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Full text of "Recueil historique, chronologique et topographique des archevêchez, évêchez, abbayes et prieurez de France, tant d'hommes que de filles, de nomination ou collation royale --"

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UM. 








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JiiVcKturtiL anA^ZJi} a lU A^^U K'' "^t 




REÇUE IL 

H I s T O R I Q^U E, 

C H R o N Ô L o G I Q U E. 

E T 

TOPOGRAPHIQ^UE, 

ARCHEVECHEZ. 

E V E C H E Z, 

ABBAYES ET PRIEUREZ 

DE FRANCE, 

TANT D'HOMMES, C^U E DE FILLES, 

DE NOMINATION ET COLLATION ROYALE, 

A r E C 

Les noms des Titulaires , la Taxe en Cour de Rome , telle qu'elle eft fur le 
Livre de k Chambre Apoilolique , les Revenus , les unions , & Pen£ons 
fur ces Béne'fîces , &le nombre des Cures. 

JLe fout dijlribué par Diocefes^ par ordre Alphabétique j Enrichi de diS'huil 
Cartes Géographiques ^ & les Armes des Archevêques, 

DEDIE' A SON ALTESSE SERENISSIME 

MONSEIGNEUR hh DUC DE BOURBON, 

Var Vom S EAVNIEK^ Religieux BenediûtK» 
TOME SECOND. 



1'^ 




A PARIS, 

Chez Alexis-Xavibr-Rene' ME S N I ER , Libraire-Imprimeur, rue 
' S. Severin, au Soleil d'or, ou en fa Boutique au Palais, Grand'Sallc. 

M. DCC. XXVI. 
AVEC Af? K0BAT10^^;^'^^^!^^^yjLEGE D^ ROY. 

BIELIOTHECA \ 



A 



11% 



C Imiiiiifiiif V 












Vêze/, 




S<tptJ-on.i 



Arc H E V Ê. c H E 

3:)E Lyon 










RECUEIL 

historiqlue> chronologique 

E T 

TOPOGRAPHIQUE. 

DE 
TOUS LES ARCHEVECHEZ, EVECHEZ, 
ABBAYES, ET (QUELQUES PRIEUREZ 
DE FRANCE, 
TANT D'HOMMES Q^U E DE FILLES, 

DE NOMINATION 

OU COLLATION ROYALE. 

TiTULAïK.s. ARCHEVECHE DE LYON. 

Y ON, en Latin, Lugdunenfis , Métropole 
de la Première Ltonnoife^ dans l'cxarcac des 
Crdules^SLu confluent dela^^owf Se du F(hone\ 
^ «^-H^«r,«=»^ elle eftoit autrefois capitale de la Gdule CtL 
.r Pans, & f..^^vic , appcllée L/o««o//f dc fon nom. Les avantages de 
dcTordreriîu cccte Ville n'enf^agcfent pas les Prélacs à étendre fort loin 
^^y; '^^P'' P M eu r pouvoir ôc leur jurildidion durant plufieurs fiecles. 
"' " »7M. Mais Ge^«/« Archevccjue de Ijon ayant fait entendre 
au Pape Grégoire VIL que les Papes fes PrcdécefTeurs, 
avoicntdonné aux Archevc(juescîe/->o^,la Primatie fur 
Tom, 12. A a a i 



M François 
Pnul dc N'-u^ ^y ■. 
ville ViDeioy lit^ 
Abbé de te- J- 
cainp,D<><!^eur * ^' 
Cl» Tbioiogic 
d 
à 



jno 




Florin 



Rcvca 



3^4 Recueil GENERAL 

TiruiAiREs qy^if^p Provinces des Gaules ,oMCurc^uaztQ Archevcchési 
fçavoir , l.yoa ou première Lyonnotje , Tours y ou troi/iéme 
Lyonnoife , Sens ou quatrième Lyonnoife y Pans ou dncjuteme 
L/yonrsoife ; & qu'ils en avoienc joiii paifiblementi il ob- 
tint l'an 1079 du Pape GregoïreV 1 1. une Bulle , par la 
quelle il fut reconnu àc confirmé Primar fur ces quatre 
Provinces Eccléfiaftiques de la C>///^^f, &: quoique l'ex- 
pcfc deGV/?///«nefût pas véritable, parce qu'au contraire 
les Aîchevêquesde^Sfwsavoienc joui du droit priniatial 
jufqu'ace tems là durant deux cents ans, depuis le règne 
de Charles le Chawve'ylQs Papes foutinrenc pendant plu 
fieurs années ce qu avoit fait Gr^^o/Ve VII.de forte que 
ZJrhamWiiïz décider la queftion au Conciîede Clermom en 
faveur de l'Archevêque de Lyon;m2âs les Archevêques de 
Sens Se de Rouen , ne voulurent point fe foumertre à celui 
de LjoyjySc furent même appuyés des Roys dQ France. C^b 
deux Prélats fe maintinrent paifiblement dans l'indépen- 
dance durant plus de trois cents ans , jufqu'à la fin du 
règne de Charles VII. Ce fut pour lors que Charles d. 
Bourbon , Archevêque de Lyon quifut depuis Cardinal 
entreprit de foumettre à la Primatie, les trois Arche- 
vêchés d^Sens y de R,ouen & de Tours y il obtint par dé 
faut une Sentence aux Requêtes du Palais de PanSy con 
tre Louis dtMelun Archevêque de 5e«5 , qui ne s'en re 
leva pas , & laifia prendre pofl'eifion du droit primarial d 
l'Archevêque de Z^o«. Jean Bernard Archevêque de Tour^. 
imita l'Archevêque de Jfw;i mais le Cardinal d'-'irc^^rf'i;/// 
Archevêque deRo^e«,s'oppofi aux entreprifes del'A rchct- 
vcque de /-jyow. Le différend de ces deux Archevêques fui 
porté devant le Q:iïd'\\'\ACapranka , Légat du S. Siège en 
Fru/2c?, qui décida la Caufe en faveur de l'Archevêque de 
Rouen. L'Archevêque d^ Lyon ayantappellé du Légat^au 
Pap:, & la Caufe ayant efté portée à Rome d^y2.nz Ca~ 
Itfle III. ce Pape confirma le Jugement de fon Légatiainf 
les Archevêsijuej de Rouen font demeurés paifibles dans 

leur 



Florin 



DES Abbayes deFrance. 3^5 

riTuiAiREs.Jem; Provliice, (Ju ranc dcux cefits quarante ans. Enfin M. ^ ^"'^'''^ 
de S, Georges Archevêque de Ajo^, voulut faire revivre; 
les vieilles prétentions de fesPrédéceffeurs, ôc atraqu;tM. | 
de G-'/^fr/- A relie vêque de /?o//(?«; leur différend ayant été 
porté devant IcKoy Loh^s XIV. il décida parun Arrelc 
de fcn Confeil du 11. May 1701. que l'Eglife de Rouen 
n'eftoit en rien fujette à celle de Ijon ; faifant deffenfe à 
l'Archevêque de cette dernière Ville^ de troubler celui 
de Rouen , en la poiTeffion immémoriale où il elloit , de ne 
reconnoître au defTus de lui aucun Primat 5 ôc d'autre Su-» 
perieur immédiacquelePape. Néanmoins l'Archevêque 
de Lyon a des raifons ôc des exemples qui prouvent que 
l'Archevêché de /^o^>« a efté fournis à fa Primatie. 

Le droit de cette primatie confifte dans le pouvoir de ju 
ger des Caufes pour lefquelles on appelle desSentences de 
ces Métropolitains Se de leurs fuffiagans. La Primatie de 
Lyon cil la feule dans le Royaume qui foit aujourd'hui en 
pcffedion decetanciendroir. Les autres, commecelle de 
Bourges, Bordeaux dcc. ne (ont plus que des titres. 

Quoique l'Archevêque dcTours fefût foumisàla Pri- 
matie de Lyon\ l'Archevêque Charles de Bourbon ne put 
étendre la Primaùe que fur les trois Diocéfes de Tours^dii 
Mans ôclV /Angers', car pour les neuf Evêquesde Bretagne, 
ils s'en exempterent^appuyez de l'autorité &: de la protec- 
tion de leurDuc Fr^wp/^/Z. en forte que les appels de l'Offi- 
cial Métropolitain , établi par l'Archevêque àcTours en 
Bretagne, ont toujours refforti immédiatement à iîowf, ôc 
les Bretons fe font maintenus jufqu'à prefent indépendans 
de la primatie dcL^/on. 

Les Archevêques de Lyon qu'on y voie dès l'an 170. j 
fe glorifient d'avoir porté le nom de Patriarches dès le 
fixiémefieclei cependant on ne voit point qu'ils ayent 
exercé aucune primatie jufqu'au tems de Grégoire VIL 
qui avoir efté Chanoine de cette Eglife. Ro^en ne s'en mit 
pas beaucoup en peine , parce qu'ils eftoient fous un autre 

Aaa ij Maître 



vca. 



3^^ Recueil GENEHAt 

TiTuiA'F.£s. ^^jjj.g temporel, ôc par-là fe tira d'affaire; mais Tours 
6: ^f«> réclamèrent forcement ,6c s'attirèrent de nou 
vell?5 juflîons, quin'auroient pourtant point eu de lieu, fi 
les Roys de France , ne s'en eftoient mêlez*, car l'Arche- 
vêque de Lyon leur ayant cédé le Domaine fouverainde 
la Ville 3 où il avoir prétention , ils l'en recompenferent 
en lui cédant le domaine utile, & en appuyant la Pr imatie 
fur ces deux Métropoles l'an 1311. les Archevêques de 
Lyon en eftoient autrefois les premiers Seigneurs , ce qui 
caufa de grands differens, entre ces prélats & les Comtes 
de Lyonnais^ pour la Jurifdidlion, dont la propriété avoit 
efté confirmée l'an 1157. à l'Archevêque Hfr^c//;/5 par Fre- 
derk I. fijrnommé Barh-^roi^JJc. Cet Empereur avoir dé- 
claré quetous les droits de régaleappartenoient àl'Arche- 
vêquedeZ^ow dans fon Archevêché, où ilnereconnoif- 
foit aucun fupeiieur au temporel que l'Empereur y la 
Bulle fut donnée à Arbois , ôc dattée du 18. de Novem- 
bre de l'an 1157. L'Empereur y déclare, qu'il veut que la 
Vtlle de Lyon CP tout l'Euêché y [oient flancs & exempts de 
toute puijjance O^ domination étrangère, finon de l'Impériale pour 
la Jujïice. Cette Bulle déplût fort à Guj Comte de Fore^^ 
qui prenoit la qualité de Comte de Lyonnois. Il entra dans 
Lyon à main armée, & obligea l'Archevêque Heraclius ^ 
de fe retirer pour éviter (qs emportemens. Le Pape Jlexan- 
drelU, inffcruit des prétentions de l'un &c de l'autre, crtit 
entièrement afToupir ce diiferend , en ordonnant que 
l'Archevêque & le Comte de Fo?'e:^joiiiroient également 
de tous droits , tant utiles qu'honorables dans Lyon. Mais 
cet accommodement n'eût pas tout l'effet que le Saint 
Pcreavoitcrû , ô<:il y eût toujours des conreftations juf- 
qu'a ce qu'en 1173. Guj II. Comte de For<?;^ fit un échange 
avec r Archevêque Guichard^qu i fut approuvé d>c ratifié par 
le même Pape. Tar cette tranfadion le Comte de Fore':(^ 
céda à l'Eglife de /.jyo« tout ce qui lui aparrenoit dans cette 
Ville, ôc dans le Lyonnais^ ôc TEglifede Lyon lui céda^ 
* plufieurs 



Florins Rc\'c«; 



DES Abijayes de FrancÊ- 



î'^ri 



TxTttiAiMJ,pl,^^f]ç2urs Terres- qu'elle poitcdoït en l'or c'yÇ^ en Braujo lots , 
(!^ onze cents marcsd argent pour la plus value des chofcs 
cedccs par le Comte. C'eft là cette tranfadlion (]ue cha- 
que Aicheveque à la prédation du ferment qu'il fait 
dans l'Eglife, lors de fa prKedepoffenion , jureexprefïc- 
mentd'obferver. L{:s Chanoines font le nicme ferment 
dans Ic^hapitreoii il font reçus. Cet accord fut confir- 
me par le Pape Lucius III. l'an 1180. Ô^ mcmc par l'hil/ppc 
Jujiujle Roy de F rame , que le Comte de horc^ recon- 
noifloit alors pour Souverain , Ôc fon Seigneur féodal. 

Il n'en eftoit pas deincine des Archevccjues àol^on^ 
qui reconnoiflbient dans le même tenis les Empereurs , 
puifque l'Archevcquc ^f^^ de BdUsrnains fit hommage 
de fon temporel a l'Empereur Frct/cY/c Baylnroujjc l'an 1184. 
Ces Prélats avoient un grand nombre de Vafïâux au de-ld 
de la Saône , 6^ au deçà du Khone, &C ils efloient Seigneurs 
fuzerains d'^unonay àcA'y^rgcmal ^ qui font fur les con- 
fins du yivarais &: du Lyonnois^ dans le Diocéfc de Vienne, 
Ces Seigneuries efloienc po/fcdccs l'an 1132.. par Andrt àz 
Bour^o^/nc y Dauphin de Viennois y qui en fit hommage à 
Robert cl' /!iiver^2^ne AtchQ\cquc dcLyon.Ln Dauphin avoit 
àcaufe de ces Seigneuries une place de Chanoine liono- 
rairedansle Chapitre de S. yi^'^^w j il voulut conferver cet 
honneur à perpétuité aux Dauphins fes Succefleurs, en 
unifiant pour toujours les mêmes Baronies au Comté 
à'j^lbon , cequi néanmoins ne fut pas fuivi: parce que 
le Dauphiné y le Viennois , &: le Comté {ïy^Jlbon, pafferent 
delà maifon de Z^owr^o^Aîf à celle de la Tour du P/n , te 
la Seigneuried'-^««o«^jy vint aux Seigneurs 6cVillars en 
Brefje j dont les Seigneurs de Ecvy, depuis Ducs de K^??- 
taàourSy héritèrent dans le treizième fiecle,qui cfl celui 
ou vivoit l'Archevêque Robert d'y^wverf/ne. L'Empereur 
i'rf J^r/c II. ayant cflé excommunie ôidcpofé, lepouvoir 
Impérial demeura anéanti ii/.yon ,ôc dans une partie du 
Royaume d'^r/fi. Les Habitansdcla Ville dc/^o» s'é-^ 

A aa iij tan'; 



rioriii». 



tt.ty^Éii 



3/;8 R EC U E I L G E NE IL A t; 

fVmiiMsj^j^j mis en pleine liberté , contraignirent l'ArcIievêque 
d'implorer la protection des Roys de France Saint Louis ^ 
Philippe le Hardy ^Ôc Philippe le Bel. Le dernier voulut avoir! 
: la Souveraineté de Z.);of2, qui avoir encore appartenu aux 
derniers Roys de la féconde race ; il y trouva de grandes 
opporuions de la part du Pape ^o?î//<;îreV m. ôc de l'Arche- 
vêque Beraudio. Go«/^ , ôc quoique Henry de f^illars y qui 
{accéda iBeraud y dt ferment de fidélité au Roy , cediffe- 
renCj qui fit grand bruic » durajufqu'à l'an 1305. Ce fut 
alors que Lo;/Vi de F/Z/^ri Archevêque de Z^'o^fe mit fous 
la garde & protedionde Philippe U 6 el.Qç, Prélat recon- 
nut même la Souveraineté du Roy , à la charge que les 
Caufes d'appel de la Juftice de l'Archevêque neferoient 
portées que devant le Roy ou à fon Parlement. On con- 
vint que le Gardien qui feroit efi:abli à l'avenir dans la 
Ville àt Lyon parle Roy, feroit changé tous les ans,( 
& l'Archevêque s'obligea de faire ferment de fidélité aux 
Roys de France, Cetaccord fut vaùRé^âr Philippe le Bel ^ 
qui en donna Tes Lettresauthcntiques l'an 1307. & dans le 
même tems , il érigea la Seigneurie de £>'o» , quin'étoit 
qu'une Baronie , en Comté , qu'il laifla avec la Juftice 
à l'Archevêque;, 6c au Chapitre de S. Jif^«; Se c'eftlâ l'o- 
rigine du titre des Comtes de Ljon , que prennent les Cha- 
noines de cetE^life. 

LesHabicans de Lj/onç^uï n'aimoientpas ces Seigneurs 
Ecc!éfia(l:ic|ues,s'oppoferenta cetaccord. Il y avoir même 
des gens d'Eglife^^: fur tout des Abbés , qui s'en plai- 
gnoient ; de forte que le Roy Philippe le Bel ^lÛani 3. Lyon 
l'an J311. fut obligé de donner une déclaration en faveur 
des Abbés d' /^jnaj , dQÏ'IJle Barbe d)C de Savignj/ , & des 
Nobles du Pays, fans néanmoins vouloir rompre l'accord 
de l'an 1307. pour ce qui regardoitlaVillede Lyon. Dans 
le même tems, Philippe de Savoye Archevêque de Lyon^ 
échangea la Seigneurie &: la Juflicede cette Ville avec le] 
Roy, qui lui donna un équivalent; ce qui fut confirmé par! 

Loiiis 



Florins 



R.cvcn; 



DES Abbayes de France.' 3<î5> 

'^^'^^^^^^^' LouisHuttml'^n ^i(^.Phtlifpe le lor}gy frère & fucceflcur 
^Q Louis, preflepar le Papej^V^w XXII. remit cette Sei- 
gneurie & laJufl:icede/^);o«aux Archevêques, à la char- 
ge qu'ils la tiendroientfous la Souveraineté des Roys de 
irame. Il y avoir toujours nonobftantcela a Lyon un Gar- 
dien Royal, dont l'Archevêque Pierre dQ S anjoyefQ plai- 
gnit a Philippe de Valois \ ce qui ne fervit de rien à ce 
Prélat, ayant été débouté de la demande par Arrêt de 
la Cour rendu au mois de Juillet l'an 1318. 

Cinq ans après le Comte Palatin Henry s'engagea de 
faire céder par tout l'Empire, le droit que les Empereurs 
avoienc fur la Ville, l'Eglife, les Régales & le territoire 
de Lyon , en cas qu'il fût élu Roy des Romains i ce qui 
n'eut aucune exécution, car cette éledionnefut pas faites 
mais depuis ce tems la les Empereurs n'ont plus foutenu 
leurs prétentions fur Lyon. Le Roy Charie.^ VI. avoit 
alors des Juges dans la Ville de/^owquiy furentmain- 
tenus contre les pourfuites de l'Archevêque Philippe de 
Tnrej , par Arrêt du Conieil rendu l'an 1394. Les diife 
rentsontéte fréquens entre les Juges Royaux ôc les Ar- 
chevêques , qui avoient fouvent le peuple pour eux , & 
^ qui par ce moyen ont toujours conlervé la Seigneurie 
&: la Judicedans leur Ville , nonobftant les troubles qu'or 
leur a fiit,jufqu'à l'an 1563. Ce fut pour lorsque fous ^ 
règne de Charles IX. /Jntcmeâ'Jlhon étant Archevêque de 
Lyon^ on fit en France une grande aliénation du tempo- 
rel de l'Eglife, à canie des guerres civiles pour la reli- 
gion. Le droit de Juftice que l'Archevêque avoit à Lyor. 
fur^fxpoié .'n vente, ^ajugé au Roy deri^.i'jre?>cberiffbur. 
Depuis ce tems là toore la JuO^icc a éré entre les mains des 
Officiers du Roy dans la Ville de Lyon, où Henry IL 
avuit établi un Préfidialdès l'an \\<.\. 

San>i Pothtn ou Sai^^r Ph' tm , envoyé d' //?'". par S. Polj- 
Ci^irpr yfài le premier Evéquede /-v^??. Se fut marryiifé l'an 
i-j-/.S.irenéc lui iucced*^^ ôcfutmaityrifé fous l'Empereur 

Severe. 



Florins 



Revo»* 



57^ -Recueil GENERAt ^ f 

îffTuiAiRBs. ^ever^r. S.Jufl furEveque de /^^o» après S. F'erîfftme, du'^'"""' 
cemps de l'Empereur Gratten : il mourut en Eo^ypte, Il eue 
S. -^/i/« pour iiiccefîèur , ou , félon d'autres, S. Jntioque, 
S. hucher fur fait Evéquc vers l'an 434. après Sénateur^ ou 
après S. S/cî/^T,ëc mourut vers l'an 454. S. l^eran pafl'e 
pour un faine Evêque du lieu , mais fans preuve. On le met 
cazre S. Euchet ôc S. Panent, ôc Ton compte ce dernier pour 
le vmgt-quatriéme Evêque de Lyon : Il fut élu vers l'an 
4^7. vers la fin du Pontificat du PapeH//4/>e, ou le com- 
mencement de celui de S<mpl-ce, Il mourut en 45?!. S. 
Vivent toi fut Evêque de Lyoh au commencement du iixic- 
me fiecle, après Fjtenne({xccQ(f<d\M de S. Rufiique. S.Loup 
fuccedaà S. Viv^nnol^ vers 1 an 513 quelques-uns mettent 
entre eux un S. Eucher, qu ils appellent îecond du nom i 
mais on croit qu il n'y en a qu'un de ce nom. S. Serdot ^ 
compté pour trentième Evêque de /^o^^, fuccedaà S ^^z- 
^emiol yOM plutôt a Léonce fucceffear de S. Lout), S. NiT^ier 
en fut fait Evcquel'an 551. après la mort deS. SVr^o; fon 
oncle , de mourut en 573. S. y^rige en fut fait Evêque vers 
l'an 60Z. après Seeondin fucceffeur d'£;/?f7e , ôi mourut vers 
l'an 6'i4. S. Chaumond, fils &c frère de Gouverneurs de 
' Lyon y fut fait Evêque après Vivcnce vers le milieu du 
fepriéme fiécle fous Clovis II. & fut tué vers l'an ^55?. S. 
Lambert fut élu Evêque de la Ville après S.Grwf^-, l'an^ryS 
£>c mourut en <;88. ^'J^ohard^ dit S. y^piehaiidy£ut fait Evê- 
que de Z,jo^2 l'an 814 du vivant même de fon prcdeceflcur 
Leidrady Ôc mourut en 840. S. Remy fut mis fur ce Siège 
après la mort d'y^molon (uccefleur à'/Jgok^rd^ l'an 859. ôc 
mouruten875 S. Sidoine Apollinaire eft particulièrement 
honoré à Lyon ,à caufe des habitudes qu'il y avoir eues de 
fon vivant. M. de ^///^roj, aujourd'hui [1715- ] eft lecenc 
vingt-fïxiéme Archevêquede Lyon.Ct Diocéfeeft divifé 
en i5?.Archiprcrrez, dont dix font en Ljonnois , ForeT^ ôc 
Bcaujoilois ^ deux en Dauphine , covnpïQnant cinquante Pa- 
roifTes, ôc les fept autres foixante- quatre Paroifles, en 
. - ' Domhei 



©ES Abbayes be France. 371 

tirkiLhu.j^Q^yps y dix-fepc tn Bourgogne y cent foixanie en Brefje , 1^^°^^"^ 
(bixante QnBugey y vingc.fepc en Franche-Comte \ ce qui 
fait crois cents foixance& dix-huit Paroifles. Cette luppu- 
tatioa eft conforme aux Mémoires des Sindics du Dio- 
ccfe ; elle ne fçauroit beaucoup s'ccarter du fait i mais je 
ne la donne pas pour tout à fait certaine. La Princi- 
pauté de Dombes y 6c \2l Franche -Comté y ne contribuent 
en rien aux charges du Diocèfede Lyon. Le Clergé en- 
tier de BreJfeSc de Bugey y au lieu de décimes ôc de don 
gratuit y paye trois raille livres par an au Roy : & par tran- 
îadionduip. Février i(;34. le partage de cette fomme a 
cfté fait , en forte que les Beneficiers du Diocefe de Bellay 
en doivent fuporter trois cents trente livres, ceux du Dio- < 
céfe de Genève quatre cents cinquante trois livres, ceux 
des Diocéfesde Lion , Alâcon ôc Chalonsfur 5^o«f, le fur- 
plus , dont ceux de Lion en payent mille huit cents quatre- 
vingt trois livres dix fols. Le Diocéfe de Z,/o« ayant efté 
y taxé pour fa part de lafubvention tenant lieu de capitation, 
> à la fomme de foixante-huit mille huit cents quatre-vingt 
dix-fept livres quatorze fols ,• les Beneficiers de Breffe de 
Bugey furent compris dans les premiers rôles pour dix- 
huit mille livres, ô^ ceux de Franche-Comté ipour neuf mille 
livres *, mais les uns Se les autres en furent déchargez par 
Arrêtdu Confeil , ôcpar Jugement de la Chambre Sou- 
veraine des décimes. On prétend que la plus ancienne 
Eglife de Lyon eft celle de S. Nimier , qui n'eft aujour- 
d'huy qu'une Paroiffe, & Collégiale y fituée prefquc au 
milieu de la Ville, ôc qui n'eft gueres moinsbelle quecelle 
de S.Jean y Se cette Paroiffe comprend plus delà moitié 
de la Ville de Lyon. 

L'Fglife de S. Eflienne ^yant efté enfuite bârie , fervit 
de Cathcdraleî elle ejn; tout auprès de celle de S. Jean, Elle 
a la forme desanciennesEîrlifcs bâties en croix. Je crois 
faire plaifir auLcdeurde raporterici un fait affès parti- 
cuUcr y quoiqu'il ne vienne pas à mon fujet. Lorfquc la 
Tom.ll. Bbb 



R.CVCD, 



\ 



372- Recueil général 

T1TUIA1B.1S. p^j-g JIq s. Jean concourt avQC la Fête de D/>// -, on célèbre 
dans cette Eglifc uneefpece de Jubilé, qui efl: une céré- 
monie bien (niguliere. Le concours de ces deux fêres arri- 
va l'an 1666- que la célébration de ce Jubilé fut conti- 
nuée pendant trois jours &c trois nuits. Le Saint Sacre- 
ment [ut expofé durant tout cetemslà au Jubé qui eO: au 
defrusdel'Autel LeChapitrefit frapper desmédailles de 
bronze pour en confeiver la mémoire, & l'on publia 
plufieurs écrits , dans lefquels on n'allégua en faveur de 
ce Jubilé, qu'un ufage obfervé depuis plufieurs fiecles , 
toutes les fois que ces deux Fêtes fe font rencontrées le 
nicme jour. 

Cette Eglife de S. £/?/>»«c fondée par S. y^lpin quator- 
2ieme Evcque deLjow^ a quitté fon nom pour prendre 
celui de S. Jean.Bapt/fte , dont on voit la figure de marbre 
blanc au devant de la grande porte , &c c'eft maintenant la 
Primatialeôc laCathédraledepuis plus de cinq fiecles. Elle 
parou au milieu de quatre tours quarrées , pioche le bord 
de la, Saône devant une place ornée d'une fontaine, ôc e(l 
eftimée l'une des premières Eglifes de Fr^^cé" en dignité 
comme en antiquité , quoiqu'elle foie prcfque fans orne- 
ment. Elle efl bâtie des ruines du vieux Temple dédié à 
l'Empereur y^ugujle , 2c fut fondée jp^ivjean^ Roy de Bour- 
gogne, qui la remplit de Seigneurs des meilleures mai- 
fonsdefes Eftats. Plufieurs Auteurs remarq-uent que dans 
le treizième fiecle, le Chapitre de Lyon eftoit compofé 
de foixante 6c douze Chanoines, dont un edoit fils 
de l'Empereur. Il y en avoir neuf autres fils de Roys , 
quatorze fils de Ducs , trente fils de Comtes, & neuf Ba- 
rons i mais en 1311. il fut réduit à trente-deux; fçavoir 
huit dignités , un Maître du Chœur , &c vingt-trois autres 
Chanoines. Les dignités font celles de Doyen , d'Archi- 
diacre , de Précenteur,dc Chantre , de Chamaricr , de 
S.icridain , de Grand Cuftode ôc de Prévôt. La Maîcrife 
du Chœur n'efl qu'un Perfonac Les dignités de Cuflode 



Florins. Rcven. 



1 



DES Abbayes de France. 373 

TiTHiiiRis. ^jg ^^criftain foiic à la collation de rAichevêque , ôc 
toutes les autres font a celles du Chapitre. Outre ces tren- 
te-deux Chanoines ou Comtes , le Clergé de la Cathé- 
drale eftcompoTéde pareil nombre d'Officiers , qui font 
quatre Cuftodes , huit Chevaliers , donc le dernier eft 
Théologal, ôc vingt perpétuels, les {ept premiers Che- 
valiers doivent eftre graduez h parcequ'ils ont eftéinfti 
tuez pour élire le Confeil du Chapitre, dans lequel ils 
ont entrée? mais fans voye déhberative, ils ont le même 
habicque les CoiBCes , àc s'il y a quelques Requefles au 
Chapitre, ils s'en chargent èc font leur raporr. Le Théo- 
logal eftdans la plupart des Cathédrales du corpsdu Cha- 
pitre j mais Meiheurs de S. Jif^w ont fait juger quedans 
la leur , ce leroit une fondlion diftindiede leur corps , 
6i qu'ils en feroientquitte pour en entretenir un aux gages 
de cinq cens livres, lequel auroit rang de dernier Che- 
valier. Lesperpetuels (ont principalement inftituez pour 
chanter 1 Office , ôc leurs places font affedlées aux enfans 
dechœur, qui font reçus àfâge de feptans; ils paflent 
tous lesdegrésde l'ordination, ôc demeurenthabituésjuf 
-qu'à ce qu il y ait place parmi les perpétuels. Il y a encore 
plus de ioixante habituez, y compris (jx Diacres, dix-huii 
Clercs , & vingt-quatre enfans de Chœur. 

Des quatre Cuftodes , deux font Curés de la ParoifTe 
d'£cr/i;edans l'Eglife de Sainte Croix ^ Se font delacoU 
lation du Doyen. Un autre eft Sacriftain dcS.Jean , ôc de 
la collation du même. 

Les trente-deux Capitulans de S. Jean , ont efté main- 
tenus par Arreft du Parlement de l'année 1(^53. à f e dire 
Comtes de L'von , tant en nomcolledlif que chacun en 
particulier. 

Les Comtes de L/o» doivent eflre nobles d'extradion , 
faire preuve de quatre cjuartiers , tant de pères que de 
mères, le ïlécipiandaire faifint un quartier. C'eftlamc 
me preuve que celle des Chevaliers de Malthe, Celle dei. î 

B bb ij Comtes 



Florins' 



r 



Rc7c«, 



374 Recueil GENERAI I 

f jf«iAxK«. Comtes de Lyon a de plus, qu'outre les quartiers prouvés, ,^^°""' 
le cinquième , quoiqu'il ne fe prouve pas , doit être 
connu &c par énonciacion dans les preuves des quatre 
autres. Voilà jufques où va la preuve , & elle ne fcpoufle 
jamais au delà. Quand quelqu'un a voulu faire remonter 
plus haut la fienne y on s'y efl oppofé dans le Chapitre 
comme à une vanité , ôc àuneoccafion de jaloufie. Cette 
preuve nefe fait que quand le Chanoine nommé par le 
Chapitreveut être reçu, 6c il n'eft pas fans exemple qu'il y 
en ait de nommez,qui pendant long-tems ont fçû porterie 
nom de Comtes de Lyon , fans jamais avoir efte reçus. Le 
Chapitre laifle fur cela une liberté entière , parce que 
jufqua la réception, nul ne peutprendre part aux fruits. 
Quand on vient à la réception , 1 examen des preuves fe 
fait avec toute l'exaditude pofTible. Premièrement devant 
deux Comtes , que le Chapitre nomme pour Commif- 
faires j fecondement par le Chapitre entier , auquel le 
raportfefait par lesCommiifaires. Quatre fois dans l'an- 
née , à jours certains, fe tiennent des Chapitres Géné- 
raux , & certaines affaires y doivent pafler neceffairemenci 
elles font à la nomination desCommiflàires pour les preu- 
ves ôcle raport qui s'en fait enfuite pour la réception du 
nouveau Comte. Il n'efi: pas vrai que le Doyen prenne 
la qualité de Duc, comme l'a dit après dnFal, le fieur 
Adartineau du Plejjis ^ d3.ns une Geographiequieft d'ail- 
leurs bien écrite. 

Les revenus dei'Eglife dcS.Jean montent jufqu'àqua^ 
rante milleécus ou environ. Les biens du Comte Lyon en 
font les deux tiers , ôc le refte confifte en cent ôc une pré- 
bendes, ou commiflions de Meffes & en fondations. Les 
fondations pafTent en diftributions manuelles pour ceux 
qui affiitent aux fervices fondés fur ces prébendes ou 
commiffîons de MefTesjdont le titre peut être conféré 
indiftinûement, ou aux Comtes ,ou à tous autres Eccle- 
fiaftiques , du nombre de ceax oui fervent dans TEglife. 

Il 



RCTCBJ 



Des Abbayes de France. 375 

irnAi^Bs.jj y a une portion pour le Titulaire , une «lutre pour l'en- 
tretien des fonds affectez à la prébende , la troifiéme fait 
une mafle , donc on paye les Méfies , lefquelles fe difenc 
par les perpecuels,&: Prêtres habituez. Les biens du Comte 
dcLyon , confident en trente-deux terres , en maifons 
ôc rentes dans la Ville de Lyon, Chacune des dignités , Ôc 
le Maître du Choeur a unemaifon , le Doyen, le Chan- 
tre & le Chamarier, ont de plus quelques rentes affedées 
à leurs Dignités, ôc en cette nature de biens particuliers 
l'Archidiacre efl: le plus riche. Les Comtes viennent cha- 
cun paranciennetéaux maifons qui leur apartiennentdans 
leur Cloître; au furplustout efl: en commun; c'efl:-à-dire 
toutefl en commun pour le partage entre tous; enforte 
que les nouveaux reçus ne choihfient rien , fi ce n'efl: des 
difl:ributions manuelles ; jufqu'à ce que quelqu'un des 
anciens venant à mourir, fa dépouille tombe en par- 
tage. A chaque partage chacun choifit a fon rang fa parc 
dedignité, ou d ancienneté. Se les dignités ont auffi l'avan- 
tage de pretrdre double part. On difliingue dans chaque 
terre la manfion ou l'obeance. La manfion outre la maifon 
ou chaceau , s'il y en a, comprend tous les fonds ôe les 
droicsde la Juftice. L'obeance comprend les rentes , les 
•dîmes ôc le cafuel. De cous les revenus des obeances. 
Je chapitre compofa en 1654. une mafle divifée en 
livres capitulaires , & chaque terre fuc évaluée un 
certain nombre de livres. Toutes les livres d'une terre 
ibntd'égale valeur; mais d'une terre à l'autre il y en a de 
différentes. On obferva lors de l'évaluation d'en faire 
troisclaffes, dans lapremierede fix, quatre & trois ; en 
forte que la plusfoible efl:oic la moitié, èc celle du milieu 
les deux tiers de la plus forte. Mais les revenus des biens 
changeant beaucoup par la fuite des lems ; il s'efl; trou- 
vé des livres capitulaires de quatre cents livres , pendant 
qu'il y enaqui ne valent que vingt francs. Cette grande 
différence de livres capitulaires, donne un ^rand avan- 
ça 2:e 



Florin* 



Rcrci. 



TxY« 



37ff ReGUEII GENERAL 

LAiMs, j.^gç ^ ceux qui choiiifknt les premiers, dans lesdivifions 
ou partages ; quelque fois aufli l'avantage du choix fera- 
porte à la man(ion. On peut avoir jufqu a quatre maifons , 
trois dedroit 6c une parréfignation. On ne fçauroit en 
avoir par rélignation qu'on n'aitau moins deux livres ca 
pituliires dans la terre, de pour cela celui qui rédgne , 
peut rcfigner en même tems deux livres de terre à la 
manlîon dedroit ; quand au moment qu'elle vient à vac- 
quer , on fe trouve avoir le plus grand nombre de li- 
vres capitulaires dans la terre. Lors donc que quelque 
bonne manlîon paroît prefte à vacquer } il y en a de douze 
cents livres de rente ,'e-ncore que les livres capitulaires 
n'y foient pasdes meilleurs*, néanmoins dans les divifion5 
J( qui arrivent , en attendant les premiers choififfants s'y 

placent;, afin de fe trouver les plus forts au tems de la va- 
cance. Autrefois le Sei2:neurmanfionairefaifoitla ferme 
de l'obeance i mais depuis quelques années , toutes les 
fermes fefont par le Chapitre , &c lors de cet eftabliffe- 
ment, on fixa le produit des livres capitulaires dans cha 
•que terre à une certaine fomme ; & il fut réglé que fi 
par l'adjudication des nouvelles fermes , il y avoit de la 
diminution j elle feroit fur le compte d^s Particuliers h 
ques'ilyavoit de l'augmentation , elle reviendroit à la 
bourfe commune que fait le Chapitre pour fatisfaire à 
feschargesj outre ce revenant bon , il entreencoredans 
la bourfe commune une année du revenu de la dépouille 
des Comtes qui meurent ou qui quittent. La rente dans 
la Ville deLrow, y entreauffi toute entière , & par les 
grands cafaels des lots , elle vaut communément dix a 
douze mille livres par an. Sur les trente-deux terres, 
il y a environ cinq à^fix mille livres de rente , lefquellcs 
n'entrent point en partage, &c font refervées à la bourfe 
commune. Enfin chaque Dignité d>c chaque fimple Comte 
ed obligé d'y mettre une certaine fomme par an, pour 
les rétributions des Perpétuels, qui ont aullî des maifons 

afFedéjii 



Florins 



DES Abbayes de France. 377 , 

TITUl.AI^E«.^f|•^£^^g5^-J^fqyç|[^3 ils viennent, ainfi que les Comtes 'aux 

leurs, par ordre d'ancienneté. Toute cette cérémonie, pre- 
fuppoiée,unedespremieresdignitésenvingt-cinQ ou trente 
ans, parvient à jouir de (epti huit mille livres de rente. Un 
Comte d'environ cinq mille livres. Un perpétuel de huit 
à neuf cents livres Les Chevaliers ont très-peu '■> cen'eft 
quafi qu'un titre d'honneur. Le Chapitre a fur tous les 
Prêtres la jurifdidlioii concencieufe , indépendante de 
cellede l'Archevêque ; cette Jurifdidion efl: exercée par 
un Officiai, un Promoteur ô^ autres Officiers. 

Les Comtes de L^ow officient les jours de Fêtes In mitre 
I en tête , comme les Evêques, ô^l'on y chante l'Office par 
cœur ôc fans livres. Il n'y a ni mufique ni orgues, ni autres 
inftrumens, ôcl'onnes'y fertque de l'ancien plain chant, 
ce qui a fait dire en proverbe de cette Eglife , Eccle/ia Lug- 
dunenfs nefcia novhatis. 

Cette Eglife efl grande Se fort éclairée. Le grand Au- 
tel efl: au milieu du Chœur, bas,& femblableà ceux d'/- 
tahe , ôc la diipofition des forn;ies des Chanoines , a un 
air de vénérable aniiquité. Cet Autel efl ouvert de toutes 
! parts , avec un Crucifix au milieu , &z deux petits chande- 
liers aux deux côtés. On n'orne jamais cette Cathé- 
drale de tapifleries , non pas même aux plus grandes 
Feftes. 

L'Horloge de S. y^^«deZ.)'o« qu'on voit à côté du Chœur, 
efl: la plus machinale qui ait jamais été faite , &: furpafie 
en beauté celle de irr^yic^r^. La première chofe que l'on y 
remarque , c'eft un grand Aftrolabe, dans lequel lesmou- 
vemens des Cieux font fi bien reprefentez, que l'on y peut 
reconnoître diftindbement le cours des aftres, 6( î^ene- 
ralement l'état du Ciel a chaque heure du jour. Le Soleil 
yparoît furleZodiaquedans le degré du figne où il doit 
eftre , &: marque journellement fon lever & fon coucher , 
la longueur des jo.urs 6c: des nuits , -Se même la durée des 
crépuiculcs^ avec une juflefle furprcnante. La Lune qui 



Fîo-.îns I 1«r«. 



11 V 



37^ Recueil général f 

TiTHiAij^ii. j^y paroît jamais éclairée , que du cote qui regarde le So- ^^°''" 
Icil, marque par-ià , auflî bien que par l'aiguille , Ton 
âge,fonaccroiiremenc & décroiflement infenfible, &: en- 
fin fa plénitude. Non-feulement les douze maifonsduCiel 
y font rrcs nettement diftinguées, mais aufli la divifion 
des jours, en douze parties égales, qui font les heures iné- 
gales des Juifs.par lefquellesils avoienc coutumedecom- 
pter. Une grande allidadequi traverfe tout cet aftrolabe, 
donne le mouvement du Soleil dans Técliptique, &: mar- 
quant de Ces extrémités les vingt-quatre heures du jour, 
indique en même tems le mois Se le jour courant , auffi 
bien que le degré du figne que le Soleil parcourt ce jour 
là. Ce qu'on admire le plus, c'eft que pendant que cette 
allidade achevé en vingt-quatre heures fon mouvement 
d'Orient en Occident , tout le fiftéme & chacune defes 
parties,conferve fesmouvemens particuliers, & toutes les 
révolutions particulières s'achèvent chacune en fon. tems 
fans confufion. La plupart des Etoiles fixes font pofées 
tout à l'entour dans leur véritable fituation, de forteque 
l'onpeut voir à toute heure, celles qui fe trouvent deflbus 
&deflus l'horifon. Audeffous de cet aftrolabe merveil- 
leux , il y a un Calendrier pour foixante ôc fix ans , qui 
marque les années depuis lanaiffancede Nôtre Seigneur, 
le nombre d'or, l'épaàe, la lettre dominicales les Feftes 
mobiles, ôc le tout change en un moment à minuit le der- 
nier jour de l'année. Ony voitauflîun Almanach perpé- 
tuel , qui marque les jours du mois , les Ides, les Nones , 
les Kalendes , la Fcfledujour, l'Office qu'on doit dire 
dans l'Eglife , & le cycle desépacfles. Dés que le coq a 
chanté , des Anges qui font dans la frife du dôme de 
cette Horloge entonnent l'hymne, de S.Jean-BaptiJIe , ut 
(^ue^nt Iaxis ^ en tonnant depetites cloches, que Tony a 
difpofées exprès ,ce*qu'ils font avec une juftefle qui donne 
beaucoup de plaifir Les fept jours de la femainc fontrCr 
prefentés par des figures humaines , placées dans des 

niches 



!lerea| 



DES Abbaves bE France. 379 

TiTuiAiREs niches où elles fe fuccédent les unes aux autres , precifé- 
nient à minuit, La première figure pour le Dimanche eft 
un Chfift reflufcité /avec ce mot au defTous, Dominiez, 
La féconde eft une mon ^feria fecunda, Lairoifiéme un S. 
Jean-Baptifie -y ferLi ténia. La quatrième un S. Eftienne^feria 
quarta. La cinquième un Chrift qui foutient une hoftie,yè- 
riaquima. La fixicme un enfant qui embrafle une Croix, y^- 
ria fexta, Etlafepiiéme une Vierge , parce que ce jour eft 
confacréà la Mère du Sauveur, Sabhatum, Au cotédroit 
de l'horloge il y a un autre quadran pour les heures ôc les 
minutes, donc la figure eftant tout à fait ovale, i! faut 
que l'aiguille qui indique, s'allonge &c s'accourciffe de 
cinq pouces à chaque bout, ôc cela deux fois par heure. 
Cette Horloge fut achevée par Guillaume Nourripon , ôc 
mifeenfa place en i^^^^o. par Tordre du Chapitre II n'en 
a pas efté l'Inventeur, il n a fait que l'enrichir de quelques 
riouveauxmouvemens.Un Mathématicien appelle Lippius 
de la Ville de B^f/?i?, quivivoit dans le feiziéme fiecle l'a- 
voit fiite & inventée. On a dit que Meflieurs de L)>oti lui 
a voient fait crever les yeux , pour l'empêcher d'en faire 
une autre pareille *, ce qui eft une fible qu'on- a débitée 
pour xendrefon Horloge plus adn"^irable. Bien loin qu'on 
l'ait traité G indignement, il eut une penfion confidera- 
ble jufqu'à fa mort, ôc fon portrait fe vendoit publique 
. nient avec cette infcription au bas Nicolaus LfppiusBû/ibens- 
- JEtat. ^i.an. 15^8. cette datte ne s'accorde pas, avec le fen- 
timent de quelques Auteurs, qui difent que Nicolas Lippiu.' 
fit cette Horloge l'an 1598. ôc qu'elle fut rétablie par Guil- 
iaumc Nourr/J^oriçni66o. habile Ho r logeur de L)o;;,ôc na 
ùfd'Jmhert en j^wz-er^ne.. 

Les cérémonies de l'Eglife de S Jean de Lyon , font f] 

belles , ôcenmémetemsfi particulieres,que je crois qu'on 

' ne fera pas fâché de voir ici la manière dont on y officie à h 

grande Mefle les jours de grandes Feftes, par exemple 

le jour de S.Jean, Le Doyen cfiîcie , il a cinq Prctres , 

C ce cinq 



Florins 



Rcreai' 



38cf Recueil général 

TirdLiiKis. ^jj^q Diacres , de autant de Sous-Diacres. Ils entrent après 
la Proceffion par la porte du Sanduaire, Sclorfqu'ilsfont 
arrivez au haut du Chœur ; le Sous-Diacre qui doit chan- 
ter l'Epitre fait la révérence au Célébrant ^ôc va-s'afTeoir 
à la première des baffes chaires du Chœur lamîtreentête, 
& ayant a Cqs côtés les autres Sous-Diacres affiftans qui 
demeurent là jufqu'au Glon'a inexcelfts. Les Céroferaires 
accompagnent les autres Officiers à l'Autel^, ou après avoir 
mis leurs chandeliers au bas des gradins , ils vont au mi- 
lieu du Chœur , vers le Sous-Diacre. Le Célébrant com- 
mence la Meffe avec tous Tes Officiers à fes côtés; quand il 
monte à l'Autel, les Prêtres y montent au ffi, ôc fe placent 
aux deux coins, fe regardant face àface^Ôcbaifent l'Autel 
lorfqu'i! le baife. Pour ce qui efl: des Diacres ils reftent en 
droite ligne au bas de l'Autel dans le Sandluaire. Après 
que le Célébrant a commencé la MeOeJes Sous-Diacres 
qui eftoient aux baffes chaires du Chœur viennent derrière 
l'Autel y où ils fe rangent en droite ligne, regardant les 
Diacres face a hcQ. Le Célébrant entonne le Gloria inexcel- 
fts Deo , au milieu de TAutel ; mais il le continue & le 
finit au coin; cependant les Prêtres affîffans vonts'afleoir; 
le Célébrant &: les Diacres s'afleyentauffî du côté de l'E- 
pitre , ôc les Sous-Diacres du côté de l'Evangile, der- 
rière l'Autel. Celui qui doit chanter l'Epitre prend le li- 
^ vre fur PAutel , baife l'épaule du Célébrant , s'en va à la 
première haute chaire du Chœur, & là aflîs il chanteou 
plutôt recite l'Epitre, d'un ton afles bas. Deux Acolytes 
ouenfans de Chœur chantent YAlleluya , dans le même 
endroit, qui efl: fuivi d'une longue profe dont le chant en 
levé les affîfl:ans. Durant que le Diacre chante l'Evan- 
gile au jubé , on préparc la matière du facrifice derrière 
l'Autel: Après le Credo , le Célébrant fe lave les mains, 
le Sous-Diacre donne au Diacre le Calice & la patène ,&: 
le Diacre les prefente au Célébrant, qui fait l'oblation 
du pain ôcdu vin par une feule oraifon. Apres l'oblation, 

le A 



Flori 



■'K- 



-m 



DES Abbayes de Franche 38f 

TiruiAiMs- le Célébrant lave une autre fois les mains. Cependant le 
Sous-Diacre foucient la patène toute nue, qu'il tient avec 
fon manipule, qu'il reporte viu Pater Nofter fur l'Autel de- 
vant le Célébrant à qui il baife l'cpaule. Lorfque le Cé- 
lébrant a dit Panemnafirum- quotidianum , il élevé le Calice 
avec l'Hoftie , 5c dit tout haut l'oraifon > Ithera nosquejumus. 
A YJgnus Deiy on donne la paix à Monieigneur T Arche- 
vêque de Lyon , & non au Chœur. Après la communion 
le Célébrant eflliye lui même le Calice, ôc l'ayant cou- 
vert de la patène, le prefente renverfé au Diacre , qui le 
donne de même manière au Sous-Diacre. A la fin de la 
Mefle M. l'Archevêque de L^o» donne la Bénédiction, 
ôc le Célébrant auffi bien que les autres , la reçoivent à 
genoux. Voilà une partie des cérémonies de Lyon , qui 
Tont très-fimples; mais qui dans leur (implicite ont une 
majefté au g u lie ôc vénérable. 

Aux Meffes folemnelles , dites par M. l'Archevêque 
de LyoUy un des Affiftans, quelque tems avant Toftertoire, 
part de l'Autel en grand cortège , empprte le pain ôc le 
vin , qui doivent eftre confierez , ôc va faire l'efTay à la 
Sacri(lie,puis les rapporte à l'Autel. Cetufage s'eftcon^ 
fervé , comme un vefligede la fouveraineté que les Arche- 
vêques prétendent avoir eue. 

Cequ il y a de particulier , c'eftquel'ona joint dans le 

Chapitre de Ljyow, trois Eglifes , qui font Saint Jean^ Saint 

Ejîienne <sr Sainte Croix y Tous une même cloche > en forte 

qu'au fonde la même cloche, l'Office Divin commence , 

ôc finit dans ces trois Eglifes. Les fonclicns curiales fe 

font dans la dernière^; ôc fou vent le Clergé des trois, fe 

trouve réixni dans le Chœur de S.Jean, QLielque fois auffi, 

^ quoique le Chapitre fafîe ordinairement l'Office dans l'E- 

glifede S. Jean , il le va faire à certains jours, ou pour 

certains Offices, dans l'une des deux autres Eglifes. Les 

Roysdc France y ôc les Ducs de Savoje^ font Chanoines 

de l'EglifedeS.Jert/2, comme l'eftoient autrefois les Ducs 

Ccc ij 



florin.! Rg^jt, 



382, R EC U E I L G E N E R A L | 

TiTULAiMs. r}^ Bourgogne, c^ui lui onc donné de fi belles Terres, qu'elle '^'°^'"* 
a plus de deux cents mille livres de rente , pour par- 
tager aux Ecclélîaftiques qui compofent fon Clergé. 

L'Archeveque-de Lyon a, pour fuffragans les Lvêques 
à' Jutun ^ de Langres , de Adàcon & de Châlons. Le Dio- 
céfe de Lyon a près de deux cents mille de long , ôc com- 
prend le Lyonnais , la plus grande partie du Farét, partie 
daBeaujollois , la Brepe ^ Ôc partie du Dauphiné, Lorfque 
r Archevêché de Ljon vientàvacquer, l'Evêque d*y^utun 
joiiicdela régale. Cedrcit dont l'Origineell: très-ancien, 
a elle le fujet de grandes conteftations. Mais enfin leftat 
deschofes préfexites, eftqu'au moment de la vacance du 
Siège Archiepifcopal , l'adminiftration ôc la régale font 
dévolues au Chapitre de l'Eghfe Cathédrale? que l'Evê- 
que d'y^umny s'il en veut jouir, efl: obligé d'en faire en 
perfonnne la demande au Chapitre; que l'ayant faite il 
entre en poffeffion de l'adminiftration du fpirituel, Ôc de 
la joùiflance du temporel, du jour de la demande ; ce qui 
efl: échu auparavant y demeurant au profit du Chapitre *, 
que le nouvel Archevêque de Lyon eftani facré, fur fa de- 
mande, laquelle il peut faire par luy-mcmeou par Procu- 
reur 5 l'Evêque à'Jnmn remet au Chapitre l'adminiftra- 
tion du fpirituel, ôc fajoiiifTanceà l'égard du temporel , 
finit en même tems, ôc l'Archevêque prend pofîeflîon. Le 
Chapitre reconnoiftant l'Evêque à'Jutun pour Admi- 
niftrateur de l'Archevêché, ne lui permet pas néanmoins, 
quant aux honneurs les fondions Epifcopales. Il ne loufFre 
point qu'il officie pontificalement dans l'Eglife Cathedra- 
Je, ni qu'il occupe la place de l'Archevêque , ni même qu'il 
entre en camail & en rochet. L'Archevêque de Lyon a 
auftl l'adminiftration du Diocéfe à'^utun pendant la va- 
cance; mais il ne joiiit pas de la régale, 6c cela, parce qu'en 
i}Lo. Philippe le Lo«^^ remit à l'Archevêque de L)'ow la Jul- 
ticeque Philippe Iq Z^^/avoit acquife en 1311. & l'Archevê- 
que en échange lui céda. Ja.réggle de i'Eveché à'Juîun , 



ae 



Revcn. 



DES Abbayes de France 3S3 

T-iTULAiREsi ^^g ferefervanc que l'adminiflration rpiritiielle. Ilnefauc 
poinc paflcr ious filence que cectte adminiftration réci- 
proque n'eiloit pas encore eftablie pour TE vcque à^Autun 
feul.,en 1081. puKqu'oa voie dans lefixiéme livre des di- 
verfes pièces anciennes recueillies par Mr. ^^//^^e, une 
lettre qui commence ainfi , Jgano Juguftodunenfis Epifcc- 
pus , Robertus Lingonenfis , Qualinius Cahilonenfis , Landricui 
JiicLîïccnfu , vue- Primat ii curam^erentes Ecclejîii Lugclunenjis. 
On ne peut pas précifémenc fixer le tems où elle a com- 
mencé a appartenir aux Evequesd'y^«/^«;On fçaic feule- 
mencquedans unetranfadionde 118^. il efl: dit que cette 
adminiftration eft fondée fur un long ufage. ^ia baâenài 
ita delongà approkatâ conflietudineextitn objervatum, 

L'Obeancier dii Chapitre de S. J.//? qCz l'Orateur du 
Clergé de Lyon y. à. la tête duquel il porte la parole aux 
entrées publiques des Roys yàQs Princes. Outre le Cha- 
pitre de S. J^fi , il y a encore dans la Ville de Lyon ceux 
de S. Paul y de Furiin'ey de S. N"/T/>r &d'^/«4)'.Celuy 
de l'IJIe Barbe Q[h dans le Ljonnois--, de même que celui de 
S. Chaumonr. Le Chapitre de Notre-Dame de Mombrifon 
eft en Fore^y^chs Canonicatsionc à la collation du Roy. 
Il eft compofé d'un Doyen ôc de dix Chanoines. Le 
Chapitre de Notre-Dame de P^ilUjramhe eft en Beaujollois\ 
de même que ceux de Beaujeu 5c d'Jigueperfe. 

Il eft à remarquer que la Brejfe de partie du Bugcy font 
du Diocéfede^o«:maisc'eft un Clergé qui ne fait poinc 
de corps avec celui de Fr^wcd- , non plus que l'autre partie 
du Bugej dans le Diocéfe de Bellay , ôc des Pays de P^al- 
romej & de Gex , qui font du Diocéfe de Genève. Si les 
Sièges de Lyon 5c d'j^utun étoienc vacansjes Chapitres 
de Tune & l'autre Eglifeauroienc l'adminiftration refpec 
tivemenc , jufqu'à ce que l'Adminirtrateur , Archevêque 
ou Evêque, ou (es Commis , munis de procurations , 
vinfTenc fe prefentcr pour adminiftrer. C'eft ainfi qu'eni 
parle Blcndc.iudxwi ixBibliotheii^is C-monique y(ous le titre 

Gcciij, d^- 



ï\oûi\\ Rev:co, 



Tiriît \iRss 



M. Franco!* 
D'HauHin. 

ville de Nct- 
taticoiur Vaui 
bccourt, E.è- 
^uc de Mon- 
uuban. 



5^4 Recueil g e ne r a t: 

de Rcgule, Il ajoute que TArclievêque de Lyon adroic de 
Regale fur l'Abbaye de Savigny dansfon Diocéfe, 6d' qu'il 
en 2 l'adminirtrcicionpour lerpiricuel ôd pour leiemporel. 
La Régale n'a point lieu à Z^^;?, ni pour la jouiilanc^ des 
fruits temporels , ni pour la collation des bénélices , parce 
que c'efll'Evêque d'Jntun qui a l'adminirtration de tour. 
L' Archevêque de Z^o«, qui feul eft reconnu ô<:exerce 
]a Primatie dans le Royaume , a trois Officiaux, l'un 
comme Archevêque pour les a ffa ires de fonDiocéfe, l'au- 
tre comme Mécropolirain des Evcchés deLangres , d'Ju- 
tun y iQ Maçon de de Chalons fur Saône ^ Se le troifiéme 
comme Primat , par devant lequel fe portent les appella 
rions des Sentences des Officiaux Métropolitains de ^>«y, 
de Tours & de Pdris, L'Archevêque de Ljon eft Comte 
de Z^'o» , ôc Primat des GWt'^. , , . . 

Abbayes d' Hommes dé l' Ordre 

DE Saint Benoïst. 

A I S N A Y. 

Aifnay ou Ainay,en Latin y Jthanacenjîs y veUthana- 
tenJïsfanBi Martini y aut .^thanacum y jeu JtJinatumy comme 
die Grégoire de Tours y Sz c^uoic^uQ /^tanatum paroifle eftre 
Gaulois ôc anciens cependant on ne le lit point dans les 
écrits des Romains dz des Grecs. Le mot Atanacum a efté 
corrompu en Kinacum , d'où efi: venu le mot François 
yiinay. Ce lieueftoit d'abord aux Fauxbourgs de Lyon y 
Se il eft^devenu célèbre à caufe des illuftres Martyrs de 
Lyon y qui fouifrirent la mort fous Marc Jurele dans le 
fécond fîecle itJefus-Chrifl, &: qui ont efté fouvent nom- 
mez Martyres Athanacenfes , comme dit Grégoire de Tours. 
C'eft là que fut fonde un des plus anciens Monaftêres des 
Gaules y avantS. Benoît , au confluent du Rhône Se de la 
Saône j dans l'endroit où eftoit autrefois ce fameux Tem- 
ple que les foixante nations des Gaules avoient confacré 

a 



Floriiv 



(levé a. 



3000 4joûol 



DES Abbayes de France. 385 

lAnvEs.^ lagloiredel'Empereur A«^«/?eran744,de/<owÊ'. Le Pa- 
pe Pajcal II. fît la dédicacejde cette Abbaye^comme on l'a 
prend des vers qui font devant l'Autel^ fur le pavé qui efl: 
à la Mofaïque. L'Empereur CaltguU avoit eftabli en ce lieu 
là une Académie d'éloquence qui devint célèbre, & que 
les Latins nommèrent Jtherreum. Aw^m BriinehaudKdnQ 
de -Bofc'r^o^wf, les Chrétiens y avoient bâti une Eglife 
magnifique en l'honneur des quarante - huit Martyrs? 
mais comme elle avoit efté détruite, cette PrincefTe la fit 
bâtir vers l'an (Jii. ôc elle en efl: regardée comme la Fon- 
datrice. Depuis elle fut donnée aux BenédiLlins delà Con- 
grégation àç^Cluny ^ ôc dédiée fous le nom de S. Martin, 
Mais ces Moines fe relâchèrent fî fore de leur première 
inflitution , que le Vài^^lnnocent XI. Jugea à propos de 
les fecularifer , en changeant le Convent en un Chapitre 
de Chanoines fcculiers ; ce qui fut exécuté l'an i62>o. a la 
prière du Roy Louis XIV. ôc de Camille de Neuville Ar- 
chevêque de /vyc«, Abbé Commendataire de cette Abbaye. 
D'autres difenc que cette Bulle efl: du mois de Décembre 
^6^. ou i<;84. Ô: que par cette Bulle de fécularifation ^ 
l'Abbé efl: obligé à réfidence , fous peine de perdre les 
deux tiers des fruits, qui pour lors font applicables, fça- 
voir y un tiers à la Sacriftie de l'Eglife à^Jinay^ Ôc l'autre 
tiers âTHopitalde Lyon 5 ôc quant a la collation des bé- 
néfices, elle efl attribuée en ce cas là, à l'Archevêque de 
Lyon ; ou à fon deffaut au plus prochain Evêque. Par un 
ancien ftatut du Chapitre à'^inay , les Canonicats font 
afFedtez à des Gentilshommes i mais il fuflit qu'ils prou- 
vent que leurs pères Ôc leurs ayeuls l'eftoienr. Leurs preu- 
ves ne doivent pas remonter plus haut. Le Chapitre efl; 
compoféd'un Abbéquieft aufli Doyen, d'un Prévôt, de 
dixneufChanoinesentitre,defix Chanoines d'honneur, 
de quatre habitués , ôc de douze enfans de Chœur. L'Ab- 
baye d'/i'/w:^)/ efl: maintenant renfermée dans l'enceinte 
des murs de la Ville de /vyo«. . . . . 

AMBOURNAY. 



F.oim 



Rcven. 



300 



rtfOOO^. 



f irut \xR.6S 



38<T 



Recueil général 
A M B O U R N A Y. 



ploiins r^cv'cr; 



M\ Sjucàu. 



M. de Cro. 
»n:au d'An< 



Ambournay ou Ambronay , en Latin, Jmhronîacum , 
feu Jmhrourcico , fituée dans un Bourg du même nom, en' 
Buz^ey , & on prononce vulgairemenc dans cette Province 
Jmbouryiay. On croit cette Abbaye ancienne, parce que 
l'Auteur inconnu d'une légende aflure que S. Bernard y^ 
ou plutôt ^^r«4r^,avant que d'eftre Archevêque deF'/f««e,' 
fonda fous le règne de Charlemagne , un Monaftérede^e-j 
nédiâins y dont on neirouve plus ni titres, nimiémoircs,' 
avant lafindu douzième fiecle > d'autres difent l'an 800. 
Alors un nommé D/^/er, quieftoit Abbé d' Jr/ibronaj. per- 
mit i deux de fes Moines de fe recirer dans la Chartreuie 
de Porte en Bu^ejy, Cette Abbbaye a eu de grands privi- 
lèges, &: on ne doute pas que la Ville ou Bourg d'Jrnhor- 
nay , dont les Abbés ont toujours efté feuls Seigneurs, ne 
doivefonorip-ineàce Monaftérei fitué dans un bon pays 
environ a deux mille pas delà rivière d'^/wy. Cette Ab-| 
baye dépend immédiatement du S. Siège. La réforme de 
S. Maur eft dans l'Abbaye d'v4^wio;^m,^ depuis 1^47. de 
c'eftlaquatre-ving fixiéme maifon unie à cette Congre- j 
gation. .. .. .. .. :» -•' 

J O U G - D I E U. 

■ Joug-DieU; ou Joux-Dieu, en Latin, Sanéîa Maria deju- 
go Deiy fituée en Beaujollois près de Vdlefranche^ ôc fort pror 
che de la Saône , elle y fut fondée l'an 1T37. P''^^ Guichard de 
Beau]eu 5 mais les Moines prenans occafionde leur fitua 
tion, qu'ils trouvoient mal faine, demanderentà M. l'Ar- 
chevêque de Lyon d'eftre transfères a Villefranche en 
z<î8i. ôc d'y faire le fervice dans la Collégiale, 6c fon appro- 
bation pour pourfuivre leur fécularifation. Ces Moines 
font au nombre de fîx, dont quatreont des offices claul- 
traux» • . •.. >^»« 

L'ISLE 






4x3 



8ooo I, 






Î3 



lOO 1. 



TlTUlATREC, 



DES Abbayes de France. 
L'ÎSLE-BARBE. 



iSy 



Mr deTiic^ L'I/le- Barbe, en L:iiin y In fuU Barbara . fituée dans une 
pecire Iflede la rivière de Saone^^xcs des Fauxboùr^s de 
Lyon, Elle fut d'abord une retraite pour les Chrétiens qui 
fuyoient la perfécution de l'Empereur 5'fa;e/T. Longin Gen- 
tilhomme du Pays bâtit un Monaflere à la pointe feptcn-< 
trionalede cette Ifle vers l'an 2.40. CeMonafterefubfifta 
jufqu'àce qu'il fut entièrement ruiné par les WiJliofhi , 
ôc au fixiéme fiecle ce n'edoit qu'un Hei mitage de cellules 
éparfes où fe retiroiencdes Solitaires qui le choififfoient 
entr'eux un Infpedeur , qu'ils changeoierit de tems 
en tems. C'eft ainfi qu'en eftoit Abbé ou Supérieur S. 
Loupyloïs qu'on le fit EvéquedeZ^(?« vers Tan 513. S,Lubm 
demeura un tems confiderable dansl'Hermiraeede ri/Ze"-. 
Barbcy avant que d'eftre fait Evéque de Chartres. L'Empe- 
reur Chdïlemaone rétablit fur la fin du huitième fiecle ce 
Monaftéreen l'honneur de S. Martin ^ &:aflembla quatre- 
vingt dix Religieux qu'il avoit fait venir du MomcaJJin ^ 
ôc des plus fameux monafteres de fon Roy-aume. Cette 
Abbaye fut fecularifée en 1545). d'autres difent en 15^1. 
Outre l'Abbé il y a un Doyen , vingt Chanoines & 
douze perpétuels qui ont quatorze mille livres à parta- 
ger , parce que le Prieuré de S Jean d'Jrdieres eft uni à 
cette Abbaye. . . 

SAINT MARTIN. 

^' Saint Martin de Savigny, en Latin, fanclus Martinus Sa- 

guracenjjs. On ne trouve point de Mémoires de cette Ab- 
baye, ôi quelqu'uns croyent que c'efl: la même que celle 
de Yljle-Barhe, fous le vocable de S. Martin, Cependant 
quelques Auteurs mettent cette Abbaye cnBrcJJe , a 
quatre lieues de ^jo« ôc fa fondation en 817. Ils mettent 
fa taxe a . . . . . 



Tom» IL 



D dd 



SAINT 



F folios Rf Te» 



4J0 



^cool- 



îoo 



S004tl. 



38g 



TlTUlAlRES. 



Recueil général 
SAINT CLAUDE. 



Siaz 



Floiiiv 



M.ir Comte 5^i^;jj. Claude , ou S. Oyen de Joux ou Condat , en 
Prnce du Latiu , SanctHS Eugcndus y jeu Lugendus jurenjis A^onajte- 
riamlurcnje ySanclus CUudius ^aut Condatijco ^ ètoicun lieu 
où Saine R,omain , & fon frère S. Lupicin ^ bâtirent au 
cinquième fiecle un Monafléreau Diocéfe de Lyon dans 
Jes défères de ^ura dit le Monjou , bc au pied du Montji^r^. 
S. Eugende , ou S. OyendCon troifiéme Abbé fut le premier 
que Tony enterra l'an 510. c'eft ce qui a fait porter fon 
nom à l'Abbaye jufqu'au de-là du douzième fiecle. Co«- 
datifco (y* condatifcum y de mèmtouQCondate d>cCondaïumi 
veut dire concours , confiant , candeôc cofne , tous mots 
de lamcme fi^jnification.c'eftoit un vallon entrede hauts 
rochers , où il yavoitune fource d'eau , ôc quelques fau- 
vageons qui produifoicnt des fruits fort aigres. S. Ro- 
main s'y retira vers l'an 415. à l'âge d'environ 35, ans. Cette ( 
Abbaye n*a point porté le nom de S. Romain Con Fonda- 
teur , parce que fon corps n'y efl; point enterré. Elle fub- 
fifte encore aujourd'huy dans la petite Ville de S. Claude, 
qui doit fon origine àceMonaftere; mais les Religieux 
qui y ont pris la régie dQ S. Benoît vivent fans Commu- 
nauté , &c lont de ceux qu'on appelle, v:/«a>«/, parce qu'ils 
n'ont point embraffé les dernières reformes. 

S. Claude s'y étant retiré l'an 513. après avoir fait lade- 
miffion de fon Evcché de Befançon^Qn fut fait Abbé Tan 
516'. après la mort du bienheureux /«/«r/>«x, ôcla gouver- 
na jufqu'en 581. qu'il mourut. Il y fut enterré ôc demeura 
inconnu près de <^oo. ans , au onzième fiecle l'éclat des 
miracles qu'on lui attribuoit rendit le lieu fi célèbre, que 
cette Abbaye prit fon nom des la fin du treizième fiecle, 
avec la Ville qui fe forma au tour. 

La Seigneurie ou la grande Jurifdidion de S. Oyen de 
Joux j autrement de S. C/<^^(^e,eft une annexe delà Fran- 
ehe-Corrué , ôc n'eft foumife à aucun de fes Bailliages, 

reffortiflant 



DES Abbayes de France. 38^ 

■irtiiAiKBS.^ç^^j.jj^^Pjj. immédiatement au Parlement du Comté , ^'°''"' 
depuis linftitution de cette Cour. Les Abbés eftoient au- 
trefois les véritables Seigneurs de ce Territoire , &: les 
Comtes de Bourgogne n'efloient que leurs DefFenieurs, 
èc ils n'ont pas même joili avant le treizième fiecle de 
ce droit qui appartenoit aux Empereurs , & que P^odoiphe 
de Hahjbourg donna l'an 1291. a Humben Dauphin de 
Viennois, Depuis ce temslà l'Abbaye de S. Oyen fut en^ 
corc regardée comme libre & indépendante des Princes 
voifins, lorfque le dernier Dauphin Hr^w/?en traita Tan 
1339. avec l'Abbé Jean de RofJiHon. 

L'Abbaye de S. Claude efl; fituée dans la Viile du même 
nom , dans la Franche-Comté de Bourgogne entre trois 
rochers fteriles d'une hauteur fi prodigieufe qu'on ne 
peut les voir fans frayeur j elle efl: aux frontières du 
Bugey dz du pays de Gex , & éloignée de Genève de fept 
lieues. Cette Abbaye efl: une des plus recommandables 
Se des plus illufl:res du Royaume , tant à caufe de fon 
revenu , que parce que les Religieux qui y font reçus 
doivent efl:re nobles jufqu'au trifayeul inclusivement , 
tant du côté paternel que maternel. L'Eglife de S. Pierre 
dépend de l'Abbaye , & efl: renfermée dans fon enclos , 
n'y ayant qu'une grande cour.ornée d'une belle fontaine, 
au tour de laquelle font les apartemens des Religieux 
Se del'Abbé , quila féparentde l'Abbaye. Il y a une lon- 
gue allée du cloître,par laquelle on va de l'une à l'autre. 
L'Eglife de S. P/^rre- bâtie de belles pierres quarréesn'efl: 
pas achevée , il n'y a que le Chœur de parfait. On en 
admire les chaires auflî bien que le tableau de l'Autel , 
où efl: reprefenté un Evêque en habits pontificaux, avec 
l'étûlc croifce , ceux qui ont affifl:^ à la première ou- 
verture de la Chafle de Saint C l au de a f[ûrQnt qu'il avoit 
l'étole croifée. L'on voit la même chofe dans les anciens 
Pontificaux de l'Eglife d'Jutunh ce que je rapporte pour 
faire voir la témérité de quelques Prêtres , qui de leur 

D dd ij propre 



Kzvfx. 



35)0 



Recueil ©eneral 



yiTHiAiKE,, propre aiuoiité, s'égalanc en cela aux Evêques, ne veulent 
point croifer leur école. L'Eglife de Saint Pierre l'cm^onQ 
pour fa grandeur de pour Ton arcliicedlure fur celle de 
l'Abbaye , quied iî ancienne qu'on croit qu'elle fervoit 
autrefois de retraite à S. Oyen èc à Ces compagnons , 
qui firent bâtir en ce lieu là unHermitage qui eftoitcou- 
vert d'un bois. Cette Abbaye conferve les Reliques de 
fes douze premiers Abbés. On y voit les chefs entiers de 
S.Jiomam & de S, Lupicm frères, qui furent les deux 
premiers. Tous les oflemens de S, Oyen font renfermez 
dans une Chafle d'argent i mais ce qui excite une dévo- 
tion extraordinaire, 6c que l'on conferve precieufemenc 
c'eft la Relique de S. Claude^ dont le corps s'elT: conferve 
en entier ôc incorruptible depuis plus de mille ans,avec [ts 
entrailles. Le corps eft fouplcjôc maniable ôc quoique trois 
fois le jouron ouvre fa ChalTepour fiire baifer fes pieds 
au peuple , le miracle eft; fi continuel , que ni l'humidité 
deî'air, ni les Pèlerins n'y ont point encore caufé de cor- 
ruption. Ce prodige eft non-feulement avéré par la tra- 
dition , mais encore parle raport qu'en firent les Abbés 
deS, Martin d^y^utun, de^. Bénigne de Dijon Se de Ba;dme 
en Franche-Comté y cj^ue le Pape Nicolas V. envoya vifiter 
cette Abbaye en 1447. 6c le Cardinal d'Eftrées qui en 
a efîé Abbé commendataire en a fait le même raport 
en kt^o- pour fatisfaire à une délégation Apoftoliquc. 
Cette Abbaye fi confiderable par les faints dépots que 
l'on y révère depuis treize fiecles , ne l'eft pas moins par 
les privilèges qu'elle a obtenu des Souverains Pontifes. 
Le droit de Souveraineté donc elle a \oiujuC<n\i'^i Philippe 
h Bon , qui lui en retrancha une partie, le haut rang 
qu'elle tenoit , les bienfaits de l' E mp ère ai' G r^r/r-w &de 
• plufieurs Roys de France 6c d'Efpagne, fans compter les 
fondations de quantité d'autres Princes , font autant de 
tcm.oignages de la diftindlion qu'ils en ont faite. Il y a 
d.miihV'Aicd: S, C/^/^^^, une Juftice particulière, douL 

les 



Florins. 



Des Abbaves de France. 59t 

TifuiAi^ss. jgg Officiers font à la nomination de i'Abbé; nulde fes 
vaflaux ne peut fe pourvoir en première inftance à un 
autre Tribunal Cette Abbaye efl: chef d'Ordre , Se juf- 
qu'icielle forme feule une congrégation avec tous fes 
membres, il y en a encore plufieurs dont la plupart font 
en commende. On fait voir par des acles de près de cmq 
o^ns ans , ou'elle eft en poifeffion d'avoir un Chapitre 
gênerai , ôc par un privilège fingulier que lui accorda 
Je Pape Nicolas V. chaque Religieux de S. Claude a le 
pouvoir d'y entrer , d'y délibérer , ôc d'y donner fon 
îufFrage , ce qui fe pratique encore aujourd'huy. Elle 
relevé imimédiatemenc du S. Siège, ôc ccà un grand 
Prieur à vie qui la gouverne depuis qu'elle eft en com- 
mende. On y fuit une régie mitigée fous l'Ordre de S, 
Benoît y il y a déjà fortlongtems que la vie commune en 
eft bannie. Chaque Religieux a fon revenu feparéôc vie 
particulier , comme fonr les Chanoines. Leur nombre eft 
fixé à vingt-quatre. Ils n'ont pour habit que celui d'un 
Prêtre , avec une manière de cordon d'Evêque^où pend 
devant eux une croix d'or de la longueur du doigt; l'effi- 
gie de S. Claude Y eft exprimée d'un cote, ce qui produit 
un très bel effet , lorfqu'iis fonr au Chœur. Le Roy par 
fes Lettres Patentes de l'an i66S' non-feulement recon- 
noît Tufage des preaves de NoblefTe que chaque Re- 
ligieux de S. Claude eft obligé de faire, ^ qui (ont éta- 
blies dans cette Abbaye d'un tems immémorial ; mais Sa 
Majefté ordonne encore qu'elles fé feront jufqu'au tri- 
fayeul inclufivement;enfuiteelle confirme les Abbés dans 
le droit & dans lapofleifion d'annoblir lesvafîaux 6c Ha*- 
bitans de leurs terres. Vi\ni6^<). le Cardinal à'Efirécs ufa 
de ce droit en faveur d'un Bourgeois de la Ville de S. 
Claude , auquel il accorda des Lettres de Nobleffe, en hn 
érigeant en fief une portion de terre. Par ces mêmes let- 
tres le Roy confirma les mêmes Abbés dans le droit d'ac- 
cordet à leurs vaiTaux des Lettres de legitimaiioii, d-c 

D dd iij gracel 



Floilni 



Rcve> 



TlTHLAlKtS. 



35>2. 



Recueil g e k e r a i; 



grâce deremiffionen cas de crime, à la charge dn reflbrt 
& Souveraineté envers Sa Majefté , ôc fon Parlement 
de Befkriçon j qualifiant le Chapitre dé S. Claude d'uiiQ des 
phis illuftres Compagnies de l'Europe. Cette Abbaye a 
fourni des Prélacs a l'Eglife , & des Abbés aux autres 
Monadéres. Mais ce lieu qui a efté autrefois une école 
de fainteté , e(l devenu aujourd'hui , comme Beanme & 
Gigny , une décharge des familles de noblefle , qui ne 
peuvent y mettre leurs enfms, qu'après avoir fait preuve 
de feize lignes de noblefTe. Pour conferver toutefois 
quelque chofe de ce qu'ils ont eftci leur froc , dont ils 
ont retranché les manches , ôc qui n'efl: prefque que 
comme un fcapulaire fort large, cft faitde poildechévre^ 
aufiî bien qu'à Gigny ^ 6d le Célébrant fait maigre pen- 
dant toute la femaine 5 pendant que les autres font gras. 
Quelques uns néanmoins au nombre de quatre ou cinq , 
unpeu plus zélés que les autres, mangent enfemble, & 
vivent dans un même appartement. Il y a dans cette Ab- 
baye une fort belle Bible qui a près de huit cens ans d'an 
tiquité , ôc un manufcrit de S. Eucher Archevêque de 
Lyon 5 qui a près d'onze cens ans. 

Il efl: permis cà tous les fidèles de baifer à nud la plante 
des pieds de S. Claude \ mais aux gens un peu diftinguez 
on leur découvre les genoux ôc les cuiffes du corps de 
ce Saint \ perfonne n'en voit davantage , excepté les 
Princes pour lefquels on tire le corps de la Chafle. Ce 
qui furprend le plus, c'eft de voir que l'Abbaye de S. 
C/^«^e n'eftant éloignée que de fept lieues de Genève , 
les Calviniftesayent épargné cette Relique, eux qui en 
onttant brûlé d'autres en tant d'endroits i fur quoy on 
raporteune chofe remarquable i fçavoir que dans le rems 
que les Hérétiques exerçoient par tout leur fureur, ils 
edoientvenu pour piller l'Abbaye , ôc brûler le corps du 
Saine , ils eftoient déjà à la porte , où ils avoient pafTé la 
nuit, lorfqu'ayant entendu fonner un tambour, ôc en- 
fuite 



Florins 



DES Abbayes de France. 3J3| 

riTULAiivEs. fuit-çlej Matines jquelesReligieux difoient alors à mi- 
nuit, ils crûrent qu'ils eftoientaffu rement découverts, ô^ 
s'enfuirent avec précipitation. 

L'Eglifede S. Claude efl: grande ôè belle, on y montre 
une Chapelle dans le bas, où Ton dit qu'eftoit la cellule 
de ce Saint. On y fait voir auffiun grand cloudqui a plus 
d'un pied de longueur , avec lequel on prétend que Nô- 
tre Seigneur a efté crucifié, Ôc l'on dit qu'il vient de l'E- 
glife de Laufanne , dont il avoit efté fauve dans le tems que 
les Hérétiques s'emparèrent de cette Eglife. Il efl: de la 
même forme que celui de ^5". De«/5, mais bien plus grand. 
L'Abbaye de *S. C/^Wf a efl:é fecularifèe en 172.3. 

SAINT RAMBERT. 

M d'Alias Saint Rambert de Joux , en Latin , SanÛus B^egnahertus 
^^^^^* feu Kambertus^ aut fanclus KemgeAhertus yvel RegnahertusjH- 
renfis , elle efl; fituée en Bugey dans la Ville de S. Kam^ 
hert y à trois lieues de S. Eftknne , & à quatre de Adonr- 
hrijjon , au bord de la Loire ,que l'on y paffe fur un fore 
beau pont. C'eftle premier qui fe trouve depuis la fource 
de cetteriviere. L'Abbaye de S. liamben on Kemhen tù, 
d'anciens BéyiédiâlinsCuï la croupe d'une montagne dans 
une agréable folitude. L'Eglifeefl: fort ancienne : On y 
garde les Reliques de S. Rambert èc de S, Domitien qui 
en a efl:é le premier Abbé. Le faint Sacrement y efl: con- 
fervé dans une tour vitrée, ôc parconfequent tranfoarente. 
Les Religieux quoique de la commune obfervance y di- 
fent tous les jours l'Office de la Vierge. Au bas de la 
montagne efl: la Ville de S. Kemben , environnée de tous 
côtés de rochers, ôc fituée iur la rivière d'yfr/'^r/wf. . . 

S A V I G N Y. 

M.Marniioo Savigny , en Latin , Saviniacum , feu fanclus A'îdninus 

Ciaœont.^ Sduintacenfis ^ fituée à une lieue de la Brcfjc, drA quatre 

de ï-jon i l'on croit qu'elle fut fondée vers l'an 817. Blon • 

deau 



Florins 



■' cvc»; 



ij;o joooal^ 



foo 



8000 !t 



394 Recueil général 

TiTuiAiRïs, jç^y J-;^ps {^ Bibliothèque Cano-nique^ prétend que l'Arche- 
vêque de Ljonù. droicde Régaledans cette Abbaye, & 
qu'il en a l'adminidration pour le fpirituel ^ pour le tem- 
porel , les quinze Moines oncc^^oo. livres. 



'Mr. dcValia. 



Abbayes d' Hommes de l' Ordre 

DE CiSTEAUX. 

CASSAGNES. 

Caflagnes, la Chaffagne, ou Caflaigne, ouChaflaigne, 
TcirdcMonc. gj^ £^jj^ ^ Cajjania yCafamu , Ch aftnia , fille de l'Abbaye 
de S. Suhice y te fituée au pays de Brejje & de Bugey , à 
demie lieuë de ChaUmority elleaefté fondée les Kalen- 
dcs de Novembre u6i. d'autres difentiT45. , & d'autres 
prétendent que ce fut par£y?/f««^ de Fdlars Tan 1170. 

MIROIR. 



Unie i 
teauz. 



Mr. Tcrrây le 
8, Noycmbicj 



Cî. Miroir OU Mirât , en Latin, SanÛa Maria de Miratorio. 
Elle a e(l:é fondée en la Brepe Chalonnoife les Nones de 
Septembre 1131 à une lieuë de Cufeau , Se depuis unie à 
l'Abbaye de Cîteaux , dont elle eftoic fille, elle eftoit 

/ N 

Cm A ce cL » * * • • • 

VAL-BENOISTE. 

Val-Benoifte , en Latin , Fallis Benedifla , fille de 
l'Abbaye àcBonneTaux^ Se fituée enForeX^, fur la rivière 
de Furans aune lieuë Se demie vers le niidy de la petite 
Vill^dQ S. Ffiicrtne de Furans. Elle a efté fondée le 17. des 
Ides de Septembre , ouïe xS. d'Odobre 1184. , . 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre 

DE Saint Augustin. 

BELLEVILLE. 

Belleville en Latin , BelUvilla y fituée dans la Ville 

du: 



Florins 



Rêver», 



/oo 



Sooo 1. 



I 



60 



«îool. 



66 



{600 1,, 



Î3 



L 530.1 



DES Abbayes de France. 35?5 

iTuiAiREs; j^j rn^iYje nom en Beaujolloi^ y à deux ou trois lieues de 
Beaujeuy à fix de Lyo}?^ Se à cinq de Maçon , vis-à-vis le 
Pays de Dombes, fur la ^^o^e, elle a efté fondée par Hum- 
bertde Beaujeu l'an iK^o.les cinq Dignités, & les fix Cha~ 
noines ont de revenu. .... 

Abbayes de Filles de l' Ordre 

DE Saint Benoist, 

SAINT PIERRE. 

fffac' ^°^^ ^^^"^ Pierre de Lyon , en Latin , Sanéîus Petrus Lugdu- 
nenfis , fituée en la Ville de Lyon , elle efl de la Congré- 
gation de Chcxal- Benoit. Les Dames qui y font reçues 
font obligées de faire preuve de noblefle.Elle a étéfon 
dée peu de tems après le Martyre de S. Ircnée '-, mais elle 
doit fon principal accroifîement à S. Ememond Archc\ê 
que, qui mourut l'an (J67. Le bâtiment de cette Abbaye e(l 
magnifique, il a efté conftruità neuf fur quatre grandes 
faces , dont la principale règne fur la place des Terreaux. 
Il efl: décoré en dehors de pilallres d'ordre Dorique 
5c Compofite. Au Pourtour règne un grand portique , 
au defllis duquel eft une terraffe découverte. L'Eglife efl; 1 
un ancien édifice qu'on a embelli par tous les ornemens 
modernesjdont il a efté fufceptible. L'argenterie de l'Au- 
tel efl: d'un prix très-confiderable, & mérite d'être vue. 
^î^lques Auteurs mettent au nombre des Abbayes de Filles 
de l'Ordre de S. Benoît dans Lyon , U Deferte, Chazeaux 
t^ Brienne \ mais on n'en trouve aucuns Aiimoires \ cefi ce qui 
fait croire que cène font que des Prieurés de Religieufes^ dufqueL 
ton veut bien donner far honnêteté le titre d'Abbayes, Cepen- 
dant je trouve que l' Abhayç ds /^Deferte n trente Religieufes, 



Florin^ 



R.e ven. 



Me. de Fou- 



ras de ciu- ^ qu'elle rapporte 

:auticis. •* -t it 



eaudcis. 



Tom. Ih 



90001. 



ooool 



4000I 



E ee CHAZEAU. 



TiruLAHij. 



Me. de Si 
vccanc. 



39^ Recueilgeneral 

CHAZEAUX. 

Chazeaux, enLacin, de Cajftnia^a été transférée de 
Forera. Lyon, Il y a trente Religieufes,quequelques Au- 
teurs difenc être de l'Ordre de Cîteaux , fille de S, Sul- 
^/ce , & fondée par £/?/>««f de F'/Z/^n en 1145. . • . . 

B R I E N N E. 

Mr. de h Brienne , cy-devant de Cordelières, 6c depuis peu 
fia^s*' del'Ordre deS. -Sfwo/;, fix Reli^ieufes. 



Abbayes de 

D E 

BENI 



Filles de L' Ordre 

C I s T E A U X. 

S S O N - D I E U. 



Mf. ic Beniflbn-Dieu, ou la BenifTon-Dieu, ou Benevent , 
bVûireffe. CH Latin , Bcnediâlo Df/, fille de T Abbaye de Clairvaux. 
Elle a été fondée le 3. des Kalendes d'Odobre par Loiiis 
VII. dit le Jeune , Tan 1138. Elle eft fituéefur les con- 
fins du Fore^, de la Bourgogne èc du Lyonnoisyi trois lieues 
de Rouanne , fur la droite de la rivière de Sornin près S. 
Genie"^, Elle a été autrefois Abbaye d'Hommes. 

B O N L I E U. 

Mc.d'Ertains Bonlicu , ctt L^ùxi .Bonus Locus ^ fituée t\\Forex,o\xt\\Q 
a ete rondce 1 an 1114. ... . 

CHAZEAUX. 

Chazeaux,îl y a des Auteurs qui mettent cette Abbaye 
de l'Ordre de Cîteaux . voyezà l'article cy-defTus. 

LIE U-NOSTRE- DAME. 

Mr.Rcy icf Lieu-Nôtre-Dame, en Latin , Locus Beata AfarU , feu\ 
Nojîr^ Domina . , ... 



Flod 



PRIEURtZ 



rïTUlAlîLEî; 



DES Abbayes de France. 
Prieurez d'Hommes. 

SAINT IREN'EE. 



397 



M.d'Eftain^ Saint îrctice de Lyon, ficué dans un Faiixbourg de 
Su ^^ ^yon. Le premier Chanoine eftSacriftain dece Prieuré „ 
& auffiCuréduFauxboiirg. Il y a (Ix Chanoines de l'Or- 
dre de S.. -^w^^//?/)?, qui ont de revenu 4c oo. livres, Ôc le 
Prieur. . . . . 

C O L I G N Y. 

Mr. cra/îîn. Coligtty , Sariclus Maïtinus , (itué aux confins delà 
Franche-Comié, dans la Ville du même nom , à quatre 
lieues de Bourg , à fîx de Adacon , ôc à fix de Saint 
Claude, . . . . • » 

G I G N Y. 

wr.de The- Gigny, dc Gifjiaco , fitué en la frontière de Brejje du 
:onreiiicr côté dc Bourgogne '^c'eftoit autrefois une Abbaye illuftre 
^"* fondée par S. Beruon.llCtvtdQ décharge aux familles no- 
bles, & pour y entrer , il faut faire preuve de feize li- 
gnées de nobtefle. S. /^er«o« premier Abbé de C7««;', bâtit 
un Monafbere dans un fond de fon patrimoine vers Tan 
%o. vingt ans avant la fondation de C!imj,dcS. Bernon 
en fut le premier Abbé. ..... 

EBOUCHOUX. 

la'dic/^ ^^ Ebouchoux ou Bouchoux en Franche-Comté. Con. l' Ab. 
àt S. Claude. . , . ... 

N A N T U A. 

M le Prince Nantua , en Latin, Nantuacum. fitué dans la Ville du 

vedericd Au- ^ ' ^ • j j 

"âne, mcme nom en ^«^^^^ entre des étangs au pieds des monts, 
à trois lieuè's du Rhône de de la rivière d'Jm , & à huit 
de Bellay au Septentrion. Ce Prieuré eft de l'Ordre de 
Clmj , ôca été autrefois Abbaye. L altern. 

E e e i j LA 



Florins RcFcn. 



tooo I. 



18001. 



fOOO I. 



2000 I 



8000 1. 



398 Recueil général 

TiTULMR.s. LA PLASTRIERE. 

La Plaftriere, ficué dans la Ville de Lyon. Le Prieur 
efl: Régulier de S. Ruf. Un des Religieux eft Curé de 
la Paroifle. Il y a quacre Chanoines , ôc ils ont en- 
fcmble ... 

AubuifTonas efl uni à l'Abbaye de Cluny. 

Armas. . . . . , 

Saint Laurent d'Alban ou Arben , P Ab. d' Ambournay 
a l'alternative. .... 

Bar. ... 

Biies de Lyon Nonains, Ord. de S. Benoît : 

Chamdieujuniau Séminaire de S.Irenée. 

Charlieu, cinq Moines. . . 

Chateau-Chevry ou Chiverel, l'Abb. de Tournus i 
l'alternative. • . . . » 

Crozieu. . . . » . , 

Château-Gaillard, PAb. d'Ambournaya l'alternative 
Crezieu. . . 

Deflartinesou Defertinesaltern. 
Donfeurre le P. de Gigny a Paltern. : 

S. Germain de Laval, Chapelle ; : 

Gumieres 

L'Hôpital de Rochefort. 

S. Jérôme, Doyenné, Clun. altern. 

Injurieu , Ab. d'Ambournay à l'alternative. 

Jullie. , . ; . -, . : 

La 



Florins 



Rcvcu 



tooo I. 



35?i)i 



riTULAIKES» 



DES Abbayes de France. 

LaBûifle A. S.Ruf. . , • 

LiniayjUnià Cluny. . . ; • 

Limouy, uni à l'Abbay^de S. Claude. 

MarbosouMarbois. Pr. de Gignyalalcein. 

Marcilly. ..... 

Marcilieu l*Ab. d'Ambournay a l'altern. 

Mornand. .... 

Montrotier. » ; 

Néflier. 'i V ; . : ; 

Noilly. . . . : s ; T 

Oucya , Ponc-aux-Indes ou Poncdins , P. de Gigny a 
lalcern. .... » 

Pomiers , il y a quatre Moines reformés. 

Pouilly les Fleuri. 

Pontdins, voyez Oucya. 

Rendans. . . .... 

Rigny. ... . . . . 

Riorge uni au Collège des Jefuites de Roanne. 

Royze uni à Cluny. . ^ ^ 

Sail de Dangy. . : , . 

S. Albin. : ■ 

Saint Julien , uni au grand Collège des Jefuitfs de 
Lyon. ....... 



Florins 



S. Juft. en Chevalet. 



xjoo i. 



E ee iij 



Sain 



cl 



500 I. 
900 1. 

4000I. 
4000 1* 
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Xoo I- 

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4000 I' 
900 I» 

IlOO 1. 

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ÎOOO I, 

i;oo I. 
800 1. 



400 



Recueil général 



TiraiAiMS. 



S. Maurice en Roannois . . » . 

S. Nizier. . • • ^ 

S- Romain en Jaret,uni au petit Collège des Jefuîtes 
de Lyon. . ... . . . 

Saine Saturnin ou Saint Sorlin , Ab. d'Ambournay a 
laltern. . . . • . • , • 

Saint Sauveur, uni ou Collège de Tournay. 

Saint Victor en Châtelet. . . . . 

Salle en Beaujolois. Il yaauflîunPrieuréôcdouzeReli- 
gieufes. . . 

Salles les Coufan. .... . . 

Savignieu , il y a fix Religieux reformés. Les Terres 
appartiennent aux Miffionaires de S. Lar^are , il y en 
a pour . ... • • 

Talluyes. . . . • 

Tarare. 



Florioî 



Ternan. 

Thizy, il y a quatre Moines. . . . 

Villarés,uni au Prieuré des filles de Marigny. . . 
Vaux, de l'Or. deS.Auguftin. deS.Ruf. . • 
Villemouftier, l'Abbé de S. Claude a Talternative. . 
Villercverfure , Ab. d' Ambournay a l'altern. 



Prieurez 



Rcveb; 

lOOO Ij 



300 I, 

00 I. 
.^000 L 

iOO 1» 

,00 1. 

'OO I, 

00 1. 
00 J; 

00 /. 

000 1. 

400 ]. 

'OO 1. 

160Q \. 



TiTÛlAlRBS. 



DES Abbayesde France. 401} 
Prieukez de Filles dans le Diocesi 

DE L Y O N.- 

E B L I E. 

Eblie en Bugey , il a efté transféré à Lyon , ôc il y n 
feize Religieufes. . .... 

Leignieujes treize Religieufes doivent être de familles 
nobIes,fans néanmoins faire des preuves,elles ne font poini 
fujettes à la clôture , elles vivent en particulier de leurs 
prébendes qui valent environ chacune. 

S. Thomas , il y a fept Religieufes. 

Alis, fix Religieufes. 

Argentieres, quatorze Religieufes. . : 

La Bruyère, feize Religieufes. 

Poiiilly les Nonains,unià l'Abbaye de Sainte Man- 
chauld. 

Izieu , uni à l'Abbaye de S. Pierre de Lyon. 

Nereftable, uni au Prieuré de Laveyne en Auvergne. 

Sainte Colombe , il y a vingt ôc une Religieufes qui 
font de famille noble . fans être obligées à faire d^s 
preuves. 

Beauhcu, vingt Religieufes. . . . . 

■ Jourcez; quinze Religieuies. . , . . 

Le Koy fui'vam les Lettres du Cardinal d Oiîat,«owwf 
nux Prieurés deU Breffe Savoyarde , Bugey , Vairomey 
te Gex , njacansaux mois du Pa^e , comme aux trois Evêche: 
^^Metz^Toul &: Verdun. 

Eglise 



îorinsl Rcven. 



ÎJOO 



LOG I. 



3000 I. 
1100 1. 



JOOO I, 
800 1. 

looool. 



(TlTBlAIMIi 



30i 



R E C tJ BI L G E NËRÀ t 

Eglise Collégial e. 
MONTBRISON. 



rlorlns Kqvcq: 



Montbrifon,Ie Comte Guy fonda Tan 1113. cette Eglife 
Collégiale dédiée à Notre-Dame , 3.vcc un Chapitrecom- 
poié de treize Chanoines ; ce qui fut confirmé Tan 1214. 
par I{emud Archevêque de Lyon, Oncle paternel de ce 
Comte. Le Seigneur engagifte de cette Ville , nomme 
aux Canonicats de cette Collégiale , ôc le Roy en a la 
collation par Arrefl: du Confeil Privé du ic. Féviier 
1(^55. 




EVECHE' 



T»TUIAIR.BS. 



DES Abbates de Fp. ÀNCE. 



405 . ) 

Florins Rcvcu. 



^T 



EVÉCHE D'AUTUN. 



A UT UN, en Laùn y JEduerjftSj feu Jugufiodunen/is ^ 



M. Antoine 

àl MoVh'y'', Jt''\, Ville Epifcopale du Duché de Bourgogne , de la pre- 
ile^u^'^ou^ïc *^^ï^re ^JVo«w(5//e 5 6c de l'exarcat des Gaules y fuuéefurla 
cîreaux . D. fiviere de l'Jrroux , près le Nt^ernois , à douze lieues à 

de Belançon. \ r ^•^ 

h droite de la Loire , bc 2l foixante ôc dix de Paris. Cet 
Evcché eft le premier fuffragant de Lyon. S. Rhetice fut 
fait Evêqued'^^r^waucommencementdu quatrième fiecle. 
S. CaJJîen venu d'Egypte à ^/^r«« fut choilî pour lui fuc- 
céder. Il eut pour Succeffeur £g^«^o«. S. Simplice fuccedaà 
S. Egemon dans le même fiecle , Ôc S. Syagrc fut faitEvê- 
f que d'^utm vers l'an 5(^0. & mourut l'an 600. S. Grégoire 

le Grand , donnant le Pallium à Syagre en 55?9. ordonna 
que les Evêques d'Jutun feroienc les premiers de la Pro- 
vince de Lyon, après le Métropolitain , èc auroient la pré- 
feance dans les Conciles & ailleurs , au delfus même de 
leurs anciens , & auroient le droit du Pallium, ce qui fut 
confirmé par le Pape Jean VIII- S. Lcger fut fait Evêque 
dCJutun ran6c9. après une vacance de Siège de deux ans 
entiers,quiavoitfuivila mort de l'Evêque Ferreol , &: qui» 
avoit été remplie de meurtres &c de troubles , par les fac- 
i tions de deux concurrents qui briguoient cette place. 

L'EglifedeS. La^.-'re , qu'on nomme communément 
S, Ladre , efl: fort ancienne ôc fort belle^ On y remarque 
un ordre d'Architedure qui reffentafles le goût que les 
Romainsavoient introduira Jutun pour lesbatimens. Je 
crois que c'eftl'Eglifedeyii/wr^Cro/Ar, qui fut bâtie du rems 
de l'Evêque Jow^j, qui prit le nom de S. LaT^are , après 

F f f qu'on 



404 Recueil général 

TiTniJiiRis. q^^'QP y çyj apporté les Reliques de ce Saint, & qu'on 

eut reprefenté à la porte la réfurediion de La'^re, On 
voit derrière l'Autel un tombeau de La-^are yf^Lit en forme 
d'Eglife par un Moine nomme Martin^du temsdel Evê- 
que Efîîcnne. La Cathédrale eftoit autrefois dans l'Eglife 
de S. N araire y qui eft tout proche rayant efté détruite, 
les Chanoines en attendant qu'elle fût rebâtie, s'empa- 
rèrent de l'Eglife de S La-^are , ôc transférèrent la Cure 
qui y étoit , en l'Eghfefourerraine de S. NaT^ire dédiée 
à S. Jean. L'on en commença l'édifice avec beaucoup de 
fplendeur *, le Duc de Bourgogne y contribua de fa part 
d'une fomme de iioo. livres, ce qui étoit beaucoup dans 
le temps , ôc les Papes donnèrent des Indulgences à ceux 
qui le favoriferoient de leurs aumônes. Mais le vaiffeau qui 
avoitété commencé , eftoit fi magnifique , qu'on n'a jamais 
pu achever que le Chœur, qui eft un i^s plus beaux qui 
fuit en France. Si la nef avoit été faite , elle auroit rendu 
dans l'Eglife de S. Ladre , & on feroit entré d'une Eglife 
dans l'autre, ce qui auroit fait une des belles chofes qu'on 
puiflevoir en cegenre. On voit derrière l'Autelde l'E- 
glife de S. NaXaire la Chaire Epifcopale qui eft de marbre 
C'eft dans cette Eglife que l'E véque prend pofteftîon de fa 
Cathédrale, qu'il bénit les Saintes Huiles le Jeudy Saint, 
qu'il fait prêcher l'Avent ôc le Carême , & tous les jours 
un Chanoine y dit la Meffe. On voit dans l'Eglife de S. 
Ladre le Martyrologe qu'on lit dans le Chœur après Pri- 
me , la régie qui fut dreffée pour les Chanoines au Con- 
cile dV/A: la Chapelle ^{i^h fin de ce Martyrologe, on en 
lit encore quelque chofe après le Martyrologes autre- 
fois on en jifoit un chapitre entier. Il y a dans la Biblio- 
thèque de cette Cathédrale des manufcrits aufti anciens 
qu'en aucuneautre Cathédrale de France. Il y a de très- 
beaux tableaux dans la Sacriftie & d'un très-grand prix; 
fur tout celui ou le mariage de la P^ierge 6: de S.Jofephed 
reprefenté. C'eft un prefent que la République de Florence 

fit 



Floiîns 



Des Abbayes de France, '405 

"^^^^^* Rt 2, Jacques Hurauld EwcquQ d'^ut un. Pour le Tréfor de 
la Cathédrale il n'efl: pas fore confiderable i la principale 
Relique eft le corps de S. Raco Evcqued'^«/^« ,quiaété 
découvert il y a peu d'années derrière l'Autel de l'Eglife 
de S. Na^aire. Il y a une petite croix qui contient une partie 
de celle à laquelle Nôtre Seigneur fut attaché i elle a été 
envoyée par le Pape Clément X I. à TEvêque A'Jutun , 
en reconnoiiïance d'un autre Relique d'un Saint qui eft 
dans Ton Diocéfe , & qui eft invoqué pour les Gouttes. On 
montre de plus une petite boète d'yvoire haute de trois 
doigts 5 Ôc à peu près de même largeur ^ dans laquelle on 
gardoitautrcfois le S. Sacrement , ôc une croix de bois de 
Sainte Lucie dont le travail eft admirable. 

On tient que S. Bénigne & Tes compagnons S. Jndoche 
te Thirfius ou Thyrfe, vinrent à Jutun prêcher l'Evangile"? 
mais S. amateur t{\. reconnu pour le premier Evêqued'y^w. 
tun, La première Eglife que l'on y bâtit fut celle de S.Na- 
!<;^^/>f, qui eft aujourd'hui la Cathédrale 3 fous le titre de 
S. Lazare, Son Chapitre eft compofé d'un Doyen, d'un 
Précenteur , d'un Prévôt des Archidiacres à'^utun , de 
Beaune ^ te A' Avalons des Abbés de S. Eflienne Ôc de S. | 
Pierre d'EJIréesy & de cinquante Chanoines > y compris le 
Sous C/?rfw/rf. Ce chapitre a l'adminiftrationde l'Evêché. 
immédiatement depuis la mort de l'Evéque , jufqu a ce 
que l'Archevêque de Ijon en ait pris pofteffion , en vertu 
du droit de régale que cet Archevêque a fur cet Evcché 
pendant la vacance pour le fpirituel , au lieu que l'Evêque 
à'^utun a la régale fur l'Archevêché de Lyon pour le fpi- 
rituel &c pour le temporel pendant la vacance. Ce même 
Chapitre a aufti la nomination de tous les Chanoines , 
Dignités , Vicaires , places d'habituez, & de toutes les 
Chapelles fondées dans cette Eglife, & de quarante-huit 
Cuies du Diocéfe. lia auftî la Juftice â: A ut un pendant 
feize jours , à commencer dès la veille de la Fête de S. 
La-^are^ par conceftîon de HuguesT^uc àt Bourgogne :ii\\à\i 

F f f iij Chapitre 



Florin?-;, Revcn 



406 Recueil général 

TiTULAiREc. Chapitre. La fontainequi efl: devant TliLglife Cathédrale 
eft remarquable par fa ftriiclure magnifique. Les Evcques 
& y^utun font Préfidens nés de l'Ordre du Clergé aux Etats 
de Bour^^ojine , &: ont droit de Juftice dans une partiede 
la Ville. Ils ont la qualité de Prototrônes dans leur Pro- 
vince. On compte quatorze Abbayes dans le Diocéfe d* A- 
tun , quie(è partagé en vingt-quatre Archiprêtrez,& qui 
' comprend fix cents onze ParoifTes. Il y a eu un Concile 
à Juîum y Conciltum Mduenje Qï\\o6y il efl: imprimé dans 
le Père Labbe. t. 5). page 185. ^ . , , , 

Abbayes d' Hommes ds l'Ordre 

deSaintBenoist. 

C H E R E Y. 

Cherey. On n'en trouve aucuns Mémoires ; ce qui me 
fait croire qu'il n'y 3 que treize Abbayes dans le Diocéfe 
d'Jtitun , comme plusieurs Auteurs le prétendent, au lieu 
de quatorze , comme je l'ay ditcy-deffus. 

C O R B I G N Y. 

M. puceiie. Corbigny;dit S. Léonard ,Qn Latin , Sanélus Leonarius 
CorhiniacenJJs y feu Corhiniaci ^ autCorhiniACum. Elle efl: (î- 
tuée en N ivemois au Pays de Morvant fur une petite ri- 
vière qui va fe décharger dans VYonne. Le corps de S. 
Léonard y fut tranfporté de J^ayidetrjre au Maine i(uï\2i fin 
du règne de Charles le Chauve , &c depofédo^ns l'Abbaye 
qu'fg/7 Ahhc de Flavigny y avoir bâtie l'an 8(^5. Son culte 
devint fi celebre^quefon nom s'efl: communiqué à îa Ville. 
L'Abbé efl: Seigneur de la Ville de Corhi<iny en toute 
Jufl;ice, avec droit de Bailliage &: de Chatellenie. Ellea 
reçu la réforme de S. Manr en 164^.^ c'efl: la quatre-vingt 
feiziéme maifon unie à cette Con^rcc^acion. 



ELAVIGNY. 



Floriaskcvca. 



4080 



looooli 



400 



7)00 K 



itulAir^ïs; 



DES Abbayes de France. 
F L A V I G N y. 



407 



Florins 



Rcv«. 



Mr.de B.fTy FlaviVnv, ouS.Pierrc de Flavip'ny , en Latin, Sanflus 
uede Luçon i''etrus de FUvio^niaco ^jen Flanjtgnaco , aut FUngeyo. SlCUee 
dans la Ville du même nom dans l'y^uxois , fur une pe- 
tite rivière près de Sawte Reine y dans le Village de Sem^r^ 
&: éloignée de Dijon de neuf lieues. Elle fut fondée par 
Wi^f'ady grand Seigneur de l'Juxois ^ dutems de Char- 
les /l^^rre/ en 710. d'autres difenten 606. On voit dans l'E- 
glife la plus grande partie des Reliques de S. Prix qui y 
furent tranfportées vers le milieu du huitième fiecle.C'efl:'; 
pour cela qu'il eft devenu fécond Patron titulaire de 
cette Eglife. Le premier eft S. Pierre^ious le nom duquel 
elle avoir été dédiée d'abord. Ffrr<2r/ a confondu ce lieu 
avec Flay, Flaviacum y Abbaye au Diocéfe de BeauvaiSy 
qu'on appelle S Gfrwer. L'an 8^4. le Roy Charles le Chawve 
donna l'Abbaye de Flavigny a l'Abbé Fgil pour la reparer 
& la mettre en régie. Il y fit tranfporter les Reliques de 
Sainte Reine d'Jlije a une lieue de là , ôc il y établit la 
régledeS. -8e^o/f. Cette Abbaye rappporte aux Religieux 
reformés 5(5'oo. livres. La réforme de S. Maur ^ïk. entrée 
dans cette Abbaye en 1(744. Ôc c'eft la foixante & dix-huitié- 
me maifon unie à cette Congrégation. 

S A 1 N T M A R T I N. 

M. Monc^in Saint Martin d'Autun, en Latin , Sanijus Martinus 

iIITiaLic- y£dfien/is ^fituéeà Un quart de lieue de la Ville &Jutun; 

irà^^u'cmeAb 1^" croit qu'elle fut conftruite dans le mcmelieu où S. 

3ayeeni7u. /{^arttn Evêquedc Tours avoit détruit un temple d'Idole. 
Ce qui refte defes anciens monumens fe reffent beaucoup 
de la magnificence d'une puiftrinte Reine, telle qu'ePcoit 
Brunehaiii ,qui en eft la Fondatrice. L'Eglife eft toute bâtie 
de grofles pierres de taille liées enfemble , non avec de 
la chaux ou du ciment, maiscommeje crois avec des cram- 
pons de fer , qui ne paroiflentpas. Tous les piliiers font 

Fffiiij autant 



1000 



6ooo\.- 



4o8 Recueil général 

TiTui.Au,j. ^^f;^nc de colonnes d'un très-beau marbre , avec leur cha- 
piteaux d'une hauieur extraordinaire. L'arcade qui ter- 
mine le Chœur vers le grand Autel portée fur deux co- 
lonnes, pafle pour un chef d'oeuvre dans l'efpritdes Ex- 
perts. L'Autel e(l tout de marbre , & dans le retable eft re- 
prefenté Notre Seigneur reconnu par les deux difciples d*£- 
maus dans la fraction du pain. La Reine Brunthaut ou 
Brunechil , ou Brunechdde , fut inhurnée dans la Chapelle 
fouterrainc de Notre-Dame , l'an 614. Son tombeau eft une 
efpece de coffre de marbre vené de blanc & de noir de la 
longueur de fix pieds deux pouces. Il eft pofé fur uue 
traverfe de pierre commune , foûtenuë de quatre petits 
pilliers d'un marbre tirant fur le verd. Ces petits pilliers 
iont taillés en quarré larges d'environ fix pouces , & hauts 
d'un pied. Ils ont des elpecesde chapiteaux , 5c des bâfes 
de pierre ordinaires affés groflîerement taillées. Le marbre 
qui couvre le tombeau ou le coffre , eft taillé en forme de 
prifme. L'arcade fous laquelle il eft placé contre la muraille 
à treize pieds quatre pouces en hauteur, fur fept pieds 
oc deux pouces de largeur. Suivant une ancienne légende 
Latine de l'Abbaye , le corps de la Reine Brunehaut fut 
enterré d'abord fous le grand Autel à l'entrée de la Cha- 
pelle de A/o/rf-D.îW(? fous terre. Il n'y a p^s foixante ans 
que cette Chapelle fubfiftoic encore. Les Barbares, c'eft- 
a-dire les Normans , ayans ruinés ce Monaftére au hui- 
tième fiecle , on tranfporta quand il fut rétablit le corps 
de la Reine Brunehaut auhmiàç, l'aile de l'E^^life du coté 
de l'Epicre, & on le pofa contre la muraille où il eft. 
Comme cette Chapelle menaçoit ruine, le Cardinal /?o//;« 
qui futle premier Abbé Commendataire de cetre Abbaye, 
qui en cette qualité prit pofteflion le 19. de Septembre de 
l'an 14(^1. fit transférer ce tombeau dans l'Eglife proche! 
delaSacriftic, fous une arcade de pierre de taille, en for- 
me d'arc de triomphe. En 1631. Nicolas de Caftille,qui 
éroit Abbé de S. Martin ^{11 ouvrir ce tombeau, dans le- 
quel 



Florins Rcve»; 



TALAIRES. 



DES Abbayes de France. 405) 

quel on trouva un coffre de plomb, où il y avoit des cen- 
dres , desofTemens, du charbon , Ôc une molette d'épe- 
ron, on les y remit & on le renferma. Il y a encore dans 
l'Eglife pluficurs tombeaux d'Abbés , parmi lefquels celui 
de Jean Petitlc dernier régulier efl: à remarquer ; car il 
efl; reprefentérout nud, la mitre hors de la tête. On dit 
quec'eft parce qu'on le dépouilla de fon Abbaye, pour 
la donner au Cardinal Rollm > quoiqu'il fut homme de 
bien , & qu'il gouvernât fon Monaftére avec édification. 
La Ville de S. Pierre le Moutier y ayant appartenu d'an- 
cienneté aux Abbés de S. Martin à'^utun ,ils y établirent 
un Prieuré dont le Titulaireavoit droit de toutes Juftices 
dans la Ville ôc tts dépendances» cequidura jufqu'à l'an 
11(75. Alors l'Abbé de S. Afartin affocia le Roy Loiiis le 
Jeune à la Seigneurie ôc à la Jufticedecelieu là, afinde 
s'attirer la protedion Royale. Mais cette affociation ne 
dura pas long-tems i car le Roy fe mit en pofTefTion de 
toute lajuftice dans la Villede S.Pierre le Moutier, hiff^nt 
au Prieur le droit de Juftice dans fon Prieuré , ôc dans 
quelques Villages. Cette Abbaye rapporte 4000. livres 
aux Religieux* . . * . . . 

Vezelay , F^oje'^ l'article des Eglifes Collégiales. 

Abbayes d' Hommes de l' Ordre 

DE CiSTEAUX. 

B U S S I E R E S. 



1. àe Morcy 



Buffi 



leres 



ou la Buffiere , en Latin , Buxeria vel 



Buxeira , feu B^fferia, aut très. montes , Tf/ canohium trium 
montium y fi-lle de l'Abbaye de Cîteaux y dans le Duché de 
Bourgogne y à fix lieues de Dijon, Se près de B<f^(/«f,ellea 
été fondée le ly.des Kalendes d'Avril, ou le}, des Ides de 
Mars, c'eft-à-dire le 13.de l'an 1130, 



FONTENAY. 



FtoriMfR.CFcnf 



Îi6 



/o%olî 



133 



/ ÎOO 1. 



TirUlAlRES. 



410 



Recueil général 
FONTENAY. 



M. Gcrmaia Fûiitenayou Fonrener, en L^itm de F onteneto^feu F onteneto 
cha^noinrâe fiHc dc l'Abbaye dQClaîrv:iuxsLU Duché de Bourgogne^ï une 
fa dS'"c"dc demie lieue de Momhan^ à quatre de FUvignjy & à fix de 
joo. livres de 1' ^[-513 jy^^ j'Q/^;2y ; elle e(l ficuée dans une vallée envi- 

pcnlion pour , •' ^ / 1 j • n 

Mr. du Prix- ronnee de montagnes & de bois. Rainard Seigneur de 
à7L cadX^^<^<^«^<^r^,oncledeS. Bernard.cn fut le Fondateur le 4. des 
xcrrc. '^'^"'Kalendes de Novembre de l'an iirp. Les premiers Reli- 
,gicux établirent d'abord dans le tond de la vallée , dans 
un petit Herrnitage qui étoit fondé par un Solitaire nom- 
mé Martin , qui le céda a S. Bernard, Depuis ils fe mirent 
un peu plus au large , ôc Evrard Evêquc de Norvic en 
y^ngUterre , leur fit bâtir une grande Eglife, quifutcon' 
| Cicréelan 1147. par le Pape Eugène IIL en prefence de 
j dix Cardinaux ôc huit Evéques, entr'autres, /4'/for/t d'Oflie, 
Ymare de Tufcule^ Humbcrt d'Auturiy Pierre de Pavie^ Lam- 
heri d* An^^oulême i Hugues d'Auxerre , Henry de Troye , C37* 
Hardoiiin de Cofine , 5c d'un grand nombre d'Abbés, fur 
tout de S. Bernard. Outre le tombeau d'Ei'mr^ de Norvic^ 
• qui eft au milieu du Presbytère , &; celui i' Etienne Evê- 
que d' Autan , qui eft proche de l'Autel , du coté de l'E- 
vangile; on voit encore plufieurs autres tombeaux élevés 
fans épitaphes; on croit qu'ils font des Seigneurs de Mon^ 
hartyéc de pîufieursautres. On voit encore à l'entrée du 
Monaftére , un Palais des Ducs de Bourgogne , qui pour 
fe délajTer de leurs affaires venoient quelquefois à Fontenay^ 
afin de s'édifier des exemples des Religieux ; car la vertu 
a cela de propre, qu'elle (e fait aimer & admirer de ceux 
qui la pratiquent moins. Quoique l'Abbaye de Fontenny ne 
foit pas tout ce qu'elle a été autrefois , elle ne laiffe pas 
d'ctreencore une des meilleures de l'Ordre de Ctteaux ; 
elle confervebien des reftes de fon ancienne fplendeur,&: 
en particulier un grand nombre de manufcrits, qui font la 
plupart des ouvrages des Pères de l'Eglife. Cette Abbaye 

vaut 



Florins 



I30 >ooo I. 



DES Ab BAYES DE FRANCE- 4ÎII ^ 

TiraiAtws' ^^yç à l'Abbé iiooo. livres par an ; fur quoi il donne quatre p'^"*j^'''»' 
mille livres aux Religieux par an, trois cents boiflcaux deJ 
grains , ôc du bois pour leur ufage ôc chauffage, loo is'oooi 

M A R C I L L Y. 

D<3mSâ«v«. Marcillr , ou Nôtre- Dame de Bon Repos, en Latin , 
Kequtes bedt<e Mariœ de Marciliaco ^ feu Marciltacum ^ Ç\~ 
tuée au Village du même nom, près d'^^T^t/ow, à une lieue 
de Corbizriy vers le Sud. Elleefl delà filiation de Ponte- 
nay , & fut fondée au mois de Février de l'an 1139. par 
Hugues 1 1'^, Duc de Bourgogne iDouï Àqs Religieufes , dont 
les Moines ont pris la place dans la fuite : elle efl: ré- 
gulière . . 



SEPTFONT. 

Dom p^oibîn Septfont, ouSeptfons, ou Saint lieu , en Latin 5/^/- 
^^'^'^* temjontes , feu fanâuslocus ^ Fille de l'Abbaye de Fonienay, 
d'autres difentde CUirnjaux. Elle fut fondée l'an 1131. le 
15. desKalendes de Novembre par GuichardSc Guillaume 
de Bourbon , cadets des Seigneurs de sot^rbon. l'Abbaye de 
Septfont efl: fituéeà fix lieues de A/o^Z/wi, & à un quart de 
lieuè" delà, Loire y du côté duloleil levant, dans une plaine 
qui a environ deux lieues de circuit, ôcqui reprefenteaffés 
bien un arc tendu j dont le canal de la Loire ^ efl: comme 
la corde. Les collines qui l'environnent font prefquè toutes 
couvertes de bois , & cela en rend l'abord affez difficile. 
Ce petit coin de terre efl: affés divcrfifié, &: aune petite ri- 
. viere, dont il efl: couppé par le milieu. Les Fondateurs 
la firent bâtir l'an 35. de la fondation de l'Ordre de Ci- 
teaux, dzns un lieuifolé&: feparéde toute habitation pro- 
fane , ôc elle fut dédiée a la Vierge fous le nom de Notre- 
Dame de faint Lieu. On lui donna le nom de Septjons , ou 
des5f^//ô«M/>îf5,àcaufedeplufieursfourcesd'eciLivivequ' 



Tom, IL 



G O- or 



l'arrofoienn 



411 Recueil général 

TxruLAiMs. l'arrofoienc, Scqui s'éranc perdues dans la fuite destems, 
ont été heureufement retrouvées, ôc reconduites ace fa- 
meux Monaftere. A peine s'étoit-il écoulé un fiecle de- 
puis la fondation de l'Ordre, que le relâchement fe glifla 
dans la plupart des Maifons qui le compofoient, ôc celle 
deSeptfons en tr'autres tomba dans des defordres qui allè- 
rent prefqu'au fcandale. M. Ei-^fiachede Beaufon en ayant 
été nommé Abbé par le Roi en 1^54. entreprit quelques 
années après d'introduire la réforme dans l'Abbaye de 
Seprfons y &c d'y rétablir la Règle de Saint Benoift: dans la 
pureté primitive. Il y trouva de fi grands obftacles du 
côté des Moines, qui n'étoient qu'au nombre de quatre, 
que n'ayant pu les réduire, il fut obligé de leur offrir à 
chacun une penfion raifonnable, pourvu qu'ils fe retiraf- 
fentdans des Maifons de la commune Obfervance de Ci- 
tcaux. L'accord fut pafTé, les Moines laifferentleur Abbé 
- feul. Il n'y avoir pas un lieu régulier qui fût en état. Ce 
n'étoit par tout que des ruines , &: on ne trouvoit plus 
que la place où le Dortoir & le Refedoire avoient été 
autrefois. Il fe pafla quelque tems fans qu'il fe joignit à 
l'Abbé qu'un Religieux de l'Abbaye de Bomevaux. Plu- 
fieurs mois après, deux autres feprefenterenc; & ces trois 
Religieux animez par fon exemple, entreprirent de dé- 
fricher pîufieurs arpens de terre , dont ils firent leur jar- 
din. Quoiqu'cxtenuez pardes auftericez continuelles , ils 
vinrent a bout de deflécher un marais, de nettoyer un 
champ heriflé de ronces dz d'épines, de combler des fof 
fez, de transporter des terres, d'arracher des arbres, de 
déraciner dts fouches ^ de drefier 6c de planter un jardin 
d'une très-vaftc étendue , ôc tout cela en moins de deux 
ans ,fans interrompre les exercices prefcrits parla Règle, 
fans violer celle du filence , & fans difcontinuer de faire 
l'oraifon. L'Abbaye de Septfons , comtioQ on la voit au- 
jourd'huy, n'eft qu'un afiemblage confus Se ir régulier de 
bâcime.is , conftruits à différentes repnfcs , ôc à mefure 

qu'on 



Florins 



Rcrciii 



DES Abbayes de France. 413 

'''^^"^^^^"•qu^on enaeu befoin. La principale porte donne entrée 
dans une vafte cour, qui contient le logement des Por- 
tiers, plusieurs écuries, une forge & une grange pour le 
bled. De-làon entre dans deux autres cours. Celle qui 
eft à gauche comprend deux corps de logis pour les Hô- 
tes, oppofezl'un à l'autre, de c'efl ce qu'on appelle l'Hô- 
tellerie^ fans parler d'un autre grand corps de logis pour 
les femmes, compofé de cinq ou (îx chambres, ôc ac- 
compagné d'offices &: de logemenr pour les domedicjues, 
qui a elle bâti depuis quelques années hors de la clôtu- 
redu Monaftere. Dans la même cour , eft une Chapelle 
qui a une entrée au dehors , on y dit la Meffe les Diman- 
ches & les Fctes pour les Fermiers de l'Abbaye, ôcpour 
leurs familles. On y voit au/Ti l'Eglife, dont le portail 
remplit une partie d'un de fes cotez. L'extrcme lîmpli- 
cité de cette Eglife, &; le grand blanc qui en couvre 
les murailles, en font toute la beauté. Son Autel n*apour 
tout ornement qu'une image de marbre blanc, c'eft celle 
de laF'/>r^f ,c]ui regarde une eu flode de cuivre doré ,fous 
laquelle eft le faint Ciboire , ôc qu'une crofle de fculptu- 
re tient élevée au-deiïus de l'Autel , qui n'a que deux chan- 
deliers de cuivre, ôc deux cierges jaunes. L'autre cour 
qui eftà droite, eft grande, quarée, le milieu eft un chan- 
tier pour toute forte de bois d ouvrage. Tout à l'entour 
font divers lieux, où travaillent les Convers , dont cha- 
cun a fon emploi fixe. On trouve là la menuiferie, l'at» 
telierdu Charpentier, un preflbir à vin,unà cidre, &c 
un autre à huile, la boutique du Tonnelier, la îavan- 
derie, une grange pour les légumes, le Réfedloire des 
Donnez, le fruitier, la boulangerie, une longue voûte 
fouterraine ^ qu'on appelle lejardm di)yver, C'eft une cave 
où pendant cette faifon , on conferve dans du fable les ra 
cines, les choux, les oignons &; autres chofes femblables. 
De cette cour on pafte dans un petit jardin , dont le grand 
Refe6loire 6c la cuifine tirent leur jour. Cette cuifine eft 

G g g ij placée 



Plon'nj 



Revcn . 



414 Recueil GENERAL I 

•iTHiAiMs pljccoau milieu de cinq Refedoires qu'on peut fervir FJo^i"^ 
dans le même cems fans forcir de la cuifine. Ces cinq Ré- 
fedoires font celui des Religieux, celui desConvers , ce- 
lui des Donnez, celui des Infirmes, & celui des Hôtes. 
Le Cloître eft d'une architedure gothique, ô<: n'eft pas 
fort grand. Le Chapitre efl: petit & fombre i le nombre 
des Religieux augmentant de jour en jour, il a fallu y 
élever une efpece d'amphitéâtre, à trois rangs de fie- 
ges,cequi fut un bel effet, quand tous les Frères s'y trou-' 
vent. Cela arrive aux grandes Fêtes, aux Vctures , aux 
Profefiîons, 6c toutes les fois que le Père Abbé parle en 
pubhc. Il y a plufieurs Dortoirs dont les Cellules font 
blanchies, fins que celle de l'Abbé ait rien qui la diftin- 
gue des Cellules des fimples Religieux. Il y a aulfi une 
Bibliothèque, une Aporicairerie, deux Salles communes, 
un chaufoir» &c plufieurs chambres pour les malades. Le 
Jardin fermé de murailles de brique , a près de deux quarts 
de lieue de tour. Le feul potager a foixante grands carrez 
entourez d'arbres nains, ôc feparez les uns des autres par 
desallées fablcesquiont huit à dixpiedsde largeur. On 
compte dans tout cet enclos plus de quatre mille pieds; 
d'arbres fruitiers. Outre ce grand nombre dequarrez, il 
y a un champ, & crois pièces de terre plantées de légu- 
mes , deux petites prairies, 6d quatre grandes allées dej 
charmes, dont deux font en paliffades , les deux autres 
font en berceau, l'une fert durant l'Eté pour les Confé- 
rences, qu'on y tient trois fois chaque femaine. On trou- 
ve auffi deux canaux ou pièces d'eau dans ce jardin, qui 
ed: coupé en deux parties égales par un gros ruifleau , de 
forte qu'en tout tems le Jardinier a dequoi arrofcr fes 
planches. Ce ruiffcau avant que d'entrer dans le clos , for- 
me plufieurs réfervoirs pour conferver du poiflbn , fait 
tourner un Moulin , emporte toutes les immondices, & 
donne fans ceffe de l'eau vive ôc nouvelle aux deux pie> 
ces d'eau. Les Points principaux de la P^éforme établie à 

Sept [on s 



Rcv'cs 



îîïy < 



DES Abbayes de France. 4'5| \ 

'-Septfons ipour robfervance littérale de la Règle de ^^/wf'^'°"' 
Bcnoifl fonda ftabilité dans leMonaftere, le travail des 
mains, le filence perpétuel, l'abftinence de chair, de 
poiffon & d'œufs, Tholpitalité , le banniflement des étu- 
des, Se la privation de tout divertiflement , & de toute 
récréation, ôc l'obeiiïance à un feul Chef qui eft l'Abbé, 
donc chaque Supérieur fubalterne reçoit le pouvoir de 
s'employer à la conduite des Frères , félon la portion qui 
lui eft affignée par l'Abbé. Toutes ces choies s'obfer- 
voient dans l'Oidre de Citeaux les premières années de 
fon InftJtution par les premiers Pères qui l'ont fondé 
Quoique l'Abbaye de Sefifons n'aitquequatre mille livres 
derente, fans aucun fecours de la Sacrifie, ni de la qucte, 
elle nourrit ôc encretientaduellemenc cent quarante per- 
fonnes , fçavoir , foixante ôc quinze Religieux , dont 
vingt-deux font Prêtres j quarante-cinq Convers, dix 
Frères Donnez, ôc plufieurs domeftiques & journaliers. 
Elle tient l'hôtellerie ouverte toute l'année, pour y re 
cevoir les Hôtes , 6^ diftribue du pain & du potage à tous 
les pauvres paffans qui fe prefentent. Les Religieux ont 
trois Offices pendant le cours entier de l'année, le Ré- 
gulier, le Petit Office ^^ UVterge ^ &c fouvenc celui des 
Morts. Ils (e lèvent pour Matines à quatre differenscems, 
les Fêtes folemnelles à minuit, les Fêtes des Apôtres à 
une heure , les Dimanches a une heure &c demie , & les 
jours de Feries, ou de Fêtes (impies à deux heures i mais 
à quelque heure qu'ils entrent au choeur, ils n'en forcent 
qu'à quatre heures &c demie: le Carême, les jours de jeû- 
ne, ils vont fe repofer jufqu'à cinq heures &c demie : l'hy 
ver ils fe vont chauffer dans les falles communes, & les 
Novices prennenc ce cems-là pour apprendre le Pfeautier 
par cœur , de les Prêtres pour dire la Mefl'e. En Eté on 
leur permet de fe repofer une heure après le dîné. A 
cinq heures ôc demie on fonne Prime,. ôc cette Prière efl: 
fuivie trois foislaiemainedu Chapitre des Coulpes. L'Eté j 

Ggg iij le' 



41^ Recueil général 

TiTuiAiREj, Je chapitre eft fuivi du travail , &c le travail de Tierce, 
delaMefle conventuelle, de Sexte, du dîner ôcdeNone. 
L'Hyver, le travail efl précédé de la Meffe conventuelle, 
& on dit None, avant le dîner. Pendant TEtc, ils difent 
Vêpres d deux heures &c demie avani le travail, & en 
Hy ver, ils les difent à quatre heures après le travail. Les 
Dimanches & les Fêtes , elles fe difent à quatre heures 
en quelque tems que ce foit. Pour les Complies, ils les 
difent en Etéàfixheures ôcdemie, ô;: enHyver, à cinq 
heures trois quarts. Tous les Samedis au foir , immédia- 
tement avant la ledlure des Complies , on lave les pieds 
à tous les Religieux ; & pendant cette cérémonie, qui fe 
fait en Eté dans le Cloître, 6>c l'Hyver dans le Chapitre, 
on chante quelques Répons. Avant Complies , on fait 
tout haut uneledure fpirituelle qui dure un quart d'heu- 
re; & après Complies , il y a un autre quart d'heure de 
Méditation. Il fe Eut aufli la nuit une demie heure d'o- 
raifon entre les Laudes de l'Office de la Vierge, ôc les 
Matines du jour; de forte que l'on peut dire, que toute 
la vie de ces Solitaires, n'eft qu'une oraifon continuelle. 
D'ailleurs dans les intervalles qui fe rencontrent dans les 
divers exercices de la journée , ils vont à TEglife adorer 
le Saint Sacrement , & continuer leur méditation. Le pain 
qu'on leur donne eft fait de farine, dont on n'a oté 'que 
que le gros fon; àc où il entre beaucoup plus de feigle 
que de froment, il ne laifle pas d'être bon, tres-appetif- 
fant, & plus fain que celui qui n'ed que de purfrom>cnt. 
Ils ont pour tout le jour dix onces de vin, partagées en 
deux portions égales; c'efl: la véritable hemine de Saint 
Benoiji , fi diverfement interprétée dans fon Ordre. On 
leur donne à dîner un potage d'herbes, ou il n'entre 
que du fe! pour tout affaifonnement, un plat de légumes 
ck un autre de racines. Depuis Pâques jufqu'à la Fête de 
l'Exaltation de la Croix, on leur fert quelquefois une 
tranche de heure, qui tient la place de cette féconde por- 
tion. 



Florins Rerea, 



DES Abbayes de France. 417 

•iruiAiMs. jJQj^ Lg f^l ^ yj-j pg^ d'huile de noix ou de navette, fait 

le feul adaifonnement de ces mecs fimples, & tels que la 
terre de leurs Jardins les fournie. Les jours qu'ils foupen 
ils ont un. moiceau de fromage, & une (àlade pour leurs 
deux portions, ou un plat de racines^ Ôc un autre de lait 
cru. La collation des jours de jeûne de la Règle, efl: de 
quatre onces de pain , ôc d'un peu de fruit > celle des jeû-^ 
nés de l'Eglife, eft feulement de deux onces de pain, fans 
aucun fruit. Ils ont du deffert en tout tems,à dîner ôc à fou- 
per, &ce deflert confifteen fruits crus, ou cuits, ou fecs. 
Chaque Religieux a fa cellule , &: il n'y entre qu'aux heu- 
res deftinées au fommeil. Elle efl: meublée d'un lit com- 
pofé de deux planches mifes fur des tréteaux, d'une pail- 
lafTe piquée, d'un traverfin de paille longue, &c de deux 
couvertures , il y a fauffi une chaife de bois, une table , 
quelques images, & un bénitier. Le Dortoir entier n'efl: 
éclairé que par une feule lampe. C'eft: à la faveur de fa 
lumière que chacun entre dans là chambre, Ôc fe couche 
tout habillé , après avoir feulement quitté fa robe de def- 
fus qu'ils appellent Coule. L'Abbé, ôc en foa abfence un 
dQs Supérieurs fubalternes tient le Chapitre des coulpes 
trois foi.'^ la femaine. On s'y accufe des fautes qu'on a com- 
mifes contre la Règle, Ôc l'on accufe auflî avec un elprit 
de charité , les autres qui y font tombez , & qui ne fbn- 
gent pas à s'en accufer. Le Supérieur ordonne des peines 
proportionnées aux fautes, comme debaifer les pieds des 
Frères, de manger à terre ou à genoux, de demeurer 
profl:erné fur le feiiil de l'Eglife, ou du Réfecloire dans 
le tems que les Religieux y entrent. L'ufage de la difcipli- 
ne y efl; très- ra re, ôc Ton neTcrdonnegueres que pour les' 
fautes capitales, comme feroit celle d'avoir rompu le fi- 
lence. Le travail efl: de trois heures par jour , une heure 
&: demie le matin , &: autant l'aprèfdînée. Tant qu'il fait' 
beau, on s'occupe au jardin à bêcher, farder, émonder, 
tailler les arbres, planter, femer j cueillir les légumes ô: 

les 



Florin I Revçn." 



4'^ Recueil général 

7ITUIA1RI». jg^ fruits. Si le mauvais tems ne leur permet pas de tra- 
vailler a la terre &: à découvert, ils demeurent dans leurs 
chauffoirs , où ils s'appliquent à tailler du chanvre, a 
éplucher des légumes, à piquer des couvertures pour les 
Ijts, linon ils tirent le fumier des étables,fcient du bois, 
ou font des fagots. On fait des Conférences fpirituelies 
trois fois la (emaine. Lqs Religieux y parlent chacun à 
leur tour, ôc n'y difentprecifément que ce qu'ils ont lu 
dans les Livres de pieté qu'ils reçoivent des mains de 
l'Abbé. Ils le difent fimplement fans citer les paflages au- 
trement qu'en François, 5c fans y mêler leurs propres 
penfces. On a un fort grand foin des malades , Ôc ils re- 
çoivent tous les foulagemens qu'on peut leur donner, fans 
blefler la pauvreté &c la mortification. On leur accorde l'u- 
fagedu poifFonôi des œufs, &c même de la viande, quand 
la maladie eft confiderable. Les Convers qui ont chacun 
leur emploi , fontl'Oraifon le matin , entendent la Mefle, 
afliftentà une partie des Complies, & finiflent la journée 
par rOraifon. Les Dimanches & les Fêtes, ils fe trouvent 
à tout l'Office, à l'exception des Matines , dans un chœur 
féparé de celui des Religieux. Eufldche de Beaufort Pari- 
lien, & premier Abbé régulier de l'Abbaye de SeptfonSy 
mourut en 170p. âgé de 73. ans > après avoir fouffert du- 
rant prés de 30. ans de grandes Se longues infirmitez, 8c 
établi la Réforme très -étroite pendvint quarante ans. 
Cette réforme approche fort de celle de l'Abbaye de la 
Trappe. J'ai cru faire plaifir au Lecteur de m'étendre au 
long fur cet article, parce que cette Abbaye eft: en très- 
bonne odeur , ôc que c'eft ici l'abrégé de ce que M. Drouet 
de Maupenuis en a dit dans fon Hiftoire de la Réforme 
de l'Abbaye de Septfons , en 1701. 



Floriw' 



ABBAYES 



DES Abbayes de Francs. 



415) 



'iTQtAljMS. 



e Sens. 



Abbayes d'Hoîvimes de l' Ordre 

deSaintAugustin. 

SAINTE MARGUERITE. 

i acMachc. 5^in^e Marauerite , en Latin , Sangla, Aiarzarha, Elle 
" Agent diçf]. j^i^5 \q Bailliage de Beaune, Il n'y a plus de Reli- 
bbédè faint eieux , mais feulement un Prêtre qui deflert TEelife. 

aul de Nar- ^ •' 1 u 

SAINTE MARIE D'OIGNY, 

i.Bouthiiicr Sainte Marie d'Oigny , en Latin , Satina Maria de Or- 
'^J'/V^J'/'wejo, autlJngtaco , (ituée à trois lieues de TAbbaïe de 
piint Seine , à cinq de Chajîdlon fur Seine , vers le 
midi ôc fur le bord de cette rivière qui prend fa four- 
ce à une lieuë delà. Cette Abbaye eft: dans un lieu af- 
freux» & on n'en peut gueres voir un plusfolitaire. Auffi 
ceux qui l'ont fondée l'an iio<^. s'étoientils d'abord pro- 
pofcz de vivreen hermites. Ils embrafferent l'inflitut des 
Chanoines réguliers , parce qu'ils ne le crurent point 
contraire àleurefprit de retraite , & l'on voit par leurs 
premières conftitutions qui font fort belles , qu'ils ont 
auflî puifé dans la règle dcfaint Benoift ^ dont ils ont em- 
prunté des chapitres entiers , en changeant le mot de 
jUonachi en celui de Canonici, Comme l'E^life de cette 
Abbaye eft dansTenclos du Monaftere, il y a de l'appa- 
rence que les femmes n'y encroient pas au commence- 
ment. Elle eft deflervie par des Chanoines réguliers de 
la Congrégation de Frar^ce yàii^d^famte Gene^tc^e , elle 
rapporte à l'Abbé environ 4000. livres par an , &: deux 
mille cinq cens livres aux Religieux, par traité fait entre 
eux & l'Abbé. .... 

SAINT U R S I N. 



I Florins Rcvc«i 



130. 



140a 



Î3- ç030.l. 



I 

Saint Urfin de Chors, en Latin, S.^nflas'Vrfnus de 
C/;on-. On n'eu trouve point de Manière: -T. . ijo. 

T^^om. IL H!i!i Ali YKs 



TiraLA;ti(. 



410 



ReCVEIL GENERAL 



Me. de Saulx 
Tivam.cs. 



Abbayes de Filles de l* Ordre 

DE Saint Benoist. 

SAINT ANDOCHE. 

Saint Andoched'Autun, en Latin, Sanflus Jndochius. 
Elle eft fituée dans le même lieu où les Infidèles hono- 
roient la Déefle /Mmerve, On y voit les reftes du Temple 
qui luiétoic consacré II eft élevé ôc bâti en quatre de pe- 
tites pierres dures Les Religieufes en font aujourd'huy 
Jeurcuifine. Tout proche de ce Temple , on voitunecave 
affreufe, dont les voûtes & les pilliersfemblent avoir le 
caradered antiquité On prétend que c'eft la prifon dans 
laquelle ont été renfermez tant de Martyrs, quon tenoit 
proche du Temple, afin que s'ils venoient à renoncer la 
Foy , ils fufienttoutportez pour offrir des Sacrifices pro- 
fanes. On montreune petite feneftrepar laquelle on croit 
qu'on leur portoit a manger, de une autre par laquelle 
on leur parloir. On conferve dans cette Abbaye, les corps 
de S. Sta^re, dQS.Smplice , & de S. C^^e«, Evêques^*^«- 
tun. Du refteil n'y a aucune antiquité que les burettes de 
S. Jndoche, qui font de bronze , & très-bien travaillées. 
Cette Abbaye a été dottée par la Reine Brunechilde , ou 
Brunehault, vers l'an 588. Elle avoir autrefois plus de 
dix mille livres de rente \ mais les defordres qu'il y a eu 
dans cette Abbaye, en ont diminué le revenu. Les Rili- 
gieufes de S. Jndoche reconnoiiïbient Charlemagne pour 
leur Fondateur i mais fans aucun titre qui le juftifie. 

SAINT JEAN LE GRAND. 
Mè.D'iiierf. Saint Jean le Grand , en Latin , Sanâusjoannes Àeduen^ 
fis y fituée dans la Ville d'Jutun , où elle a été fondée par 
la Ktïnt Brmehault , vers l'an 580. du tems de Syagrius, il- 
iuftre Evéque d'Jutun. Cette Abbaye éclate par la gran- 
de régulante , par le nombre de fes Religieufes , ôc par 

ai 



Florins Rcvca, 



: desAbbayesdeFrakcb. 411 

tireiAiMi j^ Jje^ut^ des bâtimens qui furpaflenc quantité de Monaf- f ^''*" 
teres de filles en Province. Cette Abbaye étoit autrefois 
fi célèbre & Ci régulière, que la mère de S. Oditon Abbé 
de Clnny^ qui éroit de grande Maifon , s'y retira , &: y 
acheva fa courfe dans les pratiques d'une fainte obfer- 
vance. L'Eglife paroît ancienne , auflî bien que celle de 
la Parroi/Te de S. Jean , qui eft tout proche, ôc qui com- 
me je crois, étoit autrefois l'Eglife des Religieux, ou àts 
Clercs qui adminiftroient les divins Myfteresaux Reli- 
gieufes. On voit dans celle-ci derrière l'Autel, un peu 
à côté, une petite armoire, où l'on gardoit autrefois le 
Saint Sacrement. Il y a quelque apparence que cette Ab- 
baye fut fondée fur les ruines de quelque Temple; car 
autrefois la ville d'Autun, n'étoit pas moins fuperftitieu- 
fe que Rome j ôcil n'y a pas longtems que dans l'enclo? 
du Monaftere, on trouva une pierre de marbre rompue 
par lesdeux bouts , fur laquelle on voit une aflez bonne 
partie d'une figure de Neptune ,qui pourroic bien y avoii 
été adoré. Un curieux ayant vu cette pierre, en offrit 
foixante piftoles à M^ l'Abbeife, qui ne voulut point la 
donner. ...... 



{ 



T > 



Abbayes de Filles de lordrï 

DE CiSTEAUX. 

LIEU. DIEU 

vicdcDamas Licu-Dieu ,ou le Lieu-Dieu , en Latin, Z-oc«5-De/, Fille 
de l'Abbaye de Cheaux y elle efl: à prefent en la ville de 
Beaune tn Bourgogne ^ y ayant été transférée d'auprès de 
Vergy, où elle avoir été premièrement fondée. 

EGLISE COLLEGIALES. 

PRIEUREZ , PrEVOSTEZ, et AUTRES DlGNlTEZ 

Dv Diocèse d'Autun. 



V E Z E L A Y. 

îtruSy a 

Hhhij 



^. Gucrin <Je 

hcvéquc ' Vezelay, en Latin, 5"4«(î^5 Petrusy alias y Sanéîa Aîaria 



630J 7; 



000 I. 



TlTtllâiKEC 



42-2- Recueil général 

AiavLlcnade TiXt^'iaco^feu Btr^iliact/jfis ^ [en l^iXeliacum^^''^'''- 
aut l^^eZJs.tcum y fituéedans la Ville du même nom, dans 
le p.ivs J^ A</o}i\i:^ , près de la Rivière de Cure, nux con- 
fins dj Nf^erno i ôc de ï'yduxerro!^ ,3 quatre lieues d'A- 
lalon , & de Clamecy , encre l'une & l'autre Ville, à cinq 
de «' orhtzny y & à dix à^^uxerre, C'eft une ancienne ôc 
ill'idrc Abbaye, firuée rir la pointe d'une montagne, 
ou Ion d:t qu ily a eu jufqu'à huit cens Religieux. Je 
doute fort qu'on puifle en apporter de bonnes preuves. 
Elle fut bàtie du tem? â^^ Pépin y d'autres difrnt fous 
Charlâj le Chauve , par (7erard de t{ouf]illon ^ l'un des plus 
puifTans Princes de (on tems, bc par la Princeffe Berce fa 
fenuiie , au neuvième fiecle l'an 858. & les Ducs de Bourgo- 
grit l'ont enrichi depuis ce tems-la de plufieurs Reliques 
de la Mfidelaine \ c'effc pourquoi la ville de f^eT^lay a pris 
pour fa Patrone Sainte Madelaine depuis environ le di- 
xième fiecle, fur l'opinion qu'on a euèquecétoit le corps 
de cette Sainte que Batdilon Abbé de Lei^^e en Haynauty 
avoic apporté i^JerufaUm eii ce lieu vers l'an 910.. > ce- 
pendant on commence à dire, que c'eft le corps de Sainte 
Aîarie de Bethanie , (œur de Sainte Marthe y & de Saint 
La'^are y parce qu'on croit que S^ùrtte Madelaine eft: mor- 
te à Ephefe y & que fon corps eft demeuré à Confiant mo- 
pie. Ce fut dans l'Abbaye de VeTidaj que le Roi Loitts 
le Jeune reçut la Croix pour le voyage de la Terre Snnte. 
François Premier Roi de France, voulut ériger l'Abbaye 
de P^e-^elay en Evcché l'an 1530. L'on voit dans les Archi- 
ves de l'Abbaye de S. Germain dA'uxerrey une Lettre de 
ce Roi , qu'il écrivoit à fon Ambaftadeur en Cour de 
/^o^^, par laquelle il lui commandoit de pourfuivrecette 
érection auprès du Pape , cela n'ayant pas rcu(ïi , on la 
fecularifa l'an 1558. fous le règne deFr^wfo/i Premier. D'au- 
tres difenc en 1537. & d'autres en 1571. je ne fçai quelle 
datte croire i car il n'arrive que trop fou vent que dhabi- 
Jes Auteurs font de graads anacronifmes, ô^ c'eft ce qui 

m'embara/Te 



Revca; 



DES Abbayes dk France. A,a^i 
Tira^A-'^»' m'embaradc: ç^^-^ n VCt.t pas décider, «près de fi grands 
hommes; cepcnd.ait j: i Jiois^apres le fameux' M, d^^ 
Longuc'Ri Cypoui h prciiiicie datte. La raifon cju'appnr- 
terent les Moines pour changer d'état, c'eft cjiie ieui 
Monafteie étant fort fréquenté àcaufe de Taffluence d^s 
peuples qui vcnoient offrir leurs voeux a bainte AîadeUi- 
ne , dont ils piétendoicnt avoir les Reliques, Us ne pou 
voient pas garder la Tulitude piefcrite par leur Re<^le. 
Voilà le b^au prétexte qu'on apporta pour oter à l'Or- 
dre de S. Beroifi yUnQ de [qs plus fameules Maifons. L'on 
auroit peut être mieux &it de dire, que les Moines étant 
déréglez, ils étoient indignes de la pofleder , encore 
n auroit-cc pas été un fujet légitime pour les fécularifer, 
puifqu'on pouvoir mettre en leur place des Religieux ré- 
formez du même Ordre > car l'expérience fliit voir que 
les Sécularifations tournent prefque toujours à la ruine 
des Maifons, comme le die fort bien M. le Laboureur ^ 
dans les mafures de l'Abbaye de Ylfte-Barhe, Auflî plu- 
fieursperfonnesde la villede /^f^e/^>',a(^urencquelafécu- 
la^ifationde l'Abbaye a achevé de la ruiner. Cecaugufte 
Monallere qui a f ervi autrefois de retraite à tant de iaints 
Moines,quipoffedoient de fi grandes richeffes^Ôc qui les 
employoicnt à nourir un fi grandnombre depauvres, eft 
reduitaujourd'hui à un Chapitre dedix Chanoines , dont 
le revenu , y compris la Manfe de l'Abbé, ne monte qu'a 
vingt-deux mille livres, fujcttes à beaucoup de charges. 
L'EgUle eft très-belle, ôt furpafle en longueur celle de 
l'Eglife àç Notre-Dame d^ Paris h^ (oiz^onx fa beauté, 
foit peur fa grandeur, foit pour l'ancienne fplendeur de 
l'Abbaye, on l'appelle dans la Ville, la Cathédrale. Le 
portique qui eft à Tentrée, & qui étoit anciennement 
la place des Penitens, eft entièrement couvert, de forte 
qu'ils y étoient à couvert des vents &: de la pluye : ce qui 
eft fingulier à cette Eglife. Les chaires du choeur avan- 
çoienc autrefois fore avant dans la nef, ce qui fait juger 

qu'il 



Florii 



TfmAïKis 



IJOO. 



N. 

N. 

I 
N.] 



M. de Scni 
Bcroy. 



414 Recueil général t 

qa il y avoîc un grand nombre de Religieux > Se peut-être | ^^°""' 
eft-cede-là, qu'on a pris occafion de dire, qu'il y en 
avoitjufqu'à huit cens, mais il n'y en a aucunes preuves. 
Le logis Abbatial , qu'on appelle le Château , eft fort beau, 
& il y a tant d'appartemens , qu'on y pourroit loger un 
Prince; il a l'agrément d'un beau jardin & d'une terraffe 
qui découvre un pays très-agreable. Le Roi a l'alternati- 
ve avec l'Abbé pour les Dignitez, Prébendes Se Semy> 
Prébendes Hebdomadaires de l'Abbaye Se du Chapitre 
de J^e:^e/ay, L'Abbé efl: la première Dignité, & cette Ab- 
baye étoit autrefois taxée à • . . . 

Bourbon-Lancy, en Latin, de Borlonio. 

Perecy-Cheneffeinet , de P/"f^<«co ye« Patriciaco, Ce 
Prieuré a été autrefois Abbaye. 

Semurefl: un Prieuré conventuel de l'Ordre de S. y^u 
guftin, en Latin , Sanélusjoannes ', il efl: fitué dans la Ville 
du même nom, en Bourgogne^ dans le Brienois , aux con- 
fins du Beaujolais, à une lieue de la Rivière de Loire, Se 
à quatorze d'^utun, du côté du Sud , ci-devant éle6lif 
Se confirmatif par l'Abbé de S. Maurice d*Jgaune, Dio- 
cefede Lyon, en Fatlais. 

Saint Symphorien à'Jutun eft un Prieuré conventuel 
de l'Ordre de/4/«f Juguftin, Il a été autrefois une fort 
célèbre Abbaye, bâtie par S. Eufhrone Evêque d'Jutun, 
fous le nom de /^/«^«S^wpèor/e'w, dont S. Germain fut tiré, 
pour être élevé furie fiége de Paris, d'où il tira lui-mê- 
mt des Religieux, pour mettre dans l'Abbaye de faim 
Vincent , qu'il avoit bâtie au fauxbourg de fa Ville épif- 
copâle. Aujourd hui jcen'eft plusqu'un Prieuré conven- 
tuel pofTedé par les Chanoines réguliers de/aime Genenjié^ 
nje , qui embeliffent tous les jours cette maifon. On y voit 
dans une Crypte fouterrainc les premiers tombeaux de 
faint Symphorien yd^faim Faujie fonpere. Se de faimeJu- 



Re^es; 



loooo. 
iioo.l* 

Sooo.L 



desAbbayesdeFrance. 415 

TiTuiMKMs.^^jl^ç^ Mère, chacun fous un Autel, foûrenu par des co- 
lonnes. Aujourd'hui ces trois Corps Saints, font dans 
trois autres Sépulcres de pierre, derrierele grand Autel, 
où ils furent trouvez l'an 146^7. du temps que le Cardinal 
Rolin étoit Prieur commendaraire du Monaftere , les 
Corps dey^/w/ Euphrone ôc d^faint Procul Evêquesd'-^^^rw» 
font confervezdans le grand Autel. 

VAUBENISTE. 

- . Vaubenifte ou Vaubenoift, Prieuré de l'ordre ^« Val 

ont au Scini» 

nairc d'Au- clcS ChoUX. . . .... 

tun. 

M Baucîct de VaucroifTant , Prieuré près de Saulku , eft du même 

Bcaumont. Ordre. . . • . . . 



M. de AU- 

kanue. 



Bardle régulier. 

Noftre-Damede Bourbon , efl: une Eglife Collégiale, 
le Doyen eft à la nomination du Roy. 

M. le Comte Les Prieurez de faine Sernin ôc de faint Saturnin aux 
Vicaire de S. g^'^^ [^^^^ uniscnfemblc &il ya uneSacriftiedeTordre 
de Saint Jugîiftin.C^s deux Prieurez valent toutes char- 
ges faites au Titulaire. . • . . 



Florins 



ICVCQ. 




^000. !• 



yooo.I. 



^00. ïi 



1800. 1, 



eveche: 



T4TalAIKES 



4%^ 



Recueil général 



EVtCHii DE L ANCRES 

MciïîrePierre "^ ANCRES, CD Latin, Linooncn/îî, Ciuitas LinQonuw ^ 

ds Pardaiîian B , . . / f* ; . 

d'An.m no.n- ^^ ^ LîngoneSy/^ndomAturiunti Andernaniunnum ^ A^nif.matun- 
6ç^ u.rgre's i «^''^ ^ Ândernatunum , AntemMunum y ville Epifcopale, de la 
la Hade Mars preujiei-e Lîonnoife.àc de l'Exarcac des Gaules.^ fufFraeanï 

17x4. &5acer J ' 1 z' 

iciy.septcm de £)/3« avanc l'an .340. Elle eft fituéefurla haute mon- 
cft chanoine mgne de F"^^^^^, aux confins des deux Bou.gogne ^^n Cham- 
s-^llb3alg \f^g^^^^ & capitale du Bafïîgni ,à vingt lieues de Befancon^ 
or^'s.^B.^a à un peu plus de Troje , à fix des confins de la Franche^ 
d's^reiiK&d. Comté versiesfourcesdela Marne , à neuf grandes lieues 

M).iticrs Ra X \ e> ^ ir»-rr> •>•! 

mé :du même dc la Saonc , ôc a «?• ûe Pans. v3^/«z- Benizne , quoiqu il 

Ordre D. idc , . , / ,, /n' ^ / / 1 . ^ . ^ / 1 , 

Troves , Ac- H CH ait pas cte hvcquc ,a etc le premier qui y a prêche 
h'IoTiTrrdcs'^Fo^- ^^/«f Mammnmixiyï de Cappadoce , eft devenu 
&bdkç''r'o^' P'^^^^" titulaire de la Cathédrale, depuis qu'on y a appor- 
trcsATun:! s té de fcs reiiques la première fois. Saint Didier troifiéme 
dcmnr Fi'ân- Evcque de Langres fut marcyrilé vers l'an 411. félon les 
/l'^ç'a^c pjum uns parles F6ndJes.,ou fclon d'autres dès l'an 1(^5. par 
'7*^ ÏQSy^llemansCoas Ciror^i. C'eft le fentimencdeM. Bailler- 
D'autres difent, qu'il fut martirifé ran40(r.ou 407. où 
même 408. félon Faucher, 

Les Rois donnèrent aux Evêquesde Langres, la Sei- 
• gneurie temporelle de tout leur Diocefe , que ces Prélats 

donnèrent en fiefà plufieurs Chevaliers laïcs quiétoienc 
leurs vaflaux. Comn^e les Evêques de Langresy étoiencau- 
j trefois Seigneurs temporels ou féodaux , dans toute l'é- 

tendue de leur Diocefe , comme je l'ai du ci-defTus , 
les Comtes de Champagne relevoient d'eux pour plufieurs 
Villes & Seigneuries, &: les Ducsde ^o;/r^;^;«^ pour leurs 
I terres de la Monagne^oniété feudataiies de ces Evcques 
' iùc d'autres Seigneurs en ont aufli relevez, comme les an- 
ciens 



Tlori 



Rerea; 



DES Abbayes DE Fp. ance. 



4^7 



.ITUl 



Ai^»». ciens Comtes de Dijon. Nous voyons que Robert IL Duc 
de Bourgogne , fit hommage, au mois de Février de l'an 
iiyt. à Guy Evcque de Langres^io. Chatdlon fur Seine y & 
de Mombar, Les Ducs de Bourgogne defcendans du Duc 
B^ohert ont encore durant long-cemps reconnu l'Evêque 
'ÔcTEglifede Langres pour une partie de leur état , hors 
de Dijon ; & on ne peut nier , que cette fujettion des Ducs 
icts Eveques > n'ait duré jufqu'au règne dt fdint Loiiis \ 
puifque Hugues IV. Duc de Bourgogne ^ promettant de 
fecourir Thihaud Roi de Navarre ôc Comte de Champagne^ 
envers & contre tous, met cette ïqÇqïwq , fauf la Jideliré 
qu'il devoir aux Rois de France ^ aux Eveques de Langres, 
Mais la grande puifTance des Ducs de Bourgogne , les 
difpenfa dans la fuite de ces devoirs envers les Eveques de 
Langres & ils furent anéantis Cous Iq Roy Jean , &c enfuite 
fous fes defcendans , les Ducs de Bourgogne de lamaifon 
de Valois^ qui ont joui de ce Duché jufqu'à la mort de 
CharlesÏQ Hardi, Le Comté 6c Bailliage de Bar-fur-Seine 
a toujours relevé pour le temporel des Eveques de Z^^«- 
gres 3 jufqu'à la réunion de la Champagne i la Couronne , 
& nous voyons que Thibaud Roi de Navarre , & Comte 
de Champagne y fit hommage de Bar- fur-Seine à Robert de 
Torote Evêquede Langres , l'an 1139. 

Langres a eu Cç.s Comtes ou fes Vicomtes jufqu'a H«- 
^«filIL Duc de ^cj«rgo^we, celui-ci l'an 1179. fit unéchan- 
ge avec fon oncle Gauthier , qui écoit pour lors Evêque 
de Langres jle Duc céda à l'E vcque , le Comté de Langres , 
& l'Evêque céda au Duc fa part du domaine de Dtjon. Ce 
contraâ: futhomologué & amorti par LoiiisVW.^Pht. 
lippe Jugujit fon fils , qui en donnant cet amortiflcmenc 
changèrent la quahté de Comté, en cellede Duché. L'on 
prétend que c'efl: depuis ce temps-là , que l'Evcque de 
Z.^r/;,'rÉ'5,prend la qualité de Duc & Pair A cette quahté il 
ajoute celle deComtede/î</o«r/^ï<//ow,&:c. Au facreduRoy, 
^1 porte le Sceptre Royal, ôc il a l'honneur defacrernos 
Tome U, lii Rois, 



florins Rcvê» 



42.8 Recueil General I 

TiTULAiJ^Es. p^QJs ^ au défaut de l'Archevêque de Rems , félon que ^^°''''^ 
quelques Auteurs le prétendent. 

L'Eglife Cathédrale dédiée à S. Mammés^cO: ancienne^ 
grande, mais fort fombre, cependant elle eft aiTez belle 
pour le tems , auquel elle a été bâtie i mais elle n'a pas la 
delicateffequon remarque en plufieurs autres Eglifes Ca- 
thédrales , qui ont été conftruites depuis. En récompenfe 
elle a beaucoup de décorations qui font des témoignages 
delà magnificence du Cardinal de Givry ^ aufTi bien que 
les tapifleries dontl'Eglife eft ornée. Le chœur eftdansla 
croifée , comme il eft ordinairement dans les Eglifes des 
Moines. On voit derrière le ^rand Autel fur une colom- 
ne une fort belle Cliâfle qui renferme les reliques de 5. 
Gengoult ôc de S. Grégoire Evêque de Langres, Il y a dans 
le fond un grand Crucifix d'argent habillé & qui au lieu 
d'une couronne d'épines en porte une de fleurons- On 
dit que les Pères du II. Concile de Nicée en firent prefent 
à l'Empereur Charlemagne , ôc que Louis le Débonnaire 
fon fils le donna à l'Eglife de Langres II y a beaucoup de 
reliques dans leTréfor j les principales font un morceau 
du bois de la vraie Croix. Le chef de famt Mammês pa- 
tron delà Cathédrale, ôc un bras de faint Jacques. L'an- 
cien Palais épifcopal , eftafiez fimple, mais le nouveau 
eft alTezbeau ; il y a des appartemens magnifiques, qui 
font l'ouvrage de l'Evêque Sebajîten 2.amet y qui fit venir 
des peintres d'/r^Z/f pour faire les peintures de la Chapel- 
le. C'eft luiaufliquia fondé le feminaire, Ôi en a donné 
la direction aux Prêtres de l'Oratoire en iczz* Ce fut auflî 
ce même Evêque qui en 1605- a introduites y(p//^/>e5 dans 
la ville de Langres. L'an 1^08. on leur donna la direction 
du Collège, ôc cet établiflement fut confirmé par lettres 
du Roi Henri le Grand ^ dattéesdu z. Avril de cette an- 
née i & par celles de Loiiis XIII. du 14 de Février de l'an 
1615?. Entre plufieurs tombeaux que l'on remarque dansj 
J'Eghfc Cathédrale, celui du Cardinal de C/;fi^j7 repre- ! 

fente 



i3Es Abbayes de France. . 

iTuiAirîs. f^^^^ çj^ bronze au deiTus dô fon tombeau dans le chœur, [pionns^Riv 
efi: fait de marbrer il y a aufiî ceux de quatre Evcques 
cous d'un même rang derrière le Maître Autel. De cqs 
quatre il y en a deux de marbre, avec leurs figures de 
bronze gifantes. Les deux autres ne font que de pierre. 
Le tombeau des trois enfans Jnanias y yû'^arias , ic Mi- 
fd'd ,qui furent jettez dans la fournaife , efi: devant cet 
Autel ,avec plufieurs tombes d'airain, où font reprefen- 
tez les Evéquesquiy repoient. Les clochers decstte Egli- 
fe ,en l'un defquels il y a une horloge qui fe fait enten- 
dre de toutes les parties de la ville , font vus de fort loin 
a caufede leur hauteur. Il faut remarquer qu'à Langres , 
le Diacre qui fert à l'Autel doit être à jeun,que les chan- 
tres fe promènent dans le chœur, bc qu'aucun Chanoi- 
ne, ni même aucun Ecclefiaftique dans la Ville ne por- 
tent point de bonnets quarrez , ôc qu'ils ont tous de pe- 
tits dominos, qui font ce me femble fourrez. 

Le Chapitre de la Cathédrale efi com.pofé d'un Doyen, 
qui efi; la première Dignité, qui adeux voix,ô: efi:éle6lif 
par le Chapitre, ôc donc le revenu n'eft pas plus confide- 
rable que celui d'un Chanoine s d*un Tréforier , qui efi: a 
la Collation de l'Evêque, & dont le revenu efl: d'environ 
deux mille livres , de fix A rchidiacres , fçavoir , de Lan 
grès , de Dijon , de Tonnerre , de Bar , de Bafjigny ôc de Haf- 
fois ; d'un Chantre , & de cinquante-deux Chanoines , qui 
font à la Collation du Chapitre, & dont le revenu annuel 
commun, efi: de mille livres \ de huit demi Chanoines, 
qui font à la collation du Doyen , & de plufieurs Chape- 
lains. Outre le Chapitre de l'Eglife Cathédrale , il y en 
a onze autres dans le Diocefe, quia trente lieues de long 
& vingt de large, & renferme trente-deux Abbayes, & 
fix cens Parroifies, il n'y en a que trois qui font dans la 
Ville (^^Langres , fçavoir, S. Pierre ^ remarquable par fa 
grofife Tour, Saint Jmiire & Saint Martin. L'Evêque 
de Langreiy eft le troifiéme des douze anciens Pairs de 

lii ij France 



ca. 



43^ Recueil général 

T.raLAiMs. pf^fjce; ^ ^u Sacre du Roi , il porte le Sceptre Royal. 

f Abbayes d'Hommes de l'Ordre 

\ DE Saint Benoist. 

! SAINT BENIGNE. 

M.Dcfmams Saint Bénigne de Dijon, en Latin, Sanflus Benignus 
de Divione, firuée dans la ville de Dijon ^ Se fondée l'an 
511. d'autres difent 514. S. Grégoire Evcque de Langres ^ 
ayant découvert le corps deS.Bf;î/^«e,martyrifédu tems 
de A'IarC'Âurele , en fit la tranflation l'an 512. bâtit au 
cour de fon Tombeau une Eglife & un Monaflere , & 
s'y fit enterrer lui même en 559. 6c le dota de fon propre 
bien, & de quelques terres de fon Evcché. Le Roi Gon* 
rrarjy en accrue le revenu en y faifant de grandes libera- 
Jitez L'Lglife de cette Abbaye eft grande, large, élevée 
ôc bien percée. Au milieu de la nef Ion voit le lombeau 
d'un Roi de Pologne, qui quitta autrefois fes Etats pour 
embrafler dans ce Monaflere la profeflîon de Frère Con- 
vers. Les chaires du chœur font d'un travail admira- 
ble, & quoiqu'elles foient d'un goût diiferenc de celui 
d'aujourd'hui, elles ont neanmoiHs, je ne fçai quoi de 
grand, que les plus habiles ouvriers viennent tous les jours 
copier. Le corps de S, Bénigne , efl: au-deflus de l'Autel 
dans une fort belle chafTe j les faintes Reliques fontcon- 
fervées à coté dans une armoire où l'on gardoitautrefois 
h Saint Sacrement dans unvafe de pierre blanche comme 
de l'albaftre, élevé d'environ un demi pied , dont la cou- 
pe, qui a un bord d'un doigt ou deux , a un pied de dia- 
mètre y fon couvercle en a autant. Sur la feneftre de l'ar- 
moire on lit ces vers : HoJ}iafalvetOy nojirajpes fanéîafa. | 
Ltts. De cette Eglife on entre dans la Rotonde , c'efl-i- 
dire, dans une Eglife à trois étages, faite en rond , fou- 
tenue par une mfinité de colonnes d'une pierre trcs-pré-i 
cieufe, & ouverte par le haut , qui eft prefque l'unique 

endroit 



Floiin 
5>ooo. 



Rev<ik 

1639». 



DES Abbayes de France. 451, 

TiTuiAii^Bs. endroit d'où eilc tire da jour. Le Sepulchre de S. Béni- 
gne eft dans 1 erage d'en bas , tel que le dépeint S. Grégoire 
de Tours , autour duquel ont été enterrez S^"^ Leontlle 6c 
S'^ P^yîri^yZf Martyres, S. Eufiade & S. Tranquil , les deux 
premiers Abbez du Monaftere, S'*= Floride Religieufe,S. 
HtUire Sénateur, ôc S'^êlujite (a femme i les père &: mère 
de S.Jean de Reome , S. J^coi Evêque de To^/, Bertillon 
Abbé de S. Bénigne , & Chorévéque de Langres \ Jlix de 
Monhard y mère de S. Bernard , I/^^ic , Jrgrin Se Bruno Euê^ 
ques de Langres, Je crois que c'eft dans cette Eglife baiTe 
que je vis en lyoy.en allant a -Row^, fur un Autel le Bap- 
tême de S.Syrn^horten Martyr par S. Bénigne ^ donné par 
immerfion & par infufion tout cnfemble , de même que 
Je Père MabtUon dit qu'il a vu à Rome le Baptême de S. 
Romain par S. Laurent, Cette figure eft fort inftrudive 
pour fçavoirde quelle manière fe donnoit anciennement 
le Baptême , ou du moins dans le tems qu'elle a été faite ; 
car on voit S. S^mphorten tout nud dans un vaifTeau juf- 
qu'à la ceinture, fur le bord de ce vale un linge , qui ap- 
paremment étoit mis pour couvrir fa nudité, & à côté 
S. Beniçne habillé de fes habits Sacerdotaux, comme s'il 
alloit dire la MefTe, qui tient une aiguière dont il verfe 
de l'eau fur le Saint, aflifté d'un autre Prctre habillé 
comme lui & la tête razée, avec un petit cercle de che- 
veux, tel que le portent aujourd'hui la plupart des Reli- 
gieux. Dans l'étage d'enhaut de la Rotonde , il y a un 
Autel d'une pierre foutenue par une feule colonne. De 
la Rotonde on entre dans la Chapelle de la Vierge , qu'on 
prétend avoir été la première Eglife bâtie par S. Grégoire 
Evêque de Langres. Comme l'Eglife de S. Bénigne eft l'E- 
glife matrice de Dijon ^ l'Abbé eft le Chef du Clergé de 
la Ville, &c préfideà toutes les Aftemblées Ecclefr fti- 
ques, ôc dans le Parlement il a rang parmi les Confeil- 
1ers. Vingt-fix Prieurez dépendent de cette Abbaye , qui 
cû réformée. 

BEZE 



riorim 



Ke?e«. 



ÎOOO, 



SVOOOi' 



TifUlAiMI. 



431 



Recueil gênerai 
BEZE LA FONTAINE. 



M.decier- Bezc la Fontainc , ou Fontaine Bezé, ou Beze , en La- 
nerrc Evêquc Ùn^fanBus PetYus de BefudyfcH Belya , ficuée à quatre lieues 
&AbbfdV deDi/o»; fur les Fontaines de Be:(^e ^ dont elle a pris le 
Jc^pTem"d ° ^o^- ^^^^ ^ ^^^ fondée l'an ^oo. fous le règne de Clotai- 
de Laon. re { I. par y^malgare &c y4quilin€ fa femme, en faveur de 
Jeur fils Jmaldene j & elle fut réparée l'an 834. par Mheric 
Evêque de Langres, Elle a reçu la réforme. . 

SAINT MICHEL. 

^td'Hlri°"^* ^^^^^ Michel de Tonnerre, en Latin, SanSlus A4ichael 
founca ipip. de Tornodoro y fituée dans la ville de Tonnerre y fur la mon- 
tagne, au bord de la rivière d Armanfon , vers les fron- 
tières du Duché de Bourgogne en Champagne , entre Semur 
\ ôc Sa'mt Florentin, & à fept lieues d'Auxerre. Cette Ab- 

baye eft petite, mais fort jolie. Etienne de Ntcej ,ç^u\ en a 
été le dernier Abbé Régulier, fit rebâtir l'Eglife, le 
Cloître, le Chapitre, qui font fort propres*, il fit aufïi 
écrire des Cartulaires : tirer des R econnoiflances des biens 
du Monaftere , & il peut pafler pour un des meilleurs 
Abbez qui l'ont gouverné. On y conferve les Reliques 
de S. Thierry y Evêque d'Orléans , qui y font en grande 
vénération. Quoiqu'il y ait des Parroifles dans la Ville 
& une Collégiale de dix-huit Chanoines & trois Dij^ni- 
tez, fçavoir, Prévôt, Chantre & Treforier, cependant 
toute la ville fe fiit enterrer à S. Michel , c'efl: le nom du 
Monaftere qui fut fondé l'an 980. La Reforme de la 
Congrégation de S. Maur y efl: depuis quelques années. 

M O L E S M E. 

M. TAiibc (îe Molcfme, en Latin, Beata Maria Mollis Monaflerii ^ 
rc de l'Ora- alias y Molt/imenjîs , feu Molifmenfis aut Molijmus , fituée 
dans le liourg du même nom en Champagne , aux con- 
fins de la Bourgogne dans le Senonois y près les Herijjej, ou 

les 



Florins! Rcve% 



433. 



140. 



DES Abbayes de France. 433 

TiruLAiRHs. 1^5 B^key ^ fur la rivière de L€}gne,d.iïo\s ou quatre lieues 
de Bar-fur-Seine , vers le Midi, Ôc à neuf de TAbbaye 
de CLiirvaux , encre Momhard & MuJ]ey-l*Ei:êqus ^ à 
trois lieues de Chaftillon-fur-Seine. Comme la folitude du 
defert de CoUn près de Tonnerre étoic trop mal faine, S. 
Robert; Religieux de l'Abbaye de la Celle, de l'Ordre de 
S. Benûffi , en rerira les Hermices qui étoienc fous fa con- 
duite, ôc les mena dans la foreft de Molefme. Ils s'arrêtè- 
rent auprès de la petite rivière de Leigne , ôc fe bâtirent 
de leurs propres mains de petites loges vers l'an 1075. ^ 
non pas 1173 comme quelques uns le difent. Quelque tems 
après on y conftruilît un Monallere régulier, où S.Robert 
établir la Difcipline Cénobitique. S. Robert les abandon- 
na enfuite par deux fois pour leur indocilité ^ leurs ré- 
voltes, ôc il alla jetter les fondemensde l'Ordre de C/- 
teaux en Bourgogne y dont il fut fait le premier Abbé en 
1098. mais l'année fuivance, il fut renvoyé à Molefme ^3.v\c 
Pape Vrbain 1 1. Ôc les Religieux fe foumirent à fa Ré- 
forme. Il y mourut lan 1108. Molefme a été la mère de 
plufieurs autres Abbayes; car outre que c'eft de Molefme 
que font fortis les premiers Religieux de Cneaux , l'on 
voit par les titres, que feptou huit Abbayes d'hommes, 
èc autant de Filles en dépendoient autrefois. Il y avoir 
même dans Molefme un Monaftere de Religieufes , fous 
la Jurifdiârion de S. Robert, le Monaftere fe reffent de fon 
ancienne fplendeur. L'Eglife eft d'une ftrudlure fingu- 
liere, d'un bon goût,& la plus belle du pays. On y voir 
le tombeau de S. Robert , dont les Reliques font dans une 
cha{re,& leChef dans un trcs-beaubufte d'argent. Ony 
conferve encore le chef de So Théodore martyr. Le Cloî- 
tre , le Chapitre, le Refedoire Se le Dortoir font très- 
beaux, mais ils doivent prefque toute leur beauté, au(Iî 
bien que l'Eglife , à la réforme, qui a 15000. livres de 
rente pour les Religieux. ♦ • • . .. 

MOLOME 



Florins 



llCVCH. 



4000. 



l40ot> 



TiTaiA.lMt. 



M. Mord 



434 RECUEIL Genehal 

M O L O M E 

Molome, Melonne, ou Melin^en ou S.Martin prcsde 
c^iinoino de io««frrt%cn latin , Molomiumy Molodunumy O* Molundcn- 
Paa«! ' ^ fc monafterinm^ Melendum , Molanda , (îtuée dans le Duché 
de Bourgogne y au bourg de A^o/o/w^ , [appelle ordinaire- 
ment Molofme la Fojfe, C'eft en ce lieu que cette Abbaye 
fut fondée fous Clovn I. ôc l'Eglife en fut dédiée à fc^im 
Aimtin i mais ayant été détruite, on la rétablit quelque 
terns après, proche de la rivière à'JlmançoriyZ uneHeuc 
de Tonnerre , & à cinq du bourg de ^o/o/wî? , où eft une 
autre Abbaye du même Ordre i l'Abbaye de Molôme , fe 
nomme maintenant S. Martin près itTonnerre ^ & en la- 
tin, Sanclus Adartinus popêTornodorum yVel Melugdenfîs ^ 
pu Molundenjts \t\\Q eft dans rArchidJaconnédeTowwfr 
re. Vers l'an 858. Bernard Moè de Molome^^Mi prefentà 
deux actes paffez à ^utun j^âtjonas Evêque de cette Ville. 

M O N S T I E R 

Monftier faint Jean , où faint Jean de Reome , en la- 
tin , Sanclus Joannes Retinenfs yVelI{emoaus y vel Reomacn- 
fis y aut lieomus.feu Reomaenfe y aut Reomenfe monafterium , 
altas y JdonafleriumfanÛi Joannis , Reomenfis , fituéedans le 
Duché de Bourgogne au bourg de Y^uxoiSy aune lieuëde 
Ja rivière d'Jrmnnfony a deux de la Ville de Semur y en 
l'Archidiaconnéde Tonnerre, Saint Jean de Reome la fonda 
J'an 48(J. des biens que fes parens lui avoient laiflez i il en 
fut le premier Abbé & Clovts I. Roi de France confirma 
l'an 500. la fondation de cette Abbaye, qui pafTaenfuite 
dans l'Ordre de S. Benoijîy ôc a reçu la reforme. 

P O U T I E R S , 

M de Bcttu- Poutîers, ou Poulticrs, ou Potier* ,ouPou!tieres, ou 

^^à'o.y^i pQjjgres ou Pontieres en latin , Puttariarum, feudePulte- 

riiSyjeu Pulcheriarum, ^vel monafieriurn Pulterienje^ùiuec près 

de. 



I 

Florin» Rcre», 



}oo 



4000 l. 



X016 



/ooo. I, 



Des Abbayes de FRANCEi^435 

r:rmA:»ts.jç/^ ^f/we», k Mouî Laffois , OU de Rouplon erdeChà^ 
tillonyOÙ elle a été fondée vers l'an SCo. par Gérard Corn- j 
te de RouffiHcn , ôc Berrhe fa femme , qui y font enterrez, i 
Cette Abbaye, de la Congrégation de faint Famé , n'a' 
rien defon ancienne fplendeur? lautuacion en eft très- 
belle 5c trcs -agréable, le jardin eft grand, & comme par- 
tagé par troiscanaux, dont la rivière de SemcQn eft un , 
ce qui donne à ce lieu un agrément touc particulier. Le 
Sanduaire del'Eglife paroît ctre de la première fonda- 
tion. Il eftpavéen partie de marbre blanc, ôc au tour 
du grand Autel on voit plusieurs petites colonnes de 
maibre ; ce qui fait juger avec combien de magnificen- 
ce cette maifon avoit été conftruite. Le tom.beau du fon-| 
dateur mort en 890. eft a côté de l'Evangile , &c celui de [ 
Berte fon cpoufe eft du côté de l'Epître. L'Epitaphe de 
7 hierri leur fils, qui eft fur le pavé devant le grand- Au- 
tel, eft bien plus ancien. L'Eglife de cette Abbaye fut dé- 
diée par le Pape Jean VII L lorfqu'il vint au Concile 
de Troyes, ÔC elle eft immédiatement foûmife au Saint 
Siège. . . .... 

SAINT SEINE, 

Saint Stin^^ou S egefire y tn \Min^ Sanclus SequanuSyfanum 



Florins, Revend 



M. de Cor- 
•cion Clia- f^ ^ . ^ ' j. ^ 

loinc de ^'^-janaiSequaniySicafleryVel Segefler^dut Sequani Monajiertum. 



;lifc ic Pat 



iCO 



la.I. 



Située dans lapetite Ville du même nom aux extremitez 
de la Bourgogne vers le Nord , au pays de Maymom a 
cinq lieues au deçà de Dijon \cvs le couchant d'Eté Ôcà 1. 
ou 3. lieues des fourcesdela rivière de Seine, d'où quel- 
ques-uns croyent qu'elle prend fon nom îk tire fon origi- 
ne y mais ils fe trompent , ôc ce monaftere a pris fon nom 
d'un faint nommé en latin, Sequanusy Se dont Grégoire de 
Tours Çaiz mention dans fon livre d^ la (gloire des Con- 
kŒcuvs. Saint Seine fut le premier Abbé de ce monafle- 
re , vers le milieu du fixiéme fiécle. 

Aiaymont^tw latin, Mdgnimorifi um ^ç^uiézo\i\c lieu 
Tom. IL Kkk delà' 



43^ 



Recueil général 



ÎOO 



'^^"^'"'^"'•delan.iilTancede S.Seine^czoit une petite Ville proche de.^^"''"' 
làiôcTon voit par les titres que le lieuoùceMonaftere fut 
bâti,s*appelloic Segefl;re;il y a la reforme. S. Se/«eétoic 
difciple S.Jean fondateurdu Momier S3.int Jean , ScVAh- 
baye de S. S-einent reprit ce nom cju'aprcs la mortdefon 
Fondateur S. vSf/«e, arrivée vers Tan 380. . , 

Abbayes d'Hommes de l' Ordre 

DE CiSTEAUX. 

A U B E R I V E. 

M Bocharf AubcrivCï OU Auberins, en Latin , y^lha Rapt y feu 
gny Prcvôt de y^lka Ripa , fille de l'Abbaye de Clairojaux ^ dans la Cham- 
^^^' f^^^^y ^^^ 5^ droite de la fource de la rivière à' Jubé a 
deux cens pas au deffous^à cinq lieues de Langres & à 60. 
dcParis. Elle fut fondée le 3. des nones de Février ou le 
4. Février de l'an 1136. ou 1138. par t^illençon Evêquc de 
/.rfw^re^, ôi bâtie au pied de la montagne & des' bois dits le 
Charmais, D'iutres mettent fa fondation le 3. de Février 
l'an 1135. par Guilla:tme Evêque de Langres',m3.is ils fe trom- 
pent. Les bâtiment & les jardins de cette Abbaye , font 
alTezbcaux; mais TEglileed peu confiderable. Ilya ce- 
pendant une chofe affez finguliere *> \t faim Sacrement 
n'y efl point confervé au grand Autel , mais dans un ta- 
bernacle ou armoire qui efl dans le fond de l'Eglife , du 
coté de l'Epître, ôcquin'eft fermé que d'une grille de 
fer ; cnfortc que tout le monde peut voir le Saint Ci- 
boire. ..... . 

B E A U L I E U 

M à't M* Beaulicu , en latin , de hello loco , feu Bellus locus , fille de 
fcns des Epi- l'Abbaye de Cherlieuou ChArlieUytWttUCnuiQtn Bajjigni ^ 

nets Chanoi- . ' 3 n- r ^ • 1 • •• J 7- .. « 

rcdcias»in-au doycnnc dc Pterrepte^ a trois licues de Langres^ pro- 

IvlT^" che le Duché de Bar, àdeux lieues de la Ville de Cler. 

mom en ^rgonne , ôc à pareille diftance àcfainie Adenehou. 

Elle 



4;o 



DES Abbayes de France. 437 
^'"*^'*"' Elle fut fondée au moisdejuillec 1138. d'autres difentl'an 
iiyo* • . • • • • • 

CLAIRVAUX 



Dom Gaflbt 
4ic dcitcos. 



Florins S^crcilr 
zjo. 3000, K 



Cîairvaux, ouClervauxen Latin, CUm Vallis , fituée 
dans la petite Ville du même nom, tn Champagne ^ iur la 
rivière & Aube, entre Lan^rcs & Troyes y à onze ou douze 
lieues de Tune ôc de l'autre Ville, & a deux de Bar-fur-Âu- 
he. S. Bernard ayant été envoyé par S. Etienne Abbé de CU 
teaux en 1115. avec douze Moines pour faire une nouvelle 
colonie Religieufe vint dans un defert affreux du Diocefc 
de Langres prés de. la rivière à'y^uhe^ appelléela Vallée 
à^Jhlynthe , qui avoic toujours paflé pour une retraite de 
voleurs. Il s'y arrêtai après avoir fait défricher ôc net- 
toyer l'endroit , il y jetta les premiers fondemens de la 
fameufe Abbaye de Clcrvaux, en y faifant dreffer feule- 
ment d'abord des huttes , & de petites loges feparées. La 
maifon de Clervaux eft la troifiéme fille ou filiation de Ci" 
teauxySc elleeft devenue la mère d'une multitude incroïa-. 
ble d'autres maifonsde fon Ordre. Cette Abbaye eft élec- 
tive & régulière; on en appelle l'Abbé , le Perc , ou le 
Primat de l'Ordre &peut pafler lui-même pour General 
d'Ordre, àcaufe de l'autorité qu'ila fur les Monafteres 
de fa filiation. L'Abbaye de Clervaux a écê fondée parH«- 
gues Comte dcTroye s ,\c 7. des Kalendes de Juillet 1115. ôc 
enrichie depuis par Thibaud Comte do C hampagy.- e , ôi par 
les Comtes de Flandres, fur tour par le Comte dit Phi. 
lippe , &: par Alathdde (:x femme. Elle eft dans une vallée 
environnée prefque de tous cotez de montagnes , ôc de 
forêts, ôc pour y arriver, il faut faire beaucoup de chemin 
dans les bois. On ne peut pas en approcher, qu'on ne fen- 
te Ion cœur touché, ôc un certain je ne fçai quoi , qui 
fait connoître la fainteté de fon origine. En effet, tout ce 
'qu'on y voit d'anciens monumens , reflent la pieté de i^es 

K K K ij fonda- 



Titûi.a:a:j 



45S Recueil GENERAL 

fondateurs. L'Eglifcefi: grande, fpacieufe ôc belle jniai: 
fimple , ôc fans beaucoup d ornemens. La nef étoit autre 
fois remplie de crois rangs de chaires de chaque coté 
pour placer les frères convers durant l'Office i &: par le 
nombre dès chaires, on juge qu'il y avoit autrefois, prè:^ 
de trois cens frères convers à CUiwaux, Depuis pe 
d'années on les a toutes ôcces, & on s'eil: contenté d'e 
conferver un petit nombre fous l'orgue à l'entrée de 
1 Eglife , où ed: aujourd'hui le chœur des frères couvert. 
L'Eglifeenefl: afîuremenc plus dégagée*, mais beaucoup 
de peribnnes croyent, que cette antiquité retranchée, la 
rendoit plus vénérable. La nef ed fuivie du chœur des 
infirmes , & celui-ci du chœur des Religieux , qui n'n 
rien que de fimple ; mais c'edune fimplicité quiaquel- 
quechofe degrand. Le tombeau de S- Bernard , celui de 
S. Malachte^ celui de quelques faines martyrs qui repo 
fent à Clair-vaux , font derrière le g-rand Autel. Onaéri- 
ge des Autels fur ces tombeaux *, & les Eccledaftiques ou 
Religieux de diflindion y difent la Mefle avec le calice 
de Saint Bernard , Se avec celui de Saint Adalacbie- Ils font 
tous deuxfi petits, qu'ils n'ont pas un demi pied de hau 
reur •> mais la coupe eil fort large . a^peu profonde. Pro 
che du grand Autel ,eftle tombeau de Marguerite Reine 
de Navarre , affez près de - là celui de T'"^^ ^^ Blanchej- 
mains y Archevêque de Lyon , qui quitta fon Archevcchc 
pourfe retirer à C/^/V'i;^;/^'. Le cœur d'Ifabeîle de Fran- 
ce , fille de Saint Loùis^ eflJans le chœur des Religieux. 
On voit dans lacroiféeducôtédu Septentrion» les tom- 
beaux de cinq Evoques, autant illufbres par la Sainteté de 
leur vie que par le cara6lere de leur dignité. Derrière le 
rond point del'Egiife , ed: le cimetière des Abbez étran- 
gers, qui font morts à Clairvaux , dans lequel on voiî 
contre i'Eglife les Scpulchres des frères de Sairrt Bernard. 
C'efL dans ce cimetière qu'on voit la cellule du Saint, que 
G'idUume dtfCharnt/eak'x , Evcque de Chklons , lui fit bâtir 

pour 



DES Abbayes de F i^ a k c e. 435) 

TiTuiAiMs pQjjj. \q fouinger dans fesinfirmirez. Il n'y apointde che- 
minée, car S. Bernafdéton fi mortifié &c dégagé des fens, 
qu'il ne vouloir pas qu'on lui fit du fi^u ; mais (ous fon lit , 
ily avoic une grande pierre percée en plufieursendroirs, 
fous laquelle onallumoic un brafier , pour échautfer fa 
chambre , fans qu'il s'en apperçût. On ne peur rien voir 
de plus fimple que cette chambre 5 & que le lit de Saint 
Bernard c^u on y confier ve encore i ôc fi un Abbé malade , 
ctoit fi mal logé . on peut juger quels étoient les appar- 
temensdes fains 6c des fimples Religieux. Cette chambre 
touche à une petite Chapelle, qui apparemment fut bâtie 
pour lui direla MeGTe. On tient qu'ily mourut , èc onv 
lit une infcription qui le dit aflez clairement. Du Cime- 
tière des Abbsz on entre dans le cimetière des nobles, qui 
joint le collatéral de l'Eglife , Ôc qui eft couvert. Celui des 
Religieux tire plus dans le champ > il y a au milieu un 
tombeau élevé j c'eil celui de Guillaume dcjoiniille Eve- 
c^uc dQ Langres , ôc enfuite Archevêque de Keims, Ce 
qu'on remarque de fingulier dansce cimetière, c'eftau'il 
y a toujours une fofle commencée , ôc une à moitié faite, 
proche du dernier Religieux qui a 'été enterré , afin que 
cefpe6lncle confervedans l'efprit lamemoire de la mort, 
ôc par ce fouvenir contienne les Religieux dans leur de- 
voir. La chapelle des Comtes de Flandre q[\: aflez proche 
du cimetière des Abbez , on y voit le tombeau de Phi- 
lippe ôc de la Comtefie Adaihilde fon époufe. Sous l'Au- 
tel de cette Chapelle , il y a une belle Crypte voûtée 
dans laquelle font arrangez les oflemens des Religieux 
qui vivoienr du tems de Saint Bernard. On les révère 
comme des Saints; carie bienheureux Abbc a voit eu ré- 
vélation , que tous les Religieux qui vivoicnt alors à 
CLiirvaux , (croient fauvez. Pour ce qui efl; des Abbez 
de C/^;n;4«A:, ils' font tous enterrez de fuitedans le Cloî- 
tre du côté du Chapitre, oc n'ont que des rombesSc des é- 
pitaphesaffcz fimples.On envoie néanmoins quelques uns 

Kkk iij enchaflcz 



Florins 



Rcrcft. 



44^ 



Recueil général 



f 



^'^**^'^"' cnchaflez dans la muraille du Cloître, avec ceux de 
quelques autres Abbez ôc Religieux de diftindtion. 
Ces épitaphcs font dans le grand Cloître qui eft voiJté 
6c vitré. Lts Religieux y doivent garder un perpétuel 
filence. Dans le coté du Chapitre il y a des Livres en- 
chaînez fur des pupitres de bois, dans lefquels les Reli- 
gieux peuvent venir faire des ledures lorfqu'iis veulent 
Du côté du cloître fuivant, on entre dans le Réfectoire 
qui eft grand 6c large, bien voûté. Il y a deux rangs de 
piliers , ôc quatre rangs de table. Le Chaufoir joint le 
Refecfboire. Du grand Cloître on entre dans le Cloître 
du Colloque, ainfî appelle, parce qu'il eft permis aux 
Religieux d'y parler. Il y a dans ce Cloître douze ou 
quinze petites cellules toutes d'un rang , où les Religieux 
écrivoient autrefois des Livres i c'eft pourquoi on les ap- 
pelle encore aujourd hui , les écritoires. Au* defTus de ces 
cellules eft la Bibliothèque, donc le vaifTeau eft grand, 
voûté , bien percé ôc rempli d'un grand nombre de ma- 
nufcrits, attachez avec des chaînes fur des pulpitres, 
mais il y a peu de Livres imprimez Je n'entreprends point 
de parler ici de tous les manufcrits de Clairvaux, la plu- 
part contiennent des Ouvrages des Pères de l'Eglifc, ils 
'■ font prefque tous écrits depuis le commencement de l'Or 

I dre , excepté un ou deux. Il y a auflî un fort beau Décret 
■ de Gratieriy qui a été donne autrefois par Alain, Dif- 

ciple de S. Bernard^ & enfuite Evc(]ued' ^uxerre. Sut- 
quoi on peut remarquer que les Religieux de CUirvauXy 
n'étoient pas ennemis de la ledure du Droit Canon, puif 
que Alain ^ Difciplede S. Bernard :, veut que l'on confer 
ve fi précieufemenc ce Décret dans Clairvaux, ôc qu'il 
' défend fous quelque prétexte de neceffité que ce puifle 

être, de le prêter au dehors. Il en faut dire de même des 
. ouvrages dogmatiques des Percs , dont il y a plufieurs 

dins Clairvaux y &cécnzs d\i ZQms de S. Bernard tncmCf & 
cntr'autres les fix livres de S. Jugufiin, contre Julien j car 
' ç'auioii 



Florin; 



DES Abbayesde France. 4-dil 

tiruiAiREî, ç'auroic éré fore inutilement que les Religieux fe fc-'.'^'*'^"' 
roienc donné la peine de copier ces Livres, s'ils ne les 
avoient poinc lus. Je ne parle point ici du Dortoir de 
Clairvaux ^ qui eft grand & bien voûté , mais dont les 
chambres font fi petites , qu'il n'y a précifément de pla- 
ce que pour mettre le lit, la table Se le fiege du Reli- 
gieux. C'eft au bout de ce Dortoir, qu'on conferve le 
Tréfor de Clernjaux ^ où il y a un grand nombre de Reli- 
ques fort bien enchaffées , la plupart envoyées par les Em- 
pereurs de Conftantinople. On y montre entr'autres un 
morceau du bois de la "vraie Croix, qui eft d'une gran- 
deur non commune, quatre beaux chefs , deux defquels 
font de S. Barnabe, & de S. Marc , fans parler des chefs 
de S. Bernard, & de S- Malachie , qui font dans deux 
beaux buftes de vermeil doré, avec des émaux très-riches. 
On les porte aux Proceflîons qui fe font pour les neceflî- 
tez publiques. On montre encore dans ce Tréfor , un 
Calice d'une façon toute extraordinaire \ Se on prétend 
qu'il a été à l'uiage de S. Mdachie , il eft à peu près de 
la même grandeur bc de la forme des calices dont nous 
nous fervons aujourd'hui j mais il y a quatre clochettes 
d'argent attachées à la coupe, ôc il eft tourdiiferenr du 
calice àtS, MaUchie , qu'on montre à la Sacriftie , ôc 
avec lequel on permet dédire la Meffcaux Etrangers qui 
en ont la dévotion. Il y a auftî plufieurs chofes qu'on 
prétend avoir été à l'ufaf^ede S. Berr^ard ; & entr'autres 
une chafuble , elle eft afiurement anciennes mais fi elle' 
eft de lui, il faut dire que les Religieux de Cl'Jr%>aux\ 
n'étoient point fi ennemis de la foye ôc de l'argenterie 
«!ans leurs ornemens , puifque la croix eft d'un galon: 
d'or. On conferve encore dans leTréfor une grande chafte 
d'argent , qu'un Evcque de Xaintes avok fait faire pour' 
y mettre les Reliques de S. Berr:ard--, mais les Religieux 
craignant que fi on tiroit fes oftemens de fon tombeau, 
plufieurs Princes, à qui ou ne pourroic les refufcr, n'en! 

demandaiTenti 



RCTCJ^ 



Tx 



44t DES Abbayes de France. 

'QiAiMi. demandafient, aimerenc mieux les y laifler. On prétend àp'^'*'"' 
CUirvAux voir l'ombre de S. Bernard fur la pierre où fon 
corps fut lavé après fa mort : je ne fçai pourtant (i cela eft 
aulli miraculeux qu'on fe le perfuade, car cette ombre ne 
fe voie pas de tous cotez, il faut être dans une certaine 
fituacion oour Tappercevoir^cequi fepeut faire naturelle- 
ment par la réiîexion de la lumière. L'Abbaye de CUir- 
^uaitx fut peuplée en fi peu de tems , que quand S. Ber- 
nard mourut, le nombre des Religieux étoit déjà d'en- 
viron fept cens. L'on voit dans l'Abbaye de Clatrvaux les 
anciennes manufadures des Frères Convers , qui vont 
aujourd'hui prefque toutes en ruine > parce qu'on ne re- 
• çoit plus de Frères depuis plus de trente ans i ellps ne 
font plus habitées , ce qui diminue confiderablement le 
revenu de Cla/rvaux, Les tanneries fur tout font admi- 
rables : on y voit encore des auges d'une f^ule pierre , 
qui ont au moins quinze pieds de longueur, quatre ou 
cinq de largeur, ô^ autant de profondeur. Le mardi après 
le dimanche de f^îafimodoj les Religieux de CUirvdux 
ont coutume d'aller à la fontaine de S. Bernard y quiefl: 
à une demie lieuë du Monaftere*, là étant arrivez, ils 
chantent un- Répons de S. Bernard , le Reginacœli , & 
mettent chacun au pied de la grande croix, qui efl: près de 
la fontaine, de petites croix de bois qu'ils font, ô^ boi- 
vent avec lamaindefeau de la fontaine. Il y a des ufages 
affcz particuliers dans l'Abbaye de C/<îî/>'U4//a: j par exem- 
ple, lorfque l'Abbé de CUhvxux vient à mourir, l'Of- 
fice Divin cQ^^t dans l'Eglife, &: l'on fait venir des Re- 
ligieux de Cneaux pour le faire , jufqu'à l'éledion du 
futur Abbé. Un autre ufagc efl:, que tous les Reli- 
gieux Prêtres ont leur Autel affigné pour dire la fainte 
Meflc, ôc aucun ne la célèbre fur l'Autel d'un autre ic'eft 
un refl:e de l'ancienne difciplme , qui ne permettoit pas 
de dire en un mcme jour deux MefTes fur un même 

Autel . 3«°*- 

CRESTE.I 



Revcn. 



TlTOlAlKlCi 



»Es Abbayes de pRANct. 
C R E S T E. 



455> 



f 



Florin. > 



RîYsa. 



M ciiarpîB Crefte, ou la Crefte^en Latin , Crijia^vd Crejla yVille 

ils%Tè\ùl ^^ l'Abbaye de Morimond en Chj,mfagne ^ au Doyenné de 

& ^'bb^ïJ' ^^^^^^^^^ 6^ ^^IPi/D^ y ^ft fituée fur la rivière de Re^non y 

Pcbraco.dcà trois Hcucs dc Chaumont ^ àw côté de l'Orient. Elle fur 

FÏourr * 'fondécle jour de devant les Kalendes de Juillet, ou le 30. 

Juin de l'année nii.parlcs Comtes de Champagne ^ ôc elle 

a été depuis fort augmentée par les Seigneurs de Choi^ 

feuîl 3c de Refnel. S.iBfmWparlede l'Abbaye de la Crefte, 

dans fa Lettre 34(î. Elle fenible avoir été fort confidera- 

ble autrefois. Elle rapporte pour les Moines, autant qu'à 

l'Abbé. ..... 

L A C H A R I T E'. 

La Charité lez Lefines, ou près Lezines , ou Nôtre- 
^c\^J!^''^^^^ de Lefînes, en Latin Caritas.vel Charitas de Le^J- 
nis y Charitas LeTwa^feu Lez^ini^^ y fituée dans le Doyen- 
né de Tonnerre y ôc a deux lieues de cette Ville. Elle étoit 
autrefois habitée par des Religieufes, mais prefentement 
elle l'efl: par des Religieux réformez de Cneauxydc la fi- 
liation de Clairvaux. Elleeft en règle. 

L O N G U A Y. 

Longuay 5 en Latin, Bf^r^ Maria de Longo Vado y Fille 
de l'Abbaye de CUirvaux , ôi cledive par le Moruiflere : 
elle a été fondée le 4. des Nones de Mars 114p. & vaut 
zooo. livres aux Moines. . , 

M O RE S. 

M. ae chi- Mores, ou Mont, en Latin, Sanfla Maria de Mont f y alias y 
fciUcraîiPar- de Morisfeu Mor^y Fille de TAbbaycde Clatrnjaux, Elle a 
été fondée le 4. des Ides de Septembre 1153. en Champa- 
gne y à huit lieues de Troyes. On prétend que S. Bernard 
étant en oraifon dans l'Abbaye de Mores y le Crucifix fe 
Tome IL ' LU détacha 



M. de Câ' 



100, 



s 00»; 



So. 



IJO. 



I00«^' 



400«i 



toc. 



4A-0 Recueil g en e r a l 

TiruiAiMs.j^^acha pour l'embràffer. L on y confervc le Chefde 
Sainte Beline. . . . » » . 

M O R I M O N T. 
Dom. Aubcr» Moriniont, ou Morimond, en Latin , de Morimonte , feu 
Morihundoyde Morimondo^feu de Ador/fmundoyla quatrième 
Fille de Citeaux, ôf éledive. Elle eft fituée à neuf lieues 
de Lanores-f A'Auuts difent à fix, & à foixante de Paris, 
fur les limites & fur un ruifleau qui pafTe au milieu , & 
fait la feparation de la Champagne ^ de la Lorraine & de la 
Franche Comté, Elle a été fondée le 7. àts Kalendesde 
Juillet 1115 par Oldern à' J igremont ^ Seigneur de Chotjeuil, 
6c ^-?^f//«eia femme. D autres prérendcni que ce fut G;////f 17- 
eus Evéquede Langres, L*Abbé quoique Régulier, eft re- 
connu pour General, Père & Superieurimmediat des Or- 
dres Militaires de CaUtranja , i'Jlcantara^ â^ Montepi 
d'J'vis, ôc de Chrifl^ qui font en Ejfagne ^ de en PortugaL II 
a plus de cent Monafteres fous fa dépendance & filiation, 
ôc fepr cent Bénéfices. L'accès de l'Abbaye de Morimom 
eft difficile à caufe des bois. La fituation en eft aifreufc î 
car elle eft dans un fond environné de tous cotez demon- 
tagnes. Elle termine trois Evêchez, celui de Langres^ de 
Toul^dcdQ S^Qwfow.L'Eglifc pourtant eft fur les terres de 
France , c'eft pourquoi on voit à la porte ces mots écrits en 
lettres Gothiques : F^ivc le Roi , notre Sounjeràim Seigneur , 
& au milieu de la flèche il y a une couronne de fleurs de 
Lysjmais la moitié duRefecftoireeft furies terresde/.or- 1 
r^;>3e. Cette Abbaye fut fondée l'an 1115. le même jour ôcla 
même année que celle de,C/^/yi;^;/A:,&ellene cède le pas 
à celle-ci qu a caufe de fes grandes dépendances, &deS. 
Bernard^ qui en a été le premier Abbé, ôc la plus brillante 
lumierederOrdre.L'Abbayede/^or/wo«faeu pour Abbé 
le fameux Othon Evêque de Frf/ingue^qui y mourut en reve- 
nant d'un Chapitre gênerai de Citeauxy & y fut enterré 
près du grand Autel, ducoté de l'Evangile, où il a enco- 
re un tombeau aflez fimple. Lçs Seigneurs dcChoifeuilS>c \ 

d'^fgremonî 



Florins 



100, 



300e, 



DBS Abbayes dî Franc eI 441 

^"^^^^^"'d'Jigremont^c^m en font regardez comme les Fondateurs, 
ont leur Sépulture dans l'Eglife y qui eft belle. Il y a qua- 
rante ans que l'Abbaye n'avoit rien de fplendide; mais il 
y a maintenant un commencement de bâtiment magnifi- 
qiie 5 qui ne cédera à aucune Maifon de l'Ordre: le Dor- 
toir ell très-beau. . ... ♦ • 

Q^U I N C Y. 

M.Baftidc. Quincy ou Quincey, en Latin, ^nciacum.feu ^in- 
ceinmy Fille de l'Abbaye de Pomigny, Elle a été fondée 
le II. des Kalendes de Mai 1153. au Senonois ^ dans le 
Doyenné de S. \7'tnemer yl deux lieues de Tonnerre. Les 
reftes de cette Abbaye font voir qu'elle a été autrefois con- 
fiderable> mais lemiferable Eudes ds Châflillon ^ciuï en 
a été Abbé, ayant renoncé à la Foy de fes Pères, la de- 
folade telle forte 5 quejufqu'à prefent elle n a pûfe rele- 
ver de ks ruines. On dit que les fatellites de ce méchant 
Cardinal, au nombre de cinq cens , s'étant un jour tous 
revêtus des ornemens des Miniftres facrez , firent par 
derifion comme une proceflîon autour d'une croix , ôc que 
là, ils les brûlèrent tous. Il ne refte de l'Eglife que le 
Chœur, &c les deux croifées^ dans lefquelles il y a fept 
Autels de chaque côté? elles fe terminent en rond point 
de même façon que le Chœur. On montre dans l'Eglife 
le tombeau de S. Gaultier y Abbé du Monafterc , qu'on 
fait auflî Evéque d'Juxerre, ôc Martyr i mais je ne trou- 
ve point d'Evêque d'Auxerre de ce nom , & le Siège de- 
cette Eglife fe trouve certainement rempli par d'autres 
Evêques dans le tems qu'on fait vivre ce Saint. On voit 
affez proche defon tombeau celui de Robert de Tanlay ; & 
celui de fa femme ^gnçs de Saintyon , étoit autrefois dans 
l'Eglife. Il n'y a pas long tems qu'on voioit devant le 
grand Autel les fepulchresde Guillaume à^ Tanlai, d'J- 
delmefa, femme, ôcdej^^^w leur fils i ce Guillaume étoit fils 
de Pierre de Courtenay , quiavoitpour père LoUis le Gros 

Lll ij Roi 



Florins 



Plcrc». 



1400. 



iJOOJBi 



442- 



Recueil général 



*^"***'"*Koic{eFr^«ff ,rnais cous les plus grands monumens font 
fujets en ce monde a la Iviciffitude des cems. Il y a dans 
cette Abbaye un afl'ez bon nombre de manufcrits des Pè- 
res, ôc un bras de S. Bafds le Grand, 

THEULLEY. 

M. Tru^aî^ Tliculley ou Thuley ou Tuley , en Latin, Theolocus^ 
j^^j^^'^i"^^^ /^« Thiilltium , Fille de TAbbaye de Morïmom. Elle a été 
fondée le ii. des Kalendes d'Avril 1130. au Comté de 
Bourgogne près Gray Sc Autrej \ on l'a rebâtie entièrement 
depuis quelques années. On y voit à l'entrée de l'Eglife 
fous le portique plufieurs tpmbeaux , qu'on croit être ceux 
des Fondateurs, & plufieurs autres de Meflîeurs de ^^rg/, 
qui font dans l'Eglife même. 

VAUX- LA- DOUCE. 

Dom^Laa- Vaux-la^douce, & Val-la-douce , en Latin, Vallis ducis , 
pigncUcs , *: Fille de 1 Abbaye de CUirefontaine fous Morimond . fituée 
rouin,.coad- ^^ oourgogne , dans le Doyenne de Pierrepte , au pays de 
^^JFffty- Elle fut fondée par AdanaJJes Doyen de Langrcs 
le 16. des Kalendes d' Aouft 116^, d'autres diient 1151. Il y 
a la reforme, ôc elle eft régulière. ♦ . 

Abbayes d' Hommes de l* Ordre 
DE Saint Augustin. 



jatciii 



ijnns 



10, 



CHASTILLON. 



Dorr». Gasrn* 
ftf Pcrigiiy 



Chaftillonfur Seine , eaLatin , SanSla Mariade Caf- 

Jc j^. Juillet t^llione y vel CxflAlio ad fequam , (ituée dans la ville du 

*''^''* même nom en Bourgogne y dans le Bailliagedela Monta. 

gne ,a quinze lieues de Trojes, a pareille diftancc de Dû 

jon , & a fept lieues de Bar fur Seine, Elle a été fondée l'an 

1181. ôc l'Abbé prefle ferment de fidélité au Roi. 

SAINT ETIENNE. 



Secnîarifc'c 



& unie ai'E- S Etienne de Dj ion, en Latm,54«(f7;/5 Stephanusdedi'vione 
icî. luuce 



}0. 



130. 



JOO. 



©ES Absayes de France. 4431 

TxTttiAmEs;j[]j^^^ dans la ville de Dijon, ôc fondée Tan 111^. mais 
elle fuc feculariféc l'an 1013. L'Eglife ne cède rien a 
celle de l'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon. Ces Chanoi- 
nes prétendent avoir le corps de Saint Meàûrd Evêque 
de Noyon i mais la manière qu'ils difenc que la tranflation 
s'en eft faite, reffenttancla fable , qu'il femble qu'on 
doive plutôt en croire les Religieux de l*Abbaye de S. 
Aiedardit Soijlons , qui croyent le pofleder encore , ôc 
qui ont fon tombeau. . . . ♦ 

VAL DES ECOLIERS. 

EicAivc, Val des Echoliers , en Latin, Fallîs Scholarium ^Cnucc 
Tncnniic , & v^ j^^ tivicre de Marnera, une lieuë de Chaumont en 

unie 3. i«i v^Oii- X "^ 

gregatioa cîc Bafftmy , vcts Ic midi. Elle a été chef d'Ordre, ôc avoit 
vicve. M. fous foy des dépendances afîezconfiderables, entr'autres 
Monîr '"' le Prieuré deSamte Catherine de Paris , ou de la Couture 
que Saint /^ozi/5 fonda. Le Val des Echolieis, doit fon ori- 
gine à quatre Docleurs de l'univerfité de Paris , qui tou- 
chez de l'efprit de Dieu , fe retirèrent dans une folitude 
âffreufe du diocefe de Langrcs ^3.11 commencement du 
treizième fiécle, en ixii. Leur exemple fit une fi grande 
impreffion dans l'efprit de l'Evéque de Châlon en Cham- 
pagne , nouvellement élu, qu'avant que d'être facré , il 
renonça à fa dignité , pour fe joindre à eux. Il falloit être 
auflî animé qu'ils l'étoientde l'efprit de pénitence , pour 
choifir un lieu environne de tous cotez de rochers de de 
bois ,fi étroit qu'il efl: impofllble de s'étendre, 6c qui ne 
prefente rien d'agréable à ceux qui l'habirent , que la 
mortification : aufli n'y demeurerent-ils pas plus de trente 
ans , Ôc ils furent obligez de s'établir à une demie lieue 
de-là, dan? un lieu qui efl: encore fortfolitaire, mais qui 
n'efl: pas tout a fait défagréable. On y transfera les ofte- 
mens de ceux qui étoient déjà morts, fur tout des qua- 
tre Fondateurs , qui font fous une belle tombe au milieu 
du chœur. L'efprit de fimplicité qui regnoit parmi eux, 

L\ï iij les 



floiiir 



aevif. 



700. 



6009. 



444 Recueil gênerai 

■fimAiMi. les obligea de fe contenter de la qualité de Prieur i & il 
n'y a pas deux cens ans que l'envie de fe faire appeller 
> Abbez les a pris. D'autres Auteurs difent que le Faî des 

Echoliers fut fondé en iiiz. au même endroit par Guillau^ 
me j4nglic ou l'Jnglois , ôc par Richard de Narcev^ dans un 
lieu defert, qui leur fut donné par Guillaume dtjoinville , 
Evêque de Langres y te où ces deux Fondateurs établirent 
un Ordre Religieux, félon la Règle de S. ^Juguftiriy qui 
prit le nom de Fal des Echoliers i parce que quantité 
d'Ecoliers de l'Univerficé de Paris les y vinrent trou- 
ver poury être Religieux. Quelques années après Robert 
àcTorote Evêque de Langrcs, le transfera où il eft à pre- 
fent. On le nomnia le Val des Echoliers^ parce que plu- 
fieurs Echoliers, quittant les Univerficez s'y établirent. 
Il y eut depuis plufieurs Monafteres fondez félon cetln- 
ftitut,ôc en moins de vingt ans, on en compta feize^tanc 
en France qu'aux Pays-bas, Leur Chef n'avoitquelenom 
de Prieur , jufqu'à ce que le Pape Paul III. accorda à 
Clément Cor««of, Prieur General de cette Congrégation 
la dignité d*Abbé en 1540. d'autres difent KÎ39. que les 
fuccefleurs ont confervé. Le dernier Abbé titulaire a été 
Laurent Michel ^ qui l'an i(5'53. fitdémiflîon de fa Jurifdic- 
cion, & de fa dignité en faveur du Supérieur General 
de la Congrégation des Chanoines Réguliers de France^ 
dite de Sainte Gene'vieve yZ laquelle cet Ordre du Val des 
Ecoliers a été uni à perpétuité fous le gouvernement de 
l'Abbé triennal dejainte Geneviève du Mont a Paris. Le 
; titre Abbatial du Val a cté fupprimé , ôc ce Monaftere efl 
j^ gouverné par un Supérieur quia le nom d'Abbé, & qu'on 

-; établit tous les trois ans dans le Chapitre gênerai de la 

; Congrégation, qui ne s'efl: pas contenté d'y faire refleu- 

■ rir la pietc , mais a donné une nouvelle forme à l'Ab- 

baye , encieremont rebâtie , & rendue une des plus belles 
& des plus accomplies Maifon qu'ils ayent. C'efl le Pape 
Vrbain VIII. qui a fait cette union. 

Abbaye 



Florîni RereiÉJ 



401 



OES Abbayes de France. 



445 



TiTUlAIRI). 

'^" Abbayes d'Hommes de l'Ordre 

D E P R E M O N T R e'. 

SEPTFONTAINES. 

Dom d'An- Septfonraincs , Septfons , ou Septfoires , en Latin > Seft^ 
gcmiJicrs. f^f^ Fontes, Elle efl: fituée en Champagne fur la Rivière de 
Rognon^ près de M orne (clair ^ à quatre Jieucs de Chau- 
mont en Bajjïgny y au Septentrion. Elle eft Fillede l'Ab- 
baye de Bellevaux. Il y a la réforme, qui a bien réparc 
cetie Abbaye qui eft régulière, donc S. Bernard fait men- 
tion dans la Lettre 155. , ... 

Abbayes de Filles de L' ordre 

deSaiwtBenoist. 

POLONGEY. 

Mc.dcPradc PoIongey,ou Poulongey,ouPoulangis,ou Poulangy, 
en hzùniPolongeyHm yfeuPolengocumy fituée au Doyenné 
d'/i ou de Bajftgny , à quatre lieues de Langres , vers la 
Franche Comte. Elle a été fondée l'an 1150. àc fe prétend 
immédiatement fujette au Saint Siège. Les Religieufes 
doivent être filles de qualité , quoiqu'on ne fafle pas preu- 
deNobleffepour y entrer, elles font les trois vœuxi ce- 
pendant elles ne font point cloîtrées, mais femblables à 
des Chanoinefies , elles vivent chacune en leur particu- 
lier, dans leur petite maifonjdansTenceinte de l'Abbaye, 
avec une Servante qui les ferc ? comme elles ne gardent 
point de clôture, elles vont chez leurs parens quand elles 
veulent, Ôc y demeurent autant qu'il leur plaît. Elles 
ont toutes une penfion qu'elles apportent du fiecle, fans 
parler de l'argent, du bois , du bled , du vin que l*Ab- 
bcïTe leur donne à chacune pour leur entretien, ce qui 
peut aller à deux cens livres à chacune \ & tout leur vœu 
de pauvreté confifte en ce que tous les ans , le Jeudi 

Saine 



f 



Florins 



Rcrcm 



1000. 



40aQs 



44^ RlCUEIt GEKEJlAf 

rmiAifis. Saint, elles prefentent à TAbbeffe la clef de leur argent 
&c ne peuvent donner plus de deux écus fans fa permif- 
fîon. On ne fçauroic encrer dans ccuq Abbaye qu'il n'en 
coûte vingt mille francs aux parens. Elles font vêtues de 
noir, & mettent un grand manteau lorfqu*elles voncau 
chœur: quelques-uns croyent que l'Abbaye de Poulangy 
a été fondée par Sainte SaUhergc. . , 

P R A L O N. 

MsjeBuffî Pralon, en Latin, Pralonum , fiti Praloniutn, fituée à 
i.ai»utiD. quatre lieues de Dijon , au Doyenné de S. Seine en Bour^ 
gogne , où elle fut fondée l'an 1145?- par Guià^Sombernon , 
à la follicitation de S. BernardyC^i en reçut la fondation. 
On voit a un quart de lieue du Monaftere , une fontai- 
ne qu'on prétend qu'il obtint miraculeufement du Ciel 5 
elle a retenu lenomdelafontainede^'.jSfrwW.Dans l'Ab- 
baye de Pra/o«, on voit le calice 6c tous les habits facerdo- 
taux de ce Saine 5 & aflurement on ne peutpas dire qu'ils 
ne foient de ce tems-là. Le calice efl: un peu plus grand 
que celui de S. Bernard ^ qui efl: à CUirvaux j mais ilj eft 
de la même forme, &la coupe, pour garder les propor- 
tions , eft auflî plus large j la patène efl: de même. L'amit 
efl: grand, & a une parure de broderie; l'Aube efl: fort 
grande ôc fort large par le bas, Se ornée de broderie, com- 
me font celles dont on fe fert dans les Eglifes Cathédra- 
les aux bonnes Fêtes. La ceinture eft comme une petite 
corde, dans laquelle il y a plufieurs nœuds. Le manipu- 
le 6c l'étole font étroits, la chafuble eft forc^ grande, 6c 
toute fermée parlebas, comme le font les anciennes eha- 
fubles. Il eft difficile de croire que S. Bernard qui faifoit 
profeffion d'une fi grande fimplicité 6c pauvreté eût des 
ornemens parez de broderie. Il y a plus d'apparence que 
ce font les ornemens ordinaires du Monaftere, dont le 
Saint fe fervoic , comme les autres, lorfqu'il y venoit , 
6c qu'on les a confervé en mémoire de lui> parce qu'ils lui 

avoienc 



Florin* 



SOom, 



ù E s Abbayes de France. 447 

TiTuiAiRis. ^^Qjç^j^ç^yj quelquefois. On y montre auflî l'inftrumcnt 

» donc on fe fervoic autrefois , pour donner Ja paix à la 

nieffe, on y voit fur une lame d'argent crois hommes é-l 

gaux qui reprefentent la Trinité. 

P U I S D' O R B E. 

Me.de Bou- Pufs^d'Orbe 5 en L^zin Puieus Orhts y ficuée d'abord â 
dcinaud. c'xnc^ licuës de Chkttllon fur Semé , vers le couchanc d'iiy 
ver, dans le lieu appelle Puis d'Orbe, Saint François di 
Sales y y alloic fouvenc , ôc on montre encore aujour 
d'hui fa chaire, fou confeffional , & plufieurs chofe.^ 
qui onc été à fon ufage. Comme le Saine n'alloic au Pm 
. r/'Or^^ , que pour contribuer à la gloire de Dieu , dan' 
les conférences fpirituelles qu'il avoicavec les Religieu- 
fes, illes exhortoit fouvenc à quitter la campagne, ou l'or 
eft iouvenc privé des neceffitez fpirituelles ôc temporelles.. 
pour fe retirer dans quelque Ville,!' Abbefle choilu pou 
cela Chafttllon fur Se me, ou elle s'établit au milieu de la Vil- 
le; mais elle ne fepreffa point d'y établir en même temp 
la reforme", tout au contraire après la mort du Saint, elle 
i'oppofa de toutes Tes forces aux propoficions que lui en fi- 
rent (qs Religieufes. Mais fi l'AbbeiTe étouffa dans fon 
ccéur les fémences de reforme , c^^Jaint François de Sa-\ 
les y avoir jettées '■> ces mêmes femences fruâifierent dans 
l'ame de quelques unes de fes Religieufes. Sœur Jacqueli- 
ne de Scrcej , fille de Jeande Sercej ^Seigneur d'Àrroncej t!) 
de Savigny y Capitaine ôc Exempt des Gardes du Roi, ôcj 
de Dame Peronne de Monmojeny Françoije Mortjot y De- 
nyfe F tôt y I^njede Voine , Anne & Franç'oife Seyve s Mar., 
Ejpiart y Marie î^aujjiny Charlotte Cj7* Marie de êl^incerotytS 
Marguerite de H a^art y\3Lmç.{[ç,ïç,t\i:^{^QT. de mettre quel 
que bon ordre dans leMonafterc , ce qu'elles croïoicnr 
qu'on ne pouvoic exécuter , que par le moyen de la 
reforme. L'AbbeiTe au lieu d'écoutcrune demande fi juf 
te ,traverfa en tout ce qu'elle put, les projets qu'on lui 
Tome IL M mm propofa , 



Florins Revcw. 



Sooo.I. 



44» 



Recueil général 



TlTUiAIP.£s 



propofa , ôc pour les étouffer entièrement dans leur com- 
mencement , elle choKit pour Supérieur M. de Flogny an- 
cien Prieur de yWowr/^ry^/wr Je^w, croyant qu'un homme 
qui n'étoit point reformé lui-même , ne donneroit jamais 
dans les idces de reforme. Mais que peuvent les hom- 
mes, contre les defleins de Dieu f Celui qu'on croyoit 
devoir être le plusoppoféà l'établiflement de la reforme, 
fut celui qui la pourfuivit avec plus d'ardeur. M. dcFlogny 
ayant fait la vifite au Pu/ts d'Orhe, & ayant fçû dans les 
conférences qu'il eutavec ces bonnes Religieufes le defir 
qu'elles avoient de vivre plus conformément à leur état, 
s'en vint fecretementà P-^m ,parlaàlâ ReineMere, /^w- 
ne d' Autriche , lui fit connoître le defir de cts faintes Reli- 
gieufes, ôc en obtint de Sa Majefté trois, qui furent ti- 
rées du V^l de grâce y jort fages (J^ fort régulières ^ avec 
un ordre précis d établir la réforme dans le Monaftere. 
L'AbbefTe n'ayant pu parer ce coup, eut encor<î le cha- 
grin de voir Magdelaine de Saux de Tavanne fa parente , 
qui à peine avoit fait profeflion , embraffer la première 
la réforme , ôc fejoindreà celles dont je viens déparier. 

ROUGEMONT. 

Unie à l'A b- Rougemont, en Latin , Ruheus mons , fituée dans la 
iKnVDijon! petite Ville du même nom , en Bourgogne , deux lieues au 
deflus de RauiereSy à trois de Monthan , à fix deNojerSy 
a feptde Tonnerre, à fix lieues de Chaflillon fur Seine vers 
le couchant , & dans le Doyenné de Tonnerre, Elle fut 
fondécl'an 1147. Elle a été transférée a Drjon & unie à 
l'Abbaye de Saint J«//f«dela mêmevillei ôc aufii trans- 
férée à y4uthun, . • , * . 

Abbayes de Filles de L' ordre 

DE CiSTEAUX. 

B E A U F A Y. 
Bcaufay, ou Beaufages, en Latin, Bellumfagetum ,fil- 

le 



Florin» ^cvcn. 



DBS Abbayes de France. 



TirutAiRïs. le de l'Abbayede TardCous Citeaux ; elleaété fondéeen 
Baflîgny vers l*an ôc unie à un autre monaftere 



Florins Re/cti. 



de Religieufes. 



B E L M O N T. 



Me. de Mon 
iclay. 



Belmont, ou Bemonc, ou Beaumonr^en Latirij^c'//;^/ 
mons y fille de l'Abbaye de Tard fous Citeaux , fituée en 
Baflîgny , à quatre lieues de Langres , Se à deux de Cham 
plite y fondée par Godefroy Evêque de Langres , en 
Tan 1148. . . . . 

CO^ULONGES. 

Eieaivc & Coulonges, ou Colonges , en Latin ^ Colongi^ , fille 
unie à l'Ab- del'Abbaycdc Tard fous Citeaux , au Comté de Bourgo- 
nansàDok. ^«f , dans le Doycnné de se'^e. Elle eft éledtive du con- 
fentemenr dcPhibppelV, Roi d' Efpagne, Se du mêmQcon' 
fentement unie à l'Abbaye d'Onnans Diocefe de Dole , 
l'an i(îii. Colonges y eft compofée de filles toutes de qua- 
lité, lefquelles y font reçues fans néanmoins être obligées 
à y faire preuve de noblefle, le revenu particulier de l'Ab- 
beffe eft de . . 

TARD. 

Eicftive & Tard , ou Tart, ou le Tard , en Latin , Tardum , fille 
ncnna e. del' Abbaye de Cifteaux \ elle a été fondée au commence- 
ment du treizième fiécle i d'autres difent l'an 1115 aune 
lieuë de Citeaux , d'où elle a été transférée à Dijon l'an 
1(^13. ou félon d'autres l'an'icTi^. Elle eft élediveôc trien- 
nale, Se a été déclarée telle par Arrêt du grand Confeil 
de l'an 1(^85. .... 

Prieurez d' Ho m mes de L' ordre, Sec. 

VAL DES CHOUX. 

M d'Entre- Val des Choux, en Latin .Fallis Caulium ^ fitué en 

deux monts ' ** 

M mm ij Bourgogne 



looo. !• 



LOOO.l. 



i/ool. 



fOOO 1. 



45^ Recueil General 

pTr.T ^^«^^^c^«^àdeux ou trois lieues de Clûullon dans uneaf- 



F!orinsJl.svcii. 



Mi'ift^r-'^d7''' ^''^^^^^^^^^'"J*^^- C'eftun chef d'ordre \ mais peuconfide- 
coVtfs" rable qui n'eft qu'une branche de cekii de S. Benoift, On 
a^scVÛlc^i^^^^s le paysqu'ildoit Ton origine à un Frère ^lart , 



i7»5. 



Conversde la Chartreufede Lugny ^ qui ne trouvant pas 
les^ Chartreux aflez aufteres > fe retira dans cette folitude, 
présd'une fontaine, a: y aflembU des difciples, Cequi 
peut confirmer cette tradition populaire , c'eft que les 
Religieux du Fal des Choux avoienr l'habit des C/^/ir- 
treux dans le commencement de leur innitut>&: qu'ils 
portent encoreaujourd'hui l'habit blanc , dans lequel ils 
ont changé quelque chofe, prenant un chaperon au lieu 
du capuchon, qui tenoit autrefois à la cuculle où fcapu- 
laire. Cette tradition cependant ne fe peut foûtenir. i°. 
parce que le Fal des Choux a. été fondé par Eudes Duc 
de Bourgogne, bien peu d'années après la Chartreufede 
Lugny , & qu'en ce temps-là les Chartreux ,comme aujour-^ 
d'hui , n'avoicnt pasbefoin de réforme , étant dans la' 
plusg.rande ferveur de leur Ordre, & que quoique les' 
Religieux dwl^d desChoux aycnt pris beaucoup de pra-j 
tiques des Chartreux , ils n'ant cependant jamais été 
auflî aufteres qu'eux. i°. Jacques de Fitrjç^m fait mention; 
du FJ des Choux dans fon Chapitre 17. & qui vivoit dans ' 
cctemps-Ià , ditqu'ils fuivoient lesufagesdeCuf^wv, ôc! 
non pas des Chartreux, f. Le premier Prieurdu^^/ des\ 
ChoHx^ nefut point lefrere Ftardy mais un Guj ,'C[\x\ eut; 
pourluccefleur Humhert; leur tombeau qui efi: dans l'E-j 
glife en fait foy.4°. On litencoreune infcription dansi 
l'£giile, du Fal des Choux ^ qui fait connoîcre le temps 
auquel le frère F'/^rJ s'y retira i c'eft-à-dire , environ 
cent ans nprcs la fondation du Monaftere. Toutes ces 
raifon^ dccruifent entièrement la faufTe tradition de la 
fondation du Faldes C//o//a: par le frère Fiarâ , dont on 
montre encore le lieude la retraite proche d'une fontai- 
ne. Il faut pourtant avouer que le premier Prieur duF"^/ 

des 



DES Abbayes DE Fp. ange. 



Ti 



45 i 



''»^'''^'' d-es Choux , eftvenude la Chartreufe de ^^^w;', puifque 
les anciennes conflitutions le difenc pofidvemenc. Le Ge- 
neral du FU/ dcsChoux^ n'a que le titre dePrieur, ôc eft 
éiedif à vie. . . . . 

M. Barict • Belroy, dépenddu Fk/des £co//>n. : 

M Efpiaidde BoHvau ,ouBonval , dépend auffi du Val des Ecoliers 

Vcxnot. * 

N. Brebondu, ou Pont rompu , autrefois Pont-à-Relier , 

en Latin de Ponte Scijjo, Il dépend du Val des Ecoliers 
& eft fitué à p. lieues de Befançon vers les frontières 
desSuifles. . • .... 

M.Doiorpar S. Chriftophc du bouTg de C/^^w/?/;>f, dépend de l'Ab- 

nomination . ir>/ r n ~y 

du Roi. bTLyt à^ Dat je o\x romaine Be^e. 

M. Héron cy- S. Geofmes , OU les Saints Jumeaux de L^«^rf5^ Prieuré 
ficrd^ilsain' conventuel de l'Ordrede S. Auguftin. 

teChapellc de Vincenaes & apics fa mort ce Prieuré fera uni à l'Abbaye de Nôtre - Dame de Troyes. 

ani aux PP. Saint Lie ou Rie de Dijon , de l'Ordre de S. Eenoifl ^ 
de Di,o'.i^.'°"*' dépend du F^/ des C/7o«;^. . ... 

M.portie par Saint Martlu fous Bcaumont , dépend del'Abbayede 
da"Ror°'^ Fontaine Bî-^e, Jugé par Arrct du grand Confeil, du 7. 
Septembre 1685J. • . . . ^ 

M.Efpiardde Montclet. de l'Ordre de S. Jfiçrulîin, dépend du Val 

Vernoc. J t> / ^ ^ 

des hcouers. . , ... 



•lorns 



M. Vauco- 
court. 



M 
de 



S. Nicolas de Bar fur Jubé , de l'Ordre de S. Jugujîin 
dépend du Val Ats Ecoliers. . . , 

Fraiichct Vaux 3 dépend du Valais Choux,. 

Varennes à quatre lieues de Z-^w^çrfi. , . 

Il y a dans ce Diocefe un grand nombre de Prieure?.^ 
dont je n'ai pas de Mémoires *, & je prie qu'on les commu- 
nique au Libraire, pour une féconde édition de cet ou- 
vrage , . . . . . 



ne? en: 
300 a.I. 

Il<*O.I. 

1000, 1 , 



iioo, 1. 
iioo.L 

3oo. L 

.700. K 
800 1; 

JOO. ), 

iooo.i.- 



M m m iij 



EGLISE 



/iTUiAX'ES. 



451 



Recueil gf. neral 



yr 



I ' 

I Florins Rcvcn. 

EGLISE COLLEGIALES. 

La Prévôté 5c la Treforerie &: Prébendes de'la fainre 
Chapelle Royale de Dijm , font à la nomination du Roi, 
de même que la Chapelle de Saint Loiiis au château de 
Latenay. Mais le Doyenné de la Sainte Chapelle de Dijon 
efl: éledbifconfirmatif par l'Abbé de Cîteaux.LQ Chapi- 
tre de la Sainte Chapelle de Dijon efl compofé d un 
Doyen, d'un Chantre , d'un Prevot, d'un Chancelier- 
Treforier , & de vingt-quatre Chanoines. Il y a dans le 
bas chœur un grand nombre de Chapelains , Cix enfans 
de chœur , & quatre Mafliers pourvus par le Roi. La Pré- 
vôté, laChantrerie, & la Treforeriedece Chapitre, re- 
lèvent du Roi, & ceux qui en font pourvus reprennent 
fief à chaque mutation. Le Doyen n'en reprend pas , 
parce qu'il ne tient point du Roy fon Doyenne i mais de 
l'éledtiondu Chapitre. Il touche tous les ans , au terme 
de Noël, vingt-cinq livres fur le revenu du Roi au Bail 
liage de Dijon ^ Ôc ce pour une robbe de Damas couleur 
d'écarlateviolete. La Sainte ChapelledeD//o« fut fondée 
en Uyi.^ai: Hugues III. Duc de Bourgogne, lorfqu*il alla 
à la Terre Sainte. Cette fondation fut confirmée par le Pa- 
pe yûtexandrelll.c^m prit cette Chapelle fous fa protedion, 
voulant qu'elle ne futfoumifeà perpétuité qu'à lui & a 
fes fucceileurs ; ce qui futde nouveauconfirmé par le Pa- 
pe /««ocewr III. Pan iiii. Aujourd'hui cette fainte Cha- 
pelle, anciennement Ducale ,&à prefent Royale , jouît 
des mêmes Privilèges. L'E^^life eft fort belle & fort dé- 
licate. Le chœur n'efl: orné que des armoiries des Che- 
valiers de la Toifon d'Or que Philippe le Bon Duc de Bour- 
gogne y affembla pour un Chapitre qu'il tint à la naiflàn- 
cede Charles Comte de Charotois fon fils. Ce qu'on re- 
marque dans cette Eglife de plus précieux, c'efl: le prefent 
ciueluïdt Philippe le Bon^ de l'Hoftie miraculeufe que le 
Pape Eugène IV. lui avoit envoyée à tljle en Flandre , enj 

reconnoiflance * 



à 



d'e s Abbayesde France. 4531 1 

TiT&i&z%B$. reconnoiiïànce du fecours que ce Prince lui avoir donné/'°''"^ ^^'"^' 
contre les ennemis de fon exaltation. Cette fatrite Hcfae 
ayant été percée de coups de canif par un Juif enragé , 
rendit du fang dans tous les endroits où elle avoit été 
frappée. On l'expofetous lesans durant l'oclave du Saine 
Sacrement^ ôctous les jours durant cette Odcave, le matin 
avant que de Texpofer , ôc le loir en l^a reflerrant , on 
permet à tous ceux qui font prefens de la regarder de 
près i mais hors de ce temps-lâ , on ne la montre qu'à 
des gens de diftindlion. L'on remarque que les endroits 
qui ont été piquez font encore un peu roux. L'on voit, 
dans les archives l'original des lettres que Eugène IV. é- 
crivic au Ducde Bourgogne y lorfqu'il lui en fit prefenc> 
& celles que le Roi dt France LoUts XIL écrivit au Cha- 
pitre, lors qu'enfuite d'une guerifon miraculeufe,il lui 
envoya la Couronne d'Or qu'il avoit portée fur fa tête , 
toute la journée de fon facre, pour la mettre fur la Sainte 
Hoftie. Le Soleil, où onl'expofeeftd'or, enrichi de pier- 
res précieufes > & très-bien travaillé , c'eil: un prefent d*I- î 
JahelU femme d^Jean Duc de Bourgogne. Le coffre dans 1 
lequel on conferve fans altération cette Sainte Hoftie, eft 
auflid'or , long d'environ un pied & demi , large d'un 
bon demi pied , & élevé du moins autant i il eft très-bien 
travaille, & orné de plufieurs Agathes,ôc pefe 51. marcs 
d'or. C'eft un prefent du Duc d'Epemon, lorfqu'il étoit 
Gouverneur de Bourgogne. Auparavant on mettoit cette 
Sainte Hoftie dans un autre coffre plus petit de vermeil 
doré ,émaillé fi délicatement qu'on ne fe peut lafler de 
le voir. Dans une Chapelle qui eft du côté de l'Evangile 
eft le tombeau de Gajpardde Saulx, Seigneur d^Tavan^ 
nés Maréchal de Fr^wcf mort en 1570. Dans la nef on voit 
contre un pilier à main gauche une figure de pierre qui 
leprefente un homme à genoux , vécu d'un longue robe , 
ayant une ceinture de laquelle pend une grofle bourfe| 
quarréc. C'eft la figure d'un marchand Gcnois, nommé, 



D 



^^ 



ne 



454 Recueil général 

TiruiAiaes. £)/>«f SponJe y qui prêta une fomme confiderable à un 
Dacde Bourgogne, quialloic faire la guerre aux Infidèles. 
Le marchand ayant enfuite fait don de cette fomme an 
Duc , celui-ci par recannoi/îànce fit élever ce monument 
à la mémoire. Du Tillet rapporte que la Sainte Chapelle 
de Dijon fut fondée l'an 1153. parle Duc Hugi^.eslll. à fon 
[retour dQ Jerufalem. Elle cil remarquable pour (es Cloî- 
tres , pour fa haute tour , pour fa fituation devant une 
grande place ôc pourplufieurs tombeaux dans le chœur. 
Le chapitre de Bar-fur-Seine ^ n'eft compofé que de 
trois chanoines 5 dont les prébendes valent environ qua- 
tre cens livres par an , ôc font a la nomination du Roi. Il 
a été fondé par les Comtes de Champagne dans la Chapel- 
le du Château de Bar^fur-Setne \ mais après la ruine de 
, ce Château , les Chanoines furent transferez dans l'Eglife 

• paroiffiale de la Ville de Bar-fur-Seine , (ous l'invoca- 
tion de Saint Er/e^wÊ", dont le Curé n'eft que le Vicaire 
perpétuel du Chapitre de Saint Mamendc Langres ^ par- 
ce que les Chanoines font Curez primitifs. On donna la 

• Chapelle du Sepukhre aux Chanoines de Bar-fur-Seine , 
dans laquelle ils font leur fervice 3 fans avoir rien de com- 
mun avec le Curé. 



florins Rcvea, 




E VECHE 



DE» Abbayes ï>e France; 455 

EVECHE DE CHALONS 
SUR SAONE. 



ins R^ycH 



^ ^HA LON S SUR Saône, en Latin, Oi//o«f«y?;, 



jfl' 



fd. François 
Madot, Abbé 

^cLo^oy» ^. ^^_j/e« Cabillonum y w Cabilo ^ ville Epifcopale de la 
Bourges. Et première Lionnoife, & de l'Exarcat des Gaules^ çnBourgo^ 
o de s.Au?,^«<r, L Evcque qu on y voie des i an 540. en elt Seigneur 
D.dc Bouio- ^^ partie, &c'efl: le troifiéme Suffragant dé Lyon, Saint^ 
Adctrcel qui vint prêcher la Foy à Chalons , accompagné ' 
de S. Vaicririy ou Falerien, fous l'Empereur Antonius Ve- 
rus y & qui y foufFric le mariyre par la Sentence de Pri- 
JcHs^ chef de la Juftice pour les Romains, en efl: recon- 
nu l'Apôtre. Sa^tnt Sylveftre fut fait Evêque de Chalons 
après le Bienheureux Je^«, vers l'an 490. & il mourut 
vers l'an 532.. ou 533. S.^^r/ro/d',dit S. A règle Evêque de 
Chalons y mourut vers l'an 580.il avoir fuccedéà S. Sylvef- 
tre vers l'an 533. S.Gratien en fut fait Evêque vers l'an 6^0. 
après Selfony fucceffeur de S. Loup, La ville de Chalons 
Jur Sâone eft fituee (ur le bord de la rivière de Saône ^ 
qui y fait une Ifle. L'Eglife Epifcopale, n'a que fa feu- 
le antiquité de remarquable , & rien de beau que les 
deux clochers au deflus du portail, fes Cloîtres, &: quel- 
ques tombeaux des anciens Comtes de Chalons, Cette 
Églifc dédiée autrefois à S. Etienne y & aujourd'hui à S. 
Vincent y2i fon Chapitre compofé de vingt-trois Chanoi- 
nes parmilefquelsilyafeptdignitez, fçavoir,le Doyen, 
le Chantre , le Treforier,& quatre Archidiacres. Le rc-j 
venu de ces Canonicats confifle en gros fruits, aufqucls 
on ne peut pas avoir part à moins que d'être Diacre ôc 
en diftnbution. Le Diocefe renferme deux cens quatre 
Parroifles, partagées en cinq Archiprêtrez, qui font ceux 
Tome 11, N n n de 



45<? Recueil général 

TirziA-.Kiî. ^Q ^Qyj^'gj^j ^ Migny ^ Brejfe ^Tournus & Duchés^ avec fix 

Abbayes. Cette Ville Epifcopale eft à cinq Jieuës de 
Tournus , à trois de V^eràun , 6c autant de Mejteres ^ & à 
quatre-vingt de Paris , dans une plaine vafte ôc tranqui- 
le, au confluent de la rivière du Dot^x, On confervoit 
autrefois au milieu du chœur l'Ecriture Sainte fur l'Ai- 
gle i & c'eftpour cela qu'on a retenu encore aujourd'hui 
J'ufage de ne point pafler devant 1 Aigle, ôc de l'encen- 
fer à la main. Cette Ville a eu fon Evêque particulier, 
après le règne de Conftantîn, Sidonius /J^ollinaris, qui 
vivoit fous les derniers Empereurs d'Occident, fait men- 
tion de Panl^ç^m étoit alors Evêque de Châlons. Gaultier 
Evcque de Châlons acheta de Geofroi de DoriTii la part 
qu'il avoir dans le Comté de Châlons '^ Se c'eft à ce titre 
^ que les Evêques Cqs fucceffeurs ont joui de la moitié de la 
Comté de C/;^/o«i. L'Evêché de Châlons eft fort ancien, 
car l'on compte Donatien pour un des premiers Evêques, 
&c il vivoit l'an 36^4. celui qui l'efl; aujourd'hui 1715. eft 
le quatre vingt-deuxième Evêque. L'Eglife Cathédrale 
conferva le nom de S. Etienne jufqu'en 51^. que le Roi 
Childehert paflant par Châlons à fon retour d'Efpagne ydé' 
pofa dans cette Eglife les Reliques de S. I^incent y com- 
me il avoit fait à Mâcon *, &c dès lors elle quitta le nom 
* de S. Etienne pour porter celui de S. Fincent, Au reftc 

elle eft de fondation Royale ', ôc c'eft pour cette raifon 
que Iqs armes du Chapitre font un Ecu d'azur, femé de 
France, Il y a eu un Concile à Châlons fur Saône y vers 
l'an ^50. . .... 

Abbayes d'Hommes de l' Ordre 

DE Saint Ben oisT. 

SAINT PI ERRE. 

M. Filieal 

ic la chapei- Saint Pierrc de Châlons, en Lztïn.Sanélus Petrus Cahilo^ 
Yabrcs. nenfis^éioii fixuée autrefois hors delà ville àt Châlons ^2ins 

une I 



Florin? 



700. 



5000. 



T/ 



TUtAIUBS, 



DES Abbayes de France. 457 
•une ficuation fore agréable : tous les Evêques y étoient ^^°'"" 
enterrez; mais ayant été entièrement détruite pour faire 
une Citadelle, les Religieux furent transférez pour lors 
dans la Ville, dans une maifon particulière, où ils ont de- 
meuré jufqu'à rétabli ffement de la réforme de la Con- 
grégation de S.Maur^ qui a rendu au Monaftere la fplen- 
deur qu'il pouvoir avoir dans un lieu aflez étroit , mais 
pourtant agréable. L'Eglife que ces Pères y ont bâti de- 
puis peu d'années , eft: affurément la plus belle qu'il y ait 
oans Chàlons'^ & il eft furprenant que des Religieux, dont 
le revenu eft fort modique, car ils n'ont que 5000. livres, 
ayent pu faire un édifice de cette confequence. Cette Ab- 
baye a été fondée Tan 58^. . . • 



RcTen. 



390. 



T O U R N U S. 

M. Ficury , Toumus OU Tomus , en Latin , Trenorchien/Is^feu Sanc- 
ancien Eve- ^^5 PhtltbeYtus de TrenoYchio , aut Turnufium . njel TrenoT- 

quedeFrejus, ^ , ^ l-.lVn ri 

Abbé de S. chium yO*TenurtiHm y lituee a cinq lieues de diltanceprei- 1 
Caeir&PrVque égale entre Châlcnsfur Saône & Maçon ^ ôc dans le 
KS'iui^ ^"^^connois. Ce ne fut d'abord qu'un petit Monaftere ap- 
^v. pelle la Congrégation de S. Valerien , jufqu a Charles le 

Chau've, Ce Prince le donna avec fa Terre ôc [qs dépendan- 
ces, aux Moines de S. Philibert, chaffez par les Normands 
de rifle de Hero ou Heria, aujourd'hui Noirmoutier, qui 
erroient avec Geilon leur Abbé , &: avec les Reliques de 
ce Saint depuis quarante ans, pour éviter la fureur des 
Normands. Charles le Chau\:e déclare dans fa, Patente , 
qu*il a donné à ces Moines pour s'y établir, la Ville qu'il 
appelle Torw/iC/'/iw, ôc le Château voifin qu'il nomme Trf- 
norchium , ou Trenorcium. C'eft dans le Château que les 
Moines de S. Pm/;^err s'établirent, ils furent toujours de- 
puis fous la garde & protection des Rois de France. Cet- 
te Abbaye devint très-florifl'ante depuis qu'elle eut pris 
le nom de S. Filhert. L'Eglife ayant été confumée par le 
feu, fut rebâtie l'an ioi8. le zS. Aouft fous le nom de S. 

Nnn ij Filhert 



70Q(yi 



45^ Recueil général 

•ftT»t*iass. piiy^jr^^ Apres les perfécucions l'on bâtie une Eglife fur 
fon tombeau: elle éroit gouvernée par un Prêtre particu- 
lier du tems de S. Grégoire de Tours y on y ajouta dans le 
iîeclc fuivant le petit Monaflere dont je viens de parler. 
Quelques Auteurs difent que l'origine de l'Abbaye de 
7ournus efl: inconnue, mais d'autres fixent fa fondation 
en 815 ils ajoutent que Ch Arles le Chauve fit beaucoup de 
bien à cette Communauté^ èc lui accorda la petite Ab- 
baye de S. PoHT^ain par les Lettres Patentes de l'an 871. 
Geilon ayant été faitEvcque dcLangres enSSo. il eut pour 
fucccffcurs en l'Abbaye de Tournus Gautier de Blngar. Le 
Cardmal de la Rochefoucault Abbé Comracndatairc de 
cette Abbaye, la fait fécularifer & changer le Convenr 
des Bcnedidms , en un Chapitre féculier du confente- 
ment de Loiiis XIIL par le Pape Urbain VIIL dont la 
Bulle dattée de l'an i6t^. a été enregiftrée au Parlemeni 
de Paris en 1/Î17. LePere Chiffim. fait l' H i (loir e del'Ab 
baye de Tournas fur Cqs titres ; mais ce Père dans faChro 
nique a fait quelques méprifes. M. Juënin fçavant Cha- 
noine del'Eglife Collégiale de T'owm^i, a recueilli quan 
cité de Mémoires fur cette Abbaye, tirez des titres prin 
cipaux, ôc de quelques manufcrits *, fur tout de la Vu: 
&: Tranilarion de S. Philibert , des A6les de S. VAerie-ù 
compagnon de S. Marcel^ Se martyrifé en 179. & de la 
Chronique deT^o«r««.^5 compofée par Balcon^ Moine de 
ceMonaftere. L'Eglife de l'Abbaye deTournus paroîtfort 
ancienne , fur tout le San(fî:uàire> le tour des Chapelles, 
êc l'Eghfe fouterraine. Ceft-lâ qu'on voit troisanciens 
tombeaux. Oncrorcque les deu^ premiers font ceux de 
S. l^alcrien martyr, ôc de S. Philibert , ce qui eft afiez 
vrai-^femblable. On voit auflî dans l'Eglife fuperieure le 
îombeau que le Cardinal de la Paluë s'étoitfaitconftrui- 
redc fon vivant, mais il n'y a pas été enterré. On y voir 
encore la couverture d'un ancien tombeau , que le Car- 
dinal de Bouillon a fait ôtcr pour faire une Chapelle 

On 



d'ê s A BB A Y E s D E F R À N d E . 45^ i 

"^"""^^^^ On croit que c'écoic le tombeaude P/^rr^,. premier Abbé/^'°""' 
dcTournus. L'Abbé'efl: Haut Jufticier dans la Ville, & fa 
Juftice s'exerce dans l'enGlos de l'Abbaye, où il a tou- 
jours eu fon Auditoire, & fes prifons i II eft le premier 
Dignitaire de fon Abbaye. . ^ 



Abbayes d'Hommes ds 
p E C I s T E A u X. 

c I S T E A u x: 



L'O R D R E 



Rcrefi 



lOOO. 



ICOOV^ 



i 



Dom ïcrrot- Giftcaux, en Latin, Ciflercium ^ njel Cijlenienfis y feu No^ 
'vum Monafierium , Chef d'Ordre en Bourgogne dans le 
territoire de Dijon , à cinq lieues de cette Ville , à deux 
de S. Jean de Lone fur la Saône , entre les rivières de Cenu 
fond & de Fouge-'i mais dans le Diocefe de Chai on s fur 
Sâone. S. Robert rebuté de l'indocilité de fes Religieux de 
Molefme, les quitta pour fe retirer dans le defeit de 
Vinay, Il y fut fuivi d'^^lheric, d'Etienne, ôc de deux au- 
tres de fes Difciples. L'Evêquede Langres leurDiocefain, 
follicité par ceux de Molefme y leur ordonna de retour- j 
ner lous peine d'excommunication : c'eft ce qui les por- 
tai fortir plutôt du Diocefe de Langres, Robert précédé 
de (es quatre compagnons, fe retira dans la forefl: de 
CtfieauXi au Diocefe de Chalonsfur Sâone ^ 5c y fut fuivi 
de vingt autres de les anciens Religieux. Il y établit fa 
nouvelle Communauté, ayant reçu du Légat du Pape 
Difpenfe de retourner à Molefme. Il fut établi premier 
Abbé de CifteauxyY^rï 1098. fous la Règle de S. Benojjly 
dans une terre qui appartenoit a Renard, Vicomte de 

, Beaune'y & ouEude 1. Duc de Bourgogne donna a ce Mo- 

naftere , dont il fut Fondateur, ôc que Gaucher Evêquc 
de Chalons approuva , parce que ce lieu étoit dans fon 
Diocefe. La fuuation de Ctflcaux éioit trifte , ô: dans un 
pi>ys qui étoiralors inculte, & marécageux. Le Bienheu- 
reux jilheriç fut fait-Abbé en fa place dès Tan wç^c^. lorf 

Nnniij que 



4(Jo Recueil Genjral 

TiTuiATMq^e \q p^pe renvoya S. Robert à Molejme. S. Etienne Har- 
ding ne fuc que le croifiéme Abbé de Ctjîeaux^ ayant fuc- 
cedé au Bienheureux JlbericVgui 1105? mais fl eft regar- 
dé comme le Fondateur de cette Congrégation nouvelle, 
avec S^amzRohert de Adolefme, ôc le Bienheureux Alheric. 
Ce fut ^Etienne qui fut le véritable Legiflateurde l'Or- 
dre, & qui en fît les principaux Reglemens. Le nombre 
des Moines s'accrut fi fort fous le Bienheureux Jlrenc^ 
ôcfous S. E//e««Ê'^quece dernier en envoya une partie l'an 
III t. à \a,Ferté-fur'Grofne en Chalonnois ^ où fut fondée la 
première Fille àzCifleaux, L'année fui vante 1113. le nom- 
bre des Moines s'accrut encore davantage à Citeaux, lort 
que l'Abbé Etienne donna l'habit à S. Bernard, &c à tren- 
te Gentilshommes qu'il y amenai de forte que l'an 1114. 
Etienne fonda en ^uxerrois le Monaftere de S. Edmond , 
où Edme àt Pontigny ^ qu,i fut la féconde Fille. L'an 1115. 
S. Bernard io\'\à2i le Monaftere de Clair^auxy qui fut la 
troifiéme Fille : & la même année Guillencus Evêque de 
Langre s y fonda, le Monaftere de Jdorimonden Bâjjigny ^ 
qui eft la quatrième Fille de Cifieaux. Ces quatre Abbez 
qu'on appelle les Pères ou les Primats de l'Ordre, ont 
de grands Privilèges, & peuvent pafler eux-mêmes pour 
des Généraux d'Ordre, à caufe de l'autorité qu'ils ont 
fur les Monaderes de leur filiation. S. Etienne revit les 
Conftitutions de l'Ordre, & les fit approuver par le 
Vap^Callifiell. qui confirma aufli l'Ordre dcCiteauxp^r 
une Bulle de l'an 1119. La Chapelle des Fondateurs efl: 
fous le portail de l'Eglife à main droite ; & dans cette 
chapelle on voit un tombeau élevé de quatre pieds de 
terre , &c une épitaphe latine , qui nous apprend qu'il ren- 
ferme les cendres d'Eudes Duc de Bourgogne^ & Fonda- 
teur de cette Abbaye, de fon fils Hugues , ô^ d'Eudes fils 
de Hugues, Au fortir de cette Chapelle , il y a fous le 
même portail à main gauche le tombeau de Hugues IIL 
Duc de Bourgogne y fils d'Eudes IL de plufieurs autres 

tombeaux 



t-lorlus Rcvoaï 



DES Abbayes de France. 4^1 

TiTuiAinEs. tombeaux , parce que les premiers Religieux cîe Cheaux 
croient fi fcrupuleux qu'ils n'ofoient point enterrer des 
feculiers dans l'Eglife i ôc c'eft pour cette raifon que le 
Fondateur de cette Abbaye & les trois premiers Ducs de 
Bourgogne décédez immédiatement après la fondation fu- 
rent inhumez fous le porche de l'Eglife. Environ cent 
ans après , ils n'eurent plus le même fcrupulei car on 
compte qu'il y a jufqu'à cinquante-fix Princes de la Mai- 
fon de iBo«y^o^«e enterrez dans cette Eglife, de mèmedes 
Seigneurs particuliers, entre autres quatre Seigneurs de 
Vergi ^ Ôc Gui de B^ochefon Chancelier de France. Je ferois 
trop long , fi je rapportois ici tous les tombeaux de gens 
de confîderation, qui font dans l'Eglife de Citeaux. Au 
tour des chaires du chœur font les armes de tous les Che- 
valiers de Saint Michel ^ créez par le Roi François I. dans 
l'Eglife de Citeaux, où il fe trouva avec famcre, & plu- 
fieurs Seigneurs l'an 1511. le 10. de Juin. A droite, la pre- 
mière, eft du Roi de France', la féconde, du Dauphin ; la 
troifiémc) du Roi de Navarre -, la quatrième, du Prince 
Danois ; la cinquième , de Claude de Lorraine Duc de Gui- 
fe i la fi-xicme, dcRohert de la Mark , Comte de la Alarky 
Seigneur de Sedan-, la feptiéme^de Claude Goufier Com- 
te de Carrai', la huitième, de Charles Chabot y Seigneur 
àQjarnac'jla, neuvième, de M effire Jacques. A gauche, la 
première, eft de l Empereur, \â leconde, du Prince d'An- 
gleterre; la troifième, d^ Claude d'j^nnehault Amiral de 
France ; la quatrième de François de Lorraine, Comte d'Ju- 
malle-, la cinquième, de Louis de Beiiil ^ Comte de San- 
cerre ', la fixième, dtjean d'Jlhon^ Comte de Saint Ândrê^ 
la feptième^ de N/colas Boujju , Seigneur de Longueval ', 
la huitième, de Guide Maugeron , Seigneur de Dampicrre^ 
ôc la neuvième, de Cneaux. 

Le Refedloire de cette Abbaye a plus de fix - vingt 
pieds de long i il eft large ôi élevé à proportion. La gran- 
de falls des morts, qui étoit l'ancienne infirmerie, eu: en- 
core 



Florins 



RCTCÇL 



llTIlAlfiS. 



4^1 



K l eu E I L GENERAL 



corc plus grande d'un quart jc'efl: un des plus beaux vaif- 
feaux qu on pui/Te voir. Les trois cloîtres font proportion- 
nez au rede des bâtimens. Dans l'un deces cloîtres on voit 
de petites cellules comme à CUirvaux y qu'on appelle les 
ecrtîoires ^ parce que les anciens Moines y écrivoient des 
Livres. LaBibliotequeeftau deflusje vaifTeau eft grand, 
voûte & bien perce : il y a un bon fond de Livres impri- 
mez fur toutes fortes de matières, bc fcpt ou huit cens Ma- 
nufcrics, dont la plupart font its ouvrages des Pères de 
l'Eglife. Les plus confiderables font la Bible en fix volu- 
mes, que S. Etienne troifieme Abbédc Cttcaux fit corri 
ger par des Kakins.U manufcrit qui contient la Règle de 
S. Benoift.ÏQs anciens Us de ^hcaux ^ le Martyrologe, 6 ! 
pluficurs autres ehofesqui regardent l'Ordre. Les Ade 
du Concile de Confiance ^ & plusieurs autres pièces tou 
chant le Schifmedes Papes d'Jvjgnon, 

L'Abbé, Chef& General de Cneaux efl: Confeiller né 
au Parlement de Bourgogne-^ il prend la qualité de pre 
niier Confeiller né des Etats de Bourgogne^ Se yaféanc^ 
du côté & au defllis du Doyen. Il efl: immédiatement aprc.^ 
les Evêques d'Jutun^dQ Chatons , d'Auxerre &c de Adâcon ■ 
^ a la tête des Abbezde S. Bénigne de Dijon y deS.Etier,- 
^e 3 de la Fertè y de Fontenay ^ de FUvignj, de la Bujjicn\ 
de S. Pierre de Châlons, de S. Martin d' Amun , de S. Seint 
du M onfl ter Saint Jean y d^Oigny^ de Sainte Marguerite ^ 
de S. Germain d'^uxerre^ de Rtg^j y de Chattllonjur Scim 
& de S, Marian d'^uxerre. Tous ces Abbez font aflis fur 
des chaifes ados, à la refervcde celui dcCiteaux , qui:; 
un fauteuil. M. de Roquette Eveque d'Jutun prétendiif 
aux Etats de l'an 1^97. que l'Abbé de Citeaux n'y de 
voit point avoir de fauteuil; & cette contefl:ation ayanr 
ctc portée au Confeil du Roi, elle fut décidée en fa- 
veur de l'Abbé de Citeaux par Arrefl: du 10. d'Avril 
'i6^^. Cet Abbé efl: Supérieur General des cinq Ordres 
de Chevaliers d'Jlcan taraude Catatrava, de Jvis y de 

lAonte^e y 



/Florins 



DES Abbayes de France. 4.6^ 

TirutAiMs, jijome-^e, ôc de C/;r//?, qui (ont dans les Royaumes d'i^'^' 
fagne^ àz Portugal y ôc il prête le ferment de fidélité en- 
cre les mains du Roi : c'eft le Chef Jrchimandrne de dix- 
huit cens Convcns de Religieux, ôc prefque d'un pareil 
nombre de Monaftere de Religicuies. L'Abbaye de Ci- 
ceaux eil éledive, 6c dépend immédiatement du S, Siège 

LA F E R T E'. 

ipom vefBois L^ 'Ptuté Cm Grofne , en Latin , Firmitas ad Gramam, 

de Moiujour- _ ^ ^ . , I / i 

»*!• fituce dans le Bourg du même nom, dans le Duchc de 

Bourgogne, fur la gauche de la rivière de Grofne , à trois 
lieuësde Châlons, ducotédii Sud. C'efl: la première filia- 
tion de Cneaux'^ car S.Etienne siivoya une partie de fes 
Moines en im. à la Fertéfur Grofne ^ où fut fondée cette 
Abbaye le 15. des Kalcndes de Juin, ou le 31. Mai 1113. 
Elle efl: régulière ôc éledlive , ôc l'Abbé eft Père ou Pri- 
mat de l'Ordre. Il peut paffer lui-même pour General 
d'Ordre, à caufe de l'autorité qu'il a furies Monafteres 
de fa filiation. Elle fut fondée des libéralités des Comtes 
Savane d^ Guillaume , qui donncïcnt ^ l'Abbé &c aux Reli- 
gieux leur Forefl de Drame. Cette Abbaye fut brûlée en 
1570.. par Gafpard de ColigrJ ; dc cet incendie joint a la 
négligence de quelques Abbez, l'avoit mife dans un état 
déplorable ', mais Claude Petit qui en a été Abbé , a relevé 
{es ruines par fon cxconomie ôc par fa fageffe^ avec tant 
de Ciiccès, qu'aujourd'hui elle ne cedc à aucune Maifon 
de l'Ordre en grandeur, en beauté & en magnificence. 
L'Eglifeeft une des plus belles chofes qu'on puifle voir, 
le Sanctuaire ell: magnifique : l'Autel en forme de fepul- 
crc eft d'une pierre qui approche du marbre. LcSaiiit Sa- 
crement eft élevé dans un ciboire foutenu par une fainic 
Vierge enlevée dans le ciel par les Anges. Tout au tour 
font des fculpturesd'un eoût merveilleux : dans le Sanc- 
tuaire on voit les tombeaux de quatre Eveques ^ deux de 
Ch'dons y un de Aîâcon, ôc un de Carlile , mais ils n'ont 
Tome IL Ooo points 



Flbîirs 



5 OC'. 

D'au- 
tres di- 

l-nt. 
60Z, 



>cvcx. 



;ooo9. 



600O3. 



Ti^raLAiREs, 



464 



Recueil général 



point d'épitaphe. Il y a dans les cloîtres 5 qui font très- 
grands ^c très beaux, plufieurs tombeaux de perfonncs de 
diftindion, ôc l'on voie furies tombes des Abbez qui font 
dans le Chapitre, que jufqu'cn l'an 1387. ils avoient le ca- 
puchon attaché à la coule. Le premier qui porte le cha- 
peron détaché eft de l'an 1415». Le vaifieau bâti exprès pour 
Ja Bibliothèque eft grand, large ôc élevé à proportion , 
très-bien paré ôcboifé ; mais ce qui cft de plus admira 
Lie , ce font les Livres qui y font tous bien choifis & 
bien conditionnez , ôc en très-grand nombre. Tour ce que 
l'on voit à la Fertc renfent la grandeur, &: elle la doit n 
Dom CUude Petit y qui en crenre-trois ans de gouverne 
ment , a trouvé le nioyea de fliiie tant de belles chofes. 

M E Z I E R E S. 

Mezieres , ou Maifieres, ou Maizieres, en Latin, de 
Mdceriis y fille de l'Abbjyede la Fçfté. Elle efl: fuuée au 
Duché de Bourgogne , à une lieue & demie de Beaune. Elle 
fut Fondée le 8. d^s ïdes de Décembre, ouïe 6. en 1131. 
Les Religieux de l'étroite Obfervance qui la pofledent au- 
jourd hui , font voir que pour rétablir les maifons Reli- 
gieu fes , il ne faut qu'y mettre la Réforme. Il n'y a que 
fbixante ans que c'étoit un cloaque, où à peine cinq ou 
fîx Religieux pouvoient vivre , aujourd'hui c'eO: une 
des plus belles Abbayes de l'Ordre, capable de nourrir 
plus de vingt Religieux ; tout y eft grand & riant ? 1 E- 
glif^ ôc tous les lieux réguliers font d'une propreté qui 
fait plaifir, les jardins &: la bafle-courc répondent a tout 
le refte. La Bibliothèque eil excellente, tous les Livres 
qui font en grand nombre, font choifis & très biencon 
ditionncz, mais il n'y a point de manufcrits. Les Archi- 
ves font en trés-bon étac Plufieurs Seigneurs de jyon- 
tiXi^u, cadcrs de la Maifon de Bour^o^^n^ ^[oni enterrez dans 
C-ite Abbaye, comme on l'apprend par les titres; car on 
n'y voie aucun de leurs tombeaux,, mais feulemcnr ceux 

de 



, Rcvc», 



4Î0 



a5««»» 



DES Abbayjs de France. 465 

T1TU1..1..S ^g j^^,,^ Evêques de Châlons dans l'Eglife , Se celui de 
FJco di Renny le Fondaceur 6c de fes enfans dans le cloî 
tre. Cette Abbaye vaut 5000. livres aux Pveligieux, 

Abbaye de Filles de l'Ordre 

DE Saint Benoist. 

LANCHARRE. 
Mrirciit- Lancbarrc, le nom qu'elle porte cfl: celui du lieu où 1 
viBccac. Cl le rut d'abord fondée , ^ bâtie près de Brian f on , o'oii 
clic fut transférée à Châlons , par les foins d'une de fei> 
■ -AbbefiTcs, qui étoic jén^eltquc du Blé d'HuxdUs, 

Abbate deFilles de l"0 r d r e 

DE CiSTEAUX. 

M O L A I Z E. 
Me de Rîc- MoIaizCj ou Molcze ^ en Latin, Molefi'W , Fille de 
l'Abbaye de Tard fous Cm aux ^ fituéc au Duché de Bour- 
gogne, . . . . . 

Prieure z d'H o jsi xM e s 

SAINT JEAN. 

Saint Jean de Lone, uni au Prieuré de S. Via)An Çom^ 
y^^y^y , Diocefe d'Autun. Il cft fitué fur la Saonc à trois 
lieues au deffous à" Au^onnc ^ à pareille didance au deflus 
de Beile^z^arde y &c à cinq licuès de Dijon. Ce Prieure ed 
de l'Ordre de Cluny, ... 

SAINT MARCEL. 

M .îc poi,- Saine Marcel lez-Châlons. S. Ad arccl èchz^c des pri- 

c".\,crry^^'' ions dc LyoH Pan 177. alla prcchrr PEvangilc au Dio- 

îurhc^" '^'^ ^^^^ ^^ £<?/^«fc«. Il fut arrête deux ans après au paiTage 

de la Saonf , & martyrifc prés de la ville de Châlons. On 

bâtie depuis en fon honneur une Eglife, puis un Mona 

Ooo ij fterc 



îoriri$.R.'7Ca., 



}:c. 



fooa, 



700», 



roo#. 



r««C 



4^^ 



Recueil General 



TiTuiAiREs. |j.gj.g j^j^^ les Faiixboar<^sde cette ville- L'Abbaye devint 
célèbre, ôc le Roi Go'urany choific fa fepulture, ô^ la 
fonda. Il y établie l'ufage de chanter les louanges de 
Dieu fans interruption, ce qu'on appelle en Latin , Lans 
perennis, ce^n'efl: aujourd'hui qu'un Prieuré Conventuel, 
poiTedé par les Religieux réformez de l'Ordre de Cluny , 
qui ont renouvelle tous les bâtimens, ôc en ont fait une 
niaifon qui ne cède point en beauté ôc en magnificence à 
celle du Fondareur. On voie dans l'Eglife fur le grand 
Autel une chaffe fuperbe, dans laquelle font confervées 
les Reliques de S. Marcel Martyr, ôc de S. Agricole ^ ou 
Aregle Evêque de Chàbris. Les corps de S. Defrê ôc de 
S. Sjheflre Êvêquesde Châlons , fontauffi dans la mcmt 
Eglifeimais ils n'ont jamais été élevez de terre. On y 
voicauiîi dans le Collatéral le fepulcre du fameux Pierre 
JhaiUrd, où il eft reprefenté avec fon habic raonachal 
Il étoit autrefois dans la Chapelle de l'Infirmerie, où il 
avoir été enterré avant qu'il fùc transporté au Parader', 
mais cette Chapelle ayant été détruite , les Religieux 
pour ne point laifler périr cet ancien monument, l'ont 
transporté dans l'Kglife. . , . 



* M Pfrnoft , 



E S P O I S S E. 

CY- levant Efpoiflc, 611 Latin , Jf £/^/a^. L'ancien Prieuré ou Ab- 
^'m"^^ ^^^" baye de Fayane en Franche-Comté , y eft: uni. Le Prieuré 

pdlc du Ko;. 1^--^,, '/"^ 

d*£/'pc/^e elt de l'Ordre de Gr^wwa/2r. 

Saint Martin de Chany , eft de l'Ordre de Saint Àu- 
giiftin, de la Congrégation de S. Ruf, 



(?i 



c^S 



&^2> 



ivjTlTBlAIRî.S 



DES Abbayes DE Fp.axce. 



4<^7 






Flûrins 



EVECHE DE MAÇON. 



MAGON , en Latin Matifconenfis^ ^■YïWo. Epif- 
copaledela première Lionncife ^ de l'exarcac des 
M.MichcMc G^w/fi fur la rivierede Saonezn Bourgogne efl la capitale 
Tiiiadct D. du Maconnots. C elt un hvecne aes l an 450. tous la métro- 
dcTa^'Facufôpol^^^ L/W.Elleeft (ituéeTur le penchant d'un coteau, à 
dcparis.Abbé licucs deP^r/i.à cino deTournus ôcdeVillefranchcôc 
ord.dc Prc- adixde C6^/o« au Septentrion, ô: autant de Z.j);c>« au midi^ 
TcTayomK ; daus un pays très-beau ôc très-terrilc. L'EgliTe Cathédrale 
s. Thomai? étoicautrefois dédiée à S. Pierre & à Saine Barthtlemyim^is 
le Roy ChiUeben par la grande dévotion qu'il avoir à S. 
Vincent i la fit conuicrer à 1 horjneur de ce {aint Martyr, & 
l'enrichit de les reliques. Cette tglife eft aûezjoliej mais 
elle n'approche pas de la magnificence des grandes Egli- 
ies Cathédrales i car elle ed étroite ôcfombrei miisles 
; voûtes foncaflez exhaufTées.La fonneriede fcs cloches paf- 
le pour ctre unedes plusharmûnieufesdu Royaume. La 
Sacriftie eft un relie de l'ancienne Eglife. L'on voie dans 
la Cathédrale le tombeau des quatre Evcques D//K-r avec 
leurs figures élevées deffus en marbre blanc. Cette E^lile 
a par le dehors deux hautes tours, quife font voir ae fort 
loin à la Campagne , ôc dont l'une fert de tour d'horloge 
à la Ville. Son Chapitre eft compofé de vingt Chanoines 
de vingt ôc une prébendes, d'un Doyen, d'un Chantre5& 
de quatre Archidiacres qui font à la nomination de lE- 
véquede Doyen, leChantieôc les Chanoines lonc à celle 
du Chapitre. Aux grandes Meffes.le Célébrant, !c Diacre, 
ôd le foûdiacre portentla mitre. A Vcprcs le Célébrant & 
les deux Chantres la portent aufli. Il y a d.ins l'Evéche 
de Màcon 100. Paroiiîes, dont cent vinrt trois font du 
Bailliage de Màcon , les autres font dans \q uta-jjolois , 

Ooo iij ôc 



468 Recueil général 

^' '■ & le Lionnois. Les Diocefes A'Jutun ôc de Chaton s'éten-|^^^^>"»^'''*** 
dent fur les autres ParoifTes du Bailliage de /W^ruw. On a 
tenu deux Conciles à Maçon, fous le refîne du Roi Gon- 
tvan. Ce fut dans le fécond, tenu en 385. qucroniécnblit 
Ja célébration du Dimanche , quiétoi: m.il obfervée , Se 
qu'on décerna des peines contre les violateurs d'une aufli 
fainre lolennité. Il n y acjue deux Abbayes dans ce Dio- 
cefd qui font cii^ny de Sa^nt Ri^aud. Le I'ab.is de l'Evcque 
de Mâconci} magnifique dans fa (liactuie , ôc (• perbe 
par la beauté de Ion bâtiment. ïl eftcn la place du vieux 
château, quiétoitau pied de la Citadelle, dont il ne 
demeure aucune marque. Dans laconvocation des Etats 
particuliers du AlâcoK/jois , quife fait tous les crois ans, 
quelque temps auparavant queTAiremblce des Etats Gé- 
néraux de Bourorn^^ne foit convoquée, l'Evêquc de Mâcon 
y préfidc ; les élus de rEglifeionc alternativement nom- 
mez par le Chapitre de la Cathédrale de Mâcon, & par 
celui de Saint P/frr^ de la mcmc Ville , après les clûs de 
ces Chapitres , entrent a leur tour les Abbezdc Cluny de 
Tournus &: des Rf^aud, Lorfque t^s Abbez affiftenc en per- 
fonne aux Etats . ils précèdent les députez de ces Chapi- 
tres ; mais ces derniers piécedent a leur tourccui qui af- 
filient aux Etats, comme porteursde procuration defdits 
Abbez ; &: l'Evéquc de Macon^ lorfqu'il va aux Etats Gé- 
néraux de Bourvogni eft accompngnc par l'un des Officiers 
de l'élection , qu'il a droit de choifjr. Dans les Etats du 
Maconnoîi , les Ecclefiaftiquesy font plncezà la droite du 
Lieutenant General. Pendantlatriennaliré , lorfqu'il fur- 
vicnt quelques affaires qui méritent délibération , on tient 
aufTi-cot des AfTcm^blécs. Toutes cqs féances fe tiennent au 
Palais Epifcopal, ou chez le grand Vicaire en l'abfencc 
del'Evcqucquiadroit d'aflîfteren Camail& Rochetaux 
Etats Généraux de Bourgogne. Il a formé quelques con- 
teftations contre l'Evcque à'Juxerre pour la préféancc 
dans la tenue de ces Etats Généraux , Ôc l'afFaire n'efl: pas 
encore décidée. EGLISE 



1000 



t3.00«. 



r«roiâiMf<| 



M. Bloc io 

Chasvigny 
Abbc liC Ccl- 
Icfrouin ordre 
icS. AufuC- 
lin DioCc'^c 
ë'Angould- 



M. Henry 
Olval de Ij 
Tour c'Au- 
Tfignc, Cha- 
roinc&qrjiid 
Picvôcde i'E- 
gli(c dcStraf. 
bouro-, '^bHéS: 
CiieFdcrOr- 
Ji-e de Clu- 
ny.& cil cette 
^IM itc Coa- 
feillcr d'hon 
ncuraii P,ir- 
IcrKcntdc Pa 
ris , y^bbc de 
S Sauveur de 
Kcdc*i ai A, 
<lc S[ Btr.cîc 
dioc 'de Va.i- 
U S; de Con- 
Cftr^d.i même 
Ordre Dioc. 
i'£frça,x , ùz 



t>E5; Abbayes de France. 4(^5? 

EGLISE C OLLEG I A LE. 

5AINT PIERRE. 

Saint Pierre de Mâcon , en Latin, Sancîus Petrus Ma- 
tifçonenfis, C'étoic autrefois une Abbaye de Chanoines Ré- 
guliers, fous l'invocation de Saint Pierre s mais elle a été 
feculariféej ôc maintenant c'eft une Collégiale illuftre , 
dont tous les Chanoines doivent faire preuve de noblefle, 
comme ceux de S. Jean de Lyon. Ce Chapitre eft compofé 
d'un Prevot qui cft à la nomination du Roy ; d'un Tréfo- 
rier & de onze Chanoines , ce qui fait en tout quatorze 
prébendes, parce que le Prévôt jouïtdedeux portions. Les 
Chanoines font nommezaiternativement par le Prévôt 6c 
le Chapitre. Il faut faire preuve de Noblefléde quatre 
degrez, tantpaternels , que maternels. 

Abbayes d'Hommes de l' Ordre 

DE Saint BENOisTé 

C L U N Y , 

Cl un y, ou Cingny, en La tin, ClMniacum ,'vel CUmia' 
c^^fis 5 (îcuéedans la petite Ville du même nom dans le 
Maconnots à quatre lieues de Ma>con à rOccident,à quin- 
ze de Zj'ow au Septentrion, à fept àtChdions Çux Saône :x\.\ 
midi ôc a cinq deC/Mro//rs Capitale duC'^^ro/0/5 à l'Orient. 
La rivière de Gro/«c dcfcend le long des murailles de la 
Ville, ôc elles ont été bâties par un hhhéàtCluny. Ce lieu 
qui n'étoit autrefois qu'un Village dans \m lieu folitaire, 
cftdevenuune VMllc, à caufe de la grande ôc célèbre Ab- 
baye deC/««y fondée par Guillaume le Pieux Comte d'/Ju- 
njeycr^neyd^ duc d'Jqnhaine , l'an 910. fous le iêgnedeC/?^r- 
Ics le Simple. Cet endroit appartenoit en propre à l'E- 
glife Cathédrale de Saint l^mcent de Maçon , lorfque 
l'Evcque lWri?^W le ccdvi a l^artn Comte de Macon- 

nois y 



Floiins 



Rcvca. 



TITULAIR.BS, 



470 



RECtJEIL GENERAL 



noii , 6c a fa femme la Comtefle Alh^ne^ en échange del^io'' 
y^ufT: ordre ^ercamcs terres fimécsdans Iq Maçonnais .Iq Nivernais 3c 
d <3cKoù;n, j'^;^xrrg«f i CQ qul rtit coofiimé ^^r Lotus \q Débonnaire 
r-gw, c- dans la douzième année defon réghe,oii l*an 815. La Com- 
me ti'Archc- celTe ayant furvécu à fonmari,cedaplufieurs années après, 
I^^i I ^î*"' le territoire de Cluny à GmlUHme le Pteax y qui y fonda le 
icpmsAt- monaftere de S. P/>rrf, dont ilcréa premier Abbé Ber- 
yietttic non Abbé de Baulme près du Montjura^ 6c Abbé de Gigny 
ou Gfgnac, Il n'y avoit dans les commencemcns que dou- 
ze Religieux , fuivant le nombre prefcrit par Saint 5f- 
noit. Saint Odon eft regardé comme le Fondateur de la 
Congrégation. Saint Mayeul lui a donné ks principaux 
accroiilemens , & Saint 0^;/o« après lui, puis Saint Hh- 
gués. Le Bienheureux Bemon premier Abbé de ^luny , 
mourut en 92,7. Saint 0^o?2,que d'autres font premier Ab- 
bé , ou du moins inllituteur de la Congrégation depuis 
l'aufïiy.jufqu'en 5)41- Saint /l^^jve«/ fut élu du vivant de 
l'Abbé y^;«^rJfucceffeur de Saint Oaow, & fut le qua- 
trième Abbé deC/«A7)'. S. 0^//6>«SucceÏÏeurdeS.Mayeul, 
cinquième Abbé de Cluny , mourut la nuit d'entre 1048. 
ôc 1049. Ils ont gouverné un ficelé entier 5^/>2/- Mayeul Ôc 
lui. Saint Hugues , fixiéme Abbé de CUriy fucceda l'an 
1049. à Saint Odtlon^ de eut divers Saints parmi ks Dif- 
ciples , entr'autres Samt Morand, 6c SaimVdalric^ outre 
lesPapçs Gr^^o/n^VII Urbain II. & C^////?^ IL L'Ab- 
baye de Cluny n'avoir point dès lors d'autre Supérieur de 
qui elle^relevât pour le.fpirituel que le faint Siège. Le 
Bieriheurcux Pierre Maurice y dit /f Vénérable y (m Abbc 
au XILfîecle Ilfutélûl'an iiii. après la mort dé Hugues 
IL fubftitué diPonce de v^e/;2;?^h/.IimourutIc jour de Noël 
de l'an 11^7. Le Bienheureux Bnnon , voulut par fontef- 
tamcnt quecette Abbaye f^t exempte de route jurildic- 
tion Epifcopale , la foumettantuniquementau S. Siège. 

Outre les Souverains Pontifes marquez ci-dcflus, 
l'Abbaye de Ciunj a donné encore à l'Eglife le Pape 

"VrhAtn 



loiins 



D ES Ab B A Y E S D E F P. A N C E. 47 1 

rxr^^^^Mù^Yhain V. & il en eft Torti quantité de Cardinaux , d Ar- 
chevêques & Evêques, & elle a élevé & comme nourri 
dans (on fein une infinité de perfonnes illuftres par leui 
naifîànce , célèbres par leur fçavoir, ôc recommandables 
par leur fainteté. Depuis près de deux fiecles , elle a été 
pofTedéepar des Princes, même du Sang, par des Cardi- 
naux, àts Minières d'Etat, & autres qui ont commencé 
par le Cardinal Jf^« de Lorraine y qui eut affezde credii 
pour fe faire recevoir Abbé Tan 1519. en obligeant un 
Moine nommé Jacques le Roi ^ qui avoir été élu Abbé, a lui 
e céder fon droit i Si depuis ce tems-là,des Cardinaux Ôc 
ôc d'autres Séculiers ont poffedé cette Abbaye , qu'ils ont 
obtenu par la population du Chapitre, à qui le droit d'é- 
lire fon Abbé eft confervé , comme aux autres Chefs 
d'Ordre. L'an iiip. le Pape GeUfe II, fuyant la perfe- 
cucion de l'Empereur Henrj IV. fe réfugia dans l'Ab 
baye de Cluny où il eft mort & enterré. On y voit 
fon tombeau, & l'appartement où il logea, qui are- 
tenu le nom de PaUis du Pape Gelaje. Apiés fa mortj 
les Cardinaux qui Tavoient accompagné en aflez grand' 
nombre, élurent dans l'Abbaye même G^^y Archevêque 
de Fienne y qui fut (on fuccefleur fous le nom de Caiifte 
II. En 1145.1e Pape Innocent IV. après la celcbration du 
premier Concile General de Lyon ^ alla à ClurQ/ accom- 
pagné des Patriarches à' /4nttoche &: de Conflannnople , de. 
douzeCardmaux,de trois Archevêques, de quinze Evê- 
ques & de plufieurs Abbez. Le Roi S. Loiiis y la Reine fa 
mère, fon frère, le Duc d'Jrroisôc fa fœur. L'Empereur 
de Conjlantinople, les fils des Rois à*Àrra^on ôc de Cjijiille, 
le Duc de Bourgogne, & fix Comtes, ôc quantité d'autres 
Seigneurs s'y trouvèrent dans le même tems, Se tous 
avec une fuite fort nombreufe, fans que les Religieux 
quitraflent aucun des lieux Réguliers. L'Eglife bâtie par 
S. Huguesa 555. pieds de longueur , fur 110. de large La 
voûte du Sanduaire eft d'un très-beau jafpe. 

Tom.ll. Ppp Le 



Rcvcii, 



Afii Recueil General 

TiiruiAriss. Le choeuT étoit autrefois d'une plus grande éienduè'i ^^°''"' 
il eft fermé par de très- beaux grillages que le Cardinal 
de Bouillon a fait faire aux deux cotez du Prefbytere, &; 
à l'entrée, lorfqu'il en étoit Abbé. Cette Eglife a été 
confacrce par le Pape Innocent II. elle eft fituée pref- 
que au bas d'une grande montagne , fur le penchant 
de laquelle la Ville 6c l'Abbaye ont été conftruites, ce 
ce qui fait qu'on y defcend par quarante-deux degrez \ ce- 
pendant en quelque tems que ce foit, il n y paroît point 
d humidité , à caufe de quantité de canaux fouterrains qui 
fe déchargent dans un jardin fort beau & fort grand. A 
l'entrée de la même Eglife, il y a deux groffes tours quar- 
lées, dont l'une fert d'Auditoire pour y rendre la Jufti- 
ce ; C'eft une efpece de Pairie, l'appel des Sentences du 
Juge que l'on nomraeJ«^evkf^;>,refrortit immédiatement 
au Parlement de P^r/V. Dans l'autre tour font les Archi- 
ves de l'Abbaye, que l'on y conferve en un très-bel or- 
dre 5 ôc cechartrier eft un des plus beaux qui foient dans 
le Royaume. Outre la fondation de l'Abbaye de Clunj^ 
ôc uneinfinitédetitresori^inauxjon v voit de très-beaux 
cartulaires, dans lefquels les premiers Abbez de cette 
illuftre mailon ont fait tranfcrire les titres de leur tems j 
mais ce qu'il y a déplus remarquable, ce font les Vidimus^ 
Privilèges & Donations faites par les Empereurs, les 
Roisôc les autres Princes fouverains à l'Evêque de Rome; 
que le Pape Innocent ÎV. fit tranfcrire au Grand Con- 
cile de Ljyon , dans de grands rouleaux de parchemin , aux- 
quels pendent les fceaux de quarante Pères de ce Concile. 
Pour les conferver à la pofterité , il les mit en dépôt 
dans l'Abbiye de Clunj/ ,qi.n les a confervez jufqu'à pre- 
fent, comme un des plus précieux monumens dont elle 
eft dépofjtaire. Cetre Egiiiç écoit autrefois en pofteffion 
d'un des plus benux & d.::j)^us riches Tréiors de France 
Ce rre(or fut pillé trois fois du tems des guenes de ceux 
de la Religion Picccnduc Réformée. Ils biûlerent qunn 

utc| 



R.CVCH. 



DES Abbayesde France. 473 
TiruiAiREs, jjf^ jg fainccs Reliques, & emportèrent plufieurs gran. ' ^^°^'"^ 
des chafFes de vermeil, avec un nombre confiderable de 
calices & autres vaiffeaux d'or 6c d'argent, & une infini- 
té d'ornemens en broderie ; en forte que l'inventaire 
drefle du dernier pillage qu'ils firent au Château de 
Hourdon , où l'on avoit porté ce qu'il y avoit de plus 
précieux dans l'Abbaye > monte du moins à deux millions. 

Un grand nombre d'Abbayes & de Monafteres ont 
éré foumis dans la Chrétienté à Cluny, Sqs célèbres Ab- 
bez Saint Eudes y Saint Mayeul , Saint Hugues y ôc Pierre 
le VénérMey en réformant plufieurs Monafteres de l'Or- 
dre de S. Benojfl , y ont fupprimé la dignité abbatiale, |. 
& ont changé les Abbayes en Prieurez conventuels , ' 
dont ils étoient les maîtres abfolus i de forte que du- 
rant long tems, l'Abbé de Cluny étoit lepluspuiffant de 
VEurofe ymdÀs aujourd'hui fa puiflance ôc fa richefie font 
beaucoup diminuez. L'Abbaye de Cluny premier Chef 
d'Ordre de la Règle de S. Benoift y a porté fi loin fon 
nom 6i fa fplendeur, qu'il n'y a prefque aucune partie 
du monde chrétien où elle n'ait eu des Monafteres de 
fa dépendance , jufqu'au nombre de plus de deux mille. 

La Maifon de Bomllon avoit choifi cette Eglife pour 
fa fepulture, ôc le Cardinal de Bouilloriy Doyen du Sa- 
cré Collège , Abbé & General de tout l'Ordre de 
Cluny y y avoit fait élever un fuperbe maufolée pour lui 
& fa Maifon j mais après qu'il fut forti de France en 
i<>75> malgré les ordres du Roi Loiits XIV. fa Majefté 
fit détruire ce monument , & mit en féqueftrc tous les 
revenus de fes Bénéfices. 

L'Abbé de Cluriy eft Confeiller né d'honneur du 
Parlement de Pans , ôcles R eligieux de l'Abbaye de C/«- 
ny ont <;oooo. livres de rente. 



Rcven. 



SAINT RIGAUD. 

Saint Rigaud , en Latin, Sanâns F^i^aldus y feu Rlgau- 

P p p ij dm 



autre» 
fois. 
$000. 



4000», 



474 Recueil général 

TiTuiAiws*^^^^ ^ fituée dans TArchidiaconné de Beaujeu.çn uqe fo- 
reft à une lieue de Charlteu , dans la Parroifle de ^'g^y , 
à l'excremiré du Maconnois^ de à douze lieues à TOrienc 
de Mkon, Elle fut fondée l'an 117 1. & Ton trouve dans 
les titres qu'elle éroic encore en règle au commence- 
ment du feiziéme fiecle. Aujourd'hui elle eft en com- 
mande, & vaut P l'Abbé trois mille fix cens livres de re- 
venu , furquoi il efl obligé d'entretenir les Religieux > 
& de payer les charges, de force qu'il na que 1500^ 
livres. . ♦ . .... 

"Prieure* d' Hommes, et la 

Prévost e' de Maçon. 

Le Prieuré de Trévoux ou Trouault, Ordre de Cluny. 




RECUEIL 



(a=. 



Florins'. Rcve» 



too. 



I/o». 



iSoo. 




RECUEIL 

HISTORiClUE, CHRONOLOGIQUE 

E T 

TOPOGRAPHIQUE. 

D E 

TOUS LES ARCHEVECHEZ, EVÊCHEZ, 

ABBAYES, ET (QUELQUES PRIEUREZ 

DE FRANCE, 
TANT D'HOMMES Q^U E DE FILLES, 

DE NOMINATION 

OU COLLATION ROYALE. 
ARCHEVECHE DE NARBONNE. 



TlTUtAlRiS 

M. René 

François de 
Bcauvcau ^u 
Kucau Abbé 
de S Viftor 
cnCaux.d'aii- 



^^^;| ARBONNE ,en Latin , Narbonenfis , 
^^^^âBil Ville Archiepifcopale \ Métropole de la 
CuÇi première Naruonnoiie & de l'Exi^CcU des 
^-^j^-'s&-% G4«/ef danslebas Ldw^Mf^icc, furL'ncar:aI ti- 
^'^^^^^^^^^^^^ ré de Iariviered*-^«c^^, à deux Iifucs delà 
cicnsB ne M^F, pics l'Etang dc la Kaloinc ^Q^\ fornioit autrefois un 
diains.prieur p^j-j. ^^ [ç^ Valfleaux aboidoient & par c.ù cenx ce Nar- 
gr> au dioc. bonne faifoienc un tres-çrand commerce j en rouies les 

de Tours, Cl» -,. . ' r r )*' \ â M I r 

devait Arche- Provinces c]ni lontiurlaMei Aiediitryo.,.et , iiilc^iieni 
louïc & 5u.^7p^^> n:iais il y a long-temps que ce pon . cte bcuwhe la 

Ppp iij nier 



Florins 



Rcvco^ 



rricr 17144 



47^ Recueil général 

xiruLAiREs. j^^çj. s'^j..jnf retiré de ces côtes, où les Navires ne peuvent' ^^^""'/^«vct 
paravap^Evé pl^ij abordcr à caufe des bas fonds. Narbonne éloienée 

que de Ton:- •, t i- 1 -^ 

nay & Abbé dc Paris QQ 175 lieuës a eu des Prelacs dès le troifiéme 
ordrTdcci- fiécle. Celui dVr/c'y y prétendit la Primatie,& enfutdé- 
d"'Rh?Xz\^''t)0'^^^^^s l'an 415?. Ilsfurent cnfuite long- temps au Roi 
oSXa Y'^'^/P^^^^ ^vec toute leur Province. Le Pape Vrhain II. 
Il a eu l'Ar- jeut accotda la Primatie fur Tarraçrone ôc lesafTujettiteux- 

chevêché de a nuit-// ••!• ■ t 

Narbcnnc en mcmes a Celle de l oleds , mais ilsamierenc mieux abai> 
&7ét7f!it donner l'une, quedefefoumettre à l'autre. Lemême Pape 
S'soTdTctdJ ^^'-^^^ en faveurde l'Archevêque de N^riowwf, lorsque 
Roy en Fe- cclui d'y^f/xlui voulut contcfter la Primatie de fon Dio 
cèfe. On remarque qu'en 588 i'Evêque de Narhonne affida 
au troifiéme Concile de Tolède & qu'il y prit la qualité 
d'Evêque de Narbonne Mêtropolitciin de la Province des Gau- 
les. Le Pape PafchalU. leur donna la Primatie fur Jix, 
cependant ils n'en jouïffent point, &: n'ont que le titrede 
Primats de la Gaule Narbonnoife. Les Archevêques de 
Nar bonne ont aujourd'hui une jurifdidion de moindre 
étendue qu'ils n'avoientautrefois, depuis que Jean XXII. 
a érigé Touloufe en Archevêché l'an \^\6 fans le foumet- 
ire en aucune manière à l'Eglife de Narbonne, Cet A rche- 
vêqueaperdu il y a environ fix cens ans la jurifdidion 
que (ts prédecefTeursavoient fur toutes lesEglifes de Ca- 
talogne ô(:dont ils avoient été mis en pofleflîon dans le 
huitième fiécle, ou la Ville Métropolitaine de Tarr^^owe 
fut ruinée jufqu'auxfondemens par les Sarra7;^ins, QtiXQ 
Métropole fut rétablie fur la fin de l'onzième ,& au com- 
mencement du douzième fiécle. Néanmoins l'Archevê- 
que de Narbonne y prend toujours le titre de Primat , qui 
ne lui donne aucun droit réel Le Roi Pefin donna la 
moitié de la Seigneurie de la Ville de Narbonne , & de 
fon Domaineaux Archevêques , ce qui fut confirmé par 
Charlcmau^ne & fes fucceffeurs , ainfi qu'il paroît par une 
patente dcCha^les le C/?^«'î;f donnée en laquatriêmeannée 
de fon règne dans la fixiémeindidion i ce qui revient a 

Tan 



rUlAlRES 



JbES Abbayes de France. 477 

Tan àQjefus-Chrift 843. Néanmoins les Ducs qui comman- 
doientpour leRoi avoienc une jurifdidion fuperieureà 
cellede l'Archevêque, ce qui dura jufqu au déclin de la 
lacede Charlemagne ^ lorfque les Comtes de Toulouft Se 
do Carcajjone y Se même plufieurs Vicomtes fe rendirent 
Propriétaires & independans On voit que les Vicomtes 
de i5f^/>ri avoient quelque part à la Seigneurie de Nar^ 
bonne dc de fonterritoireunais celui qui avoit le plus d'au- 
torité étoit le Vicomte de cette Ville , qui relevoit de 
l'Archevêque. Ce Prélat tenoit alors lieu de Duc de Nar^ 
bonne , ce qui dura jufqu'à la fin de l'onzième fiécle,que 
la loy du plus fort l'emportai mais les Archevêques de 
iV]^rio««f fe maintinrent toujours dans leurs droits, & 
continuèrent à recevoir Thommage des Vicomtes de A/'^r- 
honne j ôc même lorfque Stmon de Monfort , après avoir 
vaincu les Jlbigeon ^ le fût rendu le maiflre de tour le 
Pays , il fit hommage , bc prêta ferment de fidélité à 
Henaud Amduri ^ Archevêque de Narhonne y comme on le 
voitpar une Lettre du Vapt Innocent lll, écrite à Simone 
ou ce Pape le blâme d'avoir faitpluhcurs attentats fur la 
Ville de Narhonne ^ Ôi furfon églife, quoiqu'il eût fait 
hommage^;! ferment de fidélité à l'Archevêque. (Les Vi- 
comtes de Narbonne y portoient tous le nom à'^iraulri ^ 
ou AmAuri , ou Jlmanc , quQ les Efpagnols prononcent 
Manrique )jene m'étends pas davantage fur cet article. 

On prétend que le Proconful Sergius Paulus qui fut 
converti par Saint Paul^ fut lepremier Evcque de Nar- 
honne &: il y ed honoré comme tel. Sainr P.ujhque en fut 
fait Evêqneaprès la vnoxzà'Hîiaiye ^ vers Tan 417. ou peu 
après. D'autres difent 430. Il mourut vers i an 4(^1. Saint 
Theodoard ou Theodard fut Evêque de Narhonne l'an 885. 
& mourut l'an 895 à AI ontauban, où (on Corps eft demeu- 
ré, ^^.w/- y/<yr Martyr de Complut e ç.n E'fdgne^tïk devenu 
le patron de la Cathédrale de Narhonne. Cette Eçlife n'efl: 
pas des plus magiijfiquesielle ne comprend que le cliœuri 

mais 



Floiins Rcvcn. 



478 



Reçu -B IL General' 



TiTttLAiRBî. j^^^jj il ne cède en rien aux plus belles tgiiles du Royau- 
me. Son élevarion, fa largeur, 6c Ca déiicatefle atcirCiU 
l'admiration de tout le monde. Le tour d^s Chapelles ré- 
pond à cela ; il eft large, élevé , & très bien percé. Ce 
Bârimentfuc commencé fous le Pontificat de CUmcnt IV. 
quien avoic été Archevêque, Ôc fous le règne de Saint 
Louis, Il fut interrompu après la conftrudlion du chœur, 
& l'on ne Ta repris qu'en 1708 Ce fut le 17. de Juin de cet- 
année, que Charles le Gouxde la Berchere , Archevêque de 
iV4r^y«wepofafolemnellement la première Pierre pour la 
continuation de cet édifice. Ce Prélat a eu laconfolation 
avant de mourir, d en avoir fait élever la croifée i ouvrage 
qui avoitefté regardé jufqu a prefent comme une choie 
très-difficile. Ilefl: mort le 1. Juin 1719. & a elle enterré 
dans la Chapelle de Saine Charles yC^ui fait partie du Bâ- 
timent qui a efté fait de fon vivant. Le grand Autel efl: 
magnifique i & fi je ne me trompe,c efl: le Cardinal deBon- 
2i qui la fait faire, lorfqu'il étoit Archevêque d^Nar- 
bonne. L'on voit danscetteEglife plufieurs tombeaux dt 
marbre. Celui du xmVxQuàu chi^ui^^dQ Philippe le Hardi 
Roi de Fr<t«fe, fils de Saint ^o///5,c*efi: un des plus anciens 
tombeaux que l'on voye de nos Rois de la troifiéme race. 
Ce Prince mourut à Pfr^/^^w^« d'une fièvre chaude le troi- 

. fiéme des nones d'Odlobre de l'an 1185. ôc ayant efl:é por- 

té à Narhonne , Ton y célébra fes obfeques ; l'on fit boiiil- 
lir fon corps dans de l'eau &: du Vin, afin de fépa;cr la 
chair d'avec les os, fes entrailles & toutes les chairs fu- 
rent inhumées dans ce tombeau , & fes os avec (01 cœur 
furent apportez à Pans. Vhiltppe le Hardi efl: icy reprefen- 
té en marbre blanc , revêtu de fes habits Royaux , ôc cou 
ché. Il tient de la main droite un long iceptre, & de 
l'autre fes gants Derrière le chevet du tombeau , il y a 
une infcription latineen Lettres Gothiques \ & fur les qua- 
tre faces du dit tombeau , on y a reprefenté le convoi , 
où l'on voit des Chanoines qui portent leurs aumufl'es, 

les 



Floriai 



DES Abbayes de France. 479 

TirtttAîREç. 1^5 ^j^3 fyj. {^ ^^^Q ^ ^ 1^5 autres fur le bras. De l'autre cô- 
té l'on voit des Princeffes qui portent aurtî des aumuffes 
fur la tête. Enfin on y voie le Koi Pl^^lipp^ le Bel cnzvc fes 
deux gardes de la Manche i il efl: en habit de deiiil , fans 
traîner i fa cornette eft rabaiflee fur les épaules , au lieu 
que les autres la portent fur la tête. Cette réprefentation 
nousfaitconnoître que nos Rois nflidoient alors aux fu- 
nérailles de leurs Prêdécefleurs. C'eft Philippe le Bel qui 
fit élever ce tombeau bien-tot après la mort de fon Père, 
pour qui il fit une fondation. L'on voit encore dans une 
Chapelle un tableau de la refurredion du Lit^are, pein't 
par Michel Ange j c'eft un chcfd'œuvre 6ù un prefenr 
du Cardinal J;^/f de Medicis , Archevêque de P^Iarhnne . 
^ depuis Pape, fous le nom dcClemera VII. On ditqu'iT 
avoit été deftiné pour l'Eglifede Marfeille^^ qu'il en avoir 
fait faire un autre f^rSeh^fiien de f^enife , pour l'Eglifede 
de Narhonne \ mais que par méprife on envoya à MarfeiL 
le j celui qu'on devoir envoyer à Narhorjne^ de zNarbon- 
w^jCsknqui étoir deftiné pour Marfeille, ôc que chaque 
Eglife trouva celui qu'elle avoit reçu fi beau , qu'elle ne 
voulut pas s'endéfaihr. On montre à Narhonne un Cruci 
fix , qu'on dit être celui dont parle GrâgoiredeTours'ymïis 
bien des gens ont trouve qu'il ne paroît pas d'une fi grande 
antiquicé. La Sacriftie eftfourniede très beaux Ôc riches 
ornemens, Se de beaucoup d'argenterie Le Soleil où l'on 
expofe le Saint Sacrement ^eft fi grand Ôc fi malfif, qu'il 
faut huit Prêtres pour le porter. Parmi les reliques de cette 
Eglife 5 on garde dans un magnifique Reliquaire un mor 
ceau de la ijraye Croix. 

Le Palais Archiepifcopal eft très magnifique , quoi 
qued'uneancienne ftruturej&i quin'eft pasdu gcûcdau 
joui d'hui, car c'eft une efpece de forterefle composée de 
plufieurs corps de logis, èc environnéedepluficurs touii 
quarrées. Le jardin eft fort fpncieux Se fa face principale 
eft iurla grande place, au milieu de laquelle eft une fon 
Tome IL Q^î taine. 



Fîorîr.s Reveo.. 



4?o 



Recueil General 



TirutAiMs ï;jiine. On remarque dans ce jardin un antique ôc magnifi- 
que tombeau de marbre blanc» & l'on croie qu'il ef!: d'un 
Chrétien; mais une nicrie auffi de marbre, efl: une de 
celles à travers de(queilesles Prêtres du Paganifme ren- 
doient les oracles par un trou quatre , qui paroîtaa mi- 
lieu de cette niche. 

La Cathédrale efl: fous l'invocation de h Sainte l^^ier^e, 
& des ùinzsjujie ôc Pafieur ou Pâflour. Son Chapitre ed 
compoTé d'un Grand Archidiacre, d'unPrécenteutj des 
Archidiacres de Corbieres ôc du Ra^es^ d'un Succenteur, 
ôc de vingt Chanoines. Le Diocefe comprend deux cens 
quarante ParroifTes & fix Abbayes , quatre d'hommes, 
éc deux de filles. Outre le Chapitre Primatial, il y en 
a deux Collégiaux. Le premier efl: celui de 1 Egliie de S 
Paul y compofé d'un Abbé qui efl Doyen, ôc de douze 
Chanoines. L'autre Eglifc Collégiale, efl: celle de S.S^-, 
hafieri^quQ l'Empereur Cbarlemagne fit bâtir. Son Chapi-' 
tre efl compofé d'un Prévôt, d'un Sacriflain, d'un Pré 
centeur, & de douze Prébendes canonicales. Au devant 
de cette E^life efl: une o-rande place embellie d'une fon- 
taine. 

Le Séminaire près de la porte du Canal Royal, efl: di- 
gne de l'attention des curieux ,par la beauté de Tes bâti- 
mens. Les Evoques de Carc^Jonne y à'Jlet, de Be^ters, 
à'Jgde y de Lodeve ^ de Montpellier ^ de Njfmcs , à'V^ez^ » 
de Saint Pons , & à'yûlats ^ font fufl^ragans de l'A rchevêché 
de Narhonrie,VE\zc]^Q à' Elne , aujourd'hui de Pnfiçnurj, 
l'éroit auflTi autrefois; àc les Sentences de j'Ofiicialité 
de l'Evcché d'£/wf ,fe jugent en cas d'appel par l'OfFicial 
Métropolitain de Naroonne. Ce qui fuit met cet article 
dans un plus grand jour. Qiiand les François prirent 
To,:lou7céi 'Vfc^ , les Evcques de ces deux Villc-s quittè- 
rent l'Avchevcque de A'^Ai?o^;2f leur Métiopoliiain, 6c fe 
foumir::nr à celui de Bourges. Alors poui dédommager 
.l'Aichevcque de Narhorénc de deux lutfia^an^ qu'il ve-| 

'■ i\QÏV 



FIo Ins 



Rcvcn- 



DES Abbayes de France. 4^1 

TiTHAiiMs. j^qJç (Je perdre, on fit un démembrement de fon Diocefe, 
ou Ton érigea l'Evêché à'Elne y & celui de Carçaffonne, 
l'un ôc l'autre fous la Métropole de Narbonne, L'Evéchc 
d*£/V^e demeura fous cette Mctropole fous les Goihs ^fous 
les François y & fous les Efpa'Tnols mêmes. Sous les Goth^ 
Ton trouve que l'Evéque à'Elne afîifta à deux Conciles 
tenus à Narbonne y l'un en 585?. ôi l'autre en 6zj, Les ^^r- 
rdfins devenus maîtres de la Monarchie its Goths y gar- 
dèrent Narbonne jufqu'en 755. qu'elle fe donna à Pepin. 
l^^s Evêques de ToulouT^e & d'I^/e^ retournèrent poui 
lors. à Narbonne leur ancienne Métropole , à laquelle Ici 
Evêques dUrgel ,dQ Barcelone^dQ Gironney de Wich &c de 
Tarragone même, furent aufli affujcttis. Peu de tems aprè> 
on rendit à l'Evéque dQTarra^one les droits de Métro- 
politain, Ôç {qs Suffragans» mais l'Evéque d'£/?2^ demeu 
ra fous la Métropole de Narbonne, ôc aflifta aux Conci 
Iqs tenus dans cette Province en 78S. po6. 5)47. 1043. 1045 
1090. ôc 1134. Saint Louis ayant cédé à Jacques Premicî 
Roi d'Jrragon la Souveraineté de Catalogne Se de RouJ- 
fillon y l'an 1158. l'Evéque d'Elne demeura toujours fournis 
au Métropolitain de Narbonne, figna à un Concile de la 
Province en 1179. & l'année d'après n'ayant pu fe rendre 
à un autre Concile, à caufe delà goûte donc il éioit affli- 
gé, il y envoya un de fes Chanoines en fa place. Sesfuc- 
cefl'eurs afTifterent depuis à trois autres Conciles tenus. 
en 1351. 1368. ôc 1374. Le Vd.^Q Jules IL donna une Bul- 
ledefon propre mouvement l'an 1511. par laquelle en re- 
connoiffint que l'Evéché d'E/wi" dcpendoit de Narhcnne.^ 
il l'exempte de cette dépendance, ôi le foumec imme 
diatementau Saint Siciie. Le Cardinal de Ferrure, Arche- 
veque de Narbonne^Çt plaignit de ce changement, & ob- 
tint de Léon X. en 1517. une Bulle qui caffoit celle dcjuli.^ 
IL Charles ^int empêcha l'éxecution de cette Bulle j & 
pour lors Elne ne dépendit d'aucune Métropole, quoi- 
que le Concile de Trewre eût ordonné que les Evêques in- 

Qj:jq ij dépendons 



Florins 



Rcve»., 



4^2, Recueil général 

T»!"'*»^'^ jcpendnns, s'uniroieiu au Métropolitain voifin, 6: qu'il 
n'y eut que douze lieues d'Elne à Narhonne , au lieu qu'il 
y en a quarante deuxd'-t/«e a Tarragones cependant l'E- 
\ vêque d'Elire aima mieux.fe foumettre à rArchevêque 
dcTarragone y & obtint dzGregcireXlll. un Brefd'unionj 
fans y avoir appelle le Roi ni TArcIievêque de Nar~ 
bonne, quoiqu'ils fuffent parties intereflees a cette aftai- 
re. Si Ton veut en fçavoir davantage fur ce fait hidori- 
que. Ion peut confulter le Livre mmulè ^Dijjertation Jm 
la A'Jétropûle de Narbomie^ in 4^. imprimé en 16^1. 

L'Archevéaue de Narhonne eft Piéddenc ne des Etat? 
de Languedoc i ^ cette Préfîdence leur a ccé acquife pa- 
la pofleffion ôc par les délibeiations des Etats mêmes • 
cependant elle lui a été contedée. L'Evcque du Diocefi 
dans lequel les Etats fe font tenus lui a quelquefois di( 
puté cette Prérogative. Les Etats ayant été convoquez :■ 
Ntjmes en 13(^4. par Jrnoul d' Jndrehan Maréchal de Frar^ 
ce, & Gouverneur de Languedoc y TEvêque dcNifr/?ei prc 
tendit y prefider *, mais la Préddence fut adjugée à l'A r 
j chevêque de Narbonne, Le . Roi Charles VIL ayant cr 

' 144^- convoqué lui- même les Etats à Afontauban , Sa Ma 

jefté l'adjugea par fes Lettres Patentes à l'Evêque de cet 
te Ville, ayant égard à ce qui s'étoit pratiqué quelqui 
tems auparavant à Toulou-^e en fiveur de l'Archevêque 
de cette Ville, contre les prétentions de celui de Nc-rhcn- 
ne. L'an 1579. on tint les Etats de Languedoc à Capelnau- 
dari en prefence de Catherine de Medicis y ce fut JÏexan 
dred^Bardis Evoque de S.Papout, qui y prélida en quali- 
té d'Evêque Diocefain. Cette Aflemblée commença le 
27. d'Avril 3 &: finie le S. de May. Depuis ce tems-là, il 
a toujours été pratiqué , conformément aux délibérations 
des Etats, que la Prefidence appartient à l'Archcvcque 
d^ Narbonne y àc à fon défaut au plus ancien Archevêque 
ou Evcque,ô(: au défaut des Prélats , au Vicaire General 
du plus ancien Evcque. Malgré cet ufage y l'Archevê- 
que' 



DES Abbaytis be France. 48; 

TiroiAiRES-qij,^ (4^ Toulon fe prétend être de drcic, Fice PnfJcni des 
; États de Languedoc , qui doivent le tenir tous les ans au 

mois d'Odobre, félon l'Editdonnéâ P^îm^delan i^4<7. 
Ôcces affemblées ne doivent durer qu'un mois feulement, 
ô£ lesàihetes particulières un mois après lesEtats, pen- 
dant huit jours. Ces Etats fontcompofez de trois Ordres, 
del'Eglife,d.-:îa Noblefle, Se du tiers Etat. L'Ordre de 
l'Egliiè eiicompofé de trois Archevêques , ôc de vin^rt 
Evcques, donc le rang eft réglé par l'ancienneré de leui 
Sacre. Lorlq-a ilsnepeuvent aiîîder ilAfremblée, ilsont 
droit d'y envoyer leurs Vicaires Généraux. 

Abbayes d Hommes de l' Ordre 
DE SaintBenoist. 

CANNES. 

M. Dubois Cannes, ou Cannes en Latin , Smclu^ Panis deCan- 
iinliDuhoZyiis.aur de Cambus ^ CituéQ en Languedoc ^ demie licucde 
l'Abbaye de U Grajfev^ïs le midi, Il y a la reforme. 

S A T N T P O L Y C A îl P E. 

M. (le la Saint Polycarpe, en Laiin ^Sanctus PohcnYpus , fitnéeer 
Languedoc, à deux !ieuësd'^v/r;/j «Se a Uiie de l'Abbaye 
de Saint HiUire , dans un fond environné df monta o-nes 
On prétend conferver dans ce monaftereun bras de Saint 
Po/^'c^y-pe, Evêque de 5^;^r;2f S: martyr. 

Abbayes d* H o m m e s de L' o r d r e 

DE Cisteaux. 

FONT FROIDE, 

M. de coffc ^^"^ Froide, ou Font Froid , en Latin , Fry/is FrifjJiis^ 

Bnffac. aut Beatd A^Jaria Fontis Fnzidi ^ firuée en Li-m^uçdf^c à 

quatre licuës dQ Narbcnne vers le midi i elle efl fille de 

l'Abbaye de Grandfelve^ de a eflç fondée vers l'an 1:30. 

Qqq lij par 



'■«OOO. 



?oo. 



:ooO. I 



100. 



5000.I. 



4^4 Recueil GENERAL » 

TiTuiAUEs. p^^j. Errjcry Vicomte de Narhonne ^ dans une folitude af-/ 
freufe. Elle fuivitd'abord la règle de SaincBf«o/V j mais* 
du itm^ s àtS:i\ni Bernard , elle embrafla celle de Cîteaux, 
ôcaécé depuis toujours occupée par des Religieux de cet 
Ordre. M.Catel fçavanc Hillorien, s'eft trompé, lorl- 
qu*il adit quecette Abbaye a été fondée par Ermengarde 
Vicomteiïede A/^r^ow/îf, qui ne mourut qu'en 115)7. D'au- 
tres mettent fa fondation aux Nones de Mars 1145. Ce = 
Monaftereeftilluftre & iThonneurd avoir eu pour Abbé! 
le Pape Benoifi: XII. une des plus brillantes lumières de; 
cet Ordre. Quelques Auteurs ont avancé, que plufieursj 
des Vicom.tesde Narbonneyéroiententerrez; cependant 
il ne paroîraucun monument d'eux dans l'Abbaye , que 
le tombeau du dernier, qui fut tué l'an 142.4. dans un 
combat contre les A nglois. On voit fon fépulchre de Pier- 
re au milieu du choeur. . . . j 

Abbayes d' Hommes de l' Ordre de 

S. Augustin. 

QUARENTE. 

M.jouan. Qiurentd , ou Quarante , ou Garante en Latin , ^^- 

dra^Z.i^^'-'i j feu Beata Maria de è)uadragtnîjt , fituée dans le 
Village qui a pris le nom de l'Abbaye, & fur la monta- 
gne de ç^rir^>2;f, au h^s Languedoc 2.^. lieues de Narbon- 
ne, & de Bcziers j & comme on voie de cette montagne 
ces deux Villes, on dit communément dans le Pays que 
du haut de cette montagne, ondccouvre quarante ôcdeux 
villes. Cette Abbaye fut fondée vers l'an 1000. en l'hon- 
neur de pluGcurs m.artyrs qui y font enfevelis que ^frf«- 
ger qui vivoit en 1017. en fut le premier Abbé. Ils difenr 
que cette Abbaye eft de l'Ordre de Citeaux 5 maisils fe 
trompent. 



Florins 



ilcv««} 



1000. 



9000.il 



/co. 



3700. 



Abbayes 



TlTDtAlRIS. 



Me 

ValoiS, 



N. 



DES Abbayes de France. 485 

Abbayes de Filles de L* ordre 

DE C I s T E a u X. 

LES OLIVES, 

.succtde Les olives 5O11 Olives^ en Latin , Olii;^ , fille de l'Ab- 
baye d^Forn Froide '-, fondée en Languedoc^ 6c maintenant 
dans la Ville de ^drbonne. 

Sainte Claire d'Aziile. On n'en trouve point de mé- 
moires. C'eft une Abbaye d't^ri^w/^f 5 de Sainte Claire, 

EGLISE COLLEGIALE. 
SAINT PAUL. 

M \5a:hçco Saittt Paul de Narbonne ; cette Abbaye eft maintenant 
IVnîTu'"'' fëcularilée & unie au Chapitre de Narbonne. Le Doyen a 
^'«^•D*^- titre d'Abbé , ô: il y a douze Chanoines. On y remarque 
la beautéde Tes tapiflercriesqui lont d'un goût très -ex- 
quis & très-anciennes. Elles reprefententla vie de Saint 
Paul Serge premier Apôtre de cette Vilie. Il faut avoir 
vu la grenouille qui cfl: dans le fond defon beniftier^ pour 
pouvoir perfuader qu'on a été a Narborine, A un des de- 
grezdei'efcalier du grand Autel, on voit une infcription , 
qui fait connoître que l'Empereur Adrien y fit rebâtir, les 
bains publics, qui avoientété détruits. Le Doyen a 

Prieure z. 

M. cauict Saint Félix eft un Prieuré fimple 5 fituédans la Villede 

Naihonrje, 



mh 



i 



F! 



onns 



RCVOQ. 



«000. 1. 



EVE'CHE* 



j^&-3 Recueil GENERAI 

Sj^- •%« '^«^ '^^ 5^^ ■ # %'' ''^^ %^ ■ # '^« ^^^ ; 'if- %« •'à«* *'# ^i« '>i^ , 

EVECHE DE BEZIERS 



M. Chir!cs 

des Alrvcs du 



BEZIERS, en Latin 5 Biterrenfis y Ville Epifcopale. 
crès jolie, de la première Narbonnotfe. ôc de TExar-l 
icurcnThco- cac aes Gaules, dans le bas Languedoc inr là viMcrc a Ur-\ 
luué dcpL J' ^'^ y ôc c'cftun Evêchéavanc l'an 300. fous là Mérropole 
àzN.irhonns. Elle efl: ficuée fur une colline au pied de la- 1 
quelle coule la rivière d'Orie. On lapiflc du un pont de 
Pierre alTez beau , d*oii l'on monte a la Ville par deux 
chemins, l'un tour droit Se roidc, ôc l'autre qui cortoye 
la colline , ôc que l'on appelle le chemin neuf Bczier eft 
à rOrieacdeN4r^ow?;<* encre cette \^ille 5c ./^^d.-, à trois ^ 
lieues de la iMer Méditerranée ôc à 1^3. de Paris. Saint 
ydphrodjfe difciple de Saint Paul de Na'hor.ne, y cft hono- 
ré, comme le premier Evéque du lieu. On prétend qu'il 
a été Gouverneur de l'Egypre, difciple des Apôtres, & 
envoyé par Saint Pierre pour la converiion des G^^/fi. 
L'année de fa mortn'efl: pas certaine; on fçait feulement 
qu'il remplit vingt ans le fiege de Bc-^iers , ôc qu'il mou 
rut le 11, de Mars. Jgretius l'un de fes fuccccfTeurs fouf- 
crivic au premier Conciied' Arles , en 314. Cuiltaumr Ewc- 
que de ^f:^/fri abolit en 1:54 la coutume par laquelle les 
Chrétiens de fi.^7/ir.f avoienr droit ôc faculté de loufflc- 
ter 8c de battre tous les Juifs qu'ils rencontroicnt, depuis 
le Samedy avant le Dimanche des Rameaux jufqu'à la 
féconde fête de P^^^«^^ Les Juifs donnèrent une (omme 
confiderable d'argent à l'E^^life de S A^^:<;'4/rf, pour obte- 
nir cette abo'icion. Ce fut GuilUua^ Vicomte de Be^ier: 
avec fa femme Ermentrude qui firent une donation de la 
VilJedc Béliers i Bernard qui en ccoit Evcquc , dans la 
zi année du règne du Roi Lothairc.Vixn 11^2.. Betmrd ô: 

iio^er 
* o 



DE.S Abbayes de France- 487 

rjrutAip.Es^^^^^ Comte de Be:(^iers partagerentetur'euxla Juftice Je 
la Ville, à l'exception des homicides , ôcdes adultères , 
dont le Vicomte fe referva la connoiflancej mais les Vi- 
comtes de Be-^iers , s'étant rendu dans la fuite vaflàuxdes 
comtes de ^^rcf/o«e qui devinrent Rois d'^^rr^^ow lesE 
vêques de ^^^/>r.? ne reconnoifloient point ces Roisi c'eA 
pourquoi on diftinguacequi appartenoic à l'Evéque qui 
avoit une partie de la jurifdidionten'iporelle de fa Villes 
& ce quiappartenoic au Vicomte , par un traité pafTé i an 
iip4. 

L'Eglifede Saine Na:^ajre td petite pour une Cathé- 
drale, elle confifte en une Nef feparée en deux dans (a 
longueur 5 par le chœur. On remarque fur le frontifpicc 
quelques figures aflez efuimées. La tribune de l'Orgue, 
eft portée par des pilaftres, ou font adoffez des termes por 
tant des Paniers de Fleurs fur leurs têtes, &d'unedifpo- 
fition peu convenable à un lieu Saint, de même que trois 
fatyres de menuiferie qui font au deflus, qui forment 
une efpece deconfole qui foutienc les Orgues qui font 
doubles, & d'ailleurs d'une aflez belle menuiferie. 

La terraffe ou Belveder qui efl: au devant de cette E- 
glifeefl: un point de vue enchanté, il s'étend fur le vallon 
dans lequel paflel'Or/'e. Le vallon s'élève infenfiblement 
&c forme un amphithéâtre couvert d'Oliviers & de vi- 
gnobles. L'Evéché efl: une maifon jolie &c régulière , de 
donc les vues (ont aufli parfaitement belles. Vis-à-vis l'H- 
vefchc, fur le mur d'une maifon qui fait face à la grande 
place , l'on remarque plufieurs bas reliefs , ôc des infcrip- 
tions antiques difficiles à dechifrer. 

Le Chapitre de l'Eglife Cathédrale dédiée à S.NaZai 
re eftcompofé de fix dignitez, fçavoir , d'un Archidiacre, 
d'un Précenteur,d'un Camerier, d'un Prcvot , d'un Sa- 
criftain , d'un Souchantre, & de dou2e Chanoines. Le 
Dioceie comprend cent fix Parroi0es, ôc cinq Abbayes, 
quatre d'hommes , qui font Filkmagne , Saint Apirodijc , 
Tome IL R r r 



Florins^ cvcn 



4^8 ReCULiL GENERAL 

TiTuiAi £s ^ de Jurjccls, toutes crois de l'Ordre de S. Benoit ,^ dr 
S.j.icq.'ies de Be:^iers, de 1 Ordre de S. ^ugufttn\ & celle du 
Saint Efprùy qui efl de Filles de l'Ordre de S. ^uguflin. 
Il y a eu crois Cardinaux Evéques de Be:^iers, ôc ce Dio 
cefe eft un des riches du Languedoc, parce qu'il eft en 
partie dans la moncagne & dans la plaine. 

Abbayes d'Hommes de l'OrdRi 
DE Saint Benoist. 

SAINT APHRODISE. 

w.Ginsfic- Saine Aphrodife de Beziers, ficuéedans un Fauxbourg 
de cecce Ville, & fondée parce Saint. Elle porta d'aboid 
le nom de S. P^c/r: , ôc fut pendant un tems la Cathedra 
le àt Bericrs'', mais comme elle eft dans un Fau^ibourc^, 
e S'i^gç, Epifcopal fut transféré dans la Ville, & l'on 
établit dans cette Eglife,uue Abbaye de l'Ordre de S. 
Benoift, Le Pape accorda à l'Abbe le Privilège d'officier 
avec les ornemens Pontificaux. Il a aufli toute Jurifdic- 
tion temporelle fur le Faubourg , qu'il fait exercer par 
fon Jage. Au refte cette Abbaye a été fécularifée depuis 
plufieursfiecles, & eft une Eglife Collégiale. 

SAINTPIERRE. 

Saint Pierre de Jonfelles ou Junccis , ou Jauffels, en 
Latin , Santîus Petrus de JuKcdlts , fituée en Lungaedcc , près 
V'icouTian ^ à deux lieues de Lodeves. 

VILLEMAGNE. 

M.ic dytt, Villcmagnc, en Latin , yillamagna , fituée à cinq lieué's 
i^ BeT^ers ,ytïs le Septentrion , fur la rivière AtMare, 
près celle à'Orhe, Elle fut fondée Tan 817. 

Abbayes d' Hommes de l' Ordre 
DE Saint Augustin. 

SAINT J A C Q^U E S. 
iA. d« Bircor, Saint Jaccjues de Beziers^ en Latin , Sanâusjacohs Bi- 

temnjis 



:"Ioii, 



! ^'v-ca. 



M. «le KtàTÏÏI- 



zooS. 



/o 



ifiooo. 



1900. 






400. 



IJOO 



DES Abbayes de France. 485? 

TiTUiâiRH» tsrrenjis y fituée dans la Ville de ce nom, fur la rivière 
à! Orbe y il y a la réforme de la Congrégation de France 
des Chanoines Réguliers , dus de Sainte Genev/ez'c. 

Abbaye de Filles de l'Ordre 

DE Saint Augustin. 

LE SAINT ESPRIT. 

McdcMaf Le Saint Efprit de Beziers, en Latin , Sanflus Sfiritu 
^"'^' ad BiterrasjfituéQ prefcncement dans la Ville de ce nom 

Les Religieufes doivent par leur Inftitut porter une 
croix rouge fur leur voile. . . 

P R I B u R e\ 

N O TR E-D AME. 

M. de ciiiy >jôtre-Damc de Caflan , eft un Prieure conventuel , 
autrefois de l'Ordre de S. Rufy mais maintenant ce font 
des Chanoines Réguliers de la Congrégation de France y 
dite de Sainte Geneviève, qui l'occupent. 

Collégiale. 

SAINT APHRODISE. 

Saint AphrodifejToje^^ci-defTus, & la dignité d'Abbé 
en cette Eglife Collégiale ôc féculiere,vaut. 



Piorius 



UJ- 




^cvcti. 



1400 



JOOO.I. 



J090. 



I00«*. 



Rrr ij EVESCHE- 



TiTUiAiRES. 



4c o 



Recueil général 



M Pniîihert 
Charlrs Je 
Pis de Feu- 



<lc Paris. 



EVÉCHE D'AGDE. 

AGDE, en Latin , ^gathen/is y peiite ville Epif- 
copale, fufFragance de Narhonne ^ de 1^ première 
^= corinciu^ Nj^^ '^^nnoifè ^ & de l'Exarcat des Gaules, dans le bas Lan- 
ics De asixr nu edocj vers rembouchure dcV Erraut. ou Leyraut . à cinq 
d: la Faculté lieuës de Narbonne y ôc a cent loixante de Paris , dans une 
/i:uation fort agréable i car le Diocefe d'Jgde fe trouve/ 
entre ceux de Adornpelbery de Lcdcves ôc de Befers^ & la 
Ville d'Jgde, eftà une demie lieue au deflous de Tend roic 
011 l'Eraut le décharge dans le Golfe de Lyon , à une 
Jicuè de la mer, Ôc à pareille diftance du grand étang de 
Tau- Il n'efl: point fait mention de cette Ville , pour les 
affaires Ecciefiafliques , avant l'an ^o6. lorfque fous le 
Règne dV7^r/c^Rci des Vî/igctSy on y afTenibîaun Con- 
cile où aififta Sophronius E\qc^u^ de cette Ville, qui ePcl 
le premier qu'on voit marqué dans les véritables monu- 
mens de l'antiquité; car un certain Batdius , qu'on lui 
donne pour prédéceffeur ,ne fe trouve marqué que dans 
une Légende laquelle n'efl pas un titre authentique. On 
croit qu /fgdea été érigé en Evéchéen453. peut-ctre que 
fans ce Concile qui fe tiouve imprimé dans Sirmondy 
lome I. p.^ge ici. de dans Lahke , tumc 4. ptge 1381. ai où 
p'éiida C^'artus Evcque d'^'^rles , on ne f^auroit pas que 
Sophronius étoit Evcque de la ville d'^Jgde. Il efl à croi- 
le que puifqu'on avoir chcifi ■-'^gde pour y tenir ce Con- 
cile, le Sicge Epifcopal y avoic été établi longtems au- 
pa avant. 

Loîi:< le Jeune avoit la troifiéme partie de la ville 
'dV"'.?'^f'5 ^ans q Ton fçatheà quel titre il avoit fà\i c^ziQ 
iac.-piiuion: cj quieil; certain, cefl qu'il céda en 1170. ce 

tiers 






DSs Abbayesde France. 45)i 

TifutAiRc?: fjej-s à Guillaume Evcque à*Jgde, & qu'il donna d'autres 
biens 6c confirma le Privilège que Charlem.igne avoir ac- 
cordé a cette Eglife, fçavoir, la rroifiéme partie de la 
Cité, du Bourg, autant des droits du Port Ôc de la Ri- 
vière, du Château de Marfeillan, & autant du Château 
de Meze,Sr de fon territoire. Bernard Àîhon donna l'an 
1187. (ous le Règne de Philippe ÀuguUe y à P/rrrc Evéque 
à'yégde^ à fon Eglife Cathédrale de S. Etienne ^ loui 
le Vicomte à' y^gde. La même année l'Invediture & la 
confirmation de ce Vicomte fut donnée à l'Evcque à'J^r^ 
de par Raymond Qomtt de ToulouT^e , qui prétendoic être 
Seigneur Féodal de tous ces pays-lâ, en qualité de Duc 
Àq Narhonne i ôc il prit TEvéque ôc fon Eglife fous fa 
protedlion. P:etre IL Evéque d'>^^r/f en fit hommage a 
Philippe de F'alois l'an 1399. LeSenechal dzCarcdffonne re- 
çut cet hommage dans la Salle Epilcopjle j Se l'Evcque 
avoir l'étole au col. S: le Livre des Evangiles a la main. 
Tous ces droits furent confirmez encore âl'Epiife d'/'î^e- 
dr par Grégoire IX. qui accorda fur cela une Bulle dat- 
téedc la troifiéme année de fon Pontificat, au mois de 
Février, ce qui revient à Tan de je/wj-C/i^r/y/ 1230. L'Evc- 
que Pierre étant mort , Tedifius fon fuccefTeur reconnut 
tenir de Simon dQ^Ajonifon le Vicomte à\'fgde. Le 
Comté de ToulouT^e avec toute la Province de Langue- 
doc ayant été réiini à la couronne, les Evêques dC /^gde ^ 
ont non- feulement pris le titre de Vicomtes, mais de 
Comtes êC/lgde y qu'ils portent encore aujourd'hui. 

Bernard ^thon voulut devenir Chanoine de S. Etienne 
d'Jgde, & pafTer le rcfte de (es jours en cet ctat. L'adle 
qui contient fa donation porte que ce Vicomte le donna 
foi-même; ProCanonico Domino Dec C^ Ecclcfi^ beau Ste~ 
phani (edts Jgathenfis, Par la Bulle que le Pape Innocent 
III donna au Concile à^Lyon , tenu en 114^. les Evêques 
d'Jgde ont ce privilège qu'ils ne peuvent être excom- 
niLiniez, fufpendus où interdits que pat le Saine Sicee. 

Ce 



Floiins Revcn, 



Ti 



4.9^ Recueil général 

.-aiAîP.E . Q^ fut en faveur de l'Evêque Bertrand que cette Bulle fat 
accordée à les fuccefTeurs , obconftantemfidei purhatem quAm 
inter dtvotos Romane Eccl e/t ce hahetîs, dit le Pape, en adref- 
iant cQus Bulle à cet Evêque. Ils avoicncaufli autrefois 
le droit de faire battre monnoye. 

L'Eglifç Cathédrale d'JgdejdcdïéQ à S. Etienne , eft pe- 
tite & obicure, (on Chapitre eft compofé de dignitez, 
fcavoir, un Archidiacre, le Sacriftain , le Precenteur & 
le Camerier , & de douze Chanoines. Cette Eglife eft or- 
née d'une grofle tour cjuarrée. Le Diocefe àH/îgâe^ eft le 
plus petit du Royaume i car il n'a que dix-neuf parroifTesi 
tnàxstJgade'^^'^iJiuvi àç:s plus riches pays qu'il y ait dans 
le Royaume. Il renferme les Villes de PeTienai^ de Saint 
Ththtn y d'j^Jgde ^ Brcfcou j Sttie , A'îexs y Loupian ^ Ptnet , 
l^aLMdigne ^ Monttgnac, Flo^enfac^ ôcc. Le Palais de l'E- 
vc^ue d' ^gde eft un vieux bâtiment , mais la maifon eft 
commode. l! y avoit autrefois dans y'Jgde deux Abbayes 
de 1 Ordre de Saint Benoirt, fçavoir,S. Severm,& Saint 
André, où eft aujourdhui le Séminaire pofledé par les 
Piètres de l'Oratoire. .... 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre 

DE SaintBenqist. 

SAINT THIBERY. 

DomdcPâ» Saint Thibery^ouTibery jou Thubere,en Latin, San^ 
clus TiberiiiS yfeuy Adonaftertum Sanêli Tthent in Cefjerone^ 
à trois lieues de Be^^ters ^ & à deux d'f-igde, àz proche 
Pe^enaî, Cette Abbaye & la Ville porte le nom du mar- 
tyr S. Ty^etrc^u'i fut martyrifé & enterré en ce lieu avec 
quelques compagnons du ternsdeTEmpercur Diocletien. 
Ce lieu s'appelloitCV//^r(j/7, fur la rivière d'y^r^/i^^ aujour- 
d'hui /^rau , ou EfAH, j^dondo. Vienne qui vivoic dans le 
neuvième fiecle , confirme dans fon Martyrologe, que 
le lieu du Martyre de ces Saints , eft CeJIeron. Cette 

place 



Florins II venj 



J500. 30000; 



t> E s A B h A y n S r> K France. 493 1 
5 '^*'^""'^'*"- place eft marquée p.ir /^//«fôc (ur Pioloynee^à: mcmedans r°''" 
la Cûire de PeHnno^er. S(;po(inop dans le anciens mont»- 1 
mens convient exadlemenc avec la firuation de S.ThiLt- 
r/. On voit pai une chaire de l'an 867, (ous Charles le 
C7j^«xjr^rapporcéeau fixiéme livre de la Diplomatique du 
feu Père Mabillon^ que le Monaftere de S:iïx)tTihertus ^ 
portoit encore, api es le milieu du neuvième (lécle, fon 
ancien nom, Oyyfro«, ou O/Grow, puifqu'on licdanscette 
charte, que le même Monafteres'appelloit Cefanon ^ cui 
locahuiunj y Cefariorr, ôc plus bas, qui étoit a Cefar'on y in 
Cejarione. Ainfi on a cherché ailleurs mal à propos Cef- 
- feron. Cette Abbaye de la Congrégation de Saint Adaur, 
a été fondée l'an 817. elle eft régulière. 

Abbaye d'Hommes de l'Ordre 

DE CiSTEAUX. 

V A L- M A GN E, 

M. Armani VaI-magne,ou Villc-magne ,ou Valmagne, ouVal- 
croTxclftdcs ^^""^ >ou Villemanne,en Latin, ValUsyjeuViiU magna, 
premier Au- ^^^ Beato, Maria Fallis marna , fille de 1 Abbaye dç Bon^ 

mouicr de n r t i i ttHI r 

fcuë Madame ^evaux. Elle elt litueedans la petite Ville du melmc nom 
de^aiy.Ahhé Qn Languedoc t Cur un coteau très-fertile enOliviers, L'E- 
àdls clfaTgl'^^ en eft fort belle. Le Cardinalde5owT^,qui enaefte 
frcDoâcutcn /^j^b^ y afaitdcs jarditts admirables. Ceue Abbaye fut 

Theolcgiede ^ , ■'. •' n . ',. 

la faculté de fondéeTan ri<o. entre Jzde^ Mompelliery acinq lieues 

Faris,Aichev. . ^^ ^ ^ ^ I ' l 



Reven 



rooo, >'0«.I, 



«le Tours en dc PcT^NaS» 
17 19. & trarsa 
fcic à Alby. 




1400. 



looooi 



EVECHL' 



DES Abbayes de Framce. 



T.ri!niR.ï: 




f'Ior.'ns 



î^cvcn. 



EVtCHE' DE CARCASSONNE 

CARCASSONNE ,en Latin , Cdrcjffonnenfis ,Y\\ 
le Epifcopale affez bonne de la première Narbon- 
tcmaeiif de yiQ,j^^^ j^ TExafcacdes Gaules dansle bas Lanz^tdoc^fui- 



M. Loiiis Jo- 
feph de- Chà 



Rochebonnc 



a loa 



cy - devant frayante de Narbonne , fur la rivière d\^uclc , qui hit un 

Comte & C? , ^1 

Doyen de demi quarré & par la arrofe la haute Ôc baffe Ville , fituée 

Lvon , & Au- N I ■ ■ 1 1 ^ 1 n 

môHicr du a c[uaror;^e lieues de la mer , ôc a autant des mo?7[s lyre- 
faSic iT^'^^^Sjd'ou fort la rivière d'^'z/^e , & a 171. lieues de p4/-/s. 
^'^a^fucc^jé ^^■^ "^ ^^^^ point la Ville de Orc^/Jo^/îÉ" dans les ancien- 
0"cic. nés Notices Romaines , cependant Ton Evêque, qu'on y 
met dès l'an 310. prétendit la qualité de Prototrône dans 
ù P lovincc d^ Narbonne y au Concile d^ Be fers derani55i. 
ce qu'on lui a toujours contefté. D'autres difent que l'E- 
vêciié de CarcaJ^onne td un des plus anciens de la Province 
dQ Languedoc , ayant été érigé l'an 300. Saint G;wfr, Saint 
Hilaire Si Saine Falcre ^ont été fes premiers Evêques. ^er- 
^/^5affiiîa l'an 500. au premier Concile de Tolède', àc Roger 
Evcquede Ciîrcrfy?o«;7^eft: nommé parmi ceux qui fe trou- 
vèrent àlaconfecration de l'Autel de Saint Sauveur du 
monaflerc d'y4^^2/4«d', lorfqueOî^^r/fw^^/z^étoiten Langue- 
doc L'an 937. I^tfindus fatprefent à la Dédicacede l'Ab- 
baye de Saint Po«5 <if Tomiers y à la prierede-Powi, pre- 
micrdunom. Comte de Touloufe, hts Evéques de Car- 
cajjonne ont été élus jufqu'au concordat fait entre lePape 
Léon X- Se le Roy François L après lequel 7^^<tw de Ba/tllac, 
ayant été nommé par éle6lion , commeauparavant, Mar- 
tin de Saint André y nommé par k Roy , fut maintenu dans 
]*Evéché en exécution du concordat par Arrefldu Con- 
feil en 151t. 

On ne voit point que la Ville de Carcajfonne ait eu un 
Sége Epifcupal, difent plufieursfameux Auteurs, avant 

la 



Titulaires 



M . Cazin 
Bczons. 



DES Abbayesde France. 4^5 

' la domination des /^//F^ûf/75; puif qu'on n'en trouve aucune 
trace avant Grégoire de Tours ^\c Chroniqueur Efpar no! 
Jean de Bklare , qui vivoient dans le neuvième (lécle, nia- 
vant un Concile qui fut tenu de leur temps, en la quatrième 
année du. règne du Roi Recarede y auquel Concile figna 
5fr^/«5 Evcque de C^rr^^;?»^', qui cftle premier de tous 
les Prélats de ce Siège, donc la mémoire nous a été con- 
fervce. 

Le Palais Epifcopal cftdans la haute Ville ou cité de 
Carcdjjonne, c'eftune vieille maifon. La Cathedrale,dédiée 
à Saint Na:(^aire ^neik remarquable que par fon antiqui- 
té; elle efl petite > mais aflez jolie; &: le Chœur &lacroi- 
féc, foûtenus fur des petits pilliers fore déliez, font d'une 
grande dclicatefTe Prochedc l'Autel du Saint ^^jcr^w^wr, 
eft la Sépulture derilluil:re^/>»(?« Comte de Momfort^Cuï 
laquelle on fait brûler une lampe; mais il n'y 'lâ'Jcun mo- 
nument qui conferve la mémoire d'un fi grand homme. 
Le Chapitre de cette Cathédrale eft compoféd'un Doyen, 
d'un Archidiacre, d'un Treforier, d'un Précenteur, & 
de quinze Chanoines. Le Diocéfe renferme quatre-vingt 
feize Paroiffes, d'autres difcnt 114. ôccinq Abbayes, dont 
quatre font d'Hommes , fçavoir , Grajje, Saint HiUire, 
Adontoville ou Montoliou ^ &c Villon(iue '^ Rieunene y eft de 
filles. Le Diocéfe efl: aflez fterile ; mais il y a quantité de 
Manufactures, de toute forte de draps. 

Abbayes d'Hommes de L'Ordre pe 
Saint Benoist. 
GRASSE. 

•î« Graffe, où laGraiïe , ou Nôtre Dame de laGrafTc^^en 
Latin , GraJJ^ Beatce AdarUyfeu GrafjienfiSy vel Sanéla Ada- 
ria m Rubine , feu Odurohtn^ ; fi tuée en Languedoc ai) 
pied des montagnes de \aCourhicre y fur la rivière d'Or- 
hieu ; éloignée de Narhonm ^ de Carc^JJorjne de quatre 
Tome IL S f f lieues 



Florit5Rcvct. 



4^35. } 6000.1 



45?^ Recueil General 

TiTUiAiaes. lieucsTuncau levant , ôc l'autre au couchant. Elle a été ^^o-"* 
bâtie par Charlemagne ^ pour rendre grâces à Dieu de la 
Victoire qu'il avoit remportée fur \qs Sarra/ins, D'autres 
difent feulement de fon temps , ce qui eftplus vray fem- 
blable; car on n'y voit rien, ni dans les bâtimens , ni dans 
I'Ei;^li(e,qui fereiTentedefon ancienne fplendeur, excep- 
té le grand Autel qui eftmagnitîqae. On montre dans le 
Tréforla ChafTe de Saint Maxime EvèquQ de Riez, 6c le 
Chef de Saint ysbyn Archevêque à^EmhrMn*^ qu'on a| 
long-tems tait pafler pour le Chefde Saint Jahin Evêque j 
à' Angers i ôcune boëce d'y voire , dans laquelle on con- | 
fervoit autrefois le S. Sacrement a une Chapelle. Il y a dans ' 
la Bibliothèque un texte des Evangiles , qu'on prétend 
avoir été donné par l'Empereur Charlemagne; ôc dans les 
Archives une Bulle du Pape y^^^apec ^écrizQ fur de l'écor- ' 
cei avec le teftament de Guillaume Cardmal de Sainte 
iVJarie au delà du T)//^rf , fait l'an 13^9. H avoit étéReli-| 
gieux de Saint yî^^r//^/ de Limtsges, èc voulut y edre en- 
terré avec fon Scapulaire fous le rochet. 

Pluiîeursfçavans ne conviennent pas que le Corps de 
Sâïnz Maxime foit dans l'Abbaye de la GraJJe ^ car ce S. 
Abbc de Zer/wi, après avoir tenté en vain la fuite, de di- 
vers moyens d'éviter le fardeau del'Epifcopat ,futfiic 
Evéque de RteT^ en Pro^oence , l'an 4^3 ôc gouverna Ion 
Eglife pendant l'efpace d'environ 17. ans, ôc étant mon à 
/?/V^ vers l'an 460. il fut enterré à Saint P/^rrr', qui eft^ 
une Chapelle prefentement hors de la Ville , 6c prefque 
abandonnée. Il n'eft reftéà Rte^àQ ce Corps Saint . que 
le Crâne & un bras. Tout le refte a efté transféré a l'Ab- 
baye de la, Gralje y fans que l'on fçache en quel rems ,in 
commenta car lesRclifrieuxde la Gm fie n ont d'autres ri- 



Ke /en. 



très qued anciens inventaires de leurs reliques, d'environ 
quatre cens ans , qui font mention de ce Corps Saint i 6c 
quoiqueà /^tT' oncroye poflcder unbra<j de Saint y^^f^iv/- 
me yhs Religieux de la GraJ^e ^ ne laiflcnt pas d'affurer 

qu'ils 



DES Abbayes de France 497 
Titulaires. Qj^ç jg^ dcux , qu'ils s'accordcnt dotic i car au comptc des 

uns ôc desautres, voilà un bras de trop. La Seigneurie 
utile, & la Juftice civile du Bourg de Rivefaltes à troi.^ 
lieues de Perpignan , célèbre , parce qu'il produit le mcil 
leur vin à\iRoujJtllon ^ appartiennent à rofficeclauftraldt 
C/;rfw/'r;fr de l'Abbaye de hGraJfe. 

SAINT HILAIRE. 

J^ ^cM^r- Saint Hilaire de Carcaflbnne, en Latin, SanclusHtla- 
tob e i7zj. rius , fituée à deux lieues de la Ville de Canajjone ^ fon- 
dée par Saint H//^/>fEvêq'Jcde cette Ville. Il yades titres 
fort anciens dans les Archivesjôc dans le trefor deux bel- 
les Chafles; une qui contient le corps du Saint Fondateur, 
ôc l'autre une partie des Reliques de Saint Cernin^on Saint 
Saturnin , Evêqucde Tow/ow/f; cela eft prouvé parunan 
cientJtre. Il y a encore dans ce tréfor,une crofTe d'yvoi 
rc, qu'on afTure avoir fervià Saint HiUire , fur laquelle 
eft écrit en Lettres d'Or d'un caraélere fort ancien, 
YJve Maria , juCc^aau Sancla, 

MONTOLIVET. 

M.dc Lordat. Montolivct , OU Moutoliou , ou Montolieu , ouMon- 
tonville, en Latin, Adons Olinji ^ vel Noftra Domina mon- 
tis Ol;vt y vel 0/;i;^r«w, fituée à trois lieues de Carcajfjfon- 
ne fur la rivière & Al'^on, Elle fut fondée félon quelques- 
uns ^av Charlemagne j & félon d'autres par Roger l. Comte' 
de Toulotife, Il en efl: fait mention dans des Chartes de l'an 
910. ôcelleedde la Congrégation de S. Maur. 

Abbaye d' Hommes de l' Ordre 

DE ClSTEAUX. 

VILLELONGUE. 

M.^cNoéic Villelongue, en Latin, F;//^ /-o^^^^, fi lie de l'Abbaye de 
»7.^ '■'^^^^- ^QYi^efom ou Bonnefomame ^ ficuée a deux lieues ôc demie 

Sffij de 



•Iouns;RcvMi. 



c au- 
r - fois 
i660. 



1 JOOO.l 



4*<- 



)009, 



1080 



yjo», 



45?8 



Recueil General 



Tiru^A^Hs. jç Carcafjonne , vers le Levant d'Eté. Elle a cfté fondée 
l'an 1131. . . . . , 

Abbaye de Filles de l' Ordre 

DE CiSTEAUX. 

RIEUNETTE, 



FlorinslRcven. 
40Q. ijoo. I. 



McdcBcau- Rieunerteou Rionerte .ouRieiinctou Riounette , en 

,-U <jc XI c. oc _ /-• , 

Loftanges de Latin, RfiJus Nnîàus , ficuéedans la Ville de Carcaffonne 

BcducrCojd, - - • -- _ . ^ _ -A/ 



jeu 



e'i?. jiiiik't depuis peu d'années j car elle avoitefté fondée à la Cam- 
pagne. Eileeft fille de l'Abbaye de Aioïimond» 



27^1 




EVECHE'J 



DEsAbBAYESDE F p. ANC e. 



À.99 



TXTHIAIRES 






(*"-.i^*-^ 






FiorinsjRcvcn. 



M Ce far Jean 



EVECHEDE NISMES 

NI S M E S , en Latin, Nem.iupn/is, Ville Epifco- 
palcde la première Narhonnoije ôc de l'Exarcac 
cuThcoiogii. des Gaules, dans le bas Lanoîtedoc, vers la (omcQ àwVij 
tre't à deux grandes lieuës de ^^iï;/c^/y6' , à huit de la mer 
mediterrannée à crois d"L^^^" j 1^0. deParis, & encre la 
ViWtà'A-vignon^bcctWftàtMontfellier^. fepcou huit lieues 
de Tune ôc dcl'autrc;dans une fjcuation charmante. C'efl 
un Evcché des l'an 4.75. fous la Métropole izNarhonrte •> 
mais la partie du Dioccfe de NifmeSy qui sercnd vers le 
Nord Oiieft ôc le Couchant d'Etc, en a efté feparé l'an 
16^1. par le Pape Innocent XIL qui érigea pour lors dans 
la Ville d'/^/4/5 un Evcché. Le Diocefede iV;yW5cfl tout 
entier dans la plaine. Il s'y recueille beaucoup de bled , 
beaucoup d'huile 3 de très bon Vin, de toutes fortes de 
denrées Ôc l'on y fait unegrande quantité de foyc L'in- 
duftriedcs habirans , ôc le génie qu'ils ont pour le com- 
merce , mctcenc tous ces avantages «1 profit , 6c rendent 
la Ville deA/'z/we^lc centredu commerce qui fe faiten 
Languedoc. Il y a un grand nombre de Manufaclures a Nij- 
me^y ôc les marchandsde cette Ville font le principal com- 
merce de la Province pour la draperie ô: la foye , tant 
dans le Royaume, que dans les Pays Eftrangers. Je ne 
dirai rien delà Ville de N//we5, parce que je n'ai pas en 
trepris une defcription des Villes de France ; mais je dirai 
amplement enpairant>quela Ville de Nifmes a eu autre- 
fois onze mille trois cens cinquante deux pas géométri- 
ques de circuit \ ce qui fe peut encore connoitrc en mefu- 
ranc les veftigesdefes anciens mursjôc qu'il n'y a point de 

■ Ville, 



co 



TituLaIi^es. 



Recueil général 



Ville, norès Rome^quïconCcïVQ un plus grand nombre de 
monumens antiques, c^uq Nif me s. CcttQ Ville n'eft plus fi 
grande, car elle neft habitée que par douze mille cinq 
cens quatre- vingc dix familles. On y entre parneuf por- 
tes 7 les rues en fonc aflez belles , de les maifbns bien 
bâties. 

L'Eglife Cathédrale dédiée à la Sainte Vierge, fait con* 
noiftre par la ftrudure de Ton portail, qui foûtient une 
haute tour quarrée, qu'elle eft extrêmement ancienne. 
Son Chapitre eft compofé d'un Prévôt» d'un grand Ar- 
chidiacre , d'un Doyen, de deux autres Archidiacres , 
d'un Treforier , d'un Sacriftain, d'unCapifcol ôcde fei 
ze Chanoines. C eftoit autrefois des Chanoines Régu- 
liers de SiûniJugufltn , qui furent feculanfez par le Pape 
P^^/III. l'an T539. D'autres difenti559. &: d'autres en ï53(î 
Le Diocèfe de Nijmes comprend deux cens quinze Par- 
roifTes, d'autres n'en mettent que 90 Ôc 8. Abbayesi dont 
fepc , (ç:^:ivo\ï JtgaemorîeSy Franrjuevaux yS. Gdlcs^ PJeau- 
me ou Pfilmodte y Sauve ^ Saint Pierre de S aime ^ ÔC Sendras^ 
font pour des hommes; &la huitième que l'on nomme, 
la Fenéy eft pour des fil les,de même que Fontaine aux No- 
nains. La Maifon de l'Evêquc eft allez logeable. Qiioi- 
quelaVillede Nifmcs foit très-ancienne i on ne trou- 
ve pas néanmoins de plus ancien Evêque fur le Siège 
de Nifmes que Sedatus , qui afllfta au Concile &Jgde 
en 50^. Il y a eu un Concile affemblé à Nifmes vers l'an 
389. Sul^ice Senjere qui en parle , dit que Saint Martin de 
Tours y ayant envie de fçavoir ce qui s'y eftoit pafte, un 
An_[;e lui envintapprendrc les particularitcz , quoi qu'il 
en Ru extrêmement éloigné. Outre le Concile que le Pa- 
pe Z^rhain IL tint au fujet de Ph/lipjx- Il ôc de la Comteffe 
de Mont fort fa concubine i il en avoit efté tenu un en l'an- 
née 897. In pago Naumafenfi y connu fous le nom de Conci- 
Imm Portuenfe, parce que comme il eft dit à la tête de ce 
Concilcy CoriVenttiS faâus efl Epifcoporum San^torum apud 

Nemaujcnji 



Floriiis I Rcvefli 



DES Abbayes de France. 501 

ti^^^*'i*<^^' J^emaufenfem pagum y loco qui portas cognominatur , lequel 
lieu eft maintenant inconnu. Ce Concile convoqué 
parle VapcVrbam II. n'ell: pas le feul qui a efté tenu en 
cette Ville . . . . . 

Abbayes d' Hommes de l' Ordre de 

S. Benoi st. 



AIGUË S-M O R T E S. 

Aigues-Mortesjon n'en trouve point de Mémoires; ôc 
c'efl; maintenant une Eglife Collégiale dans la Ville du 
mefmenom,qui n'eftoitauparavant qu'un méchant Villa- 
ge, qui appartenoità l'Abbaye dePfalmodie. Voyez l'ar- 
ticle de Plalmodie , plus bas. 

SAINT GILLES. 



N. 



Florins 



1100. 



M Jacques 



Saint Gilles, en Latin, Sanâus Egidius ^ firuéc dans la 
Antoine phe- petite Ville du même nom , entre N//^f5.dontelle eft à 
le Loaevc l'Orient, &:y^r/f5 j a une lieue du Rhône Se a. uoisQQBea>.- 



i 

AbbcdeNmtz t t r- l • ' /^ ■ 1 1 r • I' 

Ordre de S ctirt, Uu Solitaite nomme (utiles le retira vers i an 514 

^cTÀbr^ne <^^''^s un antre près du Rhône aux extremitez du Dio- 

i s ' ' ' ' - - • 



'^Ï.V'' cefe de Nifmes ; fon tombeau rendit le lieu celebte ; on y 

le Uicc. -' J 

k Lodevc & bâtit un monaftere; le cnhe qu'on y rendit au Saint , y 

àc s. Gilles. , , r r ■ i»a. '"^ 

attira tant de monde, & ht taire tant de barimenstout au 
tour, qu'il s'en forma une Ville du nom de Saint Gilles • 
nom qui fe communiqua mcir.e à toute la Province du 
Bas Languedoc, Ce Monaftere éroit fameux au commen- 
cement du règne de Loiiis le Dehormaire. Il efl: marqué dans 
un Catalogue fait dans ce temps-là , que le territoire où 
ce monaftere étoit fitué s'appelloit la J^ullée Flavienne ^ 
Vallis Flaviarja^ 6c le lieu où eft Saint Gilles , fe nommoir 
autrefois > Palatium Gothorum^ ce qui démontre que les 
Rois Vifigoîsy avoientdemeuré. Othc-Frifingenfis pré- 
tend qu'A taulphe Roi des yifgoîhs Y étabhtfa réfidence. 
Cette Abbaye fut long zctn^s aux Bened^flins ; mais ayant 

quitté 



RcVCM. 



14000, 



Titulaires 



501 Recueil général 

quitté robfervance de leur règle, elle y fut rétablie par S. 
Hugues Abbé de Cluny ; mais d.ins la fuite les Moines de 
Cluny fc relâchèrent fi fore, qu'on fut obligé de les fé- 
cukrifer, ôcil n'y a plus en ce lieu là de Couvent \ mais 
un chapitre de Chanoines feculiers,au nombre dequin- 
ze ; il y a autant de Beneficiers, &. le Chef a confervé le 
nom d'Abbé. Les Huguenots ont long-tems joui" de l'Ab- 
baye de Saint Gilles , dont ils ont efté les Maiftres jufqu'à 
la rédudionde Ni/mes. Raymond IV. Comte AtToulouje , 
l'un des Généraux de la Croifade a,\Qc G odejroy de Bouil- 
lon, ell le premier qui a pris le nom de Saint Gilles , par- 
ce qu'il étoit fort dévot à ce Saint, de forte qu'il voulut 
qu'on célébrât folemnellement fa Fcte dans tous (es Etats, 
L'ani05?(r il donna à l'Abbé de Saint G///f5 tous les droits 
qu'il pouvoit avoir en cette Ville, &cet Abbé fut main 
tenu par Sentence du LégatduPape Innocent lll.de l'an 
iiio. contre /i^jwo^^ VI. Comte de Touloufe, Ilya eu 
deux Conciles a S. Gilles yConcilium in ViHàJanélt j^gtdii . 
Celui de 1035?. eft imprimé dans Labbe T. <?. page io8i. 
ôc celui de 12,10. eft imprimç dans le mefme Auteur T. 
II. page 54. 

Il y avoit autrefois à l'Abbaye de Saint Gtlks quatre- 
vingt Religieux, lorfque Paul III- la fccularifaiôc fi Ton 
en croit une Bulle de "jules II. Charlemàgne commença a 
bâtir l'Eglife» mais il n'eut pas le temps de l'achever, par- 
ce qu'il mourut. Le portail paroît ctrc de ces temps, ôc il 
eft d'une magnificence qui furpafie tout ce que nous avons 
vu en ce genre du temsde cet Empereur. Ce qui reftedc 
l'Eglife, qui fut entièrement détruite par les Huguenots , 
fuHic pour faire regretter la perte d'un fi bel édifice i & 
l'on doute fort que du temps de Charlemagne, il y eût 
en Frmce une bafilique fiaugufte. Le Bienheureux /^/>''rf 
de Caflîlnau y fut afTaftînc lan 1108. Son Corps enfeveli 
dans le Cloître de l'Abbaye , fut tranfporté. l'année fui- 
vantedans l'Eglife mêmcde l'Abbaye, où l'on a établi un 

culte 



yiorliis 



desAbbayesdeFrance. 505 

'^"'"*'^*"' culte Religieux à fa mémoire par la permifCon du Saint 

Siège. Il y a beaucoup de Bénéfices qui dépendent de 

l'Abbaye de Saint Gilles 2c la moitié des Prébendes de 

ce Chapitre eft à la nomination du Roy. 

PSALMODIE, 

scc.urif.c & Pfalmodie , ou Pfalmody , ou Pfeaume , en Latin , 
ckU'Khisr ^^''^^^^^^'^^^^"^ ^^ Pf^liyiodiOyfeuPfalmodîer.fiSyVoi Pfalmo- 
diuniy fondée à une demie lieuè'd'^/^«e^-wor/?; ion n'en 
fçait point le temps i mais elle efl très-ancienne i & étoit 
\ célèbre dès le temps de Louis le Débonnaire. Les Moines 

ayant quitté iobfervance de leur règle furent fecularifez 
fous 'François I. qui les établit dans la Ville d'v^/gwf.c-wor- 
tes ^ d'où ce Chapitre a eflé transféré ày^/^/V^ôceft àpre- 
fent celui decette nouvelle Cathédrale , fondée du reve- 
nu de l'Abbaye Aq Pfalmodie ^ quant à la Menfc Abbatiale 
elle étoit taxée à. .... 

SAUVE, 

M.Mcrcz.** Sauve, en Latin, Salvia^ Salva ^ Saigna y Salvium ^ 
fîtuéedans le Bourg du même nom, dans le Languedoc , 
fur la Bidourle , à trois lieues à' Jndu^ie vers le Couchant. 
Elle fut fondée par laComtefïe Garfendis , avecfon Fih 
Birmond l'an 1015?. au lieu appelle Sahens y a lepr lieuc5 
de Nifmes, Le titre de fondation porte que le lieu étoit ar 
dedans des limites dnNenwfe^y in conjin/o Nemai.fcn/i y d< 
<Jui s'appelloit Salvins , quoique dans d'autres titres il foi 
appelle iWi'4, ou •S^/o^/wr/ï. . . • 

SAINT PIERRE. 

NL. Saint Pierre de Salnie , en Lr\t\n , Sancfus Perru^dcSal 

mo. On n'en trouve point de Mémoires ; mais ieulcmenr 
qu'elle efl taxée à Kow, à . • . 

C'eftl Abbaye mcme de Pfalmodie, a'/^T:<;[^ci dcflTus. 



Florini 



Rcven. 



Tome IL 



Ttt send;us. 



s 00. 



l4ooar. 



joo. 



loooo.l 



l'^oo. U 



c. 



fÏTOAt KtS 



ÎO* 



Recueil cekEkaS 
S E N D R A S. 



Florui 



ilCTtO. 



M. de Mni- SctiJiMs; CH Latiiî , Sendracenjis ^ feu de Senduco , clîc 
Jj^^fj"^^"/^ étoit déjà fondée avant l'an iiy/T. 

Abbayes d'Hommes de L* ordre 

DE CiSTEAUX. 

F R A N Q^U E V A U X. 

u dciaPcti- Franquevaux , en L^tïn, France Falles ^ fille de l'Ab 
baye de Mor/;wo;2û/, fondée le trois des Kalendes de Juir 
1143 c« Langt-iedoc , à une lieuë de S, Gilles ^ près l'écano 
de Scamandre. Elle eft fituée dans une grande plaine, âv 
elle a éprouvé la fureur des Fanatiques. 

Abbaye deFilles de l' Ordre dk 

s. b e n o i st. 

LA F E R T E*. 

La Ferré , en Ladn , Firmîtas -, on n'en trouve point de 
Mémoires. . ^ . » . 

Abbayes de Filles de L' ordre 

DE CiSTEAUX. 

FONTAINE. 

Fontaine aux Nonains, ou la Font aux Nonnais^ou 
les Nonnainsde laFont, en Lçizin, de Fonte juxtà Nemau- 
firrj\ fituée auprès de Nijma. On n'en trouve point de 
Mémoires. . , ^ ^ 

EGLISES COLLEGIALES 

MiPhiiîppe Le Roi nomme à la Prevôcc dcl'E'elire Carhédralt: •' 
Nijmes ^ l<idn de Chanomeo K'^iruliciz , iccuianiez ■ 



^. 



N. 



40. 



30.1 






DES Abbavp.s t>£ France. 50^ 

TiTMiAiRis î^3(j. 5: a la collation des Prébendes àrahernative ,avec 
le Chapitre. . . . . . 

SAINT GILLES. 

Saine Gilles, la moitié des prébendes du Chapitre de 
S, Gilles eft a la nomination du Roy. 

Le Doyenné ou Abbaye féculiere de Mozy, efl: de no- 
mination Royale, ôc vaut. • . . . 



florin- AcTOÉJ 



îr 




Tcc ij 



EVECHE 



TlTtllAIMS. 



50(? 



Recueil général 



M Charles 
Joachim Col 
bïitdc Croif- 



r€^c ét¥?) {€¥^.'?^î^c ^€«i^^ (t^f^ C€î^^ 

EVECHÉ DE MONTPELLIER 

MONTPELLIER, en Latin , Monti[pefsuLnen~ 
fis , feu Mdgdlonenfis , Ville Epifcopale fnffra- 
fv, Doa. dêg'^^ï^^ ds Narhonne , Capitale du bas Languedoc , fur le 
^bbéTprof- ^"^^ aune lieue &: demiede /M^^«c/o«e , à deux de In 
dcmont ord. côcede la Mer Méditerranée, à huit dcNifi^/.es .9. quinze 

deCiteauxD. j -kj I ^ • l r» -i- 1 1 /i V / » 

dciieauvais. QQ Narbonne ^ ôc a cent cinquante de P^ri^. Elle elc iitueei 
uirlefommec d'une colline. Cette Ville doit fon oriei-l 

. O j 

ne a l'entière ruine de Ad aguelone ^ qui ètoïi fituée au Midi j 
de Montpellier ,ê:ins une Iflede l'étang deThau. Il n'eft 
fait aucune mention de Aîaouelone dans les anciens Géo- 
graphes, ni dans aucun écrit plus ancien que la domina- 
^ vondtsï^ifigoths i c'eft pourquoi nous pouvons leur attri- 

buer l'originede cette Ville, & de fon Evêché, inconnu 
avant la fin du fixiémefiécle , ôc le règne de Recarede. Ce| 
fut fous ce Roi des ï^îf^oihs que Genefius comparut l'an i 
58^. au troidéme Concile de ToWe au nomdeBct^cf Eve ! 
que de Maguelone\ les Evéques de ce Siège , que quel-j 
ques-uns veulent marquer avant Bo'éce, n'étant appuyez* 
fur aucun témoignage certain. A/^^«f/o«^,quiéroit venue 
au pouvoir des Sarra-^ins , aprcs la ruinedela Monarchie 
des Vifigoths, fut prife & détruite par Cht^rles Martel 
l'an 737. ce qui obligea l'Evcque avec fon Clergé , ôc la 
plupart des habitans à f e retirer en terre ferme à une pe- 
tite Ville ou Bourgade nommée Soflantionou Suftanuon ^ 
qui efl: marquée dans l'Itinéraire de Bourdeaux à Jerujalcm 
fait fousConfianîin \q Grand y Se dans la carte de Peutin- 
ger. Ce lieu nommé.S'^/?^wr/o/2 a eflé entièrement détruit. 
C^^f/dans fes Mémoires de Languedoc ^tiÇ^m^c^n^^ de (on 
temps, il y a environ quatre- vingt dix ans, on voyoit en- 
core 



'orfns 



Rcveiï. 



DES Abbayes de France. 



5^7 



^'^"^''''^'^•core les ruines deSujiariîion,d. millepas du grand chemin 
qui va de Mom^ellier à Nifme^ , & à pareille didance de 
la Ville de Adcmpellier , près des Villages de C^.pelnau y\ 
6c de clapiers. Suftantion a eu durant long- temps , & de- 
. puis le dixième hécle» fes Comtes, qui ne reievoient d'au- 
cun aurre Seigneur. Ce furent ces Comtes de Suflantion 
qui donnèrent aux Evêques de Maguelone l'Ifleoù eftoit 
leur ancien Siège Epifcopal , &: outre cela ils leur donnè- 
rent des biens en terre ferme. Ces Prélats ayant demeure 
. à Suftantion environ près de trois cens ans , l'Evèque Jr- 
«^«^ rebâtie vers ranio^o. Maj^uelone dz l'Eglife Cathé- 
drale , au lieu où elle avoir eftè dans l'Ifle ', il y établit fn 
refidence du temps de /^cryw'o/2^ Comte qq Suftantion y de 
de la Comteffe y^dele fa mercjôc ce Comte fe retira à McL 
goire ou M elguel ^ c t{\.-^ dire, Alaugnio, oùc'ètoit la plus 
célèbre Monnoye de ce Pays-là, car iheft dit dans les an- 
/ ciens titres, que les paycmens fe dévoient faire , /0//J/5 

Aiehorienfibus^ en fols de Adelzoireou. MelnicL Ces Corn- 
et -' ■' O r ) 

tes ePcoient les Seigneurs temporels de TEvêchè de Ada- 
guelone y de forte que Pierre Comte dt Melgoire dans fa 
charte de l'an 1085. donne non feulement le Comté de 
Suftantion, mais le temporel de l'Evcchè de Maguelonc au 
Pape Grégoire VII. & a fes SuccefTeurs ; ce que ce Comte 
croyoit pouvoir faire , parcequ'iltenoirfon Comté libre- 
ment, & en Franc Alleu, in allodium, &:non en fietd'nu- 
cu 11 autre Prince, ou Seigneur. Les Papes remirent la 
propriété de ce Comté aux héritiers du Comte Pierre. 
Depuis ce temps là les Comtes de Touioufe furent au/Ii 
Comtes de /^^/.'««^/^/o ?& fe firent reconnoidre pour Sei- 
gneur de Fief par Ic^'eigneurde Montpellier y douilcs Pa- 
pes furent méconrens, de forte que durant les guerres des 
y^lhigeois , le Pape/w«ocf«/ IIÎ. envoya ordre, l'an 1100 
à fes Leîiats de fe faihr du Comté de Maun.'io, comme 
cftant un patrimoine de l'Eglife Romaine LemcmePape 
Innocent III- donna en 1115 ^Guillaume Raymond Evefque 

Tt t iij de 



Florins Revtn, 



508^ H Ë C U Ê I £ C Ë NER AtE 

r-TuiAREs. jg Maguelonne, & à fon Eglife le Comré de Mauguto y 
moyennant une redevance de vingt marcs d'argent par 
an j cependant le Comte de ro;//o»<eayant fait fa paix avec 
le Pape & le Roi , fe mit en pofleflîon du Comte de Mau- 
giito^ cela attira l'excommunication du Pape GregoirelX. 
ôc au Comte de Toulon-;^e ^ ^ aux habitans de A<fâuguioy 
qui avoient pris fon parti. Ce différent dura plufieurs an- 
nées, Ôc jufqu'à la mort du Comte de ToulcuXc^ Alors S 
/.o^f/^prefTcpar les follicitations de Clément IV fit remet- 
tre l'Evêque de ^i^t^w^/owc en pofleffion du Comté dcAieU 
goirt ^ que les Papes foutcnoient ccre un Fief de l'Eglife 
Romaine. Les Evcqucs ont joui des biens 6c des droits 
qui leur avoient été conteflez; mais les prétentions des 
Papes fur le Comté de M^uguio ,ont été anéantis après la 
mort de S- LoUts, L'Evcquc ^r^aud sprcs avoir fait rebâ- 
tir la ville de/ii^^«e/o«r vers Tan loc^o. comme je l*ai ditci- 
dcflus, y transfera l'EvccHc l'an jo5>5. LcPapQ'Vrbain 
VlII. fit la confecration de toute Tlilc ; ôc en 1163. le Pape 
y^lexandrelll dédis, le grandAutel de cette Cathédrale à 
S.Pierre ôc à S, Paul. Et le Pape Innocfntlll. l'an 115)7. don- 
na en inféodation à l'Eglife de Uaguelone leComté de Mf /- 
g/^^l, ôc de Montferréind, Les Evéques ont toujours eu leur 
fîege ôc leur Eglife dans l'Ifle dcMaguelone jufqu'en 155e". 
que le Pape Paul III, transfera i'Evêchc de Maguelone dans 
la ville de Montpellier , à l'inftance du Roi François \ par- 
ce qu'on n'y pouvoir plus demeurer en fureté, àcaufè des 
incur fions des Py rates Mauves ôc Sarrasins qui faifoient 
(ouvent des defcentes h de forte que ce lieu dtMaguelo- 
ney en plufieurs anciens titres, efi: au rapport de Catel, 
appelle le Port Sarra^m. Le Chapitre de l'Eglife Cathe 
dralci qui étoic régulier, ôc de l'Ordre de S. Jugufttn , 
fut fécnlarifé par le mcme Pape > dans le tems de cette 
tranfiarion. D'autres Auteurs difent, que ce Pape trans- 
fera l'Evcché de Maguelone a Montpellier dans le Collège 
de S. Ficlor^ fécularifa les Moines, ôc des deux corps 

n'en 



florl&s KcTfli; 



Des Abbayes de France. 505^ 

^'"^*i^?''n*cn fit qu'un. La ville dcMontpeUter, a commencé par un '^^°''"' 
Village qui fucdonnc à Rnuirt , E^vcquc dcAJapelonc, par 
une Dame picufe, fœurde S.Fo/^7^«^Evêquede Lvdeue^ 
l'an 975. fous le Règne de Lothaire. Rituin donna quel- 
que cems après ce lieu-la a Guj un des Chevaliers ou Vaf- 
faux du Comte de^r/y?^^;/^^ ôc de Me^loire, Guy fut le pre- 
mier de tous les Seigneurs de Montpellier. Ses fuccefleurs 
ont toujours connu TEvcque àt Ad nguelone pour leur Sei- 
gneur Suzerainj & quoique cePrelat 6^ fes prédeceffeurs 
eufTent reconnu pour leur temporel les Comtes de SuJ- 
tantion ôc dc^l^/.^/^a/r^, néanmoins ils vouloient que le Roi 
de France fût leur premier Seigneur ôc leur Souverain i 
c'eft pourquoi 1 Evêque Raymond s'adrefla à Louis le Jeu 
ne , qui lui confirma &c à fon Eglife tous fes droits, Tan 
1155. ce qui fut de nouveau confirmé par Philippe Jugufie ^ 
qui en donna des Lettres Patentes à l'Evêque GuilLume 
d'Jlugnac, Jacques Roi i'Jrréigon reconnut pour fon Sei- 
gneur l'Evcquede ^^^^8^/r5«f j & lui fit hommage de In 
Seigneurie Aq Montpellier. Il donna cette Seigneurie à 
fon plus jeune fils J^i'<j«e5, avec le Royaume àtMaiorque\ 
&c ce prince Jacques Roi de Majorque, reconnut auflî l'E- 
vcquc pourcettemême Seigneurie; mais ce Princeavoiia 
l'an 1307. par un Adc, qu'il tenoit de la Couronne de 
France tout ce qu'il poflèdoit dans le Diocefcde/l^/.?^;/^- 
lone] car des l'an 1291. Philippe le Bel avoir acquis par 
échange les droits de l'Evêque de .i^/^^/^c/owffurÂ/cwr^f/- 
lier ôc fes dépendances; de forte que Sanche &: Jacques fon 
fucccfkuï Roi de Maioïque j ne reconnut plus que le Roi 
de France pour la Seigneurie de Montpellier ; &c le Roi 
Jacques IIL la vendit Tan 1349. à Philippe de l'^alois pour 
prix de fix-vingt mille écus d'or. Les anciens Adles du 
Château de LûTifi, aujourd hui ruiné, qui regardent les 
Evcnues de .VJ-tgu^lone y 5c ceux de Montpellier , nous mar- 
quent que les Seigneurs faifoieni à l'Evcque hommage 
de ce Château, fuué fur 1 étang, de Thau^ 

L'Eglife 



Rcvcn. 



5IO Recueil genéRaï 

TiraLAiRBî. L'Eglife de Tlfle de Maguelone , à une lieuc & cîemîc ^'•'^'''** 
de Mompellier devine Epifcopale vers Tan 451. elle ellau- 
joard hui abandonnée , ôc il ne refte pas même aucun ve- 
rtige de la Ville. L'on voie encore dans cette Eglife les 
tombeaux de plufieurs grands Evêques. L'Eglife Cathc 
d raie de Montpellier , dédiée à S. Pierre , efl: un aflez grand 
baciment , qui n'a qu'une nef fans bas côcez. L'on die 
qu'elle a été bâtie par le Pape ZJrhain V- & qu'ayant été 
ruinée par les Religionaires, elle fjt rebâtie en partie par 
le Cardinal de /?/c^^//É'«. On admire la beauté de fa ftruc- 
cure, la hauteur de la Tour , qui s'élève au dcffjs du 
chœur , & fes deux autres tours (ans cloches, qu'on voie 
nu deffus de fon portail. Il y a dans le chœur trois beaux 
tableaux de la vie de S. Pierre ^ dont c?lui du milieu efl: 
de Sebaflien Bourdon, Le Chapitre de la Cathédrale de 
Montpellier q(\: compofé d'un Pré vôr^d^^s Archidiacres de 
Vdlence & de Caflrcs ^ d'un Chantre, d'un Sacriftain , 
d'un Aumônier, d'un Ouvrier , Se de vingt-quatre Cha- 
noines Le Palais Epifccpal efl; tout proche de la Cathé- 
drale j il efl. bâti de grofles pierres , comme la plupart des 
rnaifons de Montpellier^ fur les ruines d'un Monafl:ere de 
l'Ordre de S. Benoijî ydonz on voitencore les veîèigesdes 
lieux réguliers. Il fervoitde Collège aux Religieux de 
S. î^tcior de Mdrpjlle, Le Pape ZJrbain V II L l'avoir fait 
bâtir, avec l'E^hfeconfacrée à S. Germain Ôc âS. Benoifl^ 
qai'bicn qu'elle foit la plus grande & la plus belle de 
MonTjjcllifrf ne paroiffoit ace grand Pape qu'une Cha- 
pelle Aujourd hui on ne la trouve pas petite pour une 
£^rande Cathédrale, où les Etats de Languedoc viennent 
aiTider au Sermon durant l'A vent. . , . ^*®°* 






A B B A Y £, 



TiTttlAiREr, 



511 



DES Abbayes de France. 
Abbayes d'Hommes de l^OrdrB 
. DE Saint Benoist. 
A N I A N E. 
w , , ^ Anianc, ou Saint Sauveur dAniane, ou 5ainc Benoift 

M. Jic UTour T'y r n 

du Pin de d'Aniane, en Latin, Ant^na ^ leu S^nctHs Salvaror de 

Montauban, . . r f A 1 •\7-îfl ^ i t 

Evèqac Aniano, ^ inueedans la petite Ville du même nom, dans le 
«icTouioa. g^^ LAngnedoc y entre Montpellier ôc LodeveSy de à quatre 
lieues de cette dernière ville. S. Benoifl-^fîls du Comtede 
Adagueloyîe ^aysintqmtz^ le Monaftere de S.Seine en Bour- 
gogne ^ pour revenir en Ton pays, vers l'an 780. bâtit d'a- 
bord un petit hermitage prcs d'une Chapelle dédiée à S 
Saturnin y fur un ruifleau appelle Jnian , peu éloigné de 
la rivière i'Eraud. N'ayant pu fe défendre d'y recevoir 
des Difciples, il fallut y faire, un Monaftere ; mais la 
vallée fe trouvant bientôt trop étroite pour contenir les 
Religieux au nombre de trois cens , & qui femultiplioient 
tous les jours ; il transporta fa Communauté dans un lieu 
voifin,où il bâtit le grand Monaftere d'Jniane dans fon 
propre fond. Charlem.tgne prit l'Abbaye d'Jniane fous fa 
protection , ôc fous (à dépendance, félon l'ufage de ces 
tems-là, afin que les parens de l'Abbé S.^f«(^///nepiéren 
diflent rien après fa more aux biens de cette Abbaye. Ce 
Fondateur mourut l'an Su. fes Religieux réformèrent tou 
te la France, & même tout l'Ordre de Saint Benoift, Lts 
Calviniftesontcaufc un fi grand defordredans l'Abbaye 
iiAntane ^ qu'il n'y refte aucun vertige d'un fi illuftre 
Monaftere. On x\y voir que l'Epitaphede S. Jrdonydifci- 
ple de S, Benoift y & qui efl: Auteur de fi vie , laquelle 
eftincorporceau grand Autel '» mais la réforme de la Con- 
grégation de S. Aluury qui y efl: entrée depuis peu d'an- 
nées, lui rendra fon premiei luftreen rét.^bliflant l'Egli- 
fc & tous les lieux réguliers, ce qu'elle a déjà commencé 
de faire avec fuccès. ♦ . 

Tome 11, Vuu AbbayjI 



Elori 



'\ cvcn. 



109;. o. 



jSi 



TlruL.^I^BS. 



Recueil général 

Ab&ate de Filles de l'O r d r i 
DE Saint Benoist. 

SAINT GENE'S. 

Me ac la ^^Ij^j. Qenés ou Gcnics , ou Gencfl: , ou Ginis , en La- 

Marrc Tor- n n t \ r 

iwc Yiiiarj. jjn , Sancius Genefus, fcH Geni/tuSy ficuee en Languedoc fur 
la rivière de Berenge y à deux grandes lieues de MontpeU 
lier. Cette Abbaye étoic très-pauvre il y a quelques an- 
nées 5 puifque l'Abbefle , nièce du Cardinal de Bon^y , 
n'avoic que deux Religieufes, cependant cette Abbaye 
joiiit de . . • . ♦ • 

^ GIGE AN. 

Mcdeviiiars Gigcan , OU Gigeauc , fituée dans la petite ville du 

la Faire ^i^nie nom , dans le Languedoc y à trois lieues de TAb- 

baye de Fallemagne. Il y a peu d'années que rAbbeflc, 

autre nièce du Cardinal deiBo«:r)'>n'avoitque quatre Rc- 

ligieufes qui vivoienc dans une grande pauvreté. . 

! Abbayes DE Filles DE l'Ordke 

deCiteaux. 

V I G N I O G O U. 

McieBcrni*. Vigniogou 5 OU Viguegoul , en Lmn y Vignolia , feu 
Bonus locuSy Fille de l'Abbaye de FallemagnCy & fituée en 
Languedoc. . . . ... 

P R I E u R £ Z d'H OMMES ETDEFiLLES. 



Floriiu RcY»». 



K. 



N. 



Mont-herbedon,ouMont-debon, ouMontbodon,ou 
Montcrée, efl: de l'Ordre de Grandmont y en Latin, de 
Aionte-herhedonis, ..... 

Sainte Catherine de Montpellier, eft un Prieuré de 
Filles. 



M. k cardi- L'Hôpital du Saint Efprit, le Grand Maître de cet Or- 
""''dre efl: clcdlifôc confîrmatif par les Frères de cet Ordre. 

EVESCHE' 



guac 



DES Abbayes de France. 



s^ 




TiruiAïREs; 



EVÉCHÉ DE LODEVE 

A«e,ncX! T O D E V E , en Latin , Lodovenfs , Ville Epifcopale 
jypeaux, Ab- & . SufFragant de Narbonne . &c de TExarcat des Gaules, 
D devabres luT la Tiviefe dc Lergne , vers les moncagnes qui Icparcnr 
Sauveur D.'dc 1^ Langucdoc & le Rouergue y au pied des Ceve^nes, à neuf 
fcsIiJux d?' lieues d'y4^^<^^ & de BeT^ers^ à quinze de NiJmeSy & a cent 
l'Ordre de s. cinfluante de Parts, Cette Ville reconnoîc S. FIouy pour 
s.Giiicj. (é- Ion Apôtre, ôc ion premier Eveque. Elle a choiu le 
dcNifuiVs. li Martyr S. Génies cl*^yles pouv le Patron Titulaire de fon 
Ih/ïciliZ EglifeiSc S. FulcranVun defes Evêques pour fon fécond 
''cnfion^'^r ^^^^^^' ^' F lof^r visoït apparemment vers le milieu ou la 
M le Clerc, fin du quatriémc fiecle. Au moins efl-on perfuadc que 
M. piqucicc. c ctoit lous les Empereurs Chrétiens , quoique 1 Eveque 
Plamevit de U Paufe lait mis du temsdes Apôtres S. Pierr 
^ S. Paul, dans l'Hiftoirc de l'Eglife de Lodéve, S. Fui- 
cran en fut fait Eveque l'an 5?4^. ou même dès Tan 5)44. 2^ 
ne mourut qu*en 100^. le 13. de Février. S'il eft bien vrai 
que S. Flour y un des foixante-dou^e Difciples àtjefus- 
Chfijî ait été le premier Eveque de Lodéve^ il fautavoiier 
que cet Evcché eft des plus anciens qu'il y ait en France. 
Plufieurs Auteurs prétendent que Lodéve fut érigé er 
Evêché vers l'an 415. par Patrocle Eveque de Marjeille ^ 
dans le tems de ks prétentions. L'Archevêque de NarLon- 
ne s'en plaignit ; mais il ne laiflà pas de conferver TE 
ycché. Adaternus y Evcque de Loàeve foufcrivit en <^o6 
au Concile d'^^^f. LesEvcquesdeZ-oJ^^x'f ont aflîfté aux 
Conciles de Tolède , parce que ceux de Lodhe ctoienr 
fujets de sKois T'^i/igoth s y te ilsne furent fournis aux Fra?. 
fois que fous la race des Carlovingieins. Le Vicomte de 
Nàfhonne Pierre donna l'an n^i. une portion de la Sei- 

Vuu ij gneurie 



rcvcn;» 



^^4 Recueil général 

TiTftiAiREs.gneuriede Lodevei Raymond de M aderts Evcque de Lodc- 
i'e,&c à fon Eglife, ce qui fut confirmé Tannée fuivantc 
par Raymond Comre de Toulou^ie, comme Seigneur de 
Fief. Cet Evcque avoir encore le Comté de Monthrun , 
^ui lui avoir été difpuré par le Comte de Rodes \ mais qui 
lui fut confirmé avec fes autres droirs par une Patente du 
Roi Louis f^III.donnéQ l'an mc. Depuis ce tems^âi'E- 
vêque de Z:o^fi;fefl; demeuré Seigneur Spirituel 6c Tem- 
porel de fa ville: il jouit encore aujourd'hui de ces beaux 
droits , excepté de celui de battre Monnoye , qui avoir été 
accordé à (es prédecefleurs. Car Philippe II. Roi de Frm- 
ff ,dic Dieu donné, leur confervaplufieurs fois le droit de 
battre monnoye, fçavoir, en 1188. ô:en mo. Les Eveques 
de /.o^rjcavoientjoiii de ce Privilège fort longtems au- 
paravant , puifqu'ii refaite d'un Acie inféré dans le Ré- 
pertoire de leurs Privilèges, qu'en l'an iior. Pa[lor bonus 
avoit établi un certain Gnihert, Maître de la Monnoye 
qui fe frapoir à fon coin , & qui avoic feulement cours 
dans le Diocefe. Ce droit a été aboli par tout le Royau- 
me fous François!. Les uns veulent que le véritable nom 
de Paftor bonus y étoit Raymond , ^ les autres qu'il sap 
pelloitP/frrf. L'Evéque qui prend la qualité de Comte de 
Montbrun, Château joignant la Ville, y a encore la Hau- 
te Juftice,6: une Cour fi rigoureufe, qu'aucun débiteur 
emprifonné pour dettes fur des Lettres émanées de fon 
pouvoir, ne peut être oui en (ts exceptions, fans avoir 
payé pourunprcalable. C'eftàcaufedecelaquelaprifon 
de cette Cour eftappellée laMaiJon Af^Jeûagùe. L'Evcquc 
a encore un avantage, que tout le DioccC^ relevé de 
luii il y a aufiïîprcsde huit cens Fiefs, dont il a la mou- 
j^ vance. 

Lodeve n'ctoit originairement qu'un Bourg , que 

Pierre de Pofquteres, l'un de (qs Evéques,qui vivoicfous 

îîi 'df pLI -^^^^'^ ^^^- vers le milieu du onzième Siècle, fit fermer 

S"-*^' de murailles à fcs dépens, ^ que Gaucdm de Mont^ciroux 



t 

Florins', Rjven. 



qui 



DES Abb.^yes de France. 



TlTJU 



i^^ 



LAjRïs.qy^ vint après lai, rendit;, &i plus belles Ôc plus fortes. 
ÏR^jiymond GuilUimi de Adaderis ^ qui mourut en "JÏ^oi- 
achetai: recouvra des Comtes de Rhode:^ tous les droits 
qu'ils avoient ulurpez. Par ce riioyen les Evêques de 

i Lode've devinrent les maîtres abfolus de leur Diocefe, 
ou même ils avoient acquis auparavant pludeurs droits 
utiles & honorifiques, comme ceux de Régale de l'Eve- 
ché,des mines de tous métaux, des péages, champs, 
vignes 6c pâturages, 6: cela par la libéralité de plufieurs 
de nos Rois ; fur tout de Chdilemagne , de Louis le 
Débonnaire ^ de Charles le Chauve ^ de Louis P'il. Ôc de 
Phili^fs IL dit Dieu-Donné. Outre cqs Concédions de nos 
Rois, les Evêques de Lodeve eurent le pouvoir de bâtir 
des tours & torterefles, ôc deconnoître des caufes Civi- 
les &c Criminelles. Lodevc a deux Parroiflcs , avec 
l'Abbaye de Saint Sauveur, 

L'£gli(e Cathédrale porte le nom de Sain: Genin, Le 
Chapitre eft compofc d'un Prevot, d'un Précenteur , d'un 
Sacriftain, ôc de douze Chanoines. Cet Evêque n'a que 
cinquante une Parroifles, d'autres difent quarante-huit, 
dans (on Diocefe, qui efl; un païs fterile, ôc ne produit 

fas a beaucoup prés afTez de bled pour nourrir ceux qui 
habitent; cependant c'efl un des plus riches à cauie à^s 
ManuEidurcs de draps ô^ de chapeaux, 6^ le commerce 
des beftiaux que l'on nourrit fur les montai^nes y artirc 
beaucoup d'argent. L'on compte dans ce Diocefc trois 
Abbayes, deux d'hommes i fçavoir, celle de Saint Sau- 
veur de Lodeve, Ù^ de Jaint Guillaume du Défera i 6^ une 
de filles, qui efi: celle de Gorian. Quoique Catcl ne parle 
que d'un Evcque de Lodeve qui ait été élevé au Cardina- 
lat ifçavoir, Guy de Malefec, qui mourut à Paris Lcgat 
du Pape en i4ii.Mefrieurs Àq Sainte Marthe en marquent 
trois autres j qui font , Petrus Geraldi, G'jido Jfcanius 
Sfortia , forti de la famille des Ducs de Milan y 6: Rrnc 
de Btrague ^ qui avoit écc Chancelier de Fréincc, Bernard 

Giiido 



ïlorins p_3vcô. 



5i<r Recueil General 

TiTiiAi r^.Qitiio^ qui avoic fait tant d'ouvrages, donc on voit les 
Manufcrits à Touloufe dans la Bibliothèque des Domini- 
cains, de l'Ordre defquels il étoit 5 & Denis Briçonnet, 
à l'indance de qui faint François de Paule futcanonifc en 
151p. ont été aufli Evéqiies de Lodcve, 

Le plus bel ornement de la Ville de Lodeve eft la re- 
lique de yi/>?r Fulcrmd y\z ^\us illuftrc de (qs Evcqucs. 
Le Corps de ce Saint étoit demeuré incorruptible juf- 
qu'en l'an 1573 , que les Calviniftes s'érans rendus maî- 
I très de la Ville, le prirent & le traînèrent avec des cor 
des par la Ville, jufqu'à la boucherie, & l'ayant mis en 
pièces, le brûlèrent : une partie de fon ventre & un de 
ics bras échaperent à la rage de cts furieux. On voit en- 
core dans cette partie de fon ventre, qui efl: dans une belle 
ChafTe d'argent, les impreflîons de la corde avec laquelle 
il fut traîné par les rues. Cette Ville avoit éré expofce 
à de grands défaltres durant les Guerres des Goths & 
des y^lbizeois. 

Abbaye d'Hommes de l'Ordre 

DE Saint Benoist. 

SAINT GUILLAUME. 



Florii' 



M. de lâTour 
du Pin Mon- 
tauban , £vè 



Saint Guillaume du Defert, ou faint Guillem du De- 
fert, en Latin, fanéîus Guillelmus de Defenis ^jel fœnum 
que de To^^- fan éïi QuillAmt de Deferps , feu, Gellomnfe Monafierium^ 
tfnTJicoiogiç. ntuec dans le Bourg du même nom en Languedoc y fur la 
petite Rivière d'Eraud, à deux lieues de la Ville deZ.o- 
deve^ vers l'Orient d'Efté, & à une demie d*Aniane,du 
côté du Septentrion , dans la Vallée de Gellone, ^ envi- 
ronnée de montagnes. Saint Guillaume^ Duc ou Gouver- 
ncur d'Aquitaine du temps de Char le magne y bâtit l'an 
Î04. ce Monaftere dans ce Defert affreux qui n'efl: accef- 
fible que d'un coté : il s'y renfg:ma lui-même l'an go^. 
& y mourut (impie Religieux l'an gii. Cette Abbaye s'efl 

appellée 



DES Abbayes DE France. py ^ 

TiTniAiRis. ^ppell^e depuis de fon nom. L'Egliie eft très ancienne, 
ôc peut bien avoir été bâtie par ce Fondateur. Elle eft beau- 
coup plus belle en dehors qu'en dedans: l'Autel eft trés- 
remarquable h car la table eft une pierre de touche, qui 
2 cinq pieds de long, ôc environ trois de large: la Cel- 
lule àc faint Guillaume joint à TEglife. Ses Reliques fu- 
rent trouvées il y a peu d'années dans un cerceuil de 
plomb fous l'Autel, avec une infcription qui marquoit 
l'année qu'elles y avoient été mifes. On voit aufli dans 
l'Eglife le Tombeau des deux Sœurs du Saint. Lqs CloU 
très font jolis, il n'y a pas un feul pilier qui fe reflem- 
ble : le Refedoire eft aifez beau, & même la côte aflez 
agréable, quoique d'ailleurs dans undefert affreux. Cette 
Abbaye dépend immédiatement du Saint Siège. 
SAINT SAUVEUR. 
M Jacques- SaiHt Sauveut de Lodeve , en Latin Sanâîus Sahator de 
fypc"ux,E^.t ^odevây fituée en la Ville de Lodeve, où elle a été fon- 
3cy/* ^®" dée ^3i.ï faim Fulcran ^ Evêquc de cette Ville, fur la ri- 
vière de Lerge ; & comme cette Abbaye joint la Cathe» 
drale, ce Saint dcfc^doit également de fa Maifon Epif- 
copale dans l'Eghfc des Moines & dans fa Cathédrale. 
Bermond fut le premier Abbé de faim Sauveur de Lodeve^ 
vers l'an 980. 
Abbaye de Filles de l* Ordre 
DE Saint Benoist. 
G O R I A N. 
Gorian, en Latin Goriéinum ^ fituée prés de la Ville 
de Clermom en Lé^n^uedoc ^ &c à trois lieues de Lodeve, 
vers le Midy : elle fut fondée l'an 1350. par Jngle:^, Sei- 
gneur dt Lo^ieres , du temps du Pape Clément VI. 6^ de 
Bertrand du Mas, Evcquc de Lodeve^ qui y confacra Eli- 
^abeth de More'^, pour première Abbefle, en prcfcnce 
du Fondateur j ôc d'Arnaud , Abbé de S. André d'Jvtgnon. 

P R *^E U R E'. 

Saint Michel de Lodeve, eft un Priejrc de l'Ordre de 
Çrandmonr. EVESCHE' 



Floiir: 



t<.evea. 



ÉOO. 



4 000^ 



K. 



400 



140». 



ii.o<r. 



nS 



R 1 C U B r L « E N E R X I^ 



Tl'f yLAlP.ES, 



M. Michel 
Poucet de U 
îirtCfc, ftbbc 
dcfaiiuEloy- 
Fentai;-;c , de 



d'Evr 
Dafte 
Setboane. 



EVÈCHÉ D'Uzâs 

UZ E*S , en Latin, Vticenfis^ Ville Epifcopaîe, fuf- 
frngant de Narbonne ^ &de Ja première Narhonnoife 
rorarc de dans le bas Ldnzuedoc, fur la rivière d'Eyfent ; d'autres 
D.deN«yon. diicnt luT 1 J 1:^0X1 , entre des montagnes, a quatre lieues 
Bînoift.'d""'' de Nîfmes ^ ôc à fix de la droite du Khone , 5c à cenc cin- 
r Ordre dcci-.j^j^ dc P^m. Cet Evêché a érc fournis a diverfcs 
eux. & Métropoles conlecutivement. L'Eglife d"l/*;^à, vers le 
milieu du fixiémc fiecle, fut dctaclicc de la Métropole 
de Bourges , i laquelle on l'a voie foumile, en l'ôtant à celle 
de Narbonne avec Touloufe ^ &: les autres conquêtes de 
Clovis furies Goths; elle fut alors incorporée à la Provin- 
ce Ecclefiâftique d'Jrles, Sain: Firmin fut fait Evcque à'^V- 
'^es , vers Tan. 538. à l'âge de iians, après la mort de 
Rorice y qu'on fait paffer pour fon oncle. Il mourut en 553 
Saint Ferreol fucceda à faim Firmin fon oncle l'an 553. Il 
mourut le quatrième de Janvier de Tan 581 , après vingt- 
huit ans d'Epifcopat L'Evêque qu'on y voit dès l'an 400. 
obtint du Pape Flilaire une efpecc de droit , comme de 
Métropole, au préjudice ôq Narbonne. La Province Nar- 
bonnoije vintenluite à VEfpagne, tandis qu'il demeura à la 
Fr4«ff ice qui favorifant fonindèpendancejafaitdireàunc 
Notice ancienne CaJifumlJcetienje^ Metrofolis ; & c'cfl: là 
fur quoi il fonde encore à prefcnt fon exemption. 

Le Diocefe d't/^è;, efi: appelle communément WfegCy 
& quelquefois VjegAis, La Ville à'V-:(^es ne fc trouve 
point marquée, ni dans les anciens Géographes , ni dans 
les Itinéraires, ni dans aucun Auteur, ni aâ:e plus ancien 
que le cinquième fiecle. Conflamius croit Evcque à'^UTiés 
en 470. &: il eft nommé Rftfc(9f>us Z^ici'^nfs par le Pape 
HtlairCj dans une Lettre aux Evéques des Gaules. Vroba- 

tius , 



îIorinsRc 



VfEttx 



ù E s Abbayes de France. 515) 
TiruiAixis.j;^^^ Eveque d'V^es, ^(Tifta en ^06. au Concile d'Jode 
Les Evéques &'Vï^es ne reconnoifllbient point d ancre Sei 
gneur au temporel que le Roy de France, & ils ont en- 
core avec lui en commun la Seigneurie utile de la ViUl 
d'Ux^ei. Les liabirans avoient de fore grands Privilèges, 
dont ils abuferent dans le ieiziéme fiecle ; car s'érant faics 
Calviniftes, ils maltraitèrent TEvêque & les Lccleiiafti- 
ques > ôc ils ruinèrent prés de leur Vaille le Bourg de faim 
Firmin ^ habité par les Catholiques. Mais comme la plus 
grande partie de TUy^^d'avoit embrafle la nouvelle Re 
ligion,ôc le parti des Hw^^wfwor;^ ils feconferverent dans 
leur indépenoance jufqu'à l'an 161.^. qu'ils furent con- 
traints defe foumettre, àc de rafer leurs fortifications. 

On compte parmi les Evéques âiVl^es un Jonjinus , qui 
avoit été Gouverneur de Languedoc , & fur la fin du qua- 
torzième fiecle, un neuveu du Pape Vrlain V. dont le 
Prédeceffeur en cet Evéché, qui étoit le Doéle Hdias 
de fânto Heredioy originairement Religieux de l'Ordre 
des Frcres Mineurs ^avoit été fait Cardinal par le même 
Pape. Son nom véritable étoic Hebas de ^nnibaldis^ de 
celui d'Helias de fanto Heredio ^ qu*on lui donne, doit. ti- 
rer fon origine de ce qu*il étoit né (xpud (anclum heredium) 
dans le Limofin. La Ville à'vXéî a trois Seigneurs dif- 
ferens i fçavoir, le Roy, l'Evêque, &: le Duc d'I^^^^ei, 
ils la poffedent par indivis, & y ont leurs Officiers. Le 
Roy y a un Viguier ôc un Juge, qui ont deux Sièges ou 
Lieutenans,l'un à "V'T^s, pour la Viguerie baffe ; àc l'au- 
"tre i faint Jean de Marvejolsy pour la haute Vi^ueric. 
L'Evêque a fuccedé aux Comtes, ôc il en garde le titre. 
Le Duc a hérité des Vicomtes. El:^eary Seigneur d*U;(fS 
reconnut tenir de K'imond. qui en croit Eveque, toit ce 
qu'il poffedoitdans la Ville & dans le Diocefe. Le Comte 
de Touloufe fit donation a TEglife d U^^'> en 1114 de 
tous les Droits qu'il avoit dans la Ville. Et enfuite de 
Tome IL * Xxx cette 



florÎ! 



'ven. 



ITiruiAlRiJ. 



520 



Recueil General 



cette donation , Raimond de U Tour d' lieues y reconnut 
l'Evêque pour ion Seigneur , ô^ confefla tenir de lui tout 
ce qu'il pofî'ccioit dans fon Evêché. 

Le Diocefe àV^ies cft un des plus étendus qu'il y ait 
en Languedoc \c2iï il s^étcnd depuis l^sCe'vcnmSy où il y a 
plufieurs Parroifles, jufquau R^^ionc. Il produit du bled ^ 
des huiles , des foyes , beaucoup de beftiaux a laine &: 
de bons vins. Il y a plufieurs manufliclures de foyeôc de 
petites étoiles de laine qui y attirent beaucoup d'argent. 
La Cathédrale à'VT^es dédice à S. Thierry , efl: récente, 
mais belle & fort décorée. Une refte de l'ancienne qu'- 
une grande Tour, qu'on peut regarder comme un beau 
morceau d'architecture. La terrafle qui e(l à côté de cette 
Eglife , offre une affez belle viië. La maifon de l'Evcque 
eO: belle , ôc les appartcmens en font grands. On voie au 
deiTons de la maifon de l'Evêque la Fontaine d'^f^re, qui 
fourniffoic d'eau à l'aqueduc du fameux Pont du Gard. 
Le Chapitre de la Cathédrale efl compofé d'un Prévôt ;» 
d'un Archidiacre, d'un Théologal, & de vingt-quatre 
Chanoines. C etoit autrefois des Chanoines Réguliers 
de la Congrégation de France, dite de Sainte Geneviénje y 
qui y ont été pendant quarante ans , & qui n'en ont été 
cxpulfez que par la fantaifie d'un Evcque, qui après a 
fait ce qu'il a pu pour les y remettrez mais en vain. Ils 
ont été fécularifez par le Pape Clément XI. fur la fin de 
l'année ijrp. 

L'on voit dans la ville d't^:^/5 une ancienne crypte fou- 
terraine , découverte depuis quelques années ; de l'on croii 
avec beaucoup de vrai-femblance, que les premiers Chré 
tiens d'Zy'^és s'y affembloient pour célébrer les divins 
Myfleres. Le lieu e(l fort petit, ôc l'on y voit un cru 
cifix en relief habillé ôc couronné avec des doux au.^ 
mains &c aux pieds, 6c des petites croix de tous cotez- 
de forte qu'on ne peut douctr, que ce ne file Ja un liei 

faim 



DES Abbayes DE France. en 
TiTuiArREs. c^jj^j. ^ deftinc à la prière. Cette découverte qui s'efl fai- ''°"'' 
te parhazard chez les Jefuites, a déconcerté les Proteflans 
qui font en grand nombre à U:^ei ; ^ ce qui efl; encore 
de plus furprenant, c'eft que cet endroit fervoicde lieu 
commun à un Huguenot, avant que {tsJeCuiies en fuffcnt 
les maîtres» 

La ville d'U:^/^ ed petite ^ & n*a que fepc cens quatre 
vingt-quatorze familles, Le Diocefed'U'^e'^ ne comprend 
que cent quatre-vingt-une Paroiffes, 6c quatre Abbayes, 
deux d'hommes, ôc deux de filles. 



:re«. 



1000- 



Abbayes d' Ho m m es de l' Ordre 

DE Saint Benoist. 

SAINT ANDRE\ 

*cù/' ^'"^ ^^^"^ André de Villeneuve, en Latin , S^n^its Andréas 
^rope jivfnionem yÇnuét près à' Avignon ^2^ de-là du K^o- 
ne y2. Villeneunje y fur une petite éminence , 5c bâtie en 
îo88. dans le fort que les Rois de France ont fait conftrui 
re pour faire une place de guerre. La Maifon eft fort 
jolie , quoic]u'un peu irregulicre à caufe de la montagne. 
Il y a deux Eglifes , toutes deux Belles ôc de même gran- 
deur, elles femblenc n'en faire qu'une, parce qu'il y a 
un grand paflage large &i élevé qui les unit enfemble. La 
première où l'on fait l'Oflice ed dédiée a S. André, La 
féconde a cté confacrce par le Pape Gslafe II. en l'hon-l 
. neur de S. Martin, quoiqu'aujourd'hui elle porte le nom 

^ de Sainte Cajarie, On yoitdans le paflagc qui efc entre les 

deux Eglifes le tombeau du Cardinal Pierre Blavus, Ou- 
tre ces deux Eglifes, on voit encore dans le jardin fur la 
pointe du rocher une petite Chapelle tout proche de la 
grotte, ou Sainte Cafariea fait pénitence , dans laquelle 
Chapelle efl: i'épitaphc que S. Valence Evéque à'A'vignon 
{on mari, avec lequel ell^ garda une perpétuelle conti 

Xxx ij nence 



I.8SI>. 



n"iTUi.AiE:s 



Wi 



^. 



Me Danpliinc 
de OUajlIois , 
de Voouc. 



52.2- Recueil GENERAL 

nence, lui fît drefTer après fa more. Les lieux reo-uliers 
de cette Abbaye lontjolis 5c commodes, mais elle^ efldu 
DioceiedX'':^ci,2s: non pas d'^r/V;2o?2, comme Meflîeurs 
de Sainte Marthe l'ont dit dans leur GauU Chrétienne, 
L'on voit que Raimondde Saint G///f;prenant la qualité de 
Marquis de Pro'Xf^?re , donne aux Moines du Monafterede 
Sàinz ^^ndrc ^ l'an 1088. le lieu nommé Podium Jndarn^ou 
Jndaon^, fur lequel lieu éroit bâti le Monaftere 5c la 
Ville, qu'on a depuis nommée Villeneuve^ malgré lesop- 
portions qu'y firent à plufieurs fois les Comtes de Pro- 
ience\ & anrcs eux les Papes devenus Souverains d'/I%^i- 
gnon, La Congrégation de Saint Mmr efl entrée dans 
l' Ahbnycde S. y^ndre de V/lleneuve Gn 1^3^. ô^ c'ed la qua- 
rante-neuvième Maifon unie à cette Congrégation. 

Abbayes d'Hommes de l'OrdPvE 

r> E P R E M O N T R E*. 

BE AUPUIS. 

Beaupuis , on n'en trouve point de mémoires , Cnon 
qu'elle efl régulière. 

SAINT SAUVEUR. 

Saint Sauveur de Bidache, en Latin, Sanflus Sahator 
de Bidacbio, Elle efl: régulière, ôc on n'en trouve pas da- 
vantage de mémoires. 

Abbayes de Filles de l' Ordre 

de Citeaux. 

LES FONTAINES. 

Les Fontaines d'Alet7.,ou Fonts Sainte Claire d'Alais, 
en Latin, fo«/(f5 Sancl^ Clar^, feu Fontes CUr^^ Fille de 
l'Abbay de dteaux. Ou o'en trouve point de mémoires. 

VAL- 



Flor 



!ns 



Rcvei 



44'<. 



?cî«. 



XlTBIAiaES. 



Nî- 



DES Abbayes d e F r a n (^ e. 513 

VAL.SUAUVE. 

Val-Stiauve , ou Val-Sauve , Baignols > en Latîn , Fal- 
U s Saura y CnucQ dans la petite ville de Baignols ou Bagnols^ 
dans le Bas Languedoc , proche de la rivière de Cefe, 
a deux lieues de la ville du Pont Saim-Effrit , ôc à une 
du Rhône ^ dans un terroir délicieux. *.. 

Prieure*. 

Navacelles , on n'en trpuve point de mémoires. 




Florins 



'xcvcn. 



EVECHE 



l 



ioca, 



Tituia:b,es. 



5H 



RscuEit Gênerai 



çib 



A 



a''^9!Î*\ /^^S^N T^W^^S. 7^yF\ /^■^*EN 

j kj^ (^i) €m2) .@'^. €fp) 

, V» - V V V V 




i''I«rltt$ Rev«H^ 



EVESCHE DE SAINT PONS 

DE TOMIERES. 

.. ■ ■ ■ i:.i: . - 

i^i^y Lcuij Ç? AINT PONS de Tomieres ^ en Latin , San^us 

criiion, Abb4 ^^^ Pontîus Tomcriatum , (tïifanumfanclt Pomti Tomerta- 
J,^c^l'î7nzàî~ "f^rn^ feu Tumert^, aut Pontiopolts y petite ville Epifcopa- 
ains / D^^de • jç jjj^5 |ç g^^ La^ic-uedoc, Suffraeanre de Narhonne ôc 
tcarcarLco-dont le Diocefc qui n'a i]ue quarante Parroifles, fe trou- 
ve encre Caftres , jUj , Narbonne C^ Be^tcrs, dans des 
montagnes, à fix lieues à la gauche d'y^uhe^ fur la four- 
ce de la petite rivière d'Orht ^ qui palTe par Be^iiers y ôc 
va tomber dans la mer. Saint Pons de Tomieres eft à cent 
\ ^cinquante cinq lieues de Paris , ce n'écoit autrefois qu'- 

une Abbaye de Benedicims , fous le nom de S. Pons y 
JUÏoriaJIerium Tomertcnje , fondée en ^^6. fous le règne de 
JLoiii s i' Outremer ^^nzït PtXen<xs ôc Curcdfjonne , en un lieu 
appelle Tomieres ^ qui fur érigée depuis en Evêché par le 
Vap^Jcan XXll. en 131^^. ou 1317. d'autres difent en 1^16 & 
d'autres en 1315?'. lorfqu'ontît une Métropole de Tow/i;;/:^'^. 
Cette Abbaye fut bitie en 93c?. par Pons L Comte de To;t 
louXe y ôc par Carlmde fa femme, afin qu'ils puifent, dit 
rAd:e de fondation : Evéïdere ichenn^t mccndu Ji<%mmas tT 
'infernorum cUuJira. Or^arms avoir été élu pour lors Abbc 
de ce fameux Monaftere par plufieurs Evéqucs Ôc par les 
Religieux compofez de ceux que Powj avoir fait Venir du 
Monaflere de S. Gcr.^rdà' '^^unlLic. La réputation de cet- 
te Abbaye devint fi grande , parce qu'on y vivoit trcs- 
fa'atem^nt , qu'en 105? 3. Sanche Roi d Jrra^on y offrit Ra- 
mir- fon troifiém^ fils, fuivautTAde de donation en fa- 
veur de l'Abbaye de plufieurs droits ôc proprietez firuécs 
principalement dans le terroir de H«f/c<î. C'eft ce Ramire, 



DES Ab B A V E s D E F Pv A N C E. 515 1 

liTULAiKEs. q^^j spics avoir éiéReligieLix Profez, un peu plus de qua^ '^'^ 
ranteans, fut tiré de l'Abbaye avec di(pen(e du Pape 
Anaciety pour fucceder au Royaume en 1134. à caufe de 
Ja mort de Pierre ôc Alphonfc fes frères , fans enfans. Quoi- 
qu'il fût Prêtre, il lui fut permis par cette difpenfè de fc 
marier , Se il cpoufa ^gnes ^ fœur de GuilLuwc Duc de 
Giiyenne. Les Auteurs Ef^agnols l'appellent El I{çy Dom 
Ramire elmonje ou el jrayle. Quelques années après il re- 
tourna dans ce Monafhere, où il mourut. Pons affecloit 
quelquefois de prendre le nom de Raimondy &c quelque- 
fois tous les deux enfemble : Ego Rùmundusquic^ Pontius, 
dit-il, dans un Ade qu'il fie au fujet de la fondation de 
cette Abbaye, à qui l'on a donné le nom de Tomicres , parce 
qu'elle eft fituée dans un vallon entouré de hautes monta- 
gnes très-fécondes en carrières oc en beaux marbres, du 
mot Grec Tomos ^ inftrument de fer avec lequel on cou- 
pe 6c on taille \mod inttrrnjrio Tomeriarum exjcindantur. 
La petite rivière dejiî/^r ou d'Orif pafTe au milieu de S^ini 
Pons de Tomieres. La Juilice ordinaire appartient à 1 E- 
vêque,qui ed feul Seigneur de la Ville, .iiruée dans une 
vallcc arrofée de plufieuis ruideaux. 

Le premier Evéque de Saint Pons de Tomieres ^fe nom.- 
moit Raymond^ 5c les Moines Bénédictins font toujours 
demeurez dans l'Eglife Cathédrale, 5c en ont formé 
le Chapitre jufqu'al'ani<^i5 d'autresdifent en kTii. qu'ils: 
furent fécularifez par le Pape Pdul V. Ce Chapitre eii 
compofé de trois Archidiacres, d'un Sacridain, d'un Prc- 
centeur, ôc dcfcizc Chanoines. Le Diocefe n'a ^ue qua- 
rante Paroifles , 6c deux Abbayes d'hommes, {çavorr, 
S. Aigna.n ou Signan 6c Fonchand ou Foncadel : la première 
de l'Ordre de S. Bencifi, cc la féconde de celui de Pré- 
montré. Le commerce du Diocefe de Saint Puns de Tomie- 
res n'efl: pas fort confiderable, les habitans vivent de 
millei 5: vendent le bled. Ils nourriflenc des beftiaux, 
ôc ont des manufadurcs pour des draps à Sann Pons ^ a 

S. 



Rc'-'ca 



r^ r u L \ 1 R s s 



M. Rofe. 



Î400. 



;}oooi; 



M. Lort Gc 
Srngnan. Il y 
a une peufloa 
de 800. 1. fur 
Font chaud , 
peur un pa« 
tcatdc l'AÙy;. 



5^^ RECUÊTLGEKr«:ftAL f 

S. Chigna>i. L'a Cathédrale eft dcdiée d S. Pons\ Se Tonî^^*'^''* ^*"' 

prétend que le corps du faint Martyr, qui lui a donne 

le nom , y fut transporté des ^Ipes , au moins en partie î 

car la ville de Ni^ffe où on l'avoi: porté après la ruine de 

Cemele ou Cimtés , faccagée pa r les Lombards & les Saxons , 

en a retenu une portion confiderable. 

Abbayes d' Ho m m e s de l'O r d r e de 
Saint Benoist. 

SAINT A I G N A N. 

Saint Aignan , ou S. Signan , ou S. Chignan , en Latin, 
SanflusJriidnus, fituée entre S. Pons ûr Be-^ters , dans un 
vallon afTez agréable, fur le bord d'un petit ruiffeau. Elle 
efl ancienne,ôc a pour Patron S. Jign^rj £ vêque à' Orléans. 
On rappelle cependant par corruption S. Chignan.&c ov- 
àin^'ucmQnzS.Chigfian de la Corne ^ à caufe des cornes de 
bœuf attachées aux maifons aufquelles les Tanneurs met- 
tent pendre leurs cuirs. Cette Abbayea formé une petite 
ville de fon nom, afl'ez jolie, peuplée 5c devenue fore ri- 
che par les manuftélures que lefieur Rou/^ei y a établies. 
L'Evcque de S. Pons fait ordinairement fa rcfidencc à 
S, Chîj^nan y où il trouve une demeure beaucoup plus 
agréable que dans fa ville Epifcopale. 

AftBAYED' Hommes de l'Ordri 

DE Pr E M G NT R E*. 

FONTCHAUD. 

Fontchaud,ouFoucaldc, en Latin, Fon scaliduSy fituée 
en Languedoc, Elle étoit taxée à Rome autrefois à 400. 
florins, mais maintenant elle l'eft à 



400. 




^«2fO 



jo. 



EVESCHF 



40o«. 



i;ofl. 



TlT«tAlR.ES. 



DES Abbayes de France, 



V-1 




EVECHE D'ALET 




L E T ou Alerh , en Latin , Jleâ^nps^ ville Epif- 
copale du Bas Languedoc ^ SufFragance de Narhon. 



M Boncaud 
le ij Oflobre 
1713. le mê- 

mis fur l'Eve, ne ^ fiLuéc au pied des Monts Pyrénées, fur la liviered'.-:/» 
«nepcnfioa ^^ > ^^^^ UHe Vallée écroîte , au deffus de Limmx; vers la 
'^oÙT'm^'u! ^^^ ^ ^^ Roujjtllon , ôc à cent quacre-vingr lieues de P-/W< 
gier,&autamCe n'étoit auttcfois qu'une Abbaye de TOidre de S. Be- 

pour M. Bain • ' • j /• 1 1 j 1 1 

'noijt^ qui etoit deja célèbre dans le commencement du 
onzième (îecle i ôi dont le Pape Jif^w XVIII. fait mention 
dans une de Tes Lettres dattée de la fixiéme indidlion au 
mois de Juin , ce qui revient à l'an 1008. y-ilct ctanr éri- 
gée en Ville, le Pape ^^4^2 XXII. y établit en 1319. un Siè- 
ge Epifcopal dans l'Églife de Notre-Dame ^ dont il créa 
premier Evéque, un Prêtre nowwVièBanhelcmy. Il fépara 
du Diocefe de Narbonne^ toute la partie méridionale du 
Comté de i?^:^;^^, jufqu'aux confins dts pays de Rou/fî- 
Ion ^ Ôc de Cor^jlans, Ce Pape avoit d'abord défigné pour 
ville Epifcopale Limoux , ou Limouth^ mais il trouva trop 
d'oppofition à l'exécution de ce deiTein. Qiielques Au- 
teurs difent cependant qu'il mit d'abord cet Evcchéà Li- 
moux ^ aune lieue d' .^7 /er, mais ouil l'y transféra trois ans 
après; d'autres difent l'année fuivante La ville A' Aiet ç& 
très-peu de chofe : la Cathédrale qui étoit cette ancienne 
Abbaye, dont le viens de parler, fondée dans le neuviè- 
me Iiecle par Berat , Comte de Rouifilon y & confacrée a 
nôtre Bienheureux Père S. Benoift y étoit parfaitement 
belle', mais ayant été détruite par les Hérétiques, les 
Chanoines ont fait leur Cathédrale de l'ancien Réfec- 
toire dc^ Moinei) Le Cimetière e(l afTez pioche de là , ôc 
M'^NicoLii Paiillun Ô4T<«^o;>rr<^;/,tousdeuxEvcquesd'/i / /, 
Tome il, Yyy ont 



: vc n , 



5^^ Recueil gekeral 

'^«**i*"- ont voulu y être enterrez fans aucune pompe. 
;; L'Eglife Cathédrale eft: dédiée à la Vttrge ^ & fon Cha- 

ji pitre efl: compofé d'un Doyen, de crois autres dignitez> 

& de douze Chanoines. LeDiocefedV/ff renferme qua- 
cre-vingc Paroiiïes , & s'étend en partie dans la montagne 
ou fe terminent les baffes Pyrcnces, Il confine avec les Dio- 
cefes de Narbonne 6c de Mirepoix , & avec les Comtez de 
Fûix&c de RouJJillon, ou autres Terres d'Efpagne, Limoux 
fc trouve compris dans ce même Diocefe. Cette Ville & 
celle à'Alety fituées dans le pays de Rax.^71 , limitrophe de 
Carcajjonne ^ font voifines & fi unies, que Tune Ôc l'autre 
envoyé un Conful aux Etats i & lorfqu'on y appelle leur 
voir, on dit, y^let & Limoux, Celui d'^Ut a toujours la 
préfeance, comme chef de Diocefe, ôc opine aux fean- 
ces du matin , ôc celui de Limoux à celles de l'aprcsdînée, 
prenant l'avis l'un de l'autre, excepté aux aflemblces de 
la Sénechauflee , où j^let opine toujours, prenant toute- 
fois avis des Députez de Limoux L'Evêché d'y^let, en ce 
qui eft du temporel, & de la taillabilité,fi l'on peut par- 
ler ainfi , eft compofé de deux membres , fçavoir , d'Jlet 
& de rOfEciâhtc de Ltmoux, Il dépend de l'Archevêché 
de MarhoYine pour le fpirituel , & tout cela fe nomme Dio- 
cefe d'v^/ff 5d de Limoux, Pour les tailles , Limoux eft ran- 
gée fous le D'ioc^Çq d'Âlet, c'eft ce qui eft caufe qu'on joint 
ces deux Villes pour marquer la Recette du Diocefe. 
Dans le Diocefe d'Alet le canton de Ltmoux produit des 
vins blancs , qui font aflez bons i mais qui ne fouifrcnt 
pas le tranfport. On y fait des draps 6c des ratines, & 
c'eft l'entrepôt où l'on porte le fer de toutes les forges 
des environs. ♦ . • , . 



t'iorin» 



«.n 



Abbaye 



IJOO. 



lUTUiAll^Mi 



DUS A B B A Y ES DE F )^ À N C B. 51^ 

Abbayb d'Hommis de L'O R D R » 
dbSàintBinoist. 

J o c o u. 

Jocou ou Jouquou, en Latin 3 /«^«w, feu Jucumienjts y 
auc Jocundcnfts , fituéc à quatre lieues d'Jlet. On n'en 
trouve point de mémoires, finon que la taxe de Rome 
ctoit autrefois de 215. florins, & maintenant elles eft 
Ofc • • • « • • • 



Iforini 



tce^a. 




zjtf 



Yyy ij EVESCHE' 



XlTULAIRtS. 



5io 



Recueil général 



T^ "♦■ IT . -ic "." "a » V "-■. '£t '^ "j/^ ic "^ "^ "^ A ic » «,■" "4" %• %: x X 

^€¥?; ^i?î^ i?¥?:> ^^- «^ë^^ ^€^ (5i t^^^^ ^^ 

E V E C H É D A LAIS- 



M. Clui!c-s 
«J- Baiiiîcs 
dMv,;,n:l 'la 




me année. 



L A I S , OU Aies , en Latin , Aie f en fis , Ville Epif- 
copale, fuffragancede Narhonne ^ iituée fur la gau- 
ctc:iom.è cche cjc la L'iviere de Gardon , au pied des montagnes des 
1711. & il a Ce'venes , à dix lieues de A///'^?»^; vers le Nord j& environ a 
moiJ'dr jui- fept iVz€i du côté du Couchanr. Elle étoic bâtie dans 
l"'J!iî"'"" l'onzicme (îecle , & quoique Saint Louis maintint le droit 
de Pierre Pelct Seigneur d'^lais contre l'Evêque de Ma- 
^;/f/oryf, appuyé du Pape, néanmoins l'Evéque demeura 
toujours en pofleffion. Alais fur érigée en Evêchéen 16^1. 
fous le Pape Innoccnî XIL Lé Père Ange Auguftin Dé- 
chaufie, die dans fon Etdt de la France, en cinq tomes in 
II. de l'édition de 1721. o^iï^laîs a été érigé en Evcché 
en l'an iô^a.. par la Bulle d'Innocent XL François Cbenja- 
lier du Faux , en a été le premier Evcq'.^.e. Ce Diocefe ren- 
ferme feulement quatre vingt-onze , d'autres difent 5)7. 
Paroidcs, 5: a été détaché de celui de Nijr/^es jZCâuic du 
grand nombre de Nouveaux Convertis qui habitent dans 
les montagnes. La Cathédrale n'eft pas fort belle, elle a 
un portiqued'ungoLit gothique, fur lequel s'élève le clo- 
cher , au deffbu sert la porte principale de l'Eglife. Elle a 
été formée des deux CoWepiàlcs d' Alais ^d'Ji^r^enjor:es 
ou Ffiilrnodicy 6:1a Menfe Abbatiale de cette dernière de 
ïoooo livres a été unie à l'Evêché d'Alais, Les mon 
tagnes de ce Diocefe font un peu plus fertiles que cellci 
du Gizaudan. On voit plufieurs vallons bien cultivez, 
qui portent toutes fortes de grains. Il y a des oliviers &: 
des mcuriers, ôcon y recueille aflez devin pour le pays 
Les Manufnélures de ferges , de cadis Se de ratines, 
qu'on a établies dans Alais ^ou le Roi fit bâtir un fort en 



rlorins Rcven, 



DES Abbayes de France. 53? 

'*'''"''^^*"'i<^85).rendenc le pays un des plus riches de la Province. 
Les habitans de ce canron ont de refpric, &: font fort 
vifs de laborieux. • . , ... 



A B B A Y E 



L' O R D R E 



D* H © M M E s DE 
DE S. 13 E N Ol ST. 

SAUVE. 

-» ry.icijjan- Sauvc, Cil Latin, Salvdy Saigna^ fiiuéedans le Bourg 
viai7ii. jç Çq^ j^qj^ g^ Languedoc, fur la rivière de Bidour^^ y^'^ 
Didourle , à trois lieues d'AnduT^e , &: à fept de MifmeS' El^^ 
a été fondée en 1015). par la Comteffe Garjendis avec fon 
fils Bermond. Le titre de fondation porte que le lieu etoit 
au dedans des limites du NemojeTiy in conjinîo Nema^ij^^'p 
& qu'il s'appelloit Salvins^ quoique dans d'autres titres 
il (oit appelle 5<;ï/'V^, ou 5^/a;/«w. L'Abbaye de Sauve a ete 
autrefois du Diocefe de N//i«t"5, avant l'éredion de l'E 
vêché d'^lais, , . - . 



F!e:i«s 



joo. 



I 300' 



Abbaye de Filles de l* Ordre 

DE Cisteaux. 

FONTS SAINTE CLAIRE, 

Fonts Sainte Claire à^JlaiSy ou les Fontaines êiAlais^ 
en Latin, Fontes fanflce Clara, Fille de l'Abbaye de Ci- 
teaux. Voye-^ la fin de l'article de l'Evcché d'Vjés^ car 
quelques uns la mettent dans ce Diocefe. 






Rcvcn. 



18000. 



3000. 



Ev ESCHE 



G BK 1 RA 1 



rfruUtMi. 




vloiiai Rsvea. 



M.^c Lanta , 
le i7^0^obic 



EVECHE DE PERPIGNAN- 



PERPIGNAN, en Latin , Perfignidanjis^ feu £/- 
nenjisy Ville capitale du Rouffillon , & la feule Epif- 
copale de ce Comte, fondée du tems des Vijîgoths, 
Elle eft de la première Narhonnoffe , ôc de l'Exarcat des 
Gdulesy fituce à la droite de la rivière de la Tet , ou Tech , 
qui va fe jetter dans la mer Méditerranée, à une lieuë de- 
la, à douze licuè's de Narbonne , & à deux cens de Paris. 
Perpignan cfl; partie en plaine, & partie fur une colline. 
Quand les François prirent fur les Coths ToulouT^e 6c 
'^f^Xj les Evcques de ces deux Villes, quittèrent l'Ar- 
chevêque de Narbonne leur Métropolitain , & fe fourni- 
rent a celui de Bourges, Alors pour dédommager l'Ar- 
chevcquede Narhonneàt deux SufFragansqu il venoitde 
perdre , on fit un démembrement de (on Diocefe , où l'on 
érigea l'Evéché d'Elne des l'an ^85?. fous la Métropole de 
Narbonne. L'Evêchcd'£fe<f demeura fous cette Métropo- 
le fous les Gorhs y fous les François &c fous les Efpagnols 
mêmes. Sous les Goths y l'on trouve que l'Evêqve d*Elne 
affifta à deux Conciles tenus à Narbonne , l'un en 585). & 
l'autre en ^'ly. Lçs Sarrafins devenus maîtres de la Mo- 
narchie des G(?r/;f, gardèrent Narbonne jufc^ii en y^$- qu'el- 
le fe donna à Pépin. Les Evcques de Tûu!ou:(^e & d*'VJésy 
retournèrent pour lors à Narbonne ^ leur ancienne Mé- 
tropole, a laquelle les Evêques iVrgel^ de Barcelone ^de 
Gironne y de Wich, de Tarragone , furent auflî aflujettis. 
Peu de tems après on rendit à l'Evêquede Tarragonne les 
droits de Métropolitain & (es fufFragansi mais TEvcquc 
d'Eine demeura fous la Métropole de Narbonne, S>c aflîfta 
aux Conciles tenus dans cette Province en 788. ^06. 947. 

1043. 



Des Abbayes de Frakce. 533 

'^'"*'*'*"- 1O45 , 1045. lO^o. & 1134. Saint Loiiisoiyàut ccdc x Jdcques 

I. Roi (Vu^rragon la Souveraineté de Cdtalogne ^ l'an 1258. 
l'Evcque d'Elne demeura toujours fournis au Métropoli- 
tain de Narhonne ^ figna a un Concile de la Province en 
117^. & Tannée d'après n'ayant pu fe rendre a un autre 
Concilcjàcaufe de la goutte dont il étoitaffligé,il y en 
voyaun de fes Chanoines en fa place. Ses fucceiïeurs afTi- 
flerent depuis à trois autres Conciles tenus, 1331. 1368. & 
1374. & cette Eglife reconnut toujours depuis fa fonda- 
tion la Métropole de Narbonne jufqu'en 1511. Ce fut 
alors que la guerre ccant allumée entre Louis 'Xll. Roi 
de France & le Roi Catholique Ferdinand^ le Pape Jules 

II. fon allié & fon ennemi, donna une Bulle de ion pro- 
pre mouvement le 2.3. Juillet l'an 1511. par laquelle en rc- 
connoidant que l'Evcque d'£/«f dépcndoit de Nathonnc, 
il l'exempte de cette dépendance, &: le foumet immé- 
diatement au Saint Siège. Le Cardinal de Ferrare Arche- 
vêque de Narhonne fe plaignit de ce changement , &: ob- 
tint une Bulle de Léon X. du 11. Janvier 1517. 1518» qui 
cafToit celle d^ Jules IL Charlesqumt empêcha Texecu - 
tion de cette Bulle, ôc pour lors Elne ne dépendit d'au- 
cune Métropole. Quoique le Concile de Trente eût or- 
donné que les Evéques indépendans s'uniroient au Mé. 
tropolitain voifin , ôc qu'il n'y eut que neuf lieues à' Elne 
à Narhonne , au lieu qu il y en a quarante-deux à' Elne à 
Tarragonne \ cependant l'Evcque à'tlne aima mieui fe 
foumcttre à l'Archevêque de Tarragone^ & obtint du 
PapeGrfj^o/W XIII. un Brcfd'union,fans y avoir appelle 
le Roi, ni l'Archevêque de Narhonne ^ quoique cefulTent 
les parties les plus intereflces dans cette affaire, (comme 
on le peut voir dans un Livre m 4° intitulé; Dijjerra- 
tton fur U Métropole de Narhonne y imprimée 16^1) Dans 
le fiecle fuivan:, le Rouiffillon ayant été conquis par les 
François l'an 16^41. ôc cédé enfuite a U Couronne de 
France Ï2in K155?. par le Traité des Pyrénées y lAichtvè- 

que 



F latins 



^«ï^. 



534 Recueil Genehal 

i j«uiAiKFi.^pg de Ndrbonne^ après quelques difficultés, rentra d.ms 
les droits l'anicTyS. exerçancaujourd'hut fansconreftation 
la Jurildiclion Métropolitaine fur l'Evêqued'^vîe'. Les 
, habitans de Perpignan , y bâtirent l'an 1025. l'Eglifede S. 
jean^ qui eft devenue le Siège de l'Evêque & du Chapi- 
tre à'Elne y lefquels transferercrc leur réfidence à Perpi- 
gnan l'an i<>oi. d'autres difent 1604 en vertu d'une Bulle 
du Pape ClementVlll. fans néanmoins que le litre d'£- 
vêque d'Efcf ait été aboli jufqu'à prcfenr; car l'Evéque 
ôcfon Chapitre prennent toujours ie nom & le titre dE- 
vcque & Chanoines d'Elm, 

L'Eglife Cathédrale porte le nom de S.yaî«,elle fut 
réedifiée en 1314. Sancht P^oi de Muicrque y mit la pre- 
mière pierre, ôc 1 Evêque Berenger Bajulus la féconde, 
ainfi qu'il paroît par deux infcriptions qu'on lit dans cet- 
te Eglife, ôc qui font rapportées par M. de Aiarca, Elle 
nefucachevée que pendant que Lo/^/V XI. ôc Charles VIII 
ctoient maîtres de cette Ville, c'eft-à-dire, depuis l'an 
1475. jusqu'en 145)3. ôcc'elllaraifon pour laquelle on voit 
les armesdc Fr^wcf à la clef de la voûte au-defTus du San- 
ctuaire. On ne commença pourtant à yfairerOiEce pour 
toujours qu'en 1504 Cette Eglife qui étoit originairement 
une Abbaye de l'Ordre dcS.Beno/J} , à ce qu'on prétend, 
changée enfuite en Collégiale, 6c enfin convertie en Ca 
thedrale, cfl: vafte , belle Se élevée , mais peu éclairée , 
quoiqu'il foit facile de lui donner du jour. Il eft vrai 
que dans le Rou/J^Hon ôc dans l'Efpagne^où les illumina- 
tions font fort en vogue, on afFedle de rendre les Eglifes 
obfcures pour les faire paroître- La nef cft fort large & 
fans piliers. Le chœur eft au milieu , èc fon enceinte cft 
de marbre blanc & rouge, ^ ornée de pillaftres. Cette 
enceinte a par dehors environ fix pieds de haut j mais 
comme l'on defcend trois marches pour entrer dans ce 
choeur , elle paroît en dedans plus haute de deux pieds de 
demi qu'en dehors. Le peu d'exhauffcmcnt de cette en- 
ceinte. 



Fie 



555 



TirUlAIJLE 



DES Abbayes de France. 
'•ceinte fait que dès i'entrée de l'EgHie on voir aireineiur'-"" 
le maître Aute! , qui eft placé fur unî efpece de cul de 
lampe qui termine l'Eglife , 6c qui laifTe voir un rérable 
de marbre blanc orné de bas reliefs (eparez les uns des 
autres par des pilaftres chargez de figures de Grottoge, 
Ce rétable eft très-eftimé , tant pour la matière que pour 
le travail. Au milieu de ce rétable on voit une grande ni- 
che, au milieu de laquelle eft une figure de S. 'jean-B^f- 
tifte y un peu plus haute que le naturel. Quand on expofe 
\^ Saint Sacrement y il y a une machine qui fait recirer tout 
d*uncoup cette ftatuë>Ôcà fa place paroîc un ojlen foire ou 
foleilde vermeil doré , qui a plus de fix pieds de haut 
Il pefc plus de quatre cens marcs , 6i lorfqu'on le porte 
en proceflion, il faut huit Ecclefiaftiques des plus forts 
pour le porter. C'eft un prefent d'un Marchand Drapier^ 
il y a plus de trois cens ans. Le Trcfor eft derrière TAu 
tch on y conferve le chef de Sainte EuUlie^ patrone de 
l'ancienne Cathédrale d'Elne, La chaire du Prédicateur 
cftau bout du chœur, tirant vers l'Autel . le Diacre y va 
chanter l'Evangile à la grande MclTe, 6c le Célébrant 
n'entonne point le Credo y qu'il n'ait auparavant baifé le 
texte facré. Il ne manque'qu'un portail à cette Eglife pour 
fon entière perfedion. 

L'Evéque de Perpignan prend le titre d'Inquifiteur, ôc 
en porte la croix, mais il n'en a d'autre fondion que celle 
que l'Epifcopat donne en France. On compte dans ce Dio- 
cefe environ cent quatre-vingt Paroifles, fans parler de 
celles qui font de la dépendance des Abbayes àJrleSy de 
$, Michel de CuT^amy 6c de S. Martin de Canigou , fur lef- 
quelles les Abbez de ces Abbayes ont une Jurildidion 
comme Epifcopalc. Il y a trcs-peu de Patronages Laïques 
dans ce Dioccfe , & les Bénéfices font à la nomination du 
Pape pendant huic mois de l'année, & à celle de TEvc- 
que ou de l'Abbé dans l'étendue de fa Jurifdidion Ab 
batiale pendant les mois ^de Janvier, d'Avril , de Juillet 
Tomt lU Zzz ôc 



Rcffnil. 



53^ Recueilgenerai - 

ciTBLATKis.^ d'Odobrc. Lorfqu'un Bcneficc vient à vaquer dansr' 
les mois du Pape , même les Bénéfices Clauftraux, il faut 
des Bulles. Le Pape mec fouvent fur les Cures à^sPenJions 
Papules, quQ l'on oblige le Pourvu de racheter en payant 
fcpt années de la penfion. Cet abus cfl: caufe qu'il y a 
quelquefois des Cures qui vaquent plufieurs années, per- 
fonne n'en voulant a ceite condition. Lorfqu'une Cure 
vaque 3 il fe fait un concours avant que d'envoyer a Rome, 
ceux qui y prétendent , fe prefentent devant l'Evcque J 
ou devant l'Abbé, dans la Jurifdiclion duquel fe trouve! 
Ja Cure vacante; & l'examen fe fait par le Prélat afTidcj 
de quelques Dodtcurs. Ils certifient enfuite au Pape qu'un 

N a été juge le plus digne ', ôc fur ce Certifia ' 

cat le Pape fait expédier des Bulles. Le concours £e fait 
'de la mcme manière dans les mois d'ordinaire, mais pour 
dors il né faut point de Bulles. Le Clergé delà Cathedra- 
'îe de Perpignan eft partagé en deux corps, fçavoir, le 
Chapitre à'Elne, 5c la Communauté de S.jeAn. Le Cha- 
pitre d'£/wf eft compofé d'un Gtcind Archidiacre, de deux 
Archidiacres, du Sacriftain Majeur, qui font les qua- 
tre dignitcz , ôc de vingt-un Chanoines , dont fept Ibnr 
fondez pour dire les grandes Méfies, fept pour faire rou 
jours les fondions de Diacre, & fept pour faire celles de 
Soudiacre. Le revenu du Grand Archidiacre eft d'envi- 
Ton mille cinq cens livres, & celui de chaque Chanoine 
d'environ fept cens livres. L'habit de ces Chanoines eft 
n"iajeftueux, ôc confiftecn une grande robe noire bordée 
d'un petit liferage cramoifi, & fermée par devant de 
grands iacs d'amour de la même couleur, attachez fur 
fétcfi-e avec de grandes houpes. Cette robe fous laquelle 
■ les Chanoines ont un rochet, eft ordinairement retrouf- 
fée, faifant deux tours à la ceinture, ôc pendante par le 
' coté. Ils ont fur cette robe, une fouirure fcmblable à 

ce le des Bacheliers de Surhonney donc les bords font auffi 
Jiferezdwcramoifi. Cette fouiuie qui fe tcrniinepavdcr- 

liere 



orins • Revcn. 



tits Abbayes de France. 5^7 
TiTutAuss. j.jçj.^ çj^ cfpcce de coqueluchon qui pend plus bas que la 

ceinture, cfi: ordinairement ratachée fur l'épaule. Le 
jour de Pâques ils qui:tcnc cette fourure pour piendrede 
petits camails violets , ouverts pardevant, & doublez de 
taffetas cm moi fi j ils ont un furpelis fur lequel il y a une 
grande croix devant 6c derrière. Ce camailpeut bien avoir 
pris la place de l'aumuffe, à ce que je crois. Les Chanoines 
6c tous les Ecclefiaftiqucs font forts confidcrez j on ne 
leur fait poinrpayerd'cntréej& fur chaque livrede viande 
qu'ils achètent, ils payent un fols moins que les feculiers. 
Le corps de la Communauté de S.Jean eil de quatre 
Curez, ôc de quatre«vingt-neufs Chapelains Beneficiers. 
Le revenu de plufieursde ces Bénéfices cft plus confide- 
rable que celui des Chanoines. Les Curez fervent chacun 
une femainc. L'habit de chœur de ceux-ci efl: comme ce- 
lui des Chanoines, excepté que ladoublure 6c fourure efl: 
violette, au/fi bien que le liferage. Les Chapelains Benefi- 
ciers ne portent Hyver 6c Eté qu'un petit camail ouvert 
pardevant, de couleur noire, 6c doublé d'étoffe de mê- 
me couleur, hormis ceux qui font Docteurs en Theolo 
gie qui le doublent de violet. Ces deux corps ont cha- 
cun leur Bourfier, qui porte une grande bourfe pendue 
àfon côté. Celle du Bourfier du Chapitre cft de velours 
cramoifi,^ l'autre de velours violet. Ces Bourfiers payent 
/ aux Chanoines 6c aux Chapelains le droit d'affiftancc à 
tous les Offices, 6c cette rétribution cft payée en une ef 
pece de monnoye de cuivre qu'ils font frapper exprès , 
■ 6c qu'ils nomment Païoffe, Cette monnoye a une cfpece 
de cours dans la ville, car les Marchands la prennent en 
payement ,& en la raportantau Bourfier, il l'a reprend, 
6c leur donne des efpeces frappées au coin du Roi. Les 
Chanoines 6c la Communauté de S, Jean ont un droit de 
Boucherie particulière, où tous les Ecclefiaftiques, mê- 
me les fimpics Clercs çonfurez de la Ville, 6c les Com- 
munautez Religieufes peuvent ajlçr fe pourvoir de vian- 

Z z z ij de 



Fîorius[R.crf»i 



53^ Recueil Gêner al i 

TiTULA'i^Es ^^2. meilleur marché, quà la boucherie publique de la ^'"""^"s 
Ville. Le fimplc Clerc tonfuré a même le privilège de 
faire entrer dans la ville de Perpignan certaine quantité 
fie vin ôc d'autres denrées, fans payer les droits , ce qui 
multiplieexccffivement ces petits Clercs , n'y ayant point 
de petit artifan qui n'ambitionne de faire tonfurer un de 
fes fils, afin que fon ménage fc reffcntede ces Privilèges. 
Le Diocefe de Perpignan eft très-commerçant ôc abon- 
dant en huiles d'olives , en bled , millet & laines i mais le 
génie pareffcuxôc peu induftricux des habitans, fait qu'il 
n'y a aucune Manufadure dans le B,ouj]illon, • 

Le Roi nomme à l'Evéché de Ptrpjgnan ^ oc aux Bene 
fices confiftoriaux , qui font fituez dans ce Diocefe, en 
vertu d'un Induit accordé parlePapéC/fwf;?; IX. ^.Loiii 
le Gra-ndy ôc à Cqs Succcfreurs,donné au mois d'Avril de 
l'an î66^ Le revenu de cet Evéché n'étoit autrefois au 
plus que de 8000. livres de revenu '> mais pour le rendre 
plus confiderablejOny a uni la Menfe abbatiale del'Ab 
baye de U Réale , qui vaut environ 3000. livres de ren 
te , bc en 1711. on y a encore uni la Menfe abbatiale df 
l'Abbaye de Nôtre - Dame à'Arlts de Perpignan y qui 
vaut c^ooo. livres i de iorte que l'Evcché de Perpign^.; 
eft de 17000. livres de rente pour le moins. L'Evéché de 
Pcrji^nan fuit le Rit de Tarragone; mais pour le for con 
tentieux, il eft fournis à l'Archevêché de Narhonne, 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre 

D E S A I N T B E N O I s T. 

N O T R E - D A M E. 

tjnic â l'E/^- Notre-Dame d'Arles, ou Sainte Mairie d'Arles, en L;i- 

chéJe l'cipi- . /- / r 1 1 1 ^ 

gi.att-ni?«i cm, LeataMuriaÀYuiarHm i (ituce lur les bords & a gau- 
che du Tec , a l'extrcn'yité du Roujjillon, aftez proche de la 
la Catalogne y au pied du Canigou^ à fix lieues de Perfn- 
gnan^ mais qui ne laifle pas d'avoir [^s agrémcns. Elle a 

formé 



êesAbbayesde France.. 5^5^ 
Cuui.MKBs. formé une petite Ville qui porte fonnom, ôi joiiic ce'fio! 
fort beaux Privilèges. L'Abbéa Jurifdidion comme Epif- 
copale fur un nombre deParoilTes , ôc fur douze Prében- 
diers, qui font l'Office avec les Moines qui font Bénédic- 
tins anciens, ou non réformez. Quelques Auteurs di- 
fenc , que cette Abbaye fut fondée (Imis le dixième fie- 
cle par les Comtes deCerJ^îgwe', mais fansfçavoir précifé- 
ment le tems de la fondation de cette Abbaye. L'on fçait 
que ChafielUn, Prêtre , en fut le premier Abbe j que Louis 
leDebonnairc prie fous fa protedlion les Religieux de cet- 
te Abbaye \ ôc que Charles le Chauve leur accorda la mê- 
me grâce, Ôc leur permit de fe choifir un Supérieur. La 
Charte de ce dernier eft de 844. ôc fut donnée dans le 
Monaftere de S. SatuyrJn de Toulouse , pendant le (lege 
de cette Ville. L'Eglife de cette Abbaye eft vénérable 
par fon antiquité: on prétend y avoir les cerps des Saints 
^bdon ôc Scnntn depuis la fin du douzième (îccle; ^ il y 
a des titres qui prouvent qu'il y a plus de fcpc cent ans 
qu'on étoit dans cette croyap.ce. 0[\ voit même à l'en- 
tréc de l'Eglifc un tombeau d'une flrudure très-ancien- 
ne & très-fmguliere II eft de maibre gris brut, long 
d'environ fix pieds, fur deux de large, ^ d'autant de 
haut j fans compter la couverture qui eft en dos d'âne, 
comme celle des anciens tombeaux, 6c qui y eft jointe 
par des crampons de fei bien fcellez. Ce tombeau eft ilc- 
le, foutenu feulement par deux pierres quarrées d'un 
demi pied de haut , il y a toujours de l'eau dedans: on la 
tire avec un linge que l'on y ploiige par le moyen d'une 
ouverture, laquelle eft à un des bouts du tombeau , en- 
tre la pierre qui le forme, ôc cclie qui le couvre , U qui 
eft fi petite , qu'on n'y peut pafTer que trois doigts de la 
main en plat. Il y a des tems de Tannée, comme le jour 
delà Fête des Saints Jbdon 6c Semicn y qui eft le 30. Juil- 
let , que l'on tire de ce tombeau plus d'eau qu'il n'en peut 
contenir. La tradition de ce pays veut que ce foit dans ce 

tombeau 



lïyew, 



TirULAIR.3S 



540 RECUËItCENÊRAC 

rombeauqueles Reliques de ces Martyrs ayent ccé dépo- 
fécsjlcrkju'on les apporta de Rome, On ajoute que celui 
qui conduific ce fainc trctor, l'a voit fait enfermer dans 
des futailles , au bout defquclles il avoir fait sncttre de 
l'eau en s'embarquant, pour faire prendre le change à 
ceux qui auroient voulu lui enlever ce précieux dépôt j 
(k, qu étant arrivé à JrleSyû jetta cette eau dans le tom- 
beau. Il n'y a fur tout cela rien de certain > finon que ce 
tombeau n a jamais manqué d'eau : il y a des tems où elle 
eft plus au moms haute , fans qu'il y ait rien de règle fur 
raccroifTcment ou diminution. Les peuples s'en fervent 
dans leur maladie, ôc leur foi foulage fouvent leurs in- 
firmitcz. L'on conferve de cctîz eau plufieurs années de 
fuite dans des bouteilles, fans qu'il paroifle aucune altéra- 
tion , ni dans fa limpidité, ni dans ia faveur L'examen 
que d'habiles gens ont fait de ce tombeau , ôte tour (oup- 
çon de fupercherie, nul refcrvoir auprès, nul canal par 
deflbus , ôc nul toit qui découle defTus. Il eft même expo- 
fé au Nord, ce qui rend le lieu ou il eft enferme par une 
grille de fer, exempt de toute humidité. Les Efprits forts 
ont beau raifonner la-defTus ,ils n'ont pu jufqu'à prefent 
en trouver la caufe naturelle, il y a dans les Archives 
de cette Abbaye deux Bulles écrites fur de l'écorce, une 
de Sylvejlrell. Ôc l'autre du V^pcjcan. L'on montre dans 
le Tiefor une couronne, qu'on dit être de l'Empereur 
CharlcmA^ne. Elle pouroit bien avoir été faite adwflay, 
mais des Sçavans doutent fort qu'elle ait jamais fervi à 
ce Prince. L'Abbaye de Notre-Dame (tJrUs ^hc réguliè- 
re jufqu'au décès de M. Gaillard ^ dernier Abbé Regu 
lier , mort le \C> Avril , 1711. & le Roi Louis XV. l'a réu- 
nie la même année > quant a la Menfe Abbatiale, à l'Evê- 
ché de Perpignan, Elle était taiée à. , • 

BERGERIE. 
Bergerie des Fontaines, ou Saint Gcnis^ en Latin, 



Fi'érifiJ 



r. 



4«o 



b ES Ab B A Y E s D E F P. A N C E. 54T 

:i'iruiAiR.rs. 5'^^^7^^ Qcncftus de Fontanis CmU y dans une ficuation 
fort agréable en Reujjîllon ^ aux environs de Perpignan^ 
c efl la plus ancienne de ce pays , quoiqu*aujourd'hui ce 
foit la moindre- EUca eu pour fondateur Louis le Débon- 
naire -, mais ayant été détruite par les Sarra/ins y elle fut ré- 
tablie au commencement de l'onzième fiecle par l'Abbé 
GuilUume y comme il paroît par une infcription qu'on lit 
fur le Portail de l'Eglife. Saint Genis eft de la Congré- 
gation de ValUdolidy ôc a été unie à TAbbaye de Mont-' 
JertAt en Efpagne, Il n'y a plus d'Abbé ; mais un Prefident 
i la nomination de l'Abbé de Adontferrat, , 

C A R I G O U. 

Dom Lamby. Carigou OU Canigoux , ou Saint Martin de Canigoux, 
en Latin, Samclns Maninnsde Canigo ^ feu, Sanftci Maria 
de C/inigo , fituéc dans le ConJIéins dépendance du liou/Jil- 
lon, & entourée des Pyrénées, fur la rivière du Tec^ fon- 
dée en lOio . par Guifred Comte de Cerdagne , 6c aflcz pro- 
che de l'Abbaye de S. M^chA de Coxan. Il faut grimper 
pendant une heure fur une haute montagne dans une af- 
freufe folirude pour arriver à S. Adanin de Canigoux, Sur 
la croupe de cette montagne on trouve une petite niche, 
où il y a un ancien crucifix vécu Se couronné , il y en a 
un femblable dans l'Eghfe , & on dit que ces crucifix vê- 
tus font fores communs dans la CAtalogneLç lieu où l'Ab- 
baye eft bâtie eft fort petit, &: fi étroit, qu'il n'y a pas 
même de place pour faire un jardin. Tous les lieux ré- 
guiiejs (ont forts ferrez , & TEglifc très petite : il. faut 
fans doute que les premiers habitans de ce defcrt ruflcnt 
bien animez de l'efprit de pénitence , particulièrement 
Je Fondateur, qui s'y retira avec fa femme, pour y fi- 
nir fcs joiirs dans la pratique 6qs exercices les plus fé- 
veiesde la vie rcligieufe. Aujourd'hui il eft habité par 
fîx Religieux , qui étant éloigiicz de tout commerce 
ontpeudcfociecé. Cette Abbaye eft régulière 6c exempte 

La 



Flori 



<,cver.. 



t^O. 



jooo. 



300. 



TjralA.R-^?-, 



54^ 



Recveil Oeneraiî 

LA K IV o V l: 



La RivoLiI , en Lacin, Rivifulus. On n'en trouve point 

(Je mémoires, 

SAINT A N D R E^ 

de°copo^i7"' Saint André du Jau, en Latin , Sanéîus /Andréas de Su-- 
Mr.fn'''* ^'^^^' ^^ "'^" ^^o"ve point de mémoires. 

SAINT MICHEL. 

Saint Michel de Couchan, ou Cuxa, ouCoxan,ou 

Cuzan , ou Cangion,ou Cangon, en Latin, ^Ç. Adîchacldc 

Cuxcwoy de CangtonCy aut t-V Caingone ^ Witicâ, Protaife , 

Viclor , & quelques autres Prêtres Jj Dioccie d'Vr^(?/, 

en étant fortis avec la permifTion A^Y^-Lde leur Evcque, 

pafTerent dans celui à'Elne, y achetèrent un fonds dans 

un lieu appelle Exdade, proche de la rivière de U Tct, 

ôç y bvitirent un Monaftcrc fous l'invocation de Saint 

y^ndri Char/es le Chauve en confirma la fondation par fon 

Privilège donné l'an 871. Cette Abbaye a change de nom, 

ôc a pris celui de Samt Michel de Cuxan. Cette ancienne 

Abbaye cft dans un lieu que l'amour fcul de la croix peut 

rendre agréable. S. Pierre Vrfeole Doge de Venije s'y 

rerira pour faire pénitence. On voit encore fon tombeau 

fur les formes du chceur, & fes reliques dans une chaffc 

de bois , qui cft confcrvée en une Chapelle. Pour l'Eglifc 

elle n'eft ni belle ni ancienne, on ne peut y entrer que 

par le Cloître, ce qui fait qu'autrefois les femmes n'y 

a voient point d'accès, puifqu'elles n'entroient pas dans le 

Cloître. Cette Abbaye eft la plus confidcrable du Dio- 

cefe de Perpignan -, car les Moines jouifTent d'environ neuf 

mille livres, ôc l'Abbé de douze mille livres. CetteAb- 

Do:«ig.ucc ^/y^ ^^ régulière & exempte. Le Roi nomme à l'Office 

de vaJi. de Grand Sacriflain Major à Saint Michel de Cuxan, te i 

la Pfcvorc de FtlloU, par droit de réfulce dans l'Evchcc 

de 



100. ! 



DES Abbayes de France. 543 

Tjratâi^n;. jg Perpignan, L'Abbaye de S.Adtchelde Cuxan eil: réguliè- 
re 5c exempte. ... ... 

Saint André de Siirede cft inhabitée^ & èfi: unie à 
TAbbaye d'Arles, Quelques-uns croyent que c'cft la me 
me Abbaye que celle de S. André duj^u. 



Al BAYES 



d' Hommes de 

DE CiSTEAUX. 



L*0 R D R I 



C A L A N E. 

Calane, en Latin , CaUna^ autrefois Do-varia^ feu, Da 
x'tfw^. On n'en trouve point de mémoires. 
NOTRE-DAME. 
M. Xiapi. Notre-Dame du Jau , ruinée ôc inhabitée. On n'en trou 
ve point de mémoires i ôc quelques-uns croyent que c'ef^ 
la mcmequc celle de S. André dn Jau, F'o;/f:^-cide(îus. 
VAL BONNE. 
M de Mo.- Valbonnc, en Latin, Vallis honn^ fituée dans un fonds 
Pxc'diac. affreux, un peu en deçà de Collioure s il n'y a ni Reli- 
gieux, ni lieux réguliers ; ôc il n'y refte que quelques pans 
de murailles de l'Eglifc. .... 



Abbayes 



d' Ho m m e $ DE l'O r d r e p e 

Saint Augustin. 



NOTRE-DAME D'ESPERAN. 
Notre-Dame d'Efpcran ou d'Efpan , en Latin, Bcâte 
M^rij, deSperano , feu Efper^no. On n'en trouve point de 
mémoires. 

NOTRE-DAME DE LA REALLE. 

Nôtre-Dame de la Realle, en Latin , Sarjcla AiAria. de Re^ 
^a//, fituée dans Perpigndn. Ce n'étoitdansfonorigincqu'- 
une Communauté de Chanoines Réguliers, qui vivoienr 
fous un Prieur. Elle fut enfuite érigée en Abbaye, &: en- 
fin en Collégiale. Le Prieuré de 5pr^ y cfl: uni , &: la Mcn 
fe Abbatiale a c te unie à l'Evcché de Perpignan. Les Re- 
Tême IL A a a a ligieux 



-- .onns 



10©. 



uo. 



î» 



1 00a. 



7«o. 



TlTUlAll^EÎ. 



M. de Sar 



M. de Mon 
teTqui^u de 
P^cchac. 



M. Lanti. 



544 Recueil General 

ligieux qui ont ccé féculaiifcz , joùiflenc de même que 
l'Evêque de 3000. livres. . . . . 

P R I E U R E z. 

CorneilIa,ou Corneillau, ce Prieuré aété fccularif^ , 
& c'eft maintenant une petite Colle<^iale. L'Eg-life c(b 
orc ancienne , il n'y a aucune tenêrre dans la nef, ni dans 
les collatéraux, mais une feulement à l'entrée, ôc trois 
dans le fond, d'environ trois pieds de hauteur, & un 
demi de largeur , ôc une dans les Chapelles de lacroilee. 

■ Saint Feliou , Ce Prieuré a été fécularifé , ôc uni au 
Séminaire de Perpignan^ après la mort de M. de /l^îonttf-i 
quiou de Préchac, qui en joiiir. 

Moneftir , ou Moneftier del Camp. Ce Prieuré a été 
féculari(é. 

En Roujjillon , lorjque le I{oi nomme quelqu'un du pays à un 
des Bénéfices conÇtjîoriaux ^ fi celui dont il fait choix fie trow^e 
<ilors pourvu d'un Bénéfice, [oîtfeculier/fioic régulier ^ incom- 
pAtthle avec celui auquel il efl- nommé ^^ ce Bénéfice efî cenfê va- 
quant du jour de la nomination , C^ cejîk (a Majefté qutl ap- 
partient dyprejenterparfion droit de Refulte , tel quen joiiifi 
fioient les R^ois J'Elpagne , lorfquils éioient maîtres de cette 
Province. Le E^ot donne en ce dernier cas , un Brevet de préjeri' 
îAtion au Collateur ordinaire, ^ue fi ce Pre fente a un Bencfi 
ce incompatihle avec celui dont il ejl nouvellement pourvu ^ le 
Koi enufe de même. 

Le Roi nomme à l'Evêché de Perpignan ^ &: aux Béné- 
fices confifloriaux , qui font fituez dans ce Dioceie, en 
vertu d'un Induit accordé par le Pape Clément XI. a Loiiis 
le Grand, & à fcs fucccfleurs, donne au mois d'Avril 
de l'an \C62* 



4 00, 



■.;ve«. 



Tupe 5^5 




DE LArCHEVÉCHE 

DE Reims 



SoiSSONS^ 



UL Kfont 



Chalons cI7<^Marne,Laon, 

SE:NrLIS^BEAXJVAlS,AMIE:RS, 



3fID Y 




Par le S^ OcurvardEailùeulGe^tuphé 




TitUtAlM». 



RECUEIL 

HISTORKIUE. CHPvONOLOGÎQuB, 

E T 

TOPOGKAPHIQUE, 

D E 
TOUS LES ARCHEVÉCHEZ, EVECHEZ, 
ABBAYES, ET (QUELQUES PR1EUR.EZ 

DE FRANCE, 
TANT D'HOMMES Q^U E DE FILLES, 

DE NOMINATION 

OU COLLATION ROYALE. 

ARCHEVECHE DE REIMS, 

E I M S , en Latin , Reymnfïs , Ville A rchiepif- 




copale 5 en Champagne, Métropole de La 
Uconàç, Belgique y &c de l'Exarcardes Gaules y 
1 fur la rivière de Vefle, encre celles de Mar- 
ne & d'Jifne. Elle eft ritiiée au milieu d'une 



M. A' ni and- 
Iules de Ro- 
haa Gucmc- 
r.tc, Doflcu 
dc la Sàpicncc 
à Rome, Ablic 
(iu Gard. O 
de Citeaux D 
fl'Amicns&ac 

S. Ecno?ft,^D. belle plaine, à huit lieues de Rethrly à dix de Chalons , à 
\ M rz & dixdcio///pw5, & à trente deux de Paris. Son circuit cft 
jcwbear;.. dc pIus d'unc hcutc de Chcmm, &: clic renrermc quan- 
tité de belles places , dc grandes rues, des maifons fort 
bien bâties, ôc de magnifiques Eglifcs. Saint Stxte 6c S. 

Aaaa ij Sinkc 



Florin- 



Re^cffi 



54^ Recueil genreai. 

^"«'^^'^^.S/w/cf furent les premiers Evcqucs de Rams Ôc de Soif 
fons confécutivemcnc, parce que czs Sièges n ctoicnt pas 
encore féparez, S. Donatien, donc le corps a été tranfpor- 
té à Bmges, fut Eveque de la Ville, après le milieu du 
IV. (lecle, après S. /►'/.i/m;/>«,& devant S.Fivence, Saint 
/îfwyfucflucEvcquede iRe/;w;, après Bem4de, S. Nivar^^ 
en fut fait Evcque vers l'an 6^^. après Ldndon, & mou- 
rut vers l'an 67^. Saint Rigobcrt Evêque de Reims ^ tous 

Charles Manel^mQinutcny^yVEgliicdQReimsjufciu du 
Cardiaal de Maillj , mort en lytr. a eu quatre- vingt- 
quinze Prélats, parmi Icfquelsil y en a eu plufieurs d'une 
faintecé & d'un mérite extraordinaire. Ellea donné qua 
tre Papes au Saint Siège , Sj^lvejhe IL "U/bain II. ^dnçK 
IV. ac y^drien V. Le premier en a été Archevêque, le 
fécond Chanoine, le troifîéme Archidiacre, ôc le dernier 
a eu cette même dignité, avec celle de Chancelier Cette 
même Eglifea eu douze Princes pou/ A rchevcques, par- 
mi lefquels il y a eu deux fils de France, <^y«o;//, fils du 
Roi Lotaire, ôc He^ry^BUdu Roi Lonisle Gros y &c qua- 
tre Princes du Sang Royal , fçavoir , Hugues de Ferman- 
dois y Henry de Dreux , Jean ôc Rober: dcCourtcnaj. Douze' 
de fes Prélats ont éré ornez de la Pourpre Ron/aine , ih: 
Légats à Latere , cinq Chanceliers de France , &: plu ficu rs 

• grands Perfonnages appelle:zau miniiterc, ou employez 

en diverfes Amba/Iades. 

: L'Archevêque de RemstA le premier Duc ^ Pair de 

Frrfwfif, Légat né du Saint Siège Apoflolique, & Primat 
its Gaules Belgiques, Szs fuffragans font les Evêques de 
^oijjonsyde Chalonsfur Marne ^ de Laon , de Nojon , de Sen- 
Us yde Beauvais yd'y^mtens y t^ celui de oonlogiie. Autrefois 
/es Evêques à'Jrras , de Camhraj , de Tonmay & de 
Terouenne letoient audî j mais ils en furent foullraits 
Jors de Téredlion de Cambray en Archevêché en 1559. 2c 
en 15^0. C'ed pour dédommager l'Archevêque de Rrtwi 
de ce démembrement, que le Roi a confenti a l'union 

de 



Fi^rias 



île «'«Il 



DES Abbayes de Fp. ance. 547 

TiraiAi^»s. jç l'Abbaye de Jaint Thierry â rArchevcchc de Rams , 
qui a été ordonnée par une Bulle d'Innocent Xîl. du mois 
de Septembre de l'an 1696. L'Archevêque de Reims a\ok 
autrefois de grands droits fur Tes SufFragans i mais depuis 
le Concordat il ne lui eft refté que celui de recevoir le 
ferment de tous fes SufFragans /qui quelque temps après 
fon Sacre, font obligez d'aller à Reims pour lui jurer ol^e- 
dientia,m <5^ renjeremum. Il reçoit ce Serment étant cou- 
vert, Ôc a/Iîs dans un fauteuil, à côté de l'Autel de fon 
Eglife \ &c Ces SufFragans, pendant le ferment, font de- 
bout ôc découverts. 

Les Chapitres des Cathédrales de Ces SufFragans, à 
l'exception de celui de Laon^ font fujets immédiatement 
à l'Archevêque de Reims y qui a droit de les vifiter 5: de 
les corriger. Les appellations des jugemens de l'OfEcia! 
Iv4étropolitain de Reim ^ font portées diredemen: au 
Pape. 

On dit que Louis d\Ouîremer fit l'ArchevcquedeR^/;??; 
Chanceher héréditaire de France \ mais que Hugues Capec 
ôta cette dignité à fes fucceffeurs, en haine d'Jrnoul^ 
Archevêque de Reims ^ qui avoir ouvert les portes de cette 
Ville a Charles de Lorraine fon compétiteur. On dit auffi 
que ces Archevêques n'avoient autrefois que le Titre de 
Comtes ;ôc que ce fut Phîlif^e yffugujie^ qui lors de fon 
Sacre leur donna celui de Ducs, en faveur de fon oncle 
Guillaume de Champagne, dit aux Blanches ^A^ains ^ Car- 
dinal ôc Archevêque de i?f/wy. 

Satni: Jérôme dans fon Epitrc à ^geruchie ^ appelle Reims 
une Ville très-puifTante àQs Gaules, Cloiis y fut baptifé 
avec les Principaux de la Nation Françoife par TEvcque 
faint Remy y qui l'avoir inflruic dans la Religion Chrc 
tienne. Les Rois Adêroiin^ie^s donnèrent dans la fuite 
de grands biensa cet:eEglif«:r i enfortcque lesArchevêques 
étoien: Seigneurs temporels de la plus grande partie de 
leur Diuccie. Néanmoins ils ne l'ont écé de la Ville de 

îiejfrii 



Fleriûs Rcvcu. 



i 



54^ Recueil gêner, al 

■^'•^^-''/(c;>?îc, que long.>remps après. Louis (ï Outremer ionm la 
Seigneurie ôc leComcédc Reims a. l'Archcvcquc A^^<ï«^j 
mais ce Prélat ayant crc dépoficdépar lafadliondu Comte 
de Fcrmcindois y les deiccndans de ce Comte furent Comtes 
de Rtms juiqu'i Renaud, qui mourut fous le Roy Koheri : 
il y a des gens qui croycnt que 1 A rchcvcque acheta alors 
les droits des héritiers de ce Comte , ce qui néanmoins ne 
paroît pas établi par de bons titres j mais il eft certain que 
depuis le règne de Robert ^ les Archevêques de Reims ont 
toujours été Seigneurs de la C//c^^ ou de l'ancienne Ville, 
donc on voie encore les portes. La nouvelle qui cft de 
bien plus grande étendue , a écé fermée de murailles dans 
le quatorzième (lecle Cet ouvrage commencé vers l'an 
13H. fut achevé fous le Koy Jean , avant l'an 13^0. Les Rois 
Louis le Jeune & Philippe Ju.ujie ^ fon fils, donnèrent le 
Titre de Duc à l'Archevêque GialUume de Champagne , 
Cardinal &: frère de la Reine Adelle , & ils lui confirmè- 
rent le droit de Sacrer Ôc Couronner les Rois de France, 
qui leur avoit été fortement conteRé dans cefiecle-la. 
A uffi tous les fucceffeursde Philippe-y^ugufle ont été facrez 
à Reims y excepte Henry î F', qui fit faire cette cérémonie a 
C/^^r/rfj, parce que la Ville de Reims ctoic des plus atta 
chceau parti de la Ligue, ôc que l'Archevêché étoic pof- 
fcdé par le Cardinal de Pelle've , un des plus envenimé 
ennemi de la Maifon Royale de France, La cérémonie du 
Sacre du Roi fe fait dans l'Eglile Métropolitaine de Notre- 
Dame, 6c l'on^peut voir fur cet article la relation de tout ce 
qui s*eft fait en 1711. au Sacre de Z-o«/5 X /^'. parce que je 
lerois trop long en rapportant toutes ces particularitez 
L'Eglile Cathédrale dcdiée à la F'terj^e , a quatre cens 
trente-cinq pieds de longueur , & plus de cent dix d'éle- 
varion. Elle efl: une des plus belles du Royaume, 6c je ne 
crois pas qu'il y en ait aucune qui l'égale pour la beauté 
des dehors. Il efl: vrai que toute cette Eglifc eft d'une ar- 
chitefturc entièrement gothique, mais des mieux con- 
duites 



lorins Rcrea. 



DES Abbayes de France. 549 

TiTtiMxit. Juitcs qu'il y ait en France, Les deux g rodes Tours qu^ir- 
rées qui font far le devant de TEglile, 6c qui agrandlifenc 
fort le frontifpice, compofé de trois grandes portes , lui 
donnent beaucoup de majefté, & forment ce fameux Por- 
tail donc on parle tant. Tout ce frontifpice efl; chargé 
d'une prodigicufe quantité de fculpiures^quireprelentent 
plufieurs fujets de l'ancien &c du nouveau Tefiamenc, ôc 
même de notre Hiftoire \ mais le tout fans ordre, ôc fans 
aucun arrangement. La Pcatue de faim Paul y eft au coté 
droit, & celle àt faim Pierre au côté gauche i ce qui fait 
croire que ce dernier côté ctoit autrefois le plus honorable. 
* Au-defîus de la principale porte, on remarque un grand 

vitrage en rofe, qui eft d'une exécution 6: d'une dclica- 
tefle îurprenante: tout le bâtiment ell couvert de plomb. 
Les ornemens d'Eglifc font ici des plus magnifiques : on 
en voie de toute couleur Ôcdctouteefpece j la plus grande 
partie a cré donnée par nos Rois. LeTrefor eil: rempli de ' 
pièces riches ôccurieufes jon y remarque fur tout, ce que 
Ton appelle le pain du Sacre, le Calice du fameux H/>2c/w^? 
Archevêque de cetteVille, qui eftle plusgrand ôcleplus 
riche qui foit en France : les Reliquaires qu'ont donnez 
chacun de nos Rois \ un Livre cjue le Cardinal de Lorrditie 
portoit fur fon eftomac, comme une relique dans les Pro- 
ceffions $c les cérémonies, ôc qui cft en vieux caradleres 
Sclavons trés-bicn confervcz. On doit encore remarquer 
dans l'fglife , une Cuve de pierre à rantiquc, cliargée 
dcpluficurs figures d'un excellent goût, dans laquelle 
on veut que Clovisait été bapcifé. Budm ^{Ta y c c^uc de fon 
temps il yavoit dans laBibliothequc de cette Egîiie un an- 
cien Livre, qui commençoic J>iltar,i ad Er^jiiuw R>cm, 5cc. 
6c où ctoit le ferment que fit le Roy P^W/p/ c I. lors de 
fon Sacre. 

L'Eghfe Cathédrale de R^irris, &z l'Archevêché ayant 
été brû ez dans le douzième H'^cle, toutes les Archives 
furent pour lors confumécs par le feu j mais l'abtencc des 

Archevêques 



Florins; Rcvcn 



5^-o Recueil g e n e r a t 

T:raLMP.5s Arclisw-qnes qui n'oncpas réfîdé, & qui onr cranfporrc 
les Titres ailleurs, n'y a guéres moins faic de corn que Je 
feu. Les Archives du Chapirrc font un peu mieux four- 
nies i mais il n'y a rien qui pafle le douzième /îecle. La 
Bibliothèque de In Cathédrale a confervc plus d'anciens 
monumens » on y voie encore plufieurs Manufcrits très 
anciens, entre autres un Texte des Evangiles écrit iuî 
du velin pourpre, &: une Bible de l' Archevêque H/wcm^r 
dans laquelle à ces paroles de l'Epitrc de faim Jean , Trt 
funt nui tefiimonium dam in caU i Pater ^ J^crhHm^ tP'SfiNtuS: 
on ajoute , Et ht trfs unumfunt, paroles qui n y ctoicnt point 
du temps d'Hincmar ; c'efl: pourquoi lorfqu'ilcitcccpaf- 
ùgz 5 il le cite toujours fans cette addition. 

Le Diocef: de /^^/w^eft compofé de quatre cens foixantc 
dix-fepc Paroiffas , de trois cens foixante Annexes, de fepi 
Chapitres, de vingt-quatre Abbayes, de huit Hôpitaux, 
& de plufieurs Convens de Religieux & de Rehgicufes. 
Le Chapitre de la Cathédrale eft compofé de neuf di- 
gnitez, de foixante- quatre Chanoines, & de quarante- 
deux Chapelains, que l'on nomme de la Congrégation ; 
les dignitcz font, un Prévôt, un Doyen, un Chantre, 
un Grand Archidiacre, l'Archidiacre de Ci^wf/^^gwf, un 
Trefoiier, un Vidamc,5cun Ecolâtre. Il y a neuf Doyen- 
nez Ruraux \ je pafîc le reftc fous filcncc. Je dirai fer* 
lement que le Chœur de la Cathédrale eft fort long, & 
au milieu eft le grand Autel. A côté de cette Eglifc il y a 
un grand Cloître où eft lcChapitrc,cequi témoigne la ré- 
gularité des vieux temps, ta taxe des Bulles à /îow<f, eft de 

Abbayes d'Hommes de l*Ordri 

DE SAINT BeNOIST. 

S AINT B ASLE. 
w.ccRochf- Saint Bafle, en lati'n Sd^iflus Bafdu^ P^emenfis ^ dite au 
'k's.Poinc^'paravant l^iriXJacum, fituée prés le Bourg de f'^'er^j en 
fti. Chxrrijjagne y à trois petites lieues de la Ville de Reims y ti 

bâtie 



Fîort 



4009 



t)Hs Abbayes de France. 555, 

TiTaiAiKEs. i^A^jç ^^^^^ THcrmicage de /^/«^ ^^'A^^ dans la Foreft de^Fiorin 
Route , inNemors Rigetio , au feDciéme fiecle , à quatre lieues 
de Chaulons fur A^aryje ^ dzns une folitudc, au fommcc 
d'une montagne, d'où l'on a une vue fort agréable. On 
conjedrurc qu'elle a eflé fondée par SuAnegors femme de 
Thierry , Roy cCAuftraJie, tc par Tbeodechildc fa fille : il s'y ^ 
tint un Concile Tan 5?9i. ou 5?5?i. nomme ordinairement 
Concile de Reims. ; quelques Auteurs prétendent que l'Ab- 
baye dcfaintBctjIe fut fondée fur la fin du fixiéme fîecie 
par G///W, Archevêque deReims, en faveur dcfaint Bajole 
ou Bajle^ qui en fut le premier Abbé. On y voit les Re- 
liques de ce Saint dans une belle Chafie d'argent, ^ une 
fontaine miraculeufe qui fert de Médecine aux Malades. 
On voit auffi dans la Foreft des arbres dont les branches 
defcendani jufqu'à terre, forment naturellement un ber- 
ceau , avec cela de fingulier > qu'étant tranfporrez ailleurs, 
ils ne font pas le même effet. L'Abbaye de/^/«; Bajle eft 
delà Congicgation de faint Maur. 

H AUT-V ILLERS. 



r.rciius 



M h Ck- 

▼alirr c'Or- 
Itjns ; Gtaad 
Pcicirr d» 
Fraûcc 



Haut Villiers ou Haut- Villers , en Latin hltum-VilLre^ 
ficuce dans le Bourg du mcmc nom, fur la rivière de 
Marne y à quatre lieues de ReîmSy vers le Midy : elle fut 
fondée en 661. par faint Nivard, Archevêque de Reims ^ 
qui s'y retiroit fort fouvent, & l'a choifir pour le lieu de 
fa fepulture. Or y confcrve encore aujourd'hui, dans de 
très belles Chiffes d'argent, fes Reliques avec celles de 
JAtnîi Heleme y que Ton y prend pour la mère de l'Empe- 
reur ConjUmm. Sdirn Bercaire fut fait premier Abbé de 
HMt-Vîilîers\ mais il ne l'accepta qu'à condition que le 
Monadcre fcroit toujours dans la dépendance des Eve 
Gues de Reims. Le Corps de (atr.t Sandokx ou Scndou , eu 
S>';?^;</;^^,Prcflre Solitaire duDiocele de Reims ^ futtranf 
porté dans l'A bbaïedeHrf//r*F/7/;fr5,qui a été fort augmcn- 
técpar les Comtes de Champa^r.e, Ce fut dans le Monaflcrc 
Tome II Bbbb 



7^». 



i ooo». 



55^ Recueil Genêraï. 

a'iTutAiR.Es. ^^ Hmit-ViUiers, que le fameux Goccicalque fut mis en 
pénitence 5 & il y a bien de l'apparence qu'il fut fort ce 
lebre dans fon origine, mais dans la décadence de TOb- 
fcrvance, il étoit prefque réduit à rien i &: a peine y 
avoit^il de quoy entretenir un petit nombre de Religieux. 
Aujourd'hui les Pères de la Congrégation de faint Jeanne 
qui ont fait revivre le premier efprit de (aint Bcnoift y ^: 
dQ faine Nivardy par l'introduôlion de la réforme, l'ont 
remis fur pied par leur œconomie, ôc il doit pafTer poui 
une àts meilleures Abbayes du Royaume. De tous les 
anciens monumens , il n'y rcfte qu'un texte des Evangiles^ 
écrit en lettres d'or, & d'une beaiMC charmante, qui e(l 
du temps de l'Archevêque Ebon : le Calendrier efi: le me 
me que le Pcre FrontQ a fait imprimer. Les vins que le 
territoire de Haut-Villiers produit font fort cftimez, 

M O U Z O N. 

M. Meichior Mouzon , OU Moufon^en Latin , SanÛa Mania de Mo- 

dc Poligi.ac, ^ r ' t 4 I y sjT 

caidnaiPiô-/c/w/o , (eii tic /i/Jc:^orJo , "jcl A4o(om:im y aut Mojomagus , 
le pa^pe Vie' fituée dans la Ville du même nom, aux extrcmitcz de h 
^iT^j'i^i^^^'^î^àP^ fur U Meptfe, vers les limites du Duché de 
maisrcfcrvc LuxembourZt tuut Scdiin & Stenay ,z trois lieues de l'une 
qu'au 30 jan-ôc dc l'autte, 6c a onze de P erdun, Adalheron Aîchcsè- 
tjll'i! "(Jt de'-' que dcKeims y ayant pris le Château de W^?t fur Othon^ 
Bo.ipo'^tDr Seigneur du lieu, fit enlever l'an 5^72 . le Corps du Mar~ 
de^R-r/r'-% tyry^mf ^rnoul de la Chapelle, avant que d'y mettre le 
de T:eguicr,fcu, & Ic fit ttanfportet à Mou-^on qui en étoit proche^ 
l'Orcirc de il le mit dans l'Eglife de Notre-Dd-ûiCy où il établit des 
Moiuon&dePvcligieux, qui font maintenant de La Congrégation de 
d'Amr'^s' Jii'n Jeanne s: ctttz Abbaye eft fort belle, l'Eglife faite 
routc^daixf'cf^.ir \q modcle de faint Remy de K^ms cfl la plus belle 

1 OrJrc dj 5. , , , ■' ^ l i ji 

Bencift, & de leur Congrégation,. Ony conlervedansdebcilcsChaf- 
d'Arras , o.fcs les Corps de [^int ArnoTil, di de fai/it Y ici or. \\ y 
prifu'ÎT' '"''^ dans la Bibliothèque de Mvujon quelques manufcrirs, 
■'■^"dont les principaux font lePfeautier de jamjeiomcy le:. 

PoèTiCi 



iFloiii' 



.e/ett. 



Wondidicr 
r.cardie 



-O 'I ;OÙO. 



DES Abbayes de F k a n c e. 55-. 

TiTuuiMs Poëfies AftJ^iiritJ'vit^ (k la chronique du Monallere, La "■ • 
ëc h voutc Ville de AdouXon , qui donnoit ion nom au Pays nommé 
vciay.Grahd M ofomerîfis o\x AI ojcm.i^cnfi , étoit de l'ancien patrimoine 
rordraé^u- <^s l'Eglife de Rem?- ^ à laquelle elle a toujours iîppartcnu 
ii?r&Ho!pi- jyfq^'cn l'an 1379 & ce font ùs Archevêques qui ont fon- 
Etputrnd-çiclé l'Abbaye de Notre-Lhime de Mou7cn, !a dotrant des 

les Monts 1 * 

dont le chrV- biens de leur propre Egiife. Ces Pielars, comme le dit 
M jntpdUcr , «/^ P^J y tenoicnt Mowi^on nobltmem <JP en Franc- ysleu Jan^ 
rr!t-^dc ?'*A- rsconnoijjance d' aucun Souverain au temporel y étant /it»é furies 
•^^V^''-,^'^^' marches de France ^ CT* hcrs du Koyaur/je du coté de l Empire. 
raire de celle DouXy ^ ct] Latio , Qu'^^chm^çn dcpendoit. Les Seigneurs 
&de cdicdcs'de^f5^n,s'crigcan: enSouvcrains5s'exempcerent de rendre 
AmuHaXu hommage, ce qu'on ne voit pas qu'ils ayent fait^qu après 
cxtrao dînai- q^g C/?^r/f5 /^. Rov de France, cuz acquis la Seigneurie 
Auci.tcurdc de Adcu-^on le i6 Juillet 1375). ayant donné pour lors à l'£- 
en.7o«. p.c- glife dQ Reims en échange la Châtcllenie de l'^ely en 
^ilkoyTGTr^'^oijJonnois, Les Abbez de Adow^on avoienc part autrefois 
truvdcmberi;, ^ ]^ propriété de Sedan i mais il y avoit des Sei^^neurs Châ 

en iy<o puis a l f •' O 

U:;ccht en tclaitts qui étoient plus puifîlins , ô^ qui relevoicnt des Ar- 

irii. Maître ^ ^ J n c • J m^ 

*cj,chapciit chevcques de K^nns, Seigneurs de AaouT^cn. 

«a Roy , en 

17 j charge ^ont ilï'eit dcniiscn i7'< en faveur de M l'Abbc ^c Hictcu 1 , nomirié à l'Evêchc t'e R-n 
■rs , le 17 Oi^obrc i7i}. il cft a<n:uclicm:iit AmbaQadcur à Rome. Le Cardinal de P«iignac cù i:é k 
II. O^obrc i<yji 

SAINT NICAISE. 

Saint Nicaife de Reims en Latin, fanflus Nicéfius Rcmen- 
fis y firucedans la Ville dc/^i^/?^/5 :6c fondée en Sic. l'Egli 
fe eft une des plus dclicares ôc des plus belles qui loien- 
en tr.i?:cc"', le portai! &, les flèches de pierre foiu plaifir n 
voir. Le tombeau de Jov^n ^ Préfet des GauL^-. ^ qui vivoiî 
du temps d^J^dien l'Apodat, 6: qui fie baiir l't g!i(e d: 
jamt j^gricole y au lieu où efl: aujouid h^:y celle de fi'tr,'. 
7V/c.ny^,cft un ancien monument, dont le travail &: la ma- 
tière ne fe peuvent payer. On le peut voir giavc dar: 
l'Hiftoirede Monficur Marlot^ te dans les Annales dv 
père xVJahillun. Les lieux réguliers répondent a^Vz à la 

Bbbb ij Iplcudcur 



i-loiinj Ktvco 



8jO, 



t'iOO». 



TirL'tAia.ES 



555 RecueilCekerai 

Iplcndeur de l'Eglifc, fur tout la Bibliothèque qui eft 
excellence, mais il y a peu de manufcrits. LcChapirrede 
la faintc Chapelle de Paris ^ jouit du revenu de la Menfe 
Abbatiale, &c de ceux des Pricurez en dépcndans , pour 
le dédommager de laremife qu'il a faite en Tannée i6^i 
encre les mains du PvOy Louis Xlll. des droits qu'il avoic 
fur tous les Archevechcz &c Evéchez qui font à la no- 
mination du Roy. Cette Abbaye eft pofiedée par des Bc- 
ncdidins de la Concrrésiacion de faint Mauv : elle étoit 
caxec a»» ••• • •* 

SAINT REM Y. 

i.e carjinai Saint Rcmy de Reims y en Latin, fancius Remi^^^ius i^c- 
coiwcur '^^"«/^ > (îtuée dans la Ville de Reims ^ près T Abbaye de 
r^V^dJpuif /"''^^ N/V^//^; elle fût bâtie du temps de Charlemaim , ^ 

le mois 
▼xier 17 



Ifft! 



dcFe- donnée a des Benedtftms par ^^/dalbcron, Archevêque d 
Reims ^ vers l'an 5)65. c'ccoit auparavant une Eglifcfervic 
par des Chanoines, qui avoicnt fuccedc à des Clercs ou 
Religieux qui avoicnt leur Abbé '•> &; cette Eglifc avoir été 
bâtie fur les ruines d'une Chapelle de fa/nt Chrtflophe, où 
fdint Remj avoir été enterré, & les Archevêques de Rei?ns 
étoienc les maîtres de cette Eglifc au temporel ^: r..u fpi- 
rituel. L'Eglife de l'Abbaye dt jaim RfmvcÇh vénérable, 
non feulement par fa grandeur, fa magnificence^ àc par 
ce qu elle a été confacrée par le Pape Léon I X. mais CHr 
core parce qu'elle eft le précieux dépôt du corps de faini 
Remj j qui pour avoir converti Se baprifé le Roy ClovfSy 
a mérité le nom de l'Apotre de la France? on y voie fon 
tombeau derrière le grand Autel, qui c(i d'une magnifi- 
cence achevée. Les douze Pairs de franco font rcprcfentez 
tout au tour dans leur figure naturelle, avec leurs lym- 
boies, comme ils doivent paroiftrc dans les Sacres de nos 
Pvois. Il y a des bas reliefs d'argent au-dcdus des Pairs, & 
au bout du tombeau on voit jnfnt R'^my qui cathcchiic 
Cioviî proderné i fes pieds. Le corps incorruptible d ) 

Saint, 



Dê« Abbayes de France. 559 

TiTHiAUEs. 5j^j^ç^ ç({- (Jans le tombeau en une belle chade d'ari^enc, 
qui a {ept pieds Ô: demy de longueur, ôc qui eR- large 
6c clcvce a proportion. Elle e(l très-ricnc, mais le travail 
furpafle la raacicre. La fainte Ampoule qui lerr au Sacre 
de nos Roiy, y eft: conlervée.. C^eft une petite phiole, 
prcfquepleine d'une liqueur congelée > rougeatrc (Se ti- 
rant un peu fur Is noir. Elleefi: encbaffce dans un petit 
reliquaire d'or quarré , fur lequel il y a un cryfral épais 
environ d'un doigt. On la ferre dans le tombeau de Saint 
Remjyoù la porte qui le ferme eft enrichie de diverics 
pierres précieufcs, rubis , émeraudcsj perles & autres de 
grande valeur. Unanncau donné par Fr^nçotsl. y ferc de 
boucle pour tirer la porte. A main gauche contre le mur 
du chœur , eft un grand tableau qui fait voir la cérémonie 
du Sacre ce nos Rois. Le grand Autel qui acte facré par 
le Pape Lcon IX. eft des plus m.agnifiques qu'on puillc 
voir. Le récable eft d'or, la table d'un marbre blanc trcs- 
précieux, Sur la table s'élevc une pyramide, où on voit 
le corps de S. Gibrien , dans une grande chaffe de vermeil 
doré; 6e au-dcflus de cette chaffc celle de Sainte Ciline 
mère de S. Ktnty , couverte de lames d'or ; 5: fur cellc-cy 
'. un très>bcau reliquaire , qui renferme le bras de S. Phi~ 
hp}e Apôtre, en chair & en os. Une grande croix d'or , 
ou de vermeil doré, ornée d'un trcs beau filagrameôe de 

fierres prccieufcs , termine la pyramide. Il y a devant 
Autel à rentrée du Sandluaire un grand candélabre de 
cuivre d'une hauteur prodigieufc, 6c d'un travail encore 
plus grand. C'eft de ce candélabre dont veut parler S. 
Bernard isius fon Apologie, lorfque reprenant la magni- 
ficence des EglifeSjil dit : non candclahrd fed arbores. Le 
chœur pavé de marbre à lamiofaïquc_, eft encore plus ad- 
mirable. C'eft auffi de ce chœur dont veut parler S. Ber- 
97drd , lorCqu'il dit qu'on n'y peut cracher, qu'on ne cra- 
che fur le vific^c d'un Anf^c ou d'un Saint. 

Les lieux réguliers de T Abbaye de S. R^;-??)', répondent 

tics- 



FlorÏKS Revcn. 



3(ro Recueil général 

'^''""'■•'^'^" très-bien à la magnificence &: à Li grandeur cîe l'EgHfe. 
LiBibliochequceft la meilleure qui (oie dans la Ville On 
y trouve non feulement un grand nombre de Livre,, im- 
primez j très-bien choifis 6c bien conditionnez i mais enco 
re cinq à fix cens manufcrits, tant Grecs que Latins^tjcs 
anciens , fur toutes fortes de matières, Ja plupart font 
écrits du tcms i^Hmcm^r , ôc donnez par ce grand Ar- 
chevêque. Parmi ces manufcrits on trouve un^: Lec:rCi 
imprimée dans les Commentaires de Bucheriu^ ^ avec ie| 
titre de Ph'lip-ji de rraion^ Pajchdi: Bûcher ms dit> que ce 
Phtlip;):' luSi eu inconnu î mais dans le maniiicrit clic a 
ce ùcrcihicipir Epijjold i heophdi Cajarcas PaUjhni Epifcopt. 
Dans le m.ême manufcrit il y a une autre Lettre , qui a 
pour litre : Macrini Epifcopi ^Uxandrim cis vatione Pajch/ili, 
Les Livres d'^Juhei^. de lolcdc y Ot Gomprcbasione fext^ dcta- 
tis^ fe trouventdans un autre manufcrit très-ancien, fous 
ïc nom de Julien Pomn-e, L'Abbcoulc Piieur de l'Abbaye 
de S. Ti'-wjv, doivent apporter lafaintc Ampoule au Sacre 
des Rois. 7«rp/«, Archcvccjue de Reims a cié le premier 
Abbé de S. Remy vers l'an 770. Elle relevé immédiate- 
ment du Saint Siège. Elle vaut aux Bencdidins de la 
Congrégation de S. A^lâur^ vingt mille livres de rente, 
Ôc à 1 Abbé trente-deux mille livres. Les Bulles étoicnt 
autrefois talées à 5500. florins , mais maintenant elles 



■lorius 



Hcrcn, 



lont 



SAINT THIERRY. 



Kcims. 



Saint Thierry j çn L*ldn , Fanum fanHi Thcodoriâ in 
cht.echc ùc monte aurto^ iuuce dans le Bourg de S, Thierry du A^Jont- 
d'Or ^cn Champayne , à deux lieu es de Reims vers le Nord. 
Quelques-uns en attribuent la première fondation à Saint 
Remy de Reims ^^ à S. Thterry {on Difciplc vers Tan 515 
qui mourut vers l'an 533. On ne peut nier au moins que 
ce n'ait été le lieu de la retraite de ce dernier , & que ù 
cellule ou fon Jiermitage n'au donné lieu depuis à I. 1 

çonihudioii' 



ril* 



jiooo 



DES Abôaves de France. 
rirniAiiHs coî-ifti'u^^ionda célcbre Monaftercqu'ony a biti, & cjui 
fubfifte toujours fous Ton nom > 6c fous la Règle de S. 
Bcnoifi. On ne laide pas de regarder avec raiion Saint 
Thierry comme le Premier Abbé de ce Monaftere; & 
S Thiou y ou Tbcodulpbe yY)'\iQ\'p\c de S. Thierrj y qui en 
fut le troifîéme Abbc, mourut l'an 590. Cette Abbaye de 
la Congrégation de S. Maur^ t{[.\\mz a l'Archevcchc 
de Retms quant à la Menfe Abbatiale depuis l'an \6^G. 
Elle doit à nos Rois un droit de gîte, lorfqu'aprés leur 
Sacre ils vont i S. Aiarcoul , pour obtenir de Dieu la 
continuation de la grâce de guérir les Ecroiiellez. La 
taxe de Rome étoit autrefois de 700. florins, mais main- 
tenant elle efl: à 

Abbayes d'Hommes de l' Ordre 

DE C r T E A U X. 

BONNEFONTAINE. 

R M.r<?ciiai Bonnefontaine , en Latin , fan cf a Maria de Bono fonte, 
co.fciici :u £jiç ç|^ piljç ^j^ l'Abbave de Li?uy , dont elle eft éloi- 

larl'mciK ce ^ • v o ^' ' 

paf,^. gnée de trois lieues. Elle eft ntuce en Thicrache , près 
Ruûjfg)ry,à, une lieue & demie d'Juhenton^ 6c à quarante 
de Paris, Elle fut fondée par les Seigneurs de Rumi^/jy , 
qui y ont leur fépulture en 1151. d'autres difentii54. Nico- 
las Seigneur de Rumigny y frère de CUircmbautt Seigneur 
de/îo/o)', Chaumonr y ôcc.en fut le Fondateur. Il mourut 
l'an 1175. le il. May, 6c fut enterré dans la muraille du 
cloître entrant i l'Eglife à main droite, . 

C H E E R Y. 

Chcery , Chery,ou Chehcry, en Latin, ^'<? Cd6ric,vel 
de Chaheijo , njelChcriaco , Ain Chcherio , (euKah^rin ^ Fille' 
de Trois Fontaines y 6: fondée le 5. des Kalendes de No- 
vembre I135. oi^."47- ^^"^ Champfi^^ne y au pays d'Jrfronne, 
fur la gauche de la rivière d'Jire j à une lieuc de garen- 
nes 



Florins RcycR, 



uo. 



ISO. 



itoo* 



40Jê, 



T''Tl!lArS.£S. 



5^1 Recueil général 

nés, par le Chapitre de l'Eglife de Reims y pour desReli-i^^ 
gicLix de l'Ordre de S. BcnoijJ ^ qu'il tirade la ChaU- 
de y ôc qui peu de tcms après le donnèrent à l'Ordre de 
Cneaux* , . . . . - 



orinsRcren. 



3«o. 



M. Charles- 
François de 
Chaaciu'.icuf 
de Rcchrbon- 
nc , Abbé d'E- 
lan & d. fa;nt 
Riquier O. ic 
S Ktnoifl, D. 
a'Arnicns. 



M. Ca tics- 
François <tc 
MoiiftîCJS ic 
Mninvillî , 

Abbé d'Igny , 
Do«3:car en 
Throlog;ic dj 
h FacuJtc de 
Paris. 



ELAN, 

Elan, ou Eflan, ou Elain^ouElaionjenLatin, ^^£/f«c/o, 
fefi ElUntfum yaut ElUnaum , W SeUncum ^ Fille de l'Ab- 
baye de /-orro/AT, dans le Bourg à" Elan en Champ^^?je y d;ins 
le Duché de Rah^lois^ près la rivière de MenJe^çuticMe- 
^leres ôc Donchiry. Elle fut fondée par irher Comte de 
Rhetel, le premier Aoufi: 1148 Ôc par Hugues Comte de 
Nevers & de Ejmel ^ qui en augmenta la fondarion en 
izio. L'Abbaye A' Elan eft cclcbre par le tonibeau du Bien- 
heureux Roger y qui en fut le premier Abbé, & qui y eft 
en grande vénération. Cette Abbaye autrefois confidc- 
rable, comme il paroît par le Refecloirc , ctoit comme 
abandonnée, lorfque l'Abbé de Citcaux y mit pour Prieur 
un homme d'efprir, qui l'a fi bien rétablie, qu'aujour- 
d huiil y a Communauté , & elle ell: très- jolie. 

I G N Y. 

Igny, en Latin y l^nlacum yfeu Beata Maria Igimatenfs y 
Fille de T Abbaye de CUirvaux yÇn\.-\cç: dans le Bourg d'i- 
gny, en Ch.imfAgne en Ta,rd€notSy à cinq lieues de Reims 
du côté de l'Occident, fondée en me;, d'autres difent le 

4. des Ides de Mars iiiy. par Ramalde Archevêque de 
Reims y qui la choifit pour le lieu de fa fepulcure, auffi 
bien que Samjon (on fuccefTeur. L^s premiers Abbez qui 
l'ont gouvernée furent le Bienheureux Humheri ,qui re- 
nonça a fa dignité pour fe retirer à Clairvaux y &: dont 

5. Bernard^ fait l'elogei Guerric, fi fameux par fcs pieux 
Sermons , qui (ont imprimez dans les œuvres de fon mai 
trc S. Bernard', Geojfroy y qui avoic été Secrétaire de ce 
faine Abbé i ôc Pierre Monoculey qui fuccnfuitc Abbé de 

CUir'VAux 



100. 



$oo#. 



joot 



i 



DES Abbayes de France. ^^3 

TimiAïaïs. Clairojaux, auffi bien que fon prédecefieur. Tous les an- 
ciens lieux réguliers futfîftent tous entiers. L'Eglife ôc 
Jedortoirne lontque l'ambriflcz. Le cloître, le réfedoi- 
re, le chapitre ôc le noviciat font voûtez. Il y a dans la 
Bibliothèque deux cens dix manufcrits, les uns donnez 
par le Bienheureux .S'^z-w/o;? , les autres prefque tous écrits 
du tems de la fondation. La plupart font Cqs ouvrages 
des Saints Pères , entre autres de Sairn Cjip-ien , S, y^mhrot- 
Je , S. Jérôme , 5. j^ugufiin , S. Grégoire ^ S. Léon y S. Projper^ 
Cafjtodore, Claudien , Bede^RahanÙ^ S, Berriard.. On y voit 
auffi une Hifloire des ATorw^^î^j, ôc une ct'H/i^r«;>. . . 

LAVAL-.ro Y. 

M.icBiiiiy Layal-Roy , ou Laval-le-Roy, ou Vaux-le-Roy, ou 
A^:,fclVZkur Valle-Roijen Latin ^ ^altis Rcgia, feu Fallts Regfs , fille 
Mait!?c'^'i/a ^^ l'Abbaye d'Igny. Elle eft fituée à fcpt lieues de Reims , 
eu cette Ab- yets Ic Nord 3 ôc a été fondée en Champagne le 15 ou le 5. 
ifay 1718.' des Kalendes de Mars 1145?. parjf^w, Comte de Roue i y 

qui fut inhumé en ce lieu-là. Plufieurs Seigneurs de la 

même Maifon y ont eu leur fepulture. 

S I G N Y. 

M. l'Abbé Signy, en Latin, Signiacum , anciennement Si^neium , 
fc"roaob. Fille de TAbbaye à'ipj , fous CUirvaux, Se fituée en 
.7-r&grand Champarne . dans le Boure de Sizny , dans le Rheielois , à 
i'£-iife de quatre lieuè's de ChatcAu Porcien , du cote du Nord , Se a 
cinq lieues de Rhetel, fur la rivière de Fallie. Elle a été 
fondée le 13. d^s Kalendes d'Avril , ou le i^. Mars 1134. 
par les Seigneurs du pays , à la requifition de S. Bernard, 
qui donna enfuite ordre à Humherr Abbé d'Igny d'y met- 
tre des Moines de fon Monaftere. L'Abbaye d'/^wj qui eft 
à quatreou cinq lieues decclled'£/^w, a toujours été tres- 
illuftre. L'Eghfe eR un des beaux vaifleaux qu'on puiffe 
voir. Les cloîtres font vades, larges, voûtez Se délicats i 
le réfedoire, la falle des Novices grande, &: le dortoir 
Tome IL Cccc très 



f 

Florins Rcrem. 



500. 



14CC0, 



400, 



l ÎCOO 



TlTULAlKES' 



M. de Vin- 
timille di 
Luc, Arche- 
vêque d'A:\ 
Voyez û:s Bé- 
néfices à l'ar- 
ticic de l'Ar- 
chevêché 
d'Aix. 



M. Augiiftin 
le Pileur, an- 
cien Evêquc 
de Xaintcs, ci 
devant Abbé 
de Bonne- 
vaux. Il fut 
nommé Evé- 
S^c de Xai;;- 
r^s en Avril 
va- 



5^4 Recueil General 

crès^beau. L'on y confervep]ufiGLUs.manufcritsJa plupart 
fonc des Ouvrages des Pères , fur tout de S. Jugufiw.l^i fé- 
conde féconde de SThomas, & le refte. Il y a dans le cloître 
les tombeaux de trois grands Abbez, qui quittèrent leurs 
Abbayes pour fe faire Religieux à S/gny : Guillaume Abbc 
des. Thierry, Arnoul Abbé de S. Niauf» ^ & Qnarà khhi 
de f/or/>2f , dont la mémoire eft en vénération à %«j. 

Abbayes d'Hpmmes de L' ordre 

DE S. Augustin. 

SAINT DENIS. 

Saint Denis de B.eimSyQn Lmii^fanclns Dionyfms !{• 

menfis, (icuée dans la ville de Rerms , 6c fondée l'an 8^0. 

par Hincmarc Archevêque de Reims. Il y a la Réforme. 

Lataxede/îowfétoitautrefoisde 800. florins, mais main- 
tenant elle efc de 

E S P E R N A Y. 

Efpernay^ou Efparnay^ou Saint Martin d'Eperhay, 

en L^tïn ySparnacum jSparniaaim , feu Sparnachium, aui /IJ- 
frenciacum^ fituée dans la petite Ville du même nom , en 
Champ^agne ,dms le Rémois, ilir la Marne, entre Chahv<s 
dcChâreauTh/errj yZCiuciUQ ou cinq lieues de Reims, Elle 
a été fondée par r/?/^,W,£lsaînéde FAuîes IL Comte de 
Champagne ^ de -fir/V Tan 1031. ôc il mourut en 1080. corn 
me on le voit par fon tombeau qui ell dans l'Egliie. Il 
y a la Ileforme dans cette Abbaye. 

L A N D E V E S. 

Lmdeves, ou Nôtrc^Dame de Lodeve, en Lmn, Nnftia 
Domina de Landen^-its, Le Peredu Vau Chanoine de Sainte 
Gene^ isve , y fut nommé en 1711. Elle efl: fuuée prcs de la 
rivière à'/lifne, fur la droite vers le Diocefe de Fndun , 
a douz^ lieues de Reirns. C'étoit anciennement un Prieu- 
ré 



Fl*tin:.|R'.'yriui 



iCO, 



1 000 ■ 



9000 



33 



8000, 



Titulaires, 



M. Fiinçois 
de Câibonel 
C.Tuili , an- 
ciça^ Evcquc. 
de Limoges , 
Abbé de Bcl- 
rai ic cieMon- 
tciyou g, O. 
«i; S Benoift 
D de CouC 
an ce. 



M. Contait 

Povcn de l'E 
ghic de Pai-iJ, 

'= 17. oa»- 



X.C P. OaJct, 



M c'Hattc- 



desAbbayesde France. 5^5 

re dépendant du f^al des Ecoliers-, mais il fuc érigé en Ab- 
baye au commencement du fiecle dernier , 6^ unie en 
1^35. à la Congrégation de Sainte CenenjiJ^je de Pans. 
L'Abbé éfi: régulier. .... 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre 

.DE P R E M o N T R e'. 

BELLEVAL. 

Belleval, ou Belval^en Latin, BelUvallis^ fituée en 
Champagne dans le petit pays d'Jrgorme ^ à deux lieues 
de la ville de Beaumont , du cocé du Midi , à deux lieues 
de Grandpréy 6c à cinquante de Paris, Elle a été fondée 
par Adalheron Evcque de Verdun Tan 1133. Il y a la réfor- 
me, Ô: elle ell bien bâtie. ..... 

CHAUMONT. 

Chaumont en Portienjen Latin ^^ê» CaluomonteinPor 
riano y fituée dans le Village du même nom, dans le Re- 
theloiscn Champagne yà trois lieues de Château Porcien, 

LA VAUDIEU. 

La Vaudieu , Vau-Dieu , ou la Val- Dieu , en Latin , 
Vallis Dei. Elle eft fituée en Champagne , à treize lieucî 
de Charleville y entre la Samhre ôc la Menje^ à 1 endroit 
de leur Gonflant- Cette Abbaye eft élective ôc régulière. 

L O N G U A Y. 

Longuay, en Latin , de Longo njado. Il y a la rcfor- 



;-lcrns I i^.yc,, 



too. 



6000, 



me. 



SEPT FONTAINES. 



};o. 



éooo. 



So, 



tfOdC. 



66, 



éooa. 



HO. 



u de r;- Sept Fontaines , en Latin , Sfptcm Fontes , ou Scptrry^ 
aordc. ^ Fontîum y fituée en Thterajchc ^ ^ fondée l'an 1.19 par He 
lie Seigneur de Ade:^ieres^ ôc Ode fa femme, aflcz pro- | 

G c c c ij che 



5<î"^ Recueil général 

TiTBi^.i^ïs. ^^ç j^ l'Abbaye du Fal des Ecolier^\ Les Relif^ieux Pre- 
monrrez réformez de cerrc Abbjyc, ont rétabli l'Eglifc 
ôc les lieux réguliers , il n'y avoir auparavant qu'un Reli- 
gieux, qui à peine pouvoir y vivre. Tant il eft vrai qu'il 
n'y a que la réforme qui foie capable de rétablir ôc de con- 
ferver le temporel des Maifons Religieufes , comme il 
n'y a qu'elle qui fafl'e revivre la pieté / . 

Abbayes de Filles de l'Ordke 

DES. B E N Ol ST. 

A V E N A Y. 

flels^&^Mc' Avenay, en Latin ^ Jveniacum , o/f/ Avenndcumy feu 
nfccrc";/! ^^^'^^^^■^' fituée dans la petite Ville du même nom, en 
jarncc. Champagne, en la Vallée A' Jure ^ proche la rivière de 
Marne , encre Efperrjoy ôc Reims, dont elle ef! éloignée^ 
de cinq lieues , vers le xMidi , & de deux de l'Abbaye de 
S. Bafle, Elle fut fondée l'an 5)40. par Sainte i5mk,fem 
me de S. Gomhen, & on y conferve leurs Reliques Sainte 
Berthetn a été la première Abbefle. Lts revenus de cette] 
Abbaye ont été augmentez depuis peu par les Ccmtcs de i 
Champagne, & comme elle eft dans une folitude, elle ai 
eu le moyen de s^étendre beaucoup. L'enclos eft foit 
grand, les jardins admirables, & peut-être n'y en a-t-il 
pas de plus beaux dans aucunes Abbayes, foit d'hommes, 
foit de filles. ..... 

SAINT PIERRE. 

c!cf;1i?:hn . ^^'"^ ^'^^^^ de Reims , ou S. Pierre aux Nones , en La- 
icu^aait. tin , Sar^cliis Petrus Rewenfis, firuéc dans la ville de Rnm< ,^ 
reconnoît Sainte ^out ôc Sainte Dode pour (es Fondatri- 
ces D autres difent qu'elle a été fondée l'an 660. par S. 
; ^aldfic, fils du Roi Stgehert. Qtioiqu il en foit, elle eft 

- ■ très ancienne, ôc le ccde en magnificence à peu d'Ab- 

bayes Ju P^.Gyaume- Il n'yajamais eu moins de cinquan 

te 



fioiiii v.ev'ca. 



30'; 



tjoo. 



toooo. 



î desAbbayesdeFrànce. 5(^7 

TiToiAiRfi». jç Religieufes au chœur. Renée de Lorraine qui a été Ab- 
befle de cette Maifon , y a donné un grand lullre. L'Eglife, 
le logis Abbatial, lescioîtres Se les autres lieux qu'elle a 
fait bâtir, font des monumens qui rendront fa mémoire 
imriiortelleà la pofterité. Elle étoit nièce des Cardinaux 
Charles de Louis de Lorraine, Se fit ériger fur leurs cœurs 
quirepofcntdansle chœur des Religieufes, une colonne 
de marbre avec une infcription qu'on y voit. Le cœur 
du Cardinal de Gnife efl: aflez proche decette colonne, 
avec une infcription, de mcme qu'au tombeau de la 
Comtc^Q ^apigrry ^fctntnt de Jean de Cormfcy, 

Abbaye de Filles de l' Ordre 

DE Saint Augustin. 

SAINT ETIENNE. 

Mc'cobiiion, Saine Etienne les Nones, en Latin, Sanclus Stephanus 
&McTh.bTr.]{emen/is. ficuée dans la ville de Reims depuis 1617. par 

gcauToadju- , , -^ rr ' i \ i 

échange que ces Chanoinefles firent de leur Maii'on de 
Soijjonsy avec le Prieuré du Val des Ecoliers y qui étoit a 
Reims. Les Religieufes font au nombre de foixante. L' Ab- 
beffe a été éledive juiqu'en 1(^54. que Loiits-ljaheUe d'Jn- 
gennes de RamhoUnler ^ fut nommée Abbeflepar le Roi. 



tncc. 






rlctir 



■<.even. 



oooo» 



t«0#. 



EVESCHE 



s ('-^ h 



liToi-- s\rs 



Recueil général 




A 



orins levé»' 



M. Jean y- 

ti»' la Vilti;- 
Ecuvc cîe G.Tm 
o\ , Abbé de 
Cocr Maioi.n, 
Oïd.c de Ci. 
tcaux , D. de 
Cornouai.k , 
&de S.Iiift, 
Ordre de Prc- 
niontré, D. de 
Beauvais lia 
Cl cette Ab« 
baye le 17. 

D Offreur en 
Tlier>loç;ie de 
la Mai Ton de 
Navare. & 
l'un des tjoa- 
rante de l'A- 
cairmie Fian* 
çoifc. 



EVECHE DE SOISSONS. 



^ OIS SONS, en Latin Sueffionenfis y Ville Epifco- 
yjpale de la féconde ^e/^/^«e, ôc de l'exarcac des Liaules; 
autrefois de Picardie; mais maintenant de Tlfle de France,^ 
&: fuftraganc de Reims ^ dès lequatriéme fiecle,ôcalaqua-! 
lue de tratotfone. La Ville de Sotilons efl: la Capitale du' 
SoijTonncis, avec titre de Comté: elle efl: éloignée de Paris 
de vinj^t-quatre lieues i elle efl: belle & prande, ôc ficuce 
dans une vallée fore agréable, & traverléc du Sud-Sud- 
Efl: au Nord-Nord-Oùefl: par la rivière à\JifnCy qui a 35. 
toifes de large à l'endroit du Pont. Saint Cre/pin^S-Cref- 
finien frères, venus de Ror/2^ , ont ctc les Apôtres de la 
Ville de Soijjons. Ils furent martyrifez l'an 287. ou la fui- 
vanrc. Selon d autres , S. Sixte cii regardé comme le pre- 
mier Evéque de la Ville de Sgijjons, de même que de celle 
Reims'-, d autres elliment que ce fut S. Sinice fon fuccef- 
feur. IlpiroîtqueSo///o«5 n'étoit pas alors féparé de /ît7W5. 
S. Principe frcrc aîné de S. Remy de Reims ^ fut Evéque de 
So/y?(?W) versla fin du cinquième ficelé, après la mort de 
S. Edthe, Il eut pour fucceflfeur fon uqvcu S. Loup. Saint 
Drau/in fut fait Evcque de Soijsons vers Tan (^54 & mou- 
rut vers Tan 674. S. Jrnoullt fut dans l'onzième fieclc. 
Lorfque fous Conftantin l'on infl:irua une féconde Belgi- 
que , Soiffons fut la féconde de la Province après Reims, 
qui en efl: la Métropole \ de forte que l'Evéque de SoiJJons 
par une coutume immémoriale , a la preflïancc fur les 
autres Evcques de la Province, Ôc a le droit de facrer le 
Roi de France à Reims , au défaut de l'Archevêque i ainfi 
qu"]] a cré pratiqué , même au Sacre du Roi Loiiis XIV, 
comme on avoit fait auparavant à celui de Saint Louis. 

Mais 



DES Abbayes de France. 5<r^ 

TirutAiR.Es- }^\2i\s lorfque le Siège Méciopolicain eft vacant , la Ju- 
riididion eft dévolue au Chapitre de i'Eglife Métropo- 
litaine '■> Ôc rEvêcjLie de Soi/Jons ne peut faire la cérémonie 
du Sacre, ni aucune fondion Eccledaftique en ladite 
Eglife, que fous l'autorité, ôc par la permiflion du Cha- 
pitre, ce Cjui a été reconnu en iiié". par Jacques de ^aXo- 
cheSy lorfqu'ii fit le Sacre de Loms IX. en 1171. pnr Milon 
de Basoches, lorfqu il fit celui de Philippe le Hardi i ôc 
en i<?54. par Simon le Gras , lorfqu'il fie celui de Louis 
XIV. 

Le Chapitre de I'Eglife Cathédrale dédiée à Saint Ger- 
'VAis ôcà Saint Protats , eft un des plus célèbres du Royau- 
me. On y compte neuf Perfonnats ou dignitez, fçavoir , 
un Prévôt , un Doyen, un Chantre, quatre Archidia- 
cres, un Treforier, un Ecolatre , cinquante-fept Cha- 
noines, ôc deux autres Chanoines à demi Prébendes, ôc 
trente-trois Chapelains. La Mufique eft ordinairement 1 
compofée de douze Chantres , ôc de huit Enfans de 
Chœur; de forte qu'en de certains jours folemnels, tel 
qu'eft celui de la Fcte des deux Patrons de I'Eglife, dans 
lequel les douze Curez Cardinaux de la Ville accompa- 
gnent l'Evcque à la MciTe, on a coutume de voir cent 
trente pcrfonnes qui affiftent ou qui fervent au chœur. 
Parmi ce grand nombre d'Ecclcfiaftiques, il y en a tren- 
te-deux revêtus de chafubles, de chapes ôc de dalmaciqucs. 
On compte encore dans la même Ville, ôc aux Faux 
bourgs cinq autres Chapitres Collégiaux, fçavoir, Saint 
Pierre aux Parais, Nôtre-Dame des F'iones y Saint Loiiis , 
Saint y'aaft ôc Sainte Sophie. Il y a vini^t-fept Abbayes dans 
le Diocefe de Soifibns, dix-fept d'hommes, Ôc dix de fil- 
les; ôc Ton compte trois cens quatre-vingt-dix {cpt Pa- 
roifies, diviféesen cinq Doycnnez Ruraux, qui font ceux 
de Soijjons y F'ciiUi y Chajîeau-Thierrj ^ Viviers ôc Chafiil- 
Ion- fur- Marne, Le revenu de l'Evcché d^SoifJon^, oui a 
fa Cenfive dans la Ville, n'écoit autrefois qus d'environ 

fixt 



Fluiin: 



Rcveiï. 



570 Recueil général 

Tirut AIRES ^j^, ^ ^^pj. j^jij^ livres i mais il a été augmenté de laMen- 

fe Abbatiale de l'Abbaye de Valjerj , de TOrdre de Pré- 
montré y au mcme Dioccle. . ... 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre 
desaintBenoist. 

C H E z y, 

M. Morcî, Chezy , en Latin, CaT^iacum , vel CaJJîacum , feu de Caf 
rEgiil^7crl-f^^^'^''^^ ^^^^V^c<> i fituée dans le Bourg du même nom , 
'"• en Champagne, fur la gauche de la rivière de hdarne ^ 

à deux lieues au-deffous de Châfleau Thierry. Elle fut fon- 
dée l'an U}6. par ^njelme ôc Guillaume de Cayeux y pour 
l'Ordre de Premontré y cnfuite donnée à l'Ordre de C* 
teaux. Meflîcurs de S^/^re /l/^r//;t ajoutent que cette Ab 
baye^efl: Fille de Trois Fomaines y ôc ils l'appellent C/a- 
riacurû i mais ils fe font trompez. Le Pape Innocent IV. con- 
firma les Privilèges de cette Abbyc l'an 1149. Simon qui 
en a été Abbé , a eu le bonheur d'ctre erand ami de faint 
Bernard. Il n'y a rien de remarquable dans cette Abbaye 
de la Congrégation de Saine Maur^ qu'une colombe de 
cuivre , dans laquelle on confcrvoit autrefois le Saint 
Sacrement. .•.,•• 

SAINT CORNEILLE. 

LaMeofcAb- Saint Comcille dc Compicgnc , cn Latin, S^nflus Cor- 
D^c'aux VciiT ^^'^^^> ^ SanHus Cyprianus de Compendio y vcl Cowpen-- 
dcGrlcelpa' ^^^^ ' ^^^ Carolopolis, du ttom de Charles dit le Chauve ^ 
ris, quibâritence lieu un grand Monailerej fit venir les Ke 

ques de S. Cyprien dz Carthaf^e y qu'on avoit apportées 
d'y^fricjue en France du tems de Ch^rlema^ne, On ajoute 
que peu de tems après, l'on y transfera auflî celles iv. 
Pcipe S. Cor^r/Z/d-, qui avoicnt été portées de RomeiVKh 
baye à' Inde y près d'y^ix la Chapelle y du tems de Loiii^ i 
Débonnaire , ôc de-là à Rhonay , ou Ronje en Flandres, L' Ab 

baye 



140 



1400. 



©ES Abbayes deFrance, 577! 

TirsiAiMs. [j^yg ^ç y^y„^ Corneille^ eft ficuée dans la Ville de Compk.. (fi 
^«é", fur leconflancde YAifne ôc de l'Oy/ê, dans le Comté* 
de Senlis , entre Noyon , 5f«//5 & Soijjons. Charles le Chauve 
Fondateur de cette Abbaye en S-j6. dans fon Palais y mit 
cent Chanoines. Le premier Abbé fut Hincmar, Arche- 
vêque de Reims y & le dernier Simon le Gras ^ Evêque de 
Soîjjons. Guillaume , un des Abbez de faim Corneille ^ érigea 
huit Fiefs pour autant de Barons ou Fiefs qui dévoient 
défendre cette Abbaye contre les violences des Seigneurs 
qui s'emparoient de Ces biens. Le Roy Louis VII. mit des 
Religieux Benediéîins dans cette Abbaye l'an 1150. ôc con- 
firma Teredlion des huit Baronies. Ceux qui pofTedoienr 
ces Fiefs font nommez Oclo Feodati, dans un dénombre 
ment de l'an 1171. Simon le Gras étant mort l'an 16^6, le 
Pape Alexandre VIL i la prière de la Reine y^^nne d'Au- 
triche, éteignic le titre Abbatial, 6c en unit la Manfe à 
TAbbayc Royale des Rcligieufes du Val de Grâce a Paris. 
L'Abbaye de faint Corneille 2l l'avantage de pofleder l'un 
des trois Suaires dont Notre Seigneur fut enveloppé après 
fà mort. C'eft dans cette Eglifc que Louis 1 1. dit le Bègue, 
& LouisV, font enterrez. Le devant d'Autel y efl: d'ar- 
gent, avec une grande Croix d'Or deflus , ôc un Crucifix 
d'argent fur le Jubé. Les Religieux Benedtâms de k Con 
grégation de faim Maur occupent cette Abbaye, donc 
l'Eglife fut dédiée parle Pape Jean VIII. en 877- fous 
le Titre de Notre-Dame de fawv Corneille , ôc du Grand 
faim Crepin. Ayant cfté brûlée par les Normands y fous 
le Règne de Charles le Simple, il la fit rebâtir, & foûmit 
à fa JurifdicStion, qui efi: comme Epifcopalc , les trois 
Eglifes Collégiales qu'il avoir fondées dans deux de ks 
Palais i fçavoir , celle de fatnt Clément & dt faim MaurtUe 
de Comptegrje , ôc de ce! le de fainte Vaubourg d' Arrigny en 
Champagne. Ce qui lui fut confirmé par un grand nombic 
de Bulles &c de Lettres Patentes.. & par les Conciles de 
Crecy y le quatrième de Compieg>te, ôc par celui de BâL . 
Tome IL D d d d 



crc». 



57^ P>.icueilGeneral f' 

TrTttiAînis Les Eglifes Priorales de faim Pierre & de Jalnt Nicolas le ^^°''"* 
Petit, \q Monaftere ôc l'Hocel Dieu de faint Nicolas du 
Para y la Chapelle àz faim LaT^re y ôi l'Hôpiral General, 
ne reconnoiffent point d*autre Jurifdidion que celle de 
fiint Corneille, Elle s'étendoir autrefois fur toute la Ville, 
où l'on érigea d'abord deux Paroifles ; l'une pour les Bour- 
geois, dans l'Eglife de faim Pierre j ôc l'autre, pour les 
Fitfifez, dans la Nef de l'Abbaye ; mais les Guerres ayant 
obligé les Bourgeois de fe retirer dans fon enclos , qu'on 
appelle la clôture de ChaAemagne y qui éroic pour lors 
bien f-orcifiée ^ on y bâtit une nouvelle Ville, &c l'Abbc 
B^ichard obtint en 115)5?. l'éredion des deux Paroifles de 
faim Jacques & de faim ^moine y fur lefquelles TAbbaye fe 
conlerva les mêmes droits qu'elle avoic fur celle de faim 
Germain y qui étoit la Paroifle de l'ancienne Ville. Elle 
s'efl: auflî confervée jufqu'à prefenc la Collation de deux 
Prieurez, de quatorze Chanoinies, de lîx Prébendes, de 
dix-fepc Chapelles, & la nomination de trente-trois Cu- 
res; la Benedidion des Abbez de faim Corneille , appar- 
cenoit autrefois aux Souverains Pontifes, & ils éroienc 
obligez de faire un voyage à Rome , après leur éledion j 
mais le Pape Clément III. les en difpenfa, & leur per- 
mit de fe faire bénir par tel Evêque qu'ils jugeroient à 
propos : Ils portoient la Croffe, la Mitre ôc l'Anneau, 
comme its Evcques \ officioient revêtus d'Habits Pontifi- 
caux 5 confcroient la Tonfurc, ôc les Ordres Mineurs , 
ils avoient un Grand Vicaire , un Officiai , un Pénitencier, 
un Aumônier, un Chapelain, unChambrier, un Cham- 
belan, un Prévôt, &: un Bailly- Le dernier office ne fe 
donnoit au commencement qu'à des perfonnes de la pre- 
mière qualité, comme les Titres de l'Abbaye le prouvent 
par les noms de ceux qui ont eu cet Office. 

Outre le droit de Seigneurie & de Juftice , que TAb- 
baye de faint Corneille sidins la Ville de Comftegne y & fur 
la rivière d'Ojfe , elle poflede encore de tres-bclles Terres, 

Piefs 



Des Abbayesde France. 579 

rirnikiKÈS, pigf^ ^ Seigneuries, donc la plupart ont ccé aliénées par 

l'injure des guerres, par la négligence des Abbez, & par 

I avarice des vaffaux j qui , comme dit Suger, les ufurpoienr 
impunément, ôc s'en rendoicnt les maîtres, au lieu de 
les défendre & de les conferver à l'Abbaye, qui a eu 
trente- huit Abbez, donc le détail feroit trop long fi je les 
rapporcois ici : il y a la reforme en cette Abbaye, les re- 
venus de la Manfe Abbatiale ont efté unis a l'Abbave du 

il 

Val-de-Grace a Paris. .... 

SAINT CREPI N. 

M îc Comte Saint Crépin le Grand, en Latin yfancîus Criffinus ma- 

vrcvùt de \'ï>j or SuelJionenJîS , fituée dans la Ville de Soijjons , fur le 

ghfedcLiegc. jQmbeau des deux frères Marti rs. On ignore le temps de 

fa fondation y & l'on fait feulement que l'Eglife ayant été 

confumée par le feu Tan 1157. le Roy Louis la fit rebâtir. 

II y a la réforme. . . . . • 

SAINT MEDARD. 

M Hcnrva ^aint Medard lès-Soiflbns, ou faint Mard Ics-Soiflbns, 
Charics-Ar-en Latîn * fanSliiS Medardus SuefTionenfis, Saint Medard , 
pone, con- hvcquc dcNoyon , étant mort en 545. le Roy Clotafrepre- 
J'rdinlircdc- w/fr, fit ctanfporter folemnellement fon Corps dcNoyon 
îcmbre'°7^u"à 5o/Jo»^, & le fit entettcr daus l'enclos d'une de Ces xMai- 
î^s^ordiel'" ^^"^ Royales, laquelle écoit aux portes de cette Ville. 
Dès-lors ce Prince conçût le defiein d'élever fur le tom- 
beau du Saint une Eglife , qui feroit défervie par une 
Communauté de Religieux. 

Il commença cette Eglife, mais étant mort l'an 56I. il 
n'eut pas le temps de l'achever. Il y fut néanmoins in- 
humé, ôc fon fii-s Sigebert donna la dernière peifcdlion à 
cet édifice i & le corps de faint Medard y fur transféré 
vers l'an 563. L'Eglife dtfatnt Medard efl: devenue célè- 
bre par les Reliques de plufieurs faints que l'on y a irani- 
portées 5 par exemple, de faint Sehafitn de Rome, dtfaim 

Dddd ij Godard 



Florin 



RCfLO- 



100. 



1 ooc». 



I<50. 



JC(}»i 



5S0 Recueil gèkfral 

ffxruiArxis. (JqJ^^^ ^ ^Q P^mt /Îé-w); Evêque à^Iiouen, avec k têcc(^'°' 
de faint liomatn , Evcque de la même Ville. L'Empereur 
Charles le Gros donna à l'Abbaye defaint Medard de Soif- 
fons, la petite Ville de Donchery ^ qui croit une Place du 
Domaine, & démantelée 1 an iCj},. & ce lieu appartenoit 
encore à cette Abbaye fous la Souveraineté de l'Empire, 
lorfque l'Empereur faint Henri donna , l'an 1005. à Boxorjy 
Abbé d^famt Medard ^ le droit d établir un marché dans 
ia Ville de Donchery quHenrj Premier donna à Go-^elony. 
Duc de Lorraine. Ce Duc reçut ce dnn, quoiqu'il n'igno- 
rât pas que c'étoit un bien ufurpé fur l'Eglifej ôc quoi- 
qu'il futvaflàlde l'Empereur, il ne laifla pas de faire hom- 
mage de Donchety au Roy ; mais peu après , le remors de 
confciencele prit, & il reftitua cette Seigneurie à l'Abbé 
de faint Medard y qui avoit dès-lors un Avoue 2i\i même 
lieu, dont il n'avoit pu tirer aucun fecours, à caufe de 
la puiflance des ufurpateurs. L'Auteur de l'Hiftoire de la 
Tranflation du Corps d^ faint Sebaftien à fatm Medard, 
rapporte ceci amplement. Cette Abbaye eft immédiate- 
ment foumife au faine Siège. . . . v 

i O R B A I S. 

M. de Mont- Orbais , en Latin , fanSlus Petrus de ^rhato , feu de Ortaco^ 
aut de Orbato y fituée dans le Bourg du même nom, en 
Champagne y aux frontières de la Brie, fur un ruifleau 
qu'on appelle Sourmelon , d'autres difent Melun, à trois 
lieues de Montmirail, à cinq ou fix de Château-Thierey , 
& à deux de l'Abbaye de la Charmoje. Saint Rieul^ que 
d'autres nomment faint Rigule , Archevêque de Reims ^ 
qui vivoit environ l'an ^80. fonvda cette Abbaye en 6j^ 
il y mit fix Religieux tirez de l'Abbaye de Rebats y ^ il y 
fut inhumé : on voit encore dans l'Eglife fon tombeau , Ôc 
a la porte fa figure, où il eft représenté avec une mitre 
ronde en pointe, comme un pain de fucre. Il y a dans la 
Bibliothèque de cette Abbaye un ancien Rituel manuf- 

crit^ 



ins 



Hcrc»; 



1100 



1100*. 



I 



Titulaires 



M. (3c la Ver. 



# D ES Ab B A Y E S D E F P. A N C E. 581 

crit, qui contient les Prières qa'on faifoic quatre fois fur 
le Prieur & fur le Cellerier, lorfqu'on les déchargeoit 
de leur Office. Godefcalque ^ homme illuftre dans l'an- 
tiquité, Se Cl connu des Sçavans, a été Religieux & Abbé 
dOrhais, où les Reliques de faine Rieul font en grande 
vénération. ..... 

Abbaye d' Hommes de l'O r d r e 

DE CiTEAUX. 

L O N G ~ P O N T. 

Long Pont, en Latin Longus-Pons ^ fituéeà trois lieuè's 
gnc de Tief- Jg Soiflons , d^ns le Duché de FaUis . au bord de la Fo- 

lin Prcrnicr ■'•^ 

Aumôaia de reft de R(^\^y Sc fondée le trois ou le cinq des Nones de 
d'Odcans'^^ Mars 1131 par Jofjelm, Hvêque de Soijjons. Elle eft fille de 
ThéoJôg.Tdc l'Abbaye de CUirvaux, & il y a la réforme : le Mona{- 
ja.Facuircdc ^q^q j^qj^ feulemcnt eft ancien . mais l'un des plus beaux 

Tans , Abbe , , , /- 111 

de lEipau, de la Reforme, & de tout l'Ordre de Citeaux. Tous les 
teaux,D. d. lieux font très-grands & fpacieux, & bien voûtez. L'E- 
BlnnUaTor. glif^ ^ tfois cens vingt-huit pieds de long, quatre-vingc- 
r'^ft D^ioc^efc ^^^^ dc large*, quatre vingt-quatre d'élévation, & cent 
de Uimres Cinquante- clnq pieds dans la croizée. La ftru£lure eft ad- 
kié\ l'Ar- mirable : On y voit le Tombeau du Bienheureuxjf^w de 
RoJenJc^?. ^Jonmtrel^ avec l'ancien habit des Religieux de Citeauxy 
oaobreiTtj celui Je Marie de Fare fa. fille, & d*Enguerant de Coucy 
fon petit fils. Il y a dans la Bibliothèque de Long^Pom 
grand nombre de Manufcrits & fort beaux \ mais dont 
plufieurs ont efté tronquez par des gens trop hardis , à 
qui on a permis de les voir trop facilement, fans con- 
noître leur caractère. La plus grande partie de ces Manuf- 
crits font des Ouvrages des faints Pères, fur l'Ecriture 
fainte. . • « • • • • 



Florins 



Rcven, 



l- 



Abbayes» d' Ho m mes de l'O r d r e 
Saint Augustin. 



SAINT CREPIN EN HAYE. 
M- de ïsi*. Saine Crepin en Haye , ou en Chaage, ou en Cagc,| 

Itcrbc , e^-^ 



5/0. 



•CC.9. 



<iO. 



jnooo-. 



JJO 

JOO 



IljO 



582. Recueil General ( 

TiTuiAiRîî çj^ "i^tlny fariâas Cnfpinfis inCaveâ^ fituée dans un des.^^"' 
Fauxbourcr de Soijjonsy die M. Batlkt, de d'autres la mec- 
tenc encre Soijjons ôc la rivière d'Jifne , ôc même fur le 
bord de cetce rivière. Cecte Abbaye eft reformée. 

E S S O M M E S. 

M. joubfrrJc EfTommes , en Latin ,fanflus Ferreolns , de Ejfommiis, de 
^^^^''^'^^°' Effonis y feu de EJfomis y anf Sofma , fituée fur la .Marne à 
droite à une lieuë au-deflus de Château -Thierry ; cquq 
Abbaye eft de la Congrégation réformée de France. 

SAINT JEAN DES VIGNES. 

M. âe Saffc Saint Jean des Vignes, en Latin , fanc^usjoanne s in Vineis^ 
fut fondée Tan i07(^. par Hugues Comte itChateduSThierry, 
^ïcs dQ Sotjjons ', mais elle efl: à préfenc dans la Ville, 5^ 
c eft une des Abbayes des plus conGderables du Royaume. 

SAINT JEAN-AUX-BOIS. 

Saine Jean-aux-Bois, en Lzùnfanâusjoannes in Bofco^ 
les Religieux de cette Abbaye en font en pofleflîon, par 
l'échange qu'ils ont fait de leur Maifon de Royal-lieu, 
près Qomfiegne , Ordre du l^al-des-Ecoliers : pour celle-ci, 
qui eft fituée à deux lieues, & au milieu de la Foreft de 
Comptegne ^ à une de Pierrefonty fur le chemin de Cow- 
piegne à Soijjons, Cette Abbaye fut fondée par le Roy 
Louis VIL & la Reine Adelaïs fa mère, vers l'an 1150. 
pour des Religieufes de l'Ordre dtfaint Benotfl. CesRe- 
ligieufes ont efté transférées à RoyauUeuy avec lapermif- 
fion du Roy Louis XIII. en confequence de l'échange 
qu'elles firent avec les Chanoines Réguliers qui étoient à 
Royaulieu. .... . , . 

SAINT LEGER. 
tcPcrcCorar, g^jnc Léger de Soijjons, en Lmn , fan^us Lcodegarius 
Sue[Jionenfis , fituée en la Ville de Sotjfons y & fondée par 
faintGauzlin, Evêque, raniiz^î. l'Abbaye eft Régulière. 



600. 



R.evetti 



vjoo. 



l€<. 



no, 
.000, 



,0000. 



70 0»; 



300»; 



TlTUlAlRE», 



M. He Mon- 

gault Précep- 
teur de M. hgne 



ï)EsAbbayesde France. 583 

Abbayes d' H o m m e s de l'O r d r e 

DE P R E M O N T R £*• 

CHARTREUVE. 

Charcreuve , en Latin , Canotorum ^hiuéc en Champa- 
^ ' fur la A4arne , à onze lieues de Chafleau-Thierry^ vers 
ïz'X raa'îe Levant. U^'à^Saime Marthe difent qu^elleeft de l'Or- 
fc\'\cldti^A^^^^ S^iint Benoij} •-, mais fûrement elle eft de celui de 
Françoifc. Préwontré. ..... 

CLAIRE FONTAINE. 

Le Pcre 4c Clairc Fontaine, ou J^'ilUers-Cotterets , ou Villers-Cotre^ 
retXi nom corrompu pour Villers-col-de Rcis , en Latia, 
Clarus FonSy feu ytiUrium Correjîi ^ fituée au Gouvcrne- 
mencde France^ près Crepj/ en Valois ^i feize lieues de 
Paris y fut fondée dans le Diocefe de Z.^o« , mais elle a 
ctc transférée en celui de SoiJJonslc 13. Aouft Kjyi. en la 
Ville àtFillerS'Cotterets y^ uniei la Cure du même lieu. 
Cette Abbaye eft régulière, de même que la Cure. 

SAINT I V E D. 

Saincived de Braine, en Latin , fanélu s Euuodiu<! de Bre^ 
nâ^\t\Brennackmyaut Btbrax ^CmiéQ dans la Ville de Braù 
ne , à quatre lieues de Soîjjons , vers le Levant, fur la ri- 
vière de f^efle. Elle a été fondée en 1130. Les Reliques de 
S. Euode y ou S.l'vedy Evcque de Rouen , y ont été trans- 
portées. ...... 

LIEU RESTAURE'. 

M. de Gue. Lieu Reftauré , en Latin, Locus Reftauratus ^ fituée en 
Champagne près de Crefpj en Valois^ fur la Rivière êCydu- 
:o««f, &: fondée en 1 140. . . . , 

VA L.SE CRET. 

VaLSecret, en Latin ^ Fallis Sécréta y feu Sercna^ fituéc 

en 



Florins iRcv^a' 



=^ec. 



6000. 



M Mignot lie 

licrillc. 



170. 



500 



■egaiJ. 



M. Hcnnc- 
quin. 



600, 



9 cco 



é'ooew 



JOCO, 



Tï 



,584 Recueil General t I 

■r^f'^i^^'- çnChumpàiz^ne yà une petite lieuëde Chefieau Thierry y vers ^^*'^'"' **^*" 
l'Orient d*Etc. C'ellun Chef de l'Ordre de P remontré y Se 
il en efl forci plufieurs Colonies pour fonder d'autres 
Maifons. L'EglifedeC/:?^^^'?^^// Thierry ayant écéplufieurs 
années , une Abbaye de l'Ordre de Prémomréy les Moi- 
nes furent transferez en U40. en l'Abbayede FalSecret. 



ÎOO, 



VAL 



S E R I. 



Ihé'^/^'sJirr Val-Seri, ou Val-Sery, ou VaLSary , en Latin , Fal 
ions. Serti y atit VallisSerenHy ficuce en l'ifle de France , à trois 

lieues de Soijjons, au lieu appelle f'^iviers y où elle a été 
fondée en iiii. Elle croit régulière > mais le titre Abba-; 
tiala été fupprimé, ôc la Menfe unieàl'Evêché de Soif~l 
jons^ , , . , / , , 

VAU-CHRESTIEN. 

M k Ecquc VauXhreftien, ou Val Chreftien, en Latin , Sânéla 
ville , cha- MaridFallis Chriftian^ y utuée en Champame y fur la ri- 
Honnoiéà victe Cl Owvre y a trois lieues, d autres dilent a une de ^ 

^^'^' Fare y en Tardepois ,6c à denii lieuë deComcy, Elle fut 

fondée en 1134. par Rodolphe , Seigneur de Cramaille. 

Abbayes Jde Filles de l*Oj^dre 

pE Saint Benôist. 

LESCHARMES. 

Les Charmes, ou Charmes, en Latin, de Charmis^ fi- 
tuéeà fîx lieues de Soi/Jonsyers le Midi, en un piys plat, 
5c route feule au milieu d'une campagne, elle eft très- 
belle. Plufieurs Ecrivains qualifient cette Maifon d'Ab- 
baye i mais ce n'eft qu'un Prieuré de Filles de l'Ordre de 
Fronte'vraiilt, ■ , . , . . , 

M O R I E N V A L, 

Morienval , ou Morgicnval , ou Margienval , en Latin, 

'^'' Morenvaliis 



fo. 



100, 



}oo». 



ioooi 



DES Àbëàyes de France. 583 

TiTuiiaEs: ji^orenvallîs,au: MomevallisSmiéQ à trois lieues de Fer- 
krh en Picardie ^ vers l'Orient. Elle a été fondée par le 
Roi Dagohert. Elle étoit poffedée autrefois par des Cna- j 
noines Réguliers ^ aufquels ont fuccedé des Religieufcs de 
l'Ordre de S. Bfwoy/r. * . . ' ! 

N O S T R E >> D A M E. 

Me de Fief. Nôtre-Dame de Soiflbns , en Latin , Beau Maria , feu 
^^^* Noflra Domina SueJJtonenfis , fitucc en la Ville de Coiffons, 

Si fondée en ^58. par EÎ'ro/>2 Maire du Vd\^\SyLeutrade(z 
femnne, ôc leur fils Bouorj. Ce Miniftre plus connu par 
{gs violences , que par fa pieté, donna à la folicitationde 
Leutrdde ^ de faint Drau/w Evêque de Soijjons y le Palais 
Royal qui ctoit dans cette Ville i des Religieufes, qui 
avoient commencé un Monaftere dans le Fauxbourg. 
Thierrjlll.Cloojts III. ôc Childeberi III. accordèrent plu- 
sieurs Privilèges à cette Abbaye, qui fut achevée pour 
lesbâtimens les plus neceflaires l'an 661, Saint Draufin y 
mit la Régie de Saint Colomban^ ou de Luxeu^ 6c y éta- 
blit pour première Abbeffe Etherie Religieufc dcjouarre. 
Les corps des Martyrs S. Crepinôc S, Crefinien^ Apôtres 
delà Ville de SoiJJons^ furent tranfportez dans l'Abbaye 
de Notre-Dame y au fcizieme ficelé, pour être garantis 
de la fureur des Huguenots, ôc on les y conferve tou- 
jours. ^ • . . % - 

SAINT REM Y. 

Saint Remy aux Nonains, ou faint Remy de SerJis ^tn 
t Laùn^fanclus Remigms SylvaneBenfis^^Wc a été transférée 1 

au Diocefe de Soifl'ons^ près Vtllers^Cotiereis ^ par le Pape 
Grégoire XV. du confeutemcnt du Roi Lotus XIII. 

SAINT JEAN. 

a^^acilru'* ^^^"^ î-^" ^"^ ^^^5 > ^ maintenant Royaulieu , ou ■ 
fte d'Eu ,& Royal- Lieu , en Latin , fanâus Joannes in hofco , vd tn «> » 



Florins. Rc-.'ca, 



Sooct 



Sooao 



Coadjucticc, 



Tome H, 



Ecec 



merc 



/0O3. 



$8^ 



Recueil général 



McTnmaiôi'^^^^» fii^uée à deux lieues ^ dans la Force de Guifè, ditep^°"' 
•TouftV7.t ^^ CW;/>g«f, a une lieuë de Piene^Fcnt , 6c fur le chc 
min deCompiegneà SoiJfonSy qui en efl éloignée de cinq 
lieues, où elle aéré fondée vers Tan 1150. par le Roi 
Loiiis VII. & la Reine ^délais fa mère , pour des Reli- 
gieufes de l'Ordre Aq pLÏm Benoijl, Le Roi Loms XIII. 
permit à ces Religieufes de faire un échange de cette 
Maifon pour aller à RoyaLLieUy ou Koyaulieu , à un quart 
de lieue ôc fur le chemin de Paris a Compegne^ qui étoit 
un Prieuré de l'Ordre du J^aLdes-Ecoliers , qu'occupent 
maintenant l'Abbefle &: les Religieufes de l'Abbaye de 
1 faim Jean aux Bois, appellée maintenant Royal-Lieu , dont 
les Religieux ont été transférez dans celle de la Foreft. 

Abbayes de Filles de l' Ordre 

DE Cite AUX. 

AMOUR-DIEU. 

Amour-Dieu, ou l'Amour-Dieu, en Latin, Jmor^ 
Dei, Fille de Clatrvauxy fituée en Chamfagne Ics-Troifj 
ôc Chafiilloriy à la gauche de la rivière de Marne, 

A R G E N S O L E S. 

McûckBrc- Argenfoles,en Latin Jrgenfoliumy aut Jrgenfcliay'vei 
ArgmuA Cella^ Fille de CUir^aux y fituée en Champagne 

; OU elle a été fondée l'an 112,4. a une lieuë d'tfpemaj^ par 

£/iï;2c/;^d'^r/o;5,Comtefledc Champagne d^ dQ Brie ^ Rei- 
ne de Navarre y & mère de Saint Louis, Elle acheta en 

, 1120. le fonds de Raoul ^ Abbé de Haut Fillier, ôc y mie 

des Religieufes en 1111. qiîoique le principal titredc la 

I fondation ne foit datte que de Tan 1114. On voit catc 

! Prmccfle reprefentée derrière le chœur des Religieufes , 

quoiqu'elle n'y foit point enterrée. Elle leur donna 
beaucoup de Reliques, dont les châflfes font ornées 
d'inlcriptions Grecques. On y voit entre autie i^n perr 

oratoiiv: 



Mr LeTcrt it 

Villcrs. 



Me ic Besu- 
lira. 

Madamrdc't 
Wothc Hou» 
^aucotit 



Vkï EV KI.Z DE Filles. 

Château-Thierry. Ce font des Hofpitalieres. 

Saint Nicolas de Compiegne. C'eft l'Hôcel-Dicu de 

cette Ville. 

Eglise Collégiale. 

Nôtre-Dame des Vignes de Soiffons. Le Doyenné cft 

à la nomination du Roi. 

Eeee ij EVESCHE* 



4»09. 



DES Abbayes deFrance. 587 

''•"'^''^"'oraroire,quictoit apparemment celui de cette PrincclTe. ^^''''** f^^^*- 

Abbayes de Filles de l* Ordre 
DE Saint Augustin. 
LA BARRE. 
ur j. min de La Barre, en Latin, Barra, fituée au Fauxbour? de la 

Sa.iu Victor j_ n^-iZ/jt-' r 

î^arre ^z Cha/teau Thierry en Brie y fur la rivière de AJar- 
ne y ou elle a été fondée par Jeanne Reine de Navarre y 
Fondatrice du Collège de Navarre ï Pans. 

Beaulieu, on n*en trouve point de Mémoires. 

Abbaye de Filles de l*OrpRB 

DE Sainte Claire. 

Nogent I*Anaudi l'Abbefle efl: triennale. 

P R I E U K E Z d'H O m m E s. 

^' Saint Jean aux Bois, ci-devant Royaulieu , eft de l'Or- 
dre du f^alc^es-tcnliers *, comme on le peut voir ci-deflus, 
à l'article des Abbayes de filles de I Ordre de S. Benoifl: 

w i.ubendu Digny-Cejard, eft de l'Ordre de Saint Jugufiin. UAb- 
béd EJpernay prefente au Roi, qui confirme. 

Saint Maurice eft de l'Ordre de Sainr Jugujlin. 

Raies eft de l'Ordre de Grandmonr, 



00»- 



;3S 



Tirai 11 R.£j 



R E C U E I L 



GENERAL 



M Nicolas 

Charles de 
Sauxl Tavaa 
rcs. Abbé de 



EVÉCHL DE CHÂLONS 

SUR MARNE, 

CHALONS SUR Marne, en Latin C4f^/^«- 
nenfis , Ville de h féconde Belgique, & de l'Exarcat 
Monr^r.fnoift. des GauIcs , en Champagne , fur la A</arr2e y qui la fépare 
s. Au^iiL'en deux parties. Elle eft Epifcopaledès le quatrième fié- 
ion fcdeîirl ^^^ y ^oiJs la Métropole de Reims. Sa firuation efl: à dix 
u^hl^s] '^^"^'s <^e iîe/>«y, & a trente- fix de Pans. Cette Eglife re- 
Ordrc «c Ci. conHoîc DOLir fon premier Evéqiie Saint Menie ou ^l^em- 
m= Dioccfc, w/<" envoyé de /<owf. On dit que Ion fuccefleur faint Do- 
soibonnc .^ & ^^^^^« vivoit fous Conflamrn ; Ôc que S. Domitien fucceC- 
co'rat^c ^^"^ ^^ ^- Donatien ^n^ vivoit qu'en 57!. ce qu'il eft bien 
)^'-Tj^ ■ ^^ifficile d'accorder. S. Memie^ nommé par le vulgaire , 

Ur^and Vicai- i / 1 t i z' 

rcdcPonroife. MengQ , 2 Qû de cclebrcs fuccefTeurs, dont pluneurs font 

Il a crc nom- _^ r • « r^ 

méirEvcchc reconnus pour laints j 6c entre autres, Donarten , Domi- 
V.'jzélic]'^'^^^^'' ^e^domir, Alpin^ou Albin, ^EUt^e LeChapitrede 
cette Cathédrale dédiée à S. Ef/V^;;^, premier Martyr, 
cft compofé d'un Doyen, d'un Chantre, d'un Grand Ar- 
chidiacre, 5c de ceux d^Joinvillc ,d'^IIenay , Bc de Tenu , 
d'un Trefoiicr, d'un Sous-Chantre, ôc de trente Cha- 
noines > de huit demi Prébendes , de deux Vicaires perpé- 
tuels, & de foixantcChapelains. Les Canonicats valent 
(Too. hvres de rente , ôc le Doyenné iioo. Tous ces Bé- 
néfices font à la difpofition du Chapitre, à la refcrve des 
quatre Archidiaconez, ôc de la Treiorcrie, qui font a cel- 
le de l'Evcque. Le Dioccfe eft divifc en neuf Doyennez 
Ruraux, qui contiennent trois cens quatre Paroiffe/, ôc 
quatre-vingt-treize annexes. Il a le titre de Comte- Pai- 
xic , & c'cfl la cinquième des anciennes Pairies de France. 
L'Ev^qneefi; Seigneur de l'ancienne C/;f, parce qne Châ- 

lons 



Florins ^-^c 



î7ii 



DES Abbayes ©e Francs. 58^ 

xiTtti.xîR.Es. Jqj^5 ^roic autrefois un Comté particulier ,quc l'on a de- 
puis uni au Comté de Champagne , ôc qui a été enfin 
donné à l'Evcque, qui porte l'Anneau Royal au Sacre 
de nos Rois. Le portail, le jubé ôc l'autel ont été faits 
de la libéralité de M. le Cardinal de NoaiHes , Archevê- 
que de Paris , ôc pour lors Evêque dcChalonsJnr Marne. 
Sary eft la maifon de campagne des Evcques de cette 
Ville j elle n'en efl; qu'à une petite lieue. On y va le long 
des grandes prairies, plantées de trois allées d'arbres i 6c 
cette maifon efl moins confiderable par fcs bâtimens , 
que par la beauté des jardms & des canaux, qu'y a fait 
faire Feltx Ftalart ^ l'un des Evêques de cette Ville, mort 
en 1680. & qui contribua beaucoup à la réparation de, l'E- 
glife Cathédrale. ^ ir , . 

Abbayes d'Hommes di L* ordre 
D£ Saint Bînoist. 

A U R I O N. 

M.Tamiâcrs Auîïon, OU Huyrion , ou Saine Martin d'Huiron, en 
Latin, S inclus Maninus de Orione ^ j^eu Aurtone ^ ficuée à 
une iieuë de l^hry-le.François , bâtie en 107?. par RQger 
troifiéme du nom , Evêque de Chaulons , qui y mie des 
Prccrcs féculiers pour inftruire les habitans de la campa- 
gne Godtfroy auffi Evcque de Châlons ^y mit depuis un 
Abbéôc dQs Religieux de S.Benoifi, La Congrégation de 
S.^^?2«f5yamisla réforme , 6: cette Abbaye vaut à l'Ab- 
bé 5000. livres, ôc aux Religieux 3300. 

M I R E xM O N T. 

Mircmont, Miraumont , ou Moiremont, en Latin, 
Sdnélîis Caiocerius de Jlda'vomome ^Jeu de Miraumonte , auî 
Aîaurimonte ^ njel Mortmonte , fiméc^n Champagne, a une 
lieue ôc demie de Sainte Menehoidd. Elle raporte4ooc. 
liv. aux R.e!igicux,qui font delà Congrégation de Sain: 
Vannes^ &: à l'Abbé 7000. livres. 

Monftiers 



Florins Revc«^ 



. 3000' jijeoo. 



35Î- 



M. de MC^iri- 
n/. 



jooo. 



600 ;7Goo. 
) 



3P' 



Tii uLaI^as. 



M. \' Câr- 
nal Otr- 
boni , Italien 



à Recueil cENiitAt 

MONSTIER-EN-DER. 

Monftier-en-Der , ou Moucier-en-Der, ou Monti- 
dinai otr- ^ ^gj^jç^j- ^ qu Montier-cn-Der , de par corruption, Monti- 
rendé , en Latin Mon^jlerium Dervum, feu in Dervo, aut 
Dervenfcy fituéedans la Foreft de Deren Champagne y fur 
la petite rivière de yoyre , aux excrêmitez du Penhois & 
du l^dlUge i ôc fondée par faint Bercbaire , ou Bercairè , 
Abbé de Hautvilhersy au Diocefe de Reims, aidé des li- 
beralitez du Roy Childeric, Saint Bercaire qui mourut en 
^85. des blefTures que lui avoir faites un de fes Moines , 
qui étoit fon filleul , fonda en même temps un autre Mo- 
naftere pour des filles, à une lieuë & demie de là fur la 
même rivière , qui fut nommé pour cela Pneltare Monaf 
terium ^ vulgairement Pe«//e-^o»î/>r, mais qui ne fi.bfifte 
plus. Ce Saint fut le premier Abbé de Montirendèy de il 
laifla Hatitvillters à un autre, pour y venir refider- Adon- 
tirendé^ s*appelloit dans les premiers fîecles, Puteoles ou 
P«jy/?e5. Cette Abbaye/ituce à quatre lieues de Saint Df^ier 
efl; de la Congrégation de i'.K^^«we5,& la plus confidera- 
ble de la Province par fa Seigneurie fur vingt- une Pa- 
roiiïes, par le nombre des Cures, èc autres Bénéfices quii 
font à fa collation , ôc par fon revenu qui efl: de plus de 
21000. liv. pour l'Abbé, 6c de fept mille livres pour les 
Moines. L'on voit fur l'Autel de cette Abbaye les reli- 
ques de faint Berchaire^ dans une fort belle chafle : fon 
chef fe conferve dans un autre Reliquaire auTréfor. On 
montre dans le memeTrefor un autre Reliquaire d'envi- 
ron un pied & demy enquarré,qui fe termine en rond, 
plein de différentes Reliques. L'infcription qui eft au bas, 
nous apprend que le Saint en fitprefent àfonMonafl:ere. 
Il eft fermé de deux tablettes d'yvoire, beaucoup plus an- 
ciennes, fur lefquelles font reprefentez des anciens facri- 
fices. On voit fur la première un Autel , fur lequel il y 
a du feu devant un Pin chargé de pommes , ôc devant 

cet 



;ïlorin« 



-evenat 



^' DesAbbayesdeFrance. 55)1 

TiTtiM^ss. cet Autel, une femme tenant deux flambeaux ardens qu'- 
elle tâche d'éteindre au pied de l'Autel, ôc au-defliis de 
ces figures» on lie en ^ros catadteres anciens Nichomacorum. 
Sur 1 autre, on voitaum un Autel fur lequel il y a du 
feu devant un beau chêne, chargé de glands, ôc devant 
une grande femme , qui tient d'une main une aiguière , & 
de l'autre un petic vafe, dont elle femble tirer quelque 
f • chofe pour le mettre dans un autre vafe, qu'un enfant à 
côté d'elle lui prefence i & au-deflus de la tablette on lit 
Symmachorum, Les deux tablettes font fi curieufes , que j'ai 
crû que les Antiquaires me fçauroient très-bon gré d'en 
parler ici. Le Cloître & le Chapitre de l'Abbaye de Mon- 
tier-en-Der font très-beaux : à côté du Chapitre, il y a 
un petit lieu qu'on appelle la Chapelle des Morts, parce 
qu'on y lave , &: on y expofe les Religieux après leur 
mort. . • • ..... 

SAINT PIERRE^AUX-MONTS. 

M. l'Evêque Saint Pierre aux Monts , en Latin (anflus Perrus ad Mon- 

rfcVvatcrforr, i r r î • 1 

iriandois. tcs \ OU ne içait pas le temps de la rondation , quoique des 
Auteurs la mettent en looc. La tradition du pais veut que 
fiim Ademie ^ premier Evcque de ChaalonSy ait dédié à 
Jaint Pierre un temple des Payens qui ctoit en cet en- 
droit. On y établit enfuite des Chanoines : ôc Roger L 
Evcque de Chaaions, mit en leur place des Religieux 
de faint Btnoifî , ôc leur donna des biens confiderables. 
La Congrégation de famt l^arme^' y introduifit la ré- 
forme en I650 6c cette Abbaye vaut autant aux Moines 
qu'à l'Abbé Les Archives font très-belles, & en bon or- 
dre La Bibliothèque cft une des meilleures qu'on puiffe 
voir en Province: les Livres font en très-grand nombre, 
bien choifis , bien conditionnez, ôc rares , fans parler des 
Manuicnrs . , ... 

SAINT SAUVEUR DES VERTUS. 

Vaic:oi{rLt, Saine Sauveur des Vertus, en Latin ,/4«c^i<5 Sahatorde 

Vmutc 



FIotin^ 



<cvr 



300. 



too«» 



I>JO. 



leoo*. 



5^- 



Recueil général 



Miromcnil , 
<;han«ite de 



TiTHiAiRBs. i/'iYime^ qjel l^enufium, Aut P^jrtutes ^Ciîuéc dans le Bourg 
du mcme nom , à (îx lieues de Chaalons , du coté de TOc- 
cidenc, on en ignore la fondation j mais l'on fçai: que 
Félix de FiaUn, Eveque de Chaalons, touché de voir qu'- 
une Maifon qui avoir été la retraite de plufieurs Saints 
Religieux, fût toute ruinée, àc n'avoit pour tout Reli- 
gieux qu'un feul PereJ^rofo^^ que l'Abbé Commandataire 
y entretenoit pour célébrer 'la MefTe, y introduifit les 
Bcnediclins de la Congrégaîion de famil^annes y qui ont 
relevé les ruines; ôc y ont mis fix Religieux, qui font 
l'édilicationdu païs : ôc ils ont au plus autant que l'Abbé. 

SAINT URBAIN. 

M. Kecr.c Salut Urbain , znLmn y farMu s Z^rbanu s ^ Cituée à une 
lieue de la Ville de Joinisillcy dans le Perthois, cnCham 
pagne : elle a été fondée par Jrchamhaud, trente-troifiéme 
Evêque d,e Chaalons, vers le milieu du neuvième fiecle,- 
fous le titre de lafaime Trinité ^ qui fut changé depuis en 
celui defaintZ^rhain. Charles leChau've fît de grands biens 
à cette Abbave,ôc en efl reconnu pour Fondateur. Cette 
Abbaye efl: fort belle , bien &; folidement bâtie. L'Eglife 
eft allez jolie i la Bibliothèque fournie de bons Livres , 
mais il n'y a rien d'ancien. On voit dans le Trefor une 
grande ChafTe d'argent, qui renferme le Corp5 de faim 
"Urbain, L'Abbaye de faint Urbain vaut 4000. livres aux 
Religieux de la Congrégation àt faim Vannes, &;8ooo. 1. 
à l'Abbé. . , . . 

Abbayes d'H ommes de l' Ordre 

DE CiSTEAUX. 

LA CHARMOYE. 

Charmoye, où la Charmoye, en Latin, Charmeia , 
aut Carmeiay vel Carmejuy aiias fagetum , fille de VaucUîr . 
en Champagne : elle eft régulière ôc de la réforme, iU f 

tUwC 



Floriiiijrcvcn B 



joo. 



iyo«l 



îinrîxN'ocV 



lOOo. 



too». 



DES Abbayes de Frakce. 



5î?3 



TiratARss jvi^g àdcuz lieues d'E/J^^r;-?^' fur Aiary]e,à autant de Vertus ^ 
Ôc à trente "de Paris. Elle fuc fondée le deux des Nones 
de Juin l'an îiiîy. Le Monadere e(T: nflcz joli j 5i le Père 
Dooi /^.^/^/ PeXj'on^ un des plus Tçavans hommes ÔC des 
plus pieux de notre cems, a été un des derniers Titulaires 
de cette Abbaye, où Ton remarque quelques tombeaux 
des Seigneurs de Co;?/^4«.^ . . , . 

C H E M I N O N. 

M. le Comte Chemluon , en Latin , Cheminio , aut CelU-fanêliNicolai 
Gtlndv-cvàtde Chemimo y fille de l'Abbaye décrois Fontaines, qui n'en 
de Licge. çQ. ^^,^ ^^^.^ quarts de lieues, eft fituée en Champagne, 
entre Vit>y ôc Bar Je -Duc- Il y a la réforme *, 6c elle foc 
fondée le treize des Kalendes de Mars 1137- Toutes les 
chofes y font en fort bon ordre, Ôc il ya quelques Manu f- 
crirs aflezbons. Il paroifl: parles monumens de ee Mo- 
naftere qu'il y avoit autrefois foixante Religieux, & cent 
quarante Convers. .... ' ' '''-. 

HAUTE-FONTAINE. , 

Haute-Fontaine 5 en Latin, /4^/r«.<--Fo>3>;, fille de l'Abbaye 
de Trois Fontaines, fituée dans le Bourg du même nom , 
dans le Chalonnois en Champagne, fur la gnuche de la 
rivière de Marne , encre Saint -Di:^ier, dont elle eft éloi- 
gnéede trois lieuè's, ôc j^X^coun. Elle fut fondéei'an 113^: 
& ^^^tWé^Haute-Fontaine-i à caufe d'une Fontaine, qui 
coulant d'une montagne, fur laquelle cette Abbaye eft 
fituée, va fe rendre dans la Marne: cette Abbaye eft de 
la reformée, l'on voit dans l'EglifedeuxTombeaux des Sei- 
gneurs de [aime Liviere^^ les Moines ont autant de reve- 
nus que l'Abbé. . .... 

MONTIERS^EN'ARGONNE. 

M.iiCirji- Montier-en-Argonnc, ou Monftiers en Argonne , en 

•^AUcRchan, Latin , Â/onafierium in ^rpnnâ, (îIIq de l'Abbayederra/i- 

Tome H, F f f f Fontaines 



FI 'li'ns revenu 



ijo. 



5000; 



60. 



300 o. 



Autrr- 
tuis , 

^3i 



]C99, 



Titulaires. 

toutes Ces qua- 
lt:z& Ab- 
bayes, pcu- 
venr fc voir à 
l'article Je 
Scrasbour» ; 
car elles font 
c.î fop gr^iiid 
nombre pour 
contenir dans 
la co'o.inc de 
l'atticlc de 
Monticrs ca 
Arcronne. 



594 Recueil général 

foncaineSy ficnée en Champagne y à trois lieues àt feinte 
Alcuehoidd y 6c tondée le quatre des Kalendes de Juin 
1147. Cette Abbciye fut d'abord pofTedée par des C6^«')//3É'.v- 
Reguliers de la Congrégation 6! Âroés : peu de temps après 
fa fondation, elle fe donna à l'Ordre de dteaux. Il pa- 
roic par tous les lieux réguliers de cette Abbaye, qu'elle 
a été autrefois très-confiderable, tout y reffent la grande 
Maifon, & l'on y trouve encore quelques Manufcrics. 
Henry y Conite de Vaudemonty eft enterré dans l'Eglife 
de cette Abbaye, qui rapporte ^000. liv. aux Religieux, 
5c quinze mille livres à l'Abbé. • . « 

TR OIS-FONTAINES. 

v^i ï"'^* Trois-Fontaines , en Latin , Très Fontes , première fille 
Thiard de Jg l'Abbayc de Clairnjaux , fituée en Champagne ^ fur les 
nai, Prêtre du cottHUsdu Bavroîs ^ & a cinq iieucs 5c demie de BarJe-Duc, 
Quiriqucr& ^ fondée le 10. Octobre niS. d'autres difent eniiio. par 
r^Jtz^^lJé' Hugues, Comte de Comfitgne, Il y a voie auparavant des 
parle Pape Chanomcs Kéiuliers, qui avoienc reçu leur fond de TAb- 

Glcmcnt XI. <i> ni - r^ -11 /^i 

f-r la nomi- baye de fd'tnt Corneille de Compieine, Guillaume de Cham- 

nation du Roi ^ . • i • r • n f « ' : • r 

Louis xiy.peauXy qui avoit DQmJaint Bernard y ce qui cfoit Ion ami 
i7u.'El^êqae particulier^ defitant avoir des Religieux dans fon Diocefe, 

de Meaux, f^'^^t oas de Dcine de perfuader a ces Chanoines de leur 
depuis 1705» r r r . 

& auparavant abandonner la place. Les KhhQ7.àùfdint Pnrre de Chaalons, 
tcurdciaMai. dc CluTij ôc de faint CUude , par leurs liberalitez,augmen- 
d?soiboanc! tctent confidcrablcment le fond ; fi bien qu'en peu de 
ctrmfu/'Jes ^^^^^ l'Abbayc devint puifTante, ôc en état d'en fonder 
PrczàParis. plufieuTs autres qui font de fi filiation. Elle eft encore 
aujourd hui fleuriflante: ôc il y a un affez bon nombre de 
Manufcrits,la plupart font des Saints Percs,fur toutde 
faïnt Cyfrten y Jaint HiUire y fainî Jugufliny pitnt Léon tf 
fatnt Grégoire y il y a aufTi un ancien Pontifical , très- 
beau. Le revenu de cette Abbaye efl: de dix mille livres, 
tant pour TAbbc que pour les Moines. 

Abbayes 



Flor'ns 



Rcvcn." 



Si. 



ijoo* 



JOOO- 



ITirttiAitEc 



P 

M 

Çcry 



riEs Abbaves bË France. ^5 

Abbayes d'Hommes de lOrdrs 

PE Saint Augustin. 

CHASTRICES. 

M.dcCa.icf, Chaflrices, on Chatrices, en Latin , Noflni, Domina de 
Ro^^îi^' ^\ ^hatriciisy ^cl Beata Jkfa?ix de Caftrkis , firuée en Cham^ 
jjoo. iiv.de p^ffrie, à dix lieues de Chaulons fur Marne ^ fur la rivière 

pcnlion pour -^.^ .^ x . r i- - r r 1 

. de Saine CiAijney a cinq ou Iix lieues vers la lource, dans une 
folitudc. Les Chanoines Réguliers de la Congrégation 
de France l'ont réformée & rebâtie» 

SAINT ME MIE. 
M. ducanv Saiut Mciiiie, OU Memmie, ou Mange, en Latin, /rîw- 
deTarbJs!^"* ^"^^^ Mcmmius iH Jub urhio ^ ficuée dans un Fauxbourg de 
ChaalonSy doit ce qu'elle a de beau aux Chanoines Régu- 
liers de la Congrégation de France y qui jouiflent de trois 
mille cinq cens livres, ôc l'Abbé de dix mille livres. 

NOTRE-DAME DE VERTU. 

M.d'A«- Notre-Dame' de Vertu, en Latin, Beata Maria de 
oaobtciyti. f^irtu te ^ feu de Virento y fituée dans le Bourg du même 
nom, en Champagne , a fix lieues de Chaalons ^ du côté de 
l'Occident : elle eft toute ruinée, & fans Religieux II 
y a des Auteurs qui difent que cette Abbaye rapporte 
3000. livres. ♦ <, • • ♦ * 

TOUSSAINT S. 



Florin! 



Xeycjk; 




^"o'^^o7cn-io<J3' par Roger , fécond du nom, Evêque de Chaalons, 

SondcTr.". & a P"s fon nom de fa fituation. Il y a la réforme des 

pturiui. Chanoines Réguliers de la Congrégation de France ^ qui 

jouiffent de deux mille cinq cens livres, ôc l'Abbé de (ix 

mille livres de rente. . . • • • 

F fff ij Abbayes 



100 



4oeo#« 



ICQO«> 



30» 



1104.. 



io6 



tfOOOÎ 



fc?^ Recueil General 

Tir*i^i^=^^. AlBAYE d'H O M M E S DE L'OrdRE 

DE P R E M O N T R e'. 



LîfereCa- 
•clle.î 



M O N C E L. 

Mô^^ccI ou Moncecs, en Latin de Moncellis, fitiiéc Ci 
Champagne, aiîez près deC/;,f^/ow5 j on en ignore la fon- 
da rien , 6c l'on voie dans l'Eglife un tombeau élevé, qu'or 
croit être de Ton Fondateur : elle efl régulière.» 

Abbayes de Filles de l'O r d r e 

DE Saint Bbnoist. 

A N D E Z y. 

Andezy, ou Notre-Dame d'Andezy > c'écoit autrefois 
un Prieuré dépendant de l'/Jjbayc de Molème \ mais c'eit 
aujourd'hui une Abbaye fondée en 1131, par S/wo» de Bayei^. 
Seicrncur de Bayes, VAbbciTt ôc les Religicufes ont pré- 
tendu que cette Abbaye était de fondation Royale \ mai: 
par Arrcd contradidoircdu Parlement de Paris y du moi; 
'■ de Juin de l'an i^^j. les Seigneurs de Bayes en ont eu 

déclarez Fondateurs. Elle vaut plus de fix mille livres. 
Madame Je Lanchate, on n'en trouve point de Mémoires. 

Chaftcnay de * 

Sai»tVincent AbBAYES DE FiLLLES D E >'0 R D R E 



Madame de 
Dutfort de 
lorge. 



D E 



Cl T E A U X. 



î S A I N T - D I Z I E R. 

Madame Je ^ahit- Djzicr, ou Notre-Dame lès^Saints-Df^^er, en 

ch/mr' 'latin, S^nâtis^DefidenifS, fille de l'Abbaye de Chcaux, 

fituée fur la xMarne, près la' Ville de .Umt •Didier en 

Champa^^ne , aux confins du Barrois : elle fût fondée par les 

Comtesse Champagne y àc ék cft fous la direction de 

1 l'Abbé de Morimont. , . • • • • 

SAINT JACQUES-LEZ VITRY. 

M.a.i:cie 3^'^^ JacquCâ Icz-Vlcry , en Latin, Sanchs J-^coks de 

- J/titortaco 



onn: 



flCTKt. 



ion. 



403«. 



^•9*. 



301)9. 



CES Abbayes de France. 



59^ 



T#ru 



K. 



lAîEss. f^iâorUco , \tuVîc}riiicefiJis , fille de l'Abbaye dtCldir<vaux, 
Ctuée près la Ville de Vhry le François y 6: fondée par' 

ThihAud le Grand y Comrc de Cham^a^ne* 

P1.IEURBZ d'H o m mes. 

Epineufe-Val,efl: de l'Ordre de faint Augiiftin, Se de 
Conf^rcf^ation du Val des Ecoliers. 
Le PereD:u. ^ç^ Hcrmltes fous Vafly , eft auffi du Val des Ecoliers. 

EGLISE COLLEGI A LE. 

I 

Notre-Dame deVitry le François. Ce Chapitre efl: com- : 
pofédesDoyen 3 Treforier , Chantre, fous-Chantre, de 
de quinze Chanoines, dont quatorze font à la nomination 
du Roy, ôc le quinzième a celle du Chapitre de la Cathe-' 
dralc de Chaalons, Le revenu des dignitez eft d'environ 
500. liv. ôc celui des Cauonicats, d'environ 400. liv. 



Floiins. Rcfcn» 



poo. 




EVESCHE 



.Tmtuxaims 




Florins 



ltv«] 



M. L'Abbtiîe 
1j Taire, 



EVECHE DE LAON. 



LA ON, en Latin, Laudmenjis , Ville de la haute 
Picardie y à fix lieues de SoiJJons ^ du côté du Nord, 
encre cette Ville, Reims ScNoyor?, ôci trente de P^m, au 
Gouvernement de l'IfledeFr^wff, entre les rivières d'0//i? 
Ôc d'JifnCy à quatorze lieues au-deffus de leur confiant. 
L'Eglife de ce lieu n etoic autrefois qu'une Paroifle du 
Diocefede Reims y jufqu*d ce qu*en ^ç^j.fdim Remy l'én- 
gea en Evêché en Eiveur d'un de ks neveux, nommé 
Jai^t Guenehdiid y qui fut fait le premier Evêque, vers l'an 
515. ôc gouverna Ion Eglife pendant cinquante ans ou en- 
viron. Saint GxgnoH , le cinquième des Evêques de Ldon y 
fut élu vers l'an cto. de mourut vers l'an 6^6. L'on pré- 
tend que ce fut H igues Capety qui fit Duc ôc Pair de France 
Adalberony Evcque de cette Ville, pour lui avoir livre 
Charles Duc de Lorraine y dernier Prince de la race des 
Carlovingiem \ quoiqu'il en foit, l'Evcché efl: fulFragant 
de Reims , ôc fon Evêque eft Duc & Pair de France , 
bc au Sacre de nos Rois porte la Jainte Jmfoule. 

Il y quatre Chapitres dans la Ville, l'un de la Cathé- 
drale, dédiée à Notre-Dame ^ edcompofé de cinq digni> 
tez ; qui font le Doyenné, le Grand Archidiaconé , l'Ar- 
chidiaconé de Thierache, la Chantreric, & la Treforcrie, 
& de quacre-vnigt-quacre Prébendes, dont le revenu eft 
d'environ coo liv. ôc de cinquante Chapelles, de cent 
livres chacune. L'étendue du Diocefe de Laony dans le- 
quel on compte vingt quatre Abbayes , eft de quinze lieues 
en longueur , & de dix en largeur ; il comprend , outre 
les Abbayes, quatre cens feize ParoiUes. L'Eglife Cathé- 
drale efl: magnifique, foie cLiire, ôc fort dégagée dans 
Ton dcilein, avec de très - beaux clochwis. Elle pofredel 

entre 



4or 



DES Abbayes de France. 5^^ 
tiruiAiMî, Q^^^Yc autres Reliques un morceau de la vraye Croix, & fio, 
un voile de la iainte Vierge. Le revenu de rEvcchc de 
Laoriy n'croicpas autrefois de onze mille livres i mais d( 
puis que l'on y a uni la Manfe Abbatiale i^ fâint M art : , 
il ed d'environ trente-cinq mille livres. 

AlBAYES d' Ho M MES DE L'O R D R E 

DE Sain t B eko I st. 
SAINT JEAN DE LAON. 

«îbrieUcPc! Saint Jean de Laon, en Latin, SanÛus Joannes Lauh^ 
îid , de uvis j^^yj/j. fm» fondée au feptiénie (îecle en 64.0. vnr faintt 
dyius, Doc- Salaber^e y veuve \ & elle en rue Abbefle, pendant qu'- 
lo%ki^uF^. ^niion ctoit hveque de Laon» oamte Aujiradey Vierge,! 
S;'^^;^r'fi fille, f\jc Abbeffe après elle, l'an (^54. Cette Abbaye] 
i'Auxeirc, ^^j avoit fept Eglifes , ôc qui contenoit plus de trois cens j 
Religieufes, fûc donnée dans la fuite à des Moines Be- 
nedtdins l'an lu^. après que par les (oinsdQ fawi Bernard^ 
ôc par l'autorité du Concile de Trujes^ de Tan 1128. on 
en eût ôté les Religieufes, qui avoient perdu l'efprit de 
leur Règle. Il y a des Auteurs qui dilenc , qu'il y eût 
d'abord une Communauté de filles àc d'hommes, mais 
qu'il n'y a plus que cette dernière qui fubfiftc. , j^cc 

SAINT MICHEL EN THIERACHE. 

Seîîd?Rl^^ Saine Michel en Thierache, ou faint Michel de Thie- 
chechoiiart, rache , en Latin Unùîus Mithad in TherfJcia^ "vel fanfiu^ 
S'iboaiic.an- Aîîchaél de la.ra.jca y lifuee dans le Bourg du même nom , 
4'A°rVs7rb en PicarJie, fur lOife, à trois lieues de la Cape lie ^ vers 
PicCdc l'Oricuc d'hyver : elle fut fondée l'an 11(^5,. par Petronille 
de Fiance. ^^ I{ouà ^ vcuvedc /^^ow/ , Comte de la l^ietrctlle, au-de/fiis 

de Hfrfony à deux lieues A' J'^^.benton ^ prcs la Champagne, I 500 
SAINT NICOLAS-AUX-BOIS. 
M.jcsMarêtj Saiuc Nicolas-aux-I^ois, en Latin , Jan^us Nico/aus i: 

BofcOf (ilih de iialtH ^ fituée encre U terre ôc Laon^ en L 

Forêt 



i^cvc». 



fOO«» 



jcco. 



600 Recueil General ^ i 

TimAiMs. poj^çfUe Cof^cjyà deux lieues de Crep en Laomois.' ^ll'''' -f^'J^'^ 

SAINT NICOLAS. 

u, JcBsriny. SaintNicoIas des Prez^ ou Saine Nicolas deRibemont, 
en Latin , Sancl'as N:coUhs de Prath, alias de Ribodi monte, 
/icuée àlaporcedu Bourgde/î/if?wo«renP/c^ri/>, près de 
• . Ja rivière d'0:je, entre la F ère 6c Guife, à quatre lieues de 
Crecy Çux Serre, & à pareille diftancede Samt ê^uentin.àw- 
cotéiQ l'Orient, dans des marais. Cette A bbayèlî été fon- 
dée Tan 1083. ^^^ ^-f^'J(^i^'^e Comte de B^bemont^zn nom de 



N. 



la Sainte Fierté , & de 5. Nicolas. Philiùtel, Roi 



ae r'V^«- 



c^, confirma fa fondation. Lqs guerres lavoient fore en-' 
dommagcc^mais les Religieux de k Congrégation de SJ\ 
Mdur^y ayant mis la réfoime, lontfait réparer', en forte 
qu'elle eft aujourd'hui en foitbonécat. 



N O S T R E^D A M E. 

Nôtre-Dame de Nogent, ou Nogenc fous Coucy , en 
Latin, Noftra Domina de N agent , njei Sancîd AdariA de Nû- 
^en:o , au: Bec: l-î Maria de Nojeaîo y jeu NogentHm^ fi tuée en 
Picardie fur la petite rivière de Delerre^à quatre licuès|de 
Laoyiy ôc à pareille diftance de SoiJJons , & à deux lieues 
&:^ demie de l'Abbaye de Prémonné. Elle a été appelles 
Nogent [vus Coucj, àcaufe qu'elle eftau-deflbus du Bourg 
de ce nom, qui n*en efl: qu'à demie lieucf vers le Midi. 

L'on rient que c'étoit anciennement un Temple de 
Drutdi's , dédié a la Fierge^ qui devoit enfanter, Virgini 
^Aritura-f Ôc comme ce lieu devint célèbre par les miracles 
que Dieu y operoit, on le donna à d^s Religieux pour le 
dcffervir -, ^ des l'an !io4. Saint Godcfoy qui fut [ait Evo- 
que d'Amiens t en ctoit le neuvième Abbé. Les Sires de 
Cour.-; Ont leurs tombeaux dans l'Ealife de cette Abbaye , 
OU I. y en a beaucoup d enterrez. 



8000, 



€i. 



r :. ':;t 



7000. 



TlTUlAlREJ. 



DES Abbayes DE France. 
SAINT VINCENT. 



^foi 



Le Comte de Saint Viiiccnt de Laon, en Latin, San^us Vincentius 
Laudtinenjîs ,Gtuéc près de la Ville de Laon, Lon rappor- 
te fa fondation à Brunehaut ^ femme de Sigeherty Roi 
d'Juflra/ie, Ily a la réforme, ^nfclme Abbé de S. Vincent 
de Laon , fut créé premier Evêque de Tournay en 1148. 

Abbayes d' Hommes de l' Ordre 

DE Citeaux. 

B O H E R I E S. 

Boheries, ouBohars, en Latin, Sanêla MarU de Boc- 
riis yjeu de Bocheriis , amea ffinetum y Boherium ^fea Boheria, 
Fille de l'Abbaye de Foignj , fituée en Picardie , fur la ri- 
vière d'O/'/e 3 une lieuë au-deflus de Guife. Elle a été fon- 
dée le 3. des Kalendes de Septembre (141. en Thierache, 
commencée au territoire de Maquignj , puis transférée 
où elle eft près de Guife, Cette Abbaye ayant été fort en- 
dommagée pendant les guerres, que le Traité de Rif- 
W/'c/^ a terminées , parce qu'elle étoit expofée aux cour(es 
de lagarnifon de Camhraj ,â été rebâtie parles foins des 
Religieux qui la poffedent. 

D^aetnr' SAINT ETIENNE. 

Théologie ,sc . 

Evèqued'Ar- Saint Etienne dcs Cornes, ou de Cornu, en Latm, 

ras depuis iCpr/r/ i ^ ^ , ■ J ' 

hAoQ{ti7ii,ôanc[usôtcphanusdeCarnii. On n en trouve point de me- 

II avoir été • _ 

nomméCoaH- ^^^^^^' • • » » . . 

jutcur le n. 

Décembre F O I G N Y. 

M.icCardi- Foigny,ouFugny, ou Foiny,( mal-nommée Faucigny, 

naideRohan. ^^^^ |^ Fouillé d^ France de rédiciondeKJyi. ) en Latin , 

de Fiifliniaco ^auc Fufneto y vel Fufhiacum ^ViWq de l'Abbaye 

de CUirvauxy fituée en Picardie ^ dans le Thierachc ^ fur la 

rivière d'aube ^ à deux lieues de Fcr^uins , dans une vallée 

Tome IL ^ggg entourcc 



Florins 



Rcveru 



«ooo, 



IJOOO. 



80. 



^000, 



67. 



JOOO, 



(Toi 



Tirtti.Ai».Es. 



Recueil General 



Le Pcre de 
'cuis. 



L- Prrc Di 



CLAIRE-FONTAINE. 

Claire-Fontaine étoic autrefois du Diocefe de Laon \ 
mais cette Abbaye efl: maintenant du Diocefe àcSoijJons, 
comme on le peut voir dans l'article des Abbayes de ce 
C>iocefe. . 

C U I S S Y. 

CuifTy, en Latin, de Cuffiaco,feu Cuffiacenfsy fituée a 
trojs lieues de /.rfo«, versle Sud; ôc fondée par un dQk^\ 
Evcques J an 1117. Elle ed réformée , régulière, &; la croi- 
fiéme Fille de l'Ordre. . ... 

Saint 



300. 



entourée de bois du cote de TOrienc. Cette Abbaye fut 
fondée par Barthélémy Evéque de Laon, qui la donna à 
Saint Ecrmrd l'an im. ..... 

VAU C LA I R. 

Dom p.rvii- ^ Vauclair , OU Vaucler, en Latin, F^/fe CUra, Fille de 
1 AbbayedeC/^/>'T;4//x,fituéeà trois lieues de Laorj yVtts 
le Couchant d'Hyver ; & fondée le 10. des Kalendes de 
Janvier 1134. P^r Barthélémy E vêque de Ldon \ d'autres di- 
fenr par un Comte de iîo/^c)/. L'obfervancey eft régulière 
^ fort étroite. ..... 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre 
dePremontre'. 

BUCILLY. 

LePcrcFran- Bucilly, en Latin, Bucilium. fituée dans le Thierache , 
lur la rivière d Aubenton , a deux lieues de la Ville de ce 
nom, vers le Couchant d'Eté, & à quarante-deux lieues 
de Paris. Elle a été poflTedée autrefois, félon quelques 
Auteurs, par des Filles de l'Ordre du FaUes^Ecolicrs. 
Elle a eu pour Fondateurs Elien ComzQ de Vcrmandois ^ 
ôc Gertrude fa femme. Cette Abbaye eft réformée & en 

Aw^ic. ...... 



Florins 



tfoo.! 



R.eTci, 



tiooo. 



8oooj 



I rooo. 



7jo. 



Sooo. 



TiraïAiMt» 



DÈS Abbayes DE Fp. ance. 
SAINT MARTIN. 



60^ I 



tiorî 



;cYc», 



rcroutner en 
règle 



M. de Saint Saint Martin de Laon , en Latin , Smflus Maninuî Ldu- 

Albin , Arche- . ^ ^-^'nl !-»•■ if'y^l « \\ C 

vèque de dHnenjis, C elt la première Paine de 1 Ordre, oc elle rue 
Le Pe^rcThar- fondée Tan 1124. On afTure que lebrasde S Laurent Mar- 
dcTa^sluT ^y^i y ^^ tout entier. Cette Abbaye a été poffedée en Com- 
er.efticcoad- mandc par feu M. de Clcmiont Evêque de Laon \ mais on 
qu'elle doit Uu dcHua quclqucs années avant la mort un Coadjuteur 
Régulier 3 en forte qu'elle eften régie. M. de Sarra ydlhin 
Evéque de Laon, ôc depuis Archevêque de Cambray , efi; 
Abbé de S. Martin de Laon , pendant fa vie feulement*, 
car après fa mort cette Abbaye doit retourner en règle ', 
Se le Père Charles- Antoine dcU Salle ^ Prieur de ladite Ab- 
baye, qui avoit été nommé à la Coadjutorerie par Loiiis 
XIV. en eft toujours Condjureur. 

P R E'M O N T R E\ 

H^fnoïïu- Prémontré , en Latin ,^^«t7«5 JoAnnes-Ba^tijut Pr^mon^ 
cisAtKUyn, flraten/is . feu Prcumonftratum . fituée à quatre lieues de 

Abbé & CheP a y ■ ^ r 1- J 1t- n 

General de cet oo/7/(3«5, a trois QQ Laon :, èc unelieuc avant dans la Forelt 
de Coucy , dans un vallon qui adonné le nom à l'Abbaye. 
Ce lieu étoit fort defert au commencement du douzième 
fiecle. Il nes'y trouvoitquequelques reftesd'une chapelle 
abandonnée par les Religieux de Se Vincent de Laon, qui 
étoient les maîtres du fond. Saint Norbert y Jllemand, 
choifitcelieu pour en faire le centre des Maifons de fon 
Ordre par les liberalitez de l'Evéque Barthclemj ^ qui] 
s'en accommoda Tan nio, d'autres difent en 1115?. en fa 
faveur avec l'Abbé & les Moines de Saint Vincent. Saine | 
Norbert ^y3.m été fait Archevêque de Jl^ao^debour^Qu ^^lle- < 
wî^^e;we, fit établir en fa place fon Difciplc LIi^p es , Abbé de' 
Prémontré, & Supérieur General de l'Ord>e. Cette Ab-, 
baye eft de très -difficile accès, à caufe des mauvais che- 
mins entre des étangs , ôc on ne la peut voir qu'on ne foit 
à la porte. Elle occupe toute la profondeur du vallon, par- 

Gggg ij ce 



Ordre. 



1500 



.ÎOCO. 



60^ Recueil General 

TiruLAïuBs, cequ'elleefl fort grande & fore vafte, avec cous les loge- 
mens convenables à une Abbaye chef d'Ordre. On y voie 
voie une grande cour de bâcimens de pierres de taille, 
deftinez pour les Religieux des Nations étrangères, qui 
viennent aux Chapitres généraux, que 1 on y tient, avec 
des inlcriptions qui marquent les noms de celles qui les 
doivent occuper. La Bibhothequeeft grande & très bien 
fournie délivres. Entre les faintes Reliques que Ton ho- 
nore dans cette Abbaye , il y a de la F^raye Croix ^ ôc du 
crâne de Saint Jîiguflm. L'habit des Religieux Prewo«/re!^ 
efl- une robe blanche, avec un furpelis fous un manteau 
blanc. Leur Infticut fut confirmé par le Pape Calixie I L 
qui leur donne le titre de Libres Chanoines E^eguliers, Leur 
Abbé, félon leur Règle , ne pouvoit porter ni mitre ni 
gands. Tous les Abbez qui font de cet Ordre , ou leurs 
Députez, font obligez de s'aflembler dans les tems mar- 
quez à Prémontré ^pour conférer de leurs affaires. Si quel- 
qu'un refufe d'y venir , les autres peuvent lui impofer une 
pénitence , dont le Pape feul peut le relever. Tout le 
monde convient quefaintNorifrfeft le Fondateur de cet- 
ce Abbaye *> mais on ne convient pas de celui qui donna 
le fond fur lequel elle efl: bâtie. Une Charte en attribue 
la donation â Barrheler/iy Evéque de Laon i mais faint Ber- 
nardafllire que c'efl: lui , dans une Lettre qu'il écrit à /-/«- 
gués. Lochs Pr<emonJ}rati in quo degitts, nofterfun, <SP nofiro 
munere hakuiftis. Cette Abbaye eft régulière , élediive Se 
Chef de l'Ordre de Prémontré, Se dépend immédiate- 
ment du Saint Siège. . . ► . 

TENAILLES. 

Thenailles, en Latin, Thenalia , aut Thenolia , feu The^ 
noliurn y fituéedans le Bourg du même nom, en Vicardie, 
dans le Thierache , près de la petite ville de l^ervins^ fut 
fondée l'an 1115?. par Baribclemji de J^ir ^ autrefois de Rpu. 
cj ^ Evcquc de Laon, * » . ► • 

Abbaye 



Florins Rc rea. 



MJ o 



4JO00. 



}oo. 



Des Abbàyesde France. ^05 

Tir»LAii.is. 

Abbjlyes de Filles de l* Ordre 

DE SaiktBenoist. 

LA F E R T E'. 

Me de Royc La Ferté-fur-Oyfe , en Latin , Firmitas fuper Jijtam, vel 
B^oucy-iaRo- jCiram. On n'en trouve point de mémoires» 

cheioucaul:. J 1 

O R I G N Y. 

Me de Gril. Ofigny , cn Latin , Origniacum^ 'velJuriniacumad Oefiam. 
letBiffic, & fituée dansle Bour^du même nom, en Thterache . dans la 

MedeKohac- t rv J 1 • 11 1 n / n 

soubifccoad- Haute-Ptcardie, au-dellousdela Ville de Kibemont y a trois 
^" " " lieues de S tint ^u}ntin. au Levant d Hy ver , fur la rivière 
d'Ojfe. Elle a été fondée avant Tan 800. pour des Moines, 
aufquels ont fuccedé des Religieufes dès le tems de 
Charles le Chauve, Il y a en cette Abbaye grande dévo- 
tion aux Reliquesde (sàniQBenoifle Vierge, noble Dame 
Romaine, qui verfa fon fang en ce lieu-là , pour la dé- 
fenfe de la foi Chrétienne. Le Chapitre compofé de 
douze chanoines, qui font à la nomination deTAbbeffe 
& de la Communauté , eft pour le fervice de l'Autel. 

Abbayes de Filles de L'O r d r e 

DE CiTEAUX. 

MONTREUIL. 



Me Hcrtault 
ic Bcaufort 



MontreûiLles-Dames, ou la Sainte Face, en Latin, 
Monaflerioliirriy & par corruption, Adonaflerolium , Fille 
de l'Abbaye de Clairvaux 5 6c fondée en ii3(;. à deux lieues 
à'Auefnes y & une de la Chapelle , fur les confins du Thjc 
rache d>C du Hainault ^ par B^rtheleniy'^.vcçmQdç, Laon ^ ^ 
depuis transférée au bas Ôc près de la Ville de Lacrj ^ en 
uneLeproferie de S. La':^are, L'on y conferve avec beau- 
coup de pieté & une grande dévotion , le voile de Tain- 
te l'^crontque y où s'imprima la fainte face du Sawveur ^ 

qu'elle 



FiorinJât^cyea 



ItGOO, 



(Çoc Recueil gknbral j 

TiTùiAiREs qu'elle lui prefenca pour l'efTuyerjlorfqu'il portoit la croix îionn 
au Calvaire , ôc que le Pape Urhain IV. auparavant ap-, 
pelle 7îc^«^5 Pantalcon^nîiniàt la VilledeTro^'d'ien Charnel 
pagne ^ôc Archidiacre de L^ow, envoya à fa fœur Abbefle ; 
de cette Maifon , comme fa Lettre en fait foi , en date du 
3. Juillet 1149. L'original de cette fainte Face fut appor- 
té , feloH' la tradition , d^Jerufalem à Rome , oii il eft en- 
core. Celle-ci n'en efl: qu'une copie. Au haut de cette 
image il y a des deux cotez ces Lettres î C XC qui figni-^ 
dent Je [us-Chrtft, Au bas du cadre , dans lequel elle eft 
enchaffée, on voit une infcription, qui dans ces derniers 
cems a donné de l'exercice aux Sçavans. Le Père Ma- 
hillon l'a rapportée dans un de ks Ouvrages, ôc a avoué 



revctiM 



avec 



la fin 



cerire 



qu; 



lui 



n 



lU 



ctûit il naturelle , que its carac 



teres lui en croient inconnus. Il croyoit cependant y voir 
le mot Jbraf^x , dont les Bafilidiens fe fer voient fur les Ta- 
lifïfuns ^QuÇuïl^sPhiLêleres. Un Ecrivain fameux par fa 
vafle érudition, ôc par la nouveauté & le brillant de fes 
Syftémes, ayant examiné cette infcripcion en 1707- crut 
que c'étoit un vers ppondaïque Grecs èc dix ans après un 
'vers Grec hexamètre. Un Carme Déchaufle, appelle le 
Père Honoré de Sainte Marie, donna, une DifFertation fur 
la fainte Face, dsLns le fécond tome de fes Réflexions, 
furies Règles de la Critique; & prétendit que cette inf- 
criptionécoit^c/^'c-'owf , &c non pas Grecque. Il appuya fon 
feniiment de l'autorité de pludeurs Adofcovites de confi- 
deration , qu'il avoit confultez , mais leur autorité ne fut 
pas fufnfante. L'on eut pour ce Religieux toute la hau- 
teur, qu'infpirent ordinairement le grand fçavoir \ 5c cer- 
taines profeffions. On le traita de Critique importun, à 
qui les Mofcovnes en avoient fait accroire , £c comme un 
boa homme que ces étrangers croient convenus de du- 
per. Nous ferions peut-être encore dans Tinccnitude, 
fi le C^ar ne fut venu à Par^s. Le Père Flonoré de fainte 
AJarie , pria M. le Maréchal de TeJJé , d'obtenir du 

Prince 



DES Abbayes deFrance- ^oj 
TiTatAiREs. Prince Kourakin ydc donner un coup d'œil fur l'Image de 
h/aime Face, &: qu'il voulue bien examiner fi les carac 
teres qui font aU'deffous de ladite Image étoient ScUvons ^ 
èc ce qu'ils fignifioient. Ce Prince qui fçait le François 
auffi parfaitement que fa langue naturelle , répondit par 
écrit qu'ils fignifioient le portrait du Sauveur on du Seigneur , 
imprimé fur le mouchoir , bandeau oh couvre-chef de ta F'ero- 
«/^«c. Cette explication eft entièrement conforme à celle 
que les autres Alofcovites avoient donné au Père Honore, 
^ à qui un Religieux de S. Bafde , qui fervoit d'Aumônier 
aux Princes Narifquins , pendant qu'ils étoient à Paris , 
avoic déjà dit , qu'il y avoic dans l'infcription Obrax 
gospodennaoubroHs y termes qui fignifioient, Imago Domi- 
ni m linteo. Ces témoignages oncdilîîpé les ténèbres que 
Tart d'imaginer avec facilité ôc l'érudition avoient ré- 
pandues fur certe infcriptionj &: l'on ne peut plus rai- 
fonnablemenc douter, qu'elle ne foie Sclavone, J'ai crû 
que ce petit trait d'Hiftoire feroit plaifir aux Ledeurs de 
l'article de l'Abbaye de Montreiiil-les-Dames. . 

S A U V O I R. 

Me de Saune Sauvoir fous Laon, en Latin, Salvamentum , feu Salva- 
iorium, Fille de l'Abbaye de Foigny, Elle a été premiè- 
rement fondée le 2.5. Novembre l'an 1139. i^m Jnjelme 
Êvêqae deZ.^o«, au lieu de Bricom ou Brjcomville , appel- 
lé Sauvoir par cet Eveque , dotée enfuite par la Dame 
Agathe de Chery , femme d'Hervic, Seigneur de BuT^ncy j 
^ enfin à caufe de la mauvaife fituation du lieu, trans- 
férée dans un autre appelle la liamée ^ près de Laon, où 
elle a toujours retenu le nom de Sauvoir. Les Abbeffe 
^ Religieufes de cette Maifon l'avoient acquis de Soi- 
hert Citoyen de Z.^0/3, du confentement de G^rnier Evo- 
que , du Chapitre de Saint Pierre au marché de Laon^ 
•*- ^ du Curé de î^anx ^ dans la Paroiffe duquel cft cette 
Abbaye. . ... . . 

P Jll E u R E Z 



Florins Rcvcn. 



20000, 



ôcoo. 



M. Lcfcoc 
en i7i> 



cot Recueil général 

PRIEUREZ d'H O m m E s. 

Saint Gobert, eftde l'Ordre de Saine Benoifl, 



mmJSc ce'' 5^inc Nicolas de Cordelas , ou aux Hirondelles, efl 
l'cu. de l'Ordre de S. Juguflin du VaLdes^Ecoliers, 

Viay ou Biay , efi: de l'Ordre de Grmdmont. 




Florins {Rc /en. 



EVESCHE' 



Des Abbayes de France. 



riTULAlRl'. 



^op I 



M. Françoi-î 
Firinin Tm- 
lai ic , Do'> 



EVêcHE DE SENLI& 

SE N L I S , en Latin , Silva>7eélen/is , petite Ville de la 
féconde Belgique ^ èc de l'Exarcat des Gaules , dans 
aJc^deTrFl"- i'^^1^ ^^ Fr^.*?r^, Capitale du V^aloiSy fur la rivière de A^i;;^- 
;u;cé lie pa- nette A deux lieues fur la s^iuche de celle de tOize, a dix 
rhcui!ey,o (Je Paris 5 à deux de Chantilly ^ à huit de Compiegne y &: à 
:)ioc!deLan-neuf de Beauvais ^ dans un lieu fort agréable. Grégoire de 
''"• 7"o«r5 dit qu'elle cft fort anciennes car Régulas ou Saint 

}{feule qui vint dans les Gaules avQc Saint Denis y fut le 
premier E veque de Se/ilis , vers le milieu du troifiéme fie- 
cle. On n'a pas^e mémoires affez fûrs pour déterminer 
ici le nombre des fuccefleursde ce faint Evêque, jufqu'à 
M. Trudaine, qui occupe aujourd'hui ce fiege Epifcopal. 
Parmi cqs Evcques il y en a trois qui fe font rendus re- 
commandablesparleursdignitez 1^r/^i'ouiyry'7o»,qui fut 
Chancelier de fr^'^^ce tn lopo. fous le règne de Philippel. 
Gucrin natif de Pont-Saintc-Maixance, & Chevalier de 
l'Ordre de Saint Je^in de JeniJ'alem , fut aufïî Chancelier de 
Fr^Aîc-f", fous le règne de Philippe Jugi/fie. Les Hiftoiresde 
fon fieclelui donnent la principale gloire de la journée de 
Boiroines ^ où il rangea l'armce du Roi en bataille, en 
qualité de Lieutenant General j mais étant alors nommé 
à l'Evêché de Senlis y il fe retira dans l'Oratoire du Roi , 
où il fut en prières pendant tout le tems du combat. Il 
futrevctu de la dignité de Chancelier jufqu'au règne de 
S. Louis. Enfin le troincmc des Evéques de SerAis , qui 
a fait honneur à fon Eglife, 6c a la Frj.ncf , ed le Cardi 
nal de la P^ochcfoucault y Grand Aumônier Aq France y à: 
chef des Confeils du Roi Leiiis XIII. Saint Framhourd 
Solitaire au Maine y a été mis au rang des Patrons de 
la Ville de Senlts y depuis que fon corps y (uz transporté. 
TsmelL Hhhh Cn 



floiin I e^etîfls 



^10 Recueil général ^ 

Titu.MMs Q^l^ garde dans l'Eglife Collégiale de fon nom. L'E- f^'^"" 
vcché de Senlts , fous la Métropole de Reims ^ n'a que 
foixance 6c dix -fepcParoifles, quarante-quatre Chapelles, 
trois Abbayes , neuf Prieurez, 6c dix-neuf Maladeries, 
dans fepc lieues de longueur. S. Rieule fonda l'Eglife Ca- 
thédrale en l'honneur de Nôtre-Dame. Le clocher decette 
Eglife eftundes plus hauts de Fr^wcf , ôi furpalle en hau« 
teur toutes les plus hautes montagnes du pays, on le voit 
de fept à huit lieues de loin. Le portail qui eft i l'aille 
droite de cette Eglife eft eftimé des curieux, à caufed'un 
grand nombre de figures dont il eft orné depuis le haut 
juf^jLi'en bas, qui font un alTez bel afped dans la place. 
Le Chapitre de la Cathédrale eft compofé de trois digni- 
tez,de Doyen , Chantre, de Archidiacre, de vingt-qua- 
tre Canonicats,defijcdemiPrébendes, ôC'ëedeux Grands 
Chapelains. Le Chapitre a le Privilège de Garde -Gar- 
dienne Se dtCommittimiis ^2ir Lettres Patentes du mois de 
Janvier de l'an 1550 . régiftrées au Parlement le lo. de Mai 
i5($"o. Mont-l'E'vèque eft la maifon de plaifance des Evê- 
ques de Senlis, C'eft un petit Château afifez joli , qui a vue 



(Icvca 



fu 



r trois grands étangs. 



Abbaye d'Hom. de l'Ordre de Citeàux. 

C H A S L 1 S. 

M. le com- Chaflis , ou Charlis , ou Chaalis , ou Charly , ou Chai- 
re CJer-,. _, ., . . ^ , . n V, ;. , 



te 
mer. 



ir. Prince lis, OU Chailly , en Latin, Caroli-Locus ^feu Carli-Locus ^ 
^n%loill^c\^^^ Karoli-locus ^ fituée dans le Bourg du mcme nom, en 
blycs.^îî fl l'ifls de France, à deux lieues de Sentis, entre Louvre en 
lîon uv de Parifis ôc Nanttiiil, dC à neuf de Paris, Elle eft de la fi- 

pcnfîon fur •' ' r r i / t • • / 

l'Abbiyc de jiation de Pomigny , ôc fut fondée en u^C» par Louis le 

M j'Abbrdc Gros, dans un terrain donne par Guillaume de Senlis, Sei- 

■'^"'^* ^neur de Chant flly, &cG rand Bouteiller de Fr4wc<r. Louis 

le Jeune j confirma en I138. tout ce que Louis le Gros fon 

perc avoit fait pour cette Abbaye, qui eft bien bâtie. 

L'Abbaye de Chklis doit donner tous les ans au Chapitre 

de 



1157 



loooo. 



1 



1(6. 



M, de Fou 
tille. 



8Î. 



Wc JcRouicl 
Cra,iccy. 



Le Parc aux Dames, ou Parc, ou Parc- Bouille, en 

H h h h ij Lacin 



i;ooo. 



Dis Abbayis de France. (;n . , 

rmiAiw ^çs piç^^^ ^ç Gerheroy, fept cens onze mines de Bled, pin- ' ^^^^'"'^'^•"• 
t^à^Parisy bc huic cens vingc-neuf mines & demie dA- 
voine, pinte, chopinc ôc dcmifetier de P^ns, fuivant la ! 
rédudion de la mefure de Gerhcroy à celle de ^eauvais, 
faite en 1(^54. par Arreft du Grand Confeil. 

A B B A V E s T>'H O M M E s DE l'O R. D R E 
DE Saint Augustin. 

LA VICTOIRE. 

M. du M*uf- Vidoire ou la Victoire, en Latin , Beata Maria de Vie- 
rHudd'ïi/^^'-^^» ficuée en l'Iflc de France^ à une lieue de Sentis ^ du 
Lynion^fur ^^^^ ^^ TOricnc , fur la rivière de Nonnene : elle fut fon- 
la viftoirc, dée en mi. par le Roy Philippe Jugufie y en mémoire 
Chevalier de de la batalllc dc Bouvme ^ cju'il gagna en 1114. fur l'Eni- 
ampicire. p^j-g^^ OtboK IF. Cc fuc Ctt ccctc Abbaye que Loui.^XL 
Edouard 1 f^, conclurent une. paix que l'on appelloit alors 
une Paix heureuje ^ parcequ'elle avoic cté faite dans un 
temps difficile, où là France n ctoit pas en état de s'at- 
tirer aucun ennemi nouveau. L'Abbaye de la Fifloire, n'a 
point reçu la reforme ; & elle eftde Chanoines Réguliers de 
la Congrégation à^faint ViSlor de Paris, 

SAINT VINCENT. 
Saint Vincent de Senlis, en Latin, [anélus Vincentius 
SilvaKeÛen/is^ fjtuëe dans la Ville de Senlis y eft fondée en 
io(>7. Charles Faurc, Religieux de cette Abbaye, y intro- 
duisît la reforme vers l'an i^io. ôc cette reforme fe ré- 
pandit enfuitc dans fain te Geneviève y aujourd'hui Chef 
d'Ordre, ôc dans plufieurs autres Maifons, 

L'Abbaye de Jamt Vincent eft bien bâtie i la moderne. 
lats Religieux y élèvent un grand nombre de Penfion- 
naires dans la pieté ôc dans les Lettres. 

Abbayhs iDE Filles de l'Ordre de Citeàux. 
LE PARC AUX DAMES. 



Sod«» 



SO 



7ao). 



(Jll 



Recueil général 



Ti 



■tuLtiKii Latin PArcus Dominarum, fille de l'Abbaye de Clervaux^ 

ficuéc dans le l^^iU^'s, à une lieue de la Ville de Crepj, 

vers le Midy : elle fut fondée l'an 12.05- P^*^ EUonore Dame 

de Vulois. .... 

Prieurez d'Hommes. 

SAINT MAURICE. 



Saint Maurice de Senlis , Prieuré Conventuel de TOr- 
dfp.Mvrï.'dfc de i^ir^t dugufltn, ci- devant éledif & confirmatif, 
^■^rc^l*- par l'Abbé de ttm Maunce à'Agaune, Diocele de Syon 
i^SitS:.cn FMa^s. Le Roy y nomme. . . . 

EGLISES COLLEGIALES. 
SAINT FRANBAULD. 
Saine Frambauld , ou Frambourg , dans la Ville de 
Senlis, érigée en faims ChafelU y dont la Treforerie par 
cette ércdion a été réunie au Chapitre, compofé d'un 
Doyen, d'un Chantre, ôc de dix Chanoines, qui ont 
environ trois cens livres de revenu chacun. 

Saint Aubin de Crepy en Valois : il y a Prévôté, & 
ffi: Prébendes, aufquelles le Duc de Falots prefçnte au 

Roy. 

La Chapelle de faint Prochais. 



Florins 




EVECHE' 



DES Abbayes de Franc Er 



6l^ 



{ 



IT'."1 Arp.ES, 



«!s? # # # # . *?ip ^H'^ »i?^ ^ # %* ''^ ^ -'l^'^H' '^^^ 

evÊche'de BEAUVAIS- ! 



t'ii^ria 



<ÎVCtl. 



BEAU VAIS, en Latin, Belvacenfis ^ Ville de la; 
féconde Belgique , ôc de l'exarcat des Gaules^ en P/- 



M. François 
Honorât- A n- 
toine .1c Beau- 
millier Saint 

ttE'llTv!^^^ cardte ^ jufqu'au feiziémc fieclc, ôc maintenant dans l'Ifle 
iuitéde paS' ^^ France y i fdze lieuës de Paris ôc de Koiien , au quarante- 
neuvième degré, quarante-cinq minutes de latitude, ôc au 
vingt-trois & dix minutes de longitude , fur la gauche de 
la petite rivière de Tatrm ou Terin^ à fix lieuës ou envi- 
ron dcGournay i de Gifors, de Chaumont , de Clennont ^ de 
Mondtdiery de Breteuil ^ ôc de Gerberoy ; c'efl la Capitale 
da Beauvoi/is y &: Evêché dès l'an 184. L'Evêque eft fuf- 
fragant de P^ems» ôc a la qualité de Comte S^ Pair, de- 
puis que le Comté de Beauz'ats fut uni a l'Evêché, en 
l'an 59<r. par Roger ^ fils du Comte de Bloisy 6c Evêquc de 
BeawvAis. Ce Roger 2i.^o\i eu le Comté de Sancerre en Berryy\ 
pour fa part dans la fucceffion de ion père \ 6c celui de 
Beauvais écoit échu à Eudes fon frère. Ils firent un échan- 
ge;, & R\z,^r ne fur pas plutôt en pofTeffion de celui de 
^eauvais y qu'il en fit preient à fon Eglifc, avec la per- ; 
miffion du Roy Robot. Saint Lucien a été le premier Eve- | 
que de BeauvaiSy & l'on compte depuis lui jufqu'à M. de . 
Saint Jjgnan , qui en efl aujourd'hui Evéque , quatre- 
vingt-dix Prélats : Ils portent au Sacre du Roy le Man- 
teau Royal 5 &: nous lifons dans l'Hiftoire, qu'en 1179. 
au Sacïc dzPhdippes Ju^^ufie y l'Evêque de Bcaui:ais , fui- 
vant l'attribution de fa Pairie, y porta le Manteau Royal. 
Para^ii les Evêques de Beauva/s yVon en trouve deux, qui 
par leur auguftc naifTance, ont fait beaucoup d'honneur 
à cette Eglife : Le premier, eft Henri de France , fils du 
Roy Louis le Gros, ôc frère du Roy Louis FIL il étoit 

EA 1 

vcquc 



if 14 Recueil Ginêral 

TiTUiiiâBî. £vcque de Beauvats en 1148. & fuc enfuite Archevêque 
de Reims, L*autre efl Philippe de Dreux ^ pecic fils de/'0«/5 
/? Gro5, & neveu de Henry de France y dont je viens de 
parler. Philippe ctoitEvéque en 1175. Simon de Clermont ^ 
qui fuc Regenc du Royaume fous trois de nos Rois i 
Jâ.in de DormanSy Cardinal ôc Chancelier de France ^ Ôc 
Charles de Bourbon ^ ont été Evéques dQBeawvais^ & ont 
autant édifié leur Diocefe , qu'O^e^ de Cobgriy y Cardinal 
de Chhtllon ^ aufli Evcque de Beauvais , (candalifa tous 
les Catholiques, en fe laiffant entraîner par les erreurs 
de Calvin en i5(n. Louis de Fillers ^ dont on montre le 
bufte au naturel, & le dernier Evcque élu par le Chapi- 
tre iétoit, dit-on, fi fâinc, que lorfqu'il fut é!û,le peu- 
ple Tenleva, àc le porta au Siège Epifcopal. M. de Buzan- 
njali Evcque de Beauvais, ctoit le Père des Pauvres i & 
on afTure que durant fa vie, il a donné plus de fixcens 
foixante mille livres à fon Séminaire- L'Evêché de Beau- 
"Vais y s'étend fur quatre cens quarante-deux Paroiffes , 
douze Chapitres, 6^ quatorze Abbayes. Le Chapitre de 
la Cathédrale eft compofé de fix dignitez, & de qua- 
rante-deux Canonicats. Les dignitez font, le Doyenné, 
' l'Archidiaconé de Beauvaisy la Chantrerie, laTrefore- 
lie: il y a parmi les Chanoines , le Chancelier & le Pé- 
nitencier, à quoi il faut joindre fîx demi Prebendez, qua- 
tre Marguilliers,ô^ d'autres Chapelains àc Chantres. Tous 
ces Bénéfices font conférez par l'Evcque, à l'exception 
du Doyen qui efl: élu par le Chapitre. La Tréforerie va- 
loit fix mille livres de rente, mais depuis quelque tems 
elle efl unie en partie au Séminaire, 5c l'autre au Cha- 
pitre. S. Pierre y efl l'Eglife Cathédrale : le chœur qui fut 
commencé des Tan 3pi. efl une pièce admirable , tant pour j 
fa hauteur de cent quarante-fept pieds, ôc fa largeur, 
que pour le dégagement de fbn travail , la belle ordon- 
nance de fa voûte, & des dehors. Il a dix pilliers de 
chaque côté dans fa longueur, avec des Chapelles tout 

à 



f lotias Rcrtà. 



TirUtA.RES 



DES Abbayes de France. 6ï$ 

àl'entour. Le pavéclu Sandluriirc, qui cft très- vafte, eftjFîoi^Rmn. 
tout de marbre. La Tribune ou Jubé qui fépare le Chœur 
d'avec la Nef, en efl: toute incruftée ôc enrichie de qua-' 
torze colonnes, ôc autres accompagnemens aufli de mar- 
bre, avec de irrandes figures ôc des tableaux aux deux 
Autels , qui font aux cotez de la porte du Chœur j mais 
il y manque une Nef, dont on n'a encore bâti que deux 
travées i ôc par un malheur que l'on n'a pu reparer juf- 
qu'à prefenc la magnifique pyramide du milieu, ayant 
écroulé , cette Eglifc efl: demeurée fans tours &c fans clo- 
chers d'apparence. Sqs grofles cloches font dans une ef-j 
pece de baffe tour , bâtie environ à quinze pas de fon 
portail. L'on dit Chcenr de Beauvais Û^ Nef d'/fmier2s, La 
Cathédrale de Beauvais efl; fournie d'une quantité extra- 
ordinaire des plus belles Chappes du Royaume , foir pour 
la beauté, la qualité, ô: la richeffe des étoffes, foit par la 
délicateffe, ôc la variété des portraits de foye , d'or ôc 
d'argent , travaillez â l'aiguille. Il y a des anciennes Cha- 
fables toutes rondes , qui fervent feulement le jour du 
Jeudy-Saint, â la Benedidion du faint Crcme, ôc leVen- 
dredy Srtint. Son Trcfor renferme un grand nombre de 
précieufes reliques ; ôc Ton voit à fon Autel les Chaffes' 
de S. Germer^ de faim Evronl, ôc Aq f^mjuft. Dans la Bi 
bliotheque de cette Eglife, on conferve un grand nom- 
bre de Livres , &: de Manufcrits très-anciens , entre- 
lautres, un Texte des Evangiles, en Lettres Merovin- 
pennes: un Ouvrage d^ faint Juguftin^ écrit du tems du 
Roy Lothaire : des Collerions de Conciles , 5^ de Dé- 
cretales : plufieurs Ouvrages des Saints Pères : des Sa-, 
cramentaires, ôc de fort belles Bibles. Outre la Biblio- 
thèque des Manufcrits, il y a celle des Livres imprimez, 
q[\ /^n^ujiin Potier y Evecjue de Beauvais y donna â fa Ca-| 
thedralc. Bodin y dans fi République, dit, que de fon 
temps il y avoit dans la Bibliothèque de cette Eglife un 
ancien Livre, qui contenoic la Formule du fermant que: 

le' 



cic Recueil Ghneral f 

T<ruLAiREs. iç j^Qy Philippe I. fie lors de (on Sacre, & qac cette 
Formule ctoic différente de celle d'aujourd'hui. ComnK 
les Pcrcs Marient & Durand^ qui nous ont donné en 1717 
leur voyage littéraire, ne parlent point de cette curieuit 
pièce , il y a apparence qu'elle n'y efi: plus. Ces dcu> 
Sçâvans ne l'auroient pas paffé fous filence ; car eîleérou 
bien aufli importante àc aufli Littéraire que le Cure.dem 
de l'Empereur Chctrles-èlttinî , qu'ils ont vu à {j.lUnçon. 
Lqs Evêqucs àt BeA'Avais i{ov\i(Zoxrxt^.^^V^iïsàzFrdy} 
te , comme je l'ai dcja dit ; ôc de plus, Chafldams de ^:au~ 
njais j & Vidâmes de Gfr/'fro)' j & en cette qualité laJufti- 
ce de cette petiteVille, a cinq lieues àtScanuais, leur apar 
tient, à Texceprion du vingt-huit Juin ; ce jour-lâ, de- 
puis midy ju/qu'au foir du lendemain, elle efl dévolue 
tous les ans au Chapitre de faint Pierre de Gcrberoy. Le 
Lcdleur ne fera peut être pas faehé que je lui donne icî 
en padinc un petit trait hiftorique, fur le mot itVtdamt 
Des le Règne du Roy Robert , la Ville de Gerberoy avoi; 
un Seigneur nor{\ïY\èFulco : ces Seigneurs de Gerberoy pn 
rent centansaprcs le titre àQl^ice-Dominus ou de Vidam-; 
parce qu'ils tenoient leur Château & Seigneurie comm; 
Vafljux de rEvêquede '^eauz^ais ^ qui étoit leur Seigneu. 
Suzerain. Les Vue Domini ou Vidâmes, étoient des Offi 
ciers ctabhs par iï?s Eveques, pour adminiftrcr &: pou) 
défendre les biens de TEelife '■> ôz on choifit d^s Cheva 
Jiersou Seigneurs pui(ians,qui fc rendirent héréditaires '•> 
^c les Eveques leur donnèrent en Fief degrandes Terres. 
Tels font les Vidâmes d'Amiens , dcLaon, de Chartres, àv 
Ad ans, de Chàalcns ôc de A^eaux, pour les Vî dûmes de 
Roiien y ils ont pris le nom de la Terre &z Seigneurie 
à'Efncval, qui leur a été donnée en Fief. Les Vidâmes de 
Gerberoy, n'ont jamais eu aucune fonction en l'admini- 
flration des biens de l'Evcque , Comte de Beauvais. La 
race mafculine de ces Sciçj^ncursVidâmes de Gerberoy^ayin: 
fin; fur la fin du douzième fiecle, l'Evcque Philippe d. 

Ùr.ux 



lonn> 



Clr\ 



;S P.SVS^. 



DES Abbayes de France. 
TiTuiAïKBJ. Djreux réiinic Gerheroy à fon Evcclié & Comté. Clémence [^loîu 
de Gerheroy ^ fille de GuilUume^ôc nièce de Pierre y dernier 1 
Vijame y prétendit hcricer de Ion oncle, ôc troubla avec 
fon mari Ân^^uevAnd de Crcvecceur y l'Evêque Ph/Lppe, qui 
néanmoins ie maintint en pofleflion. Ce différent futai-l 
ioupi Tan 1140. par une tranfadion paffée entre l'Evê- 
que Robert de CrejJonfaCy de Jean de Crevecœjr, fils d'An- 
guerand & de Clémence de Gerheroy. Depuis ce temps- la, 
Jes Evéques de Bcakiais ont joiii paifiblement du Viâamé 
de Gerberoy, &c ont pris le titre de l^idâme y quoiqu'il foit j 
au-defious d'eux, puifqu'il eft propre à leur Vafial eu! 
Oflîcier. Le Dioceie àt_Beauvâis eft limité par la rivière j 
d'EptCy Se par h f^exin Frarjçois zu Midi, dit autremenc 1 
Grand Vicariat de Pcntoife y qui le fépare du Diocefe de' 
Kouen au Couchant \ celui de Senlis le borne du côté du j 
Parifn y au Levant j & ceux de Noyon ôc à' Amiens y duj 
côté de la Picardie ^ au Nord. Brcjle eft la maifon de Cam- 
pagne de l'Evcque de Beauuais y qui eft Seigneur de ce 
lieu, appelle Villa Epifcopi, dansune Charte duRoi Ro- 
bert, de l'an 1016. cependant il n'en eft point parlé 
dans la déclaration des biens de l'évêché, faite en 1150. 
L'Evcque de Beauvais en eft Seigneur temporel & fpi- 
rituel ', & en qualité de Comte de Bcauvais , il eft le pre- 
mier des Comtes Pairs Ecclefiaftiques. Il rend une juf- 
tice particulière dans fon Palais, qui a un fort grand jar- 
din, où l'on va, après avoir pnfté de fon Château par- 
dcflus un pont, qui eft fur les foflez de la Ville. ^^oo. joooso 

Abbaves d'Hom. de l'Ordre de S. Benoist. 

B R E T E U I L. 

Breteuil, en L;xzin , f^nél a Maria de Brcthrdio ^ feu de 
BerîholiOy aut Bntolium , fituée dans le Bourg du mçme 
nom, fur les hmites de Picardie, à fept lieues d'.-i'm.Tw;,; 
fur le chemin de cette Ville à Paris, & entre Mondidier^^ 
Crcvecœur £>c Conti, au-deflbus des fources d'un ruiff^aul 

Tome IL I i i i 



M 'd'ACpXCm. 



6\i Recueil General 

TiTJiiàiMi. j^^j forme un étang, d'où fortune petite rivière. Cette 
Abbaye, fous le titre de Notre-Dame de Breteuil^ a été 
fondée en 1030. &: eft de la Congrégation de [atnt Matir, 
depuis l'an 1^4.5 Ôc c'efl: la quatre vingtième Abbaye unie 
à cette Congrégation, Sept Prieurez ôd vingt- huit Cures 
dépendent de breteutl. Les Normands l'ayant ruinez , elle 
fut rétablie par le Comte Gtlduin ou HUdum, qui obtint 
du Pape Léon IX la confirmation de fon revenu Tan 105c. 
L'Eglife f-ut confacrée le 15- de May 11(^5. par Banhelemjy 
Evcqaede Beauvais. LeRéfedloirede l'Abbaye de Brfff«// 
eft fort beaui & une partie des Reliques de S, Confiamien, 
Solitaire du Marne, fut tranfportée dans l'Eglife dans 
l'onzième fiécle. Ces Reliques font fameufes pour la gué- 
rifon.des Infenfcz. .... 

SAINT GERMER DE FLAIX. . 

M, scipion Saint Germer de Flaix, Flaix, ou faint Germer en 
Dodeur dc]a Flix , en Latiu yfan6lus Geremarns de Fla^viaco yfeu deFlaxaco, 
Sorboiicc, uaut de Flaïacoy aut Fla^Uco ^ njel fanSlus Germanus de Fleio , 

Tou 
été n 
]c 8. Janvier 

de Gerberoy , à une de Gournay en Br^jy, & à demi lieuë 
de Vardes , ôi de la rivière d'Ép/^, en un pais bas Ôc ma- 
récageux. Plufieurs Auteurs mettent la fondation de cette 
Abbaye en difFerens temps , les uns en 660. les autres en 
(^50. & les derniers en (J54. mais ce ne peut pas être la 
première date i car S, Gfrwfr, né à W^r^f 5, fonda premiè- 
rement le Monaftcre de ^ifle , fur les confins du Diocefe 
de Beawoais , près de la rivière à'Epte -, puis celui de FlajXy 
dont il fut Abbé, Ôcoù il mourut l'an ^^8. fon corps a été 
tranfporté dans la Cathédrale de la Ville > au dixième fic- 
elé. Ce Saint fonda l'Abbaye de Flaix dans un lieu ap- 
pelle Flaviac ou Flaix: les Benediclins de la Congrégation 
dcfant Maury font entrez en iCà,.-]. & c'eft la quatre- 
vinf>t- quatrième Maifon qui lui eft unie. L'Eglifcde cette 

Abbaye 



ve^uc ^j^ {Jtu^g j^fjj |g Bourg du même nom, a onze lieues de 
étc nomme j^ouen, 2L cïtiq de BeawvatSy du côté dcPOccident, à deux 
1711. 



^ o 



Flori! 



"ICTta*: 






<00. 



l/OOO.' 



I 



oSiAbbatesds Franc». cio 
T«76&AitM. AbJj^ye efl: faite en Croix, a douze piliers dechaquccôcé 
dans la longueur, & un Corridor qui règne tout à l'en- 
tour. La Chapelle de la Vierge , bâtie hors d'œuvre der- 
rière le Chœur, eft une i^s plus belles du Royaume , 
& éclairée par quinze grandes croifées de vitres. Elle a 
fepc pilliers de chaque côté, bc les dehors font fort ma- 
gnifiques. Le Cloître, THôtcllefie, & la Maifon Abba- 
tiale, font des bâtimens neufs , grands ô^ crcs-commodes. 
Lts Jardins en font magnifiques & bien ordonnez, avec 
un Etang dans Tenceinte, Les Religieux tiennent Collè- 
ge, ou l'on élevé par charité un certain nombre de pau- 
vres Gentijhommes, aufquels l'on enfeigne les Humani- 
cez& la Rhétorique. Saint Germer a été le premier Abbé 
dcFlayxifaint Gérant y le troifiéme >y^/«r Bt'«/>r;f , le qua- 
trième, ôc elle a eu plufieurs Abbez d une grande fiin- 
teté. Un peu au-deflbus de ce lieu-là, eft une Chapelle 
dQjaintJean. .... . . 

SAINT LUCIEN. 

M , Jacques Saint Lucien , en Latin , fanclus Lucianus propè Belnjacuffr^ 
fuccEvêcjac iKuee aux-delius & près de BeauvniSy lur le lerratn, pe- 
it Trcycs. jj^^ fi viere qui paffe en partie dans laViUe, & à feize lieues 
de Paris, Il y a beaucoup d'apparence que cette Abbaye 
a été fondée & bâcie par le Roi Chtldekert ; car dans l'é- 
noncé d'anciennes Chartes , il efl: marqué que ce Roi avoir 
donné Bulles à cette Abbaye. Dans une Charte de ChiL 
•> feric m. il eft parlé de l'Abbé d'Euroul, qui avoir foin de 
l'Eglife de faint Pierre ^ de faint Lucien-^ ôc l'on trouve 
que cette Abbaye a été rebâtie l'an ^%6. par Chilpenc 1 1. 
Elle appartient aux BenedtftinsAt la Congrégation de S- 
Maur. Leur E2;life bâtie en croix, eft vafte ôc belle ,avec 
un large corridor , qui règne tout â Tentour. Elle a quin- 
ze piliers de chaque côté, avec des chapelles autour du 
chccur , ôc quatre bonnes cloches fondues en 1705. mon- 
tées dans une des deux tours , que l'on venoit d'élever 

liii ij fur 



Florin 



îlcven. 



lOCO, 



6io Recueil général 

TiTuiAiREs furfon grand portail. Le corps dcfam Lucien Apotrc Ôc 
Patron du pays , qui efl dans une très-belle chafle , au 
haut du grand Autel, attire beaucoup de monde qui vient 
l'honorer en cette Eghfe, dans le Trefor de laquelle on 
conferve grand nombre d'autres Reliques très-précieu- 
fcs & très anciennes. La Maiion des Religieux, bâtie à 
neuf, eft en bon air ,Sc d'un delTein magnifique, ôc l'on 
voie dans leur Egifc le tombeuu du Cardinal Choler, 

SAINT SYMPHORIEN. 

MduTioncc] Saint Symphorien, en Latin yfanftus Symfhorianus fro- 
pè Heluac^m, ficuée près de Beauvais ^ fut fondée Tan 1035. 
par Druon Evêquede Bemvais, Elle ctoit autrefois occu- 
pée par de Grands Benedicîms , mais ce font maintenant 
des Pères de la Miflionquila polTedent L Eglife ell peti- 
te, mais ils ont élevé fur la croupe de la montagne de 
grands bâtimens pour le Séminaire Epifcopal qu'ils gou- 
ternent, La terraffede leur jardin domine de fort près la 
Ville de Beauvais y qui commence au pied de cette mon- 
tagne, affez efcarpéei & l'on peut dire que les bâtimens 
des trois Abbayes ci- deflu s marquées, joints aux édifices 
des grandes Eglifes de Beauvais ^ en donnent une idée fort 
avantageufe, quand on en approche. La Menfc Mona- 
chale de l'Abbaye de fa/nt Symphorien, q(ï unie au Sémi- 
naire de Beauvais -f &c l'Abbé joiiit de quatre mille livres 
de rente. . . , . • . 

Abbayes d'Hom- de l'Ordre de Citeaux. 

BEAUPRE*. 

M de Cour. Beaupfé , en Latin, Btllus Pratus , Fille de l'Abbaye 

2c,eu,7ii. d'Onrcamp, ou d'Orcamp, dc fituée fur la rivière de Tar- 

ram, à quatre lieues par de-là Beauvai^ ^ ôc à vingt de 

Paris. Elle fut fondée le 15. Janvier u^^. par ManajjeTi de 

Adilli , dont on voie le tombeau U l'épicaphe dans le 

.cloître. Dans le même lieu l'on voit l'cpitaphe de Raoul 

de 



Florins Revc»; 



3000. 



2.009e. 



4;'- 



4 000. 



DES Abbayes de France. 



C^T 



TiTuMiREs.^^ Mouchi ^Siït àt A4 cy en-mont y qui mourut au tnois de 
Mai iz-o. & celle de Jean de Ccntty Sire de Bdleufe , qui 
mourut en Arragon. Daiis l'Eglife devant l'Autel à^p^wt 
Bernard j font celles de GtiilUnme de Crccecccur Eveque de 
Coujlame y c^ui mourut le lO. d'Avril 1407. Celle dQ Jean 
de Crevecœur , mort au mois de Septembre 1401. & celle 
de Aiarie de Saveufe fa femme. Je pafle pluheurs épita- 
phes de perfonnes illuftres qui ont été enterrées à ^eau^ 
pré. Se qui font voir que cette Abbaye écoit autrefois con- 
sidérable. C'efi; l'idée que nous en donne le beau Ôc grand 
réfedoire, qui fubfîfte encore aujourd'hui, le dortoir & 
]a grange , qui ell: des plus grandes 6c des plus belles qu'> 
on puifle voir. Il y avoif autrefois beaucoup de manuf- 
crits dans cette Abbaye, mais il n'y en a plus que deux 
ou trois, où font quelques Ouvrages dcjaint Ephrem, Il 
y a dans le Cartulaire de cette Abbaye, une chofe fi fin- 
gulierc 5 que je crois faire plaifir au Ledleur , de la 
raporter ici. C'efl; une Sentence rendue contre un Tau- 
reau qui avoir tué Lucas du Pont âgé de 15. ans, fervi^ 
teur de Jean Boulier Cenfier de l'Abbaye, avec toutes les 
informations faites contre cet Homicide. Par cette Sen- 
tence le Taureau eft condamné à erre pendu aux four- 
ches patibulaires de la Seigneurie de Caurroy , jufques 
à mort inclufivenienr, à caufe de la déteftation du cri- 
me. (Ce font toujours les termes de la Sentence, qui eft 
trop longue pour la raporter ici. Et ledit Taureau fera 
con^rqué aux Seigneurs. Toutes les informations 6c 
procédures du procès font au Monafterede Beaupré. 

F R O I D M O N r. 

Toi^him"cci- Froidmonr , Frémoni ou Froidemont , en latin F?/- 
bcrt de croiû fftdus MoHs , tille de l'Abbaye d'Orcamp , ficuée dans Je 

fy» Dofteur Y, r r \ ■ ■ • ^ \ . i- . , ., 



Florin- j ^ 



vcvca. 



de soibonnc Bcauvoi/fS , f\iY la tivicrc de Teray à trois lieues dQ teau^ 

Montpcilici. 



- '^'^''' ^ nja/s j 6: fondée le 18 de Janvier de l'an 1134. par Lar^ce- 



Imy 6c Manajjés de Bulles ^ ôc ^lix leur mcre. Cette Ab- 
baye 



700, 



IjOGOV 



ifii Recueil OKNBîtAt 

■irutAiMs tjyg ç(i une des plus régulières des Maifons de la Com- 
mune Obfervaiice de l'Ordre de Cheanx, Il y a dans la 
Bibliutheque donc les vitres font très-belles , quelques 
manulcritsi les principaux font les vies dey^/wf Bernard, 
de faint Pierre de FarentAife , de fainr Thomas de Cxntorbery^ 
des Pères du défert & la Chronique d7-:/e/;«jt«a Religieux 
de Froidmont, ôc Pocce Vrançots , qui mourut fous le Rè- 
gne de Phdippe Jugufte ^ l'an 1x13. On voit devant le 
Chapitre la tombe dtCUnde de B^/f dernier Abbé Ré- 
gulier. Comme il n'avoir pas cftéélûpar les Religieux ^ 
ils refuferent de le recevoir , Ôc lui dirent .nolumuste, 
quia non te elegiraus '-, & il leur répondit, non "vos me elegL 
ftis^fed ego elegivos. Il fut un fort bon Abbé , Ôc (ts ar- 
mes qu'on voit par tout , marquent qu'il a beaucoup tra- 
vaillé pour fon Monaflere. Il n'y a que quatre cens ans 
qu'il y avoit encore à Vrotdmont cinquante Religieux de 
Chœur & cent Convers. Ces Convers fiifoient la richefle 
àts MiifonSjils en faifoient valoir les biens avec un pro- 
fit fi notable, que dans une feule année environ 1130. à 
l^rotâmont ils vendirent jufqu'à fept mille toifons de bre- 
bis- Les anciens Statuts de cette Abbaye font dans les 
Archives, &: l'on prétend que Ce/ara, campé à un quart 
de lieuè de l'Abbaye, fur une petite élévation , qui fub- 
fifte encore aujourd'hui. , . .... 

L A N N O Y. 



M. de Fa van 
♦:»urt. 



Lannoy ou Aulnay, en latin Ldnneiumfeu Brioflellum^ 
aut Alnâtum vel Briofielium fituéedans le village du même 
nom dans le Beauvot/is fur le petit TVm/V;, à cinq lieues 
de la Ville de Beauvais , du coté du Nord , ô: à une lieuë 
de l'Abbaye de Beaupré. Lannoj c(l fille de l'Abbaye de 
Beatibec , & fut fondée le premier Décembre 1137. par 
Je^in Seigneur de Roncberoles , dont on voit le Tombeau 
dans lacroifée de l'Eglife j l'on y voit auflî celui de plu- 
fieurs autres perfonnes didineuées par leur naiflance , 

tels 



F/eii 



\cvcu. 



'il 



9000; 



T>ti Abbayes de Franc i. 6i^ 

tirotAïM.; jg]g q^jç /?,îo«/ dePreaux Clicvàlicï & Sire de Rayne'val , 
mort au mois de Décembre 1185. Pierre Vicomte de Poix 
decedé Tan 1183. Robert fils du précèdent > Marguerite 
de la Tournelle femme dudit Robert. Cette Abbaye a eu le 
nom de Briojkl, à caufe d'une Grange qu'un Briojleld'^r- 
«o^if lui donna. Il y a la reforme. . . . . 

ROYAUMONT. 



F!«9rins 



'cvtift 



M. Français 
Armai. d àc 
Lori 



Royaumoat ou Reaumonc , en latin Regalis Mons^ fi. 
"^'"^J;-. tuée dans Mfle de France près l'Oife , à une lieuë &: de- 
dcchàrei-rsmie dc Beaumo/it y d. une de Lu:(^arch es ^ & a huitdeP.ir/j , 
D.dcPoitîcrs.'fur le ruifleau de Batllun , & un canal de celui de Theve : 



de S. Faion de 



Meau/a dc£ll^ fut fondée le(îdesKaIendes deMars 1117. d'autres j 
Evéqurdc'''' dif<^ntii3o. par faint Louts , qui travailla lui-même, à ce 



Ba 
fa 

Novembre 



aycui li tu: qu'on dit , au bâtiment de TÉelife. Il fit de grands biens 

cce le cinq *■ i 

â cette Abbaye- dans laquelle il fe retiroit fouvent pour 
s'y donner tout entier aux œuvres de pieté. Il y fer voie 
les Malades 5 mangeoitauRefeéloire avec les Religieux, 
6^ Goucho/t dans une Chambre du Dortoir. On dit que ce 
Roi donna une partie de fa Bibliothèques cette Abbaye 
ôc aux Cordcliers s mais en ne trouve plus a Royaumom que 
quelques Manufcrits qui vienennt de ce faine Roy , & 
trés-peu font dignes de la libéralité d'un (1 grand Prince, 
car iln'yaque quelques ouvrages defaint Auguftin, de 
faint Grégoire, de faint Thomas , la Somme d'Efiienne 
Archevêque de Cantorberj , 6c une hiftoirede la Maifon 
de Laval , écrite par Pierre Z-^r^^w , il y a environ 100. 
L'on voit dans PEglife, longue de trois cens pieds, élevée 
de quatre-vingt- (ix & demi fous voûte , les Tombeaux 
dQ Louis d^Vrance , mort eniK^o. dQ Jean, mon en j2.j\j. 
de Louis &c de Philippe , l'un mort à l'âge d'un an àc l'au- 
trea celui d'un an Ôc deux mois, de BUnche , morte en 
1143. tous cnfins de faint Louis, L'on y remarque auffi 
ceux de Philippe d' /Artois , mort en 1191. de Louis fils du 
Comte d'/dlençan ôc de Henrj de Lorraine ^ Comte d'H.ir- 

court y \ 



100. 



3000: 



zfS. 



(^14 RecueilGeneral ! 

tiTvtAiRis. court i Grand Eciiyer dcVrance, mort l'an ï6C6. L'on voit p'^^ "^^^^'' 
la chapelle où f^mt Louis faiioit [qs prières, ôc le lieu où 
il prenoit la difcipline dans la Sacriilie. Les lieux régu- 
liers de cette Abbaye fe reflentent de la magnificence 
Royale, &c faint L^jf/zi y alloittrés-fouvenrpifrer quelques 
jours en folitude. Le tonnerre étant torr)bé en 1404. fur 
rEglife de /?<^^/^wo«r, en fondit les cloches , a vecle plomb 
de fa couverture. . . .... 

Abb. d'HomxMes de l'Ordre de S. Augustin. 

SAINT MARTIN AUXBOIS. 
LaMcnfcAb- Saint Martin aux Bois, ou faint Martin de Ruricourt , 
ntrau^roiie- ^n latin Sanclus AUrnmsin Bofco , feu Rurtcunenfis , fituée 
^V'm '^'''^" en BCdu^ooifis ^ ôd donc les armes font d'hermines à la fice 
d'azuré , chargée de trois fleurs de Lys d or, ce qui fait 
croire qu'elle a été fondée ou dotée par quelque Prince 
de la Maifon de Bretagne. L'Eglife dec^i Chanoines Regu- 
liers éd. fort délicate oc le Jardin admirable. Il y a dans la 
Bibliothèque un ancien ordinaire de leur Maifon , écrit 
depuis plusde deux cens ans, dans lequel il y a quelques 
rites particuliers pour la Proceffion du Saint Sacrement, 
Les principales font l'Afperfionde TEau-benite qui doit 
la précéder , la Confeffion générale avant que de la com- 
mencer, &: le foin que l'on avoit de referrer le S. Sa- 
erementîk^ïh la Proceffion : ce qui fait voir qu'on ne l'ex- 
pofoit point encore en ce Monade re, ily a deux cens ans. 
La Menfe Monacale decette Abbaye,oùilya la reforme, 
efl: d'environ 4500 livres , ôc l'Abbatiale unie au Collè- 
ge dts Jefiiites de Paris , efl: d'environ 9000 liv. . 

SAINT Q^U E N T I N. 

MacMcrniy Saint Quentin lez-Beauvais , enlatin, Sdn^uSyS^ntî^ 
vicuii."'''^ "" nus j)ropè Belvacum , feu Sanflus ^intinus Belvacenfs , fi 
tuée tout proche la Ville de Beawvais , 6c fondée Tan 
106^. par Guj Evcque de Bcauvais. Ives de Chartres né a 

Jutcuil, 



400 



9009. 



^oo. 



©ES Abôayaes DE France. oiç 

TiTuiAii^Bs. ^utenily village de Beauvoifis , à deroie licuë de la Ville, ?^^''' 
fut te premier Abbé ou Prieur (ce qui ccoic alors la même! 
clioiQ)deS. ^uemmde 5fiî«x'^/.Soù il établir la reformarion 
des Chanoines Réguliers , qui pafîa de là dans le refte de la 
France.ll fut fait Evcque de Chartres Tan lo^z. L'Abbaye 
de 5. .^f>2n>î appartient maintenant aux Chanoines Régu- 
liers àtJAtnt Augufltn de la Congrégation àzfainîe Gene^ 
^leve, L'E^life eft aflcz grande , àc l'on y conferve la 
chafle Àq jiiinte Rojn^/ne^ uiartyrifeea A^ommille au qua- 
trième ou cinquième fiecle & peut-être encore plus tard ; 
il y a une Chapelle avec titre de Prieuré fimpie, autre- 
fois régulier , à une lieue de Beauvais , où l'on honore 
faint Lucien d>C Jointe RomAîne ^ comme l'ont fait à Pdri- 
faint Marcel de Jatnte Geneiné'ue, .... 

Abb.de l'Ordke de Premontre'. 

SAINT J U S T. 

^M.jcan-jc- Salut Juft OU fiint Jufte ,en latin , fanâus 7fi/Ius ^ fu 
ic la viUr- tuee dans le Bourg du mcme nom en Picardie , dans un 
gyEvêquc d" vallon à trois lieues de Clermont ^entvç Beau^ai s y Compe- 
voycTîcs ti-cs'^^^ Mondidter , fur Jes fources de la Rivière d'^Vr, & 
T\^ .''^"^<''= fur le chemin de Paris à Jmiens : elle fut fondée l'an 1070. 

de Sotiions. . , , ^ , ' 

ipzt Odonh\èQ\x^aç.Beauvais. . • . . 

Abbayes de Fillles de l'Ordre de S, Benoît. 

SAINTPAUL. 

jnont*^ac^Kcr Saint Paul en Bean'voîfis ^ en latin ^ fanflus Pau/us Bel- 
^'^^- louacenfis, fituée à une lieue de Beauvaisy^is le couchant, 

je trouve qu'elle fut fondée en 1x58. & je tiouve que 
Berthe en a été la première AbbefTe en 1040. ces deux 
dattes ne s'accordencpas. Il y a dans cette Abbaye plus 
de quatre-vingt Religieufes Benediclincs , qui peuvent^ 
fervïr de modèle cà toutes les Abbaves de leurs fe:ie i cari 
à Pufage de la viande près qu'on leur permet , elles vi-' 
vent dans une dureté, un détachement du monde , un 
Tome IL K K K K amour 



nsR'Bvr.v 



300, 



looo. 



i;oo.; 



6ic Recueil général 

TiTtLAji^is. ^^-jQjjj. Je Dieu &c de leur état , un zèle pour la péniten- 
ce, une exaditude pour toutes les pratiques du Cloître, 
fi cTiande, qu'il s'en trouve peu dans le Royaume qui les 
furnaffentou qui les égalent L'AbbeiTe ferc d'exemple a 
fes Filles, qui ne peuvent fe tromper en fe formant fur 
un aufîi beau modèle. Elle n'a pomt de logis Abbatial, 
une cellule du Dortoir fait tout ion appartement? elle 
fe levé à minuit comme les autres, mange avec elles 
dans le mcmc Refedoire i 6c ne fe diftinguedefes Re- 
hgieufes que par fon humilité , fon exadlitude d>c fa cha- 
rité. Le Bœ.if ell: la nourriture ordinaire du Convent j 
les jours maigres on y mange rarement du poiflbn ; du- 
rant le Carême on en fert feulement une fois la femai- 
ne , les autres jours on fe contente de légumes. L'aufte- 
riré ne rend point les Religieufes triftes , elles font heu- 
reufes, &la joye qui eft: peinte fur leur vifage, rend té- 
moignage de leur contentement. On efl: redevable de 
tout le bien qu'on admire dans cette fainte Maifon , aux 
Dames de Clermont qui fe font fuccedées les unes aux au- 
tres dans la charge d'AbbefTe depuis un trés-Iong-tems. 
L'Eglife eft grande & bien bacie , l'on y voit le tombeau 
d'un Comte de Tourj ^ mort le trois Aouft 1^71. 6c au- 
près des marches du Sandiuaire du côté de l'Epîtree/l le 
cœur de Z-o^/^-Hf^^ry, légitimé de Bourhon , Prince de 
Neufchâtel , qui mourut à Paris le 8 Février 1703. Il y a 
dans l'Oratoire de l'Abbeffe dcfaint Paul , un portrait 
âtfaint François de Paule peint de Ion tems ,ou peu après 
fa mort. On dit que ce Saint avoit unediledion particu- 
lière pour cette Abbaye , ôc que de fon vivant il envoya 
fon Cordon à l'Abbefle , qu on conferve dans le trefor 
avec des Morceaux de fa Robe 6c des lettres d'aflbcia-j 
tion,dans lefquelles il prend la qualité de Correfleur Ge- 
neral \ elles font datées du Couvent de Jefus-Maria h 
PUjfiS'lcX^Tours le 5 Odobre 1501. 6c ont pour Sceau un 
Jefiis , qui porte fa Croix, ..•.•• 

A BBA Y ES 



^lonus \cf,-n. 



TlTBI-AjaES. 



desAbbayesde France. 



{7l7 



Abbayes z> e Filles de l*Ordre de Citeaux. 

SAINT MARTIN. 
Saint Martin , on n'en trouve aucuns Mémoires , il 
faut que ce foit crés-peu de chofe, ou qu*elle foie peut- 
écredccruite, ou unie à quelque autre. 

M O U C H I. 

d-*fa Menarl Mouchi OU MoncHi le Pierreux, en latin Mouchiacum 
«iitfc. Petrofumy Fille de l'Abbaye de C;/f^«A:,fituée au village 

du même nom au Beauvoifis , fur la gauche de la rivière 
à! /fronde ^ à ^'trois lieues de Compiegne *, elle a été fon- 
dée pour des Filles en 1138. par les anciens Seigneurs de 
la Maifon d'Humkres, Ellef jc dans la faite convertie en 
Prieuré d'Hommes, puis eft revenue en fon premier état, 
en vertu d'un brevet de nomination du Roy,ôc d'unAr- 
reftdu Confeil d'Etat du 8 Aouft 1(^71 & 13 Septembre 
1^74. par lefquels Dame Elifaheth de Crevant d^Humteres 
Y a été nommée Ôc maintenue ; elle a fait entièrement re- 
bâtir cette Maifon, 6c y a rétabli une Communauté de Re- 
ligieufcs. , . . . * • . 

PANTHEMONT. 

Panthemont, ouPenthemont,ou Penthemonts, en la- 
tin PartHS morts y jeu P a,nte. ornons y vel ds Pente monte , fon- 
dée environ Tan iziS. unie à l'Ordre de CUcaux^n 12.11. 
réduite en Prieuré d'Hommes près de Beauvais en 1483. 
& depuis reftituée aux Fille: , èc établie en la même ville 
dQde^thX'ais en l'Hôteldela Chatellenie, le premier Juin 
n^47. puis transférée au Faubourg S. Germami Paris , 
le iid Avrili(j7i, . . . • . 

AiBAYEs DE Filles de L'Ordre de Sainte Clairi. 

M O N C E L. 
Moncel, en hzin Montcelluûty firuée à deux ou trois 

K K K K ij lieues | 



FIoiin5,Rc\en. 






6000% 






ioo*C« 



^\^ Recueil General 

riTHiAiREs. lieues de Senlis, & près dePo;2; Saime Maixance fur lOife, ^''^"^"'^ ^^ 
fut fondée par Philippe le Bel tn 1309. mais la Maifon no 
fut bâtie que vers Tan 1535. P^*^ Philippe dt Falots, 

P R I E U R E Z d'H O m m E s. 

M H s N E L. 
Mefnel ,ou Meynelle, é\i J-^sBons Hommes , eft: de 
l'Oidrede Graada;ont U uni au Coiicge de Grandmonc; 
à Paiis. ^ 



'^«^/^ 




EVESCHE' 



'.^m. 



7o»»,3 



Des Abbayesde France, ^zp 



ÎTirULAlRES, 




EVECHE D'AMIENS. 



A4. Pierre Sab 
bacici Codeur 
en 'fiîéoiosie 
d 
d 




MIENS, en latin .^JmhianenftSy Ville de la féconds 

__.^^,, _ ^ Belgique^ de l'exarcat des Gaules y Capitale de 

cPanr"'''^^ P/i'-i^'^/V, fur la Vrjwwir ôc Epifcopale dès l'an 303. fous 
la Métropole de Reims, Sr^int firmtnfuz l'Apôtre du pays 
5c le premier Evêque d' /Amiens; il y fonffrit le martyre, 
& fon corps s'y garde toujours \ il eût pour Succeffeur 
un autre jP/>77e/« fiis à^Fauji intérim c]ui lui donna le nom de 
ce Saine martir pour en honorer la Mémoirej 5c ce fut ce 
Firmm qui fit bàiir l'Eglife Cathédrale de Notre ^ Oamc, 
Saint Fivmin y dit le Confes y fut fait Evéque de la Ville , 
dans le quatrième fiécle^ félon l'opinion commune- Sairn 
Honoré h fut au feptiéme fiecle , & famt Salze owfaint 
Sauve dans le m.cme fiecle. Saint Godrfoy ou Gf'^rç^fuc 
Evêque d'y^mtens y dans les fiecles n 6: 11. L'Eglife d'^- | 
miens a eu foixanre ôc dix fept Evêques depuis ^. Firmin 
jufqu'à M. Pierre Sahbatier qui en remplir aujourd'hui lyic. 
le Siège Epifcopal. Parmi cts Evcques, il y en a fept qui 
font reconnus pour Saints, &: fept qui ont été Cardinaux. 
Jean de la Gr^w^f, appelle le Cardinal d'y^rmens y fur pre- 
mier Miniftre Ôc Sur-Jntendant des Finances fous Char- 
les V. La feigneurie temporelle de la ville d'amans fut 
donnée autrefois par les Rois de France aux Evcques d'^s'^ 
mt€nSyt>cct font czs Prclars qui donnèrent le Conucd*-^- 
miens aux Seigneurs de la Maifon de Boue yQ\}\ en furent 
dépodedez par Raoul Comte de F'crnia^jdois , dont la fille 
Ijahelle époufa Philippe d^Alface Comte de Flandres y qui 
céda l'an 1185- le Comté d*v^M/f«y au Roy Philippe ^uiulU'^. 
& huit ans après, l'Evcque d'Jmiens nommé ïhiLnd cé- 
da au Roi 6c à fa Couionnc l'hommage de ce Comté d'.d^ 

micnSy 



Flotiu' 



6^0 



Recueil général 



;. :atA)t(.e 



miens, qui appartenoir à cet Evêque. Les Comtes d'A- 
miens relevoienc immédiatement par foy ôc hommage de 
l'Evéquede cette Ville. Cette mouvance fut reconnue en 
1183. ainfi qu'il paroît par une Charte de PhtLpp^ Augufle\ 
mais l'origine en eil: ignorée. Le Roy pour fe libérer de 
la foy & hommage dûs a l'Evêque d'Amiens à caufedece 
Comté , qu'il venoic d'unir à la Couronne, remit à 1 E- 
vêquele droit de Procuration y qui n'étoit autre chofeque 
le droit qu'avoient les Rois de France ^icao, défrayes par 
les Evéques d' Amiens, lorsqu'ils étoient dans cette Ville. 
Par cette mcme Charte, il eil porté, qu'au cas que le Com- 
té d'Amiens fût défuni de la Couronne , le Roy repren- 
droic foa droit de Procuration, & l'Evêque celui d'exi- 
ger lafoy ôc hommage des Comtes. La ville d'Amiens efl; 
à vingt- huit lieues de Paris , tc à quatorze à'Àrrus. La 
Cathédrale eft fous le nom de Notre-Dame j on ne peut 
rien voir de plus parfaic ni de plus beau, 6: dans tout le 
Royaume de t'ïmcc ''^ a y en aucune qui puiflc lui dif- 
puter, Elle fut commencée l'an uio. & achevée Tan ué'p 
Ellea3(^(^ pieds de long, fur 49 pieds 5? pouces de large, 
fans y comprendre les aile ou bas cotez. Son élévation 
efl de cent trente-deux pieds, & la croifée a cent qua* 
tre- vingt-deux pieds de long. La nef efl vantée comme 
un ouvrage achevé *, elle efl longue de deux cens treize 
pieds , & le chœur de cent cinquante trois : D'autres di- 
ient, qu'il n'y a point dans tout le Royaume une nef plus 
grande ni mieux pavcc que celle de la Cathédrale d'A- 
miens, quia 180 pas communs de longueur, ôcparconfc- 
qucnt eft plus longue que celle de Notre-Dame de PariSy 
qui n'en a que 170. Outre la grandeur de l'Eglife d'A- 
miens, c'eft une des plus ornées du Royaume ; elle a de 
fort belles Chapelles , & eft embellie de Tableaux à cha- 
que pillicr : On en voit trois dans la Nef qui reprefen- 
tent la J^ierge glorieufement portée par les Anges, d'un 
marbre blanc, très-bien travaillé > &: au milieu delà mê- 
me 



Florins Reyea. 



DES Abbayes de France. é^\ 

TnvxMKE$. me Nef deux tombeaux d livéques , avec leurs figures de,^^"''" 
bronze au-deffus. C'eft dans cecce Eglife^cjue l'on confer- 
ve le chef de Jair]^ Jean- Bapujh , qui, à ce qu'on dit, fut 
apporté de Conftantincple en 1206. après la prife de cet- 
te Ville , par Walon de ::iarïon Gentilhomme Picard, Le 
Diocefe d'Amiens a vingt lieues de long & i^ de large. 
On y compte jjG Cures, %o Abbayes d'Hommes, C dt 
Filles, 66 Prieurés ,!3 Eglifes Collégiales ôc 6 Comman- 
deries de YOïdte dt fair^^ LaTi^re. Les Paroiffes font di 
flnbuées entre pluficurs Doyenncz Ruraux , & il y a dix 
Paroiifes dans la ville d'Amiens i une dans le Faubourg 
ôc trois dans la Banlieue qui fonccenfées de la Ville. 

Le chapitre de la Cathédrale eft compofédep digni- 
tés , le Doyen , le Prévôt , le Chancelier , T Archidia- 
cre d'Amiens, TArchidiacre de Po/jr/j/fi:^ , le Préchantre, 
le Chantre 5 l'Ecolâtreôc le Pénitencier. Il y a outre cela 
quarante-trois Chanoines Prébenaez , deux Chanoines 
Vicariaux, deux Chanoines Réguliers de faint ^ugufirn, 
dont les Prébendes furent unies , Tune i l'Abbaye de S. 
Jcbeuil ^ Fan 10^3. ôc l'autre à l'Abbaye de faim Aiartin 
en 1148. foixante 2c douze Chapelains ôc dix cnfans de 
chœur. Le Doyen eil élu par le Chapitre, 6^ confirmé 
par l'Archevcque de Reims, L'Evéque donne toutes les 
autres dignités , tous les Canonicatsprebendez t>c\:.moi- 
tié des Chapelles. Le Chapitre donne tout le refte. Le 
revenu des Canonicats, année commune, efl de 800 liv. 
Le Chapitre a Jurifdidlion fur les Ecclefiaftiques 6: Bc- 
neficiers de fa dépendance. Cette Jurifdidion s'exerce par 
un Chanoine > ôc les appellations de Tes Jugemcns font 
portées à l'Officialité Métropolitaine de Reims, La taxe 
des Bulles en Cour de Rome ell: de 4900 florins, à cau- 
fe de l'union de l'Abbaye dtfaim Martin des Gémeaux , 
car avant cette union la taxe étoit à 4100. 



RCTOIÎ. 



Abbayes 



45'>». 1 ; le:». 



^5> 



Recueil Général 



TlTULAlRBÎ. 



M. le Cârdi 



Abbayes d^Hommes vu l'Ordre de S. Benoist. 

C O R B î H. 

-aid POU-, Corbie, ou/*/Vif Pierre de Corhie , en krin, Corheïa^ 
z^.t'on^zixt fef4 fancîus Petrus de Corheut^ dut Corhienjïs ^ fi tuée dans la 
," i^s ville dt Corhie en Picardie , dans le petit païs de Sante'rre 
■ "'"• ftir la rivière de Sommt, &éloignéex d'Amiens de qua- 
tre licuës, Ôc d« Peronne de fept ou huit. La Reine Sa- 
u.nide Se fon fils Clotatre IIL fondèrent cette Abbaye vers 
lan 6C2.. pour des Moines qu'ils fiicnc venir de Luxm 
en Bourgogne, Ils accord erentai.1 Monaftere deCor/'/V de 
grands privilèges, qui furent confirme2 par des BuHes^ 
du Pape Benot(l I II. &: de Nicolas l dans le IX . ficelé j alors 
/ ce Monadere ne cedoic à aucun autre en France i ôr les 

Moines qui croient celebres> même par leur favoir^avoient 
envoyé une Colonie en Saxe fiir le Vefer ^ fous le Re^ne 
de Louis le Débonnatre.Qtnc, nouvelle Cori?/> efl; une des 
plus poiîTantes Abbayes à' Allemagne , ô-: fon Abbë cft 
Prince de l'Empire \ elle fut fondée par Loiiis le Déhon- 
natrc l'an 811. Mais pour revenir i l'ancienne Abbaye de 
Corhie \ je dirai que c'eft d'elle , d'où font fortis tant 
de grands hommes iîluftres par leur naiffance , leur fain- 
teré j leur dodlrmc, & les grands fervices qu'ils ont ren- 
du a l'Eglifc. Un fatni: yûdaUrd parent de l'Empereur 
Cktrlemagne &c Abbé de Corbie en 777. mourut en Sty- 
unWola:, un faim Anf chaire Apôtre des pays Septentrio- 
naux, un faim Pafchal R,a d her t Ahhé de Corhie QnS^4.. ôc 
more en 8^5 ^un Ratram, iîluftres par leurs ouvrages, un 
faint Hildcman^qu'^ l'Egiife àcBeaurvais regarde avec ju- 
ftice, comme un de ks grands Evcques , un faim Ge- 
raud hhhé ôc pcrede tant de Moines & plufîeurs autres 
Prélats qui en ont été les principaux ornemens. Il y avoir 
autrefois un très-grand nombre de manulcrits dans l'Ab- 
baye de Coïhie 5-le.s principaux ont écé apportez à l'Ab- 
baye dQfint Gerr/?^- •'"- /Vr à P^r.j j maisil en refte en- 
core 



îloïins Rcrfî* 



DES Abbayes de France. ^33 

TiTaïAi&Bs.çQ^g bien deux cens à l'Abbaye de Corhie y donc le Réfec- 
toire & le cloître font deux pièces admirables. Cette 
Abbaye efi; immédiatement foumife au faint Siège, par 
l'exemption que Berthafnde , Evcque à'JmienSy lai ac- 
corda l'an 66^^ l'Abbé eft Comte de Cerhic , $c Seigneur 
temporel ôc fpirituel de la Ville. La réforme de la Con- 
grégation de faint Maura. été introduite dans l'Abbaye 
de Corhie y en 1615. ôc c'eft la fixiéme Maifon qui lui a 
été unie. La Manfedes Religieux eft égaie pour le moins 
a celle de l'Abbé. . . 

FOREST-MOUTIER. 

o^bSou''^^ Foreft-Moucier, en Latin fanâa Maria Forefti MoriaJ- 
Evèquc de [erii^ eft fituéc en Picardie, au milieu des Bois de Crelïy, 

Lcitourc. N .,. . t. 1)7 ;; rw 

a trois lieues 6c demie aJhbenjille ^ ôc rondee en 64.0. par 
faint Ktquier y qui en fut le premier Abbé , d'autres di- 
fent en ^75. La taxe des Bulles à Rome étoic autrefois à 
400. Florins, mais maintenant elle eft à 

SAINT FUSCIEN. 

M. subict Saint Fufcienaux Bois lès-Amiens, en Ltitiny fanais 
s'en efi démis Fufcïanus tn Ncmore ^ W aà Nemora y ficuée en Pîcardit , 
M.^Srt', ^ deux lieues de la Ville A'JmicnSy &c fondée en gSo. par 
?oo lirTc ^^^^P^^'^- d'autres difent en 1105. par Enguerand, Comte 
peniîo;î à l'an- d'j^miens, .... 

cicnTitulaire. 

SAINT josse: 

dc**BUmKa;! Saint Jofîefur Mer, en Latin, [inclus Jodocus fper Ma- 
chi-rey^eljt^dodcella y fituée en bafle Picardie? dans le Bourg 
dumcmenom, fur la rivière de Canche ^ dans \QPi>mhieUy 
à deux lieues de Montrcuily vers le Couchant, vis-a-vis 
d'Etaples, à une grande lieue de la Mer. Saintjojfey Prince 
Breton y s'ctant retire de fon païs aux extrêmitez du 
Pomhieuy mourut vers l'an (7(;8. dans fon liermitage, qui 
croit dans une Foreft, entre les Rivières de Canch? &c 
Tome II Llll d'JnthiCy 



Florins 



Rcrca. 



éooo 



50^,00. 



Kcim 

noinc Je Co 

logHC 



joo. 



?ocoo. 



(734 Recueil gfneral 

TiTUL.MRis. ^'^j,jIj;( • qj^ q^ fic loo g- 1 Cm ps cif f cs uiiMonafterc for le 
limites des Dioceies à'^Jmiens 6c de Boulogne : il s'appelle 
J^^ir^tjojje aux Bois, 6c fut fondé en 75?3. par ChfirlemagrK . 
Il n'y a rien de remarquable que le Calice de faim Jojje , 
qu'on ne peut nier être très-ancien , il efl: de fonte ^ èc per 
^ élevé, mais la coupe e(l fort large relie a deux ances^dcs 
infcriptions ôcplufieurs figures. La réforme de la Congré- 
gation A^fnint ManY efl: dans l'Abbaye à^faint'jo'jje, fur 
Mer, laquelle efl taxée à Rome. 

SAINT SAUVE. 

M. Beaoife. S^xivit. Sauve de Monftreuil, en L^nhi ^ firMus Salviu 
de Monftcrolio y^jcl Aionafieriolo fhl)er Mctre, fituée en la 
Ville de Adonftreuil fur Mer,, 6c fur !a Rivière de Canche^ 
en Picardie y dans le Comté de Ponthisu, près le Bonlon- 
nois. Cette Abbaye efl plus ancienne que TEvéque d'J- 
miens^ dont elle porte le nom. 

M O R E U I L. 

Moreuil, où faint Vaft de xMoreuil, en Latin,y^«A/.> 
Vedaflus de MoroliOy iltuée dans le Bourg de Moreuil en 
Picardie y dans le Sanierre ^ fur la Rivière à! /^uregne, entre 
les Ville de Corhie ôd àc /^omdidîer y6c^ vingï-neuf lieues 
de Paris-, quelques-uns donnent le nom de Moreuil à 
cette Abbaye, 6: difent que fon Eglife efl; dédiée à fiitm 
Wafl, Cette Abbaye, qui efl: en règle, n'étoit originai- 
rement qu'un Prieuré dépendant de celle de Br^rf«/7; elle 
fut fondée en 1105?. par Bernard y Seigneur de Moreuil. 
L'Eglife de TAbbaye f^rt de ParoifTe, 6c le Chœur des 
Religieux efl: proprement celui de la Paroifle : il n'eft fé- 
paré que d'une baluflrade de bois, fermée d'une porte à 
deux batans. Le Chœur a tout au plus douze toifes de 
long, fur cinq de large. C'étoit ici le lieu de la fepulru- 
re de l'ancienne Maifon de Crequi. Les deux caveaux de 
ces iiluftres Seigneurs, ont été pillés par denaalheureu^ 

Moines 



,J '<^CVt.\i 



Dom àc 
Hcuffy. 



100 yoroo. 



z;o 



JOOCO, 



DES Abbayes de France* 



6>^i 



Reims, 



Titulaires ^-foiiies qui v ccoicnc aVcintcjae la réforme àt (dint A4aur 
y fûc incrodQite. Ils avoienrdifperfé les os de leurs prin- 
cipaux Bienfaiteurs, pour vendre jufqu'au plomb de leurs 
cercueils . ils ont été punis de ce ci une, par un langlanc 
Arreft du Parlement de Paris , donné au mois de Février 
de l'an lyii. . . - . . 

SAINT RIC^UIER EN PONTHIEU. 

M (îechâ- Saine Ricjuier en Ponthieu, a'urefois Centule, en Latin, 
KTÀlhlnnc,f^"^^^ /^/ci^r/^i de l'onnvio, pu Pontivoynjel Centnlum , 
Evêquc d= aut CemuU , fituée dans la Ville de faim Ejanier en Picar- 
Abbé d'Elan, die , fur la petite rivière de Cardon , a deux lieues a^b- 
te.iuï,D. àçbeville. Saint /^/^«/fr naquit en ce lieu, du temps de Clo- 
taire II. vers le commencement du feptieme lieclc : il y 
jecta les fondemens du célèbre Monaftere de Ton nom , 
vers Tan (^40. d'autres difenc en ^30. ou (^34. ou (r38. Ce 
Monaftere reconnoîc A! Agobtn pour fon Bienfaiteur. 
Satnt Kiquier étdkAii pour premier Abbé O^aloe'y ôc pour 
lui il fut Abbé d'un autre Monaftere, qu'il bâtit depuis 
dans la Foreft de Crejîy , appelle encore aujourd huy 
Foreft-Momiery à trois lieues ôc demie d'^i/'fW/''. Saint 
Angilbert fut Abbé de faim Ri^uier, Vân 7^3. après \ym^ 
fhorien : il aggrandic de beaucoup le Monaftere, y bâtit 
quatre nouvelles Eglifes \ mais il fut ruiné à diverles re- 
prifes par les Normands y il fut rebâti fous Hugues Captt\ 
mais dans une enceinte beaucoup plus petite, avec une 
feule Eglife, comme on le voit aujourd'hui. L'Abbaye de 
faint Riquier étoic autrefois très-confiderable ; car outre 
la Seigneurie du lieu nommé CemuU , elle avoir celle d' /Jb> 
beville, de DommarydQ Montretuly d>c autres, comme on 
le peut voir dans l'ancienne chronique de faint Rifîier^ 
dont l'Auteur nommé Haniilpbf, vivoic il y a plus de fijc 
cens ans. Depuis que les Moine; eurent perdu la Seign^u 
rie temporelle de la Ville de fim Riquier ^ les Comtes 
de Pombieu & ceux d'Amiens fe l'approprièrent. Cette 

Llll ij Abbaye 



Floiii 



Kcven, 



ICO. 



f093» 



T«rci..MK65 



63(7 Recueil General 

Abbaye a eu grand nombre d'illuftres Abbez, d>c entre 
zuzi'csjaint ^ngilùen^gQndïQ de l'Empereur Charlemagne, 
il l'a mit dans un tel point de fplendcur , que de fon tems; 
elle avoit peu d'égales. Il rebâtit non feulement le Mo 
naftere avec une magnificence vrayement Royale, mais 
il y adembla trois cens Religieux Ôc cent Novices, qui 
étant partagez en plufieurs bandes, chantoient fans in 
terrupcion les louanges de Dieu. La fainteté de leur vie, 
répondoit à leur nombre; 6c pour fçavoir bien vivre, ii 
fufiîloit de venir z faim B^to^uier, Le Saint voulut, après 
fa mort, erre enterré à la porte de l'Eglife, pour être 
foulé aux pieds de tous les paflans j mais vingt-huit ans 
après, l'Abbé Rîhhodus le tranfporta dans l'Eglife, & le 
mit dans la Nef près du Chœur. Le Corps du Saint efl: 
demeuré depuis dans ce même lieu, Ôc on ignoroit où il 
ctoit: lorfqu'eni(>S5. il fut trouvé en travaillant à l'Eglife 
On le mit dans une belle Chafle d'argent, que lui fir 
faire M. à'Jligre ^ Abbé Commendacaire de faim Ricjuier 
Aujourd'hui il eft dans le Sanctuaire avec le Corps dc^ 
Jaint Riquisf ^ it fi.im l^^tgor, Evêque de Bayeux i dcfam' 
Maugul, àc de quelques autres. Je ne dis rien ici des fainr^ 
Jldagdsgile 6c Hiidenjen ^ Ahhtz.dz faim Riquier \ de i?/- 
chardy Evêque de S^.bine y Se Cardinal '-idtjeremie , Arche- 
vêque de Sens i d'Helf^car, Chancelier de Louis le De^ 
honnatrc'ydç. Louis, Chancelier de Charles h Chauve y & 
de Carloman , fils du même Charles ', parce que cela me 
mencroit trop loin. Mais je ne fçaurois medifpenier de 
dire ici qu'on regarde M. Charles d'Jligre y Abbé Com- 
mendatairc dtfamt Kiquier y comme le reftaurateur de la 
Maifon, & comme un kcond faim ^ngtlhert. Avant l'in- 
iroduction delà réforme de la Congrégation de^. Maur, 
en "icco. l'Abbaye étoit dans un fi grand défordre 6c dans 
un état fi pitoyable, qu'on hefita fi on accepteroit cette 
Mailon.La réforme l'a entièrement relevée, 6c l'a mife 
en état d'entretenir un bon nombre de faints Religieux; & 

M. 



Uorinj 



Des" Abbayes de France. U37 

Titulaires, j^, l'Abbé d^JU^re , moïz Confciller d'Etat en 169^. s'eft ^' 
efforcé de lui rendre fon premier luflrc , par les beaux 
bâcimens qu'il y a fait faire, &z par les décorations admi- 
rables dont il a orné l'Ei^life : L'Autel de mai bre, le Chœ r 
ôc le Sanctuaire pavez de même matière,. la, riche ar2;en- 
tcrie, les Chaifes du Chœur, les beaiix grillages, la boi- 
ferie des Chapelles , les admirables tableaux qu'on y voir, 
font des monumens éternels de fa pieté, ôc qui rendront 
fa mémoire immortelle dans le monaftere. C'efl: par re- 
connoilTance de tant de bien- faits que nos Confrères de 
piwt Maur lui ont fait dreffer une belle ôc longue infcrip- 
tion dans l'Eglile. La Bibliothèque écoit belle autrefois 
i Jatnt Riquicr'', maïs le malheur des guerres, & le peu de 
foin des Religieux avant la réforme, l'ont tellement dif- 
lîpée, qu'il n'y a plus que deux Manufcrlts qui méritent 
quelque attention : Le premier eft un Texte des Evan- 
giles écrit en Lettres d'or, fur du velin pourpré, donné 
TifAÏnt hngilhen par l'Empereur Charlemagrie. L'autre eft 
la Chronique du Monaftere, écrite pavHdriulfe,Kdi- 
gicux dcfamt Riqsiicr, Le Manufcritelldu tems^de l'Au- 
teur, &c pouroit bien être l'Originah on y lit fon Epi- 
taphe. Le Monaftere dcfaint Kîo.iàer étoit aufti magni- 
fique que l'Eglifei mais le 15^ de Mars 1715). il tomba du 
Ciel un tourbillon de feu, qui en moins d'une .heure de 
tems réduifit en cendre cette Maifon Religieufe : il n'y 
^ eut que l'Eglife, la Sacriftie, & le Tréfor qui ne furent 

point endommagez. 

V I S I G N O L. 
Vifignol , ou Vifigneiil, ou Vizigeux j Pelletier met 
cette Abbaye de l'Ordre de fann Benojft : ôc en un autre 
endroit, de l'Ordre dtfainr ^ugufrm. Je ne fçais lequel 
croire i mais' comme je vois que d'autres Auteurs la met 
tent de l'Ordre de f^int Jugujïjn\ j'ay fuivi l'opinion la 
plus forte; &: l'on trouvera ci-après l'article de Vifignol, 
dans les Abbayes de l'Ordre àc Jaint Augujlîn, 



oniii 



'.c ;t -t 



4000 



^5S 



TïrULAIRES. 



Recueil général 
SAINT VALERY. 



ch 



Florins RcTC». 



M. Fojrbin Saint Valéry , en latin fanclus Valericus ad mare , feu 
^\l^.d'AA^i. vimacenfe monafterium , 'vel WMrici famm , (îtuée dans la 
Ville du même nom au pays de Fimeux enbafle Picardie^ 
a l'embouchure de la rivière de Somme ^ quatre lieues 
au deffous d'Jhheville, La ville de faim Falery a pris fon 
nom de ce célèbre Monaftere, qu'on nommoit ancienne- 
ment Leuconaus : Orderic f^nal , qui écrivoitdans le deu- 
xième fiécle 5 appelle ce lieu Legonau^, Le Roy Clctaire 
IL l'an 6\^, donna à ^Molen ôc à WMe^y deux Reli- 
gieux venus de Luxeu, la Terre de Leuconaj , à l'embou- 
chure de la Somme , dans le pays de Vimeu en Ponihitu, 
Us y bâtirent une Chapelle ôc des Cellules. Saint Valéry 
mourut dans la Tienne Tan <>ii. Son corps fut enterré au 
haut d'une montagne foos un arbre entourré de buiflbns , 
où il avoir coutume d'aller prier , à une lieue ôc demie 
de fa cellule. Saint Blitmond , qui avoit été fon Difciple , 
avec la permiflîon ôc les fecours du Roy Clotaire ôc de Bo- 
chard Evcqued'/^^2/^w^, bâtit près de-làen (jiy. le Mona- 
ftere, dans l'Eglife duquel il fit tranfporter le corps du 
Saint. Les Chanoines qui s*yétoient introduits, en furent 
ôtez par Hugues Capet vers la fin du dixième fiécle j ôc 
Ton y mit des Religieux dcjaint BenoiftyC^uQ l'on fit ve- 
nir de l'Abbaye d^faint Lucien de Beauvats. Les Hifto- 
riens attribuent l'élévation de Hugues Capet fur le Trône 
de la Monarchie Frîwfo//f, parce qu'il a rétabli l'Abbaye 
de S.Frf/rryqui fnbfifte toujours fous cette Règle, ôcTan 
1(^41. elle cmbrafTa la Reforme de la Congrégation de S 
Maur.Ccd la foixante-feizicme Maifon qui lui a été unie, 
par les foins d^ Jean Ben tivoglio Abbé de ce Monaftere. S. 
Valéry ^ qci étoit hwvergnac , ÔC vivoit dans le feptiéme 
fiecle , fur enterré dans une petite Chapelle affez près 
du Monaftere, où ily avoir beaucoup de dévotion, Ôc ou 
plufieurs infenfez recevoiencleur guerifon^maisaujour- 
d'huy 



DES Abbayes de France.. 6}Sf 

TiTuiAXREs. j'i^uy fon coips c ft coiirervc dans l'Abbaye en une tiés- 
bsile Chade d'argent, auffi-bien que celui de faint Bln- 
mont Ahhc^Çon fuccefleur i celui i^Jaint Scnjole Comte de 
Pombieu &: martyr, celui dcjamt Fulganius Archevêque 
de Cantorheri Se celui dtfdint Rihen. Le Monaftereaïant 
beaucoup fouffert , &: aïant été defolé par les Pirates Nor^ 
mar.ds dans le neuvième & dixième fiécle , les Moines pri- 
rent des Chevaliers pour les défendre, avec !e titre d'y^â/- 
"voueX^y Jdvocatr, mais cQs j'Jclnjoue'^ Te rendirent dans la 
fuite véritables propriétaires Se indépendans des Moines, 
prenant le nomjde Barons, puis de Marquis. Comme Leu- 
connus étoit la principale place du pays de V^imeux , l'an- 
cien Auteur delà WQdtJaJra Valéry l'appelle Abbé de 
Vimeuxy /ll^has Vfmacenjîs, Regemhcau &" Kiiimhert Abbez 
de ce Monaftere ont été E vêqucs d'Amiens. L'Abbaye de 
famt Falery joùifloit autrefois d!unc Jurifdicrion Proé- 
pifcopale dans la Villes mais elle en acte évincée par A r- 
rêtduParlementde P^r/s du huit de Février i(r6'5?. Les Re- 
ligieux de la Congrégation de (aint Maiir joùiffent de 
neuf mille cinq cens livres de revenu , ôc l'Abbé de treize 
mille. L2L taxe de Kome eft de . . . . . 

Abbaye d'Hgm. de l'Ordre de Citeaux. 

C E Pv C A M P. 
M. le Comte Cercamp ou Cherchamp , en latin , Crrus Campus y fille 
Prince du de l'Abbaye de Pontigny , fituée dans le Bourg oe Cer- 

faiîg 11 a eu 



j tloiins Rt'vciî. 



ceccc 



Abb.i 



ye 



camp dans l'Artois , fur la Rivière de Canche^ au-def!::? de 
^"^7 ot°a'^ Piefdin prés de Frenjenq , Sc fondée l'an 1140. par un des 
misic même Comtcs de faint PoL Ses fucceffeurs , par pietcou par và- 

joar pluficurs • ^ r } 1 1 • n x t Ci ^ / • 

pcnfions lui uitc , firent beaucoup de bien a ce Monalvere, qui etoit 

cette Abbaye; p . .^ ^ . .1 , n 1 i> • ? a • 

fçavoii, 3oooautrerois magnifique , mais il n y reite de 1 ancien uati- 
Ma^quis'^dc" ""^^"^ que la Nef de l'Eglife. Les Comtes de /ami Pcl 
ThciigiryGou-^jyoient leurs fepultures dans le Choeur, qui aïant été 

vcincor du i ' i 

Comte de Ciermonr looo livres à l'Abbc f!c Dijnn Précepteur de ce PriiKe , looo Jiv, à M. de Conruil 

Chevalier de faiuc Laïaie, & toooliv. à M. d'Olmou;, 

ruiné* 



X7tt. 



140c*». 



<>4<^ 



Recueil General 



Al. de Rohau 
GuimenccAt- 
chavè^^'jc de 
ReJmj Se Ab- 
becie Goire , 
D.deMcts,0. 
de 5. B.-;!0fi-. 
Il a eu lAb- 
hiye du Gird 

Ja:^:cr 171J. 



TiTuiAiREs. ruiné, leurs cendres onccté tranfoortées dans une Cha- 
pelle de la Nef, ô£ on y a mis une infcription. 

' GARD. 

Gard ou !e Gard, en latin , Gardum y feu dî Garda y aui 
de Gardoy Fille^ de l'Abbaïede CharlieUy fituce Qn Picar- 
die 5 à quatre lieuè's d'Amiens , au bord de la Somme , à de 
mie lieue du Bourg de Pequi«^Ky ^ du côte du Levant , & 
fondée le .14 Aouil 1135). par H^r^în ou Girard Vidame 
d Amiens, dont le corps eft enterré dans le Grand Cloî- 
tre. Il paroifî: par lesbacimens de cette Abbaïe qui reftent 
aujourd'hui, qu'elle étoit autrefois fort illuftre. On voit 
dans les C hœurs d'anciennes formes, te! les que les avoient 
les premiers Religieux de l'Ordre. Le Chœur des Con- 
vers occupoit toute la Nef, ce qui paroift dans les mu- 
railles , ôc les pierres brutes des piliers qui croient ca- 
chées parles formes desConvers. Ilyadans l'Eglife une 
pierre qui fervoit de pifcine aux Religieux pour felavei 
les mains. . . * . ,. \ . 

L I E U^D I E U. 

Lieu-Dieu, en latin , Locus Dei , Fille de l'Abbaye de 
FoHcarmont , (îtuée en Picardie dans le territoire du vil- 
lage qu'on appelle Beaucbamj? , qui eft le "lieu de la refi 
dence des Marquis des Gamaches d'aujourd'hui, fur la ri- 
vière de Brede , d'autres difent de Senarpont , ôc fur les 
confins du diocefede Roiien ; elle fut fondée par Bernard 
Se Thomas Seigneurs de Dreux ôc dcjaint Falery, le trois 
des Kalendes de Février 1190 ou 1191» & détruite par les 
Bourguignons en 1471. Elle porta les marques de leir fu- 
reur jufqu au tems de Noël Cotntel , qui en tut Abbé Ré- 
gulier, &; qui employa la plus grande partie de fon re- 
venu , pour en bâtir l'Eglife èc le logement des Reli- 
gieux. . , , . . . 

VALLOIRES 



Florin 



^ooo 



I 



LOOO». 



xooo. 



i8«oo.' 



cher de Bel- 
bacourt. 



Il 



160. 



3;oo. 






TlTUlAiRES. 



M de Bro. 



^\ie. 



DES Abbayes de France. 
VALLOIRES. 

Valloires , en latin j, BAancia^ feu F'allolLi ,aur Valh- 
rîa, Fille de l'Abbaye dcCireaux^ Cnuét en Picardie , ^<. 
fondée d'abord le 3 des Ides de Septembre 1138- par Guy 
Comte à^Pon^hieu : D'autres difcnt, par GuilUumcTdl 
'uasComiQ de Pomhieu, Trois ou quatre ans après , elle 
fut transférée à Balance ^ 011 ily avoitdes Chanoines Ré- 
guliers, qui cédèrent la place aux Religieux à^Cheaux ^ 
maisdsn'y demeurèrent pas long-tems , jîarcecuecelieu 
étoit élevé ôc ferre, 6c ils vinrent s'écablir à ^altoires dan-î 
une vallée afîéz agréable , fur la rivière d'A/^'/?/>. Jeanne 
Reine de Culftlle , de Tolède &c AzLeon fut enterrée dans 
J'Eglifc de cette Abbaye. L'on dit auffi que Jean de Lu- 
xewtwuro^ Roy de Bohême ^ tué à la bataille de C/c£>'y fut 
iuhumé, mais qu'il fucenfuitetranfporté cnHonç^rie, On 
y voie encore le tombeau d'un Seigneur à'/fumâle , mais 
fans incription. 

Abbayes d'Hommes de l*Ordre de S. Augustin. 

SAINT ACHEUîL. 

pî,.ff'monc'' ^^^^^ Acheiiil , en latin, fanclas Jcheolus , feu Jtheolus , 
d Moatbri- fuLiée en Picardie ^ entre les rivières de Celle Se d' Juvcr 
^ne hors des portes d'Amiens & au-delà du Faubourg, & 
fondée en w^g. C'eftoic autrefois Ti/glife Cathédrale ^ 
avant qu'elle eut été transférée dans la Ville par faim 
S.î/^i/é' Évêauedans le feptiémedccle. L'Evcque rt/>>'r} y 
établir une Communauté de Clercs !*an 1145. à la priert 
du Chapitre de la Cathédrale, qui donna à cette Egh(c!a 
meilleure partie des biens qu'elle poifrde; auflî eft-elL' 
de la Jurifdidion foiriLuelIc Se temporelle de ce Ch^pi 
tre. On y a découveri depuis quelque^ années , fous i^^ 
Grand Autel cinq tombeaux anciens, 5: un fîxiém::o'V 
l*Evcque faim Firmin eO: reprcfenrc en habits Pontificaux 
tenant lacrofle en main, mais fans mitre. Ces tombeaux 
Tome II. M mm m cm*' 



zcliil. 



Fi. 



i\even. 



64-t 



GENERAL 



TxTUi..lRi 



Recueil 

'• ont donne liea à beaucoup de contedations. L'Abbaye 
de fainr Jcheiiiltd pofledée par des Chanoines î^egultersàQ 
la Congrégation de Çaime Gcne'viéve ^ ôc eft: en règle. . . 



picfinj Revcn. 



C L A I R F A y. 



M iMfcbc 
Fa;iVLt Cliîn- 



Clairfay , ou N. D. de Clairfay , en latin , CUrunifa- 
Koylul^T ^^^^'^^ ^ f^^ F/^^/ffww, de rOrdredc S. Auguftin, cette Ab- 
Q^iciuin un baye eft fituceàcinq lieues dAniiens, & au même Dio- 
du Roy, & icele, entre ledit Amiens ôc Arras , fur les confins de Pi- ' 
jam honorai- c^J'rt/^" , prcs le Pays d Artois^ ôc a cte fondée en 1 an 1140. 
v« Jlr"t.cuh"a P*^*^ '^ Seigneur Hugues Camp 4'JveJnes Comte de faint . 
qucs. M-Juy PauL Quï fonda aufli en même tems T Abbaye dQCerf \ 

aaccoiûc par •' i ^ vi.f»' -^ \ 

guet f^zcui.campy Ordre de Citeaux, ou il fut in humé deux ans après , 
la fondation de ce Monaftere. j 

Son fils Anfelme Camp d'Avefnes Comte de S Paul, 
après la mort de Ton Père, confirma la donation ôc fon- 
dation, qu'avoir faitfon père dcladire Abbaye de Notre- j 
Dame de Clerfay , avec la Haute & Baffe Jufticeôc toute 1 
la Seigneurie, laquelle Abbaye en ce tems U le Roy prie 
aurti fous fa protedlion & fauve- garde, comme il fevoitj 
dans les Rcgiftrcs de la Chambre des Comptes de Par;s, 
ou il efl: die , que les biens des Ahhês lieUgieux C^ Couvent 
de l'EghJe de Notre- Ddme de Clerfay au Diocefe d'Jmiens , de 
l'Ordre de /4int Juguftin ^Jont amortis fous le I{oy Notice Sire^ 
tant en temporalité comme autrement ^ rejjortijjans à part y O* 
fans moyen du I{oy Notredit Seigneur y (S^ dont ils font l'efpi- 
cial (^falve garde duRoj Notredit Sdgneur \ Ù^ li leurs fa- 
milières C maijtnes , ^ dont ils ne doivent aucun fervice ou 
redevaUeté en tems de guerre ne autrement y fors feulement qu'ils 
font en le falve garde du I^oy Notredit Seigneur , comme dit 
ejl y mais feulement font tenus de prier pour li ^ fe nohle lig- 
née dévotement en l'Office divin , qui tous les jours efl fait en 
ladite Fglfe. Cette Abbaïe efl: taxée à ... 

SAINT MARTIN AUX JUMEAUX. 
Saint Martin aux Jumeaux,, en latin yfanâus Marti- 

nus 



Vue n i'Evc- 



ito. 



5009. 



6C. 



ijoo. 



A 



en 1/6/. 



desAbbayï:sde France. ^"43 1 
J.t.HAr„i. ^^^ jçÇç^,llfs. fituéedans la Ville d'Amiens. Céroic'nor 

che d'Anaicus ... ... , », -^ i j / ■ r> r 

ofigmairemenc une Abbaye de i Ordre de jaim nenoijt i 
d autres difenc, comm^- famt Grégoire de Tours , que ce n'é- 
toit qu'une petite Chapelle qu'on avoit bâtie à Tendroic 
où fairjt A/cîr;/« donna la moitié de Ton manteau a un pau- 
vre. Dqs Religieufes s'y ccibliienr^ & puis en fortirenc. 
Guy Evéque d'Amiens y érigea une Communauté de 
Clercs , a laquelle le Chapitre de !a Cathédrale donna dçs 
bi^ns confiderables en 1103. ôc c'eft en vertu de cette do- 
nation qu'il jouit de la Jurifdidion fpirituelle ôc tempo- 
relle fur cette Maifon. Les Clercs, par une ferveur ex- 
traordinaire ^ fe firent de feculiers qu'ils étoient, régu- 
liers de rOrdx-e de famt y^u^uflin. L'an 1105. ils ne prirent 
d'abord que la qualité de Prieur. Leur Communauté fut 
crigce en Abbaye en 1/45. par Thierry Evcquc d'Amiens. 
Elle fut unie à l'Evêché lan 15^5. en faveur du Cardinal 
àQCrequy pour lors Evcque d'Amiens, & la Maifon des 
Religieux fut donnée aux Celejîins en 1(^35. parce qu'il n'y 
avoit plus que deux Religieux i ôc les CeleJIms ont lAà.- 
tie magnifiquement la Maifon dans l'endroit même, ou 
faint Martin n'étant que Cathecumene, partagea fon man- 
teau avec un pauvre, c^uiéioit Jeju s- Chrffi. L'Eglife eH: 
très-propre ; la boiferie de la Sacriftie efl admirable , ôc la 
Bibliothèque eft fort bonne. On y trouve même quelques 
manufcrifs, dont les plus confiderables font un Laclar;ct 
quelques ouvrages d'0/'^w,de Pétrarque , de Thonias de 
Cracovie fur l'Euchariftie, h \icdQ Jatnt Pierre Ce'efir?^ 
l'Epitrc aux Frères du Mont-Dieu , fous le nom de faim 
Bernard , deux Commentaires fur la règle dcjaint Sencti, 
l'un du Père Pocquet Celeflin , qui mourut en 154^. & l'au- 
tre de Lantaye Celeflin de Brahanr, qui vivoit en 1505?. . . 
SAINTE MARIE. 
wuicftux Ce- Sainte Marie de Vifignol ,ou Vizigneulou vizigneux, 
Sanâj, Mari* de Ftfignolio, Ot\ n'en trouve point de Mé- 
moires. • » , * . . . 

M m mm ij Adbayis 



ifftinj<i'A- 
/licns. 



Revea. 



700 



foo» 



4^ 



<r44 



Recueil général 



TiTUl.Ain.ES. 



Abbaye d'Hommes de l'Ordre de Premontre*. 

SAINT ANDRE'. 

Le R. ferc Saint André aux Bois, en lacin S. Andrews in Nemore y 
ficuée à deux petites lieuës à'Hffdm de de Montreuil en Pi- 
Ccirâie.Q^n iio\t dans fon. origine qu'une dépendance de 
celle de Domp-Muriin- Thierry Evêque d'Amiens l'érigea 
en Abbaye en 11(^3. Il piroîc par quelques titres , que la 
Prévôté de Magdchourv^ lui étoic autrefois unie , elle n'a 
aucune Cure ce qui eft adcz particulier dans l'Ordre des 
Prémontrer y ôc elle a eu l'avantage de n'avoir eu jufqu'd 
prefent que de5 Abbez Réguliers. Lors de la vacance ^ 
les Religieux prefentenc trois fujecs au Roy, &; Sa Ma- 
jeHé en nomme un. Il y a des Auteurs qui difcnt, que 
cette Abbaye fut fondée l'an 11^6. par Guillaume de fawt 
Orner. . . . . . . . 

DOMPMARTIN. 



Floriiu 



^cvcn. 



R 



L= R Perc Dompmartin , OU faintJofTeaux Bois, en latin» fanflus 

icoiiârc. rj , ^ AT f-i -rit r 

Juciocus m Nemore Ucmfm.vnint ^ jeu de domo AJartmi jufer 
litîus y Z'el farMiis Jodocus Dompm.ruini y fi tuée tn Picardie , 
a une lieue & demie de l'Abbaye de [aint André aux Bois , 
près la Ville d'Hâfdm , 6c à 45 lieues de Paris. Elle fut fon- 
dée l'an 115^ par /l/JîU,n Evêque de Thcrouenne ^ fous l'in- 
vocation dcfaintJ'iffey^jQ ne fçai d'où vient qu'elle por- 
te le nom de Dom^^martin] car tous les anciens titres l'ap- 
pelient faint Jofje aux Bois y eileefl: très-belle, 'à{ l'une des 
plusflorilîances de l'Ordre de Prémontré. Elle eft en re- 

<iivt« • • » •- • • » 

SAINT JEAN-LEZ-AMIENS 

Evê<iucd'Or- Saint J?an lez-Amiens^en latin y fanons Joannes in Jm- 
i^-^iis. hi<inîs , fituée dans la Ville d'Amiens : Elle fut fondée 

par C;ry Châtelain d'Amiens l'an 1125. Les Religieux P re- 
montrez qui l'occupent, font de l'ancienne obfervancc, 6^ 

onc 



60 4000. 



f 100. .■ÎOOO. 



Florin 



ftOO. 



t)Es Abbayes de France. (^45 
ftjptiVîMji Qt^j. uj^e excellente Bibliothèque où il y a plufienrs An- 

tiquiccz * , . ^^^ 

SELINCOURT. 

, ^ Selincourt, en Latin, fancîus Petrus de Sdincurm^ dut\ 

de soirc. ^^ Selincurtis > ficuée dans le Bourg du même nom, dans l'>^-| 
li J^lTauyis mienois en Picardie y à lepc lieues au-deça JC Amiens , ôc fon- 
dée en 1131. par Gautier Tirei , Seigneur de P(j/a:. On 
nomme communément cette khh^iyQ y [aime Larme , à cau- 
fe d'une lamte Larme de Notre-Seigneur, que Bernard 
de M oreiiil âipl^oi'ti de la Terre Sainte, ôc qu'il donna l'an 
1106. au Monaltere, où elle attira un grand nombre de 
Pèlerins : elle eft fluide, & fe conferve dans un très- 
beau Reliquaire. Il y a un aiïez bon nombre de Manu(- \ 
crics dans la Bibliothèque de cette Abbaye, !a plupart | 
font des Ouvrages des Pères. L'Egliie, après la Cathé- 
drale à'Jmiens y eft la plus belle du Dioceie. • 

SERY AUX PREZ. 

Sery aux Prez, en Latin, Siriâcum in Prdîis, (icuéc en 
Picardie, fur la rivière de Brêle, entre Jumale6c la Ville 
d'£«, à trente -quatre licuës de Pans, tout proche de 
Blangy y ôc fondée par Guillxime deCajeux, Seigneur de 
Boullcncùurt, •••.,. 

Abb. de Filles de l'Ordre de S. Benoist. 

SAINTE -AUSTREBERTE. 
w^iBouchct Sainte Auftrebcrte de Montreuil, en Latin, Cunch 
Coaijut'icc. Aufîrehertii aùud Monfirolium ad mitre, fituée en Picardie, 
tjçr.iaru, aux confins du Boulonnais y fur la rivière de C^wr/?^, auprès 
d'Hefdin, fondée vers l'an 1050. par y^ujlreherte, en l'hon- 
neur de fa Pacrone. Gerce ydujireherte fut première Abbefle 
de PouiUy 5 où félon d'autres , dcjainî Paul en Beau^oif.s , 
petite fille de Baudejroy le Grand ^ &c fœur de S. rranch:!de. 
L'Abbaye àz Jatnte Jujlrcherte 2i été cransfcrée depuis à 

Montreuil^ 



8.cvcn. 



'.7000, 



M. (îc Haate- 
ioi :à 



;oQ, 



>oo» 



ÇOCOi, 



64<^ Ricxj^EiL Gênerai 

Vn^L^iKt,. ^^ ^,^,.//^ ^ I'q^ y £-^ij. 1^5 Conflicucions du FaUe Grâce 

de Paris. . . . . . . 

BERTEAUCOURT. 

Mai.jfMou. Bertaucourt, en Latin , làertolcurîiuniy fi eu ce a cinq 
' lieues d'^UeviUe, vers le Levant d'hy ver , àc fondée l'an 
1093. pàtfaint Gauthier, depuis Abbc dcfaira Adarrm de \ 
Pontoife, 

S A I NT MICHEL. 



l 



Floriir; ^'cvcn, 

[.OC'OO. 






Mâj. ci'Ef^ Saine Michel de Domlans , en Latin , DorUnum, Du- 

iz's'JK:^^n! i^^dium ^'vel Janèlus AJ ichael de Dorlano ^ fiméccn PiCdrdify 

dans la Ville du même nom, fur les fronticresd'Artois,a 

cinq ou (ix lieues td' Amiens ^ 6c un peu moins de faim Rt- 

qu:er. On en ignore la fondation. 

Abbayes ùe Filles de l'Ordre de Citeaux. 



kL\i Lamliert 
et Ttoiigny. 



ESPAGNE. 
Efpagne, en Latin, Hijpaniay (ous la dired:ion de 
C/ieauxa, CLC fondée lamiyS. par Enguerrand des Fontaines^ 
Sencchal de Ponthieu \ bâtie la même année par Thihaud ^ 
Evcque d'Jmiens ; & Jean ^ Comte de Ponthieu ^ ôc efl; à 
prcfenc transférée dans la Ville &JhùeiJille, , 

P A R A C L E T. 

Wariamcdc Paracicc ou Paraclic, en Latin , Paraclitus , Fille de 

chcpy, le M l'Abbaye de C/rf4«x fondée en 1118. yiiï EnguerrAnd deBon'e, 

j.nm.i7zi. ^ j^^ £^ femme, qui y firent bénir & établir Marguerite 

leur fille pour Abbefl'e i cette Abbaye étoic pour lors à 

deux lieuèsdela Villed*y^/ri/V»i;mais il y aenviron foixan- 

ce-quinze ans qu'elle a été transférée dans la Ville. 

VILLENCOURT. 

Mii.deCrc Vilencourc ou Willencourt, autrefois Boulancourt en 
suy,ça.7i^. Latin, WallcncHriaJeu BclU Curta, ^el BelU Cnriis , fi \^ 

de 



Soo-x 



700Ô. 



90QO 



D E s A B ^5 A V t s b E France. ^'4-? 
UraLx-.Kzs . ^^ ['Abbaye de Cttemx, & îonàtz en Picardie au Fais de 
Ponthieu^ lurli rivière d'^-ir/^/V, près y^'K^y le Château, 
d'où elle a été transférée en la Ville d'Abbeville. 

Prieure*. 

SAINT PIERRE ET S. PAUL. 
N, Saine Pierre 6c faint Paul d'Abbeville, efl un Prieuré 

Conventuel , collatif de l'Abbaye de Cluny : il a été fon- 
dé eniîoo.par Guy II. Comte de Po«r/;/<r«,il vautSooo 1. 
pour le Prieur, Se 4000 liv. pour les Religieux. 

EGLISES COLLEGIALES. 

L'Eglife Collégiale de faint Florent de Roye, Soli* 
taire, qui vivoit du tems de f^int Martin^ par qui il fut 
ordonne Preftre à Tours \ fut fondée par Herbert^ Comte 
de VcrmAndoisy & Hildebrande {a femme, qui fe refer- 
verent le droit de nommer aux Prébendes. Ce droit a 
pafTé au Roy, par l'union du l^erm^rtdois à la Couronne, 
l'an 1183. Ce Chapitre eflcompofc d'unDoyen, & dedix- 
fepc Chanoines, fans compter une Prébende qui efl unie 
au Collège. Le Doyen eft: élu par le Chapitre, ôc confir- 
mé par l'Evcque à! Amiens, Ce Chapitre a un premier 
degré de jurifdidion fpirituellc : le Doyen bc deux Cha- 
noines nommez par le Chapitre, exercent l'Officialité, 
& connoi(Kfnt de routes les caufes Ecclefiadiq'jes qui re- 
gardent le Clergé, & les habitans de la Ville de Rnje^ 
excepté de celles où il s'agit de crimes ou de divorce. Les 
appellations des Jugcmens rendus dans ce Tribunal, rei- 
forrifient à l'Officialité d'yfmiens. 

Le Doyen , le Chantre , le Treforier , ôc les vingt- deux 
Chanomcs de l'Eglife Collégiale de fdfnt Wlfran ou WuL 
^/;m72 dans laVilled'/^/'^6'x'/7/â', font de nomination, Royale. 
Cette Eglife a cfté fondée par Talvas , Comte de Pomhku^ 
& par Jert« Ion fils. Le premier y établie douze Chape- 
lains en un. ôc l'autre, vinec Prébendes en lui. Tous. 

de' 



àCO«. 



/$'48 Recueil général j 

TiTui-MRBs. ^gj Bénéfices font à la nomination du Roy, par la réîi- ^'^""' ^'^=™' 
nion du Comté de Ponihteu à la Couronne. \ 

Le Chapitre àtfdint Firmin de Morureutl, eft compofé 
de fepc Chanoines, à la collation de TEvêquc d'^^w/ew^, 
& le Doyen eft de nomination Royale. 

Le Chapitre de Notre-Dame de Noyelles ^ fur le bord de 
la Mer , eft* compofc d'un Doyen c|ui eftclû par le Cha- 
pitre, Ôc confirme par l'EvcquedV^w/f/î^i les douze Cha- 
noines font à la nomination du Roy, en cjuahîé de Comte 
de Pomhieu j l'Evci^ue d'Jr-/iensy a ralcei native avec le 
îloy. 







EVESCHE'i 



Des a b b ay e s de Fp.ance. <^45)i! 

EvâcHc DE NOYON- 



M. Cliarlec» 
Fianc^ii de 



NO YON3 en Latin yl^ovwme)7/is, Ev,êclié TufFra- 
ganc de Reims, Ville Epiicopale de la féconde Bel- 
ncTAbbfa-r'-^^^^^ & de l'Exarcat des Gaules d3.ns l'Ifle de France , & 



ha .0'd.cdc^^p^j.,jy,^j^j. j^ Picardie, oh eft fon Diocefe, à-vino-r-deux 
de Reims ^ lieues de P^n'.^ , a vingt de Reims , a quinze d'Amiens, & 
oVàicdcVaunà huit de Soijfons^ firuée en un bon oc beau pais, fur la 
d'/,mieiis. rivière de Kor/e', qui le jette a un quart de lieue de la 
dans la rivière de \Ojje, ce qui efi; une grande commo- 
dité pour la Ville de Ncr^'on. 

L'Evéchéétoit autrefois à J^erm^md^ ils l'an 314. mé- 
chant Bourg à deux li.euè's de pint êluentin , à dix lieues 
de Noyon, Se à trois lieues au-deffous de Chauny j mais 
ayant été ruiné par les î^andules^ fdint Medard fur fait 
Evcque de Kfrmandoïs l'an 530. après la mort d'Alomer , ôc 
l'année fuivante 531. il tranfporta le Siège Epiicopal de 
P'^ermand ow d'Augufte de Fermandois qui devenoic dé- 
ferte dans fes ruines à celle de Noyon ^ qui étoit dés-lors 
une place forte. En 531. il fut chargé encore de l'Evcché 
de Tournay, après la mort dcfaint Eleutbere \ &: depuis ce 
tems, les deux Evêchez de Noyon Se de Toumay demeu- 
rèrent unis jufqu'en 1148. environ vers la fin deTEpifco- 
pac de Simon de l^ermandcis ; parce c^wt fdint Bernard obtint 
de fon difciple, le Pape Eugène lîl. la défunion de ces 
deux Sièges ; de forte c^\ ^njelme ^ Moine Benedidin , 
Abbé de fdint Vintent de Laon , fur crée en 114?. pre- 
mier Evcque de Tournay , & cet Evcché a été de fort 
grande étendue, jufqu'à 1 érection des nouveaux Sièges 
de Gand Sc de Bruges. Saint y^caire .fut fait Evcque des 
deux E vcchez l'an 6ii. après la mort iEvroul^ Si les f;ou- 
vcrna pendant dix-huit ans. Saint Eloj ^ nommé dès l'an 
Tome IL Nnnn c^^. 



Florins 



Pv^CVQH, 



6^o Recueil General 

TiTBiAin«. ^^^^ après la mon it fdint Jcaire , fut facréle ii. deMay , 
qui ccoic le Dimanche de devant les Rogations , te il mou- 
rut l'an 659. Sdint Monmolein ^ Abbé de Siihiu y fut fait 
Evéque de Noyon & de Tournay ^ lan C<^^ & mourut en 
6%y Au Concile de Trojf en Champagne ^ qui fut tenu l'an 
879. & où fe trouva le Pape avec le Roy Louts le Bcgue \ 
l'étendue de l'Evéché de Noyon fut fort agrandie. Sous 
Hugues Capet y l'Evcque de Nojonfut fait l'un des Pairs 
Ecclefiaftiques, qui portent le titre de Comtes ; & c'eft le 
fixiéme des douze anciens Pairs de France, Au Sacre du 
\ . Roy il porte le Ceinturon ou Baudrier de Sa Majefté > ôc 
il eft Seigneur temporel de la Ville de Noyon. Une gran- 
de partie de l'Eglife Cathédrale, ôcdu Palais Epi fcopal, 
fut confumée par le feu en 1131 L'Eglife Cathédrale efl: 
dédiée a Notre^Dxme : elle eft obfcure, ôc fon bâtiment 
n'a rien d'extraordinaire. 

Le Chapitre de cette Eglife efl. compofé d'un Doyen, 
d'un Archidiacre, d'un Chancelier , d'un Tréforier, d'un 
Chantre , d'un Ecolâtrc, de foixante Prébendes , de 
huitccns cinquante livres dercvenu chacune, & de trente- 
neuf Chapelles décent livres de revenu chacune, lorfque 
celui qui en eft pourvu n'aflîfte point aux Offices i ôc de 
trois cens liVrcs lorfqu'il y aflîfte i & d'une Chapelle 
Royale qui vaut huit cens livres de revenu. On compte 
dans le Diocefe de Nojon dix-fept Abbayes, & quatre 
cens quatre ParroifTesqui font partagées en douze Doyen- 
nez ruraux. . 

' Abbayes d'Hom. de l'Ordre de S. Benoist. 

,, . ^ ,,. SAINT ELOY. 

unie 3 l At>- 

baycde Chci- Saiut Eloy de Noyon , en Latin , fanétus Elmus Non)io^ 
ntenjis , iitucc dans une des extremitez de la Ville de 
Noyon eft bien bâtie, & fpecialement l'Eglife qui eft 
toute neuve. On ignore le rems de fa fondation i mais 
Ton fçait que la réforme de la Congrégation de S,,Maur 

s'y 



Florins Rcvcn. 



5000 



SAINT QUENTIN EN L'ISLE. 

M. Bignon Saint Quentin en l'Ifle, en latin, finflus êlujntinus in 
i'Ttzt, & A- InfiiU, Elle ctoit autrefois fituée dans une Ifle de la ri- 
ïcfsdcnce,, vicrc dc la Somme , près la Ville de Saint Quentin , où 
jcsinfcrip- ellç eft maintenant transférée. On en ignore la tonda- 

tious & de ^ 

l'Acadcraïc tlOn. ..,...• 

Franjoifc. 



SAINT PRIX EN VERMANDOIS. 

u.Brifard. Saint Prix en Vermandois, en latin , fanélus Pr^jeclus 

N nnn ij in 



JOOÔ. 



Des a b b ay e s de France. C{i 
TtfniAiKts. ^y eft introduite depuis ic^u & c eft: la quarante-unième' ^''°'" 
Maifon qui lui a été unie. , . ^ . . 

HOMBLIERES. 

M. <jeHan- Homblicres , ou Humblieres , en latin , Humolarid , 
Droimcnii E- vcl HumuUria , aut Hmnhertus y alias de Homohleriis feu Hu- 
Ku?!'& .Vobé moUriis ^ ijel HumoUrtenfe Mon^iflerium , fituée en Picar- 
o rie atViux '^^^^ en Vermandois , i une lieuëde Saint; Quentin , du cô- 
D. de Lan- j^ ^q l'Orient méridional, en allant vers Guife, Elle fut 
fondée l'an ^30 ^àrfaint Eloy pour des Religieufes , & 
y^/w; Hunegonde en étoit du nombre , l'on garde fon corps 
à, Saint Quentin. En 948. Albert Comte de J^ermandois 
mit à Homblieres des Religieux Bcnediclins i ôc mainte- 
nant ils font non Reformés. Comme cette Abbaye n'eft 
éloignée de Camhray que de fept lieues, elle fut prefque 
ruinée pendant les guerres de la France avec YEfpagne ; 
mais elle s'eft rétablie depuis la paix. . . 

MONT SAINT QUENTIN. 

M.couxtin. Mont Saint QLientin , en latin , Mons fanfli êluintini , 
a)el Monaflerium Janâi êluintini de Monte , fituée fur une 
montagne , à demie lieuë de Peronne. Elle fut fondée 
vers l'an (^43. Il y a la reforme de la Congrégation de S. 
MauTy depuis iciu ôc c'eft la dixième Maifon qui lui a 
été unie. . • . • • t . 



Rcvcn. 



:?oo<s 



^00 



iooo. I; 



4.00 



1100^ 



ICOO. 



iJOOO. 



(^51 Recueil General 

.Tirui.AiRBs. ^^ yiromandepo y alias fAncîus Prifcus ^ a été fondée par Al- 
bert M. Comte àç, l^crmandok y l'an 5)40. auprès de la^ 
Ville de Saint Quentin; mais comme ce Monaftere fe 
trouva enclavé dans le deflein des fortifications de cette 
ViUe^du tems de Louis }<I. l'on transfera les Religieux 
dans la Ville l'an 1475. & ils y ont toujours demeure de- 
puis. Les Bulles étoientautrefoiSjde 800 florins? mais elles 
font maintenante ..... 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre de Citeaux. 
O U R C H A M. 



M l'Abbé de 
Ge'vrcs frcic 



Ourcham, Orcamp y Ourfcamp, en latin yfanSla Ma- 
àuGouvcrn. yj^, dc Vrjicampo , fituée dans le Bourg du même nom/ur 
ctVÀVb^yr la rivière d'0//e, àiinelieuë de Noyon vers le Midi. L'Ab- 
i'zj'! ottabaïed'O/^rc^w/^eft Fille de celle de CUtrvauxy &c:i pris le 
î^'^'^'^'^^^;;'^^jnom d'Vy/icampus , que lui donnent les Auteurs Latins , 
pcaàons;fça-j'yj^Q^jj.5qL]i faifoit fa retraite en ce lieu- là , où l'on bâtit 
°ur'M°ic 'd'abord un Oratoire en l'honneur de/^/V?/ Eloy. Ellefu 



voir 



pour 

crcquyTau! fondcc k dixième Décembre 1.115?. par ^^/wo;? de Pyrmdndois 
"rEcMa-Eveque àcNoyon , en la Fore(l à'Efguey U il y eft enter- 
rouUeA 3000 j.^ ^^g^ quatre de ks Succefleurs. Il yala reforme dans 

iiv. pour M. 1 . ' . 

]ccomtcdc l'Abbaye d'Owrc^?'/?/?. • . . . . 

Mtlen. ^ 

Abb. d'Hommes de l'Ordre de S. Augustin. • 
SAINT BARTHELEMY. ''''-- 



Saint Barthélémy deNoyon, en latin , S. Banholo 

bon ancien E- ---•-_ .41 



vicr? 



M de Kati- 

quc" drvw w^«5 Noi:iomcn/is y fituée fur le Mont des Monumens de la 
ViUedc Nojon, Se hors la Ville, fut fondée par ^^/i^io/if/w 
V. qui y mit des Chanoines Réguliers en 10^4. • . 

SAINT E L O Y-F O N T A I N E. 

îtd= Saint Eloy- Fontaine , en latin, fkrMfis Eligius fons , 
iésfi.tuée en Picardie^ à une lieue de ClMunj , vers le Coi - 
\.chantd*£tc, près des Bois, en tirant vers H^»î , ôc à 15 

lieues 



1 

Florins ^^*='''«"- 



1J5- 



1800 



{oooeL 



Suoo.I. 



BES Abbayes de Fra^nce. ^53 

T.ruiA ais. ]jg^jç'^ j^ p^^^.^-^, ^ fyç fondée dès l'an 1130. Il y a la refor- ^^^^'' 



O.deClteaiix, ^^^ 



H A M 



7;o. 



slRcveiî. 



l'Ordie de 
Ma 



,, , ^ , Ham , en latin , Hamum , /<?« fanÛa Maria Hamen/îs , 

M de Fouiras ^ , , t . 'HJa 

cic chàieau- (uQee daHs la petite Ville du mcme nom , dans le /^fr- 
mmàcnxdms niandois ^n Picardie, à quatre lieues de Saint Onenrin, fur 
la Somme , entre Noyon ôc Peronne; ce n'étoit avant le dou- 
zième fiécle qu'une Collégiale de Chanoines, quiavoient 
été autrefois Réguliers , mais qui s'étoienc fecularifez j 
Baudry Evéque de Noyon y établie des Chanoines R^eguliers 
en 1108. ôc le Pape Pajcal II. Térigea la mcme année en 
Abbaye , où il y a la reforme. . , . . 

Abb d'HOxMmes de l'Ordre de Pre'montre'. 



♦ 8o3 



14000, 



M. Cro23t 
vaiftrcucsKe- 

qucftts. 



G E N L I s. 

Genlis , en latin , Genliacum^ ficuée dans le Bourg du 
même nom en Picardie, éloignée de la Ville àtChnuny y 
d'une lieuë. Cette Abbaye a été autrefois occupée par des 
Filles de TOrdredefaint Auguflin \ mais ellerefl; a pre- 
fent par des Chanoines Réguliers de P remontre-^ reformez. . 

V E R M A N D. 

M.dcScgur Vermand , ou Notre Dame de Vermand , en latin , 

Papou'. BeAta Jïddria, de y ermAndo , jeu Viromundta. , iituee entre 

Peronntb: Sdira Quentin, Sc fondée par Fulrard fils de 7^- 

rome bâtard de Charles Martel ..... 

Abbayes de Filles de l'Ordke de Citeaux. 

BIACHE-LEZ-PERONNE. 

wre^cBcry. Biachc-lez-Peronnc , en latin, Biacum ^ feu Biachium , 
icuNoTcmtlp*'^/'^' Pc^'onam y Fille de l'Abbaye de Citeaux ^ fituée en 
Picardie, a une demie lieue de Peronne ^ vers le jnidy. . 

SAINT, 



i7i» 



iço 



ifoo, 



33. 



4C0» 



^c: r. 



TlTllLAIMt. 



<J54 



Recueil général 
SAINT AVENTIN. 



MC Jcj Ro- 

clits. 



Saint Aventin de Fervaques, en latin, Fcrvaquia yFer- 
njachia^ al/às , Ferventes ^ feu Fervida aqua ^ Fille de l'Ab- 
baye de Clairvaux y fituée fur les fources de la rivière de 
Somme en Picardie , à deux lieuè's de la Ville de Saint- 
êhtentin , ôc fondée le 13 des Kalendes de Juin 1143. par 
/{^;w/Vr Seigneur de Fonfomme^ Sénéchal de Vermandot:, Ôc 
Elifabeth la femme. Ilnerefteplusfur le lieu qu'une fer- 
me , où l'on voit au milieu de la Cour la fource de la ri- 
vière de Somme i c'efi: une belle Fontaine, dont le Baflîn 
naturel eft de cinq ou Cix pieds de diamettre. L'Abbaye 
r a été transferéeà î'^/wf ^f«r/w. 

EcLisfs Collégiales. 

L'Eglife Royale ôc Collégiale de S. Quentin efl: trés- 
confiderable. Treize Evêques de Vermandoisy ont tenu 
leur Siège , jufqu'en l'an 53!. que Samt Adedard le transfé- 
ra dans la Ville de Noyon, Depuis ce tems-là, l'Eglife de 
Saint Quentin a joui des mêmes droits dont joûifTent les 
Egllfes Cathedrales,pendantla vacance du Siège Epifco- 
pal. Ellca été fondée par les Rois de France ^ les Com- 
tes de Vermandois. Son Chapitre eft compofé d'un Doyen, 
&: de cinquante-fîx Chanoines. Le Roy en eft le premier 
Chanoine, ôc confère coures les Prébendes. Il y avoit 
autrefois foixance &douze Canonicats, mais on en aamor- . 
ti feize, tant pour l'augmentation du revenu du Doyen, 
que pour la Fabrique èc l'entretien de la mufîque & du 
Collège de Saint Quentin. Le revenu de chaque prében 
LcDoycaeftde, cft année commune de mille livres , mais celuy du 
JcB^z°aJl*i, Doyenne eft de l'ix mille livres. Outre ces Canonicats, il 
y a encore quatre-vingt-trois Chapelains , qui font à la 
collation des Chanoines. 

L'Eglife Collégiale de piinr Furfy de Peronneâ été bâtie 
5c dotée par Hercenald^M^uQ du. Palais fous Clovis II. hllc 

eft 



Florins'. 



Titulaires- 



Le Doyen cft 
M. Porcelet de 
uaulay. 



DES Abbayes de France. 6<^^ 

efl: fous l'invocation de jaim Furly , Seigneur IrUndois , 
donc le corps repofe dans une chaiïe placée fur le Maître 
Autel de cette Eglife. HercenaU n'y avoir établi cjue cjuel- 
qu^s Prêtres qui furent érigés en Chanoines par le Ro 
Louis XI. Le Chapitre eft de foixante- trois Prébendes , 
mais il y ena cinq qui ont été amorties pour l'entretien 
des Enfans de Chœur, octrois pour la Fabrique. Les Pré- 
bendes valent environ fepc cens livres de revenu , ôc font 
toutes à la nomination du Roi , qui a été confirmé dans le 
droit de nommer le Doyen par Arrêt du Grand Confeil 
le 27 Juillet 1(775. 

Le Roi nomme à la Chapelle de Notre Dame de Bonnes 
Nouvelles y en TEglifcdeiVoyoWjôcà celle du Château de 
Ch4un)\ 




Florin 



Kcv*^. 



EVECHE' 



TlTUtAlMS. 



^5^ 



Recueil général 






"^4^ ' (Âi^- aVv-î^^: (^?)-: (^^m.- "^^ 'J^ 
^^^ c^?^^ <^^^^ ^S^^-" ^-%^' -^/^^^ '^te 



Florins Rev< 



EVECHE DE BOULOGNE 

M.Hcnrina. T^ O U L O G N E , eti latin, Bolcnienfis ^feuMorinen/tSy 
àccfE^édir Jj vaille Epiicopale ôc Capitale du Comté du Bonlon- 
Hy'^ir' "^is, fur le bord de lajmer , en baffe Picardie, a l'embou- 
clijre de la petite RivietedeZl/.t;2f , à fepc lieues à'^nglc" . 
terre, a pareille dillance de Calais ^ à (îx de Aivmreuil 
Jur^Mery ôc à 50 lieues de Paris. L'ancienne Notice des 
G Jules y la met entre les citez de la féconde Belgique *, ce 
quia fait croire qu'il y avoir eu autrefois unEveché, c'cft 
farquoi f^s Habicans ont refufé long-temps d'obéir aux 
Ew cc^u es dQ Th e ro r'i ann e ^c^ui la prétendoicntde leur Dio- 
ccfe i mais après la deftrudion de l^heromnne arrivée l'an ' 
1553. l'Evéché lui fut rendu avec la moitié des revenus de; 
la Cathédrale de Therouanne. Boulogne ayant été conquis' 
parle Roi Louis XI. il donna la mouvance du Comté de 
Boulogne à l'Eglife de Notre Dame , où il y avoir alors 
une Abbaïe de Chanoines Réguliers ,qui fut fecularifée, 
nprcs qu'on eût transféré le Siège Epifcopalde Theroudn- 
ne. Cette Tranflation fût; faite par le Pape Pie I V. l'an 
;i555> & la fecularifition des Chanoines Réguliers par PieW, 
l'an l'^cc. On attribua au Siège de Boulogne les Paroiffes, 
qui croient fous la dommation de France , ôc les autres fu- 
rent mifes fous les nouveaux Evêchez de Saint Orner & 
d Ypres, ô: le Pape Pie V. donna en \^66. un Induit au 
Roi, pour nommer à l'Evcché de Boulogne. L'on trou- 
ve que 5aint Omer, mort en ^68. cft qualifié Evcquc de 
Theroiienne&de Boulos^ne; c'efcaux icavans à décider 
de ce fait, que je me contente de rapporter en Hiftorien. 
' L'Evcché de Boulogne s'étend , non- feulement dans 
jles Gou verncmens du Boulonnois , de Calais ^ d'Ardresi 
'mais encore dans celui d'Artois. Les Bénéfices qui font 

d:ins 



TlTlltAlMl 



Recueil général ^57 

* dans l'Artois ne payent point dedecimes. Le Diocefeeftj^''^'''^^^''"''^'^' 
divifé endix-fept Doycnnez , &: comprend deur cens 
foixante & dix.fept Paroiiïes ^ 6c cent quarante- fcpc /e- 
cours, ou Annexes, donc cent trente-trois Paroifles 6ccin- 
quanre-Iiuit feconrs font dans les Gouvernemcns de Bon 
!ogne,de Calais 6c d'Ardres, ôc cent quarante-quatre Pa- 
roilTss , 3c quatre-vingt-neuf fecours dans l'Artois. 

L'Eglife Cathédrale de Boulogne, Tous l'invocation de, 
Notre-Dame y fut bâtie par Jainte Ide ConitclTe de Boulo- 
gne, 6c mère d'-Ew/rtc/?^ Comte de Boulogne, à^Gode-, 
froy de Bouillon & de Baudouin , tous deux Rois de^i^- 
rufalem , 6c nez dans la haute Ville de Boulogne, où eft 
Ja Cathédrale. On venoic autrefois en pèlerinage à cette 
Eglife de tous les endroits de l'Europe , à caufe d'une an- 
jcienne Image delà Vierge qu*ony révère encore aujour- 
d'hui^ elle e fi: derrière leChœur, en une Chapelle ornée 
de plufieurs lampes, 5c autres prefens de dévotion. Le 
îubc eft foûrcnu de plufieurs colonnes, 6c ledeffuscft 
,une belle baluftradc de marbre noir , de même que 
toute la Clôture du Chœur. L'inféodacionque fit le Roi 
Louis XL en [478. du Comté de Boulogne à cette Eglife, 
eflfort fingulierei car il eft dit dans les Lettres Patentes, 
que lui & les Rois fcs Succefleurs tiendront à l'avenir le 
Comte de Boulogne immédiatement de hfitinte Vierge y 
par un hommage d'un Cœur d'or à leur avènement a la 
Couronne. Louis le Grand a dçnné douze mille livres 
pour fon avènement 6c celui de Louis XIIL fon pcre. Le 
Chapitre de la Cathédrale eft compoféde vingt 6c une 
Prébendes , qui font à la nomination de l'Evêque , à l'ex- 
ception du Doyenquieftélcdif, des deux Archidiacres, 
du Grand Chantre 6c du Tréforier : Quoique au fenti- 
menc de quelques-uns, le Roy pût prétendre nommer au 
Doyenne de cette Eglifç , en vertu de l'Induit du Pape 
Clément IX. pour les Païs-Bas , du neuf Avril ]66^. Sa 
Majeftc nes'eft pas encore fervie de ce droit, 6c le Cha- 
Tome 11, O 000 pitre 



Titulaires 



MTliikcrgçt. 
Il s'rnci^ de- 
mis au mois 
d'Août i7ti 
en fivcar ie 
M Bifrcio'.i i 
la chirgc de 

IX30 lik'.w» ^? 

p;r.fîoa. 



^58 Recueil général 

pitre eften pofTeffion d'élire ion Doyen. Dans le Tréfoi 
de la Cathédrale efl: la Couronne de Godéfroy de Bouil 
Ion Roi de Jerufalem , dans laquelle il y a une partie d'u 
ne Epine de la Couronne de Notre Seigneur. On voi: 
encore dans 'ce Tréfor une crrande Ima^e daro:enr de I. 
piini? Fieyge , donnée par le Roy Hemy II. un morceau 
confiderable de lavraye Croix, un coffre d'argent en for 
me de livre , fur lequel efl reprefencé l'Image dela/^mr 
Vterge, On prétend que c'eft un ouvrage àtfiint Eloy ; 
quoique l'Ecriture qu'on y lit , n'ait pas plus de trois cens 
ansi il y a dans ce coffre un fragment d'une Bible d'en- 
viron neuf cens ans, qu'on dit avoir écé trouvé avec l'I- 
mage de hfaintc Vierge. On croit auflî avoir à Boulogne 
le Corps de faint Maxime Evéque de Pyie:^ , que les Re 
ligieux de la Grafje prétendent aufîl avoir. Il efl certair 
qu'on croyoit a Therokenne cftrc en pofTeflîon d'un/f?/«/ 
Maxime y\[Y 2l cinq cens ans, puifqu'en iii<j. le Chapi 
trc de cette illuilre Cathédrale fie prefcnc de quelques 
unes de (ts Reliques à celui àtl^crnoriy comme nous 1 ap- 
prenons a la fin d'une très-belle Bible manufcrite , en la 
Bibliothèque de M. FoncAud--, mais cela nous apprend à la 
vérité qu'il y avoit à Theroiienne unfahjt Maxime , ôc ne 
dit pas qu'il fût Evcque de /^/V^ , ni même qu'il eût le 
caradlere Epifcopal. Le Séminaire de Boulogne elt diri 
gc par les Prêtres de la Congrégation dcja MifTion dit^ 
de Jaint LaT^tc, . . ► * . 

Abb. d'Hommes de l'Ordre de S. B£noist. 

' A N D R E S. 
Andres, ou S. André. Elleétoit autrefois près i'Jn- 
clresy au Comté de Boulogne i mais il n'y a plus qu'un ti- 
tre d'Anbayc , car il n'y a aucun batimcns ni Eglife Elle 
fut fondée par Baudouin Comte de Boî^logne^ ôc de Guiaes 
en 1084. . . » , . . . 

AUCHY 



'lorins 



ilcveni 



IJOO i IlCOO, 



h-0. 



IJOO. 



fïTtilKïtU. 



VIS AcBAVEs DE Finance, 
A U C H Y. 



^S^': 



Floffai aêveH 



Dom Porf«. 
bois. 



Auchy les Moines , en lacin , JlcÎAcum , feu fanélus 
Silvmus de jdrchiaco ^ fituéeà une lieue audeffus de Hef- 
d/nau Comté d'Artois, fur la rivière de Ternois , à 45 
lieues de Paris. Saint Sihin mourut l'an 718. à Auchy en 
Artois, Bourgade du Dioceic de Terouenne , fur la petite 
rivière de Ternois près de Hejdm^ Ijeu le plus ordinaire de ', 
fa refidence durant fes miflîons. Il fut enterré dans l'E^ 
glife de l'Abbaïe des Religieufes que le Seigneur du lieu 
nommé Jdalfcar avoir nouvellement bâtie pour fa fille 
Sicherde. L'Abbaye fut détruite au neuvième (lécle parles 
Normands. Lorfque dans la fuite elle fut rétablie , on la 
donna, non à des Fi lies comme auparavant, mais à des Re- 
ligieux de faint Benoffî yC^ui l'ont pofTedéejufqu'a prefentn 
c'eftcequifutappeller le \\t\i Aucliy-les-Moines , pour le 
diftinguer (ï Jucljy Je ^C bateau ^ qui eft fur la rivière d'Au- 
thie. Elle eft régulière de éleélive par les Religieux de 
l'Abbaïe de faint Bertin du même Ordre. . . .i i^r 

B L A N G Y. 

Dom Doyi' Blangy , en latin y BlanX^acum, aut fan^a Bertha de Blar?- 
gi^coy fîtuée au Comté d'Artois, deux lieues au-deflbus 
de HefdtnSuï la rivière de Ternois. Sainte Berthe veuve 
du Comte Sigefroy^ fit bâtir un Monafterc dans ce lieu , 
qui étoit une terre de patrimoine. Elle s'y renferma avec 
deux de fes filles, aïantpris le voile de Rcligieufe zn6%G. 
ôc en fut la première Abbeflc, Les Religieufes y fubfif- 
terentjufqu'aux incurfions des Normands , qui brûlèrent 
le Monaftere. Il fut rétabli dans l'onzième fiécle i mais 
pour des Moines de l'Ordrede faint Benoift, que le Com- 
te de Flandres y fie venir l'an 1051. de l'Abbaïe de Fecampy 
a laquelle celle de Blangi étoit encore fi^ûmife au com- 
mencement du quatrième fiécle. Ces Moines eurent le 
crédit défaire revenir dans l'Abbaïe de Blangi les corps 

Oooo ij de 



S009, 



6(^0 Recueil General 

TiruiAiivis. ^^ (ainte Berthc ôc de Tes deux filksyfainte Genrude 6c 
Jainxe Deottle , du Monafl:ere à!jlXidCy près de Strasbourg, 
où les Religieufes les avoienc trnnfportez en fuyant les 
No>m<nds. L Abbaye de BUn^y cft régulière, & élcdive 
par les Religieux de l'Abbaye, 6c l'éledion fe confirme 
par l'Evêquequi benit l'Abbé. La taxe de cette Abbaye , j 
belle Ôc bien bâtie, étoit autrefois taxée en la Chambre 
Apoftoliquc, à huit cens florins i mais à prefent elle l'eil 
feulement à 

C A P E L L E. 

tayTck famt Capellc, OU Nottc-Dame de la Chapelle, en Latin, 
wucai" ^'" CafelU , il n'y a plus que le titre, n'y ayant plus de bâ- 
timent ni Eglife : elle étoit autrefois taxée dans les Livres 
de la Chambre Apoflolique à fepc cens florins '> mais 
maintenant à trois cens livres, & elle ne vaut à l'Abbé 
que cent écus. C'efl: pour quoi elle a été fort long-teros 
vacante, n'y ayantpasprefle âla demander. Je doute fort 
même qu'elle foit remplie d'un Titulaire, parce que les 
Charges en^portent plus que le revenu. Je trouve feule- 
ment qu'elle efl: unie à l'Abbaye àt faim Jean au Mont lès 
Teroùenne. D'autres difent qu'elle n'eft pas unie , mais rui- 
née entièrement ôc inhabitée : elle a été bâtie vers la fin 
du onzième ficelé, par Ide Comtefle de Boulogne. 

S. JEAN AU MONT LEZ-THEROUENNE. 

i5e«icCouy j^-^^^ j^^^^ ^^ Mout de Theroucnne, en Lmn y fanéïus 
Joannes pTopè Teruannam. Je luis la dernière édition de 
letat de la France, qui met cette Abbaye Régulière dans 
le Diocefe de i5<?a/o^w<r, quoiqu'elle foit fituée dans la Ville 
d^ypres. Cette Abbaye a été d'abord bâtie fur une petite 
cminence, à la porte de Therouenne ; ôc on l'appelloir 
faiht Jean au Mont. Dans le onzième fieclc elle fût don- 
née & foumife â celle de Fécamp. La Ville de Therouenm 
ayant- été faccagce ôc entièrement ruince par Charles V. 

elle 



h' loi in 



Rcvca, 



t;o. 



tS9««. 



311 



D ES À B B A Y A E S DÉ FrA NCE. C6l 

TiîuuiRis;^!!^ fuivitle mçme fort- Les Religieux s'étant recirez, & ^^°^^^ 
aïancbâci iBaUIeul^ y furent une féconde fois ruinez par les 
Gueux i c'eft ainfi qu'on appelle dans le païs les hérétiques 
de Hollande. Après cette féconde défolation^ ils s'ërabli 
lenc à Vpres , où ils font encore aujourd'hui dans une af- 
fez bonne obfervance. Cette Abbaye etoic taxée autrefois 
à deux cens vingt-deux florins, de elle eft maintenant à 
SAMER AUX BOIS. 
M. dcTiiou. Samer aux Bois , en Latin Samerium , njclfanclm ^Inurus 
in Nemore ^jeu Sameracenjis , fituée en baffe Picardie , à trois 
licuës de Boulogne vers le Levant. <S". Vimer owlJ Imer s Qi^Lnt 
retiré au coin d'un Bois qui faifoit partie de la fucceffion 
de fon père, y bâtit une cabanne, puis deux petits Mo- 
nafteres avec une Chapelle , fur la fin du feptiéme fîecle. 
Celui des Filles, dit Viliére^ ^ depuis W/eV^, ne fub(5fte 
plus : celui des hommes ayant eflé rétabli, fe maintient 
encore fous le nom de Saumer ou Samer par corruption, 
qui efl un abrégé de/4/«f Ulmery avec une petite Ville 
du même nom j le Monaftere a eflé bâti vers la lîn du 
onzième fîecle , par îde ComtcfTe de Boulogne -, ôc la Con- 
grégation de Jdint Adauty y a mis la réforme. 

Abbayes d'F^om. de l'Ordre de Citeaux, 

L ONG- VILLIERS. 

le^uifdcBufci Long-Villiers , en Latin ,y^«cÎ4 Maria de Longo Villariy 
Fille de l'Abbaye de Savigny y fîtuée en Picardie, x deux 
lieues de Momreuil en Boulenois ^ ^ à pareille diflance de 
l'Abbaye de Samer, Elle a eflé fondée le i8 des Kalcndes 
d'Avril 1135 par Ejiienne Comte de Boulogne, qui fut de- 
puis Roy d Angleterre. Ellcétoit taxée autrefois à Rome^ 
cent trente-trois Florins, mais a prefent elle l'eft a 

E-^âu^'d!:'** Abbayes d'Hommes de l'Ordre de S. Augustin. 

Châfons fur 

^n^Lo-o''^' B E A ULIE U. 

Ordre de c- Bcaulicu, en Latin , Bcllus Locus^ fituce au Boulenois, i 

tciuTt, D. de 

soûigcs. quatre 



'CTC* 



itoe* 



uo 



4^ 



10 0«. 



:oço. 



îc. 



80, 



C6î. REcuErt Gênerai. !' 

T<r!iiAi«js. quatre lîeues de Boulogne ^^nut y^rdres & Emhleteufe ^ près ^^*'""- 
Marquifey & fondée dans l'onzième fiecle par Eufiache de 
Fienncy à Ton recour de la Terre Suinte. Comme elle a efté 
brûlée par les anglais y èc n*apas elle rebâtie*, il n'y a pins 
de convencualicé , 6c il n'y a que deux Prêtres entretenus 
! par l'Abbé pour y dire la Mefle. 

D O U D E A U V I L L E. 

w. Nadai. Doudeau ville, Doudauville, où Doudicuville, en Latin 
fmSius Joannes EvAngehflu de Domdenjtllà^ fi tuée en Bou- 
lenois y fondée en 1095^. & ruinée par les guerres. Il n'y a 
plus de Religieux, ni lieux Réguliers. 

RUISSEAU VILLE. 

-Le R. Pae Ruifleauville , en Latin , Ruijjellrvilla, feu RivovilU, 
^""^^ ' ficuée fur les fources de la Rivière de Lis y à deux gran- 
des lieues de Rctny en Artois, Se fondée par Hdmelm de 
Créa H)' y l'an lopp. elle èft Régulière. 

SAINT WLMER. 

M.JcChaftcw Saint Wlmer en Latin , fanélus ^Imarus in Bolomây 

■'f- ficuée dans la Vaille d^ Boulogne, &c fondée par Eufiachcy 

Comte de Boulogne y^Qïe du fameux Godefroy de Bouillon y 
& ftir fainte Ud-^ComtenTe de Boulogne y vers la fin du 
onzième fiéclepour des Chanoines Réguliers de S, ^ugufiin. 
Il y a environ cent ans que cette Abbaye fut donnée aux 
Minimes, qui ne la gardèrent pas long-tems ; car on y 
établit un Collège, qu'on donna aux Pères de l'Oratoire. 
Cette Abbaye a efté ruinée par Henri VIII. Pvoy d'An- 
gleterre. . ...... 

Abb. ds l* Ordre de Pre' montre*. 

L I Q^U E S. 
Liqucs, en Latin, Ltcum yfeu Ukeum yVel Lîquenfîs y fi- 
cuée à crois lieues de Calais y ôc une demi lieuë d'Ardres. 
Elle fut fondée en 1131. par Robert, Comte de Boulogne. , 
Le Roy nomme à deux Chapellenies, en l'Eglife de 
, Boulogne y chacune de . , . • 

ARCHEVECHE* 



€i 



»©o. 



Rcfcff; 






îOÔO. 



ISOQi 



A 



^000. 



II/. 



/"J'/^' cn;y. 





TiTUlliKES 



RECUEIL 

HISTORIQUE* CHRONOLOGIQUE, 

E T 

TOPOGKAPHi Q U E , 

D E 
TOUS LES ARCHEVECHEZ, EVECHEZ, 
ABBAYES, ET Q^UELQUESPRIEUREZ 

DE FRANCE. 

TANT D'HOMMES Q^U E DE FILLES, 

DE NOÎ4INATION 

OU COLLATION ROYALE. 
ARCHEVECHE DE ROUEN. 




OU EN 5 en Latin Kotomagcnjïs y Ville 
ArchiepilcQpale , & Capitale de la Ncr- 
mandie, au bord ôc à la droite de la rivière 
de Seine, à douze lieues de la Mer, ôc a 
^^ vinet-huit de Pj^ris. Rouen fin rc<^ardée 



Florin 



Rcv'Cû. 



M. Louis cî- 

rrcflan , pu 
nirr Aunu''- 
ucr de M- '■ 
.)uc d'Oi- 
cans , Lic:ii 
iè en Théo 
o.ticdc /a Fa- 

iibbéï^*Et'' c^^"^"*^"^"*^ Métropole Ecclefiaftique, non feulement de la 
^^."'^^'^'^^^ féconde Lyonotje ou Cduque ^ que nous appelions Nor- 

iu Mans , de 

Sfonacval ,0*dc S. Beioi!^, I). de Chirtt:s& Je Long Pou ,0. Je Cir^anx ,D. de SoiffoiiS , ci-dcV:int 
Comrc lie Lyoo ,& Evoque de Nanrcs , fat nommô à l'A^chcvê'-hc de Rouen le 17 Oiaobrei723. Op 
i^niit k 11 émc jour juu'j-urs Peilioiis ; J^avojJ quinze itns livres, pour MduPuy. farciilc lomaïc 
'our M.Moiin juois mille iivics pour M le Comte de TfcUan, ou? les trois Chcyilîersd: S. Lazare 

niandic 



(r^4 Pv E C U B I L G E N E K A t 

T*m4ui«. rnaf}die\ mais encore de h zvoiCicmc Lyonnoi/e, qui Com- 
prend avec toute la Bretagne^ la Touraine , Y Anjou & le 
MAÏne^ jufqu'a ce que Tours fût devenu Métropole de 
cette Province : ce qui n'eft arrivé, félon quelques uns, 
qu'après la mort àcjamt Adartin , quoique d autres veuil- 
lent que ce Saint, f.ir la fin de fa vie, établit des Evcques 
à ^uj/nper, 6c en d'autres lieux de \^ Bretagne yûrmortquc. 
SAÎntNicdiJe du Vexin a efté regardé par plufieurs com- 
me premier Evcque de Rouen\ mais on convient mainte- 
nant qu'il ne fut que Prctre, & qu'il ne paiîa pas même 
la rivière à'Epte dans le cours de fes Mifïions. Ainfi faim 
Aiellon doit être confideré comme le premier Evéque 
de la Ville de Rouen , en trois cens fix : Son corps eft 
à Pomoife. Saint l'^iflrice fut fait Evêque de Rouen après 
Pierre yvzïs l'an 385. ôc mourut vers l'an 408. Saiiu Evode 
ou Saint Ived fut fait Evcque en ^^16, après Innocent ^ 
SucceflTeur de faint Viâriccy & mourut en 43c. Saint GtU 
dard QM faim Godard (ncc^Az à Crefcence en 488. ou 494. 
Il mourut en 515. ou plutôt en 51p. ôc eut pour fucceffeur 
faint Flave dit faint Flieu QwFilieu. Saint Prétextât y Evê- 
que de Rouen, fut afTaflîné Tan 58(7. après 41. ans d'Epil- 
copat. Saint Romain fut fait Evcque de Rouen l'an 616. 
ôi non pas en 6^1- comme le dit M. Piganiol de la Force, 
dans la féconde édition de la nouvelle defcription de la 
France, Tome cinquième, in il. page 2.69. & où il don- 
ne même pour certain qiiQ faimNicaife eft reconnu pour 
le premier Evcque de Rouen, & qu'il occupoit ce Siège 
vers Tan Z50. mais je renvoyé cet Auteur à M^ Baillet, 
qui en décide autrement. Il eft dit quef4int Romain fut 
fait Evcque de Rouen, l'an cic;. environ après la mort 
à!Hidulfhey ôc mourutau bout de treize ans. Saint Ouein 
fucccda i faint Romain l'an(J39. fut facré le 11. May<>4o. 
ôc mourut en ^83. Saint Jnsbert vint après lui. Et jaint 
Hugues y neveu de Charles Martel ^ fut fait Evéque de 
Rouen l'an 71Z. ôc mourut en 730. chargé des Evêchez 

de 



f Jwlnsl Rcrct; 



Des Abbayes de France. (T<^5 

fifiiAiMi. jç Paris ôc de Baytuxy ôc àts Abbayes àt-Jumieges & de 
faine f^andnlie. Saint Remy fut fait Evêqiie de Rpuen 
au huitième fiécle,fous le règne de Pépin fon frère, après 
faint Hugues fon parent. Saint Maurille fut fait Arche- 
vc<]ue de Rouen , l'an 1055. Saint Léon Evcque de Bayonne^ 
ApozrQ des Bafque s ôc martyr, efi: compté depuis peu par- 
mi les Evcqucs de Rouen j mais c'eft fans fondement , à 
moins qu'il naïc quitté ce Siège l'année même qu'il en 
avoit pris poflcflîon. Pierre jRo^d'r Archevêque de Rouen 
en 1330. fut élevé au fouverainPontificat^fous le nom de 
Clément VI. Depuis ce tems-là, il y a eu douze Arche- 
vêques de Rouen , qui ont été Cardinaux. De ce nombre 
il y en a eu de la maifonde Luxembourg, un do celle d'E- 
touteville 5 deux de cell^d'^mboife y deux dQl'augufie mai- 
fon de Bourbon t & un de celle dcjûjeufe. 

Il y eut 5 dit M. de Commanville , des Prélats à Rouen , 
dès le troifiéme fiécle,6c que S. Boniface leur fit donner le 
PalliumdhslQ huitièmes ce qui leur a fait prendre le nom 
de Primats de Ncuftrie, Grégoire VII. les voulut foûmet- 
tre à la Primatie de Lyon i mais avec fi peu de fucccs , 
qu'on voit après cette Bulle ces Archevêques dans une 
indépendance continuelle de ceux de -^^'^^^q^^ le Pape 
Callixte III. en 1457. cafTa les appellations qu'on y avoir 
faites ; c'efl le Cardinal d' Etoutevtllc Archevêque de 
/?o«f«,qui obtint de ce Pape cetteBulle d'exemption. L' A r- 
chevêquede/?o«<r« prend la qualitéde Primat de A/"o??«.î«- 
die y quoiqu'il n'ait aucun Archevêque pour Suffragant i 
mais ce titre ne lui donned autre prérogative, que de n'a- 
voir point de Supérieur en France ^ & de dépendre im- 
médiatement du faint Siège, encore lui a-t'clie été con- 
tcftéepar l'Archevêque de /vyow jufqu'en 1701. Voici le 
fait qui donna lieu a la décifion de cecte ancienne conte- 
ftation. M. de Sebouville ayant été pourvu de la Cure de 
Beau/îcel y l'Archevêque de Rouen lui refufi IcP^ifa. Cet 
Ecclefiaftique s'adrefîii à l'Archevêque de Lyon , en qua- 
Tome IL P p p p iicé 



F]orins,Rcyc". 



(^66 Recueil général 

TiTuiAiâ.s. jij^ ^Q Primat. L'Archevêque de Rouen appella comme 
d'abus du Ftfa , accordé par l'Archevêque de Lyon, Ce 
procès fut évoqué au Confeil du Roy, qui par fon Arrêt 
àonnèi Fer failles \qiz May 1701. maintint & garda l'Ar- 
chevêque de Rouen & ks Succeffeurs dans le droit & 
pofleifionoù eftde tems immémorial l'Eghfede Rouen ,. 
de ne reconnoître d'autre Supérieur immédiat que le Pa- 
pe; ôc fait défenfes à l'Archevêqucde Lyon, à fes Grands 
Vicaires, OfEciaux,6cà tous autres de l'y troubler à l'a- 
venir. 

Lorfque l'Archevêque de Rouen prend poiïeflîonde foi 
Eglife, il fe rend d'abord en l'Eglife Paroiffiale de faim 
HerhUnd, où quel froid qu ilfaffe , fes bas ôc fes fouliers 
lui font otez par le Sacriftain. Puis étant en Rochet , &: 
enCamail , il va les pieds nuds à l'Eglife Cathédrale , 
marchant le long des Boutiques des Orfèvres , fur un 
peu de paille ou nate,dont le pavé eft jonché, pour lui 
adoucir cette marche, & lui épargner la boue. Il eft ac- 
compagné dans cette Cérémonie du Prieur Se des Reli 
gieux de l'Abbaye de /iw Oiien tous en Chapes. Quand 
J' Archevêque arrive au Parvis ou Aîtrede la Cathédrale, 
il y trouve le Clergé de cette Eglife rangé en hayes ; & 
après que leDoyenluia prefenté de l'eau bénite, ôc qu'il 
lui a donné la Croix à baifer,le Prieur de/^;«rO/i>«,s'a- 
dreflantà tout le Chapitre, lui dit: Nous 'vous donnons no- 
ire ^rchenjeque "Vivant ynjous nous le rendre?^ mort. Le Doyen 
reçoit le ferment que le Prélat fait, en mettant les mains 
fur le hvredes Evangiles, de protéger ôc défendrel'E- 
glife de Rouen , de garder fidèlement les droits , franchi- 
fes 6c privilèges de cette même Eglife , & le rcfte. Le Pré- 
lat entre enfuite dans l'Eghfe , & va reprendre fa chauf- 
furc à l'antel à^faint Pierre^ aprèsavoir offert un écud^'or 
a l'Autel des vœux. L'Archevêque ayant été inftalé dans 
la Cathédrale i eft conduit parleChapitre dans l'Abbsiye 
iQfAintAmxrJ, où il reçoit de l'Abbcffe, a la têtcde fes 

Rcligieufes 



\ 



Floiin- 



Rcvén. 



DES Abbayes de France. 



C6j 



TirntAiMi.j^eljgjç^fgg Benedidines , l'anneau Paftoral. Ce Prélat 
étant mort , les Chanoines font obligez de porter fon 
corps au pied de la barrière , près la Croix de l'Abbaye 
àtf^int Ouen, Après que le corpsyaécédepofé,lePrieur 
& les Religeux le prennent, & le portent dans l'Abbaïe , 
où il refte en dépôt pendant vingt-quatre heures i ôc les 
Religieux lui font un fervice magnifique. Cette Céré- 
monie finie, les Religieux reportent le corps à la Croix 
du Cimetière, où les Chanoines viennent le reprendre , 
pour le porter à T Abbaye d^faint Jmand ^ où l'Abbefle 
a la tête de fa Communauté vient lui oter l'anneau Pafto- 
ral , ôc lui en remet un autre d or tout uni. Cela fait, les 
chanoines portent le corps dans leur Cathédrale, pour 
ctre inhumé, M. à^Anhigny Archevêque de Rouen étant 
mort au mois d'Avril , de l'an 1715). les Chanoines voulant 
éviter ce ceremonial,fe contentèrent d'enlever le corps de 
fon lit de parade , Ôc de le defcendre dans le caveau du 
Cardinal d'Jmbojfe. Les Religieux de S. Ouen en aïant 
été avertis , prefenterent Requête au Parlement de Rouen , 
fur laquelle intervint l'Arrêt du ty Avril , qui ordonne, 
que tes Chanoines feront ohli^e^de reprejenter te corps enlevé, 
ae l* exhumer y O^ de te porter enjuite avec les Cérémonies cy- 
dejfus expliquées y a i'Bgtife (S^ Jhhaye de faim Ouen , O* le 
refle\ de le reporter dans la Cathédrale ^ pour y être inhumé , 
fuivant lancien ufage ; qu'il fera fait aux dépens du Chapitre 
un Service folemnel dans les trois jours de la fgnif cation de 
t Arrêt \ & faute par les Chanoines d'exécuter le prefent Arrêt ^ 
permis aux Prieur C^ Religieux de faint Oiien , de faire faifir 
le temporel des Chanoines , le tout avec dépens. 

Le Chapitre de l'Eglife Cathédrale eft compofé de dix 
dignitez & de cinquante-un Chanoines , en comptant 
l'Archevêque qui eft aufli Chanoine ^Ôc qui en cette qua- 
lité a voix en Chapitre. Il y occupe la première place» & 
y prefîde. Les dignitez 6c Canonicats de ce Chapitre font 
à la nomination de l'Archevêque, excepté le h.uit Dojen- 

Ppppij né, 



Florins! ^ç^,„^ 



66^ Recueil General 

Tiri:i.ARHs. «.^quieft elcdif par Ic Ckapitre. Outre ces cinquante-un ^'^^^" 
Chanoines , il y en a huit petits^ qu'on appelle des quinT^e 
marcs ou quin-^e livres^ qui n'ont point de voix en Chapi- 
tre , ôc n'ont rang au Chœur que parmi les Chapelains , 
Chantres ôc Muficiens,& le refle. Il y a aufTi quatre Col- 
lèges de Chapelains & Chantres , dont l'un fe nomme 
à'Albatie , pour avoir été fondé pat Pierre, de Cormieu Q^ï- 
dinal d'/^'/^c, qui avoic été Archevêque de Zîowe;?. Le Col- 
lège d'^ll^e doit ccre compofé , fclon la fondation , de dix 
Chantres , dont quatre doivent être Prêtres , trois Dia- 
cres & trois Soudiacres. Les trente Prébendes qu'on nom- 
me les Prehencles de fatnt Romain y ont cela de fingulier ^ 
qu'elles font pofTedées par trente filles ou veuves. On 
croit qu'elles doivent leur inftitution à des filles ou a des 
veuves , qui travailloient autrefois au blanchifiage & au 
racommodage du linge de cette Eglife j c'eft l'Archevc- 
que qui pourvoit à ces Prébendes, & c'eft lui auflî qui en 
paye le gros. Ces Prébcndieres font aujourd'hui obligées, 
a fort peu dechofe, puifqu'elles ne font tenues que d'af- 
fîfter à trois obits , qui fedifent l'un , le 15 de Janvier ; un 
autre le 13 Juin, &le troifiêmeleii de Juillet. L'aflîftan- 
ce commence la veille aux Vigiles , Ôc continue le lende- 
main à la Grande M cfTe, où elles vont toutes à l'offran- 
de. Le Chapitre diftribuc fix livres a celles qui font pre- 
fentes. Ouoique chacune de ces Picbcndes ne rapporte 
que très peu de chofei elles ne laiffent point d'être fort 
recherchées, parce qu'en vertu des privilèges du Chapi- 
tre, les filles ou les veuves qui en (ont pourvues , ont droit 
de Commtîtimus ^ Ôc leurs caufes commifes aux Requêtes 
du Palais. Elles peuvent , quand il leur plaît refigner leurs 
Prébendes. 

C'eft un droit de l'Eglife Cathédrale de /^o«£'«,que les 
Evêques Suffragans de la Province j fçavoir , Bayeuxy Li 
X^ieux , Anjranchts , Coûtance y SeeX^O^ Evreux , font obli- 
gez de lui prccer ferment d'obéïfl'ance, comme à TArche- 

vcquc 



s R«t^c ï. 



.T(T|I.A 



DES Abbayes de France. €69 
*'•"• véqiic. Ils prêtent ce ternienc entre les mains de ce Pré- 
lac, ou en Ion abfence entre les mains du Célébrant, dès 
qu'il eft monté à l'Autel , avantque dédire rintroït. Ces 
Êvcques doivent auflî donner à dîner à ceux qui compo- 
fenc le Chapitre ; mais pour ce dîner ils donnent ordi- 
nairement cent écus. Avant que d'avoir prccé ce ferment, 
les Evcques Suffragans ne (ont point reconnus dans l'Egli- 
fe Métropolitaine, ne font point admis aux Affemblces 
Provinciales, & ne peuvent point être députés de la Pro- 
vince pour les Aflemblés générales du Clergé de France, 
Le droit le plus fingulier quaicTEglifc de Rouen , eft 
le pouvoir qu'elle a de délivrer un criminel & ks corn 
plices tous les ans , au jour de Y ^jcenfion , après que ce 
Criminel a levé la Fierté , c'cft-à-dire , la ChafTe de 5. Ro- 
maw. La tradition populaire rapporte l'origine de ce pri- 
vilège au Roi Dagobert, qui l'accorda àfaint OUen. Elle 
veut que du cems de faint Romain Evéque de Roiien, il y ' 
eût un horrible Dragon qui défoloit le Pais, 3c devoroit 
les hommes ôc les animaux , que (aint Romain demanda à 
la Juftice un ou deux Criminels condamnez à mort, avec 
lefquels il délivra le Pais de ce Monilre h qu'en confide- 
ration de ce grand miracle , le Roy Dagobert accorda 
i Saint Oiien fucceflcur de Saint Romain à l'Evéché de 
Roiier}^\Q privilège de délivrer tous les ans un prifonnier i 
ôc qu'en mémoire de cette délivrance , en porte en pro- 
ceflion le jour d^VJ/cenfion^h figure de ce Dragon , que 
l'on nomme la Gargoiitlle. L'an 1^99. les Officiers du Bait- 
lage ôc Siège Préfidial de /<o«f«prefentercnt une Requê- 
te au Roi , dans laquelle ils prétendirent faire voir trois 
chofes : 1°. Que le Dragon on Gargoiiflle portée à Rouen 
aux Proceflions des Rogations ^ du jour de l'Afcenfion , 
n'eft pas la figure d'un animal tué miraculeufement par S. 
Romain , mais une ancienne cérémonie de l'Eglile.i'^.Que 
le privilège de délivrer un prifonnier le jour de l'Afccn- 
fion , doit fon origine à la pictc des Ducs de NormAndi^, 

de 



} 



Florins 



Rcv«H 



6yo Recueil général 

TiTiiM^is.^ non pas au prétendu miracle de la Gargouille» 3^ Que 
ce privilège ne doit pas s'étendre aux crimes appeliez Cas 
Prcfidiaux , & ne doit avoir lieu que pour des homicides 
malheureux, commis dans la Province. Ils prouvèrent la 
fauffeté du miracle par lefilence des Auteurs contempo-i 
rains ôc de ceux des fiécles fuivans. Saint Oiien n'en dit 
pas un mot dans la ^ïtiç. faint £/oy, ni dans fon livre ^el 
éinima Dagobcrti, Il n'eft nullement croïable, qu'il eût ou- 
blié un fait de cette importance , qui regardoit le Roi Da- 
gohert èc faint Oi^en lui-même. Stgtjhert dans fa Chroni-' 
c^MQ y Jonas dans ks vies , Bede y "Ujunrd yF'incent de Beau- 
vais , Baronius , ni la vie de faint Romain que Rt^aut a fait 
imprimer , n'en difent pas un feul mot. On lit dans cette 
vie, que faine Romain obtint de Dieu par fes prières , que 
la rivière de Seine , qui s'étoit débordée, rentrât dans fon 
lit ordinaire. Un Poète Grec, plulieurs fiécles aprés,don«- 
na à ce débordement le nom d'Hydre, ôcc'eft peut-être 
ce quia donné lieu à la Fable du Dragon ou Gargouille. 
Quoiqu'il en foit, il eil confiant qu'on n'a commencé à 
parler de ce miracle que (ur la fin du quatorzième fiécle, 
de c'a toujours été avec des contradiélions qui le rendent 
peu croyable. 

Tantôt le Dragon fut feulement chafle par faint Ro- 
main f tantôt il fut rué dans la forctde Rjuvray y emmené 
jufqu'au pont, & jette dans la rivière i tantôt il fut domp- 
té dans une caverne, qui écoir auprès des murailles de la 
Ville, 5c fut emmené avec leicHe, & brûlé dans la pla 
ce publique ; tantôt le Saint avoit avec lui deux prilon- 
niers, un voleur oC un meurtrier, ciont le voieurs'enfuit, 
& tantôt avec un feulement. Dans quelques titres lepri 
vilege eft accordcà faint P^omain Archevêque àtRouen, 
te Chancelier de France y par le Roi Ciotatrc ÏI. l'an 520. 
Dans d'autres , il a été accordé à iaint Oiien , par le Roi 
D.^^,ohert , &; dans un autre , il a écc apporté du Ciel au 
Chapicie , par un Ange. A ces variations fucccdent les 



FJocir 



cireui 



c DES Abbayes de Frakcb. 6yi 

tjïuiairsj erreurs de Chronologie. Saint Romain n étoit point Evo- 
que de Rouen en 530. il ne le fut qu'environ 6i6. & le Roi 
Ctotaire II. ne naquit qu'en 584. On ne trouve pas mieux 
fon compte a ioûtenir, que ce privilège a été accordé à 
Saint Ouen par le Roi Dagobert. Tous les Chronolo- 
gifles placent l'époque de la mort de ce Prince trois ans 
au moins avant que (iHut Ouen fut élu Evcque de Rouen. 
D'ailleurs, ce (aint Evêque n'en dit pasun.feul mot dans 
fes livres. Dans cette obfcuritc 6c au milieu de tant de 
contradictions, il paroît que les Ducs de Normandie fai- 
fant leur féjour dans leujr Capitale , avoient la pieufc 
coûrume d'accorder un prifonnier à l'Eghfe de Rouen , 
lorfqu'ils affiftoientà la cérémonie du jour de l'y^fcen/ion, 
pour imiter, par cette délivrance réelle, la délivrance 
myfterieufe du genre humain de la captivité du démon, 
par Jejus-Chrift , montant au Ciel. En effet, on remarque 
que RichardDuc de Normandie , S^Koid'y^ngle terre aïanc 
été détenu prifonnier en Jujiriche y il n'y eût point cette 
année-là de prifonnier délivre, & qu'à fon retour il en 
accorda deux l'année d'après , en allions de grâces de la 
liberté qu'il avoit lui-même recouvrée. De cette cou- 
tume volontaire de la part des Ducs , l'Eglife de Rouen 
(t prévalant des changemens arrivez en Normandie , par 
l'invafiondes jûnglois ^ s'en efl: fait un droit qui a été to- 
1ère par nos Rois , ôc confirmé même par Louis XII. & 
Henry IV. à condition de ne pouvoir ufer de ce privilè- 
ge, pour des Criminels accufez de crimes de lezc-Maje- 
fté , héréfïe , i;o/, l'io! jaffajjinat ^ guet-à-pent O* faujje tnon^ 
noje. A ces reftridions le Confcil d'Etat en ajouta d'au- 
tres par fon Arrêt du mois de May de l'an 169^. en fai- 
fant défcnfes aux Chanoines d'élire d'autre prifonnier, 
qu'un qui foie originaire de la Province , ôc qui y ait été 
décrété. 

Voici les Cérémonies qui s'obfervent pour cette déli- 
vrance. Quinze jours avant l'^Jcen/ton^ le Chapitre de la 

Cathédrale 



FloiiDs ntrttR 



^72- 



RBCUIIL CËKERAi 



i-iviiutiii. Cathédrale dépuce quatre Chanoines au Parlement y à la 
Cour des Aydes ôc au Baillage, afin que depuis ce jour- 
li , /ufqu'à ce que le privilège ait eu fon effet , aucun des 
Criminels qui font détenus dans les prifonsdelaVilleôc 
dQs Faubourg, ne foit transféré , mis à la queftion , ni 
exécuté. Après le lundi des Rog^ations , le Chapitre nom- 
me deux Chanoines Prêcres,qui fe tranfportent avec leur 
Greffier,quicfl;auffi Prctre,dans lesPrifons pour y enten- 
dre les confeflions des Criminels , qui précendent au pri- 
vilège, & par-li recevoir leurs dépoficions fur le crime 
dont on lesaccufe. Le jour de \Jjcenfion fur les fept heu- 
res du matin , le Chapitre compofé feulement des Cha- 
noines Prêtres, s'affcmble pour l'éledion du Criminel, qui 
doit être dcHvré. Après avoir invoqué le Saint Ejprit ^ ôc 
fait ferment de garder le fecret , on faiclcdlure des con- 
feflions des prifonniers , lefquelles font brûlées dans le 
lieu-même, auflî-tôt que l'élediondu Criminel cil faite. 
Le même jour fur les neuf heures du matin , les Préfidens 
& Confeillers du Parlement revêtus de leurs Robes rou- 
ges, fe rendent dans la grande falle du Palais, pour y aflî- 
fter à une Mefle (olemnelle , qui efl: célébrée par le Curé 
de S. Lo. Après la Meffe, ils vont dans la Grand'Cham- 
bre dorée , où à midi on leur fert un magnifique dîner. 
Vers les deux heuresaprès midi , le Chapelain de la Con- 
frait'iQ dQ faint Romain , va en furplis, aumufle Ôc bonnet 
quarré, porter au Parlement le Billet de l'Eledion que le 
Chapitre a faite d'un prifonnier détenu pour crime : Sur 
cela, la Courordonneàdeux Huifliersd'alleravecle Cha- 
pelain de Ja Confrairie de faim Romain^ prendre le pri- 
fonnier dans la prifon. Ils le conduifent au Parlement , 
où il eft mis fur la felecte. Ayant été interrogé & fes in- 
formations ayant été rapportées, ilefl: condamné au fup- 
pliceque mente fon crime, puis en vertu du privilège, (a 
grâce lui cft donnée j & il eil livré entre les mains dudit 
Chapelain de /^/w//low^/>?, qui le conduit, tccenuë, à la| 

pkce 



Florius 



^/^Ip 



DES Abbaye s i^E France. 
TiTBiAiAi* pl^ce de la vieille Tour , où l'on a bâti une Chapelle quar- 
rcc ôc ouverte de cous cotés , qui porte le nom de faint 
Romain , ôc la Proceffion y étant arrivée, rArchevêque 
afïîfté du Célébrant , du Diacre , du Scûdiacre , & de 
quelques Chanoines, monte au haut du Perron avec eux 
éc avec les deux Prêtres qu'fportcnt U Fierté ou ChâfTe de 
faint Romain', laquelle étant pofce fous une arcade, fur 
une table deccmmentornée, l'Archevêque, ou en fonab- 
fence le Chanoine célébrant fait une exhortation au Cri- 
minel, qui efl: à genoux ôc tête nuë, lui reprefenre toute 
l'horreur de (on crime , Ôc l'obligation qu'il a a Dieu , ôc 
à fàinc Romain y aux mérites duquel il doit fa délivrance. 
Il lui ordonne enfuite de dire le Confiteor ; puis lui met 
Ja main fur la tête , ôc dit le Mifereatuvy 6c l'inânkentiany, 
enfin, lui fait mettre fur les épaules un bout de la Châfle, 
ôc la lui fait un peu élever. Apres cela on lui met une cou- 
ronne de fleurs blanches fur la tête , ôc la Proceffion re- 
tourne à l'Eglife de Notre-Dame ^ le Prifonnier portant la 
Châffe par la partie antérieure. La Proceffion étant ren- 
trée, on dit laGrand-Mefle, quoiqu'il foit cinq ou fix 
heures du foir. L'Archevêque , les dignitezôc le Chapi- 
tre font fucceffivement une exhortation au prifonnier , 
qui efl enfuite mené en la Chapelle de faint Romain , où il 
entend la Me(Te. Lbn le conduit enfuite à la Vicomte de 
l'eau , où Ton lui donne la collation , ôc delà chez le Maî- 
tre ou Bâtonnier de la Confrairiedc faint Romain ^ où il 
foupeôc couche. Le lendemain fur les huit heures du ma- 
tin , il eft conduit par le Chapelain dans le Chapitre, où le 
Pénitencier ou un autre Chanoine lui fait encore une ex- 
hortation , après laquelle il le confefle i ôc enfin lui fait 
jurer fur le Livre des Evangiles , qu'il aidera de fcs ar- 
mes Mcflieurs du Chapitre, quand il en fera requis. Ainfi 
finit cette cérémonie, ôc le Prifonnier cft renvoyé abfous 
^ libre. 

Outre le Chapitre de la Cathédrale ,'il y en a encore 
Tome ÎL Q^ST dQux 



IQÎU 



c-j^ Recueil General 

TiruLAiRi,. Jeux dans la Ville de Rouen > celui d^ faint George d^cQ- 
lui de h Ronde, On en compte fepc autres dans ce Dioce- 
fe , qui font ceux d'^'/idely ^ à'Ecouy , de Gournay , de 
Blainville i de Ch aiment l ^ à'Y'vetoî Ôc Saqucn'^jîlle. 

L'Archevêché de Rouen efl: un des plus beaux qui 
foient en Fr(î.>?cf . Son Dioceiecomprend tiente-une Ab- 
bayes, treize cens quatre-vingt-huit Paroifles diflribuées 
fous fix ArchidiaconnezdeKo/ifw, d*^;/^f jdugrand CaiïXy 
du ï^exin François y du f^extn Normand &: du petit Caux, 
Le premier cft partagé en huii Doyennez , le fécond en 
fiXy le troifiéme en trois , le quatrième en quatre, Se les 
deux autres en ont chacun trois, non compris le Doyenné 
de la Ville ôc Banheuë de Rouen , appelle le Doyenné de 
la Chrétientés ce qui fait vingt huit Doyennez Ruraux. 

L'E^liCc de Notre- Dame eftunvaiffeau très grand, bien 
bâti, élevé, ôc dont la ftrudure fe faitadmirer. Elle efl: 
ornée d'un grand & magnifique portail, qui foûtient deux 
hautes tours , où les étrangers ne manquent point de mon- 
ter , pour y voir la groffe cloche, appellée Georoj d'Jm- 
botfe yi caufe qu'elle fut faite par l'ordre du Cardinal de 
ce nom, Archevêque de Rouen. Cette cloche efl: feule 
dans une 2:rofl<.* tour, nommée la Tour de beurre: Elle fut 
fondue par Jean le Majjon y natif de Chartres^ le fécond 
d'Août de l'an 1501 Elle pelé trente-(îx mille livres, a 
trente pieds de tour par bas, dix pieds dediamctrc , & 
dix pieds de haut. On ne la fonne que tous les vingt- 
cinquième des mois j qu'on chante un Obtt pour le Car- 
dinal George d'Jmboije qui en a fait prefent à TEghfe , 
dont la fonnerie efl; le plus bel uniflon qui foitdans le 
Royaume DansleChœurdecerteEglife , parmiles tom- 
beaux de marbre que Tony voit , efl: celui d'un Duc de 
'Normandie Dans une Chapelle derrière le chœur, il y en a 
d'autres ornez de pluiieurs figures , qui reprefentent la 
Foy, la Charité, la Prudence, la Tempérance, la Force 
6: .a Juftice avec leurs Hiéroglyphes. Le cœur deC^^r- 
. . les 



FloiinsRevcn. 



Flor! 



D^s Abbayes de France* <^i^ 
titulaimj, Iq^ y, j^Qy cle France y eft dans un iepuîcre de marbre 
noirôc blanc^ élevc de quacrepieds au milieu du Chccur. 
Ceux de Henry III. & de Rishard I. Rois à^Jn^leterre^ & 
Ducs de Normandie y font aux deux cotez du maître Au 
tel. Celui de George A'j^mhoife efl; dans la Chapelle de la 
Vierge j il ePc de marbre blanc , 2c enrichi d'une infinité 
d'ornemens. Au haut font deux figures à genoux, qui re- 
prefenrenclesdeuxCardinauxdV/w^^(5//fj l'Oncle & leNe- 
veu. A l'extrémité du côté gauche de la croifcejon voir 
un efcalier de pierre avancé dans l'Eglife, lequel conduit 
à la Bibliothèque. Elle a elle formée de celle de plufieurs 
particuliers , qui à l'exemple de Pierre ydcarie donnèrent 
leurs Livres à cette Eglife. 

Jean le Prevôc, qui en a efté le Bibliothequaire , cP; 
celui qui a le plus contribué à l'enrichir. Il étoit fi arrn 
ché à cette Bibliothèque, qu'il fouhaica d'être inhume au 
pied de l'efcnller qui y conduit : elle efl: ouverte au pu 
blic tous les jours» excepté les Dimanches, les Fêtes, les 
Jeudis, 6c le mois d'Odobre. Le T^-efor delà Sacriftie 
de la Cathédrale eft encore trcs-beau ; mais il étoit bien 
plus confiderable avant qu'il eût été pillé par lesHereci- 
ques durant les guerres Civiles du feiziémefiecle. Le 15 de 
Juin T683. ^^ Ville de Rouen éprouva la fureur d'un ou- 
ragan, qui s'éranc élevé fur les fcpt heures du foir y fit 
des dégâts terribles en divers endroits. La Voûte de la 
Nef de la Cathédrale fut enfoncée par la chute de trois 
des quatre hautes ôc affez grofles pyramides de pierres 

f>ercées a jour en manière de clocher, qui rermmoier.r 
e grand portail entre les deux grofles Tours. Le poncif! 
de l'orgue en fut abbatu i 6c les gros tuyaux demeurereï^t, 
tellement endommagez, qu'il a fallu les refondre eniie+l 
rement, 6c refaire l'Orgue tout à neuf. Qi^elques para-| 
pets 6c des baluftradesdc pierre des dehors de cetteEglifcj 
furent rafez Ôc emportez par les vents, qui abbacircnt! 
quantité de jolies pyramides, &: caflerciu une grande 

Qj5']q ij partie 1 



Rç .en. 



6-^6 Recueil général 

'^'■^"^•^"^'* partie des anciennes vitres de verre fort épais, & peints ^^°^"" 
en npprcc \ enfin le dommage arrivé en toute la Ville de 
RoLien, monta à plus de deux millions. 

L'Archevêché de Rouen n'a rien de remarquable j mais 
il n'en efl: pas de même delà maifon deplaifance des Ar- 
chevefques -, c'eft le Château de Gadlon^ fitué à une pe- 
tite demie lieue de la Semé ^ à trois lieues de l^ernon y à 
AQMxà'Jnâely y àneufde/îo;/f«3dans leDiocefed'Ei^rfw^, 
fur le penchant d'une montagne. C'eft un Palais complet, 
qui contient trois cours debâtimens, &: autres accompa- 
gnemens ôc dépendances. Il forme un très -bel afpeâ; 
par toutes (qs faces, & particulièrement du coté de la 
rivière, d'où l'on peut le confiderer dans toute fon éten- 
due, avec fa grande galerie, percée de: foixantc-dix ar- 
cades de chaque côté, faite par le Cardinal de Bourbon. 
Le château eft compofé de quatre ailes de bâ^mens , Ôc 
accompagné d'une Chapelle flanquée a une de fes encoi- 
gnures ; le Chœur de cette Chapelle eft hors d'oeuvre, 
ôc porte un clocher tout a jour , revêtu de plomb , ôc 
orné de plufieurs figures du même mctail s ôc cet ouvra- 
ge eft affez fingulier dans fon deffein. La pierre de mar- 
bre qui forme l'Autel, les figures des douze Apôtres en 
relief, les ouvrages de fcupiture, les chaifes du Chœur 
qui font d'un bois rare, avec des ouvrages de pièces rap- 
portées» les vitres, ôt tout ce qui paroîc au dedans Se 
au dehors ,.font àcs objets qui attirent l'attention de 
ceux qui les examinent. La vue de ce Château eft une 
des plus belle de ^V^^îcfi car des quatre Galleriesdu Co- 
ridor, l'on découvre quatre lieues du cours de la Seine , 
qui fépare en cet endroit le Diocefc de Rouen de celui 
d'Evreux. L'on diroit que la Seine paroît ici un grand 
Canal que la nature femble avoir fait exprès pour fervir 
a rembelifTement de ce Château. A droirc on voitdes co- 
teaux chargez de vignes &c de bouquets de bois , de à gau- 
che il y en a autaïu. Dans. la plaine font pluueurs remi- 

fes 



I 



D E s A É B A Y E s D E F R A N C E- ^77 

rnuiMKts, fes ponr le gibier, qui y eft en quanticé, àc d'un fumec l^^o""» 
excellent : Il y a auflî une grande garenne donc les lapins 
font très-eftimez. Une partie des embeliflemcns du Parc 
& du Château font diis à feu M. Colberc. Il faudroit 
avoir un goût diftingué fur tout ce qui a rapport aux 
beaux arts 5 pour bien connoîtrc tout ce qui mérite d'être 
admiré dins un fi beau lieu. La féparation du Fexin en 
Normand & en François n'apporca aucun changement a la 
Jurifdidion des Archevêques de Rouen ^ qui furent re- 
connus également pour Prélats diocefains, par les habi- 
uns de Pomoije Ôc du P^exin , cela eft fi vrai , que les Ab- 
bez du Monaftere deftira Martin, ont toujours reconnu 
la Jurifdidion de cçs Archevêques & de leur Chapitre, 
s'étant fait confirmer à Rouen y en prêtant le ferment de 
fidélité ôc d obéiflancc à cette Eglife Métropolitaine , 
juiqu'au Concordat de Léon X. avec François I. C'cft 
donc une pure imagination que le défot d'un prétendu 
Diocefe de Pontotfe fait à l'Archevêque de Rouen, qui 
eft aulTi bien Pafteur du P^exm François , que du Normand, 
On appelloit ce Vexin fur la fin du douzième fieclc, la 
partie de l*Jnheiechê de Rouen qui efl fituêe dans le Royaume 
de France. Roger de Hcveden dans la vie de Richard l. qui 
regnoic en Angleterre fur la fin du douzième fiecle, rap- 
porte que Philippe AuguJIe , Roy de France y voulut obli- 
ger G*t;/^/>r Archevefque de Rouen , à lui faire ferment de 
fidélité pour cette partie de fon Archevcfché. De parte 
yûrchiepijcûbatûs Rotomagenjls qu^e efl in regno Francis y dici- 
turque P'ûugcfin le François. L'an iz^^.faint Louis donna 
& unit à l'Archevêché de Rouen l'Archidiaconné de 
Pontoife , qui étoit de Collation Royale^, à la charge 
que l'Archevêque Odo^ Ôc ks Succefi^curs auroicnt un 
Vicaire à Pontoife, pour juger les caufes des Bourgeois 
ôc des habitans des Villages voifins qui en dépendent , 
& qui fi^nt en petit nombre. On refervoit à l'Archevê- 
que ôc a fcTO Olficial de R^ouen , la connoifl'nnce à\i crime 

à'hercfie 



R«rel| 



6y% REcùErL Général 

TmuiMi- d'here/te ôc de fanx avec l'appel au Tribunal Ecclefiaftique 
de Rouen , du Jugement du Vicaire de Pomoife \ ce qui con- 
firme invinciblement le droit des Archevêques. Il n'eu 
point fait mention dans les Aâ:es, avant Jdirjt Lcuis du 
f^exin François j ôc ce n cfl: qu'en exécution des Ordonnan- 
ces des Rois, que le Grand Vicaire de Po'ûtojfè , connoît 
des caufes de la partie de rArclievêché de Kvtun ^ quiefi; 
du reflbrt de Pans. Le Palais nomme le FicarJat i Pon^ 
toifcy eft un édifice confiderable : il fut bâri par Guillau- 
me d'Eftouceville, Cardinal & Archevêque de Roi,e:r, & 
les Archevêques de cette Vaille, ont à la Ville oEti une 
OfHcialité pour juger les caufes Ecclefiaftiqucs , tant de 
ce Comté d'£iv, que du Duché d'y^umale. 

La Ville de Rouen eft l'entrepôt de tont le commerce 
que la France fait fur l'Océan j on y compte trente fî> 
Paroifles , & plus de foixante mille âmes. La taxe a 
Rome pour les Bulles eft de . . . . 

Abbayes d'Hommes, de l'Ordre 
DE Saint Benoist. 

A U M A L E. 

M.coibcrtde Aumale^ ou faint Martin d'Acy , en latin , yélh^n;aU , 
noincdcTo^jr- ^^^-^f'I^^^^i ^^^ 3 (eu fancius Martinus de Jntracho , aut de 
■^^■' j^lceJOy fituée au Fauboure de la Ville àî'Jumale. dans le 

pays de C aux c'n Normandie ^ fur le penchant d'une col- 
line, bornée d'une prairie qu'arrofe la Z>;'^//f, & éloignée 
de quatorze lieues de P^oucn, de cinq de Neufihâtel & de 
Blançy ^ de huit à^yJrmens , & de trente de Paris. Elle a 
été fondée par Eftienne & Guillaume fon fils , Seigneurs 
d'Aumale, ôc par la Comtelle Adelife^qui la donna aux 
Moines de Jaint Lucien de BeawvaiSy comme nous l'appre- 
nons d'Lftienne Comte d'Aumale fon fils, qui confirma 
cette donation par fes Lettres de l'an 1115. Les bâtimens 
de cette Abbaye, qui n'étoit autrefois qu'un Prieuré con- 
ventuel , dépendaftp.de S, Lucien de Beairuais ^ étant tom> 

bez 



Flotim Kcvc». 



^o«ool. 



Des Adbayes de France. cj^ 

TiruLAiRis ^^^ ^^ ruine , il n'y avoir plus qu'un ReligieUXj mais tout 
yefi: en bon ordreàprefentaôc la reforme de la Congré- 
gation i^ J^int Maur y a écé reçue en 1704. 

LE BEC. 

M. le Comte Le Bec , Bec, Bec-Helloin, ou Bcc-Hellouin , en la- 
Priuce du ' tin , de Becco Hellini , feu Heiluîrii ^ aut Beccum , ^•f / Beata 
cette Abbaye" -^^^^^ Bcccenfis , ficuée dans le Bourg du même nom en 
[•"^^'^^^""J^'Normandiej fur un bec ou langue de terre, au confluent 
apiufxeius ' de la petite rivière du Bec . ôc de celle de /^///f . à 9 lieuè's 
l'Abbaye du de Rouen , a cmq de la Bouille ôc de Ponteau de Mer ^ a 
iToVr pour* quatre de Bernay y à trois de BouT^heroulcie , à une lieue 
Ecuycr^e M °" euvirou d'Harcourt ôc de Brtonne, ôc à trente-une de Pa^ 
uDucxvGoL fis. Elle fut fondée dans la Baronie de Burneville, vers 

pour M. l'Ab ., lit 11 

bcdcBourfac. 1 ani034. par le bienheureux Hét/^^/w ou Helloutn Seigneur 
]lAA'Ahul'tDiinoiSy qui ayant d'abord porté les armes, fe fit enfuice 
i^^lpou/M^'^Religieux, ôcen fut le premier Abbc vers l'an 1040. Le 

Guy^ 

ccpn 

le Comte de J 

uooiiv.poutbédey^mr Ellienne de Ca'én, Saint Anfelme depuis Evêque 
fous'^p-^i^ef^^^^ Cantorhery fut fait Prieur du 5^c en fa place, puis Abbé 
tcut ûc ce l'^t^ 107Q. après la mort d'Herluin. La dévotion particu- 
1 pourunPa-Jiere que fainr Anielme avoit pour la. /ainte F^fero-e ^ fit que 

gc loniuxé. î r> I • • '' ' il ^ J 1 1 

iQs Religieux ont ete pendant iong-tems vêtus de blanc ? 
mais la reforme de la Congrégation de (aint Mauraya.nt 
été introduire dans cette Abbaye en i6t6. &c'e{lla quin- 
zième Maifon unie à cette Congregacion ; ils ont pris 
l'habit de ceux de laint Aiaur, L'Eglile bâtie en croix , 
porte le titre de Notre-Dame , èc Jairjt Jnfelrjie en cfl; le 
fécond Patron. Le Chœur efl un des plus grands du 
Royaume, puifqu'il y a dix-piliers de chaque côté dans 
fa longueur. Le grand Autel qui efl achevé depuis quel- 
ques années, eft accompagné de huit colonnes de marbre 
blanc i elles^font difpofées en demi cercle , ôc foucicn- 
nent une grande demi couronne Impériale, dont les 

branches 



rloxinj 



100 



lycnprr- BienheuTeux Lanfranc fut Prieur de la Maifon fous lui , 
zomc de julqu'a ce qu'en io5^. on l'en ota pour le faire premier Ab^ 



Rcnai 



iOOO.l. 



^8a KtcutJt CEifïKAL 

jk€ukiKt9. jjfanchcs font toutes dorées, 5c enrichie de fculpturc. Il 
y a aufîî de grands Anges , des Chérubins 5c autres ouvra- 
ges dorez , qui font un bel efFec. Sur l'Autel qui eft en 
trc ces colonnes , l'EnfancJ^^i eft reprefenté dans fa crè- 
che , accompagne de hfimte Vierge 2c d^ fuint Jofeph y 
qui paroiflenc l'adorer. La pierre qui forme l'Autel eft de 
porphyre d'une grandeur extraordinaire, &c l'on tient 
quelle a ccc bénite ^ziS.y^nfelme, Derrière le grand Au- 
tel , entre les deux derniers piliers du Choeur , l'on voit 
une grande figure de la Vierge de pierre dorée. Le mar- 
che-pied de l'Autel, 6c le pavcduSan(5luaire,qui eft fort 
grand , font de marbre noir , veiné de blanc , de même 
que le Chœur. Les deux gros chandeliers de l'élévation, 
une grande figure de Moife , ôc le Lutrin font de cuivre 
très-bien ouvragé ) mais le Lutrin eft d'un deflein fingu- 
licr , fort grand ôc digne qu'on l'examine en détail. La 
façade de la Tribune ou Jubé qui fepare le Choeur de la 
Nef eft toute incruftce , ornée ôc enrichie de marbre. Il 
y a onze Chapelles au tour du Chœur , chacune avec un 
contre table de différent deflein j elles font toutes ornées 
de miaibre , les unes entièrement , les autres en partie , & 
on compte onze croifées au tour de celle de la Vierge y qui 
eft derrière le Chœur. La croifée du milieu decette Eglife 
eft vafte; mais la Nef n'a que deux travées de longueur, le 
refte ayantété ruiné. L'Orgue que l'oneftimeextraordi- 
nairemcnt pour fa^boniCj&pourlegrandnombredes jeux 
qui le compofent, eft au-deflus du Portail qui eft d'une 
ordonnance d'Archite<51:ure aflez propre. Les figures des 
douze Apôtres Ôc autres Saints reprefencczen pierre beau- 
coup plus haute que nature, font adoffées contre les pi- 
liers de cette Eglife , qui eft entièrement couverte de 
plomb, ôc dont les dehors font ouvragez ôc ornez de 
quantité de belles pyramides. Une baluftradc de pierre 
termine 5c couronne en dehors tout le corps ^c l'Egliki 
5c en dedans il y a une petite galerie toucà l'cntour, au- 

deflous 



(\ocii. 



ôEs Abbayes de France. 



^2î) 



TitiiAiM?. JelToas des grands vitraux. La Sacriftie cft ornce d'une 
belle Menuiferie , avec une ferrure crcs-bien travaillée. 
L'on y voit dans une armoire quelques faintcs Reliques , 
6c fix gros chandeliers triangles , avec une croix d'argent, 
d'un fort bel ouvrage, & quantité d'ornemens trés-riclies, 
pour le fervice de TAutcl , ôc pour célébrer l'Office di- 
vin dans les Fêtes folemnelles. LagrofTefonnerie eftdans 
une grande ôc haute cour , bâtie proche de l'Eglife; &c '> 
l'on dit que la groffe cloche pefc environ dix milliers. Lai 
petite fonnerie , qui eft fort harmonieufe , eft dans le 
clocher élevé fur le milieu de la croifée de l'Eglile. Le 
Cloître de cette Abbaye eft beau , bâti a la moderne , lar- 
ge ôc orné de beaux pilaftres. Les bâtimens qui l'accom- 
pagnent, font folides & aflez nouveaux, & la Bibliothè- 
que qu'on y voit, eft fournie de bons livres pour les dif- 
férentes études des Religieux. Le Refedoire eft grand , 
ôc une fontaine d'eau claire qui fert de lavoir , y donne 
de l'eau par fix Robinets, ôc retombe dans un grand baf- 
fin d'Airain. L'on voit dans le Chapitre les Tombeaux 
de plufieurs anciens Abbez du Bec,6c quelques Tableaux 
qui reprefentent des Religieux de cette Abbaye vêtus de 
blanc, ce qu'on attribue à la dévotion particulière que 
faim ^njelme av oit pour \2l feinte Vierge. Qiielques Au 
leurs mettent la fondation de l'Abbaye du Bec en 1077. 
Elle pcffcde la Baronic de Bonneville ou Burneville proche 
le Bec, qui a été, félon la tradition du lieu, le patrimoi- 
ne & le manoir du Bienheureux Hfr////>7, ce qui eftcaufe 
que le bourg du Bcceft nommé lei^fc-Hcr/w/w. Elleaaufli 
la Seigneurie &c le patronage de ce Bourg, ôc nomme a 
quantité de Cures, ôc entre autres a celles de f^im Jean 
en Grève ôc de fainr Gervais de Paris, La petite rivière du 
Bec prend fesfources trois quarts de lieue au-dcflus de 
l'Abbaye i Buor ,ParoifTefituéeaupiedde la côte dcCaU 
lille i ôc après avoir parte par faint Martin du Parc ^ ÔC 
iraverfé le territoire de l'Abbaye ; elle entre dans la Kille 
Tome IL R r r r à 



Florins ^trn. 



dcnr de l'Or- 
drc du Saint 
£ prie. 



SAINTE CATHERINE. 



Unie âiiJt 
Chamcafcs 



Hs XoucO> 



Sainre Catherine au Monr, en latin , fanâa Catharînd 
/cGaiio.a sc m monte prope Kothomagum ^ etoit autrefois une Abbaye 
de Benedidins , fituée au hautdu Mont, piés de la Ville 
de Rouen , mais il n'y en a plus aucun veftige *, quelques- 
uns l'appellent la Trinité du Mont y dont la mcnfe Abba- 
tiale a été unie à la Chartreufe de [atnt Julien de Rouen ^ qui 
eft au Bas du mont, 5: quia auflî la meafc du Prieuré de 



3«oo 



6%!^ Recueil General \ 

TiTuiAiREs. ^ Pontautout, un quart de lieue au-deffous du Parc de cet-' ^^°'^ 
te Abbaye. Ce Parc a environ une demie lieue de lon- 
gueur j ôcil eft enclos de murailles. Cette Abbaye a hau- 
te , moyenne & bafîe Juftice. .... 

SAINT GEORGE. 

boî't [xx^'dT ^^'^^"^^ George de Bocherville, en latin , fanâus Geor^ius 
coain, Eve J^ BdcherivdU , [en de BofcherviUa , aut de Bofauevillâ , fi- 
premier Au.' cuée daus le Bourg du même nom , au pays de Caux en 
&''comimn!' Normandie , fur la rivière de Seine , à 30 lieues de Pans , 
à deux de Rouen , ce qui fau que ce Bourg jouit des pri- 
vilèges de la Banlieue de Rouen. L'Eglife elt aflezgrande 
ôc folidement bâtie. Une figure coloffale, qui rep/efen- 
te fi^int George à cheval perçant un dragon , cftà coté du 
grand Autel, auprès des Tombeaux des Comtes de Tan- 
cara;ille, qui ont été Fondateurs de cette Abbaye: Un gros 
clocher efl- porté fur le chœur, & deux hautes Tourel- 
les s'élèvent en manière de clochers au-defïïis du grand 
portail. Le dortoir neuf eft un aflez grand bâtiment de 
pierre de taille d'un beau deffein , très bien dégagé , ce 
qui donne au Bourg un air de Ville. Cebâtimert eft ac- 
compagné d'un beau jardin qui s'élève, ôc qui s'étend juf- 
ques aux Bois. Saint George de Bocherville ctoit autrefois 
une Eglife Collégiale, où l'on mit des Religieux de /^/«f 
BenoJfi l'an 11T4. La reforme de funt Maur y eft établie. 



Revc« 



•iOOO*, 



PaiiHj. 



IÎ3 ifoool. 



lOOo xo.-) 



FECAMP 



TïruiiLikzi, 



£>Es Absayes DB France. 
F E C A M P. 



6^ 



Flori::;|l5eVCn. 



M, de Ville- Fecimp , Fefcan , Fecan , ou Fefcamp , ou Fefcam , en 
quelle Lyon, niiu y t ijcanenjis ^ jeu de r ijccim y4Ht ttj^amnum ^ luueeau 
dcurd^'or-* PaysdcCrff^A; en NormmditySi 15 :lieuè's environ de Ro;^e«, 
ares du Roy. ç^^ ]^ bord dc la mer au couchancd'Efté^à huit lieues du 
Hdxre de Grâce , à fix de Montivilliers Ôi à^fiint Valéry 
enCaux , ti à douze de Dieppe dans la petire ville de Fe^ 
camp e^ Normandie , for une oetite rivière qui a fa fource 
un peu a'u-deffus du Bourg ôc de l'Abbaye de Valmom.Fe- 
camp écoit un lieu bien connu dès le reptiéme (îécle, puif- 
qu'un SdgnQur Frariçois nommé W aningue om Waning, 
que quelques-uns difenc, Seigneur de fVc^m^, y bâtie un 
Monaftere de Religieufes en <j(î2> par l'auroricé de/^/wf 
O-tien Evêque de Rouen, Sainte Htldemarqùe qui en fut la 
première AbbefTe eft honorée le 15 Odlobre , & le bien- 
heureux Wanmg y eft honoré le neuvième Janvier. Ce 
Monaftere ayant été ruiné par les Barbares, comme tous 
les autres delà Province, Richard Duc de Ncrmarjdie y ha,- 
jtit dans le milie-u du dixième ïiécle, une Eglife magnifi- 
ique , dédiée a U Trintié. Elle fut d'abord défervie par 
ides Chanoines, d^aurresdifcnt des clercs feculiers; mais 
japrés la mort du Fondateur fon fils ^ fuccefleur llichard 
jli.y établit les Moines Benedidins vers l'an J015 dutems 
de l'Archevêque Robert^ ayant fait venir ceux de l'Ab- 
biye de faine Bcnic^ne de Dijon , avec leur Abbé Ginllau- 
me ,qui fut le premier Abbé de Fecampy mais il conferva 
toujours (on Abbayede Dijon avec plufieurs autres , où il 
avait établi la Règle ou la reforme. Il mourut à Fccamp 
1 an 1031. Ôc fon corps s'y conferve. Saint Maurtlle qui fut 
fait Archevêque àeRouen peu après le milieu de l'onzié^ 
mefiecle, fut tiré dcl'Abbayede Fecdmp\ où ilavoitpafle 
plufîeurs années. L'ancien édifice de Fecampéion bas ck: 
obicur ; mais R/chard II. fit batirdans l'enceinte du Châ- 
teau , qui a les foflez 6c fes ponts levis , ô: l'on transfera 

R r rr ij les 



684 Recueil General. 

XiTuiAJEiï. les Religieufes à Momi'villierL Le Duc Rohert III. fon 
fuccefleur accrut encore d^ beaucoup de bien cette Ab- 
baye, a qui il donna le droit de haute, moyenne & baffe 
Juftice. Il obtint mcmeduPapeJe^w XVL que cette Ab- 
baye fut exempte de la Jurifdi£tion Epifcopale. Non feu- 
lement elle jouit de cette exemption, mais même elle exer- 
ce une Jurifdidlion comme Epifcopalefur les dixParoif- 
fesde la ville de Fecamp,&c fur feize autres qui fonrfîruées 
dans le Diocéfe de Rouen , fuivant la conceffion qui en 
fut faite à Henry ^ Abbé de F e can ^^2iï Hugues Archevêque 
de Rouen, de que Ion peut voir dans le livre des Statuts 
fynodaux de Rouen. L'OfBcial de Fecamp a droit de vi- 
ihc fur toutes ces Paroiffes, & peut y tenir Synode &A1- 
femblée des Curez, &: y faire desReglemens , ôc il rend 
JaJufticedans fon Officialité. J'ai cru faire plaifir au Lec^ 
teur de lui rapporter ici une copie exade de cette con- 
ceflîon. 

D/ploma Exemionis JfthhatU Fifcanenjts , "Hugo Rhoto- 
nidgenfis Archiepifcofus , dileBo Henricoy AbbMi FtfcKinenfi 
ejufque Juccejjoribus in perpetuum. Ecctejîas quafdam cum Pa 
rocichïisfuis y in noflro Epifcopatu perpétua jure libertatis ^ab^ 
folutas ab omni jure Epifcopali , tibi [uifque fuccejjpribus , t^ 
Ecclefî^ Fifcanenjj y habendas in perpetuum com.edimus O^ con- 
Jîrmamus. "Vt igitur nulU fuper.eis de jure Itbertatis orUrur 
contentio , e^s huie cbdrt<e noftra nominatim injerimus ; fctlicet , 
Ecclejîam de EJUclot ; Eccle^éim finéli Gervafit apud Rhoto* 
magum; de LimpinjilU , de Tormocvilla ^ de 'Wtcjlue, dePa- 
luely de /an fit J^uharii , de Ingo'Vtlla, de fan f h W client , de 
Manne-villa , de weltis , de Penajyha , de fan fit Pétri de Se- 
niSy de fétncla Marine GailUrdcc^fanfl^ Mari^ de f^afto tSP 
de fa.'icîi Pétri parvi 

Fec<f.mp eft fans contredit l'une des plus belles, des plus 
nobles ôc des plus riches Abbayes du Royaume. Elle 
poff^de quantité de précieufes Reliques , 6c beaucoup 
d'argenterie. Son Eglife qui porte le titre de la jaime 

Trinité y 



Florins 



RcvcBi 



DES A BB AYE S DE France. '^85 

'""*'*"• Tr/'/î /Vf , ell la plus grande ôc la plus majeftueufc de tou- 
tes lesEglifes du pays de Caux^avec Teize piliers de cha- 
que côté dans fa longueur. Elle eft bâtie en croix , cou- 
verte de plomb , auflî-bien que (a grofTe tour quarrée , 
qui eft élevée fur le milieu de la croifée , Ôc ouverte en 
dedans , en manière de lanterne, ôc qui renferme une 
groife fonnerie , ôc une cloch;^ du poids de plus de dix 
milliers. Les bas cotez qui accompagnent la Nef, font à 
double voûte. Le grand Autel eft de marbre blanc enri- 
chi de bas reliefs , qui fervent comme depiédeftalà une 
grande cliâfle, faite en forme de tombeau , accompagnée 
des figures de fiint Taurin Se defamte Sufanne en grand , 
le tout du même marbre. Dans cette châfte font enfer- 
mez quatre corps Saints i fçavoir , celui dcfaint FUvien , 
Evcque à^y^mun^ celui de/^/wfCowr<f/?,Evcqued'Evreux, 
celui dejaint Saén Religieux, ôc cnfuite Abbé de Saint 
Sa'en^ &C celui dç jainte Atre martyre. Derrière le maître 
Autel qui eft ifolé , on voit un Calvaire , où Ton a repre- 
ienté un grand nombre de perfonnes. Les Chapelles d'au- 
tour du Chœur font aflez propres , & fermées d'unegran- 
de Sl haute baluftrade de piere dure, bien ouvragée & 
chargée de fculptures. On diftingue la Chapelle de la 
Vierge , bâtie hors d'œuvre derrière le Chœur*, elle a la lon- 
gueur de cinq croifées. L'Autel où eft reprefenté le trépas 
de ^, Benoîfi, eft un aftez beau travail ; mais celui qui re 
prefence le trépas de la fainie Vierge ^ en prefence des Apô- 
tres, attire fur tout l'attention des connoifleurs. Toutes 
les figures font en pierre, ôc plus hautes que le naturel. 
On eftime aufli beaucoup les huit figures qui accompag- 
nent le tombeau de Notre Seigneur. L'Autel qui eft appuyé 
contre une belle Tribune ou Jubé , dont le defTous iert de 
veftibule fore fpacieux , pour entrer de laNefau Chœur, 
eft encore un grand ouvrage de pierrejoù l'on n'a éparc^né 
ni le nombre des Figures en irrand , ni les sros reliefs. 
L'Abbaye de Fecam^ , dans l'Eglife de laquelle font les 

tcmbeat^x 



Florins 



€ÎC Recueil Generae 

^^^"^*^*"' tombeaux des anciens Ducs de Normandie y pofTedc dix 
Baronies , dix hautes Indices , ôc dix Scrgenceries , en 
tre lefauelles la Baronie de Fecamp Ôc celle de l-^iifieur y 
qui font la Menfe Abbatiale, produifent plus de <îoooo 1. 
dç rent^ à l'Abbé. ... . ♦ ♦ . 

J U M I E* G E S. 



M. d:f, Si- 
mon»* 



rioru, M 



lumières , en latin , Gemmetkum y'vclfanBuî Petrusdc 
Gemeticis y feu Gemmetici< y ^ut farjéîus Penus Gemmeticenfî^ 
fituée dans le bourg du même nom dans le pays à^Caux 
en Normandie y fur la rivière de Seine y cinq lieues au-def- 
fus de Roiien , à trois de J^^int Georn , de jatnt Vandriiu 
^ à^Caudehn y ^à^ cinq quarts de lieue au deffusdeO»-^ 
cler. Saint Fdhert y qui avou été autrefois Abbé de Rihac 
cnbrie^j y bâtit Tan (^54. unMonaftere (ur un fonds qm 
lui avoit donné fainte Bathilde mcrQ du Roy C'aïant \[\ 
[ditM,-^^///er. ]Il en fut le premier Abbé,ôc il y vit jui- 
qu'à 5)00 Religieux. Saint Achard ou Acaire premier Ab- 
bé de Ouinçay en Poitou y fondé par faint filk'ti , fut c;a- 
bli fécond Abbé à^Jumicges par le même Saint , vers Tan 
(783. D'autres Auteurs ne s'accordent pas avec M. B^u'la ; 
car ils difent que l'Abbaye de Ji/w/fgf fut fondée vers l'an 
6^0, par S. Philbert ou Philibert ion premier Abbé , fous 
le Règne de Clovis 1 1. qui en a été le principal Bienfai 
fcur^ avccfainte Bathilde fa femme. C'cft aux Sçavans s 
décider fur ce fait. Les lieux réguliers furent preique en- 
tièrement détruits, vers le milieu du neuvième (léclepar 
les Danois y qui étant entrez dans la Neu(îrje^^r la rivière 
de Seine , avec une puifTante flotte que le fameux & re- 
doutable Haftini commandoit fous les ordres du Prince 

J Ci 

Btery furnommé Cote de fer y abordèrent ^Jumtége y facca- 
g-îrent une grande étendue de pays , y mettant tout à fei. 
ôcàfang, 6c maflacrant plufieurs Religieux, tandisquc lei 
autres fc dérobèrent par la fuite à leur fureur , avec ct 
qu'ils avoicnt de plus précieux, & cherchèrent un ;;zili: 

dan; 



8of»o 



DES A B ÈAYE is DE France. €îy 

TiTuiAiMs. dans le Cambre/tstiu Prieuré à' Affres y dépendant de l'Ab- 
baye de Jamiege. Guillaume de Lo/i^ue Epét Duc de Norman- 
die y chaflanc dans là Forée de Jumiége , y trouva deux 
Moines, qui lui racontèrent comme leur Monaflere avoit 
ctc ruiné, 6: lui prefenterent du pain d'Orge &: de Teau, 
qu'il refufa avec mépris. Continuant fa chalîe il rencon- 
tra un fanglierqu*il bleOa , le fanglier (e jetta fur lui, &l 
le renveria.Le Duc revenu à foi , retourna aux Religieux, 
reçût leur prefent, promit de rebâtir leur Monadere. Il 
]c fit i 6c y mit vers l'an ^04. douze Moines , avec A<far. 
tin leur Abbé, que fafœur Comteflede Po/f/fy; avoit tiré 
de l'Abbaye i^faint Cyprien dQ Poitiers. L'Eglife de Ju- 
miége, qui porte le titre de faint P/>rre,ell grande ôc très 
folidement bâtie, avec feize piliers de chaque côté dans 
fa longueur, èc des Chapelles au tour du Chœur , dans 
lequel on voit un très-grand candélabre de cuivre â neuf 
branches , un aigle 6c iix grands Pupitres du même mé- 
tail, très-bien ouvragez. Cette vafte Eghfe eft couverte 
de plomb, aufTi-bien que la groflfe tour quarrée, ouverte 
en lanterne fur le milieu duChœur. Les deux gros clo- 
chers de pierres bâcis à l'antique d'un même deflein 6c â 
trois étages, s'élèvent beaucoup au-deflus du grand por- 
tail contre lequel eft adofle l'Orgue , 6c ils fe terminent 
en hautes pyramides, couvertes d' A rdoifes. Entre les clo- 

• ches de cette Abbayes , il y en a une du poids de fept mil- 

liers. On conferve dans le tréfor de cette Eglife plufieurs 
Reliques très- precieufes 6c anciennes, 6c entre autres cel- 
les de ùmt PiJ^^ert renfermées dans une très-belle chafll 
d'avgencj reprefencant une Eghfe des mieux ornée d'ar 

j chitccLureôc de (cti pcuie. On y voit encore diverles fi 

gures d'argent, cc deux chefs auilî d'argent , dans l'un 
defquels eft la tcce de fainc [^abmin Evêqae bc martyr , 
^ dans l'autre une partie de celles de iaint Lc?er Evêque 
d'Autun. 6c de laine Aicadre,ou Achard, ou Acaire ié- 
cond Abbé de Jumicge. Le Cloître^ au côté derEc^lile 

^ eft 



Florins 



<?8S Recueil général 

JitmuMi. ç{^ grand 6: très -beau , & les bâcimens des Religieux ^'o^ï^^ 
tiennent beaucoup de l'antiquité. On en a commencé un 
nouveau de trois cens dix pieds de longueur fur une mê- 
me ligne , 6c il repondra fans doute i la réputation de 
cette célèbre Abbaye, dont la Bibliothèque e(l grande & 
crcs-bien fournie de Livres pour toutes fortes d'études , 
avec divers manufcrits, dont quelques uns font fort ra- 
res. La Maifon Abbatiale bâtie à neuf ô: à la moderne au 
bout du jardin , a tous les apparremens & les offices qui 
conviennent à un Abbé de diibndion^ôc tous les logemens 
ncceflaires pour les équipnges. Le terrain que l'Abbaye 
de Jumiége occupe , ell fort étendu , & les jardins font 
très fpacieux. Le voifinage d'un bois , les prairies & la 
rivière en rendent le féjour agréable i elle a droit de pè- 
che , & poflede plufieurs Paroiffes. Tajjillon Duc de Ba- 
viere 6c Teudon fon fils ^ font enterrez dans cette Abbaye 
qui fut reformée Tan i6i^. par les Bénédictins de la Con- 
grégation de faint Maur , de c'efl; la quatrième Mailon 
qui lui a été unie. L'Abbaye àc Jumtégtssi produit plu- 
fieurs hommes illuftres , entre lesquelles on com.pte faine 
Huzues Abbé 6c Archevéoae de Rouen, faint Euchcr Eve- 
que d'Orleanîi Robert Ewcc[UQ de Londres ôcdtCanrorùerjy 
Freculle Evéque de Lizjènx ^ Jacqua d'^mhotfe Evcque 
de Clcrmont y 6c Helifacar Abbé, Chancelier de Louis le 
Débonnaire, Cette Abbaye jouit de 40000 liv. de rente ^ 
dent il y en a la moitié pour l'Abbé. 



i *:o\ 



SAINT MARTIN DE PONTOISE. 



M. dcT.hcrat r ri tj . 

Concilier Saint Martin de Pontoife , en latin , Janctus Adartinus ^ 
prope Pontifaramy tout proche la ville de Pontoife , à trois 
lieues de Po.'Jfji , à fept de Paris , 6c à vingt de Rouen dans} 
le yexm François , fur la rivière d'Oife, Cette Abbaye fut! 
fondée l'an 1050. par Amaury fils de Dreux , 6c frère de! 
Vamier Comte d'Amiens 6c de Pontoife. Saint Gautier Çut\ 
choifipouren être le premier Abbé, 6c le Roy Philippe 1. 

âgé' 



HcTflW 



li 



DES Abbayes de France. 



6S^ 



TiTULMMi. ^g^ jg j^yjj. ^ neuf ans s*en fit l'avoué , & en confirma 
la fondarion l'an Ï069 Gauthier y mie la Règle de fainr 
Benoifl , en fit dédier TEglife fous le nom de faine Ger- 
main, qu'ellea quitté depuis pour prendre celui de (âint 
Martin. Les Abbez du Monaftere de faine Martin ont 
toujours reconnu la Jurifdidion des Archevêques de 
Rouen & de leur Chapitre, s etancfaic confirmera Roue??, 
en prêtant le ferment de fidélité ôc d'obéïflance à cette 
Eglifc Métropolitaine , jufqu au Concordat de Léon X. 
avec Franfois I C'efi: donc une pure imagination, que le 
dépôt d'un prétendu Diocéfe de Pontoife fait à l'Archevê- 
que dcRouen , qui eflauflî-bicnPafteurdu f^extn Fmnçois 
que iwNormand. Le Cardinal de Bouillon Doyen du (a- 
cré Collège, feplaifoit tant à fon Abbaye de 5. Martin 
de:/-*o«ro//(f ,qu'ily a bit bâtir un Palais Abbatial des plus 
fuperbes ôc à la moderne. Les Jardins en terrafle, fur le 
bord de la rivière A'Otfe , font magnifiques. Il y a la re- 
forme dans cette Abbaye. . . . é • . 

SAINT OUEN. 

f,\l:^^\^,'^il- Saint Ouen, en Laùn fanclus AudoènuSy fituéc en la 
v..quc ar Ville de Rouen , & fondée par Clotaire I. Roy de France , 
v<>ycz les au- vets l'an 534. fous l'invocation de/<</wf Pierre: qUq prit en- 
ivtidcX * fuite le nom de faim Oiien, Le Couvent eft tiés-fpacieux, 
y;™t"Iuv. Se les jardins fore agréables i l'Eglife eft admirable 
de pcnfions pQQj. 1^ beauté de la ftrudure, il n'y en a point de mieux 

fur l Abb.yc, r ^ i\ \ r 1 n M 

ac(AintOucn.batic, après celle de Notre-Dame de Rouen ;car elle a cent 
foixante-dix pas de longueur, 6: efl devant une place qui 
la rend fore claire. Cette Eglife fouffrit un fort grand 
dommage par fa fureur d'un ouragan qui s éleva fur les 
fept heures du foir le 15 de Juin 1^83. Cette Abbaye où il 
y a la réforme crt: très-recommandable, tant par Ion re- 
venu que par le grand nombre de Bénéfices qui dépen- 
dent de fa collation. . . * . 



f 



Florioj 



!lc7ca. 



Tom: II. 



Sfff TREPORT. 



s 00, 



lt3«0. 



40-0. 



yt'ooo. 



TiTuia:xbs 

M. de la 

Chàrre le i. 

Novembre 

7V. 



M. de la 

ravcttc. 



Aï. -c Fcurci 



^90 Recueil général 

T R E' P O R T. 
Tréport, en Latin Sanâns M'icha'el iriy aut de Vlieriori 
Portu ^ fuuée dans le Bourg du même nom, dans le païs 
de Caux en Normandie, à ?ix lieues de Dieppe &c à'^bhe^ 
%'ille, à trois quarts de lieue au-defîous de la Ville d'Eu} 
fur la rivière de Brejle, L'Eglife & le Convent font bâtis 
vers le plus haut de la cote •■> le Chœur efl: grand , ôc un! 
large Corridor y règne tout à l'entour, lacroifée eftaflezj 
vafte, mais laNef a efté détruite. Cette Abbaye futfon- 
dée en io3($". en l'honneur dQ faint Michel par Robert ^ 
Comte d'Eu -, d'autres difent en 105^. par le Confeil de 
famt Maurilky Archevêque de Rouen ^ ôc de Guillaume le 
Conquérant, Duc de Normandie ^ ôc réformé en kT^îg. par 
les Bediflms de la Congrégation de famt Maur. Ramcrui 
ôc Drego en ont efté les premiers Abbez. 

V A L M O N T. 

Val-Mont, ou VaIle-Monr,en Latin Fallis-Mons^feu 
Valtdus^MonSy fituéc dans le Bourg du nicme nom, au 
pays de Caux, Qn Normandie ^ ôcfur une rivière encore du 
même nom, a deux lieues de Fécan^ ôc a douze de Rouen , 
entre le Havre ôc faint Valerj. Cette Abbaye eft pofledée 
par des Grands Bénédictins^ où il n'y a plus que trois Re- 
ligieux, fut fondée en 1161. ou en 11^5?. par Nicolas d'EJ. 
toutenjUlt', Ce fut depuis le lieu de la fepulture des Sei 
gneurs de cette Maifon. Le Chœur de l'Eglife de cette 
Abbaye, dédiée à Notre-Dame, eft beau & bien orné, 
mais la xNef n'a rien que de commun ; la croifée du mi 
lieu de cette Eglife, ôc la Chapelle de la Vierge derriè- 
re le Chœur, font aflez propres. 

SAINT VANDRILLE. ^ 

Saint Vandrille, ou faint \i;7'andril le, en Latin fin élu 
WandreçïfiliHs, fituée dans le Bourg du même nom, au 
P.îys de Caux ^ en Normandie^ à une lieuëde Caudetec, & 



Florin' 



Rc/ea; 



îo<. 



;oo. 



TlTJIlA 



DES Abbayes Dt France. è^i 

^^"* à un quart de lieuë de h Seine, & à cinq ou fix de Rouen, 
Cette Abbaye eftfituée dans unVallon fur le pecic ruifleau 
de Caillowville, S^WàndrilÏQ bâtit ce Monafterc vers l'an' 
(^48. en un endroit apellé Foncenelle, dir Bailleti à caufe de 
quelques fontaines qui forment làun ruifTeau confiderable. 
Il en avoir acquis le fond du Domaine de Clovî^ II. il 
fut le premier Abbé, & l'Abbaye quitta depuis le nom 
de Fomenelle pour prendre le fien, avec la Règle de/^/«f 
Benoîfl, quoique fes Reliques en euflent déjà efté enlevées. 
S<^int Godon ou f^'.im Gon, nQVQiide fainr ^^andrille , qui 
ctoit venu du Aîonr-Jou s,vqc fon oncle à Fontenelle^ eut 
part à la fondation de ce Monaftere : il s y fit Religieux 
des premiers , jufqu'à ce qu'il fe retira au Diocefede Troyes 
où il bâtit l'Hermitage A'Oje. Saint Landebert ou Lambert 
en fut fait le fécond Abbé Tan 6^6^?. après le Fondateur 
faim Wandrille y ôc fut choifi l'an 678. pour être Evêque 
de Lyon. Saint Erbland qui fut depuis Abbé d'Jindre, 
avoit efté Religieux dcfaimWandrille tous faint Lambert ^ 
CommQ- fiint Albert {on oncle, fâint Coridé, Solitaire y^n 
glois y 8c'd*autres Saints encore. Saint Erembert fut tiré de 
l'Abbaye de y^/A^r \i^^«rfr/7/V , pour être fait Evêque de 
Touloufe, en 6^6. il quitta fon Evêché en 66^. ôc revint a 
faint w^ndrille,où il mourut en 6yS> Saint hnsbcn fut fait 
troifiéme iAbbé de faim Wahdrille l'an 6y2. a^vcs faim 
Lambert y fuccefleur de ce Saint Fondateur. S^iint wlfran 
ayant quitté fon Evêcbé de Sens, fe retira dans cette Ab 
baye vers Tan <J85. y donna fa Terre de Adaurillyoii Milly. 
en Gatmois. Il y revint mourir après fes Miflions de Frtfe, 
Son Corps y fut retenu avec ceux de faint Erembert Evê- 
que dtTouloufe y de faint Cow^e Solitaire du pays de Caux, 
&C des lA^ïiyis faint Maxime ^ faint Vencrand, lorfqu'on 
emporta à Gand en Flandres ceux de faim Wandrille Fon- 
dateur du lieu, ôc de faint Jnsbert Evêque de Rouen ^ qui 
en avoit efté Abbéi mais en 1105 il fut tranfportc à ^b- 
bevtlle. Saint Bain ayant quitté l'Evêché de Térouenne 

S f f f ij ^ pour 



FIo 



tlV.i 



Rercif 



(Tpi Recueil General 

TiTuiAiMs, pQ^j. £j. recirer à ftint wandrille^ en fût fait Abbcau com- 
mencemenc du nuitiéme fiecle. Enfin ce Monafterc efl: 
très-celebre dans le Martyrologe Romain, qui fait mé- 
moire des Saints, donc on honore encore aujourd'hui les 
Tombeaux dans les quatre Chapelles ou £glifes, bâtie:> 
fur fon territoire. On peut àjufte titre appcller cette Ab 
baye la Terre des Saints , puifque fous le Gouvernement de 
fes trente-quatre premiers Abbez, donc il y en a vingt 
reconnus pour Saints : elle a donné des Prélats Illuftres 
par leur fainteté ôc par leur fcience , aux Eglifes de Sens , 
de Toulouje, de Lyon, de Sètz.y à^Rouen^à^TeroHennc y de 
Paris, de Bayeux , de Reims , d'Eijreux 5c ^^MUQs.ÀrchinoM. 
Lieutenant du pays , donna ce lieu pour bâtir l'Eglife , & la 
première pierre y fût mife le premier jour de Mars de l'an- 
née ^45. elle eft bâtie en Croix, eft belle, claire, bien 
voûtée, très-propre, & ioti dégagée dans fon defleins 
avec un large Corridor. Le Chœur couvert de plomb a 
neuf piliers de chaque côté, & quinze Chapelles à l'en- 
tour, dont plufieurs font ornées de marbre. On n'a pas 
épargné l'or au Tabernacle du grand Autel. Les trois por- 
tes du Chœur, & quatre grandes hïC2.itsAuS4n6laSAne 
torum, font fermées d'une grande baluftrade de fer aflez 
lichement ouvragée, ôc un grand nombre de faints Ab 
bez, & autres Religieux de l'Abbaye, font reprefenrcz 
en peinture fur les murailles &: fur les piliers de ce mcmc 
Chœur, dont les Chaifes font d'une belle menuiferie. 
LaTribunequifcpareieChœurdelaNef, eftd'unagrca 

ble defTein , & terminée par une baluftrade de pierre. Au 
milieu de l'EgUrc, il y a un plafond en manière d'une 
grande calotte, ornée d'architedure & de fculpture, au- 
dcffous du clocher conftruiten forme de lanternes mais 
la voûte de la Nef ne couvre que trois arcades, 5c une 
muraille fcpare le reftedela.Nef que Ton n'a point ache- 
vée. La Sacriftic eft trcs-commode, 51 des mieux ornées 
de menuiferie» On y admire fur tout la beauté du travail 

de 



PUtÏD) 



<CVCH 



' 



DES Abbayes de France. ^5)3 
TiTiiAiRit Jg la ferrure, par grandes plaques çizelées, comme de 1 ar-^^**""^ 
gent. Outre les ornemens aiTez propres, & de coures cou- 
leurs, pour célébrer folemnellement l'Office Divin > on 
voicdans le Tréfor de cette Sacrifie quantité de Reliques 
prccieufes, que Ton conferve dans desChefs, dans desBras, 
èc dans d autres Reliquaires d'argent i Se ces Reliqucs'font 
piefque toutes de Religieux qui fe fcncfandifiez dans ce 
Monaftere, ou qui en on: efté appeliez pour gouverner 
d autres Abbayes, ôc mcme des Diocefes , en qualité d'E^ 
vêqucs ou Archevêques. Cette Abbayeayancefté détruite 
par les Normans Danois en 850. ou 8<îo. fut rétablie par 
R^ichard IL Roy d'Angleterre &c Duc de Normandie, 
vers Tan 1055. ^^ Maifon des Religieux entièrement re- 
bâtie à neuf par les Bemdiclins de la Congrégation de/^/>?/ 
Maur, qui y furent introduits avant la fin du dernier ile 
cle, efl grande àc complette, & l'une des plus belles du 
Royaume. Le Cloître cfl: forr beau, ôc la grande Salle 
lient du magnifique , elle a dix grandes croifces de chaque 
; coté, ôc un rang de neuf colonnes de pierre dans le mi> 
lieu qui porte la voûte. Les jardins font vart*s, ôc dans le 
grand Enclos qui s'èleve jufqUes vers le haut de la côte, 
& près d*un bois, il y a de longues terraffes, d'où l'on voit 
la rivière de Seine. Sur le terrain de cette Abbaye on trou- 
ve quatre Chapelles où l'on dit des Mcfles. Celle qui 
porte le Titre Notre-Dame de Caillouville, fut bâtie par 
faimWandrille, qui vécut jufqu'à l'âge de quatre-vingc- 
feizeans,&: qui mourut le zi. de Juillet <:jg5. félon les uns, 
& ^85?. félon les autres, en prefence de fainr Ouen^ Ar 
chcvcque de Rouen, & de trois cens Religieux. Cette 
Chapelle de Noire-Dame de Caillowville eft un lieu de dé- 
votion , célèbre depuis onze cens ans. On baigne des en- 
fins malades dans la fource du ruiffeau ds CaiilouvtlU qui 
en fort, U qui pafle à travers cette Abbaye. La Chapelle 
Aq famr Saturnin ^ Archevêque de Toulonjc ^ où l'on vient 
de plufieurs Villes en pèlerinage, futconftiuiceran cco- 

Le à 



Rcvita, 



(5'^4- Reçu B-i'l G en e r a t 

Cifiiïfu»-* Lç Corps de fiim Hardouin y repofe j après avoir vécu 
long-cems en qualité de Religieux, reclus dans le même 
lieu 011 elle a efté bâtie. Celle qu*on appelle U Chapelle 
de fainr Paul^ eft le lieu de la lépulture de la plus grande 
partie des Saints de l'Abbaye de Yontenelle^on ^q faim 
v/itndrille i 5c entre autres du Saint de ce nom, dcfaint 
Léon fon Neveu , de faini: Hugues Archevêque de Rouen, 
^Q piint Jnsberg Archevêque de la même Ville, & dQ/ahn 
Wftlfran Archevêque de Sens. La quatrième eft la Cha- 
pelle de la Maifon Abbatiale, érigée en l'honneur dey^/«f 
Etienne premier Martyr , &; d^faint Pancrace auflî Martyr. 
De plus, au Hameau de Ganville il y a une Chapelle du 
titre dQ piint Jmand^ où ce Saint qui a efté Abbé d^Jt^mt 
Wandrille a fa fepuhure. La Chapelle du titre do famt 
Jacques eft encore de la dépendance de cette Abbaye , dont 
l'Abbc eft Seigneur de Caudth^c^ Se Patron de la Cure de 
cette Ville. La Sénéchauftee, haute Jufti^^e d^Uint^^an- 
drille va tenir dans la même Ville la Jurifdidbion du Bail- 
liage durant une femaine de Carême. 



SAINT VICTOR EN CAUX. 



1A. de Beau 
vaudu Rivau, 
Archcvê 
de Narbo 
P 



Saint Vidor en Caux , en Latin fanêîui ï^0or in Caleto, 

^^^- feu de mortuo mari , fi tuée dans le Boure du même nom, 

.icur de po-dans la Normandie, entre Dieppe & Rouen, a ux lieues 

mier A:gre D. j ., «il» tt-H ^ il- •• \ rr 

de Tours, ci- de 1 \xx\t àc QQ 1 jutte Ville, a une grande lieue au deilus 
vêqucdcTou-d'Aufray , en pleine campagne, très- fertile en grains , 
iTllin^X^ éloigné d'environ trois cens pas d'une petite rivière, 
eue de Toir. appcHée la Scie. Cette Abbaye d'anciens BenediSlins. 6c où 

nay. Abbc >lc . f i^ . ^ i /- - rrf C r 

Boincvii,D. lin y en avoit qu un, lorique j'y ai paile en 1701. rut rou- 
is caca'^a'T , ' àéc pat Robert de Mortcmar, Baron de faiml^iélor tnCauxy 
fcuf drj"orr P'î^dant que le Bienheureu)c.^^«r;7/e étoit Archevêque 
drcsdu Ko/,de Rouen, Ce ne fut dabord qu'un Prieuré fondé par un 

en Février r \ r r\ ■ /fii- 

»7i4. Eccleiiaftique nommé Commor^ qui y établit des Moi- 

nes dt fiint Oiieny & fc fit Moine luy-même Ce Mo- 
naftere fut enfuite érigé en Abbaye dans le Concile de 

Rouen 



Flonns.RcvciK 



CES Abbayes de France. <;p^ 

TiTutAïKîj. Rouen , de l'an 1074. par Jean A rchevcque de Rouen, avec 

Dom Pierre [q confentement de NicoUs Abbé de ^^aint Ouen, L'Abbé 

Cirardin , « • 

DotnduMa , nommc aux Cures de Saint F kl or y de Adaclouy de F rené , 

04 juc-. jgj'Q^j/^^ d'ErempuiSy de ^S^/«r £//Vr & dt faime Marie 

Je Dieppe. L'Abbaïe coiififte en un ancien Bâtiment aflez 

beau. .... . . . . 

Abbayes d'Hcm. de l'Ordre de Citeaux. 

B E A U B E C. 

Dom p;crre Bcaubcc , eu latin , Be/fes Bcccus , aut Bellus Iccus , fituée 

Gi:a:din, ^ j i l o xr 1 * • î 

Dom du Mas dans le pays de Bray en Normandie , a trois lieues de la 
oa jutcur. ^-jj^ j^ Goumaj , vcrs l'Occident feptentrional , à une 
lieuë de Forges & Gatllejontaines , ôc à trente de P^m.Son 
Eglife bâtie en croix , eft grande & vafte , & la Maifon 
des Religieux efl fort propre. Cette Abbaye première 
Fille de l'Abbaye de Sauignj fat fondée fous l'invocation 
de S. Laurent le i Novembre 1117 ou 1128. par Hugues 
de Gournay , ou félon d'autres , par Guillaume de Fecan, 
Elle eft en règle , ôc vaut en tout 18000 liv. 

FOUCARMONT. 

Foucarmont, en hùn, fanéîus Joannes Baptifia defucal- 
dimonte , ^■f/ Falcardi-Adons , fituée dans le Bourg du 
même nom au pays de Caux y fur la petite rivière d'H/>r^, 
d'autres difentde S^:rf ^â cinq lieues delà ville d'£«, vers 
le midi , Ôc â quatre lieues d'Jumalle. Elle eft fille de Sa^ 
"jigny 5 & fut fondée le 15 Juillet 1130. par Henry Comte 
d'Eu, Elle eft régulière ôc de la reforme 

M O R T E M E R. 

M. dcRata- Mortemer , en latin , Mortnum mare , feu Sangla Adarid 
de vi- de A/ortuo mart , ficuée en Normandie, à demi lieue de la 
petite ville de Lyon s y du coté de l'Orient, & à 4 Iieuës 
d' Andcljy entre les rivières d'E^^te èc d'Jndelle yàunelicuc 
d'Ecouy y ô<: à zo de Pans ^ dans un vallon environné de 

tous 



Dom Hcroiv 
▼ilic. 



Florin 



vcquc 
»i:rs. 



300 



400 



50. 



CoC. 



Recueil oekeral 



^''''^■'*'' cous côtés delà Forée de /^owi. Elle eft Fille de TAb- /'*'""* 
. -rX bayed'Orcrf^, ôifuc fondée le premier de Novembre ÏI34. 
ou ii3(î^. p^r Henry I. Roy d'Angleterre ÔcDuc de Nor- 
mandie. Son Eglife efl: grande èc vafte, & 1 ony voit le 
tombeau de /<o^erfPf?«/4/«, Archevêque de iî<?«f«j ôc ceux 
des Barons de Bec Crcfpin, • . . . 



V A L A S S E. 

M.deUTour ValalTeou la Vallaffe, ou Notre-Dame du Vopu,enIa^ 
chanoine & tin , f^^dlL^ita , fctt Beata Marix de ï^oto , vel Valejcia, Fille 
dcl'EguVrac de l'Abbaye de Monemcr ^ fituée au ^àysàtCxuxçnNor- 
A'be^& chw»f""«^'^> à trois quarts de lieuc aude(Iusder//?rW«e, & 
<i^= ''^''^^^ç' autant au-deflbus de i5c;/^^ fur la mcme petite rivière au 
cecre qûaH'-c pjed dcs bois qui couvrent la cote, la Maifon Abbatiale ; 
d»hoanear au le Cloitte, leChapicrc, le Refedoireôc les autres bâci- 
Paris^'Abbf mens de cette Abbaye fontaffezgrands&fort bien entre- 
'^' rIc'Ru- tenus. L'enceinte des Jardins ert vaftc ^ & les tourelles 
doi, D de q,^ flanquent les murailles , la font regarder de la cote 
conchls, D de Yljlehonne , comme une petite Ville. L'Eglife bâtie en 
fc'fa^ux'dc s. croix efc grande, belle 6c achevée dans fon deiïein. SaNef 
dc'soav.gl^y' eft accompagnée de bas cotez, & dans chaque croifillon 
&cy dc^'ant font ttois Chapelles tournéesà TOrient, demême qucle 

nomméilAr- , '^ i r \ 1 t J • 

chevêche de ^rand Autel. Ilya un eros ôc fort beau clocher de pier- 

Touiscn No. *=> , ^ ' ^ 11 

vcmbre ,/i9 ïQs , portc luT unc touT ouverte , en manière de lanterne , 
L^cvl'u'c de' élevée fur le milieu de la croifée de cette Eghfe. Deux 
vicoa=. hautes tourelles fervent d ornemensau grand portail, où 
l'on voit une vitre en forme de rofe aflezbien ouvragée 
Cette Abbiiyea une haute Juftice pour le petit Village 
du ralajfe .'où. il y a deux Moulins à eau. L'Abbaye de 
la /^^^Ai^i^iccé fondée par l'Impératrice /I-^^^W^f Tan 1145. 
d'aucresdifent le trois des Ides de Juillet 115^. ou 1157. par 
Falleran Comte de Meulan, Ôc beaucoup augmentée par 
Maihtlde mère d'Henry IL Roy d'/^n^^leierre & Duc de 
Normmdis. en 1185. On y a uni une très-belle Abbaye de 
Chanoines derOrdfede5./^«^f(/?/>?, fohdée en l'honneur 

de 



50. 



itcrca; 



ranc , le li 
May J704 



DES Abraves de France, c^-j 

'^"'^^^'^'^' de Suint HelierQn Tille de Ger/ey^ par Gutliaume Hamon ^ 
Seigneur Normand j on l'unit, dis-je, à l'Abbaye de No^ 
tre^Dame du /^ce^ près C/^er/'owr^, quoiqu'elle fuc trois fois 
plus riche que cette dernière i & ce ne fut plus qu'un 
Prieurs par fucceflîon de tems. . . . . 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre de S. Augustin. 

C O R N E V I L L E. 

chSmo-*^ Corneville, en latin, Comavilla ^feu Beata Maria de 
Corne-vilU y firuée en Normandie , entre Ponteau-de-mer , 
dont elle eft éloignée de deuxlieuës, ôc Monfort A^{\s\q 
petit pays Roumots y fur la rivière de Rille. Elle a été fon- 
dée par Gilbert de CornevilievGïsl'ânn^}. Elleeft de C/?^- 
notnes Réguliers de la Congrégation Aq fainte Geneviève , 
l'Abbé nommeaux Cures Régulières des Paroifles de Cor- 
neville ^Calleiot ^P^ahot y Perville^ Vilquiers. ' • 

NOTRE-DAME D'EU. 

M.deGanii- Notrc-Damc d'Eu 3 en latin, Sanfîa Maria de Juqo , 

lac Chanoine A ,. . .,, \ r \- •• ^ t-\ • ^• 

de la Sainte iituce dans la ville d'Eu , a lix lieues de Uteppe , a cinq 
fjr,\e6\'d'Jhl?eville, à fept de Neufchutely ôcàune petite lieue de 
vaii706. Tréporty à l'embcuachure de la rivière de Bre/le , ôc fut bâ- 
tie par Guillaume Comte d'Eu , frère de Richard Duc de 
Normandie. Ce fut d'abord une Collégiale , où l'on mit 
l'an 1115?. des Chanoines Réguliers, Cette Abbaye fut dédiée 
à la Sainte J^ierge \ mais Saint Laurent Evéque de Dublin 
y ayant été enterré l'an 1131. & ayant été canonifé en 1125. 
elle prit le nom de ce faint , qu'elle porte encore aujour- 
d'hui. L'Eglife bien bâtie cft grande, belle, couverte de 
plomb, auflî-bien que fon clocher , qui eft une grofl'e & 
haute pyramide, &elle a toute l'apparence d'une Cathé- 
drale. On y voit dans fa longueur feize piliers de chaque 
côté. La Nef fertdeParoi(Te,& les Religieux font le fer- 
vice divin dans le Chœur , où font les Tombeaux des an- 
ciens Comtes d'£«^ ôc celui de 54/>?f Laurent Archevêque 
. Tome IL T 1 1 1 de 



1 



Florins 



Reven, 



100 



1 1 ooo I 



So 



îooo.l. 



Unie aux 
FeuilUus du 
lieu. 



^98 Recueil General 

TiraiMKEs. ^g D«W/« en Irlande, c\ui eft révéré dans le Con\téd'Eu , 
de même que fainte Geneviève l'eft à Paris. LaChalTeoù 
font fes Reliques , efl: élevée au-defTus du Grand Autel , 
&fon chef eft dans un Bufte d argent. LeTrcfor de cette 
Eo-life conferve plufieurs autres Reliques avec la mitre & 
l'etoUe de ce faint Prélat mort en la Ville dtu le 14 de 
Novembre 1181. &: enterré dans l'Eglife de l'Abbaye, alors 
défervie par des Chanoines Réguliers dejaint yidordQPa- 
ris, &c qui l'eft prefentement par ceux de Sainte Geneviè- 
ve de la même Ville , dits de la Congrégation de France, 

U V I L L E. 

Ouville :, fituée dans le Bourg du même lieu , en Nor- 
mmdte y au païs de Caux , à fept lieues de Rouer, , ôc à cinq 
ou à fix de Dieppe , entre Efiotite-ctile , Balq-ieville <sr En-- \ 
^le/nuevllle , & près à'Hierv/lle dans une campagne où il 1 
croît quantité de bleds. Cette Abbaye étoii aur^efois de 
l'Ordre de faint JugHJiin \ ëc elle eft maintenant unie 
aux FeutlUns, . • • ... 

Abbay£s d'Hommes de l'Ordre de Premontre'. 

BELLOZANE. 

M. Lfgcr Bellozane, en latin , Bello-^ena , firuée en Normandie , 
i^sa'imrcii/-àdeux lieues de Gournay , au pais de Bray, & a 10 de 
pcik de Paris, p^^^.^^ tHc fut fondécpar Hugues de Gournay, Tan ïjc,8. 

1 S L E-D 1 E U. 

M.dcURuc. j^^ Dieu, en latin , Sanâa Maria de Infula Dei, fuuce 
en Normandie , dans le Village du même nom , fur la 
rivière d'/^nddlc, à quatre lieues dorRoiien , à vingt- fix 
de Paris ^ une lieue &: demie au-deflus de Charlcval, 
& immédiatement au-deflus dt^acueil Elle fut fondée 
& dédiée à la t'^'terge , vers, l'an 1187. par Renaud & Gàu- 
rhierdo. Pavillj père ôc fils , Barons dece lieu , fous le 
' XQ^nzd'Henrj II. Duc de^Norr^^anée , ôc Koïd'Jngleterm 

6i enfuite augmentée par les Châtelains de Beau vais,conv 

me 



Flor ins Rcvcn. 



it6 Sooo.I. 



7000.1, 



ZOQ }JOO. I. 

■ 



IJS 



aoo 



15 E S iA BBAYESDE FraNCE:. C^Ç) 

jiTttiAiREs. j^^g içyj.^ tombeaux le font connoîcre. Cette Abbaye a de ''''" 
fort beaux droits , ôc nomme à douze Bénéfices. L'Eglife 
eft bâtie en croix ôc le Sanduaire , qui eft affez grand , eft 
tout lambriiTé de menuiferie. La Maifon des Religieux 
Prémontrés reformés, eft toute neuve ôc fort propre , au 
pied de la Forêt de Lyons , dans une agréable vallée .qui 
produit routes fortes de bons grains. • ^ -. 

MACHEROUX. 

Le p. Hiâiit Machercux > ou Marcheroux , en latin , Marcho/ium 
17X0. Rddulfhi y aut Manhafium li^idtilfht y fituéedans le Bourg 

du même nom au J^exin Franfots^ dans le grand Vicariat 
de Vontoije , à trois lieues de Beawvais ^ du côté du cou- 
chant, à deux de Chaumont , 6c à 14 de Paris, Elle fut 
fondée en 1131. Elle eft régulière , ôc de la reforme. 

R E S S O N. 

M.duBos. Reftbn, tnhim yheau Maria de Kejfonio , Fille de l'Ab- 
baye de Saint Jean d' Amiens ^ ôc lituée en Normandie da.ns 
rArchiuiaconé du Vexin François, Doyenné de Cbau^ 
mont. Ce nétoit autrefois qu'un Prieuré, quia été érigé 
en Abbaye Tan 1125, Elle reconnoît les Seigneurs d'Ju- 
mom pour Tes Fondateurs , ôc en 1130. Jem I. Sire d' au- 
mône , ôc Mahtle fa femme firent pluiîeurs donations à cet- 
te Abbaye régulière bc de la reforme. 

Abb. de Filles de l'Ordre de S. Ben 01 st. 

S A I N T A M A N D. 

dc^Loî^csde" S^iii^ Amand , en latin , Sanflus Jman.lus , (ituce en la 
Qnuuai. ville de Rouen , fut fondée vers l'an 1030. par le Vicom- 
te Gofcelmôc Ameline fa femme en l'honneur de lay^./w- 
te Vterve & deS.v^w^w^ Evcque d"I^rrfc/;r.Commeles Bâ- 
timens tomboient en ruine, Madame Elijabeth de Barentin, 
que j'ai eu l'honneurde connoître particulièrement , la- 
quelle eft niorte le 13 Juin 1711. fit bâtir des épargnes des 

T 1 1 1 ij Abbcftes 



s'Rcrca; 



JÔOD.J. 



; 00 ", , 



7 3 1000. ]. 



:J 



700 Recueil général 

T.rutA REs. ^bteflTes précédentes 6c des Tiennes un fuperbe Bâtiment,' ^^°''"^^"^"*' 
qui coûtoit 50000 écus , ôc il n'y en avoit que la moitié 
de Elite, félon le deflein imais l'imprudence d'une Sœur 
converfe y mit le feu au commencement de ce fieele y ôc 
tout ce nouveau Bâtiment a été réduit en cendres. Via- 
dame de Bcirerjtm a fait de grands biens à cette Abbaïev 
dont l'Abbefle nomme à la Cure de faint Amand , ôc à 
d'autres fort bonnes , foit dans la ville de Rouen , foie 
dans les environs Les RR. Pères Hautin Chanoines Rezu- 
Iters de S, /Antoine de Rouen ont mis beaucoup d'ordre dans 
les titres de cette Abbaïe. L'Abbefle de S. Amand eft la 
feule qui foit dans la ville de Rouen\c3iï les autres qui pren- 
nent le titre d' Abbefles , ne font que des Prieures. La ver- 
tu & la régularité des Dames Religieufes de l'Abbaye de 
Saint Amand, au nombre de plus de 50, prefque toutes de 
qualité ôcd'efpric, furpaflent tout ce qu'on en peut dire, 
éc au milieu de leur vie exemplaire, elles font paroître 
une joyequi ne peut erre qu'un fruit du Saint £/^r//-. Cet- 
te Abbaye a 40000 livres de rente , mais il y a tant de 
charges, qu'elle ne jouit au plus que de 27000 liv. 
SAINT JEAN D' AN DEL Y. 
Me de la Ro* ^aiut Jean d'Audcly , fituéc eu Normandie ^à^ns la ville 

ckcaymon. Ju Gr^«^-y<^«^f/}/. On l'appelle communémeut l'Abbaye 
faint Jean, à caufe d'une Chapelle de ce nom, qui fertde 
titre à cette Abbaye, fondée par la Reine Clotilde,ôc re- 
parée par la Maifon de Baudry de Piancoart. Il y a bien 
àQS gens qui prétendent , que Saint Jean n'eft point une 
Abbaye, mais un Prieuré perpétuel de nomination Roya- 
le. Cette Abbaye étoit fort célèbre dans le feptiéme (iç,- 
cle , comme on le peut voir au chapitre trois de l'Hifioire 
du vénérable Bede. . . . ... 

M O N T I E R S. 
Montiers,jenen trouve aucuns Mémoires, & Pelletier 
ne met que ce nom à la page 5?8. de /on livre, & Je reve- 
nu de 800c liv. a la Table des Abbayes de Filles ilms en 

den 



17000, 



D$s Abbayes DE France. 

Titulaires. ^'^^^ J^j.^ J^j^^ Jg ^Orps de fon OuvragC. 

MONTIVILLIERS. 



7O1 



-lonnî 



Me cadot de Montivilliers , ou Monftiers-Villiers , en latin , Mona- 

Scbvule. 

flerium 'vtlUre y aut Adonafieriumnjecus , (îtuéedans la Ville 
du même nom au pays de Caux en Normandie , à 2, lieues 
du Havre de Grâce , fur la Le/^arde ^ trois quarts de lieuë 
au deffusd'Harfleur , à fix lieuësde Ffc^/;îp & d^ïl/lehon- 
«fjôcà feizede iîo«f«. Cette Abbaye Royale eft des plus 
anciennes de Normandie ^ ôc même plus ancienne que la 
ville de Monttvilliers\ car , félon les Mémoires de cette 
Abbaye, elle doit fa première fondation au Duc Wara- 
thon Maire du Palais > & a été bâtie vers Tan (Î74. On tient 
ont faim Pbilhen premier Abbé dejumiéges Ta gouvernée 
dey établit des Religieufes. Ces mêmesMémoires portent 
qu'en 850 ou ^60. le Monaftere de Monflitrs-J^tUiers fut 
détruit aufli-bien que les autres delà Province par les in- 
curfions de Flajîimagne Duc des Normands ou Danois^ peu- 
ples du Nord, ôc rétabli en 1035. P^^ Richard I. àc Richard 
II. Ducs de Normandie, à la prière de Beat fix, quiétoit 
fœur de Richard I. ôc tante de Richard IL, dïz fans feur , 
Roy d'Angleterre , qui lui accordèrent de grands privilè- 
ges. Cette Princefle aïant renoncé au monde , en fut la 
première Abbeffe depuis fon rétabliffement , ce qui arriva 
l'an 1053. Plufieurs Dames illuftres par leur pieté & par 
leur naiffance ont depuis gouverné cette Abbaye,dont l'E- 
glife dédiée à Notre-Dame, ne fait qu'un même & feul 
Bâtiment avec la V^ïoiffQdQ Saint Sauveur, à laquelle elle 
efi; jointe. Ce Bâtiment a beaucoup defoliditéôc de gran- 
deur. Les Religieufes en occupent le Sandluaire ôc le 
Chœur, ôc la Paroifle la Nef, fréquentée par Icsgensde 
mer qui viennent accomplir les vœux qu'ils ont faits dans 
la Tempête. /Jo/'^rr Archevêque de Rouen accorda à l'E- 
glife de cette même Abbaïe, exemption de Jurifdidion 
Epifcopale. Cette exemption confirmée par les Papes s'é- 

:end 



Sooo.I. 



''"!*>' 



yoi R E C U E I L G Ë N E R A t 

rifoiAiMï. ^^(\ fur quinze Paroifles qui en jouifferic, & donc l*Ab- 
befle de Momivilliers eft Dame ^ Patronne. Ces 15 Pa- 
roifles reflbrtiflencde la Jurifdidion de l'Official de cette 
Abbaye 5 qui en efl: auflî Grand Vicaire *, fçavoir. Saint 
Sauveur y faint Germain C^ (aime Croix de Montinjilliers , 
Roiielle y Sanvie , Oi^enjillc ^ Harjleiir ^ G ournay y dïz Notre 
Dame de Confolation , faint Martin du Manoir , Eponville.y 
Kolleviile yfainte Avarie au Bojc ^ Gutteville les Plains ^ No~ 
tre Dame de llflcbonne , & S. Paul au Faubourg de Rouen. 

Abbayes de Filles de l'Ordre de Citeaux. 



Me de Guer. 
chois. 



Ma MoicI 
à'Aubigny; 



B I V A L. 

Bival , ou Sainte Marie-Magdeleine de Bival , en la- 
tin, Bivalitum Jancla Mari^^Magdalerii^ ^ (uuée au païsde 
Caux en Normandie y entre les Abbaïes de Beauhec ôc de 
Neufchâtel, à une lieuë de l'une & de l'autre fur la droite 
du chemin de Neufchâtel à Aumale, en l'Archidiaconé 
d'Eu ôc Doyenné de Neufchâtel j cette Abbaye eft fous 
l'Archevêque de /io«ew. .... 

B O N D E V I L L E. 

Bondeville , en latin , Noflra Domina de BondevilU , 
fituée en Normandie au pays de Caux. Voilà tout ce que 
j'en trouve, &: qu'elle eft fous l'Archevêque de Rouen, . 

FONTAINE-GUE R A R D. 

Maaam:du Fontainc-Guerard , eu latin, Fons Guerardi y ({[Iq dç 
l'Abbaye de Citeaux , ficuée dans un lieu marécageux, au 
bas d'une côtequ'ellea au midi, fur la rivière d' Ànddle ^ 
à quatre lieues de Rouen y tnitt Pont faint Pierre^ Fleury, 
&: à 14. de Paris. Farin dans fon Hiftoire de Rouen , dit 
que vers l'an ii^'i. y^maurj de M eulant yComzc d\i lieu, de 
Beaumont le Rover , ôc de Noyon fur Jn délie y fonda cette 
Abbaye, à laquelle il numona de grands biens. Depuis 
ce tems-là , les revenus ont été fort augmentés par îde 

de 



Troncq 



Floriusl R«c^ 



1 



TlTUtAlRïS. 



M. de !a Vit'. 
Tille. 



Me ie Boge. 
fioy. 



DES Abbayes de France. ^o^: 
de MeuLm ComtefTe d*Jumale, veuve de Jean de Har- 
court, wé 3. la bataille de C ou rtray. L'AbbefTe deFontaine- 
Giierard prefence aux Cures de Beai4mont - Bofcmouchel , 
d'Omouvilie , de Roquemont ^ & de fainr /i4(irtm au Blanc, 
Il y a à côté de TAbbaye de belles prairies. 
GO MER-FONTAINE. 
Gomer-Fontaine,en latin , Gomeri , (eu Gomerici fans. 
Fille de TAbbaye de Clicaux , & fituée en Normandie 
dans le Vexin Français-, entre Gi[nr^:dcChâumônt .près i 
Trie , fur une petite rivière, fut fondée en /io8. par /-/«- 
çues de Chaumont, . . . . . ^ 

NEUF-CHASTEL. 

Neuf-Châtel , en latin j.A/'ox'w»^ Cdflrnm , firuée dans la 
Ville du même nom j, au pays de C^wx en Normandie, à 
neuf lieues de Rouen , à huit de Dieppr & d'E^^ Se à cibq 
d' ^'um^Je. On y a uni le Prieuré de faint T/^ow^^ le martyr, 
d'xi-ltCiair'Riiifjc-l' . ' . . * . ' ' 

.. , S- AJ"N"T^ S-A-E.N. 



<ev«* 



:'nfi.r,-i 



Me (3c Roqué 
pipe- 

i 



Saint Saëii, ou faint Saëns, où faint Sans , eh latin , 
Sanclus Sid.qnius /fitupé dans le Bourg du me me nom au 
tpais de^ C4;/\v.éh Nbrmanpi^e' 5 iiaris un'valloti âii pied 
duAboîs, fur une petite riviéré/àTepclieué's de /J/^yj^f , 
àîpareiijèdilTance de Rouen ,t^ a deux oii trois de Neuf- 
cbarel. L'E^Iifede cette Abbaye, ô^ leMonaftere onrété 
jrebâtis à neuf, 6c la Communauté efl; aflez nombreùfe. 
Cetîr'éf((>iit autre foi s- qu'un Pyr-ienréqui a:éEp éi"Jgé.eHr Alv 
baye, appelle Notre-Dame du Champ Soudain \ ou Sou^ve- 



vain IcT-Saèn, 



LE T R E' S O R. 



Mf de Ron 
chcroUc. 



''■-yi£,. 



Le Tréfor , en latin , Deata'Afaria'df Thepuro , 'vt 
cer Thejauius Beaia Maria Virginii, Fille de l'Abbaye des 
Vaux de Cernaj ^^ lîtuée au Kexin Normand^ à 13 lieues 

de 



000«. 



8ooo* 



7000. 



1 joco. 



yo4 Recueil général | ^ 

CimAiMs. Jep^y.;^^ fur la ParoifTe de Bus , 3, deux lieues de S. Clair [fi°^^"« Rcvcn. 
fur EpiCy ôc de J^ernon^ près de Baudemom y de fondée en 
1100. L'Eglife de cette Abbaye eft aflez grande, ôc les 
bâtimens du Monaftere fort commodes ôc fort logeables 
font dans un enclos trés-vafte ôc bien planté , au pied d'une 
côte, le tout à quelque diftance des Maifonsde la Par- 
roifle du Bus , dont l'Eglife conftruite près du Château ou 
Maifon Seigneuriale, flanquée de quatre bonnes Tours 
"" aux quatre angles , porte le titre de Notre-Dame. . 

d'Hommes de l'Ordre 



P R I E u R E z 

DE Saint Benoît. 

SAINT CLAIR SUR EPTE. 

Saint Clair furEpte,en Luin fanflus CUrus ad Eftam, 
{îtué dans le Bourg de S. Clair en Normandie, au Fexin 
François y 3, trois lieues au-deffous de GiforSy à neuf de 
Pontoife, a deux de Magnj, ôc à douze de Rouen. Il y a 
grande dévotion a faint Clair Martyr, & le Prieur Ti- 
tulaire efl; Seigneur en partie du Bourg. Ce Prieuré qui 
dépendoit de T Abbaye de faint Denis , a e.fté cédé a l'Abbé 
de Bourgueil. . . . . . • • 

M.deBonc. ,Saint Pierre de Chaumont, en Lninfan^us Petrus CaU 

^^^''''^^'J^; njomontii y ïituc dans le FexinVrançois en Normmdieyàc 

vcrabiVi'711? dans la petite Ville de Chaumont , a dçux lieues de GiJorSy 

entre la Ville de Beauvais ôc celle de Mante, Ce Prieuré 

dépend de l'Abbaye de S. Dents. 

Prieur e' d H o m m e s de l'O r d r e 

Di Grammont. 

NOSTRE^DAME DU PARC. 

Nôtre-Dame du Parc eft annexé, quant à la Menfe 
Prieurale, au Collège des Jefuites de Rouen. Voyez l'ar- 
ticle des Prieurez de rEvcché de LiX^eux, 

PRIEUREZ 



firniAi^ss. 



b ES A D B AYE S DE FrANCF. 



705 



Prieurez d'Hom. de l'Ordre de S. Augustin 

B E A U L I E U. 

M.jeMjyoi, Beaulieu , en Latin, Beata Maria de Bell locoy Notre-! 
Etienne Je Damccle Bcaulicu , Pricu Tc lituea deux lieues de Rouen : 
sLws'.^'^'^Il a eu pour Fondateur Jean de Preai^x, fe prétendant iflu 
du Conquérant d'^'Jîe Saladin ^ comme on peut voir par 
fon hiftoire : il tira des Chanoines E^rguliers du Prieuré de 
S. Lo en la Ville deRouen^difcipIesdu bienheureux Guti 
laume d'Evreux , premier Prieur de fainre Barbe en Ju^e, 
Diocefe de LiT^eux, ôc Propagateur illuftredesC/j^«o/«f 
Jiêguliets dans la Normandie, en l'onzième fîecle. L( 
Prieuré de Beaulieu eft Patron, Prefencateur en règle de.^ 
Eglifes Paroiffiales du Bois VEveque^ fur lequel il étoit 
^fitué ; de TEglife de Préaux , dé Heugleville en Caux ^Ôc de 
S.y^^wdela Neuville près Rolbecy du Mont-Ada^n , Boit 
à' /^nnebout èc de quelques autres. Il y a une grande Cha- 
pelle dans l'Eglife de Beaulieu , qui eft le lieu de la fepul 
ture de la famille de Meflîeurs de Préaux , que reprefentt 
aujourd'hui Monfieur le Prince de Rohan , où l'on voii 
des Maufolées fort endommagez par les hérétiques ; mai.^ 
qui font des Princes & PrincefTes du Sang Royal d'^«^/^- 
terre , aufquels la Maifon de Préaux eft alliée. L'écuflbn 
de ce Prieuré porte un double Aigle éployé de ûble. Le 
Parlement de A/'or;?2iî«^/f,tranfporté fur les lieux, de in 
formé par luy-méme de l'aneantiflement total de ce Mo- 
naftcre, par les Prieurs Commandataires qui fe l'étoieni- 
refignezdemainen mainj a ordonné par plufieurs Arrêt.^ 
folemnelsj que la difcipline de les bâtimens y feroieni 
rétablis par les foins des Archevêques de Rouen, en y 
appel lant des Chanoines Réguliers de faint Jugujlin de la 
réforme du Vénérable M. Moulin. Cq qui a été confirmé 
par le Roy en fon privé Confeil, &: c'eft bien inconfide 
rément que le Père Heliot Picquepus , Auteur de la nouvelle 
Hiftoire Monaftique, a voulu y traiter de cette matière 
Tome U. Vuuu fur] 



Florin 



.<c/cn. 



7o<; Recueil General | 

TiTuiAiREs. {"y^ le Fadum de l'Abbé Commandacaire, Partie inte-U'on 
reflee, 6c non recevable contre des A rrêts Ci authentiques. 

BELLEN-COMBLE. 

M. dciaPe- BellenComble, OU Belen-Combre, OU S. Martin fous 
Bellem-Com^re y fitué en Normandie dans le Bourg du me 
me nom, entre Rouen 6c Dieppe, à Gx lieues de l'une 6c 
de l'autre Ville, à deux de BoulehardjàunelieuëÔc de- 
miede faintSaën. Le Prieuré fous Be/Zf^w-Gow^We porte le 
titre de Tous les Saints ^ fondé anciennement par les Sei- 
gneurs de U Heufey pour les Religieux de l'Ordre de faint 
Au^ijlm^ qui l'ont déferviafîez longtems s 6c aujourd'hui 
c'eft un Prieuré fimple à la nomination du Roy. 

BOURGACHARD. 

M Brocîian? BouTgachard , ou Bourg' Achard, ou faint Lodu Boca- 
Chanoine de Q\^2ixi. , en Latiu fandus LaudMs\ fînje Lautho de^B^no, aut 
ris.'' ^o/co-y^c/;^r^/. Prieuré Conventuel 6cCon(îfl:orial de Cha- 

noines Réguliers, fitué dans le Bourg deBourgacharden 
Normandie, dans le Roumois, in pago-Rhothomagenfi y a 
cinq lieues de Rouen, à cmq de Ponteau-de-Mer, 6c à deux 
de la Roiiille L'Eglife de la Parroiffe qui porte le titre de 
S. Mathieu y eft une aflez grande fabrique, bien bâtie , 
QiStc une grode Tour, ^ ne fait qu'un corps de bâcbment 
avec celle du Prieuré Clauftral des Chanotnes Réguliers de 
faint //uguftin, qui eft le Noviciat de la réforme du Père 
Moulin y mort Prieur de l'Abbaye d'Hy^uemaux^ au Dio- 
cefe de Paris , au mois de Mars 172.3 en odeur de fainteré, 
6c âgé de plus de quatre-vingt ans. Ce Prieuré fut fondé, 
premièrement par Ncvelon du Bojcy pour des Chanoines 
prébendez, vers Tan 1115 qui ne furent pas long-temps 
fans fe déplaire de leur fingularicé, 6c appellerent les 
Chanoines Réguliers de S, Jean de falaife, pour être for- 
mez à la difcipiine de la vie commune, en l'an 1143. Roger 
an Bc^fcy héritier de Nevdon fon frère, acquit la qualité 

de 



DES Abbayes DE France. 707 

TirutAtREs. jg Fondateur, en donnant fon confentement a la fup- piori 
preflion des Prébendes. Le premier Prieur,fut le Véné- 
rable Hugues du Châtel^qui fe trouvoit alors Doyen de la 
Collégiale. Il fut fécondé par Ces deux frères, Richard 
& Robert, qui donnèrent tous enfemble des fonds confi- 
derables , qui font encore partie de l'Enclos Se Terres ad- 
jacentes, de portent leur nom. Le Prieuré de S. Lo de: 
Bocacbardy pofTede en règle les Egliies Parroiflîales de 
S. Philbert de Bouquetot y de faint Paul de U Haye , de Notre- 
Dame de Hitnquemary de Notre-Dame de Caumont y de faint 
Ouen y ôc de la Trinité die Touherville y en leurs origines 
/impies Succurfales dudit Cai^mon^, fainte M agdelei/ie de 
la Boiiille, ôc celle du Bocachard qui eft dans la Nef, avec 
le Prieuré fimple de Notre-Dame du Bofc, en la Foreft de 
Neufhourg^ de la donation de Henri de Neufbourgy vers 
Tan 1155. Ces Cures font toutes à la nomination du Prieur 
Commandataire de cette Maifon, ôc ficuées au milieu 
de belles campagnes de terres de labour, & qui prcdui- 
fent de bons grains. La Cure de la Parroide efl défervit 
par les Religieux 5 Ôc ce Prieuré eil le Séminaire Epifco 
pal de Rouen pour les Prêtres ôc autres Ecclefiaftiques 
qui fe font oubliez de leur devoir. On conferve en l'E- 
glife de £^oc^c/7^r^, d'une antiquité acteftée dans les Archi- 
ves de Notre-Dame de liouen , une portion confidcrable 
du chef de faint Euflacbe Martyr i & le concours de la 
dévotion des peuples y efl célèbre. M* Jacques Nicola 
Colhert y Archevêque de Rouen, travailla à remettre en 
cette Maifon la difcipline en un meilleur ordre en 1^85. 
en fe fervant de quelques Chanoines B^eguliers de Friardei 
qu'il y appella^ mai*s fur tout de M. Adoulin, M. Mathurin 
Brochant Chanoine de Paris y en étant alors Prieur. 

Les deux Amans, Prieuré Clauftral de Chanoines Ré^ 
guliers do faint j4uguflin, de la Congrégation de France . 
dite de fainte Genevie'uey il eflfitué dans le F'exin Normand, 
près dQPçnt faint Pierre, unelieuë au-deffusde l'Ar.he y a 

"■' ^ Vuuu ij quatre 



7^^ Recueil General j 

TITULAIRES QuauQ de Rouen ^ de à trois à'Jndilly^ enrre ces deux der-,^'°""' 
nieres Villes. Ce Monallere donc l'Eglife porte le titre 
de U AJcideleiney eft très folidement bâti fur la Parroiffe 
à' y^nfreville y donc la Cure efl: deflervie par un Religieux 
dececceMaifon,où d'ordinaire il y aune Etude de Théo- 
logie pour les jeunes Religieux Les Bacimens font fur la 
croupe d'une Montagne, dont la rivière dV«^f//e arrofe 
le pied i ôc l'on découvre de^là une trentaine de Villages > 
le long des bords des rivières de Seine ^ à' Eure & à'Jn- 
délie, les Villes & Forets du Pont detjrche àc d^Louviers . 
ôc la Forêt de Lions, de vaftes campagnes très -fertiles 
en bons bleds , de belles prairies , & dçs terres qui produi- 
fentdu Tabac, ce qui fait une vue charmante. La Manfe 
s Prieurale des deux y^mans y efl: annexée au Collège des J<f- 

fuites de Rouen, ..... 

Cniauxje- Saint Etieuhe d'^r/j//é':rj Prieuré (Impie, fitué dans le 
pV" = '=p gQ,jj.g d'orques au Pays de Caux en Normandie, a deux 

lieues de D/f^pf ôc àdix de Rouen. 
iJ!\!Zm''l^ Mont- aux- Malades , fitué dans le Petit Village du mé- 
Roi Louis XV i^e nom , proche de Rouen , au haut d'une Montagne qu'on 
trouve au fortir de la Porte Cauchoife, après que l'on a 
pafle par faint Gervais, Ce Prieuré eftconfiderable, ôc les 
Religieux de l'Ordre de faint y^uguftin Je deflervenc : ils 
confervent une précieufe Relique d'un Bras de S, Vincent, 
qu'ils expofent dans leur Eglifeà la vénération des fidèles 
le 11 Janvier, jour de la Fête de ce faint Martyr. L'Eglife 
Paroiffiale efl: fous l'invocation de fiint Jacques, ôc c'efl: 
toujours un Religieux de ce Prieuré qui la gouverne. 
Le R Pcrc La Madeleine de Rouen efl: un Prieuré Conventuel , 
***"'^*- la Menfe-Pricurale efl: unie en faveur de l'Hôtel-Dieu, 
deflervi par des Religieufes F^ofpitalieres, ôc des Cha- 
noines Réguliers de la Congrégation de fainte Geneviève 
deflervent pour le fpiricucl i le Prieur efl: Régulier ôc de 
nomination Royale. , . ... . 

Saint Laurent en Lions, en Luin ^ fanÛus Lauremîus 

in 



Reven; 



M', du Tôt. 



DES Abbayes de France. 709 

in Leon'îlus y efl: un ancien Prieure de Chanoines R,egulier<y 
iîcuéen haute Normandie ^z àcux\iQ\y'è^ Aqs Villes de Lyons 
ôc de Gournay, On le croie communément de la fonda- 
tion de Henri I, Roy à' Angleterre y vers le commence- 
ment du onzième (îecle. On luy réunit alors le Monaf- 
tere des Chanoines E^èguliers de faint Pierre de la Ferté en 
Braji avec fon Annexe dcfaint Sam/on , qui avoit efté fon- 
dé par Vauthier de Gournay y du temps du Roy R bert y Se 
rainé durant les Guerres c^uq Robert Courteheure enircpùz 
contre Henri premier fon frère. Le Monaftere de^S". L^;/- 
rent a toujours joui de fort beaux privilèges. Ses Chanoi- 
nes font Aumôniers nez de nos Rois de France, à raifon 
de leur Château de la Femllie, qui n'en efl: difl:ant que 
demi lieuë. Ducange en fait mention en fon gloflaire. Il 
a eu des hommes illufl:res en fainteté^ comme le bienheu- 
reux Thurolde^ qui fut un de ks premiers Supérieure, 
dont le Nécrolog? y dit ohiit Thuroldus vir magrix Religionis, 
0* mna al?ftinentii€. M.. Châtelain y en fon Martyrologe, fe 
fouvientdu Bienheureux Hugues de faint Jovinien yChs.- 
noine de faint Laurent y reclus ifainte Flonorine y Se Auteur 
de la Fondation de l'Abbaye de YlJIe-Dicu, Le Prieuré de 
faint Laurens e(t Patron du Prieuré de fainte^AJarguerite du 
Puybel y du co:é de Dieppe. Il efl: encore Patron desEglifes 
de faint Maclou Lahruyere^ au pays de Caux , de la Frenaje, 
de faim Nicolas de Beauvoir, de Mefail-fous-Frix y du Mefntl 
fous f^ienney de Notre-Dame de RoT^ay , de Notre-Dame de 
Châtillony de l'Eglife Paroiffiale de la Feuillte y ci-devant 
Chipelle Royale » du Prieuré fimple de^^ «/ Eufîache de 
Montigny près l^ernon. Se de quelques autres. Les Sei- 
gneurs Portier de Martgny en ont été infignes Bienfai- 
teurs. Philippe de Alarigny y Archevêque de Sen^ y frerede 
l'infortuné Ë«^«err^«^, efl: inhumé en l'Eglilc deS, Lau- 
rent y comme il efl; marqué dans le Necrologe, Rêver cmer 
inhac Ecclefmtumulatus, Les Armes de l'Eglife de faint Lau- 
rent font un gril de fable , ôc ont pour fupport deux Lyons 

de 



FlorinslRcveo^ 



7ic> Recueil General 

jiTuiAiREs. jg^j^^pj^^ Cecce Maifon fe trouvait tombée dans un 
grand anéantifTement, tant pour le fpirituel que pour le 
temporel, lorfque J^-^cques-N/colas Cuiùen ArcliQwêquQdc 
Rouen , prefîé par M. Jean du Tôt Ton illuftre Prieur 
Commandataire, y appel la les Chanoines Réguliers defaint 
Auguflm de fciim Cyr de Friardel, au Diocefe de Lizieux , 
&c de la réforme de M. Moulin Tan \6S6. pour y rétablir 
le bon ordre. . ..... 

M. de Ro- Saint Lô de Rouen, eft un Prieuré Conventuel de 

c ICC ouart.cn clianoînes Réf^uliers de la Con^-réc^ation de France , dite 

aQjainte Geneiic^e : il y avoit un Temple de YldoleRoih, 

que faint Melon fit abattre, ôc bâtit au même lieu la 

première Eglife a Thonneur de UTrinitê. 

Neuf-Chhcel, fitué dans la Ville du même nom, au 
Pays de Caux ^ à neuf lieues de Rouen, 6c à huit de 
Dieppe; c'efi: un Prieuré fimple. 

Oynville en Chars. .... 

M. de Bonne. Sauccufe OU SauHTeufe , Beata Jdaria de Salicofâ , aut de 
mt^Novlm'. S^/é'ct^o , fitué daus le f^exin Normand , à trois lieues de la 
htciyos. Ville de Fernon^ à une lieuë de Gany y ôc de Panilleufe i 
l'Enclos de ce Prieuré c[h grand, l'Eglife eft aflez bien 
bâtie, le Monaflere & les jardins en font propres. Du 
côté de Fernon on voit un Bois, ôc du côté àtTournj des 
campagnes trés-fertiles en bons bleds. Le Monaftere fut 
commencé en l'Eglife Parroifliale à^ faim Martin deTilly, 
aujourd'hui membre de fa dépendance, par le vénérable 
Jitckard Ris du Seigneur de Tilly , qui fe trouvoit revêtu 
de la Cure , Se y aflembla des Ecclefiaftiques pour y me- 
ner avec eux la vie Apoftolique, vers Tan in8. Le lieu 
s'étant trouvé trop ferré , ils fe transférèrent à demi quart 
de lieuë de-là en un Hermitage dt faint Fiacre , où ils 
étendirent leurs Enclos Se bâtimens. Gcojfroy (T Hugues 
&Jmiens y Archevêques de Rouen , confirmèrent cet éra- 
bliflement , &: Coiiel de Baudemonty Seigneur du Pays, le 
rendit leur Fondateur. On voit fa tombe au milieu eu 

Chœur, 



Florins 



DES Abbayes de France. 711 

TiTutAiRES. ([^{TLOeur, auprès de l'Aigle, Les Chanoines Réguliers de 
Notre-Dame de Sauceufe furent en grande eflime, comme 
on le voie par la Lettre à'Etienne de Tournay en leur fa, 
veur au Pape Luce^ où il leur rend un illuftre témoigna- 
ge : ils ont efté honorez de la prefence de S. Thomas de 
Cdntoriyerj/ leur confrère, pendant Ion éxil, & confer- 
venc fon étole. Le vénérable Maurille, Archevêque de 
Rouen, de fainte mémoire, y mourut ét^nt au cours de 
ks vifites. Le Prieuré de S^^uceufe eft Patron Prefenta- 
teur des Eglifes Régulières de S. Martin deTflly ^ dejaint 
Germain de Haricour^ du Bois Jérôme , de faint Etienne du J^aL 
Courhon^ de Notre-Dame de Heuhecour, de Nôtre-Dame de 
Eacqueville près à*^ndely y dejaint Léger d'^^meyieucour^ de 
faint Lucien d* Anjernes ^ de la Cure de Fourres , & du Prieuré 
fîmple du Defert vers le Mont Javoul. M. Jacques Nicolas 
Colbert Archevêque de Rouen, s'étant trouvé revêtu de 
la Commende , y voulut établir un meilleur ordre , en y 
appellant des Chanoines Réguliers de faint Augujïm^ de la 
réforme du vénérable Père Moulin, qui avoient fait re- 
vivre la difcipline canonique dans fon Diocefe. 



Florin; 



pRIEUREZ DE F I L L E S. 



Po.rcival. 



Saint Louis , fitué dans la Ville de Rouen , & bien bâti , 
avec une grande place devant l'Eglife. Ces Filles vivent 
très-régulierement, & ne font pas riches : elles font de 
l'Ordre d^ jaint tenoift 
Saint Aubin ell: un Prieuré de l'Ordre de Citeaux. 
Bondevilie, eft: encore de l'Ordre de Citeaux. 
Clairvifelle. 
MaJ.Gu net Les Fillcs Dicu , font dans la Ville de Rouen. 
.. j j r- 1 Saint Licques d'Andely eH: un Prieuré d'Hofpitalieres 
lâidcbois .k hors la Ville du petit Andely; ce font des Chanoinefl.s 
dcjaint AugHiirn^ donc la Mailon eit trcs- petite 6c pau- 
, '- vre, & prefque toujours en danger d'être ruinée par la 
rivière de Seine, qui en bac trcs-fouvent les mauvaifcs 

murailles. 



ili R E C U E I L G E N E R A L. 

T^"^A»»BS' murailles. Les Filles vivent trèsrégulieremenci la Prieu- 

re porte la Croix comme une Abbeffe. 

Yvetot, Prieuré de Bernardines , dans le Bourg d' ^- 

vetot en Normandie , au pays de Caux, 
Mid B.nc. ^^ii-jt; Nicolas de Pontoife. eft un Prieuré de Chanoi- 

dicte ritzKoi r • 1 1 /^ 

niie naturelle neflcs Holpitalieres de faint Auguftin, Ce Prieuré de Filles, 
RoyAiisic-qui deflervent l'Hôtel- Dieu de Pomotje, eft: à la prcfen- 
^"'^' catiou de M. le Duc de ^omllony comme Engagifl:e. 

EGLISES COLLEGIALES. 

de*Jamachë! ^aint Melon de Pontoife, le^Roy nomme TAbbé \ le 

Auditeur de Doyen &: les Prébendes de cette Eglife. 

Nôtre-Dame de la Ronde dans la Ville de Rouen : le 
Roy nomme au Doyenné, & à quelques Prébendes de 
cette Eglife Collégiale & Paroiflîale, dont le Doyen eft; 
chef du Chapitre, & Curé de la ParroiftTe. Les Connoif- 
feurs eft:iment une ft:atuè de la Vierge, qui eft: au grand 
portail de cette Eglife, & l'Ange de cuivre qui eft au 
milieu du Chœur, & qui fert de double Lutrin. 

Il y a flujieurs Cures & Chapelles dans le Dioceje de Hfiueriy 
qui font a la nomination du Roj; mais je n en fais pas ici men- 
tion ^ -^arceque le titre de mon ouvrage ne les renferme vas. 




Fiorinsy 



JQOO. 



EVECHE' I 



î)esAbbayesd£ France. 



7^3 



TlTHI,AlF.5S« 



»i? # # ^^<s ,^?> .7^ci , s^o r^c 5^;? : «>^f. s^c 3^^ 

EVECHE DE BAYEUX 



F]orins;R--"fr,i 

i 



u. Prançoii T) A Y E U X , en latin, Baïocen/ïs ^v\\\g Epifcopale de 
Lummllfr- ffj '^ fcconcle Lionhoife de de l'exarcac des G^w/é»; dans 
inagnac , Ab- J^ Bd/TcNormundie . Se fuffrasance de Rouen, Elle efl: à une 
mont, D. de lieue ôc demie 06 la mer , lu T U gauche de ianviere d y^u- 
chàceiiers.oV^ , pTcs Celle de Drome, à foixante lieues de Paris. Entre 
tcs^^dcuT^dê 1^5 Evêqjequionc gouverné l'Eglifede^^^^wA:, il y en a 
l'Ordre dcci- feize rcconnus DOUT Saintsj Scavoif , Saint Exupereou Spi- 

tcaux fc de S. , ^ T ^> ' . ^ ^ ^ „ 

Faron, o. der^, Hc a /^owf dc parens idoUtrcs, lon premier Evcque. ^^ . 
de mITmx.ui Rufinien , né à Rome del'illuftre fc\miHe des Ruffns. Saint 
i^ov^l^ll \{Louf , néà Bayeux , de parens élevez dans le Paganifme. ! 
y a loooo liv. 5^ Manvieu. né à B3,yeux, deparens trés-noblesôc Chré- 
fur l'Evêché tiens, luccedaa laine Loup^ l'an 4^5. après laine Patrice , 
né dans un des Fauxbourgs de Bayeux , fuccefleur de S 
Corttêty né dans le pays Beflîn. S. P^crjohertyOu Regnohert , 
ou Raimbert ^ né d'un père idolâtre , dans le Château de 
Noron ^ prés de Bayeux, fut Evéque de cette Ville , au 
feptiéme fiécle.S./^/^orné à/4rras,&c élevé fous la condui- 
te de S. Waaft Evcque de cette Ville. S. Ragnehert dou- 
zième Evêque de Bayeux, qui fucceda à Leudorald. Saint 
. Gerbolsy né à Livry ^ Paroiflc fituéeà 4 lieues de Bayeux. 
Saint Fr^w/'rf//^, reconnu pour Patron de l'Eglifede .i/*îAî- 
ne^ille y proche de Caèn. Saint Geretran , dont les Mar- 
tyrologes de l'Eglife font mention. S. Hupes fils de Dro^ 
gon ou Dreux Duc de Bourgogne Ô^ de Champagne, 6c: 
petit fils de Peptnle Gros y dit le Heriflel ,M3.\rQ du Palais. 
Saint Robert y Ratbert ou /^4<^/?crf ,dix-huiriéme Evcquede 
Bayeux , Ôc enfuite Archevêque de Rouen. Saint Sulpice 
de la Paroiflede Li-vry y & fiinc Baltjridus ouWalfnclus y 
vingt-troificme Evcque,queles D^wo/V firent mourir l'an 

Xxxx 5?58. 



714 Recueil General 

T'^^»-^»»^"- 5^8 enh.iinedela Religion, comme on l'apprend des An- 
nales de l'Abbaye de S Bcrtin, Si on en veut fçavoir da- 
vantage , l'on peiKconfulter le I. Tome de l'Hiftoire de 
Bayeux , par M. Hermanr, imprimé en 1705. Quelques Evo- 
ques de Bayeux , ont donné à leur Evêché la qualité de 
Prototrone de leur Province. Onconfulta le Pape là def- 
(us , l'an kSi. mais fa rcponfe ne fut pas favorable. 

Le Diocefe de Bayeux renferme <;ii Paroifles , dont il 
y en a 17 dans la ville de Bayeux & les Fauxbourgs^qua- 
torze Abbayes , douze d'Hommes , Ôc deux de Filles. 
La Cachedi'ale dédiée à la l^ierge^diinQ des plus grandes 
2c des mieux bâties de la Province. Son portail Ôc fes trois 
Clochers , dont celui du milieu fert d'Horloge à la Ville, 
attirent les regardsdes curieux. On garde dans la Sacrif- 
tie une Relique qu'on appelle la Chafuble de Cû.'miRegno- 
hert. Elle eft enfermée dans un petit coffre d'Yvoire, & 
de figure antique , dont la ferrure eft d argent en plaque 
de figure ronde. Sur cette plaque on voit une infcription 
- gravée au tour de la ferrure. Elleeft en langue Arabe ap- 
pellée Couphi ou Cufhique. Feu M. Petis de la Croix fut 
le premier qui en connue les caraderes , & qui en fie la 
traduction que voici, ^uelcjue honneur que nous rendions à 
Dieu , nous ne pouvons pas l'honorer autant qud le mérite \ 
mais nous thonorons par [on faint Nom, On eft perfuadé , 
que cette infcription a été mife par un Aiahometan -, mais 
il ne paroit pas aifé de deviner , comment la Relique de 
famt Regnobert Ôc le petit coffre à infcription Mahometane^ 
ont pu fc rencontrer dans le lieu, où on les voitaujour- 
d'hui. Le R. PeiQ d^Toumemine Jcfuite y dont les conjec- 
tures ne font pas moins ingenieufes que fçavantes , va 
nous l'apprendre. Il croie que Charles Martel ayant vain- 
cu les Sarraftns proche de Tours , leur camp fut pillé. La 
caffcrce fut apparemment prife en cette occafion , àc don- 
née dans la fuite par Charles le Chauve i la Reine Erman- 
trude fa femme, laquelle la confacra à renfermer les Re- 
liques 



Fîoiins 



DES Abbayes de France* 715 
.T1TU1.AWBS, liquç5 Je ^ l{e^nobert , qui avoir guéri le Roy fon mr'^ri. 
h^s Hiftoriensfonc mention de cette gucrifonôc de la re- 
connoiflance à'Ermammde. 

Le Chapitre de la Cathédrale eftcompofé de iz cig- 
nitez qui font le Doyen, le Chantre, le ChanceHer , le 
Tréforier, quatre Archidiacres, un fous-Doyen, un fous- 
Chantre , un Ecolârre, un Théologal & de 45? Chanoines, 
fins y comprendre le bas Chœur, qui confifteen 6" grands 
Vicaires , g petits , il Chapelains & 6 Enfans de Chœur. 
Le Doyenné vaut environ <^ooo liv.de revenus, & quant 
aux autres dignitez ôc Canonicats, le revenu efl: inégal , 
& n'eftpasconfiderable Le Diocefe de Bayeux eflrdiviié 
en 4 Archidiaconnez ; f^avoir , de Bayeux , de Caen , 
àQDocimo & de /^e. Il y a fous eux 15 Doyennez Ruraux. 
L'on compte 7 convens , 3 de Religieux & 4 de Filles dans 
Bayeux , & Mefïîeurs de U MîJJion defaint La-^are ont le 
Séminaire. Quelques perfonnes difenc que l'Evêché de 
Bayeux rapporte (Joooo livres i mais la plus commune 
opinion efb cinquante mille liv. . . . . . 

Abb. d'Hommes de l'Ordre de S. Benoist. 

C E R I S Y. 
M. le Prince Ccrify , en latin , CeriZiacum y feu Ccriacenfe , aut Cera- 
cy - dcvaîTt^ /«'"> i>elfané}us J^igorCiridunfis , fîtuée dans la baffe Nor- 
^^jJ^^'^'^wW/V, à quatre lieues de la ville de Bayeux & de celle de 
JaintLo y dans une Forêt nommée de Cerify, Cette Abbaïe 
fut fondée par Robert le Magnifique Duc de Normandie , 
père de Guillaume le Conquérant , vers Tan 1031. Durand 
Rehgieux de faint Oucn de Rouen , Se Jlmode en ont été 
les premiers Abbez. Le Prieuré des Benedidins du A/o«r 
Cnjmaly proche de Bayeux , porte auflî le titre de fainr 
Vigor y quivivoit au fixiéme fiécle^5<: c'étoit autrefois le 
lieu de la fepulture des anciens Evcques de cette Ville 
Ce Prieuré qui dépend de l'Abbaïe de faint Bénigne de Di- 
jon y fut reforme en ic^j. par les Benedidins de la Con- 



Flo i 



\even. 



4433 



0000, 



X xxx ij 



gregation 



•Jl6 R L C U E I L G E N E R A L | | 

TiruiAiRïs gregation de faim AJaur.M. Herman dans le Tome pre- FJo^'^^cvei» 
mier de fou Hiftoire de Bayeux, imprimée à Caèn en 1705. 
dicque Hugues II. trentième Evêque de Bayeux ,.1 figné 
à h Fondation de T Abbaïe de Cenjy , & qu'il efl: rappor- 
té dans les adles de la vie de faint ytgor , huitième Evê- 
que de Bayeux, qu'à lapriered'un nommé F'ohtfien , qui 
écoit un homme fort riche, Saint l^igor alors Evêque de 
Bayeux délivra Tes Terres , qui n'étoienc pas beaucoup 
éloignées decetceViile 5 d'un horrible Serpcntquiy cau- 
foit de grands ravages , ôc que l'ayant fait tomber par ter- 
re en imprimant iur lui le ligne de la Crou , il lui atta- 
cha Ton Ecole au col , &c le mit entre les mains de fon com- 
pagno' s Thecdi'mtr, qui le noya dans la rivierrede Dro^ 
me. Ce fut en reconnoiffance &; en confideration de ce 
bienfait, que ce Seigneur donna a /^/«f l^igar fa Terre de 
Cerijy y où l'on fonda dans la fuite un Monaftere, qui efl: 
maintenant une célèbre Abbaïe, où l'on a bâti une Eglife 
fous l'invocation de ce faine Evêque. Dans le neuvième 
fiécle ,Ies Maifonsôc l'Eglife furent détruites par labar- 
; . bare fureur des A/orw^«^3i mais /?afcrr,I. du nom Duc de 
Normandie furnommé le Magnifique , employa fes foins ôc 
(qs biens pour rétablir ces ouvrages, que la pieté avoit 
confacré au ferviceôc à la gloire de Dieu. On auroit pei- 
ne à marquer le nombre de Serpens de toutes efpeces dont 
Jamt /^/^or délivra Revters , Village fitué entre Caen O" 
Bayeux àc Cqs environs, Camhrener dcd'autïcs Villages, ou 
CQs dangereux reptilescaufoient d'étranges maux. Le nom 
de faint Vigora été bien corrompu parles Auteurs. Su- 
rius l'appelle Vidor, Bollandus ^ Behor , & le manufcrit 
de l'Arcbevêchéde Rouen, Vehor II avoit pris naiflance 
dans la Ville A^Àrras , ôc fucceda vers Tan 514. à (amt Çon- 
teft dans le fiége del'Evcchéde Bayeux. Il mourut en 537. 
le premier jour de Novembre , fous le Règne de Childe- 
beri Roy de France. L'Abbaie de Cerify de celle de faint 
Ri^Hter en Pombieu , l'Eglife Paroiflîale du Pont de l'Ar- 
che 



DES Abbayes de France. 717 

TïTuiAiKEs. ç.^Q ^ ^ç]|g jg Marly , ipr es faim Germam en Laye^Ccglo- 

rifienc d'avoir des Reliques de ce Saine j mais la célèbre 
Hglife Collégiale de S. Frambour de 5e»//5j prouve qu'elle 
enpofTedeles principales, dont elle produides preuves. 

SAINT ESTIENNE. 

M. André Saint E ftienne de Caën, en latin yfanÛus Stephanus de Ca- 
rytnae^n Eve- <^<^wo j ficuée dans le Fauboufgde fon nom appelle Bo^irg 
Trlc%lm7à ^^^^^e, dans la ville de Caen , ôc fondée par Guillaume Duc 
Roy Louis de A^orwj«ii;f, qui fut depuis Roy d'^/2//er6'rrf6cfurnom- 

XV. Abbé de ■" l i -i • / r/ 

Touinay, G mc le Conquetant. Comme il avoit epouie Math/lde fH- 
D. de Chai- ' le du Comce de Flandres fa parente à un degré défendu , 
li°"' /uii dc° (^^^ difpenfe ', ils eurent recours l'un &c l'autre au Pape 
dé^^^Racr ^^^^^^^^^' <îiîi leur accorda l'an 1059. la permiffion necet 
çoife, & ho- faire pour demeurer dans leur mariage, en leur enjoifj- 

noraire de i J T J J À LL - ^ ^ 

celle des Dantpout penitencede ronder deux Abbaies , a quoy ils 
dcTuiHy de fatisfirent. Guillaume y en bâciflant l'Abbaïe de S.EJlienne , 
Rubanpré i & .'^4r/?/Wf,celles des Relieieufes Benediâines de la Trini^ 

4000 uv. de ^ D I 

peiiiîoa fur té de Caen. Le livre intitulé, Nf«/'?r/4P/4, fait connoître 

cette Abbavc, i a /y i i i n 

M. de Fiïury que pendant qu'on batiUoit l'Abbaye de S. Ejttenney Lant^ 
d'Auimy.o. franc PrieuT du Bec en fut le premier Abbé, l'an 1066, & 
DTcBaycux. qu'après que le Duc Guillaume eût fubjugué V Angleterre ^cq 
qui arriva l'an 1070. il fit ce même L^wr/r^wc Archevêque 
de Camorbery , & donna la place qu'il tcnoit à Guillaume 
Religieux de cette Maifon , fous lequel tous les Bâtimens 
furent achevez. L'Eglife de cette Abbaïe a l'air d'une bel- 
le & vafte Cathédrale, ayant dix-fept piliers de chaque 
coté dans fa longueur, avec des bas cotez ou corridors à 
double voûte , & fcize Chapelles au tour du Chœur. Les 
deux grofîes Tours de fon grand portail portent deux bel- 
les pyramides de pierres fort hautes \ mais la grande py . 
ramide du milieu de lacroifée de cette magnifique Egli- 
fe, fut détruite en \^6'l. par les Prétendus reformés, qui dé- 
truifirentaufii tous IcsBacimcnsClauftraux de l'Abbaïe, 
où ils n'épargnèrent que ceux du Palais du Duc, que les 

Religieux 



Florins Revcn. 



6oOQ9 



718 R E C U E I L G E N E R A L | 

fiTniAiMs. Religieux habitent prefentement.L'Eglile de S. Eflienne I Florins Rer» 
où Ion voit le tombeau d'Airain du Prince fon Fonda- 
teur, regarde la place de la Croix ^ qui fertde marché un 
des jours de chaque femaine. Elle fut rebâtie Tan 1074. 
& achevée en 1077. dédiée en loSi & dotée en lOgi.Cette 
Abbaïeeft exempte de la Jurifdidion Hpifcopale, & elle 
a uneOfficialité avec Jurifdidlion particulière. Elle s'é- 
tend fur douze Paroiffes. Il y a Une Bulle du Pape Clé- 
ment VIL en 1383. pendant le Schifme d'Avipon, &qu'- 
Vrbam VI. étoit à Rome , par laquelle il accorde à Ro- 
hen de Chamhraj Abbé de faint Eftieme de Caen le droit de 
porter les habits pontificaux. . . . .1 lofo 

FONTENAY. 

M. Picdoudc Fontcnay , en latin yfanclus Stephanus de Fontenato^ aut 

^^^arignccn ^^ fontancto , dltas de Fonfenaco, fituée en hafie Normandie^ 

2 deux lieues environ de Caen, Se fur la rivière d'Orne, 

Elle fut fondée par/^/wr E^remond, qui en fut le premier 

Abbé, 6c qui y mourut vers l'an 7Z0. • . . 700 

LONGUES. 

M. HuTcf. Longues, en latin ^ Beata AdarUdeLongiâ,njel de Lun- 
dis. Elle efl d'anciens Bcnedicïms , prés de Bayeux au pais 
de Belfin. Elle eft fondée en iK^y D'autres difent en 1148 
par un Comte deBeflin. . ,. ». 

T R O A R N. 

M HuRou- Troarn, en latin , Troarnum . aut fanélus Martinus de 
chcs Evêquc Troarno , feu Troiano , fituée dans le Boure du même nom, 

de Dol & j.y. ^ , \ \ . .. , ^ . ^ ^ „ ^ 

Dcû.-iir en en NorniAndte , a trois lieues de Caen , entre S. P terre jur 

u Friuhé de ^''^^> & la Mer, prés le Diocéfe de Lt^ieux , & fur la 

^*'^*- petite rivière de Meance, qui tombe dans celle de Dive, 

une lieue ou envirçn au defTous d'Argences. L'Eglife efl: 

fous l'invocation de Jaint Martin, C etoit autrefois une 

Collégiale que Ro^er ComzQ d'Hiefme érigea en Abbaye 

vers \ 



iC09 



ioo« 



I 



DES Abbayes de France. 719' 

TiTuiAiRis. ygj-s l'^i^ 1050. Au lieu de douze Chanoines que Ton père 
ou fon oncle appelle auffi Rogn y avo'it misi il y fit venir 
l'Abbé de Conche^ nommé Gilkrt , qui ayant été fui vide 
quelques Moines 5 y établie l'étroite obfervance de fatnt 
Benoifl, On compte pour le premier Abbé de ce Mona- 
ftere , D^r^w^^ Religieux de l'Abbaye de Fecamp, Quel 
ques uns mettent fon élection en 1058. ôc d'autres en 1070 
Odon ou Eudes I. trente-unième Evêque de Bayeux con- 
firma l'éreclion de cette Abbaïe, qui eft à prefent pofle- 
dée par les Anciens Benedidins II y a de très-bons Offi- 
ces Clauftraux & plufieurs Bénéfices qui en dépendent. 
Les Religieux vivent en commun , mais ils font logez 
chacun en particulier. .... . ^ 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre de S. Augustin" 

A U L N A Y. 

M. de Ficury Aulnay 5 ou Aulnet , en latin , Beau Avaria de Jlneto, 
quc'dc Frljts/'^^ ^/«f/ftw, Fillcde l'Abbaye de 5^Ti/^«;y, & fituée dans 
Voyez les ti- [e BouT^ à' Aulnay en haf^e Normandie^ à fix lieues de Caen^ 

très à 1 article O ^^ J •' * 

dei'Abbaye affez prés de la petite rivière d'Oudon , entre Tongny & 
de caén""cc7"»9' - Havcourt , Jourdain de Saje^ Se fa femme nommée 
î-AbbayV ^^^^ fondèrent TAbbaïe êCy^ulnay vers l'an 1131. & cette 
d'Auinay en fondation fut faite fous le Pontificat de Richardll, trente- 

F=vncr 1711 A » r 

& a fait met- troificme Eveque de Bayeux. La reforme eftdans l'Ab- 

tre 600 livres 1 ••j»^/ «\ r t l 11 ni- i^. 

de pétition oaïc d Auln.ty i 6C a cauie de cela elle elt bien batie , ôc 

pour Ces deux ' \ ' xxr» • f / r T>. / 

Aumônicrs. ^^^ ttes-bou ctat. M- Huet qui a ete Eveque d /^vranches y 
cc^njécusciia.^ l'un dcs plus fçavaus hommes A^YEurope , étoit pour- 
vu depuis long-tems de cette Abbaïc,qui vautaux Reli- 
gieux 4000 liv. & à l'Abbé . . . . . 

B A R B E R Y. 

de^.c"dc°urr Barbery , en latin , fanâ.i Maria de Barherio , feu de 

Coms8cCo:id.Barbereio, Fille de l'Abbaïe de S^^w^îv, & fituée en Ltfle 

duPoiiTon, Normandie ^ fur la rivière d'Aife, trois ou quatre lieues 

'au deffus deCzc^, dans le territoire du Bourg i^Bietit- 

l'ille 



• 1 



IlOO 



1400» 



47J 



^oeo 



yio RecueilGeneral | 

TiToiAiMi. r^.lle ^ entre Caen &c FaUtJe , à 50 lieues de Paris. Cette ^'"''" ^'''''' 
Abbaïe régulière ôc de la reforme fut fondée le 13 Avril 
1140 0U1176. ^3.1 Robert Marmion ^ & Robert fon fils ache- 
va de la bâtir. . . ... . . 



T H O R I G N y. 

M. delà ch:- Thorigny ou Torigny , en latin , Toriçrniacum ^ feu Tho~ 
s^^mte-Foy. rigniacum , vel Toriniacum y Fille de l'Abbaïe à' Àulnay^ & 
fondée l'an 1307 ou 1308. par Robert le Fevre Archidiacre 
&^vranches ,au lieu de Fabrns'-, mais elle eftà prefentau 
Bourg de Thorigny dans la bafe Normandie, 3, deux gran- 
des lieues aii'dcŒus de faint Lo , fur un rui/Teau qui tom- 
be à une lieuë & demie fur la droite de la rivière attire 
iCondé. Il ya la reforme. . . . . . . 



N. 



N. 



VAL RICHER. 

Val Richer , ou le Val Richer, en latin , Fallis Richeria^ 
dut Vallis Richerii , Fille de l'Abbaïe de Clairvaux y &c fi 
tuée dans le Bourgduméme nom en baj^e Normandie , à 
cinq lieues de Caèn , & à deux ou environ de faint Pierre 
fur Dive, Cette Abbaïe qui eft en règle , efl: affez bien bâ- 
tie : Elle fut transférée ou plutôt fondée de nouveau en 
1145- d'autres difent le 4 Juin u^6- & d'autres en 1*47. 
dans le lieu où elle efl: prefentement , par Philippe de Har- 
court y trente-cinquième Evêque de i^^ryfw^ , avec Simon 
de Bofvfllc. Elle avoit été d'abord établie entre l'être & 
Torigny par les foins de Saint Bernard y qui y mit fon frè- 
re Ntvard pour premier Abbé. .... 

Abr d'Hom. de l'Ordre de S. Augustin. 

LE VAL. 
Le Val, ou Notre-Dame du Val, en latin, beata Ma^ 
ria de Italie , fi tuée en bajje NormarJic , fur un ruifleau à 
la droite , & prés delà riviered'Or/îf prés CondéÇviï Noir- 
eau, ôc le Diocefe de Sce-^y à fept lieues de Ca'en y encje 

Falatfe 



130 



îJOOO 



40*3 



30o« 



f:tTttlAI 



^. 



bEs Abbayes de France. yit^ 

^^ Falalfe & Turj-Harcoun. Elle fut' fondée en 1155, ôc /{/'- Fiot?i 

c:/?4r^Il.trente-croifiémeEvêqiTede Baveux, ratifia la do-' 

nation qu'un Seigneur nommé GcfJeUn de la Pommeraye J. 

fie à l'Abbaïc du V(il de plufieurs Terres, patronages ài\ 



Ktria^ 



M.^chBA- 



autres revenus. ^ . ♦ . . . 

AfiB. P'HOMMES DE lORDRE DE Prb'mONTRe'. 

A R D E N N E s. 

Ardennes, Ardeine, ou Notre-Dame d'Ardenne, en 
Jatin y fan fia Maria, de j4rdenna , feu jérdena , fituée en 
Normandie , fur une petite colline , à une petite lieuë de 
Caèn^ &à 50 de Paris* Cette Abbaïe de Prémontré Re- 
formés eft bien bâtie ôc bien ornée , où rien ne manque 
pour la propreté ôc pour lacommodité. Tout porte à la 
pieté ôc à la dévotion , non-feulement dans l'Eglife , mais 
encore dans la maifon des Religieux. Elle fut fondée en 
iiii. par un Seigneur d'/:/erw4«i;/7/É'. Gilhtn Chanoine de 
Prémontre te Difciple de faint Norbert , en fut le premier 
Abbé dans la deuxième année de la fondation de ion Or- 
dre , & fous le Pontificat de Richard IL rrente-troifiéme 
Evéque de Bajeux. Tujfeline ou y^jjeline , mariée avec ^r. 
noiil ou Jjulphe Dufour Y dibiùr une Eglife pour favori- 
fer le pieux defreindcG/7i'frf,qui ayant attiré avec lui des 
imitateurs de fa vie Religieufeôc de fon zèle , ils y bâtirent 
un Monaftere. Richard lU. trente-quatrième Evcque de 
la mcme Ville, confacraen U38. l'Eglife de cette Abbaïe 
en l'honneur de la fainte l^ierge, Philippe de Harcourt fon 
fuccefleur dans cet Evéché , peu de tems après qu'il fut 
élevé fur ce Siège, alla à Romeavec Gilbert premier Ab- 
bé à'Ârdenne ^i^QUï obtenir la confirmation des biens qu'il 
avoit aumônezàcette Abbaïe, où l'on voit encore à pre- 
fent fleurir la difciplinç monaftique, avec l'efprit de cha- 



Tomt II, 



Yyyy 



BELLE 



60. 



100 



yiz 



TiTUtAlJU5. 



Recueil général 
BELLE ETOILE. 



M ae Ver. ^^^^^ Etoile> en latin yfanéïa Maria de BelU Stella ^ fi- 
ncmi. tuée en Normandie da.ns la Paroifle de faim Jean de Ceri^ 

fy , entre Tinchehraj/y Fiers tS^ C on dé fur Noireau, Robert 
des Ahlcges trente- huitième Evêque de Bayeux ratifia en 
izi6, la fondation que Henry de Beaufort avoit faite de 
cette Abbaye l'année précédente, & Thomas de Freauvtlle 
fon fucceflcur lui donna la plupart des dîmes qu'elle pof- 
fcâQ, Cette Abbaïe où il y a la reforme, eft à deux lieues 
de Condêjur N^ireau , & à quatre de I^ire vers l'Orient 
encre deux montagnes ôc bien bâtie. Elle vaut 3000 liv, 
auxReligieux,6c autant à l'Abbé. 

Abb. de Filles de l'Ordre de S. Benoist. 



Me de Frou- 



CORDILLON. 

Cordillon , ou Courdillon, en latin , Cordilioy fituée 
en Normandie y ôc fondée en 1100. je n'en trouve pas d'au- 
tres Mémoires. • . .... 

LA TRINITE'. 

,^1'^'rr^f'''" ^^ Trinité de Caën, en hùn^fànSlaTrinitasdeCadomo, 

layTellc K îo ^ , . . ,- , . 1 1 « \~, . ■' 

Aviii J7Z0.' iitueedansia Ville de Caèn Je ne répète point ici ce que 
j'ai dit dans l'article de S. Ejitenne de Caen^ par rapport 
au temps & aux motifs de la fondation de l'Abbaiede lai 
Trinité, J'ajouteray ici feulement, qu'elle fut bâtie par 
Adaîhilde femme du Duc Guillaume ^ dans Caluz, c'eft-à- 
dire, dans le territoire de Calix ^ félon ce que porte les 
vieilles Chartres. La première Abbefle fut une Mathdde 
que qucl(]ues-uns prétendent avoir été fille de Mathilde, 
FondaLfice de cette Abbaïe & du Duc Guillaume fon mari. 
Son Eglife eft grande. Les deux pyramides de pierres éle- 
vées audefTusdesdeux tours de fon portail furent ruinées 
'en 136*0. Madame de Beuvron Abbeflede la Trinité ào, Ca'en^ 
a fdic conflruire un magnifique Bâtiment , pour y loger 
"-'■' fa 



Florin; 



Revcn* 



€6 



3oad 



lOOOO 



DES Abbayes de France. 723 

jitMiAiMJ, f^^ Communauté , qui eft nombreufe. Cette Abbaïe tout 
joignant le Faubourg du Vaux-Dieu y eft exempte de la 
Jurifdidion Epifcopale, &a même une OfScialicé avec 
une Jurifdidion particulière ^ qui s'étend fur quatre Pa- 
roiffes. L'Abbefle eft Baronne d'Efireharjcahaf^e Norman- 
die-', & cette Baronie comprend trois Paroifles , outre celle 
à'Efirehan', fccLVoir y Cohille ^fainr j^ubin, (^ Benonville. 
L' Abbaïe de la Trinité de Ca'en n*a été gouvernée que par 
des Princefles de la Maifon Royale ou d'autres Maifons 
de la première diftindion. M. le Gras Gentilhomme Nor- 
mand rapporte dans fon livre des Antiquitezdela ville de 
Qaèn , l'acte de la fondation de TAbbaïe Royale de la 
JainteTrinité yfâiiQ danscettevil!e,au mois de Juillet 1081. 

Abbayes t)E Filles d2 l'Ordre de Cite aux. 

T H O R I G N Y. 

Mcdcia Tour Thorigny , en latin , Thorigniacum , feu Toriniacunj. Plu- 
d'Auverj^nc. {J^urs difcnt , que c'eft une Abbaïe, mais ce n'eft qu'un 
Prieuré éledif, fitué dans le Bourg de fon nom, à trois 
lieues au-deffus de S. Lo en baffe Normandie. . .1 

Prieurez d'Hommes de l'Ordre de S. Augustin* 

SAINT NICOLAS. 

M.pcfchcron, Saint Nicolas de la Chefnaye eft conventuel. * 

PLESSIS GRIMOULD. 

M.dcMati- Pleffis Grimould, en latin, de Plejfeio, feu Plejfiaco Gri- 
4c coûu«c«.^?ioW/, eft aufli conventuel. . . • . 



Flori 




Yyyyij E'VECHE' 



3"lfUfcAI«.ES, 




Florins 



Rcvea. 



M Ccrar le 
Blanc cnNov. 
17 ^P- 



EVECHE D'AVRANCHES 



AV R A N C H E S , en latin , Jhrincenjis, Ville Epif- 
copale, de la féconde Lionnoife, dans î'exarcac des 
Gaules , en baffe Normandie, dans VAvranchm , vers les 
limites de 'Normandie & de Bretagne y élevée fur le haut 
dune montagne, qui lui donne une vue fortagréable fur 
la plaine 6^ (ur les prairies voifines, arrofée de la petite 
rivière de Sce qui en lave le pied , à trois lieues du Mont 
faint Michel, de P'ontorfon&c dchLuferne, à huit de ^or 
tain y k neuf de Ccûtancesôc de f^ire, ôcà 70 de Paris ^ ôc 
peuéloignce^du rivage de la mer, qui a fon reflux dans la 
See. Saint Louis Roi de France , fit faire dans la ville d'A- 
vranches une féconde enceinte avec debonsfoffez, qu'il 
prit dans le Domaine de l'Evêque , &: pour raifon de quoi 
il lui conftitua annuellement fur fon Domaine douze li- 
vres de rente. 

On ne peutpasdire précifement, quand l'Evêché d'A- 
*iranches fuffragant de Rouen a été établi. On cioit cepen- 
dant , quec'eft vers l'an 400. ôc qucfaint Léonce en a été 
le premier Evcque , que Nef us ou NepoSy qui affifta au 
premier CondlQ&Ofleans^ l'an 511. fut Evêque d'J'vran- 
ches. Quoiqu'il en foit , c'efl: une des anciennes Villes 
Kpifcopales des Gaules. Ce Diocefe , qui a dix lieues de 
long &cinq de large, ne contient que 180 Paroiffes,qui 
dépendent de deux Archidiaconnez. Il y a trois Paroiffes 
dans la Ville ; fçavoir , Notre-Dame , faint Gervais ôc S 
Saturnin y & des Couvens. L'Eglife Cathédrale dédiée à 
faint Jné'é y futconfacrée l'an iiii. par l'Evêque Twrg/V , 
en prefence d'Henry II. Roy d'Angleterre & d'une efpece 
de Concile. Cette Èglife a 15 piliers de chaque côté dans 
ù, longueur, avec des bas cotez tout au tour du Chœur 



DES A r^ B A Y E S D a F R A N C E. 7x5 \ 

xiTciAîMs. ^ jç ]^ ^ç£_ £[|£ ç(^ accompagnée de deux grofles tours FiotînsîFlcrcai 
quarrées. La grofTe Horloge eft dans une troifiémetour. 
Louis de Bourbon , qui fit bâtir cette Eglife , étoit''le qua- 
rante-unième Evcque à'Jvranchcs. Saint Paterne y vulgai- 
rementj^/wr Pair ou faint Patier, fut fait Evêque de cette 
Ville, après la mort de Gilles, Tan 551. dc tînt le Siège juf- 
qu'en ^6y Le Chapitre de cette Eglife eft compofé d'un 
Doyen, d'un Chantre^d'unTréforier ,d'un Ecolâtre^de 
deux Archidiacres 6c de 25 Chanoines. Devant le portail 
de laCathedrale, eft une plateforme bien terraflfée & efcar- 
pée en précipice , d'où l'on découvre fort loin fur la mer 
ôc fur la terre. On voit du coté de la mer le Mont faint 
Michel y le Rocher, dit Tomhelaine ^ ôc plufîeurs autres 
rochers, dont les pointes s'élèvent en pyramides. Sur la 
gauche , on diflingue Pontorjon , les côtes de Dol , & de 
Cancale en Bretagne , & fur la droite une partie de T-^- 
njranchin. Parmi les Evêques à' /îvranches ^ Louis de Bout- \ 
bon a, fiit beaucoup d'honneur à ce Siège par fonaugufte 
naiffance,& quelques autres par leur fçavoir,tels que/î<?- 
bert Cenal, 6c Pierre- Daniel Huet , fous Précepteur de M. 
le Dauphin , & fi connu de tous les Scavans. L'Evêchc 
d'Avranches rapporte 15000 liv. mais il y a des charges à 
acquitter. . * . - . , . , •^*-® '5°^' 



! 



Abb. d'Hommes de l'Ordre de S. Benoist. 

MONT SAINT MICHEL. 

M.dcBrogiio JsAont Saint Michel , ou Mont de Tombe, Tombelai- 

jc o Janvier ^ •* 

1711. Il a été iiQ OU péril de Mer, en latin , fanéïi Miçhaèlis m pcrtculo 

Aiicnt du ^r -' ^r- I r cl 1 l l 

cicio é, Se cd maris. On l'appelle encore Tumba , aut janaus Micha'el ad 
dcc'crnay.o. duasTumbas , ainfi nommée, à caufe des deux éciieils, donc 
dfp'ir?s&''d; le plus haut fur lequel eft bâcie l' Abbaïe des BenedtSlins , 
Mo.'r'V->"dc^'''^PP^"^ ■^^'^^^ * ^ l'autre qui eft proche, s'appelle T'ow- 
s B:!ioif>,D./?e/^/>7f , c'eft-a-dire, j^çùiq Tombe. Le Mont faine Michel 
i!'y'auoo"i.eft ficuécn Normandie, fur un rocher delà hauteur de 300 
Soaycdi"' pieds ; au milieu d'une grande Grève "de fable blanc , ôz j 

nicmel 



^1C 



Recueil General 



TitutAijin. j^gj^çqyçjjjj^gj. couvre de fon reflux de toutes parts deux iiori 

Mont S Ml- A . , n 1 • r l 

chci , pour M. fois par jour, a toutes les nouvelles & pleines Lunes , & 
éoooiiv.pour crois ou quatrc jours devant &: après, ainii le lems le plus 
t^rab^u^g En- commode poury paiTerfurlefable, c'efl vers lecommen- 



^CTC». 



°>'^^^'^°y cernent du premier ôc du croifiéme quartier de la Lune , 
parce qu'alors le flux ne monte point , ôc que le fable le 
trouve plus afFernii. Ce Monteftà fixou iept lieues de la 
grande mer Oceane, nommée Britannique ou d' Angleterre, 
i trois lieues d'Avranches à TOrient , ôc à pareille dif- 
rance de Pontorjon au Midi , à cinq de Dol , ôc a fept de S 
Mdloy vers l'Occident, à fix de lapointede Gr^»i;/7/eau 
Nord, 2c a trois quarts delieuë du rocher de TomheUihe 
du même coté y entre la rivière de Caenon ou Couejnon , 
qui vient de Bretagne ^dc celle de Ge«^/ qui prend fa four- 
ce en Normandiey lefquelles coulent près ou lom du Mont, 
félon que la Mer, par les flots & par fes fables leur fait 
changer de lit ôc de cours. On dit que ce lieu a été en- 
tourré de plaines & de bois , & que peu à peu la mer à 
tout ruiné, 6c la réduit comme il eft. On ajoute que ce 
n'ctoic qu'une folicude, au milieu de laquelle habitèrent 
de bons Hermites nourris par la Providence. On dit que 
faint A ubert Evcque d'Avranches, ayant coutume de fe 
retirer fur le rocher avec ces Hermites, l'Archange/^/wr 
/vJichel lui apparut en 708. 6c lui dit d'y bâtir une Cha- 
î pelle fous fon invocation i ce qui ayant été négligé par 

faint Juhert , l'Archange lui apparut une féconde fois , 6: 
lui fit au front un trou de lagrofleur du doigt, ainfi qu'on 
le voit encore aujourd'huidans un bufte d'argent, qui re 
prcfcnte ce faint Evêquc. Il n'y eût pas moyen de refifl:er 
à une infpiration^auffi fenfible. Saint Aubertfitbâtir fur 
k haut de ce rocher, qui eil de fon Diocéfe,uneEglife 
qu'ildédia en l'honneur de /^/»f A//c/;e/,lei<rd'06lobre 
70p. Il en ôta les Hermites, &: y établit douze Chanoines 
pour entretenir le culte de faint Michel ^^ s y retira avec 
eux. Vm^G6. Ri^hard.l. iu nom, Di\c it Normi'dte , 

chalfa 



D£s Abbayes DE FPvANce. 717 
Tif"A'«-"'cha{ra du Mont faint Michel ces Chanoines , à caufe de ^^°"''' 
leurs déreglemens , & fie du Chapitre un îvlonaftcre , où 
il mit trente Moines de l'Ordre de S. Bcnoift ^ qu'il avoir 
raflemblez de tous les Monafteres de Norifjandie ^ ^M<iy 
nard en fut le premier Abbé. Les Rois de France , ceux 
d'Angleterre , les Ducs de Bretagne ôc de Normandie , & 
plufieurs Gentilhommes firent de grands biens â cette Ab- 
baïe; en force qu'on aflure qu'elle joûiflbic autrefois de 
plus de looooo liv. de rente, quoiqu'aujourd'hui elle n'en 
ait pas 40000. Ce lieu eft devenu trés-celebrepar lepel- 
lennage des peuples de l'Europe, de il a donné lieu à Tin- 
ftitution de l'Ordre Militaire des Chevaliers de ^. Mi 
chel faite par le Roi Loms XI. Jean le Veneur Evéque de 
Li^ieux &c Cardinal en fut le premier Abbé Commanda- 
taire, & en prii\^offQ(ï'ioncnï^i^. Richard II. Duc de Nor- 
mandie fit rebâtir cette Eglife en 1024. telle qu'on la voit 
prefentemenc. Elle efl fur le fommet de la Roche ,con- 
flruite en croix & bien proportionnée dans toutes fes di- 
menfions. Sa longueur efl: de 200 pieds, ôc elle a 13 pi- 
liers de chaque coté^avecdes bas cotez tout à l'entour.Une 
grolTe tour quanée fur l'entréede la Nef , èc unclocher 
fur le milieu de la croifée. La menuiferie qui (épare la 
Nef du Chœur, efl: riche, 6c fert de retable à deux Au- 
tels. On voit en relief au grand Autel tous les myfteres 
du Sauveur du monde ; 6c au-deflus des dcfliers des chai- 
fes du Chœur , font reprefentez en grand les înftituteurs 
ôc Reformateurs d'Ordre , & autres illufl:res Saints do la 
Règle de faint Benoifi, La Chapelle de la fainte Trinité 
efl: un grand ouvrage de Menuiferie couverte en dôme, 
ôc placée dans lecroifillon du coté de l'Lpître. Le Tré- 
lor de cette Eglife eft renfermé derrière les trois grands 
tableaux de cette Chapelle, ôc ces tableaux étant levez,on 
voit d'un coup d'œuil un très-grand nombre de precieu- 
fes R eliques , qu on expofed la vénération d'une infinité 
dePellciinsdetout fexeôcdetout âge, qui viennent dans 

ce 



Kc^cm. 



y%^ 



ReCUËII GENERAt 



TiTHiAi»it. ^ç f^'^^^ [jçy^ i^ chapelle de la rierge, qui eft hors d'œu- 
vre derrière le Chœur , a été bâtie avec une très-grande 
dépenfe , 5c pour en juger il faut confiderer quelle eft fa 
hauteur, en fortant du penchant du Rocher. 

Les Religieux Beneât^insàt la Congrégation de faint 
A/.î/^r pofledent cette Abbaïe depuis i^ii. & c'eft la on 
ziémeMaifon qui le^r aéré unie, ils font ordinairement 
trente dans l' Abbaïe du Mont Jaint Michel ^ionÛQVntnx 
garde les Clefs , tant du Bourg , que du Château. Leur 
Maifon eft complette , ôc l'on y trouve tous les Bâtimens 
& offices neceffaires 6c commodes pour une grande Com- 
munauté, ôc pour y loger un Prince, &: même une garni- 
fun de 2000 hommes dans des appartemens voûtez les 
uns fur les autres, le tout trés-folidementbâti de bonnes 
pierres tirées des carrières des Ifles de Gerfeyôc de Guer^ 
nefey. Les curieux regardent avec attention une machine 
avec laquelle l'on tire du bas du rocher a travers le jar- 
din , ôc jufqu'i la hauteur du Château ôc de l'Abbaye les 
vivres , les provifions , les munitions, ôc tout ce que l'on 
y apporte par mer. C'eft une efpece de poulain ou cou- 
liffe continuée depuis le pied du Mont jufqu'au pied du 
Château , où l'on tire toutes ceschofes jufqu'âl' Abbaïe, 
par le moyen des cordages qui dépendent d'une grande 
roue fermée, dans laquelle des hommes montent pour la 
faire tourner. Ceux qui paffenc par la barre de Courtis y 
voyent comment on y fait du fel blanc , avec de l'eau de 
la mer, coulée fur le fablon pris durant un temps ((^c ôc 
chaud, fur la furface du paflage de Co/^rz/V au Mont faint 
Michel , dont le Bourg bâti avec tout l'artifice imagina- 
ble eft environ de cent feux. Lorfqu'on y entre , on eft 
oblige de laiffer les armes à la porte. Il eft ftrmé par la 
de murailles, & a deux remparts. De l'autre coté, le ro- 
cher eftefcharpé &: inacceffible. Apres qu'on a pafTé cette 
porte, on monte par une grande rue tournoyante , juf- 
qu'à ce qu'en arrivant près de l'Abbaye, ou trouve une 

petite 



Florins Re^er 



DES Abbaves de France. 719] 

Titulaires. pgjjce plateforme, ôc le Châtcau qui en défend l'enrrée. 
La Paroifle porte le titrede/^/wr Pterre , Ôc comme il n'y 
a aucune fontaine dans le Bourg, il efl: permis à chaque 
ménaged'aller prendre toutes les femaines dans la gran- 
de citerne de l'Abbaye deux cruchées d'eau de pluye ; 
car il y en coule beaucoup des tous de ce grand Monafte- 
re. Ily a des Auteursqui difent, que l'Abbaye du Mont 
faint Michel a été fondée par le Roi Childebert l'an 705). 
fous le faint Evêque i' Avranches , jduhert y à qui l'Ar- 
change /^./«z- /î/f/c/;f/apparutence lieu \ & ces mêmes Au- 
teurs difent,que cette Abbaye ne vaut à l'Abbé que iiooo 
livres, toutes charges faites. 

Je crois fiire plaifir au Public , de lui donner ici une 
defcription, bien plus récente que la précédente , du Moni 
faint Adichel. L'Abbaye, le Château ôc la Ville de faint 
Michel,', font fituez fur un rocher ifoié d'environ un de- 
mi quart de lieue de circuit , au milieu d'une baye que 
forment en cet endroit les côtes itNormandte^ctWç^sdt 
Bretagne y dont lesplus proches font éloignées d'une lieuè* 
Ôc demie de ce Mont. Le flux de la mer y monte deux fois 
en vingt-quatre heures, couvre toute la grève des envi- 
rons , & répand ks eaux une grande lieue avant dans les 
terres \ en forte qu'il faut choifir l'intervalle des marées 
pour y arriver. Lorfqu'ona paffé toute la grève, qui cfi 
de fable mouvant, ôc toute femée de petites coquilles : 
On trouve la première porte de la Ville, qui eft fermée 
d'une grille de fer, laquelle ne s'ouvre que pour les Ca- 
roffes ôc les autres voitures. Les ^ens de pied ô^ de cheval 
entrent par une autre petire porte, qui elfcacote attenant 
le premier corps de garde , où les Voyageurs laiflent 
les armes à feu, l'épéeôc leurs bâtons ferrez j puis ayant 
paffé une petite place d'armes en tournant a droit, on en- 
tre dans la Ville par un pont-levis. On la traverfe en mon- 
tant infenfiblement ; & ayant paffé à côté de l'Eglife Pa- 
roiffiale , on prend a gauche, ^ l'on avance au /econd'^ 
Tome il, Zzzz corps 



Flo:i 



73^ 



TlUlAUES. 



Recueil General 
corps de garde, où l'on eft obligé^de dépofer les armes' FiorinsJRc 
cachées , celles que font les piftolecs de poches , les bayon- 
nettes, & même les couteaux. L'on tourne enfuite a droi^» 
te, ôc Ion monte par de larges degrez fortaifez & tail- 
Jez dans le roc, jufqu'a l'entrée du Château > qui eft au 
levant. On paffe d'abord fous une herfe armée degrofTes 
pointes de fer , &c après avoir monté quelques marches 
on trouve une grande porte fermée, épaifTe d'un pied tou- 
te couverte de fer , où Ton trouve un guichet qui n'a 
gueres que trois pieds de haut. L'on n'y entre qu'en fe 
ployant en deux, puis lonfe trouve fous une grande voû- 
te obfcure, dont lesmursiont touscouvertsde mouiquets 
de de pertuifanes rangez fur leurs râteliers. Enluite vient 
un grand corps de garde , où il y a toujours plufieurs 
Bourgeois en fadlion. De-là en continuant de monter , 
on pafle une petite cour d'environ douze pas en quarré , 
dont les hautes murailles font défendues par descrenaux 
ôc des machecoulis. Enfin, on pafle la dernière porte du 
Château, ôc l'on arrive devant celle de l'Eglife fur une 
plateforme , que l'on appelle le Saut^Gauthter. En cet en- 
droit onfe repofe agréabhmenc , en confiderant par les 
fenêtres d'une petite gallerie une longue étendue" dégrè- 
ve , de mer, ôc de terre. L'on entre après cela de plein 
pied dans l'Eglife, dont la porte eft dans le flanc-meri- 
dional de lanef. Cet édifice eft difpofé en forme de croix 
d'une ftru6lure gothique &: d'une couleur enfumée, qui 
marque fa grande ancienneté. Le grand Autel de faint 
Michel eft placé entre le Chœur ôc la Nef, ôc lui ferc de 
clôture. Son retable eft fort enrichi d'ornemcnsdelculp- 
ture , le haut en eft termine par une niche , dans laquelle 
eft pofée une ftatLjc de l'Archange f<iini Michel y de la' 
hauteur d'un hom i e, que l'on die être route d'or. Quoi-] 
qu'ilenfoit, jllee ' d'un deftein peucorred, maisicgrand 
tableau de l'Aurel eft affez bon. Sur un des murs de la 
crjifce méridionale de l'Eglife, on voit en peinture les 

armories 



vca. 






DES Abbayes de France. 7$i 

fiTutAiRES. armoiries ôc les noms de cous les Gentilliommes Bretons Hoiinsh^vca. 
&; Normands, qui défendirent cette forterefle contre les 
j^nglois bc les Proteftans François du temsde !a Jigue. Dans 
une Chapelle qui efl: du même côté , on montre le Tréfor 
qui eft rempli de quantité de vafes facrez^ de precieu- 
fes Reliques , parmi lefquelles on voit le chef de S. Ju- 
hcït qui fonda cette EgHfe, ainfi que je l'ai dit cy-defTus. 
On voit auflî au bout de l'armoire un bouclier quarré ôc 
une courte épée , qu'on a trouvée en Irlande auprès du 
corps d'un Dragon, dont on attribue la mort iSAint M>^ 
chel. Dans la Nef, il y a, un efcalier, qui conduit à une 
Chapelle bafle, nommée Notre-Dame fous-terre. De l'E- 
glife on entre dans le Cloître , & l'on ne peut voir fans 
admiration que l'on ait Ci bien bâti fur la pointe d'un ro- 
cher tous les lieux réguliers d'un monaftere. Ce Cloître 
a environ vingt pas en quarré, & eft accompagné d'un cô- 
léde lafalle des Chevaliers de y^/«r ^/c/?f/, qui eft enco- 
re plus longue, & de l'autie d'un grand Refedoir ôc de 
fes offices, auprès defquelles eft une machine à moulinet 
qui fert à monter pour le Couvent les provifions que les 
chaloupes amènent au pied du Monc, qui eft fortefcar- 
pé du côté du Nord, En haut font les dortoirs , l'Infir- 
merie & une Bibliothèque bien fournie , dont la voûte 
eft ornée de peintures. Enfuite on monte deflusl'Eglife, 
au tour de laquelle onpeut fe promener le long des balu- 
ftrades , donc la couverture eft environnée. Les curieux 
n'en demeurent pas là. Ils montent dans la lanterne du 
clocher qui eft élevée de quelques faisante coifes du ni- 
veau de la grève. On découvre de ce lieu au Nord la poin- 
te de Granvilley ôc vers le Levant en fnivanc la côte de 
Normandie , on voit aifément la ville à' Jvranches ^ au Mi 
dicelle de Pom-Orfon^ au Sud-oueft l^Montdoly & la ville 
de Dolçn Bretagne , au couchant le Havre de Cancale ,•& 
au Nord-oueft l'iflede GerXey , qui eft éloignée de feize 



Z zzz ij 



tinguer 



752. Recueil General 

TiTuiAi&Es. cinguer ; cai àla vue elle ne paroiil que comme un nua- 
ge. Apres avoir viGté le deflus de l'Eglife, le Conduc- 
teur vous mené avec une lanterne dans les lieux foûterains 
de cecte Edifice. C'efI: un vray.labyr inthe de détours ôc de 
defcentes obfcures. On y montre deux cachots de fepc ou 
huit pieds en quatre , où Ton deicend les criminels d'E- 
tat par une bouche quife ferme avec une trape. On trou- 
ve dans le plus profond de cqs cavernes quantité d'oifeaux 
marins , qui s'y retirent en h y ver, ôe qui apparemment 
y meurent de faim. Pour achever la vifite entière de ce 
Mont , il faui fortir de cqs murailles pour aller voir une 
Chapelle d'environ douze pieds de longueur, fur huit de 
largeur , dédiée ci jaim Juhen ^ 6^ bâtie fur une roche qui 
étoit autrefois furie fommetdela montagne, ôcqui à la 
prière de ce Saint s'en détacha, pourlaifler la place libre 
aox ouvriers qui dévoient conftruire TEglife, ôc alla fe 
précipiter du côté du -Nord, On monte a cette petite Cha- 
pelle par douze ou quinze degrés taillez dans le roc- Elle 
n'eft point fermée, & n'a qu'un Autel, ôc la ftatuë de ce 
Saint. Cette partie feptentrionale du Mont n'eft: poini 
habftée , n'étant qu'un rocher efcarpé, qui n'apasbefoin 
de murailles pour fa défsnlé. On peut juger par cette 
defcriptionqne le Mont fdtnt Michel qH une place impor 
tante &c trcs-forte. Les Bourgeois en font la garde ordi- 
naire 5 mais en ttms de guerre on y met des troupes en 
g^rnifon. C'eft l'Abbé qui eft Gouverneur né de cette 
ForterefTe , & en fon abfence c'eft le Prieur , à qui on ap- 
poj te les clefs tous hs tous. Pcrfonne n'ignore que le Ai ont 
Jaint Michel td^w des plus fameux pèlerinages delaFr^^- 
ce y particulièrement pour hs jeunes gens de bafTe naif- 
fance,quiy vont par troupes en Eté. Il n'eft pas iieceflàirc 
de parler '\c'\àç,TomheUtney qui eftd une demielieuë de- 
la vers le Nord, puifquele Château qui y étoit, a étéra- 
fé en icc^* ... . • . 



Florins 



400 



11000 



Abb. 



TXTCIAIRES, 



DES Abbayes DE France. 
Abb. d'Hommes de i/Ordre de Citeaux. 
S A V I G N Y. 



75Ï) 



Florin» 



M MafTii'.on Sâwïç^nv, en latin, Sabimacum, aut Savirtiacum, zel Savin- 



E^êfiU* de 



R^ei| 



c:uiT.onc le neiuM, feu Sa^ignUcym,aut S^vigneinm. Ellcfedorinaà l'Ab- 
jmr.i7ir ^^.^^ dc Clcrvaux CD 1153. EUs ctoit jadis chef u^Oîdre: elle 
eft (îcuée en baffe Normandie , entre Jvranchcs 6c la Haye- 
Pajnel y ou Hepenel, ôc entre PcntorfnK & Domfrorit, en- 
^ vironà une lieue de la rivière d'/^rû/if/f, fur les confins de' 
Bretagne Ôc du Maine , à quatre lieues de Murtain. h^s an- 
ciennes chroniques de cette Abbaïe portent quelefolitai- 
re Fital, qui en fut le premier Abbé, acheva de la bâtir 
dans les bois de vS^^'/^«7 fous l'invocation de LifainteTrL 
nité l'an iiii. par les liberalicezde Robert^ Seigneur de Fou* 
gères , ÔC qu'il donna aux Religieux la Règle de Cttcaux 
dans toute fa fureté. Il mourut le fepc de Janvier nip. & 
eut Geofroj pour fuccefleur. D'autres Auteursdifent, que 
l'Abbaïe de Sdnjigny a été fondée le 15 des Kalendes d'Oc- 
tobre 1118. D'autres difent, <\i\cfaint imitai bàtitun her- 
mirage au milieu de la Forêt vers l'an 1105. mais qu'en 
un. Raoul de Fougères àcjean de Landsury fondèrent une 
Abbaïe. La plus commune opinion eft , qu'elle fut fon- 
dée en un. par Raoul de Fougères qui y eft enterré avec 
fon perc. Cette Abbaïe vaut iiooo hvrespour les Moines^ 
& 15000 livres pour TAbbé. . • . . , 

Abbaye d'Hommes de l'Ordre de S. Augustin. 

MONTMOREL. 

Montmorel jCn latin, Nnfira Dominât Mentis A^orel!/ , 
fituée en bajjè Normandie, a deux lieueî dJ /^vranches, fur 
une petite rivière proche de fon eniboLchure di?ns \\yr. 1 
dée. Ce fut Jean de Ha/couct de .S//W;^>r^', qui vers 1 an 1180. 
jetta les fondemens de cette Abbaïe, lacjuelie fut d'abord 
dé(ervie par des Prctres fccuncrs dans une n:aiion dei 
Campagne appellée Longe Touche, Le revenu en c-p.ntj 

furt 



M.Jc Bc'zun 
fc le s Janf, 
^7 il. 



7;î 



i/oc»^ 



^ - 



_ 734- Recueil GENERAt 

CiTuuîus. fort médiocre. Elle futdôcce par RolUnd du Homet Che- 
valier Seigneur de Charcilly , donc la pofterité fubfifte 
encore aujourd'hui. Le revenu des Religieux des Cha^ 
noines Réguliers de faine Auguftinde la Congrégation de 
France y dite de faince Geneviève^ eft de 3100 liv. & celui 
de l'Abbé de 1500 liv. . .... 

Abb. d'Hommes de l'Ordre de Pre'montre*. 

LA LUZERNE. 
Le Petc de La Luzcme , ou Lucerne , en latin , SanÛi/ïïma Trini-^ 
Tcms.t le tas dc Luccma , lituee en loaUe Normandie, a quatre petites 

Pcre Pclré i- •• J In a t r i i» . ? ^^ /- 

coadjutcur le licues par-delà Avrancbes , lur les limites de ce Diocefe- 
,5.iiirsi7io. L'Abbaïe qui eft régulière bien bâtie, a une partie de 
fon enclos vers la mer, qui en eft à une lieuë. Il y a des 
Auteurs qui mettent la Fondation de cette Abbaye en 
1145. mais je trouve qu'elle fut fondée en 1143. jf^nJfluU 
phe de SMigny y qui lui afiîgna des terres ôc poifeiGons 
dans le bois de Courbe-Fofje , qui lui appartenoic. Richard 
de Suhligny frère du Fondateur & Evêqucd'Avranches, 
confacra l'Eglifeau nom de kfainte Trinité le 18 Odo- 
bre de ranii45. ^^ voit fa figure en marbre fur fon tom- 
beau dans TEglife de cette Abbaye , ôc celle d'un autre 
Evêquc d'Avranches nomme le Bienheureux /^cW,qui 
avoit été Chanoine de faim VtSîor, Le revenu des Reli- 
gieux eft de 4000 liv. 6c celui de l'Abbé d'environ 1800. 

Abbaye de Filles de l*Ordke de Citeaux. 

M O R T A I N. 

Mortain , autrefois la Blanche , ou les Blanches , 
en latin , y^lha Domina , 'vel Aioretonium , fèufanéla Tri. 
nitas in novo Burgo Moretorii, Fille de l'Abbaïe de Savi- 
gny i fituée en halJc Normandie y tout proche la petite Vil- 
le de Mortain , fur les frontières du Maine, près de la 
rivière d'Ardée, entre Domfront ô: Avranches. Elle 
fut fondée en 1105. ^ ^^^^ ^^ ^ d^ux petites lieues de 

l'Abbaye 



Florins RcregJ 



vK. 



»53 



£^0* 



DES A BB AYE S DE France. 735 

TixaLAiREs. l'abbaye de LonUy, Bien des gens difent Blanches , ou 
Notre-Dame de la Blanche y au lieu de Mortain. • 

Prieure* d'Hommes de l*Ordri 
DE Saint Benoit. 

MOUTONS. 

Madame de MoutcHs , cft fitué dans UH des Fauxboargs d'Avran- 

cerron. chcs. Bien des gens difent, que cefl: une Abbaye, mais 

ils fe trompent. • ► . , . 



Florin.' 



tlcvco, 
Sooo. 



ffoo» 




I 



EVECHE' 



Ifitia 




Florins Rey t\\ 



frrnom'!?é"E' ficuée à q j.irre lieues de P^cy, d'Onche^ Se de /. 
vfcl'x'iA' No. ^ pareille diftance de /î^^/f», & à ii de P^m, 



EVECHE DEVREUX. 



M.Jean le O ^ R E U X , Ebrokcnfis , ville de la féconde Lion- 
Nj-mincori. S "^noîfe de l'exarcacdes Gaules dans h haute Norman- 
r-ias, Doc- ^^/^ & Epifcopale depuis le quatrième iiecle ions la Me- 
cauélvv^ cropole de Rouen , dans un affez belle vallée, fermée de 
Tot^^'s^T Coteaux au Nortôc au Midi, &; arroféedes eaux de la ri- 
bona:. il ctoit yj^rc à'borj , Qul fe parcaf^e en trois bras , -avant que d'en- 
n.ut Hoaoéfrerdans la Ville. L*un pafle au milieu, leiecondpresdes 
l'Eg'ifVd^tp" murailles , ôc l'autre tout à fait hors de la Ville, qui efl; 

.ou'viers , & 
Il y a neuf 
hl^r\lJ^é\ ^^^^^'^^^ ^^^^s la Ville d'Evreux ; fçavoir ^faînt Pierre , S. 
il Décembre NicoUs ^ftint Tbomas ^ [alnt Denis ^ S, Léger ^ Notre-Dame 
fn^!y da"s la de Li Houde , faim Gilles, S, Jquilm O" S, Germain. Deux 
s^o'^bonncolr celcbres Abbayes dans la Ville qui font celles de S, Tau- 
M. /e^cildi-.,./;2 gr Je p;>2r Sauveur y celle-ci efl: de Filles. La Cathedra- 
ieî;& il p:.cle fut dédiée eu l'honueur de Li/^/^re Mère de Dieu, long- 
[•EvôchTa'E tenis avant que Roi entrât en Normandie, C'efl: une Eglife 
cVermuaidc conilriiite avec beaucoup d'art & defolidité, & qu'on peut 
!a stmain. niecttc au ranfr des plus belles Eelifes de France, Elle a 
néci7u. & en i^ piliers dc cHaquecotc, quileparent laNer Scie Chœur 
nomméV'' d'avec les Chapelles , ôc les bas cotez. Elle efl: faite en 
Ta'uM^j'i'-^' forme de croix, dans le milieu de laquelle, c'efl:-à-dire , 
entre le Chœur , laNcf ôc les bras de la croifée , s'cleve 
une efpecede dôme odogone, qu'on nomme lanterne , 
parce qu'il en a la forme , bâti de bonnes pierres de taille, 
6c foûtenu par quatre piliers, ouvrage du Roy Louis XL 
par l'entremifeôc parles fomsdu fameux Cardinal Baluë, 
lorfqu'il écoit Evêque d'Evreux, Au-deflus de cette lan- 
terne efl: un clocher fort haut, d'un ouvragedclic •■> ôccn 
mcme tems folide , couvert de plomb;, tout percé à jour &: 

terminé 



Vieux, 



DES A B BAVE S DE FRANCE. 737 

TiTHiAiRss. ^ernimé en forme de pyramide. Le Chœur, la Nefja gran- 
de Chapelle de îaK/ergi'qui Ciï derrière , ôc qu'on nom- 
me vu! ijai rement /^^ Mère de Dieu . les bas cotez, la ^alle- 
rie, les trois grands vitraux en étciie ou rofe, les deux 
tours à rextrémitéde laNef, 6c (ur tout le portail du cô- 
té gauche 5 au bout de la rue de S. Nicolas font des pièces 
qui méritent qu'on les efiime. 

Il y a trente & un Chanoines qui compofenc le Chapi- 
tre, parmi leiquels on compte (epcdignités i le Doyen , 
le Grand Chantre, trois Archidiacres. Le premier qu'on 
nomme d'£'c^rf«.v , le kcond d\i Ne^borirg , le troideme 
d'Oiiche y qui tous crois n'ont point de PrebendeaiTed:éei 
Je Tréforier 5 & le Penitentier de même. De tous ces 
Chanoines , il y en a huit de l'ancienne fondation , qu'on 
nomme Barons y à caufe de la Baronie d!Jngerville ^ donc 
ils font Seigneurs. Le premier de tous les Chanoines , 
après les dignités , efl: l'Abbé du Bec. Il y a encore quatre 
Vicaires qui ont été établis en dijfferens tems pour fuppléer I 
à l'office du Chanoine fen)ainier , en cas de maladie ou 
d'abfence. Il y a outre cela quarante cinq Chapelains, qui 
doivent afTifter à l'office , & qui ont part aux diftributions 
manuelles j à l'exception d'un petit nombre. Le Doyen 
efl: élu par le Chapitre,Ôc les autres dignirez ôc toutes les 
Prébendes font à la collation de l'Evêque qui eH Baron 
de Brovill'e , de Condé fur hon, & à'illiers. 

Le Diocefe à'Evreux^ 15 lieues de long ôc 15 de large. 
Il efl; borné par la Seine ^i rOrienr,par le Lievain^aYOc- 
cidenr, par le haut Perche^ au Midi, 6c par \tKoumois , en- 
tre Brionne Se Elheuf, au Septentrion. Il comprend 540 
Paroifles & onze Abbayes, fans compter les Eglifes Col- 
légiales, les Prieurés, 6c les Chapelles en aflez grand nom- 
bre. Ce Diocefe a été li favorifé des grâces de Dieu, qu'on 
ne voitprefqu'aucun temsoù l'herefie y ait pénétré, mê- 
me lorfqus les Protefl:ans inondoienc ôc corrompoîent 
toute la France Si particulièrement la Normandie, On ne 
Tome IL AAaaa peut 



F!orir 



Rcv, 



TlTUl. 



V'' 



■73S Recueil General. j 

^'^'' peutpascependancdeicivoùerqu'ily a eudetems en tems 
quelques perfonnes qui Te font livrées à l'erreur : & l'on 
peut remarquer quatre ftatucs attachées à deux piliers au 
dehors du chancel de l'Eglifs Cathédrale ducoLe du Ci- 
nietiere» dont trois reprefentent trois Chanoines, la tête 
couverte de leurs Aumuces, félon la coutume de ce tems- 
là , &c une quatrième qui reprefente un Chanome à un pi- 
lier plus éloigné 5 la tête nuë, tenant fa main furie cœur, 
comme un figne de fon repentir, parce que la tradition 
dit, qu'ayant été atteinte convaincu du crime d'herefie, 
le Chapitre l'avoit interdit des fondions de fon Bénéfice h 
mais qa'ay?nt enfuite abjuré ion erreur, le même Cha- 
pitre le rétablit dans tous fes droits , honneurs ôc pi ivile 
ges i cependant, il fut ordonné, qu'en mémoire de l'éga- 
rement ôc de la pénitence de ce Chanoine, ces ftatuësde- 
meureroienn attachées aux piliers de leur Eglife,lorlqu'- 
elle fut rebâtie des deniers de Henry I. Roi à' Angleterre ^ 
par les foins à' /^udoenus Evéque â'Evreux. 

C'eft fur la fin du quatrième fiécle,ouau corr>mence 
ment du cinquième, que [acnt Taunn a éié l'Apôtre , le 
Fondateur Ôc le premier Evêque d'Evreux vers l'an 411, 
ou 413. Il eût pour fucceiïeur immédiat faint Gandordon- 
né p2LrGcrmaiyîE\êquc de Rouen, qui affifta au Concile 
dcTours en 4^1. Ôc"). G.iud fit élire âdaurution en fa place, 
vers l'an 480 Satnt Ethcm ou Etherius fut fon Succefleur 
& le PrédeceflTeur immédiat dt fdim Jo^uilm y ou Jquelm 
I. vers l'an 515 & gouverna l'Eglife d'Eureux pendant 
Z5? ans. Je ne prétens point donner ici la fuite des Evo- 
ques d'Evreux, parce que cela memeneroit trop loin. Le 
Cardinal 7<'rfW Balue^S^ le Cardinal Jacques Davj du Per. 
ton ont été Evêques d'Evrtux^ le premier en 14^4. ôc le 
iecond en 155)3X6 revenu de l'Evêchc d'Evreux confiile en 
de fort belles Terres , qui font les Baronies de Condê ^ 
allUers ydcs Beaux ,dtBretheuil ^dt Brouille, c]m ont tou- 
tes leurs hautes Juftices, ôc dont la dernière a fa Jurifdic- 

tion 



Floriiv 



llcvcn. 



DES Abbayes de France. 739 
TiTuiAiMJ' tîoncJans le Faubourg faint Gilles d' Evreux ^ qui en relevé 
pour la plus grande partie. Les vaflauxfont reconnus par 
une petite crofle brodée fur leurs manches, ôc font exempts 
par toute la France , ôc particulièrement dans Evreux de 
couc péage, & autres droits dûs à l'Exécuteur des Sen- 
tences criminelles aux jours de Foire & de marché , fui- 
vant les titres revalidez dans les années 1322. & 1513. 

Les Cérémonies qui s'obfervent à Tentrée folemnelle 
de l'Evccjue d'Evreux font fi (ingulieres , qu'elles méri- 
tent d'être rapportées ici. L'Evêque vient, monté fur une 
haquenée de fon château dQCondé ^ quieftà5 lieues d'-E- 
njreux , à la Paroifle de faira Germuin-des-Pre-;^ , qui eft à 
un quart de lieue de cette Ville. l! reçoitici les compli- 
' mens des Corps de la Ville &: du Clergé qui l'accompa- 
gnent jufqu'à la première porte de l'Abbaye de S, Tau- 
rin ,où il eft reçu par le Prieur &: les Religieux ^aufquels 
appartient la haquenée fur laquelle le Prélat eft monté , 
& l'anneau d'or qu'il porte ce jour-Là. Après que le Prieur 
lui a prefenté de l'eau bénite , qu'il lui a fait baifer la 
croix, & qu'il l'aencenfé i il eft conduit proceflîonnelle- 
ment par les Religieux au maître Autel, où étant monté, 
il dit l'Oraifon de fant Taurin , puis le Prieur prend la 
Mitre d'argent qui eft fur le chef de ce Saint , éc la met 
fur la tête du nouveau Prélat, qui ainfin>îtré, n'ayant pas 
encore decrofTe, donne la première Benedidlion au peu- 
ple. Le Prieur ayant pris la mitre fur la tç lede l'Evcque 
la remet fur le chef dey^/>2r Taurin y & le Prélat fe retire 
dans Tappartement qu'on lui a préparé dans l'Abbaye. Le 
lendemain tous les Corps & le Clergé en chapes , s'étanc 
rendus dans l'Eglife à^jaint Taurin , l'Evêque vient à la 
Sacriftie , & après avoir été revêtu defes habits Pontifi- 
caux, il eft conduit par les Religieux au pied de l'Autel, 
où il entonne le F em Creator : Enfuiteon le conduit pro 
ceftionnellement', les Religieux de/i^/w^T'^wr/'^march.înts 
les derniers, Ôc un d'eux portant fa crofle, à fa maifjn de 

• A Aaaa ij la 



Flori 



740 Recueil General | 

Titulaires j^ (j^.^jp ^ ^^-^ ^^ fj^.^^^ ^^^^^ [^ Vmxhout g faim Denis , ri^^î"' 

affsz près delà Cathédrale. L'Hôte de ladite Maifon de 
la CroJJe lui ayant fait une profonde révérence , lui dit, 
Aionfeigneur , foye\ le bien njenu en votre pente maifon de U 
Crofe, ôc lui prefentant la main , le conduit a un Fau- 
teuil, qui eft auprès du feu, ôc lyi dit, Monfeigneur^vous 
me deveT^ aujourd'hui à dîner , ^ un mets fêparé. Aulïî-tôc 
les Tréforiers de laParoiffe it faim Léger de la ville d'£- 
n^reux y fe prefentent devant lui, & un d'eux lui dit, Mon^ 
Jeigneur ^ nous fomrms obligés de vous déchaufer y <T vos 
bai <SP vos fauliers appartiennent a notre Tréfor de S, Léger , 
ain/i que les titres que nous portons en fontfoj. Ces titres font 
une donation faite par un certain Prêtre au Tréfor de S, 
Léger , par laquelle il paroît que Remplacement ,où au- 
trefois l'on déchaufloit les Seigneurs Evêques le jour de 
leur entrée folemnelle lui appartenoit, comme aufC les 
bas ôc les fouliers , ôc qu'il avoit vendu ledit emplace- 
ment pour y bâtir une maifon, à condition que les bas & 
fouliers que l'Evêque a porté le jour de fon entrée, & 5 
fols de rente, appartiendront à l'avenir, à perpétuité au- 
dit Tréfor. Lqs Tréforiers fe mettent en devoir de le dé- 
chauffer ; mais ordinairement l'Evêque fe contente de 
leur laifler toucher fes bas & fes fouliers , & leur fai: don- 
ner une paire de bas ôc de fouliers neufs, pendant qu'il 
fe fait déchauder par fes Domeftiques. Le Seigneur de 
Feuqueroltes &:de Cauville , qui auparavant a eu foin de 
faire étendre quantité de paille , & plufîeurs pièces de 
nate le long du chemin par où doit pafTer l'Evêque pour 
fe rendre à la Cathédrale , attend ledit Prélat à la porte 
de la Mai/on de U Crope, & lorfqu'il fort , lui fait une 
profonde révérence , & lui dit, Monfeigneur y je fuis votre 
homme de foy, puis fe baiffant & étendant une poignée de 
paille coupée , d'environ la largeur d'un pied ôc demi, il 
ajoute. Ceci vous dois , O" autre chofene vous dois , ni mot y 
nt mesfujets ; ôc accompagnant ledit Seigneur Evcque à 

fon 



le V Cil, 



D E s A B Ji À Y £ s D E F 11 A N C E. 741^ I 

TiTULAiKEs.fQ^^ côcé droit , environ un pas devant lui -, il répète a ^'^^'^^ 
diverfes fois & à certaine diftance les mêmes paroles ., & 
étend de la paille jufqu'à la porte de la Ville ^ au deli du 
Pont, où le Chapitre l'attend. L'Evêcjue étant arrivé en 
ce lieu , le Prieur de fainiTaurm le prefente au Chapitre 
de l'Eglife Cathédrale 3 ôc s'adrefTantau Doyen , lui dit , 
Aiejjieun , njoici A4onjetgy}eur notre tllujîrijjime Enjêque ^ que 
nous 'VOUS amenons njif, nous vous le haillons ^ & mort vous 
le nous rendreX» Le Doyen prefente l'Afperfoir à l'Evê- 
que, lui faitbaifer la Croix, & lui fait une harangue, à 
laquelle le Piélat répond Auffi-tot fe prefente le Seigneur 
de Convenant 3,yanz fon manteau fur fes épaules, l'épée 
au coté , ôc étant botté t<. éperonné. Il quitte fon man- 
teau , fon épée &c Cqs éperons , ôc étant à genoux ^ il joint 
{qs mains entre celles de l'EvêqueSc lui promet fidélité, 
contre tous autres , fors le Roy. Les Religieux de faint Tau- 
rin s'en retournent, ôc le Prélat eft conduit à la Cathé- 
drale par fon Chapitre. LaMeffedu S, E/j)m étant dite, 
ôc les autres cérémonies étant finies , l'Evêque donne 
un grand dîner, où il s'eft quelquefois trouvé jufqu'à 
^CQ perfonnes. La première fois que l'Eveque demande 
à boire pendant ce repas, ledit fieur de Gauville lui pre- 
fente une coupe d'argent doré avec fon couvercle, laquelle 
doit être du poids de quatre marcs, Se appartient audit 
fieur. L'Evéque ayant bu cette première fois, il fait af- 
feoir ledit fieur de Gauville à fa table. 

Jacques le Noël du Perron neveu du Cardinal du Perron , 
Abbé àz faint Taurin bc Evcque à'Evreux eft le dernier , 
qui ait fait fon entrée folemnelle à Evreux le 15 de No- 
vembre iCj\6. Il obferva toutes ces cérémonies, hormis 
qu'il ne partit point de fon Château de Co^^Jf, parce que 
la rivière d'//o«, étoit débordée, qu'elle avoir rompu les 
chemins, & même inondé toute la vallée. 

Antoine le V^eneur^^Qo^uzà'Evreuxtn 1511 a fait rebâ- 
tir le Château de Condèy maifon de campagne des Evê- 

ques 



NîVCBt 






74^ Recueil Général I 

•*ï^"^*'^"' ques d*ETre«A: , à fix lieues de cette Ville. C'efl lui qui fio^im 
a fait clore le parc de murailles ôc de briques , & qui a re- 
nouvelle les droits ôc privilèges de fes vaflaux. Gahritlle 
preneur en I532. fut le premier Evêque d'E'vreojx nommé 
par le Roi , fans que le Chapitre fit la moindre refiffcan- 
ceà fa réception, quoiqu'il ne fut âgé que de 14 ans. En 
i45)(j. le Roy Chartes VIII. donna des Lettres Patentes , 
par lefquelles il confirme la Bulle du Pape obtenue par 
Robert le F our heurCh^noint de l'E^life Cathédrale d'£- 
-vrcHx , pour lamortiiTement de la moitié de la Prébende 
de ^uilltbeuf, dont il étoit Titulaire. Il fit la démiflion 
de la moitié d- cette Prébende pour la fubfiftance d'un 
Maître de Mufique 6c de fix enfans de Chœur , à la dé- 
charge du Ch.ipicre , que les pertes caufées par les guer- 
.V, res précédentes avoient fort obéré. En 1545. le 19 Mars 

TEvcque d'Epone Sufïragantde Gabriel le V^eneur fit la dé- 
dicace de l'Eglife de Notre-Dame d'Etreux , dont les rui- 
nes qui étoient confiderables , avoient été nouvellement* 
réparées , & à l'occafion de cette Dédicace , Gabriel le 
Veneur fit prefent à TEglife, dont il avoit relevé la tour 
d'une trcs-grofle cloche , ôc qu'il nomma de fon nom 
Gabrielle. Les Evoques d'Evreux avoient autrefois leur 
Hôtel à Paris , dans la rué faint Jntoine\ mais vers l'an 
1581. Claude de Saintes le vendit pour fubveniràla mifere 
d(ts pauvres de fon Diocefe, & en 1585. le même Evcque 
fixa aa fécond Septembre la Fête de la Dédicace des Egli- 
fes de fon Diocefe , que chaque ParoifTe avant cetems-là 
faifoit en particulier, ôc avec incertitude du jour auquel 
elle avoit été dédiée. Cet Evéque fameux controverfifte 
&: l'un des plus grands Théologiens du feiziéme fiécle , 
gouverna l'Eglife d'EvreuxSiVtc beaucoup de réputation. 
Il eût pour fuccefieur le célèbre Cardinal du Perron. La 
taxe en Cour de Rome pour les Bulles de TEvcché d'^i- 
'vrepix , qui rapporte 16000 livres eft de . . • 



lyof. 



Abb. 



TiruiAiKEs, 



W. de ]a Tour 
Arche ê.uc 



Dçs Abbayes DE France. 
Abb. d'Hommes de l'Ordre dil S. Benojst. 



743 



Florins 



CONCHE S. 
Conches ou ChznUon , fanéîus Peirus de Conchis y Con- 
cha , Caftiiliof Caflellw, fitué dans !a petite Ville du mê- 
me nom en Normandie dans le pays 6!0uche, fur la croupe 
d'une montagne, à crois lieues de I^y^ , à quatre de Beau- 
monî-le-Roger (y d'E'vreux, à fept lieuës de Y^Jigle ^ ôc à 
treize de Rouen : elle a été fondée l'an ic^o. par les Sei- 
gneurs de To.?/Jy/ qui yontleur fepulture. On ne peut pas 
dire précifémenc qui en efl: le premier Fondateur. Guillau- 
me de Jumieges le nomme Rdolulphe dâ Tocjny j 6c Orderic 
Vnal ie nomme I{'7er , de même que le fcavjnc M. de 
Longue-F^tî'e , Je crois qu'on pourroit concilier ces deux 
fentimens en les réunifiant, ôc en diiancque Roger de Ri- 
dulpbc étoienc tous deux Fondateurs de ce Monaftere, ils 
ctoient frères, fils de Radulphe de Toejny , defcendu de 
MaLîhulfuiy oncle paternel de Roi, au rapport i'Ordertc- 
Viîdy & quiétoit un des plus diftinguez entre les Sei- 
gneurs de Normandie. Etant unis parle fmg, ils ont bien 
pu l'êrre par la charité, pour entreprendre cette auvre 
pieuie & digne de laNobk/Tede leur fang. îls lont nom- 
mez cous ài:ux en divers temps dans le Necrologe de cette 
Abbaye , d où dépend le Prieuré de (aim Eftunne dans le 
Vexin , & celui à'ydquigny au Diocefe d'Evreux. Le pre- 
mier Abbé Fut Gfjleberty Moine de Fécan , qui figna à la 
, fondation de l Ahb.\yQ de faint Euroulf. L'Eglife do/aint 
PtC'-re de Conches ayant été encore ruinée, l'Abbé H«/V/^/- 
■phe la repara i ôc Bernard de Cunit ^ Evcque d'Evreux, 
en fit la dédicace vers l'an 1383. Cette Eglite folidement 
bâtie en croix, eft dédiée ious l'invocation de fa m t Pierre 
6c de/ï/w: Part/ jc'eft un aflez grand vaifieau, avec un cor- 
ridor bien voûté, ^ des Chapelles au cour du Chœur, 
dont on a élevé le Maître Autel en forme de théâtre, dur; 
goût que nos Pères au roien: réprouvé. Rad>jlphe dederrr _ 

Evequ^ 



Rcvcn. 



744 Recueil General 

yiTuiArRHs. £Y£qQç d'Evnux y fie la dédicace Ôc la confécration defFioniu 
cette Eglife le lo. Janvier 1138. La Congrégation àcfam 
Maur eft encrée dans cette Abbaye en ic^o. les Religieux 
fonc Curez primitifs des trois ParoiiTes de Conches, Ôc c'eft 
la crente-fixiéme Maifbn unie à cette Congrégation i '/o© 

LA CROIX DE S. LEUFROY. 



M. Pclor 
^iii a cctt: 
Abbay? ca 
csmmcndc 
pour la prc- 
micrc fois. 



La Croix (aine Leufroy, Cruxfanflî Leofredifeu Adadrea- 
cenfe^ ficuée dans le Bourg du même nom, dans unevaL 
lée, encre la BouUjpy ôc He^dreville y à deux lieues d'£- 
"vretix, & à pareille diilance de Lowviers y de Gailion , & 
de Vernon, à trois lieues de la Seine y Se fur la droite de 
la rivière d^Eure. L'Eglife de l'Abbaye folidement bâtie 
en Croix, a dix piliers de chaque côté dans fa longueur*, 
ôc la Maifon AbbatialeeO: grande, belle, Raccompagnée 
d'un Parc, de jardins, oc d'avenues d'arbres*, c'eft envi- 
ron en l'année 696, ou 690. d'autres difenc à l'an 450. 
qu'on peut rapporter la fondation de l'Abbaye de la Croix 
jamt Leufroy y fous Didier Evêque d'Evreux i mais les pre- 
mières dates font les plus fûres, en voici l'origine. Saim 
OUen étant parti de Rouen vers l'an 6-j4e' pour aller a la 
Cour rendre compte de quelques affaires, donc le Roy 
l'avoir charge, paffa par le Territoire d'Evreux. Comme 
fon grand âge ne lui permectoicpas de monter à cheval , 
il fe fervit, fuivanc les ades de la vie de faim Leufroy y 
d*une efpece de litière portée par deux mulets. Sa caducité 
ne l'cmpcchoic pas néanmoins de prêcher, Se d'inftruire 
les peuples dans tous les Villages par ou il paflbit. Etant 
prêt delà rivière d'£:,rc,dansun Village nommé Madrity 
en un endroit où deux chemins s'entrecoupoienc en forme 
de croix; les deux mulets s'arrêtèrent tout court avec tant 
d opiniâtrecc, qu'il n'y eue aucun moyen de les faire avan- 
cer plus loin, quoi qu'il n'y eût aucun obflacle, & que 
Je chemin fut parfaitement beau. Ceux qui accompa- 
gnoienc ce faint Prelac, attribuèrent cec accident au ca-j 

pricJ 



DES Abbayes dêFkance. 745 

'^^''^^'^'' price de ces animaux fantafques. Le Saint en jugea autre- (FiormsiRcwa. 
ment : il reconnue que Timmobilité de ces deux bétes , in- 
fenfibles à cous les coups qu*on leur donnoic,venoitd*u ne 
frayeur qui les avoir extraordinairemenc frappez» Dans 
<;ecce penfée il defccndit, & eue recours à la prière, fé- 
lon fa coutume. A peine eût-il commencé de lever les 
yeux vers le Ciel, qu'il apperçûc en l'air une Croix tou- 
te brillante de lumière, & qu'il fentit {on efpric éclairé 
d'une celefte infpiration, qui lui apprit que Dieu avoir 
choifi ce lieu pour être la retraite d'un grand nombre de 
Solitaires, qui dévoient fe ranger fous les étendarts de la 
Croix, dans la Milice Chrétienne, i^uflî'tôc^&fansper- 
dre de temps, ce faint Pafteur commenda qu'on lui ap 
portât de quoi faire une Croix. Comme fes gensne trou- 
voient point fur ce lieu de bois propre pour ce qu'il vou 
loit faire i il leur dit d'aller demander à un Païfan, qui 
cultivoic fon champ, l'inftrumenc dont il fe fervoit pour 
picquer Ces bœufs, & de lui en payer la valeur ; ce qui 
fut exécuté. Puis ils coupèrent cet inftrument en deux . 
fuivant l'ordre du faine Prélat, qui croifant enfemble les 
deux pièces, & les attachant l'une à l'autre, en fit une 
Croix. Il fie conftruire une bafe avec des pierres & du 
gazon, ôc la plaça en cet endroit , Se y mit au pied de 
iàintes reliques qu'il portoit fur lui. il adrefla enfuite à 
Dieu fes Vœux & (qs Prières, ôc continua fa route fans 
aucun obftacle, & fans que Ces mulets refufaflent de mar- 
cher. Ceci ne fut que le commencement des merveilles 
qui arrivèrent enfuite. Après le Soleil couché, on vie en 
ccmême endroit, félon Fredegonde y une colonne de feu s 
Se félon les ades de la vie de faint Leufroy ^ une nuée fi 
lumineufe pendant plufieurs nuits de fuite, qu'elle difli- 
poit les ténèbres , & faifoic le même effet que le Soleil , 
non feulement dans ce Village , mais encore dans les 
contrées voifines; ce qui attira en ce lieu un grand con- 
cours de peuple, qui venoient de toutes parts rendre 
Tome 11. B bbbb leurs 



74^ Recueil général 

TxruiAiiEs, j^^j.^ adorations à l'Auteur de ce méréore miraculeux. :fi 
Cette dévotion s*accruc en peu de cems par les fecours & 
les grâces que Dieu répandoic fur ceux qui y venoient im- 
plorer fa mifericorde. Pluficurs malades qu'on apportoic 
au pied de cette Croix, après y avoir adoré TAuteur de 
notre rédemption , y furent guéris miraculeufement. Tous 
les Ecrivains affurent que des Aveugles , des Sourds & des 
Muets y recouvrèrent chacun la fanré ôc l'ufage de leurs 
fens, femblables aux Ifraèlites qui furent guéris a la vue 
du Serpent d'airain, élevé par Moïfedans le défère. 

Tous ces bienfaits dont Dieu récompenfoit la pieté des 
Fidèles , continuèrent encore après la mort de Un^t Oiien. 
On y bâtit une petite Chapelle en l'honneur de la faime 
Croix ^i^s faims Jpotres ^ Ôc de fa ira Ow>«, pour fervir 
de monument à la mémoire de tant de prodiges ; &c pour 
mcttie à couvert plus décemment les reliques que le 
faint Evêque y avoitmifes. Quelque temps après, /aint 
Leufroy , de l'avis Aq Jaint Âushert qui avoit fr.ccedé à 
Jaim Oiien y y fonda un Monaftere, étant aidé du fecours 
des perfonnes pieufes qui contribuèrent avec plaifir à 
TétabliiTementd'un édifice, en faveur duquel leCielfem- 
bîoit s*être déclaré par des fignes fi admirables. Ce faint 
Abbé nomma ce lieu la Croix S ^ Oiieny en mémoire du 1 
faint Pafteur par qui ce lieu avoit efté comblé de bene-i 
didlions Quelque temps après la mort de S. Leufroy , fai 
fainteré & Çç.s miracles l'ayant fait regarder comme le 
Prctcdleur & l'IntercefTeur gênerai de tout le pais, cha-i 
cun l'invoqua, & eût recours à Çzs prières, pour obtenir 
de Dieu par f^n moyen les fecours dont on avoit belbin ; 
enferre que la dévotion du peuple changea le nom du 
Villag .^ & de l'Abbaye , & lappella U Croix de S. Lcufroj, 
en recoui nCC^nœ des avantages reçus par fon interceflion. 
Cette Abbaye a eftéplufieurs fois ruinée par les Normands 
encore Payens , qui croient venus ravager ce pays i ce qui 
fjt caufe que du temps de Rollon ^ on tranfporta le corps 

de 



oniij 



''^cvca 



DES Abbayes de France. 747 
TxTMuixiî, Je ce faint Abbé 6c d'autres faintes reliques àfaintF'incenr 
de Paris y qui eil aujourd'hui l'Abbaye de faim Germain 
des PreX^, Après les ravages des Normands, ceMonaftere 
fut rebâti par les foins ôc aux dépens des Chrétiens , qui 
n'avoient pas encore oublié les grâces du Ciel, qu'eux 
ôc leurs pères avoienc reçues dans ce lieu. Helto de U 
Croix y du temps de Guillaume le Conquérant ^ commença 
ferieufcm.ent le premier à réparer les ruines de ce Mo- 
naftere : mais c'eft fur tout aux aumônes , & à la libéralité 
des Seigneurs de Meulenty qu'il faut rapporter ce bien- 
fait, puifqu'iis ont le plus contribué aux réparations ôc à 
l'entretien de ce faint lieu, auquel ils ontdonné de grands 
biens. Ces Seigneurs iwïtni Hugues de Meulent , & Robert 
fon neveu, Vicomtes d'E-i/rf»^, en iioj,GaleranyÇ[\s aîné 
de Robert y en ii^o. de plufieurs autres de leurs defcen- 
dans, On compte plufieurs Abbez qui ont fait l'honneur 
de cette retraite par leur fainteté 6c par leur mérite, en- 
tre lefquels faint Leufroy eft le premier. Saint Jgofroy ^ 
fterQ de faint Leufroj ^ lui fucceda en 731. au gouverne- 
ment de cette Abbaye, auflî-bien qu'à fa pieté ôc à fon 
zèle j fon corps fut inhumé dans le même Monaftere avec 
L celui d^ faim Leufroy fon frère : mais dans le ravage ^cs 

Normands , qui arriva environ un fiecle après , les Moines 
de la Croix ayant efté obligez par cette perfecution de 
prendre la fuite, emportèrent avec eux au Monaftere de 
faint f^incent de Paris, maintenant /^/«r Germain des Prez, 
les corps dQ faint OUen , Evequede Rouen , de faint Leufroy, 
de faint Turiave y & de faint /îgofroy y pour les mettre en 
fureté. En l'an 5? 2.0. les pillages des Normands étanr cefTez, 
ils revinrent en leur Monaftere. Ils lailTerent aux Reli- 
gieux de l'Abbaye de faint Vincent, en mémoire du bon 
traitement qu'ils avoient reçus ; les corps Aq faint Leufroy 
ôc de faint Turia've , ôc remportèrent avec eux ceux de 
faint Olicn ôc dç faint Jgofoy^ qui furent mis dans l'Ab- 
baye de la Croix y qui ed d'anciens BenediflinSy ÔC en crès- 

Bbbbb ij petit 



Florini 



Rcvcu. 



74^ RecuEilGeneral 

XiTOUiws. pçjic nombre , par la faute de M. P^/or , qui en ed Abbé 
Commatidacaire , quoiqu'elle doive recourner en règle 
après fa more. . • • . • • . 

LIRE. 



Florins Rcvcn^ 



M. de Pir- 

daillan d'An 



Lire, OU Lyre, OU la Lire, en latin, 5<i«(f?^ Avaria de Lira, 
tia àvêquc àcr^p^i^y^a^CnuéQ dans le Bourg du même nom de la hauteNor^ 
mandiey fur la gauche delarivierede Rille ^ après décrois 
lieues de l'endroit où elle fe perd, & à 9 au-delà d'Evreux^ 
à crois lieues de Ccwc/^Ê-i, à cinq de faine Evroul ^ à fixdc 
Bernayj & à quinze de Rouen, Elle fut fondée en 1047. 
où 1050. par Guillaume fils d'Ofherne de fa femme y^ltx , 
fille de Roger deThoefny ^^zï Kohen de Chalet y qui en fut 
le premier Abbé , & confirmée enfuite par Guillaume Duc 
de Normandie. Ce Rohett faifoit la profeflîon d'hermite 
dans le Village de Chalety éloigné de L^/^-f d'environ une 
demie lieuë. Un jour étant à la cbafle. Dieu lui révéla fa 
volonté, ôc lui ordonna de bâtir une Eglife en ce lieu. 
Ceft à ce point que les Hiftoriens rapportent l'origine de 
cette Abbaye. La même année Guillaume Bis d'Ojieme y 
Seigneur de ^rf/f«//, de fa femme j^lixy avertis par /^o^fr^ 
èc infpirez de Dieu, fécondèrent ce defîcin ôc bâtirent ce 
Monaftercdans un Village qu'on nomme la vieille Ljyr^, 
à l'endroit où étoit une Chapelle fous le nom de S.Chrif. 
Tophe, Cette Eglife fut dédiée fous l'invocation de la Me- 
re de Dieu y de confacrée par Guillaume Evêque d'Evreux. 
Elle eft grande & belle, a onze piliers en fa longueur de 
des bas cotez i le Cloître eft neuf , & bâti à la moderne, 
le Refedoir , la Sacnftie 6c la Salle des Conférences font 
des lieux ornés de Lambris de Menuiferie. En 1351. 
j4iîorgey ou Euflorge Abbé de Lyre , forma le deflèin de 
quitter les habits blancs .que plufieurs Monafteres avoient 
pris depuis quelques fiécles, U de reprendre les habits 
noirs qu'ils avoient au commencement de leur inftitution. 
Cela fie d'abord quelques difficultés dans le Chapitre , 

comme 



lyo 



l' DES Abbayes de France. 749 

TiTuiAÎRHs. comme il arrive ordinairement , quand on propofe quel- 
que point qui a lair de nouveauté. Cependant la chofe 
étant bien examinée, de toutes les objedions refolucs, 
tout le monde en revint à Tavis i'Jftorge^^ il ne fut plus 
queftion que d'en écrire au Souverain Pontife. Cet Abbé 
s'en chargea en fon nom ôc au nom de fes Religieux. Le 
Pape Clément VI. qui tenoit alors le Siège à ^vhnon , 
leur accorda une Bulle en 1351. qui non-feulement leur 
permet de prendre l'habit noir, mais qui leur défend 
même, fous peine d'excommunication , d'uferà l'avenir 
d'autre couleur , & leur interdit absolument le blanc. La 
reforme de la Congrégation de fdint Maur, eft entrée à 
l'Abbaye de Z^^r^'^en 1(^47. ôc c'efl: la quarantième Mai- 
fon qui lui a été unie 

SAINT TAURIN. 

M.icNor- Saint Taurin, en latin, Sanâlus Taurinus Ebroicenjisy fi- 
Îevicux.^ "^tuéedans le Faubourg de la ville d'Evreux. On ne fcait 
pas précifement en quel tems cette Abbaye fut fondée ; 
les uns difent vers l'an 660. fous famt y^quîlm II. Evêque 
d'Evreux j lesautres en mettent la fondation en ^50. Se 
d'autres en 1016, par Richard II. Duc de Normandie , 3c 
par fon fils F^ohert -, mais il eft certain qu'elle eft plus an- 
cienne que cette dernière époque, & qu elle fut feulement 
rebâtie par ces deux Princes, après avoir été ruinée par 
les Normands idolâtres j ce qui en a fait perdre tous les 
titres. Quoiqu'il en foit du tems 6c de lorigine de ce Mo- 
naftere, l'Eghfe fut bâtie fur le tombeau à\ifamt Taurin^ 
fur le bord d'un grand chc^mm a lextrêraité d'un Fau- 
bourg qu'on nomme aujourd'hui de (amt Gilles y parce 
qu'il dépend de cette Paroift'e, fur la rivière d'Iton en la 
place de la Chapelle que faint LacAdiilphe avoit fait bâdr. 
Elle a été fondée pour des Religieux Benediéltns , ôc elle 
eft encore aujourd'hui occupée par ceux delà Congréga- 
tion de f^i.*; Maur y oà cette reforme fut introduite le 1. 

Mais 



Flerîas 



RcretJ 



3C0 



lOOO» 



xooûa 



"750 Recueil général J i 

^«tiïiïs; jyi^j.5 j^^2^^ Le premier Abbé régulier que Ponconnoifle, Fiorî"' Rc^ç«» 
eft Froimont , ôc le premier AbbeCommandataire a efté 
le Qd.xàin^X Jacques d'Jnnehauit , qui ruina cette Abbaye, 
jufqu'à faire calTer la grolFe cloche, pour la vendieà fon 
profit. Le célèbre Cardinal du Perron qui fuccedaâ C/^w- 
de de SainUs ùmGUX Controverfifte dans l'Evêché d'£- 
vreux,écoit en même cems Abbé à^ faint Taurin , ôc il y a 
laiflc une crés-belle Bibiiocheque.y<îc^«f/ Noël du Perron 
neveu de ce Cardinal, & Abbé de fiim Taurin^ refor- 
ma cette Abbaye , conjointement avec François Pericard , 
Evêque d'Evreux. Cette Abbaye rapporte loooo livres. "44 

Y V R Y, 
u. le Prince Yvry , OU Ivry la chauffée , en latin, Yhr^a, aut Ue- 
■cy^Tzvinc' ' ^'^^ ^ Eurïcum^jeu Beata Mariay iherienjîs y njel deîhrea^ 
Grand Prieur ^^j ^^ ELtoïo ^ fituéc CD Normandie y dans le Boure du 

«c France. ' ^ £> 

mcmc nom, fur la rivière d'Eure , entre y^net & Pacy, à 
quatre lieues de Dreux vers le Nord , fur les limites du 
Diocéfe de Chartres , ôc à cinq lieuè's de cette Ville. Elle 
fut fondée , difent quelques uns, en l'honneur dQhfain- 
te J^iergcQn 1085. mais la plus commune opinion eft J077. 
par Roger Seigneur d'Ii;ry, ôc reformée en 166^. par les 
Benediclins de la Congrégation ^de S. Maur, qui ne font 
que trois ou quatre , le revenu ne fuffifmt pas pour en 



entretenir un plus grand nombre. Cette Abbaye a efté 
ruinée plufieurs fois par le feu ôc par les guerres , mais 
ellea toujours été rebâtie. . . . . . 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre de Citeàux. ' 
B O N P O R T. 
M.Mcidiior Ponport , en latin , Bonus fortus y fituée en Normandie , 

de Pali;;nac 

Cardinal Diactc, crée par !c Pape Clament XI. le lî May 17:1 mais rcfervé in petto jufqu'au jo Jan- 
vier fuivant qu'il fit déclaré. Abbé de Bonport , deB;gars,0. Je Citeaux , D dcTrequicr, deCoibic, 
D. d'Amicr.Sjlc M îuzon D. de Reims & d'Anchin , D. d'Arras , toutes trois de l'Ordre de S. Bcnoift , 
Prieur de Mondidîcr en P-caruic & de la Voûte (ur Loire en Vclay , Grand Maître de l'Ordre Réguiiçr & 
Hofpitali'.r riu S. Efprit m deçà les Monts 5 dont le chef lien eft à Montpellier. L'un des 40 de l'Acadc» 
mie Françoifcoj il fut rcçûcn i704.à la place de Jacques Bénigne Bolîuct Eycqucde Meaux , & hono- 
laire de cells df s belles Lctcci , de même que de celle des Sciences. lia été Ambaiïadcur extraor iiiuirc 
en Pologne, Auditeur de Rote à Rome en 1706. Plcnipotcntiarcà Gertruydenberg en 1710- puis à Utrecht 
en 171*,. Maître de laChap-lie du Roy en 171» charge dont ili'eft demi» en 171e. Il cil né le xi Oftobic 
U6:. & a èic chargé des affaires, de France à Romccni7i4. 



46 



6om» 



DES Abbay ES DB France. y^t 

Titulaires. ^ , lieiiës de RoUerj , à là gauche de la rivière de Sfine^ du ^^^""' 
même côté que le Pont de l'Arche, dont elle n'efl éloignée 
que d'un petit quart de lieue. Elle fut fondée le 4 des No- 
ncs de Mars 1190. par ij/c/^rû/ 1. Roi à'yJngleterre & Duc 
de Normdndie , qui lui aumôna de grands biens en fiefs, 
nobles 6c en Baronies^ il la fonda dans un lieu qu'on nom- 
moin Marefdans. Qiielques Ecrivains fe font trompez , 
quand ils ont dit, que cette Abbaye avoir été bâtie par 
Philippe Jugufte. Ce qui les a induits dans cette erreur > 
c'efl que ce Roy s'étant rendu maître de ce pays, fit dans 
la fuite de grands biens à ce Monafleie, comme il piroît 
par les titresqu'on ena confervez. Ce fut véritablement 
Richard I.à l'occafion d'une chafTe qui fonda l'Abbaye de 
Bonport. CePrincecourant un Cerf , fut emporté par la 
fougue de fon cheval altéré , fi avant dans la Seine; qu'il 
fut en danger d'être noyé. Au milieu d'un fi grand pé- 
ril , il ne perdit point le jugement, ôc il fit vœu à Dieu 
de faire bâtir une Abbaye , au lieu où fon Chevalabor- 
deroit fur la terre ferme. Ce fut en effet en cet endroit', 
où fon Che val aborda, ôc où il accomplit. fon vœu , en 
faifant bâtir ce Monaftere pour des Religieux de l'Ordre 
deC.TifâJv^^ôcl'Egîife fut dédiée fous lenom ^Tinvocation 
de N. D. de Bonport le 4 Mars , jour auquel on célèbre tz\ 
Dé-'icace. Cette preuve eil: fondée "fur une charte decon-i 
firmatiori, & d'une nouvelle donation de plufieurs terres I 
que ce Roy fit à cette Abbaye, la neuvième année de fon 
Règne, le 18 Février iipS. Cette Abbaye efl: grande dans 
fon Eglife, dans fesbâtimens ,& dansfon enceinte, dont 
les murailles font flanquées de tourelles, îl y a beaucoun 
d'argenterie pour le fervice de l'Aïuel , & la Sacrifie eft 
ornée d'une Menuiferie qu'on édime , & dont !a ferrure 



eft très propre. La fituanon de cette Abbaye efl dans un 
bon pays, 6c la vue en ell charmante.* •. ''^^ ''"J^ ■' ""' ^ 



I 



Rç7c»: 



BREUIL- 



TiraïAïAssr 



75* Reçu El t cciybrah 

B R E U I L-B E N O I S T. 

Breiiil-Benoift, en latin , Brolium BenediÛi y fille de 
^c*u rÎwc?: l'Abbaïe des Vaux de Cernajy fituée en Normandie fur la 



y,"-^', •/' eauche delà rivière &Eure, fur les limites du Diocck de 

nbbcdc Ii:nt ^i - n r* r* 1/ 

Eioy-Foiui- Chartres , entre Dreux, VerneUn ôc Jnet, Elle rut rondce 
Auguain, D, le 7. des Kalendes d*AvriI , où le huit des Ides de May 
4c Ncyon. j^^^^ ^^^^ j^ Pontificat d'^fidoneusQn la Paroifle de /^^r- 
a//>' i 6c érigée fous l'invocation de hjamre Mère de Dieu 
ôc de faintjean-BaptiJIe , pour des Religieux de l'Ordre 
de Cite du x\ Guillaume de Marcilly fils de Faucon premier 
Fondateur, fut inhumé dans une Chapelle de cette Ab- 
baye, qu'il fonda pour accomplir un vœu qu'il avoit fait 
pour fa délivrance miraculeufe d'entre les mains desTurcs. 
Les Monumens de ce Monaflere rapportez par le Père 
du Moufiter dans fa Neufirie pieufe , page yS^;. font foy 
qu'ayant été pris par les Turcs, il obtint de Dieu par fes 
prières de revoir ks parens. Se fon pays. Il fut tranfpor- 
té dans une efpece de grand coffre qui lui tenoit lieu de 
prifon &: de cachot , Ôc fe trouva tout d'un coup enlevé 
dans l'Eglife de faint Eutropeà, Xaintes^ où l'on garde en- 
core ce coffre , comme un monument de fa délivrance 
miraculeufe. Les Religieux de BreiitUBenotfi , qui vou- 
loient avoir cet inftrument de la prifon ôc de la liberté de 
leur Fondateur, le redemandèrent avec inftance. Le re- 
fus qu'on leur en fit , les obligea à intenter un procès. 
L'affaire fut portée devant le Pape , qui pour accommo- 
der les uns ôc les autres, ordonna que le coffre refteroit 
aux Religieux dcXaintes ^ puifque la Providence divine 
le leur avoit donné , ôc que pour forme de dédommage- 
ment , ils donneroienr aux Religieux du Breiiil-Benoift 
un os du bras de faint Eutrope. On trouve encoreque/?o- 
tert frère de LoUis Roy de France , ôc Comte de Dreux , 
donna de grands biens à cette Abbaye , ôc la fonda, pour 
ainfi dire, tout de nouveau. La réputation de ce Mona-I 

ftere 



Florins 



DES Abbayes de France. 753 

TiTuTA Ris. ^çj.g écoiDfi grande en 1234. ^'-^^ Desfonraines Abbe de S. 

Fandrille quitta Ton Abbaye, pour être fimple Religieux 

de Ctteaux au BreUiLBenoiJl , qui eftcrés-bien bâtie, Ôc i[ 

y a de fort beaux canaux. , . . . 

E S T R E'E. 

Séd/o^c-'" Eft^'é^ » ou TEdrée , ou Menil de l'Eftrée , en latin , 
bec pour le Strata . Fille de l'Abbaye de Pontimy . & ficuée en Noy^ 

domaine , &" )■ r \ ^ î « v T J 11 • • t, r- 

des Reiigicu- m^die ^ iLir le bord , ôc a gauche de la nviered c.«^^,aux 
n" fonrcu" confins des Diocéfes à'E.vreux & de Chartres^ aune lieuë 
h"fon'^' de Dreux. Cette Abbaye fut fondée en 1144. de l'agréa 
ment d'Eugène II I. par E^atheyius Domton , Seigneur de 
v1^f«^. Godefrqy'Ev'èc^\jQAQ Chartres ^ Hugues Seigneur 
à'A'vrarîches , Guichard Ahhé de Pontigny y Scun Archidia- 
cre commis de député par Rotroeus Evcque d'Evreux , re- 
çurent cette fondation ; 5c l'Eglife fut dédiée en l'hon- 
neur de Notre-Dame. Efmond premier Abbé, Se Milon le 
fécond , obtinrent des Papes la confirmation de tous les 
privilèges de cette Abbaye , qui demeura fous leur pro- 
tedion, conformément à la Bulle du V^L^t Alexandre III. 
qui fut obtenue par Gêti;^;; cinquième Abbé de ce lieu. 
Ce Monaftere n'eft plus pofledé par les Religieux de C/- 
teaux -, mais le revenu efl uni à l'Evcché dz^ebec , & les 
lieux Clauftraux Réguliers, auffi -bien que l'Eglife font 
occupez par une Abbeffe , 6c quelques Reh'gieufes 
de l'Ordre de jaint Bernard c^m n'ont que trés-peude re- 
venu? mais dont la pauvreté trouve une grande reffource 
dans la pieté ^ dans l'exadleobfervancede leur Règle. . 

L A N O E. 

La Noëjou la Noue, ou Notre-Dame de là Noue, en 
latin , Sanfla Maria de Nody feu de Adoa y fituée en iVor- 
mandie , entre la ville d'Evreux Ôc Couches , fur la petite 
rivière de Conches. Elle ell Fille de l'Abbaye de Jouy , d^C 
fut fondée le premier Janvier 1144. a deux petites lieues 
Tome IL C C c c c d^ Ei rcux. 



M. DcTncK» 
de ViliermonC 
ic 8 Uavicr 



FloiînsR: 



150 



130 



754 Recueil General 

TiToi AIRES. j>j^^y.^^^.^ On croit que ce fut par l'Impératrice Âdathilde 
fille àthienry I. Roy d'Angleterre, Ôc femme de Geofroy ^ 
Comte d'Anjou^ devenu Duc dQ Normandie. Il y a un pe- 
tit vignoble furie penchant du coteau de cette Abbaye , 
6c c'eft le dernier qu'on trouve en allant du côté de l'Ai- 
gle àcd^SeeTi- Rorroeus Evêque d"£xTf^A*confacra l'Eglife 
de U Noë , fous l'invocation de la faïp.te Vierge Aine de 
Dieu. Garinus en étoit le premier Abbé , il futappellé par | 
d'autres Religieux d'une autre Abbaye du Diocéfe de 
Sens, pour former celle-ci fur la règle de Cneaux. Ce Mo- 
naftere de la Noë n'a plus que quatre Moines de la fi- 
liation de Poniigny y qui ne peuvent entretenir l'Office 
Canonial public, £c dont le revenu ne leur fuffifant pas 
pour leur nourriture ôc leur entretien, ne peut au/Ti fuf- 
firepour la réparation des Edifices quilont ruinez, ni de 
ceux qui font prêts de l'être. . , • 

V A L L E' E. 

Vallée , oii laVallée , en latin, Bedid Maria de FMe^ fi- 
tuée en Nounandie ,ôc fondée le 15 Novembre de l'an 1137. 
lorfque Audoneus occupoit le Siège de cette Ville Epiico- 
pale. Elle embraffa en 1148. la Règle de Cheauxy&c conler 
va long-tems une grande auderité de vie. On neconnoit 
point les premiers fondateurs de ce Monaftere. On fçait 
feulement que dans la fuite des tems , quand il fut uni a 
l'Ordre de Cneauxy il eut pour fes principaux bienfaiteurs; 
les Comtes de Longue^vrlle en Normandie , 6: les Comtes 
de BukinghamQW Angleterre. Cette Abbaye obtmrauffi des 
Lettres Patentes de P/^////^P<? ^/^^f//^^, qui lui confervoient 
les privilèges, les droits ôcles biens quiavoient été accor- 
dez à ce Monaftere par Henrj II. & Kich:.rdl. Rois d' An- 
gleterre 6c Ducs de Normandie. Cet A de efi; date de jaint 
Germam-en- Laye 2iU mois de Septembre l'an 1118. Cette 
Abbaye ne fubfifte plus depuis. long tems. On ne fçait 
pas même le lieu où elle étoit fitués. On foupçonne ce- 
pendant 



'lorirs! 



veven. 



60jG 



DES Ab RAYES DE FrANCê. 735 

TiTutAtREs, pendant , qu'elle fut bâtie au lieu , où efl: aujourd'hui 
î'Eglife Paroifluile de Berengevtlle U R^iviere , où depuis 
quelques années on a découvert dans des mafures ôc des 
décombres des tombeaux, aveequelques infcriptions effa- 
cées, ôc des reprcfencationsforc ufées de gens de guerre 
ôc de Moines. Je laifle ces conjectures à ceux qui ont le 
loifir de les examiner. ^ . • . , , 

Abb. de Filles de l'Ordre de S. Benoist. 

SAINT JEAN DE NEUBOURG. 
Mia^pKcîc Saint Jean de Neubourg , en lami, fanélusjoanne s de 
Bcnvc-cs. M^ohurgo , fi tuée en Normandie , dans le Bourg de Neu- 
hmrgy à fix lieues de Roilen, & cà quatre d'Elbœufy au mi- 
lieu d'une belle plaine. Quelques-uns difentj que S.Jean 
de Neubourg n'eiî qu'un Prieuré de Benediâines *, d'autres 
difent , quec'eftune Abbaye fondée en 1^38. au Vicom- 
te de Beaumont le Roger ^ par Renée de Tournemine , veuve 
douairière de défunt y^lexandre de Fieuxfont, Marquis de 
Neubourg , foûcenuc des Lettres Patentes du Roy Louis 

XIII. &: ratifiée i^d.ï François de Pericard Evêque d'EvreuXy 
de enfin confirmée par la Bulle du Pape "Urbain VIII. 
accordée à la Dame de Vieuxpont , première Abbefi^e de 
ce lieu , à laquelle ont fuccedé de fuite Dame Francoife 
de Crequi y nommée par le Roy Loiiis XIII. le 10 d'Août 
i(î40. Dame Charlotte de Crequi nommée par le Roy Loiiis 

XIV, le(>. May 1^78. Enfin Dame Charlone AJagnard de 
Dernières nommée par le Koy Loiiis XIV, lei^ Mayiyo^. 
Lefpirituel èc le Temporel de cette Maifon s'accroifTent 
de plus en plus par les foins & par la prudente œconomie 
de la fage Abbeffe , qui gouverne aujourd'hui cette Mai- 
fon fous la Règle de faint Benoifl, 

SAINT NICOLAS DE VERNEUIL. 

r.îfgk"^^ ^^ Saint Nicolas de Verneiiil , en latin , Sanclns Nicolaus 
de Vernolio , fituée en Normandie , dans la ville de Fer- 

CCcccij r.uiti 



Floiins j^^.^.j 



^o 



75<^ Recueil général 

7irMiMKi5,^ç--[ ç^^ la rivière d'^Vf , à fept lieuè's de la ville d'E-'Fionn' 

ireiix^ ôc a liuic de Dreux y encre Tiluers ôc Chênehrun y Se 
près le Perche, Je n'en ai pas trouvé la fondation. 

P A C Y. ' 

Me Drouy ^^^y ^ ^^ ViSy , CD latin , Paciacum y ficuée en Norman^ 
die y dans la Ville du même non^fur la rivière d'Eure, à 
deux ou trois lieues de Vernon \ elle a été fondée il y a plus 
de cent ans par une Dame d V/i^r^r , quiécoic auparavant 
Reljgieufe de l'Abbaye de Saine Sauveur d'Evreux. 

SAINT SAUVEUR. 

cJic&ulâu^°' Saint Sauveur , en latin y Sanclus Salvator Ehroker.fts y 
fîtuée en la ville d'Evreux, fur la rivière d'irow, & fon- 
dée par Richard Comte d'Evreux en iO(*o. D'autres difent 
en 1056" à l'endroitoù eft aujourd'hui l'Egliie Paroiffiale! 
de finit Nicolas. On croit même que c'efi: dans cette an- 
cienne Eglife que Herjendes première Abbeffede ce Mo- 
naftere fut mftruitei mais ayant été détruit dans lesguer-! 
les qui ont fuivi , il a été rétabli en un autre lieu de la 
ville d'Evreux. /^ndoneus qui en étoit Evéque en 1114 dé- j 
dia Ôcconfacra l'Eglife de cette Abbaye, après qu'elle fut! 
reparée , & Jmaurtc Comte d'Evreux donna à cette Ab- 
baye la Foire de fdint Léger. En 115)4. Garin de Ckrreyc^m 
ctoit Evéque d'Evreux , fit bâtir pour les Religieufes de 
faint SaHveuryÇ^ijiQh guerre ôc l'incendie avoient difper- 
Hqs un nouveau Monafteie a l'extrémité d'un Faubourg, 
an lieu de celui qu'elles avoient dans l'enceinte de la Vil- 
le, & qui avoit été brûlé. La Charte de cette Abbaye en 
favt foy , ôcTAbbefTe, qui dans cette Charte eH: nommée 
A, ed Agnes de U Balloude. Il paroîtque Simon de Aiont^\ 
fort Comte êCEvreux eût aufTi grande part à cette fonda- j 
tion , au moins à là conftrudion de l'Eglife j puifqu on le } 
voit encore-^ aujourd'hui au haut de la voûte du Chœur | 
de cette Eglife, reprefenté à cheval,, ôc en habillement i 

de 



\z\rt<\: 



jooo 



DES Abbayes de France. 757^ 

TfruiAiR,Ej. Je guerre, avec cette in ïcripcion au tour Cornes Ehrotmfis, 

EmiSo. Phiupfede^hacurs Evêque à'Ezreux y reduific 

le nombre des R eligieu fes de l'Abbaye dcjamt Sauveur à 

cinquante, fans compter l'AbbefTe. . . . . 

Abbaye de Filles de l'Ordre de Citeaux. 

r E S T R E' E. 
>ie vigor. Voyez cy • deffus , l'artkle des Abbayes d'hommes de 
l'Ordre de Citeaux j il fervira pour celui-ci, 'afin de ne 
point faire de répétitions inutiles. 

Abbayes de Filles de l'Ordre de S. Augustin. 

SAINT LOUIS. 

MeTargotde Saint Loiiis de Vernon , en latin ^ Sanéîus Ludovkus 
5. cia4r. yernonii , fituéedans la haute Nurrnmdie , dans la ville de 
F'errion y fur la gauche de la rivière de Seine , d'où l'on a 
unetres-bellc vue &:amufante, à feize lieues au-deflbus 
deP^m, à cinq d'£'U^Ê'«x:,à troisde Gadloriy à ^ d'onde- 
/)/, &à iide Rouen, Ce fontdes Chanoineffes Hofpitalie- 
res dcfaint //«^;^y?/>7, qui font dans ce Prieuré; car ce n'efl 
pasune Abbaye, comme plufieurs lecroyent. On lui don- 
ne le titre d'Abbaye comme à bien d'aiiires. Ces Reli- 
gieufes gouvernent l'Hôtel-Dieu, Hôpital pour lespau 
vres malades. . » . . , . 



i 



N. 



N. 
N. 

N, 



P R I E U R E Z. 

Beaimiontjen latin, de Btllomome ^ eft fîtué au Doyen- 
né de Conches y 6c c'eft un Prieuré de l'Ordre de Gran- 
mont» . , . . . \ • . 

Montaré ou Montoere. . ; 

Notre-Dame de Lire, de Lira^ eil un Prieuré de Filles 
de l'Ordre de ^'/wr /je;7o//?. . . . . 

Le Parc , où faint Martin du Parc , en latin , [dnclus 
Martinus de Parco , eft conventuel & de l'Ordre de fainr 

jéuiufltn 



Flori 



le?crp 



:./00O 



t/GÛfe 



.V"'i1 



73^ R E C U E I L G E N E R A L 

TiTKtAi»£s. jugiijiiii j de la Congrégation du Fal des Ecoliers. 



ÎFlorins 



N. 



Saint Pierre ôcfaint Paul de Lierat, en latin 5^VZ,/Vr^- 
tOi eftde l'Ordre de i". Jugu(lin. 

EGLISES COLLEGIALES. 



N. 



Conches , le Roy nomme au Doyenné de cette Eglife 
Collégiale, fituée en Normandie , dans la Ville du même 
nom. 

Vernon , le Chapitre Collégiale de ce nom , eft fitué 
en Normandie y dans la ville de f'ernon , & Guillaume de 
Vernon en eft le Fondateur. Ily a mis dix Chanoines en 
M. Martel, comptant le Doyen, qui tous font de nomination Royale, 
ôc il leur a donné le quart de la Foret dont ils joûiffent 
encore. Cette Eghfe qui porte le titre de Notre-Dame ^ 
efl: auffi Paroiffiale , ôc le Curé qui efl Chanoine y fait le 
fervicede la Paroi(re,avec des Prêtres habituez. Elle efl: 
aflez belle, & à douze piliers de chaque côté dans fa lon- 
gueur, avec un Corridor &: des chapelles toutà Tentour. 
Le Chœur efl: couvert de plomb , auilî-bien que le gros 
clocher , qui renferme d'aflez bonnes cloches. D'autres 
difent, que le Chapitre de Vernon efl: compofé de douze 
Chanoines, de tfouze Vicaires, quatre Chapelains, qua- 
tre Clercs de Chaife,&c.ôc que c'efl: le Comte de Gifors , 
qui nomme aux Canonicats , qui valent année commune 
8oo liv. de revenus; que le Doyen efl: le premier , ôc n'a 
pas plus de revenu que les autres \ que de ces Chanoines^ 
il y en a un qui fait les fondions de Curé , 6>c un autre 
qui efl; le principal duCoUegede la Ville, ou l'on enfci- 
gne les humanitez & la Philofophie; que chaque Cha- 
» noine nomme fon vicaire , qui a environ 330 liv. de re- 

venu ,ôc qu'enfin des quatre Chapelains, il n'y en a que 
deux qviirefidenc. 



EVECHE^ 



rirui.AiB.HS. 



DÈS Abbayes de T k a h c e. 759 

'^ù éh é!>J 'M ê'ù -^ù • ^(^ # # ' élà 'M' él(^ ê<^ ' 'M éki 'M êà ^S^Q 

EVECHE DE SEEZ. 



Florins FeycA. 



M Domîm- C]^ E E Z ,€11 latin y Sao-isn/is , ville de la féconde Lion^ 
Turgot ûe S ^^J^ noijc ôc dc l'exarcat des Qjaules , en bajje Normandie , 
tcurVûTheÔ lui la rivière d'OiTf, (îcuée au milieu d'une belle plaine 
l^nc^prcimcr' de terres de labour, à cinq iieuës d'Jlenfo/i ôc à' Jrgémariy 
Auinônicr de pj-^j ]g Mmc ôc Ic P^Ychc y Ôc 3. qUcifance lieues de P'aris, 

feu M le Duel ir \ 

de htny. Il Elle cft épifcoDale fous Rouen des le cinquième (lécle , di- 

fut ((3crc IcA» 

Dcccmb.t^io.fènt quelques Auteurs. Cependant il n'en eftfait aucune 
mention dans pas un monument plus ancien que le Cixié- 
me fiécle, ôc avant les Rois de France, du tems defquels 
on voit que Pafjivus Evcque de SeeT^, afliila l'an ^33. au 
fécond Concile d'Orleanu Kohert du Montjaint Michels. 
cru que H/f/wf, autrefois Capitale d'un pays voifin^avoit 
été une Ville Epifcopatei mais cet Auteur non plus que 
Huptes de Fleurj , n'a aucune autorité , ayant vécu envi- 
ron 700 ans après l'établiilement des François dans les 
Gaules y ÔC dans un tems où l'antiquité ccoit tout-à-fait 
ignorée. Il ne faut pas s'arrêter à une tradition incertaine 
de ce pays-là, ou quelques-uns s'imaginent, que les Evé- 
ques de See^ ont tenu autrefois leur Siëge à Hicfme , dont 
neanmoms il n'y a aucune preuve h il eil: vrai , que Ton 
trouve qu'un Prélat nommé Lhtarede affida, Tan 511. au 
premier Concile (V Orléans, où il eft qualifié tptjcopus ^uxt- 
menfis \ Mais on ne fçauroit faire voir que ce Siège foit 
Hiejme y ôc l'on doit plutôt entendre une ville de Breta^ 
gne , ou l'une des anciennes CitQZ^ y^rmorjques, nommée 
jûuxima,^ ou Ojifm.t ôc OJifmi. Mari tan ôc après lui ^umfon 
ont voulu ,que des peuples /^rmonques nommez par Ce- 
jar 2iM fécond livre de fes Commentaires , Sefsiwti , ôc 
qu'il jointaux Cariofoljîcs , foientles mêmes que ceux de 



-pco Recueil General. 

T.ruLAiMs. 5^^^ ^ [q fondaiTC iLir un (impie rapport de nom qui efl: 
Targumenc le plus captieux Ôc le plus foible i ce qui eft 
considérable, c'eft qu'on ne trouvera point jamais que les 
EvèquQs Saj^nfes on S agi en ce s ay^at été appeliez Scj^nenjes. 
Ce lieu cité des Commentaires de Cefn paroîtmanifefte 
ment corrompu y ôc doit ctre corrigé par un autre du troi- 
fiéme Livre , bc au lieu de CdriofoUtAs ô: SeJJy^vios, Il cft 
écrie Curiofolitas ôc Sexuhios. Ainii il fait mention là, non 
des peuples du Diocéfe de ^^'^\^ mais de celui de Lixjeuxs 
d'où il s'enfuit , que cette Ville Sdji ou Sagii n'^fi: pas un 
chef d'un ancien peuple; mais a éti^ bâtie plufieurs an- 
nées après ^hles CefxVy dans un tems incertain. Elle efl: la 
dernière Se la moins confiderable des Villes Epifcopales 
de Normandie , outre que le voifinage d'/^/f«fc« , quide 
fimple Château efl: devenu une Ville confiderable, a em- 
pêchez Seez^àç. s'agrandir, &: de devenir fort puiflanre. 

Sj.inL ChYodegmg.oMG.ûdegranc ÙQït de fa/me Opportune 
moi te dans le Diocéfe de See^ à Monireiiil , près à'Jlme- 
nefches dans le pays à! Auge , etoitEveque de %ee'X^^ au troi- 
fiémcfiécle. 5'/^//'oW^.a.été,felon quelques-uns, le premier 
Evêque de Seez. Fro^gfr Eveque de Seez, mort en 1184.. 
étoit Vicomte de Seez , félon ce que le Pape Alexandre Ifî. 
écrivoit contre luiâ l'Archevêque dcB^oiicn^ Car ce qu'il 
lui reproche , étoit des fondions de cette charge. Sanepra- 
dtflum Sagienfem , qui rmntjierio Dei neglecîo, tanquam Cu^ 
r/alisfacîus eft , Jïcut dicitur , YufticorumfpoliAtor O'fcelerum 
ultor. Si ;ta eft , ^el minjfterio Regio , qjel Epifcopatui ab re^ 
numJare co mpelU s, 

La Cathédrale efl: fous l'invocation des faints Martyrs 
Gervais ÔC Protais, Elle eft: fort magnifique, particuliè- 
rement leChœur. Elle efl: en croix , Se à douze piliersde 
chaque coté dans fa longueur , ôc des bas côtés loutau- 
tour du Chœur & de la Nef Une belle gallerie ouvragée 
règne par tout au-deflus des grands arcs ou ceintres de 
cette Eg h le, où il y a une calorte en forme de petit dôme 

fur 



Florins ^ 



D ES À B BAYE s DE France. y ci 

TiTOLAiREs, {]jj- Iq nii-lieude la croifée , ôcdeux grands & très-beaux 
vitraux en rofes au fond de deux croifillons. Le grand 
portail efl: orne de quantité de figures en gros relief, ôc 
accompagné de deux grofles Tours» qui portent deux bel- 
les pyramides de pierres , dont la plus haute eft ou- 
verte à jour. 

Le Chapitre de cette Cathédrale eJlcompofé d'un Pré- 
vôt, d'un Chantre, d'ungrand Archidiacre ôc des Grands 
Archidiacres à'Hiemes, du Houlme ,dQ Bellême & de Cor- 
/'j/?«o/V, d'un Pénitencier, de feize Chanoines Prebendez, 
& de quatre autres demi-Prebendez. Ce Chapitre futfe- 
culariié l'an 1547. & tous ces Bénéfices font à la nomina- 
tion de PEvêque. L^s Canonicats valent quatre ou cinq 
cens livres de revenu. Il y a fepc Abbayes dans le Dio- 
cefe de SeeZ , qui renferme cinq cens Paroifles, divifées 
en cinq Archidiaconez. Ceux de See'X^ , à'Hiemes ^ du 
Houlmefont fousdivifez en 4 Doyennez ruraux^ celui 
de Bellême en deux 3 & celui à^Corbonnois en un. Outrf^ 
une Chapelle de la Cathédrale, qui a titre de Paroifle. Il 
y a quatre autres Pajoifles, fçavoir, Notre-Dame du Vi- 
wr, Notre-D^me de la Place y S.Pierre bc S. Oiien. Outre 
CQs Eglifcs , on y trouve une grande Abbaye de Benedic • 
tins de la Congrégation dejCi/«r/î</^»r, deux Séminaires, 
un Collège , quelques Convents, & l'Abbaye Reguhere 
de Benediâins du tire de Jaint Martin, 

Abb. d*Hommes de l'Ordre de S. Benoist. 

SAINT MARTIN DE SEEZ. 
Eieftive & Saint Martin de Seez, en latin , fartcli^s Martinus Sa- 
gienfs y fituée en la Ville de Seez , dans la LiJJe Norman- 
die. Elle a été fondée l'an loCo, ^diiKoger de Movgommery 
^ Alahillefa femme. La Communauté efl: nombreufe , le 
Chœur de TÉglifeen: grand, lacroifce aflez vadei mais 
il n'y a point de Nef. Cette Abbaye a une Sénechauflee , 
& elle efl: élcdlive 6c triennale, unie à la Congrégation! 
Tome IL DDddd de 



Florins 



'Xc 'fîi; 



3000 



£OdO« 



7(ri Recueil General 

TiiuiAUïj ^Q J'xint Mauvy en iC^G* Ôc c'efl: la cinquante -troificme 
Maifon. On la prétend exceptée du Concordat fait entre 
Léon X. ôc Frunçoh I. . , . . . . 

SAINT PIERRE SUR DIVE. 

^^ Saint Pierre fur Dive , en latin , fanÛus Petrus fufcr 

Divam , fituée dans le Bourg du même nom en bafje Nor^ 
mandie , à fix lieues de Ca'én , entre Falaije & la Mer, au 
deflus dcfainteBarbeen Auge , fur la rivière de Dive, Elle 
fut fondée par Efteline Comteffe à* Juge en loô"©. Ôc refor- 
mée en i66S' par les Benedifiinsdc la congrégation de S. 
Maur , qui y font au nombre de fept à huit Religieux , & 
ont le tiers du Revenu. .... 

Abb. d'Hommes de l'Ordre de Citeaux. 

SAINT ANDRE*. 

M. Coibert Saint André enGoufer , ouGoulfer , ou Gonfer, en 
it ViUaccrf. \^i[^ ^ fanBa Maria, de fanBo Jndrea de Scoferno y*velfanc- 
tus Andréas in Goferno ^ Fille de TAbbaye de Savrpry , & 
fituée en baffe Normandie y aune lieue ôc demie de la ville 
de Fataife , fur le chemin d* Argentan, & près de Trun. 
Ellefut fondée les Kalendes de Mars 1130. par Guillaume 
Talvas Comte de See^i & de Pomhieu, Tout y efl: grand , 
fon Eglife , fa Sacriftie , fon Cloitre , fon Dortoir , fes 
jardins & tous fes Bârimens font fort bien entretenus ;,& 
la tour qui efl: fur le milieu de la croifée de TEglife efl: 
un ouvrage extrêmement efl:imé. .... 

LA TRAPPE. 

D.rlctit?'^ La Trappe, ou Notre-Dame de la Maifon- Dieu , e n 
latin , Domus Dei de Trappa^ Fille de 'BrenilBenoifly fituée 
vers les confins de la Normandie y dans le Perche, entre les 
ville de SecTiy Mortagne .Verneail Se l'Jigle- Elle efl: dans 
un grand Vallon ôc les Collines èc la Foret qui l'envi- 
i\/nnent,fonrdirpoféesde celle forte, quelles fcmblent 

la 



Florins 



3/0 



deréftj 



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40«O 



DES Abbayes de France. yc^^ 

T:ruiAiKBs.|2 vouloir cacher au refte de la terre. Elles enferment des 
terres labourables, des plans d'arbres fruitiers , des pâtu- 
rages, & neuf étangs qui font autour de l'Abbaye, & qui 
en rendenc les approches fi difficiles ,'que l'on a befoin 
d'un guide pour y arriver. Elle fut fondée l'an 1140. par 
, Kotrou Comte du Perche^ ôc confacrcc fous le nom de la 
fzinte F'ierge iiï^. ipav Robert A: cliQycc^ncdQ Rouen, Raoul^ 
Evêque d'Ezrcux éc Sylvefîre Evêquede See-^. Le relâche- 
ment où elle étoic tombée depuis un fore grand nombre 
d'années , porta M. Armand-Jean Bouthilier de Rancéçiui en 
étoit Abbé Commendataire, te qui fe fencoïc vivement 
couché de l'amour de Dieu , à exhorter les Religieux de 
demander eux-mêmes qu'elle fur mife entre les mains des 
Pères de l'étroite Obfervancede l'Ordre deC/>f^«A:,pour 
y rétablir la première & la véritable pratique de la Règle, 
ce qui fut fait par un Concordat pafle avec l'Abbé . & hs 
anciens Religieux de la Trappe \q 17 d'Août lôdi. Ce fut 
en vertu de ce Concordat, que ceux de l'étroite Obfer- 
vance entrèrent dans ce Monaftere, & en prirent pofîef- , 
fion. Lorfqu'ils commençoient a y faire revivre le pre- 
mier efprit des Pères & des Saints qui en ont été les Fon- 
dateurs , l'Abbé de Rmcé y "qui s'étoit retiré du monde 
depuis quelques temps , obtint du Royja permiffion de 
tenir cette Abbaye en règle , ôc prit l'habit Régulier le 13 
de Juin de l'an 166$. dans le Convent de Notre-Dame de 
Perfei^ne dans le Maine , où il fut admis au Noviciat , & 
où il fît Profcflion le ic Juin i66à^, Lorfqu'il eut reçu de 
Ja Cour de Rome fes expéditions , pour tenir l'Abbaye de 
la Trappe en règle, il s'y rendit le 14 de Juillet fuivanr, 6c 
ne fongea plus qu'à infpirer par fon exemple aux Reli- 
gieux, dont il étoit devenu le Père oc le Pafteur , le defir 
de reprendre toutes les aufteritcs Ôc les pénitences qui 
étoient en ufage dans l'établilTement de cette fainte Règle. 
S^ conduite toute édifiante, Ôc l'éloquence qui lui étoic 
naturelle, l'en firent venir aifément à bout, ôc il n y eût 

DDddd ij aucuj^îi 



Florifî' 



K /.u. 



7^4 Recueil Generaïj y 

TiTiîiâîMs.aucun d'eux qaine voulue Timiter, & s abflenir comme lui ^^°"'^' 
de boire du vin , de manger des œufs & du poiflbn , ajou- 
tant à cela le travail des mains , chaque jour pendant 
trois heures. 

On découvre l'Abbaye de la Trappe au forcir de la Fo- 
rêt du Perche^ lorsqu'on vient du côté du Midii Ôc quoi 
qu'il femble qu'on en foitfort proche, on fait encore près 
d'une lieuë avant que d'y arriver ; mais enfin après avoir 
defcendu la montagne, traverfédes bruyères, ôc marché 
quelque temps entre des hayes Ôc des chemins couverts , 
on trouve la première cour ou loge le Receveur : elle eft: 
féparée de celle des Religieux par une force paJiffade de 
pieux ôc d'épines* C'eft la qu'ayant fonnez.à la porte, un 
Frère lai vient ouvrir. On entre dans- une grande cour 
aifez fpatieufe, & plantée d'arbres fruitiers, dans laquelle 
à main droite il y a un colombier j Ôc a main s^aucheune 
autre bafle cour , où font les greniers , celliers , les écuries, 
les étables , de les autres lieux neceffaires pour la commo- 
dité du Couvent. Tout proche cette baffe cour eft un mou- 
lin, que fait tourner un ruifîeau qui vient des^ étangs ', ôc 
qui après avoir féparé la grande cour d'avec le jardm des 
Religieux du coté de l*Eglife, traverfe fous terre une 
autre partie de la mêm.e cour,, pour fe rendre dans un 
réfervoir. On trouve enfuite la porte du Monaftere, où 
un Religieux de la Maifon fait l'office de portier. Q«^iand 
ila ouvert, on defcend dans une efpece de veftibule qui 



[ 



Ics^ea, 



& 



lia que quatre toiles de long> de neut à dix pieds de 
large A main droite eft une chambre pour recevoir les 
hôtes j ôc à main gauche une ialle où ils mangent. Pen- 
dant que le Religieux qui a ouverrva donner avis à l'Ab- 
bc où au Prieur de l'arrivée de ceux qui font entrez, on 
demeure dans la chambre , ou par ce qui eft écrit dans de 
petits tableaux attachez à la muraille j on peut s'inftruire 
de quelle manière il faut fe comporter en ce faint lieu. 
On peut.aufli lire dans le veftibule quelques paftages de 

l'Ecriture 



1 



DES A BBÀ Y E s t) E Fr A N C E. yâ^ 

TirutAiRss YEcriture Jainte y cjui font comme les premiers avis qu'on 
donne à ceux qui arrivent , Se fouvenc même les plus longs 
entretiens qu'ils puiffenc avoir dans cette Mailon^ où l'on 
peut dire que les murailles parlent, Ôc que les hommes ne 
difent mot. On lit dabord en entrant ces paroles dcjeremie 
écrites Air la portedu CloiixQyJedehh Jolnarius yO^ tasebn. 
Au-deffus eft ce paffage de J o b , Z» nidulo meo moriary Û^ 
fient palma multifltcaho aies meo s. A l'un des cotez de ce 
veflibule eft écrie,, Elegi abjcctus ejje tnDomo Dei met, ma- 
gis quàm hahitare in rahernaculis peccatorum. De l'autre côté 
du veftibule on lit ces autres paroles :, Melicr dies unaùn 
atriis tuis fuper millia.- Le Père Prieur, ou quelque autre 
Religieux, étant venu recevoir les nouveaux hôtes, qu'il 
fàluë avec beaucoup d humilité & de grandes profterna- 
rions, il les fait pafler dans le Cloître, & les conduit à 
l'Eglife pour y adorer l^famt Sacrement. Au refour ils en- 
trent dans la chambre où dans la lalle i & en attendant 

^ le repas, un Religieux lit un chapitre de {^Imitation, Ce 

qu'on fert a la table des hoD^s, eft pareil à ce qu'on don 
ne aux Religieux ic'eft à~dire, qu'on n'y n^angeque des 
mêmes légumes & du même pain, & qu'on y boit du ci- 
dre comme au Réfedloire. Les mets ordinaires font un 
potage, deux ou trois plats de légumes ôc un plat d'œufs 
qui e(l la portion extraordinaire des Etrangers > car on 
ne leur fert point de portion de poifTon , quoique les 
é:;.ngs en foient fort remplis, Pendant tout le repas, on 
continue à lire des chapitres de l'imitation, apièsauoi 
chacun refte dans la chambre qui lui a efté deftinée. Les 
Externes ont un npparrement particulier qui a vue fur 
la couTî ck n'entrent dans les Cloîtres que pour aller à: 
l'Eo^lifeaux heures de l'Office. Cette E^iife na rien de- 
coniiderable que la fair.reté du lieu : elle eft bâtie d'une 
manière gothique, ôc le bout du côrédu Chœur femble' 
repreienter la poupe d'un vaifteau. Tout l'ouvracre en eft.! 
groiïîer,.ôc même contre les règles de l'archicedure. L'E- 

elife 



Florin^ 



7<^^ Recueil Général 

ÇivrfiAtâii. g[jfg ne laifîe pas d'avoir quelque choie d*augufl:e &: de 
divin y elle n'eft ni trop (ombre ni trop éclairée j fa gran- 
deur eft de vingi-deux roifes de long fur neuf de large, 
ou environ, les ailes qui tournent à l'entour ont deux toi- 
{çs de largeur i une haute baluftrade qui fépare i'Eglife 
en deux, empêche que perfonne n'entre par la nef du côté 
du Chœur. Dans la clôture de cette baluftrade, au-deflbus 
du Crucifix, font deux Autels où l'on dit des Méfies pour 
les hommes de dehors, qui demeurent au bas de TEglife, 
où les femmes n'entrent point. Il y a une Chapelle dans 
lavant-Chœur, où elles entendent la Meffe qui s'y dit les 
Dimanches ôc Fêtes. La clôture qui efl: devant le Cruci- 
fix fert de Chœur pour les Frères Convers ; & entre celle- 
là, & le Chœur des Religieux, il y a un autre efpace qui 
tient lieu de Chœur pour les Malades. Celui des Religieux 
efl: sarni de trente-fix chaifes hautes & de trente baffes. 
L'Autel principal efl: fort fimple, il n'y a qu'un contre- 
Autel de pierre, où efl: taillé d'une manière fort antique 
Notre 'Seigneur en Croix, ôc les ^o«:^e Jfotres\ dans le 
milieu de la plate -bande qui règne en haut & qui fert 
de frife, efl: reprefenté un Autel avec du feu allumé, & 
deux Anges profternez des deux cotez : au-deflfus efl: l'i- 
mage de la V'terge dans toute fa hauteur, tenant fon fils 
fur le bras gauche , & de la main droite un petit pavillon 
fous lequel efl: fufpendu l^faint Saerementy félon l'ancien 
ufage de l'Eglife. Il n'y a fur l'Autel qu'un petit Cru- 
cifix d'ébene, & aux deux exirêmitez du contre- Autel 
deux plaques de bois , d'où fortent deux branches qui 
portent deux cierges qu'on n'allume que pendant llMeflTe: 
aux jours de Fêtes on met de doubles branches , au lieu 
de deux cierges , il y en a quatre avec deux autres qui font 
contre les piHers les plus proches, & qu'on allume à l'é- 
Icvation : il n'y a ni chandeliers d'argent, ni d'autres ri- 
ches ornemens. Les chafubles & les paremens des Autels 

oe font pas même de foye. 

Toutes 



Florin 



Titulaires 



bEs Abbayes dé France: 7^7 
Toutes les adions de ces faines Anacoreces font des pion; 
prières continuelles à Dieu. En efté ils fe couchent à huit 
heures, ôc en hyver à fept : Ils fe lèvent la nuit à deux 
heures pour aller à Matines, qui durent ordinairement 
jufqu'à quatre heures &: demie i parcequ'outre le grand 
Office, ilsdifentauffi celui dela^/tr^eiôcencrc les deux 
ils font une Méditation de demie heure. Les jours où 
l'Eglife ne folemnife la Fête d'aucun Saint , ils recitent 
encore l'Office des Morts. Au fortirdes Matines, fi c'efl: 
en efté , ils peuvent s'aller repofer dans leurs Cellules juf- 
qu'à Prime ; mais l'hyver ils vont dans une Chambre 
commune proche du chauftoir, où chacun lit en parti- 
culier; les Prêtres prennent ordinairement ce tems pour 
dire la Mefle des Morts. A cinq heures & demie ils di- 
fent Prime , Se vont enfuite au Chapitre, où ils font en- 
viron une demie heure, excepté certains jours, où ils y 
demeurent plus long-temps à entendre les Prédications 
que leur fait l'Abbé ou le Prieur. Sur les fept heures ils 
vont travailler i c'eft-à-dire , que chacun quittant fon ha- 
bit dedeflus, qu'ils appellent une Coule, ôc retrouflant 
celui de deffous , iU fe mettent les uns à labourer la terre, 
les autres à la cribler , d'autres à porter des pierres, cha- 
cun recevant fa tâche , fans choifir ce qu'ils doivent faire. 
L'Abbé lui-même eft le premier au travail, & s'employe 
fouventà ce ou'il y a de plus abjet : quand le temps ne 
permet pas defortir, ils netoyent l'Eglife, balayent les 
Cloîtres, écurent la vaifTelle, font des lécives, épluchent 
des légumes j ôc quelquefois ils font deux ou trois affis 
contre te'rre les uns auprès des autres à ratifier des racines, 
fans jamais parler enfembJe II y a auffi des lieux deftinez 
à travaill'er à couvert, où plufieurs Religieux s occupent, 
les uns a écrire des livres d'Eglifes,les autres à en relier, 
quelques uns à des ouvrages de ménuiferie, d'autres à 
tourner, & ainfi àdifFerens travaux utiles, n'y ay^i^tguê- 
res dechofes neceflTaires a la Maiion 6c à Icurufagc qu'ils 

ne 



Rcrcft. 



y 6^ RecueiiGenerae ^ I 

TiruLA!M8.^^ falTent eux-mêmes » quand ils ont travaillé une heure ^^^"" ^''"' 
ôc demie, ili vont à l'Oilîce, qui commence à huit heu-^ 
res ôc demie. On dit Tierce, ôc enfuite Ja Meffe Ôc Sexte> 
après quoi ils (e recirent dans leurs chambres ^ où ils 
s'appliquent à quelque iedure. Cela fait, ils vont chanter 
None, Cl ce neft aux jours de jeûnes de TEglife, que 
i'OSîce eft- retardé, ôc qu'on ne dit None. qu'un peu avant 
Midy. De- là ils fe rendent au Réfecftoire qui eft fort 
grand : il y a un long rang de tables de chaque coté, celle 
de l'Abbé eft en face au milieu des autres, ôc contient 
les places de fix ou fept perfonnes : il fe mec à un bout, 
ayant auprès de lui, à fa main gauche, 1-e Prieur i ôc à fa 
droite les Etrangers, lorfqu'il y en a qui mangent au 
Réfe6loire, ce qui arrive irés-jarement. Cgs tables font 
n û es ôc fans nappes, mais fort propres; chaque Religieux 
a fa ferviette , (a taffe de fayence, fon couteau, fa cuiL 
iiere & fà fourchette de buis, qui demeurent toujours 
dans la même place. Ils ont devant eux du pain plus qu'ils 
n'en peuvent manger, un pot d'eau, un autre pot d'en- 
viron chopine de Paris, un peu plus d'amoitié plein de 
cidre i parce que l'on garde pour leur collation ce qu'il 
en faudroit pour achever de le remplir. Leur pain efl 
fort bis ôc gros, à caufe qu'on ne fifle point la farine, &c 
quelle efl: Feulement paffée par le crible, ce qui fait que 
la plus grande partie du fon y demeure. On leur fert un 
porage quelquefois aux herbes, d'autres fois aux pois ou 
aux lentilles, ôc ainfi différemment d'herbes ôc de légu- 
mes i mais toujours fans heure ôc fans huile,avec deux pe- 
tites portions aux jours'de jeûnes i fçavoir , un petit plat de 
Icniilles, ôc un autre d epinars ou de fèves, de bouillie 
ou de gruau, des carottes ou quelques autres racines, fé- 
lon la faifon. Leurs fauces ordinaires font faites avec du 
fel ôc de l'eau? épaiflîe avec un peu de gruau, ôc quel- 
quefois un peu de lait. Au dcfert on Jeur donne deux 
pommes ou deux poires jcuites ou cru c's. Après le repas, 

ils 



TiTUL\ HSS. 



DES Abbayesde France. 7(^9 

ils retidenc grâces a Dieu, &: vont achever leurs prières à 
TEglife, au fortir de laquelle ils fe retirent dans leurs 
Cellules, où ils peuvent s appliquer à h ledure & à la 
contemplation. A une heure ou environ , ils retournent 
au travail, reprenant celui quils ont quitté le matin, ou 
en commençant un autre. Ce fécond travail dure encore 
une heure ôc demie, ou deux heures quelquefois. La re- 
traite étant fonnée, chacun quitte fes fabots, remet ks 
outils dans un lieu deftiné à cela i reprend fa coule. Se fe 
rerire dans fa chambre, où il lit & médite jufqu'â Vêpres, 
qu'on dit à quatre heures. A cinq heures on va au Réfec- 
toire, où chaque Religieux trouve pour fa collation un 
morceau de pain de quatre onces, le refte de fa chopine 
de cidre , avec deux poires ou deux pommes , ou quelques 
noix, aux jeûnes de la Règle imaisaux jeunes del'Eglife, 
ils n'ont que deux onces de pain, Se. une fois à boire. Les 
' jours qu'ils ne jeûnent pas, on leur donne pour leur fou- 
per le refle de leur cidre, une portion de racines, ôc k 
pain comme à dîner, avec quelques pommes ou poires, 
au défert ; mais aufli dans ce premier repas, on ne leur 
prefente qu'une portion de légumes avec leur potage. 
Quand ils ne font que la collation, un quart- d'heure leur 
fuffit, & il leur relie encore une demi-heure pour fe re- 
tirer, après laquelle ils fe rendent dans le Chapitre où 
l'on fait la ledure de quelque Livre de pieté, jufqu'à fix 
heures que l'on dit Compiles > enfuite on fait une médi- 
tation de demi-heure. Au fortir de rEglife,on encre au 
dortoir, après avoir reçu de TEau-benite des mains de 
TAbbé. A fept heures on fonne la retraite, afin que cha- 
cun fe couche, ce qu'ils l'ont tous vêtus, fur des ais où il 
y a unepaillafle piquée, un oreiller rempli de paille, & 
une couvertures car jamais ils ne fe défabillent, non pas 
mcme quand ils font malades. Toute la douceur qu'ils 
ont à l'infirmerie, c'eftque leurs paillaffes ne font pas pi- 
quées. Il arrive rarement, quelque malades qu'ils foient. 
Tome IL E e e e e qu'on 



.Florin 



'770 Recueil gênerai 

iif dLKiiit: q^*on leur donne du linge , à moins que 1^ maladie ne foie 
extraordinaire. Ils ne laiflenc pas d'y êcre gouvernezavec 
grand, foin. Ils mangent des œufs & de la viande de bou- 
cherie, mais on ne leur donne ni volailles ni fruits con- 
fits ou fucrezi Se lorfqu'un malade paroît en danger de 
mort, l'Infirmier prépare de la paille de de la cendre, 
furquoi on le met quand il efl: preft d'expirer. Le nom- 
bre de ces Solitaires s'eft tellement augmenté depuis la 
reforme, que la réputation de leur fainteté ayant mfpiré 
au Grand Duc de Tofcane l'envie d'établir une Maifon de 
cette même réforme dans l'Abbaye de Buon SoUfjo, qui 
eft dans fes Etats, ôc qui lui aefté accordée par le Pape, 
il a fait demander au Roi dix-huit Religieux dslaTrapp^, 
qui en partirent au mois de Février 1705 avec la permif- 
fîon de Sa Majefté pour fe rendre en Italie. Un de ces 
Religieux connu dans le monde fous le nom du Comte 
à'^via , Piémontois de fa naiffance , ôc qui a fait autrefois 
une grande figure à la Cour de Sanjoye , a elle nommé 
Abbé de cette Miffion. Le Frère ^rfene^ frère aîné de 
M. le Marquis de Janfon, ôcdeM. TÀbbé de Janfon Ar- 
chevêque d'y^rlesy àc qui a porté dans le monde le nom de 
Comte de R'-femberg^ eft du nombre des dix- huit Reli- 
gieux : je l'ai vu au mois de Juillet 1707. fe portant rres 
bien, ayant une belle voix, chantant fort bien & de 
routes fes forces. Depuis la réforme de M. de Boutilier 
de Rarjcéj tous les Abbez font Réguliers. 

Abb. d'Hommes de l'Ordre de Pre'montre*. 

SAINT JEAN DE FALAISE. 

M.dcBcau- Saint Jean de Falaiie, en Lmn ,JanâhsJoanne s prope 

poi de s^^^tpalefiam, fituée près de Falaife en bafle Normandie, près 

la rivière d' ^mc , à dix lieues de See:(^ ; ce tut d abord un 

Hôpital fondé par un nommé G eofroy y Bourgeois de Fa- 

laife^ l'an 1117.6c érigée en Abbaye en 1150. elle eft de la 

réforme. 
' SILLY, 



Florins 



Rcveii^ 



I3Î' 



9 000. 



300. 



70a 



TiTULAlK«J. 

M, Bertrand 

deToarncfoit. 



DES Abb'ayes de France. 
S I L L Y. 



771 



Florins 



fvc_u 



Madame 
Rouxcl de 
<3r£ncey. 



Silly ou Silley , en Latin ^fanâa Maria de Sille'ioy vcl 
Silliaeoy aut de Silayo, ficuée en Normandie ^ a deux lieues 
à* argentan, entre la Ville de ce nom Oc celle d'HiemeSy 
fur un ruifleau qui combe dans l'Orne, Ce (ut .Drogon , 
Gentilhomme Angevin , 6c Officier de l'Impératrice 
Mathilde, mère d'un Roi d*Jng!ete7reyC^ui la fonda en la 
Foreft de Gonfern l'an 1150. ôc cette même Princeffe en 
augmenta le revenu par (es liberalicez. Cette Abbaye a 
quatorze Bénéfices réguliers à fa collation. 

.Abbayes de Filles de L'Oeldre 'de S.' Benoist. 

A L M E N E S C H E S. 
Almenefches, en Latin ^Imenacha ^ aut Jlmonachay vel 
Mmanifca^ feu Monafieriolum inAlgia , (îtuée autrefois dans 
le pais à' Auge en Normandie ;. à deux lieues à: Argentan y à 
croisde5fVi^, ôc à quarante-cinq deP^im: elle a été fondée 
en 700. Sainte Opportune, iffuë de l'une des premières 
Noblefles du pais à'Hiejmes y <3^m aVoit de (qo temps 
beaucoup d'étendue, voulant feconfacrer au fervice de 
Dieu , fe retira , avec la permiffion de fes parens , à Mon- 
treùil, prés d'Almenefcb^s, dansunMonafterede Vier- 
ges, bâti au bord de la Foreft d'Auge, au fepdcme ou 
huitième fiecle. L'Abbaye de Montreûil a efté ruinée 
depuis: les corps ds fainte Opportune, &de faintChro- 
dcgang fou frère Evêque de Seel^y en avoienc efté enle- 
vezdès le neuvième fiecle J celui d'Opportune tranfporté 
à Moucy^le-neufy Village du Diocefe de P^m, du côté 
de Senlis, d'où ils'en eft fait diverfesdiftribu rions :celui 
de Chrodegang à Vljk- Adam fur Oyfe ^ dans le Diocefe 
de Beauvais. * 

Madam-du V LGN A T S, 

picrTis châ- Vignats , fituée en Normandie *> ce ne fut d'abord qu'un 
, Prieuré, fondé par les Comtes de Bellemes en 1130. mais 

Eeeee ij une 



700. 



;ooa. 



JCCC» 



772. Recueil général fj 

TiTuiAiREs. yj^g Supérieure du nom de Kouxel Meda^vf, le fit ériger ^^*'^'"' 
en Abbaye en i6i6. 

Abbayes ùe Filles dS l*Ordre de Citeàux. 

ES S E Y. 

Madame T^a- E^cy, fort pcu parlent de cette Abbaye j les uns di- 

vojd'Omb. p-fent que c'eft une Abbaye d'hommes de l'Ordre de faim 

Auguftin -, &c les autres de l'Ordre de faint Benoift, & 

fondée en l'an 10^4. mais il n'en ell; point parlé, ni dans 

I M.ejfiturs de Sainte Marthe , ni dans Neufiria fia. A in fi 

je dis feulement que cette Abbaye efl fituéedans le Bourg 

'du même nom , en Normandie, à deux lieues de la Ville 

de Sée:( , & à quatre à'Jlençon ; ô^ qu elle a été fondée en 

: Jio^4. fous le tkre à^ faint e Madeleine. 

» VIL LIER S G AN IV ET. 

MJ^^gommcî Villicrs Canivet, ou Villers Canivec, en latin VUhre 
^^' Canivetiy aut J^dUrta Cani'veti, fille de l'Abbaye dcSavi- 

i gnyy de ficuée en Normandie, à une grande lieue de Fa- 

i iaife ^(ùnAéQV^t Roger de Mombray y l'an 1 140. 

Prieurez d'Homme S' 

Sainte Gauburge, eft un Pj-ieuré dépendant de TAb- 
baye deyi/«r Denis ^ àc de l'Ordre de Jaint Benoift î mais 
n'y ayant point d'Abbé à faim Denis, le Roy nomme a 
ce JPrieuré. . . . ... 

NOTRE-DAME DE GUERANGALOIS. 

FrcrcNicoias Notte-Damc de Guerangalois, ou Chefne Galon, en 
Scnc'^/'' Latin, de ^uercn Galonis , Prieuréde l'Ordre de Grammom. 
Courgeon, . . . , • . 




EVECHE' 



Rcvcn. 



DES Abbay'^s de France. 



773 



Titulaire?. 




M. Henry 

li^iuec de 
Bran cas Abbé 
de S.Gildas 
au Bois, O. de 
S. Benoift.D. 
de Nantes Se 
tic Chambre- 
fontaine > O, 
dePrcmontré, 
D. fie Meaux 
Si Dofteur (ft 
Théologie de 
la F^culcé de 



lorin; 



RcvcQ. 



EV£CHE DE LIZIEUX. 

LI Z I E U X , en latin , Lexovienjis y Ville de la fé- 
conde Lionnotfe & de Texarcat des Gaules , dans la 
hiiute Normandie ^ de Epifcopale, fous Ro^e«,dèsles pre- 
miers fîéçles > ccpendanc on n'en a guéres de preuves 
avant l'an 511. Elle reconnoît pour fon premier Evêque 
Litarde y qui aflifta au premier Concile à'Oylearis Tan 511. 
D'autres difent en 507. avec G/W^/ Archevêque de /?o/i>«> 
ôc l'on compte parmi Tes SuccefTeurs Nicolas Orefme Pjre- 
cepteur du Roy Charles V. Se Branda Caftiglioni Cardinal. 
La ville de Li^^ieux eft fituée entre S€e\ & Verneiiil , à 
trois lieues de Pont l'Eveque , à cinq de la côte de la M an- 
che , à dix de Ca'én , à dix-huit de Rouen ,.& à quarante de 
Paris. Elle eft bâtie en partie fur une côte, & en partie 
dans une très-belle vallée, où font des pâturages d'un 
grand revenu , au confluent de deux rivières, donc l'une 
appellée rivière d'Ori?ec, pafle au travers de la Ville y l'au- 
tre qu'on nomme la rivière de Gafj'ej ^ enarrofe les mu- 
railles , te depuis le confluant qui fe fait à la pointe du 
jardin des Dominicains , la rivière prend le nom de Tou- 
ques. 

Le Diocefe de Lixjeux comprend huit Abbayes , fix 
d'Hommes & deux de Filles, & il y a 580 Paroifles, & 5 
Villes qui en dépendent. Ces Paroifles font divifées en 4 
Archidiaconnez. De ces Paroifles, il y en a une appellée 
faim Cande le Vieil , qui efl. dans la ville de Rouen y ôc 4 
qui font aux environs ; fçavoir , faint Eflienne de Rouve. 
ray , Souîteville , le petit Couronne , ôc Etrepagny, S. Candr 
eft une Eglife Collégiale de Paroiflîale ; compofée de 4. 
Chanoines quifonc Curez, ô:en font alternativemnt les 

fondlioFiS 



774 Recueil général 

TiTmAtREj. fondions chacun fa femaine. Le Doyenné de ce Chapi- 
tre eftunià TEvêché de Li^ieuxyquïa. droit d'exemption 
pour cette Paroiffe , ôc les quatre autres, à la referve de la 
connoiflance du crime d'Herefie,ôc de la prédation de fer- 
ment des Abbezôc Abbefles, qui appartiennent de droit à 
l'Archevêque de Rouen 

La Cathédrale de Li:(^ieuxdcdiéQà.faint P/Vry^/eft belle 
& fort ancienne, ayant été bâtie il y a iioo ans. Cette 
Eglife autour de laquelle font de trés-belIes Chapelles , 
eft enrichie de Reliques de Cainz'Ur/in, defaint Berlin Se 
de faint Patrice', La Chaffe defaint 'Z^^yr^ieft la plus confi- 
derable. Il y a une pyramide fort haute , dans laquelle , 
ainfî que dans une grofTe tour , qui eft de l'autre côté, font 
douzecloches qui font un Carillon des plus agréables. 
On voit dans cette Eglife Cathédrale plufieurs tombeaux 
d'Evêques , parmi lefquels ceux de Hannuier anglais de 
nation , de Guillaume d'Etoutnvilley qui a fondé à Paris le 
Collège de L/:<;/f/^A: 5^ dcPierreCauchon y font remarqua- 
bles. Les deux premiers, l'un de bronze & l'autre de mar- 
tre blanc, font renfermez dans le Chœur. Celui de P/frr/» 
C^.Hchon , qui étant Evêque àQ,Be^uva,is , jugea laPucelle 
d'Orléans, eft auffi de marbre blanc ; mais il eft dans la 
Chapelle de Notre-Dame qu'il fitbârir^ ôc où il fonda 
tous les jours à perpétuité , pour réparation de ce Juge- 
ment , qui lui procura l'Evêché de LiXJeux , une haute 
Mcflede la Vierge, que chantent les Enfans de Chœur. 
Le Chapitre delà Cathédrale de Li'^ieux eft»compofé 
d'unDoyen, d'un Grand Chantre , d'un Tréforier, d'un 
Chefcier , d'un Ecolâtrei d'un Théologal, d'un Péniten- 
cier, de quatre Archidiacres , de trente-fix Chanoines , 
de deux demi Prebendez, autrement fous-Chantres, de 
quatre Vicaires , de trente Chapelains , de huit Officiers 
nommez douze Livres , de quatre autres qu'on appelle de- 
mi douze livres , de fix Enfans de Chœur , d'un Maître 
de Mufique 5: d'un Organifte. Le Doyen a fon Officiai, 

dont 



Florins Rercm 



DES Abbayes de Franc ï.^ 775 
TîTuiAÎnEs. Joi^c ]^ Jurifdidion s ecend fur la Ville ôc Banlieue, ta 
plupart des dignicez,des Chanoines & des Chapelains font 
fort bien logez. Le Doyenné eft de 1100 liv. de revenu ^ 
ôc les Prébendes depuis 300 jufqu'à loooliv. fanscomp> 
ter les diftribucions manuelles, qui vont par an à 500 li 
vres. Ce Chapitre a cm privilège (îngulier. La veille ôc 
le jour de S. X^ry???, dont on célèbre la Fête le onzième de 
Juin , deux Chanoines qu'on élit au Chapitre pour être 
Comtes > fuivant un accord fait avec l'Evêque , montent 
à Cheval en furplis, ayant de grandes Bandoulières de 
fl>.urs par-deffus , ôc de beaux Bouquets aufli de fleurs à 
la main, & font précédez de deux Bâtonniers , de deux 
Chapelains, ôc de 15 hommes d'armes, le cafque A tête, 
la cuirafle fur le dos , de la halebarde (ur l'épaule. Les Of- 
ficiers de la haute Juftice les fuivent auflî à Chevu4 , en 
robes, avec des bandoulières ôc des bouquets de fleurs à la \ 
main. En cet équipage ils vont prendre poffeffion des 4 
portes de la Ville, où ils laiflent un nombre d'hommes 
armez de pied en cap pour les garder. Il y a plufieurs 
maifons obligées à fournir des hommes Lorfqne les Com- 
tes arrivent aux portes , qui font ornées de feuillages , 
auffi-bien que celles de leurs maifons , avec leurs armes 
deffus , on leur prefente les Clefs de la Ville. Les droits 
de la Coutume &de la Foire, qui fe tient le jour de faim 
ZJtfin y leurappirtiennent, à condition qu'ils donneront à 
chaque Chanoine un pain ôc deux pots de vin. L'Evêque 
qui eft Comte de LtXieux ^ ceffe d'être Comte pendant 
ces deux jours, ôc les Chanoines Comtes font (qs fonc- 
tions. Leurs Offiicers mettent la police, & jugent toutes 
les caufes civiles Ôc criminelles. Si pendant ce tems quel- 
que Bénéfice vient à vaquer les deux y prefentent» 

Le Pabis Epifcopal eft trés-digne d'être vu , fur tout 
l'efcalier, qui eft parfaitement beau, ôc tous les apparte- 
mens. Il y a un jardin crés-agréable, non-feulemenr pour 
labelle vue, qui s'étend plus de fix lieues le long de la 



Florins 



vallée 



Revcti. 



776" Recueil General \ 1 

TiTuiAiKis.y^llç'g ducôcé de là Mer, mais encore par les jecs d'eau, Fiorias 
ô: par les cafcades qu on y voit. La Chapelle de ce Palais ' 
eft grande ôc d'une archicedlure de bon goût. 

On a remarqué une chofe finguliere i LiT^eux^ C'eft 
que dans le tems que les Calviniftes étoient tolérez en 
France , aucun de cette religion n'a pu demeurer ni fub- 
fifter à LtX^eux depuis la journée de fiim Bartheletny de 
Tan 1571. On attribue" celai Jean Tennier alovs Evêque de 
Li-^ieux^ premier Aumônier ^ ConfefTeur de Henry îl. 
qui ne voulut point foufFrir , qu'on y mailicrâe aucun 
Hérétique. Ceux qui étoient dans les erreurs de Calvin 
les abjurèrent, fitôt qu'ils eurent appris la bonté de leur 
Evêque, ôc depuis ce tems-là oii^'a vu aucun Religion- 
naire dans la Ville. 

Le Château des Loges eft la mai Ton de plaiCmce àts 
Evêques de Li-^ieux , qui fe difent Comtes de LiXUux j 
mais comme ils ne l'ont point habité depuis plus de cin- 
quante ans, il tombe en ruine. Les Pères delà Miiïîon de 
l'inftitution du Père Euàes ont la diredlion du Collège , 
&: leur Maifon ell: le Séminaire , où l'on inftfuit la jeu- 
nefle qui afpire au Sacerdoce. . . . . 4occ|jfooo. 

Abb. d'Hommes de l'Ordre de S. Bçnoist. 

B E R N A Y. 

•id*<kGêvtcr Bernay , en latin .fariLla, Maria de Bernayo , vel Ber- 
Voyez fcs n-nayumaut BernacHm , fituée dans la petite Ville du mê- 
me nom, en la haute Normandie, fur laCaremone yii trois 
lieues de Beaumoni-le-Rogcr ôc de Brionne ^i quatre du Bec^ 
à Ç\y.àeLtx^ieuxj &: a douze ou treize de /^o^f«, & à vingt- 
huit lieues de Pâri<. Elle fut fondée l'an 1013. par Judith 
femme de Richard IL Duc de Normandie, La reforme de 
la Congrégation de faint /î^^^r y eft établie depuis idz8. 
&c c'eft la vingt- feptiéme Maifon qui lui a été unie, ô: com- 
me ces Benedtflins font Curez primitifs de Bernay -, c'eft 
dans leur Eglife dédiée à N. D^w^, que fe font touces les, 

cérémonies! 



i'^bbaycs à 
i'auiclc de 

Bourges, 



i 



DES Abbayes DE France. 777] 

TiruLAiMs, cérémonies publiques , Se où le Clergé de la Ville Se des 
Fauxbourgs, qui eit aflez nombreux , s'aflemble pour faire 
dcsProceffions générales. Cette Eglifeeft grande & bel- 
le, &l'on y garde un oflemenc i^jaim Jndré A^ôttc La 
menuiferiedes Chaifes du Chœur eft fort bien travaillée, 
Se la Maifon des Religieux bâtie crés-folidementeft d'une 
grande apparence. Vin^c-deux Prieurez dépendent de 
.cette Maifon. , . . • . . . 

CORMEILLES. 

M. jcj Feu- Cormeilles , en latin , fanéla Maria de Cormeliis , ttl 
quiercs Eve- Coïmelus . (ituéc dans le bourî^ du même nom , en la haute 
Normandie y fur la Calone y à trois lieues i^Lixieux , à 4 
.de Ponteaudemer , Ôc à trois de l'Abbaye de Préaux, Saint 
Pierre de Cormeilles eft la Paroifle de l'Abbaye de ces 
Grands BcnediSins. Cette Abbaye fuc fondée vers l'an 
X060, par Guillaume de BreteiitL LaBâïonÏQ de Cormeilles , 
compofée de quatre Paroifles en Seigneurie 6c Patronage^ 
fippartient à l'Abbaye, qui a une haute Juftice. 

SAINT EVROUL. 

M.dtS.Aibm Saint Evroul, autrefois OucIiq en H iefmois y en latin , 
dccambuy. f^^^^^ Ehrulfhus y ancicunement Vticum , vel mica in fago 
v.yczfcsau- Oximenfi . fituée dans le Bours; du même nom, en Nor- 

tres Beuchccs -f ' ^ O ^ ^ 

à l'article de mândic , dans la Foret aOuche , a trois lieues de 1 ^igle ^ 
acucml'Ab- à iix de See':^Scàe Bernay, à huit de Li^^ieux^ Se à dix-huit 
^\V!7xu{Ty d^ Rouen, Saint Evroul ayant quitté la Cour de Clotairel. 
auoo liv d Cq retirad'aborddansun Monalleredu Diocefede^^vfw;^, 

pcnnon lur cet _ -/ ' 

Abbayrpour d'ou il fortît enfuitc avec trois Relitricux vers Tan <62.. 
confciiici à Ils s arrêtèrent dans la Force al/tique , vulgairement 
îfv'7o»r M° d'Owfèf , dans le pays d'Hiefmois. Saint Evroul y fonda 
Qinac^rDoc'"'^ Monaftere vers l'an 5(^5. prés des fources de la rivière 
^curdc M de de Carentone . qui font à un quart de lieuë au-deflus de 

fai.it Alb:n. , ' \ i r } 

cette Abbaye, dont faint Evroul fut le premier Abbe. Il 

. mourut le 2.9 Décembre ^^6, âgé de 80 ans , Se fon corps 

Tome IL F F f}f f fuc 



Florius Sir\ en. 



UOO zcooo 



470 : 1400» 



77S Recueil General 

TrrniAiKEs. f^^ enterré dans l'Eglife àtfaint Pierre qu'il avoir bâtie. 
L'Abbaye -d'0«c/;e ou d^ faint Evroula été défolée parles 
guerres, & prefque entièrement deferte 5 mais elle fut 
rétablie vers le milieu du onzième fiécle , par Guillaume 
Seigneur à'Echaujfour, C'(t£i une des plus grandes & des 
plus ornées de la Province. On la. trouve au pied d'une 
côt€ couverte d'un bois, fur le»bord d'un étang, dont 
Teau fait aller un Moulin à forge à fer. Son Eglife bâtie 
en croix &avec beaucoup de propreté, efl: grande ôc très- 
claire. Ellea feize piliers de chaque côté dans fa longueur 
6c des bas cotez , avec une galerie qui règne tout autour 
du Chœur ôc delà Nef Cette Eglife à trois clochers. Lé 
Cloître , la Salle des conférences , le Refecfboire ôc la Bi- 
bliothèque font des lieux dignes d'être vus. La réforme 
de la Congrégation dcftinr Maur a été introduite dans 
cette Abbaye en kTiS. 6c c'efi: la vingc-neuviéme Maifon 
qui lui a été unie. 

G R E T A I N. 

u.dcuvj. Gretain, ouGreftain, en \mn,fan6la Maria deGref- 
tanoy dut de G^olieno^ fituée en Normandie , dans le Bourg 
du même nom , â une lieuë 6c demie au-deffus à'Honfleur^ 
ôc a pareille diftance du Port 6c de la Collégiale i^ famt 
Sanfon , vis-à-vis du Château de YOrcber aflîs de l'autre 
côté de la Seine, qui a deux lieues de largeur en cet 
endroit-lâ. Cette Abbaye, efl au pied d'une côte , 6^ 
arrofée d'un ruifleau qui tombe dans h Seine devant les 
murailles, environ à une lieuë de fa fource , qui eft au- 
deffus de faint Pierre du Chafle!^ que les eaux traverfent. Le 
Necrologuede l'Abbaye de Gretain àtGrands Beneditlins, 
regarde Odon ou Eudes , I. du nom, 6c trente-uniéme Evo- 
que de Bayeux , comme fon Fondateur, quoiqu'elle foit 
redevable de fa Fondation à la pieté d'Herlum de Coute- 
njille fon père , à caufe feulement qu'il y avoit confenti, 6c 
que vers l'an 1040. le mcme Herlum^i la prière apparem- 
ment 



tlonns I 



»;o 



DES Abbayes DE France. 775) 
lirai Aip,£s,j^^gj^ç defon fils , l'avoic au^mencée confiderablement de ^^«^^"s 
{qs biens. Les premiers Abbez de Gretain , ont été Geo- 
froy Moine de fatnt Sever d'u4ngerSy Fulchre Se Herbert, 
RoîTodus Evêqaede Lt^ieux fie en 113p. la Dédicace & la 
confecracion de l'Eglife de l'Abbaye de Grd'M/w, qui avoir 
été ruinée dans les guerres précédentes, ôc qu'on venoic 
nouvellement de reparer. . . . , « 



Je Sazer^c 
iJrlar.dois. 



Le PcrePh!., 
lippe l'Hcr- 



P R E' A U X. 

• Préaux , en latin yfi^n6lus Peirus de Pratellis , feu PrateL 
lus , vet fanclus Petnis Pratellen/is , fituée en Normandie, â 
une erande lieuë de pQnî2audemer dans un valloruTur la ri- 
viere de Rifelley qui fait tourner plufieuts moulins. L'Ab- 
baye de S. Pierre de Préaux pcffedée par les Benediélins de 
la Congrégation de S. M dur y depuis 1050. fut bâtie vers 
i'an 1055. D'autres difent 1040. ôc d'autres 1033. Elle re- 
-connoît pour Fondateur On froy de F teilles Baron de Préaux, 
Seigneur de Ponteandemer , Comte de Meulant ôc i^Be^iu 
mont le Roger, L'Eglife confi;ruitc en croix eft bel le, com- 
plette, ôc à dix piliers de chaque côté dans fa longueur y 
avec des bas cotez , une bonne orgue &: un clocher y en fa- 
çon de dôme. Le Chœur eft d'une riche menuiferie, èc en- 
tièrement couvert de plomb. Le grand Autel eft aflezbien 
doré, ac la Sacriflie fournie d'ornemens fort propres, ôc 
d'argenterie pour le fervice divin. Il y a deux ChâfTes 
pofées aux deux cotez du Maître Aucelqui renferment 
diverfes reliques , fans celles que l'on conferve dans le 
Tréfor de l'Eglifede cette Abbaye, qui nomme à vingt- 
fix Cures, & entre autres à cçWQiQNotre'DamedePréauxy 
& aux quatre Cures de Ponteau-de^mer. ^nfroj ôc Gaufrid 
ont été les premiers Abbez de Préaux, 

Abb. d'Hommes de l'Ordre de Pre'montre'. 

M O N T D E' E. 

Montdée, Mondée ^ ou Mont-Dieu , en latin /lions 

FFfffij Dei 



îlïVViN 



(^f C9 



7or> 



7S0 RecueilGekeral. 

TiTaïAiREs. Qei^ ficuéedans le Village du même nom^ en l'djle Nor- 
Ic'ôiTicr la- manâie ^ à deux lieues de Bayeux vers le midi , fur Li rivie- 
!L'îeur£''/i^ire d' Jure y les Religieux de cette Abbaye régulière de 
Premonnés reformés défervent les Cures desParoifles de 
Jae^i à" If don y ^dQTruK'gi M, Hermant ydâv\s.h premier 
tome de lonHiftoirede Bayeux ydiK^vitJourâumdu Hom- 
met , compté dans les tables du Chapitre au nombre des 
Chanoines.de Bayeux, en fut tiré dans le treizième fiécle 
pour être mis fur le Siège Epifcopal de LiT^ieux, Sa pieté 
î'avoit porté a fonder en 1113. l'Abbaye de Mondée , fous 
l'invocation de /^i/w; Adartm -, mais cette Abbaye étant 
de la dépendance des fiefs de la terre de Nonmt , qui eft 
à une lieuë de la ville de Bayeux ^ ôc qui appartenoit aux 
parens de ce Jourdain du Pomme f-^ on croie qu'il obtint de 
Robert dss Ahlcge<^ alors Evêque d-e Baf^eux , que la Jurif- 
dicfbion fpiritueîle de ce territoire dépendroit à l'avenir 
de l'Bvêchê de Li7:jeux ^ dont cette Abbaye dépend en- 
core aujourd'hui , pour ce qui regarde le fpirituel. Il y 
a de beaux bâtimens ôc trés-reguliers dans cette Abbaye. 

Abb. de Filles de l'Ordre de S. Benoist. 



K. 



Florins Rcveo. 
I 



NOTRE-DAME DU PRE'. 

Notre Dame du Pré, ou Notre-Dame de Lizieux, ou 
l'Abbaye aux Dames, en latin, Ncftra Domina de Prato y 
vel fancla Avaria de Prato y fituée dans le Fauxbourg de 
j^aim Defir ou faim Difier a Li^^ieux, à: fondée vers l'an 
1050 par Lefcelwe femme de Guillaume Coxr\ttdQ Brionne 
ôc d*^uge frère naturel de Richard II. Duc de Normandie. 
Hugues Evêque de Li-^ieux & fils de Lejcehne augmenta 
encore la fondation de cette Abbaye^ & lui donna des 
biens confiderables j quoi qu'aujourd'hui les revenus 
foient très modiques. D'auties difent, que cette Abbaye 
a été fondée par Hemj Duc de Normandie &c Roy d^y^w- 
ghterre, ôc par Hugues fon neveu, qui fit bâtir rAbbaye,Ô: 
lui doana de grands revenus. Hugues mourut en odeur de 

fainteté. 



6<io 



ii£s Abbayes de France. '781 

T'^**-*'^"- fâinteté, en vifitantfon Diocefe Tan 1077. 6c voulue êcre 
inhumé dans l'Eglife de cette Abbaye. Madame de Ma- 
tignon qui en a été Abbeffe y a fait rebâtir tout le Con- 
vent, & élever uneEglife magnifique, fur laquelle il y 
2 un très-beau dôme. Lqs Religieufes font Benedidines 
mitigées 3 & Tun des deux Curez du Fauxbourg de faint 
De/ir , eft obligé de dire tous les jours une haute Meffeà 
V Abbaye aux Dames, » ... 

P R E* A U X, 

MedcRohaa Prcaux, OU faint Léger de Préaux, en latin yjanâus Leo^ 
j^n. "" ^' àegdrius de Pratellïs , fituéeà fix lieuè's àz LilHeux y ôc fon- 
dée 1033. par Hunfroy Seigneur Châtelain du Ponteau-de- 
W2t^rpar (a femme ôcpar ks enfans. D'autres difent qu'elle 
fut fondée en 1051. par la femme de Onfroy deFtedies Ba- 
ron de Préaux , Seigneur de Ponteau-de-mer , Comte de 
Aieulan tl de Beaumont- le- Roger , fous le titre de S, Léger. 
L'Eglife eft alfez grande» & a fon Autel ifoiéj beau & fort 
dégagé. Six colonnes de marbre y portent une demie 
couronne impériale , dont les branches ouvertes font do 
rées 5 ornées^ accompagnées de plufieurs ouvrages de 
fculpture. Le tabernacle eft auflî de marbre. L'Abbefle 
prefente aux trois portions de la Cure de Jair.t Michel de 
Préaux , & CCS trois Curez font les fonétions curiales par 
femaine a Talternative* . ...» 

WedcCu/aa, Le R, Ptfc Ange Auguftin Déchauffé , d^ jéuteur de 
la dernière Edition de tttat de la France , fa^e ^72, article 
du Clergé» met au nombre des abbayes de Filles Notre-Dame 
du famt Defir, C^ met encore le nom de l^bbejje 5 mais il ne 
dit pas de quel ordre. Peliecier m fait aucune m".nuon de 
cette Abbaye i <S^ j? n'en ai trowué aucuns mémoires. ^ 

P K I £ u R £' d'Hommes de l'Ordre t>e S. Benoît. 



Fletias 



Mi HcBou* 
il lier de 



B E A U M O N T. 

Beaumont en Auge, ou Notre-Dame de Beaumonten 

Auge, 



yîi Recueil général 

TiTULAiMs, ^yae, en latin, Bellomonsin ^kia , fitué dans leBour^ 

Vigny Avche- . ^ / ' ^- /• / n ^ 

r^uc<KScns. du memc nom en Normandie , lur une montagne , a une 
tre°r Abbayes lieue & demie de Pont l'Enêque , & à deux de Touques, 
nîiïciclc* C'efl un Prieuré Clauftral de Bencdiéîms de laCongrega- 
^"'* tion de S. Maur, fous le titre de Notre-Dame, qui fut fon- 

dé en 10(70- par Robert Bertrand Vicomte de Roncheville , 
Ôc par Sw^anne le Tort fa femme. De laTerraffedu jardin 
de ce Pfieuré^qui dépend de TAbbaye de faine Oiien de 
Rouen y l'on découvre jufqu'à 14 Paroiffes du pays d'Juge. 
L'on voit Pont l'Evêque^ Roncheville y Touques y Si la mer. 
Les Benediclins y ont un Collège , où ils enfeignent les Hu- 
manitez ôc la Rhétorique. ...... 

R O Y A L P R F. 
^c' d^v ^a-'^'' Royalpré, ou Notre-Dame de Royalpré , autrefois 
ro;iiaiuvi!!c Rcaupré, en latin, Nojira Domina de Rc^io prato y Ordre 
vuiciôium du f'^aldes Choux , fous la Règle de faint Benoi^I-y fondé 
SJoo!'^drpcr"-P^ry^^«^ ^oiiis y à une lieuë de la mer, fur la rivière de 
rc^j'^&^^Jo ^^"^^j^iu pays à' Juge y à quatre lieues de Cdèn yàci 7 de 
à M. Lucas. Li-^içux y ^ 4^1 it PuTtSy près le Bourg de Dau-^ulé, Il n*y 
a que quatre Religieux dans cette Maifon , & de droit il 
ne peut y en avoir davantage. L'Abbé ôc les Religieux 
ont loooo livres de revenu , dont les deux tiers appar- 
tiennent à l'Abbé étant chargé des réparations. L'EgHfe 
cd affez jolie, l'Office s'y célèbre avec beaucoup d'exadi- 
tude, vu le petit nombre. Sa fituation efl: d'autant plus 
agréable qu'elle eft entre deux coteaux, ornés de bois & 
de beaucoup d'heibages. Ce Prieuré vaut à l'Abbé char- 
ges faites. . . ... . . 

Prieurez d'Hom.de l'Ordre de S. Augustn. 

SAINTE BARBE EN AUGE. 

-Uni auCo'ic- Saintc Barbe en Au^e, en latin, fanéla Barbara in Jl^ia, 

gc des Icfui- /*fi iT-. lA AT »ri 

tes de cicB, litue dans le Bourg du même nom en Normandie y lur la 
Ec Pricu . rivière de Di've au-deflbus de l'Abbaye itfaint Pierre fur 
Divçy à fix lieues de la Mer, Sainte Barbe eO: un prieuré 

confiderable 



Florin- 



ialc. 



N. 



DES Abbayes de France. 7S3 

TiTuiAîRES. confiderable dQ Chanoines K^guliers de faint Juguflinà^ la 
Congrégation de France ^ dice de [aime Geneviève, La 
Menfe Prieiirale Commendataireefi: attribuée aux lefui- 
tes du Collège de C<i'én. L'Eglife de ce Prieuré efl: vafte, 
& les Religieux donc la Maifon efl fort grande , défer- 
vent beaucoup de Cures à la nomination de ce Prieuré qui 
pofTede trois Baronies , ôc duquel dépend le Prieuré Clau- 
ftral de Grafville faime Honorine dans le pays àç^Cauxy de 
pvés du Havre, . ...... 

F R I A R D E L. 
Friardeî y en latin, [anfias Cyricus de Friadetlis y fituc 
près delà petite ville d*Othc au pays d'Juge. Ce Prieuré 
Conventuel de Chanoines Réguliers, fut fondé ver la fin 
du onzième liécle par les Seigneurs de Friardely qui lui ont 
laiffé pour armes trois coquilles d'or en champ d'azur. 
Le premier Prieur fut Gilbert de la SauJJaye , homme de 
qualité. ' Le Patronage des Eglifes de 5. Martin de Friar. 
dely les deux jouions dt faim Pierre de Cerqueux , le Patro- 
nage de l'Eglife dey^/rtf Cyr d'Etrancour y 6c du Prieuré 
fimplede S /hjtoine du taie B î:^>/- près la Fené-Frenel font 
de fa dépendance. Cette Maifon avoit eu de la réputa- 
tion dans les fiecles précedens, fur tout fous le gouver- 
nement du Serviteur de Dieu, Dom Loiiis Pichot Dodeur 
en Théologie, qui en futle dernier Titulaire Régulier, 
après la mort duquel tombée en commende , elle fe trou- 
va prefque enf^velie fous fes propres ruines, jufqu'à ce 
qu'il plût à Dieu en procurer le rétabliffement par le (oin 
dequelques Serviteurs de Dieu en 1(^74. ( Ce font ceux 
de la réforme de M. Moulin) dont d'autres Maifoas du 
même ordre ont aufiî profité, & les Chanoines, y travail- 
lent utilement à l'éducation de la jeunefle. 
V \ nux le- Grandmont,ou Parc de Grandmoiirprèsde I^oiten, Ce 
Rouen!*'' Prieuré, que bien des gens mettent du DiocéCc de Lirjeux y 
cH: uni au Collège des Jefuites de /^o^ii'W, quant à la Menfe 
Prieucale. . . . . ... 

EVECHE' 



i 



Florins 



RCTCI^ 



6000 



f iraLAiKs», 



7S4 



Recueil General 



M. Lconor 
Coyon ûc Ma- 
il,; a on Doc- 



EVECHE DE COU TAN CE S. 

COUTANCE5,en latin , Confiancicnfis , ville de 
la (ccondQ Ltonno/fc , 5c del*exarca.cdes Gaules dans 
ujrdciaMii. j y^rr^ Normandie, Capitale du Cotemin , fur la Soulc C<. le 
«^C' Abbc^c Bard, vers les Iflesde Gerfey Se Grcne^ey , à deux petites 
Grands Bcne- Ueucs dc la mer,à fix de la ville de /^i^fXo , à neuf d'y^*- 
coiitaaccs.&XT.-î^c^f^, 6c a 70 Q€ Pavis y 6c litaee dans un pays eleve 
ftsGnSf f^ii* une montagne qui s'applanic doucement,, ôc qui eft 
G. de saiac comme envitonnée de prairies ôc de ruiffeaux. Cette ville 
iç Eayvur. e{t fort ancieune , êc le Sicge d'un Eveche lous la Mé- 
tropole de RoiicVy dès les premiers ficelés, Ôc avant l'an 
^00. faint Erepfiolea été le premier Evêque de Coûtâmes ^ 
& entre fes Succefleurson comptey^/wrZo, qui fut le cin- 
quième, &: qui vivoit, félon Badlet^ vers l'an 518. & mou- 
rut vers l'an 567. Ce qui fait voir le contraire de ce que 
quelques Auteurs avancent i f^Mvoir , que /aint Lo vivoit 
en 473. Le Diocéfe de Coûtances efl: d'environ 24 lieues 
de longueur , fur huit ou douze de largeur. La mer en en- 
vironne plus des deux tiers. La rivière de Fire le fépare 
de celui de Bayeux, à l'exception do. fntm Lo & de Pont- 
farcjy qui font du Diocéfe de Coûtances ôc celui d'^^vrayi- 
ches le borne au-delà de Gram'illeydQ l^ille-Dieu d^d^fam 
Stver. Outre les villes dcfai-ût Lo &c de Ponifary^ il com- 
prend celles de Cherbourg ^ de f^alogne , de "^ar fleur ^ de 
Bfrf«wo?zr,de Granville y de Carantariy le Port de laHogue 
un grand nombre de gros Bourgs, ôc à peu près 550 Pa- 
roifles divifées en quatre Archidiaconnez. Il comprend 
auflî les Abbayes de fxmt Sever^ de Lejfzj, de S. Sau'veur 
le Vicomte , de Montehourgy de H^mbie , de p-int Lo &c du 
vœu de Cherbourg, Les cinq premières font de l'Ordrede 



Flonns Rcvca. 



DES Abbayes de F k a k c e 
TiTutAUEs.y^/^^ Benoifty de les deux ancres de celui de S. y^nguj 






i:-'i:^Ai.f 



La Cathédrale qui porce !e ticrede Notre-Dame^ efl une 
grande Eglife niagràficjue de bâtie en croix , avec un Cor- 
iidor (k une Gakrie qui règne tout autour du Chœur & 
de la Nef. Il y a (]uinze piliers de chaque côté dans fa lon- 
gueur. Le grand Portail .endommagé par les injurçs du 
îems , ed: accompagné de deux groffes tours , qui portent 
deux hautes pyramides de pierres, ôc la haute tour qui 
ed: élevée fur le milieu de la croifée , ed un ouvrage ad- 
mirable, de figure oclogonej ouverte en dedans, en for- 
me de lanterne 5c aflcz bien éclairée- Enfin cette Églife 
Cathédrale eft un des beaux morceaux d'Architedure ao- 
thique qu'il y ait peut-être en Euro^^c. La Ducheffe Gonor 
en fit jetter les fondemens \ mais elle ne fut. achevée que 
l'an 1046. fous l'Evêque Gecfioj Chancelier dtCuilLume 
le Conquérant, Elle eft d'une grande delicacefle , ôc ceux 
du pays appellent fillettes, les petites tourelles qui ac- 
compagnent les deux grandes tours. Le dôme qui eft au 
milieu de la croifee de cette Eglife, eft porté par quatre 
gros piliers* C'eft un ouvragedes plus hardis ôcdes plus 
iinguliers qu'il y ait. On peut voir la defcription qu'en 
hït Robert Cenal dans fon livre L 

Le Clergé de cette Eglife Cathédrale eft compofé de 
33 Chanoines, en y comprenant le Chantre, 4 Archidia- 
cres , un Tréfbrier, un Pénitencier ôc un Scholaftique. 
Il y a encore fix Vicaires du Chœur, 41 Chapelains, 6c 
14 Chantres habituez, fix enfans dje Chœur , 6c une mu- 
fique entretenue. Il n'y a que deux Paroiflesdans la ville 
à^Coûtances'j fçavoir, fat nt Pierre de Uint Nicolas, Le Sé- 
minaire de Coûtances eft un Bâtiment fpacieux. H y a dix 
Prctres de la Miffion^ Ôc cinq frères. Le Bâtiment où ils 
font logez, eft grand, folide ôc en bel air. Le Réfectoire, 
les falles de conférences, ôc les autres appartemens font 
ornez de belle Menuiferie , ôc la propreté y règne par 
tout. Les Ordinans s'y trouvent quelquefois au nombr^ 



Tome IL 



G G ^ f^ o" 



de 



TlTUÎ-Al^^^. 



M. le pclkticr 
de la Houf- 
fayc de faiit 
Lautenc le g 
May i/ii. 



y3^ Recueil GENERAL 

de plus de 350. ôc l'Eglife eft trés-propre. Se fon grand 
Autel eft fore beau. La maifon de plaiîance de l'Evêque 
de Coutancesncd féparéedela Ville , que par un vallon. 
Cette Maifon eft accompagnée d'un grand parc de haute 
futaye , fermé de Murailles. . . . . 

Abbayes d'Hommes de l'Ordke de S. Eenoist. 

A M B 1 E. 

Anibie , ou Hambie, en latin , Jmhia , 'vel Hambia , 
aut beata Mana de Amhiay pfu de Âmbeïa, , fituée en Nor- 
mandie dans le Bourg du même nom, à 3 lieuës de Cou- 
/^«ffi, entre cette Ville & GranviiU deGauray , & à 64 de 
Paris. Elle a été fondée prés la mer en 1015. par Guillau- 
me Paifnel, comme il fe voit par la charte de cette fonda- 
tion. D'autres difenten ii45.&mal. Cette Abbaye eft de 
Grands Benedféîins yC^ni ont zooo liv. à partager entr'eux, 
de l'Abbé 7000 liv. » , . . . 

Celle , en latin , CelU fanai Pétri , je n'en trouve au- 
cuns Mémoire. 

Saint Elier , ou Eloy , fituée dans l'Ifte dejerfej, eft aux 
I yûnglois. Elle fut fondée l'an 1125- par Guillaume Harnon, 

M.deRocbc- Saint Gai, ou faint Gall , en hnn.fanâus GalluSy fi- 
^*''^^' tué à trois lieues de Co«M«cf5. . t , . 

L E S S A Y. 

• 

Lcftay^ou LefTey, ouLefle,ou Eftey , en latin, /rfw^?^ 
Trtnttas dc^ Ex^^quio , ^cci Exaquenfts , vel Exaquium, Cizuéc 
en bafe Normandie , à quatre grandes lieues au-delà de 
Coûtances, près la mer, vers le Nord , à l'oppofiue de l'Ifle 
de Gcrfey , & fut fondée en 1050. D'autres difent 10(^4. 
Y^LxTurjhn Halduc. Henry I. Roy à' /In^Jetcrre confirma; 
toutes les donations qui lui avoient été Elites. Cette Ab- 
baye eft de Grands hancdiftins , bc elle jouit de beaucoup 

de 



Florin? 



i/oo 



K. 



K. 



M de Matig- 
non Eve^juc 
4c Coûuacc«, 



71 



60 



DES Abbayes de France. 7S7 
• ^"^^^^**- de Privilèges qui s'étendent fur plufieurs Paroiffcs voifi-l^ 
nés. Il y a des Auteurs qui difenc que TAbbaye de Lej]ay 
rapporte 25000. livres de rente *, mais la plus commune 
opmion, eft qu'elle rapporte 15000. livres. 

M O N T E B O U R G. 

u.izCxf Montebourg;» en Latin, Monîishurz^.s , ijel Montano- 
nify, ancien puYgum CœnohiuM y iizuec dius Ic Bourg du même nom 
mogls,^ l "eii Normandie, iur le hauc d'une montagne, d'où l'on 
voit la Mer, qui en eft peu éloignée, à une lieue de Va- 
logne, de à quatre de Carentan prés de la rivière d'Orne, 
ôc a foixante- douze lieues de Paris : voici ce que dit 
Cenalis de cette Abbaye > Montanoburgum Cœnohium , GaU 
lice y Aiontehourga P\obenofancl<i Crucis Adonacho extruélum, 
qui tf* ipfe trimus Ccenobiarcha fr^efuit, Inchoavit hujufmodi 
Cœnohium Henricus jdnglorum Rex» O* Radulphi E^enieri 
cuflodi^e fideiqne Commijït ^ qui cura» illius recefta locum^ illum 
ampliavit <!9* auxir. Le Père du Moujlier nomme auflî ce 
même Renier pour Fondateur de cette Abbaye, Montif. 
hurgus y dic~il, Gallicè Afontebourg: rcmfus fundattonis hujus 
étd annum i05?o. Balduinus de Kcniere ^ "vir Strenuus Û^ in- 
clitus jundator illius agnofcitur, Guilldmus Rufus O* Henri- 
cus I. Kegcs Ângli£ , fr^ecipui illius Ahhaii^ Benefaéîores. 
D'autres difent qu'elle a efté fondée par Baudouin de Re^ 
vers y environ l'an 1050. fous TEvêque Gaufroy y &c dotée 
du temps de l'Evêque Richard par Guillaume le Conqoje- 
rant Roy d' Angleterre y Duc de Normandie y vers l'an ni5. 
D'autres , comme j'ai dit ci-deffus , difent que Baudouin de 
Revers fie jetter les fondcmens de l'Abbaye de Adontehourgy 
mais qu'elle ne fût achevée que plus de foixante ans après. 
Le Bourg de Momcbourg fut donné par Guillaurr.e IL dit 
le Roux aux Moines Benediclins de cette Abbaye , près le 
port de U Ho^ue, 

SAINT SAUVEUR DE V I C. 
^u ciaBu - ^^^.^^ Sauveur de Vie, ou le Vicomte, en Latin , fj.nflus 

Ggggg ij 



OllUS Rc/Ctt. 



(ÎOO. 



If 000: 



^q6. ' tOOVl^^ 



7^^ Recueil General 

TiTuî.AiRss.^,j^^,^^^^ f^jce-Comitis , ficuée dans la Ville du mêmenoiiT, 
en Bajfe Normandie, dans des Marais , à la droite de la- 
rîviere ào, Beaafuys ou* Baufteis^i trois lieues de la cote 
Occidentale de la mer, à cinq de Cherbourg, à neuf de 
Coût^nces, & à foixante-douze de Pdris : elle fut fondée 
6c bâtie l'an 1048. par Niel de Cotantin. La Ville de faint 
Sawveur le ï^icomte ^ a pris fon origine de cette Abbaye, 
difent quelques-uns, fondée par Ntgclltis, Vicomte du 
Coftantin, fous Guillaume le Conquérant, il y a environ 
fix cens trente ans , elle eft occupée par de Grands Bene- 
dtéîms, . . . . • . 

S A I N T S E V E R. 

M.deîa Saint Sever ,. en Laùriyfancluy Se^verus ^ aut de fan ^o 
!foT! ckïnoi^ '^^'^^'^ , fîtuée dans le Bourg du même nom, en bafle 
r.t de Paris. Notmandie, à trois lieues de Vire, & fur les limites des 
Diocefesde Coûtances de d'Jvranches relie fut fondée vers 
l'an 513. ou 558. ^2iï faint Sever; mais ayant efté ruinée ôc 
détruite, elle fut rétablie environ l'an 1085. par Hugues 
& Âvranches , et font de grands Benediélins qui l'occu- 
pent, ôc qui ont entre eux 4000. livres. 

Ab.bayes d'Hommes be l'Ordre de S. Augustin. 

CKE R B OUR G. 

Cherbourg, ou fainte Marie au Vœu', en Latin yfanêict 
Maria de J^oto defaris Burgi , fituée en baffe Normandie, 
près la Ville de Cherbourg, dans le lieu le plus éloigné i 
puifqu'elleeft à foixante-dix-huit lieues de P^n^. Elle fur 
fondée en 1145 par l'Impératrice ^^//?^/^^, ôc elle futap- 
pellée l' /ibha^e du Fœh, parce que cette PrmcefTe ayant 
promis pendant une fort grande tempête fur Mer( dans 
la Manche) de faire conftruire une Eglife en l'honneur 
de la Fieyge ; au lieu où elle pourroit arriver à bon porr, 
débarqua heureufement à Cherbourg, ôc y fit bâtir cette 
Abbaye près de la VjUg. Quelques-uns tiennent qu'ellejj 

4 



Fîori 



ijo 



TlT-UlAIRES. 



\des Abbayes de France. 789' 

a efté commencée par GuilUume le Conquérant, & que 
Mathilde en augmenta de beaucoup les bâtimens & les 
revenus. Ce fur aulîî en 1145. que Jlgare ^ Evêque de Cou- 
tances^ y mie des Chanoines lieguliers. Alaîhilde^ fille de 
Henri /. ôc Mère de Henri IL Roy d'Angleterre ^ & veuve 
de l'Empereur Henri y avec fon fils, voulanc rendre leur 
fondation plus confiderable, y firent unir après de lon-^ 
gués conteftarions rAbbayede,^/>/rHf//>r5Martyr, (ituée 
en l'Ille de Gerjej, de la Congrégation d'Arouaife, qui 
poiïedoicde gros biens, tancau- delà qu'au deçà de la Mer; 
parce que ce Prince die, par une de Tes Chartes, qu'il 
prétend que l'Abbaye de Cherbourg foit autant hono- 
rée de grâces Se de privilèges , qu'aucune autre qui fe 
puifTe rencontrer dans tous les Etats. La Congrégation 
'dQ faint VtBor en ex pu lia celle d'Arotiaife, Cette Abbaye 
a fouffert en £ès biens, quand les- /anglais ont eflé chafTez 
de Normandie y ou qu'ils y font revenus à main armée. 
Le Schifme deHc-^î/ VIII. lui a enlevé beaucoup de Ter 
,res&.de Domaines qu'elle pofledoic en la grande Breta- 
gne &c dans les Ides , ôc Gutllaume le Geaj qui Ta pofTedée 
en Commande pendant plus de quatre- vingt ans, en a 
Jaiflez perdre & difliper la plupart des droit?, ôc ruiner 
tous les bâtimens. M. Charles-François de Lomen^ede Brien- 
ne, trés-diçne Evêque de Cotltances , frappé de tant de 
malheurs, fie venir des Chanoines E^eguLcrs du Diocele 
de Rouen , ôe de la réforme de M. Moulmy vers l'an lô'Sy. 
pour y reffufcirer l'efprit de faint Juguftin. L'Abbé de 
Cherbourg a deux Baronnes, & eO: Seigneur haut Jufti- 
cier, il a nombre d'Egjiiés Paroiffiales à fi nomination: 
les Eglifes Paroiffiales die Gattehe/viUc, de laTatHe, de faint 
Aiîchrl, de Helqueville O" dejohours, au fond de laHaeue- 
hay, font demeurez en regL^i mais prefque toutes les au- 
tres font deffecvies par des Séculiers. L'Oratoire de faint ^ 
Sauveur y qui n'efl; éloigné de cette Abbaye que de demi^, 
quart de licuë, eft demeuré célèbre de nos jours pir laj 

fainio 



Florins Rcvc^, 



yoo Recueil General 

tjiuiairis fainte vie, morc précieufe, & miracles quotidiens du vé- 
nérable ferviceur de Dieu, Barthélémy Ptgray^ Précre, cjui 
s'y écoic retire avec la permiflîon de la Communauté , pour 
deflervir cette Chapelle, ^ y vivre dans les exercices de 
la retraite ôc de la pénitence. L'Eglife d^Biville ^ célèbre 
pèlerinage où repofe le corps du Bieniieureuxr/;ow^5 £//£•.?, 
l'un des Chapelains de ft^int Louis, efl: encore de la dé- 
pendance de l'Abbaye de Cherbourg. 

I S L E. 

, Do:yx Caf- ifle OU l'ifle , en Latin, InfuU, feu. InfurU , fituée en 
""^'"'"'' bafîe Normandie, Se régulière, je n'en trouve pas d'au- 
tres Mémoires. .... . . 

SAINT L O. 

M.dcTargny Saint Lô , ctt Latin , fanclus Laudus , feu de fanêlo Laudo, 
fituée en bafle Normandie, dans le Bour^ l*Jlphé, de la 
Ville de faint Lo, dans le Cotemin, fur la liviere de/^/Vf, 
à trois lieues deTorigny, à (ix de Coùtances, ôc a fept 
ou huit de Bayeux : elle eft occupée par des Chanoine. 
Jicgifiicrs de la Congrégation de France^ dite de fainte 
Genevie've y dont trois Religieux deffervenc les crois Pa- 
roifles de la Ville. Le Choeur de l'Abbaye efl: grand, le 
Réfecloire efl: orné de belle menuiferie, & la falle des 
Hôtes efl vafte & propres &: la Parroiffe àz [aime Croix, 
efl la Nef de l'Eglife de l'Abbaye , que Chartemagne fonda 
en Collégiale en 805. &: qui portoit lenonVde S.£///fw»f, 
& étoit deflervie par des Chanoines Séculiers ', mais le re- 
lâchement de ces Ecclefiaftiques fût caufe qu'en 1141 
d'autres difent qu'en 1150. Jlgare, Evêque de Coùtances, 
y mit des Chanoines Réguliers, 



hUv 



;7t4. 



Flori 



Rcrea. 



«00 



40C9 



Soo 



tfQO* 



AûB. 



TiTUlAIRBS. 



75>ï 



DES Abbayes DE France. 

Abbayes d'H o >a m e s de lO r d r e 

DE Pre'm o n t rh\ 

BLANCH E-L AND E. 

M. vaiar. Blanche-Lande^ en Latin BUnchtUnâila ,dut BUncharda^ 
Jeujanflus NîcgUus de Elança Laudâ, ficuée en baffe Nor- 
mandie, encre les Abbayes à^Lefley^ &: dz/a/nt Sauveur 
le Fnomte , proche le Château &: le Bourg de U Haye du 
Puj i fur la gauche d'une petite rivière^ qui pafle à Cd- 
reman , ôc qui en efl: à deux lieues ; elle fut fondée par Rt 
chardi Baron de la H^;>t, Connétable de Normandie en 
1155. d'autres difent par Bern.xrd de U Haye. Jran Colum- 
hnSy Jefuite, a fait une ample defcription de cette Ab- 
baye, qui ell ordinairement Régulière, ôc d'où dépen- 
dent vincrc-huit Bénéfices. . . • . 

Abbaye de Filles de l'Oîidke de S, Benoist- 

NOTRE-DAME DES ANGES. 
M.Pcivéde Notre-Dame des Anges. Je n'en rrouve aucuns 
r'cck^b^è^ Mémoires, iincn qu'elle eftdans la Ville de Coûtances, 
i7io. 5i que la Communauté efl: fort nombreuie. 

NOTRE-DAME DE PROTECTION. 

Notre-Dame de Protedion, fituée dans la Ville de 
Valogne^ en baffe Normandie. 

P R I E U R E Z. 

w.A«bciy>îe Frémont OU Fremoiéc , en Latin, Fnmondus, efl de l'Or- 
dre de faim Benoift, . .... 

La Blouctiere , en Latin Blottertn^ Prieure Conventuel 

de Chanoines Réguliers de la reforme de M. Mouhn , à 

cinq lieues de Coûtances , près f^tlleJJieu IcT^-Pot'cs, fur 

la rivière de Sienne : il a été dédié (ous Tinvocation ci : 

jaint Thomas de Cantorhery ^[nzonùn'znt après fa more ar- \ 

rivée 



Florin'lR.cvça, 



jooo 



75?2^ Recueil General ) 

Tirai viRïs. rivée en 1170. c'écoic auparavant un hermicage prcs du f^^^'^s ^^'^'"^ 
Châreau du Baron de Rollos yC^a il changea en Clianoinie, 
6c lui donna enfin fa Baronie qui s'étend dans les Paroifles 
de la BloHttiere le Fleury y èc lieux circonvoifins. Le Mo- 
naftere a fous fa dépendance l'Hôtel -Dieu de la Haye 
Pefnely réuni avec le Prieuré-Cure de Hocquigny , où il y 
a hofpitalité actuelle. Le Prieuré-Cure de Foligny qu eft 
aufll membre, comme l'Eglife Pacoifliale de Hclquevdie 
la Bloète Dîès Coûcances, * ". .. 

EGLISES COLLEGIALES. 

Le Roy nomme au Chapitre de la Chapelle Royale 
de Coûtances. 



looo 



.^S 




ARCHEVECHE* 



W' 



,y 



Pciij-e 7 a 




LcA^JI^ df Mjt li^ti^J- 



B o 7 ^ 



' 8 cT XC> I 



DE SENS 

e t se s Suiîrapan s qu i S ont 

Tkoye S, AUXILMΠ, 

ET NeVEKS 

Far US'' (?titj>ard BailUtul OeO^,fraf>fve 







RECUEIL 

HISTORICIUE. CHRONOLOGIQUE, 

E T 

TOPOGKAPHIQUE> 

D E 

TOUS LES ARCHEVECHEZ, EVECHEZ, 

ABBAYES, ET <5UELQUES PHIEUREZ 

DE FRANCE. 
TANT P'HOAIME.S Q^U E DE FILLES, 

DE NOXIINATION 

OU COLLATION ROYALE. 

ARCHEVECHE DE SENS. 

EN S, en Latin, Senonenfs ^ Ville Capi- 
tale du SenonoiSy Cur les confins de la Boi^r- 
gogne de du Gaflinois , d quatorze lieues 
A\4uxerre, à quinze de Troyes, ôc à vingt- 
fix de Paris y fur la droite de la rivière 
bonne, Abbé d^YoTiney & a ux lieuè's de la gauche de la Seine, La petite 
d'Autun & Je rivière de V^anne remplit les FofTez de la Ville, & four- 

faiiit Loup de 

Troyes,toutc$dcnx<JeS^*uguftjn & dcVau!uifant,0. de Citeaux D. deScns,Pricur dcBcaumont en Auge, 
&de Mariijy . ci-devant Evêcjuc dcTroycs. Il fut nommé à rArcIievèché de Sens le lo. Janvier 171 <• par 
M le Duc d'Orlcans, Retient du Royaume , fous Louis XV qui y mit Icméirc jour huit mille livres de 
pcnfîon ; Sçaroir , trois mille pour M. l'Abbé Gcneft, AUinô.iicr de Madame la Duchcirc d'Orléans , dcax 
mille livres pour M. i'Abbc d' Availc, millc|liyrf»pour'M.lc C'iCViiicrdc Gcrfv. & deux mille pour M. 

,-Abb=daBos. Tome 11. Hhhhh nit 



TljTUtAlRlt. 

M. Denis- 
François Bou- 
tbillier de 
CKavigny , 
Dodcur de la 
Mai(on & So- 
ciété de Sor- 




Flori 



Kcrcû." 



.TiTULAI ni $t 



75?4 Recueil général 

nit prefque à toutes les rues de petits ruifleaux qui les 
lavent , ôc fervent aux habitans pour difFerens ufages. 
Sens ed Métropole ancienne de la quatrième Celtique 
ou Lyonnoife y comprife pendant quelque temps dans le 
Gouvernemennt de Bourgogne ^ & maintenant dans celui 
de Champagne, C*eft une Ville plus confiderable par fa 
grandeur àc par fes Eglifes, que parfon monde, car elle 
n'eft pas peuplée: elle eût des Prélats dès le rroifiéme fie- 
cle. Charles le Chauve les voulut établir Primat des Gau- 
Us Se de Germante , dans le Concile de P ont hy on ^l'a,n %j6 
ce qui leur en fait prendre le titre j mais cela eut fi peu 
de fuccés, qu'ils ont été obligez de reconnoître la Prima- 
tie de Lyon. Saint Sabtnien ou famt Savinien, fut premier 
Evêque de la Ville : il eut pour aflbciez dans la Million 
de ce païs fatnt Potentien venu de 7?owf avec Im'-, Jaint Vic^ 
torin oc S. Sero/zw qui ctoient de Sens même, & quelques 
autres Martyrs, vers la fin du troifiéme fieclc. S. Leu fut 
fait Evcque de Sens après S, Arthéme, Tan cîop. & il 
mourut en ci^. S. Ame fut fait Evêque vers l'an 66^- après 
la mort àt faint Emmon ou Senecioriy &c futchafle de fon 
Siège Tan (^74. S.Wlphran fut fait Evêque de Sens vers 
l'an (J81. il fe démit de l'Evêché Tan 685. lorfque vivoit 
encore le légitime Evêque de cette Eglifey^/wf Jmé^ qui 
avoir efté banni injuftement par le Roy Thierri^ l'an 6J4 
& qui avoir furvêcu à deux Evêques confecutifs , Mety Se 
LAmhert, qu'on lui avoit fubftituez, ôc qu'on avoit fait 
fuivre de S. Wlphran, S. Ehbe s ou fatnt Ehbon y Abbé de 
faim P terre le Vtfi fut fait Evêque de Sens l'an 709. après 
fon oncle maternel Gericy & mourut vers l'an 743. Saint 
yîldric ou faint /iudry y fut fait Evêque de Sens en 815?. 
jufqu'en 840. ou 841. Pour ce qui eft de plufieurs Saints 
du Oiocefe de Sens , je n'en parle point, parce que cela 
me mensroic trop loin : il fuffit de dire que l'Archevê- 
ché de Sens reconnoit S. Savinien pour fon premier Pré- 
lat ) la tradition dit que ce faint Evêque fut envoyé dans 

les 



Florins 



DES Abbayes de France. 795 

TiTuiAiREs. jçj Gaules , par S. Pierre ; mais cela ne s'accorde pointavec 
Sulpice Severe ÔC Grégoire de Tours ^ qui ne mettent la naif^ 
fance des Egjifes des Gaules^ que fur ia fin du fécond 
fiecle. Il y a beaucoup d'apparence que les A(5les du Mar- 
tyre de S. Savinien ont eftc altérez. 

L'Eglife de Sens compte cent feptPrélats , depuis faint 
Sii^inien jufqu'à M. Denis-Franfats Bouthillier de Chavi- 
^«7, qui la gouverne aujourd'huy 1714. ^nfegife y Ar- 
chevêque de Sens, donna un grand éclat à fon fiege. 
Charles le Chauve obtînt du Papeji?^» V^III. en fa faveur, 
laPrimacie des Gaules ôc de Germanie l'an ^y6* les Evê- 
ques de France aflemblez à Po«/^o«defaprouverent cette 
élévation de l'Eglife de Sens. Cependant les Archevê- 
que de Sens ont joui de cette prérogative pendant deux | 
cens ans. L'an 1079. lé Pape Grégoire VIT. confirma à 
l'Archevcque de Lyon la Primatie fur les quatre Provin- 
ces LionnoifeSy qui font Lyon y Rouen , Tours & Senr. Les 
Archevêques de Sens ont plufieurs fois eflayé de revenir 
contre cette conceflîoni mais Charles de Bourbon y Cardi- 
nal ôc. Archevêque de Lyon y ayant porté la décifion de 
ce procès au Parlement de Paris -, l'Archevêque de Sens^ 
qui étoit de laMaifon à^Meluny s'y laifla condamner par 
défaut > ôc depuis ce jugement, la Primatie des Gaules 
eft demeurée à PArchevêque de Lyon % & celui de Sens, 
n'aconfervé que le titre de Primat des Gaules & de Ger- 
manie : il avoir autrefois pour Suffragans les Evêques de 
Paris y de Chartres y de Meaux^ d* Orléans y d'Juxerre de de 
Nevers ; mais depuis l'éredion de l'Evcché de Paris en 
Archevêché en kTii. il n'efl reftê à l'Archevcque de Sens 
pour fuffragans que les Evoques de Troyes , d*Juxerre ôc 
de Nevers ; & pour l'indemnifer de ce démembrement, 
on a uni à fon Archevêché la Manfe Abbatiale de l'Ab- 
baye du Âdontfamt Martin en Picardie 6c dans le Diocefe 
deCambray, qui vaut douze mille livres de rente. L'Ar- 
chevêque de Sens eft Chanoine honoraire de l'Eghfede 

Hhhhh ij Jaint 



Florins Kerca, 



CirutAiiv.r.J 



7<>^ RecueilGeneral \ I 

. faini MjLrttn deTours, Le Diocefe de Sens s'étencî aa-delà ^^'^''"^ ^^^^"• 
du Gouvernement de Champagne, & comprend yc^ Pa- 
roiflcsfoûmifesàcinq Archidiaconnez > feize Chapitres, 
i5> Abbayes , Ôc 60 Convens,Communautezou Collèges. , 
Dans la feule villede Sens il y ai(j Paroiffes, &des i<;Cu 
rez il y en a 13 qui font qualifiez Prarfi Cardinaux , parce 
qu'ils aflillenc l'Archevêque à la Mefle , lorfqu'il officie 
dans fa Cathédrale. Aucrefois,& même fousM.deGow 
drin ils l'ailifloienc toutes les fois qu'il officioit ponti£ca- 
lement aux grandes Fêtes *, mais à prefent cette cérémo- 
nie ne s'obferve qu'aux deux Vczqs dQfaint EfiienneV âtron 
de l'Eglife Cathédrale, à la Dédicace de la même Eglife , 
ôc le Jeudi Saint pour les faintes Huiles. 

Le Chapitre de l'EgUfe Métropolitaine de fa intEfti en- 
ne de Sens y à qui faim Bernard donne de 'grands éloges > 
eft compofé de cinq dignitez, qui font rÀrchidiaconné 
de Sens y la Treforerie, le Doyenné , la Préchantrerie ôc la 
Celererie ; de quatre perfonnats qui font les Archidia- 
connezde Gatinois , de Adelun, de Provins àc d'Eflampesy 
de trente & un Canonicats, &: de 14 femi-prebendes, & 
le refte. Les dignitez d'Archidiacre de Sens,^ de Tréfo- 
rier , les Perfonnats Se tous les Canonicats font à la colla- 
tion de l'Archevêque. Le Doyen , le Préchantre, & le 
Celerier font éledlifs par le Chapitre, & confirmatifspar 
le Pape. Les deux hautes Vicairies dépendent du Chapi- 
tre qui a aufli la prefentation des quatorze Semipreben 
des , à la referve d'une qui dépend du Tréforier. L'Eglife 
Métropolitaine de Sens a quelques privilèges que les au- 
tres n'ont pas. Louife de Savoy e Ducheffe d'y^ngoulême , ôc 
Régente en France , pendant l'abfence de François l. fon 
fils , lui donna des Lettres de conceflion , datées du 14 
Odlobre 1515 par lefquelleselleiui donne pouvoir défaire 
faire par fes Officiers les inventaires de ceux du Chapitre, 
& habituez decetceEghfequi décéderont dans le Cloître, 
fans que les Officiers du Roy s'enpuiflent entremettre. 

Ces 



DES Abbayes de France. 797 i 

TiTutAiRsî. Qes lettres furent confirmées par d'autres de François I. Fiori- 
da 17 de Février de 1 an 151(7. Cette Eglife a aufïî des let- 1 
très de protedion , & de fauvegarde , leniblables à celles' 
du chapitre de Notre-Dame de P^ny^avec le droit de cow- 
mittimus aux Requêtes du Palais. Ces lettres font datées 
du mois de Novembre de l'an 1548. 

Les autres Chapitres de ceDiocefe, font le Chapitre | 
de Notre-Dame d'Efiampes yCondé par le Roy Robert , peur 
un chantre &: dix Chanoines. 

Celui de fainte Croix de la ville d'Eftampes, fondé en! 
1183. ôc compofé d'un Doyen , d'un Chantie, Ôc de dix-j 
neuf Canonicats. Le Doyen de le Chantre font éliis par j 
le Chapitre, & confirmez par l'Archevêque de i'fwijquant 
aux Canonicats ils font tous à la collation de l'Archevê- 
que. 

Le Chapitre de Notre-Dame de ^^/««eftcompofëd'un 
Chantre & de fept Chanoines , qui font tous à la colla- 
tion du Roy. Celui de Notre-Dame de Millji , qui a un 
Doyen qui efl: Curé , 6c que l'Archevêque confère fur la 
;. prefentation du Seigneur , & quatre Chanoines que le 

^ Seigneur confère. 

Celui de faint ^iriace de Provins â un Doyen, un Pré- 
vôt, un Chancre, un Treforier quifonc dignitez , &onc 
chacun 800 livres de rente , ôc 2.0 Canonicats qui valent 
400 livres chacun. Le Doyen efl: éledif par le Chapitre,, 
les autres Dignitez 2c les Canonicats font à la CoUatior^ 
du Roy. 

Celui de Notre-Dame du Val y fondé hors la ville de 
Provins y vers l'an 1171. & transféré dans cette Ville en 1358. 
efl; compofé de trois Dignitez, qui valent chacune 800 li- 
vres j ôc de feize Canonicats , qui valent 400 livres. 

Celui de faim Nicolas de Provins fut fondé eniriS. Il 
efl: compofé d'un Doyen , qui efl: éledif par le Chapitre , 
ôc de neuf Canonicats qui font à la Collation de l'Arche- 
vêque , £c à la nomination du Chapitre de/i/«/ i^//njce 

alternativement, 



i.CVftW 



75?8 Recueil général 

TixQiAiRBs.alcernativement , ils ne valent que cent livres. 

Celui de Notre-Dame de Montreau a un Doyen , un 
Chantre & neuf Chanoines. Le Doyené eft éledif, & 
les Canonicats font à la Collation de l'Archevêque. 

Celui de Birenon près iç^Joigny a une dignité qui vaut 
quatre cens l.ôc fept Canonicats qui valent loo 1. chacun. 

CcluidQfai/it Julien du Saut y efl compofé d'un Chantre 
& de dix Canonicats qui valent loo liv. 

Celui de Fille-folle efl: compofé d'un Chantre , d'un 
Tréforierô: de huit Canonicats, qui ne rapportent que 
40 livres. 

Celui de Bray efl: compofé de trois Dignitez, qui font 
le Doyen , le Tréforier & le Chanrre , qui ont chacun 
600 livres , & deux Canonicats qui valent 400 1. chacun. 
Le Doyen efl: élu par le Chapitre i le Tréforier & le 
chantre font à la Collation du Seigneur de Bray ^ àc les 
Canonicats a celle de l'Archevcque de Sens. 

Dans laParoiffede Courpatay ^ il y a un Chapitre fon- 
dé en 1113. par P/>rr(f de Corfc;/ Archevêque àtSens. Il eft 
compofé d'un Doyenné éledif, àc de douze Canonicats. 
Le Doyenné vaut 700 liv. de revenu ^ & les Canonicats 
350 livres. Ces Bénéfices font à la nomination de l'A rche- 
vêque de Sens, L' Eglife Cathed raie de Sens dédiée à faim 
Efttenne ^t^ auflî grande que celle de Notre-Dame de Pa- 
ris \ mais elle l'a {urpafle , en ce qu'elle eft mieux bâtie. 
C'eft une Eglife Cathédrale des plus confiderables de 
France y foit qu'on en confidere les dehors , ou fa belle 
façade enrichie de différentes figures ^ où s'élèvent deux 
groffes tours quarrées , dont l'une porte un horloge qui 
fe fait entendre dans tous les quartiers de la Ville. L'on 
defcend quelques marches pour entrer dans cette Eglife , 
où l'on voit dans la Nef la Chapelle des SaleT^ards , où font 
leurs tombeaux foûtenus de colonnes de marbre, & enri- 
chis de leurs figures en marbre blanc. Dans la Nef font 
ceux des Peraults, Celui de l'Archevcque de Sens ^ ne cè- 
de 



Flori 



DES Abbayes de France. 75)^; 

TiiBiAiM». jg Q^ ^[q^ ^ celui de 1 Evêque à'Jngoutême , & fur l'un ^' 
fur l'autre font élevées leurs figures de marbre blanc. On 
eftime lur toutes chofcs un foubaflement du niaîcre Au- 
tel y qu'on ne montre qu'aux grandes Féres, à caufe de 
fi^s richefles qui paroiflent fur une table d'or , diftingucejj 
de pierres fines , où font reprefentez en bas relief les 4. 
Eijarjgehfles ^ ôc dans lemilieu/i/«r£y//>w«f àgenoux. Les 
Chapelles qui font autour du Choeur, font toutes très^ 
belles , principalement celle dont la clôture reprefente 
une fphere avec toutes fes conftellations. Dans le Chœur 
font les tombeauxdes derniers Archevêques, parmi ief- 
quels l'on remarque principalement ceux du Chancelier 
du Pr^î&du Cardinal du Pc rrow. Je dis des derniers Ar- 
chevêques devSfwficar les quarante premiers ont été en- 
terrez a jdtm Pierre levif. On fait encore remarquer dans 
cette Eglife le lieu où faint Louis époufà Marguerite de 
Provence. 

M. le Doyen de Sens & M. Maçon^ ont fait des re- 
marques fur les Archevêques de Sens ^ &: fur la dignité 
de la Cathédrale. Si j'avois pu les avoir en communica- 
tion, cet article fcroit fans douce plus curieux ; on ne peut 
trop preffer ces Meflîeurs de faire part au Public de leurs 
recherches. Je ne puis m'empêcher de direjque m. le Doïen 
de Sens a fiit un nouveau Miflel beaucoup plus beau que 
le nouveau Bréviaire qui a écéfi eftiméde tous les habiles 
gens^ excepté le Canon & les Colled:es, & peut-être quel- 
ques Profes , il n'y a pas un feul mot qui ne foit tiré de 
l'Ecriture, mais avec tant de jufteife, que tout convient 
parfaitement aux myfteresque l'on célèbre , & aux Fêtes 
que Ion folemnife. Ce qu'il y a encore de particulier , 
c'efi: qu'on n'y répète jamais deux fois le même Texte. Le 
Trélor de la Cathédrale de .SV««fe(l trcs-riche, & rempli 
d'un grand nombre de Reliques , dont l'une des princi- 
pales eft un doigt d^ faîne Luc Evangelifte , en chair &: 
en os. On tient que la plupart de ces Reliques avoientécé 

données 



Florins | Rcv«i^ 



Tir-Ji, AIRES 



Soo Recueil General 

données au Monaflere At faim Riquier y par TEmpereur 
ChArlcmagne, ôc que le Moine Hieremie qui les avoir ap- 
porte à A/wrf Co/ow/'ê', ayant été enfuice élu Archevêque 
de Sens y les donna à (on Eglife. La mufique eft profcrice 
de cette Cathédrale. On n'y chante qu'un beau plain 
chant , qui eO: plus agréable. 

Il s'eft tenu plufieurs Conciles à Sens. Un des plus célè- 
bres eftceluyde Tan 1140. auquel kKoy Louis le jeune 
aflifta j 6c ou faim Beniard dz condamner ^betllard, qui en 
appella au Pape. Le Séminaire de Sens joiiit d'environ 
13500 livres de rente, que le Roy a permis qu'on imposât 
annuellement fur le Clergé du Diocefe La taxe de Ro- 
me pour les Bulles de l'Archevêché de Sens ,,€toitautre- 
fois de 6166 florins ,mais maintenant elle a été réduite a 
6000 florins. . , - • • • 

Abb. d'Hommes de l'Ordre de S. Benoist. 

CHAUME. 
M,dc Br-teuii Chaumc, en latin , fanSlus Petrus de Calmis , alias de Ca, 

nommé à l*E- , ^ , . i . xr-ll J _ „ "^ -^^U-. «. 



'.'otins/R{ 



^èchél'Ln.UmisinBriaJizuèQ dans lapetiteVilledu même nom en 
rJbrc/A,''? Brie, à 9 lieues de Pans , a 4 de Melun.èli deux de Ro;- 

il a cil crttc 

Abba 

me jour, ac fy 

on y a mis ô 



^JOO 



j;\/;^^'=/^;;,&: fondée l'an 1181. fous le Roy Phtltffe Jugufle, L'E- 
1°"^' * ^life, qui eft o-rande ^ belle , porte le titre de S. Pierre j 

on y a mis iD ' i ^, , ^^ • l t' 1 'I .,r.^ 

aufii le même elle n'cft pas achevée. On y voit deux iombeaux élevez, 
iro'rtooô qu'on croit être du Fondateur, ôc du premier Abbé. On 
Luiircu:'^- trouve aufTi dedans la Nef les tombes des Seigneurs de 
d-uPam;(Te i^^emetiii Letableaudu g-rand Autel , haut d'environ 15 

c-S.Louiscn 1 1 » 1 y^/ /^> CL /^ 11 

niic,«i'am. pîeds,e{lun originaldeM. âcChampeaux.L. eit uni^ru- 
cifixqui ravit tous ceuxqui le voyent. Au-defTus^efl: une 
Chaffc , qu'on pictend être de [aim. Domnole Evêque du 
Mans , auquel on a une grande vénération dans le Pays. 
UHiftorien Nicole Gtlles rapporte, que vers l'aivi^so. au 
mois de Juin l'on trouva le corps de ^'. Dowe dans l'Egli- 
fe de Chaume, & que l'on prétendoit que ce Saint avoit 
été fait Evêque du Mans. C'efleffcaivement/^/^f Oorn- 

nole, 



DES Abbayes de France. gn 

Titulaires, ^^/^^qug J'on honore dans cc licu , ôc iHiftorien remar- 
que, que l'on y confervoit fon chef avec grande venera- 
tionjcomme une Relique célèbre par des miracles. Ainfi 
les Reliques de/^/«r Uomnole fe trouvent partagées entre 
ceux du Mans , ou le peuple l'appelle fainr Tonnolé ou 
Tannoley y &c ceux de Chaumes en Brie , où ileil: appelle S, 
Dowf 5 ôc chacun s'y vante en gênerai de pofTeder fon corps, 
parce que chacun en a une portion conddcrable , ôc les 
Moines de jamt Pincent du Mans , où le corps de faim 
Domnole Fondateur de cette Abbaye fut enterré , nous ap- 
prennent eux-mêmes, que le corps de fxint Domnole, c^ui 
eft dans une Chârfe de vermeil, faite par les foins êcaux 
dépens du Cardinal de Luxembourg, n'eft pas entier , Ôc 
que latétey manque avec queKjues autres offemens. L'Ab- 
baye de Chaumes eft occupée par d'anciens Bénédictins ; 
mais qui peuvent fervir demodeleà tous ceux qui ne font 
pas reformez; car ils vivent en commun, couchent dans 
un Dortoir , mangent dans un même Refed:oire, font 
leur exercice à heures réglées, s'appliquent à la ledlure 
&à Tccude, &: ont banni toute fortede jeux de leur Mo- 
naftere. . . . .... 

SAINTE COLOMBE-LEZ-SENS. 
Beaupré^'cy- Sainte Colombc-lez-Scns, en latin , fanâa Columlafro- 
devant Eve- pfç Senonas , fituée tout proche la Ville de Sens , ôc fon- 
poui.&trans.dee l'an 6zo. oacClotaire IL Roi de France, Il y a la refor- 
chédcM^ndême de la Congrégation de S.A^^aur, depuis 16^6. ôcc'eft 
inj'. n^cft"^ J^ cinquante-unième Maifon. Cette Abbaye efl: confide- 
auiîi Abbé de fable parbeaucoup d'endroits, Les Bâtimens {imples,mais 
deCiteaux,D. pfopres , out uuc beauté qu'il efl: permis aux Moines d af- 
fecter, fans bleffer la modeRie. L'Eglife efl: magnifique , 
ôc a étc confaçrée par le Pape Alexandre III. JiaotdKoy 
de France') Sc Richard Duc de Bourgogne y ont choifi leurs 
fepultures, mais aujourd'hui il ne refl:e aucun vefl:ige de 
leurs tombeaux. On voit dans la Nef celui de faine Louf, 
Archevêque de Sens. Ses Reliques font confervces au 
Tome II. ' Iliii Tréfor, 



Florins R; vce 
f 



S 009 



^01 Recueil général 

Ti.uf.MRis Yréfor , dans une belle Châfle dargenc, ab{lî;-bien que 
celles de faince Colombe cJcde S. F^^7f, celles de S.Thihaut 
ne font que dans une Châffe de bois. Ce n'efl: pas une pe- 
tite rloirecà l'Abbaye de ùiniQColomhe , d'avoir fcrvi d a- 
zile d A'/>2f Thorn.ts deCantorhery, Il efl: parlé de cette illu- 
flre A.bbayedans les monumensde THiftoire Ecclefîafti- 
que 3 dès l'an 859. On y conferve les Reliques de lainte 
Colotiihe , qui fouffrit le martyre a Sens en 275. au premier 
voyage que l'Empereur y4'î/re//>« fie dans les Ga«/W contre 
Tetriciis. Quelques Auteurs prétendent, mais fans fonde- 
ment , que cette Sainte fouftrit le martyre à Rimlni en ha^ 
lie, que fes Reliques y font. Son nom fe trouve avec la 
qualité de Vierge & de martyre dans les Martyrologes de 
faint Jeroyjjc , dans Bede , Z^fuard y &z plufieurs autres qui ^ 
iconviennenc ^ que cette Sainte foulïrit le martyre fous 1 
l'Empereur Jurêlten, M. du Boufquet ,\iv. 3. ch. 41. cite ' 
des AéXcs de Jainte Colombe, où il efl: dit, que l'Empereur 
Jurchen promettoità cette Sainte, de lui fiire époufer le 
Prince fon fils, qu'il avoir déjà fait déclarer Cejar ^Ci elle 
vouloir renoncer a la Religion Chréiienne ; mais cette 
genereufe fille rejetta avec indignation de pareilles of- 
fres, Ôd protefla a l'Empereur qui la prefToit, qu'elle n'au- 
roit jamais d'autre époux que Jefus-Chrift, Le Chartreux 
Surtus en cite plufieurs Actes, &: qui fontcifçz àQl^incem 
de Beauvats. Baronnjs QncitQSLuffi d^Mombntius. , 

F E R R I E R E S. 

M. Philibert. Ferrieres en Gadinois , &c appellée quelquefois Be- 
thléem, en latin , pJiélus Pctrus C^ beata A'^arta de terra- 
riis y altas de Bethléem , "vel Ferraria , fituée dans la petite 
Ville du même nom aux confias du Senonois^ à deux lieues 
de Mmîargis , fur la petite rivière de Clairj y qui ferend 
dans \QL'.Hn^y à peu de didancede là. On prétend que 
l'Abbaye de l'e-'rieres eft bâtie dans le iieu-méme jOu/^/^î: 
Savinien premier Archevêque de Sç,as eût une vifion le 

jour * 



Florins Pvcvetî 



1000 



(ÎDOO 



DES Abbayes de France. 203^ 
T<rutAmEs. JQy^. jg A/'f;è/j dans laquelle tout le myftere de lanaiffance 
du Sauveuf lui fut révélé (1 clairement, qu'en revennnt 
à lui il s'écria , c'cfl: véritablement ici Bethléem , Se c'eft 
pour cette raifon qu'on l'appelloit autrefois Bethléem , 
comme il paroît par les lettres de Loup de Fcrrieres. Les 
plus brillantes lumières quiont éclairé cette illuftreMai- 
ion , Contfar/jt Jidric Archevêque de Sens ^ Alevin y Loup 
de Ferrierei y ôc dans les derniers iiécles Louis de Blanche» 
fan y qui peut en être confideré comme le reftaurateur . 
puifqu'il en a rétabli les édifices , & qu'il l'a édifié |uy- 
même par {qs vertus & par la fainteté de la vie , dont l'o- 
deur depuis près deiooans s'eftconferyéé jufqu'à prefent 
parmi le peuple. Il y a dans cette Abbaye deux Eglifes, 
l'une defquelles ell encore appellée Bethléem > Ec une 
Chapelle fort propre dédiée à la fainte Kierge , & deux 
Cloîtres. Pour ce qui eft du Tréfor , la Relique la plus 
précieufe qu'on y conferve ^ efl: le corps de faine Jldrsc 
Archevêque de Sens, & la pièce la plus curieufe efl: ut) 
ancien Ciboire d'y voire, dans lequel on confervoit le S, 
Sacrement. Cette Abbaye efl: à laprefentation de M. le Duc 
d'Orléans, comme étant fituée dans fon appanage. Elle a 
été fondée par Clovis I. Roy de France Tan ^07. &: c'eft la 
quarantième Maifon unie à la Congrégation de S. Aîaur. 

M O R I G N Y. 

M.ieBefquc Mori^nv, cn latin , /^or/e;«/^c;^?;?, (îtuée à un petit quart 

de Majamvil- , ,. ^, i n i» r- 1 r il 

le Chanoine dc lieuc de la Ville dEtamjpes y vers les connus delaBeau- 

le^ lanvkV cc , fur la liviete dc Loiiet , & à douze petites lieues de 

'7"- Paris, Elle fut fondée en.iio^r.Ce font de Grr.nds Benedi- 

éîins qui occupent cette Abbaye , où les places font fort 

bonnes. ....... 

M.^eB.»- . SAIN T PIERRE. , 

cas Aumônier Saint Pietie de Melun, ou faint Père de Melun , en 
pentdic!ci>p latin , fancïus Petrus de Meloduno. Cette Abbaye efl (\- 
Ta^ocbdic/ tuée dans le Fauxbourg de Jamt Lienes i Melm y fur 

1 1 i i i ij la 






Soo 



8o03 



4«f 



4<30O 



So4 Recueil général I 

TiruiAriôs. j^ ijvierc de Sc:ne , à dix lieues au-deflus de Paris, êc fon- ^"'^'""' ^^''' 
dée en 54^;. Il y a la reforme. .... ^°^ 



M. 



c^c l'Ar- 
r. 



SAINT PIERRE LE VIF. 

Saint Pierre le Vif, en latin, [inclus Peirusnji'vus Se- 
nonenfis y fitaéé au Fauxbourg de faint Savinien de la ville 
de Sens. C'efl; la première bc principale Eglife après la 
Cathédrale de Sens» Elle efi: bâtie dans le premier Cime- 
tière des chrétiens , où un grand nombre de Martyrs ont 
reçu l'honneur de la fepulture , 6c l'on compte jufqu'à 
quarante Archevêques de >Sews , qui y font enterrez. L'on 
prétend que fainte Theodecilde , qu'on fait fille du Roy 
Clovis y y bâtit un célèbre Monaftere, & qu'elle vou hit y 
eftre enterrée. On montre fes Reliques dans une belle 
Châiï'e, 6c une pierre qui fut trouvée dans fon tombeau , 
fur laquelle étoient gravées ces paroles: iv. Idnsjulii iran- 
fiitTheodecîldaKegina.CQ n'eft pas la l'uniqueRelique qu'on 
conferve dans le treior du monafterej on y montre enco- 
re un grand nombre de corps Saints, la plupart du pays , 
dont les principaux font de faint Savinien de d^fai/it Po- 
tentieriy qui repofent dans une belle Châffe d'argent que 
leur a donné le Roy Roben, Le chef de faint Grégoire le 
Grand y qu'on prétend y avoir , parut une Relique û au- 
ihentiqueau Pape Urbain VII Lqu'il en demanda une par- 
celle , laquelle il garda toute fa vie, 6c la donna avant de 
mourir aux Pères de l'Oratoire de Rome. On eft; furpris que 
l'Abbaye de Samt Pierre le f^ifiubûdc encore avec tant 
de fplendeur, puifqu'ellea été détruite neuf ou dix fois, 
tant par les Barbares 6c les ennemis de l'Etat, que par di- 
vers incendies. L'Eglifequi a été rebâtie par les Reli- 
gieux Reformez de la Congrégation de faint Maur eft 
parfaitement belle, grande, délicate Ôc éclairée. Le Chœur 
a quelque chofe de mnjefl;ueux,!eschaires font très-bien 
travaillées. L'Autel eft coût de marbre. Dans le fond eft 
la Chapelle de la Vierge un p€U élevée , dont les grandes 
i colonnes 



4OÛO 



DES Abbayes de France. 805» | 

'^•^"''"^"' colonnes de marbre font un trés-bel effet. Il y a defTous f^o^ï^s, rcvc, 
cette Chapelle une Eglife foûteriaine, qui fert de Sacri- 
fie, où plufieurs Saints ont été enterrez. On prétendcjue 
fous la table où les Prêtres s'habillent pour dire la fainte 
Mefle,il y a un puits profond, dans lequel les Idolâtres 
ont jette les corps d'un grand nombre de Martyrs qu'ils 
avoient maflacrez. Il y a des Auteurs qui difent que la Fon- 
datrice de lâ'int Pierre le ^if^là PrinceffeTZ/fo^fc/Uf n'efl 
point fille de Clo'vis, mais fille de Thierry, & petite fille 
de Cionjis. . Les Benedidins de la Congrégation de faint 
Mmrhni entrez à faint Pierre le Fif^ l'an 16^^. ôc c'eft la 
foixante-feptiémeMaifonqui lui a été unie. 

SAINT REMY-LEZ-SENS. 
Saint Remy-lez-Sens , en l.iùvïyfan6îu$ Remigius Seno- 
nenfis , fituée près de la Ville de Sens, àc fondée en 527. 
Elle efl unie à perpétuité à la Cure de f^er/aîlles ^^offcdéQ 
par les Pères de U Mijfion^ ôc les places Monachales à l'Ab- 
baye de S, Pierre le f^jf. Elle étoit autrefois taxée à 



"Unie.' 



U de Canil. 
Jic Coi"t<-' Ac 
Ly)on j le 8 
lanvicr 17x1, 



700 



4C0 



' Abb. d'Hommes de l'Ordre de Citeaux. 

BARBEAUX. 
Barbeaux , autrefois Barbel , ou Port facré , en latin , 
Bdrhella ., alias defacro Portu y Fille de l'Abbaye do Prully^ 
fuuée dans la Brie , fur la rivierede^f/we , à 3 lieues au- 
dcflus delà Ville de Melun^ & à 11 de PariSyi^ïhsFomai' 
neblcdit. Cette Abbaye fut fondée par le Roy Louis V II 
dit lejeiweÏQ 15 Mars 1147. Il y eft enterré devant le grand 
Autel , & c'eft le Cardinal de Fmfemherg qui a été Ab- 
bé de barbeaux ^ç^ui a fait élever &: raccommoder ce tom 
beau. Ily a d'autres tçmbeaux de gens de diftindlion ôc 
d'Abbez , tant dans l'Eglife que dans le Cloître. Cette 
Abbaye eft nommée en latin dans le titre de la fondation 
janchs PctriiS , &: ailleurs /<îccr Portus , ou feqtianoe Poriiis » 
&c Barbellus. Ily a la leforme, ôc par conféquenr très biei-^ 

bâtie.. . 

ESCHALli) 



300* 



4000 



8 30 



'£' CO 



TifaiAiRss, 

W. de Cour» 
•cnay. 



8o(r Recueil General. 

E S C H A L 1 S. 

Efchalis , ou Efchalles,en latin , E/chalca, velEfcaU- 
ria , feu Ejcarlea , ant de Efcdleriis , Fille de l'Abbaye de 
Fontenaj , ôc de la filiation de Clû.i'Vdux ^ fituée au Bail- 
liage de Sens^^ quatre lieues dejo/^^^'jôc fondée le ii des 
Kalendes d'AouH^ou le ii. Juillet 1131. Cette Abbaye a 
été entièrement ruinée, tant par les Jngloisc^ut par \ts 
Hiî^jienots ^ ôc par les guerres civiles. Les Religieux tra- 
vaillent à la reparer. Il y a devant le logis Abbatial une 
Fontaine d'eaux minérales , aufquelles on attribue une 
grande vertu , principalement pour la gravelle. 
F O N T A I N EJ E A N.. 
M. charSon- Fontainc-Jcan , en latin , Fonsjoannis y Fille de TAb- 

ncau de For- . i r^ \ r \ • - ^ » ^ • v • ï 

lécuyere. baye dc Pontigny , a lix lieues de Momargts , a trois de 
Chàteaurenardi^LVLS le Gatinois. Plufieurs titres font con 
noître que cette Abbaye efl: de fondation Royale, ôc que 
Pierre de Courtendy qui l'a fit bâtir le 10 Mars 1114 y fit 
de grands biens avant fon voyage de h'Terre fainte. On 
y voit les tbmbeaux de plufieurs Princes de cette famille, 
avec le manteau Royal. Guillaume Archevêque de Bo^r- 
^Çf5a été Abbé de Fo^f^ /^îe-y^'^/z, qui félon quelques-uns, 
a été fondée par Pierre de Courtenay cinquième fils de Loiii. 
le Gros Roy de France^ qui n'oublia rien pour en faire une 
Abbaye illuftre; mais les Hérétiques animez par les exem- 
ples du Cardinal Eudes de Chati lion c^ui en étoiz Abbé,& 
dont on montre l'infâme contrat de mariage avec Ifabeau 
de Haute /'^/7/L',pa(ré le premier Décembre 1564. l'ont tel- 
lement ruinée , qu'à peine y refte-t-il quelques vertiges 
de fon ancienne fplendeur. Le feptOàobre i5(5'i. après 
avoir maflacré quatre Religieux, ils brûlèrent tous les 
bâtimens, & mirent l'Eg'ife , qui étoit grande &c mag- 
nifique , dans l'état où on la voit aujourd'hui. Il n'en 
refte qu'une bien petite partie, dans laquelle on voit a co- 
té du grand Autel un tombeau aflez beau , où Jacques de 
Courtenay eft: reprefenté avec le manteau Royal, &: der- 
rière 



FIoriiT 



R.CVC11. 



lOoo 



JOOO 



DES Abbayes DE France. 807 

T.TU14ÎRES j.jgj.g J.jj Çq^ i'rçTQ JeaKi de Councmy. Il y a quelques ma- 

nufcrits dans cette Abbaye, entr autres un Eufebeàt Ce- 

farée, avec des vignettes ôc des niignatures d'une grande 

beauté. • • . . . , . . 

J O U Y. 
M. a'A'gou- Jouy 5 ou Notre-Dame de Jouy , en latin , Nafira Do- 
p^rigueur. mind de jouy , jeu joiacum , hille de 1 Aooaye de L^onîiçnyj 
fituée en Bn^ , dans la Foret de fonnom, a deux lieuè's 
de Pro-dins, d>c fondée le 14. Aoufi; 1114. Cette Abbaye eft 
de l'étroite obfervance de Cneaux ,6: elle peut pafl'er pour 
une des plus confiderables de la reforme. L'encrée qH 
belle , les Cloîtres grands , le Réfectoire rrés- propre , 
voûté ôc d'une jufle étendue , la Bibliothèque admirable- 
ment bien parquetée , de ornée d'une Menuiferie magni- 
fique, mais peu remplie de Livres. Il y a pourtant envi 
roncenc Manufcrics crés-bien confervez, la plupart de S. 
u^mhroïje , jdint Jérôme , faim JH^uflin , faim Ber/;ard , 6: 
â! Hugues de fdint Fîclor, Il y a auflî une vie A^fdint Fran- 
çois écrite par un de hs P^eligieux , qui l'avoit connu , ôc 
qui vivoit avant pà>n Bonave/iture , Auteur de celle que 
nous avons de ce Saint- L'Eglifede l'Abbaïe de Joiiy eft 
fore grande , trés-prcpre£^ d'une belle étendue > mais il 
n'y a pour toute antiquité que le tombeau de i'/wow ^f 
Beaulieu Archevêque de Bourses, ôc Cardinal qui eft de- 
vant le grand Autel. Sa mère ôc fon frère ont leur fépul- 
îure dans le Cloître. . . . . ... 

P R U L L Y. 
M.cîevau' piully , Pruilly , ou Preiiilly , en latin , de Prulliaco , 
"^^l'^Jcov'xf^^ Pr;</c7i' , fituée fur la rivière de Seine ^ a deux lieues de 
B.u/io.is'e. Adumerean-fanî-yonne . vers le levant d'Eflé, & a i lieues 

cft cem s le . r r t- n n n i y^i 

170a. 1713.de by<xye jur-Seine, Elle eit Fille d^L.iteai^'x , & la Corn 
munauté de C/fe^.vx ayant acheté la terre, y commença h 
fondation de cette Abbaïe, ÔcTh/baud Comte de Cham- 
pagne l'acheva &c la dota le 15. des Kalende^de Soptem 
bre 1118. D'autres diicnz iu6. il y a la r;:forme5 &: Ci les , 

premiers 



TiOrinf 



100 



Rcvc». 



400» 



fOO- 



1400a 



SoS 



Recueil General 



"■ premiers projets n'avoienc point été interrompus, l'Ab- 
baye de PruUiy palFeroit devant Clairvaux & Morimond\ 
mais Cl elle ne précède point ces deux illuftres Abbaïes, 
elle a en au moins l'honneur de les fuivremimédiatement 
& d'être la cinquième fille de Citeaux. Les manufcrits de 
la Bibliothèque font pour la plupart de famt Jugufiin , 
i^ famt ^mbrotje , Aq faim Jeroms, de Pafchafe RadberiyS^ 
de faint Jujelmc. On voit auflî un manufcrit de Claudien, 
de Triplici fiatu anim^j un du Diacre Ferrand^ ad Rcgiinum 
Comitem , & un Commentaire de George de Brcieùtl fur 
V Exode, L'Eglife , le Cloître, le Refedoire, les Jardins 
font grands , mais la charité envers les pauvres dans le 
rems de Eimine eft encore plus grande. Elle s'eftperpe- 
ruée dans le Monaftere , depuis c^uQfaint Pierre de Taren- 
laffe eneucdifhibué auxpauvres toutes lesproviuons, ôc 
afluré les Religieux que rien ne leur manqueroic , tandis 
qu'ilsfcroientcharitables. On voit devant l'Autel le tom- 
beau dcGatitier Evéquede Chartres.ôc dans le Cloître celui 
dVrf^w^ premier Abbé de Prmlly ^ que les Religieux fa- 
luenc en entrant. Il y a des Auteurs qui difent que cette 
Abbaïc rapporte 8000 livres de rentes aux Religieux , & 
iiooo livres à l'Abbé. D'autres difent feulement 8000 
livres. . . . . . . . 

/Z E R C A N C E A U. 

M.CocfFy. Cercanceau , en latin , SacracelU^ aut Cercamcellum\ 
Fille de l'Abbaye de la Cour-Diefd^ fituée dans le Gatt- 
nois , fur la rivière de Loing^ à deux lieues de Nemours ^ 
& fondée ôc dotécen ii8r. par Philippe Jugujie. Elle vaut 
tantà l'Abbé qu'aux Religieux 4500 livres. 

V A.U LUISANT. 

M Bout'n.i- Vauluifant , en latin , l^allis lucida , aut Fallis lucens , 
jrny Arciicvt- Fille dc l'Abbave de Pruïlly ^ fituée à Cix lieues de Sens . 

que ac S:iis. . ^ ' i ], • ^1 \ i -i- .. t 

Voyez fcs au- du cotc de i otienten Ciiampagne, a une demie lieue de 
TarticiVïc ydlcneHve-l'Jrchcveque y 5c à fix de Braj-fur^Seine^ de fon- 
dée] 



Florins 



Rcvctri 



a 
S:iBS 



£00 



?oo« 



XOO 



4J0» 



DES Abbavesde France. S09 

nruLAiKEs. j^g ]g ^ jgg Kalendes d'Od. 112.5? ou 1117- par Artaud pre- 
mier Abbé de Preuïlly. L'Abbaïe de Vauluifam eft une des 
plus confiderabîes de l'écroire obfervance de Citeaux. 
L'Eglife eft grande & delicace ^ tous les lieux réguliers 
font maf^niiiques, & bien entretenus, 6: les Jardins très- 
beaux. D'où Ton peut conclure que! bien la reforme fait 
dans les Monafleres,puifque cette Abbaye, avant que d'a- 
voir reçu rérroite obfervance , étoit dans un état ii pitoïa- 
ble que les anciens la cédèrent avec plaifir aux refor- 
mez, pour celle de Cercanceaux qu'on leur avoir donnée. 
Le vaifleau de la Bibliothèque de l'Abbaïe de Fauluifant 
efl: très-beau , les livres bien clioifis Ôc les manufcrits bien 
confervez. La plupart font des Pères de l'Eglife, fur tour 
. deS. y^«^«/?/« ,de S yJmhrotfe ,Aq jatm Jérôme yà'Ortgene ^ 
de S. Grégoire , de Bede^ de Rdban Maur y & de S. Bernard. 
Outre les ouvrages de cts Pères , il y a encore iHiftoi- 
re de Jofeph ^ l'Hiftoire Ecclefiaftique à' Angleterre du \Q- 
nerableiie^Cjla Concorde desEvangeliftesde Xachane de 
Chryfople y Lanfranc de Corpore Dommi y les Sermons du 
Dodeur Jean d'Orléans , les Sermons de Maurjce Archevê- 
que de Paris y les Sermons à'tftienne de Langton fur les pe- 
tits Prophètes , la Grammaire du Dodlcur Guillaume, 
ôc le livre du Cloître de l'ame , fous ce titre , Mugonis de 
Fulleio CanonictO* Prions famfli Laurent ii de Clauftro mate- 
riali. Il y avoit autrefois dans le Cloître de l'Abbaïe de 
Vauluifant plufieurs tombes de perfonnesde diftindion i 
mais elles ont eu le fort des monumens les plus confide- 
rabîes , qui ne font pas à l'épreuve du tems , Ôc quelques 
Religieux en ont feulement confervé les Epitaphes. Il 
y a ^Qs Auteurs qui difent que cette Abbaye ne rapporte 
que i(rooo livres de rente. . . . . . 

Abb. d'Hom.de l'Ordre de Saint Augustin. 

CHATEAU LANDON. 

LcPcre de u Châteaulindon , ou faint Severin de Ch?tteaulandon , 
""^'* Tome IL KKkkk en 



Jciir'' '<'<-^-*- 



i-ici 



100 



lOOC». 



8io Recueil General 

TiTiiLAiRE?. ^^ j^^:j^ ^ fancÎHS Severinus de Cafiro Nanronis ,Citné^d3,ns ^^''''"■ 
h pciizswille de Châteaulandon en Gatinois ^ a deux lieues 
de NemourSy à quatre de Monturgis ôc de Puifeau , fur la 
pecire rivière de f«y7«, près celle de /.o/wj, à fix lieues de 
Af/25. Saint Severin retournant de P.^.risçn Ton pays, s ar- î 
reta au Diocéfe de Sens fur la montagne de Chàtenulan- 
don y où l'on avoitvû autrefoisunepetite Ville, fur les rui- 
nes de laquelle on avoir conflruitune petite Chapelle de 
bois. Il y demeura avec deux Piètres qui y vivoienc en 
folitude , ôc les deux compagnons de fon voyage. Il y 
mourut en 507, & y fut enterré. Les miracles qui fe fi- 
rent à fon tombeau, rendirent le lieu célèbre , ôc portè- 
rent le RoiC/;/Wcifr; vers le milieu du fixiémefiécleà y bâ- 
tir une Eglife. Leconcours des peuples y fit enfuite un Ci 
grand affemblage de maifons , que l'ancienne ville s'y ré- 
tablit fous le nomde ChateanUridon , c'eft-à-dire, ville de 
Nanton, On la partagea depuis'en 4 ParoinTeSjdont les Prê- 
tres vivant en communauté, firent profeffion avec leur 
Abbé ou Supérieur Garnier y d'embrafler la règle de /^^^/ 
^ugufiin , fous le nom de Chanoines Réguliers au douzième 
fiécle. La Ville & i'Abbaïe furent ruinées par les Anglot^ 
au quinzième fiéclej mais i'Abbaïe avec l'Eglife de/^/wr 
Severin fut rebâtie enfuite par l'Abbé Jacques d*A'uhufjon ^ 
qui y introduifit la reforme de 'Windesheim en Gueldres , 
vers l'an 1480. Il y a dans la Bibliothèque decette Abbaïej 
peu de manufcrits i le principal contient les Lettres de 
Rujhroch , l'un des plus fameux contemplatifs de fon tems , 
qui avoit mis autrefois la reforme dans cette Abbaïe qui 
efi; régulière , & maintenant poffedée par les Chanoines 
Réguliers de faint yûkguftin de la Congrégation de France y 
dite àt [aime Gen^.'iiéxe, . . , . . 

SAINT EUGENE. 

M.dci-cn- Saint Eugène, en latin , fanclas Eugenius fropè Senonas , 
fituéc près de la Ville de ^frt5. Je n'en ai point trouvé 



d.. 



autres 



600. 



lOO iO'^^ 



DES Abbayes de France. gn 

TixutAiKss. j.^^yjj.ç5 mémoires i mais j'ai trouvé que l'Abbaïe Je S, j^'^"'^''^'''"' 
Eugène & celle de S.Jean de Sens y n'en faifoienc qu'une, 

SAINT J A C QJJ E S. 

Af.pajo:. Saine Jacques de Provins , en hùn y fanclusjacobus de 
Provtnoy ficiiée dans la ville dt Provins en Brie, à quatre 
lieues de la Semé , à dix' de Melnn^ à feize de Troyes , ôc 
à i8 de Paris, fur la petite rivière de J^ou^iCy qui fe déchar- 
ge dans la Marne ^ Ôc fondée en 1124. ^- François d'^-'/;- 
gre fut nommé AbbéCommendataire de cette Abbaïepar 
le Roy Loiiis XIIL au mois d'Avril 16^43. & il mourut le 
iiJanvier 1711. âgé de5>i ans On ne fçauroit décrire tout 
le bien qu'il a fait à cette Abbaye , où font les Chanoines 
Réguliers i^Jaint Aiiguflin de la Congrégation de France^ 
dite de fainte Geneviève, Il y a des Auteurs qui difent que 
cette Abbaye ne reçut que 7050 1. de revenu pour l'Ab- 
bé , ôc 4^050 1. pour les Moines j & d'autres difent qu'elle 
rapporte 15000 livres. . . ... 

SAINT JEAN DE SENS.. 



Unie à l'Ar 
cKevêchc de 

5=08. 



M. tli: Fûu'i' de 
Loiiiiu.iuë. 



Saint Jean de Sens, ou faint Jean-Iez Sens, en latin , 
fanftus Joannes Senonenjts , fituée dans la ville de Sens ^ 
près l'Abbaye de y^/>7f Pierre le Fif. Elle a été bâtie pour 
des Filles, p:ir faint PJeraclite Archevêque de Sens ^ qui 
fiégeoiten 507 Dans le neuvième fiécle,cei te Abbaye fut 
donnée aux Chanoines Réguliers. Il ne relie plus de TE- 
glile que le Chœur &: le tour des Chapelles qui fontfort 
belles ôc fort propres. La Menfe Abbatiale a éré unie a 
perpétuité à l'Archevêché de Sens Tan i6"07. Ce font les 
Chanoines Réguliers dQ faint yûugufîin de la Congrégation 
de France^ dite de [ainte Geneviève ^ qui occupent main- 
tenant cette Abbaye, qui étoit taxée autrefois à 

L E J A R D. 

Le Jard , ou Jard, en latin, SanSlus Jo^.nnes dejardo , 

KKkkkij fituée 



i;o 



yoo 



Su R E C U E I L G E N E R A L 1 

TivuiAiRBs ficuéeen Brie, à une lienë de Melun : elle commença par 
le Prieuré dQ U Mtfericorde de DJeu, âfpQllé Jard. L'an 
1171. elle fûc nommée d^fainre Marie de Pacy, Cette Infti- 
tution fut approuvée par le Pape Alexandre III. Michel 
Archevêque de Sens convertit le Prieuré en Abbiye en 
1194. 6c Adèle , Reine de France, ayant bâti unMonaftere 
dans fon Palais d\xjard, y tranfpoica les Chaînâmes Régu^ 
tiers de Pacy en 1105. L'on voit dans l'Eglife de cette 
Abbaye plufieurs tombeaux des Vicomtes de Melun i & 

^ devant T Autel celui de ^f.'ïw^j^É' Melun y Evéque de Poitiers. 

L'Abbiye du lard ed poiTedée par les Chanoines Réguliers 
de faint Auguftin de la Congrégation de France ^ dite 
de Jainte Genei^ieve^ , ... 

Abb. d'HoxMMes de l'Ordre ©e Pre'montre'. 

D I L O T. 

M. ifamcîc Dilof OU Dilo, cn Luin, Dei Lochs- ^ fituée à fix lieues 
i7u/ ' de Sens, fille du f^al-Secrety6c fondée en 123^. 

S. PAUL SUR VANNE LEZ-SENS. 
rïUt'. ^^■^^^' Saint Paul fur Vanne lez-Sens , en Latin , (anâus Paulus, 
fituée prés de Sens, ôc fondée l'an 12,10. ou iixi. par Pierre 
de Coric'//, Archevêque de Sens, fur la rivière de Vanne. 

( Abbayes de Filles de l'Ordre de S. Benoist. 

LAPOMMERAYE. 
Madame de La Pommetaye, cn Latin, Pornaria ^ Pomcri^, "velPomiu 
^^^"^"- rarium, fituée d'abord à deux lieues de Sens, & fondée 
l'an ii8c. par Mathilâs ^ Comteile de BloiSyÇ^uï y a erté 
enterrée avec fon mari. Cette Abbaye étoic réduite a cinq 
ou fix Religieufes , fins difcipline , lorfque Madame 
Batilde ^é-H^r/^VjReligieufe de ChelleSy en fut nommée 
Abbe^e. Cette v^rtueufe Dame ne croyant pas pouvoir 
entretenir la régularité dans une Abbaye champccrc pref- 
que ruinée, & avec Ci peu de fujets aflez mal difpofez, 
la transféra à Sens au Faubour^r de cette Ville en 1611. 

d'autres 



tioriiv 



Rv'vf». 



u; 



jooé 



80 



1500 



00 



IltCO 



DES Abbayes DE France. 813 

TiTuiAiRs»,j'^^j,.g5 cJifenc en i6^c^. cette Abbaye ell belle, Se bien f-^- 
bâtie i la moderne i car Madame de HarUj l'a entière- 
ment rétablie dans une bonne obfervance, par fa {agefle 
& fonœconomie, &c l'a mis en état d avoir jufqu'à Toixan- 
te Religieufes. Sa fœur a marché fur fes traces, Si Ma- 
dame de Crenant les a fuivies. Le? Abbefles de la Pom- 
meraye ne portent point de Croix, contre la coutume 
des autres AbbefTes éc par un effet d'humilité. Cette Mai- 
fon n'a rien de fomptueux, mais on y a toutes les com- 
moditez ; l'enclos eiî fort grand , ôc renferme prez, vi- 
gnes, bois, eaux, arbres fruitiers, & jardin potager i ôc 
tout cela eft difpofé de telle manière que l'on y a joint 
l'agréable au commode. ... 

V I L L E C H A S S O N. 



RSVCH. 



N. 



Villechaflbn autrefois Rofoy ou Rofelles, en Latin, 
Rofetum vel RofetHy ficuée à trois lieuës de Sens, entre le 
Nord ôc le Couchant, à une lieuë de Pont jur Yonne ^ elle 
a eftc richement dotée par Pierre de Courtenay, 

Abb. de Filles de l'Ordre de Citeaux. 

LA COUR NOTRE-DAME. 
La Cour Nôtre-Dame, en Latin, CuriA Beat^e MarU, 
fîtuée au Senonois, Paroifle de FilviSy prés de P ont Jur 
Yonne y &c fondée en 12.15. ..... 

LE LIS. 
Le Lis, en Latin, Lilium Beat^ Marine , feu Beata Maria 
en Novembre /^f^^/;y [IvacQ à uue Ueuë de Melun, & fondée vers l'an 

17:0. o J J »'>- 

1130. par la Reine Blanche y Se pa.v le Koy jaint Louts fon 
fils ; car les titres du Monaflere donnent la qualité de Fon- 
dateur ^faint Louis y qui quelquefois fe nomme feul Fon 
dateur , ôc d'autres fois conjointement avec fa mère \ &i il 
y a bien de l'apparence qu'^ l'un 5c l'autre ont également 
contribué à rétabliifcment de cette Maifon ; quoiqu'il en 
foit, elle eft belle, &: fe refTent de fa fondation Royale 
On y confcrve ious l'Autel le cœur de la Reine Blanche , 

qui 



tJnic à Cî 
traux. . 



J'AfprciTionr , 



SC09 



400» 



40~e 



8i4 Recueil général 

TiTuiA.KEs. q^j voulue être encertéc à Maubuifjon : le Cilice àQ faint 
Lofiis y qui efc très - rude: un os du bras ôc quelques- uns 
des doigcs de ce faint Roy, donc Philippe le Hardy fon 
fils fie prelenc au Monaitere. Cette Abbaye ayant perdu 
Je premier efpric de (on Ordre > Madame de U Trtmouillt 
qui en fut Abbede, en fie une Maifon de benedidion , 
par le foin qu'elle eue d'y établir la réforme. Pour mieux 
réuffir dans ce deflein, elle fe retira quelque temps chez 
les Mères Carmélites de Parts ^ ôc prît d'elles Tefprit de 
Retraite, d'Oraifon, de Pénitence, Ôc même leur ha- 
bit i que les Religieufes du l^s, néanmoins, ont quitté 
depuis, pour reprendre celui deCiteaux; quoiqu'elles fe 
foient foudraites à TOrdre pour fe foûmettre à l'Ordir 
naire. Le Soleil ou l'on expoCe \q faint Sacrement eft le 
plus magnifique que l'on voye, ôc d'un prix ineftimable j 
c'eft le monument de la pieté d'une fainte AbbeG'e, qui 
ayant ramafie pendant plus de vingt ans tout ce qu'elle 
avoit pu d'argenterie ôc de pierreries des filles de qualité 
qu'elle avoir reçues à profelfion, fit un facrifice a Dieu 
de ce qui avoin fervi à la vanité du monde. La Reine Mère 
de Louis XIV. fût avertie du deflein de cette pieufe Ab- 
befle, Ôc y contribua beaucoup en lui envoyant cent dia- 
mans pour enrichir le Soleil ; mais on die que le porteur 
en déroba quarante. Cequ'il donna /toutefois, efh fi. riche 
& fi précieux , qu'on ne s'apperçoit pas du vol. La façon 
de l'ouvrage eft encore plus eftimée > car on afTureque! 
chaque rayon du Soleil a coûté cinq cens livres de façon. 
Pour ce qui eft du vaifieau , fi bife, qui eft de vermeil 
doré , a la forme d'un Autel , lur lequel s'élève une cou- 
pe d'or, de la hauteur & façon d'un petit Calice , duquel 
fore un Soleil d'or garni de perles ôc diamans. La Com- 
munauté du Ljs , eit ordinairement de quarante- cinq 



Florins 



iîoitinorin 



Religieufes. 

LA JOYE LEZ-NEMOURS. 

La Joye les -Nemours, en Latin, Gaudinm Beat^ Ma.- 

fia 



Maicts, 



DES A B B A Y E J DE FRANCS- 815 

TLrnLAiiiEî yi^ Nemorii , 'vel Nemoro/îi , fille de l'Abbaye de Cîteaux, 
fituée en Gàcinois , prés de Nemours , fur !a gauche de la 
rivière de Loixi'r au Canal de Briare > & fondée par Gau- 
thier ^ Seigneur de Nemours y l'an 1181. 

MONT NOSTRE-DAME LEZ PROVINS. 

., , Monc Nôtre -Dame lès-Provins, autrefois les Filles- 

Madame ' j ^ ^ 

Dauvct des Dleu y en Latin Mons nofir^ Domina y njel fxncla Adâria de 
Jldunte Pruvinenfi^ feu fancla M.aria de lAonte propè , aut 
jtixta, Provintim y nlle de l'Abbaye de Prenilly , fituée à un | 
quart de lieuë de Provins en Brie, &: fondée l'an 12,25- j 
d'autres difent l'an 1130 par Tbiha-dt Roy de Navarre, \ 
Comte Palatin de Champagne ôc de Brie : d'autres mettent | 
la fondation de cette Abbaye vers l'an 1136" ôc difent j 
qu'elle fut brûlée l'an 115)8. &" enfuite pillée par les An-j 
glois,au commencement du quinzième fiecle. L'Abbé de 
Citeaux difperfa les Religieufes en différentes Maifons 
de fon Ordre, mit l'Abbeffe au Tréfor en Normandie, 
& réunie le revenu à 1 Abbaye de Preùilly, dont l'Abbé 
envoya depuis un de fes Religieux fur les lieux tant pour 
avoir foin du temporel , que pour acquiter les Méfies c^ui 
écoient de fondation. Le Religieux dans la fuite prit la 
qualité de Prieur en titre du MontNotre-D.ime. Les chofes 
demeurèrent en cetétnt jufqu'en 1648. que Dom Nicolas 
des LyoKSy Religieux à^Preutlljy 2c Prieur du MontNôtre- 
Dame, remit les chofes en leur premier état. Un jour que 
ce Religieux étoit dans fa chambre, un effein de mou- 
ches y vint fondre tout à coup : il fit tout ce qu'il put 
pour le difiiper ; mais fort inucilement. Alors fon efprit 
iù.t faifi de cette penfée ; autrefois cette Maifon a efcé ha- . 
bitée par de faintes Vierges, qui par la douceur de leur 
viereffemblent à des abeilles: Dieu ne vcudroit-il pas me ! 
faire connoître par cet événement , que je dois y rc t.4")lir 
des abeilles fpiricuelles, & remettre les choies en leur 
premier état. Comme il rouloit cette penfceen fon ef 
prit, un de fes amis le trouvant tout penfif, ccayanrfçû 



FlorinstRcvch. 



Si6 Recueil General 

TiTutAïass.^^ lui le fujet, le confirma dans cecte peniée, oc lui fug- 
gera de réfignerenCour de Rome fon Bénéfice a Madame 
d'^Hvet des Mareti^ AbbefTedu Montfainte Catherine s ce 
qu'il fie à l'inftanc On fît venir à^s Bulles de Kcme : on 
demande le confencemenc du Roy j on fit faire à la nou- 
velle AbbefTe fon noviciat au Monaftere de faim Jean- 
Denoij} : elle fit fa profeflion encre les mains de M. l'Abbé 
de Ciceaux , ou d'un de fes Subdeleguez i &c depuis ce 
temps -là , Dieu a donné une telle benedidlon à cecte 
Abbaye, qu'il y a au moins vingt-quatre Religieufes qui 
nonc cependant qu'un très-modique revenu. 

VILLIERS AUX NONNAINS. 
Madame de VilUcrs aux Nonnaius , en Latin, Villare feu Villarium, 
chât'^A Ma. fille de l'Abbaye de Citeaux, fituée dans le Hurepdx en 
à^me diBzi- l'i /Je de France , prés la Ferté j^lais, Villiers. dans fon prin- 

lon Grillon ,/,.*■ ^ T J i 

coadjutdce, cipe, ctoit une Maifon qui appartenoit aux pcohms dt 

■en Mars 1711. n • J 1 r ■ n fi 1 • • 

l'aYis de la ïUQjaim Jacques; mais comme ces Religieux, 
dans un de leurs premiers Chapitres généraux, refolurent 
de vivre dans une extrême pauvreté & fans revenus : ils 
cédèrent ce lieu, Ôc tout ce qui en dépendoit, à l'Ordre 
de Citeaux, qui y bâtit un Monaftere de Filles. L'Abbaye 
de Villiers eft de fondation Royale. C'efl dans l*Eglife 
de ce Monaftere que le Père AI enejlrier ^ Jefuite, décou- 
vrit le tombeau à'Jgnh de RuJJie ^ fcmmQ du Roy Henri l. 
Ce monument eft une tombe plate, donc les extrcmitez 
font rompues. La figure de cetce Reine y eft gravée, 
ayant fur fa tête une couronne, faite à peu-prés comme 
les bonnets que portent les Eledleurs : il y a un retour 
en demi -cercle, où commence fon Epiraphe, en ces ter- 
mes : Hic jacet Don^iina Jnrpesuxor quondam Henrici Régis , 
le refte eft rompu : 6>c fur l'au.tre retour on lit, eorum fer 
rnifericordtam Dei requiefcant in face. Ce fragment d'Epi- 
taphe fuffic pour réfuter quelques-uns de nos Hiftoriens, 
qui difent qu'elle s'appelloic Jnne \ & qu'ayant époufc 
en fécondes noces Raoul de Peronnê ^ Comte de Crejr)i & 

de 



Flor 



TlTUlAiiVES. 

M. Lcuzf. 
Uai. 

N. 

Uni. 
M. Scvin. 



Madame Pi. 
gray, le n. 
Novembre 
1711. 



DES Abbayes de France. S17 
de Valois y elle s'en recourna en liujjle , Ion p^iys. 

Prieurez d'Homme S' 

Saint Blaifedii Grand Pays, efl: de l'Ordre de faint 
Benoift ; 6c il dépend de l'Abbaye de faine Denis en 
France. Le Roy y norhme au lieu Oc place de TAbbé. 

Saint Sauveur de Melun, eft de l'Ordre de faine Au- 
gufliin, & uni à la Collégiale du lieu. Ce Prieuré eft en 
règle de Conventuel. 

Saint George de la Grange, eil de l'Ordre de faint 
Auguftin du ^^/ des Ecoliers. 

Saint Franchart, eft de l'Ordre de faint Auguflin, 2c 
uni aux Mathurins de Fontainebleau. 

Dimonne ou Anfourchu, eft de l'Ordre de Gram- 
niont. 

Saint Maurice de Sens , ou Vieuxpou, eft de l'Ordre 
de Grammont, ôc ficué prés de la Ville de Sens II a été 
fondé l'an 1171. par Dreux de Mellote^ Seigneur de Le- 
ches & d^f^nn Maurice ; Il y a fept à huit bons Solitaires 
qui font revivre dans leurs perfonnes le premier efprit 
de faint EJîienne de Grammont leur père. Leur Monaftere 
eft fort petit Ôc fort pauvre : ils ne vivent prefque que 
de légumes, ôc n'ufent que très rarement de poiflon ; de- 
puis la ToujJ^m jufqu'à No'el^ ôc depuis la Seftuagefime juf- 
qu'à Pâques , ils ne mangent ni œufs, ni beure , ni 
fromage. ...... 

Prieure' de Filles. 
. Dannemarie, eft de l'Ordre de faint Auguftin. 
EGLISES COLLEGIALES. 

Nôtre- Dame d'Eftampes, a douze lieues de Paris, 
fondée par le Roy Rfihcrt , pour un Chantre ôc dix Cha- 
noines. 

Nôtre -Dame de Melun, à dix lieues' de Paris, 
I Tome II. LLIU fuuée 



Florins 



TiruL'.iK^'^ 



8i8 Recueil général 

fiLuée dans Tille, ôc l'une des quatre que Charlemdgne a 
faic biicir, eft compofé d'un Chantre, 6c de fept Cha^ 
noines j l'A rchevêque de Sens n'a dans ce Chapitre qu'une 
Prébende à fa nomination. 

A l'égard des Doyennez, Chantreries, Prevotez, & 
vinsse- quatre Prébendes de fdtnt ^iriace de Provins \ 
desilx Prébendes du Château de Provins, ôc des vingt- 
quatre Prébendes de Nôtre-Dame de la même Ville \ le 
Roy &: l'Archevêque y nomment alternativement, & 
Ton peut voir l'article des Chapitres du Diocefe de Sens, 
qui ert après l'article de l'Archevêché de Sens^afin de 
ne point répéter ici les mêmes chofes. 



Florir.s Rcvcii. 




EVECHE" 



TiTUlAiHES. 



Abbayes DE France. 815? | | 







EV£CHE DE TPvOYES. 



M. Jacques r^-^ R O Y E S, CH latin , Trecen/7s ,vi\k capitale d.- la 
fuct^ Abbé de ^ Province de Champagne , quoiqu'elle n'ait a pre- 
Bcauvais, G fciit aucune prérogative au-deffus de plulieurs autres. Elle 
LV.cienEvc-.efl: de la quatrième Lionnoife dans l'exarcardesC^^/f';, ôc 
quedeTioi s. !(]^|^2 f^K jj rivière de Seine , où elle fe fépare , ôc fait 



1. hrançoiS r - j I. ' 

outhiiiierde IJI-J2 trés-lon^ue ïfle, a huit lieues de Bar-fur^Aubc ^z 12. 
tcur de Ja de Nogent-jurSeine ^ a iz de Langres^ à 3ide Dijon, & 



aci 



fur Seine & 
<' • Mainay. 



".ieTé'ieSor à 34 dc P^r/5. Troves eft unEvéché fufFragant de Sens 
deSeiiiVres''^^*^^^ k troifiémc (îécle 3 félon quelques Auteurs; cepen- 
o.deciicaux, j^j-jj. ç^^ pç £ç.^jj. pQJpjj; [^ fyjjj^ de ics Evêoues . iufqu'à S. 

D. dcTroics, ,4 r ^ ■ ^ ^ 1 ^ -» 1 

Prieur dePontZ.0;^^ , qul en 4i<î. aptcs faittt 0;ir5a eie un des plus célè- 
bres Prélats dcsG^«/f5, dans le tems qu'elles furent rava- 
gées par JmU y &:qui mouruten 478. (aint Prudence fut 
fait Evêque de Troyes au neuvième (lécle, fous Charles L 
Ci.t«x;f.. Qj_ielques Auteurs prétendent que l'Evcché de 
Troyes reconnoit (^lxïw^ Amator ^ qui vivoit vers l'an 340. 
pour fon premier Prélat , & on en compte 8i depuis ce 
Saint jufqu'â M. Boy'J/^ff, qui en eft aujourd'hui Evêque. 
L'Egliie Cathédrale de Troyes eft: dédiée à S. Pierre. Elle 
êfl: magnifique tant en dedans qu'en dehors. Son portail 
eft orné de plufieurs figures , ûc de bas reliefs très bien 
travaillez. Trois grandes portes en font la face, où se!e 
ve une haute tour quarrée , dans laquelle on voit une des 
plus grofTes cloches de Fiance. Enfin cette Cathédrale eft 
une des plus belles du Royaume, foit pour la grandeur, 
la largeur, l'élévation &: les ouvertures, (oit pour les orne- 
mensôc les (acrées Reliques qu'on y conlerve. Les prin- 
cipales font un morceau de la a'M/e C?'o/;tde8ou 10 pouces 
de longueur, avec les deux croifons, fur lefquelles i! y a 
deuxcmaux j où font gravés des caractères grecs qui en 

L Llll ij font 



^2.0 Recueil General 

TiTutAiREs, f^^^ f^^^ j^^ baffin, donc on prétend que Notre Seigneur 

Te fervic à la Cène, lorfqu'il lava les pieds à Tes Difciples, 
dans le fond duquel on voie un beau fmaragde , & autour 
on lie quatre vers grecs , qui prouvent fon antiquité î le 
crâne de faint Philippe Apôtre , dans un très-beau Reli- 
quaire, orné delà couronne du Comte Henry, Cette cou- 
ronne efl: d'or , enrichie de pierres precieufes , qui font 
toutes enchaflees dans une petite couronne ducale d'or. 
Le pied de fawre Marguenie en chair ôc en os , créspal- 
pable dans un riche Reliquaire d'or , orné d'un grand 
nombre d'émaux , qui reprefentenc la vie & le martyre de 
Ja Sainte. Le rochet dejaint Thomas de Cxmorheri y d'une 
toile très- fine fait en façon d'une grande tunique, fur le- 
quel on voit encore des endroits tachez de fa cervelle s 
quoiqu'il foitconfervé dans un lieu cres-humide, il ré- 
pand néanmoins uneodeur digned'admiration.C'eftdans 
l'Eglife Cathédrale qu'on voit la fepulture du fçavant 
Nicolas Camufat ^ qui en étoit' Chanoine- 

Le Chapitre de l'Eglife Cathédrale de Trojes eft com- 
pofé d'un Doyen , d'un Tréforier , d'un Chantre , d'un 
fous^Chantre, d'un Grand Archidiacre, des Archidiacres 
de Se^anne , des ^rcs, de Brienne &: de Margueries , de 
trente- fepc Chanoines , ôc de 4 autres Chanoines de la 
Chapelle de Notre-Dame. Les trente-fept Canonicats va- 
lent environ 600 livres de revenu chacune mais ceux de 
Notre 'Dame nQ(omç]UQ de 150 livres. Les Canonicâts font 
à la collation du Roy ,& de l'Evêque alternativement.- 

Le Diocefe âtTroyes renferme 371 Paroifles, & 5)8. 
Annexes, diviléesen 8 Ooyennezfous cinq Archidiacres. 

Lorique les Hveques de Troyes font leur première en- 
trée dans cette Ville , la veille de la cérémonie l'Evéque 
doit] venir à l'Abbaye d^ Notre-Dame aux Nonains , mon> 
té fur une mule ,qui rede à l'Abbeffe, il y pafFe la nuit, 
ôc le îit ou il couche , lui appartient. Le lendemain l'Ab- 
h-iVc le conduit dans le Chapitre du Mona(i:ere,le revête 

de 



Flurîns Revrn. 



Titulaires 



M.Bcr.ncî J< 



DES Abbayes de France. Su 

'defes habits Pontificaux, lui met la chappefur le dos, la 
mitre fur \a tête, ôc la croix en main , & en exige un fer- 
ment fur l'Evangile de garder les privilèges &: franchi- 
Iqs de cette Abbaye , &le Prélat en donne un a6te par 
écrie à l'Abbefle. Après cela l'Abbeffe le conduit au 
grand Autel de l'Eglife de l'Abbaye , où après avoir fait 
les mêmes cérémonies qu'elle a faites dans le Cha;'^itre , 
elle le prefente au Clergé , en s'adrefTant au Doyen du 
Chapitre , &: leur difant , F'oilà 'votre E^véque que je vous 
prefente. Enfuite le Prélat efl: porté proceflionnellement 
dans une chaife couverte d'un poêle, depuis l'Abbaïe de 
Notre-Dame jufqu'à la Cathédrale , par les Barons d' ^n- 
glure, àtpiintjufl y des Moulins ^Sc Rivière Banale de Adery 
fur Seine y & de Pouffey , lefquels étant à genoux lui ren- 
dent foi ôc hommage. Cette cérémonie a été conftamment 
obfervéejufcju'à François Bouthillierde Chavigny ^ qui s'en 
difpenfa,Iorfqu'il prit poffeflion del'Evêché de Trojes y 
qui contient lo Abbaïes. 

Le Chapitre de faim Efiienne efl: dans la ville de Troïes, 
Ôcj'en parle dans l'article des Eglifes Collégiales, après 
les Abbayes & Prieurés de ce Diocéfe. Le Chapitre de S. 
IJrhain efl: auflî dans la ville de Trojes y ôc j'en parle au 
même endroit. Celui de faint Nicolas dans la ville de Se- 
:(^anneenBrieQ([dQ la tondation des Comtes deC/?^w^^^«f, 
6c fon revenu efl: de trois mille livres pour 12. Chanoines, 
dont il efl: compofé, mais il n'efl: point de collation Roya- 
le. Le Collège efl: occupé parles Pères detOratoire y &le 
Séminaire par les Prêtres de la Congrégation de la A'hffon 
de faint LaT^oire. ... ... 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre de S. Benoist. j 

MOUTIER.S LA CELLE. 
Moutiers la Celle, en hùu yCella finùit P etriTreç-^nf . 
fituéeaune demie lieué de Troyes, dans uh lieu torr . 
recaeeuxôc mal làin. S'ain; Frobat \U\\i do Troycs b. ^ 



Floii 



(.éveil. 



ijoo 



^a~o 



flTULAjUl.' 



M. l'Abbé 
d'Anrin le if 
Aouft :7ii &: 
noT.mc j l'E 
véché dz Lan 
pr^s ca Avril 



8ii Recueil General 

ce Monnftere vers l'an 6^^. en un lieu appelle Vljlc Ger- 
maninue. Il fuL nommé d abord la Celle de jatm Frobert du 
nom de {on Fondateur ôc de Ion premier Abbé , puis la 
Cdle de faint Pierre ^ fous le nom duquel il écoit dédié s 
après la Celle de Bohtn du nom d'un Evêque de Troyes 
fon Bienfaiteur. Cette Abbaye conferve les Reliques de 
fatnt Frobcri y avec celles à^ jaint Bohin & de plufieurs au- 
tres Saints. Elle a donné à l'ordre Monaftique le grand S 
K^hert Fondateur de l'Ordre de Cneaux, ôc à l'Fglife le 
fameux Pierre de Celle , qui en fut premièrement Abbé , 
enfuite d^ faim liemt de Keims , puis Evéque de Chartres. 
Elle aaufTitirédu Monaftere de /^iwn772o«//fr l'Abbé Gau^- 
marus j qui aflifta au Concile de Clcrmont , & comme je 
crois, l'Abbé Bernard , qui fut élu à la perfuafion d'Al- 
bert Abbé de /Vlarmoutier. Quoique l'Abbaye de Moutien- 
ia-Celle ait conferve peu de choie de fon ancienne fplen- 
deur , l'Eglife néanmoins eft une des plus belles du Dio- 
cefedeToyes, ôc l'on eft fur-tout frappé de la beauté de 
fes vitres peintes. Toutes les figures qui font à la Chapel- 
le de la yier'ie ^ celle de fatnt pan fur la porte du collaté- 
ral, &: celle de r£crc Howô^qui eft dans le Cloître , font 
admirables Les Benedtclins de la Conc^re^ation de faim 
Faunes, y ont introduit leur reforme. Leur revenu eftde 
4000 livres, ôc pour l'Abbé. . . . . . 

MOUTIER R;AME'. 

Mouticr Ramé, ou Montier-Ramey , &: par corrup- 
tion Montiramé , en latin , Airemarum , ^^clMonajlerium 
Arremarenfe , aut Monaflerium Adremari , luuée en Cham- 
pagne, far la petite rivière de Barfe , à 4 lieues de Troyes , 
vers la ville de Bar-fur-z/ube , l'an 837- fous Louis le Dé- 
bonnaire y àc fondée par Adrcmar ou Arremar , dont elle 
porta le nom. Lecorps de/^/wf Ficlor^dïzS. Vtflre d'Ar- 
cis-Jur^Aube en Char^ipagne, fur enterré dans fa Cellule de 
Saîurniac ^i trois petites lieues decette Ville. Ilfuttraid- 

poité 



Florins 



Rcvci. 



1000 



80C 



DES Abbayes de France. 8z3 

porté depuis dans le Monaflere du AdanoirâeCorhon^ ap- 
pelle iVlonner-Rar/jey. Ce fut à cecce occaiionqueceSainc 
fut choifi pour Patron du lieu, Ôc iaint Bernard en acom- 
pofé l'Office, que nous avons dans Tes ouvrages. L'Eglife 
de Montier- Rar?i€ eà aflez belle , 6c les Benedtclins de la 
Congrégation defainr f^anne; l'occupent. C'eft de ("kî ont ter 
I{dmeyquéioit profésle fameux NtcoUs de CU:rvaux , 5c 
il en fortit pour fe faire Religieux à Clairvaux, Il fçut Ci 
bien captiver l'amitié Atfaînt Bernard , que ce Saint 
Abbé le fit fon Secrétaire , mais abufant de la confiance 
qu'avoit en lui un fi bon maître , il tomba dans les der- 
nier defordres, Se même dans l'apodafie. Après une chû^ 
te fi déplorable , il ne fie qu'errer jufqu'après k mort de 
faint Bernard , qu'il fe retira en fon premier Monaftere 
de Moutter-Ramé y où par fon adreife 6c la fubtilité de fon 
efprit, il fçut gagner l'amitié des Grands du fiécle. Heu- 
reux , fi par la pénitence il avoit feu gagner celle de Dieu. 

NESLE LA REPOSTE. 

Nèfle la Repofl:e , en latin , [mLla Maria de NigelU ahf- 
condita y fituée en Brie ^ près du Bourg de Villenoce. Il n'y 
arien de remarquable que le portail de l'ancienne Eglife, 
que les Benedtâins de la Congrégation de jaint f^annes ^qui 
pofledent cette Abbaye ont transféré à la nouvelle, &c que 
le Père Mahillon aeu foinde faire graver en fes Annales. 
Je n'ai point trouvé la fondation de cette Abbaye- 

Pelletier fait mention , pao^, ii^. d*Hne autre j4bbaye , jots 
le nom de Nèfle , de l'Ordre de 'faint Benoift > m.iis il »':;; 
yaile point dans la féconde partie de fon ouvrage , qui en efi 
hjjeniiel y ni dans la table s ce qui me fan croire qu il s^ejl peut- 
être trompé , ou que Cefl une faute d'émprejjion. 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre de Citeaux, 

L'A R I V O U R. 
M. de Vienne L'Arivour,ou Arrivour,ou la Rivour, en latin, Pj- 

p it n i ri um. 



Flo;,i. 



M.Gafte. 



Kcvcil. 



toûo 



IIOOC 



2C0 



lîOO 



8i4 Recueil General 

T.T.in-REs. p^y(QYfpJyi ^ Jepi Jrr^patortum^ Fille de l'Abbaye de Clair- Fioun^ 

p.uJcmcni'dc'^'=*«-^î (icLiée en C/;^w/7.i^/2f, dans le Village du même nom, 
^'^'"* à deux lieues de Troyes du côté de l'Orient , & fondée 

le lo ouïe 13 Avril {140. par H^r/o^Evêque de T'ro)'^^. S. 
Bernard y mit pour premier Abbé jUin ^ qui fut depuis 
E vêque à" huxerrey & après avoir gouverné faintement fon 
Diocefedurant quelques années, il renonça à l'Epifcopar, 
reprit les exercices de fon premier état,ôc voulut être en- 
terré à Clairvaux , lieu de ià profeflîon. L'Abbaye de La-, 
rivour ôc l'Eglifefont toutes bâties de briques 6c alTez bel- 
les. Le retable de l'Autel eft quelque chofed'admirablej 
il eft fait d'un jafpe de Venife. On y voit la vie de la FVfr- 
ge en bas lelief , d'un travail , qui femble furpafferl'arr. 
Toutes les figures font admirables, ôc il y en a, fi Ton en 
veut croire Girarâon ^{q plus fameux Sculpteur qui ait été 
de nos jours, qu'on ne payeroit pas leur pefint d'or. La 
Baluftrade de la Chapelle de faint Bernard & de la Cha- 
pelle fuivante font d'un travail prefque femblable.Onvoit 
dans un autre Chapelle un tableau de Mkhel Jnge ou de 
Ra^haèli c'eftune defcente de la Croix, où hfainteFier» 
ge paroît aufli morte que fon fîls,&: trois autres femmes 
avec des attitudes différentes. Les chaires du Chœur ref- 
fententla fimplicité du tems de faint Bernard; auffi bien 
que Tancien Dortoir. Les Manufcritsde cette Abbaye ne 
font pas en grand nombre, mais ils font affez bons. . . 



^cveiv 



BOULENCOURT. 

M. Gardian Boulencoutt , OU Boulaucour, en latin , BulencurU.Jeu 
leacc." "^ ^' Ballencuria y aut Burlcncuria y Fille de l'Abbaye de Qlair- 
vaux, CituQc en Champ^igrje y à. dix lieues de T'n^e^ , & fon- 
dée le 4 des Nones de Mars 1 1 4 9. pour des Chanoines 
Réguliers, qui la cédèrent l'an 1149. D'autres difenten 
11)1. à faint Bernard. H y avoittout proche un Monafte- 
rede Filles, où Tondit, quQ famte Afceline coufine ger- 
maine de faint Bermrct ézoïz Religieufe , aujourd'hui il 

n'y 



IJOO 



tfooo 



TlTUtAtRES, 



Dn;n Fit 

ÎLiberc. 



DES A BB A A ES DE FRANCE. 81.5 

n'y a plus qu'une grange & une petite Chapelle. L'Ab- j^^*""'"' 
baye de Boulencourt éroic autrefois fi confiderable , qu'on ' 
y comptoic environ deux cens Religieux , ôc rAbbc de 
Cicurvnux fut obligé de réduire ce nombre à celui de cent 
Soixante î ôc aujourd'hui il n'y a que cinq Religieux , & 
fouvenc ils ne font que trois. Grand Dieu quelle meta- 
niorphofe 1 On voit dans l'Eglife du côié de l'Evangile 
le tombeau de fdinte Afceline fait en forme d'autel, fur le- 
quel on ditla Mefle. Un peu plus bns du même côté, il y 
a un autre tombeau élevé. Du côté de l'Epître on voit le 
fuperbe Maufolée qu'El/on d' Amoncour Ahbé de Boulen- 
cour, fe fît bâtir de fon vivant, &c qui pafle les bernes de 
la modeftie, que doit avoir un Abbé en cette rencontre. 
Il y aplufieurs autres tombeaux. Cette Abbaye rapporte 
3000 livres aux Religieux, ô^à l'Abbé 5000 liv. 



Monficur Do 
Cliaroinc de 
Tiovcs. 



R A M E R U. 

Rameru, ou la Pieté-lez Rameru, en latin, Pietas No- 
Jira Dominée de Rameru , feu Ramerudenfe Adonaflerium , aut 
Ramerucum O" Ramerudum , Fille de l'Abbaye de CiteauXi 
fituée en Champagne dans le Bourg du même nom, fur la 
rivière i'Auhe entre Vhry~le-François t9*Troyes , prefque 
à pareille diftance de l'une Se l'autre Ville*, c^eft-à-dire , 
à fept lieues, & à cinq quarts de lieuè's d'Arcis vers le le 
vant. Rameru eft célèbre par le martyre 6c le culte de S. 
Bauflenge. Cette Abbaye fut fondée par ErardConuQd^ 
Brienne, ôc Philippe de Champagne fa femme, pour des 
Filles en ii6o. &c elle fut donnée a des Religieux du me 
me Ordre en 1440. D'autres difent en 1490. Cette Ab- 
baye efi; reformée &: régulière. .. . . . 

RECLUS. 

Reclus, ou le R eclus, en latin , Nojlra Domina de Reclu- 

fo y "vel Reclufwm , Fille de l*Abbaye de f^auclair^ fituée en 

Champajne , & bâtie par faint Bcn^ard, nu commencement 

Tctric l î, M .V: rr. ni m di; 



Revfr4 



140 



) :oo 



100 , aooo 



g'2(j Recueil général 

TûaïAiREs jjj douzième fiecle. Henry Comte de Champagne la dota 
en 116^. D'autres difent qu'elle a été fondée le (> des Ides 
de Janvier 114Ï. Il y a la reforme. . . , 

SELLIERES. 

M. F;j^çojs Sellieres , en latin , Si^ilUria , Saleria , feu Scelerta , Fille 

Bouthillicr de ' ' g ' 'J ' 

chaviguy an. dc TAbbave de loiiy \ d'autres difenr de Vonttrny , fituée 
dexroycs. en Chsmbagne , près dQPont-far-Semey ôc fondée en ii6y. 
L'on trouve dans cette Abbaye un Antiphonaire, à la tê- 
te duquel efl: le traité du chant compofé par S. Bernard^ 
Cette Abbaye vaut zooo liv pour les Moines, & 4000 
liv. à l'Abbé. . . . . . . 

AbB d'Hom. de L*OllDRE DE S. AuGUSTlN. 



M. de Monte - 
ooy. 



M. BoutKil- 
lier de Chari- 
gny Archcvê- 
(jue de Sens. 



CHANTEMERLE. 

Chantemerle,en latin, deCantumeruU, fituéeen Cham- 
pagne ^ à douze lieues de Troyes ,ôc à trois lieues de la ri- 
vière d'Aube, où elle tombe dans la Setne. Cette Abbaïe 
a été fondée l'an u6^. Se les Religieux ont été transferez 
dans l'Abbaïe i^jatm Loup de Troyes, Ilya la reforme à 
Chantemerle, . . ..... 

SAINT LOUP. 

Saint Loup , en latin , fanéîus Lupus Trecenfîs ^ fituéeen 
la ville de Troyes. C'eft une des plus anciennes Abbaïes 
de cette Ville , & elle fut donnéeen 1104. aux Chanoines 
Réguliers. On y trouveunefortbelle Bible en trois grands 
volumes d'environ (^ooans, un texte des Paralipomenes ôc 
des Machabées , écrit en lettres lombardes, il y a près de 
mille ans, un très-beau Pontifical , un traité de S. y^mo^ 
yttn Archevêque â^ Florence pour l'inftiu^lion des Con- 
feffeurs, dont le Prologue commence par ces mots \ Defe- 
ccrunt fcrutantesfcrutmio.]c doute (]UQ cetouvragefoit im- 
primé. L'Eglife de l'Abbaïe de faint/^o^/^ efl: très-belle &: 
d'une fl:tud:ure fineuliere; elle efl: en forme de croix , 
lous iQs croifonsfont demêmieerandeur oc de mêmefor- 

me 



Florins 



iSo 



Revea. 



)00» 



100. 



400* 



ito 



100 o» 



desAbbayesde France. 2lj 
T< rut AIRES, j^g^ Le grand Autel, lorfqu'oii découvre les Châfles de 
faint Loup, de fair,t Commelfen y à^fuim^ inehaud efld'u- 
ne magnificence achevée; mais ce qui en faic le plus bel 
ornement, c'cfl: le chef de fiint Lonp. Il eft d'une gran- 
deur furprenance, d'une matière crés-riche Se d'un tra- 
vail immenfe. LesornemensquifoncdelTus, ne cèdent en 
rien au refte , 6c l'on eftime un feul rubis plus de loooo 
livres. Xesémauxqui fontautour^ font d'une beauté 6c 
d'un prix qui ne fe peuvent payer. M. le Cardinal de 
Bouillon f. l'ayant vu , avoua qu'il n'avoit rien vu de (\ beau 
en Italie *, ôc Ton dit que looooo livres ne lepayeroient 
pas, 6c cependantc'eft l'ouvrage de NicoUs Frejot y Abbé 
Régulier de^ cette Maifon , qui n'étant que fils d'un fim- 
ple Maréchal de Village, s'éleva par fon propre mérite 
à cette dignité. Pour y conferver l'humilité d>c avoir tou- 
jours devant les yeux fa première condition, il prit dans 
fes armes trois fers de cheval, 6c pour que fon Abbaye 
ne tomba pas en commande, il larefîgnaà^un Religieux, 
de fe retira dans une Cure de Cumpdgne , où il vécut en- 
core fort long-tems. Il eft enterré a faint Z,o;/^, où l'on 
voie fur fon tombeau un cadavre à trois pieds de terre 
rongé par les vers, d'un travail ineftimable. L'Autel de 
faine /^Hguflinyoxi fon Baptême par fiint Jmhroife eft re- 
prefenté , eft admirable; mais la figure de fainte Moni- 
qiie qu'on y voie , eft fi bien faite , qu'il ne lui manque 
que la parole. Il y a dans la Sacriftie une petite table de 
porphyre , fur laquelle on prétend que faint Loup a dit 
la Mefle^ôc l'on y voit fon étole,fon manipule 6c quelques 
autres de fes ornemens. Les premiers Chanoines I{egu tiers 
de S. Loup furent tirez de l'Abbaye de S. Aictnin , qui eft 
auflîpoftedée par les Pères de la Congrégation de France y 
dite de fainte Geneviévey qui ont à S.Z^cf/^ 3000l.de rente. 
SAINT MARTIN DES AIRES. 
Saint Martin des Aires , en latin, Sanclus Maninus de 
AreiSyJeu KdriSy fituée dans la Ville de rr^r)^^, 6c pofledée 

M M m m m ij par ' 



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OlilîS 



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82.8 '^^^^ Recueil général 
TiTut.MRi». par les Chanoines Réguliers de faim huguflin de la Congre- 
galion de France, dite de [aime Gene-viéve, qui ont environ 

1100 livres. Je n'en ai pas trouvé la fondation. 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre de Pre'montre*. 
B ASSE-FO NT AIN E. 
AKhidfacrr' BafTe-Fontaine, en Latin, Bafjacum, jeu BafJus^Fons, 
cha.onei: fituée fut Ic bord de la rivière d'Aube en Champagne , 
He rioy.s, a quarante iieucs de Pans, 6c rondeel'an w^^.'osiï Psautier ^\ 
1710." ^^ Comte dcBricnne. Il y a d'ordinaire fix Religieux quiprc ! 
tendent avoir un doigt de faint Jean-Baptifie, auquel en ! 
a grande dévotion dans le pays. Les Religieux ont pour» 
eux 1300. livres, Ôc l'Abbé looo-- livres. 

B E A U L I E U. 
DoSem''d'e°" Bcaulieu , en Lu\n y Bellu s Locm, (îtuéeen Champagne, 
sorbonae. ^ deux lïeuës de Bar^fur-Juhe ^ fur la rivière d'Aube, à 
quarante-trois lieues de Paris. Ce n'éroit anciennement 
qu'une Chapelle abandonnée, qu'on sl^^qWo'h faim Ad arc ^ 
èc c^iïOsbert àc Jlard y Prêtres, demandèrent à Philippe, 
Evêque deTroyes, pour s'y retirer & y mener une vie 
plus parfaite, Tan un. Ils fuivirent la règle defaint Au- 
guftin^mnis en 114c. ils re(^ûrenE la reforme de Prémon- 
tré. Cette Abbaye €il: régulière, & vaut environ 5000. liv 
de rente, tnnt pour l'Abbé que pour les Religieux. 
LA CHARELLE AUX PLANCHES. 
M.Bourfaut La Chapellc aux Planches,, en Latin, Capetla adPhji- 
cas Beaitie Maria , ftu ad ajjercs , fjtuce en Champagne , a 
deux lieUës deTroyes , prés le Bourg de Brienne, a qua- 
rante-huit lieues de Pans, &: fondée Tan 1147. ^:lx Simon 
de Beaiifort : elle vaut aux Relisrieux autant ou'à l'Abbc 
2Ç00. livres. .... . . 

Abbayes de Filles de l'Ordre de S. Benoist. 

NOTRE-DAME DE BRICO. 

N. Nôtre-Dame de Brico, ou Notre-Dame de Sezanne; 

transférée dans la Ville de Sezanne, fur les confins de la 

Champagne, à dix lieues de Château -Thierry, à douze 

de 



Florins Revcn. 



600 



DES Abbayes de France. Sip 

Titulaires, jç Troyes , & vingt - quatre de Paris. 

NOTRE-DAME DE TROYES. i 

Midâinc Nôtre-Dame de Troyes, en Latin Beata Maria Trecen- 

d'Arcft. yj"^^ fîcuéc dans la Ville deTroyes en Champagne : elle eft 
fi ancienne qu'on en ignore la fondation : elle a de beaux 
droits , comme à l'entrée de l'Evêque de Troyes j & l'on 
peut voir ici l'article de l'Evêché de Troyes , afin de ne 
point répeter ce que j'en ai dcja dit. Le Pape t^r/^^/w IV. 
a efté bciptizé dans cette Abbaye, 6c Ton père y a été en 
terré j ks os font dans une caifle au Chapitre. La Conv 
munauté efl: nombreufe, &c jouit au moins de 
LE PARACLET. 
îvtaaKnc Je Le Paraclet OU Paraclit, en Latin, Paraclhus , fituce 

Il iiochcioi- gj^ Champagne, à dix lieues deTroyes, Se à une deNo- 
genc iv.r Seine, vers le Nord, lur le chemin.de Paris , 
& fur 12 ruitTeau d' y^rduc çj^uï paflè au travers. Ce Mona- 
llere Joit Ton origine à Pierre ÀbaiUrd, le plus bel efpiir 
de fbn fieclc, &: leplusperfecuté -.il obtint enfin de TÀb- 
bé i^faint Denis, fon Supérieur, permiffion de fe retirer 
en quelque lieu folitaire j &: il choifit dans le Diocefe de 
Troyes une folitudeaflez agréable, oii il fe bâtit un Ora- 
toire, fous l'invocation de \àjdinte Triniié - i! fut enluite 
agrandi par. les Ecoliers de cet habile Maître, qui atti- 
rez par fon efi:>rit accouroient de routes parts , pour pro- 
fiter de fes inftrudlions , comme il s'en explique lui-même. 
Abailard donna à ce lieu le nom de Paraclet ^ pour con- 
ferver le fouvenir des confolations qu'il avoir reçu dans 
ce defert. Snober ayant chafle dû Monaftere a^r^cnteuil 
les Reiifneufes; Eloïfe^ qui en étoit Supérieure, fe retira 
avec fes filles au Parader , que faint Bernard Se ptinr Nor- 
bert obligèrent Abailard de leur abandonner. Le Pape 
Innocent IL confirma cette donation en l'année 1131. Se 
Eloïfe s'y étant établi avec fesReligieufes, en fut la pre- 
mière Abbeffe. A'LîiLird fe retira à Clunj pour y faire 
pénitence des troubles qu'il avoit caufcz dans l'Eglife , 

ce 



Florins 



Rcvcn. 

6 000 



lOOOO 



830 R ECU E I L G E N E R A L 

TxTuiArRBs. ^ j[ tnouruc réligieufemenc au Prieuré de faint Marcel 
de Châlons fur Saône i on Pierre le vénérable Abbé de 
Cluny y l'avoir envoyé, comme dans un air plus pur 5 
mais qui ne fut pas capable de lui fauver la vie : Il y fut 
enterré, ^ j'y ai vu fon tombeau 9 mais Eloïfe y qui ne 
pouvoit fe réparer d'un homme qu'elle avoit trop aimé, 
pria l' Abbé de Cluny de lui envoyer fon cadavre"*, ôc Pierre 
le Fenerable eue pour elle la complaifance de le tirer de 
fon tombeau de de l'envoyer au Parader, Il fut dabord en- 
terré en l'Oratoire i^faint Denis , qui étoit apparemment 
la première Eglife du Paraclety qvC ^L-aiUrd ^cpi étoit Re- 
ligieux de faint Denis , avoit fait confacrer en l'honneur 
de ce faint Martyr, ôc qui ne fubfîfte plus aujourd'hui. 
De cet endroit il fut tranfporté dans l'Eglife, il y a en- 
viron deux cens ans, &c mis avec Elïfe dans lin caveau, 
devant l'Autel de la Trinité , qui eft derrière le Chœur, 
des Religieufes, fous les cloches, où ils n'ont aucune 
épicaphe. Quelques perfonnes d'efpritayantvû cet Autel, 
& remarqué que la figure de la Trinité étoit d'une feule 
pierre '> qu'on y voyoit les trois perfonnes fous la forme 
de trois hommes de même grandeur , ôc de même paru- 
re, avec cette diftinclion que celui du milieu avoit fur fa 
tête une couronne d'or, avec cet écriteau en main, FtLus 
meus es /«. Celui de la droite une couronne d'épine fur 
la tête, &: en main une Croix, avec cette infcription : 
Pater meus es tu -, & celui de la gauche, une couronne de 
fleurs avec ces mots : IJtriuJqiie Ipiraculum ego fum 5 au 
lieu qu'aujourd'hui les Peintres nous reprefentent la Tri- 
niîé fous la figure d'un vénérable Vieillard, qui a devant 
fes pieds un Crucifix, & de la bouche duquel il fort une 
colombe. Ces perfonnes, dis-je , ayant remarqué cela, 
confeillerentà TAbbefFe d'ôter cette pierre de l'endroit 
où elle étoit , & de la remettre dans un lieu où elle pût 
être vue de tous les Etrangers qui viennent au Paraclety 
&z qui n'ont ni la liberté, ni la permifflon d'entrer dans 

l'intérieur ' 



Florins Rcyea, 



\ 



DES Abbayes de France. 831' 

TiTULAiRBf. I*interieur du Monaftere. Ce qu'elle a exécutée depuis 
peu d'années, la fliifanc transférer dans le Chœur des 
Religieufes aflez proche de la Grille, d'où Ton peut fa- 
cilement la voir. On a mis une infcripcion au bas, qui 
femble faire connoître qu'en transférant la pierre , on a 
auflî transféré au même lieu les cendres à'^Jbailard 6c 
à'Eloïje i ce qui, fans doute, jettera avec le temps plu- 
fieurs perfonnes dans Terreur i car on n'a point touché à 
ces deux corps , qui relient fous les cloches dans leur 
caveau. Il n'y a aucun vertige d'antiquité dans l'Abbaye 
& dans l'Eglife du Paradet \ & c'eft en mémoire d'EloïCe, 
fçavante en Langue Grecque , que les Religieufes de cette 
Abbaye ont accoutumé de faire l'Office en Grec le jour 
de la Pentecôte yoù. elles chantent à Tierce fept fois la pre- 
mière ftrophe de l'Hymne l^eni Creator ^ cinq fois a Sexte, 
ôc crois fois à None. Eloïfe gouverna Ôc édifia long-temps 
cette Maifon, qui efl: nombreufe ôc trés-réguliere ; 6c 
elle mourut en 116^, 

La Vie de ces deux Grands Perfonnages eft écrite par 
Dom Gervaife, ancien Abbé de la Trappe, ^ les vé- 
ritables Lettres qu'ils fe font écrites, imprimées en La- 
tin àc en François par les foins de M. l'Abbé Richard, 
Cenfeur Royal. Elles décruifent entièrement celles qui 
ont été données au Public par les faifeurs de Romans 6c 
les libertins. 

Absayes de Filles de l'Ordre de Citeaux. 

LES P R E Z. 

WaaimcAr. Les Ptcz, OU Nôtre- Dam.e des Prez lès-Troyes, en 

dame 'dcCou]' Latin , Prata , fùu Bear a. Maria de Pratis ad Tncas y filles 

îr*Sy'coa^/)u."^^ l'Abbaye de Ciervaux, fituée prés de Troyes enCham- 

trkc,cin7io.p^trne, où clle a eflé fondée l'an 1131. d'autres difentl'an 

1130. par Ejîienne de Cijamp-Guyon ^ de Camt>o Gnidor^iS ^ 

en fa Grange de Chkhcry i ce qui fut approuvé la même 

année par Kohrt , Evcque ai: Troyes. Cette Abbaye efl:' 

compofée 



Fioi;nsR.cy««. 



cSjl R E C U E ï L G fe N E R A L . 

:^u.;:^Ks- coaipofce Ordinairement dc vingcciiiq Religieufcs ^ quoi- 
que le revenu foie très modique ,' 2c elle a eflé unie à l'Or- 
dre de Cneuux en 1135. ce qui prouve que la première 
date de la Fondation ell la plus fure, à moins que cette 
union n'ait efté faite plufcard. 

Prieurez d'Hommes de l'Ordre de S. Benoit. 

N. Notre-Dame de Grâce près de Moncrnirel, efl: un 

Prieuré de l'Ordre de faint Bt-noifl ^ ôc ci-devanc Abbaye 
de filles. 
M.Boutiiîicr Marnay, Prieuré de l'Ordre de faint Benoifty le Roy y 
/rche^^è.iaè^' nomme au droit de l'Abbé de faint Denis en France. 

de S-ns 



N 
N. 

Uai. 



N. 

N. 

Uni. 



Fîorins 



'<eveu. 



N. 



Le Char-Dieu j ou Char-Dieu. 

La Vau-Dieu , eft de l'Ordre du V^al des Ecoliers , d'au- 
tres dl(enc du Val des Choux. . , . 

Notre-Dame en l'Ifle deTroyes, eft de l'Ordre de 
faint Auguftin , ôc uni à l'Evêché de Troyes. 

Choi(eul,eft du l^al des Ecoliers. 

L'Hermitaf^e eft de l'Ordre de faint Auguftin. 

Le Jardinet, prés Pleurs, autrefois Abbaye de filles, 
& maintenant Prieuré d'hommes, & annexé à l'Abbaye 
de Jouy. . . .... . . 

Marcheret', Macheru ou Macheroux, en Latin, de 
Marcl/ereto, eft de l'Ordre de Grammont ; cetoit autre- 
fois une Abbaye, &: elle eft unie à l'Evêché de Troyes. 

EGLISES COLLEGIALES.. 

Saint Eftienne de Troyes i après la Cathédrale de 
Troyes, la Collégiale de faint Eftienne eft la plus confi- 
derable : elle fut fondée pour cinquante Chanoines par 
le ComteHiTwrj^quiy afon tombeau au milieu du Chœur, 
dont Touvr^ee eft admirable. Le Jubé de cette Eelifeeft 
fur tout eftimé dzs connoiflTeurs : on y voit quatre figu- 
res qui font d'un très-beau travail. Le Tréfor n'eft pas n 
coniiderable pour le nombre des Reliques > mais pour les' 

richciTcs, 



lOOO 



tioo 



400 



400» 



8000 



DES Abcayes DE France. ^^^ 

TiTuuîKEs. jicheflesj il y en a peu en France, je ne dirai pas c^iii le 
furpafle , mais qui l'égale ou qui en approche : on n'y voie 
qu'or &: pierreries, qu'agathes, rubis, copafes d'unegrof- 
feur merveilleufe, & taillées avec cane d'adielK" , qu'il 
efl difficile de l'exprimer. On y voie plufieurs Textes 
couverts d'or, ôc enrichis de pierres précieufes de diver- 
ses couleurs j mais fi bien placées, qu'on diroic que ces 
couleurs ont efté mifes exprès pour l'ornement de l'ou- 
vrage On y voie des Croix d'or omées de même manie 
re; le Pfeautier du Comte Henri y écrit en lettres d'or, 
d'un caradlere qui a plus de huit cens ans. L'Autel de 
porphire de faine Martin , large d'un pied & demi, & 
long d'environ un pied, ôc orné d'une bordure d'or, & 
de pierres précieufes ; une patène faite fur le modèle de 
l'ancienne patène de fdint Martin , qui écoic creufe & 
d'or, laquelle fut vendue avec fon calice d'or pour la 
rançon de François p-emier: une Chakible auflî ancienne, 
qu'on prétend être du même faine, ce qui me femble un 
.peu douteux i car elle neparoîtpas avoir le caradere d'une 
fi grande antiquité. On démandera, peut-être, comment 
l'Autel jle Calice ôc la patène de faim Adartiriy ont pu ve- 
nir à Troyes : on peut répondre à cela que les Comtes de 
Champao-ne étant auffi Comtes de Blois ôc de Toumine ^ ils 
ont pu facilement les avoir de l'Abbaye de Marmoutierôc 
de l'EglifedeTo;/rij qu'ils les ont premieremenr gardées 
dans leur Tréfor , 6c que le Comte Henry les a enfin don- 
nées à fon Eglife de Jaint Eftien-ne , qui n'eft pas feu- 
lement riche en or. ôc en pierres précieufes, mais encore 
en Manufcrits. Le^ principaux font les Epirres de faint 
Jtio^nflin^ ks Livres de la Cnê de Dieu, de de hTrinitr, 
ùs Homélies ôc (es Sermons ^ faint Jérôme fur i/^i/e, Jere- 
mic, Ezechiel &c Daniel. Deux volumes des Sermons de 
faint Bernard j les Livres du iouverain bien àz faint Ifi- 
dore. Jlcuin fur les Vertus i rHiftoire Ecclefiaftique 
à'Eufehe de la verfion de K'if.n \ l'Hiftoire de Ficculfc, 
Tornc I L N N n n a la 



Flori. 



Revec; 



S34 Recueil General. 

TiroiAiR.s. laXripartite, &: le relie. Il y a dans cette Collégiale huit 
dignitez ô: cinquante-fepc Prébendes, toutes à la nomi- 
nation du Roy, excepté le Doyen qui efl: eledif. 

Saint Urbain de Troyes eft l'ouvrage du Pape t^r/^^/w IV. 
qui étant né à Troyes, la fit bâtir pour douze Chanoi- 
nes dans fa maifon paternelle. La mort de ce Pape Tem- 
pêcha d'y faire tout le bien qu'il s'étoit propofé : elle 
eft pourtant exempte de la Jurifdidion Epifcopale, & im- 
médiate au faint Siège j il y a deux dignitez èc neuf Pré- 
bendes à la nomination du Roy, d>c du Doyen de cette 
Eglife à l'alternative i ôcle Doyen eft eledif. 



Florii.s 




EVECHE' 



DES n a h A\ ÏL b U h rKANCE. 



TlTUlAlRE'-; 



«3) 

EVECHE D'AUXERRE 

M. chuics \ U X E R R E , en latin , JmîIJiodoreKfïs , feu Jliif' 
fteideLevisac XjL Jiodorenjis y Ville de Ja c|uatricme Ltonnoije ^ &: de 
cayTus^DoL l'exa rcac des Gaults fur Ylonne en Boio-gogne^ ôc Epifcopa- 
'k>'t'iede^aFi- '^ ^^^ï'^t l'^f^ 304' ^o^s la Mecropole de Sens qu'elle a luù- 

cuhcdcpans, jours rcconnu. y^uxerre efl ficuée fur le penchant d'un 

& «hb^d.s,* , a r ] il 

icandeLion, coceau , la hgure eit prelque ronde > car elle a iioo pas 

n.it.^ ■ ^^ de long> fur mille de largeur, &c elle eil à 40 lieues de 
Paris. De beaucoup de Prélats que la Ville d'Auxerre ho- 
nore d'un cuite public, comme fes Evêques , il y en a fix 
donc la Fête arrive au mois de Aday. Celle àc ftiitn ÂmA- 
leur q(ï le premier A^ay j celles dQ faint P'^alere Scdcfaint 
Valerten enfemble le G May. Celle dQ falnt HtlUde le 8 
May i celle de faim Aiarcellin le 13 May , &: celle àz famt 
Peregrtn premier Evêque d'Auxerre le fciziéme jour de 
May. Il fut envoyé de Rome en 261. par le Pape Sixte II. 
ôc martyrifé (ous ^urclien. En 173. S, Germain né à Juxer- 
re du cemsde Tbeodoje , premier du nom , fut Gouverneur 
de la Ville fous Hononus. Il en fut fait enfuite Evéque 
Tan 418. après la mort de faim Jmateur y de mourut à Ka~ 
'vennes l'an 41J.9. Son corps fut rapporté a Auxerre. Saine 
Eleuthere fut fait Evéque d'Auxerre depuis l'an 531. juf- 
qu'en 5^1. & il mourut en 605. Du tems deTEpifcopacde 
S.Junaire vers la fin du fixiémeliécle,rEvêché d'Auxerre 
confiftoit en fepcAbbaïes, ÔC37 Paroifles. L'Evéque eft 
Chanoine honoraire de l'Eglife de [aint Martin deTours, 
Le Diocefe d'Auxerre 3 dans lequelilya fix Abbaïes ren- 
ferme 138 Paroifî'es , qui dépendent des Archidiaconnez 
d Auxerre , de Puifaye , de S. Prix •> & de l'^ar/i. 

La Cathédrale dédiée à faine Efltenne, eil aflTez belle, 

NNnnn ij mais 



Florin.' 



^cvci. 



83^ Recueil General 

.TiTui.AiMs.j^^^J5gj]g j^'^ rien d'extraordinaire. Elle a une haute tour , 

diverfes Reliques , ôc un fore beau Chœur , de le Palais 
Epifcopal eft un des plus beaux qu'il y aie en France, Le 
Chapitre avoic autrefois le Prévôt à fa tête, mais Giry de 
Noyers ayant été fait Archevêque de ^"^«5 en 1i77.il fit an- 
nexer la Prévôté à la Menfe Capitulaire. Il y a prefente- 
ment un Doyen, élu pat le Chapitre, ôcil porte la Robe 
violette de le Rochec, & a fuccedé au Prévôt, Les autres 
dignitez font le grand Archidiacre Se le petit Archidia- 
cre, un Tréforier , un Pénitencier, ôc 52.Canonicats,dont 
le revenu efl; année commune de 250 livres. Le Doyen , 
Je Chantre ôc le Tréforier jouiflent chacun du revenu de 
deux Prébendes, 6c le grand Archidiacre à 300 livres de 
revenu outre fa Prébende. Les dignitez ôc lesCanonicats 
font à la nomination de l'Evêque. La tradition veut que 
ce Chapitre aie eu des biens confiderables , &c qu'il fe foit | 
ruiné à la pourfuite de plufieurs procès, entr'autres d'un 
qui commença fous l'Epifcopac du fameux Amiot, pour 
faire ôter aux Chanoines une Bordure d'Hermine qu'ils 
avoienc au bas de leur habit de Chœur. Le Chapitre fe 
partagea fur ce différend , &c l'on donna aux Chanoines] 
les noms de Borde^ou de Déhorâc^^ fuivant le parti qu'ils 
i fuivoient. Par Arrêt du Parlement de P^r/i, les Bordez j 
perdirent leur procès, quoique leur prétention parût fon- ] 
déefurles ftatuts du Chapitre. L'on prétend que cefenlj 
procès leur coûraplus de 80000 livres. Le Comte d'Au- 
xerre, ou celui qui le reprefente , les Barons de Donxy , 
de faint Fraw , ôc de T0//9', relèvent de l'Evêché , Si doi- 
vent hommage à l'Evêque. Ils portent le dais le jour de j 
fon entrée folemnelle, ôcportoient mêmcce Prélat dans ^ 
un fauteuil, depuis l'Eglife de/î/;?? Germain jufqu'à laj 
Cathédrale, ce qui na pas été obf^rvé aux entrées des 4 
derniers Evêques »Sous IçsCarlovingienSyh Comte d'Au- 
xerre, qui avoir alors aurane d'étendue que le Diocéf^, 
fut donné par les P^ois à l'Evêque ôc à la Cathédrale de | 

faini: [ 



Fi or il 



Kcvcn. 



nfa 



DES Abbayes de France. 857 

Ti-r^-^^^-^^^J^amt EJÎienne. Les Evêques donnèrent en fief plufieurs 
grandes Seigneuries , comme Gien ôc Don^y , à divers 
Laies, ôc Auxerre même^à la charge que fes Seigneurs fe- 
roienr tenus de faire foi &c hommage a ces Prélats. Ce fut 
à ce titre que Lamhy Comte de Neuers fut premier Com- 
te propriétaire d'Auxerre , fous le règne de Robert, ôc 
l'Epifcopat à^Hugues de Chalon , au commencement de 
l'onzième fiécle. Il feroit trop long de rapporter iciccm- 
ment le Comté d'Auxerre efl venu à la Couronne, mais 
on n'a point dédommagé l'Evêque d'Auxerre Seigneur 
dired 5c féodal de ce Comté , a qui le Roi ne pouvoit 
rendre le devoir de vailal.Ilnerefleplusà l'Evéque d'Au- 
xerre , qu'une feule marque de fon ancienne fuperiorité 
fur le Comté d'Auxerre , qui efi: jque lorfqu'il fait fon 
entrée folemnelle, le Procureur du Roy, comme oremier 
vafïaî de l'Evcciiéjaideà porter l'Evêque jufqu'a ia chaire 
Pontificale. Les Comtes de Cbatelus joùifient des fruits 
d'un Canonicat de cette Eghfe, toutes les fois qu'ils alli- 
fient au fervice, foiten habit ôc furplis, s'ils veulent, ou 
fans furplis , ainfî qu'il plaît aux Seigneurs de Chatclus. 
Cette conceîlion fut faite à CUvJe de Be^uuo/r , Seigneur 
de Chatelus le ï6 d'Aouft 1413. en reconnoifîince de ce 
qu'il avoit remis au Chapitre de fiinr Eftienne d'Ji^xerre 
la Ville de Creiant^ qu'il avoit défendue contre certains 
voleurs ôcrobeurs, l'an 1413. • 

Je ne parle point ici des autres Chapitres, comme de 
Toupj ^ de Pougny j de F^ar^y, de Don^iyy de Cojne , de S, 
Fargean èc de N,D. de la Cité, parce qu'ils ne font pas de 
nomination Royale, Je dirai feulement que TouJ^j eil une 
des Baronies qui doivent foy & hommage à l'Evéque 
d'Auxerre, à caufe de la tour de Far^y , bâtie par Gau^ 
dry quarante -quatrième Evéque d'Auxerre. Il y a dans 
Auxerre huit Paroifles 6: plufieurs Couvens de Relip-ieuTC 
^ Religieufes, & les Pères de faim La-zjirey goovernencfj 
le Séminaire Epifcopal. Outre cela l'on comDtecinqAb | 

bayes 



Floiiiii 



acvci 



838 Recueil General 

TiTuiAiREs. b^yes J^^ns la ville d'Auxerre , qui (om faim Germain y 
faint Marieriyfuint Père ^ ôc celle des Ijles^èc de S. Julien ^ 
dont je parlerai plus au long dans leurs articles, à la fuite 
de celui-ci. L'Evéque d'Auxerre a dioic d'aflifter en Ca- 
rnail ôc Rocher aux Etats de Bourgogne , qui fe tiennent 
ordinairement tous les trois ans, &: il fiége après celui de 
Chàlons y {ans pouvoir le précéder , ain(î qu'il efl; porté 
par l'Arrêc d'union du Comté d'Auxerre aux Etats Géné- 
raux du Duché de Bourgogne, L'Evéquede J</^co«aformé 
quelques conteftations contre celuy d'Auxerre , pour la 
préféance, & l'affaire n'eft pas encore réglée. L'Évéque 
d'Auxerre eO: comme les autres Prélats dans un fauteuil. 
L'Evêché d'Auxerre eft taxé a Rome à 4400 florins pour 
les Bulles ;, ac il rapporte 33000 liv. . . . 

Abbayes d'Hommes j^e l'Ordre de S. Benoist. 

SAINT GERMAIN D'AUXERRE. 

Saint Germain d'Auxere, en latin , fan SI us Germanus 
jdmijfiodorenfis y fituée dans la ville d'Auxerre, & fondée 
par/^/>2f Germain Qa 411. dans famaifon paternelle. Il dé- 
dia cette Eglife fous lenomdeS.^^ar/c^, & y mit pour 
la défervir le S. PrêttQ Saturne , &c des Religieux, c'eft 
là qu'il fut enterré en 448. de l'Eglife ayant été rebâtie 
plus magnifiquement qu'elle n'étoit par /ainre Clotilde en- 
viron l'an 500. elle prit le nom de S, Germain fon fon- 
dateur, qu'elle conferve encore aujourd'hui. Ony comp- 
te jufqu'a foixante corps Saints &: une prodigieufequan- 
tité de faintes Reliques, Ce font les Papes Nicolas [.Jean 
VIII. & Jc^an IX. qui ont enrichi cette Eglife de ces pre- 
cieux reftes, qui font dans des grottes, que Co^r^r^ frère 
de l'Impératrice Judith , de Abbé Commendataire de S. 
Germain fit bâtir en 950. M. SeguierEwè(]ue d'Auxerre fit j 
ouvrir tous les tombeaux en 16^6. de fit un procès verbal 
de l'état où il avoir trouvé les corps Saints. On conduit 
d'abord les curieux au tombeau de faint Hcribalde Prince 

de I 



Florins 



M. de S. Ro- 
main de Feu- 
geroIIesTur la 
demi/fion de 
fon oncie. M. 
Charpin des 
Halles, qui 
5'efi: icfervc 
3000 livres 
de penfion fur 
cctt^ Abbay-. 
L? Roy y a 
mis loo» liv, 
de penlioii 1? 
8 lanv'ier 1711 
pour M. le 
Ciicvaiier de 
Boi/lieu > jour 
eue M. (ie S, 
Jloinain a eu 
cctie /.bbayc. 



44.00 



DES Abbayes de France. 



839 



Titulaires. ^^ j^ Maifonde Banjieve 3 qui fous Charlemagne , Louis te 
Débonnaire & Charles le Chaunjc ^ eue beaucoup de part au 
Gouvernement de l'Etat. Il fut Moine, puis Abbé de ce 
Monaftere, Ôc enfin Evêqued'Auxerre, &: Archichape- 
lain*, c'efl à-dire. Grand Aumônier de France. Le Tom- 
beau de faine Fraterne Evêque d' Auxerre vient enfuite. Il 
futmartyrifé l'an 481. le 15» de Septembre. Saint Abbon 
frère de faint Hcrihalde Religieux dans ce Monaftere , & 
fucceffeur de fon frère dansl'Evcché de cette Ville. M. 
Seguier rapporte, qu'il trouva fon corps revêtu d'un cilice, 
d'un habit Religieux ôc de fes ornemens Pontificaux. Il 
ajoute que fon habit eft fait de la même manière que ce- 
lui des Benedtfl m s i'ciu']ouïà'\\u\ i maisque la couleur eft 
d'un noir naturel , ôc non pas de teinture. Saint Cenfure 
Evêque , on trouva avec fon corps une Châfle remplie de 
Reliques. Le pilier qui eft attenant l*Autel d^Jawi Be. 
noift j porte cette infcription : Polyandrion^ c*eft-cà-dire , 
Cimetière des Saints. Ce pilier eft profond de dix pieds, ôc 
eft fait comme celui qui eft près de faint Piètre de Rome. 
hA. Seguier y trouva trente corps Saints & les inft rumens 
de leur pénitence 6c de leur martyre. S.ùnt Romain y eft 
peint , non-(eulemenr parce qu'il a été le père nourricier 
de faint Benoift^ mais aufli parce qu'on y conferve plu- 
fieurs de fes Reliques. Près du tombeau dcy^/«rHfr;^fi/<^e 
on voit auflî la figure àt famt Grégoire , parce que fon 
corps y a repofé jufqu'en 1370- qu'il fut tranfportédans 
la Nef 5 où il eft à prefent- A la Fenêtre de faint Benoîf 
iontles Reh'ques trouvées avec le corps de (2i\ï\i Cenfure 
Dans la Chapelle de ^/wrf Maxime (oui les corps de/4/?- 
te Maxime Dame Italienne y venue en France 2. la fuite àv 
corps de faint Germain, lotfqu'on le tranfporta ici de Ra. 
"vcnne , où ce faint mourut; àç faint Op/^/ Evêque d'Au- 
xerre, ^q faint Santrn àcdc faint Memorien Prêtres. Saim 
Geran Religieux de l'Abbaïe de Soiffons , enfuire Evêque 
d'Juxerrc y faint Ad arien Prêtre, ôc Religieux del'Abbaï. 

de 



Florii!.' 



8,cveii. 



-AIKES 



840 Recueil général 

de fon noxWy [aint ^lunaire Prince de la première race de 
nos Rois, Religieux 5c Abbé de ce Monaftere, puis E- 
vcque à' Àuxcrre \ ôc ^c^int Dcftre parennde la Reine Bru- 
nehaudjont auffi leur fepulrure dans cette Eghfe. Le corps 
de faint Martin de Tours a repolé pendant trente & un 
ans dans la Chapelle de cette Egliie, qui eft dédiée cà ce 
Saint. Les corps de faint 'b^^Aton , de faint Allode , de S. 
'^///^Evequed'Auxerre, repofent ici. Cette Chapelle eft 
d'ailleurs remplie de Reliques. Le corps àd^miGcrmain 
fut porté ici dç Rnvcnne. Il avoit été mis dans uneChâfle 
d'or enrichie de pierreries d'un prix ineftimable ', mais 
elle a été enlevée par les Catviniftes, Ôû les Reliques diflî- 
pées : en forte qu'il ne refte plus dans ce tombeau que de 
îa cendre du corps de ce Saint , ôc quelques petits ofle- 
mens. Cette Chapelle de (aine Garmain eft comme le cen- 
tre de la (aintetè de l'Eglife de cette Abbaye. H n'y a 
point de lieu plus rempli de corps fiints &: de faintes Re- 
liques. Du côte de l'Epître font deux corps Saints, ôc.de 
l'autre côté il y en a trois. Le fond de la Chapelle en eft 
rempH. On y remarque principalement les tombeaux de 
faint Théodore ôc àt faint E^omiin Evêques s celui de faint 
Loup Eveque. Quelques-uns ont crû qu'il étoit Archevê- 
que de Btfançony d'autres Evêques de Laufane j on ne le 
trouve néanmoins dans aucun Catalogue des Evêques de 
ces Eghfes. Il ya beaucoup d'apparence que c'étoitun E- 
vêque Regionaire ou Corevêque>fans titre d'aucune Egli- 
fe , félon Pufige du cinquième fiécle. Ce qu'il y a de cer- 
tain , c'eft qu'il fut le Diredteurde la Princeffe Clotilde y 
à laquelle nous devons la converfion de Clovis , &: celle 
des François. Enfin ce lieu eft peut-être le plus vénérable 
du Royaume , ôc après les Catacombes de P\ome y je ne 
feai, fi on en peut trouver un plus Saint '•> car on prétend 
qu'il y a plus de foixantc corps Saints bien avérez oc recon- 
nus pour tels par l'Eghfe. Le jourde l'Odave de laTo^/- 
faint^ on fai: une Fête folemnelle pour les honorer , & 

unei 



Florin; 



DES Abbayes de France. 841 

TiTutAîREs- m^g proceflîon fore dévote Ôc fore longue à leurs tcm- ^'°'' 
beaux. Le Pape 'Urbain V. qui a été de S. Germain d'Ju- 
xerrey y fît bâtir crois Eglifes l'une fur l'autre. Le tom- 
beau de faine Germain eft dans celle du milieu , & tout 
autour ceux de la plupart des faints Evêques les fuccef- 
feurs y donc on conferve encore les corps entiers dans des 
Tombeaux de Pierre. 

La Bibliothèque de l'Abbaye de faine Gerw^/« d*Juxer- 
r€y répondoit autrefois à la grandeur du Monadere -, mais 
\cs Hérétiques , 6: la négligence des anciens Moines, ont 
diflîpé un (i grand nombre demanufcrits , qu'il n'en refte 
aujourd'hui que fort peu , mais qui ne laiîfepas d'avoir 
leur mérite. Il y a entr'autres un ancien recueil d'Homé- 
lies des faints Pères, compilées par ordre de l'Empereur 
CharlemaoTie y pour être lues aux Offices divins durant le 
cours de l'année *> ôc écrie de fon eems. Le R. Dom Geor^ 
ge Viole y qui a été Prieur de cette Abbaye, a fait l'Hif- 
toire des Evêques d'Auxerre , ôc de tous les Monafteres 
du Diocefe. La reforme de faine Matir^nuz dans l'Ab- 
baye de faint Germain d'Àuxerretw 1619- àc c'effila crente- 
tioiiîéme Maifon>qui lui a été unie. 

L'Abbé de faint Germain d*Juxerre a droit d'affifteraux 
Etats de Bourgogne , qui fe tiennent ordinairement tous les 
trois ans, & il eft afiîs comme les autres Abbez qui ont 
pareil droit fur unechaifeà dos. Les Religieux ont 5000 
livres de rente ôcl'Abbé 8000 livres. . . . . 



«C70H , 



Abb. d'Hommes de l'Ordre de Citeaux. 

B O U R A S. 

M.i'Angîois. Bouras,ouBonras, en latin , bonus Radium, fituée dans 
le Nivernais y dans le Bourg de Bouras\ à peu de diftan- 
ce de la petite ville de Chamlemi. Elle eft la première Fil- 
. le àtPonttgnyy^ fut fondé le fix des Ides deSepcembre 119. 
à deux lieues de Far-^y y S>z a huie de Nevers, L'Abbaye 
de Bourasa été autrefoisconfiderable,car c'efl: d'elle que | 
Tome U. Ooooo furenc 



500 



S03* 



Si 



i'' 



S41 Recueil General | 

Titulaires. f|^,j.gpj{. ^[^q^ \,s premiers Religicux de TAbbciyede Cha- ^^°'^'" 
livoji dans le Diocéfede Bourges j mais elle eft toute rui- 
née maintenant, & c'eft peu de chofes. 



Dom Calr: 

rac,élcftivc. 



P O N T I G N Y. 

Pontigny , oufaint Edme, ou Edmond de Pontigny , 
en latin, Pominiacum ^ jeu Ponttgniacum ^ féconde Fille de 
l'Abbaye de Ci t eaux , &t fi tuée en Champagne y au Bourg 
de Pontizny , aux limites des Diocéfes de Langres & de 
Sens , fur la rivière de Seraîn , à une lieue de LignyÀe- 
Chkteau y 3. quatre ôc demie de la Ville d'Auxerre , vers 
le levant d'Edé. L'Abbaye de Pontigny^ été fondée le 
I de Juillet de l'an iri4. par Ththaud Comte de Cbampa. 
grje. Elle a fervi de retraite à trois faints Archevêques de 
C^wfor/^eryenAngleterrejperfecutez par leurs Rois, & les 
grands de leur pays, à faintT/^ow^y, dit Bec/eet.iEftien. 
ne Langron mort en 12.18. donc la canonifacion n'a point 
été terminée, dcàfaint Edme qui mourut l'an 1241. près 
de Provins en Brie , & dont le corps fut rapporté a Pantin 
gny. On l'y a choifi pour Patron du lieu , Ôc l'Abbaïe s'ap- 
pelle de fon nom , [afnt Edme de Pomigny. On y voit fa 
Chafube qui eft toute ronde par le bas , comme les an- 
ciennes Chafubes, ôc fon corps eft élevé fur le grand Au- 
tel , dans une grande ChâiTe de bois doré i il s'eft confer- 
vé fans corruption jufqu'à prefent par un miracle conti- 
nuel, & l'on voit par un criftal la tête du Saint, qui eft 
toute nue ', le refte du corps eft revêtu de fes habits Pon- 
tificaux. Son bras en fut feparé, pour êtreexpoféà la vé- 
nération des peuples , à la prière de fiii^t Louis Roy de 
France y qui le fit mettre dans un Reliquaire d'or, où on 
le voit à nud ; mais la chair en eft toute noire, au lieu que 
celle de fon corps eft fort blanche. Adatthieu Parts Au- 
teur Anglois, qui vivoit en ce tems. là, en rapporte la 
caufe,&dit, que lorfqu'on fit la féparation du bras, les 
Religieux craignant qu'étant détaché du c-orps, il ne fe 

corrompit. 



ricvc»» 



lOJ» 



DES Abbayesde France. J43 

T1TULAIM8, corrompit, ( comme fi la même main qui la confervoit 
attaché au corps, n'eut pu leconferver detachéde cerné • 
me corps ) pour em.pêcher un fi grand malheur , l'embau- 
mèrent) & qu'en punition de leur peu de foy, il devint 
en même tems coût noir. Je crois cependant que le mi- 
racle continue encore j car il n'efl: pas naturel que le bau- 
me, quelque vertu qu'il ait, pût conferver durant près de 
joo ans cette fainte chair. Ce même Auteur rapporte auffi 
qu'en confideration de /^/«r £^wf, ou E^wow^oîj permit 
aux femmes Angloifes d'encrer dans l'EglifedePo^nV;?}/^ 
mais elles n'entrent point encore dans celles de Citedux 
&c dQ Clervaux. On voitauffi dans leTréfor l'anneau pa- 
ftoral de faint Eclme ,\q Calice ôc la Patène, avec lefquels 
il fut enterré, ia Coupe & le bras dç faint Ireneemâïtyr. 
L'on montre encore dans l'Abbaye de Pontignjles orne- 
mens Pontificaux de S. Thomas de Camorhery , ôc la Cha- 
pelle où il avoir coutume de faire (es prières , où l'on 
tient qu'il eut révélation de fon martyre. 

Quant à VEgVik de Pontigny y elle ed belle, & a quel- 
que chofe de majeftueux. On voit derrière cette Eglife 
. les mazures de l'ancienne, c'eft-à-dire, de la première 
Eglife de Pontigny\ elle é'toit petite, mais aflez belle pour 
le tems. Le logis Abbatial étoit tout proche ; il confif- 
toiten quatre petites Chambres, femblables aux Cellu- 
les des Religieux d'aujourd'hui , dans Tune defquellesil 
ya feulement une cheminée. On peut juger de-là de la 
différence qu'il y a entre les logis des Abbez decetems- 
Ià, & les Palais des Abbez de notre tems. A l'entrée du 
Monailere on voit un vieux bâtiment , qui a été autrefois 
aflez fomptueux. On tient que c'eft un ancien Palais des 
ComtesMe Champagne ^ on ils fe retiroient,lorfqu'ils£ii- 
foient quelques parties de chaffe. Aujourd'hui il fertd e- 
curieôcdc cuifineà M. l'Abbé ,^qui a tout proche un lo- 
gis magnifique. L'Abbaye de PontJgny efl: élediveôc ré- 
gulière. . . . . . A . 

Oooooij RIGNY,' 



iFIon'r. 



Xcvc», 



4oo I lOa* 



M. Marion 
ic DiU)'. 



S44 Recueil général 

TITUIAIKES. R I G N Y. 

Rigny, en Latin, F^igniacum feu Rigneïum , fille de 
l'Abbaye de Clairvaux, ficuée à cinq lieues de la Ville 
d'Auxerre, &à un quart de lieuë de la Ville de Varmen- 
ton, ôc fondée le fepc des Ides de Septembre 1118. les 
Cloîtres, le Chapitre, l'ancien Réfedoire & le Dortoire 
font fort beaux L'Eglife n*ell: pas défagréable, mais elle 
eft plus (impie. On yconferve une dent de /di/jt Guillau- 
me^ Archevêque de Bourges, qui a la vertu de diflîperle 
venin des perfonnes qui ont été piquées par des ferpens. 
Il vient tous les jours des lieux circonvoifins des gens 
tout enflez , & on n'a jamais remarqué qu'aucun s'en 
foit retourné fans être foulage. On les pique d'abord avec 
une aiguille d'argent à l'endroit où ils ont été piquez 
par les ferpens, on en fait fortir quelques gouttes de (angj 
on lave la partie affligée avec de l'eau ou vin bénit exprés, 
enfuite on leur fait boire le refte de cette eau ou de ce vin 
bénit > à l'heure même ils fe fentent foulaeez, & dans un 
jour ou deux en^tierement guéris. On affûte aufli que les 
ferpens ne piquent jamais perfonnes fur les Terres de 
Rigny. Cette Abbaye rapporte trois mille Hvresaux Re- 
ligieux, &c cinq mille livres à l'Abbé. 

ROCHES. 
«ich. ^ ' ' Roches y ou Nôtre- Dame des Roches, en Latin Moflra 
Domina de Ru^ibus , fille de l'Abbaye de Pomigny ^ fi tuée 
au Nivernois, à une lieue de Cofne,& à trois de Donzy 
vers la Loire, en La Paroifîe de Comere , ôc fondée les 
Nones de Février 113^. par les Barons de Jdim Ferain, 

Abb. d'Hommes de l'Ordre d£ S, Augustin 

S. LAURENT DES AUBATS. 

Saint Laurent des Aubats, ou faine Laurent prés de 

Cofoes , en Latin , deyiohium Janéli Laurentii propé Cona- 

dam , velfAcliis Lauremius de Jhhatu^ fituéedans la Puifaye, 

à deux lieues, de la petite Ville de Cofne , au Midi , vers 

les 



Florins 



Rcvcn. 



iOO 



jooo 



140. 



300# 



M . de Cour- 
tcnay. 



a eu j^^ en 413. par faint Germain y Evêque de eette Ville, 



Cette Abbaye 
ic ly. Fe»ricr 
17 '9. à cKars^e 



icij, Février {j^^^ l'invoccition dey^/wf Co/^e & s. Damien. S. Marian 



dcitoo. livres 
de penlîoa 



qui s'y fandifia, fut caufe que dans la fuite on lui don- 
pou"r M. du na fon nom : elle fut ruinée par les Normrnds en 903. Les 
stcn^cftdlmis. ^^'^^^ontfeT^sy établirent vers l'an 1159. Les Calvinijles la 
détiuifirent en i^6<^. ôc la Communauté fut transférée dans 
l'Egiife dQ Notre-Dame de la Dehors ou Ladore, La Biblio- 
thèque de l'Abbaye de S. AJariancd fort riche en Manuf- 
crits, la plupart des ouvrages de5.^«^zif/?/V2, & des autres 
Pères de l'Eglifè j on y voit encore un Commentaire de 
Rcmj â'Auxerre , fur le Prophète Ojée : celui d'Hcrvée, 
Moine du Bourg^Dieu , fur les petits Prophètes \ de les 
Sentences ou la Théologie d'un Othon , d'un caradlere 
d'environ cinq cens ans. Cette Abbaye vaut en tout qua- 
tre mille livres de rente , que l'Abbé partage avec les Re- 
Jii^ieux. . ... ... 

Abbayes de Filles de l'Ordre de S. BtNOisx. 

CRISS ENON. 
CrifTenon ou Chnfîey, en Lmn , fan Û a Maria Crijjen. 



Madame de 
Beau foie; I , le 
15. Novembre 
17Z1. 



I.}. 



DES Abbayes de France. 845! 

'^'^"^•**'^"' les frontières du Nivernois, fur la rivière de Loire. Je I Florins 
n'ai point trouvé la fondation . , 

SAINT PIERRE. 

Saint Pierre, ou faint Pierre d*Auxerre, en Latin , 
JàniÎHS Petrus /IntiJJiodorenfis ^ fituée dans la Ville d'Auxer- 
re, ôc fondée l'an 749. il y a la réforme des Chanoines 
Réguliers de faint Auguftin , de la Congrégation de 
France, dite de fainte Geneviève : elle rapoorte douze 
cens livres aux Religieux , ôc fept cens livres à l'Abbé. 

Abb. d'Hommes de l'Ordre de Pre'montre*. 

SAINT MARIAN. 
M Racine, Saint Matiau ou faine Marien lez-Auxerre, en Latin, 
Parlement à^fanftns Marianus , ficuée dans la Ville d'Auxerre, &:fon- 



66. 



Rcven, 

lOO» 



nor.n 



84^^ Recueil General 

TixaiAims. ^^^fj^ njel Crifennonum , fituée dans le Duché àtBourgogne^ 
à cinq lieues de la Ville d'Auxerre, aune de Crevant, à 
i un quart de lieuë du Bourg de Baferne, ôcàdeuxiieuës 
de celle de Rigny, netoit dans Ton origine en 1030. 
qu'une Chapelle de Bois bâcie par Acielaï^^ fille de Hugues 
C^îpet, de femme de RegnciHcl, Comte de Nevers, Robert de 
Neversy Evêque d'Auxerre, la donna l'an 105^4. 3. fa m 
Robert y Abbé de Molefme, qui par les liberalitez des Sei- 
gneurs de Toucy y y bâtit une Eghie de pierres, 6c des 
Officines pour des Religieux de Moltfme, Depuis Hugues 
de Montdigti , Evêque d'Auxerre , du confenrement de 
Gui y Abbé de Adolefme, &: avec la permifïion du Pape 
Innocent 1 1. y mit des Religieufes Benediclines y tirées de 
l'Abbaye dcJuKh lefquelles furent foumifesaux Religieux 
de Molefme,qin refterentau nombre de quatre à Crz/^wo^, 
pour les diriger. Cette Abbaye étoit autrefois fort illu- 
ftre 5 & comme elle étoit fort fréquentée , Guillaume , Ar- = 
chevêque de Sens, Légat du faint Siège, pour la foula- 
ger de la dépenfe qu'elle faifoit pour tant d'Hôtes, ré- 
duifit le nombre des Religieufes à cent i aujourd'hui elles 
ne font pas trente. . » . . . 

SAINT JULIEN. 
Madame de ^aitit Julieu , en Latin , fanâusjuliams , fituée prés de 
iaMad':!cinc ]^^ Ville d'Auxerre, fondée l'an 62.0. par faim Palladcy 

ce .laigny. •' l r T / J I 

Evêque d'Auxerre, fous le titre de Jaint Julien, dans le 
Faubourg faint Martin qui en dépend, tant pour le fpi- 
rituel que pour le temporel i mais cette Abbaye doit le 
rétabliflemcnt de l'Obfervance à Madame de Raigny , 
qui y a introduit la réforme des Religieufes du Fal de 

Grâce . • • • 

RANTAULME. 
K. Rantaulme, en Latin, Rantelmus, fituée dans un des 

Fauxbourgs de la Ville d'Auxerre, &c dédiée à hfainte 
Fierge: elle aété bâtie par S. Pallade^ Evêque d'Auxerre, 

xjui vivoit environ l'an 6i^> 

Abb. 



Florins Rcvrn 



DES Abbayes DE France. §47 

Abb. de Filles de l'Ordre de Cïteaux. 

LES IS LES. 
Les Idcsy en Latin, InfuU Beat^ A'^fari^, "vel Injulce in 
nii'^u,& ZJrhe, fituée dabord prés de la Ville d'Auxerre, &: de- 

Madame de . C ' ^ iT/llT» • • '1 

Monj^auit de pQis tfansteree dans la Ville. Jenen ai point trouve la 
adjutriccicT^^"^''^^^^"' Cette Abbaye jouit d'environ cinq mille liv. 

Aouft 1710. 

LE RECONFORT. 



TiTUi-AlRîîi 



Madame de 
H.ingeftd'fir- 
ce 



florins 



RCT«»V. 



Madame àc 
BcJicbat. 



M. de BufTy 

abucjii. 

N. 



N. 

N. 



Le Reconfort ou de la Confolation de fainte Marie, 
en Latin, ConfoUtio beata Aîari^ ^ (Ait de l'Abbaye de 
Citeaux, fituée à trois lieues de f^eT^elay^ & à quatre de' 
Clamecy enNivernois, ôc fondée en 1134. d'autres difent 
en 1144. par Mathilde ^Comi^Ro, de Nevers, Cette Abbaye 
eft prefque redevable de tout ce qu'elle efl: aujourd'hui 
a Madame Angélique de Rienre de Laarjoy, Religieufe de 
Fciremoutïer y qui en ayant efté faite Abbefle Tan 13^4. y 
rétablit la régularité avec l'Office divin, ôc en rebâtit les 
lieux réguliers , auflî fa mémoire y eft-elle en benedidlion. 
Le Reconfort a efté du Diocefe d'Autiin. 

Prieurez d'Hommes. 

Lefpau , eft de l'Ordre du VaI des Chaux. 

Saint Eufebe d'Auxerre, eft conventuel, ôc de l'Ordre 
de faint Auguftin. ...» 

Marciac, eft de l'Ordre du Val des Ecoliers, 

Nôtre-Dame des Prez. . . . ' 




fooo. 



JOOO. 



4000. 



800. 



EVF 



-ÎE' 



S4S Rlcveil General 

EV£CHE DENEVERS/ 



li\s R.cve». 



M. Charles 
Fontaines des 
Montées, /Ibé 



NE V E RS , en Lacin, Nivcmen/is , Capitale du Ni- 
vernois^ ficuée au bord de la Loire qui pafTe fous 
dcBours-esun Donc de pierre, compofée 'de vincrc arches, au bout 
ft.poiK être duquel il y a une levée rort large de rorc longue, qui 



D. de Bouf<2;es 
O.dc faint B 
uoi 

^Sé^'/quaurirend l'abord de cette Ville ( du côté de Moulins ) très- 

batu!cf cada ^''^S^'^^^^^^- ^^^^^^ cft hâtie eu forme d'amphitéatre, 
convciKuéiie ]es ruès font étroites, ô: le terrain fort inégal j on y 

cftpour le Je- , . , •' -ii i • r r 

fuites de Ne- compte huit mille âmes, de mille iiuit cens reux. La pe- 
i:r d honneur tite riviere de Nieure s embouche a Nevers dans la Loirei 
dePadiAc?' ^ c^cts Ville eft à douze lieuès de Moulins, à quatorze 

de ' ' ■ 



même a an ce. 



Tfiîiif^ " ^^ Bourges, à vingt d'Aurun êc d'Auxerre, ôc àcinquan- 
i'oti.îns. Il te-cinq de Paris. On ne voit point que Nevers foit dans 

a été nommé , v' • rv • -Il in" t> • 1 

i l'Evêché de les Notices Romaines ; mais elle ne laiiia pas d avoir des 
moUd'Ao^uft Eveques dés le quatorzième fiecle, fous la Métropole de 
'''rék^/wo" ^^^^5- Srf/«r y^rey ou -^^ig^ ^ fut Evêque de Nevers, vers 
vembrc de le le milicu du fixiéme fiecle. Satnt J^incole ^ vuleairement 

même annf^c, ^ ., ^ -^ ^ C? 

Jaint JriUe ^ en fut Evèque a la fin du même liecle ; il 
mourut vers 131150,4. & faint Deodat, vulgairement faine 
Diéy fut fait Evêque de Nevers vers Tan ^«5. il quitta fon 
Evêché vers Tan 6^4^- pour fe retirer dans les deferts de 
^'oj^^e. Je ne fuis pas du (entiment de ceux qui recon- 
noifTent pour premier Evêquede Nevers faint Are, faint 
Arey ou Arige, en Latin, Jregius ^c^u\ vivoit dii tems du 
Pape faint Grégoire le Grand ^ qui occupa le Siège de faint 
Pierre y depuis l'an ^po. jufqu'en 60^. car comment accor- 
der ce fentiment avec ce qu'on lit ailleurs, que l'an ving- 
tième ^tChildchert , Roy de France; c'eft-à dire, environ 
l'an 554. KHJliciis ^ Evêque de Nevers, aflifta au Concile 
National , afTemblé a Orléans. Clementinus ^ autre Evêque 
de Nevers, fe trouva au cinquième Concile tenu à Or- 
léans 



f ITULAIRES 



DES Abbaaes de France. ' 84P 
' leans, Tan trente-huit dudit Chtldebert y environ ran55i. j^^"'"* ^=^^*=*'- 
Il n'eft donc point pofTible que faim Are ait été le pre- 
mier Evéque de Nevers ^ où il faut qu'il ait vécu avant le 
Pontificat de fatra Grégoire, Je n'ai garde d'un autre côté 
de croire que cet Eveché ait eu famt Aufiremoine , difci- 
ple des Apôtres, pour fon premier Prélat jplufieurs bon- 
nes raifons rendent ce fentiment infoûtenable, Le Dio- 
c^k de Nevers renferme trois Abbayes , il a cinquante 
mille d'étendue , & comprend deux cens foixante & 
onze Paroiffes , partagées entre les Archidiaconnez de 
Nevers & de Décife : le premier a fous lui les Arcliipré- 
trez de Vaux, de Nevers, faint Pierre le Moutier, Pre- 
mery & Lurcy le Bourg. Le fécond à ceux de Décife^ 
Moulin- Engilbert, Caftillon ôc Thianges. 

L'Evêque de Nevers eft Seigneur temporel des Châ 
tellenies de Premery, d'Urzy, 6c de Parzy i & de fon 
Evêché relèvent plufieurs Fiefs , entre autres quatre prin- 
cipaux '■) qui font, Druy, Poifeux, Cours-les- Barres & 
Givry , chacun defquels a titre de Baronie de l'Eveché i 
& ceuxquiles pofTedent, font tenus de porter l'Evêque 
le jour de fon entrée à Nevers. Les appels des Jufticesde 
l'Evêque ôc du Chapitre de Nevers , reffortiffent au Bail- 
liage de faint Pierre le Moutier, parce que l'Eglife Ca- 
thédrale de Nevers, ne reconnoît pour le temporel d'au- 
tre Seigneur que le Roy , qui y a droit de Régale. 

L'Eglife Cathédrale de Nevers étoic autrefois dédiée 
a faint Gerijais i mais Charles le Chauve l'ayant aggrandie, 
la fit confacrer i faint Cyr ^ par une dévotion toute par- 
ticulière pour ce faine, dont il lui donna les précieufes re- 
liques ; c'efl: fans contredit la plus belle Eglife de toute 
la Ville : elle a cela de fingulier , qu'elle a un Autel à l'O- 
rient, & un à l'Occident, confacré àfaintCjr 5 ce qu'on 
ne voit point ailleurs. Il y en avoit autrefois un fem- 
blable 3, faint Gallon Suiffe y dont on peut voir la defcrip- 
lion dans les Annales du R. Père Mahillon. Le grand 
Tome II, PpPPP Aucel 



8nO 



Recueil général 



TiTULAiats. ;^Qjel jOui eftà l'Orient eft rrés-riche, 6c bien travaillé r 
toutes les figures qu'on y voit ont été faites en Italie *, les 
Tombeaux des derniers Ducs de Neveis qui font à coté, 
font d'un travail qui furpaGTe infiniment la matière , quel- 
que riche qu elle foit. Ce fut dans cette Eglife que ^^c- 
nues Spsfames, Evêque de Nevers , communiant une per- 
fonne, lui dit : Jccipefiguram Corporis ChnfliyCn préfen- 
ce du Doyen, qui l'en reprit aigrement, & luidit: Aden- 
tins mpudenttjjime. Le miferable Evêque ayant abjuré la 
Foi, fe retira à Genève; où Calvin , qui fe défioit de 
lui, le fit mourir par la main du Boureau i ôc ce fut lui 
qui donna occafion à ce .proverbe :!/ eft devenu d'Evêque 
Meunier. Mais pour revenir àl'Eglife Cathédrale de Ne- 
vers , la Tour elt admirée de tous le Connoiffeurs ; ce qu'il 
y a de remarquable, c'eft qu'elle eft aufli large ôc aufli 
épaiffe par le haut que par le bas. La plupart des Eglifes 
de Nevers font fort anciennes s ôc Ton compte dans cette 
Ville onze ParroifTes, ôc plufieurs Maifons Religieufes 
de l'un & l'autre fexe, 5c l'Abbaye de fa in t Martin èc de 
Notre-Dame, 

Le Chapitre de la Cathédrale de Nevers étoit autre- 
fois de foixante Chanoines, établis par Herman^ Evêque 
de Nevers 5 mais maintenant il eft conipofé d'unDoyen, 
de l'Archidiacre de Nevers , d'un Tréforier , d'un Chan- 
tre, & de T Archidiacre de Décife, qui font dignitez, d'un 
Sacnftain ôc d'un Scolaftique, qui font perfonats, ôcde 
quarante Prébendes , dont quatre font amorties :, y en 
ayant une qui eft unie au Doyenné, une autre aftedée 
à l'entretien des Enfans-de-chœur : la troifiéme & la qua 
triéme aux Religieux de faint Qtldard. Tous ces Benefi 
ces font à la collation de l'Evcque, à l'exception des qua- 
tre Prébendes qui font amorties. Le Doyenné vaut envi^ 
ron doiiz^ cens livres, & les Prébendes trois cens livres 
au plus Le Tréforier a droit par un ancien ufàge d'afti- 
fter au Chœur l'épée au côté, l'oifeau fur le poing, & 

étant 



Florins Revcn 



TiTUlA 



ïji 



I 



DES Abbaves de France. 
**"• éunt bote & éperonné. C'eftà caufe de ce privilège que rion,. 
les Tréforiers de l'Eglife de Nevers fonc mettre fur l'écu 
de leurs Armoiries au lieu de timbre , Vépée O* l*osfeau. 
Lqs autres Chapitres du Diocéfe de Nevers fonc ceux de 
Frarjoy les Chanoines y de Premery , dcTannay ^ de Notre- 
Dame^ de faim Pierre le Moujîiery de Dorne ôc de Molins. 
Il y a à Nevers un crés-beau cartulaire, quicontientbeau- 
coup de Chartes anciennes, qui fervent à redifier le Ca- 
talogue des Evêques de Neveriy ÔcM. l'Abbé Braifea fait 
àes remarques fur ces Evêques, tiréesdes titres du Cha 
pitre dcfaint Cyr, Il y a encore d'autres remarques faites 
par un Auteur Anonyme. Le revenu de TEvêché de Ne- 
vers efi: augmenté depuis peu d'années, car M. des Fontai- 
nes Evêque de cette Ville a obtenu que la Menfe Abba- 
tialle de l'Abbaye de faine Siran fut unie à cet Evcché , 
^ la conventuelle au Collège dQsJefuites de Nevers. 



Abbaye ùH ommes de l 'Ordre 

DE Saint Augustin. 

SAINT MARTIN. 

côn'feiiTer"a'î Saint Mattltt dc Ncvcrs , en latin , fanflus Martinus 
Paricmeat de Ntvemenfis , fituée dans la ville de Nevers y ôc fondée par 
HervéBsiVondQDon^ y & Mathilde deCourtenaj fa fem- 
me, fur la rivière de Loire y à une grande lieue du con- 
fiant de celle d'y^///>r qui y tombe. Heriman Evéque de 
Nevers fonda dix-huit Chanoines dans cette Maifon, ils 
vivoienten commune mais vers le douxiéme fîécle ils con- 
vertirent leurs Eglife , où l'on conferve les Reliques de 
Jkint Hierome Evêque de Nevers en un Monaftere de Cha^ 
noines Réguliers , ôc ce font ceux de la Congrégation de 
France y dizQ de fainte Ge«ex'/ex'f^ qui l'occupent mainte- 
nant, ils ont autant que l'Abbé. . . . . 

Pppppij Abb. 



^:CV.z: 



IQOO 



t+oo» 



lOO 



300* 



XllUlAlR.ES. 



832. 



Recueil General 



Abbaye d'Hommes de l'O r d r e de 

Pre^montre*. 

BELLEVAUX. 

M^dcBufTy. Bellevaux , en latin, BelU vallis , fituée dans le A/'/- 
vernois , & fondée par un Seigneur de A^armagne qui :iwoh 
embrafTé la vie Religieufe lui & fa femme dans leur Mo- 
nadere*, car anciennement les Monafteres de Prémontré 
étoient double, & proche du Monaftere des hommes, on 
en bâtiffoic un de femmes. Les Prêmontrés de la commu- 
ne obfervance occupent \ hhh^ijç, ^q Bellevaux y 6c ont 
looo livres de rente, ôc l'Abbé 800 livres. 

Abbaye de Filles de L'Ordre de S. Benoist. 

NOTRE-DAME 



Me de Lcvis 
Ciiariusi, 



Notre-Dame d^ Nevers , ou fainte Marie de Nevers , 
en hùn y fanéla Maria Nivernenfisy fituée dans la ville de 
Nevers. L'on prétend que les Difciples à&faint Colomhan 
en ont jettez les fondemens, &; qu'ils y mirent des Reli- 
gieufes. Ayant été détruite par les Vandales , Heriman 
Evéque de Nenjerslz rebâtit dans le neuvième fiéclepour 
des ReHgieufes Benedicîincs qui la pofTedent encore au- 
jourd'hui, & la choifitpour le lieu de fa fepulture. On 
voit encore fon tombeau dans l'Eslife. Fromondui Eve- 
que de Nevers dans le douzième fiécle y réunit trois au- 
tres Abbayes, & de quatre n'en fit qu'une feule, qui par 
cet endroit devint confiderable. Il y a dans le Jardin de 
cette Abbaye une petite Chapelle, dans le lieu mcme où 
Ton dit, que famt lieverien Eveque à'y^utun fouffrit le 
martyre. La pierre fur laquelle il eut la tcte tranchée fe 
conferve dans l'EgUfe , &; fes facrées Reliques dans le 
Tréfor dans une Chaffe d'argent , avec plufieurs autres 
Reliqqcs fojct confidçrables. ^ . . . 

^ . ' . Prilurez 



Florin 



100 



DES Abbayes de France. 853 

TirUlAlRE s, 

Prieurez d 'Homme s. 
PAYE. 

neau."" ^''^'' FaycFaix^ou la Paye, en hzin, de F agi a, eftde l'Or- 
dre de Grandmonc. . . ... 



N. 



Florirs 



Revend 



Ma lame ^u 
Blollet ,1e *• 
Mais 17 10. 



Saint Sauge, efl de l'Ordre de Saine Benoift, ôc eft 
Conventuel. . ...... 

Prieure' de Fille $► 



La Fermeté. 

Je ne doute point que plujîeurs Le fleurs critiques , ^ qui ne 
font point au fan de la matière que je traite y ne trouvent tar^ 
ùcle dei'Evêche de Nevers ^ trop peu rempli , comme bien d'au- 
tres de mon Ouvrage v mais je prie ces Leéîeurs trop vfs a dé- 
cider C^ à juger ,. de con/tderer quilj a des Evêchés plus grands 
les uns que les autres ^ C^-par confequent ou il y a plus de ma^-^ 
tieres. Nous- avons des Evêchés fi petits , quil ny a pas une , 
feule Abhciyes dans ces Diocefes.lleflvray qu ils font rares ^mais , 
ilj en a. Je prie encore ces LeBeurs- de lire attentivement mA . 
Préface, O" ils trouveront rfponfes a toutes leurs critiques pre^ \ 
cipitées, La plus grande partie de ces Juges ^ ne lifent jamais les \ 
Préfaces des Livres ; ceft cependant par ou il faut commencer 
afin defçavolr le plan CT les raifons de l Auteur. Les articles 
démon Ouvrage feront mieux remplis y quand ces critiques vou^ 
dront bien me fournir des Mémoires surs , ou m* indiquer les 
fources pour y avoir recours. Ce n efl pas ici un ouvrage d'élo- 
quence, ou t Auteur peut donner l'efior à fon imagination, mais-] 
une compilation de faits fur jaits <T de dates fitr datesycequi]^ 
^ft fi difficile y qn avant moy , perfonne ne l'a entrepris i /'/ fauf | 
donc m'cxcufir (T me fournir de Mémoires^ pour Lrsje tache-] 
rai de contenter mes Juges yCn continuant de travailler fept a huit \ 
heures par jour y comme je fais depuis plus de dix ans. 

EVECHE' 



y \ 



1/00 



1000 



TlTUiiAlR.ES. 



?54 



Recueil General 



EVECHE DE BETHLEEM. 



Flociu* 



Rcrci 



BE T H LE' E M,en latin, Bethlecmitanus ^ Bourg de 
Jiidk dans la Tribu de Juda , éloigné de i lieues de 



M, Loiiis le 
Bel ci -de va; t 
Rccoict, àii 

^t\ÂTu'T'j^^'^^l^^^^'^ vers le midi, bâti fur une montagne pleine de 
iioo livres de foches , OU l'on avoit creufé des maifons ôc des érables 
rAichsvcché pour l'ulage des Habitans. Il avoic ete Ville au tems des 



de Vienne ; 5c ^ 
il a eu outre 
celi en 1714, 



iiaeuoutre J^g^^ Sc dc David y qui étoit né plufieurs fiécles avant Je- 
l'Abbaye '^^'fis-Chnfi. Cette première dignité lui fat rendue (ous les 



Lieuicftauré,£tyjpej-çyj.5 Clirétiens. On y érigea un SiéeeEpifcopal , 

Ordre de Pré- l _ ^ J ^ O Oi I' 

moitrc. D.del'an iiio. jehis-Chrift naquit a Bethléem dans une erotte 
qui fervoic d'écsble aux Troupeaux, ôc qui étoic au de- 
hors du Bourg , parce qu'il n'y avoic point de place dans 
rHôcellerie. Il y reçût aufli l'adoration des Mages. Ce 
fur dans Bethléem ôcdans le territoire d'alentour que le 
Roy Herode fit maflacrer les enfans mâles au-deffous de 
deux ans , appeliez les faints Innocens ^ pour lacaufe de 
Jejus-Chrift, Sainte Paule X^imQ Romaine s QZ^^nt renfermée 
dans Bethléem vers Yolii 387. ou i%6.y bâtit d'abord des re- 
traites pour les Pèlerins , & en 389. elley fit deuxgrands 
Monafteres , l'un d'Hommes où fe retira Jaint Jérôme , 
l'autre de Femmes ou elle fe renferma avec fa fille y^we 
Eujloquie y qui gouverna le Monadere des Filles après 
fainte Paule, Elle y mourut , & (sl fille après elle , auflî- 
bien que faint Jérôme Dodleur de TEglife, d>c faint Eufehe 
de Crémone y qui fut Dire6leur dudouble Monaftere après 
fiint Jérôme y & peut être après le Prêtre Paultnien yfrQre 
de ce Saint. Bethléem eft un village aujourd'hui décent 
feux , tant Grecs (vcCJrahes , avec une belle Eglife , défer- 
vie par les Grecs & les Latins, Nos Croifez y mirent un 
Evêcbc en ino. & les GrfC5!esen ayant chafTez ,ontcQn- 
tmué d'y en avoir. 

L*Evêché 



r3 E s A 13 B A V E s DE FRANCE. 855 

TiTui.A!»Es. L'Evêcbé de Bethléem a été établi à Clamecy , dans le 
Nivernais , fur la rivière d^Vorwei à fepc lieues au^deflus 
d'Auxerre, de la manière qui fuie. Les Chrétiens ayant 
été chaffez de la Terre^Sainte par les Sdrra/in>y K^inier ou 
Rainaud Evêquc de Bethléem fuivic Guy Comte de Nevers 
en France. Celui -cy lui donna le Bourg à^PantenorA^z- 
Clamfcy vers l'an iiBo. d'autres difenc en 1118. outre la 
rivière d^yonne ^ avec le Gdigna^e $c Domaine de Cemheuf 
ou Sambert ^tc la ville SoHS-Saifi^ appellée la Maifon-Dieu 
de Bethléem , & le Bourg quiefl outre les ponts de Mon- 
trudlons ce qui efl: prouvé par une Charte de l'an 1113) 
L'Evêque de Bethléem-le-^-Clamccj tranfportadans la fuite 
a Robert Comte de Neversla Jurijdiclion y Feflaige 2c Foi- 
res qu'il avoit audit Bourg lez CUmecy , Ôc au Bourg de 
Montruîllon^ & ne retint à fon Eglife que le Domaine ôc 
la Jurifdidion fur fes Frères 6c Convers de fa Maifon, 
ôc fur ceux qui fe donnent à l'Hôpital de Bethléem, q\i on 
diteftre unedépendance del'Eglife de Bethléem en P^ 
le]} in e y moyennant la recompenfe de certaine rente. La 
Charte efl: densM.llyaauflî des titres qui font voir que 
ces biens qui appartenoientà l'Eglife de Bethléem, près 
de Clamxy , avoient été donnez à celle de Palefline ^ par 
G'iillaume IV. Comte de Nevers ^ qui étant mortà Jcre, 
ville màntimt de, Syrie avoit voulu eflire enterré en cette 
Eglife de Bethléem de Palefline, Le Roy Charles VL 
dans les Lettres Parentes données l'an 1411. au mois de 
Février , confirma tous les dons , biens ôc privilèges des 
E veques de Bethléem , dont il veut que les Prélats joùif- 
fent en cas qu'ils foient naturels François , ou qu'ayant 
demeuré long-tems en France, ils ayent prêté le ferment 
de fidélité, ce Roy voulant qu'en ce cas là ils joùiflcnt 
des mêmes prérogatives que les autres Evêques àz Fran- 
ce. En ce lieu de Bethléem près Clamecy y ledit Eveque 
a dans fon très-petit territoire, Jurifdidlion Epifcopale , 
avec les droits Pontificaux, qu'il exerce néanmoins forr 

rarement, 



lonii.^ 



flcvcn. 



85<5" Recueil Gênera li^ 

TiTUiArRBs, r^retYient , pour ne pas s'attirer l'indignation des E veqiies 
de France , à qui cet établifTement déplaît beaucoup. L'E- 
veché de Betlhéem n*efl: point à la nomination du Roy ; 
mais à celle du Comte ou Duc d^Nevers^à qui ce droit, 
à caufe qu'il en eft le Fondateur, a été confirmé par les 
Papes , qui donnent les provifions ôc les Bulles. Ce Prélat 
foulage ordinairement quelques Eveques du Royaume 
dans les pénibles foncftions de l'Epifcopat. Il fait pour 
eux les Ordinations, ôc la plupart des autres fondions de 
l'Ordre Epifcopal : ainfi il pourroic fe dire dans un fens 
fervus fervorumDei, Geofrqy deperfeÛis fut fait Evequede 
Bethléem après lâtnovtdQ Rainaud, d^ ils ont eu des Succef- 
feurs jufqu'aujourd'hui, quoique, pourainfi dire , fans 
territoire ôc fans Diocefe. CetEvechéefl: derrés-modi- 



Florins Rctch. 



lue revenu. 




90» 



ARCHEVECHE- 



2^,U7c- 



^àchm 




J OULOUSE 

AfoNTAUBAK PaMIERS 



Septeisttkion 



1>E 



T^ 





RECUEIL 

HISTORIQUE. CHRONOLOGIQUE. 

E T 

TOPOGKAPHIQUE. 

D E 

TOUS LES ARCHEVÊCHEZ, EVECHEZ, 

ABBAYES, ET QUELQUES PRIEUREZ 

DE FRANCE, 
TANT D'HOMMES Q^U E DE FILLES, 

DE NOMINATION 

OU COLLATION ROYALE. 

TiratAii^u. ARCHEVECHE DE TOULOUSE. 

^^^ O U L O U S E , en Litin , Tolofanus , Ville 
trés^belle de la première Narbonnoife ^àc de 
Texarcat des Gaules , ôc Capitale du Lan- 
guedoc y fur la Garonncy qui la divile en deux 
parties fort inégales, qui rejoignent par un 
Je la Faculté ^rand pont (Je pierres , qu'on appelle le Pont neuf. Cette 
devant Aichc- Ville elt iituee a lept lieues de Montauban , a douze de 
ilupartvantC'^7?^^^ , à 14 de Carcajjonnd à ^5 A'^gen^k ii de NarhonnCy 
MoiuTuban. ^ 5^ ^^ Bordeauxyà 1^0 de Paris, c'eft une des plus grandes 
lia été nom- Villes du Royaume , mais une des moins riches i parce 

n-.éà Toulon. ttI- r I \ - • - l i -^ r t i m 

fecnNovcm-que Ics Habitans iontplus portez a jouir de la Noblelle 
'"^'^' Tome IL 0.4^^^ ^^ 



M. Henry de 
Nemond Ab- 
bé du Mas 
Cainicr, D. 
deTouIoufc , 
O. de S. Be- 
noît, Doûcur 
en Thésiogic 




Fîorin 



Rcvcâ, 



8(8 



Recueil général 



r^ratAi^Es. jjy CapitouIac,& à encrer dans les charges de Robe, qu'à 
faire le commerce, quoiqu'il n'y ait point de Ville dans 
Je Royaume (îcuée plus avantageufement pour cela que 
la ville de Touloufe , laquelle n'eil pas fort peuplée j puif- 
qu'on n'y compte que 1840 familles. Lqs maifons en gê- 
nerai n'y font point magnifiques, tout y efl: de brique , car 
il n'y a pas de pierres de tailles. Elle efl: affezbienpercée, ôc 
quelques-unes de (es rues vont d'une de fes portes à l'autre. 
Touloufe étoit un Evcchédès les premiers fiécles fous 
Narhonne'y c:it faintSattirn/n çiA^^oyédo Rome dzns lesG^^- 
les des Tan 245. vint à Touloufe l'an 150. fous le Confulat 
dcDecius & dQGrarus y il en fut le premier Evêque,& fut 
martyrifé quelques années après fous l^alerien ou Gallien, 
Saint Exupere£\}tfait Evêqueaprès faint Silve Succefleur 
de faint Rhodcine, S. Germer fut fait Evéque de Touloufe y 
l'an 5^10 ou 511. jufqu*en 5<$"o. Saint Eremhert fut fait Evé- 
que de 7"c;«/o;/y^ en6'5<î. fe démit en ^6Z. ou 669. &c retour- 
na dans leMonafteredeFo«r<f«e//e^ ou de faint Wandrilk 
au pays de Caux, où il mourut vers l'an ^78. Saint Loiiis 
fils de Charles II. Roy de Sicile , ôc petit neveu de S. Loiiis 
Roy de France ,fuc fait Evêque de Touloufe au mois de 
Décembre de l'an izç^6. & facré au mois de Février fui- 
vanc II mourut auboucdefeptmoisd'Epifcopat, & vingt 
ans après en mil trois cens dix-fept. Touloufe fut éri- 
gé en Archevêché par le Pa^Q Jean XXII. Sa Confti- 
tucion commence par le mot Salvator ^ ôc eft rapportée 
dans les extravagantes communes au titre de Pr^bendis CP^ 
dtgnitatihus , &: quoique le Pape dans cette Conftitution 
ne donne à l'Archevêque dQTouloufeque cinq Suffragansj 
fçavoir, les Eveques de Montauban/do, Pamiers ^ de [aint 
Papoul ^dQ Rieux Se de LombeT^ il en a cependant encore 
deux autres, qui font LanjauriSc /I^/ircpoiA:. Le premier Ar- 
chevêque d^Touloufe a été le Cardinal Jean Raimond de 
Qommïn'/es, LeDiocéfe de Touloufe étoit autrefois fore 
vafte, de forte qu'on en a démembré une partie , pour 

fournir 



Florins 



R:vc«. 



DES Abbayes DE France. 859] 

TiruLAiRBi. f^uj-j^jj. ^ quelques-uns de Tes Suffragans , &: le Diocéfe 
de TouloHJe ne contient plus que deux cens cinquante Pa-^ 
roifles & fepc Abbayes. L'Eglife dédiée à la Vierge , & ap- 
pellée /• Daurade , étoit un Temple dédié à Minerve, 

L'Eglife Cathédrale de Touloufe dédiée )i f^int Eftienne 
cederoità peine en beauté & en magnificence à aucune 
autre, fi elle «toit achevée. Le Chœur eftbeau, clair & 
élevé i mais la Nef n'y répond pas. On y voit la propre 
Chaife où faint Bernard &c S, Dominique ont prêché, qu'on 
a confervée jufqu'à prefent , Se qui mérite d'être préférée 
avec raifonà une plus fomptueufe. La lapidation de /^/>?f 
Eftienne^c^ui eft au grand Autel , peutpaffer pour un chef 
d'œuvre. Le chef d'argent de ce Saint qui eft derrière , 
eft d'un travail immenfe, très - riche 6c d'une grandeur 
prodigieufe. On eftime beaucoup une pierre precieufe , 
qui eft à l'inftrumenc de la paix. Le grand Autel eft du 
deflein de Gervais DroUet.^ quia fait lui même les figures 
de lapidation de faine Eflienne en i6-jo. L'Architedlure 
cft d'ordre Corinthien a colonnes, frifes Se paneaux de 
marbre de Languedoc^ La cloche appcllée la Cardaillac eft 
d'une grofleur extraordinaire i elle fu t donnée par Jf^«</f 
CardaillacV^tihicheà' Alexandriey Se Adminiftrateur per- 
pétuel de l'Eglife Se de l'Archevêché de Touloufe , qui 
mourut le fept du mois d'Odobrede l'an 135)0. Cette clo- 
che pefe cinq cens quintaux , c'eft-à-dire , cinquante mille 
livres. Le Cloître eft fort vafte, Se le Palais de l'Archevê- 
que d'une ftrudure bien entendue. Cette Métropolitaine 
eft dans une grande place, ornée d'une belle fontaine, fur 
laquelle s'élève un obelifque très- bien travai lié. Son Cha- 
pitre eft compofé d'un Prévôt, d'un Grand Archidiacre, 
d'un Archidiacre de Lauraguais Se de 14 Chanoines. 

Sous Raimond V. Comte de Touloufe , l'Hérefie des A/- 
htgeois donna lieu à l'établiffement d'un Tribunal de l'in- 
quifitionà Touloufe, pour achever de détruire le refte 
de ces Hérétiques. Un Arreft du Parlement de Pwr/V du 

Q^qqqq ij ij 



Floriiiî^s'"-»- 



8(^0 Recueil général 

TiruLxiRïï ij dQ May de l'an 1351. déclara que ce Tribunal écoic une 
Cour Royale, Lqs A/Z'/^ê'o/j ayant été entièrement détruits 
dans la fuite des tems , ce Tribunal dont la rigueur fai- 
foit trembler même les plus innocens, eut à peu près la 
même décadence quel Hérefie qui avoir donné lieu à fon 
établi (T^ment. Il ne lui refte que quelques légers attributs. 
Un de ceux qu'il a confervé le plus long-tems,étoitcelui 
de fe faire apporter l'éledion des Capitouls , pour exa- 
miner. Cl parmi ceux qui étoient élus, il)i'y en avoir point 
quelqu'un qui fut fufped d'Hérefiei mais dans le fiécle 
dernier, M. de Mo-atchal Archevêque de Touloufe fe fîr 
attribuer ce droit à l'exclu/ion de Tlnquifiteurpar Arreft 
du Confeil , parce que*, félon les conftitutions canoni- 
ques, les Eveques font Inquifiteurs nez dans leurs Dio- 
céfes. Quoique l'Inquifiteur de Touloufe n'ait aujour- 
d nui qu'un vain titre fans fondbions, les Dominiquains 
ne laiffent pas cependant de faire pourvoir par le Roy 
un Religieux de leur Ordre de cet office, parce qu'il y a 
quelques gages attachera cette charge. L'Archevêque 
de Touloufe afîîfte aux Etats à^ Languedoc. 

Cl 

Abbaye d'Hommes de l'Ordile de S. Benoist. 
MAS GARNIER. 

«i^d'^Arcnc- ^^^ Gamier , ou Garnier , ou Garnier Court, ou la 
TêqucdcTou- (^Q^j-j-e^ autrefois faint Pierre de la Cour , en latin , 
ManJiiS Granefiiy lel Manfus Garmejii ^ alias fanélus Pe~ 
trusde Cnne ^ Fille de l'Abbaye àt faint Aitchel de la Clu- 
Je en Piedmont, Cette Abbaye étoit autrefois connue fous 
le nom de faint Pierre de la Cour. Je n'en ai point trouvé 
la fîtuation ni la fondation. . . . 

Abbayes d'Hommes de l'Ordre de Citeaux. 

E A U N E S. 

M d: Faa- Eaunes , ou Eaulne, en latin, Heluarium , ^el Vlna , 
^'■'- y?«£/'2^. Fille de l'Abbaye de B^rJo^Ê"; , fituce entre Tow- 
/cr.y'r&. fo/.v, ôc fondée l'an 1137. 

GRAND- 



I 



Florins 



Rêve». 



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1/09» 



TlTULAlRSS. 

M. de Lintj, 



de Livry 



DES Abbayes de France. Ç6i 

G R A N D-S E L V E. 
Grand-Selve, ou Grande Selve, en latin 3 Grandis fil- 
nja, fituée en Bourgogne y à quatre lieues à^Touloufe, Elle 
eft Fille de Clairvaux^ ôccQfiit/ain; Gérard religieux de 
1 Ordre de faint Benoifi , qui en fut le Fondateur y elle 
pafTa dans l'Ordre de Citeaux l'an 1144. 
Abb. d'Hom.de l'Ordre de Saint Augustin. 
SAINT SATURNIN. 
M. Sanguin Saint Saturnin ou faine Sernin, en Xiiin ^ fan6ius Satur- 
ninus Tholofanenfts. On nomme dans le pays par corrup- 
tion , cette Abbaye faint Cernin ^ te c'efl: une ancienne 
Abbaye de l'Ordre de faint Benoifi;, qui fut donnée dans 
l'onzième fiécle aux Chanoines Réguliers *, Ôc aujourd'hui 
elle efi; fecularifée. Charles le Chauve logeoic dans cette 
Abbaye dans le tems qu'il affiegeoitTouloufe. L'Eglife 
eft d'une ancienne ftrudture, mais très belle; elle a dou- 
ble collatéraux, ôceftfort recommandable pour legrand 
nombre des Reliques qu'elle conferve. Dans chacune des 
Chapelles qui environnent le Chœur , il y a des Reliques 
particulières d'un Saint en une Châfle enfermée dans une 
armoire , où le nom du Saint efl: écrit deflus , ôc dans 
une cave fous le même Chœur font les Reliques entières 
de fept Apôtres, dont les Châffes font d'argent doréjes 
corps de ces Apôtres font ceux des d^ux faint Jacques y de 
faim Philippe i de fin t Barthélémy y dQ faint StmoriydQ S, 
Jude bi dtS. Barnabe. Il y a encore ceux de faint Gtlles^dQ 
Jaint Gilbert y d^Jatm EdmondKoi d' Angleterre y ^d^J^lvu 
fleurs autres. La Châfle dt faim Sernin yÇ^\i\ efl: au-defl^us 
du maître Autel , efl: faite fur le modèle de l'Eglife mê- 
me qui porte fon nom. Il futle premier Evêque deTo//- 
loiife i ôc fut martyrifé par ceux de la Ville qui le firent 
traîner dans les rues par un taureau, qu'on ne pût faire 
pafler au delà du lieu, où Dieu vouloir qu'il fut enterré. 
C'efl: ce qui lui a fait conficrer cette grande Eglifc , Ôc 
une Châlfe d'argent qui la reprcfcntc dans toutes fes par- 
ti.-:. 



iFlorIns 



Rcrc». 



4 joo 



Ii009j) 



Scz Recueil General 

TiTutAi^ig. jjçj^ ^ qyj pçfe plus Je deux cens marcs, àcaufe Je fonf^^°''"' 
hauc clocher. On voit hors de l'Eglife quelques tom- 
beaux des Comtes de Touloufe , & devant le Portail !a fi- 
gure de faint Sdturnin, qui donne le Baptême à une fem- 
me plongée dans les Fonds Bapcifmaux. L*Abbaye de S. 
Saturnin ou de S. Cernina été érigée en Collégiale. Son 
Eglife eft grande Se majeftueufe , mais fort fombre. 
Le clocher efh beau &: élevé. La tradition veut qu'elle 
ait été bâtie fur unlacôc fur des pilotis. Dans le Chœur 
à côté de l'Evangile eft un endroit, où un canal répond 
depuis les fondemens de l'édifice jufqu'à hauteur d hom- 
me, en prêtant l'oreille fur ce lieu , l'on entend un cer- 
tain murmure , que l'on dit eftre celuy d^s eaux qui 
coulent au-deflbus jufqu'aux foûterrains. Tout y infpi- 
re la fainteté > car elle fe vante d'avoir vingt- fix corps 
Saints. On garde dans cette même Eglife une autre Châfte 
qui eft d'un prix ineftimable , c'eft celle dcfaint George ; 
elle reprefente un temple à l'antique d'ordre Corinthien, 
avec des figures de ronde boffe dans les entre-coîonnes, 
ôc quatre autres qui reprefentent les quatre Evangeliftes, 
& font afllfes, une à chaque coin du focle. Cette Châfle 
eft le chef d'oeuvre de Bachelier Orfèvre trés-habile, & 
frère de ce fameux Sculpteur, à qui lesTouloufainsont 
donné une place parmi les illuftresqui font dans la gale- 
rie de leur Capitole. Les Bulles de l'Abbé font taxées à ♦ 



R,e\rMh 



Abb. d'Hommes de l'Ordre de Pre'montre'. 

C A P E L L E. 

M. âc Mont- Capelle , ou la Capelle , en latin ,fanâa Marid de Ca- 
kzu^ndcramt^^//^^ fituée près de la Garonne , à trois lieues deTou* 
loufe. . ,.....«. 

Abbaye de Filles de l'Ordre de Citeaui. 

F A V A R S. 

H. Favars , ou Lume-Dieu deFabas,cnlatin, Lumen Dei 

de 



40*0 



1 



JOO 



&••• 



DES Abbayes de France. Bs^ 

CiTtftAmEj.^^ f^^^afio , feu Fdvajtum, Cette Abbaye étoic autrefois 
du Diocefe de Comminges ^ dans une profonde vallée au 
bouc d'un bois , & éloignée de coures fortes de Villes. 
L'Eglife ne fut confacrée que l'an 1131. quoique le Mona- 
ftere fut fondé long-tems auparavant. Il y a dans le Cha- 
pitre le tombeau de l'Abbefle Rubet^^ fille d'un Comte de 
Comminges, Ces Religieufes ont été transférées dans la 



Wûi- 



ville de Touloufe. 



Prieure*. 
P I N E L. 



Pinel, en latin , de Pinelloy eft de TOrdrc de Cund- 
Mont^ ôc il eft uni aux J^Jaites de Touloufe. 




Flôxins 



R.CYfft, 



tooa 



jooo 



EVECHE' 



T.TOlAIMr 



S64 



Recueil général 






f'ot'n 



A 



M J(ran-B«p- 
riftc de Ver- 
ifiamontDoC- 
tfur de Sor- 
bonne. 




EVECHE DEPAMIERS 

AMIE KS, ou Pamiés , qu'on écrivoit autrefois 
Apainiés, en latin Jf^^mtenfïs, Ville Capitale du 
Bas-Fûix en Languedoc , à trois lieues de Foix , à fix de 
Rieuxy^. huit de Touloufe, à crois de Mire^o^x^ ôc à 175 
de Paris , fur la rivière à'Jriegc. Saint Jmonin martyr , 
né à PamierSy félon quelques uns , fut l'Apocre de fon 
pays, & fut tué par des Payens du lieu. D'autres veulent 
que ce foie un Saint de Syrie ^ dont les Reliques ont été 
tranfportées à Pamiers, On joignit à fon Eglife un Mo- 
naftere du tems de Charlemagne , où l'on mit dans la fuite 
des Chanoines Réguliers. Vers la fin de l'an 125?). le Pape 
BonifaceVUl. détacha la Ville ôc le Territoire de P^w/^n 
qui étoit du Diocéfe de Touloufe pour en faire un Evê- 
ché , auquel il nomma Bernard de Saijfet Abbé du Mona- 
ùcïedQ faint Jntonin , dont il fit la Cathédrale, ôc les 
Réguliers Chanoinesi mais voyant que le Roi Phtlippes 
le Bel nczoit pas content d'une éredion faite fans fa par- 
ticipation, il empêcha Bernard Saijfet de prendre pofTef- 
{fion , ôc le nouvel Evêché fut adminiftré à faint Louis , 
Evêque dQ Touloufe, fils de C/:?^r/d'5 II. Roi de Sicile y juC- 
qu'à l'an 1298. que le Roy reçût en grâce Bernard Saif- 
fèt, & lui permit de prendre pofTeflion de cet Evêché. 
Le Pape Jean XXÏI. ayant érigé Touloufe en i^rchevê- 
ché eni3i7.1ui foûmit Pamiers. L'Abbaye de S. Jmonin 
contemporain de 5. <S^f«r«/« premier Evêque de Toulou 
fe fut fondée dans le S'^fiécle par les Comtes de Carcaf- 
fonne pour des Chanoines Réguliers , lefquelles fe maintien- 
nent dans leurs droits contre les Comtes de Foix, qui vou- 
loient les afifuiettir , parce que le Comte dcCarcajJonne , 

la 



DES Abbayes DE France. 865' 

TiTULimEs, Jonna dans l'onziétne fiécle la viUq d^z Pamien à l'E- 
glifcdeyi/«; j4monin, L'Abbé &: le Convenc du Monafte- 
re de jaim Amontn voulant fe faire un puiflànc protec- 
teur, fe mirent l'an 1126". fous la faufgarde du Roy Louis 
VIII. mais les Rois Phdippe le. Hardi & Phdippe le Bel , 
donnèrent aux Comtes de Foix Je droit de garde , qu'ils 
avoient à Pamiers ^ ce qui ne plût pas. aux Abbé àtjaini 
Jntonin^ qui fe plaignirent des ufurpations du Comte. 
Pour fatisfaire l'Evéquede Pamiers^ le Comte Roger Ber- 
trand Rz liotum^gQ à ce Prélat, tant du Château de Pa- 
w/mquede la Jufticeôcde la Seigneurie de la Ville.L'E- 
veque de fon Chapitre prétendirent que cette ceffion n'é 
toit pas une aliénation perpétuelle , faite en faveur du 
Comte, & pour fe tirer entièrement de fes mains ils af 
focierent l'an 1308. Philippe te Bel ôc les Rois de France fes 
fuccefTeurr en tous les droits, tant de la Jiiftice que de la 
Seigneurie diredle ôc utile qui leur appartenoit dans la 
ville de Pamiers ôc [es dépendances. Les Chanoines Regu 
liers font toujours demeuré en pcffellion de leur Eglile, 
ôc ont compofé le Chapitre de la Cathédrale juiqu'à 
prefenc , n'ayant pas été fecularifée. L'ancienne Ca- 
thédrale de faint Antonin5cla plupart des autres Eglifes 
ont été ruinées par les Calvinifies dur:\nt les troubles , ôc 
cette Ville ayant été plufieurs fois ficcagée, a été réduite 
à un état pitoyable, n'ayant pas aujourd'hui la cinquième 
partie des Habitans qu'elle avoit autrefois ; car on n'y 
<:ompte qu'environ 4400 perfonnes. 

Le Diocéfe s'étend jufqu'aux Pyrénées , ôc il contient 
cent ParoifTes & 50 Annexes dépendantes des Archiprc- 
tresde Montai àc dcNeas. La nouvelle Eglife Cathédra- 
le dédiée à hfainte Vierge^ bâtie par M. de Caulet , Se or- 
née par M. de ï^ertamom efl; trés-fomptueufe. C'étoit un 
Temple des Prétendus Reforme:^ , où le Siège Epifcopal fut 
transféré, après que les Cahiniftes eurent ruiné l'Eglife 
de Notre-Dame, On voie encore hors la Ville quelquesV 
Terne IL Rrrrr rcftcs 



Florin^' llcvctt 



8cr<î Recueil General \ 

TiiULA.'PEs ^^(].g5 dQÏEghCQ de faim Jmqnirj^ on YétQdiion de YE\è' ^^'^'' 
ché avoic écé fliite. Le Chapitre de l'Ordrede S. /Éugufiin 
eftcompolé d'un Archidiacre, d'un Archiprêcre, d'un 
Sacriftain , d'un Précenteur, d'un Infirmier , d'un Aumô- 
i^jjer , d'un Théologal ôc de neuf Chanoines. Le Palais 
Epifcopal efl: magnifique i il y a des peintures admira- 
bles ôcdes tapifieriestrés-riches. L'Evêque le prétendoit 
exe'"'"^P^ de la Regale , & c'eftce quia caufé tant debroûil- 
leries. L'Evêque de Pamiers eft Préfident des Etats du 
Comté de fo/x, qui font convoquez tous les ans par le Roi 
en Automne , ôc en l'abfence de l'Evêque c'eft l'Abbé de 
faint FoUfien de Fo/x qui prefide. Il y a eu en uii.à Pa- 
miers une Aflemblée du Clergé , conventus ^ppamienfs. 
Elle efl; imprimée dans Lahhe ^ t. ii, pag. 80. ôclEvêque 
aflfiflie aux Etats de Z-^A2^«f^or. .... 



in lR:r2iî. 



M. de Gour- 
«ay. 



Abb. d'Hommes de l'Ordre de S. Augustin. 

SAINT VOLUSIEN. 

Saint Volufien de Foix, en latin jp^A^y Folufianus de 
Fitxo , fi tuée en la Ville de Foix en Languedoc, à 3 lieues 
de Pamiers. Les uns difent que cette Abbaye fut fondée 
l'an 80^ par Charlemagne ^ en mémoire delà victoire par 
lui remportée fur les Sarrazins. D'autres difent que les 
Comtes de Carcaf^onne , à. qui Fo/a: appartenoit , y fondè- 
rent une Eglife dédiée a S. l^olujien martyr, à laquelle ils 
donnèrent la ville de Foix , & d'autres grands biens dans 
l'onzième fiécle. Dans le fuivant on y.mit des Chanoines 
lieguliers^ Se cette Eglife dey^iw/ VoLJïen devint une Ab- 
baye. Les Comtes de Fo/ArSuccefTeurs de ceux de Carcaf- 
yo««f n'avoient que le Château dePoix^ pour la Ville elle 
appartenoit entièrement aux Chanoines Réguliers de faint 
Volufien, ce qui dura jufqu'à l'an 1168. que l'Abbé Pierre 
aflbcia le Comte en P^n^^^^pourla Juftice,ôc le haut Do- 
maine de cette Ville, à la charge que le Comte s oblige- 
rait à défendre les droits de cette Abbaye, & ce pariage 

dure 



tjoo 



I700 



DES Abbayes de France. 8^7 
TiTiiiAïKr.s. Jiire encore aujourd'hui. L'Abbaye de faint J^olujle>i n 
été ruinée par les CalviniJIes durant les troubles de la Re- 
ligion j mais elle a été rétablie dans le dernier fiécle, &: 
l'Abbé jouit toujours de Tes anciens droits , ayant le pre- 
mier rang à l'Aflcmblée des Etats de laProvincede Poix, 
après l'Evéque de Pamiers qui en eft le Prefident né y ^ 
l'Abbé prefideenfonabfence. Cette Abbaye étoic origi- 
nairement de l'Ordre de C^ini Benoift , ^ dépendoitde 
l'Abbaye dQ faint Tthery i mais fur la fin du onzième fié- 
cleou au commencement du douzième, elle fut donnée 
aux Chanoines Réguliers y & depuis la reforme de lainte 
Geneviève a reparé tous les deibrdres que l'Herefieôc le 
relâchement des anciens Religieux y avoient caufé. lU 
font douze Chanoines Réguliers qui jouiffent de 1400 liv. 
de rente. Tant qu'il y a eu des Comtes de Fo/xqui ontfaii 
des biens confiderables à cette Abbaye, ils ont eu danf 
ce Chapitre une place de Chanoine, & avoient put aux 
diftributions manuelles, lorfqu'ils afiîftoient aux Offices, 
en reconnoiflànce de tant de bienfaits. 



! 

F/orinsf Rcvcii. 



833 ' lOOOl 




Rrrrrij IVECHE* 



Î6^ 



Recueil général 



M. François 
d'Haufou- 
▼ illc Je N'ct 



EVÊCHE DE MONTAUBAN. 

MONTAUBAN, en Lznn, M ons-Jibanen/is , 
dans le ^uercy , à fept lieues dcTouloufe, à neuf 
";coa"t,^Abbé^^ ^^^JOTS , à dïx J V^f « , ^ à ccnc cinquantc lieues de 
ror&e s' ^^^^^' ^^^ ^^ rivière de Tarn ^ à quatre lieue fur la droite 
Bc.oît D de de la Garonne. Saint Theodurd , ou Tbodart , Evêque de 

Lvo'i, &Doc- *7 / ,, , __ 1 r r -Il 

tcurcnTJic:^- 1^ urtcnne y iTiourut 1 an S93. dans une Terre de la tamilie, 
culte deP^ar:î!S^'^^ appclloic Mont-Orioi, ôc àQ^wis Monîituhan- , OU. 
l'on dit que fon père avoit fondé l'Abbaye àtfaint Martin 
furies frontières du ^ercj/ : il fut enterré dans ce Mona- 
ftere, qui fut depuis appelle de fon nom l'Abbaye dcfaint 
Théodard, & par ahbrQ\ïanon faint Judard. La dévotion 
que l'on eût ^ourfainr Theodard, après qu'il eût eflé en- 
terré dans cette Abbaye qui étoit de l'Ordre de S. Benoît, 
y attirant beaucoup de monde , on fit bâtir infenfiblement 
un petit Bourg fur la montagne; & Jl^honfe , Comte de 
Touloufe yfils de Rajmond de faintGdIes yûzh^it'nYan 1144. 
dans le voifinage de ce Monaftere , une Ville qui fut nom- 
; mée Montaubanh ce qui engagea les VafTaux de l'Abbaye 

àfe retirer dans cette nouvelle Ville, laquelle étoit dans 
une fituaiion plus commode. L'Abbé s'en plaignit au 
Comte Raymond y fils & Succefleur d*^/p/7o«/ei ôc Raymond 
pour dédommager l'Abbaye, lui accorda la moitié de la 
Seigneurie de Montanhans depuis ce cems-là les Comtes 
dzTouloufe yàc nos Rois qui leur ont fuccedé, ont été Sei- 
gneurs en partage de Monrauban, avecles Abbezde faint 
Theodard, qui font reprefentez par les Evêques. Cette 
Abbaye fut enfuite donnée aux Abbez de la Ch'^i'K.^'Dieu, 
qui y établirent des Supérieurs, q»ui leur payoient tous 
\ts ans des redevances. Cette Jurifdidion d^s Abbezde 
Ja ChaiXt^DiçHy fur le Monaftere de Montauban, dura 
jufqu'au Pontificat dc'jean XXll. qui érigea Tan 1317. un| 

Evcché 



Florin 



Reyiâ. 



DES A BB A Y ES DE France. Z6p 

T1TULAIR.EJ. £veché à Monrauban , dont il créa preaùeiEvéque Ber- 
trand DufuiSy ou de Podio qui fut le dernier Abbé du 
Monaftere de fàinc Theodarâ, Le même Pape par une au- 
tre Bulle, après avoir féparë le Territoire de ce nouvel 
Evêché, des Diocefes de Touloufe & de Cahors , il l'af- 
fujectit à la nouvelle Métropole de ToLiloufe 3 6c l'exempta 
de la Jarifdiâ:ion de l'Archevêque de Bourges, Métro- 
politain de l'Eglife de Cahors: Il rendit aufli ceMonaf- 
tere indépendant de l'Abbaye de la Chai'^e-Dieu, Apres 
cette éredlion,. les Moines demeurèrent encore plufieurs 
années dans k Cathédrale de Montaubani de forte que 
l'an 1375). lorfque l'Evêque Pierre de Chalais fie fon tefta- 
ment, la communauté Régulière de Montauban fubfif- 
toit, & avoit fon Prieur- AUge. Quelque temps après, les 
Séculiers s'y introduifirenc, èc fe mirent en poITellion non 
feulement des portions ou Prébendes, mais encore des 
Offices clauftraux. George d' A mhoife éioiz pourvu de l'of- 
fice ou dignité d'Aumônier de cette Eglife l'an 1484. lorf- 
qu'il fut élu Evêque de Montauban: il fut depuis Ar- 
chevêque de Rouen, & Cardinal. L'Evêque de Montau- 
ban a féance dans les Affemblées des Etats Généraux de 
Languedoc > quoique la Ville n'y entre pas , à caufe qu'elle 
eft du Gouvernement de Guyenne. Il n'y a que quatre- 
vingt-dix Parroiffes dans le Diocefe de Montauban, dont 
quarante- fept font dans le Languedoc j & ce Diocefe a 
huit lieues de longueur, dont la plus grande partie eft 
en êluçrcy, L'Eglife Epifcopale eft dédiée à famt Martw^ 
Se fon Chapitre eft compofé d'un Prévôt, d'un Archidia- 
cre &c de douze Chanoines i ^faimTheod^rd eft le Patron 
de la Ville de Montauban. .... 

Abbaye d'Hommes de l'Ordre de Citeaux. 
BELLE PE RCHE. 
M.ac vintt- 3^,||g Perche , en Latin BelU Pernca , /?>« Btlln Perça, fille 
Archevêque dcClairvaux, htuéedans le Quercy fur la Garonne, a z ou 3 
ccttc^'Abbayc licucs dcMontauban, ôc foudéc Ic j. desNoncs d' Aou 1 1143 • 

ic^^janv.cr EVECHE* 



Florin: 



Kt.'fi;. 



ijoo, 



i^OO» 



ioo 



;oc». 



TiTaiAIREJ, 



870 



Recueil General 




Florin.' 



Hcreu 



EVECHE DE MIREPOIX- 



M François 
Hor.o.é dt 
Maoïean , 
Abbé d.- S:n- 




I R E P O I X > en Latin, MirafkenJÎSy Ville dans 
le haut Languedoc, à trois lieues de Foix ôc de 
îlrTde'^ s! Si ^"""^^^^^^ > i douze de Touloufe ^ ôc à cent foixante-quinze 
noift, D. de de Paris, fur la rivière de Lers) ce n'étoic autrefois qu'- 

Numes, Doc- r \ rr . /-a / . ^ i 1 1 i 

tcurcn Théo- une limple Parroille^.qui rut érigée en Cathédrale l'an 
dctant Grand ^^7^ P'^T Ic Pape Jcctn XXIL fous la Métropole de Tou- 
dl^Tottufe: ^^^^^^j^ il cTca premier Evqc^mq P\aymond Athon, Abbé 
il a écénom- ^Q S. Semin d^Touloufe. Jacques foumier. ou Dufour. Moi- 
chcic 8. lan- ttc de l'Abbaye de Bolbone, a ete Evec|ue de Mirepoix, 
'^^'' & depuis Pape en 1334. fous le nom de Benoifi XU, après 
Jean XXIL quatre autres Evéques de Mirepoix ont été 
Cardinaux ; fçavoir Gnill^u^e , prédecefleur i' Euflache \ 
LoHis^Ddvid Bethon^ die le Cardinal àt jawt Jndrê ^ le 
Cardinal du J</o«f,qui lui fucceda en l'Evêchéj Se Jean 
Suarius , qu'on appelloit le Cardinal de Rieumes, à caufe 
qu'il étoit né à Rieumes en Gafcogne, Mirepoix a eu auffi 
trois Evêques de fuite qui furent nommez Archevêques 
de Vienne. Pierre de P^ilUrs IL du nom, Pierre de l^ûlars 
fon neveu, troifiéme du nom s St Pierre de Donnaud qui 
avoit été un fçavant Religieux de l'Ordre de S. Benoît. 
Le Diocefe de Mirepoix a huit lieues de long, 8c qua- 
tre delarge: il confîneavee ceux d'Aleth,de Pamiers, de 
CarcafTone, & de S. Papoul.Il n'y a que cent cinquante 
ParoifTes, ôc une Abbaye. L'Eglife Cathédrale porte le 
nom de faira Maurice, ç\\ç, n'a rien de remarquable que le 
tombeau & les reliques de ^S'. Gauderic, Berger i ôc l'argen- 
terie & les tapifferies ouq Philippe de Levis ^Evèque de Mi- 
repoix, ôc Abbé de la Grajje, y a donné. Il y a dans les 
Archives des Livres de Choeur faits par un Cordelier man- 
chot , où il y a de très-belles mignatures. Le Chapitre 

d: 



DES A B B AY E S D E Fr A NC E. 871 

TiruLAmEs.jç 1^ Cathédrale confifte au Prévôt, au Snciiilain , an 
Théologal, à douze Chanoines.L'Evêqueaffifte aux Etats 
de Languedoc. . 

Abbaye d'Hommes de l'Ordre de Ci t eaux. 

B A L B O N E. 

M AnJiaut BalboHC , et! Latlii 3 Balhcna , 'velBorhona^feu Borbonidy 

G^a^iïSoTx'fill^ de Bonnefom , fituée au Comté de Foix les-MaT^reSy 

de Mj the :ii elle fuc fondée en 1150. auprès de la Ville de Ma'^eres\ mais 

baye les /an- dans la fuite on l'a rebâtie au confluent de YJriege ôc de 

ver, 7». l'£r^,avec tant de magnificence, cjue c'efl: une des plus 

belles ôc des plus riches de l'Ordre de Citeaux. Roger , 

Comte de Foix , fut enfeveli en 1173. dans l'Eglife qu'il y 

avoir fait bâdr. Jacques Oufour ^ qui fut Pape fous le nom 

de Benotfl Xll. avoir été Moine de cette Abbaye de Bol- 

bone, avant que d'être EvêquedeMirepoix. y^^<«:^fre5 n'é- 

toit qu'un Village en ii^r. lorfque Berenger ^ Abbé de Bol- 

bone , y fonda une Ville, du confentemenc de Roger, 

Comte de Foix, à qui il accorda la moitié de la Juftice , 

de la Seigneurie, & des Cens de ce lieu de Ma-^eres, Le 

pariage du Comte & de l'Abbé, fût confirmé par un Ar. 

reft delà Cour du Roy .S". Louis, ç^uï condsimna. y^lphonfe ^ 

Comte de Touloufe fon frère, qui avoir ufurpé ce lieu de 

/\d.^7:j>res fur l'Abbé de Bolhone y 6c le Comce de Foix. 



I 



l f C(^ 




l8030. 



Xzoo. 



900», 



EVECxHE' 



TirUL AIRES 



871 



Recueil General 



f ff f f ^f f f f f f f f f :f l-fl^f f ^f f 

EVicHÉ DE LAVAUR. 

LA V AUR ou la Vaur, en latin, Vaurenfis, Ville 
du Languedoc fur la rivière à^^Jgouft y-2i crois lieues 
citcauxjD.'au-defTus où elle tombe dans le Tarn ^ entre Toulouje 
&Doftcur /ê & Alby, & à cent cinquante lieues à^Paris. Comme elle 
îorlopn^e!'^*' appartenoit en propre à lfa,rn ^ Evéque deTouloufej il en 



Florins, 



M. Nicolas 
Malcfîeu, Ab. 
bcdeMoreiHc 
dcl'Qrai-ede 



fie don, ainfî guç des Droits ô^ à^s Domaines qui en dé 
pendoient à FrotarJ^ Abbé du Monaftere dQjamt Pons 
de Thomieres. Cela fut fait en 105)8. à condition qu'il fe- 
roic rétablir l'Eglife defaint Elan, qui étoit ruinée, en 
laquelle les Religieux Benedi6lins de l'Abbaye de fami 
Pons ^ ayant établi un Prieuré , le Pape Jean XXII. l'érigea 
en Evêché, (oMsToulouJe , l'an 1317. àc créa pour premier 
Evoque àtLâvenr Roy er d' Armagnac. Le Patron de l'Egli- 
fe Cathédrale Q^Jaint Jlaire y en Latin, jUnus: & il y a 
dans le Chapitre un Prévôt , un Archidiacre, un Sacriftain 
&: douze Chanoines. Le DiocefedeL^^'^«rn'aque foixan- 
te & huit Parroiffesi d'autres difenc quatre-vingt-huit, 
& une Abbaye: Ileft entre ceux itTouloufe, de Ca(lres & 
de Montauban y ôc il y a eu plufieur^ Prélats d'un mérite 
diftinguez dans cet Evéché i entre autres, Pierre d'Jiily\ 
de Alliacoy qui fût Cardinal ; GtiUs de Bellemere; George 
de Seha, dont Pierre Bunel a fait l'éloge dans Ces Lettres 
Latines i & Pierre DaneT^quc Scevole de Sainte Marthe, a 
mis au rang de fes hommes Illuftres. Il y a eu un Con- 
cile à Ldvaur en iziz. & le Pape Urbain V. y en fit tenir 
un autre. L'Evéque de Lavaur affifte aux Etats de Lan- 
guedoc. . . . , , . 



Abb., 



JÎOO' 



©ES Abbayes de France. S/sf 
Abb. d'Hommes db l'Ordre de S, Bekoist. 

SOREZE. 

i^Vocoze/r ^orczc ou la Soufcalade de Soreze , en Latin, Soricî- 

k t Janvier ^f^m , vel Beata Maria de Soricinio. q\U eft fituéc dans la 
X711. ^ 

petite Ville de Sore"^ en Languedoc y fur le^'or, prés de la 
montagne noire, à deux lieues d^ faim Papoul i l'Orient, 
Ôc à neuf de Touloufe, êc à cinq lieues dei^i/^w»" .* elle fût 
fondée en 817. par Pefin , Duc d'y^quiraine ; Sc il en eft fait 
mention dans le dénombrement qui fut fait fous le règne 
de Louis le Débonnaire. Cette Abbaye a été ruinée par les 
guerres Civiles , de par les gens de la Religion Prétendue 
liéformée i mais elle eft bien rétablie par les Pères de la Con- 
grégation d^faint Mauro^m y font entrez en i6à^C, Se c'eft 
la foixante-douziéme Maifonqui lui a été unie. On cleve 
gratuitement dans cette Abbaye douze pauvres Gentils- 
hommes, elle s'appelloit autrefois l'Abbaye dtlaPaix ^ ôc 
l'an 1173. l'on y tint un Parlement. ^ . , 




Florins 



Rcvïni 



1300 



lOOC» 



Tome I 7. 



Sssss EVECHE* 



TirtiL'iRis. 



«74 



Recueil General 



1^ tj*«j*'^'^'^'^*t'^^ î:» '4»'^*^*^">rJ?'^'^'^ 

EVECHE DE RIEUX. 

RI E U X , en Latin , Rïuenfs , Ville du haut Langue- 
doc, ôc principale Ville du Touloufuiriy fur la petite 
s^j'iboi'-'^'^ rivière de R'fii qui le jette un peu au-deflbusdans !aG<t- 
Abbé de c'iie Tonne , entre Touloufe & le païs de Comminzes , à cent (oixan- 
s /lugufti,, ,te-iix lieues de r4r/y. La rencontre de pluiieurs petites ri- 



y )haanc de 
SauTiery . 



dans Ja Ville 

à 

d. 



de Poitiers & vieres ou ruifleaux qui fe joignent en cet endroit, lui a 



delà Mag^ic- Jonné le nom de Rieux. Il yavoit autrefois un Monaffcere 
reaudun du qqB 6 n€ d ift ins iQàiè 2. Notre-Dame^ quelePape7«'"^«XXïL 

même Ordre, . . ^. • t- l>,^ ï ^ { • 

Diocefc de qui avoit une eltime particulière pour 1 Ordre ac jatnt 
CoaS?icr ^enoifl, érigea en Evêché en 1317. fous Touloufe. Rteux étoic 
Pa^îrmcnîdrP^"'^ lors fi peu dc cHofc , que le J^^^Qjean XX ÎL en 
Touloufe. Il a lerio-eant en Evêché, dit fans fa Bulle, eam oppiduli no- 

«te facré le 17 . C> > ^ ^^ 1 1 . 1 

Mars 17x0. mine decoramtis y ôc en créa premier Eveque le Cardinal 
Pilefort de R.ibaflens, qui étoit auparavant Eveque de P/- 
miers. D'autres difent que le premier Eveque de Rieux a 1 
été Guillaum? de Brutia ou Brochia , qui étoic Doyen de 
Bourges-, c'ell le fentiment de Catel, L'Eghfe Cathédrale 
de Rieux eft dédiée à la F'/erge, le Chapitre confîfte en 
quatre dignirez, qui font celles de Prévôt, d'Archidiacre, 
de Précenteur & de Sacriftain : Il y a outre cela douze 
Chanoines. Le Diocefe de Rieux contient quatre-vingt- 
dix Paroiffes, quatre Abbayes d'Hommes & une de filles j 
il confine avec ceux de Touloufe &: de Pamiers. Le Palais 
Epifcopal efl: aflez beau , l'entrée fur tout eft magnifique ; 
On y voit au-deflus de la porte en dedans, les noms ôc 
les armes de tous les Evêques de Rieux , que M Berthier, 
Eveque de cette Ville y a fait mettre; ôc a fondé pour 
eux tous les ans un Anniverfaire, dans lequel il a ordon- 
ne qu'a l'Oraifon, Deus qui inter afoftolicns. Sacerdoces y on 
nommeroic tous les Evcques l'un après l'autre. Cefçavanc 

Prélat 



Flotia^ ï^«vcn 



k 



BEs Abbayes de France. S75 

Titulaires. Pfél^j ayant décerrc huic tctcs de quelques anciennes Di- 
vinicez, les a fait mettre dans la Cour du Palais Epifcopal 
pour fervir d'ornement avec cette in (cription : Ht fum 
Dit ^ inquibushahebam fiduciam, & amour y miratur anifex, 
irrideat Cbriflianus , & plus bas, bas idololatrU relt'quias O" 
ignota fama deluhri mutiUta jra.gmenta , in agro de Martris 
Tolofanis reperta , ad ornatum Epijcopalis auU. y4nt. Franc. 
'Qerterius Epfco^us Rivorum P. anno 16 p^. Il y a dans la Sa- 
criftiedela Cathédrale de /?/>«a: une fort bel le mitre, que 
M, Berthier a acheté d'un Anglais^ ôc dont il a fait prefent 
à fonEglife, ordonnant qu'on s'en ferviroit les grandes 
Fêtes. C'efl: aufE à ce Prélat qu*on eft redevable de la cé- 
rémonie d'aller chanter l'Evangile à Rieux les grandes 
Fêtes au Jubé, & de flcchir le genoùil, lorfqu'il palle dans 
le Chœur ou qu'on le baifc , ce qui fe pratique même par 
le Célébrant. Mais puifque me voilà fur les cérémonies, 
il ne fera pas inutile d obferver ici que Ion confervc iRieux 
lefaint^^^crfwfwràl'AuteldelaParoifle, ôc'que jamais on 
ne l'expofe au grand Autel de la Cathédrale. La Prévôté 
de l'Eglife Cathédrale de Rieux^Çk. dénomination Royale, 
& l'Evêque aflifle aux Etats de Languedoc. 

Abb. jd'Hommes de l'Ordre de Saint Benoist. 

L E Z A T. 

M. de Bc- Lczat, en latin , fanêîus Petrus LeZaienfis, vel fan6lus Pe- 
trus LeT^ren , alias de pede Laxato , ntoee dans le Bourg 
du même nom dans le haut Languedoc ^ fur la rivière d'^- 
riege ,à trois ou quatre lieues de Touloufe vers le midy au 
bas Comté de Foix , & dans le petit pays appelle le La- 
'gardois. Cette Abbaye étoic autrefois du Diocéfede Tou- 
loufe. Elle fut fondée vers l'an 840. par y^tton Vicomte de 
Be-^ters, Les anciens BenediHins qui la poffedenr, ont un 
ancien Cartulaire très-beau , qui donne beaucoup de lu- 
mières, nonfeulementpour rAbbaïedeZ.f:^4/, mais en- 
core pour plufieurs autres Eglifes. C'eft dans ce Cartu- 

$ %%%% ïj laira 



Florin:, 



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tulle. 



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TlTBl. 



%y6 II K C U E I L O E N S R A L 

''■''-''■ laire que l'onapprenci qu'il ya plus de huit cens ans, que 
l'on croira Le:^at êcre en poffeflîondu corps izS.y^ntoi^ 
weAbbé, peredeuntde Saints folicaires d'£^y^;f. On y 
montre encore Tes Reliques , aufquelles il y a beaucoup 
de dévotion dans le pays, il s'y fait même plufieurs mi^- 
racles, ôc autrefois le Parlement de Touloufe faifoit ju- 
rer fur ces Reliques, pour connoître la vérité. La tradi- 
cion du Monaftere eft , que ce fut deux Religieux de la 
Maifon,qui étant allé en Orient , enlevèrent le corps de 
S. Antoine, ôc l'apportèrent à Le-:^at j cependant on pré- 
tend l'avoirau Dioccit à^Vienne en Dauthinê, dans une 
Abbaye qui porte fon nom, & qui ed chef d'Ordre. La 
Ville d'Jrles croit aufli l'avoir. On y montre une très- 
belle Châffe, dans laquelle on prétend que font ks Re- 
liques, dont les Magiftrats ont la clef j ôt on dit que lorf- 
que les Religieux de S. Jniome de l^ienne , qui original >- 
rement n'étoient que des Hofpitaliersdeftinezà fecourir 
les malades du feu de faint Antoine, érigèrent leur Mai- 
fon en Abbaye , ôc prirent la Règle de faint Juguftw , les 
Religieux BenediéJins de Montmajorle:^ y^rles^ aufquels ils 
avoient été fournis jufques alors, voyant qu'ils avoient 
fecoùé leur joug, emporterentle corps de faint Antoine 
en fe retirant, comme un bien qui leurappartenoit, & le 
depoferent dans une Paroiffe de leur dépendance. C'efi: 
aux Sçavans critiques de nos jours , a exercer leur plume 
fur une fi belle matière, &: à nous développer les diffi- 
cultezqui s'y rencontrent. On montre encoredans l'Ab- 
baye de Lex/it le chef de faint Vincmi martyr, celuy de 
faint Àuhin , & dans la Paroifledu lieu une famte épine , 
où il y a une infcription écrite du tems de (aint Louis, Il 
y a aufli dans une Chapelle de ! Eglife de l'Abbaye un 
grand Crucifix ancien ôc habillé. 



Florin- 



î^evcn. 



M.<ic Moi- 
teit. 



M' A S D'A 2 I L. 

Masd'Azil, en luïn , A:îanftis /Igiltus^ W AdanfusJx^. 

lit 



TOOO 



<ooo 



DES Abbayes de France. S77 
TiTULAiREf. lu ^ J^çn /i/fanfis J relis , aut AfanjîarelJs , ahas A^anjîrilu ,* ^''^''' 
feti Manjus yÉrilis ^ fîtuée nu Comté de Foix dans le Lan- 
guedoc ^ dans la petite Ville du même nom, en un beau 
vallon, entouré de tous cotez de montagnes afîez hautes 
& des plus fertiles , fur le bord de hRife, Elle fut fon- 
dée dès l'an 817. au commencement du règne de Louis le 
Débonnaire, IJhard Evêque de Touloufe l'a prit fous fa pro- 
tedion l'an 1077. Ce Monaftere ayant été ravagé parles 
Cdviniftes dans le feixiéme ôc dix-feptiéme fiécle, a été 
rétabli parles Benedicîins de la Congrégation de 5". Maur. 
La ville de Mas d'J-^il a pris fon origine decette Abbaïe. 

I Abb. d'Hommes de l'Ordre de Citeaux. 

C A L E R S. 

M.Bartheic- Calcrs , cn latin, Calerfîum ,jeH Calertium^alias Coler- 
d/Lanu?°'" tiur)7, fille de Grande Sehe y fituéeen Languedoc. Elle a été 
entièrement détruite par \ts Huguenots \ mais elle a été 
rebâtie avec tant d'habilité dans la Nef de l'Eglife, gue 
l'on y a ménagé tous les lieux réguliers. Cette Abbaye a 
été fondée Tan 1148. . . . . • ». 300 

F E U I L L A N S. 

Feu i lia n s , en latin , Fulius , feu beat a Maria Fulien/îs , 
fi tuée dans le haut Languedoc, dans le Bourg de Feuillans, 
à deux lieues de Ricuxybcà Gx dcToulouje ^ vers le midi, 
& fondée le d^ d^s Ides de Juillet uCz- fous la dépendan- 
ce du Père Abbé de Morjmont en Bafjig/r)/. Elle éroit fille 
de la Greffe, au Diocéfe de Langres , mais à prefent c'efl: 
le chef de la Congrégation de la plus étroite cbfervance 
de Gtteanx , nppellée de fon nom Congrégation de Feuil- 
lans. Cette Abbaye écoit prefque ruinée , & i! n'y avoir 
que quatre ou cinq Religieux dont la vie n'éroit pas tout 
a fait irréprochable. , lor(qn'on 1573. Jean de U Barrière 
qui enétoit Abbé Ccmmend::taire, fit profc!Ïîonde l'In- 
ftitutle plus àuilcLQdQCncauXi femamcinc contre l'Ab- 

béj 



(evca. 



4000 



1/00 



tyl Recueil General 

T^TutAiM»! 1^^ General de tout l'Ordre , par lautoricé du Pape 
Sixte V. vc appuyé par le même Pape y ôc par Henry 
III, Roi de France , il fe rendit entieremenc indépen- 
dant , ôc il inftiraa la nouvelle Congrégation des Feuil- 
lans, qui eue permiffion de s'établir dans tout le Royau- 
me de France. Jean deU Barrière afiembla â Feui lions plus 
de deux cens Religieux'» ils rebâtirent leMonaftereavec 
beaucoup de magnificence, & s'étant féparez de l'Ordre 
de Citemx ils formèrent une Congrégation, qui eft ré- 
pandue en France & en Italie, Le Pape Sixte V/par fa 
Bulle de l'an 1587. donna aux Religieux de Feuillans, l'E ' 
glife de fainte Pudentienne de Rome , pour y établir une 
Communauté & les Règles d'un ancien Ordre Militaire 
érigé l'an 1119. àc confirmé l'an 1131. par Amanieu Arche 
vêque d'Auch fous le nom de l'Ordre de la Foj & de la 
Paix^ lequel étoic foûmisà l'Abbé de FeuilUns,, qui eft 
chefd'Ordre,&R^««/p^f fon premier Abbé vivoitvers 
ranii45. L'Abbaye de F(?«/7/rf«5 eft éledive & triennale. 

Abbaye de Filles de l'Ordre de Citeàux. 

S A L A N Q^U E S. 

Midarac ic Salanques , en latin , SaUnqttia^ <vel Sallencia , aliàs A- 
^""' hundantia Dei , Fille de Morimond, & fondée au Comté 
de Foixen Languedoc^ Paroifle de faint Félix Tan i553.par 
Gafton Phoehus Comte de Foixy & laComtefle Eleonore 
fa mcrc. Ellea été beaucoup ruinée par les Hérétiques , 
l'an I574« .... ... 



Florins 



R.cTe«^ 




teo 



lOOÛB 



5500 



EVECHE' 



DES Abbayes DE Frakce. 



T.Tai.4IMI. 






M Charles- 
Guillaume de 
Maupcoa , 
Dodlcarcn 



EVECHE DELOMBEZ. 

LO M B E Z, en latin , Lomhane^/is , ville de Gaf- 
cogney dans lepecic pays de Samaîan, fur la rivière 
Thëo'o.^ic de de >^e've ou Save , à. cinq lieues de la Garonne , à 4 lieues 
Palis cy-dc. à'Auch, à cinq de Rieux ^à huicde Touloufe ^hc à 150 lieues 
ne'de l'E^jhr" de PaYÏs, H y avoit une ancienne Abbaye de Chanoines R,e- 
gentdu'cicî'<?^'^^^^^ que le PapeJ<?^« XXII. érigea l'an 1317 en Evc- 
gi II a été ché fous Touloufejdont il créa premier Evcque Amtnuà 

nomme Icii r\ \ i-^ r a 

Juin 17x0 & Kogery hls du Comtede L.ommîngeSy & lupprima enme- 

jaiiTet^L. ' me cems TAbbaye. MM. de fainre Marthe dans la Gaule 

Chrétienne difent , que Lombe-^ ôc le Pays circonvoifin 

écoic pour le fpirituel du Diocéfed'^»c/? i mais J<r4^ XXII. 

dans (qs Confticutionsqui font parmi les extravagantes : 

témoigne que l'Eglife de Lombez étoit du Diocefe de 

Touloufc, qui dcpendoit de la Métropole de Narhonne \ 

de forte que Lomhe^ ne reconnoiflbic en aucune chofe 

l'Archevêque & l'Eglife d'Auch. L'Eglife Cathedralede 

Lombez eft fous le titre de l Ajjomption de la P'ierge, Le 

Chapitre confifteen un Prévôt, un Archidiacre, un Pré-j 

cenceur 5 un Sacriftain , 6c douze Chanoines H n'y a que, 

50 Paroiffes dans ce Diocefe. L'Evêque eft Seigneur de' 

Lombs'X^ , Ôc aflîfte aux Etats de Languedoc. . .' xy 

Abbaye de Filles de l*Ordre de Citeaux. j 

S A I N T B E R N A R D. j 

Saint Bernard , en latin , lan^lus Bemardus , Fille de! 

Morimond^ fituée en la Ville de Lombez. On n'en trouve! 

rien davantage, .....* 



» on 



EVECHE' 



iîi09. 



«oc» 



gSo 



Recueil General 



Tirât M.\«î. 




EVECHE DE SAINT PAPOUE. 



Abbé de Vc 



Floruv 



SwCrc^, 



SAINT P A P O U L , en lacin , Sxnâus Papulus 
Ville au haut Languedoc, dans le Laura^nais . à lep 
D. de Noyon lieues de Larcajjonnc y a huit ou neur de Touloule, encre 
Î7t;.^&irfatle levant ôc le midi, à i68. d^lParis , de a crois de CaJJel 
v?STdAaint"*^^^^^^« ^^'^^ Papoul ?tcziQ , l'utt dcs pàncipaux corn 
r.ipouiiei7 pai^aonsderApoftolat de faine Saturnin premier Evêque 

Octobre 171} \ Hr^ ' r C ■ r' y r • • 1 «1 

lia ctc Piêcre de i 0/^/0 ;//f, tuc martyrite dans le territoire de cette ville, 

4e rOracoirc. ^ I ! r ■ t 

au canton que nous appelions La'^raquais. Long temps 
apr^s fa mort, l'on bâtit une Eglife, puis un Monaftere 
autour de fon Tombeau. Le concours des peuples qui y 
vinrent fatisfaire leur dévotion, y forma enfuite un Bourg 
ou une petite Ville, où le V^pcjean XXIL érigeaun Evê- 
ché en 1317. fous Touioufe. C etoic avant ce tems une Ab- 
baye de Bénédictins fondée en "817. fous le règne de Z.o«/V 
le Débonnaire y ôc qui après avoir été ruinée^fut rétablie- 
Bernard deUTour le dernier Abbé, fut le premier Evêque 
de S. PapouL Les Moines Benedidlins demeurèrent tou- 
jours en l'Eglife Cathédrale, & ils en ont formé le Cha- 
pitre jufqu'au règne du feu Roy Louis XIV. fous lequel 
ils ont été fecularifez. On dit fans aucune preuve certai- 
ne , que l'Empereur Charlemagnea fondé cette Abbaye, 
peut-être l'avoit-il ornée ou enrichie, ou peut-être en 
avoit-il aggrandi le Bâtiment. Le DiocefedefiincP^/^ow/ 
dont l'Eglife Cathédrale conferve le nom , comprend 
feulement cinquante flx ParoiiTes. Ce Chapitre cfl: com- 
pofé de douze chanoines dont il y en a fixquioncdes Di- 
gniz^z. I{ai m ond de Mofcueroles fuccefleur immédiat du pre- 
mier Evêque de faint Papoul fut fait Cardinal , 6c fix au- 
tres des Evêques qui lui ont fuccedé font parvenus à la 
même dignité de Cardinal y fçavoir , Pierre du Cros qui 

avoic 



Ti 



DES Abbayes DE France. 88i 

T«iAiREs ^YQJj. ^^^ KtWgxtux^Raimonâ Mairofii^Jem de Roquetailla- 

de ^cpiavoit été Qnfant dQ Chœur à Ljofi yScles trois Salviats 
de fuite. Le Diocefe de faint Papou l n'a point dQ Ville qui 
remplifle le tour Dioceiain aux Etats i c'efl: le Syndic du 
Diocefe nommé à Taffiette, qui remplit cette place tous 
les ans. Il n'y a rien de remarquable dans la Cathédrale 
de fawt Papoul^ finon que le faint Sacrement ne feconfer- 
ve pas au grand Autel , mais à celui de la ParoifTe qui eft 
dans l'Eglife Cathédrale. L'Evêque aflifte aux Etats de 
Languedoc, ....... 

Abbaye de Filles de l'Ordke Saint Dominique. 

P R O U I L L E. 

Pfouille, ou Notre-Dame de Prouilhe , ou Proulhe , 
en latin, Prulhanus ^Vntwxé de Filles de l'Ordre de faint 
Dominique qui étoit autrefois du Diocefe de Touloufe , & 
qui eft maintenant de celui de faint P^po;^/depuisl'établif- 
iementfaicen 1317. d'un Siège Epifcopal dans cette Ville. 
On donne le nom d'Abbaye à ce Prieure , parce qu'il eft 

lidlCa. « «a*. . •• 



Florins 




Rcven, 



l;oo 



l6CC^ 



JJ033 



Tome ÎI. 



Ttttc ARCHEVECHE' 



88^ 



■et. 



W 




et Ses Siittiagajis,quj Sont 
LE xVIANsAngEKs, 

Rennf.s/Namtes,' 

QUINPERCORENTIN 
TRKOliEK/'lVahXc 





RECUEIL 



HISTORKIUE-, CHRONOLOGIQUE, 

E T 

TOPOGR. AFRIQUE, 

D E 

TOUS LES ARCHEVECHEZ, EVECHE2, 

ABBAYES, ET Q^UELQUES PHlEUREZ 

DE FRANCE. 
TANT D'HOMMES Q^U E DE FILLES, 

DE NOMINATION 

OU COLLATION ROYALE. 



ARCHEVECHE DE TOURS. 



■"^-'«8. 



M. Louis- 
Ircqucs- de 
Chant de Ra- 
ftr.'.nac, Doc- 
teur de Sor- 
bonne, dont il 
a été Prieur & 
Graivl V^icai- 
rcà Luçon , 



^^^^^H OURS, en latin, Turonenfts, Métropole 



de la troifiéme Lyonrjoife , de l'exarcat des 

m Gaules d>c Ville Capitale de la Province de 

^^MTouraine y fituée dans une plaine fur la rive 

^ar^/mmm^ g-auche de la Loire y &: entre cette rivière Se 




icrfqu'ii fut l<^\^hery qui le jette dans la Loire, environ a uoco pas an 
TêrhéleTui ^<^^«"s de Tours, Cette ville eft à fix lieues d'Jrd^oife , à 
]cs i-^i^stp.^j,^ jç^(;;/;;„^„ , & à(^^de Paris. Elle étoit beaucoup moins 

tembrci7io. •' J *■ 

Ma t'rc facré Ic"i Février 1 711 &: a eu l'Abbaye de la Couronne , G. de S. Auc^uftin , D. de Ca'CafTonne 

Icir OOobic 1713. & le mémcjcui ilfjcnomméà l'Archcvcclic de Tcuis , à la place de M Bloiict de 

Caimlly. 

T tttt ij grande, 



TiruL.MRiS, 



884 R E C U E 1 L G E N E R A L. j. > 

grande qu'elle n'eft aujourd'hui, fous la domination des ' fî^hus Rcvcn. 
Romains & des Rois Merouingiens y puifque du temps de 
Crezoire de Tours , l'E^lifedc faint Martin écoic. comme 
il l'aflure, éloignée de la ville de 530 pas , & ce ne fuc 
qu'en 5)03. qu'on enferma de murailles cette Eglife ôc le 
Bourg vol fin, pour le garantir des ravages des Normind>. 
On appelloit encore ce quartier C4y?r^w novum^ c'eft-a- 
dire, Chateau^neuf, au commencement du douzième fié- 
cle,commele témoigne l'Auteur de l'Hiiloire des Com- 
tes d'Anjou, La ville de Tours ne comprenoit pour lors 
que ce quieft depuis la ^oïzq Hugon julqu'au portail des 
prifons i niais le concours des peuples qui venoient vifi- 
ter le tombeau, de y^/«f Martm fut caufe que plufieurs 
perfonnes s'établirent auprès de ce iaint lieu, ôc forme- 
rent infenfiblement une petite Ville appellée d'abord 
Aduninofolis, Ces deux villesd proches 1 une de l'autre 
fe joignirent enfin par i'accroiffement qu'elles prirent. 

h^s Tourangeaux croyent que faint Catien a été leur 
premier Evêque, parce quils n'en connoifienr point de 
plus ancien} mais on voit parce que Grégoire de Tours dit 
de /es prédecefieurs , qu'on n'avoit en ce pays-là aucune 
connoifi^ancQ de la première antiquité Ecclefiaftique , 6>c 
que l'on n'y debitoit que des fables abfurdes.Mais la plus 
commune opinion eft que S. Catien â été le premier Evê- 
que de Tours, & il mourut vers la fin du troifiéme ficelé 
S, Lidoire lui fucceda l'an 338. aprcs une interruption de 
plufieurs années. S.Marttn en futfait Evéque ran37J.& 
mourut l'an 397. S. Brice fuccçdâ à 5. Adartin , & mourut 
l'an 444. après 47 ans d'Epifiropat. S. EuJIochelui fucceda 
&c mourut l'an 4<5o S. Pcrpet fucceda à faint Eufloche^ il 
mourut en 45?i; &c eut pour fuccefleur S^Folu/ien^-On ne 
ccmpte plus d'Evcques faints honorez d'un culte public 
depuis S.l'^olu/ii'^n jiif(^^uà S,EHfhrnne , qui fut le 18^ de- 
puis S. Caten. Il fut facré en 556". &: mourut l'an 573, S. 
Grégoire a ctc Evcque de Tours après fiiint Eu^hronCy^ 

efl: 



DES Abbaaes de France. '8S5 

Titulaires- gfl- mort en 595. L'Arclievcclié deToiusa eu des Prélacs 

dès l'an 150. Saint Martin en a été le premier Mctropcli- 

tainjôc Laudran le premier qui a été revécu du titre d'Ar- 

chevcque , au commencement du neuvième fiécle. 

La ville de Tours fut longtemsdans la dépendance de 
la Métropole de Rouen Elle fut érigée en Métropole ci- 
vile du tems de l'Empereur Honortus vers les commen- 
cemens du V. fiécle. D'autres difent en 380. lorfqu'on di- 
vifa la G. iule Celtique ou Lyonnoife en cinq Provinces, con 
tenant la Touraine y le Mafûe ^V Anjou ôc toute ta Bretagne 
Quelques-uns eftiment qu'elle ne fut pas long-tems fans 
devenir enfuite Métropole Eccleuaftique j cela n'empe 
cha point que faint Martin ne fut de fon temps regardé 
comme le maître dss Evëques , ôc faint Fiance d'^ Rouer. 
lui déferoit en toutes rencontres. Il paroît que ce fut fous 
ValentinienWl, ôc durant lEpifcopat de faint Brice qu'elle 
devint Métropole EcciefîalHque. 

L'Eglife Cathédrale fut premièrement bâtie fàx faint 
Martin ÔC dédiée à faint Maurice , dontellea long-temps 
porté le nom, ôc elle ne Ta quitté que pour prendre celui 
de faine Catien fon premier Evéque. On l'appelloit en- 
core l'Eglife de faint Maurice en 105)9. Elle a un beau 
portail accoriipdgné de deux belles tours , ôc orné au mi 
lieu d'une rofe très délicatement travaillée. On y voit nn^ 
belle Chapelle de Notre-Dame ^ Ôc une Horloge de plu 
fleurs rouages ôc mouvemensdifrerens, qui reprefenteni 
le cours du Soleil , de la Lune ôc des principales planer 
tes. Le Palais de l'Archevêque eft tout proche delà Ca- 
thédrale. Il a pour Suffragans les Evcquesdu ManSyà'/ln^ 
^-'r;, de Rennes y de Nantes , doCornouaille , de I-^annes^d^ 
iaint Alaloy de (àiniBrieux, â^Treguier^ de Léon , ô: de 
Lvl. Il ed vray qu'en 884. d'autres difent en 8^4 TE- 
vcque de Dol voulut fiire ériger fon Siège en Métro- 
pole , prétendant que la Bretagne formant un ccatféparé 
de la France , f.^s Lvéques ne dévoient pas être fournis a 

une 



jtloriiiS Rcvcn. 






S8(; Recueil General 

T:7,tKVK£» une domination écrangere, & que jfon Siège étant îe plu 
ancien > il dévoie jouir des droits de Mécropolitain. Ce 
différent dura jufqu'au VomificsLZ d'Innocent III. l'Arche- 
vêque de Tours confentit pour lors à réredlion de Do/ en 
Métropole ^ pourvu qu'il en eût la primatie; mais cette 
• condition n'ayant pas été du goût du Pape Innocent lll. 
il décida l'an np^. ôc fournit tous les Evêques de Breta- 
gne à la Métropole de Tours , qui a été obligée de recon- 
noître la primatie de Lyon y depuis l'an 1311. ôc dont le 
Diocefe efl: compofé. de trois cens Paroi (Tes , de douze 
Chapitres , de dix-neuf Abbayes , de 98 Prieurés fimplcs 
& de 191 Chapelles, fans y comprendre celles qui dépen 
dent des Chapitres. 

Le Chapitre de la Cathédrale de Tours efl: undes plus 
illudres du Royaume , on y compte jufqu'à 191 Benefî 
ciers qui défervent cette Eglife. Les huit dignitez font le 
Doyenne , le Grand Archidiaconné, la Tréforerie , la 
Chantrerie, la Chancellerie, TArchidiaconé au-delà de 
la Loire ^ l'Archidiaconéau-delàde laK/.^««^,&:leGrand 
Archiprétré. Outre ces dignités , il y a 4.9 Canonicats 
dont quatre ont été unis pour divers établiflemens pieux 
Il y a encore un Secrétaire , huit Perfonnats , feize Vi- 
caires, deux Diacres, deux Marguilliers Clercs, 5c pluî 
de cent Chapelains , fans compter un Officier qu'ils ap 
pellent Maiftre de Pfallette, un foûmaiftre ôc dix Enfant 
de Chœur , qui forment tous enfemble un des plus nom- 
breux 6c des plus beaux Clergés du Royaume. Le Doyen 
efl. élu par le Chapitre , l'Archiprêtré efl; à la collation du 
Grand Archidiacres les autres dignités ôc les Canonicats 
font de plein droit à la collation de l'Archevêque. 
La Bibliothèque de l'Eghfe de Tours occupe toute la 
^ longueur d'un côté du Cloître \ elle efl: remplie de ma- 
nufcrits enchaînez fur des pupitres. Les deux plus cu- 
rieux font un Pentaieuqus de mille ans , écrit en lettres 
tnajufcules, ôc les quatre Evangiles écrits en lettres y^-^o 

niques. 



Icvcn. 



TiTOtArREÎ 



DES ACBAYES DE F R A N C Ê» 8S7J 

-ntqueu On croie à To^/yj que et dernier a douze cens ans^Jtiorin 
d'antiquité, & qu'ail a été ècfic par S, Hilaire ^ Evequede^ 
Poitiers j mais le fçavant Auteur du Voyage Liturgique, \ 
croit qu'on fe trempe > Ô^que ce Manufcrit ne pafle point 
mille ans. Le ( hap' tre de cette Eglife a obligation à TAbbé 
Jouhan, Chanoine & Grand Archidiacre de cette Eglife, . 
du bon ordre ôc de Tarrangementqui fe trouve dans cette 
Bibliothèque : il y a donné tout fon tems pendant près de 
cinquante ans. On a lieu d'attendre de Monfieur fon Ne- 
veu, à qui il a réfigné Cqs Bénéfices, les mêmes marques 
de fon zèle. . . ... 



l'veii. 



Abbayes d'Hommes de L'Ordre de S. Benoist. 

B E A U L I E U. 

M.(îcBia- Beaulieù prés Loches, en Latin, Trinitas deBelloïoco, 



«lent de 
Fnlbni 



fituée dans la petite Ville de Beaulieu près V Indre ^ & fi 
proche de la Ville de Loches y qu'il n'y a qu'une prairie, 
& un ponc qui fépar^ les deux Villes. Cette Abbaye fuc 
fondée l'an loio. par Foulque Nera , Comte d'Anjou , &c 
Seigneur de Z^oc^f^, qui y mit des Religieux de 5. -Bfwo/f, 
& la choific pour le lieu de fa fépulture. L'on y voit en- 
core fon tombeau près de la Sacriftie. Le revenu des Moi- 
nes de la Congrégation de faint Maur , efl de trois mille 
deux cens foixante- douze livres, ôc celui de l'Abbé de 
quatre mille. livres. ... . . 

BOIS-AUBRY. 

DoiiMâr. Bois-Aubry,.ou Luzay,en Latin, Bofcu^^Alherîci ,[eu 

œoisVrouft M ^^njtlienui'/jLucifenfe y CnuéQ à. trois lieues de Vljle Bouchard, 

après'ramor't ^ fondcc par Bme de Cheilleyious le Titre de Prieuré, 

file doit If. que Ht Tues I L Evêque de Tours érigea en Abbnye l'an 

lonrnf r en * ^ » ! i i / \ \ t - 

Go»imaudc. 1158» Lc revcnu , tant pour rAbbe que pour \qs Moines, 
qui ne (bnc que d.nix, n'eft que d'environ mille quatre 
cens livres. . ...... 

CO R M E R y. 
Cormery,cn L^iinyfanéîus Paalus de Cormerico , feu 

Cormertaco , 



M. Je Bau- 

tru Vaubruu. 



1/00 



i^ooe 



100 



TiTat\:^?.5 



SSS Recueil général 

Corm^riaco, Cizuéc dans la petite Ville du même nom en 
To'iraine,à quatre liejè's de Tours, liirla rivière à'indre. 
Elle fût fondée en 780. ^âïltljiery Abbé de S. ManWydu 
confentemenc de CharUmagne ^ qui en donna ics Lettre 
de confirmation l'an 791. Les Abb^^z de Cormevy ont tou 
jours été Seigneurs de la Ville du même nom, depuis L 
fondation de i'Abbave, ôcil eft un des onze Dij^nitairesd' 
l'Abbaye de /^t/wr Matitn de Tours, oc il reçoit du Chapi 
tre rinveftiture de fon Abbaye, dont le fameux Jo^ch/r. 
Pmow qui a traduit les Oeuvres d'/ir/Z/of^ôc de faint Dem 
a été Abbé. Le revenu de l'Abbé eH: de quatre mille livres 
ôc autant pour les Bénédictins de la Congrégation dey^/x 
Manr, ... , . . . 



SAINT JULIEN. 



M. delaGroix 
Chapelain Hu 



Horiiis. j^c^,cn. 



I 



100. ^ 



coo 



Saint Julien, en Latin , fancInsjHlidnus de ScaUriâ, au 
P^ov, ohéin- de Soclariâ yfeu fanÛus Jiilunus Turonen/is y ficuée dans 1. 
dachomt're Ville dQToyrs, fondée dans le fixiémefiecle,& dotée l'ai 
dcLy.n. '^ 5>45 [>XT Thceotole, Archevêque de Tours. Le revenu dt 
TAbbé, qui efl: Chanoiae honoraire de faine Martin de 
Tours, eft d'environ fept mille livres, ôc celui des Re- 
ligieux efi; dequatre mille cqiiz cinquante livres. LaCon 
grêgation de f^^int Adaar efl: encrée dans cette Abbaye en 
1(^37. &c c'eft la foixance-cinquiéme Maifon qui lui a été 
unie. Le revenu des Religieux efl: de quatre mille ceni 
cinquante livres, & celui de l'Abbé efl: de fepc mille liv. 
MARMOUTIER. 
M leContc Matmoutier ou Marmonfl:ier, en Latin, Majus Mona- 
dccîeimoat, /?fy/Vy?;2. Sciînt A^J dYtin -, l'année daprés fon ordination qui 

Pnncc du -^ . , , ^ . 1 y ' • L 

SiTs-y,. Il a ca avoit €te raice en 371. voulant le ménager une retraite hors 
Vn^Vu^^^'^ de la Ville de Tours ^ fe bâtie un Monnfi:ere à deux mille 
de la Ville , félon la fituation où elle étoic alors, dans un 
défère formé d'un coté par une roche fort efcarpée ^ &j 
de l'aurre par la rivière de Loire *, on n'y encroic que par 
un chemin fort étroit. Il y fit quelques Cellules de bois i 
mais le nombre de (qs difciples s'érant-accrii jnfqu'àqua- 



400 



7f03 



tre 



DES Abbayes de Frange. 8Sp 

TfrttiMRss. (j-ç.yjngt^ la plupart fe logèrent dans des rrcus qu'ils 
avoient creufez dans le rocher. Telle fût 1 ori^rine du ce- 
lebre Monaftcre de Marmoutier y qui fubfifte toujours j 
mais fous la rcglt à ^ fujm Benorfi ^ à une pecite lieue de 
Tours y audeça de la Loire, Qt Mona-flereque l'on fait paf- 
fer pour le premier 6c le plus ancien de ceux qui lont en 
Occident, &: qui étoit tout autrement confiderable que 
celui de Ligugey , que S. Martin avoic bâti en Poirou a.Mânt 
fonEpifcopatjfiîtla fource de plufieurs autres qu'il fonda 
encore depuis. Il fut outre cela un excellent Séminaire 
d'Evêques 5 & il n'y avoit point d'Eglife qui ne defirr.t 
. d'avoir un Pafteur tiré duMonaftere de faint Martin '■, on 
voit djiis cette Abbaye le Baume av?c lequel fe fit le Sacre 
du Roy Hcnrj le Grand, dans l'Eglife de Chartres. L'Ab- 
baye de Marmouftier dépend immédiatement du faint Siè- 
ge: elle fut détruite par \tsNormans l'an 853. enfuitedel- 
fervie par des Chanoines , puis remife dans l'Ordre de 
faint Benoiftf a la prière d'Ei^ides 1 1. Comte de Tourr.iiyie: 
cWq eftconfiderable, tant par le grand nombre de colla- 
tions de {qs Bénéfices, que pour la magnificence de Ces 
bâtimens à la moderne fiits depuis quelques années , 
par les Religieux reformez de faint Maur, qui y tiennent 
leurs Chapitres Généraux , à caufe de la vafte étendue de 
fes bâtimens, jardins & enclos, 6c dont l'Eglife efi: un 
grand édifice orné d'un haut clocher, bâti fans fonde- 
mens fur le rocher. L'Abbé efi: Chanoine honoraire de 
faint Martin de Tours. Le revenu des Reli2:ieux efi; de 
dix- huit mille livres, & celui de l'Abbé efi: de feize mille 
livres de rente. . . .... 

SAINT MARTIN. 
,- . Saint Martin de Tours, en Latin, /^«c7«5^4r//«^7i Twro- 

Le Roy en eft ' ^ ' ^ 1 • j 

Abijc nenjis. L^s miracles que Dieu avoit opérez a la prière de 

faint Martin pendant fa vie, éclatèrent encore infiniment 

après fa morr. S. Bnce ^ fuccefieur àz faint Martin , éleva 

une petite Chapelle fur fon tombeau j mais vers le milieu 

Tome II. V u u u u de 



florin |R:v.i?. 



1^009' 



85?o Recueil général 

Tn-utM^ss, du cinquième fiecle,^. Perpet ^ fécond fuccefleur de faim 
Maniny Rt bâtir au même endroit un temple magnifique 
des lommes confiderables dont les habitans de Tours y èc 
I les peuples qui venoient en foule implorer le fecours de 
S.Manmy l'avoient rendu dépofitaire. Grégoire de Tours 
dit que cette Eglife fût brûlée du temps du Roy Clotairey 
& que ce Roy donna à S. Euphrone de quoi la réparer , & 
la couvrir d'étain. Dès le temps de S, Perpet , il fe forma 
dans ce lieu une Communauté de Moines gouvernez par 
un Abbé, laquelle devint bien tôt nombreufe 6c florif- 
fante, ôc que nos premiers PvoisClirétiens comblèrent de 
leurs liberalitez. Ce Temple étoit un afyle inviolable, 6c ■ 
les Rois venoient jurer fur le tombeau du faint les Trai- 
tez qu'ils faifoientavec les Princes Etrangers. C/ox'/5 par- 
tagea avec l'Eglife ôc les xMoines de i'. Victrïm les dépouil- 
les qu'il avoit remportées fur AUnc,. 

Outre le nombre confiderable de Moines qui defler- 
voient cette Eglife au commencement du (îxiéme fiecle,. 
il fe forma aux environs plufieurs autres Communautezde 
R eligieux, commets'. Ftnmty S.Pierre lePueUier^ S. Eloy, & 
une de Vierges qui avoient foin des hngesôc desornemens, 
& aufquelles on doit raporter les commencemens de l'A b- 
'baye,qui dans la fuite a été itSinsfcïéQ i Beaur/iont ^^rés 
de Tours. 

Il y avoit auffi des Hôpitaux pour les Pèlerins ôc les 
Malades, & toutes cqs Communautez étoient fous la di- 
reclion de l'Abbé & des Moines de S. Martm. H fe fit 
mcme plufieurs établiffemens hors de cette Province fous 
la dépendance de cette Abbaye? tels que le Chapitre de 

fitnt hier en Ltmoufin \ cç.\m à^ Mcntier-Kofeil, dans la 
Marche j de Chablts en Champagne. Crotper ^ Archevêque 
de Tours, au milieu du feptiémefiecle , par dévotion pour 

fiini: ^larrw^ion faint Prédeceffeur j ôc pourilluftrer fon 
Egiife, déjà fi vénérable dans tout le monde Chrétien, 

i accorda à l'A blé &;iux Mo'mQS de S, Martin ^ 6c a toutes 

les 



Florins Rcvcn. 



I 



DES Abbayes DE France. Spi 

TirmAinss. j^^ dépendances, l'exemption de la Jurifdidion Epifco- ^^°' 
pale, ne fe refervanc que le Droit d'ordonner les Prêtres 
C^ les Lévites y O* d? conUcter lesfaintes huiles feulement. Cet 
A6le fut cranfcrit partons lesEvêques du Royaume, ap- 
prouvé par le Roy régnant, & porté à Rame par l'Abbé 
Geric, qui demanda la confirmation du Pape Jdeodat, & 
l'obtint. Ihho y autre Archevêque de Tours, confirma la 
Conceflion de Crot^er ^ de fe ibûmit à la Bulle du Pape 
Adeodut. 

L'Abbaye de S. Martin de Tours, fut fecularifée quel- 
que temps après *, & le Roy Charles le Chauve ^psit fes Let- 
tres Patentes de l'an 84p. fixa à deux cens le nombre des 
Chanoines qui fervoient cette Eglife. Plus de cent Bulles 
des Papes ont, dans la fuite des fiecles, affermi l'indé- 
pendance du Chapitre de faint Martin, Hugues Capet étoit 
Abbé de faint Martin y lorfqu'il parvint à la Couronne, 
^ y unit ce titre. Il avoir fuccedé en cette Abbaye à Hu- 
gues le Grand [on père i à Robert IL fon A y eu! i & à Robert 
le Fort y fon Bifayeul. C'eft depuis cette union que nos 
Rois font devenus Chefs & premiers Chanoines de cette 
Eglife, ôc non pas à caufe de la réunion de Y Anjou à la 
Couronne, comme quelques-uns le prétendent mal à 
propos. 

Le ferment que font nos Rois en qualité d'Abbezde 
faine Martin y mérite d'être rapporté ici. 

Ego annuente Domino Francorum Rex , Jbbas & Canonicus 
hujus Ecclcfiœ beati Martini Turonenjîs ,juro Deo, & beato 
Martino , me de cetera troteéîorem O* defenforern fore huju> 
Ecclejî^y in omnibus necejjttatibus fuis y cuflodtendo O^ confer- 
'vanào pojjejfones honores , jura.frivilegi^Jiber