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PROrESSOR WILLIAM R. ARKOLD
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LES MOTS FRANÇAIS
DÉRIVÉS DE L'ARABE
TOUS DROITS RÉSERVÉS
REMARQUES
SUR LES
MOTS FRANÇAIS
DÉRIVES DE L'ARABE
PAR
HENRI LAMMENS S. J
BEYROUTH
IMPRIMERIE CATHOLIQUE
1890
Ahdover-Haryabd
Theological Dbrary
CAMBRIDGE. MASS.
H 5 5 'H
S"^ e-^J- . 9.S13 c^
PRÉFACE.
* Nous devons au lecteur quelques mots d'explication
sur le but et la méthode de ces Remarques.
Comme le titre l'indique, ce njest pas ici un Glos-
saire étymologique des mots français d'origine ara-
be. Nous n'avons pas voulu refaire ce qui avait été très
bien fait avant nous. Nos prétentions sont plus modestes ;
les voici : appeler l'attention sur quelques étymologies
nouvelles, renforcer les anciennes d'arguments nouveaux,
relever quelques erreurs, enfin soumettre au jugement
bienveillant (jes philologues certaines hypothèses, sim-
ples éléments de problèmes étymologiques, que les éru-
dits parviendront sans doute à élucider pleinement.
Quant à la méthode, nous n^avions qu'à marcher sur
les traces des Engelmann, des Dozy, des Devic Le pre-
mier travail de l'étymologiste, disent ces illustres maîtres,
est de « démontrer 'que le mot arabe; dont il s'agit, a été
employé dans la même acception que son dérivé ro-
man» (i). Pour cela les dictionnaires existants sont d'une
(1) Engelmaim.
VI.
regrettable insuffisance. C'est surtout en arabe qu'il faut
se rappeler que « le dictionnaire est une source, où il est
bon de puiser, mais où il est facile de se noyer. «Et quand
même un lexique arabe fournirait toujours un sens bien
précis, «au lieu de cette surabondance de formes aux
significations vagues et contradictoires,» (i) il ne donne
aucun renseignemenftur Tâge du mot, sur ses acceptions
particulières aux différentes époques et dans les diverses
contrées de langue arabe ; tous renseignements indispen-
sables à qui s'occupe d'étymologie orientale. C'est donc
dans les glossaires spéciaux, dans les écrivains arabes
eux-mêmes qu'il faut aller chercher, et avec ces données
éparses reconstituer, comme on peut, l'histoire d'un mot.
' Aux lexiques, aux auteurs nous nous sommes permis de
joindre les dialectes vulgaires, trop peu explorés jusqu'ici
et avec lesquels un séjour de plusieurs années en Orient
nous a quelque peu familiarisé. Bien souvent cette com-
paraison nous a apporté lumière et secours.
A la suite de Dozy et de M. L. de Eguilaz, nous n'a**
vons pas craint de grossir notre liste de certains mots,
qui né sont plus usités, mais qui l'étaient encore au
siècle dernier, et dont plusieurs ont été accueillis dans le
(1) Marcel Devic.
VII.
Supplément de Littré. Il semble que faisant le relevé des
emprunts faits par le français à la langue arabe, nous
n'avions pas le droit d'exclure ces mots de notre recueil.
Enfin nous avons essayé dans une Introduction d^établir
les changements subis par les lettres arabes en passant
dans le français. Peut-être nous saura-t-on gré de ne pas
nous être laissé arrêter par l'autorité du regretté Mar-
cel Devic, qui croit ce travail « bien difficile et ne pou-
vant, ce semble, conduire, à aucun résultat positif. » (i)
Notre essai serait sans doute moins imparfait, si au
désir de contribuer, dans la mesure de nos forces, à
l'avancement de l'étymologie française, nous avions joint
quelque chose du profond savoir et de la vaste érudition
de nos illustres devanciers.
Université S* Joseph de Beyrouth y
le 8 Décembre 1889.
(1) CeB éléments de phonétique, quoique moins précis que pour Tes-
pagnol, peuvent être utiles à Fétymologiste et au lecteur: à l'étymolo*
giste d'abord, qu^ils empêchent de s'écarter trop loin; au lecteur» qui
aAoepte plus fEicilement une permutation appuyée sur des exemples. Quaxid
on a vu que le ^ est transcrit/ et que l'insertion de r est fréquente dans
loA mots d'origine arabe, on est tout disposé à admettre que fabrègue par
ex. dérive de X
INTRODUCTION.
Changements subis par les lettres arabes
en passant dans le français.
I
CONSONNES (i).
Dans les quelques règles, qui vont suivre, sur les chan-
gements des consonnes arabes, le lecteur remarquera
facilement des analogies frappantes avec les lois phoné-
tiques, qui ont régi la transformation des mots latins en
mots français. Nous en relèverons quelques-unes au pas-
sage. Ainsi les mutations successives, qui ont produit
brodequin et matelas par [ex., s'expliquent naturellement,
quand on sait avec quelle facilité / devient r, et vice versa.
Si nous ne nous abusons , cet accord des règles de la
(1) Notre système de transcription pour les lettres arabes est celui de
PImprimerie Catholique de Beyrouth, excepté pour les lettres suivantes:
il que nous représentons par th, ^ par kh, ^ par gh, j par où et w» Nous
n'appliquons pas non plus notre transcription à certains noms propres très
connus et pour ainsi dire francisés. Nous avertissons aussi que pour les
mots espagnols nous n^avions pas à notre disposition certains signes ortho-
graphiques d^un emploi assez fréquent.
IX.
r
phonétique, pour des mots appartenant à des langues
d'ailleurs si diverses, prouve que ces règles reposent sur
des bases vraiment solides. Nous y trouvonis aussi une
nouvelle justification de Tess^i que nous allons produire.
I (hamzô).
Cette lettre n'est pas rendue dans les mots arabes
ayant passé en français. La raison en est bien sim-
ple: dans le dialecte vulgaire, le hamzé ne se fait pas
sentir. Le peuple dit S^ au lieu de Sly ; L^ au lieu de
U!o- etc. (V. Bâsim le Forgeron. Manuscrit de l'Univer-
sité de S. Joseph à Beyrouth, pass.) Une tendance ana-
logue existe même dans l'arabe classique. Cfr. jL inter-
roger et JU même sens; ^^ et ^^ ^\j (i) ilM* etc.
qu'on écrit et prononce avec ou sans hamzé.
C'est l'application du principe appelé par les philolo-
gues « principe de la moindre action». En arabe il tend
à simplifier [la prononciation de certaines lettres; du
ham:(é il fait un alef, du thâ un M, du dâl un dâl^ etc.
(1) Je vois cette même tendance dans ùUe)«cA>t' ^^* ^^ règles du «JS
ou changement du hamzé n'en sont que Tapplication pratique.
X.
Dans la transcription, ce principe fait omettre des fettres,
comme le 9- et le rpcir ex. ; ou remplace par d'autres sons
certaines lettres, dont rémission est trop pénible etc.
Le ^ initial reste b : burnos, baldaquin. Assez souvent
il est transcrit/? (i):papegai, patagon, pataque, pastèque.
Il est devenu m dans marmite, mérinjane, (Comp.û'-^
et fjL^ formes de >\jm ) ; et v dans vérin»
Le ^ médiat reste habituellement b : chebec^ abricot,
habzéli, IJ devient aussi v : javari, alvarde , avicenniée,
civette, mdx^MxtQ [vieux franç.)\ ou p: roupie, ripopée,
épicerie, épinard etc.
Le ^ Jinal est transcrit b : ardeb ( mesure, de k^^J
arrfa^), nabab; ou p: sirop, ripopée, chaloupe. Il est
devenu n dans alcaron (changement fréquent dans les
mots espagnols dérivés de Tarabe); v dans alcôve ^ a-
dive; g dans carouge. ( Voy. ce mot).
(1) Schelev ( Dict. étymol. art. papegai) prétaod qae «le b arabe ne
devient jamais p en roman.» Dozy et Eguilaz sont d^un autre avis.
XI.
Cette lettre éprouve peu de variations : au commence-
ment et au milieu^ elle est transcrite par t : tarif, térénia-
bin, turbith. Dans carquois elle aurait permuté avec c.
A la^n on la rend aussi par th : alancabuth.
Exception : cara/wows^a/ où Cj est devenu /; mais on
trouve aussi caramoussat. ( Voy. ce mot. )
Le ta mar bouta (signe d'unité ou du féminin) a dans
la langue vulgaire la valeur d'un ê et quelquefois d'un a
( surtout en Egypte ). Il est rendu de même en français :
éfehné: café, atlé, validé, vilayet (i), zilcadé.
a : curcuma, chachia, almagra.
Vé fermé quelquefois s'adoucit en e muet^ comme dans
calife, matamore ; d'autres fois le ta est omis, ex : ca-
phar (2). Dans ^owmfe (chapitre du Coran, de(j)Sjj^)
au contraire il est par trop mis en évidence.
(1) Le t final est censé représenter le pai* lequel les Turcs rempla-
cent le ta marho(Ua\ quelquefois ce dernier est transcrit eh : zaptieh.
(2) De ôjMi- (^oy* Ousâma Ibn Monqid. Edit. Hart. Dérenbourg p. 59
et Ibn Hauqal. p. 18).
(3) Et non « verset du Coran», distraction échappée à Devic. Voltaire a
dit «le sura »; la suppression du t est logique, mais non pas le masculin.
Il fallait dire avec Trévoux a sura ou sure^ s. f. »
XII.
I<
Cette lettre, prononcée par le peuple Cj /, rarement ^
s {i), est rendue de même : thuban, atlé, métel, ataur (cons-
stellation, de jjîll aM-Maar, le taureau), bagasse. Comp.
>
pour l'arabe écrit : dy et ^jT j c>jêl et^j^l etc.
Exception: aludel^ ou ^ est devenu d. On aura dit
d'abord alutel ; de JfîVl al-outhâly même sens. « Les alu-
dels sont des pots sans fin, joints ensemble dont on se sert
en chymie. » (Nicol. L'Emery). Mais jamais le ^
n'est rendu par gy comme le voudrait Dozy. Ni en
espagnol, ni en fî:'ançais on ne connaît un seul exemple
de cette transcription ( V. Girbe).
(1) Comparez Ottoman, nom de peuple; Ottomane, grand siège sans
dossier; Osmanieh, décoration turque. Tous ces mots dérivent de oûi^
^Gthmàn, fondateur de la dynastie des Ottomans, On lit ^ taub, habit, au
plui*. u^ atiâb, dans l'Histoire de Hahqâr le philosophe, visir de Sanhârtb,
(Manuscrit de TUniversité S. Joseph.) Cette histoire ou plutôt ce conte
dans le gem*e des 1001 Nuits est en dialecte syrien. I/inspiration est
évidemment chi*étiezme et probablement libanaise.
XIII.
c
Au commencement du mot, cette lettre (i) est rendue
par g (doux) : genette, gerboise; / : jambette, jarre, javarî,
jonque; ûîy: djérid, djinn. Cette dernière transcription a
lieu surtout dans les mots, qui ont 'passé en français sans
modification sensible. Comparez encore: hadji, redjeb;
jj: zédoaire, zinzolin, zerda (2). Dans les historiens de
la croisade le nom de la ville de Gebail C . l1>. ) devient
Cm**
Zebaris, Zebariy Zebar.
Le ^médial devient g (doux): almargen, bougie,
dame-jeanne ; g ( dur ) : narghilé , degré ; :{ : azamoglan.
(V. ce mot. ) arzel (j); j' dans mosquée.
(1) On sait que le ^ gtm est prononcé ghim au Caire et dans la Basse-
Egypte. Au rapport de Moqaddasî, à Aden (cTop) onfeisait du ^ un iï kâf:
<<cPj à^Jj ^j *r^J ùjij3^ ^^j0i^^ ù>«?l^J» (p. 66. 1. 13). Un autre ma-
nuscrit dit j qâf, au lieu de iï . fl paraîtrait que le Prophète lui-même au-
rait quelquefois donné au ^ la valeui» du â - (Ibid. ).
(2) ^ et j js permutent dans le vulgaii*e encore plus que dans Tarabe
écrit. Dans sa remarquable Etude sur le dialecte de Damas, Mgr. David
donne plusieurs exepaples de ce changement. ( V. p* 12 ).
(3) Comp. encore azar nom que les alchimistes donnaient à la pierre; de
hagar, pierre. Item azazeze de ^\^J\ •
XIV.
Le ^final devient g : auge, barge, asangue, constel-
lation de la Lyre ( de f^\ as-sa/zg, la lyre ) ; plus rare-
ment ch {\) ei c: bardache, doronic, (le Minhâg écrit
^Jj^) belléric, emblic, cétérac (2).
Cette aspiration, ou plutôt cette expiration tr s forte,
est le plus souvent omise : Alep, assassin, alcool (j) autre-
fois alcoholj matelas. Quand on veut la rendre, on se sert
habituellement de h: habzeli, helbe, houka, fomalhaut,
moharrem , fellah ; quelquefois de / ( à l'imitation des Es-
pagnols ) : fabrègue ( V. ce mot), alquifoux ; plus rarement
dec,q: câble, raquette, mistic, écrit aussi mistique; dech:
(1) Comparez chaloupe; zio^ baqcha et :^ baqga: ^k\^ &t^x*,:lpj
wachch pour t^j wagh, visage. Bâsim (texte égypt. ) a toujours"'^ |j^j
leur visage, pour ^.44^^ » contraction bien naturelle.
(2) Plante qu'on nomme aussi daurade; de x-jK*- chttarag, « cresson,
ou passerage à larges feuilles; dentelaire de Ceylan». ( Sanguinetti ). Ce
mot assez mal expliqué pai* Freytag désigne un remède et une plante.
(V. notre manuscrit du Minhdg dlbn Oazla)- D y a aussi iJf^ki, ckatrak,
(Devic) que je n^ai pu retrouver dans nos manuscrits.
(3) De j9«$Ql al-^ohl, poudre d^antimoine. «Du noir à noircir, qu^ils
appellent kool et qui est fort estimé pai-ce qu^on s^en sert pour noircir les
yeux et les sourcils. » ( Letti*es édifiantes. I. 602. ) D'après le Dictionnaire
de Trévoux Talcool s*dBt dit aussi d'une poudre très subtile et presque
impalpable. ( Voy. aussi Pharmacopée Universdle par Nie. L'Emery ).
XV.
malechj maleck^ noms donnés par les alchimistes au sel,
( de ^ miR\ , même sens)^ kochlani ( race chevaline de
l'Arabie), de à'^ kahlânî. ou Aohlânî.Y. Dozy. Supplém.
Le f initial est rendu habituellement par khy kj c, ck
(dur) : khan, khandjar, ketmie, khazine, calaf, calife, ca-
roube, chaleC cheiranthe ; quelquefois par g : gala, galan-
ga(i);parA, dans quelques mots très rares venus par
l'intermédiaire du turc, comme hatti-chérif, et han, va-
riante orthographique de khan. Ajoutez mohatraj contrat
usuraire , de l'arabe SjLlî^ mokhâiara , chance , risque ,
danger.
Khâ médial devient Cj k^q - camocan, moka, molequin,
nuque; /"(changement fréquent en espagnol): alfange,
fanfaron ; g : bagasse, magasin, estragon; cA dans Achernar
Khâ final devient ck^ kh^ q : lebbeck, cheikh, rock^
pastèque,
, - ,1,1 ■ ■ . . - ■ ■ ^_^.^,^
(1) V. Dozj. Glossaire des mots esjxignols dérivés de Varahe p. 13.
XVI.
Cette lettre est assez constante, et se rend habituelle-
ment par d au commencement et au milieu des mots,
rarement par /, comme dans targe, tartre. A la Jin elle
est rendue par d, t,Cjq: alphard, caïd, nébulasit, kalbéla-
sit, mulâtre, baldaquin, turbith,,luth(i), zibeth.
«
3
Cette lettre, qui correspond exactement au d des Grecs
modernes (2), Qst prononcée par le peuple rf, plus rarement
(1) De ù>yi\ aWoûd, même sens: / initial est un reste de Tarticle arabe,
qui s'est soudé au substantif. Comp. lierre ( du lat. hedera ) autrefois Vierre
et Vhierre. Dans les mots d'origine latine d devient aussi t : Comp. dont
{deunde ), souvent {subinde ) etc.
(2) Dans les mots qu'ils ont empruntés aux Grecs, les Arabes rempla*
cent le S tantôt par ^ tantôt par h • L'examen des formes les plus ancien-
nes, celles des poètes antéislamiques , est plutôt favorable à la première
prononciation. Ex: j^ dlffi^oçy a^JÛ> ^ovd^ç, 3jA C^- fonde), ^^\3
Mxdoç, J^JBj (TiKXQaydog • Plus tard c'est le h qui 'domine: ïl5iV,:$ji?^
Mvydopla* Al-Biroûnî écrit o'»\i ©t û^tt {^alÔcov)' Appliqué à d'autres
lettres, ce travail de comparaison pourrait jeter quelque lumière sur la
question si controversée de la prononciation grecque.
XVII,
;f(i), subit en français les mêmes transformations: i,
Lataquié, (i^SV) prononcé en Syrie Lâdequié, adive,
dénab, jarde, bédégar, barde, doura (2); jf , muezzin, zufa-
gar (épée d'Ali; de jUilljS àoû'lfaqâr).
Exception : avives.
Cette remarquable uniformité dans la transcription
française (}), employant constamment, à part deux ex-
ceptions (4), le d comme équivalent du 3 peut servir à
fixer un détail de phonétique arabe. La prononciation dâl
est ancienne (Voy. au moi Dénab. ) Il est probable qu'elle
a été longtemps la seule en Syrie, en Afrique et en Es-
(1) Par ex: ^IjT menteur. Le Syrien prononcera kaddâb. Dans le texte
égyptien de Bâsin le Forgeron ce mot est de même écrit otjT kaddâb.
Mais dès que le grand-juge parle^ orthographe et prononciation se relèvent
et oïSif devient ^^\3S' (V. Tédition duC.de Landberg. p. 31). Même
dans la langue écrite le ^ et le d s^écrivent Tun pour l'autre. Où*. ^SL. et
, ^dUt4Pd^. et spj»^, dtjuj et SiJu{ . Ousâma ibn Monqid, comme VAghânt, écrit
^ilJUi.; ôjj^b et i.jjiit , joj et SjJ; jJU et JLJb etc. {Man, de l'Université).
(2) Dans une insciiption couâque de Pan 155 de Phégire (771 ap.
J. C. ) M Clermont-Ganneau lit :0x> « minaret, avec un ^ dâl. Rien n'em-
pêche de lire avecd* le coufique omettant les points diacritiques. Dans la
même inscription le savant épigraphiste relève l'expression «>>^1 J».
L'emploi de Varticle n'a ici, croyons-nous, rien de fort extraordinaire, j^y^t
étant un adjectif; comme s'il y avait : ^^\ ^,^1 j. {Jour. Asiat. Avril.
1 887. p, 485 ). Dans ùI^JCJI ^1:5' (manus.) je lis 1 ^^\ J et ^>ll^^.
(3) Ou plutôt romane. M. de Eguilaz, pour prouver que le ^ est ren-
du 2, cite mézeréon; l'exemple ne prouve pas, car il y a aussi la foime
ùj&jjU bien plus connue; nos manusciits n'en connaissent pas d'autre.
(4) D'importation moderne. Au mot miiezzin Littré rwivoye à mouez-
zin, où le lecteur est de nouveau relancé à muezzin, sans aucune autre
explication. Inutile donc d'y chercher l'historique du mot.
xvin.
pagne. Les mots où le JlS est prononcé jf auront passé
de la lecture ou de la bouche des Turcs dans le langage
populaire. Un simple coup d'œil les fait aisément recon-
naître: JjSj» prononcé Jj3j», 'i' (si) û^l (permission)
^3 (gras, substantif) et quelques autres.
Au commencement des mots, r est constant : réalgar,
raïa, rebec (i).
Médiat et final il permute souvent avec / : calebasse,
matelas, curcuma et culcuma, sensal, fanal, azérole, cara-
col, etc. ; avec n, dans anafin ( de ^1 an-naftr^ trom-
pette ). La permutation de /, r, /z, a également lieu en
arabe. Par ex. : j^kL et j^^U ^ oy-}> et oj^ , <l^t et
djlSCjI ^ J^ et oWj* (V. Argan.) jlSo et JlsCâ etc. (2)
Nos manuscrits n*ont que jls^ •
(1) M. Donc tire gâche de %Yj razza, gâche. Cette étymologie nous est
suspecte. Ce serait Tunique exemple de j trascrit g, « Cet r accidentelle-
ment grasseyé (?) a été confondu avec un rh ( gaine ) ». On veiTa à la let-
tre ^ pourquoi nous ne pouvons admettre cette argumentation, d^aillem^s
très hypothétique, de notre illustre devancier.
(2) Comparez l'arabe moderne qui de jj^ a fait Jji^^ vent chaud,
scirocco; J^ peut-être, (turc) et ^Oj . Le premier seul est employé en
XIX.
Quelques remarques sur la phonologie de cette let-
tre : 3 et ^j- permutent souvent (i) ; 3 permute aussi
avec j» ; ainsi le dialecte vulgaire dira j£^ \aghXr au
lieu de jii^ %cighXr^ petit ; et il y a bien longtemps qu'on
a relevé la leçon yj \ciqr^ au lieu de ju^ saqr. (V. Sacre.)
*^
j^h pour ^jdUj ♦
Au commencement le 3 est rendu par jf : Zilcadé, zéen,
zagaie; g^ j : girafFe, genette, jargon^ jubis; (2) s : smala,
satin^ safran, sambac. séide. Au milieu par ;f et ^ : azérole,
azédarach, lisme, assogue, kasdir ( alchimie, de jyj
qasdîr^ étain).
A X^fin par jf, Sy (z) : raze, alcarraza, buse, frise, cafis,
habbaziz, écrit aussi habbelassis, alkermès (j), cramoisi.
• Syrie. Le franc, pèlerin de peregrinus, avtel de altare, crible de cribrum.
Le latin intelligo pour interlego. En latin les désinences aris, alis, iden-
tiques de sens : aris s^igoutait au radical, qui contient 1 ; eonsularis,
mais moHalis,
(1) Proverbes arabes de Syrie : Section de Saïda; par M. le Comte C, de
Landberg. p. 854, Cfr. ^^ et jj^ et Voy, sarbacane,
(2) Comp. jaloux de zelosas.
(3) «Liqueur de table fort agréable» (Bouillet); de jV^I .a/-^t>mû^
même sens. Cramoisi et Carmin viennent également de ^j/»jï qirmizt,
adjectif de j^js • L^ital. carmesino^ cremisi, et le franc, popukui^e kermoisi
aident à âûre comprendre les transformations.
XX,
En résumé, deux lettres sei:{ servent à la transcription
du ^ arabe, quelque part qu'il tombe : sultan, séné,
zénith, (i) mascarade, mesquin, nizeré, azimuth, ribes,
cavas, terfez, fèz, (2) (coiffure ainsi appelée de la ville de
Fez, ^jJi fâs ). Cid est une orthographe castillane.
Exception : gamache^ où le ^ est devenu ch. Quelque-
fois dans le Liban on rencontre des personnes, qui substi-
tuent facilement le J- au ^^ . C'est là un Syriacisme dont
on trouve des traces dans les auteurs. La substitution
contraire est plus fréquente. Ainsi « lorsque la lettre J-
vient avant un ^ dans un même mot, elle est changée en
un autre ^ , au moins par les femmes, qui disent,
par ex. : ^ pour ^ soleil ; ^\^ pour ^\jt , colle
de farine. » ( Etude sur le dialecte de Damas ; par Mgr.
David, p. 1 2.)Et même, hors ce cas particulier, le vulgaire
dira souvent j^ au lieu de j^ etc.
(l)^De c*i— simt, voie, chemin, et chez les astronomes zénith, (V. Dé-
vie). Azimuth est ^ même mot augmenté de Tarticle. Il est curieux de
constater que le français a traité le latin semita (d^où sentier et le vieux
mot sente) de la même manière que cuUs, changeant m en n. L^arabe c-\ -^
ne serait -il pas le lat. semita ?
(2) Le terme militaire féci,phéci (képi) est l'adject. %*tt» de Fez. —
Dans une vieille version latine du Coran Zj^] est rendu par azoara.
«
XXI.
Pour rendre cette lettre on emploie, au commencement
des mots, cA:chachia, chérif, chebec ; ^ : sirop, sorbet, sé-
cacul, sarrasin, sirosco. Comp. iJ» baisa et llL ba\cha\
leMinhâg écrit J^ et -^ , J^L. , à côté de. JîCi
JStlii» et JJUll. Nos autres manuscrits gardent le J» dans
ce dernier mot.
Au milieu on rend par ch: échecs, pacha ; ^ : usnée,
assassin (i), lascar ;x {k l'imitation des Espagnols) : axir*
nach, tabaxir, taraxacon; chez les Alchimistes Tarabe
j^LUll (2) an-nochâdîr ou an-nochâdir ( Moqaddasî ) est
transcrit: almisadre, amizadir, anoxadir, mixadir etc. (3)
A la fin on emploie ch : tarbouche, patache, bargache ;
quelquefois ^ : balais ( rubis ) .
(1) De *^U». . La double permutation du Jt en « n*a rien d^anormal.
Nous n^avona contre cette dérivation qu^une difficulté. Moqaddasî, Istakhrî
etc. qui parlent si souvent des terribles Bathéoiens ne connaissent pas
l'appellation de kachdcht. Il en est de même des écrivains arabes de la col-
lection des Historiens des Croisades, contemporains pourtant des£ûts qu'ils
racontent. L'émir Ousàma ibn Monqid, vivant à côté des Ismaïliens, ne les
désigne que sous les noms de :u^\^^\ ou Zgj^[i» Ceux qui veulent que le
terme ait été apporté en Europe par les Croisés, comment expliquent-ils
le silence de ces auteurs ? Avicenne dans un célèbre passage, cité par
Defrémery, où sont pa^sés en revue tous les «^ de ces sectaires, ne parle
pas plus de "^M^ ni de ^*jUl> *
(2) Sel ammoniac. Le Minhdg (man. dt.) écrit jdt&jj.
(3) Voyez le Dictionnaire étymologique des mots d'origine orientale;
par M. Devic. p. 3. N* 20.
xxir.
Le j9 initial devient presque toujours ^ (i): sacre,
safre, sandal, soda. Il devient jf dans zédaron, zéro;
alezan (?). Sahara^ nom du désert africain s'écrivait ancien-
nement Zaara; c dans cendal. Quant à chiffre (de Jl^^
vide), on écrivait autrefois ciffre^ c/fre.
Le j9 médial devient y, c: récif, aumusse,casba; :{:
alizari, mozette, zain (?).
Le j9 final reste ^ : abuburs ; dans albara^ il est omis.
Cette lettre est habituellement transcrite par d : dey
dubb, madrague, aidée, cadie, alidade, bayad (2). Dans
abity blanc de céruse ( chimie }, de J^Ul aN?a/â4i blan-
( I ) En arabe môme la permutation du ^ avec le ^ est tellement fré-
quente qu^il est inutile d^en donner des exemples. Au dii'e de Moqaddasi.
toute ville, dans le nom de laquelle entre un j#, ne renferme que des sots, et
s'il y en a deux, c'est encore pire : ça^t oii lr^\ VI j^ «Uli ^L^ «^^ ai{ JT
Àk Sjmâ «f^v^j I^Mfllt Ji^ ùl^Ltf • (3^* !• 10). Un autre manuscrit ^oute
(2) Poisson du Nil, de c^LJi al-baydd, littér. la blancheur.
XXIII.
cheur (i) le 4 final a été modifié en t par la prononciation.
Narducci doit admettre une semblable permutation dans
marmittay qu'il dérive de Js^y marmidj locus ubi assan-
tur carnes; rapprochement ingénieux.
Sous rinfluence persane et turque le J^ devient quel-
quefois :{ : zaptié, azerbe, Ramazjan (2).
Le id initial etjinal est rendu par t : tambour, talisman,
tasse, timbale, berbeth, marabout.
Médiat par /, tk : pastèque, patache, carthame, Naba-
théen; par j^ et d (3) dans bazane, Soudan, (de JàaL»
sotiân, maître, roi.)
(1) Cîr. Dozy: Supplément aux dictionnaires arabes; œun'e d'une érudi-
tion immense, mais pour lequel le besoin d'un supplément se fait d^à sentir.
Car à mesure que de nouveaux textes arabes sont publiés, le champ de la
lexicographie s'étend. Aussi, à la suite d'orientalistes éminents, souhaitons-
nous de voir enfin commencer «un dictionnaire arabe rédigé non plus
comme une compilation extraite des lexiques indigènes, mais comme un
vaste répertoire de la littérature, après un dépouillement exact et rigou-
reux des autem*s». (Bari. Dérenbourg.) Pom*quoi ne pas essayer dans nos
lexiques arabéd de marquer l'âge au moins approximatif des mots ¥ comme
Chassang l'a feût pour son Dictionnaire grec, simple manuel classique.
(2) Dans Bdsim on lit iifj^ ôjfi « au lieu de ^^j^^hj» Je rencontre l'ex-
pression ^jJbu* UL^ dans un de nos manuscrits clurétiens.
(3) Transcriptions fréquentes en Espagnol.
XXIV.
]i
Cette lettre est toujours transcrite par d: alhandal,
azerbe, nadir (dejvl» /laz/r, opposé k, en face de...) Dans
la bouche du peuple le Jia la valeur d'un Jb (i), rare-
ment d'un j , jfam, un peu grossi. Cette dernière pronon-
ciation est celle des Turcs. ( Voy. Proverbes arabes de
S/riej par le comte de Landberg. p.' 407.) De là, nizam.
L
Le ^'am n'a pas d'équivalent en français. C'est une
articulation de l'intérieur de la gorge, propre aux langues
sémitiques et répugnant à un gosier européen. En turc le
son de cette lettre est à peine sensible. D'après M. le
comte C. de Landberg, le f- final serait également très
faible en Syrie. Cette remarque est juste pour ce qui
-— — ..--...-■■-.-■-..-. ■ - - , , • . . 1 . .1 -
(I) V. Youssouf. Dictionnaire Turc-Français. Introduction.-M. le Comte
C. de Landberg dans le manoscrit de Bâsim le forgeron a noté %j,b> an
lien de Sjk> • Le mannscrit de TUniTersité S. Joseph de Beyrouth a
partout la dernière leçon. Mais les exemples de cette prononciation ne
manquent pas : «j;^.a> , jj^ (lunette) , jai^ , au lieu de ij^ , jjà\i Dans
la rédaction égyptienne de Bdsim on trouve encore j4^,îjl.& , ^...ap etc..
pour j4fc,îjL&, Jâp . Le manuscrit de Haîqâr le Philosophe a ja^ (Jà-t) j^iL&l ,
Jt pour JU\ etc.; et celui de Minhâg acMokkân j^h:^ pour j^>i ,
XXV.
/
(
regarde les citadins; mais quoique adouci, le f- ne disparaît
pas, même chez ces derniers. Cette lettre permute quel-
quefois avec l^alef { Proverb. Arab. 82 et 407. ) et
aussi avec le r- \iâ, en Syrie (i) et surtout en Egypte.
(V. Contes de Spitta-Bey ). Serait-ce à cette particularité
que nous devons l'orthographe de alhidade (2), alhaiot,
mahonne, alhabor (j), où l'on a tenté de rendre 9 par h ?
Dans camard nous soupçonnons que f- final est devenu r.
Rapprochez de cela la malencontreuse méprise, dont il
est parlé dans Mas^oûdî. Un lettré, ou même un visir, si j'ai
bonne mémoire, invitant quelqu'un à s'assoir lui dit ii»;oï
odrot, au lieu de Juïl oq^od. Les deux lettres auraient donc
dans^ la prononciation certains points de contact. M. CL.
Huart cite la forme Sjyb employée àNabk,aulieu de Sjy.t •
La confusion entre le f- et le J s'explique, surtout avec
la valeur syrienne, attribuée à cette dernière lettre.
(1) Ainsi les enfants et surtout les femlhes diront ^^ mahom, au lieu
de ^^^ ma^hom, avec eux. D'après Mgr. David, le savant archevêque
syrien de Damas, «lorsque le 2^ vient après un ^ quiescent ces deux lettres
sont changées à Damas sans la prononciation en ^». Ainsi (4««^ , i^^bji sont
prononcées smahhâ et thîhhâ. Le changement de ^ en ^ se remarque encore
dans ;^ pour }li\ , vois ! Le Turc a iXS^ pour j^.
(2) Y. Dictionnaire de Trévoux; le mot s'écrit plus communément
sans h.
(3) « L'étoile Sirius, appelée jjy^JI ^Sj>^^ ach-chi^ra al-^aboûr, sirius pas-
sant, » (Devic) ou simplement al-^aboûr. ( 'Abdurrahmàn as-sûfî p. 220 ).
XXVI.
L
Cette lettre est toujours rendue parg^, gh{i): goule,
garbin, ghazel, almagra, papegai, fagarier. La seule
exception à cette règle est ra:{ia, mot très moder-
ne, importé de T Algérie. En Espagnol, il est également
impossible d'apporter un seul exemple où le ç- soit tran-
scrit r. JSorc^g-w/, allégué par M' Léop.deEguilaz, ne prouve
pas ; r est là à la place de / et non de f- (Voy. Brodequin
p. 57),M. Devic lui-même constate^le fait; et pourtant
ce savant est pour l'identification de r grasseyé avec le
^(V. Dict. étymolog. Mortaise^ note.) Le principe de
phonétique générale, « les ordres de lettres ne permutent
point entr'eux » ( Brachet. XCIII ) est vrai aussi pour le
ghaîn arabe.
(1) Qui est la transciiption la plus approchante. (Y. la note de la p. 121 ).
C^était Varna de nos aïeux; et sur ce point toutes les langues romanes sont
d^accord. Nous ne comprenons donc pas pourquoi on a proposé de donner
à cette gutturale par excellence la valeur d'un r grasseyé. Le yaiiiia
des Grecs la rendrait parfaitement. Aussi les Arabes mettaient-ils habi-
tuellement un ^ à la place de la lettre grecque : ^ u. fe i Augustus; ^^^V«;a>
imypiiTijÇy u^jjt^^ Ut^ayôqag etc. Réciproquement les Maui*es d^Ëspa-
gnes remplaçaient g par ^ et ils écrivaient Uja hantghd pour Tesp. hanega.
(V. Fanègue; et Dozy. Supplément), Dans la Haute-Egypte le ^ est
prononcé ghim. Les Arabes modernes transcrivent dé même notre g par
XXVII.
Cette lettre est rendue par /, ph : fagarîer (i), felouque,
muphti, sofa, caphar, alphard, chérif, récif. Le fâ devient
p : dans paturon, et pénides; h dans hardes, haras
( V. ces mots ) ; b dans cabas (?).
La prononciation de cette lettre varie beaucoup dans
les pays de langue arabe.
Dans les villes de Syrie^» dans quelques districts de
la Mésopotamie et dans certaines parties du Liban,
cette lettre se confond avec le ham:{é (2). Les Bédouins
et les paysans de la Palestine donnent au J la valeur d'un
(1) De s^ti. Le Minhdg d%n "Oazla (manasc. déjà cité) indique claire-
ment la proirenance du fâghara : x^\ «lUu» ^ j^ (V* Fagarier). Voici la
cmieuse remarque da Juif Aboû Monà dans le c»tfjJt 9rU> * ^ U^'^ «^^ ^lV^
(man. déjà cit.)
(2) «Le j permute a^ec le Jt» dit M. le Comte de Laiidbei*g, qui die
à Tappui TexprasBion KesTouanienne ^S jS ^ au lieu de 'A 'Ji ^.
{Prov. 73. et 425). Il est très vrai que le gens du Kesrouan aifectioni^eot
ûs désinences en ch. Mais le JL me parait ici aimpIexQent parasite et non
pas mis à la place du J .
XXVIII.
m w
f_; comme 3' jp-au lieu de 3* jï (i )• Au Maroc ( et il en était
de même chez les Arabes d'Espagne ) le fJ et le J ne se
distinguent presque pas. Dans la Haute^Egypte, à Bag-
gdad (2) le J devient ghîm ; chez les nomades de Méso-
tamie tantôt fJ , tantôt j^. La Basse-Egypte garde la pro-
nonciation syrienne.
De là : Deux manières de rendre cette lettre en fran-
çais ; par le son k et par le son g (dur).
i^ son )t : k, c, ch, q : café, alicate, bondic, kibla, caki-
le, quinta,l, axirnach.
2^ par le son g (gue) : gabelle, goum, guider, bagage
targe, assogue, fanègue.
Exceptions :é^orajr(j); dans sarrasinle J est devenu jf.
Dans quelques mots le J n'est pas rendu : fonde, abri-
coty de (jjtji) , al-berqoûq^ prononcé à la Syrienne al-ber^
qoù (Voy. abricot).
Cette lettre est constante; on la transcrit par k, khj Cj
chj q, où le même son persiste toujours.
(1) Y. Ibn Kamâl Bâcha : «^dlj >i^l J«i^ J» «^Odl p. 31. (Leiden).
(2) Quelquefois aussi il y est assimilé au ^ gim. M' Jeannier cite ^ Ji
qartb prononcé wi^;>i3 marmite, prononcé jO^.
(3) Esp. borrax, de Jj^. Cfr. Minhâg d'Ibn "Ga^la à l'article ^jy
(manus. cit.) ojj^ ,j^ *> ^jV» .
XXIX.
Au commencement par k^ c, ch : kazine, cubèbe, ché-
bule(i), (myrobolan, de '^\r kâboU).
Au milieu par k^ c, q, ch: alkékenge, escafe, sequin,
alchimie.
A la//i par ch^ c, q : azimech, mosch, chébec, toutena-
que, écrit aussi toutenague (2).
Le ch de chébule serait-il un reste d'une ancienne
prononciation signalée déjà par Mas'oûdî, qui consiste
à donner au kâf la valeur d'un chîn ^ Cette prononciation
persiste encore à Bagdad, (3) chez les Bédouins de
Syrie et en Palestine. M. Cl. Huart en donne l'exeniple
suivant : ^c-^^^b ^j-^' (S^y. qui devient : biddî djennès
wabegîb cherâsî. (Notes prises pendant un voyage en
Syrie. Journ. Asiat.. 1879. Janv. p. 129).
(1) Nos manuBcrits disent -i^iT «giLUI , myrobolan kâbolî, ou j^iT tout
court r « oIsJULi)! J^l J^^^ ^^ ^^ ^^ manuscrit de Soyoûtî. C^est donc
probablement un adjectif de j^iT KdboU "ville produisant du myi^obolan.
( V. Yaqoût. IV, 221.) L'«tymologie est suggérée par Trévoux.
(2) Pour ce dernier mot comp. le latin negotium ( de nec otium ), negli-
go ( de nec lego ) etc.
(3) Lettre de M' Jeannîer, chancelier du consulat de France à Bagdad,
p. 342. Journ^ AsiaU OcU 1888.
XXX.
Les permutations s^opérant habituellement entre les
consonnes de même organe, J permutera avec les liqui-
des, surtout avec ^ et û*
J initial est constant: limon, lebbeck.
J médiat se rend également par / : mamelouck, maha-
leb, gala^ olinde^
Souvent J médial permute avec r, rarement avec n :
Javari, brodequin, belléric (i). Comp. oi^ (leçon de nos
manusc) et û>^î ^Sjl et ùjf^\ ; (^JLdLl et c^jG^*
J final reste / : marfil, ghazel. Il permute aussi avec
r(2) et /i:albor, (terme d'Alchimie, de J^l al-baûl), Gebaïl
(ville ) écrit aussi Zebar^ varan, aufin. Comp. ^ fingân
(1) Oa belliric, soi*te de myrobolan, de Parabe-persan ipXAi balilag, môme
senB. Le belléric est mentionné presque toujom*B avec Tembâque dans nos
manuscrits. « 1> ju^i ij\ ^ i^s\ ^ ^\ wo3 <?tUUI » [Minkdg al-bayân).
Comp. aussi Mosserins», comme on appelait souvent les marchands de Mos-
Boul, dans les prindpautés franques d^Orîent. Le môme changement
s'observe encore à Bagdad où Ton dit qounsour pour qounsoul, consuls
ingrezi pour inglezij anglais; zîndjil au lieu de zindjir, chaîne. Y. Lettre
de AT Jeannier, Chancelier du consulat de France à Bagdad. Journ. AsiaL
Octobre 1888.
(2) Comp. JiSCs tinkdî ou j6C5 tinkâri d'où le français Tincal, borax
brut, écrit aussi Tinkal et Tinkar : ««^i)i jiUJyijCodt» {Mtnhdg d*Ibn
'Gazla). ((i4ih? c^ fJù ùU-VI H ^ \'»\ jlîiCiîl» {SoyoûtU manus.)
XXXI.
' -i-^l»^i»^^—i I »—— ^_«._^^,^_^ » I I I II II 111^
écrit aussi J\^ J^gàl, et ^ malîh, bien, beau ; souvent
prononcé par le vulgaire ^ manîh.
J se contracte, surtout quand il est final: aufe (i), al-
quifoux,foUj (pièce du jeu d'échecs); de JJill al-fil l'élé-
phant (2). Le vieux français disait encore auphin, aufin,
auffin et dauphin^ syncopes de al-fiU
f
Cette lettre est rendue par m dans les trois positions
qu'elle peut occuper : macabre, momie, matamore, sélam,
doum etc.
Au milieu et surtout à la fin du mot elle permute souvent
avec n (5) : Zénith, albotin, mousselin, mousson, semoun,
(1) Oa alfa; espèce de jonc ; de uu halfâ ou uU, jonc.
(2) «La pièce en question a chez le Orientaux la âgui*e d^un éléphant.
On a dû dire fil^ puis fol, par assimilation avec le fou ou bouffon du roi,
le peuple ayant une tendance naturelle a altérer les mots trangers pour
leur donner une apparence de signification dans sa propre langue. » Devic.
Nous donnons plus loin un exemple de ce procédé aux mots Berbeth, Al^
chimélech. Typhon^ Epinard etc. L'arabe Uf>U altéré en :Çî^ en est une
autre preuve. V. Molequin.
(3) Dans • le prononciation vulgai^^e de Syrie le ^ des pronoms pluriels
^yaJCA on j^ se change invariablement en o* Ainsi on dira ^^),^4s^i
akalton, ^alaîhon au lieu de ^^^ , '^\ , akaltonij ^alaîkom, J'^Ot' pour
^^JJ^Cfe, pluriel vulgaire de J5p, esprit. Comparez encore «iJLijet ^UJ, tabac
pour le narghilé, uji pom* uî' '-> ®* ^® classique ^^ — ^^ . V. The Tweniy-'
First volume cfthe kitâh al-Aghânt Edit. R. Briinnow. p. 65. 1. 23. ùjjT,
ccjjjT parallalèlement à j.jj' et ^jj/*. «
XXXII.
zaccon, sélan. Cette permutation est trop fréquente
dans les langues romanes pour qu'il soit nécessaire
d'insister. En Espagnol le m initial peut devenir b : bodo-^
jen, deû;a:u ; baraça de ^j^* Le vieux français a égale-
ment Baphomet pour Mahomet. ( Voy. lettre uj ) .
Cette lettre est ordinairement rendue par/i: nabab,
cancan, nénufar (i), magazin. La règle est absolue pour
initial (2)MédialetJinal il permute avec /: gengéli (de oi)^
forme classique) miramolin, galangal (vieille forme de ga-
langa) ; avecm : sumbul, ambre, mousson. «La langue portu-
(1) Ce mot est écrit tantôt ^yj tantôt ^luU dans nos meilleurs lùanu-
scrits. Le Minhâg d'Ibnîra'zla et le Minhâg ad-dokkân n^emplolent guère
que la première forme. Le livre des Merveilles de Damas (manusc.) écrit
habituellement jky^ ; ce qui ne Tempéche pas de citer plus de dix passages
poétiques, où le mot est orthographié j^jU . C'est là sans doute un dé ces
cas de métathèse, que Ton rencontre souvent. A moins que Ton ne préfère
y voir la permutation non moins fréquente de lâm et de noûn»
(2) Excepté dans orange, où o n*&Rt pas rendu. Dans les manuscrits
arabes on rencontre souvent ^^ et Zj^ au lieu de ^ et z^ • Comp.
le û*. aller de adnare. En grec aussi p s^assimile à X : avXXêyœ de avp^Xéyù)
etc.
XXXIII.
gaise a horreur de n (i) et évite l'usage de cette lettre.»
( Dozy ). Comme exemple de la permutation de û et de
J, l'arabe vulgaire oSrec^jj :{an:{alakht ( 2) et c^^'j :{al-
:{alakkt, devenu cJ^jj^j dans l'auteur égyptien du Mlnhdg
ad-dokkân{man.cit.),i}\Li et ûU^.. Dans les anciennes poé-
sies, on trouve déjà 4»- ide(Tipdœp) et J» J^ ; J^^^ et
4>»r"l etc. Faut-il admettre l'existence d'une forme
tX^ châlîj parallèle à (ili chânî, galère (3) ?Cela ap-
puierait la conjecture de ceux qui dérivent galée ( galère )
de l'arabe chali { ? ), sorte de galère. Ibn Batoûta a A^
challîr ( IV. 1 07 ), grande barque, ou galère ( 4 ).
( 1 ) Il n'est pourtant pas nécessaii'e d'admettre avec M. Dozy que les
Portugais ont fait laranja de naranja puisque ^y^ lârang existe (V.
Eguilaz). De cette forme portugaise laranja viennent peut-être orange
et Tital. arancia. Le / initial, pris pour rarticle, sera tombé. C*est le
contraire du phénomène observé dans luth.
(2) Qui est dans ^liJ) ^^^U* . Notre manuscrit ne connaît même que
cette forme syrienne.
(3) Voy. Corvette p. 90.
(4) Comme dit la Table des matières des voyages d'Ibn Batoûta. Que
faut-il penser de ce mot jji, ? Il ne peut se rattacher à aucune racine
arabe. Quant a galée, écrit galie dans la chanson de Roland et Villehar-
douin, il est Surtout û*équ6nt depuis les Croisades. Pour la transcription
de Je par g, on trouvera des exemples dans Dozy. Gloss, espag,
3
XXXIV.
C'est une légère aspiration; elle forme comme la douce
de r h. Quand elle est rendue, on se sert pour la trans-
crire de A; hégire, hallali, cohober^ mot peut-être formé
sur <^ qohbdj couleur brunâtre ou grisâtre. (Littré. Sup-
plém.) ; o serait devenu g dans tagerot ou tagarot^ sorte
de faucon, de Jy^t tâhortî, adjectif de Tâhort, ville d'A-
frique (i).
Le plus souvent le * n'est pas transcrit : achernar,
café, réalgar, bézoard, carabe, olinde, manège (2).
Lettres faibles.
\
Dans cette lettre Vimalé diffère d'après les pays. En
Espagne YcdeféiBxi souvent traité comme un simple î : ^^l
(1) Dozy. Gloss, 346. A propos de faucon, notons encore faucon tarta-
rot ou faucon sahin, de ca^lÀ chàhîn, faucon blanc, gerfaut; et faucon
zaphar qu'il faut sans doute rattacher à j^ zafar, potitus est, ou à ^ ,
ongle. Le tagarot venait de la côte d'Egjpte, d'après Trévoux; de TAfi^ique,
s'il faut en croire d'autres écrivains. Pour que la conjecture de Dozy ait
un fondement sérieux, il faudrait trouver dans les géogr. arabes trace des
faucons de oy^D. Or Yaqoût, Moqaddasî, Ibn Hauqal, etc. parlent avec
éloge des J^^L^ de Tâhort, mais ne soufflent mot de ses faucons.
(2) Dans la prononciation populaire le y tombe souvent aussi. (V. Pro-
verbes arabes, XL VII et 449). x^Tli, /j^ au lieu de s^ru,^^^* se ren-
contrent fréquemment dans nos manuscrits de rédaction vulgaii*6.
XXXV.
bâb devenait bîb (i). Les Métoualis ont encore cette pro-
nonciation; à Bagdad le (S , tenant la place d'al^f à la fin
des mots, se prononce souvent / (2). En Syrie on donne
habituellement à l'alef la valeur d'un ^ (?), très ouvert
dans le Liban, beaucoup moins sur la côte et à mesure
qu'on descend vers l'Egypte, où il se rapproche de
notre a. Au Caire par ex. l'alef prend le son d'un a
aigu (4), comme aussi à Damas (5) .
Ces trois sons a, ^, / apparaissent nettement dans la
transcription française.
A : mahonne, girafe, calaf, Chewal.
E : ben ( de ô\ ), civette, cubèbe, chebec, chalef,
alkékenge, séné, carabe.
/ : zinzolin, gengéli, bougie, aubergine, abit, alfier.
Dans sirop l'alef est devenu 0. Ajoutez souche, d'abord
(1) Voy. Dozy. Glossaire espagnol, etc. p. 26. Gomp. jl3 et ja|.
(2) Ainsi t^jL». hobârâ, outarde devient hobârt» Comp. ^^ju^ et ^jj^
formes anciennes de ^iju; ( Ma<arrab. 32 ).
(3) Réciproquement e ou a est rendu par aie f en arabe: de là u^jS^
MeXério^j u-^r-j^j^ &sod6(noç, etc.
(4) Voyez pourtant Critica arabica par M. le Comte C. de Landberg.
L 1887. p. 59. — LHmalé n'a pas lieu avec les lettres emphatiques.
Ainsi le moucre le plus endurci (c^est dans cette corporation que
fleurit surtout Timalé ) prononcera ^U» tâlèh, j^u nâtoûr, ^J»*^ khalds,
JsjLb zdbet; voilà pourquoi Va est conservé dans zaptié.
(5) A Damas Vimalé persiste dans quelques mots.
XXXVI.
soche: o s'est assourdi en ou et u. ( Voy- ce mot). Compar .
en espagnol jfoma( iJ^j) , :{Oquete l JaSL ), etc.
Cette lettre est rendue au commencement et au milieu
paru;: Wéga, Wahabite, chewal; par v (prononciation
turque): validé, vilayet, visir, café (i), carvi, divan (2); b\
nabab, arquebuse. ( Voy. ce mot).
La transcription espagnole gu ne se rencontre qu'au
milieu du mot : bagatelle, alguazif, bédéguard.
Les transcriptions u, ou, se trouvent aux trois posi-
tions, que la lettre peut occuper: abiitilon,,Iooch, abou-
quel, taraxacon et taraxacum (j).
( 1 ) Prononcé d'abord cahvé ; le h tombant, f est devenu v, ^Èùii\ J^^g^-JO ;
de même fetfa. Le v est inconnu dans le Levant arabe. Pour le rendre, les
Arabes emploient j , ci ou o .
(2) De Tarabe-persan ol/i^ dîwân^ qui se dit d'un recueil de poésies, du
conseil de l'empii-e, d'un sofa et d'un salon (Belot). De là, les divers sens
du mot français.
(3) De ûjXiiJ»; le Minhâg' n'a que Jy^J^ et J,!*».^, formes relevées
par Dozy d'après d'autres som*ces. Devic rencontrant jjZi^^ dans Râzî
s'écrie : «évidemment (!) il faut lire ojai»^»» La forme j^iàJL se retrouve
également dans d'auti'es de nos manuscrits.
XXXVII.
Le (S initial est transcrit j, /: jasmin, janissaire (mot
d'origine turque), yed (i). Médial il devient /, y, i:
vilayet, haje, morfil, lyfa, (écorce d'arbre. V.Littré SuppL
de ïJ^ ttfa, même sens). Final, i : hadji, mélochie.
A l'imitation du dialecte vulgaire le tS s'ajoute quelque-
fois à la fin des participes présents des verbes ^t ou dé-
fectueux; un /le remplace alors: cadi, wali, muphti (2).
L axticle arabe.
Ordinairement le lâm de l'article s'assimile à la lettre
solaire, commençant le mot suivant ; excepté : aidée, aldé-
(1) Etoile de la constellation de Pégase; de j^ yad, main, bras; (V. Bé-
telgeuse) elle est ainsi appelée à caose de sa position.
(2) Comp. aussi wadi employé chez quelques voyageui'S ou géographes ;
de ^^\j ou ^\j . « A droite et à gauche des vallées sans eau, des wadis dessé-
chés, des lits de toiTents.)» (Cl. Huart. Voyage en Syrie. Journ. As, 1879.
Janv. 107.) Wadi est dans Bescherelle. On s^étonne de ne pas le renconti*er
dans le Supplément de Littré, qui a accueilli tant de vocables purement
arabes comme adehab, nom arabe du taon»; de ^^ dobdb pom*(^Vjd,
mouche ; chéri, loi musulmane ; de m^»^ ckarî% même sens.
XXXVIII.
bar an, altair, écrit aussi atair, habalzéli. ( i ) Ce sont ha-
bituellement des mots scientifiques. ( 2 ). Voy. plus loin
Observ. générales, p. XLVIII.
Jl se vocalise en au, procédé éminemment français :
aubarde (V. barde, ) , auberge, aubergine, aumusse, au-
queton ( V. hoqueton ), auferant { V. haras ), aufin et
aufiin, vieilles formes pour al-ftl (3); aucube, vieux fr.
qui vient probablement de la même source que alcôve.
Jl peult aussi devenir ar : arquebuse, argoussin,
arzegaie, marfil, arsenal (?); ou 0/ : oliban, olinde,
dènébola ( ? ) ; ou or comme dans orcanète. L'article est
quelquefois syncopé : abricot, amarel, réagal, amarre,
abit, amoise (4).
Valef de l'article est rendu par a ou e. Au commence-
ment du mot, c'est la première transcription, qui a pré-
(1) Le vulgaire en Syrie traite le ^ comme une lettre solaire, et consé-
quemment lui assimile le lâm de Tarticle. Peut-être avons-nous dans
Béteigeuse (autre forme de Bételgeuse) un reste de cette prononciation.
(2) «Dans beaucoup de pays, les Arabes prononcent le J (dans j>.^|)
comme il est écrit, sans faii'e aucune attention au tascbdid.» Le Rév.
J, FerreUe, missionnaire à Damas. Journ. Asiat.Oct. 1859. p. 3 15. L'obser-
vation est juste, malgi*ô son énoncé trop absolu. ( V. aldéharan aidée.
p. 8 et 9.)
(3) V. la lettre J . p. XXX.
(4) Vieille forme de moise, Comp. le vulgaire T^jl^A pour x>jUt, la
veille. ( Bâsim le Forgeron ; manuscrit de l'Université S. Joseph.)
XXXIX.
valu : almagra (i), alcôve etc. Il n'y a d'exception que
pour élixir. Au milieu, el est plus fréquent : abelmosc,
bételgeuse, dénébalézet, etc. Dans dénébola le damma
casuel a remplacé a.
n.
VOYELLES OU ACCENTS ARABES.
Afin de comprendre leurs transcriptions multiples, il est
à propos d'établir la valeur que leur attribue le dialecte
populaire. «Toutes les voyelles, qui ne sont pas suivies de
la lettre de prolongation, qui leur est analogue, prennent,
dans la bouche du vulgaire, un son vague et indéterminé,
susceptible des interprétations les plus favorables. Il se-
rait impossible de prouver à un honnête Arabe, qu'il a mis
au passif un verbe qui devrait être à l'actif (2), car il pro-
nonce JSii et J:i presque exactement de la même ma-
( 1 ) Substance rouge employée en peintui'e ; de s^i al-maghra, ocre
rouge. Moqaddasî la nomme parmi les articles exportés d^Alep. (181/1. 2.).
Et plus loin sju^ s>>i ^Ja^j (184. 1. 3).
arabe p. 264.
XL.
nière.» (i) Pour préciser davantage, disons qu'en réalité il
n'existe que trois voyelles en arabe: a, i, u [ou bref).
Mais la prononciation vulgaire a doublé ce nombre, en
Syrie surtout, grâce à l'influence de la langue syriaque, bien
mieux douée sous ce rapport. A et /, perdant insensible-
ment leur valeur native dans la bouche du peuple, ont don-
né naissance he;la corruption de u (ou) a produit o. L'o-
reille la moins exercée peut aisément découvrir encore
une sixième voyelle. Elle a une valeur intermédiaire
entre Ve muet et la diphtongue eu des Français, et tient
des deux à la fois.
Les auteurs, qui ont traité de la phonétique romane,
observent que les voyelles sont la partie mobile et fugi-
tive du mot ; que la permutation des voyelles est soumise
à des règles moins fixes que celles -des consonnes et
qu'elles passent plus facilement de l'une à l'autre. Ces
observations s'appliquent encore mieux aux voyelles ara-
bes. Celles-ci ont même sur les latines un notable
désavantage: n'étant pas habituellement fixées par l'écri-
ture, elles sont abandonnées aux mille caprices de la
prononciation populaire. Qu'on ne s'étonne donc pas du
(1) Nouveau système de typographie arabe i par le Rév. J. Ferrette,
missîoimaire à Damas. Journ, Asiat, Octob. 1859. p. 301.
XLI.
luxe de transcriptions que réclament ces voyelles, sur-
tout le ratha(i) et le damma. Dans la phonétique arabe^
plus que partout ailleurs, on a raison de dire que les
voyelles ne coigiptent pas ou comptent fort peu.
Diphtongues.
Il y a en arabe deux diphtongues, ai ( ^^) et au ( j^) •
Ces diphtongues sont prononcées ^ et d à Bagdad,
à Mossoul, à Alep, à Damas, à Lataquié, tandis que
dans le reste de la Syrie et surtout au Liban, elles
gardent leur valeur. Ces deux prononciations se rencon-
traient aussi en Espagne et dans l'Afrique du Nord. Au
Maroc et en Algérie, au devenait souvent om, particu-
larité qu'on observe aussi en Orient. Ainsi ^^3 est pro-
noncé daum et doùm, ûjij: bardaun et bardoân, Jy^
kaul et hoâl; ûlfy' f^f^oûlangân et khaulangân ; jy^ et
u^j^ deviennent sannour et khannoûs en Syrie. Comp.
aussi •by- changé en^^j^, d'où Aottr/(V. Devic. 5. z;.)
(1) Si ]6 fatha décent quelquefois i ou o, la Toyelle a du latin subit
en français les mêmes modifications Yoy. Chassang. Grammaire frart"
çaise. 1882. p. 20.
XLII. - .
En français ai ^^^) est transcrit e : aidée, bételgeuse,
nénufar, sesban, dey; ai : altair, haïk, ( on écrivait autre-
fois heyque) raies, maïdan.
La diphtongue ai/ (j^^ est rendue par au : fardeau, chi-
aoux, (dans bételgeuse, au s'est assourdi en eu)\ou^
Uj : goum, mousseline, mousson, muse, musacée, ben-
' join, borax.
Fatha.
Cet accent peut être rendu par toutes les voyelles
françaises. Les plus employées sont a,e; il est inutile d'en
donner des exemples.
Le fatha devient / : zircon, emblique; u, dans
halla {i), dubb, {lézard d'Afrique, de ^^dabbj) à cause
de l'emphatique J^ d] o : chott (2), (de JLl chait, bord,
rive d'un fleuve) ; encore sous l'influence du L t, lettre em-
phatique; fomalhaut (j); bézoard, à cause de la lettre
(1) Dans le di'oit musulman : époux temporaire d'une femme divorcée.
( V. Litt.) de J^ halâl^ époux. L'étymologie du Supplém, est inexacte.
(2) Littré. Supplément, ta On pent dire que de Bassora à Bagdad, les
deux rives du ChoU (c'est le seul nom par lequel le vulgaire désigne le
Tigre, Didjlè est inconnu), sont bordées d'une forêt ininterrompue de pal-
miers.» M. Jeannier Journ. AsiaU Octobre 1888. p. 336.
(3) vient sans doute de ^ fom, bouche, forme employée parallèle-
ment à ^ fam ; le peuple ne connaît que "^ fomm qu'il prononce habi-
tuellement "J; tomm.
XLIII.
jlj qui suit. Ainsi le peuple dit : oU^ chXyXn, crr>- gioâchj
au lieu de ^j^ goioâch; ^^ biyâ\ au lieu de fU bai-
yâ\ que réclament les formes grammaticales (i).
Il ne serait pas facile de déterminer quand le fatha est
rendu par e, et quand on lui laisse sa valeur native, qui
est a. On pourrait cependant établir la règle suivante :
Le fetha prend le son de Ye^ devant la syllabe affectée
de Taccent tonique, ou longue de nature, ou devant une
lettre redoublée : denab, fennec, feddan, fellah, sélam, ar-
senal, bézestan. Cette règle a des exceptions : fàlaque (2),
kantar, kazine, gazelle, etc. M' Jeannier dit qu'à Bagdad
« le fatha et le damma ne gardent leurs sons primitifs
qu'avec les consonnes fortes. » Cette remarque regarde
aussi la prononciation des autres pays de l'Orient. Il faut
en excepter les mots cités au commencement de cet
article et quelques autres en petit nombre.
( 1 ) Dans doronic de igû/jh daroûnag (accentuation habituelle), notre
manuscrit de Soyoûti met toigom*8 un damma sur le dâL Nos autres ma-
nuscrits ne précisent pas ; seul cilCdl ^{^ a une fois zô/^ •
(2) Toujours prononcé falaq avec deux fatha nettement articulés.
En Egypte on dit aussi satt falaqa . Dans Bdsim le Forgeron (dialecte
égyptien) il y a une scène où le héros de cette comique histoire reçoit la
/a/a^a. (p. 38. édit. Landberg.) '
XLIV.
DanuuA.
La transcription de cette voyelle, comme celle du fatha,
défie toute règle. Elle est rendue ow, u, o : ouléma, bur-
nous, drogman, mohatra, sultan, sumbul, curcuma, bulbul;
/: cakile, mistic, oliban (i), fondique, chibouque; a :
marabout ( Jajiy ) maran, fomalhaut, tambour, carthame, de
^j Sur ce mot le o^^\ oCT de Râzî [man. de
PUniversité S. Joseph) met deux kasra, au lieu des damma
que portent tous nos autres manuscrits; e : benni, felou-
que. { V. ce mot ).
Aubère {z) éti^it peut-être écrit autrefois oubère (espa-
gnol : hoberojj o sera devenu a.
(1) Da oUDI al'lobdn. Le damma est devenu i sans doute sous Tin-
ûuence du grec Xl^avoç qu^on croyait y reconnaître. Quelques uns ne se
sont pas arrêtés là et ont prétendu que Oliban était le grec 6 ïi^avog
Mais «il est sans exemple que Tarticle grec o se soit accolé à son sub*
stantif pour passer dans une langue étrangère.» (Devic).
(2) De jjl^ signifiant outarde, et non pas aubère, comme Scheler
( Diction, étymoL) semble le faire dk'e à Dozy.
XLV.
Comme Vi latin, le kasra est au bas de l'échelle phoni-
que. Aussi cette voyelle est-elle un peu plus constante.
La prononciation vulgaire Témet tantôt comme /, tantôt
comme é fermé ou e muet(i) et quelquefois comme a
voyelle bien plus sonore, surtout au commencement
du mot. Le français a des exemples de chacune de ces
prononciations; par ex. : neski, kermès, nems, almageste,
validé, afrite, calebasse (2). Il y ajoute ou et (rares) :
bougie, mosch^ abelmosch.
Nunnatiou ou Tanwîn.
La nunnation, étant inconnue au dialecte vulgaire (j),'n'a
pas laissé de trace sérieuse en français. Nous n'en avons
(1) Mgr. David a essayé de déterminer dans quel cas une de ces trois
prononciations domine. (V. JDiulecte de Damas, p. 19 ).
(2) Comme nous Tavons fait remaïquer, ces anomalies de kasra, i*endu
a, sont le fait de la prononciation vulgaire. M. de Ëguilaz admet que
le kasra devient a et il cite comme exemple adarme, (de ^joîl)' ^'^
nous parait ici imputable au grec dQa)(jiAtjy ou au plui'# arabe ^\jd darâkim»
(3) Elle est conservée à Paccusatif seulement dans certaines expressions
adverbiales, comfiie 5iâ; par exemple, ûjU précédement ( V. Bâsim le
Forgeron et Almanach du Bachir, 1879, 1880, etc.. ^ Dialogues
en dialecte syinen. passim,)
XLvr.
qu'un exeçiple authentique dans :{édaron (i). Peut-être
fàut-il y ajouter paturon et fanfaron.
m.
OBSERVATIONS GÉNÉRALES SUR
LA FORME DES MOTS.
hdL métathèse, ce phénomène observé dans la plupart
-des langues, se rencontre de même fréquemment dans la
transcription franco-arabe. De là, arquebuse, brodequin,
degré, cramoisi ( 2 ), Mahométan ( j ) , almène (de Ul
ahmanây poids arabe) etc.
Comme en grec la métathèse s'applique surtout aux
liquides.
(1) a de Casaiopée. de jO^, sadr^ poitrine. Cette étoile est placée sur
la poitrine de Casaiopée. ( V. Devic).
(2) L'ancien arabe a ^yj^ et ^^^jj^x «Jlj et ju^lj; ^^ ®t JW?» ®*c.
Comp. médressé, en Algérie médersa ( Littré. SuppL), Et dans le dialecte
▼olgaire ijb. hadd, poar jl>1 ahad, personne, ^\jy au lieu de ^jjU ,
Maronite. Dans Bdsirn (manusciit) on lit ^^U dârakahom au lieu de
j^j^\ adrakahom, il les atteignît.
(3) Cette mâtathèse est ancienne et très française. Les écrivains des
croisades .ont mahométois, mahomerois, et mahomerie (mosquée). Du
deraier quelques étymologistes ont voulu à tort dérivei»-le franc, momene.
XL VII.
\J aphérèse a également laissé des traces : marfil, rac,
nébulaslt, miramolin. (Comp. franc, sérielle de coccinella).La
langue vulgaire retranche habituellement Talef dans jul et
y) . Le peuple dit ^^y J^ negem boû danab^ comète ( i ). De
là : patacon, le nom propre Boabdil, et la variante d'abou-
quel bouquelle «nom donné par le peuple en Egypte (2) à
Técu ou daller de Hollande.» (Trévoux). Comp. encore u>lJU^
expression vulgaire pour C/iLs- \\^ arbre bien connu (Voy.
Ibn Kamâl Bâcha (3) -udlj J4>li-I JaU Jp *tj; p. 6. édit.
de ti-J^>-ll y^ (?). Leiden.) ôj» j pour ôjîj' et ôy^ .
Comme en espagnol Ib, finale des mots, mal perçue, est
souvent sacrifiée, par ex. : caraque^ cende, dénébola,
galanga, sébeste, abouquel (4), aumusse^ darse, etc.
Les lettres /z (5) et / s'ajoutent quelquefois à la fin des
(1) Littéral, étoile père (possesseur) d'une queue.
(2) Ce même peuple douDait à Bonaparte le nom de •jj^y, boû farwa,
le père de la pelisse, et au général Cafarelli celui de i_-.* "^ y , I0 père du
hois à cause de sa jambe de bois. Je ne sais plus quel savant de l'expédi-
tion était connu sous le nom de jljS^, à cause de ses lunettes.
(3) Ou Kamâl Bâcha Zâdeh, Notre bibliothèque possède une collection
manuscrite de ses lettres ou opuscules, d'ailleurs assez insignifiants.
(4) Pour ce mot le Dictionnaire de Trévoux cite encore la variante
Abukesb, qui est plutôt une corruptiof^, provenant d'une en»eur de lecture.
(5) Cette lettre s'ajoute surtout après la terminaison â ( | ), comme on
peut le constater dans les exemples cités.
XLVIII.
mots: bosan, camocan, caban, balzan (i), caramoussal,
et peut-être amiral.
L s'intercale aussi devant les emphatiques J^, j9 :goul-
dron, gouldran, goultran, formes de goudron C ô\)âi )
aidée, altair. Comp. Tesp. alcalde C ^tll ), etc. Le fran-
çais connaît aussi l'intercalation de l, comme dans cible j
anciennement cibe.
Le redoublement ou chadda (*), soigneusement observé
par le peuple, est traité avec beaucoup plus de négligence
en français. Il est souvent omis; ex. : sofa, cavas, chébec,
sumac, anil, rob, de L>j . Dans ce dernier mot nos ma-
nuscrits, conformément au génie d'une langue qui évite les
mots de deux lettres, marquent soigneusement le chadda.
Plus rarement on observe le phénomène contraire, et
Ton rencontre des redoublements introduits par le capri-
ce, et que l'étymologie ne saurait justifier, par ex. : fen-
nec, gemmadi, lebbeck, habelassis.
(1) Que Devic dérive avec beaucoup de vraisemblance de 'Ul^ (V.
Balzan), Il se dit de la robe du cheval : éj^^ Js?*^' c/" *^^— s:^' ^^^ û*
*3k^ >^ cMb •ji^^j ôd!<^^ > *^^ (UUI 4». p. 68). UU» la jument de
Sa'd ais d'Abî Waqqâs est célèbre "{AghânU XXI. 211 et Mas^oûdi IV.
213). Dans le cj\>^^LJ\ Ucf (man. cit.) il est parlé de 70000 cavaliers,
tous montés sut* des jbï . Au siècle dernier on disait indifféremment bal"
zane et halsane^ où je soupçonne que s est mis pour c et correspond à j .
(V. Devic). Scheler cite «l'arabe Hlthasan (?), pourvu du signe de
beauté ». Voilà un mot arabe singulièrement suspect.
XLIX.
^.Tlt I— ■!! -!_■. B^l ail. ■■■ -M-l-T ' -" " » ■ ■■■!■ ■ I I I ■ ■ I I
Un fait important (i) à noter dans la transcription
française, c'est l'introduction d'une voyelle entre les deux
consonnes finales. (2) Ainsi le peuple dira : khobe:{,
enef, akalet, au lieu de khob:{ (Jji.) anf («-20, akalt
icJ^^ ) • L'étymologiste rencontre souvent dans les mots
français d'origine arabe cette voyelle adventice devenue
le siège de l'accent tonique. Nous nous contentons d'en
donner ici quelques exemples : énif, mahaleb, magazîn,
zénith, tiber, arratel (j). Cette particularité de prononcia-
tion, observée dans l'Iraq, en Syrie, dans les États bar-
bar esques et en Turquie, (pour les mots empruntés à
l'arabe comme habous{/\)etvacouf)^ s'applique surtout aux
mots de 3 lettres, qui au moyen du soukoûn ne forment
qu'une syllabe et sont rendus par une seule émission de
la voix. Mais on la rencontre aussi dans des mots plus
longs.
(1) M. Devic (s. v. sirocco) a déjà parlé de ce ((changement qu'éprou-
irent les mots arabes de forme analogue à charq {Jji) lorsqu'ils passent
dans les langues romanes j>. Seulement les mots arabes ont déj& éprouvé
ce changement avant leur passage dans les langues d'EmH>pe.
(2) La même chose a lieu en hébreu, dans les fonnes ségolées telles
que D/D mélek, roi, pour malk\ *1SD séfer^ livre, poux» sifr etc. V.
Joum. Asiat. Décembre. 1888. p. 503.
(3) Comp. Ottomane : grand siège sans dossier; matamore^ eamocan.
On le voit, la règle énoncée plus haut, peut encore s^élargir.
(4) Terme de droit musulman, sorte de legs pieux: (Litt. Supp,) de
^jj^^ même sens, prononcé habous par les Turcs.
L.
On peut aussi observer le phénomène contraire : la
syncope (i) de la voyelle arabe; ex. : targe, aimée, carvi;
de \jy ou Ij'j . Nos manuscrits ont les deux leçons.
Dans nabca la syncope s'explique par la prononciation
vulgaire ou par la forme Zù nibqa.
La lettre r est souvent intercalée dans l'intérieur du
mot: calibre, épinard, fabrègue, busard, marcher, mu-
lâtre. Dans alfange r est syncopé (2).
Plus rarement on relève la présence d'un m adventice
au milieu du mot : camphre, tambour C jJ^ ) tymbale.
On sait d'ailleurs combien le français aime à nasaliser,
surtout quant il y a comme ici, apparence d'harmonie
imitative. Comp. tampon, trimbaler, trinqueballe, etc.
De l'intercalation du c nous ne connaissons d'autre
exemple que cuscute (plante) de Cjyi^ kochoât , même
sens. Le Minhâg d'Ibn ôazla (man. cit.) donne encore les
formes : Cj^iifUZjyiS^j^liySj^yS^et fî^» Nos autres ma-
nuscrits emploient Cjji^ etCjjt^. Ibn el-Beithâra ^^
Comme dans les mots dérivés du latin, les combinai-
(1) La<< syncope est fréquente dans les. patois arabes. Ainsi zii>: devien-
dra îil>: XL(i , ^-jV^^^ijJ,^;^. Dans 5^;^ le vulgaire maintiendra à
la fois le chadda et le soukoûn sui* Iq lâm,
(2) Dozy. Glossaire des mots espagnols, etc. p. 23. A la syncope d'alfan-
ge con^parez le vulgaii'e j.-*^, , ^ khamst^ach poui»^^ z«.^ khamsat^achar^
quins^e.
LI.
%
sons mr, ml intercalent un b euphonique : Alhambra (i),
emblique (2) et peut-être gambra (j) ; st est adouci en
jf (4) : nîozarabe. {Cfr. mousselin). En espagnol les
applications sont naturellement plus fréquentes, les
emprunts arabes étant beaucoup plus considérables.
Le double 1? t emphatique se rend par st : estragon,
pastèque, de îr^l ouS^I . Dans ce dernier mot le peu-
ple fait toujours sentir un 1?, énergiquement redoublé.
C*est également Torthographe de Ousâma Ibn Monqîd ;
du Kitâb al-Fosoûl de Râzî, du Minhâg; de Soyoûtî et de
Bâsim le Forgeron ; (manuscrits cités.) Le lexicographe
Richardson, on ne sait pourquoi, ne redouble pas le t.
(1) De ^\j^\ al'hamrâ^ fémin. d6 ^^^ alimar^ rouge; «Tenceinte et
les tours de ce monumeot sont en briqaes rouges». (Llttré. Supplém,)
Voir Al-Maqqarî pass,
(2) Ecrit aussi emblic et amblique, sorte de mjrobolan; de ^\
amlag^ même sens. Il est astringent, stomachique, fortifie les cheveux etc.
{Minhdg d'Ibn 'Gazla), L'arabe vulgaire a une certaine prédilection pour
la combinaison mh. Comparez >^^ mhalâ^ pom* jb hald^ mais si ! ^j\^\
amhâreh pour ^jUl al-bârehy hier; ^ , peut-être, est parfois prononcé
emharkî. Voy. Bd^m ( dialecte égyptien ) et Almanach du Bdchir
pass. Le b prosthétique mis par le vulgaire avant le moddre^-si été assez
souvent signalé pour qu'il soit inutile d'y revenir.
(3) Pei'diix gambra d'Algérie /{ V. Litt. Suppl.) Gambra n^est-il pas
ici pour »|^^«^ hamrd, la rouge? L^espagnol a des exemples de ^
devenu g, La perdrix gambra est rousse plutôt que rouge.
(4) Ou s : mozarabe était autrefois musarabe et mésarabe.
LU.
Enfin, comme en espagnol, un certain nombre de mots
dérivent directement d'un pluriel arabe : caraque, bu-
sard (i), cafre (?), tambour, calebasse (peut-être de
On peut rattacher ripopée à ojy ou à ZXyj roboûbât,
autre pluriel de ^j , employé dans les pharmacopées
arabes, par ex, dans le Minhdg ad-dokkân. Et a\imuth ^
Nous croyons qu'on est aussi fondé à y voir le
pluriel CjjHI as'somoûty que le singulier c^' •
CÀ A )•
(1) Et peut-être même buse ( Voy. p. 59). Mais il nous paraît à peu
près certain que busard dérive de «r^ bouzdt, plur. de jb.* en admettant
rinsertion de r. Ce pluriel revient fréquemment dans les récits de chaase
d'Ousâma ibn Mcmqid.
LES MOTS FRANÇAIS DÉRIVÉS DE L'ARABE.
A
Abattre, de Jaj^l ahbai^ dejecit, dit M. Narducci(i).
L'étymologiste italien se contente trop souvent d'une
ressemblance extérieure entre les mots. (2) Pourquoi
demander à l'arabe des explications que le latin donne
surabondamment ?
Abouquel. «On se sert de piastres abouquels (j) ou
Lions d'Hollande,... d'Abouquels de Hongrie, ou sequins
Hongrois» (Mémoires du chevalier d'Arvieux. VI; 445)-de
^Jf y) Abou Kalbj le père du chien. — « Abou-Kelb
c'est-à-dire le vieux chien {sic) , parce que ce sont des
pièces de monnaie d'Hollande, sur lesquelles il y a un
lion rampant, que les Arabes, qui tronquent tous les noms,
appellent un chien.» Bruce. (Voyage aux sources dii
^ — — . ik .
(1) Seconde saggio di vociitaliane dérivât e delParabo. p. 7.
(2) Même remarque pomr aita, ancora^ (d®^< ^) cingoscia^ briaco de ^j,
cibum et potum largius sumpsit, mot extraordinaire en ce sens, — corne de
l^ etc..
(3) L'abouquel s'appelle aussi assalani ou aslani <( assalanis, monnaie
d'Hollande, c. a. d. marqués d'un lion» (D'Arvieux) du tui'c d%a\ o^
ù>Ujl lion.
I
2 ABRI
Nil, en Nubie et en Abyssinie. édit. Panckoucke). De
Monconys dans le Journal des ses voyages écrit Aboukel.
Abricot. Espagnol: albarcoque, albercoque, aber-
coch. — Dialecte de Majorque : albarcoc^ — Dial. de
Valence: albercoch. — Portugais: albricoque. — Italien:
albercocca, albicocca. — Il n'est plus permis de douter
>.
que ce mot vienne de Jy-jH albarquouq ou albirquouq.
Mais les Arabes ont primitivement emprunté JyjJI aux
Latins, qui désignaient souvent les abricots par Tépithète
prœcoqua (i), ou, si l'on veut, au grecTiçaLMina. Dioscoride
l'affirme expressément (I. 1 65) : « ra jn^îLa aQiAanamj ^fiouçrî
de 7tQaiwi%ca ». Ibn El-Beithar le répète après lui, dans sa
description de l'abricot CjLr^). Voici dfe qu'il dit d'après
Dioscoride : cijVI (î(^j-Jijy^^-^yjl "^J^^. ^ ^^ LôUjI Ulj
L'abricot se nomme en langue franque barqouqia. (2)
(Ibn-Beithar, édit. d'Egypte) (j). M. le Docteur Leclerc
dans sa traduction du traité des Simples d'Ibn El-Beithar
conteste cette étymologie et préfère tirer abricot et 3^x
(1) V. Forcellini 5. v, prœcox.
(2) Le grec moderne ^a^moï^Mv abricot n'est aussi qu'une légèi'e alté-
ration de jjjjf
(3) AujouL'd'hui dans le Levant ainsi que dans le Maghi*eb, Tabricot est
appelé * - i
ACHE 3
du latin prœcocia (i). Mais alors, il est impossible d'ex-
pliquer la présence de l'article arabe dans tous les mots
désignant l'abricot dans les langues romanes, comme on
peut s'en convaincre en examinant les formes citées en
tête de cet article.
Abutilou. Plante d'agrément des pays chauds, appar-
tenant à la famille des naalvacées, de ù^yjK oûboûUloûn.
Avicenne dit qu'elle ressemble à une courge (y) , pro-
bablement par les fleurs , comme le remarque le D^ Le-
clerc (2). Bocthor écrit aussi ù>LU j>J abouiîloun , dont
abutilon n'est que la transcription (3).
Acheruar ou Akhamar. C'est une étoile brillante située
à l'extrémité de la constellation d'Eridan. Transcription de
j^l^l akhir an nahr, la fin du fleuve, (4) j^\ an-nakr, le
fleuve est le nom arabe de la constellation d'Eridan,
« La 34^® étoile... est de i^® grandeur; c'est celle que
(1) Cobarruviaz est aussi de cet avis. Forcellini ne semble pas non plus
se douter de l'existence du mot arabe. En revanche, voici une explication
qu^on n'acccusera pas de n'être pas assez savante : « on a tiré de la racine
ôara^'rt des dérivés qui à première vue paraissent n'avoir rien de commun...,
ainsi barqouq est Tabricot.... Barquous (?) est le fruit brillant au teint
jaune et vermeil (! !)... » Journal Asiat, Novembre p. 534. Un peu moins de
sanscrit et beaucoup plus d'arabe auraient évité cette bévue à l'auteur.
(2) Traduction d'Ibn el-Beithar N^ 196.
(3) M. Edouard Gasselin dans son dictionnaire Arabe-français
(arabe vulgaire, arabe grammatical) n'a poui' Abutilon d'autre traduction
(4) C'est la traduction du ^EgfaTOi; tov 7tOTa\MV de Ptolémée.
ALAN
Ton marque sur Tastrolabe méridionale, et que Ton
nomme j^^j>-^ la fin du fleuve y>{i). Arago et beaucoup
d'autres astronomes écrivent Achernard (2).
Achour. Nom d'un impôt payé par les indigènes en
Algérie, de jyU ^achour, littér. dîme (v. Zekkat).
Adagio. De K^dajja^ leniter incessit. (Narducci) Nous
ne citons cette explication que pour mémoire.
Adôue et Adéuium. Arbrisseau grimpant d'Arabie
(adenia venenata) baptisé par Forskal d'après le nom
arabe o^ 'adan; il y a encore la forme û:J^ ^oudaïn, qui
est le diminutif de o^^
Afflou. esp : afion, ancien terme de pharmacie, de û>i '
afix)ùn qui vient du grec inn^v . Nous ne voyons pas pour-
quoi M. de Eguilaz transcrit ûj*i' par ofion.
Afrite. Sorte de lutin popularisé par les Mille et une
Nuits, dec-*ye '^ifrit. Mais le peuple prononcer i^ ''afrît,
Alancabuth. Partie de l'astrolabe , de o^i^liJ I al-
'ankaboût; propr. araignée (v. Devic). La forme espagno-
le alhancabut a essayé de rendre par A lef- arabe,
(1) Description des étoiles fixes par Abduri*ahman As-sofi. Traduit par
Schjellerup. 1874 p. 212.
(2) G^est une de ces fantaisies oi*thographiques trop communes aux
savants qui ne sont pas au courant des langues orientales. De là en astro-
nomie etc. ces transcrîptions impossibles.
ALBA 5
de même dans aUiansara (S^-^olJl al-ansarà).
Albacore. Poisson de mer semblable au thon ou à la
bonite Esp : albacora. Ptg : albocor, albecora, ïj/CJ!
de albakoûra; poisson, dans le P. Lerchundi.
Albara ou Albora. Lèpre blanche. Jî^p: albarazo. Ptg:
albaraz, albarazo, alvaraz; de^j^jj) a/èaras, lèpre. Abou-
bur s ou abubur s {i), transcription de ^jo^\y} abou-albaras,
ou o^jjll^J abou-alborSj est le nom donné par les habitants
du Caire au Ptyodactyle d'Hasselquist, parce qu^on pré-
tend que Tusage de quelques aliments sur lesquels il
aurait passé, suffit pour produire la lèpre (v. Dict. d'Hist.
naturel. d'Orbigny s. v. ).
Albatros. M. Marcel Devic se donne beaucoup de
peine pour tirer ce mot de^j-j^lSl alqâdoûs. M. deEguilaz
trouve que c'est fort ingénieux, mais guère satisfaisant
( Gloss. etimoL s. v. alcatraz). Nous sommes de Tavis
du savant professeur de Grenade. Pour prouver son
(1) Cfr. Aboukarne «poisson qui signifie père de la corne; aussi en a-t-il
une qui luy sort du haut de la teste.» Voyages du S*" de Monconys I, 227.
De même Abou-Hannes, nom de Tibis sacré (C. d'Orbigny), de jji>. jA abou-
hannach, composé dej)\ père, jj^ serpent, reptile, insecte. L'Ibis fut ainsi
appelé parce qu'on croyait qu'il délivrait l'Egypte des serpents venimeux.
Bruce l'appelle Abou-Hannès, le père de Jean» parce qu'à l'époque de la
S^ Jean, ces oiseaux commencent à apparaître sur les bords du Nil. C'est
sans doute Abou-Hanna que l'illustre voyageur a voulu écrire, car Hanna
(L>. abréviation de t>jj^ louhanna, signifie Jean.
6 ALBO
assertion, M. Devic devrait apporter plus que des rap-
prochements et des analogies.
Alberge ou Auberge, (sorte de pêche), espagn : alber-
chigo, alberchiga, alberge. port: alperche, alperxe,
alpersico, sont rattachés par M. Marcel Devic à Jyji\
Albarqôuq, Les formes espagnoles et portug. semblent
admettre difficilement cette dérivation. Le sens aussi pro-
teste; car alberge désigne une pêche (i). Avec M. Léop.
de Eguilaz (2), je préfère y voir un composé de l'article
arabe Jl al et du latin persicum. Ces composés hybrides
ne sont pas rares en espagnol ; nous aurons l'occasion
de le constater dans la suite. Je n'admets pas non plus la
dérivation de J^jill alfirsiq^ parce qu'il faudrait admettre
le changement de vJ /en b^ dont on ne connaît qu'un
seul, exemple : alfico^ pour alpico:{. Quant à caba^^ de
jsui , cette dérivation n'étant pas hors de conteste, on
ne peut s'en prévaloir ici. (V. Cabas),
Albotin. Ce terme désignait autrefois en pharmacie le
térébinthe et sa résine, de JaJ i albotm ou albotoum. L'au-
teur du Glosar. etimol. de las palabras Espanolas écrit
albotan, transcription évidemment défectueuse.
(1) D'après quelques naturalistes Talberge est aussi une variété
d'abricot.
(2) Glosario etymoL de las palabras Espanolas de origen oriental. —
Granada. 1886. s. v. alberchigo.
ALCA 7
Alcade. Transcription de^Ql, alqâdî le juge (v. Cadi).
Alcali. De Ûl alqilâ ou l3) a/^^///, même sens. Il existe
aussi une forme arabe vulgaire alqalL « Nous nous trouvâ-
mes dans une campagne pleine d'une herbe appelée Keli
ou Kali^ que les Arabes brûlent et en font la cendre dont
on fait le savon et le verre. » (D'Arvieux II, 197. )
Alcaron. Nom du scorpion africain , Buthus afer. L. —
Il est difficile de ne pas remarquer la ressemblance de
ces mots avec les formes esp\ alacran. val\ alacrâ,
aliacrâ. Ptg : alacraI,alacrâo, lacrâo, qui dérivent évidem-
ment de ^y«U al-âqrab^ scorpion.
Alcarraza. Vase de terre poreuse pour faire rafraîchir
Teau. Esp. et Ptg : alcarraza. Basque : alcarraza , alcar-
ratza. Provençal: alcarazasde j\ f^\ alkourra:^^ o\xj\Jsssé\
alkoufa:[, cruche à col étroit servant à faire rafraîchir
l'eau (i). Il n'est pas nécessaire de recourir avec Engel-
mann «à un substantif cardia dérivé du verbe ^^ï [carrasa)
rafraîchir (2) » ; cette conjecture est solidement réfutée par
Dozy dans le Glossaire (p. 86). «L'Académie écrit au
singulier alcarazas ; mais il n'y a aucune raison pour ne
pas suivre l'orthographe espagnole; surtout il faut sup-
(1) Voyez notre Synonymie arabe. N<» 961. Jj^l ^ : JjVI 'JîJI .ïiJJI ji\J
(2) Engelmann. Glossaire des mots esp. et ptg. dérivés de Tarabe —
Leyde 1861. — Le substantif de ^Ji ne ferait pas Carrâsa.
8 ALDE
~| I _ I ■■ !■ ■ ^ - 1 -|~HII1 ■■ I ■ T ■ , _ , _l
primer 1'^ qui est signe du pluriel et qui rend le mot tout
à fait barbare » (Littré). Nous aurons Toccasion de faire
la même remarque à propos d'autres mots d'origine
arabe, que le caprice a défigurés.
Alchandes. «Mot probablement d'origine arabe, qu'on
lit dans Cuba ( Hortus sanitatis. 98). Il est cité avec celui
d'Abremon comme un poisson très-soigneux pour ses
petits, qui s'attache aux navires et les rend immobiles».
(Dict. d'hist. nat. I. 2Ç3 ).
Alcôve. Esp, et Ptg: alcoba. Cat. Major q. et Ptg :
alcova. Ba^^' : alcoba. Ital: alcova, alcovo, de i2\alqaoab-
ba, qui signifie dôme, et aussi : petite chambre, cabinet,
pavillon, et même baldaquin, comme dans ce passage du
Kitab Alictifa cité par M. de Eguilaz : « Sur un trône
porté par 3 mules, et sous un baldaquin orné de pierres
précieuses et de saphirs (i). CjMi *!jiC J^ x^r^ J©
. Aldébaran. De ûU ^^ aJdabarân^ étymologie bien con-
nue. «On la nomme dabaran^ parcequ'elle suit les Pléiades.
' >
On la nomme aussi la suivante des Pléiades, \^x^ JL-
^ ^\ «)t ^^^j Wl ©jjiJ^I (Abdurrahman. 1 37) En effet x *^
dabar, signifie venir derrière, suivre. C'est un des rares
• ^_
(1) Y. Laue. Thousand and oue nights. I. 231.- et Eguilaz. s. v. alcoba.
ALDE 9
' ■ ■ ■■ !■ I ■ * ■ ■■ I ■ 1 ^ I I ■!■ ■ ■ .l^p—ii— ■ ^ . ■■ PI» ■ ^ I I ■ ^— ^^^ I ■■■■■■■ ^■■■■■■■ W m m m .^
exemples de mot où le / de Tarticle arabe ne s'est pas
assimilé à la lettre solaire suivante. Sans doute parce-
qu'il aura été transcrit directement des recueils arabes
d'astronomie. La même anomalie se remarque dans les
formes espcf^n. et ptg : aldebaran, dans le majorquin et le
ptg: aldebara. Il y a pourtant addebaran en espag.
forme absolument correcte (i).
Aidée. Bourgs et villages des possessions européennes
en Afrique et dans les Indes. {Lia.) esp: aldea. ptg : aldeia.
pal: aldeya; deic^iJI alday'a, ferme, bourgade (2). Comme
dans ces textes du moyen-âge : « Et nullus homo sit ausus
pignorare in suas aldeas » { Fueros de Sepulv. por Munoz
p. 283). « Dono etîam et illam aldeîam^). Dans aidée
encore l'assimilation a été négligée. Devic l'attribue à la
prononciation emphatique du Jb d qui dans les langues
hispaniques entraîne souvent l'introduction d'un / [Alcalde,
aWayalde de ^^131 et J^Ul). Mais si on veut se reporter
(1) Bien souvent Tespagnol semble ne pas tenir compte de cette assi-
ndlation comme dans aldub (oJJi)* aldica (:(!>iiia)l), aldora («jJJO* alrota,
(f*ijj\) altamia (:^jk)l)i altramus Ccr^jîîl) etc. Actuellement encore dans le
Levant cette règle n'est pas toujours fidèlement gardée par le peuple sur-
tout devant certaines lettres, le ^ par. ex. Pour Dozj le l dans aldebaran
est euphonique
(2) Cfr. Edrisi. Description de l'Afrique et de l'Espagne : éd. Dozy et de
Goeje. page 51. L. 19. et Ibn-Haukal ( édit. de Goeje) p. 212 L. 6. p. 217.
lign. 11.
lo ALËZ
à la note de Aldébaran, on verra que ce phénomène est
plus général.
Alépine. Etoffe de soie et de laine fabriquée à Alep.
Le mot a été formé directement en français, ou Ton a pris
l'adjectif arabe ^ halabi, d'Alep, à l'exemple des Espa-
gnols qui ont Alepi ( catal. majorq. et valen ) ainsi que aie-
pin. En Espagnol a fe/? , roue de moulin, est une corruption
de kJ^jj^^ ad-doulab^ roue, machine à irrigation (Eguilaz
p. 151).
Alezan. Cheval qui est d'un rouge ou brun plus ou
moins foncé. Esp : alazan, alazano. val: alaçk, ptg. alazâo.
Engelmann le fait venir de ûLaiUI alhisân, equus nobilis et
pulcher ; Dozy, Devic et Eguilaz repoussent cette déri-
vation parcequ'elle ne spécifie point une couleur de robe.
Cela ne paraît pas péremptoire. Bien des mots, en pas-
sant du latin dans les langues romanes, ont étendu ou
restreint leur signification, (i) M. Devic propose ^jJL>.l
ahlas, colorem nigrum in dorso cum rubro mixtum habens
ovis; qui fait au féminin *LAo^halsâ. Le mot, on le voit,
n'a pas le sens d'alezan, et il se dit de la brebis. Pourtant
habâ s'accorde assez avec les formes alaçâ et ala:^âo.
{l)f Cfr. jumentum en latin, toute bête de somme, devenu en français ju-
ment. Caballus ( rosse ) s'est ennobli en devenant cheval ( V. Brachet. Dict.
étymol. XXIi). Voir aussi plus loin Elixir.
ALFA II
M. de Eguilaz ne se déclare pas encore satisfait et il pro-
pose jPj VI, al'a;['ar, qui signifie blond, alezan. Remarquons
d'abord que le véritable sens de j^j\ est « raris pîlis prœ-
ditus » (Kamous. Freyt. Bostani. Belot. (i) etc. ) de là on
a pu passer à blond, même à brun, roux ; et c'est le cas
en Barbarie (V. Dozy, supplément aux Dict. et Gasselin).
De al-az'ar avec l'apocope de r final. M. Eguilaz obtient
la forme alaçâ et ala:{âo et par le changement de r en /z
l'espagnol ala:{an.
Alfange. Espèce de cimeterre. Esp: alfange. Val:
alfàng. basq : alfangea. M. Devic fait remarquer que
alfange est un mot espagnol introduit en France par les
écrivains du XVII™® siècle. Il vient de J^l, alkhanjar^
coutelas, poignard, sabre (2) d'où nous avons pris les
formes cangiar, khanjar, khandjar. Le portugais a encore
(1) Bostani, désigne rauteur d^un gi*and dictionnaire arabe/ nommé
li^t ik^* . Le P. Belot a composé le Vocabul. arabe-&anç. à l^usage des
étudiants —Beyrouth. 1883 et 1888.
(2) M^ Michel Chapiro, dans ses « Révélations étymologiques» (Odessa
1880), n^admet pas cette étymologie, «une telle altération, dit-il, serait
sans exemple» (!) La thèse de l'auteur est que les noms d'armes tran-
chantes dérivent d'un nom d'arbre . L'étymologie d'alfa nge donnée par lui,
est conforme à ces principes. N*oub1ions pas non plus que M. Chapii*o n'est
pas partisan des étymologies orientales : pour lui « les déiivations des
mots romans de l'arabe sont pour la plus grande partie chimériques»
[op, c t, n^ 32 ) Ce qu'il prétend, c'est «l'émancipation de la langue française
deTarabe, du persan, du basque et du bas et haut tudesque» (Ibid. VI).
Tout cela n'est pas bien claii*.
1 2 ALGA
<■■■■■ ^ I I ^ ■- I ■ ■ ■■ -■■_ .1 ., . > I ■ I ■ I ■ ■■■ ■■■■ ■■ ■! I ■■ ■!■■■ ■ ■ ■ IMI^i». , ■ M^
alfageme « alfange o espada corta » (Eguil. ). Le chan-
gement de f en /est fréquent dans les idiomes ibériques.
Cfr. alfado de iai-l , alface de ïLsUl etc..
Algarade. £'5/?: ^a^^^; algarada. val : algarâ. On s'accor-
de à tirer ces mots de Sjull alghâra^ incursion, expédition
guerrière. M. Devic a raison de dire que ce ne peut être
une dérivation directe vu l'accentuation. SjUll a déjà donné
l'espagnol algara qui a absolument la même signification.
Mais comment s'est formé algarade} «De algara est
formé le verbe algarear, crier à l'attaque, répandre
l'alarme, et de là le substantif algarada dans le sens de
cri, tumulte, vacarme, algarave» (Engelm. ^. z;. algara ).
L'étymologie de M. Devic sSl^l al'arrâda, catapulte, qui
en espagnol est devenu algarada me semble improbable.
Il n'y a là qu'une rencontre fortuite de sons. Je ne crois
pas non plus pouvoir admettre 5^1^ I algarrâda, escar-
mouche (?) qui ne repose que sur l'autorité de Marcel, (i)
c'est trop peu.
On ne doit pas s'étonner que de SjUll , attaque armée,
on en soit venu au sens de vacarme, cris etc. On connaît
l'usage des Arabes de commencer l'attaque par de formi-
dables cris pour inspirer de la terreur aux ennemis.
(1) «Escarmouche: i»\^\ , d'où le fr. algarade» (Marcel: Vocab. franç.-
ar.) M. de Eguil az adopte cette étjmologie.
ALGU 1 5
Algazelle ou AlgazeL Espèce du genre des antilopes
vivant en Afrique; de Jljàl algka:^âl, la gazelle (i).
Algèbre. Etymol. bien connue. Esp. ptg. cat: algebra
basq: algebrea de jM a%abr (2) réduction. Chez les
Espagnols . le rebouteur est appelé algebrista , mot qui a
la même origine. En arabe jJl^lfc' est casser le bras;
jjijjo. c'est remettre en place, réduire Vos dérangé.
(V. Mas'oudi. Prairies. VI. 433).
Algorithme. Aux formes romanes citées par M. Devic
ajoutez les suivantes : Esp : algurismo, alguarismo, argo-
rismo. Ptg: algarismo, algorismo. Val: algoritme;de
ç^3j*j>* alkhauâri;[mi, Mathématicien arabe ( V. Devic et
Journ. Asiat. i86j-i®^ sem. p. 519).
Alguazil. Ce mot vient de xjj\ alwâ^ir, visir, con-
seiller. Sur le passage du sens de visir à celui d'officier
de police, voyez le Glossaire d'Engelm. et Dozy. Les for-
mes suivantes aideront à comprendre comment jj)\
alwâ:{ir est dewenu algua:{iL Esp : aguacil , alguacil. val:
ahuacil, alhuascir, alguacir. majorq : agutsil. cat : agusil,
agutzir, algotsir, algutsir, alquatzil. Ptg: alvacil, alvasil,
alvasir, etc.. (V. Eguilaz). M. Edouard Gasselin pense
(1) Pour plus de détails V. Dict. d'hist. nat. L 618.
(2) «de Tarabe aldjabrounn dit M. Brachet qui joint ensemble l'article
al et la nunnatiou, malgré les protestations de la grammaire arabe.
H
ALIC
que algua:[il vient de « (ijUtI alghâsi , soldat » ( i ).
L'examen des formes hispaniques montre que cette
opinion est insoutenable. Dans Argousin M. Devic voit
une corruption de alguazil.
Alhagées. Légumineuses dont le type est le sainfoin
alkagi. Cette plante nous est venue de TOrient; et toutes
les espèces connues croissent dans le Levant et en Egypte.
Tournefort la trouva dans l'île de Syra; elle avait déjà été
découverte par Rauwolfen 15J7; le botaniste allemand
la nomma alkagi Maurorum, de pltl alhâgg. Avicenne,
Ibn el-Beithar, Kazouini etc. font remarquer que c'est
^'^^
sur cette plante qu on recueille la manne téréniabin c^j
î»
tarangabîn.Ce dernier dit Talhagée excellente pour lapoi-
trine et cite à l'appui le dicton : « i-Lj jcJI (S î^li-l ce qu'il
faut à la poitrine, c'est l'alhagée». D'après les descriptions
des Arabes c'est une plante épineuse, ressemblant à une
asperge, mais plus grande que cette dernière.
Alhaiot. Etoile brillante du Cocher. On écrit aussi
Ayuk, de JjJJl al-'a/oûq^où avec M. Schjellerup je vois une
corruption de «i? , cette constellation étant habituelle-
ment nommée la chèvre.
Alicates. Petites tenailles, pinces. Esp: alicates, ali-
(1) Dictionn. français-arabe (s. v.).
ALLE 1 î
cantes (i ). M. Defrémery le tiredeJ^uîll al-laqqâi qui vient
de Ja3 laqai, recueillir, ramasser. Bocthor et Marcel tra-
duisent tenailles par i^â, sens que les dictionnaires classi-
ques ont sans doute oublié de relever, mais qui a dû
exister. Le même verbe nous a donné JUui^ milqât, pince.
Dans les Chevaux du Sahara par Daumas (p. 194) le g gâte
( des tenailles) est nommé parmi les instruments du mare-
chal-ferrant indigène.
Alidade; deS^UMll alHdâda, qui a aussi le sens de règle.
Nous renvoyons pour plus d'explications aux articles de
Engelmann et de M. Devic. Mais nous ne comprenons
pas pourquoi ce dernier savant a admis la forme plus ou
moins barbare de Sjb^># au lieu des Jb^^ (2).
Alizari. Nom commercial de la garance, d'où la sub-
stance appelée en chimie ali\arine.''Esp : alizari. M. Devic
avec raison y voit •jUull arasdtra suc, jus tiré d'un végé-
tal par compression ( Kam-Freyt-Bost-Belot ). Eguilaz
adopte aussi la même étymologie, qui paraît être la véri-
table.
Allez. Interjection. M. A. Sévillot y voit l'exclamation
(1) Remarquons le n euphonique dont l'usage est fréquent en espagnol
comme nous aurons l'occasion de le remarquei».
(2) g^Wm* est formé régulièrement de JLi tracer des lignes, tandis que
y u^a n'a aucune dérivation dans la langue.
i6 ALMA
arabe -ûl -àl a//aA, a//aA / et de cette façon il a expliqué
comment 1q verbe aller s'est introduit dans notre langue.
« Quand Froissard ( Addit. 128; c. 635 p. 214) se sert
de ces expressions: «Allez! allez! traître!» et rappelle
le grand meschef de la cité de Limoges, il parle ara-
be » (i). C'est assurément fort ingénieux, mais il faudrait
des preuves. Un fait curieux c'est que les arabes ont cons-
tamment à la bouche l'exclamation <«l l/a allah (littérale-
ment ô Dieu!) ou comme on prononce /a//aA qui a exac-
tement le sens de allez! allons! en avant! Dans Marcel
«0)1 est aussi la traduction de allons !
Almadie ou Almade. Esp. et ptg : almadia; radeau, bac
de 411 JÛll a/ma 'if a^ radeau. C'est d'après l'auteur du •Ul
JJUII une petite barque pour passer une rivière : ^J^lL*»
«(2) ^1 1^ jlf^ ^i jliUall j;UI. Le même auteur fait remar-
quer que le mot est arabe, mais que son acception dans
le sens de « barque » appartient au langage du peuple
« iX ^\ lô^ \k\^\ ^ ic^^ Î3 yb ». En effet i jÛ^ est for-
mé régulièrement de ^js^ ^aday passer, traverser. «Nous
passâmes le soir à la maadle, qui signifie passage... L'on
(1) Hist. génév. des Arabes. Tome II. p. 221 —Paris. 1877
(2) - jjuîl *Ui- page 219. L'auteur est le célèbre Chehab-ed-din Ahmad
al-Khafagi, commentateur du ^îjjîJI îj^ de Haiîri.
ALMA 'x7
passe dans un bac par le moyen d'une grosse corde qui
traverse d'un rivage à l'autre. » D'Arvieux I. 214.
Almanach. Esp: almanac, almanaque. Ptg. et cat. aima-
nach. Il est bien Certain que le mot ne dérive pas de
^1 (i ) almanâkh, endroit où les chameaux s'agenouillent,
et dans le langage populaire, climat. Pour désigner un
almanach, les Arabes disent oUj^yJ ta^outm, ou ry^
matboâkhj ou iUtjj rou^nâma (2). Ce qui est certain aussi
- c'est que le mot àXiiepaxa ou iXaaptaxa se trouve dans Eu-
sèbe (Prépar. Evangél. T. III. 4°^® édit. Gaisford) précisé-
ment dans le sens de calendrier et d'almanach. Comme
il est question en cet endroit de calendriers égyptiens, il
n'est pas impossible que almanach ait une origine copte.
Une autre explication, c'est de faire de almanach un mot
composé de l'article arabe et du latin Manacus ou Mana-
chus (Vitruve) « circulus in horologio solari cujus ope...
menses seu XII zodiaci signa ab umbra gnomonis indi-
cantur. Hinc Itali suum habent almanacco, ab Arabibus
nempe derivatum, qui articulum al ipsorum proprium voci
(1) Comme Tinsmue Bostani dans son dictionnaire (s. v. ^y). M. de
Eguilaz le dérive de « ^Ul( Kalendariam en R. Martin » (Glos. etimol. s. y.).
(2) On a prétendu qae les Ai*abes ont fait pour almanach ce qu'ils ont
feit poui» almageste, alchimie, alambic, c'est-à-dire qu'ils ont accolé leur
article à des mots grecs ou latins. Fort bien, mais cette opération aurait
laissé des traces, comme dans les mots cités. Or on ne connaît aucun ex-
emple où ^ull soit employé dans le sens de calendrier.
2
i8 ALMU
manacho prsefigunt» (Forcell.). Ces sortes de composés
ne sont pas rares en espagnol, comme almear composé
de al et de mear corruption de métal. — Almarga, com-
posé de al et du latin marga.
. Almargen. Terme de l'ancienne pharmacie: poudre
à'almargen, corail calciné, autrefois employé en méde-^
cine, (i) deOl>-^l almargân, le corail (2), dont almargen '
est la transcription, en tenant compte de Vimalé, Le mot
arabe n'est lui-même qu'une altération du grec fiaçyaoktjg
Aimée. Danseuse indienne; de l'arabe almet, savante,
ces femmes possédant une certaine connaissance de la
musique et de la danse. (Litt.) En effet ïl U ^âlima veut
dire, savante, instruite, de J^ ''alima^ savoir. M. Gasselin
admet cette étymologie.
Almude ou Almoude. Esp: almud. Ptg\ almude. Cat:
almut; mesure de liquides en Espagne, de al I, a/ mowûfû?^
dérivé du latin modium. Cette mesure qui a varié d'après
lés pays se trouve décrite au N^ 1 242 des Synon. arabes .
(1) D'après Kazouini la poudre de corail est excellente pour les maux
a:;?jbiîl (Kazouini oli^^l .-Jb^p . p. 238-^Édit. Wustenfeld ).
(2) V. Synonymes Arabes N^ 1621, et Journ. Asiat. 1868 -Fév. p. 201.
Devic et Eguilaz transcrivent mordjân^ en mettant un damma sur le ^ .
Freytag établit une distinction entre ùÇy> i et ùÇy^ distinction qui semble
ignorée de Teifachi, Kazouini, Tartouchi etc.
ALPH
19
Alphanette ou Alphanesse. Esp. et Ptg : alfaneque.
Cat. et Maj : alfanet ; faucon au plumage noir assez com-
mun en Tunisie et en Algérie. M. Dozy prétend que ce
nom est tiré du fennec. On aurait dit d'abord dUilljl
bâ;[ al'fanak, le faucon ( propre à la chasse ) du fennec;
puis pçur abréger, on aurait supprimé le terme Mj{,
faucon. Avec M. de Eguilaz nous repoussons cette expli-
cation, ingénieuse il est vrai, mais purement hypothéti-
que. J'ai vainement cherché, parmi les vingt noms ou
surnoms, attribués au faucon 3 1 ^dj^' et à son congénère
Tépervier, quelque chose qui pût concorder avec alfane-
que, d'où nous est venu alphanette. Je me contenterai
donc d'exposer les hypothèses émises à ce sujet. Sousa
propose jîli-l , alkhâniq, l'étrangleur. Un autre, s'appuyant
sur le plumage noir attribué à l'alphanette, le dérive de
jCli-l alhanaki En effet dt U hânek est énuméré dans le
îdll -ui (i ) et le Kitâb al-aàdâd (2) parmi les synonymes de
^y^ avec le sens de noir foncé. M. de Eguilaz voit dans
alfaneque une corruption du latin faco, précédé de l'ar-
ticle arabe, explication qui me semble plausible (Cfr.
Glos. etim. s. v. ).
(1) p. 73-Beyi»outh. Imprim. Catholique, édit. Cheikho, S. J.
(2) ^îjubvi .-AsTP. 104 et 105. édit. Houtsma.
20 ALQU
Alphard. C'est Va de l'Hydre. Transcription de ^^1
alfard, littér: la solitaire: « Jt^âll.j-Jlyic'cîbl ^ll^v^^lj
<4bLll^*^lyJVby w-oy!l jJIji-l . Les Arabes nomment
la 1 2°^® étoile brillante, située à la fin du cou, al-fard^ la So-
litaire; ilsTont nommée Solitaire à cause de son isolement
des autres étoiles qui lui ressemblent» (i). Abdurrahman
As-Sufi relève vivement un astronome ignorant qui avait
donné à alphard (^yll) le nom de^^l alqird, singe (2).
Aloës. Littré tire ce mot de l'arabe aluat. C'est sans
doute ^yi\ al'oâd que l'illustre lexicographe a prétendu
transcrire; effectivement :y!l al- oûd désigne l'aloës (Avic.
Càn. L. II. p. 23 1) (3). Seulement ce sont les Arabes quî
ont emprunté leur mot iSj ' alwaj aloës, aux Latins, qui
avaient aloe, es ( dans Pline et Celse ) et aba qui est dans
Isidore de Séville. La traduction arabe de Dioscoride le
prouve : « jj^l Ijf^ y^j tSjll : alwa est la plante qui produit
l'aloës » (4).
Alquifoux. Esp: alquifbl (5). Variété de plomb sulfuré.
(1) Etoiles fixes à!^ Abdurrahman As-Sufi, p. 236.
(2) Ibid. p. 39.
(3) Cfr. Mas'oudi : Praiiies d'or. édît. B. de Meynard. I. 72-169-530-
341 etc.
(4) Dans le supplément de son Dict., Littré reconnaît Pongine latine de
aloës.
(5) Comp. le portugais alquifa de JuSOl» stibium^ sorte d'antimoine.
AMAL 21
M. Devic a établi l'étymologie de ce mot. Nous ren-
voyons à son article. Alquifoux n'est qu'une altération de
J^l alkohl^ altération très-simple, si on remarque que r
devient très-souvent /en espagnol. ( Comp : alfageme de
^1^1 , alfage de ^\ , alfamar de Jl:l- 1 etc. ).
Altair. a de la constellation de l'Aigle (V. Wèga).
Alula. C'est le z^ et et g de la Grande Ourse. (Arago)
de l'arabe JjVlSji3l.a/-3^a/^a/ al-oâlâ, littér. le premier
saut, et par abréviation J^jV) a/-oû/d, le premier (i).
Alvarde. Esp: albardin. Val: albardi.-Graminée res-
semblant au sparte, de (5^^l aWardi Ibn-el-Beithar, qui
la décrit longuement, dit que c'est le papyrus, qu'on en
fait des cordes et qu'on s'en servait pour faire du papier
( s. V. iS?x )• ^* Le papyrus est appelé en Egypte el berdi^
mot qui n'a aucune signification en Arabe, et qui appar-
tient sans doute à l'ancien Egyptien » ( Bruce. Voyage en
Nubie. T. V. p. 26).
Amalgame. M. Devic pense que ce mot a été intro-
duit au XIIP® siècle par les alchimistes. Il propose
comme étymologie l'expression W>-IJ^ 'amal al-^gam'a^
ou hienZi^^^ al'mougâma^a,V union (V. Devic. s. v. ).
M. de Eguilaz voit dans amalgame une métathèse de
*»-»•*»
(1) Etoiles fixes; par AbdaiTahman As-^ufi (éd. Schjellerup. ) p. 50.
22 ^ AMAR
al-magma'aj lieu de réunion, réunion. On peut ajouter
•^U J/^. Mais comme Ta fait remarquer M. Devic, tant
qu'on n'aura pas recueilli d'exemples des expressions
ci-dessus dans les ouvrages d'alchimie arabe, les étymo-
logies proposées resteront à l'état de conjectures.
Aman. Transcription de ûl*' aman. C'est un terme
spécial chez les Arabes, qui a le sens de sécurité, protec-
tion, parole d'honneur.
Amarel. Nom vulgaire du Prunus mahaleb dans le midi
de la France. Je soupçonne que c'est une altération de
wiî^l al-mahlab, même signification. Le lam de l'article
a disparu par syncope ( V. le mot suivant ), le / du corps
du mot est devenu final par métathèse.
Amarre. Esp. et Ptg : amarra. Basq : amarrac. de J,\
almarr, corde, au moyen de la syncope du lam arabe, ce
qui n'est pas rare en espagnol (i). Littré a recours au
néerland, marren, attacher, amarrer, et repousse l'étymo-
logie arabe, sous prétexte que les langues du Nord nous
ont donné beaucoup de termes de marine. Cette argumen-
tation pourrait être retournée contre l'illustre auteur. Car
on sait que pendant plusieurs siècles la Méditerrannée
(1) Comp: amarrido {^^J^\) amago (^i) ^^^' L'arabe a encore le ter-
me î^^î, marasa, qui a proprement le sens d'amarre.
AMIR 2}
â été un lac arabe. M. de Eguilaz n'hésite pas à adopter
l'étymologie arabe dans son Gloss. étymologique.
Amiral. Il y a longtemps qu'on a reconnu dans la
première partie de ce mot l'arabe juj âmîr, commandant.
Mais ce qui embarrassait, c'était la terminaison aU qui se
rencontre plus ou moins altérée dans toutes les formes
du mot. On a bien vite répondu avec Engelmann que al
demande évidemment un complément qui estjr bâ\ir^
mer, ce qui ferait Jr^J^^ àmîr cU-bahr, commandant de
la mer. Cette expression, outre qu'on n'en a qu'un
exemple ( Aboul-Mahasin. II. p. ii6, édit. Juynboll ),
ne s'accorde pas avec de nombreux textes où amirauté
amirant^, amirat:( signifient simplement général, che
de troupes, et non chef maritime d'une façon spé-
ciale, (i) M. De vie, à qui nous empruntons cette der-
(1) Quand on voulait spécifier, on ajoutait : de la mer. Voilà poui^quoi on
trouve dans des textes du moyen-âge almiraje de la mar et almirante de
la mar. Et chez le Flamand Velthem: ammirael van der zee. Dans un Iti-
néraire du XIII'"® siècle, intitulé les Chemins de Babylone, et publié par la
société de l'Orient Latin, le terme amii*al revient plusiem*s fois avec un
sens bien différent de celui de notre amiral moderne: «xxiiij, Amii'aux, che-
vetainôs de Post; et chacun peut faire c chevaliers. Item encores y a Ixxx
Amii»aux de quoi les xl. Item encores y a xxx Amiraux.. ! Item il y a Ixx el-
meccadens.... » Il me semble que ce terme d'amiraux en cet endroit est une
altération de m>»i» oumarâ, pluriel de j^uil amir, prince. Comparez pourtant
ce que rapporte Niebuhr. Dans le Yémen parmi les officiers de l'Imam, il y
en a im lyii porte le titre d'Emir Bahr; il a sous sa garde tous les bateaux ;
il doit aussi visiter toutes les marchandises qui arrivent et qui sortent par
24 ANAF
, ' --
nière remarque, conclut que les désinences a/, aut, ant,
a/jf, etc. restent toujours inexpliquées. Je crois que
M. de Eguilaz a trouvé la véritable explication. La flotte
qui maintenait les communications entre l'Afrique et
l'Espagne s'appelait "^ jSVI Jiji ar-rahl al-Andahun ou
^j^\ J^j rahl al-Andalous, transport de l'Andalousie,
et par abréviation J^)! ar-rahl, le transport. Quand il
s'agissait d'une expédition importante, le commandement
des escadres était confié à un émir (i), qui prenait le titre
de J^jl>«l âmîr ar-rahl^ commandant du convoi, de la
flotte des Espagnes. Cette explication cadre admirable-
ment avec le ptg. amiraUi^ où il n'y a qu^une simple
métathèse; avec le franc, amiral^ le français rejetant
habituellement les aspirées; avec l'ital. ammiraglioj oîx
le ^h s'est syncopé ; avec les formes espagn. almirag,
almirage, almiraj et almiraje (2).
Anafin. Instrument de musique arabe (Litt.); de l'arabe-
mer. Ses fonctions étaient plutôt civiles que militaires, comme le ^^, jy
Mir hahr, chez les Turcs, sorte de capitaine du port.
(1) V. Ibn-Khaldoun-Proleg, etEngelm.(5. v.). Du temps d'Ibn-Khaldoun,
les Arabes avaient déjà emprunté almirante aux Espagnols, et en avaient
fait jJljJI, almiland ( Prol. II. 32 Quatremôre ).
(2) Amirante ne doit pas faire de difficulté: n est une lettre qui s'inter-
cale facilement en espagnol. Pour plus d'explications, voyez Eguilaz XXI
et p. 225. Nous faisons pourtant une réserve, c'est lorsque le savant éty-
mologiste veut tirer almargen de fAaçyrjkiii'
ARQU 25
persan ^1 an-nafir^ trompette de cuivre qui rend un son
très éclatant (V. Syn. arabes. n° 1473).
Anil* Plante qui fournit l'indigo; de là vient A/ii7m^, de
JJIa/i-nf/, même sens. «On sème là (i) en abondance
une herbe nommée Nilé^ dont la semence sert à faire la
teinture bleue et est transportée en Egypte pour cet
effet. » Voyage nouveau de la Terre-Sainte p. 7. Paris»
1 679 (par le P. Nau S. J. ).
Arabi. Poisson, nom que Forskal a indiqué comme la
dénomination vulgaire du Mugil crenilabris (Dict. d'hist.
nat.), de''(J,f^'arabi adjectif formé de ^j^arah^ les Arabes.
Argan ou Arganier. Arbre commun au Maroc ; de
^^ ^^gàrij appelé aussi ôKjl (2) arqân etj^ji) jj lau^ al-
berber^ amande berbère. Il y a aussi la forme oUy» hargân
et surtout ôUjl arghân^ qui est employée concurremment
avec ij\>'j\ argân par les meilleurs auteurs.
Arquebuse. Esp. arcabuz. Alix tire le mot espagnol de
^j^. l3l al-qâboûSj de la racine ^j^ , accendit. Mais ,j-j»t3J
n'a qu'un sens en arabe : « Vir pulcher vultu et colore » (j )
(1) A Beysan oa Bethsan, non loin du Jourdain.
(2) Chez Edrisi p. 765. (Dozy traduit arcan). Chez Becri on trouveoi?^
et olaJL**
(3) ^jjâ ou 4^j>\r Kahous se dit aussi d'un pistolet ou d\m petit fxicol
26 ARQU
quoique d'ailleurs le verbe ^_^J, prendre feu, s'adapte-
rait assez bien à notre étymologie. M. Defrémery pense
que arcabu:{ vient de ^j^ I al-qâuSj arc ( i ). On sait, ajoute-
t-il, que l'arquebuse avant d'être une arme à feu, était une
arme à jet. Or après l'invention de la poudre, le nom de
plusieurs machines de guerre passa aux armes à feu qui
les remplacèrent. C'est ce qui arriva pour l'arquebuse. —
Actuellement encore le verbe ^y , littéralement : tirer
de l'arc, signifie dans la langue usuelle, tirer un coup (2)
de fusil. Rien donc que de bien naturel Jusqu'ici. Voici,
pensons-nous, par quelles modifications successives ^yi\
al-qâusest devenu arcabuz et arquebuse. {})Le changement
de Jl al en ar n'a rien que de normal et est fréquent en
espagnol (4). (Comp. arcaduz pour alcaduz, arcazon de
Ôb3^ etc.) Le j médial s'est changé en b, comme dans Na-
bab de *^\y , albacea de ^y\ etc. Ce qui confirme cette
conjecture, c'est que le verbe alcauciar est employé
Mais cette aignification est récente et ces deux mots sont des transcrip-
tions arabes de Fesp. arcabuz.
(1) Journal Asiatique. Janvier 1862 p. 92.
(2) Ajoutez ^'ly qouâs fusillade, coup de fusil (Humbert-Henry).
(3) M. Dozy ne Tadmet pas et voit dans Tarquebuse, ou l'allemand ha-
kanbiichse, ou le flamand haeckbuyse, arquebuse à croc. Comment expliquer
alors arquebuse à croc ? C'est là une tautologie que l'illustre orientaliste
accepte trop facilement,
(4) Ce changement se rencontre aussi dans des mots venus du latin ou
du grec comme alganon^ algalie, etc.
ARSE 27
en Colombie dans le sens de arquebuser. Or alcauciar
vient évidemment de ^yll alqaus (V. Dozy. SuppL).
Arratel. Mesure de poids, valant environ 460 gram-
mes. En esp : arrelde. ptg : arrate, arratel. basq : erraldea.
Arratel est la transcription de jLJI arrail, mesure qui a
beaucoup varié, et qui équivaut aujourd'hui en Syrie à
environ 2570 grammes. D'après le Chev. d'Ar vieux
(Mémoires. VI. 456) «le quintal est de cent Ratles et la
Ratle de cinq livres trois quarts, poids de Marseille ».
AxTobe. Mesure de poids, usitée dans les possessions
espagnoles et portugaises, de 11 kil. 500 (Litt.) Es/>. et
ptg: arroba, arrobo. gall: arroa. basq: arrobea; de ^}\
ar-roub' le quart. « Per V solidos parient arrobo de trigo ,
arrobo de ordio per XII solidos. » Texte de 1 102.
Arsenal. Esp : arsenal, cat. et Maj : darsanale. portug :
arcenal. ital: arzena, arzenale. De Monconys écrit
arsenac ; de ïpLo!) as-smd'a, construction, ouiJ^las-sa/z'a,
même sens. M. Defrémery a prouvé (i) que ces deux ex-
pressions se disent fort bien (sans le mot j\^dâr)^ d'un
arsenal maritime. Le r d'arsenal, selon M. Devic, est dû
probablement à la prononciation emphatique du ^jd s; ou
bien n'y aurait-il pas là une réminiscence de jb dâr, mai-
(1) Journal Asiatique. Avril 1867 p. 416 et 1869. Juin. 1869, note.
28 ATHA
son, qui précédait habituellement Âe^îL^sina^a} (i) Peut-
être n'est-ce là qu'un des exemples, où l'article Jl al est
devenu ar (Voyez arquebuse). C'est aussi l'avis de
M. Defrémery (Journ. Asiat. T. XIII, 1869. p. 5 J7).
Âsscu^sins. Les maîtres de la science étymologique ont
décidé que ce mot dérive de ^Ll>. hachâchi, ou '^yjJL>-
hachîchî, dérivé de jLii^ hachîch, le hachich. Il est
étrange que dans toutes les formes du mot assassin les
deux ^J» ch aient disparu. En dérivant assassin de Hassan-
ben-Sabah, on évitait cette difficulté. Ajoutons qu'il est
assez rare de trouver chez les auteurs arabes le nom de
^Ll>. ou ^txl>. appliqué aux Bathéniens.
^ ^ ta
Athanor. Four des alchimistes, d% jy:i\ attannoâr , foyer,
réchaud, four portatif, et encore trou pratiqué dans le sol
. >
pour cuire le pain; tandis que ô} fourn^ {de furnus) est
un grand four en maçonnerie (2).
(1) M. de Eguilaz tire le mot espagnol atarazana de tu-Inîl at-tarsana,
ou to'UtWdi at-tarsakhâna. Mais les Arabes reconnaissent eux-mêmes que
ces mots sont pris de Titalien (Y. Bostani ,U^| Jm^/i s. y. u^)* Le même
auteur semble donner à darsena la même étymologie qu^à atarazana. Ne
serait-il pas plus natm'el de dériver darsena de s^u^l jb dâr sana^a ; com-
me dans ce passage dlbn-Djobaii*: « la ville de Messine possède un arsenal,
renfermant des vaisseaux dont le nombre est incalculable. » tj^ ^'^j
j^>JS' Ja^i^S U Jp Js%CJ^t cr^ *é^ p^ ji^* ^^ Khaldoun appelle de même
l'arsenal de Tunis spU^ jU (prol« K- 35).
(2) V. nos Synonymes Arabes N<* 917. Lejyj est d'un usage général en
Syrie, chez les gens de la campagne.
AUGE 29
Aubère. Se dit d'un cheval dont le corps est couvert
d'un mélange de poils rouges et de poils blancs. ( Litt. )
Blanc, bai et alezan ; entre le blanc et le bai. Je n'ai pas
cru inutile de donner ces différentes définitions qui mon-
trent que ce n'est pas le blanc qui domine dans la nuance
particulière de la robe du cheval appelé aubère, et que
partant il est inutile de chercher son étymologie dans
albus. Guadix a le premier proposé de dériver ce mot de
tSjLi. houbâra, outarde, en esp. hobero, que le P. de
Alcala explique par «Color de Cavallo ». Le plumage de
cet oiseau présente en effet toutes les variétés de couleur
énumérées plus haut: le blanc, le brun, le cendré, le noir
dominent. Damiri parle seulement de la couleur cendrée
du houbâra « ùji\ c5^Uj j:JI ^^J^j^y^, c'est un oiseau au
long cou, au plumage cendré ». Le changement de (^jC>.
houbara en aubère, hobero, est naturel, si l'on tient
compte de l'imalé. Ajoutons que cette étymologie est
adoptée par de3 savants comme Engelmann, Devic et
Eguilaz.
Auge. Esp. et cat : auge, val: aug, aux. iial: auge.
Terme d'astronomie, vient de rjl Aug, qui signifie hau-
teur d'un astre ou ce qu'on appelle aujourd'hui apsides.
Ce mot n'est pas d'origine arabe, Freytag le dit persan.
L'auteur du JJUll *lii est d'un autre avis : « ^ jca ZJs^s^j^
jo AUMU
jUII Ubt^. Auge est un mot indien signifiant hauteur» (i) ^\
(augoun) ne serait-il pas une altération de dTroyawp}
Aumusse. Esp : almocela, almoçala, almozalla, almozela,
almuzalla, almozela, almuzeria. ptg. gai. et bas lat : almo-
cella. provenç : almussa. ital : mozeta. L'aumusse est une
peau de martre, que les chanoines portent sur les bras,
lorsqu'ils vont à Toffice. Ce mot, ancien en français, vien-
drait d'après quelques étymologistes, du bas-latin almucia^
qui serait composé de l'article arabe et de l'allemand
mût^e, bonnet, toque. Nous ne croyons pas pouvoir ad-
mettre cette explication. Si ces mots composés sont
communs en espagnol, ils sont rares en français, surtout
quand la dernière partie est un terme d'origine germani-
que. Les formes espagnoles citées plus haut dérivent
tf ^ >
certainement de ^Jjl I (2) almousallâj tapis sur lequel on
s'agenouille pour prier (Dozy et Engel. ). Mais almocela
et ses congénères désignent non seulement un tapis pour
prier, mais aussi une couverture et même une partie du
vêtement (j), un voile pour se couvrir la tête. (V. Eguilaz
(1) M. de Eguilaz propose ^j\ ou 9^^. Nous ne connaissons pas ce der-
nier mot, du moins avec la vocalisation donnée par le savant espagnol, et
surtout le sens d^élévation qu^il y ajoute.
(2) C^est sans doute par distraction que Engelmann écrit jLâUt qui est
une éiute d'orthogi*aphe.
(3) « Do omnia mea rem movilem lectorum; cozodras et plumazos, tape-
AVAN 3 I
*■■— - ll^l- — — 111 »■■■ 111 !■ ■ ■■ ■■ ,, M^BM ■!■■■ !!■ ■■■!■■ ■■■■!»» I — ^^^— #
S. V. al/nocela). De là au sens d'aumusse le passage est
facile, et nous pensons qu'il a été fait.
Avanie. Le terme est certainement d'importation
orientale. La lecture des anciens voyages au Levant ne
laisse guère de doutes à cet égard. « Le genre de persé-
cutions... n'est pas tant les tourments et la mort que les
peines pécuniaires qu'on appelle Az^a/z/^^ » (i). Le mot
revient souvent dans les Mémoires du Chevalier d'Ar-
vieux. «Hussein-Pacha avait généreusement prêté à la
nation Française une somme considérable sans intérêts,
pour payer la grosse avanie que Hassan lui avait impo-
sée » (T. IL p. I . et pass. ). C'est toujours dans le sens de
peine pécuniaire, amende, imposition, sans aucune idée de
mépris ; ce qui exclut û^ji hawân, mépris, donné comme
étymologie par Pihan. Bocthor traduit avanie par û'y^
IjIjp ^awân, ^awânia , expressions qu'il faut probablement
mettre sur le compte de son génie inventif Pour le reste,
on n'a que des conjectures sur la véritable étymologie du
mot en question. M. Devic les énumère en les discutant.
On peut lire son article.
des et almozalas^ simul et ali&fea, et manteles » et encore: aDe meo mobi-
le... et meos ^estiles, et acitaros, et coUectras, et almucellas.f) V. Ducange.
(1) Lettres des Leti, édifiantes, édit, Aimé-Martin, I. 252. Avanies est en
italiques dans le texte.
j2 AVIV
I I II I .111 II 11 I I I ■ I -III . i n -.■■!■ Il »
Avarie. Esp. basq : avaria, ptg : avalia , avari^. ital :
avaria. Nous pensons avec Dozy (i)que ce mot est d'ori-
gine arabe ; jl^ Wdr signifie une déchirure, un défaut;
et actuellement encore chez les jnarchandSjOl jl^l^Z-au'd-
riàt se dit des marchandises avariées (Bocthor-Bostani-
Heury). Avarie au sens de droit d'entretien d'un port
pour chaque vaisseau qui y mouille, a une origine germa-
nique, havaria^ haveria, dans la basse latinité; delà même
racine, d'où est venu havre. Il correspond au néerlandais
havery (V. Brachet).
Avicenniées. Genre de plantes voisin des Verbéna-
cées et des Myoporinées ( Dict. de d'Orbigny ) qui tire
son nom de l'illustre bu- ôl^ IbnSînâ. Le nom d'Avicenne
M
nous est venu probablement par l'Espagne. Or dans la
Péninsule tous les noms propres arabes débutant par Cx}
ibn, sont transcrits aben ou aven. De là Abencerrage
CJ^ ù:', Averroës jJ^j\ Cx\ etc.
Avives. Esp: adiva, adivas. basq: adibac. Engorgement
des glandes parotides chez le cheval. î^oll ad--àiba est le
terme vulgaire désignant une maladie de gorge, rendant
la respiration difficile. Les médecins l'appellent ^ill
adr-dibaha, d'où dérive peut-être la forme basque adibac.
^ I ■■ ■ ■ p ■
(1) Qui est pourtant trop affîrmatif. M. OasseJin se contente de relever
«Tanalogie qui existe entre le mot français et le mot arabe».
AZÉD
33
Chez Freytag oâll est « Morbi species qua affici solet
guttur jumenti ».
Aximach. Terme de médecine. Tumeur graisseuse
dé la paupière, qui se manifeste surtout chez les enfants, de
Jk^l ach-charnâq, morbus quidam oculi ( Golius) ; et non
pas ^^^' ach-chirnaq, comme écrit Devic.
Azamoglan. Jeûne élève d'équitation nouvellement
reçu au service de la personne du Sultan, dans l'ancien
temps ( I ) ; il se dit maintenant d'un Jeune serviteur chargé
des fonctions les plus basses du sérail. C'est le turc
4j5UI ^ 'agam oghlân, composé du turc o^\ oghlârij
garçon, et de l'arabe J& agâm^ qui signifie proprement
persan, et qui s'applique à tout peuple étranger, non
arabe (2). Pour expliquer le changement de Kg en j^ ,
M. Devic suppose que azamoglan est une transcription
grecque; les Grecs remplaçant habituellement le r
g des Turcs par :{ (j).
Azédarac ou Azadaracht (4). Esp : acedarac, acedara-
(1) Mallouf. Dict. Tui'c -français.
(2) Gomme le ^doSaçoç des Grecs.
(3) D'Arvieux et d'autres voyageurs écrivent Agemoglan.
(4) On trouve encore azédarach, et azédarachs ; cette dernière orthogra-
phe noua paraît tout-à-fait vicieuse. Le nom d'azadirachta a été appliqué à
un arbre du genre de l'azédarac commun ( V. Diction, d'hist. natm^elle,
C. d'Orbigny).
3
14 AZER
que. ptg: asedarac. C'est un arbre originaire de Syrie
ou de Perse , remarquable par ses fleurs violettes dont
Todeur rappelle celle du lilas (i). Son nom oio^^'i*
a:{âd darakht, qui nous a été transmis par les Arabes, est
d'origine persane. jf^\ j- <:^J^\ «l:^ dit Ibn-Beithar.
«Son nom en persan signifie arbre libre» ou^j^l j-:t comme
dit un autre, ce qui est la même chose. Cette dénomina-
tion lui a sans doute été attribuée à cause des propriétés
vénéneuses (2) de ses fruits, que tous les médecins et bo-
tanistes arabes ont signalées. Les femmes employaient
ses feuilles pour allonger leurs cheveux, et le suc de ses
fruits pour les faire pousser. Kazouini ( Cosmogr. I. 249 )
dit à peu près la même chose: «juillJ-Uj J^'J^ ^j>j «jU^j»
Azerbe. C'est une espèce de muscade sauvage dépour-
vue de saveur, dit C. d'Orbigny dans le Diction, univer.
d'histoire naturelle. Ce n'est donc pas jUall as-^sibdr
«fructus arboris acidi saporis» (Freyt. ). D'après Ibn-
Beithar: << 4> 45 jIjC (S^\ /^I y^ jL^ll , as-sibâr est le tama-
(1) Nouvelle Flore Française par M. M. Gillet et Magne, 6°»«, édit. 1887,
p. 96. L'azédarac, très commun en Sjrle, 7 est appelé cJij'j zanzalakht, et
en Egypte cîjj)j zalzalacht, deux altérations de c^j^ ^\jU
(2) Nous croyons que les auteurs de la Nouv. Flore Franc, exagèrent,
quand ils prétendent que toutes les parties de cet arbre sont vénéneuses à
haute dose. Les feuilles du zanzalakht sont ti'ôs-recherchées en Syrie com-
me fourrage.
AZER j$ '
■1— l^—— — ^ I I ■ ■ I . ». .1. M I I I
rîn employé en médecine » (i). M, deEguilaz (2) voit
dans i'esp. acerbe (le même que notre a:{erbe) le latin
acerbus. Mais cela s'accorderait mal avec la définition
citée plus haut. Force est donc de recourir à Tétymolo-
gie déjà proposée par M. De vie, d'après laquelle azerbe
représenterait jtïll aà-àabr, noix sauvage, muscade, pro-
noncé à la persane a:{-:{abr.
Azérole. Esp : aceroUa, azerola. val: aczerola, atsarolla^
atsoroll, soroUa, cat : adserola. ptg : azarola, azerola. ital :
azzeruolo, lazzeruola, lazzarolo, lazarino. Tournefort écrit
a^arole, a/^arolier ; de jôj^j^ a:{-:{o'roCtr (3) même sens.
Cet arbre est commun aux environs de Beyrouth, et dans
le Liban (4), où il atteint de belles proportions, quand on
le laisse pousser. Le mot n*est pas d'origine arabe, d'à-
près ôawâlîqî qui le croit d'origine persane : (^)\jj^u\
Çj^ Lj3 L.>-\j LVl îjo^ i j//j\ J^^ ^jf\ ^î (6)
M. de Eguilaz voit dans ojjjtjll a^f-j^aVoûra une trans-
(1) Ce qui a fait penser à jL^aJI, c'est la ressemblance à^azerbe avec les
formes portug. azevre, axebre, asevar^ qui d'après Engelmann(Gloss. p, 35)
âMvent de ce mot ai*abe.
(2) Glosario etimoL (s. v. acerbe).
<d) La forme jj^ôj)! azza^roûr est connue au Maghreb; le P. de Alcala
éorit aussi le mot avec a.
(4) OCi plusieurs petites localités lui doivent leur nom.
(5) Voir aussi: Aramsôisohe Fremdwœrter im Arabischen.par S.Frœn-
^/. p. 142.
(6) Al'«ati^ai*riib (édit. Saohau) p. 77.
j6 AZIM
_ - I I ■ I ■ fil , - ■ I 111 _IBIM I L -~ '
cription du latin acedula^ et dérive l'espagnol acerola
(qui est notre a:{érole) du même mot latin au moyen de
la conversion de d en r. Nous croyons que la comparai-
son des différentes formes romanes cTaj^érole est surtout
favorable à Tétymologie arabe. C'est Tavis de Marina,
Dozy, Engelmann et Devic.
Azimech. C'est l'a de la Vierge; on Tappelle aussi
l'Epi de la Vierge; de ilQl, as-simâk, hauteur, préémi-
nence. As-simâk est donc l'étoile prééminente, de la racine
S'^^dCl être haut, être élevé, être prééminent (i);
4pIloV 15^U- JL- dit Sibawaïhi, confirmant l'explication
précédente. Chez les Arabes J^\^\ désignent deux
étoiles, dont la première J^^l ilUJI est notre Azimech, et
l'autre ^\'}\ iHcJI est Arcturus du Bouvier. Arcturus a été
surnommé ^IJI armé d'une lance, parce qu'une étoile
voisine s'appelle l'étendard ou la lance de simâk
fJlcJI ï^jj i b. Azimech est surnommé J jtVl le désarmé,
parce qu'il est isolé.
(1) C'est aussi Tavis de M. Schjellerup, dans sa Trad. de l'ouvrage
d'Abd-urrahman As-Sufi. Description des étoUes fixes p. 66.-Voici ce que
dit le commentaire du Majani(o^vi ^ib»^ Imp.Cath. Beyrouth..,) ù^JU-JÏ
U.|S3 ^ oaTU-Jb Ijs'i ûl'jy ûU5}f .Cette explication est confirmée par le vers
bien connu de Férazdaq.
M. Devic avoue qu'il n'a pu découvrir le sens de simâk. Voir aussi le li-
vre d'Albii'ouni: ywi ûj>ôI ^ yWJI j^\ (p. 344. - 11.) Edit. Ed. Saehan.
BAGA . 37
B
Bagage, Esp: bagage./?/^: bagagem. ca/:bagatge. val:
bâgaig. — M. de Eguilaz pense que ce mot a été introduit
en Europe par les Croisés, qui l'auraient emprunté à
Tarabe *^. bouqga ou îiL, bouqcha, paquet de linge
et d'habits (i), terme très employé en Syrie; on en a
même formé un verbe A ' empaqueter. Ce mot qui
n'appartient pas à la langue classique, est d'origine
persane ^"i « involucrum ex tela, aut corio confèctum,
plerumque quadrangulum, ubi involvuntur vestes vel lin-
teamina » ( VuUers ). Nous renvoyons pouf plus de détails
à l'excellent article de M. de Eguilaz.
Cobarruvias a pensé que les Espagnols ont emprunté
« bagage » aux Français. Nous croirions plutôt le con-
traire. Bagage apparaît chez nous assez timidement au
i6"^® siècle, tandis qu'il est déjà employé comme un ter-
me usuel par Hurtado de Mendoza (mort en 1 57}), Argote
de Molina, Cervantes, Mariana etc.
(1) Comme dans ce passage des Mille et une nuits • • . J L.4<i^j j3 ùIO
"t^, et plus loin :bJJ) iXSî *^ ,jJ&\j etc. (V. aJj SU wiJI H. p. 149 etc. édi-
UoQ du P. Salhani S. J. Beyrouth ). Voir aussi les savantes notes de Qua-
tremère. SulU Mamelouks, T. I. 1'» partie p. 12, 219, 253 etc.
j8 . BAGA
Bagasse. Femme de mauvaise vie. « On n'entend que
ces mots: chienne, louve, bagasse» (Molière). Espihagas-
sa, gavasa. /?roz^ : baguassa; de SjpI) bâghisa, féminin de
jpl bâghi:{ (i). « Improbitati deditus et incumbens,
inhonestus et obscœnus » , dans Freytag; libertin, dans
Kazim. (2).
Bagasse. Canne passée au moulin et dont on a extrait
le sucre etc., de Tespagnol baga:[Oy disent les diction-
naires. Et baga:[o} C'est une métathèse de ^î^ khabath,
scoria ferri (5) similisve rei (Freyt.), scorie en général (4);
au moyen de la transcription du r- kh par g (Cf. port.
ganinfa de ïi-^ ) et du *!> th par jf . ( Cf. a:{wnbre de ^\^
L'étymologie est de M. de Eguilaz. Serait-il même impos-
sible que ZidJihabltha^ par exemple, participe féminin
de la même racine .^^khabath, scortatus est, ait donné
naissance à bagasse^ femme de mauvaise vie? Cela s'ac-
corderait à merveille avec la forme vaL gavasa. Pour la
transcription du *!> th par s nous avons l'exemple de tas-
(1) Et non bager comme écrit Littrô.
(2) Notre étymologie est en somme celle de Marina, appuyée par Egui-
laz. Voir dans ce dernier les autres étymologies proposées : tSm» meretrîs oa
plutôt CpÇ ou ^ et îl>iJ (Glosar. etim. s. v. bagasa,)
(3) c^i. a aussi le sens d^ordures, de débris, de détritus jetés sur la voie
publique, comme dans ce passage d'une eu*culaii*e du Ministère de l'Inté-
lieui' en Egypte: ^| ^^l ù^UiJl î^Ualî SgÀttt ^ J-â*dH d^« Ulj
(4) Cfi'. Ibn el-Beithar $. v.
BAIA 99
^» • —
quiva i-^So ; c'est d'ailleurs la valeur que le peuple donne
à cette lettre dans presque tous les pays de langue arabe.
Bagatelle. Esp : bagatela • maj : bagatel • ptg. et
maj: bagatelle, ital: bagatella. Les étymologies proposées
jusqu'à ce jour étaient vraiment insuffisantes. M. de Eguilaz
dérive bagatela de JJt 1^, bawâtil ( baguât il d'après la
transcription espagnole ), pluriel de Jl^l» bâiilj vanité,
futilité. Nous ne voyons pas ce qu'on pourrait opposer à
cette explication. Quanta la transcription de j par g^ elle
est tellement ordinaire en espagnol, qu'il est inutile d'en
donner des exemples.
Balais. Rubis (i). Esp. balaj. esp. et ptg: balax, balaxo.
ca/ :,balaix. îtal: balascio; de J& balkhach^ nom de cette
pierre précieuse en arabe. Voici ce qu'en dit Al-kha-
fàQ\ (2): «:>^, (/j ol^'J^. '^ôy^ A ùLî^ à^^J'yr^J^^
ilnll . Le balkhach (balais) est une pierre précieuse qui vient
de Balkhachân, localité du pays des Turcs, que les Per-
sans SippellentBadakhchân. » Teîfâchi ajoute que « Balkha-
chan est une des villes principales des Turcs dans le voi-
sinage des frontières de la Chine .• ô^ ^^y ^ S jcB ô^Jt!^
ûUI f^t: (c f)j3l ».
( I ) Régnier a dit que sur le nez de son Pédant brillaient :
« Maints rabis balais tout rougissants de vin ».
(2) Dans jju)l '\kL s, v. Voir aussi sur le jm» les notes de Quatremè-
re dans les Sultans Mamelouks.
40 BARA
Baldaquin. Esp. et cat: baldaquî. esp: balanquin,
balduquin, baldoque. ilal: baldacchino. La ville de Bag-
dad s'appelait au moyen-âge Baldach, BaldaCy (i) BaudaCj
et même Baudrac (2) ; on y fabriquait de riches étoffes
nommées B'audequins ou Baldaquins (3) en arabe I^^'aif
baghdâdi (V. IstakhrL 93) servant à faire des tentures,
En arabe même le nom de Bagdad ^llûT^ag-Aidi s'écrit
de bien des manières Slôi et Sloi et Jai et iV-xi et
û'-^ et 3ij^ etc.. (4). L'espagnol ^aWa^'tt/ semble bien
une altération de '(S^^'^^baghdâdîy adjectif de Bagdad. Pour
les autres formes il est probable qu'elles se seront formées
directement de « Baldac » comme le veut M. Devic.
Balourd et Baliverne. Ces mots n'auraient-ils pas
subi l'influence de JulT baUd, stupide. maladroit?
Barat. Patente de drogman délivrée par des consuls
Européens à des sujets du Grand-Seigneur (Bouill) et
en général : diplôme, brevet, lettre patente ; exequaiur dé-
livré par la Porte : « il pratiquait le Trucheman du Cadi
(1) nAlquifa de Meca, é alquifa de Baldac, e al rey de India etc..» La
Gran Co7iq, de Ultr, II. ch. 88, — V. Trévoux, s. v,
(2) Dans un texte Provençal publié par la société de TOrient latin. V.
Quinti Belli sacri scriptores. Ed. Rohricht. p. 192. Dans le même recueil
p. 1 52. Bagdad s'appelle Bactani, -«- V. aussi Bist Occid. Crois. GIoss.
(3) V. Hist. Occid. II. Gloss, — Rey. Colonies Franques de Syrie p. 217.
(4) V. Almuarrab, p. 32. Cette divergence s^explique, le mot n^étant pas
d'origine arabe. Voir aussi Yaqoût (I. p. 676. et 677. lig. 1*" et suiv.).
BARB 41
pour inspirer à ce chef de la justice de ne point me re-
connaître comme Consul, attendu que Je n'avais pas mon
Barat de la Porte» (D'Arvieux III. 520); du turc ZJ^
barâtj même sens, venant, comme beaucoup d'autres
termes administratifs, de l'arabe S<l^(i) barâaty immu-
nité, et aussi privilège royal, passe-port etc.. (Bost.
Kazim). On écrit encore Bérat conformément à la pronon-
ciation turque.
Sarbacane. Esp : barbacana./^/g* : barbacâo, barcacane.
Namurois: barbakène. Ouverture longue etétroite pour l'é-
coulement des eaux ; et encore : meurtrière pratiquée dans
le mur des forteresses, de iCa barbakh, tuyau d'aqueduc,
égoût etc. Seule la terminaison ane fait difficulté ; quoi-
qu'il ne soit pas rare de voir cette terminaison ou d'autres
semblables s'ajouter à la fin des mots dont l'origine arabe
est d'ailleurs incontestable (2). Je ne connais pas d'expli-
cation plus plausible que de voir dans la finale du mot qui
nous occupe l'arabe-persan Z\i^khâna^ maison grande
ou petite (5). C'est aussi l'avis de Brachet : « barbacane,
dit-il, à l'origine barbaquane dans Joinville, n'est que la
» ' I I ■ — ■■■—■ M ■ MM.MPI-, ■■^.11 ■ ■ ■ ■ — M ■ - I —J ■ ^ . - — _ ■ I — ^^^^^^^1^
(1) Et non isQ comme écrit De vie.
(2) En espagnol surtout albardin (^x^l), alfenique (a!U)l) etc. Devic
renvoie ici à Amiral. Nous avons vu que la finale al représente probable-
ment un rr;ot arabe ^j, rah/.
(3) V. nos Synonymes ai*abes. N^ 1363. Il ne manque pas d'exemples de
42 BARB
transcription de l'arabe barbak-khaneh (rempart) y> (i)ou
« galerie servant de rempart devant une porte ». ( Litt. ).
Barboter. D'après Littré ce verbe viendrait du pro-
vençal barbot, lyre, dérivé lui-même du latin barbitus.
Barboter aurait pris un sens péjoratif; puis il aurait signifié
le bruit ou barbotement dans Teau, et finalement l'action
d'y barboter. Cette étymologie demande quelques obser-
vations. D'abord nous croyons que barbot dérive non
pas de barbitus (2), mais de l'arabe h^x barba% sorte
de lyre persane, dont nous avons fait berbeth. Les auteurs
arabes, généralement assez mauvais étymologistes et com-
plètement étrangers à la langue grecque, ont comparé le
^ar^^tt à la poitrine du canard, et ils ont fait de ce mot un
composé du persan j bar^ poitrine, et de l'arabe h\
^att. canard. ^JUa> <ii ^1 t/>U j^y^y ^ ^ ^^ ^^^ J*-^'
(}) iaT^^ JJi>f 4"jUl jJuJij 'LJ). Le Chifâ al-GhaUl re-
produit la même explication (p. 4 j). Plus loin (p. 54)
— ... I I. .1 ■ f
cette composition contraii*e, il est vrai, au génie de la langue arabe: com-
me ^*i> ^Js^ maktab'khânehi bibliothèque, «ji». ^^ batrakhâneh, palais pa-
triarcal etc. Peut-être cette terminaison ane est-elle pi*oduite pai* un n qui
s^agoute facilement à la fin des mots. (V. amii'al. note 1. pag. 24).
(1) Dlct. étymol. s, v. « Barbacane, mot rapporté de Porîent par les
croisés, comme beaucoup d'autres termes militaii*es du moyen-âge» (Ibid.).
(2) Barbitus n'aurait pas donné barbot.
(3) Muarrab. 30- et JJUJI Ui*. p- 55. On y verra que les Arabes tiennent
à cette explication. F. Génin semble admettre que la première syllabe bar
dans barboter est un péjoratif [Récréations philologiques, I. 276. et 279) .
BARD 4)
• ' . ■ ■ I II I , , ,1 « I I II. ■ ■!-■ . , M ..... Il ,. , . , ,1 ,
il ajoute c^e le iwjf est une lyre à j cordes :jS j^^ Ja»jr
jtji îÎMj ( I ). Cette lyre devait avoir un son assez mono-
tone , surtout comparée aux autres lyres beaucoup plus
complètes. De là sans doute barboter aura pris le sens
péjoratif et les autres significations dont parle Littré.
Ajoutons que la comparaison avec la poitrine du ca-
nard n'aura pas été sans influence sur le sens définitif
du mot. Comparez barboteur , canard domestique ; bar--
botière, mare à canard (2). Bocthor traduit barboter ,
agiter l'eau avec les mains, par J«jf barbai, traduction
reproduite par Dozy (Supplém).
Bardache. Esp : bardaxa, bardaja. Ital: bardascia; de
pS^ bardagy captif, esclave. Ce mot très-ancien en arabe
(V. Muarrab. p. 6. ) vient du persan l^j^ bardahy captif
Barde. Autrefois aubarde. Esp. et Ptg: albarda, barda.
ital: barda. La barde est «une selle de grosses toiles
piquées et bourrées, » (Litt). C'est exactement le sens
de tSjf ou ^^x bardaja, barda'a ( Belot-Heury-Bocth).
Ce mot d'origine persane (3) n'a dans Freytag que le
« I " » <^>»'i^™"^
(1) Voii» aussi sur la finale de berheth (J»e^) Prolegom. dlbn-Khal-
doon. II. 354 ( Quatremère ).
(2) Et peut-être barbotes, narres à fond plat, comme le Mai*quis deMont-
ferrat en fit constniîre à Tyr pendant le siège de cette ville par Saladin
( 1 188. ) V. Rejr, CoL Franq, 150 - M. Gasselin traduit Ijarboter par J«;jaj
(3) V. S. Frowikel. p. 104- (op. sup. laud. ).
^ 44 BARG
sens de « couverture qu'on place sur le dos ^e la bête
pour adoucir le contact du bât ».
Bardeau ou Bardot. Petit mulet ; et encore : petit mulet
marchant en tête, et qui porte le muletier. Esp: albardon.
//a/: bàrdotto. En Berry Tâne s'appelle aussi : bardaud.
Littré dérive ce mot de barde^ selle. Dans ce cas bardot
serait encore d'origine arabe (V. barde). Mais on peut
s'étonner qu'on n'ait pas plus tôt relevé l'étrange res-
semblance de sens et de forme de ce mot avec l'arabe
i>y^X^ birdaufiy ou comme prononce le peuple ùj^x ( ^ )
bardoun» ÔjSjt. désigne une bête de somme au pas lourd
et pesant, un mulet (2), en latin burdo, onisj comme traduit
Freytag; en grec ç/ovo^wi^, dont la ressemblance est encore
plus frappante. Le mot d'ailleurs est ancien en arabe (}).
Bargache. «Espèce de moucheron» (Trévoux). « Une
nuée de certains petits moucherons noirs, nommés bar-
gâches, parurent sur le champ» P. Roger. Voyage de
Terre Sainte. C'est la transcription de J^x barghach,
espèce de moucheron. Bargache se trouve dans le
« Supplément au Dicté de l'Académie, contenant les mots
(1) Ibn Awam a aussi ojkx avec un ddL 11.2"*® partie p. 18. et 34.
(2) V. Synon. Arabes. N« 413. -
(3) V. Moarrab. p. 72 et Aram. Fremdwœrt.S, FrœnkeU p. 106.
BARQ 45
adoptés par l'usage etc. Imprimé à l'Étranger, en l'an-
née 1786. »
Barge. Embarcation plate. Bas-lat: barga. ital: bargia,
prov : barja. Les étymologistes sont assez embarrassés pour
retrouver l'origine de ce mot. Ne pourrait-on pas le rap-
procher de i-jl" bâriga ? mot qui d'après le Qamous
signifie navire de guerre (i). Un passage de Beidâwî con-
firmerait cette hypothèse. Cet auteur pour prouver que
pjfi tabarrag, signifie: montrer, découvrir ses parures, (2)
rapproche le verbe rjS de î>.jl iuL- embarcation bâriga^
et il explique ^j\ par l^ •Uac V, c'est-à-dire embarcation
découverte, non pontée. Quoiqu'il en soit, il est certain
que le mot a eu d'autres sens que celui indiqué par le
Qamous. Il a servi tout spécialement à désigner les vais-
seaux ou embarcations des pirates Indiens ; comme dans
le Livre des Merveilles de UInde. (Traduction de M. Devic
p. 1 14 etc.) Mas'ôudî (j), Belâdori (4) Moqaddasî (5).
Barque. « Mot qu'on n'a pas trouvé en français avant
le 1 6™® S. et qui vient du L. barca (canot dans Isidore de
(1) V. plus loin Ramberge,
(2) Cfr. ce passage du Kitâb al-Aghànî (lI-276-é(L Salhani) sur l'arrivée
de Ôabala le Ghassanide. ^J» Jkij c^J^j c^^ ^ ^\fi> Vj JZ» 'ji Jj
(3) Prairies d'or. HI. 37." . j
(4) Edit. de Goeje. p. 435-445-446. {
(5) Géographes Arabes. Ifl. 145.- V. aussi Dozy. SuppL sub ^jj >
46 BâZA
.1 1 ■ I I II ■ I ■ m il ■ Il I ■ ■ — .—I» ■■ I I II I ■ ■ I ■ 1 1
Séville) par T intermédiaire des formes espag. ou ital.
barca... La forme barque prouve que ce mot n'est point
venu directement du latin en français ; il aurait donné
bdrche comme arca a donné arche y> (Brachet» Dict.
étym.). Il est corieuxde rapprocher de barque l'arabe STjç
qui est dans Istakhrî dans une lettre de Tan j 24 {hég)^ où
Ton rapporte qu'un commerçant d'Oman perdit dans un
incendie 400 barques • JSjr <^.S^ ^ <-5>>.l ; et un autre •
manuscrit confirme la leçon :<< J^^ |^J^ J^J;^ Jjjj <^b
\p oy^ '^X ^^ barque chez eux est une embarcation con-
tenant cinquante charges ». <S^, semble donc un mot ap-
partenant au dialecte d'Oman. A son tour, Mokaddasî
l'emploie (p. 52 -1. i.) conjointement avec o^ljj èowrd-
^fa (j I 1. iç ) qui est aussi dans ôauharî. Ajoutons que
^^X barkoûs, barque, (pK ^y^\j) est plusieurs fois em-
ployé par Bohâ ed-din dans sa Vita Saladini. Mais il ne
paraît pas le considérer comme un mot bien compris
dé ses contemporains puisqu'il l'explique parjfu^^jT^
jpetit navire.
Bazar. Mot d'origine persane j\j\ bâ^âr^ mais qui est
empA^oyé aussi en arabe avec le sens de J^ marché* Le
mot^es-t dans Istakhrî (p. 72. note k) et dans un patssâge
identique de Ibn-Ooub^îr p. 24 j, qui le signale comme
BEDA 47
%
. __ _ Il II _ - I - _ I J- I _» I I IJ - - f I ■ ■ -LMI-
un mot assez extraordinaire , et dans Yaqout passim.
Bedaine. On a donné pour ce mot des étymologies à
faire dresser les cheveux sur la tête (i). Et pourtant il y
a l'arabe ^^ bain (2) ventre; ^ya» baXartj distentio ven-
tris. Le changement de i t en ûf dans ces deux mots n'est
pas plus extraordinaire que celui de Tespag. badana de
<ilL ( d'où notre mot basane) adama de <wJUl (3). Il j a
encore le verbe 0-J^. badan, être gros, corpulent, qui a
formé 0-J^. bodn, obésité, corpulence, et ô-M badan qui
désigne le corps à l'exception des pieds et de la tête,
buste, tronc ; et même ventre dans un passage de Chams
ed-dînde Damas (p. 165). C'est aussi la traduction de
M. Mehren.
M. Gasselin dans son Dictionnaire traduit bedaine par
« SjtS^J;.^ ( langue en général) ». Il y a là une légère con-
(1) L'expression est de A. Sédillôt. (Hist, Univ. des Arabes L p. 2-et
422). qui s'indigne de voir bedaine rapprochée de boudin, et de bedon
(tambour).
(2) Prononcé batène par le peuple qui ne -veut pas finii* sur deux
soukoun,
(3) Basane est écrit bedana dans un ari'êt du parlement de Paris ( V^
Dacange). Il y a encore en espagnol badeha de x^.^ , baden ( ravin creusé
par les eaux) de JU^x 'badina (mare, flaque d'eau) de ^u.. M. de Eguilaz
cite encore d'autres' mots dans son introduction p. XVIU.Il faudrait ajou-
ter banduUo, bedaine, dans lequel MûUer et Dozy voient une transposition
de JUi^ s'il était prouvé que le mot espagnol n'est pas un dérivé de venir i
culus p. ex.
48 BÉHË
ff
fusion : J»^ ne se dit que des ruminants, (V. S/n. arab.
N*^ 1 1 2 1 ) particularité clairement notée par Freytag.
Bédégar, Bédégard ou Bédeguard. Excroissance pro-
duite sur les églantiers et les rosiers par la piqûre d'un
insecte, de l'arabe-persan ^jj^lf bâdaward^ qu'on écrit
encore ^jjl^l ^jjlSlet :Dji^.» C'est la 5/?ma alba/-^mpd'a
Xav%ij des anciens. Le peuple l'appelle aussi STjUI îS^^ill
l'épine bénie. ( V. Devic et D' Leclerc).
Bédouin. Esp. et ptg: beduino, bedoin. May. et z^a^*
bedui. Ptg: beduin, bédouin; de (ijjb ^aiau'f, adjectif de
jO) badou désert. Le Roman d'Aubery fait mention des
Bédouins :
Aucun payen ne Beduin
Ne me forfirent vaillant un Angevin.
On trouve aussi Baduïn (i). Trévoux écrit Béduïns.
Béhen. Nom donné à deux racines différentes : le bé-
hen blanc et le béhen rouge. Le béhen est originaire du
Levant, de l'arabe-persan jj^ bahman: «ûW ^j ïii^ J^^l
^Ij^^U Ce sont des racines séchées, dit Avicenne,
il y a deux espèces, le blanc et le rouge ».
Ben. Nom du Moringa oleifera, dont le nom revient
constamment chez les poëtes. Il était autrefois très-em-
(1) Joinville a constamment J?^un.
BETE 49
pk)yé en médecine. Soyôutî dans Ja \ >jj\ ZAl$ fah dire
au ben que son essence soulage toutes les douleurs : ^^^j
ç^/j5^^t (i).
Benni, Binni, ou Bynni. Nom, suivant Forskal, d*un
grand et beau cyprinoïde du Nil du genre des barbeaux*
« On en trouve aussi dans le Tigre, dans TEuphrate et dans
d'autres endroits de la Syrie, comme dans le lac deQadas
(^j5) voisin de Homs (2); de^"» prononcé bounnî ou binnî,
spedes piscis, Cyprinus bynni (Freyt) ; carpe, dans Boc-
thor; dans Edrisi «grand poisson d'un goût très délicat;
on en trouve du poids de 5 à 10 livres. é^U\ ^^^ jL^y^j
Le P. Sicard en a « vu de vingt et trente livres pesant.
On ne peut, dit-il, s'y méprendre, et on connaît à sa figure
qu'il est le lepidatus si vanté par les anciens Egyptiens. »-
Lettr. édifiantes et curieuses I. p. 5 } 2.
Bételgeuse. On écrit aussi Béteigeuse, orthographe
( 1 ) Un peu plus loin le môme écrivain confond le ck ben avec le <j>U- Cha-
lef. Il n^est pas facile de voir chez les auteurs arabes la différence de ces deux
«rbres. V. Qarcin de Tassy. Les Oiseaux et les Fleurs, p. 142. Ce qui ani-
ve plus souvent ( surtout aux voyagem^s ËcBropéens ) c^est de confondre le
Béhen avec le Ben, comme Hasselquist semble Tavoir âdt dans ses Voyages
au Levant p. 90.
(2) V. Bibliotheca geogr. Ârabum{De Goeje) GKobs. p. 194.
(3) Maghreb et Andalousie (Dozy ) p. 16. Voir aussi Bruce : Voyag. en
Nubie. V. 247, Voici la description qu'en fait |Bostani: iiy^\ d»,«*- ^^^ L)^
4
$0 BÉZE
« ■ I I ri II I I II — M^
moins correcte. C'est le nom de Tétoile de première
grandeur placée à l'épaule d'Orion. Cette constellation
est appelée •l3jf-l a^au;(âj et l'étoile qui nous occupe
* '3jfl J* /ad al'gau:{âj bras ( i ) d'Orion à cause de sa posi-
tion. Betelgeuse n'est qu'une corruption de •Ij^i-I a» (2).
On aura écrit ou lu Jb yad^ avec un ^ b. Tous ceux qui se
sont occupés d'écritures arabes savent combien l'erreur
est facile.
Bézestan «Les Be:^estains {))j dit D'Arvieux en dé-
crivant Constantinople, ( IV. 486 ) sont les marchés
publics. Celui que l'on nomme par excellence le
Grand Be;{estan est une vaste salle carrée dont la voûte
fort exhaussée est soutenue par de gros pilliers de
pierre à peu près comme la grande salle du palais de
Paris ». C'est la transcription de uu-Jr ba:{astân^ composé
de ùb-1 (4) istârij mot persan entré dans la terminologie
des géographes arabes, et qui signifie proprement con-
(1) Nous tradoisona bras, car j5 se dit de tout le bras depuis le boat
des doigts jusqu^à Tépaule, comme nous Tavons établi dans les Synon,
Arabes (n® 1624. etc. jgOlj jj\)
(2) V. Description des étoiles fixes de Abd ar-rahman As-Sufi. ( 204 et
205) Trad. par Sclyellerup. Important ouvrage du 10°" siècle (ap. J. C).
(3) Du Loir écrit Bezestin, Voyage du Levant.
(4) Valef tombe en composition comme le fait remarquer laqoût à pro-
pos de Tabaristân : ^j»^ jûii) jDV dc^'^\ ^ ^>>U ùUUh^
BEZO ;i
trée, province comme dans Turkestan, Kurdistan etc»
(V. laqoût û>jJJI f>f*- éd. Wustenfeld p. 40).
Bézoard. Esp : bezoar, bezahar, besuhar, bezaar, bezar.
Ptg. et Cat : bezoar. Basq : bezarria. Que ces termes
viennent de l'arabe, c'est ce qui est hors de doute. Mais
le mot présente en arabe presqu'autant de variété que
•x» «^
dans les langues romanes. On trouve y^jl bê;(ahr et y^j$^^
•* >— "•
bâdi:{ahr; Marcel donne jl jjr ba:{Ouâr, et Bochtor >çj\>
bin:{ahîr forme tout-à-fait corrompue. Le célèbre Teifâchî
écrit presque toujours /^j\ bâ:{ahr. Si Ton n'est pas d'ac-
cord sur l'orthographe, on ne l'est guère plus sur l'étymo-
logie de y^l» qui est d'origine persane. Les uns comme
Castell dérivent le mot de ^\>j badj ventus, eiyf^j:{ahr^
toxicum ; le sens serait : quasi ventus (dissipans) toxicum
Selon d'autres c'est le persan y^j ^l pâd;[ahr, qui veut
dire littéralement : chasse poison a^ct^I c^fc (i). Bézoard est
donc d'origine persane mais il nous a été transmis par les
traités de médecine arabe (2). « Les antidotes ou contre-
(1) Teifachi est à peu près poui» cette explication O-dl ,j*^\ *j^\ j^.M »
JU^I ^ ^1 JiL> Xsi,j^\ •U«^ j^\ jf^jj Silkill •\^j^ ^k ùffjS'cf^ w4> i-jV>
v*J^ JJô uiSOl cJ«2-«l ui"^ft Cli D'après lui y^y^j^ serait composé de'iîi^ ,
hdk, signifiant propreté, et de ^3, sahr, poison; le sens serait délivrant le
corps du poison. En passant en Ai*abe, le mot aurait perdu le ^ , kaf» y>
(2) Les Arabes distinguaient le bézoard animal* et le bézoard végétal.
(Joum. Asiat.ô*^® série L xi. p. 145) et lui attribuaient les propriétés les
plus merveilleuses. En voici un exemple: \'^\ ^j^^ju)! V** o^ r^ j^^ ^M*
53 BISM
poisons ont été appelés paf tes Arabes en leur langue
bezahar, c'est-à-dire, en leur baragouin, conservateurs de
la vie (?) » Ambr. Paré (cité par Littré).
Blanc lasis ou Blanc raisin. La seconde partie vien^
drait d'après quelques-uns (i) de {Sj\j râ^i^ nom du
célèbre médecin arabe queiious appelons communément
Rha:{ès. Mais M, Devic y voit js\^j râsâs ou 3'3j '"^T'^^t
plomb. Chez les Alchimistes rasas, et rasasa désignaient
ce dernier métal. Pour le changement de a en / il faut se
rappeler que Talef avait le son de Ti en Espagne (2).
Bismuth. Esp : bismuto. Ital: bismutta. L'arabe peut
offrir comme étymologie JuSJ othmod et ithmid qui si-
gnifie proprement antimoine. La confusion entre les
deux métaux est facile à comprendre. Ce qui s'explique
moins c'est la présence de /dans les langues romanes et
de w en allemand. M. de Eguilaz pense que le àamma de
> •>
jjj\ se sera converti en un / euphonique (j); mais il fau-
drait des exemples de ces sortes de changements : nous
HO^-2^ •Jj^ 5a> ûl»j w*i c/" j^ 4 crt** Ibn-Beîthap. {oU^lt édit. de
Boulac).
(1) Ceux-là écrivent blaacRhask (Album Rhazîs).
(2) Je me demande si dans grand raisin (papier de luxe) il n*y a pas une
altération semblable. Littré explique autrement Tcrigine de cette dénomi*
nation.
(3) M. de Eguilaz semble ignorer Texistence de la forme jlJ^ Uhmii
puisqu'il propose l'insertion d'un i après le b. (V, p. 346.).
BORD 5 ?
ne pensons pas qu'ils existent. Quoiqu'il en soit le mot est
très-ancien dans la langue arabe ; il aura été emprunté au
grec (rrS^$ {t)de même que son congénère U jT
Bochir. Espèce de serpent d'Egypte du genre cou-
teuvre ( Did. Univ. d'Hist nat. ). Nous présumons que ce
mot a une origine arabe. Mais parmi les innombrables
noms arabes du serpent nous n'avons trouvé rien qui con-
inenne à bochir. L'examen de la racine ^ bachar^ ne
donne pas plus de résultat.
Bonduc. Plante exotique de Jol^ bondouq^ qui paraît
d'origine indienne ( M. Devic ). Les Arabes distinguent
deux espèces de bonduc; le premier, l'aveline, quMis ap-
pellent 3^, l'autre "ipo^ J-u» lîttér : bonduc indien, qui
est la « guilandina bonduc. » Le mot Jjd n*est pas d'ori-
gine arabe, quoique d'une antiquité respectable; des
hadith en font mention (2). Ibn el-Beithar croit qu'il est
tiré du persan. Les Latins appelaient les fruits du bonduc
noix pontiques ; « e Ponto venere, dit Pline, et ideo Pon-
tic» nuces vocantur. » C'est de pontica, ou de nortfMw
( TMiqmT ) que dérivent probablement le persan et l'arabe.
Bordât. Sorte d'étoffe de laine égyptienne. C'est le
(1) V. Âram. Fremdwi 143.
(2) V. JJU)I >Ui. p. 42.
54 BOST
même mot que burdo qui désigne en Espagnol une étoffe
grossière, un manteau grossier. Les deux mots viennent de
l^X bourda^ étoffe grossière (i), habita manteau de laine
épaisse, habituellement de couleur noire {2).
Bosan. Breuvage turc (j) fait avec du millet bouilli "dans
l'eau (Litt.) de o3>. boû^a^ qu'on écrit aussi îU^. boû:(a.
Le bouza de Syrie est différent du bosan défini par Littré.
C'est une boisson glacée faite de lait ou d'eau de rose et
de sucre. D'après Mallouf (4) le lait et le sucre entrent
aussi dans la composition du ojj» turc. L'Académie on ne
sait trop pourquoi écrit bosan. Comme l'observe M.
Defrémery bou:{a ou bousa seraient plus corrects.
Bostangi. Quand le Grand Seigneur va se promener
(1) De^c on ne sait pourquoi transcrit berda,
(2) V. Dozy. Gloss. 243 et aussi Diction, des vêtements, p. 59.
(3) D'après De la Boulaye les Tuiles « en boivent beaucoup et c'est ce
qui les rend si robustes et si forts» Voyages.
(4) Dict. turc-français, - «U y a une liqueui* blanche et épaisse nommée
Busa; elle est préparée avec de la farine» ( Niebuhr. Description de l'Ara-
bie. 1. 18.) Les Egyptiens dit M. de Maillet «se servent d'un breuvage an-
ciennement appelé Sithus et qu'on nomme aujourd'hui Bouza qui enivre
comme le vin. Il est fait avec de la farine d'orge détrempée dans de l'eaa
et l'on y mêle quelque drogue qui entête. » Description de VEgypte, Paris
1785. - «Leur boisson est une espèce de bière. Ils l'appellent housa; elle
est fort épaisse et d*un fort mauvais goût. Voici la manière dont ils la pré-
parent: ils font rôtir au feu la graine de dora; ils la jettent ensuite dans l*eaa
froide et après vingt-quatre heures ils en boivent. » Relation du voyage de
Gh. Poncet en Ethiopie dans les annéesl698, 1699 et 1700. Lettres édifiant,
et curieuses L p. 602.
BOUR 55
sur le canal « c'est le Bostangi-Backi (i) qui tient le timon
de la Galliotte ; et ce sont les Bostangîs ou les jardiniers
du sérail qui rament. Quand il arrive à quelqu'un de ces
rameurs de rompre sa rame, le Grand Seigneur lui fait
donner un sequin pour le récompenser. » (D'Arvieux. IV.
473 ). Bostangi est la transcription de ^t*-} bostângi,
mot formé de l'arabe-persan ûtu^ jardin et de la termi-
naison turque ^j^ qui indique les noms de métier.
Bougie. Etymologie bien connue (2) tirée du nom de la
ville de Bougie, en arabe Vbj bi^âya^ qu'on prononçait
vulgairement bougaîe et même bougie^ en esp: bugia
ptg : bugia.
Bouracan (3). gros camelot. Esp : barragan. cat : barra-
gaxi.vat: barragâ, ptg: barragana. Bas-lat: barracanus,
baracanus. ital: baracane; de CMssss>j^ barrakân ou ùMsssèj^
barankân, qui désignent un habit noir, ou un manteau en
«bouracan », on trouve encore ûlSÛ^ barnakân, J, 1*=^ jr
barrankânî , et "iî^l^s^a barnakânU Ce luxe de formes
trahit un mot d'origine étrangère : 4* c-J^ss^ jïj <^jn) ^jJt
(1) Ou l'intendant des jardins du Gi*and-Seigneur; «il a 4000 jardiniers
BOUS sa charge appelés Boustangis » Du Loir p. 94.
(2) Elle est de Ménage, ce pauvre Ménage
Dont on dit tant de maU a du bon quelquefois»
(8) On barracan comme on disait autrefois.
BRAl
ui^ly dit Algawaliql. Il dérive probablement dupersais
ùl^^s^ jT barankan « vestis, indomentum » Vuller^.
B(mt&rgii0. £5/7; botagra. iVa/: buttagra. Œufs de
muge, et caviar fait avec ces œufs. De rj^^ baiarikh^
même sens ; au sîng <ijlL bhârikha. En vulgaire on cfit
Sil^U bairâkhcu « On vend quelquefois du ^o^rf (muge).,.
aussitôt qu^on a péché on en lève la boutargue » P. Sicard.
Lettres édifiantes et curieuses^, édit. Aimé-Martin. T. î.
5 3 î. On écrit aussi Poutargue (V. D^Arvieux I. 2 18). Sur
Porigine de ^IL qui n'est pas arabe V. Dozy Suppt.
Braise. Esp : brasa. ptg : braza» Bas-lat r brasa.
M. de Eguilaz dérive tous ces mots de <^^ ^assa, forme
vulgaire de o^^â» ba%wa et signifiant braise tous les
deux ( I ) On peut admettre que ï-o» est formé régulière-
ment (quoique postérieurement à Tépoque classique) de
^^ , ^ass, micwt (Freyt.) Dans Belot \^^ est un char-
bon ardent pour alhimer la pipe. Nous pensons que
d'après l'opinion du savant Espagnol il faut admettre pour
brasa. (de X^ba:^) Tintercalation d*un r, feit qui n'a rien
d'extraordinaire (Cfr. baldresào, ^'J^J Pourtant cette
(1) Aax aatoritôs citées par Eguil. ajaat«K Heiury. MaroeL Bost. et S^
lim Ânhouri (auteoi* d'une compilation intitulée ji^S ^Ua^^ J»^\ JtS'UcS
Beyrouth. 1878. -p. 66.).
BROD 57
étjrmok^ie nous, mspire peu de confiance. Nous préfé*
ions chercher à biaise une origine scaindTnave ou sans^
crite, ( V. Jour. Asiat. Nov. 185 j . pv çjS }.
Brodeqidai. Esp. et catr borcegui. esp:^ borzeguT.
ptg: borceguin. kal: borzacchino. Les formes espagnole,
portugaise et italienaie indiquent que nous avons afSaite à
un adjectif relatif^ à ce que les Arabes appeUent <Li •
Muller avait d^abord proposé <-^jf , nom de îa ville de
Brousse, dont Tadjectlf serait iSjL>jx brôusâwî. Dozy a
montré que ce n'est pas dans TAsie mineure qu'il faut
aller chercher; IS^Jj. étant parfaitement inconnu aux
auteurs espagnols ou] africains. Le savant orientaliste
hollandais propose ensuite avec un luxe incroyable
cf érudrtion une étymologie que M. de Eguilaz traite de
«purement fantastique» (i) Après avoir de la sorte
déblayé le terrain le Professeur de Grenade établit son
explication. Borcegui est un adjectif dérivé de ^►-w Bag--
dadj on plutôt d'une des nombreuses formes de ce nom
propre BaldaCy Baudac; (2) bas-lat. baldequinus ^ boude-
(1) La qualiôcatioQ na paraîtra peut-être paA trop forte ài ceux qui se
donneront la peine de lire rartide de M. ûo^ ( p. 242. } - M. de Eguilaz
traite avec la même séTéritô Tôtymologie de Scheler ( qoi est aussi celle de
D&ez ) proposant le flamand brooîeken dimin. de broos ; parce qu^eUe n'est ap-^
puyée que sur une hypothèse.
(2) Comp. Bavdac a^ee le nom propre Boabdilê IàVjla j{0 qu^on trouve
écrit aussi Boaudile.
58 BURN
quinus; vieux franc, boudequin (i). Le P. de Alcala cite
beldraquiq qu'il traduit par cuir fin; l'espagnol a aussi
baldes et baldres avec la même signification. Or, dans
l'ancien français, brodequin désignait précisément une
sorte de cuir. Voici par quelles permutations baldaqij
baldaquin j baldequin est devenu brodequin. Le fatha s'est
changé en damma (2), ce qui a donné boldequin; le 1 est
devenu r ; (j) et moyennant la métathèse nous avons obte-
nu la forme actuelle brodequin. Des modifications analo-
gues conformes au génie de chaque langue ont produit
les autres mots appartenant aux idiomes ibériques.
Bulbul. Transcript. de JX bolbol^ nom du rossignol
en persan, [et celui du chardonneret en arabe. Le ros-
signol n'existe pas dans le Levant; son nom arabe est jlj^
ou , Jji:p (V. Comment, du Magânî p. 4jo ).
Burnous. Esp. albornoj^. Val : albornoç. Ptg : alber-
noz. Maj: albernus. Cat: albernuz. Basq: albernoza. —
Au siècle dernier on disait : albornoz et albornos ; (4) dé
( 1 ) Je n^ai pu retrouver ailleurs cette forme citée par Egnilaz.
(2) Comp. Tesp. hoque (de gi).
(3) Ces deux liquides se substituent facilement Tune à l'autre : ôpist/e
devenu épitre; grousser (de (Tocire ) g/ousser. Le rossignol s'appelait jadis
lossignoL
(4) Dans le Dernier des Abencerrages Chateaubriand écrit des
« albumos ».
BUSE 59
^ X bournouSj qui signifie proprement bonnet long, sorte
de capuchon, comme dans ces passages de Mas'oudi:
^Jlr* 3^ u^-^* ^'-^ (^^ ^^ ^^^^^ coiffé d'un burnous de soie
écrue haut de forme » (Prairies d'or VIII. 1 69) et ailleurs :
«JîtuLs Ji^ ^j^x ^'-> Jcjcoiffé d'un burnous haut de forme,
orné de bandes et de grelots» (i). Il s'est dit plus tard
d'un manteau muni d'un capuchon. Le mot ^jS^ paraît
dans un vers du fameux Mouhalhil (Hamâsa. 420 ) :
^x ^ f:^^\ H^^j ^'-> Qr-^ ^'-> *^ '^l>
« Si tu le veux, tu verras un visage découvert et le bras
d'une femme en pleurs portant un bournous. » D'où il
> >
appert que ^x ^^ P®"^ pas être une corruption de m^r/-
nosj comme un plaisant l'a prétendu ; il est plus probable
qu'il dérive de Bl^^oQ — Les Berbères nomades étaient
appelés ^Inll kJ^\ parce qu'ils ne quittaient pas le ^J^x
{ Ibn-Khaldoun : Hist. des Berb. I. 106).
Buse. On dérive habituellement ce mot du lat. buteo.
Ne serait-il pas plus simple de voir dans buse ou busard^
comme on disait encore, une altération de 3l bâ:[ ou ïiJ^»
bâ:{î^ faucon au naturel sauvage, que les Arabes em-
ployaient pour la chasse (2). Le mot iS)\ ne paraît pas
(1 ) Yni. 284. Trad. de M. Barbier de Meynard.
(2) Synon, Arab, N® 608. M. GasseliD traduit buse par ji,b.
âo CABA
ancien en arabe ; et la plupart des espèces de cet oiseau
de proie sont étrangères aux climats tempérés.
C
Caaba. Temple de la Mecque. Transcription de <^
ka^baj cubique, à cause de la forme du bâtiment. En arabe
US^ ka^'èa^ se dit de tout « bâtiment é^ forme cubique ;
<£y^ U^ ( *IJI ) ûlS" ty » {Fo^al-logha^p. J04).
Caban. Esp : gaban. Ptg: gabâo, gabbâo. Basq: gaba-
nà. Ital: gabbano. Manteau àe feutre à manches et à
capuchon servant contre la pluie et contre le soleil. On
disait autrefois gaban (i). Un demi-^aban est un caban
sans manches^ Diaprés Brachet ce mot est venu au 16^
siècle de l'espagnol gaban. Littré indique comme étymo-
logie »Lp^aM. L'a^âs est un manteau d'étolfe grossière le
plus souvent sans manches {1). Il est surtout porté par leâ
«*» - |« «* ■ " ■' — - II. l u ..— i..ll I . >| ...I ..IIIJ
(1) On lit dans Thiatoire des chérifs : « On fait à Mé:|uinez au royaume
de Fez des albêmoses^ qui scHit lea. Galons der Totquie ir G. 6&. --«^ et daiM
le P. Le Moyne :
Ha ont certes vaiaon des courrier? lumineux
De prendre lem*s gabans et leurs manteaux sur eux.
(2) Outre »Lfr on a encore s^Çp et i^Çé . De ce dernier mot vient proba-
blement cabaie^ longue robe dont il est question dans le Rouiier des côtes
des Indes orientales.
CABÀ 6i
Bédouins ; « teur aba ( i ) est presque toujours de baracan
myé de blanc et de noir ».. Dans le Levant les gens de hi
campagne et les montagnards le portent aussi. L'arabe
•U a été aussi transcrit habe^ vêtement des Arabes (Trô-
voux ). — M. de Egviiaz n'accepte pas cette étymologie j
elle peut pourtant se justifier : ^cun en espagnol se trans-
crit souvent pas g comme dans algarade ( machine de
guerre) de S^l^l (2), L'adjonction de n n'a ici rien de
plus extraordinaire que dans Kesp : cabacatans de w*-U
•5WI sâhib as-salâ. ( Eguîlaz. p. 351).
Cabas. Esp : capacha, capacho, capaza, capazo. Ptg :
càhBz. Bas-lat : cabacus, cabacius, cabassio. — La lumière
ne semble pas encore complète sur l'origine de ce mot.
Mais en attendant mieux, c'est l'arabe qui fournit les ex-
plications les plus plausibles. Alix propose ZùS qafa^
« sporta non magna sine ansa ex foliis palmse contexta»
(Freyt. ); seulement ce mot ne rend pas compte des
différentes terminaisons de caha^ dans les langues ro-
manes. L'étymologie de M. Defrémery est plus satisfai-
i^^i^*»«ii»**^^— ^w»
(1) Dans le texte des Mémoires de d^Arvieux àba est écrit avec un 5 au
sing. J'ai retranché cette lettre qui doit être mise sur le compte du P. J. B.
Labat, Dominicain, éditem* des ces mémoires. De temps en temps ce Père
admet des transcriptions orientales dont il ne &ut pas rendre responsable
le CheTalier fort au com*ant de la langue arabe.
(2) Mot écrit i^i^lpar M. de Eguilaz; c'est sans doute une errem» typo-
graphique.
62 CABL
santé sous ce rapport. Ce savant dérive cabas de ^S
gafâs^ cage et aussi panier pour transporter le blé et
absolument: panier (i). Pour le changement de /en p
en espagnol, on a déjà alpico:{^ concombre, à côté de
alfico:[^ concombre venaAt de ^yiS\ al-faqqoâs.
C&ble. Esp : cable, I^g : cabre. Vieux franc, chable. Diez
pense que capulum ou caplum se trouvant dans Isidore de
Se ville ( 7® siècle ) au sens de corde, "exclut Tétymologie
arabe. Câble n'apparaît pourtant en français qu'au 1 2®
siècle. Nous croyons que l'arabe peut encore prétendre à
la paternité du mot. jX haH signifie corde, câble {2).
Ce mot aura passé en français avec plusieurs autres ter-
mes de marine empruntés aux Arabes. Il y a plus; il
n'est pas impossible que câble ne soit qu'une simple
transcription d'un autre mot arabe ^^5 kabl^ lien solide,
câble (j). C'est le nom d'action de J^kabal, compedibus
constrinxit ( Freyt ).
(1) V. Glossaire sur le Bayan M-Moghrih par Dozy p. 40.
(2) j^ est on terme employé couramment parles autem's arabes qui
parlent de navigation dans le sens de cable.
(3) Fârès Chidiac fait le même rapprochement dans le ^Uîl>.. Pour
rendre câble ( de navire ) Tarabe a encore j;^^ qui signifie aussi chameau.
Le grec dit aussi liimXoq dans le même sens, «^a/i^^oç 8h to noLvv
(Ttotxt^v^ dit Suidas. Le mot appartient à la langue alexandrino-byzantine.
CADI 6j
Ce vers] de Houdaïl fils de Houbaira est ainsi traduit
par Freytag : « Et post Chalidum Djandalum non desidero
noctu advenienti aut captivo vincto » (Hamâsa, 459). Et le
commentateur arabe ajoute : j^I JXTIj oJU JjS^^
Les historiens des croisades parlent de certaines ma-
chines de guerre des Arabes appelées Châbles; elles
étaient mues par des ressorts et des cordes bridées (1).
Je ne doute pas que cette dénomination ne soit empruntée
à Tarabe jl^ . Or l'identité d'origine de cable et de
châble est admise aujourd'hui.
Cadi. Esp. ptg : cadu — Pluriel catal : cadisos. Plur. cat.
et val : cadins. Transcription de ^5 q&àl ou plutôt de
J^B , comme tous les participes présents de cette classe
de verbes employés sans l'article. Mais c'est là une par-
ticularité dont le langage populaire ne tient pas compte.
Le mot ^^B est prononcé q&7^ ou cAt^ par les Turcs ; de
là le nom de ca\à •UJ donné aux ressorts de justice.
Cela rappelle le fameux texte de TEvangile : Fadliua est camelum per
foramen acus transii'e etc.. en arabe (Trad. S. J. Beyrouth) ..^i J^-V *i\
•Xi\ ^Skâ ^ J«^l j^ji£(Mat. 19-24) où ^ a le sens très naturel de câble.
Le Coran a un texte assez approchant où j;^ peut avoir cette même signi-
fication de cable. ( Sourate W. 38. ) ù>JI>j^ Vj 1»ÇaîI >:; ^ *^^\ ^ j^
'i:^V Les interprètes expliquent aussi le j;^ de ce passage par chameau»
V. S^non. Arabes. N® 1043.
(1) Rey. Colonies Franques en Syrie, p. 38. On sait qu^au deiiiier siècle
le mot câble était encore prononcé chdble par le peuple.
64 CAJFA
Cadie. Arbrisseau qui croit nâturetlement en Arabie
(V. Dict. Déterv. ); de ^ qa^î même sens. Ce ra>m
arabe lui a été imposé par Forskal. Il ne faut pas le con-
fondre avec le <5SIS^iS:^, arbre originaire de Tlnde et de
laChine décrit par Mas'oûdî. II. 202.
Gadilesker. Grand juge turc ou chef de la magistra-
ture^ de jdJI ^Joi qâtjî al-^askar, juge de l'année, juge
principal. ( V, Mille et une Nuits, pass). 11 y en a deux.:
«les CadUeskers de Romélie et de Natolie, c'est-à-dire
les grands juges d'Europe et d'Asie» (D'Arvieux. v, 5 j6).
Tous deux résident à Constantînople et siègent après le
Cheikh uHslam (Jour. Asiat. Juin 1854 p. 502). « C'est
un des deux cadiles^p^rs, dit encore le chev. d'Arvieux,
qui nomme tous les cadis de l'empire chacun dans son
ressort » ( VI. 446 ). Le célèbre Chehab ed-din al-Khafàgî
était i ^r-all fLJ I ^U cadilesker ou grand juge d'Egypte.
Conxparez cadilesker avec xi)- .^^ qâiî al-gond^ juge
des troupes, titre donné au juge suprême en Espagne*
( Dozy. Supplém. )
Cafard (i). Il paraît assez naturel de rattacher ce mot
à la racine arabe j^ kafar^ être infidèle; car l'étjmo-
logie latine de caphardum n'est pas sérieuse. Mais quelle
(1) On écrÎTait aossi capAar.
. CAFÉ 65
■ — ■ — — — — ■ — — ^ .
est la forme de ^o qui a donné naissance à Cafard?
Probablement un des pluriels de }\^kâfir^ mécréant (i),
comme j^kouffAr, j(Lj^ kifâr^ l j^ kafara. Ce ne serait
pas la première fois qu^un mot français dériverait directe-
ment d'un plur. arabe; nous urons occasion de le remar-
quer. Quoiqu'il en soit, Bocthor traduit hardiment cafard
par j}^ {2). C'est aller un peu vite. Les auteurs arabes
font remarquer que celui, qui ne croit pas, est y If"; quant
à celui qui montre des sentiments religieux qu'il n'a pas>
ils l'appellent jiUi mounâfiq (V. Synom. arabes, n*' io8j ).
Je ne sache pas non plus que }^ soit employé par le
peuple dans le sens de cafard.
Café, de l^ qahwa (3), prononcé par les Turcs kahvéj
qui chez les arabes désigne la liqueur plutôt que le fruits
Cette signification est relativement moderne. Le sens
primitif du mot est vin, liqueur (4). Le vin appelé qahwa^
dit al-Kisâî, est celui qui enlève l'appétit : ^juu jJl ^ S^g3l
M MM
<«UL S^w^Jbt^l \fXû . Niebuhr (Descript. de l'Arabie,
-^^^^^—^ - ■■ -- - — - - m niBir
(1) D'où vient Vesp. et le ptg. cafre, dur, cruel.
(2) M. Gasselin en fait autant ( DIct. fî»anç.-arabe ).
(3) « Le Cahué ou Ca^fé comme nous prononçons » ( D'Arvieux V. 275. ).
(4) « Le sens piimitif du mot, dit M. Devic, parait être vin. » Cela est
hors de doute, comme on peut s'en convaincre par une infinité de passages
d'anciens poètes. V. notre Synonymie, le iljiàVI olsTp. 149. édit, Houts^
ma, et le Kitâb al-Aghânî. ( V. 174, VI. 45 etc.. ).
5
66 CAFT
I. 79 ) rapporte que dans le Yémen le café ( boisson ) est
appelé Bânn. Il y a là probablement une confusion. Car
0: boun chez les arabes n'a jamais désigné que la fève (i ).
C'est ce mot qui a dû donner naissance au Néerlandais
boon, kaffieboon.
Le café a été employé assez tard en Europe. Rauwolflf
en a parlé ( 1583 ) dans la relation de son voyage en
Orient. Ce fut à Venise qu'on prit du café pour la pre-
mière fois en 161 ç. Il fut apporté directement de l'Orient
à Paris par le voyageur Thévenot en 1667. Aussi le
P. Besson pouvait-il écrire «que le café est une eau
noire et bouillante, plus saine qu'agréable, inconnue en
France, où elle passerait pour une boisson de lutins ».
( Terre Sainte et S/rie p. 43 6). Le P. Nau se croit de mê-
me obligé de la décrire à deux reprises (p. 5 26 et 557).
Caftan ou Cafetan. «Le cafetan est une espèce de
surtout de drap ou de soye qu'on met sur les épaules des
personnes que l'on veut honorer ». (De la Roque. Voyage
de Syrie p. 15 ). Esp. et Ptg : cafetan; de l'arabe Jcsi^
khaftân^ vêtement décrit par Dozy ( Vêtem. arab. 1 62). Je
(1) « Lorsque cette fève qui en arabe se nomme j^t'en (sic) est rôtie,
broyée et réduite en boisson, cette liqueur se nomme Cahoué, mot qui se
prononce en aspirant fortement Tb. » JJescript, de l'Egypte par M. de Mail^
let.ILl5.
CAIM 67
serais assez embarrassé pour établir l'âge exact de ce
mot (i). Mas'oûdî remploie couramment dans les Prairies
d'or ( VIII. ç 2 etc ). Je ne vois donc pas la nécessité de
recourir au turc otiï , qaftân^ vêtement d'honneur. L'a-
rabe moderne a d'ailleurs la forme J^ qaftân ( Mille
et une Nuits. /?a^^.)- Au lieu de ôHa^ qu'on trouve dans
l'édition d^bn Batôuta (2), il est plus que probable qu'il
faut lire J^a^i fouchiân leçon de tous les manuscrits, et
qui s'accorde mieux avec le contexte.
Calmacan ou Caimacam. Fonctionnaire en Turquie ; de
XtA Ai qâïm maqârriy que notre mot lieutenant traduit fort
bien. La réunion de ces deux expressions arabes en une
sorte de mot composé est du fait des Turcs qui écrivent
^iScS qâïmaqâm, (j) « Il faudrait écrire caîmniacam selon
l'étymologie » (Trévoux).
( 1 ) Bostani, je ne sais trop d'après quelle autorité, doune à ce mot une
origine persane. Ëg^laz écrit olks»-* forme qui m'est inconnue. Le savant
étymologiste espagnol n'est peut-être pas assez sévère pom* Torthographe
arabe. Ainsi à l'article Cufica, il dérive ce mot de « *Jj3 venant de *i^»-
Même remarque pour « azarca de iSjj fém. de jjj\ » ( p. 320 ) cabacalans
de ^iCaîl vU-d (p. 351 ) poui' ^>ia ou s^LaJl u^^^l A l'article Arcam il y a une
distraction autremen1> grave Ce mot serait «metatesis de la diction ar.
jiljjl , que se encoentra en Marcel» ( p. 273 ). Mais il est facile de voir que
arcam est une simple transcription de ^j\ arqam, serpent très dangereux.
( Freytag ) défini dans Foqh-al-lougha, (p. 163) «Cf^Uj il^-. ^ ^^JiJI».
Voir aussi Prairies (Tor. T. V. 49. 485. 486,
(2.) Edit. Defi-émery. I. 351.
(3) On trouve aussi j»uu.'3 qayemaqâm.
68 CALF
Cakile et CSaquilier. Le cakile maritime se trouve en
abondance sur le littoral Ouest et Sud de la France,
particulièrement aux environs de Boulogne-sur-Mer.
C'est la transcription presque exacte de ^C , qâqollâ^
plante alcaline longuement décrite par Ibn el-Beithar.
Devic pense que c'est la même plante nommée 3î6
par Avicenne ( Edit. de Rome. p. 249 ). C'est une erreur :
la dernière est une plante odoriférante du Yémen et des In-
des, qui a, comme le Cakile, des propriétés stomachiques.
Calam. Transcription de JS qalamy roseau à écrire ;
mot qui, comme les autres termes, ayant trait à l'écriture
n'est pas d'origine arabe et représente le grec %âhxaoç
( V. S. Fraenkel, Aram. Fremdw, 246 ).
Calebasse. Esp : calabaza. Ptg : cabaza. Sicilien : cara-
vazza; de ijqirba, outre pour Teau. Le 1 médial est
devenu r. ( Sur ce changement Cfr. Engelm. XXVIII. et
Eguil. XX. et plus haut Brodequin, p. 57).
Calfater. Esp: calafatear, calafetar, Plg: calafetar.
Ital: calafatare. Grec mod : xa^aqpawfi'. Voilà bien une
des étymologies les plus désespérantes qu'il soit possible
de rencontrer. Engelmann et Dozy ne veulent en aucune
façon admettre ici une origine orientale (i). Ils ont re-
(1) M. de Eguîlaz est sans doute de leur avis puisque calafatear etc. ne
figurent pas dans son Glossaire.
CALF 69
cours a de vieilles formes françaises calfaiter^ calfader^
calfecter, calefeder ^ qui sont pour le moins suspectes
(si tant est qu'elles existent ), afin d'établir que le mot en
question dérive de calefacere ou calefectare. Pour appuyer
cette dérivation, Engelmann, à la suite de Jal, suppose que
« calfater fut d'abord chauffer le navire; le chauffeur fut
en même temps un ouvrier habile à réparer le bâtiment ».
Malheureusement calfater, c'est remplir d^étoupes et de
fibres végétales les insterstices des planches, exactement
comme l'arabe ijïï qalafa^ ferruminavit et fibris palmae
vel musci stipavit navim ( Freyt). Il y a là, croyons-nous,
plus qu'une simple ressemblance de sens et de son. En
tout cas sj& ne dérive pas des langues européennes.
Bocthor a Jailï qalfsX^ mot très-moderne , que Bostani
donne comme une corruption de Jail». ga//at II y a cepen-
dant contre notre dérivation une objection fort sérieuse :
c'est l'existence de cette dernière forme iaiU . Les Ara-
bes eux-mêmes la signalent comme d'origine étrangère.
Une lettre du Calife *Omar citée par le Ma*arra^(i) donne
JaiU et\UUL gilfâi. Algawâlîqî ajoute que ces mots ne
( I ) Edit. Sachau. 49 et 50. ^ui?* est ainsi défini dans ce passage : « ^i))y^
U^Ld^j "y..." ^\j^ Jii^, c'est celui qui réunit les planches du navire et les
répare. x>
70 CALI
sont pas arabes, c^^p jvê ïJL53"i oÔa J^Ij . Ibn Doraïd
(né en 839) donne J^lÂÎ>: gilinfâi comme le terme em-
ployé en Syrie pour designer le calfat. jUI J.^ ^jA y^j
cijb S^' w^l r^^ ùji J^*^-^ • L'existence de toutes
ces formes montre beaucoup d'incertitude dans le terme
arabe et trahit évidemment une origine étrangère. De plus
sJiS OU Jï qallafne renferment pas de t et auraient dû
donner calafer selon la remarque de M. Siegm. Frœn-
kel (i). Ou bien l'introduction du t est-elle la suite d'une
confusion faite entre ^JSi et laiU. On le voit, l'origine
de calfater est loin d'être claire.
Calibre, de ^^lï , qâlab, qâlib, moule où Ton verse
les métaux, forme d'un soulier, ceintre servant à former
une voûte. Le sens de moule, calibre, apparaît nettement
dans ce vers d'AboûPAtâhiya, cité par le Kitâb al-Aghâ-
nî(lll. i6j). Ju.lj ^S i l»l -AÎ (^u^\'i\ à^^
« Comme si les hommes avaient tous été coulés dans le
même moule ». On voit que les significations de qâlih
conviennent assez au sens de calibre, quoique Dozy ait
soutenu le contraire (2). Le mot calibre est aussi employé
(1) Aram. Frendw. 230.
(2) Voir rintéressant article de M. Devic qui répond à robjection tirée
de Vaccent. M. âasâelia n^hésite pas à tradau*e calibre par ^il
CALO 71
par les Espagnols qui ont encore la forme calibo. Pour
rinsertion de r, comp. l'esp. adufre de ^JjJI
Le mot ^C n'est pas arabe ; il dérive du grec italo'-
nffv;; ou %aXm6dio9 , forme en bois pour les chaussures ;
c'est ce qui explique la forme ^ lï qàhxb^ assez étrange
en arabe, mais que les Arabes eux-mêmes déclarent pré-
férable à wJ 5 ({àlib. Cette dernière accentuation paraît
surtout avoir été employée par le peuple, comme l'indi-
que la forme espagnole : galibo. En Syrie on prononce ^4-
lib. L'ancien français gaU?e et garbe, qui ont à peu près la
même signification que calibre, se rattachent aussi à
qâlibj et aident à faire comprendre la formation de calibre.
Sur garbe V. Dict. de Trévoux.
Calotte. Origine inconnue, dit Brachet. L'arabe a le
mot X>jS^ kallouta on kallaùta (comme prononce Dozy ) ,
qui signifie précisément calotte (1). Mais ïjJS^n'est guère
connu avant Maqrîsî. Il y a bien encore îL>G qalloûsa,
forme vulgaire de lyjf^ qalansoua. Ce dernier mot est
très ancien, mais il désigne un bonnet haut de forme.
( V. Aghânî et Mas'oûdî. pass. ) {2). A moins qu'on ne voie
(1) Qnatremère. SuUam Mamel, II. 2"* part. p. 70 et Dozy. Vêtent.
et SuppL s. V.
(2) Do'.y (Vêtem.) en avait d'abord fait une calotte; il s'est rétracté
depuis. L'epithête la plus habituelle de Sj.JU3 est Jij^»
ji CAMP
dans calotte le diminutif 'LJi qoulaïsa^<l)^ n'est, cqt--
tainement pas d^origine arabe ; lyJSi dérive probable-
ment du latin calautîca (i). Des le treizième siècle, on
trouve calota. Les mots arabes cités plus haut auraient-ils
eu quelque influence sur le mot calotte.? Nous laissons
à de plus érudits la tâche d'élucider ce problème étymo-
logique.
Camard et Camus. Origine inconnue, dit Brachet;
origine incertaine, dit Littré. En arabe Jl aqma'' signi-
fie : simuSy depressus nasus ( Freyt. ). Que le ç- final ait été
rendu ici par r, c'est ce qui me paraît assez vraisembla-
ble, La lettre arabe, impossible à rendre dans les langues
européennes, a certains points de contact avec la liquidé,
surtout quand cette dernière est grasseyée.
Camphre. Esp: alcanfor. Esp. et Ptg: alcamphor.
Ital: canfora; de jji€^ kâfoâr^ même signification. On
trouve aussi jylï qâfoûr eij^ qafoûr. D'où l'auteur du
Mu*arrab conclut avec raison que le mot n'est pas d'ori-
gine (2) arabe, (p. 1 29 ). Le fi*ançais a perdu To ( resté
(1) Qu^on a lu calantica, leçon préférable, si la dérivation arabe est
fondée. Il serait piquant de voir Tarabe servant à fixer un mot latin.
(2) Dans une thèse sérieuse d'ailleiu^s, on n'est pas peu surpris de lire:
«j^tTe Lat. camphora ortum est» (De Vocabulis in antiquis Ârabum Car-
minibus et in Corano peregrinis - 5. Frœnkel. p. 1 1 ).
' CANC 7Î
dans les autres langues romanes) conformément à la règle
de l'accent latin. Comp. ancre de ancora.
Cancan. Je ne puis m'empècher de rapprocher ce
mot dans le sens de bavardages^ malins propos de l'ex-
pression arabe û^ J^ 9 kân wa kân^ ou tout simplement
J^J^ kân kan (i). Cette répétition du verbe kâriy il était,
vient au commencement de toutes les historiettes arabes,
et est employée pour signifier des bavardages , des racon-
tars, des cancans enfin. C'est ce qu'atteste Al-Khafâgf :
♦ ôli î! UP llS^vr^jS^ zS^ J u l^ ^V , kdn wa kân est
une expression moderne employée pour désigner des
propos futiles, de même que kaït wa kaït désigne des
affaires d'importance» (2). Cette même expression ûlSj J^
est signalée par Zamakhchari avec le même sens dans
son Commentaire sur la sourate des Grecs ( ^3}^ Ijy^ ).
Elle était aussi en usage pour désigner des contes rimes,
débutant habituellement par J^ ( V. Freyt. Dozy. Sup-
fe/w. Mille et une -nuits. I. 182, édit. Habicht ). Voici ce
qu'en dit Ibn Khaldoûn : « Le û'Sj J^ se compose de
quatre chatr (lignes, hémistiches) ayant tous la même
(1) V. Heury s. v. Cancan,
(2) V. J5UI 'Uà 194.
74 CAPH
m ..i.!» -■-»■ .1 - -■■ m ■■ .. ■■ ■■■ ■■■ ■.■■■■ , m ^
rime, mais étant de mesures différentes; le premier chair
de chaque vers est plus long que le second. La lettre qui
forme la rime doit-être précédée d'une des lettres faibles
ï. i- iS {Proleg. III. 452. Tr. Reinaud).
Candi. Esp. et Ptg : cande, candi. Cat. et Ptg : cadde,
candil. Ital: candito; de l'adjectif "ii-^ig'a/iûf?, formé sur
Jij qandj canne à sucre, mot d'origine persane, dit Al-
gawâlîqî, connu des anciens Arabes (Mu'arrab 119)
:ljHS ^ji\ îdUL-» jSj f^\ ^i (^ <U Jiîj ^'^ ^j^ Uai) »
« JJÂaJ ^y/LA Jy—
Caphar ou CafFar ( i ) a Les Caphars sont de certains
droits que les voyageurs sont obligés de payer à plusieurs
passages, où il y a des officiers pour les recevoir. Ces
droits étaient autrefois recueillis par des chrétiens, pour
l'entretien des grands, chemins, aussi bien que pour em-
pêcher les courses des Arabes. Les Turcs ont continué
depuis cette collecte avantageuse, » [Voyage cTAlep à
Jérusal. par H. Maundrell. p. 6. Utrecht. 1705). Caphar
représente l'arabe Sjlii. khafàra^ protection. Il faut ratta-
cher à la même étymologie le Caphar dont parle Bruce
(1) Le chev. d'Arvieux éciit toujours Caffar. «Le Caffar ou péage pour
le passage » IL 15. «le caifar ou di'oit de passage». Ibid. 18. Litti^é a don-
né de Caphar une définition inexacte, ou plutôt il n'a fait que reproduire la
définition du Diction, de Trévoux.
CARA 7$
et qui est d'après lui un poste d*homme$ percevant une
contribution pour l'entretien et la sûreté des chemins (i).
Sur SjUi. ou peut lire une note intéressante de Quatre-
mère, Sultans Mamelouks. I. i^^^ part. p. 208.
Caracole (2). Mouvement en rond, ou en demi-rond;
qu'on fait faire à un cheval (Acad. ). Esp : caracol. Littré
y voit l'arabe f^ ^karkar, revenir sur ses pas, recom-
mencer à plusieurs reprises; r final serait devenu 1.
Je ne saurais y contredire.
Carafe. Esp : et Plg : garrafa. Ital : carafia. M. Dozy
ne doute pas. que le mot vienne de la racine J»^f garafa,
puiser. Mais quand il s'agit de déterminer la forme arabe,
qui a donné naissance à l'esp. garrafa^ l'illustre orienta-
liste n'a plus guère que des conjectures et des analo-
gies (3). Lerchundi a sJ\J^ gharrâf^ petit vase; il y a
encore ôjjP cruche. Mais il faudrait trouver une forme
SljP ou au moins J>^ /- ayant le sens de notre mot
caraffe.
M. de Eguilaz abandonnant franchement la racine ijjt
propose SI j3 , parafa, dont le plur. seul Oliljj parafât ^
(1) Voyage en Nubie, Tradact. franc. T. I. Introduct. LXÏJ.
(2) Oa éci*It aussi caracol : « Les Theasalians, faisant promptement le
caracol, revinrent à la charge». Vaug^elaa.
(3) V.GI08S. p. 274.
76 CARA
• ■ I I I ■ ■ I ■ ■ ■ I
se trouve dans les dictionnaires classiques avec le sens de
seau de noria servant à Tarrosage des jardins. La trans*
cription du zaîn par g ne fait pas grande difficulté en
espagnol. Mais parafa s'adapterait mal à Tital. caraffa^
et à notre mot cara/^.
CarameL On trouve aussi carameUe. D'après Littré ce
mot viendrait de Tarabe kora^ boule et mochalla^ chose
douce. En effet S/^, korra^ veut dire boule dans la
langue usuelle. Pour nnochalla je ne vois trop à quelle
forme de >U Yvalâ, être doux, il peut s'appliquer. Cette
étymologie ne semble rien moins que sûre. •
Caramoussal. Esp: caramuzal. cat: caramussal. Le
supplément au Dictionnaire de l^ Académie (i 786 ) écrit ca-
ramoussatSy dont il fait un substantif masc. plur. D'autres
écrivent caramoussat. « Le caramoussal est un vaisseau
de Turquie, qui a une poupe fort élevée. 11 porte seule-
ment un beaupré, un petit artimon, et un grand mât avec
son hunier, qui est extrêmement haut; il n'a ni misaine, ni
perroquet, sinon un petit tourmentin ». ( Trévoux ). Cara-
moussal paraît une corruption de i^jlS qârebj barque, et de
J=**^ , mousatiahy ponté. { V. plus loin Mistique).
Caraque. Un des plus grands vaisseaux ; il servait à la
guerre et au commerce. Esp : carraca, caracoa, coracoa.
CARA ^^
>• ^
Ptg: caracora, corocora. îtaU caracca (i); de jy^
qorqoûr^ grand vaisseau marchand, ou plutôt de son plu-
riel j^\J qarâqir. Ce mot était employé par les arabes
du désert (2). Il paraît dans les vers de Nâbigha: 19, et de
Ar-Râgez etc. Voir aussi Aghânî XX 24. Il, 61 (édit.
Salhani); Hamâsa 726. Il n'est pas pourtant d'origine
arabe; on s'accorde à le dériver de i^Qwvqoç^ en lat. cer-
curus. Mais il n'est nullement nécessaire de chercher son
origine dans la langue malaise (3).
Caratch ou Eharad j. Capitation que payent au Grand-
Seigneur les sujets non-musulmans (Litt.); de pif kharâg,
impôt foncier, et non capitation comme on trouve par-
tout (4). « Les Chrétiens payent le carach c'est-à-dire
une capitation de 6 piastres par tête, depuis l'âge de
(1) Tous ces mots, comme Ta observé M. Devic, sont anciens dans nos
langues, du XIV® siècle au moins. L'espagnol carraca est encore plus an-
cien. Car on le trouve déjà dans la Cronica gênerai. M. de Eguilaz le déri-
ve de :3\y», auquel il ne donne que le sens de brûlot. 73\j> a encore le sens
de barque. (Voir Ibn Batouta. II 116 Mas^oûdi. VI. 477, 78 et pass. Mille
et une nuits ( éd. Salhani pass, ) et le Gloss. de Dozy s. v. faluca .
(2) Mu'arrab. 123.
(3) Comme le voudrait M. Devic. Je crois pourtant que le savant étymo-
logiste a raison quand il affirme que les formes portugaises coracora, cora-
cara, ainsi que le français coracore,vaisseau des Philippi -es, viennent dii*ec-
tement du malais (jjS^^) korakôra, grande embarcation en usage par-
mi les habitants de Parchipel indien.
(4) V. Synon, arabes. n°' 300 et 921. En Egypte les terres kharadjis
sont des terres grevées d'impositions plus fortes que les terres ouchouris,
V. Répertoire de législaU égyptienne,, par Ph. Gelât.
78 CARQ
puberté; et demi-piastre de plus pour le Receveur et
Collecteur » Mémoires de d'Arvieux VI. 339. On trouve
aussi Carache et Carag,
Caroube ou Carouge. ( i ). Esp : garroba , garrubia,
algarroba. Val: algorfa, garrofa. Ptg: alfarroba. Ital: ,
carruba, « Le Caroubier ou caroulier, dit d'Arvieux ( II.
250) est un arbre de médiocre grandeur qui pousse une
quantité de branches et de rameaux qui s'étendent beau-
coup et font un bel ombrage » ; de l ^j- kharrouba ou
s^yT khornoub, même sens ; cette dernière forme est
m
préférée par Ibn-el Beithar. De IjlT vient carrobe, com-
me on disait autrefois. En Languedoc on dit encore
carroube. On appelait carrobes « certaines fèves qui vien-
nent en abondance dans Tisle de Chypre; la plupart des
habitants s'en nourrissent » (Trévoux). Ces fèves sont des
caroubes que Chypre produit encore en quantité.
Carquois. Après les savants articles de Defrémery,
Dozy, etc. il est prouvé aujourd'hui que ce mot dérive de
l'arabe, qui vient lui-même du persan; Ji5j^ , terkech, car-
quois a fait J^ISjr tarkâch^ (2) et ^^J {})tarkachy sig-
nifiant tous les deux carquois.
»■■ ■ - »■■■■■ ■■■■■■■■ Il ■ ■■ ■^■^»^i^^^»^M^—i— ^^^^W^i— ^^M^— — —^i^^— *
(1) On trouve aussi carouche,
(2) Voir Sultans Mamelouks I. 1 à 13 et Dozy supplém,
(3) Cette forme est dans le Chifa al-Ghalil avec la remarque sui*
CASE 79
■ — ■ • ■ -._.- ,, . . _ ^^^
Casauba, Casba, Casbah. Forteresse, de iJa» qasaha^
qui parmi ses nombreuses significations a celle de forte-
resse. « Le principal château ( d'Alger) est appelé Valcas-
sabe ». (D'Arvieux III. 231).
Caserne, de 1 jLaï qaisâriyâ (i). Ce mot qui en Orient
signifie halle, ba^ar, a eu dans le Nord de l'Afrique le
sens de caserne ( V. Dozy supplêm, ). En Algérie « on
appelle Caisseries (2) de grandes et vastes maisons faites
comme nos cloîtres, où logent les soldats (j). Elles ont
une vaste cour, au milieu de laquelle il y a plusieurs fon-
taines. Les chambres qui sont tout autour sont distribuées,
de manière qu'il y a huit hommes dans chacune. Ce grand
nombre d'hommes, qui logent dans le même lieu, n'em-
pêchent pas que tous ces appartements ne soient fort
propres». (D'Arvieux III. 230). Rappelons que les ca-
sernes ne datent en France que de la fin du XVII siècle.
Au commencement du règne de Louis XVI elles étaient
I . I ■ I - - |- -ri ■! I r ■III I ^ ■ . - ,^—^ ^^
vante : a^ \^y<Sj ojJ^jiS *<> >iU-JI ^2/^ Sï-ÇiTC jSj )
(1) Du latin cœsarea, ou si Ton veut, du grec y^aitraçHa
(2) Kazimirski et M. Edouai*d Gasselin n'hésitent pas à traduire caseï*-
ne par îjj^
(3) Et dans la table des matières des Mémoires du chèv. d'Ârvleu^
caisserie est expliqué par caserne. «Les arabes de la Terre-Sainte nom-
ment caser ies ce quVn appelle aiileura des Kana et des Caravanseras».
Trévoux.
8o CASS
loin d'être générales et la plupart des soldats logeaient
encore chez les habitants.
Casâe. Poêlon, chaudron, vase à puiser et à boire,
grande cuiller. Esp: cazo. Ptg: caço. Ital: cazza. M.
Devic propose de dériver tous ces mots de ^^kas^
coupe (i). M. de Eguilaz propose une étymologie qui est
définitive a^ qâs^'a^ scutella, lanx escaria, dans Freyt.
C'est une grande écuelle qui peut contenir de la nourri-
ture pour environ lo personnes. Cette même capacité
est indiquée par Tha^alabî ; (2) s^l^^l^JI «JS îwaS
Le même auteur observe qu'elle était en bois, comme
toutes les écuelles des Arabes : w-Jt^ ^y *-JjJI ^^j
Cassis ou Cacis. Boisson, dont l'origine est inconnue
(Litt. Brachet). En arabe ,jJuJS^ kasîs est une liqueur
fermentée extraite des dattes (3). Littré remarque que
(1) M. Devic ne trouve ce mot pour la l*'''®fois que dans le j^ Sj^, strat
^Antaty Aventures d'Antar. Or le Kitâh al-Aghânî en parle déjà; de même
Tha'âlabi(morten 1038) dans son bel ouvrage îexicographique îaUI «S.
foqh al'lougha, ( La Jurisprudence ou la Ciitique du langage page 1 5 ). Il y
établit d'après Aboû-'Obéida ( 733-826 ) la synonymie de JiS'Kâs et Sç^v^^
Zoug^gà, verre. ^iT est encore dans 'Alqama ( 13-38) et dans A'châ cité
par Yâqout ( II. 538 ).
(2) îiUl u> p. 264. Edité par le P. Cheikho S. J. Beyrouth.
(3) On lit dans une note de la traduction du Diwân d*al Hansd'que «les
Arabes buvaient peu de vin, même avant les prohibitions de l'Islam; lem's
orgies consistaient d'ordinaire à se gorger de lait» p. 213. Cette assertion
déjà émise par Ibn Khaldoûn dans ses Prolégomènes ne tient pas devant la
lectui'e des poésies antéislamiques et da Kitâb al-aghânî, ce mh'oir fidèle
CEND 8i
quelques personnes prononcent Ts final de cassis , usage
qu'il n'a garde d'approuver. Et si c'était une trace de son
origine arabe ?
Cavas ou Cavass (i). Sorte de janissaire ou gendarme
employé dans les consulats; de ^j-ly ^aM^zz;^^, (prononcé
cavas par les Turcs ) signifiant proprement archer.
Cendal ou Cende. Esp : cendal. Ptg : sendal. Engel-
mann avait d'abord admis ce mot dans son Glossaire.
Dozy lui répond que Jjc^ , sandal, est un emprunt fait par
les Arabes aux Européens. Je n'oserais être aussi affir-
matif .• Jjiip , il est vrai, ne s^rencontre pas, avec ce sens,
dans les dictionnaires classiques. Mais il ne me semble pas
impossible que ces tissus qui nous arrivaient de l'Orient
aient gardé leur nom arabe. Les cendes ou cendeaux de
Tyr étaient, nous dit Edrisi, d'une qualité supérieure et
formaient un important objet'd'exportation (2). Un article
des assises de Jérusalem obligeait les fabricants de cen-
de la ¥16 des anciens Ai'abes. D^où viendraient les innombrables noms don*
nés au vin par les Arabes ? Que signifie le serment si familier aux vieux
guerriers du désert : Je ne boii*ai du vin qu'après m'être vengé ? (Aghan.
L 207. n. 53. 84. 158 etc.. éd. Salhani). Les MohalhlU n^étaient pas rares
Le vin, le^ij , ou marchand de vin, paraissent dans les moindres petits
campements. L^histoîre racontée au 1^^ I. d'Aghani ( p. 255 ) est réellement
topique; elle prouve que Tusage du vin était général dans la Péninsule.
On peut voii' aussi 5. Frœnkel ( Ai'am, Fremdw. p, 154).
(1) Cette dernière orthographe est de Lîttré. ( SuppL),
(2) F. Michel. Hist de la soie. T. I. 83. et Rey. Colon. Franq. 215.
6
82 CHAC
__ j m-m I I., uMi_ j _ ■ ■ - r I ----- ^—
des, cendal ou syndous à présenter leurs pièces en blanc
à l'examen (i). Maintenant que l'arabe Jjiup dérive de
cLvddip , je n'y vois aucune difficulté (2).
Censal. Courtier. Ital: sensale; de jusr simsâr, mê-
me sens» Bocthor donne aussi la forme jUc^, simsâr\
Marcel a même jLr^ , simsâl (V. sensal). Sur l'origine de
jL<, etc. Voir Aram. Fremdw (186). L'établissement
des censaux à Marseille est ancien. En 1 5 99 on y comp-
tait déjà j 8 censaux ; il y avait défense à toute autre per-
sonne d^exercer cette charge.
Chachia ou Chéchia. Bonnet rouge fabriqué dans la
M*
Tunisie. C'est la transcription de i^Ll cAâcAf/a, qui est
un adjectif de ^\^chach, bonnet de mousseline (j) dont
on entoure le tarbouche ou bonnet, comme le dit al-KLha-
fâgt : y^3 <À^ J^' JiUI -u j ^\}\ Je LiiL' ^j^ y^ C J.b )
\xX\ î^l ^ JjîL^ « châch est cette pièce d'étoffe qu'on
roule autour de la tête et qui prend alors le nom de tur-
ban. Le mot est emprunté à la langue indienne» (4)
(1) AssifieB de Jérusalem T. IL 36.
(2) Du môme mot grec les Arabes avaient déjà fait ^!)Cw:l ( V. Syn. Ar.)
(3) Comme dans ce passage des Mille et une nuits : *^^>* JJ^ u^j ^j
(IL 370. édit. Salhani) et cet autre de Soyoûtî: c:^ix5<3t c» mO^ ^ Jïr^^^J
(4) D'après cette remarque de l'auteur du JJUJI 'Ui ne serait-il pas per-
mis de conjecturer que ^sZJtAJti est un adjectif formé du nom de la ville de
^U, Ckàck où cette étoffe aurait été fabriquée (V. Yaqout DL p. 233).
CHAL 8j
< JJUII •Ul ) . Dans Niebuhr le tarbouche est appelé /ce^
<,j-li) , et sach 1 ^H )est la pièce d'étoffe dont on le
oouvrè(i),
Chafoaa. Huitième mois de l'année musulmane (2), de
ôl^i» cha'^bân. Du Loir écrit chahban. « La lune de chah'-
ban est une des trois pendant lesquelles les Mosquées
«ont ouvertes pour le Temgid ou la prière de minuit »
(p. 145 ). Oh trouve encore chavan et même chuan «Cha -
bân était ainsi appelé parce que les Arabes se disper-
saient (wJti3 /ocAa^à^ ) pouf chercher des citernes et pour
piller » ( Mas'oûdî. IIL p. 4 1 8 ).
Chaland. Bas lat : chelandium, chelandrium, salandra.
Sorte de bateau plat. Ce mot se rencontre déjà dans la
chanson de Roland, M. Devic hésite donc à y voir l'arabe
"SJcjl chalandîj navire, qui servait aussi en temps de
guerre. On trouve encore (^jG^ charandi '( j ). ( Ibn-Hau-
qal p, I j 2-2 et 1 9 ). Les deux formes sont des transcrip-
tions du Byzantin laXi^^iop. Au moyen âge on disait encore
salandrcy :{alandre et même palandrie, dénominations bien
connues des croisés (4).
(1) V. de Sacy ChresL ar. I. p. 199.
(2) Et non pas troisième mois comme écrivent Trévoux et Gasselin.
(3) Deux fois M. Paulin Paris a trouvé chaland, écrit charlan. On trouve
aoftsi chalan. Mais les plus anciens textes ont un U
(4) Rey. Colon Franq, 160.
84 CHÀL
Chalef et Calaf. « Le Calaf est un petit saule qui ne
s'élève jamais à une hauteur considérable, dont le tronc
est droit, la feuille ovale, faite comme une lancette et
profondément dentelée à ses bords. Il n'y a point d'arbre
plus fameux en Egypte à cause de l'eau que Ton tire de
ses fleurs... Us l'emploient dans toutes sortes de maladies.
Il y a des Apothicaires au Caire dont l'unique emploi est
de vendre du Calaf \ c'est le nom qu'ils donnent à cette
eau». ( Hasselquist ) Le Dictionnaire de Déterville l'ap-
pelle macahalef et il considère comme très-probable que
le Calaf est un Chalef Effectivement les deux mots vien-
nent de ^^U khalâf, saule d'Egypte qui paraît être le
même arbre que le ô\ bân. Quant à macahalef c'est une
transcription vicieuse de J^*^\ *l* ma al-khalâf eau de
Chalef ou de calaf (i), différente de ^i<i-l ^^ , l'essence
de fleurs de Chalef décrite par Ibn el-Beithar. (IL io8).
Chaloupe. Esp : chalupa. // : scialuppa. On considère
généralement ces mots comme une altération du néerlan-
dais shep. Avec M. de Eguilaz je préfère les tirer de ïJU.
galba ou goulba, grande barque (i), faite de planches
(1) V. Glossar. Geograph, Arab» éd. de Goeje p. 37 «l'eau de Calaffe est
un sudorifique et un cordial excellent qui se tire par distillation des fleurs de
l'arbre qui porte ce nom». Description de l'Egypte par M. de Maillet. Tré-
voux écrit'macAa/a/" mais il a tort d'obliger à écrii'e coUaf au lieu de calaf,
(2) Je soupçonne que les galvettes dont Niebuhr parle fréquemment dans
CHAR 85
jointes avec des fibres de cocotier (Ibn Batoûta. II. i jS),
Ce mot revient souvent dans Edrisi, Ibn ôoubair, Maq-
rîzî etc.. et longtemps avant ces écrivains dans le Livre
des Merveilles des Indes. ( p, 93 ).
Charabia. Esp. et Ptg: algarabia. Basq: algarabiâ.
Fïg: algaravfa, algravia, arabia. On s'accorde générale-
^ ^ ^
ment à dériver toutes ces formes (i) de ï-»jJI alarabîa
proprement : la langue arabe. De là on aura passé au sens
de baragouin. Le ch qui commence le mot français peut
jf ^ ^
être comparé avec l'espagnol alcaraviat [à^^ji\) où
le f^est réprésenté par un c dur. (2) M. A. Sédillot dit
que charabia « est tout simplement le jargon arabe char
ou jar arabiah » (3). En effet Z^f^yt, charr ^arabîa, con-
viendrait à merveille à charabia. Mais il faudrait, comme
toujours, des preuves à l'appui de cette conjecture. (4)
la Description de l'Arabie ne sont autre chose qu'une transcription de XJ^'
Yoir pourtant la note de la p. 152 du Voyage en Arabie. T. U.
(1) Pour les formes espagn. le doute n'est plus permis. Com{$^. ce texte:
a palabras que se dicen en algarabia : non hay otro sinon Dios, é Mahomad
es su mensagero» (Castigos e docum. del rey D. Sancho p. 135).
(2) Comp. le texte d'Ambroise Paré où l'arabe est qualifié de baragouin
(V.Bézoard).
(3) Hist. des Ai*abes. 1. 423.
(4) M. Sédillot oublie trop souvent de les donner. Ce qui est encore
désespérant dans les innombrables étymologies orientales qu^il propose,
c^est que les mots ne sont jamais transcrits en arabe. Voici d'aillem*s
quelques échantillons de ses connaissances étymologiques. Abandon d'après
M. Sédillot vient de l'arabe ahadoun (?). Baisser, abaisiser du verbe arabe
86 CHEI
Sans cela la science étymologique rentre dans la voie
des rapprochements arbitraires, d^où elle a eu tant de
peine à sortir.
Chebec. Bâtiment à 3 mâts de la Méditerranée. Ancien
franc: chabek. Esp\ jabeque; javeque, xabeque, euxabe-
que. Val: jabech. Ptg: xabeca. Caf^ xabech, xavega-
Ital: sciabecco. Tous ces mots n'ont rien à faire avec le
turc S-^ sounbakîj (i) et dérivent de Tarabe fJLi , ckoub^
bâk ou chabbâky même signification, qui date au moins du
XV™® siècle. « Lorsque la goélette maltaise ou le chebek
arabe est bon marcheur... » B. de Krafft. Tour du monde
i®^sem. 1861. p. 66. A moins qu'on ne préfère J^
chaboâqy navire qui est dans Moqaddas! (2).
Cheikh^ Cheik ou Sheik. Transcription de ^ cheikh^
litt : vieillard. A propos du titre ' de )>ieux de la montagne
donné par les historiens des croisades au prince des
bassa, à la 4™^ fonne abassa, La plapart des noms de grades militaûres
sont aussi d^origine arabe. Maréchal vient de maresh-al-kyla ou mehella^
le gardien des forteresses ou du camp.De même caporal, sénéchal (seich-al«
cazar ) connétable ( connetioun ? ! ) général etc.. ( V. Hist. gén. des Ai*abes.
Append. I.) Pour ôtre exact ajoutons que dans plusieurs de ces étonnantes
étymologies M. Sédillot suit Narducci, guide souvent dangereux. Comme
historien M. Sédillot n'inspire guèi*e plus de confiance que comme étjmolo-
giste V.La Poésie Arabe Anté-islamique. Par M. René Basset, p. 78.
(1) Comme le voudrait Devic. Voir aussi Dozy ( Suppl, ) L'étymologîa
acceptée par Littré dans son Supplem.. ne semble pas non plus admissiblôT
(2) Géographes Arabes. UL Vol. p. 82. L. 2. (édit de Go^je).
CWA 87
Assassins, on Ht dans les Lettres édifiantes i «Nos vieux
historiens ont mal entendu l'Arabe. Scheik signifie vieax^
senior; mais il signifie aussi Seigneur. Il n'est pas vrai que
les Assassins choisissent pour prince le plus ancien
de la nation; il fallait donc traduire le Seigneur de la
montagne. » (VII. p. 206. Paris-1728).
Chôrif . « On appelle chérifs tous ceux qui descendent
de Mahomet ou Muhamed... Ils portent un turban verd :
il n'est permis à aucun autre qu'aux chérifs de porter ce
turban,» (i) C'est la transcription de sJ^jt charîf, 'illus-
tre, noble. Le prince de la Mecque ne porte le titre de
Chérif qu'en vertu de cette même descendance,
Chewal. Dixième mois musulman, de Jl^ chawwâl^
parce que « les chameaux dressent leur queue dans cette
saison.,. Les Arabes ne permettaient pas le mariage pen-
dant ce mois »[(2).
Chiaoux ou Chaoux. De J^jb chawoâch ( Gasselin) mot
pris du turc ^^jU tchâouch^ huissier, appariteur, sergent
^ . . .* *
d'mfanterie, chiaoux* On trouve aussi chaoulx dans les
anciennes relations.
> *
Chibotlque. Pipe de jJ:. chobouq , tuyau de pipe ou
(1) D^Arvieux 1. 84.- Sur les noms que portent les Chôrifii dans les diffé*
reots pays arabes V. Mebuhr Description de l'Arabie p. 16.
(2) Cfr. Mas'oûdi III. 419 et ChamB eddin de Damas, p. 401,
88 crvE
dit choboukj comme écrit Bocthor* Les deux formes
viennent du turc 3y^ tchoboâq^ baguette et pipe.
Cîd. De al- sayîd^ seigneur, prononcé vulgairement
sîd : de là Sidî, monsieur ( j^ju- )
Cime. Esp. ItaL Provi cima. Ptg: cimo; «du latin cy-ma
et cuma^ tendron, cœur de chou » nous dit Littré. Pour
ma part, je trouve plus satisfaisant de rapprocher cime de
ï^ , qimma^ cime, sommet (de la montagne etc.. ).
Cimeterre. Du persan >1^ chimchîr^ même sens. Let
turc a le même mot. M. Mie. Schapiro le dérive du grec
Htî^a etc. [Révélât, étymol. n^ j8) et ne conçoit pas « com-
ment le persan schimschir s'est métamorphosé en cime-
terre ».
Civette. Esp: civeta. Ital: zibetto. Le mot civette (i)
ne date que du 1 6°^® siècle. Il vient de ^l> j , :{abâd (2) qui
désigne la substance parfumée que sécrète l'animal de
même nom, appelé par les Arabes ^l»jl Jaï , ^att a:{-
:{abâd^ chat qui fournit la civette, le gatto :[ibetto du P.
Ange de S. Joseph. L'auteur du Qâmoûs veut absolument
(1) Ou plutôt Civetta, qae Belon aurait employé le premier en 1553.
(2) M. deEguil. dérive civeta de ««a^j) zebeda, muscum». ^ous ne con-
naissons pas ce sens à ;jl{ j , zoubda. Ce mot signifiant crème de lait, éco-
mei beurre frais. Aux Indes «outre les chats ordinaires, il y en a d^autrea
entièrement semblables à eux, qui produisent cette matière odoriférante
que nous appelions en France Civette et que les Portugais nomment algalia.»
(R. P. Philippe, p. 374 ) de sJUI.
COIF 89
■ — ■ ■_ _^ ^^ ^-^__^.^^_^^^__-
que ce soit le chat vulgaire. Le Chérif el-Edrîsî dit positi-
vement que la civette est plus grande que notre chat
domestique. Dans Aghânî (II, 5 2. Salh.) ^l 3 est expliqué
par peaux parfumées. <^ ï^lj U :^ y^j ^Ij
he\Zibeth est une variété de civette vivant dans les
Indes et dans les îles de l'archipel Indien. Ce nom imposé
par Buffon se rapproche encore plus que civette de l'ori-
ginal arabe ^Ij . Voici comment Mas'oudi décrit cette
espèce indienne: Jbjl >LJIS^^ljJI xX\ Jbj) (O CA^j
t>l, ^j^l ^1 l^j> ^ ^ U jvS^lj ^yJir s/ in;irj.MJyi
v.^ v^Jall j^ çyll lÔAj iljl . Parmi les petites espèces de
quadrupèdes de Hnde on trouve le zibeth ; il y est aussi
commun que le chat en pays musulman; comme lui, il a le
pelage tigré. C'est de ses mamelles surtout qu'onlire le pré-
cieux parfum appelé lait de zibeth» (Prairies d'or, III. 57)
D'après Chams ad-dîn de Damas « la civette abyssinienne
est meilleure que l'espèce indienne, ^ j^ llxi-t ^l jj
Sx^ (2) »
•• •
CoifEé. Esp : cufia. // : cuffia. MûUer a proposé de dé-
river coiffe de li^koûfija^ coiffure arabe bien connue.
(1) Poar le sens de cA,j^ que Freytag semble confondre avec ^lj*notis
renvoyons à nos Synonymes Arabes N^ 1540.
(2) j»J\j j^) wJl^P . Edit. Mehren p. 159.
90 CORV
ST. i.
Dozy a montré que cela n'était pas sérieux. Zi^ est un
mot arabe qui ne paraît pas remonter au delà de l'époque
de Maqrîzî.
Corvée. Pihanle fait venir deî/^, korba, tristesse,
sollicitude, sens évidemment trop éloignés de corvée. Nous
croyons Fétymologie latine beaucoup plus fondée. Telle
n'est pas pourtant la pensée de M, A. Sédillot : « Au mot
corvada qu'on rencontre dans un capitulaire de Charle-
magne on aurait pu indiquer le terme arabe corveh (i)
qui a la même signification. Les Musulmans qui oc-
cupaient la Gaule méridionale depuis plus d'un siècle
imposaient aux habitants des corvées que nous appelons
aujourd'hui des réquisitions^ et il ne serait pas surprenant
qu'on leur eut emprunté ce nom.» (Hist. des Arab. ÏI.
p. 221 ). Accordé! Mais tant qu'on n'aura que i*^
ou corveh^ l'étymologie de corvée n'aura guère avancé.
s
Corvette. Esp: corbeta. Ptg: corveta. Ce mot ne
(1) Qae peut bien repréBenter corvefû M. Sédillot est réellement découra-
geant. Ailleurs à propos de curée il propose comme étymol. l'arabe « Kurehy
action de dévorer». A quel mot fait-il allusion? serait-ce j^ , qarw, vase
quo canis bibere solet (Fi-eyt.), est-ce i^^, ^'ir^, repas donné à im hôte, du
verbe 4^^, auquel Bocthor donne le sens de dévorer (au figuré) ? Il y a en-
core j9^ , qarad, [ronger. Quoiqu^U en soit, les formes anciennes de curée
établissent sa dérivation de cuir^ explication qui inspire tant de dégoût à M.
SédiUot.
1.
CRAV 91
viendrait-il pas de U^f- ghorâb^ corvette, comme tra-
duit M. Amari (Bibl. Ârab. Sic.)* Dâas un manuscrit
arabe du Vatican on trouve cette description : « 'jJlH Ut
ôy\^3 aîûi Kij 6»jf ûu) jb iTc vJJii^ili olj^at J^j. Quant
à la galère, appelée autrement gorâb^ elle est mise en
mouvement par 140 rames, et porte des combattants
et des rameurs. » ( V. Quatremère. SuU, mamel. I. i **
p. I42), C'était donc un navire de guerre. V, plus loin
Gabarre (i).
Couscous et Cpuscoussou. De ,jiCjS^ komkous et
\2)kou$kousoûjTtitme sens, de ^j,i!ll^^a^^a^, broyer
menu. « Le couscoussou n*est autre chose que de la farine
aspersée légèrement d'eau, qui à force d*être remuée se
forme en petits grains comme des têtes d'épingle. Ils
l'apprêtent avec la viande et le beurre à peu près
comme le ris.» D'Arvieux. V. 280 (V. Dozy. Sapp.).
Gravache. Esp : corbacho. M. de Eguîlaz assigne com-
me origine au mot espagnol l'arabe pi *^, kirbag, dé-
rivé du turc «ly , qorbâch. Il est plus probable que tous
(1) Y. aussi Ibn Batoûta. IV. 59. Dans un curieux passage Al-^Aïnî
joue sur le double sens du mot. V. Historiens Orientaux des Croisades
n. 1'" part. p. 242.
(2) Forme préférée par Maqqarî, Ibn Batoûta etc.
92 CURC
*
ces mots ont une origine slave : c'est d'ailleurs l'opinion
des Turcs eux-mêmes (i).
Croupe. Namur : crupe. Prop : cropa. Cat : gropa, Esp .•
^grupa. Ptg: garuppa. //: groppa. J'adopte l'opinion de
*
Narducci qui dérive l'ital: groppa de o'^ ghorâb ^
« proeminentior pars coxse in equo et camelo qudô supra
caudam est, » ( Freyt. ) Du Gange dérive croupe de l'ital :
groppa; ce qui revient au même»
Cubèbe. Esp : cubeba. liai : cubebe. Vieux fr. : cubebbe;
de iu , kabâba^ même signification (2). M. Devic ob-
serve qu'aucun dictionnaire arabe ne donne la voyelle u,
ouj pour la première syllabe tandis qu'elle se trouve dans
toutes les formes européennes. Cela tient, croyons-nous^
à la prononciation populaire arabe, qui donne une valeur
vague, entre u et ou, à la syllabe précédant la longue af-
fectée par l'accent tonique.
Curcuma. Esp. Ptg. Ital: curcuma. C'est une plante
dont la racine est appelée dans le commerce safran des
Indes. Aux Indes le curcuma remplaçait le safran, dit Ibn
Batoûta ôlji^j!' Jî»^ (^-^ y^ ( in. 103). On trouve cttfca-
ma dans un tarif français du XVIP® siècle; de J^f
(1) V. Mallouf.-et Dozy. SuppL
(2) Synon. arabes ^"^ lOBS.
I
CURC 9j
kourkoum^ ou ^ilT^^ kourkouma^ safran, û'^jjly^j %^^
<S^^ljJ\)\ ( Mu'arrab ). Il paraît que la coquetterie fémi-
nine en fait usage en Arabe pour teindre le visage, le cou,
le bras etc. (y. Journ, Asiat. 1845. ^ov. p. 396.). On lit
dans un hadîth : « JuS^îlIT'iU ^ Si-^ 4^j jC • Le vi-
sage de Gabriel s'altéra et prit la couleur du safran»,
L'Avicenne de Rome donne la leçon U^yy , qourqouma%
que les dictionnaires n'ont pas relevée; avec raison,
selon nous. C'est là sans doute une des nombreuses fau-
tes dont fourmille le texte imprimé d'Avicenne (i).
(1) Tout comme mi manuscrit du *uà du grand Philosophe arabe que
nous avons sons les yeux. - Cfî*. Journal Asiat. ( Janv. 1867. - p. 22 ) une
exceUente remarque du IK Leclerc. Dans ce môme article le savant médecin
relève une foules d'erreurs. Nous ne voyons pas pourtant pourquoi il donne
le nom de hims au pois chiche, FAi^abe ne possédant que les formes^^M;,
himmas, et j^i^ , hzm wts. ( Cfr. Mu^arrab. 53.) Le peuple prononce
hommos*
94 DAMB
D
Dalle. Esp ; adala. « Terme de Marine. Petite auge qui
sert dans un brûlot à conduire la poudre aux choses
combustibles » ( Trévoux ). Tuyau qui sert à conduire
l'eau de la pompe hors du vaisseau. On a déjà fait remar-
quer avant nous que ce mot ne peut pas dériver de 3 V^»
La véritable étymologie est donnée par M. Schapiro,
Révélations étymologiques ^ N^ 78. Aux mots cités il peut
ajouter dalots, morceaux de bois percés et disposés en
pente le long du tillac, qui passent au travers du bordage
et servent à faire écouler Teau des pompes et des gout-
tières.
Dame-Jeanne. Esp : damajuana. Ce curieux mot paraît
bien avoir une origine arabe et aura été probablement
« introduit par le commerce avec le Levant». (Litt.) Voici
comment Bostani décrit la dame-jeanne: li^lj 5ao î«rW3
UyblU Jp ^ Jiï ^Ji pCLi. ^\ 2^ J^^, C'est une grande
bouteille revêtue d'osier ou de jonc. Et à côté de Z G^tS
dâmigâna ( qu'il préfère ) il cite les formes vulgaires
<;l^3 damagâna^ et ïiU^ damangâna. Le même auteur
DENA 95
I I I . I .. . .1..
prétend que le mot est d'origine persane. Heury traduit
dame-jeanne par Z\^^ (i) damangâna,
Dauek ou Daiik. Esp : danique. C'est la sixième par-
tie d'une drachme arabe, qui pèse douze carats. (Trévoux)
Transcription de JtlS dâniq.
Dajrse. Esp: et Cat: d'arsena* Cat: et Maj: drassana,
drasena. //; darsena;de iû^ jl^ ddr-^an'aj <m ScL^jl^
dâr-sanâ''a (2). Ce qui confirme cette dérivation , c'est
que sur le littoral méditerranéen au lieu de darse on
disait aussi darcinè et darsine.
Degré. Esp : adaraja, adraja. Esp. Cat. et Ptg : darga.
Les formes ibériques dérivent évidemment de S>-j3
daraga , degré , échelle , gradin , avec l'article 4>.j j!I ad-
daraga. Je préfère y voir aussi l'origine du français degré,
venu de a>-j^ , daraga, au moyen d'une métathèse, dont
t'esp : adraja nous offre un exemple assez approchant. L'a-
rabe ic^j^ daraga a d'ailleurs tous les sens du franc, degré.
Denab. C'est l'a du Cygne ; de ^i ^ da/za^, queue,
à cause de sa situation sur la queue de l'oiseau qui figure
(1) Qu'il signald comme vulgaire. Lenoaveaa dictionnaire français-
arabe par le P. Belot (en prépara tioix), ouvrage ti^ès complet, donne les
mêmes formes.
(2) Voir Arsenal et comp. ce passage d'Edrisi; Edit. Dozy. p. 90.
« Jib^Jb chUIj v^Jlb J-J^^VI 'lliV Sc-UL^ jU Ifij» Les deux formes s^u^ jb
et z^Cma jU sont employés indi£Eeremmeut par Ibn Batoûta. IV. 356, 357,
359.
96 DENE
la constellation, (i) On sait que la véritable prononciation
du S est entre le z et le d pur ; le a du grec moderne
représente exactement le S arabe. Mais dans tous les
pays de langue arabe le peuple lui donne presque
toujours la valeur d'un d pur. Cette particularité de pro-
nonciation date de loin. Le granimairien Al-laith (2) remar-
que qu'elle était générale dans toute la tribu de Rabî'a.
Dénébola. B. du Lion (Arago. et Bescherelle) Alté-
ration de JuVi wSS danab al-asad, queue du Lion ( V.
Nébulasit). On dit aussi dénébalé^et^ altération moins
forte.
Dey. L'étymologîe de ce mot a été indiquée il y a plus
de 200 ans par le chevalier d'Arvieux. «Le mot Day signi-
fie en langue turque un oncle du côté maternel. La raison
pour laquelle ils (lès- Algériens) ont donné ce nom au
Chef de leur République, c'est qu'ils regardent le Grand-
Seigneur comme le père, la République comme la mère
des Soldats, parce qu'elle les nourrit et les entretient,
et le Da/ comme le frère de la République et par consé-
(1) V. les planches qui terminent la Cosmographie de Chems-^ârdin
Ed-Dimichqui (éd. Mehren). Voir aussi Les Etoiles fixes d'Abdurrahman
As-Sufi p. 79.
(2) Il s'appelait Aboul-Harith Al-laith-ben-Sa'd al-Fahmî, et vécut de
694 à 782 de l'ère chrétienne. Ce personnage n'était pas moins célèbre par
son érudition que par ses immenses richesses. Il jouissait d'un revenu
annuel de 80 000 dinars, soit environ 12 00000 de francs.
DJÉR
97
quent comme l'oncle maternel de tous ceux qui sont sous
sa domination » (i). Ce n'est donc pas de l'arabe c/l^
dâHj missionnaire, qu'il faut dériver ce mot, mais du turc
(il^ dâî ou t$U> 4àt {2) oncle maternel (j ).
Djérid ou Grérid. Jeu favori des Orientaux. «Voici la
manière dont ils font cet exercice. Ils se séparent en deux
corps,... poussent leurs chevaux à toute bride, et tâchent
par cent détours de gagner la croupe de celui contre
qui ils combattent, et lorsqu'ils se trouvent assez proches,
ils lui dardent sur le dos le bâton qu'ils ont à la main
droite » (4). Djérid est la transcription de ju j>- garîd,
proprement : branche de palmier dépouillée de feuilles, de
^j>. dépouiller ; et absolument: bâton employé dans les
joutes ou Djérid. Le djérid s'appelle aussi l'exercice du
Meidan (5), expression encore usitée de nos jours dans
le Levant. Le meidan ou midan est une place publique
dans les villes de l'Orient. C'est la transcription de J^jS
maïdân ou mîdan, esplanade, hippodrome. Le mot a passé
(1) Mémoires du Chevalier d'Arvieux III. 249.
(2) Ou encore yyi», iâii (Bianchi),-
(3) Y. les judicieuses remarques de M. Defrémery. Journ. AsiaU Jauv.
1862. p. 85-et 1867-p. 180.
(4) D'Arvieux. H. 325.
(5) Op. cit. II. 325. - «Ils n'ont ici que le meîdan c-à-d. la course des
chevaux; les cavaliers se lançant des bâtons etc.» La Syrie et la Terre
Sainte au XYII^^ siècle par le P. Besson.
7
98 DJIN
en turc avec la même signification. Beaucoup de villages
du Liban ont encore leur meidan. C'est là que les émirs
et les cheiks venaient se livrer aux divertissements de la
■
fantasia et du djérid.
•*
Djinn. Transcription de j>., djinn. Par ce mot les
Arabes désignent tous les êtres invisibles, mêmes les
Anges. Pour eux les créatures raisonnables sont divisées
en 2 classes: J^j ^^iVI . Les hommes et les djinn, (i)
Car «génie» rendrait mal le sens du mot. Dans une signifi-
cation plus restreinte les djinn désignent une classe d'êtres
assez mal définis, sur lesquels nous n'avons que des notions
vagues. Us tiennent le milieu entre l'ange et l'homme ; ils
ont été créés du feu. Parmi eux il y en a de bons et de
mauvais ; il y en a qui se convertissent , et d'autres qui
persistent dans l'erreur (2). D'après une opinion, popu-
larisée surtout par les Mille et une Nuits, les génies man-
gent, boivent et propagent leur espèce ; ils sont en outre
sujets à la mort (j). Bref! les djinn sont distincts des dé-
mons qui sont toujours des êtres malfaisants et confirmés
dans le mal.
Il ■ » ■« III ■ 1 1 1 1 ■ I »
(1) Gomme dans oe vers d^Antai*, où P Achille arabe déclare qu'il ,ne
craint personne : C^j CJi ^\>\ 'c.Ah U/i O j,4m^ Ui}»
(2) Le Coran (som*ate LXXQ) parle de génies musulmans et d'autres
qui sont infidèles Y. aussi Qazwîni. Cosmogr, L 368. et Damîri. I. 229^
(8) Bîvân d^aU Hansd, Traduit par le P. de Coppier. V. note de
la p. 167.
DOUA 99
Doroxdc Esp : doronica. Ptg : doronico. Plantes de la
famille des synanthérées. C'est une altération d'un mot
arabe qui se présente sous les formes suivantes, ^jd
daranagj ^\j^^rânag, fjj^ daroûnag. La dernière for-
me est celle de Tédition égyptienne d'Ibn el-Beithar;
Leclerc lit /j^ douranag. D'après l'auteur du traité des
Simples j c'est « une plante abondante dans les montagnes
de Beyrouth en Syrie ; on en trouve aussi à Kafr Solwân
dans le Liban » ( i )•
Douar. Esp : aduar (2). En « Algérie, dit d'Arvieux, on
appelle une tente Dar et Douar au pluriel. Ainsi un
kdouar (j) est un amas de plusieurs tentes, ce qui fait un
village portatif et ambulant» ( IIL 23 5 )« jb dâr^ maison
a parmi ses nombreux pluriels jl j^l adwâr. Dozy donne
comme étymologie de douar le mot j\}^ douwwâr qui fait
au plur. j\j^\ (Bocth.) jj\j^ (Paulmier y et j^jlj^ (Cher-
bon. - Gasselin etc. ).
( 1 ) Plus loin il répète encQi*e qu^elle se rencontre surtout dans les mon-
tagnes de Beyrouth. Ibn el-6eitbar avait exploré le Liban où il ayait dé-
couvert plosieui's plantes nouvelles.
(2) L'esp. aduar peut représenter le plur. jij^i ou le sing. jijSJI .
(3) «Leurs tentes qui composent lem*s Adoûards (sic) ou YiÛages ambu-
lAitts etc..» (D^Arvienx IV. 28). «Ils di'essent leurs tentes les unes proches
det autres ainsi qu^en un camp. Tout cela joint ensemble s'appelle on
douarn P, Dan.
loo DOUM
Douane. Au 1 7°^® siècle Ménage dérivait déjà ce mot de
ô\yj> dîwârij qui, chez les écrivains du Maghreb et de
l'Andalousie, a la signification spéciale de bureau de doua-
ne. Voir les nombreuses autorités citées (i) par Dozy
( Gl. Esp. et Suppl. ). Dans le Livre des Merveilles de
VInde (X°^® siècle ap. J. C.) douane est traduit par
oJâL* ou jlâJ (p. .119) lieu d'inspection Je sJaU il
îni«Vl Jp l^ ^j:oï JaiLlI - Il y a sur le rivage un bureau de
douane, où l'on perçoit une taxe sur les marchandises. »
Douxn ou Douxne. Palmier nain de la Haute Egypte
Voici comment le P. Sicard décrit « une forêt de doums
ou dattiers sauvages. Cet arbre que l'on ne voit en Egyp-
te que depuis Girgé, en tirant vers la Nubie, a cela de
singulier sur tous les autres arbres, que son tronc se di-
visant et se fourchant en deux parties égales, chaque
branche se subdivise en deux autres, qui se partagent
chacune de même façon Jusqu'à ce qu'elles parviennent
à la cime des dernières branches. Ce ne sont que ces
dernières branches qui produisent des feuilles semblables
à celles des palmiers. Le fruit, qui est de la couleur de
son écorce est gros comme une petite grenade. La chair
(1) On peut y ajouter le passage du Collier de perles de Badr ad-dîn Al-
*Aïnl où il est parlé de droits de douane :^'ijijdl 3jhi\ ( V. HUtorienB dôi
Croisades. H. 1'" pratie. p. 223).
DROG loi
• ■ *- 1 ■ ^ - Ml I I I T I - I I IT . _ _ ■ _ _ ■ I ■ Il ■ I ■ .1 I I. ^11 ■ imt
est si dure qu'une hache bien affilée ne l'entame qu'avec
peine (i). Les paysans... trouvent moyen d'en venir à
bout. » (2) Doum est la transcription de ^j^ daum ou
doâm. Cette dernière prononciation est celle de presque
tous les voyageurs. Poncet dans sa relation d'Ethiopie (3)
l'appelle domi. Bruce (Nubie. I, 228 et V. 60) écrit
doom. (Prol. Ibn K.hal. II. 216).
Drogman ou Dragoman. Esp : truchiman. Ptg : turge-
man. Cat : turcimany, trutxiraan. It : drogmano, dragomano,
turcimanno; deû\^jtourgoumânj interprête. Il y a encore
les formes CÀ^j tourgamân^ et CÀ^j targamân, ce que
les Historiens des Croisades rendent par Durgeman ( V.
Hist. Occid. II. Gloss. )- Drogman et surtout Dragoman
ont certainement subi l'influence du grec moderne
àçay6it,avoç. (4) Truchement n'est qu'une variante qu'on
rencontre déjà au XV"^® siècle. D'Ar vieux écrit constam-
ment trucheman.
(1) On en feit encore une grande consommation au Caire. V. Missions
Catholiques. 1882-p. 539. -Ce qu'on mange au Caire^ ai'ticle du P. Jullien.
(2) Lettre au Comte de Toulouse dans la collect. des Lettres édif, (éd.
Martin ) T. I. p. 473.
(3) Lettres. édi£ L 604.
(4) V. le substantiel article du Dict. de Trévoux au mot drogman, F. Gé-
nin ( Récréât. PhiloL) raille souvent les Révérends Pères. C'est peut-être
pour leur faire payer l'honneur d'avoir enregisti'é mainte étymologie
oriôDtale qu'on voudrait mettre à l'actif d'auteurs beaucoup plus modernes.
Î02
ÉBU
Dubhé. Étoile appartenant à la constellation de la
Grande Ourse ; de fLill a(irdtbâ\ les Hyènes» { V. Cos^
mographie de Chems edrdin^ éd. Mehren, fig. 2.)
E
Ébahir. Il y a en Rouchi le participe bahi^ étonnant;
au 1 6°^® siècle la lettre h était encore aspirée dans ébahir.
Tout cela, joint à l'insuffisance des explications données
jusqu'à ce jour, fait penser à c^ bahîta^ s'ébahir, comme
traduisent Bocthor , Heury etc. ou bien à c^^ abhatUy éton-
ner, ^Z^aA/r (i), comme dans Ibn-6oubair p. 148 et 239.
A moins que l'on ne préfère ^^1 abhara^ éblouir, auquel
conviennent mieux le vieux radical baïr^ étonner, l'espag.
embaïr, faire illusion, et Titalien : baire, étonner.
Éblis ou Iblis. Le démon, de ^jJi1)[ iblîs^ altération de
diaSolog. Certains étymologistes arabes voudraient dériver
^jA\ de ^jJù) ablaSj désespérer , «Iblis ayant désespéré de
la miséricorde divine». Al-ôawâltqî, sans toutefois établir
la vraie origine du mot, leur répond que si le mot était
0mmmmmm,^^-^^mi m m ■ ■ ■ < ■. — ■■■ m I ^.» I ■ ■ 1^ ■ ■ ^1^^^— m , »■■■■-■ ■■^--■■■w> ■■■ ^Êm ■ i i ■ i n ^ ■■ ■ ■■,
(1) Dans Pancien franc, ébahir était aotil Littré a raison de regretter
qnll n*en soit plus ainsi.
ÉCHE
103
arabe il se déclinerait • • «^ I \^\y ùb c^^ ^^ ctA"^'-^
sjj^ ii^ ù^rV St ( Mu*arrab, 17. )
Échecs. Ptg : escaques. /i? ; scacchi. - On a proposé
l'arabe >^* ach^heikh; mais la présence de Va dans
escaques et scacchi ne le permet pas. Échecs vient de dliJI
ach-châh^ formé de l'article arabe et du persan chah] roi.
« Le joueur qui met le roi sous le coup d'une prise avertit
son adversaire en disant: ech-châh, le roi!» (Devic).
La présence du c dans échec s'explique par la manière
dont les Arabes faisaient sentir le o A persan final ; ils lui
donnaient habituellement la valeur d'un J , d'un ^ ou
d'une autre lettre sonore (i).
L'expression échec et mai est une altération de Cj\a oLlil
echrchâh mât^ que M. Dozy avait d'abord traduit par « le
roi est mort » prenant ZX* , mât^ pour le verbe arabe
mourir- Plus tard dans son Supp. il s'est corrigé (2). vIjU
mât serait tout simplement un adjectif persan signifiant
étonné, surpris (jv^ ) On dit indifféremment oU oit
chah mâtj ou cX^ chahmâtn d'où l'ital: scacco matto;
(1) Compar. igiL^ (d'où l6 franc: Belléric, sorte de m^rrobolan) venant de
p6i*8an J^ - et Emblic de ^pXA amlag, da persan ^, amlefu On éciit en-
core Emblique et Amblique, Poui* le changement da y en j comp. JjJyf da
penan , jj^ , et j*^ du pers. «i^ ( Muarrab, 42 ) etc.
(2) Sur les observations de M' G^demeister et de Mirza Kasem-Bey.
I04
ÉLIX
OU bien «1»U ©llll echchâh mât, d'où vient notre échec et
mat et Tespagn : xaquey mate. La présence de la particu-
le conjonctive me semble due à l'aspiration médiale (o) de
OUdLltl ech-châhmât^ qui dans la prononciation du peuple
devient ech-chahêmat.
Élizir. Esp. Ptg: elixir. //: elisire. C'était chez les
alchimistes la matière, qu'on répandait sur les métaux,
pour les changer en or ; de jiS)l[al-iksîr, pierre philo-
sophale. La formation en est ainsi expliquée par les Mille
et une Nuits. {UL 191. éd. Salhani): a dO^ç^ ^'jl^jVlo'
w^ôll l^ ûy^^j l^jiiLi Ijui^l juJj Sjl^l vT^ . Les fleurs
de cette île desséchées par le soleil tombent et sont em-
portées par le vent. Elles se ramassent sous des pierres
où elles se changent en iksîr, qu'on ramasse et dont on
fait l'or. » (i) Khafâgî rapporte ( JJLil •LU ) qu'on l'apr-
pelle encore ^f^^. Il est parlé de Viksîr dans le joJb
d'Ibn-Mo'tarr (mort en 909 \jJ^\ vient de %nqôv^ sec- (2)
Il a subi une dérivation de sens analogue à celle d'alcool ;
le mot ne se dit plus que de liqueurs (j) résultant d'un
(1) V. Ibn Batouta 1. 136. et Ibn Khaldoûn. Prolégom. III. 192. 229.
(2) Ménage rattachait j\gS\ a la racine ^^ briser, «Télixir ayant la
force de rompre les maladies».
(3) Cette dérivation de sens avait déjà eu lieu en arabe, car là aassi il
se disait de préparations liquides (Oozy. Suppl, ).
ÉMIR 105
mélange de certains sirops avec des alcoolats» (M.
Devic).
Émir. Prince; de >•! , amîry commandant, prince.
Dans les historiens latins des Croisades ce mot est
transcrit de la façon la plus variée : amirarius, ammiraius^
ammirarius, ammiravissuSj admiravissus^ amiratus, admi-
ratuSj amiralius, admiralius (i), admiralis, amiraldus.
D'où vient ce luxe incroyable de formes? (2) surtout de
celles terminées en alis, aidas etc? Est-ce un souvenir du
titre J^jJXju) amîr al' goyoâchj commandant des troupes,
porté à l'époque des croisades par le premier visir (3) des
Califes d'Egypte? (V. Aboul-Féda. I. 34, 1^^ Vol. des
Hist. Orient. Crois, pass. ) ou bien de •I^VI jul amîr al-
oumarâ^ prince des princes, et d'autres titres analogues
qui allèrent se multipliant à la cour des Atabecs et des
Sultans Mamlouks, et qui débutaient toujours par ... Jl>*l
amîr âL.» (4) .
(1) Comp. le néerlandais adrniraal, amiral.
(2) Toutes n'ont pas été relevées ici. Qu'on n'oublie pas que dans tous
les passages aux quels nous avons emprunté ces formes (Y. Tables et Gloss.
des Hist. Occid. des Croisades ] il s'agit toigours d'émirs commandant les
troupes de terre.
(3) Avec qui les croisés eurent tant affaire,
(4) nEmin ou Emir (c'est-à-dire commandant) est une appela tion
honorifique que portent tous ceux des musulmans issus de Mahomet. Par
extension, ils ont seuls le droit de porter le turban vert... ». Hist, générale
de l'Eglise. Tome XV. p. 380, par l'abbé DaiTas. Dans ces lignes l'éminent
historien confond émir, émin (de cq*)* amin, loyal, fidèle] et chérif.
io6 ÉPIC
Enif. Va de la constellation de Pégase. C'est la pronon-
dation vulgaire de^^anf, ncjf. ^yi\^\ anf al-faras ^
le nez du cheval ou Pégase, appelé en arabe Jà^VI ^^^1
al'faras al-a'dam, le grand Cheval. Au lieu de ^^^11 ^\
cette étoile est appelée beaucoup plus souvent ^yi\ i
bouche du cheval, ou ^ji\ Zi^ lèvre du cheval, noms
qui indiquent mieux sa position. (V. Abdurrahmân Es-su fi.
Ed. Schjeller. p. 113).
Épicerie. Il me semble prouvé que l'espagnol abaceria^
boutique où Ton vend du vinaigre, de l'huile, des légumes
etc. dérive de j\j\ ab:{âr ou de jj)\i\ abâ^ir^ condimen-
tumollae, aromata etc. (Freyt. ), épicerie dans Heury.
C'est aussi l'explication du Cheik Moharamad 'Abdoû dans
son commentaire sur la îjuaH i^ll^de Badi'uz-Zamân (i).
D'après « Uy^ JSyllj JiJUllToiJad ^UJI ç^ ^y^ U^iWl »
cela serait-il téméraire d'assigner au mot français la même
origine? M. Sédillot pour sa part affirme que épicerie
vient de « ebe:(erij marchandises.» Le mot est mal tran-
scrit et encore plus mal traduit, mais l'étymologie mérite
considération.
(1) Séances de Badi^uz-Zaman aî-Hamadànî oommentées par le Cheik
Moh. Abdou. - Imprimer. Cathol. Beyrouth. 18S9.-En français les épice-
ries désignent les drogues et «surtout celles du Levant yf(T!véYOoj,).
ESCA 107
^^^itm^i^K^^m^^mmmmm^r^
Ë^inard. Esp : espinaca. Ptg : espinafre. Le vieux
franc, aies formes: espinace^ espinoche. On s'accordait
généralement pour dériver ce mot du latin spina. M*
Devîc a fait justice de cette étymologie qui ne repose sur
rien de solide- Il paraît prouvé que épinard vient de
ç^tU-l (i) îsfânâkh ou Î^L-I isbânâkh^ même sens. Les
formes ^U-l , isfânâgj ou ^-.1 Ufinag ont probable-
ment donné naissance au flamand spinage. Ibn el-Beithar
( édit. Boulac ) donne encore î^lj :(abânakh, et le dîa-
lecte vulgaire a ^L- sabânakh et î^Up ^abânakh.
L'épinard était inconnu aux Grecs et aux Romains;
il fut introduit par les Arabes en Espagne, d'où il se ré-
pandit dans le reste de l'Europe, Il croît spontanément
en Orient. Au XP® siècle Ibn-Haggâg avait déjà com-
posé un traité sur Tépinard, où il assure qu*à Séville on
en semait de précoces en Janvier (2).
Escaté. Soulier, chaussure. Escarpin soulier léger qui
laisse le cou de pied à découvert (Litt). Escafignorij
(vieux mot) même sens que escarpin. Il est difficile de
ne pas songer à ùiS^\ iskâf, J^\ askaf^ <J/Ill ouskoûf^
(1) Forme la pluB olaaslque donnée par Qazwfni (Cosmogr. L 272). Ibn
el*Beithai* etc..
(2) Agriculture à'Vûn'Bl'k^yfkm, (Trad. CiémenIrMulet II. 154).
io8. ESTR
• - - »— ^^^ — ^^ i^ a . ■ *•• ... -■■ — ■ — - -^— - ■ ■ ■■■—,»
"i^lSCll iskâjiy signifiant cordonnier. Les souliers des Ara-
bes rappellent fort bien les escarpins, leur nom ^JUi-
viendrait même de uJ»>-, Ahaff, être léger. De vie ratta-
che à escafe et à escarpin les mots suivants : escoffraie^
boutique de marchands de cuirs ; escoffier, marchand de
cuir. Je n'oserais Ten blâmer : ^IsCll est ancien en arabe ;
on le rencontre dans le mil -ui et longtemps avant dans
le poète Al-A'châ ; ^Isdl est un nom propre porté dès
les premiers temps de l'Islam.
Estragon. L'étymologie arabe de ce mot a été solide-
ment établie par M. Devic. La forme ôy^}^ iarkkoân (i)
même sens, est la plus ordinaire. On trouve aussi ûj>/
tarkhoun, 0^-w labarkhoan et û^ talkhaun. Il paraît
que le mot û>>J» était jadis trouvé bien dur par certains
délicats: ù^ ^ *6l:ij tCl .IjûV ô>-Jall ,«-l> û^. Vj
^1^1 j)^o ûj^l oU.««'j f*!^! Ijûl fvf-^. aU.m» jSj «IaIII (3> Hl^^L^â^ii 4^
oUi^ Jl -i^i 'J^. « Ces gens évitent de prononcer le mot
tarkhoûn à cause de la dureté des lettres qui le commen-
cent; ils emploient donc des circonlocutions et le font
passer comme menthe. Quelques-uns l'appellent herbe des
(1) D'où vient en droite ligne targon que Trévoux déclare être la même
chose qu^eatragon. Devic n^a pas signalé cette forme dans son article si
savant d^aillem*s sur estragon.
FABR 109
affamés^ d'autres, camphre du cœur ; tout cela pour désigner
le tarkhoûn. » ( Geogr. Arab. Gloss. p. 289 ).
Eyalet. Nous qu'on donne quelquefois au Vîlayet ( V.
ce mot. ) de SC^ iyâla^ prononce eyalé ( cJl»' ) par les
Turcs, et qui dérive de J I être à la tête.
F
Faal. Noms que les habitants de Saint-Jean d'Acre
donnent à un recueil d'observations astrologiques qu'ils
consultent en beaucoup d'occasions. ( Dictionnaire infer-
nal par CoUin de Plancy ). C'est l'arabe Jli fâl^ présage.
Fabrègue. Plante dont les feuilles ressemblent à celles
du serpolet {V\ii.).Esp: alhabaca, albahaca, alabega,
alfabega, alhabega. Cat : alfâbrega ; de jii al-habaq^ qui
désigne le basilic dans le Levant et en Algérie (i); ou
plutôt c'est un nom générique qui s'applique à des plantes
la plupart labiées. Il ne faut donc pas s'étonner de voir
^jliisi mal défini par les dictionnaires, vu que l'arabe
compte une dizaine de plantes au moins qui méritent ce
nom. (2) Le changement de C (b) en /ne doit pas arrê-
( 1 ) V. Mai'cel - Paulmier- Heury - Bocthor etc.
(2) y. Ibn el-Beithar et Dozy. Suppl.
no FAIA
«
ter^ Fabrèque nous est venu probablement par Tespagnoi ;
or en cette langue le C initial ou médial $e change eh f.
Fagariiir. Plante exotique de la ftmille des xanthoxy-
lées, de S'^^li fâghira. D'après Avicenne le f agora est
un fruit apporté de Sofàla. D'autres auteurs arabes le font
venir du Soudan. Le Livre des routes et des provinces indi-
que aussi rinde comme pays de provenance. D'après le
Dict. de Trévoux, le «fagara est un petit fruit des Indes. »
Le Suppl. au Dict. de l'Académie dit que c'est un « petit
fruit des Philippines; il est aromatique, fortifiant et ré-
chauffant. »
Falaque. Esp : falaque. Ptg : falaca. « Instrument de
supplice (i) usité au Maghreb» (Litt.) et en Orient «Le
(1) Voici ce que dit un vieux missionnaire d'Orient de «la peine du Falaq
que les écoles de Syrie avaient emprunté à la justice turque et sans laquel-
le un maître arabe se serait cru désai^mé en ^ce de ses élèves. Qu'on se
figure un rouleau de bois de 75 à 80 centimètres de long et une corde de
plus d'un mètre solidement fixée à deux trous pratiqués a^x extrémités du
rouleau, voilà le Falaq ; et voici maintenant la manière d'en faille usage.
Le patient se déchausse et s'étend sur le dos, au beau milieu de la classa.
Aussitôt deux de ses camarades lui passent sans pitié les deux pieds souii
la corde du Falaq, Après l'avoir fixée un peu au-dessus de la cheville, ils la
raccourcissent en la roulant sur la pièce de bois, jusqu'à ce que les pieds y
soient pris comme dans des ceps. Alors les deux aides soulèvent le Falaq d\ni
bon dermi-mètre et l'exécuteur décharge hori2sontalement sur la plante des
pieds une série de coups de baguette.... J'ai hâte d'observer que ce procédé
est tombé en désuétude dans pi'esque toutes les écoles chrétiennes, gràoe à
l'influence des missionnaires. Mais en 1850 le Falaq régnait encore en maî-
tre dans les écoles. )> Lettres de Mold. T. III. 84. Cette publication étant
assez rare, nous avons cru devoir citer le passage in extenso malgré sa
longueur.
J
FANF III
cady l'interrogea... il fut couché par terre et on apporta
les falaques pour lui donner des coups de bâton » (D'Arv.
VI. 166) de js falaq^ même sens, et non Z& falaqa^
comme écrivent presque tous les étymologistes. Falaca
se trouve pourtant dans plusieurs relations (V. Dozy.
Gloss. 262 ) et dans le Diction, de Trévoux. L'addition
du l paraît propre au Maghreb. En Syrie on ne connaît
que Je falaq. Les Persans ont 45CS
Fanal. Esp. Cat. et Pfg : fanal. It : fanale. Bas lot :
fanale, fanarium; de jb,/a/idr, lanterne, fenal, phare (i).
Le mot arabe est sans doute d'origine grecque, et doit
probablement son origine à (^avà^K^v
Fanfaron. Esp : fanfarron. Cat : fànfarro. Ptg : fanfar-
râo. Gallic: fànfurrîna. Basq: pomparroya. It: fanfano.
Marina propose j^ , fankhar^ gloria se jactavit înanî
(Freyt. ) Cette explication rend parfaitement compte de
la nasalité qui se retrouve dans toutes les formes citées (2).
On n'en peut pas dire autant de Ji} farfâr^ multiloquus
( Freyt. ) léger, ihçonstant. Fanfaron doit-il se rattacher
(1) V. Synonymes arabes p. 164.
(2) La transcriptioa du ^ par f est trop û^ueote en espagnol pour qu'il
Boit nécessaire d'en donner ici des exemples. Dans ^^ il est &cile de re-
connaître la racine j,à 9 se vanter, et\es congénères j^ , s'anorguedllii*)
112 FAQU
» _
à Fanfare} Diez fait de ce dernier mot une onomatopée.
Littré avoue qu*on ne lui trouve pas de racine, (i)
Faquin. Huet a proposé jvS /a jfr, « comme étymo-
logie de l'italien fachino, portefaix, qui est notre fa-
quin (2) ; esp : faquin, ptg : faquino (balayeur de la Patriar-
chale de Lisbonne ). Le changement de r en n ne ferait
pas grande difficulté; mais nous manquons d'arguments
à l'appui de cette conjecture » (M. Devic ). Elle peut être
définitivement abandonnée. Le ptg. faquino est de la
même racine que facho^ fagot de menu bois ; faxo^ terme
populaire pour dire bois; le latin fax^ facisy torche,
flambeau en bois {^),facula, éclat de bois. Le faquin était
originairement une figure de bois en forme d'homme, con-
tre laquelle'on s'exerçait au maniement des armes (Trév.)
de là le sens de portefaix j coquin^ homme de néant etc (4).
( 1 ) Sédillot tire ÊEtofare «de Pai^abe fanchara, même sens (?) » HisU IL 2 1 9.
Nardacci domie comme étymologie de fanfarone jU> qu'il transcrit farfa-
ron, C'est attacher trop d'importance à la nunnation, pom* expliquer la
tei*minaison one.Même remarque pour gabbano de iUp soigneusement trans-
crit abâon. (V. Narducci. s,v.)
(2) Faquin, au sens propre : portefaix (V. Littré )•; ne pas confondre avec
aJfaquin (Trévoux), altération de «juji al-faqih, le jurisconsulte, et qu'on
trouve écrit faquis, foquis, afoquis, ce sont lor prêtres y> Estoire de
Brades Empereur, Hist. Crois. II, 384, où le Glossaire donne foquis
comme] une vaiiante de faquir (?).
(3) Proprement : morceaux de bois fendus dont on fÎEdsait des flambeaux.
V. Syn, latins de Gardin Dumesnil. n® 1074.
(4) V. M. Schapîro n^ 75, qui apporte à Tappui une abondance de preu-
ves, ne laissant plus lien à désirer.
FARF II j
Farde , Fardeau. M. Devic prouve très pertinemment
que ces deux mots dérivent de S^y , farda ou de ^^
fard^ ballot, sac, charge de chameau (i). Mais nous hési-
tons à le suivre, lorsqu'il s'efforce de démontrer que l^}
farda, est « arabe non seulement par l'usage, mais aussi
par l'étymologie »• Nous pensons que le mot arabe doit
se rattacher plutôt à tfioçftoq fardeau, charge (2). D'après
M. Génin (j) fardeau «primitivement hardeau, hardel »
se rattache à « hart dont le fardeau est lié. »
Farek. C'est la Bauhinie acuminée décrite par Bruce
(vo/ag. V. 73 ) «Le nom de farek, dit le célèbre voya-
geur, lui a été donné à cause de la manière dont sa feuille
est divisée»; dejjifâreq part. prés, de J/faraq diviser,
ou de Jj fareqy dispersé, d'où Sy Jbjl , terre dont la
végétation est clair-semée.
Farfodet En Ital: farfalla signifie, papillon, homme
volage; dans le pays de Côme, farfatah, homme volage.
On peut sans témérité rattacher ces mots à Ji} farfâr
(1) V. Glossar. Geogr. arabum p. 314.
(2) De Sacy considère de même s^^ comme étranger à la langue arabe.
Voir aussi l'art, de M. de Eguilaz p. 396. où sans doute ç^oQTtoç est un
mendum typogr, pour q^oçzoç*
(3) Bécréations philolog, L 335.
8
114 FEDD
-^ -- — - - — - - - — - - - ■ -■ ^^— ^^^
( V. Fanfarron ). L'arabe vulgaire a encore j^} forfoûr^
papillon (Bocthor.-Heury, etc.)
Fargoe ou Falque. Petits panneaux placés sur les
bords des bateaux pour les exhausser. Esp : falca. Dozy se
donne des peines infinies pour dériver ces termes de la
racine j^halaq^ entourer, d'où jU halq clôture, mur
d'enceinte. Cette étymologie peut être rejetée : l'idée
fondamentale de falca^ falcas^ falque est bois. Ces
mots doivent être rattachés au grec ^iX%riq\ planche de
navire, lat: falx^ faux, hache des bûcherons; français:
fauque^ planche à coulisse ; fauconneau^ pièce de bois
posée en travers (Litt.), vieux franc : fauc^ faucois^ buisson.
Ptg : falqueador, charpentier.
Farsanne. Chevalier, Cavalier. (Trév.) Le mot est aussi
dans le Suppl. au Did. de r Académie (i 786). Transcrip. de
ûL^ forsân^ plur. de ^j-jli , fâres^ cavalier. « Les Maures
appellent les chevaliers chrétiens Farsannes^y GoUut.
Mémoires des Bourguignons, IV. c. 32.
Feddan. Esp : fadan, fadin. Mesure agraire en Egypte,
qui vaut 3 j j kasabah carrées et 1/3 ; la kasabah a 3 °^,
55 (i) de longueur ( Litt. Supp. ); de ô*-^ faddân^ agri
(1) Cfr, Répertoire de la législation et de Tadimnistration égyptiennes
par Philippe Gelât artic. arpentage.
FELO 115
spatium quadringentorum kazebeh ( Freyt. ) ; Bocthor lui
donne le même sens (i). En Syrie lefeddan c'est ce qu'une
paire de bœufs peut labourer en un jour. Dans Edrisi (2)1
Ibnat-'Awâm (j), Qazwînî(4), Ibn-Batoûta{5) ûU a le
sens de champ ( ager ).
Fellah. Transcription de ^%faUâ\ï^ laboureur (6).
Felouque. Esp : faluca. Ptg : faluga. // ; feluca, filuca,
filluca ; en franc, du XVIP® siècle, falouque. Les étymo-
logistes rattachent généralement tous ces termes à cUif
foulky ou à 35^ , faloûka^ désignant un petit navire, une
felouque. Engelmann hésite à accepter cette dérivation.
Il n'est pas loin d'admettre que les Arabes ont emprunté
ï^jli , faloûkuj aux Italiens ou aux Espagnols. Dozy s'écrie
que cette étymologie doit « être rejetée immédiatement
et sans réserve , dUi , foulk, étant un vieux mot employé
seulement par les poètes, et étranger à la langue parlée
au moyen-âge. » Voilà qui est exagéré * dllî , folk^ est un
Il L -j ■ I mm\ ■ rr Lfi - ,- i " ^^ — ' ' ' " ~"
' (1) S. V, champ - Marcel. ( s. v. terrain )
(2) Desciùp. de TAfiîque ( Dozy. ) p. 154.
(3) n, p. 89. Voir note du traducteur.
(4) 4Îiaj JUi. «i;»>i Oj> jJj n. p. 364. 1. 7.
(5) 4îiâ> i} \4A^j l^ls» d;V>JI UsJI Je*- ( Batoûta. IV. )
(6) «Les naturels du pays et les Bédouins fixes sont tous compris ici
BOUS le terme générique àeFélaqties c.-à.-d. paysans ou villageois... Dans la
bouche des Turcs ce terme est si iiyurieux que s'ils veulent marquer pour
quelqu'un le dernier mépris ils se contenteront de dire, c'est un F élague y>
Description de VEgypte par M. de Maillet. I. p. 25.
li6 FELO
« ■ _ ' '■ - .!■■ ' ' I I ■! .1 I .
mot moins savant que ne le prétend Dozy. Il se trouve dans
les Mille et une Nuits, non seulement dans lés éditions
existantes, mais encore dans les manuscrits, comme dans
celui de l'Université S*-Joseph ( Beyrouth), où le mot dAli
est répété à satiété; et ce qui me paraît décisif, on
le lit dans un passage de Mas'oûdt(i)(I. 292.) et dans
un autre de Zamakhcharî. Les PP. Heury et Belot(ce
dernier dans ses deux dictionnaires ) n'hésitent pas à tra-
duire felouque par dlU dont le diminutif <5Cl» folaika est
employé en Syrie (V. Le Journal arabe, le Bachir^ 27
Nov. 1889.) Le mot dlLi existe aussi en turc avec le
sens de navire, bateau, petit vaisseau. Les Turcs ont dû
remprunter aux Arabes avec le sens que ces derniers y
attachaient. L'existence de haloque en espagnol, qui se
rattache étymologiquement à faluca prouve aussi que le
mot dlli ou î5^ était employé au moyen âge (2).
Quant à la prétention de Dozy de dériver felouque de
" ^ ^
51^^ harrâqa, nous hésitons à l'admettre. Il est bien vrai
(1) Je ne comprends waiment pas ce qui porte le savant étymologîste à
contester la valeor de ce passage. <^ y est employé par Tauteur dans le
sens de vaisseau; et cela sans autre explication; ce qui prouve que le mot
n^est pas exclusivement poétique. Les critiques de Dozy contestant la valeur
probante des passages des Mille et une Nuits sont plus heureuses. Il est
certain que souvent le contexte réclamerait plutôt (t\i^ kalak, radeau, que
^U». Mais comment admettre que les copistes aient remplacé dJÛif par ,^Ui,
si ce dernier mot est aussi inconnu que le prétend Dozy?
(2) Voir le substantiel article de M. de Eguilaz p. 394. -
FOMA 117
que Slj>.ne signifie pas seulement brulôt, mais encore
barque (i),' surtout barque de plaisance. Mais de là à felou-
que il y a encore une certaine distance; et il faudrait
prouver qu'elle a été franchie, malgré les difficultés pho-
nétiques, qui ont bien aussi leur importance (2).
Fennec Bruce a longuement décrit ce quadrupède
dans ses Travek p. 1 28. Ce qui est moins louable chez
lui, c'est d'avoir ajouté un n k l'arabe dli fanek. Chams
ad-dîn, le cosmographe damasquin en fait « un animal de
la grandeur de la gazelle (}); J'jill jj5 çiôl^^ ^3 Les moder-
nes lui donnent des proportions beaucoup plus modestes.
Les passages de Mas'oûdî et d'Ibn el-Beithâr, où il est
question de fourrures de fennec provenant des bords du
Volga ou des pays slaves, ne doivent pas s'appliquer à no-
tre dLi qui paraît être un animal exclusivement africain (4),
Fomalhaut. Étoile de première grandeur, a du Poisson
austral. En arabe Cj^ ^ fam al-hoûtj la bouche du pois-
son, ou '4yf^*i^ (^ 9 la bouche du Poisson austral {Ab-
durrahman as-sufi. p. 189 et 25 5 ).
(1) Voir notre note 1. p. 77.
(2) Dans le livre des Merveilles des Indes il est parlé d^un canot appelé
^ ce que le traducteur M. Devic rend par felou ^jjl ^JS *^Ji ^uiJl Si>^
(3) Ëdit. Mehi*en. p. 238.
(4) V. 6aki*i p. 171. et les articles de Dozy et De^ic.
y
H 8 FOND
Fonda, Fondic, Fondique, Fondouc et Fondue. On
trouve encore fondigue. — Esp: alhondiga, alfbndeca,
alfondega, alfondiga, fondaca, fonda. Maj : alfondec. Gall:
alfondiga. Cat: alfondech. It: fondaco (i). Tous ces mots
ont signifié boutique, magazin, hôtellerie pour recevoir les
marchands étrangers, ce qu'on appelle aujourd'hui un khan
dans le Levant. A Alexandrie dit le chev. d'Arvieux, les
nations d'Europe ont «toutes leurs Fondiques qui sont
de très-grandes maisons comme les khans ou karavanse-
rails » I. 176. Dans les principautés fondées par les Croi-
sés la fonde était une sorte de bourse, où les marchands
se réunissaient et traitaient d'affaires commerciales (2).
A Jérusalem on appelait cour de la Fonde un tribunal
de commerce (j). Tous ces mots dérivent de 3^ foun-
douqy que Al-gâvsrilîqî dit être « dans le dialecte de Syrie
un khan où descendent les voyageurs, comme on en trouve
sur les chemins et dans les villes : ûU. ÀJti\ J^bl ^ (4) JoLai
(1) Signifie locanda en Sicile. Cfi.\ Amari. Bibl. Arab, Sicul. p. 826.
(2) Rej, Colon, f rang. 191.
(3) Ibid. p. 59. ^
(4) U existe auBsi une forme j^, attestée par le Mu^rrab: ^ Cl^
ùUîlyfcj Jxjai J24 Ja XpU3 ^ (si\j^\ c-*- : -\yi\ Les deux formes sont cer-
tainement d^origine grecque et dérivent de napàoMÎop ou nafàoiHOV^ au-
berge. La ti*ibu de Qoudà^a était établie en Syrie depuis le VIP^ siècle ap.
J. G. ( V. Hamza Al-Arfahânt ).
FUTA 1 19
— T - - ■ ■! I 11 I I I ■ I I II» I ~ — ^—^^— ^^
(Mu'arr. 109). JIjAIj j'jLji >^ôp ^ Ir^^ Ujô J« CJ^\ cy
Fonde représente Jai prononcé fondo\ à la manière
syrienne, c'est-à-dire en émettant le J sans explosion
et en lui donnant la valeur d'un simple hamzé.
Frise. Terme d'architecture. Esp: alfiz, friso. Ital:
fregio. Dozy et après lui Eguilaz dérivent ces termes de
Xji , ifrî:(^ corona et supercilium parietis ad pluviam
arcendam. (Freyt). Chez Boct. Belot et Heury c'est frise.
Je n'ai aucune raison de ne pas admettre cette hypothèse,
qui me semble la plus plausible de toutes celles propo-
sées jusqu'à ce jour. {Plur. V. Dozy Gbs. 270). (i)
Futaine. Esp : fustal, fustan. Cat. fustani. Val. fustany.
Pig : fustâo. // : fustagno; de ù^LH fouchtân (2), étoffe de
coton dans Ibn-Batoûta (I. 351) l'y^M J<^\ ^[^ ^i^
ùlklill ( V, Dozy. Suppl. ) P. de Alcàla a Jlkli' ou Jli^i
fiitaine. M. de Eguilaz voit dans fustal et fustan une alté-
ration de i»lk*J , fousiâi {}) nom de la ville du Caire.
(1) Dozy pense que j^^ vient de f(»g)oo)^». Tel n'est pas l'avis de Frsen-
kel {Aram. Fremdw, 22) Pour les autres étymologies proposées. V. Litt.
et Joum. Asiat. Nov. 1853. Littré croit que /"me s'est formé au XVI"«
siècle de l'esp. friso.
(2) On trouve fustein, signifiant une étoffe, Sans un acte fait en 1407.
(3) Bochart dérivait futaine directement de fustat, nom du Caire.
1 20 GABE
C^est sans doute aussi Topinion de Littré quand il parle
de Fouchtân^ faubourg du Caire, d'où Ton apportait la
futaine.
G
Crabare (i). Esp : gorab, gorabo, corabo, currabi, gua-
rapi. Tous ces mots ne viendraient-ils pas de v^l ^ ghour
râby vaisseau, galère, brigantin? Gabarre serait une métha-
thèse du mot arabe. D'après Al-Khafâgi s^\j^ ghourâb,
est un mot tout-à-fait propre au Maghreb (2). On le
rencontre aussi avec le sens de galère dans le Voyage
en Espagne (3) d'un ambassadeur Marocain ( 1 690-1 691 )
Crabari et Grabarit. Littré dérive ce mot de l'esp.
galibOj autre forme de calibre et venant tous les deux de
l'arabe wlS qâlib, forme ( V. Calibre ). Gabarit a été
appelé aussi calibre et garbe.
Grabelle. Esp : alcabala, alcavala, gabela. Ptg : alcavÉp-
(1) Et le àunmxiiiî Gabarot,
(2) jjjUîl 'Ui. p. 162. V. aussi Syn. Arab. N® 969.
(3) Traduit de Tarabe par H. Sauvaire. Paris. 18S4. La traducteur
met en note: aaghrébah pi. de ghorâb, corbeau»; c^est le sens littéral du
mot. Al-khafô.gi se demande si ce nom est le résultat d^une comparaison
faite avec le corbeau «45JL31 Jip ja Ja ^j^i v» Le plus simple est d'y voir
une altération du latin carabus.
GALA 121
la, âlcabâlle, alcabella, gabella. // : gabella. Tous ces mots
dérivent bien de 3 U qabâla, qui a signifié, impôt, taxe,
droit de douane, etc.-.. (V. Gloss. du Bayan par Dozy
p. 3 8). On a objecté que le J ^ ne deviendrait jamais g dans
les langues romanes. Dozy a suffisamment répondu à cette
difficulté ( Gloss. p. 75). Ajoutons que ce changement a
lieu même en arabe. Car dans bien des districts le J
q se prononce f- gh^ lettre avec laquelle il a une grande
analogie (i). Comp en esp. galapago de jJS j galibo de
V
^B , etc.
Gala. L'origine arabe de ce mot, abandonnée aussitôt
que proposée par Engélmann, est absolument repoussée
par Dozy. Devic et Eguilaz la passent sous silence. C'est
pourtant, croyons-nous, l'arabe qui fournit l'explication
la plus plausible. Si Ton observe que gala est souvent as-
socié à l'idée de vêtement, de costume, on hésitera moins
à le rapprocher de ÏJL^. , MzTa, vêtement de gala, comme
dit M. Barbier de Meynard dans sa belle traduction de
Mas'oûdt : VIII. 339. {^ii'^'Ui^ ùj-JJ ^ Jii^l ^ et ail-
leurs : ûc*^l-juV IJi' oJa jOwJ:^! ^I ( VII-270. ) M^ Amari
(1) Ce sont deux lettres gutturales. Aussi ne comprenons-nous pas pour-
quoi quelques grammaires conseillent de donner au ^ la valem* d'un r gras-
seyé. C'est là une prononciation inconnue en Orient.
122 GAMA
■ *> . ,., — ■■,
traduit de même U^par Casacca di gala (Bibl. Ârab.
Sicula ). Engelmann avait opposé que le ^ ne se change
jamais eng^. Dozy réfute solidement cette objection (i)
dans son Gloss. espag. (p. 13).
Galanga. Esp. Ptg : galanga. Esp : garengal, garingaL
Cat : galangal, calanca. Ancien français : galangal, garin-
gai Toutes ces formes dérivent d'un mot arabe, qu'on
rencontre écrit J^ khalangân^ ^^y^ khaulangân^
4j\^j\i khâwalangân, plante des Indes Orientales. ( V.
Ibn al-Beithâr. n*^ 829. Trad. Leclerc.) Le galanga ù^y-
avec un iamma sur le r- , paraît dans un précepte (2) en
vers didactiques cité par Mas'oûdî (VIII. 402 ):
(c Puis du sel et du galanga que les mains se sont fatiguées
à lier » (Trad. de B. de Meynard.)
Gramache (5). Bottine, ou bas de drap, ou de toile
cirée, qu'on met par-dessus les autres pour les garantir.
{ Trévoux ) Avec M. Devic j'y vois le nom d'une ville
■'^^^^■"^■■■•*^
m^^^^m^mm^
(1) Comp. algorithme de VJtjïjiJI . galanga de ol^^Ui.- Pihan dérive gala
de »^ , splendeur. On peut ajouter 3^ honneur. |mais ce sont là de purs
rapprochements, ne reposant que sur une ressemblance de son.
(2) Culinaire.
(3) Trévoux écrit avec s.
GEMM ti)
africaine ^j-^^J^ , Gadamès ( État de Tripoli ), puisqu*au
rapport de Qazwînî « de cette ville du Maghrib on ex-
portait des cuirs moelleux comme une étoffe de soie ;
^» •• •
(Cosmographie IL j 8) «. îydl Sj^\ ^Lî V*^^*^^' S^ ^y </''^
Pour plus de détails nous renvoyons aux excellents ar-
ticles de Dozy et de Devic.
Garbin. V. Maugrebin.
Grazelle. Esp: gacel. Ptg: gazel. Esp. et Ma]: gasela.
Ancien Ptg: gazella, gasella. Gall: gancela. De Jljt
gha:{âl^ même sens. Dans la plaine d'Antioche « il y a
quantité de venaison, et sur tout des biches qu'ils ap-
pellent Ga:{elles en leur idiome. » R. P. Philippe de la
T. S. Trinité (i)- Et dans le désert situé entre Alep et la
Mésopotamie « il parait souvent des troupeaux entiers de
Biches, appelées en vulgaire Gai^eles» p. 76. Effecti-
vement en vulgaire Jl jp est prononcé gha:(êL
Gemmadi. Cinquième et sixième mois chez les Musul-
>
mans, de (S^\^goumddâ «Les deux goumâdâ rappelaient
la congélation de l'eau, pendant ces deux mois, qui avait
lieu à Tépoque, où ils reçurent leur nom». (Mas'oûdî.
IIL418.)
(1) Voytje en Orient (p. 18) fait en 1631 par un missionnaire Carme.
124 GERB
Genêt. Esp : ginete. Cheval d'Espagne, petit mais bien
conformé (i). Dozy a prouvé que ces termes dérivent de
otj :{enâia, nation berbère, connue pour la valeur de sa
cavalerie. Trévoux avec raison réprouve l'orthographe
genest quand il s'agit du genêt d'Espagne.
Grenette, courte lance, a la même origine. Les Gêné--
taires étaient des cavaliers armés à la légère et vêtus à
la moresque, qu'on trouve dans les armées espagnoles
jusqu'au XVP® siècle. Commines fait mention des gêné-
taires.
Grengéli. Espèce de sésame. Esp : aljonjoli, aljonge.
Cat: aljenoli, ajonjoli. Basq: ajonjoli. Ptg : zirgelim, ger-
gelim. De '^^ gongolî, qui se trouve dans P. de Alcala,
conjoinctement avec J^l^ gongolîl^ et c^^ gongolîn (2).
Ce sont autant d'altérations ou formes vulgaires ( espa-
gnoles ) de ui\^ golgolân^ sésame, dans Ibn el-Beithâr
(N*^ 499, Leclerc), chez d'autres «semen coriandri ; nomen
sesami sua obsitum membrana » ( Freytag et Mohît)û^tf^
était prononcé gongolîn en Espagne, Timalé donnant à l'a
long la valeur de ê et même de /.
Grerboise. Esp : gerbo; de 9xx, > yarboû\ sorte de rat
(1) Comme un genêt furieux qiu porté de caprio
Franchit en bondissant les bornes de la lice (P. Le Moyne).
(2) D^où dérivent sans doute jugeoline, jugoline qu'on trouve dans le
vieux français.
GERB 125
I ■» «■ ■■■Il I. I 11 ■■ I I 11 la^i— — — M . I I ■.,
très commun dans les déserts d'Arabie (i) et dans le Nord
de l'Afrique. Il paraît que les Arabes ne dédaignaient pas
la chair de cet animal. Aussi l'empereur Nicéphore (2) les
appelait-il fjî-j" J^' , le peuple qui. aime les gerboises.
A la cour du sultan de l'Inde un émir arabe était appelé
le mangeur de rats; «parce que les Arabes mangent la
gerboise, qui est une sorte de rat; ô^Pli ^i^Ul o^ ùV
jUll -ulyj çjj^l . IbnBato ta. T. III. 282. Dans les diction-
naires algériens on trouve aussi la forme 9y^*j>-garboâ\ (j)
D'après Bruce ce serait même la forme que les Arabes
emploient de préférence. Le même auteur déclare que la
chair de la gerboise (4) ne diffère guère de celle du lapin.
( Voyage en Nubie. V. p. 149 et 1 5 1, etc.). Niebuhr écrit
jarboa et rapporte que les Arabes en mangent volontiers.
( Descript. Arab. I. 2 j 4 ). La forme garbuka donnée par
(1) Palgrave- Voyage en Arabie, passim.
(2) Il s'agit de Nicéphore IL Phocas; il conquit la Cilicie, la Syrie et
Chypre. Le passage mérite d'être cité en entier: jAli^.y-^^ Ji>iO j^ JS
La plante 2»i est expliquée un peu plus haut: ^«Jî ^^ cj^ SJBI Jll» c^ ^j »
^^ 9, iify^ ^JJt^ ( AlmoqaddasL 254. note i Edit. De Goeje ).
(3) Dans une revue arabe PÉglise catholique ( II. ann. p. 274) je trouve
fjijf employé avec le sens de marmotte^ bien distinct de ^y^, cité quelques
mots plus loin.
(4) Qu'il nomme constamment y^r^oa.
i;t6 GIBB
■
Hasselquist (Voyages au Levant* II. 6. } est une preuve de
Texistençe de^^ prononcé garbou"^ par les Egyptiens (i ).
Ohazel ou (àazel. Petite pièce de vers amoureux chez
les Arabes. (V. D'Herbelot. Bibliothèque Orientale,)
C^est la transcription de Jj^ gfia:{alj même sens. Aboû
Nasr Al-Qâsim fils d'Ahmad Al-Khabzârzi réussissait
tellement dans ce genre poétique que « presque tous les
airs en vogue aujourd'hui, dit Mas'oûdî, sont sur des paro-
les de sa composition. »( Prairies d'or. VIII. 372, 374.)
Il était contemporain du célèbre historien.
Oibbar. Cétacé. C'est le Baleinoptère Gibbar, ou
Baleinoptère à ventre lisse. « Ce semble être l'arabe ^(^
gabbâr, géant» dit M. Devic. Effectivement le Gibbar
est plus grand et plus vigoureux que la Baleine ordinaire,
et atteint jusqu'à 3 3 mètres de longueur. Mais on peut se
demander pourquoi on aurait imposé un nom arabe à un
cétacé, qui fi'équente surtout les mers du Nord; quoiqu'il
paraisse aussi dans l'Océan indien. Les auteurs arabes
n^en parlent pas. Aussi a-t-on avec raison cherché à
gibbar une étymologie latine (V. Devic. Dict. étym. s. v.).
(1) Les transcriptions arabes de ce voyageur sont habituellement
inexactes. Ainsi sous sa plume jiU> pigeon devient haram, j^i^ tourte-
relle est transcrit jamara etc.
GOUL 127
< ■ I II ■ ■ ■ .1. ■ I . ■ I ■ ■ ■ '■ ., ■ ■ , ^
4
Girafe* Esp : girafà, jlrâfa {ancienn. azorafa). It : giralTa;
de i\jj , :{arâfa^ i^ourâfa. On trouve aussi 31 j3 1 sfour-
rdfa^et SI j>., goard/a, forme moins classique, mais très
voisine du nom de la girafe dans les langues romanes (i).
Girbe. Vieux mot désignant le péritoine. Ptg : zerbo.
Ptg. et ItaL zirbo. Dozy,^ suivi trop facilement par
Devic, dérive ;{irbo de Sj tharby même sens. M. de
Eguilaz prétend que c'est là une distraction du savant
étymologiste Hollandais, vu que Zirbus se rencontre dans
Cœlius Apicius avec le sens de membrane qui enveloppe
les intestins. S'il y a emprunt, il a été effectué au détri-
ment du latin.
Groule, Gholes, Grallan. L'auteur du Dictionnaire infer-
nal Qn fait trois classes distinctes de démons malfaisants,
vampires etc.^En réalité tous ces mots dérivent de J^
ghoâly démon qui dévore les hommes (2) et qui d'après
Chams ed-dîn tient le milieu entre l'homme et le djinn
(p. 72. 92 ), au plur. o^ghàîlân^ d'où Gailan. Algol,
(1) Sur la Gii-afe V. Qazwînî. Cosmographie (édit. Wust) I. 383. II. 12
13.25.
(2) Synon. arab. n® 870,— «Venez sans remords,
Nains aux pieds de chèvre
Goules dont la lèvre,
Jamais ne se sèvre,
Da sang noii* des morts.»
Victor Hugo. Ballades: La Ronde du Sabat.
I a8 GUID
■ I 1 1 I I I ■ I I . » ■ ■■ Il 11 I ■ »
étoile de la constellation de Persée est la transcription de
Jyll alghoûL Persée est appelé en arabe JjJl ^j-b J^l^
portant la tête de la goule, parce qu'on le représente
tenant suspendue la tète de Méduse (i). Goule est féminin
en français, parce que dans les auteurs arabes il est habi-
tuellement de ce genre. Cfr. Mas'oûdt III. 319.
Goure. Terme de pharmacie ; toute drogue falsifiée ;
et, dans le langage populaire, attrape, de Tarabe gharur,
tromperie, dît Littré. Cette explication est exacte. En
> >
effet jjf' ghouroûry (2) signifie tromperie.
Grrèbe. Oiseau plongeur. M. Devic le rapproche de
^tf' gf^^^habj qui serait une sorte de pélican. Nous ren-
voyons à son article. Damîrî dit expressément que w^
est le mâle de Tautruche, aIuII f^h w-^l (j), sens qui ne
s'accorde guère avec le rapprochement imaginé.
Guider. De ^lï qâd, conduire, guider (Narducci).
(1) V. Abdurrakman As^Sufi» 86 et Cosmogr. de Ckams edrdin
(Mehren)figui\ 11.
(2) Et non ghanir qui correspond à j/jg, gharour, acQectif de la même
i*acine ^ , .tromper
(3) C^est diaprés Damiri que Freyt. a traduit struthioeamelus mas. D0Z7
dans son Supplément semble approuver Texplication de M. Devic.
HABZ 1 29
H
Habesch de Syrie. Sorte d'oiseau de passage, tenant
du pinson et du canari, qu'on trouve décrit dans le Dic-
tion. d'Hist. naturelle de Déterville. Est-ce une tran-
scription de l'arabe XX^\abbâcha^ serin ou canari? (i).
Habzéli et Habalzélin (2). C^est le Cyperus esculentus,
plante appelée aussi souchet comestible ( Nouv, Flore
Franc.) de ij|l w>»- h^bb a:{:^alam. Ibn el-Beithâr l'appel-
le encore i 3 , :{alam^ tout court et il en fait un cryptoga-
me: «il ybjVjjj^V ». Il ajoute que c'est la même plante
que le Jr^jJI L^ \iabb al'a:^^î:^, d'où les noms de Habelas-
sis, Haba:^i:{ donnés au souchet comestible par certains
botanistes. Cette plante était autrefois très commune en
Espagne, et y est encore cultivée ainsi que dans le Midi
de la France. D'après Técrivain Chams ed-dîn de Damas
« le habb al-'azîz frais est comme le lait caillé et sucré ; on
ne le trouve que dans le pays de Qastîlia, appartenant à la
province d'Ifriqîa, où il pousse sans être semé, sur un ter-
ritoire à part; on le reconnaît à son feuillage, qui ressem-
ble à celui de Tache » ( Edit Mehren. p. 27 5 . )
(1) V. Bocth. et Dozj. Supplém. aux diction, arabes.
(2) Dans habalzélin rassimllation avec la lettre solaire a été omise.
. I
^
i;o HAJE
Hadji. Transcription de ^^\^ htîggi, pèlerin, et spé-
cialement, celui qui a été à la Mecque. En parlant de
l'élection du Daj de Tunis, le chev. d'Arvieux observe
qu'il doit être "Hagj, c'est-à-dire, qui ait été à la Mecque.
Hagy signifie Pèlerin (i), ce qui est une distinction chez
les Turcs » Mémoires IV. p. 5 1.
Haïk. Esp : jaique , hayque. — « Noms dans l'Orient
d'un vÈtement très-léger... c'est une pièce d'étoffe non
taillée. » (Litt). Dozy le décrit longuement dans ses
Vêtements arabes; il y voit les termes dUU ht!;/: ou dd
hâîk, qui manquent dans le Dictionnaire. « Je crois ce-
pendant , ajoute-t-il , qu'ils sont d'origine arabe et qu'ils
dérivent du verbe iJl.-, tisser. »
Ha je. C'est l'espèce de vipère à laquelle les anciens
ont donné le nom d'aspic de Cléopâtre ou d'Egypte; de
iS. haîVii , nom générique du serpent en arabe. «Les Arabes
l'appellent Haje. On la trouve en Egypte. Lorsqu'elle est
irritée, elle enfle sa gorge et son cou quatre fois plus que
(1) L(t K. P. Philippe de la T. S. Ti'inité enli-evoit mieus; «La Mecque
est la patrie da Mahomet ; d'où vieat que ceux qui 3 vont et qui sont appel-
iez Aiji, possible do mot Grec âyLog, c'eat-à-dîre Sainet, jouissent de plu-
sieufa privilèges,» Voyage d'Orient, p. 314. jf[^ est k forme tui'co-pei'-
aane de l'ai'nbe ^\^. La forme J». relevée pai- GoIinB est incojanua au peu-
;= i„^flE««.™ ,..=■,. ... etii»,V, Dict.TuTC-Franç. par Youa-
f
HARA 1 3 ï
ne Test son corps ». ( Hasselquist. II. 48 ). Ce détail s'ac-
corde bien avec le vers de Lucain ( Phars. IX. 701 ).
Aspida somniferam tumida cervice levavit
Outre la vipère Haje il n'y a que le serpent Naja de l'Inde
qui a la particularité d'offrir un gonflement remarquable
du cou ( Diction, des sciences, par Privat-Deschanel ).
Hallali. C'est une onomatopée, dit Brachet. Sédillot a
raison de ne pas se contenter de cette explication. Il est
beaucoup plus naturel de voir dans hallali une imitation
du cri de guerre des musulmans -ûji VI -ill V £2 ilah illallak,
il n'y a de Dieu que Dieu! prononcé avec l'imalé; cri
représenté par alilies dans diverses relations.. L'espagnol
a lelilies { Don Quichote) //////, leli etc. Ajoutez que JU
hallala, signifie pousser le cri ii\ VI 4!! V , il n'y a de Dieu
que Dieu. (i).
Hanéfite ou Hanifite. Appartenant à la secte ou au rite
d' Aboû-Hanîfa ^iju:^ y} une des* quatre sectes orthodoxes
chez les musulmans. Les Turcs sont du rite hanéfite.
Haras. Diez et Littré ne trouvent pas de meilleure éty-
mologie à proposer que ^'^j faras^ cheval. On a ob-
jecté la difficulté du changement de / en h. On en a
( 1 ) M. de Ëguilaz cite (p. 437 ) Texpression ancienne lealâ signifiant:
non ! nullement ! de i^ Vi non ! (pai*) Dieu! en sous entendant le ^^l^tj.
pourtant des exemples dans kardes, (i) dans hors {foras},
dehors (deforis). L'espagnol nous offre fahtca et haloque
(V. felouque), fangea et hanega, l'un et l'autre de ïî^ ■
Il est vrai que haras n'a pas de correspondant dans les lan-
gues romanes, hors le bas lat haracium, et l'espagnol alfa-
ras, qui signifie proprement un cheval de race. On trouve
pourtant dans Trévoux que « haras, signifie aussi les che-
vaux et cavalles de bon poil, qui font le haras-» Les haras
de l'Europe ont été peuplés de chevaux arabes. Serait-il
étonnant qu'on eut emprunté ce terme aux Arabes? D'a-
près Littré le vieux français auferaiil ne serait autre qiie
^j-jîll , alfaras, J'inclinerais aussi à rattacher à la même
origine le verbe Harasser ( V. Littré ), et surtout Hari-
delle (2). Harasser dans le principe s'est dit des chevaux
fatigués, et ensuite, au figuré, des hommes. (V. Màidan :
note. )
Harem. Esp: haren. Esp. Ptg. Val: harem; de^^
haram, littér. chose défendue, illicite, et gynécée. « Les
Persans sont extrêmement jaloux de leurs femmes; c'est
pourquoi ils leur bastlssent des appartements en la plus
(1) Au la™' siècle on diiaXt fardes. Engelmann proposa comme étjmo-
logie ji-Js fard iipannus, Beu Teatimentumo (V, Devic).
(2) Brachat [Dicl. étym. Introd. LXl) admet l'origine arabe de haras,
ainsi que de hasard. Dans haridelle, la finale elle est peut-être une ternù-
naiaoa ditninutiïe ayant le sens péjoratif.
►
HATT 153
intérieure partie de leurs maisons... Nul homme n'y entre,
si ce n'est qu'il soit eunuque et c'est pour cela que ce
lieu est nommé Aram^ c'est-à-dire, lieu défendu ». R. P.
Philippe, p. j 27. Pour désigner les femmes qui habitent
le harem, on dit £j^ harîm,
Hasard{i). Esp.ptg lazar. Val: açar, atçar. Cat: atsar,
atzar. Basq: azarâ. It: azzardo, la zara. Ce mot ayant
signifié primitivement jeu de dés ou plutôt le point de six
(Génin. I. 132) on s'accorde généralement à le faire
venir de y^ji) , a:{-:{akr, dé à jouer, sens qui doit être re-
lativement moderne; car on ne le trouve que dans Boc-
thor et Heury (2). Marcel a jUj , :{ahdr. Le Mohît le
donne aussi mais avec la note Sol"^. En turc j\j , :{âr,
signifie dé (Meninski et R. Youssouf. p. 1 295). On le voit,
l'origine de hasard est encore pleine d'obscurité.
' Hatti chérif. « On appelle Khat chérif un Ordre ou
commandement du Grand Seigneur , conçu dans les ter-
mes ordinaires, au bas duquel le Sultan écrit de sa main :
que ce commandement soit exécuté selon sa forme et
■• I
(1) Écrit primitivement azard; et il n'y a pas bien longtemps que le h
de hasard est aspiré. Au sujet de ce mot, Génin afifii'me «qu'il vient de
l'arabe».
(2) yfcj «dé» ne se ti»ouve pas dans ^ji^li ^J\ dictionnaii»e arabe par
Mi-Sa'îd Ghartouni, Imprimerie Catholique. Beyrouth 1889. (le 1®' vol. a
seulement paru). Cet ouvrage ne s'occupe que de la langue classique.
teneur. C'est h cause de cela qu'on l'appelle Kkat-Ckérif
c'est-à-dire ligne noble». (D'Arvieux. III. J02). Cette ex-
pression ^jtlti-Khatt charîf employée par la chan-
cellerie ottomane est en effet formée de deux mots ara-
bes Jai- /ihatt, ligne, écriture, et _i/i charîf, illustre (i),
prononcé chérîf. Hatti huma/oun, expression analogue,
est la transcription de o^j^ Jai KJiatthoumâ/oân;o)>\^
houmâvoûn est persan et signifie auguste, royal.
Helbe, Hebbe ou Helbeh. Fenugrec de Ûa-, houlba.
Le fenugrec ou saine graine est cultivé comme fourrage
dans l'Europe méridionale. En Orient sa graine sert en-
core à la nourriture de l'homme. Râzî, Avicenne, Ibn
el-Beithar et la plupart des médecins arabes le conseil-
lent contre la constipation. Avicenne, cité par Qazwt-
nî {2), lui reconnaît encore d'autres propriétés, comme de
faire disparaître les cicatrices, d'entretenir la fraîcheur
du teint etc. De là le dicton populaire : « ^ U ^jU\ Je J
«C*i l^jj; UjjîlV Ui-I . Si les hommes connaissaient la va-
leur du houlha, ils l'achèteraient au poids de l'or ». Et ce
proverbe Egyptien : «Heureux sont les pieds qui marchent
(1) Il Ils lea acciuârent d'avoir établi une église publique, sans avoir
obtenu le Kata-Chérif du Grand Seigneur» (D'Ameux. VI. 365. ) L'i qui
se trome au milieu deHatti-Chérif «marqueen persan l'union du subatantif
avec son adjectif » { Eteric ).
(S) oSyiJi _îl^e (Édit. WuBtenfeld) p. 219.
L
HOUL 135
sur la terre où est semée la helbe ». Vansleb. loi.
Henné. Parmi les plantes particulières à l'Egypte le
P. Sicard énumère « le henné, dont le jus est d'un beau
rouge» (i)de •u?- hinnâ, même plante. La coquetterie
orientale en fait grand cas. (Cfr. Aghâni, éd. Salh. I. 292
et pass. ).
Houle. Voici un exemple de mot pour lequel les rap-
prochements avec l'arabe semblent tout naturels. M.
Devic a essayé et il propose JyT hauU qui signifie pro-
prement terreur, objet terrifiant, mais qui souvent pour-
rait se traduire par houle- Ihen cite trois exemples plus ou
moins concluants. (2) On pourrait y joindre le suivant d'Ibn-
Batouta (II. 180): « -Jy^ Soi Je j^l (3 c^l kjull : nous
préférâmes passer la nuit sur mer, malgré la houle. » De
même, p. 218. Mais quelques lignes plus loin (p. 219) Jy^
reprend le sens de tempête, bourrasque, par lequel d'ail-
leurs on peut toujours le traduire (3). Maintenant ces rap-
(1) Discours sur l'Egypte, dans la précieuse collection des Lettres
édifiantes.
(2) Qui empêche de traduire [Merveilles de l'Inde): ^pjl ïJLa Jji JaS\^
ij.ï^»ïj de la sorte : ne vois-tu pas Tétat horrible de cette mer et de se^ va-
gues ? A la p. 76 du même ouvrage, il est absolument impossible de donner
à Jyk le sens de houle.
(3) V. Gloss. d'Ediisi. (édit. Dozy) p. 385 et Gloss. d'Ibn Djob air.
(édit. Wiight) p. 35. Dans Marcel, etc. JyK est prononcé Jyk koul (V. tem-
pête) Aux exemples cités dans Tarticle ajoutez aussi: ^^1 Jiykt ^ ^sM^y^j
aJ\^j ^Jla^j (Mille et une Nuits. Edit. Salhani.Vl. 189.).
i;6 IMÀR
prochements sonHls suffisants pour permettre d'affirmer
que houle est d'origine arabe? Nous ne le pensons pas.
L'étymologie germanique nous paraît beaucoup plus
probable.
I
Imam ou Iman. Transcription de ^Ul imâm. Pour les
fonctions d'îmam on dit Imamat et quelquefois Imanat,
comme écrit M. Engelhardt dans son livre sur la Turquie
et le Tan^imat [p. 9). « A un des bouts de la mosquée, du
côté du midi, il y a une niche, où se met Vlman, qui est
ie curé de la mosquée. » Paul Lucas (i),
Imaret. Sorte d'hôtellerie où les étudiants vont pren-
dre leur nourriture, et aussi hospice : « Dans toute la Tur-
quie il y a des hôpitaux appelés Imarets, où les pauvres
de quelque religion qu'ils soient sont assistés. » Du Loir.
p. 189, Imaret est la prononciation turque de l'arabe
iM '//«dm, littér. construction, bâtisse, qui a en turc le
sens d'hôtellerie et d'hospice. (Dict. de R. Youssouf.)
(1) Vojaga du Sieur Paul Lucas fait eu MDCCXJV, etc. par ordre de
Louis XIV... Tome L p. 88.
JAMB 137
Jambette. Esp : ganibete, canivete, jambette. On ren-
contre jambette « avec le sens de couteau de poche dont la
lame se replie dans le manche. Je le ferais venir de ijc>-
ganbiyuj qui manqué dans les dictionnaires^ mais que l'on
trouve souvent, dans les relations de voyage avec le sens
de poignard ». Defrémery. (i)Dozy accepte Tétymologie
et la renforce de nouvelles citations (2). M, deEguilaz pen-
se que ganibete est la transcription de canivet (3 ), diminutif
de canin Cette explication conviendrait peut-être aux for-
mes espagnoles ; mais peut-elle s'adapter au mot français
jambette} (4) M. Michel Schapiro ne voit dans le mot, qui
nous occupe, qu'un diminutif de jambe ou gambe dont le
sens primitif serait bois, et il lui compare jambage de
porte, rital : gambo^ tige, tronc, etc. (V. Révélations éty-
mologiq. n^ 70); J'avoue que cette dérivation me paraît
beaucoup plus plausible que les précédentes.
(1) Joiirn. Aaiat. Janv. 1862.
(2) Cfi\ GI0S8. Espag. p. 290.
(3) Ecrit ganivet par le savant Espagnol. Sur canivet V. Littré s. v.
canif ei Révélations étymolog, n^ 6ô.
(4) Dozy pense que l'esp. jambette a été emprunté au français.
I }S JASE
Jaque. Armure faite de mailles de fer couvrant le corps
depuis le cou jusqu'aux cuisses (Litt.). Esp. : Jaque, jaco.
Pig : jaque. // : giacco. M. de Egullaz propose de dériver
ces mots de dli chakk, lorlca augustis angulis contexta
(Freyt).
Jarre, (i) Grande cruche; de ïjr garra, même sens.
C'était autrefois un terme spécial à la marine; et encore,
une mesure pour les liquides usitée au Levant. « La jarre
de Mételin est de 50 ocques » (Trévoux).
Jaseran. Esp '■ jacerina, jaceran, jaseran, jasaran. It :
ghia^zerino. Diez le fait venir de Jlj»- ga:{â'ir, Alger,
parce que l' espagnol y'a^ar /no signifie Algérien et « qu'il est
dil, (r) qu'Alger fabriquait d'excellentes cottes de mailles. »
Mais, comme l'observe Dozy, on ne voit nulle part chez
les auteurs arabes trace de cette industrie algérienne (2}.
Le savant Orientaliste voit donc dans/dcer/na un mot com-
posé pour les deux dernières syllabes de l'arabe 3 j j , :^ard,
maille et cotte de mailles, et pour la première, du mot
jaque, (Voir plus haut). M. Defrémery trouve peu probable
cette réunion d'un mot roman à un mot arabe; et il re-
court à une étymologie purement persane ( j). On a encore
(1) Ou G!aw( Trévoux).
(2) Voir pourtant Eguilaz. p. 431. s. v. jasaran,
(3) Jom-n. Aaia, 1869. Mai. p.529.
JULE 1^9
assigné à jaseran une origine flamande a/cerej ring, »
anneau de fer. Le vieux franc, ja^erenc serait assez favo-
rable à cette dernière hypothèse.
Javari. Sanglier de TAmérique méridionale, plus con-
nu sous le nom d^ pécari. C'est ï espagnol jabali, jabalin,
qu'on rencontre aussi sous les formes de jauari, javari,
javaliy javalin; de ^^C^ gabalî, montagnard, le sanglier
étant appelé porc des montagnes, comme dans P. de
Alcala qui traduit puerco montes o javalin par Khim^it
djavali. Le J médial et final en passant dans les langues
romanes devient souvent r. Comp. Tesp. arcadu:^ de ^j^l3l
et acetre de jLJI. Voir aussi notre Introduction.
Jonque. Esp : junco. Ces mots sont d'origine chinoise.
«Les vaisseaux.de Chine, dit Ibn Batoûta, sont de trois
espèces ; les grandes sont appelées gonoûk, au singulier
gonk] Uj^ij ^y^^ J^ l^ jL<n ùfci^\ ï5^ OyJI s^\f^
«
« dl:^(IV. 91-95 etc. 239-264, etc. ). V. aussi Frejrtag.
Jubarte. Sorte de baleine . « C'est le même mot que
gibbar » M. Devic. — V. Gibbar.
Julep. Esp : julepe. Ptg: julepo. Majorq : culepe It :
giulebbo, ginlebbe de l'arabe ^>U goulâb ou goullâbj
eau de rose; sirop (i). Ce mot d'origine persane est
m i . . . ■ I i I I I <
(1) Sacy. Abdalîatif.ç. 317, note 12.
ancien en arabe. On le trouve cité dans un iiadith attribué
à 'j^icha. [i).
K
Kabyle. Do 3_j ^jabUa, tribu; les kabyles étant orga-
nisés en tribus fédérées. Pour les autres étymologies
proposées V. La Gr.niJc K.î/'r/v par le général Daumas.
p. î-
Kadaïf ouKataïf. " Mets ou entremets arabe composé
de pâte, de miel et de noix pilées; ce plat est surtout
confectionné pendant le Ramadhan. » {Gasselin; Dict.
franç.-arabe ) ; de ^\L'> ,]jt'i'if, même sens, pluriel de
ïiiaî . Voici sur les qatàif des vers de Ahmad, fils de
Yahyà (2).
Jjj- JO-'J li '0;^~ jj^ ^^^ Iji' à ^
3_ji!' y_i cr^ ^ij-'
« Des /tiT^aï/ farcies, comme la banane, avec des amandes
et du sucre raffiné; elles nagent dans des flots d'huile de
[1} Aima'^arr'ib (éd. Sachaii) p. 47, «JuU'p est un mot Persieoqui signi-
fie bi-euvage (iom. Le julep lies Anciens (■toit beaucoup plus auorà qui la
nôtre; oaf c'était pro|ii'Biaent ua svi'O]) claii-,» ( Phannacapie Unieenelle.
parNic. L'EiûBi'y. p. "3 J.
'.2) Voii' sa uotice Jans le coramentaire du -Maô-âai p. 445.
KAND 141
noix, et ma joie, quand elles deviennent mon bien est
comparable à la joie d^Abbâs , lorsqu'il touchait au sucr
ces » (i). Ibn Roûmî a chanté aussi les kataif'.
« Puis viennent des kataif délicieuses. »
Kafis. Mesure de capacité pour les grains en Tunisie;
il équivaut à 650 litres environ (Gassel. ); de jvS qafi^^
qui se trouve déjà dans les poésies antéislamiques. On
trouve aussi Caffis^ mesure pour les grains à Alicante.
Kaîd. Étoile de la Grande Ourse : les Arabes « nom-
ment rétoile de l'extrémité de la queue -CUl , alqâidj le
Gouverneur » {2), littér. le conducteur, de ^U ducere.
Khamsin ou Chamsin. Vent d'Egypte; de ùj^^
A:Aa/72rf/î , cinquante. « On l'appelle hamséen parce qu'il a
coutume de souffler à la Pentecôte» dit Bruce (3) ou mieux
dans « l'intervalle de Pâques à la Pentecôte, lequel ils (les
Egyptiens ) nomment khamsin en arabe, c'est-à-dire cin-
quantaine » {4).
Kandoul. De Jj JL3 , qandoûlj arbre du Levant, d'où
Ton tire une huile appelée huile de fleurs de kandoul
(1) Traduct. de M. B, de Meynard. Voir aussi Prairies d*or VIII. 406.
(2) Ahdurrahman Es^Sufi. p. 50. Trad. Schjellerup.
(3) Voyage en Nubie. I. 105.
(4) Lett. édif. I. p. 581.
Khandjar. V. Alfange. On écrit aussi khandger. « Les
femmes turques, dit Du Loir, attachent à leur ceinture un
khandger, c'est-à-dire poignard, qu'elles portent plutôt
par galanterie que par bravoure » p. 185. Le sieur Paul
Lucas dans son Voyage a constamment gangiar.
Kautar. Nom en Egypte d'un poids de 45 kilogrammes
environ [Lit}. C'est la transcription de jiJaiï, jant^r. mê-
me sens ; jlia5 vient lui-même du latin centenarium [pondus).
Kazine ou Ehazine. « Le trésor du Grand-Seigneur
qu'ils appelent kka:^ine est un peu au-delà du Divan. Là
on met les Registres des recettes, les comptes des Pro-
vinces... » Du Loir. Voyage du Levant. 8i. De ôji-
kha^Uia, trésor, de la racine ùj»- kha:^an , emmagasiner ,
serrer. Cette même racine nous a donné magasin (i), de
o'js- , makh:^in, lieu de dépôt, magazin. « Il construisit des
cliambres, des magasins tûjtf-\ un four et un bain.»
(IbnBat. IIL 295, 299, etc.). Ssp: almacen, almazen.
magacer. Plg: almazem, armazem. Eip. et Val- alma-
gacen. Ces formes ne laissent aucun doute sur l'origine
arabe de magazin.
Khan. « Le nom de /ckan se donne en ces quartiers
(1) M. Gasaeiin se contente de relevai- ii l'analogie» de magasin avec
ùji^- Il y a lÀ pion qae de l'analogie.
d'Orient k certaines maisons bâties pour servir de retrai-
tes aux voyageurs... Les grands sont d'ordinaire compo-
sés de quatre grands corps de logis à deux étages ; dans
le bas sont les magazins et les écuries, et dans le haut
sont les chambres à loger, dont les portes s'ouvrent sur
une galerie qui règne tout à l'entour du khan... Il y a aussi
dans les villes de ces khans, destinez pour les diff^^rentes
sortes de marchandises qui se débitent en gros; et pour
cela, on nomme les uns les khans des soyes, les autres du
ris,desgalleSjetc.)>(P. Nau. Voy. en Terre^aintc p. 549).
Au lieu de kkan on trouve aussi camp dans les anciennes
Relations. « Il y a (à Alep} un grand nombre de bâtiments
faits comme des monastères; on les appelle camp!^. Nous
allâmes au grand camp qui est la demeure de M. Dupont,
consul français» (Lett. édif. p. 198). Khan est la trans-
cription de l'arabe-persan J^khân, même sens. Dans le
sens de prince, le mot a la même origine et la même
orthographe.
Kibla ou Kiblat. « Point vers lequel les musulmans
doivent se tourner en faisant la prière » ( De Slane } ;
de 3Ji qibla, qui signifie chose placée en face. Les musul-
mans sont souvent appelés gens de la kibla. (V. Ibn Khal-
doûn. Protégom. II.171}.
Kiosque. Du persan-turc ilijS^ , ^oiJcM, même sens.
Le mot nous est venu par les Turcs qui font sentir un i
bref(i) après l) K. (2). Ibn Balouta apprit le mot à la
cour de Dehlî. Le Sultan, dit-il, «ordonna à son fils de
lui bâtir un palais, ou, comme ils l'appellent un kochk,
avecundammasurlejtâ/etun soaAoto sur le c^//z. «Jj j.\
(111.212 et 2ij). Le mot se rencontre aussi dans les
Mille et une Nuits sous cette forme arabisée de iLis
kochk (V. Dozy. SuppL), et dans l'Histoire des Atabecs
de Mosssoul d'Ibn al-Athîr. {V. Hîstor, Orient, des
Croisades. 11. l'^part. p. J41).
(1) Lo Miihit écrit iiif Kichk, aooentuation en dëaaccord avec l'oii-
gine persane.
(2) Comme dans sirasquier ds _^L^ ^^^; Kiainil, de J/^l^ Kdmil etc.
(V. la lettre ff dana le Diction. Turc-Fraoçais, en caractères latins et
tui'ca par R. Youasouf,)- Dans tin poème grec moderne je trouve x
si cïpliqué en note: yj KiôaMor être tovçwxop deçirùr olxi/fta
LEBB 145
L
Lazuli ( Lapis- ). Voy . A:{ur.
Laskar. Matelot indien. Ptg : lascarim, lascar, liscarim,
liscar ; du persan Jihi , lachkar, armée, troupe, qui vient
de l'arabe f^Zj\ , al-askar^ armée. Il est probable que
les Arabes ont à leur tour emprunté ce mot au grec by-
zantin è^QT^^ov (exercitus) V. S. Frœnkel. Aram. Fremdw.
p. 259. (i) Sérasquier ou Sérasquier, commandant en chef
de l'armée en Turquie vient de J^j^ , ser ^as/car,
formé du persan j^ , ser^ tête et de fl.^ 'askar , armée-
Sur l'insertion de Ti Voir Kiosque.
Lebbeck. Acacia africain et asiatique nommé par
Hasselquist « mimosa lebbeck, acacia d'Egypte, en arabe
Lebbeck » (2) ; de îf^ labkh. Forskal donne le nom de
lœbac/i et lebbek, à cet acacia cultivé fréquemment en
Egypte et en Arabie à cause de l'ombrage qu'il procure.
Les belles promenades du Caire sont plantées de cet ar-
bre incomparable, qui atteint jusqu'à 1 5 mètres de hauteur.
(1) Les Philologues Ai»abes pensent au contraii''e que^CLt leur vient du
persan (Almu*aiTab. 105).
(2) Voyages, p. 68 et 154.
lO
146 UMO
Il rie faut pas le confondre avec le lèbakh ou perséa , ( i )
qui n'existe plus en Egypte. M. Devic pense que « le nom
du genre lébeckie ( Lebeckia ) qui comprend des arbustes
du cap de Bonne-Espérance a la même origine étymo-
logique.» Avec le Dictionnaire de d'Orbigny nous pré-
férons y voir un adjectif formé sur un nom propre.
Lésine. (2) Ce mot a avec Tarabe ô*) , la:{inay être
serré, être étroit, une telle ressemblance de sens et de
forme qu'il y a lieu de s'étonner qu'on n'y ait pas fait plus
d'attention. On dit ôj J^ , ''aïch la:{in, vie mesquine,
plein de lésinerie.
Lila.s. Esp ; lila, lilac ; de dlU lîlak ou iJ^ , lîlâAj
même sens. Jusqu'à la fin du 18°^® siècle, on disait en
français indifféremment lilas et lilac:, d'où Lilacée.
Limon. Fruit. Esp. : limon. Pig. : limâo. Cat. Uimo,
f. ^
Uimona. ît : limone; de Oy^ , laimoûn, même sens. On
trouve aussi ^^ , lîmôu, Dans Moqaddasî le û>J^
lîmourij est décrit comme un fruit propre à Tlnde, res-
semblant à l'abricot, mais d'un goût fort acide. -v^Ui-j
(1) Relat d'Âbdellatif. p. 47. On lit dans le Qamous: Vr^l J3U. î^ ^
^\ \J^Ci\ : -uîl ^»vjt>^r2^^ Jw? ;ibl Jl Jii* Ça; ù» ^j-^i De Sacy propose de lire
l;Iy notre prophète au lieu de uû et pense que cette tradition se rapporte
à Mahomet.
(2) On a écrit lezine, Régnier même a dit léùna ( substantif).
LOOC 147
Il II» Il ■ ■ I ■ ■■ ■ ^M^^^ I - - - |- 1 H |- — ■ ■ ■H^— I J__M^ -^—^^^.^^^
llw îi^U jLr^l Ji4 SjC ^j ^y ( -uJI (^l ) . Lime (espèce
de citronnier) Esp. Ptg : lima. Maj. et Va/ : Uima, vient de
J lînij nom générique des citrus; ou de ij ft/wa, nom
d'unité à Tripoli de Syrie, où on cultive un citron nommé
(^oi) J lîm baladî\ lime du pays.
Lisme. Droit payé aux états barbaresques pour la pê-
che du corail; de Z())i , lâ:^ima, littér. : chose obliga-
toire, et aussi impôt j dans Edrîsî, Ibn Hauqal (v. Glossar.
sur Edrisi p. j'76). î«*jl^ /i!^ma, est une forme moderne qui
s'adapte encore mieux à lisme (V. Ckerbonneau. Dict.
fr.^ar. et Do:^. SuppL). On appelle lesma ou le:{ma en
Algérie un impôt de capitation payé par les Indigènes (i)
A Alger dit le chevalier d'Arvieux : « on lève tous les ans
les Liâmes et les Garâmes (2) qui sont comme les Tailles,
les Impositions et -les Conditions que les Maures de la
campagne payent à la milice » (mémoires III. 253).'
Looch. Ptg : looch, lohoc. Terme de pharmacie, de
Jp /a'oû^' (j) litt. : ce qu'on lèche, potion, médicament
qu'on prend à petites gorgées, de jJ Idaq^ lécher , qui
(1) Voii' plus loin le mot Zekkat
(2) De s^t^ dette impôt, taxe d*où en espag. ^arrama^ contribution chez
les Maui*6s.
(3) On dit aussi j^ lo^oùq; forme vicieuse relevée parHarîrî (o^l>)l Sj^
p. 102. édit. Thorbecke ) mais qui se l'approche plus des dérivés européens.
148 LUTH
a en médecine le sens de prendre un loock ( V. Ibn Beith.
s. V. ^l4^). Voici un JjJ contre la toux indiqué par Soy-
oûtî : (i) « vjt^j J^ J-« ^j^J^ ôCr"jj» ; on fait cuire des
graines de lin pétries dans du miel d'abeille ».
Luth (2). Esp\ laud. Ptg\ laude, alaude. Ital: liuto,
leuto ; de :>pl al'oâd, nom du même instrument. On peut
lire dans Mas'oûdî (VIII. 88 et 99.) ce qu'il dit sur rori-
gine du ^oâd. Voir plus loin Rebec.
(1) 0j9Jil\ <ÎXU)lj ù^oll JîSOi i^\:S' Edit d'Egypte, p. 165. nLooch, ectegma
et Linctus sont 3 mots qui signifient une même chose, léchement, sucement;
le premier est Arabe.» {Pharmacopée Univ, par Nie. L'Emery.|p. 271).
(2) «On peut écrii»e aussi Lut, » ( Trévoux). {
MACH 149
M
Macabre. Esp: almocaber. Ptg: almocâvar. almocô-
var. Esp : macabro. Tous ces mots viennent évidemment
de jrll«(i), maqâbir^ pluriel de SjCU maqbara, tombe et
surtout cimetière ; car la forme 3«^ indique un collectif.
Cela étant vrai pour les langues ibériques ; pourquoi dans
le français macabre faire intervenir chorea Macckabœprum?
Puisque dans aucune des danses macabres, qui nous res-
tent, les Macchabées ne figurent aucunement. Pour s'en
convaincre, on n'a qu'à lire l'article : Danses des morts
d^ns le Dictionnaire infernal {2). Avec l'étymologie arabe,
forme, accent, sens, (j) tout s'explique naturellement,
tandis que l'étymologie latine soulève de sérieuses, pour
ne pas dire insurmontables, difficultés.
liàche. Plante du genre des valérianes, qu'on mange
en salade. Probablement de mâcher, dit Littré. Bocthor
traduit mâche par J:»U, mâck (4). Mais pour faire accepter
(1) Avec ou sans Tarticle al.
(2) V. aussi Gloss. étymol. de M. Devic s. v. macabre. Littré maintient
l'étymologie latine dans son Supplément.
(3) La danse macabre est la danse ^.12> du cimetière ou des tombeaux.
(4) Devic dans son Glossaii'e se demande «si Bocthor a fait quelque con-
I50 MACH
cette étymologie il faudrait des autorités plus sérieuses (i).
J-U n'a dans aucun dictionnaire ni auteur le sens de salade
«
ou d'herbe. Ibn Batoûta après avoir dit que le rfiâch est une
espèce de pois J^\ ^ 9y ( III. 131) ajoute plus loin que
dans rinde « on donne aux animaux en place de fourrage
vert des feuilles de mâch » ( p. 132). Mais de là à Tidentî-
fication que nous combattons, il y a loin. Ibn el-Beithar
cite selon, son habitude, les opinions de plusieurs mé-
decins-botanistes. Or tous s'accordent a en faire un légume
du genre des pois ou des lentilles. Le livre de l'Agriculture
d^Ibn aPAwâm (II p. 67) ne parle pas autrement. Dans la
suite de son traité des Simples Ibn el-Beithar revient bien
des fois encore à J^U ; mais jamais dans ses expressions
rien qui permette d'en faire une herbe. Enfin on peut voir
sur mâche une excellente note de ^illustre de Sacy
[Abdallatif. p. 119, n^ 118). Ajoutons que le P. Sicard
dans le Plan de son ouvrage sur l'Egypte dit expressément
que le « mach est une espèce de haricot de l'Iémen. »
fusion ou si vraiment ^u se prend dans le sens de notre mâche?». Dozy
dans son Supplôm. reproduit ce passage sans rien ajouter. D^aprôs Trévoux
« mâche est un mot arabe, c^est un grain rond, sain. On le mange comme
les lentilles... On fait un mets^composé de ris et de mâche »%
(1) Sur la valeur du Diction, de Bocthor, Voir ce que dit le comte C. de
Landberg dans la Préface de Bâsim le Forgeron ( p. XII. ) On trouvera
peut-être le jugement sévère. Mais n*est-il pas quelque peu mérité? .
MAHA 151
Madrague. Esp : almadraba. Pêcherie pour le thon ( i ).
Deux explications sont en présence. M. Dozy fait venir
le terme espagnol de îjjll , al'ma:{raba, du verbe «-jj3
jfaj^a^a, entourer d'une haie. On peut voir son argumen-
tation p. 148 de son Glossaire. Seulement on ne connaît
pas encore d'exemple on le 3 » ^àîn soit devenu d (2).
Je préfère l'étymologie de M. Defrémery (j) qui propose
\j<>^ madraba, de o^ àarabaj planter, enfoncer un
pieu (V. Journ. Asiat. Mai. 1869 p. 538 etEguilaz p. 207).
Mahaleb ou Magalep. En botanique : Prunus mahaleb.
« Nom arabe devenu nom vulgaire et spécifique du ceri-
sier mahaleb » Littré. de ^J^ , mahlab, même sens. Ses
fruits odoriférants ont été décrits par Râzî, Avicenne,
Ibn al-Beithâr, Ibn al-'Awâm; Livre de T Agriculture. II.
ï'^ partie. 367. ) etc.
Mahari (4). « Il est des dromadaires (5) que Ton dresse
pour être montés et que les Arabes désignent sous le
nom de mahari. Le mahari ne constitue pas une race à
part; c'est tout simplement un animal de choix que sa
(1) V. description de la Madrague dans le Dict, Déterville à l'art, thon.
(2) M. Dozy aurait dû dans son Introduction donner au moins un exem-
ple de ce changement. Il est probable qu'il n'en aura point trouvé.
(3) Ou plutôt du P. Guadix, qui l'a émise longtemps avant le savant
français.
(4) M. Barbier de Meynard dit maharite.
(5) C. Flaubert : Magasin Catholique illustré. 1853. p. 285.
152 MAHA
• ■ I ■ ■ ■ I ■■ ■— — ^- .M^— ■ ■■-■■■■■Il ■!■■■! ■■■■■■,■ ■ I ■■
conformation individuelle rend apte à faire par jour des
courses soutenues de loo à 1 50 kilomètres... Le maharî
marche et trotte à l'amble et son galop est si rapide que
le meilleur cheval ne peut le suivre. Les Arabes désignent
sous le nom de djemel{i) le dromadaire de somme, de
mahary^ celui de course. » C'est la Transcription de
(SJ^ mâhârî^ pluriel de 1 ^ . Ce nom leur viendrait de
Mahr-Ben-Haidan père d'une tribu du Yémen ou de la
ville de Mahra dans l'Oman. Les Arabes ne tarissent pas
en éloges sur ces merveilleuses montures. Elles devancent
les coursiers les plus rapides; elles volent^ selont l'ex-
pression d'Ousâma ibn Monqid(p. 8. 2"^® lig.): «^i^jl^b»
elles comprennent les moindres signes du cavalier et
souvent préviennent ses désirs (V. Ibn Batouta. IIL 42 1 )•
« C'est cette même race (2) que Diodore et Strabon ont
nommée camehs-dromaSj et qui seule devrait porter le
nom de dromadaire.» On donne parfois comme synonyme
de mahari le mot raguahil (j). Ce dernier représente
J>:Oj rawâhil, plur. de S^ljqui se dit d'une magnifique
chamelle de race, choisie exclusivement comme monture
(1) Jj*^ gamil, diatinctîon établie ici est exacte.
(2) Dict. Déterville qui écrit maihari,
(3) Déterville. XIII. 526.
\
MAID 1 5 3
et à qui on n'impose jamais des fardeaux (i). Voici com-
ment ce terme est expliqué par l'auteur dé Silll 43 (la Cri-
tique du langage) ji3-l ^Cj îlf^l Je <5^ J^JI Ujtil ISI
( îUb ) ^ Jadl j,.*oo , et il cite a Tappui le hadith sui-
vant (2) : 3*b lé -^^ ^^ "^ ^^'^ J-X cr^'
Mahômétan. Nom formé sur -u^ Mouhammad, litt. le
loué, l'exalté, ou plutôt sur- la transcription vicieuse
Mahomet, qui a prévalu.
Mahonne. jEs/? : mahona; galère turque. On a proposé
l'arabe à^\^ md'oû/z, vase; marmite, ustensile. Diaprés
MûUer le mot arabe en passant en turc aurait pris le sens
de galère. Je n'ai pu retrouver ôyX* en turc; mais en
revanche cette langue fournit <iymA ma^'oûna, -ÛjpU mâ'oâna
ij\^ ^ mâoûna (V. R. Youssouf. Die. Turc-Fr,) allègej
gabarre, bateau. C'est évidemment là qu'il faut chercher
l'origine de mahonne.
Maïdan ou Meidan. Les Croisés avaient emprunté aux
Indigènes les exercices du Meidan (3). On peut lire à ce
(1) Celles qui portent des fardeaux s'appellent Ja\jj. De là le sens figu-
ré en parlant d'un homme de peu de valeur: JaIjjîI ^ [J\ J>\jJ\ c/'j^xré'
(Foqhal-lougha. 158).
(2) Foqh. p. 157. Compai». AganiU, p. 277 (édition Salhani) xÇf J*^
(3) Quelques auteurs ont même pensé que les tournois ne sont qu'une
imitation du jeu équestre du djérid ou du meidan. (V. Rey. Colonies Franq.
54. ) Les chevaliers francs se rendaient chaque année aux bords du Kison,
154 MANG
sujet une drolatique histoire dans Ousâma ibn Monqid
(p. loi et 102). Pour Tétymologie Voir Djérid.
Mamelouk. Esp. Ptg : mameluco. Vat: mameluch.
It : mammaluco; de fJjlU , mamloâky littér. celui qui est
possédé. En Syrie et en Egypte fJ^ désigne un esclave
blanc, tandis que le terme JUp(i) ou ^3U.(en Afrique)
est réservé aux esclaves nègres (2). De fait les Mamelouks
étaient d'origine Circassienne. Il semble donc que Mala-
moquej albatros au bec noir, au plumage entièrement noir
ne peut pas être une altération de f]^ , comme le vou-
drait M. De vie.
Manège. Esp : manejo. On trouve dans les Diction-
naires : « manège de maneggio, manus». Pour ma part, je
préfère le rapprocher de ^^ manhège, via aperta et
manifesta (Freyt.) et aussi, direction, manière de se com-
porter. Sur l'omission de o médial. V. Introduction.
Mangala. Jeu arabe sur un damier de douze cases
avec 72 coquillages ( Kazimirski ). Ce jeu très connu en
Orient est longuement décrit par Niehuhr [Vot/ag. en
Arabie. I. 1 39 et Mille et une Nuits, édit. Habicht. I. 257).
pour y célébrer le haraz, où tous s'excerçaîent à des joutes, auxquels les
Sarrazios prenaient part. — Saint-^enois, Mém. de l'Acad. royale de Bel-
gique. T. ni.
(1) Même jup désigne absolument un nègre, esclave ou non.
(2) V. Proîèg. d'Ibn Khaldoun III. p. 291. Mr. de Slane, note 1.
MARA 155
C'est la transcription de 3^, minqala^ qui s€| rattache
à la racine JIj transporter. On écrit aussi, ïÛl« manqala.
Marabotin. Monnaie d'or, qui eut' longtemps cours
dans le midi de la France. ( V. Bouillet. EHct, Scienc. )
Au lieu de marabotin on trouve aussi marmotin^ qui n'est-
qu'une corruption du premier. Prop : raaraboti. Bas. lot :
marabotinus, merabatinus(i). Il est souvent parlé de cette
monnaie dans plusieurs titres de la ville de Montpel-
lier (2). Marabotin dérive certainement de ùjLlj^ morâ-
bitîn ou ôvL)' Jll al-mourâbiiîn , nom de lia dynastie des
Almora vides, sous lesquels cette monnaie fut frappée*
Les marabotins ayant dans la suite des temps perdu con*
sidérablement de leur valeur, devinrent des maravédh^
qui ont absolument la même origine. ( V. Dozy. Recher--
ches. p. 470).
Marabout. Esp. et Ptg: morabito. I^g: morabita,
marabuto. Cat. VaU et Maj: morabit; de ]a>}J morâbit^
qui est assidu, appliqué. « Des mérabouts jetèrent dans le
puits soixante-dix outres en pierre » Baron de Kraffl (j),
(1) Voy. les autres formes dans le Dict. de Tr.évoux s, v.
(2) Les évêques de Maguelonne étaient en partie Seigneurs de Mont-
pellier et il parait par deux vers de Théodulphe d'Orléans que la monnaie
des évêques de Maguelonne portait des inscriptions arabes:
Ipfie gravi numéro nummos fert divitis auri,
Quod Arabum sermo sive character erat.
(3) Toui' du Monde. Promenade dans la Tripolitaine. 1861. 1®' sem.
156 MARA
Ce qui confirme cette dérivation c'est que la dynastie
des Almoravides ( V. le mot suivant ) a été longtemps
appelée en français la dynastie des Marabouts; et ce
passage d'une ancienne relation où l'on lit que « les mora-
vites sont une espèce de leurs prêtres. » (i).
Maran, Marslne ou Marrane. Terme injurieux dont
les Français appellaient les Espagnols (2) ; il se disait en-
core des Maures de la Péninsule, et des chrétiens d'ori-
gine juive etc. « Ce serait proprement un africain^ dit
Trévoux, mais dans les poésies de Marot, c'est une injure.
Dans le temps que nous autres français étions ennemis
des Espagnols, nous les traitions de marranes^ comme ils
nous traitaient de gavaches. Gloss. sur Marot. « Nous ne
devons pas croire que les Espagnols soient meilleurs
chrestiens que nous... le marranisme est plus fréquent en
Espagne que l'hérésie en France. » — Guy Coquille (cité
dans Littré, Supplément). Marrane, en espag. marrano, en
portug. marrâo. n'est autre que ûly morrân, qui d'après
le P. la Torre, est un terme employé par les Arabes du
p. 79. Eaturc ynuràbit Jaijy» signifie marabout (R. Youssouf). C'est donc
de Jaji^ que le mot dérive et non de ^yj!^ marboût, comme on ti-ouve enco-
re souvent.
(1) Voy. aussi Trévoux s. v. Morabites.
(2) La couleur marrane était la couleur Espagnole. On trouve dans La
Fontaine.
«Peuple hérétique et maran,ï> — ^Virelai sur les Hollandais.
MARF 157
Maroc dans la même acception que les mots espagnol
et français, c'est-à-dire, maudit, excommunié etc.
Marcher. Hypothèse pour hypothèse, j'aime autant
celle qui rattache marcher à J^a , mâcha, même sens.
Pour l'insertion de rvoir l'Introduction du Gloss. deDozy
p. 2j et la nôtre.
Marfil ou Morfil. Ivoire tel qu'il est livré par les nè-
gres, sur les côtes d'Afrique. Lorsque le morfil est coupé
et travaillé, il s'appelle ivoire, dit un exemple cité dans
Trévoux. Esp : marfil. Ptg : marfim. Basq : marfilà. On a
proposé comme étymologie J^l sJi , nâb al-ftl^ litt : dent
de l'éléphant, terme par lequel les Arabes désignent l'i-
voire. Cette dérivation oblige d'admettre des altérations
trop fortes. De plus elle n'explique pas l'existence des
formes almafil et olmafi, plus anciennes que marfil. C'est
ce qui m'engage à accepter comme très probable l'hypo-
thèse de M. de Eguilaz qui voit dans marfil une altération
de JJII pJip , 'azm al-fîl, os de l'éléphant, par l'aphé-
rèse de la syllabe 'ai. Que l'ivoire ait été appelé
JJll ^Jâp , il le prouve par un texte arabe très-curieux (i)
(1) V. Glosar. etim.^, 444. A propos de ^yi\ ç^U nab alfil. M. Dozy fait
observer que le génie de la langue arabe ne permet pas la suppression de
l'article et de dire ndb fîU Cette remarque, si juste pourtant, est contestée
par M. Devic qui cite à l'appui j^i J^ , sinn fil dans Bocthor. Mais nous ne
i;8 MÂRM
L'aphérèse admise dans marfil n'est d'ailleurs pas plus
forte que celle du ptg. emaj autruche, de ZAmÔ , na'^âma^
même sens.
Markab. Etoile de Pégase; elle est située dans
l'aile de cette constellation. C'est la transcription de
l'arabe ^i^ markab^ litter. monture.
Marmite. Esp. et Lombard : marmita; de Ia j^ bomm^
marmite surtout en pierre (i), mais il s'est dit aussi d'un us-
tensile en métal ; ( V. Geogr. Ar. Glors. 1 89 ) et Beaussier
à raison de traduire î^, par «grande marmite en terre
ou métal » . Chez Moqaddasî il est tout simplement syno-
nyme de jJtî . Dans la cuisine d'un couvent Copte le
P. Sicard vit «trois grandes marmites de pierre, celles-ci
cuisent fort bien et durent des siècles. Cettç sorte de
pierre se nomme baram» (Lett. édif. I. p. 45c.) Il dît
sommes pas loin d^y voir une des nombreuses fautes de détail échappées au
lexicographe égyptien. Quoiqu'il en soit près de Beyrouth sm* un tertre do-
minant le iVa/ir-iîeyroit^A se trouve un petit village appelé Sinael-fîljjJI t^.
L'article s'y fait toujours bietisentii*; et cela date de loin, puisque au temps
des croisades le lieu s'appelait Senes/il comme l'atteste Rey ( Colon,
franq, p. 524 ).
(1) Pour le changement de o en m. Comp. les variantes orthographiques
du nom de Balbec (dUU) dans les écrivains des Croisades, où l'on trouve
Màlbec, Mabeth, Maubec. (Quinti Belli sacri Scriptores Minores., éd. R.
Rohricht) «adoncques seront prises Malbec et la Chamelle» p. 237. La
Chamelle désigne la ville de Homs « Vastabunt. Mahetk» p. 213- « Maubecy>
p. 213. Guillaume de Tyr écrit de môme Malbec.
MASC 1 59
'~^ !■ -■ - Il m ■ii^r-Ji ^M ■ ■■ ■■ ^ ■ ■ - ■ - ^ ^ ^,_^ ^^^
ailleurs que cette pierre se durcit au feu, et que les ri-
ches et les pauvres s'en servent » (Id. 477).
Marmouset. J'inclinerais à rapprocher ce mot de Tesp:
mamarrache et momarrache ^ altérations de moharrache^
et qui signifient marmouset ^ petit homme grotesque, et qui
dérivent de n^jf mohrrig , bouffon , plaisant , comme
M. Dozy l'a prouvé (Gloss. Esp. J07, 308 etc,). Mar-
mot aurait la même origine. Tel n'est pas pourtant l'a-
vis de M. F. Génin. (V. Récréations Philologiques. 182).
Marquise. Toit. Les dictionnaires ou ne disent rien
ou ne donnent sur l'origine de ce mot que des explica-
tions embarrasées. Si ce n'était abuser du droit de faire
des conjectures, nous verrions dans marquise une porte
altération, de JljJI ar-riwâq, ou arroivâq, qui a toutes les
significations du mot fi:*ançais : espèce de surtout qui se
met par dessus, les tentes, pour les garantir de la pluie;
toit avancé; cloître; péristyle. Jljj est ancien en arabe
comme on peu le voir dans S. Frœnkel (Aram. Fremdw.
166). De Jlj j on a fait û^'jj > qui désigne les Stoïciens,
ol (XTzo rfig Sroâg • M. F. Génin donne de marquise une
étymologie saxonne ( Recréât. 207).
Mascarade. Esp. et Ptg. : mascara. Val maixquera,
masquera, Ital : maschera. Il y a longtemps que Ménage
i6o MATA
avait assigné à ce mot une origine arabe. Les étymolo-
gistes postérieurs n'ont pas eu de peine à prouver que
mascarade vient en effet de ij^ maskhara (i), bouffon-
nerie, grosse farce (Bost.); et même masque, personne
masquée (Belot), mascarade (Heury). Il est certain que
même en français mascarade a eu le sens de bouffonnerie,
que Littré n'a pas suffisamment indiqué. En 1 63 1 le R.
P. Philippe de la T. S. Trinité écrivait que les Arabes
« festinent et font des mascarades toute la nuit et dorment
• tout le jour.» p. 321. Dans ce passage le Carme mission-
naire a sans doute voulu rendre l^ maskhara. Le
franc. Masque est souvent rattaché étymologiquement au
même mot arabe, dont il ne serait qu'une abbréviation (2).
M. de Eguilaz y voit 5^=*^ ma^M, métamorphose , et tout
spécialement celle qui transforme l'homme en bête,
chien (2), singe etc., Cfr. S/non. Arab* 188 et Chams
' ed-dîn de Damas, p. 275. Cette explication n'est pas
improbable, étant donné la façon cavalière, dont le fran-
çais traite la finale des mots arabes. ( V. Introduction ).
Matamore. Esp. Ptg : mazmorra. Val. : maçmorra Ptg:
masmorra, matamorra. Cat : marmorra, massmorra de
(1) Les Persans ont pris le même mot dans le sens de moquerie, visé
( V. Berge. Dict. Pers-Franç. s. v. ).
(2) V. à ce sujet une plaisante histoire dans Aghâni (I. 257. édition
Salhani ).
MATE i6i
SjjUa^ ma\moùra^ fosse souterraine, silo; et aussi pri-
son, de j».U tamar, cacher. « Il y a des criminels que l'on
pend par les pieds sur la bouche d'un puits ou d'une ma-
tamore\ c'est ainsi qu'on appelle des puits secs et pro-
fonds, où l'on conserve les grains et les légumes. ))(i)
On peut lire dans Aboûl-Fédâ l'histoire de la maimoâra
creusée pour servir de prison à An-Nâsir Dâwoûd (Histor.
des croisades T. I. p. 137).
Matelas. Esp : almandraque, matraque. Esp. Ptg : al-
madraque Cat : àlmatrach. Prov : almatrac. diminut. esp.
et ptg : almadraqueja, almadraquexa. // ; matarazzo, ma-
terasso. Vieux fr. : materas, matteras, matelat; de r}^
/natrah, lieu où l'on jette, lit (2), de rj» tamh, jeter. Tout
homme qui a passé par l'Orient comprend comment de
jeter on est arrivé à l'idée de lit. Les lits des Orientaux
sont de simples couvertures ou des matelas fort légers,
qui pendant la journée sont roulés dans un coin, et qu'on
étend le soir, ^j farch, mot dont on se sert habituel-
lemenr pour désigner un lit vient de même de ^^ farach^
étendre par terre. « Les Arabes couchent d'ordinaire par
terre sur un matelas îo-IJi» ; toute la lilterie nécessaire
I •
(1) D'Ai»vieux> m. 278.
(2) V. ^jijLi o»j?i Dict. de Farabe classiq. par M. Saïd Chârtouni ; - et
Dozy. Supp,
II
i62 MELC
s'appelle Hy » {Proverbes arabes^ par le O^ de Land-
berg.p, 349).
Maugrebin et Mogrebin. De ^^^ maghribî, adjectif
formé sur ^^J»a maghrib, occident, qui est notre mot
Magreb. Le nom de Megrebin^ comme écrit le P. Nau, « se
donne aux Mahométans, de devers Algier et Maroc,
parce qu'ils sont occidentaux » (i). En Orient, Maugrebin
est souvent synonyme de sorcier ; et cela était déjà reçu
du temps du missionnaire que nous venons de citer (2).
V. aussi âJ sJi\ . pass.
Garbln, vent du sud-ouest, en ital. garbinOj se rat-
tache à la même racine ; de d./^ gharbî , adject. de 1^^
occident. Dans le Languedoc on appelle aussi Garbin un
petit vent frais, qui s'élève vers midi dans l'arrière-saison.
Médresseh. Collège. C'est la prononciation turque de
l'arabe î-o-^ madrasa , lieu d'étude, de ^^-^^ darasy é-
tudier , sur la forme Z^ , comme 5m^ (V. Macabre).
Melchites. C'est le nom donné aux Chrétiens Grecs
du Levant; de ^^ssaeU , malakî, royaliste, adjectif de
dUT , malekj roi (3). La raison historique est connue:
(1) Voyage nouveau de la Terre^Sainte. p. 621.
(2) iôid. p. 621.
(3) «Les Grecs qui confessent deux natui*es en J. C. selon le concile de
Chalcédoine.... sont appelés melchites c-à-d. royalistes, du mot arabe melek,
qui signifie roi... Il n^est pas difficile de reconnaître Tétymologie du nom des
I
MESC 165
à l'époque de l'hérésie eutychienne, les empereurs de
Byzance, catholiques pour lors, protégeant les saines
doctrines , les hérétiques donnaient la qualification de .
melchites à tous les bons catholiques. Voir ce qu'en dit le x
P. Nau dans son Voyage Nouveau de la Terre Sainte
p. 2 1 2. Fleury écrit Melquites.
Mélochie. Plante de la famille des malvacées , de
ï-i-jL , moloâMia, (V. Molequin) .
Mérak. C'est ? de la Grande Ourse (i). Transcri-
ption de Jl jl 1 almarâqq. « Elle est parmi les étoiles bril-
lantes de la troisième grandeur; Ptolémée la dit de la
deuxième ». ('Abdurrahmân as-Sûfî. 49 ef 54).
Mescal. Esp : mitical. Ptg : métical, metical, methcaes,
{plur. Ptg. ) « Petit poids de Perse, qui fait environ la
centième partie d'une livre de France de seize onces.
C'est le demi-derhem (2), ou demi-dragme des Persans.»
(Trévoux) Transcription de ^i^imisqâlj (ou mesqâld'a-
» j , ■
Melchites. L'empereur Marcien et les empereurs suivants, si l'on en excepte
peu d'entre eux, employaient leur autorité à faii*e recevoii' le concile de Chal-
cédoine; c'était la foi des empereurs, et ceux qui avaient la même foi fui*ebt
appelés melchites ou royalistes». Lettre du P. Du Bernât (en 1711). Lett.
édif. 576. Sui* les Melcliites ou :^<a/i V. Mas'oûdî, al-Makîn etc. pass.
(1) Ai*ago. Astronomie populaire I. 338.
(2) Actuellement on dit plutôt Dirhem de l'arabe ^3^ dirham, dérivé
de ÔQaji^fiij, de même que le français Dinar est la transcruption de jUj^
dinar ( du gi\ di]paçiop )
l
i64 MINA
' ~ ■ ,. , , — ^ — ^^_^^-.— ^—
près la prononciation vulgair^ poids bien connu. Bouillet
parle aussi d'un instrument de musique, en usage chez les
, Turcs, et qui n'est autre chose qu'une espèce de flûte de
Pan, qui ne compte pas moins de vingt-trois tuyaux.
^ [Dict. Scienc.) Effectivement J\2U [misqâl\ «est une sorte
de fifre fait d'une rangée de roseaux. » R. Youssouf.
Mesquin. Esp : mesquino, merquino. Cat : mesqui. Val:
meçqui. Ptg : mesquinho. // ; meschino. Transcription de
i>5Cl«^, miskîn. pauvre prononcé vulgairement meskîn (i).
Pour la synonymie du mot et celui de jjS faqîr , pauvre,
d'où nous avons pris fakir et faquir. V. nos Synon. arab.
n^93 3.
Mézérion, Mézéréon ou Almézérion. Plante; de
l'arabe-persan ùjoSU ou ôj^jj^* mâj^anjoû/z, qui manque
dans Freytag, mais que donnent Avicenne^ Ibn el-Beithar,
Qalioûbî, Bostani, etc. (V. Devic. Dict. étym. et Journ,
Asiat. 1870. Janvier p. 68).
Minaret. Esp: minarete. On assigne généralement
comme origine à ce mot Sjlu , manâra, proprement,
lieu où il y a une lumière ; (2) puis, lampe, chandelier,
fànal et enfin minaret; d'où le turc ©jLu , minaré, mina-
( 1 ) c^iCJL^ a aussi le sens de mesquin chez les Turcs (Y. R. Youssoof-
Dict. 5. V. miskin.)
(2) ïjl> est poui» zyjÎA sur la forme :ùiÀÂ*
MIRZ 165
%
ret. Dans ce dernier sens les Arabes se servent surtout
de Z iU maàana ( i ), lieu d'où le mue^:{in C û^i^ ' ^ appelle
à la prière, de il • Aussi inclinerais-je à croire que le
mot nous a été transmis par les Turcs, ou bien qu'il dé-
rive du pluriel arabe Oljlu , manârât. Le terme Sjb«
est pourtant employé par les Arabes (2) aJU} Jp jiJ'SI » dit
Moqaddassî (44. et pass.). Quoiqu'il en soit, l'esp. mina-
rete semble bien devoir se rattacher à la forme Zj\Jc^
(Eguilaz. 453 ). Dans les Vo/ages du Sieur Lucas on lit
« minarats tours faites en pointe et à plusieurs étages »
I. p. 89.
Miramolin. On trouve en esp : miramamolin^ miramulim,
et même miramomni Ce sont des altérations de v>ji«\ll jul
amîr-al-moâmenîn, prince des croyants.
Mirza. En Perse, dit le R. P. Philippe de la T. S. Tri-
nité, «les Princes sont appelés mir:^a». p. 326. C'est la
transcription du persan Ijjt* mîr:{ây pour ©^Ij >«l amîr-
{âdeh^ fils d'émir. Emir est arabe ;' ;j'4(i^Â est persan. Ce
mot mir:[a « placé avant le nom d'une personne signifie un
homme lettré ou simplement monsieur \ quand il suit un
(1) «Mosquées dites en Ai'abes gamea et les clochers, madene» Voyages
de M"^ de Monconya I, 355; et ailleurs: «clochers, dits minares en Tui^c, et
madenhe en Arabe». (L 385). Inutile de faire remarquer que muezzin
vient de ô'^y» prononcé mouezzen, V, Introd. lettre i
(2) Ibn Hauqal et Istakhri ont le collectif ji> mandr.
i66 MOHA
nom propre il s'emploie pour désigner un prince du sang »
Berge. Dict. Pers. ^ Franc. Compar. Tespag. mirque-
bir de j^j\a\ amîr kabîr; et le turc \JjtA et ^sV^ju
ou mîr est la contraction de Târabe amîr. Cette coutume
de retrancher le hamzé au commencement de certains
mots très employés est particulière au langage populaire ;
qui par ex. dans Jes mots composés de y} aboâ, père,
possesseur, prononce bou. ( i ) Voy. plus loin Patacon.
m
Mîstique ou Mistic. Esp : mistico. Cat : mestech. Sorte
de barque. Altération de ^=*-^ mosaiiah (2), barque pontée
qui a un ^ , pont; d'autres traduisent barque armée
( V. Dozy. SuppL s. M^ ).
Mobed- Ministre de la religion de Zoroastre , sorte de
prêtre Persan; de Tarabe-persan J»y4 rnoûbed. Ce mot se
rencontre trop fréquemment dans les auteurs arabes, pour
qu'il soit nécessaire d^insister.
Moharrem. Premier mois des Musulmans; de ^/
moharranij sacré, interdit. C'était un des mois sacrés
(Mas'oûdî. III. 419. )• <^fno\\arram porte ce nom parce
que dans ce mois la guerre est interdite » (Chams ed-dîn.
401 .) Trévoux écrit maharum. ( V. Introd. lettre S . n. ).
(1) C'est ce système de prononciation qui a fait donner an dernier m de
Grenade le nom de Boahdil au lieu de Abou Abdallah ^tjup yS .
(2) V. M. Devic qui est d'un autre avis.
MOLL 167
Moka. «Le meilleur café, dit Palgrave, est celui de
rYémeiij connu dans le commerce sous le nom de
moka (i), parce que la ville de ce nom est le principal
port d'où il est exporté ». Le nom arabe de Moka s'écrit
^mokhâ. (2) ^ .
Molequiu. Terme de teinture ; vert molequin, vert de
mauve; de Li-jU maloûkhiây mauve des jardins, (i3Li-l
ciLJI , d'après les auteurs arabes, qui prônent ses pro-
priétés émoUientes. U-jU vient lui-même de ^hyxrj.
II y a encore les formes \Jsss9^ et SjU moioùktya^ em-
^ployées surtout en Syrie et qui se rapprochent plus du
français (3 ).
—, ^
Mollah. De ^^^^ , maulâ^ maître, (4) prononcé vulgai-
rement en Turquie iU môlla. a Leurs docteurs sont
appelez moula » R. P. Philippe. 3 26. On le fait encore
venir de >U mollâ, ou Mi* monta, sorte de prêtre en
■ -- " — — I - " - - r r-M Mil-
(1) Ceux qui s^imagineraient en Ëui^ope boire du vrai Moka pouiTOut se
détromper en lisant la p. 31 du 2"°® vol. de Palgrave. Voyage en Arabie.
(2) 4j> u ^\^\j OUI ,pjU. crip ^ ^^ijL la-Ji «jaiTs^iP j^,j ï^ju. u» »
J>LJI J» )> (Moqaddasî. 58.) Ailleurs l^auteur se contente de relever le
nom. D^autres géographes de Pépoque ne prennent pas même ce soin.
(S) Molequin semble avoir désigné une étoffe amolequins arabesr)
(La Rose. 21206 ). Peut-être était-elle teinte en vert de mauve.
(4) Ce terme signifie aussi esclave. C^est un de ces mots que les Arabes
nomment ^\j^\ contraires, malhem*etisement trop nombreux dans la langue
et ayant des significations diamétralement opposées. Sur 3y^ Y. wLJ;^
dU^VI Ëdit. Houtsma. p. 29. etc.
Tartarie ( V. Bost. s. v. ). De S y* on a formé le verbe
dy* donner le titre de mollah (Cfr. Ibn Ôobair Ed.
Wright, p. 299. et Gloss. sur le même auteur p. 54. )
Momie. Esp. et Ptg: momia. Ptg : mumia. // : mummia;
de i~.j^ nioàmia ou L«^ moumiâ, (i) qu'on dérive de l'a-
rabe persan ^^ moâm, cire. (V. Istakhrî; 1 50.} La L._^* est
une substance commune en Egypte dont on se servait pour
embaumer les morts; témoin ce passage d'Ibn el-Beithâr:
jù::j" Vj ULtf **aU*-l iii^ ^ ^^y • j*^ ( 2 }. La momie
des tombeaux se trouve abondamment en Egypte. C'est
un mtilange avec lequel les Grecs Jadis embaumaient
leurs morts pour les conserver et les préserver de toute
altération » {3). « La Munimie minérale, dit Hasselquist,
est une substance bitumineuse, luisante, friable, noire et
presque sans odeur.... Les Egyptiens prétendent que
c'est un vulnéraire excellent. Us en composent un on-
guent en la pulvérisant et la mêlant avec de l'huile de
senteur. Cassez la jambe à une poule; oignez-la avec cet
(1) M. lie Eguilaz distingue nettement les deai formes; L^ji serait le
piaBaphaltc et Lj>>> la momia égyptienne. Sans doute le savant pi'ofâa-
aeui' duit avuir ses raisona pour faire cette dietinctioii. Moqaddasi a encore
•"Ci-j^ (428). En Pei'san \^y, a le aend de pétrole. ( V. Berge ),
'(2) V. ols^ d'Ibn el-Beithâr IV. p. I69.{édit. deBoulac) et laremai'-
([im du D' LëcIbpc dans la traduct. du même auteur n" 2190.
(3J \'. Dict. DéterriUe s. momie et Reiat. (CMdellatif. p. 201.
MOUC 169
onguent, et si la Mummie (i) est véritable, elle sera gué-
rie au bout de trois heures. » (II. i02). On trouve aussi
la forme tSL^/* dans Istakhrî, Tha'âlibî (Latâïf) etc.
Mosch. Plante originaire d*Asie. La semence s'appelle
ambrette, graine musquée, et aussi abelmosCj de dXJiJ Lj>.
habb ahMisky litt. graine de musc. Mosch est la tran-
scription de dLw«. misk. Tournefort appelle cette plante :
Ketmia Egyptiaca semine moschato. Rochefort et le
• P. du Tertre l'appellent herbe au musc.
Mosette ou Mozette. Voir Aumusse: c'est le même
mot, moins la syncope de l'article a/.L^aumusse ou aulmu-
ce était une sorte de coiffure en peau. Sous Charles V
(de France) on rabattit l'aulmuce sur les épaules, et on
commença à se couvrir la tête d'un bonnet.
Mosquée. Esp : mesquita. // .• meschita. Vieux franc.
meschite,. musquette. De j^^ masgid, lieu où l'on se
prosterne, où Fon adore.
Moucre. De Monconys écrit moukre, orthographe sui-
vie par beaucoup d'auteurs. Esp : almocrebe. Ptg : al-
(1) Dans son Voyage d'Orient le R. P. Philippe de la Très-Sainte Trini-
té explique bien autrement la formation de la momie : « L'on rencontre en
divers endroits de ce désert (Arabique) quantité de collines de sable... Les
passants en sont quelquefois ensevelis, et de leurs corps desseichez par le
sable se fait la Mommie que les Arabes trouvent lors que les vents empor-
tent delà ces collines.» p. 75.
I70 MOUC
mocreve almucreve, almoqueve, almoqueire; de cSj'SÛII
al-moukârîy (i) part. près, du verbe iSJ^j louer (des
montures) :« Ù^JSCTI ^ ^o^ly i^ Jcj ôy^^ A^ J^b
vljlLi-lj ùv».^b . Il défraya Mâmoûn, ses généraux et
jusqu'aux moucres, matelots et portefaix. » ( Mas'oûdî.
Prairies d'or. VII. 66). Le pluriel populaire \j^ , fnou-
kârî/é, est déjà dans Ousâma ibn Monqid : î-.jrjl ^^oa^
Cjltrb \jIs3l Ij » (p. i8). Le français moucre a négligé
Taccent tonique arabe ; c'est le portugais almoqueire
qui se rapproche le plus de (ijlS^fl prononcé vulgaire-
ment almokérî^ en donnant à IV la valeur d'une longue
bien marquée. A moins que moucre^ ne dérive de j^
moukrj qui loue, qui donne à louage (Belot) forme qui
n'est plus employée par le peuple, mais qui a pu l'être ja-
dis ; témoin ce passage des Mémoires ( 2 ) d'Ousâma ibn
*■■ ' ' ■— — ■ ■■■■■■ ■■ — ■ .11 ■ ^ ■»■-■»■ M , !■ I . ■ , ■ ■ . ■ » , , ■- - — ■ *
( 1 ) Devic traduit ^f j6C« par conducteur ou loueur de chameaux. Cette
traduction peut se justifier. Pourtant il est remarquable que dans la prati-
que on distingue constamment le moucre du chamelier : le lecteur a déjà
pu le remarquer dans le texte d*0usàma. Cette observation n^a pas échap-
pé au Comte Carlo de Landberg: «Le chamelier, dit-jl, n'a jamais le nom
de moucre, trop bas pour son rang et sa noble monture. » Et il cite la fière
réponse que lui fit un chamelier : « jik3 Jl^Cj jU3 ^JsS; jfù 4>i5C» U ^ • Nous
autres ne sommes pas moucres; nous traversons les déserts, et nous char-
geons un quintal.» (Prov. Arabes. 204*) Ce livre est rempli d'obser-
vations de ce genre, qui dénotent une profonde connaissance de la vie des .
Arabes. Que ne pouvons-nbus le louet sous tous les rapportai
{2) Editées par Hartw. Dérenbourg. p. 59. Ces Mémoires sont écrits
dans un style tout-à-fait populaire.
MOUS 171
Monqid, émir contemporarn des croisades.: « Ji tSjlj
\\f\ ^ (il iLi 6tjt 4I Jli Ul^ ^j , il' loua le mulet
d'un chrétien, nommé Yoûnân, qui le conduisit à Tendroit
convenu ».
Mousselin. Lieutenant d'un pacha. (Bouillet. Scienc.)
De JL* , mousallim, part. prés, de Â^ sauver. C'est
le nom donné autrefois au gouverneur d'une ville (i) par
délégation, ou au sous-goûverneur d'un district. La forme
régulière est Aji* , moutasallim^ mais dans la pratique le
Cj t se supprime. Presque toujours la forme jiuJ devient
ji dans la bouche du peuple, qui cherche à simplifier.
La langue écrite connaît aussi cet emploi.
Mousseline. Esp: murselina. P/g : musselina. Val:
mosolina. Maj : mossolina. It : mussolina de ^^y
mausilîj adjectif de J^jl' almausil, nom de la ville de
Mossoul. Quand d'Herbelot écrit moussai il veut sans
doute reproduire la forme vulgaire ^'y mousallî, (2)
mossoulin. Les fabriques de Mossoul étaient célèbres
pendant le moyen-âge non pas seulement par les «draps
( 1 ) « J'avais une lettre pour le Muselem c'est ainsi qu'ion appelle en Tur-
quie le commandant d'une ville » Hasselquist. I. p. 59.» D'Arvieux se rappro-
che plus de la forme arabe et écrit mutsallem et mutsellem: «le mutsellem
fait toutes les fonctions du Gouverneur quand il est absent » VI. 429.
(2) Qui a donné naissance à des noms de familles originaires de Mos-
soul. Le nom de J^y est commun en Syrie. :
de soie et d'or qu'en appelle mosulen » (Marco Paolo)
mais encore par des étoffes légères comme nos mous-
selines (i). Ce dernier mot est traduit par J-«_^ dans
Bocthor, Heury etc. D'autres traduisent mousseline pw
J.\t . Ces deux mois J^-j^ J-U se rencontrent fré-
quement ensemble. Ce qui ne peut que confirmer l'étymo-
logie arabe de mousseline. Rappelons que dans les Etats
Latins du Levant les Moussoulins ou Mosserins tenaient
le premier rang parmi les négociants indigènes. (2)
Dans les Mille et une Nuits les 3^1^ ou marchands de
Mossoul jouent également un rôle important. C'est le
déguisement que prend le calife Harôun pour faire ses
tournées nocturnes dans Bagdad. (V. Bâsim le Forgeron.
Manuscrit de l'Univ. S. Joseph, folio. 2. recto).
Mousson. Esp : monzon. Ptg: mouçaô. Il .-mussone de
rt—^ mausiin, prononcé quelque fois moâsim (j), époque
fixée, fête, foire (4}. «On appelle mausim en Yemen le
temps de l'année, qui comprend les 4 mois d'Avril, May,
(1) Cfi: Dozy, Suppl.et B.ej. Colon franques. Chap. Commerce pasj.
(2) iieji.ibid. p. 199.204.
(3) Comp, J^fyt , nom de la ville de Moaaoul, prononcé mouSel au lieu
de mausel. — h Mousson, mot qui vient de l'arabe et signifie saison parce
que ces vents aoufSent S mois dans un sens et six mois dans l'autre, a
Arago. IV. 585.
(4) Comme la foire de liiSCs ■ Oh: Aghani éd. Salh. D. 262 et pass.
MUFT I7Î..
Juin et Juillet ; c'est alors que les vaisseaux des Indes
ont coutume de partir.» (Niebuhr. Vb/, Arab. I. J51).
En Syrie ^y signifie moisson (i), récolte, spécialement,
récolte des vers-à-soîe. Il signifie encore saison. Ainsi on
dira: Xa^^J^\^y^ , la vigne a bonne apparence; la
récolte des raisins s'annonce bien, (V. l'Introduction:
lettre ù).
Mozarabe. (2) Esp : muztarabe , muzarabe , mozarabe.
Ptg^ et Cat : mosarabe. Val: moçarab, musab. — Ce nom,
dit Engelmann, désignait les Chrétiens vivant au milieu
des Maures, et en particulier ceux de Tolède « Ego
Adefonsys ad totos Muztarabes de Tolèto tam caballeros
quam pedones » ( dans Munoz ). De ^^^CL^ mousta^rib,
arabisé. On sait que les Arabes se divisent en îjW
'âr/^a, i%^ » monta' arriba^ et î^nlw* mousta'rïba. Ce
dernier terme désignait les descendants d'Ismaël fils
d'Abraham, qui étaient venus s'établir au milieu des habi-
tants primitifs de la Péninsule Arabique.
Mufti ou Muphti. Esp. et Ptg : mofti. Ptg : mufti, mu-
phti. Cat : musti ; de ^^ moufti^ jurisconsulte, celui qui
(1) On aura i^emarqué la curieuse i^ssemblance de ces mots. Je serais
d'ailleurs embarassé de rattacher ^y^ à une racine arabe. '
(2) Les anciens dictionnaires français ont encore musarahe^ et mesa"
rabe. (,V. Introd.).
[
. 174 MULA.
«
rend d'après le texte de la loi des décisions juridiques (i )
pu (Syi fatwâ. Ce dernier mot prononcée la turque est
devenu Fetva^ qu'on écrit aussi Fetfa. « Le mufti à donné
un Fatoué ou commandement, par lequel il déclare qye
selon la Loi etc. » D'Arvieux VI. 367. — « Aux obsèques
du Sultan Mourat le muphti fit une oraison fiinèbre, et
après chanta avec les Imans les prières ordinaires pour
les morts. » Du Loir. p. 1 20.
Mulâtre. Esp. et Ptg : mulatto. Dans Trévoux on trouve
mulat^ mulâtre j mulatte. « On appelle jijA , mouwallad^
celui qui est né d'un père cirabe et d'une mère étrangère,
ou d'un père esclave et d'une mère libre. C'est, 'je pense,
de là et non de mulus que vient mulâtre » (de Sacy. chrest.
ar.). Voilà l'explication généralement admise (2). Dozy la
repousse sous prétexte que jJ^ n'a jamais désigné un
' mulâtre. Effectivement les dictionnaires de la langue clas-
sique ne donnent pas ce sens. Mais J^y s'est dit d'un
enfant dont le père ou la mère étaient de condition ser-
vile, ou bien d'après Ibn-Qoutaïba «d'un esclave né dans
votre maison», par opposition à Julf (3); de là, au sens de
(1) Syn.Arah\f 962.
(2) Par Defrémery, Engelmann, Devic, Egiiilaz.
(3) Esclave [acheté jeune et qiii grandit chez voua. V. Synon, Aj-ak
n» 179.
MUSC 175
mulâtre il n'y a pas loin. Car les esclaves nègres étaient
nombreux en Arabie, comme l'attestée Moqaddasî. (59.
lig. 18.) Bocthor, Beaussier, PauJmier (i) ne font aucune
difficulté de traduire métis ^ mulâtre para!"j>« (2).
Musacées. Famille de plantes dont le bananier est le
type. M. Devic prouve pertinemment que ce mot est
Tarabe 3^^ , mawjf , S3^ mau^^a, bananier, latinisé par les
botanistes sous la forme de musa. Cette plante nous est
venue de TOrient, où sa culture était fort développée
dans les principautés franques (3). En Egypte avec les
feuilles on faisait du papier. Les Malais allaient plus loin ;
ils s'en servaient comme de papier à cigarettes. Ils y
enveloppaient les pains de sucre, pour être expédiés en
Europe (4).
Muse. Nom donné à quelques figues d'Egypte plus
douces que les autres ( Litt. ) vient évidemment du même
mot (M. Devic). Cela paraît au moins très probable.
Musc. II ne vient pas de l'arabe dL^^ miskj comme
(1) Et le p. Belot dans son Dictionnaire Français^Arabe (en pré-
paration ). /
(2) V. Dozy Suppl, s. v.
(3) Jacq. de Viti7. Ap. Bongars. p. 1099. — « Musa : plap*e qu'on
appelle Bananier dans les hles de T Amérique... le fruit est appelé amusa
ou musa par les Indiens. » Dict. de Trévoux.
(4) Du Tour. Dict. d'His. Nat. II. p. 537.
L
1 76 MUSU
pense M. Gasselin, mais du lat. muscum (i). L'arabe
dL^ est d'origine persane [Mu'ar. 143) ^-IJI • dU'j
«^ • •• ^
Musulman. f's'yD : mosolîman, musulman. Ptg : musul-
mano. La plupart des étymologistes se contentent de dire :
« de JLI4 mouslem, au pluriel : ùu-l— • mouslimîn , qui
fait profession de l'islam » (2) Cette explication ne rend
pas compte de la terminaison an. Musulman nous a été
transmis par les Turcs, qui disent vulgairement ûLL^
mot qu'ils prononcent musulman et qu'ils emploient
comme un singulier. (V, Did. de R. Youssôuf). Ils l'ont
emprunté aux Persans qui disent ùUlw/ mosolmân\
(V. Berge. Dictionn. Persan. Français). C'est de l'a-
rabe ^Ll« mouslim, que dérivent directement les formes
espagnoles : musolîme, muslime, mu^lemo, moslemita.
(1) Oa inuscus qui est dans Arnobe et Apulée.
(2) Islam transcription de ji^l islam, litter. résignation '( à la volon-
té de Dieu). On en a formé un adjectif: Islamite (V. Engelhardt. La Tur-
quie et le Tanzimat) Cheikh ul-is'am est la transcript. de ^>L.V» ^ui? 1^
chef de lïslam. /
NABA 177
N
Nabab. Esp. May, : nabab. Esp. et Ptg: nababo; de
Tarabe ^\y nowwâb, pluriel de ^t nâUb , lieutenant ,
vice-roi. Le mot a été emprunté par les Portugais à
Thindoustani. Or dans cette langue, remarque de Sacy,
on emploie souvent des pluriels arabes, comme des sin-
guliers. Comparez Omara ( écrit plus souvent omhra ) de
•j^l omarâ\ pluriel de jul amîr, prince, qui est devenu
dans l'Inde un nom de dignité : « VOmkra est obligé de
fournir deux chevaux à ses soldats. » P. Catrou. Comme
l'a fait observer M. le comte C. de Landberg, (i)«la
plupart de ces singuliers ont été formés sur un sol étran-
ger par des peuples, qui comprenaient peu la langue ara-
be . » (2) Voy. Raia.
Nabathéen. Adjectif de Ja^ nabai, nom que les Ara-
bes donnaient à certaines tribus, qui n'étaient pas d'ori-
gine arabe. « Quant à moi, dit Palgrave {V Arabie cen-
traie. II. 213), je verrais dans le mot Nabathéens moins le
(1) Proverbes Arabes. P. 195.
(2) C'est ainsi qu'au moyen-âge des pluriels latins neutres de la 2°^* dé-
clin, étaient considérés comme des singuliers et traités en conséquence ;
par ex : folia, poma, libra etc. {Nouv. Gramm. franc, par Chassang, p. 37).
12
1 78 NAFE
nom d'un peuple qu'un terme de convention. Les Syriens
et les Arabes appellent ainsi toutes les populations qui
habitent la vallée du Tigre et de TEuphrate quelle que
soit leur origine. »
Nabca, Esp. et Ptg : anafega. Fruit d'une espèce de
jujubier, ayant la grosseur d'une cerise^ de SJ nabiqa,
et nibqa^ nom d'unité de j^ nabiq. Chez les Arabes,
c'est le fruit du jju sidr^ : « ij^l\y <i jjjtjl j-^ (i^j^ Jr"
jjlJI s^ S^ ybj^ » (Moqaddasî. 204. lig. 6). Freytag
l'appelle Rhamnus nabeca, et les Botanistes Rhamnus
SpinaChristu «Il y a toute apparence, dit Hasselquist
(IL 91.) que c'est l'arbre, qui fournit la couronne d'épine,
que l'on mit sur la tête de Notre Seigneur (i) » Sur les
discussions soulevées à propos du nabca V. Relation
d'Abdellatif. j 0,60 et 69, et traduction d'Ibn el-Beithar
N° 1165.
Nafé. « Depuis un certain temps le charlatanisme a
prôné une pâte, un sirop dits de nafê^ nom arabe. Ces
préparations sont composées avec le fruit de la ketmie. {2)
On connaît les propriétés adoucissantes de cette plante;
mais il n'était pas besoin d'aller chercher un nom arabe
( 1 ) Le voyageur suédois écrit aussi nàba^ peut-être d'après la pronon-
ciation levantine et égyptienne du j q. (Voy. introd. lettre J .)
(2) Plante; de ^Ja> Khatmi ou KhiimU même sens.
NARG 179
- — ^m*
inconnu, pour servir d'appât à la crédulité publique. » (i)^
••
Nafé vient, non de l'arabe ^ nafha, odeur, mais du per-
san 4it naféj qui est peut-être le même mot, et qui si-
gnifie vésicule de musc. (Devic). L'arabe î# nafha a for-
mé aussi naffe (eau de), en espag : aguanafa, nafa et nefa.
Aguanafà est un mot hybride composé de Vesip:agua,
eau, et de nafa représentant Tarabe ï# (V. Eguill. 69.)
Narghileh ou Narguilé. Ce mot est proprement d'o-
rigine persane. L'arabe J^jt nâragîly vient du persan
Ji^t nârghîl, eF signifie noix de coco, et ensuite la
pipe orientale nommée narghileh ( ^U-jt nârgîlé ), non pas
comme on l'a écrit, parce que la capsule qui renferme le
tabac est formée d'une noix de coco, ce qui ne serait guère
pratique ; mais parce que, au lieu du flacon de verre ou de
cristal, destiné à contenir l'eau, on se sert souvent d'une
noix de coco ou d'une boule en métal, ayant la forme de
ce fruit (V. Proverbes arabes. Landberg. p. 69). Cette
pipe est vulgairement appelée en Syrie <l5jl nrkhîlé, mot
où la forme persane est à peine altérée, (2) Niebuhr écrit
(1) DtctioD.des Sciences, PrivaUDeschanel et Focillon.
(2) Dana le Tour du monde l^ sem. 1861 M. Spoll parle d'une pipe
syiienne appelée chuchet, qu'il compare au narghilé. Est-ce de ujui.
thkhé^ narghileh, ou de houka (mot francisé, du turc d> ) qu'il veut
parler ? M. Spoll estj peu exact dans ses^ transcriptions. Il l'est encore
«jrSS^I any^ïr^, c'est probablement »jf'j\ arkîré, qu'il faut
lire. [Description de l'Arabie. TA. 8j}.
Natron. Esp '■ anatron. Val : anatro ; de ^ij» nairoûn ,
soude carbonnée native. « Je partis pour aller voir le lac
de Nilrie ou Natron. On y tire tous les ans 36 000 quin-
taux de nairon pour le Grand-Seigneur.» (P. Sicard. Lett.
édif.ï.^^g.)
Nébulasit. Etoile |5 de la queue du Lion. C'est une al-
tération de J--VI ^'i danab ulasad, queue du Lion, où
la première syllabe a disparu comme dans MarfiU Compa-
rez Kalbélasit (de j^-VI wl* , cœur du lion) nom que les an-
ciens traités d'astronomie donnent à l'a du Lion ou Ré-
gulus (V. Régulus.)
Nems. Nom imposé par Buffon à l'ichneumon ou man-
gouste d'Egypte; de ^_ ni'ms, même sens. (i). Cet ani-
moins dans les déta,ils qu'il donne siir Beyrouth et le Liban. uSaonin,
point 1q pius élevé du Libanii {p, 2). «les Pina plantés par Faklir
âl-Dio.i) (p. 3) qoaad Edmi et Guiii. de T<fi' en pai'Ient. « Chapelle
(fothique (?) dédiéa à S* George » ( p. 8. jaNahi- ei-tifian (sic,)» tout
cela au sorlir de Beyrouth, { p. 9 etc. ) Un Toyage plus récent ( Tour da
Monde. IS^O I" aeraestra) ne manque pas non plus d'erreiu's de ce
genre. La fable de la forêt île Pins, plantée par Fakhr ed-din, est l'epro-
duite: à la p. 180 on est étonné d'apprendre que Beyrouth possède
oun liôpltal ti-èa bien tenu, édifié par les dames de Nasaretk» etc. U
y a peu dis récits de voyages en Orient, où l'on ne puisse i-elever des
inexactitudes encore plus graves. Le malheur est qu'on continuera à les
citer comme des autorités.
(!) Si/nort. Arab. o." 1489. o JVemj, nom égyptien de la mangouste
d'Egypte.» (Déterv.)
L
NÉNU i8i
mal est longuement décrit par Damîrî qui ne manque pas
de lui attribuer les plus curieuses propriétés. « Les Fran-
çais établis en Egypte Tapellent le Rat de Pharaon. Il y a
apparence qu'ils ont été trompés par la ressemblance
qu'il a avec le rat ordinaire par son poil et sa couleur....
Les Arabes ne l'appellent point Phar, rat, mais Nems. »
(Hasselquist. IL 5 .)
Nénufar. Esp, Cat et Ital : nenufar. De l'arabe jyj^
nînoûfàr ou naïnoûfar^ qui est dans Moqaddasî ( p. 44} ),
Mohît, Belot; ou de y^ nîloâfar, comme écrivent
al-Bîroûnî ( i ), Ibn el-Beithâr, Syoûtî iôyA\jiS:f\ ) et la
plupart des dictionnaires arabes ou persans. Au lieu de
jyi ou yjU , on trouve parfois jy noûfar : c'est un mot
d'origine persane dont nos botanistes ont fait Nuphar^ (2)
« genre de plantes de la famille des Nymphéacées» (d'Or-
bigny). Le nuphar jaune abonde dans les étangs et ruis-
seaux de la France.
M. Devic suppose que y>U est un « composé de JJ
nîl^ indigo (3) et jy noâfar. )> Celte hypothèse est plau-
(1) AlberunVs India, édit. Ed. Sachau; texte arabe p. 195. On y trouve
aussi la forme jd^ » ainsi que S^jLJ et ùCy^U
(2) Dans Ronsard on trouve « le blanc neu6rt »; citât, de Littré.
(3) D'où Anil (V. plus haut). Cfr. ce texte de Moqaddasî : ^Jl-oi-^j
i82 NICH
sible ; à moins qu'on ne préfère voir dans yjU le noùfar
du Nil. Les fleurs dû nénufar sont appelées JJI ^\f
famées du Nil; et l'on [sait que cette plante était sacrée
pour les anciens Egyptiens^ qui en ont couvert leurs mo-
numents.
Neskhi. Transcription de ^^ naskhî. L'écriture
neskhi est plus simple que le divani ( cil^»^ ) qui est
celle du Divan ou chancellerie ottomane. Ce nom lui
viendrait de ce qu'elle est surtout employée dans les
transcriptions des copies, de >^ transcrire (i). On l'ap-
pelle aussi ^^.!X^ kanâïsîj (écriture d'église) , parce que
les livres des offices dont on se servait dans les églises
étaient de cette écriture simple et courante. Au lieu de
neskhi Trévoux a neskré, forme à rejeter.
Nichan. Décoration turque. Du persan oLîI nichân ,
marque, insigne, employé par les Turcs dans le sens spé-
cial de décoration (R. Youssouf), et que les Arabes
De ce ijjjv lâzoward, (98.1.10,) n^jjjS ij\S'iijijsû^ ^fiïl I4L5Î ^.J^ \ja
lâzaward, écrit aussi ^j^V vient notre mat Azur ; le / initial reparait
dans (( lapis lazuli ».
(1) «Amba Kirollos parait avoir une cinquantaine d^fuinées... Avant son
élévation au patiiarcat il se nommait Johanna^el-nassekh ( Jean rEcri-
vain). C'était un habile copiste.» P. Jullien. S. J. Voyage dans la Basse-
Thébaïde.
J
' NUQU 183
, ■ Il ■ Il - ■ ■■■ ■ I * ■ -
transcrivent OÛj^ nîckân. (V. Heury etc.)
Nizéré. Essence de roses.' De Co^ nisrîn, rose
musquée, rose pâle ou rosa canina. Les auteurs arabes
ne la séparent presque jamais de ju^\jàsimîn^ d'où nous
avons fait Jasmin.
Noria. Esp : noria, nnora, anoria , anaora , alnagora.
GalL : nora. fV^; nora; de Sj^b nâ^'oûra^ même sens. Il
est curieux de voir le Syrien Moqaddasî se croire obligé
d'expliquer Sj^t par v-^Vji ( i ) quoique Sj^^k ait tou-
jours été d'un emploi fréquent en Syrie. ( V, Ousâma ibn
Monqid. p. 105.) Le terme arabe est d'origine araméenne
ou hébraïque (i) et n'a probablement rien à faire avec la
racine arabe jH dont Devic le rapproche ; Sj^t étant ^
aussi bien connu au Maghrib (V. Iba Batoûta L 142. 143
IV. 222, etc.) et en Espagne (V. P. de Alcala).
Nuque. Ce mot a été employé par les anciens méde-
cins dans le sens de moelle épinière. Bochart et Du
Cange avaient depuis longtemps assigné une origine
arabe à ce mot (2). Effectivement ^ nokhâ' signifie
(1) Sur la différence des deux termes V. Syn. Arab, iV° 1401. « Juxta
flamen Toleti et in ipso Humine molendinum aut alnagora sive piskera
©dificare qui sierit. » Texte de 1 1 1 8. • ^
(2) C'est aussi l'avis de Defi^émai'y et de Devic.
t
L
184 NUQU
moelle épinière. On trouve aussi 9^ avec un fa^a sur le
noun. C'est sans doute le nacka de nos anciens étymoio-
gistes.
Quant à dériver nuque du néerlandais nocke, colonne
vertébrale, (ijne^f:, nuque, la chose souffre beaucoup de
difficultés. (Voy. Littré. j. nuque).
(1) Coiiima le propose Braeliet. Diction, étymologique
OLIB 185
Ocque. Poids usité dans l'empire ottoman. L'ocque
est « la douzième partie du ratl ; îJjl jts^ Lîl jLj Jp • ^^
(Moqaddasî. p. 182. 1. 2.) De îi>l oâquîa, et iJj , même
sens ; ou plutôt de la forme vulgaire Sjl , oûqqa, ( le turc
dit Jjl ) . Sur l'origine de ïJjl • V. Aram. Fremdw.ip. 201
« Ce nom de poids, dit M. H. Sauvaire, me paraît relative-
ment moderne, et il était inconnu à l'époque de Mahomet :
les lexiques arabes n'en font aucune mention» (i). En
Syrie SI est un demi-ratl et ïi^l le 1 2™® du ratl.
Ogre. M. de Eguilaz dérive l'esp. ogro de Jy- ghoûl,
sorte de démon qui dévore les hommes, et dont nous
avons fait Goule. Mais le mot arabe ne rend pas compte
de Vo initial. Il semble préférable de dériver ogre du
latin orcus ( Brachet D/c/. étymoL).
Oliban. Encens. Terme de Pharmacie Je pense avec
M. Devic que le mot dérive de ûtill al-loubân, même sens.
Vo du commencement représenterait l'article al devenu
■ ■ I - I I I - m \rm m - - - - 1 " ' - !■-■■-■ ■ , , _ — "
(1) Journal Asiat. Mai. 1885. p. 500. xjîji est dans Ibn Doraïd. u^lsT
oi2:iVI » 188. Bokhârî.1. 355. Qâmoûs. etc."
i86 OLIB
« - - -
ol. On a des exemples de ce changement, entre autres :
le mot Olinde ; la forme olmaji à côté de almafi ( V. Mar-
fil). «L'Olibanum ou encens, dit Hasselquist, croît dans
les deux Arables, d'où on l'apporte à Giedda qui est le
port de la Mecque ». ( Vo/ages II. 96). « L'encens de
Mahra (en Arabie), au rapport d'Ibn Hauqal, était trans-
porté dans l'univers' entier ; ^ JliVl cil J^ cSÔ!) ùliib
«4» <2Ju^ fj^^J ^\^ (p. 3 2. 1. I }• ) Chercher dans Oliban,
oleum Libani n'est pas sérieux puisque le Liban ne
produit point d'encens. û^J a encore donné naissance
à un autre mot français Benjoin. Esp: benjui, benjugi.
Ptg : beijoim, benzoin, beijuim. En arabe le benjoin se dit
ISj\^ ôU lobângâwî (i), littér. encens Javanais. Le meil-
leur benjoin nous venait de Sumatra appelée SjU Gâwa^
par les géographes Arabes. Le témoignage d'Ibn Batoûta
est formel sur ce point. (IV. 228). L'île |de Java est ap-
pelée par lui ajU ^y Mol Gâwa ou la Gâiva primitive (2).
Le R. P. Philippe de la T. S. Trinité l'appelle toujours la
Grande Jave. Voici ce que ce missionnaire dit du benjoin :
«Aux Royaumes de Sian, de Camboïa, de Pegu, et aux
autres voisins il y a des arbres fort hauts (j), d'où distille
( 1 ) Au moyen de l'imalé lobén géwî V. Dozy Gloss. 239.
(2) Traduction Defrémery. IV. 239.
(3) Ibn Batoûta les dît au contraire petits. IV. 240.
OR AN 187
la gomme odorante, que Ton appelle vulgairement
Benjoin; la plus excellente est la noire.» Voyage en
Orient, p. 395, (Voy. Introduction. Damma, note.)
Olinde. Sorte de lame d'épée très fine. Olinde repré-
sente bien l'arabe Jiil al-hind, les Indiens, qu'il faut mettre
à côté des formes esp : alinde, alhinde^ aUiynde. On sait
combien les lames indiennes ou, si l'on préfère, les épées
faites avec le fer importé des Indes (i), sont vantées dans
les documents que nous ont laissés les anciens Arabes. La
multiplicité des formes qu'ils employaient pour lesdésigner
suffirait seule à le prouver: Jiy mouhannad, c5-^. ? hindî^
tîljoiA hindwânî, se rencontrent souvent dans les poètes
antéislamiques. (2).
Orange. Esp : naranja. Cat : naronja. Ptg : laranja. It :
arancia. Vénitien : naranza. Grec mod. pe^ôipx^ty de /yt
nârangj en persan dfcjt , même sens. Orange à été altéré
par l'influence de or ou de awrwm. On trouve aussi ^jV
lârang^ d'où le ptg^ : laranja. (V. Introd. Ov^ote 3) Il
(1) V. Journ. As. 1854. Janvier, p. 66, et la traduction du Divan d'al-
Uansâ p. 128.
(2) Ajoutons que la plupart des armes ont été empruntées par les Ara-
bes aux peuples qm les entourent et gardent dans les noms qu'ils portent
des traces de cette origine. L'arc et la lance sont des armes vraiment ara-
bes. On ne pourrait être aussi afifirmatif à l'égard des autres.
i88 ORAN
n'est pas inutile de rappeler que les anciens ne connais-
saient pas Torange (i), que son introduction en Europe
par les Arabes n'est pas antérieure au XI"^® siècle. Aussi
a-t-on remarqué avec raison que la fable du jardin des
Hespérides doit concerner un autre pays que le Magh-
reb[2)o\x un autre fruit que l'orange. Bodée pense que
les fameuses /?om/72^^ étaient des coings, malum c/donium,
li^Xop %v8fipiop. On pourrait y voir aussi des cédrats, fruits
bien connus de l'antiquité; la Bible en fait mention, tandis
qu'elle ne dit mot des oranges.
( 1 ) Ce qui n'empêche pas Quicherat de traduire orange par malum au-
reum qu'il attribue à Varron et à Virgile. Ce poète n'en a pas parlé. Au
lime ^ypQ jjgg Géorgiq. v. 1 26 c'est le citronnier ou le cédratier qu'il décrit.
Les maîa aurea de la 3"°* Eglogue ( v. 71.) sont probablement des coings.
Au témoignage de Mas ^oûdî, le calife al-Qâhir possédait «un petit jardin
planté d'orangers qu'il avait fait venir de l'Inde, par la voie de Basra et
de rOmân; j^) c^^ji ^ J^ C^ ùUpj v^I c/" ^' à^J ^J^^ ^ ^J' «^^^
( Vm. 336 ).
(2) Suivant Qoutsami, un des auteui's cités dans V Agriculture Naba-
théenne «l'orange est originaire de l'Inde, cultivée et venant bien dans la
plupart des pays, ceux sui'tout qui inclinent vers une température chaude*
JjJI Jl XJLAll l4- olJdJI J 'Uiii 7t\Âij '^xj^ CjU «sùjUI».
L'Agricultui»e d'Ibn-Awarn dit de même que Toranger est un végétal
indien (v. Limon). Cet arbre originalité de Médie s'est introduit en Arabie
au IX™* siècle; de là il a passé en Syrie, en Egypte, et dans le reste de
l'Afrique Septentrionale o'*-j pjjJ SiL-J^UÎl jm, j^\ J^J'o^ v^ îîwjU) j^
. . . ylii\ >3I ^» \t^J:^j-^^J^i tr-l^l jj> J JS'J^ >iU.ÎIj Ji^lj" IrôJI J^JSJ'J
^^*l^j -^*iûir ^jy^oAj CfylxJ^j ( Prairies d'or IL p. 438 et VIII. 336,)
PAPE 189
P et Q
Pacha. Le mot vient du turc lib pâchâ. Mais les formes
Bassaj Bachuj Bascha^ qu'on rencontre dans les auteurs
et surtout dans les récits des voyageurs sont dues à l'in-
fluence de l'arabe qui n'ayant pas de p prononce liL
bâcha. Même remarque pour Babouche ( pantoufle ) de
l'arabe J^y\ , bâboâch, ou ry}» bâboâg (V. Dozy suppL)
qui dérive lui-même du persan J-yl) , pâpoâch. Autiernier
siècle on écrivait papouche et pabouche. Cette dernière
orthographe est celle de Galland dans les Mille et une
Nuits. En décrivant le costume des Arabes, d'Arvieux
ajoute : « Leurs babouches sont des espèces de pantoufles
de maroquin, qui leur tiennent lieu de souliers, qu'ils
quittent quand ils veulent s'asseoir. » ( T. V. 288 ).
Papegai ou Papegaut. Esp : papagayo. Ptg: papagaio.
Cat : papagall. It : pappagallo Vieux franc : papegault ;
de •U^ ILj (i) ou oli-) babaghâ (2). Le peuple dit encore
( 1 ) x^l %^Jb»fr p. 1 1 5 Chams ad-din Ad-Dimachqî.
(2) Albîroûnî; Mas'oûdî, Prairies d'or, III. 56. écrit u-< plur. ^l^. Voici
un passage de Qazwîni sur cet oiseau ^L-:JI y^'^r^ : J^^ ùtJj . • • ( U-P* )
*?»jft-» '3jj>J^ ^\lj '«Un/» i^jJi Vj '•ju»d . M. Devic a déjà relevé Tét range
190
PARA
JUlT babaghâl, auquel semble se rattacher le catalan et
ritalien. Quant à la forme J^, ou même 0^. ©lies sont
employées en Egypte. Bocthor a noté la première. Buffon
• a donné le nom de Papegaik un groupe de perroquets
exclusivement américains, distincts des autres espèces
en ce qu'ils n*ont pas de rouge dans les ailes (i).- Le
célèbre naturaliste ne fut pas plus heureux -en cette occu-
rence que lorsqu'il imposa le nom à^alga:{elle à une
espèce qui ne diffère pas de la gazelle proprement dite.
Les Arabes tiraient leurs perroquets des Indes. Mas bûdî
nous représente le calife Al-qâhir dans son bosquet
d*orangers où Ton avait réuni « les perroquets etc. ame-
nés de .tout pays; ;U^VIj siiHJll ^ <Jl vJU- Si t liJIj
(VIII. 337).
Para. Ce mot dérive du turc-persan © jb pâra^ en arabe
S jl bâra. Il n'est pas inutile de faire remarquer que le
para ne vaut qu'un demi-centime et non pas 4 centimes,
comme le prétend M'^ Devic dans son Glossaire. En
Orient n^ avoir pas un para est synonyme de n'avoir pas
étymologie de M. Génin (L4â8). «Le papegault a certainement (!)reçu
ce nom de ce qu'il pape.,.)^ Oh! si Ménage ou Trévoux avaient fait
cette trouvaille, comme M'. Génin aurait ri des Révérends Pèresl M. Génin
ne doute pas, n'hésite pas. « En vérité, il serait bien utile d'hésiter quel-
quefois», comme le spirituel auteur l'a dit ailleurs. Le flamand a
Papegaaù
(1) Dict. d'Hist. nat. (d'Orbigny.)
PATA
191
un liard. « Le parât vaut en Candie six liards de France...
A la Canée on en donne 44 pour Tabouquel ou piastre
d'Hollande» (Trévoux). Actuellement le para est la qua-
rantième partie de la piastre turque, dont la valeur va-
rie souvent; elle est à Beyrouth de 18 centimes 1/2.
Pastèque (i). Il est admis que les mots esp. ou ptg: albw-
dega^ albudieca. pateca représentent ^fe^l , a/-^?tU>Aa,
prononcé vulgairement albattîkka ou battech, comme é-
crit Hasselquist (Voyages. H. 88), avec un fatha sur le V
b. Je n'hésite pas à assigner la même origine à pastèque.
(V. Introd. Obs. gén.) C'est aussi l'avis de Clément-Mul-
let (2). (Voir l'article de Devic, qui conserve des doutes
à cet égard).
Patache. Anciennement : vaisseau de guerre rond et
de haut bord; actuellement : bateau servant pour la police
des ports. Esp: albatoza, patache. Ptg : albatosa. pataxo,
patacho. It : patacchia , patassa. Probablement de iiL>
batchay ou ï J» baisa^ vaisseau de guerre. Le mot n'est
pas ancien dans la langue arabe. Mais à partir des Croi-
■ ii ' I
( 1) « Ces jardins (d*AIep ) sont remplis de pastèques; c'est ainsi qu'on ap-
pelle ces prodigieux melons d'eau si sains et si excellents... Leur chair est
d'un beau rouge, délicate et se fondant en une eau sucrée, qui rafraîchit
infiniment et qui ne fait jamais de mal. C'est la ptysanne ordinaire des'
malades » ( D'Arvieux. VI. 4 1 3 ). ;
(2) Joum.Asiat. 1870. Janv. 98.
[
192 ' PATA
sades il est employé couramment par les auteurs Orien-
taux, (i) qui n'ont pas trop Tair de le considérer comme
un néologisme. Dombay a J-IL baiâch^ grand navire à
deux mâts, que M. de Eguilaz traduit par navis bellica,
: sans nous donner les raisons de cette interprétation
insolite.
Patagou ou Patacou. Monnaie des Flandres faite d* ar-
gent, qui a valu d'abord 48 sols et depuis 58 sols.
(Trévoux). On la confondait souvent avec les réaux es-
pagnols. La piastre d'Espagne était appelée pataca en
Portugal ; patacca en Italie ; pataque, (2) pactac en France.
Le pafac d'Avignon , monnaie bien connue en Pro-
vence et en Dauphiné, a Vraisemblablement la même
origine. A tous ces mots les anciens étymologistes ont
trouvé de^ explications dont la plupart appartiennent au
domaine de l'imagination. Il semble plus naturel de les
faire venir de SlL j\ aboû tâqa ( j ), littér : le père de la
fenêtre. « Lorsque les écus d'Espagne avec des armes à
plusieurs écussons parurent pour la première fois en
(1) Ibn Athîp. (^lydl j.ir)Bohà-ed-din(Vï/a. Sal.) Nowaïïû, Aboul-
féda, Maqrîzî. ( Quatremère). Mamelouks, II. 86-272. Ousàma ibh-Monqid
(féd. Dérenbourg) p. 25 etc.
(2) La pataque était aussi une monnaie des Etats Barbaresques; et une
monnaie turque, d'une valeur bien supérieure à la première.
(3) Dans le Voyage au Ouaday par Perron on trouve aboû chebbâk ( y}
dlli ) dénomination rigoureusement synonyme de aboû tâqa.
PATA 19 j
Egypte, les Kahiréniens, ou ceux du Caire, les nom-
mèrent abutâAa, ou par abbréviation, Butaka^ c'est-à-dire
la monnaie aux fenêtres. Les Européens, qui négocioient
alors en Egypte, lui donnèrent de là le nom de Patack,
comme on y nomme encore aujourd'hui Pataks les écus
d'Allemagne; quoique ces derniers soyent rarement
appelés abâ-tâkay non plus que les piastres d'Espagne» (i).
On connaît l'habitude des Arabes de former des com-
posés avec y) aboâ, père. On en a eu un curieux exemple
dans Abouquel (2) ( V. ce mot ). On sait aussi que dans la
Haute-Egypte et dans le Soudan la monnaie préférée des
indigènes est le thaler autrichien à l'effigie de Marie-
Thérèse, appelé jiay boû iair oujvUj»! aboâ \aïr^ le père
de l'oiseau, à cause de l'aigle qui y figure. La raison de
cette préférence est indiquée parNiebuhr (3). Loi^squ'on
s'aperçut à Vienne que les thalers passaient de plus en
plus en Egypte, la Monnaie en fit à plus bas titre. Mais les
Egyptiens ne s'y trompèrent pas. Et voilà pourquoi on
donnait dans tout le Levant cinq pour cent de plus pour
(1) Niebuhi*. Description de l'Arabie, H. 49. «Le prix de notre passage
était de 27 patakas, qui valent à peu près 6 livres 5 shellings sterling, p
Bruce. Voyage en Nubie, I. 50.
(2) k}o\itez abouburs, uboukarne , etc. (V. Introd. Observât gén,)
(3) Ibid. - « La seule monnaie connue au désert est le thaler autrichien
de Marie-Thérèse, » M. Jeannier, chancelier à Bagdad. 1888.
les écus frappés avant 1756. Enfin une autre monnaie
européenne, devenue assez rare, porte encore en Orient
le nom de ^jSy\ aboU madfa', ie père du canon. Toujours
pour les mêmes raisons, qui ont valu à l'abouquel, au pata-
gon, etc. leurs pittoresques dénominations.
Patar, Patart ou Fatard- C'était encore une monnaie
de Flandre et des Pays-Bas, de la valeur d'un sou,
« qui n'avait vaillant un pcdart »
dit Villon. On voit dans ces mots une corruption de P^er
(Pierre) parce que le patar a sur une de ses faces l'image
de S' Pierre.
Devic rattache Patard à Sll»>.l.Onpeut objecter que
Vaboâ iâqa des Arabes a toujours désigné une monnaie
autrement importante que le patar flamand, qui signiôe
une obole, un liard.
Paturon ou Potiron. Nom de quelques champignons
comestibles qui croissent dans les pâturages. Probable-
ment de l'arabe jU fo\r ou jL* fo\or, qui désignent
le champignon vénéneux {i), d'après certains lexicogra-
phes; l'espèce comestible s'appelant beaucoup mieux Ji
fkr. La terminaison on viendrait-elle de la nunnation, com-
me dans :{édaron? (Pour J» devenu p. V. Introd.)
(1) Cette dUtinctiou eat încomiiie à Ibn el-Beithar ctiez qui ^ déaigne
ûmplemeat U champignon. Aussi Devic pi-étand-il qua Freytag a eu tort àa
QUIN 19 J
aM^»M«iaiMMMaa<MMaa*
Pénide(i). Sucre tors, cuit à la plume avec une dé-
coction d'orge. ( Bouill. Scien.). Ce terme a été introduit
par les apothicaires. Il vient de Tarabe -lili fânîd^ dérivé
lui-même du persan JLôb /?(î/2Î<i « species dulciorum, sac-
charum. » Alphénic (2), autre nom de pénide, est le même
mot arabe augmenté de l'article. Le Dict. de Trévoux
écrit Alphœnix et prétend qu'on a donné au sucre tors
« ce nom extraordinaire pour le faire valoir». Cette fois
les Aristarqaes de Trévoux font erreur.
Quintal. Esp. et Ptg: quintal. Catah guintar. Ital:
quintare. De jlkS qiniâr , vulgairement prononcé qan"
iâr\ d' où Kantar j (Y . ce mot.) de même que, de I^Lnî
qîrât graine de caroubier, son poids, nous avons fait
Carat; esp: quilai. Esp. et Ptg: quilate. Ital: carato.
Le carat a été autrefois appelé ckira ou ckirast. Nous '
avons indiqué Fétymologie de i^inï dans les Synonymes
arabes n® 1072.
n'attribuer à J^ d'antre sens que celui de fwng^ terrœ muUum vener
nosus.
(1) Le Diction, de Trévoux ue connaît que le plur. pénides. La Pharma^
copie Universelle fait de môme. Ce dernier ouvrage écrit encore épenides,
(2) Esp. alfenique. Ptg: alfenim; en latin de pharmacie penidia. oc On
prétend que ce nom vient de poena, peine, parce que cette préparation de
sucre donne bien de la peine à faire. » Pharmac. mùverselle.
Rac, Arac, et Arack. Esp : arac, erraca. Pig : araca,
arak, araque, orraca, rak. Tous ces mots représentent
l'arabe J^ 'araq, liqueur extraite du palmier, qu'on fai-
sait fermenter. (V. Mohît et S. 'Anhoûrî) et dans le vul-
gaire, eau-de-vie, {Mohît, Heury, Belot). Il y a aussi la
forme Jy. 'araqt (Dartias), d'où dérive probablement
l'expression populaire riquiqui, pour désigner de l'eau-
de-vie f 1 ). En turc usuel j^ 'araq devient rake, eau-de-
vie. (V. R, Youssouf. s. V. 'arak).
BaÎEu Nom des sujets de l'empire turc soumis à la ca-
pitation. (Littré.) C'est la transcription de Ht-j ra'tîîjl,
pluriel de l'arabe **j , proprement troupeau, et au figuré
sujet. Sous l'influence turque (2) I. ûj ra'âiâ, a été em-
ployé, comme un véritable singulier, pour désigner un
sujet, un raia. Ce n'est pas la première fois que le dialecte
vulgaire employé un pluriel, auquel il donne la valeur du
(1) Voy. lea Proverbes arabes de M^ le Comte C. de Landberg. p. 180.
Comme toujours, la description de l'auteur eut d'une rigoureuse exactitude.
(2) aRi'aya i^iej, pliu-. de repayé, troupeaux, ai\jetfi tributairea; fâaga'
lier (comme mot turc) sujet non musulman de l'empire ottomaji; en ce cas,
on prononça ra'ya.» R. Youssouf. Diction, turc -franc.
RAIS 197
singulier. Le comte C. de Landberg en a cité un certain
nombre d*exemples. (Proverbes, p, 195.) Mais ni en turc
ni en arabe lUj n'a le sens méprisant, qu'ont voulu y voir
certains voyageurs (i), pas plus que le irtoifiépa Xamp d'Ho-
mère. « Tous, dit un hadîth, vous êtes responsables de
votre troupeau, » c-à-d. de votre famille Jj---*
Cxj ^^ . Parmi les conseils adressés par Abdelmalik, fils
de Sâlih, à Rachîd il y a celui-ci : « ^ 15^ -flVj U -ujl Jl
fjLUj • Craignez Dieu dans l'exercice de votre pouvoir,
redoutez-le en gouvernant les sujets (ra'âyâ) qu'il vous a
confiés. » (Mas^oûdî. VI, p. joj).
Rais pu RôIs. (2) Capitaine de navire. Esp : arraez. Ptg :
arraes, arrais, arraiz, arrayo. Maj. arraes, array. Caf, ar-
raix; de ^j raïs y chef, mais qui a aussi le sens spécial
de capitaine de vaisseau (Cfr. Moqadd. ji-1. ij. Mas-
'oûdî : I. 282. et les Mille et une Nuits, pass.) « On répéta
au Rais ou Capitaine ce qu'on avait dit aux trois officiers.»
(D' Arvieux. VI. 202). « Notre Raïs me dit alors qu'il car-
guerait un peu les voiles. » (Bruce. Voyage I. 93 et pass).
(1) Tour du Monde. 1» sem. 1861. p. 70. Promenade dans la Tripoli"
taine.
(2) «Oà de fortune estoient deux Chaoulx Turcs, avec quelque troupe
d'autres: dix Rays, c'est-à-dire Rois de Barque». Histoire nouvelle du maS"
sacre des Turcs faict en la ville de Marseille en Provence, le 14 de Mars,
mil six cents vingt etc. Lyon, MDCXX.
198 RAMë
Dans le dialecte vulgaire on écrit ^j qu'on prononce
raîès ou rêïes. Comme dans ce passage des Mémoires
de l'émir Ousâma ibn Monqid (i) : ùtj; ^J' 'â' diJ^^
^jSJii dliU US (cy.^ Jjljî - » Nous en étions là quand le
raïès (2) Yoûnân arriva précipitamment. Nous lui criâmes
qu'y a-t-il, ô raîès? ».
Ramadan. Esp. Ptg : ramadan. Ptg : ramadâo. Cat. et
Val : raraada. « Nous avons été obligés de séjourner à
Alep, à cause du ramadan; c'est le carême des Turcs. »
(Lett.édif 198). Ramadan ou ^/no^on comme pronon-
cent les Turcs est la transcr. de Ji^J ramadan, ç""*
mois musulman. Comme le Thermidor républicain, « il
doit son nom à la chaleur brûlante qui se dégage du sol
pendant ce mois, » dit Mas'oùdî, ou comme s'exprime
Al-BîroÛQÎ : ^1 «ai ^ *i ^j ïji^ ( Chronol. Orien-
tale. Édit. Sachau. p. 60.)
Ramberge. C'est, dans Bouillet, une très ancienne es-
pèce de navire de guerre de la Méditerrannée, adopté
par les Anglais ; elle était de la force d'une frégate. Ce
mot serait composé de rame et de berge. Berge et Barge
sont un seul et même terme, qu'on employait autrefois
indifféremment l'un pour l'autre. Cela me semble confir-
( 1 ) jUjeVI v^f- ^^^ P*'' Hartwig Dérenbonrg. p. 59. Parie,
(2) 11 s'agit ici d'nn condactear de caravane, d'un ohef-moucre.
RAZE 199
mer Tétymologie proposée à barge. Ce dernier mot ne si-
gnifie plus qu'une embarcation plate. Mais il a désigné ja-
dis un grand navire (i) : « Navem magnam quam Bargam
vocant» (In diplom. an. 1080. ap. Mirœum in DipL Belg.
p. 295); et encore : un navire de guerre, comme l'indique
son composé ramberge. Le Dict. de Trévoux pense aussi
que les barges étaient de grandes barques armées. Barge
et ramberge dériveraient donc bien réellement de l'arabe
î>.jlï bâriga^ vaisseau de guerre.
Rame. Esp : resma. Cat : raima. It : risma, Vieux fr. :
rayme; de m3j ri^ma^ paquet de hardes (2); et vulgaire-
ment : cahier des charges et impositions conservé chez le
wali, rame de papier. (Bocthor et Dozy. Supp.) On trouve
aussi i«3 j ra:{ma (3). J'assigne la même origine à « coton de
ramesyy^ qui se disait autrefois d'un coton filé de médiocre
qualité venant de Judée, et dont on se servait pour faire la
trame des voiles de navire. (V. Trévoux et Bouill.) Car
l*jj signifie aussi ballot.
Raze (huile de). « Les Provençaux distillent en grand
le galipot. Ils en tirent une huile qu'ils nomment huile de
ra:^e. » (Bosc) M. Devic voit dans ce dernier mot l'arabe
( 1 ) V, Da Bellay Mémoires, Livres X.
(2) Gompai». Aghani L (éd. Salh): «Sj^âToU L#^ C»3jj. . .ClTi t>,^^ai>b»
(3) Yoii* le savaDt article du Glossaire de Dozy. p. 333.
jjl ar^. Ce nom s'applique en effet au pîn, au sapin, au
cyprès et à d'autres arbres résineux, {i) Quand il s'agit
du cèdre proprement dit, les savants arabes se servent
plutôt de Objl charbtn , qu'il faut peut-être lire C:^Jt.
( sapplnus ). « Avicenne a employé le même mot défiguré
par les éditeurs de Rome (2) sous la forme de ^'jt.
adoptée trop facilement par Freytag». (D' Leclerc.) Ra:{e
ne serait donc qu'une métathèse de jj' . En espagnol
are:^ et cilerce (3) désignent le cèdre; il est facile d'y
reconnaître jjl . « tiUl jjVl Ji* ^^ » dit le manusc. à&Habqâr
le Sage; et plus loin il est question de ùliJ jj' •
Saziaou Bazzia- Ptg. gacia, gazia, gaziva, gazu, gazua.
De *3U gkâ:^ia, forme algérienne de «j^ gha:^iva, atta-
que, incursion militaire {4). Le mot ne date en français
que de la conquête de l'Algérie. Dans les Alpujarres
(1) En Syrie et surtout dans le Liban j^i désigne le cèdi-aj ulaa eèdrea
que les haMtanta appellent Ars (bIc) a "Voyage du R. P. Philippe, 159.
Dana les Litaoiea (irabeB la St* Vierge eat appelée oUJ ïjjl cèdi-e du Liban.
(S) Lea éditiona d'AvicenDS sont inalheureiiaement incorrectes. Les ma-
nnsct'its ne le sont guère moins. J'ai sous les jeux un manuscrit du ue^
•UiJI da l'illuatro Philosophe, qui donnera bien du travail & son futur éditeur.
(3) aAlerce. Arbre du Chili en Amérique. Ces arbres sont pins gros
que ta cjpris. Leur bois est rouge, mab avec le temps il perd û vivacité
de sa couleur et prend celle du nojer. Ces arbres sont d'nne grosseur pro-
digieuse...» Trévoux. Sur jji et ùi^ji. V. Niebuhr. (Descript, 1. 210- ).
(4) H îjjt y :ijt expedtdon militari campana: gnerra » Chrestùmathie
araL du P. Lerchnndi et Simonet p. 284.
REAL
20I
racia^ ricia^ ( même origine ) ont le sens spécial de dégât,
dévastation (i). V. Introduction lettre i-
Rôalgar et Réagal. Vieux fr\ réalgal, riagal. Espi
rejalgar. Cat ; realgar. // ; risigallo. Bas-lot : risagallum*
De jUll /j raha^ al-ghâr^ littér. : poudre de la caverne*
Dozy suppose que ce nom a été donné à l'arsenic parce
qu'on le tirait des mines d'argent. Ce n'est là qu'une
supposition. L'Ibn el-Beithâr de Boulaq a partout jUll ^ j
rahag al-fâry poudre des rats. Le traducteur allemand
et le D' Leclerc reproduisent la même leçon. Ce dernier
la maintient malgré les critiques de M. Defrémery. Nous
croyons que c'est la vraie. Le contexte d'Ibn el-Beithar
semble le prouver. Après avoir dit ( article fJjlU ) que
l'arsenic s'appelle jlill ^, poison des rats, il ajoute que
dans le Maghreb on l'appelle poudre des rats jUI ^j (2).
Pourquoi lire jUH , la caverne au lieu de jÛl , les rats}
Ailleurs ( article "dH ) le botaniste arabe relève le nom de
cJlU" ^\l , litt ; poussière qui tue, donné dans l'Iraq à
l'arsenic. Il ajoute encore une fois qu'on lui donne le
(1) « Gazua, espèce de Croisade chez les Maures». (Trévoux). — « le com-
mandement des chérifîs, et la multitude qui les suivait, jointe à la supersti-
tion de la Gazua, y feisait accomir tous les habitants. » HisU des Chérifs,
(2) L'arsenic rouge se dit en Berbère rahadj el ahmar. Dictionnaire
français-berbère par le P. Gras, S. J. essai manuscrit. C^est Tezpression
arabe.
nom de poison des rats, et dans le Maghreb celui de
jlijl j^j {i ). Franchement le sens s'accommode-t-il de jU ?
Pourtant l'accord des formes romanes terminées toutes
par gar, gai semble indiquer l'existence de jUII ^j
venu sans doute de la confusion très ordinaire entre le f
et le .j placés au milieu du mot (2). Chams ed-dîn de Da-
mas a pourtant un texte favorable à l'opinion de Dozy. « A
Calatrava, dit-il, se trouve une caverne où l'on recueille
le rtfalgar, appelé aussi dlk bardtk et poison des rats :
« ■ jU!l 1^ il Jli j ilijjr dLi 3 : Jli j jU!l A ô t5 j)l jUII \.}
(p. 242 ). Ajoutons que ce passage ne se trouve que dans
les manuscrits de Paris et de Copenhague.
Rebec. Esp : rabel. Gallic. : rabela. Cat. et Val: rabell.
fVg- : rabil, rebel, rebeca, rabeca, arrabil, arrabeca. /if:
ribeca, ribeba. V.fn rubebe de *L j rabâha {Journ. As.
186^. Juin. 565 ) ou •jiij sorte de violon ou de vielle :
Me rendre en me torchant le bec.
Le ventre creux comme un rebec. (Régnier ).
Parmi les instruments des Grecs, Mas'oûdî ( VIII.
91 ) cite la lyre qui n'est autre, dit-il, que le rebâb;
(1) Uq9 l^ne pInB loin Ibn el-Baithar cita RàzL- . cl* jU» i:> JT!) . . . .
jsU tiïj 4ÎJ «s».fl >fji-»-iIl!p>oj^j» JU!1^^)>3^ïJ«;jî'ol*J-
(^) On peut en ùmv TeaBai ; les compoaiteuro arabes confondront 8 foia
Rur 10 eus lettrea. L'expérience s'est renoureléeeurcettepage même.
RÉBI
?Of
4^1 Jl ^y l^ll • V. aussi sur le rabâb. Ibn Khaldôûn. Prolàg*
II. 41 2. ( i) Le c final de rebec étonne moins quand on voit
que la dernière consonne a été bien diversement rendue
dans les langues romanes. Le passage suivant de Guil-
laume de Machaut renferme plusieurs noms d'instruments
empruntés àl'Orient parle Moyen-Age.^
Orgues, villes, micanons
Rubebes et psaltérions
Leus^ moraches et guiternes...
Cymbales, citoles, naquaires (2)...
Cors sarrasinois et doussainnes
TabourSf flaûstes jtraverseinnes—
Trompes, huisines et trompettes
Guigues, rotes, harpes, chevrettes
Cornemuses et chalemielles.
( Edit. de la Société de l'Orient latin, p. j6 ).|
Rébi. Deuxième et troisième mois, de l'année musul*^
mane;de »-»j rabf. Pour les distinguer on les appelle
JjVî «jj rabt* premier et (iWI ^-jj deuxième rabî\ OU
■^k^^^^a^B^ba
(1) Les jours de fête, on peut encore voir dans les villes du Levant les
Bédouins, qui viennent racler leui* monotone rebabé,
(2) De 0j\Su naqâra, timbale ou de Sj^ noqaîra, SjiS; naqqâra^ etc. tous
ces mots signifient tambouiN timbale (V. Dozy Abbadid. 243 ).
304 à I^ÉDI
Il a été appelé ainsi ou parce que « les deux rabî' corres-
pondaient à l'époque, où les Arabes campaient sur les
pâturages («j raba') avecleurs troupeaux; si l'on ob-
jecte que le campement avait lieu aussi pendant d'autres
mois, on doit remarquer que ces deux mois furent nom-
més pour la première fois ainsi au moment du pâturage
et qu'ils conservèrent leur nom lorsque le rapport entre
les noms des mois et les saisons n'existait plus- » [ Mas-
'oùdî. ni. 418).
Récit ou EesSif. Ce terme n'est pas très ancien en
français, et nous est venu probablement de l'Amérique
espagnole. (V. Dict. Trévoux.) Esp: arracife. Esp. et
Ptg: arrecife. Val: arracif, arrecif. Ptg: arrife, recife; de
.Jufij ra&tf, chaussée (dans tous les sens), trottoir, (Mohît)
levée, digue (Dozy. Gloss. et suppL ) et même quai d'un
port. Voir dans Le Backir (18 déc. 1889. 4"^ p. i"
col.) un article sur le rachat des quais de Smyrn.eju3l.JL0}-
Rédif. Ce mot désigne l'armée de réserve en Tur-
quie ; de i'arabe wôsj radlf, qui vient après, qui vient
(1) Cfr. ;ntUij^y.jj_^ v*l-s«J>l>.r^' J^>Vlftj(jjA»iie^»
^j-i\ » { ibn ai-Athir. «(jiyii j.ir y
(JB) Chama ed-din. p. 401.— Ou d'sprèa Al-Bîroûnl; «j. .jIjiVIj ji.yi
k.
RIBE 205
à la suite (i)*Dâns Tarabe classique wJu^j se dit de celui
qui monte en croupe.
Redjeb;?® mois 'musulman. De^^j rageb : d'après
Chams ed-din « parce qu'il est le milieu des mois, w<rb^
désignant les jointures des doigt du milieu, ou parce que les
Arabes tiennent ce mois en grande estime, le verbe raggab
signifiant estimer.» ou encore : « parce qu'ils évitaient tout
mouvement pour combattre ; rogba signifie étai ; de là JÛp
^^s^j^ palmier étayé, (al-Bîroûnî ChronoL 60. et 32c).
Redjeb était aussi un des mois sacrés (2).
Bégulus. Etoile de première grandeur, ou le cœur ou
r a du Lion (V. Nébulasit ). Régulus est une altération de
JuVi ^j rigl al-asady pied du lion, nom donné quelque-
fois à cette étoile et qui lui convient mieux que tout autre
à cause de sa position (j).
Ribes. Nom scientifique du genre Groseillier, appelée
encore Rhubarbe, Groseille, Rheum Ribes (Linné). De
(1) V. Engelhardt. La Turquie et le Tanximat. p. 71.
■ (2) ûlAiîl^ : ^ ûj^LJJdV ijîiT^V >*Vi .^JJ^ ci\Sj ^j jt^j j.\j^\ ^^\
. 3L.VI DjVlj . 'JjVl j^ C^\ ^j . Cj\j\ii\i ^ ùj^\:Si Vj ca^ttid Vj ù^k
J4^^ ^rj^^T^J^ ci'-sL-Vi t>âî» •^j Jô.^ ii» tjîir. (Agani IL 114. E<L
Salhani ) . ^| était le nom païen de «^j . Car dans le S^V ^^ ^^^
avaient des noms diffêrents de ceux que Tislam a fût prôyaloii*. (V. al-
Bîi»oûnî» Chronologie Orientale, Sj3Ul jUVI loc. cit.)
(3) Chams-eddin. fig. 22. On 7 yeiTa que Régulus se trouve dans le pied
du Lion. Melu*en traduit «^tjj par doigts du milieu. (?)
^j.G'j , iihâs,(i) même sens. La lettre s, du mot fran-
çais, représente le ^ arabe. Ibn el-Beîthar dit que cette
plante es( commune en Syrie, (2) et dans les contrées
septentrionales. AI-Basrî la met sur les montagnes froi-
des et couvertes de neiges. Dans la Cosmographie de
Chams ei-din de Damas elle est au nombre des plantes
poussant naturellement et sans culture sur te Liban. (V.
p. 199). D'après Moqaddasî, l'espèce la plus estimée,
celle qui « figurait sur les tables royales u était exportée
de Nîsâpoùr. ( j 26. note e). On a fait en Europe des
essais d'acclimatation d'après des individus provenant de
graines envoyées du Liban en 1 788.
Ce nom de rilfes doit son origijie aux apothicaires,
dont on connaît Les goûts arabesques comme aurait dît
Guy Patin (3]. Ils appelaient ro^ (fe rt^^s le suc confit des
groseilles rouges^
(1} ProQoncé ribis au moyen da l'imalé.
(2) L'eapece pai-ait y être indigène ; vollÀ pourquoi on l'&ppeUa âucore
Rhubarbe de Syris. Voy. aoaù Al.KroiM. Chronol. 99 «t 100.
(3) Le oDuragauz mâdecin batailla toute sa rie [contre les apothicaireB.
uJe m'en vats^ dit-il daoa une de ae% latti'es, travailler à quelque chose c<»i-
tre la cabale àaa ÂpotlùcaL-eB... en bquelle aeroat reftités le béioard... les
confectioaa de hyacinthe et d'alkermès, les fragments précieux et autres
bagatelles arabesques, n L'alkermâs, le jnlep, mais surtout le bézoard l'in-
dignent et sont constamment ^Kommâs dans sa correspondance. Dana une
lettre de 1 547 U se vante d'avirir û bien secoué le bézoard « qu'il n'en de-
meura qua poudre et ceadre. » D'apràt lui « il ne iaut gsère de remèdes...
ROB 207
Rigel. Etoile ^ d'Orion située dans le pied de cette
constellation. De là sa dénomination J>.^ rigl^ prononcé
vulgairement rigel. (V. Introd. Observât, génér.)
Bisque. M. Devic s^efforce de rapprocher étymologi-»
quement risque de Jjj ri^q^ qui efTectivement signifie
chance, chose arrivée fortuitement. Le mot français peut
à la rigueur être ramené au sens de Tarabe. M. de Eguilaz
ne croit pas pourtant devoir accepter cette étymologie.
Conservant les mêmes scrupules que Tétymologiste
espagnol, nous renvoyons à son article.
Rob. Esp. arrope, rob. Cat. Val: arrobe. Port, arrobe.
Basq : arropea. Rob « est en usage dans les boutiques
des Apothicaires, quoiqu'originairement il soit purement
arabe, où il signifie un simple suc desséché au soleil, (i)
ou sur le feu, afin qu^il se puisse garder longtemps...
Quelquefois on le confond avec looch. » (Trévoux). En
- >
effet v-j j robb est le suc ou le jus des plantes épaissi par
la décoction ; de ce mot on avait fait ^j j rabbab (2), faire
la quantité desquelles est propre à entretenir la forfanterie des Arahe$ au
profit des Apothicaires... L*infusion de trois gros de séné pux*ge aussi bien
qn^un tas de compositions arabesques. Le peuple est lassé de leur tyrannie
barbaresque, et de leur forfanterie bézoardesque. » Bref! il 7 a peu de lettres
où il n'y ait une charge contre « ces cuisiniers arabesques» c'est-à-dire, les
Apothicaires. (Letti^es. Edit. de Cologne. MDCXGII. Vol L 30. 46 et pass.)
(1) Celui-ci était le plus estimé des Arabes (V. Ibn al-'Awâm, 11.399.
(2) Y. Ousàma Ibn Monqid (éd. H. Dérenbourg. p. 99). Le passage
2o8 ROCK
du rob, forme que les dictionnaires n'ont pas relevée,
quoiqu*ils aient ^^y morabbabj confit, dont le peuple à
fait 4j^i confitures; (V. Heury. s. v. ) Quant aux robs,
on sait combien la médecine arabe les multipliait. On n'a
qu'à consulter, pour s'en convaincre, la Table d'Ibn el-
Beithar. (Trad. Leclerc. ) Dans les anciennes pharma-
copées françaises on rencontre robubj employé comme
synonyme de rob ; c'est l'arabe v-jj»j roboûb^ pluriel de
Lo robb. A ce dernier pluriel M. Devic propose de ratta-
cher Ripopée (écrit autrefois ripopé et rippojDé). Le
changement de ^ en ^ a déjà eu lieu dans les formes hispa-
niques, comme rop, arrope.
Boche. Un des noms du borax impur de l'arabe Rakka
nom moderne (?) de la ville d'Edresse (Litt. abrégé).
C'est Roha qu'il faut lire; car Uj ou Ujl est le nom arabe
d'Edesse, mentionné dans Istakhrî, Ibn-Hauqal, Mas'oûdt
etc.. Le nom moderne est Orfa, en turc ^jj\
Bock. Esp : rocho. Oiseau fabuleux de fj rokk , même
sens. ( Ibn-Batouta IV. 305) en parle sérieusement Le
mérite d'être transcrit : « ^\j c-^jîl^ Lîjj <Jf>*» ù>»Ji» jjt ùUu-ï J>t
XJLri^». Le texte imprimé porte «jb forme grammaticale(?);Q0U8 avons écrit
^ jb conformément à la leçon *da manuscrit, notée par Péditem* lui-même.
C'est là une incorrection , que le dialecte vulgaire de Syrie garde opiniâ-
trement. U dira par ex : \j^ au lieu de ^^i que réclamerait la sjntaxe.
ROUP 209
,,,11,1,,, , -.__ _____ ---- I -- -1-" ' •■ ■ ■ ' ■ «"^
crédule Damîrî dans un long article qu'il lui consacre
donne « à chacune de ses ailes loooo brasses ; (^ ji^ rj'
4 ^VTs^ ju-l^l iUb»- o/T *^' ?f: ^* ^^^ ^^^^® ^^ "^®
Nuits ne sont pas plus outrées (i ).
Anciennement au jeu d'échecs la tour portait le nom
de Roc ( Trévoux s, v.)\ de fj rokh. (Al-Bîroûnî.
VInde. 202. lig. 17). De ce mot on a formé le terme
Roquer (\\x\ appartient au même jeu. (V. Douillet ).
Roupie. Esp : rubia, rupia. Ptg : ropia. M. de Eguilaz
propose comme étymologie Tarabe ^Çj roubâ^, le quart
m
du dinar. On peut voir sur ^Ij j le Supplém. de Dozy et
le Glossaire de la Bibliotheca Arabo-Sicula de M. Amari.
Actuellement le «jj roub\ en Orient désigne le quart du
Magîdî (2). Il y a encore en turc -uo j roubHyé qui désigne
(1) Â comparer avec left [récits du x^\ ^J^ UcS p. 6. 8. 12. garan-
tis authentiques. H est vrai, qu^en dépit des ^ix^fl c^est un recueil de
contes. Leur exagération paraît presque excusable quand on voit un auteui*
à prétentions scientifiques comme Chams ed-din de Damas parler « d^un
œuf de rokh grand comme une coupole » suffisant à tout Téquipage d^un
navire etc., (V. op. sup. laud, p. 161),
(2) Monnaie d^argent dont la valeur vaiie; diaprés PAlmanach du
Béclûr (1890) elle équivaut actuellement à 4û* 15, cent. Le Diction.de
Trévoux parle d'une ancienne monnaie turque appelée roup et qui valait
un quart de piastre d'Espagne, C'est' bien là notre f^j ,
u4XXoç (TODQog Ile Qovma^ aXXog fiè ^aQayçotna»
( Poèmes historiques, par E. Legi*and. 214 ). Dans ce passage
14
21 o SACR
une petite monnaie en or ( Mallouf ). M. Devic voit dans
roupie le persan -ujjj , roupia, mot d'origine hindoue.
S
Sabot. Voir Savate.
Sacre (i). Faucon. Esp. et Ptg : sacre; de y^ saqr (2),
faucon employé pour la chasse. Les sacres jjip figurent
honorablement dans les intéressants récits de chasse (3)
il est facile de reconnaître les jijj3 ou Jt-j^ Ae f^jon ro ^vnt . Celui-ci
(( valait 31 aspres, c'est-à-dire à peu près le quart de la piastre ou de
1' àffXavî • • • Cette monnaie marquée au lion de Hollande valait une
piastre et deux paras. On accentue àtrXavi, quand ce mot désigne le
lion. » (Ibid. Glossaire.) Voy. Abouquel note. M. Legrand se demande dans
son Glossaire si TrsQSaCooiAévog encadré ne vient pas de TgaQtSâl^a}*
Le mot vient du turc-arabe j\jj( cadre, comme Byzantios Ta déjà indi-
qué. Il y a d'autres mots dont M. Legrand aurait pu signaler l'origine
orientale ; p. ex : SipÎ * plateau vient de :^u^ , même sens; rovSXèr ( 70 )
est le tui*c-arabe cJj^ , gouvernement; <yapToMj l'arabe Jjx^ ^ ro (rayopt
l'arabe ^^^.^ sahn^ prononcé vulgairement en turc sahan, etc.
(1) Il y a longtemps que Ménage avait proposé comme étymologie Ta-
rabe sacron, où on i*eprésente la nunnation.
(2) V. Syii. arab. n"" 60S. a En Egypte, dit M. de Maillet, on prend une
petite espèce de Êiucons, que l'on nomn;ie Saer, (lisez saor) dont TEgypte
doit fournir un certain nombre qu'elle entretient pom* la chasse du
Grand-Seigneui' ». Description de l'Egypte, II. 22.
(3) Ces pages contiennent des notions très curieuses, non seulement
pour la lexicographie arabe, qui y trouvera beaucoup de termes de vénerie
SAFA 211
■ ' ' «■ ■ ' ■ Il II II ■! ■■ .1 ..PI» ■ I I ,»l. ■— ^11^»
d'Ousâma ibn Monqid (p. 141. 142, etc.). Ce mot était
connu des Arabes du désert, qui n'ont par conséquent
pu l'emprunter aux langues romanes. Cette remarque est
d'Engelmann qui renvoie au divan des Hod:^aiIites p. 208
Ajoutez-y le divan de Hansâ' (éd. Cheîkho.) , le Hamâsa
265 et leMu^arrab 28. 1. 3. Le mot n'est pas pourtant d'o-
rigine arabe; c'est la transcription du latin sacer (i)*
« Quam facile accipiter saxa sacer aies ab alto. » (Éneid.
XI. 721). Dans la tribu de Tamîm, au rapport d'Ibn
Doraïd, au lieu de Jl^ on disait jj ^aqr. (V. Introd.)
Safar. Deuxième mois de l'année musulmane. Trans-
cript. De Ju^ safar ^ « parce que durant ce mois^ où les
Arabes font des expéditions, leurs maisons restent vi-
des » (2). Cette explication est connue de Mas'oûdî, qui
en donne une seconde (IIL 417). D'après lui «Safar
qa^aacan Iexiq«e n*a relevés, mais encore poor Thistoire de la chasse au
temps des Croisades. Ds complètent admirablement les quelques détails
réimis sur cette matière pai» M. Rey. (Colonies. 55). On y voit que sur le
terrain de la chasse émirs et chevaliers s'entendaient à merveille, et échan-
geaient amicalement faucons, chiens, et surtout des onces (j^) que les
éleveurs arabes ( ^iji ) parvenaient à di^esser d'une manière surprenante.
Voir sur ce dernier point p. 152 (Ousàma).
(1) Ce n'est pas le seul terme fourni par la langue latine à l'idiome du
désert. Nous en ayons relevé un: certain nombre dans les notes des Synon,
arab. Le même radical sacer a encore contribué, selon nous, à la formation
dô Jli^ saqqâr, maudit, scélérat exécrable, qui ne peut se rattacher à au-
cune racine arabe.
(2) Chams ed-din de Damas p. 401.
212 SALE
j _ _ r - - - - „ ,- ,1 f - - ■ — - —
devait son nom aux foires dites safarîya qui se tenaient
dans le Yémen, etc. » (i)
Safre ou Saffre. Oxyde de cobalt. En espagn. :{afre est
un oxyde de bismuth, demi-métal d'un blanc jaunâtre
(Dozy. Gloss.) Ces mots sont certainement d'origine
orientale. On peut y voir ^ , so/r, cuivre jaune, ou S^yi^
so/ra, couleur jaune. Devic se demande si safre n'est
pas « ûlji^j ^a^arân^ safran (2) privé de sa finale, comme
dans le pluriel jlCj \a!'âjir. Les alchimistes appelaient
safran de Mars (3) l'ocre rouge; et le safran des métaux
était une préparation pharmaceutique où entraient du
soufre et de l'oxyde d'antimoine. »
Salep (4). Substance aliriientaire tirée des tubercules
d'orchis et dont les Orientaux font grand usage. Le salep
nous arrive ordinairement de la Perse où on le prépare
en grande quantité. Les tubercules ont une faible odeur
de bouc surtout lorsqu'on les humecte (5). Salep vient de
wJ^ sahlab, salep. En arabe l'orchis porte le nom de
(1) Al-Bîroûnî, qui avait d'abord expliqué, comme Mas'oûdî, le nom de
Safai% ajoute à la fin de sa Chronologie Orientale : olT »Uj) l^i^ j^j
(2) Inutile de faire remarquer Torigine arabe de notre mot safran,
(3) j^jbJI ù)jipj 611 arabe.
(4) Esp : salep. Pûg : salepo, formes modernes et probablement déiivées
du français.
(5) V. Diction. d'Orbigny s. salep.
SAPH 21?
wJnîtl ^^^ khasd ath'thalebj testicules du renard (i), ex-
pression qui serait devenu ^JUÎ thalab , et que les Persans
prononcent salep.
Sambac. Arbrisseau nommé aussi jasmin d^Ârabie ; de
ji3 ^anbaqy oleum jasmini, jasminum album. (V. Moqad-
dasî. pass. et Freyt. ) En Syrie c'est le lis blanc, qui croît
sur le Liban (2). En turc jûj < ( prononcé :{ambaq en turc
vulgaire) a aussi le sens de lis. (V. Dict. turc-franç.
de R. Youssouf. ) Mais la signification propre du mot est
jasmin blanc.
Sand^ ou Saiital. Esp. Ptg. Cat. Ital: sandalo. Ce mot
a été écrit aussi en français sentail. Nous pensons avec
Devic que malgré le grec aartalov , le mot a subi l'in-
fluence de Jx^ sandal, même sens, à cause de la persis-
tance du d dans la plupart des formes romanes. Gawâlîqî
ne croit pas J-U^ arabe (Mu'arrab. p. 100). Devic lui
assigne une origine indienne. Au rapport de Mas'oûdî,
Zobeïda «fut la première qui se servit de palanquins
d'argent, d'ébène et de sandal. » (Prairies d'or. VIII).
Saphène. Nom de deux veines de la jambe. Esp : saflna.
Ptg. safena; de ^[^sâfin^ qui est dans Gauharî^ et que
(1) V. Traduct. d'Ibn el-Beithar, par le ET Leclerc.
(2) Spécialement sur le mont Gharîb^ ( «^-^ Jt^ ) ^^ montagne étran-'
ge^ qui domine la vallée de Ghazir.
214 SâRB
Tha'âlibî dans le Âiii)éS5 { Ed. Cheikho. p. 1 1 1 ) explique
par : « veine de la jambe ; jiUl JUI ^^ »• On trouve aussi
ôuL. sa/îriy et v>iL sdfïn. Il est difficile de rattacher ces
formes à une racine arabe. Aussi ne vois-je aucune dif-
ficulté à admettre que ^[^ dérive de aatp^priç, visible,
apparent « à cause de la situation de ces veines.» (De vie).
Sarbacane. La forme correcte est sarbatane (i) qui se
trouve dans Balzac ( XVIP* s. ). Le changement est dû
sans doute à l'influence de canne qu'on croyait y retrouver
( Litt. ). Esp : cebratana, cerbatana, zarbatanâ, zebratane.
Ptg : sarabatana, saravatane. La forme classique est <J U» 3
\aba\Ana^ ou ÎÎUa-^ $aha\àna^ même sens. Mais il est
certain qu'un r s'est glissé après la première syllabe.
On trouve iS u» ji3 \arha\àna^ forme qui n'était pas seu-
lement connue en Espagne. Harîrî observe que déjà de
son temps le peuple disait iîlla» j3 \arha\àna au lieu de
olLL» sabaXAna (2). C'est naturellement la forme employée
par l'émir Ousâma (p. 164. ) : « b Ijy^ôP cJ} Îill»j3 ^^J
<i\^ Sjlui 4i^ i k^ «JSIj bl JalU • Je tenais une sarbacane
(1) Le Dict. de Trévoux donne «aréatone, tout en avertissant que sar-
bacane est plus usité.
(2) Y. JUi;i)| li) (s. «îUujJ ) Cet ouvrage est une compilation asse^
indigeste d^un Raja Indien. Gôr. aussi Harii*i ^\*yÀ\ Vj^ . p. 187. éd.
Thorbecke; et le Commentaii*e ^ja\yi\ Sj^ ^^ d'Al-Khafîlgî. édit. de
Constantinople. ( Imprimerie ^j^\ )
SAVA 315
quand j'aperçus un moineau sur le mur, au pied duquel je
me tenais. Je lui lançai une balle, mais je le manquai. »
Sarrasin. Esp. Ptg: sarraceno, sarracin, Cat: sarrahi,
sarrayn, Val: sarracé. De ùyî^ charqiyîn^ pluriel de
i^jL charqîy Oriental, adjectif de Jjt charq^ Orient. (Voy.
Introduction : Observât, générales.)
Satin. Probablement de iXfyj , ^altoânî^ adject. de la
ville chinoise de Tseu-thoung, que les Arabes appelaient
Zaîtoân (i), où se fabriquaient des étoffes de satin. Bouillet
assure que le premier satin est venu de Chine. L'arabe
:[eitoûnî est peut-être le :{atouin ou :{atouij que Du Gange
prétend être un vieux mot français signifiant satin et dont
il voudrait dériver ce dernier mot.
Savate. Esp : zapata, zapato Ptg : zapato. // .• ciabatta,
Ba^/a/:sabbatum; de i^L-^a^Mt, savate, pantoufle sans
talon qui laisse le cou-de-pied à découvert. Le mot n'est
pas dans Freytag. Le Mohît le donne avec la note uij^*
On le trouve aussi dans Bocthor, Dozy, Paulmier, Belot,
Heury (s. savate); Marcel (s. soulier) donne i?L- sans le
redoublement du c^j b, et 1»L^ sabbâi (2). A savate doit
se rattacher étymologiquement sabot.
(1) Pour plus de détails V. Dozj, Gloss^ s. v. setuni.
(2) Cfr. rhjpothèse de M. de Ëguilaz sui* l'étymologie de zapato. U nous
a été impossible de retrouver le latin sabatenum, -^ A Constantine a les
2i6 SCHI
K It: sbirro, birro. Esp: esbirro. D'après M.
Narducci de ju>l asbar^ coegit, detinuit. Mais ce n'est pas
habituellement le passé d'un verbe arabe qui a fourni des
substantifs; surtout quand le sens est si vague, comme
c'est le cas. J'aimerais autant recourir à SjUp sabbâra^
sentinelles, soldats qui font le guet, ou à (5jU:> sabârî^
soldats d'élite (Dozy. Supp. ), ou à birrum^ casaque rouge
( Litt, ). Le lecteur décidera. )
Scheat, Sheat et Sead. C'est le y de Persée (i). De
acL sâ^'id^ littér, avant-bras. Sead serait l'orthographe la
moins illogique. Voltaire, Arago, etc. écrivent sheat.
Schiite. Sectateur d'Ali ; adjectif formé de lui ChVa,
secte, et surtout, celle des Schiites; ou peut-être de
chiaH adject. de ïa-i Dans les écrivains arabes ce mot
est très souvent opposé aux Sunnites ou musulmans, qui
j >
suivent la tradition ou iw. , sonna : celle-ci contient les
paroles et actions du Prophète. En parlant des sectes re-
ligieuses de l'Arabie, Moqaddasî indique clairement cette
opposition : « J*lj • • • 3L- r-yj •L-iu^j i«l^j 5?x j^lX»j
chaussures les plus communes, très larges et très découvertes s'appellent
sébbat ». Magasin pittoresq. 1878. p. 57.
(1) Devic écrit; « Sheat, étoile de 2"* grandeur |9 de Pégase». Or
dans Pégase il n'y a pas d^étoile nommée opU « il y a bien pjUI
mais il serait violent de l'identifier avec Sheat.
SEID 217
m ■ ■ a^^i»^»! I ■ I II !■ ■ ^l^M^^I I II» I ■ — — ^^— I^M !■ ■ ■— ■■■■■■ ■■■■■■ I ■■ «^l. ^^MW. M I — ■ I .1 ■^■^■^— ^— ^Mfci^M
(p. 66. lig» 3) « • 3jfu^ • • • SJU-tf'j ûl^ <«^j • iu^ j^j Ol^. tS'JI
Sôbeste. Fruit du sébestier, le même arbre que le
j>3 d'après Ibn el-Beithar. Or le j»3 est l'arbre à glu, bien
connu en Syrie. «Ses environs (de Beyrouth) sont de
bonnes terres,., avec des sébestes dont on tire la glu,...
On fait de ce fruit concassé et bouilli une glu excellente
et on transporte beaucoup de ces fruits en Europe » ( i ) ;
de ôbu- sabastâriy sébestier.
Sébile. On a proposé Tarabe-persan J-jG'j :^anbîl, ou
J-»3 :{abîlj qu'on rencontre aussi sous la forme de jJj
:{îbbîL Tous ces mots sont anciens en arabe et signifient :
panier d'osier destiné à renfermer les dattes, corbeille,
sac, besace (V. S/n. Arab. N^ 624 ). Dans son introdu-
ction Moqaddasî nous dit « qu'il a tour à tour possédé
nombre d'esclaves et porté le panier sur sa tête ; c^j
ô^.:}\ trl> <> ^^^^ -^' '' ( p- 44.. % lo-)
Sécacul ou Seccachul. «Plante qui croît auprès d'Alep
en Syrie... Sécacul est un mot arabe » (Dict. de Trévoux).
Esp. et Cat : sécacul. Le sécacul est une sorte de pa-
nais ; de Jï6* chaqâqolj même sens.
Séide. De Jbj laîd, nom d'un affranchi du Prophète,
(1) D'Arvieux. Mémoires I. 339. - H. 334. V. aassi RelaL d^ Âbdellatif,
page 70.
2i8 SÉLA
aveuglément soumis à ses ordres. {V. Al-Maktn, Historia
Sarracenica p. 9, edit. d'Erpenius). Ce nom a été tran-
scrit Séide par Voltaire dans sa tragédie de Mahomet (i).
C'est à tort que» Brachet(Dict. étym, Introd, LXIII) voit
dans Séide « la francisation de l'arabe Said » qui corres-
pondrait à JU-* saHd^ heureux, félix,. La transcription
de 3 par s est très fréquente en français, comme on peut
s'en convaincre par les nombreux exemples cités dans
notre Introduction (V. Lettre 3 ).
Sélam ou Sélan. Bouquet de fleurs dont l'arrange-
ment forme un langage muet(Litt.); de j»!iL salam^ salut,
paix [2). Nous ne saurions déterminer comment de salut on
est arrivé au sens du frsinç.sélam. Cette dernière significa-
tion n'existe ni dans la langue classique arabe ni dans le
dialecte vulgaire. Faut-il assigner la même origine à un
autre Selam} On appelle ainsi dans l'Amérique « certains
postes disposés le long des côtes, où les Espagnols met-
tent des Indiens en sentinelle ; ce sont comme des es-
(1) Séide ne se trouve pas dans la 6°^^ édit. du Diction, de PAcadénoie.
(2) Premier mot de la formule de salutation dULp >^ salâm ^alaik^
la paix, le aalut sur toi ! d'où Salamalec* On trouve dans d^Arvieux « on lui
fait une grande saîamalée^ c-à-d. une profonde révérence » I. 85. L^éditeur
aura mal lu. C'est évidemment salamalec qu^il faut. « On s'est longtemps
servi de cette formule à Paris, dans les repas, pom' saluer une personne
en buvant à sa santé ». Bouillet (Dict. scien).-
SENS n 219
pèces de guérites» (Trévoux), Mais on ne voit pas que
^Mm. ait eu le sens de signal.
Séné. Plante et médicament purgatif. Esp: sena, senes.
Ptg: sene, senne. Cette plante croît spontanément en
Arabie et en Egypte, (i) Ce dernier pays a eu long-
temps la spécialité d'en fournir toute l'Europe. Le séné
d*Âlep, ainsi nommé de son point d'exportation, est moins
commun en Occident. La quantité de séné qu'on trans-
portait annuellement dans les entrepôts de Boulac s^éle*
vait à environ 2 millions de livres par an. « On en fait j
lots : un pour Marseille, le second pour Ligourne (sic), et le
troisième pour Venise» (2). Séné est la transcription de
l'arabe iL (3) sanâ, même sens. Parmi les productions de
l'Arabie Moqaddast cite le séné de la Mecque (98. lig. i j).
Sensal. « Tout le commerce du Levant se fait par le
(1) « I^e séné croît aatui^ellement dans TEgypte, dans la Syrie, dans
TAvabie, qui semble être le pays des drogues médicinaleB et des aromates»
(D^Arvieux 1.341.) '
(2) V. Hasselqaiflt. Yoyag. au Levant : H. 101. et Dict. Univ, cTHigt.
nat. Diaprés le P. Sicard le séné ne vient pas en Egypte « quoique les
égyptiens en fournissent une gi*ande quantité à TEurope; ils le tirent de la
Nubie » . Discours sur l'Egypte.
(3) Ou 'U:: avec le madd.
Enfin d^habiles gens et des têtes bien saines
N'auraient jamais ici fait venir le séné.
Que la nature avait tout exprès condamné *
A prendi*e sa naissance dans des teiTes lointaines ;
De peur que notre monde en fut empoisonné. N. Cb. De Vers.
220 # SEQU
moyen des Sensals ou Courtiers. La plupart des Censals
sont Juifs ou Arméniens. Ces gens entendent le négoce
en perfection et y sont très-rafinez. A l'égard de la bonne
foi il y ^en a infiniment du côté des Turcs ; mais on les a
trompés tant de fois qu'ils sont plus sur leur garde. Natu-
rellement ils aiment la justice et la droiture; ils tiennent
leur parole, il ne faut point de notaires avec eux. » ( V.
D' Arvieux. I. 79, qui écrit indifféremment sensal^ censal et
sansal). Sensal dérive comme Censal [dont il n'est qu'une
variante orthographique ) de jLr* , simsâr. Une ancienne
tradition rapporte que ce nom aurait été changé par
Mahomet en celui de M- , marchands : ^yi ^ ^^J^ ' ^^
On peut voir dans le Mu'arrab d'al-Gawâlîqî les autres
preuves de l'ancienneté de ce terme jUr* (p. 90 et 91).
Sequin. Esp : cequi. Plg\ sequim, zequim. ît : zecchino.
Grec mod : ^^8>i^n et z^rjwpi (i); de Jw sikkîj denarius,
adjectif formé de Î5C1 sikia^ coin à frapper la monnaie,
et aussi monnaie en général, l
Le vieux mot français Sequin^ épée, est la transcription
à peine altérée de o^ sikkîn^ couteau.
(1) V. Poèmes historiques en grec vulgaire^ par Emile Legi'and. On re-
marquera comment le grec garde fidèlement Paccent tonique de cj^L^ •
SHER 221
r
Sesban, Seâbane et Sesbanie. Genre de la famille des
Légumineuses-Papilionacées , très communes en Egypte
et en Palestine ; de oÇ^ saïsabân^ même sens. D'après le
docteur Figari les feuilles de cette espèce sont employées
comme purgatives en Egypte presque aussi souvent que
celles du séné, (i) On ne voit pas comment cela s'accor-
de avec l'assertion des *l)b^ d'ibn el-Beithar: « la
sesbane constipe : luJall ^j^ . » A part cela; les descrip-
tions des modernes cadrent avec celles des auteurs
arabes.
Shagarag ou Sheregrig. La première orthographe est
deShaw; la seconde de Bruce. C'est un rollier de la
grosseur et de la forme du geai, avec un bec plus petit et
des pieds plus courts ; le dessus du corps brun, la tête,
le cou et le ventre d'un vert-clair ; des taches d'un bleu
foncé sur les ailes et la queue. Le mot est une altération de
3}jt chiraqraq ou J'/j^ charaqrâq, qui d'après les
dictionnaires désigne le pivert. On trouve aussi Jlyi
chaqrâq. Bruce pense que le Sheregrig doit son nom à
l'éclat de son plumage et il le dérive d'un mot qui signi-
fie briller ( Vo/ag. V. 215), sans doute de Oj^ charaq^
briller.
(1) Dict. d'Hist. Nat. (d'Orbigny).
112 SIRO
Simoun ou Sraioun. E^p\ semun; de ^f samoûm^
vent brûlant, littér. empoisonné, de ^ samm^ empoî-
sonner, (i) Diaprés le <iltl <A le ^y^^ et le jj^>. haroûr
(de "> chaleur) désignent tous deux un vent brûlant.
Aboû 'Obeida et le Kitâb al-Gerathfm (2) établissent en^
tre ces deux mots une distinction: le samoân serait le
vent chaud qui souffle le jour, et le haroâr celui qui se fait
sentir la nuit ( V. Glossan Biblioth. Arab Sicul. IL 830.)
Sur les terribles effets du semoum on peut voir Ibn Batoû-
ta. I. 2^9 et 261.
Siroco ou Siroc. [De Sjt charq^ orient, disent les
étymologistes, ou de C^Jt» charqî^ oriental (vent.) Seule-
ment à la place du soukoûn arabe^ toutes les langues
européennes mettent un qui porte Taccent tonique. Ital :
scirocco, scilocco. Esp. xaloque, jaloque. Maj. xeloque
Cat. xaloch, xaloque Ptg. : xarouca. VaU jaloch. Prov. : si-
roc, eyssiroc. fj) Cette unanimité ferait croire à l'existence
d'une ancienne forme vulgaire 03 J^ charoûq. Aujour-
(1) D^aprèa Nidbahrles Arabes recoimaitraieiit le BÎmoumà une odeur
de souffre (I. 11). Palgrave, qui donne du sunoun une description détaillée
et quelque peu thé&trale, ne dit rien de semblable V. Voyage en Arabie
l 22.
(2) Y. uOI 42) p. 355. D'importants extraits du Kitdb al-Gerathtm ont
été publiés à la suite du uUt' «S i par le P.^Cheikho S. J.
(3) Devic cite encore d'autres formea où Vo persiste toi\jocirs.
SODA 22 j
d'hui le peuple dit JJC^ choloâq ou cheloûq comme on
prononce. Les Européens résidant au Levant n'ont pas
d'autre terme pour signifier ce vent chaud et désagréable,
qui souffle du côté de TEst, surtout en automne et au
printemps.
Quoiqu'il en soit, en partant de Jyt on peut appliquer
à sirocco l'explication phonétique dont nous avons parlé
dans l'Introduction à propos de énif^ algénib, camocan^
sarrasin. Ce dernier exemple surtout aide à faire com-
prendre la présence d'une voyelle adventice portant
l'accent tonique. _ .
Soda. Mot employé en médecine pour signifier le mal
de tête ou céphalalgie ( Bouill. Scien. ) Transcription de
^J^ sodd'' (i) mal de tête; tandis que Xilt de ji fendre
est la migraine; comme l'établit nettement le passage
_ . ,
suivant du Foqh al-lougha (p. 121 ) ^ ^\J\ à •>.jll J^V:i\
'^ ^ lT^)^ ûr- ^ ^ '^^ Hr^' ' Qalîoûbî dit aussi que
«la <aJî1 est la soda ou céphalalgie, quand elle est bornée
à run des côtés de la tête ; ^U -ul ^^1 ç^IjUIT j^ ÏLIlll
^^lt'jII (V. ÙJI ^Uil . Journ. asiat. Oct. i86ç. p. J96. )
(1) Et non de louad^ comme le prétend Booiilet. De ^iji^on a fonné ^^
cauaer le mal, de tête, j^ j^ ^jl^; j,^\ ; (Al-Bîroûnî. Chronol, Orient).
passage à %joater aux exemples cités dans Dozj. Suppléni, s. ^j^ .
224 SOFA
« Galien parle du silure et dît que pour calmer instanta-
nément une violente douleur de tête ou une migraine, il
faut l'appliquer vivant sur la tête du malade Je v2JU>. 6'
. il ïlil jl Jbot j^a^ <) ^ jj-!^l (i). C'est sans doute par
une distraction, dont les plus grands savants ne sont pas
toujours exempts, que M. Barbier de Meynard traduit ici
ÏLH par blessure. Le contexte d'ailleurs demande autre
chose.
Sofa ou Soplia. Esp. Ptg. et Ital. sofa. Ptg : sopha. De
<i^ sq^a, coussin que l'on met sur la selle. Ce mot a si-
gnifié encore plus tard estrade, banquette, (2) divan et
sofa. Dans Mas'oûdî, le père d'Ibn Bassâm est représenté
« assis sur un sofa^ au milieu de sa chambre, d'où il pou-
vait jouir de la vue de son jardin, de son enclos de ga-
zelles, etc. ttôVji!ljJ>-^J ôt^i ^^ \^^ '-^^y^J *^ ^-^-^^ ^^
(VIII. 269). Le mot est aussi dans Ousâma fils de Mon-
(1) Prairies d'or. IL 392. Tout en reconnaissant le mérite de rœuvre de
M. B. de Mejnard, nous osons prendre la liberté de lui signaler encore la
traduction inexacte de quelques passages du discours prononcé par ^Alt à
la bataille de Siffîn (IV. 355), et dans le V°»® vol. les pages 29 et 30. Nous
avouons que ce dernier morceau est d'une difficulté désespérante. Quand on
en demanda Pexplication dans la classe de i*liétorique arabe de notre
Université, des élèves, d'ailleurs intelligents, avouèrent n'avoir pas com-
pris; et pom*tant c^était leur langue.
(2) Cfr. cette comparaison originale de Moqaddasî sur la Péniasnle
arabique : « ^ j^^ l^jj ^i jj J> J^| t|J d^ JijT ;Lc J?J* •^ ^fi^ ù\
^1 Wik J) l*;Xd ...»
SORB 225
qid (p. 7 etc.) dans le sens de banquette ou sofa.
On appelait ïi^l J^l (i) certains pauvres mouhâgirs^
qui dormaient dans la mosquée de Médine pendant la nuit.
On est parti de là pour dériver Souji (V. ce mot) de ïi^-
Sorbet. Esp : sorbete, Ptg : sorvete. Ital : sorbetto ;
de la forme pluriel CJ»jt ckarbât, prononcé vulgaire-
ment charbèt; ou simplement de Z^t comme dans ce
passage d'Ibn Batoûta : « on apporte des coupes rem-
plies de Teau du sucre candi, c'est-à-dire de sirop délayé
dans de Teau. On appelle cela du sorbet ; <lc ij\c r^aSl J^
î^l dûs ùji^j V^' ^^ '-^^' ^^ ( ^^^' ^ -^4' ^^7 ®^ P<^^^' )
« Le cherbet, ou comme nous disons le sorbet j ne se trou-
ve que chez les Princes et quelquefois chez les Cheikhs,
qui sont riches. (2) On le sert dans les visites comme nous
servons en France la limonade , Torgeat et autres li-
queurs. » (D'Arvieux. V. 272.) Le persan et le turc ont
aussi C^j^ dans le sens de sorbet.
(1) Dans une note de la tradaction dee Prolégomènes dlbn Khaldoûn
d^l jAt est rendu par gens de la banquette ou sqfa ( III. 86. ) et
Ton ajoute que ces mohâgirs « se tenaient assis sui* une banquette, à Tex-
térieur de la mosquée, pendant le jour » (Ibid.) Seulement :d^ désigne ici
un endroit du temple, couvert avec des branches de palmier. (Cfr. Freyt.
Mohit, ^j\^\ ^^\ et Dict. arabes en gén.)
(2) « Le Sorbet est une espèce de limonade, musquée et ambrée, qui est
assez bonne » P. Nau. Voy, de la T, Sainte, p. 557. Du Loir édit ha-
bituellement cherhet : a II nous fit boire du cahué et du cherbet, et il nous
ï5
226 SOUF
A la même racine se rattache Sirop. Il vient de i-jV^
charâb, qui en vulgaire a le sens spécial de sirop ( Belot ,
Heury, etc. ) ; sens qu'on retrouve aussi dans les traités
de médecine arabe : « ^\j^^ ^f^\ •^^^'^^ '■^J î on le
rend épais cpmme du sirop^ au moyen du sucre » dît
Qalioûbî, en parlant d'une décoction. ( V. ïlUl ^-Ual^
de Qalioûbî, passim.)
Souche. Berry : soche. Bourguign : suche. Prov : soc,
socca. It : zocco. Esp : zoca. Cat. et Val : soca. Bas lat :
zoccus, soccus. D'après Brachet Torigine de souche est
inconnue. M. de Eguilaz fait remarquer que ;[oca en An-
dalousie désigne la tige de la canne à sucre, et il n'hésite
pas à y voir l'arabe JU sâqy tige d'une plante. Pour les
changements phonétiques voy. l'Introduction : alef.
Soufi. Ecoutons Ibn Khaldoûn : « Lorsque dans le se-
cond siècle de l'islamisme le goût pour les biens du
monde se fut répandu. . .on désigna les personnes qui se
consacrèrent à la piété par le nom de soufis... Soufi vient
>
très probablement de ^y^ ^oûf, laine, car la plupart de
ces dévots portaient des vêtements de cette étoffe pour
se distinguer du commun des hommes, qui aimaient le
fit pai*fuiner sous une tavayole, que deux valets tenaient étendue sur notre
tête » p. 315. Dans les Voyages du Sieur Lucas on lit sorbec.
SOUF 227
faste dans les habits.» (i) Voilà Tétymologie générale-
ment admise. Al-Qocheïrî (2) n'en veut pas. D'après lui
« on ne saurait assigner à ce nom une étymologie, qui soit
tirée de la langue arabe et conforme à l'analogie ; on ne
peut pas le dériver de soâf^ laine, vu que les soufis
n'avaient pas l'habitude de se distinguer des autres en
portant des vêtements de laine,» (j) Il se peut bien que
Al-Qocheïrî ait raison et que (i^ ne soit qu'une trans-
cription de <y(xf6ç. On a pu donner ce nom aux sages de
Hslarrin de même que les Pères de l'Eglise appelaient
q)il6(TO(poc les moines chrétiens. Les Arabes perdant de vue
cette dérivation, comme pour beaucoup d'autres termes (4),
auront cherché à soufi une origine dans leur propre lan-
gue (5). C'est exactement l'opinion de l'illustre Al-Bîroûnî.
Après avoir résumé la doctrine des philosophes (iJyJI)
grecs, il ajoute : « l^^^— ^^b ^ wj jïd' ^y ^^Vt S w^^ ^J
(i \^\^\ ^\j SSiâlI cil ifj^ CV^ (^é^. wJÎUI ^Jl M &é^.
( 1 ) Prolég. m. 60.
(2) Théologien musulman, mourut en 1072 de J.-C. Voy. la note que lui
consacre De Slane ProL I. 456.
(3) Comparez pourtant ce que raconte Moqaddasî. p. 415. ligne 7 :
irfï^ Kjya *?^ Vj . • 'f^^^ Cjj^ . Aussi les soufis le prennent-ils pour un
des Ws : «'gj© Ujj'îl l^^ii^ J ^a> C^. ^3 llU :§>aîl ^^^ Jl 'c-iJ^ » • (Ed.
de Goeje. )
(4) Cfr. ^^ , dJUll J^lTl Alchimélech , Ci^^,
(5) Dans Mas^oûdî le costume d^un soufi est ainsi décrît : « <^U ^ «>j
J^^ J^ » (Vn. 89) .
228 SULT
• (2) « jj-jJI J>^ ^y ^j dllS Ju» Jii^ jT (i ) j^JL^^ ^1
{Al-Biruni's Indïh. Edit. E, Sachau. p. 16. lig, 6).
Sucre. Du lat. saccharam dit Brachet. Mais saccharum *
n'aurait pas fait sucre. Comment expliquer d'ailleurs l'ac-
cord des langues européennes à prononcer u au lieu de
a. ( j ). Le sucre n'a été vraiment connu que depuis les
croisades, et surtout depuis que des ouvriers Tyriens ap-
portèrent à l'Europe les secrets de la fabrication syrien-
ne (1239). L'exportation du sucre formait un des princi-
paux articles du commerce de TyT{Moqad. p. 180.) Pour
conclure nous croyons avec M. Devic que sucre a subi
l'influence de f~^ soukkar, même sens. {4)
Sultan* Vieux franc. : soudan et soldait qu'on trouve
encore dans Fléchier, « Un Religieux de S* François du
(1) V. plus haut sofa.
(2) L^émineut écrivain consent ensuite à faii*e mention honorable de
Pingénieuse explication trouvée pai* *s^l ^csàS y}^ . La voici : « ^Eji ^ju
'J^l JS^ j> . (Al-Bîroûnî, ibid).
(3) V. Dict. étym- de M. Devic (s. sucre).
(4) Le Diction, de d^Orbigny affirme que la culture de la canne à sucre
ne fut introduite en Syrie qu'au XTS^"*® siècle. C'est une erreur. Les Croi-
sés en arrivant en Syrie y trouvèrent en pleine prospérité cette industrie,
qui ne fit que s'accroître sous le gouvernement des rois latins. (V. Colon,
franq, 248). Dans la province de ^Omân la canne à sucre était cultivée en
grand du temps d'Ibn Hauqal. (V. Edit. de Goeje. p. 36. note m.) La vallée
du Jom*dain était couvei*te de plantations de cannes à sucre, Ul^\ ^Jy
(Moqaddasî. 162 lig. 9.)
SUMA 229
couvent de Jérusalem vint député du Soldan d'Egypte
vers les Rois Catholiques.» Histoire de Ximénès, IL p. i $8*
Quant à Soudan «(géogr.) il vient de ôb^ soûdân, plur, de
^jJ aswadj noir. Le Soudan est appelé par les Arabes
ôb^l 3>t bilâd as-Soâdân [i) j pays des noirs. Sur la sy-
nonymie d* Abyssins^ Zeng et Soudan on peut consulter les
Prolégomènes d*Ibn IChaldoûn. L 171. Trad. de Slane.
Sumachou Sumac. Plante appelée aussi vinaigrier.
Esp: zumaque, çumaque. Ptg : summagre. It: sommaco; de
JU— soummâqj même sens, qui porte en arabe le nom de
sumac des corroyeurs (2), parce qu'il était employé par les
tanneurs. On s'en servait aussi pour assaisonner les mets
ou comme collyre, après l'avoir fait mariner dans l'eau de
rose. Actuellement encore « c'est pour l'Oriental un ré-
gal de saupoudrer sa galette de pain des graines extrê-
mement acides du sumac. » ( 3 ) Dans la Pharmacopée
Universelle le sumach est nommé parmi les remèdes r^^-
serrants. Le 3^ est encore cité parmi les productions de
(1) (( oUu{ etobj^ se disent des hommes seulement ; s^il s^agit des
animaux on emploie ^^ et ^^^ » • De Slane.
(2) Ce nom lui est conservé en français. — «La glu qu^on tire du fruit de
Parbre, appelé cordia sebesten est un des articles les plus considérables de
son (la ville de Seyde) commerce.... Le sumach y est aussi fort abondant. »
Hasselquist I. 240.
(3) Souvenirs bibliques; par le P. Jullien. S. J.
250 SUMB
la Syrie dans Moqaddasî ( i8i ), Yaqoût (IV. 1005. ) Ibn
Hauqal parle du sumac de Sangâr en Mésopotamie, et
dans les environs d'Alep une montagne en avait retenu le
nom : j(r^l J->. mont du sumac. ( V. Geogr. arab. Gloss.
264, édit. de Goeje. )
Suxnbul. Plante ombellifère de la Perse dont on extrait
une matière médicale ( Litt. ) ; de Tarabe-persan jIl
sounbouU qui désigne le nard indien. Aujourd'hui on s'ac-
corde à en faire une Valériane (i). Râzî et Ibn el-Beithâr
en font des descriptions détaillées. Le Sounboul croît
aussi en Syrie ( Moqaddasî. p. 181. 1. 1 1).
(1) Df Leclerc. Traduct. d'Ibn el-Beithâr.
i
TABA 2JI
T
Tabaschir, Tabashir, et Tabaxir. Transcription de
jiiCU tabâchîry concrétions siliceuses, qui se forment dans
les entre-nœuds des bambous (i). Ce fait singulier de
concrétions pierreuses à l'intérieur des végétaux a frappé
l'imagination des peuples^ qui habitent les contrées, où
croissent les bambous. Aussi leur ont-ils ■ attribué des
propriétés merveilleuses. Râzî, Avicenne, Ibn el-Beithâr,
Soyoûtî, Qalioûbî sont unanimes là-dessus ; (2) et le Dict.
de Trévoux n'a garde de médire du tabaxir. Voici à pro-
pos de cette singulière panacée une épigramme d'Ibn
Bassâm, contre son propre père Aboû 6a 'far :
« Le pain d'Aboû-ôa'fàr est un tabaschir plein d'aromates
et de simples. C'est un remède à tous les maux, douleurs
de ventre, de la poitrine et flux de sang.» (Cité par
Mas'oudi. VIII. 262 ).
(1) C^est la déâmtion de Massergouaïhi, cité par Ibn el-Beithâr :
^jCyfJl ua)t 3yf ^ j^ji *^ jA j^ukll . Le tabaschii* est une substance,
qui se trouve à Pintérieur de la canne indienne ».
(2) Voici ce qu'en dit Syoûti : skJU3l Jj-ai)tj j.jJI aJîj JU-JI ^ ^
Ja^S) J>\iJLii\ %^j ZkbJI v^\^ j^\j> ^jt «i30 J>>>.Zg)l ^jjj JJJ^\ f^jj
( ùj*all «tiUJIj ci>jlt JMI ). ù!?^j\i^ .
2p TALC
Tabis. Étoffe de soie (i). Esp. Ptg. Ital : tabi. Bas lat :
attabi. Vieux fr: thabit, zatabiz. De (^li 'attâbî^ étoffe de
soie, comme le dit expressément Istakhrî {199. 1. }.)•
«jj^jt-l ^\Ji\ jLj (^bJI ; Vattâbî et autres étoffes de soie» :
Ou comme parle Ibn Hauqal \^^j^\ oLîll JLj ^^)j <^lLJI.
(261. lign. II.)
Talc. Esp: talco. talque. Ptg: tâlco. De jî^ ta/^^,
même sens. De Monconys écrit taUc. Ibn el-Beithâr nous
apprend qu'on en fabriquait des vitres pour les bains etc..
pUjIl j.lî« Ajij *1)UL^ (ijUu* iujliw. Les alchimistes en
faisaient aussi grand usage ; voici sur le talc une de leurs
formules conservée par Mas'oûdî.
«Prends le talc avec Tammoniaque et avec ce qui se
trouve dans les chemins ; prends une substance qui res-
semble au borax et pondère tout cela sans commettre
d'erreur; puis si tu aimes ton Seigneur, tu seras maître
de la nature. » (2)
(1) « Ma grande Croix de chevalier était passée dans une lai*ge ruban
de tdbis blanc » (D^Àrvieux. m. 510). Sur y^(hp Y. Dozy et SulU MameL
(2) Prairies ior.yiSL 176. Trad. de M, Bai»bier de Meynard. Dans
TAMB
23>
Talisman. Esp : talisma. Ptg : talismâo. Val : talisma.
De ^^Jji^ tilasm ou tillasmy même sens, du grec TêlaafA(K.
Voici à propos de J-lfe un spécimen de la science
des étymologistes arabes : « Jii) tîbl • ♦ • o>C Jly I aJ jjé^b
Sur ce mot il y a trois opinions principales... d'après la
deuxième, c'est un mot grec signifiant nœud insoluble ;
d'après la troisième c'est un anagramme de JaL^ » (i).
Tambour. Esp : tambor, atambor. Ptg: tambor. Bas laf:
tabur, taburcium, taburlum. It: tamburo. Il me semble
difficile de dériver ce mot de l'arabe jjlîL tonboûr, qui dans
la langue classique ou parlée n'a jamais désigné qu'une
lyre (2), guitare, ou mandoline, comme traduit M. Bar-
bier de Meynard. La dérivation du persan>J tabîr (3)
me parait également forcée. A toutes ces explications
I II ■ . ■ - . ■■ . . I I »■■■■■ I ■ I ■ I ■ I . « y
ces vers nous rencontrons le mot borax qui déi'We de Tarabe Jjjf boûraq,
même sens, venant lui-même du persan «j^^ boûrah, « On trouve le borax
en Perse » (Trévoux. ) Le pluriel de Jjy est Jj|^ employé quelques li-
gnes plus haut par Mas ^oûdi (175). Tout ce passage est curieux. On y
rencontre plusieurs termes d'alchimie, les éîixirs obj-TV» » les alambics
(de jswVI ) < los cornues, la soUdification du mercure, etc.
(l)**Ar-Râgheb: ^Jikl» SiJij ^\J\ Z\Jl>^ V. aussi jjuîI •Ui» p. 153.
Cet anagramme • rappelle assez-bien celui qu^on fit sur la a révolution fran-
çaise », un Corse te finira.
(2) Mu^arrab. p. 102 et le Kitâb al-Aghânî, pas. Mas^oûdî VIIL 15.
89. 91 etc. Hist. Orient, des crois, pass, Cfr. pourtant le ej^^ ^q
Bâsim le Forgeron (texte, égypt. p. 5 ).
(3) Devic. Dict, étym. s, tambour.
234 TANZ
je préfère Tarabe jlL» iabl^ tambour, au pluriel Jji
touboâl, avec lequel tabour (i), tabouririy tabouriner, ta-
bourdeur^ comme on disait autrefois, ont bien de la
ressemblance. Il suffit d'admettre le changement 4© / en
r (2). De tabour dérive Tabouret. A cause de la commu-
nauté d'origine nous faisons suivre ici :
Timbale. E^p : atambal, atabal; en //a/: taballo, vient
encore de J-U \abl, (vulgairem. prononcé iabal. V. Infrod.
Observ. gên.) qui désigne en général un tambour. Les tim-
bales nous sont venues de l'Orient. (Trévoux ). Ici encore
un m s'est glissé avant le bj peut-être sous l'influence du
lat. t/mpanum. Pour expliquer l'insertion de m dans tam-
bour on peut en rapprocher trombe dérivé du latin turbo.
Tandour. Instrument de chauffage chez les Turcs, de
j^ tannoûr (V. athanor et Prov. Arab. 14.) four, duquel
les Turcs ont fait tandoâr. V. jjjUj dans Mallouf.
Tanzimat. Ensemble des réformes administratives
( 1 ) Cette étymologie est assez clairement indiquée dans le Dict. de
Trévoux.— <( Des jarres, dont l'ouverture paraît recouverte d'un parchemin,
et qui cordées sur les côtés comme un tambour étaient sans doute cette
espèce d'instrument nommé taboT't qui dans les premiers siècles s'accor-
dait avec la harpe, et dont on se sert encore en Abyssinie.» Bruce
Voyage en Nubie I, 140. En note on ajoute que l'instrument tahor se nom-
me aussi TàbreL
(2) V. Introduction. « Tel noise i avait de tabour z et de tymbres, de
cornes, de criz etc. » Continuateur de Guillaume de Tyr. ( EKstoriens Occi-
dentaux des Croisades. II. p. 543 .
TARB 2J5
' ' ' «^ — —
décrétées par le Sultan Abdul-Medjîd (i). De CjUâiî
. ^ •»
tanzîmâty plur.de Jkj taniîm^ jXa^ de J», mettre en
ordre. A la même racine se rattache N{:(am, troupes
régulières en Turquie ; de ^U» nizârriy ordre. C'est aussi
le titre du roi du Décan dans THindoustan. Sur la pronon-
ciation turque de ]i Voy. Introduction.
Tarazacum ou Taraxacon. 'Chicorée sauvage; de
ày^jatarakhckaqoânj même sens. Ibn el-Beithar en parle
sous les rubriques ùjï^J^ et \x^ . M. Devic croit
aussi avoir trouvé la forme ùy^y^ tarachaqoûn encore
plus voisine de taraxacon ( V. Dict. étym. s. v. ) Dozy
( Supplém. ) note f^)^ et Hutres altérations plus ou
moins fortes de oyli-^ •
Tarbouch. Bonnet de couleur rouge ( Litt. ) Transcri-
ption de J^j» J^ tarbouch ou J|j» ja torboûch, même sens.
C'est probablement une altération de J^y^jt , mot sur
lequel on peut consulter Quatremère (Sultans Mamelouks.
I. i'® part. p. 245). Le comte Henri de Champagne écri-
vit à Saladin pour « lui demander un habit d'honneur :
Tu sais, lui disait-il, que l'usage de la tunique et du char-
boûch est chez nous un déshonneur. Je les revêtirai de
■ ■ I . Il I 11, ■ . fil -m '
(1) La Turquie et le Tanzimat. pai* Ed. Engelhai^dt. Pai'is. 1882.
2j6 TARG
ta main, par amitié pour toi, v^j»^b •UltjjJ û' Ji^cJ'
♦ «dJIîu^dU^L^I lljw-^ ta:p (i ).Dozy (V^^m^/i/^.p. 220.
250 et 289), a longuement décrit le tarbouch (2).
Targe. Espèce de bouclier (j) carré et courbé. « Il y
avait sur la selle de chaque cheval de main une Targe ou
bouclier de vermeil doré. » (4) Esp : tarja, adarca, adarga.
Cat. et Pig : darga. Ptg : adarga. Il est plus que proba-
ble que les formes hispaniques dérivent de Sjoll (5) ad-
(1) Kâmil d'Ibn al-Athîr. Histor. Crois. IL l^ part. 59.
(2) Il 63 1 à croire que si Pillustre savant avait séjourné quelque temps
en Orient il aurait modifié quelque peu sa detcription du tarbouch, ainsi
qu3 de certaines autres parties du vêtement arabe. On peut en dire au-
tant de quelques articles de son SuppL aux Dict arab, où il lui échappe
des confusions regrettables, par ex. au mot x^^ju* . N'ayant pu comprendre
la description qu^en fait le MohiU il se demande si c^est un meuble,
une table. Si M. Dozj était venu en Syrie, il aurait vu que x.j^ n^est
autre chose quW trépied terminé par ime plate-forme à la pai'tie
supérieure • On s^en sert pour cueilUr les fruits et les feuilles de mûrier.
Dans les MiUe et Une Nuits deHabicht (IX. 291, 341,350) 5^0- doit
signifier encore un petit trépied, Macnaghtenet leP.SaUiani(in. vol.) lisent
partout x^ qui semble plus naturel. Mais le manuscrit des Mille et
Une Nuit3 de la bibliothèque de PUniveraité S« Joseph maintient partout la
leçon \-, f , , f .
(3) De ses plumes te couvrira
Seur sera sous son asile
Sa défense te servira
De targe et de rondele
Marot. Psaume 91.
(4) Voyage d'Alep à Jérusalem en 1697, par ^enri MaundrelU cha^
pelain de la Facture Angloise à Alep.
(5) :^jd daraka^ donné par M. de Bgullaz m'est inconnu, à moins que
ce ne soit une faute d'impression. Le Gtec moderne a ti^a , bouclier.
TARI 237
daraqa^ bouclier en cuir, mot connu au vulgaire, comme
à la langue classique. (V. Ousâma p. 91. 157)- Pourquoi
donc assigner targe et à targette (i) une origine germar-
nique ? Comp. encore Tarjette^ morceau de gros cuir pour
protéger les mains. (Trév.) De SjjJl dérive encore le ter-
me Adargue, qui désigne un petit bouclier adapté sur une
lance courte. On peut voir la description d'une adargue
mauresque dans les Armes et les Armures de P. Lacombe
p. 225. Elle rappelle assez-bien le bâton recouvert de fer-
blanc, avec lequel les Bédouins parent le coup de lance
et qui a conservé le nom de bouclier. (2) D^ targe serait
venu se targuer (autrefois tarquer), comme si Ton se cou-
vrait d'une targe. Ce verbe signifiait jadis, selon Borel,
se couvrir le corps de ses bras, en mettant les poignets
sur les flancs.
Tarif. Esp. et Ptg : tarif Esp : latarif Transcription de
wi j«î ta'rîf^ nom d'action de ^f- faire connaître, publier.
En turc A^y^ ta'rîfa a de même le sens de tarif, taxe.
Le dialecte vulgaire de Syrie emploie aussi de préférence
ïi j«o ta^rifa.
- ■ »■ ■ T ..11. I ■ ■ I ■ PII ■ I M — I ■ ■ Il ■ ■ «ai»
(1) Qui dans l^ancieime langue désignait un boucliei\ Targette est-il le
diminutif de targe, ou la terminaison eUe tient-elle Jn place du ta
marboûta ? — Voy. poui*tant ïijii» dans Dozy. Supp.
(2) V. Le Diwàn (TAl^Hansât traduit par le P. de Coppier. S. J.
p. 47, Beyrouth, Imprim. Catholique.
• «^
238 TASS
Tartre. Esp. Ptg. It: tartaro ; de iS^j^ dourdî, dépôt,
sédiment d'huile, de vin^ tartre. En arabe ^jS daradj
aurait aussi le sens de tartre ou carie des dents, d'après
Freytag, qui oublie de citer ses autorités. Le t art arum
des Alchimistes est une altération de \s^J^ dourdîj re-
pris par les Arabes sous la forme de JÙ9J9 iariîr. ( Bocth.
Heury etc). Certains dictionnaires écrivent aussi jSj
tartîr.
Tasse. Esp : taza. Plg : taça. // ; tazza. De ^jJ^ tass,
mot d'une haute antiquité, comme on peut le voir dans
le Mu'arrab (p. loi) et dans Frœnkel [DeVocab. in
antiq. Arabum carminibas peregrinis). On trouve encore
la forme c^J^ tarf, moins arabe, mais qui se rapproche
plus de l'original persan c^ tarf. (i) Î-IL iâsa^ avec
le sens d'écuelle, tasse, se rencontre fréquemment
dans les Mille et une Nuits et dans Bâsim le Forgeron.
( Manuscrit de l'Univ. S. Jos. pass ). Le célèbre Ménage,
qui a donné tant d'étymologies bizarres, n'était pas loin
(l) On voit un changement analogue dans ]^ brigand, qui était pri-
mitivement ^:^\ (transcrip. de XriGTriq ) au plu. Oj-aî • (V. Syn. Arab,
p. 422. note). Dans ^ik«i il y a eu un dédoublement en sens contraîi'e,
qui, de Tancien ^t!i (fossatum, (pdaaarov ) a fait ^ik«i • Au lien
de l^ on trouve aussi ^ife tàs, etc. (Mille et une Nuits, pass ).
TERF 239
s
de la vérité quand il assignait comme origine à tasse
l'arabe tâsson, grand verre.
Téréniabin ou Tringibin. Manne de Perse (i), dont le
nom français se présente sous les formes les plus variées,
De c^^J tarangabîfij mot d'origine persane, écrit ù}->/
targabîrij dans un manuscrit de Qalioûbî, «La manne nom-
mée Tarandjubîn ou Tarandjubil se recueille en grande
quantité dans la contrée à^Isfahan sur un petit buisson
épineux. Je me fis montrer de cette sorte de manne à
Basra et je trouvais qu'elle consistait en petits grains
ronds, jaunes... Dans le Kiurdestân^ à Mosul, Merdîn^
Diarbekr, Isfahân on ne se sert que de manne au lieu de
sucre. » { Niebuhr. Descr. I. 207 ). Moqaddasî avait déjà
signal^ cette particularité : (p. 125. lig, 11) « ^^ Jj Icjj
Terfez. Truffe qu'on trouve dans les déserts de TAfri-
que. Elle est blanche et d'une saveur rappelant celle de
la viande ( Déterville et Trévoux s. v* ). Transcription de
^jMj torfâSj tirfâs, mottjui en Berbère désigne la truffe,
comme le dit l'Ibn el-Beithar de Boulac, qui écrit J»"^} (2)
(1) Voir plus haut Alhagées.
(2) Forme paraissant être une des nombreuses fautes, qui défigurent
F dition égyptienne.
240 TOMA
* â.
tîrfâch : « \xJ^\ sUiJ ' ^ J^^j ». Bocth. et Dozy SuppL
Tesk6ré. Passe-port. Prononciation turque de 5^^
taàkira, propr. souvenir, et ce qui aide à se souvenir.
Il est employé couramment dans le sens de billet, certi-
ficat, passe-port etc.
Tiber (i). Poudre d'or; en esp: tibar. De jjt. tibr^
transcrit tibar par Eguilaz. Ce mot désigne Tor natif, les
lingots d'or, et en général : l'or avant qu'il soit travaillé ;
Wrfu« j^ f^b U Vl j^ ^AÔU Jll V {i). On peut voir dans
Qazwînî ( Cosmogr. II. p. n .) la curieuse description du
Pays de la poudre d^or jcll 3>l , bilâd at-tibr^ que nous nom-
mons Côte d^or. (Afrique). L'arabe jC tibr^ est devenu
tiber par un procédé phonétique, que nous avons signalé
dans l'Introduction.
Toman. Monnaie de compte chez les Persans (V.
Berge. Dict. Pers-Franç. ) « Le Sophi lui a fait présent
de quatre mulets chargés de la valeur de j ooo tomans,
ou çooGo^écus chacun» (j). C'est un mot d'origine
(1) Le Dict. de Trévoux écrit « tibir , nom que ron donne à la poudre
d'or en plusieurs endroits des côtes d'Afrique ».
(2) 5iUI ai de Tha<âlibî.
(3) Lettre de Mgr. Pévêque de Césarople ambassadeur en Perse, au
Chevalier d'Ai»vieux. Mémoires, YI. 145. et plus loin : « fl en a coûté au
peuple 100 000 Tomans, c'est-à-dire environ cinq millions, à raison
d'un Toman, ou cinquante francs » . Tournefort a sur le toman un curieux
passage : m un toman vaut douze écus et demi romains» qia font diz-hait
TURB 241
y
tartare qui signifie proprement dix mille. De ôt«^
toûmàn\ dans le Dictionnaire turk-oriental (Pavet de
Courteille) ôUy signifie aussi ^0,000 dinars. Rubruquis
écrit tumen. Marco Paolo tomman et d'Herbelot touman.
CM^ a passé aussi en arabe. (Cfr. Ibn Batout. IV. 300.)
Toque. On a rapproché ce mot de ïJlt» tâqî/a, sorte
de calotte. (Dozy. Vêtements. 280.) Mais que toque dé-
rive de ïJlU , c'est ce qui ne nous semble nullement
prouvé. Nous croyons que le mot en question a une ori-
gine celtique: toc en bas-breton signifie chapeau. On
disait anciennement torque ou lieu de toque.
Toutenague, Tintenague et Tintenaque. Ptg : tute-
naga. « Alliage de zinc, de cuivre et de nickel, qui nous
vient des Indes et de la Chine» (Dict. Déterville). Le
mot toutenague, dit M. S. de Sacy, vient assurément de
toutia (V. Tuthie ) et peut-être est-ce un mot purement
persan fjtl^ toûtiânâk , substance d'une nature analogue
à la tutie. » ( Chrest. III. 453) Bocthor traduit toutenague
par ciJU^ l^ litt. : tutie minérale.
Turbith. Esp : turbich, turbit Ptg. et Cat : turbit.
Plante ombellifère, employée jadis comme purgatif; (i) de
Assassins (lisez assalanis ) ou Abouquels ; ce sont des écua que Ton frappe
en Hollande pour le Levant. » Voyage. II. p. 31 1.
(1) — «...^'j^l i>^^ ^^1 &!»( Qalioûbî : iU-JI ^Ull ).
16
242 TYPH
Tarabe-persan j»J tourbidj tîrbid. On trouve aussi \*j
tourbaà. « Le Turbith minéral seu Praecipitatum flavum est
une préparation de mercure jaune, vomitive, purgative »
(Pharmacopée universelle, p. 51). Un mauvais plaisant
s'est imaginé de dériver turbith de turbare « à cause qu'il
trouble toute l'économie du corps. »
Tuthie ou Tutie. Oxyde de zinc. Esp : tutia, atutia;
de Al y (i) toûtiâj substance minérale dont les Arabes
faisaient usage pour fortifier les yeux. Le mot est ara-
bise cjj^ (V. Mu'arrab. p. 39); c'est la transcription de
Tovrla « Les femmes arabes noircissent légèrement les
bords de leurs paupières avec une poudre composée de
/w//^ qu'on appelle K^A^/» (D'Arvieux. V. 297). Latutie
nous venait autrefois d'Alexandrie ; elle est « dessicative,
propre pour les maladies des yeux. » (Trévoux).
Tjrphon. Esp : tifon. Ptg: tofaô, tofano. Ouragan,
tourbillon dans les mers de Chine et du Japon. Navarette
et Littré après lui dérivent typhon du chinois. Ne vien-
drait-il pas de o^^ toûfân , pluie torrentielle couvrant
tout, inondation, {Al-Bîrounfs India. p. 193), ouragan^
tourbillon? On ne peut douter que les formes portu-
(1) Avec an hamzé à la fin, mieux que UT^ . Le jju)) »Ui;. le dit ex-
pressément (p. 59). ^>Ju>yo vS^ ù>^ x-ï y/»
TYPH 24J
gaises ne soient tirées directement de l'arabe. Il n'y a pas
si longtemps encore qu'on disait : « Toufan. s. m. tour-
billon de vent, qui agite la mer de telle façon que les va-
gues bouillonnent en la même manière qu'on voit bouillir
l'eau sur le feu (i). » (Trévoux). Renaudot trouvant la
description d'un toufân dans une Relation arabe, traduite
»
par lui, fait la réflexion suivante : « Nos auteurs (2) re-
marquent que la côte de la Chine est sujette à de grandes
tourmentes, et particulièrement à des coups de vent qu'ils
appellent Toufan en leur langue, du mot grec «'t-çoîi'. »
Cette observation est juste 0^^ toâfân , qu'on serait
tenté de rattacher à la racine lJH» tourner, avec le mot
ôliy» iawafân^ qui n'en diffère que par l'accentuation, est
vraisemblablement dérivé du grec. Et il est aussi probable
que notre vieux mot toufan aura été réformé sur le type de
(1) C'est la traduction du texte arabe: «fc,»^ «j^isbif» jU^JI «JIa ^ jO
«.jjJûCI ùUur^ j>. 4^5^j <uaâ7 . V. î^iijljdl UJL- . "Chaîne des Chroniques
n. p. 12. Cet ouvrage fut traduit en 1718 'par l'abbé Renaudot. Reynaud
a depuis édité le texte arabe en 7 joignant une traduction plus fidèle.
(2) C'est-àrdire les auteurs arabes que Renaudot traduisait; il s^agit
de la Chaîne des Chroniques ^\jâ\ 7X
244
USNÉ
u
Uléma ou Ouléma. Esp. Cat. Val: ulema; de»lji^
'oulàmâ , pluriel de ^^U ^âlerrij ou JIp ^attm , savant.
« Les uléma sont plutôt des magistrats, et le corps des
uléma, c'est la magistrature; ce qui n'empêche pas les
uléma d'être de véritables docteurs de la loi musulmane
et d'avoir des élèves vulgairement nommés ^o^a.» (i).
Usnée. Esp.^ Ptg : alosna. Plg : losna. Genre de plantes
de la famille des lichens. Elle était employée pour for-
tifler l'estomac. De <:^\ ouchna^ mousse, lichen; mot
d'origine persane. On l'appelle encore jy^\ ïjlI , calvi-
tie de la vieille, et ^jyll fjl^-^ , cure-dent des singes,
parce qu'elle teint la bouché quand on l'emploie comme
dentifrice. V Al-Mansoârî de Râzî et les Simples d'Ibn
el-Beithâr font mention de l'usnée. Cependant les auteurs
(1) Garcia de Tassy. Jour, AsicU, Juin 1854. p. 475. Un scfta est un étu-
diant en théologie chez les Tui*cs. C'est la transcription du turc ia»^^ saâfta,
ou l:ijj^, altérations du pei*san c!>j^ soûkhta, brûlant (de Tamour de Diea
et de la science ).
USNÉ 245
arabes ne semblent pas avoir connu Pusnée humaine^
c'est-à-dire les lichens, qui poussaient sur les crânes des
morts, exposés à Tair, et spécialement des pendus. La
superstition populaire lui attribuait les plus merveilleuses
vertus, (i)
^ " =»5 Cg3 '§<
(1) On s'est à ce propos apitoyé sur « rignorance et la barbarie de nos
pères». Le comte de Maistre dans je ne sais plas quel endroit de son Exa-^
men de la Philopphie de Bacon raconte que le grand chancelier, qui se
croyait pourtant bien au-dessus des préjugés vulgaires, attachait beaucoup
de prix à la possession du crâne d'un Irlandais couvert de mousse. La
Pharmacopée universelle de Nie- L'Emei^ a un paragraphe sui» la prépara-
tion du crâne humain. Elle recommande de « choisir celui d'une personne
morte de mort violente» p. 124.
246 VARA
V
Validé. Sultane validé c'est-à-dire sultane mère ; pro-
nonciation turque de » Jlj wâlidây mère, en turc ôUU^ ùJi\)
validé soultân. C'est la mère du sultan régnant, elle a un
rang officiel à la cour ottomane. «Le plus beau Khan est
celui de la Sultane Validé^ ou mère de l'Empereur Maho-
met quatrième. On l'appelle Validé Khana » . D'Arvieux.
T. IV. 484.
Varan. Grand lézard d'Egypte. « Les Arabes nomment
ouaran l'espèce d'Egypte; ce nom francisé et latinisé a
fourni les dénominations génériques. Les espèces du gen-
re Varan sont, après les Crocodiles, les Sauriens qui at-
teignent les plus grandes dimensions. » (i) Varan est une
altération de Jjj waraL « Nous aperçûmes, dit le P. Si-
card, un lézard nommé ouaral... Cet animal ressemble
au crocodile, à l'exception qu'il est plus petit, n'excé-
dant pas la longueur de trois à quatre pieds^ et qu'il ne
vit que sur terre » . (2) En Algérie d'après M. Cherbon-
^»
(1) Dict. Univ. dHiBt. Nat. et Relation d'Abdellatif. p. 142 et 160.
(2) LetL édif. I. 505. Le reste du passage est cui*ieux : a Comme il est
VILA
247
neau on pronoce ouaran. Forskal écrit aussi varan. Peut-
être faut-il voir dans ce mot l'influence du pluriel ûVjj
wirlân. Sur la forme ÛJ-J rvaran au lieu de Jjj waral on
peut voir le Supplém. de Dozy.
Vilayet. Province ; la plus grande division territoriale
en Turquie, appelée aussi Eyalet (i). Vilâ/et est la pro-
nonciation turque de l'arabe i Vj wilâya^ province, pré-
fecture. Vali ou Wali est de même la transcription de ^b
ou tlij wâU^ (V. Cadi) gouverneur. (2). Tous ces mots
sont formés du verbe (^ j walia^ être préposé.
fort friand du lait de chèvre et de brebis, il se sert d^un expédient poui* les
traii*e. 11 entortille fortement avec sa longue queue une des jambes de la
chèvre ou de la brebis, et la suce tout à son aise». Dans son récent voyage
( 1884 ) au Désert de la Basse-Thébaide le P. Jullien S. J. parle aussi «du
ouaran ou crocodile du désert.» L'orîgine du vai*an est ainsi expliquée
par Chams ed-din de Damas: j^ ù^j^jj»*è^ ôjj Ji^ l/^ VSi «^'js»- j^WUI»
.a0j2a-<6ir:>jJI S? ^ U.» G.L.W ûiTAjJ ( Ed. Mehren. 91 ).
(1) Ces deux mots ne diffèrent que par Tétymologie: Eyalet vient de
7ib\ gouvernement, administration, ( V. plus haut ) comme dans ce texte
d'Al-Birotîni: x^Ojîl Jl^^l^ cJlT^ûyVJ j>»J ûI bj^« Le passage mérite
d'être cité en entier, il fait trop honnem» au génie élevé de l'écrivain
arabe. Voici donc le début de son chapitre sur les châtiments chez les
Indiens: ^j ^ ;^) 1^ j^\ jp tx^ \^ :§l.^l JUe 45fi Je j^ JWI JU/^»
•«Î-.U-JI :;;;Jf V U^ja^i S>H ci'» (ïn<^a- P- 280).
(2) On lit dans les Mémoires de Trévoux: a Wali est prœfectus, prœses
provinciœ, prœtor, mais non pas possessor ( comme Erpenius Pavait pré-
248 VIZI
OU Vizir. Prononciation turque de jjj iva:{îr,
aide. Sur Tétymologie de ce mot on peut voir Khalil
Dhahéri^ (Chrestom. de Sacy. IL 9.) et sur les fonctions
de visir sous les différentes dynasties Ibn Khaldoûn (Pro-
ég. II. 4. etc.) Actuellement le titre de vi:{ir est donné
dans l'empire ottoman à tous les ministres à portefeuille.
Le grand vizir prend ordinairement le titre de Jitl jJ^
sadr a'^am.
tendu); car à parler exactement, Walin (lisez Jïj) ne se peut dii'e d'un
possesseur, que pour marquer l'administration ou Vautorité, et nullement
la possession,!» Remarques critiques sur les Proverbes arabes, p. 1464.
Août 1770. L^auteur se trompe, quand dans le proyerbe: «X!i Vjl ^^) ^^\ ^
• • ,^jj\^ » il propose de lire iV}) liwilâîn au Ueu de [Vj) lawlâ, leçon soup-
çonnée par Ërpennius. Mais sa remarque sur le sens de wali est exacte.
WÉGA 249
w
Waggart. «Plante qui fournit un médicament; sans
doute de wadjctr^ faire avaler un remède. » (i). En effet
j>-j t^CLgar signifie « medicamentum j^j in os indîdit »
(Freytag). Persuadé que les substantifs français sont venus
de substantifs arabes nous dériverions plutôt waggart
de jy^j wagoâr. Mais cette étymologie nous inspire peu
de confiance. Nous la mentionnons faute de mieux.
Wahabites. ;Secte musulmane d'Arabie ; elle tire son
nom de son chef Mohammad fils de 'Abd al-Wahhâb,
*->Uj wahhâb. Sur ces sectaires on peut voir le Voyage
en Arabie de Palgrave.
Wali ou Vali. Voy. Vilayet.
Wôga. Etoile de i'^ grandeur, « de la Lyre. De ^b
ii>âqi% tombant. « Les astronomes, dit Alfergânî, mettent
Wéga parmi les étoiles de première grandeur ; aILJI Ijjuai
^^S^\^\i^^\^\^\^pz^\. D'après Abdurrahmân
(1) Lucien Gautier. Reyue critique d'histoire et de littératui*e. p. 363.
15 Dec. 1877.
250 WÉGA
As-Sûfî (i) cette étoile a été nommée Jljll^pJll an-nisral-
wâqi'' \ l'aigle tombant, parce que les Arabes l'ont com-
parée à un aigle, qui ferme les ailes comme pour se laisser
tomber. De même l'étoile AUair (écrit aussi Atair) a été
appelée ^iLH^pJ! an-nisr at-t4?r, l'aigle volant, «parce
que l'aigle tombant iJljll ^^^1 est situé en face, et comme
à cause de ses ailes il s'appelle le Tombant ^\^ l'autre
aigle s'appelle le Volant JlLlI at-MFr, parce qu'il étend
les ailes comme s'il volait » (2).
(1) Edit. Schjellerup.
(2) A cette explication d'an astronome de profession joignez celle d'Ibn-
Qoutaïba:cn:J» o^.^ ^V ;3b J3^ JJ uS\j • 2Îk^ • ^» *^ >» J^» -r-^i »
( ^IS:^! oi» ) « fi\j S^ iî^ 55<» U4*^ ^ • ojijiij 5si^ i> • BouiUet fait de
Wéga un astronome autrichien. Cette distraction est relevée comme elle
le mérite par M. Devic. (Dict. étym. ).
ZACC 251
z
Zaccon, Zacon et Zachum, Esp : Zacoum. Ptg : Zacum.
« Il est fait mention dan$ la Bible d'une plante désignée
sous ces noms, dont le fruit jaune est semblable à une
prune et fournit une huile employée par les Hébreu)^
comme fondante ». (i) C'est ce que les voyageurs en
Terre-Sainte appellent l'huile de ZacHe ^ et qu'ils si-*
gnalent comme un vulnéraire précieux. (2) La plupart
des auteurs font du Zaccon une^ espèce de prunier
d'Orient. Hasselquist n'est pas de cet avis et demande si
ce ne serait pas « l'olivier sauvage qui est commun dans
les plaines de Zéxicho. Les Arabes tirent de son fruit une
huile qu'ils vendent aux voyageurs et prétendent qu'elle
guérit les blessures. Le noyau de son fruit est de la gros-
(1) Dietiozu). de d'Orbigny. s. t;. et Palestine par Munk.
(2) «Il y a une huile médecinale et vulnéraire, que Ton fait du ûniit d'un
arbre nommée Zacchoum. C^eat un arbre d*une grandem* médiocre, plein
d'épines longues très-piquantes, il jette quantité de branches assez minces,
mais d'un bois fort, qui est couvert d'une écorce assez ressemblante à celle
des citi*onniers. $a femUe a du rapport à celle des pruniers pour la figure,
mais elle est un peu plus ronde, et beaucoup plus dure et plu3 verte. Son
fruit aussi ne revient pas mal à la prune... Je m^imagine qu'on l'a appelé
Zacchoum du nom de Zacbée» (P.Nau p. 351 )•
252 ' ZAIN
seur d'une noix de figure ovale et a 4 côtés.» {Vo/agedans
le Lev. II. 90). Zaccon n'est qu'une légère altération de
pî 3 :{aqoûm^ arbre très commun dans le Ghôr et les en-
virons de Zéricho, d'après Ibn el-Beithâr, qui en fait une
description concordant avec les traits principaux four-
nis par les savants et les voyageurs européens.
2jahorie. « Nom qu'on donne à ces gens qui ont la vue
si perçante qu'ils voient au travers les murailles et dans
les entrailles de la terre. C'est chez les Espagnols et les
Portugais qu'on voit de ces sortes de Zahories »
(Trévoux). Aussi Zahorie n'est-il autre que l'espagnol
m
:{ahorî^ même sens, dans lequel Dozy voit l'arabe iSfô
s^oharî^ (i) géomancien. (V. le Gloss. esp. j6i). Avant lui
le P. Benoît Feyjoo avait présumé que le mot était d'o-
rigine arabe.
Zain. Esp. Ptg. et Ital : zaino. Dozy se demande si
c'est une altération de ^\ asamm^ qui chez Bocthor sig-
nifie \ain. Les transformations phonétiques pourraient
être expliquées : le cP initial ou médial (2) étant souvent
transcrit :{. (V. Introduction). Mais suffit-il de l'autorité
(1) '^yO -> serviteur de la planète •jt^J\t qui est Vénus, comme le dit
Al-Bîroûnt ^J^>jJ\ •jmj\ » .
(2) Le hamzé initial aurait été supprimé comme dans camard de f^\
aqma^ ; ûîse de j^t « le mtm aurait permuté a^ec le noûn.
ZAPT 25 j
de Bocthor pour faire passer une traduction aussi meta-
phorique que celle de j^am par ^\ . Tha'âlibî ( ï;Ji)l iS )
dans le chapitre qu'il consacre aux couleurs et spéciale-
ment aux nuances de la robe du cheval ne mentionne pas
^\ , pas plus que Tauteur du ^Ijl^^jVI «^CS^, lorsqu'il
énumère (p. 104 et 105) les synonymes de ^y^ noir. Le
dialecte populaire est également muet sur ce point.
Zammara. Genre d'Hémiptères de la section des
Homoptères, tribu des Cicadiens, créé au dépens du
grand genre Cicada; de jC*3 :{ammâr^ joueur de flûte, de
la même racine qu[ a donné jU^^ mii^mâr^ flûte et
jy^ y ma>{moûr^ psaume (de David). 1
Zaouia. « La ^^aouia, dit le général Daumas (i), est tout
ensemble une université religieuse, et une auberge gra-
tuite. » C'est la transcription de l jlj qui signifie propre-
ment, angle, coin, cellule. En Orient Zâouîa a un sens
moins large ; il se dit d'une petite mosquée, d'un ermi-
tage, etc. (Ibn Batoûta. Voyages, passim).
Zaptieh. Nom des gendarmes chez les Turcs (Litt); de
-uLU d<î^/t?ja, agents de police, gendarmes, prononcé
à la turque, de Ja^ da^at, «firmiter tenuit. » « Les Zaptiés
(1) La Grande Kahylie, p. 60.
2^4 ZÉPO
(gens de police) ont débarrassé de quelques piastres les
gens peu zélés». iVo/». dans la Tripolitainej Tour du mon-
de. 1 86 1 . Dans Bâsim le Forgeron (texte égypt. p. 3 8.)
ûiLU ddé/tl/) y les saisissants j (partie, plur. de Ja^ } est
orthographié ùjLlli lâbiiîn(i).
Zarater. Un des noms de Tétourneau (Dict. Déterv. )
formé sur l'arabe jj\yj :{arâ;{îr (2), pluriel de jj^ji ^or-
jfoûr, étourneau (V. Glossaire d'EdrisL p. j 1 1 . Dozy).
Zamecdi ou Ztaic. Mercure (?) philosophai, (3) terme
d'alchimie. (Trév.) L'arabe aj-o jftAaj', mercure ; d'où
Zaibar, mercure en alchimie. Zarnich ou Zarnec (Devic)
est l'orpiment et dérive de ^j3 ^arrdkh^ arsenic jaune,
orpiment. Zarnech, Zénic sont sans doute la même chose.
Zédoaire. Esp. et Ptg : zedoaria. Ptg : zedoeira* Esp.
ancien : çetoal, sitoval, sitouar. Prov : zeduari. It : Zetto-
vario ; de l'arabe-persan jlj^j jfaiM^dr ou jljJU gadwdn
(1) Voici le texte: >j •}» a>jJ Jl> Vj «^«^j « l^tLJJ»-» 4^^\ 5pU^. iSb
(2) Gomp. (iAlzamsir, nom arabe de rôtoumeau.» (I&ct. d^hiât. nat. L
263) tranBcription de ^jlj^l .
(3) Si Trévoux ne fait pas erreur. ~ Zénic n^eat pas dans Devic ( article
Alchimie) pas plus que zerci, vitriol (^tj) et xadir, auti'e terme de philo-
sophie hermétique. C'est Vénus, pris pour le vert-de-gris. De ï^j zohara,
Vénus ( plante ). A propos de jjj , voici la spirituelle description d'un
avare, d*aprôs un poète arabe:
ZERD 255
Cette plante excitante était fort appréciée des Croi-
sés, qui rappelaient citouart. Le Dîct. de Déterville
écrit constamment ^{éodaire. C'est là une métathèse que
réprouve Tétymologie.
Zéen. Chêne zéen, espèce de chêne d^ Algérie dit aussi
chêne \ang^ dont le bois est remarquable par sa densité
(Litt.), de ùlj ^àn, même sens. On se servait de ses ra-
meaux pour faire des lances. Cfn remarque du D'Leclerc:
Ibn eUBeithâr .: N^ 1 08 1 , et le géographe Bakrî. ( i )
Zekkat. Impôt; de olésa»3 ou S/j :{akâ^ aumône, im-
pôt. oISj :{akâ signifie proprement pureté, purification,
comme îT/ ta:{kia; l'aumône, comme disent les Arabes^
étant un moyen de purifier les richesses (2). Il signifie
aussi, augmentation, accroissement, impôt « La lesma se
payait avant 185 5,.. elle a été remplacée par les impôts
achour et :(ekkat. » Lettre de P empereur Napoléon III, sur
la Politique de la France en Algérie.
Zerda ou Zerdo. Noms donnés mal à propos au fennec
par Sparmann. Zerda est une altération de S j>- gorad^
(1) Joum. Asiat. 1859. Janvier, p. 72.
(2) iiZacah, s. f. C^est le noin que les Mahométans donnent à la partie
de leurs biens qu'ils doivent distribuer selon leur loi aux pauvres. Ce n'est
pourtant pas proprement une dime... car 1^ elle ne se donne point aux
Imans, 2® elle ne va qu*à un quinzième» (Trévoux ), et même à moins. Cfr.
Moqadd.366. H'^ô^^l''^ j^j> ,f^ o^^\»/'J^i\y^\ ô^^
256 ZILC
sorte de rat qu'on prononce vulgairement gorad. (V.
Bruce. Voyage en Nubie. V. 1 57.) Le ^ g se transcrit
souvent j(. (V. Introduction.)
Zérumbet et Zurembet. Esp : zurumbet, zerumbet.
Transcription de Tarabe-persan ^U'j3 :{oronbâd, plante
longtemps considérée à tort, selon Leclerc, comme sy-
nonyme de :{édoaire ( V. Traduct. d'Ibn-Beit. ). On trouve
aussi :{érumbert.
Zibeth. Viverra zibetha Linn. Nom d'uçe espèce in-
dienne du genre Civette. Transcription de ^1*3 :{abâd.
(V. Civette.)
Zigzag. D'après A. Sédillot de £3 J{îg, tables astro-
nomiques : « oUlf (iJJI £j!l ^ »\^ ; nous avons établi ce
fait dans nos tables astronomiques. » { Al-Bîroânî : India.
p. 300 etc. Voy. aussi ïJli-l 6jj3l ^i îiUl jlîVl ♦ pass. Edit.
Sachau).
Zilcadé, Zilhagé. Les deux derniers mois de l'année
musulmane. Il faudrait plutôt écrire Zoulcadé^ Zoulhagéj{i)
selon l'arabe SaiSll jS àotCl qa^'da, et ï^ 1 jS àoûH higga.
La première partie de' ces deux mots est jS doû, pos-
sesseur, à laquelle correspond en vulgaire Boû ou ahoâ
(1) La première orthographe a prévalu depuis Montesquieu.
ZIRC 257
(V. Patacon). 5^ qa'da , signifie séance , session , état
d'un homme qui est assis, au repos, (i) Pendant ce mois les
Arabes du désert s'abstenaient de guerroyer. ^^ h/gga,
signifie pèlerinage; c'est en ce mois qu'on se rendait à la
Mecque.
Zinzolin. « Couleur d'un violet rougeâtre ; de l'arabe
djoldjolân, semence du sésame dont on fait cette couleur»
(Littré). Qu'on se reporte à Gengéli on y verra, outre
Cy^ go^oiî/i, la forme ùjl^ gongottrij d'où dérive
probablement zinzolin. Cette étymologîe avait déjà été
indiquée par Bochart.
Zircoji. Pierre précieuse. Nous y voyons une trans-
cription de oyjj :{arqoûn , mot qui ne paraît pas d'o-
rigine arabe; la forme est tout-à-fait étrange (2). C'est
probablement le persan o/^j3 :{argoûn^ couleur d'or,
qui a déjà donné à l'arabe un des multiples noms du vin
ûj>-yj ^argoûn, et peut-être a,ussi ù^jj :{arqoân (j). M.
(1) Cfr. Mas'oûdv Al-Bîroûnî (Chronologie Onentale)et Chams ed-dîn.
(2) Quand on se trouve devant un singulier arabe terminé par le[ si-
gne du pluriel externe oj oûn, on peut conclui*e que le mot est de
provenance étrangère.
(3) V. Dozy. SuppL s. v. A propos de o^jj faisons une dernière fois
remarquer avec quelle £eicilité les liquides permutent entre elles. Au lieu de
ûjSjj on trouve CiPUU et û>LLr*- • Dans le MostaHnî on lit ; oj^^fOÎ
ù^jj\ ^j . Comp. Introduction» Lettres j . J et ^ •
17
258 ZIRC
Devic dérive du même mot 4)ersan û/j3 i^argoûn, le
français Jargon^ gemme de couleur jaune tirant sur le
rouge, dont les minéralogistes font une sous-espèce du
Zircon. Le « Jargon » est originaire des Indes et du Pégu.
Comp. VEsp. azarcon , açarcon. Ptg, azarcâo, zarcâo.
(Eguilaz. 3 20.) Ajoutons ici Zarca qui en alchimie désigne
Tétain. C'est probablement une altération de Ôyj3 ^ar-
qoûn ; car au sujet de ûyji; on lit dans le Mosta^înî
^j^\ ^ r^^^ '-^^ (V. Dozy. Gl. Esp. 225.) Zarca
n'est pas dans Devic.
APPENDICE.
Liste des autres mots français d'origine arabe (i).
Abdallas. Nom donné aux religieux en Perse; de
-iblxp 'abd Allah^ serviteur de Dieu. (V. Littré.)
Aigrefin. Monnaie; peut-être de i^jt\ achrafi mon-
naie persane. (V. Devic ).
Alchimie. De U^l al-kîmiâj composé de l'article al
et de Uj^ , mot d'origine grecque.
Alfler. Porte-drapeau ; de ^jlill al-fârisy le cavalier.
Le Dict. de Trévoux a aussi « Alfère : porte-enseigne.
Ce mot se dit des officiers ou Flamans, qui servent en
cette qualité. »
Alhandal. Coloquinte; de jJâjii al-hanialj même
sens.
(1) Afin de rendre notre travail moins incomplet, nous réunissons dans
cet appendice les mots d^orîgine arabe sur lesquels nous n'avons rien de
spécial à dire. Pour les détails nous renvoyons à Texcellent Dictionnaire
étymologique de M. Devic, publié à la suite du Supplément de Littré, et
par conséquent entre toutes les mains. On pourra aussi consulter avanta-
geusement le Glossaire espagnol de Dozy, qui tout en traitant des idiomes
hispaniques a éclairci Torigine de bien des mots français.
26o ATLE
f
Alkékenge. Plante; de P \!S^\ al-kâkang , même sens.
On trouve aussi les formes fr. alquaquenge, alkéquenche.
Almageste. De ^J*^ /zl-magistî, nom donné en arabe
au grand ouvrage de Ptolémée, corruption de \^9yUnri
Almicantarat ou Almucantarat. ( Astronomie ) ; de
CjljjkSll al-moqaniarât, cercles de la sphère parallèles à
l'horizon. On trouve aussi almicantdrats , forme où s
apparemment représente le pluriel arabe ( V. al-Bîroûnî.
India. p. 1 67. 1. 20,).
Ambre. De y^ ''anbar^ ambre gris. Le terme arabe
composé avec liquide a formé Liquidambar.
Antimoine. Peut-être de j1\ outhmoud (V. Bismuth).
Arzel. De J».jl argal^ même sens. « Les superstitieux
croient que ces sortes de chevaux sont infortunés»
(Trévoux). *
Assogue. Navire pour le transport du mercure (i); de
JjijII a^':{âoûq, le mercure. Ce mot se prononçait Sjj|l
a:{':{OÛqa, en Espagne.
Atlé. Espèce de tamarisc ; de aîl aM/(î, même sens. La
chaire de Mahomet était en bois de tamarisc. ( V. Ibn
(1) Voir Dict. de Trévoux,
CALI 261
Batouta. T. I. 27 $ . ) A Jîl ou ^MJÎl { Aghânî. XXI. 191.
1. 2.) rattachez Ithel «sorte de mélèze fort abondant en
Arabie et qu'on ne trouve nulle part ailleurs. » Palgrave.
Ayan. Magistrat turc chargé de veiller à la sûreté pu-
blique ; de ûUl ayân plur. de ùjc ^am, œil.
Azoth. Prétendue matière première; de JjljJI a\-:[âoûq^
mercure.
Ballote. Chêne à glands comestibles ; transcription de
1»^^ balloûi, même sens.
Balzan. D'après M. Devic de •l3b balqây fémin. de jll
ablaqy bigarré de blanc et de noir.
Bangue. Chanvre de l'Inde ; de ^ bang^ même sens.
On écrivait autrefois Benge et plus souvent Benghe.
Benetnach; v de la Grande-Ourse; de J^ cA :>
banât na^chj les filles du cercueil, nom arabe de cette
constellation.
Boudjou. Pièce d'argent en Barbarie, de y^y, boûgoû.
M. Gasselin traduit boudjou par j>y Jlj rîâl boâgoû.
m
Bran. Bœuf sauvage en Provence. Peut-être de ûU
barrân, signifiant étranger, et aussi, sauvage.
Calife. De ZlM. khaltfa^ successeur. « EQialifa. Nom
en Algérie du chef indigène le plus élevé dans la hiérar-
chie. C'est le même mot que calife. » fLittré).
202 COLC
Carabe. Ambre jaune; de l'arabe-persan \^ kahribà^
succin.
Carthame. De J^y qorXom^ même sens.
Carvi ou Chervis. De l j f^ karawiâ , même plante.
(Ibn Hauqal, p. 50. ) On écrit aussi chervi sans s\ ce qui
est bien plus conforme à Tétymologie. '
Cheiranthe. Giroflée. D'après Léman : de deux mots
grecs i^iQ et «'«'^otf , ou bien de ^^oç et de cheiri, nom
arabe des giroflées. Chéri, Alcheiri et Keiri, noms de di-
verses variétés de giroflées, viennent aussi de {Sj^ Khev-
rî, giroflée (V. Ibn-Beith. II. 82 et Mas'oûdî. VIII. 270).
Chiffe et son dérivé Chiffon ; de Lii, chiffe étoffe légère
et transparente. Le mot français chiffe a encore mainte-
nant la signification d' « étoffe légère et de mauvaise qua-
lité ». (Litt.) La terminaison on dans chiffon est pour le
diminutif et non la* nunnation, comme on Ta écrit. ( V.
Génin. Récréât, philolol. 86 ).
Chiffre. De Jl^ sifr, vide. Zéro est étymologiquement
le même mot.
Coran et Alcoran; de 0' j^ qorân^ lecture. Alcoran,
malgré l'autorité des classiques, tend à disparaître.
Colcothar. Transcript. de jUaïîï qolqoiâr^ corruption de
. FIRM 26 j
Gorge ou Courge. Paquet de toile de coton des Indes
(Litt.) Probablement de nj>- kkorg, besace, sac de vo-
yage. Dans ce dernier sens le mot est très employé dans
le dial. vulgaire. (V. Ousâma ibn-Monqid p. 8, 53, etc.).
Coufique. Ancienne écriture arabe ; du nom de la ville
de S/^ koûfa, la rivale grammaticale de Basra.
Courbaii. Fête musulmane; de 01»^ qourbân^ sacrifice.
Cuiue. Cornue qui servait à la distillation de Teau-forte.
Probablement de ÎL^ï qanîna, bouteille, fiole, écrit aussi
<xjS^ qinnîna. (V. Freyt., Belot et Ousâma p. 100.)
Damas. Etoffe; du nom de la ville de Syrie, en arabe
j^ 3 dimachq. « Le J ç final fait comprendre la forme
des dérivés damasquiné^ damasquette » (Devic) ou plu-
tôt ces termes ont été formés sur le latin Damascus.
Doura. De Sj S àourra^ même sens.
Élémi. Résine du balsamier élémifère. Peut-être de
^V lâmîj gomme élémi. Mais il n'est pas impossible que
les Arabes nous aient emprunté ce terme, récent chez eux.
Etymologie douteuse. (V. Dozy, Gbss. et Devic).
Filali. Industrie des cuirs dont le siège principal est
Tafilet dans le Maroc. C'est l'adj. d^U fllàU^ de Tafilet.
Firman. Du persan ô^^firmân^ ordre royal, ordon-
nance. Le mot a passé en turc et en arabe.
204 -IRAD
Foutah. De l'arabe-persan <Ly foùXfl.
Grenette. Quadrupède africain, deiaJj»- garnaitj même
sens.
Goudron. De ô^J^ qatrân^ (i) même sens. (V. Introd.).
Goum. Contingent militaire des tribus algériennes, de
pï qaumy troupe, prononcée gkoâm en Algérie {V. Devîc
et Gasselin).
Grourbi. Hutte, ou village de tentes en Algérie; de l'a-
rabe algérien J^J gourbU
Grabeler. Eplucher ( Pharmacie). Ce mot semble avoir
subi l'influence de Jl^ gharbâly crible.
Haret. Chat sauvage. Devic le rapproche de S^a hirra,
chat,
«»• »»
Harmal. Plante ; de J^ j>. harmal, même sens ; ou du
latin harmala^ qui est dans Apulée.
Hégire. De Ij^ hagra, émigration (de Mahomet).
Hoqueton. Vieux fr. auqueton, aucolon^ etc. de ^Ja!i\
al-qoion, le coton ; d'où Coton lui-même.
Houri. De iSjy>' hoûrf, même sens.
Iradé. Décret impérial en Turquie. Transcription de
S^ljl irâda, volonté, prononcé avec l'imalé.
(1) fiAlgatrane Espèce de poix. Elle se troave dans la baie que for-
me la Pointe de S^ Hélène, au sud de Tisle de Plata». (Trévoux) C^est la
transcr. de 'Cf\J^^ al-qatràn, le j q étant souvent prononcé ^ gh.
MEDJ 265
é
M III !■ Il I ■— M^^^p^— i» ^^^mm^^mmmmm^^ 1 ■ ■ 11 ■ 1 ^
Jarde ou Jardon. Tumeur qui se développe à la partie
externe du jarret du cheval; de S jj- g^rad, même sens.
Jubis. Raisins secs en caisse ; de ^^^) :{abîb , raisin sec.
• ••
Jupe. De t^ goubba^ robe. (V. Dozy. Vêtements.)
Kermès. De y^j, qirmq, même sens* (V. Carmin.)
Kharbèga « Nom d'un assemblage de trous, que Ton
creuse symétriquement sur une surface plane, et dans
lesquels on pose des cailloux ou des noyaux de datte, en
guise de pions : ÏS»^ kharbèga^ » (Çherbonneau. Diction-
naire franç.-ar. pour la conversation en Algérie).
Laque^ Gomme laque; de Tar.-pers. dU lakk^ ou iN
lâk.
Marcassite. De l^utjy marqachîthâj même sens.
Matassins. De ù^^ moutawaggihîn, plur. de A>yU
moutawaggikj masqué. (V. Dozy. Gloss.)
Matraca. Roue garnie de marteaux de bois ; de S^
miiraqa, marteau; vulgairement mairaqa; d'où Matraque,
bâton, trique en Algérie.
Matras. Vase employé en chimie; de Sjk» matara^
outre de cuir.
Medjidieh. Décoration instituée par le sultan Abd-ul-
Magîd, en arabe -usil ju. ^abdoul-magîdj le serviteur du
266 ORCA
Glorieux (c-à-d. de Dîeu). Medjidieh est un adi. fém. i jl^
' «• •••
formé sur magîdy glorieux.
Mérinos. Probablement de la tribu des Béni-Mérîn,
établie aux environs de Tlemcen. (V. Litt. Suppl.)
Metel, Methel ou Pomme xnételle ; de JîU mâthil,
même sens*
Moire. De j^ mokhaîyar. Ménage écrit mouaire»
Moise. Terme de charpente ; de (Sj^y mowâ;{î, parallèle.
Moringe. Le même arbre que le berij de A» mirnagj
ou de /j» mirnah ou morannah.
* }.
Mortaise. Peut-être de j^ morta\:{ , planté , fixé
(Devic).
Moustapha ou Mustapha. Gros homme barbu ; venu
sans doute d'un ^^ka« MosUifâ quelconque. (V. Litt. )
Mustapha est aussi une variété d'œillet.
Orcanète. Plante originaire de l'Orient avec laquelle
on colore Talcool employé pour les thermomètres. On
l'appelle encore alcana ^ alkanna, alkanetj et alhenna.
Bocthor traduit orcanète par S^ill U- \iinna al-ghoâla, ou
Jjill L>. litt : hinna de la goule^ qui est aussi une plante
tinctoriale. Pour les transformations qu'a subies al-hinna
avant de devenir Orcanète V. Devic.
TART 267
Baquette. Ce mot désignait primitivement la paume
de la main; de ï>b rdha, même sens (V. Devic).
Bècamer, Broder en relief; Jb raqarriy même sens.
Romaine. Instrument de pesage; de iiuj rommâna^
même sens.
Smala ouZmala;de <U3 :{amla, famille d'un chef
et son mobilier.
Solive. Devic rattache ce terme de charpenterie à
wi- salaby arbre d'une longueur notable.* Peut-être ce
mot est-il d'origine celtique.
Sophi « de iSy^ sefwî , adject. dérîv^ du nom du
cheikh Séfi, sixième ancêtre du chah Ismaïl, fondateur
de la dynastie des Séfis » (Defrémery. ) On a dit sophi
sans doute par confusion avec souju (Voir ce mot ).
Tamarin. De ^S-^^ J^ tamar hindîy datte indienne.
Tare. De l>''Js> turha^ de la racine rj^ tarahy jeter.
Tartane. Petit navire de la Mediterrannée. Esp : tarida.
Plur. Val: terides. On veut généralement que tartane
dérive de l'arabe. Est-ce de SjljI» \artday vaisseau de
transport (i), d'où les croisés avaient fait taride} Mais
alors d'où vient la finale ane^ L'arabe possède encore la
forme ^IjU tarâd,
(1) Sultans Mamelouks. T. I. l'*pai*t. p. 144.
268 ZAGÀ
Thuban. Etoile de 3 ^^ grandeur dans le Dragon ; de
(jtii tkou'bâriy' dragon.
Trique. Ne trouvant rien de mieux je propose de rat-
tacher ce mot à JJa taraq^ frapper.
Vacouf et Wacouf . « Nom dans T Algérie ( et dans les
pays musulmans ) des biens appartenant aux mosquées.
On écrit plus souvent vacouf » (Litt.) conformément à la
prononciation turque de sjyj woqoûfj pluriel de ,JSj
waqf legs pieux ; ou simplement de ce dernier mot, qui
dans la bouche des Turcs devient vaqoûf; JSj a passé
également en Persan.
Valise. Peut-être de iéj ^d^cL^ saccus frumentarius,
cophinus magnus. (V. De vie). .
Zagaie. Arme dont se servent les Maures, qui est une
espèce de javelot. Les Turcs ont aussi des Zagaies.
(Trévoux.) Le mot est emploie dans toute l'Afrique et
même en Australie. De îUj :{agâïay mot d'origine ber-
bère, et que les Arabes emploient dans le sens de baïon-
nette (Bocthor.) Ar:^gaie est le même mot avec l'article.
C'est « une lance anciennement employée par la cavale-
rie ; elle était courte et ferrée par les deux bouts. »
(Littré. Supplém.) .
ZOUI 269
2lk>uav6. Nom pris d'une confëdération de tribus
kabyles.
Zouidja. Terme d'administration en Algérie; éten-
due de terre que deux bœufs peuvent labourer dans la
saison (Cherbonneau). Transcription de i^jj ^ouîga^ qui
■
se rattache à jo j former une paire (Devic).
ADDITIONS ET CORRECTIONS
Page 5. note. Aboukom est aussi le nom d'un quadru^
pède du Soudan, qui porte au front une protubérance
osseuse, mince et droite; de ^j} y} aboâ qonrty littér. le
père de la corne. Liiiré. Supplément, s. v.
Adive. C'est un animal qui ressemble beaucoup au
chacal. Esp. et Maj: adiva. Plg: adibe. Maj: adiré.
«Les Arabes et les Barbaresques, dit Sonnini (i), l'ap-
pellent thaleb (2) et les paysans Egyptiens abou-hussein^
c'est-à-dire père de hussein. (})... On trouve les adives
(1) Hist. Nat, T. I. p. 108.
(2) ^j^ thaHab, renard. Dozy blâme les voyageurs, qui ont cru recon-
naître le renard dans Tadive. Comme le fait remarquer M. de Eguîlaz
adiva (ou z^i)l) parait avoir désigné aussi le renard. H cite à l'appui Tex-
pression uva de raposa qui dans P. de Alcala correspond à ainab a dit.
Et chez les médecins arabes ^ji\ «^ , morelle noire, est synonyme de
«juâ) w2% .Rien détonnant en cela. Car dans les descriptions que les natu-
ralistes nous ont laissées de Tadive on voit que ce quadrupède tient beau-
coup du renard.
(3) Lisez ùj^ji) aboû housatn, surnom du renard en Arabe. Ce qui prou-
ve que Tadive était considéré comme un renard en Egypte. Sonnini semble
avoir compris c^ housaîn avec un ^ et en faire un nom propre. La dis-
ADIV 271
dans presque tous les pays que fréquentent les chacals^
c'est-à-dire en Afrique et dans quelques parties de l'Asie.»
Adive vient évidemment de w»ji)l ad-dîb, prononcé vul-
gairement addîb. Ce mot signifie proprement loup. Mais
il est incontestable qu'en Algérie et dans le Maghreb il
a désigné aussi le chacal (V. Dozy Ghss. 45 . ) Il semble
qu'il en ait été de même en Orient. Dans le désert Ara-
bique, raconte le R. P. Philippe de la S, Trinité « il y a
un animal qu'ils nomment Dib^ assez semblable au loup ,
mais d'une autre espèce, comme il est aisé de juger par
ses hurlements.» p. 77. Dans cette description il est facile
de reconnaître le chacal, dont le hurlement est tout-à-fait
caractéristique. On trouve encore chez les naturalistes
adiré, au lieu de adive, et même adil. Belon définit Vadîl:
une « bête entre loup et chien, que les Grecs nom ment
vulgairement squilachi, et croyons être le chryseos ou
lupus aureus des anciens Grecs. » BufTon rapporte que
beaucoup de dames à la cour de Charles IX avaient de s
tinction entre le ^ et le ^ échappe facilement à une oreille européenne ;
quoique ces deux lettres différent autant que le b et le p. H faut en dire au-
tant du ^ Qi àxk ja quoique Dozy {Gloss, p. 208). ait écrit que ces deux
lettres se prononcent presque de la même manière. Quelques années
de séjour en Orient aiu^aient encore modifié cette opinion du savant
professeur.
272 ALCH
adives au lieu de petits chiens. Cette fantaisie ne dura
qu'un temps.
Albacore. Wicquefbrt écrit albicore. «Les albicores
que Ton tuait étoient la plupart aussi grands que des
Thons.» Quelques anciennes relations portent albch
cores ( forme portug. ) et. appellent albocorets les jeunes
aWacores.
Albogues. Esp : albogue ( espèce de trompette ). « Ce
sont deux instruments de cuivre, en manière de chan-
deliers, qu'on frappe Tun contre l'autre] pour en tirer un
son, qui s'accommode bien avec la cornemuse et le petit
tambour (i). Ce nom-là est morisque. » C'est l'arabe J^l
al-boâq, la trompette.
Alchimélech. H^ : alchimelech. «C'est, dit Bosc, le
nom arabe d'une espèce de mélilot, qui croît en Egypte».
Effectivement alchimelech semble une corruption de
dUll JiT'l iklîl al-malek, qui désigne le mélilot en arabe.
dUll JJTÎ à son tour est une altération du grec iMliXmov
Ibn el-Beithâr Taffirme expressément : « JJS^I yb ^^^[»
dW.t » (2). Mais, les Arabes, à qui ook^y^ ^^ fisUhA^rov
ne disaient rien l'ont transformé par un procédé éminem-
(1) Dict, Trévoux 5. v,
(2) Trad. de Leclerc n*» 128. et Edition de Boulac. I. p. 50.
ADDITIONS 275
ment propulaire dans le nom poétique de dWl JJ^I
c'est-à-dire, la couronne royale. Voici les propriétés
que lui attribue Ibn Gazla : < UJI ^ b/^' cçb JÎ^J ^j^ Jxl
^ J^l ^iJoj »ll>Vlj J^Ull ç^ ( man. déjà cit. ).
Alcôve. Dans le passage arabe cité, traduisez : «sous
un pavillon». Pour le sens de pavillon, dais, baldaquin
Cfr. Ibn Batoûta III. 263, 287 et pass.; palanquin, litière
couverte: Mas'oûdî VII. 108. Quant au sens d'alcôve,
on le trouve dans Ibn Khallikân : a Z ^ <^j ïi il cJ^
l^iVI •ti^b .-ImôIIc^ ^j-KV ; il avait une alcôve d'hiver
etc.». Historiens Orient, des Croisades AU. jq(). — Du
Loir [Voyage du Levant p. 70) parle des alcôves con-
tenant le lit chez les Turcs.
Aliboron. Ce terme étant invariablement accompagné
de maître, je ne puis que souscrire à l'étymologie de
Devic, qui dérive aliboron de Jj^l al-bîroûnî (1), sur-
■" « *
nom du fameux Jj jdl Jl^l ù: ^^^ CM:^ y} • Ce savant,
contemporain et rival d'Avicenne, a joui d'une réputation
immense, non seulement chez les Arabes, mais encore
chez nos ancêtres, qui en faisaient un grand magicien,
possédant à un haut degré le don de prédire les choses
(1) 0[ji al-baîroûnt,
18
274
ALMÉ
futures (i). «Le nombre de ses ouvrages, dit Al-Baïhaqî,
dépasse la charge d'un chameau ; « ju» J^ Je iiJUb Zj^Vj »
On peut en voir l'interminable liste (2) dans l'introduc-
tion de la Chronologie Orientale ( ïiUl ;CVl . édit. Sachau).
On se demande comment un homme a pu suffire à cette
tâche. Ainsi «sa main ne quittait pas la plume ; JjU/ ^l5o V
J2\ oJl»» (Ach-Chahrazoûrî). Elle aborde tous les sujets :
théologie, mathématiques, jurisprudence, astronomie^
astrologie judiciaire, science des talismans, etc. Et
dans les travaux vraiment scientifiques Aboû-Raihân mon-
tre souvent une élévation, une supériorité, qui dénotent
une intelligence d'élite. (3) Quoi d'étonnant que son
nom soit devenu synonyme de maître, «de personnage
éminent.?» (Littré) . (4)
Aimée. «Les aimées forment en Egypte une caste à
part. Elles sont beaucoup plus cultivées que les autres
(1) Dictionn. infernal, art. Abou-Ryhan,
(2) L^article que M^ Leclei*c consacre à Al-Bîroûni, dans -son Histoire
de la médecine arabe, ne fait pas suffîsamment, croyons-nous, ressortir
cette prodigieuse activité.
(3) Voj. par ex. son livre sur VInde que nous avons cité fréquemment.
(4) Scheler (art. aliboron) parle « d^un subst. arabe alborân^ âne ( plutôt
bête de somme).» Ce mot arabe n'existe pas. G^est ùj^^I, al-hirdaun que
le savant lexicographe a voulu dire. A Part, almanach il est question de
«Parabe manaj^ feuilles, d^un verbe manaj.» Tout cela nous est inconnu.
ADDITIONS 275
femmes de l'Orient, savent livre et écrire et un grand
nombre sont poètes » . Du Belloc, Revue du Monde Ca-
tholique, p. 490, Sept. 1889.
Alula.. «Les étoiles des pattes se nomment, A etft Ta-
nia, y et S Ahcla, c Talita. » (Arago. Astron. pop. I. 338),
Tania et Talita sont des prononciations vulgaires de
<jt thâniay deuxième, et de ïîlt thâlitha, troisième (i),
M
en sous-entendant o)S saut. (Abdurrahmân. 5 3 .) Alcor^ qui
se trouve dans la queue de la Grande Ourse «ne vient-il
pas de ojl^ ou même de ûb>>- ? » (2). Cela paraît vrai-
semblable. Phegda et Mégre:{ (3), 7 et ^ de la même
constellation représentent respectivement J^ fakhà^
fikhà, cuisse; (V. 'Abdurrahmân. 53 ) et 3^ magkre:^^ ou
^■^ ,
^ ô!) 3ji^ racine delà queue {Ibid.).
Amarre. L'origine germanique paraît pourtant aussi
probable ; le contraire de amarrer est démarrer.
Nous disons en note que ^^ ou ^ÙJ^ a proprement
(1) La 4°^* patte n^a pas de nom spécial, les deux pieds antérieui*s,
collés ensemble, sont désignés sous^le nom collectif de talita ou ^iUU)! Sjjudi
( Y.Chams ed-din de Damas, fig. 2 ).
(2) Note de M. Schjellerup. p. 50. Âlcor est appelé par les Arabes
JjUd saidaq, le fidèle (^AbdmTahmân. 50), et non l'épreuve comme
traduit A. de. Humboldt. j
(3) Voy. Arago. Mtron. Populaire loc cit.
276 AUBE
_ ç .
« •
le sens d'amarre. Cela est exact; mais il signifie primi-
tivement corde (Ag^ânî. XXI. p. 193. 1. i) Il apparaît
dans un vers de Motalammis. {Ibid. 192. 1. 23).
Amogabare. Ancienne milice espagnole ; Esp. : almo-
gavar, almugabar. Cat. : almogaver, almugaver. (V.
Eguil.) Trévoux se trompe quand il dérive « Amog^a^ar^
de mugabar qui vient de gabar^ (lisez jU- ) géant, fier»;
c^est ^jUH al-moghâwer qu'il fallait dire, soldat qui court
la campagne pour faire une razzia^ une algarade dans le
sens étymologique de ce dernier mot.
Assaki. Sultane favorite. Littré (i) dans son Sa/?/)/,
donne la véritable étymologie; ^iClUU khâssekîy formé
de l'arabe Ï^U khâssa, et de S^kîj terminaison turque.
Sous les Sultans Mamelouks les Khassékis étaient les
intimes du sultan. A la cour ottomane ^h-^^ s'emploie
encore pour désigner les personnes attachées au service
intérieur du palais, et surtout la sultane préférée, qui
pour cela s'appelle ôliaL- jC^U khâssekî soltân.
Aubergine. Es/?. P/g-. Va/.: berengena. Ptgr. bringela.Ca/.:
alberginiera. Esp. : alberengena. CaLMaj*: alberginia.D' Ar-
(1) Résumant Quatremère : Suit. Mamel. I. vol. 2°^® p. 159.
ADDITIONS 277
vieux a merînjane; à^ CM:!\ibâdin^ân ou bâdingân (i).
Le vulgaire dit ûlf^» betingân et ûl^-M bîdangân. L'arabe
africain a Jl^^l» bâdingâl. Le Mahâ^m ack-Ckâm (2) met
♦
le ôl^^^. au nombre des plantes propres à Damas. Parmi
les vers qu'il cite on remarque les formes pju> et 4^-ui
et même l'épithète n-x;^» appliquée à un repas où abonde
l'aubergine. Dans Mas'oûdî il est également question
«d'aubergines àlaBourân (3), bonnes à ravir; Ô^Stj
^^ siXJu ^)* ij\jj> (VIII. 395). Pour les autres formes
françaises et orientales du mot nous renvoyons au savant
article de M. Devic.
Page }2, ligne 17, lisez :aij cô
Azédarac. Conformément à l'étymologie persane
nous écrivons c-^j^^ljl , mot que les auteurs d'accord
avec nos manuscrits orthographient habituellement avec
un seul ^ . (Les deux Minkâg, Splendeurs de Damas, etc).
(1) Cette forme est celle du Mu^arrab, d'Ousâma ibn Monqid, dlbn
'Gazla, de Soyoûtî ( jlW» c(\ ob>i/i^r«:s»^.ïnanuscrit.), etc. Devic ne la men-
tionne pas. ù^J^U. &^3C un dâl est adopté par la plupart des autres manu-
scrits de notre bibiothèque : Minhàg ad-dokkdn, le Kitâb al-MoÛ'giz de
*Alâ ad-dîn, etc.
(2) Man. déjà cit. L'autem» énumère deux espèces d'aubergine : ^y^>i\
(3) Allusion, croyons-nous, à la célèbre épouse de Mâmoûn.
278 BAZI
Notre traduction «pour allonger leurs cheveux» est peu
claire. Mettez : «pour faire grandir.» Cette propriété est
.également attestée par Ibn ôazla : ^^i>.ISl j«i!l J^y^j»
«.jj-yl 4) -, et par Ibn Mâgid. (manusc. cités).
Azirna^h : de Jt^l (i) avec kasra^ accentué de la sor-
te jusqu'à trois fois dans Ibn Mâgid (^Uaill S3j>-jVl manusc.)
N'ayant chez aucun auteur arabe trouvé une description
précise de cette maladie, je croisa propos de transcrire
les premiers vers que lui consacre notre manuscrit.
Pag. 39. Ug. i®^® et 2"^®. Trop général; à comparer avec
ce que nous -disons dans l'Introduction à la lettre *1>
Balle. Paquet de marchandise. N'admettant pas que
ce vocable ait la même origine que balle à jouer, je pro-
pose de le dériver de l' arabe-persan 31 M/a, sac (2).
Bazin. Etoffe. J'y verrais volontiers l'arabe j; ^ajfjf,
( ^ ) 3lr^ paraît une simple faute d'impression chez Devic.
(2) î)i{ ballot, en volgalre, est un emprunt fait à PEurope.
ADDITIONS 279
pannus lîneus,bombacinus, sericus(i). J'assignerais lamé-
me origine à bombasin et bomba^ine. Plus tard ces deux
termes auront été réformés sur le lat. bombix et le
bas grec ^afiSaMOP^ qu'on croyait y reconnaître.
Betelgeuse. «De ibt al-djau^â^ épaule (2) d'Orion.
La forme Beldelgeuse semble confirmer cette étymologie,
la lettre / pouvant provenir de la prononciation empha-
tique du /.» (Luc. Gautier). Cette explication sera con-
vaincante le jour où Ton signalera chez les astronomes
arabes •'3>f-l ^} ib\ al-gau:{â pour Betelgeuse. Malgré nos
recherches, nous n'avons trouvé que **3>p-^ et ^\jjX^jS3^j
épaule d'Orion. De ^S^ à J»! il n'y a pas loin, et peut-
être ne faut-il pas désespérer de rencontrer la»}
P. 52. /. iç. lisez : la présence de b. A la ligne 17
c'est encore b qu'il faut lire.
Bourrache. On prétend que ce nom de plante dérive
de l'arabe. Est-ce de J^J^jt boû kharîch, nom de la
bourrache dans Ibn el-Beithâr? (Voy. trad. D'^ Leclerc
r
n^ 2024).
(1) Il y a encore cty^, , étoffe de soie. ( Mu^arrab. 79. et Aram, Fremd"
worter p. 42).
(2) Littéralem. aisselle. Au lieu de i^i Scaliger écrit ^0. hât; que
M. Schjellerup fait suivi'e d^un point d'interrogation, ^b est la forme vul-
gaii»e de ^| . (V. BeloL Dict. fr.-ar. et Landberg. Prov. 266 ) .
28o CAMO
P.67. 1. 8. Au Heu deôlla^ lisez ôlia^, ainsi que Tindique
la transcription européenne.
P. 67. lig. 10. Mettez un trénia sur Vi : caïmacan.
Calioun ou Ckdioun. Pipe orientale ; du persan ûjJi
qalioûn ou ô\S qaliân, dont en Syrie on a fait oy^ gka-
lioûn (i), pipe dans le genre du chîbouque. (V. Mohît,
Bocthor, Heury). Dans les relations de voyage on trouve
encore les formes calian, kalian et kaléan.
Camocan. Esp. : camocan, camucan, çamoçan, can-
nucan. V/^w^r/r, : kamoukas, camocas. Probablement de
Mùkamkhâ ou kimkhâ (2), mot qui est dans Ibn Batoûta
(IV. 269 et pass.) dans les Mille et une Nuits IV. p. 358.
éd. Habicht, dans Bostani, etc. avec le sens de brocart
(V. Dozy. Gloss.yCanque espèce de toile de coton qui se
fabrique à la Chine «paraît être le même mot.» (De vie).
J'assignerais la même origine à Cancanias «atlas (j)ou
satin que Ton tire des Indes Orientales. M. de Jong dans
un manuscrit de Tha'âlibî (Latâïf al-ma'ârif) a trouvé
(1) Pluriel : cq^. Dans un dialogue (arabe vulgaire) on lit t ^^.^ U ^1 »
« c*xr^. jÊkj ^yM^JCi Jj-W^l JA) I4J {^«A^ U Jyf\ IfJ (Almanach du Bachir.
18807p.92)/
(2) Qui paraît être la meilleure leçon.
(3) Transcription de Parabe ^^JWt «pannus glaber sericus, nostrum
Atlas » ( Freyt ). V. allas dans Trévoux.
J
ADDITIONS 281
jUi[S^ Dozy se demande s'il ne faudrait pas lire i}o^^
( Gloss. Es/?. 246). Camocan et Cancanias rendent cette
conjecture bien probable.
P. 74. lig. 4; lisez : Trad. de Slane.
P. 92 : l C^avec ^amma est dans Ibn Mâgid.
Dague. Malgré le Portug. adaga nous pensons que ce
mot ne se peut rattacher à aucune racine arabe. L'é-
tymologie germanique est très satisfaisante.
Dubhé. Corrigez ainsi : de i^ doubba, ourse. Elle est
au centre de la Grande Ourse.
P. 1 08. 1. 4, Escoffraie doit probablement naissance
à schapraey (V. Scheler) mot très usité en Flandre avec
le sens d'armoire, garde-manger ; le sens primitif d'es-
cofFraie étant établi d^ ouvrier^ ou «grosse table qui sert
à plusieurs artisans à préparer leur besogne.» (Trév.).
P. 108. note : targon est cité par Devic.
Fanègue. Esp. Cat. Ptg : fanega. Y al : fanega. Esp :
hanega. La fanègue est une mesure d'Espagne pour les
substances sèches (i), équivalant à 60 litres. (Littré). Ce
mot ne date en France que du milieu du siècle dernier.
On écrivit d'abord fanega^ qu'on faisait masculin. La
première fois que ce terme parut avec une terminaison
N
(1) Pour les liquides, dit M, Devic; détail à corriger.
282 GARA
française et le genre féminin, ce fut dans la Relation du
voyage de la mer du Sud par Frezier^ Fa/z^g^a et Fanègue
viennent de 3Li fanîqa «mensura aridorum in Hispanîa
dimidium kafizi continens » (de Goeje) ; ou comme dit
Moqaddasî : ïLij %j ^p olî ^J\j %j ô}^ ^jGVI j^ »
c( • Jû3l ^Jiji . Dozy ( p. 240. 1. 5 ) traduit ZJs par boisseau.
(Supplément aux did. an).
P. 1 1 6. 1. 7 : dl!i foulq est encore dans le titre de l'ou-
vrage bien connu de Soyoûtî : 0^^* vîJUilb ûy-jA*3î^ ; le
Trésor caché et la Felouque chargée, où dl6 ne figure
pas pour la rime.
P. 122. 1. 9 : et ô^ji- khaulagân. Ibn Mâgid. man.
Garance. Au 13*^® siècle warance, plus tard wàrenche,
garance.-V oici la filière imaginée pour Tétymologie de
ce vocable : parant ia (Ducange) pour verantia, qui lui-
même est pour verans color, sive verus^ hoc est vere
ruber. C'est là un tour de force, dirons-nous avec Sche-
1er. L'arabe nous fournit heureusement une explication
plus naturelle : jj-jj ivars est une plante rouge (Avicenne :
Qânoûn et Ibn ôazla : MmA(îg) servant à la teinture, ou
comme parle Ibn Hauqal : (p. j i , 1. 15). ^ (^ /^\ oU»
« 4) i^ O'ji^j!' . De là ^'jL? yj? habit rouge, littér. teint
avec le wars. La plus belle espèce de garance venait
ADDITIONS 283
d'Orient, «d'où elle paraît originaire». (Privat-Descha-
nel.) D'après les Arabes le ^j-jj ne se rencontre qu'au
Yémen (i). En français la garance porte déjà le nom ara-
be àioli^an (V. ce mot) ^j-jj est prononcé waras;lei lettre
n est adventice (Cfr. Introd. Observ. génér.).
Gemmadi. Sur cette transcr. incorrecte écoutons Ibn
Kamâl-Bâchâ : i^\ l^>k^ ^\yi\j 3^U JUIj (ijL^cS^lr^
^ %, '
« Ijo JiJcJtHj ♦ ( -uju . p. II). Toutes ces fautes se ren-
contrent en effet chez les Turcs qui disent J/Vl fS*^\^-
Dans nos manuscrits le mot est souvent écrit (^^U- ; et
dans les inscriptions de Cordoue on trouve (iSU*, j^\ (i^l^
et JjVI (i^U- (2).
Hanéfite. Les autres sectes orthodoxes sont les Cha-
féites'( disciples de l'imâm ^UUI), les Hanbalites (disci-
(1) Cfr. AsmaH: «^^v» ^j w-aJIj ùUîIj u-jjλ ^ ù^^ VI ù^V :e:iW.
V. aussi Ibn el-Beith&i* : « le luars d^Inde est rouge, d'un rouge éclatant. »
N^ 2283, et le Minhâg adrdokkân : J^taJI jjt Ji^ «jji . .^1 ^^, c/" h iji
(2) Inscripciones arabes de Cordoba^ par R. de los Rios. pass» J'y rencontre
aussi les expressions : ^^^K^v^JH^^^à; ce qui confirme notre observation
précédente. ( Introd. XVII. n. 2.) Dans le trjïljï j^^SZ>\ ^ J>j^\}i\ u^lsf (man.
Univ. S. Joseph ) on trouve également ^^i , Le héros de cette histoire
est un certain Jj^\^^tiKir de Saladin, sur le compte duquel on met les plus
drôles aventui'es. N'est-ce pas l'oidgîne du karagouz ou caragueuz
des Tui'cs (V. Littré. Supplém, et Devic).
284 MAND
pies de (ÎUHI Jj» C/. -J^O ^^ ^^^ Malèkites (disciples de
P. 1 3 9. 1. 9 ; lisez : khin:{ir. 1. 2 1 lisez : giullebbe.
P. 142. 1. 14. Un autre mot, étymologiquement sem-
blable à magazin, est Ifagzem «qu'on écrit habituelle-
ment mag:{en ou magh:{en.» (Littré. SuppL) Mais pour-
quoi ajouter que l'orthographe exacte est matcken ^ Le /
surtout est de trop.
P. 145» 1. 8. — lisez : Sérasquier ou Séraskier.
P. 1 5 1. 1. 4. lisez :{araba; à la 9°^® 1. ajoutez : la p. 546
de L. de Eguilaz.
P. 152. note I. lisez : J»^ gamal.
Mandille. Esp. Ptg* Val Prov. et vieux fr : mandil ; de
Jj jlI* mandil ou mindîl ( i ), sorte de long voile en coton à
l'usage des femmes (2). Comp. JoJ ^^xs,J]^*' (Aghânt.
IV. 171. Boulac).
(1) La premiôre accentuation est la plus ancienne et la plos conforme
a Toriginal mardile ou au byzantin ^ai^di/ltof^. Mindil doit naissance
à la forme J^^JU à laquelle Font ramené les Ai*abes. Môme remarque pour
f^^j» tirrikk, petits poissons, de tOQtfOL ; j^ denaf^di/la, Jy^ blâmé par
Ibn Kamâl Bâcha est étymologiquement la meilleure forme.
(2) y. Syn. Arab. n. 807. Scheler ne connaît à Tarabe que le sens de
«linge à essuyer.» C'est là une traduction insuffisante. L'œuvre du savant
professeur de Bruxelles gagnerait, si on en revoyait les étymologies ara-
ADDITIONS 285
P. 1 56, 1. 2. lisez : V. le mot précédent.
Maraud. Le sens primitif de maraud étant gueux, misé--
raNe, nous croyons qu'il est chimérique de le rattacher
à ^jU mârîdj qui signifie rebelle, et aussi, sorte de Djinn.
La forme ^jy maroûd, si elle était employée, aurait le
sens de 3jU mârid.
P. 1 58. note I. Le Mu'arrab (p. 7) met le mîm au nom-
bre « des labiales qui sont : iJ . v-j • ^ ».
P. 159. lig. ij™® lisez : une /or/^ altération.
Molequin; du L. molochinus. Le reste est à effacer.
Moucharaby. Balcon grillé des maisons turques.
Nous croyons avec M. Lucien Gautier (Revue critique.
art. cit.) que l'on pourrait admettre ce vocable dans nos
dictionnaires. Il vient de ij^^ machrabîa (Mohît), ainsi
appelé, paratt-il, parce qu'on y laisse ' rafraîchir le i^^
ou gargoulette. Ne pourrait-on pas aussi le rattacher à
tf , -
o»^^ mocharrab (Golius), mêlé, enchevêtré, et à iSjt
charrâba, flocon du tarbouch? Rien n'est en effet plus
capricieusement enchevêtré que les carreaux en bois
sculpté de certains moucharabys.
*- ■ . - ■ i . - .. -
bes, surtout les transcriptions. Ainsi il n'est plus peimis de répéter avec
Ménage que lArsIr (élixir) a est issu du verbe kasara » ; dans nahan (art. ca-
ban) capote avec des manches et un capuchon» n est de trop. Qu'est-ce
que l'arabe. « hard^ impedimentum » ? ( V. fardé) Marabout vient de morabît
et non de marahatk^ qui ne correspond à aucun terme arabe.
286 REAL
— ■ !■ ■ I ] J_J__^ _^^_^__l_„ ■ ■ t - !■■ J. -1_J 1 ■■ ■ _ _ ■
Noria* La noria reçoit en Egypte le nom de iïL sâqia^
de ^y- arroser^ et qui signifie proprement ruisseau, canal,
rigole ; ÏJL avec le sens de noria est dans Moqaddasî,
Ibn Hauqal etc. Littré (Supplément) a noté ((Sakieh, s. m»
pompe à chapelet en Egypte».
P. 184. 1. I à^o\Mi^y^jJJ\^j^^^^^ : ^
• •îi-I^Ull^l ancien manuscrit de médecine de notre bi-
bliothèque sans indication de titre ni d'auteur. Ibn Mâgid
emploie ^ dans le sens de moelle, qui est aussi celui
du vulgaire.
P. 195.1. 16. A I»W5 qîrâi Littré rattache «Quirat
s. m. Terme de droit maritime. Part de propriété d'un
navire indivis.» (Supplém.)
P. 200. 1, 10. Lisez Hîqâr ou Haîqâr C jCL>. ); de mê-
me p. XII, note. Sur jtL>. Cfr. Mu'^arrab. p. 54.
Réalgar : jlill JA ls^^<^^J ^J^<^* -^l*" ^^ • -)^l V-
C^X\ ^ mliloj {Minhâg ad-dokkân. man. cit.)
P. 203. 1. 10. L'orthographe usitée est nacaire.
P. 2 1 1 . 1. 20 (note). Dans les déserts de Syrie, Ton-
ce est encore employée pour la chasse. V. Lettres de
Mold III. p. 441 ; on y trouvera la description d'une
de ces chasses. L'auteur y confond la panthère avec
ADDITIONS 287
l'once. Cette confusion se retrouve d'ailleurs dans la
plupart de nos dictionnaires d'histoire naturelle.
Sajaiorin ou Zamorin. Nom du souverain de Calicut,
qu'on retrouve souvent dans les relations des voyageurs;
de l$j#L sâmarî, pensons-nous. V. Ibn Bat, IV. 89. 94.
P: 217.1. I . Lisez : lui ^j — 1. 8. Lisez : ôt-*-*- Il est
rafraîchissant, d'après Soyoûtî : JlLJI ^^f^ [man. cit.).
P. 218. 1. 5. La transcription saïd (Brachet) peut
correspondre encore à SL^ saïyed^ seigneur. Comp.
Tesp. io^aida, senora.» (Eguilaz.) identification repoussée
par Dozy.
Tarazacon. oy^J^ que je ne connaissais que par
Devic m'est fourni par notre beau manuscrit du Minhâg
ad-dokkân à côté de ûjAli-jî^»
Taude. Banne de toile ; du vieux flam. feW^. L'arabe a
ïïUi ?o//a, operimentum, umbraculum. Mais il faudrait
admettre l'insertion d'un d, et la transcription de Ji z par
t. Ce serait l'unique exemple de cette transcription en
français et en espagnol.
P. 260. 1. 16. Le Mu'arrab (p. 76). écrit Jjjlj
P. 262. Colcothar. jlLïlï est dans Ibn Mâgid(4Uaill o3>>jyi.
manusc. ) il est dans le Minhâg d'Ibn ôazla avec c^
288 ADDITIONS
et ^S2S • Qazwîni a -uïlï ; ces deux formes sont aussi
en marge du Minhâg. Ibn Mâgid a même jlLîU. qui est
encore plus grec. Colcothar n'a donc pu être forgé
par Paracelse.
P. 263. Ëlémi. (/V n'était connu que par Antâkî,
( Dozy. SuppL ) et par Qalioûbî, ( i ) Voici un passage du
Minhâg ad-dokkân : ^j\ cà^à^^^^jê' ^ ^^ ^ ^^ ^
c( ^1^1, IpI ^Ij C^U^I j^ JuAl {2); et un autre de TA-
brégéd'Ibn el-Bailâr (3) par Soyoûtî: : iu ^x jï I^iUl»
P. 266. Métel. JÇj.Câ)! (tU 3^j jï^ 3^ y»J • Jl^ 3 j>- ^'
« ô^^j^l ^ fjî il JÏ?" 0:1 . ( Minhâg ad'-dokkân ; man. cit.)
Moringe. Le Minhâg (Ibn ôazla) porte ^ (sans
accents) : îîlbll (i ^l jUybj (^x^ 3^. Dans ce passage
les points diacritiques font presque complètement
défaut.
(1) Voy. aussi Dozy. Gloss. Espagnol.
(2) La copie de notre manuscrît a été terminée en 1089 de l'hégire,
(1629 de J. C.) L'ouvrage est daté de 658 ( V. Hâg' Khalîfii). 1259
de J. C.
(3) Une note finale avertit que ce manuscrit a été achevé le 2 de
Rabi'al-Akher 1014 de l'hégire (1605 de J. C.)
INDEX DES MOTS FRANÇAIS «
A
Albor
XXX
Albogues *
272
Abattre
1
Albora
5
Abdallas *
259
Albornos * ; Albornoz
58
Abencerrage
32
Albotin
6
Abit
XXII
Album -Rhazis
*52
Abouburs *
5
Alburnos *
*58
Abou-Hannes *
*5
Alcade
7
Abonka,rne
*5
Alcali
7
Aboukel
2
Alcana
266
Aboukorn
270
Alcaron *
7
Abouquel
1
Alcarraza
7
Abricot
2
Alcarrazas
7
Abuburs *
5
Alchandes *
8
Abutilon
' 3
Alcheiri
262
Achernar ^
3
Alchimélech *
272
Achour
4
Alchimie
259^
Adagio
4
Alcool
XIV
Adargue *
237
Alcoran
262
Adène, Adénium
4
Alcôve
8; 273
Adil, Adiré *
270
Aldébaran
8
Adive
270
Aidée
9
Affion
4
Alépine
10
Afrite
4
Alezan
10
Aigrefin
259
Alfa
XXXI
Akharnar
3
Alfange'
11
Afambic
*232
Alfaquin *
M12
Alancabuth
4
A] fier
259
Albacore ""
5; 272
Algarade
12
Albara
5
Algazel *
13
Albatros
5
A.lgazelle
13
Alberge
6
Algèbre
. 13
Albicore *
272
Algorithme
13
Albocorets *
272
Alguazîl
13
* L'astérisque indique que le mot ou la forme ne se trouvent
pas ehez Devic ; joint au chiffre, il renvoie aux notes.
— 291 —
Alhabor XXV
Alhagée 14
Alhagi 14
Alhaiot 14
Alhambra * L
Alhandal 259
Alhenna 266
Alhidade " XXV
Aliboron 273
Alicate 14
Alidade * 15
Alizari 15
Alizarine 15
Alkanet 266
Alkékenge 260
Alkéquencbe * 260
Alkermes XIX
Allah 16
Allez * - 15
Almade, Almadie 16
Almageste 260
Almagra XXXIX
Almanach 17
Almargen 18
Aimée* 18; 274
Almène XL VI
Almézérion 164
Almicantarat 260
Almoravides * 155
Almoude, Almude 18
Almucantarat 260
Alphanesse 19
Alphanette 19
Alphard 20
Aloës 20
Alphénic 195
Alquifoux 20
Altair, Atair 250
Aludel XII
Alula * 21;, 275
Alvarde 21
Amalgame
Aman
21
22
Amarel *
22 ^
Amarre *
22; 275
Amblique
Ambre
L
260
Amiral, Amirantz *
Amiratz, Amiraut
23
Amogabare *
Anafin
276
24
Anil, Aniline
25
Antimoine
260
Arabi *
25^
Arac, * Arack
- 196
Arcan
*25
Ardeb
X
Argan, Arganier
Argousin
Arquebuse *
Arratel
25
14
25
27
Arrobe
27
Arsenal
27
Arzegaie *
Arzel
268
260
Asangue
Aslani, Assalani *
Assaki *
XIV
*1
276
Assassin
* XXI; 28
Assogue
Ataur
260
XÏI
Athanor
28
Atlas *
280
Atlé
260
Aubère
29
Auberge
Aubergine
Aucoton
6
276
264
Aucube *
xxxvni
Aufe, Anffin, Aufin
Auge
Aumusse *
XXXI
29
30
— 292 -^
X
Auphin
XXXI
Barboteur
43
Auqueton
264
Barbotière
48
Avanie
31
Bardache *
43
Avarie
32
Barde
43
Averroës
32
Bardeau *, Bardot *
44
Avicenniée
32
Bargache *
44
Avives
32
Barge *
45
Axirnach
33; 278
Barque *
45
Ayan
261
Barracan
55
Ayuk
14
Bassa*, Bascha *
189
Azamoglan
33
Baudac
40
Azadaracht *
33
Baudequin *
40
Azadirachta *
*33
Baudrac *
40
Azédarac
33
Bayad
xxir
Azédarach *
*33
Bazar
46
Azerbe
34
Bazin *
278
Azérole
35
Bedaine *
47
Azimech
36
Bédégar, Bédégard,
Azimuth
XIX; LU
Bédéguard
48
Azoth
261
Bédouin
48
Béhen
48
B
Beldelgeuse *
279
Belléric, Belliric
*XX
Babouclie
189
Ben XXXV; 41
Bagage *
37
Befietnach
268
Bagasse *
38
Benge, Benghe *
261
Bagatelle *
39
Benni
49
Balais
39
Bérat *
41
Baldac, Baldach '
40
Berbeth
42
Baldaquin
40
Betelgeuse 49
• ;279
Baliverne *
40
Beteigeuse
49
BaUe*
278
Bézestain *, Bézestan
50
Ballote
261
Bézestin *
*50
Balourd *
40
Bézoard
51
Balzan
XTiVIU; 261
Biûni
49
Bangue
261
Bismuth
52
Baphomet *
XXXU
Blanc-raisin
52
Barat
40
Blanc rasis
52
Barbacane
41
Bochir *
53
Barbet
42
Bombasin, ^Bombazine *
279
Barboter
42
i Bonduc
53
— 293 —
Borax
Bordât
Bosan
Bostangi
Boudjou
Bougie
Bouquelle
Bouracan
Bourrache
Boutargue
Braise *
Bran
Brodequin
Bulbul
Burnous
Buse *
Busard *
Bynni
C
Caaba
Cabaie *
Caban
Cabas
Câble *
Cacis *
Cadi
Cadie
Cadilesker
Cadilesquer *
Cafard
Café
Cafetan *
Caflfeir
Caftan
Caïmacam *
Caîmacan
Cakile
Calaf
Calam
2;232
53
54
54
261
56
XLVn
56
279
56
56
261
57
58
58
59
Ln
49
60
60
60
61
62
80
63
64
64
64
64
65
66
74-
66
67
67
68
84
68
Calebasse *
68
Calfeiter
68
Calian *, Calioun
280
Calibre
70
Calife
^61
Calotte *
71
Camard *
72
Camocan, Camocas
Camphre
Camus *
280
72
73
Cancan *
73
Cancam'as *
280
Candi
74
Cangiar
Canque
Caphar
Caquilier *
Carabe
11
280
74
68
262
Caracole
75
Carafe
75
Caragueuz
Caramoussal *
*283
67
Caramoussat *
76
Caraque
Caratch
76
77
Carmin
*3;XIX
Caroube
78
Carouche *
*78
Carouge
Carquois
Carrobe *
78
78
78
Carthame
262
Carvi
262
Casauba
79
Casba % Casbah
79
Caserne *
79
Casse
80
Cassis *
80
Cavas *, Cavass *
81
Caza *
63
Cendal
81
#
— 294 —
Cende *
81
Coufique
263
Censal
82
Courban
263
Cétérach
XIV
Courge
263
Chaban
83
Couscous, Couscoussou 91
OhA-ble *
62
Cramoisi
*XIX
Ohachia
82
Cravache
91
Chaféite *
283
Croupe *
92
Chaland
82
Cubèbe
92
Chalef
M9
Cuine
262
Chaloupe *
84
Curcuma
92
Ciiamsin
141
Cuscute
L
Chaoux
87
Charabia
85
D
Chébec
86
Chébule
XXIX
Dague *
281
Chéchia
82
Dalle
94
Cheik, Cheikh
86
Damas, Damasquette
263
Cheikh ul-islam
M75
Dame-jeanne
94
Cheiranthe
262
Danek *, Dank *
95
Chéri XXXVir ; 262
Darcine *, Darsine *
Chérif
87
Darse
95
Chervi
262
Dauphin
XXXI
Chewal
87
Debab *
XXXVII
Chiaoux
87
Degré *
95
Chibouque
87
Denab
95
Chiffe
262
Dénébalézet *
.96
Chiffon
262
Dénébola *
96
Chiflre
262
Dey
96
Chott
XLn
. Dinar
*163
Cid
88
Dirhem
• 163
Cime *
88
Divan
XXXVI
Cimeterre
88
Divani
182
Civette
88
Djérid
97
Cohober *
XXXIV
Djinn
98
Coiffe
89
Doronic
99
Colcothar
262
Douar
99
Coran
262
Douane
100
Corge
262
Doum *, Doume
100
Corvée
90
Doura
263
Corvette
90
Dragoman, Drogman
101
Coton
264
Dubb
XLII
— 295 —
Dubhé '
281
Fellah
113
Felouque
115
E
Fennec
117
Fez
XX
lïhahir '
102
Filali
263
Éblis
102
Firman
263
Échecs
103
Fomalhaut
117
Klémi
*
263
Fonde
118
Élixir
105
Fondic, Fondique
118
Emblic, Emblique
h
Fondouc, Fondue *
118
Émir
105
Fou
XXXI
Enif
9
106
Foutah
264
Epicerie
106
Frise *
119
Épinard
107
Futaine *
119
Escafe
107
Escafignon
107
G
Escarpin
107
Escoffraie . 108;
, 281
Gabare *
120
Escoffier
108
Gabari *, Gabarit '
120
Estragon
108
Gabarot *
*120
Eyalet
109
Gabelle
120
Gâche
*xvm
P
Gaïlan*
127
Gala*
121
Paal*
109
Galanga
122
Pabrègue
109
Galbe
71
Fagarier XXVII;
110
Galée*
'^XXXIII
Falaque
110
GaUe*
XXX m
Falque
114 .
Galvette *
*84
Fanal *
111
Gamache
122
Fanéga, Fanègue
281
Ghimbra *
LI
Fanfare *
112
Garance *
222
Fanfaron *
111
Garbe*
71
Faquin
112
Garbin
123
Farde, Fardeau
113
Gazel, Ghazel
126
Farek *
113
Gazelle
123
Farfadet *
113
Gemmadi
123; 283
Fargue
114
Genêt
124
Earsanne *
114
Genette
124; 264
Féci
' XX
Gengéli
124
Feddan *
114
Gerboise
124
— 296 —
Gérid
97 ^
Hoqueton
264
Gholes "
127
Houka
*179
Q-ibbar
126
Houle
135
Girafe
127
Houri
264
Girbe
127
HuUa-
XLH
Goudron
264
Gouldran, Gouldron *
let J
Goultran
XTiVIII
1
Goule
127
Iblis
102
Goum
264
Imam
136
Goure ''
128
Iradé
264
Grabeler
264
Islam
* 176
Grand raisin *
*52
Jambette *
137
Grèbe
128
Jaque *
138
Guider *
128
Jarde
Jardon
265
265
H
Jarre
Jaseran
138
138
Habalzélin, Habzéli
129
Javari
139
Habaziz, Habelassis
129
Jonque *
139
Habe
61
Jubarte
139
Habesch
129
Jubis
265
Habous *
XTiTX
Jugeoline, Jugoline
^124
Hachich
28
Julep
139
Hadji
130
Jupe
265
Ha.ïk*
130
Haje
130
K
Hallali
131
Hanbalite *
283
Kabyle
140
Hanéflte \ Hanifite
131
Kadaïf ^
140
Haras
131
Kafis*
141
Harem
132
Kaïd
141
Haret
264
Kaléan *, Kalian
280
Harmal
264
Kali*
7
Hasard
136
Kamoukas
280
Hatti-chérif
133
Kandoul *
141
Hebbe
134
Ka.ntar *
142
Hégire
264
Karagouz *
233
Helbe, Helbeh
134
Kasdir
XIX
Henné
136
Kataïf *
140
Heyque *
XTJT
Kazine^ Khazine
142
— 297 —
Keiri
262
Mahonne .
153
Kermès
265
Maidan
153
KhaUfa *
261
Malékite *
284
Khamsin
141
Mameïôuk
154
Khan
142
Mandille *
284
Khandjar, Khanjar
11
Manège *
154
Kharadj
77
Mangala *
154
Kharbéga
265
Marabotin *
155
Kibla, Kiblat
148
Marabout
155
Kiosque
142
Maran *, Marane *,
Koclilani *
XV
Marrane *
Marcassite
156
265
L
•
Marcher *
Marfil
157
157
Laque
265
Markab
158
Laskar
145
Marmite * XXm
;158
Lazuli
145
Marmot *
159
Lebeck
145
Marmouset . *
159
Lésine *
146
Marquise *
159
Lilas
146
Maraud
285
Lime
147
Mascarade
159
Limon
146
Masque *
160
Lisme
147
Matamore
160
Looch
147
Mat
103
Luth
XVI; 148*
Matassins
265
Lyfa
XXXVII
Matelas
Matraca
161
265
M
Matraquef'
Matras
265
265
Macabre
149
Maugrebin
162
Mâche
149
Medjidieh
265
Madrague
151
Médresseh
162
Magalep *
151
Mégrez
275
Magzem *, Maghzen
*
Melchites
162
Magzem *
284
Mélochie
163
Mahalep
22 ; 151
Mérak *
163
Mahari
151
Mérinos
266
Mahomerie *
XLVI
Mescal
163
Mahomerois *
XLVI
Mesquin
164
Mahometan
153
Metel, mételle, méthei
266
Mahometois *
XLVI
Mézéréon
164
V
— 298 —
Mézérion
146
Nabca
178
Midan
153
Nacaire, Naquaire
286
Minaret
164
Nadir
xxrv
Miramolin
165
Nafé, Naffe
178
Mirza
165
Narghileh, Narguilé
170
Mistic, Mîstiqùe
166
Natron
180
Mobed
166
Nébulasit
180
Mogrebin
162
Nems
180
Moharrem
166
Nénufar
181
Mohatra
XV
Neskhi
182
Moire
266
Nichan
182
Moise
266
Nizam
235
Moka
167 .
Nizéré
182
Molequin
285
Noria
183
Mollah
167
Nuphar
.181
Momie
168
Nuque
183
Morfil
157
•
Moringe
266
Mortaise
266
.
Mosch *
169
Ocque
185
Mosette *
169
Ogre
185
Mosquée
169
OUban XLIV; 185
Moucharaby *
285
Olinde
187
Moucre» Moiikre *
169
Omara *, Ombra *
177
Mousselin, Mousseline
171
Orange
178
Mousson
172
Orcanète
266
Moustapha *, Mustapha ^
' 266
Osmanieh *
XTT
Mozarabe
173
Ottoman, Ottomane
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Mozette *
169
Ouléma, Uléma
244
Mufti, Muphti
173
Mulâtre
164
PetQ
Musacées
175
Musc
175
Pabouche *, Papouche
' 189
Muse
175
Pacha
189
Musulman
176
Palandrie *
83
Papegai, Papegaut
189
XT
Para
190
N
Pastèque
191
Patac *, Patacon
192
Nabab
177
Patache
191
Nabathéen
177
. Patagon
192
— 299 —
Pataque
192
Rock
208
Patar *, Patard, Patart
194
Romaine
267
Paturon *, Potiron
194
Roquer
209
Pénide
195
Roupie
209
Phéci
*XX
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275
S
Poutargue
56
■
Quintal
195
Sabot*
215
Qnirat *
286
Sacre
210
Safar
211
R
Saffi>e, Safre
212
Safran
212
Rac
196
Sahin *
XXXÎV
Raguahil
152
Sakieh»
286
Raîa
196
Salatnalec
•218
Raïs'
197
Salandre *, Zalandre '
83
Ramadan
198
Salep
212
Ramberge *
198
Sambac
213
Rame
199
Samorin *, Zamorin
287
Raquette
267
Saiidal
213
Rasas
52
Sansal
220
Ratle
27
Santal
213
Raze
199
Saphène
213
Razîa, Razzia
200
Sarbacane
214
Réagal, Réalgar
201
Sarrasin *
. 215
Rebec
202
Satin
215
Rébi
808
Savate *
215
Récamer
267
Sbirre
216
Récif, Ressif
205
Scheat
216
Rédif
204
Schiite
216
Redjeb
205
Sébeste
217
Régulus *
205
Sébile
217
Réïs
197
Sécacul , Seccachul
217
Ribes
205
Séide
217
Rigel
207
Sékm, Sélan
218
Ripopée LU
;208
Semoun, Simoun
222
Riquiqui
196
Séné
219
Risque
207
Sensal
220
Rob
207
Sequin
220
Roc
209
Séraskier, Sérasquier
145
Roche
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Sesban, Sesbanie
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— 300 —
Shagarag *
221
Tarbouch
235
Shead
216
Tare
267
Sheik
86
Targe, Targette *,
Sheregrig *
221
Tarjette *
237
Siroc, Siroco
222
Targuer
237
Sirop
226
Taride ♦
267
Smala
267
Tarif
237
Soda
223
Tartane "
267
Sofe,
224
Tartarot * *
XXXIV
Soldan
228
Tartre
238
Solive
267
Tasse
238
Sopha
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Taude »
287
Sophi
267
Térénlabin
239
Sorbet
225
Terfez ♦
239
Souche *
226
Teskéré *
239
Sultan XXTTT
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Thuban
268
Soufi
227
Tiber
240
Sourate
XI
Tibir*
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Sucre
228
Timbale
234
Sumac, Sumach
229
Tineal, Tincar, Tinkal
•XXX
Sumbul
230
Tintenague
241
Tintenaque
241
T
Toman
240
■
Toque
241
Tabaschir, Tabashir *,
Toufan ', Typhon *
243
TabaiLr
231
Toutenague
241
Tabis
232
Tringebin
239
Tabour
234
Trique
268
Tabourdeur
»
Truchement
101
Tabouret
»
Turbith
241
Tabourin
»
Tuthie, Tutie
242
Tagarot *, tagerot * XXXIV
Talc
232
U à Z
Talisman
223
.
Talita *
275
Usnée
244
Tamarin
267
Vacouf*. Wacouf
268
Tambour
233
Vali.WaU
249
Tandour
234
VaUdé
244
Tania*
275
Valise
260
Tanzima.t
234
Varan
246
Taraxacon, Taraxacum
235
Vilayet
247
•
— 301 —
i
■
■
Visir, Vizir
248
Zédaron
XLVI
Wadi*
* XXXVII
Zédoaire
254
Waggart *
249
Zéen
255 '■
Wahabite
249
Zekkat
255
Warance *, Waranche * 281
Zénic* -^
254
Wéga
250
Zénith
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Yed
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Zerci *
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Zaccon *, Zachum
Zerda % Zerdo "
255 '
Zacon*
251
Zénirabet, Zurembet
256
Zadir *
* 254
Zibeth
256
Zagaie
268
Zigzag "
256 '
Zahorie *
251
ZUcadé
256
Zain
251
Zilha-gé
256
Zammara *
253
Zinzolin
257
Zaouia
253
Zircon
257
Zaphar
*XXXIV
Zmala
267
Zaptieh*
253
Zouave
269
Zarater
*254
Zouidja
269 •
Zarca *
258
Zufagar
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Zarnecli
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racines, mais par ordre alphabétique.
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23
24
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