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Full text of "Recueil dit de Maurepas, pièces libres, chansons, epigrammes, et autres vers satiriques sur divers personnages des siècles de Louis XIV et Louis XV, accompagnés de remarques curieuses du temps;"

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RECUEIL DE MAUREPAS 

PifeCES LIBRES 



KKCUKfJ 



DE W:4liHEPAS 



PIECES LIBRES 



CHANSONS, 6PIGRAMMES 

ct utres Ten satiriqnes sor divers persoimsges des si^Iea 
de Loais XI¥ et Louis XY, 

aecompagn^s de remarques curieuses du tempt ; 

publics pour la premiere foi>, 

^'api^s lei manttscrits conserve k la Biblioth^ue imperiale, k Paris, 

avec des noticet, des tables, etc. 



TOME TROISlfeJME 




LEYDE 



1865 



MoS2-«\.3'^ 






^i 



(university 
liqrary i 

I NOV 2/ I93t» / 



RECUEIL 



CHANSONS 



VAUDE>1LLES, SONNETS, 

^PIGRAMMES, ^PITAPHES ET AUTRES VERS 

SATYRIQUES ET HISTORIQUES 

Al-EC DES REMARQUES CURIEUSES 



A OLUME X. 



RECUEIL 



CHANSONS, ETC. 



CHANSON 

SUR l'AIR : DES BOURGEOIS DE GHARTRES ET CEUl 
DE MONTLH^RT. 

Sar le p^re Gaillard, j^suite. 

L'autre jour, jeune fille, 

Dans I'^glise, a Vecart, 

Tira par la mandille 

Le gros pdre Gaillard, 
Ojesuite, charme d' avoir la preference, 
Lui dit : Mettez-vous Id, la, la, 
Je iuis ravi de voir qu'on, qu'on 

Qu*on vienne a penitence. 



-~ 5 — 

Si les ckarmh de ton visage 

Ont pu asservir le courage 

Du septuagenaire Laffey, 

Amour, ce n'est pas ton ouvrage. 

La verole setde a marque 

Le trait qui Venflamme a son Age, 



CHAHSON 

SDR L'AIE : SI TU AS DE L^MOUR POUR MOT. 

La Villequier s'en fait conter 

Par Venvoye de GSnes, 
Par Venvoye, par Venvoye, 

Par Venvoye de G4nes, 
Voyi 

Par Venvoye de Gines. 

Pour Tavamies la Chastillon 

A trop de complaisance, 
A trop de com, a trop de com, 

A trop de complaisance, 
Decom, 

A trop de complaisance, 

Tavannes pour la Chastillon (i) 

(I) N de Brolly Pienne, femme de ....,coinle de 

hastillon, chevalier du Saint-Espril, aime le petit 
avannes, fils da comte de Sault, Irfts-bien fail, de T&ge 
e dix-huit k vingt uns, qui n'a pas grand empresse- 
lenl pour elle. 



— 4 - 

Aiiisiidt ta fiikHe 
A $en pied$ i^ jHa, 
Et rfVjIri! un pea toque He 
ElU St t}onfe8$a; 
I ion grave, lui dit ce dthoi persouna^e : 
Nt faitex plus ctla^ ta la, 
U faut mttintenant ^i, vi^ 
Vivre m filU him Hftge. 



CHANSON 
sun h*MJ\ : m HXfitANisE, on: ie vous le ms 

111 B^PfeTE. 

rr madame de Mirepoix, par lo chevoUer tie la F<?ry. 
On applique aus&t ccs couplets ^ la maripuse do 1 
^olon, Le irolfii^mc pcul Ju! £lre allribui. 

Que diable ijoulez-vtm^ qu'on faste 
De cctte nbomitiablf^ fa^e, 
D& Ut eitrouille que voilu T 
Avec ses fesses cicailtces, 
Elle a Ic ventre en f alba la 
Et los cuisses pre(in(ai tiers, 

L'ttne et Vantrc de ses tittisses. 
Pendant ts mtmne des b{}$at*est 
A sss genoitx vont aboutit, 
Et couvrefit d'une pmu mollnMi* 
Vn gouffrB qui pent engloutir 
Prifipe avee trnde m rare. 



-~ 5 — 

Si le$ charmh de ton vitage 
Ont pu asservir le courage 
Du septuagenaire Laffey, 
Amour, ce n'est pas ton ouvrage. 
La verole seule a marqttd 
Le trait qui Venflamme a son Age, 



CHAHSON 

SDR L'aIE : SI TU AS DE L^AMOUR POUR MOT. 

La Villequier s'en fait conter 

Par Venvoye de GSnes, 
Par Venvoye, par Venvoye, 

Par Venvoye de G^es, 
Voyi 

Par Venvoye de Gines, 

Pour Tavawies la Chastillon 

A trop de complaisance, 
A trop de com, a trop de com, 

A trop de complaisance, 
Decom, 

A trop de complaisance, 

Tavannes pour la Chastillon (4) 

(I) N de Brolly Pienne, femme de ....,cointe de 

Chastillon, chevalier du Saint-Esprit,^ aime le petit 
Tavaones, ills da comte de SauU, Iris-bien fail, de T&ge 
de dix-hait k vingt uns, qui n'a pas grand empresse- 
neai pour elle. 



A peu de vigilance t 

A peu de vi^ a peu de vi, 

A peu de vitfUancti^ 



A peu 



de mgilante. 



CHMSON 

sun l'aIH t IL k BATTU SON PETfT FHfeRE. 

C.«,«.j auni chaude du derriire 
Que Va jamais e(e son pere^ 
Cherche le solid e en amour, 
Ss rit d^s Aoitis ei des hmnmages, 
Et quitte leg galam de coiir 
Pour ne cau»er qu'af^ec hi pages. 

Braneas^ saits craindre Ics disgtdces. 
Marc he a grands pas deisus le$ traces 
Dcs Mroineji dt^ son sang ; 
Ell fait d' amour, qndle novkf^t 
D\tJiifr q autre amans dans squ an^ 
Bt d*ait&ir M , propice ! 

B^Oj ceUe aimabts tourlerHlet 
Ceite epousG (entire et fideUe, 
Apres avoir ^ pmtr nn nigattd^ 
En vain ripandu millc tarmcs, 
Entre MariUlac et Tcrnaui 
Partage sun caiur et se^ charfnes. 



On voit Vaimable la Vrillere, 

En depit du petit cerbbre 

Qui sans cesse observe ses pas, 

Au feu d'un prince de son Aye 

Offrant ses innocens appas, 

Rendre a Venus un tmdre kommage. 

Des bonte's de. notre monarque 
Nous avons une illustre marque ; 
II veut maintenant, a la cour. 
Que les dames de haul parage 
S'exercent ct faire Vamour^ 
Et deffend qu'on regardc a I'dge, 

D^une audience magnifique 
Relevant sa figure atiiique. 
La Mailly, tout de son long 
^Dessus un sopha renverse'e, 
Offre au tranquille Velleron 
Une coquette fort usee, 

Est'Ce une si grande merveille 
Que le neveu (a) du grand Corneille 
Puisse lui ressembler si peu ? 
Ce n*est pas une chose sure 
Qu'on revive dans son nevcu : 
Pinchesne I'etoit dc Voilurc, 



A Fuiilcneile. 



— 8 — 

CHAIJ5DN 

SCR l'aIR : k LA VAQOH PB BARBARI. 

Lorsque le raar^chal dc Villars s'esl retire sou! 
Strasbourg, ou ^toitsa femme. 

Le proverbe a grand'rdison. 
La preiive en est certaine, 
Quand il dit qu*Hn seul poil de con 
Plus que cent hieufs entraine. 
Tani d*escadrons^ de bataillons. 
La faridondaine, la faridondon ; 
// a lous assembler icy, biribi, 
A la facon de barbari, fnon amy. 

CHANSON 

SUR l'AIR de la SEN£SGHALE. 
AFFICHE. 

De la part de poUchlnelle 
On fait sgavoir aux curieuap 
Que Vistrion Malezieux 
A fait une piece nouvelle, 
Et qu'd tous les honnestes gens 
Vautcur la donne a ses despens. 



— 9 — 

RONDEAU. 

De Malezieux on compte les exploits 
Tfms tres-fameux, Prothee eut autrefois 
L'art de changer de forme et de visage ; 
Mais celuy-cy, plus adroit personnage. 
En vingt fagons se trans forme a la fois. 
D'un chancelier egal a ceux des rois 
II prend le titre, et de'bile des lois, 
Sceaux et brevets, signe's en haut parage 
De Malezieuaok 

Le soir, monte'sur un treteau de bois, 
D'un arlequin il prend Vair et la voix. 
Fait Tabarin^ Brioche y Jean Potage, 
Des beaux esprits brocarde Vassefnblage, 
Cest d bon droit : pourquoy faisoient-ils choix 
De Malezieux, 



CHANSON 

SUR L*A1R DE JOGONDE. 

Le chancelier de Malezieux 

Monte sur le the Aire, 
Et pour etre facetieux 

II fait le diable a quatrc, 
Exergant un si beau metier 

De bouffon, de tragique, 
Sitost qu'il fait le chancelier, 

Cest un par fait comique. 

T. III. 



— IIJ — 



CHANSON 



&UR L AlK DE JOUO.SM. 



e StirvilU'-llsMitffut'it lieMleiiunt-g^ni;i'^l el caluncl 
du f^giincQL du toy^ ciiL^ eta pr^stni^c du dut: dc 6u- 
vkVre, pri^e nve<; M. dc lit llJino, nnjrt^clml do c^iiiip, 
tkil ofllficr dc fortane, t?! Iiii aiTticim s^i pi-rruque^ 1/ 
fitt coiHlajiiiK^ |iLkr its! mai'tft^hiuiv ii iin an de pmoii^ vL 
le roy, trouvLniL ce jtigemcDt Lt'OpdouXt Lui did etieurp 

sun J't^gHUl'tlU 

BL de Coidhi* cv^qiJC tie Mol7.» nreii^o par un Jeti^iP 

diaiiuliie de tuuiij^Usu de J^'iivoirvoultt corroraprc.fut 

purfe de ccUe iiceiiififitiun i-ii cons^ldiTuLiuii tit* §an 

onck> i't le dmtmlne oblige de lul demauder piirdoii* 

{Par Chevritr MarcmL] 



I 



l^iiaiii Je vols ^urvilfc €n prison 

Pour us^r de mmn-mU^f 
El quif i'oH traih tie chanson 

i)e Mt'iz tu paiilardite^ 
Jt ma tronvt' font cpfrdu, 

Ei fnt/ dans hi pnifnic 
Quil vattt inieujs decotwrir ttn fi( 

Qu\tm tcsfc peh'e» 



— a — 

CHANSON 

SOR L*A1R DE JOCONDE. 

Coislin, tu nc Vy prends pas mal 

Pour reussir a Romn ; 
Tu fats dejd le carditial. 

Petit saint de Sodome ; 
De ta vertu plus que jamais 

Uodeur va se repandre, 
Et desja Viglise de Metz 

Demande de ta cendre. 

CHANSON 

SUR l'aIR de JOCONDE. 

Pour 4tre amoureux d'un beau cu, 

Faut'il tant de vacamie ? 
Quel homme en pent voir un tout nu 

Sans bander comme un carme? 
Le defunt e'vesquc d'Autun, 

Dieu veuille avoir son dme ! 
Disoit que c'est toujour s tout un, 

De baiser homme ou femme. 

La Chaise deffcnd, ce dit-on, 
Ce prelat d'impprtarice. 

Qui par le cul d'un beau gargon 
Fait tant de bruit en France ; 



SffifLf* itous 4 tea int4r€&U 

Qudh raiion It lin ? 
Cesi quit dtffend dans se prace^ 



CHANSON, 

31a3siUon [i], pftr sea beaux distours, 
Nomme les femmef foUex ; 

Mais i7 est fun, le drdle, U t**t fon, 
MaU il est fou, te drdle. 



tL gmiid {Hi'eelfur de damfs., prenoil i^oiu de k Qun- 
^C'l^iicf de la marqulsu do IHc^^pUal^ di^puifi laiuort de 
son nr^ry^ ct mdme nitpnrnvafiL, ca t^ui Tengtr^eoit^ 
nlkr psisj^er ka Eiiilomned m Saint e^Mesme^i^ivecdli^.iiiais 
u\fG Unl de fumiliarJl^, qu'il ful aceus6 de \m avoir rait 
Mil fiif^nt^ fiar une rcmmc de cliiiiiiibrc de In marquisie, 
que Ic bon p^re avoU fait ebusscr. Je croin queerest iid« 
medisance qui ne \a\^m pas d^^latcr romnie t^ne v€rit^ 
el Iciir Qttira nombre de dinn^otis.Le murquis de VHoi^ 
pirftl, sonmaryji^ioil un dcs plu^gpnnds math^maticieiis 
et geometrcsquel'uii ail janaai:|jViisJI acompOJiieijnlJvi'B 
At& Infiniment pctUs, ^m esi imprimis 



— i3 — 

CHANSON 
SUR i/air de joconde. 

McLssillon, ton fait va fort mat. 

Car la troupe d'Ignace 
Bit que baUer la VHospital 

Est nn crime hors de grdce; 
Mais quoi qu'elle en ait resolu. 

La chose est fort aise'e : 
Dis que tu Vas fait en cu, 

Et ta cause est gagnee, 

C'est en vain que tes ennemis 

S*en prenncnt d ta gloire; 
Massillon, tous les bofis esprits 

Ne veulcnt pas le croirc; 
Pour te disculper cest assez 

Q\ic cette gent profane 
De Coislin prend les interests 

Lorsqu'elle te condamne. 



— 14 — 

CHANSON 

suit L*M\\ Dli HUB1?4 TUAELUREt 

Prulifquc MamUon^ 

Qui presvhes cQutre I'asurt^ 

Terrassez I 'am hi I ia n , 

Turclnre; 
Mais tpargn^z la biscuve; 
RMut iurdure, lure, 

AUTRE 

t.*Ain : tl. A 0A1TU SQ^i PETtt VUtMh, 

Vmu lt*murs tVan long hymsnt^j 
Avec mon epoiix' {i) enfi'mide^ 
J*admiroh ses doctei evftt^ ; 
Main, par Mf(£siil(m dirtgeCt 
Ba ite$ Infiutmenl pHih 
Jc mc tfouve ddsabusec. 



(I) Son marj^ avoit faU un tivre i\es infinimeut i 
petiUt qut Citntie maii^rc farl abstraile i!( de ]D[(iienf$ U 
(!<L<iil coDlniuellGmenL qi-cupiJ avoc dJi^. 

Le y^rc ^<i&£iUon ]a dirigeult dhs k vivant ilc son 
mnry, el depuia sn morl il la gouvcrnoil absolumcnL o| 
n I lo 1 4 pa j^ sc r 1 cb va Cii n ces u v ec c 1 k ^ S si i ii te-M es m ^ [ 1 704) , 



— 15 — 



CHANSON 

SUR L'AIR : IL A BATTU SON PETIT FR^RE. 

(par m. du fay). 
Sur M. de Saulx-Tavaiines. 

Jamais, Tavannes, ta tendresie 
Ne se'duira cetle duchcsse (i), 
Quoiqu*on te sache si chamiant 
Que toute autre beaule te cede ; 
Mais a^t'On vu que pour amant 
Venus ait choisi Ganimede ? 



CHANSON 

SOR L*AIR : BELLE INDIFF^RENTE. 

Sur niadaine ilela Cli^lardie, qai avoil monlr^ uu billet 
Uu comte d'Alberl. 

Belle ijidiscrette, 
Vous montrez ce qu'on vous escrit» 
Si Von voyoit ce que vous faitcs, 
Sur Fillon (2) vous auricz Ic prix. 

Belle indiscrettv , 



(1) La duchrssedc Luxembourg. 

(2) lulngantc prot^g6e par M. ie due d'Orleans. 



- I« — 

CHANSON 

!>Ull C/tlh : TOUT C£LJh lt^£$T l]<ib|FF£R£?ff 

Sur k marrige iha tomte il't'jtea, 

^t* radmiral de Chastilhttr 
Mii un dmh^ dfiuh la -rnaisQft, 
tt vo<^itage ffivoi'ahlv 
Oevroit te faii'e (4t on (ard 
On maresvhal ou connoistahlQ 
Far le crMii de Chamillart. 

Qui, ChamitiaH^ asmniment^ 
Tu surpasses le ^rand Armmvl, 
Armand, dans sun pfmxmir in&rmet 
Qsa-t^U se fialter jamau^ 
Ai^ec sa Marion de Lormc 
fyttvilir la tftaition d'Uxh f 



CHANSON. 



ffUssi faU bien de prendrt place 
Parmy leg en fans de Phceta^; 
Elle ml cofmnt' ie moni Panmssc, 
Tmis les aulintn montmti d^'innt. 



— 17 ~ 

CHAJ^SON 

SUR l'4IB I>£ ^CONDK. 
Sur madaipe da Brcnil de9 Cbieo9* 

St de no8 jours on assembUnt 

Tons les efats c^ France, 
La du Breuil dans son lit pourroit 

Establir leur seance. 
Car dans ses drops pour un dtieat 

Un chacun fait la presss. 
On y revolt le Hers Stat, 

Le clerge^ la noblesse, 

Du bel ordre de ses amours 

Admirez la prudence : 
Tout est content. Von s^ait Us jours 

Ou chacun entre en danse; 
Kul de son rang n'est de'place. 

La dame est trop civile : 
Jamais bordel mieuai police 

Ne s'est vu dans la ville, 

Seroit'Ce un esprit enchante 
Que cette avcnturiere? 

Est-ce une atlrayante beaute 
Qui d'omans fait litiere ? 



— 18 — 

Noitf c*est un enriuyeux caquet^ 
Ceti un comftiun t^isage; 

En fin t e*s8t d'ttn amy pen^oquef 
Le ne£ el Is langagc, 

A la porte de RkfwHeu, 

La ytirc^ fnantihrc. 
Pour soulvnir un mauvais lieu 

A mis une barriere ; 
A te pasmgs^ ce dU-oti, 

Oh ! la belle livree. 
Tout i)it paitmni doit u son cofi 

Payer le droii d^ entree. 

Prh la parte de RkkHieu^ 

La garce financUri^^ 
Pout* honore^r son mauvaU lieu, 

A fait planter barrU'r&. 
Cette putain a da I'espritt 

Je connois sa pensee : 
Elle voudroit sur tons tes vits 

Avoir le droit d'entrte. 



CHANSON 
(par hadehoiselle d'£bth£ks). 

Ctf nV«l plm Iru qui vientjage ; 
C'en vst fait, t'hers amis, 
/<? ne m'cn sonde pltts, 

Jf. mc ris de sou pucetage^ 



— 19 — 

Sea soins pour le garder sont des soins superflus, 
Et je crois, sans luy faire outrage, 
Qu*elle a tant cmprunte dessus 
Qu'on ne peui plus le mettre en gage. 



CHANSON 

SUR L*AIR DES DON DON. 

A roccasion d*oii arr^t do conseil du.. . . dteembre 1706, 
donn^ centre les Aagostins d^hanss^, dits leg PetiU 
Pdres, de la place des Victoires, et qai en exile 
quelques-ans. 

Noailles^ pre'lat habile, 
Prestre en rouge chapeau, 
Sgait selon V^vangile 
Conduire son troupeau, 
Et sans aucun respect 
Pour capuche et sandale, 
Ne fait aucun pardon, 

Don, don, 
A tout moine qui four 
Qui foumit au scandale, 

Pres de la Mai nonimee (4) 
Un couvent il e'toit, 

vf) Ce&t la place des Victoires. 



— ao — 

Bt qui Iti Ren&mmie 

Lf* moinew de ee Heu, 

tHm» itnrs eonfemtmt, 

!h tihn4oimt dcs con- 
scknetn des ferntUcs, 

Chez c^s rex^ertrid^ peres 
L*ttn v&tf ait chii^tte jour 
FiiUt #1 jeune§ utmif 
Vgnir faife kur ^ur, 
Pour les fnieu£ obuMerj. 

lht$aus i^tr caput hon, 

lU ttur motiiroimt des vi« 
Dm vimges d'htrmlies. 

Chaam dam sa celluU 
E$(ok maiire atfoiu; 
L€ pricur. Mans gcmpule, 
Vimii en diuolu ; 
Pour mttfirtt», ta tiuit^ 
MmaU on ne Veveiiir^ 
Et ee b^n compa^non, 

ikm, don^ 
Ne mnnoii que da vu^ 
Bu eu de ta h&uldlk. 



— 24 — 

Quand de $es voiles sombres. 
La nuit dans c$s b€U Uew9 
EnveloppoU lis onfbfts 
Qui naisient dans Us cieux, 
Les uns dans la taveme 

Y bmoient d plein terre, 
IToKtris Chez la FiUon, 

Don, don, 

Y feuilletoierU les con... 
Les eoneiles et les Pife$. 

Prelat, e'est bien domma^e 
D*exiler ces heati. 
Car phis d'un pycelage 
En gemira tout has. 
Ces drdles (tauguslins 
Aiment les fiUes neuves; 
Les chassant du canton, 

Don, don, 
C'est rendre'bien des con... 
Des consciences veuves. 



CHANSON 

SCR L*AIR DO BRANSLli. 

Les gaillards peiits Peres noirs 
Entre ctiaft dcmsent unbransle. 
On dit qu'il fait fort beau les voir 
Dans leurjardin, Veste, au stoir. 



— 2S — 

Dantitnt tout nus leur bramlt ; 
lis a* en dojment^ U fmd imvoir, 
A iff iraUre de branale^ /r soir, 

A ee iraUre de hramle, 

L*aivhevesqui^ en vain a vtfulu 
Inferrompre I cur bransle. 
fiianl de sa soitc vcrtu^ 
Ei se tenant tons par ie cu, 

JU voni dafisanl Uur branslCf, 
Chaniant que s'it if fmi i?fnw, 
// auroit eu dit brumie au cu. 
It auroU tu du hrajale. 



CHANSON 

Sur le mnriuge de maJeraolsellc de MmWy avcc le i 

De mon cpaux mi fur sur ^ 
Le ne^me fahoit grand*peur; 
Mah Inentosl fappris, 
Des qiteje I'eHR pris, 
Ce quHl en falloit fat re i 
Cc n'est qtiun net camard aupri's 
Du nex de ma ffrand'mire, 

Lan la^ 
Da nez de ma gmftd'mh'e^ 



RECUEIL 



CHANSONS. 



VAUDEVILLES, SONNETS, 

liPIGRAMMES, ]£PITAPHES ET AUTRES VERS 

SATYRIQUES ET HISTORIQUES 

AVEC DES REMARQUES CURIEUSES 



VOLUME XI. 



RECUEIL 



CHANSONS, ETC. 



Cest en vain qu'un esprit mediant 
Centre nous se de'chaisne, 

Ce n*est pas un crime si grand 

Que de soulager quelque amant 
Qui nous conte sa peine, 

Ce n*est pas vn crime si grand 
Que d'avoir Vdme humaine. 

Pour moy, dit la belle Plenenf, 
Quand un amant fidelle 

S^qit dans i^n langage amoureux 

Exprimfir vivenietU ses fmx, 
Pourquoy itre reb^lle ? 

En faul-il fqire un n^allicurjoux. 
Pour 4tre trop cru<^lje ? 



T. JII. 



— 26 — 

Et moi^ dit Faimahk Conde, 

Fort peti j€ file souch 
Que Vim impute a ma tcaut& 
i)«f fnunqiti^r dt* sevcrUi ; 

Trmtm-t-on dan ft la cruauld 
Le» platsin de la vk ? 

Respect e, jalotix usage ^ 
€e dignt oiwrttge dei dicfis; 
Conde, qui dcd&Hi ces licu^s 
Est Icur plus parfaite imagv, 

QiiiUe cet traits mm^u^ ; 
Vtpns ti^ juindf'e a noire hoittw&ge^ 

Quiite Ci^tt irmi» entfieitx. 
Cede mtx charmes de ses jfeujp. 

MhU tmnUz dc ia Crectf 

Le iuprC*ine Ian gage : 
Cb Ti'esl plus la Tiiode a Parin 
Que pour avoir un bQti marg 

A lug svut fiH s' engage, 
Von tia jamaU dans ce pah^ 

Suivg an fel u$tige^ 

PQur moy, dit la Jeune Curse, 

A la jleur rffi mon dg^, 
Quandje nc faU que commcnc^r, 
Covimerd potivoir g rcnowet' f 

Je veux suivre Vmsagey 
Et quund mtm tern* $tfra putu\ 

Atorsje serai sagif. 



~ 27 — 

Pourquoy trouve-t-on etonnant, 
Repondent les duchesses. 

Si nous ne cherchons en aimant 

Ni la dignite', ni le rang ? 
Les Hires de noblesse 

Ne servent point a un amant 
Pour nKirquer sa tendresse. 

La Luxembourg, d'un air riant, 
Le dit sans nul mystere : 

Le merite,'dans mon amant, 

N^est pas pour moi celuy du rang, 
Ce n'est qu'une chimh^e ; 

Je ne m*en tiens qu*d son talent, 
Cest Id toute I'affaire. 



VERS. 

« marqais d'Hendicourt fit ces vers, k ce qa^il pretend, 
sans avoir personne en voe; mais madame de Saint- 
Pierre crat qae c^dtoit poor elle. 

iVcm, je ne fus jamais en peine 
Comment vous passez la semaine ; 
Quand chez vous on va le lundy, 
L'on n* attend pas jusqu'd mardy, 
Mais bien souvent le mercredy 
On est bien las pour le jeudy ; 
Ainn vous jeusnez vendredy. 
Voire mSme le samedy, 
Dimanche est un jour de repos : 



— 28 — 

0afis cc saint terns seroU-U ju$fe (i) 
Wuffmuer Bieu mal a propos ? 
Je ne iuU poi mies roltuat^^ 

Vom Mcs^ d ce qu*on dii^^ etj pdnt 

A qtwyj'm passe la ^emhine, 

Je dtmins amour^ms tundt/, 

Meg gaupin pafierent mard^. 

On fe* erUendil mercredyj, 

Et Von y rSpondit jeudy ^ 

On me pro mil (mil tmidretiy. 

On m^accorda totti smnedj/, 

Ce tout qui fait finir les peines, 

Ce tout qui fait hmretm Vanutnt ; 

Et dimanckef le second four de ra» (t), 

J' cut mQ7i cottffe pour etrennes. 



rEponse w 

DE HAI»iLME BE SAJKT-PlEftae* 

Votre tnine tne met en peine 
A qtioy iXfiis paisei la ^emaine : 



(3) Dimjmcbe^ 9 Janvier 1707, 

(3) lHadiimede Sainl-Vicrrcfnvoya ccs vei's{)umarf|tiis 
(IMTendicoun pur un mconDM, {|uoiqii'i]!4 fusscnl Perils 
dcsa main , ce 9m Tobligea k faire la t:h»n5on suiYiinl^ 
qiru cfianla k lout le oionde; madpimG tie Saitil-?ii.Trc 



— 29 - 

Pour f0U8 fYmefyokfmHt hmdy. 

Cloris vous iMt^ maltdy, 

Philis i^em fWfl U i^terttedy, 

Catin vous 'd^ste jeudy, 

Nanon wfus hait ie f^ndredf, 

Margot vous chdsse s€tmedy ; 
Bref, il vCest de souiUon vers to Smmariioine, 
CeUe qui mille fins a fait son mary Jean, 
Eussiez-vous soupirepour elte tout un an. 
Qui dimanche vdUlut soulager voire peine, 

CHANSON 

SUR l'aib bt %0^ hlMUfM (l). 

Sur madame de Saint-Pierre, femme da premier ^cuyer 
de madame la dachesse d'Orldans et belle-soeur du 
premier auodftnier d^ madame. 

AdorMe divinite, 

Toi qui presides au bransle, 

Tu nCa refus4 la heaute. 

Conserve ma legerete; 

Je nCen sers pour le bransle ; 

Jamais mon corps n'est fatigue 

Des efforts de ce bransle. 

y <tant trop ddsign^e pour ne la pas prendre pour elle, 
el Faaleor ne la m^nageant pas, elle en fit sch plaintes k 
madame d^Hendicoifrl ; Iti m^re lit promeltre ft sou fils 
de ne la plos chanter, api^s Tavoir fort grond^, si bien 
qaMl Ta laiss^e en repos, mais tout le monde a reienu et 
chants la chanson. 
(1) iVo/tf Clef des chansonniers, t. 2, p. 20i. 



— 5ft -. 

Quand miile foisfaurmt d^mMe, 

J*ay tarage du bi'amle^ 

Si quHqunn est irop fatigine, 

Mon chocotat est prepare, 

U eijcdiii a ce branale, 

Ei petU fairs au plus de§6uate 

Hecommmeer k bramh, 

Ventz chez fnotf en sureii*^ 
Poitr y danger h bransie. 
Von n'tf est point inc&nimodB. 
Tai chahif, lit et canape^ 
Ei te tout pmtr te bramU^ 
Carfaime la ctymmodite' 
Quand je danse le bramlc. 

Je tiens dan* mGn appartoment 

Acadmnie de transit i 

Vnjeunt! notiicc ignorant 

N'en stiHjamms que fort smvanf , 

Je poiside le hramle^ 

Et perionne n*a le titlent 

De vnietiiB dresser au bransle, 

A la jffHuesse fui montr^ 
fotis les bons tours du kranste ^ 
B'ingratitudn Us niont p&yi^ 
Et tous Us nCofd abandonne i 
Its iiont dafiser le brtinsle 
A war lieusi ou r^gnt la bnaitte : 
Tmiratft d'un tel bramle. 



— 31 — 

Btrgerif enfUx vos ehalwneaux 
Pour la rtine du hransU; 
Telle que Venus iur lee eaux, 
Elle a paru dans nos vaisseaux, 
Elle y montra U bransle, 
El tons les mouwimens nouveaux 
Qui font la findu hransle. 



CHANSON 

SDR L*AIR DE BIRIBI. 

Je n*en connois qu'une aujourd^huy 

Qui, quoique un pen coquette, 
ITait point maltraite son mary : 

Cest la belle YilUtte; 
PreneZ'la de toute fa^n. 
La faridondaine, la faridondon, 
Elle ne veut point avoir d'amy, biribi, 
A la fa^on de barbari, mon amy. 

Pour la fille de son mary 

Von ne dit pas de mime. 

On eft parla au terns jadis, 

Ce fat mime d, Vextrime, 

Par sa parente Maintenon, 

La faridondainc, la faridondoti. 

Qui nous la renvoya ici, biribi, 

A la fa^on de barbari, mon amy. 



— 3( — 



CHANSON 

SUR L'\in HV BnANSLE. 

Qui mnl mmir du hmu du Urn 

Uhisioire avec la lirande f 
€e mnmUer renipli d'nppaa, 
Voulnnf met t re avec grand fracas 

Certaine dame en branste^ 
hti laquatM iui firtfni en bat 
Damer un aonire-brandc, 

Un prince issu da Manff rotfal 
VanhU mmtr k brunsUi 

he conseilfer franv ei lotfat^ 

Sftns nut respect prntr non rivof, 
Preivnd entrer au br^mte ; 

Mais sur smi do» il paifu mat 
Lei frais de ce baau bransle. 



Voiey, mmmurf du parlemmt, 

Une csphe dc bramlc 
Qui doit vous faire incessammcnt 
Rmgainer voire rompUment, 

Si wiia ahms Ic brnnslf^ : 
Car des Bourboui I'illtislre sang 

Vcut sml enirer au branfie. 



— 35 — 
CHANSON 

SUR L*AIR : our, JE LE DIS. 

^ur le niariage du comte d'i^vreui el de la fille de Croiat. 
Envoy^e ao comte d*Evreux le jour de scs iioces. 

Les tabourets de nos duchesses 
Portent de trh ignobles fesses ; 
Pour 4tre assise maintenant, 
II ne faut qu'amir des riehesses ; 
La roture est au premier rang, 
Et derriire elle est la noblesse, 

D*£vrcux la demidre comtesse 
Du sang de France dtoit princesse, 
Mais d^un nom d'un si haul eclat 
La culbute paroit burlesque. 
Qui va de la fille a Crozat 
Faire une princesse grottsque. 



— 38 — 



CHANSON 

suit U*Atn : JL A DATTO SO^ PLl'lT PniltE, 
OU : J£ sous LE JJIS ET LE Rltt'tTE, 

Pendant que le docie Balu^c^ 
Qui n^tt jamais pas&e pour buse^ 
StfUtiml tfue (u defends d'Acfr^^ 
Et dm promisrs duc$ d'Aqmiainti^ 
Je if s^ippiifi, edaircis'fnoy 
Sur un paint qtd jue mH en peine. 

Ce grand, ce tflQritujs ampatre, 
Cttfnnient fHiurra-i-il ie e&nftvigire^ 
An milieu de tnnt de bfdtmna: (i), 
De i^aceHer8f de ravandeuses, 
De irieuaeft de i^i^ujc chapmnjc, 
Et d^uHc funk d^ out res gneuaes* 



{i) Fatlout, Mciii de SainuGertaia, ooele h la iiio^iA 
dc Bretagne de la princcsi^e,^... La Lrgettirif, m^rc de 
Hiudame CrozsL ct grumrin^re de la piiitceifrse, ^luTt 
ravai»dcus« QQ coin dt; rhosLel dc ScndGclcrre, tjuand 
Lf^endre, son marj, L'^poufia. II cnlfii tiaus lesAfHiir^Sf 
devint furmicr genernl el puringea ics enfans t qui il 
laUs^ tiuit ceiU mille fraacsde bieDs. 11 eui deux gar- 
con» ellroisi filks el doona k fLhaourre Ciriqiiainte miU 
^cus* don I Tunc ^pousa Croiut. 



~ 37 — 
CHANSON 

SUR LES M^MES AIRS QUE CY-DEVANT. 

R^ponse da comle d'Evreux. 

ToUi ie Mdnde pent dire rage; 
Mais tout le'tnond&ne sait pas, 
Pour ttttiifdire d'ta demande. 
Que des Mancinis aux Crozats 
La difference rCest pas grande. 

Que le sang des dues d'Aquitaine 
Coule, si Von veut, dans mes veines, 
II n^est plus que V argent de bon, 
Acfroy, dont on nous fait descendre, 
Doit nos petits dues de Bouillon 
Aux estats qu'a payes Collandre, 

Pour deux mil escus, man beau pkre 
Baiservit mes soeurs et ma mere, 
Fust-il tout couvert de haillons, 
Et quand j*efitre dans sa famille 
II me donne des millions 
Pour me /aire baiscr sa fille. 



— 38 — 



CHANSON 

Sur M. k due 4e VendAme. 

iff i^foif (^ general Vend&ime 
Pitts pTffftre a defmndre Sodumc 
Qti'^ baitra ie fameux Anglais, 
Ce reMiauraicur de la Franca 
^'a du ffrand comi6 de Dnnois 
Que U defaui de fa naumnce^ 



CHANSON 



Sim L Ain nti shatislf^ 



Sui* (iiacl^oifi d^ UoDQ^IerLlf lor^qa^clle ^Loit mat] a me d| 
111 Cti£(»rdi@. 



t'ftniechrUt ntriVi? m ccs limts; 
Pour voun mofdrer U bran^te 
Tel que eeUiff qn'oti dannc aux detix" * 

C*esi h celcsU bramte^. 
€*esl le brafixls dc tdus hs dkn^, 
Ei €'r$t U divifi hmmle. 



— 39 — 

Dans Vautre monde il vous promet 

iiternite de bransle. 
Si chacun a luy se soumet, 
Et fidelle au vceu qu'il a fait 

De bien cherir ce bransle, 
Trois fais par jour il satis fait ; 

Cest Id le divin hransle. 

D*une jeune veuve amoureux, 

Celebre par son bransle^ 
On dit quHl vient combler ses vceux. 
Que, pour elle, il brule de feux, 

Et qu' Amour dans son bransle 
Doit bientdt les unir tous deux, 

Et c^est le divin bransle, 

£lue entre tant de beaute's 
Pour apprendre ce bransle. 

Marquise, a vos talens vantes, 

Cest un choix que vous me'ritez ; 
Car savante en ce bransle, 

Nuit et jour vous le repetez, 
Et c'est le divin bransle, 

Dejd par plus d'un procureur 
II vous montroit ce bransle, 

Quoi qu'en ait ete la douceur, 

Ce netoit qu\m crayon trompeur 
Pres du celeste bransle 

Que vous va montrer Vinventeur 
Et le dicti de cc bransle. 



— 40 — 

Marquise, a la rapidite 

Dont vou» dansez ce bransle, 

C'pst trap peu de Vhutnanitc, 

II faut de la divinite. 
Car irop vive en ce bransle, 

Quels mortels auroieni resiste 
Aux efforts de ce bransle ? 

Quel plaisir, quel honnew pour vous 
De danser un tel bransle ! 

De vous voir danser entre tous, 

Et d'avoir un dieu pour epoux, 
Passe' mattre en ce bransle, 

Et de mettre aux yeux des Jaloux 
Un antechrist en bransle ! 



CHANSON 

SDR L*AIR : OR, DlTES ROUS, MARIE. 

Qui fat jamais ta mere 
Indigne d'Argenson ? 
Ful-ce quelque me'gere 
Cnressee par Pluton, 
Que Bacchus etant ivre, 
Et mal avec I'Amour, 
Voulut, pour le detntire. 
Que tu parusses att jour ? 



- 41 — 

Tu mets dans Vesclavage 
Les filles de VSnus, 
De leurs biens et portages 
Fondes tes revenus. 
Et toy, qui de Cythkre 
Fais un iSodome hfj^rewx. 
On te voit, saris mysthre, 
Bnisler des mimes feux. 



CHANSON 

SUE L*AIR DU BRAMBLE. 

M . de la B«clte, qt]i,ik ee cfOt'ondit, a donn^ au mar- 
lis de Chamillard, en passant k Strasbourg, dont 
est lieutenant da ray, une maitresse qui 6toit au 
tit Broglie. 

La Badie dit au jetme itiglon : 

Si vous aimez le bransle, 
Monseigneur, prenez la Louisim (i) ; 
II n'y faut pa;s iant de fa^on 

Pour ta mener au bransle, 
Cest une elkve de Chonchon, 

Etle excelle a tons brarisles. 



La Loison 



— 42 — 

CHANSON 
soR l'air do branslb. 

Sur les Augustins ddchaass^s, dits les Petits Peres de la 
place des Victoires> k Paris. 

Melinite du grand Augustin, 

Tu le siiis dans son bransle, 
Mais son cfiangement tout divin 
Bannit ce qu'il avoit d*humain 

Et re forma ce bransle; 
Toy qui n'es que son arlequin, 

Tu gardes Vancien bransle, 

Les moines sortoient du couvent 

Pour se donner le bransle, 
Mais Varchevesque vigilant 
Leur dit : Allez, mauvaises gens, 

Au bois purger ce bransle, 
Vun repondit insolemmCnt : 

Les feuiUes, tout y bransle, 

Augustin, Philippe (i) et Leon (t) 
Sont du nocturne bransle. 



(1) Philippe le Fevre, de Paris, fits d*un marcliand 
fayencier...., demeare k Paris. 

(2) Pierre Croisy, de Paris, fils d'an marcband exil^ k 
Aries. 



— 45 — 

Recitent au cceur de Manon 
De matines les neuf legont ; 

11$ entonnent le bransle; 
Les versets finis. Us s^en vont 

Mortifies du bransle. 

A Daphne' fuyant ApoUon 

Ne put donnet* le bransle; 
Par plus grande precaution, 
Dominique enferme Manon (i). 

La renverse et la bransle ; 
Hercule, dans sa passion, 

Eust ernne ce bransle, 

Amable dit, en bon auteur (i), 

Qu^il fait vivre du bransle; 
Que s^il etoit inquisiteur, 
II pardoniveroit de bon cceur 

Aux moines qui se brdnslent, 
Quand Us ne trouvent pas ailleurs 

Gratis lejeu du bransle. 

Le pere Ange (3), plus qu'un humain, 
A la force du bransle, 

(I) Procurcur g^n^ral Antoine Versoris, d'Aix, en 
roveoce, exlU k Barnam, poar six mois, puis est 
;venu. 

(^ Nomm^ Bosleduc, fils d'an apolhicaire de Paris, 
dl^ k Glairefontaine, en Beaace. 
(3) Francis Raffart, fils d'an pourvoycur du roy ou 
e la reyne, exile h Perpignan. 



— 44 — 

Trois fois le ioir et le matin 
II baise Angill^e tt CaHn 

Sans se leuHsr du trample ; 
II fait, par effort de iH rehu, 

Que le del du lit bransle. 

Les rigidef, dans lews sermons. 
Us de/fendoient le bransfe, 

Actifs dans leurs confessions, 

Vifs atix interrogations. 
Its profitoient du bransle, 

Ces boucs, en leurs directions^ 
N*ont pour but que le bransle, 

Un des illustres confesseurs 
A commence' le bransle, 

Eushbe [i), son imitateur, 

Disoit quHl n'est rien de meiUeur 
Aux humains que ce brcnvsle, 

Et que la nuisible chaieur 
S'eteignoit par le bransle, 

Pere Irdnee et CheruMn 

Raffinent sur le bransle, 
Se moquant du grand dieu Jupin 
Qui donna de for le plus fin, 
Quand ils dansent le bransle. 



(I) I.ouls Cliardonnei, (lis d'un hommc d^ufiaires < 
recevoit les rentes, exil6 h Aix. 



— 4:5 - 

Aux plus ruses ^t plus maUnx, 
Recoivent for et transient, 

Ph'es qui n*Stes que te'moins 

Du detestable bransle, 
Kayez plus jamais cTautres soins 
Que I'esprit dont vous ites oints, 

lis condamnent le bransle. 
La peine ne sent pas de loin 

f4*inexcm^l0 brcmsle. 

Suivez de voire fondateur. 
Novices, le vray bransle ^ 

Aimez la chretienne candeur, 

PTembarrassez point vofre cfsur 
D^un impudique bransle; 

Un moine doit avoir horreur 
Du nom mSme de bransle. 



CHANSON 

SCR L*AIR : void LE JOUR SOLENNEL DE NOEL. 

istoire instructive et diverlissai^le, arriveeen presence 
de l^moins, k Tauteur de la Com^die italienMC. 

Estre un effronte menteur 

Imposteur, 
Soit en prose, soit en rimes, 
Cest le portrait de Renard ; 

Grand paillard 
Est le moindre de ses crimes. 



— 46 — 

Le prince de \ainy 

Nous a dit, 
Je le crois siir ta parole, 
Qu*d Rome il fut maltrait-e, 

Moleste 
Et chasse du Capitole, 

Ce ne fut pas sans raison, 

Dans le fond, 
Ses fails I'ont trop fait paroitre ; 
II faut jouer de malheur, 

Notre auteur, 
Bientdt vous VaUez connoitre, 

S*enrichir en peu de terns 

Aitx depens 
De mille pauvres victimes, 
C'est d*un corsaire la lot 

Et Vemploi, 
Et de Renard les maximes. 

Ne soyez done pas surpris 

A Paris, 
De lui voir un beau carrosse; 
Sans I'adresse de sa main, 

Le vilain 
Auroit d peine une rosse. 

11 tient ecole a Grillon, 

La maison 
Du plus fin libertinage; 



— 47 — 

Le$ filles et Us gargons. 

Sans fagon, 
Yvendent leur puculage. 

Je vats finir son portrait 

Par un trait 
Q^i eouronne son hisfoire; 
11 mMte d*estre mis 

En derit 
Dans le temple de mdmoire. 

11 jouait avec trots de's 

Bien comptez 
Vn bureau d'tin prix extreme, 
Mais, par malheur, son comet, 

Peu discrete 
Accoucha d*un quatridme. 

Sans ton pretendu vin bu. 

Ton bas chut. 
Suite de (a midisance; 
J'aurois laisse ton comet 

En secret 
Accoucher dans le silence. 

Prions tous en sa faveur 

Le Sauveur: 
Que sa main toute-puissanle, 
Corrige de ce pecheur 

Et le coBur 
Et la langue medisante. 



- 48 — 
CHANSON 

SUR L*AIR : A LA FAgON DE BARBARI. 

D'Argenson, tes spins vi^Uans 
Ont banni la tendrene ; 
Les dames n'ont point de galans, 

Les maris de nuiUresses, 
Par ta sage precaution. 
La faridondaine, la faridondon. 
La femme le prati^y^ aussi, bif^ 
A la fagon de barbari, mon ami. 



NoTA. Celte chanson a 6%6 faile h Toeeasion d^ooe 
panic carr^eqoe le marqais de Rotelio fit chez lay avee 
madame d'Argensoni qiad^pq de Bois^-CfiQmarlin et 
un desesamis. Deux des amis do marquis de Rotelln, 
comme ils sepr^paroient k jouer, arrivireot ayee intea- 
tion de diner avec lui. 

Les dames se cachdrent dans un cabinet et le marqais, 
pour se d^faire de ses survenans, feignit une coliqne 
violente. lis s'en allirent et trouv^rent par hasard 
Boissy, k qui ils direnl quails avoient laiss^ le marqais 
de Roteiin fort roal. Boissy, qui est un de ses amis^ part 
de la main k merveille pour le voir : le Suisse le refase : 
Oh ! dil-il, ce n*est pas pour moi que la porte est d^fen- 
due, et il cntra.. 

II trouva la porte de Tantichambre fermte et aprte 
avoir frapp^i comme on ne r^ponJoit pas, il regarda 
par le trou de la serrure, et vit sa femme k table en 
partie carrde : il ressortit bien vile et n^en youlut pas 
davantage ; mais il raconta Taventure et Ton s^st con» 
tent6 de chanter madame d'Argenson. 



— 49 — 

CHANSON 

SOR L'AIR : CREUSONS TOUS LE TOMBEAU. 
1708. 

L'evesque de Strtuhourg (i) 
Est grafid-ftSire d Citkhre / 
Les mystires d'amour 
Composent son bremaire (i), 
Et Y4nuB chaque jow 
Exauce $a priere. 

L'wesqtte de Strasbourg 
N'est occupe qu'd plaire; 
Le service d'amour 
Fait son unique affaire, 
Ka-t-il point ci la cour 
Besoin d'un grand vicaire (3) ? 



De Rohan, dvesque de Strasbourg, aim^ des dames , 
font sa principale occapation. 

II ne passe pas pour avoir beaucoup d'esprit. 
Aojoord*hai Poo cboisit principalement des grands 
res pour les faire (^vesqufs. 



T. III. 



— 50 — 

CHANSON 

1708. 

Du papier pour ducats, 
Un bigot pour Turenne (i), 
Vne catin pour reine (t) : 
Adieu tous nos itats, 
Ne m'entendez-vouspasf 

CHANSON 

SUR l'air de joconde. 

Sur le mariage de Monaslerol avec maclame de 
Gilardie. 

1708. 

Montpeiroux, bouffant de courroux, 

Dit a la Citardie (s) : 
Je quitte vos maigres genoux, 

Et pour toute ma vie, 
L' hymen bientdt me vengera 

D'une dme si frivole. 
Car voire epoux vous donnera 

La Ibpre et la ve'role, 

(1) Bourgogne. 

(2) Maintenon. 
(^ Trolin. 



— 5i 



CHANSON. 

PAR AlfTOINE HAMILTON. 
1708. 

InsoletUe satire, 

' Piquante chanson, 
Cessez de medire, 
Prenez d'autres tons, 
Au bord du Permesse, 
Chantez la de'esse 
Que nous celebrons ; 

Sa pudeur sert d'exemple 
A la chastete : 
Son corps est le temple 
De la proprete, 

Et la sincerite 

Dans son cosur se retire ; 
Mais de sa heaute 
Pour chanter Vempire, 
11 faudroit la lyre 
Du sgavant abbe{i). 



(1) L'abW (lePronlidre. 

NoTA. detle chanson parott corrcspondre^la suivanle. 



— 52 — 

CHAMSOM 

R^POMSB A LA WHtOtorMTO, 

Favoris du Pamasfe, 
Courtin, Perigny, 
Pritez-nous, de grdce, 
Votre art infiny 
Pour tracer Vhistoire, 
Pour chanter la gloire 
De la Coligny. 

£talez en parade 
Parmi ses attraits, 
€eux dont la Feuillade 
A fait les portraits, 

Des amours le palais 

Chez elle est une ornikre, 
Au bord Wun marais. 
En porte cochere, 
Devant et derridre 
On y trouve acces. 



— 55 — 

CHANSON 

6UR l'AIR : AIMABLC VAINQUEUR. 
1708. . 

Princesse du terns 
Te regne$ longtems; 
Scarrofi, dont Vadresse 

Te fit maitresse 
Be petits et grands, 

Et dont Vhistoire 
Ne se pourra croire 
Chez no8 descendans, 
Du^grand roy Louis, 
Les peuples d'Europe, 
Sans toi, Penelope, 
Seroient eblouis, 

Comme jadis. 
Habile d Paris 
Et quitte Versailles 
Et m&me NoaiUes 
Et tes favoris; 

Retire-toy, 
Ta vieille me'daille 
Ternit ce grand Roy, 



u — 



CHAKSON 



SUR L AIR DU SflAMSLE SE ll&TX. 



Savoir quel est le bransle 
Que I' on danse tant a Marly 
Enprisenee du Grand Loui$? 

Et c*est ce maudit branale 
Qui cause tout notre de'pU 

Ei qui fait que ioui (mantle. 

Touies leg dankes de In cour 
On I la ratp du brmusl&; 

On Its voit, dans ce beau s^oui\ 

Atieniives et nuil et JQUr 

A ifien rt*pdfer f& ftntnsh^ 

Mais plus de vi^ueur qtw <l'a»itOiir 
LcuT fait ainwr is l^nnik\ 

Celte qui preside en ccs Ikii^ 
E$t fftiie pour ie bransle. 
On te connaiAl dmis ses beaux tfcui 
Qui, menic m prvsetic^ df>s dieuj;, 



— S5 — 

Nous invitent au bransle, 
Ditant d'un air tres-gracieux : 
Ah ! que faime le bransle ! 

II rCest pas jusqu'd la Mailly 
Qui se mile du bransle^ 

Un des bons maitres elle a choisi. 

Car on dit qu'elle a pris Roussy; 
II est fort pour le bransle : 

fl faut Vitre beaucoup aussi 

Pour danser un tel bransle. 

Avec un air insinuatU 

La d'Estrees vient au bransle, 
Disant : Je voudrois un amant, 
MoH mart n*a point de talent, 

II ne sait point le bransle ; 
Mais un prelat jeune et channant 

Me fait danser le bransle, 

Affectant un air serieux 

Quand oti parle du bransle. 

La Valliere, d^un air dednigneux, 

bit : Cest un heros que je veux 
Pour me mener au bransle'; 

Et quoique Conty soil gouttcux, 
II me montre le bransle. 

En vraie fillc de gamison 

Et qui connoist le bransh. 



— 5G — 

Durat agate let gtit^om 
£i (^ur propose sans facon 

De (Hire ttn itmr de brantk ; I 
Ei le ml Canif, ce dit-on, 

A 4'elh prig k bransle, 

Hmitlgntur le due de Betty 

Voudrait damet h brunste. 
De mn amour Ic Mmnunu tti, 

it est fail pout Ic bt'unsle ; 
Que fie puis -j II done atec lui 
Toujour s dattser h bramle 1 

Guicfie aH$si voudroit au Moineau\ 
MoTitrer nn (our de h*ansle, 

Mais sa ftmmCf ?f? baton hftt*t^ 

Vite vans Vemviene u Pitietttt^ 
Pour deranger son branste. 

C*exi l^ que le pauvte nigaud 
Danae un fort triste hransle. 



D'O, mr h foi dm muvenirs^ 
Be ptesetite li ce bretnUe^ 

EUe a ve quHl fani de de*siti^ 

Ei vie'nagfirc de sou pits ^ 

Croii en(rt;r dans la hrnmtt. 

M(ti$ it ftmi offrir des plamts 
Ou renmicer au bransk. 



— 57 — 

Ofi voit deuu un coin Marion ' 
Qui Dient juger du bransle ; 

Cest un bon juge, ce dit-on, 

Et qui peut donner des lemons 
En motive de bransle. 

Elle eti tait de toute fa^on^ 

Et e'est pourquoi tout bransle. 

La divinite de ces lieux 

L'est aussi du bon bransle. 

Jamais princesse ne sut mieux 

Employer le feu de ses yeux 
Pour mettre tout en bransle 

Et pour faire aux moins vigoureux 
Reeommencer le bransle, 

Degoustee de ce pauvre saint 
Qtii lui montra le bransle, 

A Nangis elle tend la main, 

Mais il est trop faible des reins 
Pour ripeter le bransle ; 

Croit'-elle trouver Coetquen 

Plus propre a son bransle ? 

La premiere de toute fa^n 

A du goust pour le bransle ; 

Ne pouvant joindre les garcons. 

La d'Estre'es en fait les fonctions, 
He'las ! le triste bransle ! 

Quand est-ce done que nous aurons 
Quelque part a ce bransle ? 

T. 111. 3. 



— 58 — 

MonsHgncur te thw de Btn'rif 

Y&udmit dunter te Itrmish ; 

Mms I'on enmit foin d'ici 

Cede (jii'it a vmtfu choi^ir 

Pfiurdatmr ccjoU hramh, 

A vo$ beMoins it faut choisir 

Bts gar^ons pour U bransle. 

Belle ei ckarmanie Montha^Qti, 
Qui aimez tant ie branste^ 

Ba Rohan est-il done si bon t 

Car il P«f Iff 9tuh ^<? dit-on. 
Qui vmts fane le hfamle, 

Ymta en auriez tin mUti&n, 

Et c*fit te bmu du hrantle^ 



D'Harcourtf chtingoz tous vos mnum 
Pour le grand jni du ht*ansle; 

Un bon vaut bcatteoup Ttitmax! que cent, 

Ei €c rfest pas les courlisans 
Qui entondcnt le tratialt ,- 

II s>n prt3CHt£ un plus constant 
Qui ^ous far a le br angle, 

D*Albret mtasi^ qui, dira-l-on^ 
Qui votts ffisse le hransle, 

De Vim a rmUre, cc dh-on. 

On tous volt passer sans fagon ,- 
QuH intefTompu branste * 

Quand en trotwtret-VGUS un bon 
Qui foumUse a ce brausle ? 



— 59 — 

De Gesvres, qui quittez la cour 

Pour mieux danser le bransle. 

Milord Colifichet, si court, 

Peut'il fovmir a vos amours ? 
Helas ! quel petit bransle. 

Pour meriter que vos atours 

Soienl vendus pour sl)n bratisle ! 

Verrue qui vous mesalliez 

A la danse du bransle, 
Quoi done ! nous vous voyons passer 
Du souverain au roturiei\ 

Ah ! quel ignoble bransle I 
Yous auriez mieux qu'un teinlurier 

Pour vous faire le bransle, 

Senac, vous qui goustez si bien 
Les douceurs de ce bransle, 

Tous les jours chez vous, sans temoins, 

Un amant qui vous aime biefi 
Vous fait danser le bransle ; 

La bonne chere et le festin 
Sont Vorgane du bransle. 

La Castelnau, qui aime tant 
Que les autrcs la bransle, 

Obtient toujours que ses amans 

N'entreront qn'en se roiirant 
Avant la fin du bransle; 

Ce^ sont ses plaisirs innocens 
Et sa danse du bransle. 



— GO — 






Unejeune vtuve en cm Heum 

Vttmi dt rcmmet pour ttn brmuh 

D'un nir totichartt ei precieu:£i : 

Je danxois, dii-tlie, deg mieux, 
Ji m^ntrcti k branslfi ; 

U »uff%t d'un If at/ dc me* yeit^ 
Ponr meiire tmd en transit ^ | 

Listeno^ par lout tia qu*un cri 
Pour npprejulre le brajixle ; 

Ma swjir Va eu siUU appriM j 

Pourqtmi ne vmil-on pm aum 

Me monfrcr ce doux br'tMiste ?J 

Taut que fy ttie reussi, 
f est ndier at le branslfi. 

An paltiis votilanf: fatrc affrnni^ 
La d'Eif trees vumi au brauslc. 

Quatre fms nt wiff mtffiront M 

Pour ussvuvir nw pasmm ; ■ 

I! fa Hi tmtjottrs qnon branste, 

On jV? tncn irai th(*£ Ftlhn 

Pour 771 f aaahr du bratisle, 

Le fnuirn^au^ dun (on ^rttcwnm, 
Refu&e a tous le bmnsle ; 

A la vfitit' le»jtiUHcs H vicux^ 

Dtmfnt t^tt'il n'appartimt qu^aitr. di 
De It'xr.Utr an transle^ 

Ei quiin rvHonreroit atiz cicio? 
Pour tct tnndmrt an brtmsU* 



— 61 — 

La Lauzuh, malgrS sim mari, 
Dan»0 ioUijeht le brantle 

Avec Biron, ton favori. 

Pour se eonsoler tTun Marly 
Elle fait qu^on le br€msle 

Et tour a tour avec Cany 
Redatitee le bon bramle. 

Avec un air imperieusn 

La Lorge vient an bramle, 
Elle cfierche dans toiis les yewc 
Celuy qu^elle eroit danter mieu^ ; 

Elle aime fort le bransle; 
Le t&ms.lui devient precicux. 

Car Inent^t plus de bransle, 

Gamiecourt se ttwivi idy 

Pour esfre aussi du bransle; 

Le chevalier Montmorency, 

Et bien peu s'en faut son mari 
Lui faH danser le bransle, 

II lui en couste Cher aussi 

Pour lui fairs le bransle. 

La Saint-Sulpice, a ce qu'on dit, 
Aime it faire plus d'vn bransle, 

Et I'ordinaire de son mari 

ttant pour elle trop petit, 

Elle choisit pour le bransle 

U71 chevalier des plus kardis 
A la danse du bransle. 



- m — 

La €ur$i a bon uir auni 
A la dansa du tranaie. 

Pour aoittenier soft appetii 

Vne douzaine die a cfiohiit 

Qui lui mofitrent le brangit^ - 

€e n*ui, tna fui^ pm irttp de mx 
Quand on aime Ic bratt$le^ 

Lm Curxet Veiprti penctrcaU, 
La grdce »mu parmlte, 

MSrituit an nioms le gatant 

Que ses yGUJs trouvent $i ekarmani 
Cmtple rare et fideU^ 

Le seal De& Cartes auptiravanS 
itioit plus di^ne d*elh* 

Dfvtnsx par qui Bois- Landry 
Se, fnii conduire au bransle. 

Ccst $ans doute par ChcvUt^. 

fU sont tons deux bien assort tt. 
Car elle aime le bransle. 

El sait tout atusi bicn que lui 
Lej figures du bransle^ 

Le Biabte boitetix e$t icg 

Poiir critiqucr ie branste ,■ 

Soits la forme de la Dufuy 

II a chanaonnc (out Paris 

Et fnii que touf y brnnste ; 

Mais, ma foi, si e'est avcc lui, 
Ce$l un fort vitmn bramh. 



63 — 



RfiPONSE 

Des dames de la codr k la chanson prdcrdentc , 
sar le m^me air. 

Et V0U8, mesdames de Paris, 

. Votts entrerez en bransle ; 
Vous avez un merite acquis, 
Et les talens les plus exquis 

Pour briller dans le bransle, 
Venez, chers supports de Cypris, 

Embellir notre bransle, 

Vous ne devez point de Beaumont 

Redouter Vaventure, 
Et Beauvilliers et Maintenon 
Vmis meprisent trop, ce dit-on. 

Pour craindre leur censure, 
Et pour le cocu d^Argenson, 

Sa femme vous rassure, 

Du^IHeu de la Lubricite 

,Entrez en foule au temple, 
' Priape, par vous visite', 

De ses fruits a voire beaute 
Offre une moisson ample; 

Les duchesses de qualite 

Vous en montrcnt Vexemple, 



— 64 — 

Ctisteinati, d^jit mmrt d'antf 
Be V^nut la prSirea^^ 

Qui, dh fonptns ttndre pritdmK 

MU en 0!uvr€ tou$ mm talent 
[four dresser hi jeune«sc, 

Inslrtiira vous H vos en fans 
A servir ia tfma*. 

Dt*s Ta^mmiti e( des Crouis 
Lu3;cmbourfj degoustca 

A (out ftomm0 donnant dit out; 

Etle ri « p^s4pi*aitjourd*hui 
^ulh off re rtbuiie, 

Ei Guimi me me y esi outf 

Qntmd lo mnime csi compUe. 

Cerfaine Smimatte a presertf, 

Avecclk entreid sur ks rauijA, 
ExBr€& aux yeux da jcj gdlmis, 

San infdmG pratique ^ 
Ei prMead, u force d'arycnl, 

Leur faire a iom la rttque* 

Confui^e et dc phm d'un mnmii . 

D'Atbrei abandonn^e, 
Se plaint a ttius amerement, 
Jai\ ditdl^^ un corps si charmtintt 

Faut-U qu'une pnupec 
Qui n'rt pltis ni tailte ni dent 

Soil ainsi prdfiirfe f 



— 63 — 

Colt fid ft^fi M tdui eHpleurs : 
Md duekeite est foquette ; 

Chert amU, plai^z mUs tnalheurs, 

Barofi d pdtt dt »6i fttveuti, 
Petuvfe iot que vous ites, 

Elle iHftteihieUieles boni OctHUfs 
Que dee mafioftnettes. 

La VUltfranthe a dematidS : 

Puis^je entref dam ce bransle ? 

Quci^H^ iHiz indte fti*ait montre', 

A d^autres it en d bien coHstd 

Pouf^ fn'apptendre le bfansle ; 

A Paris je V<a Hp4td 

Bien souvent, ce bon bramle, 

Aptis eet illustre portrait, 
Peint d'une thain si chire. 

La Fertd d*audun nouveau trait 

Tu ne dois plus eraindre Veffet; 
Donne-toi done carrikre; 

Bientdt dans tout ce qu'elle a fait 
Tu passeras ta mere. 

Pleneuf, de ses egaremens 

De'sormais revenue, 
icarte une fbule d'amans, 
Et des restes de son printems, 

Avare devenue, 
Mors a son prince seulement 

Reste a tons inconnue. 



— 66 — 

P&uvre ConreoUt, tu w done 
C&cu didam la fQrmiftf 

Pour ttn Aussijoli gurcon, 

H te fnanqtiaii ceite facoa ; 
Ta joie iera san^ bornes , 

Let princes plus ftm aim^ont. 
Car Us aimcni hs corn^* 

La Ravo^e se croitt ciu Marest, 

Dot bmutis la deeMe. 

Avt€ un jargon fait tixprit^ 
Bfiurgt'oise ei sotte par cj^ch, 

EUe redit suns ces$e 
A son tmnuyeu^ du paJais : 

Admire (a primesse .' 

Trop maigre et trop see he heautc, 
Void la tofus des larmes; 

Ton squeleite noir et brtih*, 

Favier nous a ioua degomitfi 

Tu vols tes faihles chui*m€S 

MSme d ton hrat^e la Ferie 
Faire baisser lesarmes, 

Aprhs otM)t> longiems danse, 
Dubreuilg appesanliet 

JofUt en paijr da doi/enne 

A ses servites aceordt, 

EUg en fait chere tw 

Ki pretend Mr a m eit 
Be son rhume guerie. 



— 67 — 

Ua dfO, cf lift grand air de meprU, 
Bit : Quel est done ee bransle ? 

Est-il si nfisrveilleux au prix 

De ceiui qu^en Turquie j'apprisf 
Diable, c'etoit un bransle ! 

J^ai parcouru bien du pays : 
11 n'est pas de tel bransle, 

A Vetang Von voit Chamillard 

Danser un triste bransle ; 
Ses parens Vont mis d Vecart, 
Et font un petit pot a part 

Pour son cerveau qui bransle; 
Le noble sang de Mortemart 

Ne vit pas de ee bransle, 

Paroist aussi la Beaumanoir 

Qui meprise le bransle ; 
Elle dit, remplie d'espoir : 
Villeroy, allons dans mon miroir. 

Nous y ferons ensemble, 
^ns y blesser notre devoir, 

Mieux qu'eux tous le bon bransle. 

De Languedoc Roquelaure (i) y va. 

Pour repeter le bransle, 
Lorgnant le roy on la trouva, 

I) U duchesse, autrefois mademoiselle de Laval, 
Itresse da roy el depuis de bien d'autres. 



— m ^ 

Pm^ mmm9 I9 reine mu hal. 
Qui Itti dit, rtj mtf sembie 

Que ne Muig'jt d^m a Laiml? 
J« vous prints au branslc^ 

Dam un eotn paroiH Mamienon, 
Qui veiU jugvr du bransie ; 

Cat wi bo7t ptaitrc, c^ dit'on^ 

Et gui peui danner des ie^&ni 
En matiere de bfansle ; 

ElUi en mil de toutes fucons, 

Et c*isi pourquoi imtt htanste^ | 

Lm ducheise de la Fertt* 

A^'enfre plus dauK le hranste^ 
Car chavun en est t'ebuit; 
A force d'cn avoir tasic\ 

Le if one du corp§ lui bransh, 
Sa fitle (1) m a biim profits, 

Ce«t la pluM forte en bramte. 

Saint-Qucntin, vos failles appas 
Enc kan ten t Sti in t'Hi la ire ; 

On le dit, jc na le crois pas. 

L'inierM seat conduit set paSf 
Votut ne danser&z fjuvrt, 

Cffr te bramte nc lui piaist pas, 
Oii rcgne ta miiert;. 



i 1 } USt rq 1 1 he < k I a €:if Ic . 



.:r — w - 

Chez les fillea de VOpera 

On danse un joli brantle; 

Dis le matin qua»d on y va. 

Ah ! bonjofir, monsieur, voiis voild ' 
VetieZ'VOUS pour le hransle ? 

Si wms payez. Von dansera : 

Point d^&rgeni, point de hransle. 



CHANSON 

SUR L*A1R : DE CATEAU LA BELLE. 
1708. 

II vous faudroit, comme a dame Anne, 

Avoir un conseil masculin, 

Vous ne feriez que des pas d'asne 

Avec un conseil feminin ; 

Les hommes sont fails pour se battrc 

Et les femmes pour nous esbattre. 



— TO — 

CHANSON 

i708. 

On dit qu£ c'eMi ia Maintcnon 

Qui remorse le tr6ne, 
FA que cettc vigils guenon 

iVoti^ reduit a t^aumdne* 
Loim ie Grand smttient que non^ 
La faridmidainet td faridondon^ 
Et qm ioui se regie par Iuk hiriM^ 
A in fapn de barbari, mon ami. 



CHANSON 

sun L'Am4 FQlffL BtRtH tlEVtK CES EMPA.'IT 

♦708. 

Un sodoviite remtuvic 

Vient d'elrc mh a Sainl-Utsare f 

S'il est nifiu def ermine 

Ih dctriiirc ce peuplc hftrhartt 

ii\ifgenson, qui v'tmbli^^ rien^ 

Ouhlieret'VOfiS lahhr S&ri^tent f 



— 71 — 

CHANSON 

4709. 

Nostre prince Magot (i), 

Trop timide et cagot 

Avec son Martinot (f). 

Sera toujours un sot. 

Mais notre grand blondin (s), 

Valeureux et mutin, 

Avec ses libertins 

Ira toujours son train. 



CHANSON 

1709. 

jiwe Jean Francois de Vendosme, 
Sodome, de Vendosme, 

Ne sors jamais d'Anet, 
guerre ton cas n'csl pas net, 

Vendosme de Sodome, 
guerre ton cas n'est pas net. 



z deJSourgogiie. 

c. 

I de Veii'l6me . 



^ 72 — 

CHAKSON 

SCR L*Am : N£ a'^:;T£^NDE£-*VOUS I 

Th^vcniirJ ^ dinnlcur tie rop<Jra, csl appe 
coiiiU? d'Hostcio-Ploen. ^ Ln ilucWsse 
reprochoil ik son J>is, [e chcvdlicrt iiu'il ai^ 

PI060, pour Iqi 4eguUer le adCD de Tliivi 
!709. 

/)w €o??f fc d*Ho9iein Piom 
Faut ttms chant Br ia ffioin 
On k t>oU soitvaU fry ire 
Avec Lorgu (ij H BoidUot^ 
Le comtB d'Hostein PloEu. 

Depuis six uns Bntiert, 
Lafayette (i) I' adore. 
Pay ant sa tmis; noiwrv 
Cinq cenls francs par qtti 
Depuis sigc ant; ph tiers, 

^iafii a rOpdra, 

Sq filht la prifwtfue (j). 



(t) Leduc lie Lor|e. 

(3) Aladcmokdlc *le ManlJiic, remind 

m La princess? dt TarenLe , l)eMe-fill« 
THmouillp, 



— 75 — 

Demande avec tendresse : 
Est'Ce done ce Dieu-ld 
Qu*on voit a VOpera T 

Un jour, a VOpera, 
Sa fille la princesse 
Lui dit avec tendresse : 
Quel est done ce Dieu-ld 
Quon voil a VOpera ? 

Au covnte d'Hostein-Ploen 
Luxembourg (i) jeune et belle 
Sera toujours fidele, 
Malgre notre legon 
Au comte d'Hostein-Ploen, 

L'aimable Montmagny 
Va disant par la ville 
Qu*il aime la Vieuville 
Et quHl en est cheri, 
L'aimable Montmagny, 

Ferraud le bel esprit, 
Mais un fort vilain drille, 
Cliez la du Monlal brille 
Par ses mauvais e'crits, 
Ferraud le bel esprit, 

Du Mas d ban marche 
S'est fait une maistresse, 

t*i Gilliersde Clairambaull, duchessc de Luxembourg. 
T. III. ^ 



— 7i — 

La Fomsin Hi tigreue ^ 
l^egnauK eft est /ii^cAe, 

II eat, ma foi^ irompi, 

lVAli$re a hien chmii : 

Chetilly esl aimaMe^ 
Ott le dit redout nhh, 
A fn guerre ei au Uh 

D'Aligre a fclen cholsi. 

Si pour de la Ferte{\) 
Oh revicnt d'Angleierre, 
Que ne ptmi-on pm fmrt 
Pour une auire beauid [t] f 
11 tCm faut plm parlit. 

Belle ct jennc Curse (s)^ 
Que tout ie nwnde admire, 
Si volte cmur soupire, 
Cesi pour iin ^nancicr (i), 
UcUe L'i jcittw Curse', 

Curse, de vq& aliraits 
Soyc^ moins prei^enue i 
Quand mi vous a conuue. 
On a regret au^ frais 
Que pour vous on a fmts* 



(1) La Carte. 

(^) Le inarquU dc Lionnc. 
(3) Femme du frSre de maditme de Flcneuf . tij 
dctt% vcfhQmmHs pulpitis. 

(|| HtfguerreT lianquler suiifie. 



— 75 — 

Curse, qui Va hien grand, 
A pr%8, pour cette affaire^ 
Rangosny par derriert^ 
Et Thury par devant. 
Curse qui Va bien grand, 

J'ai trouve la d'Alluy, 
Peusant par dans la ville. 
Appelant Merinville, 
Pour son demi-louis, 
J'ai trouve la d'Alluy, 

Seulenient pour Verton 
La doyenne soupire (i), 
Mais il n'en fait que rire; 
Une autre a le renom {%) 
D'occuper le tutignon. 

Parlons dubeau Chariot (i), 
' Que la Pleneuf adore, 
Mais Hie adresse encore 
Des vamx au roy Jacot (a), 
Mazarin (s) est son lot. 



... des Ghiens, dite madame du Breuil, ni^ce 
r, des vivres. , 

lame de Pleneuf. 
prince Charles de Lorraine , fils de M d'Ar- 

jeune roy d'Angleterre. 
doc Mazarin. 



— 16 — 

Muaif, pour le certain ^ 
Pour una jtauvt'c Lariw*, 

Bi vti fHitvtir de faim, 
Muxtif, pour h certain* 

Faute d'nn ineitleuf choi£, 

SalUtUrff (4) M'apprtte 

A [aire ta conqutUe 

lyun fih dvmint Francois, 

Pour fAir« uu m^lteur r/i oio?. 

hre camme un cocher, 
Lfi Bntyere t'a sn plaire; 
II nVn fail pas mijsiere, 
Tes ^eaux yeuj: I'ont touch e^ 
lure emtime un covher^ 

Ah I quH tempcranimt 
A Hffhan la pri7iceiiie ! 
It faut a son ixUesse 
t*our le moins douse amam. 
Ah! qud tf^mpvrument ! 

Vahbe (t) itant o&tfenf, 
lyBUradcs la comte$&e 
A pris nvt^c adrcsse 
Beautieu {^) pottr son amuntt 
L*ahb0 i'iant absent. 

{\) N».». d'ArJjon ile Belon , fcnirae du prdsiilmil 
t^mptes, ryHltvsint i^oiiintls di: 11. de t^untcliat'liiin* 
{2} L'ttbbe de G ravel I e. 
{3} LieiileOj:inl mix gardes. 



— 77 — 

A dHqnante ans p(tties 
La Breteuil, jadis fiire, 
S'eit avUe' de faire 
Un amant bien troussd (i), 
A cinquante ans passes. 

Pour foumir d, son jeu. 
La Porte (t) a pris Sans peine 
L'aimabh Sainte-Eugkne (s), 
Quoiqu'il lui passe peu. 
Pour foumir a son jeu, 

L'ennuyeuse Bregys (i) 
Met ma muse en tristesse, 
EUe est basse de f esses, 
iloignonS'la d'ici, 
Vennuyeuse Bregys. 

Feuquieres (5) croit aujourd'hui 
Pouvoir briller encore, 
Silvecane (s) I'adore ; 
Mais CO n^est qu*un commis, 
A Mignar assorti. 



(fl) M.deBercy. 

(3) Maistre d'hdtel du roy. 

(3) Sceor de madame de Gourance 

(4) FUle de Mignar. 

(5) President de la Monnaie. 

(6) .. .. De M. de Ponlcharlrain. 



— 78 — 

B*Eihimfpaur Valence (*) 
Devicfit aynant fideU^ 
tl quitte tovt pour plht 
it est eruortet^^ 
La vUaine Circe! 

Vous ave^ dr P^tris 
Rssrti/c la jeune^$e^ I 

Gaiatc'e {*} en deeue; 
VmtK donne^ done U pri^ 
A Valence anjourd*huif 

l^lviiez le fracttti 
Qui mit le rang mprhne (i), 
Vc fi'cst pas la qu'on aime; 
Vous vom trompes, Duros {*), 
Vmit na Ventendezpas, 

Stihit-Ahreet Hnrhefwt (»), 
Touii's deux fnatjiutrelleSf 
Jmieni Uur nUe a mcrveille ; 
Pour Mades des Fori* (b), 
Samt-Ahre H Roc fie fort {;), 

(t) N...* Raimond, OUc du maUollei', mar 

(2} La m^arqtiifie de FtumJinvnic. 
(^) Le comte ilc Toalausi:. 

(4) Dc Bournonville. 

(5) .... DcDK granders fllLes« 

(6) Elkaime Pezeux; on ta troura couehie a« 
Languedoc. 

(7) On $><^t trnmp^ icy, on a mis Roehefort 
N». .. BfuaTari, fille du mar<|uts de Pujjieui ^ fq 



— 79 — 

lis vivent en leur maison 
Comme on vit au bordel; 
lis ont pris pmir module, 
Celle de la FilUm, 
Pour vivre en leur maison. 

Pour la centieme fois. 
La Mussy (i) peu cruelle 
Quitte un prince fidele, 
Et fait un autre choix 
Pour la centieme fois. 

Pour la premiere fois 
Qu* Albert lorgna la belle, 
Elle prit sa chandelle, 
Ses gants hors de ses doigts, 
A la premiere fois, 

A ce mot de cent fois. 
La belle fut tentee ; 
Elle fut attrapee 
Quandf a la fin du mois, 
Le nombre fut de trois, 

A la troisidme fois 
QuHl grimpa la pucelle, 

(1) Mossy femme d'un conseiller de Dijon , dont 

*' |< doe ^toit amoureox aux Etats de Bourgogne. Elle 
▼oit cq (jes engagemens d^amiti6 avec Stanhope et le 
*•" h Mas, conseiller. Elle pril alors le comte d'AlberL 
'''^ cstmorte depuis en Espagne , fort p^nitente, dans 
"^^ue maison de retraile. 



— m — 

Sa trtyjt falble allumdh 
Fut T^duils ntiw ahms 
A ia troimme fmt, 

C'etst fdmir lu Caiin 
Qu'ahmi' in prcMmte (i) 
Mais Cehj Ci^potwantt, 
Et dhiips son tram, 
U mme ta Catin* 

Cei^ te veut (romper, 
Aimab !c prdsideti te, 
Ei fa beattte temhunle 
iiicn moitu fiuo ion mvrlicr, 
Ctly vmt te (romper, 

Vilaine du Tcrrail (a), 
iVc faiics pita la fiire^ 
Car vnirc la Bntijw (s) 
Tivnt nn peu dit cM^al^ 
Aimablo du TerraiL 

Sans mvoif ce quHl dii, 
Deslotichts (*) tQvjours camSt' 



(!) Poriail.,,. 

GenJre ilc Ber^iUct colonel jg^ueral de* di'dgons^ HM 
tnarechaL 

(35 Cojtseiller m ii^rlcmcnL ; a da Tespril, Mftu J 
riclii!, debauch^. Ills d^un maiflre des cuches. 

(1) Li^ phei idler DcsioucUcs* 



— 81 — 

En saveZ'^us to cause? 
Un clmcun Vapplaudit 
Sans savoir ce qu'il dit. 

Pour la troisiemti fois. 
La duchesse (i) sans peine 
Pfend amans sur la scene, 
Et lA Charmoy 
Ne pent itre chasse 
One par un grand cocher. 

Pour la centicme fois, 
Argenson, ta police, 
A ces putains propice, 
Laisse languir les lots. 
Pour la centieme fois. 

La Faye et Monsieur Glue 
Ne se soucient plus guere 
Que Pascal soil derriere 
Ou devant la Verrue, 
La Faye et Monsieur Glue. 

Milord Colifichet (i), 
Fidele a sa duchesse (3), 



Sesvres.... apres avoir quittc Charmois , eut 

2C95sivement & Daly, de lafoire, Baron, com^- 

i(Svenard,derOpera. 

Charmoy. 

De Gesvres. 

U. 4. 



— SI — 

Pmir titr6 de noble tse 
N'a que le Mobriquett 

Mihrd CoUfichet. 

Certain pciil abbd(i)f 
Te r end-it si eriiiqua f 
hriqifetnaut (t) craint ia repHq 
Car on pGurroit n&mmcr 
Ct^rtain petit abbe. 

J*entejids la ^Arnoton (i) 
Qui dii au^ mounqfieiaiTm : 
N'aurie£*pmnt affaire^ 
Pour hazarder won emt f 
Je suit la d'Arnotrnt 

La pautjre d'Arnoion 
Disoit A la Bruyh*(; z 
Ne vondrois'fu point foire 
EmpUle d'un grand con ? 
Le mien te Meratt bon^ 

Col^mdre (i) le nmrcfmnd 
Ifayant plus la ducficMte {a). 



{i) IS.... Titlbaul d« In €>rtfl, q<M ^ ^pott^ la R ottHI 
(ij ScEuf de ta FonipQiflonr^ 

{i) Colon«f du r^gim^nL d«£ vaisscaux. 
(5) D'MbreL 



— 85 - 

Baiso deux grosser fesses {i), 
Mais, c'est pour son argent, 
Colandre le marchand. 

Pour la eentieme fois, 
Bois-Landry («) I'accomtnode, 
Jure que c'est la mode 
ffen eonter au grivois. 
Pour la eentieme fois, 

YpenseS'tv, Beaumont (z)? 
Ton procede m'effraye ! 
Ton mari veut qu^on payc, 
Et tu payes Bouillon, 
Y penseS'tttf Beaumont? 

Chevalier de Bouillon^ 
Tu fais mat tes affaires : 
Tu sors du seminaire, . 
Pour alter a Beaumont, 
Tu y vendras ton nom. 

La d'Harcourt (*) nous snrprend 
Par sa nouvcllc affaire. 



Flamanville du Noyer, depuis cnfermi^c. 

N Turgot de Saint-Glair, veuve de d'Aligre , 

ire des reqaestes, et qui s'esl rcmari^c,liCliantilly , 
on capilaineaux gardes. 

La Loison . femmc de Poulain de Beaumont. 
CastilledeMonljpu, Lorraine Harcourt. 



— i4 — 



4 



Un fdit» tjmnd mstrumtnt. 
La dtlnrcimrt n^Hf sw^prnB* 

Sont'Ce hi Icm appas 
De Rnnnes (i) pvu cruelie? 
Sum t'spril iire bsile. 
Avoir plftCG imp butt, 
Ne m^efitendf^-ijoui pan ? 

Ccsl pour Ic hcau Verton 
Que du BroisH (s) »atipire : 
Mais it «Vjj fail (jfUQ rire^ 
Unc (tit ire n k retwm (i) 
D^occnper ic mlgmnK 

pour lit pmni^re fm$ 
B'Aibrel {n)f cette campaynf^ 
By it son mtt dt* Champfi^nc^ 

(1) Le line (i'Eslrtfcft 

('2} FIII« iJ'Arnoton f muiitre iles rvqucst«s, q4 
i.[iOQs6 la mqfquU itc Banner, Ills de .«.. Dfijulru,f 
<*e>?&cde ,...^ MoiiinLiban* Celle prince^e ne veuL 
vctir $^n fik, pitrce qne te niEnstru dm requester est I 

qui aeheU la ii^runnic de PcinH'rVtdi^, E^lle ^ dei^ 
rrerfs. L'ain^ d^^bord, consdilcr il Rntt^.u , puis i^ 
Brefjij^Dc, DM n a eu bcnucoup de prnDu h £c fatrc 
voWi VJiuirv i L'oloneJ refqrluc, tl iji>g ficciajr, 

(3) Lli marquii^cdu DrDssel. 

(0 jH. ,»de Id Valiiere,., 

(S} La duchcs^G d'Aibrel, 



— 85 — 

Fiddle d'Aginois (i). 
Pour la premidre fois. 

QtwiquHl U fitsse peu. 
La Porte a pris sans peine 
Le riche Saint-Eugdne, 
Pour foumir a son jeu, 
Quoiqu'il le fOsse peu. 

Pour la trentidme fois, 
Castelnau distribue 
Un poison lent qui tue 
Vamant qui suit ses lois, 
Pour la trjsntidme fois. 



CHANSON 

B L*AIR : NE M'ENTENDEZ-VOUS PAS ? 

«709. 

S'il est entre vos bras («) 
Comme il est ci la guerre, 
Qu*en pretendez-vous faire ? 
Toujours les armes has I 
Ne m'entendez-vous pas ? 



lu marquis de Richelieu. 

dame la duchesse de Bourgogne. 



— 80 — 

Dr Snini^Jmi ^ Ptm$ 
la Stnmr^ (i) fftit eoune, 
/*aUJ* attraper la ttnurse 
Dti beau TtrnhnJik!/ (t) ; 
Maix Lnremhnurff (s) Va pnr . 

Pour voug, vieitle (VFgny (i). 
Par hi ans effacee, 
VouM itsi trop uses ; 
Lai .' il n*Mt plm d^ mt 
Pour vous, metlie d'igtif/, 

Taites-vous, dame Ignf/t 
On sQufffet qnmi mms di*e 
Qnt' mnit mir^ chemise 
il n'eil rien de peiit ; 
Tfiitez^voHs, dmne Ifjvtf. 

Desorvinis dfins Paris 
Ferme, fgn^^ (a Imttiiqtie, 
Ta n'nuras rfr pratique 
Qtie pour braml^ f€s vits, 
Dtsormnh dans Paris, 



fil* 



{i] N..»». *Jq TronOj reromc dp Savory, sjetir i\t &*•• 
Just. 

i%) Polonoif, lors h Paris 

(3) La dii^hessct . 

(I) Kern me de Courcbani d'lgny ^ maislre d'liAiel 
ri>2ft nii d'un mi^llotierK 



— 87 — 

% pouvant plus trouver, 
fny, deviens commode, 
8 Choiseuil d la mode, 
it Vordre du metier, 
t pouvant plus trouwr. 

Matignons (i) (rop gras, 
d*0 (s) et les Gamaches (s) 
t trots insignes laches ; 
utre (4) se dit tout bai, 
m'entendeZ'Vous pas ? 



CHANSON 

: lIeRE la, LfeRE LAKLERE. 

«709. 

ce triste camaval, 
IS dedommager du bal, 
us ce quil faudroit faire, 
a, lere lanlere, 
1, Ih'e lanla. 



de Matignon. 

d'O, qui avoil ^l^ mis pour cette 
ie M. le due de Bourgogne, eomme 
ue. 

le Gamache-RouauIU 
)urgogne. 



— 88 - 

II voiis faudroit, quoiqu*un peu tard, 
Prendre \m parti »%iT Chafnitlarit 
En finiigmtt son minhterCt 
Lere fa^ tic. 

Le» Otlitmts it a d^*fruiis, 
Lt^ Malignons U ti prodmts, 
Bii Baunj est son fimdre de ytierre, 
Lh*e lu. etc. 

Son mt^dmn trmte ta pai£. 
Pour ta guerre it fmt sea projtts, 
Et Goffray rapothicmre, 
Lere la^ etc^ 

Le mardi gras dedans Marlt/, 

Criez : U « ehiv au Hi, 

Ef puis apres Cent^jje fairc, 

Lere la, ItTe tanlere^ 

LtTc la, lere tantu. 



CHANSON 

still l'aja : a^VEiixO'V'ou^, helle ENDoitiiti^ 

La Duticourt est mve e( bnUantf, 
pour hien mettre un coup a profit ; 
Pour UHf elk en d^^harge trentc * 
Dicu !m tomerve t*ttppctH ! 



— 89 — 

La Duclos seroit mon affaire, 
Je lui trouve beaucoup d*appas; 
On le lui feroit par derriere. 
Si le papier ne buvoit pas. 

La DesmareSj qui fait la fiere, 
Ne me mettroit jamais en rut, 
Ni du devant ni du derridre. 
Car partout la carogne pue. 

Sans esprit, sans tetons ni grd.ce, 
Beaucoup de con et point dc cu. 
Quel affamd sur sa carcasse 
Youdroit faire Baron cocu ? 

Savez^vous pourquoi la de Nesle 
A si haul prix met ses attraits ? 
Du plaisir qu^on prend avec elle, 
Cest que son cul fait tous les frc 

Si la Dangeville sail plaire, 
Ce n'cst point tant pour sa beaute, 
Cest qu'elle tourne le derriere 
Avec beaucoup d'agilite. 



Tats, 



— ga — 



CHANSON 

sun LK PSTJT AIH DE LA FiOttQE 

(710, 

C€sitwes^ ausn chaude du der\ 
Que tajammf et& son p^e^ 
Chert kmit U Molidc in amowfj 
$e rit den sgiju ct des fiommnj 
Ei quitte Us (falans de cour. 
Pour rtrter f outre ai?e^ Us pa§ 



AUTRE 

sun L*Am : la fakwo^iijaine, etc 

Let femms du grrtnd mareschal. 

Si redouti^ sur Vonde, 
A bean chercher fortune ttu hai, 
Au milieu du grand monde 
Eito est rcduite, ce dii-oUt 
La faridondaine, la faridandon, 
Au pauvre page qui la suit, birihi, 
A la faeon de harbari, mon amy. 



— 91 — 

CHANSON 

JR l'air : QUE l'amant qui devient heureux. 

en ont M fails par Roasseau sur la Faye et snr 
IX qui 86 troQvent ordinairement aa caM oik ils 
wemblent; iU avoient tant fait, quails ayoient 
ig£ Roassean k ii*y plas venir. 

1710. 

Quelle fureur trouble mes sens. 
Quel feu dans mes veines s'allume? 
Demon des couplets, je te sens : 
Le fiel va couler de ma plume, 
Livrons-nous d r esprit pervers. 
Quelle foule d'objets divers 
Vient icy s'offrir d ma vue ! 
Quelle matidre pour mes vers, 
De nouveaux fats, quelle recrue I 

Je vois la Faye le cadet. 
Qui se croit monte' sur Pegaze ; 
Mais son cheval n'est qu'un baudet, 
Et son frere n'cst qu'un viedaze. 
Beaux complimens, discours polis. 
Courage, muse, tu mollis, 
Laissons leurs fausses politesses, 
De leurs coeurs montrons les replis, 
Et les noirs tours de leurs souplesses. 



— \n — 

Dh tine k jeum, tidmii estrde. 
Qui voil F.,,,» mriditme de Verrtta, 
A Its maim plus faitm en croc 
Que cetm qni VQient dan» la rtte. 
Mais que diras-tu de TaiW f 
Qii'u son vistige Itouiorme 
L*on recoHnmt l^ fnal immojide, 
Mai (fu'fi jffi ftmimp U a donm^ 
Ei qu'eUe rend d tout tu mandu, 

A smt rUour de Bauphintf, 
IVouvetie province de Suede, 
Oil dam un rMult cmifin^, 
H ^pfouva le grand vemMe, 
U viut 4 nans, dou^n H humahi, 
Canue ie Grenohk d la main^ 
Pour faife CMtre le imi/ft^e^ 
Canne d Saurin le lendemain. 
Qui ne le crut pas davantafft^ 

Au noni qui vient dc nic frapper. 
Ma furei^r sHrHtti et redouble. 
Comment se laisse-t-on dupcr 
Par c§ faux tasur^ cetie dtne dotdiU ? 
Snn zHc conire les frondmtrs, 
Contre nos mtBurs ie.^ airs ffrondeufi, 
Hotil il ^eui se [aire un merile. 
Cache Iva noires priifundvun 
Buplus Mceldrai hypocriie^ 

Je le vois^ ce per fide cwur, 
Qti'aucune religion ne tonchi\ 



— 95 =- 

Rire au dedt^M cTun air moqueur 
Du Dieu qu'il confesse de bouehe, 
C'est ainsi que 9*e$t declare 
L'impie au visage effare, 
Condamne partout a la roue, 
Boindin, athe'e declare, . 
Que thypocrite desavoue. 

Par I'un et Vaulre debauche, 
Le jeune abb4 de Bragelonne, 
Petit philosophe ehauchd, 
Au nez fait en hec de cigogne; 
Quand je die qu'il e$t debauche, 
Tentends aussi le gros peehe, 
Le vrai pSchd philosophique, 
Auxjesuites tant reproche, 
Dont Oudart fait legon publique. 

Mais quet Oudart ? Le poete Oudart, 
Ce moine vomi de la Trappe, 
II sera fertile tdt ou tard, 
Malgre le sticch qui nous frappe. 
Quel spectacle etrange a nos yeux. 
Quel exemple plus odieux 
Des coups de Vaveugle Fortune ? 
La Mo the a le front dans les cieux, 
Danchel rampe avec Rochebrune. 

Je te vois, innoceni Danchet, 
icouter les vers que je chante, 
Comme un sot pris au trebuchct. 



— 94 — 

Grands yeux ouverU, louche beante, 

J'en mettrou bien tnieux mon bonnet, 

Si je voyoU le eafi neU 

De ce niais, plus qu*un joerisse 

Et du fade Rochehrunet, 

Plus doux que le plus doux rSgHsse, 

mon cher ami Momenet (i), 
Digne d*aHleurs de mon esiime, 
Sije reviens au cabinet, 
J^y suis entraisnd par la rime; 
QuHl est sale ce cMnet ! 
Que tu phes, cher Momenet ! 
Ta seule presence m^assomme, 
Quand tes vers plairont, Perinet 
Quittera Gendve pour Rome. 

Qu'entens'je? c*esl le roitelet 
Qui fait plus de bruit qu'une pie; 
Plus il veut forcer son sifflet. 
Plus il semble avoir la pepie, 
Echapperois-tu le couplet. 
Petit juge de Chastelet, 
Et fits d'un procureur avide. 
Qui te laissie a^sez rondelet, 
Mais bourse pleine et lite vide ? 

(1) II y a quelques ann^csque Rousseau fit une sal 
contre Tabbe Momenet, qui commeace aiusi : 
Lc pesaat abb^ Momenet , 
Dedans son sale cabinet . . . 
Ce qui choqua fort cet abbe. 



— 95 — 

Ou va cet Icare nouveau, 
^t jusqu'ini sa raison s'egare ? 
II prend un transport au cerveau 
Pour U feu du divin Pindare, 
QuHncessamtnent il soil baigne, 
Qu'apris U bain il soil saigne, 
Mais saigne jusqu*d defaillance; 
Des humeurs, s'il est bien purge. 
On retablira Valliance, 

Quel brillant habit Crebillon, 
Flatteur gage d'Hoguer le Suisse (i). 
Sans ses presens un vil haillon 
Couvriroit a peine ta cuisse. 
Mais de vices quel bordereau, 

B B maquereau, 

II est temps que Vorage creve; 
Dans le funesie tombereau, 
Je le vois conduire a la greve, 

Ainsi finit Vauteur secret, 

Ennemis irreconciliables, 

Puissiez-voits crever de regret, 

Puissiez-vous itre a tons les diables ! 

Puisse le demon couple-gord, 

S'il se peut, embraser encor 

Le noir sang qui bout dans mes veines. 

Pour moi plus pre'cieux que Vor, 

De pouvoir augmenter vos peines, 

) BaDquier qui a enlrepris de faire les pieces de six 
>« que Ton va ddbiler. 



— 96 — 
CHAHSON 

sun i AIR : L^RE IA, I^GRE LA.?<LkBE. 
1 71 p. 

La paini ne paui hqu$ ti- hup per, 
Pilmn allofis en fin Vatiraper, 
Elte HE sera phis »i /itV<?j 
Ldre la, it!ro lanlere^ 
Lere la, Ure lantft, 

Vti (tbhe him fail ei gaiant, 
S^en va la prmdrE par deleft ni. 
El t^ marechai par derrierdt 
Lh'e lu, tU, 

Si ^empereur fait Ventendu, 
11 sera himiM conforndu. 
Par un factiim dtf }fi Blini^rs^ 
Lm la, cic^ 



Angloii, icne^-f>(iU6 ^n tepai, 
On vous doftme raby Utdms^ 
Mienx qu^ vottx il fait voi affnirssi 
Lere Itt, t^re lanlh'Ct 
Lere ia, tert I ant a. 



— 97 — 

STOIRE DE LA MESSALINE DU TEMS. 

P4R MADAME LA PA^SIDENTE FILLON. 

Paphos, chex Cupidon, imprimeur - ordinaire de Vteut, 
A la Re$tomtnie , 1710. 

Cesi madame de Pleneuf qui est icy Messaline. 

PRIVILEGE DE Vl^NUS. 
1710. 

Notts maistresse du tendre empire, 

r d gut V'Vnivers Mge des autels. 
Qui diddons du destin des morlels. 
Nous a qui Umt ce qui respire 
Doit honneur, hommage et tribut, 

siconque verra ces presentes, salut, 
A FiUon, noire bien aimee. 
Pour ses exploits si renomme'e, 
De noire pleine autorite 

»our Vinslruclion de la poste'rite, 
Permettons dimprijner Vhistoirc, 
En tout temps comme en tout pays, 
D'une coquette dont la gloire 
Surpasse celle des Lais, 
Dans notre palais de Cy there, 
Donne par V Amour a sa mkre^ 
he vingtidme jour de fevrier, 
De Vamoureux calendrier. 

T. III. 5 



^ m — 



CHAMSOK 

^iifh L ^in : j'entenos lk mouliv, tic, tI 

1710. 

Messienritj voicy dcs couieaitx^ 
lifem^in^ imcy das eoulmuao. 
Pour chastrer hs MonisaurenuS) 
Pour thaslrer les MoiitsaureauXt 
Et les empScher de faire, 
Tii", iie, taCj ct latK ^o»» If^^ 
Ei £ea empicher de faire 
Ce qu*&n (tppelle eda^ 

Aviint que le grand prevSf, 
Avanl que Ic grand prev4i 
EuRt migendre ccs utiogotSf 
Eust euffcndrc as mafjots, 
FctUoit riiitipSeher de faim 
Tir*, tiCf iac^ etc* 

Choisissojis un grand Cfmicmtf 
Cfmisissons an grand couteau 
Pour rmsn^' dcs Monisaureaui, 
Pmtr I'oisjfB dcs Montsaureaux, 
A fill qit'il ne puisse [aire 
Tk^ tk^ fntt et€. 

Pmir clidstrer lex deu£ pt^tih, 
Pour vfmilrer tes deiix petit f. 



— 99 — 

II ne faut qu'un bistouri, 
II ne faut qu'un bistouri. 
Pour les empScher de faire 
Tic, tic, tac, etc. 

Pour vous, belle Montsaureaux, 
Pour vous, belle Montsaureaux, 
Je ne veux plus qu'un magot, 
Je ne veux plus qu'un magot 
Puisse avec vous jamais faire 
Tic, tic, tac, etc, 

Le seminariste abbe\ 
Le seminariste abbe', 
II ne vaut pas le chastre, 
II ne vaut pas le chastre'; 
Avec lui qui voudroit faire 
Tic, tic, tac, etc. 

Pour la soeur, n'oubliez pas. 
Pour la sceur, n'oubliez pas 
De Venise un cadenas, 
De Venise un cadenas 
Qui Vempechera de faire 
Tic, tic, tac, etc, 

Poulinicre Monlsaureaux, 
Poulinidre Montsaureaux, 
Quand vous fistes ces magots, 
Quand vous fistes ces magots, 
Preniez'vous plaisir a faire 
Tic, tic, tac, etc. 



Pimr vom^ belie Hontsaureaii 
Pour ijQUf^ bdle M0Dl^iire4i]i~ 
FaiieM cocu ce mgand, 
Faites cocii ce nigaud. 
On acti* offre dv tien faire 
Tie, tiCr tnc, ct hn, ton, f^. 
On vous offers da him faire 
Ce qu'on appelle cela. 



CHANSON 

^im l'mEI Die MONSlEDft Of. MOITTPMON, ud 

BflWlEB'NaUS FAS TBD1> ȣUllEUX ? 

Complniiite du graitil provost mtk tUplduUli 
lie sa riimlJle (I). 



mo. 



Or imuteiSj petit s et grands, 
Le tnalheur de rnes Irois enfanis, 
Ch<istres d la fleitr de teurs am 
Par des envieux €ourii»ans 



4 



J^nt regret a mon aistie; 
II etoit si Hen marie! 
Man Ditu, le voita chastre 
Avunt d' avoir im hihitier. 

Quel dommage des derix ragoi» 
Si bien plantts mr Imirs ergotej 



(1) 11 on I BQ remix. 



— 101 - 

Si vigoureux, le cul si chaud, 

QuHU auroient fait de Montsaureaux ! 

Je fCai plus que mon fils Vabbe, 
Seul en Stat de prolignier, 
Etfen ai fait un aumosnier (i). 
Je ne puis plus le marier. 

II commengoit a demanger 
A ma fille qu'on a bouclee; 
Mais onHui a si Men bouche 
Qu'on ne peut plus que la graiter. 

Ensemble il nons faut coucher (i). 
Ma mie, et faire un hSHtier, 
Qui nous puisse dedommager 
De mes pauvres en f ants chastres. 

Mon fils, ne faut pas vous flatter (3), 
Ce que vous savez m*a manque; 
Vous auriez beau vous tourmenter, 
Je ne saurois plus engendrer. 

Que Bieu confonde le damne (4) 
Qui de chanter s'est avise 
Que mes gargons falloit chastrcr 
Et ma chere fille boucler, 

Du roy. . . (aumosnier.) 
Le grand provost k sa femme. 
R^poose de la femme. 
Tons deux ensemble. 



— *02 — 



CHANSON 

sun LAIR : S01tXE5-:tOUS pas TROF lltllJtlEOX 1 

iSur loadajtuG de HragUo^ ia jeune fille de !!lf. Vabin, 
secrdt^H'e il'^lul, clmntreUer de France. 



17L0. 

i^'ouhlie^ pits tme eponge ; 
JV'^ dormer pas^ pVLUqvten songs 
Vous pmez toujour^ aw liL 
J Pttssear la nuU en jyriere^ 

jl Demanded an Tout-Pitissant. 

f Qu'it preserve voire pere 

I Be rmirer dans It nmni. 



CHANSON 



suH L^m : i>R, [lCoute:^ LA ctrAKSO?r« 



17*0. 



Qu'on prepare sur le» museties 
Pour Vsndosme dc$ ckamotmeties} 
U vent (dter du saerefticnL 
L'tpQUH sera bien baisev. 



— 103 — 

Sil est sur eUe aussi souveiU 
Que sur sa chaise perce'e (i). 

OU 

Preparons dessus nos musettes. 
Pour Vendosme des chansonnettes ; 
11 donne dam le sacrement. 
L'epouse sera bien baisee, 
S'il est sur elle aussi souvent 
Qu'il est sur la chaise percde. 



CHANSON 

SOR l'aIR : LA FARIDONDAINE, ETC. 
1710. 

Monsieur le due de Villeroy, 

Savez-vous Vaventure 
De Quelus et de noire roy 

Dont tout chacun murmure ? 
Si je la sais, ah ! voyez done. 
La faridondaine, la faridondon. 
Cost par moi que tout est conduit, hiribi, 
A la facon de barbari, mon amy, 

Le roy lui a fait un poupon, 
Et la Quelus Icjure; 

1) On dit qu'ii demeuroil tous les malins line licure 
p sa chaise pepeee.- 



— 11)1 — 

Pour moi, jV sah furt bien que nm. 
El jc VQUS en assure ; 

Et cet homme cH itn nimAx l^arb&K 
La faridoudmnef ta faridondon^ 
Qui f^roit tout ce quon iui dif, hiriti, 
A ia fa^mi de ffarkiri, mon amtf^ 

On da an$$i qu& de son fait 
La Coursillon est pleine ; 
Dangeati, d*un tQ7i bas et diicret, 

bit : La chose cs( cm'imne; 
Ei nous aumns itn CoursiUon, 
La faridondainc, la faridondon^ 
Qui sera, fila du grand Louis, birihi, 
A la fitpn de barhari, mon amy. 



VERS 

1710. 

RtiUssvati, aecahie de cftat/rinj 
Cherche quilqu'an qui te comole, 
H Hi ses psaumes a VomUf 
Ei „.«.». inadame de Botis&le, 



Fi:^ m ONZIKML VOLUME. 



RECUEIL 



HANSONS 



VAUDEVILLES, SONNETS, 

^PIGRAMMES, liPITAPHES ET AUTRES VERS 

SATYRIQUES ET HISTORIQUES 

AVEC DES REMARQUES CURIEUSES. 



VOLUME XII. 



1. III. 



RECUEIL 



CHANSONS, ETC. 



CHANSON 

SDR L*AI]t DE FLON, FLON, LA JtlRA, DON, DON. 

La marquise (i) a beau faire. 
La fleurette lui plaist, 
Elle fait la severe 
Faute d'amant discret, 
Flon, flon, la rira, don, don. 



CHANSON 

a devote Marmont va souvent au college, 
ellereau, ce dit-on, lui fait faire manege, 

(I) Madame de Gassion, Colbert du Terron. 



— 108 — 

Mcllereau pour Marmoni 
Seroit trop peu de chose, 
Mais le pire Guiton 
Agit quand il repose. 



CHANSON 

SUR L*AIR OE JOCONDE. 

Par le chevalier d'Espalangoe. 

Que dire de ces deux tendrons, 

Filles'de la comtesse f 
Cest dssez, regardez hurs frontSt 

Jugez de leur sagesse; 
Tanti, donnez-leurs des marys 

Qui soient fort detonnaires, 
Car elles suivront d Venvi 

L'exemple de leur mere, 

Prenez garde, poete insolent. 
Que Von ne vous d^ouvre ; 

Vous altaquez imprudemmetit 
La Rebcssac au Louvre, 

Garde.z qu^on ne vous pousse d bout, 
Medisants de la ville; 

Cur la lieutenante, apres tout, 
West plus nine desquille, 

II n^cst ne teste de saumon, 
De colac ny de truitc 



— i09 ~ 

Qui ne VMtUe mieux qu'ttn sermon 

De ce pkre jemite ; 
11 a trop Vair de charlatan, 

Vendeur de mithridate ; 
II s*en prend sotivent atix amans : 

Trop de zele le gaste. 

Pour une putain d vakt 

La Brassenpouey on ckante ; 
Pour un mc^uereau fort adroit 

L'albe Dydeme on vante; 
Lou petit pere pour fripon, 

Nuvaille pour coquette, 
Affat pour sot, Lons pour poltron. 

La Day pour une teste; 



CHANSON 

SUR L*AIR : JE LE SgAIS BIEN. 

e par M. de Chatelus, fils du premier president de 
ail, dc la V<>, depals b^n^dictin rt^form^ de la con- 
regation de Saint Maar, et par le sieur de la Furgue 
e Paa, dcpuis capitaine d'iufanlerie. 

Que la de Lau et la Navaille 
Aiment les vits de toute taille, 

Je les^ais bien; 
^ais que leur comine Darros 
^c les aimdt un peu plus gros, 

Je n'en crois rien. 



— no — 

Qu^Hidernes soil le maquereau 
De la Colomme et de la Lau, 

Je le sgais bieti; 
Mais qu'il y en ait dedans VEspagne 
Un plus fieffe que la Cassaigne, 

Je rCen crois rien. 

Que Mazeres soil bon amy 
D'Usoz qui n^y voit qu'a demi, 

Je le sgais bien; 
Mais, sous pretexte d^amitie, 
Qu'il baise sa chere moitie\ 

Je le crois bien. 

Que Marotte (i) aiC un gaUmt 
Qui veuillc faire Vimportant, 

Je le sgais bien ; 
Mais qu'estant de bon appetif, . 
Elle se contente du Grit, 

Je n'en crois rien . 

Que Casaux fasse le marquis, 
Que de Graciette («) il soil epris, 

Je le sgais bien; 
Mais que jamais il la possede. 
Sans la metier bientdt en Suede, 

Je n'en crois rien. 



(1) Marotte , mademoiselle de Doizon, mari(fe h IM. 
Thuron, de Pau. 

(2) Graciette, mademoiselle Dordezon. 



— Hi — 

Qu'Uranie, fefnme volage. 
Ait dix amans en son par tag e, 

Je le s^ais bien ; 
Mais que le dernier venu 
Soit chez elle le mieux regu, 

Je le crois^hien. 

Que monsieur Vahhe de la Vie 
Jure qu'il veut changer de vie, 

Je le sgais bien; 
Mais que le grand Dieu tout-puissant 
Vempiche ^itre medisant, 

Je n'en crois Hen, 



CHANSON 

SUR L*AIR DES CLOCHES. 

Ton.., tan,,, ton terns est passe', 

Vieille coquette; 
Ton tin, ton timbre est ca^se, 
Vieille pendule, tu repetes, 

A cinquante ans, 
Le carillon de la clochetle 
Qui sonnoit Vheure d' amourette 
Vans ton pnntems; 
^^oh qn'd tinter, et ta douce sonnette 
Attii'oit un atnanl ; 



— l\^2 — 

Mais a present. 
Ton tofiin tintant 
Ne rdveille ptrsonne, 
Dis-moy, quand 9ur le tetidre ton, 
Ta grosse cloche sonne 
Ten, ten^ ton, 
Non, non, pon. 
Si Von fentend^ 
Ce n*est qu'au 9on 
De ton argent comptant. 



CHANSON 

suR l'aik du cotillon. 

Marc-Rene Paumy de Voycr d^Argenson a dU 
pr<3sidenle Fillon : 

II faul payer au grand Bourbon 

Le dixieme des cons. 
Messieurs les Malplaquet s'en vont 
De coeur, d'amour, d'affection, 
Mais, sHl y a bataille en Flandres, 
Les drosles s'en reviendront 

A grands coups dv baslon. 



— 113 - 

CHANSON 

;uR l'air : tes beaux teux, ma nicolle. 

Sar M. Id marquis de Gesvrcs. 

Uhomme gage et fidelle 
Dans la belle saison, 
Dis'tnoy quelque nouvelle 
D'une illustre maison. 
On nCa dit a Voreille, 
De Gesvres le marquis, 
QuHl est fait a merveille, 
Mais ne vaut Hen au lit. 

Pourquoy monsieur son perc 

Le veut'il marier. 

Si ce n*est pas pour plaire 

A sa chire moitie? 

II est dans Vimpuissance, 

Et Von n^en doute point, 

II a pourtant des manches 

A son petit pour point. 

Que dit la medecine 
Dans cette extremity? 
Le bruit court par la villc 
Qu*on Va bien visite : 
II est fait comme un autre 




— \ii — 

Mais VimporlarUe chasa 
N'a point de mouvenieaU 

En affhire de jnerre, 
Bsi'U brave soldai? 
Porie-il Men ki arme^, 
Ya-il bicii au combai? 
Je crois que iu vetj^ rite 
El que tu veux railieri 
Hdlas t le pauvre sire 
N'a jamais bu tiref\ 



GHAKSON 



sun l'aih r L4 cunmsiTt. 




Qui $eiiut fixer t Amour ^ si tendre ei si mta^^f 

La beanie f 
Psifehi Vaima^ ltd plut^ efie etmt belle (it saget. 

La rarcle ! 
Mais qui Msa les ncBud^ d'un si eharviant tnen 

La vurioske! 



Qui brGuilla dam Us meux tes pretmer&s de*ei\ 

La beauts ! 
Pdris ecouta bien de loulss leurs prome^MS, 

La raretd! 
Mui$, nvani de jtfffer, il voulut mir teurs feiSffiT 

La ctiviosite / 



~ 115 — 

tr, en la formant, lui donna de sa mere 

La beaute! 
lit d propos et parler et se taire,,. 

La rarete! 
$ de Vengager dans Vamoureux mystere 

La curiosite ! 

rmanie Dancourt a su rendre immortelle 

La beaute. 
et de Vargent Von ne sent pas chez elle 

La rarete; 
'e montre a tous, sans faire la cruelle. 

La curiosite ! 

vez de Venus toute la ressemblance. 

La beaute! 
iivez de Pallas la fidre indifference. 

La rarete! 
mour puisse unjour vous donner par vengeance 

La curiosite! 



CHANSON 

SUR L*AIR DbS FEUILLANTINES. 



Filles qui cherchez epoux, 
Gardez-vous 



— 116 — 

De vtarquu a membres mou$; 
J'en fais Viprewoe cruelU, 

Car je iui$. 
Car je tuii femme et pueelle. 

Pour me tirer du bowgeoiSf 

L'on fait choix 
De eet ambigu minais. 
Depuis trots ans VamphUne 

N'a montre, 
N*a montre signe de we. 

Me$ parens amhitieux, 

Curieux 
De savonner mes ayeux, 
Ontt pour me voir eslevee, 

Acketi, 
Achete cette poupee, 

Avec le bien que favois, 

Je pouvois 
D'tm autre faire le choix. 
De quoi me sert d^itre riche, 

Si mon champ. 
Si mon champ demeure en friche? 

D'un tendre temperament 

Le penchant 
Me fait un cruel tourment; 
Je ne puis, en conscience. 

Observer, 
Observer la continence. 



— in — 

// fitut que ie$ magislrats, 

Sur ce ca$, 
£eoutent le$ avoatts, 
Quoi^^ ehacun en raisonne. 

Car man con,.. 
Car man eonfesseur Vordonne. 



VERS. 

spouse fideUe ne se plaint-elle pas ? 
o de lajeunesse, du inen et des appas; 
«y fera justice, et, si Von m'en croyoit, 
' Kit autre visite atissi Von concluroit. 



CHANSON 

IR L^AIR : R^VEILLEZ-VOUS, BELLE ENDORMIE. 

Guiche aux gens de bien pourra plaire; 
On lui trouvera Vesprit fin, 
Sa femme fera pen d'affaires 
Quand je cesseray d' aimer le vin . 

hes Grdces, quittanl la duchesse, 
Iront toutes chez la Berry ; 
Conty marcliera sans noblesse, 
Quand je quitterai le sillery. 



— 118 — 

La joie regnera dans Versaill 
La foy sera dans ious les cm 
On ne verra plus de Noailles, 
Quand je quitterai cette liqw 

Sans risque on verra LawriUi 
Courcillon n'aura plus d^attr 
Cessac detiendra vive et ftin 
Quand de I'Amour femterai 

Qiuind Cceuvres, d'amour ast 
N'epuisera pliu le bUmdin; 
Quand son coBur sera sem$ en 
Je consens de demeurer sana 

Villars sera pieux et modeste. 
II passera pour un heros, 
Sa ftunme pour un autre aW 
Quand je cesserai d* aimer let 

La Maisons, brillante et lege 
Touchera Vesprit et le cceur, 
A sa soeur elle sera chere, 
Quand je quitterai cette liqi 

Des Forts se croira sans mer 
Et fera grdce ati genre hum 
Abbez n'aura plus a sa suite, 
Quand je cesserai d^ aimer le 



— 119 — 

hemis meitra sa confiance 
't sa seurete dans la main 
\e celuy qui tient sa balance, 
htand je eesserai d'aimer le inn. 

'erdun, plein dUtn orgueil exlrhne^ 
raffectera plus Vesprit fin; 
I deeidera par lui-mSme, 
}uand je eesserai d^aimer le vin, 

Fusse sera chaste et modesie, 
Uafforl remendra d*Amgnon, 
SoccS n'aura plus I'air funeste, 
'iuand je eesserai d'aimer le vtn. 

D'Orsay $era douce et moins fibre, 
Yerdun n'tra plus au balcon. 
On aimera la Mesongere, 
Quandje eesserai d'aimer le vin. 

Turgot sera triste et riveuse, 
Elle parlera sans dessein, 
Breieuil deviendra scrupnleuse, 
Quandje eesserai d*aimer le vin. 

On respectera la Vrillere, 
On estimera Pontchartrain, 
VAntin fera mal ses affaires, 
Quandje eesserai d^aimer le vin. 






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— 121 — 

Que Vepaux est bien conforme, 
Qfioiqu'en iui la nature dorme. 
Lei choses de manidre iront 
Qu'il Vemportera par la forme, 
Quoiqu'U n*ait pa$ droit dans le fond. 



. CHANSON 

SUR \*AltL DES £NNOYEUX. 

Sur le marqals dc Gesvres. 

Gesvree, fier du certificat 

De Thuillier et de la Carliere, 

'Se croit le plus brave soldai 

De UnUe Vile de Cy there; 

Mais son espouse dit tout haul : 

Je sail mieux qu'eux ce qu'il s*en faut, 

Selon ees doctes mededns, 

Le marquis est tres- forte lance; 

Si Von en croit leurs yeux,. leurs mains, 

II peut combattre a toute ouirance; 

Mais son espotue dit tout haul : 

Je sais mieux qu'eux ce qiCil s'en faut, 

A les entendre cependant, 
Cest la ve'rite toute pure ; 
Jamais mari plus abondant, 
A'i mieux foumi de la nature ; 
Comment juger tel cmbarras? 
Gesvres est homme ou ne Vest pas, 
• III. 6 



\ 



— 122 — 

Qui croire, en cetto occasion. 
Pour ne point encourir de bldmef 
l^couter I'attestation, 
Ou s*en rapporter & la dame * 
Chert amis, voicy justement 
De Venigme le denouement. 



La femme ne te trompe pas, 
Aucun prestige ne la trouble; 
Les jmedeeins, c'est autre cos : 
Quelques louis font voir tout double. — ' 
Ainsi ce qui fut de plus plat 
Leur a pam dur, gros et gras» 

lis mcntent done les bonnes gens ; 
La preuve : un charlatan s^engage, 
Moyennant quatre mille francs, 
De faire faire au marquis rage,,,; 
Or, voit-on des maris puissans 
Recourir d I'art, a vingt ans? 



CHANSON 

SUR L*AIR DES PENDUS. 

Siir mademoiselle Testard , qui disoit £tre lonrmeBUt 
pur un espril invisible, sit6l qu*elle vooloit dormir. 

Or, escoutez, petits et grands, 
Un cas etrange et surprenant. 



— 123 — 

Arrive dedans cette utile, 
A Vendroit d'unejeune fille 
Qu'un luUn est venu saisir. 
Pour en faire d son hon plaisir. 

Les savans et les medecins 
Y ont perdu tout leur latin. 
Car c'est un esprit qui fretille; 
11 est souple comme une anguille, 
Et se glisse en catimiui 
Sous sa jupe et sous son habit, 

Dans le fauteuil et dans le lit, 
Cest la souvent quHl fait du bruit; 
Mais, comme un esprit qui badine, 
11 ne frappe qu'A la sourdine, 
Et ne lui cause aucun ennui 
Que de gratter centre son huis, 

Les uns disent que c'est un sort 
Qu'un amant qui Vaima tres-fort 
Lui a donne par jalousie. 
Pour afin qu'on ne la marie 
A quelque autre trop vieux epoux 
Qui ne seroitpas de son gout. 

D*autres veulent que ce lutin 
Ne soit pas un vrai diablotin; 
Mais un certain petit caprice 
Cause par un peu de malice, 
Et qu'un gros de matrimonion, 
Saura bien mettre a la rat son. 



— 124 — 

Vous, peres, meres, lumneles gens, 
Dont leg fiUe* piuserU vingt am, 
MetteZ'lei bien viie en menage ; 
Car si vous tardea davamiage, 
Un lutin sans faute viendra 
Qui trks'fort les lutinera. 

Or, prions taus le Redemptew 
Et son esprit cofisolateur 
Qui console les pauvres filles 
Qui sont encore d'dge ntibile, 
Et qui souffrenl un grand idurmemt 
En attendant le sa^remeni. 



AUTRE 

SUR L'AIR : LAN LA. 

Sur le lu^me sujet que la pnScfSdenle. 

V esprit de la jeune Testard 
Ne s'excrce que sur le tard; 
II s'evanouit. 
Sans faire de bruit ^ 
Sitdt que le jour brille, 
Et Von ne trouve plus d'esprit 
Dans toute la famille, Ian la, 
Dans toute la famille. 



— 125 — 
CHANSON 

SDR I/AIR DE JOCONDE. 
Sar la ConsiilutionUnigenilus. 

Uautre jour deux diables volans 

Firefit une gageure 
A qui chieroit le plus puant 

Sur Vhumaine nature. 
Le premier chia le Tellier, 

V autre effraye recule; 
Mais pour surpasser le premier, 

il lui chia la Bulle. 

Ces deux eas sont embarrassans, 

Cest pourquoy Von assemble 
Nombre de pre'ktis debon sens. 

Pour en juger ensemble ; 
Depuis quatre mois ils n'ont p%t, 

Vuider cette requests. 
Car 5t fort Vun et I'autre pue, 

QuHls en per dent la teste. 



— 126 — 

CHANSON 
SDR L*4iR : au i:TKS-vous, nmr.sfKt, hon amiI 

Sirrleji adieit] dc b !fesl«, comedienne mortceti 1^ 

Puhque ia mortt ^ '^ fleur de mes ctni^ 
Av«? m faux tranche ma desiinGe^ 
Adieu mfus dis^ i^^es ami$j 7ncs parau, 
PHe^ iou$ Dicu que je ne so is damnce. 

J' en ai bim peurj car je voU demtni mn^ 
Tous fites ptlcheSf ioutes mcs perfidic& : 
Quelle dmc noire f helas ! je meurs d'effroil 
RedoublcM toui w)t minim psalmmU^i, 

Je n*avais pas encore onse ans conipteU, 
Que par le Grand je tne vh mdtinee. 
Puis dans Stra&bourf^^ tn'offrant d peu de j| 
Au3^ aigre/ins je fv^ abandounee. 

Paris me vit an Bortlr de Strasbourg, 
J'tj vins grisetle H presqne ioute nue. 
Vive Paris el son ckarmant gejour! 
Cest un Ptrou pQurmt tju'on s^ij rmnue^ 

D'ahord je plus au louvetier paillard (i); 
II int*quipat fit pmtr mot des mem^etllesi 
Mais it falioit^ jifi nr jo u ir dtt vieillard , 
Tenir longlems h l^up par ks oreitta. 



{\) M. d'HendicourIf giratid louv(^lk<r. 



— 127 — 

A d'Hendieouri Brofore (i) succeda; 
Depuis cinq ans, il est mon majordome; 
Mais la Sagonne (i) en Vaimant lui donna 
Ce qui me fait alter droit d Saint-Cosme. 

Adieu, Quinaut, mon frhe un peu trop fat, 
Soyez mains fier du ccetir de la La Fare ; 
De vos exploits elle fait mains d^estat 
Que de Jasmin (z), dont le merite est rare. 

Adieu, du Fresne {a); adieu, cher Courcillon, 
Ne piehez plus tous deux eontre nature; 
Troussez plutdt chacun vos cotillons, 
St vous n*avez onguent pour la briilure, 

Adieu^ma sosur, quej'aime tendrement, 
QuUtez Bernard (5), il tombe en pourriture ; 
D'un quart de lieue, il sent le monument, 
Son seul regard met dans la sepulture, 

Cesi pourtant moy qui vous vendis a luy ; 
Pour faire entrer et Quinaut et son frhre, 
Du due d'Aumont il me falloit I'appui; 
V argent comptant fit justement V affaire. 



(1) Conseiiler au parlement, petit-maistre. 

(3) Fille de Samuel Bernard. 

(S) Son laqoais. 

14) Qainaut el du Fresne , freres tie la Nesle , bar- 
liehe de Courcillon. 

(S) Samuel. Elle lui avoit ^td vendue d«s TAge de 
lottze ans. 



— 128 — 

Cml miits ^us que lui prMa Uerjiurd (i) 
Pour afmonCGr qnalre mQis « Saini-Jamcf, I 
Ont fail pQur nt/us vaguer phtM d'am p^tHA 
Bunt a souff'ert Duffa^ (i) el «a fcmim. 

Trh~mcchammmit je Imtrjouai Ic touri 
Dica me pitnit dc celie perfidies 
Ja mtmirs, helas ! mi boui de t'ltn ei jouv 
QuHh ont guittd torn deux la comidk* 



Laisses d'Aumontj ii n'&st plus qu*im 2^» 
Dcfmis quHl a fait sa mnr a La Chaise fy) 
La Morancourt, Durand el Clavaro ; 
It ne mcni rien de lui qui ne deplmte. 



De freme (♦) est ml ei ia TremouUle plal^ 
AIorimnaH is*emvrG comme una &QUpe, 
Le Ftbwe psf hilB ct Saint-Di^mi est fat ; 
Us n'ont plus tant de poumtr sur la tfouj^* 



I 



Fades la cour a monmeur de Her rift 
A son ^pousi^f d niotisieur son beau-pere ; 
C'est lijt quit faut s^adresser aujonrd^hui^ 
D'Aitmonl s'en meurl ei Nadal desespere^ 



(I) Pour son ambagsadeen AitgleLcrre, 
ilante dc Ikrry, k Ui Ou de 17iS. 



ru, de Nesle, adieu, cker Brofore, 
t tons deux (den soin de notre fille ; 
le peehe soit par elle abhorre ; 
I'en croyez, mettez-la dans la grille. 

eu vous dis, comediens du Roy, 
ez Je$U8 que la^haut il me mene; 
pere en lay, tres-fortement j'y crois, 
/ renonce', et fai finima scene. 



CHANSON 

suR l'air : vous m^entendez bien. 

Sur mademoiselle Tcslard. 

Philis, pourquoi vous plaignoz-vous 
D'avoir un demon pour epoux ? 
Un epoux de la sorte, eh Inen ! 
Sur bien d^autres Vemporte, . . 
Yous m^entendez bien. 



Car, bien qu'il soil aerien, 
L'on sail que vous n'y perdez rien ; 
Son amour invisible, eh bien ! 
N'en est pa^ moins sensible... 
Vous m'cniendez bic?i. 

T. III. 



— 130 — 

S'U s'obitine a no point parUr, 
Ce fnalheur est uraiment Idger; 
Car, dans certain mystere, eh bien ! 
Parler ne vaut paa faire,,, 
Votu mentendez bien. 

Tuujourg presl d vous prevenir 
Dang tout ce qui wms fait ptaisir, 
Votre dme est satisfaite^ eh bien ! 
Avant qu'eUe souhaite... 
Vous nCentendcz bien. 

Quand dessus votre clavecin 
Vous passez votre belle main. 
Sans que vos doigts agissent, eh bief^ 
Tous les accords s^unissent... 
Vous nCentendez bien. 

Lorsqu'au bruit die quelque instrume^ 
Au bal pour danser on vous prend 
Sans songer a la danse, eh bien ! 
Vom entrez en cadence... 
Vous nCentendez bien* 

En mille el mille petits nasuds, 
Von voit flotter vos beaux cheveux ; 
La main qui les arrange, eh bien / 
Sail placer la fontange.,, 
Vous nCentendez bien. 



— 13i — 

Pourquoi done vous alarmez-vous 
Des caresses cTun lei epoux f 
Laissezjaser le monde, eh bien ! 
Yous 4tes sans seconde,., 
Vous nCenlendez bien. 

Quand de Psyche V Amour epris 
Se fit proposer pour mart. 
Von se mit a medire, eh bien ! 
Psyehi n^en fit que rire.,, 
Vous nCentendez bien. 

La belle avec son cher epoux 
Gotita lesplaisirs les plus doux, 
Sentant sans le connoitre, eh bien I 
Tout ce quHl pouvoit etre.,, 
Vous nCentendez bien, 

Gir elle se de'dommageoit 

Dans les bras de ee qu^elle aimoit ; 

Mais, fille eurieuse, eh bien ! 

N^est pas longtems heureuse, , 
Vous nCentendez bien, 

Elle «*y prit ainsi que vous, 
Voulut connoitre son epoux ; 
Viie martdite gouttc, ch bien ! 
Mil la belle en deroule, . . 
Vous nCentendez bien. 



— 132 — 



Sauvez la youttc et croyez^moy, 
Yivez dans votre bonne fay. 
Sans dire d votre mere, eh bien ! 
Le bien qu'on pent vous faire,. 
Voiu nCentendes bien. 



CHANSON. 

SUR L*AIR DES FEUILLANTINES. 

Sur le marquis de Gesvres. 

On dil qtCnn certain marquiSf 

Dans Paris, 
A'e fait que dormir au lit. 
La fenime crie et tempite; 

Oh! quel vi.,. 
Oh ! quel vilain petit mailre ! 

Elle crie a ses parens, 
Leur disant, 

Je n^aurai jamais d'enfans; 

II faut queje I'abandonne, 
Car man con,,. 

Car mon confcsseur Vordonne, 



— 155 — 



CERCLE 

1P0S£ DE TOOTES NATIONS, SUPPOSE AVOIR tit VU 
A LA FOIRE SAINT-LAURENT EN 1713. 

Une grande femme chinoise qui a le teint blanc : 
tdame d'Albret. 

Vne dame napolitaine qui vien^n Suede [suer 

verole) : Madame de la Tremoille. 

Cne Cireassienfie noire de visage el qui marche : 
scfame de Monthazon. 

l^ne pelile Polonaise haute de deux couddes : Ma- 
ine de Duras, 

Une femme de grande qualitc, revendeuse d la 
^iie de princesses, Madame de Chastillon ; elle 
^e sa vie a troquer et revendre ses habits et 

^ne figure qui a la tete d'une belle femme et Ic 
^9 d'une jument de bast : Madame de Monas- 

^9%epagode dent les yeux et la tete remuent de 

^ cdtes et qui ne marche point : Madame de 

^rin. 

^9ie belle hdtelicre de Suisse : La Cursay. 

^ne £gyptienne qui fait cent tours de jyassc- 

«c avcc un clou a crochet : La comtcssc dUar- 

^t avec Ic due d'Estrces, 

hie femme changee en moincau, subitcmoit ; 

^ame de la Vrillere. 



— 108 — 

Mellereau pour Marmont 
Seroit trop peu de chose, 
Mais U pire Guiton 
Agit quand il repose. 



CHANSON 

SUR L*AIR DE JOCONDE. 

Par le chevalier d'Espalungae. 

Que dire de ces deux tendrons, 

FilleS'de la comtesse f 
Cest assez, regardez leurs fronti, 

Jugez de leur sagesse; 
Tanti, donnez-leurs des marys 

Qui soienl fort debonnaires. 
Car elles suivront a Venvi 

Vexemple de leur mere, 

Prenez garde, poete insolent. 
Que Von ne vous decouvre ; 

Yous altaquez imprudemmetit 
La Rehcssac au Louvre, 

Gardez qu^on ne vous pousse a bout, 
Me'disants de la ville; 

Car la lieutenante, apres tout, 
W£St plus nine desquille, 

11 n'est ne teste de saumon, 
De colac ny de truila 



— 109 — 

Qui ne vaiUe mieux qu'ttn sermon 

De ce phre jnuite ; 
II a trop Vair de charlatan, 

Vendeur de mithridate ; 
11 s'en prend sonvent aux amans : 

Trop de zele le gaste. 

Pour une putain d valet 

La Brassenpouey on chante; 
Vour un maquereau fin^t adroit 

L'abbe Dydeme on vante ; 
Lou petit p^e pour fripon, 

Navaille pour coquette, 
Affat pour sot, Lons pour poltron. 

La Day pour une hestd 



CHANSON 

SUR L*AIR : JE LE SgAIS BIEN. 



iiie 



"'* par M. de Chatelus , fils du premier president de 
''*'>. «lc la r»>, depuis b^n^dfetin T^tormi de la con- 
^•"^gaiion de Saint Maur, et par le sieup de la Farguc 
"^^ao, depuis capitaioe d'iufanlerie. 

Que la de Lau et la I^availle 
Aiment les vits de toute tattle, 

Je le sgais bien; 
^ais que leur cousine Darros 
i\e les aimdt un peu plus gros, 

Je n^en crois rien. 



— 110 — 

Qu'Hidernes soit le maqueveau 
De la Colonime et de la Lau, 

Je le sfou bien; 
Mais qu'il y en ait dedans VEspags 
Un plus fieffe que la Cassaigne, 

Je rCen crois rien. 

Que Mazhes soit hon amy 
D*Usoz qui rCy voit qu'd demi, 

Je le sgais bien; 
Mais, sous pretexte d^amitie, 
Qu*il baise sa chere moitie\ 

Je le crois bien. 

Que Marotte (i) aif un galant 
Qui veuillc faire Vimporiant, 

Je le sgais bien ; 
Mais qu*estant de bon appetif, . 
Elle 86 contente du Grit, 

Je n'en crois rien . 

Que Casaux fosse le marquis. 
Que de Gracietle (s) t7 soit epris, 

Je le s^ais bien; 
Mais que jamais il la possede. 
Sans la mener bientdt en Suede, 

Je n'en crois rien. 



(1) Marolle , mademoiselle de Doizon, mwr'iit^^' ^^ 
Thuron, de Pau. 

(2) Gracielte, mademoiselle Dordezon . 



— Hi — 

^'Uranie, femme volage, 
Mt dix amans en son parlage, 

Je le s^ais bien ; 
Mais que le dernier vetiu 
Soit chez elle le mieux repi, 

Je le crot>6ten. 

Que monsieur Vabbe de la Vie 
Jure qu'il veut changer de vie, 

Je le s^ais bien; 
Mais que le grand Dieu tout-puissant 
L'empiche d^4tre medisanl, 

Je n*en crois rien. 



CHANSON 

SUR L*A1R DES CLOCHKS. 

Toti.., tan,,, ton terns est passe', 

Vieille coquette; 
Ton tin, ton timbre est casse, 
Vieille pendule, tu repetes, 

A cinquante ans, 
Le carillon de la clochette 
Qui sonnoit Vheure d'amouretle 
Dans ton pnntems; 
^'avois qn'd tinter, et ta douce sonnette 
Attiroit un amanl ; 



— 1 1-2 - 

Mais a present. 
Ton tonin tiniant 
Ne reveille persotme, 
Dis-moy, quand iur U tetidre i 
Ta grone cloche sonne 
Ten, terii ton, 
Non, non, von. 
Si Von Ventend^ 
Ce fCat qu'au son 
De ton argent comptant. 



CHANSON 

suR l'aih du cotillon. 

Marc-Rene I'aumy de Voycr d'Argcnso 
presidenle Fillon : 

// faul payer au grand Bourb 

Lc dixi^e des cons. 
Messieurs les Malplaquet s'en i 
De cceur, d'amour, d'affection, 
Mais, s'il y a bataille en Flam 
Les droslcs s'en rcviendront 
A grands coups dc bastot 



— 113 - 

CHANSON 

l'AIR : TES BEAUX YEOX, HA NICOLLE. 

Sur M. Id marquis de Gesvrcs. 

Vhomme 9age et fidelle 
Dans la belle saison, 
Dis-moy quelque nouvelle 
D'une illustre maison. 
On nCa dit a Voreille, 
De Gesvres le marquis, 
QuHl est fait d merveille, 
Mais ne vaut rien au lit. 

Pourqtioy monsieur son pdre 

Le veut-il marier, 

Si ce n'est pas pour plaire 

A sa chdre moitie? 

II est dans Vimpuissance, 

Et Von rCen doute point, 

II a pourtant des manches 

A son petit pour point. 

Que dit la medecine 
Dans cette extremite? 
Le bruit court par la villc 
Qu*on Va bien visite : 
U est fait comme un autre 



Extcrieurement ; 

Mais Vimportante chose 

N'a point de mouvement. 

En affaire de guerre. 
Est 'il brave soldatf 
Porte-il bien les armes, 
Va-il bien au combat? 
Je crois que tu veuas rire 
Et que tu veux railler; 
HdUu ! le pauvre sire 
N*a jamais su tirer. 



CHANSON 

SUR L'AIR : LA CDRIOSIT^. 

Qui sceut fixer V Amour, si tendre et si volagef 

Labeaule! 
Psyche I'aima, Itii plut, elle dtoit belle et sage,,. 

La rarcte! 
Mais qui brisa les nceiuis d'un si charmant mdnage? 

La curiosite! 

Qui brouilla dans les deux les premieres deesses? 

La beautd! 
Pdris ecouta bien de toutes leurs promesses. 

La rarete ! 
Mais, avant de juger, il voulut voir leurs fesses ! 

La curiosite ! 



— 115 — 

r, en la formant, lui donna de sa mere 

La beaute! 
it d propos et parler et se taire... 

La rarete! 
• de Vengager dans Vamoureux mystere 

La curionte ! 

fnante Dancourt a su rendre immortelle 

La beaute. 
et de Vargent Von ne sent pas chez elle 

La rarete; 
i tnontre a tons, sans faire la cruelle. 

La curiosite ! 

wz de Vemis toute la ressemblance. 

La beaute! 
ivez de Pallas la fih*e indifference. 

La rarete! 
novr puisse unjour vous donner par vengeance 

La curiosite! 



CHANSON 

SUR L*A1R DES FEUILLANTINES. 



Filles qui cherchez epoux, 
Gardez'vous 



— 116 — 

De marquu a membres mous ; 
J'en fais Vepreuw crttelle. 

Car je suis. 
Car je wU femme et pucelle. 

Pour me tirer du bourgeoisr 

Lon fait choix 
De cet ambigu minois, 
Depuis trois ans Vamphilne 

PTa montrd, 
N*a tnontre Hgne de we, 

Mes parens ambitietix, 

Cwneux 
De eavonner mes ayeux, 
Ontt pour me voir eslevee, 

Achete, 
Achetecette poupee. 

Avec le bien que favois, 

Je pouvois 
D*un autre faire le choix, 
De quoi me sert d^itre riche, 

Si mon champ. 
Si mon champ demeure en friche? 

D'un tendre temperament 

Le penchant 
Me fait un cruel tourment; 
Je ne puis, en conscience. 

Observer, 
Observer la continence. 



— 117 — 

11 faut que let magislrats, 

Sur ce cos, 
^content lee avocate, 
Quoique chacun en raisonne. 

Car mon con,,, 
(kir mon confeeeeur Vordonne, 



VERS. 

jpouee fidelle ne ee plaint-elle pas ? 
a de lajeunesse, du bien et dee appas; 
\iy fera justice, et, si Von m'cn croi/oit, 
' un autre visile aussi Von concluroit. 



CHANSON 
on l'air : r£veillez-vous, belle endorhie. 

Guiche aux gens de hien pourra plaire; 
On lui trouvera Vesprit fin, 
Sa femme fera peu d'affaires 
Quandje ccsseray d' aimer levin. 

hes Grdces, quittant la duchesse, 
Irani toutes chez la Berry ; 
Conty marchera sans noblesse, 
Quandje quitter ai le sillery. 



— H8 — 

La joie regnera dans Versailles, 
La foy sera dans ious U$ cosurs. 
On ne verra plus de NoaUles, 
Quand je quitterai cette liqueur. 

Sans risque on verra LawrilUre, 
Courcillon n'aura plus d^attraiis, 
Cessac deviendra vive et fiire, 
Quand de V Amour feviterai ies traits, 

Quand Ccsuvres, d'amour assouvie, 
N'epuisera plus le blondin; 
Quand son cceur sera sans enme, 
Je eonsens de demeurer sans vtn. 



\illars sera pieux et modeste, 
II passera pour un he'ros, 
Sa famme pour un autre altesse, 
Quand je cesserai d^ aimer Ies pots. 

La Maisons, brillante et legere, 
Touchera Vesprit et le ccBur, 
A sa sceur elle sera chere, 
Quand je quitterai cette liqueur, 

Des Forts se croira sans merite 
Et fera grdce au genre humain, 
Ahhcz n^ aura plus d sa suite, 
Quand je cesserai d'' aimer le vin. 



— 119 — 

Themis metira sa confiance 
Et sa seurete dans la main 
De eeluy qui tient sa balance, 
Qttand je cesserai d'aimer le mn, 

Verdun, plein d*un orgueil extr4me^ 
N* a ff cetera plus I'esprit fin; 
11 decidera par lui-mime, 
Quand je cesserai d'aimer le vin, 

Fusse sera chaste et modeste, 
Stafforl reviendra d* Avignon, 
Nocee n*aura plus I'air funeste, 
Quand je cesserai d'aimer le inn. 

D'Orsay sera douce et moins fibre, 
Yerdun n'ira plus au balcon. 
On aimera la Me'songere, 
Quand je cesserai d'aimer le vin, 

Turgot sera triste et reveuse, 
Elle parlera sans dessein, 
Breleuil deviendra scrupuleuse, 
Quand je cesserai d'aimer le vin. 

On respectera la Yrillere, 
On estimera Pontchartrain, 
ffAntin fera mal ses affaires, 
Quand je cesserai d'aimer le vin. 



— 120 — 

Sagonne, eessant de nous plaire, 
NHnquidteraplm Venus, 
Duciot plaira tnoifu au parierre, 
Quandje cesMercd d^aimer U viit. 



CHANSON 

SUR L'AIR : ME 80MMES-N0DS PAS TROP 



Pourquoy la brune Loy$on, 
S*appcUe^-eUe Tontine? 
De grdce, belle Dorine, 
Apprenez-m'en la rai$on„. 
Cest que presque tout le moniie, 
De ses appas esperdu, 
Bien plustdt que chez la bUmde, 
Met son bien d fonds perdu. 



£PIGRAMME 

Sur le proces enlre H. et madame de Gefvr ' '^' 

En vain la riclie&milie (i) 
Plaide, conclut, requieft et veut 
Que d'avec un Jean qui ne pent 
Un prompt divorce la delie ; 
Les experts ayant affirme' 



{\) La raarquise de Gesvres. 



I 



lie Vepaux est &tm conform^, 
fwiqu'en iui la nalwe dorvne, 
iS chases de manni^ iront 
t«*t7 Vemportera par la forme, 
uoiqu'U fCait pas droit dans le fond. 



. CHANSON 

SOR %*AIIi BIKS ENNOYEUX. 

Sor le marqois dc Gesvrtis. 

esvres, fier du certificcU 

e ThuilUer el de la Carliere, 

8 croit le phu brave soldat 
e UnUe Vile de Cythdre; 

ais son espouse dit tout haul .- 

; sais mieux qu'eux ce qu'il s'en faut, 

iUm ces doctes medecins, 

e marquis est tres- forte lance; 

i Von en croit leurs yeux^ leurs mains, 

Ipeut combattre a touts outrance; 

^ais son espouse dit tout haut : 

9 sais mieux qu'eux ce qu'il s'en faut. 

les entendre cependant, 
'ett la verite toutepure ; 
amais mari plus abondant, 
I mieux foumi de la nature ; 
omment juger tel cmbarras ? 
esvres est homme ou ne Vest pas, 
I. 6 



^ 



— 122 — 

Qui croire, en cetto occtnion. 
Pour ne point encourir de bldme T 
tcouier Vattestation, 
Ou $*en rapporter d la danu ? 
Chert amis, voiey jmtement 
De Ve'nigme le denouement. 



La femme ne te trompe pas, 
Aucun prestige ne la trouble; 
Les,medec%ns, c'est autre cos : 
Quelqnes louts font voir tout douG^'^' 
Ainsi ce qui fut de plus plat 
Leur a paru dur, gros et gras, 

lis men tent done les bonnes gens ; 

La preuve : un charlatan s^engag^^^'^ 

Moyennant quatre mille francs, 

De faire faire au marquis rage,,,^ 

Or, voit-on des maris puissans 

Recourir d Vart, a vingt ans ? 



CHANSON 

SUR L*AIR DES PENDDS. 



Sar mademoiselle Testard , qui disoit Hrt tool 
pap un espril invisible, sitdt qu^elle vooloit doM'iiir. 

Or, escoutez, petits et grands, 
Un cas etrange et surprenant, 



— 123 — 

ArrivS dedans eette vilU, 
A Vendroit d'unejeune fille 
Qu'un lutin est venu saisir. 
Pour en faire d son ban plaisir, 

Les savans et les medecins 
y ont perdu tout leur latin, 
€2ar c^est un esprit qui fretille; 
il est souple comme une anguille, 
Mt se glisse en catimini 
iSocM sa jupe et sous son hdlnt. 

Jkuu le fauteuil et dans le lit, 
^Test Id souvent qu*il faitdu bruit; 
MaU, comme un esprit qui badine, 
M ne frappe qu^A la sourdine, 
Et ne lui cause aucun ennui 
Q!ue de gratter contre son huis, 

Les uns disent que c'est un sort 
Q^^un amant qui Vaima trh-fort 
Lui a donne par jalousie. 
Pour afin qu'on ne la marie 
A quelque autre trop vieitx epoux 
Qfii ne seroitpas de son gout. 

D*autres veulent que ce lutin 
Ne soil pas un vrat diablotin; 
Mais un certain petit caprice 
Cause' par un peu de malice, 
Et qu'un gros de matrimonion, 
Saura bien mettre a la raison. 



— 124 — 

Vous, peres, meres, lumniles gens, 
Dont les fiUes pcuserU foingt am, 
Mettez-les Inen vite en manage ; 
Car $i voui iardez datftmiage, 
Un Ititin sans faute viendra 
Qui trh'fort les luiinera. 

Or, prions tow le Redempteur 

Et son esprit consolateur 

Qui console les pauf>res files 

Qui sont encore d'dge nubile, 

Et qui souffrent un grand tourmen^ 

En attendant U sacrement. 



AUTRE 

SUR L'AIR : LAN LA. 

Sur le m^me sujet que la pr^cddenle. 

Vesprit de la jcune Tcstard 
Ne s'exerce que sur le tard; 
II s'evanouit. 
Sans faire de bruit, 
Sitdt que le jour briUe, 
Et Von ne irouve plus d*espril 
Dans toute la famiUe, Ian la, 
Dans toute la famille. 



— 125 — 

CHANSON 

SOR i/air de joconde. 

Sur la ConsiitutionUaigeniius. 

auire jour deux diables volans 

FiretU une gageure 
qui chieroit le plus puant 

Sur Vhumaine nature, 
3 premier chia le Tellier, 

V autre effraye recule; 
ais pour surpasser le premier, 

II lui chia la Bulle, 

es deux cas eont emharrassans, 

Cest pourquoy Von assemble 
(ymbre de prelate debon sens. 

Pour en juger ensemble ; 
epuis quatre mois ils n'ont pu, 

Vuider cctte reqneste, 
ar si fort I'un et I'autre pue, 

Qu'ils en perdent la teste. 



r 



^ r26 — 

CHANSON 

SUM l'aih : qu Sti^s-vous, birknne^ uan awi^ 

Stir Wi adiefix de la ^esle^ c()iaeilkiine laorlc^cn I 

Puijtque /« mortt 4 la flewr de mes am^ 
AviC ^a fmuds (ranchti ma destineef ' 

Adieu ^icu* du, mes amiSj vtt*s pttrem. 
Priest tou$ B(eu que je ne sola damnde, 

J'cH ai liien pmr, car jc VQU devnnt moy 
Tous mes 'picMs, toutes met perfidks : 
Quelle dme tivirct hetas ! je mmtrs d'effrmi 
Redouhte£ tous vos sainles psalmodies, 

Je navais pas encore oiize ans compkln. 
Que par Ic Grand je tne *}is fAdtinee, 
PitU dans Strasbourg f in*offr&nt u pen dc ftati 
Aux aigrefins je fa4 attandountk. 

Paris ffie vil an sortir de Strasbourg, 
J'y vins grisetie at presque tonic nue. 
¥me Paris H son charnianl $ejQur / 
C^est un Per on pourvn qu'on s^y rmnue^ 

D*t^0rd je plus au louvetier paiUard (t); 
U m*tquipa, fit pour moi dm merveilks ; 
Mais il fallmt^ pour jouir du vieitlardt 
Tenir long (ems k loap par tvs mmlki* 



{1J M, d'IkndkoiirL, grand louvctkt\ 



— 127 — 

I d'Hendieouri Brofore{i) succe'da; 
yepuis cinq ans, il est mon majordome; 
)iai$ la Sagonne (t) en Vaimant lui donna 
Ze qui me fait aller droit d Saint-Coeme. 

Kdieu, Quinaut, mon frhe un peu trop fat, 
^ez moine fier da cceur de la La Fare ; 
E)e vo» estploite elle fait moiru d'estat 
itte de Jasmin (s), dont le merite est rare. 

idieu, du Fresne (i); adieu, cher Cottrcillon, 
Ve pdchez plus totts deux centre nature; 
Troussez plutdt chacun vos cotillons, 
$t vous n*avez onguent pour la briklure, 

Adieu^ma sceur, quefaime tendretnent, 
Quittez Bernard (s), il tombe en pourriture ; 
O'un quart de lieue, il sent le monument, 
^n seul regard met dans la sepulture, 

Test pourtant moy qui vous vendis d luy ; 
Pour faire entrer et Quinaut et son frhre, 
Du due d'Aumont il me falloit Vappu}; 
VargesU comptant fit Justement V affaire. 



1) Cooseiller au parlement, petit-muislre. 

2) Fille de Samael Bernard. 
S) Son laqoais. 

Qainaut el du Fresne , frdres de la Nesle , bar- 
he de Courcillon. 

S) Samuel. EUe lui avoit did vendue d^s PAge de 
ize ans. 



— lia — 

CcHi miih 4eus que lui prUm Bernard (i) 
Pour tmnoficcr qttalre mots a SaiHi-Jitnu^», 
Ont faii }*our nmu vaqutr plus d^une purti 
Dunt a ^Qufferl Duffatf (*) et sa (hnme. 

Trh-mdehamment fe hur jm$m k tour; 
Dim jnt; punit de ceito perfidw; 
Ib mfeurSf helas / firi bout d& Van el jour 
QuHh ont quitti tous deux ta comSdie^ 

Lfiisset d'Aumont, U n't$t plus qu'un ^ero, 
Depuis qu*U a fait sa cour a La Chaise (s). 
La MtjrancQurt^ ihirand d Clavaro ; _ 

11 m vient rim de Itii qui ne deplaise, I 

De Fr^m {*} ut 6ol et la Tr^ouille ptat, 
Mortmnari s'enivi'e commu une soupe^ 
Lb Ft;hi)re est bdte et Saijit-Dizan est fat ; 
lis n'ortl phis (ajii dv poiivoir sur la irotip 

Failes lu cour A monsieur de ilcrrij, 
A sofv ipoVLse, a monsieur sou beau-pire ; 
Ceil ItJt qtfil faui s'adresser aujourd^fmi, 
B*Aufnont s'vh ftiettrt et Nadal desegph-c. 



(I) Pour 6on amba^^dteii Arigt<;tcrrc, 

P) Cotncdknu el comudhmnfiSf mh dehors pu^ 
dame do Tkrry, ti U Oa de 17 IS. 
(I) Pfcmjcra E^enUlhommesdc ta eUambreHu r^yl 



— i29 — 

Adieu, de Nesle, adieu, cher Broffore, 
Ayez taus deux bien soin de notre fille ; 
Que le peehesoitpar elle abhorre; 
Si m*en croyez, mettez-la dans la grille. 

Adieu vou^ dis, comediens du Roy, 
Priez Jesus que la^kaut il me mene ; 
Tespere en lay, tres-fortemenl j'y crois, 
J'ay renonce', et fai fini ma scene. 



CHANSON 

SUR L*AIK : V0U5 h'eNTENDEZ BlbN. 

Sur mademoiselle Tcslard . 

Philis, pourquoi vous plaigncz-vous 
D'avoir un demon pour epoux ? 
Un epoux de la sorte, eh bien ! 
Sur bien d^autres Vemporte. . . 
Vous itfentendez bien. 

Car, bien qu^il soil aerien, 
L'on sail que vous n'y perdez rien ; 
Son amour invisible, eh bien ! 
N'en est pas moins sensible. . . 
Vous m'cntendez bic?i. 



e. 



— 130 — 

S'il s'obstine a no point parkr, 
Ce malheur est waiment Uger; 
Car, dans certain mystkre, eh 6ie» / 
Parler ne vaut pas fa%re»„ 
Vous m'entendez Wen. 

Tuujours prest a vous prevenir 
Dans tout ce qui vous fait plaisir, 
Votre dme est satisfaite^ eh bien I 
Avant qu'elle souliaite,., 
Vous nCentendez bien. 

Quand dessus votre clavecin 
Vous passez votre belle main. 
Sans que vos doigts agissent, eh bien ! 
Tous les accords s'unissent.,. 
Vous m'entendez bien, 

Lorsqu'au bruit de quelque instrument, 
Au bal pour danser on vous prend 
Sans songer a la danse, eh bien ! 
Vous entrez en cadence,,., 
Vous nCentendez bien. 

En millc et mille pelits naeuds, 
Von voit (loiter vos beaux cheveux; 
La main qui les arrange, eh bien ! 
Sail placer la fontange,,. 
Vous m^entendcz bien. 



— 151 — 

Pourquoi done vous alarmez-vous 
De» caresses dTun iel epoux f 
Laissez jaser le monde, eh bien ! 
Vous ites sans seconde,.. 
Voiu nCentendez bien, 

Quand de PsychS V Amour e'pHs 
Se fit proposer pour mart. 
Von se mit d medire, eh bien ! 
Psychi n^en fit que rire,,, 
Vous m^entendez bien. 

La beUe avec son cher epoux 
GoiUa lesplaisirs les plus doux, 
Sentant sans le connoitre, eh bien ! 
Tout ce quHlpouvoit etre,,, 
Vous m^entendez bien. 

Car elle se dedommageoit 

Dans les bras de ce qu'elle aimoit ; 

Mais, fills curieuse, eh bien ! 

fVest pas longtems heurcuse, , 
Vous m'entendez bien, 

Elle s^y prit ainsi que vous, 
Voulut connoitre son epoux ; 
Vne maudite gouUc, eh bien I 
Mit la belle en deroute,,, 
Vous m^entcndez bien. 



— 132 — 

Sauvcz la youtte ci croyez-muy, 
Vivez dans voire bonne fay. 
Sans dire d votre mtre, eh 6ien / 
Le bien qu'on pent vous (aire.. 
Yoiu nCcntendez bien. 



CHANSON. 

SUR l'aIR DES FEUILLANTIMES. 

Sur Ic marquis de Gesvres. 

On dit qu\in certain marquis, 

Dans Paris, 
Ne fait que dormir au lit. 
La fenime crie et tempile; 

Oh! quel vt.,. 
Oh ! quel vilain petit maiire ! 

Elle crie a ses parens, 
Leur disant, 

Je n^aurai jamais d^enfans; 

II faut queje I'abandonne, 
Carmoncon.,. 

Car man confesseur Vordunne, 



— ioo — 



CERCLE 

OSt DE TODTES NATIONS, SUPPOSE AVOIR tH VU 
A LA FOIRE SAINT-LADRENT EN 1713. 

\e grcmde femme chinoise qui a le tcinl blanc : 

ime d'AWret. 

re dame napolitaine qui vient^n Suede {mer 

role) : Madame de la Tremoille. 

\e Circamenfie noire de visage et qui marchc : 

\me de Montbazon, 

le petite Polonaise haute de deux coudces : Ma- 

i de Duras, 

le femme de grande qualite, revendeuse a la 

ie de princesses, Madame de Chastillon ; elle 

*. sa vie a troquer et revendre ses habits et 

X, 

le figure qui a la tete d'une belle femme et le 
• d'une jument de bast : Madame de Manas- 

\e pagode dont les yeux et la tete remuent de 
cdtes et qui ne marche point : Madame de 
n. 

^ belle hotelicre de Suisse : La Cur say. 
e igyptienne qui fait cent tours de passc- 
avec un clou a crochet : La comlcssc d'Hur- 
avec le due d'Estre'es, 

e femme change'e en moincati, subitcmcnt ; 
me de la Vrillere. 



ho: 

I 



Uns fmmm deicendue en droite Hgne dt Sapho 
Madame de Listmiay. 

UfW ftmme seehe, fuaiffre, qui ne petH euffrai 
f^r depuis qn'slk' a efer rnsorceUe par itn dhi 
de bonnif uwnturc qui lui a ifttuf/Ie utw muum 
odeur i Madame dt Bcauff't'cin&ni (Couriena^); son 
mari u I' air eTun sorcier, 

Une magicimne qui s'cU ca^hee d Parti depuis 
qtCeUe esi revmite d'Ualie parcc qu*eUe a p<irdit It 
secret de la bcauie ; Madame de Verrue* 

tine bdtarde du Juif errani, qui, depuis qii't 
perdit son pu^elage avee im moine de Puis^, 
cessede co^unr : Madame de Ccsaac. (On dU qu'ed 
fillc, eiis avoit eu iiti enfant d'tme nioine.) 

Une femme qui voit tout^ qui entend tout et 
purie ; Madame de CoursUton^ 

Uns hclle figure toi^ours coueys ; Madmnoiseiti 
de Villcfranche. 

Une grande nymphe du jardin Esdain t Madam 
dc Nesle, 

Une ftmme mi$e en cagesubitenient : Madmnt di 
Polignac-MaiUy . Son mari VavoH fait en/entu!\ 

On. donncra le cercle des ftonitiies d ta foire 
Saint- Germain^ 



uou^il;ii£ 




RECUEIL 



CHANSONS 



YAUDEYILLES, SONNETS, 

I^IGEAMMES, tiPITAPHES ET AUTRES VERS 

SATTRIQUES ET HISTORIQUES 

AYEC DBS REMARQUES CURIEUSES 



VOLUME XHI. 



RECUEIL 



CHANSONS, ETC. 



SUR U CONSTITUTION. 

Jfidis le pape Pie, au ventre devoye\ 
Fit faire des privez d'un salutaire usage ; 
Clement XI, aujourd'huy, pour achever I'ouvrage, 
Fournit des torche-culs qu'on avoit ouhlies. 



VERS 

PAR AROUET. 

Use du jeu que pratiquoit Socrate, 
Un moliniste aupres d'une be'ate 
Par maint effort excitoit au plaisir 
Nature lente a suivre son de'sir; 
Tant lente etoit, qu'cncor seroit gisantc 
Sans le secours d'une main bienfaisantc 



— 138 — 

Cela, dil lots le cafard transporte, 
Ouvre a mes yeux le secret de la grdce^ 
La tuffisance auroit parbleu ! rati. 
Si dans $a main n^e^t trouvd Veffieaee. 



CHANSON 

suR l*air: votre lan la. 

Sur madame de Monastrol. 

charmante Monastrole, 
Qui, je suis au desespoir: 
Ma faiblesse me de'gole, 
J'ai louche sans m^&mouvoir (i), 
Yotre lan la, lan derirctte, 
Votre lan la, lan derira, 

CHANSON 

Sur le pere Lc Tellier. 

Le reverend pere Tricome 
En passant disoit d^un air mome : 
U est done mort, Ludovicus ? 
Ah! nous voild pas mal fichus. 
Si nous avons tons fait des nostres, 

(I) Le chevalier de fiavi^rc qui la rata. 



— 159 - 

St nous en avons fisehu dTautres, 
On va nous rendre dent pour dent, 
Je n'en suis que trop convaincu ; 
Car je sais bien dee a present 
Que nous en avons dans le cu. 



CHANSON 

SUB L*A1R : LA FARIDONDAINE, ETC. 

La Scarron a dit a Madot : 

Mettez dans vos louanges. 
Que Louis e'en va tout de got 
Coucher avec les anges ; 
Le TeUier est sa caution ; 
a faridondaine, la faridondon, 
our le flanquer en paradis, biribi, 
la faqon de barbari, mon amy, 

II fit son qvatrieme vceu, 

Estant en defaillance; 
Le Tellier dit : Votis trompez Dieu, 

Avec votre nuance ; 
D'lgncuie emportez le cordon, 
ja faridondaine, la faridondon. 
Car on fCen voudra plus icy, biribi, 
A la fa^on de barbari, mon amy. 



— uo - 
CHANSON 

SUR L*AIR : DU BRAItSLE DE HETZ. 

Cesse de V en f aire accroire 
Pour quelque 4clat de beaute ; 
Cursay, Von est rehute 
Par ta marche et par ton goitrt^ 
Et pour les secrets appcts. 
Si Rothelin Von doit croire. 
El pour les secrets appas, 
11 les faut citercher hien has, 

Avec ce goitre effroyable, 
Cet air plat et dehanche, 
Un esprit sot et bouche', 
CroiS'iu que Von soit aimable ? 
Cursay, des secrets appas. 
Si Descartes en est croyable, 
Cursay, des secrets appas, 
Le chemin est large et bos. 

Nous pouvons sans medisanee 
Hire un pcu de la Poncet, 
Dc son prc'cieux coquet, 
De son air de suffisance ; 
Elle a beau peindre son teint, 
II ne presche qu' abstinence, 
Elle a beau peindre son teint. 
Tout son barbouillage est vain. 



— Ul — 

Ml faut que la Flafnawnlle 
j^ii place dans nos chansons. 
^^s mines et ses facons 
^^fichantent toute la ville; 
J§!jf^lgre sa gale au menton, 
JS^dle a dompte la CastUle, 
l§^€ilgri sa gale au mcnion, 
E7£le fait rage du con. 

L^^x.'is^ons en pa'ix la Fontaine, 
H^^j^^ctons ses cheveux gris, 
Q^^od^u'elle off re ses debris 
A ^-e^i f)eut prendre la peine. 
L^ 4t^7tl contmandeur chamic 
^^ ^^tte Samaritaine, 
^^ ^^til commandeur charmd 
^*'**'^<* le gris pttmmele. 

^^'S chansons qu'on publie 
^sscjz c?e craindre les traits; 
^ -^othe, avec iant d'attraits, 
J^<yr^l braver leur folie, 
^ 2/e^x, ces puissans vainqueurs, 
^'^'^icroient me me Venvie,, 

2/ €*xtx, ces tendres vainqueurff, 
^^^^sent dv. tons les cceurs. 

^* "^^ \>€ux, muse chagrine, 
^^ *** saliriqiie ardenr 
\0'\r* c'leindre la fureur, 



— <42 — 

Jelte les'yeux sur Francine r 
VoM $es tUtraiU, $a douceur, 
Cette taiUe noble ei fine. 
Admire see trmU voMquewn, 
Parle eomme tout nos eaurs. 



CHANSON 

SUR L*AIR : IL A BATTO SON PETIT FBiOIC. 

Ce n'est p€U le file, c'eet le pkre, 
Cest la fiUe et non pas la mire; 
A cela prh, tout est au mieux; 
II ont dejd fait £teoclc, 
Et s'il vient d perdre lee yeux. 
Cat le vrai sujet de Sophocle, 

CHANSON 

SUR L*AIR : ALLELUIA. 

Sur madame de Monaslrol. 

La Monastrol, enrage'e 
De se voir ainH ddlaissee, 
Chez d'Aremberg se presenta. 
Alleluia, 



— «45 — 

Un jour elle alia le trottoer : 
Monsieur, voulez-vous nCeprouver ? 
Je suis en habit de combat. 
Alleluia. 

Le gro8 Flamand (i), par charite, 
Voului bien la belle exploiter; 
Mais bientdt il la renvoya. 
Alleluia. 

Car apres en avoir tdte'. 
Jamais ne put recommencer; 
D^Agenois nous appril ceUz. 
Alleluia. 

Ne saehant plus que /aire icy^ 
A Marsillac (s) elle prend le vit ; 
La mild reduite a cela. 
Alleluia. 

Belle Coursillon, pour le deduit, 
Le pauvre Chariot (3) Va petit, 
Et vous ne pechez pas par Id. 
Alleluia. 



(1) Le due d*Arcmberg. 
(3) Marsillac, eolonel qui a le pouce coup^. 
{^) Charles de Lorraine d'Armagnac , dit le prince 
Ibarles. 



Ii4 — 



EPIGRAMME SUR LES JfiSUITES. 

Uidolastrc sodiU, 
De ious temps en monsires feconde, 

Ifun roy fit sa divinite. 
La voilil tails Dieu dan$ ce monde. 



AUTRE. 

Des Jesuit cs, dit-on, la mine est cniihre, 
Chez le regent Us n'ont aucun acch; 
Jepense Sutie autre manure, 
Et je crois quHls gagnent leur prods, 
Puisqu'on leur tourne le derrihe. 



CHANSON 

SUR L*AIR : ALLELUIA. 

Siir rai)b<^ tie Rroglie , agent du clerg^ et de la eonsli- 
lulion , de mauvaises moeurs et rdputatioD. 

L'abbe de Broglie a tant gralti 
La Rochepot (i) ou vous savex. 
Qua la fin evSque il sera. 
Alleluia, 

(I) Fllle dii cliancelier Voisin. 



— 145 -^ 

Si de ce beau ample cliarmavt 
II en pouvoit naitre un enfant, 
Combien le clerge chuntera 
Alleluia. 



CHANSON 

SUR L'aIB de : MAIS. 

ChaboMmaU, cette beautdpeu fikre, 

I'Aremberg de'couvriC son derriire, 

Mais 

II est construil de manidre 

A n'y reloumer jamais m 



son pertuis la grandeur respectable 
Isoit fremir un vit si miserable, 
Mais 
E^t'il etc formidable, 
II lui faut un mirbalais. 



millc plis son ventre est le refuge; 

t vaste con incessamment se purge; 
Mais 
Vergagne en peut 4tre juge, 
II en a fait le portrait. 



— 146 






CHANSON 

SLR L*A1R : REGUINGU£, LONLOlfLA. 

Sur roadame la dacbesse de Berry. 

Or, escouiez, petitg et grands, 
Un tres funeste evenement, 
reguingue, 6 lonlonla, 
A Vendroit d*une jeune dame 
Qui en a le regret dans Vdme, 

Dans le Luxembourg, ce dit-'on, 

Elle a fait un joti poupon, 

reguingue, 6 lonlonla; 

Et quoique tout le monde en glose, 

Tous les jours fait la meme chose. 

La nuit du dimanche au lundi, 
Les douleurs elle ressentit, 
reguingue, 6 lonlonla ; 
Mais en moins d'une demi-heure, 
Elle est accouchee, ou je meure. 



hi. 






— 447 — 

CHANSON 

SUR L*A1R DE JOCONDE. 

Sar madame la ducbesse de Berry. 

Dei& voire esprit est gue'ri 

Des craintes du vulgaire, 
Grande duchesse de Berry, 

Vous baisez sans mystkre; 
Vn nouveau Loth votts sert d'epoux {%), 

Mere des Moabites, 
Faites encor sortir demons 

Vn peuple d* Ammonites. 



fiPIGRAMME 

• Arooet, &monseigneur le due d'Orleans, pour se 
jostifier d'ayoir fait le pr^c^dent coaplet. 

Nan, mofiseigneur, en ve'rite. 
Ma muse n'a jamais chante 
Tous ces Jeanfoutres d' Ammonites ; 
Brancas vous repondra de moy : 
Vn rimeur sorti des Jesuites, 
Des peuples de Vandennc toy 
Ne connoit que les Sodomites. 

[i) Le due d^Orl^ans. 



— i48 — 

SUR LE JUBILE. 

Le dieu cTamour, d Cythkre, 
Vient (fmivrir stm jMle; 
Tout amant est appelS 
A ^indulgence plMkre ; 
Belle Iris, pour la gagner 
Je sais la bonne maniire. 
Belle Iris, pour la gagner 
II faut a moy se rapporter, 

JHrai faire sttr ta bouehe 
Ma pr emigre station; 
Mais a ma devotion, 
Garde^toi d^itre farouche; 
11 faut quun mime de'sir 
Egalement nos C€eurs louche, 
II faut qu'unm^nu^desir 
Nous fasse un mime plaisir. 

Ma priere etant finie, 

Je poursuivrai mon chemin ; 

J'irai dessus ton blanc sein 

Dire aussi ma litanie. 

En parcourant tous les lieux 

De cette terre benie. 

En parcourant tous les lieux, 

On fait un office pieux, 

Bref, pour station demiere. 
Descendant un peu plus bas. 



— 149 — 

JHrai mr d^autres appas 
Finir ma minte ectrri^e, 
Mais U faut un cceur bien droit 
Pour se tirer Id d^affaire, 
Mais il faut un cmur bien droit 
Pour entrer dans cet endroit. 

Cest un temple tout d'e'bdne 
Sur un double piedestal, 
Dont la porte de corail 
Paroist ne s*ouvrir qu^d peine ; 
Mais moins le passage est grand, 
Quand unlfon motif y menc^ 
Mais moins le passage est grand, 
Mieux Von se trouve dedans. 

Pour lors le temple facile 
Daigne d nos vosux se prester, 
Vous le voyez s'agiter 
Sur son fondement debile; 
Vne source de plaisir 
De la votUe en fin distille, 
Vne source de plaisir 
Eteint nes hrulans desirs. 

Pour faire ceuvre meritoire, 
fadresserai dans ces lieux, 
En remerciant les dieux, 
Oraison jaculatoire. 
Par plus d'une aspersion 
Tarroserai Voratoire, 



— 150 — 



Pat' plus d'une oi^perjtoft 
Jtr fittirai toratBon^ 



CHAWSOH 

£1111 L~4m : XAftOTTE FAIT BIEK U fllU. 

Coursillon fait btfifi ta fi^e 
Pour let deujc amans 4iu*eUe a 

tc prince Ckarle$ 

Fori bhu la bahe ^ 
Mais d'Arcmbtirg n*it pris qu'un ral r 
CoursiUm faU*bim la ficre 
Pour lis deux amans qu'elU u ! 



CHAKSON 

suit L'AJA 1I£ I LAMPOffS. 

La Ca-^raUtoti ne Jieui paA 

Que itAremberg perde ses pas ; 

Elie lui prMs ie dcrriere^ 

Son deimni a (rop d'affaires. 

Lam pons, Immpom, 

Camarades, tampons^ 



— J51 — 

CHANSON 

SUR L*AIR : MAROTTE FAIT BIEU LA FI^RE 

D'Arginy fait bien la fiere 
Pour six freluqueU qu*qlle a ! 

EUe sHmagine 

Qti'avec sa mine 
Jamais son con nejeusnera. 
D*Arginy fait bien la fiere. 
Pour six freluquets qu'elle a, 

D'Arginy n'est pas trop riche, 
Mais elle paye comptant; 

Elle n^est severe. 

Pour Vordinaire, 
Qtt*d ses amans les mains pressans. 
D*Arginy n^est pas trop riche, 
Mais elU paye comptant, 

CHANSON 

SUR l\iR : LfeR&LA, LERE LANL^IRE. 

Le chevalier de Matignon 
West regu en cul ni en con ; 
II medil de toute la terre, 
Lere la, Ure lanlere, 
Lere la, lere Ian la. 



— 152 — 

Hier au bal notre regent, 
D'un air tendre, affable et charmant, 
VoulaU baiser Ui Parable, 
here la, etc. 

La Parable, de son e&tS, 
Ne voulant pas fe refuser, 
Troussa sa jupe et iaista faHre 
Lkre la, etc. 

La marquise de Castelmoron 
Est porteuse d'un si grand eon 
Que Montfort lui fait par derriire 
Lere la, etc. 



CHANSON 

SUR l'aiR de : MOT. 
Sur madftme de Nesles. 

J'ai des amans, je suis jeune et bien faite, 
fai beaucoup d^agre'ment ; 

L'on dit par tout queje suis fortcoqufitie, 
Queje le fats sow)ent; 

Je leur reponds, sans en faire la fine : 

Je suis Mazarine, moy, 

Je suis Mazarine. 



— 155 — 

CHANSON 

»UR L^AIR : TON HUHEaR EST, CATHERINE, 

ladame U dachesse de Berry, qui avoit fait fermer 
porles du jardin de Liuerobourg k plasiears hon- 
99 gens, hommes et femmes, qai s*y promenoient 
re aeof et dix heures da soir , et aaxquels elle fit 
scr la nait sans ^gard k toutes l^s priires qu'on 
St. 

Si I'on fait fermer la porte 
Dti jardin de Litxembourg, 
Ce$t eette grosse joufflotte 
Qui noui ajoue ce tour; 
Elle e%ut mieux fait, la coquette, 
De faire toucher le trou, 
Le voisin du trou qui pdte. 
Par oil elle fait joujou. 



— 154 — 

CHANSON 

SUR L'AIR : LA JEUIVE ISABELLE. 

Sur roadame de R6mond, maltresse de milord Coliiiebel, 
femme de R^mond, boargeois d'Angouldme, qui imm- 
fina d^an coop de pislolet Arnault , lieateaanl ^nM 
d^Angouldme, avec qui il avoit ii€ dans la ?oflB« 
poblique. 11 se saava en Flandre, oH sa femme fotaat- 
tresse de Tdleclear de Baviire : aid^ de eelte proM- ' 
tion, il voalut en 1706 profiler de ramnisUe ^ 
r^vdque d'0rl6ans a droit d^aceorder k loos ki 
crimioels h son avinement; mais son affaire bi 
trouv^e si grave, qu*il n'y pat r^ssir. 

Une hcUeine impure, 
Des tetons sans bouts, 
Un venire a fressure, 
Le con loin dessous, 
Voild ce que baise 
Celui qui le met 
Un peu trop a Vaise, 
Son Colifichet. 

VERS 

A madame de Poliguac, habill^e en homme , au -»-■ 

De Psyche seriez-vous Vamant ? 
De V Amour seriez-vous la mere ? 
Hon coBur s'embarque e'galement, 
Et pour Florence et pour Cy there. 



— «55 — 
CHANSON 

SOR L*AIR : OR NOUS DITES, MARIE. 

Or noiis dites, de Nesh, 
Qui V0U8 a fait quitter 
D'Agenois si fiddle 
Pour un autre herger? 
Betas ! cet imbecile, 
Ct maquereau gdte 
Qui sans cesse babille 
West venu desbaucher. 

Mais que dira Surville 
Qui wms foutoit si bien ? 
11 comptoit par la ville 
Renouer son tendre lien ; 
L'un n*est que geniilhomme, 
U autre est prince du sang, 
Et s^il n^est pas bel homme, 
Au moins a-t-il un rang. 

Sortani de chez d'Alluye 
OHi allez-vous le voir ? 
Cette commode amie 
Fournit-elle un foutoir? 
Bourbon dans un carrossc 
M'attend pour chamailler ; 
. Mais ce n*est qu'une rosse, 
Dds quHl faut chevaucher. 



— 156 — 

Dites-nous, jeune prince. 
Comment pour contenter 
Voire echine ii mince 
Peut-eUe register ? 
Femme si vigoureuse 
Powr son tempdrammU 
Ne sauroit Sire heureust 
Aijec un seul amant, 

Expliquez-iwus, degrdcs. 
Qui vous a fait quitter 
La Cessac, dent la grdet 
Savoit vous enchanter ? 
Je la vois tout de mSme 
Et Vaime tendremenii 
Mais son Age me gine, 
Je suis tropjewu •mofif. 

Tu chantes la de Nesle, 
Cessac, en verity, 
Crois-tu le due fidele 
A ta vieiUe beautdf 
Ton inceste public 
Decouvre a tons venmu 
Que ta perverse cUque 
Tc fait passer le temps, 

Mais qu'avoit fait la Meute 
Pour vous en degouter ? 
Son air de precieuse 
Paroissoit vous toucher. 



— 4«7 — 

Elle est trap grim€Kidre 
Et n*a nul agrement; 
Ce n'est f«Vfte ehimere 
Sans aucuu sentimenU 

On dUoU qvkowic die 
You$ vouliez degainer. 
Que cette sotte belle 
Vouloit vous gouverner. 
Ma sceur avec la Fare 
M'y vouloit engager, 
Mais son esprit bizarre 
Mauroit fait enrager, 

Cette jeune princesse 
Le divertit done bien ? 
A-t-elle la bassesse 
D'ecouter ec mdtin? 
Elle a su la hianiere 
De gagner son bossu. 
On ne peut plus iui plaire 
Qu'en le faisant coca. 

Large Monasterole, 
Vrai gibier de bordels, 
Ta feconde verole 
Detruit tous les mortels, 
Remplis ta destinee, 
Peris honteusement ; 
Dans un gouffrc abime'e, 
Disparois a V instant. 



158 — 



Je consacre a ta gloire 


1 


Ce peu de mots traees; 


I * 


Au lempU de mAnoire 


r 


lU y seront graves. 


1 


Infdme Messaline, 


|c 


Ouverte d tout venant. 


1' 


Qu*avec toi seul s'abime 


1 


D'Aremberg, ton amant. 


1 



Or tious dites, duchesse, 
Qwmd Laffay quittera, 
Qtie demendront vos fesstt ? 
Qui wms les grattera ? 
Chacun dit que la Mothe, 
Comme un jeune dtourdi, 
Mettra sous votre fotte 
Un demi-pied de vit. 



CHANSON 
sun l'air des landiris. 

Petilo d'O (4), pour le deduit 
Est-il vrai tout ce que Von dit ? 
Vous vous dies applique Bussy I (1) 



(1) Fille du marquis de Lassay et do la hkim.^^"^ 
iMonsiear le priDce, sa troisiftme femme. 

(2) L^abb^, fils du comle de Rabotin. 



— 159 — 

Voire mary tout effraye 
Chez la Coligny est alle : 
Ma scBur, je vienspleurer icy. 

Dodo, ne faut pas votu fdcher; 
AlUms, je veux vous eoruoler : 
Atusitdt lux a pris le int. 



he pauvre errant, tout eonsteme, 
N*osoit encor la regarder; 
Belas! bien lui en avoit pris. 

Dh guHl eut vu ce large etuy 

Et que le con il cut senti : 

Ah! ma sceur, comme H pue icy ! 



Cest bien a vous, petit amoureux, 
A trouver que je Vat baveux ! 
La Feuillade me Va bien pris. 



Petit Charolois, je vous plains 
De courtiser une catin 
Qui est le rebut de Paris, 

Qui dit catin en dit assez. 

On ne s'y peut jamais tromper . 

Cest la gaisne de tous les vits. 



1 



— 160 — 

Cest pour MoneuUrol en/in 

Que, succesieur de Smni'Otnmam (<), 

Vous vauM jetez dan9 ie m^pris. 

Apprentz qui vous rempUncez^ 
Et quel hotmeur voum aequirtx; 
Je veiix vous en faire rougir. 



De Sodome tout esstmffU, 
Vabbe d*Auvergne est arrivi. 
En se deboUant ilfut pris (•). 



CHANSON 
suR l\ir dk la fronoe, ou : il a BATT^ 

SON PETIT FR^RE. 

Que notre regent ct sa fille (s) 
Commettent tnainte peccadille, 
C'cst un fait qui semble constant; 
Mais que par lui elle soit mire ! 
Se peut'il que d^un mdme enfant, 
11 soit le grand-pere et le pere ? 

(I) Le chevalier, fr^re du marquis de Saint^Gcr^^'^ 
Beaiipr^. 
(9) En arrivanl aox eauz, clle lai donna laT^rol^ " 
(3) La duchesse de Berry. 



— 161 — 

Si pourkmi, -comma on le prstume, 
Au moadg eUe a mU un ftoMumu^ 
II faut Hen im donner un nom; 
Ainsi, sans 4tre iemeraire^ 
Cest la Rochefoucauld, de Pont, 
Gontaut, Riom, la Maye, Salvaire, 

Qu'avee La fay ie Bamrbon foute, 
U n'99i penonne qui en doute, 
lU ont mSmt iMM dvux rainn; 
Mais la bttte devreit ha dire 
Qu^avec plus de discretion 
Chez une veuve on se retire. 

Que la jetme ducbeese enrage 
Que eon metry n'e» foisse usage, 
Kn eet'tm eurprisf Non vraimemt. 
En partU cat, un amant %>enge. 
Que du Chalat soil eel amant, 
Le cbeix nCen paroisi fort etrange, 

Qite la Centg eoit enragee 
A un emge d'ilre engagee, 
Cela ne ee peut autrement; 
Mais qu'etle s*en tienne a la Fare, 
Ou son appe'tit n'est pas grand, 
Ou sa retenue est bien rare. 

Que Suryon, impatiente, 
Avec le Morton se contenle, 



— 162 ~ 

Cela n'est pas bien etonnant; 
Mais qu'elle, Vaifnant d la rage^ 
Ken Sprouw aueun aceideni, 
Elle est plus heureuse que sage. 

Que Ckarolois, jeune et firingant^.^ 

Pour Richelieu soil complaisant^^ 

Cest assez le sort de son sang; 

Mais qu'd ce choix eUe se tienneT . <— • 

A son Age, belle maman 

En occupoit demi-douzaine. 

Que le due s'empresse pour Nesle^ 
11 flatte Vhumeur de la beUe, 
Et son epoux n'en dira rien ; 
Mais qu'en soupant chacun la 
Comme un-autre saint Seltastien, 
Que de Castel (a) elle se garde. 

Que Jonquette a CorUy se donne, 
Elle s'allie a la couronne. 
Quelle gloire pour la Haynaux ! 
Mais que, sans garder de mesure, 
Tous les roqtiets lui soient egaux. 
Pour le Jonsac quelle coiffure! 

Que la belle Monasterole 
Se donne pour mille pistoles, 

(I) Chirurgien qui gu^ritde la v^rolo. 



abUe en vers, qu'habile en prose, 
taria (4) nuit et jour compose^ 
que aimer lui semble commun; 
que sans cesse elle s'occupe 
it combat de cinq contra un (t), 
io ne fut jamais si dupe. 

Dymaine, laide et nabotte, 
^alezieux live la coUe, 
xarche pour tous deux est ban ; 
que le Polignac n'en bouge 
uehe avec cet embrion, 
faire honte au chapeau rouge. 



I tendre Nangis, la Vrilldre 
e jouissance pleiniire, 
auphine en fit bien autant ; 
qu'au rigent elle se vouc, 
la fortune du galant. 



1 



h< 



i: 



— 164 — 

Au dernier iaq\taii de tu rit«, 
€t*lu m*est fort indiff'er^nii 
Mais 471/^ to putain soii m^h 
Et vemlle en imposer attai gen 
Ctst Sire par irop iuBolente, 

Que la Meiun (a), jeuns et geniiUe 
Se brouillc at^ecqite sa famille^ ^^ 
Ccta le pcitt'^U mHrcment f ^| 
Mais que d'Evnmm elle supplants 
Et fuHie avccque son amant, 
Cett Hre mauvaue parents. 



dr4M 



Qitatfant le co3ur nn pnt trop 
Gaec partmtt se laisss prettdr 
Lc ntal est cfimmim duns Par 
Mais que, dans Cardenr fa phm fi 
EUe H d'Aremberg soieni surpris 
Ok mat Us i>errnuiM d^ la parte f 

Qtte pour rendre Orleans prapf^ 
Maillebois a^afjfre en saerifice, 
Sauvant du gibei Desmarets, 
Qttel jitt^tmefit en doit -on fair 
Aimp-i'ctle scs interests ? 
Le dediiil on Men son !fcau-p^ 






(1) Lq MoDttsletolc. 




— 165 — 

CHANSON 
SUB l'air : c'est la pure v£riti£. 

On dit que te Luxembourg (i) 
8ert de re'duit a V Amour, 
Ce n'est qu'une medisance ; 
On dit qu'd Vintemperance 
Un autel on a dresse 
Que nuit et jour on encense : 
Cest la pure verite. 

On dit que chez lef Condc 
Les amans sont tien traites, 
Ce n^est qu'une medisance; 
On dit que par complaisance. 
La maman de son coste (s) 
Prend aussi part a la danse : 
Cest la pure verite. 

On dit que certain roue' 
La duchesse a su charmer, 
Ce n'est qu^une medisance ; 
On dit que, pour son attente, 
Ce qui n*est pas ecrase, 
Faute de mieux, la contente : 
Cest la pure verite, 

\^ Madame de Berry. 
^^) Madame la duchesse. 



— i66 — 

On chante, beUe Conti, 
L'exch de voire appetit, 
Ce n'est gu'une mSdUanee ; 
Aux yeux de toute la France, 
La Fare, que wme aimez. 
Met le faux en evidence : 
Cast la pure virile. 

On dit que la Suryon (4) 
Voudroit bien changer de wmf 
Ce n^est qu'une medisance; 
On dit que, par prevoyance, 
Et pour fuir l'oinvete\ 
Marlon I'inslruit par avance : 
C'est la pure verite'. 

On dit, malgre' sa beaute. 
Que Lambesc Va gAte, 
Ce n'est qvCune medisance; 
On dit qu'avec indulgence 
Ses parens Vont fait trailer, 
Quand elle eut conte sa chance : 
Cost la pure verite. 

On dit que sa sceur Duras 
Peuplerait bien un haras, 
Ce n'est qu'une medisance ; 
On dit qu'elle met di'avance, 
Aux depens de sa beaute', 

(I) Mademoiselle de la Rocheguyon. 



— 167 — 

JPlus d'un dtalon en dame : 
Ce«l la pure verite, 

On dit que la Bduffremont 
A toU9 dit pis que leur nom, 
Ce n*e8t qu*une me'disance; 
Cn dit que sans consequence 
Elle pent tout hasarder 
Sans craindre la medisance : 
Cest la pure virile. 

On dit que le grand Villars 
Doit sa fortune au hazard, 
Ce n*est qu'une medisance ; 
On dit que sans consequence 
Sa femme, de son coste\ 
A mirite recompense; 
Cest la pure verite 



CHANSON 

SUR L*AIR DO CONFITEOR. 

Tendn (i), vous avez de Vesprit, 

.. Go^rin deTencin, premi^rement religiease; 
oc M. Dillon, lieutenant gdn6ral des armies du 
i fit an enfant. Eile vintli Paris, obtint one 
lion d'ane place auz Dames Religieuses de Nea- 
s Nonnes eu Bresse , ou elle n'a pas 6U^ et en 
^une pr^tendue protestation contre ses premiers 
Is ont ^t^ d^clar^s nuls. Sa soeur la F^rlol lai a 



— 168 — 

On le voitpar voire cunduite; 
D'Argenson txnu e^Dez sMuif 
Pour mieux Mter la pourstUte 
De voire affreux debordemeni. 
Qui votu fit chcuser du couveni, 

Boulinbrock {t), es-tu poMsdde' T 
Qtielle est ton idee chimerique, 
De Vamuser a chevaucher 
La fille de saint Dominique T 
Crois-tu que d'elle ei d'un Torti , 
II en naitra un anteehpiet f 

Penses-iu done plaire au regent. 
En chevauchani cette guenippe f. 
II Va rate depuis trois ans^ 
Et a jure par saint Philippe 
QuHl mepriseroit tout mortel 
Sacrifiant a cet autcl. 

La Feriol (2) a moins d^esprit, 

manage quelqae bieo, avec lequel elle a agiot^ k fwSf 
sous la protection de M. d*Argenson , lieatonant de 
police, son tenant, auqael elle a donn^ la y^role dent it 
estmort, et, dans le besoin, elle lai a aussi wni 
d'espion. 

(!) II £toit secretaire dTtat de la reine Aodc d'Angle- 
terre et s'est r^fagi^ k Paris. 

(2) On a dit d'elle qa'elle teneit chez elia ta jpetlli 
assembl^e du clerg^ , in cause du nombre d*abb^ q«i 
alloienl chez elle. On a dit que son frdre £toU Imp bita 
avec elle, et que ce fot sur Tavis que Ten ee donoa a« 
roy , qu'il ne fut pas fait ^y^ue. H y to • e« bieo 
d'autres. 



— 169 — 

AvecBonfrss et aa science. 
En lai$$a$U eckapper Coigny, 
Homme de tris grande importance; 
Pour $a fortune et sa sante', 
Bon Dieu, quHl s'etoit mat niche ! 

D'HuxeUes (4) ne la voit jamais 
Que tremblant, perdant la parole ; 
11 ddteste. ses vieux attraits 
Oti il a gagne* la vdrole. 
Helas! dit4t, tout eperdu, 
Du mains si je Veus prise encu! 



CHANSON 

Le k Toceasion de monseignear le dac d'Orl^ans , qui 
doDD^ SM),000 francs k one fille qu'il a voala baiser 
I qa'il a raUe. 

La qualitSn'est que sottUe; 
p Le rang seul vaut-il nos de'sirs? 
En amour, jeprends pour devise : 
Moins de grandeur, plus de plaisirs, 

Lorsque mon ardeur est extrime, 
Quand je suis en feu dans tes bras, 
Tu me rates : hilas! quand on aime, 
J*en sttis r&re, on ne rate pas. 



1) Le marechal d'Huxelles , log^ auprds d^elle. Leurs 
lisons communiqaoient par le jardin. 

T, III. 8 



— 170 — 

Foin de la grandeur incommode -^ 
Un coeur tendre doit s'tUarmer; 
En ratant, on est d la mode; 
Les bourgeois savent mieusc ahne^a^ 



CHANSON 

SUR l'aIR : LON LA, LAN DERI RBTTE . 

Cest la duehesse de Bowben 

Qui met tout le monde en chanson,, 

Lon la, landerirette, 
Excepte ceux qui lui ont mis, 

Lon la landeriri. 



CHANSON 

SUR l'aIR : MAROTTB FAIT BIER LA FlkRE, 

La Berry n^est pas si sotte 
De s'en tenir an papa (i); 
La grosse ragotte 
Met sous sa cotte . 
Tantost sticy, tantost stila; 
La Berry n'est pas si sotte 
De ien tenir au papa, 

(I) Le due d'Orl^ans. 



— Hi - 

CHANSON 

SUB L'aIR : ALLELUIA. 

Monsieur le due d Sessac dit : 
Je voudrois itre ton amy ; 
Awsitdt il lui fit cela. 
Alleluia. 

Aprh s*en Sire un peu servi, 
A Putanges il la rendit 
Et dla Meuse il retouma. 
Alleluia. 

A Gaee de Nesle disoit : 
Le mime sortje crains, ma foi; 
Pour Mewe il me plantera la. 
Alleluia. 

Gaee', du propos etonne\ 
Parut d'abord emharrasse; 
Mais apris il la rassura. 
Alleluia. 

De Nesle, ne craignez done ricn, 
Je connois mon prince trap bien. 
Pour la Chasse il balancera. 
Alleluia. 



— 172 - 

A d'Agenois (i) de Nesle a dit : 
Adieu, num cher petit ami, 
Vous fie me ferez phu eela. 
Alleluia. 

Ce n'est point changement de goiU, 
Mais pour contenter man epoux. 
Monsieur le due me le fera. 
AUeluia. 

Je 9ie pourroii pa$ U trmnper, 
Dejd son confident Gac4 
Ne me quitte plus d'un mul pa%^ 
Alleluia, 

Le d'Agenois, fort courrouce', 
Cherchant partout d se venger, 
Chez Monasterol s'en alia. 
Alleluia, 

Plus par son depit que par goOt, 
II voulut bien lui faire un coup ; 
Mais point il ne recommenga. 
Alleluia. 

Depuis diner jusqu'd souper, 
Elle fout en asne debaste : 
Tant grand est Vappetit qu'elle a ! 
Alleluia. 

ri) La Monasterol avoit gagnd une de ses femmet dff 
chambre(dc madame deNesle),qai aTertit le marquis dff 
Nesle, et elle fut prise sar le faitaTee le eomte d*Ag^BoSi> 



— 173 — 

La medisante Bauff^emont (i) 
Par Pezeux fit fourbir son con ; 
Pour luy quel travail est-ce Id! 
• Alleluia, 

Le chevalier, quoique fourm, 
Ne iuffit pas pour U dSduit 
De eette Messaline-ld. 
Alleluia, 

Le d'Aremberg, tout essouffld, 
Sur un canape VajetSe, 
Mais aussitdt il debanda. 
Alleluia, 

La CourciUon tout effraye'e 
A Parabire s'eti est alle'e, 
Et son kistoire lui conta. 
Alleluia^ 

BelleSeignelay, pour le deduit 
La Feuillade est-ilfort au lit? 
Par mfi fin, je ne le crois pas. 
Alleluia, 

La Duras, d ce que Von dit, 
De Riehelieu a pris le vit ; 
La Charolois en boudera. 
Alleluia. 

(I) La medisante N de Courlenay, luidc cl mc- 

cbante. 



— 174 — 

La Villequier nous a dit : 
Je suii kuse de mon nuui, I ^' 

Son pire le remplacera. | ^ 

Alleluia, 

Belle princeese de Conty, 
La Fare ale nit trop petit, ' 

La No&e (4) vawt bien nUeuxpemt^' 
Alkluia. 

Monasterol, d ce qu'on dit, 
A pHs de BaviSre le vit, 
De mime qu*d son bonpapa. 
Alleluia. 

A Villequier elle awnt dit : 
^e veux que tu sois mon ami. 
Mais le vilain n'en voulut pas. 
Alleluia. 

Le comte d'Agenois a dit : 
Ah! grands dieux, quel gouffre est ceey .' 
Je ne puis suffire d cela. 
Alleluia. 

La petite de Chastillon 
N*a qu*d se gratter le menton; 
Nul ne veut lui faire cela. 
Alleluia. 

(1) Premier ecuyer da prince dc Conly et qualritae 
fils de Langeais. 



- 178 -• 



*Ue vaukni bien agacer (i) 
f€ marquis au nez retrousse'; 
iaU la Berey Ven empieha, ^ 
AUeluia. 

,e cTEspinoy <i) avoit choisi 
^our ses ibats la d'Aneenis, 
\tais, ma foi, il n'a pris qu^un rat. 
Alleluia, 

la jeutie eomtesse d'Evreux, 
4 le con moindre que les yeux ; 
Cependant elle fait cela. 
Alleluia. 

Belle maman (i), si vous chassez 
Vaimahte marquis de Lassay, 
La Mothe le remplacera. 
Alleluia, 

Rupelmonde, de ta beaute 
Le temps bientdt sera passe, 
FaiS'le done tant que tu ponrras, 
Alteluia, 

Maill^ois a dit au regent : 
FaiteS'le-moi done plus souvent, 
Et mon beau-pere chantera : 
Alleluia, 



ilaot. 

... Gorge retenue par des Gbarosl, d^vols. 

lame la doehesse m^re. 



— 176 — 

Locmaria, toute la nnit, 
S*afnu»e it meturet mm vii 
SamjmttaU $e kuser U %nu. 
Alleluia, 

La VrilUre a dit au ri§9ni : 
Je suis a vou9 pour de Varffenti 
Autrefois B^tours in'en cfewia. 
Alleluia. 

Apres avoir bien vu des vite, 
ElU s^est tenue a Ikmgig; 
11 est bon pour fiUre celrn. 
Alleluia. 

La Montbazon, d ee qu*on dit, 
Du prince de Rohan prend le vii. 
Du Bordage s'en fdchera. 
Alleluia. 

Duras a fait la jonction, 
De son derriere et de son con; 
Allons, mes amis, voir cela. 
Alleluia. 

On vouloit savoir, dans Paris, 
Qui avoit le plus grand pertuis ; 
Aussitdt Villette banda. 
Alleluia. 

La jeune duchesse, dit-on, 
Avoit pris le petit Marton, 
Mais elle aime mieux du ChmM. 
Alleluia, 



— 177 — 

La jeume de Roye (4), ce diUon, 
A pour amarU Castehnoron, 
Mais Buretal lui fait eela. 
Alleluia • 

La den Alimtn (i) d son fils dit : 
J'at trouve une place icy ; 
Mais le vilain la refusa. 
Alleluia, 

La d^Evreux, d ce que Von dit, 
Tr<mve que Soubize Va petit, 
Vh plus gros le remplacera. . 
Alleluia. 

Cest d*Angennes (s), d ce que Von dit. 
Qui va remplacer ce petit vit ; 
Toutes les Bouillons it foutra. 
Alleluia. 

Le d^Espinoy s'etoit vante 
ly avoir la d'Evreux chevauche. 
Que pour Polignac il quitta. 
Alleluia, 

Mais on lui rend justice icy. 
En attribuant d son amy («) 

Ule de du Gassc. 

"ambassadrice voaloil lier son fiis avec la Mo- 

)1 )i6ur en tirer de l*argent. 

I a?oit en one affaire avcc la ducliesse d'Albret, sa 

lont on pretend qu'elle a eu un eofaot avant 

ierlejeone Melon. 

edaede Richelieu. 

. III. 8. 



— 178 — 

Tout ce que de mauvais il a. 
Alleluia^ 

he Beumonville et la Jonsac 
Ensemble font le tic-ttte, 
Le pauvre enfant s^en sentira. 
Alleluia. 

Villequier auroit toujour* vecu 
Sans jamais avoir ete fontu, 
SUl n*eust soupi chez Ducheila. 
Alleluia. 

Courcillon Cemmena chez lui, 
Et lui dit : Mon petit ami. 
Mais le fait est qu'il Vencula. 
Alleluia. 

La Tallart, a ce que Von dit, 
De plus de trois mois s'est mSpris. 
Dans un an ellc accouchera. 
Alleluia. 

A d'Espinoy elle avoit dit : 
Pais cocu mon pauvre mart, 
Je n*accoucfte pas sans cela. 
Alleluia. 

La jeune Soubise, dit on, 
A le plus puant des cons ; 
Son nez rouge nous Vindiqua, 
Alleluia. 



— 179 — 

Ifltweux (i), votre mauvaiie fox 
Youi fait fort peu d'amis, je croy ; 
Soubise e$t dupe ou le sera. 
Alleluia, 

On le trompe faeifement, 
II est benin et bon enfant; 
Mais un plus vif Ven vengera. 
Alleluia. 

Le petit Gesvres, ce dit-on. 
Tons Us jours vous prend voire con, 
Et avec ifous il fait cela. 
Alleluia, 

La Cursay, & ce que Von dit, 
Veut encor lui prendre le vit; 
Hais point il ne le lui fera. 
Alleluia, 

^c Broffore est enrage, 
Dc voir ce train recommence. 
Par ma foi il la rossera. 
Alleluia, 

ta de Gie', d ce qu'on dit^ 
Couche avecque le vieux Thurg ; 
II ne pent plus faire cela. 
Alleluia. 



^vreux Ic jeune. 



— 166 — 

On chante, belle Conti, 
L'eaxh de voire appetit, 
Ce n'est qu'une mSdisance ; 
Aux yeux de toute la France, 
La Fare, que vous aitnez. 
Met le faux en evidence : 
Cest la pure verite. 

On dit que la Suryon (t) 
Voudroit Men changer de nmn^^ 
Ce n'eet qu'une me'disance; 
On dit que, par prevoyance, 
Et pour fuir Voisivete', 
Marton Vinstruit par avance : 
Cest la pure verite'. 

On dit, malgre $a heaute. 
Que Lambesc Va gdte, 
Ce n'est qu^une me'disance; 
On dit qu'avec indulgence 
Ses parens Vont fait trailer, 
Quand elle eut conte sa chance : 
Cest la pure verite. 

On dit que sa sceur Duras 
Peuplerait bien un haras, 
Ce n'est qu'une me'disance ; 
On dit qu'elle met d'avance, 
Aux depens de sa beaute, 

(1) Mademoiselle de la Rocheguyon. 



^ 167 — 
la pare veHte. 



,t que «» ^„, 

CHX«SOH 
son >■""• 

. a.Tencin,preH.i*;«f;^':,**esd» 
"••''"^'^uon Ue«un»»* 8*f -^^^f oWinl one 



— 168 — I 

On le voit par voire eunduite; 
D'Argeruon v<nu etveaf s^dtnt 
Pour mieux etiter la poursuiie 
De voire affreux debordemeni. 
Qui vous fit chauer du couvetU. 

Boulinbrock ^4), es-tu possdde' T 
Quelle e$t ion idee chimerique, 
De t'amuser a cbevaucbfir 
La fille de saint Dominiqjite ? 
Crois'tu que Selle et d^un Toris^ 
II en nattra un anieeknat ? 

Penses'tu done plaire au regent. 
En chevauchani cetie guenippe f. 
II Va rate depuis irois ans, 
Et a jure par saint Philippe 
QuHl mepriseroit tout mortel 
Sacrifiant a cet autcl. 

La Feriol (s) a moins d'esprit, 

manage quelqae bien, avec lequel elle a agiot^ k JHirti, 
sous la protection de M. d'Argenson , lieatisiuiBt de 
police, son tenant, aaqael elle a donn^ la vdrole dont il 
estmort, et, dans le besoin, elle lai a aussi seni 
d'espion. 

(i) II ^toit secretaire d^Etat de la reine Anne d'Aogle- 
terre et s'est nifugie k Paris. 

(2) On a dit d'elle qa^elle tenoit ches ella la patili 
assembl^e da clerg^ , k cause du nombre d^abb^ qii 
alloient chez elle. On a dil que son frdre ^toit trap bin 
avec elle, et que c« fot sur Tavis que Ten ee doena a« 
roy , qu'il ne fut pas fait ^T^ue. n y an a ea bien 
d'autres. 



— ■ 169 — 

Avec MonfTic et m stUnee, 
En laUaant echapper Coigny, 
Homme de trh grande importance; 
Pour »a fortune et sa sante', 
Bon Dieu, qu'il s'etoit mal nicJie ! 

D'Huxelles (i) ne la voil jamais 
Que tremblant, perdanl la parole ; 
11 deteste set vieux attraits 
Otiil a gagne la verole. 
Heku! ditM, tout eperdu, 
Du moine si je Veus prise encu! 



CHANSON 

lie k roeeasion de raonseigneur le due d'Orl^ans , qui 
1 donn^ 50,000 francs k one fille quMI a voulu baiser 
et quUl a rat^e. 

La qualite' n'est que sottise; 
, Le rang seulvaut'ilnos desirs? 
En amour, je prends pour devise : 
Moins de grandeur, plus de plaisirs, 

Lorsque mOn ardeur est extreme, 
Quandje suis en feu dans tes bras, 
Tu me rates : Mlas! quand on aime. 
Ten sfiis sikre, on ne rate pas, 

(1) Le marechal d^floxelles , log^ aupr^s d^elle. Leurs 
laisons communiqooieni par le jardin. 

T, III. 8 



— 170 — 

Foin de la grandeur incommode / 
Un cceur tendre doit »*dlarmer; 
En raiant, on est d la mode; 
Le$ bourgeois savent mieux aimer. 



CHANSON 

SUR L'aIR : LON LA, LANDERIRKTTC. 

Cest la duehesse de Bowben 

Qui met tout le monde en chanson, 

Lon la, landerirette, 
Excepte ceux qui lui ont mis, 

Lon la landeriri. 



CHANSON 

SUR L*AIR : MAROTTB FAIT BIEM LA FlkRE, 

La Berry n*est pas si sotte 
De 8* en tenir au papa (f ) ; 
La grosse ragotte 
Met sous sa cotte . 
Tantost sticy, tantost stila; 
La Berry n^est pas si sotte 
De ien tenir au papa, 

(1) Le due d'Orl^ans. 



— Hi - 

CHANSON 

SUB L'AIR : ALLELUIA. 

Momieur le due & Sessac dit : 
Je votidrois itre ton amy ; 
AtusUdt il lui fit cela. 
Alleluia. 

Aprh e'en itre un peu sertn, 
A Putanges il la rendit 
Et 6la Meuse il retouma. 
Alleluia, 

A Gaee de Nesle disoit : 
Le mSme eortje crains, ma foi; 
Pour Meuse il me plantera Id, 
Alleluia, 

Gaee, du propos e'tonne\ 
Parut d'ahord embarrasse'; 
Mais aprh il la rassura. 
Alleluia, 

De Nesle, ne craignez done rien, 
Je connois mon prince trop Men, 
Pour la Chasse il balancer a. 
Alleluia, 



— 172 — 

A d'Agenois (4) de Nesle a dit : 
Adieu, num eher petit ami, 
Vous ne me ferez phu eela, 
Aliehna. 

Ce n'est point changement de goAi, 
Mais pour contenter man epoux, 
Momieur le due me le fera. 
Alleluia, 

Je ne pourrois pa* le ifwnper, 
D^d son confident GaeS 
Ne me quitte plus d'un §eui pa»^ 
Alleluia^ 

Le d'Aginois, fort eourroueS, 
Cherchant partout & se vengef, 
Chez Monasterol s'en alia. 
Alleluia. 

Plus par son depit que par gotUj 
II voulut bien lui faire un coup ; 
Mais point il ne recommenga. 
Alleluia, 

Depuis diner jusqu'a souper, 
Elle fout en asne debasti : 
Tant grand est I'appetit qu'elle a ! 
Alleluia, 

(1) La Monasterol avoit gagnd une de ses femmet A 
chambre(dc madame deNe8le),qoi averlU le marqais A 
Nesle, et elle fu( prise sor le faita?ee le eomte d*Ag<Mii 



— 173 — 

L,a medisante Bauffremont (i) 
Par Pezeux fit fourbir son con ; 
Pour luy quel travail est-ce Id ! 
• Alleluia, 

Le chevalier, quoique foumi, 
Ne suffit pas pour U deduit 
Be eette MessoHne-ld, 
Alleluia, 

Le d'Aremberg, tout essouffld, 
Sur un canape VajetSe, 
Mais aussitdt it debanda. 
Alleluia, 

La CourciUon tout effrayee 
A Parable s'eti est allee, 
Et son kistoire lui eonta. 
Alleluia. 

BelWSeignelay , pour le deduit 
La Feuillade est-il fort au lit? 
Par mfi foi,je ne le crois pas. 
Alleluia, 

La Duras, d ce que Von dit, 
De Richelieu a pris le vit ; 
La Charolois en boudera. 
Alleluia, 

(I) La mddisante N de Gourtcnay, laidc ct mc- 

cbante. 



— 174 — 

La Villequier nous a dit : 
Je $ui$ Uuse de mon nuui^ 
Son pkre le remplacera. 

Alleluia, * 

Belle princeise de Conty, 
La Fare a le vit trop petti, » 

La None (4) vaut bien mieuxpimr eela. 
Alleluia. 

Monasterol, d ce qu'on dU, 
A pr%8 de Bavidre le vii, 
De mime qu*a eon bonpapa. 
Alleluia, 

A Villequier elle avoit dit : 
)/e veux que tu eoie mon ami, 
Mais le vilain n'en voulut pas. 
Alleluia, 

Le comte d'Agenois a dit : 
Ah! grands dieux, quel gouffre est cecy ! 
Je ne puis suffire a cela. 
Alleluia. 

La petite de Chastillon 
N'a qu'd se gratter le menton; 
Nul ne veut lui faire cela. 
Alleluia. 

(1) Premier ecuyer du prince dc Conty et qaatriin 
fils de Langeais. 



— 175 — * 



ElU votUoit bien agacer (i) 
Lie marquis au nez retrousse; 
Mais la Bercy Ven empScha, ^ 
Alleluia. 

Le d^Espinoy («) avoii ehoisi 
Pour ses ebats la d'Ancenis, 
Mais, ma foi, il n'a pris qu'un rat. 
Alleluia, 

Lajeutie comtesse d*Evreux, 
A le con moindre que les yeux ; 
Cependant elle fait cela. 
Alleluia. 

Belle maman (z), si vous chassez 
faimahle marquis de Lassay, 
La Mothe le remplacera. 
Alleluia, 

Rupelmonde, de ta heaute 
Le temps bientdt sera passe, 
FaiS'le done tant que tu pourras. 
Alleluia. 

Maillehois a dit au regent : 
FaiteS'le-moi done plus souvent, 
Et mjon beau-pere chantera : 
Alleluia. 



(I) Goniaut. 

(^ N Gorge reteniie par des Gbarosl, divots. 

(3) Madame la duebesse.m^re. 



— 177 — 

Mja jeune de Roye (4), ce diUon, 
A pour amant (kutelmoron, 
Mais Duretal lui fait cela. 
Alleluia. 

La den AUeurt («) d $on fils dit : 
fai trouve une place icy ; 
Maii le vilain la refusa. 
Alleluia, 

La dfEvretix, a ce que Von dit, 
Trouve que Soubize Va petit, 
Vn plus gros le remplacera, . 
AUeluia. 

Cest d'Angennes (z), A ce que Von dit. 
Qui va remplacer ce petit vit ; 
Toutes les Bouillons il foutra. 
Alleluia. 

Le d^Espinoy s^eloit vante 
D^avoir la d*Evreux chevauche. 
Que pour Polignac il quitta. 
Alleluia, 

Mais on lui rend justice icy. 
En attribuant a son amy (4) 

I Fille de da Casse. 

L^ambassadrice voaloit lier son fils avec la Ho- 
erol (i6ar en tirer de l^argent. 

II avoit eu une afiaire avccla ducliesse d'Albret, sa 
, dont on prdlend qu'elle a eu un enfaol avant 
laser le jeane Melan. 

Le due de Richelieu. 

T. III. 8. 



— 178 — 

Tout ce que de mauvais il a. 
Alleluia, 

Le Beurnonville et la Jonsac 
Ensefnble font le tic-tac, 
Le pauvre enfant s*en sentira. 
Alleluia, 

Villequier auroit toujours vecu 
Sans jamais avoir ete fautu, 
S*il n*eust soupi chez Ducheila. 
Alleluia, 

Courcillon Vemmena chez lui. 
El lui dit : Mon petit ami, 
Mais le fait est qu'il Vencula, 
Alleluia. 

La Tallart, d ce que Von dit, 
De plus de trois mois s'est mSpris. 
Dans un an ellc accouchera. 
Alleluia. 

A d'Espinoy ellc avott dit : 
Pais cocu mon pauvre mari, 
Je n^ accouche pas sans cela. 
Alleluia, 

La jeune Souhise, dit on, 
A le plus puant des cons ; 
Son nez rouge nous Vindiqua, 
Alleluia. 



— 179 — 

iweux (i), votre mauvai$8 foi 
ts fait fort pen d'amis, je croy ; 
\bi$e est dupe ou le sera. 
Alleluia, 

le trompe fadlement, 
8t benin et bon enfant; 
is un plus vif Ven vengera. 
Alleluia. 

petit Gesvres, ce dit-on, 
IS Us jours vous prend votre con, 
avec vous it fait cela. 
Alleluia. 

Cursay, d ce que Von dit, 
it encor lui prendre le vit; 
is point il ne le lui fera. 
Alleluia. 

Broffore est enrage, 
voir ce train recommence. 
^ ma foi il la rossera. 
Alleluia. 

de Gic, d ce qu'on dit, 
tche avecque le vieux Thury ; 
\e petit plus faire cela. 
Alleluia. 



?ux Ic jeune. 



— 180 — 

La Darcos n'tmra plus d'amans, 
EUe est vieWe et n*a plus d^arffmU; 
Dis(ms4u% Urns vn Libera. 
AlUluia. 

Jonsac est deve$tuJ4Uoux, 
Jonquette dit qu'elle s*en finU, 
Et quo toyjours elie fera 
Alleluia, 

II a beau lui donner des sou/flets (i), 
Des nazardes, des camoufiets^ 
Jamais son bois ne tmnbera. 
Alleluia, 

La BHmure (t) disoit d Gontaut : 
Vous n^dtes pas assez Bibaul, 
Vous fates exile pour cela. 
Alleluia, 

A Se'gur (3) disOit la Remond (4) : 
De grace, prenez-moi le cou. 
II fit plus, car il s'y logea. 
Alleluia, 

Le puuvre Saint-Germain Beaupre' 
A tout le monde Va montre, 
Mais elle a trop de poil aubas. 
Alleluia. 

(1) II la souffleta chez le prince de Gonty. 

(S) D'Achy, marquise de Mimure. 

(5) Kils du lieutenant g^n^ral. 

(i) Jadis mailresse de M. de Bavi^re. 



1 



— 181 — 
CHANSON 

SUR L*AIR DES BOUDMILLONS. 
1716. 

Arbitres de la schie, 
Apres nous Courcillon, bougrillon. 

Si tu vettx qu'on te prenne 
Pour un autre Apollon, bougrillon, 
Petit bougrillon, bougrillon, don don. 
Petit bougriUon^ bougrillon, don don, 

Melpomine el Thalie 
Ont jure lout de bon, bougrillon. 

Que dans Vacademie, 
On piaeera ton now, bougrillon. 
Petit bougrillon, etc. 

Pour illustrer ta race. 
On Vetahlit, dit-on, bougrillon. 

Sans elle, dans la crasse 
Seroit ton Courcillon, bougrillon. 
Petit bougrillon, etc, 

Veventail que tu partes 
A joule a ton renoni, bougrillon; 

On croit que tu Vemportes 
Sur feu monsieur Chausson, bougrillon. 
Petit bougrillon, etc. 



— !82 -^ 

Mait c'eit tfQp se meprendre, 
Tu H*€S qu'un fanfaron, bou^rUlon, 

El (u ne vetix que prttidrn 
L'air iTun hon compafjuon, bottgHthn, 
Petit bouffrillon, etc. 

Tandis que fu badin^s 
Av0C ton hisirmn, bouffrillon, 

Tofi cpousc, plus ftue^ 
Voit Charles vn ta mauQn, bQugriltdii ((). 
petit bovgnttGUi ttc^ 

Be ion humeur jalome, 
Dii^nousdonc In raiiunt hougriiLon; 

Aupres de ton egpmi^e, 
Tu faU le Celadon ^ bQUf^rilfon, 
Petit baugrillon^ ete. 

Coritre Chariot (t) qxCeUe aime^ 
Tn faii Ic furibond^ bQUifi*iUoni 

Tune fis pai de meme 
Contre un dnc a Tot so h, bongrillQn (a), 
Petit bougritloTif etc 

Monasterol habile:, 
Lui ravit cc mignon, bongrillQn, 
Le d'Areviberg fuciic 

(1) Le pHiiire Charles de Lorraine , fib flu ^flflsffl 
leGrnnd, 

(2) Lp prmce Cltarlc?, 

(3) D'Aremberf^. 



— 183 — 

a rata, ce dit-on, bougrillon, 
etii bougrUUm, etc, 

Chez une ambassadrice (i), 
empli tPimotion, bougrillon, 

Tu fas de son caprice 
ui demander xfiison, bougrillon, 

Peiii bougrillon, etc, 

Ya$-tufoutre sans cesse? 
linage ies couilUms, bougrillon, 

Surtoutf crains la ve'role 
lus du cu que du con, bougrillon, 
^aitre bougrillon, bougrillon, don don, 
'aitre bougrillon, bougrillon, don don, 

CHANSON 

SUR L*AIR : LA FARIDONDAINE, ETC. 
1716. 

L^on est parti pour V Isle- Adam 

En grande con fiance 
De Ifien y employer le tems 

Au plaisir de la danse. 
Ah! que ce voyage est bouffon! 

La faridondainc, la faridondon, 
u^il doit contenter un mari, biribi, 
la fa^n de barbari, mon amy. 

idttme des Alleurs, femme de Tambussadeur dc 
linople. 



— 184 — 

Ecoutez, dames dc Paris, 

Je vats parler sans fehUe ^ 
Je commence par la Conty, 

Que la Fare fout sans t 
II succede a ce Matignon, 
La faridondaine, etc. 
QuHl prenne garde d^y fitusir, birib^ 
A la fagon, etc, 

A ton mignon, jeune Conty, 

uon pretend faire outrager « 
On nous a dit qu'Albergotti (4) 

/V*en veut plus faire usage ^ 
II s'est vante, ce mirmidon. 
La faridondaine, etc. 
De se donner d*autres plaisirs, biribi, 
A la fagon, etc. 

Que dira4'0n de Cfiarolois 

Et de son humeur sombre t 
Qu*elle est entStee d'tin minois (i) 

Hat de tout le monde; 
Aussi fier qu'il est poltron. 
La faridondaine, etc, 
Aassi chacun le traite ici, biribi, 
A la fagon, etc. 

La Crozat aime, ce dit-on (i), 
Malgre son humeur fiire, 

(I) Neveu du chevalier des ordres, et mtl fait. 

i'i) Uc due de Richelieu. 

(3) N. . . . le Gendre, femme de Grozal. 



— 185 — 

Un certain fat nomme Grammont (i), 

De taille assez grossiere, 
Elle le paye, ce dit-on. 
La faridondaine, etc 
De Vaveu de son cker mart, biriln, 
A la fagon de barbari, mon amy. 



CHANSON 

SUR L'Alft : lUAOTTB FAIT MEN LA FifcRE. 
4716. 

Le vieitx Bonyol est H aise, 
Qu'on ne sauroit le tenir ; 
La Vintimille, 
Qui est si gentille. 
Sous lui fretille, et sa gvenille lui fait roidir; 
L9 016110? Bonyol est si aise, 
Qu^on ne sauroit le tenir. 

Richelieu fait bien le fier. 
Pour les deux pages qu'il a ; 
U s'imagine 
Qu*af9ee sa mine 
Tous ses affronts on oubliera. 
Richelieu fait bien le fier. 
Pour les deux pages qu^il a, 

(1) Frere du president d^ Grammac de Toulouze. 



— 186 — 

CHANSON 

Sur madame la dachesse de Berry. 
1716. 

Que Berry par emportemeiU, 
Par debauche avee son amant, 
Ait attrapS la cfiaudeptae, 
Je le croirois facilement ; 
Mais dire que e*est par eapriee, 
Curiosity seulemeiU, 
Cest une trop grande injustice 
Qu'on fait d son tempdratnent. 

CHANSON 

SUR l'AIR : MAROTTE FAIT BIEN LA FliEU. 

Sur madame de Jonzac, flUe de H^naat, fermier gteN 
1716. 

La Jonzac fait Men des mines. 
Pour du savon qu*elle a ; 

Elle s'imagine, 

Tant elle est fine, 
Que son savon la retrecira; 
La Jonzac fait bien des mines. 
Pour du savon qu'elle a. 



— 187 — 

CHANSON 
R l'air des boodrillons. 

que veuX'tu faire 
It Htom, bofidrillon ? 
tm dit en coUre : 
u*un avorton, bottdrillon ? 
IriUon, boudrilUm, don don, 
hriUon, boudrillon, don don, 

calme ta coldre, 
de Atom, boudrillon, 
9 tail bien mieux faire 
art et que Pons, boudrillon, 
Irillon, etc, 

one se ddeeephe ; 
'tais si bon, boudrillon; 
uoi. Von me pre fere 
t bouchon, boudrillon, 
\drillon, etc. 



_ i90 — 



ctti*so« 



c3" 



— 191 — 

'sent cinquante pistoles 
jnlermerU pas sa vertu ; 
wmnt qtCelle eust la verole, 
foutoit pour un escu, 

TRIOLET. 

1716. 

i VAge d'or reviendra, 
ent circulera sans doutc; 
i Vdge d'or reviendra 
uple s*en ressentira, 
a des billets d'etat, 
yira plus de banqueroute, 
? regent protegera 
nque de Laze (i) le foute. 

CHANSON ' 

a L*A1R DU CONFITEOR. 
1716. 

aline de Berri, 
feu, Vair plein d'arrogance, 
'disant ctiarivari, 
jst la premiere de France ! 
nd, ma foi, tout le train 
I premiere putain, 

om se prononee quetqacfois Laze. 



— 192 

JIB 

CHANSON I h 

SDR L*AIR : QDAMB JE OUITTERAI lA CUltal. 
1716. 



Madame Fillrni, dans son r&U, 
Pourra irouver une puiain 
Comparable d la Moncuterole^ 
Quand je cesserai d^aimer Is wi. 

La Mothe pay era la Dare {i), 
Cette Iris a Vair enfantin, 
Persuadera qu'elle marque, 
Quand je cesserai d^aimer le via* 

Vous presentercz la figure, 
WAngennes, d'un liomme hien tarn. 
La Trcmoille sera nette et pure, 
Quand je cesserai d'aimer le vtn, 

Les provinces et la finance, 
Livrees a Noailles et d'Antin, 
Feront benir le regent de la France 
Quand je cesserai d^ aimer le twi« 

Le regent faira la crapule, 
Les chimistes et les devins, 
Sur sa fille il aura scrupule, 
Quand je cesserai d'aimer le tin, 

(1) La comtesse d'Arco, m^re da chevalier de Bin*"' 



— i95 — 

A $es appetits la princesse 
Mettre sagemeni quelque frein; 
Elle aura de la delicatesse, * 

Quandje eesserai d* aimer le vin. 

La CofUy aura Vair severe, 

(hi estimera son gobin, 

Sa sceur sera plus chaste que sa mere, 

Quand je eesserai d'aimer le vin, 

De guelque pudeur les Noailles 
Voudront bien couvrir leur larcin. 
Pour le peuple ils auront des entrailles, 
Quand je eesserai d'aimer le vin. 

La/fay (i) pour sa vieille duehesse 
Aura Voir delieat el fin; 
Chacun l^aimera pour sa politesse, 
Quandje eesserai d^ aimer le vin, 

jyEspinoy de sa belle fille 
YoUdroit ecarter le blotidin; 
Mais eUe perdra Vair de sa famine^ 
Quand je eesserai d^aimer le vin, 

Tu ranime^ pour ton beau-frere, 
Coligny, Us yeux grenadins, 
Abl.faieplutost, maudite sorciere, 
Prendre du tabac a pleines mains, 

1 duehesse mdre. 
III. 9 



• _ 194 — 

CHANSON 

SUR L'AIR : QCAMD OX A PASSi QOARAXT^ ^ 
1716. 

La Nesle a un temperament 
Trh &onnant, 
Trh eurprenant; 

Mais ce qu'elle a de bienjoly^ 
Cest rouverture 
Que la ncOttre 
Fit pour les vit$. 

Mais qui a un vilain pertuis T 
Cest la d'HaUuye, 
Cest la dTHaliuye. 

Et cependant, pour un ecu. 
La Merinville 
Met son aiguille 
Dedans son cti. 

Monasterole, Von pretend 

QuHl est si grand, 
QuHl est si grand, 

Qu'on dit mime qu*un AUemai^^ 
Prince de Hesse, 
A pris tes fesses 
Pour ton devant. 



^^ Senac encore d present 
Yeut dee amans, 
Yeut de$ amant, 

^^hL$ ! fCest-il pas suffisant 
D*4tre commode, 
Cestbien la mode, 
A einquante ans? 



CHANSON 
^*m : l'ahoor la nuit et l« jour. 
1716. 

Ywe notre rigent ! 
II est 8% debonnaire, 
Qu'il est comme un enfant 
t'on tient par la lisiere, toujours. 
La nvit et le jour. 

On dit que le regent 
A rate la Vrilliere; 
Cette belle pretend 
M Nangis sail mieux faire, toujours, 
• La nuit et lejour. 

Pour notre gros Chariot, 
Est toujours stir de plaire 
A la bru de Vangeau, 
voudroit bien lui faire, toujours, 
La nuitet lejour. 



— 1»6 — 



Cr»«r ma MU-m*^' 
la twtttUiourT 



FIS BO 



TtCHlfcn tOMI«. 



RECUEIL 



3ANS0NS 



VAUDEVILLES, SONNETS, 
^AMMES, ]£PITAPUES ET AUTRES VERS 
SATYRIQUES ET HISTORIQUES 

h^lC DBS REMARQUES GURIEUSES 



VOLUME XIV. 



RECUEIL 



Hansons, etc 



COMPLAINTE 

D*HNK PAUVRE VEDVE. 

QiM Noailles a Vindigence 
HSduise tons les traitans. 
Que le regent de la France 
Se tnoque des me'contens; 
Je coHsens qu'ils me depouillent 
Et quHls ne me laissent rien, 

Hors mon lit et m 

Je leur donne tout mon bien. 



200 



£PIGRAHHE 

Sur M. de RoaiU6 da Goadray, qai oe peat Mccfltt 
iDODseigneur le daed'Orltens les BcemdAln* 
que Ton suppose ironiqaement qiill a TOih 
donner. 

II me faudroit quitter ma troupe de BovrgfOf 
L'aimable Saint-Victor 6t mamte autre ccrfw. 
%on, monseigneur, je suis un trop parfmt im 
Pour accepter dee sceaux, s'ils nesontpUuuA 



CHAKSOK 

SUR l'AIR DU NOEL I QUOI ! MA YOISINB, E8-T0 FAS 

Que Rouille, eortant de ea eph^e, 

S*en aille au bal, 
Qu'il culbute, le cul par terre, 

Ce franc brutal, 
Et qu*en docteur il cabriole, 

Sautant partout, 
Je concluroi que ce vieux drdle 

Estoit bien 90ul. 

Que dans le bal, a la taveme. 

En carnaval, 
Ce nouveau docteur te gouveme, 

Ce n'est pas mal; 



que te destin de la France 

Soil eti sa main, 
u, je prends congi Savancc, 
Je sens la fin, 

fau miwstre de finance, 

Rempli de vin, 
mieux faire admirer sa danse 

Et sa catin, 
alotiard (i) a pris la figure 

Et le parler ; 
Vexploit de magisirature 

Du grand Rouiller, 

nt, chasse de ta confiance 

Ce come'dien; 
esmaretz prends V assistance. 

Tout ira bien, 
id le commerce et la finance 

Recourent a toi, 
iercts-tu toute la France 

En disarray ? 

us, regent qui voulez rendre 

Le peuple heureux, 
nez quelquefois de Ventendre, 

Suivez ses voeux ; 
lissez ce docteur infdme 

Et ses consorts, 
' verrez revivre sans bldme 

Uesprit des marts. 

eur de la com^die italiennc. 
I. 



— 202 — 

CHANSON 

sua l'air : faire l'amoor, la suit et le mci 

Pour mademoiselle de Cbarolois. 

Les yeux de mon Iris 
Sont deux porta eocMres, 
Oil Von voit en eicrii : 
Appartement d faire. .. 
A faire V amour, la nuit et Ujowr. 

CHANSON 

sua L*AIK : TON HDXEUR EST, CATBEIiSK. 
Sur la fermetiire dcs porles do Ltixemboflrg' 

Pourquoi done fermer la porle 
De Vaimable Luxembourg? 
Critique, que vous importe? 
Cest quHl plaisi au dieu Samour, 
Laissez-ld done ce mysth'e. 
Sans y creuser Irop avant; 
Venus ferme Ic derriere, 
Mais elle ouvre le devant, 

11 n'cst done plus qu'une porle 
A Vaimable Luxembourg ! 
Venus, que le diable escorle, 
Vient de nous jouer ce tour; 



— 203 — 

i*ottr punir cette deesse, 
Ilfavdroit houcher le trou 
Par ot)( Cupidon s'empresse 
De lui passer son bijou. 

On dii que theure incommode 
Qui ferme le Luxembourg 
Ouvre suivant la methode, 
Lejardin du tendre amour, 
Cest Id que Venus arrose, 
Dans les transports les plus doux, 
Uavide fond d'une rose, 
Le plus cher de ses bijoux. 

Von voudroit, suivant Vexemple 
De Venus au Luxembourg, 
Fermer de mime le temple 
Qu'elle ouvre au lubrique Amour » 
D'une entreprise si belle 
rai le bon sens alter d; 
Quoi fermer une ehapelle 
Dont tout le monde a la cle! 

Cest a tort que Von s' eerie 
Centre ma vive chanson; 
Cette nuit, une furie 
Wen a souffle le poison ; 
Aucun remords ne me presse, 
Calmez-vous, mes chers amis; 
Si c'est en dormant qiCon pbchc, 
le revois quand jc la fis. 



— 204 — 

CHANSON 
suR Cmol he jooomdi. 

La vertu de noire regmU 
En tout se fait cwnoitre; 
11 est savant, pieux, pntdmi 
Autant qu'on le petU 4tre. 
De rigUse il se rend Vappm, 
Lejeusne Vincommode, 
11 nous fait jeuener tous pour Iw^ 
La pieuse methxidel 

Sendque nous a tant prmchd 
Le meprU des richesses, 
Cela nous a-t-il empesche 
D*en faire nos deesses ? 
De notre regent, prixpour prix. 
La prudence est bien grande : 
Pour nous engager ces mdpris, 
Tous nos biens il demamde, 

Vous me direz que du regent 
La gloirc seroit ample. 
Si pour le mepris de Vargent 
11 nous servoit d^exemple; 
Hen agit en vrai Chretien, 
Sesbontc's sont extremes; 
11 fait voir qu'il veut notre bien. 
En depit de nous-m^mes. 



— W5 — 



fiPITAPHE. 

Ci-git Vimigne maquerHte 

Qui fut plus de trente ans putain. 

Elle etoit follette et paifU belle; 
'lie appareiUa ee fameux coueubin, 

Sueeesseur de Sardanapale, 
fuivant d'Escobar la damnable morale, 
Wr «c# tttjets par le fer et la faim. 



CHANSON 

SCR L*AIR : LfeRE LA, L^RE LANLCRE. 

KT monscigneor le due d^Orldans, regent. 

Philippe est un jolt mignon 
Qui se soule comme un cochon, 
Le soir avcc la Parabere, 

Lere la, Ikre lanlere, 

Lhe la, Ihe lanla. 

Sa grosse fille est du trio, 
Ellejoue a la magni, mag no, 
Avec son propre pere, 
Lere la, etc. 

Sa grosse fille la Berry 
Est toujonrs armee d*un gros vit 
Feut par devant et par derriere, 
Lh'e la, etc. 




Lire U. "»"• 

lord* «»*'*'• 



— 807 — 

Michelle f conetUution, 
Ifeet plus qu'wis Marie chiffon 
Trie propre d tarcher mon derriere. 
Lire la, etc, 

Lejdiuite est tout deconfit, 
Youe le verrez bientdt tapi, 
Dans le eulde notre Saint-Pere, 
Lire la, Ure lanlere. 
Lire la, lire lanla. 



CHANSON 

8UR l'aib des folies d'espagme. 

mtesM de BrassacLuce^ Fran^oise de Costen- 
I da mar^ehal de Tourville. Elle fut enivr^e k 
e , d^poaill^e nue , et on lui boucha le con 
fromage mou p^tri avee da sel ct du poivre. 

Oetobre 1717. 

r effaeer la tache originaire, 
la Brassac ofi baptisa le con ; 
s on congut que toule la riviere, 
la lavanl, recevroit tin affront. 



208 — 



CHANSON 

SVR LE PETIT AIR DE LA FRONDE, OU *. DO <? 
OU : IL A BATTU SON PETIT FB^RS. 

Sur madame la ducliesse douairi^re, qui avoit 
bier un dppartement 4 la Samaritaine , odi 
prendre les bains avfc le jeane Laffay, qo* 
h la fenfire en robe de chambre de loile {lei 
bonnet de nuil, se montrant publiqaemenl. 

Carillonnez, nouvelle Mteue, 
Vous surpasses, belle princesse, 
Toutes les catins de Paris i 
Sijadis la Samaritaine 
Se conlenta de sept maris, 
11 vous en faut une dotizaine. 

En beau bonnet de toile peinte, 
Laffay pres de sa belle Aminthe 
Passe de tres hcureux moinens; 
Sur le Pont-Neufcette princesse 
A, dit-on, pris un logement 
Fort convenable a son altesse. 



— 209 — 
CHANSON 

* *-*AlR : NOW, NOJf, IL N*EST POINT. 

Voi#5 voulez de ma retraite, 
'^•^c, tavoir la raison ? 

Voti# ites par Irop largette, 
jy ^t portez trop has le con, 

* •^o*!, il rCest point de H vaste con 
^ Que celuy de la Jonquette, 

^» ^on, il n*est point de si vaste con 
Que celuy de Jonquillon, 



CHANSON 

Stm LE PETIT AIR DE LA FROKDE. 

"^^rmooseii^ur le due d'OrWans, regent. 

Quand il ne suit pas son caprice^ 
II devient ennemi du vice, 
Et s*en va voir son enfant ; 
Mais quand sa vertu I'abandonne, 
II va chez la belle Sabran 
Et lui promet une couronne. 



— 210 — 



CHANSON 



SUR L'AIR : DATE, DANDATS, OU L*AIIl(tl ^^ 

Voiu avez, divine Conty, 
Vn fort vilain mart; 
Bran de V hymen qui wnu le d0i^^' 
Belle mignonne. 

Quoil ce magot dans voire lit 
Passe done le jour et la nuit t ^ 
Pourquoi souffrir quHl vous moim^^ 
Belle mignonne ? 

Gardezpour un objet chamuuU, 
Ces tresors, cet enchantement ; 
QuHls reviennent au Dieu qui les don^ 
Belle mignonne. 



CHANSON 

SUR L'aIR : LE PAUVRE LA PALISSE EST MORT. 

Catins, vos fouteurs sont finUus ; 
Les partisans sont en deroute, 
Et d'or et d'argent n*aurez plus, 
A moins que Laze ne vous finite. 



ati — 



CHANSON 

^IB : LC 6KIV0IS HIT : QUE LAZK FOUTfi 
LS QOBin BE LUXEMBOURG. 

'e bourgeois dit : Que Lcae foute 
Laputain de Luxembourg ; 
Mais si le R,»,, Vecoute, 
Laze ie finUra d son tour. 



CHANSON 

SUR L*A1R : LON, LAN LA, DERIRCTTE. 

^Qr la Compagnie d'Occident ou du Mississipi. 
Novembre 1717. 

Celebr&ns Ve'tablissement 
De la Compagnie d^OccideiU, 

ton, Ian la, deriretle, 
Autrement dit Mississipi, 

Lon, Ian la, deriri. 

Pour lui donner plus de credit. 
On met a la tile un proscrit, 

Lon, Idn la, derirette, 
Qu'on vouloit pendre en son pays, 

Lon, Ian la, deriri. 



— 214 — 

D'Antin, repondit : J'y contens^ 
Ce n'eit plus qu'en demoUmmt . 

Lon, Ian la, derirette. 
Que je puis faire dn profit, 

Lon, Ian la, deriri. 

Pour premier ^tablissement. 
Envoy otis*y (e Parlement, 

Lon, Ian la, derirette. 
Qui ne sert de rien it Paris, 

Lon, Ian la, deriri. 

Un college on y fondera; ■ 
Le latin on enseignera, 

Lon, Ian la, derirette, 
Aux enfants du Mississipi, 

Lon, Ian la, deriri, 

Notre habile due d'OrUans 
Ira lui-mSmc etre regent, 

Lon, Ian la, derirette. 
En sixieme a Mlississipi, 

Lon, Ian la, deriri. 



Une academic y aura, 

De beaux jouets on donttera, 

Lon, lon la, derirette. 
Fails d'argent du Misiissipi, 

Lon, Ian la, denri. 



— 2i» — 

V>re» veut y prSiider, 
^^mire le $oin d'Spurer, 
Ion, Ian la, derirette, 
ongue du MUsUsipi, 
I'OH, Ian la, deriri, 

d»^etfr« Oft y enverra, 
Hulray son rdle y jouera, 
^Ofi, Ion la, derirette, 
^^OWT le Mtsiiseipi, 
'^i, Ian la, i/ertri. 

'€$ aura soin d'emeigner, 
atni^e de gouvemer, 
Lon, Ian la, derirette, 
tie de detruire atuti, 
Xon, Ian la, deriri, 

^entes on y aeeignera, 
uis on les supprimera, 
Lon, Ian la, derirette, 
bourgeois du Mississipi, 
Lon^ Ian la, deriri. 



ape mSme y enverra 
9y, la hulle et cetera, 
Lon, Ian la, derirette, 
le cardinal de Biffy, 
Lon, Ian la, deriri. 



.ordinal de Bohan, 
le beau caTd%m ^ ^taia, 

VUlebo.coinwe" y 



— 217 — 

kambre de justice on far a, 
jmpUe de taui Ue sc^lerats, 

Lsn, Um Ui, derirette, 
ut ies innoeens ont puni, 

Lon, Ian Ut, deriri, 

es juges fripona et maudits 
Bront peut'Stre encore pis, 

Lon, Ian la, derirette, 
ue lon a fait a celle^cy, 

Lon, Ian la, deriri. 

orce putains il y aura; 
ar eUes grdce on obHendra, 

Lon, km la, derirette, 
nit comme il se pratique icy, 

Lon, lon la, deriri, 

is partisans on taxera, 
rmt le roy pen retirera, 

Lon, Ian la, derirette, 
ymme il vient darriver icy, 

Lon, Ian la, deriri, 

ardanapale, dans son temps, 
e mime que fait le regent, 

Lon, Ian la, derirette, 
? livroit a tous ses plaisirs, 

Lon, Ian la, deriri. 



40 



— 218 — 

Tout ainsi qu'un tonfieau 
Le rSgent, le vUitla matn, 

Lon, Ian la, derireite, 
Perce quand U vmU la 

ton, Ian to, deriri, 



Montiewr le due fCe$t pa$ eo^^ 
De chasser dans ce eonHnen ^ 

Lon, Ian la, derireite, 
Yeut chaeser d Miseimpi, 

Lon, km la, deriri. 

Du Maine ici dont par edit 
La naiseance ton a flitri, 

Lon, Ian la, derireite. 
Rot sera a Mississipi, ^ 

Lon, Ian la, deriri, 

D'Antin, president a Paris, 
Se fasclie s'il ne Vest aussi, 

Lofi, Ian la, derireite, 
Du pays de Mississipi, 

Lon, Ian la, deriri. 

L'ahbi d^Auvergne s*esi vant^ 
Qu'il auroit tin archevSchS, 

Lon, Ian la, derireite, 
Zesle, c*esi un rat quHl apris, 

Lon, Ian la, deriri. 



— «19 — 

"^^i/on s'en va d Clermont, 

^^ prendre aux femmes le menion, 

^on, Ian la, derxrette, 
"^^ quHl faisoit a Paris, 
Lon, Ian la, deriri, 

Unvote a Mississipi 
^**w les putains de PatHs, 

Lon, Ian la, derxrette; 
^oiir tile, la duchesse de Berri, 

Lon, Ian la, deriri. 



CHANSON 
soR l'air do confiteor. 

Au dernier comble de tnalheur 
En fin la France est parvenue; 
Elle n*a plus de conducteur : 
Le premier a perdu la vue, 
Et d'un certain Melchisedec 
Deja la science est a sec. 

Pour trop chasser dans le Berri, 
11 a perdu son luminaire ; 
II falloit laisser a Riri d), ■ 
La fatigue de cette affaire ; 



— 220 — 

II faut, pour cheuser tel gi^' 
tire mvlet et mvletter. 

Pour accroitre U genre Aihmmh 
Jadis la stsur connut le frht, 
Et dee fillea pleines de mn 
S^en firent donner par ieurphrt ; 
Prds de Paris il est un champ 
(Ht telle fine en fait autmU. 

II ne faut pas espSrer mieux 
De ce que Von voit dans ia Francs, 
Lorsque Von ne eraint pas les dtevc, 
Tout est rapine et violence ; 
II est hien vrai que le re'gent 
Se fait un dieu de notre argent. 

Ceux de cette religion 
En suivent fort bien la maxime. 
Noailles, par devotion. 
Nous a fait servir de victime; 
II a fait son coupe-jarret 
D'un homme eckappe du gihet. 

Cest de Id que sort le projet 
De Villustre banque royale; 
Ilpeut d*un seul coup de filet 
Emporter tout et gagner Bdle. 
Pour lors, trop tard, notre regent 
Maudira le demi pour cent. 



— Ml — 
CHANSON 

^i'l ; JK VEOX GARDEa MA LIBERT^, OU 
GARDONS HIKN NOS MOUTONS. 

Sor la QuoDiam , roslisseuse. 

On te eonseUle, en bon ami, 

De fertner ta boutique, 
De ne larder que sur ton lit ; 

Tu trouveras pratique 

Mieux que ton mari, 
A Mismsipi, 

Et cela sans fatigue. 

LEMARl. 

Si jamais je viens A Paris 

Auprds de cette bite, 
Je lui ferai porter I'hahit 
De I'ordre de BicStre; 
Des sabots aux pieds 
A cette effrontSe, 
Etfen serai le maitre. 






> 







ion. w" -' 



Lon. ««» '-' 



^. 



Savez^wms comme il s'y est pris ? 
M^ottr deux garnitures de nuit 

Lon, Ian la, derirette, 
Jl horde a Vendroit du mart, 

Lon, Ian la, deriri, 

Un avocat veut U servir. 
Par charite' prend son parti, 

Lon, Ian la, derirette ; 
Mais il craint le Mississipi, 

Lon, Ian la, deriri. 

Or, prions le doux Jesus-Christ 
QuHl now preserve de ce pays, 

Lon, Ian la, derirette, 
II y auroit trop de maris, 

Lon, Ian la, deriri. 



CHANSON 

'air: JB SUIS GALONNjg DE PAILLE. 

^Ur le mdme sajet que les prec^dentes. 

La charmante rostisseuse. 

Pour son ami, 
Envoie, pour se rendre heureuse, 
Son homme a Mississipi. 



— 224 — 

V0U8, maris trop axuteres, 

Tremblez toujours. 
Si de Vamottreux mystere 
Votu traversez les beaux jomrm 

II faut itre plus commode, 

Mes chers amis, 
Jl vaut mieux ilre d la mode 
Que de voir Mississipi, 



CHANSON 

SUR L*AIIl : TON HDHBUR, ETC. 

Sur Ic mdme sojel que les pi^eMei 

Pour la belle rostisseuse 
Dont chacun murmure fort. 
On la traite en malheureuse; 
Tout Paris dit qu'elle a tort. 
Pour moi, je ne sais qu'en crot 
II faut un nouvel edit; 
Son changement de lardoire^ 
DoitAl dter son credit? 



— 225 — 
CHANSON 

: O BEGCINGU^, LONLO!<LA. 
lAme sujet que les prdc^Ucnles. 

t, prenez bien garde a voiu, 
issez cet esprit jaloux, 
fuingue, 6 lonlonla, 
ngez plus qu'd vos boutiques, 
us n'aimez pas VAmerique, 

iantf ce grand fricasseur, 
tire le gain des fareeurs, 
mingue', 6 lonlonla; 
avoir etc trop rigide, 
parti pour la Floride, 

\ioi s'avisoit-il aussi ? 

n*est pas tant debout qu*assis ; 

guingue, 6 lonlonla, 

ooit menager sa blonde ^ 

•n cocu en V autre monde? 



10. 



— 226 — 

CHAMSON 

SDR l'aIR : ATTEMDEZ-HOl SODS l'OI*'' 

Sar le mdnie sojet qoe les prMdeo-*^* 

La belle rostisseuse, 
, Voyant que $on mart 

N'emhrochoit pas sa viantM^ 
SeUm son appetit, 
De rage et de colore, 
Le chassa et lux dit : 
Vas apprendre a le faire, 
Dans le Mississipi, 

NOELS DE 1717, 

Toute la cour de France, 

Les grands et les pelits, 

Apprenant la naissancc 

Du Dieu du Paradis, 
S'en vonl a BethUem, le regent a leur ^^ ' 
Qui voyant le poupon, don do}* » 
Est'Ce done pour cela, la la, 

Qu'on fait si grande file ? 



— 227 — 

/{ {til dU : Rot sans armes, 

Je ne crains rien de tot; 

Je ne prends point d'alarmes 

ffun vain titre de rot; 
u pretendois au trdne de mes peres, 
*en aurois Men raison, don don; 
f^oailles que voild, la la. 

Me tireroit d^affaire, 

Apercevnnt Marie, 

Si gracietise a voir, 

n hU dit : Je vous prie 

A souper pour ce soir; 
hez la Berry, vous ferez bonne cherc ; 
Sous nous enivrons, don don, 
SoeS mime y sera, la la, 

Et sans la Parahhe^ 

Plus brave qu'un Socrate, 

Le chancelier entra, 

Et Fleury, son Achate, 

Pres de lui se montra, 
et du regent, je ne veux que la grace, 
^ais d condition, don don, 
ht^on ne me donnera, la la, 

Que la plus efficace, 

D'un ton de pedagogue 
II dit au Dieu naissant : 
Contre la synagogue 
Arme ton bras puissant, 



2i8 — 



Renverse pour jamais cettc £gli$e profane, 
Qui, grace a nos canons, don don, 
Kendommagera pas, la la, 
V^glise gdUu 



Maigre de politique, 
Tallard s'est approche'. 
En disant : La critique 
Deux ans m*a dessechd; 
Je frondois justement tout ce qu^on fait en Fnm 
Mais fai change de ton, don don, 
Depuis six mois en ^d, la la, 
J'admire la re'gence, 

A Jesus-Christ, d*Huxelles 
Ne pertsant nullement, 
Dit : Fain denos cervelles. 
Fain du gouvemement! 
Cc (liable de regent veut tout perdre, ouje meu: 
Par la morbleu, quittons, don don. 
Content de ce trait-Id, la la, 
Ce mareschal demeure, 

Suivi de sa cohorte, 

Saint-Simon hohereau 

S'ecria des la porte : 

Eh quoi ! pas de carreau ? 
Nous voulons soutenir les droits de la pairie, 
Icy nous protestons, don don, 
Et n'adorons pas Id, la la, 

Le Dieu, fits de Marie, 



-- 229 — 

Sur U brmit que des anges 

Pofrausmml en ees lieux 

Et chantoient les louanges 

Du souverain des cietix, 
c, empresse d'aller a leur rencontre : 
Oii sont ces beaux gargons, don don ? 
Je ne les vois point Id, la la, 

Vite qu'on me les montre, 

Au fond de la cahuie 

Vint Vevesque de Laon, 

Qui dit : Sur la dispute. 

Seigneur, void mon plan : 
'ends point parti, commefont tous les ndlres. 
Car tantdtje dis non, don don, 
Et puis apres oui-dd, la la, 

Suivant quHl plaist aux aulres, 

Arrivant d'Angletcrre, 

L'amba^sadeur Dubois, - 

En mettant pied a terre, 

Apercut les trois rois : 
m vile un traite, dit-il, avec ces princes, 
Offrons-leur des millions, don don, 
S^ils ne suffisent pas, la la, 

Ldchons quelques provinces. 

Grosse a pleine ceinlure. 
La fe'conde Berry 
Dit, en humble posture 
Et Ic cceur bicu mnrri : 



^**.'"' I«•tLbP«.«•'"' 
Si Joseph no «*«'.P";J. 



— «3i — 

Quieonque me pratique 

Me irow9e universel; 

Je paeae en politique 

Le grand Machiavel. 
attendre tout de mon savoir supreme ; 
Quand je prends le timon, don don, 
Je gouveme un Estat, la la. 

Par un nouveau systime. 

Mate loriqu'il vit Voffrande 

Dee mages d'Orient, 

II dit : Elle est trop grande 

Pour un petit enfant; 
meens nCappartient, car il faut qu'on m' admire 
Vor e'est mon lot mignon, don don, 
Ei quand Venfant mourra, la to> 

Je lui garde la myrrhe. 

Tamkne un homme rare, 
Cest mon Boulainmlliers, 
Qui dignement repare. 
La perte de Boyer; 
•» doit employer, pour abregcr ta vie. 
La eroix ou le pardon, don don, 
II te le predira, la la, 
Bien mieux qui Jeremie, 

Grand Dieti, sur ton cxemplc 
Chacun doit se mouler .- 
Or, on dit que le temple 
Par ta main doit crouler; 



— 232 — 

Qu'en trois jours tu sauras de nouveau le conttmre ; 
Donne-moi des le^s, dan dan, 
Sur ce demxer point l&, te la, 
Je ne sais que ditrmre, 

De lot teul, nion cher maUtre, 
Bit son oncle irrite, 
Je veux bien reconnaistre 
LHnfaillibilite ; 
Quant au pape tlement, qui sedHton «ieatre, 
S'il ne change de ton, don don, 
S'il ne s'explique pas, la la, 
Qu'il s'aille faire faire, 

Le grand minisire arrive 

En rusepodesiat : 

Je veux que chacun vive 

Heureux dans son estat ; 
Je vous offre un teston, fest trds-grosse /inanr^ 
Papa, mere, poupon^ don don, 
Vivrez bien de cela, la la. 

On vit de rien en France, 

Je V offre tin secretaire 

Issu des rois du iVord, 

Dit Torcy, pour te plaire, 

Je ferai cet effort, 
Un paysan de Reims cria : Quel fourbe insign^ 
Moi, qui suis vigneron, don don, 
fai vu son gratid papa, la la, 

Travailler a ma vigne. 



— 233 — 

Le# princes toot en peine 

QiM domter d Venfant, 

fi'ayant pour toute etrenne 

Que la myrrlw et Vencens; 
lui procurer des billets en usage. 
Car U hoBuf et tttsnon, don don, 
2>e tous ces billets-Id, la la, 

N'auroient point de fourrage. 

Je taie une rubrique 

Pour amasser du bien; 

Ce temple magnifique 

CoiUe trap d'entretien; 
C doit itre tin jour enseveli sous Vherbe, 
ti'oracU prifyenons, don don, • 
Que d'Antin jette h bas, la la, 

Ce bdtiment superbe. 

Si voire Palestine 

Refuse le tribut. 

Si quelqu'un se mutine, 

Voici quel est mon but : 
Toi Montesquiou pour faire la patrouille, 
Et nous de'pescherons, don don. 
Pour mettre le hold, la la, 

Rohan et la Trimouille. 

Au fond de la caverne 
La Berry vint aussi , 
Mais apercevant I'asne 
Qui montroit son outil ■ 



V 

I «lit-eU* * \ J. Rion*. *»» ^ 



— 835 — 

La petite du Maine 

Se rend prh du poupon; 

Son cardinal la mkie, 

JHeant d'un grave ton : 
Mnu adnnrone, ce n'est pa$ sane jnetiee, 
"aisant vers et chansons, don don, 
"vie, je vous fdis cela, la la. 

Par droit de benSfice, 

Son visage lubrique 

Dtf Coudray leur montra, 

Et sa troupe comique 

Au Sauveur pr^senta, 
t de doctevr, venez, lui dit la mere, 
Prenez cet emploi-ld, la la. 



H'ayant plus rien a faire. 

Rouille, d^un ton rustxque, 

Voulut [aire un discours ; 

Mais un hoquet bachique 

En arrita le cours. 
ites qu^un vietus fou, dit Jesus en coldi^e, 
Qu'on chasse ce cochon, don don, 
II dSgobillera, la Id, 

Dans le sein 'de ma mere, 

A cet enfant aimablc 
Le bon Montesquiou 
Dit d^un air tout affable : 
Je veux boire avec vous, 



— 236 — 

Jc vous regalerai, sans quHl en coHUe ^ke * 
fai des provisions, don don, 
Faites pour Us etats, la lo. 
Qui sont encore entires, 

Un discours oratoire 

Bourbon avoit appris; 

Wun defaut de memoire 

11 fut alors surpris. 
Et, ne pouvant trouver ce qu'il avoit it dirt, 
tl lira son brouillon, don doA; 
Mais d tous il tnontra, la la, 

QuHl ne savait pas Ure, 

Bref, il lui dit en face : 
Tu descends de Thamar; 
Je sais que dans ta race 
On voit plus d'un bastard ; 
Tu ne peux exercer la puissance royaHe 

Sans attaquer de front, don don, 

Comme dit Fortia, la la. 
La toy fondamentale, 

Apercevant Bouzole, 

Joseph Idcha ces moti : 

Voild, sans hyperbole, 

Vimage du chaos; 
Debrouille, si tu peux, cette masse grossiire, 
Cette operation, don don. 
Plus d'honneur te fera, la la. 

Que ne fit la premiere. 



— 237 — 

La Searron au Messie 

Fit cti aeU de foi : 

Seigneur, toute magie 

Ya tomb&r devant tot, 
ufi ttUisman par qui, vieille guenippc, 
Jephu au grand Bourbon, don don, 
De nun Noailles Va, la la. 

Pour asservir Philippe, 

Le ekaneelier au gite 

Vit la mire et le file : 

Sortez, dit'il, bien vite, 

De ce vilain taitdis /t 
leux ptiblicain ma devote prudence 
A gagni la maison, don don, 
h crois qu*eUe sera, la la, 

A voire bienseance, 

Rochefoucauld la belle 

Dit d*un air humble et doux : 

J'aurois ete fidele. 

Seigneur, cl mon epoux; 
notre regent il fallut bien se rendre, 
H me tenoit le con, don don, 
Et sa fille Ub bras, la la, 

PouvoiS'je me defendre ? 

De Noailles a sa suite 
Traisnoit le chancelier ; 
Enfle de son merite. 
Plus brave qu'nn chapier. 



— 230 — 

Seigneur, jen'aurai plus des mamrs aussifMillardii, 
Je ne veux que Riom, don don, 
Quelquefois le papa, la la, 
Par-ci, par-Id, mes gardes, 

Des premiers a la crhhe 

Arriva Mortetnart 

Avec mine iris secke, 

Et farouche regard, 
Disant : Je veux icy me garder de surprise; 
Les bastards y vietidrofit, don don, 
Et je ne pretends pas, la la, 

Leur ce'der la chemise, 

II vit le bceuf et I'dne, 
Les prit pour dues et pairs. 
Bit : Pour eux, Dieu me damne, 
Tous les huis sont ouverts ; 
Tout doit de'pendre icy de mon pouvoir suprhm 
Mineur est le poupon, don don. 
Si Joseph ne veut pas, la la, 
Je Vinterdis lui-mSme. 

D'un air de saltimbanque, 
Noaillles s'avanga. 



A Jesus s'adressa, 
Lui dit : Cest a moi seul de re'gir la finance - 
Law est un grand fripon, don don. 
Qui bien mieux que Judas, la la, 

Me'rite la potence. 



— «5i — 

Qukonque me pratique 
Me tromte universel; 
Je paeee en politique 
he grand Machiavel. 
^t attendre tout de mon savoir tupr4me; 
Quand je prends le timon, don don, 
Je gouveme un Estat, la la. 
Par un nouvenu eystime, 

Maie lorequHl vit Voffrande 

Be$ mages d'Orient, 

11 dit : Elle est trop grande 

Pour UH petit enfant; 
''^neetis tiCapparlient, car il faut qu'on m' admire 
Vor e*e8t mon lot mignon, don don, 
El quand Venfant mourra, la la, 

Je lui garde la myrrhe, 

J'amhne un homme rare, 
Cest mon Boulainvilliers, 
Qui dignement repare. 
La perte de Boyer; 
^ cCoit employer, pour abreger ta vie, 
L.a eroix ou le pardon, don don, 
Jl te le predira, la la, 
Bien miettx qui Jeremie, 

Grand Diev, sur ton exemplc 
Chacun doit se mouler : 
Or, on dit que le temple 
Par ta main doit crouler; 



— 232 — 

Qu'en trois jours lu sauras de nouveau le eonttruire ; 
Donne-mot des le^ns, don don, 
Sur ce dernier point Id, la la, 
Je ne sais que detruire, 

De lot seul, nion cher maiMlre, 
Dit son oncle irrite, 
Je veux hien reconnaUire 
LHnfaillihilite; 
Quant au pape tlement, qui se dU Um f^eavre, 
S*%1 ne change de ton, don don, 
S'il ne s'^explique pas, la la, 
QuHl s'aille faire faire, 

Le grand ministre arrive 
En ruse'podestat : 
Je veux que ehacun vive 
Heureux dans son estat ; 
Je vous offre un teston, c'est trds-groste finance. 
Papa, mere, poupon, don don, i 
Vivrez bien de cela, la la. 
On vit de rien en France, 

Je V offre vn secretaire 

Issu des rots du iVord, 

bit Torcy, pour te plaire, 

Je ferai cet effort. 
Cn paysan de Reims cria : Quel fourbe insigne! 
Moi, qui suis vigneroih, don don, 
Tai VM son grafid papa, la la, 

Travailler a ma vigne. 



— 233 — 

Le9 princes §oHi en peine 

Que domter d Venfant, 

N'ayant pour taute etrenne 

Que la myrrlw et Veneem; 
lui procurer des billete en usage. 
Car le hasuf et tttsnon, don don, 
De toue ces billetS'ld, la la, 

N'auroient point de fourrage. 

Je «at« tffi« ruhrique 

Pour amasser du hien ; 

Ce temple magnifique 

Co4te trop d'entretien; 
HI doit itre un jour enseveli sous Vherbe, 
L'oracle privenons, don don, ■ 
Que d*Antin jette A bets, la la, 

Ce bdtiment superbe. 

Si votre Palestine 
Refuse le tribut. 
Si quelqu'un se mutine. 
Void quel est mon but : 
errat Montesquiou pour faire la patrouille, 
Et nous dc'pescherons, don don. 
Pour mettre le hold, la la, 
Rohan et la Trimouille, 

Au fond de la cavernc 
La Berry vint aussi , 
Mais apercevant I'asne 
Qui montroit son outil ■ 



— 234 — 

Ah! dit-elle a VinstafU, Seigneur, je U mjvx^^ 
Aecorde d de Riam, don don, 
De Vaene que wMd, la la. 
La puiuanee et meiure. 

Pour neltoyer VHable 
D'Effiat se preeenta ; 
Du bosufsi seeourahle 
Le fain il emporta; 
II en eut fait autant de tout la rniangeailU; 
Mais Vame haussa le ton, don don, 
En son patois eria, la la. 
Eh ! laisse-notu la paille. 

Chef du eonseil de guerre, 
Villars se presenta. 
Qui, d'une mine fiire, 
Au petit Diett parla : 
Contrc vos ennemis,je vous prends sous ma gim 
Mais a condition, don don. 
Que Von me payera, la la^ 
Nombre de sauvegarde, 

QxCentre nous deux mon frhre, 

Dil d'Estre'es le prelat, 

N*ayons pu rendre mh'e 

Sa femme que voila, 
Et vous, sans aitcun homme, adorable pueel^- 
QiCayez fait ce poupon, don don, 
Cest ce qui n*entrera, la la. 

Jamais dans ma cervelle. 



— 235 — 

La petite du Maine 

Se rend prh du poupon; 

Son cardinal la mkie, 

Dieant d'un grave ton : 
otcff admirone, ce n'est pa$ sane jtutiee, 
lieant vers et chansons, don don, 
Us, Je vous fdis eela, la la. 

Par droit de hinifice. 

Son visage lubrique 
Dtf Coudray leur montra, 
Et sa troupe conUque 
Au Sauveur presenta, 
de doeteur, venez, lui dit la mhre, 
^tnez cet emptoi-lA, la la. 



N*ayant plus rieti a faire. 



RouiUe', (Ttm ton rustxque, 

Voulut faire un discours ; 

Mais un hoquet bachique 

En arrita le cours. 
es qu^un vietus fou, dit Jesus en coldre, 
u'on chasse ce cochon, don don, 
I degobillera, la Id, 

Dans le sein 'de ma mere, 

A cet enfant aimablc 
Le bon Montesquiou 
Dit d^un air tout affable : 
Je vevx boire avec vous, 



— 236 — 

Je V0U8 regalerai, sans quHl en coHUe ffu^ ^ 
fat des provisions, don don, 
Faites poffr Us eiats, la la. 
Qui sont encore entiires, 

Un diseours oratoire 

Bourbon avoit appris; 

D*un defaut de memoire 

II fut alors surpris. 
Et, ne pouvant trouver ce qu'il avoititt^'^ 
11 tira son brouillon, don don; 
Mais a tous il monira, la la, 

QuHl ne savait pas Ure, 

Bref, il lui dit en face : 
Tu descends de Thamar; 
Je sais que dans ta race 
On voit plus d'un bastard ; 
Tu ne peux excrcer la puissance royale 

Sans attaquer de front, don don, 

Commc dit Fortia, la la. 
La loy fondamentale, 

Apercevant Bouzole, 

Joseph Idcha ces motg : 

Voild, sans hyperbole, 

Vimage du cliaos; 
Debrouille, si tu peux, cette masse grossiire^ 
Cette operation, don don. 
Plus d'honneur te fera, la la. 

Que ne fit la premidre. 



-, 237 — 

Searron au Messie 

98l a^ de fin : 

fneur, toute magie 

tomher devant tot, 

^isman par qui, vieille guenippe, 

r au grand Bourbon, don don, 

i Noailles Va, la la, 

;r asierwr Philippe. 

jktttteelier au gite 
la mh'e et le fils : 
leg, dit-ih bien vite, 
e vilain taitdM /i 
iblicain ma devote prudence 
%4 la fMMon, don don, 
s qu'eUe sera, la la, 
Ure biense'ance, 

hefi)ucauld la belle 
d'un air humble et doux : 
rois e'tefidele, 
neur, d mon epoux; 
*e'gent il fallut Men se rendre, 
enoit le con, don don, 
Hlle les brae, la la, 
vois-je me defendre ? 

Noailles a sa suite 
snoit le chancelier ; 
e de son merite, 
brave qu'un chapter. 



— 238 — 

Regardez, ce dit-il, sa mine fibre et ropit; 
Pour mot, c'eet un mouiom, dm dm; 
Pour qui m*altaquera, la fo, 
II mordra eomme un dogya. 

A la creche arrivde. 

La charmanU Coniy 

Parui fort itonn^ 

D'y voir Lafare auui, 
VenfarU, qui connoist tout^ dit : Gorde^MW, V*^ 
De servir ce mignon, dxm dam, 
Le bossu le eauva, la la, 

II vous fera la vie. 

Oh ! la beUe campagne 
Que fait MonteequUm, 
II part pour la Breiagne, 
Suivi de ses Poiloux; 
II arrive aux etats, precede de eee garde$; 

Gare, messieurs les Bretons, don dofi 
Void voire Attila, la la, 

Du Gascon Dieu vouf garde! 

Entrant dans la seance 

D'un pas majestueux : 

II faut votre finance, 

Cest le vouloir des dieux. 
Accordez-nous du terns, et soyez plus traito 
Nous boirons sur ce ton, don, don. 
On nous Vaccordera, la la, 

Mais surloul tongue table. 



tin motuqueton, don don, 
ais ne rata, la la, 
'stoire est fidile, 

mi de la chaste 
on vint en ces lietuc. 
uis point Us traces, 
de mes ayeux; 
upes que des pures ve'Hlles, 
t des bastions, don don don, 
lient des Estats, la la, 
entretiens des filles. 

tant leur offrande 

slards, tres-soumis, 

: Tu nous commandes, 

rnos ennemis; ' 

\e nous deuxcette sainte ordonnance 

fait mille affronts, don don, 

frons tout cela, la la. 



— uo — 

Et dit : Je ne veux point suiwe cet eiNm^'Ie; 
La France r^voUom, don don, 
Et faisoni dans fEiiat, la h, 
Une guerre cimle. 

Quand la Samaritaine 

Apergutle Sauveur, 

Qui penetra sang peine 

Le secret do son coeur, 
Elle sentit alors un repentir extrime. 
Son hdtesse Bourbon, don don, 
Pecheresse arriva, la la, 

Et retouma de mdme, 

Le bon Joseph s'icrie. 

En voyant la Torey : 

Jesus, rendez la vie 

A ce cadavre-cy, 
II sent dejd mauvais; si ta main le ripve, 
Sa resurrection, don don, 
Un sur garant sera, la la. 

Pour ton amy Lazare. 

II faut que tu guerisses 

Bourbon, dit Madaillan, 

Comme I'hemoroisse 

Elle perd tout son sang; 

Depuis qu*elle avorta, son ventre se demanch 

Dessous son cotillon, don don, 

Un flux toujours coula, la la, 

De sang ou de fleurs bkmchei. 



— 841 — 

En Meeouant ta teite. 

Arrive fUleny, 

QfU dit : Que Van s'txrreste! 

C'eet de la part du roy, 
mille complimens, qu'assez mal il prononce. 
Puis mille questions, do9i don, 
Mais il ne donnoit pas, la la, 

Le terns de la rdponse. 

Tarrive A grande peine. 

Messieurs, je suis a bout, 

JHt Villars hors d'haleine ; 

Mais puiS'je itre partout ? 
embarreuse d^ordonnances guerrihes, 
Et Guiche, ce poltron, dofi don, 
Lorsque je n^y suis pas, la la. 

Me taille des croupiires. 

Ma foy, que la Bretagne 

Agisse bien ou mal, 

Je vais d ma campagne, 

Dit monsieur Vamiral; 
'ndrai force cerfs, les suivant a la piste; 
Mon occupation, don don, 
A mon retour sera, la la, 

D*en e'crire la liste, 

D'un air de hardiesse, 
Entra le due d\intin. 
Qui dit : A ma souplesse 
Je dois tout mon destin; 

■11. a 



— 248 — 

Pour conserver mes jours, fevitai les bate 
Puis je me fis larron, don don, 
Et trompai, gd et Id, la la, 
Enjouant d Versailles. 

Je fis assfiz connaifre 

Que je n'etois pas sot, 

Quand, pour plaire d mon maiF 

Je jouai le divot ; 
La mode ay ant change', ferme dans mon ] 
Je me fis sans fagon, don don, 
Sitdt quHl gouvema, la la, 

Maquereau de Philippe, 

J'ai vecu sans reproclie. 
Bit Conty , jusqu'ici ; 
Ma Minerve Laroche, 
Au moins le dit ainsi; 
J'ai vaincu Crevecoeur, Lamouffaye et tant t 
SHI faut, pour voire nom, don < 
Livrer de tels combats, la la. 
Seigneur, je suis des vdtres. 

La main dans la ceinture, 

Le chancelier entra, 

L'auteur de la nature 

Htimblement adora, 
Pttis, faisant un soupir, lui dit d'un tons^M^^'tfre 
Je n'ai point d'ambition, don don^ 
Mais ne devrois-je pas, la la, 

Estre premier ministre? 



( 



243 — 

^.^.^^^ mum afwestre, 
. . ^■^«tne« a son tour, 

p^^^ |1 par fins des remontrances. 

Puis eti ^^'*** dira-^-on, don don, 
Ta^^^S^strera, la la, 
* fc« ordonnances. 

l>^- ^^^^ pour la police, 
Je ^y^erdJesus, 
K ^ffre mon service, 

^g^^^^iwe d^honneur Jamais ne dissimule, 
fitt*rfc ^ condi7ton, don don, 
^ ^*c <otw we» goujats, la la, 
fdrrerai la mule, 

"^ompar, d'un air de cuistre, 
^ui dit : Je stiis ton fait, 
^'il te faut un ministre 

^^eVvv ^'^ '^^^ 9^^'"'^ par fait; 
^^^>niaux jour et nuit fetudie; 
f->^^i fait des missions, don don, 
'^<elqu€S vers d*opera, la la, 
Et mainte come'die, 

Avec mine pedante, 
Le docte abbe Dangeau, 
Au Fits de Dieu presente 
Son alphabet nouveau. 



— 244 — 

Lui dit : Je tapprendrai les etymologUs, 
Les termes du blason, don doii, 
Et des rois de Judas, la la, 
Les genealogies, 

Cet eccle'siasUque, 
Re'pond son frere ainS, 
Est homme me'thodique 
S'il en fut jamais n4. 
Pour moi,favoi8acquisquelquegloire ou Pan 

Puis, d^un doucereux ton, don don, 

Ses vers it recita, la la, 
Et parkt de sa mere. 

Puis la jeune duchesse, 

Avec tous ses appas, 

Vint avec alle'gresse 

En tenant du Chayla, 
Chacnn dit, les voyant assortis Vun d Vaair 
Gardez voire union, don don, 
Personne n'enviera, la la, 

Un hien tel que le v6tre, 

Conde\ maintes batailles 
Gagnoit au champ de Mars, 
Renversoit des murailles 
Et forcoit des remparts ; 
Bourbon, son petit- fits, merite un grand el 
Ce digne rejefon, don don. 
En trois jours emporta,la la, 
Bravement une loge. 



— J4» — 

Jyif, wahe, eonaire, 

S$tr4e$ vmt brusq%iefnerU 

A Jitu$ dSbonnaire 

Faire ton eompUment; 
, ayani tonne nuiinte et mainte pistole, 
Crut qu'il feroit tin bon don don, 
Mais lejiUfs'en alia, la la. 

Sans donner une obole, 

Aprh, on vit paroitre 

Le boiteux du Fay 

Quijusqu'au divin mattre 

Voulut railUr atusi, 
n hii dit : Sortez, et fuyez le Messic ; 
Car sHl prend un bcuton^ don don, 
U vous etrillera, la la. 

Pour vos chansons hardies. 

On suivoii d la trace 

La Villars au berceau; 

Joseph fit la grimace 

En voyant ce ruisseau; 
^Dieu ! cria-t-il, malheur a qui vous sonde; 
S'il entre en voire con, don don, 
L'amiral perira, la la, 

Dans une mer profonde. 

En devote posture 
La Maillebois entra, 
Disant : Von nous assure 
Que Jesus guerira 



— 246 — 

Le mal contagieux que Von nomme veroU. 
Ten demande pardon^ don don, 
Mais Richelieu ena, la Ui, 
Ten donne ma parole. 

Comme une dcervelde, 

Ensuite elle chereha 

Comme une ecervelSe 

Domhes qiCelle lorgna, 
Exawe-moi, Seigneur, dit-elle aveeJMamt, 
Presse ma gue'rison, don don, 
QWil me fasse cela, la la, 

Malgre son indolence. 

Inprise de ses charmes, 

Aussitdt d Venfant 

Racontant ses alarmes, 

Tres-justes dans ce terns, 
Elle dit d Joseph : Pretids pitie de ma pwM, 
Garde-moi ce poupon, don don, 
Et que COS catins Id, la la, 

Avec eux ne Vemmenent. 

Sa soeur, la Rupelmonde, 
Rougissant du propos, 
Dit : Pourquoi dans le monde 
Annoncer tous ces mauxf 
II faut dissimulcr, c*est ainsi quejepense, 

Villequier me prend le con, don iJL€9r 
Aucun ne sail cela, la la. 
Jamais de confidence. 



— 247 — 

RempU Ue confiance, 

Lowaigny arriva. 

Chacun dans rassistance 

Aussiidt le htta; 
ntendant le bcBufmugir et Vasne braire, 
Eut peur du carillon, don don, 
Et puis il de'tala, la la, 

Croyant estre <k la guerre. 

Taime voire per sonne, 

Et je veux votre bien ; 

II faut que je vous donne 

La petite d'Ayen ; 
ignez promptement, je crains qu'on ne meparle, 
Je vous donne un million, don don, 
Et Von vous pay era, la la, 

Comme le prince Charles. 

Apres eux dans Vetable, 

De Rohan le prelat, 

Avec un air aimable, 

D* assurance harangua. 
^^^s pas pourquoi chacun se scandalise 
^i je sers Cupidon, don don, 
^n France, c'est Vetat, la la, 

Des princes de V^gline. 

La marechale crie 
Et dit : Je pre'tends bien. 
Pour I'avoir, qu'il vous pric, 
Et ne lui donner ricn. 



— 248 — 

De tout le revenu je ferai la rec&tte, 

Et noui lui dofuwrons, d(m dtm, 

Quelques biUeU d'Estai, la la. 

Pour acquitter $68 dett$9. 

Quoiqu'elle »oit cadetle, 
Cest pour nous grand lumnntr; 
Elle sera parfaite 
Cotnme Von voit sa sasur, 
Q^i surpasse, ct treize ans, dont ckaam lari\ 

En modeste fagon, don don, 

Pudeur, et cetera, la la, 
Ses tantes et sa m^. 

La Mignonne s'avance, 

Et d'un ton irritS 

Dit : Tax de la naissance ; 

Le rang et la heautd 
ye me svffisent point. Seigneur, etjenuda% 
Otez-moi mon oison, don don, 
Allongcz ce qu'il a, la la, 

Et faites-en un asne. 

Awe grand bruit s'avance. 
Tout convert de lauriers, 
Le heros de la France 
Suivi de maints guerriers, 
J'apprcnds queNoailles, icy,veut usurper matit 
Chassez ce pantalon, don don. 
Seigneur, ne souffrez pas, la la, 
Qu'on prcnne de vains litres. 



— 249 -r- 

/0 guffircu #n France, 

PouTfUoi tous ces conseiU ? 

J'ai merits, je penae, 

he nom d^universeh 
renne et Conde de beattcoup je devance 
ToHtes leurs actions, don don, 
Au prix de mes combats, la la, 

JTont pu servir la France, 

J'entends vanter Eugene, 

Je Vai toujours hattu; 

Mon ascendant supreme, 

Au piquet a paru, 
at, par mot seul on vit la paix en France, 
Et tant de millions, don don, 
Pris au Palatinate la la, 

M'ont instruit des finances. 

Tu €s Dieu des armees, 
Moi fen suis president : 
Pourquoi done, Vautre atmee, 
Souffrir que le regent 
etnpSche d'avoir aussi mon sceau en France ? 
Jamais commission, don don, 
Wauroit sorti de la, la la. 
Sans acquit de finance. 

Soutiens done ton vicaire. 
Sans cela, le regent 
Ne me craindra plus guere, 
MSme moins que clement ; 

»w. 1 i . 



— 250 — 

L'infaillibilite m'est due comme au 
Meprisant mes canons, don < 
Un petit avocat, la la, 
M'a fait lever le siege, 

Un aigrefin s'offense 
D'un style sans fagon, 
Targuede sa naissanee 
En demande raison ; 
Jamais aucun Clermont, nom fort ill 
Ne I'a pHs sur ce ton, Hon < 
Et ne le disputa, la la, 
Aux mareckaux de Franc 

En mortier et soutane. 
Par la foule presse, 
Entre le hceufet Vasne 
Lamoignon fut place'. 
II sen plaignit tout haul a notre d 
Qui, plus doux qu'un moutc 
Aussitdt repliqua, la la. 
Oil pourriez'vous mieux i 

Jesus, las de somettes 
Et les voulant finir, 
Dit a Joseph : Arrite 
Ceux qui voudront venir; 
II est terns de manger en repos ma I 
Le prenant sur ce ton, don < 
lis ne finiront pas, la la, 
De confer leurs folies. 



- 251 — 
** ^€>nty, pcusant outre, 

** '^^••i^e te fait foutre 
'^^'t'Tedansrirutant; 
' ^^S^Tieur, me tireroit de peine, 
# ** croupion, don don, 

9"^*^! i^i restera, la la, 
^^^i d la geine, 

«. T * Jf^endant ton enfance, 

J '^'Ude'e comme en France, 
ttni ^^^fl^^* Vargent; 

}j^^/^ ^onseil le Boeuf, VAsnon, Noaillcs, 
(^ ^wt Saint-Simon, don don, 
fc^ ^on rang soutiendra, la la^ 
^ftout hors des batailles, 

^^w de ses deux pages 

^^t vStu de veloux, 

'^^''Auvergne avant les mages 
•* ^int se mettre a genoux : 
* 'Seigneur, mes peches de jeunesse, 
^ ^ demande pardon, don don, 
^^% dis mea culpa, la la, 

"^e quitte mes mattresses, 

^laignez mon avenlure, 
JHt-il en soupirant, 
Moi seul sans prelature 
Je reste au dernier rang. 



— 2S2 — 

De Castres et Caumariin ne sontpoimis ««*■ ^ 
D*E8tree$ et MasHWm, don dim, 
Et les autret paillards, la la, 
De notre mhne eUuMe. 

Sidfila prelature ■ 
Tu etois honiori, 
Tu lui feroU injure, 
A dit le notiveau-fie. 
Relire-toi d'id, avec ta mine s^he, 

Tu fats peur d Vamon, don <fa«j- - ^ 
Le bcBufse sauvera, la la. 
Pais Gille et te depesehe. 

En trh'humble poeture 

Frederic s^avanga, 

Au Dieu de la nature 

Un placet presenta, 
Soutenez-moi, Seigneur, contre la tytoim^^ — 
D'un parent de mon nom, don ( 
Tout mon bien il prendra, la la, 

Meme mon abbaye, 

Cliongeons done de syslime, 

Faisons-nous circoncir, 

Renongons au bapteme 

Ainsi qu'd Vavenir. 
Du grand Turc Ottoman je serai le pof^ 
Au temple de Mahon, don don, 
Je serai le prelat, la la, 

Foutre des benefices ! 



e les Maisons, don don ; 
ne pourrois pas, la la, 
V»r let gens ctUistes, 

piae, qui seconds 
etit moucheron, 
at : Faut de la Fronde 
r faire les patrons, 
ner le regent et sa race, 
ue les Bourbons, don don, 
prbs tout cela, la la, 
egner a leur place. 

jonsens, dit du Maine ; 

r je ne suis pas ne 

\ roy ni d^une reinc ,- 

ait est Men prouve' : 

' maman se livrdt au monarque, 

izun, un poupon, don don, 

es flancs lui coula, la la. 



— 2S4 — 

Messieurs, pour cet effet, venez manger ma lott} 
Bon foin, force chardom, don don, 
En quantite' il y aura, la la. 
Nous tremperons la croiUe, 

Entendant la semonee, 
Joseph s'cst eerie' : 
Qui t'a, fagot de ronce, 
Aussi mal fagoU f 
Quoi ! tu pretends icy suborner ces deux btstsi 
Nous fen empicherons, don don, 
Et Dieu Cen punira, la la. 
Par des comes en teste. 

Vous prenez mal la chose, 
Bonhomme, ecoutez-moi : 
Nous avons mime cause, 
U enfant Jesus et moy ; 
On dit quHl est bien fits de la vierge Marie, 
Mais on a grand soupcon, don don, 
Qu'il n'est point de Judas, la la, 
De la race sortie, 

Je voulois faire entendre 
A ces deux animaux^ 
Que Jesus pouvoit rendre, 
Sur des ecrits nouveaux, 
Un edit qui cassdt celuy de la regence* 

J'offrois un million, don don, 

A ces deux bites-Id, la la. 
Pour ces deux reverences. 



— 255 — 

Par iff^ nouveau sysihne 
Je prdtends revenir 
Contre Vedit supreme 
Q^i veut nCaneantir; 
\%endrai partout les droits de ma natsiance, 
J'empSeherai Bourbon, don doti, 
Quand le ecu escherra, la la, 
De gouvemer la France, 

Courant a toute ouirance, 

Bourbon au nouveau-ne 

A fait sa remontrance 

D'un air tout courrouce : 
kz done. Seigneur, la chasse d la canaille, 
Jejure par Pluton, don don. 
Si tu ne le fais pas, la la, 

J'enverrai tout au diable. 

A cette petulance 

Joseph a repondu : 

Pour ton irreverence 

Contre V enfant Jesus, 
>f> desormais, prive de toute chasse ; 
H'autre punition, don don, 
A present tu n'auras, la la. 

Pour punir ton audace. 

Seigneur, on vient vous dire, 
Que j'ai su deroger (i), 

vnarquise de Ncsle. 



— 256 — 

Je pourrois les dedtre . 
Si je voulois prouver 
Que pour Ics fleurt de lytj'ai toujoun cor^ 
Si fat quittd Bourbon (i), don dmm . 
Las (i) n*en pourroit^l pa$, fa la. 
Avoir sous sa chemise f 



TRIOLET. 

La d'Armagnac est folle et fintf, 
Elle tient de ph^ et de mire; 
Charles, gardez bicn le bi^ou. 
La d'Armagnac est folle et fout, 
EnfermeZ'la dans quelque trou, 
Vous n'avez rien de mieux d fairo 
La d'Armagnac est folle et finU^ 
Elle tient de pdre et de mire. 

CHANSON 

SUR l'aIR : IL A nATTU SON PETIT FR^RE, OU I 
D*UNE SAHARITAINE. 

Sur monsieur le prince de Cooty. 

Tu vantes tes bonnes fortunes 
As-tu les belles pour des prunes? 
Tortu d'esprit comme de corps, 

(i) Monsieur le due.... 

(2) Las (Law), chef de la Banque Royale , rF| 
justice dans les pays ctrangers. 



— SK7 — 

St H€ ^ettg nous donner croyance 
Qu'^'^ec eUes tu saU cTaccord, 
™'~**oi«* lc9 voir dans Vopulenee, 

'on %ricux maquereau la Gbapelle 
^« '^^ne d la gloire immortelle, 

^ /**€* valoir tes grands talens, 

w ^^^ziin chassd par ion pcre, 

^' •^ en tor de tes jeunes ans, 

*^* ^'e presage a ta carribrc, 

"*^^^^s%iig avec un tel ministre, 
'" '^^« acqudrir de beaux litres; 

^^'^ * Vavenir Vadmirera ; 
^ ^"^stat tu tiendras les rines, 

^^ ^^gent te le cedera, 

^ d,os le soutiendra sans peine, 

COPIE D'UNE LETTRE 

teVMUil^ de Sabran k moDseignenr Ic due il'Orl^uus, 
^^gent le. . . (fevricr 1718). 

, *tf ehez toi ce matin, chienne de race, on 

I'^ela porte; si tu viens jamais chez moy, 

m ^ le mime sort. 
'» ft, 
^ ^© tais ni aimer ni escrire; mais tu sais 

Fg^'l ^is done,., Je Venvoie mon nidtin (i). 

ie f, ton chambellan, et, a Vegard du brevet 

K^ ***iic, parles-en a ton negre de garde des 

ft)b^2""" 

Argenson. 



258 - 



CHANSON 

SUR L*AIR : YOTEZ HONSIEDR LESGAPAHB 
OU : DES FEUILLANTIHES. 

La Faye (i) est done maquenau, 

Bit Ve'cho^ 
D'un prince qui rCe$t pa$ beau, 
lien a pour recompense 
' De deux emplois d'importanee (s). 



CHANSON 

SUR l'air de robin tdbelure. 

Au sujet du portrait de mademoiselle de Char 
peinte en habit de cordelier, en t^te naissante, 
sieur Gobcrt, peintre. 

Frere Ange de CharoUois, 

Par une rare aventure, 

Au cordon de saint Francois, 

Turelure, 
De Venus joint la ceinture 
Robin, turelure. 

(1) Leriget de la Faye. 

(2) Fait secretaire d^un prince da goaTemen 
Bourgogne et dc la charge da grand matlre de la i 
du roy, qui valoit quinze mille livres de rente. 



— 259 — 

Un cordelier grot et grot, 
Admiraint cette figure. 
En soupirant dit, hdlas ! 

Turelure, 
Pourquoi n'es-tu que peinture ? 
Robin, turelure, 

Lee novicee du couvent, 
Toue en trde-humble posture, 
Offrent d ce bel enfant, 

Turelure, 

Du foutre plein sa mesure 

Robin turelure. 



IR MADEMOISELLE DE CHAROLLOIS 

PEINTE EN SAINT FRANgOlS. 

Beau saint Frangois, ne souffrez pas 
Qu'ofi peree vos mains delicates. 
JHtes d range : Cest plus has 
Qu'il faut appHquer les stigmates. 



— 260 — 
CHANSON 

aOM L*AIR : 1)1 MA BACIini 

(Oe la Com&lie italieone.) 



Deux foU la i 
Certain vieux bauM (t) 
Mhie d la fontaiM 
Boire son bidet. 
Avec moint de peine, 
Rene d^Argemon^ 
A la Madeleine {t). 
Fait le cariUon (s). 



CHANSON 

SCR L*AIR DES FEDILLARTIMBS. 

t 

Ce grand borgne de Bourbon, 
Ce dit-on, 

[{) M. de Chamillart. 

(2) lUadeleine de Traisnel, pr^s de Paineoort 

(3) Avec madame de Villemont qui en est 
dit qa'elle a ea autrefois on enfant de des 
fldleur. 



— 261 — 



**^^« la Faye a Fillon, 
^^^^er qvelque gourgandine, 
"• ^^w fait a la sourdine (i). 



CHANSON 

^ *-^AlR ; TRANQDILLES COEDRS. 

^^dame ]a duchesse doaairi^re. 
!7i8. 

* ^Usfaite pour V amour, 
*^ne»jt)CMf Hen vous le dire, 
^^^iUotV pour vous nuit etjour, 
'*^ louis finirent son martyr e; 
^**tnf« B..., pour tes traits effaces. 
It n*est pltts qu*un Laffay, 

'^uwe B»,», que ton renom 
Upres de la FiUon figure, 
crry chez toi mene Riom 
Are'tin faire les postures ; 
ml est ce qui te convient, 
Ne leur cache done rien, 

oopfonne que c'est madame de Mortal qui 

ooplet. M. le due lui cnvoya la Faye pour 

!8 voies , qui furent bienl6t aplanies. II la vit, 

t la laissa Ijk, sur la fin de 17i7. 

-devant le couplet d'une chanson qui com- 

ce premier vers j 

■ La Faye est done ntaguereau, » 



— 262 — 

Plus borgne cent fois que \vk 
Tu 68 ornd de sa coiffure : 
Dans ion corps Vdme d*un pu^ 
Du public itre la censure; 
Si vous le m^connoissez, 
Cast Vami de Gassi, 



CHANSON 

SUR i/AIR : LE PETIT COIETE DE 

Sur M. le dac de Bourbon 
1718. 

Dites-nous doric, duo de Bow 
Que faites-vous pour votre n 
Je chasse et je baise des fille 
N'est-ce pas le souverain bier, 
Tout le reste n'est que vetille, 
J'en fais moins cas que d^un 

CHANSON 

SUR l'aIR : IL A BATTU SON PETI1 

1718. 

Contre Vedit le pcuple erie, 
Le noir pantalon le rente ; 



f — 263 — 

f (W fiiable en seroit done Vauteur ? 
^I'ce Law qui tout derange? 
^'9^nt, pends-nous cet imposteur, 
^ 9ue la verole te mange. 

y^uas^tu savoir en quoi diffhe 
** ^nzarin le ministere, 
^1 ^ Las U futur pendu ? 

*"* ne foutoit que la regente; 
^^ celui'Ci tout est foutu. 



* ^^gent, vital etnos rentes. 

t *'«j>pe, exclupar la nature, 
** ^tCune pike d'e'criture 
^•^ flatter son avidite; 

* i»cer un exces de prudence, 
"^^t renverser le traite 

^^ «etil fondoit son cspe'rance. 



MANDEMEHT 

"'^^Vergondde demoiselle Marguerile-Agalhe 
Ricard, pr^tresse de V^nus. 

1718. 

^^^^^^te-AgatJie Ricard, par la grace de Ve- 

^^ Cupidon, concubine episcopale^ a toutes 

^®« et bien-aimees gourgandines, jeunes 

^. . . ®** soubrettes et gouvernantes de cure's et 

^'*9uc» de notre diocese, salut. 



— 262 — 

Plus borgne cent fois que Vui 
Tu es ome de sa coiffure : 
Dans ton corps Vdme (fun fa 
Du public itre la censure; 
Si vous le mdconnoissez. 
Cast Vami de GassS. 



CHANSON 

SUR i/AIR : LE PETIT COIETE DK 

Sur M. le dac de Boorbon 

1718. 

Dites-nous done, due de Bom 
Que faites-vous pour voire n 
Je chasse et je baise des fille 
N'est-ce pas le souverain bien 
Tout le reste n'est que ve'tillCj 
J'en fais moins cas que Sun 



CHANSON 

SUR L*AIR : IL A BATTU SON PETIT 
1718. 

Contre Vedit le pcuple erie, 
Le noir pantalon le rente ; 



— 263 — 

0^ dUble en seroit done Vauteur ? 
^it-ee law qui tout derange? 
^^entf pends-nous eet imposteur, 
^ 9^^ la wrote te mange* 

*"*-'« savoir en qmi diffhe 
*^^azarin te minist^e, 
^' * Las te futur pendu ? 
J^ *»« foutoit que la regente; 
y^ ^lui-ci tout est foutu, 

*^9^nt, l'£tat et nos rentes. 

Phil* 

« ^Ppe, exclu par la nature, 

** 9u*tffie pidce d'ecriture 

Jl^^ filter son avidite; 

* P^f^ un exch de prudence, 

"^^^Ut renverser le trait e 

«eiif fondoit son esperance. 



MANDEMENT 

"'^^Vergondde demoiselle Marguerile-Agaihe 
RicardfprMressede V^nus. 

1718. 

.^.^^^te-Agathe Ricard, par la grdce de Ve~ 

. ® Qupidon, concubine episcopale^ a toutes 

^* et bien-aime'es gourgandines, jeunes 

J. ** souhrettes et gouvernantes de cure's et 

^^9ues de notre diocese, salut. 



repuianon que nous nouM Momwua 
I'dge de douze a treize an$ dam Vauy 
republiquc ve'ne'rienne. Ces espriU 
pouvant surtout voir, sans envie extt 
range sous Ve'tendard de lAmour 
Ires-noble prelat dont le ccBUr avoi 
insensible oux attraits de eette cAam 
ils appellent scandale I'exemple le pi 
ious les prelats du royatime dev 
temporal 6 mores! 

Helas! plut d la divine Cypt^ 
longte^nps, toutcs les personnes qu'€ 
d propos gens d'honneur, n'euMseni 
de soins d'cnsevclir dans les tenebrt 
convenablc et si necessaire au Inen f 

On ne verroit pas notre noble pf 
rablcmcnt avilie et detcstee au dehc 
cellcs mimes qui Vexercent avee le 



— 265 — 

H aniwue d'un zHe vraiment cupido- 
apporUr dti remideM eonvenablei el 

wia que nous votu envoyoru U pre- 
f^t, par Uquel, de Vavisde notre lre$- 
(nnmode abbesse, la dame d'Hauteuil, 
nu voui ordonnone de vo\u irouver, 
tiM. d Bresle, a fin que nous avUions 
plui propres et le$ plus faciles pour 
i notre auguste profession Vkonneur 
ii lui sotit due. 

rons en mime terns les mesures ne- 
r jmiiu* et reprimer Vaudace des 
EiuiMMfifif et pour ce, nous deputerons 
t vers VUlustrissime et corruptissime 
I Pont^Neuf, d Paris, pour la snp^ 
envoyer une douzaine de ses sujets 
nsSs des dons de V^nus, afin de les 
ein verre dans les culottes de ccs par- 
ires,' 

le, dans le palais enchante des plai- 
du mois d" Amour i718. 
guerite-Agathe Ricard, prdtresse de 
IS bas : Par ordonnance de madame 



12 



reputation que notia twus somme$ 
I'&ge de douzc a treize am dam Vaug 
republiquc ve'nerienne. Cos esprit 
pouvant surtout voir, sans envie ext 
range sous Ve'tendard de VAtnour 
trcs-noble prclat dont U eceur avoi 
insensible oux attraits de cette chart 
ils appellent scandale Vexemple lepi 
towt les pre'lats du royatan6 det 
temporal 6 mores! 

Helas! phU d la divine Cypri 
longte-mps, toutes les personnee qu'i 
it propos gens d'honneur, n'eussent 
de soins d'cnsevclir dans les tSnebr 
convcnable et si nc'cessaire au 6teii j 

On nc vcrroit pas notre noble p\ 
rablcment avilie et de'teste'eau dchi 
celles mimes qui Vexercent avee h 
dans le secret. 

Tant de jeunes et aimables tent 



— 265 — 

B abu$ et animee d'un zSle vraiment cupido- 
tour y apporter dti remides convenablei et 

) paw eela que notu vous envoyoru le pre- 
indement, par lequel, de Vavisdc notre tret- 
it irke-^ommode abbesse, la dame d*HauteuU, 
ikre, nous vous ordonnons de votts trouver, 
iquinzaine,dBresle,afin que nous avisions 
'yens les plus propres et Us plus faciles pour 
rendre d notre auguste profession Vhonneur 
jUrire qui lui sont dus. 
It prmdrons en mime terns les mesures ne- 
res pour punir et reprimer Vaudace des 
Btfifft Beauvoisins et pour ee, nous deputerons 
\eUement vers Villustrissime et corruplissime 
lique du Pont-Neuf, a Paris, pour la sup- 
de nous envoyer une douzaine de ses sujets 
us favorise's des dons de Venus, afin de les 
dre iiplein verre dans Us culottes de ccs par- 
memuidere's, 

t d BresU, dans U palais enchante des plai- 
e vingt du mois d* Amour i718. 
le, Marguerite-Agathe Ricard, prdlresse de 
. Et plus has : Par ordonnance de madame 
t. 



12 



— 266 — 

CHANSON 

SCR L*AIR : qu'est devenu le prwtws. 
1718. 

tongue et seche Birenger, 
Vaine et bourgeoise comieWt 
Avec tes airs de princesse, 
Tu nous fats ious enrager; 
Chacun suit que ta noblem^ 
Dont tu vcux (e faire /ionneur, 
Est plus plate que ta fcsse, 
Et plus fausse que ton coiur, 

Pourquoi done tant de fierte, 
Pourquoi ccs minauderies, 
Et ct's fades bergeries, 
Et ce langage affectef 
Pcnses'tu qu'on soit la dupe 
De cet enfantin jargon, 
Et qu'on croie que ta jupe 
Soit cousue a ton talon ? 

Plus d'un berger^ ce dit-on, 
Dans son ardeur empresseCy 
Cent mille fois Va troussc'e 
Jusqttes dessous ton menton. 



— 267 — 

Cesse done, fatuse herghe, 
De nous vanler ia pudeur, 
Et de vouloir contrefaire 
Ta pastorale vigueur^ 

A Gilbert, ce grand nigattd. 
On nouveau nigaud sttccede, 
C'est Langeron qui fobsede. 
Plus benSt qu'un sot badaud. 
La grosse et molle duchesse, 
Confidente de vos feux, 
De son cdte fait prouesse 
Avec son minee amoureux, 

Elle aime cet etoumeau, 
Ce cher petit Destoumelle, 
Qui n*a pas plus de cervelle 
Ni plus de sens qu'un moineau, 
Maison jadis illustree 
Par Vamour d'un de nos rois, 
Paix, tu vois le sang d^Estrees 
Souille' du sang d*tm bourgeois, 

les discretes amours, 

Et le prudent assemblage ! 

En carosse de louage, 

Ces bergers alloient au cours, 

Avec ces gaies bergeres. 

Rouges comme che'rubins. 

ffon, c^eloient deux mousquetaires 

Avec deux franches putains. 



— 266 — 

CHANSON 
SCR L*AiR : qu'est devenu le PRisms. 
1718. 

Longtie et sdche Birenger, 
Vaine et bourgeoise comteue, 
Avec tes airs de princeue, 
Tu nous fais ioxts enrager; 
Chacun suit que ta noblesse^ 
Dont tu veux (e faire honneur, 
Est plus plate que ta fesse, 
Et plus fausse que ton cflww. 

Pourquoi done tant de fierte, 
Pourquoi ces minauderies, 
Et CIS fades bergeries, 
Et ce langage o/fecte ? 
PcnseS'tu qu'on soit la dupe 
De cet en fantin jargon, 
Et qu'on croie que ta jupe 
Soit cousue a ton talon ? 

Plus d'uH bergery ce dit-on^ 
Dans soti ardeur empressee, 
Cent miUc fois Va troussce 
Jvsqucs dessous ton menton . 



— 267 — 

Ce$ge done, fausse bergere, 
De nous vanter ta pudeur, 
Et de vouhir conirefaire 
Ta pastorale vigueur. 

A Gilbert, ce grand nigaud, 
Vn nouveau nigaud succede, 
C'est Langeron qm Vobsede, 
Plus henit qu^un sot badaud. 
La grosse et molle duchesse, 
Confidente de vos feux, 
De son cdte fait prouesse 
Avee son minee amoureux, 

Elle aime cet etoumeau, 
Ce cher petit Destournelle, 
Qui n'a pas plus de cervelle 
Ni plus de sens qu''un moineau. 
Maison jadis illustree 
Par Vamour d'un de nos rots, 
Paix, tu vois le sang d^Estrees 
Souille' du sang d*un bourgeois, 

les discretes amours, 

Et le prudent assemblage ! 

En carosse de louage, 

Ces bergers alloient au cours, 

Avee ces gaies bergeres. 

Rouges comme clierubins, 

^on^ c^e'toient deux mousquetaires 

Avee deux franches putains. 



— 268 - 

CHANSON 
soR l'air des feoillahtikes. 

La presidente Ff'Uon, 
La Coulon, 
Sont putaifu d'un grand ^^^^^' 
Mais rCayant plus qui Us *^arM 
Elles sotit mat d leur aise^ 

Quand on va de la Couhm 

Chez Fillon, 
C'est qu'on irouve, ce dit-^n, 
Le devant de la premihe 
Plus puant que son derrHre. 

CHANSON 
Non certainement, je ne penche 
Pour Coulon ni pour Villefranch 
De toutes les deux je me plains, 
Et fort souvent je suis en peine 
SHI sort de plus grandes catins 
Du bourg de Romans que de Viennf^" 

II est vrai pourtant, quand j'y pen^ 
J'y trouve de la difference^ 
Ellc est m&ine grande en effet ; 
La Coulon travaille pour elle ; 
Pour la Villefranche, on le sait, 
La mere en est la maquerelle. 

FIN DO QUATORZltlME VOLUME. 



RECUEIL 



i A.NSONS 



VAUDEVILLES, SONNETS, 

SPlGKAaffllES, toTAPHES ET ADTRES VERS 

SATYRIQUES ET HISTORIQDES 

AVEC DES REMARQUBS CURIEUSES 



VOLUME XV. 



— 268 — 

CHANSON 

SDR L*AIR DES FEUILLAirrUIEa. 

La pr^ndenie FiUon, 
La Coukm, 
Sont putains d'un grand 9^"^^ 
Mais n'ayant plu$ qui let ^^ 
EUes stmt mai d teur at«e* 

Quandonvade la Couiom 

Chez FUUm, 
Cest qu*on trouve, ee dit-^tt^ 
Le devant de la premikre 
Plus puant que son derrUre, 

CHANSON 
Non certainement, je ne peneke 
Pour Coulon ni pour ViUefraneh^ 
De toutes les deux je me plaint, 
El fort souvent je suis en peine 
S'il sort de plus grandes catins 
Du hourg de Romans que de Vienn 

II est vrai pourtant, quand j*y pei 
J'y trouve de la difference^ 
Ellc est m4me grande en effet : 
La Coulon travaille pour elle ; 
Pour la Villefranche, on h sail. 
La mere en est la maquereUe. 

FIN DO QUATORZl^HE VOLUME. 



^ECtt^^^ 



,s^«so^»s 









V0t\3»S T^^- 



RECOEIL 



CHANSONS, ETC. 



fiPITAPHES 

r Madame la duchesse de Berri, morle k la Muelte , 
le jaillet 1719. 

miisiavi paululum melUs in summitate virgce, 
icce tnorior. 

AUTRE. 

Hie jacet Voluptas. 

AUTRE. 

Babet a perdu la vie (4), 
Quelle perte pour I'amour ! 
Bahet de la Come'die ? 
NoHy Bahet du Luxembourg . 

I) Madame la duchesse de Berry. 



X 



RECUEIL 



CHANSONS, ETC. 



fiPITAPHES 

ur Madame la duchesse de Berri, morle k la MueKe , 
le juillet 1719. 

Gusiavi paululum mellis in summitate virgce, 
ecce morior. 

AUTRE. 

Hie jacet Voluptas. 

AUTRE. 

Babet a perdu la vie (i). 
Quelle perte pour I'amour ! 
Babet de la Comedic ? 
Non, Babet du Luxembourg . 

(t) Madame la duchesse de Berry. 



— 272 — 

CHANSON 

sun L*AIR ! L'INDIFF^RENCE que PHILI^ 

Description dc la maniire dont on vit' 
de Chelles : Madame d'Orl^ans, al:: 

1719. 

Dc Vabbaye 
Oil reside Venvs, 

Nonne jolie, 
Disant pen d'orcmus. 
Loin des soins supcrflus, 
Ne songeant tout au plus 
Qu*d bien passer la vie. 
Fait tons les revenus, 

De Vabbaye, 



Du monasth'e 
L'amoureux directeur. 

En Vart de plaire 
Vient insti*uire chaque sceur. 
Sgavoir gagner les coeurs 
Par des attraits trompeurs, 
Cest la regie severe 
Qui mainticnt en vigueur 

Ce monastcre. 



^ H)niti. 



^ VabUyt 



Dan*'*"'''!*'*,. 



A2 



— 272 — 



CHANSON 



sun L*AIR : L'INDIFF£rENCE QOEPHlLf^ 

Description d« la maniire cionl on vi •' «,<mc. 
de Chelles : Madame d'Orl^ans, a^^ 



1719. 

Dc Vabbaye 
Ou reside Yenvs, 

Nonne joUe, 
Disant pen (Toremus, 
Loin des soins supcrflus, 
Ne songeant tout au phi^ 
QuUl bien passer la vie. 
Fait bons les revcnus, 

De Vabbaye, 

Du monasth'e 
L'amoureux dirccteur, 

En Vart de plaire 
Vient instruire chaque sa 
S^avoir gagner les ccBurs 
Par des attraits trompeurs, 
Ccst la regie severe 
Qui mainticnt en vigueur 

Ce monastcre. 



mile d«»«**' . 

„, rAtnow; 

Etlett'"*'*"^.. 



i^ 



— 274 — 

C'cst Ic mysterc 
Qui preside au dortoir ; 

he soin de plaire 
En fait tout le dewir; 
De ce charmant r&iuil 
On ecarte le bruits 
Et pour plus d'une affdir^^p 
L* Amour est introduU 

Par le mystkre. 



SUR L'ABBfi DU BOIS. 

Du hois dont on faisoit les cuisir^^* 
Un cuislre j'estois autrefois^ 
Car je suis nujourffhw du hoit 
Dotit on sail faire les ministtet* 



CHANSON. 

Las de Junon, le maifre du tonnerre 
Prit Ganimede et I'aima beaucoup mieux ^ 
Pourquoi plus qu'elle a-t-il eu Vart de pla 
Qu*avoit de plus ce gar von gracietue? 

Lure, lure, lure. 
Beau jouvenceau, ma fable est-^lle obscurt^-"^^ 

Lure, lure, lure, 
Unje'suite vous I'expliqucra, 

La^ la, la, la, la, la. 



^ 41» " 



*e colonie. 

...» 1.W «"'»"*• 

. „^ ron cw *'"■' 



— 274 - 

C'est le ntysterc 
Qui preside au dortoir ; 

Le soin de plaire 
En fait tout le dewir; 
De ce charmant r^uil 
On ecarte le bruit, 
Et pour plus d*une afai-^^^m 
L* Amour est introduU 

Par le mystere. 



SUR uabb£ du bois. 

Dm hois dont on faisoit Ics cuistres, 
Un cuislrc j'estois autrefois. 
Car je suis nujourd'hui du hois 
Dont on sail faire les ministres. 



CHANSON. 

Las de Jnnon, le maifre du tonnerre 
Prit Ganimede et I'ainia beaucoup miewf *■ 
Pourquoi plus qu'ellc a-t-il eu Vart de f\ff^ 
Qu'avoit de plus ce garvon gracieux? 

Lure, lure, lure, 
Beau jouvenceau, ma fable est-elle obsmrC"^ 

Lure, lure, lure, 
Unjesuite vous Vexpliqucra, 

La^ la, la, la, la, la. 



^ 41» " 



son «-*»* 

.„^roncndi«'' 



— 276 — 

fi'avront leur chemise 
Ni le cul breneux; 
Car en abondance, 
lis auront des torche-€uU, 
Lanturlu, lanturlu, UttUurlu, 



CHANSON 

SUR L*AIR : NE PARLORS PLUS BE H 

QO'lMPORTE k MOT? 

La Misntsipi tn'tntportune, 

N*en parloiu plus; 
Aller si loin cherc?ier fortune, 

Cest un (Ufus; 
Actions sur tcrre dtrangere, 

Cest un vrai Hen, 
Actionner sur sa bergere, 

Cest un vrai Men, 



CHANSON 

SUR l'aIK : IL A BATTO SON PETIT 

Philippe, poursuivant sa rout 
Pre'nie'diie une banqueroute, 
Kt puis le bougre partira ; 
Cast Id qu'arrivant la de'roui 
Un chacun pour son Libera 
Lui dira : Que Vaze te foute. 



— in 



£PIGRAMME 

Sc de Mademoiselle de Yalois avec Ic 
prince de Modine. 

^po^c^e tin des pltu petits princes, 

^ <t« trh'petUs 6tats, 
Et qt^-s 

„ I^eur mot ne valent pas 

Une cj^ ^ . , 

_ , ^ '^ *io* motndres provinces, 

_ J^€us chert des amours 

^•^1 qu*on fait a rebours, 

(u^^^ ^ ^ 'ouf, la finance est petite : 
„ ^ difference, grand Dieu, 

g. ^ ec triste et pauvre lieu, 
^ ^che lieu que je quilte ! 



Sqpv 



'^^ 



CHANSON 

■n^mes persoones que les prec^denlcs. 



Que je vous plains, ma princesse ! 

Vous allez dans un pays 

^^ti Von ne met jamais le vit 

Qu*entre les fesses. 

^e plaisant hougrc de party 

Pour voire altesse! 



— 276 — 

K^avront leur chemise 
Ki le ciil breneux ; 
Car en abatidance, 
Ih auront dcs torche-cuU, 
Lanturtu, tanturlu, lantuHt 



CHANSON 

SUR L'AIB : KE PARLORS FLU8 RE ^O"*"'''* 

QO'lMPORTE k MOT? 

Le MisHssipi m*importune, 

N'en parlous plus ; 
Alter si loin chercher forhme, 

C'est un abus; 
Actions sur tcrre etrangere, 

Cest un vrai rien, 
Actionner sur sa bergerc, 

Ccst un vrai bictt. 



CHANSON 

SUR LAIK : IL A BATTU SON PETIT ^ 

Philippe, poursuivant sa rout^^ 
Pre'medite tine banqueroute, 
Et puis le bortgre partira ; 
Cest Id qu'arrivant la deroutf^ 
Un chacun pour son Libera 
Lui dira : Que Vaze te foute. 



— in 



£PIGRA«ME 

^e de Uademoiselle de Yalois avec Ic 
prince de Modine. 

•**e im des pltu petits princes, 
^^ etc trh'petiU ttats, 
** Jf^tiur moi ne valent pas 
r^^ 9^osmoindres provinces, 
^ I^lus cheri des amours 
"^'^1 qu^on fait a rehours, 

^**e de tout, la finance est petite : 
^^ difference, grand Dieu, 
^ oe triste et pauvre lieu, 
^ ^che lieu que je quilte ! 



CHANSON 

^^ mimes personnes que les precedenles. 

Queje vous plains, ma princesse t 

Yous alles dans un pays 

Ot^ Von ne met jamais le vit 

Qu*entre les fesses, 

Le plaisant bougrc de party 

Pour votre alfesse! 



— 278 — 

Vaudroit mieux rosier en F -s^' ^ 
Ou les cons sont ftlus cherir ^ 
Oit Von trouw des gros vilt 

En abondance; 
Votre con auroit dans Pari$ 
La preference. 



CHAMSON 

SUR L*AIR : IL A BATTO SOK PKTIT FlkU. 






Faile sur la dame de Sainl-Salpiee, fitle de.... EigMk 
la Coudray, lieutenant de M. de Pontchirlran 
irdlear g6n^ral, et vcuTe de.... Vevcl , sieardeSiii*- 
Sulpice , commissaire gdn^ral de la marine , « ^ 
bauche, el servant de jouet & de jeunes tei|iietn 

Monsieur le comtc de Charolais coola de la p<mditHr 
elle et sous son si^ge, mil le feu 6 la tralnfeqiigliv 
les parlies secretes, ct la brAla de telle sorleqB'dkn 
a ^le Ires-incommodee pendant longlems , JniVi^ 
point que Ton a cm qu'eiie en mourroit. 

Ceile aventure donnu lieu k cette chanson. 

Le grand porta'U de Saint-Sulpice, 
Ou Von a fait tant de service. 
Est brute jusqu^au fondement; 
Chacun s'etonne avec justice 
Que les Conde's par passe-tempt, 
Ayent detruit cct edifice, 

Au grand Conde, qui, dans la guerre, 
Fut loifjours craint comme un tonnef^- 



— 270 — 

^ >^» tu lui ressembfes peu ; 
^^€nte ans tu n'es qu'un novice, 
"^ tu n'asjafnais vu le feu, 
*^d la tranchec de Saint -Sulpicc. 

^ bonne dame de Saint -Sulpicc, 
««» penser aucunc walice, 
'ttant seule, et prenant son fard, 
>9 feu prit d sa cheminee ; 
et accident me surpretid, car 
Ue e'toit sottvent ramonee. 



£PIGRAMME. 

itippe (i) a du Bois (t) mit tine mitre en teste 
onde disoit : Philippe est tine bcste ; 
mats mitre de pareil animal ? 
itit le mitre' devenu cardinal 
lotre mere saint e I^glise, 
que le papc a fait tuie sottise? 
m peut-il faire? Est-il faillible? Noti, 
rgo, Philippe avoit raison. 
erne a sa mort que Von le canonise, 
I maquereaux en fassent leur patron. 

d'OrlcanSy rcgcul du royaumc sous la mino- 

' Louis XV. 

lume, filsde Dubois...., tnedecin apolhicaire 

nLiniousiu, el pieceptcur dc Phiiippc... r( 

reau. 



— 278 - 

Vaudroit mieux rester en f^-^'^^'^''> 
Ou Ics cons sont plus cheri^^ 
Ou Von trouve des gros vils 

En abondance; 
Votre con auroit dans Paris 
La preference. 



CHANSON 

SUR l'aIR : IL A BATTO SON PETIT Fftki^ ^ 

Faite sur la dame de Sainl-Sulpice, fille de.... R^[^ 
la Coudray, lieutenant de M. de Pontcharlrai^^^ 
Irdlear general, el veuve de.... Vevel , sienr de ^ 
Sulpice, commissaire g^n^ral de la marine, ^ 



bauche, et servant de jouet a de jeunes seif — 
Monsieur le comte de Cbarolais coula de la pood^ 
elle et sous son si^ge, mil le feu & la tratn^qii^^. 
les parties secretes, et la brdla de telle sorle qo'f^ 
a ^te tres-incommodee pendant longlems , jus^ 
point que Ton a cru quVlic en mourroit. 
Celte aventurc donna lieu t^ cette cbanson. 

Le grand portail de Saint- Sulpice, 
Oil Von a fait tant de service. 
Est brute jusqu'au fondement ; 
Chacun s^etonne avcc justice 
Que les Condds par passe-letnps, 
Ayent detruit cct edifice. 

Au grand Conde, qui, dans la guerre, 
Fnt toujours craint comme un tonner'"'- 



— 279 — 

*n tu lui ressembfes pexi ; 
te an$ tu n'es qu'un novice, 

n'as jamais vu le feu, 
X tranchec de Saint -Sulpkc. 

•ne dame de Saint-Sulpicc, 
denser aucune malice^ 
' seule, et pretiant smi fard, 
• prit d'sa cheminee; 
Hdent me surprend, car 
Of/ sonvent rarnont'e. 



CPIGRAMME. 

w(i) aduBois (tjmit tine miireen teste 
i disoit : Philippe est une bcste ; 
f mitre de parcil animal ? 
e mitre' devetiu cardinal 
mhre saint e tglise, 
le pape a fait une sotlise? 
mt-il faire? Esl-il faillible? Pion, 
Philippe avoit raison, 
a sa mart que Von le canonise, 
quereaux en fassent leur patron. 

dans, regent du royaumc sous la mino- 

isXV. 

, nisde Dubois...., medecin apolhicaire 

loiisiu, el pi-dceptcur dc Philippe... ct 



— 280 — 
PROPHETIE 

Siir le cardinal du Bois. 

Quand bois pourri sera change en vert 
Puis ce bois vert sera change en roti^c 
France sera mise tout a Venvers, 
Tout Vheur sera pour maquereau de { 



VERS 

Sur ia saigiicedu pied demonseigneurle due « 
iaodt 1721. 

Belle ma^nan, soyez Varbitre 
Si la fievre n'est pas un titre 
Suffisant pour me disculper 
De nc pouvoir alter souper. 
Je suis au lit comme un betistre 
Fort me'content de m'occuper 
A sentir mon pouts galopcr, 
De mon pied on vient d*extirpet 
Un sang charge' de trop de nitt 
El c'est a force de tamper 
Quon dit qu'it est couleur de li 
Maisj'espere d'en re'chapper, 
Puisqu'en ecrivant cette epitre, 
J j' amour me dresse son pupitre 



— 281 — 



DIALOGUE 

ET MADAME D*AVERNES. 



■OMSIEOR. 

tjtt toU( Vtifgcnt el V0U8 ites livre'e, 
KW; w* Bibagnet et Biron, dcs ce soir, 
' finir h marche, doivent nous vefiir voir; 
9 votts triomphez, Parabere exile'e 
m gage tusure de Vamour du regent ; 
mieuxque ses discours j'en croirai son argent. 
unamofU solide, il n"a rieti de frivole, 
ur toutes raisons nous compte des pistoles : 
est Id le way point, tout le reste est phebus. 



? voulez, monsieur, je vous ferai com. 
: sur voire front le rdgent de la France, 
ra le grand bois,., 

MONSIEUR. 

C'est come d'abondancc ; 
nt ! que me fait le chimc'rique affront ? 
e fCest vilain que pour ceux qui le sont 
; mats pour V argent on adoucit la honte. 
'imporle, apres tout ? fen ferai mieux mon 

[compte, 
: richc, niorbleti, nioqnons-nous de Vhonneur; 



— 282 — 

Ce n*c8t qu'aux sols d.^uc coctiage fait pewr; 
II n^est, pour la faoeur, de route plus 
Et c'est par ce canal qu'd present la fortimt 
Chez les plus hauls huppe's de la cour s'iHlrsdmtii 
De Prie a plus gagne & partager son lit 
Avec le due Borgnon, quHl n^eust fait d la gum, 
Et tant d'autres que lui ! 

MADAME. 

Mais que dira im mkn} 
DouleS'Vous que ceci n'excite son courroux? 

MOnSlEDR. 

Voire mere, mon Dieu, ne vaut pas mieux qms nn. 

MADAME. I 

J'apprehende, mon Dieu! mes qtiatre oticles Bmff»- 



Vos oHcles, I'un est gucux, les autres sont d^igliM; 
Pour apaiser leur cris, sur eux on repandra 
Les grdccs, les favours.., 

MADAME. 

Mais chacun glosem. 



Lc public dechainc.. 



MONSIEUR 



Beau sujet tie contrainle I 
^Iraignom de roster gucux, n'ayons pas d^utlro crt 



— S83 — 

Km* ces diwcours; je vous Vat dejd dit : 
me fita parole et eela vous suffit. 

MADAME, SCUle. 

I'est pas pour tot qu'ici je capitule, 
rai» avoir eticor quelque scrupule, 
pas sur le fait d'un tnari ; mats mon cecur, 
r encore aux traits de cette vive ardeur 
amis pUu d'un an d'Alincourt a fait naitre, 
Vitrt infidile.,, Mais je le vois paroitre; 
re, malheureuse ! en ce fatal moment ? 
I OBil dois-je encor rcgarder mon amant ? 
nUe it vient ici ranimer ma tendresse. 
e-luij s'il se peut, ma nouvelle foiblesse, 

\SB d'avernes et m. d'alincourt. 

MONSIEUR. 

1/ assez elranye est venu jusqu'a moi, 
le, et je Vai crtt trop peu digne de foi, 
et sans fremirje ne puis le redire, 
7 VOUS le regent.,. 

MADAME. 

Bon, bon, vous voulez rire. 

MUNSIEUR. 

i peste m'elouffe / k present je le crois ; 
ieoutez, ce bruit, avec trop dc sang'froid 
I'cw faire douter... 



— 284 — 

MADAME. 



Mais vous n'itei pn Mfe. 
Marquis, vous m'irriteis par tout ee I 



MONSIEUR. j 

ilclaircissons ce fait, parUms sMeusnunU 
Est'il vrai qu'avee vous doit coueher Urigsslii ; 
Ne repondez'vous rim f Ce silence wVtoim ! I 

MADAME. 

Mais qui vous a charge du soin de ma 
Je puis comme il me plaist user de mes 
Ilssont d moy.,, 

MONSIEUB. 

D'accord, Je rCen diseomekM JK 
Mais depuis plus d^un an j'en suis d^positeUrt; 
Tout Paris le sait bien, et mime mon grasi&fh 
Me voyoit a regret employer ma vigueur 
A servir vos de'sirs, favouerai mon errewr, 
J'avois cru que par la faurois droit sur voire 4i 
Mais vous servant d'un droit qui est acquis OMKi 
Vous voulez Stre ingratc ; il faut vo\ss imiter, 
J'irai porter aillcurs mes voeux. Sane me \ 
Je crois facilement pouvoir trouver fortune. 



Je le crois bien, marquis; de la blonde d la ki 
Vous aurez a choisir : un seigneur comme «M 



— 385 — 

peui jamais manquer, Bon, vous ites bien fou 
ous fier A mot ; vous gagnerez au change. 
est point sous vos lois de cceur qui ne se range; 
I, bien fait, tngoureux.., 

MONSIEUR. 

11 vous en souvient done ? 
\rler franehement, voire nouveau tnignon 
tsd^argent que moy ; mats, par ma fog I du reste, 
\troqueToispas.,. 

MADAME. 

Eh ! qui vous le contesie '/ 
mongotU,.. 

MONSIEUR. 

Votre gout ? Eh! mon Dieu, depuin quand ? 
us avois connu d'appdlit plus gourmand, 
m'attendois pas d cetle repartie, 

MADAME. 

i'VOUS bien, monsieur, que la plaisanteric 
nence d me lasser /... 

MONSIEUR. 

f 

Brisons-ld, j'y consens ; 
Men mon courroux s'estcontraint Irop long temps : 
la demiire fois, vous me voyez, ingrnte, 
n'appreFicndez pas que contre vousj'cclafc. 
inois votre cosur et dots vous mepriser. 



— 286 — 

Et meme cet amant qui viefit me deplacer, 
Vous faisant eprouver ioute son incotuioMe, 
Stins que fen prenne soin rempUra ma i 
Avant qu'il soit trois mots, cent burie9q9ie$ehtmmm\ 
Feront de vos atlraiU Ve'numeraiion, 
Etjusqu^d VApoUon de la Samaritame, 
Tons €L wiU9 cel^Mrer empkneroni leur \ 



CHANSON 

SUR L*AIR DES P END US. 

Sur le cardinal dii Bois. 

Or escoutez, petits et gratids, 

Un admirable evenement ; 

Car V autre jour notre saint-ph'e, 

Apres une courte priere, 

Et par un miracle nouveau. 

Fait un rouget d^un mnquereau. 

Pour cele'brer plus dignement 
Un miracle si surprenant. 
Seigneur, escoutez ma requeste : 
Pour antienne dans cette feste, 
Preservez-nous du requiem, 
Domine salvum fac rcgem. 



— 287 — 
CHANSON 

SDR L'AIR : LE TENS VkSSt n'EST PLUS. 

Margoion, ou e$t le terns 
Oi^ fums amons beaucoup d'argent ? 
Le terns petsse n'est plus, 
Ta la la, ta la ra la, 
Le terns passe n^est plus, 
Le regent a tous nos ecus. 

Margoton, notre metier 
Ne vaut rien depuis le papier; 
Tons beau lever le cu, 
Ta la la, ta la ra la. 
Tons beau lever le cu, 
Je ne voyons pas un escu. 

Si le regent n^en Idche pas, 
II arrivera du fracas ; 

Contre lui tous les cons 
Ta la la, ta la ra la, 

Contre lui tous les cons 
A la fin se revolteront. 



— 288 — 



SUR LE CLERGfi 

Le clerge debite des douceurs, 
Aux maris un abbe fait ombrage; 
II obtient en secret des faveurs, 
Dont il sait frequemment faire usage; 
Un prelat, en pingant son rabat, 
D'une douce mine, 
Galatnment badine; 
Mais au fait du joli metier, 
Abbctii prelat nc vatil un cordelier. 



FIN DU QUINZlkXE VOLDME. 



RECUEIL 



[ANSONS 



TAUDEYILLES, SONNETS, 
AMMES, ^PITAPHES ET AUTRES VERS 
SATTRIQUES ET HISTORIQUES 

VEG DES REMARQUES CURIEUSES. 



VOLUME XVI. 



13 



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RECUEIL 



HANSONS, ETC. 



NOEL 

'« L'aIR : LAISSEZ PAITRE VOS BESTES. 

Sur Ic prince de Gonly. 
1722. 

L'eclat de la noblesse 
^*efnpiche pas (Velre coeu. 

El de pl-us d'une altesse 

Cocuage est connu; 
Cest done a tort que le bossu 
Se fdche tant d'estrc cocu, 
Quand pour tel, il seroit connu ! 

Henry qualre lui-meme 
Comes portoit dessus son front, 

Et sous son diademe 



Supportoit son affront ; 
Son fils Louis comard eioit, 
Car la bonne Anne le faumi 
Ou toute seule engendroit; 

Si Louis quatorzi^He 
N'a pas passe pour un comari, 

Cest un bonheur extreme, 

Ou Veffet du hazard. 



CHANSON 

SUR L*AIR DE JOGOHDE. 

Sur M. le prince de Gonly. 
172i. 

D'estre cocu, mon eher Conty, 

N'^est pas chose nouvelle, 
Temoin Vhistoire de Pdris 

Et d'Heldne la belle; 
Ce he'ros en faisoit metier ; 

Cesar le fut dans Rome; 
Que vous dies hcureux d*essuyer 

Le sort de ce grand homme ! 



_ 295 — 



PLACET 

lie d*iin procareor de Rouen, venue & Paris , 
lose de son interdiclion; k monseigneur 
de Nantes. 

172?. 

Monseigneur, 

oyez d vos genoux une nouvelle cofivertie 
*eee particuliere, 
e fait : 

9 par let discours flatteurs d^un jeune 
'e la eour (i), qui est un de vos amis, je 
I tout entikre a ses desirs, il y a quelques 
jamais, si je lose dire, sttr les aulels de 
plus gentille victime ne fut offerte; mats 
icrificateur dont favois fait choix le 
oeu! En satis faisant ses desirs il fit naitre 

oromettois une ample moisson de plaisirs, 
ai trouve que secheresse et annees steriles, 
*at dissipoit ailleurs le pen de patrimoine 
it du dieu d* amour, 

ongtems que ses mauvais services m*au- 
ermine'e a le renvoyer, si une subsistance 
uHl me procure ne me retenoit; mais, las- 
d'unpareil commerce, j'en veuxe/facer 
ir par un retour sincere sur moi-mime. 

conile de Grancey, suriiommc Habil. 



— 294 — 

Seigneur, le crime s'use ainsi que la vertu; 

Mais en vain (Tun remords le cobut est comhaUu, 
Si la brdfis, depuis longtemps perdue. 
Par le pasteur em bercail n^est rendme. 

En recevant mon abjuration, tendex^mei, wi 
seigneur, une main secourable, afin que U eidf 
dedommaffe de ce que je perdrai en ineRooyt 
mon inutile. La Providence vous en a domtfkil 
may ens en vous chargeant de la diHrHn/Hmii^ 
bicn des e'conomats, 

Ordonnez done qu'on fne delivre 
Tous les ans mille ecus au mains 
Pour sufwenir a mes besoins. 
Car la vertu ne fait pas vivrs; 
Et puis, de vos conseils imphrant le seeours. 
La grdce dans fnon camr aura son Ubre eours, 
Cette somme est assez homie. 
Si vous comptez par chaque annee 
Ce que me valoit le peche; 
J'tf perds moitie, je n^ en puis rien rabattrti 
Des fiUes de Venus, j'cn connois plus de quatre 
Que vous seriez bien empeschd 
De sauver a si bon marche', 

Parlez, monseigneur, en ma faveur ; le \ 
qui nous gouvemc a des oreilles tendres etcompa- 
tissantcs, et, s'il faut vous I'avouer, il eommM, 
I'ingrat , les justes raisons que j^ai de m'tn 
plaindre. 



— 295 — 

charson 

AIR : TON LON LA^ LAM>E R IR ETT E. 

Sar Bl. le regent et madame dc Falaris. 
1722. 

jStani pres de Falaris^ 
Le re'gent, peu complaisant, 
ydtria : Trop vaste Iris, 
Je n'di rien vu de si grand 
Que ton Ion la, landerirettc. 
Que ton Ion la, landerira. 

A ce reproche, la dame, 
A ci? borgne trop piquant, 
Lui dit : Bourreau sans Ante, 
Je ii'M dirai pas autant 
De ton Um la, landerirettc, 
Dc ton Ion la, landerira. 

CHANSON 

SCR L*AIR DE LA FRONDE. 

le m^me sujet et \es m^mes personncs que la 
prdc(idenle. 

1722. 

Broil it en a fait sa plainle, 
li lui a repondu sans fehile : 



— 296 — 

Croyez-moy, plus tost que plus tard, 
Faites'la mettre en compte en hmqvt, 
Pour en retrancher Us trois qmrts, 
Elle oubliera ce qui vous mawjru. 



CHANSON 

SUR L*A1R : IL N*EST RIEN QUE L*A1(HI1 H^SAU. 

Sur la mar^Ghale d'Estr^es, qui a qaitlilepriiiM 
Hdoaot pour M. de Clermont-Roassillon. 

A ma honte rien n*est egal, 
Disoit en larmoyant 
Le hour geonne president ; 
On m'a vu cliez la marecJuHe, 

Son cher mignon. 
Chanter son cul et son chignon; 
Maintenant cette martingale 
Dit que je n'ai de I'esprit 
Qu'd la mesure de mon vit. 



Epitaphe 

De Madame douairi^re d'Orl^aos, morldeSd^ 
i722. 

Cy-gist I'Oisivete, mere de tous les vim (0- 
(I) Mere du regcnl. 



— 297 — 

CHANSON . 

iVR L*AIR : i*Al DU MIRLITON. 

Sur toutes les dames de la coar. 
1723. 

Vnjour le dieu de Cy there 
Fit tusemhler a Paris, 
Dans un mime monaslkre. 
Par les ordres de Cypris, 
us les mirlitons, mirlitons, mirlitaine, 
Tous les mirlitons, don don, 

D'OrUans, jadis regente, 
Arrivant de Bagnolet, 
A ce petit dieu presente, 
Avec ses dents d crochet, 
m grand mirliton, etc. 

Fi ! dit V Amour en coUre, 
' Aussitdt qu'il Vapergut : 
Va deplorer ta misere. 
Car je te mets au rebut, 
t ton mirliton, etc. 

On voit sa scBur la duchesse. 
Qui par un dernier effort, 
Recrepissoit sa vieillesse : 
Mais elle eut le mime sort 
Hur son mirliton, etc. 



r. 111. 



13. 



— 296 — 

Croyez-moy, plus tost que plus tord, 
Faites'la meitre en compte en hanifw, 
Pour en retrancher Us trois qwfU, 
Elle oubliera ce qui vous manqw. 



CHANSON 

SUR L*A1R : IL N*EST RIEN QDE L*A10U1 ix'ifiill. 

Sur la marechale d'Estr^es, qui a qnillilepriiUiit 
Hdnaot pour M. de Clermont-RoQSsiUoD. 

A ma honte rieii n*est egal, 
Disoit en larmoyant 
Le hour geonne president ; 
On ni'a vu cliez la marecMe, 

Son cher mignon. 
Chanter son cul et son chignon; 
Maintenant cette martingale 
Dit que jc h'ai de Vesprit 
Qu'd la mesure de mon vit. 



fiPITAPHE 

De Madame douairi^re d'OrMaos, morlc Ic 8 d^cefl 
i722. 

Cy-gist I'Oisivete, mere de tous les vices 0). 
(f) Mere du rcgcnl. 



— 297 — 
CHANSON 

IR : J*AI DU MIRLITON. 

3utes les dames de la coar. 
1723. 

nr le dieu de Cy there 

isemhler a PMs, 

un mime monaslkre, 

?8 ordres de CypHs, 

irlitons, mirlitons, mirlUaine, 

les mirlitona, don don, 

eans, jadis regente, 
ant de Bagnolet, 
jetit dieu presente, 
ses dents d crochet, 
mirliton, etc. 

it VAmour en colere, 
tdt qu'il Vapergut : 
iplorer ta miscre, 
e te mets au rebut, 
'liton, etc. 

tit sa sceur la duchesse, 
\ar un dernier effort, 
pissoit sa vieillesse : 
elle cut le mime sort 
mirliton, etc. 

13. 



— 298 - 

Apres elle, fut iroussee 
La princesse de Conty, 
Du cloitre fort ennuyee^ 
A V Amour criant merci 
Pour son mirliton, etc, 

Ce dieu la prend, la visiter 
Voyant, pour tant c^appitit, 
Qu'au doigt elle dt&it nidiidte, 
CharUablement luif fit 
Un gros mirlUon, etc, 

Charollois, jeune et fringante, '^^. 
Vint s*offrir d^un air paiUktrd; '^ 
V Amour Ul prit par la feltte, ^. 

Disant : Je veu!B mettre a part 
Ce beau mirliUm, etc, 

Suivant Vordrc de la lisle. 
On dit en voyant Clermont : 
Que ce beau visage est triste! 
Si tout le reste y repond. 
Quel froid mirliton, etc. 

Pour s*eclaircir sur ce doute, 
On dit qu' Amour I'dprouva, 
Et que, s'en frayant la route, 
Pour ses pluieirs re'serva 
Son beau mirliton, etc. 



sur-ToH i^avame, 
iiMmfl mm eotilhn, 
tr par ttcormaissance 
pow tm reveithn 
rliton, etc, 

^erti tof duchesse 
te sUtH ^iBtud baquet. 
ur dU : Vieill^ hidresse, 
tte h Colifichet 
Irlitofi, etc, 

\e et pnide Soubise 
loit id chastetd; 
It' levdnt sa chemise, 
ur fxxt presqne infectd 



— 208 - 


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Apres elle, fut iroussee 


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La princesse de Conty, 


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Du cloitre fort ennuyee^ 


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A V Amour criant merH 


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• son mirliton, etc. 


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^! 



Ce dieu la prend, la visiter 
Voyemt, pour tant c^appitit, 
Qu'au doigt elle dtoit t^idi^e, 
Charitablement lui fit 
Un gros mirliion, etc, 

Charollois, jeune et fringante, 
Vint s*offrir d'w* air paiUtarA ; "S* 
h"* Amour la prit par la feltte, ^. 

Disant : Je veian mettre a part ^ 
Ce beau mirlitou^ etc, 

Suivant Vordrc de la lisle. 
On dit en voyant Clermont : 
Que cc beau tiisage est triste I 
Si tout le reste y repond. 
Quel froid mirliton, etc. 

Pour s*eclaircir sur ce doute. 
On dit qu' Amour I'^rowki, 
Et que, s'en fmyant la rottte, 
Pour ses ptatei^s feserva 
Son beau mirliton, etc. 



^ J99 — 

H dit d «f» ^iMi^, qui grille 
De paf&iM sw hs tangs : 
Lor$qui6 fon ett W gendlle. 
On fie gtiMe ptxs tongtems 
*eau mirliton, etc, 

HooAtf-Mtr-Fon i^avanee, 
Eh trotusant mm cotillon, 
VAtAour par reconnaissance 
Choisit pour unref)eUhn 
gros mirliton, etc, 

E)e la P'erld la duchesse 
Presenie son fyiettx baquet. 
ti'Afkaur dit .- Yieille tadressc, 
Va, parte A Colifichet 
nix mirliton, etc. 

La fade et plnide Soubise 
Y vantoit sa chastetc; 
Mais eti levant sa chemise, 
L' Amour fut presque infectd 
son mirliton, etc. 

La Tallardy pour etre vue. 
En arrivant se Iroussa; 
Mais elle etoit si harbiie. 
Que son poil s'embarrassa 
r son mirlitnn, etc. 



— 300 — 

La belle la Meilleraie, 
Qui n'a pas le setis commun, 
Vint montrer sa faitsse brate; 
Mais V Amour ne prit aucm 
De ses mirlitons, etc, 

Dans Vembarras de la preste. 
On reconnut MonibcLZon; 
L* Amour lui dit : Le malpnt^ "^» 
Travaille a la guerison 
De ton mirliton, etc. 

La mere Biron €Uico%irt, 
Avec sa fille tout en rut, 
honneval, Grammont, du Ronw^^'^'* 
Mais V Amour mit au refmt 
Ces ti'ois 7nirli£ons, etc. 

Vieille mdchoire e'dentee, 
Dit'il a la Montauban, 
Queje te trouve effrontee 
D'oser montrer si longtems 
Ton vieux mirliton , etc. 

Pretends-tu, vieille furie, 
Fairc aimer tes vieilles peaux? 
Que Ion traine a la voirie, 
Qu'on ahandonne aux corbeaux — "^^^ 
Son vicux mirliton ! etc. 



— 301 — 

pres elle, la Meniere 
resenta sa moUe au vent; 
* Amour la prit par derridre, 
Youvant du mal par devant 
mirliton, etc. 

La fameuse mareachale 
^'offrit au dieu de$ amours, 
\l prit pour la cathedrale 
Uu grand saint Martin de Tours 
rand mirliton, etc, 

.a Grammont, toujours craintive, 
'*enant Boumonville en main, 
'^ers le dieu d'amour arrive, 
?n lui disant : Que je crains 
son mirliton, etc, 

Ce dieu, prenant Boumonville, 
Voulnt la voir en detail ; 
11 lui fit une apostille, 
Pour itre mise au serail 
\s mirlitons, etc, 

Sortant de la casserollc. 
On vit sortir la Gontaut ,- 
VAmour la trouva si molle, 
Qu'il ne lui dit pas un mot 
n mirliton, etc. 



— 300 - 
La belle la Meilleraie, 


V^^^ 


Qui rCa pas le setis comvm, 




Vint montrer sa faiisse brau; 


^^v*- 


Mais V Amour ne prit aticun 


^ 


De ses mirliUms, etc. 


'^ 



Dans Vembarras de la pnue. 
On reconnut Monibazon; 
L* Amour lux dit : Le mat 
Travaille a la guerison 
De ton mirliton, etc. 



La mere Biron accofirt, 
Avec sa fille tout en rut, 
honneval, Grammont, du Ronu 
Mais V Amour mit au refnU 
Ces trois mirlilons, etc. 



rtir«; 



Vieille machoire e'dente'e, 
Dit'il a la Montauban, 
Queje te trouve effrontee 
D'oser montrer si longtems 
Ton vieux mirliton, etc. 



Pre'tends-tu, vieille furie. 
Faille aimer tes vieilles pcaux S- 
Que Von traine a la voirie, 
Qu'on abandonne aux corbeaui^ " 
Son vicux mirliton ! etc. 



"S// 



— 301 — 

elle, la Meziere 
ita sa motte au vent ; \ \ 

mr la prit par derriire, 
ant du mat par devant 
iton, etc, 

meuse mareschale 
it au dieu des amours, 
t pour la cathedrale 
'and saint Martin de Tours 
mirliton, etc, 

'ammont, toujours craintive, 
t Boumonville en main, 
le dieu d'amour arrive, 
i disant : Que je crains 
fiirliion, etc, 

\u, prenant Boumonville, 
t la voir en detail ; 
fit une apostille, 
etre mise au serail 



— 302 — 



■] 



D'wie mine IcMgow^eutSf 
Lontiginy ihptikinia; 
L'Ammtr dii: tMr ptm m^ 
A fawAroU tMitre «tf «W 
Tofi froMM mirUton, eU, 

De YiUari ht HaMiMt' 
Vtftf awe gma^ iaifidH; 
Soussdjupe/SitMifopM, '* 
On la nrit wtmagtMt 
Des vieux mirlitons, etc. 

En voifant A ki'ma¥^lm$e 
Le joU petit nUnM, 
VAmoiArteta'iaehMlUt, * - 
Et dans Vinstant il fit eheisi 
De son mirliton, etc, 

De Prie vint toute fih'e 
D^avoir subjugud Botainm; 
Mais r Amour pour une oniht ^ 
Ou le phis chaud se morflmd 
Prit son mirliton, etc, 

II visita pele-mSle 
Polignac et la Sabran, 
La Vrillere et la de Nesk; 
Mais il ne mt qu^un etang 
De grands mirlitons, etc. 



— 305^ — 

Clffmdtfi^'enkf votf la marmotte, 
E^ort^ifKg ia L46n parnt; 
Mais r€gttrdant sous sa cotte, 
£n pei^rf^[ue U ciper^l 
yrand mirliton, etc. 

jyAlineourt, impatipnte, 
A f Amour se produiHt; 
Ula trouva si savante, 
Qwpour I' Amour il choisit 
beau mirliton, etc. 



la tnaresehale severe, 
Avee Boufflers arriva ; 
•^ fdisant son inventaire. 
On dit qt^AmoUr Uii trouva 
fie mirliton, etc, 

MjO drAveme et la Legendre, 
JSn se tei^nt par le bras, 

Yinrent, dit-on, pour se rendre; 

Mais f Amour tie voulut pas 
surs mirlitons, etc. 

On tHY Vardente Roussette 
Y montrer tons ses appas ; 
L'Amour, troussant sajaquetle, 
Dit : Qu'il est puant et bas, 
grand mirliton ! etc. 



— 302 ~ 

D'une mine langoureuse, 
Loutigny sepresenta; 
L* Amour dit : Belle plewem^ 
il faudroit mettre au f>isa 
Ton frais mirliton, etc, 

De Villars la fnariehtde 
Vint aved son air taquin; 
Sous sa jupe, e'tant trap sde^ 
On la mil au magcuin 
Des vieux mirlitons, etc. 



En voyanf de la marquise 
Lc joli petit minois, 
V Amour leva sa chemise, 
Et dans Vinstant il fit choix 
De son mirliton, etc, 

De Prie vint toute fibre 
D^ avoir suhjugud Bourbon; 
Mais V Amour pour unc omihr^ 
Oil le plus chaud se morfond 
Prit son mirliton, etc, 

II visita pele-mele 
Polignac et la Sabran, 
La Vrillcre et la de Nesle; 
Mais il no vit qu\in etang 
De grands mirlitons, etc. 



— 30& — 

, ^^^^^'emtmtt la marmoUe, 

^^^^^"^••J iaLe&nparUt; 

p '^^Sfttrdant sous sa cotte, 

^^ niirliton, etc, 

^ ^^^ncourt, impatiente, 

j^ ^mour ge prodtHHt; 

A^ ^ trouva si savante, 

&« ^^^ ^^^ TAwtoiir il choisit 

^>4 mirliion, etc. 

^ mareschaie severe, 
^ %ec Bouffters arriva ; 
^n fdiscmt son inventaire, 
^^ On dit qt^AmoUr lui trouva 
cte mirliton, etc. 



^a iVAverne et la Legendre, 
JEn se tewint par le bras, 
Yinrent, dit-on, pour se rendre; 
Mais V Amour ne voulut pas 
^^sMr« mirlitons, etc. 

On t)i7 Vardente Roussette 
Ytnontrcr tons scs appas; 
I' Amour, troussctnt sajaquetle, 
liit : Qu'il est puant et has, 



— 304 — 

Saint'Aignan, trop medisante, 
Vint avec de faux sourcUt; 
Mais, a cette postulante, 
L' Amour dit : Je te batrnt 
De ton mirliton, etc, 

Charost avec confiance, 
Le nez rouge et Fair content,0m^>^ 
A u dieu fait la reverence 
Et montre, en se rengorgean - 
Un grand mirliton, etc, 

L' Amour, a cet etalage, 
Se recule epouvante; 
It prit pour un ours sauvage^^ 
Le mirliton du clerge: 
Quel grand mirliton, etc, 

L'Ainour, en voyant Soubise, 
Ne put cacher son ardeur; 
Mais quelle fut sa surprise 
En voyant tant de pudeur 
Dans son mirliton ! etc, 

Le dieu, force d'estre sage, 
A Psyche fit avouer 
Que c'etoit un grand domma^ 
De s'en tenir a louer 
Pareil mirliton, etc. 



t, 



jureillon, si fantasque, 
t blanche comme un lys; 
our, la trouvant trop fUuquc, 
Mt : Garde tes meprU 
Hiton, etc, 

}il Jonsac et Tonnerre, 
?ny, Meuse et de Faux, 
8, Gondrin, La Vallidre; 
ce n'etoit que defauts 
'> tnirUtone, etc, 

oit avec la d^Ollonne, 

Zaieu, Coco, Conjou, 

lour les prend, les fourgonne, 

It : Quon mette un licou ilfjl 



— 304 — 

Saint'Aignan, trop medi$anle, 
Vint avec do faux sourdJU; 
Mais, a cette postulante, 
L' Amour dit : Je te basmif 
De ton mirliton, etc, 

Charost avec confiance, 
Le nez rouge et Fair conienl^^mmm 
A u dieu fait la reverence 
Et montre, en se rengorgean. — *• 
Un grand mirliton, etc, 

L' Amour, a cet etalage, 
Se recule epouvante'; 
II prit pour un ours sauvagt^ ** 
Le mirliton du clerge: 
Quel grand mirliton, etc, 

L'Amour^ en voyant Soubise, 
Ne put cacher son ardeur; 
Mais quelle fut sa surprise 
En voyant tant de pudeur 
Dans son mirliton ! etc, 

Le dieu, force d'estre sage, 
A Psyche fit avouer 
Que c'etoit un grand domma^^ * 
De s'en tenir a louer 
Pareil mirliton, etc. 



— 305 — 

'oyant LUtenay paroitre, 
,' Amour fat embarrasse; 
Ve ptrnvantpas reconnoitre 
sequel sexe etoit place 
mirliton, etc. 

[.a Coureillon, si fantasque, 
^arut blanche comme un lys ; 

* Amour, la trouvant trop flasque, 
.tit dit : Garde tes mepris 

mirliton, etc. 



Hi voit Jonsac et Tonnerre, 
>ansenyy Meuse et de Faux, 
hiras, Gondrin, La Vallidre; 
lais ce n'etoit que defauts 
%nds mirlitons, etc. 

On voit avec la d^Ollonne, 

Les Caieu, Coco, Conjou, 

U Amour les prend, les fourgonne, 

Et dit : Quon mette un licou 

i mirlitons, etc, 

I' Amour, criant a Vapproche 
De I'infdme Lunaty, 
Oit : Elle a le chat en poche ; 
If on conseil s^est trop senti 
^ mirliton, etc. 



— 306 - 

De Ret£, comme les bacchanUs 
Vint cftin ait luxufieux, 
V Amour itumttant tes pofcftto, 
Ayant It feu dans les yeui 
Et au mirliton, etc. 

La Flamarens vint s'y rendre 
Pour y disputer ses droits; 
U Amour lui dit d'un air tent^^' 
Je veux vivre sous les lots 
De ton mirliton, etc. 

On voit arriver en foule, 
Les caillettes du Marais ; 
Mais aux pieds V Amour les f fm "^ 
Disant : Je fuis pour Jamais 
Ces sots mirlitons, etc, 

Vauteur de ce vaudeville 
Ne dira jamais son nom; 
SHI ne craignoit la Bastille, 
11 chanteroit sur ce ton 
D'nutres mirlitons, etc, 

AUTRES COUPLETS. 

De Roy et Tingry s^avancent, 
En disant : Ma sceur et moy. 
Nous voulons entrer en danse, 
Amour, recois soits ta loy 
Nos grands mirlitons, mirlitons, mt^"^^ 
Nos grands mirlitons, don, don. 



famomr, «ot»-moi pn^pice, 
f BoHdmrd emflanfmSe, 
96 yr ioU sans m»Hc», 
memteui tssef 
h num mirliton, etc, 

V avoir visitee, 

u lui dii en courrotix : 

la motte pelee, 

*fie awe ton 4poux, 

iHon, etc, 

iS faux cheveitx, (THwniercs 
uher son jour natal ; 
on extrait baptistairc 
tve en original 
'Uton, etc. 

AUTRES. 

, becmte's surannees, 
9Hl^ mes chansons; 
serez bien traitees, 
iverez des mignons 
rlitons, mirlitons, mirlilaine, 
•)s mirlitons, don, don, 

8 britlante jeunesse 
ne pas (ous Ics codurs, 
I la riche vieillesse 
plus d^adorateurs 
ons, etc. 



— 306 - 

De Retz, comme les bacchafUet 
Vint cftin oi> luxurieux, 
D'AmoHr fiumttant lei pafenUs, 
Ayant U feu dans les yeui 
Et au mirliton, etc. 

La Flamarens vint s'y rendn 
Pour y disputer ses droits; 
L' Amour lui dit d*un air teiuM^' 
Je veux vivre sous les lois 
De ton mirliton, etc. 

On voit arriver en foule, 
Les caillettes du Marais ; 
Mais aux pieds V Amour les ff^^^^ 
Disant : Je fuis pour jamais 
Ces sots mirlitons, etc. 

Vauteur de ce vaudeville 
Ne dir a jamais son nom; 
S'il ne craignoit la BastiUe, 
11 chanter oit sur ce ton 
Wautres mirlitons, etc, 

AUTRES COUPLETS. 

De Roy et Tingry s^avancent, 
En disant ; Ma soiur et moy, 
Nous voulons entrcr en danse^ 
Amour, repots sous ta loy 
Nos grands mirlitons, mirlitons, m if"^^ 
Nos grands mirlitons, don, don. 



— 5#7 — 

0*0* dF amom r, joM-titoi pt&pice. 
Bit la BoHdard enflafimde, 
Qmnque j§ toit sans mi^Hce, 
Persoime ff« wui usef 
De mon mirliton, etc. 

Apres Vavoir visitee, 
Ce dieu lui dit en courroitx : 
Tu as la moite pelee, 
Retoume avec ton 4poux, 
*«w«a? mirliton, etc. 

Sous ses faux cheveitx, d'Humiercs 
Veut cacker son jour natal ; 
Mais son extrait baptistaire 
Se trouve en original 
* 9cn mirUton, eic. 

AUTRES. 

vouSy beautes surannees, 
Yene» ouir mes chansons; 
Vous y serez bien traitees, 
Et trouverez des mignons 
■^r vos mirlitons, mirlitons, mirlilaine. 
Pour vos mirlitons, don, don. 

La plus briflante jeunesse 
Ne gagne pas tous les ccdurs, 
Soment la riche vieillesse 
Trouve plus d'adorateurs 
t de mirlitons, etc. 



— 308 — 

Vieilles, vous pouvez pretendrt, 
Si vous avez de Vargent, 
De rendre Saint^VaUer tendre, 
Et Pontdefyeck constant 
Pour vos mirlitons, etc. 

La Mothe, d'Apcher, Feuqvihts, 
Bouteville et Roussillon 
S'efforceront de vous plaire 
Et trait eront de mignons 
Vos gris mirlitons, etc, 

II est temps, hells jeunesse, 
De dter vos partisans ; 
Richelieu, plein de tendresse, 
Vous pre'sente a tous momens 
Son gros mirliton, etc. 

Pour vous V Amour se declare, 
D'Alincourt est converti ; 
Sous les toils Saxe s^e'gare, 
Et Fargis s*est rajeuni 
Pour vos mirlitons, etc. 

Vers vous Mirepoix s'avance, 
Boursin, Visgonticr, Bury, 
Quoique des Alleurs s'offense, 
lis feront tous hon party 
A vos mirlitons, etc. 



— 309 — 

Paw CharHn je dots me taire, 
Coigny pour mime raison, 
Tau$ deux ant de qitoi nous plaire ; 
Mais pour agir tout de bon 
tels sots mirlitons! etc. 

On le verra dans Vhistoire 
Au-^ssus de Mazarin, 
Eipour mieux vanter sa gloire. 
On y verra ce refrain : 
fst du mirliton, etc. 

Gondrin, on dit dans le monde 
Que iu epouses un hdtard, 
Qu'il fa fait la taille ronde, 
Mais que tu as pris Irop tard 
% vieux mirliton, etc. 

Le grand chancelier a Fresne, 
S'epuise dans son taudis 
A chercher un stratageme, 
Pour ramener a Paris 
n sot mirliton, etc. 

It entend sa femme braire 
Et se lamenter sans fin 
De ce que son mousquetairc 
Ne fourbit plus le matin 
n vieux mirliton, etc. 



— 308 — 

Vieilles, vous pouvez ftretendre, 
Si vous avez de V argent, 
De rendre Saint'VaUer tendn, 
Et Pontdeveck constant 
Pour vos mirlitons, etc. 

La Mothe, d'Apcher, Feuqwer^* 
Bouteville ct Roussillon 
S'efforceront de vous plain 
Et traiteront de mignons 
Vos gris mirlitons, etc, 

U est temps, belle jeunesse, 
De citer vos partisans ; 
Richelieu, plein de tendresse^ 
Vous pre'sente a tous momen^^ 
Son gros mirliton, etc. 

Pour vous I' Amour se declare' -* 
D*Alincourt est converti ; 
Sous les toils Saxe s'e'gare, 
Et Fargis s'est rajeuni 
Pour vos mirlitons, etc. 



Vers vous Mirepoix s'avance, 
Boursin, Visgonticr, Bury, 
Quoique des Alleurs s'offense, 
lis feront tous bon party 
A vos mirlitons, etc. 



— 309 — 

Oharliti je dots me taircy 
jf ponr mime raison, 
ieux oni de qitoi now plaire ; 
pour agir tout de bon 
mirlitons! etc, 

verra dans Vhisloire 
*ssus de Mazarin, 
ir mieux v€tnter sa gloire, 
verra ce refrain : 
irliton, etc, 

^n, on dit dans le monde 
\$ epouses un bdtard, 
Va fait la taille ronde, 
que tu as pris trop tard 
mirliton, etc. 

and chancelier a Fresne, 
ise dans son taudis 
Tcher un stratageme, 
ramener a Paris 
rliton, etc. 

end sa femme braire 
lamenter sans fin 
que son mousquetairc 
urbit plus le matin 
mirliton, etc. 



jrn 



— 3i0 — 

Le ewe de Saint-Sufput, 
VauymtMmr te C m v 9f % 

Fait .U $ign0 4» l» w¥ti 
Sur mm mirUion, 0te, 

De le Bkme, noM mMM, 

Maie qm dn mmlmml tiM$ 
Pourra ddlwrer fBtfaif 
Cest le nUrliton, efe. 

Une iwmMtUjoUe, 
YtmUmt 90 faikte mmmmi^^ 
Du haut 4e ea je^Unuk, 
Crioit a ehaf^fi f«SM««NM : 
J'ai du mirliton, etc, 

Vempereur, dit la GaauMi^, 
Te permet d'etre cocu, 
Mais ton heureuse planHe, 
Bouillon, te totim^ le c|f, 
Pleure, mirliton, etc, . 

On veut pendre la Jtmehire, 
On a exile le Blane, 
Quel diable a fait cefie afmnf 
Cest le due assuritnenl. 
Pour un mirliton, etc. 



— 3H — 

ne tnntpe fh houets; 
'Amo^r, mdigne', s'offensc 
u'oH hU donne tel gf/ijet 
Ui mirlitons, etc. 

eUes, fiir e§ux qujs je nomme, 
oiM nepouvez f>ou$ tromper; 
'e par VAmowr, je vqus ^trnme 
'e souvtent k$ appHquer 
•5 mirlitons, etc. 

hhe Sabran, pourqtwi produire 
a nipffi au feu du regetU ? 
e dewns'tu pas Vimtruirc 
uHl rate depuis long t ems 
?s mirlitons, etc, 

>! beau jour, la Peronnie, 
n aondant le cardinal, 
ui dit : Seigneur, la vessie 
st touie pleine de mal, 
nirliton, etc. 

avez^vous ce qui decide 
'e« bureaux et des emplois ? 
u parUmcnt qui preside, 
t meme au, conseil des rots '/ 
? mirliton, etc. 



— 340 — 


■ 




1 • .Jf^** 


Le cure de Saini-Sulfnce, 


1 '-.i *'" 


VoulatU baiser la Cavaye, 


1 is*^^ 


Crainte de l€^ chaudepisse, 


1 Cpj'^" 


Fait le signfi de la ero^ 


1>^** 


Sur son mirliton, etc. 


■ 




m vu 


De le Blanc, notre mtmifff, 


M ^"^ 


OnpunitlepeiMUU; 


m '' 


Mais qui du cardinal cwdfe 


« ^ 


Pourra delivrer I'Estat f 


MiT 


Cest le mirliton, etc. 


m 



Une nonnette jolie, 
Voulant se faire uh amen/, 
Du fMut de sa jalousie, 
Crioit d chaque p4^$$ant : 
J'ai du mirliton, etc. 

L'empereur, dit la Gazette, 
Tc pcrmet d'etre cocu, 
Mais ton heureuse planete. 
Bouillon, te tourne le eti, 
Pleure, mirliton, etc. 



On veut pendre la Jonchere, 
On a exile le Blanc, 
Quel diable a fait ceUe affairs 
Cest le due assuretnenl. 
Pour vn mirliton, etc. 



— 3H — 

J'oublie .0V9C comommce 
Une troypfi de houets; 
V Amour, indigne, s'offensc 
Qtt'oH lui donne iel mjet 
' des mirlitons, etc. 

BeUes, fiir eeux qtifi je nomme, 
Vous nepau»ei)f vow iromper; 
Be par V Amour, je vous fomme 
De souvieni let appHquer 
005 mirlitons, etc, 

Chdre Sabran, pourquoi produire 
Ta i»t%0 au feu du regent ? 
Ne deoois'tu pa» Vinstruire 
Qu'il rate depute long terns 
lee mirlitons, etc. 



Un beau jour, la Peronnie, 
En sondant le cardinal, 
Lui dit i Seigneur, la vessie 
Est touie pleine de mal, 
? mirliton, etc, 

Savez-vous ce qui decide 
Des bureaux et des emplois ? 
Au parUment qui preside, 
tit meme au conseil des rots '/ 
le mirliton, etc. 



— 312 — 

St Caligula, dans Rome, 
A fait consul soft chetfoi, 
he rigent, tout ainn eomm, 
A fait Dubois cardinal; 
Cest du mirliton, ett\ 

Tibhre, ce grand politique, 
Prit pour b'ardache Sejan; 
Dubois, par mime pratique, 
N'est que Vami du rdgent; 
Cest du mirliton, etc, 

Ce 7ninistre est fort Fudnie, 
II fait tout et ne fait rign; 
Son eminence inutile 
Ne nous procure aucun bien 
Que du mirliton, etc, 

11 a fait deux manages, 
Voild son grand coup d'etat; 
■ Par lui, d'autres pucelagcs 
Se sent perdus sans eclat; 
Cest du inirliton, ale, 

Quoi ! de Gesvres a la mousta^^ 
D'oit peut-elle provenir? 
II faut done qu'il se Vattaehi, 
Ou qu*il ait fait degamir 
Quel que mirliton, etc. 



— 315 — 

fki U remonirane§ 
ttimtti duptarlement 
r fe dergi de France 
iporme notre argent 
irlitoni, etc, 

I plaire d tous Us hommes, 
'4$ Una ee queje veux, 
mhurait d Rome 
plui court de$ cheveux 
rUUm, etc. 



CHANSON 

MEOR, 81 Y0D8 tTES tCEkVrVt, OU 

i hAdecire est sodveraine. 
I constitution UnigmUut. 
1723. 

utitution va mat 
t que notre cardinal (4) 
assembler, a bon litre, 
ianoines de son cfiapitre, 

f a dit : Mes cher amis, 
qui nCavez si bien servi, 
fez comme mot Ian lore 
lie de notre Sainl-Pere, 



14 



— 312 — 

Si Caligula, dans Rome, 
A fait consul soft chenal, 
Le regent, tout ainsi eomm, 
A fait Dubois cardinal; 
Cest du mirliton, eU\ 

Tibkre, ce grand politique, 
Prit pour b'ardache S^an; 
Dubois, par mime pratiqw, 
N'est que Vami du rdgent ; 
Cest du mirliton, etc, 

Ce ministre est fort FutbUe, 
II fait tout et ne fait rigH; 
Son eminence inutile 
Ne nous procure aucun bien 
Que du mirliton, etc. 

11 a fait deux manages, 
Voild son grand coup d'etat ^ 
' Par lui, d'autres pucelages 
Se sent perdus sans eclat; 
Cest du mirliton, etc. 



Quoi ! de Gesvres a la mousi 
D'oii peut-elle provenir? 
II faut done qu'il se Vattaehe^ 
Ou quHl ait fait de'gamir 
Quel que mirliton, etc. 



— 313 — 

^, toiei te remonifane§ 
e fMMtieufs duparlement 
imfrv le clergi de France 
fift fiiponne notre argent 
lei nwrUtom, etc. 

e tau plaire d tou$ Us hommes, 
'm faU Umi ce queje veux, 
e let nUnerais d Rome 
Vir le plui court des cheveux 
« mirUton, etc. 



CHANSON 

■ONSIEOR, 81 YOUS tJEB jgCHAOFF^, OU 

I : LA ■Adecire est SOUVERAIME. 
Sar la constituUon UnigmUttt, 
1723. 

M constitution va mat 
)epuis que notre cardinal (i) 

I fait assembler, d bon litre, 
les chanoines de son cfiapitre, 

II leur a dit : Mes cher amis, 
Yous qui m*avez si bien servi, 
Envoyez comme moi Ian Idre 
La bulie de notre Saint-Pere, 

'allies. 

14 



— 314 — 

Le8 chanoines ont repondu : 
i\oti< lui ferons montrer le eu; 
Parbleu ! nous lui ferons voir eo^^ 
X Parig on se fout de Rome. 



fiPITAPHE 

Sur le cardinal da Bois , premier 
1723. 



Cy^gist le cardinal du Boi$ 
Qui, sans merite et sans i 
Monta, par de sales emplois, 
Dc la seringue a V eminence; 
Un rasoir, pour noire salut, 
Vient enfin de rendre d la terr^ 
Ce noble fits d'apothicaire, 
Moindre et plus pauvre quHl m J 
Au sortir du sein de sa mire, 
France ! donl le triste sort 
Est le fruit de son ministere, 
Plut a Dieti, pour toi, que le pt^^ 
Fikt ne comme le fits est mort ! 
Sons des auspices trop sinistres^ 
France, tes yeux avec do%Heur 
Ont vu Hvrer a trois ministres 
Ton sang, tes liens et ton honn^^ 
\it-on jamais choix plus indigf^^ 
Le premier e'toit un bourreau, 
Le second vn voleur insigne 
Et le troisieme un maquereau. 



— 315 — 



fiPITAPHE. 



Cy-gist, sous ce tombeau, 
^^plus insigne maquereau. 
^^^eu lui donne autant de pardons 
^^*U a produit de mirlitons. 



AUTRE. 



Cy-gist 
Qui peril 
Par le vit. 



ADTRE. 

K^oteurs, & cause de Parrot sur le poidsdes 
tools dW, da 800811723. 

Cy^gist son eminence 

Le cardinal du Bois ; 
Oh Va mis dans la balance, 
Mais il n*e'toil pas de poids. 



AUTRE. 

Rempli d'une sainte flainme, 
Le cardinal est parti; 



— 314 — 

Les chanoines ont repondu : 
Nous lui ferons montrer le cu; 
Parbleu ! nous lui ferons wrir e= 
A Paris on se fout de Rome, 

fiPITAPHE 

Sur le cardinal da Bois , premier miniil 
1723. 

Cy^gist le cardinal du Bois 

Qui, sans merite et sans nais 

Monta, par de sales empUns, 

De la seringue d V eminence; 

Un rasoir, pour notre salui, 

Vient enfin de rendre d la terr^^ 

Ce noble fils d'apothicaire, 

Moindre et plus pauvre quHl m ^^ 

An sortir du sein de sa mire. 

France ! dont le triste sort 

Est le fruit de son ministere, 

Plut a Dieu, pour toi, que le pe^'^^ 

F4t nii comme le fils est mort ! 

Sous des auspices trop sinistrer^ 

France, tes yeux avec douleur 

Ont vu livrer a trois ministres 

Ton sang, tes biens et ton /ion»^^^^' 

Yit-on jamais choix plus indi^f^^ ' 

Le premier e'toit un bourreau, 

Le second un voleur insigne 

Et le troisieme un maquereau. 



i 



_- «5 — 






par l« ^*- 



\<,oi8d'of,dn 



Le cordtn«l f»« V 



— 316 — 

Adieu, il a rendu Vdme 
A quatre lieures apres midi, 
Par ton mirlUon, 



AUTRE. 

Chez Pluton, tout cotntne mfHm, 
fon se sert de tr^uehet; 
En pesant son eminence, 
On a trouve du dechet 
A son mirliton. 



AUTRE. 

Cy-gist, dessous cette tombe, 
Un ministre cardinal 
Qui seroit encore au unonde^ 
S'il n'avoit pas eu de mal 
A son mirliton. 



AUTRE. 

Cy-gist un prelat, qui de cuisi^^ 
Devint maquereau, puis mini^^^^' 
Et par cent tours de scelerat, 
Parvint jusqu'au cardinalat. 



— 317 — 



AUTRE. 

gre le lien conjugal, 

\t$ ^sqiie et cardinal; 

Wesnil, logis abbatial, 

1$ mon palrimonial, 

ffrd mon naturel brutal, 

!W ministre principal, 

out grdce au Palais-Royal, 

r quelqu'entregent virginal, 

^ant, apprends que cc canal 

I donner le sceptre papal, 

r qu'il donne aussi certain mat 

^-connu dans VEscurial, 

ui nCa rendu le vassal 

'oy de V empire infernal. 



AUTRE. 

e rougit d*avoir rougi 
laquereau qui gist icy. 



AUTRE. 

'ist un quidam, jadis cuistre, 
fut des Francs premier ministre; 
'e fut de dame Venus, 



— 516 — 

Adieu, il a rendu Vdme 
A quatre Jieures apres midi, 
Par son mirlUon, 



AUTRE. 

Chez Pluton, tout comme mFn^ 
Von se sert de trebuehet; 
En pesant son eminence. 
On a trouve du dechet 
A son mirliton. 



AUTRE. 

Cy-gist, dessous cette tombe, 
Un ministre cardinal 
Qui seroit encore au monde^ 
S'il n'avoit pas eu de mal 
A son mirliton. 



AUTRE. 

Cy-gist un prelat, qui de cuisi^^ 
Devint maquereau, puis mini^^^^* 
Et par cent tours de scelerat, 
Parvint jusqu'au cardinalat. 



— 317 — 



AUTRE. 

yre le Hen conjugal, 

u ivesque et cardinal; 

iesnil, logU aJbbatial, 

s man peUrimanial. 

jrS mon naturel brutal, 

u minUtre principal, 

out grdce au Palais-Royal, 

r quelqu^entregent virginal, 

mnt, apprends que ce canal 

; donner le sceptre papal, 

r qu'il donne aussi certain mal 

f-eonnu dans VEscurial, 

tit m'a rendu le vassal 

'•oy de V empire infernal. 



AUTRE. 

10 rougit d'avoir rougi 
naquereau qui gist icy. 



AUTRE. 

pst un quidam, jadis cuistre, 
fut des Francs premier ministre; 
le fut de dame Venus, 



— 3i8 — 

Voire, esl-il mort de son vinu, 
Paisant, crois-tnoi, H par stiracb 
Ilpouvoit, sans avcun obttade. 
Prendre son con comme jadit, 
FUt'il mhne en sainiparadisi 
Tu feras mieux de passer onUre, 
Car il t'enverroit faire fouin. 



AUTRE. 

Pour entrer aux enfers, sa ddfunte i 
Se pre'sente au saere gwehet ; 
Le Suisse du bon Dieu appelle en dtf^roM 
Saint Mathieu, qui paroist avec son (rteWi 

Et le mettant dans la balance : 
Pardieu, s^ecria-t-il, nous trouvons du dicM, 
Trois grains, c'est trop, consuUons rontoiwi*^ 
Satan le pent marquer d son cachet. 



AUTRE. 



Cy-gist un citoyen de Drives la gaillardti 
Passant, qui I'a mis Idf Cestson humewrf^^ 



— 319 — 
fiPITAPHE 

Bu cardinal du Bois (1723). 

Cy^gUi du Bois le cardinal. 
Qui est mart cf tin horrible mal ; 
$i ooiM aimez les veroles, 
Priez Dieu poiir les trepassez. 



RfiFLEXIONS MORALES, 

morl du cardinal du Bpis; par Vincent -Pierre 
des Rocbes, secretaire de M. d'Andrezel . 

1723. 

5« alte'res de la soif de gagner, 

out Vor du Perou ne pourroit vous eleindre, 

tieux ronges du dedr de regner, 

tnes yeux ici-bas votre sort est a plaindre ! 

n'y cessez jamais de souhaiter on craindrc, 

ne si c'etoit Icl voire eternel sejour ; 

Atpartir pouriant, et tout quitter unjonr, 

^mplez du Bois mort et ses riches depouillcs; 

Jz, qu'emporte-t'il, cc pre'lat endurci ? 

i! loin d*emporter rien de cc monde-ci, 

fn^me, en mourant, laisse jusqu'd sescouilles. 



— 3i8 — 

Voire, esl-il morl de soti virus. 
Passant, croiS'tnoi, si par mtrade 
Ilpouvoit, sans aueun obstacle^ 
Prendre son con comme jadis, 
Ftkt-il mhne en saint paradis ; 
Tu feras mieux de passer outrt, 
Car il t'enverroit faire foutn. 



AUTRE. 

Pour entrer aux enfers, sa defunte emtwiw 

Se pre'sente au sacre guichet ; 
Le Suisse du bon Dieu appelle en diUgem 
Saint Mathieu, qui paroist avec son tr&»hti; 

Et le mettant dans la balance : 
Pardieu, s'ecria-t-il, nous trouvons du dkM, 
Trots grains, c'est trop, consuUons VordoM0* 
Satan le pent marquer a son cachet. 



AUTRE. 
Cy-gist un citoyen de Drives la gaillardi; 



Passant, qui Va mis laJ C est son humewfeti 



HW^ 



^ 319 — 
fiPITAPHE 

Bu cardinal du Bois (1723). 

Cy-gUt du Bois le cardinal. 
Qui est mort d'un horrible mal ; 
$i vous aimez les veroles, 
?riez Dieu pour les tre'passcz. 



RfiFLEXIONS MORALES, 

lort du cardinal duBois; par Vincent -Pierre 
les Rocbes, secretaire de M. d'Andrezel . 

1723. 

alteres de la soif de gagner, 

it for du Perou ne pourroit vous e'teindre, 

ttx ranges du desir de re'gner, 

es yeux ici-bas voire sort est a plaindre ! 

y eessez jamais de souhaiter on craindrc, 

si c'etoit la voire eternel sejour ; 

partir pourtant, et tout quitter un jour. 

plez du Bois mort et ses riches de'pouillcs; 

, qu'emporte-t-il, ce prelat endurci ? 

loin d'emporter ricn de ce monde-ci, 

Ime, en mourant, laissc jvsqu'a scscouilles. 



— 520 — 
CHANSON 

Sur le cardinal da Bois. 
1725. 

Le ciseau de la Peronnie 
Vimt done de de%ivrer V£tat 
De ce minUtre scelerat, 
Naguere Vobjet de Venvie, 
Des fripons Vunique soutien 
Et Vennemi des gens de hienf 

Quoi que la gazette d^te 
De ses faits, de ses dignites 
Et de ses rares qualites, 
Elle prouve moins son merite 
Que Vetrange derangement 
De la cervelle du regent. 

Son genre de mort justifie 
Ce qu'on a pu dire de mal 
De cct in fame cardinal, 
De ses debauches, de sa-vie ; 
Mais son disciple et successeur, 
Pour nos peches n'est pas meiUtm 

Bissy doit faire son eloge, 
Et, malgre ses vices affreux, 



— 3J1 — 

Dans le s^our des hienheurettx / 
Lui donner la premiere loge. 
En nous pnuvant qWun cardinal, 
Quoi quHl fosse, ne fait pas mal. 

Puis d^un style ^pigramnMtique, 
Fontenelle ou quelqu'autre fat, 
De eetle peste de I'Estat 
Nous vantera la politique ; 
Mais le public nous vengera 
Des fadeurs qu'il delntera. 

Pour tout dire en une parole. 

Messieurs les grands diseurs de riens, 

De votre academicien 

Voici Veloge : La vdrole, 

De du Bois en tranchant Us jours. 

Nous fut d tous d*un grand secours. 



VERS 
Sur M. le dac d'Orl^ans. 

divinitdsje consacrai ma vie : 

» changea pour moi ses vins en ambroisie ; 

. pour m'enrichir, epuisa ses tresors, 

us, dans mon lit,plaga les plus beaux corps. 



14. 



\ 



— 520 - 

CHANSON 

Sur le cardinal da Bois. 
1735. 



Le cUeau de la Pironme 

Vieni done de diUvrer Vtta^ ^ 

De ce ministre sceUrat, 

Naguere Vobjet de Venvie, 

Dee fripons Vunique BOuUm 

Et Vennemi dee gens de hien ■^^' 

Quoi que la gazette d&nte 

De see faite, de see dignitSs 

Et de ses rares qualitSs, 

Elle prouve moins son merit^^^ 

Que Vetrange derangement 

De la ecrvelle du regent. 

Son genre de mort justifie 
Ce qu*on a pu dire de mal 
De cet infdme cardinal, 
De ses debauches, de sa'we ; 
Mais son disciple et successeur. 
Pour nos peches n'est pas maikK^' 

Bissy doit faire son e'loge, 
Et, malgre ses vices affreux, 



— 3J1 — 

>afM le B^tmr des bienheureux / 
!/tit dofinrr \a premiere loge, 
^n nous pnuvant qu'un cardinal, 
}uoi quHl fosse, ne fait pas mal, 

^uis d'un style dpigrammatique, 
^ontenelle ou quelqu'autre fat, 
"h eetle peste de VEstat 
Sous vaniera la politique; 
Mais U public nous vengera 
Jes fadeurs qu'il debitera, 

?our tout dire en une parole, 

\lessieurs Us grands diseurs de riens, 

Oe votre academiden 

Voici Veloge : La vSrole, 

Ve du Bois en tranchant les jours, 

Nous fut d tous d'un grand secours. 



VERS 

Sur M. le dac d'OrMans. 

nnitdsje consacrai ma vie : 
umgea pour moi ses vins en ambroisie ; 
ur m'cnrichir, epuisa ses tresors, 
dans mon lit,plaga les plus beaux corps. 



U. 



— 522 — 



AUTRE. 



1 



Au temple de V Amour je consacrai mtm eorp* i 
Plutus, que fadorai, me donna sa triMOirs s 
Par le divin Bacchus mon dme trantpori^ 
S'enivra tous les jours dans sa coupe enchOMUs; 
Mon casur de ces trois dieux en finstaU VuM 
Ne reconnut jamais que cette trinitS, 



CHANSON 

SUR L*AIR : MAR60T LA RAYAODEOSE DISOIT A PifOUS. 

WOrleans la duckesse 
A dit d Papillon : 
J'envoie avec vitesse 
Au pays allemand 
Choisir une fillette 
Dont tu seras mari 
Et d*elle tres-cheri. 

Ma mere, cette fille 

Est petite, dit-on, 

Ni belle, ni gentille, 

Et n'a pas de tetons; I ^ 

De plus, elle aime tin homme M 

Qui me feroit cocu I ^ 

S'il en e'toit cru. 



— 323 — 

Mon fiU, elle est pucelle, 
D» moins, Vassure-t-on, 
Ik plus bien demoiselle, 
Et faite de fagon 
Que nombreuse lignee 
Nedtra de cet enfant 
Trks-fadlement. 

Avee cetle ctssurance. 
On part incessamment 
Pour amener en France 
Ce bijou si charmarU. 
Dieu benisse Vouvrage 
Que fera peu souvent 
Monsieur d'Orleans ! 



CHANSON 
IR : L&RE LA, lI:re lanlI:re, 
nadame de la Vrilliere, k Cliantilly. 

I fin, notr^jeune roi 
t soumis & la douce lot 
iieu qu*on adore a Gy there, 
ere la, Ihre lanlere, 
h'e la, Ure lanla, 

liX'Sept b^tes qu'il courut, 
ique toutes fussent en rut, 
a choisi qu^une grand^nei^e^ 
ere la, etc. 



322 — 



AUTRE. 



All temple de V Amour je comacrai nuM corfii 
Plutns, que fadoraif me donna «e# tre»OT%\ 
Par le divin Bacchus fium dme tranxpoTtem 
S'enivra tous lest jours dans sa coupe enclUihij 
Mon coBur de ces trois dieius en faisant VtM 
Ne reconnut jamais que cette trinitS, 



CHANSON 

SUR L*AIR : MAR60T LA RAYAODEDSE DISOIT A HHUU. 

D'Orleans la duchesse 
A dit d Papillon : 
J'envoie avec vitesse 
Au pays allemand 
Choisir une fillette 
Dent tu seras mari 
Et d'elle tres-cheri. 



Ma mere, cette fille 

Est petite, dit-on, 

Ni belle, ni gentille, 

Et rCa pas de tetons; 

De plus, elle aime un Aofiu"' 

Qui me feroit cocu 

S'il en etoit crti. 



I 

Id 



\ 



— 323 — 

Mon fiU, elle est pucelle, 
Du moiru, Vasmre-t-on, 
De plus bien demoiselle, 
Et faite de fagon 
Que nombreuse ligne'e 
Naitra de eel enfant 
Tris-facilement. 

Avee cette assurance. 
On part incessamment 
Pour amener en France 
Ce bijou si charmant. 
Dieu benisse Vouvrage 
Que fera peu souvent 
Monsieur f Orleans ! 



CHANSON 

IR : L&RE LA, L^RE LANLIiRE, 
nadame de la Vrilliere, k Chantilly. 

I fin, notr^jeune roi 
t soumis & la douce lot 
iieu qu'on adore a Gythere, 
ere la, lere lanlere, 
ere la, lere lanla. 

liX'Sept b4tcs qu'il courut, 
ique toutes fussent en rut, 
'a choisi qu^une grand'mei^e^ 
ere la, etc. 



Lire l<». «'«• 
Le now <*« »" 



— 325 — 

^ec oil par le fourreau, 
, *^ due est toujours beau, 
^^^orte de la manidre, 
^^ la, etc. 

^«» maris sont convaincus 
•*e authentiquement cocus, 
^^ duche ne tdtent gudre, 
^^fg la, lere lanlere, 
'-^t^e la, lere lanla. 



fiPITRE 

Dr le prince de Tingry, lieutenant general des 
armies du roy. 

u'espkres'tu ? qu^attends-tn ? que veux-tu ? 
:e ne connoU que les exploits du cu, 
'le tes aieux tu veux suivre les traces, 
ure, aujourd'hui. n'est plus source de grdces 
m faty un hougre, un per fide, un coquin, 
e ta compagne une adroite catin, 
is de ta gloire. Adore Vinjustice, 
ent trahi ne te rends pas propice ; 
u Vemay, respecte la de Prie, 
us ses jupons les dons du Saint-Esprit. 
de belles fleurs, symbole dHnnocence, 
les pensions, les batons, la finance ; 



lire la. «««• 
lire la, «««• 

Lcre Itt. "f^- 

I,ossB de le ^ 
Lcre la, e"'" 

L^rc la, c'<^- 



— 325 — 

^>Hc ou par le fourreau, 
*^ due est toujours beau, 
^M^orte de la manUre, 
'® la, etc. 



^et maris stmt eonvaincus 
**e authentiquement cocus, 
- duche' ne tdtent gudre, 
*^e la, lere lanlere, 
H-c to, lere lanla. 



fiPITRE 

e prince de Tingry, lieutenant general des 
armies du roy. 

ipkres-tu ? qu'attends'tu ? que vetix-tu ? 

ie connoit que les exploits du cu, 

tes aieux tu veux suivre les traces, 

?, aujourd'hui. n'est plus source de grdces ; 

fat, un bougre, un per fide, un coquin, 

a compagne une adroite catin, 

de ta gloire. Adore Vin justice, 

f trahi ne te rends pas propice ; 

Vemay, respecte la de Prie, 

ses jupons les dons du Saint-Esprit. 

belles fleurs, symbole dHnnocence, 

s pensions, les batons, la finance ; 



— 326 — 

La, deux nymphes saru fard riglenlieuUtVEM 
Et des moindres zephyrs pyniiietU VaiienUi (i) ; 
LA, duplus rude hiver on ne eramipa$rmln§ 
Et lei plamrs y aont le plus pdnitU mnragt. 
be eel avis, seigneur, profile sagemmU; 
La forlune esl dtoi,disun mot setUemaU; 
Car enfinn' attends pas qu*un hannmtreimiri^m 
TeUve aux dignitis sous un rkgng Mrifius 
En ce monde, chacun recherche ses parmlt, 
Prince, c'est assez dire; adieu, sws wus e 



CHANSON 

SDR L'AIR : LON LAN LA, DERIUTTC. 

Sur ie voyage du roy ii Chantilly, aa mois^ jaiOeL 
1724. 

Mesdames, vous trouverez ban 
Qu*on vous e'crive sur ce ton, 

Lon Ian la, derirette, 
Ce qui se passe a Chanlilly, 

Lon Ian la, deriri. 



(l;Pour rintelligence de ces deoz denienv''**' 
faut lire MaunceaUf traits des aeeoaebemeBli, qii ^ 
assare que lo nioindre air re^udaosU mtlrks *" 
des revolutions extraordinaires et qac les 115^ 
servent h d^fendre cclte entree. 



— 327 — 

Mr meitre en goUtt le roi Louigon, 
a prii quinze mirlitons (i), 
Lon ton la^ denrelte, 
i toui U balais ont rdti, 
Lon Ian la, deriri, 

Moineau (i), las (T avoir jotie 
r seconds rdles chez Condi, 
Lon Ian la, derirette, 
U jouer les premiers icy ; 
Lon Ian la, deriri. 

Nesle en veut avoir sa part; 
i croiroit que les deux Villars, 
lon Ian la, derirette, 
mettent sur les rangs aussi ? 
Am Ian la, deriri, 

monarque en est si charme, 
leur plaire il est si prcsse\ 
sOn Ian la, derirette, 
il se branle toujours le vit, 
,on Ian la, deriri, 

Rupelmonde a, ce dit-on, 
%re qu'elle Vavoit blond, 
,on Ian la, derirette; 
's le blond s'est trouve roussi, 
,on Ian la, deriri, 

dames de la cour nominees pour dire du 
rquise de la Vrillerc. 



— 326 — 

Ld, deux nymphes sans fard reglentseules VEtal 
Et det moindret zephyrs punisferU Vattent§t{i), 
Ld, duplus rude hivcr on ne eraint pas F(mtn^ 
Et les plaisirs y sont le pltu penible owngt, 
De cet avis, seigneur, profile sagement; 
La fortune est d toi, dis un mot seulemaU; 
Car en finn* attends pas qu'un konneurekmirifM 
Te'lh)e aux dignites sous un regne Wbrips; 
En ce monde, chacun recherche ses pareUt, 
Prince, c'est assez dire; adieu, suis mes O0ii«i<i. 



CHANSON 

SUR L'AIR : LON LAM LA, DERIRBTTE. 

Sur le voyage du roy k Chantilly, au m<Hsdejailiet. 
1724. 

Mesdames, vous trouverez ban 
Qu*on vous ecrive sur ce ton, 

Lon Ian la, derirette, 
Ce qui se passe a Chantilly, 

Lon Ian la, deriri. 



(l)Pour rintelligence de ces dcax derDlen'^" 
faut lire Mauriceauy traile des accouchemcnU, qw ■** 
assure que Ic moindre air re^u dans la miiri* •" 
des revolutions extraordinaires el que ks nyvP* 
servcnt h d^fendre cclte entree. 



— 327 — 

Povr metire en gottt le roi Loui»on, 
On a prii quinze mirlitons [t), 

Lon Ian la^ derirelte. 
Qui tou$ U halais ont rdti, 

Lon km la, deriri. 

Le Moineau (t), las iC avoir jam 
Les ieeonds rdles chez Conde, 

Lon Ian la, derirelte, 
Veut jouer les premiers icy ; 

Lon Ian la, deriri. 

La Nesle en veul avoir sa part; 
Qui croiroit que les deux Villars, 

Lon Ian la, derirelte, 
Se mettent sur les rangs aussi ? 

Lon Ian la, deriri, 

Le monarque en est si charmc, 
De leur plaire il est si presse, 

Lon lau la, derirelte, 
Qu'il se branle toujours le vit, 

Lon Ian la, deriri. 

La Rupelmonde a, ce dit-on. 
Assure' qu^elle Vavoit blond, 

Lon Ian la, derirelte; 
Mais le blond s'est trouve roussi, 

Lon Ian la, deriri, 

Qaioze dames de la cour nominees pour dire du 
je. 

la marquise de la Vrillerr. 



— 348 — 

II n'y manquoU pte la Ga$$e{i), 
Et le taut eomplet «iU A^ 

Lon ton la, derirett9, 
Mieux qu*aucune eUe evt r^nd, 

Lon Ian la, deriH, 

Vne fille de Maiignon (t) 
A voulu dresser un BouHamp 

Lon Ian la, derirette; . 
L'aventure a mal riussi, 

Lon Ian la, deriri. 

La Fillon a represent^ 

Que Von alloit sur son marehS, . 

Lon Ian la, derirette, 
Ofi Va renvoyce a Billy {%), 

Lon Ian la, deriri. 

La fille a Pleneuf (a) voudroit 6mii 
S'appliquer le roi trds'Chretien, 

Lon Ian la, derirette; 
U enfant en a peu de souci, 

Lon Ian la, deriri. 



[\) Gace el non Gasse, 

(2) MarqTiise de Grave, fille du marecbal, snff 
par son mari, couch(!lc ct bodinunt a?cc le 9S^ 
Clermont, prince du snng. 

(3) Gentilbomme da comte de Clermont. 
(i) Miidamede Prie. 



— 529 — 

ttmpire en ee beau jour 
ur Plutus et pour Vamour, 
Ian la, derirette; 
Hinte «*eii mSle a%usi, 
Ian la, deriri. 

tmnes (4) a dit A d^Agout : 
ir, comment vous portez voue? 
Idn la, derirette; 
eixjoure le eon me euit, 
Ian la, derifi- 

rfotn bosquet e'cartS, 
oracle a prononce', 
Ian la, derirette; 
iirte que voicy, 
Ian la, deriri. 

Is aprds le mois de juin, 
assde fine catin {%), 
km la, derirette, 
general etourdi, 
Ian la, deriri. 



vicomle. 
Pric. 



— 350 - 
CHANSON 

SUR L*AIR : MARGOT LA RAVAOtfOA^* 

De toules nas primceitet, 
Helot! que fera-i-trnt 
Les faire chanoineaet, 
Ya trop de fagon; 
Rodiesuryon touie tetUe 
Au cliapitre entreroU, 
Si elle vouloit. 

Pour lajeune et charma^f^^^ 
Princesse Charoloit, 
Faut la faire Vatnante 
De notre jettne roy ; 
Elle est vive et fringanC^, 
Elle lui montrera 
A faire cela. 

La princesse de Sens 
Et celle de Clermont 
En grafide diligence 
En Espagne s"en vont; 
La reine, leur cousine, 
Maris leur tronvera 
Dans ce pays-Id. 



— 331 — 

La prineesse du Maine 
A les yeux si.brillans 
Que gone beaucoup de peine, 
Elle aura des amans; 
St madame sa tante 
Voudra hien lui montrer 
A les epouser. 

Margot la ravaudeusc 
Disoit A son mart : 
Que fait'On de ces gueuses 
Qu'on mene A Chantilly ? 
Quoi ! pour un pucelage, 
Faut-il mener le train 
De diX'Sept catins ? 

SaJbran, cette effrontee, 
A dit au grand Bourbon : 
Tu ne nCas pas nominee, 
Cependant, j'ai un con 
Tout prit au badinage 
De lajeune guiguy 
De notre Louis, 

Le jeune roi de France 
A dit a son ami : 
J'ai fait une ordonnance 
Datee de Chantilly, 
A fin qu*en diligence, 
Un chcuiun vienne ici 
Me branler le vit. 



— 332 — 

CHANSON 

SDR i/AIB : LE BRAVE GOMTE DE TAUiV. 

Avoir I'air grave ou Vair eommwlefi). 
Cc8t le plconcume d la mode; 
Cet affront esi-il done nouvean? 
Non, non, Vaventure est eommuMi, 
Marquis, conrs a Fontotne62eat( (t), 
Ta femme y fera ta fortune. 

Lair grave suit le mariage, 
Be tout ipoux c^est Fapanage, 
Vulcain avoit Vair serieux; 
Cdsar, des hommes le plus brme, 
Quoique placS parmi les dieux, 
Fut soupgonne d'avoir Vair grave. 

Par respect pour Vaimable pmte 
Qui releve ta mine mince, 
Regois cet honneur doucemetit ; 
Crains'lu que cocu Von te nomme ? 
Non, Von dira tout simplement, 
11 a Vair grave, le bon homme. 



(1) Madame de Grave, qae Ton trouva coochee iwc* 
comie de Clermont, k Ghanlilly. 

(2) Au retour du voyage de Gbanlilly, le roy ilU * 
Fontainebleau. 



— 353 — 



CHANSON 

AIR : HON PAPA, TOUTELA NUIT. 

D, eoDtrdleur g^ndral dcs finunces, et 
sa femme. 

inn dit d son tailleur : 
rquU d'Berbaut je me nonime, 
veux itre en grand seigneur, 
'billeZ'moi, void comme : 
inez, galonnes, galonnez'tnoi, 
r je suis bon gentilhomme; 
mez, galonnes, galonnez-moi, 
rje suis lieutenant du roi, 

i, dit $a chire moitie, 
eontrdleur des finances, 
; foi, c*est un bon metier, 
i meilleurs qui soient en France ; 
inez, galonnez, galonnez bien, 
r nous aimons la de'pense, 
inez, galonnez, galonnez bien, 
habit comme le sien, 

n cousin, dit le tailleur, 
%*est point de gentilhomme 
t ait Vair de grand seigneur 
nme aura voire personne. 



— 33i — 

Galonnez, galonnez, galonneZ'Voui, 
Voire aieul, si galant honmef 

Galonnez, etc, 

Portoit galons eomme vow. 

La Dodun dit a Frison : 

Coiffez-moi avec adretse; 

Je pretends avec raison 

Inspirer de la tendresse, 
Tignonnez, bichonnez, bichomuMm, 

Je vaux hien tine duehesse, 
Tignonnez, etc,. 

Car je soupe avec le roi. 

Ma foi, lui repond Frison, 
Quoiqu'd friser je me tue, 
Malgre votre beau chignon^ 
Vou8 we serez point courue; 

Tignonnez, tignonnez, tignouHez hit»$ 
Ce sera peine perdue, 

Tignonnez, etc.. 
Sans argent, vous n'aures n«». 

Certain soir, en sa gaite, 
Voulant qu'on rendit hommage 
A scs occultes beautes, 
bit : Laisscz^la mon visage, 

Mais Iroussez, mats troussez, maittrff^'* 
Et vous trouverez, je gage, 

Mats troussez, etc.. 



— 355 — 

umM le gai Doduu 

nm $a coite U'gere, 

i fit voir a vn chacuu 

% enmpt de $a bergere, 

9ene0, convenez, convenez done 

ue (^est Venus par derriire, 

)enex, etc., 

ue c^est un vrai Cupidqn. 

ieu ! que Vepou$e a d^attraits ! 
ue V4poux a Vdme bontie^ 
ue le del de ses btenfaits 
Tmble d jamais leur personnes, 
umnons, galonnons, bichonnons-les, 
uisqtie ehacun d'eux Vordonne, 
umnons, etc, 
9 peuple en fera les frais. 



CHANSON 

\ L'AIR : HARGOT LA RAVAUDEUSE. 

Margot la chiffonniere 
X dit a Feuilladin : 
Preiids ta vieille rapiere 
Et retoume a Turin ; 
Pour rester a la ville 
Et a la cour aussi 
Tu a trop honny. 



— 336 — 

Brancas, ee pauwre hkn, 
ToujcurM H him Wf(M^ 
N'a jamaiM rim m fmn 
Que de ttmnur le eu 
Au r^gmt, d Jhmami, 
Avao laquais fawnrit 
Et aux ennemii. 

Vignerod, U grand pen, 
£toii menStrier; 
Celvy-ci degdnbre, 
II est de tout metier, 
itourdi, politique, 
Galant ambaseadeur, 
D'Arouet le proteetewr. 



EXTRAIT DU POEME IHTITOUS: 

Le Vicepuniou Cartouehe. Imprim^ A Anvent l?'^ 

SUR L'AIR : TON JOLI, BELLE HEUNlfcU, TOi itU 
MOULIN. 

Fanandels (i) en cette pioUe (•), 
On vit chenument (z). 



(1) Camaradcs. 

(2) Le cabaret. 

(3) Fortbien. 



— 337 — 

I, Piwrit (t) et Criolle (s) 
a gmtrdement («), 
THi (s), fais<ms riolle (a), 
^u^aujugement. 
(7) eit le thi&tre 
petit Dardant (s), 
(9) d ce mion (io) foldtre 
tre palpitant (a), 
ons, Pivois chenatre {a), 
tqu*au Itdsant (13). 



CHANSON. 

|ae ceUe chaoson est de 1667. 

M'tu ce que Von dit? 
Ice en est desolee : 



lent. 

IS 



— 55« - \i|. 



K, Vint «<*•*""•* 
On preteiwH"'* ' 






soft !.*» "" 

Bn tout teww "* 

\^% Le regent- 
(3) Le doc. 



— 339 — 

CHANSON 

^ ^ • i>e: tods les capucins du honde. 

■^^nic de la cbftsse cle sainte Genevieve, 
en 17£S. 

p ^ Oenevih)e et de Prie, 

Q^ ^^^es de la monarchic, 

/x '^♦i cuUe bien different : 

. ^^€ien< tout de la premiere, 

•^tdc que Von la descend ; 

* *l faut monter la derniere. 



CHANSON 

^'■t DES BOSTANGIS DE L EUROPE GALANTE. 

Wnfo ^*'*'» ^^^ d® Saint-Pol , h roccasion des 
*0Q 4^^^ spiritnelles qu'il fait tons les soirs dans 
et ^ ^^, oii one infinite de personnes de tons sexes 
^ ^<iiUoii8 se trouvent, et ott Ton pretend qu'il s'esl 
buS^^ de« rendez-vous et fait des choscs contre la 

1725. 

Ce cure si vante 
Dont la figure austh'e 
Convertit mainte heautc, 
L'autre jour dans sa chaire, 



— 340 — 

Chacun etant bien poiii, 
Cherchoit la chastete. 
Au milieu du iermon, 
Voyant que le demon 
Se glissoit d toMon 
El qu'il fourgeoit taudiUiirt^ 

II dit ces mots : 
Ircmhlez, gens indivoU, 
Monirez-moi t>os bras hauls ; 
Helas ! ils sont tons, faut 

Sourds et manchoU, 



CHANSON 

SUR L*A1R : JARDINIER, KE VOIS-TU PAS 

Siir les concerts de Bf. Lubert. 

Dedans la rue dc Clery, 
II est une assemblee 
Qui n'est pas de beaux esprit 
Et qui cause dans Paris 
Rise'e, risee, rise'e, 

Partout on dit des Lubert 
Quelles chantent mieiix que 
Tout musicien leur sert, 
Aussi, dit'on, leur concert 
A d'autres, a d'autres, d d^fB 



— 341 - 

f^enderel 8*esi morfondn 
IV^tf d'lifie grande duchesse; 
^ son vuage abattu. 
On voit qu'il a de prh vu 
Ses fuses, ses f esses ^ ses fesses, 

Un prince bossu, flatteur, 

Se fMsle dans la foule, 

Et par des sons imposteurs ' 

U excite Us vapeurs 

En foule, en foule, en foule. 

De Barhoteau la fadeur 
If excite point ma veine. 
Aspirant d la grandeur, 
ilperd, outre son honneur, 
Sa peine, sa peine, sa peine, 

Duchesse, prince cocu, 

Deborde'es et redmes. 

Font ce concert saugrenn 

Jusqu'd present inconnu 

Des muses, des muses, des muses. 



1^. 



-- 342 — 
CHANSON 

SUR l'aIR : DB LA GDUOSn^" 

Sar la reine de Fnnee. 
1726. 

LesdieuxvousontconduiteauprinUmtde <^"^" 

Sans beautd! 
Qtiand on est faite ainsi. Ton a son pimM^ 

Sans rareti. 
El Von couche avec vous, pawore reins, jt ff^ 

Sans euriositS. 

CHANSON 

SUR l'aik des bourgeois de cbabtres. 

Siir. . . . de Rastignac, aFcheves(|ue de Too'*- 

172C. 

Vaposire de Touraine, 
Preschant nn bon curd, 
L'honora pour itrenne 
D*un discours prepare 
Signe la Bulle; sot, 
Cest ainsi qu'il I'exhorte, 

Et pour pe'roraison, don don; 

Bougre, tu signcras, la la, 
Ou le diahle V em ports. 



- 345 — 

MiC cure de village, 
A ce doux compliment. 
Sans changer de visage, 
Ueprit naivement : 
Dieu nous garde tons deux 
D'un sort si deplorable; 
%oin$ sans compagnon, don don, 
seul, mon cher prelate la la, 
Pourrez aller au diable. 



AFFICHE 

ears reprises an coin dcs rues el sur les 
Versailles et de Saint-Germain, le jeudi 
net I72C. 

;t pistoles a gagnek 

}erdu depuis pen, sur le chcmin dc 
ne grande jument de prix qui suivoit 
rgne. 



UOLIBET DE LA COUR. 
La cour est sans Prie, 



lBLE du tome hi. 



Pages. 

chansons : Volume X i 

— — XI 23 

— - XII 105 

— — Xm 135 

— — XIV 197 

_ — XV 269 

— - XVI 289 



!T 



LE DU TOME III. 



Pages. 

chansons : Volume X i 

— — XI 23 

— — XII 105 

— — XIII 135 

— — XIV 197 

— — XV 269 

— - XVI 289 



II 



/EIL DE MAUREPAS 

PifeCES LIBRES 



in 



RECUEIL DE MAUREPAS 

PIfeCES LIBRES 



KKCITKII 



BE MAI KKPAS 



PltCES LIBRES 



CHANSONS, fiPIGRAMMES 
e 

'v ct antrcs Ten satirlquM gnr dlren permmnaireB des siteles 
de LoniB XIT et Louis XT, 

Mcompagnis de remarqaes curleuses da tempt ; 
pabUte poor la premiere fols, 
d'aprts let manaierits conierv^ k la Diblioth^ue imit^riale, k Paris, 
avec dM notices, des tables, etc. 



TOME QUATRlfeME 




LEYDE 
1865 



RKCITKJL 





1 



PIECES LIBRES 



CHANSONS, ^PIGRAMMES 

eniatiriqiiei mr dlTen permnmages des siicles 
08 LoniB XIT et Lonis XT, 

xmipainite de remarqaes cnrleuses da terapc ; 

pabUte poar la premiere fois, 
amucrits coniervis k la Biblioth^ue imp6riale, k Paris, 
avec das notices, des tables, etc. 



TOME QUATRlfeME 




LEYDE 

1865 



f; 



' I 



RECUEIL 



HANSONS 



VAUDEVILLES, SONNETS, 
ICRiMMES, ]£PITAPHES ET AUTRES VERS 
SATYRIQUES ET HISTORIQUES 

AVEG DES REMARQUES CIJ[RIEUSES. 



VOLUME XVil. 



RECUEIL 



tANSONS 



VAUDEVILLES, SONNETS, 
UmiES, ]£PITAPHES ET AUTRES VERS 
SATTRIQUES ET HISTORIQUES 

AYEG DES REMARQUES COIRIEUSES. 



VOLUME XVII. 



\ \ 



RECUEIL 

NSONS, ETC. 

CHANSON . 

a A BATTD SO!l PETIT FRIeRE. 

eomte de Ghabot, ey-derant chevalier 
t,aTeeiiitdeinoi8e]]e deRetz. 

9ouvez, jeune comtesse, 
cu ce vieux poltroti ; 
nneuT mime vous en samme ; 
» feroit qu*un fripon, 
avee un honnite homme, 

CHANSON 
l'air de joconde. 

primet* le feu divin 
nt brnle ta Marie, 



en ctt**'*' 

-'■■" .^ 



8 — 



CHANSON 

** *IB : FI DORC ! JULIEN. 

'^^selle P^lissier, aclrice de TOpeni. 

**conci> (i), pour me haiser, 
Si ^^ ^^offre mainte pistole; 
^Uois le lui refuser, 
Oeseroit Hre folic; 

Allons, FrancoBur («), 
Point de rigueur, 
lifaut queje me rende. 
He' bien ! Manon, 
Rendez-vous done; 
Mais partageous Voffrande, 



RfiPONSE 

SOR LE m£hE air. 

^'^^ consens que de mes ducats 

Francceur entre en partage; 

Af at« si de tes charmants appas 
II fait encore usage. 



^ w'^^nceeur, joucur dc violon de POptira ct amunl 
^^lissicp. 



— 6 — 

Ma Pdlissier^ 

Satis nul quarHer, 
Je le fait eireoneire. 

Ft done, rabfnn ! 

Cest son engin 
Qui m'a serffi de lyre. 



CHANSON 

SUR L*A1R DES b*ORlESSOIfS. 

Sur le mdme sajet qae cy-devant 

Selon Vevesque de Soissons, 
Jesus e'toit tin bon garfon 
Qui dit a Marie Alacoque : 
Mon cwur est peut^itre trop < 
Bon, bon, dit^elle, tu te mo^x 
Enfonce-le, enfonce-le bien plus ax 
Enfonce-le plus sounent, 
Enfonce-le bien plus avant. 

CHANSON 

SUR l'aIR : QUUI, MA VOISINE, ES-TD Fi 
Sur lein^me sujet. 

Monseigneur de Soissons se ff» 
Assnrement; 



— 7 — 
A!jectf4 j^ 

•^Orw AUtcoque, 

iMf^ i/ nous en vend; 

^Oe de fofi Angelique 
^ Et du ban Dieu 

^©UaB (f iifie femme publiqae 
En mauvais lieu. 



CHANSON 
suR l'air de joconde. 
ligede madame la marqaise de la Fare. 



6 



•o 



^jonque vous vttes CoursilUm, 

Avec un air farouche, 
Tenir faire le carillon 

Jusquee dans voire couche, 
11 falloit, Vayant apercu 

A travers la nuit sombre, 
Lui toumer au plus I6t le cu 

Pour apaiser son ombre 



CHANSON 

SUR L*A1R DE JOCONDE. 

Sur la P^lissier. 

11 est vrai que pour mes appas 
Un circoncis soupire. 



— 8 — 

Et qvej'ai rem maints duccs^ ^ s^ 
Pour finir son martyre ^^ 

Quelle horreur ! quelqu^un nm- ^ ^'^* 
Qu'ttn juif VOU8 enlretir-^^^^^' 

11 est juifianlquHl vou$ pUi^^'^^» 
Mais la softtme est chret a 



CHANSON 

Sur mailcmoiselle Camargo, daoseose Je • ^^ 



Ouy, je faimerois 
El te le ferois, 
Cenl fois plus d gogo. 
Belle Camargo, 
Qu'd d'autres objets 
Beaucoup plus par fails. 
Si lu voles en baisant 
Comme en dansant. 
Ton adresse, 
Ta souplesse, 
Yont rallumer tous mes feux. 
Tu nVexciles, 
Tu m'irriles, 
Viens combler mes vwux^ 
Viens me rendre heureujtr^ 
Ouy, etc. 



- 9 — 

^otiuffv« mouvemens, 
lent itre eharmans; 
tu powrrais mettre a la mode 

La methode 

Fort commode, 
profit tout clair 
! le faire en Vair. 
ty, etc. 

iel desagrement, 
tns le sacrement ! 
faire sagement 
i rester amant; 
»8 eoupgons jaloux, 
froidcurs, les degouts, 
wucis, les chagrins, 
Suivent V hymen; 

Une epouse, 

Estjalouse, 
i» caresse une Iris^ 

File enrage. 

Fait iapage, 
orsquc son mari 
\o%t, cliantc ou ril. 
}uel, etc. 

' jcune moitic', 
IS comble d*amitte', 
ogc de sa sagcssc ; 
La trailressc 



^ vo -" 

vow «<*"'*• 
Quel, «'*• 



et gTO^' 

A«ioureu*P«'^g„^ie 

UleestleP"''"-*'*^ 



— il — 

AofNflie, »aehani tela, 
mtant ee marcIMd, 
MX diteowi frivolei, 
de deux eenti pistoles, 
I ramoureux projet 
ler ce doux objet. 

jarroise quHl loua, 
le t'l $e promena, 
m logis de la belle, 
sa mkre aoec elle, 
duire lestement,- 
t bieti son compliment, 

luisit enprilat, 
I mots il debuta : 
* est devenu sensible, 
s,.madame, inflexible 
i d'un evesque puissant, 
i et bien en argent ? 

ftielprix vous mettez 
, enfin ses beautes ; 
r abre'ger matiere 
mer Vaffaire entiere, 
uel est mon dessein, 
chi sera certain. 

fU louis comptani, 
uatre mcmdemens 
3rs de mon diocise, 



— 12 — 

Tou$ gens connus et fort a Vaif^- -^^i 
Et chcujue fuis qu*on me verra, 
CinqiMnte louts on touchera, 

L'Emmence parloit si bien, 

Qu'on ne put lui refuser rien; 

L'argent fut pris par la patron^ -^^^^'^ 

Qui parut si bonne personne. 

Que le prelat au cabinet 

Conduisit la belle en secret. 

II Vembrasse amoureusement. 

Puis, apres un doux complimen ^^^^ 

Lajette d Vinstani, demi'-nue, 

Sur un sopha tout eperdue, 

Et menasgeant bien ses dbats, 

Trois fois lui fit passer le pas. 

Le premier coup fut mcU aise'. 
Sang dc pucelle fut verse'; 
11 falloit forcer un passage 
L: trait et gentil d cetdge; 
Lc faux prelat en vint a bout. 
La belle so prestant a tout. 

Que d'appas I'excitoient alors ! 

Taille, embonpoint, blanclieur d(? ^^<^P*, 

Beaux tetons, beau cut, belles aei^^^'» 

Surtout migtion lieu dc de'lices, 

C'cst en cc lieu divertissant 

QiCil cumhla son ravissemcnt. 



— 13 — 

^aU deplaisir et d'amour, 
^itdt il eontfint (Tun jour 
* eette jefine pucelle, 
<{ait# Vinslant rCetoit plus telle, 
^tm pas lent, majegtueux, 
OrikU qtiitte en fin ces Heux. 

4loume dans son logis, 
iepoidller de ses habits, 
kndemain, sans Equipage, 
ftrhente sow son visage ; 
\sily fut si bien repi, 
r c^est de lui qu'on a tout «t/. 

lame, c'est mat fait a vous 
I'avoir pas file' plus doux, 
enfin notre Jeune drille 
\en contente voire fille, 
n cela rCeut delate, 
elle encore elle eust etc. 



LE PUCEUGE DONNE. 

SUR L*AIR DES PEMDUS. 

)inique arrivee k la pelile Tliomassin, lic la 
Comddic Ilalicnnc. 

ccovtez, pelils et grands, 
atagemc dcs plus plnisans 



- 14 — 

Wane actrice jeune et jolie 
D'lialienne ComSdie, 
Dont Vamouretix tempdrammt 
A Hen contente son amant, 

Cest la fille de Thomassin, 

Ce facetieux ariequin : 

11 tenoit de trap prks la belle. 

Qui, lasse enfin d'estre pueelle, 

A mis en usage un beau tour. 

Pour gouster les plaisirs d'amom^^ 

Dans les coulisses, eti secret, 
Jeune galant lui en contoit; 
Tons deiix, s'aimant avec tendr^-^ 
Prenoient avec beaucoup d'adret-^^ 
Baisevs, attouchements joyeux, 
Ne pouvant alors faire mieux. 

Us vouloient en venir au fait; 
Difficile etoit ce projet. 
Car Von soupconnoit la fillette 
D'avoir con^u quelque amourette. 
En sorte que plus que jamais 
On Vexaminoit de fort pres, 

L' Amour, ce petit dieu matin, 
Leur fournit bientdt un dessein. 
Pour sc voir avec avantage 
Et triomphcr d'un pucelage 
Qu'on reservoit pour un mary 
Dont Ic nom se doit taire icy. 



\ 



— 15 — 

^a b$U$, mm» mul eelat, 

^H»iifU fn^^ la servante; 
'^ le iogU^ pour sa parente, 
^« g&Umi iHntraduuit 
^ finemr d'ttn faux habit. 

t;oifft If papa, la maman 

I domUnnt le logement, 

» euas n'ayant garde de croire 

'il arrit>di pareille histoire; 

's ce tempi etoit suffisani 

r aeeompUr tin jeu charmant. 



r mirent a profit 
lempt qu* Amour awnt choisi 
ir pMnemm^t y satisfaire 
HM bons enfans de Cy there; 
chaimkirt oik la belle couchoit 
ette affaire convenoit, 

eervante d tenant etoit, 
c laquelU on la croyoit 
f devoil eoueher I'heureux drille; 
\$ ehaque foi$, avec la fille, 
\grdable$ nuits il pana, 
\ trouble ne tracer xa. 



premiere foi$ d minuit 
ff de la belle il $e rendit, 
la trouvant deshahillee. 



— 16 — 

N'etant pas encore couchce, 

Lui-memc se mit en etat 

Dc commcncer un doux combats 

La place c'toit digne d'assaut: 

Levant, derricre, en has, en /lo- «^ ^' 

Partout ellc fat visite'e 

Atiparavant d*dlrc attaquee; 

Le milieu qu'il falloit percer 

Etoit difficile a forcer. 

La pucelle, dessus le lit, 
Suffisainmcnt se deffendit; 
En fin le galant exit la gloire 
Dc remportcr pleine victoire, 
Et fort avant it pcne'tra 
Dans la place qu'il inonda, 

Apres de si charmans travaux, 
II falliU prendre du repos; 
La jouvencclle tonte nue 
S' end or mit encor bien emuc 
Entrt les bras de son amant. 
Qui s'endormit parcillement. 

L' Amour les reveilla mating 
Pour reprendre son jeu badin ; 
De mcmc les aulres nuitees 
Les delices furent passe'es; 
Us sc quitterent a regret, 
Voulant se rejoindre en secret. 



— 17 — 

mires, e'esi vainement 
t€s veillez exactement 
fe qui se $ent en dge 
liiquer tel badinage; 
t aclrice qui i'instruit 
tes qu'au thedtre on dit. 



EXPLICATION 

lu pdrc Girard, j^saite, ft In demoiselle 
Cadiires. Du 22 juillet 1730. 

\ : QUE JE RE6RETTE HON AMANT ! 



*ecewrez, ma chhre enfant, 
As jours la troisiime letirc ; 
Ce'crivois en amant, 
,je ne saurois qu^y mcttre ; 
inspire du dieu d'amour, 
iTtrot* trots dans un jour. 

r, distrait, & tous momcns 
de ton idee agre'ablc, 
ts autres amusemens 
sprit se trouve incapable, 
mtdt ne pourrai-je en fin 
^aire que pour ma catin, 

wrte partout, cher canir, 
ffnon, a (able, a la mcssc^ 



— 18 — 

Si chez nous on alloit au ehaa-w^.^ 
Je penserois a toi sans eesse; 
Mats parmi nous U faut songsr^ 
Uene se wnr que pour manger^ 

Aussi n^avons-nous pas besoin 

De consumer dans la priere 

Un terns qu*en paix, dans un retfc*'^ 

On pent employer d mieux fcAre, 

Suivant avec eomponetion 

Vindifferente Amotion. 

Je Vai depuis un tris-long terns 
De ma morale assez instruite; 
Pourtant a mes enseignemens 
Tu ne regies pas ta conduits ; 
Ton esprit n*est pas affermi, 
Carje n'ai rien vu qu'd demi, 

Catin, lorsque mon tendre cmur 
Te vante lesjeux de Cythire, 
DoiS'tu paSf au lieu de rigueur, 
Toublier et me laisser (aire f 
Sublime disposition. 
Pour qui veut la perfection. 

Le del desire qu^ a jamais 

Nous soyons unis I'un d V autre ^ 

Unissons^ous done desormais 

Comme deux grains de patendtf^'^ ' 

Re'sister a sa volonte 

Seroit pure temerile. 



— 19 — 

^^ « fin' fvH rtmum 
«vit Aranier ta emucience, 
^^Vf oil par fait abandon, 
^tmie point ia ripugnance; 
^ au eiel intimement, 

peui tout faire impun^ent. 

rldtu peux, $'il te conwent, 
nger gras ou Inen le contraire ; 
Is pourtani, si cela te viefit; 
gras estplutdt ton affaire; 
perds ta force, it faut penter, 
cMre fiUe, & la remplacer. 

ioHMo lajoie d te$ yeux, 

I mal va ceuer de t'abattre; 

wt Id Veffet officieux 

ce$ grands verres d^eau rougedtre 

e plusieurs fois, par charite, 

dans ton litje fai porte 

de tnes charitables soins 
: voulois apprendre la cause. 
*h de tot cent fois, sans temoins, 
telque etrange que soil la chose, 
vidant Vextase, a tes genoux 
» fait le devoir d'un 4poux, 

leje regrelte ces momens, 
le leur idee est agreable ! 



— 20 — 

Ne reviendra-t'il plus ce term J 
Ah I la pensee insupportable ! 
J*a% grande faim de te revoir, 
De tout voir et de tout sgavoir. 

Puisque du del la volonte 
Approuve notre niariage. 
Nous devons avcc liberie, 
Chh'c catin, en faire usage; 
Je ne demande que mon 6ien, 
Crois-^moy, ne me refuse rien, 

Ainsi je te fatiguerai. 

Eh ! ne feras-tu pas de mSme f 

Nous agirons a notre gre, 

Comme un couple charmant qtd t'aiM; 

Dans la conjugate amitie, 

Tout doit se faire de moitie'. 

Si notre evesquc va te voir, 
Comme, a ce qu^on dit, il propose, 
Et quHl veuille voir ou svavoir 
De toi, chere enfant, quelque chose, 
Re'ponds alors sans hesiter 
QiCil Vest defendn de parler, 

11 est de nos meilleurs amis^ 
Nous le tenons comme bien d^autres ; 
Cost parce qu*il nous est soumis 
Quit est successeur des apotres ; 
Cest un bonhomme dans le fonds, 
Et qui vent ce que nous voulons. 



\ 



-31 - 1 

\re Sabatier encor 

tientdt te voir, mignonne; i 

pour celui'ld, par la mori ! 

r veux pas qu*OH lui raisonne, 

i'eit tm drdle qui pourroit 

B avee M eomme fai fait. 

Umne A Vamoureux transport ; 
i'est jaloux que quand on aime ; 
tu sais quejusqu^d la morl 
timerai toujour s de mime; 
le-toi done ton ccour donner, 
oint de phre Sabatier. 

vois, il faut achever, 
tmoureux ct tendre ouvrage; 

pourras^u bien dechiffrer, 
cher enfant, mon griffonnage ? 
m prie, au moins souviens-toi 
tu dots venir aprh may, 

e saurois bien Vexpliquer 
ton ecBur la tendre sou/f ranee; 



..-« J^ M^ ^>^« ^>..« . 



— 22 — 

Ces litres devroient dans ton t 

Me laisser une entree entUre; 

Mais fen parte encor un plus dofSMar, 

Ma fills, c'est eelu^ dT^poMX. 



CHANSON 

SUR L*AIR DES PENDUS. 

Or, escoutez awe horreur 
Uhistoire d^tm grand direeteur («> 
Qui a haise la seeur Cadiere, 
Et par devant et par derriire, 
Et par derriire et par devant, 
Qiuind elle itiAt dans Vaeeident, 

La fille, qui n^en savoit rien, 
Croyoit le pere bon Chretien; 
Mais parfois, soriant de Vextase, 
Elle surprit tant ce viedase, 
Qu'elle sentit le lavement 
Et par derriere et par devant, 

Le bon pere de Sabatier 
N'a-t il pas gdte le metier? 
Depuis qu'il est roy de Navarre, 
Ne suit-il pas le gout bizarre, 
De voir les femmes par devant, 
Et de rcnoncer aux en fans f 

(i) Lc p^rcGirard. 



— 84 — 

Vn jour que cette aainte enfant 

6toit rame en extoie, 
Et le bon ph^ ne wndani 

Pasier pour tm eaiuvage, 
Luy d^couvre le croupion. 
La faridondaine, la faridondon, 
ilevant d Dieu son esprit^ hiribi, 
A la fagon de Barbari, mon am 

Vrai disciple de Loyola, 

Dit la sainte iveilUe, 
Helas ! que vcut dire ccla T 
Je suis toute mouilUe. 
Ce n^cst rien, mon jeune tendron. 
La faridondaine, la faridondon. 
Que Vcau dont Dieu vous a 6«nt, bMbi^ 
A la fagon de Barbari, mon ami, 

Vous etes sainte Magdelon, 

Malgrc toute la terre, 

Le bon evesque de Toulon, 

Veut I'escrire au saini-pke. 
Profile bien de ma legon. 
La faridondaine, la faridondon, 
Le Saint'Esprit le veut ainsi, birUn, 
A la facon de Barbari, mon ami. 

Ah ! mon pdre, enseigtiez-moi done, 
Le chemin qu'il faut faire 

Pour voir^ dans la sainte Sion, 
En face Diefi le Phe, 



— J5 — 

DonneZ'WMs dtnoi totU de bon, 
Wdtmdaine, la faridondon, 
MKi trofif m pairadh, hirihi, 
i/bfim <ie Barbari, mon ami, 

Kt ooiid,- iMiHeurz let paillards, 

L*hisi(nre veritable 
Du rMnnd phe Girard, 

Le pr^rseur du diable, 
Le fiU ainS du grand Pluton, 
kridamdaine, la ftiridondon, 
hkuHiimi et favori, biribi, 
fi^am ds Barbari, mon ami. 



VERS 

Nmt tD bat d^one esUmpe venae de HoUandc, dans 
foelkle pire Girard est repr^sent^ toachant les 
ignates da mademoiselle Cadiires , en aoikt 1731. 

«giie ee direcieur ionde sa penitente, 
ilprfmkne 9ur eUe une main turbulentc, 
UIm pa» accuser sa vive cliarite : 
Kwnmt Vemnemi de la sodetd. 



T. IV. 



— 24 — 

Vn jour que cette sainte enfant 

£toit rame en extcue, 
Et le bon ph'e ne votUaut 

Passer pour un sauvage, 
Luy decouvre le croupion. 
La faridondaine^ la faridondon^ 
^levant a Dieu son esprit^ biribi, 
A la fagon de Barbari, mon ami 

Vrai disciple de Loyola, 

Dit la sainte e'veillee, 
He'las ! que vcut dire ccla f 
Je suis toute mouiUe'e, 
Ce li'est rien, mon jeune tendron, 
La faridondaine, la faridondon. 
Que I'eau dont Dieu vous a beni^ biribi, 
A la facon de Barbari, mon ami, 

Vous eles sainte Magdelon, 

Malgre toute la terre, 

Le bon e'vcsque de Toulon, 

Veut Vescrire au saint-pire, 
Profile bien de ma lecon. 
La faridondaine, la faridondon, 
Le Saint'Esprit le veut ainsi, biribi, 
A la facon de Barbari, mon ami. 

Ah ! mon pere, enseignez-moi done, 
Le chemin qu'il faut faire 

Pour voir, dans la sainte 5tof}, 
En face Dieft le Pere, 



— J5 — 

DanneZ'WMs dtnoi tout de bon, 
aridoHdaine, la faridondon, 
nu irons m paradh, biribi, 
fafom de BarbaH, tnon ami, 

Et ixnid, mesiieurs les paillards, 

L'histoire vdritable 
Du riwrend phe Girard, 

Le pricwrKur du diable, 
Lt fits atnS du grand Pluton^ 
videndaine, la ftnidondon, 
)ienraim^ et favori, biribi, 
fd^tm de Barbari, mon ami. 



VERS 

wntfta Us d*ane esUmpe venoe de HoUandc, dans 
({MUe U pire Girard est reprdsent^ toachant les 
I de mademoiselle Cadi^res , en aodt 173! . 



''19M ce directeur mmde $a penitente, 
'ilpnmine sur elle une main turbulentc, 
^^ poi accuser sa vive cJiarite : 
"fff^tuit Vennemi de la societe. 



'V. 



— 26 



ENTRETIEN 



De mademoiselle de Cadidres avee le p^ Qki 
dircctear, le joar de TarriTde de ses jifBi. 

SDR L*AIR DES CANTIQUES DE SAIRT-SOnACB 
OU DE BIRiNE. 

Ccst ton amant qtte tu liwes aujowr^hud, 
Qti'on doit juger a une mort terrible, 
Tes yeux sont bieti plus coupables que lid, 
Puisque c'est eux qui Vont rendu ientiUe. 



LA PENITENTE. 

Oses'lu bien, ingrat, te presenter, 
Aprcs vi'avoir prcferc Battarelle f (\) 
Ta seule mort pourra me contenter, 
FA je voudrois quelle fast bien cruelle, 

Je I'aimais seul et goutois lesplaisirt 
De te livrer et mon corps et mon dme; 
Mais mon amour ni mcs lendre^ toupirs 
^'"ont pu fixer Ion inconstante fiamme. 



(I) C'csl unc de scs pdnii.cnles qui a d^pos^ COBlrt 
el qui sc p'aiul d'avoir ^{6 bais<3e. 



— J7 — 

$ iauU ma paaUm, 
s Aonofvr comme minte, 
'er fna foiie amhiiion, 
f U prdiai dans la frinie. 

'iois de tes bras toute m feu, 
ns pas$oietU pour des extases, 
m regardant mes yeux : 
mr, EipritSaini, qui Vembroie. 

lout, MM peche nous faisUms 
%U quand onpeuple le monde, 
ant la savante Guyon (i), 
nU voir la brune et lablotide. 

llde ma soumission 
le goiU de saint Ignace ? 
laisirs fentrois enpdmoison, 
ois pour le changer de place. 



LB DIRECTEUR. 

^amour finit dans un moment, 
er donne A Battarelle, 
yir et tant d*emportement ! 
^4inc pour une bagatelle ! 



xuyon , fameuse qui^lisle , condamncc u 
iviron trentc-cinq ans. 



ENTRETIEN 

Dc mademoiselle de Cadidres avee le pin Ginri, ■ 
dircctear, le jour deTarmde de sesjifBi. 

SDR L*AIR DES CANTIQUES DE SAIRT-EOSrAaiiy 
on DE BIRiNE. 

Ccst ton amant que tu livres aujowrd^hd, 
Qu*on doit juger a une mort terrible^ 
Tes yeux sont bieti plus coupables que lui, 
Puisque c'cst cux qui Font rendu sennbte. 



LA PENITENTE. 

Oses-lu bien, ingrat, te presenter, 
Aprcs m*avoir pre fere Hattarelle f (i) 
Ta seule mort pourra me contenter. 
El je voudrois quelle fust lien cruelle, 

Je t'aimais seul et goulois lesplaisirs 
De te livrer et mon corps et mon dme; 
Mats mon amour ni mes tendret soupirt 
N'ont pu fixer Ion inconstante flamme. 



(I) C'csl unc de scs pdniientes qui a d6pos^ eoolrf h 
el qui sc p'ainl d'avoir i{6 baisie. 



— J7 — 

mienMs toute ma pa$$ion, 
le faiMois homorer eomme sainte, 
our flatter ma foUe ambition. 
If domur le ftretat dans la feitUe. 

ndje mtrtais de te$ Itras taute m feu, 
f^Hoimms paseoient pour des extases, 
t^krinit mi regardant mes yeux : 
f ton amour J Eeprit-Saint, qui Vembrtue. 

W ( poi tout, $an$ peche nous faisions 
u Von fait quand on peuple le monde, 
pie suivasU la savante Guyon (i), 
irfait peut voir la brune et la blonde, 

uvient-il de ma soumission 
Uenter le goAt de saint Ignace ? 
id des plaisirs fentrois en pdmoison, 
le toumois pour le changer de place. 



LB DIRECTEUR. 

/ tant d^amour finit dans un moment, 
un baiser donne a Battarelle, 
de fureur et tant d'emportement ! 
ourrai done pour une bagatelle I 



Naduoie Guyoii , faiocuse qui^lislG , condaninee u 
, il y a environ trcnlc-cinq ans. 



— 28 — 

yaccepterois avec plainr la mart, 
Si tout mon saug pouvoit te satitfmrt^ 
En expirant je benirois mon sort 
D'atoir an moinB desarmS ta eolin, 

LA PENITENTE. 

Tu nCattendris, je sens oouler «M 
Je nie repens de ma jalouse rags, 
Je finirai bientdt ious tes malheyrs; 
En attendant, prends ce baiser pour 



CHANSON 

SUR L*AiB DO MlBLITOSf. 
1731. 

Les directeurs des devotes 
Leur deffendent les panien, 
Pour mieiUG relever leurs cottem 
Et pouvoir leur manier 
Les detix mirlitons, mirlUaim^ 
Les deux tmrlitons, don, don. 



29 — 



%^ • ^^ ^ ^^CX1>0NDAINE, ET LON LON LA. 

^J^ ^^-^ne la motte, 
\P ^^€iine et Ion Ion la, 

^^ndaine et cetera. 



CHAWSON 

^^R l'air de joconde. 

SorlcpfepeGirapdJesuiic. 

1731 . 

^^^end,, Venvs, reprends tcs droits; 
H ^^oyola devient iendrc, 

^^\it te soumettre d tes lois, 
^^ Enfin, il va 8c rendrc ; 

^^'d*un giton tout intcrdit, 
^ Ala Flechc sonpirc, 

\3(mt avcc bien dn depit 
Accroitrc ton empire. 



— 28 — 

J'accepterois avec plaigir la mart, 
Si lout mon sang pouvoit te saUtfain; 
En expirant je benirois num aort 
D'avoir au ntotnt dS$armS ta eolin, 

LA P^NITICNTB. 

Tu m*a(tendrU, je $etu oouler 
Je me repens de ma jalouse rage, 
Je finirai bientdi lous tee maUteura; 
En aiteiuUmi, pretids ce baiser pour 



CHANSON 

SUR L*AIB DO MlUITOSf. 
i73l. 

Les directeurs des devotet 
Lcur deffendent les paniers, 
Pour mieux relever lews cotte 
Et pouvoir leur manier 
Les detix mirlUons, mirlitau^^ ^ 
Les deux wirlitons, don, do^ « 



»tm L'AtU ; ^^ 



— 2» — 
CHANSON 

^AiUDONDAlNE, ET LOIf LON LA. 



jp^ -» jeune divote 

j^^ «. ^ ^e trilnmal 
Car^ ^^ P^« Girard, 
Fap*^ ^itwc la molte, 

gf ^^aidatne et Ion Ion la, 

jTfl.^^.-.^^'^tt la culottc, 

^^^Ofidotm? et cetera. 



CHANSON 



^ ^r le p6re Girard, jesuitc. 
<75i. 

^ ^'S, Venus, reprends tes droits ; 
II wn, ^^'yola devient tendrc, 

«e soitmettre a tes lots, 
pj ^^* •^/fw, »i va «c rendre ; 
^'*«n ^t7on (ouf i/itcrdit. 



to- A /a Flcche soupire, 

^^nt avcc bien du depit 

Accroilrc ton empire. 



— 30 — 

Re^s au pied dc tes atUeU 

Ces nouveaux prosHiUs, 
Comme le resie des morUis 

Traite tous let jesuites; 
Cependani, sexe feminin. 

Menage bien tes cMUs, 
11 pourroit encore a Robin, 

Souvenir de ees fi&tee. 



CHANSON 
suR l'air de la cuuosni. 

Girard, considerant de Vcnmable Cadiere 

La beaute, 
Avoue qu'il voulut voir de sa gorge eniierc 

La r arete; 
En faveur de Vaveu, pardonnez aubonp^f^ 

Sa ciiriosite'. 



AUTRE. 

Un jesuite admirant de la jeune Cadiire 

La beaute. 
Pour contcntvr ses feux prit la route i 

La rarete ! 
En faveur dc son choix, pardonnez aubtmf^ 

La curiosite. 



— 3i — 
PARALLfiLE 

i. DB PABIS AVEG LB PfeRB GIRARD. 
1731. 

niU, ei Paris appelant, 

SI fieondi, maU d*un goUt different, 

n de t(mt terns pense si peu de mime, 

mdrir its ont un different systeme : 

lOft tambeau repit le patient, 

ta malade au contraire s'etend. 

VERS 

30R LB PkRE GIRARD, J^SUITE. 
1731. 

1 Girard n'est plus jesuite, 
i veut plus tergiverser, 
mr giton, Girard nous quilte^ 
i V^us il veut chasscr; 
mots sont sur sa gibeciere : 
Hez'vous et laissez faire, 

'e, chasseur, on doit entendre 
lirecteur savant dans Vart 



I 



— 30 — 

Re^8 au pied de tes autels 

Ces nouveaux proseUtes, 
Comtne le reste des morUU 

Traite torn le9 jesmtes; 
Cependant, sexe feminin. 

Menage bien ies eJnUes, 
II potirroit encore a Robin, 

Souvenir de ses fl^Ues, 



CHANSON 

SUR L*AIR DE LA CURIOSITI 

Girard, considerant de Vaimaf}le Cadiere 

La beaule, 
Avoue qu'il voulut voir de sa gorge entiere 

La r arete; 
En faveur de I'aveu, pardonnez au bonfire 

Sa curiosite. 



AUTRE. 

Un jc'suite admirant de la jeune Cadiire 

La beaute. 
Pour conlcntcr ses feux prit la route (irdi»»'^' 

La rarcte ! 
En favour dc son choix, pardonnez au(ii»P^ 

La curiosite'. 



— 3i — 

PARALLELE 

H. DB PABIS AVEC LB PfeBE GIRARO. 
1731. 

Amte, et ParU appelant, 

let fkondi, mait d'tm gotit different, 

un de tout terns pense' n peu de mSme, 

guirir its mt un different systeme : 

$0H tombeau regoit le p<itient, 

r la maiade au cmtraire s'etend. 

VERS 

8oa LB pIere girard, j£sciite. 
1731. 

re Girard n'est plusje'suite, 
le veut plus tergiverser, 
lour giton, Girard nous quilte, 
ee Vinus il veut chasser; 
r niots sont sur sa gibeciere : 
bliez'wms et laissez [aire, 

rle, chasseur, on doit entetidre 
direcleur savant dans Vart 



— 52 — 

D'amtiser fille et la mrprendn 
Or, lui disoit le papelard, 
Avec sa gamms ordmairt .* 
OublieZ'VOW ei Uxissez finrt, 

L'innoccnte Alix y fUt prise, 
II la pressoit d ritUter; 
La pauvre enfant h'etoit appri 
Le fourhe iut en profiler; 
Gagnons le del, dii-il, nuieh 
Oubliez^vous et laisseg fahre, 

Unjour, ma soBur, wnt$ $erez 
Allez, c*e8t Id voire dettin. 
Meltons done bcu mouehoir et 
Laissez-fiioi baiser votre sein 
Et toucher votre reliquaire; 
Oubliez-vous et laissez faire. 

Ah I mon pere, je suis ferven, 
Qu'il soil fait d votre de'sir! 
Dit cette fille halelanle 
])e quietismc el de plaisir, 
Elle dirlgcn sa pridre, 
Onblia tout et Inissa faire. 



CHANSON 

SUK l'aIR : LA TROP INNOCE? 

La tvop innoccHlc Collette, 
Le trap ruse perc Girard, 



— 33 - 

Laissant repaser son breviaire, 
Se scrvoii de son hraquemard, 
QtMand. cette simple filleUe, 
Iffnorant ce quHl lui vouloit, 
i>it aZors au perc Girard, 
Corn me vela qu*est fait, 

Owe x^'Tctendez-vous, mon cher perc ? 
'^'* ' ^tiel est done voire desscin ? 
^*** ^€l la trop simple Cadidrc, 
^^yct99t quit lui portoit la 9nain 
^WoTtr de I'antre de Cythere, 
^** *^ frottoit avec son engin, 
J^^^^^^moi, re'pondit le perc, 

otkfcj. ^jf^ plaisir si par fait 

**^^»»ie vela qu'est fait. 

* ^ie^kl iCesteS'Vous pas contcntc? 
Q * ^c^nanda le vieux paillard, 
m-. ^^^» rvpondit Vinnocenle; 
. "^^^ fUles-mvi, perc Gtrard, 
Q V«*t' de la vie elcr?ieUc 

£, ^*^* ^^rche le bonheur par fait, 
», ''^c? ^)oiir marquer voire zele 
Q ^^^dre le cnl salisfaity 

^ ^GJa se fait, que cela se fait ? 

»j , * *''* •' peiile imbcvili', 

r*«<^ «e vous ne comprvuvz pus 
** #es secrets de VEvangilc, 



— 52 — 

D'amuser fille et la mrprendre; 
Or, lui disoit le papelard, 
Avec sa gamme ordinaire .* 
OtiblieZ'VOtu et laissez fcdre, 

L'innocefite Alix y fut prise, 
11 la pressoit d resister; 
La pauvre enfant n^e'toit apprite, 
Le fourbe sut en profiler; 
Gagnons le del, dilAl, mudfkn, 
Oubliez^vous et laissez faire. 



Unjour, ma soeur, vous seregi 
Allez, c*e8t Id votre destin. 
Meltons done bas mouchoir et enMt. 
Laissez^tnoi baiser votre sem 
Et toucher voire reliquaire; 
Oubliez-vous et laissez faire. 

Ah I mon pure, je suis fervente, 
QuHl soil fait a voire dmr! 
Dit celte fille haletanle 
J)e quietisme el de plaisir, 
Elle dirigcn sa pricrc, 
Oublia tout et Inissa faire. 



CHANSON 

SUU l'aIK ; LA TROP INSOCENTK. 

La tvop innoceulc ColleUe, 
Lc trap ruse perc Giranl, 



— 53 — 

Laissani repoar son breviaire, 
Se serwfii de ton hraq^iemard, 
Quand eetle simple filleite, 
Ipiorant ce quHl lui vouUnt, 
bit alors au pdrc Girard, 
Comme vela qu*est fait. 

Que prc'tendez'vow, man cher pdrc ? 
4 A / ^uel est done votre dessein ? 
Lui dit la trop simple Caditrc, 
Voyant qu^il lui portoit la main 
Autour de Vantre de Cy there, 
Qu'il frottoit avcc son engin, 
LaUsez-moi, repondit le perc. 
Goffer un plaisir si parfait 
Comme vela qu'est fait. 

Eh bien! iCestes-vous pas contente? 
Lui demanda le vicux paillard, 
Oui'dd, repondit Vinnoccnte; 
Mais, diles-moi, perc Girard, 
Lorxque da la vie c'tcrncllc 
On chiTche le bonheur jf or fa it, 
Kst-cc pour marquer voire zelc 
Et rcndre le cut salisfaif, 
Que cela se fait, que cela sc fait '! 

Eh bivn ! petite imbtkili', 

Puisquc vous ne comprvncz pas 

Tous les sccri'is da VEvangilc, 

IV. 2. 



— 54 - 

Ni ceux du pcre Molina, 
Je veux voiis en fairc un myslere ; 
En attendant, consoles-wnu, 
Oublie^-vous et laissez faire, 
Jouisses cTiin plainr «t do\u, 
OublieZ'Vous, qubHez-vous, 



SUR LE P£RE GIRARD. 

1731. 

Un vietix caffart, da gros cos enlieki, 
Changeant, dit-on, de metkode et de sty^' - 
Avec fillelle innocente et docile 
A mis a fin Ic vulgaire pec he. 
Tout le public fait bruit de cette affaire, 
VetU qu'on le cuise et sans remission; 
Pardonncz-lui, le pauvret croyoit faire 
Lo premier pas a sa conversion. 



CHANSON 

SUR L*AIR : gA^ QUE JE TB METTE. 

Tourncs le derricre, 
Charmanle Cadierc, 
Tournez Ic derriere 



— 3S — 

Ku pere Girard ; 
A ce vieux pailUird 
livrez-vou8 tout entiere, 
Toumez le derriere. 



CHANSON 

SUR L'AIR : AO GRAND COND^. 

^^ -l^aris a tous let maladcg 
^««»e fairemaintes gambades, 
^'^^^ns miracles que cela! 
^^^^iotisplutdt sainte Cadiere, 
™**" Qui nous voyons Loyola (i) 
^««*ef deSodome & Cy there. 



SUR le P£RE GIRARD. 

1731. 

9'^€€rfe s'allumoit souveni 
u ^^f ies enfants de Cythere ; 
y , *®' ^^noit pour le devant^ 
^ *<2r ienoit pour le derriere; 
• ^^^fin, sur cette matiere, 
Q. * I'^cmonce de nos jours, 
**^ci Q ffjiii g^j^ Id Cadiere 
^^riion dcs amours, 
) Le v^!;r^ ... 



— 3« — 



DESCRIPTIOH 

le 4 juiu 1731. 

La fine PdlmieVt tubnqut renommte, 
Qiiiy de iuhricittA toujours a/famee, 
Dans un rdduU impur qU'*on nomm^ niffjaiift, 
Vti heau jour se irouva tTun bachhiuc fatin. 

Voyant dam ce rtpm des bornfs Irop hmtt^ta 
^ Maiit dii^Ufif citt-tm mimi qu'mi ct'l'' 
Je vetix ^ua divertir en vous canfun: 
Aprh avoir Weft bu, connuetit^u $oh dUcours, 

Jndit du certain jut f{i) je me suis vu chvrU, 
Svn amour mcme alhit jtatqu^a la ftmisU, 
Cat oil tm vintsc ttarboH, de *e« mcmLra ji<rtlyj 
^ai$ <?f* lui /e iTQUvmi fc$ t resort dt Cn»m* 

Chaque JQur U donnoii itiJoUiX^ autri* rkhetn^ 
Ki prciioU h plaidr qui sled A ia citiUem, 
Qui pmt Tiff cmit'cnoit; maii de svi ivwwiWi 
D'ttn ^uilhmt substitut jv patfoi^f lev viftui, 

Les caresses d'xm juif ma ftin^ai mlkUHi, 
J' en craif^twis en Mmrct U*» null €9 ♦/(t;*|/iTf?w<«. 
Vn chaeun murjunroit de cc eommcra? affit^ 
Le parhmcnt (e vit, mais ii fcrma hs ^Ji"^ 



— 37 — 

mnt s'aperpit de ma $celerate$se, 
etMnt, mau en vain, de $a totte foibleses, 
lais m'appela, presenta des placets; 
Miiee d la main, je gagnai man proch. 

tmagani, frappe de cet affront extreme, 
vmit dCen titer vengeance par lui-mSme; 
ur du parlement surprit le pauvre sot, 
m arrSt de mart U punit du complot, 

are fiU le dieu de la galanterie, 

ii le smaien de la friponnerie; 

eur$ du parlement, I'imitant aujourd'hui, 

im arrit pMie s^en declarent Vappuy, 

tee dignes exploits fassurai ma me'inoire; 
is Unu vos efforts pour trouver cettc gloire, 
ue eejour en fin soit lejour glorieux 
nous fosse admirer chez nos dcmiers ncveux. 

i man illustre ardeur chacun de vous s^unissc, 
mneur et de vertu faisons un sacrifice, 
Ixeux incestueux sont exempts de Icurs lots, 
a volupte seule ils ccoutcnt la voix, 

r nous-meme c'est peu qu'un plaisir legitime, 
mr en inventer allons jusques aii crime, 
fypourrons trouver qiielquesplaisirs nouveaux 
isonsdonc lad&tauche aux degrcs lesphts hauls, 

qu'apereois'jc? En vous, voire froidcur redouble ; 
U'Cc la pudeur qui causeroil cc f rouble? 



— 38 — 

CraindrieZ'Wms le blame ou qxielqws ejuiemt? 
A Vabri de Venvie icy tout est permis. 

Ne cotmoisicsi'Vous pas eette ecole de meet, 
Ou ron fait jour et nuit de chamuau 
Sdminaire nouveau du sexe fcminiH, 
Nommi eommunement serail sulpiden t 

Cest l€L qu'un fin cafard (i) entretient des fkm | 
Du bicn qu*il peut tirer des dmes ginireutL 
Pretextoiit dans le jour travaux pleins de uriMi, 
La nuit lew fait goiUer les plaisirs de Yesmf 

A suivre ce modele id tout vous engage, 
Nos dotuB amusemens sont le libertinage, 
Et dans ce beau serail, comme pour magoMt 
Gruere en directeur nouspreste son souliau 

Peut-4tre direz-vous qu*il n'est pas molinitU, 
QuHl n*a point refute le parti janseniste^ 
Qu'on doit compter pour rien le bras du magiM 
Quand on n'a pas gagne I'oreille dupreht. 



RfiCIT, 

Silot sur un sopha se jcta toute nue 
Et dit en corposant ses fesses a leur vue : 
Chcrches la duplaisir; abandonnez ce$ UcfU, 
Ou le mat est certain et le plaisir douteux. 

(i| l.angucl, curt^ de Suinl-Sulpice. 



— 59 — 

lane par Id ee resle de Sodotiie; 

[| veui 90U9 ses iais ranger tout le royaume, 

i-^iotw au plu9 t6t d son autorite, 

mf i€Ui trembler au nom de societd. 

nn qu'il tunu faut signer le formulaira 
4me approfbndir le noeud de ce myitere, 
[onqumroit plus aux fits de Loyola 
wair dans leur corps les filles d'Opera, 

nmu gagnerons du prelat Vindulgence, 
nagisirature enticre complaisance ; 
tft adaplant ce sacre comite', 

r en pctix de mime liberie. 



lOMf parte icy qu*en bonne politique, 
tf vouloir giner voire sens schismaiique^ 
Htyez ces attraits : que tout en fasse autant, 
\ sur son choix decide proinptemcnt. 



CHOEUR. 

APBkS L*£XAI1EN DES DERRlkRES. 

fistitution emporte la balance, 

\s4ui tour a tour notre humble reverence. 

f, aprds avoir tout bieti cotmdvrc, 

igt, du nez, des yeux et de notre ban yrv. 



— 38 — 

A fabri de Vcnme ictf totU mi permh, 

Na c&ttnois$ez-vott$ pa$ vette cx'o/<^ tk t'i«r*. 
Ok I'oH fttit joitr ei nuil de chiirmattici 
Sifmitinira mmiymu du ic^t? fcminin, 
Nomnid conimunmienl scrail tutpickn f 

Vest ta qn'tm fiti cafard (*) entntimt tkufiliM 
Dii bieti qiiil pent lirer des dme» (^Mnmei^ | 
PrttlejUUHl dajis te jour imi^aux pinna de vtfU 
La unit feur fail ffmlicr tcA ptainin de VenKtM 

A ^uivre ce mudele tci itmi vout pntjage, 

Et dma ce beau *mii^, comme putur ttitttjusinJ 
GritiTc en directeur nous pr est c son mutm, 

PeHhtfire dire^-mfus qu*U n'est pa* m&Umttt, i 
QiCil tiit point rvftad ie parti jammutt^ 
iiu*QH doit compter pour rieu tt bras du w»tfy« 
Qtmnd on n*a pas gu^nd V^rtilk du prehit. 



RtZlT. 

Sildi mr tm mpha m jet a toute nuc 
Et dii e^i cjrpomni ses fts»es a leur vue . 
€/icrchcs tH da pkmtr; (limndmmt*: fti d^^* 
On la tnai eU certtthi et Iv ptumr difUk^* 



ih I angticlj cup^deSairii-Sji*|iite, 



— 39 — 

: done par Id ce resle de Sodome; 

ii'il i9eut sous ses kns ranger tout le royaume, 

ns-noHS au plus t6t d son antoritd, 

\ fait ioui trembler au nom de socidtd, 

ttmti qu'U nous faut signer le furmulaire 
widmo approfondir le nasud de ce mysthe, 
wumqu o roit plus aux fits de Loyola 
roMtr dans leur corps Us filles d'Opera. 

d noius gagnerons du prelat Vindulgcnce, 
wusgisirature entiere complaisance ; 
Ml adoplant ce sacre comite', 

jomrons en paix de mime liber id. 

VOH8 parte icy qu*en bonne politique, 
fu vouloir gdner voire sens schismaiique^ 
voyez ces attraits : que tout en fasse autant, 
haenn sur son choix decide promplcmmt. 

I 

CHOEUR. 

APRkS L*£XAI1EN DES DERRlkRES. 

institution emporte la balance, 

ns-lui tour a tour notrc humble rdvdrmcc. 

it, aprbs avoir tout bicn considdrd, 

ngt, du nez, dcs ycux ct de notrc bon yrd. 



— 40 — 



REGIT. 

Matt pur Qu icnnin^ tette f4it jiofnpmttr 
Disoil fa Camargv, la eel^(/rp danst'use , 
En mi van t It mod&V (h la PvlUsicr^ 
Je mVri v«i* vom donner un plat de man 

Chantmm^t entomt^t quelgues chnruom 
Pour fftoi f^ rcpondrai pur dr* damei t\ 
On dmine a t Opera fes Ji^tx vemt'tem, 
Celehrom m ccs (leior ks Jeux pvlUsietu 



Liirsqu'on pent lout Qiter^ vramdrcait um 
A lions f bimquim en rutt nionirtf-S wire aUtf 
Prepares dene kjsjmiT, altumcs tcA fiamhm) 
Eipourqu'iU soivntcormut^ qu&n ouvre kmiU 



DESCRIPTION, 

Di'ja pour tilibrcr ccs uociurHn or^tw, 
Qii'tJn apeprmt brilkr la tlarh' di*t biiittfiu; 
Dtfjd fori ^ntmdoli qttclqucM fhtrttrf rffrtadi 
lie baccJmtitc^ en feu, du rilMiudi forccnts, 

Lorsqm la Caniargo, jp nwntruni fmtt m*""* 
Ah i pGur les spcciatcrtr^ qtictic agrenhki^' 
Fii voir d qui vouttU cv ttvH ptciii tfv h^CMtc, 
Qm Vmi prive du jour 3an» qu'it tail mMtt 



— . it — 

nt en moment en postures chartnantes, 
fit changer de formes diffdrentes, 
! par mm poids, flottant cgalement, 
tit, 9'^toignoit par un douaemouvemeni. 

Uroit aisui lefeude sajeunesse, 
Hna tr^moHSsans la force et la souplesse, 
Htr un entrechat battu genoux ouverts, 
voir ee qu*on ne sauroit dire en vers, 

yini UH ballet de mime caractere, 
que aventurier du pays de Cythhe, 
'ierM Hoient dignes du grand Blondy, 
^ finit par le chasur que voici. 



CHOEUR. 

ssaires, excfnpts, inspecleurs de police, 
A respecter les reines dc coulisses ; 
vons accepts la Constitution, 
ms a donnd d tous permission, 

nstes, ainsi revoqucz votre schisme, 

\ez accepter les lois du molinismc, 

Hf et tout Paris ont Icve le bandeau; 

10 tux et comme nous, suivez mdme drapcan. 



40 — 



RECIT. 

MaiM par ow ienniner ettte file pomin'ma ' 
Bimii Iti Camargo^ ta mUbre danseusc; 
' En stitmnt ie modl'V de la Petisder, 
Je fii'ett vaig tmui donner un plat dc tnan i 

Chuntmus, entonms qui^l^ue* chmi*on$ ft(wA»9 
Paur moi fy r^pmtdrai par des dames UJitufi 
On danm ^ V Opera hs Jeu£ vemiicm, 
Cilihr^nA en tm liuux las Jmtx piihiicm. 

Lorsqii'on pout tout omt^ craindreest UMfc^l 
AUmis, bouquim en rut, fnontras voire *illt^ 
Preparer done ha jcim, allumes Its flamkam 
EtpourquHk 3omU vwinus, quen tmvreUarida 



DESCRIPTION, 

hi^d pottr celiibrt^ ccs nocturnca or^ietf 
Qh*oh apereoit hrtHer la chirli^ dt^s kmtjiift 
Di^jii Ion cntendoU ftwiqut's chwitr» fffram 
be bacchantes en feu, th riftaudi forcvnt^, 

Lorsqtx9 la Camargo, se monlmnt tmtie HVt, 
Ah I pour les speclatenrji qut'ttv atfrcalik >» 
Fit vuh* d (pti vfnUtU cc iivn ptcin di' ttfuttU, 
Que tun prhiG du jour »afii qu'it TrtiV «i(t** 



— il — 

ni en ntomeni en postures charmantes, 
Ce changer de formes diffdrentes, 
par won poids, floUant egdUment, 
fit, 9*diolfffunt par un doux mouvement. 

liroii auui le feude sa jeunesse, 
Hau trSmoHSsans la force et la souplesse, 
HSir un entrechat battu genoux ouverts, 
' ee qu*on ne sauroit dire en vers. 



rint tm ballet dc nUme caractdre, 
jve apenturier du pays de Cythhe, 
iere dtoient dignes du grand Blondy, 
l|« finit par le chosur que void. 



CHOEUR. 

ssaires, exempts, inspecleurs de police, 
d respecter les reines dc coulisses ; 
vons acceptd la Constitution, 
ms a donne & tous permission. 

istes, ainsi rcvoquez votre schisme, 

\ez accepter les lois du molinisme. 

sir et tout Paris ont leve le bandeau; 

« eux etcomme nous, suivez mdme drapean. 



42 — 



POT-POURRI 

Fait ll roccasion de ce qui s>8t passiav lilHiaie 
I'Op^ra, le i Jain 1731. 

SOR L*AIR : DO CAP DK BONllB-ESPiUSGI. 

Dessous est une bouHque, 
Que Voti appelie Opira; 
Plus (Tune chose on trafique 
Dans cette boutique-ld; 
Les paillards, dans Us cauUssti, 
Y marchandent les actriees, 
Entre tin annexe voisin. 
Que Von nomme nusgasin, 

SUR L'AIR : FAIRE l'AMODR LA NUIT ET LB iOOl* 

Cost Id que Cupidon 
Professe son ministhe. 
On y montre an tendron 
Moins a chanter qu*d faire 
Vamour 
La nuit et le jour. 

SUR l'AIR : QUAND LB p£rIL EST AGR^AIU- 

Lc prefct de ce seminaire 
Est un par fait homme de bien, 
TrcS'propre a faire un sacristain 
D'un temple de Cythere, 



— i3 — 

Um L*Alft : ZB8TE ET ZESTE. 

On dU que ce chef-id, 
Sn komime magnifique, 
Dane Venirepost lyrique 
i diner rdgala 
[Aie brigade leete 
Ut» muguets d'Opera, 
mdtre iUM le vieux Campra, 
fugezdu reete !,,. 

I lONSIEra l*abb£, ou allez-vous ? 

sum de ee feetin 
qu'a fait un calotin 
E)e la rouge cohorte. 

Eh bien. 
Qui $e trompa de porle, 
Vous nCentendez bien. 

la L*AIR : qu'entends-je ! 

a mhre de tant d'appas, 
elte alerte gigoteuse, 
« tfoqueuae dentrechats, 
eette adroite chanteuse ; 
om ehacun devinera 
*epour la peindre on dira 
^9t une actricc amphibie, 
'otnique pour Vopera 
P peu pour la comedie. 



iscixn 



^■i< 



l2kMi 



i^ttvb. 



■> ft msstmtt^utm 









If 






— 45 - 

EUe, MMM se faire prier, 
AussUdi se nut d crier : 
Cest met qui m^appelle Manon, 

Oricandaine, 

Oricandon. 



Venez, vieillardi, venez, gargons. 
Aimi I'un el V autre sont bons, 
Le vieux, dujeune fait tes fonds, 
Le jeune fait pour le barbon, 

Oricandaine; 
Pour le jeune, qu^il soil nerveux, 
Qu'il soit alertc et vigoureux; 
Du joyeux mal fAt-il atteint, 
Jejure par Icplus grand saint 
Qu'il pourra comme de raison 
Tmter sur moi sa guerison : 
Car je Vendurerai, 

Oricandaine, 
Car je Vendurerai, 

Oricande. 

Jlflif pter 1% vieux, quHl ait louis 
Jh ^mi.wCmwnir4e beaux habits, 
Bfjjoms^ bagvee, montres, flacons, 
MfftiUi, MuUanes, poingons, 
: (j/fU Qpporte force ducats, 

' «• favre de hons contrats. 



^ 



Car je le phtfnerai 
OrieandS. 



— 46 — 

SUR L*AIR : iE \OnDR0IS BIEN HE lAUEI. 

Quand chacun efU dit sa ckantm, 

Le grand discrSioire, 
Suffisamment plein de botston, 

QuUte le rifeeUnrt 
Et va dans le prochain $aion, 

Du tripot I'auditoire, 

SUR l'AIR : LES FILLES DB LA BOTTB SAIMTHMKI. 

Le tribunal est un sopha 
Ou ces pritresses de Vesta 
Viennent prendre toutes Vhabit 
Sur le lieu. 
Tan, ta, la rila, 
Sur Ic lieu, tanta la ri» 

SUR l\iR : NOUS ^TIOKS TROIS DANS UM LOCO, SB 
DESSUS DESSOUS, SENS DETANT DEIUtU. 

Le jugc sur son siege se rend. 

La Constitution il prend 

Et la racolc de maniere. 

Sens dessus dessous, 
Sefis devanl derriere. 

Si bien que chacun lui vit tout. 
Sens devant derriere, 
Sens dessus dessous. 

SUR l'AIR : MONSIEUR CHARLOT, DESSUS LE POXT 
AU CHANGE. 

A I' air il mil 
Le citl de sa princesse. 



— 47 — 

H tui elaqtia le$ fesses, 

Et puis il dit : 

QuHl est joli, 

QuHl est genti ! 
9lii# je U regarde, plus il est ekM, 

Qu'ilestjoU, 

Qu*il est genti, 
haeun rende hommage a mon cut favori, 

'Aim : 80NT LES F1LLE8 DE L*OPl£lU QDI DANSENT. 

Vous, dont j'ai direction, 

Aecaurez tous en bransle, 
Venez btUser ce cut tnignon, 
Ce cut douillet, ce cut fripon. 

Qui met mon casar en bransle, 
Qu*on m'y laisse faire infusion. 

Pour commencer le bransle, 

SUM L'AIR : DU PONT MON AMI. 

En cortege on va 

Faire les courbettes, 

Notez que Campra 

Avoit ses lunettes, 
Et leur faisoit de Lully, 
Chanter le chceur que void, 

CHOEUR 

'ft L*A]R DE I^'ENTRI^E TRIOMPHANTE DE TH^S^E. 

Que Von doit etre content 
Ifavoir un maitrCy 



— 48 — 

Si noble et H cowrtoU ! 
Hwneur farouche 
Ne fait pa» de ee bourgeoii 

Unlroquau, 
II Mul ^'on baiie et qu'an *^«^'* 
Vn cul garde pour ea boueh^^ 
PuisquHl none faU eet hoim^^^^' 
Savourone-en ia doueear. 

SDM L*AIR : DAPHNIS ■*AIHOIT. 

A u chef ce jour parut si beau, 
Qu'il dit A la troupe femelle : 
Pour metlre voe cult an \ 
De celm de ma tourterelle, 
Q^iey toui cute dame le \ 
Refoivent mSme embrauement, 

Qu'icy tout eul 

Mis a nu 

Soil d cru, 

Baise', vu 

Et revu 

Dans le moment, 
L'e/fet suit son commandemeut . 

SUR L*A1R : LAMPOIfS, CAMARADE^ 

Sa belle-mere on troussa ; 
Mais tout chacun s'ecria : 
Quelle terrible moustache I 
Que ce cul ride se cache, 
Fi done, fi done, 
Cnmarades, fi done. 



I 



— 49 — 

*AIR : LB DIAtUB BOITIUX. 

^ourtmvani la rondc, 
MHt mime appe'Ht, 
MjB direeieur dU : 
tsjoun devant lout le motide, 
€hin PSIissier, 
Mantre ton faner. 

.]■ : GOaU VELA QU'EST FAIT. 

otidt6oitcle Manette, 
t ordre privenoit ; 
ice la vue mi f&t compute, 
BiUofi avoit defait ; 

Id ddcouverte fut faite, 

Vmi vU un cut si laid : 
u^est-ce que cela, brunette? 
choBur peu satis fait : 
e vela qu^est fait ! 

r£teillez-vous, belle enoormie. 

w7 plus que le derriere 
', teste du comite' : 

en juge par Vomiere, 
nin est Ifien frequente, 

BLAISE EN REVENANT DES CHAMPS. 

pra regardant de prcs 

Tous ces attraits, 
le ses goutteux jarrets 



— 50 — 

Par malheur ItU plie, 
Soudain il s^ecrie : 

SOR L'aIR : J*AI LE PIED DAMS LE ■AlCOOLLT. 

Tat le nes dans le margimWy, 
Tire-m*en, tire -m' en, tire^en Gruen, 
J*ai le pied dans le margouiUfif 
Tire-nCen, Gruere, mon ami. 

SUR L'aIR : BIA SERVAMTE MARGOTTON A UTAlU 
FINE. 

Le tneux, dans toul ce bowrHer, 

Perdit scs lunettes 
Qiiil ne put jamais trouver; 
Chncun, de luy se gaussant, 
Lui d&mande ce qu*il sent, 
Setit-il, sent-il, les fleurs sent. 

Son cut sent, 
Son cut senl-il les fleurelles? 

SUR l'aIR : ROBIN TURELURE. 

Le juif qui Va caresse. 
El dont tn sais Vaventure, 
PTy avoit'il pas laisse, 

Turelure, 
De Vonguent pour la brulure? 
Robin turelure. 



— 5! — 

>ll| HOH, JE HE YEOX PAS HIRE, MO! . 

largo se vient le ptu ; 
fUant geule mm cut, 
r sut aulre mot dire, 
n : Jane veux pas rire, 
ne veux pas rire, nun, 
m, je ne veux pas rire, 

/air : J*SN SUIS LE KAITRE. 

t-wnts me mdconnoitre, 
est, reprit le maitre, 
9otx ton cut doit parottre. 

Ten suis le Jean, 

Ten suis le maitre. 

Ten suis le maitre, 

Le maitre Jean. 

R L*AXR : L^RE LA, ETC. 

vite, d^Schez-vous, 
irquoi le cacher a nous? 
e montrez bien au parterre, 
e la, Ikre lanlere, 
e la, Ihre lanla. 

AIR : LE CDL DANS VNE HOTTE. 

le au nez prend le pot pourri 

lis en ont taut ri, 
' d^couvre qu'd demi. 



— 52 - 

Le cul de cette Flore; 
lU en onl toad ri, 
lis en riront encore, I 

SDR L'AIR : PIERRK BAGROUET VAISOR U mO. ' 

Elk et Vactrice glapissanie, 
Ne pouvant souffrir pUu fon^flMi 

Une chaleur trap ardeiUi 
Pour secher leurM dppas ituuu, 

AppM gluam, 

M4me puans, 
Vont, dans une chambre joigumti, 
Depouiller leurs aitraits firitau* 

SDR LAIR : NODS SOUSES DEn-DOOIAIII. 

Mais, dit la troupe en halehu, 

Qui vouloit entrer dedans. 

Nous en valons la peine, 

Malgre nos cheveiuc blanes; 

Ouvrez, c*est V amour qui nous Mflie, 

Nous sommes ses enfans. 

SUR L*A1R : UN CORDELIER D*ONE RIGBE ERCOLCIL 

Ces vieux rihauds, que la Itixure ewpoftt' 
Enfoncent la porte 
Et les corps sont vus 
In naturalibus. 
Quittez cette retraite obscure, 
Dit la bande impure; 
Vosjoyaux d^amour 
Craiguvnt-ils le grand jour? 



— 53 — 

'air : LE LONG DE LA, DE LA, PAR DERRlkRE. 

Lmgrs yeuXg cornme des cliandellcs 
Detiennent dans le moment; 
U iew MortoU dei prunelles 
Mamt regard concupiscent. 
Lb long de la, 
Le long de la, 
Le long de ces belles. 
Par derrUre et par dcvant, 

ft L'AI& : MA GOXMfeRE, QUAND JE DANSB. 

Mm commires, fuand je danse 
Sam cotUlon, suis-je bienf 
JHt Camargo en cadence; 
Tbiil, je ne cache rten: 

Vois par icy, 
Vois par Id, 

Ah! le voicy. 

Ah! le voild; 
Mes commhes, quandje danse 
Sans cotillon, suis-je bieti ? 

SUR L*AIR : ATE, ATE, JEANNETTE. 

Elles etoient d cacher 

Ces reliques de Cyllfdre, 

Quand a la Pelissier 

Un grand m on entcnd faxre • 
Aye, aye, aye, 
Se fit la commere. 
La peste aye, aye, aye. 



— 54 - 

SOR L*AIR : LON LAM LA, LARDEUUm. 

Chacun court d la toikUe, 
Et ril de belle fa^on, 
Apprenant qtte la ptnUeUe, 
Eh serrant son eolUlon, 
Avoit pris ses, landerirette, 
Avoit pris ses jeunes tetons. 

SOR L*AIR : HON MARI EST A LA TAnUL 

Termitwm icy celte file, 
D'autres traits on peut wnu emfter-, 
Mais^ on va, si Von ne s'arrile. 
La bonne bouche vous gaster, 
Allons, finissons par votu dirt .* 

SUR L'AIR : M. LA PALISSE EST MOIT. 

Qui sur les portraits des cuts 
Refusera de nous croirc, 
Pourra pour autant d*escus 
Verifier noire histoire. 



— 55 — 

CHANSON 

fOR l'air de jocomde. 

lectsion d\ui diner dono^ par le sieur Gru^rc, 
If de rOp^re, k plusiears fllles de TOp^ra, du 
defqoellfls ^toit mademoiselle du' Val du- 
dile la Conslitation , parce qu'on la croyoit 
nrelle da eardiaal de fientivoglio, lorsquMl 
lee en France. 

I de la CofutiHUian 

Le trop tendre Gmire 
ans ttft instant d'emotion 

Lui baise le derriere, 
iraut {i), laisse grander les getis, 

Ce COS e$t graciable; 
9 que tu faii depuis quinze ans 

Est'il H punissable ? 



VERS 

Sur le m6me sujet. 

1731. 

u magasin de Saint-Nicaise 
'Off guewes montrent a leur aise 
il mol, cul noir et cut vilain (2) ; 

; HfSraut, lieutenant Uc police, 
filissier, la Camargo ct la Duval. 



Venez entendre ^^ 
, «,.„ rfe Cootelno 

Avecr«crocino««e«- 



— 57 — 

A diner en hut largement 
D'UH howrgmgnon assez friand; 
Comme les clialeurs etoient fortes, 
L'<m fit ouvrir fenStres et partes ; 
Sant s'embarrasser d'etre vu. 
On 9^ est dishahilU tout nu, 

D^abord rimpudique Pclissier 
Etaia son flasque fessier, 
Des tetons mollets et sans grace, 
tin ventre qui fait la grimace, 
Croyant par Id dedommager 
CeM qui donnoit d manger, 

Maii pour la faire enrager 
Sam se faire beaucoup prier. 
La Camargo, toute de zele. 
Phis jeune et plus fraiche qu'elle, 
Nue et montrant tous ses appas, 
A battu plusievrs entrechats. 

La BuUe avec discreliov, 

Imitant lew devotion, 

Defit blanc jupon et chemise , 

Mais, helas ! quelle fut leur surprise 

De voir endroit dont la grandeur 

A saint Chrislophe auroit fait peur ! 

Leurs crins sur leurs cliefs se herissant, 
Chacun se leve en frcmissant ; 
Las de voir cette horrible orniere, 
tv. -h. 



— 58 — 

On lui fit toumer le derriere^ 
Et dedaignanl son bel agmu, 
Tous vinrent lui baiser Vanus 

Mais la fringante Camargo, 
Croyant Vavoir encore plus I 
Etala gentille nature, 
Manon (i) de depit en murmu 
Et preste d ^e courroueer : 
Par nun Von devoit comn 

Son ami Roger Vapaisa, 
Sur la parole la baisa, 
Puis Vajustant a la lewette, 
CItose incroyable et mallumnil^M 
Sans avoir horreur du pichi. 
On dit qu'il Va gamahuchee. 

Avec ses lunettes, Campra 
De fort pres regardant cela, 
Et se sentant toujour s de Rome^ 
Et vieux citoyen de Sodomc, 
Si Roger ne I'eut repousse. 
Sans doute il Veut gomorrhisee. 

Or, prions le doux Re'detnptcur 
Qu'il convei'tisse les pe'cheurs 
Aussi bian que les pechcrcsses 
Qui font parade de letups fesses ! 
Espe'rons tons du bon Jesus, 
Qu'il perdra Icsphilutanus. 



(1) La I'dliasier. 



— 59 — 



CHANSON. 

1751. 

^Vez-vous la nouveile 
^UeTon dibite icy ? 
-^Ue eU utile et belle, 
<hacun le pense ainsi: 
Motuieur de Vinlimille 
Evesque de Paris, 
Pour let rdgles de$ filles 
Est un remkde exquis. 

On dit qn'il etndie 
Sous trois ehirurgitns, 
Morin, Petit, Gueritu 
A present IHeu salt comnic 
Le sexe de'reyle 
Abandonne Saint-Cosmc, 
Etvad Vevesche. 



— 60 - 



\ 



CHANSON 



.n**>* 



ml 



SUR l'air : O FIUI, F^ 

Sur ic mariage de madamc Boacha 
dc Chastiilon. 

!73!. 

Uouchu donne cent mille ese^ 
Pour asseoir lepltis vilain c?^^ 
Qa'd la cour jamais on verre^ 
Alleluia. 



CHANSON 

1731. 

Dis-moi, Luxembourg, mon a^^^*' 
Que penses-tu de la femt^'^^- 
Elle est un peu Irop etourdie 

Pour bien cacher 9a flaim^^' 
Elle fout avec d'Epernon, 
La faridondaine, la faridondon, 
Elle a de plus Ic Donibes aussi, biribi. 
A la facon dc Dai'bari, Dion ami. 



— «1 



CHANSON 

. du mariagt) projcte de niadamc la niuniiiis'* 
la Vrilliirc rl dc M. Ic due de Maznrin. 

1731. 

Lfs femmes ordinairetnent 
Se remarient pour leur dcvant; 
Mais madame de la Vrilliere 
Se retnarie pour son derricrc (i) . 



SUR LA COMEDIE 

DE LA FEMME DOCTEUR. 
1731. 

drame ttouveau de la Femmc doctcur 
Un jesuitc rCest pas Vauleur : 
La pretive eti est claire et facile. 
inagramme angeiique, evangilc, 
Le Q.., seal, oublid 
Comme piece inutile, 
roit etc le premier employe. 

ome duehesse, elle uvoil Ic tabouret cliez h\ 
FIN DU dix-septiI:mk volume. 



RECUEIL 



aANSONS 



VAUDEVILLES, SONNETS, 
GHAMMES, jSpITAPHES ET AUTRES VERS 
SATTRIQUES ET UISTORIQUES 

4VEC DBS REMARQUES CURIEUSES. 



VOLUME XVlll. 



— 54 — 

SDR L*AIR : LOR LAN LA, LASllllllini. 

Chacun court d ia toUdU, 
Et fit debeiUfii^tm, 
ApprenaiUfM lapoiMtt, 
En serrani $on oolttto% 
Avoii prU $6$, ionderirfffa, 
Avoit prtf Mf jeimeM letoM. 

80H L*AIR : KOBI HAU KST A U UIML 

Termimns icj^ celte fUt. 
D'autres traits on jmrf funiff ct w pto 
Maif on va» ft Tofft M $*arrit». 
La bonne bouche vous goittr. 
Allans, finissons par vom cKre : 

SOR L'AIR : M. LA PAU8SB OT lOIT. 

Qui sur les portraits des cuts 
Refusera de nous croire, 
Pourra pour autant d*escus 
Verifier noire histoire. 



— »5 — 

CHANSON 

SUB l'air de jocomde. 

^ roeeasion d\ui diner donn^ par Ic sieur Gru^rc , 
^etear de TOp^ni, k plasiears fillcs de TOp^ra, du 
>4)n deaqaellfls ^toit mademoiselle du Val du- 
<«t, dile la Conslitotioo , parce qu'on lu croyoit 
I Mturalle da eardiaal de fientivoglio, lorsqu'il 
llaoiiee en France. 

Side la Comtitutum 

Le trap tendre Gruire 
Dam ttft instant d'emotion 

Lui baise le derriere, 
H&aut {i), UUsse grander les gms, 

Ce COS e$t graciaJble; 
Ce que tu faie depuis quinze ans 

Est'il H punissable ? 



VERS 

Sur le m6me sujet. 

1731. 

An magasin de Saint-Nicaise 
Trots guewes montrent a leur aise 
Cut mol, cut noir et cul vilain (2) ; 

4. dc IlfSraut, lieutenant do police. 
La P^lissier, la Camargo et la Duval . 



— S6 — 

Heraut, dit-on, s'en /brmaliw. 
Elles sont dans {pur magam, 
Cest pour montrer leur mofctaKie. 



CHAHSON 

SQR L'AIR 0E8 PEMDQf. 

Faite h roceasion de ce qat s^st ptti6nV>P^ 
rOp^ra,le iJuinlTSl. 

Or ecoutez, grands et peUU, 
Venez entendre le ritH 
D*une histoire «lrc et certetH** 
Des sectateurs de MelpomkM 
Rendant d des fiUes en rut 
Les honneurs dus d Belz^ui' 

La fille de Castelno 

Et fa brillante Camargo, 

La Duval, le Brefet la Bullc, 

Filles au dessus du scrupulc, 

Se servant indifferemment 

Et du derriere et du devant. 

Elks allerent apres VOpera, 
Avec Vescroc monsieur Campr^* 
Au magasin trouver Gruere, 
Sages les bienvenues, rnes chef^' 
Pnrbleu ! vous dinerez tag, 
Roger, Magnac, g sont aussi. 



— 57 — 

A diner oh but largement 
D'lm bowrguignoti atsez friand; 
Comrne les chaleurs etoient fortes, 
L'on fit ouvrir fenStres et portes ; 
San$ B'embarraster d'etre vu. 
On iest deshabilld tout nu. 

D*abord Vimpudique Pelissier 
Etala son fiasque fessier, 
Des tetons mollets et sans grace, 
Vn ventre q%d fait la grimace, 
Croyant par Id dedommager 
CeM qui donnoit d manger. 

Mm$ pour la faire enrager 
Sane $e faire beaucoup prier. 
La Camargo, toute de zele. 
Plus jeune et plus fraiche qu'elle, 
Nue et montrant tous ses appas, 
A battu plusievrs entrechats. 

La Bulle avec discretion, 

Imitant leur devotion. 

Befit blanc jupon et chemise , 

Mais, helas ! quelle fut leur surprise 

De voir endroit dont la grandeur 

A saint Chrislophe aiiroit fait peur ! 

Leurs crins sur leurs c fiefs se herissant, 
Ch<icun se leve en fremissant ; 
Las de voir cette horrible omiere. 



— 58 — 

On lui fit toumer le derriere, 
Et dedaignant son bel agnus. 
Tons vinrenl lui baiter Vanus, 

Mais la fringante Camargo, 

Croyant Vavoir encore plus 1 

Etala gentille nature, 

Manon (i) de depit en murmur^es^^ 

Et preste a se courroucer : 

Par moi Von devait commencer^ — 

Son ami Roger Vapaisa, 
Sur la parole la baisa, 
Puis Vajustant a la lewette, 
Cliose incroyable et malhonnitr^^' 
Sans avoir horreur du p^he. 
On dit qu'il Va gamahuchee. 

Avec ses lunettes, Campra 
De fort pres regardant cela, 
Et se sentant toujours de Rome^ 
Et vietix citoyen de Sodome, 
Si Roger ne I'eut repousse. 
Sans doute il Veut gomorrhisce. 

Or, prio?is le doux Redempteur 
QWil convef*tisse les pe'cheurs 
Aussi bien que les pecheresses 
Qui font parade de letws fcsses ! 
Esperons tous du bon Jesus, 
Qu'il perdra les philutanus. 



(1) La I'clissier. 



— 39 — 
CHANSON. 

1731. 

Savez-voui la mmvetle 
Que Von ddbite icy f 
EUe eU utile et belle, 
Chaeun le pense aimi: 
Montieurde VitUimille 
Eveique de Paris, 
Pour U$ rigles des filles 
Est un remdde exquit. 

On dit qu'il dtndie 
Sous troia ckirurgiens, 
Morin, Petit, Gtufrin. 
A present IHeu sait comnie 
Le sexe dereyle 
Abandotine Saint-Cosme, 
EtvaA Vevescke'. 



60 






list- ^^1 






— 61 — 



CHANSON 

Mu mariago projcic de niatUmc Iti iHur<[iiis< 
*^ Vrilli^re cl dc M. Ic due de Maznrin. 

1751. 

Les femmes ordinairefiietit 
Se remarient pour leur devant; 
Mats madame de la VriUidre 
Se remarie pour son dcrricre (t) . 



SUR LA COMEDIE 

DE LA FEMME DOGTEUK. 
1751. 

; drame tiouveau de la Femmv docleur 

Un jcsuUc rCest pas Vauteur : 

La preuve en est claire et facile, 

tnagrammc ange'lique, evangilc, 

Le Q.,. seul, oublid 

Comme piece inutile, 

troit ete le premier employe. 

mme duehesse, elle avoit lo tabouret chez la 
FIN DU uix-septiI:me volume. 



RECUEIL 



:hansons 



vaudevilles, sonnets, 

jCpigrammes, ^itapues et autres vers 

satyriques £t historiques 

AVEC DES REMARQUES CURIEUSES. 



VOLUME XVlll. 



RECDEIL 



CHANSONS, ETC. 



CHANSON. 

1732. 



Et Charlois lui dit : 

Mon cotisin, 
Qtwnd VEtat on mine, 
Toujours sans dire mot, 

Mon cotuin. 
La de Courchant (i) je pine, 

Mon cousin, 
Voild, mon cousin, V allure. 

De Clermont lui a dit : 
Mon cousin, 

\Ji) N.... dc Tronchol , femine de M. de Courchant. 



— 68 — 

Vient dTexiler de Paris 

Un sujet fiddle (i). 
Un chacun va le pleurer; 
Que de filles vont crier : 
Rendez-moy PucHle, 6 gay, 
Rendez-moy Pucelie ! 

routes les filles de Paris, 
Qui, pleifus de zele, 

Vont dire au ban rot Louis : 
Rendez-nous Pueelle; 

Vous avez les yeux si dtmx, 

Ne dites plus : Taisez-vous; 

RendeZ'-tunu PueeUe, 6 gay 

Rendez-fious Pucelie. 

Tout le tnonde est bien swrpris 

Decette nouvelle; 
Le Parlcment dc Paris 

N'a plus de Pucelie; 
Chacun va de tous coles. 
Voir oit il pourra irouver 
La bonne aventure, 6 gay, 
La bonne aventure. 



(1) L'abbe Pucelie. 



\ 



CHANSON 
/air : ou ALUEz-vous, M. l'abb£? 

Sur Taffaire da Parlcmcnt. 
1733. 

En vtuance Von voit asm 
Le Parlement sur fleurs de lys ; 
II y reste la crasse. 
Eh bien. 
La lie et la earcasse, 
V<nu m'entendez bien, 

Tous ces traitres d Uur devoir 
Sur Vepaule devroient avoir 
Pour prix de leurs foiblesses, 

Ehbien! 
Ce qu'ils ont sous les fesses {i), 
Vous m'entendez bien. 

Sears dc lys qui sonl sur Ics sieges. 



— 70 — 

CHANSON 

SUR L'AIB : JARDINICR, NB TOU-TUMit 

Bl. de Saint-Aulaire (Beaupoil), ig^ de qiiatn-via|kli | 
ans, aaquel madame la duebease da MiIm fokl | 
trop fr^quemment de Des Cartes et de lle«tm,il« | 
couplet. 

1733. 

Bergdre, dSlivrez-notu 
De Newton et de Descartes : 
Ces detix esp^s de fans 
PTont jamais tm le dessous 
Des cartes, des cartes, des cartes. 



QUATRAIN 

Siir la niort du sieur de la Motbe, poelc. 
1732. 

Aprcs le tour que Vinfcrnal pilote 
Vient de jouer aux neuf pudiquet ifftw. 
N'ont-elles pas raison de rc'pandre des pleunf 
Cc fripon vient de Icur prendre la Vothe. 



— 71 



ePIGRAMME 

4re MarioB, Jeane Jdsoite et r^ent de rh^to- 
n eolMge d^ATignon, doni il est par Id dans les 
!Im Eeeliiuutiquts de 1731, page 379. 

1732. 



Un ban ecnfrkre de Girard, 
(kfmme UU iceldrat paillard, ^ 
Grkmpoit une scBur augiuHne 
A la fofon de Loyola, 
Fi done! hU dU eette be'guine; 
9d f»ulcz-^vou$ alter par Id ? 
Tout doux, lui ripond le galant, 
fe quitte la vote ordinairfi, 
Ei pour raison, laUse^moi faire, 
Frendi-^ hien garde aupdravant. 
Car si fume mets en colere, 
St je iuis brebis par devant, 
h suU dragon par le derriere. 



fiPITRE 

Ao cttl de mademoiselle Gamargo. 

1732. 

Mm cui, qu'une gentille audace 
liiger H no$ yeux ebaubis, 



— n - 

Cut qw Gru^e cfiHtempls face a four. 
Ft qu*a Vmu'.hmtre ainxi tpi*(*n pnradu^ 
Le mh'it'H RcM voit mouvoir uvec gnh 
Cut Acre que Casulni dang pen 
irm lorgner ttu nomitrt^ tk» t'tmics ., 
Toi que le wf d^unv ffacchtinic tni fvu 
Fait tjoir di!pl »ans nn^tgn vi smi9 vailek 
Mes i/eux toni mi^ beau vul dif/nc duJQ 
06 I'ofii prmluii Terpskkorc rt rAmmif^ 
Regoh Vcnccns que via main te dispenu 
Cut dc CupiJt (i), qu€ VoUure etU ch 
Je te consacre 4 tirHniorlatit^, 
Main dnnit la Ike un atl rival i'awma,^ 
Afiiour sourit attiour de ini fiofUtnti 
Belie Salle, faites-m mir autant, 
A vom sans faute esi le pHx de la dank 



LA FEMME ET LA CHENILLE 



CheHitle, tiUaiu anitnal^ 
Qui t/un* Im bmjt «om# impjfiiiti^ 
Qu'd nm arbrcm tu fnis du mal * 
Ah Uieu !jc trms <»« geniir »i«f ' 
La chciiille, ai/ani tmtendu 
Ce quUmc femme disoii. e/Vi/f, 
Sans se ftucher a repmtdti 



{I) Cu]m ik Dininrgo 



— 73 — 

a taideur n*est pas eternelle ; 
ienidt ehangee en papillon, 
aurai de$ eouleurs admirables, 
a bleu, du blanc, du vermilion, 
t je serai des plus aimables ; 
lus Sune femme, a cc qu'on dit, 
9t de moi Vimage parfaite : 
henille au sortir de son lit, 
apiUon aprh sa toilette. 



CHANSON 

( L'AIR : VOILA HON COUSIN l'aLLURE. 

Le cure Chauvelin, 

Patelin, 
Pour debusquer son mattre (i), 
Et du soir au matin, 

Mon cousin, 
Le fait agir en hdle, 
Mon cousin, 
Voild, etc, 

II est une catin (s), 
Mon cousin, 
Qu^on dit etre assez belle. 
Qui de ce vieux coquin (z), 

ardinal Fleury. 
ame deiiuy, 
ardinal Fleury. 

V. 



— 74 — 

Af on cotuin. 
Rechauffe V hydrocele 

Man cousin, 
Voild, etc. 



CHANSON 

Sar M. de Hontcrif, ^la I'un des quarante de Ti 
fran^oise. 

1733. 



Les beaux esprits (4) vont nous apprtnJn 
Qui chez eux doit avoir le pas; 
lis out des rats, ils ont des rats, 
II leur faut quelqu^un pour les preadrt, 
Ils choisiront lauteur des Chats fi). 
Si vous ne choisissez Montcrif, 
Clermont voiu montrei'a la grif; 
Mais qiuind Montcrif sera recti, 
Apollon montrera le cu. 



(1) I/Acad^mic francoise. 
(2j Puradis dc Montcrif. 



\ 



— 1SS.— 



1734. 

CHAHSOU 

Sarlecaf^. 



Pour «^*^ 



-76- 

Vn jour dans mon appartetM»i, 
De cafe bien antidotee, 
D'un petit-maitre entrefirtiuai 
Tout d coup je fus aniegk; 
Mais d son abord (urfrirleiil, 
Je ne fis atumn mouvemat, 

II nCappelle d'un ton haiiM, 
Son aimable, sa beUe reine, 
Wembrasse, promene sa mak, 
Meme dispose de la mieiMe; 
Or, de cela je ne dis Wen, 
Suivant Vordre du mededn. 

Ha ! qu'une femme a de $(mfi, 
Lorsque d'un Tarquin qui la pre* 
Elle 86 voit a la mercy, 
Et n'ose faire la Lucrece, 
Respectant un ordre mau^t 
Qui tout geste lui interdil! 

Tout cela n*6toit encorrien; 
Maisjugez quel fut monscrnpule 
Quandje vis que le pelerin 
Alloit plus fort que ma pcndvAt. 
Qnoi ! dis-je tout bas, le lutin 
AVs/ pas content de son butin? 

Mon inquietude etnpira; 
Mais il redoubla son allure, 



— 77 — 

oenoit d Vet ccetera : 

t*otois rompre la mesure, 

\r ne pas, comme on le voit hien, 

ibeir au mSdecin. 

demi-heure en fin sonna ; 
i Dteu/ en quelle circonstance! 
^Denir jamais ne croira 
? pareil trait de patience 
Veffet cTun respect humain * 
tr les ordres du medeciti, 

s qui entendez ce ridt, 
ez si je fas bien outree, 
tronday ; le galant partit, 
sje crains de cette joume'e 
II ne nCen soumenne aussi bicn 
des ordres du medecin. 



VERS 

Sur M. Roy, poClc. 
1735. 

ez-vous certain rimeur obscur, 
inde, souvcnt froid, toujour s dur, 
rage et non I'art de mc'dire, 
5Ut plaire et peut encor moins nuire, 
mefaits, d la gedle encage. 



— 78 — 

A Saint'Lazare aprht ce futtigi 
Honny, bemS, cofupud pout m rma, 
ChassS, battu, dete$leptnir tet erimet, 
Cocu, content, porlant Un^oun de lojf ? 
Chacun repond : Cat le poHn Boy. 



fiPIGRAHME 

Sor Roy, poCte. 
1735. 

Autcur cent fois au th^tre berni, 
Et du bdton mainte fois guerdmmi. 
Ton frofit nous dit la noirceur deU»^ 
de la Grange horrible accusatew ! 
En meme temps fripon et delateur ! 
Pour te montrer en tout point un infdMt, 
II manquoit done a ton indigne cosur 
De devenir maquereau de ta femme. 



CHANSON 

SUR L*AIR DE JOCONDE. 

1735. 

La Heraut dit d Savalet : 

Quelle est done voire audwe, 



— 79 — 

Petit juge du ChAtelet ? 

Quoi ! baiser femme en pliue, 
Femme d^un trds-grand magistrat. 

Dee plue zcVs papistes, 
L'arC'houtant de Loyola, 

Fle'au dee jansenietes ? 

Savalei r^pond d Vinetant : 

Pardon, belle inhumaine, 
Wavoir ete trap en avant, 

J'en ai subi la peine. 
Tai cru, qu'avocat au parquet, 

Comme ckose certaine, 
Sur lee membres du Chdtelet 

J'avoie le droit d'auibainc (i). 



CHANSON 

8UR L*AIR DE TURLURETTE. 

A Vempereur dit Louis : 
Ne soyone plus ennemis ; 
Baise mon cul, la paix est faite, 
Turlurette, 
Turlurette, Ian tan, turlurette. 

On dit que madaine de H^raut, k Magnanvillet 
I tomber son ^ventail ; que trois person nes s^dloient 
ies pour le lui ramasser, dont M. de Savelct, dont 
oge toucba prcsquc celui de madamc de H^raut, qui 
cela poor on baiser ct lui donna un soufllet. 



— 80 — 

L'empereur a repondu : 
Ne me parte plus de cui, 
Je ne I'ai montre que de reiU, 
Turlurette, 
Turlurette, etc. 

Pour terminer ce discord^ 
Et nous mettre totis d^accord, 
Partageons ce qui me reste, 
Turlurette, 
Turlurette, etc, 

M^dter mes Italiens, 
C'est m'enlever tous mes biens; 
Laisse-m^en ma part compUU, 
Turlurette, 
Turlurette, etc, 

Nos allies mccontetis 
Jureront entre leurs dents 
De n'avoir que dcs guingueltei, 
Turlurette, 
Turlurette, etc. 



lis seront bicn e't a fine's, 
De se voir un pied de nez ,- 
Lc partage est fort honnetey 
Turlurette, 
Turlurette, etc. 



— 81 — 
CHANSON 

OR L*AIR : TOOS m'EMTENDEZ BIEM. 

nus Chloris avec leurs amans 

lloient 86 rdjouir aux champs ; 

Mais en chemin la lutic. 

Eh bien ! 
Des deux s'empara (Tune, • 
Votis m'entendez bien, 

'autre, d'un air assez plaisant, 

a : Messieurs, que cet accident 

Point ne vous inquidte. 

Eh bien ! 
Je ferai la chouette, 
VofM m'entendez bien. 



FIN DU DlX-HUlTli:H£ VOLUME. 



RECUEIL 



:hansons 



VAUDEVILLES, SONNETS, 

iSnORAllMES, ^PITAPHES ET AUTRES VERS 

SATTRIQUES ET HISTORIQUES 

AVEG DES REMARQUES CURIEUSES. 



VOLUME XIX. 



RECUEIL 



A.NSONS, ETC. 



CONSULTATION 

& maladie de Francoise Languard. 

Janvier 1736. 

luip le i^' samedy de novembrc, mes- 
octeurs assembles dans la haute salle 
ielon Vtisage observe tous les mois pour 
- les maladies extraordinaires, it leur a 
Frangoise Languard (i), fille majeure, 
i Paris, au vieux Louvre, paralytique 
ous ses membres, afflige'e d*un engour- 
? nerfs et d'un epuisement d' esprit qui 
culte de parler et d'ecrire, ayant la 

rAcademic fraocoise que I'on veut parler 



-- 86 — 



mUe irGnblee, mfj<ir4&, ineapahk de dit 
i^HH, ic corps iJw/Tt*. bouffi ft couviri dt 
ilk hUsmrei reptes en different <«»w, flffec^ 
degoi^t de tout bons aUmem^ el traimUi 
upttit d^retjlc pour imitc nmtrrxturc 
tefte ^uii fhttir de chat {\}et antrm » ^i 
d'un (tnmnlissemeTit total, ei d*tiuh 
chain i}u*€tlc paroU nepas sv tadir 
dcplorubie. 

La salutmre Fmtdtti, myfin.i tJtamint (#1 
t6mc$ d'um maladio si emfipHqutf^ et n* 
en atiritiuer la cause d l^air que rc^nre fi 
Languard^ vu la saute ef: lemfMrnprtitd tli 
smt Jtm tfffwifl s(Furs {t)^ vivanl ioim k mVi 
etle a decide que ta corruption ctoil miht: 
s^ijat m^mc^ ct a nommti\ pour mfrrm/^rr 
la malndef messimrs S^*{va et Bi^y^f qui 
porit ffue la tnaladc^ i?Vi?w> par nkhfiiat 
el Seffuier xan curairnr^ titmt ftalorM 
malhfntr de n'abutidonner a\yec trop 
d quGlques persmmeji doni le cmntm 
son temptirmHent ; que, I'htifniuA 
dcl>Qitcfu\ clla avoii reru dan if set bnts Ut$ 
totile e»ptTe, non-st^uitmfHt^ ducjt, mat^iti 
prutats quk, apres i^tmr abiiAe d'tdUf Uia 
iriliuer d #a gmrkonf Vont traHikf UfHt U 
m^pris ; mats encot'e des CQmedicn^ t*)» *^ 

(1) l^iriitlb de MonlcHf, <]ui a TqU rilliloir* A 
(%) L'Acad^jnie dcs In5i:ri])liims al m:1tc (ki i 



^pp^ 



— 87 — 

sptevn (i) des apathieaireg {%), des mal- 
dagarfons tmlUurt (4) auxquels elle 
}ii$ptnMMem€nt trots fois la semaine ; 
oU nu eorrompre la masse du sang, et 
paXHer le progrds du venin, elle avoit 
tfff peu une dose de la poudre des Char- 
teht (s) ; mats que cette potion n'avoit 
le qu'%m ^anlement inutile, et des nau- 
tueuse$» 

ipport des commissaires, el sur Vinspec- 
fe de la malade, messieurs nos anciens 
\i>'eUe iUnt incurable, et qu'il ne falloit 
nmtUre Vhonneur de Vart et risquer des 
tr un sujet use', affoihli et enticement 
iff nos jeunes maitres, curieux d'eocpe- 
t conclu pour le soulagement de la ma^ 
r la satisfaction du public et pour 
de la FacultS, que, quelque desesperee 
Frangoise Languard, on pourroit ha- 

Hication des ventouses, pour rappeler a 
un peu de sensHnlite ; 

' et Terrasson , pr^cepteurs, le premier dc 
,e de Rapelmonde , le deuxi6me du sieur 

, gar^on apothicaire k la Montagne Sainlc- 

traitant da Dixidme. 
m, fils d*un garcon tailleur, k Tours , rue de 

Bgddies de Gr^billon sont allribuiies ^ un des 
eWtis en Hollande. 



— 88 — 

2« La scarification de la languc epaiuk d 
chargcc d'humeurs peccantes ; 

3» L'ouverture abondante des vdna prntttfi- 
rerVecoulementdusangimpur et proeider e^tnk 
a la transfusion proposee dans des cas mm 
urgens ; 

4® Vamputation de plusieurs mmbns pouik 
qui attirent a eux la nourriture; 

5" La combinaison de plusieurs renudes ■flti- 
riels, pour procurer les evacuations ndcessaim d 
fairc corps neuf. 

On avertira le public des cuxidents qw svw^ 
dront, des obstacles qu'on surmontera, et des fn^ 
gres de la cure. 

Arrested Vassemblee de la FacultS de meiecmt, 
le premier samedy de novembre 1735. 

Signe' : Baillt, doyen. 
CHANSON 

Sur mademoiselle Salle, dunseuse a I'Opera. 

Sur la Salle, la critique est perplexe: 
Vun assure qu'elle a fait tnaint heureiU, 
L' autre pretend qxCelle ainie mieux sonscif:, 
Un tiers repond qu'elle eprouve les deuX; 
Mais c\'sl a tort que chacun la degrade; 
De sa verlu, pour nioy, je suis certain: 



: nous dit qu'elle n'esi pas trihctde, 
ut (i) nou9 dit qu^elle n^ est pas putain. 



fiPITAPHE 

De madame la comlesse de Veruc. 

?y gist, dans une paix profonde, 
Oette femme de Volupte, 
Qui, pour plus grande seurete, 
Ht son paradis en ce monde. 

APOLOGIE DU MARAIS. 

1 : TOUT ROULE AUJOIIRD*HUI DANS LE MONDE. 

ivec une belle figure 
^lagny peut seduire d'abord ; 
^ais son esprit est de nature 
iu'on s'en detachesans effort; 
hieffler a Vesprit en fourriere 
U rend hommage a sa beautc; 
"^ant mievx^ car de cette manierc 
iC n*est qu'un menage gate. 

}uoi ! toujours Vargent, dans ton dme, 
'ur Vhonneur aura le dessus ! 



sease k TOp^ra Comiquc , ct qui avoit €{^ en 
■e avec mademoiselle Sall^. 



— 90 — 

Til mHi£ (fu'um amtmrt^UiC pammt 

AttJQUrtthtii, par prmmtim, 
Tu tytfUfU pour dtiuA In vmtitMt 
Payer pttr regtifutitm. 

Tu ifoudrois, avec ton t^muje 
Be rou^c ct dc hlftne compm^ 
Be nos cwm^f mcrid'r rhummnfft 
Qua Von dmi nmdre ti la kmU* 
Qiie ton awmitf . <*u puuvrr tiff, i 
€mUe tt'itptahirg tm rtpox, 
S^tjouisse dcs /htx tpiinapire 
La potiesaion de hi 0^. 

Tm »*«* done plus ricn ^ni t'ar 
Tu vaif I'tm tenter ics tfif^iw; 
Vo^ it's irmlhenr^ tfur lu fnprvik 
L' hymen est (a fin des ptmMn. 
La BMoyvrCf au Hen de ftamanA 
N"anm plus qH^unjUMtn mcprki^ 
Croii-^noy, ne dtummjfptm w frti 
Amtifig valcnt mirttj: qut marit, 

IfvttLi f qnc jV." ii" irouvr a plitlni 
B'tHre rdduite ti cvt atnnnt * 
tt faut tv rtsoudrv a nmfraindfi 
Avec luy tan tcmptirament, 
Le Comudift ie dtfdmnmayct 



— 91 — 

Mu, quoique valant peu, 
icompeme le peu d'ouvragc 
f ton tneillard amouretix. 

ifot / fOfu taille et sans gentillesse, 
frtan veui donner de Vamour ? 
He pritend qu'on la caresse, 
%'on fosse asMAment sa cour. 
i devois gmrder la Saunidre, 
^toit digne de ion choix, 
w Ragilly, ce pauwre h^e, 
'anumr n^ebeerve plus Us lois, 

aiure, en faisant ton visage, 
ouloit te mettre kors de soupgon ; 
ependant tu regois Vhommage 
^ veui hien prodiguer Tremont; 
'aif Von imagine sans peine 
*uel est Vobjet de son amour ; 
^our luy ton ardeur seroit vaincy 
i Vargent n*alloit au secours. 

^nfin, Ihijardin, on te quitte 
^our voter d d*autres appas; 
tais le fits avec toi s'acquilte 
"ks engagemens du papa ; 
fVi eonsens, je crois, au partage; 
7n jeune homme dans son printems 
Est, ma foy, d*un meilleur usage 
Et rend Us plaisirs plus touchans. 



- 92 - 

CHANSOH 

suR l'air de la b^quille do pI:k wism. 

Sur les rcligicax dc Sainlc-Croix dela 

On dit que la Beaujeu 
Donnoit en amourette 
A tons venans beau jeu, 
Tant elle etoit coquette; 
Mais la prudente fille 
Faisoit surtout grand cos 
De la longuc hequille 
Du pere Bamaba. 

CJianoines regulxers, 
Votrc de'positaire 
A mange vos deniers 
Avec une commere. 
Maintenant on I'etrillc; 
Ah! combien de faux pas 
Fait (aire la hequille 
Du pere Barnaba ' 

Sur tout diversement 
Da7is Paris on raisonne, 
On vcut ahsolument 
Que Von vous capuchonne, 
Ou qu'on vous dccanille; 
Moi, jc crois qu'il faudra, 
Vous coupcr la hequille 
Du pere Barnaha. 



— 93 — 

LES PETITS BATEAUX 

CONTE. 

fV. Fantin, cur6 de la paroissc dc Sainl-Louis , 
ikVcrsaillcs. — 1737. 

K< le manteau de dame Hypocrisie, 

^pas longtems, un cure barbichet 

^iel art aux regards se cachoit, 

*^Ustiez pense' que c'etoit heresie 

^oup^onner (Tun peche veniel 

*"€ cafard; si pourtant qiien son dme, 

^fne en un four, le diable Azariel 

'^tenoit une coupable flammc 

^ U bigot confessa volontiers. 

imes sans biens, laides et de'crepites, 

f ne croyez ; mais dans tons les quartiers 

haisissoit de jeunes Sunamites, 

4t surtout pour la fleur de quitize ans 

pension vive et luxurieuse; 

!a cueillir.bien connoissoit le terns, 

'e manquoit; fillette curieuse 

oetits Hens, de bonbons, de volans, 

't son fait : bientdt la chalte mite, 

r attirer la brebis au bercail, 

8 Vcngageoit a lui rendre visite. 

\ dans sa cure H se fit un sc'rail; 

ie montra, quimpere de famillo 

re Us bras du diseur dc missel 



— l*i — 



Eml von fie son pprntse tt ia fiik, 
Pluji \iol&ntier» qu*a Robert (TAHinml 
Ltg r^ndcs-voug sti faiitoient mm iroMidati i 
SrV dc§ parens^ ths tendrmti ei du Ihi, 
Point fiif prr»ehoU utu* austere miiraie, 
Pttr ei/, par la, qudques mats dahim&ti% 
Et puis c*eH tout ; tntm le pfiif$( Hkrmirt, 
Pour Mier lc$ ^riffes du maHn, 
^ioit d*u$er d*eaH tticn hfanche ei bimdaiftf 
Et de Imver^ it toir ei le mufm, 
Cvriain endruiirp^^' il fnuoii timmilfti 
A nm l^ndrons, novkv* jutqm*-la, 
Qu*ih ignoruimi imtt tc qui pimvoit itrr, 
De bieHi^ de mai^ rtrnfcrm^ dtm^ . 
MaiSy par leu aoins du fmtt ptr*"> > 
En pen d^ ferns tmtre jeune truupmm, 
Non gam phmir, fit un fri^nmi uta^f 
Db la lemn ; ci U petit fm(mn^ 
Ce'ktii amn qti'oH appelaii ia choMt, 
Di,E fui» le jour st^ hmgnmi m ptntte mu 
Le papelard eftsuilc, a pitrt^ time, 
Prmoit un ton plus doune H pin* men. 
liQUcmnm^Hl baiwit la jonvemrih, 
Vi'rifioit^ et mi*M qtt^d »on gre 
Propre au delmt il frotm$it In nafHl*^ 
Vnzele ardent a timtatit I'aUraimit 
A Hvloi/er le iledanx an plm mlf, 
Ptntr qm Satan n'tj vita pfttulre mn ^tf- 
ih\ devine^ cmament il n'^ prmQit* 



— 95 — 
CHANSON 

Ol L'AIR : A LA FA^ON DE BARBARI, HON AMY. 

e mariage fait ft Saint-Roch, le i2 mors i737, entre 

president Ogier et N Cavclier , ftg^e de 32 ans , 

lYe deJameti, sieur de la Rivaadais , maltre des 
aples, k Paris, et secrdlaire da roy. 

Un partisan den plus connus 

De la nouvelle secte 
Prend femme qui n*a de vertu 
Que celle qu'elle affccte; 
JDe la Rivaudais est son noni, 
a faridondaine, la faridondon, 
ente de corps, fourbe d'esprit, biribi, 
. la fa£Ofi de Barbari, mon amy, 

Ses traits sont fins, ses yeux sont donx, 

Et sa blanch ear extreme; 
Mais il s*en faut bien, entre nous. 

Que le tout soil de memc; 
Ses fesses sont de deux facons, 
•a faridondaine, la faridondon, 
^>t son cut est un gros cnl pie, biribi, 
L la fa^on de Barbari, mon amy, 

L'hypocrite a beau se cacher, 
De Vhomme elle est friande; 



— 96 — 

Vesprit lux plaist moins que la ehmr; 
Elle a cru, la gowrmMik, 

QxiCun dcvot est nn champion. 
La faridondaine, la faridondon, 
Plusprapre qu'un autre au d4dmt, Mrfli, 
A la fagon de Barbari, mon amy. 

Mais quoiqu'elle soit en amour 

Fort experimente'e. 
Son mary pourtant resta court 

La premiere nuitee, 
Malgre ses mines et ses facoRS, 
La faridondaine, la faridondon, 
Elle ne lira rien de luy, biribi, 
A la fagon de Barbari, mon amy. 

Au cceur de nos e'poux surprii, 

Alors se mit I'alarme; 
lis invoqucrent saint Paris 

Pour rompre un fatal charm 
Croyant a force d*oraisons 
La faridondaine, la faridondon, 
Faire revenir les esprits, biribi, 
A la facon dc Barbari, mon amy, 

L'epoux par bonhcur se souvint 
D\ivoir dans sa cassette, 

Un morceau dc V habit du saint 
Dont la vcrtu secret te 

Ucssubcife les moribonds. 



— 97 — 

ndaine^ la faridondon, 
fua sur ion nombril, biribi, 
fi deBarbari, mon amy. 

tsentit dans le moment 

Une mgueur nouvelle, 
4iendant pieiuement 
Stir sa iendre femelle, 

plus de sauts et de bonds - 
ndaine, la faridondon, 
iron n*en fitjadis, biribi, 
I de Barbari, mon amy, 

lorsquHls goUtoient a longs traits 
Une douceur profonde, 
belle la Rivaudais 
Surffint son mal immonde; 
\ut a coup a gros bouillons, 
ndaine, la faridondon, 
le sa bouche sortit, biribi, 
n de Barbari, mon amy. 

s s'eclipsa la veriu 
De la sainte guenille, 
' galant fort ahattu 
Rentra dans sa coquille ; 
de mains, devotes oraisons, 
ndaine, la faridondon, 
ippela ses espfits, biribi^ 
I de Barbari, mon amy. 



— 98 — 

La bonne dame est aux aboit 

D'une telle aventUre, 
Elle etperoit d*un n beau choix 

De la progeniture. 
Pour faive enrager tout de ban. 
La faridondaine^ la faridondon, 
Tou8 leg Rhome gros et petite, Utiki, 
A la fa^on de Barbari,. mon amy. 

Belle nymphe, contolex-vm 
Et ealmez vo$ alatmet; 
Pour supple'er d voire ^ux 
Un abbe plein de charmei 
S'apprSte d vous faire un p(ntpce. 
La faridondaine, la faridondon, 
II vaut lui seul quatre maris, biribi, 
A la facon de Barbari, mon amy. 



CHANSON 

SL<K l'aIR de la B^QCILLE DO P^RE UfSI^' 

Siir mademoiselle de Moras (Perrioe) 

La petite Moras, 
Cette riche fieritiere, 
Marcfie et suit a grands pas 
Les traces de sa mere; 
FAle a force la grille. 



— 99 — 

La raison, la voild : 
Pour avoir la hdquille 
Du ph-e Bamaba. 



CHANSON 

R DE LA B^QOILLE DU P^RE BARN ABA. 

Sor les lilies de TOp^ra. 

11 faudroit A Paris, 
Yille en peuple feconde, 
Marquer sur les habits 
Les qualites du monde, 
Et que, sur les mantilles 
Des filles d' Opera,' 
On brodast la bequille 
Du phe Bamaba, 

Quittez, belle Venus, 
Le s^our de Cithere ; 
Paris est au-dessus 
Pour Vamoureux mystere; 
Le tendre amour y bHlle, 
Et Von sail bien mieux Id 
User de la bequille 
Du pkre Bamaba. 



— iOO - 
CHAHSOH 

Sim L'Aim DB Li HtQinLUB M ffal IHMi 

Sor M, le eardlnal <fe nmy. 

Notre ban earimKi, 
Pour donner UM pimt 
Be fsrmier gMnO, ^'- . 
E8t diabUmMU itmmi ' 
Mais il en promei*mBk 
A quietmque pourrm 
buy rendre ta bifuiBe 
Uuph^Bfomabm. 

CHANSON 
suR l'air de la b£qoillb m rlM yni^ 
Sur M. H^raut, HeuteBant de poliee. 

Le chef dee poliesont 
Vint en grande fwrie 
Troubler dee fritHOfom 
Vauguete compagme. 
Pour apaieer $a bile, 
D'abord on tui pkmta 
Dans le cut la bdquiUe 
Du pere Bamaba. 



— 101 — 
CHANSON 

LA BI^QUILLE DU PtRE BARNABA. 

oriao, procoreur de la ville. 

gros magistrat, 

8 Paris la grand' ville, 

ris pour un sabbat 

ete gentille. 

r reprimer sa bile, 

J fins on lui mettra 

s le cul la be'quille 

ih*e Bamaba, 

rocureur du roy 
mreau de la viUe 
ians un grand effroy 
fre desclare Gille ; 
t'il que sa gucnille 
femme plaira 
nt que la bequille 
)ere Bamaba ? 

au, si tu te plains 
I femme infidele, 
htu, petit Robin, 
le est si criminellc? 



— 102 — 

Non^ non, toute la viUe 
Pour elle te dira : 
Qtie n'as'tu la IdquiUe 
Du pire Bamabaf 



CHANSON 
suR l'air de la b]£qcille do pteE luam. 

Sur le roy Loois XV. 

Notre monarque enfin 
Se dUting^te d Cythhe; 
De son galant destin 
On ne fait plus mystht, 
Mailly, dont on baXnUe, 
La premiere e'prouva 
La royale hequille 
Du pere Bamaba. 

CHANSON 

SUR l'AIR : MON CHER CHEVALIER, QOE JK ^^ 

Sur M. Fantin, cur^ de Versailles, qui •toUt**'' 
rouleau de louis. 

Qu'un directeur de conscience 
Ait pris un rouleau de finance, 
VoUa hicn de quoy s^etonnet; 



— 103 — 

I n'at Hen qu'un tartuffk n*ose. 

'i U seoee vouloii parler, 

I luy prmoit (ten autre chose. 



AUTRE 

SUB LE MtVLE AIR. 

}a fait une odicuse histoire 
O'tin devot qui dans une armoire 
?orta la main sur des ducats, 
}u^aussitost rendit d Vescorte; 
Mais ce n*est enfin que le cos 
Vi'unbarbet quipille et rapporte. 



FIN DU DIX-NEUVli:HE VOLUME. 



'^ ■■■* 



RECUEIL 



CHANSONS 



yAUDE>lLLES, SONNETS, 

^IGRAMMES, ^PITAPHES ET AUTRES VERS 

SATYRIQUES ET HISTORIQUES 

AYEC DES REBIARQUES CURIEUSES. 



VOLUME XX. 



1. IV. 



!.i 



RECUEIL 



[ANSONS, ETC 



CHANSON 

I : QUANO DIEU PONIT LES SODOMITES. 

' madame la dacbesse de Mazarin. 
1738. 

r le poulailler de Cy there, 
t n'est de si sotte commere 
la boiteuse Mazarin. 
ngi amaru, dans sajeutiesse, 
fut de tons la catin, 
attcun nc fut la maitresse. 



— 108 — 
CHANSON 

SUR L*AIR DE JOCOHDB. 

Sur madame la dachesse de Tallard. 
1738. 

Si j'awis du beau DumnnU 

La superbe encolure, 
Et du pauvre petit Vitry 

La vieillote figure; 
Si favois d'un mulet gaiUard 

La vigueur et le zele^ 
Tout cela seroit pour Tallard, 

Et seroit peu pour elle. 

CHANSON 

SUR l'aIR : HARGOT LA RAVAODEOSE. 

Sur M. le cardinal d*AD?ergiie. 
1738. 

Une vieille poupec. 
Pour ehauhir un peu 
Sa mine constipee, 



— 109 — 

' Met due&uUur de feu, 
Et dit d sa livrSe : 
Le coup d^oeil est joli. 
Pour mon favori. 



CHANSON 

R L*AIR : C£LA m'EST INDIFFl^RENT. 
1738. 

vovdrois que Chastellerault, 
portdt pas le nez si haut, 
qu*d quarante ans d*4tre folic 
e sikt connoistre Vahus ; 
'elle guertt de la verole 
surtout ne la donndt plus, 

CHANSON 

AIR DE LA B^QUILLE DU PilRE BARNABA. 
1738. 

Soubise, vengez-vous 

Le monde cherche a vous plaire, 

Donnez a voire epoux, 

Les comes du grand-pcre, 



— 110 - 

De Prie, la digne fUle, 
Enlh>€ de vo9 brat 
La fameuse beqwUe 
Du ph-e Bamaba, 



CHANSON 
SDR l'air de TURLimnn. 

Sor M. le dac de Nivernoii. 
1738. 

Mediant, escroc etpoUron, 
Nivemois, tu as raiton 
D*Stre ami de la manehelte, 
Turlurette, ma tante turlwreUe. 

CHANSON. 

1738. 

L' esprit et la gentillesse, 
Tout sc trouve en voire epoux, 
Pourquoi done, belle duchme, 
Tous les jours le trompez-wnu ? 
— Si jc lui suis infidele, 
Hdlas ! plaignez le^ dit-elle; 
Cest la faule du destin 
Qui m'a fait nailre putain. 



— 411 — 

CHANSON 

SCR L*4IR : TOILA LA DIFF^KENGE. 

M. le cardinal d'Auvergne et da Ghauffoar. 

Du Chauffour et le d'Oswal, 
Sont deux bovgres sans e'gal, 

Voild la ressemblance ; 
L'uH pour son crime hrula, 
Vautre on le cardinala, 

VoilA la difference. 

VERS SUR LES MfiMES. 

idmire^ Vextrime injustice, 
Hzarre effet d'un sort trop inegal : 
hauffbur a peri par le dernier supplice, 
^t d'Auvergne est fait cardinal, 

CHANSON 

:.*AIR : DE L*AMOUR TOUT SUBIT LES LOIS. 

\uand Bouf/lers parut a la cour, 
>n crut voir to fille d* Amour; 
^.hacun s'empressoit aupres d'ellc, 
It chacun Vavoit a son ioitr. 



"i 

— H8 - 

Molt VAnuntr n'mt pkut^mrnkm 
Urn amtmi reOe md, Mki! 
Aae^ fol pour Urt fUSk 

Sn wsin ton frire YUUr^ 
Pour eUe prii U luAf mfM, 
Auprh de noire jnmB rti, 
De gognor mm eomr H « /bi 
Quand BomflUrw, cfe... 

Un aprit trop metf ed'AMMr, 
Catin ouirde ou prSeImm, 
he menaonge et in nouvgur 
Enfin root rendue odUuM; 

Et pour combte ^kormr, 
Son iUit (<et cloiif) /kUmoiMtm* 
Quand Boufflers parut d la WKt, 
On crut voir la fille SAmowr; 
Cliacun, etc.. 



CHANSON 

SDR L*AIR : DO HAOT KR BA8. 

Pour tenter la triste jemie$$8 
De notre Roy, 

Bov fliers consulta ViUeron; 

Mais it n'eut Vesprit nt Voif^Mf 

be faire cette co/ui maiirmt 
De notre Rog. 



— Ho — 

CHANSON 

*AIR DE LA B^QUILLE DU PfcRE BARNABA. 

arbonniire , aotear de la fumigation pour les 
maox Tto^riens. 

1738. 

Dans Paris, depuis peu, 
Un nouvel Esculape 
Ne se fait plus qu'un jeu 
Des maux faits a Priape ; 
Sa methods est gentille. 
Sans danger on y va 
Parfumer la bequille 
Du pire BarnaJba, 

CHANSON 

Qchart, vicaire de Saiot-NicoIas-des-Cbamps. 

inehart a si bien licho 
<e forehe-eul de son cure (i) 
•ti't7 Va fait son premier vicaire ; 
ar d Saint'Nicolas-des-Champs 
I faut baiser ce reliquaire, 
*our n^itre point des mecreans. 

*arqiiit. 



1 



— 114 — 



fiPITAPHE 



(^y-g^i ^ Tuse cardinal 
Qui fit et du bien et du mal; 
II fat svjet a paillardise 
Puis il mourut de gaumumiiK, 



RfiFLEXION 

Sur I'abb^ de Boismonmd. 
1738. 

Chez un evesque ou dinoit Boitnwrand, 
Au dieu Comus on buvoit a la ronde, 
Et tous chantoicnt le los d'undieutignai; 
Boismorand seul le blazonne et le frondc- 
On le renvoic au prelat, qui le gronde. 
Et ! sacredieu, dit le prestre fatchc, 
Dans son estang comme vousfaipesehe. 
Mais, monseigneur, c*est cequimedaoU: 
Votis avez pris, vous, un bon ewtche, 
Et moi je n'ai gagne que la verole. 



— H5 — 

CHANSON 

ilR : 4TEZ-T0US TU CE H^ROS CHEX RIGAULT ? 
1738. 

Princ9s$e, en vain aux afnours, 

Tous les jours, 
Voui offrez votre priere ; 
Apprenez qu*d quarante ans, 

Ces enfann 
nu prennent pour leur grand'mdre, 

CHANSON 

IB D« L'0P1£rA d'ATTS : L*EAU QUI TOHBE GODTTE 
A GOOTTE PERCE LE PLUS DUR ROCHER. 

1739. 

Au palais de Vharmonie, 
On debUe trop de chant ; 
Le recitatif ennuie^ 
Et Von y bdille souvent; 
Vhe deesse en peinture, 
Image d'anliquUe (i), 
N'iuspire que la froidurc. 
Mais Von se trouvc enchante 

otier oa Ermans, vieilles chanteasos. 



— 416 - 



D'une uymphe (*) qui figure 
Les JMM de la Volupte. 



AUTRE. 
suR l'air suivamt do hAib op^. 

Paroissez, genliUe Marum (t), 
Des ris, des jeux image Ughn» 
Xous mettez en emotion 
Du paradis jusqu^au partem; 
Vos pas charmans 
Font naitre des galaru 
De tout etage 
Et de tout Age ; 
\os coulez, 
Vos balancez 
Au calotin 
Font si grand bien; 
Un saut brillant 
Qui montre la jarretiere, 
Pour un visionnaire. 
Vaut bien I'heureux irataxii. 



(i) La Marielte, jeune danscuse. 
(2) La jeune Mariette. 



— 117 



VERS 



*.ee qae le feu prit aii po^Ie qui ^tait sar Ic corps dc 
feu M. le due de Tresmes. 



mnihienserupuletix, cesprestres de Saint'Roch, 
Ou bien iU ont des cceurs de roc, 

undone! laisser bruler le poele aux capudncs, 
Sant daigner y porter la main ? 
Auwriment le trait est inhumain, 

M flRol interpreter le$ voUmtes divines. 



AUTRE. 

Ne craignez de Vincendie; 
Que peut le feu contre le sort ? 
Vn iong glace pendant la vie 
BrtUera-t-il apres la mort ? 



Cpigramme 

' cequeM. le due de Villars, tenant les estats de Pro- 
cnee, ^oit soup^nn^ d'aimer one dame grande et 
^«he. 

amduite du due me paroit nn probleme ; 
^it qu'il aime Iris, main je ne le crois pas : 
Elle a trop pcu tie ce qu'il aime, 
Et trop de ce qu'il n'ainio pas. 



— 416 - 



D'une uymphe (*) qui figure 
Les pas de la Volupte. 



AUTRE. 
suR l'air suivant do nils opiu. 

Paroissez, gentille Mariem (t), 
Des ris, des jeux image Ugin. 
Vous mettez en emotion 
Du paradis jtisqu'au partem; 
Yds pas charmans 
Font naitre des gataru 
De tout e'tage 
Et de tout Age; 
Vos coulez, 
Yos balancez 
Au calotin 
Font si grand bien ; 
Un saut brillant 
Qui montre la jarretiere, 
Pour un visionnaire, 
Yaut bien I'heureux instant. 



(i) La Mariette, jeuiie danseuse. 
(2) La jeune Mariette. 



117 — 



VERS 



le le feo prit au po^Ie qui ^tait sar Ic corps dc 
feu IM. le due de Tresmes. 



ienserupuleiUB, cesprestres de Saint'Roch, 

Oif 6teft Us ont den eceurs de roc, 

ic! lai$$er briiler le poele aux capucincs, 

SofU daigner y porter la main ? 

mrement le trait est inhumain, 

U interpreter les volontds divines. 



AUTRE. 

Ne craignez de Vincendie; 
Q^e pent le feu contrc le sort ? 
Vn sang glace pendant la vie 
BrtUera't-il apres la mort ? 



Cpigramme 

le M. le due de Villars, tenant les estats dc Pro- 
^oit soup^DD^ d'aimer ane dame grandc et 



uite du due me paroit nn probleme ; 
\u'il aime Iris, main je ne le crois pas : 
EUe a trop pcu de ce qu'il aime, 
Et trop de cc qu'il n'aima pas. 



— 118 — 



LES DfiVOTES. 



A la campagne on s*amute de M. 
A nos mulcts Vavoine onporU; 
AllofM-y par Id, c'est au btnU, 
Des prudes voyant de la parte 
Que ces tnulets indecenunent 
Temoignoient leur contentemaUi 
Elles ont des cHllades fines : 
Ma chere, sortons promptementf 
Ces drdles-ci nous font des mvna. 



AUTRE CONTE. 

Bacchus, en guerre avec I'Amour, 
Lui prit deux ouvriers fuibiles, 
II les fit conduire a sa cour, 
Jugeant qu'ils lui seroient utiUt; 
Quel pouvoU Stre son projet ? 
De les envoyer d la tonne, 
Le moineau cogne le fausset, 
Tandis que le mulct bondonne. 



— il9 — 
CHANSON 

SOS L'aIR : LkRE LA, LfcRE LANLkRE, 

c Tea qui se fit sar le pont Neuf dans rcnceinte de 
Henry IV. 

1759. 

Htmry qwUre, de son vivant, 
Ifa pus crainl \e feu par devant : 
Pourquoi done lui mettre au derrieref 

Lire la, lere lanlcre. 

Lire la, lire lanla, 

AUTRE. 

1740. 

Cy-gUt Louis de Bourbon, 
Petit prince et grand fripon. 



— 120 - 



ADIEU 

De M. H^raut , iotendant de Paris, k M. boiWit 
Fleury. 

17i0. 

Adieu, monsieur U cardinal^ 
Puisqu'on dit queje suis trk-mal, 
D'estre cocu plus me piqw. 
Que de mourir hydropiqtu. 



VERS 

Surle renouvellemcnt deTOp^rade PiramttTkii^ 
en f^vrier 17iO. La musiquecst deMM. Rebel etF 
coBur. 

17i0. 

Dardanus ct Castor, fils de Jupiter mSmt, 
Par leur baroque chant, nous foreentderotei 
Ha I que Jupiter donne a deux en fans qu'U fli 
Un foutu mailre a chanter ! 



( ! ) Les paroles sont de I'abb^ de la Nare et la i 
de Ramcaii. 



— Hi — 
VERS. 

1740. 

Putamt, comment faire avec votM f 
Si Von V0IU9 tue, on vous decolle (4); 
Von est pendu, ei Von vow vole (i). 
Si Von vous fout, on gagne la verole, 
Putains, comment faire avec vous? 

CHANSON 

SUR t'AIR : DIES IRiE, DIES ILLA. 

Snr H. de Harlay, intendant de Paris. 

Dans Paris un grand magistrate 
Intendant conseiller d'estat. 

Est mort d'avoir fait trop cela, 

• 

D'une antique origine il vini, 
Et par ses bons mots il parvint 
Au c^dbre nom d^ Harlay -Quint. 



, Moiria, d^oll^ k la Croix du Trahoir pour avoir 
1^ one fille avec laquelle il vivoit. 
erre-NicoIas Gaulard, chirurgien-dentiste^ pendu 
;tobre i7iO, poor avoir vol^ la nominee Varlet, 
nt aetrlee k TOp^ra. 

• lY. 6 



— 122 - 

Bon Dieu, quel homme e^utmt W. 
II en prenoit d VOpira, 
Mime d la foire el eitira, 

D*un certain malnefiU guM, 
Dont tous les ehirurgiens nd S^: 
Oil diable a-t-il mis son april^t 

Aussi la Mort, la fanlx en mu^ 
Vers soixante ans a fail sanim 
Quitter la perruque au rsMi. 

Seigneitr, sauvez ce Uber^t 
Ikimnerez-votis un pauwre kmsi^ 
Pour itre au sexe trop endinf 

Esperons que le del rira 
D'ouir chanter son Libera 
Par les piles de VOpira. 



HISTOIRE DU TEMPS. 

Sur la demoiselle Dazincourt,danseaM(iel*Op<ri- 
1740. 

Damont,jeune e'tranger, lorpmt 
Depuis longternps un pucelage 
Qu'd Dazincourt it supposoii, 
Dont elle n*awnt que la cag9* 



ires saupirs et doux langage 
mt le fHx quHl en offroU. 
filkUa pairU tie vouloit 
ivoir apkes pareiUes, 
^ouwit enfin les oreilles 
lu son de trente bons louis : 
nans furent de la fete; 
rais que pour telle Lais 
present n^est pas malhonnite; 
lqu*vn peut'itre s'ecriera 
e*esi marchandise un peu chhre^ 
^u*on vend moin's, pour Vordinaire, 
pucelage d*Opira, 
i qu*on en dise, netre dupe 
na louis et diamans; 
9 quel fat son dtonnement, 
h qu'ayant IcvS lajupe, 
pucelage pretendu 
nmva le ehemin battu ! 
rniprit lore qu*une danseuse 
oouvoit s'elever bien haul, 
I cette fteur si precieuse 
U avant elle fait le saut. 
oulut se mettre en furie, 
)hanteT la palinodie^ 
lemander ses diamans, 
s notre homme y perdit son terns. 
Dazincourt avoit Itonne memoire, 
ie Manon sachant Vhistoire, 
mettre I'exemple a profit, 
fu^que tapage quHl fit. 






— 124 — 

Jamais a rendre n'entendit. 
Elle fut trouver la Cartou, 
Celebre en ses galanteries, 
Plus encor par mille saiUia, 
Enfant de V esprit et du gwt, 
Lui demanda son sentiment, 
Ce qu'elle devoit dire et fcm 
Pour derober ce predeux salaire 
Aux poursuites de son amaiU. 
La Cartou repondit en actrice aclievee : 
Ton amant n^est qu'un sot; lorsque ftt k wrfi^ 
Dis-lui qu'il aille a I'Opera, 
Que sur la parte it y lira : 
Von ne rend point Vargent quand to foiteefltew. 



fiPIGRAMME 
Au sajet de mademoiselle Dazincoart. 

Un gros fermier, derriere la cwliuf, 
De certain droit traita, moyenmnt M- 
II paie, il trousse apres cela Vadn^t 
Qui d'accoucher n'attendoit quel'imto^'* 
Ceci tout court arrete le traitant. 
II veut, donnant au diahle sa corwe, 
Revendiquer Vargent pris d'arrivee, 
Bit qu'il I'aura, menace du sergent, 
Fi done ! monsieur, quand la toik est li^ 
L ui dit la nymp he, est-cequ'on rend targf^- 



— iw — 

CHANSON 
suR l'air : ah ! le voila ! 

17i0. 

Que notre vieux prefet Fleury 
Regente toujours, ou quHl creve; 
Que son disciple Louis 
Chasse, chevauche ct s*abreve. 
Ah ! le voila, ah I le voicy, 
Celui qui en est sans soud. 

Que la henoite LeczinsJcy 
Marmotte dans son oratoire, 
Ou qu^elle prenne un favori 
Qui la fosse danser et boire. 
Ah ! etc. 

Que le pauvre due d'Orleans 
ipouse sainle Genevidve, 
Qu'il soit cagot, quHl soit galant, 
Ou quHl devienne un peu mieve. 
Ah ! etc. 

Que Noailles, le mareschal, 
A Varmee ne voie que colonne, 
A la cour trottant bien ou mal, 
Qu'il ne soit aime de personne, 
Ah! etc. 



— 126 — 

Que ce franc fripon Chauodim 
Reste d Bourges ou wmuu d YtmBa, 
Qu'Orry le dur fosse sa fnaim, 
QuHl rende gorge ei puis t'en otttt; 
Ah ! etc. 

Que le pontife Vaureal 
Presente aux belles son offrwkt 
Que d'Auvergne le cardind 
A tous les culs tnette une mnk, 
Ah ! etc. 

Que le sublime CliastiUon 
Soit gouverneur du fits de Tnnet, 
Pour la rime, mais sans raim, 
Qu'il en ait la preference. 
Ah! etc. 

Qu'Asfeld, le triste mareschal, 
Ait genie autant que naissance, 
Qu'il soit a jamais glacial. 
El de pe'dantesque prestance^ 
Ah ! etc. 

Que Bellisle, Vaudacieux, 
Fasse fortune ou qu'il la man(pu, 
Que son frere, le te'nebreux, 
Soit prh de lui agent de banqw, 
Ah! etc. 

Que la belle ct douce Clermont 
Perpe'tue sa tendre Constance, 



— I«7 — 

Oh qu^entmyie de Nazon, 

Ette en fane entrer d'autres en danse. 

Ah! etc. 

Que la princesse de Charollois 
Mette vietix attraite en campagne, 
Qu^elle se tMttche avec les doigts, 
Faute d'outil qui Vaccompagne, 
Ah ! etc. 

Que la duehesse de Yillars 
Fasee la devote a outrance, 
Ou que, lasse dee papelards, 
Du prieut elle prenne la lance. 
Ah ! etc. 

Que la grande et forte Tallard 
Devienne prude et gouvemante; 
Qu'on la vote redoubler d'art 
Pour tirer sue d'humaines plantes. 
Ah ! etc. 

Que la maigre et pale Gontault 
Soil toujour $ bonne autant que eaine; 
Que la folle Chatellerault 
En coule d ses amans dans Vaine, 
Ah ! etc. 

Que la medisante Bouf/lers, 
Avec figure ratatine. 



— 128 — 

Toume det cerveaux d tewtm 
Et garde son humeur ta^jmt, 
Ah ! le vot2d, ah lie «otey, 
Celuy qui en est sans soud. 



CHANSON 

SDR l'aIR : YOILA LA DlFFikHia. 

Sur le pape Lambertini et le cardmilt'ivw^ 
17i0. 

DVswal et Lambertini, 
Abhorrent sexu femini, 

Voiia la ressembloMt' 
L'un vient d*etre fait ptpa, 
Uautre reste bougera, 

Voild la difference. 

CHANSON. 

SUR L*AIR : LA MARMOTTE A HAL AU f^' 

Sur la demoiselle Petit, danseuse de TOp^* 

17i0. 

Vous qui'jcroyez que la PtHt 
Fit ce que I'on rapporte, 



— 129 — 

Si vous avez lu son e'crit, 
Vous saurez ce qu^il porte ; 

II porte la, il porte la, 
II porte la marmotte, 

Preliminaire a ce jeu-la, 

Signifie la magnote, 
II est juste pour cela 

De la mettre a la porte. 
Toutes font la, toutes font la, 

Toules font la marmotte, 

Jacquet, Dardant contre Petit, 
Comme nous la denotent, 

Toutes deux mime chose ont dit, 
Mais toutes deux radotent; 

Elle ne fit, ellc ne fit, 
Elle ne fit que la marmotte. 

he temoignage de Dardant 
N^est pas ce qui m'importe ; 

Quand ce seroit du pere Adam, 
Que le diable m'emporte, 

Je ne fis que, je ne fis que, 
Je ne fis que la marmotte. 

Toutes deux en pareil cas 

Exercent la magnote, 
Du theatre on ne chasse pas, 

Pour un fait de la sorte, 

6. 



— !50 — 

On aime la, on ainu la, 
On aime la marmotte. 

Qwind nous entrons d VOpin, 
Noire vue la plus forte 

Est de compter sur ces gmtA^^ 
Et non sur la gavotte; 

Qui ne veut la, qui ne veul la, 
Qui ne veut la mamwUef 

Jacquet, laisse le the&tre Id 
Et montre la marmotte, 

Ta figure n^est que pour eda, 
Et pour porter la hotte; 

Laisse faire la, laisse faire la, 
Laisse faire la marmotts* 

Soil jalousie ou de'sespoir, 
Jacquet est une sotte, 

Quelquc jour, pour pareil eipoir, 
Aux laquais de la parte 

Elle fera la, elle fera la, 
Elle fera la marmotte. 



— 13! - 



CHANSON 

li'AIR : QUAND ON EST KOBT, G*EST POOR LOIIGTEMS, 
00 : SUR LA MARCHE DES MOUSQUETAIRES. 

I74t. 

Battez, tambours; jouez, hauibois ! 
Fleury, pour nous donner des UHs, 
D'ufi de ses hcutards a fait choix. 
Pour nous que de hontes il a ! 
Vive cent fois le grand papa, 
Et wve la chaise a coca (4) / 

Les hons neveux, les jolis fils, 
Les Rocozels, les Fleurys, 
Les Fontanieux (2) et les de Muys (3), 
Ah ! les grands sujets que voild ! 
lis font honneur au grand papa, 
Comme d nous, la chaise a coca. 

PoHaUs, sieur de la Chaise, fils d^an conseiller de 
or des aides de Sontpellier, en Langaedoc,et lieatet^ 
ao r^gimeifft des gardes fran^oises, fait second eor- 
de la premiere compagnie des moasqoelaires, aa 
1 regret de ce corps, comme n^ay; nt pas une 
isse assez distingu^e pour estre k la teste d'un corps 
t^ pour estre compost de gchtilsliommes. 

Fontaniecr, cy-devant intendant du Danphln^, 
conseiller d'Estat. 
M. deMuy, du nom deF^lix, en Provence , tons 

les rodres sont sonpgonn^es d'avoir iU amies du 
nal de Fleury. 



— 132 - 

QUATRAIM 
Troav^ dans le bonnet de nuit da Roy. 
17ii. 

La setmble et timide Horteiue((i, 
Atteinte d'un amour naistant, 
Loin de dire ce qu'eUe perutf 
N'ose penser ce qu*elle sent. 

VERS 

SDR LA REINE DE H0N6B1B. 

Octobre 17il. 

En vain pour t'accahler VEurope ioute en ama, 
De nombreux bataillons inonde tes ilats, 
Belle reinOf le del te donna tant de chama, 
QuHls te garantiront de tons leurs altentals. 
Laisse-toi de'pouiller et cede a leurmaiM; 
Laisse alter, s'il le faut, et chemise etjvpon, 
Cleopdtre autrefois, ainsi que toi jolie, 
De ne leur rien cacher te donna la le^on, 
Tu paroitras alors si fraiche et si fleuriet 
Que de votre Cesar I'dine tendre et saisit 
Oubliera tous ses droits pour te prendre k coji. 



(*) Madame de Mailly. 



— 133 — 

CHANSON 

8UH L'AIR : DIRAI-JE HON CONFITEOE ? 

La ehandelidre Berthelin 
Est, dit-OH, en grande doleance 
De voir sa nUce catin (4), 
Et son gendre en defaillance {*), 
Ei pour surcroit d*affliction. 
Son fiU aini faire cession (3). 

BREVET DE VfiNUS. 

iVenr de mademoiselle Leclerc, limonadiire da caf6 
de la R^geoce. (Novembre 1741.) 

Nous, souveraine de Cythere, 
Reine d'Amaikonte et de Paris, 
A nos ames et favoris 
Du vciste et galant hemisphere, 
A nos peuples, joyeux gaillards. 
Beaux jours, chevance et hazards. 



I La femme dusieur Leclerc, limonadier da caf^ de 
Sgence, partie pour TAngleterre. 
I Boivin , notaire, qui a fait une esp^ce de banqae- 
e. 

1 11 y a environ 15 mois qae la dame Berthelin a ob- 
{'interdiction de son fils aine, qui avoit fait pour 
tille li?res de dettes. 



— 1S4 — 



La muitresie de la Hcgtnce 
^out tttfttni fait reprhenter ^ 
Qti'dle ne smtrmt nurm^ntti 

Qui la tmirmentenf jour d nuit, 
Mnh qt%e n^ayatit mi dc natun 
M les cfmrmct ni fn fujnrtt 
Ni le^ ogremcnf de Vespritf 
Qui donncnf entu'rr Htmcf^ 
Aux femnies qui ten tmt repii 
De faire tturt marU tncut, 
A te dcfaMt, sant no» di^pemtt, 
Elte n'oamt ctjcuficr 
Ln sivUi que, dam ecu Hreomlmnt, 
EtU nam faUoit mppUtv 
Da vouMr Vtm ffmtifier, 
Vu xes hesoins, a^ant fait prmti j 
Qu*ttlh n^est pan, hien *V*i faulf 
Bam Varl de dttper uh jatatu:^ 
Et dc gimcr un billet d(^»^i 
Que par de frt^t/uentcs nvanem 
Et d' tit ties c(jndt:$evHdanr.cs, 
Eth suit quclcr dei galam, 
Et mpplctr mix agremcmi 
Que d'un& tj:ccsHi*c coquvite 
Elle a tt g<mt pnur {a prufvitf, 
Les rares dupositionSt 
Lev minvs^ tcs cojftQrswnx, 
Lei ain lascifg^ la gjtffixancf. 
Ay ant d'eiie rcpi ggrmettt, 
h*<tbitenicr ttn4$ nm r^gteittent 



— i3K — 

ontr§ ia pudtur, la ddcence, 
e noire plHne auiorite, 
*aiwms dh ee jour releve'e 
u serment de fidilite 
or eUe fait a Vhymenee; 
ermeitons, voulons et nous plait 
ue, quoiqu'elle ne soitjolie, 
n vertu du present brevet, 
ms erainte elle le cocufie, 
tsqu*^ nonante mille fois, 

son mati faisons defense 
e la troiibler dans Vobservance 
9 nos dogmes et de nos lois, 
en eaeiger la jouissance, 
ms peine de prompte impuissance, 

donnons en mandement 
I commandons expressement 
Vadroit et le'ger Mercure 
f la faire jouir des honneurs 
ifirex aux lubriques sceurs 
9 Vordre de noire ceinture; 
n'il lui foumisse, dans un mois, 
e VArdlin un exemplaire, 
7ur y chercher et faire choix 
une attitude salutaire, 
yant fait declaration 
ue la posture conjugate 
ui causoit suffocation, 
t lui pourroit itrc fatale ; 
uHl Vinstruise en I'art divin 
c pouvoir deguiser son teint. 



— 136 — 

Qui fait peruer a tout le mrnide 
Qu'elle a d^it le mal inmonde; 
Et le present il puhliera 
Partout oil de besoin sera, 
Donne sur lee bords de la Sem, 
Lejour qu'un peuple Italien^ 
Celebra de Vulcain la peine, 
Le bonheur de Mars et le ndm. 



CHANSOH 

SOR L'AIR : R^YEILLEZ-YOUSy BELLE EMDOBUL 

Sur Tarriv^e de Tambassadear da Gniid Soltu. 
17il. 

A man marije suis fidele, 
Mais je tremble pour mon honwWt 
J*ai, nuit etjour, dans la cervelle 
Les trois queues de Vambassadeur (t). 

{{) Said-Meliemet pacha, beglerbegdeRouin*lie,«|« 
eld nommd, par le Grand Sultan, son ambassadet 
extraordinaire anpr^s du Roi, parlil de Conslanlioof 
le 2 du mois d'aout dernier pour sc rendre cnFnoc 
et arriva k Paris le 16 ddcembre. 



— 137 — 

AUTRE 

BOB L*AIB : QUE JE GHiRIS MON CHER YOISIN ! 

Sor le mime. 
illi. 

Le Mros leplus vertueux 

Est un homme ordinaire ; 

MaU vne excellence d trois queues 
Eit un Dieu sur la terre. 

AUTRE 

DB L'AIB : DE LA B^QUILLE DU P&RB BARNABA. 

Sar le m^ine. 
1741. 

Du Turc Vambassadeur 
Vers Paris s^achcmine, 
Chacun avec ardeur 
Vient contempler sa mine. 
La plupart de nos filles 
Comptenl les queues qu'il a 
Pour autant de be'quilles 
Du pdre Batmaba, 



— 138 — 

AUTRE 

SUR L*AIR : LA FABIOORDAlSB , I1C. 

Sor le m^me. 
17ii. 

Femmes et fitles de Paris, 

Mettez en evidence 
Tous V08 appas, vos beaux haXnUf 

Pour plaire d VexceUence; 
Elle est a trois q^iettes, ce dit-mi, 
La faridondaine, la faridondon, 
Au service de ses amis, biribi, 
A la fagon de Barbari, mon ami, 

CHANSON 

SUR L'aJR : DE M. LE PREYOST DES 1AICIARIS> 

Sur madame de Mailly. 

Je n'ai pour (out lien qu^Wk Um, 
Avec quoije me rejouis; 
Cest ma pierre philosophale : 
Quand je le mets dans le atutel, 
Par une vertu sans Sgale 
II devient un tin got par fait. 



— 139 — 
CHANSON 

SUR L*AIB BB SON CONTOUR, LOURE. 

.. des Vieux, Spouse de N...de Barbevie, seigneur 
de Stint-Gonteit... intendant k Dijon. 

1741. 

Le college de Dijon, 
Prb$ de son intendanfe, 
Celebrant d^un beau ton, 
Sa grdce trop charmante. 

Fait un discours. 

Tout a Vamour 
De son con, tire tire, lire, 
De son con, toure loure, loure, 

De son contour. 

Trots jeunes deputes 
Detent d merveille 
Vers qu'on leur a souffles 
Qui charment les oreilles, 

Prenant toujours 

Et tour a tour 
Son beau con, tire lire, lire, 
Son beau con, toure loure, loure 

Son beau contour. 



— iAO — 

lis parlent de ses yeuz, 
De Mfi nez, de sa bowhe, 
De son air gracieux 
Qui les frappe et les ioueks; 
Mais leur discowrs 
Revient toujours, 
A son con, tire lire, lire, 
A son con, toure loure, Untn, 
A son contour. 



Pere Adam conducteur 
Avec surprise admire 
Son regard enchanteur 
Et son charmant sourirt, 

Et plein d*amour, 

Crie a son tour : 
Quel beau con, tire lire, lire, 
Quel beau con, toure loure, loitre, 

Quel beau contour ! 



Au convent arrive, 
Chaque pere lui crie : 
Qu'aveZ'Vous admire 
Chez la dame jolici 

Est'Ce de cour? 

Est'ce discours? 
C est son con, tire lire, lire, 
Cest son con, toure loure, lowre, 

Cest son contour. 



— i41 — 

Et depuis on entend 
Dire d ce divot pire, 
Soit en $e promenant, 
Ou disant son breviaire, 

Dutrait ioujours, 

RempH d'amour : 
Quel beau con, tire lire, lire. 
Quel beau con, toure loure, loure. 

Quel bean contour ! 



J'abjure lee erreurs 
De Vesprit molinisme, 
S'&irie-t'il en fureur, 
Ce$t lift grand fanatieme ! 
Vive en ce jour 
Le dieu d'amour, 
Et le con, tire lire, lire, 
Et le con, toure loure, loure, 
Et le contour ! 



A Rome on est surpris, 
A Naples et a Florence, 
Qu*un grand jesuite aitpris 
Avec tant de violence. 

En un seuljour, 

Autant d*amour, 
Pour un con, tire lire, lire, 
Pour un con, toure loure, loure. 

Pour un contour. 



— lit 



CHANSON 

suR L*Aiii : TO cttovoia qv*m whait truiirn. 

Pour rinltlligience de» ceiiplfrlf ci'<l(?*s<ms»il fwlt 
que M. dc Fowpquewx, iilfi de A|. de Fourqurni, 
ciireur gdn^r<i] de la chaiobre <Jc^ toaiptc^i it; 
madeitioiadlB de ^'Honlliyoo, filk dii iDnilri! ^Itiai 
de Udite cliamlice. €eite demobelle lyant rj| 
dit^ d«! passer ua Lit fori soavctit^sou 
plaiiidrs k sa m^re^ quL Jui ei>nadlla dek ( 
fort loec des verges im qo'il iU, ti I* i 
deiBoy«Ue sa vetigea cu 1« Jtiis^t «oou> 

Tu fats en vain de grands yia$ * 
Si lane m'aimois pas momtlie, 
Pourquoi ue *fw pompoii'tu pas? 

it me faut un autre remi^ 
Qt£une verge de t(i fi^cosif 
Ten goiUe d'une qui po*«Mf 
Le secret de nia ffuerison^ 

Tu ffCas mis te tots au dertike 
Avec rage et sanglani aff^vnt; 
Mais ame mie joie enticre, 
Moi, je te Vat piant^ am frmi* 



riBT Jkir TmsTi^ME volitki* 



RECUEIL 



:hansons 



TAUDEYILLES, SONNETS, 

taGBAMMES, liPITAPHES ET AUTRES VERS 

SATYRIQUES ET HISTORIQUES 

ATEC BES REMARQUES CURIEUSSS. 



VOLUME XXI. 



fOTA. Au commencement de ce volume, se troavent 
I pitees historiques plus anciennes que celles des To- 
nes pr^c^dents. {Note de Vediteur,) 



S015S, BTC. 

1561. 



— 146 — 
QUATRAIN 

Sur les mignons d^Henri HI. 

1578. 

Trots Romains, irois Sabins se tuerent jakm 
Pour Vlionneur de leur roi «( de leur rqri6ii|iif. 
Trots bougres, trots mignons en se hackantdetnfi 
Se sont donne la mart pour la ragepuhlique. 



CHANSON 

SUR l'air : voDS m'entendez bies. 

Henri IV 6lant encore roy de Navarre, fil cecoopfcld 
chanson au bal chez la reine Catherine, odilaToitpri 
h danscr la belle madame de Sauve. 

1580. 

Pinard, Brulard et Yilleroy 
Sotit trots cocus, comme je croit, 
Et Sauve plus qu*tm autre; 

Oh bien I 
Vn cocH meine V autre, 
Vous m'c7itendez bien. 



— iAl — 

DE 8AVYE SiPOHDIT SUR-LE-CBAMP A HENRT IV 
PAR CE COUPLET. 

Sire, ti les femmes vouloierU, 
TouB les maris cocus seroient, 

Et vous plus que les autres, 
Ohbien! 

Vn cocu meine Vautre, 

Yous m'entendez Hen. 



CHANSON 

SUR l'AIR : M'AMOURy PETITE. 

Y fit le couplet qai sait sar la belle Gabrielle 
dTstr^es. 

. <598. 

Si vous etiez cheval d'Espagne, 
Yous seriez pansee tous les jours, 

Petite, 
Yous seriez pansee tous les jours, 

Wamour. 

Yous auriez du foin, de Vavoine, 
Trois coups d'etrille au point du jour. 

Petite, 
Trois coups d'etrille au point du jour, 

M'amour. 



— 148 — 

Vaus auriez vn man, wm Mi, 
Vot» seriez sanglee Um let jam, 

Petite, 
Voi» seriez $angUe tm let jam, 

iTamour. 



CHANSON 

1599. 

All terns que deux putains, et la tmUe e( bineie, 
Vn juif et un houffon embe'gu'moient le Boy (*)> 
Quecesmaudits ligueursviettoientltiFraKt^l^ 
Dee debris fut haty le bordeau que to ootf (s). 



CHANSON • 

SUR l'AIR : RlgYEUL£Z-VOQS» BELU EMftOlU^- 
1599. 

Putain entre las plus putanUi, 
Dont la mere le fut jadis, 
Ton aieule et toutes tes tantet 
Fors que madame de Sourdit, 



[{) Le roy Henri IV. 

(2) La maison royale de Moneeaax. 



— U9 — 

ux vaUfit que ceux de Lorraine 
tent le royaume envahi, 
y voir le fits de la Yarenne 
le bastard de Saint-Abay. 



CHANSON 
ant la minority de Louis XIII. 
1612. 

;ofi florentin (t), autrefois 
oemoit Vempire frangois. 
9 un vit (i) s*y fit faire place, 
iepuis, sous Henry le Grand, 
on comme pltis proche parent, 
rit le trosne de sa race, 
mrd^hui encor sans dehat 
wn (s) gouveme notre estat, 
' revient d son premier etre; 
8 dcvons craindre, a mon avis, 
malgre nos deux jeunes vits {*) 
it (s) ne soil encore le maitre. 

de M^dicis. 

edicis. 
et Gaston, 
e Gond^. 



— 150 — 

CHANSON 

SDRLAlRlLADAUMONT.CmKBIfiOni. 
1623. 

Cesi madame de la Luzem 
Q^ides comes de son mart 
Veut faire une lanterne 

^o^feclairersonbonam. 
CHANSON 

SOR L'AIR : Du TEj^s pjj ROYGDlUaOT. 

i623. 

Du terns du roi Guillemot 
^^ de la reine GuillemoUe, 
On prenoit les hommes au mot 
Et les femmes a la motte. 



— 181 — 



CHANSON 



It ^tanl vena ambassadear d^Aogleterre en 
vers 1625 , fut fort aimd des plus belies de la 
itre autres d'Aone d^Autriche ct do madaroe 



1625. 



La reine (TAngleterre 
Ya par mer et par terrc 
Pour trouver son amant, 
Ce rCest pour autre chose 
Que pour ce petit chose 
Qu''on porte par devant, 

Madame de Chevrcuse 
Est bien fort amoureuse 
Du due de Boukinkant; 
Ce n'est pour autre chose 
Que pour ce petit chose 
Que Von porte par devant, 

Le cours et les Thuilleries 
Et les galanteries, 
Qu^on vous donne souvent ; 
Ce n'est pour autre chose 
Que pour ce petit chose 
Qu^ amour porte devant. 



— 152 - 
CHANSON 

SUR L'AIR : LE GROS SAINT-BRISSON, OO : 81 TW8 LB 
COCUS AVOIENT DBS SOKMBTTES. 

i6oO. 

Belle Chasseron, 
On est fort en peine. 
On dit cJiez la rem, 
Que tu es sans con. 
Oste-nous de peine 
Montre-nous le done, 

Madame Pilon (i), 
Garde (on dernhe, 
Car les e'trivieres, 
^c suivent deprez 
^^ fo sont promises 
i'ffr le beau Chalavs. 

AUTRE 

1G60. 

La Daumont, cede bigotle, 
^^^st laisse lever la cotte 



— 155 — 

Par le marquis de Sourdy, 
Qui n*e8t rien qu*un etourdy. 

La Daumont, qui est bien fine. 
Fait Vamour a la sourdine, 
Et dit qu*un pe'che' cache. 
Est d demi pardonne. 



CHANSON 

ir N.... Siguier, marquis de Saint-Brisson. 

1630. 

Je jure par le boeuf, 
Le cheval du Pont-Neuf 
Et la place Dauphine, 
Que le gros Saint-Brisson, 
De'pense plus en son 
Que Gaston en farine. 

La mouche a dit que Saint^Brisson 
Alloit souvent chez la Daumont 
Pour lui offrir, que bien que mal, 
Le service d'un gros cheval 
Pour lifnonier de sa charretle, 
Cela n^est pas dans la gazette. 



— 1S4 — 



CHANSON 

faite par Gaston , fr&re da roy Loais XIII, qai iU)Uii 
reux de Tabbesse de Monlmiirtre. 

4531. 

Elle a des lentes au tu, 
Vabbesse de Montmartre : 
Elle a des lentes au cu, 
Monsieur ne Vaimera plus. 



CHANSON 

SUR L'aIR : DES LAMDERIRETTE. 
1632. 

Connaissez'vons la Brisaciez (4)? 
Dedans le bal elle a chie, 

Landerirette, 
Nous ne Vavons que irop senti, 

Landeriri, 



(I) Celle a venture luiarrivaa un bal ^rboslelde. 
Paul que feu Gaslon , due d'Orl^ans, donna auni 
de Paris — II faut que cclte chanson soil plus o*^ 
puisque ce prince est morl en 1660. 



— 155 — 
CHANSON 

1653. 

Monaco est baise'e 
Par dPEffiat le chagrin; 
Grancey est cmhrassee 
Du chevalier Lorrain ; 
Louvigny est lassie 
De n*estre point trousse'e. 
Elle prend Manican 
Et le petit Marsan, 

CHANSON 

SUR l'aIR : IL A BATTD SON PETIT FRERE. 

Snr leroy Louis XIII. 
1737. 

Roy, ton erreur est extreme. 

Si tu pretends faire careme. 

En ne mangeant point de perdrix, 

Crois-moi, pour bien faire abstinence, 

11 faut retrancher les edits 

Et Vamour de son eminence (i). 

I Le cardinal de Richelieu. 



— 1S6 — 

CHANSON 

i638. 

Les hougres de ces lim, 
Tous ravis en extase 
En rendant grdce d IHeu, 
Chantent avec emphm : 
yrailHeuquicriadei 
Le genre humain, 
Conserve-nous la Bougmiin, 
t>u cherRomain{i), 



AUTRE. . 

Pour ne te rien celer. 
Tot qui me foutimasses, 
Ve ne puis ckevaucher 
De si laides carcasses. 
Car si je n'ai que Barbeziem, 

Et que Gourdon, 
Je m'en tiejis d la Bougrinikn. 
he Beaufremont (j) 



(0 Romainville... 

(2) Depuis due dc Foix. 



— 487 



CHANSON 

marquis de Coorcelles et le marquis de Beaufrc- 
. moot, depuis dac de Foix. 

1639. 

La grande putain 

Se nomme la Courcelle, 

Et quand Beaufremont la foutit 

Gerzay fat maquerelU (4). 



CHAMSON 

SDR L*AIR DE LANTURLD. 
1639. 

Senecey, la sainte. 
Est femme d'esprit. 
Si elle est enceinte, 
Cest de Vantechrist, 
Ona \m chez elle 
Entrer le moine hourru {%), 
Lanturlu, lanturlu. 



uplessis de Gerzav. 
ifayclte, ^vesque de Limoges. 



— 156 - 

CHANSOH 

1638. 

Les hougres de ces lim, 
Tou8 ravis en extiue, 
En rendant grdce d Dteu, 
Chantent avec empktue : 
Vrai Dieu qui crea deponvif^ 

Le genre AumatX 
Conserve-nous la Bougmi^m, 

Du cher Romain (<). 



AUTRE. . 

Pour lie te rien celer, 
Toi qui me foutimasses, 
'Je ne puis chevaucher 
De si laides carcasses. 
Car si je n'ai que Barbezieres, 

Et que Gourdon, 
Je ni'en Hens a la Bougrinikn, 

Be Beaufremont (j) 



{\) Romainvillc... 

(2) Depuis due de Foix. 



_ 451 - 



CHXUSOU 

1639. 



SOB <- *" 



1659. 



Enter lo'-'-'T^ 



— 158 — 

AUTRE 

SUR LE H^IE An. 

Sur le cardinal de Richelira. 



Cardinal, vous 4Us 
De race de fou. 
Que la malepeste 
Vous casse le cou! 
Les hemoroides 
Vous ont tout mange le cu, 
Lanturlu, lanturlu. 



CHANSON 

Sur madame de Basso mpicrre. 

46ii. 

Bassompierre, il ne sert de rien 
Qu'aux confins de la Germanie 
Soit a/pne tout voire bien; 
D'Entragues s'en moque et le nie. 
Mais on ne vous sauroit osier. 
En Vespousant, comme elle pense, 
Vhonncur de vous pouvoir vanter, 
D'avoir un des confins de France, 



— loO — 

CHAMSON 

SOR LE PETIT AIR DE LA FRONDE. 

Sur la mort du cardinal de Riclielica. 

1642. 

Cy gist le fleau de la terrc, 
Ce prestre qui faisoit la guerre. 
Qui ve'cut du sang des Frangois, 
L'auteur du mal qui nous desole, 
Et qui de sa nihce autrefois 
Eut deux enfans et la ve'role, 

CHANSON 

SDR L'AIR des TRIOLETS. 

Sur monsieur de Bullion. 

i6i2. 

Buvons au bonhomme Bullion 
Qui foHtoit toute sa famille, 
Tantdt en cul, tantdt en con; 
Buvons au bonhomme Bullion, 
Tantdt son fils, tantdt sa fille : 
Buvons au bonhomme Bullion, 
Qui foutoit toute sa famille. 



— 160 — 

CHANSON 
SUR l'air des lamcelots. 

llo(man,commissaire desguerres, fitcecooplttlliM 
du cardinal de Richelieu, doiitmadamedeVi|eniU 
confidente poor Faffaire qo*il avoit aree mtdiBefi 
guillon. 

1643. 

Vigean, au teint vemi, 
Dit (Tun triste langage : 
Mon emploi est fini 
Et mon maquerellage. 
Si monsieur Mazarini, 
Ne quitle pas son page. 



SIXAIN 

SUR LE m£mE. 

1642 

Quancl Armand vit le diable au chevet dessciM 
Prest a saisir son esprit au sortir de fa ho»k 

Dc le depayser il forma le dessein, 
Et pour fourher encore a son heure demiere, 

Ce ruse cardinal demanda le bassin, 
Et rendit finement son esprit par derriere. 



— 161 — 

CHANSON 
/air db l'Achelle do temple on les rochelois. 
Sor la mort du cardinal de Richelieu. 
1642. 

Monneur le cardinal est mort ; 
Par ma fin, il avoit grand tort 
De now laUser id la guerre ; 
PeutStre que s^il eUt vecu 
n eAt brM toute la terre, 
Ayant, dit-on, le feu au cti. 

AUTRE 

SUR LE m£iE air. 
1642. 

Ceux qui flattent Son Eminence 
De la vertu de continence 
Prennent, je crois, leur fondement 
Sur cette maxime qu*a Rome 
Un prelat qui fout par devant 
Y passa toujours pour saint homme. 



-^ 162^ 



AUTRE 



'^ufTZ'"-^^'' 






^T CN|E,E 



RECUEIL 



CHANSONS 

VAUDEVILLES, SONNETS, 

^IGRAMBIES, l^PITAPHES £T AUTRES VERS 

SATTRIQUES £T HISTORIQUES 

AVEC DES REBfARQUES CURIEUSES. 



VOLUME xxn 



RECUEIL 



CHANSONS, ETC. 



CHANSON 

SDR L*AIR DE FONTARABIE. 
I6i3. 

Madame cFAiguillon, 
Voriginal des sainies, 
Va (aire un hataillon 
De pucelles enceintes ; 
Mais, Uu ! quand Ufaudra combattre, 

Chacun foutra, 
Mais, las ! qwind it faudra combattre, 
Chacun foutra. 

Dame de Carignan 
A trotuseson bagage. 
Pour n'avoir p€U mange 
Avec le roi potage. 
Helas ! n'est-etle pas bien a plaindre. 



— 166 — 

Dans ce rcpas? 
Helas ! elle est d plawdre, 
La femme d Thomas, 

Dame de Saint-Martin 
Est partie par awxnee 
Avec tout le train 
En grande diligence; 

Helas I quand it falliU partk, 
Elle en pleura; 

Helas ! elle est d plaind/re. 
La femme d Thomas, 

CHANSON 

SUR L*AIR DE ZESTE. 

Sar SI. le doc de Beaufort , accost d^avoir tooIb fi 
toer le cardinal Mazarin. — Fut arrest^ kS sepi 
brc 16^, se sauva le 31 may 16i8 avec one eorde 
lui fut portee dans un p&le. 

1643. 

Beaufort est dans le donjon 
Du bois de Vincennes; 

Pour supporter sa prisoti 
Avec moins de peine, 

11 aura la Monthazon, 

Zeste, trots fois la semaine. 

Le cardinal Mazarin, 
Homme de prudence, 

A promts de mettre fin 
Aux maux de la France, 



— 167 — 

Cest un homme de respect, 
Zeste et de conscience. 



CHANSON 

SDR l\iR de MAIS. 
1643. 

lere est venu au con de Barbeziere ; 

oasse du devant au derriere, 
Mais, 
Pour si peu de chemin (aire, 
II ne faut pas de relais. 

VArtigny a pris fine verole 
n d'Origny, sa maitresse d'ccole, 
Mais, 
Si elle a la fesse molle. 
Son con est comme un marais, 

CHANSON 

SUR L*AIR : GAIGNE PETIT. 

1643. 

Je veux que Dieu me damne 
Si vous ne faites deloger. 
Bonne vieille dame Anne (i), 
Votre etranger (2) ; 

TAulriche. 

.e cardinal Mazarin. 



— 168 — 

Lesbarricadei 
Et les frondadu 
VotM feront tou$ deux enngv. 

Quant d moruieur le comb (t), 
II n'a ni vice m veriu, 

Mais je faU hien nunnt cmpti 
Qued^unfetu 
De Branle-pique (i) 
De frere wiique, 

Et de Vautre bee foutu. 



CHANSON 

SUR L'AIR : HARAIS, THAIS QUARTIERS Vt U 
R^JOUISSAMCE. 

IGU. 

Ami, quoi ! les cons te plaiscnt-iU encored 
Pour mot, je les abhorre 
Et fats voeu desormnis 
De rCen foutrc jamais. 
Je fais profession 
De cette belle et noble passion 
Des gens de condition ; 



(1) Louis de Bourbon, comte de Soissons. 

(2) Gaston, fr^re de Louis XIII. 



— 169 — 

11 n'est point d'honnite hotnme 
Qui n'ait palais dans Sodome; 

L9 ban tens 
nd, malgri le del, des habitans. 
Que fewAe I'iUustre mort ! 
Et Vheureux sort 
De €9 bougre invaineu, 
Ce saerSpontife de Rome {i). 
Qui mourut le vit dans le cu /.,. 



CHANSON 

SUR L*A1R DB MAIS. 

•^hal de la Meilleraie (La Porle), qu^on disoit 
pelit-fils d'an nolaire. 

16U. 

conquis dessus nos adversaires, 
IS, Esdin, la forte ville d^Aire; 

Mais, 
II n'efi est pas moins notaire, 
Cocu, jalovx et punais, 

ipe Urbain YlII , Barberini. 



— 170 - 

CHANSON 

1645. 

Un medisimt dU qu§ la RkomH 
Dans un jardin s'ebattoit d Piemii 
Mais on salt bien comnu la than n: 
Un damoiseau 
Lui baisa le museau. 
En lui faisant cela. 



AUTRE 

SUR LE ||£mE air. 
<645. 

Chacun sait bien Vetroite union 
ircntre monsieur et madame CouJon; 
Un chacun d'eux fait ce qu'il tmtt 6j«. 
-Si d'Emery 
Fait cocu le mari, 
L'autre en conte a Kinon (i). 

Icniif'l'^'"^?' conirOIcur general, qai ealrelenoii 
'cnclos et couchait avec mademoiselle Coulon. 



— 171 — 

CHANSON 

*AIR : 81 LBS GOG OS RESSEMBLOIENT A HONTBRUN. 



QM deMontbrnn sons Carriire avoit une affaire 
c VilUndry le Breton, gentilhomme de la chambre. 
mart donna on soofflet^ Yillandry dans les Grands- 
gnatins pendant la messe. lis se battirent ensuite en 
si k eoups de pistolets k la Place Royalc. Yillandry, 
int manqn^ son coop , demanda la vie k Montbron , 
L , Tayani d<sarm< , la loi donna k condition qo*il 
nprolt toot commerce avec sa femme. 

1645. 



Si les C0CU8 ressembloient a Montbrun, 
Dans peu de terns on n*en verroit pas un. 
Car Villandry dans Vaccommodement 
Luy a promis, 
Devant totis ses amis, 
De n*estrc plus amant. 



Belle Montbrun, ah! dites-nous 
Si un anuint ne vaut pas un epoux? 
Uun vo%u cherit, V autre bailie des coups. 
Sans vous presser, 

Je dis avec vous 

Qu'un amant est plus doux. 



— 172 - 

Belle Montbrun, voire pere ett hmm 
De n*avoir pets le nom de vakurevx, 
On dit partout qu'a la table etwUi' 
Jugez, passaiU, 
Sans dtre medisant, 
Ce que chaeun en dU, 



CHANSON 

SDR L*AIR : OUI-DA, SON CORPS Dl GOTTL 

Ecquevilly n'oseroit plus paroUre 
Elle a tout pris a ce pauvre 
Qui da, out da, ce pauwe prestn. 

Pour la Chompre Von feroit bien vn crmt, 
Chaeun voudroit 4tre dans son 
Oui da, oui da, dans son eslim. 

De la Ricouart, j'en aime toutes chases, 
Le sein^ les bras, mats surtout ion 
Oui da, oui da, son teint de roses. 

Par charite la devote Caliste 
De son epoux a fait un jan, 
Oui da, oui da, unjanseniste. 

Pour voire amour je vais, je trotte, 

Et fai pour vous pres d'un pied de 
Oui da, oui da, d'un pied de crotte. 



— 173 — 

vnpdeM que dire : Je vous aimc 
\ tout en feu vous montrer mon 
M dd,oui dd, mon mat extrSme ? 

fHUm, pour mieux eacher son dge, 
fait raser le poil de son 
ui dA, oui da, de son msage. 



CHANSON 

rqoU de MenneTiHe , pire de la demoiselle dc 
Menneville. 

1645. 



Menneville, cagot 
Dans son hypocrisie. 
Est comme un magot. 
En tirelarigot; 
Boit de la Malvoisie, 
fien souvent on le voit qui mamc 
Le gigot 
De Mar got, 
Le bigot 
Disant ses litanies. 



174 - 



AUTRE. 



Le comte de Grammoat faisoit de Teaa en ranr^t 
que mademoiselle de Bonceil , fille d*hooiieiir de ii 
reine, le regardoit faire ; U fit ce couplet qaHl loicltuli 
k sa fenfire. 

1645. 



Ah I Bonceil I 
Je crois que tu le regardes 
De ce petit coin de Vceil, 

Ah! Bonodil! 



CHANSON 

SUR L'aIR DES FEUILLANTINES. 

Sup la presidente rCscalopier , par Tabbe de Laffen'' 
Ellc ^loil soupconn^e de galanteric avec Ic marquUdf 
Vassd en IC46. 



Dans un amoureux dessein, 

Votre main 
Doit commencer par le sein. 
Puis, aprcs il faut descendre; 
Cost le con, c^est Je conseil qu'il faut prendre. 



— 175 — 

JTagis n discritetnent 

En aimant, 
Qu*on ignore mon tourment, 
Et la seule interessee 
fond, scat Ic fond de tna pensee, 

. Monsieur, siidt que vous montrez 

Voire ftez, 
0$i entend de tous cdtes 
S^ecrier la populace : 
e CO, voild le cocu qui passe, 

Cest monsieur VEscalopier (i), 

Chevrepied, 
Qui n*a pas de come au pied; 
Mais Hen a a la teste, 
I en ont, comme en ont certaines hestes, 

J'ai donne cinquante francs 

Aux feuillants 
Pour prier Dieu tous les ans 
Qu\l donne la patience 
les CO, a tous les cocus de France. 

Les recors et les sergens 
Sont des gens 



JUer au parleinenl. 



— 176 — 

Qui fie 8ont point ohUgemu .- 
Pour gagwsr pnde et ekfiM, 
lis vous, fou, il$ wms fburrefU cm FewMtMt. 

Et vous, madame Rtcotiorf, 

Tdt ou tard 
VouM en awrez votre part; 
Votre mari a la mine 
De vous met, 4e vous mettre anx FhttUmttiies. 



AUTRE 

Sur le nidiD« air et les m^mes persoioes qae I 
4646. 



Ce fut entre deux et trots 

Qu'une voix 
S'e'cria vers Sainte-Croix ; 
Au secours, on m'assc^sine, 
On me fou, on me fourre aux FemUawiiw*- 

On vit arriver Charrost 

Au grand trot. 
Qui lui dit d'un ton haul ; 
Celles qui font les badines, 
Je les fou, je les fourre aux FeuiUantinti. 



— 177 — 

Eit-ee done Id la douceur, 

Monseigneur, 
Qu'on a pour ma helU-scBur? 
Belle'SCBur, tante ou cousine, 
',, jo Us fimrre aux Feuillantines. 

Voyant oenjr ion dpoux 

En courrottx, 
Elle SB jette d ses genoux. 
Je ne serai plus mutine, 
loi, sauvez-moi des Fettillantinesm 

En ce moment a pasne 

Son Vasse 
Criant comme un insense : 
Au secours, voisins, voisines, 
u, on la fourre aux Feuillantines, 

Monsieur de Bemay y vint 

En satin. 
Tenant sa lardoire en main : 
Betas! c'est notre voisine 
fou, que Von fourre aux Feuillantines. 

Yrai Dieu, pour le passe-tems 

D'un moment 
Faut-il que je souffre taut ? 
Pour avoir etc coquette, 
done, faut-il que je sois nonnette? 

8. 



— 178 - 

Eficor si je Vavois fait 

Tout a fait, 
yen aurois^moiru de regrti; 
Pottr en avoir fait la wm'w, 
On me. fou, on me fourre aux Feuinantinei. 



EPIGRAHHE 

Par M. de LafiKmas. 

i6i6. 

Momigot, faisant sa retraite, 
Dit que si son maistre eut veseu, 
Tel de la chamhre le maltraite 
Qui lui viendroit baiser le cu. 
Cependant, il faut qu'il en sorte ; 
J'ai vu son conge' sur la porte, 
II garde dejd le mulct ; 

Voild ce que c'est 

En pensant ctre 
Tout ensemble valet et maistre, 
II n'est ni maistre ni valet. 



— 179 — 

CHANSON 

L*AIB : QU*EN OIRA-T-ON ? 

adaroe h comtesse de Fiesqae. 

i6i8. 

? tort de v<m$ mettre en colerc, 
bal sans collet, ni gaudron. 

Ma foi, c^est faire 

Trop de fagon; 
ius iriez mime saiis cotillon, 

(3fi*e9» diroit'On? 

evillan, Saint-Megrin et Tiembrune, 
tms mieux que la pauvre Pont (i). 

Si la fortune, 

D'un hanneton 
I rot sensS comme un Caton, 

Qu'en dirait'on ? 

reine; elle s^appeloit R^gnier ; oo dil 

u due de Vitry, elle se fit avorler par 

oaeuse sage-femme, qui fut pendue pour 

tte occasion qu^Esnaut fit un sonnet cltd 

)r^ux dans ses satires. 

insi : 

menrs avant que de naltre. » 

algr^ Tamour te fait donner la mort. » 
le de Pont, aim^e de Henry de Lorraine, 
li fut ^ Naples dans respiSranec de se 
cc royaume. 



— 180 - 
AUTRE 

SOR LE lUliE AJR. 
<648. 



^«pfe», Courtray, Beaufbrtetlamte 
^^dtmepaixlapttblicaHon 

Trouble la teste 

^eecoyon({), 
S tl est contraint d^ahandonner Natm (,). 

Qu'en dtra-t-on? 



CHANSON 
SDR l'air : HO? g\jL 

prince avan, mnXZT'. * S'"»"'-M'"«'«'»l'. "• '« 



^« ^/-o^ baron dc Jarze 
^""fi" n'est plus ,neprUe 



(0 lecanlioalAJazarin. 
\2/i La rejne. 



— 181 — 

De la Chastillon {i), 
Comme de Martkan (i) 
11 va pretidre la place. 
Si ce Touneau n'a pas de con, 
II a la fesse grasse, 
Hogue(z)t 



AUTRE 

sua LE Sl£l|E AIR. 

Sur le caniiiial Miizarin, par Blot. 

1648. 

Pour mot, je suis sans chagrin 
CoHtre Jules Mazarin, 



lademoisdle de Boutteville. 

ademoiselle dii Vigean. 

I. le prince, n'ayant pas toujours considere (3gale- 

e baron de Jarz^, 8*en dloitenldt^, lorsque la chan- 

. Taile, aa point quMI ne vouloit plus souper sans 

faireancune parlie quMl n'en fdt. 

rince avoil 6U fort amoureux de mademoiselle du 

I, qa*on appelait Harlhon. II 8*en d^goula tout d'un 

aron de Jarz6 Tut bless^ au Iravers du corps au 
le Cambray, et son cheval tuu sous lui. Elanl k 
il cria k Vitlemberg, son ami, el dans le parti du 

de Condd, qui passoit avec dcs chevnux de main, 
en donnerun;il luir^poadit, en fuyuntau galop : 

ami, ton valel ! » 



— 182 ~ 

Cest un etranger 
Qui veut se vcnger; 
Je pardonne a sa haine, 
Mais je voudrois bien etrangltr 
Notre putain de reine, 6 ^flj((i!, 
Notre putain de reine. 

Mazarin, ce bourgeron, 
De Paris chasse les cons ; 
Cest un renegat, 
Cest un bougre ingrat, 
De les avoir en haine; 
II n'eut jamais ete qu'un fat, 
Sans celui de la reine, 6 gay, 
Sans celui de la reine. 



AUTRE 

suR l'air : lI:re la, etc. 

Sur le cardinal Mazariu. 

1648. 

Sire, vans n'efes qu'un enfant (t) 
L'on vous derobe impuncment ; 
Le larron baise voire were, 
Lcre la, lere lanlaire. 



(1) La reine Anne d'Aulriche. 

(2) Louis XIV. 



_ »85 — 

teme.ondUqu-ilaproMc. 

OebaUer Voire Majette. 
Muribien que ,on petit frere. 

Lire la, Ure lanlatre. 
AUTRE 

Sur le mSinc. 
1648. 

Le fichu Sidlien 

Nc vaut rten, 
Ileithougrecommcunchien, 

Elle en a, sur ma paroU, 
anslecu, dans Uca. noire Espagnole. 



— iW — 
AUTRE 

Sur le cardinal M«Mrin. 
1649. 

11 court un bruit par la vUle, 
Qtut Vesprit du gueum d§ Skilt 
ReviefU A la eour toui leijoitrf ; 
Pour chasser cet esprit immonie, 
Amy$, it faut avoir recours 
A Veau benite de la Fronde. 

Le cardinal est fort en peine, 
Comment il doit foutre Chimhu; 
N^ayant jamais foutu de con, 
II craint qu*au consistoire on seekc 
Qu'il a meprise la legon 
Qu*on lui donnoit etant bardaehe. 



St 
Q 
Q 



CHANSON 

SUR L*AIR : IL A BATTO SON PETIT FRIIE. 
1649. 



Les conscillers dc uotrc rcyne, 
Dans leurs fonctions souveraines, 



— 185 — 

5^ trouvent n bien desormais 
Qti'ofi leur firoite le cul d'ortie, 
Quand on leur parle de paix 
Ou cT imfi bonne amni$tie. 

Jean d'EsMes, voire humeur ducrdte, 
Ainti que vetre amour parfaite, 
Voua eameront bien du tourment; 
La femme de monsieur le Page 
Trtune que e'est, en eon amant. 
Urn grand de'faut que d'estre sage, 

Quoi que Philis en puisse dire. 
Amour le tient sous son empire, 
II est le mattre et le vainqueur. 
Mais, dieux ! voyez la fine mouche. 
Amour est un dieu dans son coeur, 
Et n*est qu^un faquin dans sa bouche. 



CHANSON 

Aia : vous charhez tout et le teint de 
l\iurore, ou : o beau jardin. 

1649. 

Otis charmez tout, et le teint de V Aurora 
vpres de vous paroiiroil obscurci ; 
Des coeurs vous faitcs le souci, 
elle duehesse, et vous re'gnez encore 
ntre Beuvron, Chastillon et Toucg, 



— 186 — 

CoMolez-vous, Gt*erchy, n la Timhrmt, 
A, dessus V0U8, le prix de la 6eattte, 

Car la chaste severite 
Pent nuire autant a sa bonne fortwM, 
Que V0U8 y sert voire fadlite, 

Cest a demain le premier pas de dante 
Que vous ferez, messieurs du ParlemeiU; 

ConduiseZ'VorAs Hen sagement. 
Car vous aurez tons les yeux de la Fnmct 
Pour les temoins de vos deportements. 

Le cardinal vous voyant chez la reine, 
II vous dira : Salamalec, Frondeurs, 

D^ou diable vous vient cette Aufnevr? 
Vous nCavez mis bien souvent en grand>peiM 
A tous momensje me conchie de peur, 

Vous lui dircz : Buongio'cno, signor Jules. 
QiCavez-vous fait d*un certain fiahit gris 

Qu'aiix barricades de Paris 
Vous prites pour monter sur la mule? 

He'las I mon Dieu, fen croyois elre quitle; 
Maisje vois bien que tout est coufondu. 

Suivons, suivons mon cher Beautru, 
Le plus sur est de gagner la guerite. 
Car sans cela, j'en aurois dans le at . 

He'las! mon Dieu, que dcviendront mes nika 
Dont le con est si bien place ? 



— 187 — 

Ha ! madame de Senece, 
De fort hon caur, fabandonne ces pieces, 
Si d nun seul Vautre trou est laisse. 

Cest vainement que Coetquen dissimule ; 
Depuii longiems on connoit son amour, 

Et Von dit dans toute la eour, 
Qu'U falMt bien un des enfans d'Hercule 
Pour remplacer un des enfans d'Harcourt, 

Ton teint n^a ricn qui ressemhle a V Aurora, 
II rCest ni blanc ni couleur de soucy, 

n n*est pas incarnat aussi. 
Noire Brezy, et tu rdgnes encore 
Entre la suie et le notr d noircy. 



CHANSON 

OR L'AIR : UN JOUR PIERROT VOTANT MARGOT. 

'aisn^ des neveux du cardinal Hazarin qui fut luc k 
a batailie de Saint-Antoine, aa si^ge de Paris. 

1649. 

Cy-gist le petit Mancini, 

Le neveu de Mazarini, 
L'oncle en pleure commc une vacha 
Et s'e'crie : Helas ! quel malheur ' 
11 nCestoit neveu et bardache 
Et je Veusse mis en favour . 



— 188 - 

Ce faquin, tTadresiaia ouroi, 
Lift dii : Oh! tin, pkdgitBHui, 
Af>ee grand raUonjt me /8eAe: 
II fut aux coups Mfu mofifMV, 
/I nCettoU nejoeu et hardaehe, 
n nCeMtoit bardache et nnM, 

tt Hoit bmu, U itoU dotu, 
Etje Vavois drenipfmr mt. 
Oh ! la pitoyabU ooenficre,. 
Je VaimoU eordialemeni 
Selon let lois de la nature 
Etje le foutois autrement. 



CHANSON 

SDR L'aiR : UN JOUR PIERROT VOTANT HAICOT. 
1649. 

Lc marechal de ViUeroy, 
Ayant su elever le roy, 
Ne sauroit manquer de lumiere; 
Les uns disent : Cest un drageoy, 
Les autres, une (abatiere, 
Quelques autres, un petit bougeoy (t) 



(1) M. le prince disoit que les cocas portoienl cobub^ 
ties iamidres au boat de lears comes, ce qui les fiiso"' 
reconnoitre d'une Keae. 



— 189 — 

CHANSON 

im l'air : quelle heure est-il, margot ? 

1649. 

Belle Comminge, 

Rien fCest si beau 

Dessous ce linge 

Que voire peau, 
Gardez voire chemise. 

Pour un autre corps, 
Elle n'est pas de mise 

Sur tant de tresors. 

CHANSON 
SUR l*ajr : vous h'entendez bien. 

1649. 

Madame de Miramion 
Donne une bonne legon; 
Disant d^un ton severe : 

Eh bien ! 
Mentir est pis que faire,, . 
Vous m'entendez bien. 



— 188 - 

Ce faquin, s'adressant au ni, 
Lui dit : Oh! sire, pUngnez-m, 
Avec grand raison je me flxhe : 
11 fat aux coups sans mon owv, 
n nCestoit neveu et bardaeht, 
II nCestoit bardache et neoev. 

n e'toit beau, il e'toit dottx, 
Et je Vavois dress^ potsr vm. 
Oh ! la pitoyable avefUwn,* 
Je Vaimois cordialement 
Selon les lots de la nature 
Et je le foutois autrement. 



CHANSON 

SUR L*A1R : UN JOUR PIERROT VOTANT HABGOT. 
1649. 

Le marechal de Villeroy, 
Ayant su elever le roy, 
Ne sauroit manquer de lumikre ; 
Les uns discnt : Cest un drageoy, 
Les autres, une tahatiere^ 
Quelques autres, un petit hougeoy 10 



(1) M. le prince disoit que les cocus portoieoi coddc 
des lumidres au bout de leurs cornes, ce qui lesfii^i^ 
rcconnoilre d'une lieue. 



— 189 — 
CHANSON 

IR L'AIR : QUELLE HEURE EST-IL, HAR60T ? 
1649. 

Belle Comminge, 

Rien rCest H beau 

Dessous ce linge 

Que votre peau, 
Gardez voire chemise. 

Pour un autre corps, 
Elle n'est pas de misc 

Sur tant de tresors, 

CHANSON 
SUR L*AiR : vous h'entendez bien. 

1649. 

Madame de Miramion 
Donne une bonne lecon; 
Disant d^un ton severe : 

Eh bien ! 
Mentir est pis que faire,.. 
Vous m^entendez bien. 



— 190 — 
CHANSON 

SUR l'aIR : DE GRAND GCEWWB. 
Sor roadame de Montbaxon. 
1649. 

Grand contuse, grand conone, 
Pourquoi fous-tu done tent ? 
Les mts sont H petiU 
Et ton con est si grand; 

Je ne nCen saurois. Ion, Ian, la, 
Je ne nCen saurois passer. 

fiPIGRAMME. 

1649. 

Quoi I le plus faquin des Roma\n% 
Tranchera du monarque en Franct 
Et tiendra seul entre ses mains 
Nos vies et notre substance ? 
Nan content de donner les lois 
D'une autorite souveraine, 
11 dormira comme le rot 
Toujours aux cdtes de la reine ? 
temps, d mceurs, 6 princes ! 6 lois I 
Que diroient les nobles Gaulois, 
S'ils vnyoient leurs enfans esclaves 
Du plus in fame des Latins? 
lis diroient : Ceux qui font les braves 
Ne sont que des fils de putains. 



— 191 — 
CHANSON 

R L*AIR : IL A BATTU SON PEtIT FRtlRE. 

Que Gaston pre'tende d I'histoire 
Et le p^e Goffrc d, la gloire. 
La Rivih'e au cardinalat. 
Que Conde n'aime que Vinceste; 
Pourmoije n'aime que le plat 
Et me moque de tout le reste, 

Vhistoire avec la renommee 
N*est que vapeur et que funiee. 
Pour la gloire,je n'*y crois pas; 
La pourpre n'est que bagatelle 
Et Vinceste ne me plait pas. 
Car ma sceur n^est pas assez belle, 

Remenecourt, Saugeon, Survillc, 

Sont toutes trois alle'es en ville 

Pour relancer leur confesseur 

Et faire les meres Therhcs, 

Mais, helas ! mon Dieu, j'ai grand^peur 

Que ce soil a la bigarnaise. 



AUTRE 

J* DC cf aift^ ;?omf dan$ €t:U( i(tri!ffe 

Qii'on vcnde mes bicns d Toifeif , 
J*irai pariout cojume m% ap©lf^^ 
Et si je dine dans un ttrnp^ 
J'irai U io«> imtper dam I'antn, 



:"^ 



It n*csf point auez de plnifM 
bam tout h *^ifaume dt Fna 
Pour pendre tons vo$ cfuiemi§i 
Si voire asMasginat ^e fmde 
Sur cet^ qw mus avc£ trahi$. 
Helm! on pendra tout ie monde. 

Les garnitures a la Candate{i) 
Font pamitrc un vi^at/e jiAk 
El rendent fair triste et dolcnL 
Qiifconque en invents ta rnmU\ 
Soit la gtMlante ou h gaiant. 
Est peraonne fort incommode, 

(i ] M. de Candale, Ols du ilti« irEperiioiit moftl 1^ 
<l*iin mn\ viJiidrien, H^H J'liommc d« Ijj tmv qui *^ 
tail le mkui el inventoil toqjour^ dit nouvc'lk) o 



- 493 — 

Amour, voyant d'Holand si belle. 

Fit une injustice cruelle 

D' employer mieux ces yeux vainqueurs, 

Dane une aventure pareille. 

He feroient mieux de fondre en pleurs 

Que de ne brillcr que par Meille. 

Charles allant en bonne fortune (i), 
Quoiqu*eUe soil un peu commune 
On vous y sert mal, sur ma foi. 
Ma foi, c'est eslre un grand maroufle 
Au valet de chambre d*un roi, 
D'*oublier ainsi ses pantotifles. 

A ce grand mare'chal de France («) , 
Favori de Son Imminence, 
Qui a si bien battu Persan^ 
Palluau, ce grand capitaine. 
Qui prend une place en un an. 
En prend deux dans une semaine (i). 



i roi d^Anglelcrrf . 

t mar^chal de CIdrambault, corolc de Palluau. 

)tte chanson est Ttiite par Blot. 



— 194 - 

CHANSON ' 

SOR L*AIII : IL A BATTO SOU ftm FltU. 
1649. 

Guerchy, tu ravis tout h mimdc ; 
Pons est celle qui te secaniU; 
SAint-Megrin passe les ImUeowit); 
Segur s^en va vieille et mourwUi 
Nemllan, les moins miditwu 
Disent qu'elle est rousse et mkha^if- 

Ccttc maison est impudiqut («) .- 
Les pages s'y branlefU toptfue, 
Les gardes foutent les exempt* : 
Pour achever la bougriniere, 
On dit que treS'Surement, 
Guitaut foul en cut la Raliere (i) 



H) Estuer... 

(2) On veut parlcr icy de la maison de la reioe 

(3) La Rali^re, Fenestraux, enseigne des gard* 
reine-m^re, sous M. Guitaut, capilaine, en 1643. 



— 195 — 
CHANSON 

8UR L*AIR : SI LE.S COCUS, ETC. 

Le chevalier de Riviire fit c« couplet. 
1648. 

ikM$ ies plaisirs, amis, soyons pUmge's, 
Tani que not jours seront prolong ds. 
Pour ee qu'on voit aprhs notre trepas, 
Nous le saurotis 
Et nous en parlerons 
Quand nous serons la-bas, 

RfiPONSE DE BLOT. 

Cher chevalier, de ton madrigalei. 
Par lamorbleti, je suis mal satis fait, 
Tu dmUes done ? Moi, je ne doute pas ; 
Car je sais bien 
Que nous ne saurons rien 
Quand nous serons Id-bas, 

Suivons le train que wai^on nous prescrU, 
ObligeonS'les a nous branler le vit. 
Pour apprendrr cet usage aux humainf. 



— 196 - 

I^ieu qui ett boii ' 
NeleurafaUqu'uHm 
Et feur donna deux mmnt. 



CHANSON 
sua l'air : va te pendre au miAis 

<6i9. 

Impertinent Flenelk (4) 
N'aies point de remordt : 
En baisant la pucelle, 
Tu n'as pas faU d^ efforts; 

Car dedans la eontree, 

'^'onafrayeVentrec; 

It y a des muguets 

liien plus fins qtCau Marais. 



AUTRE. 

i'ai- Blot pourlccJievalier dc la Riviirf, qui mil 
'^ V. le prince. 

^^^'^^erchevalief, que je Came! 
^'' '^ as jamais fait carenic. 



(0 'e marquis defiregi. 



— 197 — 

Tu tfides fort Uen le flacoti, 
Bible pour toi n'est que chimcrc, 
Tu n'as jamais foutu de eofi, 
Et ii, tu ne vaux pas ton pere, 

AUTRE. 

Je veux sortir de cette ville. 
Car fy amasse trop de bile, 
Je m'y trouve trop desole\ 
Je suis chagrin, je suis colerc, 
Cest,je erois, Vairdujulnle' 
Qui invest entUrmnent contraire. 

Eh quoi! pouvons^nous voir Fontrailles, 
Le puissant demon de crevaille, 
Le grand protecteur du piot, 
Ce debauche' illustre et rare, 
Je-Cmer ainsi qu'un idiot 
Et suivre ce foutu comare ! 

Quoiqu'd son retour d^Angleterre, 
11 ne vida jamais de verre 
Que rempli de decoction^ 
Je n*en dis pas une parole ,• 
Mais je suis dans Vaf/Ucdoti 
De le voir sobre sans ve'rolc, 

Denis, famcux apolhicaire, 

De toi je veux prendre un clysterc. 



— 198.- 



Torthammi 

Mmi U Mgtmirkd ktdSkMki 
Gar II m i0ii^fMr jMlnfa 



FIN DO VIZIGT-DBDXlfeHE TOLUME. 



RECUEIL 



HANSONS 



VAUDEVILLES, SONNETS, 
SRAMMES, ]£PITAPHES ET AUTRES VERS 
SATYRIQUES ET HISTORIQUES 

AVEC DES REMARQUES CURIEUSES. 



VOLUME XXIIi. 



RECUEIL 



CHANSONS, ETC. 



CHANSON 

SUR l'aIR : IL EST DESSUS SON LIT. 

11 est dessus son lit, 
Varchevesque de Bourges, 
II est dessus son lit 
Qui sc bransle le vt7, 
Reniant chreme et baptdme, 

E( jurant, le vit au poing, 
Qu'il se fontroit lui-memc. 

Si son cut n'ctoit si loin. 

IV. 



— i02 — 



CHANSON 

SOR L*Alft DBS TUOLCTS. 

Sur ee que Ton donna le brevet de doe k %. deNoirmM* 
tier (U Tr^moill^ donl hi remme s'appdoit ReoN- 
Joiie Aobry, fiUe de Jcao Aobry, seigocor de Tille 
port. 

1680. 

Appritez, monsieur le Tellier, 
A dame Aubry »on escabMe 
Pour asseoir son noUe fessier, 
Appretez, monsieur le THlier. 
Elle est du sang d^ Aubry le Botuher (i) 
Des maiUotins la plus fidele; 
Appretez, monsieur le Tellier, 
A dame Aubry son escabelle. 



CHANSON 
sua l'air : et la lan out, et la lan voibe. 

Quoi I la Charny est mortelle ! 
C'est tin prodige nouveau. 

(!) Cel Aobry, boucher, ^loil chefde ceux qui se bal- 
lircnt a coups de mailtets sous Philippe le Bel, el qui, 
par cetlc raison, Turent appel6s Maillotins. 



~ 203 — 

O nature, elle est trop belle. 
Preserve-la du tombeau; 
Tu pris plaisir d la faire, 
Et la Ian ouy, et la Ian voire, 

Priez pour la Dolainville, 
Pauvre petit Champldtreux ; 
Car le bruit est par la ville 
Qu^eUe autorisoit tes veeux; 
Tu en dois cherir la memoire, 
Et la ton ouy, et la Ian voire. 

La Ribaudon^ sous le linge, 
A ce que dit Champldtreux, 
A le eul fait comme'un singe, 
Et le cuir plus raboteux 
Qu'une vieille de'crotoire, 
Et la Ian ouy, et la Ian voire, 

Ce que Lais 4toit d Rome, 
La Montbazon Vest d PaHs ; 
Elle ne refuse personne 
Qui lui donne un honnite prix ; 
Cest Id sa dot et son donaire, 
Et la Ian ouy, et la Ian voire. 



— «04 - 



CHANSOH 



SUB L AU Mf 



UA gmrdaime €kmU0fmm$, 

Si qu'd tmri on Vmeetuas 
Pour fmire ripithmlfme 
De moniieun ei de madams, 
U foul que ehaeuu pro^ame 
Le caniique que wild : 
II esl eocu, il eH ballu, coxM, 
El quiconque dil aulremaU, 
H ment, il menl, il ment 



AUTRE 

Sur »I. Barbe, homme d'affaires qui faisoiinio«»e 
du bel ak. 



Barbe mcrile le balutlre; 
Vertublcu, c'esl un homme illuslre : 
II che'ril les culs el les com; 
Les pxhtolles lui sonl des maiUei, 
Roquelaure el fous les gatcons 
Prct de luy ne Bonl que canaiUes, 



— -205 — 
AUTRE 

SUR LE h£|[E AIK. 

Quafid Cfiausseraye, au poil de vache, 
Se fait foutre par un bardache (i), 
Ei que notre dame d'atour {%), 
A Chateautier bransle la inoUc, 
Si Loube ne faisoit Vamour, 
Parbleu elle scroti bien sotte. 

La Colbert (3) nen est pas plus vainCy 
Quoique, en la chambre de la reine. 
On ail fait asseoir son fessier ; 
Car en duchesse de'bonnairc, 
A son cousin le tapissier 
Elle a donnc son dais a fairc. 

AUTRE 

SUR L*AIR D'ALLELUIA. 

Que Deodalus est heureux 
De baiscr ce bee amoureux. 
Qui d'une oreille a I'aulre va. 
Alleluia f 



Le marquis de Biron. 
Madame de Durenfort. 
Madame dc Clievreusc. 



S» le rot MHoil id momir. 



AMmlm. 
Ht /biiAp* Ml oMi if ftu jMra( 

La ^OrUam ei U$ VamMi, 
Se servent de gaudemkku, 
De «flf potfT 9iU$ U n'lf m, 
AUeima. 

La Mothe disaU rautnjmtr 
A Rtchelieu : FetUoru Tammir, 
Embreusons-nous et cetera. 
Alleluia. 

Chemerault luy disoit : Fripon, 
Prenez-moy la motte du eon, 
Et laisiez Vautre motte Ui, 
Alleluia, 

Si vous voulez savoir pour^^uoi 
On fout la Bonneuil malgre $oi, 
De con de son calibre il n'y a, 
Alleluia. 



— 207 — 

rambaut disoit Gourdon (i) . 
f-moi le mt dans le con 
voir comme cela fera, 
Alleluia, 

saii comme quoi Fouilloux (i) 
ivoir foutu tant de coups, 
ivoir une fois mis has. 
Alleluia, 

I d^Alluye ne la foul pas bien, 
ii dit : FoiUu vilain, 
note a passe' par Id, 
Alleluia, 

nneville et de Brian 
rt jamais un embrion, 
J son phre il ne sera. 
Alleluia, 

I Marsillac au monde vint (s), 
lefaire les Philistins, 
ire d'asne il apporta. 
Alleluia, 



:|uis de Cl^rambaat,qui a espouse depuis 

I da Plessis ; et Gourdon, Anglaise, fille de 

Bile. 

nneur de la reiiie, femnie de M. d'Ailuye. 

lie de la Rochefoucauit et grand-maitre 



— 208 — 



CHANSON 

SUR L'AIR : BUVONS DONG, MES CBERS AMIS, 
OU DES ROCHELOIS. 

Que la Ferte ne ni'aime pas, 
Qu'il 8oit trailre comme Judas, 
Qu*il soit ivrognc et sodomite, 
Qn^il soit cocu comme Vigean^ 
Et puis qn'il soit mange des miies, 
Cela m'est fort indifferent. 

Que la petite la Ferte 
Nc soit bonne qu'd culbuter, 
Qu'elle soit grosse, courte, ronde, 
Et qu'd I'dge de cinquante ans, 
Elle veuille plaire a tout Ic monde, 
Cela m'est fort indifferent. 

Que la grande comtesse d^Alais, 
Serve de chcval de rclais, 
Que chacun la foute d sa guise, 
Et que I' on Vait trouve'e dansant 
La sarahande sans chemise, 
Cela m'est fort indifferent. 



— 209 — 

AUTRE 
suR l'air des triolets. 

Sur Ic cardinal Mazarini. 

La gouUe va notu vengcr 

De ce tnaudit etranger. 

Car quand la reine Vappcllera, 

SHI faut qxCil la foute, 

Et qu'il ait la goutte. 

La double putain Velranglera. 

CHANSON 

SOR L*AIR DE COULON FRONDECR. 

Par M. Blot. 
1650. 

Vous demandez d'oii vient ma peine, 
Etqui me tient tout de'sole? 
Cest qu'on dit que fat mat parle 
Du con et du cul de la reine. 
lis ont menti les mazarins, 
Je n'ai point me'rite leur hainc, 
lis ont menti les mazarins, 
J'eslimc trap cos deux voisins. 



Je n'ai rien dii qui vous d^lmi, 
Jt v^Hf hotmre infiniment; 
J'ettime tiotre fondemcnt, 
Et tiem le c&n chaud tomme braia 
Hi ont metUi les mazanns, 
Ne failex done plus ta mm^xtUit 
Us ant vitnii les nias^rinit, 
i.J'cjftme Irop WJJ deux woiftni, 



1 



{ 



i 



CHANSON 



Qwmd Son Jt^fgpiy iffifiit. 

La reine le dos lui touma; 
Maii, ayafU un reste de rtU, 
Le cardinal wnu VencuXa, 

La reine $*etant informee, 
Qui son fouteur avoit derobe 
On ne lui put jamais nommer. 
Que la Lionne on queUj[ue abbe. 



— 211 — 

AUTRE 
sun l'air : or, oites-nous, marie ? 

Snr Anne d*Aalriche. 
1650. 

Or, dites-noug, la mdre 
De notre wuverain, 
D'oit voui vient ce cancer 
Qui vous range le $ein ? 
Du climat d'ltalie, 
UHm ! vient tout mon mal, 
Je Hens ma maladie 
Du defunt cardinal (i). 

CHANSON 

SDR L'AIR DES GRIDELIMS. 

1650. 

lis ofU force pistolles 
Nos amis de Madrid, 
lis sont gens de paroles, 
D'honneur et de credit ; 

clicu. 



— 313 — 

Si ie ban mn encon mccompttgm. 
La piaHreH let dmMm$ tfijMMli, 
CAcmloiu Anu 4'idw «oic 
Avee Aont BorMoU : 
Vive laui te fm vimi tfgyijM, 
Ban Im /Effet da.imm nb' 

UbougredaSkik 
AfmUdtvUakuem^i 
BatmattaU BmmwJmint 
NenraimUjmMnfims 
H§ aimerontmieum^ehkhrm H kkkm, 
Ou fautre quelque ^gwr^, 

Quade fimirawi€9Hp 
Quand il$erait dm mmg ^A^Mdu, 
Ou la Mttw iTtM J 



Je dis nargue du prince 
Comme du cardifMl, 
Puisque dans no$ prowncei 
lis nous font tant de mal ; 
Cc sent deux tyrans qui tourmentent 
De differenies fagons; 
Pour chasser les Bourbons, 
L'un se sert de WaUons; 
L^ autre avec la gouvemante. 
Fait le diable en calecon, 

Quand ce grand Alexandre 
Fomioit quelque dessein. 
Avail t que Ventreprcndre, 



— 213 — 

II prenoit de son vin ; 

Tu ne chdes a son courage, 

A sa valeur, a son nom. 

Efface son reriom; 
Pour ne luy laisser Vdvantage 
D'avoir plus fait quUm Bourbon. 

VeuX'tu que la victoire 

Suive parlout ics pas ? 

Grand prince, il te faut Loire, 

Ei ne Ic lasser pas; 
he dieu des buveurs conquit les hides, 
Ce dieu vaillant comme toi, 

Remplissant (out d'cffroi. 

La soumit sous sa loi; 
Mais, il fit plus de cent mille hringues, 

Avant que d'en 4tre roy. 



CHANSON 

SUR l'AIK : DES PETITS SAUTS DE BORDEAUX. 

La Foiigere est fort polie, 
Elle est de doux entretien. 
Son humeur est bienjolie; 
Ma foi, je Vaimerois bien : 
Elle a la. bouclie rcrmeille, 



U ttint hUinc, h Utmi dur ; 
Main en mu dii li Vomik 
Quit «'y fakmt put (r&p m. 



LE CAREME DE MAZABIH 

OL hk RUttS Oi Bis TtltOUTS.] 

Quoiqwe mus chante k tfitjd, 
Qm Jutes i'st firitue de I't^Uit, 
J«f hty dtnmerai de Venjot^ 
Quoiqnc nom chanit k %fl* ; 
iVe doii'Cn pas tmiier en Gd 
Cefui^ qui fait qiton k mepmit 
Quaiqite 7^ou^ chanfr It biytii 
Que Juki est prime dc VEtfli 

Eit'cc k faii d'un btm ckrftia 
Be id mo^iuer de Vifidttttjenct, 
An grand patdtm metirif tm i 
Bit-ce k fait d'un boii chMiei 
Jnhit jalouis de no*tre him^ 
Emp^cha qu'it rw vint e» fran 
Est-cc Iv fait eCim bon chretu'n^ 
De u moqucr de Vindulgvn^t \ 

Ce fripQfi qui t^etti rtgr*tter 
Sur tout, memc sur h smnt-] 
Vttuhnf M$ IrdAors di biter. 
€e fripon qitt veut rt^ift^itcr 



— 215 — 

Et chercha de (aire acheter 

Ce que nous donnoU notre mere, 

Ce fripon qui veut regrater 

Sur tout, mSme sur le gaint-pkre, 

Yit-Hm des diablesplus maUns, 
Quani au fait de la marchandise ? 
n trafique en poil et en lin ; 
Vit-on des diables plus malins ? 
En fiUes, gargons et poulains 
Et du hoean jusqu'a Veglise, 
Vit-on des diables plus malins. 
Quant au fait de la marchandise ? 

Que la paix qu*on fit a Cazal 
Fut pour nous une paix funeste ! 
Pouvions-nous avoir pire mal 
Que la paix qu'on fit a Cazal ? 
Fuisqu*elle fit ee cardinal, 
Pire que la guerre et la pests; 
Que la paix qu'on fit a Cazal 
Fut pour nous une paix funeste ! 

Ofi coiffa de rouge ce veau, 
Et Von le crut digne de gloire, 
QuoiquHl fut digne du cordeau. 
On coiffa de rouge ce veau, 
Et bien que traitre, maquereau, 
Pot de chambre et supositoirc, 
On coiffa de rouge cc veau, 
Et Von le crut digne de gloirc. 



— 216 — 

Qui poussa defunt mailre kmand 
A tant hofiorer cette heste ? 
Fut'Ce un coup de tonjugmmt 
Qui pouisa defunt tnailre Armand'! 
fietmy, ce fut assurement 
Un coup du cul, mm de ta teste 
Qui poussa defunt maitre Anmd 
A tant honorer cette teste, 

J'ai mat juge de Richelieu, 
II etoit de trop bonne trempe 
Pour fouiller en ton sale lieu; 
fai mal juge de Richelieu, 
II fut trop bon ami de Dieu 
Pour mettre son huile en ta lampe; 
J'ai mal juge' de Richelieu, 
II etoit de trop bonne trempe. 

Bougre, bouffon, baudct, hadin, 
Coquin, croquant, ci'oqueur d'andowlief. 
Gavache, glorievx, gredin, 
Bougre, bouffon, baudet, badin, 
Vie'daze, villebrequin 
De ceux au cul de qui tu fouilles, 
Bougre, bouffon, baudet, badin, 
Coqnin, croquant, croqueur d'andouiUes. 

Maudit, maraud, malicieux. 
Sot, supcrbe, simoniaquc, 
Avare, asnicr, ambilieux, 
Maudit, maraud, malicieujc. 



— 217 — 

Pendard, pele, pernicieux. 
Plus dangereux qu'un maniaque, 
Mauditf maraud, malieieux. 
Sot, tuperbe, simoniaque, 

Infdme, impertinent, ingrat, 
Jigre, iestu, tyran et traitre^ 
Fourbe, faquin, fantasque, fat, 
Infdme^ impertinent, ingrat, 
Hibaud, rodomont, renegat, 
Miehant par toute la terre, 
Infdme, impertinent, ingrat, 
Tigre, testu, tyran et traitre. 

Pour poften dessous le nombril 
Un monstre amy de la nature, 
Une machine au lieu d'outil. 
Pour porter dessous le nombril, • 
Mailre eoquin, te faHoit-il 
Mettre la France a la torture. 
Pour porter dessous le nombril 
Vn monstre amy de la nature ? 

Au diable soil le braquemart ! 
Maudite en puisse 4tre la case ! 
Jules par la fut-il camard, 
Au diable soil le braqitemart ; 
Puissions'uous crier au renard, 
Le voyant sans menibre et sans haze ; 
Au diable soil le braquemart, 
Maudite en puisse dtre la case ! 



— 218 — 



LES TRIOLETS DE MAIARIH 

Botf^frts, it faut quiUer Pftrit, 
Puitqut Son Eminencif ptte ; 
Si vous ne vGUlci eire pns, 
liGugres, U faut tpiifirr l*imi* 
iion iml vous esl-il a meprii f 
Oy€M Jumer qui won* froriij*elf* 
Bougrrs, U fatti quitter Parts A 
I*nkque Son ^mitwttce pet a, 

Sumes^ einpulcurs dc ^orron>, I 
Jtih'S qui vuH doelfurs emeitftii^ 
tl vous donnvra dt$ terons, 
Suivcz, empali'ur$ i/e? jfarJ^ofUJ^ 
Ltf tmugri^ i«i| en cent frtrtim 
Pegchar un etron a ia lit^ntf. 
Suivi'^t fifttpaieurs de ffartom^ I 
Jutcx qui mx docteiirji eumtfni^ 

C(* coqttin et totii ton pfirti 
Sent aujourd'htii rudv nt^mun^ 
On accommode dtf roti 
Cc coqnin ct tout mn parti; 
tlondsj Longnt^ilir et Ctmttj 
i\> *>7J ranger ont pas It^x poitti 
Cc roquiit ef tout xon purfi 
Sent ftttjoiird*htti rnde iffnji/n 



— 219 — 

Lorsque je pense a ce voleiir, 
Contre moi-m^me je me fascho. 
Au front me montc la chalcur, 
Lorsque Je pense a ce volem* ; 
De Paris il est le malheur 
Et Paris toute fois le lasche. 
Lorsque je songe a ce voleur, 
Contre moi-m4me je me fasche, 

Au lieu de le laisser partir 

Mieux monte que ne fut saint Georges, 

Devions-nous pas le devestir, 

Au lieu de le laisser partir, 

Couper son membre et le roslir 

Et puis lui faire rendre gprge, 

Au Heu de le laisser partir 

Mieux monte que ne fut saint Georges ? 

Contre hiy ne point decreter, 

Ce n'est pas faire un coup de Fronde, 

C'est trop doucement le t7*aiter, 

Contre lui ne point de'creter. 

Son arrdt devoit Varreter, 

Ou Venvoyer en Vautre monde ; 

Contre lui ne pas de'creter, 

Ce n'est pas faire un coup de Fronde, 

Que nous sert qu*il soil exile, 
Pnisque nos louis il cmportc '^ 
Apres avoir dix ans vole. 
Que nous sert qu'il soil exile ? 



— MO — 



Poiir hd c'ui im gnmiJMtOd 
Qua to Uberid d^WM forU. 
Qua fiMit f erf qu'U wU asiUi, 
Piftafiie no$ lotrft il nmforU f 



Ce muurmid, fm n'm p&ka €mfiU 
mdfveHufmdmuimw Mn, 
At »atr§ hSHm m tU, 
Ce maroMd, fid ft'a jmnt d'e^riC 
£1 ifbH ploire ftt'a iPif dbir 
. Qii*<l eif HeAe de not d^miillef, 
QpimiratNl, ^ft*a|ioM<reqm( 
Vi de vetiu que datu let ormiUei. 

On manqua 6tefi dejugmmU^ 
Lonqu'on vouiui choiHr eel Jbrnne 
Pottr rempUr la place d*Armand[i), 
On fnanqiM bien de jugement; 
II pouvoit bien plus dignement 
Gouvemer les bordeaux de Rome. 
On manqua bien de jugement 
Lorsqu^on voulut choisir cet homm» 

Jules et le defunt cardinal 
Se ressemblent^ils, je vous prie f 
Vun fut Iiomme, V autre est cheval, 
Jules et le defunt cardinal; 
Vun bdtit un Ptdais-Royal, 

(1) Le cardinal de Richelieu. 



— 221 — 

V autre bdtitune ecurie; 

Jules et U difunt cardinal 

Se ressemblent'ils, jc vous prie ? 

Toui dmu ont a\m4 le ballet. 
La farce et la seine tragique, 
Vun en prince, Vautre en valet, 
Tous deux ont aime le ballet ; 
Jules eomme un vrai Jodelet, 
Armand eomme un bon politique, 
Tous deux ont aime le ballet 
La farce et la scdne tragique. 

Pour un Etat le pellerin 
Avoit trop d^ile Veschine. 
11 awnt trop foible le rein. 
Pour un Etat le pellerin; 
JPuisque pour mouvoir Tabarin 
II avoit besoin de machine, 
Pour un Etat le pellerin 
Avoit trop debile Veschine, 

Ce fat cut le cardinalat, 

Bdne'fices et ministdre^ 

Plus ignorant qu^un frere oblat, 

Ce fat eut le cardinalat, 

Et quoiquHl n^eUt re'gi I'Etat 

Que de Gomorrhe et de Cy there, 

Ce fat eut Ic cardinalat, 

Benefices et minister c. 



-%uZ 



La pluM belie $e conieHtoU 
D'wi simple b(ri$9eau de fimue. 
O'^ieufUbmtmpiqueeeitoit. 
^l^orUdHnuuiafim^f 



AimiE 

Surle cardinal siaxiria. 

^iie^vouefairefouire, 
ManMieurdeMazarin; 
^f^^fpwrunpeHdefimtn 
Q^^ •oride voire en^, 
V^ embaHHwilhsg la Franee! 
Si dame Anne le vouloU 
^ to baiseroit. 
On la ckevaucheroit 
Bien mieux que Voire Sminence : 
El tout mieux en iroit. 



• — 225 — 
CHANSON 

R L'AIR : R^VEILLEZ-VOUS, BELLE EMOOKMIE. 

loUelle d'OrHans Monlpensier fut envoy^e 6 
aDS par le due d*Orl^ans, 80d pdre. Elle trouva 
»ortes fcrm<$es, elle y entra par une fenestre elfil 
arer la ville contre Ic roi, qui devoit y arriver le 
emain et qui fut oblige de rebrousser chemiD. 

Or, escoutez, peuple de France, 
Comme, en la ville cTOrle'ans, 
Mademoiselle en assurance 
A dit : Je s^iis mattre ceans. 

On lui vouloit fcmxcr les partes. 
Mais elle a passe par un trou 
S'e'criant soudain de la sorte : 
II ne m'importe pas par oil. 

Deux belles etjeunes comtesses, 
Ses deux marechales de camp, 
Suivirent sa royale altesse 
Dont on doit faire un grand cancan. 

Fiesque, cette aimable comtesse, 
Alloit baisant les bateliers, 
Et Frontenac, quelle detresse ! 
Y pcrdit un de ses Soulier s. 

T, IV, JO. 



— as6 — 
CHANSON 

SOI L'AIR : U. A BATTU SOS pntT rrittE. 
NrBloi. 

Std^MtarUMmerUtu; 
Mai fui fai$Umip<mrMemfb^, 
Je ne finupku qu'un eapw^ ; 
Kni'Ce pas 6te» le saiUfiUref 

n ut orot ff M teuTf bartn 9aU$, 
lean piedi puan$ ei hur$ $mMei» 
Et letir eMrefrnon veht 
Ne m'en dannent gnire d^ewme; ^ 
Mais quand il s'agit da sahU, 
11 faut hien qu*on se morii/ie. 



CHANSON 

SUR L'aIR : IL A BATTO S0!< PETIT Flli5«E. 

Sur Jeao-Baptiste Panfilio, nomme iDOoeent X. 

Le pape font la dame Olympe (i), 
Le cardinal patron la grimpe; 

(i) Dona Olympia, su bclle-soeur, avoil unegrande ao- 
loril^ sousson ponliOcal (voyez Mor^ri,oikil en esl parte 
plusaroplemcnt u Particle dlnnoGCRi X). 



— 227 - 

L'lin ia fout en cut, Vautreen con; 
Pour s*exercer a ce nmnegc, 

Elle repete la legon 
Avec tout le sacre college. 



AUTRE 

SUR l'AIR : IL A BATTU SON PETIT FR^RE. 

Par Blot. 

Maugrc bieu du sacre college, 
Gemy dicu du foutu cortege I 
Quoi! me prcnd^on pour un oison ? 
Moi qui ne crois point Vevangilc, 
Je me fous bien qui a raison, 
De Barberin (i) ou de Pamphilc (s). 



CHANSON 

SUR l'aIR : DE LA FRONDE. 

SaveZ'Vous biet^ la difference 
Qu^on met entre Son Eminence (3) 
Et feu monsieur le cardinal (1) ? 



) Le cardinal. 
I Innocent X, pape. 
I Le cardinal Slazarin. 
) Le cardinal Richelieu. 



La repmuemmiiautepreMte: 
L'un eamdvitoU warn tmkmd. 



CHAHSOH 

SDK L*Am OBS lOGMLOIS. 

8ar le thMtre de rbfttd de Bow|B|it. 

Vieuxjeu de pauime digi^Ad, 
Bordel.publk raifoUm, 
Celibre thedire oik dix ganu, 
De caneeri avec dix coau, 
Autani qu'elln OHijouddB fmm» 
Donnent au mains des coupi di cv. 

AUTRE 

SUR l'aIR : MARION PLEURE, MARIOH CRIE- 

Intitul^e : Rembde dtouslet tuaux de la Franc*- 

Sur le cardinal Mazarin. 

Qu'on me le chasse, qu'on me le fouille, 
El qu'on me lui coupe le$ couillet, 

(1) la reinc Anne d'Autriche. 



— 229 — 
CHANSON 

SUR LAIR DES TRIOLETS. 

Par Blot. 

C'est un tigre affame des ccBurs 
Que Vagre'Me Malicome (4), 
Prudes, fuyez ses airs vainqueurs, 
(Test un tigre affame de cceurs, 
Aux femmes it cause des longueurs, 
Aux maris il plante des comes, 
C'esi un tigre affame de cceurs 
Que Vagrdable Malicome, 

AUTRE. 

L'on fait lout pour de V argent, 
A la cour comme a la ville, 
Voyez comme Menneville (i) 
Baisoit le surintendant (s). 
Sevigny et d^AngoulSme 
Ont assez fait cas de bien, 
Et la Monaco de mime, 
Ne se donnoit pas pour rien. 

Fr6re du chevalier de naulefeuille, pour lequel 
emoiselle de Pont fit uiie infiddlild au due de Guise. 
I Fillede la reine. 
) Fouqaef. 



— 250 - 

CHANSON 

SCR L'AIR : SOMMES-NODS PAS TROP HEUEEUX? 

1655. 

Le trop heureux Fromenteaa 
Ne manque pas de ressource; 
'>^ BeauvaU il a la bourgf, 
^arcequ'ilafevitbeau/ 
Richelieu baisc la Mothe] 
Villequier la Chamcraul,, 
Et Gourdon Idve sa cotte * 
^ son ami Clerambauf. 



AUTRE. 

^« Beauvais ouvre sa bourse 
^1 son ami Frovicnleau 
<^^i '^'^uroit pas de rcssourcc 
^'^ n'amit paste vU beau • 
^/^ ^onneuU branla la pique 
^d'Alluy,onamantetiqne; 
<^"'^''^nfaifes^^^ousautaut 
* "*02 qui vous aimc (ant v 



— 231 — 

Dedans Chaillol lous las jours 
Geinit la belle la Mot he (i). 
Madeleine, dans sa grolte. 
Regret ta mains ses amours. 
Avee sujet elle pleure, 
Dans cctte maison de Dieu, 
Pour une pauvre demeure, 
Elle quitte un Richelieu, 

ademoiselle de la Motbe d'Argencourl, fille de la 
Unoit le marqais de Richelieu qui <$pousa depuis 
} Beaavals par amour. 

pass^ Ic reste de sa vie dans Chaillol sans £tre 
se. Elle a beaucoup d'esprit, de beaute el dc 

ce m^me coavent ^toit la fille de Pizolo, auteur 
soil pour un module de sagessc. 
ODoiselle de la Mothe sortoil quand elle voulolt, 
souvent avec madenioiselle de la Sabliire , ii 
t avoil unc maison k elle en particu1ier,rue dc lu 
re, qu*elle tenoil incognito, ou il est ais^ de 
u*il se passoil & la sourdine bien des myst^res. 
682, le gendre de madame de la Sabii^rc, qui 
Mitanghre^ ^tanl morl 5 Rouen, on mit le scell6 
od il avoil des biens. 

me de la M<$sang6rc, sa femme, avoil presto des 
i considerables 6 mademoiselle de la Mothe ; il 
iscomprendre sous Ic scelie, el Ton alia Icsretirer 
aison de la rue de la Sourdi^re, el cela avoil fail 

ear C...... qui se Irouva k Paris, scrvit a Ics 

lans hruil cU les r^partir dans Papparlemcnlqiie 
3 de la M^sang^re avoil pour lors k Paris. 
>eDsionnaires des couvens qui sonl un peu sa- 
lanslfs galantcries trompcnt ainsi Icssupcricurcs 
le monde. 



DoiuYe eouoent hienheMreia!, 
ily a ehtf ov fto phti 
Ei troit rieirmidu mkm 
Qui $*aeeordmi Man etUn na. 
Onff a fmU firt bomne ekke, 
Anwwr eit vn d* Untn tmmt, 
Et h phu teeni m^fMre 
Est de ccmeher deme 4 i«ia. 

Hon Dim! qu'U Bit emiiqrcw 
D*^tre $i Umgtempt twoim! 
Si Von me fmmHt jn$tiu^ 
J*a^roi$ d^d fsdt me$ ffoux; 
Je ehanie fort bien toffee, 
Au milieu cTufi ban repas, 
Et du reste dm eenice. 
Ma foi, je rCen mowroit pat. 



AUTRE 

SUK l'aIR ; CONGIS, ASIANTE, 00 : JE SUIS CASSA 
1657. 

Guerchy en fesse, 
Saint'Megrin en cu, 

Sont deux bougresses 
Qu'on fout pour un escu, 

Guerchy en fesse, 
Saint'Me'grin en cu. 



— 233 — 
CHANSON 

DR L'aIR : D£S PETITS SAUTS DE BORDEAUX. 

Vous faiies bien la crvelle, 
Madame de Boudamaut, 
Vous n'etes pas assez belle, 
Vous avez le nez trop haul ; 
Vraiment vous ites gentille 
De tant mepriser Vamour, 
Eh quoi I n'estes-vous pcu fille 
De madame de Sautour? 

REPONSE. 

Je ne me suis point pique'e, 
Je te.jure, BaHllon, 
Et ne me Hens point moquee 
De n^aveir pas le nez long ; 
Est'ce l& tout le reproche. 
Que ton fait d la Sautour 
D'avoir fait un cceur de roc he, 
Et un nez un peu trop court ? 



Cette petite femellc 
Qui re'pond a ma chanson 
A I'humeur assez coquette, 
Et Vesprit assez bouffon ; 



— 236 — 

MoH caur est plus ardeni que n'est le mmt OEti 
Plus ferme que Scevole en hravant Porcema : 
Je ne veux pcu sortir (Tun si beau labymlht; 



Qui voudroit ni'en tirer deviendroit monh 
Ah! que pour vous porter de Paris a Corisiht, 
K'esteS'Vous mon Europe et moi votre iamtBil 



CONFESSION 

DU BARON OE TERMES, ENVOY^E A MADAIE DE li 
GOUVEUNANTE DES FILLES DE LA REI5E. 

1660. 

Ma mere, mon dme me presse 
De vous con f esse r mes peches; 
Bien marri je me confesse, 
Et n'en tiendrai point de caches. 

Vos filles, sur ma conscience, 
Ont bien le poitvoir si par fail, 
Que souvcnt ma concupiscence 
S'esmeut pour dies sans sujel. 

La Capelle est assez bouffbtmc 
Pour agiter mes passions ; 
Mais la presence de Dourbntntc 
Ruine mes pretentions. 



— 257 — 

Roehebaron est fort aimable, 
Eije I'aime fort bien aussi; 
Mais lorsqu'elle est assise a table, 
EUt perd tout autre souci. 

Pour Bonis, il est bien veritable, 
Ses beautis me charment bien fort ; 
Mais de ceite humeur indomptable, 
Je n*en esphe que la mart, 

Urfo, qui n*est pas la moins fine^ 
Auroit un grand pouvoir sur moi; 
Mais je crois eonnoitre d sa mine 
Qu*elle ne foit pas grand cas de moi, 

Cresda, dont Vhumeur discrdte 
Oblige mon cceur d Vaimer, 
Me fotit songer d la rctraile, 
De crainte de m'y consumer. 

Gadaigne^ d'une dme innocente. 
Me tcmoigne en peu de discours 
Que toute dme qui est absente 
fVest pas heureuse en ses amours 

Je sais que je suis assez belle 
Pour agiter vos passions; 
Mais je suis bien assez cruelle 
Pour rtiincr vos prelentiotis. 




Qu'il ne faui 
Qui ait desjd 

Vous qui bldt 
^esmeilleure 
ignorant de % 
Taisez-vous dt 

^es lecteurs se 
^e la honte qu\ 
^^^usequim 
Si ce n'eiit dti I 

J^oquez^vous de 
Je le voU en pet 

J^risdevotrecc 
^^ voHs et de vo. 



— 239 — 



VERS 

enanle eriroinelle Tardieu, qui, en levanl sa 
jlra an caleeon fait ayec une th^se de satin od 
lortrail da cardinal de Hazarin. 

Jne eertaine magistrate 
DepuU le genau jusqu'au flanc 
CoutfToit sa cuisse delicate 
D'un ealegon de satin blanc, 
A cTtme thise de profbnde science, 
un doeteur avoit honore' I'Eminence, 
le eette profane a son ventre appliqua, 
m qu'on y put voir au moment de sa chute 
mdroit qui ehez elle a tant fait de dispute : 

QUABSTIO PHYSIC A. 

f n de ce grand Jules on y voit la figure, 
\e le prendra pas, s^il lui plait, pour injure, 
mwrd'hui que la paix est faite par ses mains, 
Hmwnt 4tre la, comme on mettoit Mercure 
Sur tous les grands chemins. 



— we - 



CHAHSOM. 



|M^ fB«M liiMil iHirite. Ob teH^M M«ti 

el fort d«f«l«, etqwHoMiiv aiMil^lMMltt! 
•llaMe royito de k «lMMir paw mIl 
CartteMjei d« caUe dMUM, pv IfoL 



IM. 

VotM atM» lorl, fliMdMne dt SHfMK : 
J# |iri0 Dim, i« mU A CMi/tait, 
Je IM Mff phft, je «i9 di iWifMi. 
J« H'ai bmitu fmOiani, m beMfnOMmt, 

Pourquoi me faUei-'wmB H grim wtot? 



CHANSON. 

Ce coaplet est de Monsiear poar madtBe Seamw 
1660. 

Vous 4te$ brune et fUre, 
Vous avez les yeux daux, 
Et pour vous satis faire 
II vous faut tin 4poux 
Qui vous foumisse un ordinaire 
Qui soil digne de vous. 



241 — 



AUTRE 

80R L*AIR DE LANTDRLU. 
1660. 

Quatre grosses testes 
Font un huguenot : 
Calvin fait la teste, 
Le ventre, Marot; 
Luther fait les fesses 
Et Beze en fait le cti, 
Lanturlu. 



CHANSON 

SUR L'AIR : LiSRE LA, L^SRE LANLilRE. 

I. de Hiramion, r^rugi^ en Anglelerre et qui eloit 
Jadis bardache-de M. le Prince (de Cond^). 

Ce conplet fait par le roi Guillaume. 

Si le bonhomme Miramion 

A tant de vrai sang de Bourbon, 

11 la regu par le derriere, 

Lhre la, lere lanlere. 

Lire la, lere lanla, 

T. IV. 1 i 



— 242 — 

VERS DE SCARROH 

DANS SON EPITRE CHAGRISE. 

Cette annee est fertile en grand$ evehmeM, 
Jules donne a la France une paix affermie, 
Et d^Estrees et Montmort par lews i<ms tjeheme 
Ont enfin mis Boileau dedans VAeademt. 

CES VERS DE SCARRON LUI ATTIR^REKT CEHE 1 
GRAMME DE BOILEAU, ONCLE DE DESPRtADl : 

Yois sur quoi ion erreur se fonde, 
Scarron, de eroire que le monde 
Te va voir pour ion entretien ! 
Quoi! ne vois-lu pas, grosse beste. 
Si tu grattois un peu la teste. 
Que tu le devinerois bien ? 



AUTRE. 

Lorsque le roi 111 le voyage des Pyrenees pour se i 
les Basques firent cette chanson. 

Nos filles et nos femmes 
Sont a bon marca; 
Von en a cinquante 
Pour un sol marqua. 



— 243 — 

La reine regnant e (i) 
A dn poil oil cul, 
Le cardinal (2) se vante 
De Vavoir tondu. 



CHANSON 

iUR L'AIR : BiVElLLEZ-VOUS, BELLE ENDORMlb. 

Sar le cardinal Mazarin. 

)lel fait iMir Hotman, aprds avoir 6t6 b la Bastille, 
or avoir fait la chanson qui disoit : A ce Jules 
\iveau il faut un nouveau brule, 

11 est done parti, nostre Jules, 
11 est done parti pour la paix. 
Si dom Louis d'Aros Vcncule, 
Nous ne le reverrons jamais, 

OU BIEN : 



II est parti, le seigneur Jules, 
Pour s'en alter faire la paix; 
Que dom Louis d'Aros Veneule, 
Et qu'il nc revienne jamais. 



Anne d^Autriche. 
Mazarin. 



— 244 — 



CHANSON 

SDR lUiR : LE PAUVRE LA PALISSE EST lOBT 

Sor la mort do cardinal Maxarin. 

Monsieur le cardinal est mort, 
II est mort dedans Vincennesi 
ff^'^sfs'iln'e'toit pas mort, ' 
^^foutroUencorlareine{i). 

fiPITAPHE 

Du cardinal Mazarin. 

Cy gist le cardinal • ie siii^ fn.^h ' 

Ou'n.i /;.» ^ '' r^sche, passant, 

wu au Iteu de ce cv-ni^f #,**,.. • 

'-'' ^y gtse, tu ne voxes pas : cy-pend. 

AUTRE. 

^^ 9ist Veminence det^^me 
^''""^ous garde de la iroisieme! 

^0 Anne d'Aulriche. 



— 245 — 



AUTRE, 



Cy gist ce grand pilier d'egUse, 
Qui noiu a mis tons en chemise ; 
Mais s'il eikt plus longtemps ve'cu, 
II nous etit fait montrer le cu. 



AUTRE 

PAR UN SUISSE. 

Cy gist un bougre d^Italie, 
Qui li cassi mofi compagnie, 

CHANSON 

UR l'AIR : R^VEILLEZ-VOUS, BELLE ENOORMIE. 

Grands dieux ! quelle est voire justice ? 
Chausson (t), va perir par le feu, 
Et Guitaut (s) par le m4me vice, 
A nUrite le cordon bleu! 

BrM en Gr^ve poar crime de sodomic en Pann^e 

Francois de Comminges , recu cheyalier du St- 
it, en 166i. 



— 246 — 
AUTRE 

SOB IE utUB AIR. 

y/l'ionffoiitertousletdeUce,, 
"f'^^iSaint.Gal.BlotetRmm. 

^l'<»*tle jour entre deux vim. 
CHANSON 

SDR l'aiR DBS ROCHELOIS. 

^/oaillcs SOU beau garfon. 
<i"'lrailledebonnefafon, 
^*1u-ilsoitune rude lame 
Pourvu guefaie son chien' couchant. 
f'iuejecoueheavecsafemme, 
'out cela m-est indifferent 



CHANSON 

Pajot. 
i662. 

^ne filic d'apothicairc 

"^''^^c Charles sut si bienplaire, 



— 247 — 

Qu'il I'epousa publiquemetit ; 
Et pour la faire souveraine, 
il ne regut qu'un lav^enient 
Qui lui fit rendre la Lorraine, 



CHANSON 

suR l'air de la gaillarde. 

Par Dolo. 
1662. 

Ce fut tin vendredi matin 
Que Louvart fit apprester de Vorpin (i), 
Pour depiler la comtesse dVgnon («), 
De qui le poil dtoit trop long, 

Comtesse a qui le poil fait peur, 
Adressez-vous a ce d^ilateur, * 
fentends le maitre et non pas le vnlet 
De Vhostel de Camavalet, 



Le comte d^Ognon envoya cbez Louvart, baigneur, 
qa*n lui appresUtde Torpin. 
Elle cstoil voisine de Thostel de Carnavalet oA 
nroit Boislftve, avec son fils comtc de Conor. La 
esse d'Ognon s'esl remari^e. 



— 248 - 
ANAGRAMME 

"■ «. FODODKT. 

<663. 

Nicolas Pooqaer, 
0'qn'afoo»,c<Sans! 



^!' "'''■'"'' <l rout les/Ule, 

f^'f'n-autretouuran^, 
"rout not femmesausn' 
A cet imprevu tumulte 

^'foutelacourculbute 

l'^<=»naccourtauchdteau 

^'""•yiruncasHnouveau. 
-tor, i„„rf.^^^^ 

^"P^ttenirsonbabil 

^;9»;»routceans.lear^U, 
^'9utlf<mtceam!dU-il 



[ 



— 249 — 
AUTRE 

SUR LE 11£mE SUJET. 

1662. 

Si cet assassin fnrieux, 
Pensant massacrer la plus belle 
Et la plus charmante mortelle 
Qui soil aujourcChui sous les deux, 
A pris son beau page pour elle, 
Ce n'est pas qu*il cut manque' d'yeux, 
Ou quHl etit manque' de cruelle; 
Mais il fit comme on fait en ces lieux, 
Prenant le masle pour la femBlle, 

AUTRE 
SUR l\ir du confiteor. 

N.... Colbert, femme de M. Pelot, premier pr^sidenl 
parlement de Rouen. Madame de Montgommery et 
dame d^Eache Pallanl voir, sans se lever elle les 
ua de la t^te. Elles firent ce couplet. 

Mon cul, plus lourd que de raison, 
Me fait passer pour incivile ; 
Mais chaque chose a sa saison, 
Et ma testCj bien plus agile, 
Au defanl du cul suppleera; 
IHtes voire med culpd, 

T. II. H. 



~ 250 — 
CHANSON 

SUR l'AIB : NICOLAS VA VOIR JEAKME. 

Sur H . Fooqaet, sarintendant des finances. 
1663. 

Nicolas va voir Jeanne : 
Oh ! Jeanne, dormez-vous ? 
Je ne dors ni ne veille, 
Je ne.pense point a vous, 
Vous perdez vos pas, Nicolas, 
Ce sont pas perdus pour wus. 

Nicolas la cajole 

Et lui fait les yevx doux, 

Lui off re la pistolle, 

Et veut taster son pouls, 

Vous perdez vos pas, Nicolas, 

Ce sont pas perdus pour vous. 

La mere Vappareille (i), 
A un autre Colas, 



(I) Madame de Sainl-Remy, mere do mademoisi 
Lavalli6re, travailloit alors aux amours du roy et 
iillc. 



. 2bl 



« • fait rage et merveiHe. 
Alio*. He'"-''"""'*; Nicol««- 

0, adieu do«c,«-':r' 
j,^nte«ur 



,.„uv>-— ^"- 



RECUEIL 



::hansons 



vaudevilles, sonnets, 

iSpigrammes, ]£pitaphes et autres vers 

satyriques et historiques 

AVEC DES REMARQUES CURIEUSES. 



VOLUME XXIV. 



RECUEIL 



CHANSONS, ETC. 



CHANSON 

sua L*AiR : JARDINIER, MR VOIS-TU PAS ? 

lor \» cardinal Chigi, I^gat en France apr^s Ic traits dc 
Pise, en 166i. 

En arrivant, ce dil-on. 

Sur le port de Marseille, 

Ne trouvant point de gargon, 

S'avUa de f outre en con : 

Merveillc, merveille, merveille ! 

Notre grand le'gat roma'm. 
Dedans son ambassade, 
Apporta plus d'un corps saint, 
Mais il remporta le sien 
Malade, maladc, maladc. 



— 256 — 

Le legal a galammeml 
Pris en con la chaudepisse; 
II demande au parlement, 
Pour son bougre d'instrument, 
Justice, justice, justice. 



CHANSON. 

1666. 

J'ai le ccBur tendre comme un jeune veau, 
Pour la ckarmante madame du Veau, 
Etje voudrois bien pouvoir 

Voir 
Ce que I'on nepeut avoir, 
Et ses tetons sous son mouchoir 

Noir, 
Les patiner tout un soir. 

EUe repond a cela : Dieu merci, 
Et maman m'a bien nourrie, 
fai retenu leurs Iccons : 

Les garcons, 
Nc toucheront de leur vie, 

A mes tetons. 



— 257 — 

CHANSON 

SUR L*A1R DE JEAN DE VERT. 

Par Blot. 
1666. 

La Feuillade, petit rousseau, 
Ne vaut rien pour bardache ; 
Personne ne le trouve beau 
Avec 9on poil de vac he, 
Dieu Va fahr%qu4 si maudit, 
QuHl n'est ban qu*& branler le vit 
A Jean de Vert. 

CHANSON 

IR DE GRAVELINES, 00 DE CATIN, LA BELLE 
JARDINIERE. 

Sar de laNielle oa Niesle. 
1666. 

La chaudepisse de la Nielle 
Fait tout Ventretien d'aujourd'huy ; 
Mais ce n'est pas grand'merveillc, 
Sa femme Va tout comme luy ; 
Et le beau de leur destinee, 
lis ne se la soul pas donnce. 



— 258 — 
CHANSON 

SUR L*A1R : An ! MONSIEUR LE CAPITAINE. 

1666. 

Dans voire quartier, la Baunu^ 
On voit hostels contre hostels. 
Chez le bonliomme Vendosme, 
Dans voire quartier, la Bawne, 
On vit comme d Sodome, 
Et chez vous comme au bordel, 
Dans voire quartier, la Baume, 
On voit hostels contre hoslels. 

CHANSON 

SOR L'aIR : OBJET CHARMAM ET BEAU. 

Par le comte de Mata (Rourdeille), pour madame 
Longueville (Orleans). 

1666. 

Je serais bien faschd 
De manquer au respect qu*on doit a la duche, 
Mais le con de Brissac n'est pas bien desseche. 

Objet channant et dotix 
Vous n'^etes pas pour moi, je ne suis pas pour vo 
Je ne suis qu'un galant, il vous faut un epoux. 



- 259 — 

Objet rempli cPappas, 
donne moti coBur, ne le refusez pas ; 
\re pour vous, maisje soupire has. 

on : 

Objet rempli tVappas, 
upirofu toiu deux, ne vous y trompes pas : 
Ire tout haut, vous soupirez tout has, 

Je soupire en chantant 
it malheureux, mats fidele el constant, 
%dant Philis n'en veut pas (aire autant. 

Je jure par tes yeux 
t qui invest plus c/ier que ceux qu'on fait aux dieux, 
u m^aimes bien, je t'aime encore mieux. 

En amour, ce dit-on, 
oigtie des yeux, s^eloigne aussi du con. 
ir d messieurs qui s'en vont a Langon, 



CHANSON 
R l'air : JE suis l*agr£able uarmonie. 

Je suis Guenegaud Villemousse, 
Ou Villemousse Guenegaud. 
Bien que mon nom rime a nigaud, 
)e suis plus fin que douze ; 
Je parle comme des Barreaux 
Ou, du moins comme Guenegaud, 



- 260 - 

Je suii Baziniere farouche, 
Q^i ne puis par montt m par vouz 
Retenir mes vitet ehevaux, 
Tant ils sont forts en bouehe; 
Je regne en un grenier d foin; 
Mais au conUmt je n'y vais point, 

Je sttis la petite Cheselle, 
Qui, profanaut trop mes oKfcnti, 
Parfois attx pages et lapuns 
Ne fus pas trop crttelle ; 
Ma mere mime, sur ma foi! 
Est une sainte aupres de moi. 



AUTRE 

SDR LE m£hE AlB. 

Je suis la belle Tourangelle, 
Qui viens me montrer a la cour. 
Qui salt acheter man amour 
Ne me trouve jamais cruelle, 
Et Von m'appelle la Coinpain, 
Car mon con est mon gagne-pain 



— 261 - 

CHANSON 
suR l'air db la duchesse. 

ibert ^tant amoareax de madame d^AlIesseau , 
eonnaissanee avec M. d'Avaux et, malgr^ son 
li 6tait fort jaloux, M. d*Avaax Tint chez elle ; 
ieal>er( en demeora sorpris et fit cette chanson 
shamp k rimitation de la carte da Tendre, qui 
I Clelte^ livre fort k la mode en ce temps-Ift. 
rAllesseaa, fille de M. Thibeuf, conseiller au 
nt, soBor de M. de Saint-Germain, aassi con- 
est k pr^nt comtesse dc Litr^. 

1666. 

'raiment ce galant va bel air : 

t entri que d'anjourd'hui a Tendre, 

Et je viens d'apprendre 

Qu^il vogue sur mer : 
qu*il soit la fin de la joumee, 
srra dans Visle Fortunee, 

Cest Id que ce pilote. 
Aura le loisir 

De rafraischir sa flotle 
Avecplaisir; 

Cest Id que d'haute lute, 

Malgre la troupe cornuie, 

Ce vert galand fcra 

Tout ce qu*il lui plaira. 



— 262 - 

L 
CHAMSON I J 

SDR L*AIR DE GBAVELINES. 
1666. 

Le chancre du cher Rmaim\k 
A notre commerce interdit. 
Quelle surete pour la viUe, 
Si le ciil donne mal au vit? 
Je m'en vats done branler la pi^w; 
Culs et cons, je vous fais la niqw. 

AUTRE 

Imitons Henry, ce bonhomme («). 
II nous donnera des lecons. 
Car it n'encule ni n'enconne, 
Si ce n'est la main des garcons, 
Et s'ecrie en branlant la pique] 
Culs et cons, je vous fais la uiqne, 

CHANSON 

SlIR L AIR ; ODITTE TA HODLETTE, BERGER. 

Sur VahU VAisn6. 

L'abbea sa niece 

Disoit plein de tendresse, 

(I) Henry, princo de Conde. 



^&o 



ff amour extr^j 

petite Bele.b«;W',. 
Il«-en ?!«»»"*"• 



— 264 -. 

Cette pauvre abusee, 
Elle manque en ce point : 
Ce qu'elle ne dit point 
Vous avoir re fusee. 

Ainsi on juge bien 
Qu'il n'y va pas du vdtre 
Guere moins que du ndtre, 
Et le bruit est trompeur, 
Ou Vune aura grand'peur 
Quand on brAlera Vauire. 



CHANSON 

Sur ia morale du p6re Escobard. 
1666. 

Le peche n'est plus qu'une fable, 
Escobar en est caution, 
Et Von prend pour dupe le diabk 
En dirigeant Vintention. 

Vous qui de cerf portez la tele, 
Venez a la chasse avec nous ; 
Si nous ne trouvons pas de teste, 
Nous mettrons nos chiens apres vous. 



— 265 — 
CHANSON 

OR L*A» DES PETITS SAUTS DE BORDEAUX. 

dame de Choisy , femme du cbancelier de H. le 
due d'Orl^ans. 

Ckanceli^e, Von s'^tonne 
De te voir Htdt eoucher; 
Quand c^est Vamour qui Vordonne, 
On ne sauroit i'en fascher; 
Mats on passe pour farouche, 
D*un commun consentement^ 
Quand a huit heurcs on se couche 
En faveur du sacrement. 



AUTRE 

Sar les filles de Madame. 

1666. 

Si c*est nos destine'es, 

Estant chez vous 
De passer nos annees 

Sans un espoux. 

Ho ! chassez-nous, 
Madame, ah ! chassez-nous. 

12 



— 26€ - 
CHANSON 

SUB L*AIR DES ENNDTEQI. 

Sur Honors Coortin, maitredesreqaestes. 

1666. 

On dil que le petit Cowtin 
Reprend ses premiere* hriiia, 
Et qu*il revolt, soir et matin, 
Be Bordeaux les fesset usees; 
Mais son vit a-t-il la vertu 
Be foutre un con trente ans /bufv? 

Le sage ambassadeur Courtin 
Refout la Bordeaux de plus helle; 
Chaque jour dans sa vieille main 
Son vit se redresse pour elle; 
Jamais vit et con, de nos ans, 
Ne se sont foutus plus longtems, 

CHANSON 

Sur le cardinal Chigi, legal ea France apr^ le in 
de Pise. 

Je suis legal qui suis parti de Rome 

En fort bonne sante'; 
Mais fai voulu passer pour galnnt homm 

Pour aimer la beaute. 



— 267 — 

o ntiipris, en jouant mal mofi rdle; 
>t' la virole, nun, car fat la verole. 



AUTRE 

SUR LE UtUE AIR. 

iette-Anne d*AngIeterre, femme de Philippe, 
due d^Orl^ans. 



B man amour plus d'une chose blesse 

Man bon petit epottx, 
lis pourtant une bonne princesse ; 

J'ai des attraits si doux, 
sifosois, je n^en serois pas chiche 
de Guiche, moi, au cotnte de Quiche, 

AUTRE 

SUR LE m£ME air. 

Sar les Jans^oistes, etc... 
i666. 

ont perdus, les pauvres Jansenistes, 

On n*en parlera plus ; 
( triomphons, nous autres Molinistes, 

Nous les avons vaincus, 
ms alleguer ni peres, ni conciles ; 
mes habiles, nous, nous sommes habiles. 



— 268 — 

Deux pomU secrets ont conclu mon affmn, 

Avec le grand Louit : 
Je lui at fait signer le formulaire 

Dans V empire des lys, 
Et lui permets de foutre la Valiere, 
Suis-je pas ban pere, moi, suis-je pa$ hon jjere?(i) 



AUTRE 

SDB LE M^ME AIR. 

Sor madame de Brancas. 
1666. 

Malgri mes soins a bien cacher ma /lamme, 

On dit communement 
Qu'd la fin fat laisse prendre mon dme 

Par un discret amant ; 
Mais au printemps, est-ce une etrange chm 
De se mettre en rose, tons, de se mettre en rou^ 

Vous savez bien, madame et chere amie^ 

Que, dans notre maison, 
Les armes sont de deux comes remplies 

Au coin de Vecusson ; 
Je ne veux pas, quoi que mon pere fosse, 
Les changer de place, moi, les clianger de place. 

{{) Le p^re Annal, j^suite, son confesseur. 



— 269 — 
AUTRE 

SUR LE lliME AIR. 

r Anne de Gonzagae,dite la princesse Anne, lorsqu'elle 
lUn trouver Henry de Lorraine, dac de Gaise (Cana- 
illes) pour Pespoaser. Elle conrut en postc habill^c 
snhomme. 

Yous qui frondez un innocent voyage, 

Ne V0U8 souvient-il point, 
Charmante Iris, que pour un mariage, 

Vous alldtes Hen loin 
Et que vous eti demeurdtes, peu sage, 
Au concubinage, vous, au concubinage ? 



AUTRE 

SUR LE m£mE air. 

St le destin vewt en fin que je baise 

Vadorable de Pont, 
La belle et moi nous en serons fort aise. 

Nous ferons des poupons, 

Et je dirai, si le marechal gronde (i) .- 

Je peuple le monde, moi^ je peuple le monde, 

1) C^sar PhoBbus, d'Albret, mardcbal de France. 



— 270 — 

CHANSON 

SUR L*AIR : JARDIMIER, NE VOIS-TO PAS? 00 : LK 
RIDEAUX DE TOTRE LIT4 

Ges Irois couplets sont de mademoiselle de MoDlpoisitt. 

M. d'EsUmpes , conseiller d'Eslat, avoit deax ilk*, 
I'aisD^e femme de M. d'Espernon Rocillac, «loil 
nommte Flch^e, el Paulre Fichelle, qui espoasa im 
coasin de Valence. Fichon ^toit la demoiselle. 

1666. 

Pour le faux due d'Espernon 

Fichue est toute preste, 
Uescuyer aura Fichon ; 
Mais a qui donnera-t-on 
Fichette, Fichette, Fichette? 

Mon Dieu, le sot triolet, 

Fichiie, Fichon^ Fichette; 
Helas ! Seigneur, quHl est laid ! 
Je crois que le diablc a fait 
Fichette, Fichette, Fichette, 

La duchesse d'Espernon 

Est a present fort sage. 
Car elle a chassc Fichoti 
Et n'a retenu que son,,. 
Grand page, grand page, grand page. 



— 271 — 
AUTRE 

S4IR LE M^ME AIR. 
1660. 

La Bordeaux (i) rCa plus d*appas, 

Elle est toute passe'e, 
EiU a perdu ses ducats 
Et Von dit qu^elle est bien has 
Percee, percee, percee. 

Si Von en croit Pequillin (2), 

Villequier est si large (5), 

QuHl croit itre dans un bain 

Quand cette grande putain 

Decharge, decharge, decfiarge. 

n faudroit, pour enchatner 

Le demon du royaume, 
Coudre la houche et le con 
J)*une femme qui a nom 
La Bourne, la Baume, la Baume! 



Madame de Bordeaux. m6re de M. Fontaine Marlel. 
M. le dac de Lanzan. 

Mademoiselle le Tellier, femme du due d^Aumont, 
le rambassadeur d'Angleterre. 



— 274 — 

Savez-vous qui la baisoit ? 
C'est le pere sans collet 
FaveroUe, Faverolle, Faverolle. 

De madame du Tillet (i) 

L'histoire est fort fdchetue; 
Car Marville, son amant, 
Dit qu'elle est depuis sept ans 
Fotreusc, foireuse, foirewe, 

Au dire de Sdint-Aubin, 

Coulange a la peau douce, 
Meziere y va le matin 
Et le soir son grand cousin 
La Trousse, La Trousse, La Trouste. 

Le irou de la du Boucher («), 

Est si froid et si large ; 
Si, par malheur, on y chet 
11 mene droit sous I'archet 
Du large, du large, du large. 

La femme a Jean Briconnet (3), 

Couche avec son beau-pere. 
Son mart jaloux a fait 
Eclater par un soufflet 
L' affaire, V affaire, V affaire. 



(1) Femme du gcnealogisle. 

(2) DuBlc 

(3) Buade. 



— 271J — 

D*EvxelUs a fait un chretien (i) 

A Chdlons, en Bourgogne. 
he phvt en^stincertairij 
Mais pour la mere, elle est bien 
Carogne^ carogne, carogne, 

Le roy sert^U protecteur 

Aux dames qu'oH outrage, 
Et pour venger leur honneur 
U a mis Bussy Vauteur 
En cagCy en cage, en <Mge. 

Grand Seigneur, prends garde & toi, 

tl n'y a plus d'obslacle, 
Tilleroy prend son armet. 
Si cela fait quelque effet^ 
Miracle, miracle, miracle! 

Rochefort d, son chagrin 

Ne donna point de homes. 
Pendant qu'il passe le Rhin, 
Uon plante icy son jardin 
De comes, de comes, de comes, 

Frontenac, Hotman, DaUs, 

Qui de tour ont deux brasses, 
N'ont pas les visages laids 
Et sont, d ce qu^on dit, les 
Trois grdces, trois grdces, trois grdces. 

Premier mailre d'hostel du roy. Mademoiselle de 
lis, sa maitresse, qui a toujours ^t^ chez sa femme 
le une demoiselle en cbambre. 



— 276, — 

Fontenay, pour qui font tMtu. 

Let galands de notre 6ge, 

Met bien vite un c(Bur en feu, 

Mai* on dit qu'elU e$t im pev 

Trop sage, trop sckge, trap ioge. 

Sanguin nCa dit que Sourdis 

Aime tant la deT>auehe, 
Qu'elle va ju$qu*en 9on lit, 
Et lui dit, prenant son vit : 
Chevauche, chevauche, chevauche. 

Veuve d'un illustre epoux (i), 
Vous nous la donnez bonne, 
De faire ainsi les yeux doux 
A ce vieux pedant qui vous 
Talonne, talonne, talonne, 

Vous, bourgeoise de Paris, 
Courez vite a Versailles ; 
Mortemart a du credit, 
Et pour vous cela suffit. 
Canaille, canaille, canaille. 

Bien qu'on nous voie a genoux 

Aupres de la Perelle, 
Ses yeux ne sont pas trop doux, 
Mais, helas I que ferons-nous 
Sans elle, sans elle, sans elle ? 

i) I/IIospital. 



— 277 — 

C'est pour une bonne fin 

Que Bourdin s'embarrasse 
A hien grossir le boudin 
Be son vigoureux cousin 
Charasse, Charasse, Charasse, 

Bien que fate de Vorgueil 

Et croie itre grand'chose, 
Je vois pourtant de bon ceil 
La presidente Longueil, 
Pour cause, pour cause, pour cause, 

Vrai commeje vous le dis, 

Le long de la semaine 
L'on peut vous aimer, Sourdis (i), 
Du dimanche au samedi. 
Sans peine, sans peine, sans peine. 

Nous versdmes sur le soir (s). 

La chose n'est pas rare ; 
Je craignois pour mon mouchoir. 
Car, de tout ce qu*on peut voir. 
Tar are, tarare, tarare. 

On rit de bonne fagon, 
Comme c'est Vordinaire ; 

Escoableau de Sourdis. 

Mesdames de Bartillac el de Tonnay-Charente ver- 
It en revcnant de la promenade. 



— 278 - 

Sous la jupe de Guilont (i), 
Uabbi Fouache cherchoii vm 
BrMaire, breviaire, briviaire. 

Si jamais madame Home (s) 

Me petit rendre fiddle, 
Je serai biefi abuse. 
Car fai le coeur trop use 
Pour elle, pour elle, pour elle. 

La Jourdain, d cinquante om, 

Se fait peindre les levres, 
Cest pour plaire a un galant (s) 
Mieux fait que le president 
Le Lihre, le Lievre, le Lievre, 

Goutons les plaisirs de Vamour 

Sans courir aucun risque, 
Le verre de Luxembourg 
Donne quinze au grand Saucourt 
Et bisque, et bisque, et bisque, 

II y a dedans Lyon 
Vne petite chaise 
Qui vous porteroit, dit-on^ 
Rochebonne et d'Entremont 
A Vaise, a Vaise, d Vaise. 



(1) Une de leurs suivantes. 

(2) Ou Hure, chanteuse aimce du premier president de 
Novion. 

(3) Lc comic dc Lude. 



— 279 — 

Fuyons des hotnmes Vamour 

Et leg vaines paroles. 
A difaut du grand Saucourt, 
Le verre de Luxembourg 
Console, console, console, 

AUTRE 

SUR LE m£mE air. 

1666. 

Si Saint-Germain fout en cu, 

11 imite son phe-; 
Mais H le bougre est foutu, 
II imite en vertu 
Sa mire, sa mere, sa mhre. 

Si la bdcasse Soissons (i) 
En eikt valu la peine, 
Lejeune roy des penons («) 
Eut garni de comichons 
Eugene (ja), Eughie, Eugene, 

Si la be'casse Mailly 

Estoit un peu plus belle, 
Cocu seroit son mary 
Par le juge et le bailly 
De Nesle, de Nesle, de Nesle, 

.. Mancini, comtesse de Soissons. 

ic do Villeroy ; les penons, gens de Lyon. 

]gene de Savoie, comle de Soissons. 



— 280 — 
AUTRE 

SDH LE Ml^HE AIR. 
1666. 

Baillet preate son devant 
Et rCen a point honte, 
Et se fait baiser souvent 
Par le premier pre'iident 
Des comptes, des comptes, des cmptef. 

Toute la ville chanta 

Alle'gresse, allegresse ! 
Quand Saintot se maria; 
Mais son mari s^dcria : 
Largesse, largesse, largesse ! 

Busse se fdche bien fort 

Des rentes qu'on lui oste; 
S*il ne lui reste plus new. 
Que lui prendra son cousin ? 
La motte, la motte, la tnotte, 

AUTRE 

SUR LE MEMF. AIR. 
1666. 

Mnscaron fait voir a tous 
Son eloquence cxtrSme; 



— 281 — 

Mesdames, ce n'est pas tout; 
Car 8*tl presche bien, il fout 
De mSme, de mime, de mime. 



AUTRE 

SUR LE h£mE air. 

Yous aimer, vieille Bregis, 

Cest aimer peu la gloire ; 
Yous rCavez roses ni lys, 
Et donnez des vents coulis, 
A boire, a boire, a boire. 



CHANSON 

SDR L*AIR : MOY. 

uand un legat est fait comme le ndtre, 
II pe^it bien foutre en con 

ins avoir peur que le dervis apostre 
Ne le trouve pas bon, 

izzo, dit'il, que chacun s'ebaudisse, 

la chaudepisse, moi,fay lachaudepisse. 



AUTRE. 

Quand le legat fut de retour a Rome, 
Prh de Sa Saintete\ 



— 282 — 

II lui a dit : Dans le sUcU oili nout tommes. 

On fout sans surete. 
Pour n'avoir pas foutu en ecremsse, 
ray la chaudepisse^ moy, j'ay la chaudepiue. 



CHANSON 

SUB l'a I a : mot. 

Sur madame de Br^gis. 

Pour la Bregis, ce n*€st qu'une antiquaiUe, 

II n^en faut plus parler ; 
J'aimerois mieux en faire unc medaille 

Que vouloir la baiser; 
Et je dirai, si elle en est fdchee ; 
Tu es trap far dee, toy, tu es irop fardee. 

AUTRE 

SUR LE m£:me air. 

Sur madame de Cordes. 

Dedans nos hois, il y a un hermite 
D'une agreablc humeur 

Qui fort souvent recevoit la visite 
D'une devote socur ; 

Il lui disoit en lui levant la cotte : 
J'eniredansmagrotte, moy^fentredans tnagroi 



— 285 — 

, Malgre les soins dun epoux in fiddle, 
J'ai partout des galans, 
Lepauvresot les chouse de la ville, 
Mais ils viennent aux champs , 
Et dans les bois, sur la verte fougere, 
Je baise Mazihe, moy, je baise Maziere, 



CHANSON 

SDR L*AIR : UN CHAPEAU DE PAILLE. 

r mtdemoiselle de Neailly, Madeleine Rogier, qui 

upoasa N de Breteuil, conseiller au parlemeni, 

leor de Mons ; morte en 1676. 

1667. 

Von me croyoit dejd religieuse, 
Mais fort mal d propos ; 

J*aime bien mieux faire la precieuse 
Et dire de grands mots; 

Et pour montrer queje ne suis pas dupe, 
Je Uve majupe, moy,je leve majupe. 



AUTRE 

SOR L*AIR : BRAVE TROUPE FRONDEUSE. 
C'est le comte de Lauzun qui parle. 

Voire Montespan, sire, 
M*a fait un mechant tour; 




Jc n'm faU ■ 
^ns regret]^ 
Elle est vieili 



CHAN 

<667. 

'^^rmes appren 

^^cc savoixdi 

^^ '^ monsieur I 

Vermes apprenc 

^^ reprit cent fa 

^^ re'pe'ter U fa, 

^''fin, aprds tan 

^' iui montra co 



— 285 — 

CHANSON 

L*Am': TON RBLON, TONTAINE, TON, TON. 

Sar madame Haaterive. 
1667. 

« tabouret mettoit son cut a Vaise, 
eds 9on voiHn estoit-il mieux ? Non, 
iguer me dit : Helas ! sHl est en braise 
Ton relon, tontaine^ ton, ton, 

CHANSON 

L*AIR : R^VEILLEZ-YOUS, BELLE ENDORMIE. 

i maiiage de la dachesse de Ghaunes avec le 
marqais d^Haaterive. 

Cest, d tnon gre, peu justement 
Qu*on bldme une duchesse illustre 
ly avoir quittSpour son amant 
Le tabouret et le balustre, 

Quoi que Von en dise a la cour 
Et quoi que Von en determine, 
Je tiens que fourrure d'amour 
Vaut mieux que fourrure d'hermine 



— 286 — 

Quie Vhonneur tCezt qvCun peu de veid, 
Et qu*il n'est de dame si fihre 
Q^i^ pour le plaisir du devant, 
JYe quitte Vaise du derriere. 



CHANSON 

suR l'air de gravelines. 

f668. 

La dame d^honneur de la reine, 
La gouvemante du Dauphin^ 
Infectent tout de leur haleiney 
Depuis le soir jusqu'au mxUin, 
Qui les haiaeroit d la bouche. 
Si ce n'est le grand prevdt de Souche ? 

Si la chaudepisse de Meille 
Fait tant de vacarme aujourd'hui^ 
II ne faut pas qu'on s'e'merveille^ 
Sa maitresse I'a comme luy, 
Le plaisant de leur destinee, 
Cest qu'ils ne se font pas donnee. 



— 287 — 
CHANSON 

DR L*AIR : LA BERCkRE D*ANGLETERRE. 
i638. 

La bergere d'Angleterre 

Dans Saint' Cloud 8* en va chantant. 

Est-ce une si grande affaire 

Que d'avoir faitun amant? 

Et A V0U8 ma helle-mhre, 

De Jules et de Boukinquan. 

Dans Amiens de nuit obscure, 
Dans un jardin de plaisir, 
11 vom fit mainte e'corchure; 
Disant adieu d loisir, 
11 finit votre aventure, 
Et non pas votre plaisir. 

Eh bien! dit Anne d^Autriche, 
Prenez done le grand Saucourt. 
Car votre comte de Quiche 
Trop souvent demeure court; 
Mazarin, quoique tris-chiche, 
Ne Vestoit point en amour, 

Vous faites bien la bigotte, 
Vous donnez de dures lots; 



— 288 — 

LaisseZ'tnoi trousser ma cotte, 
Comme vous fifes autrefois ; 
EtpuU je serai devote, 
Quatid je n^aurai pltAs mes mou. 

/[ est vrai, je suis lubrique, 
Je ne puis rien refuser; 
Mais Monsieur (i) branle la pique 
Et ne me veut pas baiser; 
Cet exemple domestique 
Me devroit bicn excuser. 



CHANSON 

SDR L'AIR : SI D*DNE Fl£:VRE OU d'uNE COLIQUE. 

Cetle chanson s'adresse k Monsieur. 
1668. 

Quoi! branlerez-vous toujours la pique 
A ce beau monsieur de Monmouth ? 
Savez-vous que voire femme il fout ? («) 
Pardieu, vous le rendrez ethique 
Si vous le poussez Vun et V autre a bout. 



{{) .... d'OrMans. 
(2) Feu Madame. 



— 289 — 
AUTRE 

SUR LE h£mE air. 

ee que feu Madame, & Saint-Cloud, prenoit plaisir 
aller ^veiller, d^ le point du jour, toutes les dames 
s la cour. 

Apres Madame montc en haut 
Dans la chambre des belles; 
Ce n*est pas le premier repos 
Qui soit trouble par elle (i). 



CHANSON. 

i688. 

Du Boucliet enrage 
Qu'elle n*a point d^argent 
Son con est en gage 
Pour un escu blanc. 

Qui diable le de'gago 
Si ce n'est Grignan ? 
II fait sa decharge 
Dans son trou puant. 



I) D6s les quatrc licures du muliii , 3Iudanic sc r6- 
loit. 

T. IV. 13 



— 2»0 — 

CHANSON 
suR l\ir de jean de tert. 

1668. 

Ah! qttej'aime le celibat, 

Et foin du mariage I 
Cest un morceau bien deliait 

Qu'un joly pucelage, 
Tel qui croit Vavoir attrape 
PTen a souvent non plus tdte. 
Que Jean de Vert. 

CHANSON 

SCR l'aIR : d'dN PAUVRE COEDR, 00 : CROTEZ-MOY, 
HASTONS-NOUS, MA SYLVIE. 

1668. 

D\m amant la plus grande furie 
Tout au plus ne dura que deux jours; 
Enlre nous, folk qui s'y fie, 
II n'est plus de rot d'ilthiopie 

Et tout Paris n'a produit qu'im Saucourt. 
D'un amant it faut suivre -les lots 
Etjeuncr quand it fait abstinence, 
Ou s'en prendre au plus long de scs doigls. 
Savez-vouscc qui fait Vinconstance? 

Cest qu'un scul ne fait pas tant que trois. 



— 291 — 
CHANSON 

SUR l'AIR : GAY ! 

On dit que milady Gourdon 
A bien plus d*une,aune de con, 
Qu'elle en ait un cent, 
Ou bien un arpent, 
II ne m'importe guere, 
Je ne la fous gudre, 6 gay, 
Je ne la fous gudre. 

Dedans Bordeaux, quelquefois. 
On fait Vamour dans un bois. 
LA, mille ruisseaux 
Repandent leurs eaux 
Dans la grande riviere, 
Et Vetalon dans le pre'au 
Sangle la pouliniere, 6 gay, 
Sangle la pouliniere, 

Dans cet aimable sejour 
Tout le monde fait Vamour; 
Jamais la rigueur 
N^occupe le cceur. 
Dedans cetle province ; 
Et quand les feves sont en fieur, 
Cest un plaisir de prince, 6 gay, 
Cest un plaisir de prince. 




Je ne puis 4tr 

^oin de tnon c 

^oin de ma, 

Pour quieter a 

^^ faut plus (fx 

IHsons fra 

^otre sent 

Est'ce le suje 

De tn*en retourt, 

C'est pour voir 

C^est pour voi 

Dieu fious garde 

Chez le chevalier 

^ymeurti 

Dans des pic 

De si mauvaise 

Que Job, en son vi 

Etit maudit sa cui 



S„.uSaV0V-Germ-- 
1669. 

QHeMorten.*rU»« 



— 294 — 

AUTRE. 

1669. 

Beauvais, la borgnesse, 
Embrassant Fromenteau, 

Disait de tendresse : 
Enfle ion chalumeau, 
Et chantons sur nos orgues 
La nuit et le jour 

Notre amour 
Qui fait la morgue 
A tout Paris et meme au grand Saucourt . 

La marquise veuve {i) 
Et son frere I'abbe («), 

Apres mainte epreuve, 
Montent sur le jube, 
Et font dire a leurs cloches, 
Chacun a leur tour. 

Que Vamour 
De ses plus proches 
Est plus friand que celuy de Saucourt. 



(1) La marquise de Richelieu. 

(2) L'abbe de Richelieu. 



— 29S — 
AUTRE. 

1669. 
I 

La courte Lafayette 
Et le berger Foucaut (i) 

Font Vhistoriettc 
De Mace et GonibatU; 
ClioHtant dessus leur lyre 
La nuit et lejour, 
Qu'en amowr, 
II faut escrire 
Et puis agir comme le grand Saucourt, 

Le pastoureau Vardes (i) 
Et la nymphe Soissom, 

Tons deux $e regardent 
D*une tendre facon, 
Et chantent sur leur fifre 
La nuit et le jour 
Qu*en amour 
L'on est Men pifire. 
Si Von ne fait comme le grand Saucourt, 

Le comte de Guiche (s) 
Disoit a Manican (4) ; 

(I) M. leducde la Rochefoucauld. 
0t) Da Bee, eapitaine des cent suisses. 
(3) Le comte de Gaiche, fils du due de Grammont. 
(i) L'^abbd dc Longueval Manicaa, deux bougres in- 
signes. 



— 296 — 

Faisons quelque niche 
Qui fosse du cancan. 
Chantons sur nos timhales, 
La nuit el le jour, 
Qu'd la cour 
Notre cahale 
Fait plus de bruit que celle de SaucourJ. 

Le comte de Guiche (i), 
Jieeevant sa inoilie, 

Vourttt comme une hiche 
Lux dire en amitie : 
Voicy tous mes gens d^armes 
Et toute ma cour ; 
Mais en amour 
Je n*ai point d'armes 
Pour vous servir comme le grand Saucourt. 

De Flers se contente (2) 
De vivre a bon marche, 
Le prix I'e'ponvante 
Et non pas le pe'che'; 
Cest pourquoi Von ignore. 
Quel est son amour 
A la cour. 
Car elle adore 
Un gros valet qui vaut mieux que Saucourt. 

(1) Lc comic de Guiche commandoit les armeesdu 
h Metz. II y rcQiit sa femme avee grande magnifict 
qui I'alla cherclicr jusques-l&. 

(2) La comtesse de Flers. Fait par le due de Fo 
plaisanlant. 



— 297 — 
AUTRE 

SUR LE h£mE air. 
1669. 

Contenter la reine 
Dans Vamoureux deduit, 
Et tout d'une haleine 
Du travail de la nuit. 
Alter chez la Valliere 
Passer tout le jour. 
En amour, 
Pareille affaire 
onneroit un peu le grand Saucourt. 

AUTRE 

SDR LE h£mE air. 

evalier de Lorraine et Ic chevalier dc Coaslin 
(du Camboutj. 

1669. 

Le berget Lorraine 
Et le berger Coaslin, 

Tons deux hors dlialeino 
Avec Icurs jeux de main, 

IV. 15. 



— 298 — 

Tenant leur comemuse, 
Disent tour a tour 
Qu'en amour 
Von est bien buse 
Si Von ne fait comme le grand Saucourt. 



AUTRE 

SDR LE m£mE air. 

Le petit Coulange, 
Avecque sa moitie, 

Vit comme un archange 
En grande purete, 
Chantant sur sa musette. 
La nuit et le jour, 
Qu*en amour 
Son allumettc 
Prcnd moins feu que cells de Saucourt, 

La nymphc Romere 
Et sa chere Bordeaux 
Ne se soucient gucre 
Vcs pclits ni dcs gros, 
Disent en grattant leur motte, 
Chacune a leur tour : 
Qu'en amour 
On est bien solte 
D'aUcr cherchcr si loin un grand Saucourt. 



— 299 — 
AUTRE 

SUR LC h£hE air. 

1669. 

Romere Pingrate 
Abandonne Givry ; 
Sa taille delicate 
A trop souffert sous Ini ; 
Elle a, cetie infidele. 
En con el en cu 
Trop foutu, 
Elle veut, dit-elle, 
Un vit plus gros, un amant plus menu, 

AUTRE 

SUR LE h£mE air. 

i669. 

La nymphe Laulne 
Disoit d son berger : 

VeusseS'tu long d'une aulnc, 
J'ai de quoi le loger ; 
Ne Ven mcts pas en peine : 

La nuit et le jour. 



— 500 — 

En amour ^ 
Vne douzaine 
Y 8ont passes de pair awe Sawmrt 

La nymphe CUonte 
Et la nymphe Lolot 

^auroieni pas de honte 
De prendre le gros lot 
Dedans la loterie 
Qu'on fait a la cour 
En amour, 
Ou chacun crie .- 
Lc bon billet sera le grand SaucourL 



AUTRE 

SUR LE M^ME AIR. 

La jeune marquise 
Et d'Agde son parent, 

Quoiqu'en en medis(\ 
Soulagcnt lour tourment, 
Chantant dun ton d'epilrc. 
La nuil et lc jour. 
Que I'amour, 
Malgrc la mitre 
Du grand prc'lat fait fort bien un Saucourl, 

Iris me questionnc. 
En VIC voyanl tout nu. 



— 301 -^ 

^ j'*in menu ? 

Oft - to «o«<"''^'^ 



SUB L *W "" 

A 669 






pUnantsadcstinee 

n.i<. n'es-«» "** , . 

Ptt (cm* 9*"^ J*^ *^ 

Valence I» «''«"*"' 
Ft BcWcbat Va^^ , , ^ 



— 302 — 

Quand on fail Vamour 
A la cour ; 
Mais leur misere, 
Ccsl de ne pouvoir itnitcr Saucourt. 

Le marechal cTEstrees 
Caresse Manican (i), 

A quatre-vingts annees, 
Lui vient faire un enfant, 
Jurant, conime un hermite, 
La nuit el le jour, 
Qu*cn amourf 
La Carmelite 
Lc fait alter depair avec Saiu;ourl, 

Libera la brunette, 
Avec ses mouvemens, 

Au son des castagnettes 
Engage mille amans, 
Et dit en leur prdseticc. 
La nuit et le jour, 

Qu'en amour. 
Point de cadence. 
Si Von ne danse avec le grand Saucourt, 

(1) Le vieux marechal dTslrdes cpousa madeniuUcIle 
dc Manican, lille du lieutenant general. 



— 303 — 
CHANSON 

SUR l'aiR DE CONTRE-V^RITl^. 

Sup M. de Nogent. 

1669. 

Que faime ce page 
Fait au badinage ! 
Bon DieUf qxiHl est intelligetit ! 
Tantdt il est agent, 
Dans son personnage, 
Tantdt patient, 
Propre a tout usage, 
11 est de nos gens, 

CHANSON 

SUR l'AIR : OR, NOUS DITES, MARIE. 

4669. 

Or, nous dites, ma mie, 
Vous souvient-il qu*un soir. 
Dedans ma galerie, 
Jevous fis le devoir ? 
II est vrai que me mites 



— 304 — 

Le cul 8ur un placet ; 
Mais tout cequeme fiUi, 
Ne fat qu"d vit mollet, 

Mais dites-nous, ma mie, 
Un soir dedans mbn lit, 
D'une fagon hardie, 
Prites'vous pas mon vit f 
Je jure par saint George 
V avoir pris maintefois ; 
Mais il n*a rendu gorge 
Jamais qiCenire mes doigU. 

Or dites, je vous prie. 
En quelle fagon 
Vous fates elargie 
JusqxCa Ventrefesson ? 
Cc fut certaine affaire. 
Convert d'un fin velours. 
Fait par Vapothicaire 
De monsieur de Nemours. 

Mais dites-novs, ma mie. 
Si, dedans le congres, 
Vous etcs bien fourbie. 
Que direzvous aprcs ? 
Je dirai que vous etcs, 
Mon cher ami, Varchcr, 
Et lion plus ccitc bete 
Qui no pouvoit baiser. 



. — 305 — 

CHANSON 

SUR L*A1R : LAISSEZ PAISTRE VOS BESTES. 
1669. 

Villeroy, je le confesse. 

Voire femme est de belle humeur ; 

Elle n'est que tendresse^ 

Pour Sevi dans le coBur, 

Voire desiin est un peu prompt, 

D'avoir deja senti Vaffront, 

Westre marque dessus le front. 

La chose est bien cmelle; 

La dame est de bon appetit; 

Auiant que vous, Courcelle 

En aura du dejfnt. 



AUTRE 

SUR L*AIR : TRANQUILLES COEORS. 
1669. 

Chevalier, quitte la Crenan, 
Cette catin a la verole ; 
Son front, aussi bien que ses dents, 
Disiille une puanie colle; 
A peine un gadouard la pourroit approcher, 
Elle pue comme un prive. 



— 506 — 

CHANSON 

Ces couplcls soni de M. dc Marcail. 

Enfin, Amour, il Vest permis 
De venger dessus moy 

Tout le mepris 
Quej'ai fait de sa fay, 
Jc me suis moque des amans 
Que fat vu8 languissans ; 
Mon coeur soupire 
El ti'ose dire 
Le mal que je sens. 

On tient que vous dites partout 

Que je suis trop petit 
Pour vous mettre en appelit ; 
illoignez ce soupcon jaloux , 

Bannissez ce courroux. 
Car dans vne heure, 
Je pdme et je meure 
Plus de quatre coups. 

Si votre cas e'toit plus net. 

Piece de cabinet, 
Avecque vans de'penserois mon fait. 
Je louche cent francs par quartier^ 

Cest un fort beau denier, 
Et puis encore, 

O beaute que j^adore ! 

Emprunter du fermier. 



— 307 — 

CHANSON 

CE LE CHA!fT : CQKDITOR ALUe SlDEcnuM* 

MQnsciffiwur Vevvsqtw tTAiitUH 
N*e$i pm uu prelat du commun : 
On dit que chsz lui c'esi tout nn, 
De baiser quclqu'unc ou iiuetqu*mL 

Ce n*est pas un ehGiif mortel, 
Ni un thcaque let que tel, 
C'est un prclat qui dc ^auiel 
Va U plus soumni au hardeL 

AUTRE. 

H foul assis^ il fuut debout^ 
II ftiut au tit, it fout par t out f 
Et ce qu'csi It plus beau de tout, 
Cest qu'it rmie Diau, qnaud il ftnil , 

Gfoirc soil a cg fjrand pre tut , 
De Rottte iltustrc rcnegai^ 
Nous en devons tous fairt' cHat^ 
Ptes de lui li} pnpe c$f un fat. 



— 308 — 
AUTRE 

SUR LE M^HE CHANT. 

Sur M. OndedeT, ^vesque de Frejas ct favori do cardieai 
Mazarin. 

Monsieur Vevesque de Frejus, 
Depuis plus de vingt ans et plus. 
Met a la pille et au verjus, 
Ce qu'il pent rencontrer de cm. 



AUTRE 

SUR L*AIR : Rl£VEILLEZ-YOUS, BELLE ENDORMIE. 

Pour mesdemoiselles de Grenan et de la Force. 
1669. 

Deux partisans de Cithcre, 
Udme e'prise de saints de'sirs, 
Du revenu de leurs plaisirs 
Fondent ce pieux monastere. 

Cest le plus charmant de nos jours; 
Mais je vois bien de Vapparcncc 
A sa prochaine decadence, 
Ses fondcmcns br anient toujour s. 



— 309 — 

AUTRE 
suR l'air be flon, flon. 

ouplets ont ^te fails par le chevalier de Lorraine 
ir madame de Mazarin. On dit aussi qa*ils sont de 
demoiselle de Comminge, aujourd'hui madame de 
Tr^ve, premiere pr^sidenle de Bordeaux, pour la 
!hesse de Foix. 

J)u bain, ckarmante blonde, 
Venez entre mes bras; 
Venus sortant de Vonde 
Ne faisait-elle pas 
Flon, flon?,,. 

Le feu, charmante blonde. 
Que j'ai pris d€ms vos yevx 
Ne s'eteint pas dans Vonde, 
Et je n*en fais que mieux 
Flon, flon,,. 



VERS 

Sur le cardinal Bona qui papegeoit. 

1670. 

Papa Bona est solecismus. 

Papa Bonus non est in usu, 
nmaticai leges plerumque ecelesia spernit ; 
t papa Bonus, si papa Bona foret. 



— 510 



SUR LE M£ME 

Bonne pape ne se dU pas, 
Et bon pape ne se fait pas ; 
Si neanmoins il Hit bonne. 
Tout se rencontre en sa personne. 
Si ce n*est qu'en quittant et le froc et le nom^ 
II ne lui resieroit peut-etre riendebon. 



fiPIGRAMME 

Sur la mar^ehale de la Fert^. 

Ardent vaisseau de paillardise. 

La Fertdy que dira-t-on, 
Fantasque barbon, 

Quand il verra nattre un poupon, 
Lui qui depuis deux ans n*a leve ta chemise? 

Dis-moy de quoy diable s*avise^ 
Ton con^ de mille gens nuit et jour frequentc, 

De faire mentir ie proverbe. 

Qui dit de toute e'ternite'. 
Que dans les grands chemins ilnevient jamais d' he 



— 3H — 

QUATRAIN 

Sur M. de Colbert. 

Grand Colbert, dis-moy pourquoi, 
Et par quelle etrange maniere, 
Tu rCa pas tdte la Yallihe, 
l manie tons Us jours les affaires du rot? 



VERS 

Sur la mort de Tabb^ de Castille. 

On tient, dans la nouvelle ecole, 
Le cu bien plus sur que le con; 
Is Vabbe de CasHlle est mort de la verole, 
Auquel des deux se fiera-t-on? 



CHANSON 

SUR L*AIR DE I LANDERIRETTE. 

Je ne fats rien dessiis Saint-Cloud, 
Mais je voudrois faire sur vous 

Landerirette, 
Tout ce que fait voire mari, 

Landeriri, 



— 312 — 
AUTRE 

SUR L*AIR : IL ▲ BATTD SON PETIT FR^RE. 

Pour 86 distinguer du vulgaire. 
La Brissac a done pour chimere 
De se servir du cctdencu T 
D^ou lui vient le droit de le faire ? 
Pour mot, je ne le comprends pas, 
S'il ne lui vient de son grand-pere. 

Si son epoux, en homme sage, 
Du cadenas faisait I'usage, 
SaveZ'Vous ce quHl en ferait ? 
Dans un endroit que je dois taire 
Bien proprement il le mettraU ; 
C'est la quHl serait necessaire. 



VERS 

Sur madame d'Huxelles, qui aimoit le chevalier 
de Riviere. 

Lorsqiic, pour vous cacher 
Vamour de son chevalier. 
Iris dit qu^elle est trop druc 
Pour un cavalier si malsain, 
Je ne I'en croispas moins catin ; 
Mais je Ven crois plus mal foutue. 



— 3i3 — 

CHANSON 

SUR L*AIR : LAISSEZ PAISTRE VOS BESTES. 

16T0. 

La Jay dit a sa fille : 
Voire mart est indigent. 

La Jay dit d sa fille : 

Baisez pour de Vargent. 
Incontinent la pauvre enfant. 
Pour eviter lapanvrete', 
Prit conge' de la cruauti; 

Avec un bon apostre. 
Que Von appelle Belesbat, 

En attendant les autres^ 

Elleprit son esbat. 

Rengainez vos epees, 
Blondins qui faites du fracas; 

La belle est mariee, 

Et votu ne Vaurez pas; 
Pour d^Artigny quatre marquis 
Sont devenus tousennemis; 
Mais dans la race des Crequis 

On y connoit la belle, 
Et Von a pu sans grand effort 
Dessus cette quereUe 

Les mettre tous d^aceord. 



14 



— 314 *• 

Au relour d'HalU, 
Qmmd Peguiliin coucha ch^z i 
Monaco, tmr ma vi*. 

Lc Icms voHs fitt Men dmix. 
tr marichai vou$ fii vmdr, 
Quand Guklie fui prtisi a p&rtir^ 
Pour tdchcr de te retetiir, 

Lc tmit cgt d^hatfih homme^ 
Be se eonserver de» umu; 

Bang h iiicle oit naut sommti$, 

Pui de salui iafts Loua. 



En belle humeur^ comicue^ 
Vardes aera bi&titdt en cour; 

En belie humeur^ comf^wff» 
Attendant son rotour. 
On li suit bun, Cond^ n^est pat 
Vn lieu pmtr tmus rempU d'appa* ; 
Mnis a Paris que faire, helasf 

Hien ne ifous ^ doit plaits ^ 
Absente d'un Qhjei si doUX: 
Et de toute fnanUre 
On plaint fort mtre ipnum, 

S^rtew d9 la BastUU^ 

Bnuy, revsnes a la cour 
Pour ini/fruire la tillfe 

Toute la cour H'a pa$ fesprii 
De nout avoir encor prtjduii 
Quilquei tornetifis pnr tcrU^ 



— 315 — 

iVt quelque ehansormette 
Qui puisse apprendre aux curieux 
Ce que fait la coquette 
Dans Vempire amoureux. 



CHANSON, 

Le vaste con de la maigre Choiseul, 

Qui seul peut prendre le parti contre nous, 

Demande, pour tout accueil, 
Qu'on lui fasse cinq ou six bans coups. 



CHANSON 

Sur M. de P^gailUn, capilaine des gardes. 

Camarade, quand tu regardes 
Le petit Peguillin^ capitaine des gardes, 
Je sais bien a peu prh ce que le cceur t'en dit : 
Tu fMiudis de la cour la maxime importune 
M chacun n"a de la fortune 
Qu'd la mesure de son vt7. 



CHANSON 

SUR L'aIR : LAISSE LA BARBE EN POINTE. 

Laissez entrer la femme 
De Monseigneur de Louvois, 



— 316 — 

Car, par la vertugoU ! 

Qui »ero%t assez ose 

Pour votdoir la lui baiser? 



APOLOGIE 

de H. Dangeao. 

1671. 

Dis-moiy satirique Boileau, 
Que fa fait ce pauvre Dangeau? 
D^ou te vient contre lui tant de fiel et de haine? 
Cette nouvelle dignite 
De gouvemeur de la Touraine, 
Ta-t-elle si fort irrite? 

Quoi ! ne saurois-tu voir un homme sans service 

A la teste d'un regiment. 
Sans merite acheter un beau gouvemetnent, 
Dans un royaume ou regnent, au lieu de la justice, 

Le vit, le con, le foutre et le caprice, 
Tous quatre sans justice et sans discemement ? 

Si Dangeau n*€st pas un HerculCy 
Le faut-il pour cela toumer en ridicule. 
Pour le voir gouvemeur et chef d*un regiment ? 

SaiS'tu pas qu'au regne oii nous sommes, 
Ce n' est pas la vertu qui fait lesplus grands honimes, 
Mais la galanterie et le jeu seulement ? 



— 317 — 

Contre le gouvemeur n'ayant done rien a dire, 

Boileau, rengaine ta satire, 
11 est fait comme il faut pour devoir gouverner, 
11 joue, il est galant, eti revue il raffinc, 

Dans le royaume de Ciprine, 
Un jeune damoiseau ne doit-4l pas rdgner ? 



CHANSON 

SDR l'AIR : IL A BATTU SON PETIT FRkRE. 

Par Blot. 
1671. 



Nous sommes une demy-douzaine 
Qui ne nous mettons guere en peine 
Du vieux ni nouveau Testament ; 
Et je crois quHl est impossible 
ffen trouver, sous le firmament, 
Moins enviedaze's de la Bible, 



Tu crains la peine, et crois la gloire, 
Vieux Boulay ; tu ne veux pas boirc, 
Ta manidre d'agir me fout ; 
La peur en torn lieux faccompagne ; 
Nous sommes bougres de partout, 
Tu n'es bougre que de campagne. 



— 318 



CHANSON. 



Si le bougre d^Assouei 

Eut ete pris, 
II auroit ete rdti 

Tout au travers des flatnmes. 



De Chausson de FaJbri. 

Chausson s'ecria tout haut : 
Ou est Tarnaut ? 

Ah ! monsieur le lieutenant, 
Avant que Von me hrule, 
Souffrcz que je Veficule 
Etje mourrai content. 



CHANSON 

SUR L'AIR DU bourgeois 6ENTILH0MME. 

Sur le cardinal de Bouillon, retire ^ Villetaneuse, avec 
Tabbe Sauvaf^e, depuis dvesque. 

Par madame de Longueval, chanoinessei et soeur de la 
marechale d'Estr^es. 



La jeune Eminence, 
Craignant la me'disance. 
La jeune Eminence 



— 319 — 

S'tit rtUrde dun champs . 
Vakhe Sauvage, 
Homme si sage. 
Son pucelage 
Lui va gardant ; 

Mais il y perdra son temps. 



CHANSON 

SUR L'AIR : SUR l'ARGBET il FAI80IT HEAU VOIR. 
1671. 

Sous Varehet il faisoit beau twtr 
Madame notre senechalle, 
Haranguant du matin au soir 
Les carognes de sa cabale, 
Et dire d ses meilleurs amis : 
Le vieux Coetquen icy m^a mis ! 

Pour votre consolation, 

Je vous laisse ma fille aine'e; 

Louez mon education, 

Et baisez ma nidce Ren4e; 

Quand ^us Vaurez baisee, Je croy. 

Que voM prierez tdus deux pour moy. 

Le nez cache' dans son manchon, 
A ses pieds se jette Montgeorgc, 



— 340 — 

II fatU mourir, petit eochon, 
JHt la belle, il n'y a plus d'orge : 
Cinq ou fix amang, ce matin, 
Ne nCen ont pcu laisse un grain. 



CHANSON 
Sar madame de Uontespan. 

La Montespan a de Vesprit, 

Et beaucoup plus que Von nepense, 

Pourvu qu'on lui montre un gros vit, 

Elle souffre une grosse panse, 

Et c'est pour cela que Louvoy 

Est bien mieux traite que le Roi. 



AUTRE. 

Sur mademoiselle de Noirmoulier, dcpuis roadanx' 
de Royan. 

1671. 



Lc parti n'est-il pas bien doux ? 
Yous screz libre en vos affaires, 
J'y laisserai passer Vepotix, 
Tons vos galans et vos beaux -frvrcs. 
Me contentant d'entrer en rang, 
A lout lc moins une fois Van, 



— 321 — 

CHANSON 
suR l'air : il y a tant oe difference. 

Pour niadamc de Serigny , con ire mademoiselle de 
Merry, par M. de Coulanges. 

11 y a tant de difference 
Entre les cuh et les cuts. 

Que rien plus ! 
J^en connais d'apparence 
De gras, de fermes et de dodus, 
D'aucuns maigres et mous. 

Amour trouble ma teste 
Et le bon vin m'y fait 

Mesme effet. 
Celte double tempeste 
Qui trouble mon esprit 

Ne finit 
Que quandje suis au lit. 



H. 



— 3M — 

CHANSON 
SUE l'aib de grayelines. 

Les deux premiers et les deax demiers couplets sont da 
cheTsUer de Riyiire, snr on mattre d*6cole de Paris, 
oomm^ Vigeoo, hrAU pour avoir connu des pooles. 

1672. 

Lorsque Vigeon (4) vit Vassemblee 
Qui Vassistoit dans son malheur, 
D*une voix haute et non frouble'e, 
II dit : Vous me faites honneur : 
• Vraiment voild Men de la foulc 
Pour un simple fouteur de poule ! 

Quoi ! messieurs, quand cette potence 
Devroit soutenir aujourd'hui 
Beautru, ce grand hougre de France, 
Vous n'en feriez pas plus pour lui ; 
Vraiment voild bien de la foule. 
Pour un simple fouteur de poule. 

Romain, que faime, que festime. 
Est un bon bnugre abandonne t 

(1) Aiiparavanl valet dc chambre dii comic dc (irain- 
monl. Condamnc & eslrc pcndu. 



— 323 — 

H n'a pii en horreur Ic crime, 
Etje crois quHl sera damne ; 
J*efi ai uhe joie infinie. 
Car il me tiendra compagnie. 

Si c'estoit le due de VendMfne, 
FiU naturel d'un trh grand toi 
Premier margutlHer de Sodome, 
Vous n'en feriez pas plus qu^d moi, 
Vraiment, voild bien la foule 
Pour un simple baiseur de poule, 

A Dieu, au Rot, a la justice, 
Je veux bien demander pardon; 
Maisje souffrirai le supplice 
Sans m'excuser aupres du con; 
Je veux mourir en galant homme, 
A Paris comme on fait d Rome, 



CHANSON 

SOR l'AIR BiE L*OtnrERTURE DU GRAND BALLET. 

Sar M. de Haflay, archeves(fae de Paris. 

Pasteur, tu ne fais pas comme ces canailles 
Qui foutent leurs ouailles 
Pour croitre le saint troupeau, 
Tu fous comme un moineau. 
Content d'ttn petit fonds. 



— 3i4 — 

Tu ne demandes, hormis queues flacons, 
Rien que la disemc des eons. 

Malgrc ta teste grise. 
Sans tant piailler a Ve'glise, 
En tout lieu, 
Tu vas faisant des serviteurs a Dieu, 
Nul ne fait fleurir si dignemenl que toi 
Notre chreiienne Un 
Et souwnt quaud ta main baptise. 
Ton vit lui donne cet emploi. 



CHANSON 

SUB l'aIR : BRANSLE DE METZ. 
*672. 

Des amours dc la Franciere. 
Le rc'cit est ennuyeux. 
Car de vous nommer tous cetix 
Qui Vont renverse'e par terrc, 
11 me faudroit plus d^un an. 
Sans e'puiser la matiere ; 
II me faudroit plus d'un an 
Pour compter tous ses amans. 

Un abbe du voisinagc. 

Deux Caumartins, trois Brctcuils, 



— 325 — 

Ah! fen at la larme a Vceil, 
Vont eu quatre ans en partagc, 
Et cinq gros freres MachauU 
Vont faite a leur badinage, 
Et cinq gros freres MachauU 
Et le grand preslre Bertaud, 

Tracy, Pumon et Lelievre, 
Quoiqu'il ne fut pas guidon, 
Uont pris d'assaut, ce dit-on, 
Dont tres'grande fut la rage 
De ce pauvre commandeur 
Qui la tenoit a ses gages ; 
De ce pauvre commandeur 
Qui en cut grand mal au camr. 

D'' avoir eu son pucelage 
Personne ne se souvient; 
Mais le beau de Villeserain, 
Qui la prit en fort bos age. 
Nous a dit confideminent 
QuHl Irouva large passage; 
Nous a dit confidemment 
Qu'elle avoit le con Men grand. 

Or, ecoutez la merveille : 
Son mari, ce bon piquouar, 
Le jour qu'il se fit cornard. 
Jura qu'elle e'loit pucelle; 
Mais son cousin de Charny, 
Lui dit qu'elle n'est pas telle, 
Mais son cousin de Charny 
Lid dit qu'elle avoit menti. 



— 326 — 
CHANSON 

SUB L^AIR DE LA FROMDE. 

Sar Marie-Louise de Noailles. 
1672. 

Marie- Louise de NoaiUes, 
Faites-nous vite un autre enfant. 
Car votis ne files rien qui vaille 
Dans le dernier accouchement, 
Faites un seigneur de Malicomes 
Qui puisse un jour planter des cornes 
Sur la teste de scs amis, 
Tant A la cour que dans Paris, 

CHANSON 
SUR l'air des ennuyedx. 

Bouzy (i) vous etcs a deux mains. 
Pour le mdle et pour la femellc ; 
Vous pendriez tons les humains 
Pour une pauvre bagatelle ; 
Vous n'aurez jamais voire e'gal. 
Si Saint-Papoul (2) 7i'est cardinal, 

(I) Lc cardinal. 

i'2) F/abbc dc Grammonf, ami dc dcbaiichc du car- 
'linal. 




CHANSON 



SDR LAIR : IE HE SQETIJIAI KAE HES TPUKS |»e: LA 
BASTILLE, 

Paf U > de Cdutaiigej^j sup ta niDisOn ile Turpi ii^Siinzay 

Lftmelot Turpin fit houcler m Dmise 
D^un cadmas qii'il eat du dogu d& VefiUe, 
Car elle avoit Vhumsur encUnG a paiUardise, 

Denise, en amour bien fine ut Men apprise. 
Par une famse ttcf tnit son chaf en franchise ^ 
Ei s*{idonna ioujaurs depuis ^ paiiktrdiie^ 



CHANSON. 

fmpramptu de MahaaJl Tierccvillci^paur su femmc, qui 
rIeiDHndaU ao couptet d€ chanson en eioi) hciiinL'ur. 

La jeune mef'^eiUe 

Qui fail mmi souci 

A ia bouche verm ei tie 

El Ic bonl dm nez anssi. 



— 528 — 
CHANSON 

SDR L*A1R : NOUS BAISONS TOUS LES MAINS. 
1673. 

De V08 amans, divine Marion, 
Ne vous melez pcu de la religion ; 
Qu'iU soient papistes ou quails soient huguenots, 
S'ils haisent bien, 
Qu*imporle de Coetquen 
Ou bien de d'Andelot ? 

CHANSON 

SDR L'AIR de l'eCHELLE OU TEMPLE. 

Sur k's noces de M. d'Amboille, fiis de M. d*Ormet>son. 
Par M. de Coulanges. 

Lc soir de ses noces, un garcon, 
Mais vn gar^on deja barbon. 
Fit celle demanda d son pcre : 
Diics-moi ce que ccst qtiun con, 
A quoi scrt-il ? quen faul-il faire ? 
Dilcs-lc-moi , papa mignon ? 



— 329 — 

Mon fils, fapprouve ta pudeur, 
Tu seras beni du Seigneur 
Pour une n sainte ignorance, 
Qu'un conne te fosse point peur, 
Fais tout doucement connaissancc 
Et tu seras bientdt docteur, 

Mon fils, tu feras comme mot;. 
J'e'tois ignorant comme toi 
Le jour quefdpousai ta nihre; 
Je redoutois ce premier pas, 
Mais sa main conduisant Vaffaire 
Me tira de cet embarras. 

Aussitdt il s$ mit au lit, 
Mais se sentant roidir le vit, 
II se crtU possede du diable ; 
Tobie lui vint en Vesprit, 
Et trouvant le cas tout semblable, 
II pria Dieu toute la nuit. 



— 550 — 
AUTRE 

SUE L*AIR DE LA BOORR^E. 

Bludame d*ATefiie dMiaa MRdemoideile de M^oilgltiiie i 
la vieille marqoise d'O, pour la mener k Paris. 

Ces cooplets soot da marqais d'O , ]e borgue. 

Petite M^nilglaise, 
Vous avez bien raison, 
Vavoir reduit en braise 
Le coeur de Cauvillon 
Votu ites bien rusee 
De tromper cette fee 
Qui vous suit pas a pas, 

Nonobstant la marquise, 
Vous prenez vos esbats, 
Toute nue en chemise 
Et mime enlre deux draps ; 
Vous etcs bien rusee 
De tromper cette fee 
Qui vous suit pas a pas. 



— 551 — 

VERS 

A Neuf-Germain. 

Par Maucroix, chanoine de Reims. 

1674. 

Sans vous chercher tant d* alibis, 
Je vats vous dire tout tnon cos : 
Je mets des rubans sur mes bras, 
Et dans mon doigt un beau rubis 
Pour plaire aux yeux de Biscarat, 

Ce n'est point pour ces beaux habits 
Que le monde en fait tant de cos, 
lis ne sont pas de velours ras, 
Mais de simple poil de brebis 
Les vestemens de Biscarat, 

Je Vaime bieti mieux que pain bis, 
Et quoique des plus delicats. 
Si nous etions entre deux drops, 
firois, je crois, jusques a bis^ 
Pour la charmante Biscarat. 



— 332 — 

CHANSON 

SUR L*A1R DES LANCELOT. 

La Baume fait fracas 
Pour I'amour qu'elle cause, 
Ses yeux ont des appas 
Et sa houche a des roses; 
De la ceinture en bas, 
Ce fCest pas mime chose. 

CHANSON 

SUR L*AIR : SUR LE RBIN. 

M. de Vaur^al, capitaine des gardes, fit cetle chansoo 
pour roademoiselle Chouart qu'il devoit espouser el 
qui espousa M. de Boisselot, capitaine aux gardes. 

Pour Loiseau je n'estois pas ne'e, 
J'ai du coeur et de la vertu ; 
Je ne I'aurois pas fait cocu, 
Et c'est sa dcstine'e. 



— 333 — 

CHANSON 

SUR L*AIR : OR, NOUS DITES, MARIE. 

Dites-nous, la Valliere, 
Quand Louis est en rut 
Va-t-il de sa matiere 
Vous porter le tribut ? 
Oui, le Rot, tout de braise. 
Me Vapporte tout droit, 
Et la pauvre Therdse 
N*en a qu*a leche-doigt. 

CHANSON 

SUR LE m£mE air. 

Or dites-nous, la Bautn^, 
Pourquoi venir loger 
Pres Vhdtel de Venddme^ 
Pour nous faire enrager? 
Te'tois par trop connue 
Au faubourg Saint-Germain ; 
Les enfants dans la me 7 
Parloient de Saint-Romain. 

Or nous dites, la Baume, 
Oi* etieZ'Vous alors, 
Quand ce fils de Sodome 



— . 5M — 

VoNfl grimpa 9ur U corpt ? 
J*esioU de99U$ ma couehe 
En eoniempUition; 
JaimaUje ne vU bo^gre 
Avoir le vit pirns Umg, 



ADTRE 

8im LK MftHK Alt. 

Ditn-nous, la YieuwUe, 
Et cTtm ton sMettx, 
Dans Paris la grandTviUe, 
Celui qui fout le mieux? 
Cest un homme en soutane (i), 
Vn prilat gracieux. 
Qui me fout comme un asne, 
Et quasi comme deux. 



CHANSON 

SUR L*AIR : CATAU, LA BELLE JARDINlkRE. 

Mon cher chevalier de Rivihe, 
Enfinje m'en suis console, 

(1) Sanguin, ^vesqiie de Senlis. 



335 — 



^iil ne Veikt fait que par derHSre, 
Jamais il n'e^t ^te' brwle ; 
Mais puisqu'il prend de la, volaille, 
Parbleu, feusse alhime la paille. 



FIN D0 VINGT-OUATRliMK VOLUME. 



I 



TASLB DiJ TOMB IV. 



4tt^ 




I : Volnme XVU. . . • 


1 






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XVIll. . . . 


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XIX. .. . 


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XXIV. • . . 


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