquel cette tête est empruntée a été trouvé
à Eleusis; il représente Triptolème entre les deux déesses, Déméter
et Koré. La tôte de Déméter offre des analogies avec celles des
frises du Parthénon, bien qu'elle soit d'une dizaine d'années plus
ancienne-; on remarquera notamment le dessin de l'œil, grand et
ouvert, qui^ sans être de face, est cependant figuré d'une manière
plus complète qu'il no conviendrait dans un profil. La ligne du nez
continue presque directement colle du front; le bout du nez est
mince, avec une narine un peu forte; le coin de la bouche est abaissé
et donne à l'ensemble une expression de gravité religieuse et de tris-
' Arcliaeologiache Zeilunçi, 1877, pi. 8: Beschreibunff der Skulpluren in Berlin.
n» lJO.'i: Marbres du Louvre, n» .'WiS: Kiiriwaonj^Ier, Maslerpieces, p. 81 ; Amoliinjf,
Itfiinische Milfkeilunyen. l'JOU, p. 18;i: Reinach. Gazelle des lieuux-Arls. \W1, 1,
p. ii'.»: photographie Giraiidon, n-' 1219.
* D'autres oui eonsi(h'rn> le bas-relief d'Kleusis ronime contemporain du Par-
thénon (Friederichs-Wollers,^i7xw6.7»7.sse,n" 1182 : C.oW'xy^nun, llisl. de lascidplure,
t. Il, p. 142); Overbcck le croyait plus récent et le rapprochait de l'Eiréné de
Céphisodote ii Munich [Demeter, p. 420).
PLANCHE 41 35
tesse discrète. La disposition des cheveux répond sans doute à
l'idée que l'artiste se faisait de Déméter, la déesse en deuil; je n'en
connais pas d'autre exemple dans l'art classique. Il est possible que
la ligure du relief d'Eleusis soit la copie d'une statue de Déméter
conservée dans le temple de cette ville et remontant au milieu du
v" siècle K
PLANCHE 41
TÈTE EN MARBRE D'HERMÈS ARCHAÏQUE
{Musée du Louvre.)
Le Louvre possède deux exemplaires de cet hcrmès colossal, pro-
venant l'un et l'autre du musée Campana. Celui-ci, de beaucoup le
meilleur, a été fortement restauré ; le nez, une partie de la pommette
gauche, le bas de trois mèches de la barbe, dix boucles de cheveux
et les longues mèches entre les oreilles et les épaules sont moder-
nes. On remarquera que la paupière supérieure ne déborde pas sur
le contour inférieur de l'œil ; c'est un caractère archaïque que le
copiste romain a conservé. L'original de cette tête et de beaucoup
d'autres du même style ^ doit être attribué aux environs de l'an
460 av. J. G. et à l'art attique^
' CoUignon, Histoire de la sculpture grecque, t. II, p. 14i, fig. 08; Mo7iiimenti
delV Instilulo, t. VI. pi. 45; Cavvadias, DorTct n« 126: Friederichs-WoUers,
Gipsabgiisse, n»H82: Overbeck, Kunslmythologie, Demeter, p. 420.
- Voir notamment l'hermès de Chatswoiiii. publié par M. Furiwaengler. Jour-
nal ofliellenic sludies, t. XXI (1901). pi. 8.
* Froehner, Notice, n» 191; photographie Giraudon, n» 1232.
36 l>LANCIli:S 44 ET 43
PLANCHES 42 ET 43
TÈTE EN MARBRE DE DIEU BARBU
[Gli/ptothèque deNy-Caiisberg.)
Le comte Tyskicwicz, qui possédait autrefois cette belle tôte,
croyait savoir qu'elle provenait des fouilles exécutées en 1885 sur
l'Acropole d'Athènes. Suivant un autre témoignage, elle aurait été
découverte au Pirée.
C'est un terme d'Hermès ou de Dionysos avec cheveux et barbe
stylisés. L'expression de la physionomie est douce et bienveillante;
les yeux ne sont pas obliques ; la ligne médiane de la bouche est
légèrement ondulée. Le type appartient incontestablement à la pre-
mière moitié du v^ siècle; mais il est probable que l'exécution est
postérieure à cette date et môme aux sculptures du Parthénon. L'art
grec n'a ignoré l'archaïsme factice à aucune période de son histoire;
il n'a jamais cessé de reproduire certains types hiératiques, tels
que termes, caryatides, images de Peitho, suivant des canons
iixés antérieurement aux guerres médiques et conservés, à cause de
leur caractère religieux, longtemps après que l'archaïsme propre-
ment dit eut pris lin *.
PLANCHES 44 ET 45
TÈTE EN MARBRE DE DIEU BARBU
{Glyptothèquc de Ny-Carlsbery.)
Conmie la précédente, cette tête a fait partie de la collection du
comte Tyskiewicz, qui croyait (|u'olle avait été découverte sur
• Arndt, Otyptolhèque île Sy-Carlsbery, pi. Il; Joubiti, La sculpture grecque,
p. 106, flg. H\, il.
PLANCHES 46 ET 47 37
l'Acropole, alors que, suivant une autre version, elle proviendrait
du Pirée.
Il me semble certain que ce marbre est une copie ou une variante,
datant des premières années du iv'' siècle au plus tôt, d'un modèl(>
contemporain de l'Harmodios. Le copiste s'est laissé influencer par
l'art de son temps. Les yeux sont cernés de paupières lourdes, ce
qui est un trait archaïque ; mais la paupière supérieure déborde sur
l'orbite et la ligne médiane de la bouche est ondulée, caractères
difficilement admissibles à l'époque où ce type plastique a été créé.
Le bonnet qui surmonte cette tète convient à Iléphaestos et à
Hermès ; M. Jacobsen s'est décidé pour la première attribution,
M. Arndt préfère la seconde et croit même qu'il s'agit d'Hermès
Ghthonios, à cause de l'expression de tristesse qu'il distingue dans
la physionomie. J'avoue ne pas en être frappé ^
PLANCHES 46 ET 47
TÊTE EN BRONZE DU DORYPHORE
{Musée (le Naples.)
Un bronzicr du temps d'Auguste, Apollonios, fils d'Archias
d'Athènes, a signé le buste que surmonte cette tète, copie appa-
remment très exacte, mais un peu sèche, du célèbre Doryphore ou
« Porte-lance » de Polyclète, à laquelle faisait pendant, dans la même
maison d'Herculanum, le buste d'Amazone figuré sur la planche 57.
Les caractères du style de Polyclète ne peuvent s'étudier nulle part
avec plus de précision : yeux très ouverts , un peu bombés, avec
paupières fines, dont la ligne supérieure déborde un peu sur le con-
tour de l'œil, glandes lacrymales accusées, nez fort et large, bouche
ondulée, légèrement tombante aux coins, lèvres épaisses et sensi-
blement égales. Les oreilles sont celles d'un athlète, un peu tumé-
' Arndt, Gh/plollièque de Nij-Carlsberq , pi. 12.
38 PLANCIIL: 48
fiées par les coups de poinj^ (cf. pi. 1)^ Le crâne n'est pas rond,
mais assez développé d'avant en arrière et nettement aplati au
sommet, ce qui ajoute à l'impression de « carrure » déjà signalée
par les anciens -. Les cheveux adhèrent au crâne et sont divisés en
petites boucles qui divergent du sommet de la tète et s'écartent pour
former un an«rlc au sommet du front ^.
PLANCIIK 48
TETE EN MARBRE DU DORYPHORE
[Musée de Naplcs.)
C'est à Friederichs que revient l'honneur d'avoir identifié au
Doryphore de Polyclète l'original de la statue découverte à Pompéi
en 1797*, dont notre planche reproduit la tète. Celte statue est dun
travail assez commun, mais a lavaiitage, sur les autres copies du
mémo chef-d'œuvre, d'être complète. C'est le type par excellence de
l'athlète dorien, auquel s'appliquent à merveille ces belles lignes,
devenues presque célèbres, que le sculpteur Guillaume adressait à
Olivier Rayet, au début d'une « consultation » sur la statue de
Naples : « L'ensemble donne l'idée d'une force redoutable ; mais on
sent que celte force est réglée par la discipline et par l'exercice.
KUe est sans ostentation ; elle se laisse voir, elle s oublie et la jeu-
nesse qui la tempère s'y montre par une sorte d'abandon à la
* Pour la statue entière (répli(|ue de Naples), voir Collif^iioii. Histoire <lc la
sculpture (jrecque, I. I, pi. 12.
* Cf. Ilomolle, Bulletin de correspondance hellénique, 189'.), p. 4."j3.
' Oimparetti et De Petra. La villa Ercolnnese dei l'isoni, \A. VIII, 3: Kriede-
riclis-Woilers, (iipsabgilsse, n" 50o; Kurlwacn^ler, Maslerpicces, \>. i29; LaiiKe,
Uurstellunij des Menschen p. 206 ; Coilignon, Histoire de la sculpture f/recque,
t. I. p. 495. «K. 232,
* Dans la palestre de Pompel (.Mau. Slrena Helbif/iana, p. 184.) Une tète ana-
lof(ue a été trouvée dans le ffvmnase de Delphes {liull. de corresp. fiellén., i899,
p. :i7:i.)
PLANCHE 48 39
nature*. » Cet éphèbe robuste, « type accompli du jeune étalon
humain -)), est d'ailleurs dépourvu de toute expression, de toute
personnalité, et M. Mahler a justement signalé dans la tète le
« manque de toute note intellectuelle. » Pour les critiques anciens, le
Doryphore était devenu le canon, c'est-à-dire la formule des propor-
tions du corps humain ; mais, en le célébrant à l'envi, ils ne nous
ont point dit ce qu'il représentait, sans doute parce qu'à leurs yeux
il n'était que le canon éphébique et pas autre chose. Le nom de
Doryphore date probablement de l'époque alexandrine. M. Furtwacn-
gler croit que la statue originale était celle d'un vainqueur au pen-
tathle portant son javelot et rejette, comme entachée d'anachro-
nisme, l'hypothèse de M. Gollignon, qui était tenté d'y voir une image
décorative ou funéraire.
Le visage est ovale, les yeux très ouverts, les paupières minces,
le nez fort et large, la bouche ondulée, entr'ouverte, avec lèvres
épaisses. Les cheveux ne sont plus seulement un revêtement du
crâne, bien qu'ils en suivent docilement les contours ; dans leur
arrangement symétrique, mais d'une symétrie sans pédantisme, il y
a déjà un effort vers la liberté. Le front est triangulaire^.
' Cette phrase, suivie d'autres qui sont faibles, est d'une beauté rythmique
({ui rappelle les meilleures inspirations de Montesquieu.
* Lechat, Mélanges Perrot, p. 210.
^ Photographie Giraudon, 1282 (d'après le moulage conservé à l'Ecole des
Beaux-Arts). La statue entière, CoUignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I,
pi. 12. — Friederichs, Der Doryphoros des Polyklet, Berlin, 1865; Rayet (et
Guillaume), Monuments de l'art antique, t. I, pi. 29; Monumenti delV Instituto,
t. X, pi. 50, n" 1 a, 1 b; Furtwaengler, Masterpieces, p. 228; Mahler, Polyklet,
p. 24 et fig. 5 (la statue de face): Gardner, llandbook, p. 318 ; Lange, Darstellung
des Menschen, p. 199; Bulle, Der schone Mensch, pi. 1J6; Friederichs-Wolters,
Gipsabgusse, n» 503; Overbeck, Schriftquellen, 953-962. Pour les répliques, voir
Michaelis, Annali deW Instituto, 1878, p. 1-30; Mahler, op. t., p. 26,27 ; Furtwaen-
gler, Journal of hellenic sludies, t. XXI, p. 212, fig. 2.
40 PLANCHE 49
PLANCHE 41)
TETE EN MARBRE DU DIADLMÈNE
{Musée du Louvre.)
Bien qu'il n'y ait d'antique, suivant l'étiquette du Louvre, que « le
principal du visage, le devant du bandeau et des cheveux », cette
tète présente un intérêt réel, car les parties conservées sont intactes
et d'un travail soigné. Plus que celles des Diadumènes de Vaison *,
de Délos^ et de Madrid "^ elle se rapproche de la tête du Doryphore
de Polyclète, telle que nous venons de l'étudier à deux reprises
(pi, 46-48.) La comparaison avec l'Amazone du Palais des Conserva-
teurs (pi. 54) n'est pas moins instructive ; toutefois, les yeux du Dia-
dumène sont plus ouverts et les paupières moins lourdes. La ligne
ondulée de la bouche est un caractère qui se retrouve dans toutes
les têtes d'Amazones, mais qui fait défaut aux sculptures plus
anciennes. Le copiste romain auquel est due la tête du Louvre a
probablement travaillé d'après le moulage d'un bronze, doi]t lin-
fluence est apparente dans la sécheresse du modelé et dans les
cheveux. A cet égard, il est certainement resté plus voisin de l'origi-
nal que le sculpteur, infiniment plus habile, du Diadumène de
Madrid *.
M. Emm. Lœvvy a donné de bonnes raisons pour admettre que le
Diadumène de Polyclète était la statue de l'éléen Pylhoclès, vain-
queur en 4o2^ Cette date serait très importante pour l'histoire de la
' Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, fig. 253.
' Monutnenls l'iol, I. III, pi. 14 et lii.
» Ibid.. t. IV. pi. 9.
♦ Marbres du Louvre, n» 840; photographie (jiraudon. 4283: FurlNvacnglcr,
Maslerpieces, p. 240; MahliT, Vohjklct. p. 24, n- 29. Cf. les articles de M.M. Couve
v\ Paris sur les Diadumènes de Délos et de Madrid, Monuments l'iol. t. III, p. 137;
t. IV, p. 53.
» Uonnanmhefl der Wiener Sludien, t. XXIV, 2. Cf. Pausanias. V, 7. 10. La
date de la victoire de Pythoclès est connue depuis peu [Rev. archéol.. 1899. ii,
p. 412.)
PLANCIIK 50 41
sculpture grecque ; mais M. Lœwy concède que la statue a pu être
exécutée quelques années plus tard. En tous les cas, le Diadumènc
paraît plus ancien que le Doryphore, qui appartient aux environs
de 440.
PLANCHE 50
TETE EN MARBRE D'UN DIADUMENE
{Musée britannique.)
Polyclète était l'auteur d'une statue célèbre représentant un Dia-
dumène ; mais il y avait dautres Diadumènes que celui de Polyclète,
comme il y a d'autres Madones que celles de Raphaël. La tète que
nous reproduisons ^ a bien fait partie dune figure d'athlète nouant
un bandeau autour de son front ; mais c'est en vain qu'on a
essayé d'y voir une réplique, môme libre, de la statue de P0I3 clète
(pi. 49). Le traitement des cheveux est absolument différent et
témoigne de l'influence d'un original en bronze appartenant à
l'école de Phidias -. « Il m'est très difficile, écrivait avec raison
M. Paris, de retrouver ici Polyclète... Je cherche en vain des souve-
nirs heureux du modèle original ; il n'en reste pour ainsi dire aucun,
et cela parce que la transposition qu'a voulue l'artiste est trop
complète ». Mais l'artiste a-t-il vraiment voulu une transposition?
Il a représenté un Diadumène, comme l'art grec en fit après
Polyclète et en avait fait sans doute avant lui. Les têtes de Diadu-
mènes conservées à Cassel-' et à Dresde ' sont plus voisines de celles
' Les lèvres et une partie du nez sont restaurés. Grandeur naturelle.
* Il en est de même du Diadumène Farnèse au Musée britannique (Furtwaen-
gler, Masterpieces, p. 244), variante attique du motif traité par Polyclète (Lanj^e,
Darslellunrj des Menschen, p. 204.)
^ Gonze, Beitrâge, pi. 2.
* Furtwaengler. Masterpieces, pi, 10 et 11.
PLANCHES ol ET 52
du Musée britannique que de l'original de Polyclète et ne parais-
sent pas davantage en dériver*.
IM.ANCIIKS ol ET o2
TÈTE EN MARBRE DE DÉESSE
(Mu^ée national (V Athènes.)
Dès le début des fouilles fructueuses qu'elle a pratiquées en 1892
au temple de Héra près d'Argos, l'École américaine d'Athènes
découvrit celte jolie tète en marbre de Paros, d'un tiers plus petite
(|ue nature*, dont les épreuves en j)làtre sont aujourd hui fort répan-
dues'. Elle paraît un peu jeune pour représenter liera ; mais le
nom d'Hébé, qu'on a mis en avant, n'est autorisé par rien '•, La
silhouette arrondie du visage, le développement du menton et le
dessin des yeux prouvent qu'elle remonte au v" siècle ; c'est certai-
nement un original. A l'encontre de M. Waldstein, qui l'attribuait
à Polyclète ou à son école, M. Furtwaengler a prétendu que cette
tète était attique". Mais les yeux largement ouverts, avec une
nuance d'effort, sont pareils à ceux du Doryphore de Naples (pi. 46),
copie exacte d'un ciief-d'œuvre de Polyclète, et ne se retrouvent
pas dans les marbres qu'on peut rapporter à l'école de Phidias. Le
dessin de la bouche est également polyclétéen. Nous n'hésitons donc
pas à voir dans cette tôle une œuvre sortie de l'atelier du maître
* .Miiriay, Hevue archéologique, 1895. Il, p. 145, pi. 12 (d'après une autre plio-
to^rapliic) ; Mahler, Polyklel, p. 73; Couve, Monuments Piol, t. III. p. 146;
i'ari.s, i/Ad.. t. IV, p. TA.
* Hauteur, du menton au sommet du crâne : 0<*,223.
* Waldstein, American journal of archiFolar/i/, 18'.I4, I. l.X, p. 331, 33'.).
* Overbeck. Sachsische Berichie, M'Xi. p. 31.
' Fiirtwaenj^ler, Arckdolof/ische Sluilien II. lirunn (lar;/e/)racht, p. 8'.) et Max-
lerpieces, p. 243. Le te.\tc allemand (Meisterwerke, p. 443) est plus formel que la
traduction auKlaise.
l'LANClIE o3 43
(l'Argos ; c'est aussi l'opinion de M. Collignon, qui y trouve avec
raison « toute la saveur du style polyclétéen ». Il n'est pas impos-
sible qu'elle ait fait partie du fronton occidental du temple; en tous
les cas, elle est trop grande pour avoir appartenu aux métopes'.
PLANCHE 53
TÈTE EN MAUBRE D'AMAZONE
[Musée britannique.)
Le plus bel ornement de Lansdowne House à Londres est une
statue d'Amazone blessée, la tète inclinée vers la gauche, le bras
droit relevé et appuyé sur le sommet de la tète, le bras gauche
reposant sur un pilier. Cette statue, dont il existe plusieurs répliques,
est généralement considérée comme une copie de l'Amazone en
bronze de Polyclète, que l'on admirait dans le temple d'Artémis
àKphèsc-. La réplique de la tôle, de grandeur naturelle, que Lyde
Browne rapporta d'Italie en Angleterre et qui, de la collection
Townley, a passé au Musée britannique, est l'une des meilleures de
la série; il n'y a de restauré que l'extrémité du nez et du cou.
Les cheveux, finement ondulés sur le devant, sont divisés par
une raie qui remonte jusqu'au sommet du crâne. Les yeux sont bien
ouverts, avec des paupières étroites ; le nez — dont la restauration
paraît exacte — est un peu fort, l'intervalle entre le nez et la bouche
singulièrement court, le menton aussi. La bouche est grande, ondu-
lée, légèrement ouverte. Il ne faut pas chercher à reconnaître dans
la physionomie l'expression douloureuse d'une Amazone blessée ;
' Waldstein, Excavations of Ihe american scliool of Athens at llie lleraion of
Ai'f/os, 1892, pi. 4, ii; The argive Heraeum, t. I (1902), frontispice et pi. 36
(sous trois aspects), p. 164; E. Gardner, Handbook, p. 340. fig. 79; CoUigiion,
Histoire de la sculpture grecque, t. Il, p. 108, fig. 82: Reinach, Gazelle des
Beaux-Arts, 1893, I, p. 2bl. On a trouvé des fragments de métopes, qui sont en
marbre pentélique et non en Paros ; le type des têtes est également polyclétéen
('EoT,txîp(;, 1893, pi. 15 ; Gazette des Beaux-Arts, 1893. I, p. 2o3 : 1895, II, p. loo.)
* Pline, Ilist. naturelle, XXXIV, 53.
44 PLANCHE 54
Polyclèlc n'a pas rendu des expressions, mais des altitudes. L'ori-
ginal datait probablement de lan 440 avant J.-G. *
PLANCHE 54
TKTE EN MARBRE D'AMAZONE
{Palais des Coiiservateurs à Rome.)
Découverte en 1874 sur l'Esquilin, cette belle tôte, où le bout du
nez seul est moderne, se distingue de la précédente par des carac-
tères essentiels, en particulier par le peu (l'ouverture des yeux,
l'épaisseur des paupières supérieures et celle de la lèvre inférieure,
beaucoup plus forte que l'autre. La chevelure trahit l'influence d'un
modèle de bronze ciselé avec une minutieuse habileté. C'est une
réplique meilleure de la tète qui surmonte, au Musée du Capitole,
l'Amazone debout, appuyée sur sa lance, dont on a proposé de rap-
porter l'original de bronze soit à Polyclète, soit à Phidias, soit à
Crésilas. Cette dernière attribution, soutenue par M. Furtwaengler,
est très vraisemblable; les deux premières sont inadmissibles dans
l'état de nos connaissances sur le style de Polyclète et de Phidias-.
' La statut; Laiisdowiie entiLTC. Furtwaengler, Masterpieces, pi. 8; la tôle seule,
i/tid., fig. 155. La tôle du Musée britannique a clé publiée par M. Michaelis.
Juhrhuch des Jnsliltits, 1886, I, pi. IIF, 2 (cf., ibid., p. 16, K) : voir aussi
A. -H. Smith, Calaloyue of yreek sculpture, t.'I, p. 209, n» 503.
' Pholograpliic Alinari, n» 1173(1; MichaeUs, Jahrbuch des Insliluls. l. I (1886),
p. 18 n: Hotho (Iraef. ihid.. t. XII (1897), pi. 3 (de face) et p. 84; Furlyvaengier.
Masleipieces. p. 132: .Mahler. l'olyklel, \). 82; llelbig, Filhrer*, t. 1. n- 59(1 (cf.
n» 51.') et. pour la statue du Capitole. ifnd., t. 1, \). 337-339). Pour un e.xposé
général de la question des statues d'Amazones au v« siècle, voir Gardner, Journal
ofhellenic studies. t. XVIII (1898). p. 142 et llandbook, p. 333.
PLANCHE o7 45
PLANCHES 55 ET 5()
TÈTE EN MARBRE D'AMAZONE
{Musée du Vatican.)
Cette tête surmonte l'Amazone de la villa Mattei, aujourd'hui au
Vatican ' ; mais Klugmann a justement contesté qu'elle ait appartenu
originairement à cette statue. Par ses caractères essentiels, elle se
rapproche beaucoup du type Capitolin (pi. 54) ; ils sont encore
plus nettement accusés, en particulier dans les yeux, allongés, peu
ouverts, bordés de paupières saillantes, avec une exagération frap-
pante des glandes lacrymales. La copie, faite sans doute d'après un
moulage du bronze original, reproduit jusqu'aux traits incisés qui
courent le long des paupières inférieures et qui cernent les lèvres
(rapportées dans l'original). Si la tète du palais des Conservateurs
dérive, comme le croit M. Furtwaengler, de Crésilas, il en est incon-
testablement de même de celle-ci^.
PLANCHE 57
ÏÈTE EN BRONZE D'AMAZONE
{Musée de Naples.)
Comme cette tête, surmontant un buste, faisait pendant, dans la
villa des Papyrus à Herculanum, à Thermes du Doryphore de Poly-
' Reslaurations : le nez, partie de la lèvre inférieure, menton et cou.
* Klugmann, Rheinisches Muséum, t, XXI, p. 332: Michaelis, Jahrbuchdes Ins-
tiluls, t. I (188G), p. 18 l et 20 y; Furtwaengler, Maslerpieces, p. 132 et fig. 54;
Ilelbig, F«/«m-*, t. I, n" 199.
46 PLANCIIK 58
clète (pi. 47), avec lequol on la découvrit en 1753, il est à priori
vraisemblable qu'elle reproduit une des Amazones du même artiste.
Ce n'est pas celle dont nous avons déjà étudié une réplique (pi. 53) ;
mais pourquoi Polyclcte n"aurait-il sculpté qu'une seule Amazone ?
Cependant M. Turtwaengler a voulu attribuer à Phidias 1 original du
buste de Naples. Gela est inadmissible pour plusieurs raisons, mais
surtout parce que Phidias entourait les yeux de paupières épaisses
et très rapprochées des sourcils, tandis que celles de l'Amazone
d'HercuIanum sont très fines et que les sourcils en sont assez éloi-
gnés. Les traits du visage sont conformes à l'idéal de Polyclètc. La
bouche est grande, avec les deux lèvres sensiblement égales. La
partie inférieure du visage, mesurée à partir du bas du nez, est beau-
coup plus petite que la partie supérieure, jusqu'à la racine des che-
veux. Ceux-ci ne sont pas exactement appliqués sur le crâne, mais
forment des ondulations qui marquent une tendance vers un traite-
ment plus libre.
Nous avons reproduit le buste de Naples sous l'aspect qui lui est
le plus favorable ; vu de face, il offre une asymétrie choquante. Le
travail, sans doute du i""' siècle de l'Empire, en est médiocre '.
PLANCHE 58
TETE EN BRONZE D'ÉPHÈBK
{MuȎc de Naples.)
L'air hagard (jn'on a signalé dans cette tète tient uni(iuemenl aux
yeux, dont l'intérieur, globe et pupille, est une restauration faite au
xviii" siècle. On la exhumée à Herculanumen 1752, dans la fameuse
Villa des Papyrus. C'est la copie d'un original du v" siècle, appar-
« Friwh'rk-hs-NVollcrs. (ilpsa/ifjiluse, n» 228: Micliaclis. Jahrhuch des lusliluls.
\. i, (i88(»j, p. Ki, I; KurIwai'iiKicr, Masterjiieces, p. 138, lig. lu; S. Rt'iiiach.
liazelle des Heaux-Arls, 1902, II. p. 164.
PLANCHE 59 47
tenant à Técole de Polyclètc, dont il existe, au musée de Berlin, une
intéressante réplique en marbre (n° 479). Il est probable que la che-
velure était ornée d'une mince couronne dor. Les cheveux suivent
le contour du crâne, mais se relèvent un peu vers le front et les tem-
pes. La bouche est très peu ondulée, le menton relativement court.
Comme dans l'Amazone de Polyclète (pi. 53), le nez est plutôt long.
Le propriétaire de la Villa des Papyrus paraît surtout avoir possédé
des copies d'œuvres grecques célèbres ; on ne s'étonnerait pas que
l'original de celle-ci fût du nombre, mais je ne vois pas de motif
suffisant pour l'attribuer à Polyclète ^
Une tète virile, également remarquable par la longueur du nez et
le peu de distance entre le nez et la lèvre supérieure, fait partie de
la collection Nelson à Londres et se rattache à l'art de Polyclète,
comme celle de Naples, par un lien qui ne semble pas être direct-'.
PLANCHE 59
TETE EN MARBRE D'HERMES
(Musée du Louvre.)
Fixée sur un cou et un buste moderne, cette tète de grandeur
naturelle, provenant de la collection Campana, trahit, par l'arrange-
ment de la chevelure, par le dessin de la bouche et l'aspect indiffé-
rent ou même maussade, linfluence dun original perdu de Poly-
clète. Mais c'est un médiocre travail romain, que ne recommande
aucune qualité intrinsèque. Pour la division des cheveux au milieu
du front et la manière dont ils sont collés au crâne, on comparera
* Photographie Alinari. n» o6i2; CompareUi et De Petra. Villa Ercolanese, pi. XI.
1: Rayet, Monumenis de l'art anlique, t. IL pi. 24: Mahler, Polyklet, p. 41, 42,
fig. 9 (la réplique de Berlin).
* E. Gardner, Journal of hellcnic studies, t. XVIII (1898), p. i41, pi. 11: cf.
Waldstein, The arf/ive lleraeum, t. I, p. 179.
48 PLANCHE fiO
la réplique en bronze du Doryphore découverte à Ilerculanum
(pi. 46) '.
PLANCHE 60
TÊTE EN MARBRE DE HÉRA
{Musée du Vatican.)
La statue colossale du Vatican, dite HéraBarberiiii, a été considérée
à tort par E. Q. Visconti ^ comme une copie de la Héra Teleia de
Praxitèle à Platées '. Si cette hypothèse était fondée sur un docu-
ment, il faudrait, en tous les cas, songer à un Praxitèle plus ancien,
il'abord parce que la liera Teleia ne peut guère être attribuée au
célèbre Praxitèle % puis, parce que le style de la Héra Barberini est
plus voisin du v" siècle que du iV. AL Furtwaengler était disposé à
en rapporter l'original à Alcamène, dont Pausanias mentionne une
statue de Héra dans un temple de Phalère*. Mais l'influence de
l'école de Phidias est moins sensible, du moins dans la tète, que
celle de Polyclète, bien que certains caractères (les yeux, par
exemple) ne soient pas polyclétéens. MM. Klein et Helbig ont eu
raison d'admettre que la Héra Barberini est une œuvre éclectique
plutôt que la copie d'un chef-d "œuvre du v" siècle. M. Helbig s'est
«lemandé si elle ne reproduisait pas une des deux Héra du ii" siècle
' Km'hiuT, .Vo//tr, 11" l'J"; Fiirlwaengler, Miislerpieces. p. 2'JO, note b; Mailler,
Pul'jlclel, p. a9, fig. 14. — On trouve aussi clos ailerons sur une tète du slylcî
de Scopas i» Chalsworth, dont M. Furtwaengler (Journal of hellenic sludies,
t. X.XI. pi. 11, 12. p. 214) a montré les affinités niyroniennnes. F..C plus ancien
exemple d'Hermès avec des ailes sur la télé remonte à 1 e|)0(|ue de la guerre du
IV'Ioponôse (Furtwaengler et Roiclihold, Gricch. Vasenmalerei, |)l. -0).
" Visconti, Musée Pie-Clémenlin, t. I, pi. 2.
=• Pausanias, XI, 2, 7.
* Platées avait été dévastée et ruinée en 3Ti.
* l*ausanias, I, 1.
PLANCHES Gl HT 0:2 49
avant J.-C, œuvres de Dionysios et de Polyklès, qui travaillèrent
à Rome pour Metellus jMacedonicus^ Les artistes grecs do cette
époque s'inspirèrent volontiers de sculptures célèbres du v"^ siècle,
combinées et modifiées suivant le goût académique de leur tem])s.
Le caractère le plus singulier est la nudité du sein gaucbc, qui
trahit l'influence d'un type d'Aphrodite drapée et ne serait pas
admissible dans une statue de Héra due à Polyclète ou à Phidias.
L'expression de la tète est d'une majestueuse froideur. Le travail
des cheveux est très sec. Toute la surface du marbre a été grattée
et polie, mais le nez seul est moderne -.
PLANCHES 61 ET Oii
TÊTE EN MARBRE DE PAN
{Autrefois au Palais des Conservateurs à Home.)
Un type plastique du dieu Pan, n'ayant de bestial que les deux
petites cornes, nous est connu par une statuette du Vatican^ dont la
célébrité est attestée par de nombreuses répliques*. La meilleure
réplique de la tète, trouvée à Rome sur le Gaelius, était naguère au
palais des Conservateurs ; elle a été volée en 1901 et je ne sais où
elle se trouve aujourd'hui. Je la reproduis d'après un agrandissement
de la phototypie publiée en 1887.
La statue originale dérivait du Doryphore de Polyclète, mais la
' Pline, Ilisl. Nul., XXXVI, 3a; Overbeck, Schriflquellen. n» 2207.
- Photographie Anderson, ii" 4798: IJaumeister. Denhmûler. p. 647, fig. 71o;
y^cnwke, Anlike Denkmâler, pi. XI, 5, p. 124: Overbeck. Kunstmythologie. Allas,
pi. IX, 10; X, 33: Brunn-Brukmann, Denhmûler, n» 492: Furtwaengler, Masler-
pieces, p. 82; Klein, Praxiteles, p. 64; Arndt et Amelung, Einzelauf'nahtneii,
n» 280; Coliignon, Histoire de la sculpture grecque, t. II, p. 179; llelbig,
Fiitirer^, t. I, w 308.
•■' S. Reinach, Répertoire, t. Il, 66, 3; llelbig. Fûhrer', t. I. n» 395.
* Furtwaengler, Masterpieces, p. 270, note 1 ; Mahler, Volyldet, p. 133, note 3.
La plus complète est à Leyde (Masterpieces. p. 271, fig. 114).
4
:iO PLANCIIK G3
t(*lc offre les caractères de l'art tlu iv"' siècle et trahit, sinon
l'inlluciice directe, du moins le voisinage de Praxitèle. Je ne saurais
être d'accord avec M. Furtwacngler, qui voit ici « une reproduction
très exacte du type de Polyclète. » 11 y a des souvenirs de Polyclète
dans le traitement des cheveux et dans la bouche, mais ce ne sont
(jue des souvenirs. Je crois que MM. Ilelbig et Mahler ont eu raison
d'insister sur l'expression rôveuse et langoureuse de la physionomie,
(jualité tout à fait étrangère au maître d'Argos '.
PLANCHE 03
TETE VIRILE EN BRONZE
J[us(ic de SaiiU-Gcnnain-eu-Lai/e.)
Dans cette tète plus petite que nature -, nous avons une preuve
intéressante de l'influence exercée par Polyclète sur les bronziers de
la (iaule romaine. Ce buste a été découvert à Saint-Barthélomy de
Beaurepaire (Isère) et acquis en 187o par le Musée des Antiquités
Nationales. 11 était accompagné de plusieurs j)ièces de bronze,
entre autres de colonnettes creuses ornées de moulures à la base et
de deux poignées do bronze représentant des dauj)hins. La tète, où
les pupilles sont indiquées, est ceinte d'un diadème. L'ensemble
rappelle, en plus raide et en plus laid, la copie du Doryphore par
Apollonios (pi. 40). Il est possible que l'artiste gallo-romain ait eu
l'intention de faire un portrait et se soit insj)iré, à cet effet, d'un
modèle grec '.
• Hullellino coinunale, 1887, pi. 4; Vuviwucui^h'v, Maslerpieces, \). iHi; ilelbig.
Fahrer*, t. I, p. 418, ii» 020; .Mahli-r, Pohjldel, p. 133.
* iluutoiir avec le buste : O^.i".
' S. Reinucli, Bronzes fU/urés de la (ïaide rouuiine, p. 22i, n" 213.
PLANCHE G4 51
PLANCHE 64
TÈTE EN MAUBUE DE PEUSÉE
{Musée britannique.)
En 1879, le Musée britannique acquit d'Alessandro Gastellani cette
tête en marbre italique de grandeur naturelle, offrant ce caractère
particulier qu'elle porte une sorte de cape couverte de plumes ou
décailles où se voient les amorces de deux ailes (indistinctes sur
notre dessin comme sur les photographies). jNI. Murray, en 1881,
reconnut qu'elle représentait Persée, coifïé de la cape d Hadès
(A;6o; xjvÉT)) qui le rendait invisible. M. Klein, en 1890, publia une
réplique de la même tète, découverte à Rome, et songea d'abord à
attribuer l'original à Myron ; finalement, il se décida pour l^ythagore
de Rhégium, à cause des différences entre ce type et celui du Dis-
cobole ^ M. Furtwaengler reprit la première idée de M. Klein et
altirma que ce Persée n'était autre que celui de ^lyron, figuré, au dire
des auteurs, sur l'Acropole d'Athènes, au moment où il venait de
tuer la Gorgone-.
11 est incontestable que cette tète ne ressemble en aucune façon à
celle du Discobole Lancelotti (texte de la pi. 29). M. Furtwaengler a
insisté sur les analogies qu'elle présente avec celle de l'Apollon de
Gassel(pl. 26). Ces analogies sont réelles; mais il y a aussi des diffé-
rences importantes, notamment dans la partie inférieure du visage,
beaucoup moins développée dans le Persée. Il est toujours possible
d'alléguer, avec M. Furtwaengler, que le Perséç appartient à la der-
nière période de la vie de Myron ; mais cette hypothèse ;'ne serait
utile que si le prototype de l'Apollon de Cassel était incontestable-
ment deMyron, ce qui n'est pas. Le Discobole et le Persée témoignent
d'un art émancipé de l'archaïsme, alors que l'Apollon de Cassel y
est encore engagé.
' Klein, BuUelLino comanule, 1890, p. 234, pi. 13.
* Pausanias, I, 23, 7; Pline, llist. Nat.. XXXIV, 57; cf. Klein, Arc/i. Epirjr.
MiltUeilungen, 1883, j). 67.
5i PLANCHI-: 60
Les caractères essentiels du Pcrsée sont le traitement libre et
déjà pittoresque des cheveux, le développement des sourcils, la
saillie de la paupière supérieure (la paupière inférieure est atténuée),
la ligne ondulée de la bouche, la grosseur de la lèvre inférieure et
la carrure du bas du visage. Par sa forme générale, cette tète se
rapproche de celle du Thésée du Parthénon *, à tel point que l'attri-
bution du Pcrsée à Phidias n'aurait rien d'invraisemblable-.
PLANCHE 65
ti:te e's marbre d herakles
{Musée britannique.)
yi. Furtwaengler a proposé d'attribuer à Myron l'original de cette
lôte colossale, évidemment sculptée d'après un modèle en bronze
du v* siècle '. Gomme elle a été découverte à Tivoli dans la villa
d'Hadrien, il est probable qu'elle reproduit un original célèbre. Les
cheveux et la barbe, très courts, sont semés de petites boucles
régulières dont le rendu a dû être plutôt suggéré par le travail de
la pierre que par celui du bronze, mais qui a été adopté au v" siècle
par les bronziers. La moustache est lisse. Le front est large et haut,
avec un siyius accusé, les yeux grands et assez ouverts, la bouche
avec ligne médiane j)eu ondulée. Le bas du visage est plutôt court,
alors que dans l'Apollon du type de Gassel (pi. 20), également
attribué à Myron par M. Furtwaengler, il est très développé; on ne
peut guère admettre que deux œuvres du môme artiste offrent un
contraste aussi frappant.
l'ne grande ligure dHérakIès découverte h Gherchell, dont le torse
' ColliKHon, llisloire de la sculpture yrec(/iie, I. II. j)!. 2.
* Mnrniy, Journal of hellenic studies. 18S1, p. 5;;, pi. IX: Klein, Hiilleffino
couiunale, 1890, p. 1:>1 ; Kalknianii, l'roporlionen, p. 77: KiirlwaciiKli'r, Manter-
piecen, (>. 11)7, pi. '.» (n'-pliciut' à Konic. ihid., fig. 83): llclhig. FUlirer*, l. I, ri" 738.
* Une parlic du tic/ cl les l)ord8 des deux oreilles sont des restaurations.
PLANCHES 66 KT 67 53
et les jambes sont conservées, dérive certainement du même ori-
ginal que la tète de Londres. C'est à tort qu'on l'a attribué à l'école
de Lysippe ^
L'expression de l'Héraklès du Musée Britannique est rude, avec
une nuance de cette tristesse que l'art hellénique et hellénistique
postérieur prêtera de plus en plus au héros-.
PLANCHES 66 ET 67
TÈTE EN MARBRE DE MARSYAS
[Collection Barracco à Rome.)
Il n'est pas douteux que cette tète, de grandeur naturelle, soit
une réplique de celle du Marsyas eu bronze de Myron, qui formait
un groupe avec Atiiéna. Les deux meilleures copies que l'on con-
naisse de la figure entière sont le Marsyas en bronze de Patras, au
Musée britannique ^ et le Marsyas en marbre du Latran*.
A rencontre de M. Collignon, qui a vanté Texcellence de la tète
Barracco*, M. Furtwaengler a prétendu qu'elle s'éloignait de l'ori-
ginal par ses lignes « coulantes et conventionnelles ». Gela tient à ce
que M. Furtwaengler a la tendance d' « archaïser » le style de
Myron. A défaut du groupe original de l'Acropole d'Athènes®, dis-
paru pour toujours, nous avons la bonne copie Lancelotti de la tête du
Discobole (texte de la pi. 39), qui nous montre un Myron aussi dégagé
' Gauckler, Musée de Cherchell, p. 133 et pi. 13.
* Furtwaengler, Masterpieces, p. 178, lig. 75.
* Rayet, Monuments de l'art antique, t. I, pi. 34.
* Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, fig. 243.
^ Collignon, Mélanges de Rome, t. X (1891), p. 118; Histoire de la sculpture
grecque, t. I, j). 468.
» Pausanias, I, 24, 1 ; Pline, Hist. Nat., XXXIV, 57.
54 PLANGHK C8
de larchaïsmc que Phidias'. D'ailleurs, personne ne contestera que
le Marsyas de la collection Barracco est un chef-d'œuvre, infiniment
précieux pour la connaissance de l'art du v* siècle. Le traitement des
cheveu.K, courts, relevés sur le front, capricieux de lignes, bien
qu'encore adhérents au crâne, celui de la moustache et de la barbe,
si expressifs dans leur liberté contenue, sont autant d'indices de
l'évolution féconde qui achevait l'émancipation de l'art grec. L'ex-
pression du Satyre est celle de la curiosité et de la convoitise. Athéna
a laissé tomber ses flûtes; Marsyas survient et s'apprête à les
ramasser ='. Il semble qu'on va trop loin en voulant distinguer aussi
dans sa physionomie « la stupeur dont il est frappé à la vue du
visage menaçant de la déesse »; je ne vois, pour ma ])art, rien de
pareil-'.
PLANCHE 68
TETE VIHILE EN MARBRE
{il usée de lierlin.)
Par le style et les |)roportions*, cette tète d'athlète se rapproche
beaucoup de celle du palais Riccardi (pi. 69) ; mais M. Furlwaenglor
paraît exagérer la ressemblance en la considérant comme une copie
du môme original. 11 y a notamment des différences importantes
dans le dessin de la chevelure et (les yeux. Toutefois, il est certain
que ces deux tètes aj)parliennent à la môme école et M. Amelung
a pcut-ôlrc raison d'y voir les copies de deux bronzes dus au môme
artiste.
' On cunnalt une date certaine de la carrière di* Myron. la .slaltie ilr Ti-
manthe de Cléones en 456 {Hevue archéoL, 1899, II, p. 4I2|.
* Le mouvement du .Marsyas a [)eul-ôtre été imité par IMiidias dans le Poséidon
du fronton ouest du Parthénon ((jardncr. Uandbouk, p. i7(>).
* Helbifç, Collection Ihirracco, pi. 37.
* Grandeur naturelle; le nez, les oreilles et le revers de la lile s()nt modernes.
PLANGIll-: «9 li'S
L'expression delà tète de Berlin est plus pensive et moins ])rulal(!
que celle de la tète de Florence; mais cela peut tenir au fait que la
première est certainement une copie plus libre.
On notera la disposition des cheveux adhérant au crâne et décri-
vant un arc surbaissé au-dessus du front. La bouche est jurande et
la ligne médiane ne présente qu'une faible ondulation. Ce sont là des
caractères de l'art pendant le deuxième tiers du v^ siècle. L'ana-
logie de cette tète avec celle du Discobole (p. 27) permet d'en
attribuer l'original h lécole, sinon à l'atelier de Myron*.
PLANCHE 69
TETE VIRILE EN MARBRE
{i^alaiii Iliccardi à Florence.)
Les oreilles tuméfiées sont celles d'un athlète (cf. pi. 1); mais que
signifierait alors le baudrier antique sur l'épaule? On peut supposer
que c'est une addition du copiste romain.
La physionomie respire la force, une force, d'ailleurs, purement
physique et brutale. Les yeux, avec leurs paupières accusées, la
bouche grande et énergique, le menton puissant, enfin les cheveux
formant comme une calotte sur la tète, indiquent assez que l'original
appartenait au milieu du v^ siècle. M. Wolters, le premier, l'a rap-
proché du Discobole et l'a attribué à Myron; cette opinion a été
développée par M. Furtwaengler, mais contestée par M. Amelung,
qui, tout en reconnaissant certaines analogies, a insisté sur les diffé-
rences des deux tètes, notamment dans les ycux^ la bouche et le
menton. En tous les cas, c'est un travail attique contemporain de
Myron et sorti d'une école en relations étroites avec la sienne. La
* Furtwaengler, Maslerpieces, p. 103, fig. C7:[Conze], Beschreiôunt/ der Skul-
pluren in Berlin, n» 472; Amelung. Fiihrer in Florenz. p. 151.
86 PLANCHE 70
tète d'Incc Blundcll Hall* marque une étape antérieure dans l'évo-
lution du même type-.
1M.ANGIIK 70
TÈTE EN BHONZE D'ÉPHÈBE
{Musée de Naples.)
On a découvert, dans la Villa des Papyrus à Herculanum, deux
statues représentant des éphèbes, à peu peu près identiques de
mouvement, l'un courant vers la f2:auche, l'autre vers la droite^.
L'éphèbe courant à gauche, dont nous reproduisons la tète, dérive
certainement d'un^type duv® siècle à cause du caractère delà cheve-
lure et de la qualité encore anguleuse du mo;lelé. M. Mahler a pro-
posé sous réserves d'y voir une imitation du Ladas de Myron, hypo-
thèse que M. Amelung a repousséc, mais qui n'a rien d'invraisem-
blable.
On a cru d'abord que les deux éphèbes étaient des Discoboles ;
mais M. Hauser a montré que se sont des lutteurs et que les deux
corps sont sortis du même moule*. Cette constatation exclut l'hy-
pothèse d'un groupe original remontant à l'époque hellénique ; les
deux statues sont des copies diversement modifiées d'un même
type grec, qui ont été combinées à Herculanum en vue d'un effet
décoratif*.
' Arcfuieologische Zeituny, 1874, pi. 4.
* Photof^niphie Aliiiari, ii" 3i62: llcydenianii. Mid/ieiluiif/en nus Obertind Mil-
lel-Ilalien, p. 101, pi. 0; Kricdcriclis-WoHcrs, Gipsufifjiisse, ii"458: Hriitin-hriick-
inanii, Den/andlei; w 361 ; Fiirtwaengler, Maslerpieces, p. iOo, fig. ôti; Amelung,
Fiiltrer in Florenz, p. 150, n» iilO.
' Clurac, Musée. 863, 2196 A et Répertoire, t. II, :iH, I.
* Jttlir/tuc/i (les Instiluls, t. IV (1889). p. IKi, S.
» l'hotograpliic Alinari, n» y278 a; Comparclli cl De Pcira, Villn Ercolanese,
pi. XV. 3; Kalkmann, Jalir/jiuh tie.s InslUuls, t. X (I89;>), p. îiO; Hrunn-Hruck-
munri, Ifen/nnâler, a» 314; .Mailler, l'oly/def. p. 17; Benndorf, Oeslerreichisclie
Jalireshefle, {. IV, p. 172.
PLANGIIH 71
PLANCHE 71
TETE EN BROxNZE D'EPHEBE
[Miisée archéologique de Florence.)
La statue de grandeur naturelle que couronne celte tète est
connue sous le nom de Vidolino; elle a été découverte à Pesaro en
1530^. C'est incontestablement un original grec des environs de l'an
440-430 avant J.-C. ; mais rien n'autorise à croire que ce soit l'œuvre
d'un des artistes célèbres de ce temps.
Si l'on compare cette tête à celle du Doryphore de Polyclète
(pi. 46), on reconnaîtra qu'elles offrent des ressemblances dans le
dessin des cheveux, mais que la forme des yeux et celle de la
bouche sont très différentes. A cet égard, Vidolino est plus voisin
de l'Amazone du Musée Britannique (pi. 53), avec laquelle il a en
commun le développement du bas du visage et la longueur du nez.
ainsi que de l'Athéna de Bologne (pi. 73), attribuée par M. Furt-
waengler à Phidias. M. Amelung a donc eu raison de reconnaître
dans Vidolino les traces d'une influence attique exercée sur un élève
ou un imitateur de Polyclète ; c'est une de ces œuvres éclectiques,
quoique contemporaines des plus grands maîtres, dont on trouve
tant d'exemples parmi les tableaux florentins de la fin du xv" siècle,
peints dans l'entourage deOhirlandajoetde Verrocchio. L'éclectisme,
en art, est bien antérieur à la décadence, qui l'a seulement érigé en
système, et les génies eux-mêmes paraîtraient éclectiques, si Ion
était capable de démêler toutes les influences qu'ils ont subies-.
' Clarac, Musée, 680, 1S91.
* Furtwaengler, Masterpieces, p. 283 et fig. i22 (profil) ; CoUignon, Histoire de
la sculpture grecque, t. 1, p. 480. fig. 247, 248 ; J. Lange, Darstelluna des
Menschen, p. 217; Amelung, Fuhrer in Florenz,p. 272 ; Bayersdoerfer, Skulpturen-
schalz, pi. 2; Mahlcr, Polyklet, p. 70 ; Bulle, Derschône Mensch, pi. 125, 126.
PLANCIIi: li
PL ANC H K 7-2
TÈTE EN BRONZE D'ÉPHÈBE
{Musée du Louvre.)
Provenant, dit-on, de Bénévent et autrefois en la possession du
comte Tvskiewicz^ cette tête de grandeur naturelle offre un certain
air de famille avec celle de VIdolino (pi. 71) ; mais les différences
apparaissent à l'analyse. Le traitement des cheveu.v est beaucoup
plus libre ; ils ne sont pas colles au crâne, comme dans leDorypbore,
mais divisés en i)etites boucles qui chevauchent et s'entremêlent
avec art. Les yeu.\ sont cernés de paupières épaisses. L'ondulation
de la lèvre supérieure est très marquée ; au milieu, elle décrit une
courbe à grand rayon au lieu de dessiner un angle. L'ensemble, com-
paré à VIdolino, a quelque chose de plus libre, de plus sensuel, qui
présage déjà l'art du iv'' siècle. Les analogies avec la tète de l'Athéna
de Bologne (pi. 73j sont, d'autre part, si étroites qu'il faut attribuer
ces deu.x œuvres à la môme école, peut-être au même atelier attique ;
reste à savoir si le nom de Phidias, mis en avant par M. Furtwaeng-
ler, est admissible, étant donné le style tout différent des copies
de l'Athéna Parthénos.
La tête est ceinte d'une couronne d'olivier sauvage (kotinos). ce
(jui indique qu'elle surmontait une statue représentant un athlète
vainqueur à Olympie-.
• Tyskiewicz. Revue archéologique, 1893. II. p. 270. Ce que dit Tyskiewic/ d»'
l'orijfitu* pompéiciiiio de ce bronze est certainement erroné.
* Fiirtwaenf^ler. Masterpieces, p. 2!)0, |)l. 14 : Itrunn-Bruciiniann. Itenlimiiler,
n«:Ji4; Miction. Munumenis l'iol, t. I. p. 77. pi. 10-11 ; Kalkniann, l'ropovUuncii,
p. 27; Mailler, l'olyklel, p. IJIO; Collignon, Hisl . de la sctipllure 'jrecqiie, frontis-
pice du l. Il et p. 16D ; Huile, Der achOne Mensch, pi. 129.
FLAN cm: ".; 59
PLANCHE 73
TÈTE EN MARBRE D'AÏHENA
{Musée de Bologne.)
Considérée tantôt comme virile, tantôt comme féminine, parfois
môme comme une œuvre moderne', cette admirable tête, copie
évidente d'un bronze du v^ siècle, est devenue tout à coup célèbre
lorsque M . Furtwaengler eut démontré qu'elle s'adaptait à un torse
d'Athéna dont il y a deux répliques à Dresde et que l'on pouvait, par
cette combinaison, reconstituer une statue d'Athéna sans casque,
froide et sévère, mais d'une majesté imposante. De cela, la preuve
est faite et, quoi qu'on ait dit, il n"y a plus lieu d'y revenir. Mais
M. Furtwaengler alla plus loin. Il voulut reconnaître dans l'Athéna
ainsi restituée la Lemnienne de Phidias et rapporter ainsi au môme
artiste des œuvres aussi dissemblables que la tète de Bologne, les
copies de l'Athéna Parlhénos et les débris des frontons du Parthé-
non. Cette opinion, bien que généralement admise, a soulevé des
protestations dont on ne peut méconnaître le bien fondé. - Sans doute,
il Gsi possible que la manière d'un artiste de génie, h une époque de
transition rapide entre l'archaïsme et le grand style, ait subi des
modifications profondes; mais, a priori, cela n'est pas vraisemblable
et l'attribution de l'Athéna de Dresde-Bologne à Phidias doit rester
jusqu'à nouvel ordre douteuse.
Les caractères essentiels de la tète de Bologne sont la finesse de
l'ovale, la forme allongée des yeux, la ligne ondulée de la bouche,
la petitesse relative du bas du visage. Les paupières supérieures sont
minces et moins prononcées que les paupières inférieures. Les
cheveux sont traités avec un souci de la symétrie qui n'exclut pas
' Par Brizio et Heydemann. — J. Lang3 fait remarquai", à ce propos, combien
l'art du V" siècle individualisait peu, puisqu'on n'avait môme pas su recon-
naître Afhéna dans la tète de Bologne {Darstelhiny des Menuchen, j). 217;.
* Par exemple celle de Reichel, Oeslerreichische Jahreshefle. t. I (1898). j). 67.
00 PLANCHE 74
une tendance vers la liberté ; sur le front, ils s'élèvent en touffes qui
interrompent un peu la ligne du crâne. La raie se poursuit jusqu'au
sommet de la tète, comme dans l'Amazone de Polyclète (pi. 53),
dont l'Athéna de Bologne diffère d'ailleurs par la forme des yeux au
point qu'on ne saurait l'attribuer à la même école. M. Furtwaengler
a reconnu lui-même que le profd rappelle les œuvres de Myron,
comme le Discobole et le Tireur d'épine. Mais c'est surtout la tète de
J3enévent au Louvre (pi. 72) qui ressemble à celle de Bologne; les
originaux de ces deux tètes sont probablement dus au même artiste.
Un coup d'œil sur celle du fronton occidental du Parthénon, appar-
tenant à la collection de Labordc, suffit à faire mesurer l'intervalle
qui sépare cet artiste du Phidias que nous avons cru connaître jus-
qu'à présent'.
PLANCHE 74
TETE EN MARBRE DE DEESSE
{Musée de Naples.)
On désigne ordinairement cette tète colossale sous le nom de liera
Farnèse ; d'autres l'ont considérée, avec plus de vraisemblance,
comme une Artémis.
L'ancienne opinion qui voyait dans le buste de Naples une imita-
tion de la liera de Polyclète est absolument inadmissible. Sans doute
on y reconnaît l'influence de l'art de Polyclète ; mais le modèle en
bronze qu'a copié l'artiste romain ne peut être l'œuvre du même
' Statue de Dresde restituée avec la tôle do Bologne. Furtwaengler, Masler-
pieae.s, frontispice, pi. 2 et 2 .\; tête de Bologne, ihid., pi. 3 et fig. 5 (profil) : lliille,
Itfi- schiine Memch. pi. 87, 88; cf. S. Reinach, Gazelle des Beaux-Arls, 18U4. II,
p. iMb. iM7. 219. Analyse de la ItMe. Mnslerpieces,\). M elauW. IK>s 1822. Schorn
avait affirmé le caractère phidiesque de la statue de Dresde ; l'uclislein, en 1890.
avait proposé, en passant, d'y reconnaître la Len)nienne. — Objections à Topinion
de .M. Furtwaengler: Jamot, Monuments yrecs, 1894, fasc, 2[-2± p. 24 et suiv.;
Reichel, OeslerreichiacheJahreshefle, 1. 1 {1898). p. 67;Gardner, llandbook. |). 26o.
PLANCIIKS 75 KT 7(i 61
artiste auquel nous devons le Doryphore (pi. 47) et l'Amazone
(pi. o3). En particulier, lesyeux, avec paupières inférieures formant
de £?ros bourrelets, sont tout à fait étrangers au style de Polyclète.
On les retrouve, bien qu'atténues, dans des œuvres appartenant à
une école différente, vraisemblablement attique, celle à laquelle
nous devons l'Athéna de Bologne (pi. 73) et l'éphèbe de Bénévent
(pi. 72). M. Furtwacngler estime que la tête de Naples rappelle
l'Artémis de la métope d'Actéon du temple de Héra à Sélinonte et
attribue ces sculptures à l'école de Kritios; mais le seul monument
certain de cette école, la tète d'Harmodios (pi. 19), ne peut guère
être rapproché du buste Farnèse. M. Mahler a songé à Phradmon,
imitateur attique de Polyclète, auquel il voudrait aussi rapporter
l'Amazone de Berlin.'
Il faut remarquer la forme de la bouche, qui est ondulée, mais dont
les coins sont abaissés, ce qui donne à l'ensemble une expression
sévère et presque maussade ^.
PLANCHES 75 ET 76
TÊTE EN MARBRE D'ATHLÈTE
{Gbjptothèque de Munich^.)
Le motif de la statue que surmonte cette tête * a été souvent repro-
duit par l'art antique : c'est celui d'un athlète versant l'huile d'un
' On peut, à mon avis, grouper avec la Héra Farnèse une tête de femme du
Musée britannique considérée à tort comme une réplique de la liera de Polyclète
par M. Waldstein (Journ. ofhelL stucL, t. XXI, 1901, pi. 2 et 3; Bulle, Der
schône Mensch, pi. 86), une tête d'Asklépios récemment découverte à Rome
{Rom. Mitlheil. 1901, pi. XIV) et quelques têtes incontestablement corinthiennes
défigures drapées qui forment des pieds de miroir en hronze {liull. de corresp.
hellén., 1898, t. XXII, pi. 1, p. 22).
- Photographie Alinari, n» 5109 : Friederichs-^Volters, Gipsabgusse, n» 500; Monu-
menli delV Inslituto, t. VIII. 1 ; Annali. 1864, p. 297; Overbeck, Kunslmythologie,
Atlas, pi. IX, 1, 2; Furtwaengler, Maslerpieces, p. 223; Mahler. Volyklet, p. 105;
GoUignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, p. 513, fig. 264.
* Exceptionnellement, et faute de photographies suffisantes, nos dessins on
été exécutés d'après les gravures en taille douce des Monument i.
* Acquise à Rome en 1811 ; la tête est intacte. Glarac, Musée. 857. 2174.
62 l'LANCUKS Ta KT 76
flacon sur sa main gauche, alin do se frotter ensuite le corps, lue
des copies les plus intéressantes, parce qu'elle est intacte, est la
terre cuite découverte à Myrina au cours des fouilles de l'Ecole fran-
çaise d'Athènes'. M. Furtwaengler a décrit trois répliques en marbre
«le la statue de Munich- et il en existe aussi d'assez nombreuses
variantes ; une statue mal restaurée aux Uffizi à Florence porte une
l^'te analogue''. Tous ces exemplaires dérivent d'un bronze antique,
«lont la technique a exercé de l'influence sur les marbriers.
M. Kekulé a eu l'heureuse idée de reproduire la tête de Munich a
côté de celle de l'Hermès de Praxitèle (pi. 168) et en ajustement fait
ressortir les ressemblances; comme l'a fait observer M. Lee bat %
il y a presque identité dans le modelé des fronts. Mais la première
est incontestablement plus ancienne. On peut l'attribuer soit à
Myron, soit, comme le propose M. Furtwaengler, au fils de Myron,
Lykios, qui florissait vers 440. Brunn y a finement remarcpié « la ten-
sion de l'esprit et du corps vers un acte purement matériel » ; la phy-
sionomie, en efTet, exprime l'attention, mais n'exprime guère autre
chose. Le visage est osseux, la lèvre inférieure forte ; le nez, qui est
antique, présente une saillie à la partie supérieure. Il y a toute une
évolution non seulement artistique, mais intellectuelle, entre l'a-
thlète de Munich, qui pense uniquement à ce (ju'il fait, et l'Hermès
de Praxitèle, qui joue avec l'enfant Dionysos, mais, en jouant, se perd
dans un rêve*.
' PoUier et Reinacli, La nécropole de Myrina. p. 4."J0, |)l. 41, IJ.
* Furtwaengler, Masterpieces, \). 251).
•■' Rutnlsche Millheilunf/en, 189"2, pi. .5.
' Mélanfjes l'errol, \). 210.
' Bninn-Bnickniann, Denkmûler, ii»* 132, 134 «, 135; llnmii. Aunali deli Insli-
/u/o, 1879. p. 201 ; Monumenli, t. XI, pi. 7; IJulle. IJerschûneMenscU, pi. 114; Bloch,
Itihniscke Mitlheilunf/en, 1892, p. 99;.\riidt. Einzelaiifnahmen, ii<" 222-'224 ; Kurt-
waengler. Masterpieces, p.2.i!); Ueschreibiiny iler (Uijplolek, n» 302; Kckult', lleber
dcn Kop/ (lesprujitelischen llerntes. p. 8.
PLANCHE 77
C3
PLANCHE 77
TÈTE EN MARBRE DE DÉESSE
{Collection de Labonle à Paris.)
Felice San Gallo, secrétaire de Morosini, rapporta cette tète colos-
Fig. i) et 10. — T. ETE DE NIKE (?)
Collection Labonle à Paris.
sale, provenant du fronton occidental du Parthénon d'Athènes, à
Venise, où elle appartint au sculpteur allemand David Weber avant
d'être acquise par Léon de Laborde, dont la famille la possède encore
aujourd'hui. Elle a été fortement restaurée (le nez, une partie de la
lèvre supérieure et du revers de la tète) et la surface, qui est tachée,
paraît avoir subi un grattage ; mais si l'aspect de l'original est déplai-
sant, celui des moulages est d'autant plus instructif qu'il nous fait con-
64 1» LANGUE 77
naître la tôle en ronde bosse la plus complète qui ait survécu à la
ruine du Parthénon. Il est probable, mais non pas certain, que cette
tète est celle de la Niké qui conduisait le char d'Athéna'.
Le style est remarquable par la franchise et la largeur ; l'impres-
sion dominante est celle de la force. Le crâne est à peu près sphé-
rique, comme celui de lAthéna de Brescia(pl. 93). La ligne du nez
continue exactement celle du front, qui offre un très léger renflement,
mais pas de dépression ; le menton est fort et un peu fuyant. Les
yeux sont cernés de paupières en bourrelet qui ne débordent que très
peu du côté des coins. Les paupières sont rapprochées des sourcils,
caractère que l'on retrouve dans les tètes de l'école de Phidias, en
particulier celles des frises et des métopes du Parthénon. Le travail
des cheveu.K, très sommaire, mais déjà libre, avec des ondulations
serpentiformes, est analogue à celui d'un fragment de tète du Par-
thénon conservé à Athènes- et du débris de la ^Y'mésis d'Agoracritc
au Musée britannique. La chevelure était peinte et le bandeau por-
tait des ornements en métal. On remarquera les deux sillons hori-
zontaux du cou, indication un peu rude et primitive du « collier de
Vénus » qui se retrouve dans la tête de bronze du cabinet des
Médailles (pi. 110)''.
* Michaelis, De r l'art /leiian, |)1. VIII. 0. p. 19.t.
* Ibid., |)l. VIII, S. Voir aussi (Jauckler, Musée de Cherc/iell, pi 5.
^ Laborili'. Al/iène.i aiu: xv«. xvi» et xvii» siècles, t. Il, \). 228 (photographie) :
(^olUgnon, llisluire tle la sculpture grecque, t. II, fig. 19;Gardiu*r. llandbook,
p. 28;5. lig. 60; Lange, Darsleltuny des Menschen, p. 180: S. Reiiiach, Gazette
des Iieau.i-Arts, 1902, il, p. 453; Bulle, Der schune Mensch. pi. 96. Comparez les
liMes provenant des bas-reliefs de la base de la Némésis de Rhamnus. Cazetlt-
des Beauj-Arls. 1893, I. p. 2oi), 2o7.
PLANCHES 78 ET 79 65
PLANCHES 78 ET 79
TÊTE D'APOLLON (?)
[Glijptothèque de Nij-Carlsberg.)
On connaît trois exemplaires de cette tète^ : celui que nous repro-
duisons, découvert, dit-on, à Formies ; un second, signalé par
M. Amelung, au musée de Bologne et un troisième qui surmonte une
statue d'éphèbe nu à la villa Albanie Les yeux, qui sont trop rap-
prochés et un peu dissymétriques, étaient incrustés d'une pâte
blanche qui encerclait sans doute une pierre de couleur. Le travail
des cheveux accuse un original de marbre, travaillé avec une habi-
leté consommée. Le développement de la partie inférieure du visage
et la forme de la bouche, à ligne médiane horizontale, sont des
caractères archaïques et prouvent que l'original appartenait à la
première moitié du v® siècle. En comparant cette tête à celle de
l'Apollon du musée des Thermes à Rome (pi. 180), on reconnaîtra
qu'elles sont apparentées, mais que celle qui nous occupe est d'au
moins vingt ans plus ancienne. On peut donc en attribuer l'original
à quelque prédécesseur attique de Phidias, dont les progrès de l'ar-
chéologie mettent sans cesse en lumière le « génie éminemment
conservateur ^. »
' Hauteur : 0",25.
- Arndt, Einzelaufnahmen, n<>» 1094-1096.
' Pottier, Bulletin de correspondance hellénique, 1897, p. 509. — Arndt, Glypto-
thèque de Ny-Carlsberg, pi. 23; Einzelaufnahmen (texte), n» 1094.
66 PLANCHE 80
PLANCHE 80
TETE D'APOLLON
{Musée des Thermes à Rome.)
Découverte à Rome dans le Tibre, la statue à laquelle cette tête
appartient est une des œuvres capitales du nouveau musée des
Thermes'. De la tète du dieu, légèrement inclinée, se dégage une
expression de bienveillance, mais d'une bienveillance sans familia-
rité et qui vient de haut. La saillie du front au-dessus de la naissance
du nez est accusée, sans qu'il y ait toutefois de dépression corres-
pondante. La lèvre supérieure est légèrement avancée, mais petite;
le menton est carré, un peu fort et en retrait. La chevelure est admi-
rablement indiquée, avec quelques traces d'archaïsme dans les
boucles qui émergent du bandeau ; celles qui tombent en masses
épaisses sur la nuque rappellent le Zeus dOlympie tel qu'il nous est
connu par les monnaies d'Élis. La vue de face est beaucoup moins
agréable, à cause d'une asymétrie assez choquante qui peut être
due au copiste.
MM. Petersen et Furtwaengler ont reconnu dans cette statue la
copie d'une œuvre célèbre du v° siècle et M. Petersen a essayé de
montrer que l'ensemble présente un aspect fort analogue à celui de
l'Athéna de Dresde, complétée par la belle tôte de Bologne (pi. 73),
On sait que pour M. Furtwaengler (comme pour M. Petersen) l'Athéna
ainsi restituée est la Lemnienne de Phidias et ces savants n'hésitent
pas à reconnaître, dans la statue du musée des Thermes, la réplique
d'un des Apollon du grand maître attique. Je ne crois pas, pour ma
part, que l'attribution de l'Athéna de Dresde-Bologne à Phidias soit
démontrée ; mais il me semble certain que les deux statues en question
dérivent d'œuvres voisines de 440 av. J.-C.M. Petersen a supposé que
l'Apollon et l'Athéna sont les copies des statues en bronze vouées
par les Athéniens à Delphes avec le produit de la dîme de Marathon,
* S. Reinach, Bépertoire de la statuaire, l. II, 98, 1.
PLANCHES 81 ET 82 67
groupe qui comprenait des images d'Apollon et de Miltiade ; cette
hypothèse a été écartée parM. Furtwaengler, comme impliquant une
date trop haute pour l'original de l'Apollon du Tibre*.
PLANCHES 81 ET 82
TÈTE EN MARBRE D'ARES
[Musée du Louvre.)
Attribuée parM. Trou àPolyclète^, par M. Furtwaenglerà Crésilas '*,
])uis à Phidias", cette admirable tète présente des caractères propres
à justifier ces attributions différentes et, par suite, à les faire écarter
tour à tour. Les yeux peu ouverts, avec paupières inférieures lourdes,
ne conviennent ni à Polyclète ni à Phidias, mais rappellent l'Athéna
de Velletri (pi. 37) ; d'autre part, les cheveux émergeant du casque,
tout à fait comparables à ceux de l'Athéna Parthenos et de l'Aphrodite
de Phidias (pi. 86), ne se retrouvent pas dans les œuvres attribuées à
Crésilas par M. Furtwaengler. Le Diadumènc du musée Britannique
(pi. 50), qui répète un motif de Polyclète avec des particularités du
style de Phidias, soulève un problème analogue, dont la solution
doit être attendue de l'avenir. 11 y eut des éclectiques dans l'Athènes
du v** siècle, comme dans la Florence du xv^.
L'original devait être en bronze. On en connaît une réplique dans
la collection Torlonia * et une variante au musée du Latran.
Le nez, la moitié de la lèvre supérieure, une partie du sourcil
gauche, de la paupière et du front sont restaurés ^
' Petevsen, Rômische Mittheilungen, 1891, p. 302, 377, pi. 10-12; Furtwaengler,
Masterpieces, p. 51 (fig. 9, tète ; fig. 8, la statue entière) ; Brunn-Bruckmann,
Den/cmâler, n» 462; Helbig, Fiihrer-, t. Il, n» 1069.
* Arcliâologischer Anzeiger, 1889, p. 57.
^ Ibid., 1891, p. 36.
* Furtwaengler, Masterpieces, p. 92.
^ Album du musée Torlonia, pi. XXV, 104.
« Ilelbig, Fiihrer-, t. I, n''238.
' Photographie Giraudon, n»» 1280, 1281 ; Furtwaengler, Masterpieces, p. 92,
fig. 40.
C8 PLANCHES 83 ET 84
PLANCHES 83 ET 84
TETE EN MARBRE DE DEESSE
(Musée du Louvre^.)
Le type est analogue à celui de la prétendue Sappho de la villa
Albani- et aussi de la Peitlio assise de la frise du Parthénon ; mais il
est plus ancien d'une vingtaine d'années que ces monuments et
marque une étape antérieure dans l'évolution doù ils sont issus.
La forme du visage est presque ronde, très large dans le bas ; la
partie inférieure, notamment les maxillaires, est très développée. Les
yeux évidés, où était insérée une pâte blanche avec globe de cou-
leur, sont bien ouverts ; la ligne de la paupière supérieure ne déborde
pas sur lorbite ; elle est épaisse, de contour irrégulier, avec une
arôte vive. La bouche est entrouverte, la ligne médiane gracieuse-
ment ondulée; la lèvre supérieure, très mince, contraste avec la
lèvre inférieure, grasse et presque sensuelle. La courbe du nez offre,
à la hauteur de l'œil, une concavité très légère. La coiffure est le
cécryphale retenu par des bandelettes qui se voit souvent sur les vases
de la première moitié du v" siècle^. Il y a une section nette à l'extré-
mité de la tête, avec trou pour recevoir un morceau de marbre com-
plémentaire*; au sommet de la tête est un trou pour l'insertion du
ménisque^, tige de métal destiné à protéger les statues contre les
* Acquise à Rome en 1889 comme provenant de Cagli près d'Urbin. Il y avait ô
Cagli un temple d'Ares où l'on a découvert de beaux bronzes (Mahler, l'olyklel,
p. 1^8, fig. 39).
' Wintcr, Jahrbucli des Insliluls, 1890, p. llil, pi. 3; S. Reinach. Gazelle des
Heaua:-Arls,\S90, II. p.4:)o: Hernoulli, Griechische I/conographie, 1. 1, p. 6a, fig. 10;
Arndt, Griechische l'orlrals, t\°* 147, 148. Si cette tôfe dérive vraiment d'un por-
trait idéal de Sappho par Silanion. il faut admettre que le type a été créé au
V» siècle (Graef, Jalivesbericht, 1902, III, p. 76).
' Rayetet Collignon, Céramique grecque, pi. 10.
* (Jf. Bull, decorresp. hellénique, 1896, p. 453. note 4.
* Ibid., 1890, p. 337.
PLANCHES 8u ET 86 69
familiarités des oiseaux. Le travail des cheveux, relativement libre,
ne semble pas influencé par la technique du bronze ^
PLANCHES 85 ET 86
TÊTE EN MARBRE D'APHRODITE
{Musée de Corneto . )
Un connaisseur de l'art de la Renaissance, M. B. Berenson, m'a
envoyé il y a quelques années de Corneto la photographie de cette
tète de marbre, qui l'avait frappé par sa singulière beauté'. Elle a
également été signalée, mais d'un mot seulement, par M. Furtwaen-
gler^. Ce dernier y a reconnu, à la suite de M. Helbig, une excel-
lente réplique d'un type assez fréquent, autrefois considéré comme
un portrait idéalisé de Sappho, mais qui parait bien plutôt être celui
d'une Aphrodite de Phidias, peut-être de celle que Pline admirait à
Rome in Octaviœ operibus. Les formes du visage sont pleines, un
peu carrées, les yeux allongés et ouverts, avec des paupières assez
fortes, les sourcils rapprochés des paupières, le nez très droit, conti-
nuant la ligne également droite du front, la bouche légèrement
ouverte et grande, le menton énergique. Un bandeau fait plusieurs
fois le tour de la tète et semble une atténuation du disgracieux cécry-
phale, quelque chose comme un cécryphale ajouré. Sous le ban-
deau, au-dessus de l'oreille, émergent de grosses boucles d'un type
tout à fait phidicsque, que l'on trouve dans les répliques même
éloignées de l'Athéna Parthenos. L'ensemble présente une analogie
remarquable avec la Peitho vue de proiil sur la frise du Parthénon,
* Ravaisson, Revue archéologique, 1893, II. p. 4; Pottier, Bulletin de correspon-
dance hellénique, t. XX (1896), pi. 7, p. 4io. Cette tète est au type féminin de Phi-
dias ce que 1" Apollon de la pi. 78 est à celui du musée des Thermes (pi. 80).
* Grandeur naturelle. Il y a une autre réplique de la même tête dans le même
musée.
^ Furtwaengler, Masterpieces, p. 66, note 2.
70 PLANCHE 87
que l'on attribue naturellement àPhidias^ Cependant, dans le bas-
relief de marbre, le traitement des cheveux est différent ; ils sont
simplement ondulés. C'est que l'Aphrodite de Corneto dérive d'un
original métallique, qui comportait une plus grande liberté dans le
traitement de la chevelure. La technique du bronze, matière résis-
tante, légère et souple, a e.xercé une induence considérable sur le
mode de représentation des cheveux. C'est d'elle que les marbriers
ont appris à enchevêtrer les boucles, à les évider, à les disposer en
pyramides et en torsades, toutes combinaisons que le travail du
marbre seul n'aurait jamais suggérées -.
PLANCHE 87
TÊTE EN MARBRE D'APHRODITE (?)
(Musée de Naplcs.)
Cette tôtc, comme la précédente, appartientàune série de marbres,
au nombre d'une vingtaine environ, où l'on a reconnu d'abord des
portraits idéalisés de Sappho, mais que l'on tend aujourd'hui à con-
sidérer comme des variantes d'un type d'Aphrodite créé par Phi-
dias, assez voisin de l'Athéna Parthenos. Gomme le corps était cer-
tainement drapé, on a songé à l'Aphrodite en bronze qui se trouvait
à Rome, dans le portique d'Octavie'. Une des répliques de la tète, fai-
sant partie d'un hermès double h Madrid S est plus grande que nature,
ce qui paraît exclure définitivement l'hypothèse d'un portrait.
Le buste de Naples avait été restauré, au xviii" siècle, en Cybèle
tourreléc ; la tour a été enlevée par M. Patroni, chargé momenta-
nément de la direction du musée de Naples. Cependant on peut se
demander si l'ancienne restauration n'avait pas été motivée par la
' l'ollicr, liull. de corresp. hellénique, I. .\.\ (1896), pi. 18.
• Gazelle dex Ifeaiu-Arls, 1902, II, p. 4:i".
• Pline, Ilist. nal., XXXVI. 15.
• Fricderichs-Wolters. Gipsabr/tlsse, n»1009; Kiiriwticnglcr, Afos/erpiecM, p. 67,
lig. 20.
PLANCHE 88 71
présence de vestiges antiques d'une tour ; il est tentant de sup-
poser que le buste de Naples était originairement une Tyché, comme
le buste en bronze du Cabinet des Médailles (pi. 110).
Les caractères de cette tète sont assez particuliers. Le nez est fin,
la bouche énorme, le menton et la mâchoire très lourds. Il y a une
faute de dessin choquante dans la lèvre inférieure, qui est déplacée
vers la gauche. Je ne crois pas qu'il faille reconnaître, dans de
pareils détails, l'influence d'un modèle vivant; ce sont des erreurs ou
des exagérations de copistes, comme il s'en trouve très souvent
dans les marbres romains. Les cheveux et le large bandeau qui les
enserre sont, en revanche, traités avec beaucoup de soin; le modelé
libre du bronze a été parfaitement rendu*.
PLANCHE 88
TETE EN MARBRE D'APHRODITE
{Autrefois chez Sir Ch. Robinson à Londres.)
Le hasard m'a mis, il y a quelques années, en possession d'une
photographie de cette tète, que l'on disait provenir d'une collection
d'Espagne ; je ne l'ai pas vue et j'ignore où elle a passé. Je la repro-
duis comme un spécimen inédit du type créé par Phidias, dont il a
été question dans les deux précédentes notices. Les restaurations
sont indiquées sur le dessin.
* Museo Borbonico, t. IV, pi. 38, 1 ; Rizzo, Revue archéologique, 1901, II, pi. 22
(sans la tour), p. 301 ; BernouUi, Griechische Ikonographie, t. I, p. 59-73; Helbig,
Filhrer*, t. II, n»' 964, 973 ; Furtwaengler, Masterpieces, p. 66, 67.
72 PLANCHE 90
PLANCHE 89
ÏÈÏE EN MARBRE DE DÉESSE
{Collection Barracco à Rome.)
Que cette tête exquise, de grandeur naturelle, soit celle d'Aphro-
dite ou d'une autre divinité juvénile, il importe peu ; ce qui est
certain, c'est qu elle remonte à un original du v° siècle, probable-
ment en bronze et sans doute de l'école de Phidias. Mais cet ori-
ginal n'était pas l'œuvre du maître lui-môme ; si l'arrangement des
boucles enchevêtrées au-dessus de l'oreille et celui du long bandeau
qui fait trois fois le tour de la tête sont conformes à la tradition phi-
diesque, l'allongement des yeux, où la paupière supérieure déborde
sur le contour inférieur, la grâce ondulcuse de la bouche et surtout
la langueur du regard témoignent d'un art plus récent qui, parti
du grand style de Phidias, évolue vers la grâce attique de Praxitèle.
On peut placer aux environs de l'an 400 l'original en bronze dont
cette tête est une copie très soignée*.
PLANCHE 90
TÊTE EN MARBRE D'ATHÉNA
{Collection Barracco à Rome.)
Œuvre archaïque des environs de 460 avant Jésus-Christ, cette tête,
malgré la médiocrité de l'exécution, offre cependant un vif intérêt
pour l'histoire de l'art. En effet, le type est très analogue à celui de
* Helbig, Collection Barracco. pi. 48 bis.
PLANCHE 90 73
l'Athéna Parthenos de Phidias, tel qu'il nous est connu par la petite
copie trouvée à Athènes près du Varvakeion^ ; l'auteur attique anonyme
adonc étéunprécurseurdePhidias et peut-être son maître. Les globes
des yeux sont creusés; celui de gauche est formé d'une rondelle
d'ivoire enchâssée dans une monture de bronze. Au milieu du cercle
d'ivoire est un renfoncement où devait être fixée une pierre sombre
Fig. 11. —TETE D ATHENA PARTHENOS
(Statuette dite du Varvakeion) .
marquant la pupille. Cette manière de creuser le globe de l'œil pour
y insérer une matière différente du marbre n'était pas étrangère à
l'art attique, car les yeux sontévidés de môme dans la tête du Mos-
chophore ^ et dans celle de la statue d'Antônor^. Nous sommes donc
ici en présence d'une œuvre attique de conception et de facture,
qui démontre une fois de plus le caractère attique et traditionnel
de l'Athéna Parthenos. Peut-on admettre que Phidias, tout en imi-
tant, dans une statue chryséléphantine, un modèle énergique jusqu'à
la lourdeur, ait pu se dégager, d'autre part, de la tradition archaïque
au point de produire une œuvre fine et élégante comme l'Athéna
•
* Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, p. 541, fig. 273; S. Reinach,
Gazette des Beaux-Arts, 1902, II, p. 460.
- Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, fig. 102.
^ Antike Denkmâler, t. I, pi. 53.
74 PLANCHES 91 ET 92
de Bologne (pi. 73)? Il faudrait des indices, que nous ne possédons
point encore, pour faire accepter sans réserves une évolution si pro-
fonde de son génie.
Le rictus accusé et la longueur du bas du visage sont des restes
d'archaïsme, caractères communs à l'Athéna Barracco et à l'Har-
modios de Naples (pi. 19)*.
PLxVNGHES 91 ET 92
TÈTE EN MARBRE D ATHÉNA
{Gli/ptothèqiie de Nif-Carlsberg.)
Ce buste colossal a été découvert à Rome lors de la construction
de la gare du Transtévère. C'est incontestablement une copie per-
gaménienne ou romaine d'un original de bronze appartenant à l'école
de Phidias. On a pensé qu'il reproduisait la Promachos, dédiée vers
445 sur l'Acropole, et cette hypothèse peut encore se soutenir, même
après que M . Furlwaengler a renoncé lui-môme à mettre cette tête en
relation avec le torse Médicis-. Dès 1894, j'ai proposé de reconnaître
une copie de la Promachos dans une jolie statuette de bronze décou-
verte près de Coblence et acquise par le musée de Boston ' ; la lôte
de la collection Jacobsen s'accorde fort bien avec cette manière de
voir.
La bouche entrouverte, qui laisse paraître les dents, n'est
guère dans le style du v* siècle ; elle est d'ailleurs trop petite, à
peine plus grande que l'œil, comme dans l'Artémis colossale de
Lycosoura, qui est du temps d'Hadrien '. C'est là sans doute le fait
_ ' ilcibig, Collection Barracco, pi. 25 (vue de face) et 25 a; cf. la p. 28 du texte.
* Furtwaengler, Inlermezzi, p. 31.
' S. Hciiiacli, Ifroiizcs figurés, p. 41, (ig. 12; cf. Gazelle des Beaux-Arls, 1902,
II. p. 4li8, 4(i9.
* Gardner. Handbook, flg. 96.
PLANCHES 93 ET 94
du copiste, qui ne paraît pas non plus s'être tenu très près de son
modèle dans le rendu des cheveux qui émergent du casque K
PLANCHES 93 Eï 04
TÊTE Ei\ MAKBUE D'ATHÉNA
{Musée de Brescia.)
Du casque qui coiffait cette tète, il ne subsiste que le cercle infé-
rieur au-dessus du front ; le casque lui-même était probablement en
bronze. Le buste devait être inséré dans une statue drapée, suivant
un usage très répandu. Les traits du visage sont durs, le crâne par-
faitement sphérique, l'ossature très forte et sans traces de graisse
entre le squelette et l'épiderme. Les yeux sont cernés de paupières
ftneset saillantes, le nez est fort, la bouche épaisse, avec lèvre supé-
rieure fortement avancée, le menton fort et un peu fuyant. Entre le
casque et loreille s'échappent de grosses boucles de cheveux que
l'on retrouve, par exemple, dans l'Aphrodite de Gorneto (pi. 86) et
les répliques de l'Athéna Parthenos (pi. 96-99). M. Furtwaengler a
pensé que cette tête dérivait d'un original de Phidias et son opi-
nion a été approuvée par MJNL Arndt et Amelung-; M. Mahler la
croit plus ancienne, la rapproche de l'aurige de Delphes et l'at-
tribue, comme cette dernière statue, à Pythagorc de Rhegium.
Il est certain que la tête de Brescia offre un caractère un peu plus
archaïque que la Parthenos; on pourrait donc, être tenté d'y voir
une œuvre de la jeunesse de Phidias ou d'un des maîtres qui lui ont
frayé la voie. Mais le rapprochement avec l'aurige de Delphes
(pi. 9) ne s'impose pas '.
* Arndt, Glyplolhèque de Nij-Carlsbevg, \)\. 41, 42 ; Furtwaengler, Maslerpieces,
j). 100, <ig. 43: Infennezzi, p. 31.
* Arndt et Amelung, Einzelaiifnalimen, n»^ 194 et 307.
^ Furtwaengler. Maslerpieces. p. 90, fig. 39 ; Mahler, Oeslerreichische Jahres-
hefte, t. 111 (1900). p. 144, fig. 47 et 48.
76 PLANCHE 9b
PLANCHE 95
TÈTE EN MARBRE D'ATIIÉXA
{Musée de Naples.)
La nudité du torse de la déesse est le fait du copiste romain ; dans
l'original de bronze, elle devait porter une simple tunique sans
égide, ce qui explique pourquoi le gorgoncion figure sur le casque.
On coimaît trois répliques de celte tète, deux d'Herculanum et une
du Capitole * ; la poitrine n'est découverte dians aucune.
Il est incontestable que ce buste un peu froid - remonte à un ori-
ginal de la belle époque de l'art; mais tandis que M. Wolters,
frappé de la ressemblance de la tête avec celle de l'Eiréné de
Municli, voudrait l'attribuer à Cépliisodote, M. Furtwaengler insiste
sur l'analogie quelle présente avec l'Athéna de Bologne et y recon-
naît la copie d'une œuvre de Phidias. L'opinion de ^l. Wolters
paraît, à la réflexion, plus vraisemblable. L'original était peut-être
cette Atliéna Soteira de Cépliisodote'' que M. Furtwaengler avait
proposé autrefois d'identifier à l'original de l'Athéna Farnèse et
M. Milchhoefer à l'Athéna de Velletri *.
' Jahrbuchdes Instiluls, 1893, p. 176.
* II n'y a de restauré qu'une boucle sur l'oreille droite.
» Pausanias, I.i, 3 ; Pline, llisl. Nal., XXXIV, 74.
* PholoKraphie Alinari. n» 5421 : Furtwaengler, Maslerpieces, p. GO, fig. Iti :
Wolters. Jahrbuch des Imlilids, t. IX (1894), p. 174, pi. 3 ; Comparetli et De Potra,
Villa Ercolanese, \>. 273, pi. XX, d, 2.
PLANCHE 96 77
PLANCHE 96
TÊTE EN MARBRE DE LA DÉESSE ROME
{Musée du Louvre.)
Ce buste colossal en marbre de Paros', provenant du château de
Richelieu, figure la déesse Rome; cestce que prouvent les bas-reliefs
qui décorent le casque et qui représentent la louve nourrissant
Romulus et Remus. L'art de l'Empire n'a pas créé de type nouveau
pour la déesse éponyme de la capitale ; il s'est contenté d'emprunter
à l'art grec, en les combinant quelquefois, ses types classiques
d'Athéna et des Amazones. Ici, comme le prouvent les boucles de
cheveux émergeant sous le casque, c'est l'Athéna Parthenos de Phi-
dias qui a servi de modèle ; la correction un peu froide du travail
laisse encore percevoir l'influence d'un original du plus grand style.
L'artiste romain a peut-être eu sous les yeux un bronze, dérivant
lui-même d'une adaptation de l'Athéna de Phidias faite dans l'ate-
lier d'un élève du maître athénien. La nudité du buste ne convient
pas à Athéna; mais cette considération, comme nous l'avons vu
(pi. 95), n'arrêtait pas les copistes romains -.
* Restaurations : bord antérieur du casque, partie de deux mèches de cheveu.x
à gauche, sourcil gauche et nez, bord de l'oreille gauche, épaule gauche, côté
gauche du buste.
- Photographie Giraudon, nf 1311; Froehner, Notice, n» 469; Bouillon, Musée,
t. II, vignette du titre ; Glarac, Musée, 1200, 2820 e.
PLANCHES 98 ET 99
PLANCHE 97
TÈTE EN MARBRE DE LA DÉESSE ROME
[Musée du Louvre.)
Il existe une ressemblance indéniable entre ce buste colossal *
et l'Athéna de Velletri, dont l'original est attribué par M. Furtwaen-
gler à Crésilas (pi. 37). Celle analogie est surtout sensible dans la
forme et le modelé des yeux, avec leurs paupières saillantes et
terminées en arête; mais la bouche, faiblement ondulée, est moins
brutale, le bas du visage est plus développé et la chevelure rappelle
plutôt les types de Phidias. Le marbre du Louvre reproduit un
bronze à tendances éclectiques, mais inspiré des modèles du
\^ siècle. La désignation « déesse Rome » est motivqp par les reliefs
du casque, qui représentent la louve allaitant Romulus et Remus*.
PLANCHES 98 ET 99
TÈTE EN MARBRE D'ATHÉNA
(Musée de Vienne.)
Le casque et le sphinx, les cheveux sur les tempes et le buste
sont des restaurations de Cavaceppi ; il est donc possible et même
probable que, si celte tête colossale nous était parvenue moins endom-
• Restaurations : partie principale du bas du nez cl des lèvres; raccords aux
sourcils, aux paupières, k la joue droite, au rou. aux cheveux, au casque.
• Photographie Giraudon, n» IlJIitt; Froehner, Notice, n* 468; Bouillon, Musée,
t. 1. pi. 74 ; Clarac, Musée, HOO. 2820 /"; Baumeister, Denhnâler, fig. 1598.
PLANCHE 100 79
magée, nous y distinguerions quelque attribut autorisant à la qualifier
de « déesse Rome », comme celles que nous avons reproduites plus
haut (pi. 96, 97).
Quoi qu'il en soit, nous avons là une réplique romaine de l'Athéna
Parthcnos de Phidias, d'autant plus digne d'attention, riialgré sa
froideur, qu'elle a été découverte dans la villa d'Hadrien à Tivoli. La
fidélité de la copie est attestée par le dessin des veux, où les pau-
pières supérieures ne débordent pas-sur le contour inférieur de
l'œil, et par l'indication un peu brutale des stries du cou (voir
pi. 77). Les oreilles étaient percées pour recevoir des pendants ;
on voit encore, dans l'une d'elles, un petit anneau de bronze ^
PLANCHE 100
TÊTE EN MARBRE D'ATHENA
{Musée de iVap/es.)
La statue colossale connue sous le nom d'Athéna Farnèsc n'est
pas isolée dans l'art antique ; il en existe des répliques et des
variantes qui font conclure à un original célèbre. Cet original, cer-
tainement en bronze, devait être de Phidias ou de son école; mais les
copistes qui l'ont reproduit ont procédé librement et l'auteur de
l'Athéna Farnèse, ou de l'œuvre dérivée dont elle s'inspire, paraît
avoirété quelque peu un électique. Ainsi, bien que l'ensemble rappelle
les types de Phidias, les yeux peu ouverts, avec leurs paupières
lourdes, font songer plutôt à l'Athéna de Velletrietà ses congénères
attribuées par M. Furtwaengler à Crésilas ; mais le bas du visage est
plus développé que dans l'Athéna de Velletri et la forme de la
bouche est différente. D'autre part, il y aune ressemblance évidente
entre cette tète et celles de la Héra du Capitole, de la HéraBarberini
et de l'Aphrodite dite Genetrix, qui appartiennent à l'école ou à la
' Sacken, Skulpluren, pi. 16; Schneider, Album, pi. 3.
80 PLANCHE 101
tradition de Pliidias. Une statue importante, bien connue depuis
quelques années seulement, l'Athéna Hope*, est un élément essen-
tiel de la question, car elle est presque identique d'aspect à l'Athéna
Farnèse, mais paraît plus voisine de l'original. M. Furtwacnglcr a
pensé que l'Athéna Ilope était la réplique de l'original de Phidias et
que l'Athéna Farnèse était celle d'une Athéna d'Alcamène; les deux
originaux seraient les Athénas rivales sculptées par Phidias et Al-
camène dans le concours do.nt parle Tzetzès -. Mais n'est-ce pas trop
rabaisser Alcamène que de lui attribuer une copie médiocre où la
médiocrité seule aurait été de son fait^? Il vaut mieux admettre que
l'original de Phidias a été imité plusieurs fois avec plus ou moins
de bonheur, à une époque où les copies exactes n'étaient pas encore
de mode, et que l'Athéna Hope est la meilleure de ces imitations.
Le casque de la déesse est surmonté d'une sphinge entre deux
Pégases. II n'y a de moderne que les deux couvre-joue relevés*.
PLANCHE 101
TÈTE EN TERRE CUITE D'ATHÉNA
{Musée du Louvre.)
On sait que les figurines en terre cuite découvertes en grand
nombre sur le Pagus à Smyrne sont généralement des surmou-
lagcs de petits bronzes, copiés eux-mêmes des œuvres célèbres de
l'art grec. Aussi leur importance pour l'histoire de l'art est-elle consi-
dérable et il est à regretter qu'on en ait encore publié si peu. L'ad-
mirable tête d'Alhéna que nous reproduisons est d'une grandeur peu
' A Decpdene en Angleterre : Monuments l'iol, t. III, pi. 2.
' Tzi'tzès. Chiliailes, VIII, :U0 ; Overbeck, Scliriflquellen, 772. 810.
' Ddinmlcr, art. Athena, ap. Paiily-Wissowa. p. 2014.
'l'holographie Alinari, n'.TlOl. La statue enlH'Tc, Fiirtwaongler, Masterpieces,
fig. 20 (Clarac, Musée, 4a8. 851 A) ; la tète seule. Masterpieces, fig. 25 ; répliques,
ibUl., p. 70. Cr. Gerhard et Panofka, Seapel's antike Uildwerke, p. 41, n» 118.
PLANCHE 102 81
commune (haut. 0"*,07) ; elle oiïre tous les. caractères de Tart grec à
la fin du V® siècle ou au début du iv". L'aspect en est très juvénile,
comme celui de l'Athéna de Leptis (pi. 133) ; il s'en dégage un air
exquis de simplicité et de candeur. Si ce n'était Athéna, ce pourrait
être Jeanne d'Arc. Une tète analogue, celle de GlienickeS rappelait
précisément à M. Furtwaengler la Jeanne d'Arc conçue par Schiller.
A ses yeux, ce type serait dû à Scopas, ce qui n'est pas invraisem-
blable; mais la terre cuite du Louvre paraît remonter à un modèle
un peu plus ancien. Le casque corinthien de la déesse est pourvu
d'un très petit couvre-nuque, qui laisse échapper les flots épais de
la chevelure. Athéna paraît quelquefois, dès le v^ siècle, coiffée du
casque corinthien ; mais il ne devient usuel qu'au siècle suivant.
PLANCHE 102
TETE EN MARBRE D'ARES OU DE GUERRIER GREC
[Musée du Louvre.)
On a vu autrefois dans cette tète - un portrait idéalisé de Miltiade
et l'on a cru reconnaître Massinissa dans une réplique du même
buste au Capitole^. Miltiade est trop ancien et Massinissa trop
récent; l'original était une œuvre des environs de 430 av. J.-C, dont
l'auteur a probablement voulu représenter Ares. Le casque est orné,
sur le timbre, de deux griffons en relief et, sur le couvre-nuque,
d'un lion et d'un taureau. M. Furtwaengler a insisté sur la ressem-
' Mûller-Wieseler, Denkmaler, II, 198 a; Roscher, Lexikon der MylhoL, I,
p. 703 (art. de M. Furtwaengler) ; Furtwaengler, Masterpieces, p. 305 et note 1 .
Un autretype voisin de celui-là est représenté par une tête de Stockholm {Rom.
Mitlh., 1879, pi. 6), voisine elle-même de l'Athéna à la ciste du Louvre {Monum.
grecs, 1893-94, pi. 12) ; cf. Journal of hellenic fitudies, t. XIX, p. t.
- Grandeur naturelle; nez moderne.
' Arndt, Einzelaufnahmen, n»» 437, 438 ; BernouUi, Griechische Ikonographie,
t. I, p. 95.
6
8* PLANCIItS 103 Kï 104
blancc du casque avec celui de l'Alliéna Partlienos de Phidias et siu'
lanalogic de la barbe avec celle du Poséidon de la frise du Parthénon.
Ces observations sont d'une indéniable justesse. Toutefois, l'attribu-
tion de l'orig^inal à Phidias ne se fondant sur aucun caractère décisif,
il vaut mieux dire que c'est une œuvre attique contemporaine des
dernières années de cet artiste et probablement inspirée par lui*.
PLANCHES 103 Kï 104
TÊTE EN MARBRE DE DIONYSOS (?)
[Musée du Vatican.)
II est évident que cette belle tète- dérive d'une conception de
Phidias ; mais peut-on y voir la copie directe d'une œuvre du
maître? Le dessin un peu compliqué de la barbe paraît attester
l'intervention d'un sculpteur appartenant aux premières années du
IV* siècle. L'expression douce du rep^ard, la finesse des paupières,
la liî^ue peu ondulée de la bouche, avec coins tombants, sont tout à
fait conformes au grand style attique des environs de 430 av. J.-C.
La disposition des cheveux au-dessus du bandeau est singulière.
M. Amelung y voit l'indication d'une crinière de taureau et conclut
(pie le dieu ainsi figuré est Dionysos. On [)ourrail aussi songer à
un héros médecin du cycle d'AsUlépios, hypothè.se qui serait bien
d'accord avec l'expression bienveillante et un peu triste de la phy-
sionomie •■'.
* Kouilloii, Mii.see, t. III {liiistes. pi. 4); Ariull. lunzelauf'na/tnien, n<>* 437. 4^8
(ré|»li(iu(' (lu Ciipilolc) ; BiTiioulli, Uriechische Ikonoijiuphie, t. I, p. 94; Furl-
waengliT. Maslerpieces, p. 90 et pi. 4; Hclhig. Filhrer*, t. I, n» 497.
* Le nez. l'oreille gauche et (juel(|ues boucles de cheveux sont restaurés.
'Amelung, Florenliner Anliken, p. 17: Kurlwiiengler. Maslerpieces, p. Oo.
(ig. 19 et Slaluen/iopien. I. p. 39 ; Ilelhig. FiHirer'. I. I. n" 73.
PLANCHE 105 83
PLANCHE 105
TÊTE EN BRONZE DE DIONYSOS
{Musée de Saint-Gcrmain-en-Laye.)
Le D' Plicque découvrit ce masque à Lezoux (Puy-de-Dôme) en
4888, dans une localité où florissait, dès le i""" siècle, l'industrie de
la céramique à reliefs ; il l'exposa à Paris en 1889 et il fut acquis
l'année suivante par le musée de Saint-Germain. 11 en existe non
seulement des moulai^es en plâtre, mais des reproductions en cuivre
et en fonte de bronze ; l'une de ces dernières a été exposée à Paris
en 1900 par la maison Fontaine.
La tête, d'une conception et d'un travail également admirables,
est celle de Dionysos aux cornes de taureau (-raupoxépw;), figuré avec
des cornes naissantes de jeune animal. Ce Dionysos est le Zagreus
déchiré par les Titans ; la tristesse convient à sa physionomie de
dieu sacrifié. Dans l'applique de Lezoux, cette expression s'unit à
celle de la majesté et de la force. L'indication en creux des globes
oculaires et des pupilles empêche de faire remonter ce bronze au
delà de l'époque d'Auguste ; d'autre part, le style est évidemment
celui de l'école de Phidias, comme le prouve surtout le traitement
de la barbe et des cheveux. Il est possible qu'un type du v^ siècle
ait été imité à Alexandrie par l'art industriel et qu'un modèle
dérivé de celui-là ait été acquis par un céramiste de Lezoux -.
' Haut., O^jOS ; belle couleur verte.
* S. Reinach, Revue archéologique, 1890, H, p. 297, pi. 16 ; Bronzes figurés,
p. 89, fig. 83 ; Guide illustré du musée de Saint-Germain, p. 110, fig. 87.
84 PLANCHE 107
PLANCHE 106
TÊTE EN MARBRE DE DÉESSE (?)
{Musée de Naples.)
On a voulu voir une Vestale dans celte tête colossale de femme à
demi voilée, qui a été découverte près du théâtre dHerculanum. La
nudité de la poitrine ne suffirait pas à écarter cette désignation,
car elle pourrait être le fait d'un copiste, comme dans l'Artémis et
l'Athéna du Musée de Naples (pi. 74 et 95). Mais ce qui est décisif,
c'est le style même de la tête, qui accuse un original en bronze de
l'époque classique, moins sévère que le prétendu portrait d'Aspasie
(pi. 38), mais de la même tradition. La longueur de la face et la
forme triangulaire du front ne sont guère admissibles dans l'école
attique du v" siècle; je songerais volontiers à une œuvre péloponé-
sienne de la première moitié du siècle suivant. Le type conviendrait
à Déméter ou à Koré ; je ne crois pas que ce puisse être un portrait ^
PLANCHE 107
TETE EN MARBRE DE NIKÉ
(Collection de 3/"° Harry Hertz à Rome.)
M. Amelung a reconnu que cette tête colossale est une réplique
de celle de la Niké de Paeonios, statue découverte en 1875 à
Olympie ; dans l'original, il ne subsiste que la partie postérieure de
la tête, mais l'arrangement des cheveux et du bandeau est assez
• Gerhard et Panofka, Neapel's anlike Dildwerke, n° 93; Arndt et Bruckmann,
Griechisc/ie iind ROmische Porlrâts, n« S3a, 536.
PLANCHE 107 85
particulier pour avoir suggéré la belle découverte du savant alle-
mand. Toutefois, quelques différences dans le traitement de ces
détails prouvent que le copiste, travaillant à distance, n'a pas
réussi à saisir exactement la disposition insolite de l'original. La
copie est, d'autre part, assez précise et les dimensions assez sem-
blables pour qu'on ait pu placer un moulage de la tète Hertz sur
celui de la statue d'Olympie et reconstituer ainsi une œuvre capitale
que la signature, précédée d'une dédicace des Messéniens et des
Naupactiens à Zeus, attribue à Paeonios de Mendé. Mais la question
de la date reste difficile. Pausanias, qui a parlé de la statue, pensait
que l'inscription faisait allusion à des événements de 455 ; les Mes-
séniens eux-mêmes lui disaient que la victoire, commémorée par la
statue de Paeonios, était celle de Sphactérie (425). Si Pausanias n'a
pas accepté cette opinion, c'est qu'il avait sans doute pour cela des
raisons sérieuses; mais lesMesséniens devaient en avoir aussi à l'appui
de leur tradition. Le type de la déesse est encore rude; le profd se
rapproche de ceux des marbres de l'Acropole d'Athènes immédiate-
ment antérieurs à 480 S bien que le travail des cheveux soit beau-
coup plus libre et déjà dans la manière de Phidias. Il faut remarquer
aussi la carrure très prononcée de la partie inférieure du visage,
qui rappelle moins Phidias que l'auteur de l'Apollon de Cassel
(pi. 25). L'expression n'est pas seulement énergique, mais un peu
brutale ; cette Niké est encore une virago *.
' Par exemple la tète de jeune homme, Collignon, Histoire de la sculpture
(jrecque, t. I, fig. 184.
* Amelung, Rômische Mittheilunqen , t. IX (1894), p. 162, pi. 7; Treu, Olympia,
t. III, p. 188-192; Collignon, Histoire de la sculpture grecque, 1. 1, p. 457; Gardner,
Handbook, p. 341; S. Reinach, Gazette des Beaux- Arts, 1902. I, p. 144 (face), 145
(profil), 146 (la statue entière, daprès le plâtre restitué de l'Albertinum à Dresde).
La découverte, à Delphes, d'un piédestal analogue à celui de la ISiké d'Olympie,
à fait penser que Paeonios, vers 424, avait exécuté à Delphes une réplique de
cette statue (cf. HomoUe, Bulletin de correspondance hellénique, 1897, p. 611, 616).
86 PLANCHES 108 ET 109
PLANCHES 108 ET 109
TETE EN MARBRE DE DÉESSE
{Glijplothèque de Ny-Carlsberg.)
Une (les statues les plus importantes que M. Jacobsen ait acquises
à Rome pour la glyptothèque fondée par lui est la prétendue Héra
de la collection Borghèse S dont nos planches reproduisent la tête de
face et de profd. Ce marbre est de travail romain, probablement de
l'époque d'Auguste, mais il copie certainement avec fidélité un bronze
du V* siècle. L'archaïsme de l'original est attesté par la forme des
yeux allongés et cernés de paupières saillantes, par la largeur de la
base du nez, par la grandeur de la bouche, avec ligne médiane très
peu ondulée, enfin par l'arrangement symétrique de la chevelure.
Le type est analogue à celui de la Venus genelrix du Louvre
(pi. Ho), quoique plus dur et plus brutal, ainsi qu'à la Tyché en
bronze du Cabinet des Médailles (pi. 110); cette dernière tête, en
particulier, offre la même forme du cécryphale et le même traite-
ment des cheveux. On en a aussi rapproché avec raison une tête
colossale du musée de Berlin (pi. 113), dont l'aspect n'est pas plus
agréable. Le type en question est certainement voisin de Phidias et
les archéologues l'attribuent généralement à Alcamène; on a même
pensé que la statue Borghèse reproduisait la liera de ce sculpteur,
dont il est question dans Pausanias*. Mais il est vraiment difficile de
rapporter au même artiste des œuvres aussi différentes de sentiment
que la Héra Borghèse et l'Aphrodite voilée du Louvre. D'autre part,
si la copie de la glyptothèque de Ny-Carlsberg est fidèle, et elle
paraît l'être, cette tête présente des caractères plus archaïques que
l'art de Phidias, notamment dans le dessin de la bouche. Aussi
suis-je enclin à croire que les sculptures de cette série, malgré
leurs analogies extérieures dans la coiffure, dérivent d'originaux
sortis d'ateliers divers et qui ne sont |)as nécessairement atliqucs '.
* s. Reinach, Répertoire de la statuaire, t. II. 239, 8.
' l'iiusanias, I. 1, 5.
* Moniimenti ed Annuli dell' liuslilulo, 1855. pi. 7. p. 48; Ariidt, (/lyplol/iè(/ue
de Ny-Çarhbery, pi. 56 11, 58; Fiirtwaenglcr, Maslerpieces, p. 84.
PLANCHES 110 ET 111
PLANCHES MO ET 111
ÏÈÏE EN BRONZE DE DÉESSE
(Cabinet des Médailles.)
Au lômoignage du P. Molinet, religieux de Sainte-Geneviève, ce
buste colossal aurait été découvert à Paris même, vers 1675, non
loin de l'église de Saint-Eustache. Molinet dit que les yeux « avaient
été ôtés ». Il appartint d'abord à Berrier, qui l'avait déterré dans
son jardin, puis à Girardon, qui lit probablement refaire l'intérieur
des yeux, enfin à Crozat et au duc de Valentinois, qui le légua au roi
de France. M. Babelon et moi, reproduisant cet objet d'art dans nos
catalogues illustrés, avions exprimé sur son autbenticité des doutes
qui ont été écartés par les judicieuses observations de M. Furtwaen-
gler. Le savant allemand a particulièrement insisté sur le témoi-
gnage de Molinet relatif aux « yeux ôtés », qui a été contredit par
Caylus, sans que ce dernier s'aperçût que les yeux pleins étaient
une restauration. L'aspect singulier de la tour qui couronne la tète
doit sans doute être attribué à l'artiste romain qui fondit un bronze
destiné aux Parisii en s'inspirant d'un modèle grec.
Ce modèle, d'après M. Furtwaengler, serait une Tychéd'Alcamène.
Le nom de ce sculpteur lui a été suggéré par l'analogie de la
physionomie et du cécryphale avec la tête de la Vénus genelrix du
Louvre (pi. 115) et celle de Berlin (pi. 112) ; mais je ne crois pas que
ces œuvres dérivent toutes d'un même atelier. Si, d'autre part, on
compare la ïyclié du Cabinet des Médailles à la tête de la collection
de Laborde, provenant des frontons du Parthénon (pi. 77), on sera
frappé de l'identité que présentent, dans l'une et l'autre sculpture,
les sillons du cou qui limitent le « collier de "Vénus. » En admet-
tant que les Parisii aient voulu personnifier leur ville par la copie
d'un chef-d'œuvre de l'art grec, pourquoi auraient-ils choisi un
modèle d'Alcamène ou d'Agoracrite au lieu d'un modèle du plus
célèbre artiste de l'antiquité, de Phidias ?
88 PLANCHES 112 ET U3
La petite boucle qui se détache au-dessus de l'oreille est un
détail très rare, dans l'art grec, avant le iV siècle ; c'est peut-être
une addition du copiste. Il y a de nombreux raccords à la surface
du bronze, preuve d'authenticité, comme l'a remarqué U. Furtwaen-
gler, la Renaissance n'ayant pas usé de ce procédé pour réparer les
défectuosités de la fonte K
PLANCHES 112 ET 113
TÊTE EN MARBRE DE DÉESSE
[Musée de .Berlin.)
Après avoir vu, dans ce buste colossal-, une réplique excellente de
l'Aphrodite des Jardins (iv xr,ro!.;) d'Alcamène, dont la Vénus gene-
trix du Louvre serait une copie ', et avoir fait partager son opinion à
M" Lucy Michell*, M. Furtwaengler s'est rétracté et a proposé d'y
reconnaître une Athéna sans casque, copie d'une création d'Alca-
mène'. Il me semble que cette tète, d'ailleurs médiocre, ressemble
beaucoup à la a Héra » Borghèse (pi. 108), mais que, par ses formes
lourdes et massives, elle s'écarte beaucoup de la Vénus genelrix du
Louvre, avec laquelle elle n'a de commun que la coiffure. L'original
devait être un bronze des environs de 430 avant J.-C, que rien n'au-
torise à considérer comme attique.
Les yeux sont encadrés de paupières lourdes qui, jointes au dessin
' Babelon et Blanchel. Calalofjtie des hvonzes anliques de lu liibliollièque natio-
nale, n» 614; S. Ri'inach, Bronzes fujurés, fi^. 01 ; Guide illustré du Musée de
Saint-Germain, p. 83, (ig. (iO; Gazette des Heauj-Arts. 1902, II. p. 459; Furlwai'ii-
gler, Seuere Falschunrjen nach Anlilien (1899), p. id. avec photographie, fig. tï.
* Le bout du nez est restauré.
' Fiiriwaengler, ap. Roscljer, Lexikon dcr M;/! Uoloyie, t. I, p. 413.
* .Mitchell, llistory of aneienl Sculpture, p. 321 et pi. à cette page.
' Furtwaengler, Maslerpiecea, p. 85, note 2.
PLANCHE 114 89
de la bouche, donnent une impression de tristesse et de fatigue. Le
menton est légèrement fuyant*.
PLANCHE 114
TÊTE EN MARBRE DE NIOBIDE(?)
{Glyptothèque de Ny-Carlsberg.)
On a découvert sur l'Esquilin, en 1873, une statue de grandeur
naturelle, qui représente une femme drapée fuyant d'un pas rapide ;
ses vêtements portaient des traces de couleur bleue. Suivant toute
apparence, c'est une Niobide courant, ou bien une des Leucippides,
qui ramène des deux mains sur sa tête les plis de sa draperie-. M. Furt-
waengler a proposé, en 1891 ^ de reconnaître dans cette statue,
ainsi que dans une figure d'éphèbe mort acquise aussi par M. Jacob-
son *, les restes du fronton du Théseion d'Athènes, considéré par
lui comme le temple d'Apollon Patroos ; l'original de l'Apollon de
Gasscl, attribué à Myron, aurait occupé la cella de ce temple. Il a
développé cette thèse en 1899 et obtenu l'adhésion de M. Lechat ;
maisM. Arndt déclare ne voir aucune raison de rapprocher les deux
statues (la femme courant et l'éphèbe), qui ne proviennent pas
d'unemôme trouvaille. D'ailleurs, l'étude des marques laissées par les
figures sur le rebord du fronton du temple athénien {Slandspuren) a
définitivement réduit à néant l'hypothèse si séduisante de iNI. Furt-
waenglcr. Il l'a rétractée lui-même en 1902, mais lui en a substitué
une autre, suivant laquelle la statue de Ny-Carlsberg (Niobé ou Nio-
' Furtwaeiigler, Maslerpieces, p. 80, fig. 3i; [Conze], Beschreibiuig der Skulp-
turen in Berlin, n» 008. Voir, sur cette série de têtes, le texte de M. Arndt dans la
Ghjplolhèque de N tj-Carlsberg , p. 48.
' Pour l'ensemble de la statue, voir mon Répertoire, t. II, 419, 2.
' Archseologischer Anzeiger, 1891, p. 70.
* Arndt, Glyplolhèque de Ny-Carlsberg, pi. bl, 52.
90 PLANCHES 115 ET 116
bide) aurait occupé le milieu du frontou occidental d'un temple
d'Apollon, de dimensions identiques à celles du Théseion, mais
distinct de ce dernier^
Quoi qu'il en soit de la destination originale de cette ligure, le
style de la tètcsuflil à prouver quelle appartient à la seconde moitié
du V" siècle. M. Arndt y voit une copie romaine ; mais je crois que
M. Furtwaengler a raison de la considérer comme un travail grec
décoratif. Les yeux offrent des analogies — atténuées, il est vrai —
avec ceux des statues que M. Furtwaengler rapporte à Grésilas ;
les boucles émergeant du cécryphale rappellent le style de Phidias.
Le nez est singulièrement long (la restauration du bout est certaine)
et peut faire douter qu'il sagisse d'une couvre attique ; on retrouve
ce caractère dans quelques têtes des frontons d'Olympie, qui ne
paraissent pas être sortie d'un atelier athénien, dans les Amazones
de Polyclèlc et dans la tète de la collection Nelson -.
PLANCHES 115 Eï 116
TÊTE EN MARBRE D'APHRODITE
{Musée du Louvre.)
La statue de grandeur naturelle dite Venus genetrix passe pour
avoir été découverte à Fréjus au xvii'^ siècle et offerte à Louis XIV
en 1650^. C'est unc.dcs figures dont il existe le plus grand nombre de
' Fiirl waongler, >>Uzunijshenchle \\ii'Sln\w\\, l'.IO;2, p. 443.
* Journal of hellenic sliulies, t. XVIII (18'.)8), pi. II, Il y a un inoulaKt' <lt' t'cMli'
tclc au Louvre. — Arndt, (ihjptolhèqite de Sij-Cnrls/jerg, p. 67, pi. 38, 40; (Iraof,
Juhresberichl, 1901, III, p, 46; Lecliaf, Revue des éludes (irecques. t. XII (1899).
|). 198; t. XIH (!900). p. 384: FurlwaenKler, SUzniif/sherichleih^ .Munich, 1899. Il,
)t.279; I90i, II, p. 443; HoborI, XXI* llnUisclies Winc/celinannsproyramm, j). 32 (y
v(»il une Lcucippidc.)
' La UHi' t'.sl inlaclc. à quciqufs rotouclios pri's (joue droite, .sourcil Ki'<i<'l't') ^
mais elle parait avoir élô fortement nettoyée. Le cou est en partie moderne.— Il
n'existe aucun témoignage contemporain sur la provenance de celte statue.
PLANCHES 115 ET 116 «1
répliques, preuve de la célébrité de l'originale Autrefois, ony voyait
une copie de la statue faite par Arcésilas au temps de César, en 46,
pour le temple de Vénus genetrix h J\omG-; quelques archéologues
avaient cependant rappelé le souvenir de l'Aphrodite velatd apecie
Fig. 12. — TETE EN MARBRE DAIMIRODITE
Musée du Louvre.
faite par Praxitèle et acquise par les habitants de Cos. En 188:2, M. Furt-
waengleret moi proposâmes simultanément et indépendammentde la
rapporter à V Aphrodite dans les Jardins d'Alcamène, à cause du
caractère légèrement archaïque de la tête, confirmé par la découverte
d'une statuette du môme type à Myrina •'. Cette hypothèse a fait
fortune et a été "presque universellement admise pendant près de
vingt ans. Cependant, dès 1887, traitant la question dans son
ensemble, j'ai exprimé l'avis que l'Aphrodite d'Alcamène avait été
' Une liste rectifiée, mais encore incomplète, des répliques a été donnée par
M. Klein, Praxileles, p. 55.
- Opinion encore soutenue par M. Gardner. Handbook, p. 506.
' Pottier et Reinach, La nécropole de Myrina, pi. 8.
92 PLANCHES 115 ET 116
reproduite, dans un style plus moderne, par Praxitèle d'abord, puis
par Arcésilas ; j'avais peine à placer dans l'école de Phidias une statue
dont la draperie est si peu phidiesque. Depuis 1899, je soutiens que
cette statue ne dérive pas d'un marbre, mais d'un bronze, ce qui
explique le grand nombre des répliques', et que ce bronze doit être
attribué h un artiste ionisant et archaïsant comme Callimaque ^. Ce
sculpteur, influencé par Phidias, mais de goûts conservateurs' ,
travaillait vers 420 à l'Erechthéion ; vers 425, il avait sculpté
une Héra assise pour Platées*. La même idée était venue en 1890
à M. Winter; mais il avait préféré mettre en avant le nom de
Calamis et le souvenir de la Sosandra décrite par Lucien, dans
la pensée que l'original de la statue du Louvre devait être antérieur
à 450, qu'il se rattachait à la série des figures de Korai de l'Acropole
et qu'il n'était pas « concevable » après Phidias ^. En 1893, M. Reisch
déclara une première fois que la Vénus genetrix ne pouvait appar-
tenir à l'école de Phidias*. Il revint à la charge en 1898 à l'oc-
casion d'une ingénieuse tentative pour restituer l'Héphaestos d'AI-
camène groupé avec Athéna''. Presque en même temps, M. Sauer*
identifiait, comme ^L Reisch, l'Athéna Hephaestos d'Alcamène
avec une statue de Cherchell ' et niait que la Genetrix pût
dériver d'une œuvre du même artiste. M. B. Graef '" et M. Hel-
big" ont été convaincus par les arguments négatifs de M. Reisch'-.
* Les répliques étaient e.\écutées d'après des moulages; or, à cause de la
polychromie, on ne devait guère permettre de mouler des marbres.
* S. Reinach, Revue critique, 1899, II, p. 277 ; Revue archéologique, 1900, II,
p. 386. frur Callimaque et l'art néo-attique qui se rattache à lui, voir, en dernier
lieu. Gardner. Handbook, p. 320.
' Cf. Eug. Sellers, Journal of hellenic studies, t. XIV, p. 203.
* Callimaque était surnommé calatexitechnos à Athènes, à cause de l'élégance
et de la finesse de sa technique de marbrier (Pline, XXXIV, 92; Vitruve, IV,
1.10); mais nous savons qu'il était aussi bronzier, et il est probable qu'il porta
dans le travail du marbre les habitudes qu'il avait acquises dans celui du bronze.
* Winter, oO"»* Winckelmannsprogramm, 1890, p. 118-112.
" Reisch, Eranos Vindobonensis, p. 18.
'■ Oeslerreichische Jahreshefle, t. I (1898), p. 55.
* Sauer, Dos sogennanle Theseion, 1899.
" Musée de Cherchell, pi. 1 4 ; cf. l'Athéna de Crète au Louvre (Athéna à la ciste) ,
Monuments fjrecs, 1893-94, pi. 12.
'» Graef. Jahresherichl, 1901. III, p. 40.
" Ilelbig, Fahrer, t. II, n» 908.
".M. Amelung, à son tour, déclare que rAphrodilc èv xï^itot; doit être cherchée
PLANCHES 115 ET 116 93
Ce dernier dit nettement que l'hypothèse relative à la Genetrix ne
peut plus se soutenir ; Alcamène était l'élève de Phidias et son con-
tinuateur, tandis que la Genetrix se rattache à l'art de Calamis.
Le même savant ajoute que la statue du Louvre implique un original
de 450 environ, alors que l'Aphrodite des Jardins ne peut guère
être antérieure à 420. Gela serait sans réplique sil ne s'était
trouvé, en 420 et môme plus tard, des continuateurs volontaires du
style de Calamis, si bien caractérisé par ces mots que M. Reisch
applique à la Vénus Genetrix : herbe Zierlichkeit (quelque chose
comme la morbidesse âpre de Botticelli)^ Je pense, pour ma part,
que la Genetrix a toutes les apparences de l'œuvre d'un retarda-
taire et que, si les traditions dont elle s'inspire remontent à 450 et
au delà, l'original peut fortbien n'avoir été exécuté que vers420. Quant
à l'attribution à Callimaque, je ne sache pas qu'elle ait encore été
discutée. Elle est d'ailleurs confirmée, dans une certaine mesure,
par une petite copie de la Genetrix découverte àAthènes vers 1840 et
appartenant à M"'" Trubert^ où la chevelure retombe sur le dos en
une large nappe, comme dans les statues du vi*^ siècle. Le copiste
savait que l'œuvre reproduite par lui était archaïque et il en exa-
gérait à plaisir le caractère. Eût-on jamais modifié ainsi une œuvre
de l'école de Phidias ?
Les cheveux de l'Aphrodite du Louvre sont ceints d'une bande-
lette et finement ondulés ; sur la nuque, ils forment un chignon
emprisonné dans le fichu dit cécryphale. Le style de la tête est à
la fois meilleur et plus archaïque que celui du corps ; il n'est pas
impossible que la tête, exécutée à part dans quelque atelier hellé-
nique, ait été ajustée à un corps sorti d'un atelier romain. La join-
ture actuelle de la tête et du corps est due à un restaurateur du
xvii" siècle ; mais il n'y a pas lieu de supposer, comme on l'a fait
autrefois, que la tête soit étrangère à la statue '.
dans des figures d'un caractère tout différent, comme l'Aphrodite Doria {Rum.
Mittheil., 1901. p. 32, pl.l.)
' J. Lange, qu'il ne faut pas se lasser de citer, ne croyait pas que la Genetrix
filt antérieure à la guerre du Péloponèse [Darstellung des Menschen, p. 184).
— Je ne comprends pas que M. Kjellberg (Rom. Mittheil., 1899, p. 116) refuse de
reconnaître dans la Geneinxlà herbe Zierlichkeit qu'y a vue Reisch.
* Répertoire de la statuaire, t. II, 378, 4.
'Froehner, Notice, n" 135 ; Friederichs-Wolters, Gipsabgilsse, n" 1208; Furtwaen-
gler, ap. Roscher. Lexikon der Mythologie, t. I, p. 413 ; Furtwaengler, Master-
94 PLANCHES 117 ET 118
PLANCHES 117 ET 118
TÈTE EN MARBRE DE ZEUS
[Glijptothèque de Ny-Carlsberg.)
Le comte Tyskiewicz, qui m'a donné les photographies de cette
admirable sculpture, après l'avoir cédée à M. Jacobscn, était per-
suadé quelle provenait des fouilles de l'xVcropole d'Athènes ; un
autre témoignage veut qu'elle ait été découverte au Pirée. Elle ne
surmontait pas une statue, mais un hermès, comme les tètes figu-
rées plus haut (pi. 42, 45), qui ont fait partie de la même collection.
Ce type de Zeus est incontestablement très voisin de celui de Phi-
dias. Mais il est assez difficile de l'attribuer à cet artiste-si l'on veut
lui rapporter aussi la tête de Dresde (pi. 119 et 120), dont le profil
offre des particularités très différentes, notamment dans la forme du
crâne. Le témoignage des monnaies d'Elis est plutôt favorable à la
tète qui nous occupe ; toutefois, elle semble un peu plus archaïque
(|ue celle du Zeus d'Olympie et n'en peut être regardée comme une
copie.
Il y a un singulier mélange de douceur et de sévérité dans la phy-
sionomie; le regard qui s'abaisse exprime la bienveillance ; la par-
tie inférieure du visage est plutôt dure ou dédaigneuse. Les boucles
de cheveux, terminées en tire-bouchons, ressemblent à celles qui
émergent du casque dans les imitations de l'Athéna Parthcnos au
Louvre (pi. 97) et à Vienne (pi. 98, 99.) Un caractère phidiesque, que
pièces, p. 82; Wollcrs, Athenische Mittheilungen, t. XH, p. 225; Conze. ibid.,
t. XIV. p. 199; Peterscn, /<<>/»j«c7ie MillheUungen, t. IV, p. 72; Klein, Pmxileles.
p. 1)3: S. Reinach, Gazelle arcliéolof/ique, 1887, p. 2o0, pi. 30 (avec toute l'un-
«•ieiine hibliofîmijhie); Kekulé, Archdol. epiyvaph. MUtkeilunqen, t. III. j). 16;
\fii\i\iiiv\n, American Journal of archaeolof/y, 1887, pi, I (avec h^'liogravure de
la statue entière; voir aussi Klein. Praxileles. fig. 3) ; Gardner, Ilandbook, p. 500,
fig. 127; Huile, Der schune Mensch, pi. 97 et fig. 10. M. Iloniolle (Uull. de corrcsp.
hellén.. 1897. p. GI3) a signalé l'analogie entre les Danseuses de Delphes et
l'Aphrodite Uenelrix ; ne seraient-elles pas du môme artiste que les Saltanles
iMcaenue attribuées par Pline (XXXIV, 92) à Callimaque ?
PLANCHES 119 ET 120 95
nous avons déjà eu l'occasion de signaler, est le peu de distance
entre le sourcil et le haut de la paupière supérieure. Le diadème
était recouvert dune plaque de métal ^
PLANCHES 119 ET 120
TÊTE EN MARBRE DE ZEUS
[Muscc de Dresde.)
M. Treu a émis l'opinion que cette belle tête, qui surmonte àDresde
une statue restaurée en Asklépios-, est la copie d'une tète de Zeus
sortie de l'atelier ou de l'école de Phidias. Cette hypothèse peut
sautoriser de la ressemblance qu'offre la tète de Dresde avec plu-
sieiu's tètes de vieillards de la frise du Partliénon et de stèles funéraires
attiques du v® siècle. Les yeux sont allongés et peu ouverts ; l'es-
pace entre la paupière supérieure et le sourcil est petit, comme dans
les tètes du Parthénon ; la ligne extérieure de la paupière déborde à
peine sur le tracé de l'orbite. Le bout du nez est exactement à égale
distance de la naissance des cheveux et de l'extrémité inférieure de
la barbe. Celle-ci, comme la chevelure, offre encore certains carac-
tères archaïques de symétrie, mais ne se complaît plus dans l'indi-
cation isolée des boucles. La chevelure rappelle, avec plus de détails
seulement, celle de la tète de Laborde (pi. 77), provenant du fron-
ton occidental du Parthénon. La bouche est ondulée, avec une lèvre
inférieure assez forte, dont le bord ne décrit pas une courbe, mais
plutôt trois lignes droites se coupant à angles obtus. L'expression
est celle de la majesté divine, tempérée par une discrète bien-
veillance.
La tète de Zeus reproduite sur les planches précédentes (117 et
' Arndt, Gbjplolhèque de Ny-Carlsberg, pi. 13; S. Reinach, Gazelle des Beaux-
Arts, 1902, II, p. 407.
- Clarac, Musée, 541), MiiG.
96 PLANCHE 121
118) est certainement plus archaïque, mais peut appartenir à la
même école, qui est incontestablement celle de Phidias ^
PLANCHE 121
TÊTE EN MARBRE D'ASKLÉPIOS
{Palais Orlandini-Gresham à Florence.)
II existe plusieurs têtes analogues à celle-ci - et dérivant du
même original, au musée Britannique ', au Louvre ' et aux Uffizi à
Florence, cette dernière sur une statue représentant Asklépios ^.
L'original appartenait à l'école de Myron, dont les caractères essen-
tiels se retrouvent dans le travail des cheveux et de la bouche ;
comme dans la tête dHéraklès au Musée britannique (pi. 65), la
moustache est lisse, alors que la barbe est détaillée en petites bou-
cles. Ce premier type d'AskIépios dérive, suivant l'observation de
M. Amelung, de celui de vieux héros chthoniens, comme Amphiaraos
et Trophonios ; ainsi s'explique l'air un peu bourru du personnage
et son expression plutôt sombre, qu'accuse encore l'envahissement
des cheveux et de la barbe. Au contraire, l'idéal récent d'As-
kIépios, tel qu'il fut peut-être créé par Praxitèle et que nous con-
naissons surtout par l'admirable buste de Milo (pi. 195), se rattache
à celui de Zeus — fixé, sinon créé par Phidias — et s'éclaire comme
lui d'un rayon de bonté et de bienveillance *.
« Treu, dans Feslschrift fUr Ollo Benndorf (Vienne, 1598), p. 99, pi. 2-3; S. Rei-
nach, Gazelle des Beaux-Arts, 1902, I, p. 147 ; 11, p. 406. M. Furtwaengler main-
tient que la tôte de Dresde est celle d'AskIépios.
• Le nez est restauré.
• Furtwaengler, Masterpieces^ fig. 89.
• Marbres du Louvre, n» 2457.
• Furtwaengler, Maslerpieces, (ig. 87. *
• Photographie Alinari, n»3562; Furtwaengler, Maslerpieces, p. 210; DUtschkc.
Bildu:erke in Oberilalien. t. II, n» 503; Amelung, Filhrer, p. 70; AnuH, Einzel-
uufnuhinen. n« 240, 241.
PLANCHE 4 23 97
FLANCHE 122
TETE EN MARBRE DE DIEU BARBU
{Glijptothèque de Ny-Carlsbe7'g .)
Trouvée, suivant les uns, au Pirée, suivant d'autres sur l'Acropole
d'Athènes, cette tête de grand style, qui surmontait un hermès, a
appartenu d'abord au comte Tyskicwicz, qui m'en a donné la photo-
graphie. Il est assez difficile de préciser la désignation qui lui con-
vient; M. Jacobsena songé à Poséidon, M. Arndt à Hephaestos. Ce
dernier savant a été beaucoup trop loin en prétendant y reconnaître
<c le brave forgeron, bonhomme, dépourvu des dons brillants de
l'esprit, berné par sa jolie femme, bancal et godiche. » Helbigium
quisquis sludet aemulari... Mais il a fait observer avec raison que
le bandeau, là où l'on attendrait un diadème, ne permet guère de
songer à l'un des grands dieux de l'Olympe.
Le style est celui du milieu du v*" siècle (vers 440). La distance
entre les paupières supérieures et les sourcils est à peine égale à
la largeur des paupières, caractère que l'on trouve seulement, à ma
connaissance, dans les tètes de l'école de Phidias. Il ne semble pas
que celle-ci soit une copie *.
PLANCHE 123
TÈTE EN MARBRE DE DIEU BARBU
[Gliiptothèqiie de Ntj-Carhbcrg.)
La provenance de cette léte est la môme que celle de la précédente.
L'expression en est plus amicale : les yeux très ouverts regardent
* Arndt, Glyptothèque de Ny-Carlslevfj, pi. 13.
98 PLANCHE li4
avec douceur et la bouche s'enlr'ouvre pour sourire. M. Jacobsen y a
reconnu Dionysos, M. Amelung un héros médecin, prédécesseur
d'AskIépios dans le culte public d'Athènes, tel quelerlpwç larp^ç ano-
nyme ou Alkon. L'époque est celle de la maturité de Phidias. Le peu
d'éloignementde la paupière et du sourcil est un caractère de l'école
de Phidias que nous avons déjà plusieurs fois signalé (pi. 122) ^; tou-
tefois, les yeux sont plus ouverts que dans les tètes de la frise du
Parthénon -.
PLANCHE 124
TÈTE EN MARBUE DE DIONYSOS
{Musée du Louvre.)
Cet hermès colossal en marbre pentélique provient de la collection
Campana. Bien qu'il ait été fortement restauré ^, on y reconnaît un
beau modèle du v« siècle, s'éloignant des types de Phidias par la
forme allongée et le peu d'ouverture des yeux, et se rapprochant de
ceux de Myron par le traitement des cheveux et de la barbe. L'ex-
pression est à la fois majestueuse et bienveillante, avec une nuance
de tristesse. La bouche est très faiblement ondulée et la lèvre infé-
rieure, assez forte, ne présente pas une courbure régulière. Dans le
catalogue italien du musée Campana, ce buste était décrit comme un
portrait de Numa Pompilius. C'est, d'ailleurs, une copie d'époque
romaine et il est possible que l'écharpe ceignant la tète soit une
addition du copiste *.
' Vuir mon article de la Gazelle des Beaux- A ris, 19Ui, II, p. 4o3.
' Arndt, GlyploUièque de Sy-Carlsbery. pi. 14.
' Le nez, le haut du diadème, (juelques touffes de cheveux, toute la partie
inférieure de la barbe et des bandelettes sont modernes.
* Photographie Giraudon, n* M'i'i ; Froehner, yolice, u" 2U8.
PLANCHE li'5 99
PLANCHE 125
TKÏE EN BRONZE DE DIONYSOS
{Musée de Naples.)
Pendant longtemps on a reconnu dans ce chef-d'œuvre, découvert
en 1753 à Herculanum, un portrait du philosophe Platon'.
Fr. Lenormant, suivi par M. Golli<^non, y a vu un Poséidon ; il existe,
en effet, une monnaie de Tarente, au revers de laquelle figure Po-
séidon assis, la tète inclinée dans une attitude presque identique ^.
Toutefois, l'arrangement très soigné des cheveux ne convient pas
au dieu des mers ; la seule désignation acceptable, quoique difficile
à établir avec certitude, est celle de Dionysos. La grosseur insolite
du cou, qui rappelle l'encolure du taureau, est un indice delà nature
du dieu. Le type est assez semblable à celui de Dionysos barbu sur les
reliefs représentant la visite du dieu chez Ikarios ; on le trouve aussi,
dès le Y** siècle, sur des monnaies de Naxos en Sicile.
Bien que ce buste ne soit pas un original, ni un fragment détaché
d'une grande statue, mais une copie un peu sèche de l'époque
d'Auguste, il est évident qu'il reproduit avec fidélité un grand bronze
de la plus belle époque de l'art. Winckelmann y saluait avec enthou-
siasme « l'idéal lui-même », éloge qui ne semble pas exagéré.
L'expression pensive et discrètement douloureuse annonce les
créations du génie de Praxitèle ; mais le traitement minutieux et
symétrique des cheveux et de la barbe oblige de faire remonter
l'original jusqu'aux dernières années du v^ siècle. Les grosses boucles
de cheveux ont été fondues à part et soudées ; elles offrent quelque
analogie avec les boucles des tètes de Phidias. L'inclinaison de la
tète fait songer à Céphisodote, dont le style, connu par l'Eiréné de
Munich, paraît avoir, en effet, marqué la transition entre Phidias et
* Il n'y a de moderne que l'intérieur des yeux.
" CoUignon, ap. Rayet, Monuments de l'art antique, t. II, pi. 54, p. 2.
100 PLANCIIKS 126. 127 ET 128
Praxitèle. On pourrait sans témérité, lui attribuer l'original du
Dionysos de Naples *.
PLANCHES 126, 127 ET 128
TÊTE EN MARBRE DE JEUNE FEMiME
{Musée de Berlin.)
« Un des plus nobles morceaux de la sculpture grecque », disait
M. Furtwaengler en publiant cette tète colossale -, dont le style est
voisin de celui de l'Aphrodite de Mélos et qui mérite d'être louée ainsi.
La largeur de la manière de Phidias et de ses disciples s'y allie au
sentiment délicat et personnel qui caractérise l'art attique dès le pre-
mier tiers du siècle suivant. Le front est triangulaire, comme dans
l'Aphrodite de Cnide, les yeux peu ouverts, la bouche encore forte,
avec des coins nettement marqués au trépan ; l'expression est celte
tristesse contenue qui voile la physionomie delà Déméter hellénique
et des figures funéraires depuis le dernier quart du v" siècle.
La tète qui nous occupe provient d'une grande stèle funéraire en
haut relief, découverte dans la nécropole d'Erétrie (île d'Eubée) ;
elle devait être engagée dans un torse de femme drapée et assise, rele-
vant un pli de son voile de la main droite. Il est instructif de la com-
parer à la Déméter de Cnide (pi. 177), moins ample de formes et plus
voisine de Praxitèle, alors que la tête de Berlin est plus proche de
Phidias. Elle ne peut guère, à mon avis, être postérieure à l'an 360
avant J.-C. La persistance du style de Phidias dans les sculptures
* Compurelli el Du l'etra. Villa ercoln/iese. pi. VIII, 2; Lcnormanf. La (Wande
(irèce, t. I, |). '.)l: Rayet, Monuments de l'art antique, I. II. pi. 54 (arliclc de
M. Collif^Mon) : Krioderichs-Wollers, Hipsalxjiisse, n" 1285; Beiuidorf, Osterrei-
chische Jakreshef'te, t. IV, p. 172; lirunn-Bruckmanii, Uenkmâler, n» 382: lliillc,
Der schône Menac/i, pi. 75.
* Hauteur : O" 37. Ancienne collection formée k Athtncs par le ministre de
Russie comte SahourofT.
PLANCHE 129 101
funéraires du iv'' siècle a été très bien expliquée par M. E. Gardner ';
nombre de sculpteurs employés à ces travaux devaient avoir fait
leur apprentissage dans les grands chantiers de l'Acropole et
formé, à leur tour, des élèves imbus des mêmes traditions -.
PLANCHE 129
TETE EiN MARBRE DE DEESSE
{Musée (le Berlin.)
Nous sommes ici en présence d'une de ces nombreuses sculptures
attiques qui, en plein iv^ siècle, continuent les traditions du v®, par
les raisons que nous avons indiquées dans la précédente notice. Cette
tête colossale =', coiffée d'un polos artistement décoré, a toute la lar-
geur de style des figures du Parthénon ; seule l'atténuation des
paupières inférieures trahit l'influence de l'art nouveau, épris des
transitions douces et des modelés discrets. La bouche, peu ondulée,
présente encore un type archaïque. Le grand développement de la
partie supérieure du visage, comparé à la petitesse de la lèvre supé-
rieure et du menton, ainsi que la coupe particulière des yeux, font
pensera l'Amazone de Polyclète, telle qu'elle nous est connue par
la copie du Musée britannique (pi. 53). Il n'est pas impossible qu'il
y ait dans cette tète un souvenir de la Héra de Polyclète. Une déesse
coiffée d'un haut diadème peut être Héra, Déméter ou Kora ; mais il
est probable que la tète de Berlin représente Déméter '.
' Uardner, Handbook, p. 393, 394.
* Furtwaengler, Satnmlunc/ Saburoff, t. I, \\\. 12-14; Besckreibuny der anliken
Skulpluren zu Berlin, n» 743.
' Hauteur : 0"'4C; le nez et les lèvres sont restaurés. Ancienne collection
SabourofT.
* Furtwaengler, Sanimlung Sahuro//', t. I, pi. 7 ; [Conze], Beschreibung der
Skulpturen zu Berlin, n» 614.
102 PLANCHE 131
PLANCHE 130
TÊTE EN MARBRE D'ÉPHÈBE
{Musée de Berlin.)
On peut considérer cette petite tète *, qui provient, dit-on, de
Sunium, comme un des spécimens les plus caractéristiques de la
sculpture attique entre l'époque de Myron et la fin du v" siècle. La
chevelure, rayonnant à partir du sommet du crâne et formant comme
une calotte, est encore dans la tradition myronienne (cf. pi. 68). Les
yeux sont remarquables par leur petitesse, les paupières minces
et l'indication très atténuée de la glande lacrymale ; la bouche est
grande, avec ligne médiane bien ondulée. L'ensemble dégage une
expression un peu rêveuse qui annonce l'art de Praxitèle. L'oreille
gauche est tuméfiée, alors que l'oreille droite ne l'est pas ; c'est là
un trait fourni par l'observation, car l'oreille gauche était plus exposée
que la droite aux coups portés par la main droite de l'adversaire. Ce
détail prouve aussi que cette tôte juvénile est celle d'un athlète ^
PLANCHE 131
TÊTE EN MARBRE DE JEUNE FEMME
{Musée du Louvre.)
Le musée d'Héraclée en Crète possède une statue féminine pro-
venant de Kisamos dont la tète est presque identique à celle qui
' Hauteur : 0" 195. Ancienne collection SabourofT.
' Furtwaengler, Hammlung Saburo/f, t. 1, pi. 38; Beschreibung der Skulpturen
zu Berlin, n» l>4'.>.
PLANCHES 132 ET 133 103
nous occupe' et qui porte le cliilon dorien, à la mode du v" siècle-.
Il y a une réplique de cette statue dans l'ancienne collection Ludo-
visi^et l'on connaît au moins trois répliques isolées de la tôte, à
Ny-Carlsberg, dans la collection Torlonia et au Musée britannique *.
Le style est analogue à celui de la prétendue Déidamie du fronton
occidental d'Olympie ; c'est donc, vraisemblablement, une œuvre
péloponnésienne. Avant même de connaître la statue d'Héraclée,
M. Arndt avait rapprocbé les tètes analogues de celles des figures
de femmes, généralement appelées Aphrodite, qui servent de support
aux miroirs de bronze découverts à Corinthe et qui sortent d'une
fabrique corinthienne ou sicyonienne^.
PLANCHES 132 ET ^33
TÊTE EN MARBRE D'ATHÉNA
{Musée de Constantinople.)
La statue d'Athéna, plus petite que nature, à laquelle appartient
cette tète *, a été découverte à Leptis en Tripolitainc. Elle représente
un type dont on ne connaît pas d'autre exemplaire, mais dont l'ori-
ginal paraît bien être péloponésien et remonter à la fin du v® siècle.
Le front est tout à fait droit; les yeux sont bien ouverts, comme dans
les tètes de Polyclètc (pi. 51); le menton fait une légère saillie.
L'expression juvénile et virginale contraste avec l'apparence éner-
gique et la maturité de l'Athéna Parthenos. Ce charmant morceau,
' Nez moderne ; la tète est placée sur un buste moderne.
* Mariani, Bullellino comunale, 1897, p. 169. pi. 12 et 13.
' Brunn-Bruckmann, Denkmâler, n» 357.
* Cf. .Vrndt, Glyplollièque de Ny-Carlsberg, texte des pi. 31. 32.
* Photographie Giraudon, n» 1248; Clarac, Musée. 111;), 3521; Arndt, Ghjplo-
fhèque de Ny-Carlsberg, p. 49.
" S. Reinach, Répertoire de la statuaire, t. II, 274. 7.
104 PLANClli: 134
aussi cliarniant quénigmatiquc, mérite d'être signalé une fois de
plus à l'attention des archéologues*.
PLANCHE 134
TETE EN MARBRE DE JEUNE FEMME VOILEE
{Musée du Louvre.)
Il est fâcheux qu'une restauration peu adroite du nez ait porté
atteinte au charme de cette tète en marbre de Paros, rapportée
d'Apollonie en Épire par M. Ileuzey. C'est une œuvre de style encore
sévère, certainement antérieure à Praxitèle, et dérivant sans doute
d'un modèle des premières années du iv" siècle. Le buste était des-
tiné à l'insertion dans une figure drapée assise et l'ensemble devait
présenter de l'analogie avec la Démétcr de Cnitle. M. Heuzcy, suivi
f)ar M. Overbeck, y a reconnu, en effet, une Déméter, déesse àlaquelle
son expression attristée pouvait tenir lieu de tout attribut-. Une
figure deDémétcr, sculptée dans l'attitude qu'on peut présumer pour
celle du Louvre, se voit sur un bas-relief découverte Eleusis, ex-voto
de Lakrateidèsd'Icarie''. Toutefois, le type de Déméter assise, mélan-
colique et voilée, a été prêté de bonne heure à de simples figures
funéraires* et il est probable que la tête d'Apollonie a fait partie d'un
* Kiirtwaengler. Orifjinals lai tien in Venedig, p. 7 (Abkandlungen der haijevischeii
AkadPtnie, t. XXI, pclile simili jçravurc de la statue entière) ; Bulle, iJer schone
Mensch, p. 43 i\^. 13 (ensemble) et pi. 109 (la tête); Joubin, Catalogue dit Musée
impéfial olloinan, w 20.
* Clément d'Alexandrie (Protrepl., p. 50, P) dit qu'on reconnaissait Déméter
àrJj T?,; Tjjjioopâ;, e'esl-à-dire à la nuir(|uc de ses malheurs.
"■ Mken'tsche Mill/teilungen, t. XVI, p. 4: Hlocli. art. hofu dans le Le.vi/,on de
Roscher. p. i.362; Ileberdey. Feslschrlft fUr Benndorf, \). 161, pi. 4: Ruliland, Pie
Ehusinlschen (liillinnen, j). 61.
* l'iir c.xeniplf, Conze, Allincfie Reliefs, t. I, pi. 114.
PLANCHES 135 ET i:J() lOo
monument de ce genre, comme celle de l'ancienne collection
Sabourolï à Berlin (pi. 126-128).
On observe, sur la gauche delatôte, une section plane, à laquelle
s'adaptait la partie manquante de la chevelure ; des raccords de ce
genre ont été fréquemment constatés sur les marbres grecs de la plus
belle époque*. Les cheveux sont ondulés symétriquement, comme
ceux des Danseuses de Delphes-, les sourcils très rapprochés des
paupières, qui sont un peu gonflées, les joues légèrement creu-
sées comme par la souffrance, la bouche peu ondulée et sévère.
Le cou présente des plis accusés où l'on a coutume de reconnaître
l'influence de Praxitèle, mais que cet artiste; n'a sans doute pas été le
premier à indiquer ainsi '.
PLANCHES 135 Eï 136
TÈTE EN MARBRE DE DÉESSE
{Musée d'Arles.)
L'original dont ce beau marbre^ est une copie devait être en bronze ;
on sent l'influence du métal dans le travail des cheveux et dans la
silhouette très nettement découpée de la lèvre inférieure. Le buste était
certainement destiné à l'insertion dans une statue drapée. Le nom
d'Aphrodite, qu'on lui donne généralement, est contestable ; celui
d'Artémis conviendrait mieux à la sévérité virginale de l'expression.
Le nez est brisé d'une manière si malheureuse que les moulages
de la tète d'Arles et les reproductions directes qu'on en a faites^
« Héron de Villefosse, Monuments Piol, 1. 1, p. 72.
* Radet, Histoire de l'École française d'Athènes, fig. à la p. 393.
^ Photographie Giraudon, nollOS; Heuzey, Mission de Macédoine, p. 395. pi. 32;
Monuments grecs, 1873-74, p. 5 et pi. I ; Overbeck, Démêler, p. 689; Bloch, art.
Kora dans le Lexikon de Roscher, p. 13G2.
' Découvert en 1823 au théâtre d'Arles; plus grand que nature.
' Par exemple Gazette des Beaux-Arts, 1893, I. p. 337.
106 PLANCHE 137
présentent un aspect très déplaisant. Le moulage du musée de
Saint-Germain a été complété avec grand soin par le sculpteur
Lanson ; nos dessins ont été exécutés d'après des photographies de
ce moulage.
MM. BernouUi, Wolters, Klein et d'autres savants ont attribué
l'original de cette tête à Praxitèle et l'ont rapprochée de l'Aphrodite
de Cnide et de la Niobé. Tel n'est pas notre sentiment. L'auteur était
plus âgé que Praxitèle ou s'inspirait d'une tradition plus archaïque.
Les yeux sont très peu ouverts, mais encadrés de paupières sail-
lantes et anguleuses qui sont plus voisines de l'Athéna de Vellctri
que de la Cnidienne. La bouche, dont la ligne médiane est peu
ondulée, offre également les caractères de l'art du v<= siècle. On no
connaît pas de répliques de cette tête ; celles qu'on en a rapprochées
ne présentent avec elle que des analogies générales*.
Au milieu du bandeau, on distingue un trou destiné à l'insertion
d'un ornement en métal, qui était peut-être un diadème, à moins
qu'il n'ait servi à fixer le ménisque^, tige métallique destinée à
écarter les oiseaux'.
PLANCHE 137
TÈTE DE DÉESSE
{Masée de Boston.)
De la collection de Broadlands, où elle fut autrefois décrite par
M. Michaelis, celte tête* a passé au musée de Boston; la photogra-
phie que j'en ai reçue, identique à celle qu'a reproduite M. Klein,
* Tête du Louvre, sur une statue dite Anchyrrhoé (Clarac, 324, 1834); lôlo tle
Hotiton (Klein, l'raxileles, fig. GO, 67); voir la notice suivante.
* Cf. le texte de la pi. 3.
' \\cT\wu\\\, Aphrodite, rronlispice (lithographie) et p. 213; Friederîchs-Wolters,
tiij)sahgUii.se, n» 4o7; Klein, l'raxileles, p. 344, (ig. (14.
* .1 beauti/'ul f/reek head of coarae-yrained inarble, probably Partait, tlie surface
iHucli corroded (Michaelis). Le visage a 0'",21 de haut.
PLANCHE 138 107
ne justifie pas, à mon avis, l'opinion de ce dernier, qui y reconnaît
une réplique meilleure de la tête d'Arles. II y a des différences essen-
tielles entre ces deux têtes dans la forme des paupières et dans le
dessin de la bouche, différences qui ne s'expliquent pas suffisam-
ment par le fait que les photographies ont été prises sous des angles
différents. Toutefois, il existe, entre la tête d'Arles et celle de Boston,
une analogie générale assez marquée, en particulier dans la forme
du visage et dans la chevelure, pour qu'on doive admettre qu'elles
ont subi l'influence d'un modèle commun. N'ayant pas vu la tête de
Boston et n'en connaissant même pas de moulage, je m'abstiens
d'être affirmatif à ce sujets
PLANCHE 138
TÈTE EN MARBRE DE JEUNE FILLE
{Musée du Louvre.)
Le sculpteur Steinhaeuser, vers 1860, avait remarqué ce buste à
Rome et l'avait fait mouler; en 1883, il a passé de l'atelier romain du
sculpteur Jcrichau au musée du Louvre^.
C'est une œuvre exquise, d'une expression toute virginale, qui
paraît avoir été insérée dans la partie supérieure d'une figure drapée,
ce qui suggère l'idée d'une image funéraire ou votive. L'original,
peut-être en bronze, ne devait guère être postérieur à 400, vu la
régularité des cheveux, la grosseur des paupières et la faible
ondulation de la ligue médiane de la bouche. C'est peut-être le
plus ancien exemple connu de l'emploi de deux petites boucles déta-
chées sur le front pour atténuer le passage de la chevelure au visage ;
■* Klein, Praxiteles, fig. CG (l'ace), fig. 67 (profil) : Michaelis, Ancient niarbles in
Great Brilain, Broadlands, n» 6; Farnell, Culls of the fjreek stales, t. II, p. 718.
* Hauteur : On», 23. Restaurations : le bas du nez, le milieu de la lèvre supérieure,
une partie de la paupière et du sourcil droit; raccords à la joue et à l'oreille
droite.
108 PLANCHE 13!)
M. Collignon, en publiant cette tête, a disserte fort agréablement
sur ce détail.
On n'en connaît pas de répliques* .
PLANCHE 139
TÈTE EN BRONZE DE DÉESSE
[Muiiée britannique.)
Newton, dans une lettre au Times du 10 avril 1873, vantait le
« charme transcendant » âe cette tête, qui appartenait alors à
Alessandro Gastellani et dont il recommandait l'acquisition. A ses
yeu.x, c'était un spécimen unique de l'art des bronziers grecs à
l'époque de Phidias-. Les éloges de l'ancien conservateur du Musée
britannique peuvent paraître aujourd'hui exagérés ; mais il semble
que l'attribution au v'' siècle, sinon du bronze lui-même, du moins
du type qu'il reproduit, est plus vraisemblable que l'opinion plus
récente, qui voit là une copie libre de l'Aphrodite cnidienne de
Praxitèle. En vérité, il n'y a rien de praxitélien dans cette tète aux
contours un peu âpres, à l'ossature puissante ; c'est une œuvre du
<lébut du IV® siècle, encore inspirée des grands maîtres du v*.
Le lieu de la découverte est Sadagh près dErzindjàn en Arménie
(Erizaj, siège d'un ancien culte d'Anaïtis, que les anciens identi-
fiaient avec Artémis ou Aphrodite. En même temps que la tète, on
aurait découvert une main gauche écrasée tenant un pli de draperie.
Ces indices ne suffisent pas à justifier l'hypothèse de Rayet, suivant
laquelle la tète de Sadagh serait le reste d'une réplique en bronze de
l'Aphrodite de Gnide. La comparaison avec les bonnes copies de la
(Cnidienne n'autorise nullement à rapprocher d'elle ce morceau d'un
caractère bien différent.
' ColliKtion, Moninnenls Viol. I. II, |). Vol, \}\. 18, l!) (d'après deux photogra-
pliifs autres que celle dont notre dessinateur s'est servi).
• Newton, Essaya, p. 401, 402.
PLANCHES 140 ET 141 109
La chevelure ondulée, rejetée des deux côtés du front, est serrée
par un bandeau qui a souffert, mais où l'on distingue les traces
d'ornements (sans doute en or) qui y étaient insérés. De part et d'autre
de la raie descendent deux petites boucles, pareilles à celles que
l'on observe dans la tète reproduite sur la planche précédente. Les
yeux, très ouverts, étaient remplis d'une substance vitreuse ou
émaillée. Le nez est fort, la bouche entr'ouverte, mais sévère, avec
coins tombants, le menton énergique. Le modelé des joues est
vigoureux et atteste l'originalité du travail, qui ne saurait être une
copie. La statue devait être une œuvre grecque de haute valeur,
vouée par quelque roi dePerse,pcndantla première moitié du iv" siècle,
dans le sanctuaire d'Anaïtis à Eriza*.
PLANCHES 4 40 ET 141
TÊTE DITE D'APHRODITE
(Musée du Louvre.)
Je considère la statue colossale dite Vénus de Milo comme repré-
sentant une Amphitrite, analogue à celle que l'historien Philochore,
vers 300 av. J.-C, signalait dans l'île de Ténos et qu'il attribuait à
Télésias, sculpteur d'ailleurs inconnu-. Il me semble d'ailleurs évi-
dent que l'Aphrodite de Melos a été sculptée avant le milieu du
IV'' siècle et qu'elle marque comme la transition entre l'art des élèves
de Phidias et celui de Praxitèle; telle était, d'ailleurs, l'opinion géné-
ralement admise, depuis l'époque de la découverte jusqu'aux envi-
* Culalof/iie of the bronzes in Ihe Brilisli Muséum, ii" 200: Newton, Caslellani
Colleclio7i, pi. I, et Essays, p. 400;. Murray. llislory of greek sculpture, t. Il,
p. 274, pi. 24; Rayet, Monuments de l'art antique, t. Il, pi. 44; CoUignon. His-
toire de la sculpture grecque, t. H, p. 477; Brunn-Brukmann, Denlcmûler, n»» 55
et. 56.
* Philochore ap. Clément d'Alexandrie, Prolrept,, IV, p. 41 (Overbeck, Schri/'t-
quellen, n» 1371), Cf. Chronique des ar/s, 9 juillet 1898. p. 226.
110 PLANCHES 142 ET 143
rons de 1880 ^ Celle de M. Furtwaengler, qui y voit une œuvre pseudo-
classique voisine de l'an 50 av. J.-C, m'a toujours semblé une héré-
sie de cet illustre archéologue; je ne puis comprendre qu'elle ait
trouvé et qu'elle garde encore des partisans.
Le bout du nez est restauré en plâtre, mais la restauration est cer-
taine. Sauf quelques éraflures, la conservation de la tête est excel-
lente ; la partie inférieure des lobes des oreilles, qui étaient peut-
être percés pour recevoir des pendants, a été arrachée au moyen âge
et n'a pas été rétablie; un ornement en métal, ou plutôt un ménis-
que (cf. pi. 3), était fixé au milieu du bandeau.
H y a une légère dissymétrie entre les yeux et les coins de la
bouche, caractère fréquent dans l'art antique comme dans la nature,
mais qu'il ny a pas lieu d'attribuer, comme on le fait parfois, à
l'influence exercée sur le sculpteur par son modèle.
La tète de la Héra du Capitole, la tète Caetani et celle de l'Artémis
de Mételin ressemblent à celle de l'Aphrodite de Melos ; mais il n'existe
aucune réplique proprement dite de cette statue, preuve qu'elle n'est
pas elle-même la copie d'un original célèbre, mais un original qui,
étant resté à Melos, n'a pas été copié à l'époque romaine-.
PLANCHES 142 Kï 143
TÈTE EN MARBRE DE HÉRA(?)
[Mutiée du Capitule.)
La statue que surmonte cette tête est connue à Rome depuis le
milieu du xvi** siècle; elle appartenait alors à la collection Cesi"'. On
* Voir, par exemple, Froehner, Notice, n» 13(1, p. I(i8.
* Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. Il, p. 4G8, pi. Il (la meiiieuir
reproduction de la statue eiiliî'rc): Gardner, Ilandbook, p. 482; Kiirlwaengk'r.
Maslerpieces, p. 367; S. Reinach, Revue archéulor/i(/ue, 1902, II, p. 207 (avec ren-
voisaux travaux récents sur les circonstances de la découverte, etc.) ; Chronique
des Arts, 1903, I, p. 83.
' S. Reinach, L'Album de Pierre Jacques, pi. 14. La statue entière, Ciarac,
Jfu«é«, 417, 727. Le bout du nez et quelques morceaux des lèvres sont modernes>
PLANGiii: 144 m
la désigne généralement sous le nom de liera, bien qu'aucun
attribut ne vienne confirmercette désignation; mais celles de Persé-
phone oudeKora, qu'on a proposées, ne sont pas moins hypothétiques
et ont l'inconvénient d'être nouvelles.
Le type est assez voisin de celui de l'Aphrodite de Mélos (pi. 140
et 141). Le travail des cheveux n'est pas moins libre que dans la
statue du Louvre et le modelé de la bouche est presque identique;
toutefois, la tète du Capitole est un peu plus carrée du bas et les yeux
sont peut-être plus allongés. Je n'hésite pas à croire que l'original
appartient, comme celui de l'Aphrodite, aux environs de lan 400
av. J.-C. et qu'il est le produit d'une école encore dominée par le
génie de Phidias. M. Furtwaengler et M. Helbig attribuent l'original à
Scopas, ce que je crois absolument inadmissible, et pensent que la
copie du Capitole a été exécutée à Pergame, ce qui est, en effet,
assez vraisemblable.
AlM.Arndtet Amelung rapprochent avec raison de cette tète celle
de l'Artémis deMételin(pl. 163); maisilsme semblentégalementdans
l'erreur lorsqu'ils attribuent ces œuvres à la seconde partie du
iv^ siècle et non à la première^.
PLANCHE 144
TÈTE EN MARBRE D'ARÏÉMIS (SÉLÉNÉ)
{Musée du Vatican.)
Deux petits trous dans le bandeau ont servi à l'insertion d'un
croissant lunaire en métal. Il est presque certain que la statue
entière, bien conservée, représente Séléné en marbre qui, ayant
aperçu Endymion, s'arrête tout à coup et le regarde avec intérêt^.
* llelbig, Fulirer*, t. I, p. 3G6, ii" 547 ; Brunn-Bruckmann, Denkmdler, n» 3b9:
Arndt et Ameluiig, Einzelau/'nahmen, ii"* 470 et 471 (la tête seule) ; Kurtwaen-
gler, Masterpieces, p. 392, flg. 173.
* La statue entière, Clarac, Musée., 577, 1244. Le liez est moderne.
112 PLANCllL 145
L(i sujet ainsi traité appartient à l'art hellénistique et la statue du
Vatican n'est guère qu'une copie romaine d'une œuvre postérieure
elle-même à Alexandre. Si la tôte de la déesse figure ici, c'est à
cause de l'analogie quelle présente, surtout dans le traitement des
cheveux, avec celle dont il vient d'être question. On sait que la sculp-
ture hellénistique a souvent cherché des inspirations, sinon des
modèles, dans l'art du v*" et du iv" siècle ; c'est même de cette con-
sidération que s'est autorisé M. Furtwaengler pour faire descendre
jusqu'à l'époque gréco-romaine l'Aphrodite de Melos, dont il recon-
naît cependant la parenté avec les œuvres de Phidias. Dans le cas
de l'Artémis du Vatican, l'attribution d'une date aussi basse n'est
pas invraisemblable. La petite boucle de cheveux au-dessus de
l'oreille est un détail qui ne se trouve guère avant la seconde
moitié du iv*^ siècle; il paraît ici comme un ornement superflu cl
manquait probablement à la tète grecque que le sculpteur hellé-
nistique a imitée.
PLANCHE 145
TÊTE VIRILE EN MAUBRK
{Musée (le lierlin.)
Ce fragment d'un haut relief, sculpté vers le milieu du iv** siècle,
a été découvert à Sunium-. Comme la Déméter de la planche 12G,
c'est un intéressant exemple de la survivance du grand style du
V* siècle c'i une époque oîi d'autres tendances avaient déjà prévalu
dans l'art. L'expression calme et sereine de la physionomie est plus
voisine des modèles de Phidias que des tètes barbues sculptées sous
l'influence de Praxitèle, comme le Sardanapale du Vatican (pi. 197),
' HclhiK. Fnlirer*, t. I, n» 25, (|iii cilc la bibliographie antéricuro, IW's |)aijvrc;
Kobert, Sarkop/iuffi-eliefs, t. III, p. 53.
* Hauteur : 0",17. Ancienne collection SabourofT à Athtnes,
PLANCHE liG H3
le Zcus d'OtricoIi(pl. 194),rAsklépiosdcMelos(pI. 105), où lamajcsté
s'empreint d'une nuance de tristesse. Le dessin fortement accusé
de la bouche et de la lèvre est aussi un souvenir de l'ancien style.
La tète provient vraisemblablement d'un bas-relief funéraire de
grande dimension'.
PLANCHE 146
TETE EN MARBRE DE DIONYSOS
[Glyptothèquc de Nij-Carlsberg.)
Le comte ïyskiewicz, qui possédait cette tète colossale, ma fait
présent de la photographie que reproduit notre planche. C'est une
sculpture décorative, adroitement et rapidement exécutée, d'après
un beau modèle de la tin du v'' ou du commencement du iv'' siècle.
La tète, enguirlandée de raisins, est ceinte d'un bandeau, au-
dessus duquel on aperçoit le sommet du triangle frontal. La forme
triangulaire donnée au front ne se constate pas, dans lart grec,
avant les dernières années du v^ siècle et n'y devient ordinaire qu'à
l'époque de Praxitèle-. L'expression a quelque chose de lourd et de
rude, avec un regard fixe rappelant celui du taureau ; mais M. Arndt
exagère sans doute en y discernant une « expression excessive-
ment bestiale », une « fougue sauvage et effrénée », « une brutalité
impétueuse ». Ce sont là de bien gros mots pour une sculpture où
tout est indiqué avec discrétion ^
' Furtwaengler, Sammluiif/ Sahuvo/f, t. I, pi. 2i: [ConzeJ, Besclweibung der
SkulpLiiren zu Berliti, n° 7o3.
* Arndt, Glyplothèque de Ny-Cavlsberg, p. 113.
' Arndt. Glyplothèque de Ny-Carlsberg, pi. 71.
114
PLANCHE 147
PLANCHE 147
TÊTE EN MAHBRK DE Gl EHHIER
{Muxéc National (VAthènes.)
Des fouilles cxéculées en 1879 au temple d'Athéua Aléa à Tégée,
reconstruit après l'incendie qui le consuma en 395, ont fait retrouver
Fig. 13. — T1%TE DE DÉESSE (?)
(lécouverlc sur l'Acropole <rAtliôiics '.
(pirhjues fragments des sculptures des frontons qu'il cstpermis d'at-
fribucr à Scopas-. De ce nombre est la tète que nous reproduisons,
' Bniiiii-UriK-kmaiiii, Dcnloni'der, ii" 174 a ; Jiilius. Atlien. Mitlheiluntjen, 1876,
I, |»1. 13. p. loy ; GardiKT. llundbook, p. 418, fig. lOI.
* Krozer, PuuaaniaH, t. IV, p. 42u fl siiiv. l'ausuiiiu» no dit pas (|ucles frontons
IT.ANGIIE 147 415
d'après la restauration on plâtre qui en a été faite au musée de
Dresde. Quelque mutilé que soit l'original, la restauration est
certaine ; l'impression de froideur académique qui s'en dégage
tient à la qualité du travail moderne, mais les copies romaines qui
nous sont parvenues de chefs-d'œuvre grecs n'offrent pas plus de
garanties de fidélité. Cette tète est donc pour nous le point de départ
obligé de toute étude sur l'art de Scopas.
Le caractère qui irappe tout d'abord est la carrure, le développe-
ment du menton et du ma.xillaire inférieur. En second lieu, le sinua
frontal est très accusé, contrairement à ce qu'on observe dans les
tètes de l'école de Phidias. L'œil, à demi noyé sous l'ombre de l'ar-
cade sourcilièrc, est très enfoncé dans son orbite, ce qui donne à la
physionomie une expression pathétique et presque douloureuse. La
distance entre le nez et la bouche est petite. Ces caractères se
retrouvent dans les tètes d'Héraclès et de Méléagreque l'on attribue à
Scopas ou à son école ; on les constate aussi dans certains portraits
d'Alexandre le Grand, qui dérivent en partie d'œuvres deLeocharès,
élève et collaborateur de Scopas. La source de cette sculpture expres-
sive et passionnée doit être cherchée dans l'école attique de Myron ;
toutefois, l'influence de l'école argienne (Polyclète) est aussi sensible
dans la carrure du visage et dans la petitesse relative de la distance
entre le nez et la lèvre. Là où ces caractères ne se trouvent pas
réunis, mais où les yeux seuls sont scopasiens, comme dans la belle
tète découverte sur la pente sud de l'Acropole d'Athènes (fig. 13),
on peut reconnaître l'inspiration de Scopas, mais non sa main^.
lussent l'œuvre de Scopas, mais il dit que Scopas fui l'architecte du temple et il
décrit ensuite les frontons sans les attriiiuer à un autre artiste. Le cas est ana-
logue à celui des frontons du Parthénon, que l'on considère, sans plus ni moins
de raison, comme l'œuvre de Phidias. Cf. Gardner, llandhook. p. 350.
' Treu, AllienisclieMillheilunQen, t. VI (1881), p. 393, pi. 14-15; Anlike Denlunàler.
t. I. pi. 35, p. 21, 22; Brunn-Bruckmann, Denkmûler, pi. 44 ; S. Reinach, Revue
archéoL, 1900, H, pi. 17 (la même tête de face), p. 391; Gazelle des Beuux-Arh.
1890, If. p. 340; Baumeister. Denkmûler, t. III, p. 1()G7, fig. 1732; Gollignon, His-
toire de la sculpture grecque, t. II, p. 237, fig. 118 : B. Graef, Rômisc/ie Mitlliei-
luuf/en, t. IV (1889), p. 189; Gardner. Handbook, p. 380 ; Perrot, Monuments Viol.
t. I, p. 19 et suiv.
lie
PLANCHES 148 ET 149
PLANCHES 148 ET J49
TÊTE EN MARBRE D'HÉR AKLÈS
{Musée (lu Louvre.)
Jo ne sache pas que les archéologues contemporains se soient
occupés de ce beau buste, en marbre grec et de grandeur naturelle»
Fig. 14. — TIvTE EN MARBRE D'IIKRAKLÈS JEUNE
flrcouvcrlc il A<>(|iiuiii.
qui se rattache à un groupe de têtes viriles attribuées à l'école de
Scopas dont nous devons surtout la connaissance h M. Botho Graef
(cf. pi. 152). Il provient du chùtcau de Richelieu, où nombre dcsculp-
PLANCHES 150 ET 151 117
turcs venues d'Italie avaient trouvé asile * ; malheureusement, il a
<^'té assez fortement restauré ^.
Une tête analogue d'Héraklès jeune a été découverte à Acquum
en Dalmatie (Sindj) ; on y remarque, comme dans celle du Louvre,
la saillie frontale accusée, l'œil enfoncé dans son orbite et la forme
presque exactement sphérique du crâne (fîg. 14) '•'. Les cheveux,
coupés court, sont traités avec liberté et se relèvent en demi-cercle
sur le front. L'art grec de cette époque commence à comprendre le
parti qu'il peut tirer du contraste entre la chevelure rugueuse, avec
ses saillies où la lumière s'accroche, et le poli des chairs où elle
s'épand'*.
PLANCHES 150 ET 151
ÏÊTE EN MARBRE D'ATHLÈTE
{Ghjptothèque de Ny-Carlsberg.)
Voici encore un beau marbre provenant d'Athènes, qui a passé de
la collection du comte Tyskiewicz dans la glyptothèque fondée par
M. Jacobsen. Cette tête, un peu plus petite que nature^, représente
un athlète vainqueur, comme le prouvent les oreilles (en particulier
' Cf. Boislisle et Michon, Mémoires de la société des antiquaires . t. XLII. j). 71
et Bulletin, t. LV, p. 169.
- J.-B. de Saint-Victor, ap Bouillon, Musée des antiques, t. II, pi. 133 : « Le nez
et les oreilles ont été restaurés avec maladresse, moins mal cependant que la
bouche, dont la restauration est si mauvaise qu'elle détruit l'ensemble. » Gela
est fort exagéré.
^ Schneider, Archaeol. epigr. Mittheilungen, 1885, p. 57, pi. I; S. Reinach, Gazette
des Beaux-Arts, 1886, I, p. 413, 429.
* Ilomolle, Bulletin de correspondance hellénique, 1899, p. 458 (voir ibid., p. 462,
des observations analogues sur l'effet du travail des draperies avec la râpe.).
— Photographie Giraudon, n» 1240; Bouillon, Musée, t. II. pi. 153; Clarac, Musée,
1085, 2810 a.
* Hauteur : 0°-,24. '
118 PLANCHES i'6-1 ET 153
lorcille droite), fortement tuméfiées par les coups de poing (cf. pi. 1).
Les globes des yeux sont sculptés dans une pierre noire, sorte de dio-
rite, et encastrés dans le marbre ; il sont, à leur tour, évidés au
milieu pour recevoir une pupille qui était probablement une pâte
vitreuse ou une pierre de couleur. La comparaison avec les tètes
reproduites sur les planches précédentes prouve que celle-ci appar-
tient également à l'école de Scopas : même saillie frontale, même
<pil encaissé et baigné d'ombre \ même intervalle réduit entre le nez
et la bouche. La ressemblance est surtout frappante entre le profil et
celui du guerrier du fronton de Tégée (pi. 1 47). On remarque aussi le
caractère de la chevelure , coupée court et relevée en demi-cercle
sur le front, comme dans l'IIéraklès juvénile du Louvre (pi. 148.) -
La tête de la glyptothèque de Ny-Carlsberg est d'autant plus précieuse
(juc nous devons y voir non une copie romaine, mais un original
atlique du iv*^ siècle '.
PLANCHES 152 ET 153
TKTE EN MARBRE DE MÉLÉAGRK
[Villa Médicis à Rome.)
Un Méléagre de l'école de Scopas, que les textes antiques ne men-
tionnent pas, nous est connu par une vingtaine de répliques *, dont
deux, celles de llolkham Ilall et du Vatican, sont pourvues de têtes
antiques. Le meilleur exemplaire de cette tête surmonte, à la
villa Médicis, un torse d'Apollon de l'école de Praxitèle. Elle est
sculptée en marbre de Paros et d'un si beau travail qu'on incline à
' liomolle. Bulletin de correspondance hellénique, ISD'J, p. 455.
' Le m<^me caractère se trouve dan.s la tôtc d'IU'-rakK's barbu du Must'»- bri-
tjinuiqiic (pi. 6;i), dont on a lieu d'attribuer roriginal à Myron.
" Ja<-obsen, Def ijainle (ihjptothek pnu S'i/'Carls/jery (catalogue sommaire),
n» 58: .Vrndt. lilijplolhèque de \i/-Carl.sher(j. |)l. 92 (à paraître).
• (Jra'f, Hômisclie Millheiluntfen. I. IV, p. il9; llelbig, Fahrer\ 1. I. n» 1025.
PLAiNGllE 154 119
y voir non pas une copie, mais l'original grec lui-même. La rondeur
(lu crâne, la protubérance de la saillie frontale, l'enfoncement des
yeux, la carrure du menton et des maxillaires inférieurs, enfin et
surtout l'expression intense et pathétique, tout contribue à lui
assurer une place d'honneur parmi les restes de l'école de Scopas.
Le travail des cheveux est moins pittoresque que dans l'Hermès de
Praxitèle et révèle encore l'influence de l'art du v® siècle. Les ana-
logiesavec les tètes des frontons deTégée sont incontestables, en par-
ticulier dans les yeux et dans le bas du visage ; toutefois, il y a aussi
des différences que M. B.Graef a mises en lumière et qui nous inclinent
à attribuer le Méléagre non pas à Scopas lui-même, mais à l'un de
ses élèves ou collaborateurs, comme Bryaxis ^
PLANCHE 154
TETE EN MARBRE DE MELEAGRE
[Musée du Vatican.)
Notre dessin laisse entrevoir le travail froid et superficiel de ce
marbre*, œuvre d'un praticien qui copiait un beau modèle sans
en apprécier ni en savoir rendre la qualité. La comparaison avec la
tête de la Villa Médicis (pi. 152, 153), qui est, sinon l'original, du
moins une excellente réplique due à un ciseau grec, n'est pas moins
instructive que celle de l'Hermès du Belvédère (pi. 169) avec l'Hermès
de Praxitèle à Olympie (pi. 168). Toutefois, l'expression passionnée,
chère à Scopas et à son école, se retrouve encore dans cette copie
affaiblie, avec les autres caractères scopasiens tels que la dispo-
sition demi-circulaire et l'irrégularité delà chevelure, l'exiguïté des
paupières, le développement du maxillaire inférieur. L'original
* Antike Deiikmaler, t. I. pi. 40; Graef, Rômische Mitlheilungen, t. IV (1889),
p. 218 et suiv.; Furlwaengler, Maslerpieces, p. 304, pi. 13 (l'ensemble de la
statue Médicis) ; Collignon, Histoire de la sculpture grecque, t. II, p. 230, fig. 127 ;
Bulle, Der schône Mensch, pi. 149.
- Le bout du nez est moderne.
4âO IM.ANCIIK 15.i
devait être en bronze, comme suffit à le iairc présumer le noml)rc
considérable des répliques.
La statue du Vatican, qui est très bien conservée, représente le
chasseur Méléaa^re debout à côté de son chien ; elle a été découverte
au xvi* siècle sur le Janicule à Rome^
PLANCHE 155
TETE EN MARBRE D'HÉRAKLÈS
{Munée britannique.)
Il existe plusieurs répliques de ce beau buste en marbre dcParos,
découvert en 1777 à Genzano et d'une conservation presque parfaite.
Visconti a reconnu que le personnage représenté était Héraklès jeune,
portant une couronne de feuilles de peuplier blanc liées par une ban-
delette ; ^L Wolters a cru pouvoir attribuer l'original à Praxitèle, en
insistant sur l'analogie de la tète avec celle de l'Hermès d'OIympie ;
enfin, ^L Botho Graef a convaincu la plupart des archéologues en le
revendiquant pour Scopas, dont un Héraklès jeune, au gymnase de
Sicyone, est figuré sur des monnaies impériales ^ M. Graef a très
finement démêlé les caractères qui distinguent ce type juvénile de
celui de Praxitèle et le rapprochent, en revanche, des tètes des fron-
tons de Tégée, attribuées, comme nous l'avons vu plus haut (pi. 147),
à Scopas. Les formes de Scopas sont plus pleines, plus carrées,
l'expression est plus passionnée et moins rêveuse, la cavité oculaire
est plus prononcée, la bouche plus ouverte. On sent encore, dans
les iéles de Scopas, les influences du v' siècle et l'on pressent des
œuvres romantiijues comme le Dionysos de Leyde et l'Apollon
• IMiotoKraphîe Alinari. n» 34ii a; IlclhiK, Filltrcr*, t. I, n» 137; Antuili ilelV
Jnslitiilo, 1843, p. 2;i8,pl. Il; \ir\n\u-linu-kiuimn, JJenkinâler, n«38(i: Klein, I'ra.ii-
felen. p. 3'.)4; (Jraef, HOmische MUlheilunijen, I. IV, j). 218. — La tùle scuk',
Antike Itenkmaler, l. l, pi. 40, 1.
' Journal of /telle nie atudien, t. VI, pi. }»3, 11.
PLANCHES 1^6 ET 157 121
du Belvédère. Praxitèle se rattache aussi aux maîtres du v^ siècle,
notamment à Myron ; mais son génie, enclin aux expressions atté-
nuées, tend plutôt à rendre la quiétude rêveuse que la passion*.
PLANCHES 156 ET 157
ÏÈTE EN MARBRE D'ATHLÈÏE
{Glyptothèque de Ny-Carlsberg.)
Comme celle des planches 150 et 151, cette tête d'athlète, recon-
naissable aux oreilles tuméfiées (cf. pi. 1), provient d'Athènes et a
passé par la collection du comte Tyskiewicz-. Il y a des traces de
couleur rouge sur les cheveux et d'autres traces de peinture dans les
yeux. L'expression est un singulier mélange de brutalité et d'humeur
maussade, dont on citerait difficilement un second exemple dans la
sculpture grecque. Les caractères exagèrent ceux du style de Scopas :
bosse frontale accusée"^, cavité oculaire prononcée, bouche très
rapprochée du nez, grosseur du maxillaire inférieur. La bouche
présente une ligne médiane fortement ondulée entre deux lèvres
épaisses ; le menton est carré, avec une fossette dans le bas ; les
cheveux sont courts et décrivent un arc de cercle sur le front. Evi-
demment, l'auteur de celte tête un peu étrange appartient à l'école de
Scopas, mais il a son individualité propre et même son parti pris '*.
* Wolters, Jahrbuch des Instituts, t. I (188G), p. 55 et pi. 5; Graef. Rbmische
Mittlieilungen, t. IV (1889), p. 189, pi. 8 (réplique du Capitole), pi. 9 (réplique du
Quirinal) ; Gollignon, Histoire de la sculpture grecque, t. II, p.240,fig. 120 (de face).
* Hauteur : 0",26.
•' Comparez, pour la forme de cette protubérance, une tête (portrait?) conservée
au Musée national d'Athènes, up. Arndt et Bruckmann, Portraits, n» 400.
* Jacobsen, Det Garnie glyptothek paa Ny-Carlsberg (catalogue sommaire),
n» 57; Arndt, Glyptothèque de Ny-Cai'lsberg, pi. 93 (à paraître).
FLANCHE 159
PLANCHE lo8
TÊTE EN MARBRE D'APOLLON
{Musée (le Vienne.)
C'est une réplique, d'ailleurs assez faible S de l'Apollon de ïaor-
mina en Sicile, marbre bien connu, mais dont il n'existe pas, que je
sache, de photographie satisfaisante. La forme et l'enfoncement
(les yeux rappellent la Psyché de Capoue au musée de Xaples
(pi. âOO). Comme la tête de l'Apollon de Taormina, celle-ci était
destinée à être insérée dans une statue drapée. Le type, qui n'est
peut être pas antérieur au m® siècle av. J.-C, trahit l'influence de
Scopas par le mo<lelé de la cavité oculaire, le dessin du front, du
nez, de la lèvre supérieure, etc., mais aussi celui du Praxitèle par
le gonflement très prononcé de la ligne du cou, qui est un caractère
féminin (cf. pi. 173j -.
PLANCHE 159
TETE EN MARBRE D'APOLLON
{Munce (lu Louvre.)
11 y a, dans celte tête colossale, malheureusement très restaurée ',
une certaine froideur académi(iuc, jointe à des caractères incontes-
' Hauteur : 0",l'Jo. Le bout du nez est restauré.
• Schneider. Album der Anlikenmmmluny, pi. VIH, 2. Pour l'xVpollon de Taor-
mina. voir Kckulé, Archûol. Zeitung, 1878, p. 7 cl pi. I; Overbecit, Kunstmytko-
loi/ie, Apollon, p. 131, pi. XX, 4 et 5.
' Sctnt modernes une partie de la ciievelure, le sourcil et la paupière supérieure
gauche, le bas du nez, la lèvre inférieure, la moitié de la lèvre supérieure, la
pommette et le bas de la joue gauche, le menton, le cou et le corps.
PLANCHE 160 123
tables d'archaïsme, qui rappellent les copies romaines de certaines
œuvres de l'école de Phidias, comme la Tyché du Cabinet des
Médailles (pi. 111). Les cheveux sont ondulés, avec des inflexions
terminales en S dont les têtes attiques du v" siècle offrent des exemples
(pi. 77) ; ils sont disposés en étages, séparés par les circonvolutions
d'un bandeau. Les yeuxsonttrès ouverts (caractère polyclétéen), les
«glandes lacrymales accusées, la bouche un peu sèche ; la silhouette
du visage est plutôt ronde qu'ovale, indice de l'influence d'un modèle
voisin de 450 av. J.-C. M. Froehner, décrivant jadis cette sculpture,
avait pensé à l'Apollon de Kanakhos, erreur très excusable en 1868 et
qu'on peut rappeler aujourd'hui comme témoignage de l'impression
archa'ique qui se dégage du marbre. L'original peut avoir été un bronze
de la lin du v^ siècle ou une œuvre académique postérieure à Alexandre ;
le fait qu'on n'en a pas signalé encore de répliques viendrait à l'appui
de la seconde hypothèse ^
PLANCHE 160
ÏÈÏE EN MARBUE DE DÉESSl
{Musée (te Cjn^lantiiioplc .)
Découverte à Ephèse, à l'époque des fouilles de Wood, cette
tète-, au lieu d'aller à Londres, a pris, je ne sais comment,
le chemin du musée de Tchinli-Kiosk. C'est une sculpture d'un
beau style large, encore imprégnée des influences attiques du
\® siècle, comparable à la tète de Tralles conservée au musée de
l'Ecole Evangélique de Smyrne^et peut-être, comme elle, postérieure
' Une tèle d'un caractère analogue surmonte une statue dA|)ollon au Capitole
(Clarac, 483, 9:29). — Photographie Giraudon, n» -1241; Froehner, Notice, iv 09;
Houillon, Musée, t. III, 1,2; Clarac, Musée, 1073, 2785 a; Overbeck, ApoUo, p. 113,
2 et Atlas, p. XIX, 29.
MIauteur : 0'",21.
■' Arndt, Einzelauf'nahmen , n» 1342.
m PLANCHE 161
à Alexandre. Jai proposé en 1882, clans mon catalogue du musée
de Gonstantinople (n** 324), d'y reconnaître une Artémis ; mais cette
désignation n'est confirmée par aucun attribut. La tête était destinée,
comme tant d'autres, à être insérée dans un torse drapé. Peu de temps
aj)rès sa découverte, elle a été vue par M. Eugène Melchior de Vogué,
qui l'a décrite avec un enthousiasme juvénile; je reproduis en
bas du texte cette page de littérature archéologique*.
PLANCHE 161
TÊTE EN MARBRE DE MUSE (?)
[Musée du Vatican.)
Cette belle tête a été placée, au Vatican, sur le corps d'une Muse
dite Érato ; mais elle n'appartient pas à la statue et M. Helbig a fait
justement observer que le type en est très voisin de celui d'une Léda
avec le cygne dont il existe plusieurs exemplaires-. Or, AL Ame-
' K.-M. de Vogiié, Syrie, l'alesline, mont Alhos, 1875, p. 9 : « On a trouvé ici
même (à Éplièse) une des plus merveilleuses reliques de Tart grec : c'est une
tête sé|)arée de son corps et déposée aujourd'hui au musée de Sainte-Irène à
(Jonslanlinople, ])armi des fragments informes et des restes d'un médiocre inté-
rêt. Ce fruit exquis de l'art ionien, plus humain, sinon plus vrai, cpie l'art
attique (!}, ce chef-d'œuvre d'un Lysippe (!) anonyme est digne de rivaliser avec
les marbres historiques de nos galeries d'Kurope. Plus on regarde celte figure
pensive, plus elle apparaît profonde : ce n'est pas une femme, c'est la femme.
Je ne sais (piel est son ûge; sa beauté est toute jeune, sa mélancolie est déjà
mûre; on sent que ses jours ont été ])leins, parlant mauvais. La lèvre de l'Io-
nienne est sensuelle, ironique un i)eu; son œil vague regarde on ne sait où, et
sur son front un nuage de tristesse n'a pu éteindre un rayon d'espérance. La
iétc est penchée et ù demi tournée, comme si elle regardait dans le passé: elle
a beau sourire dédaigneusement de tout ce qu'elle y a trouvé, on sent qu'elle y
regrette (juchpie chose; elle sait la vie, en souffre et es|)ère quand même. J'ai
passé |)lus d'une heure k contempler ce bijou antique, me demandant où le
grand artiste inconnu entrevit cette figure idéale. Klait-ce un jjorlrait ou un»'
conception du génie? Ne serait-ce pas Diane, la grande déesse d'Éphèse? Je
comprends alors qu'on accourût des extrémités du globe pour l'adorer. »
• Le meilleur est au Ca|)ilol(' (Clarac, Musée, i\\. 715: llelhig. FiiUrer*, t. I,
n»4<)7).
PLANCHE 1C1> 125
lung^ et M. Winter ^ ont reconnu indépendamment que la Léda res-
semblait beaucoup aux figures des frontons du temple d'Asklcpios à
Kpidaure, sculptés, vers 375 av. J.-C, par Timothcc, qui fut peut-être
le maître de Léocharès comme Scopas fut celui deBryaxis'.LaLcda a
déjà été rapprochée du Ganymède de Léocharès par Otfried Millier.
Si on l'attribue à Timothée, il est tentant de mettre en avant le
même nom pour l'original de la tète de 1' « Eralo » du Vatican. Le
travail des cheveux et la forme des yeux témoignent d'un style un
peu antérieur à Praxitèle et appartiennent, si l'on peut dire, au même
horizon artistique que l'Eiréné de Géphisodote à Munich*.
PLANCHE 162
TETE EN MAUBRE D'APHRODITE
[Musée de Naples.)
La statue connue sous le nom d'Aphrodite de Capoue, découverte
dans l'amphithéâtre de cette ville au milieu du xvui" siècle, est loin
de mériter sa réputation. La déesse est figurée debout, se mirant
dans un bouclier qu'elle tient appuyé sur son genou =^. L'original,
comme l'atteste le travail des cheveux, devait être en bronze; il en
existe plusieurs répliques ou variantes®, alors qu'il n'y en a pas de
l'Aphrodite de Melos, chef-d'œuvre original en marbre que des ana-
logies tout extérieures ont fait rapprociier à tort de l'Aphrodite de
Capoue. Le travail, à la fois sec et imprécis'', n'est pas antérieur à
' Amelung, Dasls des Praxileles, p. 70.
■ Winter, Alhenische Millheilungen, 1894, p. 157.
•' Cf. mes Chroniques d'Orient, t. II, p. 373.
* l*hotographie Anderson, n» 4803; Visconti, Musée Pie-Clémenlin, t. 1, j)!. il ;
Bouillon, Musée, t. I, pi. 41; Clarac, .W«*ee, 520, 1063 ; Ilelbig, F«/t/'er-, t. I,ii» i'7.'i.
'^ Clarac, Musée, 5'.)8, 1310.
" Fiirtwaengler, Masterpieces, p. 384, note 5.
' Dcad smoothness of Ihe flesh (Furiwaenglcr, Masterpieces, p. 389).
iid PLANCHES 163 ET 164
Hadrien. Les globes des yeux et les pupilles sont indiqués ^ M. Furt-
waengler a supposé que l'original avait été fondu pour Gorinthe au
iv"" siècle avant J. -G., d'où la représentation d'une ligure analogue
au revers de certaines monnaies de cette ville -. Gette hypothèse
est séduisante ; mais la statue de Gorinthe pouvait n'être elle-même
qu'une imitation ou une copie de quelque image créée dans l'école
de Scopas. A l'époque romaine, le môme type a servi à des repré-
sentations de Niké '.
PLANGHES 163 ET 164
ÏÈTE P:N MAUBUE D'ARTÉMIS
(Musée de Constantinople.)
La statue entière, découverte dans l'île de Mételin, est un des orne-
ments du musée de Tchinli-Kiosk et n'a pas obtenu, jusqu'à présent,
toute l'attention qu'elle mérite. M. R. von Schneider la rapprochée
de la tête de Tralles donnée au musée de Vienne par l'amiral Millo-
sicz ; je ne crois pas que ce rapprochement soit fondé. Le prolil est
attique et présente les caractères de l'atticisme antérieur à Praxitèle ;
on remarquera, en particulier, la très légère saillie frontale, suivie
et précédée d'une dépression, qui se retrouve dans les profils de
femme sur les lécythes blancs athéniens, le menton carré et un peu
fuyant, (jue nous avons signalé dans les têtes de l'école de Phidias.
L'ensemble rappelle, en plusjeune et plus virginal, si l'on peut dire,
1 Aphrodite de Melos(pl.l40, 141). Du reste, la statue de Mételin, qui
dérive d'un chef-d'ceuvre, n'est i)as un chef-d'œuvre, mais une
• Le nez est moderne.
* Uritisli Muséum Calalof/ue, Corintli, pi. ,\L\. 12; XX, 23.
^ l'Yiederichs-Wolters, (iipsabyaase, n» 1 ♦52 ; Millingen, Ancienl unediled monu-
ments, I. II. |)1. 4, l');Mu.seo Itovhonicn, I. III. pi. .'14; Hernoiilii, Ap/irodife. p. KiO:
KiirlwHcnKlef, Maslerpiecex, p, 3»;» (la lùle, p. 380, lig. 171); nrunn-Hnitkniann.
Denkmûler. n 297,
PLANCHE 165 127
copie ; la petite boucle au-dessus de l'oreille, qui ne s'explique pas
par 1 arrangement de la chevelure, pourrait être une addition de
copiste (cf. pi. 144). Il y a un manque de symétrie assez choquant
dans les yeux et dans la chevelure ; le reste de la statue est encore
inférieur à la tête, qui se présente le plus avantageusement de
profil. La partie droite, du crâne est sculptée, comme cela se voit
souvent, dans un morceau de marbre rapporté et ajusté suivant une
section plane*.
Je me suis parfois demandé si l'original de celte* belle statue ne
serait pas de Strongylion, sculpteur contemporain d'Alcamène,
créateur du type classique de l'Artémis chasseresse qui nous est
connu par les monnaies de Mégare et de Pagae^. Strongylion, très
apprécié à l'époque romaine, était l'auteur d'une Amazone dite
Eucnemos (aux belles jambes), que Néron transportait avec lui dans
ses voyages, et de trois Muses aur l'Hélicon '.
PLANCHE 165
TETE EN MARBRE D'EPHEBE
{Musée de Berlin '\)
Ce chef-d'œuvre n'est plus qu'une ombre, mais une ombre char-
mante ; on peut le citer parmi les morceaux qui donnent la plus
haute idée du génie grec. Suivant un récit plus ou moins autorisé,
'Cf. les exemples réunis par 11. de Villefosse, JJ/ont/jnen^s l'iot, t. 1, p. 71. —
Nos planches ont été exécutées d'après de belles photographies obligeamment
communiquées par Hamdi Bey, directeur du musée de Tchinli-Kiosk.
S. Reinach, American Journal, t. I, pi. 9 : Répertoire de la statuaire, t. Il, 315,
4; Joubin, Catalogue du musée ottoman, n" i;j (rapproche le type de celui de
l'Amazone de Berlin) ; Schneider, .4Z6M*>i der Anti/censammlung, p. 3 (le croit praxi-
télien) ; Wernicke.art. Artemis, dans Pauly-Wissowa, Real-Encyclopsedie, p. 1425.
- Gardner, llandbook, p. 319.
' Overbeck, Schriftquellen, 877-892.
* Ancienne collection du comte Sabouroff à Athènes.
\2ii PLANCHE 1G5
la stèle funéraire dont la partie supérieure seule s'est conservée
aurait été découverte à Méj^are. L'ensemble devait être analogue
ù la stèle de Thespies, représentant un jeune homme jouant avec
un chien *. La célébrité du motif est encore attestée par la découverte,
h Panticapée sur la mer Noire, d'une stèle presque identique à celle
de Berlin, quoique d'un travail fort inférieur^.
Le relief est très faible ; on voit que l'artiste a commencé par graver
le contour à la pointe, avant de ciseler légèrement le fond et de
modeler discrètement le corps. L'œil est encore figuré de trois quarts ;
les cheveux, courts et bouclés, où se reconnaît l'influence de la
technique du bronze, adhèrent au crâne comme dans les tètes de
Myron (pi. 65). La bouche est assez grande et rappelle, par sa forme
tombante, celle de la Déméter du bas-relief d'Eleusis (pi. 40). Le
charme indéfinissable du contour n'est pas isolé dans l'art grec; on
le retrouve notamment sur les tètes de profd de certains lécythes
blancs athéniens (cf. le profil de l'Artémis de Mételin, pi. 164). Le
front est très peu bombé, la ligne du nez et du front presque con-
tinue, avec deux petites dépressions au-dessous de la naissance
du nez et au delà de la saillie frontale. La lèvre supérieure est très
forte, la lèvre inférieure fait un retour brusque vers le creux du
menton, le menton lui-même est fuyant. Les rédacteurs du « Cata-
logue illustré des marbres de Berlin » font observer que « les formes
de la tète ne sont pas purement attiques »; mais si l'atticisme n'est
pas là, où donc est-il ?
La date peut être approximativement fixée vers l'an 400 av. J.-C '.
' Stackelberg, Oraeber der Ilellenen, pi. Il, 2.
* Anitfiuilés du Dosphore cimmérien. p. 40 de mon édition.
=' Furtwacngicr, Sammliiny Sahuro/f, t. I, \)\. 5; [Conze], lie.schrcibuiKj der
Skulpturen zii lierlin, n» 735.
l»LANGlli;S 166 I:T 167 129
PLANCHES 106 ET 167
TETE D'APHRODITE
{Musée du Louvre.)
Intacte à quelques morceaux près S cette tète colossale à été rap-
prochée, dès le début du xix^ siècle, de la Niobé de Florence; puis,
dans la première édition de sa Griechische Plastik, Overbeck a sup-
posé qu'elle provenait des frontons du Parthénon et M. Froehner y
a également reconnu une œuvre de l'école de Phidias (1868). Aujour-
d'hui, on est généralement d'accord pour y voir une sculpture praxi-
télienne, analogue tant à l'Aphrodite de Cnide qu'à la Niobé. L'arran-
gement des cheveux est plus simple que dans l'Aphrodite de Cnide
et le style est plus large que celui des répliques connues de cette
statue. On ne s'étonne donc pas que des archéologues informés
aient pensé à Phidias. Peut-être pourrait- on tenir compte de leur
impression en attribuant cette belle tête à l'un des prédécesseurs
immédiats de Praxitèle, encore dominé par la grande tradition de
l'école attique du v*^ siècle.
Il n'existe pas de répliques de l'Aphrodite du Louvre, mais on a
signalé des têtes analogues de la déesse à Holkham Hall - et à Ter-
racine -^
' Le bas du nez, une partie du sourcil droit et de la paupière, le milieu de la
joue gauche et un morceau de la lèvre inférieure sont modernes.
* Michaelis, Ancient marhles in Greal Brilain, Holkham, n» 37 (avec planche).
^ La Blanchère, Terracine, pi. 3. — Bouillon, Musée, t. Ifl, pi. 3, 7; Clarac,
Musée, 1096, 2793 c; Froehner. Notice, n» 163; Stark, Niohe, ]>. 234; Klein,
Praxiteles, p. 348 et fig. 68.
130 PLANCHE 168
PLANCHE 168
TÈTE EN MARBRE D'HERMES
{Musée d'Olympie.)
Tout le monde connaît, du moins par des moula«:^es, l'IIcrmès
colossal découvert le 8 mai 1877 dans les ruines du temple de liera
à Olympie, qui avait été converti, au i"" siècle ap. J.'C, en une sorte
(le musée. Cette statue a été mentionnée par l^ausanias comme
l'œuvre de Praxitèle ^ Malgré les doutes qu'ont élevés Hirsclifeld et
Rayet,dès l'époque de la découverte, sur l'exactitude de l'attribution
dePausanias et la difficulté réelle qu'on éprouve àconcilier les carac-
tères de l'Hermès avec ceux des meilleures répliques de l'Aphrodite
de Cnide, il paraît certain que Pausanias a raison et que nous devons
partir de l'Hermès pour reconnaître, dans les musées, des copies
d'autres œuvres de Praxitèle. Les traits distinctifs de la tèt(; sont la
forte saillie frontale, la largeur du nez à la base, son étroitesse au
bout, l'enfoncement assez prononcé de l'œil dans la cavité orbitaire,
son peu d'ouverture-, enfin le travail libre et pittoresque des cheveux
« drus et courts »', où l'on observe des traces de coloration rouge,
support d'une légère dorure. Le fait qu'il n'existe pas de répliques
de cette tôte n'a rien de surprenant, puisque l'original était resté à
Olympie et qu'il devait être soustrait aux entreprises des mouleurs,
comme l'étaient généralement les marbres, à cause de sa délicate
polychromie.
' Ti/vT(... Ilpa;'.::iXoji; (Pausanias, V, 17, 3).
' La hauteur de l'œil est environ trois fois plus petite que sa largeur, alors
(|ue la proportion, au v» siècle, est g6n6ralomenl de 1 : ± La paupière supérieure
fait saillie, la paupière inférieure est atténuée. Le globe oeuiaire est très peu
bombé et le regard parait dirigé de haut en bas, sans se fi.\er sur auciui objet
voisin, d'où l'expression de rêverie et même de mélancolie (|ue l'on a souvent
signalée — en l'cxagéraid d'ailleurs — «lans cette belle tôle. Voir tiardiier. llaud-
book, p. 360 (la meilleure description de l'Ilermés.)
' Collignon, ïlisloire de la sculpture yrec/ue, t. Il, j). iJ'.>3.
PLANGIIIi; 168 131
L'ensemble da groupe, Hermès portant l'enfant Dionysos, a été
rapproché de celui de Munich, Eiréné et Ploutos, qui reproduit un
bronze de Géphisodote. M.KekuIéamontré que la tète de l'Hermès est
un développement du type d'éphèbe créé par Myron. Mais ce qui est
bien propre à Praxitèle, ce sont les transitions douces ménagées entre
les plans, notamment entre l'œil et la joue , et le traitement pittoresque
de la chevelure, qui semble inviter les jeux imprévus de la lumière',
La douceur du modelé de l'Hermès n'a rien de commun avec la
rondeur banale des marbres romains ; cette rondeur est une absence
de modelé : la douceur de l'Hermès en est l'achèvement et la perfec-
tion. Il faut reconnaître, d'ailleurs, que cette qualité supérieure, toute
de imances, est singulièrement dissimulée dans les moulages ; on
doit étudier l'Hermès à Olympie ou sur des photographies de grandes
dimensions.
^L Woltcrsadit que, dans la vue de prolil, le charme de l'Hermès
se perd en partie, à cause de la bosse du front et de la grosseur du
nez. Mais ce sont là précisément les traits caractéristiques de cette
tcte et il importait de les faire saisir.
J'ai soutenu, à la suite de Brunn ^, que l'Hermès était une œuvre
do la jeunesse de Praxitèle et datait de 363environ.M.Furt\vaenglera
donné des raisons pourle placer dans la seconde moitié du iv° siècle,
aux environs de l'an 343 \ Si M. Furtwaengler a raison, l'Hermès
serait postérieur d'une dizaine d'années à l'Aphrodite de Gnide (350).
Comme, dans toutes les répliques de cette dernière statue, le traite-
ment des cheveux est beaucoup moins libre que dans l'Hermès, je
suis disposé à me rallier aujourd'hui à l'opinion de mon éminent
contradicteur, proposée d'abord, dans l'introduction à la Grèce de
Baedekcr, par M. Kekulé de Stradonicz.
Pour mesurer la distance qui existe entre un chef-d'œuvre grec et
une copie romaine, on peut comparer la tète de l'Hermès à celle de
r « Antinous » du Belvédère (pi. 169) '.
' « La préoccupation des ellets de la lumière sur les corps qu'elle enveloppe
et (pielle baigne, le sentiment du peintre dans la sculpture. » (llomolle, Bulle-
lin de correspondance hellénique, 1899, p. 47o).
* Brunn, Deutsche Rundschau, t. VIII, p. 188 et suiv. ; S. Reinach. Revue
archéol., 1888, I, p. 1 et suiv.
^ Furtwaengler, Maslerpieces, p. 207.
* Friederichs-Wolters, Gipsabr/iisse, n''1212; Kekulé, [/e/;e/' (/e« Kopf der praxi-
132 PLANCHE 169
PLANCHE 169
TETE EN MAHBUE D'HEHMES
{Musée du Vatican.)
Cette tête est à celle de l'Hermès de Praxitèle (pi. 168) ce que la
tôte du Mélcagre du Vatican (pi . 1 52 j est au Méléagre Médicis (pi . 1 54) .
Les traits et la forme du visage tendent à la gracilité et à la miè-
vrerie ; le modelé s'est arrondi et affadi au point de ne plus offrir
que des surfaces mortes, lisses à l'ongle et vides à l'œil. C'est du
Praxitèle édulcoré et dégénéré. Toutefois, la ressemblance avec
l'original disparu est encore telle que, dès la découverte de l'Her-
mès d'Olympie, on reconnut la parenté de ce chef-d'œuvre avec la
statue du Belvédère, qui dérive aussi d'un original praxitélien.
L'Hermès du Belvédère a été exhumé à Rome en 4543, près du
mausolée d'Hadrien, et installé par Paul III dans les jardins du Bel-
védère, où l'on s'habitua à le qualifier d'Antinous. On en connaît un
certain nombre de répliques *, entre autres une statue funéraire
découverte dans l'île d'Andros-; la meilleure est au Palais Vieux
de Florence-'. D'après le nombre des répliques et le travail des che-
veux, on est porté à croire que ces statues dérivent d'un original en
bronze. Cet original doit être sorti de l'école de Lysippc; mais il
est incontestable que le motif traité par le bronzier appartenait à
l'école de Praxitèle*.
lelischen Hermès. 1882, et l'introduction au \o\\imc'Griechenland de Baedeker;
Smith, Joui-nal of hellenic sludies, t. III, p. 81 (motifs analogues); Treu. Olympia,
t. III, |)l. 4!)-o3; Laloux et Monceaux, liestauralion d'Olympie, héliogravure à la
p. 100; Furlwaengler, Maslerpieces, p. 30", 337; Klein. Praxiteles, p. 376; Col-
lignon. Histoire de la sculpture grecque. I. Il, p. 295 (la tôte) et pi. 5 (ensemble de
la statue) ; (iardner, llandhook, p. 358; Léchai, Mélaiifjes l'errol, p. 207 (le front
alhl6ti(|ue de l'Hermès); Bulle, Der schiine Meiiscli. pi. 157.
' Klein, Praaileles, p. 390.
' Le Bas-Rcinach, Monuments fiyurés, p. 107, pi. 118.
' Amelung, Ftihrer. n» 3.
* Photographie Alinari, n» 3421 a; Friederichs-Wollers, GipsabgUsse, n» 1218;
PL.VNGIIK 170 133
PLANCHE 170
TETE D'HERAKLES JEUNE
[Musée britannique.)
Autrefois dans la collection de i'Earl of Aberdeen, dont les antiqui-
tés provenaient en partie de la Grèce propre, cette tête charmante,
en beau marbre de Paros, est devenue célèbre depuis que M. Wol-
ters (1886), suivi par MM. Kalkmann, Klein et surtout par M"^ Eugé-
nie Sellers (M™^ Arthur Strong), en ont fait ressortir le caractère
praxitélien et les analogies avec l'Hermès. Pour les deux derniers
auteurs cités, c'est incontestablement un travail de la main de
Praxitèle lui-même, mais appartenant à sa maturité, à cause de
l'emploi du trépan aux coins de la bouche. Il est certain que les
caractères connus de l'art de Praxitèle et même la prodigieuse
maestria de son ciseau se retrouvent dans le rendu pittoresque des
cheveux, le modelé très accidenté du front, l'atténuation des pau-
pières inférieures, la bouche entr'ouverte et sensuelle, les jeux de
la lumière sur les joues et sur le menton. Mais, pour se faire une
opinion défmitive sur cette attribution, il faudrait pouvoir placer la
tête de Londres à côté de celle d'Olympie ; la comparaison des pho-
tographies et des moulages n'y suflfit pas *.
Baumeister, Denkmdler, t. I, p. 675, fig. 737 (la statue entière) ; Klein, Praxi-
teles, p. 390 ; Helbig, Fûhrer', t. I, n» 148.
' Wolters, Jahrbuch der Instituts, t. I (1886), p. .'ii, pi. 5; Kalkmann, Propor-
tionen des Gesichles, p. 41 ; Klein, Prax'Ueles, p. 38'J, fig. 78 ; Furtwaengler
Masterpieces, p. 3i6 pi. 18 (addition de la traductrice Eugénie Sellers).
134 PLANCHL: 171
PLANCIIK 171
TÈTE D'ÉPHÈBE DITE EUBOULEUS
{Musée d' Athènes.)
Lorsqu'on découvrit ce buste colossal à Eleusis, au cours des
fouilles de 1885, on y reconnut d'abord Antinous ; en 1887,
MM. Benndorf et Furtwacngler proposèrent simultanément d'y voir
l'EubouIeus de Praxitèle, connu par un hermès sans tête du Vatican
qui j)orte l'inscription Eù^ojasj; llpav.TîAou;. Eubouleus est un per-
sonnage juvénile de la mythologie éleusinienne auquel conviendrait
l'expression sombre et rêveuse de cette tête, car il a des affinités avec
Pluton et le monde infernal. Toutefois, du fait qu'on a découvert
deux autres répliques de la même tête à Eleusis même*, M. Kern,
suivi par M. Collignon, a conclu que c'était non pas Eubouleus, mais
Triptolème, opinion qui semble destinée à prévaloir.
Il n'est pas douteux que ce buste soit un original du iv'' siècle et
l'œuvre d'un artiste de premier ordre ; mais le nom de Praxitèle
soulève des difficultés à cause d'une certaine mollesse du modelé
et de la recherche, poussée très loin, du pittoresque dans la cheve-
lure. A cet égard, il est encore plus récent que l'Hermès, dont l'at-
tribution aux dernières années de la vie de l'artiste paraît aujour-
«iliui très vraisemblable. M. Benndorf l'avait déjà rapproché du
Ganymède de Léocharès et de l'Apollon Steinhaiiser du musée de
Bàle ; ces ressemblances, ainsi que l'analogie avec le type de Séra-
pis créé par Bryaxis, élève de Scopas et contemporain de Léocharès,
nous disposent à cherciier l'auteur du buste d'Eleusis dans la géné-
ration qui a suivi Praxitèle, à moins que ce dernier n'ait vécu et
travaillé jusqu.HUX environs de 333-.
' Il en existe d'autres, plus libres, considérées autrefois comme des portraits de
Virgile, à .Mantoue, au Capitole, au Louvre, etc.
' IMulios, 'Eor^aeoî; àp/a-.oXoY'.Xï^, 1886. p. 258, pi. 10; Benndorf. Anzeujev der
Wiener Akademie,\<à novembre 1887 et /Iw/iAe />e7jA?Hd/e;-, t. I,p. 21. |)l. 34; Furl-
Vr-aengler, Maslerpieces, p. 330, pi. 10; Kern, Alhenische Mittheilungen, t. XVi
PLANCHE 172 135
PLANCHE 172
TÈTE EN MARBRE D APHRODITE
{Musée du Vatican.)
Les anciens admiraient dans l'Aphrodite de Gnide, l'œuvre la
plus vantée de Praxitèle, la chevelure, le front, le dessin des sour-
cils, le regard humide et langoureux*. On comprend ces éloges à
l'aspect de la copie de la Gnidienne conservée au Vatican - ; mais si
l'on ne possédait pas tant de témoignages antiques sur l'original, on
n'eût jamais songé à reconnaître dans cette statue la copie d'un
chef-d'œuvre que les poètes ont célébré à l'envi. G'est qu'en effet
cette copie est médiocre ; mais la tête, sculptée à part, en marbre
pentélique, est beaucoup plus soignée que le reste et sans doute assez
voisine de l'original. On possède d'ailleurs des répliques meilleures
de la tète et M. Michaelis, au musée de moulages de l'Université de
Strasbourg, l'a remplacée, sur le moulage de la statue du Vatican,
par celui de la tète découverte à Tralles et appartenant à un col-
lectionneur de Berlin, M. de Kaufmann^.
L'ovale du visage est très prononcé, les yeux peu ouverts, avec
paupières inférieures atténuées, le regard voilé et comme noyé.
(1890), pi. 1 : Klein, Praxiteles, p. 428; S. Reinach, art. Eubouleus dans le Diction-
naire des Antiquités, t. II, p. 8a0 et Gazette des Beaux Arts, 1888, I. p. 69, 72;
Brunn-Bruckmann, Denkmûler, n» 74 ; Fiirtvvaengler et Urlichs, Denkmûler, p. 68,
pi. 23 ; GoUignon, Histoire de la sculpture grecque, t. II, p. 300, pi. 6. M. Gardner
(Handbook. j). 487) a insisté sur le type « alexandroïde » de la tête pour la
faire descendre jusqu'à la fin du iv siècle; mais le type idéal prêté à Alexandre
devait exister, du moins en germe, avant lui.
' Lucien. Images, 6 {'à ôypôv). J. Lange définit l'uypôv etwas schmaclitendes
und vibrierendes im Blick [Darstellung des Menschen, p. 225). M. Gardner a rap-
pelé k ce propos le vers de Pope (Imit. of Horace. II, 1) : The sleepy eye Ihat
spoke the melten soid.
* Dans la tête, le nez seul est moderne.
^ Bien reproduite dans Bayersdorfer, Skulplurenschatz, t. III, 301 et dans Bulle,
Der schiine Mensch. pi. 177.
436 PLANCHES 173 ET 174
La bouclie est ciilr'ouvcrte, bien ondulée, la lèvre inférieure
assez forte. Les cheveux, ceints d'une bandelette qui fait deux fois
le tour de la tôte, sont arrangés très simplement, en boucles ondu-
lant sur le front et rejetées en arrière sur les tempes. Le front est
triangulaire. L'expression est « paisible, un peu rêveuse, empreinte
d'une douceur nonchalante. »^ Il n'y a plus de traces d'archaïsme;
mais les cheveux, dans cette réplique comme dans les autres, n'ont
rien de la liberté pittoresque de ceux de l'Hermès-.
PLANCHES 173 Eï 174
TKTK EN MARBRE D'APHRODITE
(Musée (le Toulouse.)
Trouvé à Martres-Tolosanes en 1827, ce buste en marbre grec est
une des meilleures copies connues de l'Aphrodite de Cnide et peut
soutenir la comparaison avec la tôte de la collection Kaufmann à
Berlin (cf. pi. 172). Toutefois, le modelé présente une certaine
dureté que l'on peut attribuer au copiste, notamment dans les coins
des yeux et de la bouche. Le cou est traversé par deux dépressions
profondes, séparées par un large bourrelet de chair, qui caractéri-
sent les bustes féminins de Praxitèle, où le « collier de Vénus »
est très accusé. Les imitateurs du maître attiquc ont parfois modelé
de même le cou des éphèbes et des jeunes dieux (pi. 158). Le travail
' Collignon, Histoire de la sculpture f/recque, t. Il, j). :275.
' l'hoto^raphie .\nderson, ii" 4809; Furtwacngler, Masterpieces,\).'i2i;\ir\um-
Hrtickmann, Denkmâler, n» 371; Klein, Praxiteles, p. 255, fig. 40; Mirhaelis,
Journal of hellenic studies, l. VIM, p. 324 et Fesff/afje f'iir die archdol. Se/ction
der W.W*" l'kiloloffenversummlunri, 1901. p. 35; Ilclbig. Filhrer*, f. I, w" 324;
ColliKiion, Histoire de la sculpture f/rea/ ne, t. Il, |). 274 (1^. 137; p. 270, fig. 138;
IJiillf. Der sc/ione Meiisch. pi. 178. Héliogravure de la statue entière, Gazette des
Beaux- Art s, 1888, I, p. 89.
* Hauteur : O" 40. L'extrémité du nez est la seule restauration.
PLANCHE 175 137
des cheveux est moins détaillé que dans la tète du Vatican (pi. 17i)
et il y a encore d'autres différences, notamment dans la forme de
l'ovale; mais il est hors de doute que ces marbres d'époque romaine
dérivent d'un même original ^
PLANCHE 17o
TÈTE EN MARBRE D'APHRODITE
{Collection de Lord Lcconficld à Londres.)
En 1890, M. Furtwaengler a cru reconnaître un original de la
main de Praxitèle dans cette admirable tète de grandeur naturelle,
en marbre de Paros, — \e même lychnitès, semble-t-il, dans lequel a
été sculpté l'Hermès d'Olympie. Autrefois à Petworth, elle a été
récemment transférée à Londres, où elle est devenue plus aisément
accessible.
Bien qu'elle soit en assez mauvais état^, elle avait déjà été consi-
dérée, au xvni'= siècle, comme un travail grec et non une copie romaine.
Là-dessus, tout le monde sera d'accord, comme aussi sur le carac-
tère tout à fait praxitclien du style. Évidemment, nous sommes ici
en présence d'un travail hellénique de premier ordre, tandis que les
meilleures copies de l'Aphrodite de Cnide ne sont que des œuvres
d'atelier exécutées, à l'époque impériale, par des praticiens qui
n'avaient eux-mêmes pour modèles que des copies inexactes ■*. Les
' S. Reinach, Guide illustré du musée de Saint-Germain, p. 82, fig. 59 ; L. Jouliii.
Les établissements gallo-romains à Martres-Tolosanes (dans les Mémoires présentés
par divers savants, t. XII), Paris, 1900, p. 93, pi. X, 121, B ; Clarac, Musée, II, 1,
p. o88 (du texte) : Roschach, Musée de Toulouse, 186o, p. 31, n»52: Revue archéo-
logique du Midi, 1867, p. 50.
- Restaurations : le nez et une partie de la lèvre supérieure. La surface a été
l'objet d'un polissage qui a fait disparaître l'ancienne épiderme.
■^ J'ai souvent insisté sur ce fait que les gardiens du temple d'Aphrodite à
Cnide n'ont jamais dû permettre de mouler la statue ni même de la copier en
grandeur naturelle. Toutes nos copies dérivent probablement d'esquisses, tout au
plus de maquettes, d'après lesquelles des copistes plus anciens avaient tra-
vaillé. Cf. Gazette des Beaux-Arts, 1902, 1, p. 143.
138
l'LANCHK 175
cheveux sont traités, comme ceux de l'Ucrmcs et de l'Hèraklès
jeune (pi. 108,170), avec ce goût du pittoresque, succédant à celui de
la symétrie, qui est une des marques de l'art de Praxitèle. Les yeux,
le sourire, le charme exquis de la bouche et i\c lovale répondent
beaucoup mieux que les copies de la Cnidienne aux éloges que
Fig. 15. — ÏI:TE 1)AI»IIU0I)1TE
Moulazp (lu niusf-o du Louvre.
fait Lucien de l'original. Les yeux, en parliculier, ont le « regard
humide », tô 'jyoo'v, dont l'Aphrodite du Vatican ne donne qu'une
sensation imparfaite. La bouche ressemble à celle de l'Hermès tant
par l'ondulation de ses lignes que par sa grâce moelleuse et sen-
suelle. Le cou offre ces replis et ce collier de chair qui caractérisent
les bustes féminins de l'école de Praxitèle. Dans le travail des che-
veux et dans celui des coins de la bouche, l'artiste s'est servi du
trépan, dont l'usage ne paraît pas dans les œuvres authentiques de
Scopas (têtes de Tégée et bas-reliefs du mausolée d'IIalicarnasso),
mais se constate dans l'Hermès d'01ymj)ic et dans le prétendu
Eubouleus d'Élcusis (pi. 171).
PLANGIIK 17() 139
Ce buste était destiné à être inséré dans une statue, probable-
ment drapée. On aimerait se figurer avec cette tête l'Aphrodite de
Vvsixiiblc vêla ta specie , que Pline signale dans l'île de Cos; mais si le
récit de Pline est exact, cette Aphrodite drapée avait été sculptée
à la même époque que la Gnidienne ; or, il est certain que la tète de
lord Lecontield, si elle doit être attribuée à Praxitèle, ne peut appar-
tenir qu'à une période tardive de la vie de l'artiste. On la placerait
volontiers, d'après le style, à une époque intermédiaire entre
l'Hermès et l'Eubouleus.
Le Louvre possède depuis longtemps un moulage assez mal con-
servé d'une tête d'Aphrodite, dont on ignore la provenance et qui
n'a été exposé que récemment dans la Salle du manège. Nous le
reproduisons (fig. 15) d'après une photographie. Si ce n'est pas un
moulage de la tète Leconficld, c'est celui d'une réplique ])rcsque
identique de cette tète et d'un style qui ne paraît pas inférieure
PLANCHE 17G
TETE EN MARBRE D'ATHLETE
{G lyptothèque de Ny-Carlsbcrg.)
Cette charmante tête juvénile, qui appartint jadis au comte Tys-
kic wicz, est celle d'un athlète aux oreilles tuméfiées, œuvre d'un artiste
fortement influencé par Scopas et par Praxitèle (de face, fig. 16). La
forme de la tète et notamment celle du front rappellent de très près
l'Hermès d'Olympie ; mais le traitement des cheveux, le dessin de
l'oeil et le peu de distance entre le nez et la bouche font plutôt
songer à Scopas. Les anciens déjà étaient parfois embarrassés,
* Spécimens of ancient sculpture, t. I. pi. 45, 4C ; 0. Millier, Ilandbucli der
Archaeologie, § 375, 5: Furtwaengler, Masterpieces, p. 343, pi. 17; CoUignon,
Histoire de la sculpture grecque, t. II, p. 305, fig. 155; Klein, Praxiteles,
p. 278, 279 (face et profil); Bulle, Der schône Mensch, pi. 179; Amelung. Viihrer
in Florenz, pi. 9, 10; S. Reinach, Gazelle des Beaux-Arts, 1894, H, p. 229.
UO PLANCHE 176
comme dans le cas du groupe des Niobides, pour décider si une sculp-
ture devait ôtrc attribuée à l'un ou à l'autre de ces artistes *. Il faut
donc qu'il ait existé une série d'œuvres importantes qui partici-
FiK. 16 — THTl-: EN MARBRE D'ATHLETE
rjlyplollièi|uc <lc Ny-Carsibcrg.
paient à la fois des caractères de l'un et de l'autre, c'est-à-dire qui
sortaient d'ateliers éclectiques, comme Florence, par exemple, en a
compté beaucoup au xV siècle. Il y avait de ces ateliers éclocti-
qu<'.s, vers 250, tant à Athènes qu'à Alexandrie -.
' IMinc, Hist. Xal., XXXV'L 28 : Par haesilalio est in lemplo Apollinis Sosiani,
Siohae libéras morienles Scopas an Praxileles feceril.
* Arridt. Chjptollièque de Ny-Carlsberrj, n» 117; S. Rcinach, (iazclle des Beaux-
Arl», 1896. n, p. 328 et 332.
PLANCHES 177 Eï 178 141
PLANCHES 177 ET 178
TÈÏE EN MARBRE D'ARTÉMIS (?)
{Musée de Dresde.)
Malgré le triste état où elle nous est parvenue, cette tête de gran-
deur naturelle, découverte à Cyzi que, est une des œuvres les plus jD/'a-
a;^7e7^em^es que nous ait léguée l'antiquité. Les caractères particuliers
à l'art du grand maître attique se constatent dans le modelé exquis
des cheveux ondulés, dans la forme triangulaire du front, dans les
yeux allongés et peu ouverts, dans la ligne sinueuse de la bouche,
dans la délicatesse de l'ovale, dans le renflement prononcé et moel-
leux du cou (collier de Vénus). Le seul trait qui puisse surprendre
est la grosseur relative de la paupière inférieure, très atténuée dans
l'Hermès d'Olympie. En l'absence de tout témoignage littéraire, l'at-
tribution à Praxitèle lui-même serait tout à fait gratuite ; d'autre
part, il y a dans le modelé des chairs une morbidesse un peu floue,
une crainte apparente de toute indication précise, de tout détail qui
pourrait être une dureté, où l'on reconnaît la main d'un imitateur
très habile plutôt que celle d'un maître. La tête de Dresde peut être
rapprochée des œuvres alexandrincs inspirées de Praxitèle ; mais elle
est supérieure en beauté à tout ce que l'on a encore découvert dans
l'Egypte grecque ^
' Treu. Arcliaeoloqischer Anzeiger, 1894, p. 5: Brunn-Bruckmann, Denkmuler,
n" 391): Klein, Praxiteles, p. 353; Arndt, Einzelaufnahmen, n»» 899, 900; S. Rei-
nach. Revue archéologique, 1900, II, p. 391, pi. 19 et 1894, II, pi. 17, 18 ; Amelung,
BuUellino comunale, 1897, p. 141 (émet l'hypothèse de la provenance ale.xan-
drineet suppose que la tête de Dresde pourrait représenter Séléné).
142 PLANCHE 119
PLANCHE 179
TETE DE DEMETEH
{Musée britannique.)
Parmi les débris du sanctuaire de Déméterà Cnide, en compagnie
de dédicaces qui ne laissent aucun doute sur le nom de la déesse.
Newton découvrit en 1858 et rapporta au Musée britannique la statue
colossale de femme assise dont notre planche reproduit la tète. On
y a aussitôt reconnu une œuvre de l'école de Praxitèle et l'un des
plus beaux monuments de l'art antique. La tète est en marbre de
Paros et a été sculptée séparément, sans doute dans un atelier athé-
nien. Elle se distingue par la hauteur et la forme triangulaire du
front, par la petitesse des yeux enveloppés et comme voilés, par la
charmante ondulation de la bouche entr'ouverte et la longueur rela-
tive dumenton. L'expression estcellequiconvientàDéméter, pensive,
maternelle, discrètement affligée. On a dit, non sans exagération
d'ailleurs, que cette Déméter de Cnide était la Mater dolorosa de
l'art païen. Toutefois, l'admiration qu'elle inspire ne doit pas faire
méconnaître une certaine inégalité de travail, notamment la raideur
déplaisante des deux grosses boucles qui encadrent le cou. Depuis
(|ue nous connaissons l'Hermès, il n'est plus permis d'attribuer au
même sculpteur la tète de la Déméter de Cnide. C'est une œuvre des
environs de l'an 300 av. J.-C, où l'influence de Scopas est sensible
à côté de celle <!(' l'raxitèle •.
* Newton, Discoveries, pi. 55: Overbeck, Kuiuilmylholu(/ie, Denteler, p. 447, 4Î)6
et pi. 14; Kayet, Monuments de Veut anlU/ue, t. Il, pi. 49; Klein, Pvaxiteles.
p. 3fi9, (ig. 74; Uninn, Griechische (iûlteriUeale, pi. 42; Jirunn-Bnickmann.
Uenkindler, w 65; Cullignun. Histoire de la sciiplure grecque, t. 11, p. 362, pi. 7;
Uardner, Handhook oft/reek sculpture, j). 414; .\. H. Sniilli, .1 calalor/ue of
sculpture in Ihe Ifrilish Muséum, l. Il, p. 203, pi. 24 ; Hpringor-.Michaelis,
Kunstf/escliichle. p. 247, fig. 43 i; Fricderichs-Wolter.s, (iipsabf/iisse, i\" 1275.
PLANCHE 180 143
PLANCHE 180
TÈTE EN MARBRE DE JEUNE FILLE
{MuHce de Berlin.)
Vers le milieu du iv" siècle, ou constate, dans la coiffure des
jeunes femmes grecques, l'avènement d'une mode nouvelle : les
cheveux sont relevés au-dessus du front, comme dans les masques
tragiques, et noués en touffe sur le sommet de la tète i. Sous
lintluence de cette mode se constitua, dans l'école de Praxitèle, un
type de Kora dont le meilleur exemplaire est au musée de Vienne ■^
et qui ressemble beaucoup à la tête reproduite sur notre planche.
Cette tête, en beau marbre de Paros', peut être celle de Kora, ou
d'une mortelle figurée sous les traits de la déesse, car elle a été
trouvée, dit-on, dans les ruines d'un monument funéraire sur la
route de Thèbes à Ghalcis ; elle surmontait une statue drapée pour
laquelle elle avait été sculptée séparément dans quelque atelier
attique. Le caractère praxitélien est presque exagéré, dans les yeux,
par l'atténuation de la paupière inférieure ; il y a aussi quelque
excès de raffinement et quelque mièvrerie dans le nez et dans la bouche,
de sorte qu'on ne peut voir dans cette gracieuse sculpture qu'une
œuvre d'école. Le traitement des ciieveux, à la fois sobre et pitto-
resque, est admirable'. Les oreilles sont percées pour recevoir des
pendants, caractère qui convient à une mortelle mieux qu'à Kora ".
' Coiize. Alllsche diab reliefs, pi. 63, 83, 8'J, 109 ; Babelon, Cabinet des antiques,
pi. 20 ; Schneider, Julirbach der osterreichischen Kunstsammlangen, t. XVI, p. 142;
Koepp, Athenische Mittheilungen, 1885, p. 2oo, pi. 9.
" Schneider, Album der Aniikensammlung , pi. 5 et Jahvbuck, loc. laud., pi. 11.
^ Ancienne collection du comte Sabouroff à Athènes.
* M. Ilomolle a finement montré {Bulletin de corresp. hellén.. 1899, p. 480)
comment les qualités de coloriste qui distinguent les sculpteurs du iv siècle, en
l)articulier le sfumato quon a signalé dans leurs marbres, sont comme un écho des
progrès de la peinture, alors préoccupée surtout de saisir les jeux de la lumière
et l'enveloppe, « c'est-à-dire cette pénétration réciproque de l'atmosphère et des
corps qui supprime les rigueurs du contour, les sécheresses de la ligne. »
^ Furtwaengler, Samndung Saburoff, f. 1, pi. 22; [Gonze], Beschreibung der
Skulpturen zu Berlin, n» 744.
144 PLANCHES 182 ET 183
PLANCHE 181
TÊTE EN MAUBHE DE DÉMÉTER
(Musée du Bardo à Tunis.)
La stalue plus petite que nature ^ à laquelle cette tête appartient a
été découverte avec plusieurs autres à Dermescli près de Carthage.
La tôte avait été sculptée à part et insérée dans le torse drapé. C'est
une œuvre intéressante de l'école néo-attique, inspirée d'un modèle
praxitélien. Les cheveux ondulés, de part et d'autre du triangle
frontal, les yeux noyés, le « collier de Vénus » sont, h cet égard,
autant d'indices probants. Peut-être ce marbre provient-il d'un des
ateliers gréco-égyptiens où la tradition de Praxitèle, comme l'a
montré M. Amelung ^ est restée particulièrement en honneur'.
PLANCHES 182 ET 183
TÈTE EN MARBRE D'APHRODITE
[Musée du Louvre.)
Le Louvre possède deux répliques plus grandes que nature de la
môme statue, dont l'une, celle dont nous reproduisons la tôte, a été
<lécouvcrle à Arles au xvii" siècle * ; l'autre, qui porte une tôte
' Hauk'iir : l^Oll. Restes de polycliromie.
• AmeluiiK. IhillelUno comunale, 1897, p. 110.
' Perrol, Revue de l'art ancien et moderne, t. V (1899), pi. à la p. 4 (la slalue
<;nlk're), p. 14 (la tôte de face), p. 15 (la tôte de profil); Lccliat. lievue des éludes
fjrecfjiies, I. XII, p. 472.
* .Marl)re(leTiias()s. Découverte en lOaC» dans les ruines du théûtrc d'Arles, cette
statue fut offerte ii Louis XIV en 1683 (Clarac, Musée, 342, 1307).
PLANCHES 182 ET 183 145
antique, mais étrangère, provient, comme l'a montré récemment
M. A. Mailler, de la collection Cesi à Rome. Une troisième réplique,
qui n'est qu'un torse, a été exhumée près du théâtre d'Athènes, et
semble d'un travail plus soigné que les deux autres*.
La tète de l'Aphrodite d'Arles est presque intacte ; le bout du nez
seul a été restauré. Très frappé de la ressemblance qu'elle oiïre avec
les copies de l'Aphrodite de Gnide, M. Furtwaenglera supposé que la
statue d'Arles était une copie de l'Aphrodite de Praxitèle à Thespies.
Le savant allemand n'a pas manqué d'observer que la tête présente
certains caractères plus archaïques que la Gnidicnne, en particulier
la lourdeur des paupières et le dessin encore sévère de la bouche ;
toutefois, il a cru écarter cette difficulté en attribuant l'original de
l'Aphrodite d'Arles à la jeunesse de Praxitèle. Gela pourrait se soute-
nir si l'ensemble de la statue était digne du maître athénien ; mais il
me semble que le torse et la draperie laissent entrevoir un modèle
en bronze encore plus éloigné de Praxitèle que la tête. Je crois que
l'Aphrodite d'Arles dérive d'un bronze contemporain de Géphisodote,
dont l'Eiréné (à Munich) offre une attitude analogue ; si ce bronze
était de Géphisodote lui-même, nous aurions ainsi une preuve nou-
velle et singulièrement concluante de l'influence de ce maître de
transition sur Praxitèle. A ne considérer que la tête, on peut affirmer
que le type en est intermédiaire entre la Héra Borghèse (pi. 108) et la
Gnidienne(pl.l72), mais plus voisin, à certains égards, du premier-'.
' Friederichs-Wolters, Gipsabgilsse, n''14o6; Brunn-Bruckmann, Denkmûler,
n° 300 .\ (le torse d'Athènes). Pour la statue de la collection Cesi, connue par
un dessin de Pierre Jacques, voir Mahler, Revue arcAe'oi., 1902, I, p. 301 et pi. 12;
Michon, ibid., 1903. I, p. 39.
' Froehner, iVo/ice, nol37; Furtwaengler, Masterpieces, p. 319, fig. 136; Brunn-
Bruckmann, Denkmûler, n»296; BernouUi, Aphrodite, p. 180; Klein, Praxiteles,
p. 295, fig. o2 (y reconnaît l'Aphrodite de Cos, velala specie, ce qui ne supporte
pas l'examen).
10
146 PLANCHES 184 ET 185
PLANCHES 184 ET 185
TETE D'APHRODITE
{Musée de Dresde.)
Le fait que nous connaissons plus de cent répliques ou copies de
l'Aphrodite dite deMédicis à F'iorence, alors que nous n'en avons pas
vingt de la Cnidienne, pose à l'histoire de l'art un problème difficile
et irritant. Stephani' qui en était très préoccupé, osa soutenir que
l'Aphrodite deMédicis était bien une copie de la Gnidienne; mais le
témoignage formel des monnaies deCnide réduit ce paradoxe à néant.
Plus tard, j'ai fait observer que l'original de l'Aphrodite de Gnide,
étant en marbre et enfermé dans un temple, ne pouvait être ni moulé
ni copié à loisir, tandis que l'original en bronze de l'Aphrodite de
Médicis avait été popularisé par des moulages. Gettc opinion me
paraît encore très juste ; mais il fallait aussi que l'original de l'Aphro-
dite de Médicis fût l'œuvre d'un sculpteur célèbre pour avoir été
reproduite si souvent à l'époque romaine. Voir dans cet original,
avec M. Milani, une Aphrodite en bronze de Praxitèle qui aurait été
transportée à Rome, n'est pas admissible à cause des caractères
mêmes de la sculpture, qui marquent une étape ultérieure dans
l'histoire du type de la déesse nue. D'autre part, en l'attribuant aux
iils de Praxitèle, on n'en justifie pas suffisamment la célébrité. Aussi
ai-je accueilli avec sympathie l'hypothèse récente de M. Mahler,
d'après lequel l'original de l'Aphrodite deMédicis serait de Lysippe:
une statue dont le type était probablement analogue ou identique,
et dont la base portait le nom de Lysippe, fut découverte et détruite
à Sienne au xiv* siècle -.
La tôte de la statue de Florence a été fortement retravaillée ; il
vaut donc mieux fonder l'étude du type sur la réplique du musée de
Dresde, provenant de la collection Albani, qui n'a de moderne que
' Slcphani, Com/)/e rendu pour 1875. p. 138.
* Loewy, Inachriflen griechiacher Bildhauer, ii» 47G.
PLANCHES 186 ET 187 147
le bout du nez et le haut de la chevelure *. Le traitement des cheveux
et du front rappelle Praxitèle, mais les yeux et la bouche sont d'un
style tout différent. L'ovale du visage est beaucoup moins fin et les
os maxillaires sont plus accusés. C'est là un caractère par lequel
cette tète se rapproche de celle de l'Herculanaise de Dresde, dont
j'ai attribué l'original à Lysippe, alors que M. Amelung l'a revendi-
quée pour Praxitèle (pi. 216).
PLANCHES 186 ET 187
TÊTES D'APHRODITE
{Musées du Capitole et du Louvre.)
La célèbre Aphrodite du Capitole fut découverte sous Clément X
entre le Quirinal et le Viminal ; elle est l'ornement du musée du
Capitole depuis 1752. C'est une variante du motif de l'Aphrodite de
Cnidc, créée peut-être dans l'école même de Praxitèle, mais témoi-
gnant d'une tendance à la mièvrerie qui est encore étrangère à la
Cnidienne. Cette tendance est particulièrement sensible dans l'arran-
gement de la chevelure, relevée en partie au-dessus du front et for-
mant une masse épaisse, savamment ordonnée, au sommet de la
tête. Cette mode n'était pas tout à fait ignorée au milieu du
iv"^ siècle', mais semble n'avoir prévalu qu'après Alexandre;
l'Artémis du musée Britannique (pi. 190), l'Apolloin Giustiniani de la
même collection (pi. 247) et l'Apollon du Belvédère (pi. 241) en
* Clarac, Musée, 612, 13o8.
- Becker, Augusleum, pi. 27-30; Hettner, Die Dildwerke zii Dresden, p. 122.
n» 276; Bernoulli. Aphrodite, p. 231, n» 37 ; Friederichs-Wolters. n» 1461 ; Mahler,
Revue archéologique, 1903. I, p. 33. Sur les restaurations et altérations qu'a
subies l'Aphrodite de Médicis, voir mon article dans les Mélanges Perrot, 1902,
p. 285-290).
^ Cf. Furtwaengler, Sammlung Saburoff. pi. 22 ; Maslerpieces , p. 408, note 10.
148 PLANCHES 186 ET 187
offrent des exemples. La petite boucle sur le devant de Toreille,
dans l'Aphrodite du Gapitole, est un détail que l'on ne trouve guère
avant la seconde moitié du iv*' siècle ; là où il se rencontre sur des
tètes d'un style plus ancien, comme la Tyclié de bronze du Cabinet
des Médailles (pi. 'III), on est disposé, peut-être à tort, à y voir une
addition du copiste. Nous l'avons également signalée sur la tète de
lArtcmis de Mételin (pi. 163), qui remonte à un modèle de l'école
de Phidias et contemporain de Céphisodote.
L'Aphrodite du Capitole est l'œuvre d'un marbrier très adroit du
II" siècle avant J.-C. ; ce n'est certainement pas un original. Le tra-
vail est un peu mou et manque d'accent; mais l'indication pitto-
resque de la chevelure témoigne d'une habileté prestigieuse. Le
Louvre possède une bonne réplique de la tête (pi. 187), en marbre
de Paros, provenant de la villa Borghèse^ La chevelure y est
traitée plus simplement que dans l'exemplaire du Capitole et se
rapproche peut-être davantage de l'original; le modelé est moins
mou, mais un peu sec. Si l'on ne connaissait que la réplique du
Louvre, on en concluerait volontiers que l'original était en bronze;
rien n'empêche, d'ailleurs, d'admettre qu'il en fût ainsi et que l'au-
teur de l'Aphrodite du Capitole, s'inspirant d'un modèle en bronze,
l'a copié librement avec ses goûts et sa technique de marbrier-.
* Grandeur naturelle. Il y a des restaurations insignifiantes it l'oreille droite e»
aux cheveu^.
* Pourl'Aphroditedu Capitole : Photographie Brogi, n«4244</; Brunn-Bruckmann,
Uenkmdler, n» 373 ; Bernoulli,^p/iro(i<7e, p. 223 ; Friederichs-Wolters. (iipsabcjilsse.
n' Uo'J; Helbig, Filhrer*, t. I, n''4G0; Locwy, Monumenti clei Lincei, t. I (1892),
p. %.") (répli(|ue en bron/e de la collection Tyskiewicz) ; Klein, Praxileles, p. 276.
— Pour la tôte du Louvre : Photographie Giraudon, n» 1243 ; Froehner. Solice.
n» 1G7 ; Bouillon, AfuseV. t. I, |)l. 69; Glarac, Musée, 1105, 2794 (/.
PLANGIIK 188 149
PLANCHE 188
TÈTE EN MARBRE DE JEUNE DEESSE
{Collection Barracco à Rome.)
On a découvert, à Athènes même, deux tètes analogues à celle-ci ;
l'une d'elles, exhumée dans l'Asklépieion, sur le flanc méridional de
l'Acropole, représente sans doute Hygie, la jeune parèdre d'Asklé-
pios*. Le type dHygie a été créé par l'art attique du v° siècle, mais
il ne l'a pas été de toutes pièces ; c'est une simple variante de celui
d'Artémis, la déesse jeune et virginale par excellence, qui passait
aussi, comme son frère Apollon, pour infliger des maladies aux
hommes et pour les guérir.
La tête de grandeur naturelle de la collection Barracco est une
copie gréco-romaine un peu sèche d'une Hygie ou d'une Artémis
attique sculptée vers le milieu du iv" siècle. L'ensemble off're de l'ana-
logie avec l'Aphrodite d'Arles (pi. 136), qui est cependant un peu
plus ancienne. Les cheveux relevés sur le front et noués sur le
sommet de la tète sont une mode qui paraît au iv" siècle et se
répand au siècle suivant; on peut, à cet égard, rapprocher la tête
qui nous occupe d'un beau buste d'Apollon conservé à Venise -, que
M. Amelung attribue à la première moitié du iv" siècle ^.
' Koepp, Athenische Millheiliingen, t. X (1885), pi. 8, 9.
' Amelung, Fuhrer, p. 2, pi. 1.
^ Helbig, Collection Barracco, pi. 69.
MO PLANCHE 189
PLANCHE 189
TÈTE EN MARBRE D'APHRODITE
{Musée britannique.)
De la collection de Sir William Hamilton, qui acheta des antiques
en Italie, cette jolie tète a passé à celle de Townley, puis au Musée
britannique. Elle offre un exemple intéressant d'un mode de coiffure
{jue l'art du iv* siècle attribua aussi aux têtes viriles*. Deux tresses
de cheveux, relevées vers le sommet de la tète, sont nouées en touffe
horizontale*; le reste de la chevelure, ondulée sur les tempes, se
réunit par derrière en un chignon. La tête est serrée par un ban-
deau dont on aperçoit le tracé sur la gauche. Il n'y a de restaurés
que le nez et une partie de la lèvre inférieure.
Ce type d'Aphrodite a certainement été influencé par celui de
Praxitèle, mais ne paraît pas appartenir à son école. Le dessin des
yeux, en particulier, est différent, avec une expression de langueur
moins accusée. L'auteur de l'original doit plutôt être cherché dans
le groupe d'artistes auquel appartenait Léocharès ^.
' Pottier, art. Coma, dans le Dictionnaire des antiquités, p. 1359.
* On appelait autrefois cette touffe un crobyle, mot qui parait avoir une signifi-
cation toute différente.
" Ellis, Townley Gullenj, t. I, p. 324; Ancient marbles, t. XI, pi. 8 : Synopsis,
Graeco-roman liootn, n» 20i.
PLANCHE 191 151
PLANCHE 190
TETE DE JEUNE DEESSE
(Musée britannique.)
Le peintre écossais Gavin Hamilton acquit cette tête à Rome vers
le milieu du xyiii** siècle. L'expression candide et virginale qui s'en
dégage ne permet pas d'y reconnaître une Aphrodite; c'est Artémis
ou Koré, plus vraisemblablement Artémis (cf. pi. 188). L'arrange-
ment coquet des cheveux est presque identique à celui de l'Aphro-
dite du Capitole (pi. 186) et comme il y a d'autres ressemblances,
entre ces sculptures, il est tentant d'en attribuer les originaux à un
même artiste, appartenant à l'école de Praxitèle et de ses fils. Les
deux frisons qui s'enroulent sur le front de part et d'autre de la raie
sont un détail que nous avons déjà signalé dans des têtes de style
sévère appartenant au Louvre (pi. 138) et au Musée britannique
(pi. 139). Le bout du nez et un morceau du menton sont des restau-
rations, d'ailleurs sans importance ; l'ensemble est exquis et eût
mérité de trouver place dans les histoires de l'art grec, où pourtant
l'on en chercherait vainement une mention.
PLANCHE 191
TETE EN MARBRE DE DÉESSE (HÉRA?)
{Ancienne collection Ludovisi-.)
Peu d'antiques ont été plus admirés et célébrés que cette tête
* Ancient marbles, t. X, pi. 7: Ellis, Townley Gallery, t. I, p. 324 ; Synopsis,
Graeco-roman Room, n» 197.
* Aujourd'hui au musée des Thermes à Rome.
152 PLANGllK lOi
colossale', connue sous le nom déliera Ludovisi ; le poète Schiller,
en particulier, lui a consacré des lignes enthousiastes, dont l'exu-
bérance est difficile h rendre en français. Hcrder, Winckelmann,
Goethe, Guillaume de Ilumboldt nont pas été moins prodigues
d'éloges. Or, à la fin du xix'^ siècle, dans son Histoire de la sculpture
grecque, M. Gollignon ne la môme plus mentionnée. Ce n'est pas
tant que le goût ait changé ; mais on a appris à connaître la vraie
beauté grecque et à en dédaigner les contrefaçons. Cette tète,
malgré son air de majesté souriante, n'est qu'un écho très affaibli
de l'art classique et quiconque en étudiera de près le moulage (au
I.ouvre ou à l'école des Beaux-Arts) s'étonnera qu'elle ait trouvé si
longtemps non seulement des admirateurs, mais des dévots.
M. Furtwaengler a été très loin dans la voie opposée : il a vu, dans
la Héra Ludovisi, le portrait idéalisé d'une dame romaine du temps
de Claude, vaguement imité d'un modèle praxitélien qui représentait
peut-être Latone. Il se fonde principalement sur le bandeau perlé qui
court au-dessous du diadème et retombe à droite et à gauche ; c'est
là, en effet, un des ornements des dames de la famille impériale
figurées dans le costume de prêtresses. Déjà, dans l'inventaire Ludo-
visi de 1633, cette tête était appelée Giulia; c'est Winckelmann qui,
le premier, en fit une déesse et M. Conze, dès 1870, proposait d'y
voir une Juno Regina de l'époque impériale-. Mais M. Helbig a
regimbé contre l'hypothèse de M. Furtwaengler. Après tout,
les dames romaines figurées en prêtresses n'ont inventé ni leur cos-
tume ni leur coiffure ; elles ont dû s'inspirer des modèles ptolé-
maïques, qui donnaient alors le ton en toutes choses. Rien n'em-
pêche donc de voir dans la tête Ludovisi une Héra alexandrine,
œuvre d'un de ces imitateurs gréco-égyptiens de Praxitèle sur
lesquels M. Amelung a appelé l'attention des archéologues. Le ban-
deau de perles se retrouve précisément sur une Déméter d'une pein-
ture pompéienne ; or, on sait quels liens étroits rattachent ces pein-
tures à l'école d'Alexandrie ■'.
• Restaurations : le bout du nez. une partie de la narine droite, quelques par-
ties des cheveux. Le tout a été gratté et nettoyé ix outrance.
'Conze, Die Famille des Auyustus, p. 15.
•Kékulé, llefje, pi. 2: Overbeck. Kunslmylholor/ie, pi. IX. 7. 8 et t. H, p. 83;
Hrhrvlhiir, Villti Ludovisi, li.ii'i: Friederichs-WoItcr-s. ii»l212: Haumeister. Den/c-
mâler, t. II. fijç. 1505; Brunn-Bruckmann, n« 389; Furtwaengler, Masterpieceaf
PLANCHE 192 153
PLANCHE 102
TÈTE EN MARBRE DE DIONYSOS
(Musée de Constanlinople.)
Un type statuaire très apprécié des anciens, qu'on fait remonter
à l'époque de Praxitèle, est celui d'un jeune dieu au repos, le bras
droit levé et appuyé sur le sommet de la tète. Apollon et Dionysos ont
été l'un et l'autre figurés ainsi, comme on peut s'en assurer au
Louvre môme en regardant les statues dites V Apollon lycien et le
Bacchus de Versailles. Une tète colossale, découverte au théâtre de
Tralles, appartient à la même série. L'influence de Praxitèle y est
évidente, mais il est douteux que l'original remonte au maître lui-
même ; c'est une modification hellénistique, dans un style large,
d'un motif attique du iv° siècle. De la statue qui surmontait la tète
de Tralles, on possède des fragments considérables découverts par
Humann. C'était une œuvre décorative, fruste au revers, analogue
aux Caryatides que Texier vit encore en place sur la scène du même
théâtre de Tralles. La construction de ce théâtre et, par suite, l'exé-
cution des copies qui l'ornaient datent à peu près de l'an 200 av. J.-C.
La tête portait un bandeau en métal, fixé par des pointes dans des
trous qui subsistent. Les pieds sont chaussés de brodequins, ce qui
prouve que la statue représentait Dionysos et non Apollon*.
p. 3iG ; F. Six, Romische Mittheilungen. t. X (180a), p. 189 (y voit Drusille, sœur
de Gaiigula): llelbig, Fuhrer* L H, n» 917.
' Gollignon. Revue archéologique, 1888, H, p. 289, pi. 14; Joubin, ibid.. 1894. I,
p. 184, pi. 4 ; Catalogue du Musée ottoman, n" 9 ; Bulle, Der schône Mensch,
pi. 194. S. Reinach, Répertoire de la statuaire, t. II, 96, 4.
154 PLANCIII-: 193
PLANCHE 193
TÈTE EN MARBRE DOMPHALE (?)
[Musée du Louvre.)
L'indication des parties restaurées est, dans l'espèce, très impor-
tante : ce sont une partie du front et du sourcil gauche, la peau de
lion derrière et sur les côtés du visage, l'oreille et les cheveux à
droite, le cou (et le corps). Cela suffit, je crois, à réfuter l'opinion
de M. Sieveking, pour lequel l'Omphale (ou lolc) du Louvre serait
un Héraklès juvénile, transformé en femme par une maladroite
restauration *. Le fait que les cheveux à gauche sont très courts peut
s'expliquer, dans l'hypothèse d'une Omphale, par l'imitation de la
coiffure d'Héraklès.
Il est vrai que l'art de l'époque classique ne nous a pas laissé de
statues (l'Omphale et que les textes n'en mentionnent pas à cette
époque ; mais ce n'est pas une raison de croire que ce type n'ait été
introduit dans l'art qu'à l'époque romaine. Si le modèle de l'Omphale
du Louvre, qui provient de la villa Albani, remonte seulement au
i*' siècle, il faut que l'artiste se soit inspiré d'œuvres plus anciennes,
car les yeux très ouverts, le nez et la bouche, avec sa forte lèvre
inférieure, se rattachent à l'art de Polyclète. Toutefois, l'ovale pro-
noncé du visage; interdit défaire remonter le prototype de la tète du
Louvre au delà du milieu du iv* siècle et l'on pourrait y voir, sans
difficulté, une création éclectique du siècle suivant^.
* Arlicle Omphale du Lexikon der Mythologie de Roscher, p. 892.
* Photographie Giraudon, n° 1284; Bouillon, Musée, t. Il, pi. 153: Marbres du
Louvre, li-ZlS.
PLANCHl:: 194 455
PLANCHE 194
MASQUE EN MARBRE DE ZEUS
{Mimée du Vatican.)
Peud'œuvrcs anticjues peuvent se comparera ce masque colossal,
en marbre de Luna, qui a été découvert au xviu^ siècle à Otricoli
et décore aujourd'hui la rotonde du Vatican ^ Autrefois, on croyait
reconnaître dans cette admirable tête une copie du Zeus olympien
de Phidias ; plus tard, on voulut y voir un des types de Zeus créés
par Lysippe. La vérité est entre ces deux attributions. De notre
temps, on a été justement frappé du caractère praxitélien des cheveux
groupés par masses, de la douceur du regard, de la forme allongée
des yeux peu ouverts, aux paupières inférieures atténuées. Evidem-
ment, Praxitèle n'ignorait pas le Zeus de Phidias et à dû s'en ins-
pirer, comme tous les sculpteurs postérieurs au v" siècle, pour
représenter le maître des Dieux ; mais le style du Zeus d'Otricoli est
celui du iv° siècle, non du v** (cf. pi. 117). L'expression est à la fois
bienveillante et majestueuse. Le front puissant, fortement bombé,
exprime l'intensité de la réflexion ; le regard doux et dirigé de haut
en bas répond à l'idée de la bienveillance du dieu suprême pour
l'humanité ; la bouche entr'ouverte esquisse un sourire mêlé de
bonté et de dignité souveraine. Quand l'art grec n'aurait produit
que ce type-là, il serait le premier de tous les arts.
Je doute que M. Helbig ait eu raison d'attribuer l'original du
masque d'Otricoli à Léocharès, car les caractères du style de Scopas
n'y paraissent pas et les cheveux sont nettement praxitéliens'^. La
copie que nous possédons doit dater des environs de l'ère chrétienne;
elle n'a rien de la sécheresse de l'art sous les Antonins ^,
' Sont restaurés : le bout du nez, les extrémités des boucles et le buste.
- M. Gardner {Haiidbook, p. 498) est frappé du caractère de la « crinière léonine »,
qui ne lui semble pas admissible avant Lysippe et les portraits idéalisés
d'Alexandre le Grand. Mais ces portraits dérivent des œuvres idéales de l'époque
précédente et leur caraclère même implique un développement antérieur de
l'art dans le même sens.
* Photographie Alinari, n" 4134 ; Visconli, Musée Pie-CLémenlin, t. VI, pi. 1 ;
156 PLANCHE 195
PLANCHE 195
TÈTE EN MAftBRE D'ASKLÉPIOS
(Musée britannique.)
Huit ans après la découverte de l'Aphrodite du Louvre, cette tète
colossale fut exhumée dans l'île de MiIo(1828) et acquise par le duc
de Blacas dAulps ; elle a passé au Musée britannique, en 186G, avec
presque toute la collection de cet amateur. Pendant longtemps, on crut
y reconnaître les traits de Zeus ; mais la désignation d'Asklépiosaélé
définitivement établie en 1892, par le rapprochement avec des tètes
analogues découvertes dans l'Asklépieion d'Épidaure*. D'autres répli-
ques, très inférieures comme travail, ont été signalées à Athènes, à
Calaurie et à Orope-. Une réplique médiocre de la statue entière est
conservée à la villa Pamfili '.
La tête, fort maltraitée au revers, est intacte par devant; il y avait
sur les cheveux une couronne métallique, fixée par des pointes dans
des trous d'insertion encore visibles.
La bienveillance du dieu guérisseur, sa compassion pour les souf-
frances humaines n'ont jamais été mieux exprimées que par l'auteur
de ce chef-d'œuvre ; la Renaissance n'a produit aucun type de
Jésus qui puisse être préféré à celui-là. Le travail libre et pitto-
resque des cheveux et de la barbe fait songer aux têtes célèbres du
Zeus d'Otricoli (pi. 194) et du prétendu Sardanapale (pi. 197), que
Ovcrbeck, Kttnsitnylholof/ie. Zeus, pi. M, 1, 2. cl t. I. p. 74 et 569 ; Brunn-Bnick-
mann. henkmdler, n» 130; Furtwaengler, A/a-v/erp/ec^v. p. 190, 342; Collignon,
Histoire de la sculpture grecque, t. Il, p. 364. fig. 186; Ilelbig, Filhrei*, t. I.
ri" 301.
• Voir Ips ptiotograplilcs juxtaposées dans XaGazelte des Beaux-Arts, 1893, I,
p. 25".
' .M. Arndl a publié une réplique assez faible de la collection F. A. Kaulbach
ii .Munich (Zeilschrift des MUnchener Aller thumvereins, 1900).
'Chirac. Musée, 551, 1160 c.
PLANCHE 196 157
l'on est d'accord aujourd'hui pour attribuer à lécole do Praxitèle ;
daus la tôte de Milo, cette impression est encore confirmée par le
modèle tout praxitélien des yeux, avec leurs paupières très atté-
nuées et cette espèce de sfumato qu'on admire dans l'Aphrodite de
lord Lcconiield (pi. 175). On peut se demander si le type d'Asklé-
pios a dû sa douceurà celui de Zeus, transformé par l'art du iv^ siècle S
ou si ce ne serait pas plutôt le typed'AskIépios, dieu naturellement
bienveillant et secourablc, qui aurait influé sur l'évolution du type
de Zeus.
Le travail de l'Asklépios de Milo est bon, quoique inférieur à celui
de l'Hermès d'Olympie; ce ne peut être qu'une œuvre d'atelier, mais
elle semble bien appartenir encore au iv" siècle-.
PLANCHE 496
TETE EN MARBRE D'ASKLEPIOS
[Ancienne collection Loge rot.)
Le général Logerot, qui commandait en 1883 la division d'occu-
pation en Tunisie, m'a autorisé, il y a vingt ans, à photographier
cette petite tète assez fruste, trois fois environ plus petite que
nature, qui avait été découverte à Thysdrus (El Djem) et était
devenue sa propriété. N'était la forte inclinaison de la tète sur le
cou, on y reconnaîtrait sans hésiter une image de Zeus ; mais dans
' Parlant de l'Asklépios d'Épidaure (d'après Thrasyinède, (jfa:. (/es Beaux-Arts,
1889, I, p. 184), M. Gardner l'appelle spirituellement « a mildev and more human
version of Zeus » [Handbook, p. 399.)
■Expédition de Marée, t. III, pi. 29, 1 ; Rayet, Monuments de l'art antique, t. I.
pi. 42 (article de M. CoUignon) ; Brunn, Goetterideale, p. 96 et pi. 9 ; Friederichs-
Wolters, Gipsabgiisse, n» l'J83; Wolters, Athenische Mittheilunqen, t. XVII (1892),
p. 119 ; Klein, Praxiteles, p. 423; Arndt, Einzelaufnahmen, n» 285; Collignon,
Histoire de la sculpture grecque, iA\, p. 363, fig. 185 ; Gardner, //a«(<6oo^, p. 417,
iig. 100: Bulle, Der schône Mensch, pi. 159.
158 PLANCHE 1«.)G
quel type sculptural de Zeus la tête est-elle inclinée ainsi? Kn
revanche, on a découvert au Pirce.en 1888, la partie supérieure d'une
statue d'Asklépios*, qui présente un motif fort analogue. La tête est
un peu renversée en arrière, les yeux levés vers le ciel, le regard
inquiet et pathétique. Si l'on a eu raison de rapporter cet Asklépiosdu
Pirée à Scopas, il faudra faire un sort pareil à l'Asklépios de Thysdrus,
tout en admettant, dans cette faible sculpture romaine, d'autres
influences, carie traitement des cheveux rappelle le Zeus d'Olricoli.
— Sur la photographie, on croit distinguer les contours incisés
des globes oculaires, que ne reproduit pas notre dessin.
PLANCHE 197
TÈTE EN MARBKE DE DIONYSOS
{Musée de Naples.)
Gerhard et Panofka ont vu dans ce buste colossal - « une des plus
belles répliques de cette admirable création antique qui nous montre
une tôle pleine d'une noblesse divine au sein d'une existence de
félicité et de rêve, peut-ôtre môme le type le plus accompli de la
béatitude d'un Olympien^. » Ils en ont reconnu l'identité avec la partie
supérieure de la statue du Vatican sur laquelle est inscrit, on ne sait
trop pourquoi, le nom de Sardanapale. M. Treu, suivi par M. Arndt\
a proposé avec vraisemblance d'attribuer l'original à Praxitèle. Les
cheveux sont traités comme ceux de l'Aphrodite de Cnide (copie du
Vatican, pi. 172) ; la barbe, d'une finesse et d'une souplesse merveil-
leuses, est digne de l'auteur des draperies de l'Hermès. L'attribution à
' Wollers, Alhenisdie Miltheiluufjen , t. XVII (1892), pi. 4 ; Collignon, Histoire
de la sculpture fjrecque, t. H, p. 249, fig. 126.
' Le nez et quelques morceaux de lu chevelure sont modernes.
* Gerhard et l'anofka, Seapels unlike liiUlwerke, u» 38:2.
* Treu, ap. Arndt, Festschrifl /'ilr Overbeck. p. 100; Arndt, Eitizelaufnuhmen,
n» 714.
Pf.ANGIlES 198 ET 199 150
Céphisodotc, proposée autrefois par M. Wolters*, paraît moins vrai-
semblable, car il n'y a plus aucune trace d'archaïsme -.
PLANCHES 198 ET 199
TÈTE EN MARBRE D'APHRODITE (?)
{Mu)iée de Vienne.)
L'amiral autrichien Millosicz acheta à Tralles en 1871 et céda au
Musée impérial de Vienne cette jolie petite tète ^ que les moulages
ont rapidement popularisée. M. 0. Benndorf remarqua qu'elle offrait
des analogies avec celle de l'Aphrodite de Milo, tant dans l'atti-
tude que dans la disposition de la chevelure ; il en conclut qu'elle
représentait une phase antérieure dans l'évolution de ce type, erreur
qui n'a pas trouvé crédit. De son côté, M. Robert de Schneider fit
valoir que ce buste avait dû être inséré dans une statue drapée et
que cette circonstance, jointe à l'air de jeunesse répandu sur le
visage, conseillait d"y reconnaître plutôt une Artémis. Il ajoutait que
cette tète ressemblait beaucoup à celle de l'Artémis de Mételin au
Musée de Constantinople (pi. 163), ce qui n'est vrai que d'une façon
très générale. Aux yeux de M. de Schneider, nous avons là une œuvre
due à un imitateur de Praxitèle, qui cherchait à renchérir encore
sur la grâce de son modèle et tendait, s'il n'y tombait pas, vers le
maniérisme. Wernicke a combattu le sentiment du savant viennois *
et maintenu que la tète de Tralles était bien celle d'une Aphrodite. Je
' Wolters, Jalu'buch des Instituts, 1893, p. 179.
- Photographie Alinari, n» 11132; .\rndt, Einzelaufnahmen, n»« 5o7, 714; Klein,
Praxiteles, p. 419 ; Helbig, Fichrer-, t. I. p. 213, n» 334.
* Hauteur: 0"',29; marbre blanc à grain fin (Paros?) En haut du bandeau, un
trou ayant servi à fixer un ornement en métal ou un meniskos (cf. pi. 3).
* Wernicke, art. Artemis dans Pauly-Wissowa, p. 1425.
160 PLANCHE 200
ne pense pasqu il ait tenu compte du fait que les oreilles ne sont pas
percées, ce qui convient plutôt à une divinité de caractère très juvé-
nile et me porte à accepter l'opinion de M. de Schneider.
Les plis praxitéliens du cou « collier de Vénus » sont indiqués
avec une certaine exaf^éralion, ainsi que la fossette du menton, qui
est marquée dans les répliques de la Gnidienne et, plus encore, dans
rAj)hrodite de Médicis. La saillie de la paupière inférieure n'est pas
très atténuée et le dessin de la bouche ondulée ne manque pas de
viffueur*.
PLANCHE 200
TETE EN MARBRE D'APHRODITE (?)
(Musée de Naplcs.)
La désignation de Psyché, sous laquelle ce fragment de statue est
célèbre -, ne repose sur aucun indice digne d'attention ". Il a été
découvert à Capoue, dans l'amphithéâtre, non loin de la statue
d'Aphrodite (pi. 102). Gomme les statues d'Aphrodite servaient
fréquemment à la décoration des théâtres grecs, il est probable que
la |)rétcndue Psyché est une image de cette déesse, peut-être groupée
avec un Éros qui lui présentait un miroir.
La section plane de la iôte, à laquelle était ajusté le reste de la
chevelure sculptée à part, est une particularité fréquente des sculp-
tures helléniques, alors qu'elle est rare dans les copies romaines du
temps de l'Empire. On a donc lieu de considérer la statue de Capoue
' Benndorf, AvcluBoloyisck-ep'ujmpliisclie Mitlheiliinrjen au.s Oeslerrelch. l. IV,
p. fi6. pi. 1 et 2 ; Furtwaengler, Maslerpieces, p. 398 ; Scluioidor, AlOuiii der Anli-
/{ensdniinlutif/, p. 3, pi. 6.
' Voir h' fragment entier dans Ciarac, Musée, (i4'.t, 1493.
* On a allégué deu.v trous aux éi)aules (|ui auraient servi à l'in.serlion d'ailes ;
mais on peut expliquer ces trous autrement. D'ailleurs, l'expression n'est pas
douloureuse et le type n'est pas assez juvénile pour Psyché.
PLANCHE '201 161
comme un original. Mais cet original n'appartient pas au iv® siècle,
car le style qu'il accuse est un écho déjà lointain et un peu affadi
de cette époque. M. F'urtwaengler a justement signalé les caractères
du style de Scopas dans la bouche, les narines dilatées, le cartilage
fortement marqué de l'oreille ; mais l'influence de Praxitèle est non
moins sensible dans l'expression, qui est rêveuse sans être exaltée
ni passionnée. J'attribuerais volontiers ce marbre à un artiste gréco-
égyptien du II* siècle, ou à un éclectique de l'école néo-attique *.
PLANCHE 201
TÈTE EN MARBRE DE DIONYSOS (?)
{Musée de Berlin.)
Cette tète intacte-, découverte à Athènes près du Lycabette, fut
d'abord considérée comme féminine ; M. Furtwaengler y reconnut
plus tard une image de Dionysos efféminé, yu^^^iq, les cheveux
entourés d'une mitre, u.-.-prjcpôpo;''. Ce type dionysiaque, création de l'art
attique du iv* siècle, rappelle l'admirable tête de l'école de Scopas
découverte sur la pente méridionale de l'Acropole* (fig. 13); la tête
que reproduit notre planche représente une phase plus ancienne
de la même évolution, car, suivant la juste remarque du premier
éditeur, on n'y voit encore qu'en germe cette expression de langueur
passionnée qui, au iv® siècle, atteindra son paroxysme dans la tête
presque douloureuse du Dionysos de Leyde (pi. 244).
' Gerhard, Anlike Bildwerke, pi. 62, i ; Millingen, Ancienl unediled monuments,
t. II, pi. 8 ; Museo Dorbonico, t. XV, pi. 42; Kekulé, Annali delV Inslituto, 1864,
p. 144 (Psyché enchaînée); Furtwaengler, Maslerpieces, p. 395; Friederichs-
Wolters, Gipsabgiisse, n» 1471.
- Hauteur : 0°',24. Ancienne collection du comte SabourofT à Athènes.
•* M. Furtwaengler a signalé depuis, à Ghatsworth, un autre exemple de Dio-
nysos (Jitxprjcpôpo; (Journal of hellenic studies, t. XXI, p. 216).
^ Athenische Mittheilungen,\. I, pi. 13.
11
462 PLANCHE 202
Le modelé des yeux enveloppes et rêveurs, la bouche entrouverte
et sensuelle, sont les caractères de lart attique à l'époque et sous
l'influence de Praxitèle ; les sillons nettement marqués du cou
conviendraient plutôt à une tète féminine dans la tradition du v^ siècle
(cf. pi. 111 j. En somme, cette œuvre charmante ne peut être attri-
buée à un grand maître ; elle indique plutôt le niveau moyen de la
sculpture attique vers 350, époque où la même tendance sentimen-
tale paraît même dans les bas-reliefs funéraires ^
PLANCHE 202
TÊTE EN MARBRE D'APHRODITE (?)
{Musée de Vienne.)
On a reconnu tantôt Apollon, tantôt Aphrodite dans cette tête
colossale, qui était destinée à être insérée dans une statue. Les plis
de chair qui dessinent un bourrelet sur le cou (collier de Vénus)
inclinent cependant à y faire voir une Aphrodite, sculptée sous l'in-
fluence de Praxitèle (cf. pi. 198). Les cheveux sont relevés comme
dans la tête de la Kora de Vienne -, celles du Musée de Berlin (pi. 180)
et de la Bibliothèque Nationale, considérée autrefois à tort comme
provenant des frontons du Parthénon ''. Cette mode commença vers
350 avant J.-C, mais se prolongea bien au delà du iv« siècle; on l'a
déjà plusieurs fois signalée dans des têtes qui, comme celle du Musée
devienne, appartiennent à l'un des nombreux ateliers où les modèles
praxitélicns étaient en honneur. La grosseur relative de la bouche,
sans aucune trace de mièvrerie, ne permet pas d'attribuer ce beau
' Furlwacngler. Sammlung Saburo/f, l. I. pi. 23 ; [Conze], Beschreibunrj der
Skulpluren zu Berlin, n» 118.
* Gazelle des Beaux-Arts, 1895, II, p. 160.
* Gazelle archéologique, 1873, pi. 1 ; Babelon, Cabinel des Anliques, pi. 20.
PLANCHES 203 ET 204 163
fragment à une date plus basse que le début du ni" siècle avant
PLANCHES 203 ET ^204
TÈTE EN MARBRE DE DIONYSOS
( A/usée britanniq ue.)
Le Musée britannique possède une tête colossale d'Apollon pro-
venant, comme celle-ci, des Thermes de Garacalla à Rome et qu'il
est intéressant d'en rapprocher (pi. 243j. Alors que l'Apollon est
un écho fidèle du style dé Scopas, le Dionysos semble plutôt inspiré
de Praxitèle ; à l'expression enthousiaste et passionnée du premier
répond la bienveillance souriante et légèrement mélancolique du
second. La chevelure flottante, couronnée de jierre et de baies, est
traitée avec une largeur et une simplicité admirables. L'original était
probablement en bronze ; les yeux, creux aujourd'hui, étaient rem-
plis d'une pâte émaillée avec, au centre, un disque d'ivoire où la
pupille était figurée par une pierre de couleur.
J'attribuerais volontiers ce beau marbre à un atelier alexandrin ou
attique du ii* siècle avant J.-G. -.
' Sacken, Ajilike Skulptureii, pi. 5; Monumenti delV Institulo, l. XI, pi. XVI,
3 et 4 : Schneider, Album der Antikensammlung. p. 4, pi. VII, 2; S. Reinach,
Gazette des Beaux-Arts, 1892, I, p. 283.
' Monumenti delV Institulo, t. X, pi. 20 ; Robert, Annali, 1875, p. 37, pi. C : Thrà-
mer. art. Dionysos dans le Lexikon de Roscher, p. 1129, fig. 13; CoUignon. Histoire
de la sculpture grecque, t. II, p. 4o3, fig. 235.
164 PLANCHE 205
PLxVNCHE 205
TÈTE EN MARBRE DE DIONYSOS
[Musée du Capitule. )
Ovide prête à Dionysos jeune une tète de jeune lille, virgineum
caput. Ce caractère est si bien marqué dans le buste célèbre du
Gapitole^ qu'on l'a longtemps cru féminin et désigné sous le nom
d'Ariane. Ce type prit naissance au iv" siècle et se développa après
Alexandre ; l'ancêtre de ces Dionysos efféminés est peut-être sorti
de l'atelier de Praxitèle. Bien entendu, on ne peut attribuer au
maître lui-même l'original d'une œuvre où leraflinement sensuel est
poussé si loin. La plus belle partie est la chevelure, traitée avec une
souplesse étonnante et une entente vraiment pittoresque des jeux
de l'ombre et de la lumière ; mais cette manière d'indiquer les che-
veux ne se rencontre guère avant Alexandre. Le modelé du visage
est un peu rond et mou ; en revanche, l'expression rêveuse du jeune
dieu n'a jamais été rendue avec plus de charme. II faut regretter que
les archéologues contemporains, séduits par les rudesses savoureu-
ses de l'archaïsme, soient devenus moins sensibles que Winckel-
mann et Gœthc aux grâces de l'art romantique des Praxitélides.
Il y a pourtant loin de ces œuvres-là aux bonshommes en sucre de
Ganova et de Thorwaldsen ! -
' Restaurations : le bout du nez, la lèvre inférieure, le buste.
* Brunn-Biuckmann. Den/cmdler, n» 383; Friederichs-Wolters, GipsabgUsse,
n" 1490 ; Roschcr, Lexikon, t. I, p. 1137, fig. 16: Helbig, Filhrer*, t. I, n» 544.
PLANCHE 206 169
PLANCHE 206
TÊTE EN MARBRE D'ARIANE
{Musée des Thermes à Rome.)
Les fouilles exécutées dans les ruines de la villa de Néron à
Subiaco ont rendu à la lumière, outre cette belle tète de femme
endormie, la statue acéphale dite éphèbe de Subiaco, où il faut peut-
être, avec M. H. Lucas, reconnaître Ganymède fuyant devant l'aigle
de Zeus^ L'cphèbe paraît être dû au même ciseau que lllioneus de
Munich, que Curtius considérait déjà comme un Ganymède. Si la
villa de Néron était ornée de sculptures représentant les amours des
dieux, on ne s'étonnera point d'y rencontrer Ariane à côté de Gany-
mède.
Le travail des cheveux indique un original du milieu du iv^ siècle,
contemporain de Praxitèle, mais d'un style diftérent et un peu plus
lourd. On a songé à une réplique de la Jocaste de Silanion ; mais la
tête du musée des Thermes représente une femme endormie, non
pas une morte. Toutefois, l'attribution de l'original de l'Ariane à Sila-
nion ne serait pas dépourvue de vraisemblance -.
' A. H. Lucas, Neue Jahrbilcher, 1902, p. 427.
* Nolizie deffli Scavi, 1884, p. 427: Ilelbig, Fiihrer', t. If, n» 114o.
iC6 PLANCHE 208
PLANCHE 207
TÈTE JUVÉNILE EN MARBRE
{Musée de Vienne.)
On a cru reconnaître dans cette petite tète mélancolique * celle
d'un Hermaphrodite, couverte d'un fichu en grosse étoffe comme
la réplique de l'Hermaphrodite de Polyclès à Berlin -. Ce n'est pour-
tant ni une copie, ni môme une imitation de ce type célèbre, mais
une œuvre sentimentale , probablement gréco-égyptienne, qui ne
manque pas d'un certain charme langoureux '.
PLANCHE 208
TÈTE EN MARBRE DE PAN
{Musée de Vienne.)
On a énuméré cette tête* parmi les répliques du Pan de Leyde,
dont l'original appartient à l'école de Polyclète, à côté de la tôte du
* Hauteur : 0-,21.
* Clarac, Musée, 669. 15i6: Furlwaengler, Staluenkopien, p. 58. j)!. 12.
' Hprrmann, np. Roschcr. Lexikon. p. 2325; Schneider, Album der Antiken-
mmmlutif/,i>\. VIII, 1, p. 4. — Lhypothèse deloriKine gréco-égyptienne a déjà été
émise par M. Amelung, liuUeltino comuîiale, 181)7, p. 134. Mais il semble bien
«pie les ateliers atticpies de la même époque ont produit des œuvres édulcorées
du même genre, caractérisées par la recherche ùusfumalo (cf. Archaeol. Anzeiger
1902, p. 110. fig. 1 el2).
* Hauteur: 0",22. Le bout du nez et le menton sont modernes.
PLANCHE 209 167
Palais des Conservateurs (pi. 62) '. Sans doute, elle remonte au môme
prototype, mais elle est conçue dans un esprit tout différent, bien
plus voisin de l'idéal néo-attique que de l'idéal argien. Le traite-
ment des yeux, influencé par les œuvres de Praxitèle, n'a rien de
polyclétéen ; il en est de même de la bouche. L'exécution n'est pas
antérieure à l'époque romaine; les globes des yeux et les pupilles
sont indiqués en creux. Peut-être ce marbre provient-il aussi d'un de
ces ateliers gréco-égyptiens où la persistance de la tradition pra-
xitélienne, exagérée par le mauvais goût provincial, édulcora jus-
qu'aux imitations des œuvres du v« siècle. D'ailleurs, nous avons déjà
constaté que le motif du Pan de Leyde avait été repris dans l'école
de Praxitèle (pi. 62)2.
PLANCHE 209
TETE EN MARBRE D'EROS
(Musée du Vatican.)
On compte une douzaine de répliques de cette statue, entre autres
une ligure entière au Musée de Naples ^. L'exemplaire du Vatican a
été découvert à Centocelle et est considéré généralement comme
la copie d'un des Eros de Praxitèle. M. Furtwaengler, après l'avoir
attribué à l'école péloponésienne du iv^ siècle*, est revenu depuis
à l'autre opinion, d'abord émise par Visconti ' : il croit que l'Éros
de Centocelle reproduit le célèbre Eros de Thespies, œuvre de
jeunesse de Praxitèle, où l'influence de Polyclète paraît encore
sensible. MM. Helbig et Klein ont eu raison, ce me semble, de com-
' Furtwaengler, Masterpieces, p. 270, note 1.
- Schneider, Album der Antikensammlung , pi. VIII. 3, p. 4.
^ Furtwaengler, Masterpieces, fig. 134; Klein, Praxiteles, p. 233, note 1.
* Furtwaengler, ap. Roscher, Lexikon, t. I, p. 1362.
' '• Visconti, Musée Pie-Clémentin, t. I, p. 12.
168 PLANCHE 210
battre ce sentiment. A moins de postuler un Praxitèle qu'aucune
œuvre authentique ne nous fait connaître, il n'est pas possible
d'attribuer au maître de l'Hermès l'original d'une sculpture qui pré-
sente des caractères presque opposés. La statue de Gentocellc est
certainement la copie d'un bronze, œuvre d'un artiste fortement
influencé par Polyclète; il est d'ailleurs très douteux que ce soit un
Eros et M. Helbig a proposé, non sans vraisemblance, d"y recon-
naître Thanatos, le Génie de la Mort, ce qui expliquerait son
expression attristée. Stephani, frappé de cette expression, avait
songé à Eros groupé avec Psyché, hypothèse que la date présumée
de l'original rend, a priori, peu admissible*.
Le travail du marbre est médiocre et ne paraît pas antérieur au
i*"" siècle après J.-C. Les refends de la chevelure, en particulier, sont
accusés d'une manière brutale et le dessin des longues mèches
manque de caractère 2.
PLANCHE 210
TÊTE EN MARBRE D'ANTINOUS
{Musée du Capitole.)
Les archéologues savent depuis longtemps que les statues d'An-
tinous ne sont pas, à proprement parler, des portraits, mais des
images idéales, inspirées de l'art grec du v" et du iv" siècle, les
dernières que l'art antique ait créées, et non les moindres. C'est ce
qui justifie l'admission, dans ce recueil, de la tête de l'AntinoUs du
Capitole, découvert en 1738 dans la villa d'Hadrien à Tivoli''.
L'éphèbe est représenté debout, tenant dans la main droite l'amorce
• Stephani. Die Anliken zu Pavlovsk, p. 6.
• PholoKraphic Alinari, n» 0343 ; Furiwaengler, Masierpieces. p. 31o. fig. 135;
Klein. PrauHeles, p. 233; Friederichs-Wolters, n»1578 ; Brunn-Brucitmann, Denk-
mdler, n» 379 ; Coilignon. Histoire de la sculpture grecque, t. Il, p. 268, fig. 13 ;
Hell)ig, Fahrer*. t. I. p. 189.
• Clarac. Musée, 947, 2426.
PLANCHE 211 169
d'une canne à pèche ; cet attribut se comprend d'autant mieux,
dans la main du favori d'Hadrien, qu'il avait trouvé la mort dans les
eaux du Nil, par accident, suivant les uns, par dévouement, suivant
d'autres, car l'on racontait qu'il avait offert sa vie pour prolonger
celle de son maître. La pèche n'est donc ici qu'un prétexte ; le beau
Bithynien contemple, la tète inclinée et pensive, les flots du Nil
qui doivent être son tombeau.
M. Helbig a nié avec énergie que cette statue représentât Anti-
nous; il y voit la copie d'un type de l'art grec du iv® siècle, proba-
blement d'un Narcisse. Mais, d'abord, le travail, d'une correction
minutieuse et sèche, est bien contemporain d'Hadrien ; en second
lieu, la statue a été découverte dans la villa môme de l'empereur ;
enfin, la ressemblance de la tète avec celle que les artistes ont
attribuée à Antinous est évidente. Il n'y a donc pas lieu de modi-
fier la désignation généralement adoptée.
La sécheresse du style n'empêche pas que la tète qui nous occupe
soit digne de toute admiration ; comme celle de l'Antinous de la
villa Mondragone au Louvre S où M. Furtwaengler a justement
reconnu un écho des Athénas de Phidias, celle-ci reproduit sans
doute un ouvrage célèbre du iv® siècle, que Ion est tenté d'attribuer
à Praxitèle, mais qui pourrait bien être d'un artiste un peu posté-
rieur. Le traitement métallique et pédantesque de la chevelure est
sans doute à la charge du sculpteur romain -,
PLANCHE 211
TÊTE EN MARBRE DE PARIS
(Musée du Louvre.)
Paris ou Ganymède ? Le première désignation est préférable, car,
au iv^ siècle, époque à laquelle remonte évidemment l'original,
* Gazette des Beaux-Arts, 1894. II, p. 223.
- Photographie Alinari. n» 5979 ; Dietrichson, Antinoos, p. 145, pi. 4 ; Friede-
richs-Wolters. Gipsabgusse, n» 16.Ï9 : Arndt, Griechische Portraits, n" 529, 530;
Helbig. Fulirer-, t. I. n» 538.
i70 PLANCHE 212
Ganymède n'avait pas encore été figuré, semblc-t-il, sous les traits
(lun éphèbe phrygien.
Nous avons là, provenant de la villa Albani*, une des nombreuses
variantes d'une tôte juvénile, inclinée tantôt sur l'épaule droite,
tantôt sur l'épaule gauche, que M. Furtwaengler, par une hypothèse
vraisemblable, a fait dériver de la célèbre statue de Paris due au
peintre-sculpteur Euphranor. Plusieurs de ces tètes surmontent des
statues complètes où il est difficile de ne pas reconnaître Paris.
Le buste du Louvre est d'une exécution un peu mièvre et pauvre,
probablement d'époque romaine ; mais le copiste a fidèlement con-
servé le caractère des yeux qui, avec leurs paupières à arêtes
saillantes, rappellent les types attribués à Grésilas. S'il fallait se
faire une idée d'Euphranor d'après le Paris du Louvre, ce serait un
Grésilas praxitélisant-.
PLANCHE 212
TÈTE ExN MARBRE DE PARIS (?)
{Musée britannique.)
On a désigné celte tète, découverte à la villa Palombara à Rome,
sous les noms d'Atys et de Paris ; la dernière appellation est sans
doute préférable, car rien ne prouve que l'art grec ait produit des
statues d'Atys dès le iv" siècle, époque à laquelle appartient sans
conteste l'original de ce marbre. Nous connaissons plusieurs tètes
analogues, inclinées tantôt à droite, tantôt à gauche, à Lansdowne-
Ilousc, à la villa Albani, à Ny-Garlsberg, au Louvre, etc. Or, il
est question dans Pline-' d'une statue célèbre de Paris par Euphra-
' Le bout du nez et le buste sont modernes.
' l'holofîraphic (liraiidon. n» iHi; Bouillon. Musée, t. III. Bustes, pi. 3: Chirac,
Munêe, 1007, 2'.>0l e: Kroehner, Solice, w 41 ; Marbres du Louvre, n» 53a ; .\rndt,
(jlyplol/ièque de Sy-CarUber;). texte, p. ll'J, note 0; Furtwaengler, Masterpieces,
p. 3Ô8, Hk- 154.
» Pline, nut. SaL, X.XXIV. 77.
PLANCHE 213 171
nor, peintre et sculpteur qui florissait à l'époque de Praxitèle *.
M. Furtwaengler a supposé que nous en possédons des répliques,
ce qui est, a priori^ très vraisemblable ; la mieux conservée, qui
est presque intacte, se trouve à Lansdowne-House -. La tète du
Musée britannique aurait appartenu à une imitation du même motif,
La partie supérieure du bonnet phrygien est moderne. Le visage
est entouré de grosses boucles tordues qui lui font un encadrement
pittoresque ; la même disposition des cheveux paraît sur la réplique
Albani. Dans l'ensemble, l'influence de la tradition de Polyclète est
sensible, mais profondément modifiée par le goût d'un artiste du
IV'' siècle qui vivait dans l'atmosphère de Praxitèle. Cet artiste nest
certainement ni Scopas ni Praxitèle et l'hypothèse qui l'identifie à
Euphranor est, quoiqu'on en ait dit, très séduisante^.
PLANCHE 213
TÈTE EN MARBRE DE KORA (?)
{Musée du Vatican.)
Conservée d'abord à Velletri et donnée par le prince Lancelotti à
Pie \l, la statue que surmonte cette tête à été restaurée plus tard
en Uranic pour compléter (!) le groupe des Muses du Vatican. La
tête, découverte en 1786 dans la villa d'Hadrien à Tivoli, est étran-
gère au corps *, mais dune incontestable authenticité. On est à peu
près d'accord pour reconnaître dans la statue une Ivora ; la même
' Pline, Hist. Nal., XXXIV, 50.
- Furtwaengler, Masterpieces, ûg. 154.
■■' Spécimens of ancient sculpture, t. II, pi. 17; Ancient mavhles, t. X, pi. 4 ;
Friederichs-Wolters. Gipsabgilsse, n° 1580 ; Furtwaengler, Masterpieces, p. 358 ;
Beschreibung der Ghjptolliek, n» 263; Statuenkopien, I, p. 42; Arndt, Glypto-
Ihèque de Ny-Carlsberg, p. 119.
^ Clarac, Musée, texte, t. IV, p. 289.
172 PLANCHES 214 ET 213
désignation conviendrait à la tète, qui a été très judicieusement
choisie par le restaurateur de la statue. Elle offre des analogies
avec celle de lArtémis de Gabies, dont on a rapporté l'original —
à tort, suivant moi — à Praxitèle, et fournit un exemple d'une mode
en faveur au iv" siècle, consistant à rejeter les cheveux ondulés vers
le sommet de la tête. Le dessin des yeux n'est pas du tout praxité-
lien. Une tôle d'Apollon, au musée de Venise S ressemble beau-
coup à celle-là et nest pas non plus inspirée directement de Praxi-
tèle, dont les contemporains sont encore mal connus et trop sou-
vent confondus avec lui par les modernes*.
PLANCHES 214 ET 215
TÈTE EN MARBRE D'ATHLÈTE
[Musée du Vatican.)
En 1849 on découvrit à Rome une statue de marbre presque
intacte où l'on ne tarda pas à reconnaître une copie fidèle du
fameux bronze de Lysippe, YApoxyomène, représentant un athlète
se frottant avec un strigile. L'original était célèbre à Rome au com-
mencement de l'Empire. Agrippa l'avait placé devant les Thermes ;
Tibère l'enleva pour en orner son palais, mais dut céder aux cla-
meurs du peuple qui demandait qu'on le remît là où il était.
Le trait dislinctifde la tête est la silhouette carrée, osseuse, mas-
sive de la partie inférieure du visage ; il n'y a là rien qui rappelle
l'ovale délicat de Praxitèle. Un second caractère est la petitesse
relative des yeux et la façon toute particulière dont s'infléchit la
paupière inférieure pour se raccorder, avec quelque brusquerie, à
' Amelung, Fuhrer, pi. I.
' Photoffniphic Andersoti. n' 4805; Visconli, Musée l'ie-Cli'mentin. t. I. pi. 24 ;
Bouillon, Musée, t. I. pi. 41 ; Amelung, fiasia des l'raxileles. j). 53, fig. 27 ; Klein.
Praxiietes, p. 359, fig. 27.
PLANCHES 214 ET 215 173
l'angle externe de l'œil. Le nez est long et fort, avec un élargisse-
nnent notable vers la base (il ne paraît pas avoir été restauré).
Notons encore la hauteur du front, qui n'est pas triangulaire, mais
en demi-cercle, et le sinus accusé qui limite la protubérance sour-
cilière. La bouche, un peu ouverte, est remarquable par l'atténua-
tion de la lèvre supérieure, à peine indiquée, et par la saillie
énergique de la lèvre inférieure ; mais la bouche est assez petite
et l'inflexion de la ligne médiane y est très discrètement accusée.
En somme, il y a là, avec des éléments nouveaux, une survivance
du type athlétique des bronziers du v^ siècle, dont Lysippe se fit le
continuateur. L'influence de Praxitèle est peut-être sensible dans la
douceur du regard, mais l'ensemble dérive surtout dePoIyclèteS
avec cette différence essentielle, conséquence de l'état des esprits
au iv^ siècle, que l'idée de la force y est rehaussée par celle de
l'intelligence et une légère tendance à la rêverie, qui est la vie
intérieure. Cette particularité est accusée graphiquement par le pli
frontal, indice de réflexion qui fait défaut au Doryphore (pi. 46).
Les cheveux sont massés « à l'effet », sans trace de schématisme,
en boucles qui chevauchent et se contrarient-, aveclapréocupation
dominante de la réalité^; c'est un des mérites que les anciens
déjà reconnaissaient à Lysippe *.
' M. Homolle a admirablement opposé l'observation analomique de Polyclète
à l'observation optique de Lysippe ; je renvoie à tout le passage, qui doit être
lu avec le contexte {Bulletin de correspondance hellénique, 1899, p. 484.)
- Cf. Homolle, Bull, de correspondance hellénique, 1896, p. 454. M. Mahler
{Rev. arch., 1903, I, 35) a parlé avec raison du « caractère inquiet » de la cheve-
lure de l'Apoxymène, avec la petite boucle qui s'élève, sans motif apparent, au
sommet du crâne.
' Il faut lire les belles pages où M. Homolle, à propos de la statue d'Agias
découverte à Delphes, analyse le style de Lysippe et en définit avec sûreté les
caractères (Bull, de corresp. hellén., iS99, p. 481-485). Toutefois, mon éminentami
s'est exagéré l'importance de l'Agias — copie d'un bronze de Lysippe par un
marbrier élève de Scopas — pour la connaissance du maître de Sicyone. M. Emm.
Lœwy, d'accord avec moi. continue à croire que r.\poxyomène doit rester le
point de départ de toute étude sur Lysippe (Rom. Miltheil., 1901, p. 392).
* Friederichs-Wolters, Gipsabqilsse, n» 1264 ; Monumenli dell' Instituto, t. V, p. 13 ;
Annali, 1850, p. 223 ; Lœwy, Lysipp und seine Stellung iti der griechischen Plastik,
p. 7, fig. 2; du même, Rôm. Miltheil., 1901, p. 390 (comparaison, pi. 17, de
la tête de l'Apoxyomèneavec celle de l'Éphèbe adorant de Berlin); Brunn-Bruck-
mann, Denkmûler, n<" 281, 487 ; CoUignon, Histoire de la sculpture grecque, t. H,
p. 415, fig. 218 ; S. Reinach, Revue archéologique, 1900, II, p. 390, pi. 18 (la tête) ;
Helbig, Fuhrer*, t. I, n» 32 ; Bulle, Der schône Mensch, pi. 164.
174 PLANCHES 21G ET SI-
PLANCHES 216 ET 217
TÊTE EN MARBRE DE MNÉMOSYNE
(Musée de Dresde.)
On connaît une demi-douzaine de répliques, dont plusieurs
découvertes en Grèce même, de la belle statue de marbre du musée
de Dresde que nous désignons sous le nom de Mnémosyne. Elle a
été découverte au xviii® siècle à Hcrculanum, en compagnie de deux
autres statues plus petites, mais du même style ; doù le nom de
« grande Herculanaiso » que les archéologues lui ont donné ^
A rencontre de M. Amelung, qui en rapportait le type à Praxitèle,
j'ai essayé d'établir que la grande Herculanaise était la copie d'une
Mnémosyne en bronze de Lysippe-, groupée, à Mégare, avec plu-
sieurs Muses, dont les petites Herculanaises seraient des copies. La
coiffure en côtes de melon, commune à ces trois statues, remonte
pour le moins à Silanion, qui l'a prêtée à sa Corinne (cf. pi. 223)
et n'a presque jamais été figurée dans les statues attiques ^.
L'art de Lysippe marque, à certains égards, un retour vers celui
du v® siècle, en particulier vers Polyclète, dont Lysippe se disait
l'élève en prétendant qu'il avait eu pour maître le Doryphore. La
tête de la grande Herculanaise présente une silhouette carrée et
un peu lourde, notamment dans la partie inférieure du visage,
qui contraste avec les ovales de Praxitèle. Les maxillaires sont
fortement accusés ; les yeux sont petits, mais assez ouverts, avec
remontée brusque du contour inférieur vers l'angle externe de
l'œil ; la ligne du nez est en saillie sur celle du front. La bouche
est remarquable par l'atténuation de la lèvre supérieure et le dessin
énergique de l'autre ; la ligne médiane est peu ondulée. Il n'y a rien
' Croquis d'ensemble des trois statues. Répertoire. I. 250. 4 ; 449, 8 ; H, 6C6,
2. Hauteur des statues : l",9o; 1",70; 1».T0.
' Pausunias. I. 43, G.
» .S. Rcinach. Revue archéoL, 1898, I. p. 103; 1899, II. p. 394 ; 1901, I, pi. 1 et 2.
PLANCHE 218 175
d'enveloppé ni de langoureux dans le regard. Enfin, le front n'est
pas triangulaire, mais demi-circulaire, comme celui de la jeune
déesse d'Argos (pi. 51). Tous ces caractères sont identiques à ceux
de l'Apoxymène, décrit dans une notice précédente (pi. 214, 215) ;
c'est la constatation de ces ressemblances qui m'a conduit à l'hypo-
thèse, déjà entrevue par M. Klein , que les originaux des Hercu-
lanaises sont dus à Lysippe.
M. Sieveking ayant déclaré qu'il adhérait à mon opinion S
M. Amelung s'est hâté de protester : il croit plus que jamais, dit-il -,
à l'origine praxitélienne de la grande Herculanaise. Espérons qu'il
finira par se détromper^.
PLANCHE 218
TETE EN MARBRE D'ATHLETE (?)
{Musée du Louvre.)
Avec sa protubérance frontale très accusée, son nez court et éner-
gique, ses maxillaires puissants, cette admirable tête de la statue
colossale dite Lutteur Dorghèse paraît tout imprégnée des tendances
de l'art réaliste de Lysippe''. C'est d'ailleurs, évidemment, la copie
d'un bronze et la signature d'Agasias fils de Dosithée d'Éphèse,
qu'on lit sur le tronc d'arbre, est celle d'un habile copiste du
II® siècle av. J.-C, non celle de l'inventeur du motif. La statue,
découverte au commencement du xvii^ siècle à.Antium, est arrivée au
Louvre en 1808 avec la collection Borghèse. Très admirée de l'école
académique (David, Guérin, Ingres), elle a été injustement dépréciée
' Sieveking, ap. Arndt, Einzelaufnahmen, n" 1292, p. 39.
* Ibid., p. 39, note.
* S. Reinach, Revue arcliéologiq ue, 1900, II, p. 380 et pi. 18 ; Amelung. Basis des
Praxiteles, p. 27 ; Arndt. Festschrift fur Overbeck, p. 96 : Ilettner, Bildwerke der
Anlikensammlung , n»» 140-1 i2.
* L'oreille droite est la seule restauration importante.
176 PLANCHE 219
depuis*; c'est cependant un des chefs-d'œuvre les plus complets de
l'art antique. On reproche à la tôtc de manquer d'expression; mais
quelle expression attend-on d'une tête d'athlète ou de guerrier au
fort de l'exercice ou de la lutte, sinon celle de l'intérêt passionné
qu'il prend à son action même ? Y a-t-il plus d'expression dans la
tête du Doryphore dePolyclète, qui cependant est figuré au repos?
L'influence du grand maître argien est sensible jusque dans le travail
des cheveux et leur adhérence au crâne; mais c'est un souvenir
plutôt qu'une imitation.
J'avais d'abord songé à attribuer l'original de ce chef-d'œuvre à
l'école de Pergame et à y reconnaître un Grec combattant une
Amazone montée - ; M. GoUignon pensa à l'école rhodienne -. Peut-
être vaut-il mieux admettre que le copiste éphésien, qui travaillait
entre 100 et 86 av. J.-G., a pris pour modèle un bronze sorti de
l'école de Lysippe. L'attitude est celle d'un lutteur ; mais Quatremère,
suivi par Rayet, préférait y voir un athlète hoplitodrome (c'est-à-
dire courant avec ses armes), arrivant au terme de sa course. Cette
hypothèse, que j'ai autrefois combattue, peut cependant s'autoriser
de bons arsTuments *.
PLANGHE 219
TÊTE EN BRONZE D'HERMÈS
{Musée de Naplcs.)
La statue colossale d'Hermès assis, qui est un des chefs-d'œuvre
• .M. (Jardner (llandbuo/c, \k 470) oirit (jue la figure a l'air dun écorohé, qu'on
y «hrrche vaiiu-mciit lindication de la peau et que cest un modèle anatomique
pliilùt (ju'une œuvre d'art. Il y a, ce me semble, beaucoup de.xagéralion dans
••es critiques.
• S. Reinach. Bulletin de correspondance hellénique, t. XIII (1889), p. 119.
' Collignon, Hinloire de la sculpture grecque, t. Il, p. 073.
• Krifderichs-Wolters. Gipsabr/Usse, n» I4i;i ; Hayet, Monuments de l'art antique,
t. Il, pi. «il. 05; Lo.'wy, Inscfiriflen fjriechiscfier Uildhauer, n» 292; Collignon.
Histoire de la sculpture grea^ue. t. Il, p. 673, fig. 353 ; Gardner, Handbook.p. 476.
PLANCHE 220 177
du musée de NaplesS a été découverte en 1758 dans la Villa des
Papyrus à Herculanum. Elle représente le dieu messager, qui attend,
pour prendre son vol, les ordres de Zeus. Quoi qu'en ait dit Wolfî-,
il n'est pas exact que la chevelure soit en grande partie moderne,
bien qu'il soit difficile de savoir aujourd'hui quelles restaurations le
bronze a subies ". Le type rappelle celui du Lutteur Borghèse au
Louvre (pi. 217, 218) et remonte au dernier tiers du iv" siècle ; les
cheveux, qui suivent la convexité du crâne, sont encore dans le
caractère de Polyclète. Les lèvres sont cernées d'une rainure où
devait être incrusté de l'argent. Le modelé est d'une singulière dou-
ceur, évitant toute transition brusque entre les plans. Le fait qu'il
n'existe pas de répliques de cet Hermès autorise à croire que ce
n'est pas une copie, mais un original % appartenant sans doute à
l'école de Lysippe, sinon sorti de son atelier".
PLANCHE 220
TÊTE EN BRONZE D'ARTÉMIS
{Musée de Naples.)
Lorsqu'on découvrit ce buste à Herculanum, en 1756, dans le
jardin de la Villa des Papyrus, on se persuada que c'était un por-
trait de la reine d'Egypte Bérénice et cette erreur s'est perpétuée pen-
dant plus dun siècle. Mais la tête n'a rien d'individuel et l'expres-
sion, comme la coiffure, convient parfaitement à la déesse Artémis.
La statue entière représentait probablement la chasseresse accoudée
' Clarac, Musée, G6o, 1522.
- WolfT, Bulletlino clell' Inslituto,\8ZS, p. 133.
■' M. Benndorf signale quelques restaurations à la joue gauche.
* On ne peut en dire autant, comme l'a montré en dernier lieu M. Benndorf,
des autres grands bronzes découverts en Campanie.
* Rayet, Monuments de l'art antique, 1. 1, pi. 56 (article de M. GoUignon) ; Benn-
dorf, Oesterreichisclie Jahreshef'te, t. IV, p. 18G.
12
178 PLANCHES 221 ET 2ii
à un cippc et regardant son chien, comme dans un petit groupe en
terre cuite du musée de Berlin '. A cela on a objecté que le sein est
nu ; mais celui du buste d'Athéna à Naples Test également (pi. 95)
et c'est là une liberté dont le copiste seul est responsable-.
Les lèvres étaient autrefois incrustées d'argent; il ne reste que les
lignes incisées ou s'insérait le métal. Les cheveux, ramenés en
arrière pour dégager le front demi-circulaire, sont traités avec
autant d'esprit que de souplesse. Les proportions de la tète sont
celles de l'art au temps d'Alexandre le Grand. Il y a de l'analogie
entre ce buste et la froide copie en marbre d'un bronze grec connue
sous le nom de Diane de Versailles au Louvre; les deux originaux
peuvent avoir été l'œuvre de Léocharès '.
PLAXCIIKS ÏÎ21 ET "222
TÈTE EN MAUBHE DE JEUNE FILLE
{Musée de Munich.)
On a cru à tort, d'après une vieille notice mal comprise, que cette
tète exquise on marbre deParosS la « favorite » de l'illustre archéo-
logue Henri Brunn, avait été découverte à Cnide, d'où l'on concluait
(lu'clle représentait Kora. En réalité, elle a été découverte à Ostic vers
1792 et ac(juise à Rome, en 1809, i)ar Louis de Bavière*. Quoi qu'en
aient dit ^L Arndt et d'autres savants, le caractère n'en est pas praxi-
télien ; la saillie des paupières, l'arrangement de la chevelure en
« côtes de melon » et la forme demi-circulaire (et non triangulaire)
* Kekulë. (iriechùiche Thonfiguren, pi. 17.
• Cf. JahrhucU des Instilitts, I8'.l.3. p. 17G.
' Frii'diTichs-Wolters, GipsahrjUstie. ii» l'.)0;J: Coinparclli et De l'clra, La villa
Ercolanexe, pi. X, 3, p. 1G4: Rayet, Monuments de l'art antique, t. II, pi. 8.
• ilmiteur : 0"4r.. Le haulel k; revers de la tète ont été mal restaurés, ainsi que
le nez et lu plus grande partie du n>enton. Le cou et le buste sont modernes.
* Furtwaengler. Beachreibung der Ghfptotek, p. \\i.
PLANCHES 223 ET 224 179
du front suffisent, je crois, à prouver qu'elle appartient à une
autre école du iv^ siècle, non moins éprise de délicaiesse dans le
traitement du marbre, mais plus conservatrice, et qui affectionnait,
pour les chevelures de femmes, la disposition qui caractérise celle-
ci. Cette coiffure, très rare dans les bas-reliefs funéraires attiques,
est, en revanche, très fréquente dans les terres cuites tanagréennes
et se retrouve dans la petite copie, conservée àCompiègne, de la statue
de Corinne par Silànion. On peut donc attribuer à ce maître, contem-
porain de Praxitèle, l'original de la tète de Munich. Est-ce une déesse
ou une mortelle? Lûtzow et Brunn avaient songé à une Muse, hypo-
thèse très soutenable ; M. Furtwaengler laisse la question indécise.
Il y a une analogie curieuse entre cette tête et la fameuse tête de
cire du musée de Lille ^ attribuée par les uns à Léonard de Vinci ou
à Raphaël, considérée comme romaine par d'autres, comme un pas-
tiche du XIX'' siècle par quelques sceptiques. Si. comme cela semble
vraisemblable, elle a été modelée au xv^ siècle, l'auteur anonyme
aura sans doute vu des tètes antiques analogues par le sentiment
à celle de Munich -.
PLANCHES 223 ET 224
TÊTE EN MARBRE DE JEUNE FILLE
{Autrefois dans le commerce à Rome.)
Cette charmante tète, photographiée dans le commerce à Rome,
présente une analogie indéniable avec celle de la petite Corinne de
' Miintz, La Renaissance, t. II, p. 461.
- Mitchell, Hislory of ancient sculpture, p. 619, fig. 251 ; Liitzow, Mûnchener
Anliken, pi. 19 ; Brunn-Bruckmann,I>eMA:;nâ/e/', n» 13 ; Arndt, Festschrift fiir Over-
beck, 1893, p. 96 ; Zeitschrift des milnchener Alterthumvereins, janvier 1900,
p. 4 et Griechische Portraits, n»» 531-534; Springer-Michaelis, Kunstgeschichte.
p. 247, fig. 435; Furtwaengler, Beschreibung der Glyptothek. n» 210; S. Reinach,
Revue archéologique, 1898, 1, 163 ; 1900, 1, p. 168 (comparaison avec la Corinne de
Silànion).
180 PLANCHES 223 ET 224
Compiègne, dont l'original ne peut gubre ôtre autre que la statue de
la poétesse duc à Silanion *. M. Amelung a signalé deux répliques de
la tête romaine, l'une au Musée Chiaramonti, l'autre découverte à
Alexandrie par Schliemann. L'original était donc célèbre et il est
permis de se demander si ce n'était pas précisément la Corinne de
Silanion, la petite copie de Compiègne, médiocre à tous égards, ne
pouvant donner qu'un idée très sommaire de l'original. Toutefois, la
tète de Compiègne - présente certains caractères de l'art de Praxi-
tèle, alors que celle de Rome se rapproche davantage du style de
Lysippe et, notamment, des Herculanaises, que je crois pouvoir lui
attribuer (pi. 216). Il se pourrait donc quelle dérivât plutôt d'un por-
trait idéalisé de Lysippe. M. Amelung croit y reconnaître « un por-
trait très fortement idéalisé du début du iv*' siècle ou même du
\^ siècle. » Je ne pense pas, pour ma part, que l'original puisse ôtre
antérieur à l'an 330 av. J.-C.
La coiffure présente la disposition dite « en côtes de melon » qui
paraît avoir été de mode en Béotie, mais très peu répandue en Attique
(pi. 221). Elle est cerclée d'un long bandeau lié au-dessus du front,
auquel est ajusté, derrière les oreilles, un second bandeau qui enserre
la tête. Le front est demi-circulaire et la partie inférieure du visage
assez développée'*.
' s. Reinach. Revue archéologique, i898, I, p. 164, pi. 5 ; 1900. I, p. 168, pi. 2
et 3. Quand jai découvert ot publié cette statue, dont la base porte l'inscription
Kop'NN A, les uns ont dit que l'inscription était fausse, les autres que la tôle n'appar-
tenait pas. Depuis deux ans, personne ne dit plus rien ; est-ce une manière de
reconnaître que j'ai raison ?
' Revue arcliéologique, 1900, I. pi. 2 et 3.
" Arndl. Einzelaufnalimen, n»' 1188 1189 ; S. Reinach, Revue archéologique, 1900,
I, p. 170. 171.
PLANCHE 225 181
PLANCHE 225
TÊTE EN MARBRE D'APOLLON
{Musée du Vatican.)
L'Apollon citharèdc du Vatican, vêtu d'une longue robe — Py-
thius in longâ veste ^ — • a été découvert en 1774 dans une villa au
sud-est de Tivoli, avec une série de statues de Muses. La tète est
fortement restaurée et repolie *, le travail froid. Mais on y reconnaît
au premier abord la copie d'un original de bronze appartenant à
l'art du IV® siècle. M. Amelung a songé à Praxitèle, ce qui paraît
tout à fait inadmissible, M. Furtwaengler et d'autres à Scopas, dans
la dernière période de sa vie. Il y eut d'autres grands artistes que
ceux-là au iv" siècle et nous ne sommes pas obligés de rapporter
toutes nos copies romaines à l'un ou à l'autre. Ici, la longueur de la
partie inférieure du visage et la forme particulière des yeux, avec
glandes lacrymales très accusées, ne conviennent pas plus à Scopas
qu'à Praxitèle, mais à quelque artiste de la fin du iv® siècle influencé
par des maîtres plus anciens. On connaît deux répliques de la tète,
l'une à Stockholm et l'autre à Londres ^
* Properce, II, 31, 16.
* Une partie de la couronne, le bout du nez, les lèvres et le menton sont
modernes.
" Photographie Anderson, n" 5301 ; Visconti, Musée Pie-Clémenlin, t. I, pi. lo;
Baumeister, Denkmdler, t. I, p. 99, fig. 6i ;Overheck, Kunstmythologie, Apolloti,
p. 124, 185, 180 ; Atlas, pi. XX, 7 ; XXI, 32 ; Furtwaengler. Masterpieces, p. 305 ;
Amelung, Basis des Praxiteles, p. 33, 36, fig. 18, 19 ; Ilelbig, Fuhrer' t. I, n" 274.
182 PLANCHE 226
PLANCHE 226
TÊTE EN MARBRE DE MUSE
{Musée du Vatican.)
La Melpomène du Vatican est la copie d'un original de bronze qui
doit avoir joui d'une certaine réputation, car il y a deux répliques
de la statue au musée des Thermes et à Stockholm et deux répliques
de la tôte (sans la couronne) au Vatican et à Athènes. Cette dernière,
découverte au Dipylon-, est dun excellent travail. M. Wolters y a
déjà vu une Muse et M. Collignon y signale très justement un
« accent moderne », tout en la rattachant à la tradition de lEubou-
leus(pl. 171). Comme dans la Melpomène du Vatican, le front est en
partie couvert par le ruissellement des cheveux, les yeux sont très
peu ouverts, allongés, avec paupières supérieures lourdes, la
lèvre supérieure est très peu marquée, la lèvre inférieure forte, les
coins de la bouche relevés, l'ovale du bas du visage très prononcé.
L'expression est un singulier mélange de tristesse douce et de
bienveillance souriante : c'est bien cet « air de sphinx » dont on à
tant parlé à propos de la Joconde de Léonard de Vinci et qu'au-
cune tôte antique ne présente au même degré que celle-là. En
vérité, je n'en connais pas d'autre qui puisse être qualifiée de
« léonardesque » ; cette nuance particulière du sourire ne se ren-
contre pas, que je sache, ailleurs.
La disposition des cheveux, couronnés de larges feuilles de vigne,
est une imitation très habile de l'onkos qui surmonte les masques
tragiques. Ainsi, malgré son allure très « moderne », cette tête
s'inspire d'un type traditionnel qui remonte pour le moins au
v* siècle '.
* Clarac, Musée, 513. 1044.
* Collignon, //i«/oi>e de ta sculpture grecque, t. 11. p. aoa, fig. 236; Friederichs-
Wollcrs, Cipsuhqiisse. n» 1444.
" Rcslaurations : quelques boucles, des parties de la couronne. le bout du
nez, une partie dos lèvres.
PLANCHE 227 183
L'attribution de l'original à Praxitèle ne se fonde sur aucun argu-
ment solide ; seule, la forme allongée des yeux pourrait être invo-
quée pour l'établir, mais leur regard « en coulisse » n'a rien de
praxitélicn. Je crois que l'auteur n'est })as éloigné de celui quia créé
le type hellénistique de Sérapis, le carien Bryaxis ; son œuvre est
plus voisine de l'Apollon Pourtalès (pi. 247) que de l'Hermès d'O-
lympie(pl. 168)^
PLANCHE 227
TÊTE DE FEMME EN MARBRE
{Collection Ashley Ponsonby à Londres.)
On dit que cette belle tcte - a été découverte à Ostie. Son posses-
seur, feu Ashley Ponsonby, l'a déposée pendant de longues années
au musée de South Kensington {Victoria and Albert Muséum). La
surface en a déplorablement noirci, sous l'influence des fumées de
Londres; mais j'apprends qu'elle vient d'être nettoyée (janvier 1903).
Toutes les grandes collections en possèdent d'ailleurs des moulages.
Le caractère essentiel de ce marbre est l'expression tragique :
ce pourrait être une héroïne de la fable, telle queMédéeou Electre,
ou une figure funéraire, comme l'ont pensé O. Jahn et M. Michaclis,
ou encore une captive, comme la grande statue de la Loggia dei
Lanzi à Florence, avec laquelle elle offre de frappantes analogies
(fig. 17). Mais cette dernière statue n'est pas non plus d'une inter-
prétation certaine : on y a vu tour à tour la captive germaine Thus-
nelda et une héroïne barbare de la fable grecque, Médée. En tous
' Photographie Anderson, 2248: Visconti, Musée Pie-Clémenlin, t. I. pi. 19;
Bouillon, Musée, t. I. pi. 37 : Amelung, Basis des Praxiteles, p. 34, fig. 13. 16 et
p. 41 (la tête) : Helbig, Fulirer-, t. I. n» 278 : Furtwaengler et Urlichs, Denkmâler,
p. 78, pi. 27.
- Hauteur : 0",30. Le bout du nez est restauré.
184 PLANCHE 227
les cas, le nom d'Omphale, sous lequel est connue la tête de la collec-
tion Ashley Ponsonby, est absolument inadmissible ; ce qu'elle
porte sur la tète est un voile et non pas la peau de lion d'Héraklès.
J'ai proposé dubitativement en 1900 de voir dans cette tète le
portrait idéalisé d'une princesse macédonienne comme Olympias, et
Fig. 17. — TÊTE DE BARBARE DITE TIIUSNELDA
Loggia (ici Laïui à Florence ' .
d'en attribuer l'original en bronze à Lysippe. Cette opinion ne me
paraît plus acceptable. C'est bien plutôt à l'époque hellénistique, au
III" siècle, qu'il faut placer l'original de la tôte Ponsonby. Elle offre
des particularités singulières, comme la mèche errante sur la
gauche du front, qui rompt intentionnellement la symétrie de la
chevelure ; ce même détail se constate dans la prétendue Thusnelda
de Florence. L'indication des cavités dans les joues, qui suggère
l'idée de longues souffrances, est également insolite, bien que
M. lleuzey l'ait signalée dans la tète voilée d'Apollonie (pi. 135).
' D'après le moulage du Louvre. Pour la statue entière, voir Répertoire, 11,
.'*07.7, avec la bibliographie.
PLANCHE 228 185
L'étoffe aux plis lourds qui surmonte la tête se retrouve dans la
copie de l'Hermaphrodite de Polyclès ^ à Berlin -.
PLANCHE 228
TÈTE EN MARBRE DE LAOCOON
[Musée du Vatican.)
Le groupe colossal représentant Laocoon et ses fds a été décou-
vert à Rome en 1506 sur l'Esquilin, aux environs des Thermes de
Titus ; il est probable qu'il était exposé autrefois dans le palais
même de ce prince. Nous savons par Pline qu'il était l'œuvre de
trois artistes rhodiens^ Agésandros et ses deux fds Polydoros et
Athénodoros. Mais Pline n'indique pas la date de leur activité. L'ex-
pression dont il se sert, qu'ils auraient travaillé de consilii sententia,
est probablement la traduction d'une formule grecque telle que
Sôyiia-:!. ^ouA-fi? ou xo'.voj (par décision du conseil), qui terminait une
inscription gravée sur la base. On possède plusieurs piédestaux
avec les noms des fds d'Agésandros, datant de 100 à 50 avant J. -G * ;
mais il est toujours possible d'admettre que cette famille de sculp-
teurs rhodiens, comme celle des Agasias d'Éphèse, se soit continuée
pendant plusieurs générations, ou qu'elle ait produit plus de
copies que d'originaux. On a beaucoup discuté pour savoir si le
Laocoon était antérieur ou postérieur aux sculptures du grand
autel de Pergame (197-175), où la tète du jeune géant enlacée par le
serpent d'Athéna ressemble beaucoup à celle de notre planche ^.
' Clarac, Musée, 669, 1546.
- Michaelis, Ancient marbles in Great Britain, p. 484 (18); Archaeoloqische Zei-
tung, 1880, p. 75, pi. 8 ; Revue archéologique, 1900, II, p. 392, pi. 19.
^ Pline. Hist. Nat., XXXVI, 37.
* Gollignon, Histoire de la sculpture grecque, t. II, p. boo; Jahrbuch des Insti-
tuts, t. IX (1894), p. 23.
* Amelung, Filhrer in Florenz, pi. 2i.
186 PLANCHE 229
Brunn et M. Helbig croient le Laocoon antérieur; je pense, avec
MM. Kekulé et CoUignon, qu'il est postérieur et marque comme la
dernière étape de ce style pathétique qui, né de l'école de Scopas,
sépanouitet s'exaspéra au iii'^ et au ii'' siècle pour s'effacer, vers le
milieu du i" siècle, devant une réaction archaïsante et académique.
Laocoon est représenté au moment où il succombe à la morsure
d'un des serpents qui ont enlacé ses fds. Sa physionomie exprime
la douleur avec une perfection qu'on n'a jamais dépassée'. Les yeux
du père s'élèvent suppliant vers le ciel ; sa bouche ouverte laisse
échapper un cri d'angoisse ; l'intensité de la souffrance se peint
dans le relief de ses muscles tourmentés, dans le désordre et l'agi-
tation même de sa chevelure ; mais sur toute celte misère plane
une noblesse et une beauté morale qui idéalisent jusqu'aux con-
vulsions de la mort -.
PLANCHE 229
TÈTE Ey MARBRE DE CENTAURE
[Collection Barracco à Rome.)
Les artistes grecs qui ont signé des œuvres d'art à l'époque
romaine ne sont, en général, que des copistes, qui reproduisent,
avec plus ou moins de liberté, des sculptures helléniques ou alexan-
drines. De ce nombre furent Aristeas et Papias d'Aphrodisias en
Carie, signataires de deux statues de Centaures portant des Amours
qui ont été découvertes dans la villa d'Hadrien à Tivoli et sont con-
' IJnc réplique de celle tète, diino ntithenticité contestée et contestable, figure
(liins la collection d'Arenberp .'» Bruxelles; il en existe un moulage au .Musée
(lu Louvre, l'our d'autres répliques, voir liiini. MillheiL. 1898. |). 14" el lievue
(les études f/recffues, 1899, |). 20".
* Fricdericlis-Wollers, (iipsabf/ii.sse, n" 23fi; Collignon. Ilisloire de la sculpluve
!/recf/ue, t. Il, p. 553, fig. 28."); Hriiiui. Jnluhiirit tlev preussische» Knnslsantinlun-
iien. I. V (1884,, p. 263; Furlwaengler el L'rlichs. Uenkmaler, p. 114, pi. 3.'i (la
léte. p. 118) : Huile. Der schône Mensch. pi. 213: Helbig, Ftihrer*. t. I, n- lli6.
PLANCHE 230 187
servées au Capitole ^ L'un des Centaures est vieux et barbu, l'autre
jeune et imberbe. Une réplique de la tôle du vieux Centaure appar-
tient à la collection Barracco K Au premier abord, on est frappé de
l'analogie qu'elle présente avec les tètes de géants de la grande frise
de Pcrgame et celle de Laocoon. Cette dernière statue appartient à
l'école de Rhodes, qui paraît bien dériver de celle de Pergame ;
on est donc libre d'attribuer à Pergame ou à Rhodes l'original com-
mun de la tète Barracco et de celle du Capitole.
L'expression de souffrance a été admirablement rendue par le
sculpteur, mais non sans quelque exagération romanesque, car la
souffrance du Centaure est due uniquement aux aiguillons de l'a-
mour inassouvi. C'est l'idée que l'auteur du groupe a voulu expri-
mer en figurant Éros sur le dos du Centaure, conception qui est
tout à fait dans le goût de la Grèce alexandrine et de la littérature
anthologique ^.
PLANCHE 230
TETE EN MARBRE DE HEROS MOURANT
{Musée des Offices à Florence.)
Autrefois, et pendant de longues années, on a vu dans cette admi-
rable tête l'image idéalisée d'Alexandre mourant. Depuis la décou-
verte de la grande frise de Pergame, où figure un jeune géant de
même expression et dans la même attitude % on y reconnaît un géant
foudroyé de l'école pergaménienne (197-175). Cependant il est dif-
ficile que les anciens eux-mêmes n'aient pas été frappés de l'analo-
' Collignon. Hisloive de la sculpture grecque, t. II, p. 678 : Brunn-Bruckmann,
Denkmuler, n" 392; Helbig, Fuhrer\ I, no»o2o, 526: Clarac, 739, 1781 et 740, 1780.
* Hauteur : 0"',22.
^ Ilelbig, Collection Barracco, pi. 66.
* .Aimelung, Filhrer in Florenz, pi. 24.
188 PLANCHES 231 ET 232
gie de cette tête avec celle que l'art du temps des Diadoques prêta
souvent au conquérant macédonien. Alexandre mourant pouvait être
représenté comme un jeune géant terrassé et un géant terrassé
pouvait emprunter les traits d'Alexandre, comme un sculpteur du
xixo siècle eût pu lui donner les traits de Napoléon, ou figurer,
semblable à Napoléon, Promélhée enchaîné sur son rocher. Il est
donc bien possible que l'équivoque remonte à l'antiquité et quelle
soit voulue.
Avec celle de Laocoon, cette tète est le plus bel exemple de
pathétique que nous ait légué l'art grec. Tout le visage respire l'an-
goisse de la mort et les cheveux même, superbement agités,
semblent prendre part à l'agonie du héros.
Il ny a de restauré que le nez, quelques boucles, une partie du
revers de la tête et un morceau du cou ',
PLANCHES 231 ET 232
TÈTE EN MARBRE DE CENTAURE (?)
{Palais des Conservateurs à Rome.)
Le bout du nez et l'extrémité supérieure de l'oroille gauciic sont
les seules restaurations notables do cette tête colossale, découverte
en 1874 sur l'Esquilin, où les premiers éditeurs se sont accordés à
reconnaître le centaure Chiron, mais qui peut tout aussi bien repré-
senter Marsyas ou un Silène quelconque. C'est une œuvre apparentée
aux sculptures de l'autel de Pergame et au Laocoon, visant à l'effet
et touchant au but vi.sé. Les cheveux et la barbe, notamment, sont
d'une très belle venue et traités avec un vil sentiment du pittoresque.
L'expression passionnée, quoique brutale, trahit rinlluence lointaine
de Scopas, ancêtre intellectuel des sculpteurs pergaméniens. Le
' I)fi(iM,-hke, Anliken in Oberilalien, t. I. n° 513 ; Brunn-Bruckmann, Denkmdler,
n» 204 ; AmelunK, Fahrer, p. 93.
PLANCHES 233 ET 234 189
travail n'est pas antérieur à l'an 150 avant J.-C. Comme on n'en
connaît pas de répliques, il est possible que la statue dont cette tête
faisait partie ait été un original '.
PLANCHES 233 ET 234
TÊTE EN BRONZE DE CENTAURE
{Musée de Spire.)
L'original de cette magnifique tête, dont le musée de Saint-Germain
possède un moulage -, a été découvert dans le Palatinat. A l'époque
impériale, elle a servi de peson de balance et a été pourvue, à cet
effet, d'un anneau fixé à la partie supérieure du crâne ; en même
temps, pour en augmenter le poids, on a rempli l'intérieur de
plomb.
On la considérait autrefois, avec l'indifférence habituelle en ces
matières, comme un bon travail romain ; mais M. Furtwaengler a
démontré, en 1892, que c'était un original grec, fondu et ciselé dans
un atelier hellénique longtemps avant d'avoir servi de poids en pays
demi-barbare, sur les bords du Rhin.
L'expression pathétique de cette tête ne permet guère de la faire
remonter au delà du ii^ siècle avant J.-C. ; c'est un produit tardif,
comme le Laocoon qu'elle rappelle, de l'art qui avait fleuri à Per-
game. Les cheveux eux-mêmes semblent agités et participer à
l'émotion violente qui se peint sur le visage. Les yeux et les dents
sont incrustés d'argent^.
* Kroker, Annali, 1884, p. 50; Monumenti, t. XII, pi. I: Arndt-Bruckmann,
Denkmûler, n» 535; S. Reinach, Gazette des Beaux- Arts, 1887, I, \û. à la p. 338;
Ilelbig, Fuhrer% t. I, n» 589.
' Hauteur : 0"",142. Les moulages sont en vente au musée de Mayence.
'Furtwaengler, Bonner Jahrbûcher, t. XCIII (1892), p. 54 et pi. 6; Linden-
schmidt, Centralmuseum., pi. XXIII, 2 ; S. Reinach, Bronzes figurés, pi. 114,
fig. 117.
190 PLANCHE 235
PLANCHE 235
TETE EiN MARBRE DE POSEIDON
{Musée de Syracuse.)
Cette tète a été photographiée et publiée sous la désignation de
Zeus; Overbeck a eu le mérite de reconnaître qu'elle représentait
Poséidon et d'en faire ressortir les caractères distinctifs qui con-
viennent à une image du dieu des mers, le front tourmenté et presque
bossue, la chevelure en désordre comme au sortir des flots, le
regard inquiet et dirigé vers Ihorizon, ce qui est le propre des divi-
nités marines, d'Amphitritc comme de Poséidon et des Tritons*.
11 est intéressant de rapprocher le Poséidon de Syracuse des Zeus
d'Otricoli (pi. 196) et de Naplcs (pi. 238). L'e.xpression du premier est
passionnée autant que celle des deux autres est majestueuse ; les
cheveu.x, au lieu de dégager le front, le recouvrent en partie ; les
yeu.v, petits et largement ouverts, avec globe convexe, ont quelque
chose d'interrogateur et d'effaré. Nulle expression de douceur ni de
bienveillance ; le dieu, comme le Neptune de Y Enéide, a sur les
lèvres un terrible Quos ego.
C'est une sculpture d'époque romaine, mais imitée ou copiée
d'une œuvre de l'école de Pergame qui pouvait sans doute soutenir
la comparaison avec les plus belles productions pathétiques de l'art
grec. Je crois que l'original était en marbre-.
' Cf. nruiiii. Griechische Guellerideale, p. 08.
' Phol()xra|)ln(' Sommer, n- 8712; iMuller-VVieseler, Denkmâler, pi. XV, 4; Wer-
iiicke, Uenkmâlcr, \). 180; Overbeck, Kiinstinijlkolofjie, pi. XI, 14; Poséidon,
p. 263. Il y a une autre statue de Poséidon à Syracuse, dont la moitié supérieure
est seule conservée, Répertoire de la .statuaire, t. II, p. 30, 6.
PLANCHE 236 191
PLANCHE 236
TÈTE EN MAKBRE D'HÉRAKLÉS
[Musée britannique.)
Une tranchée ouverte dans la lave, au pied du Vésuve, a rendu à
la lumière cette tête colossale, qui n'est pas une réplique exacte de
celle de l'Héraklès Farnèse par Glycon, et lui est incontestable-
ment supérieure. Les muscles sont mieux marqués et le travail des
cheveux et de la barbe est autrement libre et spirituel. L'oreille
antique (celle de gauche) est bossuée comme celle des athlètes ; le
bout du nez, l'oreille droite et un morceau de la joue droite sont
restaurés.
En présence d'une tête d'Héraklès supérieure à toutes celles que
nous connaissons, on songe naturellement à un original de Lysippe,
prototype commun de la statue Farnèse et de plusieurs sculptures
dont la tête du Musée britannique est la meilleure. Le motif est celui
d'Héraklès fatigué, appuyé sur sa massue ^ Mais j'avoue ne pas
reconnaître, dans le marbre qui nous occupe, l'influence d'un original
de bronze; c'est donc moins peut-être une copie qu'une imitation,
due à un excellent marbrier de Pergame ou de Rhodes, vers le
milieu du ii" siècle avant J.-C -.
' « Une certaine lassitude morose ne messied pas à ce dieu » (IlomoUe,
Bulletin de correspondance hellénique, 1899, p. 456.)
- Muséum Marbles, t. I, pi. 11: EUis, Townley Gallénj, t. I. p. 331; Miiller-
Wieseler, Denkmâler, pi. XXXVllI, 153; Helbig, Annali, t. XL (1868), p. 386;
Synopsis, grœcoroman sculpture, p. 64, n" 141 ; Furtwaengler, ap. Roscher, art.
Heraklès, p. 2174. Pour les répliques de la statue Farnèse à Naples (Friederichs-
Wolters, n" 4265), voir Stephani, Ausruhender Heraklès, p. 161. Une esquisse de
l'Héraklès assis de Lysippe, à Tarente et plus tard à Rome, vient d'être signalée
par M. Furtwaengler sur un coffet byzantin en ivoire {Sitzungsberichte de Munich,
1902, H, p. 435).
192 PLANCHE 237
PLANCHE 237
TETE EN BRONZE DE ZEUS
{Musée de Vienne.)
Ce joli buste de bronze * avait passé des collections Albani et
Odescalchi au couvent de Klostcrneuburg en Autriche lorsque
Sacken réussit, en 1862, à l'obtenir à titre d'échange pour le musée
impérial. Le dieu porte une couronne de chêne et un voile ; ses yeux,
où les pupilles sont creusées, ont un regard inquiet ; l'expression de
la bouche, complètement close, est plutôt maussade. Bien que la
tête soit sculptée en ronde bosse, l'ensemble formait une applique,
car la poitrine est absolument plate.
C'est un travail romain, d'après un original grec de la fin du
IV" siècle qui sortait peut-être de l'atelier de Bryaxis. Le môme type,
voisin de celui de Zeus Sérapis, paraît sur le camée Zulian à Venise -.
La couronne en chêne est un attribut assez banal et ne suffit pas,
comme le croyait Sacken, à faire reconnaître ici une image de Zeus
dodonéen '•
* Hauteur : O"",!".
* Overbeck. Zeus, \A. HI, 3.
' Sacken, Zeus von Doclona, Vienne. 1879 (gravure sur cuivre); Overbeck, Zeus,
fig. 20; Schneider, Album der Antikensammlung, p. 12, pi. 30.
PLANCIIt; 238 ly3
PLANCHE 238
TETE EN MARBRE DE ZEUS
{Musée de Naples.)
Overbeck a trop loué cette tête colossale, découverte, croit-on, à
Pompéi^ C'est, en somme, une modification à la fois théâtrale et
froide du type d'Otricoli, dérivé lui-même de celui de Phidias. Mais
l'influence des modèles du v^ siècle est encore sensible dans la che-
velure relevée sur le front et les spirales régulières de la barbe. Les
yeux sont enfoncés, les sourcils rapprochés des paupières et d'un
dessin énergique, le sinus frontal accusé, le nez fort et court, les
narines un peu gonflées. La bouche entr'ouverte exprime une bien-
veillance que l'on cherche en vain dans le regard, plutôt courroucé.
Les cheveux sont drus et largement ondulés, avec un vif sentiment
du pittoresque, mais une recherche non moins apparente de l'effet.
Overbeck a pensé que ce pouvait être une copie du Zeus tonnant de
Léocharès, que l'on admirait, du temps de Pline, au Capitole-. Cette
hypothèse n'est nullement dépourvue de vraisemblance et méritait
d'être citée, aujourd'hui que Léocharès revient à la mode^. Elle peut
s'autoriser notamment de la disposition et du traitement de la che-
velure, qui rappellent les portraits d'Alexandre dérivant d'originaux
de Léocharès ^
* Une partie de la poitrine est moderne.
* Pline, Ilist. Nat., XXXIV, 79.
* Cf. Arndt, Denkmaler, notice du n» 530.
* Photograpliic Alinari. n» 5112; Mitseo Borbonico, t. V, pi. 9; Overbeck, Zeus,
p. 82, n» 13.
13
194 PLANCHE 239
PLANCHE 239
TÊTE EN BRONZE DE ZEUS
{Collection Ouvaroff à Poretchié, gouvernement de Moscou.
Rapportée d'Italie par le feu comte Serge Ouvaroff*, cette tête
colossale' est encore unique, à notre connaissance, par la nature de
ses attributs. Elle est coiffée d'une haute couronne de feuilles de
pin, entremêlées de pommes, que l'on prête à Dionysos et à d'autres
dieux champêtres, mais jamais, que nous sachions, à Zcus. Toute-
fois, il est impossible de ne pas reconnaître Zeus à son expression
majestueuse et à l'arrangement traditionnel de la chevelure, relevée
sur le front et retombant en boucles ondulées le long du visage. On
est donc obligé d'admettre un type étranger à l'art classique ou un
type panthée caractérisé par un mélange d'attributs. Dans la pre-
mière hypothèse, nous aurions là une image du Zeus phrygien, à
qui le pin conviendrait comme à Atys ; le caractère sombre de la
physionomie s'accorderait avec cette conjecture. Dans la seconde
hypothèse, on pourrait songer à un dieu italique, Jupiter Liber, aux
fêtes duquel on suspendait les oscilla aux branches des pins-'. Une
inscription de Prénestc mentionne une statue de Liber Pater pan-
thée '• {signum Liberi Patris panthei) ; s'agirait-il d'un ouvrage ana-
logue à la statue que surmontait la tête Ouvaroff ?
En tous les cas, le travail du buste de Moscou n'est pas antérieur
au i" siècle de l'Empire; ù côté de l'influence du type hellénique de
Zeus, il trahit celle du type alexandrin de Sérapis ".
• Je tiens de M" la C'«"« Ouvaroff que le comte iSerge accompagna Nicolas 1"
à Pompéi; les Bourbons donn^^ent au tsar un terrain à explorer et c'est dans
ce terrain que fut découverte la tôle que nous publions.
« Hauteur : 0"41.
•Virgile, Ceorg., II, 390.
• Corpus inscriptionum lalinarum, t. XIV, 265.
• A.Schwartz, dans les Drevnosli de Moscou, t. XII (1888), avec une hôlio-
gravure.
PLANCHE 240 195
PLANCHE 240
TETE EN MARBRE DE SERAPIS
{Collection Léopold Goldschmidt à Paris.)
Au commencement du iv* siècle, l'art avait achevé d'adoucir et
d'humaniser les divinités du Panthéon grec ; à la fin de ce siècle,
il fallut que les divinités orientales, annexées à l'hellénisme par la
conquête d'Alexandre, subissent une transformation analogue. LOsi-
ris-Apis égyptien devint le Sérapis gréco-alexandrin, avec ce mé-
lange singulier de douceur et de gravité, de sérénité et de tris-
tesse, qui ajoute un charme pénétrant et comme romantique au type
de Zeus créé par Phidias.- Sérapis, il ne faut pas l'oublier, est une
divinité funéraire et s'il est voisin de Zeus par son type, il se rap-
proche, par sa nature et son caractère, de Pluton.
Les images de Sérapis qui nous restent paraissent toutes dérivées
de celle de Bryaxls, que l'on admirait à Alexandrie au iii^ siècle. Le
buste colossal de la collection Goldschmidt \ découvert et acquis à
Rome en 1891, est un des meilleurs exemplaires de ce type idéal
qui jouit, jusqu'au III® siècle de l'Empire, d'une vogue extraordinaire.
Le travail des yeux prouve qu'il a été sculpté vers le début de l'ère
chrétienne. La tête devait être surmontée d'un boisseau ou modius
qui a disparu '^.
* Hauteur : 0"'27.
* S. Reinach, Gazelle des Beaux-Arts, 1893. I, p. 259. Sur le type de Sérapis et
l'histoire de la statue de Bryaxis, voir mon article dans la Revue archéologique,
1902, H, p. Setsuiv.
196 PLANCHE 241
PLANCHE Ul
TÈTE EN MARBRE D'APOLLON
{Musée du Vatican.)
La statue colossale connue sous le nom d'Apollon du Belvédère a
été découverte à Grotta Ferra ta à la fin du xv* siècle. C'est une copie
romaine, soignée, mais froide, d'un bronze hellénistique, que
M. Winter a proposé, sans raisons décisives, d'attribuer à Léo-
charès'. Le visage est le développement d'un type créé par Scopas,
(lontLéocharès futlecoUaborateur plus jeune au Mausolée d'Halicar-
nasse; il se distingue par la protubérance frontale accusée, l'œil
encaissé, le regard inspiré et ardent, le menton robuste, la carrure
du maxillaire inférieur. L'action du dieu, qui est au moment de déco-
cher une flèche, justifie l'expression de colère contenue qui paraît
dans ses narines gonflées. Le globe de l'œil est plus bombé qu'il
n'est ordinaire après le v* siècle. La chevelure, beaucoup plus simple
dans la réplique ayant appartenu au sculpteur Steinhauscr (aujour-
d'hui au musée de Bàle) ', accuse l'influence de l'école pergamé-
nienne ; cependant la statue n'a rien de commun avec les reliefs de
la grande frise, car la musculature y est enveloppée et atténuée
autant qu'elle est exagérée dans ces figures. L'ancienne hypothèse^
(pii attribue l'Apollon du Belvédère à l'école de Pergamc, est donc
dénuée de vraisemblance.
La copie en bronze de l'Apollon du Belvédère, conservée dans la
collection StroganofTà Saint-Pétersbourg, est d'une authenticité con-
testée ; elle n'a d'ailleurs d'importance que pour la restauration de
la main gauche, dont nous n'avons pas à nous occuper ici '*.
* L'iuiuloKH- avec la copie du (îanymède de Léocharès ne s'impose nullement ;.
«f. (iardner, Uandbook, p. 480.
* Monumenti deW InstilulOft. VIII. pi. 3'.», 40. M. Furlwaengler y voit (à tort, je
crois) tme « copie un peu aiTangée. »
" Brunn-Bruckmann, Oenkmdler, n» 41'J; Furlwaenjîler, Masterpieces , p. 405:
Winler, Jahrbuch des Instituts, l. Vil (I8'.t2), p. 165; Collignon, Histoire de la
sctdplure grecque, t. I. p. 315, (ig. 161; i\avûn<ir, Uandbook, p. 478; Helbig.
FUfner\ l. 1, n» 164 (cf. t. I, p. SOI.)
PLANCHES 244 KT 245 197
PLANCHES 242 ET 243
TÈTE EN MARBUE D'APOLLON
{Musée britannique.)
Peu de sculptures sont plus propres que celle-ci à témoigner de
l'influence de Scopas sur les habiles marbriers du m*' siècle. L'œil
enfoncé et l'expression pathétique ne laissent aucun doute à cet
égard. D'autre part, cette tète colossale, découverte dans les
Thermes de Garacalla à Rome, présente des caractères communs
avec l'Apollon Pourtalès (pi . 247) , bien que ne dérivant pas,
comme lui, d'un original de bronze. On peut en rapporter l'invention
à un des élèves et collaborateurs de Scopas, par exemple à Léo-
charès. Une réplique, que l'on dit très fidèle, est conservée à Rome
au Palais Giustiniani *.
PLANCHES 244 ET 245
TÊTE EN MARBRE DE DIONYSOS
[Musée de Leyde.)
Les photographies que reproduisent nos planches ont été exécu-
tées spécialement pour ce recueil, grâce à l'obligeante entremise de
M. Marcel Mauss.
Un marchand hollandais établi à Smyrne envoya cette tête
' Overbeck, Apollon, p. 142, 7. — Monumenli delV Inslitulo. t. X. pi. 19; Annali,
1873, p. 27 ; Overbeck, Apollon, p. 141, 6 et pi, XXFI, 34 ; Collignon, Histoire de la
sculpture grecque, i. Il, p. 445, fig. 238; Bulle, Der schône Mensck, pi. 198; Furt-
waengler, Masterpieces. p. 165.
198 PLANCHES 244 ET 243
colossale à Leyde vers le commencement du xviii'^ siècle ; elle y fut
médiocrement restaurée par le sculpteur Eberhard et figure ici sans
les restaurations. C'est un des chefs-d'œuvre de l'art hellénistique
et une des représentations les plus expressives du délire diony-
siaque. Urlichs l'avait attribuée à Scopas *, Overbeck avait pensé à
une imitation néo-attique du Dionysos de Praxitèle décrit par Callis-
trate^. Aujourd'hui, personne n'hésitera à rapprocher cette tète des
portraits idéalisés d'Alexandre et beaucoup l'attribueront à l'école
de Léocharès, ou plutôt à une branche asiatique de cette école. En
effet, les cheveux relevés, montant vers le ciel comme des flammes,
sont un détail fort rare dans la sculpture grecque; mais on les
retrouve précisément dans une grande tête de Tralles conservée à
l'École Évangôlique de Smyrne et dans nombre de terres cuites de
cette ville ^. D'autre part, Urlichs avait certainement raison de
reconnaître, à l'origine de cette œuvre hellénistique, la manière pas-
sionnée de Scopas dont Léocharès fut l'élève et le collaborateur.
Les cheveux sont entremêlés de baies de lierre. Les yeux pré-
sentent une forte convexité, comme ceux de l'Apollon du Belvédère;
la bouche entr'ouverte laisse apparaître les dents. Sur le haut de la
tête est pratiqué un trou qui servait à l'insertion du ménisque *.
' Urlichs, Scopas, p. 161.
* Overbeck, Griechische Plastik, t. Il, p. 58, 77,
' S. Reinach, Bull, de corresp. hellénique, 1882, p. 175, pi. 3 ; Furlwaengler.
Masterpieces, p. 398; Bulle, ap. Xrndl, Einzelaufnahmen, n»» 1342, 1343. Voir aussi
la petite Aphrodite de Cyzique dans la collection Nelidoff à Rome, publiée par
M. Furlwaengler, Zeilschrifl des mûnchener Aller lliumve reins, 1901, pi. sans n".
* Lechat, liullelin de correspondance hellénique, t. XIV, p. 350 et plus haut,
pi. 3. — Monumenli delV Itistiluto, t. 11, pi. 41 6; Thraemer, ap. Roschcr, Lexikon
der Mythologie, t. I, p. 1128; Brunn-Bruckmann, Denkmâler, n» 155.
PLANCHE 246 199
PLANCHE 246
TÊTE EN MARBRE D'APOLLON
{Musée Britannique.)
En 1880, époque où cette tête fut acquise par le Musée britan-
nique, Newton, dans un rapport au Parlement anglais, la décrivait
comme un Alexandre et y voyait la copie en marbre d'un bronze
célèbre de Lysippe. M. Koepp a reconnu * que ce n'était pas un
portrait et que le style n'avait rien de commun avec celui du
maître de Sicyone. Il a proposé d'y voir un Apollon, analogue à
celui du Belvédère (pi. 241), La ressemblance est, en effet, incontes-
table ; celle avec l'Apollon Pourtalès (pi. 247) ne l'est pas moins et
se constate notamment dans l'angle externe de l'œil, intentionnelle-
ment abaissé^. La tête qui nous occupe appartient donc au groupe de
sculpteurs dont Léocharès fut le chef et pourrait même être un peu
plus ancienne ; M. Furtwaengler est disposé à y voir le produit d'une
école qui remonterait, à travers le iv*' siècle, jusqu'à l'auteur d'un
des Dioscures du Monte Gavallo, qu'il attribue à Praxitèle l'Ancien.
L'original, en bronze, devait jouir d'une certaine réputation, car
il s'en trouve une réplique à Naples sur le torse d'un héros blessé ^.
' Koepp, Bildnisse Alexanders des Grossen, p. 23.
* Cf. Collignon, Revue archéoL, 1903, I, p. 2.
* Clarac, Musée, 865, 2203. — Furtwaengler, Masterpieces, p. 411, flg. 177;
Koepp. Bildnisse Alexanders, p. 24; Overbeck, Apollon, p. 141.
2(10 PLANCII1-: Si-
PL ANC HE 247
TÊTE EN MARBRE D'APOLLON
{Musée britannique.)
Ornement des collections Giustiniani à Rome et Pourtalès à Paris,
cette tôte colossale, évidente copie d'un bronze, offre une analogie
frappante avec celle de la planche précédente, qui figure également
au Musée britannique. Elle en diffère cependant dans la mesure où
l'Apollon du Belvédère diffère de l'Apollon Steinluiuser àBàle, en ce
qu'elle représente une étape plus avancée dans l'évolution du môme
type hellénistique. Tout, depuis la bouche dédaigneuse et les sour-
cils abaissés jusqu'aux cheveux tordus et comme bouillonnants, vise
à l'expression pathétique la plus intense. Est-ce la musique, comme
le croyait Newton, qui a provoqué le délire du dieu ? Cette interpréta-
tion a été justement contestée par Overbeck, qui insiste, à la suite de
Kinkel, sur la tristesse qui se dégage de la physionomie et qu'accuse
surtout, comme dans les masques tragiques, l'abaissement singulier
du coin des yeux. Kinkel a supposé que la statue dont cette tète est
le débris représentait Apollon au moment où Hyacinthe tombe mor-
tellement blessé par la flèche du dieu. Cette hypothèse ingénieuse a
été adoptée par Overbeck ; il faut convenir qu'elle est vraisemblable,
quoique impossible à démontrer.
M. Furtwaenglcr a signalé avec raison, dans la saillie des pau-
pières anguleuses, un écho lointain du style connu surtout par
l'Athéna de Velletri (pi. 37) et qu'il attribue à Crésilas.
Le bas du nez et une partie des lèvres sont les seules restaura-
tions. Le travail des cheveux est admirable, très supérieur à celui de
l'Apollon du Belvédère; le modelé de l'épiderme est un peu trop
lisse *.
' Prcmitre publication dans Sandrart, Teulsche Akademie. t. 1. pi. U. —
l'anofka, Cabinet l'ourlalès, pi. 14; Brunii, Griecidsche GutleriUeale, pi. 7;
Overbeck, Kunslmytholoffie. Apollon, p. 141 et pi. XXII, 35 ; Furtwaengler,
Maslerpieces, p. 105 : Collij<non, limtoire de la sculpture grecque, t. Il, j). 456,
«K- 237 ; Synopsis of the lirilish Muséum {i» M., 1877), p. 60.
PLANCHE 248 20t
PLANCHE 248
TETE EN MARBRE DE DIONYSOS
[Musée du Louvre.)
La plaque de marbre de Luna sur laquelle se détache en relief
cette tète colossale * n'était pas destinée à être encastrée dans un
mur, car les tranches en sont également ornées de reliefs : à droite,
d'un ceps de vigne, à gauche, de feuilles de chêne. Quelle en était
donc la destination? C'est ce qu'il n'est pas facile de deviner.
Dire quel est le dieu représenté ne l'est pas davantage. Visconti
crut le personnage féminin et y reconnut l'Espagne, à cause de la
guirlande de pampres et de feuilles d'olivier ; pour Clarac, c'était
« l'Automne et les plaisirs de la chasse » ; Braun et M. Frœhner en
rapprochèrent les monnaies de Rhodes à l'effigie d'Hélios ; Wieselcr
etHeydemann pensèrent à « Dionysos dieu solaire » ; MM. "Wheeler
et Ujfalvy au « soleil printanier identifié avec la personnification de
l'Espagne » où à « Alexandre déifié comme Hélios » ; enfin le Cata-
logue des marbres du Louvre donne cette sobre notice : « Masque
colossal du Soleil dit l'Espagne, entouré de pampres; sur le buste,
un rat couché. ».
Cet animal, dont la tête est moderne, a été pris quelquefois pour
un lapin ; s'il en était ainsi, la désignation de l'Espagne s'imposerait,
car le lapin, aux yeux des Romains, caractérisait ce pays ;mais il ne
paraît pas douteux que ce soit une grande souris ou un mulot (notre
rat vulgaire n'est connu en Europe que depuis le iv" siècle, époque
où il arriva d'Asie à la suite des Huns).
Au dire de J.-B. de Saint-Victor, l'expression de tristesse qui se
dégage de cette tête conviendrait à la personnification d'une province
vaincue. Mais l'expression n'est nullement triste; c'est l'cnthou-
' Hauteur : O" 46. Collection Borghèse. Restaurations : le haut du marbre,
l'intervalle des sourcils, le nez, une partie de la lèvre supérieure et du menton,
le devant de la gorge, la tète du petit animal à gauche.
202 PLANCHE 249
siasme bacchique, mêlé de rêverie et de langueur, tel qu'on le cons-
tate également dans la célèbre tête de Dionysos à Leyde, apparte-
nant à l'époque hellénistique (pi. 244). L'original du masque du
Louvre remonte à cette époque, et non plus haut, comme le croyait
Heydemann. La copie à été faite en Italie, probablement à la fin du
I" siècle, à en juger par l'indication du globe des yeux et des pupilles
dessinées en creux *.
PLANCHE 249
TÊTE EN MARBRE DE HÉROS MORT
[Loggia de'Lanzi à Florence.)
Quelque connu que soit le groupe delà Loggia de Florence, dont le
Pasç'MiwodeRomeest une réplique meilleure, mais très mutilée, on
n'a généralement pas l'occasion d'étudier la tête de la figure juvénile,
qui se présente renversée et de haut en bas. Elle paraît ici redres-
sée, comme on peut s'en assurer en recourant à une gravure de
l'ensemble -. Le nez, la lèvre supérieure et une partie des joues sont
modernes ; l'oreille, beaucoup trop forte, l'est également. Le tra-
vail des cheveux est intéressant à cause'de son allure libre et pitto-
resque. Le bronze original, représentant Ménélas emportant le corps
de Patrocle, appartenait à la génération qui suivit Alexandre et
probablement à une école de la Grèce propre, où prévalait la tradi-
tion de Lysippe ^
* Bouillon, Musée, t. I, pi. 77, 2; Clarac, Musée, 2b5, 311 bis; Heydemann,
Pariser Anliken, p. 15, pi. 1 ; Ujfalvy, Le type physique (T Alexandre le Grand, p. 10,
iW, 105.
* Répertoire de la slaluaire, l. I, 498, 2 ; t. H, 508, 1.
" Photofçraphie Alinari, n» 3069 ; Brunn-Bruckmann, Uenkmâler, n» 346 ;
Ameiiinj^, Fuhrer in Florenz, p. 8.
PLANGlIl!: ->50 203
PLANCHE 250
TÈTE EN MARBRE D'ALEXANDRE EN HELIOS
{Musée de Boston.)
L'authenticité de ce magnifique morceau a été suspectée à tort, par
suite d'un nettoyage brutal qui l'avait privé de toute patine ^ Le
motif est le même que celui de l'Alexandre du Capitole, mais ce
n'en est pas une copie. On dit qu'il a été découvert à Ptolémaïs en
Egypte, pays où les représentations d'Alexandre le Grand se ren-
contrent en plus grand nombre qu'ailleurs.
Dans l'exemplaire du Capitole-, le bandeau est percé de trous qui
devaient servir à l'insertion de rayons métalliques : c'est donc un
Alexandre en Hélios, conclusion qui vaut pour la tête de Boston, où
le diadème fait cependant défaut^. M. Helbiga très heureusement rap-
pelé que le culte d'Hélios était florissantàRhodesetquele plus célèbre
se ulpteur rhodien s'appelait Charès, élève de Lysippe. Or, Pline parle
de statues de Philippe et d'Alexandre dues à un sculpteur, d'ailleurs
inconnu, qu'il appelle Chaereas. Il y a toute apparence que ce nom
est une erreur de copiste pour Charès etquel'Alexandre-Hélios était
l'œuvre de cet artiste, auteur de la statue colossale d'Hélios que l'on
admirait dans l'île. A cela on a objecté que la statue d'Alexandre par
Chaereas était en bronze, alors que la tête de Boston éveille l'idée
d'un original en marbre ; on a ajouté que la tète de l'Hélios de Rhodes,
connue parles monnaies, ne ressemble pas à celle qui nous occupe*.
Mais le fait que l'original de la tête de Boston fût un marbre n'est
* Gazette des Beaux-Arts, 1902, I, p. 150; cf. Journal of hellenic studies, t. XXI,
p. 213.
* Suivant M. Furtwaengler (Journal of hellenic studies, t. XXI, p. 113), le buste
du Capitole serait une copie de la statue de Lysippe, Alexandre avec la lance.
La tète d'Alexandre, conservée à Chatsworth, dériverait de Léocharès.
' Sur le type d'Hélios dans l'art hellénistique, voir Uartwig, Rômische Mitthei-
lungen, 1897, p. 159.
* Amelung, Bulletlino comunale, 1897, p. 140.
204 PLANCHE 251
nullement certain ; l'existence de la réplique du Gapitole fait plutôt
conclure à un modèle de bronze. En second lieu, rien n'oblige d'ad-
mettre que rilélios colossal de Charès dût être identique, ou même
semblable à un Alexandre en Hélios sorti du môme atelier. Tant que
l'on n'aura pas confirmé, par une trouvaille épigraphique, le nom du
sculpteur Chaereas, l'hypothèse de M. Helbig restera, tout au moins,
très vraisemblable.
La rêverie enthousiaste, avec une nuance de souffrance, comme
sous l'aiguillon d'un désir inassouvi, a été admirablement rendue
par l'artiste; le traitement des cheveux est analogue à celui de
l'Alexandrie mourant de Florence (pi. 230), mais celui de la muscu-
lature est beaucoup plus sobre. La comparaison de ces deux tètes
permet peut-être de saisir les différences essentielles entre les écoles
de Rhodes et de Pergame *.
PLANCHE 251
TETE EN MARBRE DE DIOSCURE
{Musée du Bar do à Tunis.)
Cette tête intéressante, découverte en 1896 à Carthage, provient
d'une statue plus petite que nature; il yen avait deux qui se fiii-
saient pendant ; la tête de la seconde, acquise par le commandant
Marchand, est aujourd'hui au musée du Louvre ^ Le type, d'un carac-
tère pathétique qui rappelle le Dioscure de Paramythia au Musée
britannique,' est inspiré de celui d'IIélios, qui fut souvent figuré à
l'époque hellénistique (cf. pi. 248) '*. Les grosses boucles régulières
« Helbig, Monumenli dei Lincei, t. VI, pi. 1 ; Ujfalvy, Type physique
)l' Alexandre le (îrand, pi. 4: Arndt, Criechische Portraits, n<" 481. 482 (U* buste
«iii Capilole. ii" 180, 187) ; S. Rcinach, liazette des Ueaux-Arts, 1902, I, pi. à la
p. 158 (face et profil).
• Mar/jrea du Louvre, n» 1832.
^ Uritiah Muséum Bronzes, n» 277, pi. 5.
* Voir Kurtwacngler. ap. Roscher, Lerikon. art. Dioskuren, p. 1175.
PLANC1I1::S 2o2 ET 253 20ë
font à la tète un encadrement pittoresque, analogue à celui des tètes
de Paris qu'en a rapportées à Euphranor (pi. 212), Un détail à noter
dans cette œuvre, qui dérive de Scopas par l'entremise d'un maître
de Rhodes ou de Pergame, est l'ouverture presque exagérée des yeux,
que nous avons notée comme un caractère polyclétéen (pi. 52) ; ce
caractère n'est certainement pas dû au copiste, mais devait se trouver
dans le modèle hellénistique qu'il a suivi ^
PLANCHES 252 ET 253
TÊTE EN MARBRE D'APOLLON
{Collection Bairacco à Rome.)
On a successivement fait honneur à Scopas ^ et à Praxitèle^ d'un
motif souvent répété par la sculpture antique ', celui d'Apollon au
repos, le bras droit levé et reposant sur sa tête. li existe un type
analogue, représenté surtout par leBacchus de Versailles au Louvre ^
où le dieu ainsi représenté n'est pas Apollon, mais Dionysos.
La tète de grandeur naturelle que nous reproduisons est une des
meilleures répliques de l'Apollon au repos. Elle est remarquable par
la largeur du style, l'expression calme et un peu dédaigneuse de la
physionomie, où n'intervient encore aucun élément pathétique, l'élé-
gante disposition de la riche chevelure^ la forme triangulaire du
front, la grandeur relative de la bouche entr'ouverte, la petitesse de
l'oreille. Sur le sommet de la tète on observe des traces de la main
qui s'y posait.
' Gauckler, Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions. 1896, p. 445.
* Friederichs-Wolters, Gipsabgiisse, n» 1292.
^ Furtwaengler, Satyr von Perr/amon, p. 21 ; Masterpieces, p. 337.
* La liste des répliques est donnée par M. Furtwaengler, Masterpieces, p. 337,
note 2 ; cf. Klein, Praxiteles, p. 164.
" Clarac, Musée, 275, 1574.
206 planche: 254
Le motif de cet Apollon peut bien remonter à Praxitèle, mais il
me paraît certain que nos répliques dérivent d'une statue de bronze
appartenant à une école postérieure. La ressemblance avec l'Aphro-
dite de Cnide, que signale M. Furtwaengler, m'échappe complète-
ment. En revanche, le traitement des cheveux fait songer à l'Apollon
du Belvédère et à l'Apollon Steinhiiuser du musée de Bâle. Mais
l'original de l'Apollon au repos est antérieur à ces œuvres, à cause
de la sérénité majestueuse de l'expression. Sans proposer d'attribu-
tion, on peut penser à un contemporain d'Alexandre, influencé par
Scopas et par Praxitèle, mais possédant une individualité propre et
se rattachant, comme Lysippe, aux maîtres à style large du v" siècle '.
PLANCHE 254
TÈTE EN MARBRE DE FEMME BARBARE
{Musée britannique.)
Comme la prétendue Omphale de la collection Ashley-Ponsonby
(pi. 227) et comme la prétendue Thusnclda de la Loggia de'Lanzi à
Florence (fig. 17), cette belle tôte^ se distingue tout d'abord par un
détail singulier : les deux bouclettes irrégulières qui descendent sur
le front de part et d'autre de la raie. Évidemment, ce n'est pas l'effet
du hasard si la même particularité se constate dans ces trois tôtes
qui, toutes les trois, à diverses époques, ont été considérées comme
représentant des femmes barbares. Celte dernière désignation est
encore celle qui convient le mieux à la tète que nous publions, bien
que l'on puisse songer aussi à une Ménade ; mais si l'expression
est bien sereine pour une femme barbare, elle peut sembler égale-
' llt'lbig, Collection Barracco, pi. 59 et 59 a ; Furtwaengler, Maslerpieces, p. 337,
note 1; Arndt, Einzelaufnahmeii, n» 276.
' Restaurations : le nez, une partie du front et de la lùvre inférieure, l'extrémité
dos longues tresses de cheveux.
PLANCHE 255 207
ment trop placide pour une Bacchante, dont le délire dionysiaque
aurait dénoué la chevelure.
Une femme barbare n'est pas nécessairement une captive ; ce peut
être la personnification d'une province ou d'une ville. Quoi qu'il en
soit, le style, vigoureux et large, est celui de la plus belle époque
hellénistique ; c'est peut-être une œuvre pergaménienne du ii" siècle.
La longue chevelure peut être rapprochée de celle d'une tête fémi-
nine de l'Ermitage S où l'on a cru reconnaître une captive germaine
et qui est bien plutôt une Gauloise *.
PLANCHE 255
TETE EN MARBRE D'EPHEBE
[Glyptothèque de Ny-Carlsberg.)
Le comte Tyskiewicz, qui possédait autrefois cette tête et m'en a
donné une photographie, savait qu'elle avait été découverte en
Syrie '^. Elle provient d'un bas-relief, peut-être d'un sarcophage. Le
travail n'en est pas antérieur au ii® siècle ap. J.-C, comme le prouve
l'indication brutale et expéditive de la chevelure. Je ne sais quel
personnage de la fable elle représentait. On y remarquera, outre le
pathétique de l'expression, certains détails tout à fait insolites,
comme la dépression accusée du front entre deux bourrelets de
chair*, la concavité de la ligne du nez, la grandeur et la position sin-
gulière de l'oreille. La ligne du sourcil paraît soulignée par une
incision, comme dans une belle tète de la collection Singher au
* Kieseritzky, Catalogue illustré des marbres de l'Ermitac/e (en russe), p. 170,
n" 35 B ; Friederichs-Wolters, Gipsabgusse, n» 1565.
* Muséum Marbles, t. XI, pi. 28 ; Synopsis, qrxco-romansculpture, n» 129 ; Hùbner,
Archœologische Zeitung, 1868, p. 50.
' Hauteur : Ù>',\1.
* Comparez plus haut, pi. 156, et une tête romaine à Athènes (Arndt, Portraits,
n» 400).
208 PLANCHt: 2b6
Mans qui provient également d'un relief de la lin du i" ou du commen-
cement du II* siècle *. La môme particularité se constate sur les
figures non restaurées du grand sarcophage d'Achille au Louvre ^
et, beaucoup plus accusée, sur une tête de sphinx découverte à
lîalbeck^ ; elle est fréquente dans les plus anciennes sculptures chai-
déennes et constante dans la statuaire de Palmyre. Le fait que la tête
qui nous occupe est d'origine syrienne confirme ce que nous avons
dit ailleurs touchant le caractère à la fois local et traditionnel de
celte technique '\
PLANCHK 256
TETE EiN MARBRE DE MUSE
{Musée du Vatican.)
La statue assise dite Clio, au Vatican, trouvée à Tivoli dans la
villa de Cassius, porte une tète qui paraît ne pas lui appartenir,
mais qui est certainement antique et celle d'une Musc ^. La chevelure
est ceinte d'une couronne de laurier. Un caractère singulier du
visage est l'amincissement de la partie inférieure, réaction extrême
contre les types carrés du v* siècle et exagération, entachée de
mièvrerie et de maniérisme, du type ovale de Praxitèle. C'est, en
effet, dans l'école des praxitéliens décadents d'Alexandrie qu'il faut,
je crois, chercher l'origine de cette tôte. Dans son intéressant article
sur l'art alexandrin, M. Amelung en a publié une autre, conservée au
palais Pilti à Florence, qu'il a considérée avec raison comme alexan-
drine et dont la ressemblance avec la Clio du Vatican est évidente,
' s. Kcinach, Monuments l'iol, t. Il, p. 185, pi. 22.
* IbiU., p. 188.
* S. Keinach, lievue archéologique, 1902. I, |», 26 et pi. 4.
* Ibid., p. 27 el sulv.
* Le nez et le cou sont modernes; grandeur nuturellc.
PLANCIIK ?57- 209
bien qu'il ne l'ait pas signalée ^ Les caractères généraux de ces
sculptures alexandrines ont été indiqués par M. Amelung avec
autant de précision que de finesse : morhidezza straordinaria...
forme molli e tenere... sfumato délie forme... occhi quasi velati...
maniera nemica di tutte le durezze... forte tendenza idealistica-.
Cette tendance idéaliste se marque aussi par la petitesse relative et
l'amincissement de la partie inférieure du visage ; on n'en saurait
citer d'exemple plus frappant que la Clio '^.
PLANCHE 257
TÊTE EN MARBRE DITE ZINGARELLA
{Musée de Naples.)
Ce buste étrange et charmant, connu sous le nom de La Zinga-
rella (la Bohémienne) *, à déjà préoccupé Winckelmann, qui ne
pouvait se résoudre à y reconnaître une Vestale, suivant la désignation
qu'il avait reçue au xviii* siècle. Gerhard remarqua avec raison que
tout caractère sacerdotal fait défaut au buste de Naples ; il n'a d'ail-
leurs rien de commun avec les portraits authentiques de Vestales,
véritables abbesses sévères et hautaines, que les fouilles du Forum
romain nous ont révélées*. Le voile ramené sur le menton, qui sem-
blait tout à fait insolite à Gerhard, nous est aujourd'hui familier
grâce aux nombreuses figurines en terre cuite qui présentent cette
disposition ; elle y est souvent plus accusée encore, la bouche ellc-
' Bullettino comunale, 1897, p. 135, fig. 12, 13; Arndt, Einzelaufnahmen , 232,
233.
- Ibid., p. 122, 125.
* Photographie Anderson, n''2247 ; Visconti, Musée Pie-Clémentin, t. I, pi. 16 ;
Bouillon, t. I, pi. 36 ; Helbig, Fuhrer, t. I, n» 281.
* Le Louvre possède également une statue dite Zingarella, flgure d'Artémis
qu'on avait déjà qualifiée de bohémienne à l'époque d'Aldroandi (Glarac, Musée,
287,1231.)
' Jordan, Det^ Tempel der Vesta, Berlin, 1886.
14
210 PLANCHE 238
même étant couverte par les plis de l'étoffe croisée. L'habitude de
se voiler partiellement le visage paraît avoir été de règle pour les
femmes dans certaines villes grecques, notamment à Thèbes, à
Ghalcis et sans doute à Tanagra *. M. Heuzey a donné d'excellentes
raisons pour voir Déméter dans celles des statuettes voilées dont
l'attitude et l'expression sont empreintes de tristesse ; mais il a
reconnu lui-même que nombre de femmes voilées n'ont rien de triste
et que la même désignation ne saurait convenir à toutes. Évidem-
ment, la Zùigarella ne peut être identifiée ni avec la Mère doulou-
reuse, ni avec sa fdle. La tête, gaie et spirituelle, offre certains
caractères individuels assez accusés : la lèvre supérieure, très
mince, limitée en haut par un arc à grand rayon, la lèvre inférieure
plus atténuée encore, le nez relativement gros à la base. J'y verrais
volontiers le portrait idéalisé d'une poétesse grecque de la Béotie,
région où l'usage du voile facial était fort répandu, et j'attribuerais ce
portrait à un sculpteur de l'époque alexandrine. La copie de Naples,
crue par Meyer du siècle des Antonins, est certainement plus
ancienne, comme l'a déjà vu Gerhard. M. Amelung m'apprend qu'il
en existe une jolie réplique inédite au musée des Thermes à Rome-.
PLANCHE 258
TÈTE EN MARBRE DE ZEUS AMMON
{Musée dot Offices à Florence.)
Ce masque colossal, qui a dû servir à la décoration d'une paroi,
dérive sans doute d'un original de bronze ; il est d'un style admi-
' Heuzey, Recherches sur les figures de femmes voilées dans l'art yrec, in Monti-
meitls firecs, 1874, n» îi, p. i6 ; cf. Fscudo-Dicéarcjue. dans les Fragm. hist. rjrsFc.
dr Didot, t. II, p. 259, 18 et Plutaniue, Qitaest. f/rsecw, 49.
' l'holographie Alinari.n" 11, 158 ; Gerhard et Vanoka, Neapels anlike li'ddwerke,
II» 378.
PLANCHE 259 2H
rable, qui rappelle les plus beaux morceaux à effet de l'art hellénis-
tique du m'' siècle. Le dieu-bélier, avec ses cornes et ses oreilles
d'animal, ne pouvait ressembler au dieu purement humain que repré-
sente, par exemple, le masque d'Otricoli (pi. 194) ; l'expression elle-
même est celle d'un animal puissant, plutôt taureau que bélier, et
la bouche semble s'ouvrir pour pousser un mugissement. L'inten-
sité de la pensée s'accuse seulement dans le front, qui est traversé
d'un profond sinus'. Le bout du nez, une partie des cornes et des
cheveux sont modernes ^
PLANCHE 259
TÈTE EN BRONZE DE MÉDUSE
{Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale.)
Le duc de Luyncs avait acquis ce beau bronze, peut-être un mar-
teau de porte, comme provenant de Gapoue. Les yeux présentent
des traces d'incrustations en pâte de verre bleue. Les serpents, dont
les crêtes dominent les ailerons de la Méduse, encerclent de leurs
queues le visage de la déesse redoutable et s'enlacent au-dessous de
son cou. Dans l'anneau formé par cet enlacement s'insère un autre
anneau plus grand et mobile. Travail très soigné des premiers
temps de l'Empire.
C'est là un excellent spécimen du type pathétique de la Gorgone
qui se dégage, dès le v^ siècle avant J.-C, du type hideux adopté par
l'art archaïque et suit, dans son évolution, celle de l'idéal de la
beauté chez les Grecs, d'abord placide, puis inquiet et tourmenté^.
' Photographie Alinari, n» 10015 ; Dûtschke, Antiken in Oberitalien. t. III,
n» 528 ; Amelung, Fuhrerin Florenz, p. 104, n» 164.
* F. Lenormant (E. de Chanot), Gazette archéologique, 1875, p. 69, pi. 17;
Babelon, Cabinet des Antiques, p. 101, pi. 32; Babelon et Blanchet, Catalogue
des bronzes antiques de la Bibliothèque Nationale, n» 710 ; Saglio, Dictionnaire,
art. Janua, fig. 4136.
212 PLANCHE 260
PLANCHE 260
TÊTE EN BRONZE DE SATYRE
{Musée de Naples.)
A partir du iv° siècle avant J.-C, l'art grec représenta les Satyres
sous les traits de beaux éphèbes rêveurs, dont il atténua ou sup-
prima même les caractères rustiques et sensuels. Mais, pour qu'ils
restassent reconnaissables, il fallait que leur nature animale primi-
tive ne fût pas complètement effacée. D'autre part, les Pans chèvre-
pieds avaient subi une transformation analogue et tendaient à se
confondre avec les Satyres. Le Satyre endormi du musée de Naples,
provenant d'Herculanum S est un exemple de l'évolution et du syncré-
tisme dont il vient d'être question. Sont front est surmonté de petites
cornes de chevreau, attribut prêté par Pan aux Satyres depuis la fin
du IV* siècle. Sur son cou l'on aperçoit des papilles de bouc, carac-
tère des Satyres à l'époque hellénistique; déjà, sur la grande frise
de Pergame, les Satyres du cortège de Dionysos en sont pourvus.
Il y a une analogie indéniable entre le Satyre de Naples et celui
de Munich, si l'on adopte pour ce dernier la restitution proposée
par M. Bulle ^ Ni l'une ni l'autre de ces statues n'est un original,
mais elles dérivent d'un beau bronze du iii« siècle, dont il devait
exister plusieurs variantes.
Les cheveux sont massés en touffes épaisses, enchevêtrées dans
un désordre savant et voulu. Diodore de Sicile, parlant des Gau-
lois, dit que leur chevelure inculte les fait ressembler aux Pans et
aux Satyres'; preuve qu'à son époque ces divinités rustiques
oiTraient un aspect analogue et étaient reconnaissables à ce détail.
Mais, à cela près, le Satyre de Naples n'a rien d'un « campagnard au
' Clarac, 720, 1724. L'œil droit et une partie de la joue gauche sont restaurés.
* Jahrbuck des Instituts, 1901, p. 16; Gazelle des Beaux Arts, 1902, 1, p. 150.
" Diodore, V, 28 : ù>»xe tt,v xpô<To<{'iv aoTtov oaivîTOai ilaxjpoi; xal Uauiv
èo'.y.jîav. C, Rf.Scinach, Les Gaulois dans l'art antique, p. 35.
PLANCHE 261 213
galbe lourd, au menton ramassé, aux lèvres charnues ));ces expres-
sions, qui lui ont été appliquées par un savant archéologue, ne
paraissent en aucune façon lui convenir*.
PLANCHE 261
TÊTE EN MARBRE DE SATYRE
{Musée du Louvre.)
Il est regrettable pour la ville de Vienne en Dauphiné qu'elle ait
fait hommage au roi Louis XVIII de ce chef-d'œuvre, exhumé sur son
territoire en 1820. La tête dont le Louvre s'enrichit à [cette époque
faisait probablement partie d'une statue; Delorme affirmait, en 1841 ',
qu'on avait découvert en même temps quelques parties des jambes,
entre autres le genou du Satyre, surlequel était posé Dionysos enfant.
L'expression de gaîté rustique et primesautière, sans aucun
mélange de malice, n'a jamais été rendue avec plus de saveur et de
bonne grâce. Ce Satyrisque aux oreilles pointues, au front cornu, aux
cheveux incultes et hérissés en grosses touffes, ne médite pas un
des mauvais coups où excellent les rôdeurs de son espèce ; il rit à
belles dents, il s'amuse en amusant autrui et tout porte à croire
qu'il faisait danser un enfant sur son genou, conformément au
témoignage de Delorme que nous avons rappelé. Le marbre est
grec; c'est sans doute une sculpture originale de l'école de
Pergame ou de Rhodes*.
* Photographie Alinari. n» 11 226; Bulle, Jahrbuch des Insliluls, 1901, p. 14,
fig. 6; Benndorf, Oeslerreichische Jahreshefte, t. IV, p. 173.
' Hauteur : 0°>,46. Traces de couleur rouge dans les cheveux. L'oreille droite et
la pointe de l'oreille gauche sont modernes.
8 Delorme, Description du Musée de Vienne, 1841, p. 242.
* Photographie Giraudon, n» 1255; Bouillon, Musée, t. III, Supplém., I, 4;
Clarac, Musée, 1082, 2763 A ; Froehner, Notice, n» 276 ; Friederichs-Wolters,
Gipsabgilsse, n" 1498.
214 PLANCHES 263 KT 264
PLANCHE 26^
TÈTE EN MARBRE DE SATYRE
(Musée de Vienne.)
Sacken avait raison dadmirer dans cette tète* la îçaîtc native
— urwûchsige Frôhlichkeit — qui est un des enviables attributs des
Satyres, vauriens que n'a jamais attristés le dur joug du travail :
... Ycvo; oÙTiôavôiv îiaT'jpwv xal àu.T,)^avoeç)vwv -.
Il rit de bon cœur, sans méchanceté, en montrant ses belles dents.
Ses cheveux, suivant la mode des Satyres, se relèvent en brosse sur
le front; on y distingue la trace d'une couronne de lierre. Les
oreilles sont naturellement pointues. Le bout du nez et un morceau
de la lèvre supérieure sont modernes ; les cheveux ont souffert,
mais n'ont pas été restaurés. Le travail est d'une bonne venue, franc
et vigoureux, sans être pourtant comparable à celui du Satyre
reproduit à la planche précédente^.
PLANCHES 263 ET 264
TÈTES EN MARBRE DE SATYRES
{Musée de Venise.)
Ces deux iéles colossales* comptent parmi les plus belles images
de Satyres que nous ait léguées l'art antique. La première (pi. 263)"
• Hauteur : 0-, 20.
• Hésiode, ap. Strabon, X, p. 47i.
• Sacken, /ln/<A:e Sculpluren in Wien. p. 32. pl.XIII, 3.
• Hauteur : 0-.46 et 0",65.
' Restaurations : le cou, une partie du nez. l'oreille gauche.
PLANCHES 265 ET 266 215
est surtout remarquable par le travail des cheveux, traités avec une
simplicité et une souplesse charmante; le front, très grand, est orné
de petites cornes ; les sourcils divergent fortement et les yeux très
ouverts expriment la surprise '. La seconde tète - est beaucoup plus
juvénile et plus gracieuse ; le sourire, qui entrouvre un peu trop la
bouche, creuse les joues potelées et en fait saillir les chairs. Les
pupilles des yeux sont indiquées. Sur le front errent deux petites
boucles que l'on a prises pour des cornes naissantes. Les cheveux,
courts et ondulés, sont rejetés sur le sommet de la tête. Le buste
était destiné à être inséré dans une statue ^.
Ces tètes de Satyres appartenaient à l'ambassadeur de la Répu-
blique de Venise à Rome, Girolamo Zulian, et furent léguées par lui
à sa ville natale en 1794, en même temps que d'autres antiquités de
provenance romaine, aujourd'hui au musée archéologique*.
PLANCHES 265 ET 266
TÊTE EN MARBRE DE PETITE FILLE
{Musée de Dresde.)
Si cette enfant avait des oreilles pointues, on n'hésiterait pas à y
voir une jeune Faunesse ou une Satyresse. Mais elle à des oreilles
normales et l'on est fort embarrassé pour lui donner un nom mytholo-
gique ; celui d'Hermaphrodite ne convient certainement pas. Disons
donc simplement que c'est la tète d'une enfant rieuse, où les carac-
tères de l'enfance, le grand front et les joues potelées, sont rendus
avec exactitude et non sans esprit. Les cheveux sont relevés et
ramenés en arrière, où ils se nouent en chignon. Une rangée de
' Valentinelli, Mai^mi scolpili (Prato, 1866), pi. 54; Dûtschke, Bildwerke in Ober-
italien, t. V, n» 363.
* Restaurations : Toreille gauche et une partie de l'oreille droite.
' Valentinelli, op. l., p\. 54; Diitschke, op. l., t. V, n" 314.
* Cf. Dûtschke, ibid., p. 31.
216 PLANCHE 267
(lents paraît à travers récartement des lèvres. Le nez camard est une
restitution qui semble exacte.
Cette tête, de grandeur naturelle, était autrefois placée sur une sta-
tue à laquelle elle n'appartenait pas *. J'en dois de bonnes photogra-
phies à l'obligeance de M. Herrmann.
PLANCHE 267
TÊTE EN MARBRE D'HÉRAKLÉS ENFANT
{Musée du Capitule.)
Charmante tête d'Héraklès enfant assis, qui, de chaque main,
étouffe un des serpents envoyés par Héra pour le tuer : non sine Dis
animosus infans^. L'expression du visage est énergique, avec une
pointe d'espièglerie ; on remarquera la finesse de la bouche et la
quasi-absence de la lèvre supérieure. Les cheveux sont spirituelle-
ment massés en boucles qui s'enchevêtrent, d'après un type qui n'est
pas antérieur au m® siècle. La statue dont cette tète fait partie^ est
un pasticcio et n'a pas été décrite par M. Helbig ; mais il ne semble
pas que l'authenticité de la tête puisse être contestée*.
* Clarac, Musée. 449. 1649.
* Horace, Odes, Hl, 4. 20.
' Clarac, Musée, 782, 19G0.
* Photographie Alinari, n» 19 663; Armellini, ScuUure del Campidoglio, t. H,
n*190; Museo Capitolino, t. III, pi. 25. Sur Héraklès enfant, voir Abhandlungen
der siichsiscUen Gesellschafi der Wissenschaflen, t. XV (1894), p. 455 et suiv.
PLANCHE 269 217
PLANCHE 268
TETE EN BRONZE D'ENFANT
{Musée britannique.)
L'art grec apprit assez tard^ à représenter les enfants tels qu'il sont
réellement, avec leur grand front, leurs grands yeux, leur visage
arrondi, leurs chairs molles et potelées. Le buste de grandeur natu-
relle que nous reproduisons, provenant d'Italie et ayant appartenu
au comte Pourtalès, est un des types les plus gracieux de tout
jeune enfant que l'art antique ait produit -. Les cheveux, encore
clairsemés, sont serrés par un anneau au-dessus du front, suivant
une mode que l'on constate assez souvent dans les tètes d'Eros ;
les yeux, aujourd'hui creux, étaient en émail ou en argent. Le tra-
vail n'est certainement pas postérieur au i" siècle de l'Empire
romain. 11 est possible, mais possible seulement, que l'artiste ait
voulu faire un portrait'.
PLANCHE 269
TETE EN BRONZE D'ÉROS ENFANT
[Musée de Naples.)
Cette jolie tète surmonte une statue de genre découverte à Pompéi,
représentant Eros portant un dauphin*. C'est un excellent spécimen
' Peut-être l'apprit-il de Boëthos, l'auteur de YEnfant à l'oie. Cf. Gardner,
llandbook, p. 441.
» Hauteur : O^jSS.
^ Catalogue Pourtalès, n» 682; Catalogue of bronzes in Uie British Muséum,
p. 153, n» 8o0.
* Répertoire de la statuaire, t. II, 468,3.
218
l'LANCIIE 269
(les grosses tètes potelées et joufflues que l'art alexandrin — et l'art
romain à sa suite — a prêtées aux jeunes enfants, mais que 1 art
hellénique, moins attentif à observer la nature, avait ignorées. La
,„.>..^
FiR. 18. — TKTK D'ENFANT DECOUVERTE A CIIYI'UE
Musée britannii|UO.
télé du jeune Dionysos, dans le groupe de Praxitèle à Olympic, celle
du jeune Ploutos, dans le groupe de Céphisodote à Munich, ne sont
pas plus « naturelles » que celles des nombreux enfants en bas-àge
ligures sur les bas-reliefs funéraires alliques de la belle époque ; la
charmante tétc d'enfant du Musée britannique, découverte h Chypre
(fig. 18), est probablement de travail alexandrin *, comme V Enfant
à Voie dont la meilleure réplique est au Louvre '^.
' Journal of hellenic studieM, l. IX. pi. 10 et (. XI, p. 100: Gazelle des Beaiix-
.iW.v. 1890. II. p. 4:J0. 431.
» S. Rcinach, Revue de l'Université de Bruxelles, I. VI (1901), p. 241.
PLANGIIK 270 219
Les cheveux sont relevés en grosse mèche sur le front et serrés
dans un anneau, mode que nous avons déjà signalée dans la tête en
bronze d'enfant appartenant au Musée britannique (pi. 266) et déri-
vant sans doute de la même école d'arts
PLANCHE 270
TETE EN MARBRE D'ISIS
{Musée du Louvre.)
Le marquis de Drée, dont la biographie m'est inconnue, possédait
cette tête au début de la Restauration; elle fut acquise pour le
Louvre par Louis XVIIL C'est une curieuse sculpture, présentant un
ensemble d'attributs qui ne se trouvent pas réunis ailleurs. Le dia-
dème est orné d'un croissant lunaire qui encadre l'aspic royal ou
uraeus ; à droite et à gauche étaient figurés des pavots (celui de
gauche est endommagé). Sur le front de la déesse s'élèvent deux
petites cornes ; de part et d'autre du visage, des rangées de grosses
boucles se dégagent de la chevelure à la hauteur des tempes et des-
cendent en torsades épaisses jusqu'au bas du cou. Les globes et les
pupilles des yeux sont indiqués en creux. L'ensemble est d'un
aspect agréable, bien que l'œil gauche soit placé un peu trop bas.
La surface du marbre paraît avoir été très nettoyée et même râpée.
Toutefois, il ne semble pas que l'on doive concevoir d'inquiétudes
sur l'antiquité de ce morceau ; un faussaire du commencement du
xix*' siècle neùt pas inventé un type d'Isis où aucun détail nest
invraisemblable. C'est, je crois, un travail du i" siècle de l'Empire,
d'après un modèle alexandrin 2.
' Photographie Alinari, n» 11 195.
* Photographie Giraudon, n» 1247; Froehner, Notice, n" 559: Bouillon, Musée,
t. I, pi. 72: Clarac, Musée. 1087, 2773 A; Lafaye, Divinités d'Alexandrie, \). 275,
n<>39: Marbres du Louvre, n» 223.
220 PLANCHE 273
PLANCHES 271 ET 272
TÈTE EN MARBRE D'ISIS
{Dans un mur à Pompéi.) \ji\ ^^ 7,3,
Je dois deux photographies minuscules de cette jolie tête, encas-
trée autrefois (y est-elle encore ?) dans un mur de Pompéi, près du
temple d'Isis, à l'obligeance de mon confrère M. l'abbé Thédcnat.
Ces photographies grandies ont servi de modèles aux dessins que
reproduisent nos planches. Il m'a semblé intéressant de faire con-
naître cette tête inédite de la déesse gréco-égyptienne, dont le type
est assurément original. Les yeux sont très allongés, les paupières
supérieures fortement débordantes, l'expression un peu rêveuse et
extatique. Les grosses boucles, tombant d'aplomb de chaque côté
du visage, sont un caractère distinctif des tôtes d'Isis. D'ailleurs,
il ne serait pas impossible que celle-ci représentât non la déesse
elle-même, mais une de ses fidèles, ce qui expliquerait peut-être
le caractère individuel de la physionomie, peu ordinaire, même h
l'époque romaine, dans les images de divinités.
PLANCHE 273
TÊTE EN BRONZE D'ISIS (?)
{Autrefois en Lycie.)
Je n'ai jamais vu cette tête et j'ignore où elle se trouve aujour-
d'hui. La photographie m'en a été envoyée, il y a une dizaine d'années,
par M. Imbert, alors chargé d'une mission scientifique en Lycie ;
PLANCHES 274 ET 275 2 21
elle était alors à Castelorizzo, dans la collection d'un Grec du pays,
M. Diamantaras. Je la reproduis à cause de son caractère très insolite .
Ne serait-ce pas le portrait d'une princesse ou d'une prêtresse, ptolé-
maïque ou syrienne, figurée sous les traits d'Isis, avec la dépouille
d'un épervier sur la tête ? Il faut en rapprocher une tête isiaque
découverte à Rome près de Saint-Clément et publiée par M. Ame-
lung comme un spécimen de l'art gracieux et mou des Alexandrins ^.
PLANCHES 274 ET 275
TÊTE EN BRONZE D'ISIS
[Musée de Vienne.)
Il est à peu près certain que le type alexandrin d'Isis dérive de
celui d'une Kora de Bryaxis, modifiée dans le costume et complétée
par certains attributs-. L'un de ces attributs, que l'on rencontre sou-
vent, est une fleur de lotus couronnant la tête ; ici, ce n'est pas une
fleur, mais une touffe de cheveux qui en imite la forme. On connaît
une réplique en marbre du même type au Vatican^. Le buste de
Vienne * a été découvert dans le Danube à Widdin ; c'est un beau
travail du premier siècle de l'Empire, d'après un modèle alexan-
drin ^.
' Bulletlino comunale. 1897, p. 118, note 2, pi. 8 : « Una principessa egiziana
colla pari'ucca e con la pelle d'un alvoltoio, accommodala a modo di cappello, quale
porlano le déesse degli Egiziani. » Une figure de femme coiffée de même et
représentant peut-être une prêtresse a été publiée par M. Furtwaengler, Ueber
Statuenkopien, I, p. 33, pi. 5; il y en a une troisième à Florence, Bull, comu-
nale, 1897, p. 120, 121. La tète découverte à Rome, « princesse lointaine et
inconnue », a été reproduite par M. Lechat, Revue des éludes grecques, 1898,
p. 209.
* Cf. S. Reinach, Revue arche'ologique.i^Qi, il, p. 13, 21.
^ Visconti, Musée Pie-Clémenlin, t. YI, pi. 17, 2: llelbig, Fuhrer, t. I, n» 233,
qui conteste (à tort, je crois) la désignation de Visconti.
* Hauteur : Û^SS.
' Schneider, Album de7' Anlikensammlungen, p. 13, pi. 35.
222 PLANCHE 276
PLANCHE 276
TÈTE EN MARBRE DE MÉDUSE
{Musée du Louvre.)
Ce masque colossal* de Méduse ailée provient de la collection
Campana. Sur le front paraissent les tôtes opposées de deux serpents
dont les queues s'enroulent au-dessous du menton. Les proportions
du visage sont lourdes, avec de grands yeux trop ouverts, un nez
court et raidc, un menton énorme. C'est un travail décoratif de la
basse époque romaine (vers 200 après J.-C. ou plus tard encore), à
rapprocher de la Méduse colossale de Gonstantinople-, conservée au
musée de Tchinli-Kiosk ^.
« Hauteur : ©".Sb.
* S. Reinach, American Journal of archœoloyy, t. Hl, pi. 9.
^ Photographie Giraudon, n» 1331; Marbres du Louvre, n» 501.
FIN
2ii mars 1903.
TABLE DES GRAVURES
Frontispice. — Apollon dit de Choiseul-Gouffîer, au Musée britannique (pi. 24).
Fig. l, p. 7. — Aurige de Delphes.
— 2, p. 19. — Apollon du Musée britannique.
— 3, p. 21. — Déesse (•?) de la collection Humphry Ward.
— 4, p. 22. — Hermès du Musée britannique.
— 5, p. 23. — Déesse dite Vesta Giustiniani, collection Torlonia.
— 6-7, p. 27. — Discobole de Myron, collection Lancelotti.
— 8, p. 28. — Jeune fille Spartiate, au Vatican.
— 9-10, p. 63. — Niké ("?) de la collection Laborde.
— 11, p. 73. — Athéna Parthenos, statuette dite du Varvakcion.
— 12, p. 91. — Aphrodite dite Genetrix, du Louvre.
— 13, p. 114. — Déesse (?) du Musée national d'Athènes.
— 14, p. 116. — Héraklès jeune de Sindj (Dalmatie).
— 15, p. 138. — Aphrodite, d'après un moulage du Louvre.
— 16, p. 140. — Athlète de la glyptolhèque de Ny-Garlsberg.
— 17, p. 184. — Thusnelda (?) de Florence.
— 18, p. 218. — Enfant découvert à Chypre.
INDEX ALPHABÉTIQUE
N. B. — Les chiffres renvoient aux planches; précédés de p., ils renvoient
aux pages du volume.
Acropole. Voir Athènes.
^quum (tête d'). p. 116. fig. 14.
Agasias. Lutteur. Louvre, 218; Agasias
d'Ëphèse. p. 175.
Agesandros, p. 185.
Agias (Delphes), p. 173.
Alcamène, p. 80, 86.
Alexandre du Capitole, p. 203; type
idéal, p. 135, 155.
Alexandre-IIélios. Boston, 230.
Alexandre mourant (?) Florence. 230,
p. 187.
Alexandrin (art), p. 144, 163, 160, 167,
208, 219, 221.
Amazone. Mattei. p. 45; Musée britan-
nique, 53 ; Napies, 57 ; Palais des
Conservateurs, 54; de Strongylion,
p. 127 ; Vatican, 55, 56.
Amphitrite, p. 190.
AnaUis, p. 108, 109.
Anténor, p. 16.
Antinous. Capitole, 210; Mondragone,
p. 169.
Aphaia (Égine), p. 13.
Aphrodite. Arles. 135, 136 ; Barracco, 89 ;
Boston, 137; Capitole, 186; Corneto,
p. 85, 86; Cos, p. 145; Doria, p. 93;
Dresde, 184, 185; Genetrix, p. 91.
fig. 12; Kaufmann,p.l35; Leconfield,
175 ; Louvre, 83, 84. 115-116 (Genetrix),
166, 167, 182-183 (Arles), 187 (type
Capitolin); Médicis, p. 146; de Milo,
140, 141; Musée britannique, 189;
Napies, 87, 162 (Capoue), 200; de
Phidias, p. 69; RobinsonfO 88; Tou-
louse (Martes Tolosanes). 173, 174;
Vatican, type de la Cnidienne, 172;
Vienne, 198, 199, 202.
Apollon. Akraephise, p. 14 ; Barracco, 16,
17, 252, 253; du Belvédère, 241
Cassel, p. 24, 89; Ghiaramonti, p. 18
Choiseul-Gouffier, 24 et frontispice
Kanakhos,p.l8; Louvre, p. 25.26,159
Musée britannique, 24, 242, 243, 246,
247 (cf. p. 19, fig. 2); Musée des Ther-
mes, 80; Napies, 22,23; Ny-Carisberg,
78, 79; à X'Omphaloa, p. 21 ; d'Onatas.
p. 19; Pourtalès (Giustiniani), 247;
Steinhâuser, p. 196; de Taormina,
p. 122; Vatican, 225; Venise, p. 149,
172; Vienne (type Taormina), 158.
Apollonia en Epire, p. 104.
ApoUonios fils d'Archias, p. 37.
Apoxvomène de Lysippe. Vatican. 214.
21o'
Arcésilas, p. 91.
Archaïsme factice, p. 36.
Ares. Louvre, 81, 82, 102.
Argos. Déesse, 51, 52.
Ariane (?) Capitole, 205 ; Musée des
Thermes. 206; cf. p. 164.
Arles. Aphrodite (?), 135, 136 ; au
Louvre, 182, 183.
Artémis. Dresde, 177, 178; Lycosoura,
p. 74 ; Mételin, 163, 164, p. 159 ; Napies,
220; Vatican, 144; Versailles, 178.
Ashley-Ponsonby (Londres.) Femme
barbare (?), 227.
Asklépios. Dresde, p. 95; Florence,
p. 96; Logerot, 196; Musée britanni-
que (Milo), 125 ; Orlandini, 121 ; Pirée^
15
226
INDEX ALPHABÉTIQUE
p. 158: Romp. p. Gl : de Thrasymède,
p. 157: type idéal d'Asklépios, 82.
Aspasie (prétendue). Berlin, 38 : Louvre,
39.
Athéna. Acropole (fronton), p. 2: à la
ciste (Crète, Louvre), p. 92: Albani.
p. 32 : d'Alcamène, p. 88 : Barracco, 90 ;
Bologne. 73; Brescia. 93, 9i; Cons-
tantlnople (Leptis). 132, 133 : hgine
(Munich). 15; d'Eubulide, p. 32: Glie-
nicke, p. 81 : Hope, p. 80 : Louvre (Yel-
letri). 37 : (terre cuite) 101 ; Munich,
15; Naples. 95, 100 (Farnèse) ; Ny-
Carlsberg. 91, 92; Poitiers, p. 10: Pro-
machos, p. 74; Soteira, p. 32,70: du
Varvakeion, p. 73: Vienne, 98, 99.
Athènes . Tête virile archaïque de
bronze, 5, C ; tètes de femmes archaï
quesdel'.Vcropole.ll, 12. 13:Déméter,
relief dÉleusis, 40; tète de déesse
d'Argos. 51. 52 ; tète de Tégée, 147 ;
Kubouleus, 171 ; tête du versant méri-
dional de l'Acropole, p. 114.
Athlète versant derhuile.Munich.75,70.
Atys, p. 170.
Aurige. Delphes, 9, 10 (cf. p. 7, fig. 1).
Barbare (femme) . Ashley Ponsonby,
227; Musée britannique, 254.
Barracco (Rome). Aphrodite (?) 89 ;
Apollon, 16. 17, 252, 253; Athéna,
90 ; Centaure, 229 ; jeune fille, 88 :
Marsyas, 66, 67.
Barbe en collier, p. 3; frisons d'une
barbe naissante, p. 8, 16.
Bénévent, Tête d'éphèbe en bronze
(Louvre), 72.
Berlin. Aspasie (prétendue), 38 ; Démê-
ler, 129 ; Dionysos, 201 ; éphèbes. 68,
130. 165 (relief) ; liera (?) 112, 113 ;
homme archaïque, 7, 8; homme barbu,
145; jeune femme, stèle funéraire,
126, 127, 128 ; jeune fille, 180.
Bois (sculpture en), p. 17.
Bologne. Athéna, 73.
Boston. Alexandre, 250; Aphrodite (?),
137.
Bouche aussi petite que l'œil, p. 74:
ondulation de la ligne médiane, p. 41 :
lèvres incrustées d'argent, p. 177,
178; lèvres serrées, p. 17 (voir ^jin^-
lique.)
Boudeur, boudeuse, p. 11, 12.
Brescia. Athéna. 93, 94.
British Muséum. Voir Musée britan-
nique.
Broadiands (tête de), 137.
Bronze (technique du), p. 70.
Brya.xis, p. 119, 134, 192, 195. 221.
Cabinet des Médailles (Paris). Méduse,
259; Tyché, 110, 111.
Galamis, p. 21, 92.
Gallimaque, p. 92, 94.
Canon de Polyclète. p. 39.
Capitole (Rome). Aphrodite, 186: Dio-
nysos, 205: Héra, 142, 143: Héraklès
enfant, 267: Antinoiis, 210.
Capoue. Aphrodite, 162, p. 125: Psyché,
p. 160.
Captive, p. 183. 206, 207.
Carlhage. Déméter, 181; Dioscure, 251 ,
Cécryphale, p. 69, 93.
Centaure. Barracco, 229 ; Palais des
Conservateurs, 231, 232 ; Spire, 233,
234.
Genfocelle, p. 167.
Céphisodote, p. 76, 99, 125, 159.
Chaereas. p. 203.
Charès, p. 203.
Cheveux adhérents au crâne, p. 38. 39,
46, 176. 177: boucles descendant sur le
front, p. 107, 109. 151 ; boucle errante
sur le front, p. 184 : boucles irréguliô-
res sur le front, p. 206 : boucles émer-
geant du bandeau ou du casque, p. 69,
75, 94: boucle isolée au-dessus de
l'oreille, p. 88, 112, 127, 148; boucles
étagées, p. 9. 14, 15, 16, 52; contraste
avec le poli des chairs, p. 117; cor-
dons de perle, accroche-cœur, p. 3;
cheveux courts des athlètes, p. 30 ;
cheveux des Gaulois, p. 212; indi-
qués par brettelage, p. 5 : dessinant
un contour brisé sur le front, p. 6 ;
en côtes de melon, p. 174, 178, 180 ;
massés à l'effet, p. 173: montant
comme des flammes, p. 198 ; ondulés
en S, p. 123 ; ondulés symétrique-
ment, p. 105: pathétiques, p. 188, 189:
raie, p. 10, 60; cheveux relevés,
p. 162; serrés par un anneau, p. 217,
219.
Clio. Vatican, p. 208.
Cnide. Déméter (Musée britannique),
179. Voir Aphrodite.
INDEX ALPHABÉTIQUE
227
Collier de Vénus, p. 79. 87, 103, 122,
136, 138, 141, 144, 160, 162.
Constantinople. Athéna, 132, 133 ; Arté-
mis de Mételin, 163, 164; déesse
d'Ëphèse, 160 ; Dionysos de Tralles,
192.
Corinne (?) Rome, 223, 224 ; de Silanion,
p. 179, 180.
Corinthien (art), p. 61, 103, 126.
Corneto. Aphrodite, 85, 86.
Coureuse Spartiate. Vatican, 31.
Crâne (forme du), p. 6, 64.
Crésilas, p. 32, 44, 170.
Cyzique, p. 141.
Danseuses de Delphes, p. 94.
Delphes. Aurige, 9, 10, p. 7 (fig. 1) ;
réplique de la Niké de Paeonios, p. 85.
Déméter. Athènes (relief d'Eleusis), 40;
Berlin, lti9 ; Cnide (Musée britanni-
que), 179; Tunis (Carthage), 181.
Diadumène Farnèse, p. 41 ; Louvre, 49 ;
Musée britannique, 50.
Dionysos. Berlin, 201 ; Capitole, 205 ;
Constantinople (Tralles), 192 ; Leyde,
244, 245 ; Louvre, 124 (barbu), 248
(haut-relief) ; Naples, 125, 197 ; Ny-
Carlsberg, 146 ; Saint-Germain, 105 ;
Vatican, 103, 104.
Dioscure. Carthage (Tunis), 251.
Discobole de Myron, p. 27 (fig. 6-7).
Dissymétrie des traits, 8, 17, 46, 65, 66,
71, 110, 127.
Doryphore. Naples, 46, 47, 48.
Dresde. Aphrodite, 184, 183 ; Artémis,
177, 178; homme archaïque, 32, 33;
herculanaise (Mnémosyne), 216, 217;
petite fdle, 265, 266 ; Zeus, 119, 120.
Éclectisme au \" siècle, p. 57.
Égine (frontons d'). Athéna (Munich),
15.
Éginélique (type), p. 1, 13.
Eleusis. Déméter (relief), 40; Eubouleus,
171.
Enfant. A l'oie, p. 218 ; Capitole, 267 ;
Chypre, p. 218; Dresde, 265, 266; Mu-
sée britannique, 268 ; Naples, 269 ;
réaliste, p. 217; rieur, p. 215.
Éphèse. Tête de femme, 160, p. 123.
Erato, p. 124.
Erbach. Tête virile archaïque, 34.
Eros. Centocelle, 209 ; Naples, 269 ;
Thespies, p. 167; Vatican, 209.
Espagne personnifiée (?), p. 201.
Eubouleus. Athènes, 171.
Euphranor, p. 170.
Florence. Alexandre (?) mourant, 230;
éphèbemyronien (palais Riccardi), 69;
Idolino, 71 ; Palrocle, 249; Zeus Am-
mon, 258. Voir Orlandini.
Front. Expression, p. 207 ; front demi-
circulaire, p. 173, 178 ; triangulaire,
p. 113, 136 ; saillie frontale (sinus),
p. 26, 115, 173.
Ganymède, p. 169.
Géant de Pergame, p. 185, 187.
Goldschmidt (Paris). Zeus Sérapis, 240.
Gorgone, p. 211. Y oir Méduse.
Harmodios. Naples, 19.
Hélios (Alexandre en). Boston, 250.
Héra. Berlin, 112, 113; Borghèse, 108,
109; Capitole, 142, 143: Farnèsé, 74;
Ludovisi, 20, 21, 191 : Naples, 74; Ny-
Carlsberg, 108, 109; de Polyclète,
p. 101; Vatican, 60.
lléraklès. Aequum, p. 116; Capitole
(enfant), 267; Cherchell, p. 52; B'ar-
nèse, p. 191 ; Louvre (type de Scopas),
148, 149; Musée britannique (type de
Myron), 65, 155, 170 (jeune) ; 236 (type
de Lysippe).
Herculanaise. Dresde, 216, 217, p. 174.
Hermaphrodite (?). Vienne, 207; de
Polyclès, p. 166.
Hermès. Louvre, 41 (archaïque), 59
(polyclétéen) ; Musée britannique,
p. 22, fig. 4; Naples, 219 ; de Praxi-
tèle à Olympie, 168; Vatican, 169.
Héros mourant. Florence, p. 187.
Hertz (Rome). Niké de Paeonios, 107.
Holkham Hall. Aphrodite, p. 129.
Humphry W^ard. Tête de femme, p. 21,
fig. 3.
Hygie. Athènes, p. 149 ; Cabinet des Mé-
dailles, p. 162.
Idolino. Florence, 71.
Ince Blundell Hall, p. 30, 31, 56.
Isis. Louvre, 270; Lvcie, 273 ; Pompei,
271, 272; Vienne, "^274, 275.
Jacobsen. Voir Ny-Carlsberg.
Joues creusées par la souffrance, p. 105.
228
INDEX ALPHABETIQUE
Jupiter Liber, p. 194.
Kisamos (Crète), p. 102.
Kora de Bryaxis.p. 221 ; Vienne, p. 143,
162.
Korai, p. 9. Voir Athènes.
Laborde (Paris). Tête du Parthénon,
77.
Lancelotti. Discobole, p. 27, fig. 6-7.
Laocoon. Vatican, 228.
Leconfield (Londres). Aphrodite, 175.
Léda. Capitole, p. 124.
Léocharès, p. 115, 155, 178, 193, 196-199.
Lesbos. Artémis, p. 126.
Leyde. Dionysos, 244, 245.
Lezoux. Dionysos, 105.
Liber Pater, p. 194.
Lille. Tête de cire, p. 179.
Logerot. Askiépios (?), 196.
Louvre. Aphrodite, 166, 167; Aphrodite
d'Arles, 182, 183; genetrix, 115, 116,
p. 91 ; de Milo, 140, 141 ; type Gapi-
tolin, 187 ; Apollon, 25 ,26, 159 ; Ares,
81, 82, 102 ; Aspasie (prétendue), 39 ;
Athéna de Velletri, 37 ; Athéna en
terre cuite, 101 ; Diadumène, 49 ; Dio-
nysos barbu, 124; Dionysos dit Hélios
ou Espagne (haut relief), 248; éphèbe
de Bénévent, 72; femmo, 131, 134
(voilée) ; Héraklès jeune, 148, 149 ;
Hermès archaïque, 41 ; polyclétéen,
59; hommes archaïques, 18, 27,28, 29,
30, 35, 36 ; Isis, 270 ; jeune fdle, 138;
lutteur Borghèse, 218 ; Méduse, 276;
Omphale, 193 ; Paris, 211; Peitho (?),
83, 84 ; tête Ram pin, 3, 4 ; déesse
Rome, 96, 97 ; satyre de Vienne,
261 ; prétendu Thésée, 35, 36.
Ludovisi. Déesse archaïque, 20, 21 ;
liera (?), 191.
Lutteur Borghèse. Louvre, 218.
Lycosoura, p. 74.
Lysippe. Apo.vyomène, 214, 21d ; cf.
p. 146, 191,
Marsyas. Barracco, 66, 67; cf. p. 188.
Martres Tolosanes. Aphrodite, 173,
174; cf. p. 136.
Masque tragique, p. 143, 182, 200.
Massinissa (prétendu), p. 81.
.Méduse. Cabinet des Médailles, 259 ;
Louvre, 276.
Méléagre. Vatican, 154; villa Médicis,
152,153.
Mélos. Aphrodite, 140, 141; Askiépios,
195.
Melpomène, p. 182.
Ménisque, p. 3,106, 110, 198.
Mételin. Artémis, 163, 164.
Miltiade (prétendu), p. 102.
Mitre de Dionysos, p. 161.
Mnémosyne. Dresde, 216, 217.
Moschophore. Acropole, p. 3.
Moulage de marbres, interdit dans
l'antiquité, p. 137, 146.
Moustache, p. 4.
Munich. Athéna d'Égine, 15; athlète,
75, 76; jeune fille, 221, 222.
Muse. Dresde, 216, 217 ; Mégare, p. 174 ;
Vatican, 161, 213, 226, 256.
Musée britannique . Amazone , 53 ;
Aphrodite, 139, 189; Apollon, 242,
243, 246, p. 19, fig. 2 ; Apollon Choiseul-
Gouffier, 24; Apollon Pourtalès (Gius-
liniani), 247; Askiépios de Milo, 195 ;
Déméter de Cnide, 179; Diadumène,
50; Dionysos, 155, 203, 204; enfant,
268 ; femme barbare (?), 254 ; Héra
(prêt, réplique de la Héra de Poly-
clète), p. 61 ; Héraklès jeune, 155, 170 :
lysippéen, 236 ; myronien, 65 ; Hermès,
p. 22, fig. 4; jeune déesse, 190; Paris,
212 : Persée, 64.
Myron, p. 25, 26, 27.
Naples. Amazone, 57 ; Aphrodite (Ca-
poue), 162 ; Aphrodite (Psyché), 200 ;
Apollon (?), 22, 23; Artémis, 220;
Athéna, 95, 100 ; Dionysos, 125 (pré-
tendu Platon), 197 (Sardanapale) ;
Doryphore, 46, 47, 48 ; éphèbe polyclé-
téen, 58; Éros enfant, 269; Harmo-
dios, 19 ; Héra, 74 ; Hermès, 219; lut-
leur, 70 ; Satyre, 260 ; Tyché (i), 87 ;
Vestale, 106 ; Zeus, 238 ; Zingarella,
257.
Narcisse, p. 169.
Nelson (collection), p. 47, 90.
Niké. Hertz, 107; Laborde, 77; cf. p. 63,
fig. 9 et 10.
Niobide. Ny-Carlsberg, 114.
Nudité de la poitrine, fait des copistes,
p. 76, 77, 178.
Ny-Carlsberg (près Copenhague). Apol-
INDEX ALPHABÉTIQUE
229
Ion, 78, 79; Athéna, 91, 92; athlète
(tête Rayet), 1, 2 ; athlète scopasien,
150, 151, 156, 157; dieu barbu, 42. 43,
44, 45, 122, 123 ; Dionysos, 146 ;
Éphèbe, 176, 255 (haut-relief) ; Héra,
108, 109;Niobide, 114;Zeus, 117, 118.
-Olympie. Hermès de Praxitèle, 168.
Omphale. Louvre, 193 ; cf. p. 184.
Oreille. Cartilage fortement marqué,
p. 161; position de l'oreille, p. 20;
oreille tuméfiée, p. 2, 38, 102.
Orlandini-Gresham. Asklépios, 121.
Ouvaroff. Zeus, 239.
Pœonios. Niké, 107.
Pan. Palais des Conservateurs, 61, 62;
Vienne, 208; cornes de Pan, p. 212.
Papilles de bouc, p. 212.
Paris. Voir Cabinet des médailles, Gold-
schmidt, Laborde, Louvre.
Paris. Louvre, 211; Musée britannique,
212.
Parthénon. Laborde, 77.
Pasquino. Florence, 249.
Patrocle. Florence, 249.
Paupières rapprochées des sourcils,
p. 46. Voir Yeux.
Peitho (?). Louvre, 83, 84; Parthénon.
p. 68, 69.
Pergame (grande frise de), p. 185.
Périnthe (tête de). Dresde, 32, 33.
Persée. Musée britannique, 64.
Peson de balance (tête ayant servi de),
p. 189.
Petworth, p. 137.
Phérécyde. Madrid, p. 6.
Phidias, génie conservateur, p. 65.
Platon (prétendu), 125.
Polyclète. Diadumène, 49 ; Doryphore,
46, 47, 48.
Pommes de pin, p. 194.
Pompéi. Isis, 271, 272.
Portraits (question des), 5.
Poséidon. Syracuse, 235.
Praxitèle. Hermès, i^%.\o\v Aphrodite,
Eubouleus.
Psyché (?). Capoue, 160; Naples, 200.
Pythagore de Rhegium, p. 8, 21, 25.
Rampin (tête dite de). Louvre, 3. 4.
Rayet (tête dite de). Ny-Carisberg, 1, 2.
Riccardi (palais), à Florence. Éphèbe
myronien. 69.
Robinson (sir Ch.). Aphrodite, 88.
Rome (déesse). Louvre, 96, 97; Vienne,
98.
Rome. Musée des Thermes. Apollon. 80;
Ariane, 206. Palais des Conservateurs.
Amazone, 54 ; Centaure, 231 . 232 ; Pan,
6 1,62. Voir Ba>vacco, Capitale, Hertz,
Ludovisi, Vatican, Villa Médicis.
Romulus et Rémus, 96, 97.
Saint-Germain-en-Laye . Dionysos de
Lezoux, 105 ; tête virile, 63.
Sappho. Albani, p. 68.
Sardanapale (?). Naples, 197; cf. p. 158.
Satyre. Louvre, 261 ; Naples, 260; Venise,
263, 264; Vienne. 262.
Scopas. Tête de Tégée à .\thènes, 147 ;
cf. p. 114, 118. Y oir Héraklès.
Sections planes, p. 127, 160.
Séléné (?), p. 141.
Sérapis. Goldschmidt, 240.
Sfumato, p. 143, 157, 166.
Sicile (école de), p. 18.
Signatures d'artistes gréco-romains,
p. 186.
Silanion, p. 68, 165.
Singher (collection), p. 207.
Sourire éginétique, p. 13; léonardesque,
p. 182.
Souris, p. 201.
Spire. Centaure, 233, 234.
Stockholm. Homme archaïque, 14.
Strongylion, p. 127.
Subiaco, p. 165.
Sunlum, p. 112.
Syracuse. Poséidon, 235.
Tégée. Tête du fronton à .Uhènes, 147 ;
cf. p. 114.
Thanatos, p. 168.
Thésée (prétendu). Louvre, 35, 36; Par-
thénon, p. 52.
Thusnelda (prétendue), p. 183, 184.
Thysdrus, p. 157.
Timothée, p. 125.
Tireur d'épine, p. 29-
Torlonia. Vesta, p. 23, fig. 5.
Toulouse. Aphrodite, 173, 174.
230
INDEX ALPHABETIQUE
Trallês. Aphrodite à Vienne, 198, 199 ;
Dionysos à Conslantinople, 192.
Trépan (usage du), p. 133,138.
Tuf (sculpture en) , p. 15.
Tunis (.Musée du Bardo). Démêler, 181;
Dioscure, 251.
Tyché. AIcmène, p. 87 ; Cabinet des
Médailles, 110,111; Naples, 87.
Typhon. Acropole d'Athènes, p. 3, 15.
Tyrannicides, p. 16.
Uranie, p. 171.
Vatican (Rome). Amazone, 55, 56;
Aphrodite cnidienne, 172; Apollon,
225, 24.1 (Belvédère) ; Apoxyomène,
214, 215; Artémis, 144; coureuse
Spartiate. 31; Dionysos, 103, 104;
Eros, 209; liera. 60; Hermès 169;
Laocoon, 228; Méléagre, 154; Muse,
161,213. 226,256; Zeus, 194. ,
Veihes indiquées, p. 8.
Venise. Satyre, 263, 264.
Vesta Giustiniani, p. 23, fig. 5.
Vestale (prétendue.).. Naples, 106, 257.
Vienne (Autriche). Aphrodite, 198, 199
(Tralles), 202; Apollon, 158 ; Athéna,
98. 99: Hermaphrodite (?) 207; Isis,
274. 275; l'an, 208; Satyre, 262;
• Zeus, 237.
Vienne (Isère.) Satyre du Louvre, 261.
Villa Médicis (Rome.) Méléagre, 152,153.
Virgile (prétendu), p. 134.
Visage aminci dans le bas, p. 208.
Voile facial, p. 210.
Yeux, gros, à fleur de tète, p. 1 ; très
ouverts, p. 205; regardant au loin,
p. 190 ; regardant en coulisse, p. 183 ;
coins abaissés, p. 200; encadrement
des yeux, p. 2 ; noyés dans l'ombre,
p.' 115; regard humide, p. 135, 138;
indication des cils, p. 8; glandes
lacrymales peu indiquées, p. 4;
accusées, 29, 45, 181 ; paupières sail-
lantes, p. 30, 45, 64, 200; paupières
prolongées, 27; paupières rapprochées
des sourcils, p. 46, 64, 98, 105; sour-
cils incisés, p. 207; emplois de matiè-
res étrangères, p. 14, 65, 73.
Zeus. Dresde, 119, 120 ; Florence, 258
(Zeus Ammon) ; Goldschmidt, 240
(Zeus Sérapis) ; de Léocharès, p. 193 ;
Naples, 238; Ny-Carlsberg, 117, 118 ;
Ouvaroff, 239; Vatican, 194; Vienne,
237.
Zingarella (prétendue). Naples, 257.
ACHEVE DIMPRlMEll
PAR
CHARLES HÉRISSEY, D'ÉVREUX
Le W avril J903.
PLANCHE 1
TETE D'ATHLETE
Glyptothèque de Ny-Garisberg.
PLANCIII^ 2
TETK D'ATIII.ETE
Glyplolhôquo do Ny-Garisherg.
PLANCHE 3
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TÉÏE VIRILE
Musée <lu Louvre.
PLANCHE 4
::^'i^^
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TETE VIRILE
MuHéc (lu Lduvro.
PLANCHE 5
TETE VIRILE
Musée d'Athènes.
PLANCIIi: (i
TÉTK VI IULE
Musée (I'AI|HT|(3S.
PLANCHE 7
-'/ '
TP]TE VIRILE
Musée (lo Berlin.
PLANCHE 8
TKTK VIRILE
Musôo lit; Iti'i'liii.
PL ANC Ml] 1)
TETE D'AURIGE
Musée de Delphes.
PLANCHE 10
''"'";#^^^)^
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"^i. •
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TETK DAl l{l(JK
Musée (l(! Dciplifs.
PLAxNCHK il
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TETK DE FEMMK
Musée do TAcropole d'Athènos.
PLA.NCIJE \2
TETE DE FEMME
Muséo <lu l'Aci'opoli! (rAlliones,
PLANCHE 13
^->»(^
TETE DE FEAIME
Musée de l'Acropole d'Athènes.
PLANCHE 14
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TETE VIHILE
Muséo (]*; Slo<'kli()lrii.
PLANCHE lo
TETE DAT II EN A
Glyptothôque do Munich.
planchp: i(\
TÉTK DAPOLLON
Collt'ction IJaiiacco à Homo
PLANCHE 17
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TÊTE D'APOLLOiN
Collection Barracco à Rome.
PLANCHE 18
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V ..
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TETK VIHILK
Muséu (lu Louvro.
PLANCHE 19
TETE DTIAHMODIOS
Musée do Naplcs.
PLANCHE 20
TÊTE DE DÉESSE
Ancienne collection Ludovisi.
PLANCHE 21
TETE DE DEESSE
Ancienne collection Ludovisi.
PLANCHE 22
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}S,
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09£.^l
TÊTE DAPOF.LOiN
Musûo (If Naplcs.
PLANCHE 23
TETE VIRILE
Musée de Naples.
PLANCHE 24
■>. -C-^X--^'.
TETE D'Al'OI.LON
MuHtie Britannique.
PLANCHE 2!
'^^^~V~1,
TETE D'APOLLON
Musée du Louvre.
PLANCIII-; 20
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TÊTE D'APOLLON
Musée du Louvre.
PLANCHE 27
TETE VIRILE
Musée du Louvre.
PLANCHE 28
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TÊTE VIRILE
Musûu du Louvre.
PLANGHK 29
TETE VIRILE
Musée du Louvre.
PLANCHK 30
TÈTE VI IULE
Musée du Louvre.
PLANCHE 31
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TETE DE JEUNE FILLE
Musée du Vatican.
PLANCHE 32
ri f' *
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>)
TÉÏE VIRILE
Musée de Dresde.
PLANCHE 33
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TETE VIRILE
Musée de Dresde.
PLANCHE 34
TÊTE VIRILE
Ch&leau d'Erbach.
PLANCHE 35
TETE VIRILE
Musée du Louvre.
PLANCHH: 36
TKTE M IULE
Musée du Louvre.
PLANCHE 37
TETE D'ATIIENA
Musée du Louvre.
PLANCHE 38
TÊTE DE FEMME
Musée do Berlin.
PLANCHE 39
TETE DE FEMME
Musée du Louvre.
PLANCHE 40
TÊTE DE DÉMÉTER
Musée d'Athènes.
PLANCHE 41
TETE D'HERMES
Musée du Louvre.
PLANCHE 42
i
TÊTE l)K DIEU BARBU
Glyptothéque de Ny-Carlsberg.
PLANCHE 43
. -- '•■/'/ ''■,',?' '/il' . ■ ■ . T,— vl! ï
^;.1' if^
TETE DE UIEU BARBU
Glyptolhèque de Ny-Garlsberg.
PLANCHE 44
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TÈTK l)K 1)1 Kl IJAinUl
(}|ypluliii;(|uu (lu Nv-CaiislxMf;.
PLANCHE 45
TÊTE DE DIEU BARBU
Glyptothèquc do Ny-Carlsbcrf^.
PLANCHE 4()
TÊTE DU DOHYPHOHE DE POLYCLETE
Itluséu <lu Nuplus.
PLANCHE 47
ÏÊTE DU DORYPHORE DE POLYCLETE
Musée de Naples.
PLANCHK 48
TÈTE DU DOUYI'IIOHK l)K l'OLYCLÈÏE
Muséo lit' Naplcs.
PLANCHE 49
\/y-
TETE DU DIADUMENE DE POLYCLETE
Musée du Louvre.
PLANCHE oO
f-.
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TETE DE Ul A 1)1 MENE
Musée Brilunniquu.
PLANCHE 51
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TETE DE DEESSE
Musée d'Athènes.
PLANCHE o2
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TÊTE DE DÉESSE
Mus(3e (l'Athi'nos.
PLANCHE 53
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TETE D'AMAZONE
( Type Lansdowne.)
Musée Britannique.
PLANCHE 34
■-^^..J^-
TÉTK D'AMAZONE
(Ti/pe Capilolin.)
Palais (les Consorvalours ù Rome.
PLANCHE 55
'Sw.— "W^I^^S*^
TETE D'A 31 A ZONE
[Type Capitolin.)
Musée du Vatican.
PLANCHE oG
TETE D'AMAZONE
iType Capilolin.)
Musée du Vatican.
PLANCHE 37
TETE D'AMAZONE
Musée de Naple«.
PLANCHE 58
TÊTE D'KIMIKHE
MusOe de Naples.
PLANCHE 59
O^Yr^
TETE D'HERMES
Musée du Louvj-e.
PLANCHE 00
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TÈTE DE HÉRA
Musée du Vatican.
PLANCHE (H
TETE DE PAN
Palais des Conservateurs à Rome.
PLANCHE 62
TÊTE DE PAN
Palais dos Conservateurs ù Rotne.
PLANCHE 63
\V
TETE VIRILE
Musée de Saint-Germain-en-Laye.
PLANCHE ()4
TÊTK l)K PEllSÉK
Musée Urilanni(iuo.
PLANCHE 05
7i.^^
TETE D'IIERAKLES
Musée Brilannhjuc.
PLANCHE (H)
TETE DE MAHSYAS
Collection Harnuco ù Rome.
PLANCHE 67
-r .1 j, , •-'»! ~^
TETE DE MARSYAS
Collection Barracco à Rome.
PLANCHE ()8
'$'
TETK VI H ILE
Musée (Je Hmlin.
PLANCHE 09
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TETE VIRILE
Palais Uiccanli à Florence.
PLANCHE 70
^< ^^^'l
TETE D'EPIIEHE
Musée (le Naplos.
PLANCHE 7i
■%?^**"'
TETE D'EPIIEBE
Musée de Florence.
PLANCHE 12
TÉTK DKPIIKHK
Must'i' «lu Louvic
PLANCHE 73
TETE DAT II EN A
Musée do Bologne.
PLANCHE 74
jHvr
TETE DE DEESSE
Musim; do Naplos.
PLANCHE 75
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TETE D'ATHLETE
Musée (le Munich.
PLANCHE 7(>
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TETK D'ATIILKTE
Musùo du Municli.
PLANCHE 77
TETE DE DEESSE
Collection de Laborde à Paris.
PLANCHE 78
TÉTK D'APOLLON
Glyplolht'-quo de Ny-Carlsberg.
PLANCHE 70
TETE D'APOLLON
Glyptothèque de Ny-Carlsberg.
PLANCIIK 80
TÊTE D'APOLl.ON
Muiiéo (les Tlierinos à Rome.
PLANCHE 81
j:-
/ yM'Hê
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TETE D'xVRES
Musée du Louvre.
PLANCHE 82
TETE D'ARES
iMuséc du Louvro.
PLANCHE 83
^ 'C-
^'«^«î^n^-.^.
TETE DE DEESSE
Musée du Louvre.
PLANCHE 84
TETK DE DEESSE
Musée du Louvre.
PLANCHE 83
A
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TETE D'APHRODITE
Musée de Corneto.
PLANCHE 8G
TÊTE D'APIIUODITE
Muséo de Cornclo.
PLANCHE 87
U.'
TETE D'APHRODITE (?)
Musée de Naples.
PLANCHE 88
TÈTK I) AIMIUODITE
Autrefois chez Sir Cl». Robinson à Lomlres.
PLANCHE 89
TETE DE DEESSE
Collection Barracco à Rome.
PLANCHE 90
TÈTE D'A TU EN A
Colleclion Barrucco à Bonio.
PLANCHE 91
TETE D'ATHÉNA
Glyptothèque de Ny-Cai-lsber|
PLANCHE 92
TÊTE D'AÏUÉNA
Glyptolliôquo de Ny-Carlsberg.
PLANCHE 93
X
TETE D'ATHÉNA
Musée de Brescia.
PLANCHE 94
X..
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0-^1 f /
TETE D'ATIIENA
Musée de Brcscia.
TÊTE D'ATHÉNA
Musée de Naples.
PLANCHE 90
TÊTE DE LA DÉESSE ROME
Musée du Louvre.
PLANCHE 97
TÊTE DE LA DÉESSE ROME
Musée du Louvre.
PLANCHE 98
TÊTE D'ATIIÉNA
Musée de Vienne.
PLAxNCHE 90
WÊm:
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TETE D'ATHÉNA
Musée de Vienne.
PLANCHE 100
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TETE D'ATIIENA
Musée de Naples.
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PLANCHE 101
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TETE D'ATHENA
Musée du Louvre.
PLANCHE 102
TETE D'ARES
Musûo du Louvre.
PLANCHE 103
TETE DE DIONYSOS
Musée du Vatican.
PLANCHE 104
TETE DE DIONYSOS
Musôu du Vatican.
PLANCHE 105
TETE DE DIONYSOS
Musée de Sainl-Germain-on-Laye.
PLANCHE 106
TÈTE DE DEESSE
Musée de Naples.
PLANCHE 107
TETE DE NIKE
Collection Hertz à Rome.
PLANCHE 108
'-^?^P^
W'
TETE DE DEESSE
Glyplolliùquo do Ny-Carlsberg.
PLANCHE 109
TÊTE DE DEESSE
Glyptolhèque de Ny-Carlsberg.
PLANCHE 110
TÊTE DE DÉESSE
Cabinet de Médailles.
PLANCHE 111
TETE DE DEESSE
Cabinet de Médailles.
PLANCHE 112
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TETE DE DEESSE
Musée de Berlin.
PLANCHE 113
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TETE DE DEESSE
Must3e de Berlin.
PLANCHE 114
TKTE UK MOinUE
Glyptotlii'i|iic tlo Ny-Carlsl)org.
PLANCHE 115
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TETE D'APHRODITE
Musée du Louvre.
PLANCHE HO
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TÊTE D'APIIKODITE
Musée du Louvru.
PLANCHE 117
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TETE DE ZEUS
Glyptotlièque de Ny-Carisberg.
PLANCHE lis
TKTK l)K ZKIS
(j|y|it')tliri|Uf (Ir .Nv-(Jarlsboig.
PLANCHE MU
^ -^)
TETE DE ZEUS
Musée do Dresde.
PLANCHE 120
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TKTE l)K ZEUS
Musée de Dresde.
PLANCHE 121
TETE D'ASKLEPIOS
Palais Orlandini-Gresham à Florence.
PLANCniC i2-2
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TÉTK 1)K 1)1 Kl HAHIUI
UIyptothè(iUû do Ny-Carlsberg.
PLAXCHE 123
TEÏE DE DIEU BARIiU
Glyptothèque de Ny-Carlsberg.
PLANCHE 124
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TÊTK l)K DIONYSOS
Must'D «lu Louvre.
PLANCHE 125
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TETE DE DIONYSOS
Musée de Naples.
PLANCHE 120
4 X
TÊTE DE JEUNE FEMME
iMustio do Berlin.
PLANCHE 127
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TETE DE JEUNE FEMME
Musée de Berlin.
PLANCHE 128
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TKTK l)K .IKl.NK FKM.MK
Musri! (ii; IJiMlill.
PLANCHE 121)
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ÏÊÏE DE DÉ M ET EH
Musée de Berlin.
PLANCHE 13(1
TÊTE D'ÉPIIÈBE
Musco de Berlin.
PLANCHE 131
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TETE DE FEMME
Musée du Louvre.
PLANCHE 132
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TÉTK D'ATIIENA
Muséo de Constantinoplo.
PLANCHE 133
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TETE D'ATHENA
Musée de Constantinople.
PLANCHE 134
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TÊTE 1)K FEMME VOILÉE
Musi'o «lu Limvre.
PLANCHE 135
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TETE DE DEESSE
Musée d'Arles.
PLANCHE 13()
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TÊTE DE DÉESSE
Musée «l'Arles.
PLANCHE d37
TETE DE DEESSE
Musée de Boston.
PLANCHE \:\H
TÊTE 1)K .IKINK TILLE
MUSL'O du l^c»U\ Tf.
PLANCHE 131)
TETE DE DEESSE
Musée Britannique.
PLANCHE 440
TÉTK D'AIMIRODITE (1)
Musée (lu Louvre.
PLANCHE 141
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TÊTE D'APHRODITE (?)
Musée du Louvre.
PLANCHE 142
■>«^.
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TETE DE IIERA (?)
Musée (lu Capilolc.
PLANCHE 143
TETE DE IIÉRA (?j
Musée du Capitule.
PLANCHE 144
TETE D'Ain EMIS
Musée lu Vatican.
PLANCHE 145
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ÏEÏE D'IIOMMK IJAHliU
Musée de Berlin.
iO
PLANCHE 140
TÊTE DE DIONYSOS
Glyptolhèque do Ny-Carlsberg.
PLANCHE 147
TETE DE GUERRIER
Musée d'Athènes.
PLANCHE 148
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TÈTE D'il KUAK LÈS
Musée (lu Louvre.
PLANCHE 149
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TETE D'HERAKLES
Musée du Louvre.
PLANCHE 150
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TÊTE D'ATHLÈTE
Glyptothèque de Ny-Carlsberg.
PLANCHE loi
TETE D'ATHLETE
Glyptothoquo de Ny-Carlsberg.
PLANCHE lo2
TETE DE .MELEAGHE
Villa Médicls ù Rome.
PLANCHE 153
TETE DE MELEAGRE
Villa Médicis à Romo.
PLANCHE 154
TETE DE MELEAGKE
Muséu du Vaticun.
PLANCHE lo5
TETE D'HERAKLES
Musée Britannique.
PLANCFIE 15()
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TÉTK i)'\tiilP:te
GlyploUu''(iuc (l(! Nv-Carisbcrg.
PLANCHE 157
TÊTE D'ATHLETE
Glyptothèque de Ny-Garlsbcr{
PLANCHE 158
TETE D'APOLLON
Musée de Vienne.
PLANCHE io9
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TETE D'APOLLON
Musée du Louvre.
PLA.NCHK KiO
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TETE DE DEESSE
Musùu du Cunstaiitinoi)lo.
PLANCHE KH
TETE DE MUSE
Musée du Vatican.
11
PLANCHE 1()2
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TÊTE D'APHRODITE
Musée de Naples.
PLANCHE 163
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TETE D'ARTEMIS
Musée de Constantinople.
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PLANCHE 164
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TÊTE D'ARTKMIS
MuHée de Constantinoplo.
PLANCHE 165
TETE D'EPHEBE
Musée de Berlin.
PLANCHE I6()
^TTiiCPir^'-- "- " ". "" ■^l' ii.T ' ■'
TETE D'AIMIKODITE
Musuo (lu Louvic.
PLANCHE 1G7
TETE D'APHRODITE
Musée du Louvre.
PLANCHK 108
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TÊTE U'IIKHMES
Musée d'Olympie.
PLANCHE lOÎ)
ff.
V
TÊTE D'HERMÈS
Musée du Vatican.
PLANCHE 170
TÈTE D'IIKHAKLKS .lEI NE
Musûu Uritanni(]ue.
PLANCHE 171
1'
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jr,
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TETE D'EPHEBE DIT EUBOULEUS
Musée d'Athènes.
PLANCHE 172
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.-C'-siiî!»:
"^ièlï^--..
TETE D'APHRODITE
Must';e du Vaticun.
PLANCHE 173
TETE D'APHRODITE
Musée de Toulouse.
PLANCHE 174
TÊTE D'APHRODITE
Musée de Toulouse.
PLANCHE 17o
" ^
TETE D'APHRODITE
Collection Leconfield à Londres.
PLANCIIK )-(>
- f V
^-^
TETE D'ATHLETE
Ulyptothèquo do Ny-Carlsberg.
PLANCHE 177
ÏEÏE D'ARTEMIS
Musée de Dresde.
12
PLANCHE 178
TÊTE D'ARTÉMIS
Musée de Dresde.
PLANCHE 179
TETE DE DE3IETER
Musée Britannique.
PLANCHE 180
^
TETE DE JEUNE FILLE
Musée do Berlin.
PLANCHE 181
à:
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TETE DE DEMETER
Musée du Bardo à Tunis.
PLANCHE 182
TETE DAIMIHODITE
Musûu (lu Louvre.
PLANCHE 183
TETE D'APHRODITE
Musée du Louvre.
PLANCHE 184
TETE J)'APIIR0D1TE
Musée de Dresde.
PLANCHE 185
TETE D'APHRODITE
Musée de Dresde.
PLANCHE 186
TÈTE D'APIIROnn K
Musée «lu Capilolf ;i Romo.
PLANCHE 187
TETE D'APHRODITE
Musée du Louvre.
PLANCHE 188
TÊTE DE JEUNE DÉESSE
Collection Barracco ù Rome.
PLANCHE 189
TETE D'APHRODITE
Musée Britannique.
PLANCHE 11)0
.-^:^^^/^'
TÊTE DE JEUNE DÉESSE
Musûu Brilanniquo.
PLANCHE 191
TETE DE HERA
Ancienne collection Ludovisi.
PLANCHK 492
TÊTE UE DIONYSOS
Musée de Cunstunlinople.
PLANCHE 193
TETE DITE U'OMPHALE
Musée du Louvre.
13
PLANCHE 194
MASQUE DE ZEUS
Musée du Vatican.
PLANCHE 195
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TETE D'ASKLEPIOS
Musée Britannique.
PLANCHE 196
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TÊTE U'ASKLÉPIOS (?)
Ancienne collection Logerot.
PLANCHE 197
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TÊTE DE DIONYSOS
Musée de Naples.
PLANCHE 198
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TÊTE D'APHRODITE (?)
Musée de Vienne.
PLANCHE 199
TETE D'APHRODITE (?)
Musée de Vienne.
PLANCHE 200
TETK D'APIIHOUITE
Musée (lo Napics.
PLANCHE 201
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TETE DE D[ONYSOS
Musée de Berlin.
PLANCHE -202
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TÊTE D'APHKODITK
Musée (ic Vii-nni!.
PLANCHE 203
TETE DE DIONYSOS
Musée Britannique.
PLANCHE 204
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TÊTE DE DIONYSOS
Musée Britannique.
PLANCHE 205
TETE DE DIONYSOS
Musée du Capitule.
PLANCHE 206
TÊTE D'ARIANE
Musée des Thermes à Rome.
PLANCHE 207
TETE D'EPHEBE
Musée de Vienne.
PLANCHE ^08
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TETK DE PAN
Musée de Vienne.
PLANCHE 209
TETE D'EROS
Musée du Vatican.
14
PLANCHE 210
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TÊTE D'ANTINOUS
Musée du Gapiloio.
PLANCHE 211
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TETE DE PARIS
Musée du Louvre.
PLANCHE 212
TETE DE PARIS
Musée Britannique.
PLANCHE 213
TETE DE DEESSE
Musée du Vatican.
PLANCHE 214
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TETK D'ATHLETE
Musée du Vatican.
PLANCHE 215
TETE D'ATHLETE
Musée du Vatican.
PLANCHE 216
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TETE DE MNEMOSYNE
MusC'O do Dresde.
PLANCHE 217
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TEÏE DE MNEMOSYNE
Musûo de Dresde.
PLANCHE 218
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TÊTE D'ATHLÈTE (?)
Musûo du Louvro.
PLANCHE 219
TÊTE D'HERMES
Musée de Naplcs.
PLANCHE 220
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TETE D'AltTEMIS
Musco de Naples.
PLANCHE 221
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TETE DE JEUNE FILLE
Glyptothèque de Munich.
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TÊTE DE JEUNE FILLE
Musée do Municli.
PLANCHE 223
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TETE DE JEUNE FILLE
Autrefois à Rome.
PLANCHE 224
TETE DE JEUNE FILLE
Autrefois à Romo.
PLANCHE 22o
TETE D'APOLLON
Musée du Vatican.
13
planciui: 226
TÊTE DE MUSE
Musée du Vatican.
PLANCHE 227
TETE DE FEMME BARBARE
Collection Ashley Ponsonby
PLANCHE 228
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TÊTE DE LAOGOON
Musée du Vatican.
PLANCHE 229
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TETE DE CENTAURE
Collection Barracco à Rome.
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TETK DE HEROS MOURANT
Musée des Ofïîces à Florence.
PLANCHE 231
TETE DE CENTAURE
Palais des Gonsei'vateurs à Rome.
PLANCHE 232
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TÊTE DE CENTAURE
Palais dos Conservateurs à Rome.
PLANCHE 233
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TÊTE DE CENTAURE
Musée de Spire.
PLANCHE 234
TÊTE DE CENTAURE
Musée de Spire.
PLANCHE 235
ÏEÏE DE POSEIDON
Musée de Syracuse.
PLANCHE 23G
TÈTE i)'iip:uakles
Muséo Britannique.
PLANCHE 237
TETE DE ZEUS
Musée de Vienne.
PLANCHE 238
TÈTE DE ZEUS
Musée de Naplcs.
PLANCHE 239
TETE DE ZEUS
Collection Ouvaroff près do Moscou.
PLANCHE 240
ÏÉTE DE SERAPIS
Collection Goldschmidt à Paris.
PLANCHE 241
TÊTE D'APOLLON
Musée du Vatican.
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PLANCHE 242
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TÊTE D'APOLLON
Muséo Britannique.
PLANCHE 243
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TETE D'APOLLON
Musée Britannique.
PLANCHE 244
TÊTE DE DIONYSOS
Musée do Loyde.
PLANCHE 245
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TETE DE DIONYSOS
Musée de Leyde.
PLANCHE 246
TETE D'APOLLON
Muséo Britannique.
PLANCHE 247
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TETE D'APOLLON
Musée Britannique.
PLANCHE 248
TÊTE DE DIONYSOS
Musée du Louvre.
PLANCHE 249
TÊTE DE HEROS MORT
Loggia dei Lanzi à Florence.
PLANCHE 2o0
TÊTE D'ALEXANDRE EN HÉLIOS
Musée de Boston.
PLANCHE 251
TETE DE DIOSCURE
Musée du Bardo à Tunis.
PLANCHE 252
TÈTE D'APOLLON
Collection Barracco à Rome.
PLANCHE 253
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TÊTE D'APOLLON
Collection Barracco à Rome.
PLANCHE 254
TÊTE DE FEMME liAUBAHE (?)
Muséu Britaiiiiii|uu.
PLANCHE 253
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TETE D'EPHEBE
Glyptothèque de Ny-Carisberg.
PLANCHK 256
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rETE DE MUSE
Musée du Yalican.
PLANCHE 257
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TETE DE FEMME VOILEE
Musuo de Naples. ^ ^ l^'Y
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PLANCHE 258
TÈTE DE ZEUS AMMON
Musée des Offices à Florence.
PLANCHE 239
TETE DE MEDUSE
Cabinet des Médailles.
PLANCHE 260
TETE DE SATYRE
Musée de Naples.
PLANCHE 261
TETE DE SATYRE
Musée du Louvre.
PLANCHE 262
TÊTE DE SATYRE
Musée de Vienne.
PLANCHE 263
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TETE DE SATYRE
Musée de Venise.
PLANCHE 264
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TETE DE SATYRE
Musée de Venise.
PLANCHE 2()o
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TETE DE PETITE FILLE
Musée de Dresde.
PLANCHE 266
TÊTE DE PETITE FILLE
Muséo do Dresde.
PLANCHE 2(n
TÊTE D'HERAKLES ENFANT
Musée du Capitule.
PLANCHE 268
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TETE D'ENFANT
Musée Britannique.
PLANCHE 269
TETE D'EROS ENFANT
Musée de Naples.
PLANCHE 270
TÊTE D'ISIS
Musée du Louvro.
PLANCHE 271
TÈTE D'ISIS
à Pompéi.
PLANCHE 272
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TETE D'ISIS
ù l'onipéi.
PLANCHE 273
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TETE D'ISIS (?)
Autrefois en Lycie.
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PLANCHE 274
TÈTE D'ISIS
Musée de "Vienne.
PLANCHE 275
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TÊTE D'ISIS
Musée de Vienne.
PLANCHE 276
TÊTE DE MÉDUSE
Muséo du Louvro.
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