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Full text of "Relations politiques des Pays-Bas et de l'Angleterre, sous le règne de Philippe II"

/ 



ACADÉniË ROYALE 

DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE. 



COMAIISSION ROYALE D'HISTOIRE. 



JVJM. Le baron Kekvyn de Letteniiove, Président. 
Alphonse Wauters, Secrétaire et Trésorier. 
Stanislas Rohmans. 
Charles Piot. 
Léopold Devillers. 
Gilliodts-Van Seveken. 
Léon Vandbrkindere. 
Napoléon de Pauw, Membre suppléant. 
Pierre Genaht, Id. 

Godefroid Kurth, Id. 



RELATIONS POLITIQUES 



DES 



PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



ItELATIONS POLITIQUES 



DBS 



PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE, 

sous LE UÈGNE DE PHILIPPE II, 

PUBLIÉES PAR 

U. LB BARON KERVYN DB LBTTBNHOVB, 

PRÉSIDENT DE LA COMMISSION ROYALE d'hL^TOIRK. 



TOME VI. 

GOUVERNiEMEINT DU DUC D'ALBE. 

fïeconde partie. 

(5 octobre 1 370 — 29 novembre 1 573.) 




BRUXELLES, 

F. HAYEZ, IMPRIMEUR DE L'ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES, ETC., 
ET DE L'ACADÉMIE ROYALE DE MÉDECIKE DE BELGIQUE, 

RUE DE LOUVAIN, N° 108. 

1888 



m 




JJNTRODUCTION. 



Au moment où la réconciliation de l'Angleterre et de l'Espagne semblait 
complète, lord Burleigh (c'est sous ce titre que nous désignerons désormais 
Robert Cecil) ourdissait une de ces trames perfides qui, à diverses reprises, 
avaient si bien servi sa politique. Il ne s'agissait de rien moins que de 
placer sous les yeux d'Elisabeth la preuve que Philippe II n'avait point 
cessé de s'entendre avec les mécontents pour la renverser du trône; et, afin 
que celte démonstration parût irrécusable, il fallait la demander, à quelque 
prix que ce fût, à un personnage honoré à la fois de la confiance du roi 
d'Kspagne et de celle des catholiques anglais. 

A Anvers vivait un ancien conseiller de la reine Marie, le docteur Story, 
à qui Philippe II avait accordé une pension. Il était déjà arrivé au déclin 
de l'âge, quoique mêlé encore activement aux agitations politiques. Un jour 
qu'il se rendait en bateau d'Anvers à Berg-op-Zoom pour y faire l'estima- 
tion de certaines marchandises qui avaient été saisies, les marins, gagnés 
par un agent anglais nommé John Lee, tournèrent la proue vers l'Angle- 
terre et se dirigèrent vers Yarmoulh où Story fut aussitôt enfermé dans la 
tour des Loliards. On l'accusait d'avoir voulu par la nécromancie faire 
périr Elisabeth en récitant à rebours les grains de son chapelet. Ce vain 
prétexte suffît pour le livrer à des juges qui le firent périr par les tortures 
et le plus cruel supplice. Héroïque exploit dont les panégyristes loueront 



„ INTRODUCTION. 

plus tard la reine d'Angleterre el que ses conseillers mettront dès ce mo- 
ment à profit pour invoquer des aveux aussi menaçants pour la sécurité 
de l'Angleterre que pour la vie de la reine. 

Assurément aucune insulte plus grave ne pouvait être faite à Philippe II 
que d'enlever de vive force dans ses Etals un homme qui non seulement y 
avait reçu l'hospitalité, mais que de plus il avait admis à son service. « C'est 
» chose, écrivait l'ambassadeur français La Mothe, qu'on ne peult croire 
n que le duc d'Alve puisse aulcunement dissimuler; » el les catholiques 
réfugiés aux Pays-Bas espéraient (|ue cette éclatante injure serait vengée. 

Il n'en sera rien. 

En vain don Guérau d'Espès a-t-il fait en faveur de Story une démarche 
qui aboutit seulement à cette réponse d'Elisabeth qu'en gardant le corps du 
coupable, elle enverra sa tête à Philippe II : il n'obtient à Bruxelles qu'un 
stérile témoignage de pitié pour la victime; et si l'auteur de ce guet-apens, 
John Lee, a été arrêté, il ne sera pas même puni; car le duc d'Albe, cédant 
aux instances du comte de Leicesler, le fera mettre en liberté. 

En vaiu la coifilesse de Norlhumberland supplie-t-elle le duc d'Albe de 
secourir Marie Stuart qui réclame instamment son appui : elle se plaint de 
le trouver trop froid en tout ce qui touche les intérêts des catholiques et 
ceux de la reine d'Ecosse. Le duc d'Albe, pour toute réponse, engagera 
Marie Stuart à se méfier des conseils de ceux qui l'entourent; et, quant aux- 
catholiques, il s'afflige, sans doute, de ce qu'ils souffrent, mais il en laisse 
I remède à Dieu. 

Dès ce moment, les relations de la reine d'Angleterre avec les rebelles 
de la Zélande se renouvellent. Elle permet au seigneur de Lumbres de 
tirer des pièces d'artillerie des arsenaux de la Tour. C'est à Douvres que le 
bâtard de Brederode réunit ses navires, protégé par le canon du château. 
Louis de Nassau remercie Elisabeth de ses faveurs; ni le prince d'Orange, 
ni lui-même n'en perdront jamais le souvenir. 

L'ambassadeur espagnol à Londres ne partageait point les illusions du 



INTRODUCTION. 



m 



duc d'Albe. Plus vif et plus passionné que lui, il croyait que les Pays-Bas 
ne se soumettraient jamais, tant que l'Angleterre les soutiendrait de ses 
subsides, de ses munitions, de ses soldats. Il ne cessait de représenter que 
les Anglais aideraient Louis de Nassau à envahir les Pays-Bas, qu'ils favo- 
risaient les armements des Gueux et que leurs pirates se préparaient à péné- 
trer jusqu'aux Indes pour saper la puissance de l'Espagne. Chaque jour, il 
voyait la reine entraînée davantage par les perfides avis de ses conseillers; 
et, bien qu'il n'osât pas encourager les catholiques et qu'il ne voulût pas les 
décourager, il saluait dans le succès éventuel fie leurs efforts le service de 
Dieu et la tranquillité des Pays-Bas, gran servicio de Dios y quietitd de los 
Payses- tiaxos. Mais le duc d'Albe, loin de l'écouter, lui recommandait de 
ne point se mêler des affaires intérieures de l'Angleterre. 

Le but que poursuivait le duc d'Albe, était le rétablissement des relations 
commerciales avec l'Angleterre, il n'avait point pardonné à Guaras d'en 
avoir provoqué la rupture, même sans le consulter; et il se flattait de 
l'espoir que, le jour où l'enfrecours serait de nouveau proclamé, l'un des 
griefs les plus puissants des populations des Pays-Bas aurait disparu. 

Dès le mois de février IS7I, le duc d'Albe affirme qu'Elisabeth peut 
compter sur lui comme sur elle-même, pour renouer les anciennes relations 
d'amitié. Il lui écrit en même temps qu'il veut lui consacrer ce qui lui reste 
de vie. Un envoyé spécial se rendra à liOndres : c'est le seigneur de Sweve- 
ghem; et ce qui caractérise le mieux sa mission, c'est la recommandation 
qui lui est faite de ne rien communiquer à don Guérau d'Espès et « de ne 
» pas chercher fort sa familiarité. » 

Tandis que ces négociations se prolongeaient, sans cesse suspendues par 
les exigences croissantes des conseillers d'Elisabeth, ceux-ci poursuivaient 
des projets qui, comme Guaras l'avait annoncé, ne tendaient à rien moins 
qu'à la ruine de la puissance de l'Espagne. 

Au printemps de l'année IS7I, Walsingham avait été envoyé en France 

pour surveiller les négociations de Louis de Nassau avec la cour de France 
Tome VI. a 



IV INTRODUCTION. 

ou plutôt pour l'engager à traiter avec les Anglais. Un subside devait être 
fourni par Elisabeth : le prix devait en être une part dans les Pays-Bas 
affranchis de la domination des Espagnols. « La reine, mandait Burleigh à 
» Walsingham, approuve le choix que vous avez fait. » Celte part, c'étaient 
les îles de la Zélande. Il n'y aurait pas moins d'honneur pour Elisabeth à 
réunir la Zélande à l'Angleterre qu'il y eut de honte pour sa sœur à perdre 
Calais. « C'est dans la flamme allumée par l'insurrection des Pays-Bas, écrit 
» Walsingham, que Dieu précipitera l'Espagnol qui a été trop longtemps 
» la verge de sa colère. » 

Ce qui n'efl'rayait pas moins les conseillers de Philippe 11, c'était la ligue 
conclue entre la France et l'Angleterre, que devait consacrer le mariage 
d'Elisabeth avec le duc d'.\njou. ligue dans laquelle entreraient aussi les 
princes protestants d'Allemagne. 

On se souvint en ce moment des avis de Guaras : il ne se lassait point 
de répéter au duc d'Albe que le mécontentement était très vif dans toutes 
les provinces et qu'il y avait lieu d'en profiter. C'était au cœur même de 
l'Angleterre qu'il fallait agir pour détourner ces menaces et ces dangers. 

Un agent florentin dont nous avons déjà cité le nom, Hidolfi, se rend en 
Espagne. Il produit des lettres (vraies ou fausses) du duc de Norfolk 
(n" MMCLXXVl, note): il y en a d'autres de l'évêque de Uoss et peut-être 
de Marie Stuarl elle-même. RidolQ s'adresse au duc de Feria et à tous ceux 
qui voudraient persuader à Philippe II de secourir les catholiques d'Angle- 
terre. A l'entendre, le contrôleur général, sir James Crofls, est dévoue aux 
intérêts de l'Espagne. Il serait aisé de gagner Burleigh, Bacon et Lt ;cester 
lui-même. On pourrait compter, au premier mouvement, sur l'appui du 
comte de Worcester, des lords Windsor, Lumiey, Montagu, Southampton 
et de Jean d'Arundel. Elisabeth ne parviendrait point à leur opposer plus 
de dix mille hommes mal armés. 

Le Conseil de Philippe II s'assemble, et ses délibérations ne sont point 
l'une des révélations les moins importantes que l'on doive aux précieuses 



INTRODUCTION. 



archives de Simancas. Voici quelle en est la matière : Convient-il de com- 
niencer en tuant ou en saisissant la reine qui est prête à faire périr Marie 
Stuart et à épouser un prince français? Faudrait-il le faire à Londres ou 
pendant l'un des voyages de la reine? Quelles sont les personnes placées 
près d'elle, qui prêteraient leur appui à cet effet, para et efectof 

Le duc de Feria est d'avis d'agir sans retard. Le prieur de Tolède pro- 
pose de placer (Ihiapino Vitelli à la tête de l'expédition. Rui Gumez pense 
qu'il serait facile au duc d'Albe d'organiser des armements qui, sous pré- 
texte de réprimer les troubles de la Zélande, seraient <iirigés contre l'An- 
gleterre. Velasco ajoute que le véritable but à atteindre est la mort de la 
reine : el verdadero efecto es la muerte. Le duc de Feria observe que c'est 
à un seul homme qu'il faut confier l'entreprise dirigée contre la pert-onne 
d'Elisabeth : cela fait, tout sera fini. La impresa se ha de hacer de la per- 
sona de la Reyna de uno : que hecho esto, es acavado loto. Mais le cardinal 
Espinosa intervient : il repousse ces projets de meurtre. Il sullit de s'em- 
parer de la personne d'Elisabeth. Qu'on en charge le duc d'Albe; et. bien 
que le duc de Feria déclare qu'on ne peut attendre de celui-ci qu'une 
réponse bien peu énergique, flaca respuesta, cet avis est adopté. 

Aussitôt après, Ridolfi rédige un mémoire. Le duc d'Albe doit être averti 
qu'il est seul chargé de l'entreprise, qu'il aura à en fixer le moment, d'ac- 
cord avec le duc de Norfolk, et qu'il devra s'entendre avec Guérau d'Ëspès 
pour s'emparer à la fois de la personne d'Elisabeth, de la Tour de Londres 
et de la flotte qui est à Rochester. 

Déjà l'on a adressé à don Guérau d'Espès les lettres destinées à Marie 
Stuart, à l'évêque de Ross, au duc de Norfolk, où on les informe de cette 
résolution. Ridolfi, dit-on, est arrivé à Bruxelles, mais Philippe II écrit, le 
i5 juillet 1571, au cardinal Espinosa que tout doit rester suspendu jusqu'à 
ce que le duc d'Albe ait donné son avis; et le gouverneur général des Pays- 
Bas se hâte d'écrire à l'ambassadeur espagnol : « Le roi m'ordonne de vous 
» aviser de ce que propose Ridolfi ; mais, ayant beaucoup réfléchi à 



m HNTRODUCTIOIN. 

.» celte affaire qui est si importante, j'ai cru devoir vous envoyer ce cour- 
» rier, afin que vous ne remettiez point les lettres que vous avez reçues, 
» tant que le roi, ayant délibéré sur mes dépêches, ne vous aura point fait 
» parvenir de nouveaux ordres. » (N" MMCCXXXIV.) 

Le duc d'Albe, dans la réponse qu'il fit parvenir à Philippe H, lui repré- 
sentait qu'il ne disposait point de forces suffisantes 5 qu'il lui faudrait trois 
armées, la première pour se maintenir contre les Allemands, la seconde pour 
repousser les Français, la troisième pour envahir l'Ani^leterre; qu'on jette- 
rait l'Angleterre dans les bras de la France^ qu'on réunirait tous les Anglais 
dans la défense du soi national; qu'on perdrait ainsi ceux-là mêmes que le 
roi d'Espagne voulait secourir. « Venger ses injures, c'est bien; mais il- ne 
» faut pas s'exposer à en recevoir de plus grandes. » 

On crut un moment à Londres que le duc d'Albe réunissait des troupes 
pour porter la guerre en Angleterre; mais rien ne confirma cette rumeur; 
et il parait qu'il ne faut pas ajouter plus de foi au bruit recueilli par 
l'ambassadeur français à Bruxelles, Mondoucet, que deux Italiens reçurent 
la promesse d'un généreux salaire s'ils faisaient périr Elisabeth « soit par 
» le poison ou autrement. » 

Celte fois encore, tout retombera sur les catholiques anglais, et don 
Guérau d'Espès portera lui-même la peine du zèle avec lequel il avait 
embrassé leur cause. 

Le duc de Norfolk est arrêté : il no sortira de la Tour de Londres que 
pour monter sur l'échafaud. 

Trois mois après, Guérau d'Espès reçoit l'ordre de quitter l'Angleterre; 

« 

et, au moment <»ù, après d'énergiques protestations, il sort de Londres, on 
met la main sur son maître d'hôtel comme ayant formé le projet d'assas- 
siner Elisabeth. 

Les réfugiés anglais aux Pays-Bas ne doutaient point qu'une pareille 
injure ne provoquât la colère du roi d'Espagne et l'intervention immédiate 
du duc d'Albe; mais celui-ci la subit patiemment : il parait, en répondant 



IJNTRODLCTIOIS. 



VII 



à Elisabeth, ^^îîiWnfer qu'à justifier l'hilippe 11 de ne pas avoir rappelé 
lui-même son ambassadeur, puisque don Guerau d'Espès « iuy estoil peu 



ibl 



reauie. » 



» a^r 

La gloire militaire de l'Espagne semblait ensevelie dans le tombeau de 
Charles-Quint, lorsque, comme un éclair qui illuminait l'Orient, elle remplit 
le monde du plus éclatant triomphe qu'ait enregistré l'histoire. La journée 
de Lepante avait en quelques heures renouvelé les plus héroïques légendes 
des croisades, et Elisabeth se montrait profondément troublée de celle 
vague rumeur que don Juan, plus belliqueux que le duc d'Aibe, enxahi- 
rait l'Angleterre et s'y ferait couronner roi. 

Cependant celle emolion dure peu; et Elisabeth oublie vite les succès 
des armes espagnoles dans les mers de la Grèce on les voyant si faibles et 
si impuissantes sur les côtes marécageuses <le la Zélande. 

On ne peut conserver aucun doute, observe Guaras, sur l'appui prêté par 
Elisabeth et ses conseillers aux armements des Gueux; mais rien n'ébranle 
la patience du duc d'Albe. « Comme Sa Majesté, écrit-il à Elisabeth, me 
» mande le désir qu'elle tient à la continuation de la bonne amitié entre 
» Vos Majestés, je ne fauldray en mon endroict d'y faire tousjours à 
» cesl l'ffect les meilleurs offices comme sçauray leur eslre agréables, n 
(N" MMCCCCXVIl.) 

Au moment où écrit le duc d'Albe, de graves événements viennent de 
s'accomplir, en dessinant plus nettement que jamais I intervention de l'An- 
gleterre. 

Le bâtard de Brederode a signé avec cinq de ses compagnons une décla- 
ration par laquelle ils s'engagenl a faire le plus de mal possible au duc 
d'Albe : c'est la charte des Gueux de mer. Louis de ÎNassau prie Elisabeth 
de joindre ses propres navires à ceux des corsaires : elle permettra tout au 
moins qu'on en équipe dans les ports de l'Angleterre. « ISous allon;j bien 
» loin en favorisant les corsaires, écrit Burleigh à Walsingham. Si l'on 
» vous en parle, déclarez bien haut que nous ne les favoriserons jamais. » 



▼III INTRODUCTION. 

C'est le bâtard de Brederode qui, en occupant inopinément avec quel- 
ques aventuriers la petite ville de la liriele, y jette les premières assises de 
ce glorieux édifice qu'on appellera plus tard : la république des Provinces- 
Unies. 

A la surprise de la Briele succède l'occupation de Flessingue : « Les 
» Gueux, écrit Beauvoir au duc d'Albe, feront de Flessingue une autre 
» La Rochelle ou une autre Genève. » 

On envoie les vins saisis à la Briele à Elisabeth et à ses conseillers. Plus 
tard, à Flessingue, on fait diverses parts du butin : l'une est destinée au 
prince d'Orange, l'autre à Coligny. 

Un écuyer de la reine d'Angleterre, nommé Ralph Lane, écrit aux magis- 
trats des villes de Flandre pour les exhorter à réclamer l'appui d'Elisabeth. 
C'est comme ami qu'il leur donne ce conseil, les engageant aussi à se mettre 
en rapport avec d'autres villes afin d'assurer le succès de cette entreprise. 
La reine se contentera de protéger leurs personnes, leurs biens et leurs 
libertés contre la tyrannie qui les opprime, jusqu'à ce que les Espagnols 
aient été expulsés et que le gouvernement, selon l'usage, ait été restitué à 
la noblesse du pays. Rien ne sera plus heureux pour eux que d'être reçus, 
à quelque condition que ce soit, sous la protection d'une reine, dont tous 
les sujets connaissent l'équité, d'une reine étrangère à toute ambition, 
douée des plus rares vertus, abhorrant l'effusion du sang, même du sang 
des coupables, bienfaitrice de son peuple, bonne pour ses voisins qu'elle 
est toujours prête à aider dans leurs malheurs. Elle ne veut rien enlever 
au roi d'Espagne, mais elle désire que les Espagnols soient les maîtres 
en Espagne et les Flamands en Flandre sous l'autorité du roi d'Espagne, 
et, en même temps, que les Pays-Bas et l'Angleterre consolident leurs 
alliances conclues sous la maison de Bourgogne, car pour les Anglais les 
Espagnols ne sont que des étrangers (n" MMCCCCLI). 

Les Anglais affluent en Zélande; les Français n'y arrivent pas moins 
nombreux. Elisabeth s'inquiète : mieux vaudrait, à son avis, que les pro- 



INTRODUCTION. 



IX 



vinces insurgées retombassent sous le jou^ de l'Espagne que de les livrer à 
l'ambition de la France. Rien n'est plus inléressant que les instructions 
secrètes données au capitaine Pickman pour tromper les Français et les 
chasser de Flessingue (n«" MMCCCCXLVIII et MMCCCCL). 

« Si la reine m'écoutait, écrivait Humphroi Gilbert à lord Burleigh. j'exci- 
» terais une sédition à Flessingue entre le peuple et les Français qu'on mel- 
» trait tous à mort avec leur capitaine. Il faut agir avec eux comme Gédéon 
» avec les iMadianiles. » 

Ce n'était pas à Elisabeth, mais à Charles IX qu'était réservée la tâche 
d'exterminer les Huguenots. 

La reine d'Angleterre était à la chasse, quand on lui remit des lettres arri- 
vées de Paris, qui lui annonçaient la journée de la Sainl-liarUiélemy. Elle 
descendit aussitôt de cheval et rentra dans son palais, profondément émue 
de ce qu'elle venait d'apprendre. Par son ordre, on congédie tous ses musi- 
ciens : il n'y aura plus à la cour ni danses, ni farces, ni intermèdes. Alais 
Charles IX lui écrit qu'il n'a frappé que ceux <jui conspiraient contre liu'; 
il lui ofiFre de plus un subside pour conclure une alliance étroite contre 
Philippe II. Pourquoi ne l'accepterait-elle point, puisque, délivrée des 
terreurs de l'expédition huguenote aux Pays-Bas, elle n'a plus à craindre 
que les Espagnols? Ce qui l'émeut, ce ne sont plus ces femmes et ces 
enfants qui ont été égorgés à Paris; ce sont les bourgeois de Malines 
immolés par les Espagnols; et quelques mois à peine se sont écoulés 
depuis le ^24 août ili7% quand un ambassadeur anglais lient, au nom de 
sa maîtresse, la fille de Charles.IX sur les fonts du baptême. 

Tout était prêt pour secourir eflicacement le prince d'Orange, mais des 
nouvelles désastreuses arrivent des Pays-Bas. Mons a ouvert ses portes au 
duc d'Albe, et le Taciturne se retire vers la Meuse. Peut-être sera-t-il même 
réduit à se réfugier en Angleterre; mais il ne l'oserait point, car Elisabeth 
pourrait le livrer à Philippe II. 

C'est l'heure de nouvelles hypocrisies. Elisabeth s'humilie : elle se met- 



X INTRODUCTfON. 

trait à genoux pour se réconcilier avec le roi d'Espagne: et en ce moment 
elle est disposée îV tout accepter, même la soumission au Pape. Guaras le 
croyait du moins; mais il ajoutait trop de confiance à des protestations qui 
n'étaient jamais sincères. 

Kn effet, quelques jours après, tout était changé. Elisabeth n'avait plus 
que des paroles blessantes pour les Espagnols. Le vidame de Chartres lui 
portait les vœux et les plaintes des Huguenots, et de nouveaux renforts 
mettaient à la voile pour la Zélande. 

Autre retour de fortune, auquel s'accommodait l'inconstance de la reine 
d'Angleterre. A la fin de l'année f57!2, les Anglais qui avaient combattu en 
Zélande revenaient épuisés par les maladies et la fièvre; et Elisabeth parais- 
sait bien résolue à ne plus exposer ainsi la vie de ses sujets les plus dévoués 
et de ses meilleurs soldats. 

« Les députés de la Hollande et de la Zélande, écrit La IMothe, n'offrent 
» rien moins que de soubsmettre volontairement les deux isles à la perpé- 
M tiielle protection de la couronne d'Angleterre; » mais toutes leurs pro- 
positions sont repoussées. 

Boisut s'est vainement rendu en Angleterre pour réclamer l'appui d'Eli- 
sabeth. Jiicques Talh'n, qui tente la même démarche, est arrêté. On le traîne 
de prison en prison plutôt comme un espion que comme un ambassadeur. 
De là les plaintes les plus vives. A l'entendre, les Anglais ne se proposent 
point pour but le service de Dieu, mais leur profit particulier. Elisabeth 
n'a-t-elle point engagé les Gueux à se livrera elle pour les livrer elle-même 
à Philippe H? La plupart de ses conseillers ne reçoivent-ils pas des pen- 
sions du duc d'Albe? Elle n'a jamais favorisé les troubles des Pavs-Bas 
qu'afiu d'empêcher le duc d'Albe de se joindre aux rois d'Espagne et de 
France pour envahir l'Angleterre. 

Il importe de mettre en regard des armements qui se faisaient aux bords 
de la Tamise en faveur du prince d'Orange, les propositions qui à diverses 
reprises furent adressées d'Angleterre au duc d'Albe. propositions aux- 



INTHODUCTION. 



XI 



quelles se rallaclient les noms célèbres d'flawkins (n" >IMCCCCXXII; et de 
Forhisiier (n" MiMDXCF, MMDCIV, MMDCV, MMDCVII). 

Il en est une autre dont l'auteur est ce même Kalph Lane, qui, au mois 
de juillet MiTi. offrait à liurleigh de prendre le couimandement d'une expé- 
dition anglaise aux Pays-Bas. Celte fois il s'engage à persuader aux Anglais 
qui portent les armes en Hollande, de quitter le parti des Gueux. Les 
capitaines, mécontents et mal payés, sont prêts à donner le signal de la 
défection. Il en est un qui livrerait Flossingue aux espagnols. Un autre, le 
colonel (Ihesler, traiterait, dit-on, volontiers pour prendre ou tuer le 
prince d'Orange. 

Bien plus, Kalph Lane armerait de nombreux vaisseaux (dont plusieurs 
tirés de la flotte royale) qui, sous prétexte de se rendre dans la Baltique, 
aborderaient au port de l'Ecluse ou à quoique autre port des Pays-Bas où 
le duc d'Albe feindrait de les retenir: ce r|iii permettrait à tous les marins 
(leur religion sauve) de servir sa cause avec zèle. Bien n'est plus important 
que celte proposition : n'annonce-t-elle pas qu'Elisabeth est disposée à 
abandonner le prince d'Orange? 

Le duc d'Albe persiste à croire qu'en présence des menaces de la France 
il est d'une i)onne polili(|ue de chercher du côté de l'Angleterre un rappro- 
chement fondé, non sur des sympathies, mais sur des intérêts communs. 
Dans une lettre qui ne sera lue que de Philippe II, il cherche à se justifier. 
On lui reprochera d'avoir traité à l'insu du Pape et de sacrifier les catho- 
liques anglais. Est-ce se séparer du Pape que d'enlever aux hérétiques de 
la IJollande leur principal appui? Est-ce abandonner les catholiques d'.An- 
gleterre que de conserver au roi les Pays-Bas d'où il peut le mieux les 
secourir? Si on l'avait cru plutôt que Bidolfi, toute celle poussière d'alors 
ne serait pas devenue la boue dans laquelle on est plongé aujourd'hui. 

« Le Hoy (Catholique, lit-on dans une dépèche de La Molhe, a mandé de 
» sa main à la royne qu'il voidroit de bon cœur que les choses passassent 
» à l'honneur et advaiilage d elle comme de celle de qui il désiroit cou- 
Tome VI. 3 



XII INTRODUCTION. 

» server l'amitié, et elle lui a pareillement escript de sa main qu'elle luy 
» vouloit le semblable. « 

La convention conclue à Nimègue le IS mars 1575 porte qu'Elisabeth et 
Philippe II fermeront leurs frontières à tous ceux que l'un ou l'autre signa- 
lera comme rebelles. Les relations commerciales seront rétablies; les cor- 
saires seront réprimés. 

Certes, cette convention fut accueillie avec joie aux Pays-Bas et en 
Angleterre. A ces clauses se rattachait l'espoir de voir renaître l'ancienne 
prospérité fondée sur des traditions séculaires. Elisabeth elle-même ne se 
montrait pas moins satisfaite que le duc d'Albe. Elle disait à Guaras qu'elle 
verrait volontiers pendre tous les Anglais qui avaient servi le prince 
d'Orange: et Guaras, exagérant ce succès, espérait que bientôt le drapeau 
espagnol flotterait au-dessus du drapeau français dans la chapelle de 
Windsor. 

Philippe il a signé le 8 juin 1573 la ratification de la convention de 
Nimègue; mais, un mois après, il ordonne au duc d'Albe de ne pas la 
remellre. Ce retard ne manquera point de blesser Elisabeth. 

La reine d'Angleterre espère du moins que Philippe II agréera sa média- 
tion pour amener la soumission du prince d'Orange. Guaras insistait vive- 
ment pour qu'on accueillit cette proposition. Ce serait, à son avis, s'assu- 
rer lamitié de l'Angleterre, pacifier les Pays-Bas où l'on se mettrait à l'abri 
de nouvelles tentatives de rébellion et nettoyer la mer des corsaires qui 
l'infestaient; ce serait de plus un noble exemple de la clémence du roi. 
Pondant huit mois, le duc d'Albe ne répond point; son dernier mot est 
un refus : a J'ay envoyé, écrit-il, Guaras au diable pour s'être prêté à une 
» semblable négociation; » et il se vante d'avoir « si gaillardement» 
répondu à la reine d'Angleterre que sans doute elle n'en parlera plus. 
Mieux vaudrait la mort que la honte de traiter avec le Taciturne. 

Enfin, il était un autre point sur lequel Guaras avait aussi fait entendre 
ses conseils. Burleigh avait pris une grande part à la convention de 



IINTKODUCTIOIS. 

Ninièguo, el rien n'aurait été plus utile aux intérêts de l'Espagne que de 
lui allouer secrètement une pension; car cet homme, selon son expression, 
« c'était la reine, c'était l'Etat tout entier. » INe pourrait-on pas, tout au 
moins, donner à sa femme quarante mille écus? 

Burleigh se montrait fort disposé à accepter indirectement ces largesses ; 
et lady Burleigh ne cessait de les réclamer; mais aucune réponse ne par- 
vient à Guaras. La même inertie caractérise toujours la politique espa- 
gnole. 

Le moment était arrivé où le duc d'Albe allait remettre ses fonctions au 
duc de Medina-Celi. « Le duc a bien vieilli, écrit Albornoz; ce pays l'a 
n tué; )) et depuis longtemps, comme il le mandait au secrétaire Çayas, il 
n'aspirait qu'à être retiré de cet enfer. Aux Pays-Bas, il avait tout attendu 
de la force des armes: et il laissait l'autorité espagnole bien plus faible que 
le jour où il avait succédé à Marguerite de Parme. En Angleterre, il avait 
eu exclusivement recours à la voie lente et dilTîcile des négociations; et là 
aussi la puissance espagnole, entraînée par une rapide décadence, avait 
perdu son ancien prestige. 



Parmi les documents que nous publions, il en est un grand nombre qui 
répandent une vive lumière sur cette période si agitée du XVI* siècle. 

La correspondance du duc d'Albe avec Guaras et Fogaça, quoiqu'elle 
offre des lacunes, est des plus importantes, non seulement pour les affaires 
de l'Angleterre et des Pays-Bas, mais aussi pour celles de la France et de 
l'Ecosse. 

Les avis adressés des Pays-Bas en Angleterre sont remplis de détails qui 
n'avaient point été recueillis par les historiens. 

Nous croyons pouvoir signaler spécialement à l'altcnlion : 

Un mémoire où lord Burleigh examine quelles règles doivent présider à 
la politique anglaise dans les affaires des Pays-Bas afin de détourner les 
prétentions rivales de la France (n° M.MCCCCXl); 



XIV INTRODLCTIOIN. 

Un mémoire de don Giicrau d'Espès sur la situation politique de l'An- 
glelerre et sur les principaux conseillers d'Elisabeth (n° MMCCCCXXIX), 
mémoireauquel il faut comparer une lettre de Guaras(n''I\IMCCCLXXXIIl)5 

Un mémoire où le prince d'Orange revendique, comme prince indépen- 
dant, le droit de faire la guerre au duc d'Albe (n" MiVlCCLXXXH); 

Un mémoire où Charles de Boisot développe les motifs qui doi- 
vent engager la reine d'Angleterre à soutenir le prince d'Orange 
(n» MMCCCCLXXX); 

Un mémoire, fort étendu et fort intéressant, où William Herle rend 
compte d'un entretien dans lequel le Taciturne s'est efforcé de justifier 
sa politique par les nécessités des circonstances (n" MMCXCIX); 

Un mémoire de Fogaça sur les armements maritimes de l^ouis de Nassau 
et du bâtard de Brederode (n» MMCLIX). 

Deux mémoires de Lumey sur les Gueux de mer (n° MMCCLXXXV et 
n» M.MCCCL) :, 

Un mémoire de Viglius sur les relations commerciales des Pays-Bas et 
de l'Angleterre (n" MMDXXX), auquel il faut comparer la réponse de 
Burleigh (n"' MMDXXXl et MMDXXXII); 

Divers documents relatifs à la requête des Marchands Aventuriers 
tendant à faire proclamer la liberté du commerce sur I Escaut 
(n»» MWDLXXVlll, iMMDLXXXIII, MiMDLXXXVl). 

Ce volume ne renferme pas moins de cinq cent trente-quatre pièces, la 
plupart empruntées a_ux Archives de Simancas. 



RELATIONS POLITIQUES 
DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE 



sous LE KÈGNE DE PHILIPPE II. 



MMCXl. 

Don Guérau d'Espès au duc d'/tlbe (En chiffre). 

(I.ONURF.S, ." Or.lOBRK l'i"0.) 

Heureuse navif^alioii de lu flotte qui escorte In reine d'Espagne. — Mission remplie par Charles 
Howard. — AITaires de la reine d'Ecosse. — Lettre d'un espion aux Pays-Bas. — Enlèvement 
du docteur Story. 



Todos haVcnios de dar gracias a Dios del prospero lieinpo que dio a l'armada de 
Su Mag"*, aunque de las biissas que iiizo a dos dcl prcsento, lie estado con rcccio no 
eiiibargasseii la buena descinbarcacion. La ingk'sa se junto con ella niiercolos a xwij 
dcl passado, y liavra dado Carlos llabard el diamanic que dize vaidra liasla très mill 
escudos. 1-0 demas vera Vuesira Excellcnza por la copia de lo que a Su Mag* scrivo: 
siric cliaiTuas se dcsbarataron por aca con inuchas mcFcancias. 

A Mosi!. de Selon, Scoccs, inaiidara dar Vucslni Excellcnza la caria que va sin 
sobrescriplo, que es de la Rcyna de Scocia, avisaiidolc que al criado suyo que vino con 
carias al obispo de Ros biiviora dctenido Milord Covan, por avisos que de su vcnida 
teiiia de Fiz-Viliaus el coniissarii) ingics (pie esta ay, sino por la diligencia del dicbo 
criado y lavor do Tbomas Covan, cl quai tainbien me dio copia de una caria que uno 
TCVIE VI. i 



2 RELATIONS POLITIQUES 

de Fregelingos, que sirve a los de aca de espia, scrivio al dicho Milort Covan, avisan- 
dole de la pariicularidad del armada, capitaiics de navios y infanlcria, quanlidad de 
polvora y otras inuniciones, muy largamerile, y me corlifico la mucha noiicia que de 
lo que ay se Iraia, tiene su liermano cada dia, significandome ser uno de los caminos 
el mismo de que otras vezos he dado aviso a Vuesira Excellenza. 

El Ingles que principalmenie Iracla la pressa de! Doelor Estori, vive en Anvers casado 
con una Iilandesa, el quai pago quaicnta libras de los de la charrua, aunque, conio 
les remuneran menos de lo que elles querian, se van quexando '. 

• Le II septembre 1870, John Mcrsh écrivait à Leicesler et à Cecil : 

Ryght Honorable, My dewlyc remcmberyd, I am earnesllye prcssed by Ihcase iij yong meii, who 
broughl over Doctor Storye too commende tlicarc sewtc loo Yowr Honores, whiche ys tbat Ihcy inay 
bc answeryd suchc mooncy as thcy sayc Ihey bave layde owt, amounling bisides iij" viij liv. xj s. iiij d. 
wiche I bave answeryd too tbat accompt, cix liv. iij s. ij d., as by an accompt, wliiclie Ihey will exhibile 
may appearc. And thcarefore I am bolde too be a humble sewtcr too Yowr Honores too be as good 
too Ihcra as may be; for thcy bave advcnteryd so farr as they may no more go intoo the Low-Contrey, 
thcarc namcs bcing notoriouslye knowcn, and yet twoo of thcm ar maryed. Tliey trust also Ihal 
theare dangerouse service takcn in hande witli so good a will ys taken in so good parte as Ibey shall 
bave some furtiicr consideracion, and, allbougbe they bave kept them selves cloose in one house, 
whiche ys cleare, yet will Ihey spcnd v or vj dayes in Ibe contrey er thcy corne loo the eeyte. 

A cette lettre se trouvait joint le compte suivant : 

A die 23 juin anno 1570. 

Paycd for horshier from Andwarpc to Barrowe and back agayne wilh divers rcturns too and fro, 
as occasion rcquired duringe ower abode theare 01 16 08 

Paycd cariage and recariagc of lettcrs and othcr thinges as well by water as otherwyse 00 15 01 

Payed for owcr chargies the space of xiiij dayes al the Englishe howsc in Barrowe 
as wcll for Parker as for our selves and ij mcn more and for divers wbich came owtc 
of Zelande and from Andwerpe, as also expcnccs uppon the mastcr and roarincrs duringe . 

our abode theare. (On lit en marge : Too much.) 08 01 06 

Payed more that we weare fayne too gcvc too be releascd of a boye which we had 
bowghl al Barrowe alToresayed for tbat she was nol so able, nor so fitl lo serve our tourne, 
as we tooke ber to hc, nor the mastcr so trustie, in considération wberof and this man 
arrivinge, whome we did well knowe, we gave for rclease of the former too the owners 
X liv. and vj liv. xiij s. iiij d. too the master and mariners. (On lit en marge : / doughl 
theareof.) 16 13 01 

Paycd more too be released of x sackes of towe and olher thinges, wbich al the first 
were dclrrmined too be laycd uppon the sayed boye and aftcrwards we resolved upon 
the contrarye 03 02 08 

Payed more for becre, breade and beafïe and othcr victuals for this our last hoye, our 
^compainie beynge in ail x persons. (On lit en marge : Theare was v liv. payed.) . . . 10 00 00 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. S 

'Los commissaiios partirati presto, los qiialcs informaran a Vucstra Excellenza Je las 
inuclias riiyndadcs (|U(! aqui lian hallado. Nueslro-Sefior, etc. 
Dp Londres, a cinco de octubre 1 5570. 

[Aiclnvex du Siinancu.s, Exiado, Leg. Hii, fol. \7i.) 



MMCXII. 

Don Guérau d'Espès à Christophe d'Assonleville. 

(I.OSDRES, ti OCTOBRE lo70.) 

AlTairps commerciales. 

Monsieur, Ayans les députés des marchans porteurs de cestes mis Gn à leur com- 
mission, selon que vous entendrez par leur bcsoignë, en quoy je les ay assistés partout 



Payed for iij longe pcces, Ij cases of daggps willi flaskcs pouldcr iij small daggcs and 
els therunto appcrtayningc 12 09 00 

Snmiiia totalis of ail this which was disboursci heforc owcr arryvull iii Eiiglaiid is net 
soninic, a:i particularlyc appearethc, î)2 19 10 fl. whicli bcingc coumpled sterling ai 
xxiij s. iiij d. llie liv. is ail sterlingc 48 8 4 fl. 82 19 10 

A dio 17 aiigufti iinuo pradiclo. 

Paycd to Cornclis Adrianson shippor for liis frojglit, accordingc too owcr bargainc 
niade wilh hym. (//eArtd fci(/ 33 Hu. ». 8ty.) 50 00 00 

Payed untoo iij mariniers, wliicli we hiercd for x liv. a nian, wherof Ihc onc liad but 
iij liv. vj s. vlij d. in liand and aflerwardos rannc awayu from us so tbat too cnchoragc 
the rest, which wc fearcd would havc doonc thc lykc, we graunted theni the rcst of bis 
hier, so havc thry in ail. (On lit en marge : He Ihat makethe frtighl witli tlie master, hitrtth 
also the mariners 30 00 00 

Paycd more untoo onc Englishcman which wc tooke with us for ower more strcDgbthc, 
yf ncade showlde bave becnc, as also too be owcrpilott when occasion myght serve. (On 
lit en marge : / Ihincke he had xx or xxx [l.) 13 06 08 

More wc hâve promised untoo au olher Englisbc mau as well for bis payncs takcn 
on tlie olher scydc as also for comininge with us for ower more ayde and strcnghlhc 



4 RELATIOINS POLITIQUES 

où j'ay eu le moyen ei commodité, ei parlans présentemenl vers là pour faire du (ont 
relation à Son Exeelicnce, je n'ay \ouiu les laisser partir sans leur donner ce mol de 
lettre, tant pour me recommander à vostre Ijonne grâce et vous asseurer que je s( ray 
aise d'avoir souventesfois de vos nouvelles et tenir avecq vous bonne correspondance, 

whal so wcr myght havc Iiappcned by Ihe waye. (On lit on marge : This was neadeles : 

l woolde they had Iclt hym atone.) 20 00 00 

Payed at Varmowthe for iij Iiorsscs and a post sent uj) witli Parker and Symon Jewekcs 02 01 01 

Payed Ihem in theyre pourses too beare theyre charges in London and too the Courte. 05 00 00 
Paycd more for v horses when we came up, 1. s. and foo Ihe post for his paynes and 

for bringinge up ower malcs and otber thyngcs 05 10(K) 

i<i\ 48 00 

Payed for ower ehargies al Yermowlhe Ihe space of viij dayes with the Doctor Parker 
and the rcsl so longe as ibey weare in ower companye as aiso Ihat which was spenl 
uppon the mastcr and mariners 05 45 00 

Paycd for al! ower ehargies from Yermowthe too London 05 tO 00 

Payed for ower ehargies hère in London too Ihis 26 of august 4870 with ower horse 
meate Ihc fîrsl nyghl 00 45 02 

Payed too one too bcalpc loo bringe up the hoyc froni Yermowlhe too London 
becausc the master came up with us 00 40 02 

40 08 02 

Somma totalis of ail that which hath bene and musl bc paycd sethens ower arrivait hcre 
in Englande stcrlinge monneyis 432 06 02 

Somme of that which was affore disbourscd on the other side the sce is net 52 49 49 
memishe monney, facit sterlinge afler xxiij s. and iiij d. the liv. 48 8 -i d 045 08 04 

477 44 06 

Whcrof rcccy vcd :igay ne Ix liv. stcrlinge rccey vcd at the bandes of JhonTaylor at Anwerpe 060 00 00 ' 
More rcccyved of hym towardes the payement of ower dagges and longe pcces net x liv. 
filcmishe and facit sterlinge net 008 4 4 04 

68 4 4 04 
So is and musl rcst too be payed more then is rcccyved net somme in stcrlinge monnyc 409 03 02 

477 44 06 

(Beeord office, Dometlic papers. Cal- p. 592.) 

Le 44 septembre, Mersh adressait d'Anvers cette seconde lettre : 

Ryght Honorable, My dewlye rcmemberyd. Whearc at the imporlunate sewte of the yong meu 
that broughl one D' Storye, I mad so boldc too wrile loo Your Ilonors in theare favor, I trust yow 
doo not conceyve by my letter that I doo alow of iheare accompt, wliiche I thinke unircw and unrea- 
sonablc, as by ihe nootes in the mergcnl may appcarc; but yet I can not rcmoovc thcm frora yl: they 
dought by likelyhod how they shall be considcryd, and Ihearefore wolde help Ihem selves this wcy. 
Nevcrtheles I am bolde too informe Yowr Honors that one of Ihem, whichc looke the chardge, namyd 



DKS PAYS-BAS Kl l)K L'ANGLKTIiKhK. » 

comme pour vous dire qu'il me semble convenable que de leurbesoigné l'on m'envoM- 
nng extrîici (comme j'escrips aiissy à Sadiiie Ivxcnllence) afiin i|uc je me pui&M- eon- 
(luyre scion cela en ce qui poiirroil survenir. Au reste d'autanl que \ous enlendrcz 
par Icsdicis porteurs ce que je vous poui rois icy escripre des nouvelles de par<Jce;t el 
que par leur dici besoigué vous verrez la diligence qu'ils y ont faicle el le mauvais 
ordre en quoy ils ont trouvé les biens arresiés de nos marcbans, je supplieray, etc. 
De Londres, ce vj" de octobre l'iTO. 

(ArchiveH du Royaume à lirtirelli's, Corresp tIeC.ln-. /l'A/isonlcvilli', fol. 111.) 



MMCXm. 

j4vis des Pays-Bas. 

(Anvers, Il octoiihe 1.170 > 
Le duc (l'Albe a reçu un envoyé de la reine d'Ecosse. — Nouvelles d'Orient. 

The Duke is prcsenlly hère and will icmayn hère lyll Christmas. Yestcrniglii \vh> 
a seottishe gentleman with liim us Embassatour frotu ilic Queen of Scolls and lier 
adhérents, peradventer lo crave sonie helpe of the Duke. 

Vamsdon, ys riiarycd at Ândwerpc and hathe cbildcr and can not safelye rcatorne. The iij''* aiso, wbom 
they callyd in too thcm withowt any greate nccessitye, ys likevvise maryed tbcarc and in Vike danger. 
Tlieare names hc ail wcll knowen: so ons, yf tbcy bc tocke, ibcarc ys no remcadyc. Yf yt shall srainr 
good too Your llonors loo consider them any thing (as I trust yow will), I pray yow appoynl Ihem 
not loo me, cxcept yow namc the sum, for they be so ncadye and importunate as I shall never satisfye 
tbcm. I undcrstand by John Daylcs that M'' Lee did olTur too Ilrayg and Vamsden, who tooke the 
matlcr in bande, xl liv. a pcce, whichc they rcfused, saying they wooldc standc too the reward of my 
Lords of tlic Cownccll. By Ihat tymc I bave pavde al! I must paye. I dought e" will not serve, havyng 
alreadye paydc xliiii" more tbcn I bave reccyvyd, besidvs that I must gcve John Daylcs, and niouncy 
tbat I bave layde owt my self, and l am not furnisbcd for the payaient of yt, my sickoes bavyog 
benc chargo.ible to me. I bcsechc yow tbciircfore hclp nie with anotbcr warrant. 

I sond Yowr llonors bcare withc suche advcrtiscmcnts as I bave roceyved from Vcnice, wheareuf 
many ar frivolosc and loo bc Ihoughte as shall seame good too Yowr Honors. 

Thus niost buniblyc besrcbing you too bcare with my rudenes and blolting being so werye by 
wcakcnes as 1 can not wrilc yt agaync: I besecbc .\lmigblyc (îod préserve yow. 

Written xiiii» sept. 

The Eric of Wcstmcrlandc arrivyd at Andwarpc tbc xii"" présent, wbearof I thinckc yow bc olbcr- 
wise advertised. {Record office, Domettic papcr», Cal., p. 39i, n* 64.) 



6 RELATIONS POLITIQLIES 

The Turke reniayiieili in Cipre and ihe venetian army is in Cancly, but no féal done 
on neylher sid. 

{Brit. Mus., Titus, B. VI.) 



MMCXIV. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Albe (En chiffre). 

(Londres, 24 octobre 1570.) 

Affaires de la reine d'Ecosse. — Pirateries. — On a répandu le bruit que le duc d'Albe 

allait rentrer en Espagne. 

El Secrelario Sieel y Winter Miimey con el Obispo de Ros boivieron a la Corle el 
sabado passade sin alguna resolueion, pero no lian despachado aun al dicho Obispo 
y estan en grandes consultas: yo avisare muy presto a Su Mag'' y a Vuestra Excellenza 
de lo que resullara destas plalicas, y los Franceses querrian mucho se eoncerlassen 
como quiera. 

La Reyna de Scoeia me scrivio este dia que de los x"* escudos séria su voluntad se 
diessen los oclio mill a Moss. deCheton, y lo restante se proveyesse aqui remitido a mi, 
y, como embiava liombre proprio para ello, partira en baviendole dado su despacho 
el Obispo. 

Los que aqui se remitan, podran venir por via de Acerbo Veluteli, (|ue veran son para 
mi provision : con el mensagero proprio scrivire sobre ello. 

He embiado a saber de la nave tomada de lanas con carias del Consejo y como la 
van mudando de un puerlo en olro : no lengo aun respuesla de lo que passa. 

De la nave porluguesa que dio al traves, me lia embiado a dezir Covan que su lier- 
mano, pues no vienen recaudos algunos, mirara por su provecho, y assi deve de ser 
robada va la mayor parle. 

Con estas nuevas que de ay scriv( n que Vuestra Excellenza ha de bolverse presto a 
Espana, toman gran animo eslos, crcyendo que en las cosas de la guerra les yra mejor 
de aqui adelante, no considerando quan buena orden se dara en esse pays puesla por 
la mano de Vuestra Excellenza. Desla mandara Vuestra Excellenza se embie copia a 
Su Mag''. Nueslro-Senor, etc. 

De Londres, a xxvij" de oclubre 1570. 

[Archives de Simancas, Estado, Leg. 822, fol. 180.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGI.ETEHRE. 



MMCXV. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Albe (En chiffre). 

(I^NIlRES, in OCTOBBK 1S70.) 

Affaires de la reine d'Ecosse. — Pièces d'artillerie tirée» de la Tour de Londres et remise» i M. de 
Liinibrcs. — On dit qu'on organise il la Rochelle un armement contre les Pays-Bas. 

El que esta Ileva es criado de la Reyna de Scocia, y, eomo icngo scriplo a V. Ex., si 
se han de remitir aqiii los diez mil! escudos, se piiede rniiy bien hazer por via di' los 
Michacles a Acerho Vtliiteli que, con (encr el olias ciientas comigo, no se daran aiiifo 
dcllo '. 

El Obispo ha ya vcnido de la Corte sin alguna resolticion y con eslar malo el Qiiiprr 
y liavcr esta Reyna cntcndido que ci Uoy de Franc'ia liavia detenido los bieiies de los 
Scoceses qiu! son rcbeldcs a su Reyna liallados en Francia, han alargado la communi- 
cacion hasia saber desla novedad o que sca invcneion : despues de havernie vislo con 
dielio Obispo, lo scrivire mas largo. 

Moss. de Liinibre saca dcste caslillo quarenla picças gruessas de arlilleria y ticne 
oITrescidas hasia cienlo y fione bucna armada en ordcn : paresce que es para n)8s que 
andar en corso, y ellos dizen que en la Rochela se (omara agora orden para molestar a 
cssos Estados. 

La nave viztayna que se tomo poslreramente, cstaba cabe la ysia de Vich, dissimu- 
lando el Governador que no puede iraerla a tierra de olra parte con interveneion de 
ciertos flamencos rebeldes, se que Antonio de Gucras la rcscaia pos ocbo mill escudos 
para sus duenos. No he querido saberlo, ni sin consulta de V. Ex. estorvarlo. 

De Londres, a xxvu de oetubre 1570. 

(Archives de Stmancas, Estado, Leg. 822, fol. 181.) 

' Marie Stuarl écrivait le 10 décembre lS70à lord Selon : 

• Pour ce que je suis incertaine où vous estes, je ne vous diray autre eliosc par ce chiffre 5inon que 

• si c'est en Flandres, que entendrez du duc d'Alvc mon intention, auquel je l'ay amplement déclaré 
» par divers chiffres et vous ay donné tout crédit En quelque part que soyez, je vous pryc «oli- 

• citer par lettres ou aultremcnt tout le secours et ayde que pourrez de Flandres. • (LASAxorr, t. IV, 
p. 132.) 



9 RELATIONS POLITIQUES 

MiVlCXVL 

Mémoire adressé au duc d'Albe par la comtesse de Norihumberland. 

{Fin d'omobri: 1570?) 
. Exposé des motifs qui «loivenl porter le roi d'Espagne à secourir la reine d'Ecosse. 

Renionsircmces à l' Excellence du duc d'Aha, de la pari de madame ta confesse 

de Nortliumberland. 

Piemièrenicnl, qu'elle a esté advoriie d'une forte partie descouverte depuys naguères 
en Angleterre, principalement au païs de Langkacher, d aucuns qui se sont monstres 
tant ennemys à ccsle seele liérélicque et manière commandée de vivre selon ycelle en 
Angleterre, qu'après qu'ils ont eu congnoissance de l'excommunication faictc contre la 
personne de la Royne d'Angleterre, ils ont du tout reslably et mis sus en leurs maisons 
particullièrrs et parroisses où ils avoient dominion et puissance l'ancienne manière de 
servir Dieu aceoustumée en l'Eglise romaine et catholicque. El pour leur plus grande 
asseurance, ils ont envoie à ceulx qui ont le plus de crédit et auctorité entre la nation 
angloyse, qui pour lors esloient en Escosse, pour leur donner à entendre tant de Testât 
de l<nirs affaires, comme pour leur supplier d'assister à l'advancenicnt de leur tant juste 
entreprise, remonsirans le général bruit et espérance conceue de l'assistence et support 
(|u'aucuns princes ehrcstiens estoieni délibérés leur faire, ce qui leur fcisi oublier tout 
danger et péril particullicr auquel ils se mettoient pour cest ellecl, les priant que s'ils 
nesloient asseurés d'aide présente, qu'au moins ils les en voulsissent advenir, affîn de 
ne mettre en danger un plus grand nombre et qu'eulx-mesmes par fuitie ou autrement 
se cercheroienl desaulver au mieulx qu'ils pourroienl. 

En oulire, il vous plaira estre adverty que la Royne d'Escosse a rei-eu depuys 
naguères aucunes offres condilioimelles faictes par la Royne d'Angleterre pour la 
liberté de sa personne et reslablissement en son estai, lesquelles, ou soient acceptées 
ou reffusées, luy sont grandement préjudiciables si elle n'est asscurée de rcffuge et 
assislence des princes voysins, par l'aide desquels elle se puisse servir contre la force 
de ses ennemys et par leur fidel advis se délibérer pour la meilleure eonduitte de ses 
affaires, pour faulte desquels advis et forces, elle a esté contraincte de s'aider jusques 
à présent de tels desquels elh; ne pourroit avoir aucune espérance, considéré qu'ils ne 
tendoicnt à autre but qu'à l'advancemeiil de leur particullier. 

Le (langer, qui pourra cnsuyvre, en acceplant lesdictes offres est assez manifeste par 
les articles : 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEKUE. 



9 



Prcinioremcnt, par ce que la 



Tson 
livrée 



w. (In jeune prince, son lils, est requise et spé- 



cialeinoiit demandée d'estre délivrée entre les mains des Anglojs, avant que sa per- 
sonne soit remise en liberté. 

Secondement, par la demande l'aicte de la délivrance de six de ses plus asseurés de 
la noblesse d'Kscosse, par l'absence desquels elle sera tant débilitée ctaffoyblie qu'elle 
n'aura nioicn de faire partie |)our résister la force de ses ennemys en Kscosse, lesquels 
coiitinueronl par l'accord en gouvernement et seront supportés par les Angloys.au plus 
grand danger de sa personne, estant ainsy privée de ses plus forts et asseurés, par pré- 
Icnse dostaige. 

(lonséquemmcni, par l'article où est demandé que vnluntairement elle se submette 
d'estre ipso facto privée de tous droit et tillrc, qu'elle peult prétendre aux royaumes 
d'Angleterre et Kscosse, inconlinenl qu'elle sera dénoncée par proclamatiofi d'estre 
coulpable d'aucunes des choses défendues ésdicts articles, lesquels sont mesiés de tant 
de particularités qu'il luy sera diUicilc les observer, si bien que les ennemys ne irou- 
vcni moyin de rnetlre en avant quelques faulies, niant aiïaire avec une partie si sus- 
pecte et quereleuse contre elle. 

Par quoy est assez notoire combien luy seroil dangereux d'accorder à telles condi- 
tions et demandes. 

Le reiïus aussi desquelles luy pourra ostre aussi préjudiciable : 

Preniièrcmenl, par ce qu'elle perdroit l'opportunité qui présentement s'olTre pour la 
liberté de sa persoime, par faulie de la(|uelle est assez notoire que plusieurs grandes 
cl iinporiantes entreprises ont esté empeschées, et sa seule détention est l'occasion qu'on 
n'y peull présentement résouldre pour son bien. 

Et (|ui plus est, sa demeure entre les mains tic ceulx qui tant de foys ont délibéré 
d'user de violence contre sa personne, la lient en danger tel el si grand qu'à peyne par 
force sera possible y remédier. 

Kn oullre, la rccongnoissance et déclaration du droit qu'elle a aussi bien nu royaume 
d'Angleterre que d'Kscosse (avec la lilierlé de sa personne) semble luy estre chose si 
advantageuse que sans le moyen el polilicque conduit d'aucun secret amy el bien favo- 
risé en la Court d'Angleterre cela ne se pourioit obtenir, lu justes raisons m'induisent 
d'estimer que ccsl aniy est le conte de Leicesire, lequel, pour lui avoir fait si grand 
bien, n'enlend d'avoir mérité moins que la propre personne qu'il prétend avoir déli- 
vrée aussi bien du péril de mort que de luy avoir pourchassé ce moyen pour sa liberté 
tant désirée, ('e (|ue eslaiU ainsi, de tant luy seroii plus dangereux son rcITus desdicts 
nrlieles, aussi bien pour ne perdre un aruy tant nécessaire en ce temps périlleux, 
comme ce Conte (qui esmeu d'ambitieux désir a longuement el secreltemenl poursuyvi 
et aspiré au mariaige de ladietc roytie d'Kscosse, el par ce l'a deiïendue de toute vio- 
lence souvetitesfoys délibérée par la plus grande part des conseillers angloys, tendans 
Tome VI. 2 



m RELATIONS POLITIQUES 

à la ruine aussi bien de sa personne que du droit qu'elle a au royaume d'Angleteni), 
comme pour ne forcer les autres conseillers angloys, par désespoir de son refus, à 
rcsouldre d'advancer un aulre à son dict droil et dignité pour leur parlieullière asscu- 
rance et conteniement et au préjudice et danger de ladicle Roync. 

Pour remède apert par ses propres lettres qu'elle ne désire sinon asscurance de 
quelque loy catholicque de voulloir assister ses aniys et partie qu'elle a en son pais, 
prest à soy joindre pour le restablissenient de la foy catholicque et son droit indubi- 
table. 

Le temps ne permet long délay sans péril, et, pour meilleure expédition, elle a aussi 
bien son ambassadeur qu'un bon nombre de ses asseurés angloys, prcsts à respondre 
et satisfaire à toutes objections et demandes. 

Il est à estimer que Vostre Excellence veoit à plain que ceste intention, qu'a le Conte 
de Leicestre, de voulloir ambitieusement aspirer, est directement contraire à la vaine 
espérance qu'un grand nombre ont eonçeu que le Due de Norfoc pourroit encoros 
obtenir le mariage que cy-devanl il a pourchassé avec la Royne d'Escosse ; car il est 
notoire que sa ruine et deffiiitte a esté principallement par le conduit du Conte, auquel 
le Duc se fioit le plus, n'aiant jamais suspecté que ledict Conte aspiroil au mesme : 
par quoy estant tumbé au danger et déshonneur où il est, l'on se peult asseurer que 
ledict Conte ne trouvera jamais bon d'endurer ou permettre (aiant pour luy la royne 
d'Angleterre) que ledici Due puisse eslre en lieu ou estât d'esprouver sa force ou pra- 
ticquer cy-aprés sa poursuitte, quoyque la multitude en parle ou qu'aucuns des plus 
saiges s'abbusent par faulte de conguoissance en ces affaires. 

Et touchant l'inclination et affection que la royne d'Eseosse peult porter à aucuns 
d'iceulx, il est apparent que le danger en quoy elle est présentement, la eonirainct de 
dissimullcr et permettre qu'eulx-mesmes se puissent satisfaire et abuser de la vainc 
espérance que sans cause ils ont conceue, considérant que par ce seul moyen elle se 
peult servir et asseurer de leur travail et crédit. 

Et partant est à eroine que si elle esloit en lieu ou estât libre pour choisir, ou s'il 
luy plaisoit prendre l'advis des plus saiges et dignes de nostre nation, il n'y a point de 
doutte qu'ils ne voulsissent tous la persuader pour sa plus grande asseurance et hon- 
neur de se faire forte par l'aliante de quelque puissant prince estranger, plustost que 
s'aU'oiblir en prenant un subject envié à cause des partialités parliculliéres, èsquelles 
ils sont communément adonnés, au préjudice et ruine souvent advenus en tel cas aux 
royaumes. 

En oultre. Madame a esté adverlie que puys naguèrcs les conseillers d'Angleterre 
ont esté informés par secret et suspect moyen qu'ils deussent prendre garde à raison de 
quelque grande entreprisé délibérée contre le pais d'Irlande par le moien de Sa Majesté 
Catholicque ou du Roy de France. Toutesfoys ils ne font nul appareil par mer, ny par 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



U 



rerrt', pour y résisler, 5 cause lant du temps d'Iiyvcr mal propre pour telle entreprise 
que pour le peu d'iipparence et crédit qu'ils ont donné à lelN- information. 

Quant à son parlicuilicr, très-huniblemcnl recungnoist et remercie l'offre que Vostre 
Excellence luy a fait de voulloir aircctucuscment recommander sa cause ù Sa Majesté 
Catholicquc : oc qu'elle supplie eslre faiet en telle sorte que bon semblera à Vostre 
Kxcellenee, n'aiant à remonsirer sinon le désir qu'elle a de veoir et moienner à son pos- 
sible principalement la restitution de la foy cntliolicque en son paîs et la liberté du 
S' Conte, son mary, pour de rcclief s'emploier à la juste entreprise encoinmencée, 
s'asseurant (pi'fl mctlroit en oubly toute peine et péril pour l'advaneement d'icelle. 

Kt loueliani re(|ucste pour son particullier,ellc s'asseureque la pauvreté de scn estai 
est tellement congneue à tous princes que cculx qui ont envie d'advancer la cause 
catlioliequc ont pour le moins coitipnssion d'icelle, qui, pour avoir faict service à Dieu 
agréable, endure présentement aussi bien la déprivaiion de son très-cher seigneur et 
mary que l'absence de ses enfans, avec bannissement de son païs et perte de tous ses 
biens et estats. 

Pour conclusion, le désir qu'elle a de faire service principalement pour l'Kglise et foi 
eiiibolicque, l'a enhardie de descouvrir ces particularités si à plain, suppliant que 
Vostre Excellence le veuille prendre en bonne part, sans le communicquer à son 
|iréjudice. 

Asseuranl et offrant tout service aussi bien de la part du seigneur conte, son mary. 
que de soy-mesme et tous leurs amys, qui seront lousjours prests d'esire emploies la 
part qu'il plaira à Sa Majesté Callioiieque leur commander, au respect île l'opinion 
qu'ils ont coneeuc, et par expérience ont esté asseurés que Sa Majesté procède selon 
équité et conscience en toutes ses entreprises '. 

(Archivt^s du Royaume à Bruxelles, yég. d'Anglelerre, t. IV, fol. 106.) 



' En ce inoincrit, un rapproclieniont scmbiail s'actoniplir entre l'Angleterre cl l'Espagne. 

Philippe II avait remercié en termes gracieux Elisabeth <le ses félicitations au sujet du voyage de la 
jeune reine d'Espagne. 

\)e son cote, le duc d'Albc s'était rendu agiéable aux Anglais. Ils comptaient sur son amitié : on rap- 
portait même qu'il leur avait ollcrl un secours de dix mille lionimes pour agir en Ecosse. (Lettre de la 
Molbc, du tG octobre 1570.) 

On rencontre toutefois, à la date du 8 décembre 1!570, un mémoire adressé à Elisabeth où l'on expose 
qu'aussi longtemps que le duc d'Albe n'aura point rétabli les relations commerciales avec l'Angleterre, 
il ne faudra ni recevoir les marchandises des Pays-Bas, ni y envoyer celles d'Angleterre. {Bril. Mus., 
llaricy, 62t)S, n' 18) 



12 RELATIONS POLITIQUES 

MMCXVII. 

Don Guérau (TEspès à la reine d'Angleterre. 

(LONDRRS, Il MOVEMttRE 1570.) 

Il lai annonce l'heureuse arrivée de la reine d'Espagne à Santander. 

SeBENISSIMA AC PoTENTISSIMA PniNCEPS, 

Non arbitrer Majeslati Tuœ fore ingratuin de fœlici appulsu, post salis loiigatn 
iiavigationem, Serenissiraœ Reginae, dominae mcœ obser\andissimae, cognosccrc. Deccns- 
onim videri potest leclissinias Principes, omnibus naiurae cl foriunae dotibus cumula- 
lissime ornatas, invicem de fœlicilate suecessuum gaudere ei congralulari, necessitudine 
prœserlim lanla ei mutuis officiis in(ercedei.iibus. Appulit ad Caniabricani orani in San- 
landeriensem porlum quaria die ocloliris, nausca et marina jaclatione afflieta, salvis 
tamen omnibus cl navibus et hominibiis, ibique per dies duodecim refecla, magno 
comilatu Burgos, Castellani regni mctropolim, petit, ubi ab invictissimo Rege, simu- 
iaio habilu invisenda, statim sese ad SL-goviensem urbem conferet, et marito et popu- 
loriim cxpectationi satisfactura. Quae quidem omnia Tuœ (ut dixi) Majeslati grata cen- 
sens, hac arctiori pagina nota faccre voiui, Deum Optimum Maximum urans ut Exi- 
miam Amplitudinem Tuam provehere, ejusque incolumitalem conservare dignelur '. 

Londini, 11 novembris 1570. 

Serenissima ac potenlissima Princeps, 
Tuœ Majeslati addiclissimus, 

Geraldus Espesius. 
{Record office. Cal., n' 1590.) 

• La Molhe rapporte, dans une lettre du 50 octobre 1B70, que don Gucrau est mieux vu des An- 
glais. Bien que près de deux mois se soient écoules depuis qu'il n'a plus été reçu par la reine, on l'a 
informé que s'il le désirait, elle lui donnerait audience. 

Quelques jours après, le 16 novembre, La Mothe racontait que lord Selon avait été reçu par le duc 
d'Albc, mais qu'à son avis on ne pouvait rien espérer de lui. 



DE i;a[ngm:tki{re. 



MMCXVIII. 

Don Guérau d'Espès à Christophe d'Assonlex'ille. 

(Londres, U novembre irJO.) 
INégociations con)m«rci:ilo.s. — Affaires de la rciiic irÉcoJsc. 

Monsieur, Je suis esté bien aise d'entendre par la vosire du 50 du past'C et voslrr 
sanlc et le bitn <;stat auqnil se Irouvoycnl nos affaires d'Angleterre '. 11 fault prendre 
regard à ec <|ue Ion ne nous (rompe, car j'cntciis que l'inlenlion de eeux de par-delà 
y est en tout contraire. Ncanlmoings, comme cela est chose qui se csclarcira avecq le 
temps, il n'est besoing d'en faire icy long discours. Cependant je vous supplye, Mon- 
sieur, me mander tousjours advenir particulièrement du succès desdicics affaires et des 
nouvelles de par-delà, comme il vous a [ileii faire dernièrement. 

Par-deçà n'y a chose nouvelle. L'on attend icy de jour en jour quelques S" d'Escosse 
députés d'une part et d'autre, à la venue desquels l'on diffère de passer plus oultre au 
besoigné des affaires de la Royne d'Escosse et de conclure aulcunne chose sur les 
articles luy proposés de la part de celle d'Angleterre, du succès de quoy je vous adver- 
tiray à son temps. 

De Londres, le xnu"" de novembre l.'iTO *. 

[Archives du Royaume à Druxelle», Nég. d'Angleterre, Corresp. d'Asson- 
leville, fol. 115.) 



' En ce momenl, Gresliam faisait transporter d'Anvers en Angleterre l'albâtre qui devait orner la 
nouvelle Bourse à Londres. Il écrivait à Cccil le 2G octobre iS70 : 

Wheras Your Ilonnur did optaign pasport for me, for trunsporting into Flaunders of xl tunes of 
alblastcr, whiche is shipped in llic GUdcn Fawcon, m' Christian Janson, the same ship will not be 
pcrmittcd to dcparl from hciis williout sjicciall licence, wlicrunio il maie please Your llonnor to hclp 
me, seing I had Ihc likc of the Duke for passage of niy stoncs from Andwarp for ray burse. AIso il 
may please yoo to bave in your remembraunce my sute for Ibe removing of my l^die Marie Uraye 
and for ini liv. ix s. vni d. tbat it batlie pleascd tlic Qucen Majestie to geve. 

{Record office, Domestic paprri. Cal., p. 394, n* 19.) 

* Don (juérau d'Espès écrivait le même jour au duc d'Albuqnerque : 

Con dcsseo espero carias de Vuestra Ex( ellcnza por saver de su salud y lo que mas se offrcciere 
en que yo sirva. Esta Reyna a ofrecido a los cmbaxadores de Francia que no da cara la mano del 
Irato de librar a la de Escocia, a la quai libertad le piden su hijo, fuerças y otras eosas y rehenea rccios 



U RELATIONS POLITIQUES 

MMCXIX. 

Le prince d'Orange à la reine d'Angleterre. 

(DiLLENBOUHG, 19 NOVEMBRE 1S70.) 

Lettre en faveur de deux prisonniers détenus à Londres à la requête du duc d'AIbe. 

Madame, Le seigneur de Bergues m'est icy venu faire ses doléances comme après 
son parlement de la prison en vostre ville de Londres y seroyent esté constitués prison- 
niers deux serviteurs siens, l'ung appelle Jacques de Hocmestede et l'autre Jacques de 
la Planche, et ce non à aultre raison sinon que ledit S' de Bergues aiiroit par ma com- 
mission et charge expresse recerehé mon ennemi le duc d'AIbe et ses adhérens, chose 
que, par tous droicts tant naturels que escripts, m'est permis de faire, considéré mesmes 
le trop grand tort et oultraigc que me faici ledit duc d'AIbe, et considéré. Madame, 
que ces pauvres prisonniers, pour avoir esté fidels cl loyaulx à leur maistre, ne peu- 
vent mais de tous ces affaires-icy, et que à la longue ils seroyent en dangier, principal- 
lement en cesie saison de l'année et veue leur insoufïisance, de périr illccq de pouvreté 
et misère, aussi que ledit S"' de Bergues m'a asseuré n'avoir jamais rien faiet, ny entre- 
prins contre la haulteur, édicls ou ordonnances de Vostre Majesté, que aultrement ne 
m'en voudrois entremectre. J'ay bien voulu prendre la hardiesse de supplier à Vostre 
Majesté irès-humhlement que, usant de sa bonté et clémence naturelle, il luy plaise fère 
eslargir lesdils deux pauvres prisonniers, en quoy Vostre Majesté les obligera à prier 
éternellement Dieu pour la bonne et heureuse prospérité d'ieelle ; et de moy seray tous- 
jours bien prest à le déservir par tous les plus humbles services que je luy pourray fère :. 
que cognoist Dieu, auquel, après avoir très-humblement baisé les mains de Vostre 
Majesté, je supplieray donner à ieelle, en très-parfaicte santé, très-heureuse et très- 
longue vie. 

De Dillenberch, ce xix jour de novembre 1570. 

De Vostre Majesté , 

Très-humble et très-obéisanl serviteur, 

Guillaume de Nassal'. 

{Record office, Cal., n* 1403.) 

para asspgurarsc bien que ningun principe eslrangero pueda valcrse ton su favor : tcmo lo admita por 
que los Franccses que le dcsscan qualquier concierto, le andan muy a los oydos. 

Estos dia me van aresando con mucliu calor que esta dicha Reyna anda por cntrar en tratos con 
niigo. Plegue a Dios Iiaga algo de bueno, que no sera contra la voluntad de pocos : de todo sera Vuestra 
Exccllcnza avisado. (Archives de Simancas, Eitado, Leg. 822, fol. 185.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



IK 



MMCXX. 

Avis des Pays-Bas. 

(Hambourg, 2:{ kovkmbri: 1570.) 
Le duc d'Albc a pi-rinis à quelques marchands d'importer des draps anglais aux Pays-Bai. 

The Duke Alva halli graunted a certeyne licence lo sondry persons to bring englislie 
clollics into Low-Contres, whoiby it seniclli llial sucli persons mak accompt to liave 
ihem nerer liand tlieii tins place for the better chepe and lesse charges, as eyiher hy 
licens outof England direcily or by the way ol' Ffrauncc as to Callis or olher port ihcre 
about, iinder celler of karseys and cotions or siieh likc, so as we shall not he able to ntter 
the great masse of cloth and otiier commodités presently lying upon our liands. 

(Brilish Muséum, Titus, B. VI.) 



Le 



MMCXXL 

Avis des Pays-Bas. 

(Anvers, 27 novembre 1570.) 
duc d'Albc a écrit à Elisabeth pour lui exprimer le désir de voir le terme de tous les différends. 



The Duke hath senthis letter directed unto the Quens .Majestie by M' Henry Cobham, 

which Icitcr doth acknowledg the good will and désire ihat the Duke halh to bave an 

end of this différence '. 

{Brilish Muséum, Titus, B. VI.) 

' D'après une lettre de La Molhc, du 30 novembre 1570, Elisabeth, après avoir consenti à recevoir 
Espùs, lui refusa de nouveau toute audience. 



10 RELAÏIOISS POLITIQUES 

MMCXXII. 

Avis des Pays - lias. 

( ntcKutnr. 1S70.) 
Surprise dii cliâfeau de Locvcsicin. 

Relacion de lo subcedido en Gueidres y Holanda. 

Despues de las alteraciones passaclas destos Estados y In ullima enlrada que hizo en 
rjlos el Principe de Oranges, han quedado en las tierras de los Eleclores Palaiino y de 
Colonia y en los de! Duqiie de Cleves foragidos deslos Estados, los quajes, viendose 
desesperados de sus dcsignos, andaii salleando por los confines y haziendo el mal que 
pueden ; y, aviendose juniado algun numéro delios en las tierras del Opisbo de Munsicr 
ai confin de Gueidres eon intencion de tomar por trato la villa de Deventer, que esia 
puesla sobre el Rio y es passo de dicha Gueidres para Frisa, en la quai ay qiialro 
vnnderas de infanleria cspanola, y assi mismo cl castilio de Lobcstayn, que csia en 
Holanda entre el dicbo Rin y la Mossa, eerca de las villas de Gorchem y Ileusdeni, y, 
aviendose forjado la empresa con el Principe d'Oranges, embio eon esta génie al Conde 
de Bandembergh, el quai, embiando a la dielia Deventer, la balloeii niejor recaudo de 
lo que quisiera, y, no aviendo salido eiorto el dcssigno, algimos de los que yban a la 
(acion, se mclieron en una casa del dicbo Conde de Bandembergh, que es fuerte para 
batalla de manns. Su Excellenzn ha mandado salir de Utreeh seys vanderas de infan!eria 
rspanola para limpiar el pays y beehar de la cjsa los dichos foragidos, eon que quc- 
dara aquello seguro y quieto. A los que yban a Lobestayn, subcedio niejor por lui ralo, 
porqtie conio no avia mas que el eastellano y su gente, llegando a la improvisla el 
principal delios, que se llamava Hcrman de Ruter y otros siete, hallando la puerla 
abierta, se ontraron dentro, diciendoal easiellano que eniregasse el casiillo al Principe 
de Oranges. Dixo que no conocia a otro principe que el Rey de Espana. El foragido le 
tiro im pislolcte de que le hizio nuiy mal, y, qiieriendose defender, le acabaron de matar, 
y se apoderaron del castilio, haziendo venir a olros vcyntc foragidos que quedavan 
escondidos en dos barcas. Luego corrio la boz a Bolduqiie, donde ay guarnieion de 
Esparioles, y Don Rodrigo de Toledo, que esta a la guardia de la villa, embio al capilan 
Peroa eon 40 nrcabuzeros y dio aviso al Duque, y Su Exccllcnza le ordeno embiasse 
otros GO mas. La niisma nocbc que llegaron los Espanoles, se vcnian a nicter denlro 
golpe de geiite de los foragidos, embiando delante en luia barca algunos delios con 



DES PAYS-BAS KT l)K L'ANGLETEKKE. 



17 



mecha y arcabiices, y, eslando niiestra infaiiteria hazicndo la giiardia para que no 
entrasse gcnte, sinliuron los, y vcniaii u ticmpo que los que trayan la mecha y arcabuzes» 
se avian llegado a la puerla del castillo. Los de denlro, pensando que eran los nuestros, 
locaron arma y acudieron a la puerla, dexando un torreon sin eintinela : fueron a el 
algunos (le los soldiulos espafioles, y, arriniando una eseala, enlraron, y'Ios de denlro 
se reliraron a la cassa que liene su fosso y piiente levadiza, y, de los que eslavan a la 
puerla, malaron iiij", prendieron iij ; los otros se escaparon; y, aviendo enlrado, hallaron 
que leriian recogido tnucho ganado y que se forlificavan a gran priessa; pero, con dos 
peceçuelas que avian denlro, los començaron a balir, y, liaziendo algunos agujeros, enlra- 
ron con muclio valor, degollaron al Herman y a olros onça, y los demas ha mandado 
Su Excellenza iraer aqui. Hallaronse en las caiças del diclio Herman una palente e 
jiislrueion y commission del Principe de Oranges, en que le hazia su governador de las 
villas y casiillos que pudiessu lomar eu Holanda, insliiujcndo un nuevo govicrno en lo 
spiritual y lemporal, como si luviera poder absolulo de Su Sanlidad y de Su Mag*. De 
créer es que micniras cl hallare liomhres desla (|ualidad, que vengan a inquielar eslos 
Eslados con lumbre desla paz, que no dexara de lia/.erlo, pues eon otra cosa no puedc 
scgun esta dcrrepuindo y mal (|uisl(). 

{Record office, Cul., n* 1439.) 



xMMCXXllI. 



Don Guérau d'Espès à Christophe d'Assonleville. 



(lOXOnES, 3 DÉCEMBRE të'Q.) 



Ncgocialions cunimvrciales. — Affaires de la reine d'Ecosse. 



Monsieur, A\ant trouvé la conmiodilé de ce porteur, je n'ay sccu laisser de luy 
donner ce mot de lellre, tant pour me recommander bien fort à vostrc bonne grâce que 
pour vous faire souvenir aulcunement de l'Angleterre, qui est par delà (selon qu'il 
sainble) du tout mise en oubly, d'autant qu'il y a bien près d'ung mois que nous n'y 
avons courrier, dont, pour estre les affaires aux termes qu'ils sont, et moy et tout le 
monde est bien csmerveillc. L'on intend ce néauimoings, je ne sçay par quelle voye, 
que en la procédure de cesl accord de restitution entre nous el ce royaume l'on Iraicte 
de laisser aux iniéressés la loy des pays pour le recouvrement de ce qui se irouveroit 
perdu ou autrement aliéné. Sur (|uov je vous av bien voulu advenir de mon advis et 

ToMii VI. " 3 



{$ RELATIONS POLITIQUES 

opinion qui est que, puisque les adaires du Roy, nostre Sire, ne sont en tel cslnt que 

nous ayons ii prendre aiilcung mauvais parly ou antre (|ue très-raisonnable, il sambie 

plus convenable, et pour Ihonrieur de Sa Majesté el pour l'asseurance et bien de ses 

subgecis, que ledicl accord soit généralement si bien conclu par réciprocques bonnes 

obligations et obligés d'une part et d'autre pour ce qui se trouvera perdu, qu'il i:e soit 

besoing aux intéressés despendre beaucoup plus et de temps el d'argent devant cculx 

de la loy pour la poursuytte de leurs biens détenus, prins ou aliénés, que ieeulx ne 

sont vaillants, ainsy que vous sçavez bien qu'on e«t acconstumé le faire pardeçà en 

s emblables occurrences el procès, à l'exécution eneores de la sentence desquels l'on 

ne scet jamais parvenir, quelque diligence qu'on en face, soit pour l'impuissance et 

insuffisance dos condempnés ou autres obstacles, desquels il n'y aura peu de faute en 

cest endroicl, pour l'excessive quantité qu'on trouvera faillir des biens el arrests et par 

anl d'autres sinistres moyens introduyets et dissipés en ce royaume comme vous le 

pourrez considérer, Mons', el combien cecy importe el la bonne occasion et raison que 

'ay d'en faire le discours et le proposer comme celluy qui, y ayant à tenir la main, puis 

après et y assister, n'en puis pour toute peine attendre que la malle grâce de plusieurs 

et d'autre part veoir le peu de contenieineni el raison qu'en obtiendront finallement 

les bons subgecis '. 

' Vers la fin de 1570, les ministres d'Élisahctti traitaient ayec Ridolfi, comme nous l'apprend celle 
lettre de Walsingham à Cecil, du 2!2 octobre : 

Sir, Flavinge now forlhcr to troble yow wilh niy parlyculer, referryng the sarne wholye to yonr 
consyilcralyon , I tliowght good to geve you lo undcrslandc tliat, sythcnce my rctornc, nictyng willi 
Rydolphye, amongste olhcr taulke we fell into sonie commuiiicatyon abowt ihe diiTercnccs dcpendyng 
bctwcne Flaunders and Ihis rcahne. Tlie coorsc of owrc laulkc in tbat behalfc conccrned llirc poynlcs. 

First that this présent lymc, in respect of tbe newc jcalowsye bclwene Fraunce and Flaundrcs, the 
dowbl of tbe Turkc and tlie rcbellyng of tbe Moores scrvclbe vcrry wcll for ibe purpose, whiob 
oniytted, the matter bercafter of al! Icakclyhodc is leek to grow of grealcr dyffycullye. 

Secondarily thaï the laie dealers in yt tookc a wronge coorse lo compounde tbe same by waye of 
resloryng, consideringe Ibe good spoyle tbat bcre hatbe ben madc. 

Laslly Ihat in bis opinion tbe onlye waye werc for tbe two princes to compounde the jealowsyc and 
unkyndcncs rcygnyng belwene tbera fyrsl, that donc, that ther are wayes lo be founde Ihen for the 
contentement of cyther of ther subjecles, nolwithstandyng the spoyle made : so Ibal Ibere were some 
pcrson neulrall, subject to neytbcr of tbcni, nor any waye interressed in Ibe goods arrcstrd, founde 
owl, to dcalc in tbal behalfc, which dealyng be judgelhc owght lo proceade for sundrye respectes 
wilh grcal secreasye. And, as 1 coolde galbcar by bim, hc Ibinketh bis credyt sooche with tbe King of 
Spaynes mynisters as be were abic to doe some good in that behalfc, wherin be seamcthe not unwyl- 
lyng to deale, so tbat hc bad an ordynarye caulyng. 

This myche 1 thowght good lo adverlyse Your Lordship of to the eande tbat, yf you Ibinke bim a 
fil instrument, you may use bim accordingly. Suerly, Sir, Ibc laie experycncc that I bave dyvcrs 



DES PAYS-liAS ET DE L'ANGLETERRE. 



19 



Qunnt aux nouvelles de pardeçà, nous nVii avons d'autres sinon que deux députas 
de; par c(!ulx de la noblesse d'Escosse sont désjà en chemin pour venir en ceste Court à 
conférer et Iraictcr des affaires de leur Uojne, suj vant ce que je vous ay dernièrement 



wuyes had of tiiiii, makctbc me to hopc tliat yf hc wcre impluycd in that bchalfc hc woold dcile bothc 
dyiicrcally and uppriglilly as one bothe wysc and slandclhe on Icnncii of boncstic and réputation. 

{Hecord office, Domettic jtapers. Cal., p. 594.) 

En iSOO, Kidolfi avait prêté au duc de Norfolk, au conilc d'ArundcI et à lord Lumicy dcs'somrnes 
d'.'irgcnl qui devaient être payées i'i don Guérau d'Espés : c'était les lier aux intérêts espagnols. 

IJniversis et singulis quibus pr.X'sentes litera: pcrvenerint, Uobertus Ridolplii, gencrosus mercator 
florcntinus, salutctn in Ooniino scmpiternani. IVovcritis me prœfatuni Robertum Ridolphi fcciise, 
ordinassc, consliluisse et in loco nieo per priesentes posuisse et <leputassc prœnobilem dominuin don 
Gueralduni de Spcs, niilitcm ordinis Calalravie. oratorem seu legatum Culbolicx Majestatis Pbilippi 
régis apud Serenissioiam Doininam noslrani reginaiu Angliœ, nieuni vero ccrtum et legitinium procu- 
rnlorem et attnrnatum irrevocabilcm ad ])etendum, exigendum, levanduni, rccuperandum et recipicn- 
diini, vice et nonilne meo, ad usuni tamcn, eomniodum et proncuuni propriuni ipsius domini oratoris, de 
Thonia illustrissimo Northroltciie duce, Hcnrien pricclarissimo Arundelliœ Comité et Jobanne prae- 
nobili domino Lumiey, seu de corum vel alicujus eorum bercdibus, exccutoribus, posscssionibus, 
terris, tenentiis, bonis et cntallis sunimam triuni mille libranini bon» et legalis monela; .\ngliic, quani 
vero summani conjunctim et divisini obligantur solvere miclii priefalo Roberlo Ridolpbi, exccutoribus 
vcl asigiiatis meis, si defeclus fiet in solulionc mille et oclingenlarum librarum ejusdem moneto; 
AnglicT tcrcio decimo die .lulli proximi qui crit in anno Uomini millcsinio quingrniesimo et sep- 
tiiagesimo, vigorc cujusdaiii recogiiilioiiis in Cancellaria domina; nostrœ Reginis per eosdem illustri- 
simum duccni Nortbfollciœ, pru;cliirisinium Coniilcm Arundellio: et prxnobilem Doniinum Lumicy 
recogniloî viccsimo tcrcio die Julii anno regni ejusdem Domina; nostro; Elizabethœ nunc Regina; 
unileeimo, (luernadrnodum per eandeni rccognitionem ampliiis conslat, dando et per prœscnles con- 
ci'deiido dicto domino oralori attornalo meo plcnam, amplam, omnimodam poteslatem mcam et auc- 
tlioritatcm ad agendi, diccndi, prosequendi, comparendi, rcspondendi, defendcndi, implicandi ac 
diclam summam petcndi, exigcndi et recupcrandi, omnibus viis et remcdiis nosiris aul alias a prœdicto 
illustrissimo duce Norllifolleiie, prœclarisimu comité Arundelli et prœnobile domino Lumiey, seu 
de corum vel alicujus corum bcredibus, cxeeuloribus, terris, tenentiis, posscssionibus, bonis et calallis, 
ut supra, dcquc rcecplis, Iiabilis et reeuperalis, ac super fine cl concordia ucquictaneias sivc alias 
cxoncrationes quascunque nomine meo compoiicndi, sigillandi et libciandi et aliornalos alios vesirum 
seu plures loco ipsius domini oratoris substiluendi, constiluendi et rcvocandi, cclcraque vero omnia 
et singula qua; in premissis cl circa ea necessaria fucrint seu quoniodolibel oportuna nomine meo 
facicndi excrcendi et expedicndi pro maximo comroodo, proficuo et utilitatc ipsius pra;nobilis domini 
oratoris et ad ipsius proprium usum absque aliquo responso seu compulu niiclii sive cuique alio 
nomine meo inde rcddendi sive faciendi, ratuin et gratum habentcm et babilurum totum et quicquid 
dictus altornatus meus nomine meo fccerit seu fieri fcccril in pra-missis aul aliquo prœmissoruni, 
promilens ullerius cl conccdens ego pra;fatus Robertus Ridolpbi cidem procnralori seu attornalo meo 
per pra;sentes quod ipsum altornalum meum ejusve substilutum ab auclhoritate pra-diela per me ei, 
ul pra-fcrtur, per priesentes atlribula nullo modo in postcrum rcvocabo, sed eos cl eorum qucmlibcl 



20 RELATIONS POLITIQUKS 

oscript: l'ung d'ciilx est ung évcsque, frère au conte de Gualcy, laulre est le S' de Ler- 
miston. Uieii le veulle cnelieminer à son service et vous donner, etc. 
De Ivondrcs, ce ij"" de décembre 1570. 

{Archives du Royaume à Bruxelles, Correup. d'Amonlevilte, Toi. iH.) 



MMCXXIV. 
Avis des Pays-Bas. 

(Hambourg, S décembre 1570.) 
Plaintes des marchands anglais fixés ii Hambourg. 

One o( our Company lally died hère, we had much ado to get Iiim buried, such be 
ilie ministers hcre uiterly dislising ail religions but thcir owen , wbich is as nere pa. 
pistry as may be. They semelhe grcatly to niislik of tbe place for tbat they bc excluded 
from tlic Sacramcnts and precliing of ilie Word, and therfor perswadeth to Emden as a 
place more free and (ittcr, wbcr llie merclianls shalbe b'etier wcicome and free in 
religion, les exacted, bélier justice, privilèges rallier rnlarged ilien diminished, tbe 
people more loving, shorter way, a bélier and surer ryver, more indifferenlly scituaicd 
for Germany base contries, Iialy and Fraunce, witli wbich contries the Englishe mer- 
chants doth most iraflik with '. 

{British Muséum, Titus, B. VI.) 

omni lerapore future veros aKoinalos mcos irrcvocabilcs dein cl pro praemissis penitus advocabo. 
In cujus rei Icslimonium praesentibus ego prxfatus Robcrius Ridulphi sigilhim mcum apposai. Dalura 
vicesimo secundo die augusti anno Domini millesimo quingcnlcsimo scxagesimo nono, et anno regni 
Screnissimae Dominœ noslrœ Elizabethee, Dei gracia, Anglia;, Franciœ cl Hibcrniœ regina;, fidei defcn- 
soris, etc., undccimo. (Archives de Simancas, Eslado, Lig. 82C, fol. 151.) 

' On trouve au British Muséum {Galba, C. IV) une lettre, du l" novembre 1570, qui donne de longs 
détails sur les ravages des inondations dans les Pays-Bas. 



DES PAYS-BAS ET DE L ANGLETERKE. 



2J 



MMCXXV. 

Avis des Pays-Bas. 

(Anvers, 7 décembre 1S70.) 
Négociations commerciales. 

The lowens men and ollier geve it oui lliat ilie nialter is concludeil, as (ouching resli- 
tulion of oiir goods and, as they gcvc it ont, a very good hope of quieliies. 

(Hritish Muséum, Titus, B. VI.) 



MMCXXVI. 



Avis des Pays-Bas. 

(IUMBOURG, 7 DÉCEMBRE iS70.) 

Plaintes des marchands anglais au sujet de certains désordres. 

Peter do Pomer was mad of a common souldier kepl of llie Englislie mcrchants al 
Antwerpe, who in ihal tyme behaved himself very lowly, as followcih : whereas llic 
Company deteyned in llic lions did at ail niealcs and banquets invit him amongst the 
best and principaiesl of the samc, bcsidc iheir common and ordenary fair, whicli was 
commonly good and nicat and wyne exlraoïdinary in respect of liim, yeat not conten- 
ted iherewiiii would ail day long and ail right cail to him a rowt of olhcrs cailing for 
méat, wyne and bear in sucli quantity continually tliat hc dajiy put thcm to grcat 
charges, some days above 30 s. aiso into the Porters lodg, wherc he iay, lie invited light 
women and mad of the same a stewes. AIso did mak iheir garden and olher places 
wilhin llie bouse, whcr he uscd bis walk, common walks both early and lat, with his 
said harlots, most shamefully, and, when he was warncd thereof, scmed to tak it so éveil 
as be used some of ours the extremer in passing to and fro for a lyme, and caused the 



52 RELATIOINS POLITIQUES 

Company lo be assembled and mustred by llie Markgrave dyvers lymes, when he liad 
conceawed any displeasur. 

The Company bore ail ihe charges of ihe hand of men ihat kept ihem, when '. 

{Btitish Muséum, Tilus, B. VI.) 



MMCXXVII. 

Note de la comtesse de Norlhumberland. 

{\0 DÉCEMBRE -1370.) 

Rcproiluction des arguments déjà invoqués pour engager Philippe II à secourir la reine d'Ecosse. 

Advertissements faits de la part de la conlesse de Norlhumberland , 
du X' de décemln-e 1570. 

Que ceuix de l^aneacher, qu'est ung quartier d'Angleterre tirant vers l'Escosse du 
costel de West, qui sont la plus part caiholicques, aviont fait quelque levée et estiont 
presl de se déclairer pour la Religion et apparens d'esire suivis de plusieurs aullres, 
soubs espoir d'assislcnce de quelque grand prince catholicque, mais voians après que 
ce avoit esté sans effect, aviont esté forcés de se saulver, et aultres de dissimuler; 

Que les offres de la Royne d'Angleterre à celle d'Escosse estiont préjudiciables, soit 
qu'elles s'acceptent ou se refusent, si elle n'a asseuranee des princes voisins et leur 
advis pour meilleure conduitte de ses affaires , à faulte desquels advis et forces elle a 
esté contraincte de s'aider jusqucs à présent de eeulx dont elle ne pourroil avoir espé- 
rance, comme ne tendant que à leur particulier proufit. 

A rticles proposés. 

Demaride du fils d'Escosse en mains d'Anglois avant que la Royne fût remise en 
liberté; 

Item, de six des plus asseurés de la noblesse d'Escosse ; 
Continuation des autres au gouvernement; _ 

' On lit en marge : « IVotwilhstanding tliey did niost Lountifully and libcrally aflerward roward 
as well with sundry sums of nioney as with an anuity of x liv. by ycar. • 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEIIRE. 25 

(lonsciiicmeiU (rcsire privée de tous droiis et lillres qu'elle peull prélendre :iux 
royaulnies d'Aiigleurre <;t d'Escosse, si lost qu'elle sera dénoncée par proclaniaiion 
d'esté coulpable d'aucunes choses défendues par les articles du traité. 

IncoHvéniens par faulte d'uciepter l'occasion présente. 

Non l'acceptant, qu'il fnull considérer qu'elle est prisonnière, rnesnies en mains de 
ceulx (|ui tant de fois ont délibéré d'user de violence contre sa personne; 

Que d'obtenir rccognoissanee et déclaration du droit qu'elle a, lanl au royaulme 
d'Angleterre que d'Escosse, avecq liberté, elle ne voit apparence [sinon] par le moyen 
de son niariaige avecq ung amy secret qu'est milord Robert, conte de Licestre, qui 
pense l'avoir mérité pour luy avoir saulvé la vie. 

Pour remède ne demande sinon assurance de quelque roy catholirque de la vouloir 
assister et ses amis en Escosse; 

Que le temps ne permcst long délay sans péril, qu'elle a son ambassadeur et bon 
nombre d'Anglois asseurés, prests à satisfaire à toutes objections et demandes; 

Que l'intention dudict milord Robert est contre l'espoir que plusieurs ont du mariaige 
du duc de Nortfolc, dont la Royne a esté procurée par ledicl (^onte, auquel ledict Duc 
se fioit le plus, sans soupçon qu'il eust telle pensée : parquoy ne fault penser que 
jamais ledict ducq y parviegne ; 

Qu'il est apparent que le danger où la Royne d'Escosse est, la contraint de dissimuler, 
considérant que par ce seul moyen elle se peult servir et asseurer de leur crédit; 

Que parlant, si elle estoit libre, elle se laisseroit plustost persuader de s'appuier à 
quelque grand prince estrangier que de prendre ung vassal, subgiet à tant de par-- 
(ialités; 

Que ceulx du Conseil d'Angleterre aviont esté advertis de quelque emprinse d'Es- 
paigne ou de France contre V'rlande; que toulesfois il ne s'y faisoit encoires aucun 
appareil par mer, ny par terre pour y résister, pour le peu d'apparence qu'ils trouvent 
en l'emprinse, durant la saison d'yver. 

Son particulier. 

Remercie Son Excellence de son offre de vouloir affectueusement recommander sa 
cause à Sa Majesté, ce qu'elle prie estre en la sorte que bon semblera à Son Excellence, 
n'aianl à remonsirer que le désir qu'elle a de veoir et moyenner principallemenl la 
Foy Calholicque en son pays et la liberté du Conte son mary, afin qu'il peust continuer 
sa juste emprinse encommenchée. 

Quant à sa requeste en particulier, s'asseure que la pauvreté de son estât est telle- 
ment eogneue à tous princes, que ceulx qui ont envye d'avancer la cause catholicque, 



U RELAllOiNS POLITIQUES 

onl pour le moins compassion d'elle, qui, pour avoir fait service agréable à Dieu, endure 
préseniement la privation de son mary et l'absence de ses enfans, avecq bannissement 
de son pays et perte de tous ses biens et estats; 

Qu'elle fait ceste remonstranee pour le désir qu'elle a de servir principallement à 
l'Église et à la Foy Calholicque, suppliant qu'icellc ne soit eommunicquée à son pré- 
judice. 

Asseurant au demeurant de son mary et de soy-mesme et de tous leurs amis prests 
à s'employer oîi Sa Majesté leur commandera, pour l'opinion qu'ils ont que Sa Majesté 
procède selon équité et conscience en toutes ses emprinses '. 

{Archives du Royavnie à Bruxelles. Nég. d'Angleterre, t. IV, fol. 170.) 



iMMCXXVIII. 

^vis des Pays-Bas. 

(BkVGES, 19 DÉCEMBRE lo7U.) 

Les marchands espagnols qui onl été en Angleterre se félicitent de l'accueil qu'ils y ont reçu. 

The Spaniards tiiat were in Ingland, vid. Calvetta and Rosco, bave spoken as niuche 
on the praise of tbe rcalme and reporied as muche worsbipe of the mercharits for 
tlieir intertaynmenl ihey bad as nien inay do. 

(Britisli Muséum, Titus, £. VI.) 

' A ce document se trouve jointe la note suivante : 

• Oultre cest advertisscment, le porteur donnoit ung mémoire de tous personnaiges d'Angleterre 
dont il disoit que l'on povoit faire asseuré fondement qu'ils sont catholicques, et comme au mcsme 
mémoire n'y esloit fait mention ny de millort Robert que l'on appelle le conte de Lycestre, ny du duc 
de Noorlfolc, luy fut demandé pourquoy il les avoit laissé dehors et s'ils n'cstiont catholicques: les 
jecta fort loing et disoit que c'cstoit ung grand abus de penser qu'ils le fussent et que ceulx qui se 
le persuadiont, estiont fort fourconiptcs. • 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



2» 



MMCXXIX. 

John Mersh à Cecil. 

(VKRS LK âO DËCKHBRE ia70.) 

Il sollicite des lettres de la reine d'Angleterre pour lui, pour John Filz-Willianis et pour d'autres 
marchands afin de pouvoir se rendre aux Pays-Bas où ils négocieront la levée de tous les arrêts, si 
le duc d'Albc y consent le premier. 

I bcseche Yowr Hotior lo procure a pasporl for John IMersIie, Jolin Filz-Williaiiis, 
Ricliarde Sallconslall ami Jolin Alder>oy and llirarc servants, aiso too procure too tlie 
saydc Joliii Merslie, John Filz-Williatns and Richard Saltconstall lier lliglincs coni- 
inission loo consent too the relcase of llic arest hearc, j f ihe Duke doo graunt tlic like 
iheare first, also that suche lettres or declaracions as liave benc exhibityd of llie losses 
susieynyd by any Her Majesties snbjects, cylher in the Low-Contreys or Spaync, may 
be deliveryd too u«, wliiche we will rcdelivcr agayne yf no conclusion be. 

{Record office. Cal., n' 1400.) 



MMCXXX. 

Avis des Pai/s-Bas. 

(ANVEBS, 'i"J DÉCKMItRE lrt70.) 

On dit que le duc de Médiria-Celi remplacera le duc d'Albe. — Nouvelles d'Orient. 

The ietlcrs of Spayne say we shall hâve hère the Duke of McdinaCely in the sied 
of Duke Alva. 

The Venetians arniy iieth in Candy, but the Tnrk, I doubt, will possess ail Ciprcs. 

(Vritish Muséum, Tihn', B. VI.) 



Tour VL 



^ RELATIONS POLITIQUES 

MMCXXXI. 

Commission délivrée à certains marchands par la reine d'Angleterre. 

(2a ET 21 DÉCEMBRE 15"0.) 

Autorisation de traiter avec le duc d'Albe afin de rétablir les rehitions commerciales. 

Elizabeih, Dei gralia, Angliae, Franciae et Hiberniœ Rcgina, Fidei defensor, etc. 
Quiim in urbe Antwerpia vicesimo nono die mensis dccembris aiino Doniini miliesimo 
quingenlesimo sexagesimo ociavo arrcstum luerit factiim (am omnium mercatonim et 
subditorum nostrorum in ea urbe tune resideniium et existentium quam omnium et 
singulorum bonoruni, nominum, pecuniarum et navium ad cosdem mercatorcs et sub- 
ditos noslros quomodolibct spectanlium, quumque postea in omnibus aliis territoiiis 
et dilionibus cbarissimo fralri nostro Caibolico Ucgi parentibus simile anestum omnium 
subditorum nostrorum, ac bonorum, peeuniarum, nominum et navium ad eosdem pcr- 
tinenlium conseciilum fuerii, dilecii subditi nostri gubernatores respeetive lam merca- 
torum nostrorum qiios Avenlurarios, quam eliam eorum qui lanarum mercalum 
exercent, quos Slapularios vocant, socielalum suarum quibiis eiiain respective praesunt 
norninibus, aliique subditi nostri qui in Hispania mercaturae trafflqua utuntur, suis et 
aliorum qui comerciis ibidem uti consuevcrunt norninibus, a nobis humilitcr libellis 
suppiieibus porrectis peiierunl ut cum speciali noslra venia et gralia aliquol nierea- 
toribus nostris libcrum foret ad illuslrem Principem Ferdinandum Alvares Aibœ Ducem 
in omnibus lielgicis ditionibus charissimi fratris nostris loeum tenentem proficisci et 
cum illius Exccileneia agcre et (raclare ut personas et bona subditorum nostrorum a 
suprascriplis arrestis iia liberet et reiaxet ut iliis, eorumque euilibet omnia sua bona, 
merces, nomina, naves et pecuniarum summas denuo paeifice possidereel absque ulio 
impedimento aul contradictionc pro suis arbitriis tam libère, pienc et intègre disponere 
liceal quam iiiis et eorum luiiibet, ante iiila hujus modi arrcsia inlerposita, licuerat. 
Nos igitur omnibus subditorum nostrorum eomniodis consuiere et œquis petitionibus 
satisfacere cupientes, plenam potestatem, facidtatern, aucloritalem et iicentiam nosiram 
speeialem A. B. C. mercatoribus nostris ' in piaediclas ditioncs Infcrioris Gcrmaniac 
cbarissimo fratri noslro subjectas trajiciendi et ibi cum prœfato iliustrissimo Duce com- 
municandi, tractandi, pasciscendi etconcludendi in prœmissiset ad effectum suprascrip- 

' D'après une note de Burleigh, celle lettre fut remise au duc d'Albe par un marchand nommé 
James Hervey, le 28 décembre tb71 (Murdin, p. 772). 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



n 



(uni vigorc prœscntium conccdimus. Et si pra>ratiis illiislrissimus Dux omnia el singula 
arrcsiu prœdicla in omnibus Inl'crioris Germanise (juibus praeest dilionibus iia cum 
cffeclu relaxiivcril, ac cliam in Ilispania, aliis(|ue ciiarissimi fratris nosiri dominiis ila 
relaxari curuvcrit ut el pi-rsonae sululitorum noslrorum picnc libercnlur, ac eliam ul 
omnia et singula quoiumcumque subditurum nostrorum bona, res, mcrces, naves cl 
pecuniaruni sumniac iliis lesliliianiur el eorum libère ac pIcnc disposilioni comittnntur, 
iiobis cliam piaccrc declaranms el vigore pra-sciilium plenam auetoritatem coneedimiis 
pra;falis A. B. C. commissariis noslris ut iili nomine noslro poiliceantur, rccipiant, 
conveniant cl concludanl eum prœfaio illuslrissimo Duce quod tune in omnibus 
dominiis el lerritoriis noslris similis bel cum effeclu iiberalio ac relaxalio omnium 
arrcslorum quœ in cbarissimi fralris uostri subdilorum personis vel bonis fuerinl in 
pruidiclis dominiis noslris fada al interposila diclo xxix° die decembris cl cilra, ad cum 
dunlaxal fmem ut subdilorum noslrorum indemnilali prospiceretur, quorum corpora 
vel bona prius in dilionibus pra;dietis ciiarissimi fralris nosiri fueranl arreslala. Pro- 
miltimus eliam nos gralum, raium et lirmum babiluros quicquid praefali A. B. C. in 
prœmissis promillcnt el concludenl. In quorum omnium cl singulorum fidem, tesli- 
inonium, etc. 

{Record office, Cal., A\)\>., i\' 227-2; Cfr. Drilisli Muséum, Galba, C. IV, n» 82,) 



MMCXXXIl. 



John Fiiz-fVilliam au duc d'Albe. 



(2 JAKVIER 1371.) 



Exposé (ie la inlssloii dus délégués des marchands anglais. 

tiemonslrance faklc par Jehan Fitz-Hiltiams commis de la Majesté Réginale 
d'Angleterre envers Son Excellence. 

Le plaisir de la iM.ijesié Réginale ma maîtresse (sl que je déclareray à Voslrc Excel- 
lence comme Sa Majesté puis en çà a reçu adverlissement de son embassadeur résident 
en France, comment l'embassadeur du Roy Calliolieqiie, là aussi résident, luy avoit 
déclaré que Voslre Excellenec luy avoil adverty que icelle Voslrc Excellence avoil, cincq 



28 RELATIONS POLITIQUES 

mois passés, reccii commission de la Majesté du Roy Ciilliolicquc, son bon frère, de eoni- 
miinicer certaines affaires avecqiic Sadiele Majesté concernant l'honneur et commodité 
d'icelle, mais, que, à raison que ne l'embassadeur résident en Angleterre, ne auicung 
aullrc mandé de par Vostre Excellence pouvoil avoir accès, ne audience de Sa Majesté, 
Vostre Excellence a differro de déclarer ladielc commission. Sa Majesté est bien marie 
de percevoir Vostre Excellence tellement juger de ses procédures; car, combien que 
Sa Majesté a differré de consentir accès à l'embassadeur résident en Angleterre, ce a 
este faict sur occasions nullement recelées à ung cliascung, et en cela Sa Majesté n'a 
faici aultremenl qu'elle trouvoit esire l'aicl à son embassadeur estant dernièrement en 
Espaigne. Et que Sa Majesté refusoit, immédiatement après le premier arest et mauvais 
traiclement de ses marchants et leurs biens en ces Pays-Bas, de parler à Mons' d'Asson- 
viile, la venue duquel ne pouvoit aulciinement estrc garantie ou dirigée du Roy, son 
bon frère, le temps de larest et de sa venue estans confetrés ensemble. El Vostre 
Excellence n'ignore comme Sa Majesté l'a faict communicquer par les principals de 
son Conseil et offroit soy-mrsmes parler à hiy ayant aulcunes lettres ou conmiission 
expresse du iloy son maislre. Pareillement, le Marquis Vilelli arrivant pardelà, accotn- 
paigné de deux aultrcs personnes du Conseil de la Majesté Royalle, Sa Majesté ne le 
recepvoit seulement, mais aussi luy donnoit volontairement audience, estimoit fort bien 
de son usage et ordonnoil commissaires spécials estants les piineipaulx de son Conseil 
pour traicter avecque luy et ses collègues, afïiu de pouvoir réformer tontes choses m ses 
en différence entre le Roy, son bon frère, Sa Majesté et leurs subjects réciproquement : 
laquelle intention de Sa Majesté ne ponvoit sortir effect, ledict Marquis proponanl 
n'avoir commission du Roy pour traicter de toutes choses en question, prétendant sa 
commission estre seulement de requérir restitution de toutes choses alors arestées et 
point d'ouir ou déterminer aulcunes aultres choses en controverse; et ainsi, à diseonten- 
tation de Sa Majesté, il se partit de là, promectant néantmoins de faire déclaration de 
la responce de Sa Majesté, sur lequel Sa Majesté escripvoit en mesme effect au Roy 
Catholiequc, son bon frère, lesquelles lettres Sa Majesté ne sçait s'ils estionl seurement 
délivcrés ou non, estants envoyés par ledict Marquis, pour tant que Sa Majesté alors 
ne les pouvoit envoyer par aulcun des siens doublant l'arest. Toutes ces choses il a 
semblé bon à Sa Majesté de souvenir Vostre Excellence, par lesquelles Vostre Excel- 
lence poura juger que, si vous en aviez eu aulcune chose d'impartir Sa Majesté de la 
part du Roy, son bon frère, depuis le déparlement dudict Marquis hors d'Angleterre, 
vous le puissez bien avoir mandé à Sa Majesté par quelque personne convénicnte, 
lequel Sa Majesté ne eust refusé d'ouir, et selon la nature du cas luy donné raisonable 
responce, combien que Sa Majesté avoit au commencement occasion tant de désestimer 
de l'embassadeur là résident que justement elle ne pouvoit luy consentir accès à 
Sa Majesté durant le temps que la souvenance de ses mauvaises offences en procurant 



DES PAYS-BAS ET DE L'AÎNGLETERRE. 



2î> 



l'aresi estoit en frcsche mémoire de Sa Majpsié. Nonobstant on a puis en cà liiy donné 
à entendre que si le Roy envoyasl anlcunc-i lettres à Sa Majesté, par lesquelles il vouldroii 
es|iressém('iit requérir Sa Majesté d'otiir d'auleunc chose dimporlanee par la bouclie 
de son cnihnssadeiir sur certaine inleih;,'cncc du cas, Sa Majesté, en rcspccv de l'amitié 
qu'elle porte au Roy et de l'intention qu'elle at de conserver l'annlié aveeque iuy, se 
vouidroit presser en tel cas et ouir Icditt cmbassadenr, el de eecy l'embassadeur a esté 
informé sur ces motions diversement fHicIcs de|)uis douze mois en çà de pouvoir parler 
à Sa Majesté; et, s'il n'a pas informé le Roy ou Vosire Excellenee de cest endroici, le 
plus est-il (comme Sa Majesté estime) à blasmer. El pour tant, si Vostre Excellence ayi 
aulcunes lelties du Roy pour Sa Majesté, ou aulcune chose spécialle d'estre déclarée à 
Sa Majesté de la part du Roy, que puisse concerner l'amitié entre Leurs Majestés, 
Sa Majesté sera bien contente d'estre informée du cas par quelque personne eonvé- 
niente et idoine, el fera telle responce, que en honneur et raison ne displaira au Roy, 
ne semblera mal à Vosire Excellence. 

Voicy l'elTect et pubslance de ma commission à Vosire Excellence, laquelle il plaira 
à icelle Vosire Excellenee considérer et donner telle responce que pourra estre con- 
forme à telle amitié que Sa Majesté est désireuse de continuer aveeque le Roy Catlio- 
lieque, son bon frère. 

{Record office. Cal., n" li8G ) 



MMCXXXIII 

John Fiiz-JVUliam à Leicesler et à Cecil. 

(A^VEBS, 3 JANVIER KH.) 

11 rend coinplc de ses conférences avec le duc d'Alhc et ses principaux conseillers. 



Ryghit honorabill, My moste bumbill dewetty eonsedered unto Your Honors as 
appertaynetli. My lasle unto tlic same was of tlie xix"''of Desseniber, geving Vnur Honors 
to undcrstande of ihe ressayet of my Lorde of Lesscesiers letter of ihe x"" with bis 
Lordsliipps oppenyon of ihe arteckclles laste sent, reseveyed at tlie bandes of 
Mens' d'Assonvell from the Dewccke. Your Lordshipp thenekinge it necdfull ihe 
comyng over of M' Feasco, and allso nessesarre to lacke bis advice, which acordingly 
I bave don, and iber is so délit in it tbat the Dewecb bath bad dyvers conferrences 
witb M' Peasco lochynge the same, and by tbat I can eonscvc tiie Deweeke hath welled 



30 RELATIONS POLITIQUES 

M' Feosco 10 scU il in som good waye. Il l)aili l)cn iliowglit good bv iM' Feaseo tliat I 
sliowlde déclare myen oppenyon uiilo llie Secrclare Albainos liove iieedfull il was lo 
liave oon sent ovcr in ihe bcliallFe of ilie merchantis inlressed of ihis side, socbe a oon 
as were neweUer and undeislode bowe lo deli in il, lo wen liie lyrne thaï niay be loste 
by sendinge of wrylbinges fronie tlie oon syde lo liie oiber lo ibe greil losse and 
damage of ibe merchanlles oon bolb sydcs. The wiiicb declarcd unto ihe said Secie- 
lary, be louckelt in veriy good paru, and said tbal be wolde dcile wilb Ibe Dcweeke 
in il. Il was tbowgbl good to recomcnde it unio Doon Frederego llie Deweckes son, 
wiiome allso verry ficndiy answared and said ibal virry wiilyngiy be wolde recomende 
il unio tbe Dewcck and be a mcen ibat it niyghl corne lo ane ende. Tbis beinge don, 
Albarnos tbowgbl it good ibat I sbowid reconionde ihe nialter unio Mons' de Nort- 
carni and to déclare unto beni in lycke nianor bowe needluil il was to bave oon sent 
ovcr lo answcr lo socbe poyeniies of ilie arleckclles as mygbt be foiinde dowlfull, and 
niygbt be a moen lo bryng ibc same to be the sooncr rcssolved upon, bavinge sofeshenl 
comossyon to délie in it. Tbe said Mons' de iVoilcarme semed noi to lycke of tbe sen- 
dingof any pcrson over, yel in tbe ende said liiat be wolde délie witb ibe Dewcck in 
il, to see wbat mcen tliere mygiit be fownde to biinge il lo some good ende wlieiin be 
wold be a fforlbcr ibal be cowlde. Tbe canssc thaï il was tbowgbl good by tbe Secre- 
lary Albarnos ibal I sbowlde recomende ibe inaller unto Mons' de IVortcarnic, for ibal 
tbe Dewcck wolde nol semé lo latke any ollier oïder in it witbout bis knollcge wberc 
it was comeiied inio beffore witb Mons' Dassonveli, whowes arleckclles last sente were 
well consedcred by tbe Dcwccke be nol so well lyckcd, nor tbowgbl lo be in so good 
nrdcr as ibcy mygbt bave bcn, and iberefore ibenckes good lo tacke an other waye 
upon inslrueksyons exsebctcd unto tbe Dewecke by M' Feaseo, wbomc sessetb nol lo 
Iravell tberin. Tbe said M' Feaseo, havcinge lliorowely consedcred Ibc bcste and sur- 
resle waye to brynge tlie jioycndcs of dcflrence in sncbe ordcr as tbaye maye be well 
lycked of by llic Quens iMajesly and Your Ilonors, balb ibowgbt il gnod tbal lie and 
I shoulde bave conferrance upon ail ibe artekclles and poyentls of defferencc, and also 
to consclber tbe besle waye for exsecussyon and ordcr for salesfaxsyon as niay be 
tbowgbl moste nessesarre and melle, and, bavyng put ibe same lo socbe ordcr, lo send 
il unio Your Honors, to undcrstand Your Honors lyckinge, and if ibe same sball semé 
unio Your Honors lo be socbe as Her Majeslyc may agre unto witb bonor and to the 
salesfaxsyon of Her Majestyes merebaniles, advertcssynge tbe same lioilier to M' Feaseo 
and me, tbere upon we botbe maye repecr over wilb llie same lo ^ our Honors, so lo 
be a mecn unto the Quens Majeslye to conferme and agre to the same as tbe Dewecke 
fyerst sball doo hère. Tbis semethe unto M' Feaseo tbe besle and surreste waye, and 
better tbcn lo bave il rcfcrrod unto mayne, amonge tbe wbiclic tber maye be dyvercs 
oppenyons, wberof some maye be ibe letl of ibc good ende tbal il mygbt come unto, 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



31 



and allso the said Feasco is of tlie oppcnyon ihal and if it weer knowen wliat wayc wccr 
(acken and thaï lie showldc bc n délier in ir, liiere wold be sonne pracitcsses lo le» 
wliiit ihcye cowldc lliat liis travcll sliowldo nol tacki; cneclt, and llicreforc with 
Vouf Honois fitver dessyrcili tliat il mnye rcmaycn wiih Vour Honors, leli thaï Yoiir 
said Honors shall havc lyckingc or dcsiyckyngc of his doingcs. 

This inochc I liave tliowght niy dewctic to gcvc Your Honors to undcrstand wliat 
waye the s.nid M' Feasco taekelli, and wcll proscde therin with as moche spcde, as is 
requcssed, that Your Honors maye undtrsinnde wliat is don therin, so as in lliis nialter 
of resleliiessyon I bave no forther to irobyll Your Honors iherein for this présent, bui 
weshe Your Honors eonlinewall heith and increaessc of honour with this newe )eare. 

VVryticn in Andwerpe, ihc lii*" of janyure 1570. 

{Record offlce, Cal., n* 1496.) 



MMCXXXIV. 

Fortunio au comte de Leicester (Extraits). 

(Anvers, 3 janvieh ISTI.) 
Dispositions favorables du duc dWlbe. — Il désire rentrer en Espagne. — Nouvelles de Gueidrc. 



Illustrissiino et Eccellentissimo Senor et patroiie nn'o oss""". Il desiderio clie di giorno 
in giorno m'a tenulo con isperanza clic mi si dovcsse prescntare occasione di scriverc 
alcuna cosa in servitio di Sua Maeslâ, à cansato chc io non habbia prima dato nuova 
di me a Vosira Eccellciicia e di qui avviene clie sicndo io stalo (juà tulo tempo scnza 
esscrmi mai dello cosa alcuna clie mi fà credere che la mente del Duca d'Alva sia 
molto difercnte da quello ctie coslà piu voile m'acccnno l'Inbascalor di Spagna, cioè che 
il Duca d'Alva havea in aiiinio di volersi in alcuna cosa servir dell' opéra mia et accio 
chc rEcccllencia Vosira sia avversila di quanlo sopra qucsto falto é segnito. Si dicù che 
comparso che io fui in Anversa, il giorno appresso andai aiïar revereiiza al Duca et 
insieme li présentai le Icttcrc dell' Inbascalore di Spagna, dal quale fui ricevuto seconde 
l'uso délia sua natura molto cortesementc e, dopoi lelio le letlerc, mi torno a dire che 
per le biione iiiformassioni che dall' Inbascalore l'crano date di me, dove havesse poluto 
farmi piacere, l'haveria fatlo di huona voluntà : ond'io confortato da queste parole ehc mi 
dovesse esser detlo piu havanli, secundo l'Inbascalore m'havea dato inlcnsione, eomin- 



32 RELATIONS POLITIQUES 

ciai affar corso al Diica cl a lassarmi vedere alloie débile, la quai cosa non mi siendo per 
fine a ora ne dal Duca, ne da allri, slalo dello piu cosa nissiina m'é parso per ogni dcgno 
rispello non lardar piu affar di lullo consapevole Vosira Eccellencia con suplicarla 
appresso cbe mi voglia far gralia farmi inlendcre quai sia la meule di Sua Maesla, chc 
io debba risolver di fare dopoi che il mio star quà non parlurisce chc spcsa sensa nis- 
suno altro cffello qnestoc quanlo sopra queslo negosio m'occorre dire a Vostra Eccel- 
lencia. 

Qua si dice di molle cose le quali e nel modo cbe io l'o intese, le scrivcrô à Vostra 
Eccellencia. Piu giorni sono si dicca chc il Duca d'Alva con 'ogni diligenza procura 
appresso il Rè Filippo la. sua parlita per Espagna, essendo che l'aria di quesli paesi è 
mollo conlraria alla sua sanilà, rilrovandosi la maggior parle del tempo indisposlo e 
(ravagliato dalle gotte, ne i mcdesimi giorni alla tavola dcl Marcliese Vilelli di bocca 
<lel Marebese fu delto cbe per lullo il nicse di gennaro lutte le compagnie de fantaria 
et di cavallaria che sono quà, saranno licensiate, restando solamenle ollre aile forlesse 
du milia Spagnuoli in guarnigione per il pacsc, ne i luoghi piu neccssari. 

Il Conle di Bergbe dicono che forsalamenlc à recupcralo i suoi paesi, li quali piu 
tempo fà li furono conliscaii dal Duca d'Alva. Delti paesi sono nello slalo Ira Cleve e 
Ghelderc. Alcuni Prolcslanii inprovisamcnte hanno tolto una forlezza alli Spagnuoli, 
luogho per quanlo dicono molle forlc, il nome dcl quale è Lufslon in mezzo dove la 
Moza c il René : si congiungono insicme, vicino alla villa nominata Gorcon, dove il Duca 
d'Alva a mandalo mille cinque cento fanti el una compagnia di cavalli con artiglicria 
per vedere di recuperarli. 

D'Anversa, queslo lu gennaro 1571. 

(Record office, Cal. n' U9ô.) 



WMCXXXV. 

John Filz-lFilUam à Cecil. 

(ANTERS, 4 JANVIER 1371.) 

Il rend compte de sa mission. — Armements du prinee d'Orange. — Traite du roi de France 
avec les Turcs. — Norton sollicite son pardon. — Retour de John Smilh. 

Riglit honorable, My moste humble duiye unio Your Honore as appcrlaynethe. It 
maye picase ilie same lo be adverliscd ibat ibe laste daye of decembcre I rcceavcd ibe 



DES PAYS-BAS ET DE E'ANGLETEHRE 



33 



Quconcs Majcsty's lettres of llie xxiij"* of llie same, and ariothcr incloscd froni Ilir sfiyd 
Majestic unto ilie Duke of Alva licarc. And understandinge Ilir Majcstic's pleasure us. 
wcll for the delyvoresof (lie sayd letlerc uiilo ilie Duke as also wliat i sliold saye frotn 
Ilir Miijeslie lo hiin, eue newe yeare's diiye I ropayred unto llie Duke's Seereiaiye 
Albernos to kuowe wlien I miglil liave acccssc unto the Duke, havinge Icttcres froin Ilir 
Majestic lo and also message to saye from Ilir sayd Majestie. llis answerc was tliat it 
wold be the nextc daye before I could bave aeeese to ye Duke. I repaired lo tlic Courte 
ihe nexlediiye, and emediatly tiic Secretary brougbie me to tbe Duke. I delyvered Ilir 
Majcslie's ictlercs unlo bim, and declared Hir Majestie's mcssaage and also exibetcd 
llie same unlo bim in writynge : it was wilb veiy lienaly counlenancc accepicd, and llis 
Kxcelency sayd lliat lie neliier bad, nether wold wiiiingly doe anylbinge to llic dis- 
pleasurc of tbe Queencs Majestie, but wold be, as lie ballie bync alwaycs, redy to doe 
Ilir .Majeslie service sucbc as mygbtc be to Ilir Majcslie's lykinge, and as lie knowetlic 
liiat il is llie Kynge Ilir Majcslie's pleasure be sbold do; and so sayd llial lie wold 
looke uppoii ibe Quceiies Majcslie's lelterc and consydere of Ilir Grâces message to 
tbe same, niake Ilir Majestie suche answerc as be doubteihe not but Ilir Majestie wold 
well lyko of : wich answer I will solyssele to bave and will send it wilb as convenycnle 
spcede as mayc bce. 

llcare is double (bal some greale enlerprise wil be uppon llics Lowe-Conlreyes ibis 
nexte springc by tbe Prince of Orrarige and bis frendes. Tbe Counle Van dcn Bargbe 
is in posscssyone of bis coniraye wbicb lyeiii bclweene llolland and Frceslande. Tlieaie 
is wilb bim ibe Counte of Colienbargbe, llie Counte of Moweres and Mouiiscd de 
Lewme. Tbey bave two slionge places and uppou tbe poynie of vj° borsemene and 
jj™ fooimene : by reporte tbey are ail Wallons and in vcry good ordere. Tbey doc 
looke llial iher sliold come to ibeir ayde tbe Coimli' of Swarizcnburglic willie sucli 
soidyercs as hallie served llie Kyiige of Denmarke, and also for assyslance oui of Ger- 
manye. Tbe Duke of Alva ballie sente towardes tbat quarlere xviij" Spanyardes lo 
icmove lIiL'iie eruiemyes from tlience, yf lliey came befoare ilicy waxe stronger. Tbeare 
is mené Iakene uppe to serve ibe Duke in llie land of Pomeweros, and also some 
seei-ctlye aboule tliis towne by certcn caplaynes appirlaynynge lo tbe Counte of 
Megbame. 

I send Your Honore bcarwiibe llie eoppyc of tbe arlycles agreede uppon bclweene 
Ibe Turkc and llic Frcncbe Kinge, for ibe irallycke inio Allexandria and ollicr parles 
of Levante, also a lelicr from France. 

Norton rccommendtibe bis suiie lo Your Honore bopynge by Your Honores good 
meanes lo oblayne tbe Queeius Miijesly's pardoiie, wbicb be mosi carnesiiye desyrelbe. 

M' Joliii Smyibe doilie [ircfiare binselve lo come lioine verve sborlely and will bringe 
witb bim, vf lie cane oblayne pasporlc for tbe same, sucb store of armorc, persone 
Tome' VI. 5 



U RELATIONS POLITIQUES 

and olher ihinges necessarye to serve bis prince wiih aile, as, by reporte of them ihal 
hâve seene tlie same, noe one genllman of liis degree halhe brouglite over the lyke 
in manye yeares, and wilh thc same as good a herte lo his sayd prince and conlrey 
to the greale envie of manye ihat be heare, whos liarles the Lord tome. 
Writlen in Anlwerpe, the 4 of januarye 1570. 

(Brit. Mus., Galba, C. IV, fol. 7.) 



MMCXXXVK 

Ordonnance de la reine d'Angleterre. 

(6 JANVIER ISTi.) 

Autorisation de saisir tous les Liens qui appartiennent à des sujets du roi d'Espagne. 

{Brtl. Mus., Titus, B. VI.) 

MMCXXXVII. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Alhe. (En cliiffre. — Analyse.) 

(Londres, 9 janvier 1571.) 

L'incertitude qui règne dans les alTaires des Pays-Bas encourage Elisabeth et ses conseillers. — 
Bonnes dispositions des catholiques anglais. 

Que la irresolucion de los negocios de Flandes da mas osadia y animo a la Reyna de 
Inglaterra y los de su Consejo lento que, con tener su monarquia sobre palillos, salen 
con grandes alrevimientos, y agora liazen mayores maldades y robos que nunca, trayendo 
a la Reyna desvanecida con promesas que le hazcn. Pero, quanto a los Ingleses catho- 
licos, nunca estuvieron de mejor animo que oy, porque offresccn cosas que serian en 
gran servicio de Dios y quietud de los Payses-Baxos, aiinque el ni les da, ni quila 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



53 



la cspcrança, remiticndo lo todo al Diique de Alva, conforme a la orden que se le 
ha dado. 

{Archives de Simancas, Estado, Leg. 823, fol. i.) 



WMCXXXVIII. 

John Lee à Cecil. 

(AKVEBS, 15 JANVIER 1571.) 

Le comte de Wcstmoreland a eu le 10 une entrevue avec H. de Noircarmes, qui a été chargé par le 
duc d'Albe de rdgler les pensions des réfugiés anglais. — M. de Noircarmes a exprimé le dé»ir que 
quelques-uns quittassent les Pays-Bas piiur donner sntisraction à la reine d'Angleterre. — Léonard 
Dacrc s'est rendu de Malines à Anvers. — Bien que Francis Norton reçoive une pension du duc 
d'Albe, Cecil peut compter sur ses services. 

{Record office, Dom. pap., Add., p. 336.) 



MMCXXXIX. 



Don Guérau d'Espès au duc d'Alhe (En chiffre). 



{LONDRKS, K JANV1EH I"l7l.) 



Affaires de la reine d'Ecosse. — Pirateries. — Il a eoniniuniqué à Cecil les nouvelles de Gueidrc. — 
Il réclame le paiement de ce qui lui est du. 

A X deste recibi la de Viiestra Kxiîelicncia de iiij° del y scrivi a la Rcyna de Scocia 
lo de Moss. de Selon, conforme a io que ViK'stra Kxcellencia me mandava, y assi dello, 
como de la orden que quicn' se leiiga on el dar de los dos mill escudos, aguardo rcs- 
pucsta presto. El estado en que sus négocies eslan vera Vuestra Excellencia por la 
copia de la que a Su Mag* scrivo, que va con esta ', y assimisnio otra de la que a Sicel 
lie scrillo, a la quai, despues de liaver dtleniilo el mensajero quatre dias, dieron por 

' Philippe II écrit en marge : . No ha llegado, deve venir con otra, que esta es duplieada. • 



36 RELATIONS POLITIQUES 

rcspucsta una caria para el Jiiez del Alniirantc, en que, iratanilo lo primero con Manlic 
y sabido no sera estorbo para los ncgocios que ay se iratan, diesse las provisiones con- 
\enientcs para que las mcrcaiicias de las dos cliarruas fucssen restituidas a sus dueiios. 
No se si quenan proveer que se prendan los pyralas y los que liizicron los robos del 
monesterio de Ilolanda, que en dos casas les lengo espiados, pcro alargan muclio el 
dar la provision para ello. No paresceria ineonvinienie que la nave que Vuestra Excel- 
Icncia inando bolver a Guillen Péri, Ingles, que esia aun en Incussen, fuesse detenida 
basia ver la salida que daran a este négocie, que no espero deslos cosa buena, lan apar- 
(ados de loda razon los irae la «religion. Y cierto, quando assi convcnga al servicio de 
Su Mag"*, que el casligo esta en la mano y basla los robos y desaealos y olras maligni- 
dades que ban becho, bazen y dizen eada dia. 

Yo embie a Sicel lo que Vuestra Excellencia me manda avisar de aquellos castillos 
de Gueidres, que todo ello les dio gran Iristeza por baver sido lan facilmenlc allanado. 

La provision mia me baze mereed Vuestra Excellencia de mandar dar orden que se 
nie pague , y assimismo el gasto extraordinario de mas de un ano. Que el detencr la 
paga dello (allende de la particular incomodidad mia) al servicio de Su Mag"" es muy 
danoso. 

La Reyna vendra esta noelie aqui. Nuesiro-Senor, etc. 

De Londres, a xvi de encro 1o7L 

(Archives de Simaneas, Eslado, Leg. 823, fol. H.) 



MMCXL. 

John FilZ'ÏViUiam à Cecil. 

(AKVEBS, 16 JANVIER 187t.) 

Nouvelles de Gucidre. — Armements en Danemark. — Pensions accordées à des réfugiés onglais. — 
Lord Selon s'est rendu en France. — M. de Boussu, qui avait escorté la reine d'Espagne, est revenu 
après avoir perdu plusieurs navires. 

Rygbl bonorabill, My moste bondent dewette as appertaynetb. For that as yetl I bave 
not tlie Deweekes answar unto tbe Quens Majesties, nelher yett undersland wbal wel be 
ressolved upon for the sendinge over of M' Feasco or some otber, but onely a good 
apperance, and that it welbe ressolved upon verry shortly, I bave the lesse presently 



DES PAYS-BAS ET DE l/ANGLETEHRE. 



37 



to trobill Yoiir lloiiorwilh ail. Tlicre is presenily leUell lo informe Y'our Honor of. Tlic 
(lounlt Viiiulonbargho ko|ipellie possessyon of liis cotilrc, havinge fornished iwoo 
lioldcs willi ordoiiaticc and niei), and llic (contre foriioslicd willi horsmcn and folincn. 
ïlicrc weer xvni'°" ansycns of Spanyarlli si-nt thellier, willi live pcsscs of ordenanci'; 
but llie wetber fell owU sochc as thayc cowldc not goo forwaide: Uie Dewccke mackcih 
grelt preparassyon and niycndclh, as son as lyme wcll serve, to sett fortli an annyc '. 

Thcrc is allso a company of soldycrs, bolli liorsemen and follmcn, eomyng owl of 
Dcnmarkc, ond, as it is wretben, ar presenily abowt Ilanibowrghe, and sliowldc coine 
10 asseste llie Counllc Vandenbarglie. 

The Kn)floslic rebelles ar relevcd herc willi pencions to bc paid nionihly, some 
more, some lesse as ihaye be prefared. Tliaye bave ben wai ned by M' de Nortcarncs 
to willidrawe ihemselves from iliis lowen, for ihat thay be so mayne whcrc wilh llie 
Quens Majestye myglit be desplessed. 

Lenard Dackcrs is corne to this lowen, whome halli not ben liere beffore sens lie 
came inlo tliis contre, and halh fower or (iyve men wailinge upon hem. 

The Skotlisbe Lord Cetten is gon into France : I am infowrmed by a credabil! 
person lliat liis sewetl was hcre lo tlie Dewccke for some aycd to helppe the Quen of 
Skotles lo ber lebartte, bavinge oblayncd at (hc Deweckes bandes a some of mono, 
whicb hc halh made in lo France, and llier lo oblayen whal ayed hc can of the Frenche 
Kyengc. 

M' de Bowsscw, whome was admirall of ibe fletl ihal went into Spayen wilb ihe 
Quen, is retowrned, five op them messinge, the vis-atmerall and anolhcr knowen to 
be leste, the other ihre beinge ail armed shipes not hard of. Ther nesscsesette was 
socbe as ihaye were constrayncd lo goo to Roclicll for to veltell them selves. 

1 will soffer lo irobill Your Honor any forliier for ibis présent, but onely weslic llie 
same incresse of helib witli llie acomplesbement of your bonorabill dessyers. 

Wretten in Andwerpe, ihe xvi"' daye of janyure 1570. 

{Record office. Cal., n* 1509.) 



• Les armements des Gueux avaient repris avec beaucoup d'activité. La Mothe écrivait, le 18 jan- 
vier 187J, que, selon les nouvelles reçues en Angleterre, ils se préparaient à renouveler la guerre 
aux Pays-Bas. 



tS RELATIONS POLITIQUES 

MMCXLL 

yivis des Pays-Bas. 

(Hambourg, 19 janvier 1871.) 
Le bruit de la mort de la reine d'Angleterre a couru à Anvers. 

It was bruted at Anlweip Ihat the Quccn was dead. 

(British Muséum, Titus, B. VI.) 



MMCXLII. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Alhe. 

«I.OMURKS, 22 JANVIER VSli.) 

Piralcnes. — Négociations du duc d'Anjou. — Armements en Allemagne. 

A los XVI del présente avise a Vuestra Excelleneia la provision que los deste Consejo 
liavian liecho para la cobrança del dinero y mercancias de las dos charmas, y, como lo 
consintio el Juez del Almirante, liizo prender a dos que son Guillielmo Vrenembissen, 
de Gante, y Lorencio Plovich, Oslerlin, que les hallaron, mill y seiscientos (allares. 
llasta ahora se ha debatido entre los juezes quien terna el dinero. Yo he cscripto que 
lo den a Acerbo Valuieli y S' Viclorcs que (ienen comision de sus duenos, y assimismo 
las mercancias de Coicheslre. Ilasia agora no lo lian proveido porque lodos querrian 
robar su parte. Bien sera venga hombre proprio para ello con poderes a cobrar lo que 
se pudiere, que si Acerbo lo tiene, sera mas facil; los olros delinquentes se ban escon- 
dido. Lo demas vera Vuestra Excellencia por la que a Su Mag'' escrivo, y podra adver- 
tirrae de lo que conviene al scrvicio de Su Mag^. 

Ni el pueblo, ni los cavalleros oyen de buena gana lo del Duque de Anju. 

La Reyna dixo ayer que en Alemania se levantaba gente y que no séria contra Fran- 
ceses : sera cosa de poco momcnto. A todo lo demas he respondido largo con los otros 
correos y aguardo, en lo de la paga de mi provision, respuesla de Vuestra Excellencia. 

De Londres, a xxu de enero 1571. 

* [Archives de Simuncas, Estado, Leg. 823.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



M.MCXLIII. 

John Lee à Cecil. (Extrait.) 

(Anvers, 36 janvier VSli.) 
Prestall est revenu d'Ecosse; il ne songe qu'à nuire k la reine d'Angleterre. 

Tay yt pleayse Yower IFonoiir to be advcrlysed 

tiiat Prœstaiill ys relurncd owt of Scoytiandc, beynge as well ynclyned towardes lier 
Majeslye as lie was al hys dcpaiture fromc hère, wlii) seaykes lo dysquyel her Eslaie 
as muyches as yn liym lyclhe: llie cerlaynte wliereof Yower Ilonour shayll knowc by 
niy nexle, for as yet hc doylhe but rnayke summo menés lo speayke wythe ihe Duke 
aiid the Counsell, as Yower Honour may perceve by thys letier her yncloscd, wyche was 
iraynslatted ynio lattenc and delyvered by me lo Secrelary Courievylle, who haylhe 
apoynled me to repayre uiito bym ihys day for an answar : yf yt fauUe owle ihat 
I bee hys ynterpreler to the Duke or to tlie Counsell (as I suppose 1 shayll) Yower 
Honour shayll hâve true adverlisement theie of and, yf ihis happcne noi, I shayll do 
my honeste endevour to fynde yt owt by summe oihere menés. 
Frome Andwarpe, the xxvi"" of januarye 1570. 

(Record office, Dom. pap., Add., p. 358.) 



MMCXLIV. 

John FUz-fyilliam au comte de Leicester et à Cecil. 

(Anvers, 27 janvier iSli.) 

Ndgociation comiiiereiale. — Conférence avec Fiesco. — Audience donnée par le duc d'Albc. — 
Tout semblait convenu quand le duc d'Albe a déclaré qu'il attendait sur certains points la 
décision de la reine d'Angleterre. 



Ryght honorabill, My mostc humbill dewctty consedercd as unto Your Honors 
appertayneih. My lasle unto the same was of the 4'" présent, therby geving 
Your Honors to underslande, of the conferrance I had with M' Feasco, and of the 



4\y KELATIONS POLITIQUES 

nieeiis used for liis comyng over : lliere apperelh no riollier bul a good will in llie 
Uewecke ihal lie slioiilde tome, and M' Fcaske, persevinge llie good apparrans therc 
of, hath ihowght it nol onely nessesarre to liave sofe,- lient comessyon of the Dewocke 
to délie in tlic deffrenees tliat yelt be for the resletuessjon, bul allso, before his depar- 
tliing from hence, to selte ihe same in soehe order as it niaye seem unio Yonr Honors 
llie deffrenees to be so small, as, and if lie corne, lie inay be in lioppe that by 
Vour Ilonors good nieens his iravelle maye tacke good effect, and liatlie, for ilie avoy- 
diiig of ail délayes and losse of tyme, lliat niyght happen by mcslyckinge or mesun- 
derslandinfî on ihc oon syde or the liother, of any poyeni, hath for the belter surtty 
sclt.it owit in soclie order wilh aricckclles, as senicth to him verry in dcffrcnl, bolh for 
the rcsteluessyon and exsecussyon, and allso for the assenrance that it sliall be rcsse- 
|)iocke, as by the arteckclles sent uiito Yonr Ilonors hy him maye appeer, whiche 
Your Honors having sein and consedrcd, fyndinge thcni ressonabill and soehe as maye 
with the Quens Majestyes honor passe, and Ihat tlie mcrchanttes may content iheiii 
selves wilh ail, Your Honors sertelfyng ther of, thaye shalbe liere fycrst agreed unto by 
ihe Dewecke, and so Master Feasco and I to repeor unto Your Honors wilh the sanie 
10 be sultcrs that it maye in lycke manor bc agred unto by Her Majesiye, by Your Honois 
good meens. M' Feaseo requcring myen oppenyon of the said arleckelles, perusing 
Ihem and fynding the fycrst arleckclie to loche that poyeni of inabytanties, that is in 
the arleckelle dcsiycked laste senl over, I showcd unto the said M' Feasco ihc 
Queens Majeslyes appostyll npon the seconde arleckelle of the fycrsic rcqiieste , by 
ihe whiche it apperretli Her said Majesiye prctcndeth to liavc comenecassyon as wel! 
with the subjocites of the Kynge Catholcquye as wilh ihe inabytanties for soehe mené 
as was icsserved from the peratlcs, whiche the said Feasco supposing not to be the 
()uens Majeslyes menyng not to délie any forlher then wilh the Jenevoyes mené, nol 
(lowitinge but al his comynge to satesfye Your Honors therin. 

Allso, as tochynge the prysses and valiewe of the comodettcs lo ihat, I sliowed him 
the Queens Majeslyes apostlyell lo ihc iiii'" artcckell of the fyersl requcslc, and her 
said Majeslyes answer to the Dewcckes resscllewsyon delyvered by Mons' Dassonvell. 
To the whiche the said M' Feasco tackeili to hâve mayne ressens to aledge that the 
nierehanttcs of Fnglande owghl to be contenled with llic lasle offcr madc by the 
Dewecke as lochinge the Englesshe comodyies : fyersie that Ihe elothis were delyvered 
unto him and others but as pawnde, al a prycs laxsed, and whal that llie said elolhis 
showlde be sold for more ihan thaye were laxsed or prayscd, the merchantles lo be 
cowmptabill ther of unto the Dewecke, and thaï the said elolhis were more wortli al the 
tyme of ihe arresie or ihre monihis beffore, came by ihe longe resslrayenl, the bene- 
fclt comynge to the Kynges use, and not to the merchantles that had the sale of the 
said elolhis, and tliere fore in good hoppe that by Your Honors good meens the mer- 



DES PAYS-BAS ET DE L'AINGLETEKRE. 



41 



chanlles will content tlicm selves witli ihal lasle offer, thecs twoo poyenttes beingc lin? 
prcnscpawcll that are lo be ressolvcd upon, wlierof the fycrsie Hor Majeslye hath lo 
dclle in, and loclietli nol lier Jfajestycs siihgecttcs; the seconde, if it sliall semé unto 
lier said Majeslye and Your llonors lliat ihe Dcweckes lastc orter is ressonabill and 
tiuit the mereiianttes maye content Iheni selves wilh ail. The reste of the poyenttes aild 
arieckelles conserneih the manor of the rcsleluessyon and the exseciisyon, with ihe 
order for the assurance ihal il niay be resseprocke, whielu; semelh unto M' Fcasco and 
me ressonabill, and Ihc rallier for niy part persevinge by (bis order ail tliowes arte- 
ckelles, whiche were deslycked in Mons"^ Uassonvell boweke, ar by ihis refowrmed, and 
ibe oppenynge of the tralîycke not toebed. Noiwillisiandinge any lyekinge (bat I bave 
of tbis Ar Feasco, I bave not by any meens délit in it as havingi; any coniessyon or 
order, butas oon svhome it plessed ihe said M' Feasco lo recjuer advice of, and by con- 
ferrance wilh hini to bringe the matler lo the beste and shorltest cnde thaï mygbt be, 
to (lie comodetle of the merehanlles inlressed oon both sidcs, conscdringe whal losse 
and hindrance halli ben by ibe longe délayes, rellaring the saine nowe to Your Honors 
ninste lionorabill and good consederussyons. 

I muste nowe sertelTy Your Honors ihni, in ibccs termes beiïore wreilen tbynges 
were in, M' Feasco by ihe conferrances ihat lie liad sondry lynies with the Dewecke, 
Don Fredcrickc and with Albernos the Deweckes secietary, and ihaye sendiiige bim to 
eonferr wilh Mons' de Nortcarne, and so far proseded with M' Feasco, as lie apoyenled 
bim selH'e lo corne over, and ihowghl it to be ressolvcd upon, and I to comc wilh bim, 
I rcssorlled daylc to llie seckreiary Albernos; lie welled me sondry tymes lo slaye tell 
he sent for me, sayinge that the Dewecke was dessyrus lo bave ihe maller ended and 
llial il was in bande, I showlde bave answar wilh in a daye or iwoo, whiche daye laste 
were then x dayes. I messed never a daye lo sliowe my selde unio ibe Dcweeke lo put 
bim in rtmenibranee. His Excellence gave inc soche good cownlenance as ail soche as 
sawe il, so lyckcd of it, as il was well hopped a goode ende wold bave corne owt of 
bande. Il was geven owt that the Dewecke had agreed lo ail ihynges and ibat M' Feasco 
showlde go over wilh coniessyon lo fenesbe for so moche as loehed resletewessyon. 
M' Feaseo lowcked every owr lo liave ben sent for, and speshally (be daye belfore ihe 
daie hère of, whiche fell nol owt acordinge to bis exspeclassyon, began lo dowt that 
by somc mcens he was crossed. 1 ressorlting lo bim to déclare ibat I Ibowgbl it good 
lo ressort unto Albernos and lo déclare unio bim ibal for as moche as 1 had ben a 
long lyme pulte in lioppe that (lie mader showlde be ressolvcd upon and that I showlde 
bave soche answar as 1 showld be contenled wilh ail, whiche 1 cowlde not perseve to 
corne. i\r Feasco ihowghi il good I showld so doo, persevinge ibal in Englandc it was 
taeken in éveil pari that I remayned liere so longe withowt soche answar, as I gave to 
nndersiande I lowcked for, I cowld nol well salesfvo tbcm with anv more wrytiinge. 
Tome VI. ' & 



42 RELATIONS POLITIQUES 

but 10 go liomc my selff for my dc^eharge, whiche 1 so declaied uiito Albcrnos, reqiic- 
ringc him tliat lie wolde be a m(îcii thaï I myglil corne lo llie Dewecke lo understande 
wellier it wolde plesse His Excellence lo comande me any serves towardes (lie 
Queiis Majestyc. He answared in lliis, conlrary to ail liis answars belTore sondry lymcs, 
howe ihal I sliowlde do well, demandinge liow it chaiised lliat iher came no aiiswar owl 
of Eiiglande of ihe laste artcckelles sent from Uis Excellence. I answared thaï I snp- 
possed Ihe cawsc to be for ihat I liad serliffyed unto my conipanyons howe I had pro- 
seded wilh liim and wliat good eomferl lie gave me tlial tlie Dewecke wold lacke a good 
waye lo endc the matter. My companyons gevirge tliis to undersfande, it myght be 
thowglit thaï that requered no nother answar, llie deffienecs thaï wecr I had delyvired 
unto bim : he wolde nol semé lo underslande of ihat, but said that the Dewecke low- 
eked for answar and that I showlde do well to goo home, I myght be a good meen to 
brynge it lo a good endc, and, when I wolde, I showlde speeke wilh ihc Dewecke. So as 
ihis was in the morninge, 1 said and if I mygbl I wolde geve atendance bclfore noon : lie 
willed me so to doo. The Dewecke comynge owl of his ehambcr, 1 made lo bim, and 
declarcd unto Ilis Excellence thaï I had eontinewed hère longe for an answar Iroin 
His Excellence tochinge ibe restelewessyon, and that I was geven lo underslande ilial 
His Excellence wolde ressolve upon thowes delTrences ihal yetl weer, as I hade aihiee 
of owt of Englande. He said that he knewe of no more delTrences but oon, menyng ihat 
for the prysses of the clolhis. I answared His Excellence lliat lliere were some olhcr as 
1 dowtled nol but His Excellences secretary mighl hâve informed him; but, foras moche 
as iber was no apparraiice of any ollicr answar from His Excellence, and that for the 
better satesfaxsyon of the merchanties inlressed in Eynglande I thowghl it met for me 
10 repuer home, and if il wolde plesse His Excellence to comande me any serves, he 
said thcr hade come no answar of his laste ressollewssyon owl of Eynglande. 1 showed 
him ihc cawsse as I hade unto ibe Secretary; he said that as lowchynge that message- 
ihall did from the Quens iMajestye 1 showlde bave answar, and to the other he cowlde 
macke no answar lell ther come answar owt of Eynglande. 

So as persevinge this answar and no lychlyode of any otber I thowghle it moste 
nessesaiy to advertisse Yowr Honors thcr of, that ther by it maye appeer unto Yowr 
Honors the cawsse wbye that I hâve nol wretlen sooner, hoppinge ihat ther had ben 
the lyche menynge as iher was bolh good wordes and goode cowntenanee. His Exsel- 
lence bim sellfe, eyght dayes beffore ibis, I standinge beiïore him, demanded of me 
whether I wolde bave any tbynge. I answared that I did atend upon His Exsellences 
answar : he said he wolde cawsse it lo be ended. 

M' Eeaseo, persevinge how lie halhe ben délit wilh ail, is not a Icttell abashed and 
moche grcved in bis niynde as it maye be serteffyed unlo Yowr Honors. 1 assuer Yowr 
Honors he haih délit very sowndly in it, and badd lellell thowghl that he showld so 
hâve ben used. 



DES PAYS-BAS ET DE L'AINCLETEURE. 



43 



Tfiowes (hat be ihc stayc of his goode menyngc ihal was in so goode forwardnes in 
Mons' de Noilcarne and Mons' Uassonvell. Mons' de iNortcarnc, in wliome ihe Kynge 
dcpossethe a gret irusic and grcily recoincndcili iiim to llie Dewcckc, and ihcr fore 
woldc semi! to lakc llie charge to cnde this deffrance, and Mons' Dassonveil with his 
|)(T.s\vagions to tlic said Mons' do Nortearnc that it is not mctt for ariy to dell in it but 
thaye, neilier thaï it is meit that any showide goo ovcr but soche a oon as thaye thencke 
nietl, Dassonveil pcrswadingc steli that al! is agred upon by iiis boweke and ihat it 
laekeih rothyngc but puppieshynge, and therc with fedcth llie comcn peppeii. 

I send YowT Honors licre wiih tiie coppc of ihat order whiciie M' Feasco had framed 
and dciyvered iinlo ihe Dewcckc, and tlie sarne was wcl! lyeked of by the Dewecke 
and his son, and Albernos ici! Ihat il was rcffarred unto Mons' de Norlcarne. 

M' Feasco rcquestelh Yowr Ilonors liial ihe same wrytiinge niaye remayen secretl, 
not 10 l)e knowcn that il corne from him. 

For fis moche as Ihe Dewcckc méninge not lo gcve any othcr answar tochinge the 
restetewessyon and conlented I do dcpartle wilJi liis answar unto the Qucns Majeslyes 
message, I mycnde wiiii in fower or fyve daycs, if I can geit his said answar, to repeer 
home with the same, unlesse I met frome Yowr Honors any cawsse lo retourne by 
scndinge of soche answar as the Dewecke lowckelli for, or olher serves ihat il shall be 
nedfull 10 retowrnc for. 1 anie sorry liiat my powcr iravcil dotb lackc no bctier effccll» 
trustynge lliat Yowr Honors well bave a belter oppenyon of me ihan the mcrchanttes 
iiave, whiehe bowrdcn me with moche neckiygcns and a hendrance of the seweltc 
wilh olher reporitcs unjustc, whcr in I dowl not but lo be abill to gcve a cowmpt unto 
Yowr Honors ofiny doinges, trnslynge thaï Yowr Honors mosic honorably will aceepl 
niy goode will, al! tlioughe matlers corne not to ihat ende that is dcssyred '. 

This scssinge to.trobill Yowr Honors any forilier, onely weshynge the same the con- 
lenewance of moste pcrfcct heltii with acomplesiiement of yowr honorabill dissyers. 

VVrellen in Andwcrpe, the xxvii"' ofjanyure 1570. 

{liecoril office, Cal., W i:J20; Bril. Afus., Galba, C. IV.) 



' Elisabeth cherchait à éveiller la jalousie de Charles IX contre le gouverneur général des Pays- 
Bas, u Venant à me toucher des différens qu'elle accusoit le duc d'Albe luy avoir suscilés, elle nie dici 
o (rapporlc La Mothe) que jo scrois lout csbaby si je scavois quelles choses ledicl duc, depuis ung 
t mois, avoit voulu trailter avec elle au préjudice de ses voisins. • (Lettre de La Mothe, du 23 jan- 
vier 1S7I. 



44 RELATIONS POLITIQUES 

MMCXLV. 

John Fitz-fVUliam au comte de Leicesler et à Cecil. 

(Anvers, 28 janvieû 1S71.) 

Conférences avec M. de Noirearmcs cl M. d'AssonlcvilIc. — 11 leur a exposé tous ses efforts 

pour arriver à un accord. 

Ryglit honoiabill, My nioste liumbill dewelly consccicred iinto Yowr Honors as ap- 
pertayneihe. Maye it plesse ilie same lo be advcricssed ihat aftcr I liad inclossod myen 
unto Yowr said Honors, of llie xxvii"' pfescnt, Mons' d'Assonvelle sent lo me, reqiies- 
linge nie to corne lo hini, lo wliomc 1 rcpaied, and, al my comynge, be said tbc Deweeke 
bad geven oïder unto Rions' de Norlearne and bem lo eonicn wilh me, as lowcliinge 
ihat wliich 1 bade ben vvitb ihc Deweckc for, requcslynge me ihal I woldc met willi 
hem al Mons"^ de Noitcarne : wbicb al liis own apoyenled I did and wilb tbem fowndc 
tbe Secrclarye Crowtlevcll, ibaye ail ibre lo gelber. Mons' de Norlearne dcclared nnio 
nie ihai ibe Dewecke bade apoyenled ihcm lo comeen wilb me of soche ihyngcs as I 
liad délit witli bis Secretary Albcrnos in, and of ihat wbicb I dcclared tinlo His Excel- 
lence wben I was wilb bim , wbicb as I bad proseded I rclatted unto Tber Honrrs : 
fyerst bow 1 bcgan wilb ibe Secretary Albcrnos, and bowc longe be gave me lo 
imderslande ibai tber was soche answar in band as I sbowld lyeke well of, wilb a'I 
olber ibal passed as 1 bave sertefFyed Yowr Honors, and of ibe Dcweckes answar, wbcn 
I dcclared unto His Excellence bowe nessesarre it was for me lo départ home, conse- 
drynge ibal I eowlde l)ave no answar as 1 bad ben longe geven to understand I sbowldc. 
Thayr Honors, perscvinge tbe manor of my dellynge and bowe I was used, semed moche 
to desiycke of it, saying thaï ihaye of ibe Cownsell wold conseiller of il and macke 
report to tbe Dewecke, and ibal I showlde unlcrstande wbat order sbowlde be lacken 
upon tbe same. 1 showed Ihem tbat upon His Excellence answar unio tbe Quens 
Majeslye, wbicb His Excellence said F sbowlde bave, I was redy lo départ and ibat 
I had so geven Yowr Honors lo undersiande 1 woldc. Thayc said ibaye woide macke 
report of ail ibynges lo Ihe Dewecke, and ibis I pariied from Tber Honors, wher of 
1 bave lliowgbi good lo adverles Yowr Honors, and as ihaye shall résolve and ihai iher 
answar shalbe, 1 will sericiïye Yowr Honors tber of, or bringe it wilb me, if ] sbal' 
peiseve no cawsse lo larry. 

Tbis sessyng to irobill Yowr Honors any forlber, onely wesbynge tbe same coniene- 
wall hcllli wilb Ibe acomplcsbemenl of ail your bonorabill dessyers. 

Wrcltcn in Atidwerpc, the xxviii"" of janyure 1570. 

{Record office, Cal., n* 1525.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



A^i 



MMCXLVL 

Jolm FUz-JVilliam au comte de Leicester el à Cecil. 

(Anvers, f' rÉvniEn 1571.) 

Nouvelle conférence avec M. de Noircarraes et M. d'Assonlevillc. — Entretien avec Thomas Fiesco. — 
Le dnc d'Albe lui a déclare qu'Elisabeth pouvait compter sur lui comme sur elle-même el lui a 
annoncé qu'il enverrait quelqu'un en Angleterre pour terminer la négociation. 



Ryglit honorabill, My mosie boiideiilt dewetley unlo Your llonors as appaitayncdi. 
My lasle unto llie siunc was of llie xxvii"' janvure, tlicrby gcvitig Your llonors lo uiider- 
standc at large of llie coiifeiens liad willi M' Fcascn and of iIr- order of my prosedinge 
thaï sonie mcU por.son myglil be sent over from llie Dcwecke of Alba lo re.ssohe and 
fenesbe for soche deffranccs as yelt semed lo be in llie iasle arleckolles sent froni lli^ 
Exsellenee. 

Allso of ibe good lycklyode llier was ihat M' Fcasco showide bave conie over maekynge 
acownpi lo bave beii seul for lo bave reseveyed bis comessyon from ibe Deweckc, 
suppossynge ibc same lo bave ben by ihc Deweeke ressolved upon, ibe nianor bow 
M' Fyasco ibovvglil besl for ibe resletewesliyon and assurance, tbc coppe ibcre of I 
sent unlo Your llonors, wbicbc M' Fcasco menynge was lo bave senl Your llonors lo 
bave consedred of ibem, belfore bis coniynge. 

Allso I serleiïyde Your Ifonors ibe nianor of ibe Dcweckes Secrelary, whowe gave 
me dayle to underslande ibai soebe lessoliewsyon and answar sliowlde be as ibe 
Quens Majeslye sliowlde bave no dcslyngc of and tlie mcrcbanllcs salcsfyd. 

Tbc manor of bis answar, wben I declared unto liim bow ncdfull it was for me lo 
deparl, scinge no apparrancc of answar but délayes, and of llie Dowcckcs answar in 
lycke manor, as ibowglie be nevcr bad any conferance witb M' Feasco and bis Exsellenee 
Secrelarye of ibowcs deffrences ibal I requcred answar of. 

Allso llial aflcr ibal tbe Dewecke bad said ibal I sboulde bave answar unio ihe 
Quens Majeslye Icller and message, ibe xxvin'" of janyaie, ^\' Uassoiivcll sent for me, 
wellyng me lo nielt willi bim al M" de Norlcarnes, and ibal ibaye bade order from tbe 
Dewecke lo comcn wilb nie as toebinge ilial I bad ben wiib bis Exsellenee for, and 
bowe to tlicin I declared I bade proscdid wilb ihe Secrelary Albernos from ibe 
begenynge, and ibal ibaye semed nol to lycko well of tbe manor of bis dellynges, ibal 
ibaye witb tbe resle of ibe Counsell wolde conselber of ibat I bad declared and macke 
report ibere of unlo llie Dewecke, and sbowlde underslande wbat order siioulde be 



4|t) RELATIONS POLITIQUES 

iQcken, and howe I déclarée! uiito Ther Hoiiors thnt I was rcdy lo départ, havinge His 
Exsellences answar unio llie Quens Majeslye, ihis as moche as liad passed for ilial 
lynie, wherof I iliowghte meit lo serieffyc unie Your Honors, and nowe forlher to 
signifie unie Your Honors what lialh passed sens. 

The xxx"" daye of janyure, M' Dassonveli sent unlo me requering that I wolde 
reppeer unto M' de Norticarne, whowc wolde specke wilh me, beffore he went lo ihe 
Counsell that afier noon, unto whome I went : hc had no nolher to saye to me, hut that 
lie and the reste of the Counsell did mctt that after noon abowtt that whiche I had 
propownded unto tliem, whcr of he thowght good to geve me to understande, and 
this semed to he by cawssc I made haste to hâve the Deweckes lelter unto the Quens 
Majestye that I niight départ. 

The next daye, M' Feasco came to me and said that the Sccrelary Albcrnos dcssyr 
was that 1 showlde beat the Cowrie abowt ten of the cloeke, the Dewecke'menynge 
to déclare some what imto me, gevinge alcndance that the said Secrelary came to me, 
and requesicd that I wolde remayen al M' Feasco tell he sent for me, where I remayned 
tell twelve of the cloeke. In the ende ther was worde sent unlo M' Feasco that the 
Dewecke had apoyented the Counsell to mett agayen that after noon, and then, if lyme 
served, he wolde sende for me : that daye I harde no more from nether the Secretary, 
nor M' Feasco. 

This daye in the mornynge, M' Feasco sent imto me agayen to hc al ihe Cowrti 
agenste the Deweckes goingc to churche, whiche I did. The Dewecke, comyngeowt of 
his chambcr, cawlde me to him, and used thees termes saynge : « AH your wryttinges 
» liath bcn peruscd with that note whiche you lasle delyvercd toehinge the deffrences, 
» ihat yet semed to be », whiche His Exscllence cowlde not perseve to be verry grelt, 
but verry neer to that agreemeni requered hy the arieckelles. He willed me to rcpcer 
unto M' de Nortcarme, whowc showlde déclare unto me what was ressolved upon, 
and said that he was redye to doo anythinge nedfull for the mayentcnancc of the 
ametty betwen the Kinge Catholeque his master and the Quens Majestye, and allso 
that he was Her Majeslyes servantt and thaï Her iMajestye showlde be assuer of him as 
Her Grasse was of her owen sowell '. 

IM' de Norttearne beinge ther and M' Dassonveli apoyented me to corne to 
M' Norttearne atlwoe of the cloeke at after dener, whiche atendinge to the apoyentment 
1 did, wher Ther Honors were meit. M' de Nortlcarne declarynge unlo me that he and 
M' Dassonveli weer apoyented by the Deweckes Exscllence to déclare unlo me that 
ail the arteckelles and wrytiinges tochynge the malter of resletewessyon wilh that 
note whiche I delyvercd unto theni laste of the deffrences that yet semed to be, hade 

• Cecil écrit en marge : Bona verba. 



DES PAYS-BAS ET DE E'ANCiLETEKUE 47 

ben pcruscd and consedicd, and cowlde not Ijcnde any soche grell dcffrcnces bui by 
somc good mecns ihaye miglil l)e ressolved upon, and, becawsse llie same myght 
lacke tlie bctlcr effectl, ihc den'rtiices seniyiig to be so smaile, ihc Dewpckes 
lùsellence hade detcnnened to sonde over soim; persons of knollege lo lacke ordiT as 
wcll for llie exsccussion as to ressolvi- upon soche dedrences as ^hall scmc to lu- 
nessysar (o be reflbrnied, and that llis Exsellenee had determined lo wiytte a lelter 
unto llie Quens Majcsiye lo llial eflccll, by llie wliiclic it maye appeer llis Exsellenre 
10 be ledyc lo doo ail lliyiiges convenyanl for llie niayentenance of ilie amelty lieltwcn 
llie Kinge Calholeque and tlic Qucns Majesiye. 

Tbaye deinanded of me wlien I woldc départ. I said ilial havynge ihe Deweckes icticr 
unto lier Majesiye I was redy to départ. Tliaye said llial, if I niyglit larry, llis Excellcnec 
liade ralhcr llie eoinelle bat lie wolde sende, sliowlde go willi me tlien lo eomc aflcr 
me, uniesse 1 hade erneslc cawse lo départ beffore, lo ihe whiclie I answared for as 
moche as llis Excellence had ralhcr bis Cometle showlde goo witli me ihen lo comc afier 
me, 1 Irusted it wolde not be laekcn in éveil parle my larryng, so it wecr not towe longe. 
Tliayr Honors said ihat ther showlde be diligens iised in ihe despache, and ther upon I 
eonsented to larry, whiche ibaye lycked well of. Of lliis lalter prosedingel bave ibowght 
nessesary to adverles Yowr Aonors wiih some spced, and that ther by it maye appeer a 
belter dessposesyon in tlie Dewecke lo eomc lo some good ende ihan ther is in some 
otbers that be abowl bim. 

This sessingc lo trobill Your Ilonors any fordher for ibis présent, onely weshynge you 
contcnewall hellli wilh ihe acomplcshcment of al yowr honorabill dessyers. 

Wrilten in Andwerpe, tbe fyerst of Februarii 1570. 

[Record office, Cal., n' 1533.) 



MMCXLVII. 

John Filz-fFilliam à Cecil. 

(Anvers, i" févkikr 1571.) 

Francis Norton est dùsposé a servir les intérêts d'Elisabeth. — Le comte de Westmoreland est, dit-on, 
fort enclin à solliciter sa grâce. — Prestall intrigue avec activité. — Léonard Dacre est à Anver». 
— Le duc d'Albe a congédié neuf cents cavaliers italiens. 

Ryghl honorabill, My bondant dewelty consedred unto Your Honor as appartaynelh. 
My lasle unto llie same was of ihc xxvii"' of janyure, ther by geving Your Honor to 



48 RELATIONS POLITIQUES 

undcrstande of soche acorranltes as ihen weer Iiecr, of ihowes soidyears whielie iFie 
lowen of Hambouinhe slode in feer of: il seinelh iiowe lo liave beii withowt cawsse, as 
lliaye now wrytle from thence. 

I adverlessed Your Ilonor of Jolin Hambillton, a Skotl, lliat had confrance witli 
M' Francis Nortion, wiiowe llie said M' Nortlon had a good oppenynn of; but, upon thaï 
I advyssed him to eonsclher he had lo délie wilh a Skolt lo ihe whiche small credett is 
lo be geven, he haih sens fownde ihe said Ilambillion lo be bnl a dissembler, and is 
sony ihal lie conseved any good oppenyon of him, and woldebe lothe to doany ihynge 
liial woldc hinder his former sewetl. 

I allso infowrmed Your Honor of my Lord of Westelhomberland, whowc, and if he 
inyght be sewr of Your Ilonois frendshipo, wolde be a moste umbiil seutter for pardon, 
lie dolhe wolly bende him seilfe ihat waye, repenlynge his former oiïence, and secketh 
ail meens lo siiew a good will lo ihe Queens Majesiye and his contre, and, persevinge 
aiiy ihynges menl clher to Her Majesiye or contres, he will geve it lo understande, and, 
if lie maye by any meens obinyen ihe Quens Majesiyes moste grassyes pardon, he will 
nevcr resseve any pensyon of forrcn prince, whiche other wyes nessesetty will drive him 
10 il, yet conlenewe an engleshcman in baril, lo be at Her Majesiyes comandement : 
wliether it be nessesary for Her Majesiye to reseve any of ihem home upon ther sub- 
missyon, il maye plesse Your Honor to eonsether. 

I serteffyed Your Honor of Prestall relowrne helher owt of Skotllande, whowes hed 
is as fowll of devysses as ever it was. Soche as he can fyende to be of his faxsyon and 
iimor, shail lacke no perswagions to doo éveil. I dowt not but Your Honor shall undcr- 
stande more of hem by olhers. 

M' Lenard Dackers eonielh more to ihis towen ihen he halh ben acostomed, 
Prestall halh a good oppenyon of him, and ther fore the worsse lo be lycked. 

The Dewecke hère hntli disseharged ix° of his lyght horsmen eltallyans : ihaye ate 
niarchynge oon ther waye and bave ther payment; ther remayenelh hère but vii°, Tlie 
Spanyartles fotmen dolhe demcneshe seer, and mayne of ihowes lliat remayne, wolde 
fa) en be goen homewardes agayen. 

I bave no nolher presenlly to inlarge Your Honor of for ihis présent, onely weshyng 
tlic incresse oi your honorabill essiaetl, with moste perfect hellh and acompleshement 
of your honorabill dessyers. 

W relten in Andwarpe, the fyerst of februarii 1370. 

(Record office. Cal., n' 1534.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'AiNGLETEKRE. 



i9 



, MMCXLVm. 
Le duc d'Albe à la reine d'Angleterre. 

(AHVERS, il FEVRIER 1S71.) 

Négociation commerciale. — Affaire de la reine d'Ecosse. — Il désire consacrer ce qui lui reste 
de vie à rendre quelque service à la reine d'Angleterre. 

Très-haulte, irès-exccllente et iiès-puissaiite Princesse, xxiii de décembre en 

response aux miennes que j'avois délivré au S' Henri Cobham sur les escripls respec- 
tivement servis, acceptés cl signés des deux costels demeure en débat que le 

iiij° article seul, sur lequel je croy aussi , comme Voslre Majesté monstre avoir 

tiouvé bonne l'acceptation des derniers, comme j'ay aussi escripl au Roy mon maistre, 

que, selon le désir que , j'envoyeray de bien brief quelques pardelà pour 

s'il luy plaist, à leur arivée à ce que Vostre Majesté me dit de la récep- 
tion des leltres dudit S' Roy mon maistre avoit usé à l'endroit de la Royne a 

son passaige pour volunlé réciproque en vostre endroit et au bien de vos affaires. 

Et sur ce propos, Madame, puis que, par la crédence dudit Fitz William, Franiès 

d'Alava, Ambassadeur dudit Seigneur Roy mon maistre, de comm ledit Uon 

Francès l'auroit bien entendu ou s'il auroit dit plus ou ce qu'il a dit audit Ambas- 
sadeur, est, que voiant charge du Roy mon maistre de proposer à Vostre Maje>ié 

quelque chose tant de veoir la vostre et ladicte Royne d'Escosse hors de peyne . . . . , 
intercession fût agréable à Vostre Majesté, elle y entreviendroit et sans y pré- 
tendre aucun intérest ou proullit particulier sien ladite intervention, et luy pleust 

m'advertir de son intention davantage, la vostre m'y vouidra mander, et le meilleur 
office qui .... me reste de vie, je peusse servir de quelque chose à Vostre Majesté '. 

D'Anvers, le v" jour de febvrier 1570. 

{BriÙKh Muséum, Calig., C. Il, fol. 152.) 

' On voit par une lettre de La Motbe, du 17 février 1571, que la comtesse de Norlliumbcrland se 
plaignait vivement de trouver le duc d'Albe devenu si froid en tout ce qui toucbait la défense des 
rntboliques et les intérêts de la reine d'Ecosse. 



Tome VI. 



50 RELATIONS POLITIQUES 

MMCXLIX. 

John Fitz- William au comte de Leicester el à Cecil. 

(Anvers, S février i&H.) 

Récapitulalion de» lellres précédentes. — L'envoyé du duc d'Albe recevra immédialemeiH 

des instructions. 

Ryghl honorabill, My mosie bondant dewelty unto yow as apparlaynelh. iMy laste 
iinto llie same weer of the xw!!"" janyiire and fyersie présent, by lliat of ihe xxvii'" 
.«yngneffynge unto Yowr Honors howe I bad proseded for a ressolewett answar of 
tbe Duke, what aiiswar I bade, and howe, afier I liade tlie same, the Duke did cawsse 
llie Conseil to conselber forilier of il wben it, was undersfaïuie tliat I wolde deparl 
with tbe same. By tbat of ibe fycrslc, I syngneffyd unto Yowr Honors howe tiie Duke 
and Cownsell bade otherwyes ressoived, and tbat to cometl some nian lo corne over 
with comessyon to ende the matlers in conterversse, and allso to dereclt bis letlers unie 
tlie Quens Majestye lo thaï effectt, by ibe wiche il myghl appeer His Exsellence to be 
rcdy to doo ail thynges convenyanl for tbe maycntenanee of tbe ainctty bettwen Hcr 
Majestye and ihe Kynge Catbolequye, allso tbat His Essellence hade ratber ihal socbe 
as hc sbowide coniett, sbowlde go with me ihen tbat i sbowlde deparl beffore, I con- 
sentinge to larry so as some deilygent exspedesbon myght be uscd in bis desspacbe, 
wbicbe Mons' d'Assonvell said sliowld be. 

Tbe iherde présent, I reseved Yowr Honors leiter of tbe xxvi"" of janyare, and llial 
by underslandeiniie Her Grasses plesure, witli Yowr Honors border, howe lo use l^lie 
same, wbiche notwilhslandinge tbat I bade soche answar as was agrcabill to some 
resson, yel wher it was meit, I did geve it lo nnderstande howe moche Her Majestye 
was desspicssed with iher longe délayes. Il was apparant, afler thaye understode wbal 
was wrellen unto me, ihal as weil llie Duke as the Cownsell tbowgbte il nielt becawsse 
the comclly cowlde not be so soon redye and bave bis comessyon, to sende tbe Dukcs 
letler with some spede belTore, for ihe belter satesfaxsyon of Her Majestye lo serteffye 
of ther detarminassyon, the same beiiige sent nnlo me by the Dukcs order lo sende by 
some sewer messengcr, wbicbe I bave ihowgbt good lo sende unto Yowr Honors with 
ibis inelosed. Mons' de Nortearne sendinge for me when he came from ibe Duke to 
undersiande wheiber I hade tbe said letler, ihe Duke bade so charged bim, he allso 
said ibat tbe Duke bade geven order ibal the nexl daye he showld be sent for lo tbe 
Cownsell thaï showld be cometied and to undersiande his charge, but wolde nol leiie 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



S4 



me uiidcrstiinde his namc, ncthcr whelher iher showld be more ihcn oon; and, if I sliail 
persevc any délaye for llie dcaspache of the said cornette, [ will wiiliin thre dayes 
rcquier lessence to départ. 

(lavinge no noilier presently to trohill Yowr Honors withail, onely weshyng ihe 
aeonipleslicmi'nt of ail yowr lionoral)iil dessycrs. 

VVretten in Andwarpc, the v'" daye of febniarii 1570. 

(Record office, Cal., n' 1535.) 



MMCL. 



Le duc d'Elbe à don Guérau d'Espès (En chiffre). 

(Anvers, 6 février 1S71.) 

Pirateries. — Négociation avec les commissaires anglais. — H a reçu une lettre d'Elisabeth et y a 
répondu. — Il ne croit pas qu'il y ail quelque chose de sérieux dans la négociation pour le mariage 
du duc d'Anjou avec Elisabeth. 



Ayer mande a Alhornoz avisase a V. M. del recivo de sus dos carias de xxii y xxvi 
de encro, con que rccevi miicha mcrced, y liavicndo entcndido por la una délias lo 
que V. M. avia iratado accrca de las dos charmas, he ordcnado que se escrive luego a 
llolanda para que vengan aqui los ducnos, y, venidos, ordenare que vaya uno dellos 
a ese rcyno a dar razon de lo que cra, y V. M., como lo ha començado, procurara se 
les rrestituya loda su rropa. 

Ya V. M. havra cnlendido los diclios que ha qu'esta aqui uno de los comisarios 
iiigleses, enlcndiendo cllo de la rrestitucion y havieiidose dado y tomado en el negocio, 
se ha llegado al pimto que conviene, de manera que yo quedo mirando las personas 
que havran de yr ay por parle de los mercadere.s para hazcrse cntregados de la rropa 
y que, por su orden conforme a la insirueion que llevaran, vayan rrcmitiendo a sus 
dueîios la que venia aqui y la que yba para Kspana, porque por el apunlamiento que 
esta hcclio, cllos han de ser los primcros a rresdiuir. 

F^a Keyna m'eserivia los otros dias una caria sobre cicrta plaliea que Don Franees 
luvo eon su embaxador en Francia. He le rcspondido lo que V. M. vera por la copia 
que va con esta. Pero no conviene en ninguna manera del mundo que V. M. haga 
semblante de lener la dicha copia, ni tampooo tratar direle, ni indirelemenle en c<)>a 
que loque a la rrestitucion, porque qualquiera occasion por pequeila que sea la tonia- 



m RELATIOINS POLITIQUES 

rail por achaque para rromper la platica y coii solo dexarse V. M. esiara. Veremos el 
fin d( sle negocio o la intencion con que esios caminan ; y V. M. sea ticrio que ello del 
casamiento de Anjou que son todas palabras de enirelcnimienio y qucrer poner zelos a 
Su Mag"*, a quien se embiaran lucgo las carias que han venido de V. M. 
De Anveres, a vi de hebrero 1571. 

{Arehnes de Simancas, Estado, Leg. 823, fol. 222.) 



MMCLI. 

John Fitz-fVilliam à Cecil. 

(Anvers, 6 février dS7d.) 

L'envoyé du duc d'Âlbe sera M. de Swevcghem qui a déjà été en Angleterre. — On dit que le docteur 
Fonck prendra la place de don Guérau d'Espcs. 

Ryglit bonorabill, My bondanlt dcwetly consedrcd as apperlayneih. After that 1 liad 

iiicloscd my leller with tlie Dukes icllcr unio my Lord of Lessiester and Your Honor, 

Mens' D'Assonvell sent for me, and was onely (o niiderslande wellier I liade reseveyed 

ilie Dukes iellcr unio ihe Quens Majestye, for ihat tbe Dewecke hade gcven grelt 

charge ibal it showld be delyvered me, ihat it myglit be despacbed wilh some exspc- 

deshon : be said unto me ihtil tbe Dewecke bade scnl for oon wbiche sbowlde rest'vc 

comessyon lo goo over acordinge as tbe Dewecke batb synjineffyd unto Her Majeslye 

ibal be wolde sende. I woldc bave bade ibe name of tbe pcrson at Mous' D'Assonvell, 

but be wolde not déclare it, but parltingc from bim I met witb oon wbowe hade 

underslande by oon of iMons' D'Assonvell clarkes bowe tbe name of bim ibat was sent 

for, is Mons' de Sevcgame, in Flamiars, a genlcllman of good crediti, and balb ben in 

Eynglandc beffore lyme : it semeth ther sbal be no délaye in tbe sendinge of oon, by 

tbat I cowlde Icrren of Mons' D'Assonvell. Doctter Foncke that was in Eynglandc witb 

tbe Merkes Vetlelle, shall sbortly be sent to tackc tbe plasse of ibe Spayenisb Ambasc- 

lowr. Underslandinge ibis niocbe befîoie tbe departting of ibis messenger, I tbowgbt 

good to syngnelTy tbe same unto Yoiir Honor. AUso Mons' Albernos, the Deweckes 

Stcrelary, sent me this packeit to sende for to be delyvered to the Kynge of Spayens 

Embasetowr. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



83 



This scssynge lo irobill Yoiir Iloiior any forilier, onely wesliynge the same (lie 
iiicresse of lionor wilh (hc acomplcshcmcnl of ail your honorabill (Jessycrs. 
Wretlen in Andwarpe, ihc vi'" of febiuarii, 1570. 

{ne<:oid office, Cal., n* i 544.) 



MMCLU. 



Don Gttérau d'Espès au duc d'Albe. (En chiffre. — Analyse.) 

(Londres, fi et 10 FfcvniEn 1871.) 

Les avis se sont modifiés en Angleterre. — On compte sur Louis de Nassau pour la conquête des 
Pays-Bas. — Pirateries. — Commissaires nommés pour la vente des marchandises séquestrées. — 
Persécution contre les catholiques. — Armcincnls de M. de Lumbrcs. — Projets conlre les Indes. 
— L'autorité dont il jouissait est bien affaiblie. — Affaire d'Irlande. — Requête du comte d'Arundcl. 

Que alli esperavan al Conde Liidovico con hasla die/ naos de la Rochela, que se dize 
eslan miiy en orden y a los robos que liazen respondeii niuy Iriatncnle, creyendo que 
l'stosy olros lorecdores seni causa de que todo se baga en Flandes a su voiuntad, y que 
siii resliluir mas do lo (jui' oiïrescen y quisieren, se abrira el eamino y callaran lodas 
las oflensas, y adviirtc que, sino se rcmedian los nialcs y robos que se hazen algan dia, 
sera de notable dafto, y assi conviene mirar en ello y prévenir anles que Franceses lo 
estorven, por que los del Consejo solo atienden a lornar a rebolber los Eslados de 
Flandes ; 

Que los piratas bavian tomado ultimaniente olras seis ureas que venian de Flandes, 
y andan tan désvergonçados y sin freno que bavian peleado con 1res naves espanolas 
cerca dcl Cabo de Santa-Elona, de la ysia de lluic, y qucdando los cossarios maltralados 
reforçaron la génie en la diclia ysia y bolvieron a las naves y las lumaron y llcvaron 
a ella ; 

Que se liavian nonibrado seis eoniissarios para veiidor las mercancias quequedan en 
scr de vassallos de Su Miig'', en la quai venta nndava niuy fognsoel Coude de Lesesler, 
pensaiido aprovceliarse niucho délia ; 

Que ago.sa persigutn mas que nunca a los eatbolicos, y havian prendido mucbos 
clerigos ingleses que secrotanu'iue dczian niissa, y liecbo gran pesquisa contra los que 
bavian ganado cl jubileo, y, al salir de su posada pren lieron, el dia de la Purilicacion, 
quatre o einco Espanoles, los qualcs rescalo por dincro el Obispo que se dize de Londres; 



U KELATIOINS POLITIQUES 

Que Mos. de Lumbre armava la navc espanola que toino, y Barlholoma Bayan con 
cicrtos adermanes y el doctor Nunez arman otias dos navcs para el comercio de Guinea 
y las Indias de Su Mag"*, que eslarian en orden dentro de quinze dias, y que la nave del 
doctor NuFiezesta caigando en el Marques de Ayamonle y acudiendose luego alli podria 
ser tomalla ; 

Que un Thomas Hujot, mercader rico y grande herege, embiava una nave con panos 
a San-Juan-de-Lus y que convernia mucho se prendiessen el y sus criados que hablan 
bien espanol por que piensan sobornar lambien las guardas que podran vender su 
mercancia ; 

Que los de Piemua havian arrestado très urcas en virlud de la proclaniacion o orde- 
nanza que la Reyna hizo en vj de enero : que todos los bienes de subditos de Su Mag** 
se arreslasscn de nuevo. Las urcas yvan cargadas de azeyte, vino y sal, y entre todas très 
lit-nen mil y cienl toneladas; 

Que un pirata llamado Richarl Amon, de Salstacio, que es junto a Piemua, havia 
tomado una navc de Anvers muy bien artillada y muy rica de especeria, dinero y otras 
CDsas, la quai estava en la ysla de Sorlinga, y havian ayudado a tomarla très cossarios 
franceses, que yvan a Indias con quatro barcas y una pinaça y una fregata ; 

Que entre estas maldades y ruin procéder es de mucha desauctoridad su eslada alli, 
y padesce mucho porque no le proveen su ordinario, ni exiraordinario, y a este proposilo 
ai'uerda que, pues don Frances se ha de venir, siendo servido Su Mag*", podria mandarlc 
a el que sirviesse en su lugar y llevaria su muger y crée que haria servicio a Su Mag"*; 

Que a Cresmas, criado del Condo de Lesester, se havia dado marca conira Porlugueses 
por los dos navios que se delienen en Lisboa, ya se havia entregado de la ropa de 
todos los Portugueses; 

Que irlanda rentava ochenta niill libras y mas, pero que de dicz aBos a esta parle 
reuta solamcnle xx", con el servicio del vino que no es ordinario, la quai diminucioii 
ha proccdido del ruin govierno ; 

Que la Reyna se quexo al Embaxador de Francia de que Franceses se entretienen 
en el eastillo del Conde de Dezmont en Yrlanda y forlifican una ysla pequena que esia 
delante del, eneargandole que escriviesse al Rey los mande salir de alli ; 

Que el Conde de Arimdel suplica a Su Mag"" haga mereod de un canonicalo de la 
Seala que vaca a un clerigo milanes que le hizo alli buena compaîiia, cuyo nombre 
aun no le havia embiado, y el Embaxador aniepone para el canonicalo al Doclor 
Juan Florano. 

(A rchives de Siniancas, Eslado, Leg. 825.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



m 



MMCLIII. 

Message du duc d'Àlhe à la reine d'Ecosse. 

{H FtSVBIER iS7l.) 

Li! duc d'AII)c l'engage à se méfier des niiiuvai.s conseils de ceux qui l'cnlourenl. — Il désire lui élrc 
utile et est déjà intervenu en sa faveur auprès d'Elisabeth. 

Ce que le S' llamUton déchirera à la Royne, sa mahlresêe, en vertu des lettres 

de crvdencc du Duc. 

Que si bien elle n'a en les corres|)ondcnecs si coniiniiellcs et si otiverles de Son 
Excellenie comme elle l'enst peu désirer, ce n'a esté à f'auite d'avoir ses aiïaires en 
mémoire et de bonne volume à l'endroit d'icelles, mais pour la façon de procéder et le 
chemin (|u'ont tenu les ministres qu'elle a dernièremciil employé, tant icy qu'ailleurs, 
lequel Son Excellence n'a peult juger tendre tant au bien d'elle, comme de leur parti- 
culier. Ce que voyant, force luy a esté d'aller lousjours retenu en leur endroit, et non 
s'eslaigir vers eulx à donner conseil, faire oiïiees cl autrement, comme il luy eusl bien 
semblé convenir au bien d'elle. Et que toutesfois cependant, il n'a délaissé de faire ce 
qu'il a peu pour le service de ladilte dame, par la faire assister d'argent, le faisant 
délivrer à eulx-mesmes puisqu'elle le vouloil ainsy, par recœuiller ceulx qui se récla- 
miont d'elle, et autrement en ce qu'il a peu, sans passer à chose dont ses ministres 
eussent peu faire mal leur proufit au désavantaige d'elle, tant que Son Excellence eust 
moyen de l'en désabuzer et luy faire représenter les ineon\énîen8 que luy peuvent 
suyvre à s'appuyer et addonner au parly que ses minisires luy tâchent de persuader, 
dont le succès luy pourroit esire tel que de sa vie elle n'auroit ung jour de repos. Qu'il 
luy importe d'entendre que tels luy parlent beau et promettent beaucoup, qui ne le 
font pour l'amour d'elle, mais pour leurs propres desseings; et du costel de Sa Majesté 
Catholicque l'on ne prétend intérest, ny qu'elle se marie au goust de Sa Majesté, mais 
s(;ulement qu'elle puist estre paci[ic(|uc en ce que luy ap|)arlient et que les choses se 
guydent de sorte que l'on en puist tirer une concorde, quiétude et bonne voisinancc, 
sans préjudice de la Religion Catholicque que Sa Majesté sçait bien qu'elle a tous - 
jours à cœur, comme aussy Sa Majesté ne se vouidroit de riens entremettre oii ce 
point ne demcurast saulf, ei que jà se sont commencé à faire quelques bons olIiccs 
vers la Royne d'Angleterre, comme il ha entendu, lesquels l'on espère povoir con. 
linuer avecq meilleure conjuncture et effect à ccst heure que l'on est quasi d'accord 



86 RELATIONS POLITIQUES 

avecq ladilte Royne pour la restitution réciprocqne des choses arrestécs d'une part 
et d'autre. 

Jehan Hammiltoun. 

(Archives du Royaume à Bruxelles. Nég. d'Angleterre, t. IV, fol. d78.) 



MMCLIV. 

John Fitz-fFilliam au comte de Leicester et à Ceci/. 

(Anvers, H février 1871., 

M' de Sweveghera n'est pas encore prêt à se rendre en Angleterre. — Plainte du duc d'Albc 
au sujet de certains actes de piraterie. 

Righte honorable, My moste humble boundene dutyc considered unto ihe same as 
appcriaynethe. My laste unto Your Honores, of the firste and fifte of ihe présente 
montlie, 1 truste Your Honores haihe rcceaved, by ihe firste signefyenge unto 
Your Honores howe the Duke of Alba had resolved aswell for to wrile unto the 
Queene's Majestie as aiso to scnd over some persone of knolledge with suffysyenle 
comyssyone to flnislie suche différences as yet seemed to be for ye matière of rcstelu- 
cinn, and that the Duke's désire was that his cometty mighte départe with me. And by 
myne of the fifthe I sente unto Your Honores the Duke's lettere unto Her Majeslic, 
and sygncfyed unto Your Honnores howe carfull the Lordes of ilie Counscile weare 
to hâve the sayd lelters unio Her Majestie sente, with some speche shon. I could 
not then signefy unio Your Honnores sertentie whom should be the cornette, sensé it 
iiathe bene declared unto me be Mounsere de Sevegaine in Flanders, and is sente for, 
whome hathe bene in England befour this from ye Duchés of Parme beinge régente 
heare. Olher cometty liiey did not nomenate unto me, but as I understand M' Fcasco 
hatiie byne commissioned with ail to corne with the other, and hath alledgede sertene 
excuses not to com, yet is it thoiighte in th'ende that he will acconiplish the Duke's 
requestc, at this présente. Mounsor de Sevegeme was not yet corne, but owerly looked 
for. Supposynge that the cause of his the longer tarrienge for is to sette himselfe in 
redynes, and some cause maye be by reasone of the greate wateres come by the snowe 
so as it is evelle passyage without daungere in many places. Notwithslandinge the said 
commele not cominge ihis daye and that he maye bave his dispatche the next daye, I 



DES PAYJ 



ET DE L'ANGLETEKRË. 



JJ7 



wille repare lo Mounsor de Norlhecaine and signefy unto liim ihal, as I havc nothinge 
lo doe lieare, so il is necessary for nie lo départe, perceaving no more redynes in ihe 
dischargc of ilie comète. Yet I liopc tlie Uuke's letterc liallie geven siicho salysfaclione 
unto tlie Queenes Miijeslic and Yoiir Honores as ilie lyme I liave since spentc in 
larrying wilLe noe ollenee : by tiial I cane perceave tlie Duke is conlerited tliat ilie 
Queenes Majestie's subjccts sliall passe witFiouie anye pasporlcs iliorouglie thees Lowc- 
Contreyes. Theare liallie byrio suilc made l'or pjisportes, ilie Duke's answcr hatlie i)\ne 
that (h(;y slinll need none, and ihis haliie Mounser Dassonvei dcclared unto me, atid at 
Duiikci ke theare hathe divercs englyslie niereiiantcs passed witlioute pasporte. 

VVhill 1 was wriiynge ihes fewe lyiies unio Your Honnores, liaving but shorle war- 
nynge of the coiivoyeres departyhge, Albcrnos the Duke's secrclarye, sente for me, 
siiyeiiig tiial it was geveiie to undiTstand unto the Duke howe thaï a marchant's shipe 
(■(imynge from Lysborne ladene for ilie Kynge's subjeeics, and aiso one other shipe 
arrived, and is one of ibcm thaï werile to convoyé the Qucene into Spajne, bothe in- 
iringr into the eylie of Wighle, wilii (lie conveiite of them of tiie eylle or oiïyceres of 
the portes, havinge byne in fowi(! welher to victuell them selves , after lliey weare 
entered, weare arresled, which seemeiiie unto the Duke sonjwhat strangc, consideringe 
in whiil good termes ilie Kinge Calhoiycke standcihe wiih the Queenes Majeslie for llie 
niayntenance of the oki amytye, and tiie Duke redy to doo al thinges thaï sliall sec me 
necessarye to bringe the long différence to a good ende, as by his iellcres unto lier 
Majeslie lie hallie signefyede : heaicof lie thoughte good ihai I sholii advertis Yitir 
Hoiiors tliat tlieariii suehe ordere mighte lie takeiie as niightc he mosic agrecahie lo 
iliai good mciinilige.lhat is- in hande to résolve aiul agrée iippon ilie former différences, 
I answercd hini llinl I understood iiot of any suehe shipes slayed; but, by reporte of 
sonic lliat had advyse thearof, it miglit be doue by the offyceres lyll tliey kiiewc ilie 
Queen's iVlajestie's pleasure, or else perceaving the long délayes heare in rcsolvinge 
for the matières in diffeierfce and doublefull what aunswere wold corne : ihe lelteres 
sente froni hence of the tirst»; présente, nelher yei of ihe fyfie weare nol corne then lo 
jour bandes, by ihe which it myghtcî appeare wliatte the Duke hade resolvcde. Nol- 
wilhsiandinge I wold wiih tins messenger signclie unto Your Honores what was 
advertyssed of tlios shipes. He sajd more ihai theare weare noecnglishe shipes delajned 
or anested heare sir.ce the firsle arresie; but, and yf any came in by fowle wetbere 
iippon suckere, uppon ihal declaraiion ihey weare suffeied to départe wilhoul any 
ti (luble. This mcsscngere beiuge ledye lo départe, is cause thaï I cannot inlarge ^ oiir 
Honores any other for this présente, onely wisshing Your Honores ihe conlynuance of 
niosl perfeel luallhe witlie the nccomplyslR'iiiente of your iiononrable dcsyres. 
VVrittcii in Antwerpe, the .\j"' of feiiruary 1570. 

(British Muséum, llarley, n' 285, fol. 5; Galba, C. IV, fol. 5.) 
Tome VI. 8 



58 RELATIONS POLITIQUES 

MMCLV. 

Don Gvérau d'Espès au duc d'Albe (En chiffre.) 

(LONDRKS, 12 FÉVIIIER VÔ1\.) 

Actes de piraterie. — Il serait bon d'avertir le roi de Portugal. 

Despues de Iiavcr dado al correo cl despacho deste dia, lie tnlendido por carias de 
Plcmiia, de viij° del présente, que a los iiij° del entraron delanie aqucl puerlo 1res un as, 
las qnak'S pensando que el ticnipo les serviria, estuvicron siempre fuera hasla los vij, 
que les fue forçado enlrar del todo, y los de Plemua las liaa airoslado por viriud de la 
proclamacion que la Rcyiia liizo en seys del mes passado que lodos los bienes de sub- 
dilos del Rey nucstro scnor fuessen detcriidos. Los nombres de las dicbas ureas son la 
uren nombrada cl Jorge, de A\'alarluml, maeslrc Rom Roguladison, de quinientes tone- 
ladas, que esta cargada de oclienta pipas de azeite, ciento y quarema cueros de vino : 
la resta délia es sal. La otra nombrada S'-Sebasiian, macstre Lnrrique de Mcllanson, 
de Guatorland, de irczierilas loneladas, que esta cargada de sesenla pipas de azeyie, 
cinquenta cueros de vino y lo demas de sal. La otra nombrada el S'-Andres, de Aslre- 
dam , macsire Nicolas Lucas, de porte de irezienlas toneladas, cargada de ocbenla 
pipas de azeite y oclicnta y quairo cueros de vino. 

Tanibien se enliendc por la dicha carta de viij°como un pirata que se llama Ricbart 
Amon, de Salslavo, que es junlo a Plemua, lia tomado una nave de Anvers, que venia 
niuy bien arlillada de bronce y otra artillerie, y la lia llevado a la ysia de Sorlinga, 
adonde la tienc : dizen es muy rica assi de especieria como de dinero y olras mercan- 
cias, y que ban ayudado a tomar los navio.s que han salido de Plemua para yr a Indias, 
que son Frances Drali con una barea y una pinaça, Tristan Mcinart con una barca y 
una fragata, que el viaje passado tomo a un Espanol, Trenel de Fatencs y Thomas 
Ilerus con dos barcas, que aun no scm parlidas. 

Vuestra Excellcncia mandara embiar copia desia a Su Mag'' para que pueda niandar 
poner ordcn en cllo y avisar al Rey de Portugal, de manera que las dicbas naos no 
buelvan de Indias, y yo aqui (aunqiie aprovecba poco) nie quexare dello a los del Con- 
scjo. Esta va con un correo que despai han algunos mercaderes para que los michacles 
avisen ay a las parles. 

De Londres, a xu de encro l.'J7l. 

[Archives de Siniancas, Estado, Leg. 825, fol. 23.) 



DES PAYS-HAS ET DE L'ANGLETEHIŒ. 



S9 



MMCLVI. 



John Fitz-f^nUiam au comte de Lekesler et à Cecil. 



(Anvers, M fëvbikr 4871.] 



Plainte du duc d'Albc nu sujet d'actes de piraterie. 



Ryght lionorabill, My moste boiulani dewelty unio Yowr Honors as apperlaynrili. 
My laste iinto ihc saine was of of ihe xi'" présent, syngneffynge of my forniar letters of 
lliy fyeisle and fyvelh wilh tlie Diikes letttr unto llie Quens Majesiye, allso (liât as I 
was wryttynge of my said leitcr iiiilo Yowr Honors, ihe Dukes Secrelary sent for me, 
saingc tliat il was geven lo undersiande unto tlie Dewecke howe iliat a merclianlics 
sliipe comynge fiom Lysbon, laden for llie Kynges siibgtciles, and allso oon olhcr shipe 
oon of them thaï went to convoyé the Qucn into Spayen, i>otli entryng into tlie isll 
ofWyghl, by consent of the offessorsof tlie porltes, in consederassyon of ther nessesitics, 
to vetayell and rcpecr thcmselves, afler thayc weer cntred, weer ther arested, whiclie 
semeihe unto the Duke somewliat strange, eonsederinge in what gool termes the 
Kynge Catholcque standeth "witli ihe Quens Majestye for ihe maycnienance of the owlde 
ansyaiit amettye, and the Duke redy to dowc ail tliynges thail semé nessysarrc to bringc 
the longe deffrcnec lo a good cndc, as by his letters unto lier Majestye he ballie S)ii- 
gnelTyd , hère of he thowght good thad f showlde adverics Yowr Honors thaï ther in 
soche order myghl bc lacken as myghl he moste agreahiil lo ihal goode méninge thaï 
is in bande to rcssolvc and agre upon the formar deffrcnccs: wliat I answarcd, I allso 
syngneffyed unto Yowr Honors, noi dowthinge but Yowr Honors soche order shalbe 
lacken for the relcsse of the said shipcs or any olber ihat by ncssesylle sball be forccd 
lo corne into any of the Quens havens, as iliaye shall bave no cawsse lo ihenck ilt but 
ihat sball be don to be don by good resson. I bave been requested lo wrylt unto Yowr 
Honors this moche of the elTecte of my laslc Iclter, tochinge tlie saine of the sliipes, hsic 
my said lelter showlde miscarry. 

Havinge no noiher presently to iniargc Yowr Honors of, onely weshinge the incrrssc 
of yowr honorabill stalles, wilh the acompleshcment of yowr honorabill dcssycrs. 

Wrcilen in Aiidwerpe, the xu"" of fibruarii 1570. 

{Record office, Cal., n* 1552.) 



60 RELATIONS POLITIQUFS 

MMCLVII. 

Don Gvèrau d'Espès au duc d'Albe (En chiffre). 

(LONDKES, VA rf.VKIEK iti1\.) 

Pirateries. — Projets diriges contre la flotte des Indes. 

Esta manana rccibi la de Vueslra Excellencia, de vj del présente, y iiallando la 
oporliinidiid destc coneo que Phelippe Asseliers dcspaclia, doy aviso del reeivo, cou 
significar a Vuestia Exccllenza que uno del Coiisejo me liavia avisado ya de la caria 
de Vueslra Exccllenza para esta Reyiia, la quai les ha pueslo en mill iniaginacioiics. 
Todavia se resiielvc mas n la rcsiilucion que solia, y lian deterniinado de tener Parla- 
mento passada la Pasciia , conlinuando siempre el (ralado eon el de Anju y alargando 
cl de la Reyna de Escoeia. 

(]on el coneo de ayer di aviso a Vueslra Excellencia de que las urcas que liavian 
lomado los piratas en la isia de Huic, eran Ires, la una dio ya al iraves, a la nave de 
Asseliers delicncn, pero no la ban deseargado aun. De las 1res que enlraron por for- 
tuna on Plcmua, la una lian iraydo a las Sorlingas, y de olras dos soy avisado ban 
aporlado por la misma forluna a Bristol. Yo tengo honibre lodavia en la Corle, para 
procurar que las meicancias que en cllas venian, se conservcn. De lo que succedierc, 
dare aviso a Vueslra Exccllenza, y eslare con el sileneio que me scnala. 

Bayon, aquci Porlugucs, como de Espana no viene a su gusio la respuesla, anda oira 
vez para lomar la carrera de Indias, y convenia sacarle délia, y aunque lo procuro por 
muchas vias, no se si sera possible. Tomas Coban me ofTrescc que, si viene una cbar- 
riia a Coimboing, que es a la salida desie rio, que el tomara preso al dicho Porlugucs, y 
le enlregara al capitan de la cliarrua, y despues se conlenlara con alguna saca de paiïos 
para Espana : sin cl parescer de Vueslra Exccllenza no se emprendera, y me liara 
mucha merced en mandarme dar aviso del. Nucstro-Scnor, etc. 
De Londres, a xiij de bcbrcro 1b7L 

(Archives de Simancax, Eslado, Leg. 823, fol. 25.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. CI 

MMCLVIII. 

Louis de Nassau à H''ahm(jham. 

(La Rocrelle. 14 février 1571.) 
Rcincrcimcnts. — Il assure de son dévouement la reine d'Angleterre et Walslngliam. 

Monsieur, Il y a ici longtemps que monseigneur le Prince d'Oranges el moy nous 
ressemons grandemeni honnoiirés dos faveurs qu'avons recciis de la Royne d'Angleterre 
vostre niaistresse, pour lesquels nous nous confesserons toute nosire vie tant eslmiclo- 
nient obligés (|u'elle ne nous commandera jamais chose, (luele qu'elle soit, à laquile 
obéissants nous ne recevions de plus en plus augmenlaiion d honneur et faveur de .-a 
pari pour luy estre irès-humbles et très-obéissants serviteurs. Ce que nous ferons 
paroisire (Dieu aidant) par eflect, toutes les fois que, l'occasion el l'opporlunité soy |)ré- 
senlant, il luy plaira de nous honnourer de ses commandemenis pour son service, 
comme aussy je seray fort aise de vous faire cognoislre le désir que j'ay de m'emploier 
en vosire eiidroict en ce en quoy vous estimerez que je vous polray servir, en recognois- 
sanee de la bonne affection que le S' de Tafïin porteur de cestes m'a dict et asseiiré que 
portez à mon dict seigneur le Prince et moy, sans jamais vous en avoir domié 
matière, ny occasion; mais ce sera quant il vous plaira me faire ce bien. Au reste, 
monsieur l'Amiral et moy avons donné charge audict de Taffin de vous dire de bouciïe 
quelque chose concernante le service de la Royne vostre maisiresse, auquel il vous 
plaira d'adjouster foy. Quy sera cause que moy remettant à luy, je feray fin, moy recom- 
mandant en vostre bonne grâce, d'aussy bon cœur comme je prie Dieu, Monsieur, vous 
tenir en sa sainete garde et protection '. 

De la Rochelle, xiiii' de février 1571. 

{Record office, Cal., n* 1553.) 

' Elisabeth favorisait secrètement les entreprises des Gueux de mer, que dirigeait Louis de Nassau. 
Burlcigh mandait par son ordre à Walsiugliam : « Si Louis du Nassau se met en relation avec vou.v, 

• Bssurcz-lc qu'il n'y a de notre part aucun mécontentement. N'cmpccliez ce qui se fait, en aucune 

• manière : on le considère comme trcs-urgcnl. • (Digges, p. 57.) 



ea RELATJOINS POLITIQL'ES 

MMCLIX. 

Antonio Fogaça à don Guérau d'Espès. 

(VliRS LE 14 FÉVRIER 1574?) 

Détails sur les forces inaritiraes réunies par Louis de Nassau et le bâtard de Brederode. — Projets 

dirigés contre les Indes et les Pays-Bas. 

Enformasao da viaje que faz o Comdc Llodovko irmao do Prince d'Orange 
e mais comfederados com arntada que faze na Roc/iella e outras partes. 

Sen imtemlo e desenho erai handar primeiro na parte de Flandes, Zelanda, Ollaiida 
e Frizia etn quoalquer dcsias parles que iiiilhor poileraô enitrar e saquear e fazer lodo 
dano posivill, e como souberaô aguora que este seu desenho era descuberio, su 
ulllima determinasao se irem seu caminlio e derrola, como lodos forem jumlos, da 

maneira siguienle Primeiraini'ule tem comsulltado e deler- 

niinadû antre elles e todos os dalliguo Flameiiigiios rebelldes de Sua Majesiade 
c Ingreses de tomarem seu caininho e derrola e darem nas iihas dos Asorcs e as 
saiiiearem e tomarem todollos mantimenlos e aitelharia que poderein, de que tem 
muita necesidat pera seu imlemto e cm especiall de Lronso; e dalli se irem a illia de 
Madeira e ilhas das Canareas e fazirem o mesmo e lomarein todollos vinhos que pode- 
remde que taôbem Icm muita failla; e dalli seguirem sua viaje e verdadeiro imtemto a 
Santo-Dominguo e alli se facerem fortes, e o mesmo na ilha de Cuba e como islo levirem 
se fazirem taôbem fortes tiao outra banda da F'Iorida: pera tolherem a navc que no sao 
d'Espanha bas frotas que délia vaô pera as partes das Imdias et asi atornada para 
Espanha o que poderaô muy faciilmenle fazer lomando a pose destas terras llevaô 
determinado de queimarem todollos navios que tomarem nas ilhas, em especiall nas 
Inidias, e o imtemlo délies he que naô aja outres navios na quellas parles mais que os 
suis e que lomando a pose dtstas terras mandaraô lloguo qua, por mais socorro o quoall 
elles lem pera sy Ihes ira primeiro que d'Espanha posa ir. 

E asi se emiende polio que elles dizem que Uevaraô seys mill omes arcabuzeiros e 
lodos jente muy eseolhida e a major parte délies que seraô Gascoes et Normandes e 
eslo afora os marinheiros , e asi se afirma que scrao nesta armada sesenta ou seienla 
villas porque se apunlaraô muytos navios imgreses e de Flamemguos. 

Hum orne que aqui faz secretamente os ncguoceos polios desta comsullta despaehon 
avéra très dias outre orne a Rocbella com avisos que Ihes daa pera os mais animar pera 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 63 

esta viaje dn reposta que liie fui niaiidada o .sabcremos (aôbcm llogtio (odo c se fan 
cousa que importe dciremos lloguo aviso coii dellijçencia. 

E coino todallas cotisas dcsla vida sa6 iiiiceiliis e que o deseidio destos se poilc 
inudar por aliguos iincoiivinieiiics, coiiio se iiiikIîiô cada dia outras l<nes, naô enib:ir- 
quamte esto nos pareceo (|iie iiau coinprianios eorno que devemos deixar de dar este 
aviso por a cousa csiar atoguera lida por miiy certa neste desenlio e imtcmto, c Sua Ma- 
gestade rcceba de nos esta boa vomtado e tenisaô con que o l'azemos como sempre sira 
em lodalhis cousas de su scrviço. 

Ncsle canall anda Moseur de Llumbres que se diz capitao do Principe d'Oranjo, 
com seis naos cm que emlra uma urea de sctecomtos loners, (en) feilos grandes 
roubos a vasallos de Sua Magestade (r lodos verndidos iieste rcino : oni Ile tornon 
sempre os manlimentos e ncolbido eni todollos portos dellos e nesta ribeira arman 
e boas naos eom loda a arielfiaria e monicôes que da Torre desta Cidat Ihe foraô dadas 
em aguoslo de (59, coino hc notorio; c a major parte da jenite que nelias Iras saô 
Imgrcses; este toinon aguora 1res urcas (|ue vogaô com mcrcadoria de Flandres para 
Espanba, esta a com esta pieza na baiba de Torres, donde dizem se ira a jimilar com o 
LIodovico. 

Estos dias pasados arribon aqui lircdoroda o bastardo ao porlo de Dobra eom 
Irimta e qtioairo villas de guerra, sejs grandes a capilainas de oilucenitos toneis e a sala 
capitaina de seyseemios toneis e as quates de trezemios e quoalrn ccnitos cada bua, 
dezioto zabras de vinile e cimeo e irimta e Irimta e cimco toneis cada liua, grandes 
navios de villa c de guerra e as dcz villas pcra com primicnio das trimta e quoatro 
saô de St'seraia oitonto e cem tones cada bua, c alignas de dozeinios, tem vcndido alli e 
nas dunas pubricamente aligna parte de Aizoïnda que roubaraô na costa de OUanda de 
navios que alli lomaraô e a outra mereadoria guoardaô que a naô qucrem veuderfiue 
parece a qucrem llevar consiguo pera as Jmdias, taôbem vcndcrao alli o derpojo de 
hua ilha que saquearao a syma de Ollanda em que cntraô muytas cousas de Igrcjas 
e polios celles andaô bivemdo nas tavernas, e asy se afirmoi que lem vendido mais de 
caoremta mill dallders. 

E porque Ibes fallta artelliaria e moniçoes pera porem bem en orden todas estas villas, 
desia Torre Ihcs llevaraô cem peças de ferro coado em que emtraô alignas de bromso 
e asy muyta poilvora e moniçoes : tomaô taôbem muitos Ingreses a que paguaô lloguo 
a quoatro ducados por mes, estos se apunlaraô taôbem como Llodovito, a este Brede- 
roda Ihe den hua dousa em Dobra, que estou a morte esta a ja milhor. 

E asi se diz que viraô de Dinamana e daquella parte a jumiarse con estes dez villas 
min bem em ordem afora as das Ingreses que se naô sabe ateguora quasias seraô que 
as da Rocliella aie o présente naô se emlemde aqui sevem mais de dez a lie doze villas 
e allguas délias grandes e muy bem em ordem e com muyUi arleibaria de bromso que 



64 RELATIONS POLITIQUES 

lomaraô a ano pasado nas diias naos vimzcanas e de hua délias fizeraô hum galleaô 
niuy fermoso que alli lem pera ir nesia companhia. 

Aguora manda o Brederoda hua zahra a Rochella com recado ao Llodovico e cm 
delligencia : aie guora se naô sabe a que do recado que trouxer e do que se asenlar 
sobre lodo este negoceo o saberemos lloguo. 

E porque atc guora se naô sabe a cerieza do tempo em que esta armada partira de 
qua e sera nas iihas des Açores, porque ja pode scr que selia en comjumsaô da venida 
das naos das Imdias, alli sera necesario terse visto gramde vigillaneia polio miiylo que 
importa, e porque na reposta que aqui vien da Rochella polio ome quella he mandado 
que nos saberemos lloguo o que he e se emtemdera mais particullarmente todo este 

neguoceo eo tempo em que iraô, avisarci lloguo em dellegencia Delivro a 

V. S. que se naô lenha eslo cm puoeo porque tenlio visto alignas cousas dcsla callidat 
que por se naô fazercm comta délias vieraô a dar desguosto e animo e contemtamiento 
il imiguos e em es|)cciall a Imgrcses, como por aguora o desta ilha que saquearaô cstos 
arriba de Ollanda, que avéra eincuo mes<"s que de! o aviso diso a Senhor Emhaixador, 
corne se avia de saquear por mndezcrem Imgrcses que o sabraô muy bem o Embaixador 
avison lloguo ao Senhor Duque Dallva que parece naô tene em nada este neguoceo. 

E asy que em quanio os que aguora aqui sao eonselho mandarem nunca dcixara de 
avcr cousas desla callidat e outras muytas mais desemçoes pollo grandisimo odio que 
tem a os calollicos, V. S. me lleve em comta o atrevimenio porque o gramde zeilo que 
icnho de scrvico de Dios e de Sua Magestade, me forsa a este dezir. 

{Archives de Simancas, Estado, Leg. 824, fol. <72.) 



iVlMCLX. 

Daniel Bogers à Ortelws. 

(Londres, iâ fkvhier 1.S71.) 
Félicitations et protestations d'amitié. 

Nihil n)ihi, Orteli humanissime, jam a multo tempore gratius fuit quam de tuis 
rébus intelligere, de tuoque statu certior esso. Dum enim Oratori in Galliis anglico 
operam navo, stepe, mehercle, cogitalio de salutc tua sollicitum me tenuit. Nunc vero 



DES PA^ 



IS ET DE L'ANGLETERRE. 



G3 



a plurimis pcregrinalionibus hoc accidit mihi juciindissimum ul, cum in Demetrii iiosiri 
sinus incidissem, abundc omnia de tnis cojçtioscerem. Mcnses jam 1res elapsi sunt < iim 
in Angliam de nfgociis regiis niissus esscni, cl nunc denuo cum Aula gallica Andc- 
giivi essct, iiiinc pcr cquos pegnseos in ejusdcm coniplexiis advolavi, cum, de liiinis 
luis ad me scriplis et ex Angiia ad me in Galiias missis, mentio facta est. Eqiiidctni 
doleo eas mihi non fuisse Iraditas, nam (piod petii, non lam honori luo quam nieo 
inservire videtur. Verumtamcii in Galiias statim est mihi rcdeundum, ubi lilieras 
tuas facile sum rcpertuius, iilisque quam cilissime responsurus. Gaudeo sane v< lie- 
menler in summis istis orbis concussionibus le de orbis ornatu lam quolidie laborare 
sedulo : illud tibi gloriam, poslerilali immensa conimodu procurabit non dubito. Quod 
si liic exemplar frontispicii tui essel, liceiet hic aliquid hulcre, qiiod ad le citius milte- 
rclur. Nunc ulro si ad tics scplimanas exspcclare |;oleris, eliani ante ad te Iransmilli 
curabo Luielia vel aliunde ex Galliis. Hœc ad le exarare volui, cum Dcmeirius no^sier 
tui mentionem facerct, qua> (pioniam mihi gralissima fuit, ad harum scriplionom me 
provocavit. IJtinam contin^'crei te alieubi salutare ul.libcrius et eommodius de luis mu^is 
eolloqui possemus, de nostris etiam, quœ jam latent et paris studiosau formidant lies 
bellicos strepitus. Scri|isi lamcn de veterum IJritannormn moribus et Irgibus com- 
menlariiim (|ui me egrcgie convenit, vidcoique mihi élaborasse aliquid quod doclis 
etiam placerepossit. Sed de his alias : haec oblata nientione tui nominis raptim desciipsi. 
Bene valc, suavissime Orteli, et ad nos per olium aliquid litlerarun) miitas. 
Londini, Trensbantum, febr. xv, 1i)70. 

{British Muséum, Harleij, «990, n* 48.) 



M.MCLXI. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Albe (En chiffre). 

(Londres, 10 et 18 rEvniEti 1371.) 

Mesure.^ violentes pri.scs contre les cotholiques. — Réponse de la reine d'Ecosse. — On attend Murlon 
à Londres. — Voyages d'un marchand anglais en Pologne et en Moscovie. — Il a fait rcmellre deux 
mille écus à l'cvéquc du lloss. — Mauvaises dispositions des conseillers d'Elisabeth. 



Haviendo scripto largo a Vucstra Excellcnra a los xii y xiu desic, en esta dire solo 
que el Pailamenlo se eonvoea (segun soy informado) para que consienla en la venla île 
los bicni's de ios Ingleses que estan auscnles del reyno, cstrechar con pena de la \ida 
Tome VL 9 



60 RELATIONS POLITIQUES 

y perdimienlo de bieries a los conirarios de su Religion y con las niisnias penas foiear al 
jurameiito que la Rcyna prétende y liazer dineros; y Sicel va mostrando una caila de 
ay que dize conio Vucslra Excelienza respondio a Prcstal, Ingics, que no daria socoiro 
a los Inglescs que alli eslavan con que atenioriza a estos olros. 

Las naves que corrieron a la manga de Bristol, son cinco o seys, y una bien rica que 
vcnia de Lisboa. 

Este plic'go, aunque va para Su Mag**, es para e! Secretario Çayas, en quele aviso de 
los negocios de Bartholome Vayan : a Su Mag"* scrivire con el ordinario de la feniiinn 
que vicne. 

Con esta embio copia de la que la Reyna de Scotia cscrive en respuesta de le que 
Vuestra Excelienza me mando le seriviesse. Yo dare orden que pague Veluteli los dos 
mill escudos y avisare de la paga '. 

El Conde Morium, con un Secretario dcl Consejo de Escocia, sera aqui denlro de dos 
dias, segun le avisan a esta Reyna. 

Un mcrcader yngles partira presto para yr por ay a Dinamarca y a las ciudades mai i- 
linias y a JVIoscovia y Polonia para cierla forma de iracto que .iqui tratan. Bueno serin 
cogerlc con las carias y que para este y los demas guardassen bien en Gravelingas el 
passo conforme a los mandamiendos de Vuestra Excelienza, cuya etc. 

OeL ondres a xvi de liebrero 1571. 

Post datta. — Havicndose delenido el correo, lie escripto a Su Mag** como vera 
Vuestra Excelienza en la copia que con esta embio, y he dado orden en que el Obispo 
de Ros aya los dos mill escudos y embiare las quitanças. 

Los desie Consejo andan muy vascosos en como quedara lo del commercio, y bien 
querria agora venir a nii y cualquier olro. Vuestra Excelienza de alla lo ordinara como 
convenga : entrctanto yo be estorbado en este dia que no se venda cosa alguna desias 
naves, sino que vayan hombres a ver las cargazones y traer d( lias copias porque di/en 
que ay ropa de Portugueses y con ellos usaran de difTerente iraeto. Todo era querer 
robar, y yo les he sosegado un poco. 

Cerrada a xvni del mismo. 

[Archives de Siniancas, Estado, Leg. 823, fol. 57.) 

* Ridolphi, charge d'une lettre de Marie Stuart pour le duc d'Albc, devait aussi se rendre auprès du 
pape pour lui porter un mémoire où elle citait le duc de Norfolk comme dévoué à ses intérêts et le 
comte de Leicester comme résolu à rester neutre. Elle y annonçait l'intention de faire rétablir, si elle 
en avait le pouvoir, les anciennes relations de l'Angleterre et des Pays-Bas. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



67 



MMCLXIL 

La reine d'Ecosse au duc d'Albe. 

(18 FÉVHIKR \m\) 

Elle prie le duc d'Âlbc de croire le porteur. — Sa faiblesse et sa maladie. 

Mon cousin, Trouvant si l)on moyen de vous fayre entandre au long Testât de mes 
affayrcs issi, ausquelles il est nescessayre que metés la meyn, il ne sera besoyn^ de 
plus longue lellre que pour vous prier de donner crédit à ce porteur ' de ce qu'il vous 
dira, lant de ma part que d'autres ciioses, comme feriez à moy-mcsmes, sur la sufi- 
sance duquel me remetant, et en respect de la grande foyblesse où jt suis réduite par 
une longue maladie, je finiray la présente, après m'eslre recommandée à votre bonne 
grâce, par prière à Dieu qu'il vous doynt, mon cousin, en sanlay, longue et heiir- 
lieuse vie. 

De Chelield, ce xvni de febvrier 1571. 

(Labanoff, Lettres de Marie Stuart, t. III, p. 190.) 



MMCLXIll. 

Instruction particulière pour M. de Sweveghem. 

(Anvers, 24 février 4571.) 

Conduite à tenir vis-à-vis de don Guérau d'Espès. 

Instruction particulière pour le S' de Zweveghem, au regard de Don Guérau d'Eniiès, 

ambassadeur du Boy en Angleterre. 

Il verra ce que le Duc luy encharge quant audict Don Guérau et les considérai ions 
[lour qiioy il ne convient qu'il cherche fort sa familiarité; et, pour luy esclarcir ce «pic 

* Robert Ridolfï. 



68 RELATIONS POLITIQUES 

l'on y (lil qu'il liiy pourra faire pari de la cause principale de son allée pardeli'i cl sue- 
cessivcnicnt du progrès, l'inlenlion n'est qu'il se face par coniniuniiaiion de l'inslrnc- 
lion, mais seulement de bouche, prenant excuse que l'instruetion est en françois et que 
l'on ne luy dye riens de ce que se doiht iraieter par degrés devant qu'il soit fait, crain- 
dant que, comme les eslrangers et mesnies les Anglais propres seroienl curieulx de 
sonder le secret, ne luy geelcnt quelque jour double en nous pour le circonvenir, ou 
qu'il ne le communicquc à quelc'lionmie en confidence, qui le (rompe, mesmcs comme 
l'on entend qu'il y a beaucoup d'esprits qui rcmarcquent touttes ses actions. 
Fait à Anvers, le 24° de febvrier 1570. 

{Archives dti Royaume à Bruxelles. Nég. d'Angleterre, Inslr., 1. 1", fol. 303.) 



ftlMCLXIV. 
Autre instruction particulière pour M. de Sweveghem. 

(Anvers, 24 février 157t.) 
Le roi est dispose à interposer sa médiation entre la reine d'Angleterre et la reine d'Ecosse. 

Mémoire pour vous, S' de Zwevegltem, touchant la Royne d'Escossc. 

Entre aullres points de l'instruction que vous avons fait donner, louchant la restitution 
réciprocque des biens arreslés en Angleterre que vous dcbvez aller procurer, y est faite 
mention de la dernière lettre que la Royne nous a esciipte; et, pour aultanl qu'icelle 
parle de trois choses, assavoir de ladite restitution et de la lettre qu'elle avoit reeeu du 
Roy l'u remerciement de la courtoisie dont elle avoit usé vers la Royne nostre mai.«- 
Iresse à son passage, et de quelque propos que Don Francès d'Alava, ambas.sadeur de 
Sa Majesté en France, avoit tenu à celluy d'Angleterre louchant Escossc, nous vous 
avons bien voulu aussi faire donner pour mémoire ce que se passe en ce dernier point, 
afin que, si vous en oyez parler ou de quelque chose qui en dépend, vous puissiez 
mieux entendre les internions de delà et nous en faire part, quand il s'y offrira cho.«e 
qui le mérite. 

Premièrement, vous fault savoir que, puis passés quelques mois, adverty que la Royne 
d'Angleterre avoit fait mettre quelques conditions en avant à celle d'Escosse qu'elle 
détenoit et délient cncoircs prisonnière, parmy lesquelles elle faisoil semblant de la 



DKS PAYS-BAS KT DE L'ANOLKlERliK 



<)9 



vouloir cslnrgir, et que quelqurs voisins Caisoienl aussi tout oo qu'ils pnuvoicnt pour 
tirer que^iuc chose de ces troubles, nous scniMoil que, qu.ind il seroit qucsiio/i 
(l'aecord entre lesdictcs deux Hoynes, ce seroil |tlus gnind service qu'il se fil avecq 
nosire intervention, et que nous ne savions par qui le faire mettre en avant à celle 
d'Angleterre, qui s'esloit nionslrée si diiïieillc vers louseeulx qui avoieni esté vers elli', 
ii)us ftuiies d'advis de le faire, connue nous le (isrnes, par Don Franccs d'Alava, qui en 
parlcroit à l'auibussadeur d'Angletern^ alin ipi'il le lit eniendre ù ladicle Royne sa mais- 
tresse : qu'estoit en eiïeel que le Koy nous avoit mandé de luy faire proposer quelques 
choses à l'endroit de la Hoyne d'I^scosse, qui ne luy eust peu grever d'entendre; mais, 
[jour la diflieulté de négocier, nous ne savions comment, ny par qui nous le pcuss'ons 
faire. 

Depuis, Icdiet Don Francés nous eseripvit d'avoir parlé atiilicl ambassadeur d'Angle- 
terre, en la mesme conformité, qui avoit pris à sa charge de le faire eniendre à ladicte 
dame Roync par ung sien fils, oires que ladicle dame n'en parle en sa lettre à nous, ny 
en ce que nous a esté exhibé par vertu de la crédencc, dont vous sera aussi délivré 
copie avecq cesie, bien en termes généraulx, laquelle s'cIToree, comme vous verrez, au 
eon)mcnchemenl de se justifier, quant h la plainte que nous avons faite de ce quelle 
n'avoit voidu admellre personne venant d(! ce cnslel, mais enfin déclaiie (pic, si nous 
avions quelques lettres de Sa Majesté pourcllc ou avec chose spécialle à esire dcclairée 
il elle de la part de Sa Majesté, qui |)uissc concerner l'amitié de nostre sire, elle seroit 
bien contente d'estre informée du cas par quelque persoime convcnanic et ydnine, et 
qu'elle y feroil telle responcc qui en honnciw et raison ne dcsplairoit à Sa Majesté, ny 
semblcroit mal à nous. 

Sur quoy, respondanl aux trois griefs en sa lellre, nous luy dismes, premiers de la 
rcstilulion, ce que vous aurez entendu par l'aullre instruction, au second touchant la 
lettre du Roy, que ce que luy savions dire de nosire part, esloit que nous esiions bien 
asseurés de la bonne \olunté réciprocque de Sa Majesté en son endroit et au bien <le 
ses affaires, et que sur ee propos (qu'estoit responee sur le tiers) nous luy voulions bien 
advertir qu'en effect ee que Don Francés d'Alava avoit dit à son ambassadeur, esloit 
(pie, voiant le Roy les termes où elle se reirouvoit au regard de la Roync d'Escossc, 
elle nous avoit enchargé de luy proposer quelques choses qu'il ne luy dust grever 
d'onUîndrc : qu'estoit en bref que Sa Majesté désiroil tant de veoir et elle et la Royne 
d'Kscosse hors de peyne, conicnles cl satisfaites et assenrées l'une de l'aullre, que, s' 
elle pensoit que son intercession luy fût agréable, elle y entreviendroit voluniiers pour 
aydcr i^ trouver les moyens du consentement et bon gré de touttes deux, et sans y pré- 
tendre aucun inlérest ou proullit particulier, sinon faire le bien commun, paix cl repos 
de tous, et que, si elle Irouvoit bonne ladicte intervention, nous ne fauldrions de le faire 
incontinent entendre à Sa Majesté et lout ee que davantaige elle nous y vouldroit 



70 UELATIOINS POLIJIQUES 

mander, et le meilleur office que nous y verrions sur ce propos, et que nous estime- 
rions bien heureulx que, pour ce peu qui nous reste de vye, nous iuy pussions servir 
de quelque chose et à la promotion d'une si bonne œuvre. 

De cecy ne ferez aucun semblant ny vers la Royne, ny vers aultres; mais bien, si 
elle vous en parle, responderez en la nicsme conformité du désir que vous savez que 
le Roy a à la veoir dehors touttes ses paynes et à repos, sans y prétendre aucun inlé- 
rest sien, et de celluy que j'ay, assavoir de Iuy seconder, et que, si elle vous veult enchar- 
gcr quelque chose en cecy pour me la faire entendre, vous le ferez incontinent, et nous 
ferez plaisir de nous advenir cependant des humeurs de delà, quand il y aura chose qui 
le mérite, et pour de telles matières pourra servir vostre cyffre. 

Fait à Anvers, le 24" jour de février 1S70. 

(Archives du Royaume à Bruxelles. Nég. d'Angleterre, Instruclions, t. 1".) 



MMCLXV. 

John Fiiz-fVilliam au comte de Leicester et à Cecîl. 

(Bruges, 2S février 187t.) 

Il a pris congé du duc d'Albe. — M. de Swcvcghem et Ficsco ne tarderont pas à se rendre 

en Angleterre. 

Ryght honorabill, My mosie bondant dewetty unto Your Honors as appertayneih. !My 
laste unto the same was of ihe xviij"" présent, syngnelTynge unto Your Honors of the 
cffectt of myen of the xj"', and forther of soche advise as was geven of serten shipes of 
this contre that showld be stayed abowtt the coste of Eynglandc, that weer comynge owt 
of Spayen, bessydes others ihat weer tacken by the venterars, as thaye said, with ihe 
assestanccs of serten eyngleshe shipes, that weer goinge to the Eendyes, whiclie advice 
iiave occasion of sondry tawlkes hère. And ther upon the Dukes Secretary hade order, 
as it semed by bis sayinge, to saye unto me that ther was geven to understande unto 
the Duke of serten shipes that showlde be slayed upon the coste of Eyngland, vvhiche 
semed strange unto the Duke that any soche staye showld be, consedrynge in howe 
good termes the Kinge Catboleque and the Quens Majestye weer in, and the prc- 
parassyon that ther was to sende cornettes over to fcneshe and ende soche quesiyons, 
as yet semed to be for the matter of resiytewssyon. To the whiche I made soche 



DI'.S PAYS-BAS FiT DE L'ANGLETERRE. 



71 



îinswar as I tliowglil ressonahill and mell, nf er ihe whiclic specchcs thc Sccrctarj «lid 
iliat llie Duke wolde be irdy lo doo nll llijiijrcs iliat sliowld l)c nrssysary to l)rynge llic 
niallers in dedrens lo a good ende, iind lliat llic cometlycs sliowld bc icily to di |i:irl 
withiii twoo or ihrc dayes. 

The xxi" présent, I was apoycnlcd lo gcvc alcndancc to lackc my leavc of the Duke 
îind bad accès to bini in ibc présence of ail the nobill men and cownsellers, and llitr 
leseyved the Diikes message unio iheQueiis Majcstye in very good speebes. 

After I had deparlted from the Duke, Mons'de Sweihyngham was cawld in and tlicr 
had bis desspacbe. Tbci' was gret joye tborowe nwl ail the (lonrie of the good app.ir- 
rance ihalt lier was of agrément. Notwilbslandinge ibat 1 sj ngneffyd unlo Yowr Ilonors 
of the good iicklyode tlicr was tbal M' Keaseo sliowld corne over, ihe same was wolly 
at a staye agayen, by thaï I eowlde lerren of the said M' Feasco, eoiitrary to tbowcs 
spechcs tliat had been used nnto him by the Dukes Secrclary. 

The xxiij daye, i deparlted from Andwerpe widiowl ariy liope of M' Feasco comynge, 
nether eowlde liimselfTe se any apparance (bat hc showlde eomc. The xxiiij'" daye, f 
rcseyved a lelter from M' Jakcmo Spcndola, by llie whichc lie gave me; to understande 
lliat, aftrr my deparltinge, (lie Diicke bad sent for M. Feasco and had declared imto 
him tliat he mowsle in any wyes prépare bim seilî to goo inlo Eynglande to ende the 
malter, wiiiebc he hath so well begon to sell in goode waye, and iliai the goinge of 
Mons"^ de Swethyngham showlde be no lett unto him, whowes comessyon did not 
exstend so fawr, but ihal he mowsle be dereclted by M' Feasco, whiclie the said 
M' Jaekemo Spendcla was requested by M' Feasco to geve me lo understande, whiche 
1 hâve aliso tliowght good lo syngneffy unto Your Honors, knowing howe welle Yoiir 
Honors will lycke of il '. 

By thaï I cnwld lerren at my comynge to lliis towen of Bruges, il wolde bc the 
xxvj''' daye beffore Mons' de Sweihyngham eowld be hère, havinge occasion lo passe 
from Andwerpe lo Gawnll by bis liowsse to |)iovide him seliïe of thynges nedfull, 
not beinge advertessed, when be was sent for lo (be Courte, wbctber he showlde goo. 
So as 1 do atend bis comyng hetlier, trustynge ibal M. Feasco will not be longe after. 

Writtcn in Bruges, the xxv"" day of februarii 1570. 

{Record office, Cal., n* 1582.) 



' Désormais nous désignerons Cccil sous le litre de lord Buricigh, qui lui fut accordé par Élisabelh 
le 25 février 1371. 

Cccil érrivil lui-même à ce sujet une lettre intéressante qui a été reproduite dans le recueil de 
Digges. 



72 RELATlOiNS POI.ITIQUES 

WMCLXVI. 

Instructions données à M. de Sweveghem. 

(A^V£BS, 28 FËVHIEB 4571.) 

Exposé des différends. — Règles à suivre dans la négociation avec la reine d'Angleterre. 

Instruction pour vous, mesure François de Hallewyn, cfievalier, seigneur de Zweveglietu. 
que nous despeschons présentement de par Sa Majesté vers Angleterre. 

La fin principalle de voslre envoy est pour procurer roxécuiion réelle de l'accord 
(|ui s'est passé par aggréatioii, intervention et auclorité de la Royne d'Angleterre et 
liostre au nom de Sa Majesté, sur la relaxation et restitution des personnes et biens 
arrestés d'une part et d'aultie, depuis deux ans en çà et quelques mois auparavant, 
comme vous sera déclairé plus particulièrement cy-après; mais, aflin que vous soyez 
niyculx imbu de la matière, se répétera iey en sommaire l'origine du tout, non pour 
en entrer en dispute, car iiosire intention est que quelque chose que l'on vous en dyc, 
vous regardiez de vous en desmesler lionnestement, en respondant que s'est passée 
iivecq aultres et que parlant vous n'y sauriez que dire, mais seullement aflin que vous 
puissiez pour le niyeulx comprendre le langaige que Ton vous tiendra et nous adveitir 
(le ce que vous sambicra le mériter. 

Quelque temps avant le commencement de ces arrests, le Roy avoit faict négocier 
en Espaigne avecq certains Genevois résidens en ccsle ville d'Anvers ung party de 
(|uelque bonne somme d'argent, pour s'en servir par dechà en ses affaires. A tel signe 
Sa Majesté leur permit de prendre la somme en Espaigne et la sacquer de là: que leur 
fut accordé. Estant doncques cesl argent chargé sur un navire biscaine et partie pour 
CCS pays peu devant le Noël de l'an XV" LXVllI, iccllc navire et aultres constraincles 
par les vents et inclémence du ciel et double des pirates prindrenl port et havre ni 
Angleterre, comme de tout tamps on estoit accousiumé en cas samblables, faisant 
compte d'en partir et passer oullre au premier bon vent. Toutesfois nous fumes 
advertis que les navires aviont esté arrcslées, et l'argent prins et levé, contre les iraiciés 
d'entrecours, de paix et d'estroile confédération et alliance. Et, comme nous entendions 
que les Anglois, ayans biens pardechà, conimencbiont à se retirer, pour ne laisser 
glisser d'entre nos mains le moyen de pourvcoir à l'indempuilé des subgecis de pardclà 
et particulièrement desdicts Genevois y résidens, fûmes forcés de venir au conire- 
arresl des personnes et biens des Anglois se trouvant pardechà, lanl et jiisques ad ce 



DES PAYS-BAS ET UE L'ANGLETERRE 



75 



(|ue la main levée en fût accordée el le lont remis au premier cslal, selon les termes 
(les (raictés. Toulesfois nous envoiiismcs infonliiient vers ladicte Royne le Conseiller 
d'Assonville jioiir Itiy l'aire cnlendro le lorl(|ue l'on avoit du eosié d'elle el la requérir 
de la relaxation dudicl arrest, avecq déclaration que, si elle le faisoil, nous serions aussy 
eoiilens de faire le samblabie; mais enfin, pour toute conclusion, elle feil déclarer 
audicl d'AssonIcville qu'elle ne vouloil allors accorder, ny relTuser la restitution des 
deniers (|u'ciic avoit faict arrcster, tant et jusques ad ce que tous les différens estans 
entre Sa Majesté et elle, tant en Kspaigne que pardeçà, fussent wydés et déterminés, 
ce (|u'elle ne voloit faire sinon averq commissaires ayans povoir de Sa Majesté. 

Sur quoy, après le retour dudict d'Assonleville, se despesclia de par Sa .Majesté le 
.■<ieur Cliapin Vitelli, avecq le Conseiller Fonck et le Secrétaire de la Torre, pour la 
nicsme (in; mais, après beaucoup de communicaiions et disputes, ladicle dame demoura 
au mesme propos de ne vouloir restituer les deniers et aultres choses qu'elle déienoit, 
que premièrement ou quant et quant l'on widast les ancin'ens diiïércns, et ainsy s'en 
reiournarent-ils atissy sans riens faire. 

Or, comme ce pendant l'un;,' desdicts marchans genevois, assavoir Thomas Fiesco, 
avoil charge de procurer soy inesmes ce que luy altouchoit pour son particulier intérest 
el estoii entré sur ce poinct en communication avecq quelques marciians de Londres 
ayans aussy quelques marchandises arreslèes au pays du Roy, et présenté requcstc à 
la Royne, il s'y est allaché une négociation entre les marchans hiiic inde, si avant qu'il 
y est venu pardeçà trois marchans anglois, pour en Irailter soubs saulf-conduict et du 
sceu de la Royne, qui nous ont aussy présenté requeste, sur laquelle at esté respondu 
par les marchans intéressés de pardeçà (à qui nous le feismcs communicquer) el depuis 
rcplicqué, duplicqué el iriplicqué, que lors, voiant les choses s'approcher, feismcs 
niccire quelques apostilles sur la requeste, que furent communicquées à la Royne 
d'AngltMcrre, laquelle y feil aussy respondre par aultres apposlilles, comme il appert 
pai' les meismes signées par le Cmiie de Leyceslre et le S' Cicel et en bas du sire 
Sommer. Et voiant les parties si près d'accord qu'il samhlc que le tout se povoit 
accommoder par interveniion et anciorilé des princes de deux coslels, nous feismes 
coucher ung pourgect de l'accord par escript, qui fut envoyé au mois de novembre 
«Icrnicr, premièrement au Roy, et après à la Royne, avecq quelque changement toutes- 
lois au iiij"" article de la requeste des marchans, |)lus approchant à l'intention d'elle, el 
une Icitre conienani qu'elle voulsist faire expédier ses lettres patentes en la mesine 
(onformité, comme l'on feroit aussy de la part du Roy, incontinent que l'on sçauroit 
son intention, et (|ue cela nous sambloit la plus courte voye pour meclre fin à eesie 
longue ncgocialion, desquels concept el lettres vous sera aussi donnée copie avecq 
cesle. 

La Rovnc ne fcict depuis aucune déclaration expresse de sa volonté si elle l'aggrcoil 
Tome VJ. 1» 



74 RELATIONS POLITIQUES 

ou non; mais nous a seuUcment respondu en ces mots : qu'elle avoit roccu nos lellns, 
par où noiisluy faisions entendre nostre bonne disposition d'avancer les poursuyies résy- 
proquement faicles par lesmarchansdes pays du Roy et siens pour la main-levée et rclasa- 
lion des arrests des biens et niarcbandises tant d'ung costé que d'aullre, la<|uelle inten- 
tion nostre et manière de procéder que nous y tenions à conduire l'aiïaire à quekpie rai- 
sonnable fin, seriont à ce fort propres et convenables, sans mouvoir aucune diflicullé en ce 
que nous luy avions escript au regard dudicl pourgeet. El, combien que les mois ne fus- 
sent si exprès que pour en povoir inférer qu'elle euisl approuvé le tout en la forme (|ue 
pardeçà esioit pourgectée, toulesfois comme nos lettres avionl contenu (comme est dict) 
que iedict pourgeet nous sambloit la plus courte voye pour mectrc fin à la ncgocialion. 
Cl que la chose nous sambloit si raisonnable que nous n'estimions poinct qu'il y puist 
lumber ultérieure difficulté (ce qu'elle faisoit démonsiralion d'aggréer par sa responce), 
il nous a samblé aussy que nous le deuissions prendre à bon et luy respondre comme 
nous avons faict en résumant le sommaire de nos précédentes : que comme elle mons- 
iroit avoir trouvé bonne l'acceptation des derniers arlielcs que du coslé il'Angleterre 
avoient esté envoyés pardeçà (desquels vous sera aussy baillé copie, eonmie samblahle- 
ment de la responce de ladicte dame), il n'y restoit que l'exécnlion, dont nous avions 
aussy adverly le Roy (comme dessus), qui, selon le désii' qu'il a de vcoir îoutes choses 
redressées, n'auroit failli de l'enlendre fort volontiers, et que, suyvant ce, nous envoi - 
rions de brief qudques-ungs en Angleterre pour procurer l'effect de ladicte exécution, 
s<lon que elle enlenderoil plus particulièrement à leur arrivée. 

Suyvant ce, vous avons choisy et député de par Sa Majesté pour (comme a esté 
louché au commencement de eesle) vous transporter audiet Angleterre à la meilleure 
dilligcnce qu(' vous pourriez, et vers ladicte dame Royne ou ses députés procurer 
l'exécution desdites capitulations et la restitution plaiuièrc; et générale des personnes, 
basieaulx, meubles, marchandises et biens arreslés audiet royauhne d'Angleterre, le 
lout en conformeté dudict pourgeet. A refTect de quoy vous seront données lettres per- 
linenies de crédence vers ladicte dame el aultres patentes en latin (dont Ton est 
aecoustumé user en traités avec Angleterre), conformes audiet pourgeci, moyennant 
lesquelles elle sera tenue de donner lettres récyprocques, el, en délivrant lesdicies 
lettres de crédence, desquelles vous sera baillée copie, parlerez selon le contenu en 
icelles et comme qui ne faict double quelle puist avoir aullre inlenlion ; mais, pour 
aultant que l'on vous y pourroit objecter que Iedict pourgeet n'a oncques esté advoé 
piirdelà, et, au lieu de le passer, faire quelques nouveaulx débats et difficultés, il sera 
besoing que, avant partir d'icy, vous soyez bien imbu du progrès des choses et tics 
moyens par où tout ce qu'il y est mis, se peult jusiilïier, et que vous ayez préveu les 
articles des capitulations et aultres raisons y servans, el singulièrement la déclaration 
dernière de ceulx du Conseil Privé de ladite dame Royne, au nom el paradveu d'icelle. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEKRE. 



n 



si^'iiée (In Conte de Leycestre et du Secrétaire Cicel, comme dessus, sur laquelle décla- 
ration Indicie acceptation et pourgeet se sont principallcmenl fondés. Et à ce propos, 
vous en sera aiissy faicte ostension et donné information particulière, oultre les copies 
a(iclenli(]ues que vous en porterez avccq vous. Aussy, vous sera donné copie de quelques 
articles qui, depuis peu de jours eneà, sont icy esté |)résentés par ung des députés des 
Anglois, comme il disoit, non alfin que vous en faciez samblanl, car ils sont esté rejeilés 
par dire que l'on s'atlachoit à ce que avoit esté accordé par la Royne, à quoy luy- 
niesmes s'estoil auparavant relléré, comme vous verrez par copie de sa déclaration, 
mais adin que, par les apposlilles y mises (non toutesfois exhibées à luy, mais seulement 
pour voslrc mémoire), vous ayez de quoy respondre à propos : oultre lesquelles vous 
sera aussy donné, par ung eseript à pari, jusques où vous vous pourrez eslargir, si l'on 
faiet (lilliciillé à raeceptation dudicl pourgeet. Toulesl'ois, avant «|ue d'y venir, direz que, 
jiuisqne ce sont choses de si peu d'importance et que le Roy tient jà pour faictcs, suy- 
vant les lettres que luy avons eseriptes, par l'occasion que elle nous en a donnée en la 
responce qu'elle nous a faicte sans monsirer l'avoir trouvé mauvais, vous croiez qu'elle 
ne vouidra perdre tant de lamps qu'il faudra pour le renouvellement des lettres; mais, 
cil cas que l'on vous propose chose au dehors dudict escripi, qui importe quelque 
notable changement ou alléralion, ou qu'il s'y niïre quelque diflîetdté méritant de nous 
en consulter, prendrez délay pour nous en advertir et en avoir nostre ordonnance 
expresse, laquelle vous attenderez, sans cependant y consentir. Bien pourrez-vous con- 
sentir, comme dessus est dict, pour auliant que s'estend ledict eseript, cires que de 
cela il fauldra aussi que vous nous adverlissez, d'aultant (|uc, en cas de quelque chnn- 
gemeni, il faudra redespescher icy les palenles «H les redresser selon ce; et que 
pourtant, si d'aventure l'on vous demande si vous avez povoir pour en traicier ou 
de (pielques aultrtîs poincls de cesie instruction, direz que, si la clause de la lettre de 
crédeiice que vous portez avecq, oïdtre ce que vous est donné par instruction, ne souflit 
(de laquelle toutesfois ne convient faire oslcnsion), que vous vous faietes fort de le 
faire incontinent aggréer non-seulement par nous, mais aussy dessoubs sceau du Roy. 

Sand)lablemcnt, si l'on vient à débattre que mesmes nous [n'avons] ny lettres, ny 
povoir du Roy pour wyder de ces affaires, direz que la despesche est soubs le sceau de 
Sa Majesté et à la façon que l'on est aeeousiumé de despeseher samblables choses. 
Kl au besoin promccterez de faire avoir d'aultres après renouvellées, soubs la signature 
de Sa Majesté, avccq clause de ratification. 

Venant ce faiet de restilulioii à s'accorder ou le voiant en terme qu'il se puisse jà 
lernr pour accordé, direz que nous avons eu plainctes diverses de quelques nouveaulx 
arresis <les bastcaiilx de subgeels du Roy, que l'on avoit faiet aux costes d'Angleterre, 
et entre aultres de la déprédalion de certaine rielie navire de iij° tonneaulx, puis 
naguaires prinsc et détenue par auleuns Anglois es isles de Sorlinghes audict roiaulme 



76 RELATIONS POLIÏIQLES 

d'Angleterre, appcllée le Dragon-Volant, dont est maiflre Gheert Cornelis Aliiif, do 
ceslu ville d'Anvers, laquelle navire venoil de Andilonyce cl Lisbonne, cl non sans 
Jurande apparence de quelque collision avecq les officiers d'Anglelcrrc, dont nous 
sommes estes esmcrveillés. et tant plus que, comme nous avyons tenu cest accord pour 
faict et conclud, nous avyons jà donné ordre par tous les ports de pardeçà que l'on ne 
(cit aucun arrest, ny mauvais iraictement à basteaulx anglois, qui par lempesle ou 

aullrement y entrassent. Et de faicl naguaires, au , avons faict relaxer ung basieau 

anglois, chargé de marchandises, qui y estoit ainsi arrivé. Et que partant, elle veuille 
donner ordre que le mesme se face desdicls basteaulx arrcstés ou aullrement détenus 
ou dépréhendés, avecq restitution de tout, conforme au traicté, et publier, quant et 
quant ledict traicté, qued'icy en avant la navigation et entrée aux poris sera libre poiu- 
les subgects d'une part et d'aullrc et donner aussy ordre au faict des pirates. 

Si l'on y faict difficulté, direz que vous sçavez bien que nous en serons fort esbahis, 
et encoires plus le Roy, qui a tousjours tenu pour ung présupposé indubitable (et le 
nous a ainsy escript expressément) que ces deux poincis de la liberté de navigation et 
ports et ordre à donner contre les pirates estoit chose connexe et indivisible, el qu'il 
n'y a prince en la Chrestiennelé, ny homme de jugement, qui ne l'entendit de la mesme 
façon; car, où cela ne se fcit, du peu serviroit la restitution, puisque l'on ne coppe les 
occasions de retomber au mesme. Et passant les devises jusqucs parler comme il se 
pourroit faire, vous pourrez lors dire que ce sera, s'il luy plaist, en ces termes (et le 
donner par escript s'il vient 5 propos) : que si, par cas fortuit, tempesle, vents coniraires, 
coursses, double de pirates ou pour auilre nécessité, quelques navires ou basteaidx 
arrivent ou entrent es ports l'ung de l'aultre, soit pour prendre vivres, eaue douice, 
refaire leurs basteaulx ou avoir quelque aultre nécessité, cela doibt eslre licite, et l'on 
leur doibt administrer ce que la raison veult à voisins non ennemys, pour en partir 
librement et sans empescbement quelconque, et que cela debvera eslre aussy com- 
mandé et publié es ports et havres des royaulmes des pays de Leurs Majestés. Pareille- 
menl, pour ce que les pirates et voleurs de mer sont larrons publicques, ennemys 
communs de toutes gens, et que ung prince ne peult dissimuler avecq eulx, moings les 
souslenir et souffrir en ses ports et pays, ny aussy les accommoder de vivres, ny d'aultrcs 
choses, sans offenser notoirement l'amylié et contrevenir à la paix qu'il a avecq le prince 
contre les subgects duquel tels pirates font incursion ou vollcryes, voire sans participer 
de tel crime : que incontinent et promptement se donnera ordre convenable, tant pour 
la publication des paines du dernier supplice contre eulx que contre les réceptateurs 
ou ceulx qui traicteront avecq eulx, achepteront ou prendront quelque chose d'eulx, 
les accommoderont ou aullrement favoriseront, commandant qu'ils soient persécutés et 
que l'on leur courre sus, comme à larrons. et ennemys communs, à peyne aussy du 
dernier supplice contre les officiers, capitaines, gardes des ports, négligens ou dissimu- 



DES PAYS-BAS ET DE L'AINGLETERRE. 



lans, avccq aultrcs clauses les plus perlinenles que l'on se pourra adviser pour les 
exierininer. Voires plustost doibt l'on parler ei adviser des (crées et armes que pour 
cest eiïeci il conviendra nieelrc sus des deux eostés, poin- seunié de la navigation et 
cours de marchandises, altendu qu'ils commencent à se multiplier et accroi<tre, de 
manière que, si promptement et de bonne soric ils ne sont déchassés et deffaicts, il y 
aura de la peine, ruse et despencc pour s'en faire quille. 

Oires, comme il n'est sans double que ladiclc Hoyne, avant que entrer en la tolalle 
restilulion et à l'accord de ces deux poincls, désirera de terminer générallement tous 
aultres diiïérans cslans entre le Roy et elle, signamment louchant le libre iraficque et 
négociation et reprcrulre en mains les affaires passés : en tel cas, et qu'elle le \ous 
déclaire ou face déclairer (cl aullrement non), responderez que Sa Majesté ne désire 
aultrc chose de sa part que de veoir une bonne cl sincère amylié establye enire Leurs 
Majestés et la continuation du commerce entre leurs subgecis, eomm' il convient à 
rancliiennc amitié et alliance, cl selon que ladicle dame peult avoir entendu, tant par 
diverses lettres de Sa Miijesté à elle, que par la déclaration des ambassadeurs et députés 
ayans esté vers elle ; mais que, comme il y a divers poincls que ne se peuvent terminer 
si tost, cslans mesmes morts plusieurs de eeulx qui y soient esté entremis, il n'y a pour 
qiioy différer pour cela l'exécution des choses jà accordées allcndroict de ceste resti- 
lulion récyprocquc, lacpielle en tout cas se doibt faire préallablement cl avant toute 
œuvre, et qu'il n'y a raison, ne fondement pour quoy les biens des subgecis se puissent 
ullérieuremeni détenir, veii qu'il n'y a eu guerre déclairée, ny acte d'hostillité commis, 
par où l'on en puisl prendre eonliscalion ; mais, présupposant (|ue ladicle exécution 
précède, direz que l'intention du Roy est bien que l'on advise ce que l'on debvra faire 
pour encheminer ceste négociation, et mesmes que vous avez charge de sçavoir les 
qualités des personnaiges que Indicle dame y vouldra employer et en quel temps, aflin 
que de c(! costé l'on pourvoye aussy en récyproc(|ue. Quant au lieu, comme ce ne sera 
que continuation du collocque précédent qui se tint à Bruges, que nous ne doublons 
que ladiclc dame ne trcuvc raisonnable et selon droict qu'il se doibt achever où il s'est 
commencé à Iraiclcr, comme n'estant que une négociation, et encoires que cela ne 
fût, qu'il y chiet à C(msidérer que depuis l'on a envoyé, trois fois de suilte, ambassa- 
deurs et députés en Angleterre, et que parlant ce doibt eslrc à ceste heure son tour de 
les envoyer pardeçà. 

Si la Royne est contente de pourveoir aux poincls de restitution, seureté et navigation 
des ports et des pirates, moyennant que l'on advise sur les aullres poincls du commerce 
que dessus, cl que l'on en preigne jour de communication, et que loutesfois cnlrclamps 
le commerce aille et se face comm' il csloil au jour des arresls en question (considéré 
que ils sont cassés, révocqués et mis à néant) cl que le tout soit remis comme il estoit 
auparavant iceulx : vous direz à cela, assçavoir si l'on en touche de delà et non aultrc- 



78 RELATlOiNS POLITIQUES 

ment, que à la bonno heure il se fnce cependant et tant que l'on sera d'accord des 
poincis demeurés en différend à la communication de Bruges, que l'on iralficque et 
négocie comme l'on faici avecq princes cl subgects voisins, en venu du Iraicté de paix 
et selon les droicis des gens, payant d'un coslc et d'aullre les droicis, impositions et 
(laces, comme font les subgects et aulires esirangers, ce que pourra souiïire pour une 
provision, et sur ce poinct persisterez le plus longuement que vous pourrez. Si ainsy 
l'on ne trouve bon pardcchà et l'on demeure ferme à non l'accorder, pourrez allors dire 
par degrés que le Iraficque se face du sceu et par licence et congié que les subgects 
seront tenus de impélrer et demander des deux coslcs, quant ils vouldront négocier, 
avecq spécification de la qualilc des marchandises. Si ny cela leur satisfaicl cl vous ne 
les povez mener à ce poinct, pourrez alors dire que pour y mectre fin, au nom de Dieu, 
la chose soit mise es termes qu'elle est demourée par les dernières capilulalions du 
final recès du colloque et communication de Bruges, avecq les meismes déclarations et 
protestations faictes par l'acle du recès des commissaires, sans passer plus avant, ny 
obliger Sa Majesté davanlaige; car il vous fault entendre que Icdicl acte sert grande- 
ment au proulïicl du Roy, pour ce qu'il n'est obligé à tenir les iraictés plus longuement 
(ju'il ne luy plaist. 

Et requérerez au surplus et procurerez qu'il s'adjouste, en l'acte qui s'en dressera, 
que les subgects de Sa Majesté soient si bien, favoiablement et justement iraiclés par- 
delà qu'ils n'ayeni occasion de s'en plaindre, comme aussy du coslé de Sa Majesté on 
procurera le rccyprocque pour les subgects de la Royne. 

Et ailin que vous soyez préadverty comme vous aurez à vous conduire vers DonGuéruu 
d'Espcs, ambassadeur de Sa Majesté, qui est là, oires que nous soions au vray advertis 
du ressentement que la Royne a prins contre luy (toutesfois, comme nous le pensons, 
à tort), et qu'elle lient propos de ne vouloir gouster chose qui passe par ses mains, ce 
que le commissaire anglois estant icy a déclairé expressément à ceulx de ce Conseil 
d'Eslat, qui ont communicqué avec luy : si est-ce que, comme il est de la part du Roy 
en charge d'ambassadeur, vous Tirez veoir à vostre arrivée pour luy faire part de la cause 
principallc de vostre allée pardelà et successivement du progrès. Et toutesfois ne 
logerez chez luy, ny vous démonstrerez extérieurement fort curieux d'user en vostre 
négociation de son conseil, puisque la Royne a conceu telle impression contre luy, 
estant myeiilx (oires que à la vérité nous le trouvons dur cl eslrange allendroict de tel 
ministre de Sa Majesté) de dissimuler et user du temps que pour estre si précis 
en ce que la raison dicte, pour moings mectre ung affaire de telle importance en 
iiazard. 

Quant vous nous vouidrez escripre (ce que vous ferez le plus souvent que vous 
pourrez), à l'effccl de quoy vous sera donné ung cyffre pour en user en choses d'im- 
portance, pourrez envoyer vos pacquets par le moyen dudict Don Guérau ou par le 



DES PAYS-BAS KT DK L'A^JGLETERRK. 



7!» 



chemin qu'il vous dira, jusqucs à Gravclingfies, au gouverneur dudicl lieu ou son lit u- 
Icnant, (|ui auront charge de les faire à diliigence passer oiillrc. 

Il passera aussy en Angleterre quel(|ues commissaires et marchons, pour à son 
temps ( l après que le tout sera conelud, recevoir les hiens arresiés selon l'accord, (anl 
selon les inventaires faicts que aulirement (s'il en appert) et pour poursuyvre le furni>se. 
ment eiiiier conforme audiet accord, et donneront (|uiciance, descharge cl enscignei)itnt. 
de ce qu'ils auront rcccu : à laquelle lin s'cnvoycront aussy ccuix qui y ont esté dernière- 
ment à veoir et recongnoistre Icsdicis biens et marchandises ou aultres, comme miculx 
se trouvera convenir. El après, les propriétaires les recevront des mains desdicis com- 
missaires, chose nécessaire affin que l'on sçaehc quant l'entière restitution aura esté 
faicle ou de quoy l'on se plaincl : lescjiiels commissaires dènominerorit pour le rcgaril 
des hiens des Espaignnis rèsidcns à Bruges par les consuls de la nation d'Espaigne y 
rtîsidens, et les marchans d'Anvers y envoycronl aussi (|uel(|ues-ungs pour eulx, les 
noms descjucls vous seront donnés par mémoire. Et néanlmoings, si aucims particuliers 
y veuillent aussy aller pour recevoir leurs biens des mains d'ieeulx comnnssaires, faire 
le pourront pour en disposer ou faire emmener où bon leur samblera, comme il est 
convenu et accordé, que nous entendons estrc que, nonobstant que leur marchandise 
soit este flolée sur Espaigne, chacun la pourra conduire ou faire conduire où il vouidra, 
soit iey ou ailleurs. Et pour ce qu'il est question de recouvrer les mises faicles à l'occa- 
sion de CCS arrests sur ceulx qui vouidront recouvrer Icsdicis biens et marchandises, 
seront tenus de promecire et s'obliger en donnant caution, si mestier est ou lesdicls 
commissaires le requièrent, de payer cl l'urnir à ladicle contrihulion des mises, à rate 
et portion au marc la livre, comme l'on dict : lesquels commissaires noteront sur 
leurs livres ladicte restitution de hiens, valeur et estimation d'ieeulx, avecq ladicte 
promesse et caution. Les(|uels commissaires se debvront entièrement régler selon 
l'ordre que vous leur préfigercz, et sans le passer. Et où quelqu'ung d'entre eulx ou des 
marchans particuliers allans là à l'cfTecl que dessus ne le veuille faire ou faict chose 
que vous voyez tendre au préjudice de la négociation ou du service de Sa Majesté, leur 
manderez de se retirer de là et retourner à leur maison, et, s'ils ne veiu'llent obtempérer, 
nous en advertirez et de leur eonduiete; et à ce propos avons faiel despescher ung acte 
à part que leur pourrez monstrcr. 

Et comme cesto malièro a esté dès le commencement manycc par Thomas Ficsco, 
qui a été le principal instrument pour la guyder aux termes où elle est, et est l'ung de 
ceulx à qui compétent les deniers dès le commencement arrestés, que serviront de 
caution, à l'occasion de quoy nous l'envoyons aussy pardclà et signamment pour vous 
assister à l'endroict de ladicte restitution, vous userez, en tout ce que deppend de l'exé- 
cution de l'accord et que touche à la règle à donner ausdicts commissaires de marchans 
et aultres allans pardelà pour le recouvrement du leur, de son advis et conseil. 



80 RELATIONS POLITIQLES 

Ce pendant, tiendrez voslre instruction secrète, de sorte que l'on ne sçaclie la charge 
particulière que vous avez pour, sur tous les poincts que nous vous avons dici icy 
dessus, la procurer par degrés. 

Le demeurant se remect à vostre prudence et dextérité, selon la confidence que nous 
en avons en vous. 

Fait en Anvers, le dernier de febvrier 1570. 

{Archives du Royaume à Bruxelles, Nég. d'Angleterre, Instr., 1. 1", fol. 30d.) 



MMCLXVII. 

Instructions du duc d'Albe à M. de Sivevegliem sur le fait des marchands. 

(S8 FÉVRIER 1371.) 

Les marchands auront à se conformer à ce que leur prescrira M. de Sweveglicm. 

Acte pour Mons' de Zweveghem, lequel se pourra monstrer aux marchons. 

Comme l'inlention de Mons' le Duc d'Alvc, lieutenant- gouverneur et capitaine- 
général pour le Roy en ses pays de pardechà, est que mcssire François de Hallewyn, 
ciievalier, S' de Zwevegliem, api es que l'accord de la relaxation et restitution récy- 
procque des hommes, biens, etc., arrcsiés tant en Angleterre que es pays du Roy et ce 
que en deppend, sera du tout achevé, à reffeci de quoy je le despesche présentement 
vers la Royne d'Angleterre, debvera donner ordre et règle aux commissaires dts mar- 
ehans ou aultrcs intéressés qui y passeront aussy pour le recouvrement desdicts biens, 
ce qu'il leur restera à faire de leur part. Son Excellence leur eneharge bien expressé- 
ment de ne se mesler en riens plus avant que ledict S' de Zweveghem leur mandera, 
ains au contraire que, quant il sera question de recouvrer lesdicls biens, ils suyvront 
du tout la Irasse qu'il leur préfigera; et, sur aventure que quelcung allit audehors 
d'icelle ou fît aultre chose qui puist aucunement redonder au préjudice de la négocia- 
tion ou du service du Roy, Son Excellence entend que 5 tels il commande de par elle, 
au nom de Sa Majesté, de s'en retourner incontinent pardeçà d'où ils estoient venus, et 
si, ny en cela, ils luy veullent obtempérer, qu'il en advertisso Son Excellence et particu- 
lièrement de leur conduicte, affin qu'elle y puist donner l'ordre qu'elle jugera convenir : 
dont elle a faict despescher cest acte qui sera signé de sa main et à son temps monstre 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLEÏEHRE. 



81 



aiisdicls commissaires des marclians et aulires intéressés, affin qu'il ne Taillent par 
ignorance. 

Faicl en Anvers, le dernier de febvricr 1f)70, 

{Archives du Royaume à Bruxelles, Correspondance de M. de Sweveghem, fol. 12.) 



MMCLXVIU. 

Henoit Spinola à lord Burleigh. 

(Fin de FÉvBrER iSli.) 

On annonce le prochain départ du duc d'AIbc. — M. de Sweveghem se rendra en Angleterre : il n'est 
distingue ni par le rang, ni par l'intelligence. — Fiesco est malade. — On dit que M. de Swcveglicra 
dirigera seul la négociation. — Oidicultés que celte négociation présentera. — La reine peut 
eon)ptersur son zèle. 



Per non dare fastidio a V. E. di presenza, prendo al solilo ardire di dirgli il inio 
concello in scrillo: gli mande le novc chc lio queslo giorno delliâ dal marc et eossi scgiii- 
tarlo in l'avenire se cio no sara di noya a V. E., qiiale siipplico al solito a nô farmi auioru 
di esse nove per buono lispello, non vogliando io darle a niuno altro chc a V. E. Il 
Ducca d'Alva ha novo ordine di la.ssare il governo di Fiandra e andarsene in Spagna 
»] maggio quando sara gionlo in suo liiogo il Ducca di Médina; é ben vero che quaiido 
in Alnmagna seguissi rumori di gente in favore d'il Principe dOranges, forsi esso Diieea 
d'Alva sopracedcria delta sua partenza. 

Tocante le praticlic con queslo regno délia reslitiilione, sono cerlissimo che il Ducca 
voglii vederle Hnite del tutio insiome col Iraflico e buona amicilia avanti si parla di 
Fiandra et, oome V. E. inlendera da Maestro Fivolliems per litere di 15, rcsiava risoluto 
che fra 4 giorni venira in sua compagiia quello Mons' di Zueveghem, Fiamingo, persoiia 
per quello inlendo di poco grado e matico inleligentia in simile manegio tocante alla 
rcstituiione mercantile, ma favoriio da Mons' d'Assonvilla, quale ccrca ogni strada de 
impedire la venula d'il mio ciigino per l'invidia chc li porta, a instnnza di qucsto buono 
Anibassadore, quale non potcndo haverc lui la gralia da questa Sercnissima Regiiia di 
essereamcsso in detio trailalo, ha operatoche dello mio ciigino no' habbi luogo ne aisi 
me, come troppo partiale Inglese, etc., di modo che non sono ancora certo se detlo 
Mous' Thon^aso venira, il quale era molto maie Irallato d'il caltarro discesoli in iina 
spalla e bratcio e stava al Ictto amalato. 

Tome VI. 11 



82 RELATIONS POLITIQLES 

Il Ducca et il siio segreiario Albcrnoys vauno conifirmando a delio M' Tliomaso clie 
vogliono venga ad ogni modo et clie lui col mio mezzo habbi cura c autorità locanie 
la reslilulione secondo il corso prcso sino aqui. Ma per dire alla libéra a V. E. corne la 
cosa passa, dubila esse mio ciigirin clie siano tultc dissimulaiioiii « clic vogli esso Ducca 
dare l'autorilà sola al dcilo Fianiingo c clie esso M' Tliomaso venga per boccolero il 
che mai consentira esso mio cugino, qualc doppo havere Iravagliato doi anni in queslo 
affare con lanta sua e mia spesa e faslidii e seopcrto la lèpre, non lia meritato di essere 
piantalo e che altri ne habbiano la preda e l'honore di modo che se dello mio cugino 
no' sara amesso al suc merilato luogo co' aulorilâ di finire la pralica di resiitulionc non 
vorra venire altrimente e lassara che il detto Fiamingo facci lui solo imperche: la oosa 
no' era aneora risolula e puoiria succedere ehe lo Fiamingo comisario venga ad altri 
effetti per dare buona salisfatione alla Serenissinia Regina e procurare l'amistà e traf- 
fieo, lassando la cura d'il reslo a M' Tliomaso et a me, cnmo saria molto al proposilo 
per contentare qucsli S" mercanti Inglesi et aisi per fugirc li dispiaceri che puossono 
nascere trattando eon persona che voglij stare sopra ponti di honore. 

Con Maestro Fivolliems si inlendcra il cerlo di tutto. Credo che resli difficile al Ducca 
a trovare «autione e provigione al pagamcnto delli panni de nostri mercanti, non 
havendo il Ducca molti denari e pcrcio forsi dessignara di assignarli quelli denari di 
Genovesi che reslano in la Torre; nel che (a mia opinione) fa il conio senza l'hosle, 
poiche bisogna prima vedcre se la Serenissinia Regina vorra consentirli overo servirsi 
ancor qualclie tempo di essi denari acordandosone con li proprij mercanti Genovesi 
co' li quali conviene trattare questo negocio separato dal' altra pratiea di rcstilutionc 
di mercantie, sieome gia fu tratiato lo anno passato co' M' Thomaso Fiesco e meco, di 
modo che puo Sua Maesta stare ferma di no' havere a fare per essi denari salvo co' li 
mercanti : in quai caso lassi V. E. il carrico a me, che Irovaro la strada di fare par- 
tido co' Su Maesta di essi denari a contento e honore di essa Serenissinia Regina e con 
ogni suo vantaggiol otra che V. E. ne sara da me gratifieata di bona partita, come mi 
risalvo a dirgli di presto, pcrcio che se M"^ Thomaso no' venira per la principale causa 
di restilutione, mi sara dato a me la autorità per lidcnari de Genovesi sieome gia ho 
comissione di buona soma, Pregando V. E. Signorria che mi voglij favorire accio che li 
Spagnoli no' puossino levarmi quesia cura dcîlli denari co' la lor arroganiia e pertinatia 
di voiere guadagnare ponto di honore, alegando ehe essi denari sono a servitio del Rc : 
in quai caso la Serenissinia Regina venirebbe a credcre che ha falto lorlo al Rc a fare 
arestar essi denari di mercanti Genovesi neutrali e amici di questo regno, co' quali 
Sua Maesta sene intendera, etc. Come venglii il primo correro di Fiandra, puotro venire 
a parlare a V. E. co' piu fondamcnto et quando pur' la venuta d'il mio cugino no' 
habbi luogo, spero che V. E. dara luogo al mio biiono animo e che sara accetto presso 
la Serenissima Regina il sineero mio procedere da vero suddito Inglese in q.uesta longa 



DES PAYS-BAS ET DR L'AINGLETEKRE. 



83 



pralica, ion tanto mio iravaglio e grossa spesa e che ne haro la buona volontà di Sua 
Maesia e di V. E., non obstante l'ingratiludiiie delli Spagnoli quali ccrcarono rcndermi 
mille per benc, inipercliè Dio giusto dcfcndera la biioiia iiienie inia. Il qnale S" Dio 
sia guida alledegiie allioni di Voslra lliustrissima Signoria eli concéda sanila e con(enlo. 

{Record office, Cal., n' 1697.) 



MMCLXIX. 



Le duc d'Albe à M. de Sweveghem. 



(Anvers, 2 hahs 1571.) 



Autorisation de négocier en l'absence de Thomas Fiesco. — Nouvelles instructions. 



Nous avons faict retarder voslre voiage ces jours, pour quelques considérations; mais 
comme il ne convient pas perdre temps, vous poursuyvrez vostre chemin incontinent, 
à l'effecl de quoy vous vont aussi trouver les députés des marehans. El, pour ce que par 
vostre instruction vous estes chargé de vous régler à l'endroict de ladicle restitution par 
iidvis de Thomas Fiesco, ains qu'il ne fut là quant le traité s'achèvera, ne délaisserez 
pourtant à passer oultre suyvant l'ordre contenu en vostre instruction. Et, si d'aventure 
l'on vous parle que la caution doibt précéder la restitution, comme est dit par le traité, 
pourrez rcspondre qu'il n'y a pour quoy tarder pour cela à commenclier la restitution, 
puisqu'ils ont l'argent des Genevois en mains, auquel ils se pourront recouvrer au 
besoing. El toutesfois, en cas que l'on ne veuille passer oultre, vous en advertircz à 
diligence, tenant cependant le contenu en cesie cl le demeurant secret, saulf que, quant 
Il Don Guérau, ambassadeur de Sa Majesté, vous ferez bien de, après que les choses 
que l'on vous a eneliargé de traitier par degrés seront widées, luy en faire jiart incon- 
linenl, vous conduisant au reste en son endroit suyvani vos instructions générales et 
particulières. 

(Archives du Royaume ù Bruxelles. Corresp. de AI. de Sweveghem, fol. 15.) 



84 RELATIO^S POLITIQUES 

MMCLXX. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Albe (En chiffre). 

(LONURKS, 6 MARS 1S71.) 

Pirateries. — Armemenls de Louis de Nassau. — Négociations relatives à la reine d'Ecosse. — Miision 
de lord Buckhurst. — Projet de mariage d'Elisabeth avec le duc d'Anjou. 

Miicho licmpo ha que estoy sin caria di; V. E., ni lampoco lian llcgado los commis- 
sarios, aunqueFil-Vilans ha va venido. Ksia hago con uno que viene de Yrlanda, despa- 
eliado paia Diego de Echavarin, eon aviso que aili a|)orto por Icinpeslad uria iirca que 
venia de Canaria con viiios y açucares que deve de locarle, y nie scrive don Juan de 
Mcndoça que cl Virrey de aquella ysla, que viene deniro de quinze dias, lo iraera con- 
sigo. A las très urcas de Pleniua no quiere sollar esta Reyna, aunque cran de las del 
armada en que passo la Reyna niicslra scnora, con dczir que vicnen agora con mcrean- 
cias, y cl capilan de la ysla de Huic, auntiue nie dixo de parte de la Reyna yva a pcr- 
seguir los piratas, aqui trata del lescale de la nave rica que vino de Lisboa, en que 
liavra provecho para el y para lodos los tractantes. Dos de las que eslan en la nianga 
de Bristol, quisieron provar de aparlar algiina riqueza de la que en cllas viene, y 
escondieron en cuevas oro y plala, perlas, piedras preciosas y anibar : pcro los Inglcscs 
son tan bucnos podencos que lo lian dcscubicrto, y yo lie procuiado (|ue se trajga aqui 
porque no se robe. En lo demas bien puede V. E. pensar que cl aporlar todas estas 
naves a Inglaterra ay maldad en los palrones flamencos, y Iras esto soy informndo que 
un tal Tafîin, que es de los rcbeldes de ay, va Iiaziendo sccrclamente génie de los mis* 
mos rebeldcs, cnibiandoles a Sanduchc y a Laria, donde el dize vcrna a recebirlos cl 
Conde Ludovieo, y que han de procurar de tomar un lugar de los Payses-Baxos : yo 
lengo hombre entre ellos para ver si podre dcsciibrir mas particularidades. Esta Reyna 
les vende dos mill arcabuzes. Del maestre flamenco que dio en la Roehela cl navio y 
la média parle de la mercancia al diclio Ludovieo, ya V. E. terna por oira parte aviso. 

Lo que se irata de la Reyna de Scocia aca crco sera todo illusion, porque agora 
quiere Sieel poner las dos partes en libellos contradictorios, lo quai rehusa el Obispo 
de Ros. La Reyna me eserive en este punio que quiere embiar un cavallcro a Sti Mag*" 
y a V. E. y bazerlo que por ella le fucre ordeiiado; y assiniismo yra con volunlad de 
todos los nobles catholieos : yo lo remilirc a V.E. para que sea muy sccrelamenlc oydo 
y dcspacliado. 

A Milord de Bucort han embiado a d(zir se Auelva, no obstanle que el Rey Chris- 



DES FA^ 



ANGLETERRE. 



85 



lianissimo le manda recibir, y (|ue le hiziess»; cl gasio cl Marqucs'dc Trani, pero no 
acuden al tractado del easamieiilo de Anjii, y a$si su cliimera qucdara vana, aunque no 
les fallaran otras. 

Quando V. E. luvierc ordcn de niandarme piigar mi provision siendonic dévida ya 
nias lia de un ano, rccibire nicrced me lo mande avisai-. IVuestio-Senor, clc. 

De Londres, a vi de março 1571. 

{Archives de Simanras, Exlado, Leg. 823, fol. 78.) 



MMCLXXI. 
Don Guérau d'Espès au duc d'Alhe (En chiffre). 

(Londres, 7 mars 1571.) 

Armements à La Rochelle. — Les navires qu'on y réunit se joindront peut-être à ceux de Louis de 
Nassau. — Projet de surprendre la ville de Duukerque, que réclame la reine de Navarre. 

Ayer escrevi a V. E. lo que se offrescia con un criado de Don Juan de Mcndoça, que 
venia de Yrlanda sobre una urca robada:oy lia llegado la barca de Aquins de la Kocbela, 
y dize se aprcslavan alli y en un puerlo vezino Ireynla y cinco baxeles : unos dezian 
eonlra los Payscs-Baxos, olros para Escocia y las liidias. Todo esto podra bien mandar 
verificar V. E. por via de Francia '. El gentilbombre que anda aqui entre los rcbcldes, 
me ha referido que oye dellos aguardan eslos navios de la Rochela y que provaran^a 
lomar a Dunquerque por las piclensiones que la Duqucsa de Vandoma tiene sobre el. 
Doy esie aviso porque mejor V. E. iiuedc mandar lo que conviniere. 

De Londres, a vu de março 1571. 

(Archives de Simaneas, Estado, Leg. 823, fol. 78 ) 



' Maximilicn de Boussu écrivait de La Haye le 20 avril 1571 : 

J'ay hier eu scurcs advcrlcnces que les jHrates sont avccq trente navires a l'endroict de Douvres et 
Calés, et que journellement les dicts pirates ont libre descente en terre et mesmes que Lanrclot de 
Brederode, admirai desdicts pirates, avoit este plus de trois jours dedens Douvres, dont avoit thiré 
divers vivres, et mesmes que les Ânglois viennent journellement les visiter en leurs navires. J'ay eu 
aussi advcrtence que les susdicts pirates auroient prins plus de vingt de nos navires qui viennent de 
Rouan, de sorte que journellement ils se font plus forts cl puissans. 



86 RELATIONS POLITIQUES 

MMCLXXII. 

John Lee à Cecil. (Extrait.) 

(Anvers, 8 mars iSH.) 
Propositions adressées par Prcstall au duc d'Âlbe. 

In my laste ofthexxi"" of february, wyche I seule to Yower Honour by M' Fii- 
V\'yllyanis, 1 sygnyfyed unto Yower Honour aull suyche occourrance as were here, senee 
the wyche tyme llier haylhe happened nolhynge (ihal I can lerne) ihat gretly ynipor- 
lythe. Preslaull haytlie byn barde iwyse or ihryse, of bomme iber ys not bad so good 
lyckynge (as yt ys reported) as be lokcd for. Hys bole devyse was to perswade ibat 
Scoyllande lay more necessary for ilie Kynge of Spayne tbcn yi did for ihe Frenclie 
Kynge, and liow that yt was as eayse a course by seay frome somme partes of Scoyl- 
lande ynto Spayne as yt was ynlo Fraynce, and that yt myglit be kepte to tbe Kynges 
use wytbe the garrison of twoe lliowsande sboite and fyve bundered borsse. Praestaull 
and the mosie parte of tbe gentylmen (my Lord and Frayncys Norlhon excepted) wente 
frome hence to Bruxell ymmedyeily after the Dukes removynge. 

{Record opce, Dom. pap., Add., p. 541.) 



MMCLXXIIL 

jW. de Swevegfiem au duc d'Albe. 

(Londres, 13 mars iSTi.J 
II rend compte de son voyage depuis Bruges jusqu'à Londres. — Conrércnce avec don Guérau d'Espcs. 

Monseigneur, Après avoir receu à Gand la dépesche de Vostre Excellence, me suis 
incontinent encheminé vers Bruges, là où j'cspéroy trouver les commis par les mar- 
chans d'Anvers pour recepvoir la restitueion des biens arrestés, etc. Et comme jusques 
au viij* jour de ce mois n'estoit comparu aullre que Jehan de Barcenas, député par les 



DES PAYS-BAS ET UE L'ANGLETERRE. 



87 



niarchans de la nation d'Espaigne, lésidens en Anvers, nonobstant l'adverlissenient 
particulier que avoy faict aux aultres par courrier exprès, je poursuyvis le voyaige 
commandé par Vostre Excellence jusqucs en cette ville, là où j'arrivis avec les 
députés des nations d'Kspaigne, résideiis à Bruges, cl l( dit Barsenas, hier à l'après- 
disner, en bonne sanié, grâce à Dieu, ayans depuis Douvres en ijà trouvé bonne 
addresche de passeport de la Royne et tout ce dont l'on est accoustumé d'accommoder 
eeulx qui ne semblent estre mal venus, ains attendus au lieu destiné. 

Ce malin suys este visiter le seigneur Don Guérau de Spes, ambassadeur pour 
Sa Majesté, et présenter les lettres d(! Votre Excellence. Et comme après les avoir faiet 
déciffrer, il me <lict le conlenu en ieelles, je luy déelaray l'occasion de mon envoy 
pardeçà en conformité de nu s instructions : ce qu'il monstra avoir pour aggréable, 
m'offrant toute adrescbe et qu'il se réglerait en cecy selon la volonté de Vostre Excel- 
lence. Et comme par advis diidit seigneur Don Guérau, je vouloy envoyer devers les 
trois commissaires des marclians d'icy ayans esté commis par-delà, pour les advenir 
de ma venue et faire demander l'audience à la Royne, Jehan Filz-Williams, l'ung 
des trois, me prévint, envers lequel feis le debvoir que dessus. De quoy j'ay bien 
voulu particulièrement advenir Vostre Excellence, en attendant la susdictc audience. 

De Londres, ce xiij de mars 1570 (vieux stile). 

(Archiven du Royaume à Bruxelles, Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 16.) 



MMCLXXIV. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Albe (En chiffre). 

(Londres, 16 «ars VSl\,) 
L'audience de M. de Sweveghem a été ajournée. — Mission de Henri Cobham en Espagne. — Pirateries, 



Por la copia de la que a Su Mag'' scrivo con la présente, vera Vuestra Excellcnza lo 
(|ue passa. Yo hize detener liasta ay y dar ventaja al correo que esta lleva para ver 
como recibiria la Reyna a Moss. de Sveweguem, y hanic alargadn la audiencia hasta cl 
domingo. Ya aparejan una nave para cmhiar a Enrrique Coban a Spaiia : su intenlo es 
versialli a carga cerrada, podrian nej^ociar con Su Mag' que, reslituyendose lo que se 
halla en ser, no se hablasse de lo demas, y bolviesse lucgo el commercio con scguridad 
de todos los miedos que su eonseieneia les haze imaginer, y escusar (como algunos 



88 RELATIONS POLITIQUES 

dizen) a la Reyna que Vuestra Excelleiiza no la erigane, ni yo este en parte que pueda 
advenir lo que conviene al servicio de Su Mag^, aunque agora han quedado contentos 
de mi, y pienso que al despachar de Coban me hahlaran. Parcsceme que Vueslra 
Kxcellenza deve despachar a dar oste aviso a Su Mag^ en diligencia. En lo demas, Moss. 
de Sveweguem me ha informado de la voluntad de Vuestra Excellenza, y assimismo la 
veo por la caria de xxvij dcl passado, que cl me truxo, y la seguire, sicndo assi el 
servicio de Su Mag"", sin divertir a olra cosa, y tambien por mandarlo Vuestra Excellen/a, 
H quicn yo desseo liazer lodo servicio. 

Ayer tomaron los deste Consejo informacion de la gente de dos navios franceses, que 
havra très semanas parlieron d'Espana de Vizcaya y Cadiz, y no hallaran rastro dcl 
armar de Siucley. Todavia les sera achaqiie para embiar a Su Mag'' y provar con esta 
iiueva en el Parlamento de haver con mas facilidad el subsidio. El cavallero de la 
Ueyna de Scocia partira luego presto. Nueslro-Sefior, etc. 

De Londres, a xvj de março 1571. 

{Archives de Simancas, Estado, Leg. 823, fol. 80.) 



MMCLXXV. 

31. de Stveveghetn au duc d'Jlbe. 

(Londres, 16 mars 1871.) 
L'audience de la reine a été fixée au 48 mars. 

Monseigneur, Ccste seconde servira pour advenir Vostrc Excellence que sur le 
poinct d'entrer en baroque vers Grunwich pour avoir audience de la Royne, selon 
l'espoir qu'elle m'en avoit donné par la bouche de M° Jehan Filz-Williams, elle m'a 
faitt par le mesnie contremander et entendre qu'elle avoit différé jusques à dimenche 
prochain, xviij" jour de ce mois. Je prie à Dieu qu'elle puisse estre si bonne que 
Sa Majesté Di\ine cn^soit servye et celle du Roy, et Voslrc Excellence contente en 
l'acquit de la charge qu'elle m'a voulu donner. 

De^Londres, le xvj* de mars 1S70. 

(Archives du Royaume à Bruxelles, Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 18.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



89 



MMCLXXVI. 

La reine d'Ecosse au duc d'Albe. 

(SHEFFIELD, 16 BABS 1571.) 

Elle se confie principalement dans l'appui qu'elle attend du roi d'Espagne et du duc d'Albc. 

Hesponce sur le crédit déclairé par Jelian Uammilton de la part de l'Excellence du Duc 
d'Alve, sotibs l'adveu et authorité d'une lettre de crédit, dattée du xj'jour de febvrier 
dernier et receue le xj" de ce mois. 

Premicrcmenl, je remercye le Duc d'Alve bien afTectiieiisemcnt de sa bonne volunti", 
(le laquelle je nay jamais faict double, el suis bien marrye qu'aucuns de mes ministres 
nyciit ministre occasion audicl Duo d'Alve de dcKancc on rcfroidement d'inlelligence 
entre nous deux, ce que aultre que luy ne me pourroit persuader, pour n'avoir employé 
envers luy que cculx que j'cstimois gens de bien et prouvé mes fidels serviteurs. Les 
desporlernens desquels luy estans suspects ou désagréables, je suis délibéré d'y mettre 
tel ordre qu'il me conseillera et de pourvoir pour avoir entre nous deux la mutui-lle 
(orrespondence poin- l'advenir, qu'il luy plaira me prescripre, en respect de la (ianee 
(|ue j'ay en sa bonne inclinalion vers nioy, qui désiie l'iionnorer et suivre son conseil, 
comme père et fidel eonseillier du Roy d'Jispaigne, monsieur mon bon frère, le dcf- 
fenseur et refuge de l'Église Catholieque, pour la delTence de laquelle moy seulle je 
veulx aujourd'buy exposer vye, estai, biens et honneur en ceste isie; et que l'occasion 
pour quoy j'ay envoyé les derniers ministres, de quoy il faict spécialement mention, a 
esté [)Our les respects suyvans : 

Premièrement, quand j'ay escripl au Roy d'Iîspaigne, au Duc d'Alve ou à ses ambas- 
sadeurs pour avoir support d'hommes, selon que les moyens s'oiïriont, qui n'estoyent 
pas tousjours à mon eliois, principalement durant les derniers troubles, auquel (emps 
je n'ay peu trallicquer que par mon ambassadeur vers le sien résident iey, n'aiatit .'i 
louttes occasions féables messaigicrs, l'on m'a laict responce de touttes parts, et spé- 
eiallenient dudict Due d'Alve, que j'attendisse la volonté de la France cl chereh:isse 
moyen de les fane mettre la main à l'œuvre, de quoy la France ne les peult soup- 
çonner, et que lors ils s'y emploieront de leur part, el aussi que je leur envoiasse tel 
de la noblesse de Escosse, qui eult crédit de la part de toulle la reste et de moy, pour 
traieter et donner asseurance au Duc d'Alve pour l'azart des bommes et argent qu'il y 
emploieroit. 

Ces deux points considérés, je commandois mes subgects d'en choisir ung d'entrc- 

ToME VL a 



90 RELATIOiNS POLITIQUES 

culx, homme de bien el de bon lien, en qui ils se fyassent, qui cusl crédit an [ia)s «i 
peuU eslre moins sopçonnc ailiieurs, selon loque! eominaiulement ils ont clioisy 
Mons' de Selon et m'en ont doiiné leur advis et prié l'accompaigner de ma lellre de 
crédit pour aulhoriser les oiïres qu'il avoit charge de faire au Duc d'Alvc de la part de la 
noblesse. J'ay pensé bien faire, [avant] d'en donner crédit, de faire ouverture, par le(|uei 
Seton povoit avoir à son chois de recevoir la deffenre de moy et mon pays seul ou bien 
avecq telles conditions qu'il eust semblé meilleures au Uuc d'Alve, el, au partir de luy, 
de user de son conseil s'il luy plaisoitou aidtrcment faire comme premier esloit devisé. 
Si le Duc d'Alve approuve que ledicl Selon s'est monstre (ou luy ou aultre de mes 
minisires) ou indiscret ou de coniraire l'aciion en ce qui touche eesie négociation, meo 
advertissant, je mellray ordre comme dessus est mentionné. Cccy est pour la déclaïa- 
lion de ma syneère intention vers le Roi d'Espaigne et le Duc d'Alve en ce fait; et que 
le Due d'Alve n'a voulu fair(î ollice contre moy, je luy en suis d'autant [)lus obligée 
que souvent le bon droit a besoing d'ayde, et l'imiocence de l'advoeat est bon interprète 
de la bonne intention. 

Quant à l'argent, je confesse luy eslre infiniment redevable, et que sans cela el moy 
el mes affaires eussent esté en dangier de perdition ; mais je pense n'en debvoir estre 
estimée ingrate, (|uand je puis avoir le moyen, comme j'ay espoir, de luy povoir faire 
entendre mes particuliers desseings, tendans à la perpétuelle obligation, non pas de 
moy seulle, mais de loulte ceste isie au Roy d'Espaigne, son maisire, et à luy comme 
fidel exécuteur de ses eommandemens, et qui plus est, au grand honneur des deux, 
devant Dieu el le monde, pour plusieurs respects faiets poiu' les calholieques bannis de 
CCS pays, et m'asseure pour du mesme à l'advenir, je luy rends mesmes grâce et prye 
d'y continuer. 

Quant à ce qu'il me donne advis de ne suyvre le conseil de tels ministres qui me 
persuadent de tenir aultre cours que celluy que j'ay desjà protesté vers luy, ou de ne 
me fyer à belles parolles que m'en sont proférées, je rcspondray bricfvement. Je suis 
et seray de l'oppinion que je luy ay faict entendre, tant que mes premiers et derniers 
ministres, et je luy prye n'en l'aire double. Je cherche secours pour mon pays d'Escossc 
à loiis princes chrestiens, je me plains à tous, mais je n'offre pas qu'à ung en particu- 
lier, s'il luy plaisi, et à vous, y adviser el l'accepter. 

Et quant au principal, que prêtons, que c'est à la couronne d'Angleterre, el nay 
occasion de m'en fier ou adresser qu'au Roy d'Espaigne, et pour ce que je suis preslc 
de luy en faire foy et au Duc d'Alve, quand il voiddra iraieler avecq moy ou recevoir 
mes offres, lesquelles j'entens luy faire et non de ma pari seulle '. Au reste, je ne suis 

' Le 20 mars, lu duc de Norfolk adressait à Philippe II la letlrc suivante, qui lui fut remise par 
Robcrio Ridolfi : 

Christiani orbis Serenissime atque Catholice Rex, Prsecipuc hujus Insulee Britanicae statuni lot 



DES PAYS-BAS ET DE L'A^GLETERRE. 



91 



i>,'noiniiie iIcs inences secrètes qui se font par cetilx qui faigiicni le eoiitrnire; mais le 
(k'iîsus je ii'ny que fnire de mVslcndre. Le Duc d'Alve est assez snigc quant aux par- 
lit iilarités. Jusqiies à ce que je sçaelie sali.sfaclion du Duc d'Alve sur ces points susdits, 
je n'y enlreray pour le présent, sinon liiy dire que je n'ay jamais pensé que le Roy 
d'Kspaifîiie me voulût ayder pour [autre] respect particulier que celuy de la religion, « n 
laquelle je veulx vivre et mourir, et pour la meilleure et plus seure concorde entre ces 
pays voisins. A quoy de ma part je tcns aussi, comme loffre de mon lils peult lesmoi- 
gner, ou de ne faire aucune alliance ou obligation au contraire, ny sans le consentement 
1 1 bon plaisir dudiet seigneur Hoy d'Espaigm', lequel, prenant ma cause en sa main, je 
me déiiliéreray suyvre. 

Quant au Iraicté avee(| la Koync d'Angleterre, j'espère qu'il ne se fera riens au 
(lésadvantaige de moy ou des myens ; cl, quant à celluy d'elle et de moy, il en est 
îulvenu comme j'ay toujours espéré : c'est riens (|ui viiille. En respect de quoy, le promt 
secours est bien nécessaire à la cause de Dieu, h moy et aux miens : ce que je prye au 
Duc d'Alve considérer, et puis m'en advertir au long de son intention, à toutles com- 
modités, comme je feiay de mesmes. 

Hamillou m'a aussi dit que le Due d'Alve désiroit avoir ung eyffre qui fût secret 
entre nous. Je luy ay envoyé luiig et luy promès l'aultre, c'est de estre secret, et 
mettray ordre le niieulx que je puis d'avoir des scurs messaigers, comme il me mande 
par hiy de faire. Et si les particularités dudiet Ifamilton n)'ont faict estre offensée contre 
luy, si n'ay-je jamais pensé de trouver jamais faulte en ce <|u'il est fidelle ou agréable 
au Duc d'Alve; ains, si luy est tel je m'en reléverois et plus volimtiers luy enferoisdu 
bien; car, s'il luy salisfaici, il fait Itien en cela, ce que je <lésire que tous les aultres 
fiieeui, et selon le lesmoignaige du Duc d'Alve je m'y gouvcrneray. Il est vray que 
ledict llamiltOM a assez faict mal son debvoir de ne m'avoir si souvent et duement 



iiiiscriis et œi'umiiis uii(Ii<|ijc rcligiunisrrgo desidii, (]uot]uc fidei causa dcploraiiduni cunsidcraiis, hnnc 
iiiinlium Robcrlum llidolfi, viium jirobuiii, de alidriiin procerum liujus rcgni coiisiliu in j)riEseii- 
lifiruin, ad V. M. iiiillu .idco instructuiii ut de rcbus ad piiblicuni speclanlibus coniudum Scrcnitalrm 
Tiiain ccrtiorem rcddcre potcril, cui lldrin habcrc et cumdcm benc cxpcditum ea ccicri diligciitia quant 
ip!<iiis lu-gutii status requirit ad nos iciiiilli buinilliiiic suplico ; et ut oniiiia ad optatuni perducantur 
liiicm, non soluni omncni mcani upcrain cl cœtera quio nicarum virium suiit, scd et vilam dcniquc 
incaiii in Dei gloriam cxponcrc siiiniiia fide polliceor : caetera vcro quœ V. M. nuntiiis abundeol pcr- 
spicuc rurani disseiel, ad V, M. suniinani piudeiiliam, sicul et mes niniiin delinienda, suppicx rcfrro, 
qiiani scmpcr inculuincni scrvct et tucalur Dcus Oplimus lUaximus. 
I.ondini, vigcsiinu niailii aiiiio niillesinio quingvnlesimu septuagcsinio. 

Ccisitudinis Tuœ addictissimus servus, 
Tbomas, dux Norfolciœ. 
(Archivrt de Simancas, Eitado, Lcg. 823, fol. 81.) 



92 RELATIONS POLITIQUES 

cscript et adverlye que son service leqiiierl, el qu'aiissy j'ay Iroiivc mauvais sa façon 
de faire de discrédiler (s'il esl vray) prés du Duc d'Alve mes ministres. 

A Siiefeiid, le xx' jour de mars. 

Hamilton ma dict In bonne voiunté que le Duc d'Alve ha de subvenir à mes pauvies 
amis de pardeçn, lesquels en général je les luy recommande, et en particulier ledici 
Hamilton luy faire cognoislre, puisqu'ils n'ont aultre recours, après Dieu, qu'au Roy 
d'Espaigne et soy. 

{Archives du Royaume à Bruxelles, Nèg. d'Angleterre, t. IV, fol. J95. — 
Public par Ladaxoff, t. III, [). 21C.) 



MMCLXXVII. 

M. de Sweveghem au duc. d'Jlbe. 

(LOKDRES, 23 MAHS 1571.) 

Audience donnée par la reine d'Anglclerrc. — Conférence avec lord Buricigh, le comte de Leiccsier 

et les commissaires des marchands. 

Monseigneur, Dimenche dernier, xviu'jourdo ce mois, la Royne me doima à Griin- 
wicli audience publicque en la Chambre que l'on appelle de présence, e(, après qu'elle 
eubt leue la lettre de crédence et ouy ma rcmonslrance en conformité d'icellc, dict 
hault et clair, tant qu'elle fût entendue de la plus part des assislans, que elle n'entendoil 
pas qu'il y eust aulcun accord. Sur quoy réplicquant, feis un petit discours el répétition 
de ce que s'esloit passé en cest affaire depuis que Thomas Fiesco vint en Angleterre 
et présenta requeste à Sa Majesté ju.<ques à présent et non plus avant. Signamment luy 
représenlay l'occasion qu'elle avoit donnée h Vostre Excellence (par ses lettres datées 
de Hamptoncourt, du xxiu' de décembre dernier, et escriples après qu'elle eubt receu 
le pourgect par le seigneur Henry Cobbam, son escuyer trenchant, le mois de novembre 
précédent), d'en escripre au Roy et à elle la raison pour laquelle l'on deusl tenir le 
tout pour accordé, de manière qu'il n'y restoit que le mectre en exécution : aussi que 
l'on le trouveroil tant raisonnable qu'il n'y auroit occasion de différer l'exécution de 
chose tant sainte et équitable. Sa Majesté me donna pour rcsponce que elle commec- 
iroil personnaiges avec lesquels je le pourroy communiquer; que si l'on le trouvoit tel 
que je disoyc, elle rnonstreroit par effect le désir qu'elle avoit de continuer en l'amitié 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



fl affection qu'elle |tortoit au lloy, son frère, protestant que, en conscienee, elle ne se 
lenoit nullement chargée de tout le mal qui depuis les premiers arrests en estoil suc- 
cédé, veii (|ii'elle ne les avoit pas eoinineneé. Va poursuyvanl son propos avec ung peu 
de colère lénuMine, fulmina sur aulenns minisires du lioy, sans noirmier persorme. Ue 
(|Uoy faisant l'ignorant, l'asseuray du vouloir de Sa Majesté réciproiquc vers elle, luy 
rccommandani l'expédition, laquelle aussi (■lie me promeit. Ainsi, la convoyant jusques 
à l'enlréc de lu chapelle royallc oit elle alloit à presche, prins congé et reloiiruay icy, 
attendant que l'on me mande pour entrer en commiinieation et justifier le iraicté, avant 
depuis faict part de ce que dessus au seigneur don Guérau, le tout suyvanl mes instruc- 
tions. 

Je ne veuix céier Voslrc Excellence que pour le dernier elle me demanda dune voix 
iiouhlée sy et quel lost Vostre Excellence s'en relourneroil en Espaignc : à quov luy 
rospondis n'en sçavoir riens de vérité. 

Monseigneur, ayant dresché ce que dessus pour en advenir Vostre Excellence, le 
seigneur don Guérau trouva bon que l'on deusl attendre jusques ad ce que eussions 
plus d'esloffe méritant courrier exprés, comme avons bien pour le présent par la com- 
munication laquelle j'eubs hier au logis du conte de Leycesler, en ceste ville, après- 
disner. 

Dont pour luy en rendre compte par le menu, à l'entrée, ledict seigneur Conte et 
millord Bourley seuls m'inlerroguèrent de mon povoir et occasion de ma venue. Et leur 
ayant respondu à propos, fcis ostension Ju traicté deuement séellé et signé et des copies 
auclenlicques des lettres de Vostre Excelleiiee à la lloyne,avee la responcede la Roync, 
bien et fermement, insistant sur les mots y couchés, lesquels ont samblé à Vostre Excel- 
lence et, après, à Sa Majesté, importer ung accord sur le faict de la restitucion. A quoy 
ils me dirent (|ue pour sçavoir si ce traiclé en latin s'accordoit avce(| le pourgecl, le<piel 
avoit esté envoyé en françois, et aussi sy l'on estoit sur tous les poincts d'accord, il le 
fanldroit monstrer aux marchans à cui il touche le plus et qui le ont mainé. Ce que 
leur ayant accordé quant à la conférence et non plus avant, furent appelles seullement 
les trois naguères ayans esté par delà, assçavoir ceulx qui présentèrent la requcste à 
Vostre Excellence, sur laquelle et les apposlilles réciprocqiies y mises s'est fondé prin- 
cipallemcnt cest accord. 

Cependant <|uc l'on lisoit le françois, milloid IJorlay regardoit la copie dudit tiaiclé 
en latin, laquelle luy avoy délivrée. El allant d'article en article nonobstant les renion- 
slranees que leur faisois au contraire, ne se contentèrent nullement que je ne notasse 
et advcrtisse Vostre Excellence des poincts qui s'ensuyvent : 

Premièrement, en la préface veullent avoir royés ces mots : sttb hi/cinem et y avoir 
nomméement inséré : • le xxviij jour de décembre en l'an XVLXYUJ » et point 
d'aultre, avant, ne après. 



94 RELATIONS POLITIQUES 

En l'article premier veuilenl avoir tracé ces mots : il in earum dilionibus agciiles, 
alléguans entre aultres qu'il est incivil el desraisonnable que Sa Majesté veullc usurper 
sur, ny Iraicter pour les subjecls ci'aullruy ; aussi que lesdils subjects d'aultres princes 
ne se conlcntenl d'estre mis en leur raison par Sa Majesté, ayans cliaseun ses princes 
(lesquels il se postule; sans prendre regard aux raisons particulières que leur alléguay 
touchant les Genevois et Portuguès, selon mes instructions et ce qui en dépend. 

En l'article commençant : Pio us autem quœ ante finnc conventionem divendila, etc., 
entendent nullement se départir de leurs cscripls précédens pour les raisons plusieurs 
fois par eulx répétées, est asseavoir que ils ayent le pris comptant que leur denrées sont 
esté vendues. Sur quoy ne leur ay voulu déclairer l'extrême povoir de ma charge, 
puisqu'il falloit renvoyer par-delà, pour les faire ce pendant mieulx penser au choix et 
élection des trois moyens mis au traicté, lesquels semblent tant raisonnables. 

A l'arlicle commençant : Hoc etiam additum, à ces mots : in fine aut alUfuo modo 
cclala fuisse constilerlt, restitutio Jiet, veullent (|u'il soit adjousté : per eos qui in culjia 
simt, el nihilominus punientur, ul supra esl convenlnm. A quibus postea, etc. 

En l'article commençant : Porro ut, à ces mots : pretittm ejferre, veullent qu'il soit 
iidjousté : per viatn mmbii, el que soyent tracés ces mots : aut etiam alias merccs corn- 
jiarare, disans que de cela il n'y a jamais eu riens accordé, ny convenu. 

Sur l'article : Quando quidem vero, me demandèrent quelle caution je présenloy, et 
comme leurs dis que l'on pourroit bien commencer la restitution en attendant et qu'ils 
estoienl bien gardés par l'argent des Genevois, me respondirenl que non feroient, et 
dudicl argent ils ne se contentoient nullement, tant parce que la Royne avoit par aven- 
ture désjà Iraiclé avec eulx en particulier et <|ue, oires que ainsi ne fût, que ils ne pen- 
senl pas, du moins ne leur appert, que les (îénevois soyent conlens de laisser leurs 
deniers pour la sceureté de la restitution que l'on debroit faire du cosié du Uoy ; ains au 
contraire dyent que, puisque les denrées des Anglois sont esté vendues, que il n'est 
(liflicille à Sa Majesté faire faire premièrement la restitution prompte des deniers, les- 
qtiels, passé tant de temps, sont esté en ses mains, et que, moyennant ce, eulx donne- 
ront caution resséanle dessoubs le pays de Sa Majesté pour la reslitulion qui s'en feroil 
par après du costé d'Angletcrn;. 

Et comme je réplicquay que il esloit une fois rcs( lu que la resiilulion se feroit pre- 
mière du costé d'Angleterre moyennant caution, laquelle se donneroil par Sa Majesié, 
et que m'apperceus, quoyque leur sceusse dire, (ju'ils ne se vouliont arrester ausdils 
deniers des Genevois, pour abréger l'affaire, leur dis que ils prinssent doncq aulcuii 
pied raisonnable de la caution que ils demandoieni, de cui et de combien. Sur quoy 
prindrent retraicte jusque au lendemain, alléguans qu'ils n'estiont là que trois et que il 
en failloit parler avec les aultres marcbans intéressés pour ensambic adviser s'il y avoit 
aultre chose à desbatre audict iraiclé en latin. 



DES PAYS-BAS ET DK L'ANGLKTKHKK. 



1»5 



Voilà h' sommaire clos difiicullcs, lcs(|u<'II<'s ont par eulx esté esmeucs pour la pre- 
mière communication, persislans de les vouloir avoir couehés ainsy que dessus est ilici, 
;i paync do rompre tout. Sur (inoy nous départiuis, avant congé prendre, suppliay au 
Conte de i-cycestrc et Milort hnurley (|ue, s'ils aviont aiillns dillienllés, ils me les 
voulussent déclairer afiin que je y pcusse donner saiislaeiion ou en adverlir par 
ensamble Vostre Excellence, pour accélérer ceste négociation tant requise par les sub- 
jecls de deux eostés. 

Milort Hourley me diet que point louchant ladictc restitution; mais, si j'avois à leur 
dire quelque chose touchant le conmieree, que voliinliers ils m'esconteroienl; que en 
particulier, ils ne me sçaviont que dire pour ce (pi'ils n'aviont veii ma commission. 

A quoy rcspondis que par ma crédence ils poviont avoir veu pourquoy Vostre Excel- 
lence m'auroit commandé venir par-deçà, les requérant d'ung passepori général, par- 
lant sur le seigneur don Guérau, pour povoir dépescher toutes et (|uantesfois sentit 
besoing, sans que l'on fût constrainct à chasque fois les iinporlimer : lequel aussi ils 
promeirent faire expédier incontinent. 

J'ay réservé de traicter de la sceurelé de la navigation et de l'ordre contre les pyiaies, 
jusques ad ce cpie l'on sera plus approché et (|ue auray responce de Vostre Excel- 
lence. 

De Londres, ce xxiij" de mars 1570. 

(Archiver du Royaume à BruielleK, Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 2(1.) 



MMCLXXVIII. 



M. de Sweveghem au duc d'Alhe. 



(LomiREs. 4") MAiis 1571.) 



Nouvelle conférence avec les commissaires des nuarchands. 



Monseigneur, Hier au matin me vindrent trouver les trois marchans mentionnés en 
ma précédente, avec M" Aldersey et ung cincqniesme, et désirans (pour ce que j'avois 
fort reprins ceste façon de rentrer en disputes nouvelles au lieu d'entendre à l'exécution 
de ce qui s'estoil tenu pour accordé) justifier leur procéder, requirent que de rechief 
on advisast, faisant itérative lecture du traité en franchois, s'il y avoit oncques eu accord 



96 RELATIONS POLITIQUES 

sur les poincts, par eulx rameiileus le xxij', en présence des seigneurs conic de Ley- 
ccslrc 61 milorl Bourley, prenans à leur advanlaige certain billet commençant : Combien 
que la raison vouldroit, etc., sans date, ny signature, lequel auroit esté exhibé par 
.Monseigneur d'Assonlcville à maisire Jehan Fitz-Williams et j)ar luy envoyé à la 
Royne d'Angleterre, sur ce mesme temps que hiy fut envoyé par Vostre Excellence le 
iiourgcel de l'accord en franchois, par lequel (dirent-ils) l'on accepte ce que se offre 
de la part de la Royne d'Angleterre. 

Je dobalis longuement le contraire, et, à chascun poinct, suyvant mes instructions, 
car ils ne l'asiont que reprendre les propos tenus lediet xxij°; mais sur la fin du traicté, 
en tant que touche le terme de deux mois y apposé, me interroguarenl si j'entendoy 
que l'on deust attendre deux mois après que la restitution seroit parl'aiete aux subjecis 
de Sa Majesté en Angleterre ou après qu'elle seroit commencée? 

Je dis : « après qu'elle seroit achevée », que aultrement la caution seroit inutille. 

A quoy me r.spondirent que ils enlendionl compter le temps qui seroit advisé dès 
(|ue l'on auroit commencé à restituer du costé d'Angleterre. Et ce seullement pour 
Espaigne, Canarie et aultres pays et royaulmcs de Sa Majesté, estans loingtains d'iev, 
mais que pour Flandres et Pays-Bas, lesquels esliont si voisins, considéré que leurs 
denrées estiont rédigées en argent comptant, n'y avoit riens qui deust empeseher la 
restitution prompte dudict argent, selon que avoit aussi samblé raisonnable aux 
marchans du Pays-Bas en leur responee au premier escriptsur la susdiete rcqucstc 
des marchans anglois, article neufiesme, où sont ers mots : pour rendre el restituer 
inconiinent aux Anglais, etc. A laquelle responee (direni-ils) se réfère la réplicque au 
second escript desdiets marchans anglois, comme au.ssi font les apostilles de Vostre 
Excellence, et après celle de la Royne, sur lediet article ix°. 

Je réplicquay que cela se debvoit entendre eivillement et cutn effectu, asseavoir 
incontinent que la restitueion seroit parfaieie et qu'il apperroit deuement en Espaigne 
en dedens deux mois, et en Flandres selon que l'on seroit d'accord, si lediet terme de 
deux mois leur sambloit trop long, pour leur donner à cognoistre (|ue Sa Majesté ne 
déïiroit que tout droict et équité. 

Et sur ce dépariisnies, avec prom.esse que ils m'advertiroient de brief du temps el de 
la caution. Je lis exhortay, par l'occasion qu'ils m'en doimarent par leurs propos, 
d'avoir l'honneur de Dieu, la bonne intention des deux Majestés et le bien publicq de 
leurs subjecis devant les yeulx, se despouillans de toute affeclion particulière pour 
l'iniérest privé, et me servirent de parolles eorrcspondentes. Pleusl à Dieu que l'effeet 
s'en fust jà cnsuyvy! 

Après-disner, vint vers nioy maistre Jehan Filz-\A illiams, soubs umbre de visite, 
cnlre aidtres choses se plaindant de ce que aulcuns naturels du Pays-Bas parliont 
egtrangement du commerce, se vantans que, après restitution faicle, l'on monsireroit 



DES PAYS-BAS Eï DE L'ANGLETERRE. 



97 



Itieii aux Anglois que l'on n'avoit que faire dVulx, et propos semblables, mal séans 
(ce ilicl-il) et eausans mcsconlenlemcnl parmy la commune. Je dis que n'en avois rien 
cnlenilu, les accusaiis d'ignorance comme ils povoionl aussi bien sçavoir que les princes 
u'avioni pas Iraiclé de ce poincl. E( cogiieus bien que e'cslioiit propos desguisés pour 
resentir si j'avois aucune cliarge dudict commcrclie, et qu'ils vouidriont bien que l'on 
commencliast à traiter de nostre costci, de quoy m'a semblé debvoir advenir Vostre 
F-xcellenre, pour eslre (signamment l'intelligence des deux mois) ung poinct de très- 
grande conscquenee. Sur quoy, liiy baisant les mains en toute humilité, prie le Créateur 
conserver, Monseigneur, Vostre Excellence longues années. 
De Londres, le xxv' jour de mars 1570 (devant Pasqucs). 

{ArcUives du Royaume à Urvxelles, Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 26.) 



MMCLXXIX. 

jW. de Sweveghem au duc d'Elbe. 

(LONDRKS, 28 MARS ISTl.) 

Confcrcnce avec les commissaires des marchands. 



Monseigneur, Sur toutes aventures que le pacquet du xxv' de ce mois ne fut seure- 
ujciit aildressé, j'ay ici enclos ung duplicat de lettre pour Vostre Excellence. Depuis et 
hier matin les mesmcs commis des marchans sont venus me remonsirer que, selon 
leur caleulalioD confuse, le nombre de l'argent et valeur des biens appartenans aux 
Anglois et détenus au Pays-Bas povoit monter à pins de six-vingi mille livres de gros 
(je dis livres de gros monnoye de Flandres et non pas slerlings), et la valeur des biens 
détenus en Espaigne à xxx'" livres de gros plus ou moins; que pour trouver moyen de 
caution, leur sambloil expédient que l'on feisse estimation par main commune, assça- 
voir par députés pour les Anglois, et par aullrcs pour la part des marchans intéressés, 
de tous les biens générallement eslans en ce royaulnie détenus jusques à la concurrence 
desdictes deux sommes revenans ensamble à cent cincquante mille livres de gros peu 
plus ou moins; que de ce que advanceroit lesdicles deux sommes, se feroit restitution 
prompte du costé d'Angleterre, et du surplus l'on s'accordcroit du temps que l'on ren- 
deroit des deux eostés, signanmient les deniers des denrées vendues en Espaigne et 
Pays-Bas, ou, en faulte de ce, ils pourriont lors pour leur indempnité vendre icy les- 
ToMK VL 13 



98 RELATIOINS POLITIQUES 

dictes marchandises eslimées et eulx servir des deniers qui en procéderont comme 
l'on a faict par-delà des leurs. Je les requis, pour procéder seurement et s'en povoir 
meuremenl résnukire, que ils me le voulussent donner par escript, ce qu'ils promeirenl 
de faire dedens peu de jours, et qu'ils y adjoustcroient cncoircs aulircs moyens servans 
à l'appaisement de la caution. Davanlaige, comme ils monstroient par beaucoup do 
propos estravagans que ils désnoient en avoir bonne fin et bricve, je prins occasion 
pour leur déclairer que toutes les résolutions de chambre et en conseil estionl super- 
flues, et tous Iraiciés de nulle valeur, si l'on n'avoit volume de les effectuer; que cela 
ne se pourroit faire si l'on ne donnoil ordre, quant et quant la restitution, au faict des 
pyrates et seureté des ports, voires que ce traieté ne serviroit que pour advertir les 
pyratcs de se faire forts pour deslrousser en mer ce que d'un costé et d'aultre sortiroit 
des poris en vertu de ladite restitution, allin que rien ne leur en eschappast. Aussi que, 
si toutes les fois que par fortune de mer ou aullrement, pour pourveoir et remédier à 
quelque nécessité extraordinaire, aulcune sorte de nos bateatdx print port en Angle- 
terre, l'on vouldroil faire arresls nouveaulx, ce seroit relourner aux premières brisées; 
que Sa Majesté entend que les deux poincls susdits aillent en conséquence de l'accord 
comme nécessaires et sui nalura inseparabiles. A quoy ils prcstarcnt l'oreille, el, après 
en avoir ung peu conféré cnsamble, dirent qu'ils le trouviont raisonnable; que, si je 
vouloy faire bon oflicc de noslre costé, ils le feroient du leur pour faire trouver bon à 
la Royne que pendant ceste négociation l'on ordonnas! bien estroictcment 5 tous les 
ports de ce royaidme de ne faire plus aulcnns arrests, ni détention d'aulcuncs per- 
sonnes, batleaulx ou marchandises appartenans aux subjccis de Sa Majesté, moyennant 
que le semblable se feissc des Anglois arrivans ou prenans ports au Pays-Bas ou en 
Espaigne. Ce que leur promeis de faire chauldement, dissimulant la cl.argc qu'il a 
pieu à Vostre Excellence m'en donner, les exhortant, entrclant que s'en escript 
par-delà, à adviser et mectre par escript la forme et manière par laquelle l'on pourrait 
prendre ports es pays l'ungde l'aultre en seureté, les asseurant du réciprocquc. Quant 
aux pyratcs, dirent qu'il y avoit trois gentilshommes de qualité de ce royaulme, lesquels 
offroienl de se mectre en équippaige deu et s'armer et donner bonne caution de ei\ 
dedens les six mois prochains rendre la mer asseurée et la purger de tous pyrates, 
moyennant que les marchans Ame inde voulussent prendre considération auxdespens, 
lesquels pour ccst effect leur eonviendroit faire et supporter. A quoy feis responce que 
la bonne offre desdits trois gentilshommes méritoit grand louange et procédoil d'un bon 
et francq courraige et zèle du bien publicq. Toutcsfois, pour éviter à jalousies et toutes 
sinistres interprétations, sambleroit expédient que la provision se meisse de main com- 
mune pour garder esgallement le droictet préserver de dommaigc les subjects de deux 
coslés et éviter mengeries et extorsions, lesquelles se pourriont commectre soubs le 
manteau de défendre le marchant et asseurer la navigation, ampliant ainsi par discours 



DES PAYS-BAS I:T DE L'ANGLETERRE. 



99 



ce (lui csl louche par mes insliiiclious. De (|uoy n'ay voulu fiiillir d'advorlir Vosire 
Kxccllcnce, allendaut ledil cscripl des Aiiglois, par lequel elle pourra csire plus ample- 
luenl advcriy du loiil. Et à InnI, priant humblement estrc maintenu en sa bonne grâce, 
supplie au Créateur qu'il doint, Monseigneur, à Vosire Excellence le comble de ses 
meillieurs souhaits et |)ricres. 

De Londres, ce xxvuj* de mars 1570, devant Pasques. 

[ArcUives du Royaume « lirurelles. Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 28.) 



WMCLXXX. 



Jo/m Lee à lord Burleigh. 

(Anvkhs, 31 MARS 4571.) 

Asscnil)lc('s sccrcles des catholiques anglais réfugiés aux Pays-Bas. 

Ryght honoruhull and niy very Lorde, May yl pleaysc Yotir Honour lo undersiaynde 
ihal ihcr was hoiden a generaull meltynge at Lovayne, ihe xij"" of mayrche, and an 
oiher at Mayclyn ihe xxviij"' of llie same moncthe. The chcffesle cause of ther niet- 
lynge al Lovayne was, as I ame ynformed, onely to knylle iippe and cnde cerlayne 
pryviite quarrelis that wcre amongsie them selves, and moste of aull lo perswadc ihem 
to conccve well of Dackres, of homme tliey had no good lyckynge, as wcll as for hys 
dubbell dellynge wyilie ihcm yn Yayngelande, as aullso for lus latc prayclysynge witli 
Preslaull, whcrof lie dvd no inayke them pryvyc. The causse of ther metlynge at 
Mayclyn was lo havc ihem to subscrybe lo certayne lelicrs ihat were wrytlen lo thc 
Kynge of Spayne and lo ihe Pope, wlieryn lliey cravcd ayde bolhe of men and niony 
to furlher iher cause. Aullso ihey wrotle to the Duke of Ferya to rcquyer hym to 
furlhir ihcr cause lo ihc Kynge, of whose freiidshyppe ihcy counle them selves nioslc 
assueied of. Lyckcwyse lliey wrolte to fowr Cardenaulls of Home, namely lo onnc 
llossyus, lo rcquyer ihem lo hc carneslc solycyslcrs lo the Pope for them. 

From Anwarpc, the lasle of mayrche 1îJ7L 

[Record office, Dont, pap., Add., p. 342.) 



V 



iOO RELATIONS POLITIQUES 

MMCLXXXI. 

Le duc il'Albe à don Gitérau d'Espès. 

(BRCXELI.es. fi AVRIL 1871.) 

Rcclamalion des Consuls de la Nation Espagnole de Bruges. 

Aqui he cnlendido que en CKsa Corle anda un Gregorio de Negron, que fuc partici- 
pante en cierto Irato que el y olros hizieron sobre cierta segnridad, de que por parte de 
los consules de la nation spaîiola de Brnjas liaran a V. M. pariicular relacion; desran 
hecharle la mano para saber del como ha passado este négocie. V. M. me la hara de 
favorecerles niuy de vcras para que se consiga lo que en esta parte dcscan, pues es 
cosa jusfa, que yo la recivire en eilo por propia. 

De Brusselas, a S de abril 1571. 

{Archives de Simancas, Esiado, Leg. 825, fol. 93.) 



MMCLXXXII. 

Le duc d'Àlbe à M. de Sweveghem (Partie en chiffre). 

(BRCXEILES, 8 AVRIL 1571?) 

Réponse à diverses observations présentées par les commissaires des marchands. 

Très-cliier et bien amé, Nous avons receu par diverses fois vos lettres des xiij, xvj, 
xxiij, XXV et xxviij' de mars dernier, et entendu bien voluntiers les particularités du 
progrès de voslre voiage, recœuil et audience que vous aviez eue, et de ce que s'estoit 
passé à la conférence d'avecq les Conte de Leycesire et Millord Borley et les marchans 
qui y avionl esté appelles; et nous a semble le chemin que vous y avez tenu et ce que 
vous avez respondu, en tout bien à propos. Et pour vous faire entendre noslre intention, 
quant aux points controvers inentionnés en celles du xxiij% premièrement, sur ce que 
en la préface des lettres d'accord sécllécs que vous avez porté avecq vous, ils prétendent 
que ces mots : sub hyemem soyent royés, et que en ce lieu l'on insère nommément : 



DES PAYS-IiAS ET DE L'A^GLETEHRE. 



101 



le xxviij' jour de décembre en l'un XV'LXVIIJ el point d'aullre : il est vray que la 
requeste piemière dos marchiins de delà, au second article, coiilenoit ers mots : depui» 
le xxi'iij' jour tic décembre I56S, tant invenloriés que non; mais nos apostilles y ser- 
vant conleniont que non-seiilemcnl l'on l'accorderoit depuis ce jour là, mais aussi tout 
ce que à img mois ou deux auparavant avoit este détenu ou mis en arrest, comme que 
ce fust, sur quoy les apostilles du eostel de delà disent expressément que le semblable 
se feroit aux subgccis de pard('(;à, et ainsi en ce point l'on est d'accord, et partant, au 
lieu de mettre : tuuj mois ou deux auparavant, l'on mit ces mots : sub liyemein. Toutes- 
fois, s'ils aiment mieulx qu'ils soyent eiïacés et que en ce lieu l'on mette punetuellemeni 
les mcsmes mois de l'apostille, qu'il se fasse à la bonne heure en l'article second 
commenclianl : Placuit eliam, etc., où il viendra mieux à propos. 

A ce qu'ils débalent au premier article en ces mots : in earum ditionibus ayenlex, 
les raisons qui vous sont esté données par mémoire, tant en l'escripl que vous avez 
touchant les poincls que l'on se doubtoit que <le delà l'on vouldroit déhatre, que en 
celhiy que avoit ici exhibé Jehan Fitz-Williams, signament en l'apostille mise sur h- 
second article, semblent péramptoires el ausquelles vous debvez insister, y adjoustant 
que les princes sont obligés à la protection des inhabitans de leurs pays, intéressés à 
cause de leurs dilfcrcns. 

Quant à l'article commenchanl : pro iis autem quœ ante hanc conventionem, etc., où 
ils disent qu'ils veulent avoir le pris constant que leurs denrées sont esté vendues, nous 
nous en remettons aux mémoires (|ui vous sont esté donnés pour instruction, assavoir 
que au fort aller vous ne rompiez pour ceey, mais (|ue vous le guardiez pour le dernier, 
rt que vous n'y consentiez, si ce n'est que toute la reste soit accordée et qu'il n'y ait 
que cela en débat, et que vous voyez que cela seulement empesehe la conclusion, 
auquel ras le pourrez à la bonne heure consentir. 

Ce qu'ils disent que l'ont deust adjouster en l'article : hoc etiam additum, as.savoir 
ces mots : per eos qui in culpa sunt et nihilominus punientur uti sic conventuni eit, 
a quibus, etc., les escripts et apostilles signés parlent indistinctement, selon lesquels 
s'est couché l'accord, par où eeste clause est hors de propos, et n'y a raison de venir à 
cest heure aveeq ceste nouvellité. Et sur ceey et aultres choses, (|ue vous voyez qu'ils 
mettent en avant, contraire ou au dehors de ce que a esté conclud, vous pouvez bien 
eslargir à leur dire de par nous qu'ils monstrent bien peu d'envye de traiter, puisqu'ils 
viennent avecq ces nouvellités et au dehors des choses widées, et qu'ils peuvent juger 
quelle matière ils donnent au Roy à croire en ce que l'on vouldroit traiter ultérieuie- 
ment avecq eulx. 

L'article commenehant : Porro, où ils débatent ces mots : prelium efferre, où ils 
entendent se dcbvoir adjouster : per viam cambii, et que l'on trace ces mots : aut eliam 
alias merces comparare, est ainsy couché pour ce qu'il est dit que l'on pourra retirer 



102 UELATIOiNS POLITIQUES 

tous biens et niesmes debtes que ne consislenl que en argent, sur quoy vous povez 
insister. El toutesfois, s'ils ne veulent entendre, le pourrez accorder selon qu'ils le 
demandent, pourveii qu'il soit réciproque et que l'on efface aussi ces mots : aut eliam 
alias vierces comparare, si tant est que l'on y poursyeut. 

Au reguard de la restitution, vous avez très-bien répliequé qu'il a csiet une fois 
résolu qu'elle se face premièrement du costel d'Angleterre moyennani caution, en quoy 
il faull absolument insister. 

El quant à ce qu'ils vous ont mis en avant au reguard de la caution, dont fait mention 
vostredicte lettre du xxviij', puisqu'ils vous en debvionl donner un escript que vous 
m'envoyeriez, nous différerons vous y respondre absolulement tant que nous l'ayons 
veu, par où conviendra que vous procuriez que nous l'ayons au plustost et que le soit 
avecq le plus de particularité que faire se pourra, mesmcs de la calculation qu'ils font 
des biens arreslés pardeçà et en Espagne, que ils semblent pousser bien hault; mais, en 
cecy, vous tiendrez pour préadveny (|ue en façon quelcquonque, il ne convient entrer 
en coiulilion pour les marchandises des subgccts du Roy demeurant en leurs mains 
pour caution, puisque ce ne seroit restitution, ains au contraire de ce que a esté traité. 

Touchant le billet exhibé par le Conseillier d'Assonleville, qu'ils preniont 'à leur 
advantage, comme contiennent vos lettres du xxv", par le progrès d'icellcs semble 
aucunnemcnt qu'ils s'en estiont départis et que vous les aviez payés de la raison; mais, 
quand ils en parlassent derechief, pourriez dire que nous sommes esté csmerveillés 
que eiilx veulent alléguer ce billet à leur advantage, puisqu'ils dcclairent d'autre costel 
expressément qu'ils n'acceptent point la condition y mise quant au pris de la marchan- 
dise ; oultre ce, que ce que s'est couché à l'accord, est justifié par le contenu des 
apostilles signées. 

De leur bravade à vouloir avoir le changement à leur appétit, à peyne de rompre le 
tout, n'y a de quoi vous mouvoir, mais que vous procédiez tousjours la raison 
en main. 

Vous avez fort bien fait de temporiser quant à la seurté de la navigation et ports en 
provision contre pirates, tant que vous fussiez plus avant ou que la eonjuncture fût à 
propos, et puisqu'ils monslrenl mesmcs le désirer et vous avez pris à voslre charge de 
nous en advenir, leur respondrez que vous l'avez fait et que nous vous avons respondu 
que de ce costel ils y seront correspondus et que nous entendrons voluntiers le pour- 
gect qu'ils en vouldronl dresser; mais, en ceci, aurez toujours voslre but et non mesler 
eeste matière avecq celle du commerce, à laquelle ils semblent vouloir tendre, mais 
que au reguard dudict commerce vous ne hastiez, mais régliez ponctuellement selon 
vos instructions. 

Au demeurant, la responce que vous avez fait au reguard des trois genlilhommes 
qu'ils disent presis pour asseurer la mer, nous a semblé très à propos : qu'esl ce que 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



103 



|ioiir le présent cliiet à dire à vosdicles lettres, sinon que ce nous sera plaisir d'estre 
tonlinuclleriient adveily du progrés de vostre besoigne. 

(Archives du Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Sweveyhein, fol. 32.) 



MMCLXXXUI 



m. de Sweveghem au duc d'Albe (Partie en chiffre). 



(Londres, 7 avril 18"t.) 



Négociations avec les commissaires de la reine d'Angleterre. 

de Lumbres. 



Bruit de la défaite du seigneur 



Le joiird'hier, les commissaires de la lloync me délivrarcnt l'cscript icy enclos de si 
longtemps promis touchant la caution. 

Quant à la sécurité des ports et garde des pyratcs, dirent que la Royne n'en avoit 
encore riens résolu, et sembloit bien, à les oyr parler, que ils n'ont pas grande envye 
que l'on y pourvoye; mais, si la nouvelle icy espandue est véritable. Dieu y aura 
mesmes pourveu par la prinse du seigneur de Lunibre avecq ses douze batteaux, faille 
par la flotte dernière du Pays-Bas, laquelle, puis naguaircs faisant voile pour Espaigne, 
le rencontra et dcflit entre l'isle de Wicht et la Hocbelle, selon qu'il se dit icy, combien 
que je n'en ay aucune asscurance. 

D'aultre part. Monseigneur, comme je me plaindoye ausdicts commissaires de ce que 
l'on arrestoit, prenoit et vendoit encoires journellenicnt les batlcaulx et marchandises 
appertenans aux subjects de Sa Majesté et par fortune reboutés aux ports appertenans 
à la Royne, selon l'information que m'avoit donné certain procureur des marchans 
d'Anvers intéressé par la vente des bateaux et marchandises arrivées par fortune de 
mer au port de Divelinghe, en Irlande, lacjuelle vente auroit esté faicte par charge du 
Viceroy d'Irlande, le xv° jour de mars dernier, et ainsi quelques jours après mon arri- 
vement en ce royaulme cl à bien vil pris, alicgant que ce n'estoit chose raisonnable d'en 
user ainsi sur le poinct que l'on s'esloil tenu d'accord de faire la restitution hinc inde, 
me respondirent que beaucop de bateaidx aviont pareillement esté détenus depuis lar- 
rest général aux pays et ports de Sa Majesté, les spéciffiant par noms, signamenl que 
puis peu de jours ençà l'on auroit en Zélande non-seullement arresté, mais vendu sur 



i04 RELATIONS POLITIQUES 

le camp et confisqué certain bateau anglois allant vers Hambourg et rebouté par lem- 
peste au port de Flissinglie, veuillans par là colorer leurs continuelles déprédations, et 
me le baillareni par escripl pour cstre représenté à Vosire Excellence, soy plaindans de 
plusieurs exéculions capilalles faicles par delà de plusieurs naturels Anglois bien légè- 
rement et avec ordre de justice si petit que je me persuade que ce sont touttes frivolles 
et inventions pour me préoccuper et serrer la boucbeà ultérieures plaintes. ïoutesfois 
j'en ai voulu faire part à Vosire Excellence, la suppliant très-humblement qu'elle veulle 
eslre servie de commander que l'on me face si briefve et bonne responce qu'elle cognoit 
l'affaire le requérir. 
De Londres, le vu" d'apvril 1570, devant Pasqucs. 

{Archives du Royaume à Hiuxelles. Corresp. de M. de Sweveyhetn, fol. 34.) 



MMCLXXXIV. 

M. Jeiinis à 

(7 AVRIL 1571.) 

Réponse aux observations de M. de Snevrghcm. 

I liavc tliowgle good to syngneffve unto YourLordesbipe ihe discowrsse and speebcs 
liad witb Mons' de Swcdyngham, comniesyoncr for tbe subgecttes of Kinge Plielyppe 
intressed, tbe vij"" of april 1571. 

Tber was delyvered unto ihe said Mons' de Swedyngame, by ibe advice of my Lord 
of Lcssiester and Your Lordsbipe, ilie order and nianor requered by the intressed tbe 
Quens Majesiyes subgecttes for assurance of resslytwesyon. 

It was demanded by the said comessyoncr wliat and if tbe Kynge Cailioleque doo 
offer his Ictters patentles under bis greal seall as tbe Quens Majestye dolb bers, will it 
be tacken, lo ibat was answared tbai we resied upon the formar trettes. 

Tber was demanded by bini allso ihe sume ihat assurance sbowld be demanded 
for, the same reffared till soebe assurance showlde be offred as myghl be well lycked 
of, and then showld nothinge be demanded, but that ihaye sliowld perseve to be res- 
sonabill. 

Tber was allso demanded of him howe longe tyme tber goodes showlde remayen 
nnsoldc, if thaye showlde lève the same for assurance so moche as showlde be prayssed 



DKS PAYS-BAS ET UE L'AINGLETERIIE. WH 

to llial inleiil. Wliichc was allso answfircd and redared till llu; assurance wccr agreed 
iipon, and llicn rcssonabill lyme sliowldc be tacken for il. 

Tlicr was requeste made by him ihat and if any shiprs of ibc subgecltes of llie 
Kynjje Calholc(|iJc showlde be i»y conlrary windes or fowl wclhcr dreven into any of 
tiic Quens Majcslycs, bavens ilial ibaye niygiil nol Ije arcslcd, or slaycd and tbc lycke 
lobarliy siiowld be oon ibc oiber syde durinjçc ibe lymc of ihis trettc, ihe same reffarcd 
to be moshened to ihc Ryglil Honorabiil of ber Majestyes Prcve Cownscll. 

He fownde fawll in ihat liier was goo<ies solde ially apartiaynynge unto ihc sub- 
gecltes of tiie Kynge (jittbole(|ue and ihat tlie goodes staycd in a shipc dreven into 
Uevelling in lerlande, Ibe same solde lo grctte losse of tbc niprcbanlt. 

To ibc same was answared lliat il was unknowen unto us; bull well knowe ibat 
ibcr was goodes showld in llie Lowe-Conlrcs of latte nparlaynynge unio subgecltes of 
tbc Quens Majestye, ihe same owt of a sbipe dreven in by fowell wellier at Flesliinge, 
not onely solde, but allso confescalt ibe xxx"' daye of marcbc laslo, and nlbers tbat 
lialli ben slayed in Hollande dreven in by fowell weliier comynge from Hambowrglic. 

Il was allso declarcd unlo liim howe liardiy llie justesses délit wilJi ail lîynglesbcn^en 
llial weer tacken upon tbe sees upon susspesliyon by tbe subgecltes of ibe Kynge 
(latbolcque, condemned and cxsccnilcd, wilboul any proffc or welnes of any offence 
lliaye hade cnmellcd ; and somc nol sulTred lo bave any man to macke answar for 
llieni, alllbowghc ibaye undersiodc not wbat was layed to iberebarge, yet condemned 
and exsecuttcd. 

Allso was delyvered uritn bini Ihc nanies of socbc sbipes as of latte liatb ben slayed 
in Spayen and oiber plasses dreven in by fowell welher, and tbe goodes solde, wberby 
il niayc appecr bowe good cawsse ibe Quens Majeslye baihe to siaye soche sbipes as 
of latle batb been dreven lo Hcr Hygbtnes bavens. 

(Hecord office, Cal. n' 1642.) 



MiMCLXXXV. 

.V. de Sweveghem au duc d'Elbe (Parlie en chiffre). 

(Londres, 10 avhii. 157t.) 
I.ord Buricigh csl malade. — Le bruit de la défaite du seigneur de Lumbres ne se con6rinc point. 

Ce mot ne servira que pour advenir Vosire Excellence d'avoir receu ce malin le 
pacquel qu'il luy a pieu m'envoyer par le courrier parly le vij" de ce mois de Bruxelles. 
Tome VI. ^4 



i06 RELATIONS POLITIQUES 

Après l'avoir fail dcciffier, me suis trouvé vers le S' Don Guérau pour iuy comnui- 
nicquer ce que sembloit convenable, et de là ay envoyé vers Milort Bouriey pour nie 
procurer l'audience; mais, comme il couche des gouiies, m'a remis jusques à demain, 
par où entreliendray ledict courri( r jusques à ce que Iuy puisse mander plus amples 
nouvelles. 

Le bruit de la prinse du S' de Lumbre s'efface, et dit-l'on qu'il est au port 
de Plemue. 

Vostre Excellence aura receu dans mes précédenics, du vij" de ce mois, le billet de 
la caution. Je Iuy prye avoir en souvenance la rcsponcc, afin que le tour leur demeure 
de ce qu'ils nous vouldriont charger que ne procédons que par fainte, et que, y 
amenant pareille volunté de leur coslé, l'on n'en doibl espérer que bonne et bricfve fin. 

De Londres, le x" d'apvril 1570, devant Pasques. 

(Arrhires du Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 57.) 



MMCLXXXVL 

Mémoire adressé aux lords du Conseil par don Guérau d'Espès. 

(10 AVBIL 1371) 

Plainte au sujet de l'accueil que les pirates reçoivent à Douvres. — Il réclame le châtiment 

de Guillaume d'Ilembyse. 

Advertit D. T. et reliquos Illuslrissimos Dominos Consilii Secretioris legatiis Majes- 
latis Régis Calholici qualiler Dovcri rebelles Inferioris Germaniae, cum nuper captis 
navibus, slationcm habeni, ipsi in terra et tola vicinia vagantur, milites novos, nautasque 
conquirenles, voluercque e carccre exirahere pyralani, qui illuc, etsi condemçatus, 
adhuc asservalur, proinde videri sibi aequum et novos pyratas cum classe delineri et 
convictos puniri, proul etiam in Guilielmo d'Embise, Gandavensi latrone, capio et 
convicto, faciendum indical et a D. Vesiris petit : dicens se super hiis et judiceni 
Admiralitalis Curiae et Illustrissimum Dominum Cobanum sœpius per suos minislros 
sollicitandos curasse. 

{Archives de Simanca.i, Estado, Leg. 823, foi. 95.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEKRE. 



407 



MMCLXXXVir 



Le comte d'Oost- Frise à la reine d'Anglelerre. 



(EMDEN, li AVRIL 1S71.) 



Il réclame l'appui Ae. In reine d'Angleterre. 



Scrcnissimn, Polcnlissimaqiie Reginn, CIcnienlissima Domina, Qiiae causœ sint cnr 
Ailla Biirgiiiulica nohis, (idc'libus(|iie siihdilis noslris, jarii inultos annos, sine iillo noslro 
inerilo, infensa sit, alqiie ailco, si dicore lierai, insidiel, ctim per literas, lum per legatos, 
oratorcsquc noslros, Serenissiniee Majeslati Vcsiraî salis innotuit. Nunc aulem quod 
rcliqnnm csl, urgente sic slatii reriim, porro Majcslalcm Vesiram minime celandum 
diixi. Accusamur nenipc graviter ah (^aiholieœ Majestatis rerum Bclgicarum Adminis- 
iratorc Illustri Duce Alvano quod Majestatis Snœ profiigi , exiles, hoslilique animo 
rehellcs intra ditionis nostrae fines non tanliim recipinnttir, vcrum ctiam foveanlur, 
conimeatu, armis, navibus, denique insiruantur. Aceiisamur, inquam imo diffamur 
vérins hae de re apiid Imperaloriani Majestatem omnesque Sacri Romani Iniperii 
ordines, non sine insigni injuria nostra.quam, summo dolorc tolérantes, eanique vehe- 
nienti studio, icgitimis atque jure eoneessis modis, a nobis removere conanles, a Ctesarca 
iMajestate impetravimus ut coniroversiœ nosirœ disceptaiio ron suspectis commissariis 
(lelegaretur, ea (iducia quod bis innocentia nostra facile probari posse non dubitaremus. 
Intérim, ui iertiir, forte quidam, a littoribus nostris noctu elanculum arrepta ima atque 
altéra scapba piseatoria, vêla dantes vcntis, eum aliis quibusdam partim et vicinis, 
imrlim ex ipsius Calliolicai Majestatis districtii uiidi(|ue confluentibus conjuncti, in 
Ilollandiie pariem irruptioncm faciunt, oppidum uimm aslu ingressi cum villis vicinis 
iliripiinit, prœdam abdueunt. 

licce hic manifesti, si dris |)hieel, deprchendiinur iiostes CallioIiciE Majestatis, sci- 
lieet judicio Illustris Alvani Ducis. Moncmur ab amieis (|uibusdani, fideque dignis viris 
oeculias in vicinis locis esse belli haud dubie conira nos machinationes : quod autem 
lus faciliiiscreditur, faciunt literas ab Aivanoad R(!verendissimum Monasteriensem Kpis- 
(•o|)um Circuli VVestphaiiei Primarium datas, ubi super narralae direplionis nos eon- 
siituimur rei, in nos omnis iransIVrlur eulpa, nullam nunc nobis restare excusationem, 
omni defeiisioiie, omni ope el auxilio Circuli nosiri nos mcrito destituendos,eontenditur. 
Nihil nos relevât (qute ex niultis patel argunienlis) innocentia. Nihil inimensi pro noslro 
iiiodulo, ut antea mulli, ita nunc quotidiani sumptus expeditionuni classicarum contra 
hostiles Belgarum piratas, cum tamen ipse Alvanus ne unam quidem conira illos inslruat 



\08 RELATIONS POLITIQUES 

scapham. Niliil quod commcalii, porUibus ac omni terra marique comniercio illis 
publiée inierdiciliir : privalim siibditi noslri, si qui ciim illis mereimonia commutasse 
deprebendunlur, graviter mulctanlur. Niliil quod res Belgis rapina liostium subtraeias, 
acque vcl forluito vel clam contra publica mandata ad nosiros delatas, vcris doininis 
summo studio reddere satagimus. Nibil denique quod prœdoncs in poteslalein noslram 
quotquotrediguntur,exilio,carccre,morte,pro mcritis cujusque punimus.Nulla his rcbus 
omnibus graiia, quia non simul perdimus innocuos, atque cum Alvano eadem liran- 
nidis ingredimur vestigia, neque Calliolicae Majestati penitus nos, nostraque subjicinuis 
prompti ad imperala Alvani. Aslum itaqiie, dolum, |)0tentiam, prudeniiamque vicini 
((|uod Clementissimus Omnipotens averlat) liostis, nostrarn vero contra simplicem sin-, 
ceritatcm, tenuilatemque animo volvcntes, quo modo non consternemur? Cur non victas 
demus nianus? In nos certissima sublevaret fidcs quod etiam nunc judex regnel in 
orbe Deus. Quîb ipse permisit, justae defensionis eonsiiia, auxiliaque quferimus : ad 
bonos, ad pios confugimus principes, quos inter, summam laudem prudenliae, potenliae, 
beneficentiœque Divina gratia Serenissiniae Majestati Veslrae concessit. Ilanc igitur 
supplicibus, submissisque preeibus, causœ aequitatc, Majestatisque Vestrae freius boni- 
late ac benevolentia, aggredimur, ne nos vicinorum potenliae in prœdam datos corrucre 
ac penitus consumi sinat; sed obslet, impediat ruinam nosiram cum niultorum |)ioruni 
strage conjunctam : cogilelan nos cavere possimus quod in lielgicis regionibus Alvanus 
ipse nec impedire, née artère vel posse vel nostri gravandi causa velle deprehenditlir. 
Juvet nos potius Kegia Majeslas Vestra libcraliler olini promisso in eventum lavore, 
benevolentia et ope, ac, si res poslulabit, subvenial benelicentia sua, fruamur, quod 
obnixe submisseque oro, aliqua ad belii onera pecuniae summa. Sunt potentes diviiiis 
ex Dei gratia in omnibus regnis et provinciis Serenissimae Majestalis Vestrae subdili mer- 
catores : proximi nobis sunt, qui Hamburgœ negocialioiies suas exercent, ab his, ul pos- 
tulante (quem avertat Deus) necessiiate, sub nomine et jussu Serenissimœ Majestah's 
Vestrae quinque vel sex mille libras sumere liceat summopcre togo. De amplioribus 
quoque subsidiis,si res requirat, ab llegia Majestate Vestra expectandis non desperanius. 
Nos inlerea, nostraque Serenissima; Majestalis Veslrœ luteiae eommendo, cum liumili 
•delaiione omnium officiorum, obsequiorumet ministeriorum nostrorum, longseva insu- 
per viia cuui gubernatione felicissima ab /Eterno, omnipotentique Deo Serenissimae 
Majestati Vestrae Regiae, Immiliiniis preeibus meis, coniendcns. 
Datœ Embdœ, an" salutis 1571, die aprilis 14'°. 

(Ilecord office, Cal., n" i 662.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



W9 



MMCLXXXVIH. 



M. de Sweveghem au duc d'Albe (Partie en chiffre). 

{LONBBES, 15 AVIIII. lîill.) 

Courte entrevue avec Lcicesler et Burlcigli. — Suite des négociations. 

Après l)oiine poursuyte faicte le x' de ce mois cl le xj° au inatiti, j'eiihs audience, à 
i'après-disiier dudit xj% des S" Conle de Leycesire et Milort Hoiirgiey, en Court, mais 
si briève, parceque Icdict S' Conte csloil mtindé de la Rojiie pour raccompai}jner aux 
champs où elle alloii s'esbatie, que je suis eu double s'il esloit ainsi pourpensé pour 
enlendie seulleineiil ce quej'avoy nouvelleinenl en charge ou pour ensemble y res- 
pondre el salisl'airc. Et, après m'avoir ouy, dirent que devant les fesles ils envoyeroieni 
à moy les commissaires maichans pour plus pariiculièremenl l'enlendrc el traicter: ce 
que a esté faict le jour d'hier. El, quoy que j'ay sceu dire ausdiets seigneurs et mar- 
chans respectivement, ils n'ont voulu allouer aulcune raison mienne, servant pour 
conserver au iraiclé et saulver ce mol ; résidens ou inhabituns, allégans qu'il n'y en 
avoit nuls, el que, s'il en a\uit, qu'ils feissent leurs plaincles, ils serionl incontinent 
restitués ,• que ils n'aviont que faire de traicter cela avec Sa Majesté, mais avec ceux 
qu'il louche et avec leurs princes au cas de besoing. 

Quant aux mots en rarticle : hoc eliam additum, là où ils vouliont avoir adjousté : 
per eos qui in culpn sunt, etc., ils sont persuadés (toulesfois avecq réserve de le com- 
municquer à Milorl Hourley) que il soullil de les avoir mis en l'article commençant : 
si qtuv nierces aul aiia bona, sans qu'il soit besoing les lépéler audicl article : hoc eliam 
additum. 

Mais, par nouvelle difficulté, vcullcnt à l'article : si q%iœ in fine, aux mots : nisi infra 
quadraginla dies a publicatione hujus reslitutio ficrel, avoir adjouté : pastquam admo- 
niti fuerint ou au François après requesle faicte. Ce que après avoir argué de nouvellité, 
à la pariin leur accordey, suivant la déclaration de l'inteniion de Vostre Excellence, du 
dernier de febvrier, à nioy consignée avecq aulnes papiers. 

,Le réciproc(]ue de l'adjoust, en l'article : Porro, des mots : pcr viam canibii et 
d'effacer les aul 1res : atit etiam alias merces comparare, fut de leur coslé promis. 

Si avant que touche la restitution, laquelle se dcbvroit parfaire de ce coslé, moyen- 
nant caution sullisanle, avant que l'on la commençast du nostre, me dirent qu'ils n'estionl 
d'intention d'en parler, avant que l'on euist respondu sur ladicie caution. Sur quoy de 
rechief les reprins de ce qu'ils semblionl vouloir reculer. 



i\0 RKLAÏIOÎSS POLITIQUES 

Quant à l'asseurance des ports, disoicnt qu'ils en feroicnl rapport, mais qu'il leur 
sembloit que cela ne se dcbvoit accorder que pour nefs marchandes, et nullement pour 
balteaulx de guerre; et quant aux pyrales, estant la rcstitulioii faicte, la mer en scroit 
bien lost purgée. Vostre Excellence imagine en quelle boutique telle responce se forge. 

Touchant la calculaiion particulière, feirent responce que, si avant que touche les 
biens estans encoires en nature ou rédigés en argent aux Pays-Ba?, cela se povoit 
sçavoir par les inventaires qui esliont pardelà, sans qu'il fût besoing les envoyer de ce 
costel; mais, pour ceulx qui sont en Espaigne, ils parleriont aux marchans intéressés, 
alïin que ils en feissent le debvoir pour le me povoir présenter. 

Les ayant inlerrçgué du temps qu'ils me pourroient donner responce de tout le 
susdit, disant que j'entrelenoy icy courrier à ces fins, me respondirent qu'ils ne sçauriont 
(lire à ung jour ou deux près et qu'il n'estoit besoin de le retenir à ceste fin. 

Ce non obslant, hier au soir envers les sept heures, me sont de rechief venu trouver 
avec la responce des seigneurs, dev( rs lesquels ils avoient esté : assavoir, que la réso- 
lution de la Royne est de nullement traicler ny comprendre les résidens non subjecls 
de Sa Majesté; que, pour asseurer les ports pendant la conclusion de cest accord, 
fauldroit assembler le Grand Conseil, ce que pendant ces fesles seroit difficil et qu'il 
n'yauroit apparence de l'obtenir que quant et quant l'accord : qui est bien au contraire 
de ce que le Secrétaire Cicel me dici mercredy, car il le trouva lors fort raisonnable, 
conmie il feit aussi que, moyennant caution, la restitution se feroit ctim e/feclu du 
costc d'Engleterre, avant que l'encomniencer du nostre. Par ainsi, puisqu'ils se règlent 
entièrement par advis des marchans et tels qui ne demandent que à pescher longuement 
à l'eau trouble, à petit espoir d'en venir au boult, si ce n'est en leur accordant ponc- 
luellemcnt tout ce qu'ils prclendeni, Vostre Excellence me fera faveur de faire advenir 
s'il luy plaist que je face icy plus long séjour; car Icsdicts commissaires des marchans 
dirent ce malin que, veu qu'il n'y avoil osirangiers rtsséans en ce royaulme soufïisans 
pour servir de caution selon qu'ils avoient capitulé, que il conviendroit passer par l'ung 
des deux chemins par eulx proposés, en quoy estant suivi desdicts seigneurs, comme ils 
ont esté en tout aultre jusques à présent, se voit à quel honteulx accord ils veullent 
ranger Sa Majesté. Ne veuillant eéler à Vostre Excellence que lesdicls commissaires 
marchans esliont jeudy dernier deux heures entières au logis de Bénédicte Spinola, 
lequel pousse bien à la eharelte. Il samble que l'opinion qu'ils ont de quelque entre- 
prinse sur les subjecls du Uoy par les pirates rebelles de Sa Majesté et le S' de Pille, 
franchois, les rend plus fiers et intractables. 

J'ai communiequé le tout avec le S'" Don Guérau, et me desplaist grandement que je 
ne voy aultre apparence de bien besoigner; mais j'espère que Vostre Excellence prendra 
de bonne |)art ma prompte volunté. 

De Londres, le jour de Pasques 1371. 

(Archives du Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Sweveghem, fol 43 ) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



m 



MMCLXXXLX. 



Instructions données par don Guérau d'Espès au secrétaire Cipres. 

(LOKbRES, 16 AVRIL 1371.) 

yciamation au sujcl de la détention du Doctour Slory. — Nouvelle plainte relative aux pirates. 

Inslruclion para et Secrelan'o J" Cipres. 

Direys a los Illuslrissimos Seîiores del Coiiscjo que cl Sefior Duquc de Alva mïscrive 
les liaga entender que el dixo a Henrique Cobham, quando estuvo en Flandres, que 
dixesso a la Mag*" de la Reyna Serenissima y a diclios Senores que algunos hombres 
alrevidos avian toniado con engano la persona del Dotor Eslori ministro en aqucilos 
Estados de Su Mag** Cailiolica y traiiidoic aca, donde esta encarcerado, y que, assi por 
ser ministro o criado de quien es, como por ser Doclor jurado de la Universidad de 
Lovayne, rogava a la Mag"* de la Reyna y a dichos Senores le mandassen bolver a diehos 
Estados libremenie y castigar a los que le truxeron, de lo (|ual no tiene respuesia alguna, 
y que assi les ruega lo manden h.izer que el y los otros governadores que vernan a 
Flandres, lernan por alla la mesma cuenta en semejantes easos o que le manden dar 
aviso de su voluntad. 

Y mas les acordareys de mi parte, como ya otras vczes aveys heclio,del daîio que los 
piratas y rebeldes de los Payses-Baxos coniinuan de hazer, saliendo dcsle rcyno armados 
y bolviendo a el con los presas y vendiendolas sin contradicion alguna, tomando sol- 
dados, marincros, vituallas y munieiones desta ysla y no de olra alguna; y de todo toma- 
reys su respuesia '. 

En Londres, a 16 de abril 1371. 

[Becord office. Cal., n' 1CC0.) 

* Au mois de mai 1S71, plusieurs navires sortirent du port de Portsmoulh pour aider le prince 
d'Orange. (Dotn. pap., p. 413, n" 15.) 



H2 RELATIONS POLITIQUES 

MiMCXC. 

La reine d'Ecosse au duc d'Albe. 

(SHEFFIELD, 18 AVRIL 1371.) 

Elle réclame l'appui du duc d'Albe et lui recommande lord Selon. 

Je crois que par Don Gnéraii d'Espès nvez esié duement informé des proeédiires de 
la Royne d'Angleterre cl la négociation et rupture de ceste Iraicté, et finalement de la 
surprinse du chastcaii de Dumbertran, qui s'en est ensuyvie. Seulcmeni je vous diray 
par ce mot de cyffre que,oulire ce que par les précédentes actions d'icelle il ne se peult 
ntlendre de son intention sinon mal, je en suis seurement advertye par les menées 
secrètes qu'elle fait pour gagner le capitaine du cliasteau d'Edimburgh et aullres mes 
obéissant subjects et conséquement le reste de mon royaume, et se rendre dame et 
maistresse de toute l'isle. Je n'entre plus avant de moy-mesme en discours où tendent 
ses aultres desscings qui semblent fondés sur le mariage d'elle et du duc d'Anjou, la 
practiquc duquel est si eschaulTée que les deux assés monstrent que c'est aultre chose 
que feincle; mais pour faciliter ce que avez entendu par celliiy qui est passé devers 
vous et de là vers le Pape et Roy d'Espaignc, il est très-requis qu'il demeure en 
Escosse moyens pour y povoir appeller les forces de la Royne d'Angleterre par quelque 
remuement, lors spécialement que quelf|ue bonne entreprise sera preste à exécuter de 
deçà. C'est l'occasion pour laquelle je vous renvoyé le sieur de Selon, qui n'a loutesfois 
cognoissance d'aucune chose de ce qui touche ce pays, ains seulement de l'Escosse, 
par lequel je vous prie envoyer quelques secours et refrescissements tels que adviserez 
pour temporiser et empcscher que la Royne d'Angleterre ne s'asseure du tout. Il vous 
informera de Testai où sont les choses et de ce que y peult estre requis. Au reste, il 
m'est du tout fidelle et entier subject et serviteur, homme de bien et eatholicque et 
duquel vous povez fyer comme je fais, qui suis asseurée qu'après l'honneur de Dieu il 
n'a aultre (in devant les yeux que son devoir envers moy. Il a esté soupçonné en 
France pour avoir négocié avecq vous et en partie assez mal content. Alant, mon 
cousin, je prie Dieu vous donner ce que plus et mieulz désirez. 

Escript au chasleau de Shefeild, le xviu de apvril 1571. 

(Labsnoff, t. III, p. 269, d'après les Arcliives de Bruxelles.) 



DES PAYS-BAS ET DE l/ANGI.ETERRFy. 



H3 



MMCXCI. 

John Lee à lord Burleigh. 

(A.NVKHS, 20 AVllIL i;i71.) 

Armcmciils du duc d'Albc. On ne sait si les troiiprs qu'il a réunies seront envoyées en Hollande 
ou en Ecosse. — Nouvelles d'Espagne. 

In my laslc beynge daled ilie lasle of niayrclie, wyclie I senle unto Yower Honour, 
by ihe order of M' Fit-Wyllyams, I advcriysed .siijche ocpurrancc as were hère. Scne tlie 
wyclie lynio, rnay il pleayse Yonr Honour lo understaynde tliat ihc Duke hayihe com- 
nianded aull the shyppcs lo be are.sled, and liayihe sente certayne Spanyardes ynto 
Hollande lo ihe number of fowcr hundered and Walhowendes (as yt ys ihowyghl) to 
ihe number of lowe or llire liiowfando, and .\!ounserBusslio\vc ys apoynted generauil : 
ther mcnynge ys lo resysle ilie rovcrs, wyche doo dayly grcite harme onne those partes. 
Ower eontraryes arre perswadcd ihat, undcr ibe coullor of settyngeowt of thés shyppes, 
ihcr shayll sonie ayde bee convayed ynlo Seoyllande. Furllier my Lord of Norihum- 
berlandc ys adverlysed ihat the Kynge of Spaync hayihc broken hys leagge wyihe ihe 
Venetyans, gevynge ihem to underslaynde tliat he coud net ayde them thys eayre 
agaynsic the Turkc, for thaï he mustc ymploye his force another way. Thys advyse 
dothe wcll pleayse ther humours, and ys scanned to ther moste avayntayge. 

Froine Anwarpe, ilie xx"' of apryll tS71. 

(ftecord office, Doiii. papers, Add., p. 345, n* 21. 



WMCXCH. 
Avis des Pays-Bas. 

(HAMBOtHU, i\ AVHIl. lo71.) 

On n'espère point l'apaisement des diflicultés commerciales. 

We undersiand by yonr leKcr ihc sniall liklchood of any spcdy end of the contro- 
versics wilii the Low-Contries ihrough ye Duko his subtill delays. 



Tome VI. 



{Brilish Muséum, Titus, B. VI.) 

13 



H4 RELATIONS POLITIQUES 

MMCXCIII. 

Don Gttérati d'Espès au duc d'Albe (En chiffre). 

(Londres, 23 avbil ioii.) 

Négociations commerciales. — Le bâtard de Brederode est malade à Douvres; ses projets; son butin. 
— Projet de mariage entre Elisabeth et le duc d'Anjou. — Nouvelles d'Ecosse et d'Espagne. 

Moss. de Suevegheni aguarda la respuesta de V. E. cerca de la caucion. Es bien 
verdad que cada dia se descubre mas la ruyn gana que estes lienen de resiiluir, y han 
hecho que los mercaderes de aqui vayan a supplicar a la Reyna que se vendan nuestras 
mercancias y los Ingleses sean saiisfechos, como se haze ya en las de los Portuguesos: 
en todo lo quai el Conde de Lesester y muehos del Consejo y los comissarios suyos 
esperan gian ganancia. Entrelanto a los pyratas hazen proveer de nuevas municioncs, 
y, sino fuera por la dolencia del Bastardo de Bredeioda que esta en Dobra muy malo, 
huvieran parlido todos para la Rocheia, de donde con buena orden y en biien numéro 
saidran juntos a hazer dano en esse Pays-Baxo. Es tanto el robo que truxeron agora, 
que la plata de yglesias no se vendia sino a cinco sneldos la onça, y con los calizes se 
brindaban en Dobra unes a olros; los trincheos pregonaron a 1res sueldos y medio. Yo 
lo embie a dezir a los del Consejo : respondieron con la misma disimulacion que anles, 
y assimismo en lo del Doclor Estori, diziendo que es traydor a la Reyna : yo procurare 
de baver su respuesta en escripto. 

De las Dunas, donde agora eslan las vêlas de los pyratas, ban tomado quairo o 
cinco navios, y salen a saltear en ticrra assi de Flandes como de Cales, aunque él 
capitan Debballi ha delenido los navios de Ingleses, y assi los deste Consejo le ban 
embiado a dezir que baran restituyr todo lo que de Francia fucre tomado. 

Guido Cavalcanti es ya partido para la Corte de Francia, y parcsce que esta Reyna 
quiere consentir missa al Duqiie de Anju y olras particularidades de muchas que el 
pide, y yo no las he po lido aun saber todas, por andar el négocie entre Lesester y 
Burle con la Reyna y Embaxador de Francia solos. 

Al Obispo de Ros insislen en dezirle que se vaya dcsta Corte, y a el Charles su criado 
tienen estreehamente y le van inlerrogando, aunque por buen soborno y favor se cobro 
el paquele que el traya en que venian las carias de Amilton, Ridolphi y otras de los 
cavalleros ingleses que ay estan, y se hizo un paquete contrahecho que no importa nada 
en lugar de aquel, con que Milord Burle anda liecho loco, queriendo descifrarle, y assi 
la caria de V. E. para la Reyna de Escocia esta en salvo. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



ns 



Kl) d Parlaniento no ay cosa concinida , niinque en cl subsidio son de acuerdo que 
st'a como cl passade que no passe de cicnt mill libras. 

Ksia Reyna solicita miiclio al Conde de l.cnos le eniregue a Dumberton y |)rocurede 
cobrar ai Principe de Escocia a su ninno. El Duqu(! de Clialelerau jiintava otro vando 
escogido por la muerte de! Arçobispo de S' Andréa su bermano. 

Aqui tienen avisos de EspaJIa que los Principes de Bobemia partian de Madrid a 
los xxiij" dcl passado y que el Duque do .Mcdina se dcspachava luogo Iras ellos, y des- 
sean muclio que ci Turco rompa poderosanienlc la guerra ; y el Embaxador de Francia 
devc de lirar a olro fin, que me vino a dezir ayer quan bien séria hazer una juiiia de 
Enibaxadores de Principes y tomar assicnio en la FU'Iigion, como si fucsse possible por 
aquclla via. A lo quai le dixe que la observancia del Concilie de Trente bavia de ser 
el remédie de la cbrisliandad, sin perdonar a los que le centradizen, que en eollo- 
quios, ni en Alemania, ni en su Francia basta agora se havia ballado remedio : creo 
que este le dcven agora dezir aqui los [ngleses. Dcl casamicnto no me bablo palabra. 

De Londres, a xxuj de abril 1571. 

{Archives île Simancas, Extado, Leg. 823, fol, H 5.) 



MMCXCiV. 
/>/. de Siveveghevi au dite d'Albe (Partie en chiffre). 

(Londres, 23 avril 1571.) 

Ncgocialion spéciale dos marcliands portugais. — Conférence avec les commissaires 

des marchands anglais. 



Hier au matin sont venus vers moy deux commissaires des marcbans anglois, pour 
en amy m'adverlir et sans cbarge (comme ils me dirent) que l'on auroil aceonlé aux 
marcbans intéressés en Portugal de povoir vendre ou ap|)récier les biens appertenans 
aux Portugalois détenus en ce royaulme, pour le recouvrement de leur prétendue perte 
ou dommaige, avec modération tousicsfois qu'il seroit loisible el permis ausdicts Por- 
tugalois ou leurs facteurs de mesmcs aciiapier leurs denrées ou retenir peur la prisée 
qui s'en feroit; que ils envoyèrent queic'un de leur part pour veiller affin que l'on ne 
vendisi aultrcs biens que eeulx appertenans ausdiels Portugalois, et pour faire garder 



116 RELAÏIOISS POLITIQUES 

ceiilx apperlenans aux siibjecls tic Sa Majesté; que, si l'on y voulloil à mesme lin 
députer quelc'un de nosiic costé, ils pounont demain ensemble s'acheminer vers 
Hambion et Bristol. 

Sur quoy j'ay convocqué les commis estans icy de la part des marchans subjects de 
Sa Majesté et y envoyé Jehan Van der Beke, l'un d'entre eulx, à cest effect. 

Davantaigc lesdicls deux commissaires me déclairèrent que aulcuns marchans anglois 
n'esians de la compaignye des Aventuriers et par ainsi point submis à leur jurisdiciion 
et povoir, ayans leurs biens arresiés aux pays de Sa Majesté, font grande poursuyte 
pour obtenir ce semblable : ce que touiesl'ois ils espèrent ne leur sera accordé, du 
moins à eulx seuls. Aussi que lesdiets Aventuriers se lamentent fort de la prolongation 
de ceste négociation, et craindcnl que, si de brief l'on n'en résoult par delà selon qu'ils 
désirent, ils se joindront avec les autres, et ne sçauront lesdiets commissaires empescher 
qu'ils ne facent leur extrême debvoir et peuk-estre n'obtiennent de la Royne semblable 
faculté de vendre les biens des siibjeels de Sa Majesté pour leur indemnité. Consom- 
mans en après beaucop de langaige pour mectie le tort du costé de Sa Majesté. 

Et sur ma responce, fondée sur les lettres de la Royne escriptes à Vosli e Excellence, 
après qu'elle eut veii le pourgect lequel luy fut cnvojé par le S' Henry Cobbain, le 
mois de novembre dernier, suyvant mes instructions et la copie desdictes lettres à moy 
délivrée, réplicquèrent que l'intention de la Royne n'avoil oncques esté telle que d'ad- 
vouer ledict pourgeet, ains que, avec ladiele lettre parlant en général, estoit exhibé le 
second escript des marchans anglois, contenant quatorz.e articles et commençant ; En la 
préambule pour faire cognoislre à Vostrc Excellence en quels poincts Ion n'csloit 
encoires d'accord. En après, comme fut exhibé par le Conseillier d'Assonleville l'escript 
commenehant : Combien, ils asseirent sur icelluy ung aircst et jugement que l'on leur 
concédoit tout ce qu'esloil contenu audict second escri|)t exhibé par feu m" Jehan 
Fitz-VVilliams, saulf l'article iiij' de la piemièie requeste. Et non obslant que leur 
représentay que il estoit incivil accepter partie dudict escript et rejecler l'aultre, pareil- 
lement la déclaration dudict VVillians commençant : Mémoire, par lequel se dict qu'il 
n'entend qu'il y ait aultre poinct coniroversieulx, sinon le poinet à l'endroict de l'exhi- 
bition des mémoires et inventaires, se référant quant à la reste aux apostilles récipioc- 
ques de Vostre Excellence et de la Royne d'Angleterre, ils n'en voulurent manger, iiy 
se contenter d'une raison tant évidente, eonlirmans par effect le proverbe que il n y a 
pire sourd que celluy (|ui ne veult oyr. Comme je leur demanday l'invenloire des 
biens détenus en Espaigne, selon le debvoir qu'ils m'aviont promis de faire la veille de 
Pasques envers les marchans intéressés par les arrests advenus en Espaigne, (cirent 
samblabic responce que dessus est dict: assavoir qu'ils n'estiont soiibs leur obéissance, 
et partant ne les trouvant en ce volunlaires, ne sçauriont bonnement furnir, mais que 
tous les biens arrestés aux pays de Sa Majesté, ensamble mis, ne passiont la valeur de 



DES l'AYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



H? 



ceni cincqiiatile mille livres de gros, sans vouloir entrer en aulcunc plus grande parti- 
cularilé pour faciliter raflfiiire, quoy cpie leur sceusso dire, loiisjours retournans sur 
leurs patics du lorl (|uc l'on leur avoit Caicl et de l'inlérest par eulx soufTcrt pour avoir 
si longlcmps esté privés de la joyssance de leurs biens et de l'argcnl (pie par la vendi- 
(ion d'iceulx estoit procédé. J'alléguay ce que sambloil convenir pour justidîcr nostre 
procéder, si avant qu'il m'estoit cogneu, m'exciisaril du surplus comme n'y ayant esté 
entremis, suyvant mes instructions, et promis d'adveriir Vostre Excellence de ce que 
dessus. Il n'est difficile à juger si tel procédé monstre aulcune volume d'entendre à 
restitution ou bien de retenir le plus pour le moins. Je ne me peulx tenir de leur dire 
en cas que, non obstant les raisons par moy plusieurs fois alléguées, l'on procédas! à la 
vente des biens et maribandises détenues, y joiiict la dcffence des ports en ce rovaulme 
pour batleaulx y arrivans de nécessité ou par fortune de mer, estoit à craindre que Sa 
Majesté ne le sçauroit interpréter que pour acte de vraye liostililé, les priant tenir la bonne 
main aHin que l'on ne \lut à eesle extrémité, de laquelle se poiirroit allumer ung feu pas 
si faeille à eslaindreque à allumer; que l'alTeeiion seulle que je portoye au bien publicq 
des subjects des deux Majestés, me faisoit entrer en ceste soupeçon et eraincle, les mer- 
eiant de leur adverlissemcnt tel que dessus et promeetant à la première occasion le 
faire entendre à Vostre Excellence '. 

Estans pressés de dire le temps en dedens lequel l'on vouidroit procéder à ladiete 
vente, ne respondirent que dubitativement, combien (|ue le bruict est avant cesJe ville 
que ladiete venditioii se fera de brief, et, selon que s'entend par Benedicto Spinola qui 
est leur entonueur, ils ne sont résolus de difl'érer la vente plus longuement que jusques 
avoir entendu la responce de Vostre Excellence sur tout ce que par ci-devant je l'ay 
adverti. 

Vostre Excellence sera servye me commander son bon plaisir. 

De Londres, le xxiu" d'apvril 1571, a|irès Pasques. 

{Archives du Royaume A Bruxelles. Corresp. de M. de Suieveghem, fol. 49.) 



* Le 9 février lS7i, Elisabeth écrivait à Walsingliam qu'elle avait vu avec plaisir le dnc d'AIbe 
offrir, coinnie le Jcrnaiidaicnl les niarchaïKls, une rcslitution générale des marchandises soisies. 
Depuis lor.s, les dispositions de la reine d'Angleterre s'étaient modifiées, et clic se montrait fort 
ho.^tile au gouverneur des Pays-Bas. 



H8 RELATIONS POLITIQUES 

MMCXCV. 

M. de Sweveghem au duc d'Albe (Partie en chifire). 

(Londres, 24 avril 1571.) 
Conférence avec le secrétaire du comte de Leiccster. — lia demandé une audience à la reine. 

Ccst après-disner, ceulx du Conseil de la Royne ont envoyé vers moy le secrétaire 
du Conte de Leycestre pour de leur part me remonstrer que tous les marchans inté- 
ressés pour les arrests faicis aux pays de Sa Majesté font grande poursuyle pour obtenir 
la vendition prompte de tons les biens et mareliandises appertenans aux subjccts de 
Sa Majesté arresiés icy, accusans la longeur de la procédure, laquelle ils dient procéder 
du peu de volunté que Vostre Excellence auroit d'en faire une fin; que partant ils 
désirent sçavoir le jour précys endedens lequel j'attens sur ce la résolution d'ieelle. 
Je luy dis que je ne me doubtois pas que Vostre Excellence et les S" du Conseil de 
Sa Majesté, eslans de retour de leurs dévotions accoustumées pour la solennité des 
Pasques passées, y besoingneroient avec diligence convenable. De quoy m'attendoy 
estre incontinent après adverty, mais que en si grande allluence des affaires m'estoit 
impossible dire précisément le jour, joinct la difficulté de l'addresse du pacquel de 
Vosire Excellence, pour l'empeschement que pourroienl donner les corsaires estans à 
Douvres et à l'environ ; que, l'ayant reçeu, ne fauldrois à l'instant mesmes les enad- 
vertir; que, si je ne craindoyc de donner trop de travail à la Royne, m'efforceroy de 
luy faire entendre qu'il ne fault tant inculper Vosire Excellence de prolongation que 
ceulx qui mettent en avant nouvelles altercations. 

Ce que ayant depuis communicqué avec le S' Don Guérau et le trouvant de pareil 
advis, essayeroy demain d'obtenir ladicte audience pour luy faire entendre que n'estant 
|)ar les commissaires des marchans anglois furny à l'inventoire de leurs biens détenus 
ou vendus en Espaigne ou au Pays-Bas, selon que aultresfois les ay requis, et par ainsy 
demeurant incertaine la juste somme pour laquelle l'on donneroit caution, ne fault 
trouver estrange si du costé de Sa Majesté l'on n'y a encoircs salisfaict, selon que 
Vostre Excellence sera advertye plus amplement à la première commodité, et cepen- 
dant n'ay voulu faillir à l'adviser de ce que dessus. 

De Londres, le xxuj" d'apvril 1S71. 

{Archives du Royaume à Bruxelles. — Corr. de M. de Sweveghem, fol. 47.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEKRE. 



119 



MMCXCVI. 

Le duc d'Albe à don Guérau d'Espès (En chiffre). 

(Bruxelles , 28 avril 1871.) 
Il a répondu à M. de Swevegliem. 

A los XXI scrivi a V. M. lo que avra visto, y aviendo venido los Consegcros que 
eslavan fuera desta villa, se ha rrespoiidido a Mos. de Svevegueni particularmcnic lo 
que V. M. vera por la caria que se le escrivo, a que, por no diiplicar una misma cosa, 
me rremito. 

De Brussellas, a 25 de abril MDLXXI. 

(Archives de Simancas, Estado, Leg. 823, fol. 215.) 



MMCXCVll. 

Discours de M. de Sweveghem à la reine d' /Angleterre. 

(26 A\BIL 1571.) 
Exposé des négociations poursuivies jusqu'à ce moment. 

Pourject servant pour mémoire à Monsieur de Zweveqhem de ce qu'il estait délibéré 
de remonstrer à la Royne d'Angleterre, le xxvj° de apvril /57/. 

Madame, estant bien informé que l'on charge la Majesté du Roy mon maistre de 
trayncrie et prolongation pourpensôe, provenant de pelitte volonté et désir de faire 
briefvc fin à la restitution des personnes et biens hinc i/u/e arreslés depuis l'an 1ÎJ68 
en çà, suis esté forcé en acquit de mon debvoir travailler Vostre Majesté pour l'au- 
dience de laquelle elle m'a voulu faire honneur maintenant, pour l'excuser et en trois 
mots luy faire enlendie ce que en est. 

Le xxij" jour de mars , par ordonnance de Vosnrc Majesté, je traictay avecq Messei- 
gncurs les Conte de Leyceslie et Miliord Borley au logis dudit Seigneur Conte pour 



\iO RELATIONS POLITIQUES 

veoir la juslificaiion du iraicté autenlicque informa (duquel leur fis atenlion), avecq ce 
que auparavant l'on avoit tenu pour accordé de noslre part, et en fut faicle lecture et 
conférence, présents les trois commissaires des marchans aians esté pardeçà, là où je 
prins en noie cincq à six points ésqiiels l'on disoit avoir différence, desquels les trois 
eslioni les plus imporians assavoir les mots : résidens ou habilans, le pris des biens ven- 
dus et la caution à donner pardclà. Dont sur les deux premiers j'atlens résolution par 
le premier pacquet de Son Excellence. Et quant au (roiziesmc, de la caution, comme 
par lesdicts Seigneurs, ny lesdicts commissaires fut ad\oué l'offre que leur fis de l'ar- 
gent des Genevois estant en ce royaulmc, selon qu'il m'esloit commandé, je leur dis : 
que pour abréger l'affaire, l'on print donc aulcun pied particulier et raisonnable de la 
caution que se demandoil, de qui, de combien et pourquoy. Sur quoy lesdicts commis- 
saires prindront retraite jusques au lendemain, alléguans que ils n'estiont là que trois 
et qu'il csloit raisonnable en parler avecq les autres marchans intéressés, aussi pour 
ensemble adviscr s'il n'y avoit aullre chose à débattre audict traieié en latin. De quoy, 
affin que Vcstre Majesté sçache de quel zèle et diligence l'on y procède du cosié de 
Sa Majesté Catholicque, j'advcrtis Son Excellence par mes lettres du xxiij' dudit mois 
de mars. 

Le xxiiij', lesdicts commissaires se trouvèrent vers moy et pardessus lesdicts cincq à 
six poincts meireni en avant une aullre difficulté touchaiit la restitution concernant la 
manière et tamps dicelle. De quoy fut pareillement advertye Son Excellence par mes 
lettres du xxv°. 

Le xxvij", lesdicts commissaires me déelairèrenl que selon la calculalion qu'ils avoient 
faict avecq aullres leurs compaignons, le nombre de l'argent et valeur des biens appar- 
tenans aux Anglois détenus en Espagne monteroit à environ trente mil livres et au 
Pays-Bas à six-vingis mil livres de gros, plus ou moings. Proposèrent aussi deux 
manières de caution, et, enssujvant la requesie que leur en feis, promirent me donner 
le tout par escripi, affin que l'on y puisl donner corespondence pardclà, pour seure- 
uicnt et au plus tost s'en résouldre et faire fin. 

Dix jours après, qui fut le vj" du mois d'apvril ensuyvant, ils me livrèrent par 
escript deux moyens de caution tant seullement, et riens de l'invenloire ou le pourquoy 
il fauldroit caution si grande, lequel escript j'envoyay le vij* jour à Son Excellence. 

Depuis, ayant receu le pacquet de Son Excellence, iraictant de reebief avec lesdicts 
seigneurs Conte et Alillord Bourlay, nous trouvasmes d'accord en auleuns poincts; mais 
la communication fut rompue parce que Vostre .Majesté mandoit venir vers elle ledit 
seigneur Conte, et fus remis ausdicts commissaires. Avecq lesquels communicquay le 
xiiij', veille de Pasques, et se monstroient différens de l'opinion des Seigneurs sur le 
faict de la restitution et franchise des ports. Toutesfois à l'après-disner ieeulx commis- 
saires me feirent rapport lesdicts Seigneurs esire changés d'opinion. Et quant à lin- 



DES PAYS-BAS KT DR L'ANGLETERRE. 



121 



ventoirc si longtemps promis, me renvoyèrent au Pays-Bas, où ils disoient qu'il y en 
avoil ung des biens illecq détenus, ce qu'ils eussent bien peu dire à la première heure, 
promecians ncantmoings faire debvoir pour me faire avoir eelluy des arrests faicts en 
Espagne. De qiioy j'escripvis iiipontirient à Son Excellence, sans esparjçner le saint jour 
(le Pasqncs. 

Rclournans à moy le xxij° de ce mois pour m'advertir de l'instance que l'on faisoit 
et feroit encoires pour obtenir la vendiiion des biens cstans détenus iey, dont les mer- 
ciay. Et lors, estant aultres fois par moy semons de me présenter l'inventoire dt-s biens 
eslans audict Espaigne, dirent que, comme les marchans à qui il touche ne sont de 
leur eolleige et qu'ils se rendent à cela diflicilles, ils n'avoient moyen de les y con- 
straindre, mais que le tout ne passoit cent eincquante mil livres de gros, combien que 
du commcnchement ils ont traiclé pour tous les marciians de ce royaulme, et par 
anelorité de Vostre Majesté laquelle commande à tous. Dont l'advertissement faict à 
Son Excellence est d'icy party à la marée de hier au matin. Ainsi sont coulées trois et 
quattre sepmaincs pendant que j'attens les inveiiloires promis. 

Or, comme, pour procéder justement et éviter à toute fraulde et cavillalion, laquelle 
se pourroit conimeclre, si l'on vouloit comprendre en ladicie somme de cent eincquante 
mil livres vielles debtes poinct comprinscs en l'arrest et par conséquent pas subjectes 
à restitution en vertu de ccst accord, de quoy l'on est en doubte, car auitrement il 
samble que l'on pousse la somme des arrests trop haulte, Vostre Majesté peult juger 
combien il est requis que l'on voye l'inventoire, lequel en faict particulière mention, pour, 
selon la juste valeur d'icelluy, arbitrer de la caution; que sans cela le procéder est trop 
général cl incertain, aussy (|ue il sera plus facil furnir de caution, lerbi yralia, pour 
deux que pour trois, et pour cent que pour cent cinquante. Davanlaige, oires que les- 
diels deux inventaires montassent à ladicie somme de (.l"" livres de gros (de quoy n'ap- 
pert pas), si fauldroit-il la diminuer allendroit de la caution, pour aullant moings que 
s'entendent les sommes des biens vendus en ce royaulme, lesquels les commissaires 
ont entre mains. Ilein les deniers qu'ils ont receu, et au prompt furnissemcnt desquels 
ils eondemnent encoires journellement les facteurs des subgects du Koy, pour ce qu'il 
leur povoit eslre deu |)ar deehà avant les arrests, voires plus rigoureusement que l'on 
ne feit au eommenchcment desdiets arrests. Pareillement pour aultant que montent les 
debtes que doibvcnt les naturels anglois aux subgects de Sa Majesté, parce que cela se 
peult aussy dire estre entre leurs mains. 

Ce que m'a samblé nécessaire remonsirer à Vostre Majesté allin qu'elle puisse à 
l'ocuil s'apercevoir d'où procède la prolongation de laquelle nous sommes accusés. Et 
oires que l'on enisi par delà inventoire des biens détenus en Espaigne, aussi bien (jue 
au Pays-Bas, et que l'on leuist retranché au regard des trois |)oincis susdiets, si me 
seroit-il impossible de dire le jour endedens lequel je pourroie de pardelà avoir sur tout 

Tome VI. 16 



122 RELATIONS POLITIQUES 

responcc, selon que suis devant hier esté sommé par Messeigrieurs de son Conseil, pour 
esire incertain du jour que l'on y besoignera, et, oires que je lo feusse, le pacquet pour- 
roit tomber en mains de corsaires, estans soubs la charge du bastard Lanceiot de Bre- 
derode, lesquc Is occupent toute la cosle maritime allcndroit du passaige de ce royaulmo 
à Flandres. 

Pour toutes lesquelles raisons, je supplye Vostre Majesté que l'on ne veuille tant 
précipiter la vendition des biens icy détenus, et que icelle veuille imaginer comme elle 
le prendroil, s'il luy touchoil comme il faict à la Majesté du Roy, que, après avoir tant 
attendu, l'on ne voulût différer ung peu davanlaige, pardessus l'inconvénienl apparent 
pour ses subgecis, lesquels après avoir esté affligés une fois par fortune de mer ou 
doubte des pirates, retumberont continuellement en nouvelle allliction, quant ils seront 
eonstraincts de arriver pour raisons si fondées en aulcun port de son royauime, parcc- 
que l'on leur refuse de y entrer avecq asseurance convenable, contre tout debvoir dhu- 
manilé et clémence réginalle. 

Je laisse à penser à Vostre Majesté si le trop de crédit que par adventurc se donne 
aux intéressés, n'est occasion en partie de cesie désordonnée façon de procéder, et s'il 
n'est vray que le marchant n'a que faire synon de deux poincts en toute ceste négocia- 
tion, assavoir du pris des choses vendues et de la soulïisancc ou insouffisance de la 

caution. 

Le reste, assçavoir si résidens et non subgects y seront comprins ou non, si l'argent 
s'envoyera par change ou en espèces, si l'on pourra achepler aulcune denrée aux pays 
de l'ung l'aullrc ou non, si la restitution se fera ciim effectu ou si l'on la commen- 
chera seullement de ce costé, de la qualité de la caution moyennant qu'elle soit bonne 
et vaillable, c'est à en résouidre à Vostre Majesté et son Conseil et non à eulx. 

Et pour veoir s'il y va de l'intérest pour eux, examinons seullement deux poincts 
(combien que à cetdx-là ne tiendra moyennant le réciprocque), il esi cler que le chan- 
geur qui est le marchant, prouflicte seul du change, voires qu'il n'y at moyen de tant 
changer en ce royauime qu'il sera requis. C'est pourquoy il désire que l'on transporte 
l'argent par change, lequel il meclra aussy hault et bas qu'il vouidra. Et quant à non 
achepter marchandise nouvelle, qui en recevra le dommaige que les princes, lesquels 
perdront le droict de leurs coustumes et tonlieux, avecq le détrimeni de leurs subgecis, 
lesquels seront privés du fruict qu'ils pourront espérer de meilleure vente de leurs 
denrées, que ils feroient aux esirangiers, que non chacun à ceulx de son pays? A quoy 
plaira à Vostre Majesté aussy prendre le regard qu'elle jugera convenir, pour tant plus 
tosl approcher et effectuer les saintes et chrestiennes volontés et intentions de Vos deux 
Majestés et demeurer en perpétuel accord, et affin que ce débat et malentendu puisse 
servir de renforchement doresnavant à une sincère et fraternelle amytié. 

{Archives du Royaume à Bruxelles. Corresp. de AI. de Sweveghem, fol. 34.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



<25 



MMCXCVm. 



M. de Sweveyhein au duc d'Albe (Parlie en chiffre). 

(LONDBES, !27 AVRlb VSrii.) 

Audience de la reine. — ËIIc nicnnce en terinei violents de faire vendre les biens des marchands, 

qui ont été saisis en Angleterre. 

Suyvanl mes précédentes du xxiiij" de ce mois, j'eu audience de la Royne en chambre 
privée, hier sur le soir, nnais telle que elle n'a produycl nulcun bon eiïect pour l'ad- 
vancenicnt de noslre négociation, combien que ce que estoy résolu luy remonstrer de 
bouclic me sambloil mériter considération et estre assez fondé pour faire surceoir 
l'exéeulion de la vendilion des biens apparlenans aux siibjecis de Sa Majesté détenus 
en ce royaulme et changer l'ancienne façon et train de wider toutes les didicultcs en 
dépendaus, par advis et quasi décret des marcbans intéressés, comme Vostre Excel- 
lence pourra veoir par le pourgeel (|u'en avoy dressé pour secours de ma mémoire, 
joinct à cesie; mais la Royne avec les S" Conle de Leycestre et inilorl Bourley feirent 
si fréquentes interruptions, saullaiis de cocq en l'asne, or advouarit une raison, or la 
niesme rcjectaiit, qu'il n'a esté possible en tirer ro-ponce propre, saulf que, par plusieurs 
et diverses fois, rctumbant sur ses pattes et prévenant par responces ce que n'avoy 
cncoircs achevé de dire, me déclaira bien à certes que, en cas que Vostre Excellence 
ne donnasl plain contentement et feisse restitution de l'argent procédé de la vendilion 
des biens des ses subjeets pur delà, endedens liiiyt jours de ce jour, elle feioil sans 
aulcunc faulle vendre les biens appertenant aux subjects de Sa Majesté estans en ce 
royaulme, meetant en arrière tout scrupule de conscience, lequel l'avoit jusques à 
maintenant retenu de ce faire, s'accommodant en ce faisant aux justes requcstes de ses 
subjects marcbans intéiesssés par la siisdicle vendilion première, me ehaigeanl par 
plusieurs fois que j'en eusse .î advenir Vostre Excellence, se desbordant en oulire en 
aulcuns propos si mal séaiis qu'ils ne m'ont samblé mériter l'escripture. De quoy n'ay 
voulu faillir, par ce courrier dépesché par le S'' Don Guérau, à ces (ins advenir Vostre 
Excellence. Il lui plaira me commander son bon plaisir. 

De Londres, le xxvij" d'apvril 1571. 

Milort Ilatiwart, grand-chambellan, en sortant, me requisi de ses bien humbles 
recommandations à la bonne giàee de Vosire Flxcellence, ramentevani la cognoissanec 
ancienne du temps de la Royne Marie. 

{Archives du Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 58.) 



iU RELATIONS POLITIQUES 

MMCXCIX. 

Note de HJ. de Sweveghem. 

(27 AvniL 1571?) 

Entretien avec Leicester et Burleigh. — Leiccsier parait disposé à se montrer favorable aux inlcrèls 
du roi d'Espagne, mais Burleigh mène tout. — lis n'ont pas caché que la reine désire le départ 
du duc d'Albe et ne veut pas lui accorder l'honneur de mener à bonne fin cette négociation. 

Yo lie empleaclo la communicacion de ayer para l'iicnmcndar al Conde de Lesesler 
y Milonl Burle, a cada uno aparté, la présente négociation, avisandoles de la biiena 
opinion que Su Mag"" tcnia dcilos en este ncgocio y que se asscgurassen que no séria 
janias ingrato, antes verdadero principe, viniendo todo a bucn (in. El Conde de Leseste r 
se dice que es enteramente inleressado y presta de buena gana la oreja; pero el Milord 
trae la dança et eo loqiœnle tacenl omnes. Kl Conde me déclara la buena intencion de la 
Reyna, sino que esta resenlida grandemente de que Su Excellenza, ni Don Guerau, ni 
algunos otros embaxadores, excepto Guzman de Sylva, no le havian mostrado alguna 
seîial de benevolencia, y que el Embaxador de la Reyna en Espafia de algunos anos 
a esta parte havia sido tratado de la misma manera sin baver recibido algun acogi- 
miento o comodidad, y que es bien notado entre principes vezinos, sospecliando que 
la demostracion que se liazia era color y que bavia fuego escondido en la ceniza, y que 
ella lenia poca ocazion para fiarse llanamente de lo que el dczia, todavia que el tendria 
en ello de buena gana la mano. En effecto es de temer, y no lo dissimulan los genliles 
liombres del dicho Conde y otros corlesanos, que la Reyna (por niucho que dissimule) 
esta de mal nnimo para con Su Excellenza y que, si csluviesse assegurado de su brève 
buelta para Espafia, no holgaria darle esta gloria de que bubicsse llegado bien al eabo 
de un negocio tan importante. Milord f3urle pregunta lainbicn muchas vezes de su 
pariida, puede ser con el mismo fin, ita ut videatur mihi non res, sed personas Irnctari, 
prœserlim cnm tantam authoritatem concédant mcrcaloribus, uti scripsi doniino Duri. 

[Archives de Simancas, Estado, Leg. 824, fol 141 ) 



DES PAYS-BAS ET DE L'AINGLETERRE. 

MMCC. 

Thomas Gresham à lord Burleigh. 

(28 AvniL 1571.) 
Emprunts à contracter à Anvers. 

[liecord office, Dom. pap., Cal., j». 410, n* 6i.) 



MiVICCI. 

Le duc d'Alhe à don Guérau d'Espès (En chiffre). 

( Bruxelles, 30 avbil 1571.) 

ïrmcraents en Hollande et en Zélande contre les pirates. — Il convient d'en donner connaissance 

à la reine. 

A los 21 y 23 del présente, scrivi a V. M. lo que se me ofrecia en respuesla de 
iilgunas carias suyas con que me liallava, y, aiinquedespucs aca no he recibido ningiina 
de V. M., me a parccido screvillc estos renglones para decir que, aviendo juntado los 
iiavios de cosarios que andavaii por estas coslas, con designio de rrobar y hazer el dano 
que pudieren en ellas, he hecho baxar algun golpe de ynfanteria espaflola en Oianda, 
Zelanda y ciras villas niarilimas para que eslen de guarnicion en ellas, por lo que 
verisimilmente porria subceder y junlamenlc para obviar y oponerse a lo que cstos 
podrian yntenlar y limpiar las marinas deslos payses. He ordenado que asi mismo 
pongan en orden algunos navios, y, porque podria scr que ay se lomasen eslo negocio 
difcreniemenle bazcnse algun rruydo, sera bien que V. iM. de parte del a esa Reyna 
Serenisima o a sus Gonsejeros para que se la dcn a ella y lo entienda como es rrazon. 
Haviendo de tan luengo tiempo lenido estos Eslados y esa corona tan estrecba bcrman- 
dad y correspondencia, es bien que sepa muy parlicularmente el fin con que se haze. 

De Bruxellas, a 30 de abril 1571. 

{Archives de Simttncug, Eslado, Leg. 823, fol. 216.) 



126 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCIL 

Le duc d'Albe à HI. de Sweveghem. 

(Bruxelles, 30 avril ioli.) 
Réponse aux objections des commissaires anglais. 

Pour respondre à vos lettres des vu et xv' de ce mois, cl premièrement louehant les 
deux moyens proposés par ceiilx delà, sur la caution à donner pour seureté de la resti- 
tution réciprocque, sur fondement qu'il ne leur appert que aucuns respondans cslran- 
giers, suffîsans et vaillables pour la somme qu'ils prélendeni, se poussent trouver pré- 
sentement en Angleterre, vous leur poriez respondre qu'ils n'en doibvenl estre en 
payne, ny à couleur de cela sortir des termes de ce qu'est jà arresté, ny laisser de 
conclure, mais nous en laisser convenir, puisque n'y furnissani, suyvant l'accord, eulx 
ne seront obligés de passer oultre à la restitution, auUrementce seroit mettre le chariot 
devant les chevaulx, par où ils se convainquent eulx-mesmes du peu d'envye qu'ils ont 
de s'accommoder à la raison. Moins est-il besoing de rentrer à cest heure en dispute 
où les arrests sont esté premièrement commenchés, dont ils font aussi ung présuppost, 
n'estant à cest heure saison de remuer ce point, auquel il a esté tant de fois respondu, 
s'ils ont intention d'acliever cesie négociation amiablcnicnl selon le langage qu'ils ont 
tenu. Et vous voulons bien adviscr que nous sommes après pour donner ordre à cesle 
caution et de fort brief ; et sera bien que, pour estre prévenu de la somme pour laquelle 
à peu près ils la prétendent, vous procuriez qu'ils vous délivrent ce qu'ils estiment 
valoir les biens arresiés en Espaigne, selon qu'ils vous ont promis, et que vous le nous 
envoyez. 

Le reste des difficultés qu'ils meuvent, me semble principalement consister en ce 
qu'ils ne veulent admettre ce mot : résidens ou inhabitans, où nous ne trouvons aussi 
aucun fondement de leur costel; car, comme il nous a esté donné par mémoire sur 
l'escript de feu Fitz-Williams, c'est chose expressément mise par la rcsponce première 
de nos marchans et agréée par la réplicquc des marchans de delà, et depuis par les 
apostilles réciprocques qui sont relatives aux escripls des marchans hinc inde. Aussi ne 
seroit-il raisonnable que les marchans aians au pays du Roy leur domicile, comptoirs 
et facteurs, tumbés en dommaige par les arrests des princes, fussent désemparés de 
Sa Majesté, à seul respect qu'ils sont nés aillieurs; car, où l'on tint si peu de compte 
d'eulx, ce seroit ruyner la traficque et les dégoutter à jamais à vouloir plus résider ou 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE 



127 



(raictcr es pays de Sa Majesié. Nous ne parlons de ceux qui ne font que passer et 
rapasser, ny de ceulx qui pour aullres causes particulières pourriont avoir esté arres- 
tés, mais de ceulx qui résident ou ont domicilie, comme j'ay dit, et qui peuvent avoir 
eu perle à l'occasion de ces arresls gcnéiitulx, parquoy ne pouvons désister de ce point. 
Aussi ils se convaincquent par leur propre allégation où ils disent qu'il n'y en a nuls 
et que s'il y en a, en faisant leurs plaintes, ils serioiit incontinent restitués; car, s'ils n'y 
en a nuls, ils ne peuvent avoir intércst que ces mots y soient mis, et s'ils ont intention 
(comme ils disent) de les restituer sur plaintes, nous ne voyons pas pourquoy ils ne le 
deussent accorder dès maintenant sans les mettre en longueur de procès. 

Nous estimons que la diflicullé qu'ils aviont mcue au commenchemcnt en ce mol 
suO liyemem aura esté widée par les moyens contenus en nos précédentes, puisque 
vosdictes lettres dernières n'en font plus de mention. Quant au pris eoustant de leurs 
denrées vendues, il n'y a aussi plus que dire d'icy, sinon que vous régliez en cela selon 
vos mémoires et signa(ivemcnt selon le contenu en nosdicles précédentes. 

Nous voions aussi qu'ils se sont laissés persuader touchant ces mots: Per eos qui in 
culpa stint, en l'article eomtnenciiant : Si qiiœ nierces, selon que vous avons escript, et 
ainsi n'y a aussi plus que dire en cccy. 

Comme aussi il n'y a quant à la dilliculté nouvelle qu'ils ont meu en l'article : Si qttœ, 
où ils vouliont avoir adjouslé: Posiquam admoniti fuerint, que vous leur aviez accordé 
suyvant vos mémoires. 

Le mesnie quant à l'article : Porto, où vous estes aussi d'accord, suyvant nos pré- 
cédentes. 

Quant à la seureté de la navigation et l'asseurance des ports, dont ils semblent ne 
vouloir traitler à ccst heure, n'en ferez aussi pour maintenant plus de semblant. Et tant 
moins est-il de besoing que, par leur responce contenant qu'il n'y auroit apparence de 
l'obtenir que quant et quant l'accord, il semble qu'ils consentent laeilement par là que, 
se faisant l'accord, l'aultre ira de suytte : qu'est-ce que se prétend de ce costcl, comme 
vous avez vcu en vos inslructions. 

Nous avons fait escripre en Zélandc pour la particularité du basteau que l'on dit par 
delà avoir esté eonslrainl d'y prendre port par tempeste et depuis esté confisque et 
vendu, et croions certainement qu'il se trouvera qu'ils sont esté mal informés. 

Vous avez raison de dire que, à veoir leur façon de traieter, ou ils veuilenl irayncr 
l'affaire ou mener le lloy à conditions desraisonnabics; mais pourtant ne convient-il 
que vous partiez de là, ains, s'ils font du froid, que vous le facez aussi de vosire eosicl, 
et après leur avoir déclairé ceste nostre responce quant à la caution et la difficulté sur 
les mois : manans et habiUins, ne les pressez, mais laissez-les vous aller mesmes cher- 
cher à vostre maison, et guardez rnodesienient réputation ; car il advient ordinairement 
que, quand l'on monstre chaleur, lors se refroide la pariye, pensant jà avoir les choses 



128 RELATIONS POLITIQUES 

à sa volume; et, quanta revers l'on monstre s'en soulcyer peu, c'est lors qu'ils s'en 
ravisent. 

(Archivet du Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 60.) 



MMCCIII. 

Thomas Gresham à lord Burleigh. 

(30 AVBIL 1371.) 
Emprunts à Anvers. 

(Record office, Dom. pap., Cal., p. 410, n' 62.) 

MMCCIV. 

John Lee à lord Burleigh. 

(Anvers, i" mai iSH.) 

Armen)ents du duc d'Albe en Hollande et en Zclande. — On ne sait s'ils ont pour but de repousser 
les pirates ou s'ils sont diriges contre l'Angleterre. — Bruit que le duc d'Albe, à son départ, join- 
drait sa flotte à celle de son successeur. 

May yt pleayse Yowr Honour to understaynde thaï the Duke hayllie sente a 
regement of Spanyardes ynto Sellande and an other ynio Flanders, and the regement 
tliat were at Valeynee, arre comme (as yt ys said) to Gaunte, and the Duke niyndes to 
départe shortely fromme Bruxelles theylher. Further they rygge uppe iher shyppes 
hothe yn Sellande and Hollande, and aulle suyclie shyppes of warre, as wafted the 
Quene remayne styll yn a redynes, to what ende yt ys dowtfull. Somme suppose lie 
dowte the leste the rovers wolde seayke to ynvade somme parte of Sellande. Ower 
contraryes perswade them selves that he menethe to tayke some enlerprise yn haynde 
agaynste ower contre al suyche lyme as the Duke shayll returne heyther owt of 



)ES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



129 



Spîiync, who is lokcd for (as yt ys sayd) yf llie wynde prove good wytheyn ihys thre 
weykes, and theifore lie drawctlie liys power ynlo Chose cosles to bee yn a redynes lo 
joyne wythe liym. I wrylhe lliys to Yower llonour but as a reporte and of no certayne 
knoyllcgc. 

From Anwarpe, tlie firste of may 1571. 

(Record office, Dotn. pap., Cal., p. 548, ri" 30.) 



M.\ICCV. 

Le duc d'Albe à don Guérau d'Espès (En chiffre). 

( BRUXU.I.ES , U MAI l.'iTI.) 

Nouvelles d'Espagne. — Il envoie Fiesco en Angleterre. — Recommandation expresse à don Guérau 
d'Espès de ne point se nidlcr des affaires intérieures de l'Angleterre. 

V. M. avra visto, por las carias que esios dias alras le he escripto, lo que se puede 
dezir de por aca. De la Corle tambien se que V. M., con el correo que Ilego aqui a los 
seis del passado, tuvo cartas de Su Mag'' por la via de Don Frances. Pero, por si acaso 
no liuviesscn llegado, no liexaie d(! dczir en esta como Milord de Cobaini Ilego a Irun, 
y desde alli avia despaeliado al Secretario Çayas, pidieiido a Su Mag** licencia para 
enlrar en la Corte, laquai le avia dado y le mandaria despaciiar lucgo '. Estava Su Mag'' 
bueno, y la Reyna nuestra scnora con esperança de prcfiado. 



' On trouve aux Archives de Simancas le document suivant avec celte mention : Para emhiar a 
don Gueran : 

En ultimo de april, que Tue el niisnio dia que Su Mag-' dio la primera audiencia a Cobliam, fuc a 
visilar al Duquc de Feria, y dandole un recadu de parle de la Reyna en que le agradcsca de la pro- 
tection que Icnia de los Ingicses que a esta Corte venian, y pldicndola fuese tan su servidor y aficionado 
como quando se partie de aquci reyno , y cncargandola lo dcl comcrcio y trafico, y refiriendole lo que 
havia pasado con Su Mag', se alargo mas en particular a dczirle que se acogian y favorescan por Su 
Mag* algunas personas que qucrian intentar novcdades entre la Reyna y sus Estados, apuntando a 
Tomas Estucicy y cargando al Duijul' de .Mva y a don (luorau el liavcr sido los primeros a haier la 
reprosala y a su ama neccsilada a lo que despues liizo. El Duquc le respondio cntonces que, por no le 
haver comunicado aun Su Mag<' lo que con ol liavia pasado, ni dado la orden de Iratar cl Duquede 
aqucllas matcrias, no podia tratar como ministro, mas que, si quora que hablasen en cllas como amigos 

Tome VL 17 



150 RELATIONS POLITIQUES 

Haviendo visto el camino que estos ncgocios han tomado y las respueslas que se Iian 
dado a Mos. de Sweveghem, me lia resuello en mover a embiar a Toniaso Fiesco para 
tentar si por su medio se podra venir a lo que se prétende, como el dira mas pariicular- 
mente a boca; y pues V. M. y yo somos los homiciados, me hara muy grand merced en 
estar a la mira de todo aquello que el hiziere, sin enlremeterse en olra cosa, que de muy 
buena gana : holgara yo que otro pudiera liazcr cs!o oficio, y ponerme yo tambien a mirar, 
no embargante que he dado eargo al diclio Tomas que el comunique con V. M. lodo lo que 
hiziere y que con su inlervencion y la de Mos. de Sweveghem se enlregue en su podcr 
la rropa y dinero, de quien no pareze dueno con su inventario, haziendole depositario 
dello, y V. M. entienda que conviene lomar este camino para venir a lo que se prétende 
y que no se puede tomar olro por agora. El diclio Tomas llova orden de dar a V. M. 
dos mil escudos a buena cuenta de su entretenimicnto. Embiar me ha aqui la caria de 
pago que le diere para embialla a Espana, que, aun no a Su Mag^, mandado nombrar 
la persona que ha de tener cargo de pagar el sueldo de V. M. y de los demas 
embaxadores. 

De Brusellas, a 9 de mayo 1371. 

{Archives de Simancas, Eslado, Leg. 823, fol. 217.) 

y como (ngleses, que holgaria dello, y que, havicndolo admitido cl Cobham, el Duque le dizo que a 
el le pesava y se miravillava muelio que liuviesen tomado cl modo de negociar de sus vezinos y anti- 
guos enemigos los Franceses y perdido la sinceridad y verdad inglesa, que le perdonse la llaneza y 
amor con que le hablava ; que en quanto a quercr fundar que la rcprcsala liavia comcnçado de parle 
de los ministros de Su Mag'', era falsedad clara, y cUos lo sabian muy bien que cl comcrcio y trafico 
no se podia bazcr, ni quedar ascnlado como convcnia para lo de adelanle sin précéder la rcstitucion de 
lo arrestado, que esto cstava remitido al Duque de Alva como a ministro del christiandad, autoridad, 
bondad y prudencia que lodo cl niundo sabia, y Su Mag'' havia cscripfo a la Reyna en crcencia de las 
pcrsonas, que el Duque de Alva le havia cmbiado de parle de Su Mag"" a tralar con el dcste négocie; 
que el rcsenlirse de que por Su Mag"" y sus ministros fuescn benignamente acogidos los Inglescs que 
venian a su Corte y Estados, era cosa qucrida, y que se maravillava se propusiese a Su Mag'', teniendo 
la Rcyna sus marinas y tierras Menas de rebeldcs y traydorcs a Su Mag*', no solamenle acogiendolos,' 
pero favorcsciendolos y aciamandolos para que desde Do[bra] saliesen a las roberias y daDos que 
cada dia hazen en los vasallos y Kslados de Su Mag*', de que buelven cargados, y publicamente vendcn 
las presas que levan, y que en las otras cosas que apuntava de los nuncios que se havian dado a la 
Reyna de movimicntos y cosas desta calidad, cran de tan poco fundamenlo que no havia que respondcr, 
pues hallara la verdad en contrario. Con esto se convcncio por entonces el dicho Cobham, torniendo 
a dezir al Duque que no se podia alargar, ni dcclarar mas, hasta entendcr la respucsia que le dava 
Su Mag"!. {Archives de Simancas, Est., Leg. 820, fol. i U.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



tm 



miŒM. 

Le duc d'Albe à M. de Sweveghem (En chiffre). 

(Bruxellks, 9 MAI 1ÎS71.) 
li envoie Thomas Fiesco en Angleterre. 

Entendant par vos lettres lestât auquel se retreuve la négociation louchant la resti- 
tution réciprocque des biens arresiés en Angleterre et es pays du Roy et les points 
que restent à wider, comme le S'' Thomas Fiesco est eelluy qui n premiers entablé et 
mis cest affaire en train, par où il cognoist les humeurs de ceulx de delà, je me suis 
advisé de le requérir d'y faire ung tour et reguarder avecq sa dextérité sur les moyens 
par où l'on pourra mieulx et plus tost parvenir à la fin et, selon qu'il entendera, estant 
sur le lieu, vous donner lumière et conseil de ce qu'il verra servir à la matière, faisant 
vous de vostre coslel et luy du sien les offices que vous verrez convenir au but que se 
prétend : par quoy il srra besoing que vous lui déclairiez en quels termes se trouvera 
la dite négolialion à son arrivée et les points que restent à wyder comme dessus, sur 
lesquels vous verrez nostre intention par l'iscriplque vous «nvoions, duquel a esté faite 
ostension audiet Fiesco, et que vous continuiez aussi à luy faire part du succès de vostre 
hesoigne en cosle matière. 

(Archives du Royaume à Bruxelles. Corresp. du M. de Sweveghem, fol. 61.) 



M.^ICCVII. 

Le duc d'Albe à l\L de Sweveghem (En chiffre). 

( nRUXEU,F,S , H MAI 1871.) 

But spécial de la mission donnée à Fiesco. 



En signant la lettre cy-jointe, avons receu les vostres des 23, 24 et 27'd'apvril avecq 
le pourjeci de ce que vous aviez proposé de remonsirer à la Royne en laudienee men- 
tionnée aux dernières pour justification de la tardance dont elle sembloit nous vouloir 



132 RELATIOiNS POLITIQUES 

inculper; et nous a semblé l'ordre que y avez tenu bien à propos, mais la façon de 
procéder de ladile dame ei des siens bien esirange, et telle dont l'on auroil occasion de 
changer de conseil, où l'on voulsist mettre de costel le bien et repos publicque, le désir 
duquel a fait dissimuler au Roy et à nous beaucoup de choses. 

Et pour vous dire en brief nostre résolution, puisque l'on est réduit à tels termes 
qu'ils semblent donner tout le crédit de la négociation à leurs mareliands, et que n'avons 
aultre moyen pour la caution, sinon par l'argent de Thomas Fiesco et ses compaignons, 
détenu par delà, nous nous summes résolus de les payer de la mesmc monnoye et y 
envoyer ledict Thomas Fiesco pour vous assister à ce que reste de la matière de resti- 
tution et ce que en dépend, conforme au mémoire cy-joinel, mais non aux auitres 
points contenus en vostre instruction, dont il ne sçait à parler, et n'y a pourquoi il le 
deust savoir. Nous vous en écriprons une autre lettre dont il sera porteur; et puisque, 
comme nous avons jà dit, liiy et ses compaignons doibvent fiirnir à la caution, il con- 
viendra que vous lui nonsiricz bonne mine et accueil, comme nous ne doubtons vous 
saurez bien faire, vous accommodant à la matière, aux personnes et au temps pour par- 
venir à la fin d'une chose tant importante pour le publicque. Et pour ce que ledict 
mémoire vous donnera lumière de ce que vous aurez à faire en tout, ne ferons cesie plus 
longue. 

(Archives du Royaume à Bruxelles. Correxp. de M. de Stvevegbem, fol. 70.) 



MMCCVIII. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Albe (En cliifFre). 

(LO.NtJRES, 9 MAI 1571.) 

La reine menace de nouveau de faire vendre les marchandises saisies. — Communication faite 
à lord Burlcigh. — Nouvelles d'Irlande. 

Oy ha venido un secretario del Consejo con los commissarios a hablarme de parle 
de la Reyna y de aquellos Senores para que, pues no se volvia la re.spuesta a loque ella 
havia dicho a Moss. de Sveveghem del vendcr las mercancias, haviendo ya catorze dias 
que lo dixo, fuesle cierlo que se pasaria a la venta délias, diziendome si queria noin- 
brar algunos commissarios para que, juntamente con otros que la Reyna scnalaria, 
assistiessen al venderlas a fin que sin cngano se pusiesse en elfeeto. Dixele que, siendo 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLEÏEMRE. 



135 



esle iicgocio remiiido por la Mag"" del Rcy riuestro sefior a V. E., yo no entenderia en 
parle alguna del sin orden suyo, y (|iic cerca desio se havia cotisiiliado y aguarda- 
vamos de lioia en liora Mos. de Siievcglien y yo la respuesla y, aunipie queria le cerii- 
ficasse el dia que se podia cspcrar, no quise terlilicarlo, y les dixe algiinas cosas sobre 
su prissa que las toniaron a bien, y avise luego a Mos. de Sveveghen que yvan a el, para 
que conformasse en la respuesla, y los dos liavcmos embiado nuesiros secrelarios a 
Milord Durle a dezir lo niismo para mayor eumpliinienlo. 

Anlicr liizo dezir al mismo Burle lo que V. E. me inando en su caria de xxx del 
passade cerca del assegurar a esta Reyna de las provisiones que se hazen en las 
marinas : dixo lo liaria saber a la Heyna, y parescio lo loniaria a buena parle, ilasta 
agora no me lian diclio olra cosa sobre ello. Bien se que les pone euydado. 

En Irlanda, Jayme Fizmor lia rompido uno de los Govcrnadores de la Keyna y lomado 
una ciudad. N.-S', ele. 

De Londres, a ix de mayo 1871. 

(Archives de Simancas, Eslado, Leg. 823, fol. 123.) 



MMCCIX. 



M. de Sweveghem au dtic d'Alhe. 



(Londres, i) mai 1571.' 



Menacu de faire vendre les marchandises saisies. — Il a réclamé un ajournement. 



Envers les dix heures de ee malin, m'est venu trouver M' Trcmin, secrétaire du. 
Conseil de la Royne, accompaigné de deux commissaires des marchans, pour de la part 
de Sa Majesté Réginalle me l'aire entendre, puisque l'on n'avoit nouvelles de la resti- 
tution de telle somme d'argeni, que auroieni esté vendus les biens de ses subjeets 
pardelii, et que le terme de liuyl jours à ce préfigé estoil escoulé el cinq ou six davan- 
taige, que elle estoil résolue de faire apprécier et vendre les biens détenus icy, apparte- 
nant aux subjecis de Sa Majesté, pour l'indempnilé des siens, el aflin que, si le 
S' don Guérau, ambassadeur ordinaire, ou moy y voulions envoyer auleuns pour veoir 
comme l'apprécialion ou vente des dits Ijicns se manieroil, le peuissioiis faire. 

Je rcspondis que j'allendoy de marée en marée le retour de celluy lequel avions 
envoyé pardelà avec l'entière despesehe, et que l'attente mesmes me faisoil entrer en 



134 RELATIONS POLITIQUES 

opinion que la responce seroit résolue sur tout ce qu'ils eniendiont n cstre auparavant 
bien accordé, partant que la Majesté de la Royne me feroit faveur de ne riens attempler, 
ny innover jusques à la venue dudict courrier, de laquelle ne fauldrois, incontinent 
qu'il seroit arrivé, l'en advenir, la requérir de audience et iuy exposer ma charge ; 
quant à commectre ce pendant quePcun pour veoir le maniement de cest affaire, que 
j'en parlerois avec ledict S' don Guérau, devers lequel ils avioni esté avant venir chez 
moy, combien qu'il ne m'a samblé le debvoir faire, si avant qu'il ne m'estoii expressé- 
ment commandé, pour doubte que l'on ne le voulusse tenir et interpréter pour adveu. 

Estant par moy interrogué du temps et jour que se commenceroit ladicte apprécia- 
tion ou vcndition, me diet que, jusqnes avoir de rechief parlé à la Royne, il ne me sçau- 
roit rien dire, mais que j'en serois adverly et, considéré l'altcnle dudict courrier si 
brirfve, que l'on pourroil faire requérir Sa Majesté Réginallc de vouloir surccoir i'effeet 
de sadicte résolution jusques après sa venue. 

De quoy l'ayant mereié, culx pariys, me trouvant indispost de santé, envoyay incon- 
tinent devers le S" don Guérau pour lui faire le tout entendre et prier, en cas qu'il le 
trouva bon, de faire de main commune solliciter en Court ladite diiation. Et ainsi suy- 
vanl son advis fut faict incontinent après le disner; mais l'on ne trouva adresche aulcune 
que sur le tard envers millord Bourghiay, lequel promist d'en parler à la Royne. De 
quoy m'a samblé convenable advenir Voslre Excellence, cl, après Iuy avoir baisé la 
main en humilité, prier le Créateur qu'il doint à ceste longue négociacion lin telle 
que Sa Majesté divine en puisse estre servye, et celle du Roy mon seigneur et Voslre 
Excellence contente. 

De Londres, le ix" de may 1371. 

(Arcliives du Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 64.) 



MMCCX. 
M. de Sweveghem au duc d'Albe. 

(Londres, 2î> mai loTl.j 
Arrivée de Fiesco à Londres. 

Ce mot servira seulement pour advertir Vostre Excellence de la réception des siennes 
du dernier d'apvril et deux aultrcs du ix' du présent avec les despcsches y joinctes, dont 
les unes me furent présentées par le S' Thomas Fiesco, le xx' de ce mois. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



m 



Je porloray soing du tout et me réfçleray à l'endroict diidil Fiosco selon qu'il a pieu 
à Vostre Excellence me commander, cl, ayant faict quelque progrès, ne fauldray de l'en 
advenir en diligence. 

De Londres, le xxv" de may 1571. 

(Ai-chives du Royaume à Bruxelles. Carresp. de M. de Sweveghem, fol. 68.) 



MMCCXL 

Noms des Flamands qui résident à Douvres. 

(2S MAI dS71.) 
Liste dressée par l'ordre des lords du Conseil. 

(Record office, Dont, pap., Cal., p. 413.) 



MMCCXIL 



Mémoire adressé aux lords du Conseil par don Guérau d'Espès. 

(27 MAI isrv 

Il a appris la condamnation du Docteur Story et réclame sa mise en liberté. 

Memoria de lo que ha de dezir Juan Cipres mi secretario a las SS. del Consejo de 
la Serenissima Heyna de Inglaterra a 27 de maya 1571. 

Que yo lie sabido la condcnacion del Doctor Estori ', de lo que me hc maravillado 
mucho por ser en persona de tal edad, y siendo criado jurado de S. Mag^ Catolica y su 

* Relacion de lo que passa quando condenaron al doctor Estory. En Londres a 26 (ie mayo 11(71. 

Siendo traydo el Doctor Story al juyzio se fue demandado (como se suele hazer) sy qucria ser 
juzgado conforme a la ley deste reyno, cl quai respondio que no, porque cl era Jurado criado del 
Rey d'Espafia y su pensionario, y que no conocia a otro principe, y que como criado de dicho Rey le 



136 RELATIOINS POLITIQUES 

ministro, y que eslaba en Flandres en su servicio, de donde ha sido iraydo de la 
manera que lodo el niundo sabe, y aviendo el Senor Duque de Alva liablado sobiello 
a HaniTique Cobam, y aun en confirmacion de aquello yo mesmo be embiado en 
nombre de dicho Senor Duque de Alva a sus Senorias lllustrissinias y por ellos a 
milord Burley en escrito, para que tuviesen memoria de niandar librar a diclio Estori y 
castigar a los iraydores que le ban traydo (como se ha de esperar se liara enire reynos 
tan aniigos y confederados). Pero porqne aora ha salido esta eondenacion tan impen- 
sada, buelvo a rogar a sus Senorias de parle de diebo Senor Duque de Alva sean ser- 
vidos mandar relaxar libre a los Estados de Flandres a dicho Estori, porque en 
semejantes casos dicho Senor Duque y los successores en su cargo ternan el mesnio 
respeto a las cosas deste reyno, y assi me bolgare de saver la volunlad de sus Senorias 
en escrito, para poderla hazer saber assi al Senor Duque de Alva como a Su Magestad, 
siendo cosa de tanta consideracion. 

{Archiven de Simancas, Eslado, Leg. 8-23, fol. 15-2; Record office, Cal., u° 1740.) 



MMCCXIII. 

Dettes de la reine d'Angleterre. 

(31 MAI 1571.) 

La reine a payé à Anvers la somme de 21,i02 livres 16 sous el 8 deniers pour frais d'emprunt, 

intérêt à 6 •/, el brokerage a 1 "/j. 

(Record office. Cal., n' 1755.) 



avia scrvido en Flandes y en su lugar a su Govcrnador, y que assy, en el liempo que fue desla corona, 
no se hallara que la aya ofendido, y que, despues que se passe dclla a la d'Espaiïa, no tienc que dar 
quenta a nadic como ha bivido, sino a la corona d'Espaïîa. Por lo quai el juyzio antel quai estava en 
Weslmonster le condeno, por rebelde en no se querer someler a la Icy deste reyno, a que fuese 
arrastrado, aliorcado y esquartizado. Si se ubicra sonictido a la ley del reyno, estavan alli Parker y 
un criado suyo que le truxeron de Flandres, para acusalle de trayciones, para que por cllas le conde- 
naren. Pero, como no se quiso sometcr, le condenaron por rebeldia. (Archives de Simancas, Ettado, 
Leg. 823, fol. 131.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'AISGLETERKE. 



<37 



MMCCXIV. 

M. de Sweveghem an duc d'Albe. 

( l!RUXEI.LF.S , 3 JUIN 4571 ) 

Les dcmarclics de Fiesco n'ont produit aucun résultat. 

Par la lettre du S' Thomas Ficsco, N'oslre Excellence pourra veoir combien sommes) 
ioing du cliief de la négociation, pour laf|uelle luy a pieu me commander venir par 
deçà, et, comme n'ayant moyen d(? rencontrer les demandes si excessives que font les 
marclians de ce royaulme, signammenl eeulx traictans en Espaignc, Ton a esté forcé de 
despcsclicr ce porteur par exprès pour la supplier d'estre instruict d'illec, et en diligence 
surtout, afïin que puissions éviter la vendition des biens des marchans subjects de 
Sa Majesté, qui est le poinct où ils tendent, lequel ayant obtenu, devient frustre et illu- 
soire nostre voyaige, et tout ce que jusques à présent a esté besoingné en cesie matière, 
A quoy luy supplie prendre le regard qu'elle jugera convenir. 

De Londres, le second de juing 1571, veille de Pcntliecouste. 

[Archives du Royatime ù Bruxelles. Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 71.) 



M.MCCXV. 

Le duc d'Albe à don Guérau d'Espès (En chiffre). 

(Bruxelles. 7 juin 4571.) 

craint que les marchands ne traitent ïi son insu avec la reine d'Angleterre. — Il a appris 

rcxcculion du Doclcur Storv. 



He recevido la carta de V. M., de xxvii del passado, respuesia de la que escrevi con 

Thomaso Fiesco, y juntamenie la copia de la que scrivio a Su Magestad y los otras 

papeles que con ella vcnian, y mucba mereed con cllo, como la recivio con las que V. M. 

me escrive, y no dubdo del rruin animo desa genlc porque, biviendo como bivan, se 

Tome VI. 48 



138 RELATIONS POLITIQUES 

podria mal tener dellos buen coneepto. Pero, como tengo escripto a V. M., es muy necc- 
sario ver si por el camino que agora se trala, se puede acomodar esto negocio; y, pues 
V. M. y yo somos los homieiados escilamos a la mira, que yo deseara harto poder me 
rretirarde la négociation, y, por que he entendido que algunos dcslos mercaderes inte- 
resados comienzan ya a menear platicas de conciertos, que séria en gran perjuizio de la 
rreslitucion gênerai, conviene mucho que V. M. mande junlar a los que ay cstuvieren 
y les diga que yo he hecho aqui publicar en los Estados un placarte de nulidad y de 
Diras penas al arbitrio de Su Magestad contra todos aquellos que sin orden cspresa mia 

negociaren en ese reyno hazienda arreslada, y que se esecutara con todo 

rrigor. 

El escripto que V. M. présente a los del Consejo sobre la libertad del Doclor Eslore 
he visio, y me ha parescido muy bien. Pero, por la que agora acabo de recebir 
de V. M., de los dos entiendo que la havian esecutado : que la tengo mas embidia que 
a lo se que le pcrsuadian su maldita seota, con olro rresponder a esta uliima carta de 
V. M. desde Anveres, donde partire cl lunes. 

De Brussellas, a vu de junio MDLXXI. 

(Archives de Simancas. Estatlo, Leg. 825, fol. 218.) 



MMCCXVl. 

Avis des Pays-Bas. 

(Anvers, 8 juin 1571.) 

Le duc d'AIbc a reçu une lettre d'Elisabeth. — On dit que la restitution des marchandises 
n'aura pas lieu et que don Guérau d'Espès quittera Londres. 

The Duke of Alva receavcih ihe Queen's letter very curtiously and kissed it, al 
Bruxelles, 

There is ill newes ibat the restitution is ail broken of, and ihe Imbassadour must 
départ out of England. 

(Brilish Muséum, Titus, B. VI.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'A^GLETEKRE. 



i59 



MMCCXVII. 

Le duc d'Albe à M. de Siveveghem (En chiffre). 

(H JUIN 1571?) 
Concessions à faire pour arriver ii un accord. 

Nous avons receu vos lettres du xxv° de may et ij° du présent, et voluntiers entendu 
la bonne correspondence que vous teniez à Tliomas Fiesco en ce que despend de sa 
charge. Et comme vos dites lettres sont relatives aux siennes, nous nous référerons aussi 
à ce que nous luy faisons présentement respondre, luy ayant fait envoyer les inventoires 
et esclarcissemcnts qu'il deniandoit, lesquelles veues par eculx du Conseil de la Roync, 
nous croions qu'il y aura estoffe assez pour rabattre les injustes prétentions des mar- 
chans, et ne voulons désespérer de bonne yssuc, laquelle advenant, assavoir : s'accor- 
dant les points demeurés en débat qui estionl sur ces mots : Inhabitans ou résidens, sur 
le pris des choses vendues, sur la caution et restitution première à faire pardelà, sur 
lesquels nous vous avons envoyé par nos précédentes nostre intention ample, vous 
pourez bien conclure selon vos instructions, sans plus de renvoy. El se pourra en ce cas 
le traiclé coucher pardelà selon les changements advenus en négociant et dépescher 
informa soubs le seau de la Royne, et pnrdcçh se fera le semblable. Et pour pourvoir à 
eest accord, comme le principal point bat en la caution, moyennant laquelle semble que 
les aultres seront plus facilement impélrables, vous laisserez manier ces points par ledit 
Thomas Fiesco, par les moyens et ordre qu'il verra mieiilx convenir, selon les humeurs 
de eeulx avecq qui il traite, dont el du succès il vous fera tousjours part, à fin que vous 
sçachiez aussi comment vous vous pourrez mieulx conduire de voslre costel '. 

(Archives du Hot/auiiie à liriixeUen. Lorrcsfi. de M. de Sweveghem, fol. 78.) 



' En France on accusait le duc d'Albc de ne rien négliger pour éloigner Elisabeth de tout projet de 
mariage avec le duc d'Anjou. C'est ce que Charles IX écrivait à La Molhe dans une lettre du 
i juin 1571. {CoiTcsp. de La Mvlhe, t. VII, p. 220.) 



Hi) RELATIONS POLITIQUES 

MMCCXVIII. 

Le duc d'Albe à M. de Sweceghem. 

(Bruxelles, H juin lo'l.) 
En faveur d'un facteur de Jean Vanden Bempde. 

Vous verrez par la requesle que va cy-enclose, ce que nous a remonstré et demandé 
Jehan van den Brempde, marchanl de ce«te ville; et vérilablement il samble que l'on 
traicte mal et contre raison pardelà le commis dudict suppliant, où icy l'on a, passé 
longtemps, laissé aller et venir les Anglois librement et sans leur dire mot, ny faire 
aucune telle moleste que préscnlement s'est faiet et faict au dit commis, par où il y 
avoit de la raison et fondamment à eonsenlir audiet suppliant ce qu'il demande par 
sadicte requeste. Toulesfois, pour n'allércr les choses du chemin qu'ils peuvent avoir 
prins, avons advisé myeulx faire cercher le remède à ce que dessus par vostre moyen, 
auquel partant avons bien voulu escripvre cesle, à fin que à la Royne et à ceulx de son 
Conseil qu'adviserez convenir, vous remonslrez par bonne façon tout ce que dessus 
et le tort qu'il se faict audiet commis du suppliant, et requérir et insister à ce qu'il soit 
délivré de prison et que ses deniers luy soyent restitués et ses biens désarrestés, puis que 
à nul Anglois, pendant ceste négociation, ny longtemps auparavant, a esté faicte pardeçà 
chose samblable, comme dicl est. A tant, etc. 

De Bruxelles, le xj* jour de juing 1571. 

{Archives du Royaume à Bruxelles. Nég. d'Angleterre. Supplément.) 



MMCCXIX. 

John Lee à lord Burleigh (Extrait). 

(Anvers, 41 juin 1S71.) 
On loue beaucoup le courage que le Docteur Story a montré à son supplice. 

The deaythe of Story ys bothe lamented and eommended, lamented for that he ys 
ded, and eommended for that he dyed so stowlly, refusynge (as yt ys sayd) eylher to 



iNGLETERRE. 



14t 



ayskc lier Mayeslyc forgivenes or lo ncknoyllyge hymseiffe lo bee contente to <lye Her 
Grâces su bgcctc '. 
From Anwarpc, tlic xi"' of june 1571. 

{Itecord office, Dom. pap., Add., p. 352, n' 46.) 



MMCCXX. 

Le comte d'Oost-Frise à la reine d'Angleterre. 

(Emden, 13 Ji'iK 1571.) 
Plainte contre des actes de piraterie coramis par un capitaine au service du prince d'Orange. 

Serenissima Regina, Potcntissima Princeps, Domina CIcmentissima, Quantam vim et 
injuriam, proximo mense maii, in Vestrœ Majeslalis regni portii Wichiano, quidam 



' Copia de carta escripta por tm eavallero que esludia Icyes de Ingloterra a eierto amigo tuyo 

tobre el Doclor Eslory. 

Por satisfazor a vucstra demanda, lie querido hazeros saber lo que realmentc podcis dczir y alBrmar 
de las cosas que se andan dizicndo y han ya llcgado u vuestros oydos, sobre la justicia que se ha 
hecho del Doctor Estori en Tiburno fucra de la ciudad de Londres el priniero de junio proximo pas- 
sado. 

Lo primero es cosa clara quan mal y Tuera de razon se govcrno este en Inglaterra antes que 
buycssc a Flandcs, y dcspucs quan mas de vcras fuc porsoguidor de todos los buenos subditos de 
Inglaterra, que nccessariamente negociavan en aquullos estados. 

Lo de la dctencion de sus bicnes que cl Duque de Alva hizu, poco ha, como lo saben bien muchos 
honestos racrcadcres, assi Ingleses como otros muchos, de los qualcs fucron presos por su rcspccio, y 
retenidoseles sus bicnes, de tal mancra que no se puedc dubdar baver sido el, en quanto ha podido, 
tan odioso encmigo al Reyna de Inglaterra, su patria y a los fielcs subditos de la Mag' de la Reyna 
quanto bombrc Ingics ha podido scrio, y, quando fuc Iraydo al lugar donde avia de scr justiciado, uso 
de muclias y muy largas pinticas para movcr el simple pucblo y a los que havian ignorado su malicia 
y rancor contra la Mag"" de la Reyna y el estado de su rcyno, las quales ni eran cosas convenientes a 
aqucl lugar, ni se podia yraaginar que haria de tralar dcllas, y assi se le pcrmitio que dixcsse lo que 
quisiessc sin ninguna contradiction : lo (|ual fiic causa de que se pudicssc cscurescer la vcrdad, y de 
aqui entcndcrcis quan nefandos crimines havia comctido, de los quales havia sido acusado y hecho 
reo en juizio delantc cl tribunal, cl quai sabicndo por el examen que le havian hecho de que delilos era 
acusa^Io y lo que cl mismo havia confcssado en la carcel y firmado de su propria mano, oori macho 



112 RELATIONS POLITIQUES 

Jacobus Flennebart, qui se in Illiistris Principis Auracii fidc esse jactilal, nonnullis 
meis subditis iniulerit, dum, prœter ea quae ad vitae suslontationeni pertinent, omneni 
praesentem peeuniam duarum navium ductoribus, niediante tortura, ademit, et prœlerea 
non cxiguani siimniam aliunde sumpiani sibi nunieiari jussil, id Vesda Majestas ex 
hic incluso ipsorum supplice bbello (si molestum non est) lecto clcmenlissime poterit 
cognoscere. 

Quoniam vero isti miseri, omni alio auxilio destituti, ad meum palrociniuni et 
intercessiouem apud Vesiram Majestateni confugiunt, quam eis pro oflicii mei laiione 
denegare, née possum, née debeo, ergo Vestram Majestateni supplex oro atquc obtes- 
lor ut, pro innala sibi rcgia bonitatc et rei indignilale niola, eosdem nieos subditos, 
qui per procuratoreni, adjunctis nauiis, et repeiitionem duarum navium et omnium 
reliquorum ablatorum, item damni et intéresse, légitime inslituere decreverunl, cle- 
mentissime aiidirc, et auditos in boc non minus ckmenier juvare veb't, quo a dicto 
concussore Jacobs Hcnnebart, si in Vesirae Majeslatis rcgno et poriubus deprebcndi 
possit, vel a quocumque detinente, suas prœdietas naves (quarum altéra ab Albo 
Angelo, altéra a Veteri Cygne cognomentum habei) et simul omnia ipsis injuste ibi- 
dem adempta, una cum damno el légitime interesse, recuperare queant, prout hanc et 
majorem clementiam de Veslra Majeslate, cujus lidei me totum jamdudum consecravi, 
certo certius mihi pollieeor. Et eamdem Vestram iMajestatem omnium rerum Condi- 
toris et Conservaloris gratiœ divinae quam diligentissime commende. 

Embdœ, 13junii amie 1571. 

(liecord office, Cal., n" 1788.) 

astucia y traycion reuso qucrer ser juzgado dcllos, ni cstar obligado, ni querer responder a lo que se le 
havia prcguiitado, sicndo subdilo dcl Rcy d'Espaûa y no de la Reyna, de manera que, aunque fuc 
requerido por amor, por veras y por razoncs, a que respondiesse a los articulos de que havia de ser 
cargado, como Ingles y subdito de la Reyna, persislio en su pertinacia, y como traydor lo reuso de 
manera que si eooio fue acusado de criniine lœsœ majeslatis, lo fuera de hurlo, fucra cargado de mucho 
peso sobre el peclio hasla nialarle por no responder, del quai gencro de castigo no usamos por leyes 
del Reyno, en los casos de lœsœ majeslatis. Pero, como por lo que se contenia en su acnsacion era con- 
venido del eriinen lœsœ majeslatis, como de dcrecho y de justicia se dévia por el rigor de las leyes 
liavia de ser condemnado a muerte como le fue; mas, para dar a lodos salisfaction y que se vea quan 
verdaderamente havia delinquido en los crimines lœsœ majeslatis que se contcnian en su processo, se 
sigue una verdadera, justa y olara rclacion de los delitos que fue acusado y examinado, los quales el 
niismo confcsso en la carcel de [..ondres. 

Havia de ser acusado de que con traycion se havia conjurado y conspirado contra la Mag"" de la 
Reyiia con un Prestal, Ingles, que era fugitivo y principal inventor de la conjuracion pretendida 
onze anos ha por los genliles hombres Palos, y por ella acusado y desterrado, el quai poco ha trato 
de otra grave traycion eon algunos, uno de los quales descubrio el negocio al Duque de Nortfolct, y 
el hazicndo lo que debia, lo rcfirio a la Reyna, y haviendo de ser prendido el dicho Prestal por esta 
causa se huyo de presto a Escocia y alli (Archives de Simancas, Eslado, Leg. 826, fol. 65.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



143 



MMCCXXl. 

M. de Siveveghem au duc d'Albe. 

(Londres, li juin M1\.) 
La négociation se poursuit avec beaucoup de lenteur. 

Je laisscray manier les poincts encoitcs non widés par Thomas Fiesco, el, venant à 
conclure, portcray soing que la palente de la Hoyne se dépesche pardeçà selon les 
ehangemens aiivenns, en suyvant ce qu'il a pieu à Voslre Excellence me commander 
par ses lettres du xiu" du présent. Icelle pourra cognoistre par les lettres dudict Fiesco 
quel peu l'on a advancé depuis la réception de sa dernière dcpeschc, qui fut le xx° de ce 
mois. Dieu nous doint grâce de l'achever hien tost à sa gloire, contentement de 
Sa Majesté, de Voslre Excellence, et le bien et utilité de ses pays el subjects. 

De Londres, le xxiiu' de juing 1571. 

(Archives du Royaume à Bruxelles, Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 73.) 



MMCCXXII. 
Avis des Pays-Bas. 

(Anvers, S8 juin ISTt.) 

Ligue contre le Turc. — Nouvelles d'Italie, de France, d'Espagne et d'Allemagne. — On aflirme 
que le duc de Médina-Céli remplacera le duc d'Albe. 



The 20 of this was the league eoncluded bctween the Pope, King Philipp and ye 
Segniory of Venice, biiiding them selves , their successors, heirs and stales to the per- 
formans of the samc to continue agaynst the Turk for ever. Inprimis the Pope to finde 
12 galles fnrnished, 3,000 folmen and 270 horse. Item the wholl army to be 200 gal- 
leys, 100 ships, JiO.OOO fotmen , 4,500 horse, lo be conlinually in wages of Almayns, 
Italians and Spaniards. Item the King of Spayn to find 5 partes of six of the aforsayd, 
the Segniory of Venis 2 partes, the third to be divided into 5 parles (wherof if the Pope 



144 RELATIONS POLITIQUES 

benot ahlc) ihe Kiiig lo furnislic 3 partes and tbe Venetians 2 parles, lo mayiitayne 
24 galles conlinually. 

Ileni, (lie forsayd army to bc ever reddy in marche or in aprill in the Levant seas, 
and the coUcagues lo bave llieir députes in Rome in june and juiy lo gove order how 
10 employ tbe army for ihat year. And ail ibal sbalbe conquercd, lo be devided in such 
sort as was agreed between ih'Empcrour Charles and the Segniorie anno 1S33, excepl 
Algiers or Tripoly, wbieh sbalbe only to the Kinge of Spayne, but the artillery and booly 
to be divided. 

Item, ibe Turk nol invading, tbe King and Venetians promise eche to assist other 
with 50 galleys if any will invad tbe Turk, and, if they be invaded, to ayd wilh ail ihe 
|)0\vers, and ihis league lo be offensive and défensive agaynst tbe Turk for ever. 

Iicm, if any doubts or debates ariso between ihe King and Segniory, to bedcsided by 
ibe Pope. 

Iiem, Don John de Austria lo be gencrall of ail Ihe army and Mark-Antonio Columna 
bis lieuîenant, and eehe of the collègues to make ibeir generalls under tbcm. 

Ilem, non of the collègues to tak or trcat peace wilh tbe Turk witbout tbe otbers con- 
sent, and tbis was published in great pompe and magnificenc Ibe 25 of niay at Rome. 

Item, tbe Emperour and King of Portingalc may enter tbis league with honorable 
conditions. 

Tbis is the sence of tbe league prinled, wherof arrived but 4 coppies with the post of 
Italy yesterday nyght. 

Froin Ferrara, by letlers of the 6 of tbis, ihey wril ihe eribquakes never more lerible, 
saving ibey open not. 

Tbe Turks power begins lo enter Transilvania. 

From Paris, the 20 of june iheir is an Embassatour arrived with 2 renégat christians 
froiu the Turk. 

That the fray between the contrey people ofGraveling and Callis is so ill taken tbat 
some fear is conceaved of wars between ihis contres, and that some gaihering of soûl* 
diers begins in Franc. 

Tbe Turks imbassatonr is ihought to hâve had secret but not publik audience. 

From Spayne it is eerten ihe Queen is with child. 

Tbe Emperors two eldestsons are departed for Germany, and Don John de Austria 
for Italy. 

Tbey writ tbe Duke of Medina-Cely comcs bilber forthwith governour wiih 
3,000 Spaniards, and the wisest sort affirme it and ibat tbe Duke goelli hens. 

(Brilish Muséum, Titus, B. VI.) 



DES PAYS-BAS ET DE l" 



ÎLETERRE. 



UJÎ 



MMCCXXIII. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Albe (En chiffre). 

(LONDBES, 39 JUIN im\.) 

Remise d'une lettre à Henri Sydney, qui se montre fort dévoué au service du roi. — Entretien avec 
un serviteur lic l'amljassadcur de France. — Mission de Cliristoplie .Mundt à La Rochelle et eu 
Allemagne, où il formera une alliance des princes protestants ilirigée contre les Pays-Ras. — Arme- 
ments des Huguenots en France; leurs desseins contre les Pays-Ras; dangers qui résultent de la 
possession de certains domaines dans les Pays-Bas par la reine de i\avarre. 

A los XXV deste rccibi el despacho de V. K., de xviij" del, y hixe lucgo dar a Ser Hari 
Cidnc su rarta y pas.saporlo, y a la Royiia la suya, y nioslro el dicho Cidne miiy gran 
contcnlaniienio de la rnereed que V. E. le hazc. Agora le im[>ortuiian que buelva a 
Irlanda a pacificar las alteraciones que alli comierçan, y es con tal prissa que no quer- 
rian se cnipachasse en yr a la fuenlc. De lo que resolvicre dare aviso a V. E. No es 
iiiiiy grande inconvinicnle que biicKa a Irlanda porquc es adîcionado a las eosas del 
Rey nueslro senor, y aun la mayor parte de sus capitancs se passaran a su servicio con 
poco prernio. Lo demas vera V. E. por la copia de lo que a Su Mag* escrivo, a quien 
cnibio otro libro de lo liecho en el Parlamcnto, como este que aqui va. 

Los commisarios que agora van al Iliiesl, .son Gardiner y el hermano del D" lliiilson, 
y Cliiligrc, el criado del Conde de Lesester, losquales baran mangas para lodos. 

En osle punto me lia vonido a visitar el criado del Enibaxador de Francis, que agora 
viiio de alla de parte de su anio, y entre olras cosas saque del que el Doctor Chrislo- 
pboro Monte que de aqui partio, es ydo a la Kocliela, y de alli bolvcra al Conde Pala- 
tino, y aqui con lo que se concluyere entre los Protestantes contra essos Eslados. 
Tambien medixo que en Fraiicia de diez en diez los desta sccia con sus armas lomavaii 
el camino de la Rochela, y que entre ellos se dezia vernian con campo formado a 
Flandes, y me dio razon de parte de su amo del ruydo que en Francia y aqui corre, que 
entre las Magestades Calholica y Christianissima havria algun rompimiento, mostrando 
en parte que podria ser no haverle, pues en lo de final el Rey lia via escripto aqui a su 
Embaxadorquc se Icnia por satisfecho con lo que cl Rey nucstro senor le havia escripto ; 
que en lo de la Duquesa de Vandoma podria servirles de acliaque, si ay se le embar- 
gavan las renias y jurisdiceion del esiado que en essos paysses tiene; y, como de siiyo 
y desseoso de la paz, me dixo que era bien quitar este inconvinienie, y me offrcscio de 
parte del dicbo su amo que el se emplearia en lo que yo quisiesse, y me pareseiesse que 
era bucno para la conservacion de la paz y amistad. Yo se lo agradesci con los mismos 
TOMB VI. 19 



146 RELATIONS POLITIQUES 

oITrcscimientos, moslrando toda seguiidad por niiestra parle, y que yo no sabia en que 
parte dessos cstados eslavan las ticrras de Vandoma, pcro que paresecria rezia cosa resti- 
luyrlas a hercgcs condenados, mayormcnle robando dcsde la Rocliela tan abierta y 
desvergonçadamente nucslros navios. Si a V. E. le paresec que Irave alguna platica con 
su amo sobre eilo, me lo mandara avisar, porquc me vcrna a ver, luego que aya venido 
Mes. de Larchan, de! quai dizen y a les Inglescs que es pequcno personage para les 
mcnesleres que prctenden. Nueslro-Scnor, etc. 
De Londres, a xxix dcjunio 1S71. 

{Archives de Simancas, Estado, Leg. 823, fol. d48.) 



MMCCXXIV. 

M. de Sweveghem au duc d'Albe (En chiffre). 

( Londres, 30 juts iSH.) 
Motifs d'ajourner la rcclamation du facteur de Jean Vandrn Bempde. 

Vostre Excellence pourra entendre par les lettres de Thomas Ficsco en quels termes 
est la négociacion des quatre poincts à luy enchargcs et comme avons affaire de bonne 
faveur des sieurs chiefs du Conseil de la Royne d'Angleterre pour parvenir à ung bien 
général, lequel se doibt espérer par la conclusion d'une négociation tant importante : ce 
que m'a gardé de encoires riens attenter pour obtenir la délivrance de Jehan Wouters, 
facteur de Jehan Van den Bccmpde, comme estant affaire particulier, lequel estant pour- 
suivy vivement, pourroit desvoyer le principal et général, voires avccq peu d'espoir 
d'obtenir audict particulier; car, comme le dit Wouters, n'est le premier qui a esté ainsy 
maltraicté et que je m'en suys autrefois formellement plaint, blâmant ccste façon de pro- 
céder, signament en ceste conjuncture, et que sorairies pour nous accorder du tout, et 
remonslrant que l'on ne usoit d'aucune semblable rigeur envers les subjecis de la Royne 
d'Engleterre, tralTicquans au Pays-Bas, l'on me feist responce que l'on estoil prest de 
restituer l'argent des subgeets de Sa Majesté, quand il seroit heure, et que d'aultre part 
qu'ils estioiit bien marrys que l'on ne traictoit aussy rigoureusement leurs subjecis 
pardelà. De quoy l'ay bien voulu advenir par ce mot. 

De Londres, le dernier de juing 1571. 

(Archives du Royaume ù Bruxelles. Corresp. de M. de Swevcyhem, fol. 75.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



147 



MMCCXXV. 

j4vis des Pays-Bas. 

(Hambourg, % juin 1874.) 

Armements du duc de Holstcin. — On rapparie que le roi de Danemark veu( prélever un péage 

à rentrée de l'Elbe. 

The sayeng is tliat Duke Adolf of Holslein halh taken up 1,000 horsmcn and 
2,000 folmen in ihe land of Brunswick, and that al Brunswick thc voicc wcnl amongst 
llic souldicrs ihey shouid corne to Hambourgli, wherupon Lord Depuly sent to llie 
Burrow-maslers le undcrsiand of ihem wliat information and knowlcdg they had of ye 
same. Tiiey sent word agayn ihcy licard sucli a rumor of such like effecl, wliieh at thc 
flrst had an éveil semblance, but since it semelh to ihem is ment some other way. Nol- 
withslanding tlicy mean to makc a redines to withstand the encmy if any be, and 
tiierfor hâve sent posts îibrod, upon whose returne they shall)e more certayne and will 
make the company partakor of such as they hear from tyme to tyme, but it is doubtfui 
tliey wili nol tell tiie truth, for, excepl they had nol more suspicion then they semé to 
advertise us, they would not make such provision. It is aiso sayd the King of Denmark 
halh 8 ships of vvarre lying about Norway and that he makeih out 4 more fourihwilh 
and tiial they meane to come to tiie Elbe and to build an fortressc and lo set up a toll 
tlieir : if this malters be truc, their wilbe no quiet tralFique. 

(British Muséum, Titus, B. VI.) 



MMCCXXVL 

M. de Sweveghem à don Guérau d'Ëspès. 



(Juillet 1871?) 



Conférence avec Buricigh et Lcicester. 



lo sono slato coito a l'improvista, per clie, come la malina non havfva inleso nienle, 
pcnsando venir a casa di V. S., mi vicn mandata compagnia et cavalli dal S' Conte 



U8 RELATIONS POLlTIQliES 

de Leycesire per venir in Coile, dove io ho jjarlato con ei detto S' Conte el Millorl 
Bourlay, ma quasi fenza frullo, et, como la Regina scne ando a spaz/.o, mandate el 
Conte, ci nippe la communicha, diccndo elie mandariano da me gli comissarii per poi 
darmi brève risposta, corne diro a V. S. domatina piii parlicnlnrmentc, piac( ndo a Dio, 
et con queslo gli bascio la eorlese mano. 

[Archives de Simaneas, Estado, Leg. 823, fol. 188.) 



MMCCXXVII. 

Le duc d'Alhe à don Guérau d'Espès (En chiffre). 

(Anvers, h jimli.et 1371.) 

II lui fait connaître ce qui s'est passé avec Cobham à Madrid — Il l'engage à rester étranger 

aux négociations comnaerciales. 

Ajer manana recevi la caria de V. M., de 29 del passade, juntamente con el libro y 
copia de la que escrivio a Su Mag"", a (juien se embiara luego a muy buen leoaude el 
piiego que con ella vcnia. 

Antier en la noclie luve eartas de la Corte, de los veinte del pasado, y entrellas cl 
despaeho que embio con esta de Su Mag**, y aunque cl Secretario Zayas m'escrive havia 
einbiado a V. M. el duplicado por via de don Francés, por si a easo aquel no huviere 
llegado y ganar tienipo, me ha parescide despaehar luego esta que ha venido a mis 
manos y embiar juntamente los papeles qtie a ini semé embiaron de le que se havea 
pasado con llenirique Cobam, paraqne pueda V. M. estar prevenido de todo muy par- 
ticularmenle, no embargante que lemo havra llegado antes el dieho de Cobam por 
baver lomado desde Burdeos el camino de la Iloehela. 

Su Mag*" me escrive avise a V. M. que me paresciere deve hazer, y yo enliendo que 
ninguna cosa cenviene tante como tener V. M. bien y parlicularmente entendido lo 
que en la Corte se respondio al dieho de Cobam, y, si a caso la Rreyna la embiare a 
liamar, le puede V. iM. rresponder a lo que le dixere aquella conforma dévida, y donde 
no estarse quedo en su posada sin hazer ningun genero de mudanza, que este me paresce 
es lo que cenviene por agora al servieio de S. Mag''. 

Elle que toca a la venta de las mercancias detenidas, ye creo no pasara adeinnte la 
detcrminacion de la Rreyna. 



DES PAYS-BAS I:T DK L'ANGLETKRRIi. i49 

A mi no qiieda que dc/.ir en este pailiciilar mas de qiiccl.ir a V. M. roti lodo cnrarP- 
cimienlo, como oiras vczes lie hcclio, que dexe correr esie négocie sin tratar del, pues 
ambos cstamos tan mal vistos de la Seflora y de sus ministres. Lo demas vera V. M. por 
la de Su Mag"". 

De Anveres, a v de jullio 1371. 

{Archives de Simancas, Enlado, Leg, 823, fol. 219.) 



MMCCXXVIII. 

Mémoire présenté par Thomas Fiesco à la reine d'Angleterre. 

(.s JUILLET 1.S71.) 

Il lui recommande les intérêts des marchands, notamment ceux des Génois. 

Tomaso Fiesco ha dalo relacione a bocca et in oscrittn alla Maesia Vostia et al suo 
Cons" d<'lli dui [larlicnlari chc lo han niotlo a venir qui : lo primo de quali é la rccupe- 
ratione delii dugento venti milla scudi in reali che sono deitenuti a Genovesi, disearri- 
cati della nave de Lopo dclla Sierra, et ddle ([ualtro zabre ciic venivano di Spagna, per 
le quale ha sulficionle procura; et l'allro pcr procuraro, con ordine del lil"" el Eec"° S°' 
Duca d'Alva, despranare quelle didiculta, chc avanti la sua vrnuta erano nel iratlato 
della restitulione générale fra li suditi di Vosira Macsia et quelli della Maesta del 
Rc Catholico. 

Ha per ordine del S"' Conte de Lecester et de Milord Burglcy negociato tanto avanti 
con questi Mercanti Venltireri, che traltaiio nelli Paesi-Bassi, sopra la salisfationedi loro 
béni arrestati in cssi (seguendo scmprc la instrnctione delli capitoli gia accordati indetto 
trattato per la Macsia Vostra con detlo 111"° et EcC"" S°' Duca et flrmati di mano de 
detli dui Signori) che al parer suo non vi resta alcuna dilTiculia chc sia di considcracione. 

Et con li altri mercanli che negociano inlspagna non ha trattato ancora, per chc fine 
aqui non ha potulo havcre il loro lihro con la dislintione particulare dclli loro béni. 

Ma accio chc questo ponto non dia alcuno inipcdimenlo alla Maesta Vostra, se desi- 
dera di vedere il line di questo négocie. Dice il detlo Fiesco che non puo nasccre alcuna 
disputa fra detli mercanti et lui del tanio o quanio possa mentare la somma loro 
dovula, ])er che, segnendo la detta instrutione, c necessario che sene vadano in Ispagna, 
dove sera tal ordine poste per parte della Maesia del Rc Catholico che nel termine di 



130 RELATIOÎNS POLITIQUES 

Otto giorni serano interamento restituiti (siano di che quantité si voglia) in detti loro 
béni nella miglior forma che sara possibile, conforme in tutto alla sudetta instrutione, 
et fra questo raezzo meltera qui il dello Fiesco sufTciente sicurlé con li soi béni, et la 
persona ancora se fia di bisogno. 

Resta hora che Vostra Maesla sia servita di commandare che sia faîla restilucionc a 
lui die tutti li béni detenuti in queslo regno a sudili di Sua Maesta Calholica, per che, 
avanti che egli metta la mano o disponga di cosa alcuna, gline darâ discarrico suflî- 
cienle del 111""° et Ecc"" S" Duca, corne si conviene. 

Se Vostra Maesta ha caro che questo negocio si termini et brevemente questa é la 
strada che si ha da tenere pcr saiisfalione de l'una et l'altra parle, et il detto Fiesco, si 
come se ne é Iravaglialo fino aqui, lo continuera sino alla line, quando supra (come si 
é persuaso fino hora) che sia servicio de Vestra Majestra et non allrimente, per che, 
quando queslo non sia, esso la supplica humilmente che, aceltando in questa parte la 
sua bona volontâ, comandi che le sia data satisfjtione delli denari di Genovesi, accio 
che poi con bona lizcnza de Vostra Maesta si possa parlire. 

{A rchives de Simancas, Estado, Ltg. 823, fol. \ 49.) 



MMCCXXIX. 
John Lee à lord Burleigh (Extrait). 

(ASVEBS, 5 JUILLET 1S71.) 

Réfugiés anglais à Anvers. 

May yt pleayse Yower Honour lo undersiaynde ihal senes ihe Dukes comynge to 
Anwarpe hère haythe byn dyvcrs of ower gentylmen, wyche were of the laie factyon, 
moste earnesle sullers for penlyons, wherof tliey bee assuered, and, after ihey had allen- 
ded hère v or vi dayes of ihe Lord Seatton and ihe Lord Fiemynge, who ys lalely 
comme owl of Scoyiland and now ys gone from hence towardes Fraynce, ihey aull 
reUirncd lo ihere wonled places, wyche ys Maylyn and Lovayne, beynge sumwhat dis- 
courreged by the Lord Fiemynge ; for yl was crcdebully reported ihat lie lolde them 
playnely thaï he saw no appearance of any good successe ihat any of iher enterpryses 
were lyke to laycke, wher uppon lie commended M' Norton (for thaï yt was geven hym 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



m 



ro understaynde) llial lie sewilc Hor Mayeslycs gralyiis pardon, and advysed hym lo 
conlynue thaï suie , alowyngc yt to be mosic meUeyste. 
From Antwerpe, the\"'july 1371. 

{Rrrunl office., Dnni. jxip , Add., Cal., p. 354.) 



MMCCXXX. 

^vis d'Angleterre (En chiffre). 

[H JUILLET Vm.) 

Arrestation d'un Flamand qui clait attaché comme secrétaire à Tévéquc de Ross, — Lettres saisies. 
— l/évcque de Ross a clé conduit en prison. — Mesures prises contre les ambassadeurs d'Espagne 
et de France. — Nouvelles d'Ecosse. — Négociations du duc d'Anjou pour obtenir la main 
d'Elisabeth. 



Che a Dovra pcr ordinc del Secrelario Cocil fu preso un Fiammengo, servi'* del Vcsco 
di Ros, al quai irovorno divers! libri in favor délia Regina di Scotia, loccanlc alla snc- 
cessionc di quel rcgno d'Inghilterra, et qiiattro iettcrc in eifra scritta da Ruberlo Ridolfi 
al Ambassadore Caltolicn, Christianissimo, alla Regina di Scotia, et Vesco di Ros, il 
eonlenuto délie quali par ehe fusse clic il dclto Ridolli sera abboccalo con il Duca 
d'AIva, et dciloli non li riusciria la libcralione délia Regina di Scotia scn/a l'aiuto del 
Re di Spagna el Franeia el che saria slato benc Iraltarc il maringgio di dctia Regina col 
Signor don Giovan d'Austria, etdi una figliola del Re Callolico con il Re di Scotia. 

Che il Vesco di Ros fu fatto subito carcerare, il qiiale per esser stalo minacciato di 
tormenti, et anco dclla vita, l'ha eonfermato. 

Han fatto esaminar la Regina di Scotia, la quale se mostra nova di qucsto, et detto 
non baver eonosciuto mai il detto Ridolli. 

Ilanno anco esaminalo IWmbassador Cattolico et Cbristianissimo, ma non hanno |ioliitu 
eavar costuitto nessuno. 

Che l'Ainbassador di Franeia parlo alla Regina molto libcramente, remosirandoli 
l'error che faceva in Iraitarsi mal TAmbassador délia Regina di Scotia, et il pregiuditio 
grande che. le polrebbe correre eonlinovando nell' insuiti, et particularrnenle in volerlo 
tormenlaïc, il che quando scguisse che non solo il suo Re, ma tutti i Principi se ne 
rescntirebbeno, essendo tenulo l'Ambassadore far tutto quel che puo per servicio del suo 
Principe. 



452 RELATIONS POLITIQUES 

Che per questa occasione sono molto osservati il conte di Arandel et il Duea di Nor- 
folch, et usano grand"" diligenze por ritrarre s'essi hanno liavuto leltere. 

Che la Regina d'Inghilterra s'é doluta assai con l'Ambassador di Francia che il suo 
Re habl)ia mandate artegliaria in Scotia, ma egli ha mosirato non saperne niente. 

Che nel trattar la sospension dell' armi tra catholici et protesfanti, venendo é compe- 
tenza che di loro dovesse prima deporre l'armi, s'attocio una grossa soaramuzza, li 
catlolici furono messi in fuga, et morti circa 600, tra quali dicano esscr l'Arcivesco di 
Sanio-Andrea con sobrino del Duca de Ceslellerio, quai dicano si salvo nella fortezza 
de Daidemborgh, restô pregione il Barone d'Ames, persona molto valorosa et cattolica, 
nn Abbale, et tre ô qualro altri gentil homini, qnaii furno menati pregioni al carcel di 
Picett. 

Che Otto giorni prima era arrivato in quella Corte un gentil huomo del Duca d'Angio 
per conto del mariaggio di quella Regina et,quantunque ledemostrationi eravan grandis- 
sime et le pratiche molto strelte, si credcva nondimcno che sarebbeno bnrle, perche 
de la parte délia Regina ooniinovamente si proponcvano nuovi arliculi et molti con- 
trarii alla prétention dell' altra parte. 

Il Cavalcanti stava d'hora per partir per Francia. 

Che il sop'° geniilhuomo hebbe lizenza da Sua Maesia, da la quale li fu donato una 
calena di 500 d" con una tazza di d. 200, et era partito per Francia insieme con el 
Cavalcanti, con risolutione che per questo effetto doveva andar Mons"" de Momoransi et 
Paulo de Fois, ma non si stima che quesli personaggi sieno per andarvi. 

Che in somma le demostrationi di detto mariaggio son grandi, et tutto par che pro- 
céda dala mala satisfattione che reporta Henrico Cobano dal Re Catholico. 

Che s'cra inteso corne il Ridolfi era stato a Roma et che era partito di Fiorenza per 
le poste verso la Corte Cattolica. 

Che la Regina s'era lasciata intendere con l'Ambassador di Francia esserli nolo tullo 
quello haveva trattato con el Papa '. 

(Archives de Simancas, Eslado, Leg. 823, fol. 163.) 

' Jeanne d'Albret écrivait le 15 juillet 1871 à Elisabeth qu'elle avait saisi un courrier du roi 
d'Espagne, qui revenait des Pays-Bas, et qu'elle jugeait utile de lui transmettre toutes les lettres dont 
il était porteur. (Btcord office, Cal. n' 1869.) 



DES PA^ 



DE L'ANGLETERRE. 



1S3 



MMCCXXXL 



Thomas Fiesco au Secrétaire Alhornoz. 



(Londres, 'ii juillet 1871.) 



Négociations comincrciales. 



Debaxo cubicrla de Mos. de Svcvt-ghcm scrivi a xix" la ultiiiia niia, y no haviendo 
llcfçado aiin cartas de V. M., la espcro por horas con dessco. Sere brève. Embio la rela- 
eion de los ôiS" escudos de los bienes de Espafia conforme a como me la bail dado, y 
porquc lie puedo ccrlificarme de la vcrdad con el inventario que de ay se iruxo, juz- 
gandolo en alguna parte faiso por las razones que ya lie dicho a V. M., Iiago cuenla que 
ixcluyda la partida de los deudores y lo que valcn nias las mercancias de lo que se 
bavran vcndido, y liavida considcracion a la razon de la moneda que estos cueiilan a su 
venlajo, pidiendo scys sueldos deslos por un dueado de Espafia, que conforme al cambio 
no vaidran despucs cinco, bago cuenla (|iie se les podra devcr de xij a xv mil ducados. 
Havemos Iralado harlo de la forma de la paga, y yo no be querido aceplar cosa alguna 
a pasar de aqui, si no son los dineros conlanles que conslaran por iiuestro inventario 
baverselc arreslado, por los quales les lie diebo que, sin perjuizio de los articules acor- 
dados, yo en particular procurarc, por linzcrles plazer, de darics salisfacion de aca debaxo 
de alguna bonesla platica eoii coiidicion que, quaiilo a lo deinas, se siga la orden de los 
dicbos articulos y que vayan a Espana a cobrar sus bienes debaxo de la seguridad que 
yo les dare. INo se lia boclio cosa ninguna porque pretenden la primera cosla de los 
vinos, azeytes y olros frutos, que ban padescido en gruesso assi en la falta como en el 
precio de la revendita que se ha bccbo, y allcnde desto querrian que de todo su credilo 
que piden se les pagasse aqui la miiad a bucna cuenla y esperar lo demas para quando 
embiaren sus coinissarios a Espaiia, y piiesto cada cosa en claro: las quales cosas diffi- 
eilmenle se les puedeii concéder; y micniras estavamos en estas différencias, vino ayer 
un Maestro de Requeslas de Coiisejo, el quai me dixo, por parte de la Reyna, que des- 
seava que yo diesse en alguna maiiera satisfacion a los dicbos mereaderes de Espana, 
porque, no lo haziendo, séria forçada a bazer vender nuestros bienes. Respondi que ya 
ella sabla la satisfacion que yo enlendia darles eonforine a los articulos, de los quales no 
crecria que ella se quisiese aparlar, y que en mi no bavia ninguna otra forma, como pocos 
dias, lia le bavia declarado en mi supplica, y siendo neeessario, lo haria de nuevo a boca 
(OU ballarme boy o inanana u tiempo siii falta alguna en Corte. Hize luejio cnlendcr 
todo esto a los comissarios, los quales se maravillaron de esta enibaxada, v me ofres- 

TOME VI 20 



iU KELATIO^S POLITIQUES 

cieron de venir comigo a la Corle para procurar que se acabe esla dilferencia. Havra se 
heeho esta bravada con fin de que todo se concluya a su venlaja y no porquc lengan 
alguna inlencion de romper, y que eon aparlarse de las cosas honcslas huelgan dello, y 
es bien que se les diga claro lo que eonvicne; yo no la perdere, teniendo por cierto que 
aprovechara y avisare del sucesso. 

No he ydo a la Corte porque la Reyna lia eslado fuera en casa del Almirante, y el 
Conde un poco indispueslo. Supiico a V. M. no tanle lanlo en respondcr a mis carias, 
porque en estas altcrcaeiones séria necessario lenerlas cada dia para sabcr como el 
hombre se ha de governar. Hanseme quexado que los qualro o seys marineros que 
guiavan la charrua de Plemua aqui, la quai lomaron nuestras naves que venian de 
Espana, estan con grillos, y, porque no creo que sea la volunlad de Su Excellenza pues 
no son cossarios, supiico a V. M. que siendo assi los haga sollar. Nuesiro-Senor, elc. 

De Londres, n xxnu de julio IS71. 

{Archives de Simancas, Estado, Leg. 823, fol. 184.) 



MMCCXXXII. 
Lope de la Sierra à don Guérau d'. 

(HaHPTON. 27 JUILLET 1871.) 

Nouvelles maritimes. 

Solamente esta servira para besar las manos a V. S. y hazerle saver en coma fui a 
la ysla y por mejor veer fin y biene lodo por mar. Al présente no ay ninguno pirata, 
ni lo ha avido eslos dias olras, ni tanpoco presa ninguna, ni en la ysla, ni al derredor 
délia, salvo que un capitan Coques, yngles, traya un navio de asla 30 toneles bien en 
horden casi con lanlas pieças como honbres, y el navio fue un arenquer de Flandes, y 
aporio a la ysla, y mi amo le saco las velas y le arresto. El mesmo capilan esta en casa 
de mi amo, que bien le puedo llamar amo, pues me quiere asinar 200 escudos de rrenla, 
si quiero venir a la ysla a vivir con mi muger ; yo me guardarc délia, no Iruxo ninguna 
presa, ni se halla que aya écho, si truxiera alguna presa no se si fuera preso '. 

* Thomas Cobham écrivait, le 24 juillet 1571, à son frère lord Cobham : 

I arrived att Dover ait v"' of the dock, where I cauled afore me Taffinc and Cornélius Roussi-au 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



iHH 



El navio grande del Visrrcy de Yrlanda aparcjan en la ysia, dizcn para ircn rroveria; 
en Forsamua se apareja otra liiilca grande para ir en conpariia y para el mesmo efelo. 

Pedro Bayon, ay mas de 20 dias, partie de la ysIa con sus dos navio*, el desino llcvava 
para Giiinea : enpero dizentnc que yva mal viliialjado para yr a tan largo camino y 
mas proveido de génie que vituaila sera posible que mude derrota. El a procurado 
nuielio de haver otro navio tercero para llcvar on conpafiia, enpero parece que no le 
allô, y asi fue con los dos. 

En io del Castillo de Confort ciaramenle se dize que le uialo ima nao 2î) personas, 
y dizen que la nao era Veneciana, por que tienen por afrenta dexarse matar de Fla- 
mencos : dizenme unos que vienen de Plemua que ilego despues en la habra de 
Plemua, y de alli se hizo a la vêla sin entrar deniro. 

Parece que un navio de guerra de la ysIa, que es del capitan Baan, y otros dos tanhien 
de Yngleses funron en rroveria a la costa de Galizia, y, con Io que alla rrobaron, acu- 
dieron a Yrlanda con muchos lienços y otras mercaderias y a caso salieron por la tierra 
a dentro asta 50 hnmbres dellos a linzer sus nei^ocios o por veer la tierra , los salvajes 
los espiaron, y lodos eercados por eiios Cueron despacliados para la compaRia del Car- 



and dcmandcd off thcm wliat commission was corne Io thcso rovcrs from Ihe Count Lodowick lliat 
tlic)- dcparlcd noit eut of Iho narrow scas, according to nomhorgincs letlcr writlcn to Your I.ord- 
«liip. Then tlicy answcred me tlial tlic H"' olî tliis mounlli Thoma Eltinck was sent eilhcr to ail Ihe 
captaines witli a Icltcr from tlie Count to liacslon thcm Io Rooliell, which leltnr I send liere incloscd 
Io Your Lordsliip with a litle noote in frcnch of Taffînc : llicy nll wccr in redincss to départ; and 
now tlic 49"' of tliis monlli Ihcrc is arrived licru a prcclicr wlio willcss thcm to be in ail rcJiness 
cithcr to départ Io Uoclicll or cllswlierc Ihe Count sliall coinniand Ihcm, aiid is relorncd on sondaye 
last to Callcice wilh ail diligence, and in his companie onc John Abells, the cidest and bcst captaine 
from the olhcr captaines, to déclare to the Count therc redincss and willingncss Io sarve him. Thcy 
kope itt verey scereti, but Ihis I bave golten among Iheni that the CounI cornes by poost through 
Fraunce and passclli by the Frcneh Court, and Mons' de Lombrcis corocs by sca with ail Ihc sbippcs 
they bave at Rochcll, with the first wind. Me sccms that thcy boop the Count wil be wilh them within 
viii"" daycss. I humblyc praye Io know Your l.ordsbips pleasurc wliat course I shall takc herein. 
The lowne is cicnc oll llicni; thcy now lye in llio Downcs. On sallcrdaye lasl. Ibère was a hoye by 
wclber dowcn inio Sandcwicdg, whicli carac from Emdecn , where therc came an viii"" olT thèse 
vcnturcrs praycng passadg, and, as being receyvcd, as thcy weer uudccr the Norlb-Foreland, thèse 
prelended passadgcrs sceit apon ihc shippcrs and sloyed them undcr alchcs, and in the night seetl 
llicm on land and arr goonc wilh tlie hoyc, I ycll can noil Icrne weithcr, but I bave sent along the 
coasi. I dowt thcy bc gone towardes l.acstowc-Road, for therc Ihey report to bave many buyers and 
great enterleynmcnts : the hoyc is lacden with sundrie mens goods and sundric waeir, as hoepps, 
pinncs, nayles, siècle, linnen, cloth and sulcb likc. This proaclicr George Ips came nott long since this 
waye from the Prince ofT Orange. Ile landcd ait Sandwicdg in a boatc oIT Ecmden; be bath secrettlye 
waerncd the captaines to kcpe hcre togcthcr till the Counts coming, which he hath assured thcm 
wil bc williin viii"' dayrs. (Dont, pnp., Cal., p. iJ7.) 



<56 RELATIONS POLITIQUES 

(lenal. Los 22 dellos cran de la ysia con un hermano del mesmo capitan Baan, quel 
mesmo no liera alla. Al présente cira eosa de que avisar a V. S. m ay : quando la uviere, 
are de voluniad. N.-S. su muy ylluslre persona guarde y en eslado acreeiente. 

De Amena, a 27 de julio lo71. 

Suplico a V. S., si ay algo que a ini cumple saver dcslos négocies, mande a Cipres 
se me de algun aviso, por que, si ay esperança, querria poncr niano en la nao con eslos 
buenos tiempos. 

{Archi%-es de Sitnancas, Eslado, Leg. 825, fol. 187.) 



MMCCXXXIII 
Don Guérau d'Espès au duc d'Alhe (En chiffre). 

(Londres, 38 juillet 1571.) 

Plainte de la reine d'Ecosse. — Projet de mariage du duc d'Anjou. — Négociations commerciales. — 

Pirateries. 

Lllimamenle lie esoripto a V. L. a los xxiiij", y despuc» he rceibido una de la Keyna 
de Escocia, con esa para V. E., y a mi me incaresce miiclio la gran neeessidad que 
los suyos en Escocia tienen de socorro y el desmayo que tuvieron en ver se les pren- 
dio la nave que de Francia con municioues y algun dinero les venia : V. E. lo consi- 
derara, por ser cosa de muclia iniportancia. 

De los Franceses no se sabe cosa alguna, despues que Mos. de Larchan se fue, ni 
se vee muelio calor en los Ingleses para aquci casamienlo. Estan agora entre eilos en 
Consejo, dispulando si es bien vender las mcrcancias y romper con ci Rcy nueslro 
seBor o no, crcyendo los que eslo dizcn, que siempre dcspucs sera en su mano el 
acuerdo; pero no estan en ello resoliilos, y assi llevan a la larga las rcspnestas de Tho- 
mas Fiesco, aunque ante ayer a sus niercaderes de Espana Lecesler y Burle los desen- 
ganaron, no tenian razon en su preiencion. 

Parte de los piratas esta en Dobra, y la otra fue a la Kocliela, donde se podra ver si 
el aparejo sera grande para Indias o si os para robar. 

De la salida que la nave Caslil de Confort hizo contra la urca de Guillen Antonio, 
el mismo patron liavra inl'ormado a V. S. que fue cosa ya descarada, siendo nave 
nglesa y salicndo y volviendo a Falamua : pero, con lodo cso, }o no dire cosa alguna 



DRS PAYS-BAS ET DE F/ANGLETERRE. 



157 



sin ordeii de V. E. a los deslc Conscjo. Las do Bayon van cori tant» necessidnd que, 
anU'S de llegar a las Canurias, provaran en la cosia de £spaîia de robar algunos navios. 

De las dos charruas , tomadas a las costas do llulaiidii, porque aqui no ay de qiiien 
(iar, |irocnro cnlrcgue Milord Cobiiam la ropn qiu; se liallaïc, a Acerbo Veluleli, hasta 
que de ay parezca |)<)dt'r de la parle, a lu (juul, no Knieiulo persona conoscida aqui, yo 
le avisarc de las que se podra lîar, que lodo servira para guardarle alguna parle. 

A los dessos Estados, no obslan'e que Fieseo lo lia dieho a los comissarios, execulan 
erudamenle en el dincro y bicnes, que en Londres lienen, y ban arruynado a cinco o 
seis, escogiendo los que son eatbolieos, y agora andan por dar mano a Andres de Lo, 
qu'es de Ganle, y rico y buen Cbristiano , y assi el dicc que, si V. E. es servido, que 
el pueda irasporlarse ay con los cneros t|ue aqui le arreslaron, quel el se bolvera a ese 
pays, y paresce que, con dar cierla esirena a uno deste Consejo, le dexaran sacar los 
cueros, que son de valor de mas de veintc mill eseudos. 

Algunos rebeldes desse pays robaron, en esic rio, una nave de Emdcn con engan *, 
que agora bravean tainbien conlra los de aqiul senorio ; pero los deste Consejo no 
quieren perder aqiiel passo, y ban loinado algunos de los ladrones, y proeuran que se 
satisfaga al Sefior de Emden. 

De Londres, a xxviij* de julio 1571. 

(Archives de Simancas, Eslado, Leg. 823, fol. 191.) 



MMCCXXXIV. 

Le duc d'Alhe à don Guéran d'Espès (En chiffre). 

(6RDXEU.es, 30 JUILLET 157t.) 

Il espère que la négociation pour le mariage du duc d'.\njou n'aboutira point. — Instructions 
données à Kiesco. — Lettres à faire remettre secrètement à la reine d'Ecosse, à l'évcque de Ross 
et au duc de Norfolk. — Recommandation en ce qui touche les lettres dont la reine d'Angleterre 
pourrait se juger offensée. 



Todas las de V. M., hasta la ultima de xxi del présente, lie recivido, y niuelia mereed 
con ellas, aviendo visio parlicularmente lo que me escrive, a todo lo qtial no se me 
olTresce que responder mas que a solo el punto que loca a tratar V. M., de su parte 
o de la mia, con cl Embaxador de Fruncia a persuadiric que liaga bticn nflicio para 



1S8 RELATIONS POLITIQUES 

estorvar el casamiento dcl Duque de Anjou, el quai tengo por lan desviado que no con- 
viene en ninguna manera que de nucsira parte se hagan diligencias; tanto mas essa 
que la tengo por muy violenta y que yo no me alrevaria a hazerla, ni aconsejaria a 
V. M. que la hizicsse, porque a V. M. y a mi nos podria tencr por ligeros o que la 
teniamos a el por hombre que no hazia cl dever, y quexarse con muy justa causa de 
nos otros al Rey su amo, y en esta particular no tengo que dezir otra cosa. 

En lo dcmas que toca a la rresiitucion des bienes, ha mandado escrivir a Thomas 
F'iesco en respuesta de algunas cartas suyas. El y Svcveghem daran quenta a V. M. de 
lo que se hiziere, conforme a la orden que tiene mia para ello. 

Ayer llego aqui un correo de Su Mag", cl quai ha traydn el pliego que va con esta 
para V. M., y cl duplicado dello ccbado en poder del Embaxador don Frances paraque 
le rremitiessc. V. M. vera lo que Su Mag'' le escrive y las cartas que se le embiau para 
el Obispo de Ros, Duque de Nortfolc y Reyna de Escocia. De Roberto Ridolfî mande 
me Su Mag* avise a V. M. de lo que deve iiazer, y, en la carta que a V. M. escrive, le 
dize me de crédite; y, aviendo mirado muy ententamenle este negocio como cosa en 
que va tanto, me ha parecido despacliar en diligencia a V. M. este correo para adver- 
tirle que en ninguna manera del mundo, directe-, ni indireclemente, V. M. se dexe 
enlender que tenga las carias para la Reyna, Duque, ni Obispo, ni les hable en la ma- 
teria palabra chica, ni grande, hasta otra orden del Rey nuestro senor, aviendo recivido 
Su Mag"* el despacho que agora yo le embyo sobre esta materia, o aviso mio, porque 
eslo es lo que conviene a su servicio y al bien de los négocies. 

Los pliegos que estavan aqui de V. M., yran con el correo que despacho en respuesta 
del que a V. M. y a mi han embiado sobre este particular. 

Los rumores destas fronleras se han caydo todos, y yo me hallo con salud, a Dios 
gracias. 

De Brussellas, a 30 de jullio 1571. 

Hase me olVecido, quando cscrita esta, avisar a V. M. que luego, al rrecivir della los 
correos sus papeles quantos hallaren que pueden ofender a la Reyna de Inglaterra y 
los que me luego, que, por todos rrespetos, es bien que esta prévention se haga antici- 
padamenle. 

(Archives de Simancas, Estado, Leg. 823, fol. 220.) 



DES PAYS-BAS KT DK L'ANGLETERRE. 



MMCCXXXV. 

Jvis des Pays-Bas. 

(Hambourg, 1" août 1871.) 
Mauvais accueil fait aux murcliands anglais à llanibourg. 

We have muchc unquieliies lierc of but by reason of a Icwd part which is sayd 
one of oiir nation playcd and il shoidd semé lo be tnie. 

The common peopic are glad when iliey ean have any manner of occasion to mis- 
name and skorne us, and the prcchers let nol to speak iheir mynds agaynsl us in the 
pulpit, in such sort as the common people think ihey do wcll when they mesuse us. 

{British Muséum, Titus, B. VI.) 



MMCCXXXV F. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Alhe. 

(S AOUT KM.) 

On a vu pendant deux heures au-dessus de la ville de Londres un arc de feu très étendu, ce que 
beaucoup de personnes considèrent comme le présage de graves événements '. 

(Archives de Simuncas.) 



' Cette lettre, signalée par don Thomas Gonzalès {Mdm. de l'Académie d'hiiloire de Madrid, t. VII, 
p. 364), n'a pas été retrouvée aux Archives de Simancas. 



460 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCXXXVII. 

Thomas Fiesco au Secrétaire Albornoz. 

(Londres, 12 aoot 1571.) 
Négociations commerciales. — Arrivée de M. de Foix à Londres. 

Ho «crito a 29 del pasato l'ultimn mia a V. S-, cl alli 31 quatro vcrsi al S' Thesorcro 
Schetz. Dapoi sono comparsi le sue del med""" giorno, alli quali non faro ora risposta 
perche fra du! di s'spedira corricro cspresso, con le scritiire che se sono fate di questo 
benedelo negocio, accio Sua Eccellenza Icveda ei le ralifiehe se li piacerano : da questo 
V. S. puo comprendere che lo acordo resta in asay bon ternnine, dico per qucllo che e 
estato en man nosîra di posser fare; ma, perche mi risalvo a particolari con detio cor- 
riero, diro solamenic che atenla la détermination fala da quello Consiglio di satisfare alli 
Inglesi le florincs 20"° et altre particolnrita di molta imporlanza che posono ocorrere; 
nel serrar del saco é piu che necesario che io mi trovi costi. Per che non basta havere 
assignaeione per li Inglesi di qiielio, che loro dobiamo, se giontamcnle la non si trova 
aquello che vi espongano li loro efeti e Tordine dalo di pagare le florines 20"°, come si 
l'ura del rresto porta : alqnanto piu di difficolia nel essecucione che nel darlo le precio 
de li cotloni de Bruggia temo clie sera forza vcndere perche se noi usaremo di questo 
rigore, et costara caro possendo cosioro per la raedema ragionc confiscare a subditi del 
Re per nno dieci. 

Monsiur de Foix è gionlo heri et del matrimonio poco parla, anzi piu presto che 
venga |>er conto de la Regina de Scotia, per la quai parle cosioro lassano di farc prp- 
vigione, et si dice che viandcranno e! Condc de Susex. 

Sua Majesta parlio de Anloncurl alli nove et sera hogi a Haiefilt lonlano di qui 
xvij miglia, dove, piacendo a Dio, mi trovaro domani per confrontare le scrilure fate 
en presenza del Conte el de Milort Burley, le quali subito si manderano per costa como 
ho deto, se V. S. entendera quai cosa di poco gusto, ma in fato da ridere clie è ocorso 
dapochi giorni in qua sopra questo negocio che non vale pero la pena dello scrivire : la si 
racordara aquesio proposito de quello che ho deto costi, cioè che una dificolta grandi ehc 
lemevo di baver in iratarlo, era lo baver a passar per mano de eui lo havea principiato; 
ma, come ho dette, sonno pur lerniini da Inglesi et da ridersene per chi le conosce. 

De Londra, a xij di agosto 1571. 

(Archives de Sitnancas, Eslado, Leg. 824, fol. 39.) 



DESTT 



ï)ëï7anglktekke. 



iRf 



MMCCXXXVIII. 

Don Gvérau d'Espès au duc d'Àlbe (En chiffre). 

(Londres, li août 1871.) 

rrivcc de M. de Foix. — Négociation pour le mariage du dur d'Anjou. — On dit que Louis de 
Nassau et Coiigny se rendront près de Charles IX. — Armements maritimes. — Pirateries. — 
Dépurt de i'cvùque de Ross. 



Aiioclie llego aqiii Mos. de Foix, al quai ncibieron a la salida de la barca on que 
lli'jjo aqiii a Londres, Mos. de la Mola y Milord de Bucord. Posa en casa de diclio la 
.Mola, y nianaiia yran a AKil, doiide la Keyna esta, que es easa sola y Dien aparlada, y 
tl Bucord (que es mi vecino) paresee que etnprende de traer los .seiiorcs desie reyno, 
que o son calolicos o no amigos de Franceses, a que consientan en ei cassainienio de 
Anju. Enticndese que rsian con muclia conliança de eoncluirle d Mos. de Foix y 
(lavaltatili, que con el vienc, y que no rsia por la diferencia sino en el exercicio de la 
religion del diclio Duquc y si ha de ser coionado o no. Vo les terne el ojo que eonviene 
lener en tan gran ncgocio. 

Ayuda a créer que se efectuara, ver que el Conde de Lecesler anda ernbaraçado con 
una hija del Gran Camarero viuda, que la Reyna le liaya puesto guardas deniro de 
palacio, y se présume son easados, cosa bien cstrana, y di/.en los deudos del dicho 
Conde de Lcscster que se retirara a sus eslados, con las niercedes que de la conclusion 
del casaniienio de Anju nguarda y, sino fucrecasamiento, sera alguna liga en deservicio 
del Rey, nuestro seilor, sin falla. 

Tanibicn lian vcnido algunos navios que estavan en la Rocliela, y dizcn yra el 
Conde Ludovico con cl Almiranie Chalillon a verse con el Rey de Françia, y que de 
alli se (omaria orden en sus prciensiones. Eniiendcse lambien por ellos que la armada 
que esta en la Roclula no esta en ordcn para cl camino de Indias, y que, quando 
lo este desscan todos q,ue sca mas para molcslar los Payses-Baxos que para olra parte. 

Aqui arma très navios cl capitan Forviser para Indias, y van en parte a cosia de 
al^junos del Consejo. 

Allende del hombrc holandes, que fue presso por los piratas con engaîio, y, salvan- 
dose a vado, fue dclcnido por el hermano de Milord Cobham y rcscalado en cien libras, 
tienen agora oiro de Frisia, que por la niisnia vin le quiere rcscalar en ochenta libras, 
y, aunque yo be cscriplo sobrcllo al Coblian, no désiste de su mala intencion. 

Al Obispo de Ros ha mandado la Rcyna resolulamente que se vaya con el Obispo 

TovE VI. ai 



162 RELATIONS POLITIQUES 

de Eli a su pays, y assi yra sin falta, y terna Mos. de Lestel su primo cargo de les 
négocies en el cntrctanio. El secretario del dicho Obispo queda escondido en la casa 
del Duquc de Norcifolct, y cl Obispo me ha avisado que Mos. de Selon havia de 
embiaraqui cierla provision de dineros que, si a mi poder vieneii, lernan buen recaudo. 
De Londres, a xuii de agosto 1371. 

(Archives de Simancas, Eslado, Leg. 824, fol. 4i.) 



IVIMCCXXXLX. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Alhe (En chiffre). 

(Londres, 18 août 1571.) 

Poursuite des pirates. On a demande à la reine si i'on pouvait tirer le canon du château de Douvres 

pour les protéger. 

En esta hora me avisan que passa corieo de Dobra para la Reyna a avisarla que 
qualorce naos de Vuesira Excellencia querian combalir con los piratas en las Dunas, a 
saber si ella era servida de que les tirassen los caslillos, si a elles se llegassen. De lo 
que entendiere, dare a Vuestra Excellencia aviso. Dichos piratas eslan bien desaperci- 
bidos, y muchos de los principales se liallan a esta hora aqui. 

De Londres, a xviii de agosto 1571. 

(Archives de Simancas, Estado, Leg. 824, fol. 44.) 



MMCCXL. 

Le duc d'Alhe à don Guérau d'Espès (En chiffre}. 

( Bruxelles, 19 agît 1S71.) 
■Il lui rccomoiande de détruire avec soin tous les papiers qui concernent des négociations secrètes. 

Despues que ricivi la ultima de V. M., junlamente con la copia de lo que escrivio a 
Su Mag'' en respuesia del despacho que yo embie, he lenido un eorreo, y entre los 



lAS ET DE L'ANGLETERRE. 



UJ5 



(icspachos c]tie lia Iraido, lia vcnido para V. M. cl que va con esia, a loqual me lia 
parescido cmbiar con correo espreso por rrcspelo de la cifra que va con el y para que 
V. M. me avise si llega, como convicne, a sus manos. En lo dénias yo aj!;uardo por oras 
ri'spuesla en lo que escievi a Su Mag**, aviendo eiilciidido que toparon a mi correo en 
los llanos de Burdeos : venida (|ue sea, V. M. sera Itiego avisado de lo que havra de 
liazer. En cl cntrctanlo convicne muclio niirar lo que en mi anlecedenle tengo escripio, 
y es no nioslrar semblanle de nada eon el Diiqiic, ni con la Rcyna, ni Oliispo de Rros, 
y qucniar lodos quanlos papeles V. M. liiviere, que jiuedan locar a estas niaterias o en 
que se pueda ofcndcr la Rcyna d'Inglalcrra, porqiic asi convicne al scrvicio de Su Mag* 
y a la seguridad de la persona de V. .M. 

Aviso Su Mag"" lo que loca a aquel lionibrc que prétende traer los cucros que V. M. 
dize en cstos Esladns. Sera menesler que yo entienda mas claro y parlicularmente el 
dcsigno y Gn que tiene, porqtie yo no cntiendo estas malerias, y ay muchos que con 
lo de mêler aqui mercadcrias, sabiendo que esta proliibido, ponen delante galcras 
vacas. 

De Brusellas, a 19 de agoslo 1371. 

{Archives de Simuncas, Estudo, Leg. 826, fol. 128.) 



MMCCXLL 

Don Guérati d'Espès à lord Jiurleigh. 

(Londres, 19 aovt 1S71.) 
■ Plainte tiur l'appui donné aux pirates. 



Admodum Illusiris Domine, 

Cum pyratae non cessent a rapinis, tolumque pêne vicinum mare claiisum tencatur, 
ut aliqiio tandem modo prœseiiii malo mederctur, exierc tredecim aul quatuordeciin 
armatae navcs ex Infcriori Gerniania, jussu Illustrissimi Albae Ducis, ut navigantibus 
esse presidio, prœdonibus nocere, illosque delere ac perderc possint. Naves auiem 
Anglicas quas nupcr obvias Iinbiiere, pretiosa merce onustas, et libenter amicitiae jure 
noslri eonservarunt, cl libéras dimiseruni. Cum autem ad Doverum, magna pyratica* 
classis pars stalionem habeat, absque lamcn (ut credcre dignum est) Serenissimae 



\6i RELATIONS POLITIQUES 

Reginse assensu, nostraque haec classis illani aggredi vellet, navi jam una ex pyraiicis 
eapia, reliquij conslernatis, subito praeler spem, ex Doverensi arce, nniniiionibusque 
vieillis magna pilariim procella toimenlis continenler emissa noslrani ciassem dissi- 
paxit, rnagno acceplo incommodo. Quod quidein grave pcr se ac acerbum, giavius 
quidem ab amicis ac tali praesertim in causa illatum videri potesi, Dominaiionesque 
Vestras de lania re meis liucris ceriiores non reddi, perabsurdum censeri posset. 
Proinde iilas rogatas velim, uli taiium tormenloruni displosores, ducesquc ac danini 
minislros, severe, piout aequitas posiulal, puniant, neque pyralas ab illis defendi, por- 
lubusve aut conimeaiu foveri permitlanl. Sic enim ab Illustrissimo tantœ reginiB 
Consiiio videtur sperandum, aut alioquin de propria in bujusmodi. rébus volunlate ac 
decreto me cerliorem reddant, ul ri Illustrissimo Albae Duci ei eliam Majestali Catho- 
cœ, domino meo colendissimo, exponere voluntalem Serenissimae Reginae commode 
possim, quam quidrni, et frequenlibus cjus Majcstalis ediclis et diplomalibus aliquando 
eoncessis, consentaneam fore libenter crcdiderim. 

Deus Opt. Max. Ill"^" D. T. conscrvare et provehere dignetur ul ea exoplal. 

Londoni, 19 augusii 1571. 

Tuus ex aniino, 

Don Gi'ERAU d'Espés. 
(Record office, Cul., n" 1930.) 



MMCCXLIL 

Le Secrétaire Albornoz à don Guérau d'Espès (En chiffre). 

{ BRDXEU.E.'î, 20 AOUT 1571.) 

Secours de dix mille écus à remettre à lord Selon. 

Despues de escrita la que sera eon esta en pliego a parte, me ha mandado cl Duquc 
mi senor escriva a V. S. como aqui lia ordenado Su Excellenza se den a Mos. de Selon 
diez mil escudos, de lo quai puede V. S. mandar avisar a la Reyna de Escocia con el 
recaudo y disimulacion que Su Exceilencia confia de la prudencia y buena maBa con 
que V^ S. lo sabra encaminar. 

De Brussclas, a xx de agosto 1571. 

(Archives f/ç Simaticas, Estado, Leg. 824, fol. 197.) 



DES PATFn 



MMCCXLIII. 

Don Guérau d'Espès au duc d'.-tlhe (?.n chiffre). 

(Londres, 20 août imi.; 

Détails sur le comliat livré ilcvanl Douvres. — On a tiré le canon pour protéger les pirates. — Am- 
bassade de M. de Foix. — Départ de l'cvéquc de Ross. — Mission de Fiesco. — Négoeiation pour 
le mariage du duc d'Anjou. 

Aycr cscrivi largo a Vuesira Excellenza, y ilcspnes havicndo rocibido de Anlona y 
de otfas partes y del amigo que aiida entre los rebeldes los avisos que ha icniJo, los 
embio con esta. Pero le que mas importa es que delanie de Dobra las naos de Vuestra 
Excelleneia acometieron nnimosamente a las de los pyralas, que cstavan alli en muclio 
numéro, contandose en cllas xxx navios o mas, que agora han lomado de Oslerlines que 
yvan por sal, y tomada por las nuestras nna nave que ora de Bredcroda, y andarido ya 
las otras en confusion y roiura, cl castiilo y valuartcs de Dobra descargaron niucba 
arlilleria eontra los nueslros, a losqunles bizieron algun dano, y assi les fuc forçado 
alagarsc y, viendo la cosa de lai qiiaiidad, me ha parescido quexarme dello a los desle 
Conscjo, y de su respuesia dare aviso a Vuestra Excellencia porque lie embiado sobre 
ello a la Corte. 

A Mos. de Foix qucrrian mucbo enlrctcner por alla y le asignaron una casa cabe Pala- 
cio por scr nqucl miiy estrecho, y el Conde de Lesesfer le combidaria a ver su estado y 
a caçnr por alla; pero Foix se de prissa en ba/er resolver a la Reyna, laquai en el 
articulo de la religion esta en su opinion que cl de Anju no la use sino conforme a la 
costumbre del pays, y assi se dubda que el casamiento sca tan presto concluydo, como 
Franccses prctendian, aunque la Rcyna muestra gran gano de ello, y Lescster y Burle 
no lo contrndizen. Sino se hiziere, yo creo que Foix urdira alguna liga, que esta eada hora 
con los nombrados para tralar con el. 

El Obispo de Ros se fue ayer al pays con el otro de Eli, y qiiiere la Reyna que el 
Embaxador de Francin traie los ncgocios de la de Escocia, «unque el no los quiere 
lomar a cargo siii otra persona de la misma Rcyna. 

Para los avisos de los otros ncgocios queda muy biiena forma. 

Thomas Fiesco fue oy a la Corte, y denlro de très dias partira de aqui para consiiliar 
con Vuestra Excellencia lodo lo que con esta genlc bavra podido conccrtar, que assi es 
forçado, y entretanto lambien Marcho se va a los bafios sin el quai con el otro commis- 
sario ingles no ay que tralar, por ser hombre sin razon alguna. Lo de arriba estava 



166 RELATIONS POLITIQUES 

rscriplo a los xix, y en esta hora mè avisa de la Corte que la Reyiia va deciarandosc mas 
en el casamiento y que cl cabo de la religion esta averiguado y que sea como cl 
Duque de Anju prétende como se icnga secreto y que se trata en el Conscjo, que no es 
bien que Embaxador del Rey, nucstro scfior, resida aqui porque da animo a loscatho- 
licos solo el verle, y que Burle cxaggcra niuelio lo que se ha de tenier la potcncia de 
Su Mag*, mayormente si el Turco recibiessc algun renés, y assi como por necessidad 
viene a concertarse esta conjunction de Francia e Inglaterra : yo procurare saber cada 
hora mas la certeza de sus rcsolucioncs. 

Avisannie tambien que los dtl Consejo han despachado que por toda la costa aviesen 
a los cosarios y los tengan deniro de los puertos como arrestados, y que las dichas 
naos de Flandes combatieron tan valerosamcntc que fue forçado a los pyraïas poncr 
sus naos en seco, adonde las quemnran sino que el artilieria de tierra era mucha y 
lirava con cadencs. 

De Londres, a xx de agosto 137L 

{Archives de Simanras, Estado, Leg. 824, fol. 45.) 



MMCCXLIV. 
Avis des Pays-Bas. 

(BERC-OP-ZOOM, 20 AOtlT 1571.) 

Nouvelles d'Orient. — Nouvelles des Pays-Bas. 

The alTairs of the kingdome of Ciprus be in great danger (if not holly desperal). Ther 
is no hope but thaï the Turk hath or is lik to bave it, not any apparans of reason unies 
it be by feasiing Don John de Austria, the new captayn of ihe Christian league, which 
hetherlo rallier standeth in words then deeds. 

The government of ihis contrey removeth lo his old Irad, and ye Spaniards rebutted 
of iheir hope to bave had grcal govcrnments. I was not at Loven at my Lady d'Ermars 
fiineralls lo fly support and offence. 

{Biitish Muséum, Titus, B. VI.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE 



467 



MMCCXLV. 

Thomas Fiesco au Secrétaire Albornoz (Résumé). 

(LONUHES, 23 AOUT 1871.) 

Négociation pour le mariage du duc d'Anjou. 

Lo que ha passado en Dovra, V. M. lo havra entcndido, y, porque llegando a la Coric, 
yo tome licencia de la Reyna, pensando paiiirme, alla ordeno a Sicel que me eiicargassc 
de su parle que la escusasse con Su Excellencia para que no lo tomasse a mal. Respon- 
dilc lo que me parescio a proposito. El Foix ha esirechado la platica del matrimonio en 
lai mancra que se tienc por negocio heclio por haveric npprobado lodo el Consejo y 
dado la palabra la Reyna, y no coniento con eslo lo quiere lodo por escripto e insia 
barto, y assi se crée que boy se lo daran. El Conde de Lesesler ba hecbo todo lo que 
ba podido, segun dizen, por desviario, y ha succcdido que Sicel y otros del Consejo ban 
prolestado que si por falta desle matrimonio succediesse algun mal al reyno, que séria 
por su culpa, y yo he sido siemprc basta aqui de opinion que no bavia de venir a 
effecio, y, si viene, agora vicndo quanio arriha, digo me queda mas razon para confir- 
marme : todavia quiero crcer que podra scr que la Reyna se forme y que vengan aqui 
no solamenie Memoransi, pero el mismo Duque de Anju para hazer el elTecto, y que 
despues no seguira. Brevemenle lo veremos. Lescstcr es mal aconscjado porque no 
liene hombre de estofa cerca de si: oyrlo lie antes que parla, y en presencia supplirc 
lo demas. 

[Archives de Sitnancas, Estado, Leg. 824, fol. 48.) 



MMCCXLVL 

Doti Guérau d'Espès au duc d'Albc. 

(Londres , 38 aoot '1571.) 
Recommandation de Henri Sidney en faveur d'un prisonnier. 

Monseigneur, Scr Henry Sidneye, chevalier de l'ordre de la Jarretière et gouverneur 
pour la Royne d'Angleterre en Irlande, m'a faict entendre comme, enîre ceulx qui 



168 RELATIONS POLITIQUES 

furent ces jours passés condempnés aux galères pour avoir déprédé en mer quelques 
subgecls de Sa Majesté, il y a ung nommé Jehan Brooke, anglois, lequel, encores que 
ceuix de sa conipaignje sont esté desjà envoyés devers Espaigne, par intercession de 
quelques aniys qu'il Irouvsi pardelà, y l'ut réservé et se détient encores présentement en 
Zéelan.de à Middelbourg, soubs espoir que ses parens et amys en estaiis advertis 
peussent trouver moyen de le mectre en liberté. Or, d'autant que aulcuns d'iceulx, qui 
sont de la maison dudicl ser Henry Sidney, luy ont pryé que, ayant esgard à ce que 
ledicl Brooke a esté misérablement séduyct, il vouidroit tant faire (|ue d'intercéder pour 
luy vers Voslre Excellence, il m'a requis luy vouloir sur ce escripre un mot de lettre 
à ce qu'il pleust à Vostre Excellence en sa faveur délivrer ledicl Jehan Brooke: ce que 
pour la bonne qualité d'icelluy et l'affection qu'il porte au service de Sadicte Majesté, 
je ne luy ay sceu refuser, ains m'a semblé bon de le représenter à Vostre Excellence 
aflin que, ayant esgard aux circonstances de la cause et mérites dudict ser Sidney, elle 
soit servye en disposer comme par sa prudence accoustumée elle trouvera convenir. 
Et sur cela, etc. 

De Londres, ce xxvni" jour d'aoust 157L 

(Archives du Royaume à Bruxelles. Nég. d'Angleterre. Supplément.) 



MMCCXLVII. 

Thomas Fiesco au Secrétaire Alhornoz (En chiffre). 

(Londres, 28 août 1871.^ 
Ncgocialions commerciales. — Nouyelles de France. 

A xxiiij scrivi ullimamente a V. M. Despues me halio con las suyas de xvij* y xix', a 
las quales respondere brevemenle pues supplire a lo demas con la presencia, Dios 
queriendo ; y assi, como tengo porcierto que mi yda sera necessaria por muchas causas, 
me huelgo infinilo que V. M. la aprueve. 

Ya estoy quasi a la fin de la relacion que me han pedido de los dineros delenidos 
en las quatre zabras y en la nave de Lope de la Sierra, que en todos son hasia 
doscientos y nonenta mil ducados en ciento y cinquenta y einco cajas, la quarenta y 
ima de Espafioles, y las ciento y Irece restantes de Genovescs , con la quai relacion 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



169 



Hclaiarc el pagiinicnlo que liiivrc de liazer a los mereaderes de las selenla mill lihras 
que se les devcti, y juniamcnie conccilaie el precio de nueslras ropas vi-ndidas, pam 
que, despues de liaver dado una bueita en Coric para verme con el Conde, pueda pariir 
sin o(ra dilacion. 

De Lndovico no enliendo oda eosa; pioeuiare de lencr mejor informacion anles que 
parta. Quanto al matrimonio, se rnlicnde que la Reyna lin firmado, pero el Sicel vino 
ayer aqiii del Foix, con cl quai ay novcdad : di7.ese que yra de nuevo denlro de dos dias 
a la Corle y que despues cxpcdira su sccn'Iario a Francia con resolucion de rsperar 
el mismo a Memoransi. Kl Enibaxador nuesiro lia cornido lioy con el y como mejor 
informado avisara a Su Exeelleneia : quando yo aya estndo con el Conde de Lesestcr, 
entendere alguna cosa dcinas. Su Exeelleneia liavra sido avisado de Francia assi dcsle 
parlicular eoino del olro matrimonio de Madama Maiguerila con el Principe de Navarra, 
que paresce bien esirafia a muelios: Dios qiiiera que se sepan mejor governar en la 
quieliid de a(|uel reyno de lo que lian lieclio en los trabajos, que yo para mi espère 
poco, donde tanlo mas convendia a Su Mag^ y a Su Exeelleneia lener bien el ojo abierlo. 

De Londres, a xxviij de agoslo 1571. 

{Archives île Simancas, Extado, Leg. 824, fol. 51.) 



MiVICCXLVIII. 

Don Guérati d'Espès au duc d'Albe (En chiffre). 

(I.ONDBES, Hl AOUT VSli.) 

Négociation pour le mariage du duc d'Anjou. — M. de Lumbres csl à Pile de Wight. — M. de Lumcy 
est arrive d'Hambourg. — Un serviteur de Louis de Nassau a dcharqué à Douvres avec des lettres 
de la reine de Navarre. — Prochain départ de Thomas Fiesco. 

Con el correo que Vucslra Exeelleneia me mando despacbar, escrivi largo a los xxvij 
del présente '. Las nucvas que despues lie tenido de los Embaxadores de Francia, son 



' Don Gucrau d'Espès écrivait ii Çayas le 27 août 1B71 : 

En la que a S. M. cscrivu, vera V. M. todo lo de aca. Quanto a las pagas de mi ordinario, devicn- 
dose cerea ya de cinco tercios, pucdu V. M, créer el trabajo en que en tierras de enemigos se estara, 

Tome VL M 



^70 RELATIONS POLITIQUES 

que Mos. de Foix dcsengano a la Reyna de que sin la libcriad de la Missa y de su 
religion no tcnia poder del Duque de Anju de olorgar las capitulaeiones, y, aunquc ella 
y les dcsle Conscjo le fesiejaron esiraordinarianienle, comicnça de eniender que lieiio 
poca \olunlati de casarse. 

Milord Buile le aprieia niucho en que se capiiulasse una liga offensiva y defensiva 
y se irocasse una conuinicacion de conieicios que cslaria bien a lodos,nunca quilaiidole 
la espciança de lo del niatrimonio; y para que liuviesse el Cousejo mas (ienipo de 
responderle, porque el quiso mosirar de drspedirsc, hizieron que la Lniversidad de 
Caniabrigia, que es! alli ccrca, combidassc a Mos. de Foix, donde se le liara mucha (lesta, 
y a la bueUa resolverau eon el lo mejor que pudicren. Dizenmc que la Reyna, no 

con no cumplir picrdo el crcdilo para los olros, y assi son'a gran bien que eslo se provcyesse presto y 
bien assogiirado. 

En lo cxtraordinario no dubdara en cosa alguna cl S. Garnica si supicssc cl cslilo de aca. Quandn 
cl govcrnador de Flandes escrivc, se rcciba alguno cl se mctc aquclla cosia en la cuenla cxlraordinaria, 
como fuc la del Marques Cbapin Vilelli : assi parcsec lo sca en las posadas, pues agora no las dan 
como solian, y cl canibio es agora mas caro de lo que aca esta assenlado, que es tiempo muy aprelado. 
Yo cierlo no pongo sino lo juslo, y aun nie he olvidado muclias cosas y costas, como en olras cscrivire 
a V. M., pcro pagucse esta vez la dicha ccdula en cl favor de V. M. y dcssc claro orden para lo 
vcnidero. 

En lo del plloto Dayon, tardo tanto la respucsla la primera vez a venir que no pude cnlrctcm-r 
mas con palabras : algunos malsincs yngicscs, y mas que cllos cl Doctor Hector Nuîiez, le pusicron en 
eabcça de armar, y no fue posibic dcspucs soscgaric, ni ofrcccrle lo que cl pidia, y los dcsle Consojo 
començaron a animarle. El vellaco dcve yr a las Canarias y va mal vicluallado y en camino lleva dos 
buenas nabes y una pinaça : sera a la costa de Guinea y de alli a nucslras Indias, donde séria gran cosa 
cogeric, y, sino si se concierta lo de Aquincs, le puede coxer en vinicndo que a buenas agora ay poco 
camino. 

Al Doclor NuHcz es bien casligarle en las mancras que se offreseeran : su cufiado Bernardo Luis, qun 
licne parle en la armazon, es ydo a Anvers y quierc rcsidir aqui. Yo avise al S. Duque de Alva le man- 
dasse lomar y no soltar hasla que cl Rayon desarme, por que es cosa que les dara mucha pena y, 
como esto no se ba hccbo, sera bien que V. M. se lo escriva al Duque y assi a lodos los cncmigos, 
iinguibiis et rosira, como se dizc, que bien sera mcnesicr desvclarnos, segun se arman conlra nosoiros. 
Aviso a V. M. que esta demanda del decimo dincro altéra mucha a los del Pays-Baxo; yo qurrria no 
les aittrasscn cosa alguna los animos, por que eon cstar cllos quielos no tenicria las ligas de otros 
principes, pero, sicndo contrario, havra Irabajo. 

En la encomienda que vaca por mucrte de don Diego de Rojas, V. M. me favorczca, como suele, en 
levanlar en algun obispado a fray Hicronimo mi hermano, pues la incrcsce y havemos de servir a Su 
Magi", el y yo y lodos los nucstros. De la cifra nucva se usara adclante. Nuestro-Setlor, de. 

De Londres, a xxvij de agosto 1571. 

De aqui parliran presto quinze o diez y scis naves con mcrcaneias de mucho 

en cl condado que cllos dizen de Ayamonle y Vigo y Bayona por amisladcs que alli lienen, es prcsa 
buena para scr cogida. (Archives de Simancas, Eslado, Leg. 824, fol. îiO.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEHKE. 



m 



ol)Slaiile que eslos linibaxadoies eslaviui cube cllii, ha aridado estos (lias muy desrni- 
liuella en su casa, y quasi sin empacliode que cilos lo enlendicsseii. 

Mos. de Lumbres iicgo, pocos dias lia, a la ysia de Vieil de la Rochela, y no trac mas 
de ciiieo navos mcdiananicnlc armados y dos zabras. Tanibicn lia vcnido por la via de 
Amburg Mos. de fouine bai lo (lobre eon mas de quaienta picaros con cl y Irae patentes 
(iel Principe de Orange para aiiiiar y ser superior a los olros capitanes, y al passar vini) 
il poeo de no dar en poder de Mos. de Boseussen, que le salve une nave inglesa con gran 
peiigro de peiderse ella. 

ïanibien lia llegado por via de Dobia un criado del Conde Ludovicocon carias para 
esta Reyna y Conde de Lesesler de la Duquese de Vandoma y de su amo , y dire son 
en recoinendacion de los pyralas, de los (|uales los que eslavan en Dobra, salicron ya a 
la niar sino unas quaiilas navcs que Thomas Cobliiun rcluvo liasta que les pagucn la 
|iolvora y pelotas y le gratiliqucn la biiena obra que liizo en defenderlas. 

Thomas Fiesco no tardara a partirse de aqui con la nicjor resolucion que puede, 
aiinque le han arrestado un navio (|ue en su nombre veiiia de las partes de Valencia, 
sin uncr respecto a lo que el trabaja en sus negoeios. 

Esta dia la importunaeion de ser Enrriqiie (lidine, virey de Irlande, lie escripto a 
Vuestra Excellencia en lecomcndaciori de Juan Booke, y despues lie sabido que es 
grande bcllano : lodavia sera bien dar alguiia salisl'aceion al dielio virey, si a Vuesira 
Excellencia le parescicre. Cuva, etc. 

De Londres, a ultimo de agoslo de 1571. 

{Archives de Simancas, t'stado, Leg. 824, fol. 58.) 



MMCCXLIX. 

John Lee à lord liurleigh. 

(Anvers, 31 août 1871.) 
Les réfugiés anglais aux Pays-Bas. 



May il pleayse Yower Ilonour to uiideistaynde thaï my Lady of iNorthumberland, 
togeihcr vvilhe aull lier trayne, ys rclurned Ironie tlie Spawe, sence the wyclie lymo 
ther haythe byn no sniaulle poslynge ol' aull sydes lo and fro, as well lo Bruxelles lo 



i72 RELATIONS POLITIQUES 

my Lord Seailon as aullso to Bruges lo my Loide Moile, and, lo the Nunrey, to Sir 
Frayncys Eyngelfelde. The cause of iliys iher posiynge 1 can by no menés altayne lo, 
coneyderynge the lyltell credei or none thaï J hâve wylhe ihem; but, asfarre as I tîhi 
lerne, yt procedetlie ol' certayne leilcrs ihat arre lately come fromc Spayno, wyche 
hâve gevcn theni summe hetler hope than they hâve liad hertofore '. 
From Anwarpe, ihe laste of auguste 1 57 1 . 



{Record office, Dom. pap., Add., Cal., p. 558.) 



ftlMCCL. 
^vis des Pays-lias. 

(HAXBOBRC, 31 AOIT 1871.) 

Plaintes des Marchands Aventuriers 

We hâve bcn of lat trobled hère by captnyn Gomer, wiih wiiom iher is h"k to ensew 
some vexations lo the Company and specially lo such of yc nation as sliall hâve occa- 

' Gresham écrivail, le 8 septembre 1571, à Buricigh : 

Riglil lionorable and my verry singgeular good Lorde, Aftyr my mosl liumble commcndations, il 
may licite you lo undcrstande Ibat iiow I bave prolonggyde ail Ihe Qucns Majeslie deals dew in 
Flanders for vj monthes longger, as bie tbe nol of the proionggacyons bcrc inclosede lo Your Lordship 
sball apere. Thercfore il mayc pleasse you al Your Lorsdhipes convcnyeant leasseur to cause ihc Qucns 
Majcsties bondes and the Cites of London to be niaide as lickc wissc onc leltcr from my lordes of the 
Consfcll to the Governor and Company of the Marchaunts Advtnturers for ihe geving owght thcrc 
bondes to Alberto Schadc amountiiig to iiii" m"' xxi florins payable the xx"' of marche anno 1572, 
and onc other to Gaspar Engciberl, of xiiii m"" i' Ixxi florins payable the xiiii''' of April anno 1572. 
Olhcr I hâve not to moleast Your Lordship wylhe ail, but ihat hère wythc I doo scand you a perffeat 
not of ail the Quens Majcsties deates dew in Flandirs and hcre in the Cite of London. Advertissing 
Your Lordship ihat our Inglish Marchaunts dolhe daylly most crneaslly call uppon me for lliey pay- 
ment of thcre monny, wishing thaï I wcre of that creadit wilhe lier Majeslie and you thaï I wcre 
abcll to perswade ihat payment myght be now maidc owght of the subsidcnce raonny, wichc wolde 
not a liltill advance Ilcre Majcsties creadit amonges hère owen subjects, yff Hcre Hyghtncs hcre aftyr 
shulde bave anny occasion to borrow monny : wyche it niaye pleasse Your Lordship to consider wcll 
olT, for that it is now twoe yeres seans it was borrid. (Record office, Dom. pap., Ca!., p. 422.) 



PAYS-BAS ET DE Î/AINGLETERRE. 

sion 10 (ravell inio Geimany; he hercch hirnself bolii upon ihe Emperor and D. of 
Pomcr. 

(Brilish Muséum, Tituê, B. VI,) 



MMCCLF. 



Le duc d'Àlbe à la reine d'Ecosse. 



( Bruxelles , i septembre ISTI.) 



Il ne peut la secourir qu'indirectement et par des moyens secrets. 



Madame, le s' de Selon m'a pièça délivré les lettres qu'il avoitde crédence de Vosire 
Majesté, et en ay reeeii depuis deux aultres, l'une du x* de juillet et l'aulire du 
VIII* d'aoust, le contenu csquelles et ce que ledict s' de Selon a déclairé et demandé, 
vient assez an mesmc, principalement au reguard du secours et mesmes d'hommes et 
aulnes choses nécessaires que Vostrc Majesté désiroit pour empescher que ses eimemis 
ne se fortifiassent an Petit-Lecht et à ce que ledict Selon à son retour se saisit de l'isle 
mentionnée es dictes lellres , lequel m'a davanlaijçe fiiict exhiber quelques articles mis 
en avant par la lleyne d'Angleterre à vos vassaulx et subjects d'Iiseosse touchanl 
quelque suspension (l'armes, représentant joinclemeni ce (|ue par là se peult juger des 
desseins de ladiete.Reyne d'Angleterre. El s'eslant ledicl de Selon remisa moy d'ad- 
vcrlir Vostre Majesté de ce que s'est faict el conclud avecq luy, pour n'avoir, comme 
il dit, secrétaire si asscuré que de luy oser fyer chose de telle qualité el dont le secret 
importe tant, je le diray iey en brief. 

Avant l'arrivée de vos dernières, je luy avois jà déclairé oultre la confirmalion de la 
bonne voIunté(|uc le Roy, mon niaistre, continuoit vers Voslrc Majesté et du désir que 
j'avois d'y seconder. Je luy déclairis que, (piant au secours qu'il dcmandoit, qu'il y 
avoit deux sortes de secours, l'une de secours ouvert et l'aultrc de secours secret. De 
bailler secours ouvert ou de sorte qu'il se vint à descouvrir, que ce seroil rompre du 
loul et mettre le Roy, mon maistrc, en guerre; qu'il povoit considérer que Sa Majesté 
en debvoit donner le coup et non pas moy; et que je debvois rispondre à Sa Majesté 
de mes actions mesmes en choses de telle importance. Que doncques s'ensuyvoit que 
de donner secours d'homn)es, il n'estoil conseillable et moins de subjects de Sa Majesté ; 
puisqu'il ne se povoit faire que inconlinent l'on ne le sçeust, mais que si l'on povoit 
trouver en Escosse ou ailleurs, par voyc des seigneurs escossois, gens à l'cITect qu'il 



174 RELATIOlNS POLITIQUES 

(lemandoil, sans que Ton peult savoir que de ce coslel l'on en sçcust à parler, el qu'il 
ne tiiil que à quelque argent, en ce cas je pourrois eslre plus enclin d'y assister de ce 
<|ue je pourrois sans consulter ledict Seigneur Roy, mon niaisire; et une des princi- 
pales considérations pour quoy ne nie sembloit convenir de m'eslargir à plus,estoil pour 
ce que Vostre Majesté me représente et fort saigement qu'elle ne vouidroit veoir les 
choses d'Iiscosse si bas que, se faisant quchpie aultrc ailleurs, l'on n'y cust moyen d'y 
seconder el fliire diversion de delà, dont l'on scroit foiirclos quand, par s'eslre envoyé 
de ce coslel secours extérieurs ou aulircs que fût sçeu, la Reync d'Angleterre fùl mené 
d'y prévenir par envoy de toutes ses forces en Escosse, dont elle n'auroil tant d'occa- 
sion que eeulx qui tiennent le party de Vosire .Majesté en Escosse, ne fassent auluune 
novellité, sinon à l'ordinaire pour se maintenir, et sans qu'elle s'appercheust de secours 
(le dehors; mais, comme Vostre Majesté m'a cscript que ledict Selon ne sgavoit à parler 
d'aultre matière, je ne luy voulus parler si avant. 

Et aiant après aussi considéré les dernières Ictires de Vosire Majesté et ce que ledict 
seigneur de Selon m'a aussy déclairé depuis, insistant au mesme, je n'ay peu juger. 
Madame, non plus qu'auparavant qu'il convint ny au service de Vosire Miijeslé, ni du 
Roy, mon niaistre, que pour à cest heure je nie résolvisse à luy donner aulcune assis- 
tence extérieure, sans qu'il vint de Sa Majesté; mais, pour luy monstrer par effect que 
je voulois faire tout ce que je povois, j'estois content de l'assister de dix mil escus pour 
estre employés en Escosse au service de Vostre Majesté, comme on arrivant là il verroit 
plus convenir; dont je luy voulois bien dire que vme partye procédoit de Nostre Sainct- 
Père le Pape, comme il est vray, remcKant à luy d'en employer telle somme en armes 
qu'il vouidroit, présentant l'en faire assister en sçaichant la qualité et quantité, comme 
de pourgetter quelque emprinse dois icy ne sembloit chose asseurée, mais que les 
occasions se debvoicnl observer sur le lieu, lant plus que l'on ne savoit si ladicte sus- 
pension d'armes mise en avant par la Royne d'Angleterre esloil accordée. Que quant à 
l'isle que Vosire Majesté avoit proposé de prendre el fortifier, estant ceste matière 
débatue avecq luy, confessa que oires qu'elle fust prinsc, elle ne se pourroit fortifier et 
mettre en l'ordre qu'il convient pour y loger soldais, qu'elle ne coustast plus de trente 
mil livres, oultre ce qu'il lauldroil là mener le tout dois icy, assavoir vivres, munitions 
de guerre, bois et aullres choses, à quoy il fauldroit du temps, et ne se pourroit faire 
que ne fût inconlinenl descouverl, qu'estoit tomber en l'inconvénient que j'ay jà dit 
que l'on deusl éviter. 

El suyvani ce, lui ay-je faicl délivrer lesdicls dix mil escus et accommoder de ce que 
fault pour son passaige, luy recommandant surtout le secret, et que, venant à ce point 
qu'il se faille servir de ces deniers, il deust dire qu'ils viennent de Sa Sainteté. J'entens 
qu'il n'a prins nulles armes à ce coup, tant pour non diminuer sa somme, que par 
l'impossibilité de les povoir mener jusques au lieu où il convient, sans estre descouverl. 



DES PAYS-IJAS ET DE L'ANGLETERRE. 175 

Je suis esté iing petit en pcyiic comment se liendroit la norrespf)n(l(nce avee(| Itiy 
après son parlenicnt, puisque je n'avois iey personne à qui Vostre Majesté ni'avoil 
escript de me confyerqiic Hamilton, avecq lequel il s'est excusé de traicler ccst affaire, 
auquel aussi je n'en ay poni- ccsie cause \oulu f;iire aideuue part, ^[ais, pour ee(|i'c sur 
cecy il a dit qu'il pensoit (|ue bienlost il viendroit icy quelque aultre personnaige prin- 
cipal en son lieu, je lui ay faicl dire que pour maintenant je ne le irouvois auleune- 
ment convenable pour non donner jalouzie h ceulx qui l'ont assez grande sans cela, 
que Vosire Majesté s'appuye de ce coslel, tant plus eonsidéré ee qu'il m'a dit de 
doléances faieles par l'ambassadeur de France qu'est en Angleterre de l'envoy que 
Vostre Majesté a faiet à Rome et en Kspaigne sans le sçeu de son maistre, dont 
le soupçon aecroisiroit facillcmenl par cest envoy de nouvel ambassadeur on agent 
d'iey. 

Au demeurant, voiani ce que Vosire Majesté m'escript à l'cndroiet dndict S'' de 
Selon et la façon de négocier qu'il a tenu depuis son dernier retour de France, j'en 
suis bien satisfaiet el à mon repos. Et ne doibt Vostre Majesté croire que l'arrière- 
pensée que j'eus de liiy à première venue, me vint par suggestion de Hamillon, mais 
pour veoir la familiarité grande qu'il avoit lors avecq le personnaige dénommé en mes 
précédentes, non à la cachette, mais à la veue de tous. En quoy je m'asseure il ne 
peult faillir, mais Vosire Majesté peult considérer si, en choses si délicates, j'avois 
matière d'aller retenu a\eeq ledict S' de Selon, que je n'avois jamais veu auparavant. 
Si Vosire .Majesté a aussy quelque impressicm contre ledict S"^ Hamilton pour ee que 
estant en Escosse, il n'avoil déelairé audiet Selon el aullrcs ce qu'ils pensiont tirer de 
luy quand il convola lesdiels deux gentishommes que j'y envoiay, elle l'en peult bien 
tenir pour excusé, car si peu n'eusl il dict que facillcmenl ce ne fût esté plus qu'il ne 
sçavoil, d'autant que sa charge principale esioil de les adresser et servir de langue, ne 
m'aiant lors semblé convenir, pour eerlains respects, m'eslargir davantaige in sen 
endroiet, de sorte que à leur retour chacun vinl jaloux de son conipaignon, Hamilton 
de ce que les gentilhommes ne lui vouloienl communiquer leur instruction, sinon pour 
autant qu'il fût forcé qu'il sceust, et eulx de trop de divises et communications qu'il 
leur sembloit avoir avee(| ceulx de pardelà, comme advient faeillement quand Ion ne 
sçail la langue, ny cognoil les personnes. Et, s'il y a eu du malentendu entre luy et 
quelques aultres ministres, que Vostre Majesté peult tenir pour bons et loyaulx, je crois 
certainemenl que c'est comme il advient à beaucoup de princes, que chacun vouidroit 
avoir le plus degré de son service, mais esloii au reste loyal et alTeetionné au bien des 
afTaires de Vosire Majesté, comme je me suis assez appcrceu qu'il est. U me semble 
que en l'cstal où Vostre Majesté se trouve cl avecq si peu de minisires eonfidcns, elle 
ne doibt monsirer dillidenee, ny descouragcr ou laisser d'employer ni cestuy-ey pour 
relation d'aultres, ny aulires pour eesluy-cy, mais se servir de tous, chacun selon .'a 



176 RELATIONS POLITIQUES 

qunlilé cl liabiltté, répailissanl les charges selon ce si avanl qu'il n'y ait aullre faillie, 
car il fault beaucoup de mains pour cslc\cr ung fardeau de tel prix. Voslre Majesté me 
pourra toutesfois advertir si ce nonobsiant elle ne veult que ledicl Hamillon se mesle 
plus de riens et luy en mander aussy son intention. 

P. S. Si Vostre Majesté entend <|uclque chose de certain agent qu'il ne m'a semblé 
convenir de laisser venir icy, ny aller vers le Roy, je la supplie se tenir pour préad- 
verlye qu'il importe pour son service. 

{Archives du Royaume ù Bruxelles. Nég. d'Angleleire, t. IV, fol. 227.) 



iMMCCLH. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Elbe (En chiflFre). 

( Londres, T septembre \6H.] 
Thomas Fiesco s'est rendu à la Cour. 

Por la copia de caria que a Su Mag^ escrivo, vera Vuestra Exccllencia lo que aca 
passa, y acerca dello podra mandamie dar ordeii de lo que al servicio de Su Mag** 
convenga. 

Thomas Fiesco fue ayer a la Corte para ver si podra acabar de despaeharse y llegar 
a consullar con Vuestra Exccllencia : en vinicndo partira si estuviere todo resuello '. 

Yo he escripto a la Reyna de Escocia. 

(Archives de Simancas, Estado, Leg. 824, fol. 39.) 

' Benoit Spiiiola écrivait, le septembre 1571, au comte de Leicester et à lord Burleigh : 
111""' cl Ecc"' SS", etc., Padroni mei oss"''. Domando vcnia e légitima scusa a V. Ecc» s'io non vcngo 
ancor a farc il niio dcbito di presentia, siandomi impedito il cavalcare dal mio solllo maie: hora viene 
M. Thoniaso Fiesco pcr prcndcre licenza da V. Ecc'«, siando risoluto di non tardare plu la sua par- 
tenza per Fiandra, seconde richiede lo negocio suc, quale spcro con la sua presenza prcsso il Ducca 
d'Alva, debbi di presto spedirc e rilornarsene con la confirraalione di tutto quello che è stalo trattalo 
e accordato con questi mercanti, e tanto piu ne ho buona opinione, quanto che ho inleso come esso 
Ducca aspetta con desiderio detto M. Thomaso per approvare il tutto. 

Pcr il che è necessario che non si perdi piu tempo, non reslando altro che fare per hora. VV. Ecc" 
harano havuta la rilalione dal S»' Thoniaso Grcshani e allri coniissionarii quali hano vcdute le prove 



DES PAYS-BAS ET DE L'AINGLETEHHE. 



177 



MMCCLIII. 

Don Guérau d'Esph au duc d'Albe (En cliiffre). 

I Londres, !I .septemiire 1571 ) 
Ucpart de Tlionias Ficsco. — Nouvelles d'Ecosse. 

Siciido Tliomas Ficsco cl llevador dcsio, Icrne pcco (lUc csciivir, pues cl liara rcla- 
cioiie a Vucslia E\ccllcncia de lodo io que lia podido acconlnr. Tambien cseiivi aniicr 
largo; sera bien biielva cl dielio Fiesco con brcven'ad, y se ponga en cxcciicioii Io que es 
de aeuerdo. 

Fil Fscocia huvo, poco ha, una gian escaramiK.a favorable a los de aqiiclla Rcyna, y 
eon la comodidad délia se libraroii Mos. de Uirac, Emhaxador dcl Hcy de Francia, y 



«irca li (li'iiari do Spagnoli, clic sono casse i\, tullo il rcsto sono de Gciiovesi : se dello M. Thomaso 
liccrcara VV. Ecc'" tirca li deiiari do Geiiovcsi, puoliiino dilarirlo risolulamentc di l'animo et piacerc 
ilolla Ser Regina nccio clie quando sara in Fiaiidra piiossi riportarc il tutto a detli niercanli, alli 
quali gia Io ho scrillo cliiarainonle quillo che VV. Ecc'" mi liano piu voile doUo c conlirnialo, cio è 
cIk; Sua Sci"" M'° wioW. scrvirsi di delli dcnari de Gciiovcsi pcr uiio aiiiio sciiza inUrcssi, c darc pcr 
caulioni! l'obrigo solilo drila Camcra de Londra, d'il clic sono crrto clic li nici aroici da quali ho la ciira 
pcr la nia^gioi' parte, a inia i)crsua>ioiic se ne conlciilai aiio c farano qiiaiilo pitccra a Sua Macsla. Ilor se 
.M. Tlioinaso o allri non si coiitcnlarano, punir, no fare qucllo l'acoinodara e rimaiicrc a drcio; ma credo 
che sla ncccssario VV. Ecc'» dicano chiaro a dillo Ficsco la vnlonta c piacerc di Sua Screnissinia 
.Macsla ncl modo che liano dcUo a me corne di sopra. Supplico VV. Ecc'" voglino favorire dcllo 
M. Tlioniaso ch'l puossi suhilo havcrc il suo passaporlo ilalla Scicnissima Rcginn de andala et di 
rilorno con li suoi hommi e hagaglie in buona forma, et aiso VV. Ecc'" si ticgnarano de scrivcrc una 
litcra a My Lord Cobham che lu favorisea c dia ordinc a Dol.ra che sia provcduto di uno bono passagio 
ingicsc che conduca dcllo M. Thomaso a Cales o Donchcrchc, il qualc Ficsco pagara ogni cosa honis- 
tanicnlc. l)i pin supplico le lll"" SS. vo.slre voglino porgcre al solilo qnalche |)arollo al dcllo .\l. Tho- 
maso, dinio.siranduli (piaiilo Io uii sono scinprc adopcrulo e Iravaglialo in quesli ncgocii cl che pcr il 
nu'7.0 niio la Scrcnissima Itegina e VV. Ecc'" Io liano anliposlo lui a lutli li altri quali desidrravano 
di lrallar(' quesli alTari, clc, d'il cbc VV. Ere.'' nii farano al solilo singolarc honore e favorc c mi 
Irnvcrano scniprc racordevolc et B^'cllno^is'^iIno loro buono scrvilorc. 

Pcr le nllime Iclterodi Spagna vcnutc in Fiandra parc cbc la rspedilione d'il Ducca de Uedina an- 
dassi in longa, e saria facil cosa che non vcnga per qucslo invcrno, il ihe si chiarlra con le prime 
Idiere. 

l'rego il Sciior Dio nii conservi in loro buona gralia e l'conceda longa c prospéra salulc c ronirnio. 

Da l.ondra, vj de sellcmbrc 1M7I. (Ileiord vffire. Cal., n° iOCO.) 



Tome VI. 



n 



178 RELATIONS POLITIQUES 

Mos. de Fluni, que se cntraroii en el caslillo de Edemburg, y despues forçadas las 
parles de la de Inglaterra han lieclio cierta iregua. 

{Archives de Simaiicas, Eslado, Leg. 824, foi. CO.) 



MMCCLIV. 
iW. de Stvevegltem au duc d'Alhe. 

(LONDRtS, 9 SEPTEMBRE 1371.) 

Ncgocialion commerciale. 

Les Anglois, pour monsirer volunlé de conclure cesle longue négociation, ont exhibe 
les conditions par escript, servant de formulaire d'un traiclé solemnel, lequel s'en 
foroit. Il se trouvera varier de nosire premier traicté, selon les accords faicts avec culx 
par Thomas Fiesco, et en aulcuns aullrcs cndioicls amplié, restraincl ou changé 
l'ordre, selon certaine note cl observation que en avons faicte, cl va quant cl ccste, 
pour estrc examiné pardelà el avoir sur tout résoluiion bricvc et finale de Vostre 
Excellence. Thomas Fiesco en est le porteur, pour les raisons que icelle pourra de luy 
plus amplement entendre, auquel partant je me remects, comme je fais pareillement 
de toutes occurenccs d'icy et de l'appareil de nos rebelles à Douvres, méritant adver- 
lissenienl pour le service de Sa Majesté. 

De Londres, le ix' jour de septembre 1571. 

[Archives du Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 79.) 



MMCCLV. 

Don Gvérati d'Espès au duc d'Albe (En chiffre). 



(Londres, 10 septembre 1571.) 
Nouvelles d'Ecosse. 



En esia hora lie recibido carta de la Corte dcsia Reyna, en que me escriven que ha 
llcgado alli un honibrc de Escocia como Estcriin, cl quai reflcre que cslando los Condes 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEIUŒ. 



179 



de Lcnos j Morloii algo dcsciiydados por cl accucrdo que con algunos del bando coii- 
(lario haviaii licclio (del quai enibie ayer eopia a Vuestra Kxceilenza), los del easlillo 
de lùleniburg dicron en elios de rcbalo con gcnte de cavallo y linvian muerto o prcso 
a los dielios (fondes y muclios otros : la Heyna ha cmliiado por Miladi Margarila para 
eonsolatia, que lodo ello sera cosa de grau iiiomenio. Vo piocurare entenderlo mas de 
rayz, para avisar dello particularmcnte a Su Mag^ y a Vuestra Ëxcelleneia, y enireianio 
niandara embiar esia earta a Espana. Fii-Wiliams me acaba de dezir que Milord 
liurley le lia rcspondido no quicre que si; dcn las carias que irae de Espana a la Reyna 
de Escocia '. 

(Aicliives (le Simaiicas, Eslado, Leg. 824, loi. 6i.) 



3IMCCLVI. 

Don Guérau d'Espès à lord Durleigh. 

(LONlJRKS, ii SEPTEMBHE loTl,) 

Plainte ou sujet d'actes de piraterie. 

Adnioduin lllustris Domine, Navis quœdani nosira quae merces Brugensis mcrcatoris 
dcfcrcbat, capta a pyralis, Dovcruniseu ad vicina litlora anglica dcducta est, praedaque 
disirahitur. Oporlerel ul lulo asservarctur, mi alias in isliusniodi casibus csl pclilum. 
(^ua de re milîo ad D. ï. hune domeslicum mcuni ut de tota le cerliorem reddal, 
deque captura aliarum navium et de rébus quae faedc adniodum Doveri agunlur, ubi 
prostant publiée proedae pyratie.TC vénales, bominesque eiiam nosiri a ialronibus capli 
venduntur, neque vili valde prelio : ad conlum rnim librarum summam unus et alter 
eensi fiierc, plnrimique eliam ex hiis captivi apud Baillivimi Dovercnsem in vinculis 
asservanlnr, intérim pyratis et Serenissimic Rcginae minisiris de iliortim redcmptione 
agenlibus. Tanla est autcm ibi tam merciuni captartmi quam bominum auclio ut nul- 
lum possit esse aliud inagis pyraiarum cmporium in Ida Europa.Quae omnia tibi,uli uni 



' Au bas de cette lettre se trouve la note suivante de la main de Philippe II : 
Esto deve de scr lo que particularcs han escrilo a lloppcrus que ayer os avise, aunque aqui no dise 
que los de la Reyna uvicscn cobrado a su hijo, y ha sido bueno, pues es despucs de la liga, y si fucscn 
animados y ayudados, todavia lendria esperanza de algo bueno que bien es mencsler, porque, si agora 
no se hazc, lo van poniendo de nianira que nunca despucs se podra hazer. 



<80 RELATIONS POLITIQUES 

ex prœcipuis Sercnissimœ Majoslaiis Consiliariis, viroquc prudenlia cl probilale maxime 
prœdilo, signiHciinda cum primis volui, uli alia, plernqiie qiise sananda et in meliiis 
inulanda, antea diixi. Dcus Opl. Max. D. T. diii ineolumem conservare dignenir. 
Londini, xij» septrnibris 1571. 

[Record office, Cul., n" 2020.) 



MMCCLVII. 

DoH Giiéran d'Espès à lord Burleigh. 

(LO>DRES, 16 SEPTEMBRE \'oH.) 

Mcnic objet. 

Admodiini Jlluslris Domine, Mido Meichiorem domcsiicum menm ad D. T. qui te 
edoceat qua inverccundia quidam liomincs vesiri a noslro Flandro fascieuluni lilera- 
lum mearum arripuerini, Anlvcrpiam dcsiinatiim, eratquc alium assequuturus isie 
Fiander, quem Dovenimcum tuis lileris pracmiseram, nt de navis nos'falis ibi delenl.T 
slalu, eerliora pra?sciibi cum illo possciil : intérim vero, dum a Coneslabili ad dominuni 
Docloiem Wilsonum, magislrum iibcilorum siipplicum, ilur ac rcdilur, offerturque 
inompla restiiulio faseiculi, intellectum est missum iiium fuisse ad vos in aulam : quod 
eertc improbandum videlur, praescilim iiabita ampla facultale sciibendi, quœ omnino 
in laie negoiiorum, prœdaruinque pyraliearum nudtiludinc salis necessaria eenscri 
débet. Keqiie unquam adducar ul credani siniilia aut de Serenissima Rcginœ voiun- 
(ale aul de Ilhislrissimi ejus Consilii decielo lam vane perpclrari , sed aiiquorum 
nialc rcipublieac anglicœ volcntium opéra, lanlis viris ineonsuliis peragi '. Reiiqua libi 
prediclus Mclcbior nota faciet, cui uti D. T. in eo nomine fidem adhibcal rogaliini 
Ciim veiini, quam Deus Opt. Max. intérim incolnmem conservet. 

Londini, 15 seplembris 1571. 

[Record office. Cul., i\° 2050.) 

' Le i aoùl 1571, la Cumlcsse d'Oost-Frisc accusait Cobliani, capitaine du château de Douvres, 
d"èlrc de connivence avec les corsaires, (ftcconi office. Cal., u° 1905.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'AN^I.ETERI'.E 



i8l 



MMCCLVllI. 

Don Guérau d'iispès au duc d'Albe (En chiffre). 

(I.ONDBKS, 20 SEI'TKMIIHE iT>1\.] 

Les pirates se trouvent dans les Dunes sous les ordres de M. de Lumey. — Oo annonce 

l'arrivée de Colijjny à la Cour de Fiance. 

Miiclios (lias lia (|uc esloy siii carias de Vueslia Kxcellcncia, que lus desseo assi por 
saber de io saliid de Su lliusliissima persoiia, lonie por tener respuesto a lodos los cabos 
sobre que he escripto. 

Très dias lia que eslavan en las Diuias xviii vêlas de los piratas, con las qualcs se 
junto uiia nahe de Suedia muy bien armada, y Mos. de Lume poue en orden otros très 
navios en este rio. 

Aqui llego Mos de Lewilon que le han mandado dexar el scrvycio de la Reyna de 
Inglalerra, y assi se va con los otros eriados a Franeia, Iras el quai vino el bijo del 
()bis|)0 (le Galoe que no yra con los dernas por liaverle niucrlo en la Terre, que bavia 
sido criado del Duque de Norfot. A la Reyna lienen muy aprelnda que bavra gran difi- 
cultad en darle carias algunas. Del diclio Uu(|ue, ni de sus eriados, ni secrelarios no >e 
sabe la eierto de Io que condessan o nicgan, aiinque Milord IJurle, por dar terror a los 
amigos <lel dielio Duqiio, dize que olorgan niiiclias eosas, pcro a Io que de la Torre se 
puedc oler, nu es assi. Todos quantos papeles en su cassa y de sus eriados avia fuerun 
toniados, aintque se crée se bavinn (|iienia(lo los mas imjiorlantes. 

La Reyna se passa oy a llixeinont, y el Conde de Lesesler liene lieei.cia de yr a su 
estado por \v dias : sucle el tomar estas licencias quando quiere mostrar algun dts- 
contenlo. 

De Franeia no se tienc respuesta de Io que despues de la llegada de Mos. de Foys 
resuelven en Io del easamiento. Tienese aviso de la venida a esta Corle dtl Almirante 
sii} los Principes de Vondoma y Conde, de Io quai estan conlenlos aqui, creyendo que el 
Alniiranle negociara solo niejor en favor de la parte protestante; y para exborlarle a 
ello y avisar de algunas sospccbas que de aquellos easamientos se tiene, a la Diiqiioa 
de Vandonia quiere esta Ueyna despaeliar un criado del Conde de Lesester. 

El robo de los dos navios ingleses cargados de panos que a le primera quexa qui- 
sieron Io* diicnos ediar la carga a los Vizcaynos, se sabe agora eomo Io bizieron los de 
Sant-Juan-de-Lus. iNueslro-Senor, etc. 

De Londres, a xxvi de septiembre de 1571. 

(Archives de Simancus, Estado, Letj. 824, fol. (i9.) 



182 RELATIONS POLITIQUES 

WMCCLIX. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Alhe (En chifiFre). 

(Londres, 29 skptembre 1571 ) 
Affaires de la reine d'Ecosse. — Il serait facile de gagner le bailli de Douvres. 

En la copia de la quo a Su Mag"* escrivo, podra Viicstra Excellencia ver lo que aqui se 
ofrece y avisarme acerca dello de lo que le paresce. 

Kl que esta lleva es Cobeit, cl Secretario del Obispo de Ros, muy buen moço y que 
sabe lodos los négocies que aqui han passado, y por que es muy buscado por saber de 
las cifras y haver tenido las manos en lodas las cosas pasadas, se cscondio en diversas 
casas, y a la fin vino a la mia, de donde, viendo la invcstigacion que del se haze, se parle 
con bucnos niedios como el dira a Vuestra Excellencia para enireienerse por ay y servir 
a su amo. Estes cavallcros escoceses, aquicn fiie mandado dexar el scrvicio desia 
Ueyna, aun no ticncn licencia de yr a Francia. El une de los quales me dixo que no 
pudiendo su scnora escrivirme, havia ditlio que ténia rcspondido a mi carta con un 
pintor que le pintava una camara, dirigida la respuesta aunque brève y sin firma y en 
cifra a Mos de Lesteli; pcro no ha parecido aiin, y assi creo tcrna la diclia pobre 
scnora de aqni adclante menos nianera de cscrivir que antes. Vuestra Excellencia podra 
iratar dossos négocies como de persona que esta con eslos impedimentos y que los 
Franceses le han dexado del todo, y aun han adverlido aca sin falta alguna se guar- 
dassen del Duque de Norfolck, como lo dizen assi los Franceses y los Escoceses. Aca 
todos estan al cabo deslo. La lista o mcmoria de los amigos del Duque de Norfolck, que 
esta Reyna dizc liene, se crée es alguna mcmoria de los que al dicho Duque davan 
palabra, anies de ser presso, que en el casamiento serian de su parte, que se havra hal- 
lado entre sus escripturas, y agora dize que la Reyna que eran para levanlarse con el, 
() verdaderamcnte la han sacado de Roma de algimos agenles de Su Sanlidad, que 
lienen familiaridad con Franceses, aunque para la culpa del dicho Duque poco ha de 
haznr una lisla de hombres sin oiro presupuesto : lodavia, como Burle esta tan puesto 
en hazcrle prrdcr, no dexara de passar algun pcligro. 

Yo lengo buenos mcdios de hazer que el caslellano de Dobre no lire olra vez artil- 
lerie si las navcs de Vuestra Excellencia quieren acomeler alli a las de los piratas, con 
darle secrelamenle alguna buena dadiva, y assi, si Vuestra Excellencia es servido, me 
mandara avisar dello. Nueslro Senor, etc. 

De Londres, a xxix de septiembre 1o7L 

{Archives de Simancas, Eslado, Leg. 824, fol. 71.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



18.- 



MMCCLX. 

Thomas Fiesco à Spinola. 

(BRDXELLBS, 4 OCTOBRE iS^i.) 

Négociation commerciale. — Il se rendra prochainement à Anvers. 

S' mio, lo no vi lio scritto dopo la mia f)ar(eir/.a pcr che di qiia dovc mi sono slali» 

di continue non è parlito alcuno ne di Anversa clie sia venuto a mia noilicia : non ho 

medemamenli haviito di vostre délie quale desideravo assai per havcr qualclie nova di 

costi e dcl voslro lion slnto pailicolarnicnti. Mens' de Svevcgiien mi scrivc che si trat- 

tava di vender in Artcmiia qualclic robe per far riparar cerle nave et che alla fine, non 

oslanle che lui habbia procuralo disviario, iianiio preso in cerla forma lire ccnlo. !Mi 

par'che si faccia senza alcuna ragione per che basteria assai se per nostra parte fussi 

richiesto. Pregovi direne un modo da mia parle a Maestro Marshe se"è venuto o vero a 

Maestro Aldersey et se fa bisogno aili SS'"' per che poi per il concerto siamo obligaii 

prender le nosire nnvi nel grado che se Irovano, non accade che si pigiino travagiio 

di far spesa in ripararle, perche io poirano farc li palroni se li parra bcne. lo saro spc- 

dilo fra 4 giorni et vi picgo clie scusiaie la tardanza |)er che non ho pottulo far piu et 

per non perder un hora di tempo non ho ancora visto Anversa. Il particolar de quclli 

SS" délia stapola mi ha dato che far assai, ma per che mi risalvo parlicolarmenti di ogni 

cosa a bocca, et hora non ho spacio conie voi rei, me vi raccomando di core et pregovi 

facciatc mio debito col S' Conle et col S' Burgliiey. îVostroS' vi contcnti. 

Di Brusseles, a 4 di ottobre 1571. 

{Record ofice, Cul., n" '2088.) 



MMCCLXL 

Don Giiérau d'Espès au duc d'Elbe (En chiffre). 

(Londres, 6 octobre iSH.) 

Poursuites dirigées contre le duc de Norfolk. — Nouvelles d'Ecosse. — Plainte des marchands 
ostcriings contre les pirates. — Lord Burloigh promet de réprimer les actes de piraterie. — 
Plainte de M. de la Mothe. 



Con el secrotario de! Obispo de Ros escrivi postrcramcntc c Vucstra Excellencia lo 
que aqui se offre«cia, y despues va sicmpre continuando la porsecucion contra cl Duquc 



^S^ RELATIONS POLiTIQl'ES 

de Norfoich, y la Régna haze venir lodos los Milordes para darles lazon de las sos- 
pechas que del diclio Duqiie liene y para ver quales dellos podran ser mas facilmenie 
iraydos a su proposilo, para ser en la indicacion eonira el Diiqne, resolulos en eondi - 
narle pues lia de ser jiizgado por dozc nobles : todavia se eniiendo las provaneas son 
flacas. 

De Eseocia saiio eabe Carleo! algiina gente de pie y de cavallo a robar parle de aqucl 
pais, y io que mas se escrive es que para los primeros dias destc mes bavia el nuevo 
Regenle eonvocado los pueblos para poner silio al castillo de lildeniburg. 

Los Esterlines ban dado grandes qiiexas a esta Reyna de los pyralas, e\agerando, 
eomo era jusio, la crueldad que ban usado eon sus navios que ullimamenle prendieron, 
qui' ivan a Amburg de?de Anvers; y iras ellos eiubie jo a dezirle eomo nuevainente 
lian iraydo los dichos ladrones olro nnvio fianees delanle Piennia cargado de mercan- 
eias pertenrse'cnles a Es] afiolcs, y que otro navio ingies venia de Indias con nuicho 
iiçiiear y cueros que se sonava los bavian tornado por fuerça a navios espanoles, y lam- 
bicn de otras presas que ban iraydo islos dias a la cosla. 

Dixo Milord Bu;le que la Reyna quiere embiar comissarios a casligar sus oflieialts 
(|ue lanlo dessiinulan a los pyralas, pero sera eomo la otra vez. Todavia lia ydo un 
Espanol a Plcniua ( on provision para arrcslar estas presas y para dar aviso a las parles 
se dcspaelia este eorreo con cl quai, pues va con passaporle, podra Vucstra Excellencia, 
si fuese scrvido, mandar escrivir '. 

' La plupart de ces pirates avaient arboré le pavillon du prince d'Orange; et it n'est pas sans inlc- 
rct de reproduire ici la IcUre qu'Edouard Horscy adressait, le 20 octobre 1571, à lord Burlcigh : 

Riglit honorable and my inosl cspeciall good Lorde, The lellcr I latolie reccivcd from Your llonours 
and howe I havc proccded to the pcrforinancc of Ihc fontentcs ihcrof, I rcforre me Io myne nowe sente 
to Your Honours by my servaunle this barcr, wlio, not long sithens bringc at llic CorIc, al his retornc 
gave me fnndcrsiand Ihat il niighlc appcare tliat Your I.orilship did grcally misleike of Ihc disordered 
and conlinuall spoile eonjuiilled on Ihe seas by ccricn ilie botes and olher vessells, whirh cover Ihcir 
lewde dealinges by the Prince of Orengcs cummission. Nowc liavinge well wayed Your Lord.shipes 
spcaches Io my sayd servauntc, I h:ive ihouglile and ani fearefull lest therc halh bcne information 
geven Your l-ord^bip against me by somc ihat scekc Io advanncc iheir crcdill by inipaiiinge myne. 
And as ! knowc assuredly ihat I must answer ail my doinges beforc God , so do ! de.sire from tlie 
liotlom of my harle Ibat my demeanour and governcment wilhin this my chardgc might throwghiy 
be knowen to Your Lordship, proleslinge as I désire to be wcll Ibought of by Your Lordship as I 
eannol make Ibis counirv' so clcare and voide of ofTenre. but some lewde gridie person, havinge Iiolc 
and dwcllinge aplly (or Ihe purposc, mighie conveye somc small quanlilie of vicluals to the forsaid 
disordered pcrsons, the wbich, if by anie meanes it hath conie Io my knowledge, punishmcnt Iiath benc 
minslrcd, accordingc to Ihe effeclc of the proclamations. Ami trulie, My Lorde, forbuyinge or exchan- 
ginge of anie of ihc goodes so disorderlie taken by Ihe mercbaunics of Ihis Isle, tliere halh benc none 
Io anie value. And for my parle, if evcr I bowghle or by anie other meanes bave eomc by, direclly or 



DES PAYS-liAS ET DE L'AtNGLETEKUE. 

Cou Nos. (le la Mota liizc (|ue einhiassc a In Corte a liar quexa de las prcsas des(os 
8i'ys o sicle navios fraiicescs que llevuvnn rupa iiuesrra, con reinoslrarle que olramenic 
sent quilar cl coincrcio de liti.iii y |)la(iis dosia costa : lo (|iinl liizo. Poio de la (lorte de 
Fraueia se ha de procurai' el rniicdio mas vcrdadero, iiunque estos pjralas publiean 
que cl Rey les concède la enlrada de al>?mios pucrios y que en ellos puedan iibre- 
mcnte vcnder mereancias, pero yo no lo creo. 

De l^onilres, a vi tié octobre île 1571. 

{Archives de Simuncas, Lslado, Lcg. 824, fol. 73.) 

iiidiri-ctlv, aiiie parle of llic goudcs lakeii in lliis disordorliv sorti-, Ictt me iiol oiilic reccivi' tbe sliaiiic 
llicrof, but also liavc Your l.ord.-iliipcs displeasur. l'crliaps sotnc pcrsons of grcalcr wcaillic llien I 
iiiiglitc by tbu hopo of gridy giiiii- biniie carru'd awaic so farrr, lis to bave iii sonic poiiictcs forgoticn 
tbeirdutivs, for vcric casely I could bave govcn llic advcnturc to bave goltcii x" liv. But, God I Ibanke 
liini, I allwaic bave badd tbat grâce to jircferrc my duelio to niy sovoreigne and hcr priiicipoll minU- 
tcrs, yen and my nowe pncr ercdilt and lioneslic beforc anic wordly substance, and wold wixbc not to 
lyvc so longe, as in anie poinctc lo dcgressc from llie sanie. I bumbly besecbe Yonr l.ordsbip to par- 
don me, if eilher 1 bave written cvcr boldly, or in niy lettcr I bave benc lo tcdious or »emc to bc 
ji'lioiis of yonr favour. l'or trulie, ncxt my Lorde of Leiccster, tbcre is no man in tbis îandc, «borne I 
more désire lo be well tlioughie of Iben of ^■our Loidcsbi|i, nor anie wbo Yonr Lordesbip niayc raorc 
u.ssurcdly commauiid lo tbe ultcrmost of my sniall abilitie. And, as in ail tbinges tbat batb beiie prc- 
scnted for niy good iind prefernienl, 1 bave founde Your Lordsbipes favorable bclpe lo Ihc utli'rniost, 
so will 1 not bc untliankfull, but wilb niy prayer and service do you ail tbe bonour, tbat maye lie in 
so poer a gpntlcm:in. .\nd soner Yonr l.ordsbip sbuld finde it in effecle, if occasion migbtc bc offerc ', 
tlien anie waie sellfurlb by faier speacbcs. 

I bave written lo Yonr Honours of onc Youngc; and, allbougbe I bave no grealc acquaintancc of 
tbe nian, yet for llial I liave badd t<i do witli bim , and aljo for tbat 1 bave bcarde of biiu, I Ibinke 
liini a proper, wisc and a valianle fellowe. It is bc tbat so valiantly defended himscif al Hocbelle 
against Ihc gallcis, and, for Ibal I knowc riglil well Your Lordsbip tanne niucbe bellcr judgc wbat 
iiiay bc in a man tbcn I, if so Your l.ordsbip du flnde tbat I ani not dcceived in biin : bis bumbic 
suite is and inyiie in bis licbalf lo lelt bim bave Your l.ordsbipcs lawfull favour. 

Thus besccbings Ih'Allmighlic (Jod lo blissc Your Lordsbip and allwaics lo haTC yow in bis kepinge, 
in my inosl bunibic maiiner I take my leave for tbis tyme. 

From tb'isie of Wighle, llic xx"" of ootobcr 1571. 

Wbcreas bcfore in my lettcr I bave saicd m no sorte I bave badd anic parle of Ibcis goodes disor- 
dcrly laken, some spices, Cannarey winc and swete mcales batb corne lo my bandes from Ibe rigbl 
utvncrs, when Ibcy badd gotlCD tbcir goodes againe by composicion witb Ibeiu thaï lokc it, the wbiche 
I will wbolie confesse unto Your Lordsbip; and, when Your Lordsbip do undorsland it, I hopc you 
will ueithcr niislcike wilb me, nor ycl willi my doingrs. (Oom. pap., Cal., p. 426.) 



TOMB VI. 



24 



I8t) RELATIONS POLITIQUES 

MMCCLXIL 
Le comte de La Marck à lord Burleigh (Analyse). 

(8 OCTOBRE 1571 ) 

II lui recommande l'affaire de Gérard Vcithovcn, dont le navire a été saisi par un vaisseau 

de Thomas Cobham. 

{liritish Muséum, Tituf, B. VI, fol. 139.) 



MMCCLXIll. 

Thomas Fiesco au comte de Leicester et à tord Burleigh. 

(BRVUELI.ES, ia OCTOBRE 1571.) 

Il annonce son prochain retour en Angleterre. 

Illustrissinii Doniini, Non possum non apgre ferre dilaiionem mei ad vos redilus, quod 
roceperam cl Suœ Majestati et Veslris Illnslrissiniis Doniinationibiis inlra paucos dies 

me islic fulurum faciliiis et me exciisalum iri conddo, quod sciain me ralioncm 

liujiis cessalionis significasse Domino Spinulae. lias auteni ob id lanlum mitto ui illis 
significcm me inlra quatiuor vei qiiinque dies, plus minus, discessurum, lia bene expe- 
dilum ut posset unicuique gralus, ni fallor, esse meus adveiilus : quod vclim maxime 
Suœ Majesiali esse notum. Id vero ut fiai per Veslias Iliustrissimas Dominationcs etiam 
atque cliam rogo, ne foriasse hœc brevis dilalio aliqnam illi suspicionem moveat. Valeant 
Dominationcs Vesirœ llluslrissimee, cl me, quem possint pro voluniate uti, commen- 
datum habeant. 

Bruxellis, x\* oclobris 1571. 

(Record office, Cal., n° 2084.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEIIRE. 



187 



m\ŒL\l\. 

M. de Swei-eghem au duc d'/tlbe (En cliiffro). 

(LONIIHES, 1H OCTOBIIC 1571.) 

Documents publics où l'oti nccuse lo Pape et le duc d'Ail»; d'être les oonipliccs du duc de Norfolk. — 
II sollicite l'atitorisalion de rilourncr aux Pays-Bas. 

Par mes lellros ati S' de iNoircarmci;, <i(i xim" de ce présent, Vosirc Excellence aura 
entendu rniïeclion que la Uojne d'Anjîletcrre et ses confédérés portent à Vostre 
Majesté, et par celles du sieur don Guérau la remoiislrance que fut faicte aux tnaveurs 
et aldcrmans de ccsie cité, le xni* jour, par le Conseil d'jcelle Hojne. 

Hier Icsdicls maire et aldermans, par charge dudict Conseil, firent une semblable à 
lotis les doyens des mestiers. Ce malin icsdicls do\ens ont fait coiivoequer et remonsiré 
chacun à ses membres le mesme, i.'i où Sa Sainteté et Vostre Excellence sont été dé- 
nommés par exprès, avec lo due de Noortfolc |)risonni(T, poin- entrepreneurs conjurés 
à la ruync de cesie eilé et couronne et pom- dcffairc la pcrsoimc mesme de la Royne 
et cslevcr en son lieu cl mcllre celle d'Escossc, avceq biaiicoup de circunslanccs peu 
fipparenles à qui le considère de près, loulesfois soufilisantes pour faire foy à chacun de 
cœur ultéré et [lassionné à la diiïavcur de Sa Miijcsié et de >'osirc Excellence. Et pour 
esniouvoir la solte populace, ils ont promis en brief jour faire le tout publier par impri- 
mure, de sorte que les rues ne résonnent icy anltre matière. F.'on y adjousic grande 
exclamation et inteiprétalion maligne et odieuse sur rallargement de Fiesco, pour se 
deseliarger sur les espaulcs de Vostre Excellence de ce que la reslilulion des personnes 
et biens arrcslés ne s'achemine, comme ne se vergoigncnt de dire qu'ils désirent, non- 
obstant tant d'indices d'aliénation cl desscings au contraire, joinct la menasse de procé- 
der à la vendition des biens arrcslés, de jour à aniire renouvelée . Par oii Vostre 
Excellence peult comprendre quelle fin se doibl allendrc en cas que brièvement elle 
n'y pourvoit de remède convenable et comme je seray icy doresenavanl du tout inutile 
|)our le service de Sa Majesté. Ce que me meull la supplier irès-humblemeni qu'elle 
soit scrvvy m'accorder le retour par delà, pour «ntendre à mes particuliers alTHires et 
à l'ayde et delTcnec d'aucunes velVis et pupdes, mes plus proches, cstans à ma charge. 
Elle croisira de beaucop mon désir de luy donner à jamais très humble service et 
supplier au Créateur qu'il conserve, Monseigneur, Vosire Excellence en longue santé 
et prospérité. 

De Londres, le xvi" octobre 1.'i71. 

(Archives du Roymime à Bnixelles. Corresp. de M. de Suevrgheni, fol. 81.) 



188 RELATIONS POLITIQL'ES 

VIMCCI.XV. 

Don Guérau d'Esph au duc d'Alhe (En chiffre. 

(I.(INDRKS, 21 OCTOUHF. 1571.) 

Nouvelle menace des Anglais de vendre les mareliandises scqueslrces. — Mesures de rigueur prises 
contre l'évèque de Ross. — Sermons violents des ministres. — On eoiipe les oreilles à quiconque 
ose murmurer. — Disgrâre de lady Cobham. — Les pirates ont restitué ce qu'ils avaient enlevé aux 
marchands ostcrlings. — On a répandu le bruit que le duc de .Médina-Celi et Ridolfi étaient arrivés 
secrètement à Bruxelles. — Le mécontentement est très vif en Angleterre : il importerait d'en 
profiter. — Don Guérau d'Espès est lui-même entouré d'espions et assiégé dans son hôtel. 

A los XVIII del prescnie recibi cou cl correo que csia lleva, cl ilespaclio de Vtieslra 
Excellcncia, de vu dcl : vino a bticna sa7on por que, liavierido los Inglcscs advcriido a 
Mos. de Svevcguin con (oda rcsohiçion que qiicriaii pasar a vendcr, jo cslava ya dcspa- 
chando un criado niio para dar cl aviso dello a Viieslra Exccllencia. Agora paiaran, hasia 
la llcgada de Ficsco. Los dcspaclios de Su .Mageslad niandara Vuc^lra Exccllencia cm- 
biarme a recaudo, ciiya orden guardare en (odo. Vo hc ya cncaminado la una de las des 
carias para la Rcyna do Eseoçia, y, si antcs que este coireo paria puedj a\cr nuevas del 
siiccesso, las emhiare a Vuesira Excellcncia y proeurarc de hazcr lo misiiio con el de' 
R(is, aunque antcnoclie le volvicron a tracr a la casa dcl Mayre y le ban dcspcdido 
todos los criados que le (|uedavan, y no se .*i lo melcran en la Torre, porque dclla van 
dcsocupando algunos aposenlos. En las anicriorcsdesla lie dado aviso a Vuesira Excel- 
Icnza de los parlanicntos que assi los del Consejo de la Hcyna (uvieron al Mayre, como 
cl a los Comlcslubies, y los olros a (odo ei pucblo, y los obispos y ininistros por su parte 
en las yglcsias; y assi para asosegar la gente alterada de lanlas |)risiones,como para (|ue 
no les parezca mal lo (|ue se baze, los incilaii conlra los minislios del Key nucsiro 
scnor, scfialadanicnte conlra Vuesira Excellencia, y a los que osan bogucar, casiigan, no 
solo sacaiuloios a la vergucnçn, pero (|iiiianiloles las orejas. Parle deslos razonaiiiienios 
vcra Vuesira Excellencia en los librilos inglcscs que con esta \aii, alosqualcs no séria 
inconvcnicnte niandar liazerlcs rcspia sta en le niisnni Icngua, coiiio que fucsse imprcsso 
en Londres: olros laies lie enibiado a Su Mageslad y copia de.-ia. 

Con la confusion en (|uc el (lonscjo csla, que cabe délia parle liasta las damas, 
baviendo ccliado de la Corle a la niiigcr de Milord Coban, que era antcs miiy favorida 
de la Rcyna ', no ban coneluydo en la pariida de Cbiligre a Francia, ni ban vislo a Mos. 

' On avait découvert que Thomas Cobham, frère de lord Cobham, transmettait des lettres secrètes 
destinées à la reine d'Ecosse. On trouve à ce sujet la note suivante dans les papiers de Buricigh : 
The Lord Cobham lold me that he wold déclare lo me Ihe whole Iruth of Ihe matter wherewith hc 



DES PAYS-BAS KT DK LA.NGLI-TERRE 

(lo la Mola en su casa, cotno eslavan de ncuerdo. Drspacliaron corn o a su Embaxador 
para cerlUicarse si la loiiiada del Almiranie Cliatillun en el Corisejodel Rey de Fiancin 
con (auto (avor, conio se dizc,! ra para dano de proicsianles o no, y con la rcspucsUt ilesto 
lesolveran lo dt; su liga, si la haratt o no y en que loinia, por (pie licncn aviso (|ue 
lian ya llcgado en Frangia algunos de los piocuradorcs de Principes de Aleniania. 



was chorgcii, Iruslyng Ihal I wolti savc liis lionor and naine in lliat llic niattrr luuchctli his ungra- 
cious bi'ollicr Tliomus, whoin to accuse lie was niosl lulli, and fur tliat aiso lliu Irutli miglil Ijc knoweii 
liy his sayd brndjcr. 

Therupjion lie sayd llial trew it was lliat wlion Cliarirs Ihe Flcmining was firsl broiight to hym ut 
liis liousu at llic Blackfrears wltli llie mallel, llic boukcs and paeketls uf lelliTS, ail Ibc lrllc-i'.s thaï 
wcrc found uppon Charles, the principail wherof ner foiind tyed lo byni at his back sccrrlly, and 
«Ihcr letlers tliat wcro also brought by an olhcr man, whoni Ihis examinât knowclh not. were by 
IlandoU Macklyn, who brought Charles, put togclhcr in on bagg, and, beiiig Iakcn owl, Thomas Cob- 
hani, as liiis examinât supposed , having secredly l'.Tned of Charles tliat llierc wcrc lellers of grci 
importance, bcsouglit tho Lord Cobham with ail erncstncss, even knclyng on his knees and n-eping, 
that Ihose Iclters niight not be delyvcred to Ihc Cuiinscll, but savcd for the Bishop of Ross, forhc sayd 
thèse wold otherwise bc Ihe iindoyng of Ihe Uuke of Norfolk and of himself and olher the good 
Ircndes of this examinai. And yet this examinât did not ycld thercto, but took that packelt, whicb was 
of importance, and putt it intu his pockett, and tbercwilh a shctc a pnper that he found wilb Ibe 
pacquctt fnll of sondry ciphres — and so «cnt to the Court wilh the maie ofbookes, whiili he dely- 
vcred lo me tlic I.ord IJurgliley, withoul spekyngof any lettc'rs, and so rctorning borne he was newiy 
intrcaled niosl vclicmently by his brother, and partly by Francisée Bewiy, to lett Ihc Bishop of Ross 
bave the pacquctt. Wheruppon this beingovercomewilh the importun ite of his unhappy brother, y elded, 
and yel delerniined that lie wold not suddcnly delyver il, but wold understand more of Ihe niatter 
whatshuuld bc oontayned in il, and so al length, as lie ihynckelh, tlic ncxl day hc sealed Ihe paequell 
wilh his own seale of armes, and delyvcred it to Francisée BewIy to bc conveycd to ihc Bishop of 
lloss wilh condition that Ihe Bishop of Iloss shuld nol oppen it but in the présence of this examinai, 
and so it was accorded that the Bishop of Ross shuld corne lo Bcwlyes bouse, and Ihis examinât for 
that purpoose went lo M' llennadgcs bouse beeause it was near Bcwlyes, and, when Ihe Bishop was 
come to Bcwlyes, this examinât iherc met wilh hym, anil ther Ihe Bishop gave hym grct Ihankcs and 
oppcned that pacquctt, wlier Ihe Bishop found and shewed tu hym lellers in ciplirc from Ihc l.ady of 
Norlhumbcrland lo ihc Bishop, and from the l'>lc of Westmerland lo a Scott nanied the Lord Garlliss 
who was llicn in London wilh the Bishop, which, when the Bishop did see, hc sayd : • Surely if thcse 
• lellers from the Krie of Wcstmcrlaiid had bcne lakeii, Garlless wold hâve bene hangcd. • There 
wcre also leltcrs from Jenny and Sir l'r. Englefcld and lellers subscribcd in ciphrc, which the Bishop 
sayd wcrc for the Spanish Arobassadnr, and thaï he wold firsl look in them er ihcy shuld bo delyvc- 
red, and Iher wcrc olhcr lellers from Rydolli in eiphre, which Ihis examinât Ihynkelh were the lellers 
of most moment, and those that wcrc sent to thu Duke of Norfolk. 

Fnrderniore hc sayclh that the Lord Burghley wrote to this examinât the daye aftcr that he had the 
bookes, that he herd llier wer also certen pacquetts of letters brought wilh Ihc bookes, and desyred 
that Ihey might be also sent to hym. Wheruppon was devised ibal an other pacquctt was contcrfaytrd 



190 KFXATIOrNS POLITIQUES 

Los piratas se cstan caho Dobla y lian rcsliUiydoa los de Amhurgcasi loilo lo que les 
fue robado. La genic mucrta Icrna mala resiilucion ; los mariiieros aun quedan arres- 
lados, ereese los libraran presto : todavia les dan de aca vicliiailas, y los han avido 
lambicn de Fraiiçia, y lian traydo de nuevo nlgunas jiresas a la eosta de Plemiia. 

E\ aniigo de la Corie nie aviso, diez dias lia, que esta Reyna ténia nuevas que RidoKi 
era buelto y eslava secreto en Brusselas,lo quai yo le dcshize mnelio. Otro eavallero me 
aviso despucs que el Duquc de Médina Ccli bavia llegado por la posia seeretamente 
ay y que pnsso por Lcon y estava disimulado en Brusselas, y que yva a traclar con el 
Marques Cliapin Viteli : pero luego se desengann dcste opinion por los avisos que tiencn 
(le Espana y de ay. 

El pliego para Vuesira Exeellencia, de xni, va con esta que le bolvia cobrar, y cierlo 
bavia lucbo liro Spinola a Mos. de Svevegben que ereo yo era para aver cifra por que 
despues con algunas de las viejas lomadas al principio destos arreslos rotejaron en la 
Torre los deste Consejo algunas carias que yvan a la Reyna de Escocia, y ballaron ser 
la eilVa diferenle, y assi se sosegaron algo en esta parte, y cl dicho pliego de xm le 
cobic sin ser abierto |)or buena ventura. 

Aquincs tiene ya cas! armado, y como dcspaebaron a Fiz-Villams de Espana con 
dezirie que yo ternia la resolucion de sus cabos complidamcnte antcs (|ue el llegasse 
aca, me solicita mueho: tcngole pnr liombre (iadô, a la fin, sino se le diere razon, por 
ventura se apartara del concierto y adberira con los otros : yo le enlrelengo y sobrellevo 
lo mas blandamcnte que puedo. 

En este punlo be recibido la de Vuesira Excelleneia, de xv, y no ay mas que avisar 
a Vuesira Exeelleneia de que esta Rcxna esta indispuesia de pura rabia. Manda despa- 



by tlie Bisliop of Ross, aiid so by tlic Lord Cubbain sent lo llie Lord Burloy, conlaining certcn letler» 
(if no moment. 

FurJiïPmopc he saylli tbat afîcr ihis was llius dooiio, wlitii Culbbcrl was souglil for by tbe Lord 
Ijurjjliley, lie heard tbat be «as conviyeil to llie Frcncli Ambassadors lionse, and williin a wbile afler 
came lo lliis examinât Ihe French Anibassadois sluard of lioiishold, and oppenly rcquired a passport 
for on lo pass over seas, to wbich Ibis examinai did asscnt, and Iben tbe stuard, coming ncrer to this 
examinai, did round bym in bis carc sayeng thaï tbe French Ambassador, doutyng Ihal bis bouse shuld 
be sercbcd for Cuibbert, requircd byni tbat be wold devise bow be niiglit be bad thcnce to tbe exami- 
nais bouse, and tbcruppon il was tbat this exaniinate did firsl scnd bis sister in law Th. Cobbams 
wife to the Duke of Norfolk, to procure Ibal Cuthbcrt might be convcycd lo some place secrctly. 

Bcing asked bow tbe French Ambassador was acqucynied wilb tbe Lord Cobbams knollcdge of 
Cuthbcrt, he saylh tbat tbe Bisbop of Ross bad moved ibe French Ambassador tbat be shuld takc 
uppon bym tbat the Ictlers brought by Charles were directed lo bym, and so he was prive lo the 
niatler bow tbe Bisbop of Ross bad Ibe paekett tbat Charles brought over wilb bym. {Dom. papers, 
Cal., i>. -J'iti.) 



DES PAYS-liAS ET DE L'ANGLETERKE. 



191 



char n Qiiiligrc ii Françia. Han prcndidon un cavalleru miiy raihnlico Ilainndn Poole y 
pueslolf en la ïorre. 

Aunquo esiaii lanlos presos, no se cmpeora nada la saznn por que los que qiiedan 
«■slon muy irriiados, y, llevandolo con orden, como Vuestra Excellcncia sabra muy hien 
liazer, se podra ver ci (in que se proiendc y conviene al servicio de Dios y de Su 
Magcslad. 

Aqui ha llegado un cavallero aleman : terne cuenta con saber que trac, aunqiieestoy 
como assedindo, que todas las ealies eerca de mi cassa cslan llenas de espias. 

De Londres, a xxi de octubre 1Î)7I. 

(Archives de Simancax, Ealudo, Leg. 824, fol. 87.) 



MMCCLXVI. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Alhe (En chiffre). 

(Londres, 24 octobre 1S71.) 

Killigrew est envoyé en France. — Cavalcanti engage la reine à épouser le duc d'Anjou. — 

On a relâché plusieurs pirates. 



La Rcyna se fue ayer a Grannclie, antique no sea de buena dispossieion, y (Ihiligrc 
partira oy para Francia. Séria bien mandasse Vuestra Exeellencia advertir dello â 
Don Frances o al Secretario Aguiion para <|ue longa cuenla con lo que haze y trata. 

Cavalcanti scrivio a esta Rcyna una carta larga, qneriendo induzirla por muchas 
razones al casamiento de Anju, pcro no creo lo aprovecbara tanto como el querria. 

Comiençan a yr relaxando a los marineros y soldados de los piratas, que estuvicron 
detenidos, y parcsccme que en esta ncccssidad los de Cales les yvan proveycndo de 
vicluallas y comprandoles de sus robos, como aqui han becho ya de lodo lo que les 
qiiedava que vendcr ccrca île Dobla. 

De Londrc, a xxiiij de octubre 1571. 

[Archives de Simancas, Eslado, Leg. 824, fol. 88.) 



19-2 IlELAÏlOiNS l'OLITlQUHS 

.^IMCCLXVII. 

Le duc d'Albe à don Guérau d'Espès. 

(BBUXEU.es, 30 OCTOBKE 4571.) 

11 le charge d'annoncer à la reine la victoire de Lcpante. 

En Cite puDlo me ha despacliado Rugier de Tassis, conco mayor, de V'enecia un 
correb, avisandome de la vicioria tan grande que N.-S. ha sido servido dar a la armada 
de S. M. conlra la de] Turco a los 7 del présente, como mas particularmente la enten- 
dera V. M. por la rdacion que sera con esta, que me embio el dicho Rugier. Hame 
parescido embiar a V. M. luego el aviso para que de mi parte avise a la M** de la Reyna 
y le de la nova biiena de tan gran vicioria, y le dizc que, por hallarme yo asido las 
manos de la gota, no escrivo a Su M"*, que lo haze con Thomaso Fiesco, y que en el 
entrelanlo no he querido fallar de hazer saber a Su M"* este negocio, sabiendo el eou- 
tentamienlo que terna de todo lo que subccdicre en bien universal de la Chrisliandad 
y particularmente en el del Rey, nuestro sefior. El dicho Thomas qucde ya en orden 
y no he partido antes por aguardar las procuras de todos los mercaderes, las quales 
liegaran oy aqui sin falla. 

De Brusselas, a 30 de octubre de 1571. 

(.4rc/iii;e« de Simancas, Estado, Leg. 824, fol. 94.) 



MMCCLXVUI. 

Thomas Fiesco à . . . 



(Bruxelles, ;« octobre lS7t.) 
Il ne tardera pas à retourner en Angleterre. — Détails sur la bataille de Lépante. 

Questa é la terza volta che vi ho scritto, e mi saria stato caro con comoditâ vostra 
havere doi versi da vol; credo bene che aspelandomi costi habiale creduto che non 
dovcssi servire il scrivermi, el veramente la mia tardanza è iroppo causata, perô non da 



DES PAYS-BAS RT DF^ L'ANGLETERRE. 



193 



niajfgior disturbo che dalla golta di Sua Ecceilenza che no" puo firmare. Reslando io 
del resto Uillo spedito, spcro firrnara fra doi giortii o Ire el poi con ogni diligenlia saro 
cosli, di clie vi placera dare nova dove convicne. 

Per lilere di 19 de Vineiia, con slaffcla a posta, a Sua Eccellenza, si intcnde da tre 
galère capitale in qiielio loco carriclie di prcda, clie alli 7 la nostra armata nippi intic- 
ramente quelia d'il Turco, havendoli morto 15"" Turclii et prcsi 5" con 180 galère, 
liîivendo inesso tiiito lo reste al fondo, fiiora che dicce, qiiali con Peali-Bas^â, générale 
di terra, si salvorono alla Prevcsa. Il générale parimenle é preso, et dclli nosiri ne sono 
[morti pocliissimi, fra quali il provcditore de Venetiani, il Barbarigo. 

{Record office, Cal., n* 2111.) 



MMCCLXIX. 

Avis des Pays-Bas. 

(Anvers, 30 octobre 1571.) 

Prochain départ de Tliomas Fiesco. — On parle encore de l'arrivëe du duc de Médina. — 

L'impôt du dixième denier. 

Il Fiesco si aspetta qni qiiesla sctiiinana e poi dovera parlire verso lunedi o marte, 
[lui si fa liittavia forte, che debbi restare acomodata, perche non obstante che habbi 
'procnralo di fore partito delli v" 100"" de Genovesi,quali dessignava haverecontanli da 
quelia Sercnissima Regina, hora dice elie non ne hara bisogno di tant! da gran via, 
hora la prova fara cliiaro il lutlo. F^i inleressali in le rnercantie el in li denari vano 
faccndo le procure a M. Thoniaso per coinissione d'il Ducea, con autoritâ di puotere 
finire con la Sercnissima llcsçina el quiiiare etc., ncl resto vi supliro di prcsenza, volendo 
venirc in conipagnia d'il Fiesco per vedervi. 

Dil Ducca di Médina non si intcnile nitro. Aletini dicono ch'l venira per marc con 
l'arniala. Allri dicono per \ia di tena c no' si basta a saperne lo cerlo. il Dticca d'Alva 
dovera andarsene per terra con buona compagnia. 

L'imposto de 10 per 100 c stalo hoggi eonlirmato, ma con molla modcralionc, cioè 
je mcrcanlie che nascono e si fabricnno nel p.iese, de nscita paghino 3 '/s pf 100, 
le mcrcanlie de enlrata ehe si consumavano nel pacse, pagherano 10 per 100, che pur 
é di molla importanza e fara grande dampno al iraffico de nr:ereanli. 



Tome VI. 



{Record office, Cal., n*2m.) 
25 



194 RELATIONS POLITIQUFS 

MMCCLXX. 

Don Gvérau d'Espès au duc d'Albe (En cliiffre). 

(LOXDRtS, 31 OCTOBRE 1571.) 

Il convient d'arrcicr un messager accusé d'avoir livré le chiffre de la reine d'Ecosse. — Libelle contre 
la reine d'Ecosse. — Nombix'uscs arrestations en Angleterre. — Vive jalousie entre Lumbrcs et 
Luracy. — Projet forme pour s'emparer d'Enckhuyzcn. — Autre projet pour faire sauter le duc 
d'Albe par une mine de poudre dans l'église de Saintc-Gudule. — Propositions de quelques Espa- 
gnols à Coligny. — Forces navales des pirates à Douvres. 

Creo lerna Vuestra Kxceliencia mis paquctos, assi los que llevo cl correo que aqiii 
vino, que los despaclic a los xxj del présente, como el de xiij que el lambien llcvava, 
y el de xxiiij" y xxxvj, y no sera inconvcnicnte hazor |)r('ndcr a un Ilieronimo Salvago, 
(Jenoves, que suclc biviren Hiian, y parlio de aqui a los viij° desie de casa de Es|)inoiii, 
y llcvava un paquelc de Mes. de Svevcghcn, ei quai llego a salvamenio a Anvers, y 
le dio cl mismo Salvago y cl mio de la data de viij°, aun no le liavia rccibido a los xxiij 
(leste Leonardo de Tassis, en que yva sola una caria mia en cifra para cl Sccrelario 
Albornoz, y cira de Mos. de Esicii laiiibicn en cifra, y, siiio paresce este paqucte, se 
vera si le eogio el Espiiiola, y si es aquci cou que se cotejava la cifra de la Rcyna de 
Kscocia cslos dias en la Terre, y séria bucna sazon para casiigar semcjanics atrevi- 
inicnlos : Vucslra Excellcncia, como coiiosce lo que importa al scrvicio de Su Mag**, 
mandara se ponga liiego la mano en ello. 

Allcude de los librillos que lie embiado a Vuestra Excellenza, ha amaneseido olro 
largo y en bucn latin contra la lleyna de Eseocia, la mas desvergonçada cosa que 
jamas se vio, que no oso embiarle en este paquele, porquc han loniado aqui de nuevo' 
al Conde de Sulanton, viniendo sin rccelo a la Corlc, y assi mismo al liermano del 
Condc de Nortumberland, auntjue en las turbaciones del Nortc fue en scrvicio de la 
lleyna y la causa principal de la perdida de los olros. Haï) prendido lambien a Morgan, 
gentil hoinbre catliolico, y assi sin olros processos paresce qite quieren Iraer lodos los 
Calholicos a la Torie; y a Luys de Paz han becho lo mismo, pcro aun esta en una casa 
sin que le doxen ver de nadic; y lienen orden que no ose venir persona a mi casa, anie- 
nazando a todos hasia los medicos y eirujaiios, y lodo al dcrredor es lleno de espias, 
y 1)0 encubierlamcnte. Ecbolo al gran icuior de Milord IJurley y a lo poco que basia 
agora han provado acerca de los presos. 

Los pyralas ticncn mas provision agora (|uc jamas. Bolvio deilo? un bombre que yo 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEHRE. 



embie ali», y clize que principalmentc fiie Mos. de Lnmbres a Francia para ropr al 
(loiidc Ludovico no consinlicsc le lomasse el primer lugar Mos. de Liinie, que estava 
«Il Dobra para ello, y que, entre los cavnlleros que alli andan, ay grande division 
flcerca deslo, de suerle que se qiiejava Mos. de Lumbre que eslo le esiorvaria ei con- 
cierio q.uc tenin de lomar a Ycneuse, de donde le iiavian venido algunos de aquel lugar 
a offreseer la entnida, y que Mos. de Liingalre, de Arlues, dcslerrado, que se enlreliene 
cabe Bolonia, eslaria preslo con mill y dozienlos soldados para la empresa, y otro de 
liazer eomprar o alquilar, junio el leiiiplo de Sanla-Gudula ay en Brusselas, dos o Ires 
casillas que ay, o una della.s, por las quulcs se oITieseia un Flamenco liazer una mina 
para volar eon polvora a los que se hallassen alii con Vueslra lîxcelleneia oyendo 
missa. Tambien dixo que, (|uando ei estava en la Roiliela, vinieron alli 1res cavalières 
d<! Sevilia a offreseer al Almiranic Cbalillon las voluntades de muebos de Espafia en 
Ins cosas de la Religion, de que no oso este bonibre preguntar mas particularidadcs. 

Las vêlas que estan en Dobra son quarcnta, y xvj délias muy en orden. Dczia 
Liniibrcs aguardava de la Rocliela y Dinamarca xv mas. Va comiençan de bolver a 
dczir que Fiesco larda. A los eriados de Slueley que vinieron de EspaAa eslan cada 
liora intcrrogando, y les liazen dezir cosas que nunea se sonaron. Quando tenga mas 
seguro mensajero, escrivire mas largo, y cnlrelanlo puede Vueslra Excellenza mandar 
ernbiar copia desia a Fspana. 

De Londres, a ullimo de oclubre 1571. 

(Archives de Siinuiicus, Kslado, Ley. 82i, fol. 9.^.) 



ftlMCCLXXI. 



Le duc d'Arschol au comle de Sussex. 



{BEAUMONT, 31 OCTOBRE I.S71.' 



Il le remercie d'un envoi de chiens destinés à l'empereur. 



Monsieur, Si je ne vous ay cncoircs remmercys des chiens que vous m'avez envoyé, 
je prie ne le prendre de malle pari, vous asseuranl (ju'ils m'ont < sic aultant bien venus 
que chose que de longtemps j'eusse peu recevoir, les ayans (pour venir de sy bonne 
main) envoyé à la Majesté de l'Enipcieur par le mcsnie gentilhonmie qu'avois envoyé 
en Angleicrrc, le(|uel estant retourné d'Allemagne m'a l'ait rapport iceulx avoir oslé 



19G HELATlOiNS POLITIQUES 

trouvés par Sadicte Majesté fort bons. Vous pryani, Monsieur, s'il y a quelque ciiosc, 
pardcçà, de quoy réciproquement je vous puisse accommoder cl servir, vouloireroire que 
l'effeclueray d'aussy bon cœur que le sçaueriés désirer. Quy causera (incr la présente 
avec espoir que ung joiu" les occasions s'offriront de me povoir employer en choses où 
ma |)uissaiice se poura exteiidrc. Suplyanl alanl le Créateur, etc. 
De Beaumont, ce dernier [du mois] d'octobre 1o7l. 

(Brilinli Musevm, Tilus, U. Vil, foi. 24f).) 



MMCCLXXII. 

Mémoire adressé par le prince d'Orange à la reine d' Angleterre. 

(PiOTËHBBE lâ7t?) 

Dissertation fondée sur le droit féodal et sur les privilèges des provinces belges, qui tend à déniou- 
Irer que le prince d'Orange, à raison des hautes fondions dont il est revêtu, est tenu par son ser- 
ment de résister au roi d'Espagne qui a viole les lois du pays, et de prendre en même temps sous 
sa proteclion tous ci;ux qui veulent défendre leurs droits et leurs libertés. 

Utruin Princeps Aurakœ profugorum exerciluvi contra Albamim ne vcro etiam 

Jlispaniatn possil siiscipcre. 

Ad liane quaeslionem dissolvendam illud imprimis cerlum esse débet extra conlrover- 
siam liccre advcrsus vim ac lyrannicam oppressionem arma sumcre ae vim vi refellere, 
cujuseunque rei nomine atque occasione vis inferalur. Ko enim inslitiilus est a Deo 
majîisiralus, datusque illi gladius ut probes ab iinproborum violenlia, etiam \iet armis, 
si necesse sil, lueatur. Nemo itaque poiest dubilare quin rcx populum sibi subji-ctum 
a vi alquc oppressione alterius, sive magisiratiis, sive populi, sive privati eujusquam 
liominis, possit lucri ac viudicare. Imo vero ncmo dubilat quin rex ad ejusmodi defen- 
sionem timi divino, lum liumano jure obstrictus esi nimirum quia legiiimam Iiabct a 
Deo vocalionem, eujus judicia gerit, alqiie |»ro sua facultate exequi omnino lenetin-, 
alque hoc, et eerte in omnibus iis quicunque a Deo vocalionem habent, eertum alqiie 
exploralum esse débet. Itaque id unum relinquitur in quiEstione uiruni Princeps 
Auraicœ liabeat legitimam a Deo vocalionem arma conira vini ae lyrannidein Albani 
Ducis sumendi? Etenim dispulare hic ulrum rciigioiiis causa possil armis vel defendi vel 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



197 



|)rop [clli], |)rnrsns est vxlra rem, iip(|iie iiiii};i.s ad siipcrioris quxslionis d(ci$iononi 
perlinol, quari) si (|uis de céleris irilerrogatus res|iotideiil de aliis. Mec eniiii id |)rineipi» 
vel popiili mens est ut religio armis defeiidatiir, s(d ui ii qui, causa it prœteUu reii- 
{(ionis, eontra omne jus et fas, coiilraqiic omnes It'jçes ac privilégia niiinieipalia oppri- 
imuntur, et, enmdejiire sislere non recusint.ciini ordines provinciae ex more et insiilulo 
niajorum a((|ue ex onmi cJequitalis nilione eogi cu|)ianl, et eoram iis causam dicert' 
ftossini, ac debeant contra manifeslam vini ac inauditam tyrannidcni a principe defendi, 
quae vis quacnnque de causa aut (|noeim(pie praeiexlu iiifcralur, certuni est idtni fore 
l jus, eamdemque rationem, ilaque religionis vel tuendae vel propagandac respeetus hie 
liaberi non débet, nisi quoad vini qute inrertiir, religionis ac ciilius divini noniine, cci 
gravior ac defensione vindielaque digiiior censeri polest, quo eiilliis divini cura céleris 
omnibus rébus et cliaiior nobis esse débet et dignior. Quod enini de vindieta proliibitîi 
oITerlui', niiiil facit nd rem, oa enim non modo in causa religionis, sed in omnibus alii> 
prohibetur, neque euiquam bomini vindietam licitam esse per se omnino staluimus; 
s(d quae a l)eo manilala est vindicin, nuilo modo censeri débet bominis vindieta, sed 
Uei. l)ei enim judicia sunt quae exequilur magistratiis, non bomiiinm. Deii-nim, non 
suae eupidilatis minisicr est. Itaque videndimi est boc unum : an Dcus ad boc muniis 
Principem Auraieae vocarii? Primum quidem ecrte illud indubitatum est Principem 
Auniica; in Belgio ejusmodi magislralnni esse, qui jurisdiclionem scu jus glailii 
babcant. Impriniis (]uidem (jiiia sil Burcbgravius civilatis Ai>lverj)iensis, non benelieio 
principis, sed jure lieeredilairs, ita ut lioc jus non minus sitei proprium, quam prineipi 
esse Dtieem ISrabanlise: liureligraviau auleni niunusest civitatem contra otimem vini ac 
limiulium lueri ac piovidere in summis pirieulis ne quid deirimenti civilas capiat. Cuiu 
îiulem lidcjns non iiabciil bcnelieio principis, sed potiuscx jure lin|ieiii, cujus est Ant- 
verpiae Marcbionalus, débet profceto coiiira régis volunlalem suuni munus exequi. 
Deinde vero eliam jure biercdiiario est uiuis ex primis onlinibus non modo Bralianiia', 
sed eliam lotius lielgii. Ordines aulem supra |)rineipem esse, eo(pie inslitulos ut 
principis vim ac lyrannidem, si neeesse sit, cocrceani, etsi extra dubitaliuiiem est, tanuii 
n)ox a nobis elarius suo ioco probabiiur. Hic lantum boc agimus ul constet Auraicse 
Principem esse niagisiralum. Piîrleren babel niiuius gubcrnalionis seu legati llollandiie 
ei Zeliuulia», quod nuinus etsi aceepil a principe, baud tanien ita einn polest prineipi 
obligare quin niullo ma):is ipsi populo (d)ligelur. Quod ex jurejurando prdcsiilo facile 
polest probari, quo, post lidcliialein régi earum regionum ejus iinperio reliiiendarum 
proniissain, impriniis se obsiringii adininisuaiurum euii|ue suum jus au pU bem contra 
onniein vim ae lyrannidem esse deleiisurum. Dcindc facile palel ex ipso principis seu 
régis jure, iice enim puicsi m legatiim jus trnnsicrre, nisi id quod ipsc babeal : non 
antem \m\hI in |iojiulum siiprcmain poleslalem,sed piiinuni legibus instiluiis, cousue - 
tudinibus ae piivibgiis. dciiuhï coiniticutim (leerelis ae saiiclioiiibus, proeul diiliiii. 



198 RELATIONS P0L1HQ[JES 

subjiciuir. Item, ciim idem jus in legntum sunm Iransfeial, sequitur logaliim imprimis 
ac primario subjici ronslilnlionibus populi ac populo ac ejiis juribus eliam maiiis qiiam 
principi obligari. Prseierea eo nomine Princeps Auraicae magisiraïus censeri debel quod, 
jure Aurci Velleris in Principis seii Diicis Biirgundia3 socieiaiem acct-plus, ad rempu- 
i)licam in omni flequilale ac justilia administrandam ac privilégia, liberlateniqiie populi 
luenda juramento obstriciiis est. Cuni ila(|ue priiicipeni Anraicse magislralum esse ac 
potestalem gladii liabcre constct, videndum est an ea polestale contra superioris magis- 
iratus voluntatem ad incnduni popnluni uti possil. Cerle Paiilus apertc déclarai omnem 
poleslalem esse a Deo, nec enim minus ordinationi Dei rcsislil, qui inferiori magis- 
tialui resistit, qnain qui superiori. Idemque Paulus ait : omnem poleslalem esse 
ministram Dei. Non igitur simpliciter sunt ministri superioris magisiralns, ul ejns 
lil)idini ac voluntali parcant, scd minisiri Dei, ut quod bonum est, quatcnus eorum 
vncationis liniilcs patianiur, nullo iiabito vtl superioris vel inferioris magistralus 
respectu, exequanlur. Ail idem Paulus gerere gladium ut malos ulciscalur ac bonos 
iiiealur. Quod si igitur superior magistralus velii bonos opprimi ac malos sua maieficia 
impune exercere, sane infcrior magistralus nihilo minus suum oflicium Deo praeslare 
(a quo in cum finem est ordinalus) lenetur. Pelrus etiam aperte jubel primum quidem 
obsequi regibus ul superioribus, deinde ul gubernatoribus seu recloribus lanquam ab 
ipso Doo missis ad ultionem improborum et bonorum laudem. Quod si igitur infe- 
riores magistralus (ago tantum .de illis qui gladii funclionem et juslitiae adminislra- 
lionem jurali acceperunt) ab ipso Deo, et quidem in eum (Tnem ul improbos ulciscanlur, 
missi suni, quis dubitabit quin debeani, in Dei pvaeceplum, non habita rationc superioris 
magistiatus, qui proprie eos non insliluil, rospicere'? El sane, quolies superior magis- 
tralus inferiori sua cuique niunia distriliuil, iiaud sua aiiliiorilale id facil, nrque illis 
quas ipse vult loges praescribil, scd aiiclhoritale Dei ac legum, cpiibus minus ipse 
superior magistralus ac céleri omncs jure nalurif subjecti sunt; nec ipse illis quid 
justum vel injusium sil, ex arbitrio praescribil, sed re ipsa ex verbo Dei et legum 
decreto justum esse conslal, id \ero jubet excqui, eoque illo saneto juramento obstringil,' 
itaqtie non suos ministres, sed jusliiiœ, sed legum ministros facil. Quod sane ex ipsa 
magisiraluum instilulione facile apparet; nam, si pcr imbecillitalem humanam unus 
omnia prieslarc possil, nequaquam Cuerit necesse aiios aliis adjungi ad ministres, adju- 
loresque. Ille enim unus, a Deo scmel instilutus, Dei legem exequi in oflicio adminis- 
irando lenerelur. Cum aulem fieri iiequeat, voliiit Deus ul ille unus sibi conslilueril 
administres atquc auxilialores, qui Dei legem iiactcnus prose exequerentur, quoad illi 
uni per liumanae naiurae infirmilalem id minus lieeret. Id ila se babcri condrmalur 
excinpio Mosis, qui, consilio Aaronis parens, judices, principes, magistralus insliluil, 
(jui pnpulum regereni ac jus dicereni, non ex praescripto aul arbitrio suo, sed ex verbi 
divini ac legum praescriplo .-jubel enim eos Moses cxtremiscere quominus funclionem 



DES l'AYS-BAS ET DE L'AINGLETEKUE. 



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fuam ac munus rire ac lc};iliii)e exeqiiîuitiir. Jos^aphal eiiani rex, oonstilulis judicibu» 
'hc magistratibus, cdicil nnn gcicre cos bominurn jiidicia, scd Dei. Non siiiit igiiiir régi-* 
judicia (jiiae inferioribus magislralibus ac judicibu-: deiiiandannir, sed ipsa Dei judicia. 
QuariKibrcm, si gladii poteslalem ac funclionem a Dco juraii acccperuni, debentprofeci'i 
codcin gladio in niiincris sui cxeculionc uli, nulla habiia raiioiie vci inferiuium vcl 
su|ieriorum, ncqui; cujusquam auctoiilaicni rcvcrtri, quoininus qnod (loiliciti suni et 
ad cujus rei fdnctionem vocali siint, prajstcnt. Cum ila magistratns jiiramento se obstrin- 
git ad p()pnli difensinncm, Icgtirii alqiie aeqiiitatis tuilionem, privilegioruin et libcrtatis 
eonsiTvatioMcni, et ad id iiiuniis ghidio civili arniatur, dehcl profet^lo cum gladitini 
sliingcrc in cf)s qui Icgcs, a;(juilatcin cl populi libcrlalcni conantur violarc. Qui, cum 
illi suiii etiam contra principis supcrinris voinnialem, non serus prorecto quani quibns 
cullus divin! cura coinniissa est cl ad Mimicris sui futicdoricm gladio verbi arniaii suni. 
debent cumdcm illurn verbi gladiuni quo a Dco arniati sunt, in onincs slringcrc qiii- 
cunque cultum Dei violant, quicunque tandem illi sint aut quacuncpu; dignilalc sini 
prœdiii. Et sane iilud est genlium omnium ac populorum jure cxpioratum, magisiratus, 
sive sint supremi sivc iiiferiores, modo sint gladio ad jiisiiiiam adminislrandani, 
k'gesque cusiodiendas armali, non esse principis superioris magisiratus, sed reipublica- 
et legum magisiratus. Nam, cisi vocantnrofliciarii régis, proplerca quod régis voce ad 
id muncris vocati sunt, non lamen régi |)ropric, sed legibus ac justiiiîp oi)slricli sunl. 
Munus eniin eorum non a rcge datur, sed a legibus. Legcs autcm reipublica; non reginu 
aul principuni causa propric inventas cl consliiulas esse, ncnio est qui anibi^'at. Alquir 
liinc est (|uod in cjusinodi dignitaiibus ac nunieribiis non succédai bières, quemad- 
niodum in céleris l'cudis. nisi sil invcstitus, qneniadnioduin piieclarca l{:ddo rcsponsimi 
est. in lilulo de feudis marcliiic, ducalus et coniiiaïus. Proptcrea nimirum (in(|uil 
fiaidus) quod istac digniiaics cum jurisdiciionc sunl rcipublicae cl apiid ipsam rcmpu- 
biicam, et sicul radii soiis non posstuit scparari a sole, sic jiuisdiclio non poiesl separari 
a republica unde orla est et cujus causa vigorem suiun oblinel. Ideo et ex auctori- 
lale liuioccniii idem IJaldus slatuil civitatem Scnaruin non esse civitaleni Iniperatori-, 
nec Bononiam civitalem esse Romanae Eeclesiœ, lieet ci sulijecta sil, sed esse civilalis 
iilque universiiatis. Nec enini prinecps aut l'k'clcsia quicquam ibi liabel autlioritntis, 
inquil, nisi tani|uannespublica, cujus rcipublicae imagineni et nonien gcril.ae piopicrea 
cimeludil quod Impcralor essel (|uasi lyraunus, si non tanquaiu respublica se gercrel, 
ut cliam alii reges qui privala} siur utililati ncgoliantur. Quia, inquil, praedo esi, qui non 
utilitali doniiiii, sed propriiestudei, Tii.De nrr/ot.f/esl., l : si piiitilli %2. 1 laque juris indii- 
bilaii esl, (|ueuia(iinoduin idem ISaldus coiuliidil, onuies digniiaics quse gladio et juris- 
diciionc armaiic sunl, esse munera reipublicœ, non principis, eliamsi sese a principe 
nomine rcipublicir confcranlur cl in principis maniis nominc lanlimi reipublica^ jure- 
jurando se obstringaiii. Quid sane jure nalurali ila se linbere docct omnium regum ( f 



<m KELATIONS POLITIQUES 

magistratimm instilutio, qui primiim qiiidem a populo elecli siint ut ejiis saluti con- 
tulerent el jus suum cuique adminisirarcnl. Populus liac una condilione in illos conlulit 
juris potestatem, eisque propieiea vel senalum vel ex populo dcleclos adjungit, ex quo- 
rum consilio atque aucihoritale rempublicam adniinistrarenl. Quod posiea elcgendi 
senatus munus in multis civiiatibus ac rcbuspuhiicis eliam est in principem collalum, 
so(i non aliter profeeto qiiam queinadniodUm ex Baldo annotatum est, ni princeps 
reipubliciE corpus representel. Idro enim senatum illi atque alios magistratus adjungi 
eertum est, ul legum aulboritalem etiam contra ipsuni principem teneant. Lcgem enim, 
saltem eam quse non sit juris posilivi.sednaturalis, esse supra principem, nemo unquani 
sanus dubitavit, cum ex legis decrelo et propter legem ereatur princeps, neque uilam 
nisi ex legc dignilatem obtineat. Jani autem legum custodes ac\ indices esse magistratus 
omnibus quicunque jurisdictionem obiineant, est extra coniroversiam, quemadmodum 
est a Platone in libro de Leyibiis praeclare delinilum. Quamobrem perspieuuni est 
magistratus qui gladio et legum decreto armati sunt, non principis, sed reipubliea' 
ministros, etiam contra ipsos principes, esse debere. Atque bine est (juod legeDuodecim 
Tabularum ila apud Romanos saneitum eral : Sains populi svprema lex eslo. Et sane 
ad populi salutem, non modo omnes leges, sed etiam onines magistratus semper refe- 
nbantur. Nam, propter quod difficile plebs convenirc possit, populus eerle multo diffi- 
eilins. Tantœ turbœ bominum nécessitas ipsa curam reipublicae ad senatum deduxii, 
quemadmodum ait Pomponius in titiilo : De origine juris. Quid? qtiod in illo ipso tem- 
pore cum régis potestate nrbs gubernarctur, tamen regibus non modo senatus fuit 
adjunclus, sed etiam a populo in decurias diviso leges curiatae sanciebantur, et reipu- 
blicap cura pcr sumnias curiaruni populi expcdieliatur. Et dcni(|ue Tribuni Celeruni 
regibtis adjungebantur, qui (-(luiiibus prœeraut et veluli secundum locum a regibus 
oblinebant : quo in numéro fuit Junius Bruius, qui rcgem pro libidine agentem contra 
leges summn sua cum laude rjecit. In eorum deiiide locum dabantur dictaioribus n 
quibus lamen nuila eral provocatio, magistri equiium, et succedenie tempore Impera- 
toribus piœfecti praelorii ei trii>uni cqtiiium, qui nimirum Impeiaiornm ac prinipum 
lyrannidem legum ac senatus auiboriiate coercerent. Hinc est quod Ncronem senatus 
bostem judicavit et more majorum puniendum esse censuil. Mine etiam est quod Tra- 
janus lmpera(or, eiim Suiie Lieinio tribunaluni militum traderei,ei(|ne porrigeret parago- 
niam : Talem, in(|(n't, ensem accipe, (juam pro me ila demum siriiigas si juste impeiaven», 
quod, si [icrperam quidquam per me ficri eognoveris, eo in |)ernicicm meani ulcre. El 
sane pleiia est exemplorum lam sacra qiiam |)ropliana bisturia, qiiibtis ab inl'erioribus 
magistratibns ac populo rcgibus ai.' sumniis primipibus leslitnm est. Pcrsae regcm suum 
Habadem regno dejecen;nl, quod legem lulisset de non vindieandis adulteriis, nisi si 
quœ publica cssent. Notum est Persarum Salraparum factum, qui Sardanapalum non 
modo regno, sed vita privaruni, quod indignum se rcgno gercrel. Satrapae Nebueiiad- 



DES PAYS-BAS KT DE L'ANGLETEHRE. 



'Hil 



iiiizor regeni siiuiii ((igcruiit cdicluiii pru (orutu aihitriilii propoiiere. Horiiaiii rrgrin 
Tarqiiiniiiiiicxpiilciuiil, Dcccniviroruin magislraluniubrogavetunt.GcrinaniFrcdcricuiii 
Terlium, alio Imperalore crcato, deposucrunl. Gnili Childericuin rcgno abdicaruiil. In 
Anglia saepe reges siios oapilc piinieninl. In Scolia, ex nobililatis alque ordinum dccreris, 
régi munus sniint al(|iic inipcriuni praliniliir. Iircvi(cr, onnich apnd po[)iilas, id scinper 
induhilali juris fuil vcl inullilndinem ipsam vcl ex nobililulc deleclos aliqiiot vcl cer- 
los jtidiccs ctiam in snmmos niagisiraltis liiicicnus iniperium liiibuisse, (|U()a(i illi leguni 
cdicla per viin et lyranindeni violarenl. lit vcio eiiain, apnd Homanos im|)eraloies, ciini 
coi'um aibiirio pa:no cnnetus orbis subjceliis vsfv\, iia m imniodcrala a((|uc ofTrenis 
potcslas monstra bominnm polius qnam honn'ncs cderel, lanien ila fuit compraliim ut, 
tanirtsi polcntin at(|iie andaeia niililnni picruinqne plus potcst (juani lex aut ratio, hic 
niciiiloniinns lionos senatui iiabcrelnr ut ejiis noniine atijue nuctiioritatc princeps ciige- 
relurei, si necessc cssol, coercerelurvcl iinpcrioabdicareiur.quemadmodurn inîSeroiie, 
nonntdiisquc aliis faelitaluni Icginius. In lielgio aulcm ncnio ncscil iis conditioiiibus ac 
icgilius inaugnrari pi iiiei[)om, non n( sit rex vel lyrannus, sed vel diicis vcl eotnitis tiliilo 
Icges patrias observcl ac luealur. Suniina auteni polesias sit pênes ordines ai<|ue ordinum 
coniilia. Hinc est quod omnibus sœculis a ducibns litirgundiic sive Bcigii principibus im- 
puneiienil ad provinciaiia ronsilia son parlatneniaappeilaïc, imo cl ipsos principes coram 
ejusmodi s( natu in jus trubere, ila ut non raro iisu vem rit, ncc \ero etiam ita pridem, 
ut a Flandriœ Consilio scu l'arlarnenlo capitc damnati suni, quos Flandriae Cornes 
maxime >olebal esse salvos. Illud «tiam est extra dubiialionem Belgii principem non 
posse eonira Icges et inslitiila pairiae vel ieges eondeie vel privilégia alia eui(|uani conce- 
derc, ila ut, in permuliis ikigii locis, |>ra'serlini in llanndnia, Hrabantia, Flandria atque 
llollandia, inlinitis {iropc exemplis nosira tclalc rontirn)alum sit privilégia quœ prineeps 
conira inorein niajoriim ac pallias Icges coneesscril, pro irritis ac nullis habita et judi- 
eaïa. lùqiiideni nsque eo ni nc(|ue legem condenilo, ne(|(ie privilegium concedendo, et 
nequidein si diserte exprimai : Mon ohslaiitibus legihus aut cunsliludonihiis conirariis, 
ejus rcscripta eonira consueludines ac jus c )mmune Mannoniœ ac 13rabantiœ et aliorum 
nonnulloruni locoriini vini ullain obiineanl. Ft vero ciiam, qund niiillo niagis esi, haud 
luit unquain principi licitum rescripto anl privilcgio eui(|uam concedcre supreniam in 
Icrrilorio aliquo jurisdictioncm, nisi expresse consenlieniibtis provineiœ oïdinibus. lia 
(|uidem, ul in Brabanlii» annalibus relalum sit Ducem qncmdam qui lempli sirueturam 
in Bral)antia sine consensu ordinum inrhoaral, fuisse proliibiium rœftlum opns |>cr- 
(icere, slatutuinque ul in pcrpetuani ici nienioriam siruclura ila iniperfecla nianerel. 
Hinc cliam esiquod a Tribus Flandriic Membris seii ordinibus ad comitia congregalis, 
cum agcrctur de Maximiliano imperalore ex eiisiodia diniiltendo et pace cum (ialliœ 
Bege ineunda, céleris tolius Belgii ordinibus scu stalibns, laiii|ua!n indubitaluni axioma 
cuiqiic a neminc reclamarelur, per tribiinuni picbis scu pensionarium Gandavenscm 
Tome VI. 26 



202 RELATIONS POLITIQUES 

inicr cclcros arlicnlos proposilum fdcrit eunclani Belgii provinciam habere perse po- 
lestalem induhitalis ac cerlis privilegiis concessam, qiiocunque tempore velleni, fœdora 
ac pacla publieo jure ac râla facere in ntililalem reipublicœ ac proFiibcre ne suis pi i- 
vilegiis, libcrlalibus atque immunitalibus uilum dctrinicnlum affcralur, ullavc fraus fiai, 
eliam non cxpcrialo principis consensu. Simul cl pro indubilalo sumuni licere principis 
injustiliae vi palam resislere, cidomquc eliam, si necessc sil, impcrium abrogare: quoil, 
prœler exierna excmpla Romanorum, Galloriinn et Germanorum, etiam suis domeslicis 
confirmant, nimirum Arnoldi Simpiicis ac Robcrli Nornianni, Comilum Fiandriœ, 
qui suo principalu et imperio a civibiis olim fueruni abdicali. Quod iiisuper eliam al) 
iis confirmalur jure vasailorum quod diseric eavetnr : Quemadmodum vasallus teneliir 
domino feudi fidciilalem praeslare, ila contra dominum vasailo ol)strielum esse ut jus ac 
aequilalem adminisiret ac sine justa vi eum in pace ac tranquilliialc liieatur. Quod si 
non fecerit, liberari vasallum ab omni obedientia alque ab ol)sequiis promissis : est 
enim in feudorum condilione juris indubilati , ob quas causas vasallus feudo 
privctur, ob easdem privari dominum l'eudi propriclatc , eamdemque esse ulrinque 
lidelilalis jurandœ formam jure civili disertissimc desL-ribilur. Quod jus a Baido juris- 
perilorum facile principe, Snnctiim jus appellatur : dirit enim juris apertus lexlus quod, 
in quibuscunqiie vasallus débet esse (idelis domino, in eisdcm dominus débet fidein 
vasailo: alioqui dominus judicabitur maiefictus. Jam aulem et illud est extra contro- 
versiam non alio jure Flandriam aiquc Ariesiam ac cèleras Belgii provincias, quae 
(juidem cerle Imperio Uomano subjeeiau fueruni, ad Ducein Burguiidiae devolulas, quam 
jure |)airoiiatus aut jure feudi: quod po'est inliiiiiis il pactorum et bcllorum gestorum 
exemplis facile dcclarari. Est enim rerum Flandiiearum monumenlis proditum saejic 
Flandriœ civilalcs sucs comiles |)rivilegia vel leviler infringere tenlantes abrogassc 
alque expulisse, saepe eliam cuni ivgibis Gallorum ad (pios summum jus [latronalus 
perlinebal, belia gessisse et ad Angiiœ reges defeci>se, neque aliler (juam ecriis paclis et 
conditionibus sese ilerum in Gallorum clicnlelam condidisse. Aeeepimus eliam, cum 
Pbilippo, regum Galliae et filio et frairi, Dnci Burgundiœ, rebellassent Gandavenses ac 
landem gravi et diuturno bcUo domili in ejus poleslatcm rediisseni, fuisse ilerum 
reeonciliatos ea condilione ut suis legibus ac privilegiis vivercnl, et singulis prope paeis 
conditionibus alque capilibus eam clausulam fuisse adjectam : Salvis ciijtisqiie civilalis 
privilegiis ac juribvs. Quod idem in ea pacis transaclione faclum est, quam cum 
Jm|)fcralore Maxiniiliano Gandavenses simul et Burgenses inienml, et sane Ganda- 
vcnsis civilas omnibus rétro saeculis magna vi alque poteniia suam libcrtalem sempcr 
Uilala esl, ila ut veleri majorum more ac jure ad unius campante signum semper iri- 
ginla virorum millia solili fueruni in armis sislere. Hue eliam perlinenl priscTe illie a 
majoribus acceplae fralriarum consucludincs, quibus civilalcs Flandriic ac Brabanliœ 
suos cives in armis, quelles opus esset, ins'.rui-tos liaberent. Quae sane consueludines 



DES PAYS-BAS ET DE L'AlNGLETERRE. 



20.» 



alia «aginaiiorum atiliqua corisiichi<liiie, qua solciK ex singiilis provtnciis pro mon; 
majoriim cives convenire et sese jaciil.indo, aliis(|iie bellicis arlihus exercere, confirmaii- 
Hir. Uurgenses eliani piofecio, eeleii(|ue Flaiulri non alilcr (idc m principi ac jusjiiran- 
dum prœstanl, nisi ipse prior illis jiiiaril sese ex jure et legibiis cum iilis actiiium, 
(iinniaque corum privilégia, jura ac formam judiciorum usitalam observaturum. iNani, 
(le Brabaiilia quid allinct diceie, cujus pacta alque eoiuiiiioncs qiiihns prineipeni suuni 
accipiunl, liodie niunibus oniniuin lerunUir, inler (|uic permulia sunl meniorabilia 
quibus aperie polesl dcciarari Ilegem, cum liae InquiMioruni tjrannide atquc aeerbitalc 
ediclorum, qua), eonlia dalani (idem et pacla jurala, non ndbibila Ordinum observa- 
lione, facla sunl, nos piemit, lideni et promissa apcrte violasse, ac (iroinde, pro more 
niajoruni, abOrdinibus ac magisiralibus iiiferioribus non modo posse, sed eliam debere 
eoerceri? lllud eiiam imprimis mcmoraiu dignum est, quod ariiculo qninqungcsimo 
o( lavo aperte coniinelur, in quo princeps, si superioribus ariiculis, capitibns, graiiis, 
piivilegiis alque confirmalionibus quoquo modo vel ipse conlraivorit vel ire permiserii, 
quacuuque occasione aut quocunque (andem modo id fiât, sive in totum, sive pro parle, 
jurât se consentire ac concedere omnibus pia3lalis, baronibus, cqniiibus, civitalibus, 
maneipiis atque aliis omnibus subdilis, tum unixersis generatini, tum eliam singulis 
singillalim, ut neque sibi principi, noc omnibus bieredibus ac posleris, in uila causa 
quam peiierit aut imperaverii, tanlisper oi)edientes sinl in dicta, donec eis, quoad supe- 
riiires arlicuios et capila, plene alque adamussim saiisfceerii, in camqiic rem slaliiil, 
ac reipsa ac de fuelo decernil omiies njagisiralus, jam ab ro ip?o temporc juramenli 
piaeslili, quicunque in l'raudem ejusce joeundi iniroitus insliiiierrntur, imllos es.«c ac 
deseri ab omnibus debere, atque omnia quœ ante juramenium praeslitiim atientala, fac- 
t:i(|iio sunl in fraudeni oc pra^judieiimi eorum qua- anic dicla siuil, pro nullis alque 
irrilis babere, neque vel dcbeie vel posse in se(|U('nli icmpore observari. Quo qm°d 
poUsi ad omnem banc conlroversiam diluendam dici planius, cum hie aperlc paciscalur 
ac stipu'etur sulidilos non esse illi obsiriclos ad ullum obscquiuni cl observaniiam, nisi 
quoad cl qualcnus jurala a se |»rivilegia ne jina libcrlaiis plene, |)erfi'eleqiic rata alque 
intégra esse palitui' et saiia lecla luelur. Pacla auiein esse juris gcnliuni nemo anibigil, 
ila ut iis princeps, rex aut impcrator niliilominus Icneatur quam quilibct ex vulgo 
vilissimne condilionis. Deindo.ciMn sit Iioc paclum comlilionale ac mntua slipulatio, sane 
indubiiaii juris esi, ccssanle cottdiiione, eliam ecssare obligalioncm : quod non modo in 
pecuniariis, sed ouinino in omnibus coiitraclibus loenm liaberc dcbel, ac potissinmm 
in iis (|Uic populo ac univcrsilali alicui per siipulalionem permiiiuniur, qiiemadmo- 
dum omnium regum ac rerumpnblicarum, in qiiibns ejiismoili |)acla convenla suni, 
exemplum sit |ierspicuimi. Nam non modo sialuia, sed eliam pri\ilegia qcœ in eoniraclu 
transeuni, non posse rt-voeari, eerli juris est. De Hollandis atque liannoniensibus, qiio- 
nmi se palatinum voeat princeps, ccrtnm est eliam prope inajori jure libertaiis sempcr 



204 RELATIONS POLITIQUES 

iisos fuisse, cum el hodie cerlum sit Hannonicnscs, propicr nulla principis rcscripla, vcl 
lantillis suis consucludinibus nrquc solcre, ncquc dcbcrc rcccdere. Hollandi auleni seni- 
pcr id potcstalis habucrunt ul, quolies vclicnt, non consulto principe, Oïdincs non modo 
Ilollandite, sod eiiani cunctœ Bilgiœ provinciœ cogèrent el de rébus ad rcmpubiicain 
perlincntibus, (|uod iliis viderctur sialucienl. De eeteris quae sub Imperii jurisdiclione 
anic ad Caroli Quinli lonnpora lucre, nibil allincl diccre. Cerlum cnim est non 
alia condilione vcnissc in Cœsaris poleslalem qiiam ul suis Icgibus atque insli- 
lulis vivercnt, el eodem libcrlalis jure quo sub Imperio usi crant, poslhac semper ute- 
rcnlur. Quarc quœcunque Jiic possinl aiïerri ex Scriplura, qund obcdiendumsil dominis 
improbis cl principibus lyrannis non sil resislcnduni, nihil ad rem praescnlem faciunl. 
Qui enim dominis subjccli crant, jure mancipi crant subjccti. Qui ciiamoiim vcl Romano 
imperio vcl Nabucbadozoris jiigo, eui subcssc populum suimi vull Dcus, cranl subjccli, 
vi ccrle et armis subjugali jani servi l'acli cranl, el babebal in eos dominus vilae cl necis 
poleslalem, ilaque poleial quicquid adiubcret in eos slaluere, ncqiie ampliorem iis libcrla- 
icm quam vellcl, conccdcbal. Omnia cnim eorum bona, bbcri, eonjugcs ac ipsa denique 
\ila ejus libcralilali cl benefieio debcbanl accepta ferri. Nos conira longe alio jure uti- 
iiiur. Princeps, praeter sua rcgalia, nihil liabel in nostris rcbus, quod suo jure possil 
sibi vendicare. Si quid amplius vclil a nobis auferre, id esl ilii precibus impcirandum. 
Ad cam cnim rem convocat provinciœ Ordines, in quos omnem suam polcslatem con- 
Uilil po|)uliis, cl in quorum lumierolribuni picbis, qui pensionarii liodic dicunlur, 
non miiiimam poleslalem obiincnl. Ab iis prceario qund cupii, exigil. El surie iiosira 
(|uidem aeiate, majoruni vcro temporibus prsecipiie, ci apcrtc negalum fuit, sappe eiiani 
certis condilinnibus indultuni esl, ncquc ullnm sibi propicrca injuriam fieri cxisli- 
mavil. Leginms sane in bisloriis, cum Maiia IJrabanliae ducissa Hcgi Galliîe Caroio 
Sexto, ad cujus fraircm Philippiim BurgiindiaR crat pcrvcnturus lirabauiiae ducatus 
jure lisercditario, per nrabantiam transilum cum exerciiu quo in Gcidriam parabal, 
cxpedilioncm conecssisset, ordines obslelisse atque aperle denuneiasse se nulla id 
ralione permissuros, cl, si (ieret, ne lanlillum quidem in id btlium contribuluros. 
Quid? quod, bac nostra ipsa aelatc, cum Rcx in Hispaniani conicndcrel el, Ilispano 
milite praesidiis relicto, colleclam fieri poposcisscl, accepit responsum ne lanlillum qui- 
dem oblaturum esse, nisi pra'sidia bispanica ex urbibus atque areibus deducerel : quod, 
eisi admodum gravalc, tamcn fatcre ecrtecoaclus est. Quid? quod etiam aperle pacisci- 
lur Dux Brabantiae sese sine Ordinum et civiialum libero conscnsu, ncquc cniquam 
molurum esse bcllum, ncquc pignora erepturum, ncquc monctam eiisurum, ncquc bello 
parla rcslilurum, nce denique quicquam aciurum, promissurum, obsignaturum, quod 
Brabantiae incolis, civibus ac civilaiibus, vcl corum cuipiam, vcl denique eorum liber- 
lali, privilcgiis ac juribus fraudi esse quoquo modo possil. Prœlerea scimus olim vic- 
torcs Romanos cl Babilonios populis a se devictis cas Icgcs, cas juris dic( ndi formas, 



DES PAYS-BAS ET DE I/ANGLETEKRE. 



205 



(OS dciiiiiiic majçislrntiis qiios vcllciil, (hdiss*-. Nos coniro nosiris Irgibus, nosiris jiidi- 
(iis, nosiris riia^istralibus ntiiiuir, iicquc anu-H priiicipi flileiii jiirnniiis quani stio jiire- 
jiirando vicissim id jus nohis confirmant, raliimqiic fccrrii, ita ni nosiro œlale vidcri- 
iiius, ciini Inipcralor nrnl)atjliiL> (*ivilaii <Mii[iijini (landnini niafrisirainni imposuissoi, 
postea ox Ordiiiuni pelilioiie ac legum a se juraiaruni dceiclo, taniolsi invilum, magisrra- 
tiim eumdein abdicasse. Idem poslta in Flandria cl nominniim Gandavi, nbi Doniinus 
de Quercu, Megani avunculiis, nalione Brabantiis, eisiiali pracfeelns fncrat, faclilatuni 
esse vidin'uis. Ilaqno non sie judicanduni ex geiierali atqne ordinaria magistraluum ac 
|>rincipuni poiestale, scd ex prœscriplo paeloium aiquc eonvenloruin quae ciim piin- 
eipibus ineuntur. Cum ilaque planum sit Kef!;em ilispaniœ paciis non stelisse et non 
iitio modo, scd niodis infinitis, contra pnfsiiliini jiiramenlnm et fidcrn dalam venisse, 
magislratus, ex niero imperio, pro suc arbilralu, contra legcs patriae ac institula, créasse, 
cdicla prorsus tyrannica et contra onineni legum ac judiciorum ordinem edidisse, civi- 
bus audienliam dcnegasse, in vassallos fcloniam (ut vocani) multis modis commisisse, 
in eorum facilitâtes, dignilatem et vitam pcr vim invasisse, populum conira pacla 
jiirala, conira oninem judiciorum ordinem, traclavissc, privilégia violasse, liberialenÉ 
oppressisse, niagisiralibus extraordinariis atque ecclesiasticis, conira morem majoruni, 
contra supeiiorum priiicipnm edicla, contra sui jusjnrandi fidcm, eos snbjecisse, nemo 
sane dubilan: poust principem Aiiraicas cclerosque omnes quibus ( jnsmodi fada est 
injuria, ab cjus omni jurisdictionc, alque sic, tum divino, Inrn Ininiano jure, lum cl ex 
formula slipulaiionis, libcms atque excmplos, donec eos reslilucril in inlegrum et pro- 
missis suis plene ae per oiniiia salisfeccrit. ("uni aulem princcps Aurairae sit legiiimiis 
Hiagistralus gladio a Dco armaïus in bonoium laudem ac dclcnsioneni jusliliai ac sequi- 
laiis admim'stralioncm, legum luitionem, violeiitiaî ac tyrannidis repressionem, et vero 
sit magislratus populi ac rcipublicae niinister, cui etiam jurcjurando sit obstriclus, cum 
et Ordinum non modo Ikaliaiitia", scd lolius Ik-lgii sit capnt aul ccrlc praccipuum mem- 
bruin cl Senalus primi a quo cclori omnes senalus dépendent, senalor primarius, cum 
praecrpuus civitatis Antvcrpiaiia? jure liiereditario sii Burcbgravius, prseripuarum pro- 
vineiarum [lollandise et Zcliindiœ pnclor ac gubcrnalor, et denique ab in(iniiis vassallis 
qiti, propler feloniam multis modis in se cnmmissam, (idc sua libcrati sunt et per sum- 
mum nefas sine ulla juris foinia suis fcudis spoliali, et eliam a populo libero conira 
omnem ipquitatem ac juris formam, cinque omnis audientia denegelur, vim passo, ac 
per tyramiidcm non modo privilegiis ac lihertatis juribusspoliato, scd eliam exnio bonis 
omnibus, patria expniso, poscatur in vindicem libertalis ac redemplorcm oppressi po- 
puli, sane nemo aniplius dubilare potest quin et voce divina et bumana ad id munus 
rite vocatus sil, et pro ea vocalionc sane quam légitima ad vindicandam populi liber- 
latcni, Irgum auctiioritadiem rcstituendam, judiciorum formam inslaurandam, vim a 
suis cixibus et popuiaribus expulsandam, tyrannidcm exlerorum bominum rcprimen- 



206 RELATIONS POLITIQUES 

ilam, vassallos in feudorum jus ac possessioncm restituendos, optimo jure arma sumcre 
non modo possit, sed etiam pro suo ofilcio ac munere, pro suc jurejurando, pro eo loco 
(|uo iia(us est, pro ea dignitate ad quam a Dco, a legibus, a nobilium et vassailorum 
ordine, a populo vocatus est, omnino tenealur, simulque omnes ii, q[ui patriam, qui 
libertatem, qui justitiam et aequitatem, qui religionem, qui suas fortunas, qui aniicos, 
parentes, socios ac fratres ssevissimo lyrannidis juge oppresses, qui Christi membra, qui 
suos liberos, suas conjuges , suam denique vitani atque omnia salva esse cupiunt, 
et Deo jam ad redemplionem ex bac misera servitule et lyrannica oppressione classi- 
(•um canenti nolunt contumaciter repugnare, teneantur pro suo offîcio, proque obedien- 
lia quam Deo, quam patriae, quam legibus, quam principibus ac magistratibus debent, 
principis conalibus, pro sua singuli vocatione, adesse, omneque auxilium atque opem, 
quoad ab eis (ieri potest, praestare. 

{British Muséum, Galba, C. III, fol. 378, et C. IV, fol. 393.) 



MMCCLXXllL 

y4v'i'8 des Pays-Bas. 

; Berg-op-Zoom , 3 novembre 4f>7l; 

Nouveaux détails sur la bataille de Lépantc. — Nouvelles d'Espagne et d'Italie. — Levée 

du dixième denier. 

Tbe balteli betwecn the Cbristians and Turks was fought at Prevesa in the Morea, 
and ihe army are gone on part to yc reseue of Famagusla in Ciprns, wliich was unta- 
ken tiie 4 of septcmber, as ilie iellers of Grcse and Consianiinople relate. 

It is thought aiso the Cbristians will attempt iaking of Bugia as plas of great impor- 
lans. Tbe Cbristians bad the vietory. 

Tbe Turks intended notbing Icsse iben a batieli, for tlie Clirisliaiis gave out ihey 
would not fight, but défend this ycar, being indeed secretiy resolved to fight, lo which 
the Veneiians raiber cam constrayned tben wiliing, but did fight well. Don John de 
Auslria and Mark-Anthony Colunina, bis lieuienanl and generall ot tbe Popes galleys, 
gave Ibe first onset. 

From Spayn is dayly iockcd ihe newes of the Queens delivery. 

The flet of this contry is stayed in Spayn. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



207 



The Duke of Ferrares deaih is mosl hevely ianiented of ihc King. 

The Slales of this contry will no way coiisoiil to thi; x'" penny. 

The Duke cornes shorlly to AiHlwcrpe, yeal thcir is a f|ualli(ication yt surli wares, 
'as arc sold of thc coniry, shall pay bul llic xxx penny. The Staies hâve respit (ill 
Chrisinias to aunswcr. Of ail lands or hotises hou^cht or sold, ihe xx penny is graunted : 
fhe will hâve the olhcr to or his nere vallue, I ihink. 

(Oritish Afuseiim, Titus, B. VI.) 



MMCCLXXIV. 

Avis des Pays-Bas. 

(ANVEKS, 4 NOVEMBRE KH.) 

On dit que le duc d'Albe enverra cinq mille Wallons en Ecosse sous les ordres de Vitelll. 

Il is liere sayd that the most part of our rehells are gone inio Scotland wilh the 
Dukes ships, and in them 5,000 Wallons wiili munition. Some will say that capiayn 
Vitello is gone wilh thcni, l'or he is noi licre to be senne. 

(BrU. Mus., Tilus, B. VI.) 



MMCCLXXV. 

M. de Sweveghem au duc d'Albe (Partie en chiffre). 

(Londres, 8 novemuke l.">7l.) 

Lo reine a annuncc riiitcnllon de faire vendre les niarcliaiidises scqiicslrcos. — Il a obtenu 

un délai de dix jours. 



Lv iij"" lie ce mois, sur le lard, deux couslmniers, par charge de la Royne et de son 
Conseil, ccst-à-dirc, des milorls l.eyccsire et Bourghicy, me vindrenl annoncer que, 
n'estant jiisqucs à ceste heure eoniparii Thomas Fieseo, combien que par ses lettres du 
xix° d'octobre il eust cscripl pouvoir partir de Bruxelles au xx ou xx]" dudiet mois, eili 



906 RELATIONS POLITIQUES 

avoit esté forcée d'exaiilcer les clameurs de tant des subjecls inléressés par les arrests, 
et pour aulcunemcnt les préserver de dommaige, s'esloit condescendue au décret de la 
vente des biens appertenans aux subjects du Roy, mon seigneur, arreslés en ce 
royaulme, à ce que jVus«e à commcclre ung ou plusieurs, pour vcoir la bonne façon 
et juste manière de procéder que l'on ticnciroit pour faire ladicfe vente au plus grand 
proufTict des propriétaires. A quoy leur feis responce en toute courtoisie, telle que 
sambloit convenir au temps et à la qualité des personnes desdicis annuncialcurs. Et. 
après en avoir fait part au S' Don Guérau, et en partie par son advis, m'advisay de me 
trouver le lendemain, bien malin, devers lesdicls seigneurs chiefs du Conseil de la 
Royne, ausquels, chacun à part soy, remonstray l'occasion qu'avoy de tenir le faiel de 
la restitution des arrests hinc inde résolu, si avant que louche les Anglois, et que 
lenois ledict Fiesco estre jà en chemin, du moins depuis le second de ce mois, pour 
porter en personne les premières bonnes nouvelles, en conformité d'aulcunes lettres à 
la vérité venues de delà, combien que en mes discours n'avois occasion d'y adjouster 
plaine foy, veu que aulcun, de la part de Vosire Excellence, n'en avoit escript; que, pour 
avoir esté absent plus de l'espace de cincq mois de sa maison en Anvers, l'on ne 
debvroit trouver estrange si, pour entendre à ses particuliers négoces, il y faisoil séjour 
de sept ou huict jours, ce que pounoit aussi d'anllant retarder son retour, joinct la 
saison àe l'hiver et jours si briefs, mal propres pour cheminer en toute diligence: les 
suppliant parlant vouloir avoir la patience encoires dix ou douze jours, espérant que 
endedens ieeulx l'on auroit de son attente et besoingné satisfaction en toute raison, 
leur répétant sommièrcmeni combien il importoit que l'on ne précipitât et exécuiàt la 
résolution de ladicte vente, pour la conséquence; el, quant à ordonner quelqu'ung pour 
servir de tesmoing de leurs actions, en faisant ladicte vente, que je ne consentirois 
jamais à faire ce que se pourroit interpréter et prendre pour adveii de chose, laquelle 
je sçauroy eslre directement contre l'intention du Hoy, mon seigneur, le(|uel désire 
reslilution et non pas la vente. A quoy les irouvans merveilleusement durs et nulle- 
ment contentables, m'offris envoyer pardelà homn)e exprès pour avoir par luy responce 
asseurée dfi la venue; ou demeure dudict Fiesco endedens les quatorze jours prochains, 
veu la saison susdicte. Et les trouvant encoires en cela rétifs, m'aceorday (ne pouvant 
faire inieulx) à dix jours, et suyvant cest accord ay despesché le porleur de ceste ( ii 
diligence pour advenir Vosire Excellence et la supplier d'avoir responce sur tout ce 
que dessus par ccdict porteur endedens ledict terme de dix joins; et, au cas qu'elle ne 
trouve raisonnable se y accommoder, veu qu'il n'y aura en quoy donner iey ultérieur 
service à Sa Majesté et à Vostre Excellence, elle veulle estre servye m'aceorder le 
retour pardelà, pour entendre à mon particulier et d'aulcunes vefves et pupilles lesquels 
de la part de Dieu el nature sont soubs ma cJiarge. 
De Londres, le v° de novembre 1S71. 



DES PA^S-BAS El DE L'AINGLETEUUE. 



209 



TouUcs les lettres d'Espaigiie aux Anglois niarchans, apportées liicr malin, furent 
visitées avant qu'estre délivrées. 

{Archives du Royaume ù UruxeUm. Corresp. de M. de Sweieghem, fol. 83.) 



MMCCLXXVI. 

/4vis des Pays-lias. 

(Hambourg, 8 movkmbiie 1871.) 

Si aucun accord n'intervient entre l'Anglclerre et les Pays-Bas, lei Marchands Aventuriers 
feront bien de quitter Hambourg et de n'établir à Emdcn. 

I am sory ilic eoneliision of agrément hetwixt llie Low-Conirey and us dolh so 
slakiy procceil '. I doubt tiie Company sliall as yeal havc no traffik ihithcr, wherfor 

I eould gladly iindcrsland your opinion vviiellicr il were good to remove to Emden, 
whcr I lliink we -siiaibe hcller welconie lo llie people liicn wc he liere, for undoub- 
tedly I do pcrccive tliis pcople from tynie lo lymc do increas in grudging and murmii- 
rings agaynst us and cnn nol wcll away with our abod in ibis lowen, whicli inconvc- 
iiiencc growelh cboifly l)y llicir prceliers, wlio in tlieir sermons ne\er Icavc of speaking 
agaynst us for lluil wlie incline nol our scives to cmbraec thcir religion, and for niyn 
owen opinion I doubi lureafier some misclief lo cnsew to us, for I do net se the 
magistrales ean lielpc llie matler, alliioiigbe tliey liad good vvill to do it, if any misbap 
sliould fortune. 

{Bril. Mus., Titut, B. VI,) 

* On pcrsislait à croire que le duc d'AIbe songeait à envahir l'Angleterre. 

(Charles IX écrivait ii La Molhr, le 50 novembre IS7I, que, selon les rapports de MondouccI, le duc 
d'Albe préparait une expédition pour renverser Elisabeth. 

Le 8 octobre 1871, on interrogea un valet de Francis Englefleld, qui avait été arrêté en Angleli-rre. 

II indiqua la résidence de divers réfugiés anglais dans les Pays-Bas et rapporta que le duc d'Albe réu- 
nissait des soldais; mais on ignorait s'ils devaient se rendre en Espagne ou en Angleterre. (Accord office, 
Dom pap., Add., p. 361 ) 



Tome VI. 



27 



210 RELATIONS POLITIQUES 

MiMCCLXXVlF. 

John Lee à lord Btirleigh (Fîxtrail). 

(Anvers. 9 novembre 1371.) 

On assure que le due d'AIbc enverra cinq mille Wallons en Ecosse; mais on craint la jalousie 

du roi de France. 

PIcayse ihe Yowcr Honoiir to be adverlyssed lliat, nt niy arryvall liere, was very 
\\hollc taylke amongeste owcr contrarycs lliat llie Lord Scalton and Dackcrs, togctiier 
wyihe an other Spanyardc, vvlio slioldc brc of siminio good crcdet (as yl slioldc scmc 
for tlial llie Lord Scalton and Dackcrs gave liynie ihe iippcr liandc), wcre gonc fromc 
lience lowardes Scoilaiide, havyngc ij shyppcs laydden wyihe powder, shot and arniour, 
wlierof for ccrtaync iher was lackcn owt of liie casicll x gicl pcccs, snmmc svyll say 
xvj, and llicy liad ymbarkcd, as ower contraries gcvcs yl owl , v thowsande Walho- 
nendes; bul for ccrtaync ibcr arre a thowsande or xv' yn a redynes to bec ymbarkcd, 
yf yt sbayll bec lliowgbt good so to ymploye ibcm, as yl ys thowght, ihey gladly wolde 
yf yt wcrc not for llic jelosyc ihiy bave of llie Frcnchc Kyngc, wbo commes to Sayntc- 
Quynlens (as ibey arre crcdebblye adverlyssed) lo tbc ccllcbratiynge of the marryagc, 
wylbe V ihowsande soulldycrs at tbc Icslc. 

From Anwarpc, ibe 9'" of november 157L 

[Record office. Dont, pap., Adtl., Cal., p. 571.) 



MMCCLXXVIIL 

.^vis des Pays-Bas. 

(MlDDEI-BOURC, 9-41 NOVEMBRE VàH.) 

Des agents du duc d'AIbc ont clé envoyés en Angleterre, en Ecosse et en Irlande. — On craint la 
guerre avec le roi de France. — Les pirates du roi de Navarre ou des pirates anglais ont saisi 
plusieurs navires qui péchaient le hareng. — Les navires qui devaient se rendre en Espagne, n'osent 
mettre à la voile. — Le duc d'AIbc a fait porter à Anvers des tapisseries déjà chargées sur un 
navire. — Écossais réunis en Zélande. 

Heir is of lai corne such ncwes ont of England to Duke d'Alva ibat lie and his 
Councelle are marvclously Iroblcd. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEBRE. 



211 



Tlicir hatli l)ene also of lat a boit sent liy llie Duke oui of Holland willi gpies or 
traylors, oric to ha landed in Scolland, an otiier in Ireland and tlie Ihird in Bngland : he 
for Scolland was landed, and likwise for Irr-land; hul, liefor (hcy coiild gct away, ihe 
Irislie nien did set npon lliern and liavc liml diverse of llieir men, so llial (liey durst 
not sel any a land in Kngland, as onc of tlic liurt men havc roportcd lyeing liere in (lie 
hospital. 

Tlic voys is hcrc and is also doiil)icd tlioir wilbe warros hetwecn France and tliis 
oonlry. AH llic men of warre, Spainiards and ollier, are sent lo the borders of Franncc. 

More ihen two days past, the liering bosses hâve becn driven home, and many of 
ihetn taken, wlial nunibcr is not yet cirlenly knowen. Somc say the Kinge of iNavars 
sliips, some agayn ihat yc Fnglishe men liave donc il, so tiial, sins tlie doeng therof, 
Ihcre is a fear among the ships that arc rcdy lo go for Spayne yl they be in doiibt as 
ycal to go fourih. 

Two days aficr tlie date above sayd, vid. ilic xj"' of november, llie Diikc canscd bis 
tappestry and olher lliings lo bc iakcn ont of ihe shcpe and carricd back to Andwerpe. 
Yeat il is sayd ihere is ihree pccrs of ordinance and mucb powder ladcd for Spayne, 
wbieh sball go for Spayne, if ihe sbipc be not aresled as men présage they shalbe, for 
that, as il is sayd, ilic Qucens Majcsiie selloih fourlhc ccrtein shipps, wliereof they be 
in great fear. 

Fnriliermore, at Campher wcro cerlen Scotcs hounde homwards, werc ail stoppcd 
till liiat tbcir was a bark sent away from ihcis, in wliicb wcnl away a Scotlishe lord 
wilh ordinance, powder and other munitions for Edingborougli caslle. 

{Drilisli Muséum, Tiliis, R. VI.) 



MMCCLXXIX. 
Le duc d'Albe à M. de Stvevegliem (Partie en chiffre), 

(ItRUXELLES, 10 NOVEMBRE 1571.; 

l'our iiicllrc un terme aux différends commcrriaux, il est dispose h accepter le» propositions 

lies Anglais. 



Ayant veu vos lellics avcoq le concept dnecord de restitution que les .Anglois avionl 
dressé pardelà, apporté icy par le S' Thomas Fiesco, ensemble les dcnx conlracls 
d'obligations parliculières qu'il doit donner aux marchands anglois pour la satisfaction 



212 HKLATIONS POETIQUES 

et restitution de leurs biens arreslés tant en Kspaigne que pardeçà et les annolations 
que vous avez envoyé sur lediel premier pourjeci, et le tout mis en délibération de 
Conseil et diliganimenl examiné et pesé, mesme conféré ledict poiirgeel avecq le pre- 
mier que nous vous l'eismes délivrer à vostre parlement diey, il a samblé eonvenir 
(pour mettre une fois fin à cesl affaire) d'accepter ce pourgect des Anglois en y cban- 
geanl, altérant et corrigeant aucuns poincis qui ont semblé lolallement nécessaires, pour 
meitrc les choses en égaillé en lous poincts, comme il est juste cl a esté convenu dès le 
commencement, n'eslant aukunement raisomiable que du coslel de Sa Majesté soit 
mise condition aulcune plus dure pour ses subjecis que du coslel de ladite Rojne pour 
les siens. Suyvant quoy avons fait dresser la forme du traicté cy-jointe que vous leur 
délivrerez, leur déelairant de la part de Sa Majesté et noslre que l'on est icy prest 
d'envoyer lelires patentes en ladite forme, moyennant que le réciprocque se face de la 
part de ladite dame Royne, en quoy nous espérons ne povoir tomber diUiculté, ny 
ultérieur délay, comme vous-mesmes pourrez considérer par la lecture. Et alfin que 
vous puissiez tant mieux comprendre les raisons nous ayant meu à faire ledict cliange- 
menl, avons fait joindre les annotations sur chacque article changé et corrigé, que vous 
jurez à ensuyvre, èsquelles se parle d'une seconde forme quanta ce que se iraicte par 
kdicl Fiesco, dont est faite mention au second article du traité, pour en cas que la 
première ne se trouve à propos, laquelle va aussy icy-joinle. Et pour ce que par une 
de vos lettres escriptes à Monsieur de INoirearmes vous mettez avoir diiïérc de traicler 
de la seurelé de la navigation et asseurance contre les pyrales, jusques à savoir nostre 
résolution sur ce Iraiclé, sur quoy vous désirez esire eselarcy comment vous aurez à 
régler au cas que les Anglois lissent didii-tillé de accommoder ladite seureté de la 
navigation et asseurance contre les pyratcs, ne fût quant et quant le commerce, et que 
d'icelluy ils ne parlassent point, nous vous avons bien voulu advenir que en tout cas 
il l'aiilt procurer, après que vous vernz que le fait du tiaiclé soit concliid, que ceste 
seurelé de la navigation et asseurance contre les pyrales aille jointement comme chose 
connex; et indivisible du iraicté, et laquelle (comme est mis en vos instructions) le Roy ' 
a tousjnurs ttnu pour ung présuposl indubitable et le nous a aussi escripi expressémeni; 
et semble que vous le povez bien mettre en avant sans que par raison ils puissent 
arguer de ncuveililé, l'entablant comme conlinuation des propos que vous en eusies 
avecq eulx dès le mois de mars et apvri!, que lors vous leur ditles incidanimcnl comme 
vos lellrcs d'alors contiennent, cl desquelles vous monsirez estre bien rnénioralif, les 
considérations pouniuoi il estoit nécessaire, et que Sa Majesté enleiidoil que ces deux 
points allassent en conséquence de l'accord, ce qu'ils dirent alors trouver raisonnable, 
et que, comme l'accord est le principal point que litoit l'aulire en conséquence, vous 
avoit semblé (pi'il n'y avoit pourqiioy en parler davantage jusques après ledit accord 
faicl, le tenant comme chose hors de dispute et laquelle Ion deust désirer et 



DES PAYSTBAS et DE L'ANGLETEHRE. 



21:^ 



embrasser (Je deux eostels. S'ils le prétendenl rabattre k eouleur de dire que si 
avant que louche la resliiution, l'on y a pourvcu par ung article de leur trnieté : 
§ A princijiibus, dont vous avez double, vous rcplieqnerez que, s'cslant employé 
les Princes d(! deux eostels pour accommoder les affaires et ester tous les iiicon- 
véniens et difïicultcs qui en sont proccdt es, ne l'ont fait sinon nvecq intention de 
bonne intelligence à l'advenir, laquelle l'on ne peult espérer, demeurant la fenestre 
ouverte h retomber iticontinent an mesmes, eomin' il se fera sans ccste provision. 
Et en cas que hors des devises vous puissiez concevoir espoir de les y faire escouster 

Lj)lus tost par leur mettre quant et quant la forme en avant, sans veoir apparence 
qu'ils le facent premiers de leur costel, vous leur pourrez bien mettre en avant, 
voires et donner par cscript celle que est contenue en vosdicles instructions pour 

'gaigner temps. S'ils demeurent arrestés h le refuser et louiesfois ne font semblant 
de désirer le commerce, il n'y a pourquoi vous faciez semblant du commerce de voslre 
costel, mais que vous nous adveriissiez incontinent de ce refus et du fondement qu'ils 
y prègnenl, et mesmes comment ils pensent (|ue les choses se guarderont de retomber 
au premier ou pire inconvcnienl. S'ils accordent que le remède soit mis à ces deux 
points de la seureté de la navigation et au fait des pyratcs, et toutesfois ne parlent d'autre 
chose, aussi peu en parlerez vous; car, aiant ces deux points remédiés, l'on pourra bien 
temporiser à i'aultre. Mais , s'ils parlent de vouloir, parmy la provision de ces deux 
1 oints, que l'on w,idc aussi les viels différens ou que le commerce se reinette, en ce 
cas vous avez en vos in.strueiions sur le tout assez ample information, laquelle vous 
ensuyverez, comme vous saurez bien faire. 

Posldala. Aiant ih puis ccste escriple pensé plus avant sur le fait du commerce, 
auquel il est apparent qu'ils insisteront, tant plus qu'ils en ont expressément parlé à 
Fiesco, lequel nous a demandé ce que il leur pourroii respondre en cas qu'ils tournas- 

■«eni à luy en pailer, dont il ne fait double, nous sûmes advisés que le meilleur sera 
que s'ils vous en parlent ou audict Fiesco, vous respondrcz que vous tenez pour certain 
que l'intention du Roy et nostre est aussi telle qu'après la restitution faite, le commerce 
et toutes auitres choses aillent avant, comme elles alloient avant l'advenue de eesie dis- 
continuation par les arrcsts, ei coiinne entre princes frères et bons voisins convient. S'ils 
disent qu'il y a auitres choses à desmeskr, comme par aventure ils feront retournant à 
leuis vielles <|ucrelKs, pourrez respondie que quant à cela l'on y pourra reguarder, 
mais que ce|iendanl se doibt osier toutie chose que pourroit donner quelque umbre ou 
aigreur entie les princes, comm' il se feroit par la restitution réciprocque et rcstablis- 
semeiit du commerce au mesme estât qu'il esloit auparavant les arrests; que lors pourroit 
et debvroit-l'on traicter comme entre amis et de si longtemps confédérés, et non comme 
entre ennemis, entre lesquels il y eust encoires quelque umbre ou arrière-pensée. 

{Archives du Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Sweveglum, fol. 83.) 



214 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCLXXX. 

Le duc d'/llbe à M. de Sweveghem (En chiffre). 

(Bruxelles, 10 novembre K1\.) 

II désire savoir quelle est la source des informations transmises à M. de Koircarmes, relativement à 
une ligue entre la reine d'Angleterre, le roi de France et quelques princes allemands. — Commu- 
nication qui pourrait être faite à ce sujet à quelque conseiller d'Elisabeth. 

Nous avons veu la lettre que vous avez csciipl à Monsieur de Noircnrmos, du xiiij' 
d'octobre, loucliant le rapport que vous avoit esté faict d'une ligue d'entre le Roy de 
France, la Royne d'Angleterre et quelques princes proteslans, et pour ce que, ny par 
aultres vos lettres subséquenles, ny par pelles que nous a escript l'anihassadcur don 
Guérau, ny par les adveriisscmens que nous recevons de temps à aiillie de divers quar- 
tiers de la cliresliennelé, nous ne voions jusque à cest heure grande chose de suytie, de 
laquelle l'on puist conjecturer que la dite ligue soit faicte, du moins si avanchce comme 
l'on vous avoil dici, i)ien que les volumes ne nous soyent pas incognucs, nous doubtons 
que vous pourrez avoir esté mal informé, cl partant sera bien que vous nous adver- 
lissiez qui est celluy qui vous a donné cest advis, de quelle qualité, quel crédit ou 
ou entremise il a par delà pour enfoncer chose de si grande importance, que vraysem- 
blahlemcnt Ion aura voulu guardcr secrète, quelle eognoissance il a avccq vous, com- 
ment il s'y est insinué ci ce que luy meult de vous déelaifcr ung Ici afl'aire, et que vous 
reguardiez cependant à sa façon de l'aire, et qu'il ne soit double et suborné, ou pour 
tirer quelque chose de vous ou de ceidx qui sont alentour de vous, ou pour vous faire 
donner icy adverlissement tel qu'ils voudrionl que nous crussions, soubs espoir que 
nous en serions de plus faciles à nous accomoder à ce qu'ils prétendent, et que davan- 
laige vous nous adverlissiez aussi de tout ce (|ue vous pourrez avoir depuis remarqué 
en cesie mnlièrc et ce qui en dépend, afin que nous puissions avoir plus de lumière de 
ce que s'en doibt croire, pour selon ce y avoir le reguaid que con\icnl. El cependant 
nous sera plaisir que vous continuiez toujours à doimer advis de toutles choses d'impor- 
tance que vous entendrez inlrelemps que vous serez par delà, adjouslanl tou.sjours les 
ciicutislances par où l'on peusl mieulx juger si elles sont \raisemblables ou non. El, 
oircs que comme dessus est dit, nous ne voions apparence en la dite ligue, du moins 
qu'elle soit si avanchée au temps que par delà l'on dcmonstre d'estre l'effect de vostre 
négociation, si ne pourra-il grever que, vous trouvant quelque jour en compaignye de 
quelque ministre privé de la Royne, sur aidlres propos, et venan! si. à point de parler 



DES PAYS-BAS ET DE L'A^GLETERRE. 



215 



(le choses semblables qu'il ne puisse sembler que vous ayez cerehé occasion d'en parler, 
mais comme d'ung propos venant de soy-mesmes, selon que les devises s'addonnent 
aucunes fois, en ce cas vous dissiez ces mois ou en subslancc, comme par mocquerye : 
« que il n'est pas mauvais que les François se vantent d'avoir ligué avec la Royne 
» contre ces Pays-Bas et les comptent (Icsjà comme cngloulis, conmie si c'csloit chose 
» si preste ù avaller, et que la Royne qui a leu tant d'histoires et ceux de son Conseil 
» ne se souvinssent du l'advis qui fut donné à l'empereur Octavien, compctani avecq 
» deux aullrcs, de se faire amy de l'ung et se joindre ensemble contre le tiers, lequel 
» il vaincroil premiers, et après auroit bon marché de son compaignoii, comm'il 
» advint ; » et que ce personnage à qui vous le dissiez, fùl tel qui apparentement n'en 
fauldroit de faire rapport à la Royne. Et pour aulanl que l'on a pardelà imprimé des 
livrets où entre aultrcs nous sununes nommes comme cnncmy de la couronne d'Angle- 

iterre, encoircs que semblables choses ne nous donnent guaires de payne, en aiani veu 
tant d'nultrcs, si est-ce que vous pourrez bien dire aussi, où vous le verrez convenir, 
qu'ils sont esté vcus par deçà, mais que l'on ne s'en est guaires meu, sçachant bien 

^qu'ils n'ont esté faits du sccu, ni do Tadveu de la Uojnc, ni de ses ofiiciers, et qu'elle ne 
voudroit souffrir que telles choses se publiassent d'ung ministre servant en ce degré 
au Roy Catholique son bon frère, et moins si elleestoit bien informée comment nous 
avons toujours tenu la main à l'enlrcièncment de mutuelle paix et correspondenee 
entre Leurs Majestés, à laquelle Sa Majesté Catholique a toujours esté incliné, comme 
la Royne verra par ex|)érience indubitablement quand elle y vouldra correspondre; ei, 
quand bien Sadite Majcsié auroit esté sollicitée ù aultre (in, si ne s'esloit-ellc jamais 
laissé persuader, mais plus tost au eoulraire a cherché moyen par où elle peult demeurer 
paisible en son règne '. 

Vous verrez ce que nous vous escripvons, quant à vostre négociation, par aultrcs 
lettres, ausquelles nous nous référons. 

(Archives du Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Sweveghem, foi. 87.) 



* Le 51 octobre 1571, le duc de >'orfulk, interrogé sur ses relations avec Ridolpbi, déclare que 
celui-ci lui a demandé ce qu'il pouvait mander de sa part au duc d'AIbo, mais qu'il ne lui a fait 
aucune insinuation sur un dcbarqucnienl de troupes espagnoles en Angleterre. (Archives d'Ilalfield, 
Cal, W 169G.) 



216 RELATIONS POLITIQUES 

MiMCCLXXXI. 

Le duc d'Albe à don Guérau d'Espès (En chiffre). 

(Bruxelles, 12 novembre 1571.) 

Il apprend avec douleur ce que les catlioliques souffrent en Angleterre : quant à lui, il attend tout 
de la protection de Dieu. — Négociations commerciales. — Détails sur la victoire de Lcpante. 

Todas las cartas de V. M., hasta estas iiltimas de xxxi del passado, he recibido, y, 
con un mercader ytaliano que parlio esta manana para Espana, embie a Su M** las que 
V. M. dize en las suyas se le embien. A todas ellas no se me ofresce que rresponder mas 
de dolerme en el aima la persecucion con que se tralan los buenos dcssc reyno, que 
cierto es la mayor conipasion de la lierra : lo que a mi me hiren, remedielo Dios, que 
puede; que, si no se inlerpone en ello su mano, cada dia yia de mal en peor '. 

Esta lleva Thomaso Fiesco, el quai dira a V. M. pariicular reiacion de lodo lo que 
de aca quisiere saber y el eslado en que se halla lo de la rcstitucion *. Lleva las procuras 
destos mercaderes inleresados y todos los demas despachos cnnvenientes por la buenn 
y brève esccucion desle negocio. Remiliendome a lo que el diria de boca, no me alar- 
gare yo en esta a mas de dezir que ayer luvc segundo aviso de la grande Victoria que 
N. S. fue servido dar a nuestra armada a los 7 del passado, que aun es mayor de la 
(|ue se avia diclio, porque son 205 vêlas las que han lomado, sin las que se qucmaran 
y hecbaron a fondo. Los muertos passan de IG", y lo que me escrivc (îuzman de Silva 
en esta particular, vera V. M. por la copia de su caria, que va con esta. 

De Brusselas, a vu de noviembre 1571. 

(Archives de Simancas, Eslado, Lejj;. 824, fol. 198.) 

' Marie Stnart attendait chaque jour la mort. Elle ;ivait demandé un prêtre catholique pour l'assis- 
ter. Son unique consolation était d'avoir appris la glorieuse victoire de Don Juan à Lcpante. 

' Dès le mois d'août 1K71, Thomas Fiesco avait réclamé la restitution de l'argent déposé à la Tour 
ainsi que celle de tous les biens des marchands d'Espagne el de Gènes. {Record office, Cal., n" i 947.) 



DES PÂYS^/VS ET DE L'ANGLETERRE. 



217 



RIMCCLXXXII. 
Le duc d'/ilbe à la reine d'Angleterre. 

(BBUXEU.ES, i'A NOVEMBRE Vitli.) 

Letlrc de créance pour Tliomas Fiesco. 

Très-haullc, très-excellente et Irès-piiissanle princesse, 

J'ay, au retour de Tliomas Fiesco, entendu ce que le S' de Zwevcghem et luy avoicnt 
négocié avccq les députés de Voslre Majesté au rcgiiard de la restitution à faire d'une 
part et d'autre. Et s'en retournant à cesllieure ledit Fiesco pardelà pour accomplir ce 
(pie reste à faire, l'ay vouht accompaigntr de reste lettre pour supplier à Votre Majesté, 
comme je fais, qu'elle soit contente de faire cffecluer avecq toute célérité ce que con- 
vient à ladite restitution de son costel, et il donnera entière satisfaction aux subgccts de 
Vostre Majesté, selon l'accord. 

Très-liaulte, très-excellente et très-puissante Princesse, je supplie au Créateur donner 
à Vostre Majesté, en toute bonne prospérité, longue et heureuse vie. 

De Bruxelles, le viij" joiu- de novembre 1571. 

(Record office, Cal., n' 1370.) 



MMCCLXXXlll. 

Le duc d'Albe à la reine d'Angleterre. 

(Bruxelles, t5 novembre IS71. ) 

II se félicite de pouvoir lui annoncer que le (riomphe de Lépanle est plus éclatant qu'on ne l'aviit 

cru d'abord. 

Très-baultc, très-excellente cl très-puissante princesse, 

Sçacliant le désir que Vostre Majesté a toujours eu au bien universel de la Chrcs- 

licnelé et parliculièrcmeut à celluy du Uoy mon maisire, j'avois bien bonne voiunté 

d'advertir naguaircs Vostre Majesté des lionnes nouvelles de la victoire qu'il avait pieu 

à Dieu donner contre l'armée de mer du Turcq; mais, comme j'estois allons tant mal» 

Tome VI. 28 



218 RELATIOINS POLITIQUES 

traité de la goiislc qu'il ne me fût esté possible de signer la lettre, je ne me voulus 
advancer à la faire escrire et signer de main d'aulruy. A quoy me sentant à ccstlicure 
en meilleure disposition, n'ay voulu obmeltre de recouvrer par eesie que j'envoye à 
l'Ambassadeur du Roy, Don Guérau d'Epès, pour la faire tenir à Vostre Majesté, tant 
plus que depuis par la confirmation que de divers costels l'on en a eu, se trouve ladite 
victoire avoir esté encoires plus grande que l'on n'eust osé espérer au commencement. 
IVc doultant que Vostre Majesté ne l'ail entendu fort volontiers, et que en luy donnant 
cest avertissement je luy fcrois service agréable, comme elle trouvera tousjours par les 
cffects que je désire faire et feray toutes les fois qu'il s'y offrira chose où j'en aye le 
moyen. 

Très-liaultc, très-excellente et très-puissante Princesse, je supplie au Créa'eur donner 
à Vostre Majesté, en santé, longue et beureuse vie. 

De Bruxelles, le xv" de novembre 1871. 

{Record office, Cal., n" 2125.) 



MMCCLXXXIV. 

Le duc d'Alhe à don Guérau d'Espès (En chiffre). 

(Bruxelles, l.'i koveubre iô^^■) 

Il le conjure de s'abstenir de toute pratique avec les catholiques: il faut laisser à Dieu le soin de les 
défendre contre leurs persécuteurs. — Projet d'attaquer les pirates. — Recommandation expresse 
de brûler tous les papiers d'un earaelère compromettant. 

Despues de haver partido Tomas Fiesco, con quien respondi a las carias que ténia 
de V. M. hasta la uliima de xxxi del passado, he recivido las dos de un y 9 desle, jun- 
lamenta con las copias de las que cscrivio a Su Mag* y los otros papeles y librillo?, que 
en cllas acusa, y con todo muy gran merccd, y se embiara a Su Mag"* con la primera 
ocasion, como se ha bcclio de toilas las demas. Y, por amor de Dios, Scnor, que V. M. 
se aquiete y aize la mano, como ciras muchas vczes se le tengo eseripto, de menear 
platicas, ni dar oydos a ellos, que en ninguna parte se pueden temer tanto, ni tener por 
tan sospechosos, como en esa, adonde no se deve tener scguridad de nada; y creame 
V. M. que cl parescer que se ban perdido occasiones, creo yo muy bien, pero que ay 
tintas difieultades para llcgarlas a cseeular que, quando V. M. las oyese, le parescera 
que no son occasiones, ni se ha perdido ninguno. Lo que eonviene al servicio de 



DES PAYS-liAS ET DE L'ANGLETERRE. 



219 



Su Mag* es cortar loilos los cibos y dexar lo deinas a Dios, que el abrira su mano para 
librar los pobres caliiolicos desc rcyno de la pcrsecucion que padescen, por los medios 
que el sabra miiy bien lia/cllo, quaiido fuere su voluritad. 

V. M. me la liagn de iiiforinarse un poeo tiins ndelunte de las plalicas que dize qiieel 
Ingles que vio lialar cou aquel niozo Gu<!drt's, que esta en mi servicio, para ver si 
liene fiindamenlo, y landiien procurar llcgar ni cabo con ese pilote Uagozes, lo que 
hara en (;aso que entrasc en las naves de los piratas, que ya podria ser que de aqui se 
le embiesen compafieros. 

llavicndo visto lo que la Reyna rospondio a la carta que V. JVf. le embio con su 
i-ccreCarin, me ha parcscido osciivirle agora la que va con esta, alegrandome con Su 
Mag*" de la Victoria y escusandome de no le liaver escripto, quando lo avise a V. M., 
por mi indispusicion. Mandara V. M. que se le de y avisarame de ordinario, como lo 
ba het'lio basta qui de lo que por alli pasa ; y si por caso apretesen al de Ros, V. M. 
mire mucbo por sus papelcs, y los que le podrian ofcnder, los ba [de] quemar luego, 
otra vcz le tcngo escriplo, y qualqnicra cbifia que con ellos luviese o otro conlrascfSo, 
que pudicsc perjudicirle, y lo mismo baga desta en desebilTrandola, pues no ay paraque 
quede biva. 

De Brusclas, a 15 de noviembrc iM.DLXXI. 

{Archives de Simuncas, Eslado, Leg.SîG, fol. 141.) 



M.MCCLXXXV. 

Don Guérau d'Espès au duc d'Albe (En chiffre). 

(Londres, 10 novembre to7l.) 

Depuis que la nouvelle de la victoire de Lépnritc s'est confirinco, Elisabeth s'est adoucie, el les mesures 
(|u'elle voulait prendre contre les étrangers ont clé suspendues. — Lord Buckliurst sera chargé de 
justifier auprès du roi de France tout ce que l'on a fait contre la reine d'Ecosse. — Commencement 
du procès du duc de iNorfoIk et de ses amis. — Nouvelles d'Ecosse. — L'arrivée do Fiesco est impa- 
tiemment attendue. — La llultc des pirates est dans les Dunes, el Lumey, qui eu sera l'amiral, attend 
les ordres de Louis de Nassau. 



La Mag^ de esta Reyna acabo sus avemarias aqui y en su Corle a los 9" del présente, 
aunque quiso el otro dia cspanlar a los cslrangeros, mandando cscrivir los nombres de 
todos ellos y asscgurar que no se parlan del lugnr sin licencia, y despues, con la verifica- 



220 RELATIONS POLITIQUES 

cion de la nneva de la vicloria del Senor Don Juan de Austria, que de Francia les ha 
^cnido, puestos a parte los escrupulos que en creeila avian lenido, se dan con Mos. de la 
]\lola mas dcl amorque solian, si mas pucde ello scr, y a lasinslancias que en los negocios 
de la Rcyna d'Escocia lodavia huze con cscrivir ai Rey su amo los protestes que eada 
dia le dan les Escoceses, le respoiiden que es neresjario esta forma de procéder contra 
le Rcyna de Escocia para scguridad de la de Inglalcrra y que la Rcyna cmbiara presto 
al Rey Christianisimo a darle entera satisfaccion acerca dello ; y es vcrdad que tra- 
lan buelva Milord Bucors que se aparcja para el caniino, pcro es para procurar de traer 
aeabo esta liga, para la quai entran eada dia en conscjos, aunque el andar malo de la 
goia Milord Hurle dctiene algo los dospaclios. 

En los procesos començaron anteaycr el primer emplazo de xxv accusados, que entre 
ellos son el Duque de Norfolch, Conde de Suylianton, Milor Slanle, Milord Lumie, y se 
nombraron las xx personas que hazen cl primer rcconoscimicnto para dar per erimen 
de lésa magestad o no, lo que se pide de los quales: si asi lo admiten, se suele passar 
al juizio de los doze. Bien se crée que algunos ternan irabajo, aunque no los mas prin- 
cipales. El pueblo lo toma nal : pero eslos xx son cseogidos delos mas protestantes, que 
yo asseguro que no se aparten de lo que Burle les ordinare, Ticnen en la Corie gran 
niiedo al Conde de Susex, cl quai conosce bien los ojos que ticnen sobre si y anda muy 
cauto por que a faltarles este, no ay entre ellos liombre de hazer euenta. 

A las eosas de Escocia ban proveydo en que Milord Huneston bravée a los del pastille 
de Edemburg y, si fucre moneslcr, levante dos o très niill bombres para renovarlcs el 
terco. llasta agora iio se lia levantado alguno para este electo, ni para Irlanda, aunque 
el Conde de Norniuy no lia querido obedescer al mandaniiento de venir aqui que le ha 
sido becho, ni creen le obcdeseera cl de Guildara, a quien se ha de liazcr oiro tal. Si 
cl de Dezmon que esta por aqui, fuesse eon ellos, con difficultad eobraiian Ingleses 
aquella isla. 

Ya Marche comiença de lornar a dezir que, no viniendo Fiesco denlro de seis dias, se 
passara a vender las mercancias. 

Los pyratas esian junlos a las Dunas y no lian beclio oira presa despues de la ultima 
que escrivi a Vucstra Excellcncia, ni Mos. de Gordan quicre favorcscerles, como ellos 
pcnsavan. Aqui les han rcstituido lodos sus marineros, y seles da loda provision de 
victualliis. Mos. de Lumc esta aguardando la rcsolucion del Conde Ludovico, de quien 
ha de ser Aimirante desta armada '. 



' Lumcy avait adresse à la reine d'Angleterre, au sujet de la flotte qu'il commandait, les propo- 
silions suivantes : 

Le corolc Guilliamc de la Markc, aiant icy auparavant este adrerly d'aullrcs et depuis apcrceu en 
personne le grand désordre de la flotte de Mens' le prince d'Orenge, les grands abus coneernanl la 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



221 



De todo lo que succediere, dare a Vuestra (Hxccllencia aviso, y desseo lenerle muy 
parliciilar de la vicloria naval para daric a los deslc Conscjo, que me lo han em- 
hindo pcdir. 

De Londres, a xvi de noviembre de 1ÎJ71. 

(Archives de !^iinancas, f'slailn, f.ey. 824, fol. dOl.) 



M.MCCLXXXVI. 



Don Guérau d'Espès au duc d'Albe (En chiffre). 

(Londres, 20 novembre \WH.) 

Langage arrogant de Lciceslcr au siijcl de la vente des ninrchandiscs. — Rôle important rempli par 
Velulcli qui négocie, bien plus que La Mothc, la ligue entre l'Angleterre et la France. — Négocia- 
j lions commerciales entre l'Angleterre cl le Portugal. 

Mes. de Svcveghen escrive a Vuestra Excellencia quan peremplorio termino le lia 
dado el Conde de Lesestcr para la venla de las mercancias, y todo ello se trata con la 
arroganeia que Vuestra Excellencia sabequc estos usan. Rntiendoque Espinola y Acer- 
vente des prinscs et l'inobédiencc des soldats, matelots et aiiltrcs, au grand préjudice dudit Blon»' 
le Prince, en a, par bon conseil avec les aultres gcntilslioninics et capitaines de la dicte flotte pour le 
profyl de Son Excellence el du commun, trouve bon et expédient de mectre en avant ii la Majesté de 
la Royne cl son Conseil privé en Angleterre, les points et articles auyvants concernantes la dicte flollo, 
au bien et profyl de Sa Majesté Royalle el de ses subjecls, à radvanchemenl de la cause commune au 
service de Son Excellence et réforniation de la dicte Holle, espérant que Sa Majesté, ne son Conseill 
ne monstrcronl moins de courtoisye à l'endroicl de Son Excellence, comme confédéré et amy de ce 
royaulme, que n'a faict nagucres la Majesté du roy de France, comme par copie aulenlicque, datée le 
2t de septembre, apparoistra plus au large. 

Premièrement, aflin que la dicte flotte soit contrainclc de ne s'eslargir en mer comme ils ont esté 
accoustumcs icy auparavant, mais plus losl de se tenir pnr ensemble icy au service de Son Excellence, 
comme pour tant plus afToyblir les forces d'ennemy, plaise à la Majesté Royalle el son Conseill d'apoin- 
tcr et consentir Douvers ou ung seul aullrc place, comme ung havre franc el libre pour la dicte flotte, 
leur deffendant , sur paine de la vie, de ne se retirer, vendre ou mener leur prinses en aultre que au 
dict lieu, et cela en considération que les havres de la dicte ville de Douvers puissent esire tant mieulx 
amendés cl entretenus. 

Secondement, pour aullant que les complainctes journellement faicles à Sa Majesté et son Conseill 
privé ne lui causent seullement très-grandes fâcheries et cmpeschement, mais aussi très-extrémet 



322 RELATIONS POLITIQUES 

1)0 Veluteli con olros de conipania inslan dello al Conde para ganar y parlir todos. Del 
Kspinola ya le veriia su razon, pcro del olro cerlilico a Vueslra Excellencia que es tan 
fiances, ya solicita los ncgocios desta iiga y casamiento que se ha prelendido, lan de 
voras eon algiinos dcl Consejo, que le cslnn obligados por dineros que les ha preslado, 
que Mos. de la Mota no haze lanlo, y es el entrcvenidor enire el y cllos. Bien sera, 
quando a Vueslra Excellencia assi le parezca, darle una mano, |)ues liene hazienda en 
Anvers, por que no se atreva a mclerse en laies ncgocios, niayormente siendo luqucs : 
la ocassion no falla, pues el conipra prcsas de pyralas. 

Tanibien iralan con el Cavaliero Geraldi que procure de abrir el comercio de Por- 
tugal : pcro yo crco que aquel Rey terna ojo a io que mas le importa. 

De Londres, a xx de noviembres 1571. 

(Archives de Simancas, Eslado, Leg. 824, fol. 403.) 

(roubles à la (lotte, si par dcffencc de vivres con)me d'aultres, donnants aulcune foys entendre à Sa 
Majesté et son dict Conscill de faulx rapports, les collorant de faulses marcqucs et attestations, plaise 
à Sa Majesté d'ordonner deux commissaires qui se joindront en commission avec cculx de Mons' le 
prinee d'Orenge, lesquels contraindront la dicte flotte d'aporter ung inventaire el compte de leurs 
prinses, cl, en cas qu'elles sont trouvées bonnes, qu'il lui plaise, en lui payant la coustumc, de laisser 
vendre franek et librement, sans empeschement de personne, ou, aultrcment estant trouve contraire 
par bonnes el seures attestations, seront vendues à celluy ou eeulx qui, avec raison, sur leur serment 
cl bonnes preuves, y vouldroicnt prétendre, cl que Sa Majesté, nonobstant la reslraincte faicte, donne 
congé à ses subgeets de viclailler la dicte flotte, selon que la saison et nér>«ssité requerra, ou sculle- 
mcnt à eeulx lesquels apporteront [inventaire] des dictes prinses. 

Ticrccment, pour tenir la flotte joinctc ensemble. Sa Majesté et Conscill ordonneront ung havre, 
tant seul, sy pour les accompts aux commissaires et des cousiumes comme •pour la vente /le la dicte 
marchandise, et tant que les capitaines, lieutenants, soldats, matelots et aultres se tiennent chascua 
aux navires, sans se mcetre sy souvent en terre, comme ils ont esté accoustumés, plaise à Sa Ma- 
jesté Royalle et son Conscill de donner congé et plaine auclorité, au proficl géncrall de la dicte flotte, 
de les qucrrir de Icrrc cl de les chastier selon leur désertes, exceptant tousjours particulières actions 
que Sa Majesté ou ses subgeets y pourront avoir. 

Quarleinent, en cas qu'avinssent quelques complainetcs contre ceux de la dicte floltc, et (|ue Sa 
Majesté et son Conscill puissent tant plus scurement cslrc adverlis de la vérité, et aussi que Sa dicte 
Majesté et Conseill n'en soient toujours troublés de telles fâcheries, lui plaise de rcmeclre telles com- 
plainetcs aus dicts commissaires quy, par Sa Majesté, seront apoinctés, ensemble à eeulx du dict 
Mons' le Prince, lesquels, aianl le tout bien nieuremenl considéré et enquête, le finiront entre eulx 
et advertiront à Sa Majesté et son dict Conscill du vray ; mais, estant les complainetcs et questions de 
ïy grande importance qu'ils ne les sauroicnt rcsoivre, le remcctront à Sa dicte Majesté cl son Conseill. 

Finallement, en considération de ce que dessus el le bien que Sa Majesté rt Conseill feront au dict 
MiiMS'' le Prince et à la dicte floltc, le dict Mons' le Conte, en attendant commission, tencra la dicte 
flotte et genls par ensemble et au service de Sa dicte Majesté, tant et quantefoys lui plaira de les em- 
ployer, soit par mer, soit par terre. (Brilish Muséum, Galba, C. IV, fol. 313.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



225 



MMCCLXXXVIL 

John Lee à lord BurleUjk. 

(Anvers, 7 décembre M1\.) 

Le bruit court que Don Juan d'Autriche envahira l'Angleterre pour s'y faire couronner roi. Engle- 

fîeld est, dit-on, arrivé à Bruxelles. — On ajoute que le duc de Médina débarquera en Anglclerrr 
ou en Ecosse avec trois ou quatre mille soldats. 



Plcse llie Yower Ilonour to be advertiscd tlial M' Ilarvye ys returncd owilc of 
jj^payne and haytlie browglit siiyclie nues as grcily plesetlie owcr coniraryes, assueryngc 
nhem that they sliayll hâve (eayrc yt bee longe) suffycyenle ayde, wycbe may bec iho 
l)ctter graunted by ihe rcsanne of tbc grelte overibrowe tliat Duke Jbon de Austree 
iiaytbe geven the Ttirkc, whome ower conliaries truste (before onne hole eayre be 
I xpyred) lo see Kynge of Englande, and thaï bys nexie enlerpryse shayll bee to subduc 
tlic Eynglyshe Turkes, wycbe may bec csely performeii (as tlicy say) concyderynge the 
grelte force of a forrayne powcr, wycbe he sbayll brynge wythe liym, togcther wythe 
iho grelte ayde he shayll bave as weli wytlie us as wythe the Scoiies, wycbe wyll bee 
redy to joync wythe byni. More ovcr tbay observe a cerlayne kynde of auguryc at 
ihys prœsenle, wherof they coneevc summe assuered hope, wycbe ys Ibat Syr Frayncys 
YcngIcl'eUie (wbo hayibe aulwayes herelol'ore delte very secrelly and coullerabully), 
dolhc nowe sbowe liym seiffe lo bee an apparent délier heryn, and lyetlic aull togetber 
at Bruxells lo foliowc tlic san)e, wycbe lie wolde not doo (as they bee perswaded) 
unlesse he knewc snmwbal that greliy ymporlelhe lykely to loyke elTecle. Furiher, 
may il pleaysc Yower Honour lo undersiayndc that my Laydye of Northumberlande, 
iborrowe summc suyclie lyke hope or cils for somc ollicr pryvate respecte, lycibe aull 
logcther at Bruxells lo the ende sche niaye more dylygenlely prosecute lier affaires. 
The Duke of Medyna ys expecicd dayle hère, and ihe lasle leltcrsof Spayncconfyrmcs 
that bis soidyers were al Alleredo redy to bee ymbarked. Owcr coniraryes arre pers- 
waded that lie shayll arryvc yn Scollande or elles lo faulle on summe parte of ihe coste 
of Eaynglande, and nol to arryve bere at aidl. He bryngylhe wythe hym m or fower 
M soidyers at the leste. 

From Anwarpe, the vii"" of dccember 157L 

(Record office, Dom. pap., AdJ., Cal., p. 372.) 



224 RELATIONS POLITIQUES 



MMCCLXXXVIll. 
l\l. de Sweveghem au duc d'Alhe (En chiffre). 

(Londres, 8 décembre 1S71.) 

il n'a rien appris de plus sur la ligue projetée entre l'Angleterre et la France. Cet avis venait de lord 
Cobham. — H espère que la victoire de Lcpante exercera une influence favorable. 

J'ay receu, le second du présent, par le S' Ficsco, deux lettres de Vostre Excellence, 
datées du x° de novembre; avec deux pourjects, annotations et considérations y joinctes 
et servantes. Je feray debvoir de les ensiiyvre selon qu'il plaist à icclle me commander 
pour avancer la restitution réciprocque des arrests, asseurance des ports, provision 
contre les pirates et le retour au mutuel et ancien commerce selon les degrés et circon- 
stances y contenues. 

Quant à la ligue mentionnée en ma lettre au sieur de Noircarmes, du xiiij" d'octobre, 
je n'en ay depuis par mes subséquentes faict aulcune mention, d'auliant (]ue celluy 
lequel m'avoit descouvert ce pacte, a esté aussi mené à la Tour de Londres. Il estoit 
amy intrinsèque de milort et miladi Cobbam, de qui venoit ledit advis, lesquels sont 
depuis aussi en disgrâce, et la miladi mise bois la Chambre privée de la Royne d'An- 
gleterre, de sorte que de ce cnstel m'est couppé tout chemin de resentir davanlaige. 
Et comme ledit prisonnier est naturel subject de Sa Majesté Calbolicqne et qu'il a 
quelques procès imporlans grandes sommes et quasi tout son bien, l'affection originelle 
avec espoir de récompense du costel de Vostre Excellence et d'adresse pour obtenir 
expédition favorable, dont je lui feis ample promesse, l'auront, selon que je imagine, 
induit à me donner ce.^t advis. Il m'en a donné beaucoup d'aultres auparavant, lesquels 
ont esté Irouvés la plupart véritables et sont esté communicqués à Vostre Excellence, si 
avant qu'ils auront saniblé le mériler. L'amitié qu'il a avec mon hoste, m'avoit amené à 
sa cognoissance, et, l'ayant trouvé fort affectionné à son prince naturel avec les raisons 
sus'lictes, estimay ne debvoir mettre à nonchaloir ung advis tant important, et par cer- 
taines allées et venues en Cour secrètes assez apparentes. 

J'espère que la victoire naguaires obtenue en Levant changera en inieulx plusieurs 
desseings des malveillans. Ce néantmoins, venant en devises avecq quelque ministre 
privé de la Royne, n'oublieray d'entrer en propos tels que Vostre Excellence par sa 
seconde lettre m'encharge et commande. 

De Londres, le viij" jour de décembre 1S71. 

{Archives du Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 89.) 



DKS PAYS-BAS KT I)K L'ANGLETERRE. 



MMCCLXXXIX. 

Axùs des Pays-Bas. 

(HA^BOURR, 8 DÉCr.MBRK 11171.) 

Plainle adrcssëi; à l'évéquc de Rrdmn par les Marchands Avcnluricrs. 

CerlPti of llic Company, goeirig latly lioniwanl l>y sca, atlendinga wynd, wcnla land 
(0 a towen ot'llie bisliops op Brciiicn, ciillcd Frilwtighc, lo icfrrshe ilicm scivcs and take 
tlieir rest by night, wlien llicy lay in ihrir bedds, wcrc assaiilled and misuscd by ccrun 
ruITanly genllemcn of ihe coniry ihcir abouis, and not content wilh ihc injiiry donc 
in ihc sayd night, on iho morrow, wlicn oin- folkcs wero gocing abord thcirships, 6 of 
thf sayd genllemcn cam with G seivanis appoynied wariik, some on horsbaek and some 
On (bol, and assaiiiied owr men agayn in sueh sort as, if iliey had not slood stiffly to tlieir 
ilefence, ihey liad brcn slaycn by the sayd genllemcn, one of owrs being sore wounded, 
nnd 2 or 3 of ihem liad good paymenis (as \vc arc credibly infomicd), and for so 
niuch as this is ihe 5 or 4 lymo yl sondry of owr company bave bene misused by liiem, 
ye (lompany tbought good no longer lo lorbear, but havc by jctlers niad thcir playnl lo 
Ibe Bisliop o|) Brenien, requiring jusiie lo bc done and order lo be taken llial ilie lik do 
not (iiance bereafler. Ile aunswered very favourably in wriling and liiilb, as he wrilelb, 
appoynied commissioners lo repair lo Friboureii to iak information bow ihe maticr is, 
proniising Ihc olîenders sballie compeiled lo niak amends as thcir oflTence halh meritcd, 
and furihcr liatli appoynied one of bis eounecliors lo repaire hiiiier and lo eonfer 
more ampiy wiiii our depiiiy, concerning the prémisses, who is sborily loked for '. 

{Brillsh Muséum, Titus, B. VI.) 

' On trouve vers celte épo(nie un grand nombre de documents rclalif» aux Marchands Aventuriers 
qui, à leur grand regret, s'claieiil vus réduits à s'éloigner d'Anvers. 

Je citerai notuninjcnt un discours jjour établir le eoninieree a Kmden adressé au comte d'OosIfrisr, 
et un autre projet pour le fixer à Ipswich ou ailleurs, afin de ruiner Philippe II en le perlant sans 
réserve et définitivement des Pays-Bas en Angleterre. Ce dernier mémoire était rédigé par John John- 
son et Christophe Goodwin. (rivch. de luid Caltliorpe, Mss Yclvcrlon, vol. XXI, fol. 290 et 331.) 



TOMK VL 



39 



226 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCXC. 

Don Guérau d'Espès au duc d'y4lbe (En chiffre). 

( LONDBES, 14 DÉCEMBRE 1S71.) 

Lord Burlcigb lui a déclaré, au nom de la reine, que dans le délai de trois jours il devait quiller 

l'Angleterre. 

En este dia vino un secrciario del Consejo a dezirme que aquellos senorcs queriaii 
liabler con migo, y conforme a la orden de Vuestra Excellencia lo accepte, y a la casa 
de Vemosicr me rccibieron con liarto poca ceiimonia, y Iiablo Bnrley por lodos, 
diziendo que la Reyna havia muchas vezes escriplo a la Mag'' del Rcy nuesiro senor 
y a Vuestra Excellencia para que yo saliessc de aqui, y que paresce se biirlavan délia 
en no rcsponderle a este cabo, que querian saber si yo Icnia orden de Su Mag"* de 
yrme, y se maravillavan como no lo huvicsse procurado, sabicndo la inslancia que la 
Reyna bazia en ello. Yo dixe que no sabia cosa alguna de su inslancia y que era minis- 
tro mandado; que quando tuviese e! orden que para ello era menester, pariiria ; que 
sin el no lenia para que pensarlo. Rcplico que la Reyna mandava se me leyesse 
cier'a escriplura como en articulos en cspanol, que conlenia (si bien me acuerdo) que 
yo havia esciipto a Su Mag'' y soliciladole que bizicsse guerra a este reyno, y as«i 
misnio a Vuestra Excellencia, y animado a los del Norle y agora a los presos a se 
rebelar. Yo les dixe que me dicssen copia de aquella escriplura porque aquclla era 
falsa y yo les responderia a todo ello. Dixcion no lo harian porque Su Mag"* tampoeo 
quiso oyr al Embaxador Juan Man, ni acceplar supplicacion suya. Yo les réplique me 
dicssen a lo menos lo que de/.ian de Juan Man por escriplo y firmado y sellado dellos. 
IN'o quisieron, y assi en brève les respondi a los cabos, diziendo que mos'.rassen las 
cartas que yo cscribia a Su Mag'' o a Vuestra Excellencia acerca de aquellas malerias, y 
entonces se podria averiguar aquel cabo, y que tampoeo, quanto a lo que yo escrivio, 
no ay que darles eueiila, que si lo hago mal, va ay a qtiien toca cl casiigarme, y assi les 
dixe a lo de los del Norte y dcsios presos. En (in dixeron que, sin darnic otra satisfaccion 
mas, era menester que dentro de 1res dias yo me particssc, que ellos me aparejarian 
passage y un cavallcro que me acompanasse, el quel era Enrrique Canols, que luego se 
vernia a eslar cabe mi, como lo ha liecho. Pcdiles licencia de dcspaehar a Su Mag^ 
Dixeron que era largo el eamino: a Vuestra Excellencia, a lo menos, lampoco quisieron 
otorgarlo. Dixeles que no podia partir sin embiar a Envers por recaudos para pagar lo 
que devo. Dixeron que ya me dexsrian algunos dineros a cobrar sobre las mercancias. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



227 



si no se pagavan. Yo insisli en que avia de ticspacliar de lodas mancras, y he buelio 
a easa sin que ayan querido otorgarlo. De inanana hare que les réplique Canols sobre 
eilo, aunque es fçran veliaco; y cnlrelanlo secrelamenle hago que Tliomas Fiesco 
(iespaclie un niensagero a Cales para que luego vaya esia rarta, y Viicslra Excellencia 
mande pagar al llcvador délia su Corle, suplicando le embic luego copia délia a 
Su Mag"*, y Vucstrn Excellencia cou diligencia me dcspaclic correo, advirtiendomc de 
lodo lo que es bien yo liaga,que aquello scguire y, si le parescc enbiarmc alguna caria 
en claro, que yo le liaga moslrar a los del Consejo. Muy bien sera cscrivirmc de todo lo 
demas en olia, remitiendomc el correo o Thomas Fiesco. Yo vere si perniiliran que yo 
despaelie, porcpie cicrlo esian alboroliulos, y deven de lener cerlinidad ya de los 
Franceses, no obslante que Mos. de la Mola vino ayer a querer abonar lo de Francia, 
(liziendome que no cslavn tan a proposilo de los Ingleses como ellos creyan, y entre esto 
me conto que cl Hey su amo le eserivia de la forma de la parlida del Kinbaxador Don 
Franccs de Alava, de la quai dizc qucdava niaravillado, no cstando las cosas alli en 

, laies lerminos que mereciessen lai demoslraciou. Yo, eomo no sabia lo que liavia 
passado, dixc séria alsjon rcccio que Don Franees bavria lenido de los llugonolcs, que 
le amenazavan muclio liavia y aboiie ii(|uel caso y el amistad loto lo posibic. Todos 

-cllos andan en nialos caminos, y Cavalcanli se va despaebando, que crée no aguardava 
sino a traerles reiacion de la jornada de oy. Sera mcncstcr Vueslra Kxcclleneia mande 
dar orden que Fiesco o otio me jjrovca y vo pueda pajiar mis acrecdores. 

Dixo Burley a lo despedido que me daria uiia caria para Su Mag**. Avisaranic \'ucslra 
Excellencia si le lomare sin ver la copia délia primero o si la reliusare. 
De Londres, a xnii de diziembrc 1571. 

{Archive.i de Simancas, Esludo, Leg. 8ii, fol. 113.) 



MMCCXCl. 

Déclaration du Conseil de la reine d'Angleterre à don Guérau d'Espès. 

(li UËCKUISHK 1571.) 

Exposé di'S griefs de la reine eontic don Guérau d'Espès : elle lui ordonne de quitter 
l'Anglctorre et , jusqu'il son dopurt, il sera garde ii vue dans son hàlel. 



Sa Majesic sVsl déportée, longicmps a, de faire dénionslralion de mesionlenicmeni 
vers vous, qui de temps à aullre l'avez esmeu de faire par vos désordonnées actions. 



nS RELATIONS POLITIQUES 

rslanl icellcs répugnâmes à l'office d'iing nmbnssacleiir envoyé de la part d'ung si grani 
roy comme csl le Roy d'Espaignc, cslanl en pailaitc amitié avec Sa Majesté, comme, à 
voslrc première venue en ce royaulme, iedict S' Roy, conmie bon frère de Sa Majesté, 
se mons(ra cstre envers elle, cotiimcaussy réciproc|uemeul Sa Majesté clicrcJia tous les 
meilleurs moyens, dont elle se pouvoit adviser, à conserver et enirelenir icelle amilié 
niuluelle enire culx, comme entre ung clierlrèreet banne sœur, et cnire deux princes 
lincallement descendus des anciennes maisons d'Angleterre et Bourgogne. Or, debvcz 
niainlenant vous souvenir comment, dans peu de temps après vosire venue en ce 
royaulme, commenciez fere Irès-mauvais oflices (autres (|ue vostre prédécesseur avoit 
(ails, lequel se monslra bon serviteur du Roy, son maistre, et bien ndvisé ministre en 
toutes ces négociations), nommément en ce qu'en premier lieu fort inadsisément auriez 
moyenne l'arrcst imiversel des subjecls de Sa Majesié et de leurs biens, tant es Pays- 
Bas comme en Es|)aigne, reslendanl sur plusieurs jusques à emprisonnement cruel, 
dont beaucou]) sou( morts es prisons par famyiK? et auMrcs extrémités, oullrc aultres 
grands inconvéniçns, pour lesquels et aultres vos désordonnées actions ensuyvantes, 
Sa Majesié vous feil dire qu'elle ne vous pouvoit accepter comme ambassadcui' pour 
traieler plus avant avccques elle des affaires du Roy vostre maisire. Ce que aussy 
Sa Majesié signifia souvent audict S' Roy et au Duc d'Alvc au Pays-Bas par Icilres et mes- 
sages, les pryants que quelque aultre personagc mieulx ordonné et qualifié à eniretenir 
et conserver ccsle amitié et coniynuer les anciennes ligues entre Leurs Majestés puisse 
estre envoyé pardeçà, et que Sa Majesié fei'oil le semblable envers Iedict S' Roy, 
moyennant que celluy qu'elle envoyeroit, puisse jouyr des libertés appertenanles et 
deues à son ambassadeur, espérant Sa Majesié que par lel moyen quel(|ue bon et con- 
venable remède s'en debvroit ensuysir par le moyen d'ung aulire en vosire plaie, 
mieulx ordonne à entretenir l'amitié, ou bien cpie voulsissiez changer ces façons de fere 
et vous réformer en vos actions; mais, ce nonobslanl Sa Majesté vcoit (à son grant 
regret) que de rien de loul cella n'est sorly effeci, ains trouvant par maintes preuves 
manifestes la conlynuation, voire l'augmenialion de vosire mauvaise disposition enveis 
la conservation de ceste bonne amilié, par oii elle a cause de s'en doubler que, oulire 
vos mauvais oflices préeédanls, ayez aussy par vos sinistres informations audict S' Roy, 
vostre maisire, et au Duc d'Alva, solicité Iedict S"' Boy de n'envoyer pardeçà aullrc 
personagc plus idoine, dont Sa .Majesté en eust eu granl eonlenlemcnl, cl parlant voyant 
<|ue tiois ans soycnl quasi expirés sans riens réfourmer. Sa Majesté s'est résolu main- 
tenant de fere meelre en exécution ce que par ey-devant elle entendoil, comme chose 
nécessaire: n'eslant loulicsfois fort au gré de Sa Majesté de le meelre de fait en effeei, 
espérant d'en avoir eu des nouvelles du Roy de la despesche en çà de quelque aultre 
personagc idoine, ou bien que au moins aviez voulu faire quelque fin et vous déporter 
de vos mauvaises actions ; mais bien au contraire Sa Majesié veoit que vous estes tous- 



DES PAYS-BAS ET DE L'AINGLETEKKE. 



'2-l\i 



jouis plus for( ordonné d'aliempier choses danjçcreuscs an préjudice de Sa Majesté et le 
repos (le ses Estais, usant ordinairement de secrètes praeliques avec ses suhjeels pour 
distraire et aliéner les bons de leurs lojaullés ei mouvoir les mauvais el nuisabieg à 
perpétrer oiïcnces horribles contre leur patrie naturelle, les esmouvant à rébellions sur 
confiance par vous donnée d'invasions h vostre poste en ce royaulme et aultrcs terri- 
toires de Sa Majesté, estans ces vos dernières praetiques si bien eogneues cl manifestées 
à Sa Majesté qu'elle ne les pourra plus endurer, conmie elle a laissé couller et passer, 
ces dernières années, vos semblables menées, faisant, remuant et nourrissant la dernière 
rébellion en ce pays du iVortb, il y a deux ans, et peu après sollicitant la publication en 
ce royaulme de certaines bulles envoyées de Rome l'i l'enconlre de Sa Majesté, et puis, 
sans guaires d'intervalle en vos labeurs, conseils et assistenee pour nieetre en avant 
certaines menées lendaiiies à invasion en ce royaulme, qui ont esté heureusement des- 
couvertes en la fin de l'esté passé. De tout ce que dessus et de vos travaulx sans cesse 
pour molester et donner payne à ce royaulme et Estais par vos menées, tant dans 
icelluy comme delà la mer, Sadicte Majesté et son Conseil ont amples preuves, tant par 
les confessions de ceulx qui furent participans de vos actions et bien versés en icelles 
(lesquels s'en repentent maintenant du fons du cueur), comme aultrement par moyens 
et voyes très-manifestes. 

Voilà comment Sa Majesté a commandé que ce que dessus soit déclairé, el que soyez 
aussy adverty de par Sa Majesté que ayez à vous transporter hors de eesluy son royaulme 
dans trois ou quatre jours el a cesie fin vous asclieininer vers la mer, ayant Sa Majesté 
ordonné que serez conduit au port par personages de crédict et y serez pourveu de 
sauf passajîe à Ici porl que bon vous semblera estant à ce propice. Et ce pendant aurez 
ung g(Mililhoninie de répulaiion pour se tenir auprès de vous en vostre logis, alTin que, 
après que eeste dénuneiation vous aura esté faicte, nul des subjeeis de ce royaulme ne 
donne offenee à vous, ny à aiileuns des vostres, ny aussy que ne userez de vos menées 
avec auleuns des maulvais subjeeis de Sa Majesté si publiquement comme puis naguaires 
avez faict '. 

{Kecurd office, Cal., W 2168; Archives de Simaneas, Etluilo, Leg. 824, fol. 114.) 



' A la suite de cette résolutiuii, Elisabeth adressa au duc d'Albe une Icllrc qui porte la date du 
16 décembre et (jui lui fut remise le ï!8. (N" MMCCXCII.) Dans une seconde lettre de la même date, 
elle fit connatire dirertemei.t à Philippe II que c'était pour assurer sa sécurité qu'elle a^ail expulsé 
son ambassadeur complice des rebelles; elle le priait d'être persuadé que coin n'affaiblirait en rien 
son amitié. {Record offlce, Cal., n" 2175.) 



V 



250 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCXCII. 

La reine d'Angleterre au duc d'Albe. 

(Londres, 16 décembre 4S71.) 
Elle explique les motifs Je sa délerrainalion à l'égard de don Gucrau d'Espès. 

Très-clier et Irès-amé cousin , Il ne sera besoing vous faire icy récit combien de 
temps y a que nous a esté mal agréable Guéraii d'Espès, lequel nous a esté envoyé de 
par le Roy Catholique, nostre bon frère, pour tenir icy la pla<"e du seigneur Guzman 
de Sylva, personnage qui se porta au service dudict Roy, son maislre, fort honorable- 
ment et sagement et à nosire grand contentement, ny encore en quelle manière nous 
feismes requeste, tant par nos lettres que messages audict seigneur Roy, que quelque 
autre de meilleure qualification fust encore envoyé en son lieu : quoy estant faict, nous 
estions et encore sommes prest d'envoyer personnage de mesme qualité, pourveu qu'il 
soit traicté comme à ambassadeur et ministre publicq appartient, pour tant mieulx 
nourrir et enlretem'r la mutuelle amitié, laquelle avons tousjours eue à cueur de la 
tenir et conserver, en nostre endroict, envers noslredict bon fièrc. Mais, qu'a esté l'oc- 
casion que cesl homme, tant mal propre et idoine et disagréable, nait esté révoequé, 
ny eneores quelque autre personnage plus convenable à une telle charge ait esté envoyé, 
il nous (;st incogneu ; et toulcsfois trouvons eslre chose très-certaine et manifestement 
approuvée que ledicl d'Espès n'a)e en rien amendé ses conditions, mais de plus en 
plus multiplié ses praeticques tendans au deslourbier de nosire Estât, comme en laschant 
de corrumpre nos subjects, en esmouvant rébellion et en promeetant à ceulx (|u'il a 
trouvés mal disposés (ce que nous espérons qu'il ne sera jamais en sa puissance de le 
faire) que le Roy, nostredict bon frère, leur donneroit ayde et les soubtitiidroit contre 
nous, avecques plusieurs autres choses semblables, tellement que ne pouvons endurer 
sa plus longue demeure iey, non plus que d'une |)ersonnc qui secrètement serche par 
tysons allumer et mettre en flamme nosire royaume; et, sur ce, luy avons ordonné de 
s'en partir, sans entrer avec luy en aucune particulière dispute ou débat, auquel il a 
une merveilleuse et naturelle disposition. Ce qu'avons voulu faire tant plus doulcemenl 
et en bon ordre, pour le regard que nous avons de nosiredict bon frère, de la part 
duquel il nous a esté envoyé. Et, combien que nous sçaehons que, pour son excuse et 
pour couvrir ses imperfections, il mectra en avant et affirmera avecques audace plu- 
sieurs choses impertinentes, loutesfois nous espérons que, quant à l'affirmation de nostre 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEHRE. 



231 



propre intention que nous avons envers la eonlinuation de bonne amytié avec ledicl 
seigneur Roy, noslre boi) frère, on jugera estre chose juste et raisonnable que, sur 
tous autres, on nous y donne foy, comme le vouions monstrer et confirmer par actions 

iBianifestes, quant à ce occasion nous sera donnée, aussi promptement que le déclarons 
maintenant par parolles; el, parlant, vous cognoissant esirc personnage d'enlendemeni, 
honneslc et grande expérience, vous requerrons faire prœuve de nous, plustost par 
nos démonstrations, que par les paroles de eelluy ([ui a ([uasi ung intérest particulier 
à dépraver nos actions pour maintenir ses partiailes <:t passionnées entreprinses (t 
desseings. Et ainsi nous faisons fin de cestcs, en priant Dieu, irès-cher et très-amé 
cousin, qu'il vous ait tousjours en sa saincle garde. 

i, Escript en nostre palais de Westminstre ce xvj' jour de décembre 1571. 

h Vostre bonne cousine, ëlizabeth. 

(Archives du Royaume ù Bruxelles. Nèf/oriations d'Angleterre, t. IV.) 



Miviccxcm. 

M. de Sweveghem au duc d'Alhe (Partie en chiffre). 

(LONDIIES, '16 DÉCF.UBRE 1S71) 

Entrevue avec Burleigli, qui a expose les griefs de la reine contre don Guérau d'£spés. — Il y a 
peu d'espoir de voir réussir la négociation commerciale. 



Sabmedy dernier, xv' du préseni, à l'après-disner me fut ordonné par la Royne de 
me trouver incontinent devers son Conseil pour y entendre ce que de sa part me seroil 
remonstré. A quoy m'accommodant, en compaignie du gentilhomme que l'on m'avoit 
envoyé, m'encheminay vers Westminster à ces fins, là où, après les bien venues plus 
grandes (|ue à i'accoustuuié (pour m'endorniir comme je crois), par la bouche de milort 
Bourgbley, en l'assenibiée du Conseil entier, me furent déclairées les raisons pour les- 
quelles l'on avoit, le xiiij" jour précédent, ordonné au s' don Guérau d'Espés (sans luy 
donner oncqucs (illre d'ambassadeur) de se retirer hors de ce royauime endedens si 
brief terme que Voslre Excellence aura entendu plus amplement par les lettres dudit 
S' ambassadeur, comme aussi les charges desquelles on l'accusoit en particulier, et non 
pas par faulle de continuation de bon vouloir et amitié de la Royne avec Sa Majesté, ny 



232 RELATIONS POLITIQUES 

aulire malenlendu. En quoi l'on consomma beaucoup de parolles, offrant en cas que Sa 
iMajeslé trouva bon d'y envoyer aultre personnaige, (lualifïié en pareille charge (il dist : 
en cas qu'elle le trouva bon, et non pas que la Koyne l'en prioit, le répétant par deux 
lois), il seroil traiclé et accueilly comme appartenoit, et que icelle Royne en envoyeroit 
ung de son costel à inesme cffeci pour résider près de la personne de Sa Majesté, selon 
(|ue icelle et Vostre Excellence pourront estre adverlies plus amplement par lettres, les- 
quelles de brief s'envoyèrent par la dite Roync, dont, pour le passaige libre etallin que 
l'on ne donne empefchemerit au porteur d'icelles à Gravelinghes, je leur ay promis 
l'adresse convenable, bien me doublant qu'ils ne vouidriont en telle conjunclure en 
requérir le dit s' ambassadeur. Et comme j'arcusois ceste façon de procéder envers ung 
niinislre lanl principal de Sa Majesté, ils lunibarent sur le particulier de leurs dites 
charges ou calomnies, et que pour l'asscurance de la personne de la Royne l'on avoit 
esté conslrainct d'ainsi en user : ce que par après aussi le conte de Leyccstre à part 
me répéta, qui me sembla une invention plus pour esmouvoir à rire que à la peser ou 
en faire cas. Ce non obstant, de mes réplicques, ne méritans d'en empescher les oreilles 
de Vostre Excellence, ne vint aultre fruicl que le passeport pour l'ung des gens 
(ludit s' ambassadeur porteur de eestes, lequel luy avoit esté ledit xiiij' refusé. 

Le conte de Sussex, après l'avoir salué en entrant el avant la dite remonstrance, me 
tint pareillement propos de la dite bonne volunté de la Royne envers Sa Majesté, etc., 
et sur le bien ou mal que font souvent bons ou maulvais ministres. A quoy je respon- 
dis sobrement et dis qu'il ne falloit croire à tous rapports, lesquels souvent se [ourriont 
faire selon l'iiumenr de ceux à qui l'on penseroit par cela complaire ou [lour coulourer 
aiiltres entreprinses el donner lustre à quelques ligues ou alliances nouvelles, les- 
(|uell('s ne scaurioiit esire sinon malentcnducs, si avant que pour icclles mal seures, 
l'on abandonna lis anciennes, desquelles l'on a bonne, longue et assurée expérience. 
El par iing peu d'occasion qu'il m'en donna, je mis en propos le point second de la 
seconde lettre datée du x' jour de novembre, lequel il sembla bien rcceuillir, el tiens 
que sa maisircsse en aura le mesme soir esté scrvye. 

Ce que j'ay bien voulu toucher en général el sommièrement, remcclant le surplus 
aux lettres dudicl s' Ambassadeur, alfin que Vostre Excellence puisse considérer sur 
quel mole cccy se jecle et à ce que elle soil servyc me permettre le retour par delà, 
sans ailcmlre aultre rescriplion d'icelle, le cas advenant que ne nous puissions accor- 
tler poiu' le fait de la restitution d<s arrests, comme je me doubte grandement que ne 
ferons, tant pour ce que Ion s'oppiniasire à y vouloir noniméement avoir inséré: le 
xxviij' jour de décembre soisanle-huict, selon que par ey-devant j'ay adverty par mes 
lettres du viij", que pour plusieurs nouvellitcs et eliangemens lesquels mettent journel- 
lement sur les cartes bipartites les commissaires des marehans ventoriés depuis le di( t 
XV', et pour ne se savoir accorder en raison du change pour les dix mil libvres que le 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEKRE. î!33 

S' Fiesco a promis d'avancher pour les marchons iraiclans sur Espaignc, luy suppliant 
me faire faveur d'ung mot de responccMle sa p.iri mi retour de ce porteur. 
De Londres, le xvj" de décembre 1S71. 

(Archives du Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Sweveghein, fol. 91.) 



MMCCXCIV. 

jW. de Sweveghem à lord Rurleigh. 

(Londres, \6 uéoembrk t;;7t.; 

Il no peut approuver les mesures prises contre Gucrau d'Kspès, el c'est sous d'expresses réserves 
qu'il a veillé .î l'cxpédilion des courriers 

Monsieur, Ayant réduici en mémoire et mesmement pensé h ce qu'il vous pleust 
hier à l'après-disncr, de la part de la Majesté de la Rsyne, me représenter et requérir, 
je trouve que, comme le Roy mon seigneur ayl envoyé pardeçà avec ses lettres par exprès 
le S' Don Guérau pour y résidci' en csiat de son ambassadeur, et que il ait samblé bon 
h la Majesté de la Rnyne le renvoyer pour les cas dont elle le charge, et que ceey e>l 
façon de faire particulière et peu ou point practi(|uée enire princes, il semble estre 
convenabii! et requis que icclle, par ses lellrcs adressées par atdcun ministre sien de Ici 
qualibre que luy plaira choisir, fâche entendre à Sa Majesté Catholicque l'occasion de 
ceste extraordinaire manière de procéder, afiin qu'elle n'ait occasion de le interpréter 
auliremeni, veu la bonne amitié que la Roync dict vouloir conserver entière, et pour 
donner plus de foy à ses accusations; sy avant (]iie ledicl Don Guérau ne s'en sçaiche 
deuement laver et purger. Parlant supplie que l'accord que luy feis ledict jour d'hiir, 
ne s'entende aultremenl, ny s'extende plus avant (jue pour faire passer à Gravelinghes 
seurcmcnl et librement celluy ([u'il plaira à sa dide Majesté Réginallc envoyer avec ses 
lettres à ces (ins devers mon dict S' le Roy ou rExccllence du Due d'Alve ou à tous 
deux, selon qu'elle jugera mieulx convenir. Aymanl mieulx d'estre accusé de vous. 
Monsieur, pour peu advisé (comme surprins que j'estois) que d'aultrc cosié pour légier 
d'avoir accepté ce que est nu-dehors de ma charge, voires, maling et de maidvais vou- 
loir envers ledict S'" Don (iuérau, à cui je n'ay occasion sinon de désirer tout bien et 
honneur cl faire plaisir et service. M'offranl néantmoings en tout aullre estant en mon 
petit povoir de donner très-humble service à sa dicte Majesté Reginalle et bien volun- 
ToME VI. 50 



234 RELATIONS POLITIQUES 

taire à Messeigneurs de son Conseil et particulièrement à vous, Monsieur, à oui j'ay si 
souvent donné tant de travail pour la direction des affaires qui me sont commandés, 
comme je fais encoires par cesie, me recommandant pour fin de cesie, tant que mest 
possible, en voslre bonne grâce, et priant au Créateur qu"il vous multiplie ses bénédic- 
tions til videas filios filiorum tuorum. 
De Londres, ce xvj" de décembre 1571. 

{Record office, Cal., n» 2179.) 



MMCCXCV. 
Le duc d'Albe à M. de Sweveghem. 

(Vers le 17 décembre 1671.) 
Négociation commerciale. — Concession à faire. 

Nous avons receu vos lettres dy viij* de ce mois, en responce à deux nostres précé- 
dentes; etdcpuis Courtewiiie nous lia aussy monstre une que vous lui aviez escrit le xj': 
ausquelles ne tliiet guarrcs à dire, sinon que nous atlenderons avec désir le succès de 
vostrc besoigne au fait de la restitution d'une part et d'autre, à laquelle nous espérons 
que l'on s'accommodera du costel de delà eu la sorte que vous avons escript, et mesmcs 
aussy au cliangemeni du mot précis qu'ils auront mis du xxvnj" de décembre loGS, 
puis que milord Bourley avoit receu en soy de dire vos raisons à la Roync, oires qu'il 
ne vous ail donné espoir dudict ciiangement. Et toutesfois où vous vissiez que ce point 
seul dcusi causer rumpture, vous voulons bien advenir que en tel cas, pluslosl que cela 
adviègne, le pourrez passer selon qu'ils l'ont couché; mais à cela ne viendrez-vous 
sinon à l'extrême el, comme nous avons dii, au cas que le tout deust faillir aultremeni, 
usant par avant de toutes raisons et persuasions que pourrez. 

Postdata. Vous pourrez communicquer cccy à Thomas Fiesco en luy recommandant 
toutesfois le secret, oires que savons qu'il n'en est besoing, puis qu'il importe lanl, 
pour la réputation du Roy et de la nosire, que, s'il est possible, le changement se face 
selon que nous avons dit cy-dessus. 

(Archives du Royaume à Orttxelles. Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 167.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE 



235 



MMCCXCVL 

Le comte de La Hlarck à la reine d' Angleterre. 

(Vers le 2M dêdemurk l.'nt.) 



l'Iairite au sujet de l'anét mis n Douvres sur l'un de ses navires. — II adresse à la reine quelques 

orticles relatifs h sa flotte. 



Madame, lemciTliiatit irès-luiiiiblcnu'iit n Vosirc lloyale Majesté des biens el curio- 
sies reehciis, est ceste seule pour l'adverlir comme, despuis ma venue à Douvers où je 
me rctreuve encores à piésent, il m'a esté impossible de me partir de ce vostrc royaume 
sy pour atdtant que le port par tempeste est serré, de sorte <|iie je ne poiivoie tirer sy 
lost mon };raiid navire, comme aussy pour avoir ledict navire apclé la Cloche esté 
arreslé en peu de jours engà d'uiig nommé Pagel, tout au eontraire du pasport de 
Vosirc Majesté et l'exprès commandement de son Conseil, attestant que je ne cognois, 
.doibs, ny ay riens alïiiirc avec ledict Pagel, comme pins amplement ay déclaré aulx 
odicicrs de Vostre Majesté, lesquels, nonobstant ledict pasport et Icilre qu'on me lais- 
sisse suivre ledict navire et apcrtcnancc, ont voulu riens entendre, mais plus tost cerclié 
tous moyens de m'empèeher, contre r;iison, é(|uité et sans cause quelconque, à mon 
iirand intéresl, eliaiges cl préjudice. Sy esse que je supplie très-lufn)blemcnt Vostre 
lloyahî Majesté de commander expressément et avec le premier (juc la raison me soyl 
faicie, ensemble (|ue la plaise de me faire avoir (nonobstant la nouvelle rejlrainctc) unjç 
anitre siiflisant pasport pour moy, mes genîs, navires et aulires capitaines avec le leurs, 
qui à présent sont aulx havres pour m'acoiripaigncr en attendant ma venue. Du reste. 
Madame, j'envoye à Vostre Majeslé quelques articles, lesquels, à mon semblant, ne 
seront aultres qu'à l'honneur, utilité et prolîyt de Vosirc Majesté, de ses subjels et à la 
conservation de la flotte '. Humblement supliant à Vostre iMajcslé de les faire péruser 
par son Conseil el me pardonner la fâcherie (|u'cn cela la donne, en me donnant leurs 
avis avec ce que dessus par le premier, aflfin que ne perde plus de temps, comme le 
portein' (pie j'envoye expressénienl pour lesdictes affaires, leur en déclarera plus 
amplement de bouche. A tant. Madame, m'offrant de cœur par mer et |)ar terre trés- 
humblemenl au service de Vostre Majesté tout et quantcsfoys In plaira m'employcr, je 
prieray Dieu de la préserver en longue el heureuse vie, avec accomplissement de 

' Nous avons public ces articles page 2*20 (note). 



256 RELATIONS POLITIQUES 

tous nobles désirs de Voslre Majeslé Royale, à laquelle je baise les mains en toute 
obéissance, etc. 

Le très-humble et irès-obéissani serviteur de Vostre Majeslé. 

GiiLMAUME Conte nE La Marck. 

(Record office, Cal, n* 2197.) 



MMCCXCVII. 
Don Guérau d'Espès au duc d'Àlbe (En chiffre). 

(2t DÉCEMBRE tS71.) 

II réclame des instructions sur la conduite qu'il a à tenir. — Mauvaises intentions des Anglais; il y a 
lieu de craindre qu'ils ne déclarent la guerre au roi d'Espagne. 

No sabiendo si havra passado una caria, que a hurtoescrivi aVueslra Excellencia anlier, 
embio este criado mio para suplicar a Vuestra Exrcllencia me mande avisarcon muclia 
presteza de lo que devo hazer en esta prissa que los desie Consejo me dan lan estra- 
ordinaria a que saïga de la Isia, y no puedo aim enlonder bien dellos la .«eguridad dci 
passage. Entre lanto yo are todo lo possible para aguardar en este lugar sino me sacan 
por fuerça, por que eslos Consegeros lienen sin falta algunos estranos designos, o de 
conciuir con Franceses y darles animn y srguridad con este desacalo o hazer aigura 
justizia rignrosa, y lemcn de su pueblo y qiiieren, para dar color, que no aya en la! 
sazon aqui embaxador de Espana, o pretenden hazer enpeorar el Iracio de Thomas 
Fiesco, el quai y iMos. de Sueveghen, como ellos escriven a Vuestra Exeellencia, estan 
con rcçelo de sor enganados. Todo ello camina a mal, y creo nascera algiin inconvc- 
nienle por que la Victoria lan grande del Scnor Don Juan les ha pueslo mucho miedo, 
y assi procuran de prévenir los danos. [,o dénias vera Vuestra Exeellencia en la sup- 
plieada de la de antier y copia de la que a S. M. escrivo, y aguardare con desseo su res- 
puesta y provision de algun crcdilo, porque, como tengo escriplo a Vuesira Exeellencia, 
se me deveran luego dos anos, y yo he de pagar aqui mas de Ires mdl escudos, y no se 
que me baran pagnr del passo si fuere en la nave de la Ileyna. A lodos los sels tercios 
podria Vuesira Exeellencia, si ffuese servido, hazer que cumpliesse Thomas Fiesco, con- 
tando en ellos los dos mill escudos que mcdio. Del exiraordinario no he recibido cosa 
alguna : sera para quando yo bese las manos a V uestra Exeellencia y de palabra le 
pueda dezir lo que aqui passa, porque se provea con liempo. Torno a suplicar a Vuestra 



DP:S pays-bas et DI: LAINGLEIEItHlv 



237 



Kxcellcncia mande provecr lo sohre dielio o por via de Fiesco o de Velliitello o oiro, v 
mande Itolver luego mi criado, por que no se siga por estos harvaros alguii mayor desa- 
lalo y que so embic luej^o esse piiego a S. M. 

Viiestra Kxeellencia me mande avisar si le paresco haga mucho hincapie en que la 
Heyna me mande dar copia de aqiiel escriplo vu espanol, que se me leyo en su (Jon- 
sejo, y dcl mandamienio de que me parliesse deniro de Ires dias, y de la replica de! 
lismo Consejo de (|ue aquello se hazia en recompensa de la de Juan Man, y si, bol- 
viendole a pedir vchementemenle, dixare de insistirlo mucho. 

Hc dclenido el passaporte hasta agora, y assi endiio a mi criado eon el, y es bien que 
sepa Vuesira Cxceilcncia que el Almiranle lia ydo a poner las naves de la Reyna en 
orden; soy cerlilicado que estan eon intencion de romper la guerre a S. M , y por ello 
a Mos. de Sveveghcn y Fieseo les han dado oy sua mny mala respuesla , como ellos 
lo escriven a Vuestra Excellencia. Yo les lie adverlido que vaynn dissimulando sin 
moslrar que se enliende que quieren romper, para avisar a Vuestra Fxcellencia ma> 
particularmente de sus cosas y lener mas liempo para lo que fuerc menester. Eslando 
ecrrando esta, me avisan que quieren armar para impedir el passo al Duque de 
Medina-Celi. 

Cerrada a xxi de diziembre 1571. 

{Archives de Siniancas, Estado, Leg. 824, fol. 127.) 



MMCCXCVIII. 

M. de Sweveghem au duc d'Alhe (Partie en chiffre). 

(LONDRCS, 21 DËCEÏBRE IS71.) 

Pète chez lord Burleigh. — Entrelien avec la reine. — Longues eonférences commerciales 

snns résultats. 



Mes précédentes seront datées du xvj' pour l'espoir que j'avoy que le passeport seroit 
dépeselié ledit jour; mais par mauvais artifice ils l'ont différé jusqiies aujourd'hui, 1 1 
crois que, si je n'en eusse devant hier fait nouvelle instance, l'on seroil encoires à v 
penser. Et nonobstant leur promesse redoublée ils ont trouvé bon de le faire despes- 
cher sur mon nom, sans vouloir insérer le nom de ceiluy que le S' Ambassadeur 
envoyeroil suyvarit son mémorial. Dont, comme je me ti^ouvay à la signature, je nie 



258 RELATIONS POLITIQUES 

ressentis de paiollcs convenables par deux fois, sans que peulx obtenir plus raison- 
nable responcc, sinon que l'on ne le tenoit plus pour ambassadeur, nonobstant ma 
léplicque que c estoil an maistrc seul qui le luy avoit conféré, et à nul autre, de le luy 
oster et révocquer sa charge. 

Le mercredy dernier, estant convyé de Milort Bourgliley pour me trouver à la récep- 
tion du Conte de Oxfort, nouveau mary de sa fille, en sa maison, laquelle fut honorée 
de la présence de la Uoyne, je fus fort accueilly d'icclle au jardin, et subit, ne scay h 
quelle bonne fin, me fil une longue ralellée du S' Don Guérau, sans espargner la nation 
d'Espaigiie, fort légièremenl et indiscrèlcnunl, sans me donner loisir d'y respondre; 
mais eouppa le propos à l'entrée de la maison, disant qu'elle l'achéveroit une aultre 
fois, ce qu'elle ne feit pour ce jour, combien qu'elle m'appella vers elle pendant le bal, 
mais ne rentra oncques en matière. Milorts de Leyeestre ei Bourghicy, suyvant le 
disner, me tindrenl propos assez conformes, sans prendre regard à ce que je disoy 
ledit S' AiTibassadeur estre prest à monstrer son innocence, moyennant que l'on luy 
presta bénigne audience, el m'assignarent l'heure de neuf au lendemain malin xx°, pour 
wyder une fois de cest affaire, présents tous les députés des marchans intéressé». 

J'entendis allors, par l'effect, à quel but s'estiont dressées tant des caresses du jour 
|)récédent, c'est assavoir pour couvrir la malice dont ils usarent alors, mettans en dispute 
mon povoir et celluy du S' Fiesco, et sur icelluy usans de mots plus aigres qu'il ne 
semble convenir envers les serviteurs des princes leurs voisins. Et comme nos responces 
furent escoutécs, et pour n'y sçavoir contredire comme reçeues, ils entroient en aultres 
|)oincts, et par forme de grande bénignié ordonnarent que l'après-disner l'on regardas! 
de communicquer et wyder du lout avec lesdicts marchans, pour cejourd'huy par 
(levant eulx s'en résouldie. 

La première dilîicullé tumboit sur la forme du payement, lequel se feroit par deçà 
en argent comptant par ledit S' Fiesco, jusques à la somme d'environ septante mille 
livres, y comprins les dix mille, lesquels il avoit, à la requeste des S", promis avancer 
il cculx qui traicleiit sur Espaigne, sur bon compte, dont la somme de plus de cinc- 
(|uan(e mille livres se prendroii sur l'argent appertenant aux subjects de Sa Majesté 
iey arrestés, au faiel de leurs biens cy vendus ou par eulx extorqué, lequel ils me rcfu- 
sarent de bouche de faire représenter incontinent. Et quant au surplus, le S' Fiesco les 
requéroit se vouloir souvenir de ce que aultreslois il les avoit prié les vouloir assister 
pour le parfaici dudict payement, et permectre que il le peusse prendre de son argent 
par eulx détenu ou, comme ils le colorent, saulvé des pyraies, lequel monte à deux cens 
mille escus. 

L'on nous feit responce que la Royne estoit preste de restituer, moyennant que du 
coslel de Sa Majesté se feisse le réeiprocque, ou par rendre les biens détenus en espèce, 
ou par le pris qui en estoit faiel et accordé par ledict Fiesco. Et comme de nosire part 



DES PAYS-BAS Ll DE L'ANGLEÏEHUE. 



fut insisté de vouloir accorder le supplément de l'argent des Genevois, ils le rabattireni 
court, disîiiil que eeiit ne me touclioit à déliatre. vcu que ce n'esloit bien des subjects 
et que, si n'avoy auilre moyen de salisiaire à leurs inarchans intéressés, l'on suyvroii 
l'exemple de Vos(re Excellence, et procéderoit l'on ù la vente des biens icy arresiés, on 
l'on permectroit que mesnies en feissions la vente. 

A quoy" réplicijuay que le fondement de nostre négociation cstoit la restitution et non 
pas la vente, lo(|uelle, comme estant direclemenl contre l'intcniion de Sa Majesté, ne 
me sambloit raisonnable aulcunement permectre, y joinct que les biens n'estans des- 
tinés pour ce lieu ne sçauriont esire que très-mal vendus et au grand désadvantaige 
des subjecis de Sa Majesté. 

Le second différent csloil sur ce qu'ils insisloient que, au dehors du traiclé de piècà 
accordé par delà, la restitution ne se feist et acheva de leur costé la première, ains que 
l'on y procéda pari pas.m. De sorte que ils rejectarent entièrement certaine clause, 
laquelle désirions avoir adjoustée à la lin d'ambcdeux les caries bipartites, et, pour ne 
les altérer, l'avions pourjecté et leur présenté en ces termes : £n lamen otiinia supra- 
scripla promillil dicltis Thomas Fiesco, dmnmodo a parle Serenissimœ Bef/inœ generalis 
tractains suum sorliatur effeclum et suum robur relineat, là où, au lieu de: dummodo. 
ils volurent avoir mis : quatenus. Ce que ne me sambloit devoir accorder, pour la défenee 
qui m'en est faicte par l'article xvij* des annotations dernièrement de la part de Vostre 
Excellence par ledicl Fiesco m'apporlées. 

J'avoy pour les dcseouvrir, devant hier par occasion qui m'en fut donnée, dict l'ex- 
trême de ma charge à Milort Bourgiiley, touchant le jour exprès du xxviij' de décembre 
iSCS; et conmie il me respondoit caihégoriquoment que la Royne estoil plus que 
résolue ne l'accepter, je m'csioy imaginé, par l'advis dudict S' Ambassadeur et Fieseo. 
le modérer adin que à cela seul ne tinsse (|ut! la négoeialion ne s'acheva bien, selon (pril 
m'estoit accordé par lettres de Vostre Excellence, du \' d'apvril dernier, et toutesfois 
sonbs le bon plaisir d'icellc et nullement aultremcnt, en la sorte (|u'il s'ensuyt : Quiim 
sub finem anni D<))nini I56S in Sereirissitiiœ BcgiiHH Atiglia^, clarissimœ sororis uoslrw, 
dilionibns cl regiiis, ac etinm in iioslris, milita circa res maritimas evenennit, qiiœ, ctim 
exilnm habuerunl ni a 28 die mensis decembris ejusdem anni i568 quamplurimi 
iilrinque mbdili, ac eliam nuvcs, res, mcrces, etc., divfrsnrum cansartmi intuilu ullra 
citroquc fucrint iiiipedili, arrcslati aul detcnli, et reliqua ul in Irnctatu jam comeptu, 
rum repetitioue verborum sub finem anni et a 28 die impedila, arrestata et detenta, etc. 
Et comme je leur meis en avant ce poinct, me dirent qu'il n'estoit cncoires heure de 
venir là, et donnarent incontinent charge à ung docteur illee présent de coucher les 
deux dillicullés premières sans entrer en anllres, et de rompr<? sur ceulx-là, selon 
(|u'il ne m'estoit diflicilc d'entendre, pour la conformité de ma langue nalurclle avccci 
l'anglois. 



240 RELATIONS POLITIQUES 

Pour le dernier, Milort Bourghiey dict qu'il feroil rapporta la Rojiie et son Conseil 
de tout le dessusdicl, et que de leur advis me seroit demain faicte res|)once, protestant 
du tort qui procéderoil de nostre cosicl en cas que l'on fût forcé de procéder à la vente. 

Or comme sur cest accord dépend une grande partye du bien ou mal de ce royaulme, 
n« nous povons persuader qu'estant nostre procéder si juste et raisonnable, ils ayent 
occasion de le refuser, ains que confidence de ciioses plus grandes et ligues à leur 
estime plus importantes seront occasion de l'inconvénicnl. 

Aussi n'est-il incogneu que ils envoyent des soldats en Escosse et en Yrlande; que 
l'Admirai se partit hier pour faire esquipper les balteaux de la Royne à Rochesler, là 
où tous les batleaux doibvent passer monstre demain. 

Nous donnerons le meilleur contentement que pourrons à ce qu'il nous sera par eulx 
respondu. Cependant, comme toutes les menées d'icy tendent à expresse roupture, en 
ay bien voulu advertir Vostre Excellence, afiin qu'elle veulle me faire mercede et per- 
inectre le retour par delà par sa première, comme estant faillye l'occasion pour laquelle 
luy pleut de me y envoyer. 

De Londres, le xxj* de décembre 1371. 

{Archives du Royaume à Bruxelles. Corr. de M. de Sweveghem, fol. 93.) 



MMCCXCIX. 

Mémoire de M. de Sweveghem. 

{'2i DËCEMBHE 1S71.) 

Ncgociatioiis cominerciales. — Réponses aux objections des Anglais. 

1 . Ut tribus vcrbis respondeatur iis quae ab lllusirissimis Dominis Consilii Sercnissimœ 
Heginae Angliae, etc., hesterna die nobis objecta suni, aflirmamus nos quae iiactenus 
eginiiis et tractavimus, ex mandalo subscripto Illusirissimi et Excellentissimi Domini 
Ducis Albani, etc., egisse et trac tasse, in quem Screnissimus Rex Calholicus totius hujus 
negolii expediendi summam polestaiem conlulil. 

Quod si aniplius niandatiini exigatur, magno sigillo regio munilum, procuraturos nos, 
ul transinittatur, ils verbis coneeplum, quibus dictis Dominis a Consiliis videbilur con- 
venire rali habitionem auleni mandato comparari noiissimum est. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



QuaiTiqnam mirum vidrri polest id in controversia vocari jam inlegris novem mcn- 
sibus exaclis et non (queniailmoduni lllusirissimo Marchioni Viielio paclum asserilur) 
in principio iractationis nohis fuisse ol)jecliini. 

2. Qiiod pnsliiiavinuis ni loco vigcsinii oclavi diei decembris 1t)68 subsliluanlur in 
jçenerali (ractalu en vcrba snh fitiem anni 1568 aut mente decembri, ideo faeimus quia 
persiiasnm liai)onnis naves aliquot in Darlliniiia el Plethmna pcr officiarios Serenis- 
simœ Reginae, pir detraclioncn) vciorum et ciavoruni, el eliam qnorumdam bonorum 
(■x[iorlatioi)( m, ita nnllo jure fuisse impcdilas ul iliis libertin) non fucrit cum vellent 
discedcre. 

Quœ eiini nlienioris aninii sijfiia esse viderenUir, forsiian eansam dederunt ii? 
arestis, quœ in Heipio xxviu" die decembris generaiilcr faein non iiifieiamur. 

Ut ergo omnis maie utrinque gesiœ rei mehioria aboiiaUir et perpétua obb'vione oblit- 
icrelur, generaiibus verbis finis anni vet mcnsis decembris el non diei ceriae menlionem 
lieri modestius arbiiramur et utrius(ine principis existimaiioni laeilac eonsull. 

Qnod si bsec ratio non satisfaciiil, nos anipiius iiac in parie mnndatuni non habere 
proliieinnr. 

Nisi (snb b( nepiacilo dieii llluslrissinii et Exeelienlissirni Domini Ducis) ila tcmperari 
orationem placent ul ex iis qiia' circa res marilimas utrinque sub /inem anni vei mense 
decembri 15(38 evenerunt, prognaia aresia fuisse dicanlur, et de illis qua? loto dicte 
mense impcdila, areslata seu detenla fuisse uirinque constiierit, restituendis et iracta- 
Inris generaiilcr agi, ul in schcdula pridcm exhii)iia continelur. 

.3. (iliarue bipariilie (ilacent , quales a Ficsco in Belgiiim pcjrlalae fuerunt, rejeclis 
iis quae superflua posiea visa snnt , si tamen utrincpie ailjiciatur in fine bujusniodi 
elausiila. 

Eh lanicn omnia siiprascripla promiltil diclns Thomas Imcsco, dummodo a parte Sere- 
nissima' Hcgina; generaiis Iractaliis suum robur retineat et effeetum sorlialiir. 

Idque ta ratioiie, (piod non baberet dictus Fiesco recunvcntionem contra Regem 
('aiholicum, cuj'.is uoniine ipse Aiiglis cuvcl, iiisi subdiclis Régis saiisfieret et restitue- 
relur in vini dieti iraclalus. Nam, restilulionis inUiitu, caulio inlerponitur. 

Kur^um videnlur mercatorcs angli Serenissimœ Reginae voUiniatem el fidem in 
dubium vocare, cum sibi saiisfieri \oiunt, eliam si ab ejus parte non impleielur con- 
iraeius restilulionis. 

îVcquc est quod liic novitalis arguamur, iiam ila diii convenit iiiler utrosque sub- 
ditos in ik'lgio, arliculo nono i)Clitionis mcrcaiorum Angliîe, addito responso merca- 
torum Rclgii cl rcplica Anglorimi ad dictum artieuium approbala per aposlillas ab 
llluslrissimis Dominis a Leycesler et Burgley. 

4. Ad iilud quod in formam solutionis septuaginta mille librarum aut circiler desi- 
deraliir, ila respondelur. 

Tome VI. 31 



242 RELATIOINS POLITIQUES 

Quinquaginla milia sumenlur ex pecuniis ad subditos Régis speclaniibus, hic arres- 
latis, vel ex eorum bonis exac(is vel exigendis, sccundum memoriale quoddam mer- 
caloribiis aiilc mcnses aliquot exliibiliim. 

Ad reliqua viginli milia qiiod allinel, Thomas Fiesco rogal diclos Illuslrissimos 
Dominos a Leyccster et Burgiey ut vclint rcvocare in memoriam ea quae aeslaie snpe- 
riori, cum de nummis Genuensiiim eum eo traclarc vellent, eis responderit : nimiruni, 
se omnes honcslas condiliones, quas Kegina proponere volet, admissurum, modo illi 
permitlcrelnr ut ex tam ingenti acervo, qui ducenla viginti mih'a coronalorum implel, 
tantulum sumere possel, quantum deesset, ul Adveniurariis et iis qui in Hispania nego- 
ciare consueverunt (quorum partes dieti Illustrissimi Domini agobant), promissum erat, 
cum alioqui nulio conlraclus generalis aui parlicularis capite ad hoc obligaretur, sed 
lantum ut diciis Illuslrissimis Dominis gratilicaretur. Absurdum enim fuisset eum 
aliter quam ea spe promitlere quidquam, extra ordinem et rationem, diciis in Hispania 
mercaturam exereentibus. Nam vcnditio rcrum nostratium, quœ opponitur, lotum nego- 
tium restitutionis inlerverlerct, et injuslissima redderetur, si proptcrca loilerarel ui, 
contra jus et aequum , diciis mercatoribus decem milia librarum praennmerarentur, 
idque in Anglia, quo merces destinaiœ non sunt, et longe minoris quam par est, dislra- 
hereniur, duplici Dominorum detrimento. 

Alque eiiam dictis Adveniurariis non semel proposuit diclus Fiesco et scriplo dédit 
supradictam rationem solvendi, sed eliam cos rogavit ut una secum lllustrissimos 
Dominos eam ob cnusam interpellare velleni : id quod quidam ex iis jam se fecisse 

respondcrunt. 

(Archives de Simaiicas, Esludo, Leg. 825, fol. 166.) 



MMCCC. 
Le duc d'Àlbe à la reine d'Angleterre. 

(30 DÉCEMBRE lS7t.) 

Il transmettra au roi les lettres par lesquelles la reine d'Angleterre lui notifie le renvoi lie son 
ambassadeur. — M. de Swcveghem remplacera provisoirement don Gucrau d'Espès. 

Très-haullc, très-excellenle et très- puissante princesse, 

Aïanl esté adverty tant par lettres de don Gucrau d'Espes, ambassadeur du roy mon 
maislrc vers Voslre Majesté, que du seigneur de Zweveghem , de ce que avoit osié 



DES PAYS-BAS Eï DE L'ANGLETERRE. 



243 



(léclairé avec don Guérau de la part de Vostre Majesté pour son partemcnt et retour, 
i!t délibérant de la responce sur ce point, m'ont esté délivrées les lettres de Vosire 
Majesté, du xvi" de ce mois, et une lettre pour Sa Majesté avecq la copie d'icclle, par où 
je vois les causes sur lesquelles Vosire Majesté a prins le fondement de licencier et ren- 
voyer ledit ambassadeur. A la vérité. Madame, je suis fort marry que ledit don Guérau 
n'a esté plus agréable à Vosire Majesté et que icelle n'a prins contentement de son 
service, combien que j'eusse espéré que, si Vostre Majesté eust esté scrvye de l'oyr en 
ses excuses cl justifications, le faisant advcrtir en particulier des causes de ressente- 
ment qu'elle povoit avoir contre luy, il y eust salisffaict et purgé les suspicions quy 
eslinnt eonceues allenconlro de luy. Sur ce propos, m'a samblé debvoir déclairer à 
Vostre Majesté que, comme elle m'avoil faict entendre combien luy estoil peu agréable 
ledit don Guérau, et le désir qu'elle avoit d'estre servye d'auitre ambassadeur, je l'avois 
faict entendre au roy quy m'avoit faict responce qu'il esloit bien inclin de complaire h 
Vosire Majesté en retirant ledit ambassadeur et y envoyer quelque aullrc en son lieu, 
ce que, je ne double, fust esté piéçà faict, ne fût que passé deux ans l'on iraiete sur la 
conclusion et achèvement de cesie négociation, sur la main-levée des arrcsts et restitu- 
tion des biens détenus d'ung paily et d'auitre, que l'on a espéré de jour à aultre se 
debvoir conclure et finir, pendant lequel temps, s'il y eust eu quelque remuement 
d'ambassadeur, comme plusieurs sont interprétans en mal toutes les actions des princes 
voysins et amys, il eust peu donner occasion de sinistres discours et le prendre pour 
rompture d'amitié. Et, pour non iUtédier Vostre Majesté de longue lettre, je feiay incon- 
(iiieiit dépescber ses lellres au roy par courrier exprès et le supplieray d'y vouloir au 
plus lost respondre, et, entretant que Sa Majesté l'ayl fait, afin que la chose ne soit 
prinso des voysins aullrement (|ue Vosir»? Majesté m'escripl d'avoir esté son intention, 
m'a semblé convenir de laisser là ledit de Zwevegbem jiour entendre à ce que pourra 
survenir pour le service de Vos deux Majestés, comme j'ay escript audit de Zweveghem 
de dire à Vostre Majesté plus particulièrement de bouche. A l'effect de quoy, la sup- 
plie luy donner audience '. 

{Archives de Simancas, Secret, prov., !2579, fol. 85.) 



' Le duc il'Albc n'avait, ("n ce moment, (|u"un désir : c'clait de ne pas rompre avec la reine d'An- 
gleterre. 

Le lecteur trouvera dans la Correspondance de Philippe If, publiée par M. Gacbaro, des documcnis 
intéressants où se reproduisent les mêmes préoccupations. 



"Ui RELATIONS POLITIQUES 

MMCCCI. 

Le duc d'/llbe à don Guérau d'Espès. 

( Bruxelles, 30 décembre ISTI.) 

Don Gucrau d'Espès n'aura qu'à se conformer aux ordres de la reine. — II y a lieu d'accorder, 
quant à la négociation couinicrciale, ce qui est réclamé par les Anglais. 

Antier a la tarde llcgo en esia villa l'I criado de Viieslia iMcrccd, con quicn recibi 
sus dos cartas, de xiiii'' y xxi deste, junlamentc con la copia de la que csciive al Rey 
nuestro senor y todos los otros |iapelcs que en este despaclio se accusan; y cl pliego 
para Su Magcslad embiare el lunes siguiente, con uno que e>ta para partir; y, ha\ iondo 
liecho juntar eslos Consegeros para mostrarles eslos despaclios, lie lomado resoluuion 
de scrivir a la Reyna una caria en creençia de Svevcgiien, y que por ella le diga que 
yo supplico a Su Magestad tcnga por bien aguardar que este despaclio liegue a nianos 
dcl Rey nuestro senor, y Su Magesiad entienda su delertninacion y le de, eonio yo no 
dubdo, todo salisCaclion y conlenlamienlo : pero que, si lodavia le paresce no aguardar 
eslos pocos dias para que la salida de Vuesira Merced sea con buena gracia dcl Rey 
nuestro senor y suya, que yo le supplico se conicnle dar a Vucstra Merced el recaudo 
y seguridad nccessaria liasia ponerie en los Esiados del Rey nuestro senor, pues loea 
tnnto csto a la auctoridad de la diclia Reyna, la quai, siendo sonora en su rcyno, 
puede mny bien liazer lo que fuere servida, no embargante que yo bolgaria niucho 
Vuesira iMerced quedasse basta ver lo que Su Magcslad respondc, y, quando deslo no 
se conlentc, que alli quedara Mos. de Sveveglien basta que Su Magcslad embie otra 
persona para tener cuenla con sus negocios; y lambien le scrivo que, en easo que le 
quieran dar alguna caria o dcseargos, los acce|tie con niuy buena volunlad, y Vuesira 
Merced déviera bazer lo misnio sin pcdirles copia, porqne nunea jamas se ba vislo 
pedirla a ningun principe, sino es con algun lin, eomo quando ay estuvo Cbappin que 
se hizo inslancia por ella para reduzir a la Reyna a que négociasse eomigo o embiasse 
persona a Su Magestad con la dicba caria, ni aun en tiempo de rolura se deve de.\ar 
de loniar, y desia Vuesira Merced se descngane que no la bavra, ni lienen inien- 
cion de rom()er; y es co?a de risa pensar que ayan de impeilir al Duque de Mcdina 
el passo, porquc ni ellos son poderosos para bazcrlo, ni eslan en lienipo de romper, 
coino yo dire a Vuestra Merced nias pariicularmenle quando le vra, con ntras eosas 
a este proposilo; y, si lodavia la Reyna insisliere en la salida de Vucstra Merced, se 
saldra luego sin mas replicar porque no nazcan dello mayores ineonvenientes, pero 
pidiendo siempre seguridad para su passage, que yo scrivo a Tliomas pagne a Vuesira 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



248 



Merced los seys terçios que se ie deveii, incliiyendo en ellos los ii*" escudos que cl oiro 
(lia se le dicion, y io de! exlraordinario a su venida acnii se salisfara con olras eosas 
que no digo agorn |)or no dcicner esie criado do Vucslra Merced, al quai lie orticnado 
huelva en gran diligencia; y, en easo que halle a Vueslra Mereed fuera de Londres, 
ordcnara que en la niisma vaya a dar el dicho despaclio a Svevrghen, y liaviendo 
Vueslra Merced reeibido el pliego de Su Magestad , que le etnhie junlamenie eon 
dos carias mias y olra para la Heyna, en que le avisava el nasçirnienlo dcl Principe 
nuesiro seRor, me paresce deve dar la diclia caria a Svcveglien, para que el la de o 
embie y liaga el oflicio que Vuestra Merced hiziera cslando en buena gracia de la 
Reyna. Y, en quanlo a la negociaeion de Svevcghcii y Thomas Fiesco, les escrivo 
aguarden el scripto (|uc se les queria dar, porque, pudicndosc salisfazer a lo que de 
nuevo piden, la intencion de Su Magestad es darles salisfaclion y acabar esce ncgocio 
de los arrcsios. 

A Sanclacilia que Vuestra Merced dize ha tanlos dias que esta retirado en esse 
reyno, es jnslo rcduzirle porque no pierda el aima. Vuestra Merced le podra iraer eon- 
sigo sin scrupulo (|ue aqui se le haj^a por lo passado niiigun castigo. 

De Bruselas, a xxx de deziombre io71. 

Teniendo scripla esta, ha llegado aqui un mereades ingles pur la posta en gran dili- 
gencia con un pliego de la Keyna en que havia dos carias, una para Su Magestad eon su 
copia, y olra para mi, y eu ainbns se escusa con niuy buenas palabras de la orden que 
ha dado a Vueslra Merced para salir, y, pidiendo olra persona, que ella esta preslii 
de embiar Su Embaxador. Hanie parescido que todavia vaya al dcspacho que estava 
ordcnado, y a Vuestra Merced no lengo que dezir, mas de remitirme a lo dicho. 

[Archives de Siinancas, Eslado, /.eg. 5iC fol. 44.) 



MMCCCIL 
Le duc d'yJlbe à M. de Siveveghem. 

(liKuxELLES, 30 dë':embre i'Sti.) 

Il aura à demander une audience à la reine afin qu'elle suspende le renvoi de don Guérau d'Espès. 
— Si la reine persiste dans sa résolution, M. de Swcvcghcin restera en Angleterre. 



Nous avons receu vosire lettre du xvj' de ce mois, par laquelle vous nous advertissez 
de l'ordonnance faicie de la part de la Royne au S' Don Guérau d'Espès, ambassadeur 



246 RELATIONS POLITIQUES 

du Roy, de se retirer hors du royaulme d'Angleterre, mais que l'on avoit touttesfois 
offert que en cas que le Roy trouva bon d'y envoyer aultre personnaige qualifié en 
pareille eharge, il scroit traielé et accueilly eomme appertenoit, et que ladicte dame 
Royne en envoieroit ung de son eostel au mesme effect, pour résider près de la per- 
sonne de Sa Majesté; et, comme cecy nous a semblé nouveau, vous avons bien voulu 
donner charge d'en parler à ladite dame Royne en la substance que vous dirons cy-bas, 
à l'effect de quoy nous luy escripvons la lettre de crédence cy-joincte, que vous luy 
délivrerez, demandant audience à ce propos. 

Ce que nous désirons que vous luy dites, est que nous confessors bien avoir 
aullresfois entendu qu'elle n'estoit pas contente dudit Don Guérau, et pour cela 
dois lors et encoires depuis bien peu de temps ençà en avions adverty Sa Majesté, 
laquelle nous avons trouvé bien incliné à complaire à ladicte dame par le retirer de 
là et y envoyer quelque aultre en son lieu; mais, comme nous l'avicns tenu pour 
personnaige saige, vertueulx et amateur de rentretènement de la bonne amitié entre 
Leurs Majestés, nous espérions qu'il auroit donné contentement à la Royne, ou 
qu'elle en auroit mieulx esté informée, ou que du moins, avant que venir à ceste 
extrémité si précise, elle en préadvertiroit Sa Majesté, afin qu'elle le révocquast de 
soy-mesmes, comme nous ne doubtons elle eust fiiict incontinent en l'entendant, car 
elle ne voudroit souffrir ung ministre sien vers ung prince voisin déservir tm office 
si principal, quand il ne seroit aggréable, et moins qu'il excédast ou fil chose mau- 
vaise et contre son devoir: ce que si ledict Don Guérau a fait, ladite dame ne face 
doubte. Sa Majesté ne le passera pas sans démonstration et le traittera selon ses 
mérites. Ainsi la supplierez bien humblement de nostre part d'y vouloir encoires 
différer pour éviter touttc matière de discours que se pourront faire en la chres- 
tienneté, qui ne saurionl de riens avancher le service de Leurs Majestés; mais si, 
nonobstant ces considérations, la Royne est arrestée de passer oultre, nous savons 
qu'il n'est raisonnable que l'on soit en son royaulme contre sa volunté. Par quoy 
nous escripvons audict S"' Don Guéiau qu'en tel cas il accepte son congé; mais audit 
cas supplirez à la Royne de le vouloir faire seurement convoyer jusques au pays de 
pardeeà, puisque il est assez notoire combien les chemins sont mal asseurés et prin- 
cipalement le passaige de la mer; car, oircs que nous soions fort certain que la 
Royne ne se contenteroit nullement qu'il eust quelque fortiuie, si peult-elle considérer 
combien il y va de sa réputation propre de donner ordre qu'il n'adviègne, veu que, 
indubitablement ceulx-mesnies qui auriont commis le faict, ne fauldront de semer que 
ladite dame y auroit eu part ou connivence, comme ils font beaucoup d'aulires bourdes 
pour le désir qu'ils ont de vcoir Leurs Majestés en garbouille : ce que nous semble 
tant raisonnable que nous ne voulons doubter la Royne ne face fort voluutiers, à 
laquelle vous direz aussi que nous vous avons enchargé de ne bouger encoires de là, 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



247 



afiin qu'il y ait à qui povoir cncharger les choses qui se pourront offrir pour le service 
tic Leurs Miijestés. 

{Archives (ht Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 98.) 



WMCCCIII. 
Le duc d'Alhe à M. de Sweveghem. 

(BBVXELLES, 30 DÉCEMBRE 1S71.) 

Négociations commerciales. 

Pour responce à vos lettres du xxj" de ce mois, par où vous nous donnez compte de 
Testât auquel se irouvoit le fait de la négociation, contenant entre auitres que pardelà 
l'on ne vouloit accorder le supplément de l'argent des Genevois, disant que cela ne 
vous touchoit à débattre, veu que ce n'estiont biens de subgets de Sa Majesté, nous 
summes certes esté grandement esmorveillé de tel changement et contrariété, veu que 
nous nous asseurions et avions tousjours tenu pour ung présuppost que, moyennant la 
caution que Fiesco donneroit des deniers apportenans à luy et ses consors cstans en 
Angleterre, la restitution se debvoit faire : en quoy vous rcguarderez d'insister aullant 
que pourrez, où qu'il y ait espoir d'y parvenir, pour ce que ne désirons désemparer 
ledict Fiesco et consors, ains au contraire les aydcr et favoriser en ce que povons, leur 
disant que, si cela ne fût esté, que nous eussions aussi bien trouvé expédient d'y satis- 
faire par aullrc voye que par celle-là sur laquelle l'on a (ousjours demeuré comme 
chose faicte. Et néantmoins où cela ne profiiast, vous leur déclairerez que au nom de 
Dieu l'on cerchera auitres moiens, afin que l'on ne dye que par la faulle de furnisse- 
nient la restitution soit demeurée derière, demandant à cest cffect quelque délay com- 
pétent pour y povoir furnir; et en cas qu'ils facent quelque protestation par escripi, 
ne délaisserez aussi de demander lerme pour le nous faire entendre aux fins que dessus. 
Quant aux auitres points de vostrc lettre, l'on est icy traiciant en Conseil pour vous y 
respondre de bien brief. 

(Archives du Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Sueveghem, fol. 99.) 



248 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCCIV. 

Le duc d'Albe à M. de Sweveghein. 

(Bruxelles, 30 décembre 4S71.) 
Il a modifié la Icllic qui doit ctrc remise à la reine. 

Sur ce que uous avons entendu par vos lettres et celles de Don Guérau d'Espés, du 
commandement que luy avoit esté fait de sortir liors du royaulme d'Angleterre, nous 
estions advisé de faire cscripre à la Royne une lettre en crédence sur vous, et aullre à 
vous, pour voslre insiruction, selon les copies des minutes cy-joinctes. Mais, aiant 
depuis receu lettres d'elle et aultres au Roy, avecq copie d'icelies dont vous trouverez 
aussi icy le double, nous a semblé debvoir changer la despesche et luy faire responce 
comme nous faisons, laquelle va semblablement avecq cesle, accompaignée de sa copie, 
contenant touttesfois en la fin ung mol de crédence sur vous, affin (|ue en In luy déli- 
vrant vous luy puissiez parler en conformité; et si vous trouvez qu'il y ait quelque 
chose en la précédente, dressée comme dessus itiais non envoyée, vous vous en serviez 
selon que les propos s'addonncront : en quoy nous savons que vous vous saurez très- 
bien conduire. Et en conformité desdictes lettres sera besoing que vous ne bougez 
eneoircs de là, comme nous savons vous ferez voluntiers, puisque c'est chose qui tant 
importe au service du maislrc. 

{Archives du Royaume à Bruxelles. Carresp. de M. de Swevegliem, fol. 97.) 



MMCCCV. 
Réponse des lords du Conseil au mémoire de M. de Sweveghem. 

(ïW décembre ioli.) 
Exposé de divers points conlcslés en ce qui louche les négociations commerciales. 

Rcsponsvni ad quoddam scriptum lllustrissimœ Sereiiissmw Reginœ Atitjliœ Cousila- 
riis exhibittim xxiiij' die devembris 1571, per Dominuni de Sicveglwm , prœsente 
Thoma Fiesco, Genuense. 

1. Quamvis in ipso slatim inilio constanter liic afïirmelur oninia fuisse liactenus 
iraclala obsignato Ulusirissimi Dueis Albani mandalo, ipsimct tamen Domini Sveve- 



DEii PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



249 



l ghciii cl Ficsco non obscure significaruiit, coram nobis comité Lecestriae et Baronc de 
Burgley, se, praeler lilleras conimendatilias (fjuas credcntiae vocanl) et occnlla qiixdiim 
conimoniloria (quae sccrctioris iiistruclionis dicunlur), nulla alia mandata proferre 
potuis^, et qui rcium tractandarutn imperiti non snnt, ignorare minime possunt lit- 
teras coinmendaliiias Icgati fidcm et pcrsonam comnicndarc, principes vcro miitentes 
obligaie iiullo modo pusse, iiisi rei )çerendfn formam piœscrihant. 

2. Qdud autcm niirum iliis vidclur de mandatis, toi monsibus jam exactis, aniea 
non fuisse tractatum, magis (|uidcin mirum videri débet eos, tam fréquenter in hac 
parle interpelialos, tam facile potuissc oblivisci ab initio fuisse de hoc cum iliis actum, 
ut se maudalis salis amplis et idorieis iiistruerent. 

Nec omiiino dubiiamus quin Dominus Svevegliem facile in memoriam rovocare 
possit se in sedibus mci comilis Lccestriœ, qiium prinium hujus ncgolii traclationcm 
aggrediretur, palam fuisse rogaium ut liileras mandatorum oslenderel. 

Quo etiam in ioco commcnioratum illi fuil coiioquia cum lllusirissimo Viteilio Mar- 
ffchione Cœlonfe.et Domino de Asson ville sine fruetii intercedisso, quia utorque ?aiis 
idoneis cl amplis eaiebal mandatis. 

Et quia ipse, antc iraciatus cxiium, se sullicienlia piocuralurnm mandata prnmisit, 
nos qiiibus hoc erat a Majestate Sua conimissum, ejus fidcm in hoc sequi (ne quid 
[temporis intérim perirei) tractare cum eo minime recusavimus. 

Quod quidcm, licel ante eommissionos osiensas, ex singulari quodam studio, quo 
miituani liane concordiaiu et reslitutionem proscquebamur, contra rccepturn in id gf nus 
negoliis traclandis iiiorem, aiiobis fucrit, in nullam lamcn nunc reprehensionem ineur- 
"rere débet. ■ 

Salis aulem mirari non possumiis Doniinuni Fieseï» oninimoda poleslatc carere, non 
solum a piincipe, verum eliani a subdilis rcrum rcslituendarum dominis, quorum hic 
vices gerit, ciim prœsertiril non sôlum irt primo advehtu suo in hoc regno de eo admo- 
niius fuit, verum etiam anic poslremum suum reditum a Belgio, litteris ad eum ob id 
missis, fueril preemonitus, ne sine cummissioiiibus idoneis ab omnibus quorum inler- 
fuit, onmino ingredereiur, alioqui tolnm quem suscepturus essel laborcm irrilura et 
inanem fuiurum. 

Quod si ne semel (|uideni, cum iliis fuissct de idonea mandatorum suorum forma 
communicalum, censeri tamen débet, ad digiiilalemeorum qui ncgotia publii-a tractant 
spectare, mandata non occulta, ad evitandam suspicionem, nllro dcbere proferre. 

Nec désuni exempla, non sdlimi antiqùa, verum eliam reecniia, magnorimi etiam 
prinui|)imi, qui legatos mandatis carentes non solum nudire reiii<aruni, verum eliam 
(rt infecta) ad suos remisenml. 

Tanium lamcn abfuit ut hoc liominc quicquam a nobis in eos ftierit alicnius signifi- 
calum, ut sit eiiain, non solum a nobis, quiluis prius lior ncgoiium crnt deiegatum, 
Tome VI. 32 



P^ RELATIONS POLITIQUES 

verum etiam a iiobis omnibus, in Consilio jam prœseniibus, responsiini nos liiinc ((ua- 
lemcumque manclatorum defeetum, placide commonstralurn, non illnbenter bono publico 
eondonaro, ac eliam ampliorem illam potestatein, vel rat! habitalionem, qualem ipsi in 
hoc suc scripte se procuralnros poiiicenlur, nobis satisfacturam. Quod quidem jam 
intelligi volumiis, si lune de reliquis internes convenire potuissel. 

3. Quod secundo postulatur ut loco vicesitui octavi diei dccembris 1568 substiluan- 
tur verba sub fineni anni aut mense decembri, quia certum est Anlverpiœ eo xxviii" die 
arrestum générale fuisse factum, nulinmque omnino, saitem générale, in hoc regno, 
ante sextum insequentis januarii diem, fuisse interpositum, banc diei mutationem nuilo 
modo probare possumus. 

Et quamvis hic prseponatur, ante illum vicesimum octavum diem, naves aliquot, ad 
Régis Cntholici subdilos speclanics, injuste fuisse in porlibus Dartmouthe cl Piemouthe 
impeditas, eaque impedimenta generali arrcsto in Belgio postea soqulo forsilan causam 
dédisse, duo extant edicta vel scripia publica impressa, et in varias linguas exteras ex 
anglico idiomale etiam traducla, quorum allerum sexto januarii, altcrum vero sexto 
martii, Suœ Serenissimœ Majesiaiis auioritaïc fuit cvulgatum, in quibus non minus 
copiose quam vere narratur quanto cum periculo, post acrem etiam pugnam consertam, 
ahquol Suœ Serenissimae Majestatis ministri, magistrorum ot naularum precibus com- 
moti, cas naves ex Gallorum manibus (quorum cerlissima alioqui fuissent pr.Tda) aegre 
vendicarunt. Ex iisdcm etiam edictis seu scriptis facile conslarc potest Suam Serenissi- 
mam Majestatem tam procul ab omni cogitatione et proposito eas naves sistendi aut 
delinendi abfnissc, ut ultro obtulerit se earum incolumitati firmo navium praesidin 
prospecturam, donec in portu destinato ditionis Belgicœ appellercnt. Hanc autcm condi- 
tionem, quum Gerardus de Spes, qui regio nomine eo temporc apud Suam Mnjestaiem 
oratorem agebat, recusasset, evidenter comperlum est integram pecuniam quac in illis 
trajicebatur, non ad Regem Catholicum (ut ejus orator eonstanler anica apud Suam 
Majcslatem affirmaverat), sed ad quosdam mercatores (maxima ex parte Genucnses) 
speciasse. 

Ex his et aliis, quae copiosius et plenius in publicis illis edictis seu scriptis disse- 
runtur, certo et indubitanter defendi potest impedimenta quae fucrunl illis ;; vibus 
lum injecta, ncc iniqua vidcri debere, nec causam uilam (saltem jusiam) arrcsio xxviii" 
die subsccuto praebere potuisse. 

Cfeterum, qualescunque fuerint causse, acquœ an iniquae, ob quas paucœ, vel supra- 
scripise vel alise naves, ante illum xxviij diem impeditœ sunt, lamen quum et illœ intcr 
alias omnes, fuerint postea, videlicet post sextum diem januarii gencraliter arresiaiae, 
de earum restitutione in generali tractatu salis piene cautum est. Et si doccri potest 
istud esse minus plene effeclum, libenter volumus ut locupleiius et plenius seorsum 
de eo caveatur. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEURE. 



251 



PnelcrciJ, (|uanu]uain lam paiicsc naves fuissent minus juste detentae, quoniatn 
tiiincn genoralitCT oinnes Rcgis Calliolici subdili lihcrimi et (|uiclum totius tiavigationis 
universorurn coinnieicioiuin cursuni, in omnibus Screnissinia; Ueginoe ditionibus, sine 
molestia nut suspicione, usque ad sexium inscqucntis januarii diem retinueninl, hujiis- 
modi impedimenta tani paucis navibus injecta, née crant argumenta satis firma alieni 
animi ad tanlam eontra Serenissimani Reginam et suum regnum excitandam ingra- 
titudincm, et multo minus jusiac causffi lam airocis et tmiversaiis airesti, quod posiea 
hostili propc modum more, in omnibus ditionibus Uelgicis scqulum est. 

Et nulliim fuisse in boe regno, aille xxviu diem decemitris, metum vcl suspictonem 
arresii, fidem faciunt quinque mercatorum noslrorum naves magna pannorum quan- 
titate onustae, quou postca, nobis scicntibus et approbanlibus, ex flumine Tbamcsis vcr- 
-sus Belgium solveruiu, ibiqiie tandem incolumes appulerunt, et faeile conjici potest 
an istud fiiisseï vel faclum vel permissum, si de arresto intcrponendo hic fuissel eo tem- 
pore eogitatuni. 

i. Licci, ex anime, una cum illis optcmus omnem hujus ingratitudinis meinoriam 
perpétua oblivione obiiterari, ac etiam quoad fieri poterit prineipum uirinque existima- 
tioni consuiere, liaud tamen intelligimus qua rationc unius diei men'io majores aculeos 
aut diuturniorem memoriam relinquerc possil quam iniegri rncnsis eommemoratio. 

5. Nova iila forma verborum, videlicel suh beneplacito lUustrissimi Ducis Albani, 
in eorum scripto commcniorata, (juac in bac difTiculiate temperamentuni quoddara 
prœ se ferre videltu-, (ecie tamen arrestoruni initia (et ut minimum) oecasiones in Serc- 
nissimam Reginam conferre videtur, quod quum a vero longe sit alienum, nullo modo 
admittendam censcmus. 

6. Quod tertio ioco de elausula ciiartis biparlilis adjicienda proponitur (uno duntaxat 
verbo mutato), hoc qui subsequitur modo nobis placet, quamquam ex scripto Thomœ 
Fiesco nostris mcrcatoribus prius tradito iisdem et amplioribus verbis idem sit con- 
cessum. 

Ea tamen omnia suprascripta promittit dictus Thomas Fiesco qualenus a parte Sere- 
nissimœ Reginuî generalis tractatus suum robur retineat et effectum sorliatur. 

7. Ea est hujus clausulae nunc vis ut Domino Fiesco reconventionis auxilium locu- 
pletissimc eompelat contra Rcgem Cathoh'cum, quum enimex generali traclatu pari (ut 
dici solei) passu subditis ulrinque restituiet saiiSfieri debeat. Haic elausula oims et 
necessitatem prius restituendi imponit Serenissimae Rcginee, et Regem Catholicum ab 
onere rcstitulionis eximil, donec prius a Serenissima Regina receperit quod restituât, 
nec amplius (pnequam hujus eiausulœ beneficio Rex solverc obstringetur quam fuerii 
et antea soiitum. 

Sin autem, iilud verbum dnmmodo in hac elausula reciperetur, qui conditionem indu- 
cil, esset in arbilrio Doniini Fieseo mcrcatoribus anglis nihil omnino prœstare, donec 



Î82 RELATIONS POLITIQUES 

intégra restitulio ad ultimuni denarium essel facta a SiTcnissima Reginn, et omnes pjir- 
les minutim gencnilis traclatus perficerentur, quo nihil esse posset magi< .'il)surdum. 

8. Mirum nobis videtur qiia hic ralione colligatur mcrcatorcs nosiros diibitare de 
fide et voluntale principis, cum ex supiascripta clausida (iiti mine csl a nobis hic in- 
scrla) nullam omnino possint saiisfaciionem aut pctere aiit sperare, antequam satis- 
factio fiierit prius Domino Fieseo pcr Siiam Majestalem facta. 

9. Quum nobis constet dictum Thomam Ficsco, scripto et eliam verbis, pure, non 
serael promississe se chartas bipariiias impleturum, frustra novitatem et mntationeni 
cxcusare conatiir, ex nono articule tracialus inter mercatorum procuratorcs initi, a quo 
ipsemet jani diu reeessii, quum juxla illius articuli vini fidejussores idoneos Londini de 
satisfaciendo nosiris mercatoribus minime dederit. 

10. Qiiod iiliimo loco proponitur, ut ad hujus restitutinnis usuram, sunima plus minus, 
octodecim mille librarum ex pecunia Genuensium dicto Fieseo reprcsentelur, ab hoc 
de quo agitur negotio alienum videtur. 

Quemadmodum cnim Genuenses, hujus pecuniae doniini, Régis Caiholici subdili 
non sunt, ac ea de causa non possunt u!Ia ratione hoc tractalu cum ejus subdilis 
comprehendi, ita eoruni pecuniae restitulio eliam separatam traciationcm, nliudque 
tempus postulat, de qua e tiani suo tempore traciare minime recusamus, dummodo 
eumdem Fieseo mandatum legilimum ad hanc pecuniam repetendam a veris dominis 
habere constiterit. Quod quidem hactenus ab eo impeirari non poiuii, etinmsi somper 
ad hoc fiieril interpellatus quotiescunque de bac pecunia fuit tracialum. Nec eiiam 
diclus Fieseo facile potest ignorare aut oblivisci quam spem ipse non obscure dederit. 
quod hujus pecuniae usus, ad aliqnod tempus, Siiae Serenissimae Majestati sub quibus- 
dam aequis conditionibus permittereiur. 

Et si uilo modo ferendum esset ut tam aliéna pecuniae Genuensium resliluendœ 
traclatio cum negoiio restilutionis subditorum Régis Calholici misceretnr, intempes- 
tivam ejus nunc (scriptis utrinque in mundum redactis) menlionem inferri non con- 
venit, quum de ea, in tam multis antegressis hujus tractatus colloquiis, ne minima 
quidem hactenus mentio fierit facta. 

H. Quod dictus Fieseo cujusdam colloquii memoriam repetit quod se de Ii: !• ipsa 
pecunia cum IJiusirissimis Dominis Comité Lecestriae et Domino de Burgley aesime jam 
antegressa habuisse contendit, ambo nos, in hoc prœsenti Consilio assidentes, in me- 
moriamrevocare non possumus vel nos unquam prnmisisse vel dictum Fieseo egisse 
ut traclatus restilutionis dictœ pecuniae Genuensium cum hoc traclatu miscerelur, aut 
ut pars ulla ejus pecuniae ad hanc restilutionem siipplendam convcrien tur, verum ex 
adverso uterque nostrorum nobis succurrere profiiemur, de hoc semper inter nos con- 
venisse quod, quum Dominus Sveveghem non posset de ea pecunia iraetare, «eorsum 
cum solo Fieseo transigerelur. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEKKE. 



!253 



12. Utcunr|uc niinc in hoc scriplo contcnditiir nbsiirdum psse ut quisqiinm pute t 
clum Ficsco promisissc ?e extrn ordinorti riu-rcaiorilius nostris quicqiiatn sdliiluruiii 

Faliler (|iinm snhFiiijiis Geniirnsiiim peciiniœ impelraiula' spc, diihilari non polcst quin 
sit multo majçis absurdiini qiirmf|iinm ab eo quod pure priiis promissiim esse conslai. 
ri'cederc, siib inanis spei prœtcxlii, quuni in hor tam probxo tractatu ad fincni usque 
signilicnre cuique disliilit. 

13. Quod prœlexitur bons siiixlilornm Régis Caiholici alio fuisse destinai», et hic 
sine immodic'o damno vendi non posse, persuasnm hnbcmus aiiqua posse rarius in lioc 
rogno quam alibi vcndi, rt aïquiim esse tensemus iit ad reslitutionis supplemcntuni 

^hic vendaniiir. 

Si quœ vero sunl ejus gcneris, quœ alibi carius distrahi possiini, ahqna ratio 
iniri flebel ut lanlnm eonim iireal cxportare, quantum ad iil suppiendiim snfficerc 
vidcbitur, quod ad nostris salisfaciendum dresse appaieb:!. Ilii tanirn ut idonce caveaiur 
quod, venditionc facta,quum primum commode fieri potcril, ex preiio fiât salisfactio. 

H. Mercatores Advenmrarii fatentur quidom Dominum Fiesco nuperscedulam quan- 
dam iiiis iradidisse, quœ formam solulionis coniinebat : ipsi tamcn semper diligenler 
illuni admoncbont ejus esse prospicerc qua rationc solutio quain iiiis promiseral, 
conlrahi p'Ts>el, eam tamen si ullo oflicii génère illi graiidcari possent, pro viribiis non 
defiiluros fuisse. 

(Archives île Simniicait, Esliulo, Leg. t^S, fol. 168; Record office, Cal., n' 2198.) 



MMCCCVI. 

Réplique du seigneur de Sweveghem aux lords du Conseil privé. 

(31 DËCEMBIIE i'oH.) 

Rcfutalion des objections présentées par les conseillers anglais. 

Replica D. de Zwvveghem et Thomœ Ficsco ad rcsponsutn ab Illtistrissimis Dominis 
Serenissimœ Reginœ Angliœ Consiliariis illis oblatum xxx" decembris iS7 1 '. 

Quamvis appo?ile res[)ondcri possel et pleraque scse refelli et diiui eornni quae ab 
Illustrissimis Dominis Consiliariis Serenissimœ Reginœ Angliœ in ipsorum responso 

* Une note conservée aux Archives de Simanras résume en ers termes les diflieultés qui s'élevèrent 
en ce moment, entre le seigneur de Sweveghem et les conseillers d'Elisabeth : 

Los punctus snbrc qua se ha altercado entre Sveveghen y el Consrjo de la Reyna de Inglaterra : 



284 RELATIONS POLITIQUES 

commemoranUir ariiculis primo cl secundo, Ininen ne otiosc altcrando lempus ducere 
cxislimcmur, ratiliabilionc oblata cl accepta conlenli, nulla amplius vcrba de iis eom- 
niiilabimus. 

Qnœ icrtio, quarlo cl quinio ariiculis comprebensa sunt.Consibarii poterunt cum iis 

1° El Conscjo pedia al Svcvcglicn que moslrasse podcres ; cl aflïrmo que los ténia del Duquc y se 
oiTrcscio a traerle de Su Mag'' y que se maravillava que agora al cabo de la negociacion le piJiessen 
csto, etc. 

Los dcl Conscjo rcspondcn que Ictras de crcencia, ni instruccioiies que tiene, no valcn para obligar; 
que los podcres se le han pedido niuchas vezcs, y el nunca los ha dado, no solo dcl Principe, pero ni 
de los particulares cuyas son las mercaderias, y que si han proseguido en Iratar y platicar este negocio 
sin los podcres, fue con buena fec creyendo que los traeria y por no pcrdcr ticinpo. 

Replica Svcvcghcn: que, aunquc pudiera refutar niucho de le que en esto cl Conscjo ledize,por no 
gaslar cl ticmpo en altercacioucs, coneluyc con que trayra ratificacion, y eslo basta. 

2» Lo segundo pidc Svevcghen que no se ponga en el tractado gênerai niencion del dia 28 de 
dicicnibrc lîiOS, sino que solanicnte se diga: al fin dcl aHo de 1568, o, por todo el mes de dicienibre 
1568, y csto por quitar la nicmoria y significacion de mal animo entre Su Mag"" y la Reyna, mayor- 
mente avicndo avido en luglaterra anies dcste dia cl arreslo que dio occasion al Duquc de Alva a que 
hizicssc lo que hizo. 

A cslo rcspondc cl Conscjo y porfia en que el arreslo no començo de elles, sino que aquclias naves 
las tenian Franceses tomadas y los Inglescs a ruego de los nuestros con batalla las libraron, y que 
liorque poniendose gcncralnientc al fin del aHo 1568, o por todo dicienibre cra visto cargar la culpa 
y primer arreslo a la Reyna, no lo quieren en ninguna niancra admilir, pues dizcn es contra vcrdad, y 
quanto a la scguridad de aquclias naos, dizen que avicndose ellas y las dénias arrestado despues a vj 
de enero, ya cntran en el tractado gênerai y para mas abundancia quieren (juc se assegurcn por cau- 
cion que se haga délias aparté. 

Replica Svcveghcn que por ponerse este lerniino gênerai del fin de aîlo o mes de dizicmbre sin 
partieularizar dia, no se earga la culpa dcl primer arrcglo a una parte, ni a olra, pues se nombra el aîlo 
y mes en que se hizo por la nucslra, y assi quedan libres las reputaciones de anibos Principes dcsta 
culpa. 

3° Lo 3°. Pidc Svcveghcn que en las cartas bipartilas se pongan estas palabras ; Todo lo sobredicho 
etc. promete el dieho Fiesco con que de parte de la Serenissima Reyna cl général tractado tcnga su 
fuerça et porque olramente no ternia el Fiesco reconvcncion contra Su Mag"" Catholica, si no se hizicsse 
a sus subditos restitucion, y tambicn dize que los mereadercs Inglescs parescc que pornian duda en la 
volunlad y fec de la Reyna si sacassen su satisfaeion aparté sin juntarla con la de la Reyna. 

Rcspondc el Conscjo que sea nova buena assi con que en lugar de dummodo se diga quatenus, por 
que el dummodo parescc que obligava a que cl Fiesco no cumpliesse hasta lanto que la Reyna liuviesse 
totalmcntc cumplido, y e! quatenus cntiende que de ambas partes se vaya uniformeniente euniplicndo, 
y a lo de la sospccha que dize Svcveghcn ternian los niercaderes inglescs, etc. : ci Consejo lo réfuta por 
algunas razones, acusan al Fiesco de que se quiere salir afucra de lo que prometio a los mercaderes 
inglescs de henchir estas carias bipartitas, pues no ha dado las fianças que conforme a esto era obligado. 

A eslo ulliiuo replica Svcveghcn y largamente prueva que anles de concluyrsc cl tractado no se 



DES PAYS-IiAS ET DE L'AiNGLEÏEKUE. 



25;. 



pîœ n nohis proposiln siint, (|UiUc'niis nilio diclat cl iilriusqiic Principis existimalio 
palilur(niiiii, iil iieiilriim noniiiiiilim pcrsliingi, iia ncc ordiiiem ici gesiae siipina disji- 
iiiulalionc prorsus aboleri œ(|utim est), si prœratio gencralis traclatiis gcneralibiis verbis 
eoricipialur.qtiibus anni lantiini,(|uo iilrinr|iic circa rcs inarilimns peccaliim est, menlio 
(ial (unde scciila sinl arrcsia de qtiibiis coniponendis convenliim est). Deindc aiticidis 
siibscquentibus inseialur dies vicesimiis oclavus mensis dccenibrisandi l.j08,ad qiicn» 
restitulio arrestorum refcralur, hoc csr, ut clariiis dicatur, omillalur in prsrationc dicia 
dies vigcsima octava, subjccla loco commodo clausida qiiac sequiCur mit œquipollonti, si 
tamcn de reliquis inter nos conveniat. 

Conventum, conclusum et coricoidalutn est ut etiam reslituantur hinc inde omncs 
pcrsonœ, navcs, merccs et bona quœciinquc, qiiœ loio mense deceinbri dicti anni iîJGS 
01 non antca, aliqtio modo, impcdila iilrinque fiicrunt, ila iit libère egredi brnins 
ntriusque principis rcspoclive non possent, sive poslea gencraliler arreslala luerini, 
sive non. 

Quod atiinet ad 0, 7, 8 m 9 arliculos, queniadmodnm incivile est nisi tola \e^v 



oblign nndic n lo i[uc succcsivnmcntc va prnmctiendo, y Id de Ins fianças dizc (|(ic ya esta bastanlc- 
menle prnvcyilo. 

4° Lo 4°. Pretcndia Svcvcj;lien que para liacer la rcsiiliicion se le dicsscn 70,000 libras, la» 50 mil 
de dincros de vassallos dcl Rcy, y los 20 mil de los de GInovcscs, alcgando que F-cyrcsIcr y Burgiry le 
nviaii prnmclido que adiniliri.i la Royna qualqiiior biion parlidn de los fiinovescs, cnn que de tan grau 
siima se piidicsse tnmar lo que fallassc para pagar loque se promctio a los Avenliireros y a los i|iie 
acostumbran nrgociar en Espaila, por quicn elles hazian, pnes no'es de créer que sin cspcrança dcsio 
cl l''iesco hiiviesse de promcter nada fncra île orden y razon a los que ncgociaii en Espafia; y el vender 
nucsiras cosas se voc de quanto daîlo séria, pues se havrian de dar por nirnos en Inglatcrra, y séria 
injusta cosa hazersc por solo que se diessen centra razon y jiislicia x"' libras a los niercadcrcs, y el dicho 
Ficsco ha propucsto ya esta manera de paga a los Avinluroros. 

El Conscjo rcsponde a eslo que los (îinovoscs no son vasalles dcl Rcy, y assi no se dcven meter en 
su tractado. sino que de por si ncgocien ;y al l'iesco se lia pcdido que niuostre cl podcr que ticnc dcllos 
y no lo ha hccho. y el sabc inuy bien que lia dado cspcrança de que la Reyna se podra servir dcsic 
dinero, haziendo partido razonablc a los Ginovcscs, que caso que se huvicra de traclar de su particular, 
viene agora fuera de licnipo, no avicndnsc hablado basia agora en cllo. Megan que Lccesicr y Bnrgicy 
ayan dicho al Ficsco nada de lo que cl propone, y, quanto'a la venta de las mercadcrias, dizcn que 
murhas se venderan en aqucl reyno por mas, y las que no valicrcn alli tante se dam licencia que se 
saque délias fuera dello que inontare a quelle que fnlla de pagar a los Inglescs, dando fianças que. 
hecha la venta, se les pagara; y dizcn que los Mcrcadcrcs Avcnturcros, quando el l'iesco les propuso 
aquclla manera de paga, le rcspondicron (lUC mirasse que elles avian de scr pagados, que cl como no 
tocava a cllos sino a el. A este torna a rcplicar Svcvcghen, afirmando ser vcrdad le que de Leccstor y 
Burgley propuso, pero para cchar csto a un cabo, dize que de las 70"" libras se le quitcn x" y 
quedcn los mcrcadcrcs que ncgocian en Espaîla iguales con los dcmas, y pidan cri Espaila lo que 
les toca por virtud dcl tractado particular o gênerai, y con este se quita toda difllcultad. 



2S6 RELATIONS POLITIQUES 

perspeeta de parle ejus judicare, ita eiiam quae particulalim proponunlur, intérim 
duni de negoeio aliquo agiiur ut super iis delibcretur, sive voce id fiât sive scripto, 
incivile est tanquam conclusa objicere, vcl antca pro rails iiaberi quani de inlegro 
negoeio conveneril, prœseriim cum a proponente subscripla non sini, neque ab altéra 
parte acceptala. Quorum neutrum lue intervcnissc ignorari non polesl. 

E contra quœ non lanlum a privatis oblata siint ut disculianlur, sed etiam principis 
noniine subscripla el approhaia suni, non icniere possuni, ncque debent revocari, nisi 
communi'conscnsu eorum qui per mandalum et aullioritatem habent : ilaque, quod de 
rcflitulionc a parle Serenissimœ Reginœ primum facienda (cum effectu scilicel ne paclio 
reddatur inutiiis) convenlum est in Beigio, et ab llluslrissiniis Dominis Comité Lecestre 
et Harone de Burgley subsrripium, non potuit, etiam si voluisset Thomas Fiesco, revo- 
care, ncque ab eo rccedere, cum etiam in hoc regnum venerit ni de illis iractarel de 
quibus anlea nondum plene convenerant, veluti de pretio pannorum anglicorum dis- 
iraclorum in Beigio, atque eo scmper illum animo fuisse el hiijusniodi inlenlione Irac- 
lassc, manifeste probal scriptum iiiud ilaiicum, quod, ut Serenissimse RcginaBin manus 
daretur, lilustrissimus Dominus Burgley ante menses aliquol se ab ilio accepisse non 
poiesl non meminisse. 

Considèrent etiam lliustrissimi Domini quam bene quadrent et an non potius haec 
invicem répugnent dieere illum a pactione de primum rcstituendo recessisse, et 
cumdem nullnm mandalum vel auihoritafom paeiscendi vel conirahendi habnisse. De 
fuie jussione vero salis prospeetum est a Rege Catholico, tum juraloria caulione dicli 
Thomte Fiesco, quem ad bonorum rcsiiluendorum reccptionem Sua Majestas idoneum 
judieavii, tum promissione ejusdein de non discedendo ex hoc rrgno prias quam mer- 
eaioribus anglis plene satisfiant. 

Atqui ut maxime usque ad summan sexaginla mille librarum, quae Advenlurariis 
debelnr, posseï pari passu (uii postnlatur) restilutio fieri, (amen eamdem norman in 
Hispaniis, Anglia el Beigio observare operosissimum essel, et lanlum non impossibile. 
Ac m quam eeierrime expediretur, non mensinm, sed annorum nliquot spalio opus 
essel priusquam intègre perficereiur, propter dillicultatcm in lanla dislanlia locorum et 
maris inlercapedine invicem renuntiandi, quo tcnipore et usque ad quem valorem 
restitulionem fieri placeret. Et rursuni quaienus ultro cilioque illa fada essel el 
impieta. Denique nisi bona lide ageretur ad exiremum is eui aliquid adbuc resli- 
tiiendum superesset, non possel ad illiid consequendum urgere adversarinm, quia non 
haberet qnod illi vicissim el pari passa redderetur. 

Ut arliculis 10, M, 12 cl 13° salisfiat Thomas Fiesco rnrsam lidem dictorum Illns- 
irissimorum Comitis el Baronis implorai. Alqne eliam Mercatores Advenlurarios rogal 
ut dispiciaiit anne veium sil quod dum sub finen) mcnsis maii saperioris eum illis 
primum convenirci, in aedibus gubernaloris ipsorum socieiatis, ipsis diserte edixerit 



DES PAYS-BAS KT IJE L'ANGLETERRE. 



257 



frustra de preliis pannorum in Belgio vcndilorum af!;i, nisi de ratione ca adsolvendi 
prius convcnirelur. Ralionein autem tmn déclarasse eatndem qiiam postea scripto illis 
dédit, non niipcr admodum (iit anniiit), sed nnte menses aliquot, niminim priiisqiiara 
in Belgium proficisceretur. 

Et ut fnciiius omne ncgotium cxpediatur, si iia Illustrissimis Dominis videatur, detra- 
hantur dccem millia librarum ox scptungintn. Et sint pari conditione eum omnibus aliii 
mercatnribus cliam qui in Ili!>pnnia negociantur, nt(|uc in llispania quod suum est ex vi 
traclatus generalis sut particularis répétant. Atque eliam cadem opéra tolletur difli- 
eultas, quae super representalioiie ejus suininae in hoc regno, quoad jus cambii attinet, 
adhuc gravissima superestei vixdiim coneiliid)iiis. 

{Arch. de Simancas, Secrel. Prov. Le.q. i>S7!), fol. 70; Record office, Cal., n' 2198.) 



MMCCCVU. 

Mémoire commercial. 

(IST!?) 
Ooramagcs qu'entraînera l'interruption des rclationii cummerciales avec les Pays-Bas. 

{Dom. paii., Add., p. 455, n* 27.) 



MMCCCVMI. 

Plaintes commerciales. 

(tSTt!?) 
Droits de tonlieu levés à Anvers et en Zclandc. 

English complayntes of neiv exactions. Monnij taken of tlie shippes thaï Irafficke 

into Seltand, as foUowith : 

Item, of a cracr conianingxvi tonnes beinge iodden to Andwerpe with any k.ynde of 
merchandise, tlie masicr of ihc said craer is bound lo paie forgally monny xu s. ix d. 
Tome VI. 53 



258 RELATIOlNS POLITIQUES 

Item (or anckorage of every tonne, i d. 

Item for groundage, xvi d. 

Thei whiche xvi d. hathe ben paid but now within this fowre yeres. 

Furder, if eny shippe be driven into Selland and do ryde there the space of 
xxiiii howres, the master is constrained to go into ihe custome howse and there to 
enter his shippe and goodes, painge for every tonne i d. for ankorage or eis to forffeyt 
shippe and goodes. 

Furder, if eny shippe do come tliilher empty to seke his lodinge, allhowghe he 
départe againe wilh lyttell or nothinge in him.he is compelied to paie for gally monny 
VI siiiihnges v d. and for groundage and ankorage as myche as thowghe he were fulle 
lodden. 

{Record office, Cal., n" 695.) 



MMCCCIX. 
Ordre des lords du Conseil privé. 

( 1872?) 

Ordre donné aux maires de Sandwich, de Douvres et de Feversham de renvoyer devant les lords du 
Conseil le capitaine Olivier, accusé de piraterie, qui déclare avoir agi d'après les ordres du prince 
d'Orange. 

(Archives de la Corporation de Sandwich.) 



MMCCCX. 
Henri Knollis à lord Burleigh. 

(GRAVESEND, 3 JANVIER iïïJS.) 

Don Guérau d'Espès refuse de quitter l'Angleterre sans l'ordre de son maître ou avant d'avoir reçu 

la réponse du duc d'Âlbe. 

So sone as I had reeeaved Your Lordshipps lettres of the seconde of thys présent, 
I signifyed unto the Ambassador Her Majesties dyslykyng of hys long deiay to proced 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 

forwards on his jorney lo Dover, willi furder déclaration of his servants negligens yn 
delyveryng up ihe note of those thyngcs l'or whyclie lie desyerclh to hâve pasport. For 
tlie lyrst lie chalenged a lybcrtie never gratiled, only hy liyin siipposed, to remayne 
hère yn Gravesend iintyll the retorne of hys messager owt of Flanders. Hé allegctli aiso 
yn parte of his excuse ihal havyng nelher commaundment by wrytyng for suffycyent 
testimony of lier Majestés pleysur yn thys helialIT, nor any warrant of revocation from 
the Kyng liys niaster, lie inay noi, withowt irreal suspitioii of conteinpl agaynst hyra 
whorn he servelh, départ owt of thèse lyniyts, wylhyn whyche he is commaunded lo 
serve. In ihe behallf of hys servant : he ys more redy to imagine some impediment 
yn ihe adaires of My l.ordcs abowt greater inattcrs, then yn ony wanl of attcndans 
yn hym. 

It was answered that the iyberte beyng graunted accordyng to hys demaunde only 
l'or 10 days, syiis thedyspatolie of his messager hère, were iiow alredy 13 passed. Tow- 
chyng the certenty of Her Majestés eoininaundmcnt for hys particular, the testimony 
of ilie whole Counsell niyght suiïyse hym, aiid the Kyng hys niasler was iIki olT b> 
lettres from Her Majestie fiilly cerlefyed : furder, I sayd, to dyspute witli Her Majeslie 
wylhyn lier owne reaiine, lie was noi ignorant what myght apperleane tlieilo. Affler 
moche argument to and fro, I urged hys departure upon the présent : whyche beyng 
full of dyATicuiles, bothe bycause the day was farr spent, and that he was as unrcdy as 
unwyliyng to départe, 1 thoughl yt not amys lo yelde so moche, and that more of 
nceessyte then of grâce lo dylîer the jorney iinlyll lo morrow. Thus we iniend, God 
wyllyng, to morrow to Syllyngborne, for an yll wyll joyned wylli the many other encom- 
beransis can make but slender spede; ihe next day to Canterbury, where we wyll 
attend other ihe redynes of the passage or furder cominaundmenl from lier Majestie. 
But to rydd hym cleare away befoie the reiorne of hys man, wyihowi force and utler 
violens, I ihynk yl wyll bo very harde. For the passport, I wold wysh yt were lymyted 
lest beyng reffered uiito my dyscreiion, for wanle iherof l myght semé other to large 
or lo scarce, wlieryn to offcnd on other syde I wold he ryghl lothc. And thus, afîtcr niost 
humble commendalioiis, I can but wysh and pray for the conlynuall wellfare of Vour 
Lordshipp. 

From Gravesende, the 3 of january 1571. 

{Record office, Cal., n* 5.) 



260 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCCXL 

La reine d'Angleterre au duc d'Alhe. 

(4 MNVIEH iôli.) 

Motifs de sa résolution d'expulser don Gucrnu d'Espcs. 

Nous pensons que par les letires que ces jours passés avons escriples lanl à vous 
qu'à nostre très-cher et très-amé bon frère le Roy d'Espaigne, ayez desjà entendu les 
causes que nous ont meue de prendre telle résolution qu'avons iaicte avecques le 
seigneur Guérau d'Espès, présent porteur, qui nous avoit esté envoyé de la part dudit 
seigneur Roy, nostre bon frère, pour tenir icy auprès de nous la place de son ambas- 
sadeur; mais, ne sçachant certainement si nosdites lettres soyent venues à vous, il nous 
a sembJé bon vous en faire icy quelque brief récit, assavoir qu'il ne nous sembla estre 
besoing vous réitérer la déclaration du mauvais contentement que (longtemps a) nous 
avoit donné de soy ledici d'Espés, et comme tant par nos letires que messages avions 
adverty ledict seigneur Roy des mauvais offices que de temps en autre il feit icy, le 
requérant que quelque autre mieulx qualifié et adonné à la mutuelle amitié fust envoyé 
en son lieu. Quoy voyant n'estre jusques à présent advenu, et que ledict d'Espès ne 
s'csloit déporté de continuer tousjours de plus en plus sesdils mauvais offices et prac- 
ticques, voire telles que tendoient au destourbier de nous et de nostre Estai, avecques 
plusieurs autres choses semblables, qui sont plus amplement spécifiées es nosdites 
lettres, nous fusmes conlraincts de ne le souffrir plus longuement en ce nostre royaume 
et sur ce ordonner que s'auroit à s'en partir incontinent, comme il a esté fait : ce que 
n'eussions pas voulu faire, s'il eust voulu mettre fin à ses mauvais déportemens et 
suivre l'example des bons et honnestes offices, que feict icy le Seigneur don Gusman de 
Silva, son prédécesseur : où ainsi nous faisons fin icy de cestcs, en nous remettant pour 
plus ample déclaration de tout ce que dessus, pluslost à nosdites premières iLitres et 
autres faictes et passées icy pour ccst affaire, que au rapport de cedici porteur. 

(British Muteum, Galba, C. IV, n" 95.) 



DES PAYS-IiAS ET DE L'AWGLETERKE. 



"ÀiH 



MMCCCXII. 



Henri KnoUis à lord liurleigh. 

(SiTTINGUOHNE, S JANVIER 1K71) 

Don Guérau d'Espès refuse de se charger des lettres de la reine pour le duc d'Albc. — Il pcnitte 
à déclarer qu'il ne partira point sans un ordre formel du roi ou du duc d'Albe. 

Your Loidshipps lettres of tlie i ol' tliys présent I receaved thys mornyng abowi 8 
of the clocke : al wliyche tyme tlie Anibassador, beyng nol yet slyrryng, I was faine to 
deferr ihe sygnifycation of Ilci' Majestés pleasure unio hym, iiiityll lie was up and redy 
to receave yt, the whychc was allinoste tow howres afîlcr. 

The passport hc takctli yn very good parle. Tlie Diikes lettres he rcfiisetli to receaNe. 
nolwythsiandyng my déclaration of llic full contents tlierof. Ile alledgetli iliat yt ys not 
the inaner of Anibassadors ellier to cary or to send lettre?, Iiavyng nol a copy war- 
ranted by tliem lo whom the malter apperieaneth, or rather beyng not niadc pryvy lo 
the lettre yt seiff. 

He refuselh aiso wythowl vyolent bandes to passe the seas, before he shall receave 
etberanswcr of his lettres from the Duke or express comniaundment from Hcr Majestie 
under her bande or seale. 

For the hastcnyng of hys passage, I wyll use ail the good mcans I can, forbearyng 
extremyte iintyil I sball bave farder answer and commission lo exceut the sanie. 

Masier Haukyns supposeth that, for wanic of good wynde, the shypp, wheryn he 
sholde passe, ys not yet eomen abowl to Dover. He intcndelb tlicther hym sellT, and 
to morrow, when lie sball bave sell al! ihynges yn good redyncs, to retorne the samc 
day to Canterbury, whcrc I yntend, God wyliyng, lo attende bolbe lier Majestés farder 
direction and hys retorne. 

The eopy of the order that was takcn wyth hym at the Cownsell table by cause il 
ys not warranled by the subscription of my Lordes, 1 suppose he wyll not regarde. 
VVherof what Your Lordshipps résolution sball be and heryn, I dcsyrc ailso to knowe. 
Thus, I commend Your Lordshipp imto God, mosie humbly lakyng my leave. 

From Syttyngborne, the 5 of january 1571, affter 10 of clocke. 

(Record office. Cal., n* H.) 



262 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCCXIII. 
Le seigneur de Sweveghem au duc d'Albe. 

(Londres, 7 janvier 1S72.) 

Il rend compte des négociations commerciales depuis le 23 décembre et sollicite l'autorisation 

de retourner aux Pays-Bas. 

Monseigneur, Le xxiij" de décembre à l'après-disner fut au Signeur Fiesco el à moi 
assignée heure pour comparoir par devant messeigneurs du Consoil do la Royne, là où 
par la bouche de Milort Bourgleye se feii en latin répétition des difficultés traiciées par- 
devant le Conte de Leycestre et luy, présen! les marchans en grand nombre (comme si 
ce fût pour asseurer. les aulires seigneurs du Conseil de la vérité de leur rapport); et 
voyons que cela n'importoit aullre chose que muittiplication de parolles, estans néanl- 
tnoins semons de responce, les rcquismes d'heure convenable au lendemain pour y satis- 
faire entièrement, sur quoy appoinciarent celle de neuf du matin, à laquelle, pour éviter 
tant de redictes, leur préscntay l'escript joincl à ceste. Après lequel avoir esté sur l'in- 
stant longuement cxannné et nous faict rentrer en ladicte chambre, dirent de donner 
aussi, suyvant les festes, responce par escript; mais, affin que cependant fussions informés 
de leur intention, et que, en cas que ne changerions d'advis, deussions tenir ceste négo- 
tiation de la restitution finie et rompue, nous vouliont bien sommiércinent advenir de 
la résolution pareulx prinse sur les quatre poincts en cest escript mentionnés : 

1° A savoir que pour faciliter l'affaire ils accepliont noslre offre touchant le adveu et 
ralihabition à impétrer de Vostre Excellence. 

2° Quant au jour précys du xxviij' de décembre, persistoient à ce qu'il y demourast 
sans aulcunement Tallérer. 

3° Que la clause de la restitution première fusse pareillement obmise et que à l'indemp- 
nité du seigneur Fiesco esloil pourveu par le mot qiialenus au lieu de dummodo. 

4° Que l'on n'entendoit aulcunement employer ung seul denier des Genevois au 
payement des septante mille libres : mais, s'il y avoit aulcuns biens détenus, lesquels 
se pourriont vendre plus chièrement en Flandres que ycy, pour y furnir, l'on permel- 
teroit que l'on les y transportas!, moyennant bonne caution de remettre icy les deniers 
en procédant par change pour estre employés au parfurnissement desdicts septante 
mille livres. 

Depuis, à savoir le xxx", me fut offert par deux Secrétaires de la Court la responce 
promise par escript, et dict de bouche qu'il falloit l'accepter telle ou tenir la négotialion 
pour finie, sans aultrement réplicquer. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



263 



Je feis responcc que, si avant <|iie par Icdict t'script ne me irouvay forcé, je me dépor- 
teroy voluniiers d'escriprc davaiilaij;e, mais que (alioii premièrement le visiter, ce que 
fds ineontinent après leur parterneiil en eonipaignyc dudict seigneur Ficsco; et, après 
l'avoir veu et examiné, nous sembla nécessaire faire et leur présenicr la réplicque 
pareillement iey annexée. Par qiioy le lendemain, dernier dudict mois de décembre, 
jour de la réception des letres de Vostre Excellence, du xx% le contenu desquelles ne 
fauldray d'employer par occasion, nous trouvasines à ces fins devers Milort Bourgicye, 
le(iuel, après m avoir à payne oy, dict luy eslre deffendu par .Messeigneurs du Conseil 
de la Royne de n'admettre auleun escript, et qu'il n'y cliéoit aultre chose à dire, fors 
si acceptions la susdicte responcc: en casque, non, que comme il estimoit m'avoir esté 
dict par lesdicis Secrétaires le jour précédent, il relournoilà me dire que la Hoyne me 
feroit dépescher passeport avecq asseurance convenable pour retourner par delà à ma 
première comodité, cl an seigneur Fiesco pareillement, avec quelques mots passiones 
selon leur cousiume. Je l'adonlcis à mon possible, tant qu'il fut content d'en oyr la lec- 
ture, et l'ayant après prins en main et sommièrement visité, me la restitua avecq céré- 
monie, retournant sur ces parolles de ne le vouloir aultrement accepter et de me faire 
dépescher kdict passcpor(. Sur quoy luy dis que les Secrétaires debviont avoir oublié 
me le dire. Touleffois demanday si la Royne me cominandoil la retraicle, auciuel cas 
j'estoit prest luy donner obéissance moyennant que dedens ledict passeport fut narré 
et inséré que je me partay par ordonnance d'icellc, ci cela pour me descharger envers 
Vostre Excellence, laquelle m'avoit faict l'honneur de comander au nom de Sa Majesté 
la venue par deçà et non pas le retour: ou aultrement que l'on me permeit d'envoyer 
auleun pardelà pour advertir du tout Vostre Excellence et demander mon congé, avecq 
auleuns aultres propos tendans à mesme fin, par lesquels il fut persuade qu'il le diroit 
à la Royne et me feroit entendre son bon plaisir. 

Le iij" jour de ce mois de janvier, le docteur Abrc avec les deux Secrétaires susdicts 
vindrenl de la part de Messeigneurs du Conseil pour sçavoir une aultre fois si je vou- 
iois accepter prcciséiTienl leur susdicte responcc ou non. Je leur répélay sommière- 
ment le debvoir dessus mentionné, faict le dernier de décembre envers Milord Hour- 
gleye, et ce qui ensuivit. Eulx persistans en leur demande, déelaray ouvertement, au 
cas que l'on ne voulut regarder la réplicque, ne sçaurois simplement acepicr la res- 
poncc. Suyvant ce, me dirent de rechief que lesdicts Seigneurs du Conseil procure- 
roient mon passeport pour m'en aller et retourner à ma comodité par delà, cl que l'on 
proeéderoil à la vente de nos biens, et si, pendant icelle ou après, l'on vouloit de \k 
envoyer quele'un avec povoir et autorité plus ample, l'on rescoulcroit voluniiers, et, 
louchant d'accepter ladicte réplicque, que ils n'en avoient aulcune charge. Touiesfois, 
soubs espoir d'ung bien publicq que en pourroit venir, cl aulcuncment à mon instance, 
ils la prindrenl pour représenter au Conseil. Se trouvans pressés derochief pour sçavoir 



26i RELATIONS POLITIQUES 

si l'on ordonne ma retraicle de la part de la Royne ou non et si milort Bourgleye ne 
les avoit chargé de responec promise sur ce poinct, dirent que ils n'aviont oy parler 
d'aulcun comandement ou ordonnance, ains seulement, pour aultant que j'avois esté 
longuement absent, que qiinnd je me irouverois en volunté de partir, l'on me pour- 
voyeroit de passeport convenable; que si cependant je voulois envoyer quelc'ung pour 
advenir du tout Vostrc Excellence, ils ne se doubtoieiit pas que l'on ne me le deust 
accorder et permecire. le ne répliquay rien quant à la vente, ny aussi quant à l'envoy 
d'aullres avecq auctorité plus ample, tant pour penser qu'ils n'avionl aultre charge, que 
pour trouver bon, puisqu'estions réduicts à tels termes, que par telles conirariétés Dieu 
nous ouvrira les yeulx pour manifestement povoir cognoisire et juger de leur intention, 
si comme par passeport trois fois accordés avant qu'eslre demandé une, et, après avoir 
par escript receu la raiihabilion oiTerie, désirer de rechief, de bouche, mandement 
cl procure pins ample, cl aussy tacitement révocquer ce que si peu de temps aupara- 
vant avoit par culx esté acordé. 

Il me semble hors de propos révocquer en mémoire ce que le Secrétaire Sicel dicl 
cl répéta en sa remonstrance du xv' de décembre, assçavoir que l'on ne requéroit pas 
Sa Majesic d'envoyer quelc'un pour résider icy et représenter sa personne, mais que, sy 
l'on l'envovoit, il seroil traicté selon que Vostre Excellence l'aura entendu par mes 
leires du xvi' dudict mois, ny de discourir sy ces trois congés déguisés soubs le 
masque d'ung passeport pour m'accommoder ne vallent ung bien exprès renvoy avec le 
désir de plus ample povoir. 

Vosire Excellence me pardonera sy je m'eslargis à dire que leur but est première- 
ment de ne riens faire, et après, nonobstant ce, mecire le tort de nosire coustcl. 

Le premier se vérifie assez par leur procéder tant inégal, inconstant, voire contra- 
riant à soy-mesme, joint que la veille de Noël ils despescharenl en diligence vers leurs 
ports de West et Zuyt à ce que par finesse, amour ou force l'on eust à faire entrer en 
leurs ports et se saysir des bateaux de la dernière flotte partie de Holande pour 
Espaigne rehouttée par fortune à leur coste, comme par la durée des vents contraires 
ne leur estoit difficile conjecture d'iey ; que s'entend que, pour la troisième fois depuis 
que suis en ce royaulme, ils ont soubs main vendu des biens appartenans aux subgects 
de Sa Majesié pour furnir à la rapacité du Conte de Leycestre, Admirai Clinton et 
auleuns aullres, hors des mains desquels semble impossible riens arracher; que, avant 
recepvoir la susdicte responce, fus adverty d'assez bonne part que ledict Conte auroit 
dit, oires que l'acceptation fût en ces termes, encoires ne se feroit resiituiion; que, non 
obstant le passeport donné à moy pour envoyer par delà l'ung des gens de Monsei- 
gneur l'Amliassadeur, il auroit par le seigneur de Lumey, le bastart de Brederode ei 
leurs complices à Douvres esté buffeté, mal traicté et aguctté pour le mectre à mort, de 
quoy en estant adverty n'en ont fait aulcune pugnition , non obstant que le xx' de 



DES PAYS-BAS ET r)E l/ANCiLETERRE. 



26S 



décembre le Secrélaire Sied ne s'estoil vergogne de se vanter que la Royne ne faisoit 
point comme les François nos voisins el confédérés, cl ne donnoit pas comme eulx à i-ry- 
buler.1, cnmm'ils appellent lesdicts pirates nos rebelles, entrée en ses ports, ny auleune 
faveur el adresse. A quoy loutesfois ne fis mes respnnscs que par une risée, les 
regardans comme pour accuser leur impudence et bourdes si évidenli'S. Il soiivenoit 
peu audicl Secrétaire Sicel du ris désordonné avec lequel la Royne rejecla les plainctes, 
lesquelles luy feis drsdiils pirntrs le xxvi" jour d'avril dernier, et comme je le rencou- 
tray lorsqu'il les disoit eslre subgels de Sa Majesté, ny |>ar('illem(!nt des canonades par 
eulx données sur l'armée de Vostre Excellence audicl Douvres h la tuition et deffence 
d'icetdx pirates s'estants retirés en leur port; mais de telles façons et mensonges 
plattos ils samblent estre natnrellemeni farcis. 

Quant à vouloir mcolre le lori de eeslc négoliation de la reslitulion rompue de nostre 
couslel, je ne sçaurois aultrement juger par tant d'indignités, lesquelles avons souffert 
soubs espoir de parvenir à bonne fin, laquelle sçavions estre tant à cœur à Sa Majesté 
et il Vostre Exreliencc, si comme eiiire anitres la dis[»Mte sur nostre povoir faicte li; \\' de 
décembre en la chambre de Milorl Bourgley et le xxiii* réilérée en plain Cons(!il en la 
présence de grand nombre de marchans intéressés et désireulx par apparence de pes- 
eher en eaue trouble, avec demandes nsseiKsns injures comme: Sy avions jamais manié 
aullres négoces? Si sçavions (]ne e'estoil dr iraieter ave-q princes? Si n'avions lionie 
de ainsy nous mocquer de la Royne el traicler sans povoir? Puis s'attachant à chacun 
de nous à pari, dire qu'ils aviont du eomenriiemcnt conceu de nous meilleur espoir, 
mais sans dire aultre, et par tels propos impnrfaicts laisser img esguillon aux oreilles 
(les cscoutîtns et le jugement du surplus à la discrétion de si notable et discrète trouppe 
à ce qu'elle en eust à emplir la Bource de ccste ville et ainsy l'espardre par l'entier 
royaulmc, comme elle fait dès asleuve. El le xxiiii* pour l'adonleir, après avoir visité 
nostre escriptet respondu en sorte (|ue dict est, dire que la Royne et eulx tous aviont 
eu gratide satisfaction de ma bonne intention et de mes bons offices, mais qu'ils se 
doiibliont que j'estoye diverty par don Guérau d'Espcs, sur quoy leur ayant soufTisani- 
ment respondu et serré la bouche par la i-aison.nous aynni h peyne tourné le dos pour 
sortir de la chambre dudict Conseil, retournarcnt après et nous acconipaignèrent d'ung 
broecarl, disant ledict Sicel haidt et cier : « Voyià qui s'en retournent devers l'oroele ■ 
(intendant de Monseigneur l'Ainbassadcur. 

Je ne vouidroie mectre en compte une infinité de propos exhorbiians à ehasque volée 
cl communications sorties de bouche de la<liclc vénérable irouppe des marchans pour 
estre personnes trop basses, mais me desplait grandement que toutcecry semble reilo»- 
der au préjudice du maistre el trop passer les limites de vouloir ainsy s'indiequer les 
personnes, des quelles Vostre lixeellence, au nom de Sa Majesté, a voulu faire élection; 
car le debvoir d'obéissance de moy quy suis naiurel vassal et subject, excuse assez mon 
TOMF. VI. 3i 



266 RELATIOINS POLITIQUES 

insoufïisancc et inhabilité pour estre mis en tels affaires, combien que j'espère à mon 
retour luy rendre bon compte de ce que luy a pieu m'en charger en cesi endroit, du 
moins, si avant que sa bénignité accoustumée luy plaira d'accepter la bonne et fidèle 
volunté pour l'effcct; et me fuissi; volimtiers depporté d'en escripre à Voslre Excellence, 
ne fût esté pour luy faire entendre le fond de la matière et quel fruict se doibt actendre 
de telle racine et comme je y pourrois d'ores en avant faire bonne œuvre ou demeurer 
plus longuement sans trop excessifve perte de la réputation de Sa Majesté, et à euls 
accroistre le mespris el orgueil accoustumé et le désir de fouller et oultrager davan- 
taige nos subjects, soubs espoir ou pluslot confidence d'en demeurer comme à cesle fois 
impunis. 

Le nu' jour de ce mois, à l'après-disner, retournarent de rechit f les susdicts docieor 
Abre et deux Secrétaires pour m'annoncer que ils aviont présenté nostre susdicte 
réplicque à Messeigneurs du Conseil, lesquels l'ayant trouvée imperlincnle, aviont 
décrété la vente des biens des subjects de Sa Majesté icy ariestés, el ce pour quatre 
raisons : 

1° La première procédant d'une charité démesurée afin que lesdicts biens ne se gas- 
tassent davantage. 

2° Pour ce que Voslre Excellence leur auroit de pieçà monstre ce chemin. 
5° A ce que leurs marchans pcussent une fois respirer el reprendre alaine après si 
longues pertes soustcnues à l'occasion des arresis. 

4° Et pour ce que n'avions pouvoir souflisant pour en traicter. 
Néan(moins, pour justifier ladicte vente, l'on permelroit aux propriétaires en personne 
ou par procureur acliapter leurs biens, et, si aulcunne d'entr'elles se povoit vendre plus 
chier ailleurs, que, moyennant bonne et seure caution de remectre ycy le pris de la vente 
par change, l'on accorderoit ledict transport, selon qu'ils ont aussi offert en leurdicte 
responce par escript, concluans par répéter que, si l'on envoyoit aulcun avec povoir 
soufiisani, il scroit le bien venu, sans que ladicte vente deust porter aulcun préjudice à 
l'amitié et ancienne confédération des princes. A quoy feis responce que je ne povoy 
donner empeschement à ce qu'il plaisoit à la Royne ou son Conseil ordonner estre faict 
en son royaulme, ne leur voullant pourtant celer que l'acte de vente troubloit et rom- 
poit tout le fait de la restitution, laquelle, allant avant le desgast des biens, revtnoit au 
dommaige des propriétaires; car, les rendant en tel estât qu'elles se trouveroient, l'on 
satisfaisoit au traicté. Que Vostre Excellence avoit très-bien vendu leurs draps et par là 
aulcunement bénéficié les Anglois. Que la perte de nos marchans esloit incomparable- 
ment plus grande que des leurs. Que je trouvois estrange la nouvelle accusation de 
nostre povoir veu la raiihabition naguères par nous offerte et par eulx acceptée; mais 
ils voulurent saulver ce poinct par une clause insérée en leur responce, emportant con- 
dition, au cas que l'on s'accordast du reste, ce que n'aurions faict, n'ayant accepté leur 



DES PAYS-BAS ET UE L'ANGLETERRE. 



967 



dicle responce. Parlant ne vouidroient plus besoigner que avec celuy lequel aiiroit pro- 
cuinlioii sonllisaiite cum litera soubs ii- sceau (le Sa Mitjeslé. Ce qu'est ung aullre indice 
du peu de volume qu'ils ont d(t venir à restitution et qu'ils désirent seulement nous 
entretenir de paroUes pendant que leurs marchés et ligues se font ailleurs sans 
jamais avec nous conclure cl aussi couvrir leurs ventes et larcins secrets de sorte qu'ils 
ne vinssent en lumière et cognoissance, lorsque l'on auroii à procéder ù ladicte resti- 
tution. Se les mcrciay de l'offre qu'ils faisoient aux propriétaires des biens arrestés, 
mais dis que, pour les en advertir il faiiloit temps convenable avec asseurance de les 
|)Ooir seurement emmener : considéré que deux jours auparavant en la rivière en la 
Tliamise, entre Sepé et Gravensende, les pirates aurionl pillé aulcuns biens apper- 
tenans à Ostrelins ei eslionl retournés avec leur butin à Douvres. 

Quant à ce que ladicte vente n'cmpèelieroit le cours de l'anchienne amitié, je dis 
que liiy estant jurisconsulte ne povoit ignorer quod protesta lio contraria farlo non valet, 
ny sçauroit tel acte en telle conjuncture cstre interprété en bien de tout homme n'estant 
privé et destitué de sens commun. 

En après ledit docteur Abre con^mença, sans charge et par (orme de devises seulle- 
ment (comme il affcrmoit), diseourrir sur nostrediclc réplieque; mais, comme il n'y 
eut eu guères à dire aux deux premiers poincts et (pi'il ne voulut condescendre au iij' 
touchant la restitution première se long temps accordée et soubsignée au nom de la 
Royne, je eoppay propos, prenant occasion sur ce qu'il avoit dict sans charge, et ainsi 
avec courtoises offres après nous départismes. 

Aujourd'huy matin sont esté convocqués par devant le Conseil de la Royne aulcuns 
marehans de toutes nattons eslrailgiêres, ausqnels par la bouche de Milort Borgleye fut 
faicte ime longue déduction de tout coste affaire, et Fiesco et moy de nouveau chargés 
de faulle de povoir et monstre que l'occasion de ce que ce marchié n'alloit avant, venoit 
de nous; que pour ce l'on avoit décrété la vente des biens de nos subjects, et l'on 
leur demandoit advis comment elle se pourroit mieulx faire pour le plus grand prou- 
fiet des Anglois et moindre perte des propriétaires, avec offre que iceulx propriétaires 
les pourriont achapter et emmener là où il leur plairoil. Protestans derechief que ce 
n'estoit par faultc de bon voidoir que l'on portoit à Sa Majesté, que l'on venoit à cesle 
extrémité, ains pour les raisons lesquelles l'on m'avoit faict déclaircr. J'ay dict à 
aulcuns subjects d'icelle venus vers moy que je ne leur conseillois nullement de se 
mesler en ce que sçay estre contre l'intention directe de Sa Majesté, laquelle est que 
l'on restitue et non pas que l'on vende, comme est aussi celle de Vostre Excellence. 

Voilà tout ce qu'est succédé depuis le xxi* de décembre date de mes dernières à 
Vostre Excellence, envoyées par l'homme de Monseigneur l'Ambassadeur; et, comme 
par le discours entier se voit que je ne sçauroy icy plus servir que de ciffre el des- 
pence inuiille au grand mespris de Sa Majesté, finiray cestes de mes prières bien 



268 HËLATIOINS POUilQUEb 

humbles à ce que Vosti c Excellence soit coiileiiic me permecire le brief retour par 
delà. 

(Archives de Simancas, Secret, prov., 11° 2579, fol. 79. — Archives du Hoyaume 
à Bruxelles, Correspondance de M. de Sweveghcm, fol. 100.) 



iVlMCCCXIV. 

Thomas Gresham à lord Burleigh. 

{1 JANVIER 1572.) 

se plaint de la saisie de quelques lettres en Flandre. 

(Record office, Dom. pap., Cal., p. 433, n» I .) 



MMCCCXV. 

Thomas Fiesco au Secrétaire Albornoz (En chiffre) '. 

(7 ET 8 JANVIER IS72.) 

On peut considérer les négociations commerciales comme rompues. — Depuis l'arrivée de Montgo- 
méry, les conseillers de la reine se montrent plus hostiles. — Influence de Burleigh. — Négocia- 
tions avec le Portugal et la France. — On ne tardera pas à juger le duc de ISorfolk. — Affaires 
d'Ecosse. 

Despues de lo que escrevi con el criado del Senor Embaxador que larda harlo eon 
la respuesla, me ballo las carias de Vucslra Senoria, de xix y xxiiij", a las quales no 
haviendo mucho que responder, dire primero que esios Senores por dar senal del buen 
animo que lienen a la fin deslos negocios, en eonsequencia de la licencia (|ue se ha dado 
al dicho SeîSor Embaxador, embiaron a los xxiij por el Sefior de Sveveghen y por mi 

' Traduit de l'italien. Une partie du texte italien se trouve aux Archives du Royaume à Bruxelles, 
Nég. d'Angleterre, Lettres diverses, J 869- 1575, p. Ibb. 



DES PAYS-BAS li'l Ï)E L Ai\(;LETEKUE. 



269 



en pleno Conscjo: pusieroiinos dclnnte muchas tiillitultades, tic ins qualcs Ciida uiia por 
si espt'cialinc'iite (li(;lias cor) pnliibras que tanio pimzavan, podia dar claro iiidicio que 



no ticnen volnn(ad de linzcr cosa biicna. l'ue respondido con toda rnodeslia doiidc era 
necessaria por moslrarles su siiira/.on por que en aUercando ellos (omavan de liuena 
gana occasion de punzarnos con poca eoricsia con (in de provocarnos, rcsolvinionos de 
dar Ingar a sus passiones, oiïrescieiidonds de poner por osciipto io poco que nos 
ocurria por final respuesla : Io quai acceplado por ellos, nos partinios, y el nii>nio dia 
escrivinios Io que Vueslra Merced vera por la copia que va con estu,respondiendu brève 
y parlicularmente a qualro cabos |)rineipalcs de diibas didicultades : el quai escriplu 
despues, a los xxiiij" de manana a la liora que nos lue sefialada, prcsenlanins en diclio 
(lonscjo y leydo (|uc lue, nos liizieron salir fiiera por espacio de média bora,y lornan- 
donos a lluniar despues nos dixeron en subslancia que no era verdad ninguna de 
aipicllas cosas que haviamos expueslo y (|ue ninguna délias aeeeplarian : pero (|ue no 
obslanlc esto, nos darian la rcspuesta en eseripio, para que lodos eonosciesscii el buen 
aninio de su Reyna, y quanto nos engafiavanios nos olros en el dielio nuestru cseripto, 
y, porquc desde enlonees quedasse su pueblo bien iin|)resso, bizieron enlrar dcniro 
quando nos respondieron xx o xxx mercadcres llaniados para esie iflecio, para que lu 
enleiidiessen lodo y fuessc publiio el niisnio dia por la eimlad, conio lue en eiïeelo. A 
los xxx despues nos embiaron la rcspuesta en cscripio, cuya copia yra debaxo desia, con 
einbaxada a boca (jue si a(|uella no nos agradava, Su Magcsiad eslavH restiella en liazer 
vender nucstros bienes y se nos daria passaporle |)ara par(ir, quando nos pluguiesse, sin 
que toniassenios mas Irabajo de responder en eseripio cosa alguna. Respondimos que 
veriamos la diclia respuesla y que donde fuesse nienester no dcxariamos de replicar, 
(^cmo Io bezinios cl mismo dia, majoiinenie baviendo reeibido las carias de Vueslra 
Merced, con las qualcs se podia llcgar en buena parle al cabo del dia de los xxviij de 
deziembre, y assi a los xxxj nos fuinios con una brève replica (cuya copia va con esia) 
a Milord Burley para dar>ela, y ballaiidole solo en su caniara, porquc cslava algo indis- 
pueslo, bizo granile rcsistencia en (|uirerla lomar, dizicndo dcmas deslo que cl no avia 
vislo la rcspuesta que nos liavia dado el Conscjo porquc, ballandose enfcrmo, noesiuvo 
al darla, salvo que cl diclio Conscjo se la liavia remilido para que el nos la embiassc a 
nosotros, con orden que no acceptasse alguna replica, sino solo la respuesla conio esia 
(licbo, del si o no. Todavia a nueslra instaneia se conlenio que se la leyessemos, y, des- 
pues de acabada, la lomo en la mano y rcmirola un poco, volviendola despues a Sve- 
vcghen. Despues dixo que la orden del Conscjo era (como el dezia) que no la accep- 
tasse, y conforme al recaudo que se nos dio a boca, y dixo que nos podriamos partir, 
(juando quissiessemns, sin darnos lugar para discurrir con cl Io que buvicra sido a pro- 
posito sobre dicba replica, aun(|uc, negando siemprc las cossas passades que nosoiros 
allirmavanios en ella, fuera lienipo perdido de quien pensara a la (in desordenarse cosa 



270 RELATIONS POLITIQUES 

que con lodo estiidio havemos procurado siempre de liazer; y assi nos partimos. Dos 
dias despues embiaron un Seerclario del Conscjo para dezirnos de nuevo quenosiesol- 
viessenios en aceeptar su respuesla o no, a fin que la Reyna se pudiesse resolver lam- 
hien en la venla de nueslros biencs. Rcspondiaios que Su Magestad podia bazer lo que 
le pluguiesse porque, no queriendo su Conscjo acceptai- nueslra replica, ni argumenlar 
sobre elia, no liavia para que dezir oiro, y, enUando mas adelanle on discurso con el 
diclio Sccrelario y un doclor que lenia consigo, se induxeron a lomar la dicha replica, 
con la quai crcyeron muchos que lo enlendicron que las cosas se accomodarian. Pero 
salio vano, por que cl dia siguienle bolvio el diclio Sccrelario y dixo sin iraclar poco, ni 
niucbo de nueslra replica (la quai tanipoco nos bolvio) que pues no nos curabanios de 
aceeptar la susodieba su respuesla, la Reyna se havia resuelto en la venla, induzida por 
quairo razones : !a primera por que nueslras mercancias no recibicssen mayor dano; la 
segunda por si guir cl exemplo de Su Excellencia que bavia vendido las de sus subdilos ; 
la lercera por pagar a los dicbos sus vassallos lo que havian de baver; la quarla porque 
no leniamos nosolros aucloridad para coiiccrlar, anadiendo que siempre que vinicsse 
de parle de Su Magestad peisona auclorizada para Iraclar, no dexarian de procéder a la 
lin del accordio ya comeneado, no embargantc la susodicbo venia. Respondiosele lo que 
convenia, y despues no lia succedido otro, mas de un gran rumor que ay de dicba venla 
y de la qnerer bazer tan justilicada que janias en aignn tiempo no les pueda quedar 
rccurso, y para este fin piden los subdilos de Su Mageslad, assi Flamencos como Espa- 
noles, para que intervengan en dezir su parescer y para nolificarles tambien (segim se 
dize) que se conlenlan que los mismos subdilos o scan los proprielarios de los bienes 
los puedan baver |)or el lanto que fueren estimados. Dizese lambien que depuiaran a la 
venla personas lan qualifioadas y baslanles y con lanta aulboridad que podran bazer 
venir alli a qualquier persona que buviesse escondido o robado los dicbos bienes para 
que ninguna cosa quede occulta, y lo que resullare de lodo pueda supplir largamenle 
a la satisfacion de sus vassallos, los quales no seran pagados, salvo de aquello que liqui- 
damcntc se ballarc, que se les aya delcnido despues de los arieslos ay y en Espana.Pero 
lodas estas son de las acosiumbradas sus demoslraciones por aparenlar al pobre pueblo 
(|uc sienie grandissimo dolor dcsla lan gran novedad, y ya terne que a la lin no le locara 
nada, como en elleclo sera assi, por las causas que abaxo se diran; mas, por que lodo 
esto se scrivira diffusamenle por el Sefior de Sveveghen, no ay para que alargarme 
mas, salvo que baziendose mencion en nuestra replica de un mémorial que en principio 
de julio di yo a Builey, me lia parescido a pioposito embiar agora copia del, si bien 
entonces la embic, para que mas claramente se eiitienda ([uc loque dezimos es verdad 
y que el no lo pucde negar; y, por que Su Excellencia quede del lodo adverlido de lo que 
passa, y pueda rcsolvcrse en lo que convienc al servieio de Su Magestad, anadirc bre- 
vemcnte lo que me occurre cerca desie ncgocio. 



JLETERRE. 



271 



Mi parescer es que, con la venida aqui de Monjçomcri, estos se han apnrtado del todo 
de la voluntad tanla o quanla que tenian primero de reconciliarse con Su Mageslad, y 
no ay dubda (|ue agua o fucgo o oiro impctu prenipitoso les viene por permission de 
Dios, pues una infinidad de razoncs importanlissimas y sin las quales no puede inan- 
tcnerse este reyno, no son baslantes a tenerlos en freno. Primerameiite ellos no pueden 
dexar de considerar que Su Mageslad no les ha de dissimular nias estas afrcnlas y indi- 
gnidades, ni como puedan assegurarse de Franria, quando recurricrcn a ellos ()ara def- 
fendcrse. Croo bien que picnsan poco que Ceci! que liene el mundo en el pufio, esta en 
odio de grandes y pequeSos y, si se signe la niuertc del Duque, le cslara mas, porque ya 
se sabe que todo dépende dcl. De los présentes que yo les he promctido, paresce que no 
curan mas, porque creo que se les ba promelido que de solos los dineros de Ginoveses 
sacaran otro tanlo, y en la venta de las mercancias no perderan occasion. No embar- 
garite las buenas palabras de los susodiehos, saben que sus mercaderes, ni los nobles 
pueden durar sin el trato, y conoseen claramenle que en lugar de las 70°" libras pro- 
mctidas por mi a los dichos mercaderes y mas la rcstitucion de lo (|ue ay queda v en 
Esparia, no lo havran si el accordio no passa adelanle, por que e! extracto de nuestros 
bienes dichos mudos aqui no basta a pagarles, aunquc diligcntomcntc y sin engano 
fiiessen vendidos, y como esto pueda ser, el exemple de las venlas passadas lo mucstra, 
aunque se esfucrcen, como tengo dicho, de moslrar lo contrario con tantas buenas 
maneras y ordenes como ponen delante. Que lo que resultare de nuesiros bienes, no 
baste a pagarles los mismos mercaderes, lo saben bien, y de aqui procède que han usado 
tanta modestia en procnrarque no se vendiessen pur venir al accordio. Que si huvicran 
pensado de sacar délias su paga y satisfaceion, no huvieran tardado tanto, segun la gana 
que algunos pariiculares tenian de que se vendiessen por sus dcsignos y fines. El caso 
es que de seis meses a esta parte han vendido por très vczes a lo menos buen eantidad 
de nuestros bienes, y lo procedido dellos ha ydo en mano de quien no lo quiere perder. 
Si en estas ventas sécrétas puede aver avido robos o otras falsedades, dexolo considerar 
a quien conosce esta gente. Tengo por eierto y firme que a esta hora de los bienes que 
quedan, aunque sean niny bien vendidos, no se sacaran 100° escudos, y si bien en los 
inventarios se hallara falla de muchas cosas, no por esto se alcançara jamas razon, ni de 
lo que de antes se liavia robado, aunque punctualmente se mostrasse quien ha hecho 
el robo. Los dineros de vassallos pueden monlar 80"° escudos, y la venta de los bienes 40", 
que en sunia es todo lo que se puede espcrar de la rcstitucion, por que, quanto toca a 
las seguridades de rcstituir, aunque Ingleses han hecho una de las nuestras demas 
de 40"° libras por traernos con mayor v(fluntad al accordio, se halla en effccto que todo 
es ayre por que las han librado por via de présentes que a algunos particulares se 
han dado, tanto que a esta hora yo estoy certissimo no queda en obligacion la suma de 
diez mill libras, assi que, hecho el calculo de todo, vendriamos a sacar desta rcstitucion 



272 RELATIONS POLITIQUE? 

has(a 'iGO'" escudos, que son lo mistno que valen las selenla mill libras de esterlines 
a que yo me iiavia de obligar, dénias que, corno Vuestra Merced sabe, quedavan por 
resiiluir oiios bienes ay y en lispana, que se podrau estimai-, segun dizen Ingleses, en 
olros 100"' escudos y mas, y segun a mi me paiesce por lo menos en 50"", sin poner 
cosa alguna de les présentes, de los quales agora que yo eoniprebendo lo que esta dicho 
lieniblo eu pensarlo, y doy infiniias gracias a Dios que con el procéder destos me lia 
abierto los ojos, por que, si me liuviera obligado a las 70"" libras y ai reste, conforme al 
accordio, para cumplir con ellos punlualmente, sin fundamento cierto de que ellos cum- 
plieran comigo, respeclo a su niaia nalura y a la impossibilidad que en ello veo, eierta- 
niente me ballaria en una graiidissinia confusion, y no me liavria aprovecliado el punlo 
de la restitucion se biziesse primero por su [)arte, por que, si me huviessen acceptado 
parle del pagamenio, como yo piesuponia de liazcrlo de los dineros de Ginoveses, se 
los liavria pagado el primer dia de las 70"" libras. lin suma no nos esta bien la res- 
titucion, por que demas que séria muy vergonçoso coneierto acceplar la suma de 
230"' escudos en liigar de un millon y mas que ba sido arrestado, seguirse ya que para 
uia\or dcrepuiac'ion y dano nuestro vendrianios a perder mas de lo que cobrassenios, 
como se lia diclio arriba, a eslos (quitando los nieicaderes intercssados) tampoco les 
plaze porqne los que lienen en niano bienes o dineros, no quieren que se les pida qucnla 
dellos, y allende deslo la Ueyna pieiisa accomodar bien sus cosas con Francia : mues- 
irasek's por esta via la poca cuenta que lienen con Su IMageslad, y no es maravilla si 
estos respectes puediii mas que el inlcresse de diclios mercaderes, con los quales diran 
y baran tanto que les sera fuerçn créer que la falta esta en nosotros : en lo quai ponen 
lodo estudio y obra. Si en alguna manera agradasse a Su iMagesfad y a Su Excf llencia 
la restitucion como medio para venir a la reconciliacion y al coniercio, séria necessario 
dessear primero que estos estuviessen de olra inicncion de la que agora tiencn, segun 
se vee, aunque no dexan de dezir bartas vezes que esta venta que bazen formalmenle, 
porjudique no punto a la amistad que la Reyna prétende de guardar a Su .Magcstad, y 
que cstaran promptos, sieinpre que Su Magesiad quisiere a Iractar del comercio; mas, 
como lie dicbo a alguiios, si tuvieren gana, liavran de dexar del lodo de dar acogida y 
favor a sus rebeldes, y pluguicsse a Uios que assi, como se dio en instruction al Senor 
de Svevegben, que hablasse en ello antes de concluir el parlicular de la restitucion. se 
le ordcnara que lo huviera iraetado antes que començara ningimn cosa, porque, a drzir 
la vcrdad, desdizese niucho el platicar de reiniegracion y amistad, sin quilar primero 
una tal manclia. Lossusodichos eumpliniientos destos cerca dcsle parlicular no proeoden, 
segim yo creo, de buen animo, sino porcjue, aun no deven estar de accordio con Francia, 
sieinpre procuraran de tener (como dize el refran) dos pies en un çapato, y de enganar 
al rnundo lo mas que pudieren, por si se les affresciesse otro pensamienloo buviessede 
muclar de parcscer, como por miichas vias puede acaesccr. Piiesto caso que, como tengo 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERKE. 



273 



dioho, Su Mageslad dcsseasse este coinercio, sin qiierer riiirar n estas sus modos de pro- 
tceder tan estranos, yo creo (juc podria facilmcnte no dijço approvar, peio dissitnular esta 
venta, dando a enteniler que por liallarse mas de 300.000 escudos de Ingleses en niano 
assi ay eomo en EspaHa, y sabiendo que estes sus vas^allos, no lanlo por la falta de los 
bienes que les han sido robados, quanto por lo que se van enipeorando los que estan 
en scr, licne por bien que passe adclante, atlento que sin oiro nia\ or trabajo o gasio del 
que se lia se^uido podra rcconipensar, quando quisitre, liarto niejor sus subdilos con 
los diclios ÔOO™ escudos que con gran parie ellos pudrian esperar de serlo por de la 
restitueion; y de esta nianera dandose el un principe y el otro por satisfechos por si y 
por sus subditos, en quanto loca a los arrestos de que se tracta, se podria de primer golpe 
venir al coniercin, cosa que esperando a la restitution ((|ue en (jualipiicra manera séria 
larga) no ereo que se podria hazer en muclios meses. Los poeos dineros que se saearan 
de los bienes nuestros reparlirse ban, Dios sabe eomo, pon|ue una infinidad de golosos 
que lienen pretensiones viejas ay y en Espafla, contribuyendo a los diehos ^■(■fio^es, 
llevaran la mayor parle, y los pobres mercaderes a qiiien ban sido ariestadas las mcr- 
cancias, no ternan nada. 

Tratase el acordio de Porlujial que, segun enticndo, liavra effeclo, y n la lin havre- 
nios visto a que se cndereçava la lardança aqui del Cavall ro Giraldi, que pienso 
servira de Embaxador u aquel Rey. Con Franceses se dizc assimismo que tractan el 
trafico de sus pafios para Kuan y Marsella, pero quien qiiitasse a los négociantes la 
tîsperaiiça do bolver, ay creo que les diria una de las malas nuevas que pudiessen 
recibir. Estando las cosas desla manera querria eomençar a hablar de los dineros de 
Ginove"ses, en los quales Dios sabe conio sere tractado, pero querria anles desto lener 
cartas de Vuesira Mageslad y de los interessados, para sabcr eomo lo entiemieii Su 
Ëxcellenza y elles. Paresce estrafiissimo que tarde taiito el bombre del Embaxador, y 
a la fin sera fuerça que el passe sin respuesta de Su Excellencia , por que se le da 
prissa y bavrase de embanar dentro de dos dias: si tuvieramos respuesta (approvan- 
doloemperoSu Excellencia), biivieramos podiilo pcdir su passaportc, mayoïmeiite que 
el lardar agora .''in bazer cosa ninguna baze créer a estos que bavemos de condeseender 
a todas sus voluntades, y en los tratados dizen que quieren hazer traer aqui todas las 
inercancias a fin que se vendan mejor; y, si assi es, tardaran mas de seis semanas 
antes que dcn principio a la venta. Ay ban becho yr al Consejo una gran quantidad de 
mercaderes de todas nalioncs, y declaradoles primero a boca Millor Burley la causa 
que movia Su Mageslad a la venta, que en sunia procedia por nucstra falia : banles 
pedido su paiescer cerea de la diclia venta, es assaber si se haria eon mas venlaja en 
los puertos donde estan las dicbas hazicndas o aqui; y, haviendose eseiisado de dar la 
respuesta la mayor parte de los subdilos de Su Magestad, los olros tomaron liempo de 
darla manana. Creo que no dexaran de sacar a liiz algun eseripto publico por dar 
Tome \l. k 35 



274 RELATIOINS POLITIQUES 

satisfaccion al vulgo, como oy en dia se usa entre esta nueva secta. Pero, si Su Excel- 
lencia me quisiesso créer, se que no dexaria de seguirlos en esta coyuntura, y quando, 
plaziendo a Dios, nos vieremos ay el Senor Embaxador y Sveveghen y yo, ordenaria 
que con verdad se pusiesse en escripto todo lo que ha passado en este négocie de! 
principio hasta agora, porque demas que séria consuelo de les subditos que sienten 
el dano y estan interesados y han desscado grandemcnte el accordio sin cntcndir por 
quien faita. Quiça que daria poco gusto a estos si se publicassen sus modes de procéder, 
mayormente entre sus pueblos, y este se dize en case que pareciesse a Su Exceilencia 
que no convenia tractar mas de accordio aiguno. 

Presto llevaran al Duque al juyzio, y despues havra de morir, ay opinion que car- 
garle por via de nuestro Embaxador y que por esso le dan tanta prissa a que se parta. 
De los otros prisioneros no se habla. 

Dizen que entre Francia y estos se accomodaran de las cosas de Escocia, aunque de 
la parte de aquella Reyna aya ydo un cavallcro a Francia a hazer grandes protestes al 
Rey, de que precurarian elro remédie in case que no la assista. Aqui arman , aunque 
poce, y, si se rompe, dizen que sacaran de veras les piratas, per que algunos parlicu- 
lares se dexan entender que de aqui adeiante quieren todas las presas para clins. Nucs- 
tro-Sener, etc. 

De Londres, a vij de encro 1572. 

Somos a viij". Les mercaderes lian buelto del Consejo y han dicho que su parescer 
es que no se venda cosa alguna antes de un mes, para dar lugar y comodidad a los pre- 
prietaries de los bienes que vengan a cemprarlos per el tante, si quisieren que es y ha 
sido superflue el accordarle, attente que si los quieren vender aqui, no bastaran a 
ha/.erlo en seys scmanas. Todas estas cosas yran sin faita en escripto publico por lienes- 
laise y dar entretanie un poco de tiempo a sus désignes. Pero yo ne crée, ni que les 
preprietarios vendran, ni que Su Exceilencia lo consienia por que ni el terna honor 
deilo, ni ellos bénéficie, salvo si tenicnde fin al comercie Su Exceilencia quisiesse, como 
esta diche, dissimulai- toda cosa : del quai comercio terne a dezir que ne convienc escu- 
char palabra, si primero ne dan senal de quererio cen echar les cessaries, por no dar 
lugar a sus malicias gruessas, con las quales hazen profession de enganar a todo-. Espe- 
rase la orden de Su Excellenza para le que havre de hazer, siende cierte que, si viere 
que yo no be de servir en etra cosa, me dara licencia que me buelva,cemo la dara lam- 
bien al Senor de Seeveghcn, per que a la verdad ya no se puede estar mas aqui sin 
dcreputaiion de Su Magestad y de Su Exceilencia, etc. 

(Archives de Simuncat, Estado, Leg. 825, fol. 5.) 



ÎS 



lE L'A^NGLRTERRK. 



27K 



MMCCCXVI. 
Henri Knotlis à lord Burleigh. 

(CANTORRËRY, 8 JANVIER 1871) 

Don Guérau d'Espùs persiste à ne pas vouloir quitter l'Angleterre avant d'avoir reçu des instruction! 

l ce sujet. 

AfTuT riiosl hiirnhle comnicmlations lo Your Lordsliip. 

Vour Loniships lettres of tlie 7 I reeeaved thys inornyng al . . . of ihe clocke : 
at wliyche tyme iliys Ainbassador was yn hys bed '. Neverlheles not long aflTter upoii 



' Don Guérau d'Espès avait adressé la veille au roi d'Espagne une longue lettre que nous jugeons 
utile de reproduire : 

Despues de lo que a V. Magii he scripto con el eriado raio, qu(^ dcspache al Duque de Alva a xxj del 
pnssado (del quai aun no se cosa alguna), la Rcyna y los de su Consejo (o, por mejor dczir, Mllord 
Burley, que solo lo administra todo) cmbiarun, uaa liora despucs que cra partido, el diclio criado a 
dczinne, cou un Sccrctario del Consejo y con cl cavallcro Canols (que es el que nunca me dcxa), que 
se niaravillavan de ml tardança en cl parlirmc, y assi que dcsalojassc do Londres lunes vispera de 
i\avidad, rcplticndumc lo de Juan Man liarto dcscomedidamente, y yo le rcsponli lu que convenia, 
tomando dcllo tcstigos, y obcdesei y vinc a detenerme a Graviscnda nueve o diez dias, liaziendo que 
se vcndicssc tudo (|nanto ténia en mi posada paru pagar a los acrecdorcs mas importunos. 

En aquci Ingar llcgaron Aquins y Fitz-Wiliams con mandato de la Reyna para |>assarme en ana 
navc suya en salvo a Cales. El quai Aquins, como desseoso del servicio de V. Mag', me da muchas 
comniodidadcs, porquc el Canols es un terrible protestante y cada liora por la posta consulta con 
Burley, y como la Reyna quiere passar la judicatura conlra cl Uuquc de Norfolcli y otros prisioneros 
adcinntc esta scmaiia, me lian dado prissa a que llogassc a Canturberl, que no se ha visto tal, y que» 
rian luego passasse a enibarcarmc. Yo les ho dicho que sin licencia de V. .Mag"", o, a lo mcnos, del 
Duque de Alva en su nombre, no parlirc sino forçado, y assi estoy aun en este lugar, andanJu todavia 
los rccaudos por las postas y mostrando Burlc que yo me cnlrctengo para no yrnic. Tcmese tanto 
este diclio cavallcro que no ay assegurarlc, y, como le ban embiado cierlas carias de araenaças, da a 
entcnder a la Rcyna que, en la judicatura deslos prcsos, hallandome yo présente, se podria rebolver el 
rcyno, el, como persona mandada, timida e inconsiderada, procède a tantos dcsatinos, maravillandose 
mucho dello todo el pucblo. 

Con Mos. de Svevcghen y Fiesco andan en terminas que les ban dicho se pueden bolver, y el Sveve- 
ghen dixo havia de consullar su partida con el Duque de Alva. Manies intimado que la Reyna manda 
vender lodas las mcrcancias, y que las parles podraii haverlas por cl tanto, y que se despues V. .Wag* 
cl Duque de Medinaceli quieren embiar pcrsonas para tratar con nucvos y mas largos poderes, seran 
escucbados. y que entrolanto se passara a la vendicion, pues el Duqno d'Alva havia inostrado cl camino. 

Todo se Irata con desacato de V. Mag'', y en fin es ciorto que ninguna ci)«a se cobrara de lo delcnido. 



276 RELATIONS POLITIQUES 

warnyng gyven ihat I had to speke wyih iiym yn the behalff of Her Majeslie, I cnmc 
unlo hym and lolde hym thaï it semed strange thaï beyng expressly commauiidcd yn 
Her Majestés name by the mouibc nf my Lords of tlie Connsell lo départe the reaime, 

y, si fuera concluyda la liga con Francia, aun hablaraii y obraran cua iiosotros pcor. Fiesco y Svevc- 
ghen cada hora me escriven lo que passa, y andan con algiiii rccelo, y assi escriveii con este correo que 
se buelve secrclamente para liaver licencia de partirse, lo quai sera lo mas accrtado porque aqui no 
hazen sino perder repulacion, y, si converna venir alguno para espiar lo que se haze, podra bolver 
algun criado une con el para entender lo que passara y esforçar los amigos, y entretanto se vera esta 
judicatura. Que el Conde de Sorsberi es ya venido que ha de ser condcstable para cl effcclo délia, y la 
Rcyna ha creado un uuevo Conde de Quent para tcner su voto scguro, aun que Burley dize a los que 
han de ser juezes, que la Reyna solo quiere salir con su honra en condenar los presos, que despues usara 
de cicinencia con elles : han alargado cl Juicio hasta la olra semana. 

De Francia van y vienen corrcos cada hora. y aquel Rey ciertamente ha seriplo a esta Reyna que 
terna por muy buena la amistad y liga offensiva y defensiva ; pero aun no havian cnlrado en los parti- 
cularcs, para los quales aguardavan en Amboysa al Secrelario Smiz que de aqui fue, el quai sera ya 
agora alla, segun un pariente de Âquins que me topo en Graveisinda viniendo con un despacho del 
Embaxador Valsingam dcscubrio al dicho Aquins, que de toda cosa me avissa y communica lodas las 
carias dcl Consejo, todavia la liga aun no es hecha, y puede bien estorvarse si Su Santidad intercède 
en cllo, y, si se hizicre, muy buenas mancras havra para que sea a costas de los Ingleses solos. 

En Gravesinda rccibi los dos paquetes dcl Duque d'Alva, el uno de xix del passado, con el quai me 
ha embiado las cartas de V. Mag*, Jesdc xxx de agoslo, que cstarian dctenidas en Flandcs, que yo le 
rccibi cl ullimo dcl dicho mes, y dos dias despues otro del dicho Duque, de xxiiu del mismo, con la 
caria de V. Mag^, de cinco del, y el buen avisso de la felicissima nueva del nascimiento bien aventurado 
del Principe nuestro seîlor que es por agora la niayor merced que toda la Chrisliandad y principalmcntc 
los subdilos de V. Mag'' de Dios podian recibir. Con cl dicho despacho me embio el Duque de Alva una 
carta para esta Reyna, dandole parle desta buena nueva y ventura, y, como V. Mag'' me manda scrivir, yo 
se la hizicsse sabcr conforme al eslado en que las cosas andanan, y, porque el Duqne d'Alva no sabia 
aun lo que aqui passava quando la scrivio, y como me tomo la carta en cl camino, y entre protestos no 
la he embiado aun a la Rcyna, paresciendome acrcscentaria la insolencia de los suyos dcmasiadamcnte, 
hasia ver si persislen en sus atrevimientos y hasta la buelta de Flandes de mi criado. 

Por Francia le vino a esta Reyna la nueva el dia mismo que yo la tuve, y podra ser modère aqucllos 
de alla a no precipilarse tanto. Todavia ticnen aqui aviso que el Rey de Francia dava secrctann nie a 
Mos. de Fleming dincro para traer 300 hombrcs al castillo de Edemburg, no qucriendo que doscon- 
tentos los Escoccses del todo dexassen su liga, antes de tener esta otra del todo acabada. 

Con estar yo de camino y con tantos ojos sobre mi, no podrc advertir a los prisioneros que no les 
faltara el favor de V. Mag^. Pero yo terne orden de hazcrio despues, y entretanto se vera quales dellos 
quedaran libres y con que animo; y, en siendo fuera de aqui, yo escrivire a V.Mag* largamente de todo 
lo quo me parcsce conveniente para el castigo o reedificacion desta ysia, y las formas que con sus 
ingenios promptos a mi parescer son buenas de guardarse, y como convenaa apartar los Franceses 
dellos, 0, en caso de rotura, transferir la guerra aqui, que esta caria escrivo con prisa y recèle. 

Tengo aviso de Antonio Fogaça como el Cavalière Giraldi tiene carta del SerenissimeRcy de Portugal 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANCLETERKE. 



277 



and afftcr dyvers admonitions le exécute the same, upon iiis owne request of respil 
of 10 days for iFie rclornc of answer froni the Duke of Alva, (UTinilted ihus long to 
rcmayne now ailmost a wholc monelli froni the (irsl tyrne of commaundrnent: yea, 
allier ail iiys demaundes for the good commodité of his Iransporlation graunted and 
provydcd, lie shewed hymseilT no more wyllyng and redy to salysfye Her Majestés 
commaiindment, wyli and pieasurc. 

Ilys answer was that he was allways redy to satysfyc lier Majesté yn ail tliyngeii ihai 
myght stonde witli the conservation of his diily to the Kyng his master, yn consyderation 
wlierof lie halli departed the cil<' and comcn ihus farr on his way, Icaving his staff lo he 
solde and oihor biiysynes to be doue, at ail the dysadvantage thaï myght bc. Ilys desyre 
of respyt was partly to hâve some commodité for the payment of hys detts, but eheflly 
that, wythowt daimger of Iransgressyng ihe commyssyon cnjoyned hym by hys masier, 
he myght pcrforme aiso thys commaundment of Her Majesty. 

I rcpiycd that, for the hetier warrant of hys dcparture lo bc not of hys owne wyll, 
but upon lier Majestés commaundment, Her Majesté had scnd lellers unto the Duke 
of Alva, deciaring her pleasur yn lliat behaiff, whych weer hère redy for hym; and 
ihoe Ambassadors had not commonly used to send lettres, wheninlo the were made 
prevy Ihemseiffs, yct il was no new tbyng for Ambassadors upon theyre retornc home 
to cary lettres wyih them, wherof they sholde bave ihc delyvery wyth iheyr owne 
bandes : of thys I had knowne some examples myseiff. Me answered : what had beiie 
used yn olher places, he knew noi ; but well he dyd kiiow that it were both agaynst the 
honor of hys masters commission and aIso daungerous for hym seiff lo do any ihyng 
otherwyse tben was prescrybed by order from his masicr the Kyng. For the longe 
taryengof hys messager, he thouglit ihc impcdiment myght be, either yn the unaptnes 
of the weiher for passage or yn that ihe Duke of Alva, otherwyse then bc had ihoughi, 
myght pcrhappcs stay to graunt hym ony warrant or lycens for his retorne, untyll be 
had made the Kyng his masier privy thcrio. 

In conclusyon, when I saw none other wolde serve, I sayd : I dowled lest lier 
Majesté bcyng provoked by so longe and many delays, sholde be driven lo use ihai 



coii algun podcr para conccrtar sus negocioscuii csia Reyiia, y que cl Condc dcLcsosIcr le haie miitbas 
earicias para alraerle a cllo. Scria cosa iiiuy convenicntc divertir esse trato, a que se adflanta inucho 
el dicho cavallero por intercession de un su cunado cavallerizo dcl diclio Rcy. 

£sta Kcyna ha hucbo rcconoccr todas sus naos, pero hasia agora no ha mandado arniar alguna, aun 
que al tiempo de mi partida de Londres hizo arresto gênerai de las que se hallavan en esta ysia, y 
cmbio al capitan de la de iluich que se hallava en su Cortc y olros en diligcncia por la costa para detener 
y procurar de vcndir todas las naos que pudiessen de la flota que passava de Flandcs a Espalla.que por 
el tiempo estuvo en esta dicha costa, pero no se sabc que ayan hecho algun effecto. Nuestro-SeRor, etc. 

De Canturberi, a vu de cnero 1572. {Arch. deSimancai, Estado, Leg. 828, f* I.) 



278 RELATIONS POLITIQUES 

remydy, whyche heiherlo she had forborne and was lotlie to corne unlo. Thus Your 
LordsFiippe dothe see that of necessyie we must lary the retorne of answer, havyng no 
comniyssion (o procède ollierwyse tlien by sucbe means as serve to none effect; for he 
ys througbly resolved not départ wylhowt otbcr warrant from beyonde the sees or Her 
Majestés commaundment under lier owne bande. 

Tbe copy of tbe specbe used by niy Lordes of the Counsell yowe shall receave yn 
thys pacquet. 

And thus, comniendyng Your Lordsbipp wylh my prayer unto God, I take my leave 
of the saine. 

From Canterbery, ihe 8 of january 1572. 

(Record office, Cal., n" 22.) 



MMCCCXVll. 
Henri Knollis à lord Burhigh. 

(GRAVESEMD, 9 JANVIER 1S7S.) 

Don Guérau d'Espès a reçu une dépêche du duc d'AIbe. — M. de Sweveghem est chargé de présenter 

certaines requêtes en sa faveur à la reine. 

Thys mornyng, abowt iO of clocke, the Ambassadors servant retorned wyth answer 
from tbe Duke, wher upon I moved him immedyatly to procède ou hys jorncy and to 
saiysfyo Her Majestés commaundment : wberunto he answered tbat, so sone as be bad 
desyphered bys lettres, I sliolde know hys resohilyon, whyche sbolde be wylh suche 
respect lowards Her Majesté as hys duiy requyered. Afftcr towe owres, be tolde me 
iliai ibe Duke had wryten to Mons"^ de Zwevegan to niove Her Majesté for certeane 
requestes towcliyng bys departure : upon answer wherof he wolde make no stay to 
satysfye Her Majesté yn ail thynges. I sayd I had comniyssion to basteii bym forwards 
on hys way wyiboul farder respect: wherunio, in Her Majestés name, I dyd urge bym 
ail I coolde, and when I coolde noi prevayle, I tbought yt my duty wyth ail spede to 
advertyse Youre Lordsbip thcroff, and thus I commend Your Lordship to God. 

From Gravescnde, the 9 of january 1571. 

[Record office, Cal., n* 26.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



179 



MMCCCXVIIL 

Thomas Fiesco à don Guérau d'Espès. 

(Londres, U janvier 1871) 

Paiement des dettes de don Guérau d'Espès. — Jusqu'à ce moment, H. de Swevegbem n'a pu obtenir 
audience de la reine. — Fiesco critique la lettre du duc d'Alhe à Elisabeth. — II est probable 
que doD Guérau d'Espès sera conduit non à Calais, mais dans un port des Pays-Bas. 



Dopo lo scritto, mi trovono due litière de V. S. scritle avaiil'tieri, et per risposta 
dico chc, sequendo roidinc di Sua Ecceilenza cl suo, pagaro quille parliie che mi 
scrive, cl digia al Vclullclli, et al Rodemacher ho dalto litière ptr Anversa, di quelle 
se li dovea assi venli-qualro et denari sei per hora, cio è al Velullelli lire 5iO,I3 o chc 
tanlo moutava il suo conio sccoiulo il Basurto, comprcsovi pero lire trcnta-cinque che 
ha volulo havere per ccrto intéresse, cl al Rodemacher 1. 100, onde ho reliralo li 
obiighi de V. S. con le quitanze. Col Gozzi che non sic ciiraio di havcr lillere per 
Anversa, non sic ancora saldalo il conio : pero si Tara con lo inlervenlo di detto 
Basurto il conto, cl lo faro pagare, rciirando medesimamente gli obiighi et le quiianze, 
quali lutte guardaro per saldare con V. S. in Finndra, et insieme le parlile delli 
scudi 480, dati a Rugama et al majordomo. Sua Eccellenza mi scrive che si hanno de 
pagare per sei terzi quello mi dira, deducendo pero de essi li scudi 2000 gia pagaii 
a V. S. le mesi passali, et per che io non so qiianlo moula ogni terzo, hen che pcnso 
che sia 1000 scudi, su|)plico V. S. che me lo faccia inlenderc, dicendoini anco di che 
prelio sono li scudi, accio ne possa far ricordo, et icnerie bon conto de! reslo, o qui, 
in Fiandra, corne a Ici lorncra commodo : avisando V. S. che il Signor Albornoz mi 
scrive chio dcbba ricuperare le quiianze di tutti li sei terzi, altenloche hanno «marriile 
quelle délie sudciti scudi 2000, chc li mandai mn di ipieslo polra V. S. darli salis- 
facionc quando sara in Brusseles, con dichiaracione di deilc quiianze de scudi 2000 
gia date, accio restino di niiino valorc; oitre di queslo, mi scrive il pagador Lipaldc che 
ha perso la quilanza delli scudi COOO, chio pagai dui anni et mezzo sono a V. S. per 
ordine pure di Sua Eeecllenza, onde desidcra haverne ceriiGcaiione : sara servila 
donque quando ne sara richesla da lui, dar glieiice salisfacione, che cosi li scrive io 
che fara per sua eorlesia. 

Il Signor Svevcghem mi fece parle délia leilera di V. S., oome io ho falto a lui de 
Tullima che poslo il mio servilore; mi piace la fusse averliia del parlamento fatto aili 
mercanli, et del earrico dalo al deito Signor Svevegheii et molle piû a me. Sla benc 



280 RELATlOiNS POLITIQUES 

clie lutio cada salle mie spalle, ni a se non danno altra salisfatione che qiiesta a delti 
mercanti; è da diibitare che alla fine si terran per mal pagaii. Hanno statuilo un mese 
alla vcndila : dico prima che si faccia per ch'in tanlo li proprieiari possano venire a 
compiare li loro béni. Credo che si ingannino assai pensando che alcuno debba venire, 
per che a mio poco giuilicio non conviene, ne Sua Eccellenza lo permeltera, se potro 
venire da V. S. prima che parla lo Faro, se no io mi rimeltc di quesli negocii el délia 
oppinion mia. A questo diffusamenle no ho scritlo al sudetlo signor Albornoz, che, se 
V. S. non l'ha per faslidio, mi sara caro che si l'accia mostrare quando sara in Brusseles. 

Il Signor Sveveghem non ha ancora poltuto havere audienza délia Regina et è rimesso 
a domenica. E sialo hoggi dal Consiglio che haveria voliiio intendcre da lui quello che 
le piaceva di dire : pero egli se ne è scusato, come dovera scrivere a V. S. Mi dispiace 
questa tardanza, per che è da dubitare che in (anto non diano pressa alla parlenza de 
V. S. Ho vislo la copia délie liitcre délia Regina a Sua Macsta el a Sua Eccellenza, et, 
se rispondessero i falli aile bone parole, si potriano tolerare. 

Una /'alla trovo io nella risposta de Sua Eccellenza per che se fa instanza como è 
honeslo, che la Regina non procéda in licentiar V. S. che prima Sua Maesta non ne 
sia averlita, et che lei slc^sa la richami; non accorda che per l'altra parle dica in 
detta risposia che il Signor Sveveghem supplira in loco de V. S. in quello che pottesse 
occorrere, per che con l'havere Sua Eccellenza gia provislo, scusa la Regina di havere 
a considcrare questo punto; ne dico io gia questo per che mi creda che, con tutte le 
amorevoli cl discrelle ragioni messe avanli in questo caso per Sua Eccellenza, la 
Regina si debba movcrc délia sua deierminalione, ma mi saria piacente di procurare 
l'animo siio, per che non uscisse del mercato a si bon prezzo, lanto piu che con la 
credenza di Sua Eieellenza in dello Signor Sveveghem, si posseva o si saria poltuto di 
bocca provedtre al bisogno, in caso di rifiuto. 

Mentre che fui a Brusseles, procurai, quanlo fu in me di me animare, il negocio 
di Rugama, per che V. S. me lo havia ncarricalo, et egli è bene merito di lutio, el se 
quesli negocii havessero preso altra slrada, io esperava pure di posserli giovare iri 
qualche parte. Hora non resta, per render testimonianza del mio desiderio, che suppli- 
care V. S., la quai so che per sua gracia mi fara sempre mercede, sia servila di prender 
la prollecion sua verso il Signor Dnca el Sua Maesia, accio che in qualche forma sia 
rimediato, o lanto o quanto come mérita il suo servitio, la boniâ el il povero stalo in 
che si trova. Io ne restero con oliligo a V. S., tenendo per cerlo che questa mia inier- 
cessione li dtbba giovare. Tutto ch'io sappia che senza esta lo tien niollo a core la 
fede clie V. S. sara servila di far di me a Sua Eccellenza et a Sua Maesta, son sicuro 
che avanzara d'assai il merito mio, per che la corlesia sua supplira al mio diffelio: lo 
quale V. S. tanlo piu confidenlemenle polra in ogni caso scusare, quanto sa che non 
pecca di volontâ, et io come servilore che li sono me ne rimelto in tutto al suo bon 



DES PAYS-BAS ET DE [/ANGLETERRE. 



281 



giudicio. Inleiido qiiesta sera, che non séria niollochc si difTerisse la partenza de V. S. 
fino alla risposta di Sua Maestô, â cui, conic Sua Kceelienza scrive, si erano mandata 
subilo con correro espresso le iillere dclia Ilegina ; io non saro gia facile in crederlo, 
ma n)i dispiace liera heii tanlo pin di <|iit'llo ho dcllo di sopra clie Sua Eccellcnza lia 
scritlo alla Regiua, senza eh'avisemo corne il Sigiior Svevegliem liahhia liavuto audi- 
enze, et per aviso de V. S. egli richiedera in caso che pur dehba passare, che sia 
condotlo non a Cales, come siè sparza la voce, ma in aicun porto di Sua Maestà, corne 
è piu ragionovole che si faccia. 

De liondona, a xj de gennaro 1372. 

(Archives de Siinancas, Eslado, Leg. Sid, toi 34.) 



MMCCCXIX. 



Thomas Fiesco à don Guérau d'Espès. 



(Londres, iS janvier 1579.) 

M. de Swevcghem n'a reçu aucune réponse de la reine d'Angleterre. 

de don Guérau d'Espès. 



— Paiement des dettes 



L'aitr'heri scrissi a V. S., et, por manco di sue, il S' Svcveghem non ha havuto altra 
"riposta ch'io sappia dalla Maeslâ délia Uegina, et per questo per la cita se dice hanno 
ordinato che V. S. parla, di modo che é paiso a Junio di non tardar piu.lo gli ho dato 
lire cinquanta che mi ha domandalo insieme col Basurto da parte de V. S., et il tulto 
noltarô a conto dclli sei terzi délia sua provigione che mi ordina Sua Eccellenza ch'io 
debba pagare, délia quale provigione se potra fare il conto in Anversa nel modo che 
V. S. accordara, per che io non sô benc quanto si dcbba calculare un scudo de 40 
piache con la moneta de qui, giache, socondo il corso del cambio, io trovi che non vale 
piu de saldi cinquc et mezzo. Il Gozzi pare che non si curi di sciogliere <|uelle Ib. 263 
per aviso : se le vorra havcrc, gli le daro con retirarc l'obligo de V. S.; gli mandaro 
eredito sopra Gio. Fiesco de scudi mille, corne mi ha detto il Basurto et il Junio che 
V. S. domanda , et série potra servirc a su piacere et cosi de ogni altra cosa che se le 
oiïera, |)cr che detto Gio. Fiesco non li niancani, et V. S. mi fara favore a lenerlo per 
servitoie come io li sono, et disponer de lui come faria di me a»! ogni suo piacere. 
Tome VI. 36 



282 RELAÏIONS POLITIQUES 

Bascio le mani de V. S. molto illustrissime et prego N°-S' che le concéda bon viaggio. 

De Londra, a xv de gennaro 1572. 

Le mie littcre per Anversa et per Briisseles supplico V. S. che sia servila di far ben 
indrizzarc. 

(Archives de Simancas, Estado, Leg. 82(1, fol. 36.) 



MMCCCXX. 

Thomas Fiesco au Secrétaire Albornoz (En chiffre). 

(Londres, IS janvier 1372.) 

M. de Sweveghcra a été reçu par la reine. — Projet de mettre en vente les marchandises séquestrées. 
— Paiement des dettes de don Guérau d'Espès. — On va mettre le duc de Norfolk en jugement. — 
Bruits relatifs à des complots contre la reine ou le comte de Leicester. 

Affirme lo escripto a los 9, y despues me Iiallo con las carias de V. M., de xxx de! 
passado, a las quales poca respuesia es ncccssaria, de que no se aya de dar por nuestra 
parte occasion a estos de rompcr, Su Excellencia puede estar bien seguro; pcro no bas- 
lara esto para que ellos no la hallcn por otro camino, y la différencia del pagamento 
séria ninguna, si ellos luviessen bucn animo, y superfluo liazer yo sobrello nuevo 
argumente, haviendolo escriplo tan a la larga el Senor de Sveveghen y yo por nuestras 
ultimas. Espero que Su Excellencia a esta hora liavra exaininado bien todo y que, antes 
que passen oclio dias, sabremos lo que havra resuello que se liaga. Anlier esluvo Sveve- 
ghen con la Reyna : el dira lo quepasso en la audiencia. El mandamiento de la venta esta 
firmado y dado à la estampa manana o el otro, ternemos copia del, y todavia se continua 
que se hara gran diligencia en hallar todos los bienes. Dios lo quiera que sean '.nntos 
que pueda (offrescicndose la occasion) acceptar Su Excellencia la reslilucion. L;i como- 
didad que permiten a los subdilos de Su Magcsiad que vengan a comprar, no es por 
otro sino para sacar mas délias, sabiendo que si el comprador no puedc llevar ay o a 
Espana la ropa, dara poco por ella; yo no creo, como he diclio, que alguno aya de venir, 
ni que Su Excellencia lo consienta; mas, por que estos constrenidos de la necessidad, 
viendo que nadie compra, se rcsolveran a vender como pudieren, en tal caso séria bien, 
si assi parescicrc a Su Excellencia, que estuviesse aqui una pcrsona sola, la quai repré- 
sentasse lodos los interessados y pudiesse en bcneficio dellos comprar a(|uellas hazien- 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



283 



das, de las quales trasporladas ay o en Espafia se pudiesse esperar importante lH>ncficio, 
como con tazon se dcve esperar de miichas; pero esto sera a mi paresccr quando 
cntienda Su Excellcncia que piieda tener liigar el comercio, porqiie, quando no se siga, 
sera mènes mal que estes se qucden con las repas, sin (|ue puedan Icner la eomodidad 
de! dinero, aiinqnc iiosolros dexassemos de gozar de! beneficio de la compra. De les 
dineros no tiato hasta tencr respuesta de V. M., con la quai me resolvere en liazer golpe 
al menos mal, porque quanto mas va se liaze peor y con un buen présente saidre dello. 

Al Senor Enibaxador lie pagailo la mayor |)arle de los 5840 escudos de a quarenta 
plaças que montan los seis tercios de su provision que Su Excel lencia ordena se le 
paguen; y, porque no liavcmos tenido eomodidad de aceordar el presse de los dichos 
escydos con la inoneda de aea, que conforme al catnbio monta cinco sueldos y medio 
por escudo, o cerea, helo dexado para liazer la cucnta ay con V. M. y con Juan Fiesco 
que le liagara lo que resta : V. M. tome de las quitancias que quisiere, y a Juan Fiesco 
liara dar salisfacion ay o en Espana del resto de los diclios escudos S840, sacando los 
2000 escudos, de los quales ya he avido las Iclias para Espana. 

Manana va al juizio el Duquc de Norfolc. Antier prendicron dos o très sobre una 
nueva conjuracion beelia, segun dizen, para matar al Conde de Lesester, y algimos dizen 
que tambien a la Reyna, que vieiie muy mal a proposito para el dicho Duque. Ora sea 
mentira o verdad, no ban dexado de dezir que el Embaxador liene parte en ello y que 
tienen cierta prueva dello : pero, si esto fuera assi, no lo dexarian partir. N*-S", etc. 

De Londres, a xv de cnero 1S72. 

(Archives de SimancaSf Estado, Leg. 825, fol. 7.) 



MMCCCXXI. 

John Lee à lord Burleigh (Partie en chiffre). 

(Anvers, 15 janvier 1S71) 

La duchesse de Northumbcrlana a été reçue par le duc d'Albe. — I>restall espère que le roi d'Espagne, 
en apprenant l'insulte faite & son ambassadeur, voudra s'en venger. 



Plessc tbe Vower Homiours lo be adveriyscd lliat tlie Countess of iNortbumbcrland, 
beynge waytied onne wyllie xx" gentelemen at tbe leste, was browgbl lo tbe speaycbe 
of tbe Duke of Alva by hys sonnes menés, ihe v'" of ibys monetbe, before wbomme 



28i RELATIONS POLITIQUES 

the ynierpreter (who ys namêd RedmancI) wolde liavc made an longe oraylyon, yf he 
wolde hâve soo permytted hym. He tievyded yt ynto llire parles : the fyrsie concernes 
tlie cause of her bannyshmcnl, the seconde for ihc delyverynge of the Earl of Nort- 
humberland, the laste for the contynuynge of her pensyons, wyche were now reslrayned. 
Thés ihre poyntes he aunswered yn fewe, reservynge the certayne determynatyon thcrof 
to llie King of Spain wylhe the grauntynge of alowancc of an C crownes to bee payde 
for the lyme présent tell further order shayll bee lacken, wher of he gave them good 
hope. 

Prestall lykes yt well thatthe ynibassydorys comnianded away, affyrmynge piaynely 
ihe grelter the ynyuryes bee ihat arre oiïered to tlic King of Spain, yt wyll sturre hym 
to scayke the gretter revenge, wyche they truste shorteley to see altempted, as well yn 
Yerlande as yn Scotland, besydes the liouime enncmyes, beynge fully perswaded that 
ihe longe lyngerynge of the longe expecled Duke of Medyna tendes to the allemp- 
lynge of somme grelte exployte to bee donc. But my dayly prayer shayll bee to the 
Aulmyghly to wythestande the same, unto whose tuytyon I nioste humbelye levé 
Yower Honnouer, who longe préserve you and yowers yn helthe wythe daylly yncrosse 
of honnour. 

From Anwarpe, the xv* of january 1571. 



(Record office, Dom, pap., Add., Cal., p. 378.) 



M.VICCCXXIL 

M. de Sweveghem au duc d'Alhe (Partie en chifiFre). 

(LOMDBES, te JANVIER W±) 

Relation de l'audience qui lui a été donnée par la reine d'Angleterre. 

J'ay receu la dépesche de Vostre Excellence, du xxx" de décembre, le x' du présent, 
et, incontinent après l'avoir visité, envoyay demander audience à la Royne, laquelle me 
fut accordée pour le lendemain à l'après-disner. Toutesfois y estant comparu, les S" du 
Conseil tous, saulf le Chancellier, et avec eulx le conte de Sarisbery, me dirent que la 
Royne, pour se trouver mal de santé, leur auroit ordonné de m'ouyr. A quoy respondis 
qu'il me desplaisoit grandement de son indisposition; mais, comme j'estois chargé de 
m'adresser à sa personne, j'atlendroy tant qu'il Iny plairoit me commander et qu'elle 



DES PAYS-BAS ET DE L'AINGLETEUKL. 



285 



se trouveroit en mellicure cummodité, que je ne luy portoy nouvelles pour lesquelles 
elle se deust fâcher. 

Milorl Clianiberlari fut avee cestc responce renvoyé devers Sa Majesté et me retourna 
incontinent ù dire, de sa pari, que dinienclie Taprés-disner sans faulte elle nie donneroit 
audience. 

La difficulté (à ce que ay peu entendre) n'est procédé d'aucun mal portement de 
la Royne, mais pour ce qu'ils n'ont sceu enfoncer ce que avoy à dire pour la munir 
de responcc. Combien qu'ils ayent tasté le gué par beaucoup d'endroicts, ils publièrent 
que c'esloit pour demander mon congé de retourner en scureté pardelà. 

Je ne vculx oublier à l'adverlir (|ue, cependant que iMiilorl Chamberlain esloit allé 
devers la Royne, le Controllcur qui est personaige bien principal et discret, m'inler- 
rogua si les nouvelles de la victoire navale conlinuoient et si la ligue se raseiiroii. 

Je luy dis que ladite victoire se confernioit par beaucoup de cireunstances, lesquelles 
s'enlciidint à la journée ; ei, (|uant à la ligue, je ne me doubtois pas deiiontinualion si 
avant que aullres princes chrestiens mal alfeciionnés au repos de la chrestienneté ne la 
destourboyent et forçoienl les confédérés ou aucuns d'eulx à tourner les forces sur eulx 
pour les renger à la raison, et ce pour luy mellre la puce en rorcille. 

Monseigneur, ayant considéré la lettre de Vostre Excellence, signamment le poinct 
où elle dicl ne vouloir désemparer, ains ayder et favoriser en tout le S' Fiesco et les 
Genevois pour le recouvrement de leurs deniers icy si longuement détenus, ce néant- 
moins, en cas que la Royne ne veult entendre à ce que l'on pregne une pariye desdits 
deniers pour satisfaire à l'indemnité de ses subgects, que j'aye à demander terme com- 
pétent pour y furnir par aultre moyen et restituer plainemenl du costcl de Sa Majesté, 
me suis trouvé en grande perplexité pour autant (pic, demandant ledict terme, il sem- 
blera i'i ceste nation (|uc l'on récède directement de la possession desdits deniers, et» 
l'ayant une fois babandonné, on n'aura moyen de jamais y retourner. 

D'aultre part, me souvenant combien les Anglois ont travaillé afin que les mots : 
Résidetis ou inhabitans fussent obmis au traicté, à quoy finablemcnt Vostre Excellence 
scroit condescendu soubs espoir (comme j'entens dudict Fiesco) que l'on ne feroit diffi- 
culté de ce costel de permettre que partye d'iceulx seroit employée au payement des 
marchans leurs subgects, et que maintenant l'on refuse de le faire, Vostre Excellence se 
trouveroit d'ung costel fourclose de y plus prétendre, et d'aultre en nécessité de provi- 
sion nouvelle pour furnir ausdicts marchans, et par-dessus ce, frustré de tout espoir de 
parvenir au vray elTect de la restitution à faire icy, pour les raisons amplement déduites 
en nos dernières du vij°. Ce que ayant eommunicqué audict Fiesco, nous a semblé 
meilleur que je ne parlasse pas dudict terme, ains seulement insistasse pour obtenir 
partye desdicis deniers à la fin que dessus, n'est que Vostre Excellence nous osie ledict 
scrupule et perplexité et par ses premières m'ordonne espécialement quel terme luy 



286 RELATIONS POLITIQUES 

plaist que je ticmandc. Il n'y aura pas grand dangier à ce délay, veu que l'on attendra 
encoires doux ou trois sepmaines avant que effectuer la vente des biens de nos mar- 
elians. Si nous semble le procéder d'icy tant eslongné de toutle volunté de bien faire, 
que, aiant Voslre Excellence fait lire et examiner tous nos advis concernans les dernières 
diffîculiés, ne trouvera pourquoy l'on puist ou deusl plus avant traicter icy, ny nous y 
laisser avecq si grande perle de réputation de Sa Majesté et augmentation de l'inso- 
lence de tels voisins, le remettant néanlmoins, selon que suis obligé, au bon plaisir de 
\^ostre Excellence. 

En ccsle opinion suis-je esté confirmé par l'audience que la Royne me donna en 
chambre privée dimencbe dernier xiij° de ce mois, laquelle, rompant à la belle entrée 
ce que suyvant ma crédence luy voulois remonstrcr de bouche, présumant pcult-estre 
le savoir par les lettres de Voslre Excellence, comm' il estoil vray, discourut avecq 
gronde passion sur les maulvais offices que auroit faict le S' don Guérau, en exhaul- 
(^-ant merveilleusement sa modestie de ce qu'elle l'auroit si longuement souffert et si 
doiileement traiclé; que ce nonobstant, pour tous respects elle le feroit conduyre seu- 
remenl aux |)ays du Roy; qu'elle nuroit fort bien esté informée de ses actions par ses 
vassaulx propres, lesquels aviont Iraieté avec luy et faiet semblant d'esire des siens 
seullemeiii pour enfoncer son cœur, et non pour rien attenter et entreprendre qui fût 
contre le debvoir de bons et léaulx subjects; et en effect que il auroit lousjours porté 
envye au repos de son royauhue, ainsi que avoit faict son compaignon (entendant don 
Prancès d'Alava) à eclluy de France; que le Roy, son frère, s'en esloit bien apperceu et 
luy auroit escripl que c'estoil l'année qu'il dcbvoit estre servy de maulvais ministres 
(Voslre Excellence peut savoir ce qu'en est, et, s'il y a de l'abus, estimer combien de foy 
se doibl attribuer à ceste nation, puisque le chief en use de telle sorte); que elle auroit, 
passé ung an, envoie deux gentilshommes vers don Guérau pour luy remonslrer les 
fanltes par luy dès lors commises, cl ieelles vériffié avant que son Conseil luy en ail faict 
;iiicune ouverture. A ce que je disois Vostre Excellence m'avoir commandé que je ne 
bougeasse d'icy jusques à tant que Sa Majesté y auroit pourveu et respondu à ses der- 
nières lettres, en se refrongeant un petit, dict que cela ne venoit du Roy, et poursuyvsnt 
déclaira la bonne opinion qu'elle avoit eu de moy, voire plus favorable qu'il ne m'ap- 
parlienl exprimer; mais, voyant que par mes derniers escripts j'avois mis en avant 
aulcunes nouvelletés eslojngnées de toute volume d'accorder, par où je montrois eslre 
vray escolier et suyvre les traces dudict don Guérau (lequel s'esloil vanlé avant partir 
qu'il empescheroil bien tout tout accort), qu'elle avoit recogneu son erreur, aussi que 
je n'avoy auleun povoir tel qu'est besoing d'avoir pour négocier avec princes, et Fiesco 
encoires moins, combien que je luy aurois dict à ma première venue de l'avoir. Et par 
dessus eeslc bourde, se desborda une aulire fois en escriant : « Si l'on ne tenoil les 
» Anglois auliant fins que présument estre Espaignols ou Italiens, et si l'on pensoit 
» qu'elle ne sçavoil ce que l'on faisoil en son royaulme. » 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



Je respondis en toute humilité louchant le faict de PAmbassadcur et assez $elon Ir 
première lettre dressée par Vostre Excellence sur nioy et envoyée par copie. Et, quant 
à moy, la nicrciay de l'honneur (|irclle me fnisoit -de parler clèrcmeni comme h prin- 
cesse apperlient, la suppliant le vouloir redoubler, en escouiant mes defîcnces, lesquelles 
je fonday premièrement sur le singulier désir lequel j'avoy tousjours eu et auray à 
jamais au bénéflcc de la paix et mutuel accord, tant pour ce que tel désir d'union tt 
«l'amilié est la marcque d'ung vray chrcsiien, que pour ce que sçay l'intention de Sa 
Majesté et de Vostre Excellence estre telle, oullre ce que je suis natif de la conté di' 
Flandres qui est le plus proche pays (l'Angleterre que Sa Majesté ait delà la mer, et 
(|ue, en faisant aultremeni, je feroy œuvre d'iuig cnnemy de Dieu, de son prince et 
de sa patrie, la priant de se despoiiiller de icllc impression de moy, et me retenir du 
nombre de ses moindres serviteurs, si avant que scuffre l'obligation laquelle j'ay au 
Roy mon souverain seip;ncur. 

Quant aux nouvellités dont elle chargcoit nostre escript, luy dis qu'il n'y avoit 
aulcuiic iiouvcllilé à le bien prendre et la raison pour laquelle avions besoingné par 
escript, luy déelairant onvcrtemenl partie des indignités souffertes une fois en la 
chambre de Milord Bourgley et une aultrc en la chambre du Conseil, selon que ay 
adverly Vostre Excellence plus amplement par cy-devani, lesquelles tumbiont au dés- 
honneur de Sa Majesté Régiiialle, à la scureié de laquelle jestois venu en ceroyaulme, 
et h celle du Roy à qui s'en donncroit l'advis, estimant que mon inhabilité esloit assez 
purgée et couverte par le ninnieau do deue oliéissance : ce que elle voulut excuser par 
accuser de rechief le deffaull do mon povoir. Et moy soustenant le contraire par les 
raisons cogneuses de Vostre Excellence et aultresfois par moy déduictcs, elle retourna 
aux principes, disant que le traiclé mesmes, le(|uel j'avois apporté en venant pardeçj. 
n'estoit signé du Roy, ni scellé on Espaigne, donnant tacitement à entendre qu'elle le 
vouloit tel, et le povoir pareillement, hochant la teste à mes offres de la signature et 
ratification de Sa Majesté suyvant mes instructions, manifestant de rechief par tout 
cola, à mon advis, que sa fin cstoit de ne riens faire et que les trois passeports nous 
avionl esté présentés par son sceu et adveu; et ne sçauroye imaginer à quoy serviroit 
povoir tel qu'elle demande, puisqu'il n'y apparence qu'ils vouldront entendre à faire la 
restitution première, ny que l'on s'accorde pour le change des dix mil livres promis aux 
marchans traielans sur Espaigne. 

Ainsi que j'entray au contenu en ladite lettre seconde de Vostre Excellence touchant 
les Genevois, par argumens cy-dessus reprins, elle se meit à répéter le commencement 
des arrests h sa mode, sans vouloir admeetre raison, au contraire. El veullant pour la 
veoir altédiée, recueillir et récapituler ce que me pourroil servir de responce, dict 
qu'elle se trouvoil seule et feroit respondre par son Conseil et par escript esclaircir son 
intention. 



288 RELATIONS POLlTIQllES 

Moy sorlant de la chambre, entrèrent les S" du Conseil, et y eusl à peyne ung qui 
fit semblant de me resaluer : ce que j'ay bien voulu représenter à Vostre Excellence 
ainsi particulièrement, afin qu elle puisse de tous ces receuils former jugement 'le 
l'intention directe de ceste Court, oites que peult-estre les responces promises par 
eseript seront par le Conseil aullrement colorées et déguisées. 

Et comme ladicte rcsponcc ne s'apporte, et que sur ce poinct l'on m'advertit que l'on 
constrainet le S' don Guérau de sortir incontinent de ce royaulme, m'a samblé bon 
renvoyer son bomme porteur de ceste pour le rallaindre, et pour plus seure et prompte 
adresse d'icelle. Sur quoy, me recommandant irès-bumblcment en la bonne grâce de 
Vostre Excellence, prie le Créateur maintenir icelle en longue santé et prospérité. 

De Londres, le xij° de janvier 1571. 

{Archives du Royaume à Bruxelles, Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 109.) 



MMCCCXXIII. 

Henri Knollis aux Lords du Conseil. 

(CANTORBÉRY, 16 JANVIER 1872.) 

Arrestation du maître d'hôtel de don Guérau d'Espè.s. 

AfFier moste dew and bunible commendations to Your Lordsbipps, May it please 
tlie sanie to undersfande that F receaved Your Lordsbipps lettres tbys day at noone 
oven at owre sytiyngbe down to dyner : wberof affler I bad redd a few lynes, beyng 
vebemently urged by tbys late Ambassador, for avoydyng of ail suspicion, I dyd fall 
to my dyner, deferryng to procède any furder elber yn redyng or doyng, untyll, wyth 
betler commodité, I mygbt put in exécution tbe wbole effeet of Your Lordsbipps com- 
maundment. Immedyatly afftcrdyner, accordyng to Your Lordsbipps directyon , I dyd 
put Burgesi yn saffe kepyng of tbe Mayre, accompanyed also for the more surty wyth 
a servante of myne owne. Thys coolde not be so secretly donc, but tbys late Ambas- 
sador, bavyng some ynkelyng tberofï, came to me, greatly appalled as yt semed, and 
asked wbelber I wolde take bys man beyng hys stewarde and cbefï servant from hym. 
1 answered : tbe case was .«ucbe tbat be must nedes be content to spare bym for a 
tyme, and so anon affter, toke occasion to déclare unto liym tbe borryble enterprise 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



289 



iigaynslc llie Lord Burghicy undcrtakcn by Edmondc Madcr, urged and sollycited, as 
yl liallie appi'tcd by llic samc iVIaders cotifcssyon, by hym sellT lyrsio and affier by hys 
.servant Buigliesi, wylh furdcr addition o( bys promyscs and otber praclyscs towehyng 
Scotlandc and styrres liere at vvhomc : ail wliyche tliyngos he dcnyi-d as malters l'alsly 
invented and sorvyngTather to inforce a qwarell ihcn to nltcr ony irutbc. At what 
lynie I spokc <if money to be dclyvercd by ihc Duke yn ay(Je of ibe rcbclis, be sniyleil 
soniwhal, aillioe yt senied lo be risits sardonicus inixcd witb somc fere. In conclusyoti 
be sayd be coolde not chose but complayne of tbys mancr of grevous bandelyng as 
weli al ibys tyme as bcitofore, and thyrikc yt injuryous botbe lo tbe King bis masier 
iind to byin scllT, specyally now iipon bys dcpariyng to bc as yt were spoyied of so 
neccssary a inan as wytbowt wbom bc coolde doe noetliyng. I tolde bym be was not 
ignorant wylh what care and dylygens niatters of suche waytc ar lo be ynqwyercd of ; 
and, yn tliat liynisclff was spared and bys man only towched, tbcr was panse ynougb 
wliy he sholde acknowlcge great respect tised towards bys mastcr. As for bys n)an I 
ihougbt thaï, afflcr dcw cxamination for fyndyngc owt of tbe iruibe, yf bis fauie were 
not tbe gretter, be sholde be restored agaync; and thus we endcd. 

I may no foigct lo conniicnd nnlo Yoiir Lordsbipps as wcll ihe rcdynes of ibe Mayre 
ijf ibis lowne ihcrelofor syns owic comyng bcthcr .is ailso hys dylygens al tliys pré- 
sent, wbo niosl wyllyngly oiïercd byn» selfflo doe ihys servyce for ibe convcyans np 
of tbys man, and ys the bcarcr IktoIF. And ibus, accordyng to my bownden duly, wytb 
humble and hasty praycr, I coninicnd Your Lodsbipps unio (îod. 

Froni Canlerbery, ihe 16 of january 1571. 

[Record office, Cal., n* 44.) 



MMCCCXXIV. 

Avis des Pays- lias. 

; Anvkiis, lli jANviKit l.'n-i. r 
Letlres saisies à tiravelincs. 



This Iciters of ihc x'\ wiiich came from London, bc slayed at Graveling witb a posl 
or 2, and ilierc is aiso 5 or 4 of our company stayed ibeir wbich cam from ilambo- 
rongbc, and ycal Ibcy had pasporl. 

[Rrilisl, M'iseiD», Titus, R. VI ) 



Tome VI. 



.>/ 



290 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCCXXV. 

M. de Sueveghem mi duc d'Elbe (Partie en chiffre). 

i Londres, n JANVIER d.'i72.) 

Nouvelles plainirs commerciales des Anglais. — On ne pourra rien obtenir qu'en employant la force. 

— Condamnation du duc de Norfolk. 

Le jour d'hier retourna de la coste de Séville ung basleaii anglois ainsi chargé comme 
il estoit parly et eschappc des arresls qu'il disoit cstre faicts en Espaigne à vingt bat- 
teaulx anglois, de quoy les plainctes ailarent incontinent en Court et ont produicl l< I 
elTect que la Royne a ce matin envoyé vers moy deux Secrétaires du Conseil pour de 
bouche (et non par escript) me dire de sa part, pour responce aux lettres et à la remons- 
trance laquelle luy feis dimenche, que pour faire cognoistre à tout le monde l'amitié 
qu'elle désiroit continuer avec le Roy, son frère, et pour le bon rapport que l'on luy 
avoit faict de moy, elle estoit contente que je m'entretinsse icy, suyvant les lettres de 
Voslre Excellence, avec aucuns propos fardés et bien dissemblables de ceulx qu'elle 
me tint dimenche, selon que elle aura peu voir par mes lettres du seiziesme. 

Quant au second poinct desdictes lettres et rcmonstrance qui estoit de la vente, que 
pour les raisons lesquelles elle m'avoit aultrefois faict déclairer, ieelle estoit décrétée en 
la manière que se publieroit dedens ung jour ou deux et selon le papier imprimé ici- 
joinct, lequel ils me présentarent. 

Si avant que touche l'Ambassadeur, la Royne enlendoil qu'il eustà partir incontinent, 
pour ce que l'on descouvioit journellement de ses nouvelles traficques et malversations. 
Partant me prioil ne prendre tel pied et désister de toutes choses semblables et préju- 
diciables à l'amitié et fraternité qu'elle désiroil conserver entière avec Sa Majesté. 

Ma responce estoit que je baisois les mains h Sadicte Majesté de l'honneur qu'elle nie' 
faisoit, et que j'espérois que la vérité des raisons, lesquelles luy avois faict entendre 
dimenche, luy aviont osté la mauvaise impression qu'elle me déclaira ouvertement avoir 
de moy; quant au poinci de la vente, que je n'en aurois lors tenu aulcun propos à 
Sa Majesté, mais bien la requis qu'elle voulusse esire contente que l'on print partie di' 
l'argent des Genevois icy arresté, pour eslre employé au payement de ses subjects, répé- 
tant ausdicts Secrétaires les raisons y servantes, et affermant, puisque l'on refusoit que 
si petite partie desdicts deniers y allast, Sa Majesté n'estoit pour le laisser là, comme 
chose appertenante à elle et députée pour son service, ainsi que la Royne avoit peu 
entendre par ses lettres, au retour de Flenry Cobbam; mais, comme ladicte vente impôt- 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



291 



toii ruffus, que j'envoyerois à Vostrc Excellence ledict papier; que le faict du S' don 
(iuéiau desplairoit grandcmcni à Sa Majesié, moyennant qu'elle fùl bien informée cl 
veisse les preuves léjçiltimes et nécessaires, avant donner foy à cliarges si importantes. 

Quant csloit de nioy, je nie gardcrois liien de m'csioingncr de la voluntc du maistre, 
lequel esloil naiurcllement enclin à toute paix et doulceur, si avant que l'on ne le forçoit 
h venir à aigreur et rigcur, comme les bons médecins à ustions et cautères; que l'on se 
voulijl souvenir que pblegme allumée engendre colères extrêmes et très-dangereuses. 

Peull csire que, remarequant ce cliangemeul si soubdain, avec l'instabilité conti- 
nuelle de toutes aciions de cesle Court depuis ccsie négociation cnlablée, l'on pourra 
bien s'asseurer que l'on n'obtiendra jamais la raison de ceste nation que par force et 
par leur monslrer les dents. 

Le duc de Noortfoc fut bier à sept lieures du malin en jugement à Westmunsler, 
par-devant les \ingl-qualre seigneurs à ce convocqués, et, nonobstant ses delTcnses, 
lesquelles durarent jiisques à buit beures du soir, fut fniablemenl condampné comme 
criminel de lèze-majesté et ramené à la Tour à neuf beures, attendant le temps de 
l'exécution. Son frère fut dimence aussy faict prisonnier. Dieu les vculle consoler et 
donner à Vostre Excellence accomplissement de ses dévotes prières, et à moy d'eslrc 
maintenu en sa bonne grâce. 

De F^ondrcs, le xvij" de janvier 1571. 

(Archives du Royaume à Bruxelles, Corresp. de M. de Swevegheni, fol. H 4.) 



MMCCCXXVL 

Thomas Fiesco au Secrétaire Albornoz (En chiffre). 

(LONDRKS, 18 JAXVIER 1573.) 

La reine n'a pas répondu aux lettres du duc d'Albe. — Cundaninatioi) du duc de Norfolk. — Le 
maître d'hùtel de don Gucrau d'Espcs, Burgucs, a été conduit à Londres. — Affaires commer- 
ciales. 



Las mias de xv deven yr con esta porquc cl Seîior Kmbasador no es partido. 
Svcveglien escrivira lo que passo en su audiencia. Basta que la Reyna no respondio a 
las eartas de Su tlxcellencia, y ba supplido con un Secretario a boca al dicho 



292 RELATlOiNS POLlflQUES 

Svevcghen harlo (liera de proposiio Ho lo que el por su orden le havia propucslo y 
tratado. 

Ayer fue el Duque de Norfolch al juizio desde las oeho de la manana liasla las 
nuevc de la laide, y, despues de liaver Lien denendido su causa, se pariio condenado a 
muerte por traydor, quaiulo quisiesse la Reyna. Dio gracias a Dios por aquella scnicncia, 
y dixo a los Seîiorcs que le condciiinaron, que no queria que ninguno dcllos rogas^e 
a la Ueyna por la gracia de la vida, sino solo por la proteclion de su liijo. Muclias 
vezes iueron nombrados en el proccsso el Papa y Su Excelleneia como principales 
desia iragedia : denlro de pocos dias morira. 

El mismo dia (uc iraydo aqui, por orden de la Heyna, Burgues, mayordomo del 
Embasador, por la justicia de Canluiberi, doiide se liallava con el, y le lian puesio en la 
careel. Dizese que lenia inlelligencia con aquellos dos de la conjuracion que escrivi en 
la mia de xx ; me paresce muy estrano. Pero, considerando lambien que csio inipide la 
partida del diclio Embasador lan desseada de lodos, porque agora no le dan mas prisi-a, 
estoy barlo sospecboso que pueda aver alguna cosa de lurbio, lo que Dios no quiera. 
S\eveglien escrisio dos renglones a Sicel; no se si aprovecliaran para liberarle. 

Hase enlendido por una nave ynglesa que antier vino del Coiidado como se han 
arreslado en aquella parle di\crsos baxeles esterlines, franieses, flamencos y inglests 
que llevavan panos y otros bienes dcsie reyno para vender, como lo ban beclio 
siempre durante los arreslos, y emplear el precio en otras eomodidades que liazen por 
aqui, y la misma nave se ha escapado del arresto por buena suerte suya. Del valor de 
dichos bienes se habla diversamenle, y por lo menos se crée ser de lOO'" escudos. DizVn 
demas desio que ban arreslado las personas de los Ingleses, que importa liarto, lo quai 
puede V. M. pensar como se ha tomado por eslos y como les deve pesar de no havi r 
heclio golpe en las naves de nuestra ullima flola de ay que embiaroii a arrestarla por 
lodos estos puerlos. Yo creo que Su Mag'', siniiendo los andamenlos destas ligas v 
previniendo lo que se podra seguir desie accordio, bavra (a buena cuenla) becho 
usar esta diligencia que bavra sido muy acerlada, mayormenle que con razon no devria 
causar escandalo, pues aquellos bienes por la defensa del trato son derecbamenle con- 
fiscados, ni, aunque passasse adelanle la restitucion que se tracla, podrian los Ingleses 
pedir cosa alguna. Su Excelleneia bavra lenido aviso dello, y yo lengo por cierio que 
con esto y nosiras carias de avisos se bavra enleramente lesuelio en llamarnos ay para 
que no sirvamos mas de mascaïas o lepresentantes en las farças que eslos bazcn, los 
quales (segun me ban dicbo de buena parle) no lienen lodo lo que querrian de Francia, 
aunque su ultimo Embaxador aya sido reeibido con muclio favor. La proclamation de 
la venia se bizo antier : V. M. lerna con esta copia délia en la quai no lia de passar 
entre otras cosas sin considcracion que a Su Mag"* no se da mas el nombre de ber- 
mano, como era costumbrc anics en lodas las otras cosas. Si Su Excelleneia quisiere 



DKS 1>AYS-BAS ET DE L'A.NGLETEHRE. 



29: 



respoiuIcT, quando plazieiulo h Dios sercnips todos ny, lerna campo largo como li<- 
(licho por olras. 

Estoy con grau desspo csperando respucfta dt: iiueslras cnrias de nucvc, la qii.-il ja 
no pucde lardar riiuclio y, si liiiviessemos lodos de parlir como cno, acertariamos a 
^ozar de la nave tiel Senor Ënibaxador por que sospccho que hara mal passar de aqui 
adelaiite por niuclias causas. 

Diccse que cl ultimo arreslo de Espafia se lia lieclio con orden de Su Mag"" y, por 
avisos del Einbaxador, 1res navcs pequeiSas cjue passavan de Vizcaya a Flandes, carga- 
das de lanas, por salvarse de cossarios, dieron en el Vice-Almirante Violer, y scran 
las muy bien venidas. 

(Arcliivea de Siinuncas, E»Uido, Leg. Hlili, fol. 9.) 



^IMCCCXXVII. 



Thomas Fiesco au Secrétaire Albornoz (En chiffre). 



(Londres, 31 janvier 1572.) 



Refus (le mettre Burgucs en liberté. — Don Guérau d'Espès est parti pour Douvres, 
commerciaux. — On annonce l'exécution prochaine du duc de Norfolk. 



Différends 



Las diligeneias liechas con Sicel para librar a Btirgues no han aprovechado, y todavia 
esta en la earcel no poco inculpado, segun se dize, do la conjura que ya he escripto, la 
quai en elTccio se halla que era contra Sicel solo. 

Al Senor Enibaxador ban mandado que parla, y lo liara con el primer lienipo: aycr se 
partio de Caïuurberi para Dobra. 

De las très naves del Vinter V. M. Iiavra entendido la rcspuesla que dio Sicel a 
Sveveghcn y con quan poca vcrjjuença quieren prcvalerse del iiuevo arreslo bccho 
en Espafia, siu inirar que sus bicnes quedan conliscados por la proliibicion del tralo y 
(|ue los nueslros dcstinados ay ban sido presos en la mar y traidos aqui por fuerçn. 
Relieren los de las 1res naves (juc se pariicron de Vizcaya en conipariia de olras ocho, 
de las quales leiiien que aya perccido alguna por fortuna por baver ballado a la cosia 
de Porscmua algunas saeas de lana y quaiiiidad de naranjos; dcnias desio ba toniado 
el Escovoval una nave que pucde bien ser una de las ocbo con mill sacas de lana, y la 
liene agora en la ysla de Ubricli para liazer reseate. Ln amigo de Aniona me escrive 



294 RELATIONS POLITIQUES 

que se habria por menos de la metad y, l)aviendo sido requcrido de algunos Espanoles 
que lo scriviesse a los Consules de Brujas, lo lie lieclio con esle, oiTresciendolcs el 
comodo que les puedo liazer en easo (empero) que Su Excelleneia lo apprueve, porque 
deotra manera yo no me enlremclcria en ello que assi se lo cscrivo. La clausula de la 
proclamacion de la Reyna que iracta de los que vinieren a comprar las mercanoias 
donde dize esta mal iraduzida, y ha de dezir « sin que lengan otra licencia..» 
El Duque de Norfolch se dize que morira maîiana. 

(Archives de Simancus, Estado, Leg. 825, fol. 10.) 



MMCCCXXVIIL 
Henri Knollis à lord Burleigh. 

(Douvres, 21 janvier 1o7!2. ) 
Don Guérau d'Espcs se serait déjà embarqué s'il n'en avait été empêché par une tempête. 

Syntliyn my lasl lellres of tlie 20 daled al Canteibery, thys laie Ambassador halli 
receaved answer from M' de Zvevyngam and was iherby somwhat betler dysposed 
towards hys deparlure; and, syns bys eonimyng hetlier, r.olwytiistandyng ibe expecta- 
lion bolbe of liys man wyllie money, wliyche lie sent lasl, and aiso of Burgesi, upon 
whose resiilulion he semed lo slay moclie, lie hatlie yclden hym selff wholly lo be 
Iranspoiled as sone as ihe opportunité of wether sholde serve. Wherupon yeslernyght 
order was laken for tlie inibarkyng of liys liorse, and ail ihynges prepared for provision 
of hys passage agaynst lliys day at 10 of ilie clocke. But abowl mydnyghl there arose 
suehe a lenipesl that al! ihe shipps wylhyn ibys rode were yn greal daimger lo be 
loste, dyvers caste upon tlie shore, suclie as were able lo wynne see roome for iheyr 
succour, lied unlo llie Downes, among whyclu' was tlie Phœnix Her Majestés shipp and 
one of Mastcr Haukyns shypps, the resl beyng many llie most part smale vessels doc 
abyde owt the adventure of the storme as iheyr ankers and cables wyll serve ihem, 
aithoe even now at thys présent a fayic sliypp of Master Haukyns, by the dylygent 
iravayle of hys maryners, the lenipesl beyng somwhat asswagcd, haihe gotten ste roome 
and ys nowe under sayle lo reeover the Downes. Thus we doe now awayte only upon 
tlie wether: wherunlo thys nian ys bronght to be ilie more wyllyng, upon promyse 



DKS PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



29j 



(liât liys servanl, wliom hc halhe sent «o M' de Zwcvyngam, shall be «ythowt ail 
iiitcrruplion siilTcrcd saflly lo corne alTitr lixni. 

Ihroir I lliouglil yl riiy cluly lo advcilysc Yoiir Lordshipp, and se wyili prayer lo 
commend (lie sanic unlo God. 

From Dover, ihe 21 of january lo7l. 

[Hecord office, Cal., n* 76.) 



MMCCCXXIX. 



Guillaume de La Marck aux lords du Conseil privé. 



(DOL'VHES, a'i JANVIER 1874) 



Au sujet de quelques plaintes dirigées contre la flotte du prince d'Orange. 



Après mes ircs-alFeclueuses reeommendatioiis, si est que le lieutenant du cliasleati 
et le mayor de Dovrcs, m'ont monstre la lettre daté le eineqiiiesme de ce présent moys, 
laquelle Vostrcs Seigneuries avoient escript en faveur d"aulcuns du Stilliart et Francis 
Shorer coniplaignant contre ceulx qui servent à Mons' le Prince d'Oran.ae, me com- 
mandant au nom de Sa Majesté de veoir restitution de leurs biens, ou, au contraire, 
qu'ils administrent justice selon le loys de ce pays, jusques à lant que Sa Majesté a mis 
aultrc ordre et réformation : sur lequel j"ay respondu aiidict du chastcau et mayor de 
Dovres que j'en rescripveroys à Vostrcs Seigneuries. Et louchant les capitaines de la flote 
dessusdicie, jusques icy je n'ay failly de faire tout mon mieulx et debvoir selon ma 
puissance (non obstant que je n'ay encores la charge) qu'ils n'excèdent leurs commis- 
sions, les ayant desjà advertis qu'ils évitent de commectre doresenavant aulcuii disordre; 
et en cas qu'il y en a aulcuns, les ehastieray selon la raison et mon debvoir. Mais j'en 
suis fort esmerveillé que Vostres Seigneuries ont si lest donné foy et crédit aux accusa- 
teurs sans oyr la contraire partie, me commandant si rigoureusement la restitution sur 
leur seulle plainte et parollc, et seroyc bien ayse que justice en fusse si bien administré 
en mon cndroict et pour ladicle flote, conmie elle est requis de mes mains, ne désirant 
aultre chose sinon qu'il plaise à Sa Majesté de mectre ung bon ordre et réformalion, 
pour le commenchcmcnt duquel j'ay desjà envoyé des articles sans avoir résolution, iiy 
responce. Il est bien notoire des grands abus des marchants et aultres complainanis 
s'aydant la plus grand part des faulses markes et attestations, pour défrauder Mens' le 
Prince et nous, lequel se n'est jamais monstre aultre sinon très-affcelionné amy à 
Sa Majesté. Et moy en suis tousjours prest de la faire tout raisonnable, humble et 



296 RELATIOINS POLITIQUES 

obéissant service, des mains -de laquelle nous espérons pareillement toute faveur et 
bonne aliénée '. Suppliant Vostres Seigneuries irès-afîectueusenient de remédier aussy 
d'aultre costé aux disordres, forces, injures, torts ei oultrages, que nous soulfrons jour- 
nellement aussi bien des subjects de Sa Majesté eonime des aulires, comme n'a 
guerres en ça avons souffert et soufflons encorcs si bien en propre personne comme 
ceulx de ladicte fiole ; car, nonobstant le diuxiesme commandement de Vostres 
Seigneuries, si est que je n'ay sceu ravoir mon grand navire, sans le oultrage que 
capitaine Hakens a faiel, iiiij jours ençà, à ung capitaine de ladicle flote appelle Bartcl 
Entens, choses non-seullcmcnt irraisonnables, mais insupportables, avecq pluisems 
pareilles, comme ce porteur en donnera à entendre à Vostres Seigneuries, auquel je prie 
qu'il les plaise donner crédit et audience, espérant qu'ils ne soufferont nullement 
tels torts eslre faicts ny à ma personne, ny à aulires mes amys, me tenant de trop bon 
lieu et de maison pour les souffrir de Chaliens, ceulx du Slilliart et d'aultres particu- 
lières personnes, espérant que ce n'est le plaisir ou commandement de Sa Majesié, 
et que Vos Seigneuries, pour éviter les inconvéniens qui pourront advenir entre les 
capitaines de mer, meclront ordre à telles forces commises, selon raison et justice. Kn 
lequel faisant ferez droict et grand plaisir audict Mons' le Prince et à nous, et nous 
obligerez de le déservir à temps et heure, par où qu'il plaira à Sa Majesié et vous, 
Messeigneurs, nous emploier. A tant, iVIesseigneurs, prieray Dieu de donner à Sa Ma- 
jesté et Vostres Seigneuries bonne santé, accomplissement de tous leurs très-nobles 
désirs et longue et heureuse vie. 

De Dovres, ce xxV de janvier anno XV°LXXIJ. 

Le tout vostre serviteur et amy, 
(îiiLLiAiME Conte de La Mabk. 

(Record office, Cal., u" 82.) 

' Le? conseillers d'Elisabeth suivaient avec beaucoup d'alteiilion les évcncnicnls des Pays-Bas. 

C'est ainsi que Walsinghani écrit à Builcigh, le 31 janvier 1B72 : 

A servauntc of . . that lately came froni , beingc .«^ent thclhcr to see thc slalc ofthat conlrye, 

lyndelhe of tlie sanie to bc soclie as wyll vcrry myche Ihem to on fher . . . . ihc 

llial hetherlho halhe bcn, wcre to good purposc. 

By Icltcrs lately corne owl of Flaunders, I undcrstaude thaï ihe Duke d'Alva beginnelhe verry 
niyclic to droope and llial emongcst olher thingcs nothingc doothe more dysconlenle liim llien the 
condempnatyon of the Duke of Norfolke. 

As I hearc, Kyrkaldye, thc Lord of Grayngcs brothcr, deparlcthe from hence shorlely lonardcs 
Scotelandc by vvaye of Flaunders wilh intenlyon to gevc thera warning of Le Croques conilngc, the 
bi'llei' to rypcn ihos nialtcrs lliat lie is to sel abroclic tlier. (Ilrcord office, Cal , n" 93.) 



DES F>AYS-BAS KT DE F;AN(.LETERRE. 



297 



MMCCCXXX. 

Guillaume de La Marck aux lords du Conseil privé. 

(DODVSES, 27 JMiviEii 4674.) 

Démêlé cnlic l'un des capilaiiies de la flotte du prince d"Oranjj;e cl un oflicicr de la reine 

iiorniiic William Winler. 

Après mes irès-liiimhles rcoorrinrulalions, Sy ne puis cellcr à Voslres Seigneuries 
rcxlrênie torl et oultiage hier advenu et faiet par ung William Winler, le jeusne, lieu- 
lenanl de C. Slakens, lequel, soubs l'ombre el prétext du nom de Sa Majesté, s'est 
avaneé malheureusement de ravir et prendre violentement par armes dedans la rade de 
Dovres non-seullement sept prisonniers que les eapiieines de ISIons'' le Prince d'Orange 
avoient prins en Flandres en action de bonne guerre sur nostre commun ennemv le 
Ducq d'Alba ', mais aussy blessé et imprisonné ung des capitaines mesmes, cl, combien 
(|u'il fust bien en nnsire povoir et avions juste occasion d'y résister, toutlesfois ayant 
regard que Winkr it ses iidhérenls sont siihjccis de Sa Majesté, avons eu recours vers 
la justice le mayor et capitaine du chasicau de Dovres, lesquels au nom de Sa Majesté 
ont commandt» que Icsdicls prisonniers fussent r -ndus ou amenés au portjusquesà 
aultre advis et ordonnance de Sa Majesté et Vos Seigneuries : tout lequel lediel Winter, 
en se niocquant pulilicquement nonseullemeni des oITieiers de Sa Majesté, refuse de 
faire, mais pareillement use de parolles injurieuses et abominables contre ma propre 
|)ersonne, chose insupportable, contre Dieu, toutte raison hunriainc, droict et justice. 



' Le prince d'Orange avait repris les hostilités, et nous trouvons au Hritish Muséum le billet sui- 
vant qu'il adressait le 10 janvier à Wesenibekc : 

Il y a quelques jours (]iie j'ay rcceu votre lelre du x' jour du mois passe et depuis une anilre du 
dernier d'icelliiy, ;i)ant par icellcs et les billets y joincts veu les nouvelles el particularités que me 
mandez, selon que de divers endroicts les avez receus : i quoy ne trouvant que rcspondre, je ne vous 
en diray icy aullre chose, «eullemenl que je suis esté bien aise, el nicsmes du bon et fidèle advertis- 
seinent que vous me faictes comnieul estant nu Pays-Bas je pourroys me régler allendroict de» passe- 
ports et réserves, en quoy je voys par les effets de plus en plus le bon soinj; que vous portez au bien 
des affaires communes el de mon service, que pour le temps advenir vous devez de nicsmc asseurer 
*|ue je ne fauldray de reeognoistre tous vos bons dcbvoirs avecq toute gratitude, et cependant de ce 
votre advis feray note pour tant plus losl le pouvoir réduire en mémoire, s'offranl la saison .i cela 
propice: auquel endroict je prierny Dieu vous maintenir éternellement en sa sainclc gràec. 

De Dillcnberch, ec x' jour de janvier 1572. (firilish Muséum, Galba, C. IV, fol. ai6.) 

ToMK VI. 38 



298 RELATIONS POLITIQUES 

Priant pourtant Vos Seigneuries linmblenient pourvcoir que mon droict, mon honneur 
etceluy de Sa Majesté y soit gardé, en commandant expressément que lesdicls prison- 
niers soyent rendus et que je aye amendes de l'outrage sans que soye contraint de me 
retourner vers Sa Majesté et Vostres Seigneuries en personne, espérant touttesfois qu'ils 
y remédieront et feront la raison d'eulx-mesmcs : en lequel faisant m'obligeront de faire 
en chose pareille et plus grande ce que je trouveray bon et raisonnable au service de 
Sa Majesté et vous aultres, Messieurs, ausqnelles, en recommandant l'affaire et ee 
porteur, lequel déclarera le tout plus amplement de bouche, les prieray de luy donner 
audience, foy et crédit, en priant Dieu qu'il vous donne à vous, Messieurs, longue et 
heureuse vie, avecque accomplissement de vos trés-nobles désirs. 
De Dovres, ce xxvij" de janvier anno 1572. 

Vostre serviteur et amy, 
Gl'illiaime Conte de Lamarck. 

[Record office, Cal. n" 90.) 



MMCCCXXXI. 

Avis des Pays-Bas. 

(Bruges, 38 janvier 4573.) 
Don Guérau d'Espos est arrive à Dunkerquc. — Nouvelles inquiétudes des marchands anglais à Bruges. 

The Englishe post met bctweii Dunkirk and Graveling the Embassalour of Spayne 
that is driven outof England, and the lyuetcnaant of Graveling with him, and lie 
caused him to returne back agayn with him to Dunkirk, and their took his letters 
from him '• 

We that are hère, do fear whc shalbe agayn arrested, and yeat we are not dischar- 
ged of the first. 

{Brit. Mns., Tilus, B. VI.) 

' On ignore la date exacte du départ de don Guérau d'Espès du port de Douvres ; il débarqua pro- 
bablement à Calais. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



399 



MMCCCXXXIL 

Commission délivrée à Thomas Gresham. 

CM JANVIER ^K^l^i.) 

Il est autorisé à faire vendre les biens de tous les marchands sujets du roi d'Espagne, 
qui ont clé saisis en Angleterre '. 

(Record office, Dont, pap., Cal., p. 435.) 



IVIMCCCXXXIII. 

John Lee à lord Burleigh (Partie en chiffre). 

(ANVEHS, 4 FÊVRIEB 1572.) 

Requête présentée par la comtesse de Northunibcrland au duc d'Albc. — Démarches de lord Seton. 
— Incertitude sur les projets du duc d'Albe. 

I wrothe unlo Yower Honnour a letter daled ilie 15"" of the lasle inonetlie, wyclie I 
fere nie bec steayd, wheryn I advertysed Yower Honnour of the grethe suie ihat the 
(iOuntess of Northumberland made to the Duke of Alva, and how that lord Selon was 
hère dysgysed for v or vi dayes and how that lie was ynquyselyve whether the Queen 
halhe eny shyppesyn a redynes to bee made owt and wliether they bee abiill to manne 
owt any of tliem suddayne or no and to what nuinber. Purtlier I advertysed that Owen, 
Arundels servant, liaylhe sent liis man over wyihe letlers, and liow that Old îVorton 

and aull tiie reste, savynge , arre moste erneste sulters for ther pensyons, wlieryn 

nonne of them bave prevayled (as yet), savynge M' Ralclyiïe. Lastely I sygnyfyed what 
theopynyons were of Presiall for ihat the ymbassador was commaunded away, and of 



' Un ordre du 2 février autorisa les marchands ù conserver les biens qui formaient leur propriété 
privée. 



300 KELATlOrsS POLITIQUES 

the gret liope of a icvcnge thry truste wjll be madc by ihc King of Spaiii for ilie 
same *. 

The Duke of Alva haythc sent onnc away presenlly lo tlic King of Spain and yt \s 
siimwliat doutfull liore leste yt $holde growe to sumrne extreiii\te of bollie sydc.s. 
Captain Viielli sente a leiter lo EfTetatas howse to hee sente to Rudolplii abowi ilie 

' Henri Killigrcw adressait de Blois, le 8 février 1572, une Icllrc importante à Élisabetli pour la 
prévenir, au nom de Cattierine de Médicis, des complots dirigés oonlrc clic par le duc d'Albe. Il y 
joignait le conseil de faire mourir Marie Stuart : ce qui serait bien vu en France. 

Moste gratious Soveraine, Wlierc yt picascd Your liighncs to comaund me, as I tooke my leavc of 
you to come to tbis service, that I sbould write sometymes unlo your self, I hâve allwaycs inlerprctcd 
yt yf the mattcr should so requyre, and thcrefore bave hilherto forborne to troblc Your Majcstie wilh 
thinges of course, assuringc my self yt was not Your ilighnes mcanyngc, and for that cause I bave 
wrilten thcm to my Lord Bourgbicy, lill now, bcinge sent for the iij of Ibis moncth at night to the 
Queue the Kinges mothcr, I was willed to advertise Your Majestie Ibat thcr werc cvcn a lylle before 
letlcrs corne from the Kinges agent in Flaundcrs, makinge mention that since Gucvarc Dcspees was 
arrived thcre, llic Duke of Alva bad sent two pcrsoues, an Italian and an Eiiglishman, to Donkerkc 
to confer Ihere with some that sbould prosecute such pracliscs as wcre in Englund begon tcndinge to 
the daungcr of Your Majcsties royall person (which God longe préserve) and pcrlurbaunce of your 
realmeby sédition, encoraginge the secret conspirators with bopc of ayde and assislauncc. Tbis, as sbe 
saycd, she could not kepe from Your Highncs, so did sbe will me lo desyrc Your Majestie that ye 
would use the same to your owen avnyle, and bave regard thcrin to hcr honour, wbo halh like care 
of Your Majcsties well doenge as of eny of lier decrcst. I was in good bope to bave fownd my Lord 
Ambassador hère at Bleas (wbitbcr the King cam the next daye aftcr) and so to bave bccn Ibe mes- 
sager my self; but, fyndinge the contrarie and bis staye lo hâve growen by rcason of want of slrenglh 
to lake so longe a journey with so fowlc wether aftcr bis longe and daungerous sicknes, I tbouglil 
best to acquyt me of this dutic by tbis bearcr. And thus I would fayne end my lellcr, but furst 1 must 
crave pardon lo uller unto Your Majestie the judgementes of some Ibal bave wondercd at your wise 
and prudent governemcnt evcr since yow came to your crownc, and Ihincke your gestes shall be no 
lesse famous lo the posteritye then eny of your progenilors bave becn, yf yow Iakc profit of (inds 
laïc miraculous savinge of you, and iberafler do now assure your self and your Estatc against the 
malicious cnemies and undermyncrs Iherof : which evcric man saythc niaye be so justlie and easely 
cumpassed as, onelesse you do the same, yt will call your former pollicy and actions in question. Tliei 
saye Ihcr ys but one roole the cause not oncly of ail your daunger bolh al home and abruadc, but 
aiso of many olbers, the same in your owen wooil, which bolh by God"s law and man's law ye m!iy 
use as sball bcst stand with your comodilyc. Now what Your Majestie will do, ys ernestly looked for. 
I fynd by mync owen expérience in your service hère that the more you seekc to assure your self, ihe 
better your business speeds in this Cowrte, whcre everie man allmosle bave in ther mowlbs : Vila 
Conradiui, mors Caroli; vila Caroli, mors CovraJini. So that you need not lo Ihincke that whalsocver 
Your Majestie did for your owen préservation, would be yll takcn hère. Na, I must of dulie saye 
unto Your Majestie that yf thei hère saw you take the right waye to assure your self, Ibei would both 
honour and love you x tymes the more, and nevcrthelcs, untill Ihei sec you take that course of pollicy. 



DES PAYS BAS ET DE LAINGLETElUiE. 



301 



xv"" of ihc hislc, for cerlayne, wlio js loked for hère shortely, yf tlies nues aiilicrs ikii 
hys dctcrmynalyon. D' SRiinders nnd Sir Jlion Nevell, wythe v or vi nioo (whose nonip* 
as yt'l I kiiovve nol), doo dcpiirU; fronune hi'ncc towardcs ihe Pope, prcsentcly, snpfio- 
synge lo lyiide more heltcr ynlcrifiymniciil llicr iheii (liey li!i\e donne hcre. Leonîird 
Dacre, who (as yl ys reporlcd) lykethe well nf ilie proccdytigcs agaynsU; ihe Duke ol 
Norfolk, liayllic liad of late confurcnee wytiic the Duke of Alva hy llie menés of loid 
Selon lowe liolc owers log(;llu'r, and (yt ys sayd) lie liai lie golten gratinle of Uire 
lliowsande men well apoynled, wyclie sliayll Ikt sliorldy convayed ynio Seotlland, and 
haytlie furtlier obtayned Uic graunle of certaync grei peces of arlyllery, wylhe the 
proniys of so muyclic mony as sliayll hee su(T\fyent lo pay them dnrynge ihc lyme «f 
ihre inonelhes. TIk- Duke of Alva ys yevcll dysposcd al iliys présent, and lialhe kepte 
hys bed ihys fower dayes, as knowyllie ihc Aiilmyghly, wlio longe préserve yow jn 
liellhe, wyllie daylly yncressc of honnour. 
Frotne Anwarpe, llie forllie of feliriiary. 

(Record office. Domeslir papers, Add., Cal., p. 584.) 



MMCCCXXXIV. 



Correspondance de Thomas Fiesco avec le Secrétaire Albornoz (Késiimé\ 

(Londres, 1 janvikr-O févhieii \ï\1i.) 

Ncgocialioiis cominercialcs. — Mauvaises dispositions de la reine. — On négocie un traite entre 
rAngleterre et le Portugal. — Procès de Uurgucs. — Procès du duc de Norfolk. — Nouvelles 
d'Ecosse. — Pirateries. 

Que conforme al ruin animo que la de Inglaterra y su Consejo tienen para hazer 
co.sa que buena sea, despues de algunas demandas, respuesias y replicas, que en todas 



they niust use compiamentos ni$i forte in (emjtorc fiituro, etc. But I hoopc and sayc, as I did allnays, 
that Your Majestie knowelli Ihal cliaritie in lliis case ought to bcgin at jour self, uppon nhose Ijfe 
so many thowsands dépend , and tlierfore nccurscd whosoever shall pcrswade Your Majestie to fearc 
or forbcarc to do tliat which God allowelh you to doe, unlo whose holy protection I mosl humhly 
comend Your Majestie daylic in niy prayers, which ys the best .service I can do you. Meglio è fursi 
et penlirsi que sfarsi et penlirai. (Record office, Cal., n» iM.) 



302 RELATIONS POLITIQUES 

ellas procedicron dichos Consegeios indignamente, a la fin les enibiaroii a ci y Svevc- 
glieri un Secretario, y les dixo que la Reyna se avia induzido a la venla de los bienes 
arrcslados por quairo razones : la primera porque nueslras niercancias no recibiesscti 
inayor dano; la 2' por scguir cl exemple dcl Duque de Alva, que havia vondido la de 
sus subditos; la 5* por pagar a los diclios sus vasailos lo que iiavian de baver; la i' 
porque no lenian el, ni Svcvcgbem aucioridad para concerlar; que, quando fuesse de 
parte de Su Mag*" persona de aucioridad para Iratarlo, no dexarian de procéder a la fin 
del accordio. Pero este eunipliniienlo tiene por cierlo le hazcn por no estar aun de 
acordio eon Francia. 

Halla que con la llegada alli de Mongomeri aquella Reyna se lia aparlado de la 
voluntad poca o muclia que ténia de reconciliarse con Su Mag", y tiene por cierlo que 
algun gran mai les esta aparejado, pues no son basianies lantas y tan importantes 
razones (sin las quales no puede manlenerse aquel reyno, para tencrios en freno), y 
en effecio han vendido por très vezes tantos bienes que los que quedan nuestros no 
bastan para salisfazer a sus mercaderes inieresados, y, hecho el calculo de lodo, ven- 
driamos a sacar de la restilucion hasta 260,000 escudos, que son lo misnio que valen 
las 70,000 libras a que el se queria obligar, que de no avello becho da mucbas gracias 
a Dios, y esto sin otros bienes que en Flandes y Espaiia quedavan por restiluir, que por 
lo menos valen 50,000 escudos. Finalmcntc se résume en que la restilucion no nos 
esta bien, porque, dcmas que séria muy vergonçoso concierto aeceplar 250,000 escudos 
en lugar de mas de un millon que se ba arreslado, vendriamos agora a perder mas de 
lo que se cobrasse, y tampoco Ingleses quieren, ni puedcn venir en la restilucion por- 
(|ue los que tienen en mano bienes o dineros, no quieren que se les pida euenla, y 
la Reyna piensa acomodar bien sus cosas con Francia, en In quai y lo demas se 
muesira bien la poca cuenta que tienen con Su Mag". 

Cuando Su iMag"" Iiolgasse devenir ai comercio y reconciliacion, passando por lantas 
indignidades y ruines modos de procéder, séria necessario queprimero la Reyna dexasse 
de dar favor y acogida a los rebeldes de Su Mag^, y en lai caso se podria dissimuler 
esta venla, dando a entender que por ballarse en mano mas de 300,000 escudos de 
Jngleses, assi en Flandes como aca, y viendo la falta de bienes que han sido arrcslados 
de sus subditos, y allento a lo que se van empeorando los que quedan en ser, tiene por 
bien que se passe adelanie a la venta, pues con los dichos 500,000 escudos podra 
recompensar sus subdilos mejor que con la restilucion; y desla manera, dandose los 
dichos Principes por satisfechos por si y sus subdilos en quanio toca a los arresios, se 
podria de prinici" golpe venir al comercio, al quai en ninguna manera es de parescer 
que se de oydos por las causas que arriba se dizen. 

Que por la mucha prissa que davan a Don Guerau era fuerça que se parliesse antcs 
de espcrar respuesia del Duque, y, vislo el ruin estado île alli y que eslavan ya con 



I 



PAYS-BAS KT DE L'ANGLETERRE. 



desaucioridad de Su Mag'' y del Duque (approvandolocl), se ptidiernn passer on la navc 
de Don (îtieraii por que no avin para (|ue estai- mas alli. 

Que lUnlcy y los del Consejo nsan grande esludin en (lersuadir al puehio que «^<' 
procède a la veiila de las niereancias |)or nuesira falla, y crée que no dexaran de sae.ir 
a luz algun escriplo publiée para le persuadir tnas h ello y de su volo, se ordenaria y 
semhriaria otro csLripio de nuesira parle en que se dixesse lodo lo que ha passado en 
esle negocio, porqnc dénias que séria eonsucio de los inleressados ver en quien esta l;i 
falla, daria poco gusio a la Reyna y sus (ionsegeros, si en sus pueblos se puMieassen f-n^ 
ruines modes de procéder. 

Que liaviendo llainado a Consejo aignnos mercaderes para lomar su parescer en la 
venta de los bienes, lian respondido que no se vendan anies de un mes por dar lugar y 
comodidad a los propictarios (conforme a la licencia que se les ha dado) para que veii- 
gan a comprar por el lanto sus proprios bienes o embien sus procuradores a ello : pero 
el Fieseo eiec que ni los propictarios vendran, ni el Uuque lo deve consentir porque 
ni el sacara honor dello, ni elles provcelio. 

Que se Iraclava alli de eoncierto con Portugal, y se havia remitido esle punto a l<.s 
primcros avisos que se tuviessen de aquel Rey, que es argumente de que el diclio Rey 
ha dado comission para ello, crcyendo que entre Su Mag"* y aquella Reyna huviesse de 
segiiir lo mismo; mas, porque convienc mucbo a Su ^lag^ assi por la conservacion de 
su honor y auctoridad como por la indemnidad de sus vassalles (que con estas suspen- 
sienes eada hora ineurren en mayores danos), provcer per las mas rigerosas vias que se 
pucdan imaginar, advierle que dénias de procurar que se eslerbe el dicho eoncierto de 
Portugal, se prohiba y dclienda a lodos los subdilos de Su Mag** el traie de Inglaterr:i 
y el uso de las cosas que délia salen. Pero que no basia este sine se provce lambien a 
la segtiridad de nuesiras naves, para lo quai conviene que assi en Vizeaya eonio en 
Flandcs aya seis o oclio navcs de armada enlretenidas a eosia de los mercaderes cou 
algun seccorro de Su Mag^,q«e sera muy poco en respecto del util que dello se seguira, 
con los qnales Ires punlos Ingleses scran reduzidos en brève tiempo en lanta miseria 
que no sera muclio que se aeomeden a hazer iodes aquelles mismos oflîeios con Su Mag'' 
que de Ires ânes aca se han hcclio eu su nombre con elles. 

Que havian iraydo preso de Canlurberi a Burgues, mayerdomo de don Guerau, y, 
aunque havian lieche olieios por el, ne apreveebavan, anies temian que peligraria por 
que havia (segun dizen) muchas pruehas contra el que Iraclava de malar a Burley, con 
otros dos gentilcs hombres ingles, que prendieron les mismos dias, a los quales havian 
ya condenado, y el une dellos aeusa al Burgues. 

Que a los xvu de encre sacaron a juizio al Duque de Norfeeh y, despues de avi r 
bien defendido su causa, se partie condemnado a miierle por traydor, quande qiii- 
siesse la Reyna, encomendo a les juezes la proieciion de su hijo, y fueron nom- 



304 HELATIOINS POLITIQUES 

brades en el processo muclias vczes el Papa y Duqiic de Alva como principales en 
csle négocie y, aunque lodos attirmavan que moriria luego, havian diferido su mnerle 
eon esperança de assegurarse, por medio de sus cartas y las de la Reyna de Escocia 
(que se las han sacado eon engano), de la persona del Principe de Escocia su hijo, y 
con elias havian enibiado para el effeclo al Mariselial y Maestro de postas de Bervieli : 
creese que no liaran nada, antes sera causa ((ue esten sobre aviso los Callioiicos y pro- 
testantes para entender los engaîios con que alli andan. 

Que el Conde Tragmarlon, eabcça de los diehos prolestanics, se liavia lieclio aniigo 
de la Reyna de Escocia y ydo a Francia eii su favor. 

Que Esconoval liavia loniado una nave que venia de Vizcaya cargada de lanas, y los 
Consules de Brujas por consejo suyo avian dado cargo a S'-Viclores que la rescatasse. 

Que de nuevo havian toniado olras naves que yvan dEspana, unas cargadas de lana 
y otra en Yrlanda cargada de sal. 

Que por una nave ingksa que aporlo alli, se entendio (|ue en el Condado se havian 
arrestado algunos vaxeles eslerlines flamencos, franceses y ingicses que trayan pafios 
y olros bienes de Inglalerra, y parescelc que ha sido muy acerlado, y no devria esio 
escandaliçar a Ingleses, pues por la delensa del tracto quedan derechamcnte confis- 
cados. 

(Archives de Simancas, Eslado, Leg. 823, fol. ô.) 



MMCCCXXXV. 

Thomas Fiesco au Secrétaire Albornoz (En chiffre). 

(l-ONbRES, i KT 6 FÉVRIRR 4372) 

AfTaircs commerciales. — Négociation avec le Portugal. — Procès de Burgues. — Motifs pour lesquels 
l'exécution du duc de Norfolk a été différée. — Nouvelles d'Ecosse. 

Ayer scrivi dos riiiglones por via de Cales debaxo pliego de Juan Fiesco, y, esperando 
de hora en hora respuesta de las mias, sere en esta brève. Los Consules de Brujas lian 
dado cargo al Sanct-Victoies que rescate la nave de lanas que tomo Sconoval; nias, 
porque el .Almiranle de aca y otros senores havian designado de haver parte en cl 
botin y desseavan assegurarse del, dixose ayer que el dicho Sconoval (haviendolo 
eiiieiidido) la havia llcvado a la Rochela. Dénias de la nave que scrivi ayer, se havia 
delenido en el canal de Bristo una con 400 o iJOO sacas de lana y algunos poeos dineros; 



DES PAYS-BAS Kl DE L'ANGLETERRE. 



305 



se cntiende que se ha arrestado otra en Yrlanda cargada de sa). El concierto con Por- 
tugal no esta aun concluydo, antes se ha remitido a los primcros avisos de aquci Rey, 



dci 



lede 11; 



cl dicho Rcv ha 



y <ic aqm se pneue iiazcr jnyzio, como sicmprc na sido mi parcscer, 
diido coniission para ello con la opinion que tienc que cnlrc Su Mag^ y csia Rcyna 
huviesse de seguir lo rnismo, agora, porquc conviene mucho a Su Mag*, as! por la 
conservacion de su honor como por la indcmnidnd de sus vassallos, que con estas 
suspensioncs cn<la hora inciirrcn en niayores dafios, provecr por las mas rigorosas vias 
<|uese piiedan imaginar, de manera que eslos entiendari quanta es mi indignacion, con 
prohibir a todos sus subditos el (rato de aqui y cl uso de las cosas que de aqui salen. 
Sera niiiy a proposilo procurar de estorvar dicho accordio de Portugal, como faeilmentc 
podria quedar lieclio, porquc sin cl [)or csia vin, ya que se vee que ninguna otra 
aprovecha, esta génie sera rcduzida en brève ticmpo en innia miseria que no sera 
mucho que se accomodcn a liazcr todos aqucllos mismos oflficios con Su Mag^ que de 
1res afios aca se han liccho en su nombre con cllos. Pcro es necessario advenir (pie no 
basta el vcdarles el comercio por todas vias, sino se provcc tambien a la seguridad de 
nueslras naos que liavran de pasar por este Canal, para cl quai effceto sera forçoso que, 
assy ay como en Vizcaya, se enlrelrngan seis o oclio naves de armada en cada parle, a 
cosla de los mercaderes, con algun socorro de Su Mag'', que en qualquier manera sera 
bien poea cosa respeclo al util que se saeara. Burgucs esta todavia en la carcci, y sera 
necessario que Su Exceilencia escriva à la Reyna por su libcrlad. Abren lodas las carîàs 
que vienen de ay, y cl otro dia dctuvieron los plicgos del Scnor de Svevegben y mios, 
que vcnian de ay quatro o cinco dias. Del Uuque se babla poco, y, si bien algunos 
esperan que no morira, la mayor parle es de contrario parescer. Han lenido cartas 

(le , y muestran en el rosiro, segun cntiendo. harto eontcnto : sirva todo por 

aviso. 

Somos a VI. La navc de Sconoval no se llevo a la Rochela, porquc los que quieren 
parte de la prcsa, han proveydo que no paria : considère agora V. M. que procéder es 
este de dar licencia a los cossarios rebeldcs de Su Mag"* para que vengan a hazer 
rcscale de los bienes robados a sus subditos en lodas estas partes, que harlo menos 
mal séria llevarsclos del todo y retenerlos para si, como han hccho de las très naves 
tomadas por Vintcr. 

ilase descubierlo despues la causa del difii ir la mucrte al Du(|ue, lo quai ha sido euii 
(ijiperaiiça de assegurarsc con su medio y de sus carias y de las de la Reyna de Escoeia 
que han podido baver eon engaiio, de la persona del Principe de Escoeia su hijo, y 
para este cITecIo han embiado al Marischal de Bcrvich y el Maestro de postas eon las 
dichas cartas, aun(|ue se espéra que no haran nada, anles sera esto causa de hazer abrir 
los ojos a ambas las parles de Catholicos y prolestanles y conoscer los cngailos destos 
que aspiran por esta via (como muchas vezes lo he platicada con V. M.) de qiiictar las 
Tome VL 39 



306 RELATIONS POLITIQLES 

parcialidades que piicden nascer en este reyno, mientras vive la Reyna, y assegiiraiio, 
despues de la muerte délia, de miichas dissensioncs que no puedeii fahar enire 
aquellos que prelendcn la corona. El Conde de Tragmarlon, cabeça de los diclios protes- 
lanles, se lia lieclio ainigo de la Reyna de Kseocia, y dizese que ha ydo a Francia cou su 
favor. Han condemnado los dos que conspiraron contra Sicel, cl uno de los quales lia 
acusado al Burgues : sospeclio que le pondran tambien a el en trabajo. Pero en esie 
caso 110 se dexara de liazer todo buen oflicio : siiva para V . M. y el Senor Enibaxador 
a quien beso las manos. N.-S., etc. 

(Arcliive.1 de Simancas, Estado, Leg. 826, fol. H.) 



MMCCCXXXVI. 

M. de Sweveghem au duc d'Alhe (Partie en chifiFre). 

(Londres, 7 février \t't%) 
Moyens employés par Fogaça pour rompre la négociation avec le Portugal. — Plaintes commerciales. 

Antonio Fogazza, Portuguès, m'a déclairé comme en considération de l'honneur de 
Dieu, union et augmentation de la vraye religion, du service de Sa Majesté Catbolicque 
el du Roy, son maistre, il a trouvé façon que la ligue, laquelle le chevalier Giraldy, 
deuement auctorisé d'icelluy Roy, esioit inlencionné de finir et conclure avec ceste 
nation (laquelle vouidroit Iransférer partye de sa Irafficque en Lisboa et soubs umbrc 
d'ieelle tirer d'Espaigne toutes les commodités, lesquelles ils sont accoiistuinés d'en 
avoir et prendre), a esté divertie, du moins différée pour ung temps, jusques à ce que 
l'on auroit envoyé les capiiulacions d'ieelle en Portugal pour en avoir nouvel adveu, et 
m'a requis avec ses très-humbles bezamanos en adverlir Voslre Excellence parce cour- 
rier, afïin qu'elle vciille estrc servie en faire en diligence adverlir Sa Majesté, à ce 
qu'elle peult incontinent empescher que ladicte ligue ne sorte son effect par les raisons 
notoires et à chascun cogneues. 

il dit que ledit chevalier Giraldy samble d'estre mené d'ung peu de vanité et d'am- 
bition, à raison de laquelle il auroit faict entendre au Roy de Portugal, son maistre, et 
ceulxqui ont emprins son eniier gouvernement, par le chemin que scet Voslre Excel- 
lence, que Sa Majesté se seroit jà accordée avec la Royne d'Angleterre ; que partant 
ne conviendroil que le Roy de Portugal demeiirast seul en garbouille, puisque les 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 

Aiigluis se monslrenl si enclins à son amitié et désirent l'accommoder et enrii-iiir par 
nouvelle traiïicque de draps et layncs; que il ne se double pas que le Roy de Portugal, 
estant adverly du conlraire et des termes où nous retrouvons avec(| eulx, ne passera 
oultre cl ne se séparera nullement de la volume de Sa .Maje." lé ; el supplie iedict Fogazza 
Vostre Excellence procurer le réciprocque à ce que Sa Majesté ne veulle «-nlrer en 
aucun accord avccq lesdis Anglois sans le sceu et inlelligence du Roy, son maistre, et 
que en tamps el lieu l'on se veulle souvcnii- du notable service qu'il entend par ccst 
adverlissemcnl donner à Sa Majesté, aussi bien que h sondit maistre, en considération 
de leur bien et amitié commune, pardessus le vray service de Dieu , qui est le fonde- 
ment principal et le but de son intention '. 

D'aultre part, Monseigneur, Milord Burgley s'est faict plaindre à moy de la détention 
dim navicur et de deux Anglois à Dunkercke, y reboutés par fortune, si estroicle que 
l'on ne pcrmect à aulcun leur parler, allin que j'en avisasse Vostre Excellence, pour 
savoir comme icclle l'entend. L'ung s'appelle Pliilip Sfishe cl l'autre Léonarde Porc. 
Je leur dis que n'en avoy rien entendu, mais que je me doubtoy que ils n'aviont pas 
eu de passeport : ce qu'ils confessoient. Lors réplicquay que eulx aviont commencé 
ce pied envers tous ceulx qui esloienl dedans lis trois azabres emmenés par le josnc 
W'inter, violentement du cap S" Uélaine à Poslmuye. A quoy, eux déninns la force, 
dirent que l'on ne les avoil pas détc nu si éiioictemenl, donnant assez à cognoislre que, 
si Vostre Excellence n'y pourvéoit, l'on en fera icy aullant à tous subjeets de Sa Majesté. 

Désiroient aussi (|ue les deux malles de lellres détenues à Grevelingbe lussent 
relaxées, et que doresenavant lous courriers el lellres peuissent aller librement d'un 
costel el d'aullre. 

Je dis <|uc j'en adverliroy Vostre Excellence el que, si l'on se fût accordé au prin- 
cipal, cela se fût facillcmenl accommodé, leur remonslranl ouvertement comme toutes 
les faillies estiont commencées par eulx, ayans innové la façon ancienne d'eslire le 
maistre des postes des marebans eslrangiers, d'airester les premiers courriers et malles, 



' Fogaça écrivait à ce sujet, li; t9 février 1872, à ttuy Goiiiez : 

Tlie accordes belwin lliis Crowne and Portugall bcing to bc sigiied, I rcpaired Ihc night before lo 
iny catholike friiid and lould hiin tliat yt was veric oxpcdiciit lie should carclie in Ihc niorningc 
repaire to tb'Karle of Lcyccsier and Ihc Lord Burgbicy, and, undcr prctencc of zealc he niigbt saie 
bc bare to tirr Majestics service, put llicm in mynd of tbc roattcr of traflickc into Barbary to be sel 
downc amonge tlic rest of Ihe urlicles ;is mo.st ncccssary and bebuvall for tbis rcalnie, wbicb he pcr- 
fourmed so well and clfectually thaï Ihey sent word ynimcdiatly to Giraido that the same pointe 
must aiso be grauntcd, who of him self scemed not grcally lo stick ihere al; bul, when be came lo 
aske iny advicc and opinion in yt, I disswadcd bim to tbc utlcrmost from yeldinge unto yt, Icttiog 
him nnderstand Ihat yt would be grcal offcnce to God and dishonor to the King to sulTer hcretikes lo 
tradc wilb the Moorcs, etc. (Fecord office, Domestie pnjtm, p. 647, n" 64.) 



508 RELATIOINS POLITIQUES 

retenir et ouvrir lelires, ce que eneoire n'auroil esté faict pardelà quant à les ouvrir; 
que ils avionl lori de vouloir eonimander icy et pardelà, comme à lu vérité ils veullmt, 
ei demeurer partout les maislres. De quoy nay voulu faillir en faire pan à Vosire 
Excellence par ce courrier exprès, priant le bon Dieu qu'il maintienne Vosire Exerl- 
lence en sa sainte grâce. 

De Londres, ce vij de febvrier 1571. 

(Archives du Royaume à Bruxelles, Corrcsp. de M. de Su-eoeghem, fol. \ 16.) 



MMCCCXXXVIL 

M. de Sweveghem à don Guérau d'Espès (En chifiFre). 

(Londres, " février 1872.) 

II lui fait parvenir la déclaration qui lui a été adressée par les lords du Conseil. — Procès de 
Burgucs. — Services rendus par Fogaça. — Condamnations prononcées à Londres. 

Monsieur, Maestie Canol, le lendemain de son retour à Londres, vint m'annoneer 
vostre embarcquement, combien que je l'avoy auparavant entendu par vos lettres du 
XX' receues avec le ciffre, en après me prier vous vouloir avec la première oportuniié 
envoyer le billet en espaignol par vous demandé, lequel vous fut leu le xiiij" de 
décembre au Conseil de la Royne. Il disoil luy avoir esté commandé de ne le vous pré- 
senter que sur le poinct que entreriez au batteau cl que, par la baste que l'on eust à se 
rembarcquer la seconde fois, il «ublia de le vous offrir, me priant que je le voulusse 
vous piésenter avec ses recommandalions et requérir de trouver l'excuse bonne. 

Il est vraysamblable que ils l'ont ainsi practicqué pour vous oster le loisir de res- 
pondre, et samble (parlant à correction) que ne convient le faire que avec l'oscript 
général, lequel se pourroil forger pour descoulper par la vérité et raisons fondées le 
Roy et le Ducq, aultant que les Anglois désirent les accuser à tort et publier pour 
coulpables de la rouplure de la lestitucion des arrests. En cas que l'on trouva bon par- 
delà que ainsi se feisi, ne seroit hors de propos que Fiesco cl moy fussions pour 
tesmoigner ce qui est passé par nos mains; car nous retenir davaniaige icy est accroisire 
l'orgueil de cculx-cy avec perte de réputation du maistre et nul avancement de son 
service, despenee grande ei discommodiié nosire, et souffiroit pour tous respects que 



DES PAYS-BAS KT I)K l/ANGLETEHhK. 



509 



l'on cffcctuasl le propos que linsmes à Gravesaride. Voircs noslre roiraicle leur cnuse- 
roil une [laour cl les feroil miinhcr pins (iroicictnont. 

Burgucs se tient si estroiclement dcdens le Marslialsee que l'on ne iiiy peult |iarl<'r, 
ny eseripre. Je luy ay envoyé quelque linge et argent, selon qu'il me feil requérir par 
la garde de ladiele prison, et par le inesme luy ay l'aict offrir tout ce dont il pourroii 
avoir néeessitc. Il a adverty le sieur Fiesco, Antoine de Guaras et moy par lettres de 
son examen premier, et ne consisie son aecusation que sur la parolle du seul Maderee, 
qui est une façon de procéder bien étrange (per teslem xingularem in criininalibus, in 
quibus jura civilia cl ratio postulant prohatioiics hue mnidinna clariores); mais raison 
ne sert à eui lui l)our;lie les oreilles. l'uisque je n'y ay peu faire aulire debvoir, ay 
requis l'ambassadeur de France |)ar occasion s'en vouloir souvenir : ce qu'il a promis 
(le faire bien vol un tiers. 

Ladiele lettre de Burgues a esté premièrement visitée par milorls de Leieesire et 
Bourghllye ',ei ainsi par sa charge m'a esté présentée ouverte, de quoy je me suis plainct 
et touiesfois demandé congié pour faire responce, laquelle sera telle que je vouldrai 
qu'ils voient et pour point empirer son iraiclcmenl; car il convient laisser refroidir leur 
furie jusques a ce que j'ay oet-asion nouvelle d'en parler, laquelle seroit fort à propos si 
Son Excellence vouloit en eseripre à la Royne de bonne encre, comme pour ung domes- 
tique d'un ministre tant principal, représentant la personne de Sa Majesté, le renc des- 
quels ad en tout lems et jure r/cnlium esié franc et inviolable; et, si cela n'est assez fort, 
Monsieur '^ poiroit avoir recours à Sa Majesté, pour sauver la vie et défendre l'innocence 
d'un sien subject et voslre serviteur fidèle. 

D'aultre part, monsicm-, le sieur Antonio Fogazïa m'a adverty du bon tour qu'il a 
faict pour le service de Dieu, de Sa Majesté et du Roy de Portugal, ayant besoigné de 
manière que le ('lievalier Giraldi, estant presl à conclure la ligue avec eesie nation, selon 
le povoir qu'il a dudit Roy, son maistre, pour avancer le tillre de ambassadeur du Roy 
don Sébastian, diKiuel il est onlire mesure désireux et le prendroit quant et l'accord', il 
a trouvé moyen de adiférer la conclusion jusques à ce que l'on auroil envoyé les capi- 
tulations en Portugal et obtenu nouvel adveu, de quoy j'advertis présentement Son 
Excellence, et m'a dit vous requérir tenir la main à ce que Sa Majesté en soit promte- 
ment adveriie et que vous en veuillez parliculièrement eseripre au sieur Ruy Gomcz, 



' Lord Burleigh écrivait i Walsinghani, le 27 janvier 4B72, que Burgucs, secrétaire de don Guérau 
d'Espès, était accusé d'avoir cxcllé un Anglais nommé Mathrr à l'assasiner. {Britith Muséum 
Haricy, 28S, n" 100.) 

* Ceci doit s'entendre du duc d'AIbe. Le seigneur de Swevegbem n'avait cessé de réclamer, mais 
toujours sans succès, des mesures rigoureuses, afin de répondre aux agressions des Anglais. 

• On trouve au liritish Muséum (Titus, B. VI, n° 58) un projet de traité entre Elisabeth el le roi 
de Portugal, portant la date du 2 février 1572. 



3iO RELATIONS POLITIQUES 

afin que l'on regarde de IVmpesclier cl advenir le Roy de Portugal en quel estât nous 
sommes avec les Anglois, alïin que l'on ne se disjoinde, veu que la querelle leur est com- 
mune et qu'ils sont princes sy proches de sang, d'alliance et voisinaige, faisans Ions 
deux égallemenlprofession de la vraie religion calholicque '. 

Milord Bourley spiral minas pour les deux marchans anglois, lesquels l'on luy a dil 
que vous auriez faicl arrester de chemin avec deux maies de lettres. Il entend que 
Son Excellence en ce l'advoue ; il fera le pis qu'il peult à tous subjects du Roy eslans icy. 
L'asseuré seroit que l'on ne les rclaseha que sur bonne caution, selon qu'ils ont faicl à 
plusieurs des nostres icy; j'entens : s'il est ainsi, car aulcuns dyent que il n'en est rien, 
et pour éviter la fraude des malles que l'on feit obliger les Anglois qui sont en Anvers, 
sur correction arbitraire, que l'on délivercroit celle qui louche nos subjels aussi tost 
(|ue celle des Anglois, par tel moyen que l'on avisera le meilleur. 

Maestres Barny et Mader furent hier condamnés à Westmunster d'esiie pendus et à 
demy vifs escartelés, comme convaincus par leur confession et aultrement d'avoir voulu 
luer Milord de Leycestre et Burgley *. Avec eulx fut aussi condamné Mestre Barker, 
secrétaire au duc de Norlfolc. 

De quoy vous ay voulu advenir el prier pour fin de cesie le Créateur qu'il doint à 
Voslre Seigneurie, monsieur, l'entier de ses haults et vertueulx désirs, et à moy d'estre 
maintenu en sa bonne grâce avec bricfve enlreveue. 

De Londres, ce vij" de febvrier 1572. 

{Archives de Sinianras, Estado, Leg. 82C, fol. 142, el Iraduolioii 
espagnole, Leg. 825, fol. 12.) 

' l'ogaça engageait Ruy Goincz à occuper quelque port d'Angleterre, coinnic les Anglais eux- 
mêmes avaient occupe Calais : 

There is in this realme a porte of great importaunce, wbich may be used as Calais was. I vicwed yt 
and thc scituation thercof about 22 yeres past, but could not do yt so subslauntyally as I vfisbcd in- 
respect of the shorl tyme of my aboade there. It weare verie nccessary I should view it agayne and 
observe tlie particularityes Ihcreof; but i cannot do yt, unlcssc I had occasion to go into Portugal! in 
respect of tlic greate watche that is made in ail portes, and I must for Ihe purpose embarque me 
self in somc english sbipp, which cannot be perfourmcd without especiall licence from His Majesty 
for thc said ship lo go into Spayne, for olherwycs no Englishman will advcnlurc lo go tlicther. 
Yf His Majesly do like of this service and Ihincke good to graunte the licence, then must llie same 
runne in such forme as is set downe in th'enclosed. {Record office, Domestic papers, p. 647, n' 64.) 

• Gilbert Barncs et Edmond Madder, condamnes le 6 février 1S72, furent pendus et écarlelés cinq 
jours après. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE 



511 



MMCCCXXXVIII. 



Le duc d'Albe à M. de Sweveghem (En chiffre). 

(Bruxelles, 8 rÈvRicH 1872.) 

Il lui ordonne de demander une audience à la reine afin de connaître ses intentions. — 

Griefs à alléguer. 

Nous avons leeeii vos lettres du vij, xvj et xvij* de janvier, et veu par icelles la 
particularité de ce qu'estoit passé pardelà quant à vostrc négDciation sur le fait de la 
reslilution des biens arrcstcs d'une pari et danltre, et eu aussi particulier rapport 
de l'escript par vous exhibé sur les didieullés que de delà l'on avoit meu de nouveau, 
de la responce que vous y avoit esté faite premièrement de bouche et après aussi par 
escript, vostre réplicque sur le tout, ensemble de qiichiues advertisseniens que- vous 
aviez donné à Mons' de Noircarmes et au (lommandeur Courtewille. Et avons vin 
comme, nonobstant toutes vos allégations (que nous avons trouvé bien pertinentes), l'on 
avoit sur couleurs chercées procédé au décret de la vente des biens appartenans aux 
subgeclsde pardeçà, et que d'aultre part l'on n'avoit cesse tant que le S' Don Guéraii 
fût hors du royaulme ; que l'on y avoit aussi procédé à nouveaux arrests de basieaux de 
subgecis du Roy, et que l'on eoniinuoit à y favoriser les pirates rebelles et ennemis de 
Sa Majesté. Fît, ayant le tout considéré, nous trouvons bien que (comme vous dittes) 
les choses passent si avant que qui les voudra su|)porter soubs dissimulation, l'on n'en 
recevra autre fruit que de rendre ces voisins plus audacieux à la desrépulaiion de 
Sa Majesté. Et toutesfois en la saison présente convient-il pour plusieurs respects avoir 
reguard de ne rompre, mais, en faisant entendre à la Royne son tort, tenir encoires li'S 
choses ouvertes pour toute telle résolution que Sa Majesté vouidra prendre. 

A ceste fin vous demanderez audience à la Royne et luy direz que nous sûmes esié 
bien marris que ledit S' Don Guérau ait esté si peu heureulx en son ambassade 
que de luy avoir donné si maigre contentement quelle lait fait desloger de son 
royaulme en la façon et avecq la presse que s'est veue, mais non tant pour le particu- 
lier dudit Don Guérau, que pour le zèle et affection que nous portons au bon sucées 
des affaires de la Royne, entendant bien que les principales forces (|u'elle peult avoir 
contre tous ses anchiens et nouveaux ennemis, sont de l'appuy qu'elle a sur le Roy, 
comme aussi nous voulons bien confesser que les pays de pardeçà et aultres Esiats de 
Sa Miijesté se sont tousjours bien trouvé avec la voisinanee et boiuie eorrespondeice 
qu'ils ont eu avec(| Angleterre, et que pour celte cause, désirant aucunement effaet r 



312 RELATIONS POLITIQUES 

toutes matières de discours et ne desconlinuer ladite correspondeiice, luy avions mis 
en avant (comm' elle aura peu veoir par nos précédentes) que vous ne bougissirz 
encoires delà, tant que l'on sceut l'intention du Roy sur la lettre qu'elle luy avoit 
escrite, et mcsmes sur son offre que, en y veuillant cnvoyrr aullre ambassadeur, elle 
envoieroit aussi ung en Espaigne, ce qu'elle vous a aussi fait déclairer d'avoir trouvé 
bon; mais que vous, considérant d'ung coslel que, nonobstant tout ce que s'est allégué 
(que l'on estime pardeçà estre tant justifié), l'on a fait décréter la vente des biens des 
subgects de pardeçà, par où vostre négociation s'est rompue, seule cause de vostre 
allée pardelà, et d'autre costcl le recoeuil et support que continuent à y trouver les 
pirates et rebelles ennemis du Roy, et les nouveaux arrests de bastcaulx que l'on y a 
faits (lesquels vous déclairerez selon la certitude que vous y aurez à la réception de ces 
lettres), bien différents de la courtoisie que trois basteaux de subgects anglois et l'ung 
d'iceulx riche, estans par la lormente getlés en nos ports, ont reccu de nostre costel, que 
non-seulement nous avons laissé partir quand le temps leur a servy, mais aussi fait 
assister de leurs nécessités, vous ne voyez quel compte ou satisfaction vous sauriez 
donner au Roy des offices ou diligences que vous y auriez fait, pour procurer cependant 
que vous estes encoires là, ce que pourroit servir à renlretènemenl de l'amitié et cor- 
respondence que l'on vous a enehargé, et que la perplexité en laquelle vous vous trouvez 
à ceste cause, vous constraint de le faire entendre à la Royne, luy laissant estimer à 
quoy servira vostre ultérieure demeure pardelà, si l'on y continue à procéder en ces 
termes. Et, en disant ce que dessus, aurez reguard de charger le plus sur son Conseil et 
non sur sa personne, affin qu'elle en ait moindre matière d'altération; mais au cas que 
(comm' il pourroit advenir si elle est délibérée de rompre, ce que nous ne pensons) 
elle vous responde que vous en retourniez si bon vous semble, luy direz que, si elle 
l'entend ainsi, vous le ferez (comme de fait retournerez audit cas), et que de tant plus 
volunliers le ferez-vous que vous nous pourrez plus convenablement faire relation de 
bouche de tout ce qu'il s'est passé touchant vostre négociation, et principalement du 
point que l'on a débalu, de ce que l'on ne povoit conclure aveeq vous à fanlte de povoir 
souflisaut, et la charge qu'elle vous a donné de nous advenir que, en envoyant ung 
aullre avecq povoir souffisanl de Sa Majesté, l'on rentrera en la négociation, et que vous 
tiendrez la main à ce que Sa Majesté en soit incontinent advertie, combien que vous 
estimez qu'elle le soit jà, et qu'elle s'y résoulde au plus tost, oires que en vostre 
conscience vous ne voiez quel espoir Sa Majesté pourra concevoir de conclure avecq 
elle, continuant le pied qu'elle a jà prins comme dessus, tant à l'endroit de la négo- 
ciation que des nouveaux arrests et maintènemenl des pirates, combien que nous vous 
voulons bien advisf r que s'il n'eust tenu que aux difficultés du 2S' de décembre 1568, 
qu'ils veuillent précisément avoir inséré, et du mot quatenus qu'ils prétendent se deb- 
voir mettre au lieu de dummodo, et le différent de paripassu, plus tost que de rompre, 



DRS PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE 



313 



nous fussions esté content nous en (lé[)orlcr, pouivcii loulesfois que eiilx eusscnl mon- 
stre la ninnière par où ce dernier point de ptni passii s'cust pu s'exéciler, d'îiiilant que 
icy l'on n'entend point qu'il soit possible en ung mesmc icmp; en si grande dislance 
des [)ays. 

Pour coïK-liision, vous nous ndverlirez inr-oniinent de h responee r|uc vnii^ aurez eue, 
quelle qu'elle soit. 

Au cas que elle veuille justifier les nrrcsts nouveaux n couleur de ceulx que l'on y a 
dit «voir esté fait du coslel d'Es[)aigne de bastenux angiois, direz que nous ne le croions, 
ou, s'il s'y csl fait aucun arrcsl, ce doibt avoir esté, ou pour avoir contrevenu aux cous- 
tiinies ou ordonnances d'Iîspaigne (comme par avoir mené marcliandises défendues), 
ou autrement, auquel cas la Hoyne n'auroii matière de s'en scliandalizer, eomme aussi 
l'on ne se seliandali/.eroii icy de ce que se feroil en Angleterre en cas s(;mblal)ie, ou 
par aventure, non pour prendre biens, mais se servir des basteaux tant seulement pour 
mener quelque chose d'ung lieu à autre, eouim'il a Ivient aucune fois, et que nous 
eiïorcerons c'i procurer la restitution, s'il s'y est priiis quelque clios:' |)ar représailles, en 
casque du costel de la Rnyne il y soit correspondu. 

Par aventure de cecy, la chose se pourra dériver comme de soy-mesmes à povoir 
faire ouvreiure que l'on ces^e tousarrests et que la navigation demeure libre. A refîeei 
de quoy vous observerez les propos de la Hoyiie pnur selon ce vo:is y povoir conduire; 
car, comme la seurcté de la navigation importe tant, si vous poviez procurer que du 
moins les arrests et soustèncment de pirates cessassent, moins de mal y auroit-il, cires 
(]\\o. le fait (le la néi'OKiation demeuroit aux termes qu'il est. Par (|Uoy, en parlant à elle, 
étudierez de le faire dexlrement venir à propos cl le procurer si vous povez; mais il le 
convient faire de sorte que vous ne donuiez matière de penser que l'on le désire de ce 
costel, mais par forme d'inierrogal de vous-mesmes, comme désireux de veoir que tout 
aille bien, et d'estre niiiny à povoir respondre pertinemmenl à ce que vraysemblable- 
meiit l'on vous pourroil demander à vostre retour, usant de termes que vous verrez 
miculx servir pour luy faire veoir clle-mesmcs s'il csl possible. Et où cecy commenehast 
' ?! se mettre en train, n'y auroit poiu" quoy vous retournissez. 

{Archives du Hoyaumeà Bruxelles. Corr. de M. de Swereghem, fol. 118.) 



Tome VL 



4U 



314 RELATlOiNS POLITIQUES 



MMCCCXXXIX. 

Le duc d'Albe à M. de Sweveghem (En chiffre). 

{Bruxelles, 8 février 1!)72) 
Les marchands seront secrètement autorises à racheter leurs marchandises. 

Vous verrez ce que nous vous respondons par nos lettres icy joincles, sur plusieurs 
vostres. Et pour le faire aussi sur ce que vous demandez, savoir nostre intention quant 
à ce que l'on a déclairé que l'on pcrinelteroit aux proprirtaires d'acheter leurs biens 
en personne ou par procureur, puisque l'on est réduit à ces termes qu'il faidt choisir 
de deux maulx le moindre, il a semble icy que, si quelque subgecl du Roy pense faire 
meilleur proufit à aller acheter sa marchandise ou le faire faire par procureur, l'on le 
peult bien permettre, et plus tosl à chascun le sien que d'en donner commission à ung 
seul, qui par aventure en feroit son proufit au dommaige des aullrcs ou pour le moins 
sera (aillé de causer mesconten.ent vers les aullres; mais nous entendons que cela ne 
se face sinon par connivence et comme si nous n'en savions riens, afin qu'il ne semble 
pardelà que nous advouons la vente. Et, suyvaut ce, les marclians intéressés seront 
advertis de cesle connivence soubs main. 

{Archives du Royaume à Bruxelles. Corresp. de M. de Su-eveghem, fol. 421.) 



MMCCCXL. 

Mémoire adressé par M. de Siveveghem à la reine d'Angleterre. 

(Londres, 18 février 1S72.) 
Récapitulation de tous les points exposés dans l'audience que la reine lui a donnée. 

A la Majesté de la Rofine , 

Le S' de Zweveghem obéissant à ce qu'il a pieu à Vostre Majesté luy commander 
le jour d'hier, luy a bien voulu donner par escript aulcuns poincts de ceiilx qu'il luy 
remonstra de bouche. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



Assavoir que il ne voit ((ud ennipte ou sntisfaclioii il pourra donner au Roy son 
niaislrc tic la diligence ou bon ofliec faici pour cnlre(cnir l'amitié ei tenir bonne cor- 
respondenec entre Vos deux Majestés, selon que la vosire a eseript à celle du Roy 
désirer, ot que pour cesl elTeet seul l'on a coniniandé audicl deZwcvcgbem encoires ne 
se bouger d'iey, si avant que l'on y continue les ternies dont l'on use journellement, 
tant allciidroict du port et faveur lequel se donne aux pyrales rebelles de Sa Majesté 
que des iirrtsts de tous biens ap|)erlenans aux subjeets d'icellc. 

Non pas <pie ledict de Zweveglu m face double de la b;)nne intention de Vosire 
Majesté, laquelle elle luy a faict bonneur d'avoir déelairc plusieurs fois (aussi n'a-il 
fîiilly d'en advenir Sa Majesté et rKxcellence de Moiiseigneur^le Dur d'Alve), ou qu'il 
se plaiude de faillie (rordonnanee ou édicts servans à exterminer une fois tels ennemis 
de Dieu, de toute religion et de la tranquillité publieque; mais seullement se lamente 
de ce que sa bonne intention n'est secondée, ny ses édiels exécutes comme appertien- 
droit, en tant qu'il est notoire (|ue, depuis les Pasque< di'rniéres ençà, lesdiets pyrates 
sont la pliispart du temps estes ancrés deviinl la geule et principal passaigc de ce 
royaulme et entré et séjourné en la ville de Douvres, y ont détenu et mis à rençon 
aulcuns subjeets de Sa Majesté leurs prisonniers, y vendu et revendu leurs butins ou 
donné en payement et esebauge pour vivres ou munitions ds toute sorte, artillerie, 
pouidres, boullels, etc., dont ils povoienl avoir besoing. El pour le présent encoires 
détiennent au bord de leurs navieres ancrées devant ledil Douvres ou es environs de 
ce royaulme (si tant est qu'ils se sonPpuis nasuères ung peu retirés bors de l'œil) dix 
paysans butinés et par eiilx eslevés depuis peu de jnurs ençà au villaige de Mardyeke 
entre Dunkercke et Gravelingbes. 

De sorte que lesdiets csdicts si souvent réitérés ne semblent servir que de masque et 
couverture pour niiculx piller les pillars en acbaplant d'eiilx à vil pri-; toutes sortes di" 
denrées desrobbées et leur revendant au double ce dont ils peuvent avoir affaire, soubs 
umbre du dangier oîi ils s'exposent d'estre altrappés et pugnis s'il csloit sceu. 

Cependant les larrons s'enlreiieiineni, le marcbant se butine, et aultres s'enrichissent 
quia nisiesseiil rcceptatores, 71011 essent fines. 

Il n'appertient audit de Zwevegliem entrer en aullrc particularité, estant ce que dessus 
notoire à Ions eeulx qui passent et repassent audit Douvres, là où aussi se vindrenl saul- 
ver lesdiets pyrates (comme chez eulx et en leur ordinaire réceptacle) se trouvant pour- 
suyvis de l'armée du Roy venue au Pays-Bas l'esté passé pour les ebastier. 

Voires aulcun pyratc avec son butin s'approclianl à ce royaulme l'on traicle ei 
paciioiine pour certain pris pour le y faiie entrer pai' force soubs prextexl de bénéfi- 
cier le propriétaire, mais à la vérité pour oblicquement se resentir aussi du proudiet 
du pillaige. 

L'aulire poinct des arrests des biens appertenanis aux subjeets du Roy n'a besuing 



316 RELATIONS POLITIQUES 

de preuve, estant chose quotidienne à tout ce qui arrive par quelque occasion que ce 
soit en aulcun port de ce royaulme. 

Qui plus est, M" Guillaume Wjnter le josne, depuis le Noël dernier ençà, a par 
force emmené dodeiis Portsmtie trois vaisseauix biscayens cliargês de huyt cent baies 
de laine, trois casses de soye et plus de deux mille ducats en argent, lesquels il trouva 
ancrés au cabo de S'°-Hélaine, de l'isle de \\ iclit, et l'on les descliarge présentement 
audit Portsnuie par charge de Vostre Majesté. 

Il n'a tenu à la bonne envie de ce costel que l'on n'en a fait aultant à la grande Ilote 
venante de Zélande et reboutée à la costé west par fortune de mer devant ledit Noël, et 
ne se cèle par charge de cui. 

Ung aullre bateau espaigtiol chargé de quatre cens baies de laine a esté assez de 
mesme grâce emmené par ung Anglois au port de Dublin en Irlande. 

Tellement (|ue il sanible nécessaire ou que telles façons de faire resentans pure hos- 
tilité cessent ou que Vostre Majesté soit servye ordonner audit de Zweveghem la retraicte 
aflin qu'il ne samble que par sa présence il les advoue et, servant seullemenl de masque, 
il rende ridicule le nom d'amitié retenu en la bouche sans aulcun eiïect, lequel tant soit 
peu correspondant. 

Nonobstant que du costel de Sa Majesté Catholicque l'on ne face rien de samblable, 
ains au contraire l'on favorise et assiste les batteaulx anglois reboutés au Pays-Bas et 
fracassés par tempeste, de tout ce dont ils peuvent avoir besoing. 

Mesmement recontrant la susdicle armée du Rby l'esté passé en mer certaines navires 
angloises richement chargées et venans de Hambourg, voyant que ce n'estoient pyrales, 
les laissa partir librement et franchement comme entre amys et confédérés appertient 
de faire. 

Sans que Vosire Majesté se puisse couvrir des arrests que elle dict naguèrcs estre 
advenus en Espaigne, pour aultant que icelle mesmes confesse n'en sçavoir la raison, 
estant vraysemblable que, si ainsi est qu'il y en ait détenus (de quoy Son Excellence 
n'a encoires advis), ce sera pour avoir contravenu aux ordonnances ou pragmaticques 
d'Espaignc et négocié contre les placcars du Roy ou pour se servir de hatleaulx n trans- 
porter quelque chose d'ung lieu en l'autre ou semblable cause. 

Et, s'ils sont détenus par forme de représailles, ledit de Zweveghem dict à Vostre 
Majesté que Son Excellence s'efforcera de les faire promptement restituer, pourveu que 
le réciprocque se face en ses royaulmes. 

Mais pour parler clèrement et une fois sonder de quelle source dérivent ces pillaiges 
et détentions nouvelles, ledit de Zweveghem supplie Vostre Majesté vouloir considérer 
et réduyre à mémoire que par les arrests généraulx faicts au Pays-Bas et en Espaigne 
les subjecis de Vostre Majesté se dyent estre intéressés jusques environ la somme de 
trois cens mil eseus. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



317 



D'îuilire coslel par les arresis géiiéraulx faicts en ses rnyaulmes (l'Angleterre cl 
Irlande les siibjpcls du Roy se trcuvent intéressés de plus de liuytcens mil escus, comme 
s'est veu par plusieurs atlestacions et inventaires. 

Laquelle somme (lebvoil soullir pour indemner les subjects de Voslre Majesté, au cas 
que l'on eust voulu conserver aucune forme de l'ancienne amitié, fraternité, confédé- 
ration et alliance de laquelle si souvcni l'on se vante. 

Ce non obslant, sans que l'on en ait donné aulcune occasion du costel de Sa IVIajeslé, 
l'on a depuis aux royaulmes de la vostre arresté (ont ce que y ( st entré, une seule navire 
(le guerre hors mise, où il n'y avoil riens à gaigner, revenant la valeur desdicis biens 
particulièrement en après arrestés à plus de cent einequante mil escus. 

Desquelles si grandes sommes l'on a tenu si bon compte par-deçà (au contraire de 
ce qu'il s'est faici au Pays-Bas) que il samble qu'il reste à paine assez pour contenter 
les subjects de Vostre Majesté. 

De quoy l'on peull doubler que ers nrresis ne prendront jamais fin; cl ne samble 
difTieille à conjecturer sur quoi mole ils se geelent et combien ils sont esloingnt's de 
tout office et corresi)ondeiice de sincèie amitié , pour laquelle entretenir ledict de 
Zweveghem est seullernent icy retenu. Et, n'en voyant apparence durant si estranges 
(léporlemens, semble son ultérieur séjour vain et inutille, n'est qu'il plaise à Voslre 
Majesté promptemeiit y pourveoir et remédier, comme pour le vray service de Vos deux 
Majestés et le bien de sa patrie très-humblement il la supplie. 

Faicl el présenté à Londres, le xviij* de febvrier lb71. 

(Archives du Royaume à Sruxetlen. Nég. d' Angleterre, Lettres div., p. 97; 
Record office. Cal., n* \ 24.) 



MMCCCXLL 
M. de Sweveghem au duc d'Albe (Partie en chiffre). 

(Londres, -19 février 1K73. ) 

Détails sur l'audience qui lui a été donnée par la reine. — Mesure."! prises contre quelques marchands. 

— Ligue de l'Angletprre et du Portugal. 



J'ay receu, le xiiij' de ce mois, les deux lettres de Vostre Excellence datées du viij*; 
el, suyvanl le contenu en icelles, ayant obtenu audience de la Royne le dimenche en- 



318 RELATIONS POLITIQUES 

suyvant xvij", lui remonslray les trois causes pour lesquelles semble que mon ulté- 
rieur séjour icy scroit infructueulx, en la forme et manière que Vostredite Excellence 
me commande : lesquels poincts icelle résumant par ordre, rcpéla la chanson ancienne 
pour excuser la vente des biens des subjecls de Sa Majesté, disant qu'elle ne faisoit que 
cnsuyvre le chemin que Vostre Excellence lui avoit monstre, etc. 

Quant au soustien et support des pyrates, elle déiiya le tout, qui est la meilleure 
deffence d'une maulvaise cause, allogani tant de ses édicts, depuis peu de jours cncoires 
renouvelles, que, à l'ouïr parler, il n'y eusl oncques princesse si juste, ne si ennemie de 
telle race forligne, et qu'elle satisfaiet à tout le monde, quand elle deffcnd de les 
assister de vivres et aultremenl, et que poiu' culx elle ne se mectra en despence de 
l'aire armée. 

El quand aux arresls nouveaulx, dict que l'occasion de ce faire luy avoit esté donné 
en Espagne, et que de toute ancienneté toutes les fois que l'on a, où que ce soit, arresté 
aucune cliosc appertenanl Ji Anglois, l'on a usé de eonlre-arresls, sans vouloir faire 
distinction de la cause pour laquelle l'on les auroit premièrement détenus. 

Je ne justiliay guères sur le décret de la vente pour estre chose désespérée; mais, sur 
le faict des coursaires, luy représentay gcnérallcment tout ce que, depuis plus de unze 
mois que je suis entré en son royaulme, y est succédé et advenu, et pareillement sur 
les arrests, sigtiamment sur les derniers forcés : de quoy faisant à demy de l'ignorante 
et de l'esbahye, me requit le luy bailler par escript. Ce que je feis dès le lendemain 
malin es mains de Milort Bourgley, et, puisque elle donna eeste occasion, par advis du 
S' Fiesco, n'avons rien ;célé pour la prcsseï' de respondre pertinament et luy faire 
entendre où il nous cuisoit, selon que Vostre Excellence verra par la copie dudicl 
escript joinctà ceste. Ayant receu la responce, l'envoyeray en diligence à Vostre Excel- 
lence, combien que je n'attens que parolles à l'accoustumé. 

En aprè?, ladite Royne entra en ses passions assez ordinaires, et, après avoir allégué 
son savoir et expérience aux affaires du monde, sa bonne inclination et afeclion à la 
religion chreslienne et au bénéfice de la paix, et qu'elle ne parloit pas en femme, mais 
comme une royne nourrie en négoces, se jccia sur Vostre Excellence et sur l'assistenee 
laquelle elle disoit par icelle avoir esté promise à la Contesse de Nortumberland et à 
celluy qui se faict pardelà nommer faulsement Milord d'Accre, depuis trois semaines 
ençà en certaine audience secrète qu'elle leur auroit donnée, de laquelle ils ont adverty 
par lettres leurs parens icy et emply son royaulme de vain espoir de nouvelle esmeule 
et changement, baptisant ladite Contesse de ung nom féminin et la chargeant de plu- 
sieurs crimes énormes lesquels elle vouHroit couvrir du voille de la religion catho- 
lieque. De quoy aussi plusieurs princes et seigneurs l'en auroient adverty, s'esbaliissans 
de sa longue patience, y adjoustant des menasses : que si V'ostre Excellence ne désiste 
il faire tels mauvais offices, qu'elle rompera ouvertement, comme pour chose nullement 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERKE. 

souffrable (c'est-à-dire quelle oslera le masque), et qu'clli; en advisera Sa Majesté, 
bien sçaichant pour riiffection ancienne e( fralcrnelle qu'elle luy a lousjours porté, 
que elle ne souffriroit telles menées, me cheigeant par trois fois d'en advcrlir Vostre 
Excellence. 

J'avoy bonne cause d'ignorer tout cecy, par où ne sceus que dire sinon que je la 
lenoy estre mal informée. Toutesfois je rcplicquay, quant à l'audience, que elle n'en 
dcbvoil eslre scbandalizce, veu que elle en avoit donné ^i beaucoup de rebelles de 
Sa Majesté, comme au S"^ de Dolliain, Lun)bre, Luniez et plusieurs aultres. Ce qu'elle 
nya fort et ferme avoir faicl depuis qu'elle les auroit sceu estre rebelles, combien que le 
contraire soit très-noloire. 

Quant à la seconde lettre de Vostre Excellence, concernant les propriétaires des biens 
icy arreslés, estans subjects de Sa Majesté, lesquels voudriont les acbapicr à la vente 
laquelle s'en doibt faire, j'en useray selon qu'il plait 5 icelle me commander. 

L'on a icy faict obliger deux principaulx marclians nostres sur grandes sommes de ne 
sortir le royaulme jusques à ce que Philippe SHshe et Leonarde Pore, Anglois détenus 
à Dunkercke, lussent retournés, non contens de ce que leur ay faict entendre en avoir 
escript à Vosire Excellence le vij' de ce mois, de quoy j'altens la rtsponce. Il plaira à 
ieelle y pourveoir selon qu'ellç trouvera convenir. 

D'aulire |)art, monseigneur, Vostre Excellence aura entendu par tnesdites lettres du 
vij° le bon tour d'Anthoine Fogazza pour empesclier la conclusion de la ligue avec 
Portugal. Or, comme la Uoyne n'accorde que deux mois encommencés dès le second 
de febvrier pour envoler et obtenir l'aveu du Roy de Portugal, ledit Fogazza en advertit 
présentement Monsieur le Prince d'Evoly et luy envoie la copie du pourject de ladite 
ligue, par inspection i.e laquelle sera informé du surplus. Ledict Fogazza m'a requis 
vouloir envoyer seurement sa despescbe es mains de Vostre Excellence, la suppliant 
qu'elle veulle estre servie la faire en diligence adresser en Espaigne. A quoy me suis 
voluntiers condescendu et advancé l'en travailler présentement, considéré combien 
il importe, pour le service de Sa Majesté et pour rompre les desseings de ceste Court, 
que ainsi se face. 

Le courrier du Chevalier Giraldi se part après-demain droict vers Portugal à la (in 
que dessus. 

De Londres, le xix' de febvrier 1571. 



(Archives du Royaume d Bruxelles, Corresp. de M. de Sweveghem, fol. IÎ3. 



520 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCCXLII. 

M. de Sweveghem à don Guérau d'Espès. 

(Londres, 19 févrikb iSTI.) 

Burgues sera mis en liberté. — Stériles résultats de l'audience de la reine. — On espère que le duc 
de Norfolk ne sera point exécuté. — Supplice de Madder. 

Monsieur, Je vous baise les mains pour tant d'olTres contenues en voslre dernière 
du viij' du présent, par lesquelles m'obligez davantaige à voslre service auquel je m'em- 
ploieray à toutes occasions de bien bon cœur. 

Milort Bourgliley me dil dimenche que la Royne avoii accordé la délivrance de 
voslre Biirges; et, comme je luy demanday le jour d'hier quelque enseignement de sa 
main au geôlier aflîn que quant et quant je le peusse faire atnener chez uioy et le vous 
renvoyer en compaignic du courrier porteur de cestc, me dii't qu'il n'en avoit pas parlé, 
mais qu'il en parleroit à la Royne cl à quatre du Conseil, lesquels avionl ordonné sa 
détention, et qu'il y feroit tout bon office, mais que le Conseil ne s'assambleroit jusques 
en quarosme. Je ne cesseray jusques à tant qu'il soit mis en liberté pour le vous ren- 
voyer à la première commodité. 

Monsieur, vous veirez par la dépesche pour Son Excellence le maigre fruict de ma 
dernière audience et comme je me voy condampné à continuer encoires icy quelque 
temps ma pénitence, sans que je y serviray d'aultre que de chiffrr, car vous cognoissez 
le cœur de ceste nation. 

Joinctement ceste va une letre du Docior Lopez et du seigneur Sugo. 

Tous les amis vous baisent la main, se ofifrans^à vostre entier conmiandement, et 
pour tout respect Luys de Paz luy prie que il ne luy veulle rien escripre. 

Le Duc n'est encoires exécuté, et dici-l'on que la Royne a promis au conte de Susscx 
qu'elle ne le fera mourir en vertu de la dernière sentence. 

Mader est esquartelf', ayant, comme se dict, sur le dernier deschargé voslre Burgues, 
lequel n'a pas esté enditté comme l'on me l'avoil faicl entendre. 

Je prie Dieu vouloir modérer le tout à sa gloire et voslre salut, cl qu'il vous doint, 
IMonsicur, en santé bonniî vie et longue, me recommandant en vostre grâce. 

De Londres, le xix" de fcbvrior L*)71. 

{Archives de Siniancas, Exiudo, Leq. 8^3, fol 34 ) 



DES PAYS-BAS KT DE L'ANGLETERRE 



MMCCCXLlil. 



Déclaration du Conseil privé de la reine d'Angleterre. 

(22 rtVBIER ISTl) 

Réponse aux griefs allëgaés par M. do Sweveghem. — Plaintes an sujet de l'accueil qui est fait aux 
rebelles réfugiés, soit en Espagne, soit aux Pays-Bas. — On signale notamment la faveur qu'ils 
trouvent près du duc d'Albc et à l'Université de Louvain. — Le prince d'Urange iuvoque son droit 
do prince souverain pour faire la guerre au duc d'Albc. 

Sommaire de (a resjionse faite par les seigneurs du Conseil prive de la Hoijne le xrij'jour 
de febvrier /A'?/ à d'aucuns articles présentés à Sa Majesté par Mous' de Zuiieghem 
attendant prés Sa Majesté pour le lioij Catholique. 

lîn premier lien, (|uant » s,t demeure icy, la Royne se c«ntentoit que luy ou (|iiclqtie 
autre demeurast icy, qui se vouisisl employer l\ bons offices, on pour la continuation de 
l'amilié entre Sa Majesté et le Ro), son niaisire, on pour réduire li s choses (|ue sont 
en difTércnt à incilletn- estai qu'elles ne sont h cause d( s arresis que sont faits d'ung 
cosié cl d'auirc, espérant aussi que, ce pendant qu'il y denieureroil, il ne prendroit pas, 
ny suyvroit le train de limi Gucraii d'Espès, naguères ambassadeur 

Secondamenl, cor.sidér.'int (|ue les matières prineipalles de tons ses iirlielcs se pou- 
voieni comprendre en deux chiefs à savoir : louehanl lu faveur et support présupposé 
estrc donné aux pirates rebelles à son maislD» et touchant les ipnb'es qtie vieimenl 
p.ir oeciisioti des arrests eontinueilemenl faicis sur les navires et biens des subgcels du 
Roy, la responce se debvoit faire à ces deux points; et, s'il désiroit responee plus ample 
à queli|ue autre de ses articles çfi et là, on luy snlisferoil aussi. 

Quant au premier, pour la faveur aux pirates, seu qu'il ente ndoit par cela quelques 
gens de guerre lianinns ces csiroils île la merci fnisans profession de servir au Prince 
d'Anraiige, fut dict que la Reine, ni les seigneurs de son Conseil ne se contentoient 
qu'ils s'y linssenl, ains au coniraire l'on a usé de tous moyens convenables pour les 
induire de s'en aller, comme, en la manière que s'en<uil, fu» déelairé. 

Premièremeni, Sa Majesté, par plnsiems édicis, fcict entendre à ses subjeets qu'ils 
n'eussent à rien aehepter d'ieeidx, ny leur donner vivres, ny en aulire chose quelconque 
les solaiser, et que, s'ils porloicnl on cnvoyoient à terre quelque chose de leurs prinses, 
qu'on l'aireslast pour eniregai dcr allin que les propriétaires en fussent respondus. 

Davnntaige, (juant on fut advcriy qu'- plusieurs Anglois servoient dans leurs navires 
et que inesmes il v nvoit des navires angloisses en leur eompaignie, que furent à ce 

TOMK VI. 4i 



322 RELATIONS POLITigLES 

induicts par opinion qu'ils avoient que le Prince les povoil licitement entretenir, il fut 
publié que pas ung des Anglois eust à y continuer en telle manière de service sus 
peine dVstre puni selon ses mérites. 

El pour ce que Mons' do Zwevegliein n'avoit pas nie que la Royiie n'eust usé de fort 
bons moyens en publiant de si bonnes ordonnances et édicts, mais qu'ils n'estoient pas 
deuement exécutés, il fut dict, quant à l'exécution d'iccuix, que combien que l'on ne 
sçauroil nier qu'en tous pays les ordennances des princes ne fussent tousjours si bien 
exécutées comme les princes mesmes désireroient, si est-ce que, oultre la publication 
des édicts, l'on feit eecy davantaige pour en faire faire exécution : c'est que, sur les 
plaincies que furent faicles que spcrèlement lesdicls gens de guerre estoient soulagés 
par cculx des ports, furent envoyées des commissions sonbs le grand seau d'Angleterre 
aux prineipaulx seigneurs de la noblesse et à d'aultres des pays et lieux maritimes, pour 
faire enquérir sur le serment de personnes à ce jurées aussi estroitement que par les 
ioix du royaulme est accouslunié d'estre l'aiet en cas de crimes de lèse-majesté et 
d'autres. Sur quov lesdiets seigneurs à ce commis, comme dit est, travaillèrent beaucop 
et trovèrent quelques-uns qui avoient délinqué en les soulageant secrètement, lesquels 
furent prins et emprisonnés, les biens qu'ils avoient acheplés furent saisis, et en tous 
endroits restitution fut faiete à ceulx que se plaignoient, tant que par justice se pou- 
voit faire. 

C'est aussi chose toute manifeste que quelques Anglois qui les acompaignoient de 
navires angloisses, ayans authori'é dudict Prince, incontinent après la publication de 
l'édicl, s'en retirèrent et vindrent aux ports et déclarèrent qu'ils pensoient que tel service 
soubs Icdict Prince eust esté loisible; mais, trouvans que cela estoit contre le vouloir et 
gré de Sa Majesté, dirent que ils ne le continueroient point en sorte du monde, et ainsi 
s'en désistèrent totallement. 

Davantaige, aiant ung certain que s'apelle Schonval (ung de principaux capitaines 
diidict Prince) prins quelques navires chargées des biens des subgects du Roy d'Es- 
paigne et d'autres, la Royne commanda à son capitaine de l'isie de Wight, près de là 
où Schonval estoit ancré, de luy enjoindre au nom île Sa Majesté qu'il rendist lesdicls 
biens, pour ce que Sa Majesté n'approuvoit point, ny povoit comporter qu'il | linst et 
ammenasl de telles prinses à ses ports et radis; mais on ne proffitasl riens par parolles, 
estant ledict Schonval hors du danger de l'artellerie des ports cl chasteaux. Parlant le 
capitaine du Wight fut derechief commandé qu'il lisl secrètement armer quelques 
vaisseaux à fin d'emporter lesdictes prinses par force, ce qu'estant appresté avecq 
quelques despcns et se debvani l'eiUreprinse faire le lendemain matin, ledicl Schonval 
la nuit mesnie auparavant se desrobba avec ce qu'il avoit prins, tellement que en ceiy 
se peult bien veoir la bonne inclination de Sa Majesté que ses commandemens fussent 
accomplis, ei, au cas que l'on puisse nommer quelq'ung qui contre les édicts de 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE 



323 



Sa Majeslé ici? ail soulagés, on vi ria pir effecl de quelle sorle il sera puny, |<uurveu 
qui; bonne preuve en soit donnée et (|ue dcsjà il n'i n ait esté detieineiil pnny. 

Ouitri! ceey, Ton sçail trop l»ien que l'année passée on lecouvra desdiet* (<ens de 
guerre une prinse qu'ils avoiint faietc (en quoy un niareiiant d'Italie, de bonne estime 
et assez eogneu, apellé Âeerbo Vilutello, avoit intérest) et Us biens rendus aux proprié- 
taires, eneoires (pie en cela ils disoieiit l(!ur estie faite injure, et en la Court de l'Admi- 
raiillé par voye de re(|iu'sleet poursuylte ils aléguoient des raisons pour niaintinir If droit 
de leur eause, ce qui reste eneoire sans estre résolu <-n ladicle Court, estant le double 
prétendu à savoir que le prince d'Orange, estant prince libre de l'Empire et ayant aussy 
sa principauilé de tillre en France, pouiroit justemeni faire une guerre sur le duc 
d'Alve ou non : sur (|uoy fut dici audiet seigneur de Zwevcgiiein que l'on n'avoit point 
intention de traieler; mais, par ce moyen, nonobstant leurs raisons et que la cause ne 
soit eneoire vidée en jugement, ils furent privés de leui' dicte prinse, et les biens ren- 
dus ù eeuix à qui ils appartenoienl. 

£l toulcsfois, considérant que ces moyens auparavant dicis ne semblent pas li'assés 
de force pour les faire partir des rades ou ports d'Anglaterre, il fut dict que Sa Majesté 
a eesl affaire lellemcnl à cœur pour les consiraindre de s'en aller, que dedens peu de 
jours l'on veiioit (|u'elle n'y a |)as moindre intention de faire exécuter les comcnaniit- 
nienls de Sa Majesté en faicts qu'en parolles. 

Fut aussi adjousté que, combien que Mons' de Zwevegheni peusi penser (|u'on lu\ 
eusl sullisamincni rcspondu en cecy, eneoires ne seroit-ce point hors de propos de lu) 
demander pourquoi il |)ensoil eslre raisonnable de requérir en telle instance que la 
Royne bamiist de ses costes cculx que servent au Prince d'Oranges, les appellant pirates 
rebelle^, là où ceulx qui manifestement sont rebelles et ehiefs de rébellion à l'encontrc 
de Sa Majesté, esloient non seiillement permis de venir par ainsi aux l*ays-Uas tlu Rnv 
CI y receus, mais aussi d'y avoir provision et toute faveur, mesmcs de pensions ordi- 
naires par mois des villes et courts. 

Si parliculièrement luy fut ramcntu comme le conte de Wesmerland, ung cliul 
principal de la rébi llion nagnaircs |)l()Ctée en ce pays, la contesse de Norliinmberland, 
femme d'un autre chicf de rébellion, ung Léonard Dacre, qu'ils appellent chief de 
ladiete rébellion, sont pardelà pid)licipiement pourveus de pinsions du revenu du Roj, 
voire, pour faire la chose apparente à tout le monde, comment peult-on trouver bon 
que la contesse de Norihumbcrland ait esté soleninellement eonduiie à la présence du 
Duc d'Alva en publieq |)ar l'ung des fils dudict Duc , 'et elle naguaires accompaignée 
d'ung grand nond)re d'Anglois rebelles permisse de faire une haren-^ue soleninelle au 
Due par un iniebemenl, là où, de ce qui fut dict par elle et respondu par le Due, l'un 
sçail assez comment yls s'en vantent à leur advantaige et pour persévérer en leurs 
méchantes \n|untés. 



3-24 KELATIOISS POLITIQUES 

L'on sçait bien aussi de quelles menées vis se mesienl contre la Majesté de la lloyne, 
sa couronne et Estai, mesmes comment on les encouiaige à tenir quelques formes de 
parleniens fantasticques contre la coronne et estai de ce royaulme, choses qui, à la 
vérité, combien quelles soycnl frivoles en efîict, sont néanimoins à noter pour ce qu'on 
les permet de telle sorte. 

Davanlaige, comment l'Université de Louviiin, estant au commencement instituée 
pour radvanehernenl de bonne litérature et doctrine, est maintenant img réceptacle 
publicq des rebelles fugitifs de ce royaulme, se peult bien veoir par leurs livres imprimés 
et publiés coiimie si c'esloit ung lieu de franchise et privilège pour la défence et pro- 
tection de cenix qui sont iraislres à leur pais. 

Et pour laisser de parler de ce que lesdicls rebelles y sont si a|)eriement supportés 
et maintenus au Pays-Bas du Roy, fut aussi dictquc, sans vouloir rien jmpiiter au Roy 
d'Espaigne, de qui l'on ne diroit rien que comme d'iing prince l'amitié duquel vers 
Sa Majesté estoii à respecter et à désirer, ledict Mons' de Zweveghem ne povoit estre 
ignorant combien d'Anglois fugitifs de leur pays naturel esloient entretenus en 
Espaigne mesmes jusques à esire pourveus d'eslats domesticques à l'eniour de la per- 
sonne du Roy 

Mais de tous autres n'y en a pas ung plus digne destre remarqué qu'ung quidam 
Thomas Stukeley, la vie duquel par le passé, si elle n'eust point esté cogneue à d'au- 
cuns des conseilliers à l'eniour du Roy, du temps qu'il avoit quelque inlérest en ce 
royaulme par son mariage, sembleroit moins digne qu'on en parlast, comment cest 
homme qui n'avoit pas maille de revenu, ny moyen de vivre de soy-mesme et aussi 
peu de crédit, s'en estant fny en Espaigne, y pouvoil acquérir le crédit et estime d'estre 
mieulx traielé qu'ung ambassadeur, et de dépendie tant de l'argent du Roy en ses 
pompes vaines, est chose fort estrange. Comment pouvoil-on tomber en tel erreur que 
iuy que n'estoit nullement d'estime en son pays propre, fût ouy et receu à faire requeste 
d'avoir la conduite d'une armée contre son pays naturel? 

Beaucop d'autres choses se pounoiem dire de cecy ; mais certainement le Roy fust 
lors mieulx conseillé quand, sur la venue de Mons' Cobham, frère de MillorJ (iibham, 
ledict Stukeley fut renvoyé avecq quelque salaire vers l'Italie; car auliremciii l'espé- 
rience eust bien monstre qu'il eust abusé le Roy, en quelque chose que ce fust, en quoy 
le Roy l'enst voulu employer contre son pays. 

Et aussi faisant conclusion avecq ledict seigneur de Zweveghem que, si on pouvoit 
monstrer les déporlemens de la Royne avoir esté tels à l'endroict d'aulcim que fut 
iraistre au Roy, il y auioit lors plus de raison de se plaindre et mesconlenter pour 
chose que Sa Majesté auroit faite vers ceulx du prince d'Orange, lesquels Sa Majesté 
désavoue et leur défend son pays. 

Ainsi, suyvant le second point que estiont des arresls continués, il fut déclairé que 



DES PAYS-BAS Kl DE L'AINGLETEKKE. 



Zl» 



c«si iiicoiivéïiicnl vint à l'oceasioii de l'arresl );cnéral qui fui premièrement ftiit par le 
Duc d'Alve, par lequel, comme il commanda que tous ceulx qui cstoicnt au Pajs-Bag 
lUi Koy, estaiis siibjecis de la Majesté de la Koyne, avecq leurs navires et hiens, fussent 
arrestés, et (|ue le niesnie lut faict de ceulx que viendroienl après ausdicis Pays-Bas, 
ainsi feit Sa Majesté aussi publier le mesine en son loyaulme, encuires (|u'il ne fust 
point mis en ciïecl avecq telle rifçeur et extrémité; car par rexccution de l'arrest des 
Pays-Bas, plusieurs des subgccts de la Rojnc lurent si eruelltmeni traités en prison 
qu'il morurent de faim, là où en ce royaulme il n'y eut pas uug qui endura telle 
exirémité. 

Fa, après le premier m rest laid et cxécuié, Icdict Duc dAlvi; publia nouveaux édicts 
fort seuremerit à ce que personne, de (pielque riali.iu (pi'il fût, n'apportast aucunes 
commodités venans d'Angleterre sur peine de confiscation, ce qui fut sésèrement exé- 
cuté et i\ cest ynslanl eneoires continué. De (|uoy le semblable n'a jamais esté ny 
ordonné, ny exécuté. 

Pour tani fui dict à Mons' de Zwevegliem que, tant en ceste cause qu'en l'autre de 
favoriser aux pirates rebelles, il seroil raisonnable que plus ne fût requis, ny demandé 
de la Royne que Sa Majesté ne trouvast luy estre réciproequemeni monstre et rendu du 
Koy son frère et de ses minisires. 

El pour ce que Icdict Mons' de Zwcveghem sembloit penser que du costé du Iloy, ny 
de la part d'aucuns de ses ministres, n'avoil esié faite aucune restraincte de navires 
arrivans à leurs poris de mer par lempestc, ou qu'il en fust de prins par force depuis 
le premier arrcst faict, luy fut dici (pTil aiiioit iing mémorial de plusieurs particuliers 
arrests, qui ont esté faits en grande extrémité, comme par une scédule qui avecq ces 
présentes lui seroit baillée, apparoisiroit. 

Et pour conclusion fut dit audict Mons' de Zwcveghem que, toutes les fois que ou 
luy ou quelque autre mostreroit aullioriié suflisanle du Roy pour Iraiclcr et accorder 
au nom du Roy sur la réformation de quelque chose qui empesche l'amité qui debvroit 
estre entre les deux Princes et que peust apporter nng repos à leur royaulmes, pays et 
subgecis, Sa Majesté avoil intention de traicier sincèrement avecq le Uoy, comme prin- 
cesse qui désire la continuation de l'amitié avecq ycelluy Roy et que les subgecis de 
l'ung et l'autre royaulme puissent joyr des fruits d'iccllc amitié, comme aux temps 
précédens a esté entre leurs prédécesseurs et leurs pays et subgects. 



{Arrh. de Simancas, Secret. Prov. Leg. 2879, fol. 65; Record office, Cal., n* 129.) 



3-26 RELATIONS POLITIQUES 

iMMCCCXLiV. 
Le duc d'Albe à la reine d'Angleterre. 

(24 rfcVRiEH 4512.) 
Il réclame la mise en liberté du inailrc d'hôtel de don Guérau d'Espcs. 

Trés-haulte, etc. Aiani enlendu que le maisire d'hostel de don Guérau d'Es|)ès, am- 
bassadeur du roy mon maistre, seroil eslé délenii pardelà, ainsi qu'il pensoit passer en 
compaignie de son maisire, et mis en prison estroicle, et que le bruit y eourroit que 
e'esioil pour cbose que l'on luy impulast voires sur le dire d'ung seul Anglois, ne 
povani croire qu'il en soit coulpable, ny que en bonne justice l'on l'en pourroit dire 
convaincu, et doibgeant les ofliciers et serviteurs des ambassadeurs selon le droit des 
gens avoir la mesme liberté que leur maisire à l'aller et retourner, tant plus le dict 
Bourgeois, serviteur si principal (kniict ambassadeur, je ne ni'ay peu contenir, comme 
désireulx de veoir toutes clioses évitées qui pourroient donner occasion à quelque 
aigreur, de vous supplier, Madame, comme je mande aussi présentement au seigneur 
de Zweveghem de vous supplier de ma part, de vouloir ordonner qu'il soil incontinent 
mis en liberté afin que il n'y demeure aucune porte ouverte à interprétations qui n'ad- 
vanceroient de riens le service de Vos Majestés, comme ledict de Zwevegliem pourra 
(lire plus particulièrement à la Vostre, auquel je me remets pour non l'altédier de plus 
longue lecture. 

[Archives du Royaume à Bruxelles. Négociations d'Angleterre, Lettres 
diverses, fol. 105.) 



MMCCCXLV. 

Le duc d'Albe à M. de Sweveghem. 

(BBBXELLES, 24 FÉVKIER i'oli.) 

Explication sur l'arrestation de deux marchands anglais à Dunkcrque. — Affaires de Burgues. 

Nous avons receu vos leiires, du vij' de febvrier, oultre plusieurs précédentes, aus- 
quelles nous avions jà amplement satisfait, comme aussi a eslé fait à ces dernières 



DES PAYS-BAS ET DE I.ANGLETEUKE. 



327 



touchant le (raicté en train entre Portugal et Aiiitletcrre, dont s'est donné advis au roy 
par la commodilé d'iing courrier que j'eslois icy dcj^peschant. Quant à la détention du 
navieur et deux nianlians anglois à Diinkercke, y rcimutés par foriune, dont les'Cicel 
.s'est fuit plaindre à vous, Ton ne sçnit à parler pardeçà d'aucune détention de marchans 
anglois, excepté de deux fils de marchans, que le capitaine de Dunkcrcke a escript à 
eest heure au commandeur Courtewillc y <'stre détenus pour les causes dont ledit 
de Courtewillc vous advertira et des diligences que l'on a commandé jointement csire 
faites pour en sçavoir la vraye vérité ; mais, s'il est vray qu'ils aient des marchandises 
cleffendues, en cela ne se fait aucun tort h la Koyne de les retenir. 

Monsieur de Noircarmes nous a fait rapport d'aucunes choses que vous lui aviez 
escriptes, comme aussi a fait ledit Courlewilie. ht niant entendu par là le danger que 
passoit le maistre d'hostel de don Guér.iu d'Espès, nous avons fait escripre une lettre 
à la Royne en sa laveur, l;iqueile va cy-joiiiile avecq sa copie, contenant que nous vous 
avons donné charge de luy en |)arler. Ce que vous ferez avecq la première et meilleure 
conjoncture que pourrez, y employant toutes les raisons et argumens que vous y verrez 
servir à propos. 

{Archives du Royaume à Bruxelles, Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 128.) 



MMCCCXLVI. 

Mémoire commercial. 

m rÉviiiER tS72.) 

Indication des navires et des biens des marchands anglais, qui ont i\é saisis aox Pays-Bas 

et en Espagne. 



{Archives du Royaume à Bruxelles. Négociations d'Angleterre, Lettres 
diverses, fol. 103.) 



328 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCCXLVIl. 

Avis des Pays-Bas. 

(HAHBOUKG, "26 FÉVRIER 1872.) 

Banquet offert à Hambourg li la Compagnie des Marchands Aventuriers. 

The Lords of lliis toweii liave bcn lally bankeied hj ye Company, wliich was highiy 
accepted and l'iendly laken, in lik manner iliey havc bankeied tlie Depniie and olhers 
of the Company, wlier we were very frendly enleriayned, and it semeth that they are 
much belter affeclionaled to ihe Company (lien berelofore ihey hâve been. 

{Brilish Muséum, Titus, B. VI.) 

MMCCCXLVIII. 

M. de Sweveghem au duc d'Albe. 

(Londres, -27 février 1572.) 

Il a été appelé au Conseil pour recevoir communication de la réponse qui lui a été adressée. Il en a 
réfuté les principales allégations , nolaniment en ce qui touche le prince d'Orange. 

Le xxij" du présent, je fus appelle au Con.seil privé de la Royne pour entendre la 
responco, laquelle de sa part me seroit faiclc à l'escript, lequel avoy par sa charge 
exhibé à Milord Bourghiey le xviij", selon que Vosire Excellence aura entendu par 
mes lettres du xix'. 

Ledicl Milord Bourgley, réduisant le dit esciipt à deux membres principaulx, laissa la 
particularité d'iceulx, et vouloit excuser le premier |»oinct des pyrates par trois raisons : 

A sçavoir par les édicts de la Kcjiu et tant de debvoirs faieis pour iceulx faire exé- 
cuter par l'inquisition (comme il la baptisoit) des douze hommes, selon les loix de ce 
royaulme ; 

Parce que ils se posluloient du Prince d'Orenges, le(|uel esloit prince absolut et faisoit 
la guerre à Vosire Excellence; 

El par le port et pension que Sa .Majesté donnoil en Espaigne à plusieurs leurs 
rebelles et nomméement à ung nommé Stukelé, homme de nul estime et service, 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



329^ 



auquel loulesfois l'on auroit souffert porler le lilire de Prince ou Duc d'Irlande, et 
voulu soubs sa clhirgc entreprendre In coiiqiiesto d'Irlande, joinct la faveur que Vostre 
Kxcellenee donnoit à la Contesse de Nortliunihorlant et plusieurs aultrcs rebelles aus- 
<|uels elle auroit promis toute assistence pour esniouvoir ee royaulme et les entretenoit 
de pensions. 

Au second poinct des arresis particuliers ensiiyvis les généraulx, l'on en aliégiioit 
plusieurs premièrement faicts aux Pays-lias et en Kspaigne, arguant aussi l'atrocité 
de nos cdicts deffendans expressément toute traficqne sur painc de confiscation, là où 
iey l'on détenoit seullement les biens en arrest pour indemniser les subjects, que, non 
obstant tout cela, ils estiont prests osier tous ces empcscliemcns, quand nous leur aurions 
monstre le chemin. 

Je feis responce par ordre : que je ne me plaindoy pas des édicts faicts contre les 
jiyrales, mais de ee que je n'en veoy aucun bon effcct ; que ils bulinoient les subjects 
de Sa Majeslé et non pas ceuix de Vosire Excellence; et que Sadiele Majesté, par la 
main de Vostre Excellence, n'avoil touelié au Prince, ny à la principaultc d'Orenge?, 
ains sentencié messire Guillame de Nassau, seigneur de Brada, Diest et d'aultres terres, 
lesquelles il avoit en la FranceConté de Rourgoingne et ailleurs soubs l'obéissance du 
Roy, et icelles confisqué pour faultes par luy commises contre l'obligation sermenlée, 
laquelle il avoit à Sa Majesté en qualité de vassal, estant de son Conseil d'Estat, gou- 
verneur d'auleunes ses provinces et chevalier de son ordre ; que il estoit notoire que 
nng vassal ne peult faire guerre à son seigneur direct. Quant au faict de Slukele, que 
la Royne se dtbvoit contenter de la responce tant raisonnable, laquelle Sa Majesté luy 
auroit envoyé l'esté passé par Henri Cobham , mais que j'estois esbahy que l'on faisoit 
(ant de reproches pour ung peu de recueil faict h une personne de si petite esloffe et 
service comme ils le bapiisoienl ; que recepvoir et accueillir une noblesse expatriée est 
vray acte d'ung prince magnanime; mais recevoir nobles et ignobles notoirement re- 
belles, leur donner moyen d'exercer pyrasies et persister en rébellion par manifeste 
port d'armes contre leur prince naturel, est se rendre complice du mcsme erismc et 
contre le debvoir de toute alliance et eonfédéralion. Quant aux arrests particuliers faicts 
après le général, que je n'en avoy riens entendu. Les requis partant me vouloir don- 
ner la responce i)ar escripi, pour estre envoyée à Sa Majeslé quant et mondiet premier 
escript présenté le xviij" : ee que ils m'accordarent. Et l'ayant receu le xxv", l'envoyé 
joinctement ceste avec le mémorial des dicts arrests particuliers. 

Au surplus, il plaira à Vostre Excellence me commander ses bons plaisirs. 

De Londres, le xxvij' de febvrier 1571. 

(Archives du Royaume à finixelles. Correspondance de M. de ^tceveghem, 
foi. 120. — Archives de Sitnancas, L'slwlo, Leg. 8:20, fol. 2!).) 



Tome VL 



42 



330 REI.ATIOISS POLITIQUES 

MMCCCXLIX. 

Avis des Pays-Bas. 

(AKVERS, 27 FÉVRIER 1872.) 

Arrestation de deux marchands anglais à Dunkerque. — On arme trois vaisseaux à Amsterdam. 

At Dunkcrk are in prison Iwo or thrce Englishmen, who went without pasport on a» 
english hoj wilh divers eomniodilics, wJiicli hy ihc placari are forfet; for ihe Duke 
will geve no pasport to any of oiir folke now. 

At Amsterdam, three galles are preparing against yc spring, but will nol be redy in 
a long tyme. 

{Brilish Muséum, Titus, B. VI.) 

MMCCCL. 

Mémoire présenté par Guillaume de la Mark à la reine d'y^nglelerre. 

(Mars iô72?) 

Afin d'éviter les plaintes alléguées, il conriendrait qu'un port fût désigné pour recevoir la flotte 
du prince d'Orange. — Mesures à prendre à ee sujet. — La flotte du prince d'Orange sera toujours 
prête à servir la reine d'Angleterre. 

Le comte Gnilliame de la Marke, aiant icy auparavant esté advcrty d'anltres et depuis 
apperceu en personne le grand désordre de la flotte de Mons' le Prince d'Orenge, les 
grands abus concernant la vente des prinscs, et l'inobédience des soldats, malhelols et 
aultres, au grand préjudice dudit Mons' le Prince, en a, par bon conseil avec Icsaultres 
gentilshommes et capitaines de la dicte flotte, pour le profyt de son Excellence et du 
commun, trouvé bon et expédient de mectre en avant à la Majesté de la Royne et son 
Conseil privé en Angleterre, les points et articles suyvanls concernanis la dicte flotic, 
au bien et profyt de Sa Majesté Royalle et de ses subjets, à radvanclicmcnt de la cause 
commune, au service de Son Excellence et réformation de la dicle flotte, espérant que 
Sa Majesté, ne son Conseil ne monstreront moins de courloisye à lendroicl de Son 



DES PAYS-BAS ET DE L'AINGLETERRE. 



331 



Kxccllence, 
<ln Roy de F 



comme confédéré 
e, comme 



et amy de ce royaulmo, que n'a faict naguères la Majesté 
par copie autenlicquc, datée le xxi de septembre 1871, 



Hppnroistra plus au Inrge. 

Premièrement, afïîn que la dicte flotte soit contraincte de ne s'eslargir en mer comme 
ils ont estes accoustumés ici auparavant , mais plus lost de se tenir par ensemble icy 
nu service de Son Excellence, comme pour tant plus affoyblir les forces d'ennemy, 
plaise à la Majesté Royallc et son Conseil d'apointer et consentir Douvcrs ou img seul 
iiultrc place comme ung havre franc et libre pour la dicte flotte, leur defTendant, sur 
paine de la vie, de ne se retirer, vendre ou mener leur prinses en aultre que au dict 
lieu , et cela en considération que les havres de la dicte ville de Douvcrs puissent esire 
tant mieulx amendés et entretenus. 

Secondement, pour aullant que les eomplainctes journellement faietes à Sa Majesté 
et son Conseil privé ne lui causent seullement très-grandes Aieheries et empeschemenl, 
mais aussi très-extrêmes troubles à la floltc par deffence des vivres, comme d'aultres 
donnent aulcunefoys entendre à Sa Majesté et son dict Conseill par de faulx reports, les 
collurant de faulses marcques et alteslatîons, plaise à Sa Majesté d'ordonner deux com- 
missaires qui se joincdrnnt en commission avec ceulx de Mons' le Prince d'Orenge, 
lesquels contraindront la dicte flotte d'aportcr ung inventaire et compte de leur prinses, 
et, en cas qu'elles sont trouvées bonnes, qu'il la plaise, en la payant la couslume, de 
les vendre franck et librement, sans empeschement de personne, ou aultrement estant 
trouvé contraire, par bonnes et seures attestations, seront vendus h celluy ou ceulx 
qui. avec raison, sur leur serment et bonnes preuves, y vouidroient prétendre, et que 
Sa Majesté, nonobstant la reslraincte faicte, donne congé à ses subgects de victaiiler la 
dicte flotte selon que la saison et nécessité requerra, ou seullement à ceulx lesquels 
apporteront attestations des dictes prinses. 

Tiercemcnl, pour tenir la flotte joincte ensemble. Sa Majesté et Conseill ordonneront 
ung havre, tant seul, sy pour les accompts aulx commissaires et des coustumes, comme 
pour la vente de la dicte marchandise, et 5 tant que les capitaines, lieutenants, soldats, 
matelots et aultres se tiennent chascun aux navires, sans se mcctrc sy souvent en terre, 
comme ils ont esté accoustumés, plaise à Sa Majesté Royalle et son Conseill de donner 
congé et plaine auctorilé, au profiel générall de la dicte flotte, de les querrir de terre 
et les cbastier selon leur désertes, exceptant tousjours particulières artions que Sa Ma- 
jesté ou ses subgects y pourront avoir. 

Quartenient, en cas qn'il avinssent quelques eomplainctes contre ceux de ladiclc 
flotte, et que Sa Majesté et son Conseill puissent tant plus seurement estre advertis de 
la vérité, et aussi que Sa diele Majesté et son dict Conseill n'en soient tousjours trou- 
blés de telles fâcheries, la plaise de rcmectre telles eomplainctes aus dicts commissaires 
(|uy, par Sa Majesté, seront apoinclées, ensemble 5 ceulx du diet Mons' le Prince, les- 



332 RELATIONS POLITIQUES 

quels, aiant le tout bien et meurement considéré et s'enquélé, le fineront entre euU, et 
adverliront à Sa Majesté et son dict Conseill du vray; mais, estant les plaincles et ques- 
tions de sy grande importance qu'ils ne les sauroient résolvre, le remeclront à Sa dicte 
Majesté et son Conseil. 

Finallemenl, en considération de ce que dessus et le bien que Sa Majesté et Conseil 
feront au diel Mons' le Prince et à la dicte flotte, le dict Mons' le Conte, en attendant 
commission, Lenera la dicte flotte et gents par ensemble et au service de Sa dicte Ma- 
jesté, tant et quanlefoys la plaira de les employer, soit par mer, soit par terre. 

{Brilish Muséum, Galba, B. IV. — Publié dans les Bulletins de la Commission 
royale d'histoire, 5' sciie, t. VI, p 423.) 



MMCCCLL 

Ordonnance de la reine d'Angleterre. 

(t" MARS 1572.) 

Il est ordonné à tous les corsaires dits frcbutlers, de quelque pays qu'ils soient, de sortir en toute 
diligence des ports d'Angleterre, avec défense d'y entrer désormais, sous peine de confiscation de» 
navires et d'emprisonnement de l'équipage. Les sujets de la reine ne pourront leur fournir ni vivres, 
ni munitions, et il leur est défendu de trafiquer avec eux, sous peine de mort. Les autorités des poris 
qui contreviendront à cet ordre, seront punissables au bon plaisir de la reine, et les privilèges des 
ports pourront être confisqués. Quiconque sera trouvé coupable, pourra être jugé selon la loi mar- 
tiale, comme ayant troublé manifestement la paix du royaume d'Angleterre et des pays étrangers. 
Si les sujets de la reine actuellement au service des frchuttcrs s'en retirent dans les cinq jours après 
avoir reçu connaissance de cette ordonnance, ils ob'iendront remise de la peine de mort pour leurs 
offenses passées; s'ils ne le font point, ils subiront le dernier supplice selon la loi martiale, comme 
il est dit ci-dessus. 

(Archives du Royaume à Bruxelles, Corresp. de M. de Sweveghem , fol. 158.) 



DES PAYS-BAS Kl I)K l.'ANGLETKRRR. 



335 



MMCCCLII. 
Le duc d'Albe à M. de Stveveghein. 

(Bruxelles, 6 uars \tyii.) 
Instructions transmises à Tliomas Firsco. 

Avcc(( l'occasion tlu (Irspesché que nous cnvoions prcscnlemenl à Thomas Fiewc, 
sur le fait de la restitulion, dont il vous fera part, vous avons bien voulu advenir de U 
réception des voslrcs, du xix et xxvij' de febvrier, avecq la copie de j'eseripl que vous 
aviez exhibé par delà et la responce qui vous y a esté faite. Sur quoy vous eseripverons 
de bien bricf ce que s'y offrira et eonimeril vous y aurez à conduire. 

(Archives du Royaume à Bruxelles, Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 131.) 



MMCCCLIII. 



Marc Swinborne à 



(7 MARS IS72.) 



Requêtes présentées au duc d'Albc par les rériigiés anglais. — On regrette que le duc d'Albe 
ne montre pas plus d'énergie. — Importance des affaires d'Ecosse. 

I was adverlised (by your ffrend) at Lovainc of ihe sodainc deparlure of this me s- 
senger, which I thoughl shold not bc withoul some rcnienibraunce unie yow, howb<>il 
I had greater care to pirfornie ihe deulie of a frcnd (as you may see by tirenclosedes) 
then atiy spetiall mallcr lo advise you of, consideringc the bearer canne mucli betier 
déclare th'occurrentes hcare then I wrile. Onlie my Ladic haiih bene a longe ledioiis 
.seuler at the Dukes bandes as toucliing lier husbandcs affayres my good Lord, and 
hathe bene fedde wiili fare wordes, as we olher power gentlemen liaithe bene in our 
requesl. Notwiihsiandinge we liope at lengthe His Excellence will corne offranklye. You 
ken old men be longe a doinge and somthinge dull ; but therc dedes, when thcy doo, 
besubstanliall,and some frule followethc romonlic : yei believe me, I wish him lyvelyer, 



334 RELATIONS POLITIQUES 

and I praje God so inspire his hart. We bave liad great joy in thics Lowe-t^ountrycs 
for iliis famoiis and forlunale viclorye againsi tlie Turkcs (I sent jou ihe exlracte in 
frencli bycause I knowe you arc perfile in tliat tonge), as aiso thaï yl liaith pleascd 
God lo send the Kinge of Spaine a yonge Prince. Otiier [newes] you will learne of tlie 
bearcr. Yt is very longe nowe since I hard frome you. I praye you write me sorne 
crackes, for al! tbe corragc is nowe in Scolland, other countryes are idie, savinge llie 
Kinge Catholike prépares a grcate armye they saye lo wyne Argicre a kingdome in 
Apbricke or ralber a réceptacle of pirates and iheves. Els nolbinge occurs worlh liie 
writingc, bul thaï ail your ffrendcs are mcrie and rcniaines as you lefl thème, wyshinge, 
whils you corne, your letters may gcve occasion to remember you, bul I cxpect yourscif 
in suche sort as I désire : God graunte I be not defrauded, lo whose blesscd protection 
I comilt you aftcr request in cffccluall nianer ihies encloscdes may be delivered lo 
oiir dearest frendes as mync to my . . . wiih this mark . . . , as you can best 
fynd meane to convey il, elc. : in hast, yet harlely yours you know. 

(Record office, Cal., n' 16G.) 



MMCCCLIV. 

M. de Stveveghem au duc d'Albe (Partie en chiffre). 

(LONDBES, 8 UASS tSTâ.) 

Affaire des deux Anglais arrêtés à Dunkerquc. — Vente des marchandises séquestrées. — 
Envoi de marchandises anglaises en Espagne. 

Le capitaine de Dunkeicke m'a particulièrement adverly de l'occasion et manière do 
la détention des deux Anglois mentionnés en celle de Vostre Excellence, du xxiiij' de 
febvrier, reccue le iiij de mars : ce qui m'a bien servy pour donner contentement si 
i\Iilort Bourghiey et serrer la bouche aux faulx rapporteurs. Toulesfois ledit Bourgley 
a voulu avoir ma remonstrance par escript. Quand il plaira à Vostre Excellence donner 
ausdils Anglois passeport pour s'en retourner, les deux marchans nostres icy retenus 
s'en resenliront aussi et se trouveront d'ung chemin désobligés. 

Vostre Excellence aura entendu par mes lettres du xxvij* la délivrance de Burgues, 
maistre d'hostel de don Guérau d'Espès, de sorte que, n'ayant pour quoy travailler la 
Royne pour audience, luy renvoyé ses lettres pour icelle. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE 



STm 



Le iiij* de ce mois cncommciiça la vente des biens des subjecls de Sa Majesté et fort 
à prouffict, en tant que à la parfin l'on a permis aux intéressés d'iey aeliapter et par 
conséquent se payer par leurs mains jus(|ues à la concurrence de leur debte. Si l'on 
eust ainsi faicl l'aullre vente, l'on n'auroit pas occasion de tant s'en plaindre ; mais il 
ne fauldra aullre preuve que la présente pour convaincre la malversadon et Traulile 
commise en la première. 

Monseigneur, l'on charge icy environ quinze cens draps en deux navires pour amr- 
ner el vendre secrètemenl aux isles de Bayonne en Galice, comme l'on y en a vendu 
beaucoup et en d'aultrcs endroits d'Espaigne. En cas que l'on n'y donne ordre par delà, 
celluy que Vostre Excellence sauroit faire observer aux Pays-Bas, serviroit de peu ou 
riens. Toutcsfois l'expérience doibt faire foy trop manifeste que l'on ne gaignera riens 
sur eeste nation par doulceur ou raison, ains que du moins conviendra inviolablement 
faire observer la rcstraincte pour abaisser leur orgueil par la nécessité, ensemble pré- 
server les bons subgecls de Sa Majesté d'ultérieur dommaige, pour ne dire entière 
ruyne, pendant que l'on diffère moyeu plus rigoureulx. 

J'ay recouvert et joinct à eeste le pourjecl de l'accord entre Portugal et ce royaulme. 

De Londres, le viij' de mars 1571. 

{Archives du Royaume d Bruxelles, Corresp. de M. de Stceveghem, fol. 132.) 



MMCCCLV. 



Don Guérau d'Espès à M. de Sweveghem. 



(8 MARS 1571) 



Il Ini adresse sa réponse au Mémoire des lords du Conseil. 



Recibi con la de V. M. de vij* del passado la eedula que Enrrique Canols le dio, que 
dice ser aquella que me fue leyda en el Consejo de la Screnissima Reyna de Inglaterra 
a 14 de deziembre proximo pnsado, y eomo alli rehusaron de darme copia délia, y ann 
despues con el Secreiario Tremeno me cmbiaron a dczir no quieran darmela , ni el 
Canols me hablo délia en todo el camino, ni a la embarcaeion, teniendo tanto tiempo 
para ello, se podria bien escusar el responder, dexandola ccmo eedula vana e yneierta 
(si es eomo aquella que me fue leyda), pues avia de ser delante de mi con su original 



336 RELATIONS POLITIQUES 

coinprobada, y os oicrto que, despues de sermc Icyda y ncgada con tanta aiiogancia por 
boea de Milord Burlei, la copia o comunicacion délia de memoria satisfize a los de 
aquel Consejo como convenia, y fue el principal dcbate si avia yo cscrilo a la Mageslad 
del Rey nuestro scnor biziesse guerra a Inglalerra para castigar los de aquella ysia de 
los (iesacatos que a Su Mageslad ban lieclio, robos y ynfinitos dafios a sus subdilos, a 
lo quai siindo cabo tan auevidamcnle por cllos propueslo, les dixe con barla modeslia 
lo que era nicnesleiMnoslrandoles quan inconsideradamenle se ponian a dezir aquelio, 
no sabiendolo, ni pudiendolo sabcr tocando al Rey nuestro senorel conocimiento de lo 
que es bien se l'cscriva por sus ministros o no. en lo quai les vi liarto confusos, y assi 
lambien en avcr de verifiear que lo mesnio avia yo escrilo al Duque de Alva ; que en 
los otros cabos de las rebeldias de los suyos que pensavan avian sido con ealor mio, 
coma les dixe, no era assi, y que me senalassen algutia cosa en parlicular. IVo avia que 
responderles olrn, mas de dozirlas en gênerai y con cortesia todavia que aquelio afir- 
mavan y todo lo que contra mi alli proponian, era faiso y falsisimo, y, como en el querer 
dar yo razon à la Reyna de lodo lo dicho por ellos, lo rebusaron tan determinadamente : 
tanto es el lemor que ticnen que aquella sefioria no venga a entender a que cabo la 
pucdcn traer los malos consejos qu'estes sus hombres le dan, no abria mas que respon- 
der a sus invenciones, pues lenemos su intencion bien conocida. Todavia, pues a V. M. 
se alrevio Henrrique Canols de dar cedula, porque ella no parezca jamas sin respuesla 
y estos sonores Consejcros tengan la saiisfacion que merezcn, podra V. M. a quien le 
pafeciere comunicar esta respuesta mia, juntamente con la copia desia carta, para que 
conozcan la occasion que se da, o fucrza (por mejnr dezir) a que se publiquen en 
parte sus buenos bcchos, alTirmando a V. M. questa cedula que me ba cmbiado, no 
me parece ser aquella que me fue leyda , que ni es tan larga, ni ticne todos aquellos 
cabos de que parlicularmente me acucrdo aver con los de aquel Consejo debatido. 

Quanto al Iralar del negocio de Jo. Man y lomar estos buenos cristianos acbaque de 
aquel, para colorar (en alguna parte) su tcmeridad, bien se que fue por ellos sacado, 
eslando ya dclante nuestra platica , aunque despues por Tremeno su Secretario me fue 
replicado y aun senalado a V. M. por los del mesmo Consejo, cosa que déviera séries 
muy escusada, viendo lo que acerca délia avia a la Mag^ del Rey nuestro senor escrilo 
la Serenissima Reyna, y yo y mi prcdecessor con ella acerca de lo mesmo concluydo 
averiguado, pero no sera este el postrer berror que ellos baran. N.-S. les convierta y 
la lllustrissima persona, etc. 

{Archives de Simancas, Estado, Leg. 82f), fol. H 8.) 



^ 



DES PAYS-BAS ET DE L'AINGLETEUUE. 



357 



MMCCCLV[. 

Réponse de don Guérau d'Espès à la déclaration du Conseil 
de la reine d'Angleterre. 

(8 MAns 1S72.) 
Don Gucrau d'Espès réfiilc successivement tous les griefs allégués contre lui. 



No se manivilla mucho cl Rmhaxador cle la Mag"" dcl Rey Catliolico que en el Consejo 
Je la Serenissima Rcyna de Itiglaterra se le Icyessc una ecdula en cspafiol a los 14 de 
dcsiembre con descorlesia y poca verdad escrita, ni de la liabla Iras ella tenida con cl eon 
arrogancia y desordcnada temeridad, tcrminos por Vuesiras SefSorias usados y en ella 
diclios y giiardados, pon|ue de 1ns obras de Vtiestras Seîiorias, sicndo ellas manifiesla- 
mente malas, no se puede agiiardar sino palabras a ellas conformes. Quien osaria 
dezir y mènes eserivir que por parte de la Mag^ de la Serenissima Rcyna se huviessc 
bien gnardado la amistad y confederacion que con la Mag"" del Rey mi sefior es 
obligada a lencr? Que supicsse qu'en aviendo heredado quiso(aunque con dano suyo) 
aparlandose de la protection d'un tan gran principe, liazer con los Francescs acuerdos 
nuevos, con total perdimiento de los littdos y esperanças de la cobrança de Cales, y 
olras laies, y assi. Iras ello, luego aparlar su génie y reyno de la religion calbolica, 
pcrmitiendoles robar a los vassalos de la Mag"" del Rey nuestro senor, tan publicamenie 
rocogicndo en sus reynos tan gran cantidad de los suditos de dicho senor rcbeldcs 
suyos, apostatas y ladrones, dandoles armas, navios, artilleria, marineros, municiones, 
y (lexandolos publicarncnte vendcr los robos y traer prisioneros en lierra de dicha 
senora Reyna a los suditos de Su Mag**, y aiin con los navios de la mesma Serenissima 
Rcyna tomar en cl Canal publicamcnte nuestras hurcas sin otra notificacion? Eslo digo 
a Vuestras Scnorias para que con algo mas empacho bagan ordenar estas cedulas, sin 
catT en dezir cosas tan claramenlc faisas; y aun no irato de la fealdad con que a mi se 
me rompio la palabra rcal, y su passaporte en el dinero que yva a Flandres. Bendito 
Dios que no dexo que le cogiessen lodo, por que el que nos fue tomado en aquella 
conjuniura, fue causa de muelio daîlo, no sicndo miiy facil la via de traer talcs sumas 
de dineros de Espana; y assi dcxando aparté de tralar de In vanidad de semcjaiiles 
cuenlos, y respondicndo al parlieular mio, yo crcbi cicrio que, aviendo Vuestras Seîio- 
rias dicbo yo de palabra que aquillo que dezian era faiso, cessarian de publiear sus 
dcsvcrguenças, auuque yo fuesse fucra de la Vsia, pues con aquella rcspuesta les 
qucdaria como a cavalleros satisliecbo. Ni yo hc procurado cl arrcslo gênerai, ni, si lo 
Tome VI. 43 



338 RELATIONS POLITIQUES 

procurara, es de alcnder el parecer de Vue>tras Senorias a aprovarlo por bien heclio, 
pues basla en ello la provacion de la Mag"* del Rey mi senor, la quai no csia por hazcr, 
y el senor Duque de Alva es principe que hare sus cosas con tanto miramicnto y jus- 
ticia que dara a todo el mundo basianles satisf;icioncs en esse eabo, el quai, si liis 
intenciones de Vnestras Senorias no fucran danadas, era bien facil de remediar, 
quando el Dotor Assonvile fue a essa Ysia, y assimesmo a la vcnida del M;irques Chapin 
Viteli, y como se restiluyera fielmenle d'ambas partes, no avia mas de que era esso 
aver fastidio : lodo lo quai ha sido por Vnestras Senorias con diverses modos y 
artificios estorvado ; y assi tanibien no han permitido que yo pudiesse dezir a la Mag** 
de la Reyna la verdad de lo que passava, impidiendo algunos de Vuestras SeBorias 
con parliculares rezelos de sus dignidades y cargos (segun se piensa) el bien, la paz 
y la rcslitucion rcciproea. No se que despues que yo llegue a essa Ysla, aya ydo al Rey 
mi senor olro hombre despacbado por la Mag* dessa Serenissima Reyna, sino es 
Henrrique Cobam, cl quai con mis cartas eneaminadas en lo que con la Mag"* del Rey 
mi senor trato, no le hablo palabra de mi salida dessa tierra, o que el tuviesse corri- 
mienlo de dezir una nineria como essa, o que sea falso que tal cargo llevasse, 
mayormenle que séria mal tomado a Vuestras Senorias que para taies embaxadas le 
quissiessen favoreccr de cartas mias, fingiendo que era la yda por la sospecha que 
de Thomas Estucley teninn : como quiera que ello fuesse, vueslro embaxador no ha 
tratado con Su Mag'' desse punlo, y assi queda bien necia vuestra imaginacion que yo 
estorvasse la venida de otro embaxador, desscandola yo en todo estremo, pues clara- 
menle conocia que, segun los eaminos que Vuestras Senorias llevan, para aora ningtui 
embaxador de la Mag*" del Rey mi senor podria cstar hay, que acepto les fuesse, sin ser 
traydor a su senor; y si los eml)axadores Guzman de Silva y Obispo del Aguila, mis 
predecessores, anduvieron dissimulando en parte las maldades que ya se parecian, fiic 
conforme al tiempo, no aviendo aun la malignidad llegado al eolmo, como aora en los 
progresses de Vuestras Sefiorias parece. Hay alguno de Vuestras Senorias quiça, que 
anlcs que yo alcançasse lil)ertad de salir de casa, al tiempo que se tralava de alargaria 
y transferirme a In casa de Vinchestre, me haya embiado algun gentil hombre italiaiio 
con carta fîrmada de su mano, la quai firma yo conozeo bien, guiandolo los eavalleros 
que tenian cargo de mi guarda, para assegurarsse qu'en ningun tiempo yo buviesse de 
quexarnie del, ni dezir a la Serenissima Reyna cosa que le pudiesse hazer perder su 
eredito, con otros conjuros aun mas fuertes : vivo cierlamente es el cavallero que podra 
dezirlo, y, aun esta persona no acabo de assegurarsse que esto me emblava a de^ir 
con estas prevencioncs, que jamas le vino a euenta que la Reyna Serenissima pudiesse 
saber de mi lo que passava, y en los Irabajos que los de su Consejo la ponian, que 
ciertamenle sus ministres han sido taies qu'en quanto a ellos loca, na han faltado 
en cosa alguna para hazerle perder el rcino. Vcanse las opresiones en que traen a 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



los calliolicos ? La dura maiio eon ([lie tralan a los nohlos? La poca cuenla f|iu; 
llevan ilel pueblo? Lo que se arrogan del inando y rentas realcs, y las enemistadcs 
(pic univcTsalincnte procuran a su sefiorn, con mcnos preciar al Summo-Pontificc de Iîi 
Iglesia Calholica, a la Mag** dcl Eniperador y Allcza dcl Screnissimo Arcliidu(pie 
Carlos, cou dar laiitas vczcs tau podcrosos socorros a los Hugonotcs conira la Mag^ dcl 
Hey Cliristianissimo, con lener caliva y oprimida a la Screnissima Reyna de Escocia, 
iiialtralandi)la en su pcrsona, casa, rcyno y fau)a, robaudo a Porluiïliescs, Venccianos, 
(icnovcscs y todas olias iiacioues, sino a los suditos del Hey nueslro sefior, en lo quai 
se procède ya sin aigtni cinpacho? Diraninc por ventura Vucstras Scftorias que hasia 
;u|ui poco dafto se les ha recrccido de scriiejantes insultos, y yo lo digo assi, porquc 
eonozcan {|uc me conformo con el |»arccer de sus prudencias ; pero que puede algun 
(lia seguirseles nuiclio, y que la corlesia lia de agradecer la Mag^ de la Serenissima 
Keyna a otras personas que le dessean todo bien, no obsiante que deslas nialas resolu- 
ciones que de su Consejo sailen, que es de créer no son enteramente de su voluntad, le 
puede vein'r algun hora dano irréparable. 

De la bula, si Vuesiras Sonorias tienen buenas espias, podran haver enlendido que 
por insiancia, ni con sabiduria de alguno de los ministros de la Mag^ del Rey nii 
sefior no lue impctrada, ni a essa Ysia embiada, y avicndoie imprimido dos vczes y der- 
ramada por muL-lias parles de Europa, y ante vuestro embaxador afixada en Paris por 
las cncrucijadas, y por sus criados con las dagas desapegada, no es maravilla que un 
Ingles la publieasse en Londres, ni parece que fue sin niucha consideracion cntr'ellos 
avida, celebrandoNicolao Sandero,Ingles,varon dactissimo, en su libro impresso, cl ado 
que aquel liizo en Londres en la pidjlicaeion, y aun la eonstancia que mostro en el mar- 
lirio que Vucstras Sefiorias le hizieron dar. Sea ello como quiera, yo no tuve con 
aquel linmbre conocimicnto alguno, ni tcngo que ver que un Ingles publique seme- 
jantes cosas o lo dexe de hazer. iMcnos m'empacho que los cavalleros del Norle tonicu 
las armas o las dexen, pues a cllos toca essa deliberacion, y yo con ningiino dcllos 
lengo conocimienlo, y uno de los principales que, despues que estoy fuera desta Ysla, hc 
visto, me lia dielio que [lor no aver de consentir a un placarle de la Serenissima Reyna 
eu que les niandava jniassen ser ella cabcça de la Yglesia, con otras detesiaciones dcl 
Summo-Ponlifice Calholico, fueron forçados de averse de apartar de su servicio, contra- 
pesandoles mas el de Dios, y que lodavia fue ello sin querer dar batalla al exercito renl, 
ni danarle sus tierras. Acuerdome en Colbrue, quando cl Marques de Cetona estava alli, 
aver visto la copia de diclio placarle, y es de créer que, si eslos cavalleros tomarnii 
eonsejo de olros de fuera, no se levanlaran en tal sazon y con tan pequenos apercibe- 
mienlos; y assi es la ymaginacion de Vuesiras Sefiorins en esta pnric o vann o fingida 
para colorar en algo la resolueion que la inquietud de sus conciencias les ba becho hazer 
en la salida mia, aplicandome tambien algo de los negocios del Duque de tVorfolc, en 



340 RELATIONS POLITIQUES 

los quales, quanto a la pretcnsion dcl casamiento, siempre enlendi que Viieslras Scnorias 
o gran parte dcllos cran los anlnres que en cllo avian puesto al dicho Duquc, y ellos 
mesmos, con su acoslumbrada inslahilidad, los que despucs le han Iraydo a los tcrminos 
que han querido. No cono7.co a esc scfior ni poeo, ni muclio, porque el fue Inego derc- 
nido, despues que yo salli de la casa de Pagel, y assi nunea le lie visto : por ser quiin 
es y deudo de la Mag^ de la Reyna, me pesa de sus trabajos, y dcl y de lantos nirns 
buenos que Vueslras Senorias les quieran hazcr a lodos dcslealcs y iraydore», ynCa- 
mando su mesma nacion por sus pariiculares interesses: sea como cllo fuere, no es 
cosa que penda de mi, ni se guiara a parcccr mio, passara dcssa manera. 

Qucda solo respomleros a Ja falsodad (|ue dezis, de que los Ingicses fuesscn en (ierras 
dcl Rcy mi senor mallralados, por razon dcl arresto, siendo lo contrario verdad, pues 
los qu'en los estados del Pais-Baxo fueron dctcnidos, siendo dexados a su juramenio, 
sin guardarles, se bolvieron a Londres, eosa de que liasla en cl medio de las guerras 
abicrias se suele Uevar gran cucnta, y casiigarles liaziendolcs bolvcr adonde cstavan 
pressos, y la Mag'' dcl Rcy mi scnor hizo dar limosna a los Ingleses en Espana muy 
largamente, y dineros a los que por mi suplicacion han mandado rclaxar, bastanies 
para la costa que podrian hazer hasta sus casas; y lo que passo con nuesiros Espanoles 
en el Hueslc, no lo podrian Vueslras Senorias ignorar, pues yo se los hiceeniender, que 
lestuvoel Viçalmirante Cliambcrlnon o el Mayrc qualro dias sin corner y bevcr en utia 
eslufa, y milagrosamcnîe de alli escapados en Briduel, y por hospilales y aun por los 
caminos muricron muchos dellos miscrablemente. La mayor muesira de humanidad 
que Vueslras Senorias hazian con ellos, era mandar que un cicrto apostata licrego que 
hablava espanol, fnessc a offrecerles que, si bolvian a su secla, se les daria de comcr 
abundantementc, de lo quai muchas vezcs yo enibie a Vueslras Senorias a qucxarm'-. 
Todo esio es claro.y manifiesto, y no lo es assi lo que Vueslras Senorias dizen de las 
invasiones que en esse reyno se havian de hazer, qu'es, como lo que se ymaginaron 
de Thomas Eslucley, faiso y fingido, para quietar vuesiro pueblo que de vnestros 
consejos anda mal salisfccho ; y vueslras concicncias, como lie dicho, tambien os afligcr> 
y moleslan, de manera que a Vueslras Senorias mesmas les parcce qu'el casiigo se 1rs 
larda, y licnen poeo rcmedio de sosscgarse, teniendo cl enemigo deniro de su mesmo 
enlendimienlo, que es olra cosa que el dezir de los meneos mios, palabra mas de 
farsistas que de Conscjcros d'una lan gran reyna : ella conoccra algun dia a Vueslras 
Senorias, pero quiça, quando querra darles el devido castigo, no podra, segun se arman 
ya, para que su reyno sea de tanla confusion, que ni ella, ni sus successorcs puedan 
hazcrlo. 

{Archives de Simuucas, Estado, Leg. 824, fol. 117. — Pul)lic par Don Thomas 
Gonzalez, Mémoires de CAcadémie d'hisloiie de Madrid, t. VII, p, 4S'J.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



7,i{ 



MMCCCLVIL 

M. de Sweveghem au duc d'AWe (Partie en chiffre). 

(LONDRKS, 13 MARS 1S72.) 

Il lui envoie la proclamation de la reine contre les pirates. — Plaintes de la reine au sujet des lettres 
adressées par la reine d'Kcosse au duc d'AHie. — Il convient de se méfier des espions anglais. 

En alicndani la dépcsche, laquelle Voslre Excellence promect par ses leilrcs du vj', 
receues le x" de ce mois, je lui envoyé la proclame de la Royne contre les pyrates, men- 
tionnée en ma précédente du viij", en laquelle ehiel à considérer qu'elle samble estre 
faicle d'une Irès-pourveue discrétion |)our évilcr les désordres à venir, au cas que aulcun 
pirate arrive à leurs ports, et non pour eeulx qui y ont esté tantost ung an entier cl y 
sont en partie encoires, en tant que par la responce de Mess" du Conseil de la Royne, 
laquelle luy envoyay joinctement mes ictires du xxvij' de febvrier, ils n'endurent de 
donner aiisdicts pyrates, nos rebelles, le nom condigne à leur profession cl euvrcs,*^mai« 
les baptisent soldats au Prince d'Orenges, faisans la guerre à Vostre Excellence, com- 
bien que par le proclame (là où se parle nomméemenl du S' Lumez, qu'ils appellent 
Conic de la Vlarclie) samble aullremenl. La saison d'esté prochaine les faiel si 
courtois. 

La Royne exhiba le cincquiesme de ce mois au sieur de Crocq, François, luy don- 
nant audience, certaines lettres en chiffre qu'elle disoit estre de la Royne d'Escosse 
pour Voslre Excellence. 

Ledit sieur de Crocq, après l'audience, despècha vers le Roy, son maistre, et ne 
bougera d'icy a\ani avoir responce, qui est signe que son allée en Escossc estoit 
palliée. 

J'ay faict advenir à Milort Bourghiey de l'ordonnance de Vostre Excellence au capi- 
taine de Dunkcrekc de délivrer les deux jeusnes gens y détenus. 

Le bon Dieu vcullc guider le tout à sa gloire et nostre salut, et donner à Voslre 
Excellence l'cffect de ses meilleurs désirs ! 

De Londres, le xiij" jour de mars 1571. 

Posldttla. Monseigneur, comme j'avoy esté adveriy de fort bon lieu que Voslre Excel- 
lence niiroil fi se garder des espics anglois fugitifs d'icy et que j'ai faiel instance pour 
sçavoir leur nom, estât, disposition, poil, eaige, etc , l'on m'a faict dire que je ne m'en 
voulusse plus enquérir davanlaige, y adjoustanl toutesfois en termes généraulx que il y 
a qui cerchent moien de ravoir leurs biens et pays par toutes voyes qu'ils peuvent 



342 RELATIONS POLITIQUES 

imaginer : ce qui m'a bien samblé mériter ccsie postscritte, considéré l'inclination natu- 
relle de ceste nation h trahison et desloyauté'. 

{Archives du Royaume à Bruxelles, Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 136.) 



MMCCCLVIIL 

Thomas Fiesco à don Gtiérau d'Espès. 

(Londres, iii mahs 1o72.) 
Vente des marchandises séquestrées. 

Ho riceputo avantheri la lettcra de V. S. de 6, et raolta salisfacione con essa di sentirla 
in riposo costi,et la ringracio infinitamente (ehc attretanto ne die fare il Signor Sveve- 
ghcm) del desiderio reciproco chc ha verso di noi, dove habhiamo speralo et speriamo 
che il mezzo suo ci debba giovare assai, et se non tiene che alla risposta d'Espagna, corne 
vogliamo credere, prego Dio chc la sia presta, cl taie quale conviene al servicio di Sua 
Maesta et consolacione de tutti noi. Mio cugino servira V. S. in tutio cio che sera ser- 
vita di comandarle, et io prego lei che lo faccia, perche lui et io lo rieevercmo a favore. 
La vendra si segnila tultavia, et non haveremo che dolerci del agravio fattoci nella 
prima, per chc hora lo recompensarano col tenere ogni cosa in pretii aitissimi, accio 
che li propietari venuli de costi non vi met ton bocca. Io tratto deili denari délia nation 
nostra et cerco di finire al men maie : nel rcsto supplira il Signor de Sveveghero, et 
io basero le mani de V. S. molle lllustrissima, prcgando Nostro-Signor ehe le concéda 
quanto desidera. 

De Londres, a 1 3 de março 1 S72. 

{Archives de Simancas, Estado, Leg. 826, fol. 30.) 

' Les espions anglais étaient fort nombreux aux Pays-Bas : on en arrêta un à Anvers, au mois 
d'avril 1872, sur lequel on saisit des papiers importants. 

Walsingham, reproduisant le rapport d'un de ces espions, prévenait lord Burleigh, le 21 mars 1872, 
que le duc d'Albe négociait un traité avec le roi de Danemark et préparait une invasion en Angle- 
terre ou en Ecosse. 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEKRE. 



MMCCCLIX. 

Nouvelles des Pays-Bas. 

(48 BABS <572 ) 

-Vne grande fêle a été donnée par le duc d'Ârschol. Il y a eu tournoi et saut de barrière*. 
Un Espagnol a été charge de s'informer pourquoi se tenait cette assemblée. 

(Archives d'Hatfield.) 



MMCCCLX. 

John Lee à tord Burleigh (Partie en chiffre). 

(Anvers, 48 mars 4572.) 
Rapports d'espions. — Moyens employés pour ouvrir les lettres. 

Plessc the Yower Honnour to be advertysctl iFial M' Egrcmondc Ralclyffe shajil 
bee very shortely sente from hence by the appoyntement of the Duke of Alva wythe 
lelters of grette ympoitance (as they say) to the King of Spain ; and the Earl of West- 
morclaiid was ernestely pcrswaded wythe, by a messenger to hym sente of pourpose 
from thcSpaynyshe Ymbassydor, lo bave tacken uppon hym the carryage of those Icttcrs; 
but he refused the same, forwhal cause (as yet) 1 knowe not. M' Ratclyffc sygnyfyed lo 
Butler my man, who hatiie for the mosie parte (by my appoyntement) attended of hym 
ever senes my lasle eommynge over, for yt ys not knowcn hère, that lie dyd at any 
lyme attende of me, that he wolde oppen hys letters by the way, and that hc woldr 
(Jyscloso the secrettes iherof, truslynge therby to purchayse graco of the Queen : whelher 
he wyll holde hys dclermynatyon heryn or no, I knowe not, but I assiier Yower Hon- 
nour he departed from hence holly bcnlc so to do. 

Furlher mny yt plesse Yower Ilonnour lo undersiande that Markenfelde is sente 
fromme the Pope to ihe King of Spain; and yt ys thowghl that the King of Spain wyll 
lande eertayne men yn Yerlande, and aulso that ihc Pope wyll sende prescntcly xii 
thowsande crownes lo bo ym|)!oyed yn Scotiand, and how that... ys gone to conferro 
wythe lord Seaton, the Regcnt ofSeotland, Earl .Morton, lo see yf he can procuré them 
to joyne wythe the Scotch Queen's parly to the behoufic of the Scotch Queen. 



344 RELATIONS POLITIQUES 

Tlio Papish in thc Low-Countrics arrc yn siimme good hope ilial summc attcmpte 
wjll he sliorlly tacken yn liande agaynste ihe Queen, for that yt ys gevcn Ihem to under- 
stande that the Frenche Kynge manncthe owite (wenty sliyppes of warre foriewyllie, 
and how tliat llie Duke of Alva hayllie sente ynio Jerniany (as tioylhc ys) lo layke uppe 
certayne bandes, bothe of foiittcmcn and horsmen '. Fuither they affyrmc ihat ther 
was lyke to bave byn a tnutteny, the xxvii"" of the laste monnetbe, wlien yt was tho- 
wyglit that thc Duke of Norfolk sholdc hâve passed, so that tlicy be fully perswaded 
that the Queen dares procède no furthcr theryn, and aulso affyrmynge that the Duke 
of Norfolk haythe secret frcndes, an(l ihose of llie bestc, and suycbe as may doo very 
muyche wythe the Queen, and how that the Erlle of Oxforde (who haythe byn a 
moste humbell sulter for liyni) haythe conceved summe grelte dysplessuer agaynste 

' Jusque dans les prisons ilc Londres on interrogeait avec soin tous ceux qui pouvaient savoir 
quelque chose des relations du duc d'Albe avec les réfugies anglais, témoin cette lettre adressée à 
lord Burleigh : 

Ryght honerabell and my singular good Lord, I ara to crave pardon for my bold wryltyng unto 
Your Honer, nolwilhestanding llie mattcr may be of som iniportans, and tbarfor my bound duty ys 
to opcn my undcrstandyng Iharyn and that ys Ihis. Yt halhe plcscd Yoiir Honer with others of my 
Lordes of the Quenes Hynes Counsell to comyt unto my kepyng ii Scottishemen, the one a wcll eldre 
man and the other a very young fello. I havc taken occiisyon lo talke with the elder man; and Ihe rathcr 
becawse I dyd parscve hym by lus lalke to be a Protystanto, I fell ynto more famyllyaryty with bym» 
and thcn he saytbe unto me : « And yf you wyl be secret unto me, ( wyl! open unto you that, the 
» whyche yf yt shold be known, yt wold cost me my lyfTe. » I bcyng glad to hyer so moche, I preyed 
hym lo say on, for ho shold spcke unto a wall. Saythc he : « Beffore that I came ynto Flandcrs last, 
« thc Lord Selon and Léonard Dakers the rcbcll warre apone goyng out of Flanders ynto Scottland 
» apone som myschefus porpose, and, as thc warc thys mynded, Ihe hard of thc deparlure of the 
» Spaynyshe Ymbastir out of England. the stayd thcr poiirpose of goyng ynto Scolland and lyngcri'd 

• the comyng of the Spaynyard and, apon his aryvall, ail syche rebells of England as werc yn Flan- 
» ders. wythe thcs Scottishc Lord wen» lo Alvps Court, as he termes yt, and over a ffewe days of 
consultlasyon the sent ynto Spayn, the send lo Ihe Byshope of Rome Sir John Nevell and Doctor 

• Sanders, and by apoyntment ihis Lorde Selon to go ynto Scotland, and wythe al! convenycnl spcde 
« to rctorn of answcr ont of Spayn and Ittally, and as forward wythe ther lewyd praetys, what yt 
» ys he knoythe not, but sonithyng lowardes thare ys Ihe lest Dakers at tharre commyng out of 

• Flanders very seke, yf lie had byn yn liellhe, I dolhe veryly thynke that hc had byn yn Scotland 
» or now. « More over he saytbe that tliis last Ymbestor of Spayn was the onlye or a grct part of 
the Irobell of Ihis realmc, for he was a docr for Spajn, Flanders, Scolland and allso wythe the Scotes 
for Ihe Dowger Queno of Scoles and syche others of Ihe Quens ennymis as well wythe yn the reaime 
as wythe Ihout, and he saythc forihcr that the Quenes enyniys of Ihis renlme dothe nol geve ther 
yntellygence ynto Flanders no way so moche as Ihrogb Scollande and so ynto Flandcrs, the whyche 
hc saythc ware meny tymes to be prevented or taken. This man ys a Scote, and what crcdyte his 
wardes be of, l rest to fiod and lo Your Honers jugement. {Record office, Cal., n' 207.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



345 



Yower Honneur for ihe same, wheruppon he haylhe (as they say hcre) pulte away 
fromme liym llie Countes hys wyffc. Wliat oihcr vayne imagynatyons ihe hâve con- 
cevcd of the Queen goynge to sec llic Erllc of Sussex, and what wordes were spoken 
unlo liym by ihe Qucen, I spare lo wrylle, nolliynge mysdowlhynge bui thaï the 
Queen restethe yn a greller securyte (wyche I pray God longe lo contynue) ihen they 
imagyne for. 

Thus havynge no furlher lo enlarge lo Yower lionnour, I moste humbelye levé yow 
to the luytyon of the Aulmygthy, whonune I bescyche longe to préserve yow yn 
helthe, wythe daylly yncresse of honnour. 

From Anwarpe, the win"" of mayrche Î571. 

{Record office, Dom. pap., Add., p. 386 ) 



MMCCCLXr 
Avis des Pays-Bas. 

(Anvers. 19 mars 1673.; 
Armements à Amsterdam contre les corsaires. — Le duc d'Albe exige le dixième denier. 

Their is no providing of ships of warre, saving at Amsterdatn, which they will sel 
out agaynst the fribiilors. 

The Duke of Alva will hâve the x'"" penny and the 30"" of ail goods laden out of the 
eontry, which the comnions in no case will consent unto. 

(British Muséum, Titus, B. VI.) 



MMCCCLXII. 

Dettes de la reine d'Angleterre à Anvers. 

(90 MARS 4573.) 

Note signée par Thomas Gresham, qui fixe le montant de ces dettes à 122,697 florins. 

{Archives d'Ualfield. — Publié par Murdin, p. 241.) 
Tome VL 44 



546 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCCLXIII. 
y^vis des Pays-Bas. 

(Vers le 20 hars 1572.) 

Vive opposition à la levée du dixième denier. — On dit que le duc d'Arschot refuse de recevoir 
les garnisons envoyées par le due d'Albe. 

They write from Flaunders that tlie noblemen ihere weare assemblée! togelher to 
consiilt uppon the tenth taxed uppon them by ihc Duke of Alva, who, being advertised 
ihereof, sent unto them two spanish gentlemen to tell them he was verie glad of iheir 
assemblie and that he hoped the considoration of iheir dutie towards their prince 
would take siich place with them as they woiild agrée and conclude to pay the sayd 
tax and by their good example move the people to consent therur. o the more wil- 
lingly. They answered that they hâve such dutie unto ther prince as was fut, as should 
well be proved by exposing to danger both thcir livcs and goods for hym, yff occasion 
so required; but concerning the tax, they did see il to be such extrême tyrannie ibat 
they flatly denyed to consent to the payment therof : adding further that they would 
sent to the King to knowe wheiher it weare his will that they should so doe, for thaï 
they judgcd that this crucltie should proceade only from ihe Duke himself. This ans- 
weare, being told unto the said Duke, did setl him in so greate a coller that he sware 
that they should not only pay the lenth, but the first and third, and their blood and 
lives also, yf he woulde '. 

By letters of the lO"" from Paris, they write that the Duke of Ascotl hath refused 
to rcceave ccrtayn garissons, which the Duke of Alva sent him. They write also tha 
there is certayne artillerie carried from the Arsenall into Picardie. 

(Archives d'Hatfield. — Publié par Murdin, p. 2H.) 

* En ce moment même, les évéqurs d'Yprcs, de Gand et de Bruges exposaient à Philippe II que la 
levée du dixième denier ne pouvait se concilier ni avec la justice, ni avec les véritables intérêts de 
l'État. Cet impôt devait entraîner la ruine du commerce et la misère du pays. La conscience du prince 
ne pouvait point lui permettre l'exécution d'une mesure aussi inique et aussi funeste. (Lettre du 
U mars 1572, Dot. ined., t. XXXV, p. 887.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



547 



MMCCCLXIV. 
M. de Sweveghem à M. de CourtewiUe. 

(UNDRED, 31 MARS iSTi.) 

Conclusion d'une ligue entre la France et l'Angleterre. — On craint que les pirates de la Rochelle 
n'attaquent la flotte qui doit se rendre d'Kspagne en Zélande. 

Mons"' cl Comendador, Chiligre lin iniydo nucvas de la liga defîensiva de Francia 
y Inglaterra, aceordada y concluyda, con cartas parliculares de la Reyna-Madre muy 
favorables y ofîiciosas a los Condes de Lesesler y Milord Burloy. 

El Duqiic de Memoransi havia de venir lucgo en passando Pasqua alla, y el Condc 
de Lesesler passar a Francia, para las conlirmar y jurar rcciprocamentc. 

Dizese que la retirada de los piratas a la Rochela es para juntnrse con los baxeles 
que alli se arman para danar y tomar a la buelta de Espana la gran flota que partio d<: 
Zelanda en el mes de dezienibre passade. Yo os ruego que aviseis dello a Su Excel- 
lencia. 

{Archives de Simancas, Eslado, Leg. 825, fol. 35.) 



MMCCCLXV. 



John Lee à lord Burleigh. 



(Anvers, '■a warj 1572.) 



Projet forme par Prcstall d'aller brûler la flotte anglaise à Rochester. 



May yl pleayse Yower Honoiir to undcrstande that Presthaull departed towardes 
Hollande, ihe xvii'" of marche, beyngc veary well apoynicd bothe of armes and of mony, 
nnd at bis departurc lie rcqucsied me to conccave no ungentylnes yn liym for ihat he 
dyd not sygnyfy imto me wellier he wcnte, saynge : « I mustc scayke my prefermenl by 
» what menés I besie maye scinge, I ame forccd therunto. » He toyke hausses of wylde 
fyer wythe hym and iherof grei store. Afier bys departurc, I was constrayned, for (bat 



348 RELATIONS POLITIQUES 

I knewe not how lo sende unto Yower Honoiir, to breayke wylhe M' Governor, reqiies- 
tynge liym to fynde sume meanes lo conveny a leiier unlo yow, and I sygnyfyed unio 
hym ihat, yf yt sholde pleayse tlie Quenes Hyghnes to bestowe a thowsande crowens 
one whome I aine acquaynted wythe yn ihe Courlo, I wolde assuer Yower Honour to 
advertyse yow of aull thynges dyreetely that hère were practysed frome tyme to lyme. 
I truste Yower Honour havc receaved my othcr ietlers bcfore thys tyme, wheryn I hâve 
wrylten at large. Prestaull saylhe he wyll doo more wythe fyve hondered men yn the 
Ternes mouthe ihen the Duke shayll doo wylhe xl thowsande yn ane olhcr place, 
and hys intente ys to corne to Rochester forihe wythe, and the practyse that ys delermy- 
ned agaynsle Yower Honour, ys to bee performed by some that hâve byn hys servantes 
Iieretofore resydent yn Eaynglande. Yt was praclysed before now by towe FIcmynges 
or Walhowendes I knowe not whelher. Ther meanynge ys, aficr the shyppes be des- 
iroyed, to brynge forty thowsande men ynio Scotland and so lo ynvade Eyngland. 

Thus Icvynge ail to Yower Honours wysdome, requoslynge Yower Honour to hâve 
a good regarde lo my securyte, I ceasse lo trobbell Your Honour any furlher. 

Wrytten yn haste frome Anwarpe the wni"" of marche. 

[Record office. Cal., n* 690.) 



MMCCCLXVL 

j4vis d'Angleterre. 

(24 MARS i572.) 

Armements en Angleterre. — Lord Selon, déguisé en marchand, a débarqué dans un port d'Angle- 
terre. — Lettre de Catherine de Mcdicis au comte de Leicester. — On attend en Angleterre M. de 
Montmorency qui sera charge de conclure la ligue. — Affaire des marchands génois. — Indispo- 
sition d'Elisabeth. — Nouveaux détails sur les armements. 

Alii xvij srissi a Voslra Eccellenza quanto mi ochoreva che mi sara caro di inlendere 
siacapitata salva, ora my ochore dirli che, quanto a Tarmata siva aprestanda, che per 
tuto il prosimo mese d'aprilo sarano preste x navi rcgali e per non dare a conoscerc 
ch'e li voliano metere soldati sopra, il primo giorno di magio si fara qua in Londra 
una mostra in fogia di passatempo, digia é stato a|)ontato 5 capitani che arano d'avere 
caricha di mili fanti per omo in questa mostra. lo sono di opinione ch'el li abiano 
di subito a inbarchare per Schocia ossi per qualcho ailro efeto sechreto, il che se si 
potra intendere ne avertiro subito Vostra Eccellenza. 



DES PAYS-BAS ET DE LANGLETERRE. 



349 



Gia sono piu di xx giorni chc ncl porto di Norvicio ne levande d'il nono capilo pcr 
foriima uno picholo navilio nel qiiale li cra IVlilordo Suiono, schoccso, con vi aliri in 
compagnia (|uali si (inscro di eserc mcrciianii slali robati sopra al marc c doman- 
dando pcr l'amorcdi Dio sine sono passât! in Schocia et diciiano si porlano lO" dueados 
(!0n essi loro, cliosa ch'c molle spiazula a questi signori inglesi. 

Dcssi a Voslra Eccellenza comc la Hcgina-.Madrc avcva schrilo qiia al S" Conio di 
Lcsscsirc iina lilcra tula amorevola, pregandolo a passare in Franza, se Sua M. Scr"" 
ara a mandarc aicliuno dipoi clie Monsu di Mtmoransy sara slati qua, clie si apreslava 
per vcnirc a concludere la icgha, nondimeno si polo anchora saperc corne il Re di 
Franza ara preso in bona parle chc csscndo vciiuto qua monsu Duchlo per passarsi in 
Schozia, avcndo prima ch'el vcnise avuto licenzia di visiiare la Regina di Schocia et al 
su passarsi per metere d'acordi essi Scliocessi, e dipoi rivenuto, non li ano voisulo ne 
lassare parlare con essa Regina, ne manche passare in Schocia, pero è bissogno slare 
a vedere comc qucsto negozio passara, chc non saria gran cossa se de una et altra 
parte ccrcassino di ingannarsi: di brève si potra luclio farne gindizio, e quando venglia 
qua Mcmoransy, forso fara como fczi Monsu di Fois, che mise in Iravalio quesli poveri 
signori. Iddio Nostro-Signore lasa scguirc quanto fia per il melio. 

Quanto al acordo di li danari di Gcnovesi, io dubito che si fara molto maie, vedendo 
che questi S" a no pocha vollonta di achordare, pero anche di qucsto di brève, se ne 
vedra la fine. 

Sua M. Ser"' c stata tnta la sctimana passata molta maie disposta di alehuni acidenti, 
che piu volte s'e vcnuta a mcno ; pure adora è assai mellio. 

Vostra Eccellenza inlendera per giornata Io che seguira, e volendomi comandarc 
alchuna cossa, V. E. Io potra fare soto le litcrc di Monsu di Sevingemo con fare la 
sopraschrita solo como questa mia sara sottoschrila cio è M. S., ne altro. Per ora faiio 
fine, bassandoli le onnorate mano e pregando Nostro-Signore Iddio la salva e guarda 
da maie. 

Di Londra, a li xxiiij di marzo MDLXXIJ. 

Dipoi fermata si è deto che S. M. Ser"* ha havuto uno allro parocismo questa note 
passata : nondimeno oggi che siamo a li xxv dito s'intende ch'el la sta bene et a data 
audienzia al inbassadore di Franza. Dimano s'intendre alchuna cossa, e Vostra Eccel- 
lenza Io sapera con primo comodo. 

Si armara tute le nave regale e si fara ancora gente nel paese. Io intendo che per 
(uto il prossimo sara presto IO*" fanti : non se sa ancora a che efeto abiano di servirr, 
ma spcro con prime altrc saperlo dire a Voslra Eccellenza. 



{Archives de Simancas, Estado, Leg. 825, fol. 3C.) 



330 RKLATIONS POLITIQUES 

MMCCCLXVII. 
ytf. de Stveveghem au duc d'Albe (En chiffre). 

(Londres, 25 mars 1S71) 

I,ord Selon, après avoir relâché dans un port d'Angleterre, est arrivé en Ecosse. — Maladie de la 
reine d'Angleterre. — Armements. — Lumcy croise devant Douvres: il préparc, dit-on, une expé- 
dition contre la Briele. — Le bâtard de Brederode et d'autres rebelles se sont montrés à la Bourse 
de Londres. — Plainte remise à lord Burleigli contre les pirates. 

Ccsle Court a esté en grand trouble ol longue délibération du Conseil pour l'arrive- 
uienl de Milorl Sullon, Escossois, reboullé par lempeste à Norwich, aïant de là, comme 
marcbanl fortuné par la mer et aux lieux dangereulx, demandant l'ausmone, avecq 
aullres ses compaignons aussi accouslrés en marchants, passé jusques en Escosse, là 
où depuis sa venue y a plusieurs rencontres entre les calbolicques encouragés par l'ar- 
gent lequel se dit par luy avoir esté apporté de delà et leurs contraires. 

Le vendredy decestc semayne passée, une (iebvre, procédant de la véhémence d'une 
douleur eolicque, altéra tant la Royne qu'elle fut transie et quasi habandonnée pour 
morte plusieurs heures. Sabmedy, en la nuict, luy retourna le mal ; mais depuis elle 
en est tellement refaicte qu'elle a promis audience à l'Ambassadeur de France : de qiioy 
cliacun n'a pas esté à son ayse. 

L'on faict en ceste ville trois mille gens de pied, soubs unibre de quelques passelemps 
d'armes à faire le premier jour de may, et l'on arme deux batteaulx. 

Le S' de Lumez avecq six vliebools est retourné à ceste coste, voltigeant continuel- 
lement enlour Douvres et les dunes. Il esquippe deux beues et ung grand batteau fort 
à voile et bien cogneu, appelle La Gallée, et public entre les siens qu'il attend compai- 
gnyes pour parensemblc faire l'enlreprinse de la Briellc au pays de Voorn. 

Le vicc-admiral bastard de Brédérode et aucuns capitaines nos rebelles, avecq plu- 
sieurs leurs complices, ont par aucuns jours paré la Bourse de ceste ville. Voilà le 
premier fruict des édicts nouveaulx contre telle canaille '. 

• En ce moment, le prince d'Orange poursuivait son active correspondance avec Wesembeke. Nous 
citerons sa lettre du 26 mars 1872 : 

Depuis votre dernier partcnient de ce lieu, j'ay receu votre lettre du xxvj' jour du mois passe cl 
vcu les particularités que me mandés par icelle. J'ay aussy receu les deux harqucbouzes et flesques 
que m'avez envoyé pour monstre, que je treuvc assez bien, mais d'aultant que je n'ay présentement 



ïm: 



351 



J'ay faii't préseiMer à Milord Boiirglcy, le xx* de ce mois, la rcqueslc joincic à cesic, 
fondée sur le rapport l't information prinse de la bouche de Martin il'Agdirc et son 
pylole, non pour en espérer remède, ny attendre responce, ains seullement affin qn'il 



et ne sçay le moicn de les povoir payer, vous pourrez dire au tnalslrc qu'il en [fasse] son prouffit où 
il pourra. 

Alendroict le faiet des passeports, je suis bien marri d'enlendrc fcomtnc Ton me mande) que tant à 
Coloingnc que aultrc part vous auriez cscripl cl semé le bruycl d'avoir charge de moy pour en distri- 
buer, car vous sçavcz les diflicullés que je vous ay faict lorsque me l'avez propose, et que je ne 
dësiroy aulcunemcnt que telle chose fust publiée; mais je peiisois, eomme me disiez, que plusieurs 
s'estoycnt de leur gré adressés à vous, ou se pourroyent cy-après cncoircs addresser pour avoir de 
moy passeport, en donnant quelque gracieuse recognoissanee, sans qu'il fust bcsoing que l'on les adresse 
il vous. Par quoy pourrez distribuer les six passeports que je vous ay icy bailles aveeq celluy que je 
vous envoyé cy-joinct pour Balthazar Van (ioch. Et (|uaiit au passeport qu'ung certain facteur du duc 
de llolstcyn demande pour la provision du Duc, vous luy pouvez dire que, m'apportant icy quelque 
enseignement que c'est pour le dit Duc, je luy baillerai Ircs-voluntiers ung passeport tel qu'il demande. 

Quant aux lettres de recommandations que domundez pour Gbcidnrpius, puisque je ne sçay que 
c'est ce qu'il escript présentement pour nieclre en lumière, j'ay différé de les faire expédier. Et sur 
ce prieray Dieu vous donner en santé heureuse et longue vie. 

De Dillenbcrch, ce vj" jour de mars 1872. 

Quant aux barquebouzes et (lesqucs que m'avez envoyé, je les rctiendray icy. Par quoy les pourrez 
payer des deniers que aurez receu des passeports ou reeepvrez encoires. 

Depuis ce que dessus, j'ay receu votre lettre du 3' de ce mois, et, suivant le contenu en icclle, aussi 
ce que m'cscript le duc Albert-Krédérich de Preussen, je vous envoyé le passeport qu'il demande 
pour deux bourgeois de sa ville de KiJnifçsbcrg, et ne vculx point que vous demandez aulcune chose 
pour le dit passeport. Et par responce au demeurant de votre dite lettre, je me rapporte au contenu 
<le ccsic. 

Quinze jours plus lard, le Taciturne écrivait de nouveau à Wcsembeke: 

J'ay hier par l'honime de Mons' de la llorst en un mesme pacquet receu deux de vos Ictlres, la 
première du x' et l'aultre du xiij" de ce mois, cl en avois auparavanl receu aullres aussi vostrcs par 
la voye de Couloigne. El, pour vous y respondre, je ne puis délaisser de vous dire combien je suis 
marri de voir que ce faict des passeports est tant divulgué selon les advertcnccs que de divers lieux 
l'on m'en faict journellement. Par quoy, afin que la chose ne passe plus avant pour plusieurs cl diverses 
raisons, je désire, sur loul le service que me voulez faire, que vous désislet du faict des passeports, 
sans plus vous y cntremeelre, et me ferez chose agréable. 

Quant aux quatre passeports que le S' de la Horst demande, je les ay faict despcscher en trois 
langues, et les luy envoyé par son homme, aveeq une mienne lettre à luy, par laquelle je luy escrips 
i|ue je ne demande riens de luy pour iceulx passeports, par quoy vous n'accepterez point les cent 
florins, ny aultre argent qu'il vouldruit vous donner pour moy. 

J'ay veu ce qu'on vous a cscripl d'Emdcn que les Contes et aussy ceulx du magistrat de la ville 
désirent votre allée illecques pour les causes que me dictes ; et me semble, puisque c'est à leurs des- 
pens qu'ils vous mandent, en cas que vos affaires particulières le permettent, vous ferez bien de vous 



3S2 RELATIONS POLITIQUES 

sçache que l'on cognoisl leurs iramcs. Toutesfois en feray faire quelque poursuylti-, 
quand j'entendray que l'on rentrera aux négoces délaissés pour la dite maladie de la 
Royne. 

De quoy m'a samblé dcbvoir advenir Vostre Excellence. 

De Londres, le xxv* de mars 1571, devant Pasqiies. 

(Archives du Royaume à Bruxelles, Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 139.) 



MMCCCLXVlli. 

Antonio de Guaras au duc d'Albe. 

(Londres, â6 mars {^li.) 

Communication relative au désir de la reine d'Angleterre de traiter avec le roi d'Espagne. — 
Entretien avec lord Buricigh qui a tenu le même langage. 

Con la que con esta sera, ombio una caria para Su Mag"* que es como traslado desta 
para informar a Su Mag^ de lo que se ofTresce, para que Vuestra Excellencia la mande 
encaminar si a Vuestra Excellencia parescera que convienc a su servicio ; y es en sub- 
stancia que una lereera persona me ha venido a hablar, de dos meses a esta parte mu- 
chas vezes, diziendoine que séria servicio de Dios y bien de los Eslados de Su Mag* y 
(lestes que se tomasse algun acuerdo sobre las présentes différencias, y que ténia por 
cierto que, porque no havia personas que se pusiessen en hazer buen officio sobre ello, 
que eslavan las cosas en esta discordia, affîrmandome que esta Reyna y su Consejo 
sabia que estavan de buena voluntad para todo buen acuerdo; y yo, lodandole su buen 
parescer, le dezia que estimava que Su Mag^ estava de tan buena voluntad, y en este 
liempo me dezia siempre que, si por mi parle yo bazia entender a Su Mag^ y a Vuestra 
Excellencia este buen proposiio de la Reyna y Consejo, que cl por su parte lanibien 
informaria a Miiord Burley dello del buen ofiicio que csperava que yo liaria sobre ello, 
siempre diziendole que yo no daria aviso sobre ello sin que me eonslasse alguna certi- 

y achcmyner. De moy, je ne sçay présentement chose que je pourrois tous encharger en ce quartier-là. 
Par quoy pour fin de ceste je prieray Dieu vous avoir tousjours en sa sainte garde. 
Escript à Dillenbcrch, ce xx« jour de mars 1872. 

[Britiih Mmmtn, Galba, C. IV, n» 105.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



3îf3 



nidacl de questo négocie qua fundailo; y a la fin me dizc que havia iiiforniado al dictio 
Milord lUirley sobre ello y, salisfazieiidole quir yo haria buen oflicio sobre ello, concerto 
con ol diclio Builcy que cl me enibiarin a liamar, como lo hizo ayer, y, despues de mu- 
chas parlieulaiidndes, juslilii-aiido à la lleyna y Conscjo en lodo lo que havia sucedido 
en el ticnipo deslas dissensiones, y respondiendole contiariaiido a ello porque todo lo 
tomava a buena parle, me dcelaro sin iiingnna dissifiiulaeioti y muy desnudamente que 
de muy buena voiuntad la Ueyiia y su (lonscjo ijsiavan aparejados para lodo buen 
acuerdo; y es cosa eierta porcpie lo conosci assi del, y, si basta agora liavian beclio 
olîertas dissiniuladas otras vczes, de présente no las liazen sino de muy buena voiun- 
tad al panscer y con desseo de (|uielud y reposo; y sicnipre me hablo de la real per- 
sona de Su Mag"* con loda reverencia, dcelaraiidome (|iie hasta agora havian tcnido 
gran sospecha de que Viiestra Excellencia les huviesse sido como enemigo derlarado, 
pero que despues havjan tenido informacion que lodo el mal no venia de mano de 
Vucsira ExcellciK'ia, sino de algunos de niieslra Corle, y nombro al Duquc de Feria, que 
Dios Iciiga, dizicndo que cra buen atnigo en lo cxlerior, y que en los ncgocios d'Eslado 
les lue muy enemigo, y diziendole que en nueslra Corte y ay y en este reyno lodos 
miravan a «I en el sueesso deslos ncgocios, que tanta mas obligaeion ténia de eneami- 
narlos a bien pues lo podia hazer, me rcspondio aHirmando que sino Cuera por el que 
los nego(îios no liuvieran passado con esta suspension sino con <ieelarado rompimienlo, 
y que las lierras de Flandes lo huvieran bien sentido por obra; y, como el no se descon- 
lenlava de oyrme, le dixe mi simple parescer sobre ello y el gran bien que era la con- 
servacion de la paz con la Casa de Borgona, y que el no ignorava que lenian que bazer 
con tan poderoso principe, que no solamenle era sefior de grandes reynos y renias, 
pero que era seiior de los dineros de muchos por su gran eredilo, y que todos los 
Principes tenian en gran consideracion los prosperos sucessos de Su Mag^, y que la 
eonfiança, que hazian de Franeia y de alguna parle de Escocia, que lodo el mundo 
ténia nolicia o sospecha que no séria firme : dixome entre otras parlicularidades que, 
si estes ncgocios viniessen en rompiniiento, que la Heyna de Inglaleria mostraria fuer- 
eas que por ventura muchos ignoravan, pero que me assegurase desto que la Reyna 
y los de su Conscjo lienen este buen proposilo de quielud, y que, haziendolo assi enien- 
der a Su Magestad y a Vuestra Excellencia, que no se hallara que yo me huviesse 
movido ligeramente, sino con este f'undamenlo de la palabra que el me dava ; y todo 
esto y oiras eosas al respecto Irato comigo, dando mueslras de ha/.erlo con mucho amor 
y muy buena voiuntad, dizicndo que esperava haria buen oflicio sobre ello ; y esto 
passo en su aposento, maiidando que ninguno nos oyesse, y, eslando en esie, vino el 
Rmbaxador de Franeia, y me dixo : « Yo osembiar( a dczir con la dieha tereera persona 
• quando me vcndreys a lial)lar. » Dixele si escriviria anies de hablarme olra vez; res- 
pondionie : « Bien podeis escrivir; » y cslo es quasi palabra por palabra lo que con el 
Tome VI. 45 



354 RELATIONS POLITIQUES 

dicho Milord Burle he passado, y sobre plalicas me dixo que assi, como sobre esta platica 
podria succéder quietud, que por qiialquicr acrescimienlo entendian de poncise en de- 
lensa y offensa. Tanbien me dixo muchas particularidades sobre que estava la Reyna muy 
ofTendida de que Su Magestad huviesse pueslo en tan gran estado al Estucley, como 
dezia, y que tenian informacion que le havian assignado cada dia muchos escudos para 
sus costas y armadole eavallcro, diziendo cosas en su prejuizio, y, diziendome que otro 
dia me liablaria mas despacio, me despedi dei. Si lo hizierc y lo que passare con cl, 
avisare a Vuestra Excellencia. Mi simple parescer sobre ello es que asseguradamente 
dessean la paz y mostrava quedar con congoja hasia que Su Magestad y Vuestra Excel- 
lencia recibiessen este aviso, con esperança de luego eiilender algiina rcspuesta, y para 
contentarlos o enganarlos séria necessario que fiiesse en brève, por que los tiempos 
passades es de créer que no la desseavan, ni la pcdian, persuadidos de mejor amistad 
con Franceses y Escoceses, y que el de Orange y sus amigos pudicran baver hecho 
mucbo ', y que lo de Granada no llevara orden de allanarse; y, como despues tienen 
recelo de los animos de sus vassallos por el Duque de Norfoich preso y sus companc- 
ros, se ve claramente que esian eon este parescer de paz y con mucho temor de guerra. 
Y esta tercera pcrsona conosci luego que me era embiada del dicho milord Hurley, 
espeeialmenlc despues de la gloriosa Victoria contra el Turco y las muchas que se espe- 
ran con la ayuda de Dios; y lo que mas se les pone delante es el silencio de Su Ma- 
gestad sobre tanlas oecasiones, y en fin todo se junta para lo que me ha declarado el 
dicho Burley, sea cosa cierta y no dissimulacion; y la conclusion desle négocie es qu'esta 
de présente en mano de Su Magestad el tomar con ellos acuerdo, sino conviniere al 
servicio de Dios y de Su Magestad lo contrario, y de présente para primero de mayo 
hazen muestra gênerai en todo el reyno, y arman diez naos de la Reyna. N.-S. In guie 
a su servicio. 

De Londres, a 26 de março 1572. 

Dixome mas el dicho Burley que por las cartas que havian tomado a un Seton, conde 
escoces, que passo a Escocia, havian entcndido las inteligencias que lenia con Vuestra 
Excellencia. 

{Archives de Simancas, Eslado, Leg. 825, fol. 40.) 

' Louis de Nassau avait pris le commandement supérieur de la flotte des pirates hollandais. Dans 
un sauf-conduit délivré le 28 mars 1572 à un marchand de Nantes, il s'adresse à tous les capitaines de 
l'armée navale de son très honoré frère cl seigneur le prince d'Orange, dont il représente la personne 
en ladite armée et partout ailleurs. {Arch. Aat. à Paris, fomlt de Simancai, K liiH, n" 1(54.) 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



3»5 



MMCCCLXIX. 

Avis des Pays-Bas. 

(Hambourg, 27 mars lS7i) 
Plainte des Marclmiids Aventuriers. 

fîod sent us quielnes in tlie Low-Coiitiics or ells ttiat je Company repaired lo 
Emden, for ofoiii' doléances hère exliihiled eiglileen inonetlis since, we iiave as yeat nu 
full aunswer but dolliances with fair words and coiintenances. Nevertheles we hâve 
gevcn ye attcnipt over since before Chrislmas to use rommon prayer witbin the 
Englislie housc upon sundays and hollydays, wliereof the Lords and prechcrs be noi 
ignorant, as we understand : yeat lind thcy no fuult, at the least they say notliing agaynst 
it that we can perceive. And, concerning ccrien other griefs, I ihink the Lords would 
something modérât tliings, if it were not for the ei;;ht nien who in siich matters as con- 
cern the revenues and benefils growing by the iraflik iiave the order of ye collection 
and tak accompts of ail who be not our frends, notwithstanding the Lords hâve pro- 
mised we shall shortly iiave good aimswer to ail owr doleaunces. 

{British Muséum, Titus, B. VI.) 



MMCCCLXX. 
Le dtic d'Alhe à M. de Sweveghem. 

(Bruxem.es, m mars 1o7S.) 

Nëgociations commerciales. — Réponse aux allégations du Conseil d'Angleterre, notamment en ce 
qui touche la prétention du prince d'Orange d'avoir le droit de faire la guerre comme prince 
souverain. 



Nous avons receu vos lettres du xvj", xix' et xxvij" de febvrier et du viij' et xiiij* de 
ce mois, et entendu vostre besoigné vers la Royne d'Angleterre et ceulx de son Conseil, 
suyvant la charge que vous avions auparavant donnée par les nostres. Par où et par la 
copie de l'escript par vous exhibé et la responce de delà sur icelluy, accompaignée 



3o6 RELATIONS POLITIQLES 

<l'ung aulire billet, avons vou cl entendu pariiculièrement ce que en estoil rtsullé el ce 
que depuis esloit eiisuivy, (ani de la vente des biens des subgects de pardeçii, que de la 
publication faite contre les pirates el aullrcs choses. El aianl fait le tout coiiiniuiiiquer 
au Conseil el premièrement délibéré s'il conviendroit, aux lermes que Ton est, insister 
par delà que la restitution se face, a semblé que ouy entièrement, tant pour ensuyvir 
ce que Sa Majesté a commandé dès le commencement, que aussi pour l'indempnilé des 
subjecls et principallemenl pour l'auciorilé de Sa Majesté et n'habandoimer une cause 
si juste el raisonnable que cela. El puisque par la vente que s'est faiciedes deux costels, 

• ne se peiilt la dite restiluiion l'aire en nalure et espèce de denrées, reste de la laire par le 
pris que les choses ont esté vendues, pour compenser de eosiel et d'aulire ce que por- 
tera la vente, à l'advenani et concurrence de la moindre somme, en restituant le sur- 
plus, affin d'en taire la répartition entre les intéressés el endommaigés à leur moindre 
(lommaige et préjudice, si faire se peull. 

Débatant le fait de vosire retour ou ultérieure demeure par delà, se sont offertes 
diverses considérations; car, si bien d'img costel vostre commission (qui estoil d'ache- 
ver le contract selon le pourject eonclud par les escripts des pariies) est finie, et comme 
vous n'avez encoires responee de la Roync si elle entend doresenavant faire cesser tous 
les arrests et cbasiier les pirates (combien que sur ce dernier poinei elle a fait quelque 
édict contre eulx), il semble qu'il n'y a pour quoy vous y debviez démorer, voyant que 
vous n'y povez faire service qui vaille, sinon rece\oir desréputation et désaucloriser 
tant plus Sa Majesté. 

D'aultre part, révocquant à mémoire les considérations qui nous aviont meu de vous 
laisser là, depuis la détermination prinse en An;j:leterrc de faire la vente des biens el 
marchandises, lesquelles Sa Majesté ireuvoit bonnes par ses lettres dernières, il a icy 
semblé que vous debvez encoires parler à la Royne et luy dire que, depuis qu'elle a 
voulu choisir ce chemin de vendre les biens des subjecls de pardeçà pour de l'argent, 
en procédant satisfaire les marchans et subjecls d'Angleterre intéressés, sans se vouloir 
contenter des seuretés du payement que on luy avoii offert, sur quoy elle avoii tous- 
jours entretenu la négociation (car aultrement on luy eusl bien donné aultre Cfn lente- 
ment ou caution), il ne reste aulire chose sinon que l'on voye les inventaires .le costé 
et d'aultre, el qu'on sçache les biens que les subjecls de chascun prince avoienl soubs 
arresl et de faire compte, deffaleation cl déduction de chacune part, de ce que il seroil 
trouver rester d'ung costel et d'aultre, aflin aussy de rendre à chacun le sien ou le pris 
de la vente, comme la raison et justice veult, et parainsy tneiire une fois fin à ceste 
difficulté, demandant à la Royne (|u'ellc veulle députer commissaires de sa part pour 

entrer en compte el parfaire ce que dessus. Et ainsi en userez. 

Luy direz aussi que, comme vous nous aviez fait entendre ce que vous luy aviez dit 

de bouche et faict donner par escript, touchant l'ultérieure communication par voye 



DES PAYS-BAS HT DE L'ANGLETEKKE. 



3;i7 



d'ambassailoiirs et cornmissiiires pour accommoder tous les différeiis', donl j'ay advcriy 
Sa Majesté, n'aiant double que Sadicte Miijesté, pour l'affeclion fraternelle qu'elle a 
porté et pdiK: à liidiie dame Royiie, ne condescende à ce que dessus, il nous semble 
<|iif, pour ne reni|icsclier, ny divertir de ce bon vouloir, il seroil nécessaire tolalleineni 
t|ue, de coslé et daullre, ecste résolution fût faicie préaliablement, et que fût donné 
ordre (|ue ne puissent venir nouvelles altérations ou nieseontenicmeni, fût par i ca- 
veaux arrests ou soustènemeut de ces larrons, et que les (jrdonnances déjà pubijees 
fussent elfecluées bien sévèrement; et que, si cela n'est faict préallablemeni, il n"y a 
(|ue envoyer ambassadeur pour estre présent à veoir ces ifidi>;nités, cl moins commis- 
saires pour appoincler les diflërens, veii que l'on en (croit journellcnient des nou- 
veaux ; mais, se on veult pourvcoir à cela, vous vous asseunz que le demeinant ne 
pourra faillir de s'accorder, et que, en cas qu'elle y veuille entendre, vous avez ebarge 
de nous (suivant ce que elle a esté contenie que vous demeurissicz là) de y demeurer 
jusques à aullre ordonnance du Koy. Aultremcnl elle peult veoir et cognoisire fort bien 
que non-sculleinent vostre demeure ne pourroit de riens servir, ny faire quelques bons 
ofïiees, mais plus tost que ce seroit à desrépuiaiion et aigreur plus grande que par- 
avant; ei |)artiinl la supplierez et insisterez de vouloir dire absolument son intention 
sur les poiucts susdiets. [tour selon ce vous régler, suivant le eoniniandement qu'avez 
de nous. Et, en cas qu'elle vous donne contentement sur ces poincts, vous y demeurerez 
jusques à aultrc ordonnance de Sa Majesté; ou, sinon, vous prendrez eongié. Auquel 
cas direz en somme ce qu'est reprins icy-dcssus : assavoir que vosirc demeure est 
inntille, puisqu'elle ne veult pas remédier en chose si juste que vous la requérez et 
que nuls princes voisins n'estans en guerre ne pitivent refuser l'ung à l'autre, et qu'il 
convient que de tout vous nous veniez faire rapport : sans délaisser d'adjouster que à la 
vérité elle debvioit eousidércr (|uel tort elle faict iiu Iloy et à ses bons subjeels de sous- 
tenir en son royaulme tels rebelles, bannis et proscrits, pour les souffrir faire hostilités 
et invasions et en mer et en terre sur les pays de Sa Majesté, leur donnant confort, 
ayde, vivies, munitions et toutes choses contre les traietés non-seullement d'entrccours, 
mais aussi de paix, et queilcdoibt penser (jue, si on sotiffroit faire le mesme de ce eosiel 
ou du costel d'Espaigne allcncontre des Anglois, ([uelle patience elle pourroit avoir, 
sans y oublier aussi le faict des navieres dernièrement arresiées, selon que sera cy- 
après plus amplement touché. 

Nous avons aussi fait mettre en considération s'il convient réplicqucr à la responce 
pardelà donnée pur escript. Et en fin, elle s'est trouvée tant impertinente et si plaine 
de vanité et de propos non véritables, quelle ne mérite ultérieure réplieque, d'aullant 
mesuKS que par parolles ou escript l'on proUHite peu avceq culx. Toutesfois, poiu- ce 
qu'ils se veulent pardelà excuser de pouvoir soustenir les rebelles fugitifs et pirates en 
leur royaulme, à prétext que aulcuns Anglois fugitifs sont reccus et soufferts vivre en ce 



358 KELATIOiNS POLITIQUES 

pays, vous pourrez dire par occasion à la Royne et à ceulx de son Conseil que le faict 
de l'ung et l'autre est bien différent. Car nous recevons icy pauvres expatriés et bannis 
la [lus part pour la religion, pour la(]uellc quelques-ungs voluntaircmenl sont sortis et 
liabandonné leurs biens pour vivre en repos de leurs consciences on la foy et religion 
catliolicque, en laquelle aucuns ont esté baptises, nourris et eslevés, et tous ont eu leurs 
prédécesseurs de la mesme religion. Par quoy, estant Sa Majesté Roy Catholicque et 
protecteur de ladite religion, il ne vouidroil, ny poulroit (saulve sa conscience et pour 
son debvoir) les déchasser, sinon les laisser vivre paisiblement entre ses subjects de 
mesme religion. Et, s'il en y a quelques-ungs pour tumultes, les ungs et les aullres s'ab- 
ticnnent de faire hostilités ou mouvoir armes contre elle on .ses subjects, et ne seroient 
soufferts, ni icy, ni en Espaigne. Par où chacun voit avecq quelle justice et fondement 
elle peult souffrir lesdicts rebelles faire guerre, hostilités, vollcries, larrechins, pilleries 
et robberies si publicques par mer et par terre, comme ils sont sousienus et réceptés 
en Angleterre, chose qui ne se peidi faire sans offencer l'amitié et participer aux crimes 
et robberies de tels meschans garnemens. Où au contraire, le faict de Sa Majesté en 
recevant povres calamilieux et alligcs innocentement, sans endommaiger aultruy, doibt 
estre entendu pour œuvre de charité et de prince chreslien. Si elle dit ne le voulloir 
loUérer, ny souffrir, fault réplicquer que l'effect doibt ensuivir, estant à elle d'y pour- 
veoir et cbasiier les chiefs, capitaines et gardiens des ports, communicans et parlicipans 
avecq les larrons. 

Direz davantaige que vous trouvez encoires aullant plus estrange qu'on ose dire ung 
Prince d'Orenges (duquel ces larrons et pyraies s'advouenl) estre prince d'Empire ou 
souverain, veu que chacun sçaii, et elle ne peult ignorer, qu'il est subject, vassal et 
ayant demeuré et résidé dès sa première enfance es pays de Sa .Majesté, par luy béné- 
licié et cslevé, n'ayans riens ou peu de chose hors de ce qu'il a es pays de Sa Majesté 
et de la libéralité d'icelle et de ses prédécesseurs, chose qui est si notoire qu'on s'es- 
bahyl qu'on ose dire au contraire, avecq ce qu'elle peult avoir veu, par les lettres de 
l'Empereur à elle, si Sa Majesté Impériale l'advoue pour prince souverain, et s'il trouve 
bon le faict dudict d'Orenges, et ce qu'il en eseript à elle. Sur quoy vous luy pourrez 
dire que vous tenez qu'elle aura respondu à Sadicte Majesté Impériale. 

N'oublirez d'adjouster que Sa Majesté, sur ce qu'elle entendit, par Robert Cobban 
allant en Espaigne, qu'elle se plaignoit que Stucley cstoit soustenu audict Espaigne et 
qu'il armoil (combien qu'il n'y avoit aucune apparence de ce), elle commandit incon- 
tinent que on y regardast, et ne le souffrit en manière que fût, comme elle sçail qu'il a 
esté effectué. 

Et oultre ce que quelques ministres et officiers siens, plus anchiens, sçavent que l'on 
n'avoit vollu recevoir es ports de pardeçà les Eseossois qui se y estoienl réfugiés 
durant la guerre qu'ils avoient contre Angleterre, et que à ceste occasion on dcclaira 



DES PAYS-BAS ET DE LANGLETEKRE 

la gueirc contre culx, combien touicsfois qu'ils fussent à ung prince el roy sou- 
verain. 

Quant aux arrosts (ju'ils prétendent avoir esté faicts en Espaigne, vous trouverez 
cy-joint ce que Sa Majesté a escript pardeçà, el le direz ainsi à In Royne, et mesmes 
comment cestc marchandise et biens arrestés en Espaigne sont denrées prohibées et 
n'appertiennent à Angiois, ains à siibjccts du Roy : partant ne touche à ladicte Royne. 

A cause de quoy persisterez formellement pour la délivrance et relaxation de cculx 
qui sont prins en Angleterre par contre-arresl ou représailles, et ferez venir à propos de 
dire cela, pour rcspondrc à ce qu'ils vous ont objecté pardelà, que nous n'avons com- 
mandé, ny souffert esire faicl auicuns arrcsts depuis les premiers, mesmes que, toutes 
les fois que quelque telle samblable chose est venue à nostre cognoissance, avons com- 
mandé la relaxer. Et si de faict il en y a encoircs aucuns retenus (ce que on ne pense), 
c'est pour n'eslre venus à nostre cognoissance ou que l'on n'en a donné plaincle. Et en 
accordant de donner la main-levée par ladicte dame Royne, le ferons encoires faire 
incontineni, non-scullcmcnl de ce costel, mais aussi procurerons vers Sa Majesté qu'il 
se face du costel d'Espaigne, comme nous avons toujours fait. Sur quoy il convient 
sçavoir aussi bien clairement l'intention de ladicte Royne. 

(Archives du Royaume à Bruxelles, Corresp. de M. de Sweveghem, foi. H3.) 



M.MCCCLXXI. 

M. de Sweveghem au duc d'Albe (En chiffre). 

( Londres, 31 mars 1871) 

Actes de piraterie. — Navires saisis par le seigneur de Lumcy. — LeUre du roi de Danemark 
à la reine d'Angleterre. — Navires équipés à Bordeaux. 



Suyvant la requeste mentionnée en mes dcroières du xxv" de ce mois sur l'instante 
sollicitacion à ceste Court pour avoir la raison des maronniers, batteau et marchandises 
espaignolles par vraye force surprinses en la mer d'Espaigne et amenés à Dublin en 
Irlande, n'ay sceu obtenir aullrc responce, sinon que l'on escripveroit au Viceroy 
d'Irlande pour sçavoir comment le tout s'est passé, au cas que je le voulois envoyer 
et solliciter l'affaire au nom des intéressés, sans vouloir disposer cependant, ny rcspondre 
à la délivrance des maronniers, qui est une aultre preuve trop manifeste de leur maul- 



360 RELATIONS POLITIQUES 

vaise intention, veu que suis bien informé que de long temps ils ont eu les informations 
prinses en Irlande sur ce faict, et que, ayants la dite requesie donnée à rapporter à 
Maistre Marssehe, gouverneur des Marciians Aventuriers, il auroit esté d'opinion que 
o'estoit maulvaise prinse et acte de pure hostilité la vouloir retenir, selon que se sçail 
par sa bouche. 

Le xxix de ce mois, vint courrier au capitaine de l'isle de Wicht estant icy, pour 
l'advertir que le sieur de Lumez, accompaigné de seize batleaulx, ses complices, y 
avoit amené quatre navières franchoises cl une angloise venans de Portugal et Bour- 
deaulx, respectivement chargées de pastel, cochenille, huilles et espieeries, pour les y 
vendre et se pnurveoir de vivres; mais, comme l'une des navires pnnses est angloise, 
l'on pourroit bion, par ceulx qui furent par l'esquif jectés en terre, commencer 
l'exécution des derniers placcars. 

Le mesme jour arriva ung avec lettres du Roy de Dennemarcq pour la Royne 
d'Angleterre, lequel n'avoil esté que seize jours en mer; il publie que ledit Roy avoit 
esquippé dix-huit batleaulx et gartiy d'ung régiment des piétons, sans sçavoir ou vouloir 
dire en faveur ou diffaveur de cui. 

Il y a icy lettres du xij" de ce mois de Bordeaulx qui dycnt que l'on y a arreslé 
pour le service du Roy de France xij navières vasques, lesquelles s'esquippoieni par 
les propriétaires pour faire le voyaige de Terre-Neufve à l'accousiumé. 

Ce que m'a semblé ne devoir celer à V. E. et supplier au Créateur la maintenir en 
longue sanlé et prospérité. 

De Londres, le dernier de mars 1371 devant Pasques. 

{Archives du Royaume à Bruxelles, Corresp. de M. de Sueveghem, fol. 148.) 



MMCCCLXXU. 
M. de Sweveghem à M. de Courtewille. 

(Londres, 'M mars t572.) 
Armements. — Entretien avec l'ambassadeur du roi de Prancc. 

L'on procède ici lentement à l'esquippaige des dix navières mentiormées en mes 
dernières du So" de ce mois; mais les trois mille piétons s'arment en furie. 

L'Ambassadeur de France avec le sieur de Croc dirent hier au sieur Fieseo ei à 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 

iDoy que c'cstoit pour envoicr en Escosse, se rnillans de quatre mil Espaignols que 
Son Excellence dcbvoit envoier en Escosse, de qnoi la royne s'estoit plaineJe k eiilx; 
el disoit le sieur de Crncq que seiiilement pour reste nouvelle elle lui auroit ordonné 
ne se bouger d'ici, ni poursuivre son voiaige de Escosse : ce qire me samhloit une 
couleur bien fade pour colorer sa demeure. Touteffois je n'en feis aultre samblant; 
mais, rabiitanl tel propos par nulcunes raisons apparentes, je réplicquai que l'on avoil 
plus juste occasion de s'enquestcr pourquoi l'on armoit el garnissoit d'artillerie aux 
armes de France a Brest el à La Roclwlle trente l)alieaulx,à quoi ils ne sonnarent mot; 
mais l'Ambassadeur, œilladant le sieur de Croeq, cbangea propos, le tout par forme 
de plaisanterie et raillerie hinc inde, comme dessus plusieurs fois, néantmoins affirmant 
que il n'entendoit de France que nouvelles de loiilc bonne amitié avec le Roi noslre 
maistre, et le servis de mesme '. 

Ce qu'estant occasion de la présente, la finiray de mes recommandations les plus 
affectueuses, etc. 

De Londres, le dernier de mars 1î>71 devant Pasqucs. 

{Archives du Roijaume à Bruxelles, Nèg. d'Angleterre. Lettres diverses, fol. \\0.) 



MMCCCLXXIII. 



Mémoire adressé par M. de Sweveghem à la reine d'Anglelerre. 



(Fm DK MARS 1S72.) 



Plainte au sujet de la saisie d'un navire de Bilban. 



(i4rc/iires du Royaume à Uruxelles, Correup. de M. de Sweveghem, fol H1.) 



• Jeanne d'Albrct était arrivée le 3 mars 1872 à BloU où elle venait conclure le mariage de son fils 
avec Marguerite de Valois. En ce moment Louis de Nassau se trouvait également ii Blois où il négociait 
à la fois avec Calliorine de Mcdicis, Coligny et les ambassadeurs anglais. « Le comte Louis, écrivait 
» Killjgrcw, est le pensionnaire avoué du roi de France, et on l'a en grande estime, l'amiral le consi- 
>' dcrant comme l'homme de guerre le plus capable de ce temps. C'est avec l'assentiment de l'amiral 
• qu'on lève des hommes el que l'on équipe des navires pour comballrc Philippe II. • L'ambassadeur 
espagnol faisait en vain entendre les plaintes les plus vives : Charles IX continuait ses préparatifs en 
les desavouant. 



Tome VL 



46 



362 RELATIOÎNS POLITIQUES 

MMCCCLXXIV. 

Le duc d'Alhe à M. de Stceveghem (En chiffre). 

(Bruxelles. 2 avril 1.ïT2.) 



Il lui communique les avis transrais par Guaras. 



Depuis la lettre ci-joinle escrite, uiig nommé Antonio Guaras, résident pardelà, 
nous a escript une lettre dont copie ira ey-joincte, par où il dit, comme vous verrez, le 
propos que luy ha tenu premièrement quelque personne qu'il ne nomme, et depuis 
Milord Burley, du grand désir que par delà l'on auroit de demeurer en paix avecq le 
Roy. A quoy luy avons respondu ce que vous verrez par une aultre copie. Dont lotis 
avons bien voulu advertir à fin que, sçacliant ce que passe, vous ayez plus de lumière 
pour effectuer la charge que vous donnons par la dicte lettre cy-joincte. En quoy faisant 
vous vous appcrchevcrez facillement quel fondement y a en cestc secrète conférence 
avecq ledit Guaras, auquel cependant ne ferez semblant, ny ailleurs et moins vers les 
Anglois, d'en savoir à parler. 

{Archives du Royaume à Bruxellts, Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 150.) 



MMCCCLXXV. 

John Lee à lord Burleigh (Extrait; partie en chiffre). 

(Anvers, 2 avril 1572.) 

Bruits répandus par les Italiens sur la maladie de la reine d'Angleterre. — Les Papistes espèrent que 
la reine d'Ecosse montera sur le trône et que l'cchafaud préparé pour le duc de Norfolk servira 
à ses ennemis. 

Hère haythe byn spredde by the Itallyens a rumour that the Queen sholde bee very 
syke and yn gret danger, wyche causse the Papisls in the Low-Countries to tryumphe 
not a lyttell, and to substitute the Queen ofScots wythe owt coniradyctyon yn the place, 
allegynge further that God haylhe moste myraculusly preserved the Duke of Norfolk 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 



363 



to lliys tyme, wiiomme thcy irusle wyll so reward liym thaï caussed llie scaiïolde lo 
bee fyrste scttc uppe, ifiat lie sliayll play thc fyrste Iragedycaull spectacle tlierof, wythe 
a grette délie of other syche unreverense aiul nialytyus laylke. Furthcr they say tliat 
the xxvi"" of Fcbruaiy laste tlior was a warrante derectcd lo the LeITelcnante for the 
executynge of thc Duke of Norfolk the morro folloynge; but Ihe Queen (as they say), 
afler shc had assyncd ihe warranlc, was so grctiy dys(|ueted yn mynde and coneyens 
that slie coulde not reste bcfore siiyclie tyme as shc had sente commaundement lo 
the LeITetetianle to retorne the warrante bayke agayne. Thys ys reckoned of sunime 
for an myrakell, of oihcrs for an ynchayntcment. I pray God auil may redownde lo 
hys glory and to the preservatyon of the Queen '. 

Other occurrance hcre arrc nonne at thys présente, savynge ihal ihe Duke of Medyna 
ys dayly loked for hère. 

From Anwarpe, ihe seconde of aprili 1572. 

(Record office, Dow. pup., Add., Cal., p. 391.) 



MMCCCLXXVl. 
/ivis des Pays-Bas. 

(Anvers, 3 avril 1S73.) 
Armements en Zélande contre les pirates. 

The Selanders sel oui 5 of 6 boates to the sea at their owcn charg by consent of 
the Duke agaynst the frebuters, and out of Holland ; but ail thies ihal go so lo sea, do 
put in suerlies for iheir behaviour, so that they deall wilh none but rovers. 

(Brit. Mus., Titus, B. VI.) 



' Lord Buricigti poursuivait, avec une implacable rigueur, la perte du duc de Norfolk. Elisabeth hési- 
tait à frapper le membre le plus illustre de la noblesse d'Angleterre, qui lui était uni par les liens du 
sang et dont elle avait éprouvé les loyaux services. Hurleigh, pour triompher de sa résistance, convo- 
qua un parlement, dont le premier acte fui de demander que la sentence prononcée contre le duc de 
Norfolk fût exécutée. 



364 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCCLXXVn. 
Le comte Guillaume de la Marck à la reine d' Angleterre. 

(Vers le â avril 1571) 

Il lui annonce la prise de la Briele et espère son appui. — Ce n'est pas au roi d'Espagne qu'il fait 

la guerre, mais au duc d'Albe. 

Illusliissiina, generosissima, dignissimaque Regiiia, noslra in Regiam Majeslalem 
oflicia in primis erunl promplissima. Regiam Veslrani Majesialcm non lalei quibiis 
injuriis, lyrannide el crudclilate conlra illuslrissimuni gcnerosissimum Prineipcm Lra- 
riiœ, etc., nos el verse Evangclieœ Religionis professores et adliacrenlcs dux Aibanus ab 
eo tempore que in Belgium venil, conlra jus el aeqtiilatem sil usus el quolidie majore 
premitia procedcre cogitai. Quare nos, lum sumina chrislianorum miseria et calamiiate, 
tum patriae amore el debilis ofliciis nioii, divino omine, palriae et principis Lraniae 
nomine, contra supradiclum lioslem arma suscepimus el, tandem série militibus usi, 
urbem Bieillam diclam ccpimus, non ejus opinionis ut ipsani Regiœ Majestali Hispa- 
niaruni vi surripere el conlra Suœ Majeslatis jurisdiclionem retinere velinius, sed ut a 
sœvissinii lyranni ducis Albani crudelitale cl opprcssionibus, quibus ipsam quolidie 
obruit, defendere el divino auxilio liberare cogiiemus et concmur. Eo etiam, de- 
mentissima, dignissimaquc Rcgina, urbium cives et lolins nalionis incolœ in nos sunt 
animo, tamque nobis addicii ut, si quis adliuc parvo militum numéro nobis subsidio 
veniret et nos aliquod urbibus praesidium addere possemus, eliam se ipsos, loiamque 
nationem in manus principis Uraniœ iradeie cupianl. Nec dubiiamus quin el Regia 
Vestra Majeslas, ut Verbi Dei ci verae religionis amica, bas injurias cl calumniaSj 
quibus Princeps Uraniae, nos el nostri aniici a dicto lioste affecli sumus, considera- 
tura sil quain clemenlissimc. Et quoniam Rcgiœ Ilispaniarum Majestali minime resis- 
lere, nec rcbellare, sed salleni tyrannum istum et boslem ducem Albanuni oppu- 
gnare cogitamus, summis a Regia Vestra Majestalc prccibus conlcndimus ul, amola 
omni sinislra suspieione, aliquo favore nos juvare dignetur, cl ut ex Vestrae Regiae 
Majeslatis regno quibusdam profugis ex Belgio bominibus, praelcr comealum, alia- 
que necessaria nobis consniere queanius, clementissime concedere vcllel. Hoc si Regia 
Vestra Majeslas nobis praesliteril, semper Principem Uraniae, nos et verae reb'gionis 
amicos in omnibus habebit obiigatos et obnixc Deum Optimum Maximum oranles 
lit pro divins sua misericordia Regiam Vesiram Majeslalem nobis et universo ebris- 



DES PAYS-BAS KT DE L'ANGLETEKKE. 



361 



tiariorum grcgi servct iiicoluincm. Vcsirse Regiœ Majcstatis responsum avidissime 
expcctahinms. 

{British Muséum, Gulba, C. IV, fol. 3 1 5. — Piihlié dans les Bull, de la 
Commission roijale d'kisloire, 3' série, t. VI, p i2C.) 



M.MCCCLXXVIII. 
Avis des Pays-Bas. 

(Anvers, 4 avril 1S73.) 
Les Gueux se sont emparés du )a Briele. 

The Giiesc linvc taken (lie Brill in Ilolland, whicli is tiie hcsl haven in ihal cosl, and 
is tlier witli 10 ships and about 5000 nien : tliey took in ihe (owen with force, but use 
no force ihai we bere. 

(British Muséum, Titus, B. VI.) 

MMCCCLXXIX. 



Avis des Pays-Bas. 

(Vers le 5 avhil i&Ti.) 
Ëchec des Espagnols qui ont voulu reprendre la Briele. 

Les Espagnols, en nombre de 400 iiommes, ayans projette de donner une camisade à 
la ville du Briell, envoyèrent piemièrcnicnldes espions accoustrés en malielots, lesquels, 
la nuict suy vante, devoyent mettre le feu en la ville, et lediet feu leur servoil pour signal ; 
mais, l'entreprinse estant deseouverte, le Comte de la Marcq, ayant donné ordre aux 
passages pour recevoir les Espagnols, lit Iny-mesine mettre le feu en une grange où il 
y avoit force paille. Suyvani le signal, les Espagnols entrèrent; mais les surprenans 
furent surprins. Plusieurs demeurèrent sur la place, plusieurs furent navrés, aucuns 



366 RELATIOrVS POLITIQUES 

furem faits prisonniers, et d'autres s'enfuyrent, dont depuis on a veu les chariols venir 
en Anvers chargés d'hommes navrés et blessés. Entre les prisonniers se sont trouvés 
six capitaines, lesquels, cstans amenés au Comte de la Marcq, furent inlerrosés de leurs 
noms, race et aulhorité : quelc'un se trouva de la parenté du Duc d'Albe. Estans cnquis 
s'ils avoyent veu le traiclemenl que le Duc d'Alhe avoil fait aux Gueux, à certains capi- 
taines et nonmément aux Comtes d'Egmout et Horne, dirent que ouy. Alors leur dit 
le Comte de la Marcq : « Et bien, comment vous Iraitcray-je maintenant? vous savez 
« le iraiclement qu'on faisoit en France aux FJuguenots? Je ne veux point vous faire 
» pendre, mais je vous veux traiter comme genlilshommes. Je ne veux encore moins 
» ensuyvre l'inhumanité et barbarie de vostre maistre le Duc d'Albe, mais je vous 
» donne le loisir d'examiner vos consciences, confesser vos peschés pour en demander 
» pardon à Dieu, et demain de bon matin, trois d'une part pour le Comte d'Egmonl, et 
» trois autres d'autre part pour le Comte de Horne, vous aurez par compagnie les 
» lestes trencliées pour servir d'exemple à tous autres de vostre qualité qui pourront 
» tomber en mes mains. » Et ainsy a esté fait. 

{Record office, Cal., n* 510.) 



MMCCCLXXX 

/4ntonio de Guaras au duc d'Elbe (Partie en chiffre). 

(LONDHES, 7 AVRIL t572.) 

Maladie de lord Burleigh. — Il paraissait fort disposé à traiter. 

Con Tusan, correo espreso, que embie a Vuestra Excellencia, lie rescevido la que 
Vuestra Excellencia me a mandado escrivir, y llego ayer, primer dia de Pascua, de 
mafiana, que es de ultimo del passado, respuesta de la mia de 26 del; y, en rrescebien- 
dola, conforme a la orden que ténia de Milord Burle de hazerle saber con la tercera 
persona del rrescivo desta rrespuesla, fue luego a la Corte a hazerselo entender, y a 
saver del quando se serviria que yo le fucse a hablar, porque asi quede con el de acuerdo 
que con la diclia persona me lo embiaria a dezir, y, por eslar muy enfermo el dicho 
Burle, no le pudo liablar; y despues de medio dia bolvio alla, e yo tambien fui a la Corte 
por estar presto para bablarle, si tubiese disposicion, y no le pudo hablar esta persona 
por su grande enfermedad; y ayer tarde se dixo por toda la Corte que eslava muy peli- 
groso y que la Rreyna avia yda a vesitarle y que eslava con el con la mayor parte del 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 

Consejo; y lie eiilcndido que ilcspucs la nochc passada ha cslado con poca cspcrança de 
vida, y que de prcsciilc esta en esic cslado peligroso, a que causa no lia avido orden 
de eomunicarle lo que Vuestra Exccllencia manda. Si mcjoiara, lo harc io niejnr que 
yo sabre, y cierto, si este liomhrc miiere, sera muy mal a proposilo para lo que de su 
parte me dcclaro (eomo a Vucslra Exccllencia avise en la dielia mi carta de 26), porque 
asi, como iiasla agora es cierto, como se dizc, que ha scydo mal ynsirumento para hi 
paz y quiclud por sus Unes y rrespcctos nialos al parescer, de présente por buenos 
(scgund en el conosci) esta de la voluntad que he escrito, en la quai consiste la de la 
Rreyna y la del Consejo, porque no se hnze olro cosa, en cosas de Eslado, ni en otra 
ninguiia, sino su parescer y gobicrno. Plcguc a Dios que, si para su sorvicio ha de ser 
su vida, que se la dce, y, si icriia salud, yo avisare a Vuestra Exccllencia de lo que me 
rrespondera a todo el parlicular de lo que Vucslra Exccllencia manda que le diga. 
Nuestro-Senor la lllustrissima y Excellentisinia pcrsona de Vuestra Ëxcellencia con mas 
aumento como Vuestra Exccllencia desca, giiarde. 
De Londres, a 7 de abril de 1572. 

(Arclmes de Simancas, Eslado, Leg. 82S, foi. 47.) 



MMCCCLXXXl. 

Antonio de Giiaras au duc d'Alhe. 

(Londres, 8 avril 1S72.) 

Entretien avec lord Burleigh el la reine d'Angleterre. — On ne peut douter do leurs intentions 

pacifiques. 



Esta ténia escrita para con este correo que despues se a detenido, y lo que se ofresce 
despues dezir, es que, por no pcrder tiempo, hc estado todo oy en Cortc por, si estaria 
Milord Biirle en niejor disposicion,para liablarle; y, aunque por su enfermedad no ncgo- 
ciava con ninguno, en entendiendo que cslava yo en su aposiento, me embio a dezir 
que no me fuesc porque me hablaria; y asi (lo mejor que yo supe) le ynforme de todas 
las pariiculares que Vuestra Ëxcellencia me mandava que le dixiese, y, aunque estava 
bien flaco y al parescer con calentura, hizo demostracion de tomarlo todo a muy buena 
parle y mostrar gran contentamienlo de la buena voluntad de Su Mag*" y de Vuestra 



368 RELATIONS POLITIQUES 

Excellencia aoeica de la concordia y amislad, aiinque me dixo (rcspoiidiei)do a las dichas 
particuiaridades) que desde el principio desta dissension avian tcnido avisos de liempo 
en liempo, por los quales ponian a la Mag"" de la Rreyna y a los de su Consejo en sos- 
pechas de que se procuravan muchas cosas conira ellos, y que especiaimente avian 
lomado rartas de sus rcbeldes que eslan ay y en Espana (eomo ci los nombrava), en 
que esciibian a algunos de aca que Su Mag'' y Vueslra Excellencia sin falta (ratavan 
de conquistarles el rrcyno (eomo el d(zia), y espccialnicnle nombrando que el Marques 
(Ihapin Vilelo avia de desembarcar en este rrcyno con gran campo. E yo deziendolc que 
qualquiera cosa que los dichos escriviesen o o(ras personas, que hera cosa cierla cosa de 
hurla, porque, eomo Vueslra Excellencia dize. Su Mag"* y Vueslra Excellencia nunea 
lubieron voluntad sino de loda quielud y paz, y que dar credilo a sospechas e ynfor- 
maciones, que no se puede lener por cosa cierta, y dcziendo que hera asi, me dixo que 
no hera cosa convenienle parar en disculir las causas de la disension passada, sino 
abraçnr con mucho amor y voluntad lo que combienea la amislad y paz, afiimandome 
una y dos vezes que esta hera la voluntad desta Serenissima Reyna, y que ténia ella a 
Su IVlag'' en lanta rrevorencia que lenia descontenio de lo que se abia ofrecido, pues 
lenia a Su Mag*" por aniiguo y verdadero aliado y hermano mayor; y lo uno y lo olro 
me dixo de lan buena voluntad y amor (al parcscer) que cierto la Mag** de la Reyna y 
el estan desle buen proposito. eomo espero, que en el negociar lo demas de aqui ade- 
lante sobreslo se eonoscera serasi; y, porque mosirava el dicho Milord Burle no tener 
desconlento de oyr mi simple parcscer, le dixe que bien entendia que de la conscrva- 
cion de la ant'gua amistad con Su Mag"* se asegurava esia Serenissima Rreyna de todos 
sus rreveldes (eomo los nombra) qu'eslan fuera desle reyno y de sus familiares ene- 
migos de aqui, de que no estan sin sospecha de muehos, y asimismo de Franceses y 
Eseoeeses con gran desconlo dellos, y de otros que estavan a la mira, desseando mal 
sucesso destos negoeios, lo que, plaziendo a Dios, no veran, y tambien que por nuestra 
parte bien sabiamos que Ynglaterra hera potente para su defensa y que Franceses, Eseo- 
eeses y olros, en caso de rrompimiento, les serian amigos por sus respelos parlieida- 
res y no por amistad, aunque hera cosa cierta que janias Su Mag"", ni Vueslra Excellencia 
pensaron sino en concordia, y el rrospondio que cierto hera natural cosa la amislad y 
aliança entre esta casa y la de Espana y Flandes; y, iralando alguna cosa del parlicular 
de las causas desta dissension y de eomo se podria rremediar, hablamos que, hecha la 
rrestilucion lo mas rrazonabie que sera posible y hcchados desta mar y desle rreyno 
los rrebeldos de Su Mag"*, y lo niismo de Flandes y Espana, los que ellos llaman rrebcl- 
des, o perdimandolos a todos en lodas parles, y abriendo los puerlos y comercio, y 
rresliluyendo todas las cossas al niesmo estado que estavan antes desta dissension, y 
confirmando los entrecursos por Sus Magcstades, que desla manera se podria (omar 
esta tan sanla y buena concordia; e yo dezia alguna parte desto, y el dicho Milord olra 



DES PAYS-BAS ET DE L'AINGLETEKUE. 



3()9 



parte dello, lodo en esta conformidad ; y, infoniiandole de lo que Vueslra Kxcellenoia 
dize sobre (|ue se lotnara la orden que al diclio Milord Buric paresecra, pues conbeiij{a 
a lodos, mostro dello miiclio conlenlamiento, y eomo ngraduscimierito deziendome geiic- 
ralmcnte a esto y a lo deinas que, despues que ubiesen oydo a Mos. de Sveveglieni, 
que le einbiase la lercera persona, con el quai me embiara a dezir quaiido le liiria a 
hablar, y le dixo muy encarescidamenle, conio Vueslra Exceilericia manda, que de la 
rrespuesta que se daria al diclio Sveveghem se veria mucba parle de la oferia de su 
buena voluntad en lo de estos acuerdos : lo que me dira sobre ello o olras cosas, lo 
avisarc a Vueslra Kxcellencia y esio es lo que hc passade en suslaneia con el diclio 
Milor Burle. 

Salido de su aposienio y veniendo en un barco en compnnia de la dielia lercera per- 
sona para mi cassa, vi que la Mag"* de la Rreyna veiiia de hazia la puente a palacio por 
se avcr ydo en su barca a loniar el ayre, por ser el dia bueno, acompanada de Milord 
de Lescslcr y otros tnuchos seîSores, y la seguian con gran numéro de barcos de génie 
del pueblo. Eslubimos a vcria, y, baziendo mi devido acalamiento, como lodos los 
demas, la Mag"* de la Rreyna, como lo acoslumbra, sakulo ai pueblo, y, vieiidome alli 
porque me conoscio o que alguno dixo que liera lai estrangero, en admiracion de 
lodos, siendo ya tan simple, con alla boz, porque mi barco eslava algo lexos por el 
rrespeto devido de no allegarnie a su barca como los demas, dixo en lengua ilaliana, 
moslrandome mucba merced y l'avor y con eara muy alegre, si venia de la Corle y que 
si avia eslado con Milord Burle, e yo, poniendome de rodillas como lo deviu, rrespondi : 
« Si, Senora, a servicio de Vueslra Mag** » ; y, como los barcos yvan y venian, espero 
un poco la barca de Su Mag'', mostrando con alegria que queria dezirime mas, y pro- 
curando que mi barco se llegase basta la barca de la Ilcyna, me lorno a de/.ir : 
«Qiiando estubisles con Milord Burle?» Yo dixe: «Senora, agora vengo deestar con el •; 
y dixo, ccflandome dos o très vezes e mostrando Su Mag'' mucho conlenlamienlo dello : 
« Ello esta nuiy bien • ; y scguie su caminn, deziendome : « A Dios »! con tan buenas 
demostraciones de Icner conlento dello que cierto la gcnie lo noio mucho, e yo mas 
taies fabores e mcrcedes sin jainas aver hecho a Su Mag"* servicio ninguno, y, como se 
puede bien considerar, se vee claramcntc la conformidad que Su Mag* y Milord Burle 
tiencn en la cerlcnidad y desseo del acuerdo; y, al parecer tan cierlamcnte como la 
Mag** del Rrey nuesiro scnor y Vueslra Exccllencia y desle ymproviso se pudo bien 
eonoeer el buen desseo desla Screnissima Reyna, y, porque va muy a menudo Su 
Mag" a vesitar al diclio Milord Burle, es de crccr queconiunicaran sobre eslos negocios; 
y, como yo lie ynformado eonformj a la orden de Vueslra Excellencia al dicho Milord 
Burle de los buenos oficios y medios que Vuestra Excellencia lia procurado para la 
conservacion de la antigua amislad entre Sus Magestades, y que ospecialmente lia 
seydo siempre asi la voluntad del Rey niiestro scilor, sea de espcrar que cada dia mas 
Tome VI. 47 



370 RELATIONS POLITIQUES 

se confirmara entre ellos este biien pioposilo que, plegiie a Dios, asi sea hasla que se 
vea cl fruto tan desseado y tan neces^>al■io de una firme y buena concordia. 

{Archives de Simancas, Esludo, Leg. 823, fol. 47 ) 



MMCCCLXXXII. 

M. de Sweveghem an duc d'Alhe (Partie en chiffre). 

(Londres, il avril 1572.) 

Longue audience donnée par la reine d'Angleterre. — Elle se montre hostile aux pirates qui se sont 
emparés de la Briele, mais se plaint beaucoup du langage de Guaras. — M. de Sweveghem consi- 
dère la conduite de Guaras comme imprudente; la tierce personne qu'il emploie, n'a aucun crédit. 
— Le comte de Leiccster est dévoué aux Français. — Le Parlement est convoqué. Selon les uns, 
Elisabeth y annoncera son mariage avec le comte de Lcicesicr; selon d'autres, elle déclarera qu'elle 
a choisi pour héritier le roi d'Ecosse. 

Voslre Excellence aura entendu, par mes lettres du viij* de ce mois au Commandeur 
de Courtewille, la réception de sa dernière depesche du second d'icelluy. Depuis, le 
jour d'hier, à l'après-disner, la Royne me donna audience en sa chambre privée avec 
assez bonne patience, loutesfois non pas sans interruptions à son accoustumé. Je coni- 
mençay par me congratuler de son retour en santé, pour la rendre plus bénigne. Elle 
trouva le premier poinct de ma charge fort raisonnable, se monslrant désireuse du 
mesmc, assavoir, puisque l'on estoit venu à la vente des biens arrcslés apperlenans aux 
subjecis de Sa Majesté pour satisfaire aux siens, il ne resloit aullre que veoir les inven- 
taires hinc inde et sçavoir les biens que les subjecis de chacun prince avoient soubs 
arrest, de faire compte, défalcation et déduction de chacune part de ce que seroit trouvé 
rester de costel et d'aiillre, alTin de rendre à chacun le sien ou le pris de la vente, et par 
ainsi meetre une fois fin à ceste difficulté et ordonner de sa part commissaires pour 
entendre à tout ce que dessus. Elle advoua pareillement le second poinct, concernant la 
liberté de la navigation et exécution réelle de ses placcars contre les pyrates, contre 
lesquels elle fulmina ung petit, accusant fort l'entreprise du S' de Lumez sur la Briele, 
Dieu sçait de quel couraige. Mais, comme je insistay sur l'ordre, remonstrant que il 
estoit nécessaire de commencer par là et l'effectuer avant que entrer en aultre affaire, 
ou envoyer ambassadeur ou députés commissaires pour wyder les dilTérens estans entre 



DES PAYS-BAS KT I)K L'AN(;LEÏEKRK 



37 i 



TéûTsMnjPStcs encoires indécis, pour les raisons contoniics en ladite depcsclie, elle 
recula el se rcprint, disant que, après rcstitniion faicte et lesdicts différens wydés ci 
contraclation remise, il n'y auroit faulte à la seurclé des ports. Et, moy réplicqiiant la 
nécessité de ceste précédence à publier par placcars, pour balteaulx se y rctirans pour 
double des pyrates ou pour fortune de nier ou semblables inconvénicns, elle dict que, 
soubs umbre de telle proclame et couleur, tous balteaulx indilîcrament y entrcroicnt, ce 
que elle ne trouvoit pas convenable, mais qu'elle ne fut oncqiies, ny scroit si inhumaine 
que de vouloir retenir baticaulx, qui véritablement par telles nécessités se y seroient 
retirés. Je répondis que le nombre de balteaulx y arrivants ne luy poiroit porter aulcun 
préjudice, sy avant que ils ne feissent aulcune contractation, durant la suspencion pré- 
sente, et que, cela advenant, elle auroit juste raison de les ebaslier, comme infracteurs 
de .ses ordonnances, combien que ordinairement eeulx (|ui sont à voile, ne demandent 
séjourner es ports, mais vent propice pour poursuyvre leur voyaijfc. Par où sembloit 
eeste excuse estre de trop petite substance pour refuser chose tant raisonnable et receue 
de tous princes voisins, n'estans en guerre l'un contre l'aultre; que il seroit tard 
disputer pardevant les juges de ce royaulme si les batteaulx estoient entrés au port par 
fortune, etc., ou non, après que Ton les cuist nus e. arrest, et que tousjours y demou- 
reroit, sinon tout, du moings pied ou aile; que les faultes, auparavant trouvées eu cas 
semblables, estiont occasion que Sa Majesté désiroit en estre esclarcye par effect, pour 
l'advenir, de quoy, entre plusieurs aultrcs, faisoient foy trop évidente les batteaulx ayans 
amené l'argent des Genevois, lequel elle se vanioit avoir saulvé des pyrates, il y a jà 
passé trois ans et demy, et toulesfois encoires n'en sçavent les propriétaires en finer ung 
seul denier, ny en veull-l'on traicter avec celliiy qui en a soufïisante procuration et 
charge, et bonne partie d'ieeulx à luy appcrienant. Voires qu'elle ne povoit ignorer 
comme l'on s'estoit eslargy plus avant, jusques à, hors des ports au cap de S'^-Héleine, 
se saisir de trois biseaynnes chargées de laine et les mener par force à Portsmue. Item 
se faire maistrc d'une aullre en plaine mer d'Espaigne et la mener au port de Dublin, 
en Irlande. De quoy (parce qu'elle en faisoit l'ignorante) luy rafreschis les plainctes par 
moy faictes et données à son Conseil par escript dès le mois de febvricr dernier et 
depuis, sans que l'on y ait pertinamment respondu, ny reslably le tort, et franchement 
et librement rendu lesdicts balteaulx et denrées aux propriétaires, comme je disoy estre 
l'intention de Sa Majesté et de Vostre Excellence qu'il se feisse : y adjoustant qu'elle 
voulusse pareillement faire délivrer et lever sa main royalle de tous aultres batteaulx 
arrivés en ses ports, depuis le mois de décembre dernier inclusivement; que le 
S' Fiesco estoit icy venu pour conelurre et elTectuer la négociation de la restitution des 
arrests, n'estant raisonnable que, en telle eonjuneture, l'on deirisse attenter aulcune nou- 
vellité, comme l'on n'avoit faict du costé de Sa Majesté, el toulesfois, s'il appareil dit 
contraire (ce que ne pensoy), que l'on ordonneroit pareillement la main levée dicelle. 



372 RELATIONS POLITIQUES 

luy supplianl vouloir absolulement respondre et elaircmonl dire son intention de sy ou 
de non, sur tous les poincts dessusdicts. De quoy, se trouvant par moy pressée par 
itérées répétitions, m'ordonna de le mectre par escript pour esire représenté à son Con- 
seil. Elle n'oublia point, en parlant des pyrales, d'excuser l'occasion de leur rotraicle, 
avec charge infâme de Voslre Excellence, et d'accuser la réception par delà de ceulx 
qu'elle dict estre chiefs de ses rebelles, disant que nulle conscience, ny religion les v 
avoit menés, ains que icelle scrvoit seullemcnt de faincte et couverture de leur crime de 
rébellion, nomméement taxant la Conlesse de Weslomerland, qu'elle n'auroit esté 
baptisée en nostre religion, ains nourrie dès l'infance chez elle, sans vouloir admectre la 
différence de la raison des ungs et des aidtres,/i/nc inde réfugiés, suyvant le contenu de 
ladite dernière dépesche. Excusa pareillement et ne vouloit entrer au débat de la sou- 
veraineté du Prince d'Orenges, dényant expressément n'avoir reeeu aucunes lettres de 
l'Empereur à ce propos. Ayant achevé mes remonstrances, elle dist qu'elle m'avoit bien 
volu déclairer ung bruict venu jusques à ses oreilles, assavoir que Sa Majesté entendoil 
luy dénoncer la guerre, et que j'en avois la charge, n'estoit que l'on feisse paix du tout à 
sa mode, laquelle paix icelle Royne auroit faict pourchasser : en quoy disant, elle 
haulça le menton et jetla la teste par forme de desdaing ou mespris. Je arguay cesie 
vanité par mes propos précédens cy-devant reprins. 

Je crois que ce sera le contraire de ce qu'elle vcult dire, d'autant que l'on m'a rap- 
porté que Anthoine Guaras a dit en plus d'ung lieu que Sa Majesté désire la paix et 
touttes telles conditions que plaira à la Royne et que j'avois charge d'en traicter : qui 
me fait accroire que sa lettre du xxij" de mars dernier à Voslre Excellence ne sera que 
pure vanité, et que ce que l'on m'a dit est véritable, que c'est de son pourehas et son 
mis en avant pour regaigner la faveur des chiefs du Conseil de cesle Court, lorsque 
sans leur adresse il estoit en point d'esire extrêmement mal Iraicté des commissaires 
de la Royne, propres et volontaires à travailler les subgects de Sa Majesté. Le temps 
le déclairera de brief et la responce qu'ils feront à l'escript, lequel leur sera demain 
par moy présenté suyvant le susdict ordre de la Royne, selon que Vostre Excellenco a 
aussi bien préveu par la responce audit Guaras. 

Le tiers dénommé à ladite lettre dudit Guaras est ung marchant failly et personnaige 
de peu de crédit et d'apparence, appelle William Merie, avec lequel il a esté conti- 
nuellement poursuyvant accès à Milort Bourgley, depuis avoir eu la responce de Voslre 
Excellence, et, avant l'avoir obtenu, deusi dire le Conte de Leyeestre que, si je n'avois 
lettres du Roy, l'on ne me donneroit pas d'audience. Et advint, après que j'estois 
party de la Court, que la Royne s'achemina devers Milort Bourgley, couchant au lict 
des goustes, pour luy dire, comme je présuppose, ce que j'avois traicté, et le crois plus 
facillement que, endedens le mesme soir, ledict Bourgley auroit rebroué et reproché 
ledict Guaras, menassant de le faire chasticr ; et, si ce propos a été entamé de Milort 



DES PAYS-BAS KT l)K L'ANGLETERRE. 



573 



IJouigIcy, comme iiiainlicnl ledicl Gii; ras, je le liens pour une mcchancclê double et 
mocquerye trop expresse de Sa Majesté et de Vosire Excellence, veu les dêportcmcns 
(i'icy just|ues à présent. Je pr\c Dieu que je y puisse estre Iroiiipé et que ledicl Gunras 
ait riionneur de une œuvre l.nnt lon.ilile pour le service du Seigneur, de Sa Majesté et 
(le tous SCS pays el bous subjccls.Toutesfois, aiant enleiidn que ledicl Guaras desposifioil 
pour la seconde fois, ne povanl imaginer sur quoy, ay envoyé Stesticli devers luy pour 
savoir si e'estoil pour affaires eoneernanl la négociation de ia(|uelle suis cliargé, à ec que, 
soubs quelque couleur nouvelle, il ne se laissast abuser et que ce Conseil ne print fon- 
dement sur sa despesclic de délayer la responce, laquelle m'est commandé poursuyvrc 
claire et en diligence; et m'a fait respondre qu'il cscripl à Voslrc Excellence sur la négo- 
ciation, laquelle luy est par iceile particidièrement commandée : ce que me guardera 
de luy en parler davantaigc. Je ne laisseray pourtant à solliciter la responce sur le 
susdict escript, duquel j'envoieray copie à Vosire Excellence à la première occasion, me 
trouvant privé du moyen de le faire maintenant par la précipitation dudiet Guaras. Je ne 
luy veulx célcr que ledicl Conte esl tant françois (|ue à payne il daigtia me resalucr et 
sortit inconlinciil après que j'cstois entré en la cbambre, comme aussi, en la précédente 
audience du xvij" de febvrier, pendant icclle n'abandonna oncques son jeu de carie.«, ny 
me (il tant de faveur que je peuissc l'oeuillader el luy faire révérence. De quoy je me 
suis fort esbaby, veu que plus d'une fois il a demandé ce que le S' Fiesco et moy 
faisions icy et pourquoy ne nous retirions. Il cberehc tous moyens d'estre envoyé en 
France pour confirmer et jurer la ligue ; mais la Royne ne le veult laisser partir, ains 
en el depuis sa dertiière maladie luy monstre plus d'affection que jamais, et se sème 
(juc le Parlement esl convocqué, en partie pour advoucr son aliance avecq lediet Conte, 
en partie pour déclairer le jeusne Roy d'Escossc, lequel ils pensent avoir en leurs 
mains, liéritier de cestc couronne, et par l?i asseurer leur religion difformée '. 

Le Créateur veidie le tout guider à sa gloire et nostre salut, el doinl à Vostrc Excel- 
lence l'entier de ses dévoles prières. 

De Londres, le xj* d'apvril 1372 (après Pasques). 

{Archives du Royaume à Bruxelles, Corresp. de M. de Sweveghem, fol. 151 ) 



' En ce inomcnl, Catherine de Médicis négociait activement le ni:iriagc de son plus jeune fiU le duc 
d'Alençon avec Elisabeth. Leicestcr s'était laissé gagner et favorisait ses démarches : • Votre reine, 
» disait ("atherinc de Médicis à l'ambassadeur anglais Thomas Smith, ne voil-clle pas que pour élre à 
• l'abri de tout péril, il faut qu'elle se marie? On peut trancher un rameau : on n'en enlève pas aisé- 
» ment trois ou quatre. Il faut qu'elle ait deux fils afin d'être assurée d'en conserver au moins un, et 
» trois ou quatre filles pour conclure des alliances au dehors. « Elisabeth avait en ce moment trente- 
neuf ans; et, si Lcicester était disposé k se séparer d'elle, elle ne pouvait se résoudre à se séparer de 
Leicestcr. 



574 RELATIONS POLITIQUES 

MMCCCLXXXIIL 

Antonio de Gnaras au duc d'Albe. 

(Londres, H avril 1872.) 

Nouvel ciUrclicn avec lord Burleigli ; il a cru ne pas en devoir rendre compte à M. de Swevegheni. 
— On dil que la reine désignera comme hcrilier de la couronne le comte d'Hcrlfort. — • Ligue 
entre l'Anglclcrre et la France. — Démonstration contre le duc de Norfolk. — Burleigh avoue que 
plusieurs membres du Conseil reçoivent une pension du roi de France. — Détails sur les opinions 
des divers membres du Conseil. 

Lo lie arriva lonia escrilo para cou csle eorrco que se a dclcnido, y despues, conforme 
al acuerdo que icnia con cl diclio Biirlc, cnlendiendo que Mos. de Svevcghcni esluvo 
ayer con la Mag^ de la Rreyna, cmbie la dicha terccra persona al dielio Burle, para 
saber si liera su voluiilad que le fuessc a liablar, pues eniendia que Mos. de Svoveghem 
avia eslado con la Mag"* de la Reyna ; y esta lercera persona niedixo con gran sentimienlo 
que liavia liablado a Milord Burle sobre cllo, y que le dixo que eslava muy dcscontcnto 
de cnlender que la Mag"" de la Rreyna le avia dicho (despues de aver dado audiencia 
al diclio Svevcgiiem) que se niaravillava Su Mag'' dcl dielio Burle de que estos negocios 
que eonmigo avia comunicado, que los iibiese iralado con lanla dcsordcn, deziendo que 
el dicbo Mos. de Svcvegbem avia dicbo a Su Mag*", sobre platicas, que Su Mag^ de la 
Reyna y Milord Burle iieran los que tanlo procuraban y desseavan la paz, afiadiendo 
que sabia que Milord Burle avia embiado por mi, eomo solieilandolo y rrogandolo, y 
que Milord Burle le dixo asiniismo que avia entendido que dezia el dicho Mos. de Sveve- 
ghem que ténia la copia de la caria que yo escrivi a Viiestra Excellencia y la copia de 
la que Vueslra Excellencia me mando eserivir; y dixo mas a la diclia lercera jiersona 
(como me dize), cslando con este dcscontcnto ; « Si Antonio de Guaras quiere venir a 
» liablarme, que vcnga o que baga lo que querra, deziendole que, si es asi que el Duqiic 
» de Alva por una parle mucslra buena voluntad a la paz y concordia como Guaras me 
» a ynformado de su parte, y por olra parle por mano de Mos. de Svcvegbem irata el 
» négocie difercnlemente, se puedc considerar que, si nueslras yntenciones son buenas, 
» que las de ellos no lo son. Y le dixo mas, eomo dezia, yo eslava sacando en borron los 
» capitules sobre la concordia los mas yndeferenles que me parescia, pues Su Excellencia 
» liera conicnto de remelir estas diferencias a mi parescer y a mi opinion, como Guaras 
» me a ynformado de parte de Su Excellencia, auiique yo lo lie eslimado por favor : 
» agora me paresce que estos négocies van desordenados. ■ Y este paso ayer a los 



1)1' s PAYS-BAS I:T de L'ANGLETERRE. 



37rj 



lOilt'sle a la liirdi-. Dcspues, cnUndiciulo lo que sobre esio pasavn y tnaravillado dcllo, 
liiy esta iri:ii)ann a liablar coii Milord Biirle, y palabra por palabra me lo a diclio assi 



di 



L-osii iiiiiKnna de lo de los ariiciih 



le liai) 



)bre 



(le boca, aiuKpic un hic «iixo cosa luiigiina ne lo (le los ariiciiKis, ni yo le iiait'e sobre 
cllo, por moslrar descoriteiito por lo qui; In Krcyna le avia diclio, y (|iic, «piarUo a el 
que cnicndiendo la buena volundad de la Mnf;'' de la Krcyna sobre la paz, y porserassi 
su dessco que tralavan en ello cou Coda sinceridad y de rncjor volunlad, dcspiics de 
entender de nii de la buena volunlad que Su Mag** y Vueslra Kxcellencia lenian sobrello, 
tne dixo cpie teuia porcierlo que, si algunos eiileudiau en cslorvar esie buen proposiio, 
(|uc lo hazian eon rnalas ynrorniaiioncs o pasion, y me dixo mas: ■ Si os parescera 
» proseguir eu dar a enlcnder a Su Mag** y a Su Excellencia esta buena volunlad de 
» Su iVIag"' y la mia por loque loca al servicio île Dios y al bien coniun de lodos, me 
» paresce que liareis bien en hazcrlo asi. « Pero lodo csto nie dixo, innslratido nue 
estava senlidode lo diclio. Como Vuesira Kxcelleneia no nie a mandado que yo eomu- 
nicasc eon cl diclio Mos. de Sveveghcm ninguna eosa deslo, he guardado asi la borden 
sobrello, y, poique el diclio Sveveglieni no me a diclio cosa ninguna sobre ello, podia 
yo considerar que no liera la volunlad de Vuestra Excel lencia que yo iralase eon el coso 
ninguna deslo: pcro bien se piiede considerar (pie il dielio iMos. de Sveveghcm no ha 
dicbo estas cosas, sino porque convcnia enlonces por algunas buenas consideracioncs, 
eomo es de créer que cl sabra dar su descargo dello. 

Como Vuestra Excellencia terna aviso, aqui Iratan de liazer Parlamenlo para los doze 
de mayo, y se estima que es solo para nonibrar sucesor desta corona, despues de los dias 
de la Mag** de la Keyna no teniendo liijos si se casare, y se crée que nombraran al 
. bijo del Condc de Arfort, que es de liedad de diez afSos, por ser hijo de Calerina, liija de 
Francisca y nieta de la Reyna de Krancia, lurniana segunda del Rey Knrieo Octavo, 
laquai Catcrina liera liermana de Juana degollada en tiempo de la Reyna Dofia Maria 
nueslra scnora de gloriosa menioria. 

Asi mismo se présume que se tratara sobre la aliani^a y confedoracion, que de 
présente Iratan eon Franccscs, para que se liaga eon consentimiento del Parlamento, 
y asi mismo por persuadir al pueblo a dcfenderse, si fueren acometidos de enemigos ; 
y especialmente es de créer que nombraran a Su Mag', y se présume por cicrto que 
haran estas très preparaciones por el rrecelo que. tienen de nos otros, siendo cosa 
cierla, al parescer, que, si estuviescn scguros de nuestra amistad, que ninguna cosa 
délias harian, por que la Rieyna no ay cosa que mas aborresca, lo priniero (lue el 
iiombrar lieredero, y lo segundo la alianea eon Francia, sino como por fuerça, y lo 
terccro y ultimo la guerra especialmente eon Su Mag*, por lo que escrivo. 

Por no pcrder sazon en lo que se ofrescc en Corte sobre «stos negocios, por 
l'allarme tiempo, no escrivo esta de mi mano sino de la de mi iiombre que es fiel y 
verdadero, esperando que Vuestra Fxcellencia no se deservira dello. 



376 RELATIONS POLITIQUES 

Oy liizieron demostracion, allegandosc la justicia y piieblo de cortar la cabeçn al 
Duquc de Nortfoqiie, y sobre ello vino ordcn a h Reyna que cesasc la exsecucion, y 
esta es ya la tercera voz que an hecho lo mismo. 

La olra ultime vez que rstuve con Milord Buriey, me dixo. encargandome muelio 
este secreto, no lanto por palabras expressas como por eircumioquios, que havia aigu nos 
del Consejo que no eslavan de la opinion de la Rreyna y suya en esto de la paz, cassi 
diziendo que era por la afficion que lenian a Francescs, y que avia sospeclia que algunos 
de les laies recibian pension del Roy de Francia escondidamenic, afeandolo v justifi- 
candose que su profession era servir a la Rreyna devidamentc; y sobre esta platica le 
dccia que en lo publieo el Conde de Lesoslercra muy notado dello, y, como reyendose 
callo, y despues, proscguiendo en su platica, me dixo que, aunquo séria trabajoso el 
persuader a algunos de los Consejeros que heran desle humor, que pensava poderlo 
hazer por su parte, que ténia enteramenle la volunlad de la Rreyna que se conformava 
en esto. Dixo mas : « Y seremos iiarlo fuertes oiros. » Y yo, para ello, de xij personas 
que ordinariamente se junlan en Consejo, las cinco délias que son el Canciller, el 
dicho Buriey, el Conde de Sussex, el Gran-Camarero, ser Jaymes Craffe, eontorrolor : 
todos estos seguiran la opinion de la Reyna. El Conde de Lesester, el Conde de 
Bestfort, el Almirante, Milor Sadeler, Quenols y un oiro estos lodos son de contrario 
parecer y alïicionados a Franeia. Y, despues desta ultima vcz, estando con el dicho 
Buriey (como digo), entendio que subia a hablarle el dicho Quenols, y me dixo : « Yos 
» por esta otra puerta sécréta, porque no os vea aqui, por ser del humor que os he 
» dicho. Pcro yo spera que seremos harlo fuertes, como os he dicho ». Y esto dixo 
como la otra vez, olvidado del desconlento présente que ténia, como escrivo. 

{Archives de Simanras, Estado, Leg. 8'25, fol. 48.) 



M^ICCCLXXXIV 

M. de Sweveghem au duc d'Alhe (En chiffre). 

(I.ONDRBS, M AVRIL 1.S72.) 

Il lui adresse la copie du Mémoire qu'il a fait remettre au comte de Leicester. — Démarches du 
bâtard de Brederode en Angleterre. — Armements pour secourir les Gueux qui occupent la Brielc. 

J'ay entretenu ce courrier pour luy envoyer la copie de l'escript, lequel feray cejour- 
d'huy présenter au Conte de Leyceslre. Le sieur Fiesco et moy l'avons modéré et 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETERRE. 377 

accommodé aucunement aux oreilles de la Koyne et de ceste Court, et loulesrois par 
loiaulx points principaulx, si olèremenl qu'il convient pour le service du maistre et 
en suyvant la rcsoliition de Voslrc Excellence, laquelle ne sauroit estre plus advisée, ny 
convenable poursoiider le fond du cœur de ccste nation; car il n'est nulle heure de se 
laisser plus mener de parolles dont elle faict profession, signamment les estes pour 
gaignor temps. 

Je n'ay voulu narrer, pour juste cause, aucun pyrate estant en ce ro\ auinic, combien 
que je sois bien informé que le Bastard de Brcdcrode et ung gentilhomme gheidrois, 
frère de Cocq exécuté par delà, soyent en ceste ville, et pour solliciteur du Prince 
d'Oranges Jacques Taffin, et à Douvres ffomcrus de Hennach, alias Houthetlirig, sans 
ung grand nombre d'aultrcs qui me sont incognus : lesquels se di^nt esquippcr seerè- 
temenl pour se joindre avec le sieur de Lumez à la Brielle. 

Dieu fasse que le tout revienne à son sainct service, el doini à Vostre Excellence en 
santé bonne vie et longue. 

De Londres, le xij" jour d'apvril Ia72, après Pasques. 

{Archives du Royaume à Hru.rclles, Correap. de Hf. de Sweveghem, fol. 1.^6.) 



MMCCCLXXXV. 

Mémoire de M. de Sweveghem. 

(12 AVRIL 1871) 

Dans ce mémoire se trouvent reproduits tous les arguments présentés à la reine dans l'audience 
qu'elle a donnée & M. de Sweveghem. 

La remonstrance faicte par le sieur de Ziveveghem à la Majesté de la Royne le x' jour 
de ce mois d'apvril 1S72, laquelle elle luy auroil ordonné toucher par escript, 
comprenoit deux poincls ou membres principaulx. 

Le premier conlenoit réquisition de commissaires à députer de la part de Sadicle 
Majesté pour, avec le sieur Thomas Fiesco et luy, vyder entièrement le faict de la res- 
titution des arrests. 

Le second de vouloir oster tous obstacles et umbrcs de aigreur, avant que se traietc 
aultre affaire, ny que s'envoye ambassadeur ordinaire pour résider près de sa personne, 
Tome VL 48 



378 RELATIONS POLITIQUES 

ny ai)l(rcs commis à vyder le surplus des différons esians encore indécys entre ambe- 
deux leurs Majestés, et séparer cenlx (|ui y aviont esté mis depuis le mois de décembre 
dernier inclusivcmenl, que ledit sieur Fiesco estoit icy retourné pour conduire à effec- 
tuer le faici de la restitution desdits arresis. 

Pour lesquels deux membres explicquer plus clairement, ledit sieur de Zweveghem 
disoit : 

1. Que comme il auroit à l'extrême pieu à la Majesté de la Royne ordonner de 
vendre les biens des subjects du Roy pour de l'argent en procédant satisfaire les mar- 
chands subjccis d'Angleterre, intéressés par les arresis, il semble à Sa Majesté Catho- 
licque et à rExcellence de monseigneur le Duc d'Alve que il ne reste aultre chose, 
sinon que l'on voye les inventaires de cosicl et d'aultre, et que l'on sçaiche les biens 
que les subjects de chacun prince avoient soubs arrest, et de faire compte, défalcation 
et déduction de chascune part de ce que seroit trouvé rester d'ung costcl et d'aultre, 
aflin aussi de rendre à chacun le sien ou le pris de la vente, comme la raison et jus- 
tice veult, et par ainsi mcctre une fois fin à ceste difficulté. 

2. Et que à cest effect, pour entrer en compte et parfaire ce que dessus, il pleut à la 
Majesté de la Royne députer commissaires de sa pari. 

Lequel propos elle rccucilla et trouva raisonnable que ainsi se feisse, et par ainsi 
s'accorda au susdit premier poinci de la remonstrance. 

3. Quant au second poinci, luy dictle sieur de Zweveghem que, comme il avoit faiet 
entendre à Son Excellence ce qu'il auroit traicté avec la Majesté de la Royne de bouche 
et par escript le mois de febvrier dernier, touchant l'entretenement de l'ancienne amitié 
par voye d'ambassadeur ordinaire et auliresà commettre pour accommoder les susdicis 
différons esians demeurés ouverts à la dernière communication de Bruges, Sadicte 
Excellence en auroit adverty Sa Majesté, et ne doubte qu'icelle, pour l'affection frater- 
nelle que elle a porté et porte à celle de ladicle Royne, elle ne condescende facille- 
ment à ce que dessus; mais cependant luy a semblé totallemcnl nécessaire, pour ne 
l'empescher, ny divertir de si bon vouloir, que se donnast ordre affln que ne puissent 
venir nouvelles alléracions, fût par port, faveur, soustènement ou réception des pyrates 
ses rebelles ou par arrests nouveaulx. 

4. Que si cela n'est que préalablement faiet, il n'y a que envoyer ambassadeur ordi- 
naire pour estre présent à veoir telles indignités, et moins d'aullres commis pour 
appoincter lesdils différons, veu que l'on en feroit journellement des nouveaulx. 

5. Mais, si l'on vouloit pourveoir à cela, ledicl de Zweveghem s'asseuroit que le 
demourani ne pouvoit faillir de s'accorder. Et en cas que la Majesté de la Royney veullc 
entendre, il avait charge de Son Excellence, par adveu de Sa Majesté et selon que celle 
de la Royne a esté aussi contente, qu'il y demeura d'en attendre et séjourner, jusques 
à aultre ordonnance du Roy son seigneur. 



DES PAYS-BAS ET DE L'AiNGLETEHRE. 379 

6. Aiillremeiit la lloyne pouvoit veoir e( fort bien cognoislre (|ue nori-seullemcnt 
sa demeure ne pourroil de rien servir, ny occasioner quelques bons offices, ains senri- 
roit pluslost de dcsrépulacion pour le niiiisire, ol pins grand aigreur que par avant. 

7. Supplia pourlanl la Majesté de la Royne (|iic l'exécution de ses édicts, tant saincts 
et raisonnables, contre lesdicis pyrales, se aelievast et parfeisse, comme l'on avoit bien 
commencé aux environs des ports de ce royaulme, mais que aulcuns d'entre eulx s'es- 
tiont retirés en terre ferme, voire dedans la cbiefve ville d'icelluy, et que se pouvoient 
veoir comme parement de la Bourse ou Cliange-Koyale de Londres plusieurs a luy du 
tout incogneus, voires qu'ils avoient encores leur correspondence et solliciteurs en 
ceste ville de Londres et à Douvres. 

8. Item, qu'elle voulusse, par plai eards |)ubliés es poris et havres de ses rnyaulmes, 
asseurer la navigation, en sorte que, si par cas fortuit, tempeste, vents contraires, double 
des pyrates, ou pour aultre nécessité, quelques navires ou batleaulx arrivassent on 
entrassent èsdils ports, fût pour prendre vivres, eau douice, refaire leurs batteaulx, on 
avoir quelque aultre nécessité, cela deusl esirc libre à tous subjecis de Sa Majesté, 
comme la raison veult entre princes voisins non ennemis, et qu'ils en puissent partir 
librement sans empescliement (|uelconc(|ue. 

9. Davanlaigf, que spéciallemcnt fussent mis en liberté, et par effect restitués, aux 
propriétaires ou leur ayans cause, trois batteaulx biscayns, avec tous les gens et 
maronniers y ayans esté dessus, nommés lesdicts batleaulx le S'-Esprit, Nostre-Dame 
de Conce|)tion et S'-Pierre, lesquels furent le xiii° de janvier dernier saisis de force 
environ le cap de S'" Hélayne, hors le Iraict des chasteaulx de l'isle de Wiglil, et dont 
l'une n'avoit encoiics mouillé les antres, et amenées au port de Portsmuc par les 
batleaulx du capilaine Ilaukins eonduicts par jousiie M" Guillaume Winter. 

10. Item, une aultre navicre aussi biscaynne, appellée La Trinité, laquelle a esté 
prinse en plaine mer d'Espaigne à quatorze lienes près de Uxente, environ le viii de 
janvier, amenée par force au port de Dublin en Irlande, par cculx qui csloienl en une 
naviere angloise appellée Le Lyon, toutes lesdictes quatre chargées de laynes et anitres 
marchandises, comme par les cognoissimens se pourra faire apparoir, pour esire telles 
appréhensions et invasions actes de pure hostilité, nullement souiïrables entre princes 
voisins n'oslans en guerre. 

11. Et pour le dernier supplia Icdiel de Zwcveghem à La Majesté de la Royne faire 
lever incontinent sa main royalle de tous aulires batleaulx armés en ses ports depuis 
le mois de décembre dernier inclusivement, lorsque ledict Fiesco estoit icy venu 
pour conduire et effectuer avec Iiiy la négociacion de la restitution des arrests, n'y 
ayant apparence que en telle conjuncture l'on deust souffrir aulcune nouvellelé, comme 
l'on n'a souffert du costel de Sa Majesté ; et toiitesfois, s'il apparoit du contraire (ce qu'il 
ne pensoii), que l'on ordonncroii pareillement et incontinent la main levée d'icelle. 



380 RELATIONS POLITIQUES 

12. Or, comme pour faire foy à Sa Majesté d'une affeclion cl désir réciprocque de 
celle de la Roync, de extirper et désraciner tout le mal entendu passe, signammenl 
depuis que l'on est venu jusques à se joindre pour Unir le faict de ladicte restitueion, 
il est nécessaiic de reslablir promptcment toutes lesdictes faultcs passées, avant qu'entrer 
en aulcune ultérieure négociation de restitution ou aullre, icdiet de Zweveghem la 
supplia vouloir absolutement respondre et clairement dire son intention sur tous les 
poincts susdicis, pour selon ce soy régler, suyvanl le commandement qu'il en a de Son 
Excellence au nom de Sa Majesté. 

15. Il y adjousla que les faultes par ey-devanl trouvées sur la confidence qu'on 
avoit eu aux parolles, esliont occasion que Sa Majesté désiroit en estre esclarcye par 
effect à l'advenir. 

14. Du quoy, entre plusieurs aultres, s'en allégua une notable en l'argent des 
Genevois, lequel La Majesté de la Royne se vante avoir saulvé des pyrates, il y a 
passé trois ans et demy, et s'en couvre de n'avoir la première conmiencé les arrests. 
Toutesfois, nonobstant que Sa Majesté l'aje tant à cœur, et luy en aye escript bien 
expressément, comme chose qui fort luy louche, et estoit soriy d'Espaigne par sa 
licence pour son service, l'on n'en a jusques à présent donné aulcune satisfaction aux 
propriétaires; ains l'on refuse plaltemcnt d'en Iraicter avec celluy qin' a povoir 
soufïisant et bonne partie d'icelluy argent à luy appaitenant, nonobstant tant de 
promesses de bouche et par escript, faictes d'ung temps à aultre de par La Majesté de 
la Royne, et que la Calholicque, pour faciliter le faict de la restitution, et sur espoir 
que Ton s'estoit accordé ou s'accorderoit de brief avec lesdicts propriétaires ou leur 
ayans cause, auroit esté contente de glisser et se départir du mot : inhabilans on 
résidens, au traiclé, ce que aullrement par nulle raison elle ne debvoit souffrir, ny 
abandonner la protection de ceulx, qui ont si long temps choisy leur demeure et faict 
la plus grande traicte de leurs négoces soubs l'obéissance et avec les subjects de Sa 
Majesté, spéciallement estant le susdict argent destiné pour son service, avant de sortir 
d'Espaigne, comme dict est. 

15. Que ce seroit frivolle de dire que le traicter desdicis deniers auroit esté différé 
(comme quelquesfois s'entend avoir esté objecté), d'autant que le faict de la Cestitueion 
n'estoit achevée, par ce que la Majesté de la Royne s'est tousjours forcée de persuader, 
pour n'estre convaincue d'avoir commencé les arrests, que icelluy n'avoit rien de 
commun et estoit chose entièrement séparée de ladicte restitution. 

16. Sur toute laquelle remonsirance, la Majesté de la Royne démonsira son accous- 
tumée bénévolence à toute paix et amitié et juste maltalenl conceu contre tous pyrales, 
avec grand désir de faire entièrement exécuter ses placcars et ordonnances, confor- 
mément à la pétition dudict de Zweveghem. De quoy il l'a mereya humblement, et ne 
fauldra de faire bons ortîces et rapport véritable à Sa Majesté et Son Excellence. 



r 



DKS PAYS-BAS ET l)K l.'ANGLETERHE. 38i 

17. Mais, quant n la liberlc de la ti.iv'gaiion, clic cntendoit de respecter, selon son 
humanité cl douirciir natiirclic, tons cciilx qui, par forliinc de mer, double des pyratcs 
ou semblables néccssilcs cntrorojotU en ses porls, sans toulesfois vouloir accorder que 
l'on en feil aulcime proclame ou publicaiion, comme dessus estdict, de paour que l'on 
en abusast et que soubs ce manteau tous batteaulx indiiïéramment y prinsent port : ce 
(|uc elle n'estoil délibérée de permeclre, jusques ad ce que tous atdircs difficultés 
fusseni vuydées et la contraclation remise. 

18. A quoy ledict de Zwevcgiiem réplic(|ua que en cela n'avoit aulcun dsngier si 
avant que lesdicl balleaulx ne se meisscnt à négocier. Quoy advenant elle auroit jnsie 
raison de les faire eliastier comme infraclcurs de ses ordenanccs. 

19. Par où redoubla sa requesie (|u'ellc voulût parler clairement et dire de sy ou 
de non, tant allendroict de ladicte navigation libre que de la restitution desdicts quatre 
balleaulx, maronniers, etc., forcés et de la main levée de tous aultres détenus depuis 
la (in de novembre dernier, comme chose nécessaire avant qu'entrer en aultre 
négociation. 

20. Et pour satisfaire à ce que ladicte Majesté de la Royne alléguoit estre advenu 
en Espaigne, il exhiba ung exlraict d'inie certaine letire de Sa .Majesté pour purger 
eesie objection par la vérité, dont la copie va joinclemenl ceste. 

21. Sur quoy il pleut à ladicte Majesté de la Royne différer la rcsponce résolue, et 
lui ordonner le mectre par escript et faire présenter à Mons. le Conte de Lcycestre, 
pour y satisfaire par advis de son Conseil. 

22. A l'effect de quoy ledict de Zwcveghem luy faict présenter cest escript le \\\' de 
ce mois d'Apvril l.')72, après Pasques, luy suppliant d'y satisfaire le plus tost que faire 
se pourra, pour ne recider une fin et snecès tant sainct, chrestien, fraternel, duysable 
et utille à ambcdcux leurs Majestés, leurs pays et bons subjecls '. 

{Record office, Cal., n* 229.) 

' Dans une lettre précédente (n» MMCCCLXXXIII), Guaras transmettait quelques renseignements 
sur les diverses opinions des conseillers d'Elisabeth. 

On trouve aux Archives de Simancas, a une époque un peu antérieure, l'cnuméralion suivante des 
membres du Conseil : 

D. Baconus, cusios sigilli; Dux Norfolciae; Marques de Wynton, Thesaurarius magnus; Marques de 
Norlhaniplon, Prœses Consilii; Cornes de Pembroke, Prcefeclus llospitii Regni; Cornes de Arundel: 
Cornes de Lcccstre; Cornes de Bedford; D. Clinton, Admirallus; D. Guilelmus Haward, Camerarius; 
Franeiscus Knolls, Vice-camerarius; Secrctarius Cyeellus; Giialterus Mildcmay, Equités auratij Radul- 
f)hus Sadler; Hcnricus Sidney, Iliberniu; deputalus; Nicolaus Tlirokmorton; Cornes de Darby; Comes 
de Shrcwesbury; Cornes de Susscx; Cornes de Huntington ; Cornes de VVarwik; Cornes de Worceslre; 
Cornes de Norlhumbcrland; Cornes de Cumbcriand; Cornes de Hartford; Vice-comes de Hercford; 
Vicc-conies Mountaguc; D. Itunesdon ; D. Windesorc; D. Cobam; D. Chandos ; D. Wentworth ; 
D. Morley ; D. Pagel; D. North; D. Sacfild. {archives de Simancas, Ettado, Ltg., 822, fol. 6.) 



382 RELATIOÎNS POLITIQUES 

MMCCCLXXXVI. 

Réponse du Conseil privé au mémoire de M. de Sweveghem. 

(Vers le 18 avril 4S73.) 
Les diverses considérations présentées par M. de Sweveghem sont examinées et réfutées. 

Responce aux articles proposés par le S' de Xtveiegheni. 

1. Commis y ont esté ordonnés, mais ils n'ont peu accorder avec Fieseo tant pour 
cstre Icdict Fieseo déparly de ce que il y avoit accordé que pour ce qu'il ne vouloit 
fère apparoislrc aucun pouvoir suflisanl de sa négociacion. 

2. On trouve fort bon de remouvoir premièrement touls obstacles et umbres de 
aigreur, et n'est chose meilleure pour bien procéder en ceste négociacion que réformer 
les erreurs et faultes dès leur commencement sans y vuyder ime part et laisser le 
reste imparfaict, car ainsi on y pourra jamais parvenir à une bonne et parfaicle lin, 

1. Sur le veue des biens arrestés et juste vendiiion faicle et plus profitable pour les 
propriétaires, on pourra facilement fère restitution, dont rien ne sera distribué aux 
subjecis de Sa Majesté que sur juste et bonne prœuve, laquelle chose eust esté, long- 
temps passé, accomplye si les ministres qui furent envoyés pour s'en mesicr, eussent 
produict authorité suffisant (ce qu'ils ne feirenl) pour y eoneluire. Et lors aussi le sur- 
plus, qui y eust escheu, eusl esté rendu aux propriétaires. 

2. On y a désjà appoincté commis pour ceste affaire. 

3. Quant le Roy y aura accordé, la Majesté de la Royne en fera pareillement le 
réciprocqne en touts endroicts. 

4. Sa Majesté n'a tant seullement par ses ordonnances et édicts, mais aussi par 
sévère exécution faict apparoistre l'indignation qu'elle a contre tous pyrates cl combien 
luy ont esté désagréables cculx qu'elle a peu cognoisire estre rebelles du Roy, nonob- 
stant que le contraire ait esté faict tant en Espaigne que aux Pays-Bas par notoire et 
manifeste support et entrelènemeni des rebelles de Sa Majesté, voire par pensions 
annuelles qu'on leur y donne. Et, quant à innovations par nouveaulx arrests, Sa Majesté 
n'entend rien en avoir esté faict autrement que le mesme n'ait esté faict à ses propres 
.subjects tant en Espaigne que aux Pays-Bas. 

5. 6. En cecy on y pourra pourveoire, si de la part du Roy pouvoir suffisant soit 
donné pour en traicter et conclure, mais d'en parler autrement ne seroit que peine 
perdue. 



DES PAYS-BAS ET l)K L'A>'(JLETERRE. 383 

7. Il scroit bon do nommer cciilx (|iii iiantoiu ainsi rE$changr-Rny«|, car autrcmcm 
Sa Majosio n'y sçauroit que dire, vcii que rKschange-Royni soit une place libre pour 
toiiK's nations y converser. Et aussi ne y a-il ollicior appoincié pour rendre compte de 
eeulx qui y viennent. Mais, toulesfois, si ativcriisscment feust doimé du repaire In de 
(juclque personne qui n'y pourroil eslre souffert, ce seroii chose facille à fére de le 
défendre de s'y trouver. 

8. Sur la ])remiére veue, cesle rccpieste semble bien raisonnable; mais, après y avoir 
regardé plus avant et bien considéré le semblable n'avoir esté oeiroyc en Espaigne, ny 
aux Pays-Bas, aux subjeels de Sa Majesté, il n'est trouve cstre raisonnable que Sa 
Majesté permeetroil à autres subjeets ce qui n'est permis aux siens. El, si par ey-aprés 
on y consentiroit, toulesfois l'inlerpiélation de ee se Irouveroit si doubleuse et incer- 
laine qui seroit venu par force de tempcsie, vent contraire ou de peur de pirates ou 
autrement, que la meilleure voye qu'on pourra tenir en cccy pour vuyder cesle demande 
et remecire tout en liberté, seroit sans plus de délay par ambassadeurs et commis fcre 
lin et composilion sur toutes eontroversies advenues et rétablir l'ancienne amitié et 
entreeours: en laquelle négociacion on verra que Sa Majesté n'a eu autre intention que 
de continuer l'auiitié et entrecours, si le semblable eut esté faist envers elle et ses 
subjeets. 

9. il a esté affirmé qu'ils n'ont esté prins par force, ains secourus et saulvés des 
pyrates. El de ce peult-on fcre preuve par Icsdicts Espaignols mesmes. Et, oultre ce, y 
est aussi allirmé que, sur la cnste d'Espaigne, navires anglois ont esté prins en liaulte 
mer et avec(|ues ee pis Iraictés beaucoup que n'ont esté ceulx-cy, tellement qu'en ce 
poinct ne se trouve aucune égalité que par mutuelle restitution. 

10. Combien qu'on ayc prins des navires anglois sur la eoste d'Escosse et les menés 
par force en Flandres et l.'i vendus par voye d'arrest, toulesfois ordre et mandement 
exprés a esté donné à Mons' le député d'Irlande de fére fère restitution d'un navire 
biscayen, s'il feust trouvé qu'il auroit esté prins en haulte mer comme il est allégué. 

11. L'cxample des prinses et arrests faiels des navires anglois tant en Espaigne 
qu'au Pays-Bas est cause suffisante à continuer le mesme en Angleterre. Et n'est rai- 
sonnable que l'office de traicter que Mons' de Zwevegliem, faict sans autliorité suffi- 
sante, feroit cesser icy les arrests, tandis qu'ils ayenl continuation de l'autre costé. 

12. Les responces peuvent apparoisirc par les apostilles faietes à chacun article. El, 
si Mons' de Zwevegliem proposera quelque chose d'advantage requérant icsponee, il 
en sera satisfaiet selon la raison. 

15. Parolles et faicts iront joinctement et ne seront séparés. 

14. Quant au faict de largent qu'on prétend appertenir aux Genevois, on y a suffi- 
samment respondu à Thomas Picsco. Et, s'il n'est encorcs de ce bien satisfaiet, on luy 
donnera à entendre plus au long que de bonne raison. Il se doibt contenter de la res- 
ponce qu il a sur ce désjà receue. 



384 RELATIONS POLITIQUES 

15. La rcstilulion de l'argenl aux Genevois n apperiient, ny est propre à aucun traiclé 
qui se face entre Sa Majesté de la Royne et celle du Roy Catholicque, mais est une chose 
à part entre la Royne et les Genevoys si longuement qu'ils ne sont subjects dudict 
S' Roy comprins aux iraiclés de l'entrecours faicis et conclus entre la Couroime d'An- 
gleterre et la Maison de Bourgoigne. El tant moindre regarde se pourroil avoir de ceste 
chose d'autant que les marchans de Janua n'estoient tant seullement procureurs et 
solliciteurs du premier arrest des subjects de Sa Majesté et de leurs biens aux Pays- 
Bas, mais c'est chose certaine qu'ils furent les premiers qui acheitèrent les biens et 
marchandises appertenans à les marchans anglois en Anvers, dont ils me tirèrent pas 
peu de proufTit et gaing. 

16. Sa Majesté, dès le commencement, n'a eu autre intention. 

17. Sa Majesté entend que telles gens soyent traiclés avecques faveur. Mais, jusqucs 
à ce qu'elle sera bien adverlye ctasseurée quel Iraiclement on usera envers ses subjects 
en semblable cas, elle n'en sçauroit fère ordre ou decré. 

18. Au xvni* article n'est bcsoing de respondre. 

19. Les responces de Sa Majesté sont suffisantes à fére apparoistre à quoy elle veult 
dire ouy et à quoy non. Mais telle sorte de requesle paremploire, proposée si briefvo- 
menl par parolle à Sa Majesté estant princesse telle comme elle est, eust eslé mieulx 
de n'avoir esté faicle ou pour le moins prononcée en meilleure sorte et avecques parolles 
plus courtoises et séantes. Et par ce Sa Majesté apperçoit avoir eslé justement occa- 
sionnée, quant il se trouve au par d'elle de dire ce qu'elle liiy dit de ce que Sa Majesté 
a entendu du vanlemenl qu'il avoit faict avant son accès à Sa Majesté; mais tels dépor- 
lemens ne la peuvent mouvoir à fére aulre responce que la cause requiert. 

20. Sa Majesté ne trœuve faulte en la lettre du Roy; mais toulesfois n'y veoit-elle 
qu'on aye satisfaicl aux plainctes et doléances de ses subjects. 

(Record office, Cal., n' 231.) 



MMCCCLXAXVII. 

M. de Sweveghem au duc d'Elbe (En chiffre). 

(Londres, 16 avbil 1572.) 

Armements du bâtard de Brederode. — Lumey a annoncé la prise de la Briele et a envoyé des vins 
à la reine et à ses conseillers. — Agents des Gueux en Angleterre. — Affaires d'Ecosse. 

En attendant ma responce de la Court, mentionnée en ma dernière du xij" de ce 
mois, m'a samblé convenable luy faire entendre que le Bastard de Brederode a icy 



DES PAYS-BAS ET DE L'ANGLETEFiRE. 38» 

enrollc assés ouverkmenl jusques à cinq cens tic nos réfugiés, dont la moiiié est desjà 
parljc, et les aullres deux cens cinquante attendent quelque provision d'argent pour 
les suyvre el renforcer la Iroiippe du S' de l^iimez '. 

Aucuns (le nos hannis deineiirans icy diinl (|ue ledict de Intimez a adverty par 
leKres la Royne, le conle de Leycestre et le S' Sieel de son cxploict en la Brielle et 
leur fiiict présent de quelqui- quantité de vin de Rhin venant de là. 

Les capitaines Haukins ctWinler dirent hier avoir charge de de«pesclicr ung batteau 
vers le dict l^iimez pour luy annoncer la restitution des ports de ce rovaulme et la 
liberté de s'en servir à toultcs commodiiés. 

Personne de eognoissance cl confidence, parly de la Rochelle le dernier de mars, 
dict que les (rente batteanix mentionnes en mes précédenlcs esliont prests à faire 
voile, dont il y en avoit cincq au port de la Rochelle, de trois à quattre cens tonneaux, 
fort csi|uippés de munitions, vivres et soldats : les autres sont la plus part petits 
balleaulx. Ils publient qu'ils vont aux Indes. Dieu doint, quand ils seront à voile, ils 
ne changent de routle et se joindent aveeq le S' de Lumez ! 

Oiinenche dernier fut au S' de Crocq accordé de poiirsuyvre sort voiaige en Escosse. 
Il estoit aveeq IWmbassadeur de France à Grenwich présent à la délibération de la 
rcsponce que l'on me debvoit faire, et crois que en partye elle se sera faictc par son 
advis, ainsi que ont esté aucunes précédentes, selon qu'ay rescntu. 

Ung .Ichan van Trier, jadis escoutcite de Berchem près .Anvers, servant icy d'espie, 
Iraiela hier longuement aveeq Milorl Bourglcy et le Conle de Leycestre. Aussi fit ung 
Aiilhoine de Wavre, natif d'Anvers, au nom du Prince d'Oranges, comm'il disoi