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Full text of "Remarques sur les mots français dérivés de l' arabe"

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Eijc Elirologiral Scijool in 
î^arUarï SSiubcrsitu 






ANDOVER-HAKVARD THEOLOCICAL 
LIBRARY 



CAMBRIDGE, M ASSACH U SE I l'S 



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FROM The LieRABVOF 
PROrESSOR WILLIAM R. ARKOLD 



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LES MOTS FRANÇAIS 



DÉRIVÉS DE L'ARABE 



TOUS DROITS RÉSERVÉS 



REMARQUES 



SUR LES 



MOTS FRANÇAIS 



DÉRIVES DE L'ARABE 



PAR 



HENRI LAMMENS S. J 



BEYROUTH 

IMPRIMERIE CATHOLIQUE 
1890 



Ahdover-Haryabd 
Theological Dbrary 

CAMBRIDGE. MASS. 

H 5 5 'H 



S"^ e-^J- . 9.S13 c^ 



PRÉFACE. 



* Nous devons au lecteur quelques mots d'explication 
sur le but et la méthode de ces Remarques. 

Comme le titre l'indique, ce njest pas ici un Glos- 
saire étymologique des mots français d'origine ara- 
be. Nous n'avons pas voulu refaire ce qui avait été très 
bien fait avant nous. Nos prétentions sont plus modestes ; 
les voici : appeler l'attention sur quelques étymologies 
nouvelles, renforcer les anciennes d'arguments nouveaux, 
relever quelques erreurs, enfin soumettre au jugement 
bienveillant (jes philologues certaines hypothèses, sim- 
ples éléments de problèmes étymologiques, que les éru- 
dits parviendront sans doute à élucider pleinement. 

Quant à la méthode, nous n^avions qu'à marcher sur 
les traces des Engelmann, des Dozy, des Devic Le pre- 
mier travail de l'étymologiste, disent ces illustres maîtres, 
est de « démontrer 'que le mot arabe; dont il s'agit, a été 
employé dans la même acception que son dérivé ro- 
man» (i). Pour cela les dictionnaires existants sont d'une 

(1) Engelmaim. 



VI. 



regrettable insuffisance. C'est surtout en arabe qu'il faut 
se rappeler que « le dictionnaire est une source, où il est 
bon de puiser, mais où il est facile de se noyer. «Et quand 
même un lexique arabe fournirait toujours un sens bien 
précis, «au lieu de cette surabondance de formes aux 
significations vagues et contradictoires,» (i) il ne donne 
aucun renseignemenftur Tâge du mot, sur ses acceptions 
particulières aux différentes époques et dans les diverses 
contrées de langue arabe ; tous renseignements indispen- 
sables à qui s'occupe d'étymologie orientale. C'est donc 
dans les glossaires spéciaux, dans les écrivains arabes 
eux-mêmes qu'il faut aller chercher, et avec ces données 
éparses reconstituer, comme on peut, l'histoire d'un mot. 
' Aux lexiques, aux auteurs nous nous sommes permis de 
joindre les dialectes vulgaires, trop peu explorés jusqu'ici 
et avec lesquels un séjour de plusieurs années en Orient 
nous a quelque peu familiarisé. Bien souvent cette com- 
paraison nous a apporté lumière et secours. 

A la suite de Dozy et de M. L. de Eguilaz, nous n'a** 
vons pas craint de grossir notre liste de certains mots, 
qui né sont plus usités, mais qui l'étaient encore au 
siècle dernier, et dont plusieurs ont été accueillis dans le 

(1) Marcel Devic. 



VII. 



Supplément de Littré. Il semble que faisant le relevé des 
emprunts faits par le français à la langue arabe, nous 
n'avions pas le droit d'exclure ces mots de notre recueil. 

Enfin nous avons essayé dans une Introduction d^établir 
les changements subis par les lettres arabes en passant 
dans le français. Peut-être nous saura-t-on gré de ne pas 
nous être laissé arrêter par l'autorité du regretté Mar- 
cel Devic, qui croit ce travail « bien difficile et ne pou- 
vant, ce semble, conduire, à aucun résultat positif. » (i) 

Notre essai serait sans doute moins imparfait, si au 
désir de contribuer, dans la mesure de nos forces, à 
l'avancement de l'étymologie française, nous avions joint 
quelque chose du profond savoir et de la vaste érudition 
de nos illustres devanciers. 

Université S* Joseph de Beyrouth y 

le 8 Décembre 1889. 



(1) CeB éléments de phonétique, quoique moins précis que pour Tes- 
pagnol, peuvent être utiles à Fétymologiste et au lecteur: à l'étymolo* 
giste d'abord, qu^ils empêchent de s'écarter trop loin; au lecteur» qui 
aAoepte plus fEicilement une permutation appuyée sur des exemples. Quaxid 
on a vu que le ^ est transcrit/ et que l'insertion de r est fréquente dans 
loA mots d'origine arabe, on est tout disposé à admettre que fabrègue par 
ex. dérive de X 



INTRODUCTION. 

Changements subis par les lettres arabes 
en passant dans le français. 

I 

CONSONNES (i). 

Dans les quelques règles, qui vont suivre, sur les chan- 
gements des consonnes arabes, le lecteur remarquera 
facilement des analogies frappantes avec les lois phoné- 
tiques, qui ont régi la transformation des mots latins en 
mots français. Nous en relèverons quelques-unes au pas- 
sage. Ainsi les mutations successives, qui ont produit 
brodequin et matelas par [ex., s'expliquent naturellement, 
quand on sait avec quelle facilité / devient r, et vice versa. 
Si nous ne nous abusons , cet accord des règles de la 

(1) Notre système de transcription pour les lettres arabes est celui de 
PImprimerie Catholique de Beyrouth, excepté pour les lettres suivantes: 
il que nous représentons par th, ^ par kh, ^ par gh, j par où et w» Nous 
n'appliquons pas non plus notre transcription à certains noms propres très 
connus et pour ainsi dire francisés. Nous avertissons aussi que pour les 
mots espagnols nous n^avions pas à notre disposition certains signes ortho- 
graphiques d^un emploi assez fréquent. 



IX. 

r 



phonétique, pour des mots appartenant à des langues 
d'ailleurs si diverses, prouve que ces règles reposent sur 
des bases vraiment solides. Nous y trouvonis aussi une 
nouvelle justification de Tess^i que nous allons produire. 



I (hamzô). 



Cette lettre n'est pas rendue dans les mots arabes 
ayant passé en français. La raison en est bien sim- 
ple: dans le dialecte vulgaire, le hamzé ne se fait pas 
sentir. Le peuple dit S^ au lieu de Sly ; L^ au lieu de 

U!o- etc. (V. Bâsim le Forgeron. Manuscrit de l'Univer- 
sité de S. Joseph à Beyrouth, pass.) Une tendance ana- 
logue existe même dans l'arabe classique. Cfr. jL inter- 
roger et JU même sens; ^^ et ^^ ^\j (i) ilM* etc. 
qu'on écrit et prononce avec ou sans hamzé. 

C'est l'application du principe appelé par les philolo- 
gues « principe de la moindre action». En arabe il tend 
à simplifier [la prononciation de certaines lettres; du 
ham:(é il fait un alef, du thâ un M, du dâl un dâl^ etc. 

(1) Je vois cette même tendance dans ùUe)«cA>t' ^^* ^^ règles du «JS 
ou changement du hamzé n'en sont que Tapplication pratique. 



X. 



Dans la transcription, ce principe fait omettre des fettres, 
comme le 9- et le rpcir ex. ; ou remplace par d'autres sons 
certaines lettres, dont rémission est trop pénible etc. 



Le ^ initial reste b : burnos, baldaquin. Assez souvent 
il est transcrit/? (i):papegai, patagon, pataque, pastèque. 
Il est devenu m dans marmite, mérinjane, (Comp.û'-^ 
et fjL^ formes de >\jm ) ; et v dans vérin» 

Le ^ médiat reste habituellement b : chebec^ abricot, 
habzéli, IJ devient aussi v : javari, alvarde , avicenniée, 
civette, mdx^MxtQ [vieux franç.)\ ou p: roupie, ripopée, 
épicerie, épinard etc. 

Le ^ Jinal est transcrit b : ardeb ( mesure, de k^^J 
arrfa^), nabab; ou p: sirop, ripopée, chaloupe. Il est 
devenu n dans alcaron (changement fréquent dans les 
mots espagnols dérivés de Tarabe); v dans alcôve ^ a- 
dive; g dans carouge. ( Voy. ce mot). 

(1) Schelev ( Dict. étymol. art. papegai) prétaod qae «le b arabe ne 
devient jamais p en roman.» Dozy et Eguilaz sont d^un autre avis. 



XI. 



Cette lettre éprouve peu de variations : au commence- 
ment et au milieu^ elle est transcrite par t : tarif, térénia- 
bin, turbith. Dans carquois elle aurait permuté avec c. 
A la^n on la rend aussi par th : alancabuth. 

Exception : cara/wows^a/ où Cj est devenu /; mais on 
trouve aussi caramoussat. ( Voy. ce mot. ) 

Le ta mar bouta (signe d'unité ou du féminin) a dans 
la langue vulgaire la valeur d'un ê et quelquefois d'un a 
( surtout en Egypte ). Il est rendu de même en français : 

éfehné: café, atlé, validé, vilayet (i), zilcadé. 

a : curcuma, chachia, almagra. 

Vé fermé quelquefois s'adoucit en e muet^ comme dans 
calife, matamore ; d'autres fois le ta est omis, ex : ca- 
phar (2). Dans ^owmfe (chapitre du Coran, de(j)Sjj^) 
au contraire il est par trop mis en évidence. 



(1) Le t final est censé représenter le pai* lequel les Turcs rempla- 
cent le ta marho(Ua\ quelquefois ce dernier est transcrit eh : zaptieh. 

(2) De ôjMi- (^oy* Ousâma Ibn Monqid. Edit. Hart. Dérenbourg p. 59 
et Ibn Hauqal. p. 18). 

(3) Et non « verset du Coran», distraction échappée à Devic. Voltaire a 
dit «le sura »; la suppression du t est logique, mais non pas le masculin. 
Il fallait dire avec Trévoux a sura ou sure^ s. f. » 



XII. 



I< 



Cette lettre, prononcée par le peuple Cj /, rarement ^ 

s {i), est rendue de même : thuban, atlé, métel, ataur (cons- 

stellation, de jjîll aM-Maar, le taureau), bagasse. Comp. 

> 
pour l'arabe écrit : dy et ^jT j c>jêl et^j^l etc. 

Exception: aludel^ ou ^ est devenu d. On aura dit 

d'abord alutel ; de JfîVl al-outhâly même sens. « Les alu- 

dels sont des pots sans fin, joints ensemble dont on se sert 

en chymie. » (Nicol. L'Emery). Mais jamais le ^ 

n'est rendu par gy comme le voudrait Dozy. Ni en 

espagnol, ni en fî:'ançais on ne connaît un seul exemple 

de cette transcription ( V. Girbe). 



(1) Comparez Ottoman, nom de peuple; Ottomane, grand siège sans 
dossier; Osmanieh, décoration turque. Tous ces mots dérivent de oûi^ 
^Gthmàn, fondateur de la dynastie des Ottomans, On lit ^ taub, habit, au 
plui*. u^ atiâb, dans l'Histoire de Hahqâr le philosophe, visir de Sanhârtb, 
(Manuscrit de TUniversité S. Joseph.) Cette histoire ou plutôt ce conte 
dans le gem*e des 1001 Nuits est en dialecte syrien. I/inspiration est 
évidemment chi*étiezme et probablement libanaise. 



XIII. 



c 



Au commencement du mot, cette lettre (i) est rendue 
par g (doux) : genette, gerboise; / : jambette, jarre, javarî, 
jonque; ûîy: djérid, djinn. Cette dernière transcription a 
lieu surtout dans les mots, qui ont 'passé en français sans 
modification sensible. Comparez encore: hadji, redjeb; 
jj: zédoaire, zinzolin, zerda (2). Dans les historiens de 
la croisade le nom de la ville de Gebail C . l1>. ) devient 

Cm** 

Zebaris, Zebariy Zebar. 

Le ^médial devient g (doux): almargen, bougie, 
dame-jeanne ; g ( dur ) : narghilé , degré ; :{ : azamoglan. 
(V. ce mot. ) arzel (j); j' dans mosquée. 

(1) On sait que le ^ gtm est prononcé ghim au Caire et dans la Basse- 
Egypte. Au rapport de Moqaddasî, à Aden (cTop) onfeisait du ^ un iï kâf: 
<<cPj à^Jj ^j *r^J ùjij3^ ^^j0i^^ ù>«?l^J» (p. 66. 1. 13). Un autre ma- 
nuscrit dit j qâf, au lieu de iï . fl paraîtrait que le Prophète lui-même au- 
rait quelquefois donné au ^ la valeui» du â - (Ibid. ). 

(2) ^ et j js permutent dans le vulgaii*e encore plus que dans Tarabe 
écrit. Dans sa remarquable Etude sur le dialecte de Damas, Mgr. David 
donne plusieurs exepaples de ce changement. ( V. p* 12 ). 

(3) Comp. encore azar nom que les alchimistes donnaient à la pierre; de 
hagar, pierre. Item azazeze de ^\^J\ • 



XIV. 



Le ^final devient g : auge, barge, asangue, constel- 
lation de la Lyre ( de f^\ as-sa/zg, la lyre ) ; plus rare- 
ment ch {\) ei c: bardache, doronic, (le Minhâg écrit 
^Jj^) belléric, emblic, cétérac (2). 



Cette aspiration, ou plutôt cette expiration trs forte, 
est le plus souvent omise : Alep, assassin, alcool (j) autre- 
fois alcoholj matelas. Quand on veut la rendre, on se sert 
habituellement de h: habzeli, helbe, houka, fomalhaut, 
moharrem , fellah ; quelquefois de / ( à l'imitation des Es- 
pagnols ) : fabrègue ( V. ce mot), alquifoux ; plus rarement 
dec,q: câble, raquette, mistic, écrit aussi mistique; dech: 

(1) Comparez chaloupe; zio^ baqcha et :^ baqga: ^k\^ &t^x*,:lpj 
wachch pour t^j wagh, visage. Bâsim (texte égypt. ) a toujours"'^ |j^j 
leur visage, pour ^.44^^ » contraction bien naturelle. 

(2) Plante qu'on nomme aussi daurade; de x-jK*- chttarag, « cresson, 
ou passerage à larges feuilles; dentelaire de Ceylan». ( Sanguinetti ). Ce 
mot assez mal expliqué pai* Freytag désigne un remède et une plante. 
(V. notre manuscrit du Minhdg dlbn Oazla)- D y a aussi iJf^ki, ckatrak, 
(Devic) que je n^ai pu retrouver dans nos manuscrits. 

(3) De j9«$Ql al-^ohl, poudre d^antimoine. «Du noir à noircir, qu^ils 
appellent kool et qui est fort estimé pai-ce qu^on s^en sert pour noircir les 
yeux et les sourcils. » ( Letti*es édifiantes. I. 602. ) D'après le Dictionnaire 
de Trévoux Talcool s*dBt dit aussi d'une poudre très subtile et presque 
impalpable. ( Voy. aussi Pharmacopée Universdle par Nie. L'Emery ). 



XV. 



malechj maleck^ noms donnés par les alchimistes au sel, 
( de ^ miR\ , même sens)^ kochlani ( race chevaline de 
l'Arabie), de à'^ kahlânî. ou Aohlânî.Y. Dozy. Supplém. 



Le f initial est rendu habituellement par khy kj c, ck 
(dur) : khan, khandjar, ketmie, khazine, calaf, calife, ca- 
roube, chaleC cheiranthe ; quelquefois par g : gala, galan- 
ga(i);parA, dans quelques mots très rares venus par 
l'intermédiaire du turc, comme hatti-chérif, et han, va- 
riante orthographique de khan. Ajoutez mohatraj contrat 
usuraire , de l'arabe SjLlî^ mokhâiara , chance , risque , 

danger. 

Khâ médial devient Cj k^q - camocan, moka, molequin, 
nuque; /"(changement fréquent en espagnol): alfange, 
fanfaron ; g : bagasse, magasin, estragon; cA dans Achernar 

Khâ final devient ck^ kh^ q : lebbeck, cheikh, rock^ 
pastèque, 

, - ,1,1 ■ ■ . . - ■ ■ ^_^.^,^ 

(1) V. Dozj. Glossaire des mots esjxignols dérivés de Varahe p. 13. 



XVI. 



Cette lettre est assez constante, et se rend habituelle- 
ment par d au commencement et au milieu des mots, 
rarement par /, comme dans targe, tartre. A la Jin elle 
est rendue par d, t,Cjq: alphard, caïd, nébulasit, kalbéla- 
sit, mulâtre, baldaquin, turbith,,luth(i), zibeth. 



« 
3 



Cette lettre, qui correspond exactement au d des Grecs 
modernes (2), Qst prononcée par le peuple rf, plus rarement 

(1) De ù>yi\ aWoûd, même sens: / initial est un reste de Tarticle arabe, 
qui s'est soudé au substantif. Comp. lierre ( du lat. hedera ) autrefois Vierre 
et Vhierre. Dans les mots d'origine latine d devient aussi t : Comp. dont 
{deunde ), souvent {subinde ) etc. 

(2) Dans les mots qu'ils ont empruntés aux Grecs, les Arabes rempla* 
cent le S tantôt par ^ tantôt par h • L'examen des formes les plus ancien- 
nes, celles des poètes antéislamiques , est plutôt favorable à la première 

prononciation. Ex: j^ dlffi^oçy a^JÛ> ^ovd^ç, 3jA C^- fonde), ^^\3 
Mxdoç, J^JBj (TiKXQaydog • Plus tard c'est le h qui 'domine: ïl5iV,:$ji?^ 

Mvydopla* Al-Biroûnî écrit o'»\i ©t û^tt {^alÔcov)' Appliqué à d'autres 

lettres, ce travail de comparaison pourrait jeter quelque lumière sur la 
question si controversée de la prononciation grecque. 



XVII, 

;f(i), subit en français les mêmes transformations: i, 
Lataquié, (i^SV) prononcé en Syrie Lâdequié, adive, 
dénab, jarde, bédégar, barde, doura (2); jf , muezzin, zufa- 
gar (épée d'Ali; de jUilljS àoû'lfaqâr). 

Exception : avives. 

Cette remarquable uniformité dans la transcription 
française (}), employant constamment, à part deux ex- 
ceptions (4), le d comme équivalent du 3 peut servir à 
fixer un détail de phonétique arabe. La prononciation dâl 
est ancienne (Voy. au moi Dénab. ) Il est probable qu'elle 
a été longtemps la seule en Syrie, en Afrique et en Es- 

(1) Par ex: ^IjT menteur. Le Syrien prononcera kaddâb. Dans le texte 
égyptien de Bâsin le Forgeron ce mot est de même écrit otjT kaddâb. 
Mais dès que le grand-juge parle^ orthographe et prononciation se relèvent 
et oïSif devient ^^\3S' (V. Tédition duC.de Landberg. p. 31). Même 
dans la langue écrite le ^ et le d s^écrivent Tun pour l'autre. Où*. ^SL. et 

, ^dUt4Pd^. et spj»^, dtjuj et SiJu{ . Ousâma ibn Monqid, comme VAghânt, écrit 
^ilJUi.; ôjj^b et i.jjiit , joj et SjJ; jJU et JLJb etc. {Man, de l'Université). 

(2) Dans une insciiption couâque de Pan 155 de Phégire (771 ap. 
J. C. ) M Clermont-Ganneau lit :0x> « minaret, avec un ^ dâl. Rien n'em- 
pêche de lire avecd* le coufique omettant les points diacritiques. Dans la 
même inscription le savant épigraphiste relève l'expression «>>^1 J». 
L'emploi de Varticle n'a ici, croyons-nous, rien de fort extraordinaire, j^y^t 
étant un adjectif; comme s'il y avait : ^^\ ^,^1 j. {Jour. Asiat. Avril. 
1 887. p, 485 ). Dans ùI^JCJI ^1:5' (manus.) je lis 1 ^^\ J et ^>ll^^. 

(3) Ou plutôt romane. M. de Eguilaz, pour prouver que le ^ est ren- 
du 2, cite mézeréon; l'exemple ne prouve pas, car il y a aussi la foime 
ùj&jjU bien plus connue; nos manusciits n'en connaissent pas d'autre. 

(4) D'importation moderne. Au mot miiezzin Littré rwivoye à mouez- 
zin, où le lecteur est de nouveau relancé à muezzin, sans aucune autre 
explication. Inutile donc d'y chercher l'historique du mot. 



xvin. 

pagne. Les mots où le JlS est prononcé jf auront passé 
de la lecture ou de la bouche des Turcs dans le langage 
populaire. Un simple coup d'œil les fait aisément recon- 
naître: JjSj» prononcé Jj3j», 'i' (si) û^l (permission) 
^3 (gras, substantif) et quelques autres. 



Au commencement des mots, r est constant : réalgar, 
raïa, rebec (i). 

Médiat et final il permute souvent avec / : calebasse, 
matelas, curcuma et culcuma, sensal, fanal, azérole, cara- 
col, etc. ; avec n, dans anafin ( de ^1 an-naftr^ trom- 
pette ). La permutation de /, r, /z, a également lieu en 
arabe. Par ex. : j^kL et j^^U ^ oy-}> et oj^ , <l^t et 
djlSCjI ^ J^ et oWj* (V. Argan.) jlSo et JlsCâ etc. (2) 
Nos manuscrits n*ont que jls^ • 



(1) M. Donc tire gâche de %Yj razza, gâche. Cette étymologie nous est 
suspecte. Ce serait Tunique exemple de j trascrit g, « Cet r accidentelle- 
ment grasseyé (?) a été confondu avec un rh ( gaine ) ». On veiTa à la let- 
tre ^ pourquoi nous ne pouvons admettre cette argumentation, d^aillem^s 
très hypothétique, de notre illustre devancier. 

(2) Comparez l'arabe moderne qui de jj^ a fait Jji^^ vent chaud, 
scirocco; J^ peut-être, (turc) et ^Oj . Le premier seul est employé en 



XIX. 



Quelques remarques sur la phonologie de cette let- 
tre : 3 et ^j- permutent souvent (i) ; 3 permute aussi 

avec j» ; ainsi le dialecte vulgaire dira j£^ \aghXr au 

lieu de jii^ %cighXr^ petit ; et il y a bien longtemps qu'on 

a relevé la leçon yj \ciqr^ au lieu de ju^ saqr. (V. Sacre.) 

*^ 
j^h pour ^jdUj ♦ 

Au commencement le 3 est rendu par jf : Zilcadé, zéen, 
zagaie; g^ j : girafFe, genette, jargon^ jubis; (2) s : smala, 
satin^ safran, sambac. séide. Au milieu par ;f et ^ : azérole, 
azédarach, lisme, assogue, kasdir ( alchimie, de jyj 
qasdîr^ étain). 

A X^fin par jf, Sy (z) : raze, alcarraza, buse, frise, cafis, 
habbaziz, écrit aussi habbelassis, alkermès (j), cramoisi. 

• Syrie. Le franc, pèlerin de peregrinus, avtel de altare, crible de cribrum. 
Le latin intelligo pour interlego. En latin les désinences aris, alis, iden- 
tiques de sens : aris s^igoutait au radical, qui contient 1 ; eonsularis, 
mais moHalis, 

(1) Proverbes arabes de Syrie : Section de Saïda; par M. le Comte C, de 
Landberg. p. 854, Cfr. ^^ et jj^ et Voy, sarbacane, 

(2) Comp. jaloux de zelosas. 

(3) «Liqueur de table fort agréable» (Bouillet); de jV^I .a/-^t>mû^ 
même sens. Cramoisi et Carmin viennent également de ^j/»jï qirmizt, 
adjectif de j^js • L^ital. carmesino^ cremisi, et le franc, popukui^e kermoisi 
aident à âûre comprendre les transformations. 



XX, 



En résumé, deux lettres sei:{ servent à la transcription 
du ^ arabe, quelque part qu'il tombe : sultan, séné, 
zénith, (i) mascarade, mesquin, nizeré, azimuth, ribes, 
cavas, terfez, fèz, (2) (coiffure ainsi appelée de la ville de 
Fez, ^jJi fâs ). Cid est une orthographe castillane. 

Exception : gamache^ où le ^ est devenu ch. Quelque- 
fois dans le Liban on rencontre des personnes, qui substi- 
tuent facilement le J- au ^^ . C'est là un Syriacisme dont 
on trouve des traces dans les auteurs. La substitution 
contraire est plus fréquente. Ainsi « lorsque la lettre J- 

vient avant un ^ dans un même mot, elle est changée en 

un autre ^ , au moins par les femmes, qui disent, 

par ex. : ^ pour ^ soleil ; ^\^ pour ^\jt , colle 
de farine. » ( Etude sur le dialecte de Damas ; par Mgr. 
David, p. 1 2.)Et même, hors ce cas particulier, le vulgaire 
dira souvent j^ au lieu de j^ etc. 

(l)^De c*i— simt, voie, chemin, et chez les astronomes zénith, (V. Dé- 
vie). Azimuth est ^ même mot augmenté de Tarticle. Il est curieux de 
constater que le français a traité le latin semita (d^où sentier et le vieux 
mot sente) de la même manière que cuUs, changeant m en n. L^arabe c-\ -^ 
ne serait -il pas le lat. semita ? 

(2) Le terme militaire féci,phéci (képi) est l'adject. %*tt» de Fez. — 
Dans une vieille version latine du Coran Zj^] est rendu par azoara. 

« 



XXI. 






Pour rendre cette lettre on emploie, au commencement 
des mots, cA:chachia, chérif, chebec ; ^ : sirop, sorbet, sé- 
cacul, sarrasin, sirosco. Comp. iJ» baisa et llL ba\cha\ 

leMinhâg écrit J^ et -^ , J^L. , à côté de. JîCi 

JStlii» et JJUll. Nos autres manuscrits gardent le J» dans 
ce dernier mot. 

Au milieu on rend par ch: échecs, pacha ; ^ : usnée, 
assassin (i), lascar ;x {k l'imitation des Espagnols) : axir* 
nach, tabaxir, taraxacon; chez les Alchimistes Tarabe 
j^LUll (2) an-nochâdîr ou an-nochâdir ( Moqaddasî ) est 
transcrit: almisadre, amizadir, anoxadir, mixadir etc. (3) 

A la fin on emploie ch : tarbouche, patache, bargache ; 
quelquefois ^ : balais ( rubis ) . 

(1) De *^U». . La double permutation du Jt en « n*a rien d^anormal. 
Nous n^avona contre cette dérivation qu^une difficulté. Moqaddasî, Istakhrî 
etc. qui parlent si souvent des terribles Bathéoiens ne connaissent pas 
l'appellation de kachdcht. Il en est de même des écrivains arabes de la col- 
lection des Historiens des Croisades, contemporains pourtant des£ûts qu'ils 
racontent. L'émir Ousàma ibn Monqid, vivant à côté des Ismaïliens, ne les 
désigne que sous les noms de :u^\^^\ ou Zgj^[i» Ceux qui veulent que le 
terme ait été apporté en Europe par les Croisés, comment expliquent-ils 
le silence de ces auteurs ? Avicenne dans un célèbre passage, cité par 
Defrémery, où sont pa^sés en revue tous les «^ de ces sectaires, ne parle 
pas plus de "^M^ ni de ^*jUl> * 

(2) Sel ammoniac. Le Minhdg (man. dt.) écrit jdt&jj. 

(3) Voyez le Dictionnaire étymologique des mots d'origine orientale; 
par M. Devic. p. 3. N* 20. 



xxir. 



Le j9 initial devient presque toujours ^ (i): sacre, 
safre, sandal, soda. Il devient jf dans zédaron, zéro; 
alezan (?). Sahara^ nom du désert africain s'écrivait ancien- 
nement Zaara; c dans cendal. Quant à chiffre (de Jl^^ 
vide), on écrivait autrefois ciffre^ c/fre. 

Le j9 médial devient y, c: récif, aumusse,casba; :{: 
alizari, mozette, zain (?). 

Le j9 final reste ^ : abuburs ; dans albara^ il est omis. 



Cette lettre est habituellement transcrite par d : dey 
dubb, madrague, aidée, cadie, alidade, bayad (2). Dans 
abity blanc de céruse ( chimie }, de J^Ul aN?a/â4i blan- 

( I ) En arabe môme la permutation du ^ avec le ^ est tellement fré- 
quente qu^il est inutile d^en donner des exemples. Au dii'e de Moqaddasi. 
toute ville, dans le nom de laquelle entre un j#, ne renferme que des sots, et 
s'il y en a deux, c'est encore pire : ça^t oii lr^\ VI j^ «Uli ^L^ «^^ ai{ JT 
Àk Sjmâ «f^v^j I^Mfllt Ji^ ùl^Ltf • (3^* !• 10). Un autre manuscrit ^oute 

(2) Poisson du Nil, de c^LJi al-baydd, littér. la blancheur. 



XXIII. 

cheur (i) le 4 final a été modifié en t par la prononciation. 
Narducci doit admettre une semblable permutation dans 
marmittay qu'il dérive de Js^y marmidj locus ubi assan- 
tur carnes; rapprochement ingénieux. 

Sous rinfluence persane et turque le J^ devient quel- 
quefois :{ : zaptié, azerbe, Ramazjan (2). 



Le id initial etjinal est rendu par t : tambour, talisman, 

tasse, timbale, berbeth, marabout. 

Médiat par /, tk : pastèque, patache, carthame, Naba- 

théen; par j^ et d (3) dans bazane, Soudan, (de JàaL» 
sotiân, maître, roi.) 



(1) Cîr. Dozy: Supplément aux dictionnaires arabes; œun'e d'une érudi- 
tion immense, mais pour lequel le besoin d'un supplément se fait d^à sentir. 
Car à mesure que de nouveaux textes arabes sont publiés, le champ de la 
lexicographie s'étend. Aussi, à la suite d'orientalistes éminents, souhaitons- 
nous de voir enfin commencer «un dictionnaire arabe rédigé non plus 
comme une compilation extraite des lexiques indigènes, mais comme un 
vaste répertoire de la littérature, après un dépouillement exact et rigou- 
reux des autem*s». (Bari. Dérenbourg.) Pom*quoi ne pas essayer dans nos 
lexiques arabéd de marquer l'âge au moins approximatif des mots ¥ comme 
Chassang l'a feût pour son Dictionnaire grec, simple manuel classique. 

(2) Dans Bdsim on lit iifj^ ôjfi « au lieu de ^^j^^hj» Je rencontre l'ex- 
pression ^jJbu* UL^ dans un de nos manuscrits clurétiens. 

(3) Transcriptions fréquentes en Espagnol. 



XXIV. 



]i 



Cette lettre est toujours transcrite par d: alhandal, 
azerbe, nadir (dejvl» /laz/r, opposé k, en face de...) Dans 

la bouche du peuple le Jia la valeur d'un Jb (i), rare- 
ment d'un j , jfam, un peu grossi. Cette dernière pronon- 
ciation est celle des Turcs. ( Voy. Proverbes arabes de 
S/riej par le comte de Landberg. p.' 407.) De là, nizam. 



L 



Le ^'am n'a pas d'équivalent en français. C'est une 
articulation de l'intérieur de la gorge, propre aux langues 
sémitiques et répugnant à un gosier européen. En turc le 
son de cette lettre est à peine sensible. D'après M. le 
comte C. de Landberg, le f- final serait également très 
faible en Syrie. Cette remarque est juste pour ce qui 

-— — ..--...-■■-.-■-..-. ■ - - , , • . . 1 . .1 - 

(I) V. Youssouf. Dictionnaire Turc-Français. Introduction.-M. le Comte 
C. de Landberg dans le manoscrit de Bâsim le forgeron a noté %j,b> an 
lien de Sjk> • Le mannscrit de TUniTersité S. Joseph de Beyrouth a 
partout la dernière leçon. Mais les exemples de cette prononciation ne 
manquent pas : «j;^.a> , jj^ (lunette) , jai^ , au lieu de ij^ , jjà\i Dans 
la rédaction égyptienne de Bdsim on trouve encore j4^,îjl.& , ^...ap etc.. 
pour j4fc,îjL&, Jâp . Le manuscrit de Haîqâr le Philosophe a ja^ (Jà-t) j^iL&l , 

Jt pour JU\ etc.; et celui de Minhâg acMokkân j^h:^ pour j^>i , 



XXV. 

/ 

( 

regarde les citadins; mais quoique adouci, le f- ne disparaît 
pas, même chez ces derniers. Cette lettre permute quel- 
quefois avec l^alef { Proverb. Arab. 82 et 407. ) et 
aussi avec le r- \iâ, en Syrie (i) et surtout en Egypte. 
(V. Contes de Spitta-Bey ). Serait-ce à cette particularité 
que nous devons l'orthographe de alhidade (2), alhaiot, 
mahonne, alhabor (j), où l'on a tenté de rendre 9 par h ? 

Dans camard nous soupçonnons que f- final est devenu r. 
Rapprochez de cela la malencontreuse méprise, dont il 
est parlé dans Mas^oûdî. Un lettré, ou même un visir, si j'ai 
bonne mémoire, invitant quelqu'un à s'assoir lui dit ii»;oï 

odrot, au lieu de Juïl oq^od. Les deux lettres auraient donc 
dans^ la prononciation certains points de contact. M. CL. 
Huart cite la forme Sjyb employée àNabk,aulieu de Sjy.t • 

La confusion entre le f- et le J s'explique, surtout avec 
la valeur syrienne, attribuée à cette dernière lettre. 



(1) Ainsi les enfants et surtout les femlhes diront ^^ mahom, au lieu 
de ^^^ ma^hom, avec eux. D'après Mgr. David, le savant archevêque 
syrien de Damas, «lorsque le 2^ vient après un ^ quiescent ces deux lettres 
sont changées à Damas sans la prononciation en ^». Ainsi (4««^ , i^^bji sont 
prononcées smahhâ et thîhhâ. Le changement de ^ en ^ se remarque encore 
dans ;^ pour }li\ , vois ! Le Turc a iXS^ pour j^. 

(2) Y. Dictionnaire de Trévoux; le mot s'écrit plus communément 
sans h. 

(3) « L'étoile Sirius, appelée jjy^JI ^Sj>^^ ach-chi^ra al-^aboûr, sirius pas- 
sant, » (Devic) ou simplement al-^aboûr. ( 'Abdurrahmàn as-sûfî p. 220 ). 



XXVI. 



L 



Cette lettre est toujours rendue parg^, gh{i): goule, 
garbin, ghazel, almagra, papegai, fagarier. La seule 
exception à cette règle est ra:{ia, mot très moder- 
ne, importé de T Algérie. En Espagnol, il est également 
impossible d'apporter un seul exemple où le ç- soit tran- 
scrit r. JSorc^g-w/, allégué par M' Léop.deEguilaz, ne prouve 
pas ; r est là à la place de / et non de f- (Voy. Brodequin 
p. 57),M. Devic lui-même constate^le fait; et pourtant 
ce savant est pour l'identification de r grasseyé avec le 
^(V. Dict. étymolog. Mortaise^ note.) Le principe de 
phonétique générale, « les ordres de lettres ne permutent 
point entr'eux » ( Brachet. XCIII ) est vrai aussi pour le 
ghaîn arabe. 

(1) Qui est la transciiption la plus approchante. (Y. la note de la p. 121 ). 
C^était Varna de nos aïeux; et sur ce point toutes les langues romanes sont 
d^accord. Nous ne comprenons donc pas pourquoi on a proposé de donner 

à cette gutturale par excellence la valeur d'un r grasseyé. Le yaiiiia 

des Grecs la rendrait parfaitement. Aussi les Arabes mettaient-ils habi- 
tuellement un ^ à la place de la lettre grecque : ^ u. fe i Augustus; ^^^V«;a> 

imypiiTijÇy u^jjt^^ Ut^ayôqag etc. Réciproquement les Maui*es d^Ëspa- 

gnes remplaçaient g par ^ et ils écrivaient Uja hantghd pour Tesp. hanega. 
(V. Fanègue; et Dozy. Supplément), Dans la Haute-Egypte le ^ est 
prononcé ghim. Les Arabes modernes transcrivent dé même notre g par 



XXVII. 



Cette lettre est rendue par /, ph : fagarîer (i), felouque, 
muphti, sofa, caphar, alphard, chérif, récif. Le fâ devient 
p : dans paturon, et pénides; h dans hardes, haras 
( V. ces mots ) ; b dans cabas (?). 



La prononciation de cette lettre varie beaucoup dans 
les pays de langue arabe. 

Dans les villes de Syrie^» dans quelques districts de 
la Mésopotamie et dans certaines parties du Liban, 
cette lettre se confond avec le ham:{é (2). Les Bédouins 
et les paysans de la Palestine donnent au J la valeur d'un 

(1) De s^ti. Le Minhdg d%n "Oazla (manasc. déjà cité) indique claire- 
ment la proirenance du fâghara : x^\ «lUu» ^ j^ (V* Fagarier). Voici la 
cmieuse remarque da Juif Aboû Monà dans le c»tfjJt 9rU> * ^ U^'^ «^^ ^lV^ 

(man. déjà cit.) 

(2) «Le j permute a^ec le Jt» dit M. le Comte de Laiidbei*g, qui die 
à Tappui TexprasBion KesTouanienne ^S jS ^ au lieu de 'A 'Ji ^. 
{Prov. 73. et 425). Il est très vrai que le gens du Kesrouan aifectioni^eot 
ûs désinences en ch. Mais le JL me parait ici aimpIexQent parasite et non 
pas mis à la place du J . 



XXVIII. 



m w 

f_; comme 3' jp-au lieu de 3* jï (i )• Au Maroc ( et il en était 

de même chez les Arabes d'Espagne ) le fJ et le J ne se 
distinguent presque pas. Dans la Haute^Egypte, à Bag- 
gdad (2) le J devient ghîm ; chez les nomades de Méso- 

tamie tantôt fJ , tantôt j^. La Basse-Egypte garde la pro- 
nonciation syrienne. 

De là : Deux manières de rendre cette lettre en fran- 
çais ; par le son k et par le son g (dur). 

i^ son )t : k, c, ch, q : café, alicate, bondic, kibla, caki- 
le, quinta,l, axirnach. 

2^ par le son g (gue) : gabelle, goum, guider, bagage 
targe, assogue, fanègue. 

Exceptions :é^orajr(j); dans sarrasinle J est devenu jf. 

Dans quelques mots le J n'est pas rendu : fonde, abri- 

coty de (jjtji) , al-berqoûq^ prononcé à la Syrienne al-ber^ 
qoù (Voy. abricot). 

Cette lettre est constante; on la transcrit par k, khj Cj 
chj q, où le même son persiste toujours. 

(1) Y. Ibn Kamâl Bâcha : «^dlj >i^l J«i^ J» «^Odl p. 31. (Leiden). 

(2) Quelquefois aussi il y est assimilé au ^ gim. M' Jeannier cite ^ Ji 
qartb prononcé wi^;>i3 marmite, prononcé jO^. 

(3) Esp. borrax, de Jj^. Cfr. Minhâg d'Ibn "Ga^la à l'article ^jy 
(manus. cit.) ojj^ ,j^ *> ^jV» . 



XXIX. 

Au commencement par k^ c, ch : kazine, cubèbe, ché- 
bule(i), (myrobolan, de '^\r kâboU). 

Au milieu par k^ c, q, ch: alkékenge, escafe, sequin, 
alchimie. 

A la//i par ch^ c, q : azimech, mosch, chébec, toutena- 
que, écrit aussi toutenague (2). 

Le ch de chébule serait-il un reste d'une ancienne 
prononciation signalée déjà par Mas'oûdî, qui consiste 
à donner au kâf la valeur d'un chîn ^ Cette prononciation 
persiste encore à Bagdad, (3) chez les Bédouins de 
Syrie et en Palestine. M. Cl. Huart en donne l'exeniple 
suivant : ^c-^^^b ^j-^' (S^y. qui devient : biddî djennès 
wabegîb cherâsî. (Notes prises pendant un voyage en 
Syrie. Journ. Asiat.. 1879. Janv. p. 129). 



(1) Nos manuBcrits disent -i^iT «giLUI , myrobolan kâbolî, ou j^iT tout 
court r « oIsJULi)! J^l J^^^ ^^ ^^ ^^ manuscrit de Soyoûtî. C^est donc 
probablement un adjectif de j^iT KdboU "ville produisant du myi^obolan. 
( V. Yaqoût. IV, 221.) L'«tymologie est suggérée par Trévoux. 

(2) Pour ce dernier mot comp. le latin negotium ( de nec otium ), negli- 
go ( de nec lego ) etc. 

(3) Lettre de M' Jeannîer, chancelier du consulat de France à Bagdad, 
p. 342. Journ^ AsiaU OcU 1888. 



XXX. 



Les permutations s^opérant habituellement entre les 
consonnes de même organe, J permutera avec les liqui- 
des, surtout avec ^ et û* 

J initial est constant: limon, lebbeck. 

J médiat se rend également par / : mamelouck, maha- 
leb, gala^ olinde^ 

Souvent J médial permute avec r, rarement avec n : 

Javari, brodequin, belléric (i). Comp. oi^ (leçon de nos 

manusc) et û>^î ^Sjl et ùjf^\ ; (^JLdLl et c^jG^* 

J final reste / : marfil, ghazel. Il permute aussi avec 

r(2) et /i:albor, (terme d'Alchimie, de J^l al-baûl), Gebaïl 

(ville ) écrit aussi Zebar^ varan, aufin. Comp. ^ fingân 



(1) Oa belliric, soi*te de myrobolan, de Parabe-persan ipXAi balilag, môme 
senB. Le belléric est mentionné presque toujom*B avec Tembâque dans nos 
manuscrits. « 1> ju^i ij\ ^ i^s\ ^ ^\ wo3 <?tUUI » [Minkdg al-bayân). 
Comp. aussi Mosserins», comme on appelait souvent les marchands de Mos- 
Boul, dans les prindpautés franques d^Orîent. Le môme changement 
s'observe encore à Bagdad où Ton dit qounsour pour qounsoul, consuls 
ingrezi pour inglezij anglais; zîndjil au lieu de zindjir, chaîne. Y. Lettre 
de AT Jeannier, Chancelier du consulat de France à Bagdad. Journ. AsiaL 
Octobre 1888. 

(2) Comp. JiSCs tinkdî ou j6C5 tinkâri d'où le français Tincal, borax 
brut, écrit aussi Tinkal et Tinkar : ««^i)i jiUJyijCodt» {Mtnhdg d*Ibn 
'Gazla). ((i4ih? c^ fJù ùU-VI H ^ \'»\ jlîiCiîl» {SoyoûtU manus.) 



XXXI. 

' -i-^l»^i»^^—i I »—— ^_«._^^,^_^ » I I I II II 111^ 

écrit aussi J\^ J^gàl, et ^ malîh, bien, beau ; souvent 

prononcé par le vulgaire ^ manîh. 

J se contracte, surtout quand il est final: aufe (i), al- 

quifoux,foUj (pièce du jeu d'échecs); de JJill al-fil l'élé- 
phant (2). Le vieux français disait encore auphin, aufin, 
auffin et dauphin^ syncopes de al-fiU 



f 



Cette lettre est rendue par m dans les trois positions 
qu'elle peut occuper : macabre, momie, matamore, sélam, 
doum etc. 

Au milieu et surtout à la fin du mot elle permute souvent 
avec n (5) : Zénith, albotin, mousselin, mousson, semoun, 

(1) Oa alfa; espèce de jonc ; de uu halfâ ou uU, jonc. 

(2) «La pièce en question a chez le Orientaux la âgui*e d^un éléphant. 
On a dû dire fil^ puis fol, par assimilation avec le fou ou bouffon du roi, 
le peuple ayant une tendance naturelle a altérer les mots trangers pour 
leur donner une apparence de signification dans sa propre langue. » Devic. 
Nous donnons plus loin un exemple de ce procédé aux mots Berbeth, Al^ 
chimélech. Typhon^ Epinard etc. L'arabe Uf>U altéré en :Çî^ en est une 
autre preuve. V. Molequin. 

(3) Dans • le prononciation vulgai^^e de Syrie le ^ des pronoms pluriels 
^yaJCA on j^ se change invariablement en o* Ainsi on dira ^^),^4s^i 
akalton, ^alaîhon au lieu de ^^^ , '^\ , akaltonij ^alaîkom, J'^Ot' pour 
^^JJ^Cfe, pluriel vulgaire de J5p, esprit. Comparez encore «iJLijet ^UJ, tabac 
pour le narghilé, uji pom* uî' '-> ®* ^® classique ^^ — ^^ . V. The Tweniy-' 
First volume cfthe kitâh al-Aghânt Edit. R. Briinnow. p. 65. 1. 23. ùjjT, 
ccjjjT parallalèlement à j.jj' et ^jj/*. « 



XXXII. 

zaccon, sélan. Cette permutation est trop fréquente 
dans les langues romanes pour qu'il soit nécessaire 
d'insister. En Espagnol le m initial peut devenir b : bodo-^ 
jen, deû;a:u ; baraça de ^j^* Le vieux français a égale- 
ment Baphomet pour Mahomet. ( Voy. lettre uj ) . 



Cette lettre est ordinairement rendue par/i: nabab, 
cancan, nénufar (i), magazin. La règle est absolue pour 

initial (2)MédialetJinal il permute avec /: gengéli (de oi)^ 
forme classique) miramolin, galangal (vieille forme de ga- 
langa) ; avecm : sumbul, ambre, mousson. «La langue portu- 



(1) Ce mot est écrit tantôt ^yj tantôt ^luU dans nos meilleurs lùanu- 
scrits. Le Minhâg d'Ibnîra'zla et le Minhâg ad-dokkân n^emplolent guère 
que la première forme. Le livre des Merveilles de Damas (manusc.) écrit 
habituellement jky^ ; ce qui ne Tempéche pas de citer plus de dix passages 
poétiques, où le mot est orthographié j^jU . C'est là sans doute un dé ces 
cas de métathèse, que Ton rencontre souvent. A moins que Ton ne préfère 
y voir la permutation non moins fréquente de lâm et de noûn» 

(2) Excepté dans orange, où o n*&Rt pas rendu. Dans les manuscrits 
arabes on rencontre souvent ^^ et Zj^ au lieu de ^ et z^ • Comp. 

le û*. aller de adnare. En grec aussi p s^assimile à X : avXXêyœ de avp^Xéyù) 
etc. 



XXXIII. 

gaise a horreur de n (i) et évite l'usage de cette lettre.» 
( Dozy ). Comme exemple de la permutation de û et de 

J, l'arabe vulgaire oSrec^jj :{an:{alakht ( 2) et c^^'j :{al- 
:{alakkt, devenu cJ^jj^j dans l'auteur égyptien du Mlnhdg 
ad-dokkân{man.cit.),i}\Li et ûU^.. Dans les anciennes poé- 
sies, on trouve déjà 4»- ide(Tipdœp) et J» J^ ; J^^^ et 
4>»r"l etc. Faut-il admettre l'existence d'une forme 

tX^ châlîj parallèle à (ili chânî, galère (3) ?Cela ap- 
puierait la conjecture de ceux qui dérivent galée ( galère ) 
de l'arabe chali { ? ), sorte de galère. Ibn Batoûta a A^ 
challîr ( IV. 1 07 ), grande barque, ou galère ( 4 ). 



( 1 ) Il n'est pourtant pas nécessaii'e d'admettre avec M. Dozy que les 
Portugais ont fait laranja de naranja puisque ^y^ lârang existe (V. 
Eguilaz). De cette forme portugaise laranja viennent peut-être orange 
et Tital. arancia. Le / initial, pris pour rarticle, sera tombé. C*est le 
contraire du phénomène observé dans luth. 

(2) Qui est dans ^liJ) ^^^U* . Notre manuscrit ne connaît même que 
cette forme syrienne. 

(3) Voy. Corvette p. 90. 

(4) Comme dit la Table des matières des voyages d'Ibn Batoûta. Que 
faut-il penser de ce mot jji, ? Il ne peut se rattacher à aucune racine 
arabe. Quant a galée, écrit galie dans la chanson de Roland et Villehar- 
douin, il est Surtout û*équ6nt depuis les Croisades. Pour la transcription 
de Je par g, on trouvera des exemples dans Dozy. Gloss, espag, 

3 



XXXIV. 



C'est une légère aspiration; elle forme comme la douce 
de r h. Quand elle est rendue, on se sert pour la trans- 
crire de A; hégire, hallali, cohober^ mot peut-être formé 
sur <^ qohbdj couleur brunâtre ou grisâtre. (Littré. Sup- 

plém.) ; o serait devenu g dans tagerot ou tagarot^ sorte 

de faucon, de Jy^t tâhortî, adjectif de Tâhort, ville d'A- 
frique (i). 

Le plus souvent le * n'est pas transcrit : achernar, 
café, réalgar, bézoard, carabe, olinde, manège (2). 



Lettres faibles. 

\ 
Dans cette lettre Vimalé diffère d'après les pays. En 

Espagne YcdeféiBxi souvent traité comme un simple î : ^^l 



(1) Dozy. Gloss, 346. A propos de faucon, notons encore faucon tarta- 
rot ou faucon sahin, de ca^lÀ chàhîn, faucon blanc, gerfaut; et faucon 
zaphar qu'il faut sans doute rattacher à j^ zafar, potitus est, ou à ^ , 
ongle. Le tagarot venait de la côte d'Egjpte, d'après Trévoux; de TAfi^ique, 
s'il faut en croire d'autres écrivains. Pour que la conjecture de Dozy ait 
un fondement sérieux, il faudrait trouver dans les géogr. arabes trace des 
faucons de oy^D. Or Yaqoût, Moqaddasî, Ibn Hauqal, etc. parlent avec 
éloge des J^^L^ de Tâhort, mais ne soufflent mot de ses faucons. 

(2) Dans la prononciation populaire le y tombe souvent aussi. (V. Pro- 
verbes arabes, XL VII et 449). x^Tli, /j^ au lieu de s^ru,^^^* se ren- 
contrent fréquemment dans nos manuscrits de rédaction vulgaii*6. 



XXXV. 

bâb devenait bîb (i). Les Métoualis ont encore cette pro- 
nonciation; à Bagdad le (S , tenant la place d'al^f à la fin 
des mots, se prononce souvent / (2). En Syrie on donne 
habituellement à l'alef la valeur d'un ^ (?), très ouvert 
dans le Liban, beaucoup moins sur la côte et à mesure 
qu'on descend vers l'Egypte, où il se rapproche de 
notre a. Au Caire par ex. l'alef prend le son d'un a 
aigu (4), comme aussi à Damas (5) . 

Ces trois sons a, ^, / apparaissent nettement dans la 
transcription française. 

A : mahonne, girafe, calaf, Chewal. 

E : ben ( de ô\ ), civette, cubèbe, chebec, chalef, 
alkékenge, séné, carabe. 

/ : zinzolin, gengéli, bougie, aubergine, abit, alfier. 
Dans sirop l'alef est devenu 0. Ajoutez souche, d'abord 



(1) Voy. Dozy. Glossaire espagnol, etc. p. 26. Gomp. jl3 et ja|. 

(2) Ainsi t^jL». hobârâ, outarde devient hobârt» Comp. ^^ju^ et ^jj^ 
formes anciennes de ^iju; ( Ma<arrab. 32 ). 

(3) Réciproquement e ou a est rendu par aie f en arabe: de là u^jS^ 
MeXério^j u-^r-j^j^ &sod6(noç, etc. 

(4) Voyez pourtant Critica arabica par M. le Comte C. de Landberg. 
L 1887. p. 59. — LHmalé n'a pas lieu avec les lettres emphatiques. 
Ainsi le moucre le plus endurci (c^est dans cette corporation que 
fleurit surtout Timalé ) prononcera ^U» tâlèh, j^u nâtoûr, ^J»*^ khalds, 
JsjLb zdbet; voilà pourquoi Va est conservé dans zaptié. 

(5) A Damas Vimalé persiste dans quelques mots. 



XXXVI. 

soche: o s'est assourdi en ou et u. ( Voy- ce mot). Compar . 
en espagnol jfoma( iJ^j) , :{Oquete l JaSL ), etc. 



Cette lettre est rendue au commencement et au milieu 
paru;: Wéga, Wahabite, chewal; par v (prononciation 
turque): validé, vilayet, visir, café (i), carvi, divan (2); b\ 
nabab, arquebuse. ( Voy. ce mot). 

La transcription espagnole gu ne se rencontre qu'au 
milieu du mot : bagatelle, alguazif, bédéguard. 

Les transcriptions u, ou, se trouvent aux trois posi- 
tions, que la lettre peut occuper: abiitilon,,Iooch, abou- 
quel, taraxacon et taraxacum (j). 



( 1 ) Prononcé d'abord cahvé ; le h tombant, f est devenu v, ^Èùii\ J^^g^-JO ; 
de même fetfa. Le v est inconnu dans le Levant arabe. Pour le rendre, les 
Arabes emploient j , ci ou o . 

(2) De Tarabe-persan ol/i^ dîwân^ qui se dit d'un recueil de poésies, du 
conseil de l'empii-e, d'un sofa et d'un salon (Belot). De là, les divers sens 
du mot français. 

(3) De ûjXiiJ»; le Minhâg' n'a que Jy^J^ et J,!*».^, formes relevées 
par Dozy d'après d'autres som*ces. Devic rencontrant jjZi^^ dans Râzî 
s'écrie : «évidemment (!) il faut lire ojai»^»» La forme j^iàJL se retrouve 
également dans d'auti'es de nos manuscrits. 



XXXVII. 



Le (S initial est transcrit j, /: jasmin, janissaire (mot 
d'origine turque), yed (i). Médial il devient /, y, i: 
vilayet, haje, morfil, lyfa, (écorce d'arbre. V.Littré SuppL 
de ïJ^ ttfa, même sens). Final, i : hadji, mélochie. 

A l'imitation du dialecte vulgaire le tS s'ajoute quelque- 
fois à la fin des participes présents des verbes ^t ou dé- 
fectueux; un /le remplace alors: cadi, wali, muphti (2). 



L axticle arabe. 

Ordinairement le lâm de l'article s'assimile à la lettre 
solaire, commençant le mot suivant ; excepté : aidée, aldé- 



(1) Etoile de la constellation de Pégase; de j^ yad, main, bras; (V. Bé- 
telgeuse) elle est ainsi appelée à caose de sa position. 

(2) Comp. aussi wadi employé chez quelques voyageui'S ou géographes ; 
de ^^\j ou ^\j . « A droite et à gauche des vallées sans eau, des wadis dessé- 
chés, des lits de toiTents.)» (Cl. Huart. Voyage en Syrie. Journ. As, 1879. 
Janv. 107.) Wadi est dans Bescherelle. On s^étonne de ne pas le renconti*er 
dans le Supplément de Littré, qui a accueilli tant de vocables purement 
arabes comme adehab, nom arabe du taon»; de ^^ dobdb pom*(^Vjd, 
mouche ; chéri, loi musulmane ; de m^»^ ckarî% même sens. 



XXXVIII. 



bar an, altair, écrit aussi atair, habalzéli. ( i ) Ce sont ha- 
bituellement des mots scientifiques. ( 2 ). Voy. plus loin 
Observ. générales, p. XLVIII. 

Jl se vocalise en au, procédé éminemment français : 
aubarde (V. barde, ) , auberge, aubergine, aumusse, au- 
queton ( V. hoqueton ), auferant { V. haras ), aufin et 
aufiin, vieilles formes pour al-ftl (3); aucube, vieux fr. 
qui vient probablement de la même source que alcôve. 

Jl peult aussi devenir ar : arquebuse, argoussin, 
arzegaie, marfil, arsenal (?); ou 0/ : oliban, olinde, 
dènébola ( ? ) ; ou or comme dans orcanète. L'article est 
quelquefois syncopé : abricot, amarel, réagal, amarre, 
abit, amoise (4). 

Valef de l'article est rendu par a ou e. Au commence- 
ment du mot, c'est la première transcription, qui a pré- 



(1) Le vulgaire en Syrie traite le ^ comme une lettre solaire, et consé- 
quemment lui assimile le lâm de Tarticle. Peut-être avons-nous dans 
Béteigeuse (autre forme de Bételgeuse) un reste de cette prononciation. 

(2) «Dans beaucoup de pays, les Arabes prononcent le J (dans j>.^|) 
comme il est écrit, sans faii'e aucune attention au tascbdid.» Le Rév. 
J, FerreUe, missionnaire à Damas. Journ. Asiat.Oct. 1859. p. 3 15. L'obser- 
vation est juste, malgi*ô son énoncé trop absolu. ( V. aldéharan aidée. 
p. 8 et 9.) 

(3) V. la lettre J . p. XXX. 

(4) Vieille forme de moise, Comp. le vulgaire T^jl^A pour x>jUt, la 
veille. ( Bâsim le Forgeron ; manuscrit de l'Université S. Joseph.) 



XXXIX. 

valu : almagra (i), alcôve etc. Il n'y a d'exception que 
pour élixir. Au milieu, el est plus fréquent : abelmosc, 
bételgeuse, dénébalézet, etc. Dans dénébola le damma 
casuel a remplacé a. 



n. 

VOYELLES OU ACCENTS ARABES. 

Afin de comprendre leurs transcriptions multiples, il est 
à propos d'établir la valeur que leur attribue le dialecte 
populaire. «Toutes les voyelles, qui ne sont pas suivies de 
la lettre de prolongation, qui leur est analogue, prennent, 
dans la bouche du vulgaire, un son vague et indéterminé, 
susceptible des interprétations les plus favorables. Il se- 
rait impossible de prouver à un honnête Arabe, qu'il a mis 
au passif un verbe qui devrait être à l'actif (2), car il pro- 
nonce JSii et J:i presque exactement de la même ma- 

( 1 ) Substance rouge employée en peintui'e ; de s^i al-maghra, ocre 
rouge. Moqaddasî la nomme parmi les articles exportés d^Alep. (181/1. 2.). 
Et plus loin sju^ s>>i ^Ja^j (184. 1. 3). 




arabe p. 264. 



XL. 

nière.» (i) Pour préciser davantage, disons qu'en réalité il 
n'existe que trois voyelles en arabe: a, i, u [ou bref). 
Mais la prononciation vulgaire a doublé ce nombre, en 
Syrie surtout, grâce à l'influence de la langue syriaque, bien 

mieux douée sous ce rapport. A et /, perdant insensible- 
ment leur valeur native dans la bouche du peuple, ont don- 
né naissance he;la corruption de u (ou) a produit o. L'o- 
reille la moins exercée peut aisément découvrir encore 
une sixième voyelle. Elle a une valeur intermédiaire 
entre Ve muet et la diphtongue eu des Français, et tient 
des deux à la fois. 

Les auteurs, qui ont traité de la phonétique romane, 
observent que les voyelles sont la partie mobile et fugi- 
tive du mot ; que la permutation des voyelles est soumise 
à des règles moins fixes que celles -des consonnes et 
qu'elles passent plus facilement de l'une à l'autre. Ces 
observations s'appliquent encore mieux aux voyelles ara- 
bes. Celles-ci ont même sur les latines un notable 
désavantage: n'étant pas habituellement fixées par l'écri- 
ture, elles sont abandonnées aux mille caprices de la 
prononciation populaire. Qu'on ne s'étonne donc pas du 



(1) Nouveau système de typographie arabe i par le Rév. J. Ferrette, 
missîoimaire à Damas. Journ, Asiat, Octob. 1859. p. 301. 



XLI. 



luxe de transcriptions que réclament ces voyelles, sur- 
tout le ratha(i) et le damma. Dans la phonétique arabe^ 
plus que partout ailleurs, on a raison de dire que les 
voyelles ne coigiptent pas ou comptent fort peu. 



Diphtongues. 

Il y a en arabe deux diphtongues, ai ( ^^) et au ( j^) • 
Ces diphtongues sont prononcées ^ et d à Bagdad, 
à Mossoul, à Alep, à Damas, à Lataquié, tandis que 
dans le reste de la Syrie et surtout au Liban, elles 
gardent leur valeur. Ces deux prononciations se rencon- 
traient aussi en Espagne et dans l'Afrique du Nord. Au 
Maroc et en Algérie, au devenait souvent om, particu- 
larité qu'on observe aussi en Orient. Ainsi ^^3 est pro- 
noncé daum et doùm, ûjij: bardaun et bardoân, Jy^ 
kaul et hoâl; ûlfy' f^f^oûlangân et khaulangân ; jy^ et 
u^j^ deviennent sannour et khannoûs en Syrie. Comp. 
aussi •by- changé en^^j^, d'où Aottr/(V. Devic. 5. z;.) 



(1) Si ]6 fatha décent quelquefois i ou o, la Toyelle a du latin subit 
en français les mêmes modifications Yoy. Chassang. Grammaire frart" 
çaise. 1882. p. 20. 



XLII. - . 

En français ai ^^^) est transcrit e : aidée, bételgeuse, 
nénufar, sesban, dey; ai : altair, haïk, ( on écrivait autre- 
fois heyque) raies, maïdan. 

La diphtongue ai/ (j^^ est rendue par au : fardeau, chi- 
aoux, (dans bételgeuse, au s'est assourdi en eu)\ou^ 
Uj : goum, mousseline, mousson, muse, musacée, ben- 
' join, borax. 



Fatha. 



Cet accent peut être rendu par toutes les voyelles 
françaises. Les plus employées sont a,e; il est inutile d'en 
donner des exemples. 

Le fatha devient / : zircon, emblique; u, dans 
halla {i), dubb, {lézard d'Afrique, de ^^dabbj) à cause 

de l'emphatique J^ d] o : chott (2), (de JLl chait, bord, 

rive d'un fleuve) ; encore sous l'influence du L t, lettre em- 
phatique; fomalhaut (j); bézoard, à cause de la lettre 

(1) Dans le di'oit musulman : époux temporaire d'une femme divorcée. 
( V. Litt.) de J^ halâl^ époux. L'étymologie du Supplém, est inexacte. 

(2) Littré. Supplément, ta On pent dire que de Bassora à Bagdad, les 
deux rives du ChoU (c'est le seul nom par lequel le vulgaire désigne le 
Tigre, Didjlè est inconnu), sont bordées d'une forêt ininterrompue de pal- 
miers.» M. Jeannier Journ. AsiaU Octobre 1888. p. 336. 

(3) vient sans doute de ^ fom, bouche, forme employée parallèle- 
ment à ^ fam ; le peuple ne connaît que "^ fomm qu'il prononce habi- 
tuellement "J; tomm. 



XLIII. 

jlj qui suit. Ainsi le peuple dit : oU^ chXyXn, crr>- gioâchj 

au lieu de ^j^ goioâch; ^^ biyâ\ au lieu de fU bai- 
yâ\ que réclament les formes grammaticales (i). 

Il ne serait pas facile de déterminer quand le fatha est 
rendu par e, et quand on lui laisse sa valeur native, qui 
est a. On pourrait cependant établir la règle suivante : 

Le fetha prend le son de Ye^ devant la syllabe affectée 
de Taccent tonique, ou longue de nature, ou devant une 
lettre redoublée : denab, fennec, feddan, fellah, sélam, ar- 
senal, bézestan. Cette règle a des exceptions : fàlaque (2), 
kantar, kazine, gazelle, etc. M' Jeannier dit qu'à Bagdad 
« le fatha et le damma ne gardent leurs sons primitifs 
qu'avec les consonnes fortes. » Cette remarque regarde 
aussi la prononciation des autres pays de l'Orient. Il faut 
en excepter les mots cités au commencement de cet 
article et quelques autres en petit nombre. 



( 1 ) Dans doronic de igû/jh daroûnag (accentuation habituelle), notre 
manuscrit de Soyoûti met toigom*8 un damma sur le dâL Nos autres ma- 
nuscrits ne précisent pas ; seul cilCdl ^{^ a une fois zô/^ • 

(2) Toujours prononcé falaq avec deux fatha nettement articulés. 
En Egypte on dit aussi satt falaqa . Dans Bdsim le Forgeron (dialecte 
égyptien) il y a une scène où le héros de cette comique histoire reçoit la 
/a/a^a. (p. 38. édit. Landberg.) ' 



XLIV. 



DanuuA. 

La transcription de cette voyelle, comme celle du fatha, 
défie toute règle. Elle est rendue ow, u, o : ouléma, bur- 
nous, drogman, mohatra, sultan, sumbul, curcuma, bulbul; 
/: cakile, mistic, oliban (i), fondique, chibouque; a : 
marabout ( Jajiy ) maran, fomalhaut, tambour, carthame, de 

^j Sur ce mot le o^^\ oCT de Râzî [man. de 
PUniversité S. Joseph) met deux kasra, au lieu des damma 
que portent tous nos autres manuscrits; e : benni, felou- 
que. { V. ce mot ). 

Aubère {z) éti^it peut-être écrit autrefois oubère (espa- 
gnol : hoberojj o sera devenu a. 



(1) Da oUDI al'lobdn. Le damma est devenu i sans doute sous Tin- 
ûuence du grec Xl^avoç qu^on croyait y reconnaître. Quelques uns ne se 
sont pas arrêtés là et ont prétendu que Oliban était le grec 6 ïi^avog 
Mais «il est sans exemple que Tarticle grec o se soit accolé à son sub* 
stantif pour passer dans une langue étrangère.» (Devic). 

(2) De jjl^ signifiant outarde, et non pas aubère, comme Scheler 
( Diction, étymoL) semble le faire dk'e à Dozy. 



XLV. 



Comme Vi latin, le kasra est au bas de l'échelle phoni- 
que. Aussi cette voyelle est-elle un peu plus constante. 
La prononciation vulgaire Témet tantôt comme /, tantôt 
comme é fermé ou e muet(i) et quelquefois comme a 
voyelle bien plus sonore, surtout au commencement 
du mot. Le français a des exemples de chacune de ces 
prononciations; par ex. : neski, kermès, nems, almageste, 
validé, afrite, calebasse (2). Il y ajoute ou et (rares) : 
bougie, mosch^ abelmosch. 



Nunnatiou ou Tanwîn. 

La nunnation, étant inconnue au dialecte vulgaire (j),'n'a 
pas laissé de trace sérieuse en français. Nous n'en avons 

(1) Mgr. David a essayé de déterminer dans quel cas une de ces trois 
prononciations domine. (V. JDiulecte de Damas, p. 19 ). 

(2) Comme nous Tavons fait remaïquer, ces anomalies de kasra, i*endu 
a, sont le fait de la prononciation vulgaire. M. de Ëguilaz admet que 
le kasra devient a et il cite comme exemple adarme, (de ^joîl)' ^'^ 

nous parait ici imputable au grec dQa)(jiAtjy ou au plui'# arabe ^\jd darâkim» 

(3) Elle est conservée à Paccusatif seulement dans certaines expressions 
adverbiales, comfiie 5iâ; par exemple, ûjU précédement ( V. Bâsim le 
Forgeron et Almanach du Bachir, 1879, 1880, etc.. ^ Dialogues 
en dialecte syinen. passim,) 



XLvr. 



qu'un exeçiple authentique dans :{édaron (i). Peut-être 
fàut-il y ajouter paturon et fanfaron. 



m. 

OBSERVATIONS GÉNÉRALES SUR 
LA FORME DES MOTS. 

hdL métathèse, ce phénomène observé dans la plupart 
-des langues, se rencontre de même fréquemment dans la 
transcription franco-arabe. De là, arquebuse, brodequin, 
degré, cramoisi ( 2 ), Mahométan ( j ) , almène (de Ul 
ahmanây poids arabe) etc. 

Comme en grec la métathèse s'applique surtout aux 
liquides. 



(1) a de Casaiopée. de jO^, sadr^ poitrine. Cette étoile est placée sur 
la poitrine de Casaiopée. ( V. Devic). 

(2) L'ancien arabe a ^yj^ et ^^^jj^x «Jlj et ju^lj; ^^ ®t JW?» ®*c. 
Comp. médressé, en Algérie médersa ( Littré. SuppL), Et dans le dialecte 
▼olgaire ijb. hadd, poar jl>1 ahad, personne, ^\jy au lieu de ^jjU , 
Maronite. Dans Bdsirn (manusciit) on lit ^^U dârakahom au lieu de 
j^j^\ adrakahom, il les atteignît. 

(3) Cette mâtathèse est ancienne et très française. Les écrivains des 
croisades .ont mahométois, mahomerois, et mahomerie (mosquée). Du 
deraier quelques étymologistes ont voulu à tort dérivei»-le franc, momene. 



XL VII. 

\J aphérèse a également laissé des traces : marfil, rac, 
nébulaslt, miramolin. (Comp. franc, sérielle de coccinella).La 
langue vulgaire retranche habituellement Talef dans jul et 

y) . Le peuple dit ^^y J^ negem boû danab^ comète ( i ). De 
là : patacon, le nom propre Boabdil, et la variante d'abou- 
quel bouquelle «nom donné par le peuple en Egypte (2) à 
Técu ou daller de Hollande.» (Trévoux). Comp. encore u>lJU^ 

expression vulgaire pour C/iLs- \\^ arbre bien connu (Voy. 

Ibn Kamâl Bâcha (3) -udlj J4>li-I JaU Jp *tj; p. 6. édit. 

de ti-J^>-ll y^ (?). Leiden.) ôj» j pour ôjîj' et ôy^ . 

Comme en espagnol Ib, finale des mots, mal perçue, est 
souvent sacrifiée, par ex. : caraque^ cende, dénébola, 
galanga, sébeste, abouquel (4), aumusse^ darse, etc. 

Les lettres /z (5) et / s'ajoutent quelquefois à la fin des 



(1) Littéral, étoile père (possesseur) d'une queue. 

(2) Ce même peuple douDait à Bonaparte le nom de •jj^y, boû farwa, 
le père de la pelisse, et au général Cafarelli celui de i_-.* "^ y , I0 père du 
hois à cause de sa jambe de bois. Je ne sais plus quel savant de l'expédi- 
tion était connu sous le nom de jljS^, à cause de ses lunettes. 

(3) Ou Kamâl Bâcha Zâdeh, Notre bibliothèque possède une collection 
manuscrite de ses lettres ou opuscules, d'ailleurs assez insignifiants. 

(4) Pour ce mot le Dictionnaire de Trévoux cite encore la variante 
Abukesb, qui est plutôt une corruptiof^, provenant d'une en»eur de lecture. 

(5) Cette lettre s'ajoute surtout après la terminaison â ( | ), comme on 
peut le constater dans les exemples cités. 



XLVIII. 

mots: bosan, camocan, caban, balzan (i), caramoussal, 
et peut-être amiral. 
L s'intercale aussi devant les emphatiques J^, j9 :goul- 

dron, gouldran, goultran, formes de goudron C ô\)âi ) 

aidée, altair. Comp. Tesp. alcalde C ^tll ), etc. Le fran- 
çais connaît aussi l'intercalation de l, comme dans cible j 
anciennement cibe. 

Le redoublement ou chadda (*), soigneusement observé 
par le peuple, est traité avec beaucoup plus de négligence 
en français. Il est souvent omis; ex. : sofa, cavas, chébec, 
sumac, anil, rob, de L>j . Dans ce dernier mot nos ma- 
nuscrits, conformément au génie d'une langue qui évite les 
mots de deux lettres, marquent soigneusement le chadda. 

Plus rarement on observe le phénomène contraire, et 
Ton rencontre des redoublements introduits par le capri- 
ce, et que l'étymologie ne saurait justifier, par ex. : fen- 
nec, gemmadi, lebbeck, habelassis. 

(1) Que Devic dérive avec beaucoup de vraisemblance de 'Ul^ (V. 
Balzan), Il se dit de la robe du cheval : éj^^ Js?*^' c/" *^^— s:^' ^^^ û* 

*3k^ >^ cMb •ji^^j ôd!<^^ > *^^ (UUI 4». p. 68). UU» la jument de 
Sa'd ais d'Abî Waqqâs est célèbre "{AghânU XXI. 211 et Mas^oûdi IV. 
213). Dans le cj\>^^LJ\ Ucf (man. cit.) il est parlé de 70000 cavaliers, 
tous montés sut* des jbï . Au siècle dernier on disait indifféremment bal" 
zane et halsane^ où je soupçonne que s est mis pour c et correspond à j . 
(V. Devic). Scheler cite «l'arabe Hlthasan (?), pourvu du signe de 
beauté ». Voilà un mot arabe singulièrement suspect. 



XLIX. 

^.Tlt I— ■!! -!_■. B^l ail. ■■■ -M-l-T ' -" " » ■ ■■■!■ ■ I I I ■ ■ I I 

Un fait important (i) à noter dans la transcription 
française, c'est l'introduction d'une voyelle entre les deux 
consonnes finales. (2) Ainsi le peuple dira : khobe:{, 
enef, akalet, au lieu de khob:{ (Jji.) anf («-20, akalt 

icJ^^ ) • L'étymologiste rencontre souvent dans les mots 
français d'origine arabe cette voyelle adventice devenue 
le siège de l'accent tonique. Nous nous contentons d'en 
donner ici quelques exemples : énif, mahaleb, magazîn, 
zénith, tiber, arratel (j). Cette particularité de prononcia- 
tion, observée dans l'Iraq, en Syrie, dans les États bar- 
bar esques et en Turquie, (pour les mots empruntés à 
l'arabe comme habous{/\)etvacouf)^ s'applique surtout aux 
mots de 3 lettres, qui au moyen du soukoûn ne forment 
qu'une syllabe et sont rendus par une seule émission de 
la voix. Mais on la rencontre aussi dans des mots plus 
longs. 

(1) M. Devic (s. v. sirocco) a déjà parlé de ce ((changement qu'éprou- 
irent les mots arabes de forme analogue à charq {Jji) lorsqu'ils passent 
dans les langues romanes j>. Seulement les mots arabes ont déj& éprouvé 
ce changement avant leur passage dans les langues d'EmH>pe. 

(2) La même chose a lieu en hébreu, dans les fonnes ségolées telles 

que D/D mélek, roi, pour malk\ *1SD séfer^ livre, poux» sifr etc. V. 
Joum. Asiat. Décembre. 1888. p. 503. 

(3) Comp. Ottomane : grand siège sans dossier; matamore^ eamocan. 
On le voit, la règle énoncée plus haut, peut encore s^élargir. 

(4) Terme de droit musulman, sorte de legs pieux: (Litt. Supp,) de 
^jj^^ même sens, prononcé habous par les Turcs. 



L. 

On peut aussi observer le phénomène contraire : la 
syncope (i) de la voyelle arabe; ex. : targe, aimée, carvi; 
de \jy ou Ij'j . Nos manuscrits ont les deux leçons. 
Dans nabca la syncope s'explique par la prononciation 
vulgaire ou par la forme Zù nibqa. 

La lettre r est souvent intercalée dans l'intérieur du 
mot: calibre, épinard, fabrègue, busard, marcher, mu- 
lâtre. Dans alfange r est syncopé (2). 

Plus rarement on relève la présence d'un m adventice 
au milieu du mot : camphre, tambour C jJ^ ) tymbale. 
On sait d'ailleurs combien le français aime à nasaliser, 
surtout quant il y a comme ici, apparence d'harmonie 
imitative. Comp. tampon, trimbaler, trinqueballe, etc. 

De l'intercalation du c nous ne connaissons d'autre 
exemple que cuscute (plante) de Cjyi^ kochoât , même 
sens. Le Minhâg d'Ibn ôazla (man. cit.) donne encore les 

formes : Cj^iifUZjyiS^j^liySj^yS^et fî^» Nos autres ma- 
nuscrits emploient Cjji^ etCjjt^. Ibn el-Beithâra ^^ 
Comme dans les mots dérivés du latin, les combinai- 



(1) La<< syncope est fréquente dans les. patois arabes. Ainsi zii>: devien- 
dra îil>: XL(i , ^-jV^^^ijJ,^;^. Dans 5^;^ le vulgaire maintiendra à 
la fois le chadda et le soukoûn sui* Iq lâm, 

(2) Dozy. Glossaire des mots espagnols, etc. p. 23. A la syncope d'alfan- 
ge con^parez le vulgaii'e j.-*^, , ^ khamst^ach poui»^^ z«.^ khamsat^achar^ 
quins^e. 



LI. 



% 

sons mr, ml intercalent un b euphonique : Alhambra (i), 
emblique (2) et peut-être gambra (j) ; st est adouci en 
jf (4) : nîozarabe. {Cfr. mousselin). En espagnol les 
applications sont naturellement plus fréquentes, les 
emprunts arabes étant beaucoup plus considérables. 
Le double 1? t emphatique se rend par st : estragon, 

pastèque, de îr^l ouS^I . Dans ce dernier mot le peu- 
ple fait toujours sentir un 1?, énergiquement redoublé. 
C*est également Torthographe de Ousâma Ibn Monqîd ; 
du Kitâb al-Fosoûl de Râzî, du Minhâg; de Soyoûtî et de 
Bâsim le Forgeron ; (manuscrits cités.) Le lexicographe 
Richardson, on ne sait pourquoi, ne redouble pas le t. 



(1) De ^\j^\ al'hamrâ^ fémin. d6 ^^^ alimar^ rouge; «Tenceinte et 
les tours de ce monumeot sont en briqaes rouges». (Llttré. Supplém,) 
Voir Al-Maqqarî pass, 

(2) Ecrit aussi emblic et amblique, sorte de mjrobolan; de ^\ 
amlag^ même sens. Il est astringent, stomachique, fortifie les cheveux etc. 
{Minhdg d'Ibn 'Gazla), L'arabe vulgaire a une certaine prédilection pour 
la combinaison mh. Comparez >^^ mhalâ^ pom* jb hald^ mais si ! ^j\^\ 
amhâreh pour ^jUl al-bârehy hier; ^ , peut-être, est parfois prononcé 
emharkî. Voy. Bd^m ( dialecte égyptien ) et Almanach du Bdchir 
pass. Le b prosthétique mis par le vulgaire avant le moddre^-si été assez 
souvent signalé pour qu'il soit inutile d'y revenir. 

(3) Pei'diix gambra d'Algérie /{ V. Litt. Suppl.) Gambra n^est-il pas 
ici pour »|^^«^ hamrd, la rouge? L^espagnol a des exemples de ^ 
devenu g, La perdrix gambra est rousse plutôt que rouge. 

(4) Ou s : mozarabe était autrefois musarabe et mésarabe. 



LU. 



Enfin, comme en espagnol, un certain nombre de mots 
dérivent directement d'un pluriel arabe : caraque, bu- 
sard (i), cafre (?), tambour, calebasse (peut-être de 

On peut rattacher ripopée à ojy ou à ZXyj roboûbât, 

autre pluriel de ^j , employé dans les pharmacopées 
arabes, par ex, dans le Minhdg ad-dokkân. Et a\imuth ^ 
Nous croyons qu'on est aussi fondé à y voir le 
pluriel CjjHI as'somoûty que le singulier c^' • 



CÀ A )• 



(1) Et peut-être même buse ( Voy. p. 59). Mais il nous paraît à peu 
près certain que busard dérive de «r^ bouzdt, plur. de jb.* en admettant 
rinsertion de r. Ce pluriel revient fréquemment dans les récits de chaase 
d'Ousâma ibn Mcmqid. 



LES MOTS FRANÇAIS DÉRIVÉS DE L'ARABE. 



A 



Abattre, de Jaj^l ahbai^ dejecit, dit M. Narducci(i). 
L'étymologiste italien se contente trop souvent d'une 
ressemblance extérieure entre les mots. (2) Pourquoi 
demander à l'arabe des explications que le latin donne 
surabondamment ? 

Abouquel. «On se sert de piastres abouquels (j) ou 
Lions d'Hollande,... d'Abouquels de Hongrie, ou sequins 
Hongrois» (Mémoires du chevalier d'Arvieux. VI; 445)-de 
^Jf y) Abou Kalbj le père du chien. — « Abou-Kelb 
c'est-à-dire le vieux chien {sic) , parce que ce sont des 
pièces de monnaie d'Hollande, sur lesquelles il y a un 
lion rampant, que les Arabes, qui tronquent tous les noms, 
appellent un chien.» Bruce. (Voyage aux sources dii 

^ — — . ik . 

(1) Seconde saggio di vociitaliane dérivât e delParabo. p. 7. 

(2) Même remarque pomr aita, ancora^ (d®^< ^) cingoscia^ briaco de ^j, 
cibum et potum largius sumpsit, mot extraordinaire en ce sens, — corne de 
l^ etc.. 

(3) L'abouquel s'appelle aussi assalani ou aslani <( assalanis, monnaie 
d'Hollande, c. a. d. marqués d'un lion» (D'Arvieux) du tui'c d%a\ o^ 
ù>Ujl lion. 

I 



2 ABRI 

Nil, en Nubie et en Abyssinie. édit. Panckoucke). De 

Monconys dans le Journal des ses voyages écrit Aboukel. 

Abricot. Espagnol: albarcoque, albercoque, aber- 

coch. — Dialecte de Majorque : albarcoc^ — Dial. de 

Valence: albercoch. — Portugais: albricoque. — Italien: 

albercocca, albicocca. — Il n'est plus permis de douter 

>. 

que ce mot vienne de Jy-jH albarquouq ou albirquouq. 
Mais les Arabes ont primitivement emprunté JyjJI aux 

Latins, qui désignaient souvent les abricots par Tépithète 
prœcoqua (i), ou, si l'on veut, au grecTiçaLMina. Dioscoride 
l'affirme expressément (I. 1 65) : « ra jn^îLa aQiAanamj ^fiouçrî 
de 7tQaiwi%ca ». Ibn El-Beithar le répète après lui, dans sa 
description de l'abricot CjLr^). Voici dfe qu'il dit d'après 

Dioscoride : cijVI (î(^j-Jijy^^-^yjl "^J^^. ^ ^^ LôUjI Ulj 
L'abricot se nomme en langue franque barqouqia. (2) 
(Ibn-Beithar, édit. d'Egypte) (j). M. le Docteur Leclerc 
dans sa traduction du traité des Simples d'Ibn El-Beithar 
conteste cette étymologie et préfère tirer abricot et 3^x 



(1) V. Forcellini 5. v, prœcox. 

(2) Le grec moderne ^a^moï^Mv abricot n'est aussi qu'une légèi'e alté- 
ration de jjjjf 

(3) AujouL'd'hui dans le Levant ainsi que dans le Maghi*eb, Tabricot est 
appelé * - i 



ACHE 3 

du latin prœcocia (i). Mais alors, il est impossible d'ex- 
pliquer la présence de l'article arabe dans tous les mots 
désignant l'abricot dans les langues romanes, comme on 
peut s'en convaincre en examinant les formes citées en 
tête de cet article. 

Abutilou. Plante d'agrément des pays chauds, appar- 
tenant à la famille des naalvacées, de ù^yjK oûboûUloûn. 

Avicenne dit qu'elle ressemble à une courge (y) , pro- 
bablement par les fleurs , comme le remarque le D^ Le- 
clerc (2). Bocthor écrit aussi ù>LU j>J abouiîloun , dont 
abutilon n'est que la transcription (3). 

Acheruar ou Akhamar. C'est une étoile brillante située 
à l'extrémité de la constellation d'Eridan. Transcription de 
j^l^l akhir an nahr, la fin du fleuve, (4) j^\ an-nakr, le 
fleuve est le nom arabe de la constellation d'Eridan, 
« La 34^® étoile... est de i^® grandeur; c'est celle que 

(1) Cobarruviaz est aussi de cet avis. Forcellini ne semble pas non plus 
se douter de l'existence du mot arabe. En revanche, voici une explication 
qu^on n'acccusera pas de n'être pas assez savante : « on a tiré de la racine 
ôara^'rt des dérivés qui à première vue paraissent n'avoir rien de commun..., 
ainsi barqouq est Tabricot.... Barquous (?) est le fruit brillant au teint 
jaune et vermeil (! !)... » Journal Asiat, Novembre p. 534. Un peu moins de 
sanscrit et beaucoup plus d'arabe auraient évité cette bévue à l'auteur. 

(2) Traduction d'Ibn el-Beithar N^ 196. 

(3) M. Edouard Gasselin dans son dictionnaire Arabe-français 
(arabe vulgaire, arabe grammatical) n'a poui' Abutilon d'autre traduction 

(4) C'est la traduction du ^EgfaTOi; tov 7tOTa\MV de Ptolémée. 



ALAN 



Ton marque sur Tastrolabe méridionale, et que Ton 
nomme j^^j>-^ la fin du fleuve y>{i). Arago et beaucoup 
d'autres astronomes écrivent Achernard (2). 

Achour. Nom d'un impôt payé par les indigènes en 
Algérie, de jyU ^achour, littér. dîme (v. Zekkat). 

Adagio. De K^dajja^ leniter incessit. (Narducci) Nous 
ne citons cette explication que pour mémoire. 

Adôue et Adéuium. Arbrisseau grimpant d'Arabie 
(adenia venenata) baptisé par Forskal d'après le nom 
arabe o^ 'adan; il y a encore la forme û:J^ ^oudaïn, qui 

est le diminutif de o^^ 

Afflou. esp : afion, ancien terme de pharmacie, de û>i ' 
afix)ùn qui vient du grec inn^v . Nous ne voyons pas pour- 
quoi M. de Eguilaz transcrit ûj*i' par ofion. 

Afrite. Sorte de lutin popularisé par les Mille et une 
Nuits, dec-*ye '^ifrit. Mais le peuple prononcer i^ ''afrît, 

Alancabuth. Partie de l'astrolabe , de o^i^liJ I al- 
'ankaboût; propr. araignée (v. Devic). La forme espagno- 
le alhancabut a essayé de rendre par A lef- arabe, 



(1) Description des étoiles fixes par Abduri*ahman As-sofi. Traduit par 
Schjellerup. 1874 p. 212. 

(2) G^est une de ces fantaisies oi*thographiques trop communes aux 
savants qui ne sont pas au courant des langues orientales. De là en astro- 
nomie etc. ces transcrîptions impossibles. 



ALBA 5 

de même dans aUiansara (S^-^olJl al-ansarà). 

Albacore. Poisson de mer semblable au thon ou à la 
bonite Esp : albacora. Ptg : albocor, albecora, ïj/CJ! 
de albakoûra; poisson, dans le P. Lerchundi. 

Albara ou Albora. Lèpre blanche. Jî^p: albarazo. Ptg: 
albaraz, albarazo, alvaraz; de^j^jj) a/èaras, lèpre. Abou- 

bur s ou abubur s {i), transcription de ^jo^\y} abou-albaras, 

ou o^jjll^J abou-alborSj est le nom donné par les habitants 
du Caire au Ptyodactyle d'Hasselquist, parce qu^on pré- 
tend que Tusage de quelques aliments sur lesquels il 
aurait passé, suffit pour produire la lèpre (v. Dict. d'Hist. 
naturel. d'Orbigny s. v. ). 

Albatros. M. Marcel Devic se donne beaucoup de 
peine pour tirer ce mot de^j-j^lSl alqâdoûs. M. deEguilaz 
trouve que c'est fort ingénieux, mais guère satisfaisant 
( Gloss. etimoL s. v. alcatraz). Nous sommes de Tavis 
du savant professeur de Grenade. Pour prouver son 



(1) Cfr. Aboukarne «poisson qui signifie père de la corne; aussi en a-t-il 
une qui luy sort du haut de la teste.» Voyages du S*" de Monconys I, 227. 
De même Abou-Hannes, nom de Tibis sacré (C. d'Orbigny), de jji>. jA abou- 
hannach, composé dej)\ père, jj^ serpent, reptile, insecte. L'Ibis fut ainsi 
appelé parce qu'on croyait qu'il délivrait l'Egypte des serpents venimeux. 
Bruce l'appelle Abou-Hannès, le père de Jean» parce qu'à l'époque de la 
S^ Jean, ces oiseaux commencent à apparaître sur les bords du Nil. C'est 
sans doute Abou-Hanna que l'illustre voyageur a voulu écrire, car Hanna 
(L>. abréviation de t>jj^ louhanna, signifie Jean. 



6 ALBO 

assertion, M. Devic devrait apporter plus que des rap- 
prochements et des analogies. 

Alberge ou Auberge, (sorte de pêche), espagn : alber- 
chigo, alberchiga, alberge. port: alperche, alperxe, 
alpersico, sont rattachés par M. Marcel Devic à Jyji\ 
Albarqôuq, Les formes espagnoles et portug. semblent 
admettre difficilement cette dérivation. Le sens aussi pro- 
teste; car alberge désigne une pêche (i). Avec M. Léop. 
de Eguilaz (2), je préfère y voir un composé de l'article 
arabe Jl al et du latin persicum. Ces composés hybrides 
ne sont pas rares en espagnol ; nous aurons l'occasion 
de le constater dans la suite. Je n'admets pas non plus la 
dérivation de J^jill alfirsiq^ parce qu'il faudrait admettre 

le changement de vJ /en b^ dont on ne connaît qu'un 
seul, exemple : alfico^ pour alpico:{. Quant à caba^^ de 
jsui , cette dérivation n'étant pas hors de conteste, on 
ne peut s'en prévaloir ici. (V. Cabas), 

Albotin. Ce terme désignait autrefois en pharmacie le 
térébinthe et sa résine, de JaJ i albotm ou albotoum. L'au- 
teur du Glosar. etimol. de las palabras Espanolas écrit 
albotan, transcription évidemment défectueuse. 

(1) D'après quelques naturalistes Talberge est aussi une variété 
d'abricot. 

(2) Glosario etymoL de las palabras Espanolas de origen oriental. — 
Granada. 1886. s. v. alberchigo. 



ALCA 7 

Alcade. Transcription de^Ql, alqâdî le juge (v. Cadi). 

Alcali. De Ûl alqilâ ou l3) a/^^///, même sens. Il existe 
aussi une forme arabe vulgaire alqalL « Nous nous trouvâ- 
mes dans une campagne pleine d'une herbe appelée Keli 
ou Kali^ que les Arabes brûlent et en font la cendre dont 
on fait le savon et le verre. » (D'Arvieux II, 197. ) 

Alcaron. Nom du scorpion africain , Buthus afer. L. — 
Il est difficile de ne pas remarquer la ressemblance de 
ces mots avec les formes esp\ alacran. val\ alacrâ, 
aliacrâ. Ptg : alacraI,alacrâo, lacrâo, qui dérivent évidem- 
ment de ^y«U al-âqrab^ scorpion. 

Alcarraza. Vase de terre poreuse pour faire rafraîchir 
Teau. Esp. et Ptg : alcarraza. Basque : alcarraza , alcar- 
ratza. Provençal: alcarazasde j\ f^\ alkourra:^^ o\xj\Jsssé\ 
alkoufa:[, cruche à col étroit servant à faire rafraîchir 
l'eau (i). Il n'est pas nécessaire de recourir avec Engel- 
mann «à un substantif cardia dérivé du verbe ^^ï [carrasa) 
rafraîchir (2) » ; cette conjecture est solidement réfutée par 
Dozy dans le Glossaire (p. 86). «L'Académie écrit au 
singulier alcarazas ; mais il n'y a aucune raison pour ne 
pas suivre l'orthographe espagnole; surtout il faut sup- 



(1) Voyez notre Synonymie arabe. N<» 961. Jj^l ^ : JjVI 'JîJI .ïiJJI ji\J 

(2) Engelmann. Glossaire des mots esp. et ptg. dérivés de Tarabe — 
Leyde 1861. — Le substantif de ^Ji ne ferait pas Carrâsa. 



8 ALDE 

~| I _ I ■■ !■ ■ ^ - 1 -|~HII1 ■■ I ■ T ■ , _ , _l 

primer 1'^ qui est signe du pluriel et qui rend le mot tout 
à fait barbare » (Littré). Nous aurons Toccasion de faire 
la même remarque à propos d'autres mots d'origine 
arabe, que le caprice a défigurés. 

Alchandes. «Mot probablement d'origine arabe, qu'on 
lit dans Cuba ( Hortus sanitatis. 98). Il est cité avec celui 
d'Abremon comme un poisson très-soigneux pour ses 
petits, qui s'attache aux navires et les rend immobiles». 
(Dict. d'hist. nat. I. 2Ç3 ). 

Alcôve. Esp, et Ptg: alcoba. Cat. Major q. et Ptg : 
alcova. Ba^^' : alcoba. Ital: alcova, alcovo, de i2\alqaoab- 
ba, qui signifie dôme, et aussi : petite chambre, cabinet, 
pavillon, et même baldaquin, comme dans ce passage du 
Kitab Alictifa cité par M. de Eguilaz : « Sur un trône 
porté par 3 mules, et sous un baldaquin orné de pierres 
précieuses et de saphirs (i). CjMi *!jiC J^ x^r^ J© 

. Aldébaran. De ûU ^^ aJdabarân^ étymologie bien con- 
nue. «On la nomme dabaran^ parcequ'elle suit les Pléiades. 

' > 

On la nomme aussi la suivante des Pléiades, \^x^ JL- 

^ ^\ «)t ^^^j Wl ©jjiJ^I (Abdurrahman. 1 37) En effet x *^ 
dabar, signifie venir derrière, suivre. C'est un des rares 

• ^_ 

(1) Y. Laue. Thousand and oue nights. I. 231.- et Eguilaz. s. v. alcoba. 



ALDE 9 

' ■ ■ ■■ !■ I ■ * ■ ■■ I ■ 1 ^ I I ■!■ ■ ■ .l^p—ii— ■ ^ . ■■ PI» ■ ^ I I ■ ^— ^^^ I ■■■■■■■ ^■■■■■■■ W m m m .^ 

exemples de mot où le / de Tarticle arabe ne s'est pas 
assimilé à la lettre solaire suivante. Sans doute parce- 
qu'il aura été transcrit directement des recueils arabes 
d'astronomie. La même anomalie se remarque dans les 
formes espcf^n. et ptg : aldebaran, dans le majorquin et le 
ptg: aldebara. Il y a pourtant addebaran en espag. 
forme absolument correcte (i). 

Aidée. Bourgs et villages des possessions européennes 
en Afrique et dans les Indes. {Lia.) esp: aldea. ptg : aldeia. 
pal: aldeya; deic^iJI alday'a, ferme, bourgade (2). Comme 
dans ces textes du moyen-âge : « Et nullus homo sit ausus 
pignorare in suas aldeas » { Fueros de Sepulv. por Munoz 
p. 283). « Dono etîam et illam aldeîam^). Dans aidée 
encore l'assimilation a été négligée. Devic l'attribue à la 
prononciation emphatique du Jb d qui dans les langues 
hispaniques entraîne souvent l'introduction d'un / [Alcalde, 
aWayalde de ^^131 et J^Ul). Mais si on veut se reporter 



(1) Bien souvent Tespagnol semble ne pas tenir compte de cette assi- 
ndlation comme dans aldub (oJJi)* aldica (:(!>iiia)l), aldora («jJJO* alrota, 
(f*ijj\) altamia (:^jk)l)i altramus Ccr^jîîl) etc. Actuellement encore dans le 
Levant cette règle n'est pas toujours fidèlement gardée par le peuple sur- 
tout devant certaines lettres, le ^ par. ex. Pour Dozj le l dans aldebaran 
est euphonique 

(2) Cfr. Edrisi. Description de l'Afrique et de l'Espagne : éd. Dozy et de 
Goeje. page 51. L. 19. et Ibn-Haukal ( édit. de Goeje) p. 212 L. 6. p. 217. 
lign. 11. 



lo ALËZ 

à la note de Aldébaran, on verra que ce phénomène est 
plus général. 

Alépine. Etoffe de soie et de laine fabriquée à Alep. 
Le mot a été formé directement en français, ou Ton a pris 
l'adjectif arabe ^ halabi, d'Alep, à l'exemple des Espa- 
gnols qui ont Alepi ( catal. majorq. et valen ) ainsi que aie- 
pin. En Espagnol a fe/? , roue de moulin, est une corruption 
de kJ^jj^^ ad-doulab^ roue, machine à irrigation (Eguilaz 
p. 151). 

Alezan. Cheval qui est d'un rouge ou brun plus ou 
moins foncé. Esp : alazan, alazano. val: alaçk, ptg. alazâo. 
Engelmann le fait venir de ûLaiUI alhisân, equus nobilis et 
pulcher ; Dozy, Devic et Eguilaz repoussent cette déri- 
vation parcequ'elle ne spécifie point une couleur de robe. 
Cela ne paraît pas péremptoire. Bien des mots, en pas- 
sant du latin dans les langues romanes, ont étendu ou 
restreint leur signification, (i) M. Devic propose ^jJL>.l 
ahlas, colorem nigrum in dorso cum rubro mixtum habens 
ovis; qui fait au féminin *LAo^halsâ. Le mot, on le voit, 
n'a pas le sens d'alezan, et il se dit de la brebis. Pourtant 
habâ s'accorde assez avec les formes alaçâ et ala:^âo. 



{l)f Cfr. jumentum en latin, toute bête de somme, devenu en français ju- 
ment. Caballus ( rosse ) s'est ennobli en devenant cheval ( V. Brachet. Dict. 
étymol. XXIi). Voir aussi plus loin Elixir. 



ALFA II 

M. de Eguilaz ne se déclare pas encore satisfait et il pro- 
pose jPj VI, al'a;['ar, qui signifie blond, alezan. Remarquons 

d'abord que le véritable sens de j^j\ est « raris pîlis prœ- 
ditus » (Kamous. Freyt. Bostani. Belot. (i) etc. ) de là on 
a pu passer à blond, même à brun, roux ; et c'est le cas 
en Barbarie (V. Dozy, supplément aux Dict. et Gasselin). 
De al-az'ar avec l'apocope de r final. M. Eguilaz obtient 
la forme alaçâ et ala:{âo et par le changement de r en /z 
l'espagnol ala:{an. 

Alfange. Espèce de cimeterre. Esp: alfange. Val: 
alfàng. basq : alfangea. M. Devic fait remarquer que 
alfange est un mot espagnol introduit en France par les 
écrivains du XVII™® siècle. Il vient de J^l, alkhanjar^ 

coutelas, poignard, sabre (2) d'où nous avons pris les 
formes cangiar, khanjar, khandjar. Le portugais a encore 



(1) Bostani, désigne rauteur d^un gi*and dictionnaire arabe/ nommé 
li^t ik^* . Le P. Belot a composé le Vocabul. arabe-&anç. à l^usage des 
étudiants —Beyrouth. 1883 et 1888. 

(2) M^ Michel Chapiro, dans ses « Révélations étymologiques» (Odessa 
1880), n^admet pas cette étymologie, «une telle altération, dit-il, serait 
sans exemple» (!) La thèse de l'auteur est que les noms d'armes tran- 
chantes dérivent d'un nom d'arbre . L'étymologie d'alfa nge donnée par lui, 
est conforme à ces principes. N*oub1ions pas non plus que M. Chapii*o n'est 
pas partisan des étymologies orientales : pour lui « les déiivations des 
mots romans de l'arabe sont pour la plus grande partie chimériques» 
[op, c t, n^ 32 ) Ce qu'il prétend, c'est «l'émancipation de la langue française 
deTarabe, du persan, du basque et du bas et haut tudesque» (Ibid. VI). 
Tout cela n'est pas bien claii*. 



1 2 ALGA 

<■■■■■ ^ I I ^ ■- I ■ ■ ■■ -■■_ .1 ., . > I ■ I ■ I ■ ■■■ ■■■■ ■■ ■! I ■■ ■!■■■ ■ ■ ■ IMI^i». , ■ M^ 

alfageme « alfange o espada corta » (Eguil. ). Le chan- 
gement de f en /est fréquent dans les idiomes ibériques. 

Cfr. alfado de iai-l , alface de ïLsUl etc.. 

Algarade. £'5/?: ^a^^^; algarada. val : algarâ. On s'accor- 
de à tirer ces mots de Sjull alghâra^ incursion, expédition 
guerrière. M. Devic a raison de dire que ce ne peut être 
une dérivation directe vu l'accentuation. SjUll a déjà donné 
l'espagnol algara qui a absolument la même signification. 
Mais comment s'est formé algarade} «De algara est 
formé le verbe algarear, crier à l'attaque, répandre 
l'alarme, et de là le substantif algarada dans le sens de 
cri, tumulte, vacarme, algarave» (Engelm. ^. z;. algara ). 
L'étymologie de M. Devic sSl^l al'arrâda, catapulte, qui 
en espagnol est devenu algarada me semble improbable. 
Il n'y a là qu'une rencontre fortuite de sons. Je ne crois 
pas non plus pouvoir admettre 5^1^ I algarrâda, escar- 
mouche (?) qui ne repose que sur l'autorité de Marcel, (i) 
c'est trop peu. 

On ne doit pas s'étonner que de SjUll , attaque armée, 
on en soit venu au sens de vacarme, cris etc. On connaît 
l'usage des Arabes de commencer l'attaque par de formi- 
dables cris pour inspirer de la terreur aux ennemis. 

(1) «Escarmouche: i»\^\ , d'où le fr. algarade» (Marcel: Vocab. franç.- 
ar.) M. de Eguil az adopte cette étjmologie. 



ALGU 1 5 

Algazelle ou AlgazeL Espèce du genre des antilopes 
vivant en Afrique; de Jljàl algka:^âl, la gazelle (i). 

Algèbre. Etymol. bien connue. Esp. ptg. cat: algebra 
basq: algebrea de jM a%abr (2) réduction. Chez les 
Espagnols . le rebouteur est appelé algebrista , mot qui a 
la même origine. En arabe jJl^lfc' est casser le bras; 

jjijjo. c'est remettre en place, réduire Vos dérangé. 
(V. Mas'oudi. Prairies. VI. 433). 

Algorithme. Aux formes romanes citées par M. Devic 
ajoutez les suivantes : Esp : algurismo, alguarismo, argo- 
rismo. Ptg: algarismo, algorismo. Val: algoritme;de 
ç^3j*j>* alkhauâri;[mi, Mathématicien arabe ( V. Devic et 
Journ. Asiat. i86j-i®^ sem. p. 519). 

Alguazil. Ce mot vient de xjj\ alwâ^ir, visir, con- 
seiller. Sur le passage du sens de visir à celui d'officier 
de police, voyez le Glossaire d'Engelm. et Dozy. Les for- 
mes suivantes aideront à comprendre comment jj)\ 

alwâ:{ir est dewenu algua:{iL Esp : aguacil , alguacil. val: 
ahuacil, alhuascir, alguacir. majorq : agutsil. cat : agusil, 
agutzir, algotsir, algutsir, alquatzil. Ptg: alvacil, alvasil, 
alvasir, etc.. (V. Eguilaz). M. Edouard Gasselin pense 



(1) Pour plus de détails V. Dict. d'hist. nat. L 618. 

(2) «de Tarabe aldjabrounn dit M. Brachet qui joint ensemble l'article 
al et la nunnatiou, malgré les protestations de la grammaire arabe. 



H 



ALIC 



que algua:[il vient de « (ijUtI alghâsi , soldat » ( i ). 
L'examen des formes hispaniques montre que cette 
opinion est insoutenable. Dans Argousin M. Devic voit 
une corruption de alguazil. 

Alhagées. Légumineuses dont le type est le sainfoin 
alkagi. Cette plante nous est venue de TOrient; et toutes 
les espèces connues croissent dans le Levant et en Egypte. 
Tournefort la trouva dans l'île de Syra; elle avait déjà été 
découverte par Rauwolfen 15J7; le botaniste allemand 
la nomma alkagi Maurorum, de pltl alhâgg. Avicenne, 

Ibn el-Beithar, Kazouini etc. font remarquer que c'est 

^'^^ 

sur cette plante qu on recueille la manne téréniabin c^j 

î» 

tarangabîn.Ce dernier dit Talhagée excellente pour lapoi- 
trine et cite à l'appui le dicton : « i-Lj jcJI (S î^li-l ce qu'il 
faut à la poitrine, c'est l'alhagée». D'après les descriptions 
des Arabes c'est une plante épineuse, ressemblant à une 
asperge, mais plus grande que cette dernière. 

Alhaiot. Etoile brillante du Cocher. On écrit aussi 
Ayuk, de JjJJl al-'a/oûq^où avec M. Schjellerup je vois une 
corruption de «i? , cette constellation étant habituelle- 
ment nommée la chèvre. 

Alicates. Petites tenailles, pinces. Esp: alicates, ali- 



(1) Dictionn. français-arabe (s. v.). 



ALLE 1 î 

cantes (i ). M. Defrémery le tiredeJ^uîll al-laqqâi qui vient 

de Ja3 laqai, recueillir, ramasser. Bocthor et Marcel tra- 

duisent tenailles par i^â, sens que les dictionnaires classi- 
ques ont sans doute oublié de relever, mais qui a dû 
exister. Le même verbe nous a donné JUui^ milqât, pince. 
Dans les Chevaux du Sahara par Daumas (p. 194) le g gâte 
( des tenailles) est nommé parmi les instruments du mare- 
chal-ferrant indigène. 

Alidade; deS^UMll alHdâda, qui a aussi le sens de règle. 
Nous renvoyons pour plus d'explications aux articles de 
Engelmann et de M. Devic. Mais nous ne comprenons 
pas pourquoi ce dernier savant a admis la forme plus ou 
moins barbare de Sjb^># au lieu des Jb^^ (2). 

Alizari. Nom commercial de la garance, d'où la sub- 
stance appelée en chimie ali\arine.''Esp : alizari. M. Devic 
avec raison y voit •jUull arasdtra suc, jus tiré d'un végé- 
tal par compression ( Kam-Freyt-Bost-Belot ). Eguilaz 
adopte aussi la même étymologie, qui paraît être la véri- 
table. 

Allez. Interjection. M. A. Sévillot y voit l'exclamation 



(1) Remarquons le n euphonique dont l'usage est fréquent en espagnol 
comme nous aurons l'occasion de le remarquei». 

(2) g^Wm* est formé régulièrement de JLi tracer des lignes, tandis que 
y u^a n'a aucune dérivation dans la langue. 



i6 ALMA 

arabe -ûl -àl a//aA, a//aA / et de cette façon il a expliqué 

comment 1q verbe aller s'est introduit dans notre langue. 
« Quand Froissard ( Addit. 128; c. 635 p. 214) se sert 
de ces expressions: «Allez! allez! traître!» et rappelle 
le grand meschef de la cité de Limoges, il parle ara- 
be » (i). C'est assurément fort ingénieux, mais il faudrait 
des preuves. Un fait curieux c'est que les arabes ont cons- 
tamment à la bouche l'exclamation <«l l/a allah (littérale- 
ment ô Dieu!) ou comme on prononce /a//aA qui a exac- 
tement le sens de allez! allons! en avant! Dans Marcel 
«0)1 est aussi la traduction de allons ! 

Almadie ou Almade. Esp. et ptg : almadia; radeau, bac 
de 411 JÛll a/ma 'if a^ radeau. C'est d'après l'auteur du •Ul 

JJUII une petite barque pour passer une rivière : ^J^lL*» 

«(2) ^1 1^ jlf^ ^i jliUall j;UI. Le même auteur fait remar- 
quer que le mot est arabe, mais que son acception dans 
le sens de « barque » appartient au langage du peuple 
« iX ^\ lô^ \k\^\ ^ ic^^ Î3 yb ». En effet i jÛ^ est for- 

mé régulièrement de ^js^ ^aday passer, traverser. «Nous 
passâmes le soir à la maadle, qui signifie passage... L'on 



(1) Hist. génév. des Arabes. Tome II. p. 221 —Paris. 1877 

(2) - jjuîl *Ui- page 219. L'auteur est le célèbre Chehab-ed-din Ahmad 
al-Khafagi, commentateur du ^îjjîJI îj^ de Haiîri. 



ALMA 'x7 

passe dans un bac par le moyen d'une grosse corde qui 
traverse d'un rivage à l'autre. » D'Arvieux I. 214. 

Almanach. Esp: almanac, almanaque. Ptg. et cat. aima- 
nach. Il est bien Certain que le mot ne dérive pas de 
^1 (i ) almanâkh, endroit où les chameaux s'agenouillent, 
et dans le langage populaire, climat. Pour désigner un 
almanach, les Arabes disent oUj^yJ ta^outm, ou ry^ 

matboâkhj ou iUtjj rou^nâma (2). Ce qui est certain aussi 

- c'est que le mot àXiiepaxa ou iXaaptaxa se trouve dans Eu- 
sèbe (Prépar. Evangél. T. III. 4°^® édit. Gaisford) précisé- 
ment dans le sens de calendrier et d'almanach. Comme 
il est question en cet endroit de calendriers égyptiens, il 
n'est pas impossible que almanach ait une origine copte. 
Une autre explication, c'est de faire de almanach un mot 
composé de l'article arabe et du latin Manacus ou Mana- 
chus (Vitruve) « circulus in horologio solari cujus ope... 
menses seu XII zodiaci signa ab umbra gnomonis indi- 
cantur. Hinc Itali suum habent almanacco, ab Arabibus 
nempe derivatum, qui articulum al ipsorum proprium voci 

(1) Comme Tinsmue Bostani dans son dictionnaire (s. v. ^y). M. de 
Eguilaz le dérive de « ^Ul( Kalendariam en R. Martin » (Glos. etimol. s. y.). 

(2) On a prétendu qae les Ai*abes ont fait pour almanach ce qu'ils ont 
feit poui» almageste, alchimie, alambic, c'est-à-dire qu'ils ont accolé leur 
article à des mots grecs ou latins. Fort bien, mais cette opération aurait 
laissé des traces, comme dans les mots cités. Or on ne connaît aucun ex- 
emple où ^ull soit employé dans le sens de calendrier. 

2 



i8 ALMU 

manacho prsefigunt» (Forcell.). Ces sortes de composés 
ne sont pas rares en espagnol, comme almear composé 
de al et de mear corruption de métal. — Almarga, com- 
posé de al et du latin marga. 

. Almargen. Terme de l'ancienne pharmacie: poudre 
à'almargen, corail calciné, autrefois employé en méde-^ 
cine, (i) deOl>-^l almargân, le corail (2), dont almargen ' 
est la transcription, en tenant compte de Vimalé, Le mot 
arabe n'est lui-même qu'une altération du grec fiaçyaoktjg 
Aimée. Danseuse indienne; de l'arabe almet, savante, 
ces femmes possédant une certaine connaissance de la 
musique et de la danse. (Litt.) En effet ïl U ^âlima veut 

dire, savante, instruite, de J^ ''alima^ savoir. M. Gasselin 
admet cette étymologie. 

Almude ou Almoude. Esp: almud. Ptg\ almude. Cat: 
almut; mesure de liquides en Espagne, de al I, a/ mowûfû?^ 
dérivé du latin modium. Cette mesure qui a varié d'après 
lés pays se trouve décrite au N^ 1 242 des Synon. arabes . 



(1) D'après Kazouini la poudre de corail est excellente pour les maux 

a:;?jbiîl (Kazouini oli^^l .-Jb^p . p. 238-^Édit. Wustenfeld ). 

(2) V. Synonymes Arabes N^ 1621, et Journ. Asiat. 1868 -Fév. p. 201. 
Devic et Eguilaz transcrivent mordjân^ en mettant un damma sur le ^ . 
Freytag établit une distinction entre ùÇy> i et ùÇy^ distinction qui semble 
ignorée de Teifachi, Kazouini, Tartouchi etc. 



ALPH 



19 



Alphanette ou Alphanesse. Esp. et Ptg : alfaneque. 
Cat. et Maj : alfanet ; faucon au plumage noir assez com- 
mun en Tunisie et en Algérie. M. Dozy prétend que ce 
nom est tiré du fennec. On aurait dit d'abord dUilljl 
bâ;[ al'fanak, le faucon ( propre à la chasse ) du fennec; 
puis pçur abréger, on aurait supprimé le terme Mj{, 
faucon. Avec M. de Eguilaz nous repoussons cette expli- 
cation, ingénieuse il est vrai, mais purement hypothéti- 
que. J'ai vainement cherché, parmi les vingt noms ou 
surnoms, attribués au faucon 3 1 ^dj^' et à son congénère 
Tépervier, quelque chose qui pût concorder avec alfane- 
que, d'où nous est venu alphanette. Je me contenterai 
donc d'exposer les hypothèses émises à ce sujet. Sousa 
propose jîli-l , alkhâniq, l'étrangleur. Un autre, s'appuyant 
sur le plumage noir attribué à l'alphanette, le dérive de 
jCli-l alhanaki En effet dt U hânek est énuméré dans le 

îdll -ui (i ) et le Kitâb al-aàdâd (2) parmi les synonymes de 

^y^ avec le sens de noir foncé. M. de Eguilaz voit dans 
alfaneque une corruption du latin faco, précédé de l'ar- 
ticle arabe, explication qui me semble plausible (Cfr. 
Glos. etim. s. v. ). 



(1) p. 73-Beyi»outh. Imprim. Catholique, édit. Cheikho, S. J. 

(2) ^îjubvi .-AsTP. 104 et 105. édit. Houtsma. 



20 ALQU 

Alphard. C'est Va de l'Hydre. Transcription de ^^1 

alfard, littér: la solitaire: « Jt^âll.j-Jlyic'cîbl ^ll^v^^lj 

<4bLll^*^lyJVby w-oy!l jJIji-l . Les Arabes nomment 
la 1 2°^® étoile brillante, située à la fin du cou, al-fard^ la So- 
litaire; ilsTont nommée Solitaire à cause de son isolement 
des autres étoiles qui lui ressemblent» (i). Abdurrahman 
As-Sufi relève vivement un astronome ignorant qui avait 
donné à alphard (^yll) le nom de^^l alqird, singe (2). 

Aloës. Littré tire ce mot de l'arabe aluat. C'est sans 
doute ^yi\ al'oâd que l'illustre lexicographe a prétendu 

transcrire; effectivement :y!l al- oûd désigne l'aloës (Avic. 
Càn. L. II. p. 23 1) (3). Seulement ce sont les Arabes quî 
ont emprunté leur mot iSj ' alwaj aloës, aux Latins, qui 
avaient aloe, es ( dans Pline et Celse ) et aba qui est dans 
Isidore de Séville. La traduction arabe de Dioscoride le 
prouve : « jj^l Ijf^ y^j tSjll : alwa est la plante qui produit 
l'aloës » (4). 

Alquifoux. Esp: alquifbl (5). Variété de plomb sulfuré. 



(1) Etoiles fixes à!^ Abdurrahman As-Sufi, p. 236. 

(2) Ibid. p. 39. 

(3) Cfr. Mas'oudi : Praiiies d'or. édît. B. de Meynard. I. 72-169-530- 
341 etc. 

(4) Dans le supplément de son Dict., Littré reconnaît Pongine latine de 
aloës. 

(5) Comp. le portugais alquifa de JuSOl» stibium^ sorte d'antimoine. 



AMAL 21 

M. Devic a établi l'étymologie de ce mot. Nous ren- 
voyons à son article. Alquifoux n'est qu'une altération de 
J^l alkohl^ altération très-simple, si on remarque que r 
devient très-souvent /en espagnol. ( Comp : alfageme de 
^1^1 , alfage de ^\ , alfamar de Jl:l- 1 etc. ). 

Altair. a de la constellation de l'Aigle (V. Wèga). 

Alula. C'est le z^ et et g de la Grande Ourse. (Arago) 
de l'arabe JjVlSji3l.a/-3^a/^a/ al-oâlâ, littér. le premier 

saut, et par abréviation J^jV) a/-oû/d, le premier (i). 

Alvarde. Esp: albardin. Val: albardi.-Graminée res- 
semblant au sparte, de (5^^l aWardi Ibn-el-Beithar, qui 
la décrit longuement, dit que c'est le papyrus, qu'on en 
fait des cordes et qu'on s'en servait pour faire du papier 
( s. V. iS?x )• ^* Le papyrus est appelé en Egypte el berdi^ 
mot qui n'a aucune signification en Arabe, et qui appar- 
tient sans doute à l'ancien Egyptien » ( Bruce. Voyage en 
Nubie. T. V. p. 26). 

Amalgame. M. Devic pense que ce mot a été intro- 
duit au XIIP® siècle par les alchimistes. Il propose 
comme étymologie l'expression W>-IJ^ 'amal al-^gam'a^ 
ou hienZi^^^ al'mougâma^a,V union (V. Devic. s. v. ). 
M. de Eguilaz voit dans amalgame une métathèse de 



*»-»•*» 



(1) Etoiles fixes; par AbdaiTahman As-^ufi (éd. Schjellerup. ) p. 50. 



22 ^ AMAR 

al-magma'aj lieu de réunion, réunion. On peut ajouter 
•^U J/^. Mais comme Ta fait remarquer M. Devic, tant 

qu'on n'aura pas recueilli d'exemples des expressions 
ci-dessus dans les ouvrages d'alchimie arabe, les étymo- 
logies proposées resteront à l'état de conjectures. 

Aman. Transcription de ûl*' aman. C'est un terme 
spécial chez les Arabes, qui a le sens de sécurité, protec- 
tion, parole d'honneur. 

Amarel. Nom vulgaire du Prunus mahaleb dans le midi 
de la France. Je soupçonne que c'est une altération de 
wiî^l al-mahlab, même signification. Le lam de l'article 
a disparu par syncope ( V. le mot suivant ), le / du corps 
du mot est devenu final par métathèse. 

Amarre. Esp. et Ptg : amarra. Basq : amarrac. de J,\ 
almarr, corde, au moyen de la syncope du lam arabe, ce 
qui n'est pas rare en espagnol (i). Littré a recours au 
néerland, marren, attacher, amarrer, et repousse l'étymo- 
logie arabe, sous prétexte que les langues du Nord nous 
ont donné beaucoup de termes de marine. Cette argumen- 
tation pourrait être retournée contre l'illustre auteur. Car 
on sait que pendant plusieurs siècles la Méditerrannée 



(1) Comp: amarrido {^^J^\) amago (^i) ^^^' L'arabe a encore le ter- 
me î^^î, marasa, qui a proprement le sens d'amarre. 



AMIR 2} 

â été un lac arabe. M. de Eguilaz n'hésite pas à adopter 
l'étymologie arabe dans son Gloss. étymologique. 

Amiral. Il y a longtemps qu'on a reconnu dans la 
première partie de ce mot l'arabe juj âmîr, commandant. 
Mais ce qui embarrassait, c'était la terminaison aU qui se 
rencontre plus ou moins altérée dans toutes les formes 
du mot. On a bien vite répondu avec Engelmann que al 
demande évidemment un complément qui estjr bâ\ir^ 

mer, ce qui ferait Jr^J^^ àmîr cU-bahr, commandant de 
la mer. Cette expression, outre qu'on n'en a qu'un 
exemple ( Aboul-Mahasin. II. p. ii6, édit. Juynboll ), 
ne s'accorde pas avec de nombreux textes où amirauté 
amirant^, amirat:( signifient simplement général, che 
de troupes, et non chef maritime d'une façon spé- 
ciale, (i) M. De vie, à qui nous empruntons cette der- 



(1) Quand on voulait spécifier, on ajoutait : de la mer. Voilà poui^quoi on 
trouve dans des textes du moyen-âge almiraje de la mar et almirante de 
la mar. Et chez le Flamand Velthem: ammirael van der zee. Dans un Iti- 
néraire du XIII'"® siècle, intitulé les Chemins de Babylone, et publié par la 
société de l'Orient Latin, le terme amii*al revient plusiem*s fois avec un 
sens bien différent de celui de notre amiral moderne: «xxiiij, Amii'aux, che- 
vetainôs de Post; et chacun peut faire c chevaliers. Item encores y a Ixxx 
Amii»aux de quoi les xl. Item encores y a xxx Amiraux.. ! Item il y a Ixx el- 
meccadens.... » Il me semble que ce terme d'amiraux en cet endroit est une 
altération de m>»i» oumarâ, pluriel de j^uil amir, prince. Comparez pourtant 
ce que rapporte Niebuhr. Dans le Yémen parmi les officiers de l'Imam, il y 
en a im lyii porte le titre d'Emir Bahr; il a sous sa garde tous les bateaux ; 
il doit aussi visiter toutes les marchandises qui arrivent et qui sortent par 



24 ANAF 

, ' -- 

nière remarque, conclut que les désinences a/, aut, ant, 
a/jf, etc. restent toujours inexpliquées. Je crois que 
M. de Eguilaz a trouvé la véritable explication. La flotte 
qui maintenait les communications entre l'Afrique et 
l'Espagne s'appelait "^ jSVI Jiji ar-rahl al-Andahun ou 

^j^\ J^j rahl al-Andalous, transport de l'Andalousie, 

et par abréviation J^)! ar-rahl, le transport. Quand il 
s'agissait d'une expédition importante, le commandement 
des escadres était confié à un émir (i), qui prenait le titre 
de J^jl>«l âmîr ar-rahl^ commandant du convoi, de la 
flotte des Espagnes. Cette explication cadre admirable- 
ment avec le ptg. amiraUi^ où il n'y a qu^une simple 
métathèse; avec le franc, amiral^ le français rejetant 
habituellement les aspirées; avec l'ital. ammiraglioj oîx 
le ^h s'est syncopé ; avec les formes espagn. almirag, 

almirage, almiraj et almiraje (2). 

Anafin. Instrument de musique arabe (Litt.); de l'arabe- 



mer. Ses fonctions étaient plutôt civiles que militaires, comme le ^^, jy 
Mir hahr, chez les Turcs, sorte de capitaine du port. 

(1) V. Ibn-Khaldoun-Proleg, etEngelm.(5. v.). Du temps d'Ibn-Khaldoun, 
les Arabes avaient déjà emprunté almirante aux Espagnols, et en avaient 
fait jJljJI, almiland ( Prol. II. 32 Quatremôre ). 

(2) Amirante ne doit pas faire de difficulté: n est une lettre qui s'inter- 
cale facilement en espagnol. Pour plus d'explications, voyez Eguilaz XXI 
et p. 225. Nous faisons pourtant une réserve, c'est lorsque le savant éty- 

mologiste veut tirer almargen de fAaçyrjkiii' 



ARQU 25 

persan ^1 an-nafir^ trompette de cuivre qui rend un son 
très éclatant (V. Syn. arabes. n° 1473). 

Anil* Plante qui fournit l'indigo; de là vient A/ii7m^, de 
JJIa/i-nf/, même sens. «On sème là (i) en abondance 
une herbe nommée Nilé^ dont la semence sert à faire la 
teinture bleue et est transportée en Egypte pour cet 
effet. » Voyage nouveau de la Terre-Sainte p. 7. Paris» 
1 679 (par le P. Nau S. J. ). 

Arabi. Poisson, nom que Forskal a indiqué comme la 
dénomination vulgaire du Mugil crenilabris (Dict. d'hist. 
nat.), de''(J,f^'arabi adjectif formé de ^j^arah^ les Arabes. 

Argan ou Arganier. Arbre commun au Maroc ; de 
^^ ^^gàrij appelé aussi ôKjl (2) arqân etj^ji) jj lau^ al- 

berber^ amande berbère. Il y a aussi la forme oUy» hargân 

et surtout ôUjl arghân^ qui est employée concurremment 

avec ij\>'j\ argân par les meilleurs auteurs. 

Arquebuse. Esp. arcabuz. Alix tire le mot espagnol de 
^j^. l3l al-qâboûSj de la racine ^j^ , accendit. Mais ,j-j»t3J 
n'a qu'un sens en arabe : « Vir pulcher vultu et colore » (j ) 



(1) A Beysan oa Bethsan, non loin du Jourdain. 

(2) Chez Edrisi p. 765. (Dozy traduit arcan). Chez Becri on trouveoi?^ 
et olaJL** 

(3) ^jjâ ou 4^j>\r Kahous se dit aussi d'un pistolet ou d\m petit fxicol 



26 ARQU 

quoique d'ailleurs le verbe ^_^J, prendre feu, s'adapte- 
rait assez bien à notre étymologie. M. Defrémery pense 
que arcabu:{ vient de ^j^ I al-qâuSj arc ( i ). On sait, ajoute- 
t-il, que l'arquebuse avant d'être une arme à feu, était une 
arme à jet. Or après l'invention de la poudre, le nom de 
plusieurs machines de guerre passa aux armes à feu qui 
les remplacèrent. C'est ce qui arriva pour l'arquebuse. — 
Actuellement encore le verbe ^y , littéralement : tirer 
de l'arc, signifie dans la langue usuelle, tirer un coup (2) 
de fusil. Rien donc que de bien naturel Jusqu'ici. Voici, 
pensons-nous, par quelles modifications successives ^yi\ 
al-qâusest devenu arcabuz et arquebuse. {})Le changement 
de Jl al en ar n'a rien que de normal et est fréquent en 
espagnol (4). (Comp. arcaduz pour alcaduz, arcazon de 
Ôb3^ etc.) Le j médial s'est changé en b, comme dans Na- 

bab de *^\y , albacea de ^y\ etc. Ce qui confirme cette 
conjecture, c'est que le verbe alcauciar est employé 

Mais cette aignification est récente et ces deux mots sont des transcrip- 
tions arabes de Fesp. arcabuz. 

(1) Journal Asiatique. Janvier 1862 p. 92. 

(2) Ajoutez ^'ly qouâs fusillade, coup de fusil (Humbert-Henry). 

(3) M. Dozy ne Tadmet pas et voit dans Tarquebuse, ou l'allemand ha- 
kanbiichse, ou le flamand haeckbuyse, arquebuse à croc. Comment expliquer 
alors arquebuse à croc ? C'est là une tautologie que l'illustre orientaliste 
accepte trop facilement, 

(4) Ce changement se rencontre aussi dans des mots venus du latin ou 
du grec comme alganon^ algalie, etc. 



ARSE 27 

en Colombie dans le sens de arquebuser. Or alcauciar 
vient évidemment de ^yll alqaus (V. Dozy. SuppL). 

Arratel. Mesure de poids, valant environ 460 gram- 
mes. En esp : arrelde. ptg : arrate, arratel. basq : erraldea. 
Arratel est la transcription de jLJI arrail, mesure qui a 
beaucoup varié, et qui équivaut aujourd'hui en Syrie à 
environ 2570 grammes. D'après le Chev. d'Ar vieux 
(Mémoires. VI. 456) «le quintal est de cent Ratles et la 
Ratle de cinq livres trois quarts, poids de Marseille ». 

AxTobe. Mesure de poids, usitée dans les possessions 
espagnoles et portugaises, de 11 kil. 500 (Litt.) Es/>. et 
ptg: arroba, arrobo. gall: arroa. basq: arrobea; de ^}\ 
ar-roub' le quart. « Per V solidos parient arrobo de trigo , 
arrobo de ordio per XII solidos. » Texte de 1 102. 

Arsenal. Esp : arsenal, cat. et Maj : darsanale. portug : 
arcenal. ital: arzena, arzenale. De Monconys écrit 
arsenac ; de ïpLo!) as-smd'a, construction, ouiJ^las-sa/z'a, 
même sens. M. Defrémery a prouvé (i) que ces deux ex- 
pressions se disent fort bien (sans le mot j\^dâr)^ d'un 
arsenal maritime. Le r d'arsenal, selon M. Devic, est dû 
probablement à la prononciation emphatique du ^jd s; ou 

bien n'y aurait-il pas là une réminiscence de jb dâr, mai- 

(1) Journal Asiatique. Avril 1867 p. 416 et 1869. Juin. 1869, note. 



28 ATHA 

son, qui précédait habituellement Âe^îL^sina^a} (i) Peut- 
être n'est-ce là qu'un des exemples, où l'article Jl al est 
devenu ar (Voyez arquebuse). C'est aussi l'avis de 
M. Defrémery (Journ. Asiat. T. XIII, 1869. p. 5 J7). 

Âsscu^sins. Les maîtres de la science étymologique ont 
décidé que ce mot dérive de ^Ll>. hachâchi, ou '^yjJL>- 

hachîchî, dérivé de jLii^ hachîch, le hachich. Il est 
étrange que dans toutes les formes du mot assassin les 
deux ^J» ch aient disparu. En dérivant assassin de Hassan- 
ben-Sabah, on évitait cette difficulté. Ajoutons qu'il est 
assez rare de trouver chez les auteurs arabes le nom de 

^Ll>. ou ^txl>. appliqué aux Bathéniens. 

^ ^ ta 

Athanor. Four des alchimistes, d% jy:i\ attannoâr , foyer, 

réchaud, four portatif, et encore trou pratiqué dans le sol 

. > 
pour cuire le pain; tandis que ô} fourn^ {de furnus) est 

un grand four en maçonnerie (2). 

(1) M. de Eguilaz tire le mot espagnol atarazana de tu-Inîl at-tarsana, 
ou to'UtWdi at-tarsakhâna. Mais les Arabes reconnaissent eux-mêmes que 
ces mots sont pris de Titalien (Y. Bostani ,U^| Jm^/i s. y. u^)* Le même 
auteur semble donner à darsena la même étymologie qu^à atarazana. Ne 
serait-il pas plus natm'el de dériver darsena de s^u^l jb dâr sana^a ; com- 
me dans ce passage dlbn-Djobaii*: « la ville de Messine possède un arsenal, 
renfermant des vaisseaux dont le nombre est incalculable. » tj^ ^'^j 
j^>JS' Ja^i^S U Jp Js%CJ^t cr^ *é^ p^ ji^* ^^ Khaldoun appelle de même 
l'arsenal de Tunis spU^ jU (prol« K- 35). 

(2) V. nos Synonymes Arabes N<* 917. Lejyj est d'un usage général en 
Syrie, chez les gens de la campagne. 



AUGE 29 

Aubère. Se dit d'un cheval dont le corps est couvert 
d'un mélange de poils rouges et de poils blancs. ( Litt. ) 
Blanc, bai et alezan ; entre le blanc et le bai. Je n'ai pas 
cru inutile de donner ces différentes définitions qui mon- 
trent que ce n'est pas le blanc qui domine dans la nuance 
particulière de la robe du cheval appelé aubère, et que 
partant il est inutile de chercher son étymologie dans 
albus. Guadix a le premier proposé de dériver ce mot de 
tSjLi. houbâra, outarde, en esp. hobero, que le P. de 
Alcala explique par «Color de Cavallo ». Le plumage de 
cet oiseau présente en effet toutes les variétés de couleur 
énumérées plus haut: le blanc, le brun, le cendré, le noir 
dominent. Damiri parle seulement de la couleur cendrée 
du houbâra « ùji\ c5^Uj j:JI ^^J^j^y^, c'est un oiseau au 

long cou, au plumage cendré ». Le changement de (^jC>. 
houbara en aubère, hobero, est naturel, si l'on tient 
compte de l'imalé. Ajoutons que cette étymologie est 
adoptée par de3 savants comme Engelmann, Devic et 
Eguilaz. 

Auge. Esp. et cat : auge, val: aug, aux. iial: auge. 
Terme d'astronomie, vient de rjl Aug, qui signifie hau- 
teur d'un astre ou ce qu'on appelle aujourd'hui apsides. 
Ce mot n'est pas d'origine arabe, Freytag le dit persan. 
L'auteur du JJUll *lii est d'un autre avis : « ^ jca ZJs^s^j^ 



jo AUMU 

jUII Ubt^. Auge est un mot indien signifiant hauteur» (i) ^\ 
(augoun) ne serait-il pas une altération de dTroyawp} 

Aumusse. Esp : almocela, almoçala, almozalla, almozela, 
almuzalla, almozela, almuzeria. ptg. gai. et bas lat : almo- 
cella. provenç : almussa. ital : mozeta. L'aumusse est une 
peau de martre, que les chanoines portent sur les bras, 
lorsqu'ils vont à Toffice. Ce mot, ancien en français, vien- 
drait d'après quelques étymologistes, du bas-latin almucia^ 
qui serait composé de l'article arabe et de l'allemand 
mût^e, bonnet, toque. Nous ne croyons pas pouvoir ad- 
mettre cette explication. Si ces mots composés sont 
communs en espagnol, ils sont rares en français, surtout 
quand la dernière partie est un terme d'origine germani- 
que. Les formes espagnoles citées plus haut dérivent 

tf ^ > 

certainement de ^Jjl I (2) almousallâj tapis sur lequel on 
s'agenouille pour prier (Dozy et Engel. ). Mais almocela 
et ses congénères désignent non seulement un tapis pour 
prier, mais aussi une couverture et même une partie du 
vêtement (j), un voile pour se couvrir la tête. (V. Eguilaz 

(1) M. de Eguilaz propose ^j\ ou 9^^. Nous ne connaissons pas ce der- 
nier mot, du moins avec la vocalisation donnée par le savant espagnol, et 
surtout le sens d^élévation qu^il y ajoute. 

(2) C^est sans doute par distraction que Engelmann écrit jLâUt qui est 
une éiute d'orthogi*aphe. 

(3) « Do omnia mea rem movilem lectorum; cozodras et plumazos, tape- 



AVAN 3 I 

*■■— - ll^l- — — 111 »■■■ 111 !■ ■ ■■ ■■ ,, M^BM ■!■■■ !!■ ■■■!■■ ■■■■!»» I — ^^^— # 

S. V. al/nocela). De là au sens d'aumusse le passage est 
facile, et nous pensons qu'il a été fait. 

Avanie. Le terme est certainement d'importation 
orientale. La lecture des anciens voyages au Levant ne 
laisse guère de doutes à cet égard. « Le genre de persé- 
cutions... n'est pas tant les tourments et la mort que les 
peines pécuniaires qu'on appelle Az^a/z/^^ » (i). Le mot 
revient souvent dans les Mémoires du Chevalier d'Ar- 
vieux. «Hussein-Pacha avait généreusement prêté à la 
nation Française une somme considérable sans intérêts, 
pour payer la grosse avanie que Hassan lui avait impo- 
sée » (T. IL p. I . et pass. ). C'est toujours dans le sens de 
peine pécuniaire, amende, imposition, sans aucune idée de 
mépris ; ce qui exclut û^ji hawân, mépris, donné comme 

étymologie par Pihan. Bocthor traduit avanie par û'y^ 

IjIjp ^awân, ^awânia , expressions qu'il faut probablement 
mettre sur le compte de son génie inventif Pour le reste, 
on n'a que des conjectures sur la véritable étymologie du 
mot en question. M. Devic les énumère en les discutant. 
On peut lire son article. 



des et almozalas^ simul et ali&fea, et manteles » et encore: aDe meo mobi- 
le... et meos ^estiles, et acitaros, et coUectras, et almucellas.f) V. Ducange. 
(1) Lettres des Leti, édifiantes, édit, Aimé-Martin, I. 252. Avanies est en 
italiques dans le texte. 



j2 AVIV 

I I II I .111 II 11 I I I ■ I -III . i n -.■■!■ Il » 

Avarie. Esp. basq : avaria, ptg : avalia , avari^. ital : 
avaria. Nous pensons avec Dozy (i)que ce mot est d'ori- 
gine arabe ; jl^ Wdr signifie une déchirure, un défaut; 

et actuellement encore chez les jnarchandSjOl jl^l^Z-au'd- 
riàt se dit des marchandises avariées (Bocthor-Bostani- 
Heury). Avarie au sens de droit d'entretien d'un port 
pour chaque vaisseau qui y mouille, a une origine germa- 
nique, havaria^ haveria, dans la basse latinité; delà même 
racine, d'où est venu havre. Il correspond au néerlandais 
havery (V. Brachet). 

Avicenniées. Genre de plantes voisin des Verbéna- 
cées et des Myoporinées ( Dict. de d'Orbigny ) qui tire 
son nom de l'illustre bu- ôl^ IbnSînâ. Le nom d'Avicenne 

M 

nous est venu probablement par l'Espagne. Or dans la 
Péninsule tous les noms propres arabes débutant par Cx} 
ibn, sont transcrits aben ou aven. De là Abencerrage 
CJ^ ù:', Averroës jJ^j\ Cx\ etc. 

Avives. Esp: adiva, adivas. basq: adibac. Engorgement 
des glandes parotides chez le cheval. î^oll ad--àiba est le 
terme vulgaire désignant une maladie de gorge, rendant 
la respiration difficile. Les médecins l'appellent ^ill 
adr-dibaha, d'où dérive peut-être la forme basque adibac. 



^ I ■■ ■ ■ p ■ 



(1) Qui est pourtant trop affîrmatif. M. OasseJin se contente de relever 
«Tanalogie qui existe entre le mot français et le mot arabe». 



AZÉD 



33 



Chez Freytag oâll est « Morbi species qua affici solet 
guttur jumenti ». 

Aximach. Terme de médecine. Tumeur graisseuse 
dé la paupière, qui se manifeste surtout chez les enfants, de 
Jk^l ach-charnâq, morbus quidam oculi ( Golius) ; et non 

pas ^^^' ach-chirnaq, comme écrit Devic. 

Azamoglan. Jeûne élève d'équitation nouvellement 
reçu au service de la personne du Sultan, dans l'ancien 
temps ( I ) ; il se dit maintenant d'un Jeune serviteur chargé 
des fonctions les plus basses du sérail. C'est le turc 
4j5UI ^ 'agam oghlân, composé du turc o^\ oghlârij 

garçon, et de l'arabe J& agâm^ qui signifie proprement 
persan, et qui s'applique à tout peuple étranger, non 
arabe (2). Pour expliquer le changement de Kg en j^ , 
M. Devic suppose que azamoglan est une transcription 
grecque; les Grecs remplaçant habituellement le r 
g des Turcs par :{ (j). 

Azédarac ou Azadaracht (4). Esp : acedarac, acedara- 

(1) Mallouf. Dict. Tui'c -français. 

(2) Gomme le ^doSaçoç des Grecs. 

(3) D'Arvieux et d'autres voyageurs écrivent Agemoglan. 

(4) On trouve encore azédarach, et azédarachs ; cette dernière orthogra- 
phe noua paraît tout-à-fait vicieuse. Le nom d'azadirachta a été appliqué à 
un arbre du genre de l'azédarac commun ( V. Diction, d'hist. natm^elle, 
C. d'Orbigny). 

3 



14 AZER 

que. ptg: asedarac. C'est un arbre originaire de Syrie 
ou de Perse , remarquable par ses fleurs violettes dont 
Todeur rappelle celle du lilas (i). Son nom oio^^'i* 
a:{âd darakht, qui nous a été transmis par les Arabes, est 
d'origine persane. jf^\ j- <:^J^\ «l:^ dit Ibn-Beithar. 

«Son nom en persan signifie arbre libre» ou^j^l j-:t comme 
dit un autre, ce qui est la même chose. Cette dénomina- 
tion lui a sans doute été attribuée à cause des propriétés 
vénéneuses (2) de ses fruits, que tous les médecins et bo- 
tanistes arabes ont signalées. Les femmes employaient 
ses feuilles pour allonger leurs cheveux, et le suc de ses 
fruits pour les faire pousser. Kazouini ( Cosmogr. I. 249 ) 
dit à peu près la même chose: «juillJ-Uj J^'J^ ^j>j «jU^j» 
Azerbe. C'est une espèce de muscade sauvage dépour- 
vue de saveur, dit C. d'Orbigny dans le Diction, univer. 
d'histoire naturelle. Ce n'est donc pas jUall as-^sibdr 
«fructus arboris acidi saporis» (Freyt. ). D'après Ibn- 
Beithar: << 4> 45 jIjC (S^\ /^I y^ jL^ll , as-sibâr est le tama- 



(1) Nouvelle Flore Française par M. M. Gillet et Magne, 6°»«, édit. 1887, 
p. 96. L'azédarac, très commun en Sjrle, 7 est appelé cJij'j zanzalakht, et 
en Egypte cîjj)j zalzalacht, deux altérations de c^j^ ^\jU 

(2) Nous croyons que les auteurs de la Nouv. Flore Franc, exagèrent, 
quand ils prétendent que toutes les parties de cet arbre sont vénéneuses à 
haute dose. Les feuilles du zanzalakht sont ti'ôs-recherchées en Syrie com- 
me fourrage. 



AZER j$ ' 

■1— l^—— — ^ I I ■ ■ I . ». .1. M I I I 

rîn employé en médecine » (i). M, deEguilaz (2) voit 
dans i'esp. acerbe (le même que notre a:{erbe) le latin 
acerbus. Mais cela s'accorderait mal avec la définition 
citée plus haut. Force est donc de recourir à Tétymolo- 
gie déjà proposée par M. De vie, d'après laquelle azerbe 
représenterait jtïll aà-àabr, noix sauvage, muscade, pro- 
noncé à la persane a:{-:{abr. 

Azérole. Esp : aceroUa, azerola. val: aczerola, atsarolla^ 
atsoroll, soroUa, cat : adserola. ptg : azarola, azerola. ital : 
azzeruolo, lazzeruola, lazzarolo, lazarino. Tournefort écrit 
a^arole, a/^arolier ; de jôj^j^ a:{-:{o'roCtr (3) même sens. 
Cet arbre est commun aux environs de Beyrouth, et dans 
le Liban (4), où il atteint de belles proportions, quand on 
le laisse pousser. Le mot n*est pas d'origine arabe, d'à- 
près ôawâlîqî qui le croit d'origine persane : (^)\jj^u\ 

Çj^ Lj3 L.>-\j LVl îjo^ i j//j\ J^^ ^jf\ ^î (6) 

M. de Eguilaz voit dans ojjjtjll a^f-j^aVoûra une trans- 

(1) Ce qui a fait penser à jL^aJI, c'est la ressemblance à^azerbe avec les 
formes portug. azevre, axebre, asevar^ qui d'après Engelmann(Gloss. p, 35) 
âMvent de ce mot ai*abe. 

(2) Glosario etimoL (s. v. acerbe). 

<d) La forme jj^ôj)! azza^roûr est connue au Maghreb; le P. de Alcala 
éorit aussi le mot avec a. 

(4) OCi plusieurs petites localités lui doivent leur nom. 

(5) Voir aussi: Aramsôisohe Fremdwœrter im Arabischen.par S.Frœn- 
^/. p. 142. 

(6) Al'«ati^ai*riib (édit. Saohau) p. 77. 



j6 AZIM 

_ - I I ■ I ■ fil , - ■ I 111 _IBIM I L -~ ' 

cription du latin acedula^ et dérive l'espagnol acerola 
(qui est notre a:{érole) du même mot latin au moyen de 
la conversion de d en r. Nous croyons que la comparai- 
son des différentes formes romanes cTaj^érole est surtout 
favorable à Tétymologie arabe. C'est Tavis de Marina, 
Dozy, Engelmann et Devic. 

Azimech. C'est l'a de la Vierge; on Tappelle aussi 
l'Epi de la Vierge; de ilQl, as-simâk, hauteur, préémi- 
nence. As-simâk est donc l'étoile prééminente, de la racine 
S'^^dCl être haut, être élevé, être prééminent (i); 

4pIloV 15^U- JL- dit Sibawaïhi, confirmant l'explication 

précédente. Chez les Arabes J^\^\ désignent deux 

étoiles, dont la première J^^l ilUJI est notre Azimech, et 

l'autre ^\'}\ iHcJI est Arcturus du Bouvier. Arcturus a été 

surnommé ^IJI armé d'une lance, parce qu'une étoile 

voisine s'appelle l'étendard ou la lance de simâk 

fJlcJI ï^jj i b. Azimech est surnommé J jtVl le désarmé, 
parce qu'il est isolé. 

(1) C'est aussi Tavis de M. Schjellerup, dans sa Trad. de l'ouvrage 
d'Abd-urrahman As-Sufi. Description des étoUes fixes p. 66.-Voici ce que 
dit le commentaire du Majani(o^vi ^ib»^ Imp.Cath. Beyrouth..,) ù^JU-JÏ 

U.|S3 ^ oaTU-Jb Ijs'i ûl'jy ûU5}f .Cette explication est confirmée par le vers 

bien connu de Férazdaq. 

M. Devic avoue qu'il n'a pu découvrir le sens de simâk. Voir aussi le li- 
vre d'Albii'ouni: ywi ûj>ôI ^ yWJI j^\ (p. 344. - 11.) Edit. Ed. Saehan. 



BAGA . 37 



B 



Bagage, Esp: bagage./?/^: bagagem. ca/:bagatge. val: 
bâgaig. — M. de Eguilaz pense que ce mot a été introduit 
en Europe par les Croisés, qui l'auraient emprunté à 
Tarabe *^. bouqga ou îiL, bouqcha, paquet de linge 
et d'habits (i), terme très employé en Syrie; on en a 
même formé un verbe A ' empaqueter. Ce mot qui 
n'appartient pas à la langue classique, est d'origine 
persane ^"i « involucrum ex tela, aut corio confèctum, 
plerumque quadrangulum, ubi involvuntur vestes vel lin- 
teamina » ( VuUers ). Nous renvoyons pouf plus de détails 
à l'excellent article de M. de Eguilaz. 

Cobarruvias a pensé que les Espagnols ont emprunté 
« bagage » aux Français. Nous croirions plutôt le con- 
traire. Bagage apparaît chez nous assez timidement au 
i6"^® siècle, tandis qu'il est déjà employé comme un ter- 
me usuel par Hurtado de Mendoza (mort en 1 57}), Argote 
de Molina, Cervantes, Mariana etc. 

(1) Comme dans ce passage des Mille et une nuits • • . J L.4<i^j j3 ùIO 
"t^, et plus loin :bJJ) iXSî *^ ,jJ&\j etc. (V. aJj SU wiJI H. p. 149 etc. édi- 
UoQ du P. Salhani S. J. Beyrouth ). Voir aussi les savantes notes de Qua- 
tremère. SulU Mamelouks, T. I. 1'» partie p. 12, 219, 253 etc. 



j8 . BAGA 

Bagasse. Femme de mauvaise vie. « On n'entend que 
ces mots: chienne, louve, bagasse» (Molière). Espihagas- 
sa, gavasa. /?roz^ : baguassa; de SjpI) bâghisa, féminin de 

jpl bâghi:{ (i). « Improbitati deditus et incumbens, 
inhonestus et obscœnus » , dans Freytag; libertin, dans 
Kazim. (2). 

Bagasse. Canne passée au moulin et dont on a extrait 
le sucre etc., de Tespagnol baga:[Oy disent les diction- 
naires. Et baga:[o} C'est une métathèse de ^î^ khabath, 
scoria ferri (5) similisve rei (Freyt.), scorie en général (4); 
au moyen de la transcription du r- kh par g (Cf. port. 

ganinfa de ïi-^ ) et du *!> th par jf . ( Cf. a:{wnbre de ^\^ 
L'étymologie est de M. de Eguilaz. Serait-il même impos- 
sible que ZidJihabltha^ par exemple, participe féminin 

de la même racine .^^khabath, scortatus est, ait donné 
naissance à bagasse^ femme de mauvaise vie? Cela s'ac- 
corderait à merveille avec la forme vaL gavasa. Pour la 
transcription du *!> th par s nous avons l'exemple de tas- 

(1) Et non bager comme écrit Littrô. 

(2) Notre étymologie est en somme celle de Marina, appuyée par Egui- 
laz. Voir dans ce dernier les autres étymologies proposées : tSm» meretrîs oa 
plutôt CpÇ ou ^ et îl>iJ (Glosar. etim. s. v. bagasa,) 

(3) c^i. a aussi le sens d^ordures, de débris, de détritus jetés sur la voie 
publique, comme dans ce passage d'une eu*culaii*e du Ministère de l'Inté- 
lieui' en Egypte: ^| ^^l ù^UiJl î^Ualî SgÀttt ^ J-â*dH d^« Ulj 

(4) Cfi'. Ibn el-Beithar $. v. 



BAIA 99 



^» • — 



quiva i-^So ; c'est d'ailleurs la valeur que le peuple donne 
à cette lettre dans presque tous les pays de langue arabe. 
Bagatelle. Esp : bagatela • maj : bagatel • ptg. et 
maj: bagatelle, ital: bagatella. Les étymologies proposées 
jusqu'à ce jour étaient vraiment insuffisantes. M. de Eguilaz 
dérive bagatela de JJt 1^, bawâtil ( baguât il d'après la 

transcription espagnole ), pluriel de Jl^l» bâiilj vanité, 
futilité. Nous ne voyons pas ce qu'on pourrait opposer à 
cette explication. Quanta la transcription de j par g^ elle 
est tellement ordinaire en espagnol, qu'il est inutile d'en 
donner des exemples. 

Balais. Rubis (i). Esp. balaj. esp. et ptg: balax, balaxo. 
ca/ :,balaix. îtal: balascio; de J& balkhach^ nom de cette 
pierre précieuse en arabe. Voici ce qu'en dit Al-kha- 
fàQ\ (2): «:>^, (/j ol^'J^. '^ôy^ A ùLî^ à^^J'yr^J^^ 
ilnll . Le balkhach (balais) est une pierre précieuse qui vient 
de Balkhachân, localité du pays des Turcs, que les Per- 
sans SippellentBadakhchân. » Teîfâchi ajoute que « Balkha- 
chan est une des villes principales des Turcs dans le voi- 
sinage des frontières de la Chine .• ô^ ^^y ^ S jcB ô^Jt!^ 

ûUI f^t: (c f)j3l ». 

( I ) Régnier a dit que sur le nez de son Pédant brillaient : 

« Maints rabis balais tout rougissants de vin ». 
(2) Dans jju)l '\kL s, v. Voir aussi sur le jm» les notes de Quatremè- 
re dans les Sultans Mamelouks. 



40 BARA 

Baldaquin. Esp. et cat: baldaquî. esp: balanquin, 
balduquin, baldoque. ilal: baldacchino. La ville de Bag- 
dad s'appelait au moyen-âge Baldach, BaldaCy (i) BaudaCj 
et même Baudrac (2) ; on y fabriquait de riches étoffes 
nommées B'audequins ou Baldaquins (3) en arabe I^^'aif 
baghdâdi (V. IstakhrL 93) servant à faire des tentures, 
En arabe même le nom de Bagdad ^llûT^ag-Aidi s'écrit 
de bien des manières Slôi et Sloi et Jai et iV-xi et 
û'-^ et 3ij^ etc.. (4). L'espagnol ^aWa^'tt/ semble bien 

une altération de '(S^^'^^baghdâdîy adjectif de Bagdad. Pour 
les autres formes il est probable qu'elles se seront formées 
directement de « Baldac » comme le veut M. Devic. 

Balourd et Baliverne. Ces mots n'auraient-ils pas 
subi l'influence de JulT baUd, stupide. maladroit? 

Barat. Patente de drogman délivrée par des consuls 
Européens à des sujets du Grand-Seigneur (Bouill) et 
en général : diplôme, brevet, lettre patente ; exequaiur dé- 
livré par la Porte : « il pratiquait le Trucheman du Cadi 

(1) nAlquifa de Meca, é alquifa de Baldac, e al rey de India etc..» La 
Gran Co7iq, de Ultr, II. ch. 88, — V. Trévoux, s. v, 

(2) Dans un texte Provençal publié par la société de TOrient latin. V. 
Quinti Belli sacri scriptores. Ed. Rohricht. p. 192. Dans le même recueil 
p. 1 52. Bagdad s'appelle Bactani, -«- V. aussi Bist Occid. Crois. GIoss. 

(3) V. Hist. Occid. II. Gloss, — Rey. Colonies Franques de Syrie p. 217. 

(4) V. Almuarrab, p. 32. Cette divergence s^explique, le mot n^étant pas 
d'origine arabe. Voir aussi Yaqoût (I. p. 676. et 677. lig. 1*" et suiv.). 



BARB 41 

pour inspirer à ce chef de la justice de ne point me re- 
connaître comme Consul, attendu que Je n'avais pas mon 
Barat de la Porte» (D'Arvieux III. 520); du turc ZJ^ 
barâtj même sens, venant, comme beaucoup d'autres 
termes administratifs, de l'arabe S<l^(i) barâaty immu- 
nité, et aussi privilège royal, passe-port etc.. (Bost. 
Kazim). On écrit encore Bérat conformément à la pronon- 
ciation turque. 

Sarbacane. Esp : barbacana./^/g* : barbacâo, barcacane. 
Namurois: barbakène. Ouverture longue etétroite pour l'é- 
coulement des eaux ; et encore : meurtrière pratiquée dans 
le mur des forteresses, de iCa barbakh, tuyau d'aqueduc, 
égoût etc. Seule la terminaison ane fait difficulté ; quoi- 
qu'il ne soit pas rare de voir cette terminaison ou d'autres 
semblables s'ajouter à la fin des mots dont l'origine arabe 
est d'ailleurs incontestable (2). Je ne connais pas d'expli- 
cation plus plausible que de voir dans la finale du mot qui 
nous occupe l'arabe-persan Z\i^khâna^ maison grande 
ou petite (5). C'est aussi l'avis de Brachet : « barbacane, 
dit-il, à l'origine barbaquane dans Joinville, n'est que la 

» ' I I ■ — ■■■—■ M ■ MM.MPI-, ■■^.11 ■ ■ ■ ■ — M ■ - I —J ■ ^ . - — _ ■ I — ^^^^^^^1^ 

(1) Et non isQ comme écrit De vie. 

(2) En espagnol surtout albardin (^x^l), alfenique (a!U)l) etc. Devic 
renvoie ici à Amiral. Nous avons vu que la finale al représente probable- 
ment un rr;ot arabe ^j, rah/. 

(3) V. nos Synonymes ai*abes. N^ 1363. Il ne manque pas d'exemples de 



42 BARB 

transcription de l'arabe barbak-khaneh (rempart) y> (i)ou 
« galerie servant de rempart devant une porte ». ( Litt. ). 

Barboter. D'après Littré ce verbe viendrait du pro- 
vençal barbot, lyre, dérivé lui-même du latin barbitus. 
Barboter aurait pris un sens péjoratif; puis il aurait signifié 
le bruit ou barbotement dans Teau, et finalement l'action 
d'y barboter. Cette étymologie demande quelques obser- 
vations. D'abord nous croyons que barbot dérive non 
pas de barbitus (2), mais de l'arabe h^x barba% sorte 
de lyre persane, dont nous avons fait berbeth. Les auteurs 
arabes, généralement assez mauvais étymologistes et com- 
plètement étrangers à la langue grecque, ont comparé le 
^ar^^tt à la poitrine du canard, et ils ont fait de ce mot un 
composé du persan j bar^ poitrine, et de l'arabe h\ 

^att. canard. ^JUa> <ii ^1 t/>U j^y^y ^ ^ ^^ ^^^ J*-^' 

(}) iaT^^ JJi>f 4"jUl jJuJij 'LJ). Le Chifâ al-GhaUl re- 
produit la même explication (p. 4 j). Plus loin (p. 54) 

— ... I I. .1 ■ f 

cette composition contraii*e, il est vrai, au génie de la langue arabe: com- 
me ^*i> ^Js^ maktab'khânehi bibliothèque, «ji». ^^ batrakhâneh, palais pa- 
triarcal etc. Peut-être cette terminaison ane est-elle pi*oduite pai* un n qui 
s^agoute facilement à la fin des mots. (V. amii'al. note 1. pag. 24). 

(1) Dlct. étymol. s, v. « Barbacane, mot rapporté de Porîent par les 
croisés, comme beaucoup d'autres termes militaii*es du moyen-âge» (Ibid.). 

(2) Barbitus n'aurait pas donné barbot. 

(3) Muarrab. 30- et JJUJI Ui*. p- 55. On y verra que les Arabes tiennent 
à cette explication. F. Génin semble admettre que la première syllabe bar 
dans barboter est un péjoratif [Récréations philologiques, I. 276. et 279) . 



BARD 4) 

• ' . ■ ■ I II I , , ,1 « I I II. ■ ■!-■ . , M ..... Il ,. , . , ,1 , 

il ajoute c^e le iwjf est une lyre à j cordes :jS j^^ Ja»jr 

jtji îÎMj ( I ). Cette lyre devait avoir un son assez mono- 
tone , surtout comparée aux autres lyres beaucoup plus 
complètes. De là sans doute barboter aura pris le sens 
péjoratif et les autres significations dont parle Littré. 
Ajoutons que la comparaison avec la poitrine du ca- 
nard n'aura pas été sans influence sur le sens définitif 
du mot. Comparez barboteur , canard domestique ; bar-- 
botière, mare à canard (2). Bocthor traduit barboter , 
agiter l'eau avec les mains, par J«jf barbai, traduction 
reproduite par Dozy (Supplém). 

Bardache. Esp : bardaxa, bardaja. Ital: bardascia; de 
pS^ bardagy captif, esclave. Ce mot très-ancien en arabe 

(V. Muarrab. p. 6. ) vient du persan l^j^ bardahy captif 

Barde. Autrefois aubarde. Esp. et Ptg: albarda, barda. 
ital: barda. La barde est «une selle de grosses toiles 
piquées et bourrées, » (Litt). C'est exactement le sens 
de tSjf ou ^^x bardaja, barda'a ( Belot-Heury-Bocth). 
Ce mot d'origine persane (3) n'a dans Freytag que le 



« I " » <^>»'i^™"^ 



(1) Voii» aussi sur la finale de berheth (J»e^) Prolegom. dlbn-Khal- 
doon. II. 354 ( Quatremère ). 

(2) Et peut-être barbotes, narres à fond plat, comme le Mai*quis deMont- 
ferrat en fit constniîre à Tyr pendant le siège de cette ville par Saladin 
( 1 188. ) V. Rejr, CoL Franq, 150 - M. Gasselin traduit Ijarboter par J«;jaj 

(3) V. S. Frowikel. p. 104- (op. sup. laud. ). 



^ 44 BARG 

sens de « couverture qu'on place sur le dos ^e la bête 
pour adoucir le contact du bât ». 

Bardeau ou Bardot. Petit mulet ; et encore : petit mulet 
marchant en tête, et qui porte le muletier. Esp: albardon. 
//a/: bàrdotto. En Berry Tâne s'appelle aussi : bardaud. 
Littré dérive ce mot de barde^ selle. Dans ce cas bardot 
serait encore d'origine arabe (V. barde). Mais on peut 
s'étonner qu'on n'ait pas plus tôt relevé l'étrange res- 
semblance de sens et de forme de ce mot avec l'arabe 
i>y^X^ birdaufiy ou comme prononce le peuple ùj^x ( ^ ) 
bardoun» ÔjSjt. désigne une bête de somme au pas lourd 
et pesant, un mulet (2), en latin burdo, onisj comme traduit 
Freytag; en grec ç/ovo^wi^, dont la ressemblance est encore 
plus frappante. Le mot d'ailleurs est ancien en arabe (}). 

Bargache. «Espèce de moucheron» (Trévoux). « Une 
nuée de certains petits moucherons noirs, nommés bar- 
gâches, parurent sur le champ» P. Roger. Voyage de 
Terre Sainte. C'est la transcription de J^x barghach, 
espèce de moucheron. Bargache se trouve dans le 
« Supplément au Dicté de l'Académie, contenant les mots 



(1) Ibn Awam a aussi ojkx avec un ddL 11.2"*® partie p. 18. et 34. 

(2) V. Synon. Arabes. N« 413. - 

(3) V. Moarrab. p. 72 et Aram. Fremdwœrt.S, FrœnkeU p. 106. 



BARQ 45 

adoptés par l'usage etc. Imprimé à l'Étranger, en l'an- 
née 1786. » 

Barge. Embarcation plate. Bas-lat: barga. ital: bargia, 
prov : barja. Les étymologistes sont assez embarrassés pour 
retrouver l'origine de ce mot. Ne pourrait-on pas le rap- 
procher de i-jl" bâriga ? mot qui d'après le Qamous 
signifie navire de guerre (i). Un passage de Beidâwî con- 
firmerait cette hypothèse. Cet auteur pour prouver que 
pjfi tabarrag, signifie: montrer, découvrir ses parures, (2) 

rapproche le verbe rjS de î>.jl iuL- embarcation bâriga^ 

et il explique ^j\ par l^ •Uac V, c'est-à-dire embarcation 
découverte, non pontée. Quoiqu'il en soit, il est certain 
que le mot a eu d'autres sens que celui indiqué par le 
Qamous. Il a servi tout spécialement à désigner les vais- 
seaux ou embarcations des pirates Indiens ; comme dans 
le Livre des Merveilles de UInde. (Traduction de M. Devic 
p. 1 14 etc.) Mas'ôudî (j), Belâdori (4) Moqaddasî (5). 

Barque. « Mot qu'on n'a pas trouvé en français avant 
le 1 6™® S. et qui vient du L. barca (canot dans Isidore de 

(1) V. plus loin Ramberge, 

(2) Cfr. ce passage du Kitâb al-Aghànî (lI-276-é(L Salhani) sur l'arrivée 

de Ôabala le Ghassanide. ^J» Jkij c^J^j c^^ ^ ^\fi> Vj JZ» 'ji Jj 

(3) Prairies d'or. HI. 37." . j 

(4) Edit. de Goeje. p. 435-445-446. { 

(5) Géographes Arabes. Ifl. 145.- V. aussi Dozy. SuppL sub ^jj > 



46 BâZA 

.1 1 ■ I I II ■ I ■ m il ■ Il I ■ ■ — .—I» ■■ I I II I ■ ■ I ■ 1 1 

Séville) par T intermédiaire des formes espag. ou ital. 
barca... La forme barque prouve que ce mot n'est point 
venu directement du latin en français ; il aurait donné 
bdrche comme arca a donné arche y> (Brachet» Dict. 
étym.). Il est corieuxde rapprocher de barque l'arabe STjç 
qui est dans Istakhrî dans une lettre de Tan j 24 {hég)^ où 
Ton rapporte qu'un commerçant d'Oman perdit dans un 
incendie 400 barques • JSjr <^.S^ ^ <-5>>.l ; et un autre • 
manuscrit confirme la leçon :<< J^^ |^J^ J^J;^ Jjjj <^b 
\p oy^ '^X ^^ barque chez eux est une embarcation con- 
tenant cinquante charges ». <S^, semble donc un mot ap- 
partenant au dialecte d'Oman. A son tour, Mokaddasî 
l'emploie (p. 52 -1. i.) conjointement avec o^ljj èowrd- 
^fa (j I 1. iç ) qui est aussi dans ôauharî. Ajoutons que 
^^X barkoûs, barque, (pK ^y^\j) est plusieurs fois em- 
ployé par Bohâ ed-din dans sa Vita Saladini. Mais il ne 
paraît pas le considérer comme un mot bien compris 
dé ses contemporains puisqu'il l'explique parjfu^^jT^ 
jpetit navire. 

Bazar. Mot d'origine persane j\j\ bâ^âr^ mais qui est 
empA^oyé aussi en arabe avec le sens de J^ marché* Le 
mot^es-t dans Istakhrî (p. 72. note k) et dans un patssâge 
identique de Ibn-Ooub^îr p. 24 j, qui le signale comme 



BEDA 47 

% 

. __ _ Il II _ - I - _ I J- I _» I I IJ - - f I ■ ■ -LMI- 

un mot assez extraordinaire , et dans Yaqout passim. 

Bedaine. On a donné pour ce mot des étymologies à 
faire dresser les cheveux sur la tête (i). Et pourtant il y 
a l'arabe ^^ bain (2) ventre; ^ya» baXartj distentio ven- 

tris. Le changement de i t en ûf dans ces deux mots n'est 
pas plus extraordinaire que celui de Tespag. badana de 
<ilL ( d'où notre mot basane) adama de <wJUl (3). Il j a 

encore le verbe 0-J^. badan, être gros, corpulent, qui a 

formé 0-J^. bodn, obésité, corpulence, et ô-M badan qui 
désigne le corps à l'exception des pieds et de la tête, 
buste, tronc ; et même ventre dans un passage de Chams 
ed-dînde Damas (p. 165). C'est aussi la traduction de 
M. Mehren. 

M. Gasselin dans son Dictionnaire traduit bedaine par 
« SjtS^J;.^ ( langue en général) ». Il y a là une légère con- 



(1) L'expression est de A. Sédillôt. (Hist, Univ. des Arabes L p. 2-et 
422). qui s'indigne de voir bedaine rapprochée de boudin, et de bedon 
(tambour). 

(2) Prononcé batène par le peuple qui ne -veut pas finii* sur deux 
soukoun, 

(3) Basane est écrit bedana dans un ari'êt du parlement de Paris ( V^ 
Dacange). Il y a encore en espagnol badeha de x^.^ , baden ( ravin creusé 
par les eaux) de JU^x 'badina (mare, flaque d'eau) de ^u.. M. de Eguilaz 
cite encore d'autres' mots dans son introduction p. XVIU.Il faudrait ajou- 
ter banduUo, bedaine, dans lequel MûUer et Dozy voient une transposition 
de JUi^ s'il était prouvé que le mot espagnol n'est pas un dérivé de venir i 
culus p. ex. 



48 BÉHË 

ff 

fusion : J»^ ne se dit que des ruminants, (V. S/n. arab. 
N*^ 1 1 2 1 ) particularité clairement notée par Freytag. 

Bédégar, Bédégard ou Bédeguard. Excroissance pro- 
duite sur les églantiers et les rosiers par la piqûre d'un 
insecte, de l'arabe-persan ^jj^lf bâdaward^ qu'on écrit 

encore ^jjl^l ^jjlSlet :Dji^.» C'est la 5/?ma alba/-^mpd'a 
Xav%ij des anciens. Le peuple l'appelle aussi STjUI îS^^ill 
l'épine bénie. ( V. Devic et D' Leclerc). 

Bédouin. Esp. et ptg: beduino, bedoin. May. et z^a^* 
bedui. Ptg: beduin, bédouin; de (ijjb ^aiau'f, adjectif de 

jO) badou désert. Le Roman d'Aubery fait mention des 
Bédouins : 

Aucun payen ne Beduin 
Ne me forfirent vaillant un Angevin. 
On trouve aussi Baduïn (i). Trévoux écrit Béduïns. 
Béhen. Nom donné à deux racines différentes : le bé- 
hen blanc et le béhen rouge. Le béhen est originaire du 
Levant, de l'arabe-persan jj^ bahman: «ûW ^j ïii^ J^^l 

^Ij^^U Ce sont des racines séchées, dit Avicenne, 
il y a deux espèces, le blanc et le rouge ». 

Ben. Nom du Moringa oleifera, dont le nom revient 
constamment chez les poëtes. Il était autrefois très-em- 

(1) Joinville a constamment J?^un. 



BETE 49 

pk)yé en médecine. Soyôutî dans Ja \ >jj\ ZAl$ fah dire 

au ben que son essence soulage toutes les douleurs : ^^^j 

ç^/j5^^t (i). 

Benni, Binni, ou Bynni. Nom, suivant Forskal, d*un 
grand et beau cyprinoïde du Nil du genre des barbeaux* 
« On en trouve aussi dans le Tigre, dans TEuphrate et dans 
d'autres endroits de la Syrie, comme dans le lac deQadas 
(^j5) voisin de Homs (2); de^"» prononcé bounnî ou binnî, 
spedes piscis, Cyprinus bynni (Freyt) ; carpe, dans Boc- 
thor; dans Edrisi «grand poisson d'un goût très délicat; 
on en trouve du poids de 5 à 10 livres. é^U\ ^^^ jL^y^j 

Le P. Sicard en a « vu de vingt et trente livres pesant. 
On ne peut, dit-il, s'y méprendre, et on connaît à sa figure 
qu'il est le lepidatus si vanté par les anciens Egyptiens. »- 
Lettr. édifiantes et curieuses I. p. 5 } 2. 
Bételgeuse. On écrit aussi Béteigeuse, orthographe 

( 1 ) Un peu plus loin le môme écrivain confond le ck ben avec le <j>U- Cha- 
lef. Il n^est pas facile de voir chez les auteurs arabes la différence de ces deux 
«rbres. V. Qarcin de Tassy. Les Oiseaux et les Fleurs, p. 142. Ce qui ani- 
ve plus souvent ( surtout aux voyagem^s ËcBropéens ) c^est de confondre le 
Béhen avec le Ben, comme Hasselquist semble Tavoir âdt dans ses Voyages 
au Levant p. 90. 

(2) V. Bibliotheca geogr. Ârabum{De Goeje) GKobs. p. 194. 

(3) Maghreb et Andalousie (Dozy ) p. 16. Voir aussi Bruce : Voyag. en 
Nubie. V. 247, Voici la description qu'en fait |Bostani: iiy^\ d»,«*- ^^^ L)^ 

4 



$0 BÉZE 

« ■ I I ri II I I II — M^ 

moins correcte. C'est le nom de Tétoile de première 
grandeur placée à l'épaule d'Orion. Cette constellation 
est appelée •l3jf-l a^au;(âj et l'étoile qui nous occupe 

* '3jfl J* /ad al'gau:{âj bras ( i ) d'Orion à cause de sa posi- 
tion. Betelgeuse n'est qu'une corruption de •Ij^i-I a» (2). 

On aura écrit ou lu Jb yad^ avec un ^ b. Tous ceux qui se 
sont occupés d'écritures arabes savent combien l'erreur 
est facile. 

Bézestan «Les Be:^estains {))j dit D'Arvieux en dé- 
crivant Constantinople, ( IV. 486 ) sont les marchés 
publics. Celui que l'on nomme par excellence le 
Grand Be;{estan est une vaste salle carrée dont la voûte 
fort exhaussée est soutenue par de gros pilliers de 
pierre à peu près comme la grande salle du palais de 
Paris ». C'est la transcription de uu-Jr ba:{astân^ composé 

de ùb-1 (4) istârij mot persan entré dans la terminologie 
des géographes arabes, et qui signifie proprement con- 



(1) Nous tradoisona bras, car j5 se dit de tout le bras depuis le boat 
des doigts jusqu^à Tépaule, comme nous Tavons établi dans les Synon, 
Arabes (n® 1624. etc. jgOlj jj\) 

(2) V. Description des étoiles fixes de Abd ar-rahman As-Sufi. ( 204 et 
205) Trad. par Sclyellerup. Important ouvrage du 10°" siècle (ap. J. C). 

(3) Du Loir écrit Bezestin, Voyage du Levant. 

(4) Valef tombe en composition comme le fait remarquer laqoût à pro- 
pos de Tabaristân : ^j»^ jûii) jDV dc^'^\ ^ ^>>U ùUUh^ 



BEZO ;i 

trée, province comme dans Turkestan, Kurdistan etc» 

(V. laqoût û>jJJI f>f*- éd. Wustenfeld p. 40). 

Bézoard. Esp : bezoar, bezahar, besuhar, bezaar, bezar. 

Ptg. et Cat : bezoar. Basq : bezarria. Que ces termes 

viennent de l'arabe, c'est ce qui est hors de doute. Mais 

le mot présente en arabe presqu'autant de variété que 

•x» «^ 

dans les langues romanes. On trouve y^jl bê;(ahr et y^j$^^ 

•* >— "• 

bâdi:{ahr; Marcel donne jl jjr ba:{Ouâr, et Bochtor >çj\> 

bin:{ahîr forme tout-à-fait corrompue. Le célèbre Teifâchî 
écrit presque toujours /^j\ bâ:{ahr. Si Ton n'est pas d'ac- 
cord sur l'orthographe, on ne l'est guère plus sur l'étymo- 
logie de y^l» qui est d'origine persane. Les uns comme 

Castell dérivent le mot de ^\>j badj ventus, eiyf^j:{ahr^ 
toxicum ; le sens serait : quasi ventus (dissipans) toxicum 
Selon d'autres c'est le persan y^j ^l pâd;[ahr, qui veut 

dire littéralement : chasse poison a^ct^I c^fc (i). Bézoard est 
donc d'origine persane mais il nous a été transmis par les 
traités de médecine arabe (2). « Les antidotes ou contre- 



(1) Teifachi est à peu près poui» cette explication O-dl ,j*^\ *j^\ j^.M » 
JU^I ^ ^1 JiL> Xsi,j^\ •U«^ j^\ jf^jj Silkill •\^j^ ^k ùffjS'cf^ w4> i-jV> 

v*J^ JJô uiSOl cJ«2-«l ui"^ft Cli D'après lui y^y^j^ serait composé de'iîi^ , 
hdk, signifiant propreté, et de ^3, sahr, poison; le sens serait délivrant le 
corps du poison. En passant en Ai*abe, le mot aurait perdu le ^ , kaf» y> 

(2) Les Arabes distinguaient le bézoard animal* et le bézoard végétal. 
(Joum. Asiat.ô*^® série L xi. p. 145) et lui attribuaient les propriétés les 
plus merveilleuses. En voici un exemple: \'^\ ^j^^ju)! V** o^ r^ j^^ ^M* 



53 BISM 

poisons ont été appelés paf tes Arabes en leur langue 
bezahar, c'est-à-dire, en leur baragouin, conservateurs de 
la vie (?) » Ambr. Paré (cité par Littré). 

Blanc lasis ou Blanc raisin. La seconde partie vien^ 
drait d'après quelques-uns (i) de {Sj\j râ^i^ nom du 
célèbre médecin arabe queiious appelons communément 
Rha:{ès. Mais M, Devic y voit js\^j râsâs ou 3'3j '"^T'^^t 
plomb. Chez les Alchimistes rasas, et rasasa désignaient 
ce dernier métal. Pour le changement de a en / il faut se 
rappeler que Talef avait le son de Ti en Espagne (2). 

Bismuth. Esp : bismuto. Ital: bismutta. L'arabe peut 
offrir comme étymologie JuSJ othmod et ithmid qui si- 
gnifie proprement antimoine. La confusion entre les 
deux métaux est facile à comprendre. Ce qui s'explique 
moins c'est la présence de /dans les langues romanes et 

de w en allemand. M. de Eguilaz pense que le àamma de 
> •> 

jjj\ se sera converti en un / euphonique (j); mais il fau- 
drait des exemples de ces sortes de changements : nous 



HO^-2^ •Jj^ 5a> ûl»j w*i c/" j^ 4 crt** Ibn-Beîthap. {oU^lt édit. de 
Boulac). 

(1) Ceux-là écrivent blaacRhask (Album Rhazîs). 

(2) Je me demande si dans grand raisin (papier de luxe) il n*y a pas une 
altération semblable. Littré explique autrement Tcrigine de cette dénomi* 
nation. 

(3) M. de Eguilaz semble ignorer Texistence de la forme jlJ^ Uhmii 
puisqu'il propose l'insertion d'un i après le b. (V, p. 346.). 



BORD 5 ? 

ne pensons pas qu'ils existent. Quoiqu'il en soit le mot est 
très-ancien dans la langue arabe ; il aura été emprunté au 
grec (rrS^$ {t)de même que son congénère U jT 

Bochir. Espèce de serpent d'Egypte du genre cou- 
teuvre ( Did. Univ. d'Hist nat. ). Nous présumons que ce 
mot a une origine arabe. Mais parmi les innombrables 
noms arabes du serpent nous n'avons trouvé rien qui con- 
inenne à bochir. L'examen de la racine ^ bachar^ ne 
donne pas plus de résultat. 

Bonduc. Plante exotique de Jol^ bondouq^ qui paraît 
d'origine indienne ( M. Devic ). Les Arabes distinguent 
deux espèces de bonduc; le premier, l'aveline, quMis ap- 
pellent 3^, l'autre "ipo^ J-u» lîttér : bonduc indien, qui 

est la « guilandina bonduc. » Le mot Jjd n*est pas d'ori- 
gine arabe, quoique d'une antiquité respectable; des 
hadith en font mention (2). Ibn el-Beithar croit qu'il est 
tiré du persan. Les Latins appelaient les fruits du bonduc 
noix pontiques ; « e Ponto venere, dit Pline, et ideo Pon- 
tic» nuces vocantur. » C'est de pontica, ou de nortfMw 
( TMiqmT ) que dérivent probablement le persan et l'arabe. 
Bordât. Sorte d'étoffe de laine égyptienne. C'est le 



(1) V. Âram. Fremdwi 143. 

(2) V. JJU)I >Ui. p. 42. 



54 BOST 

même mot que burdo qui désigne en Espagnol une étoffe 
grossière, un manteau grossier. Les deux mots viennent de 
l^X bourda^ étoffe grossière (i), habita manteau de laine 
épaisse, habituellement de couleur noire {2). 

Bosan. Breuvage turc (j) fait avec du millet bouilli "dans 
l'eau (Litt.) de o3>. boû^a^ qu'on écrit aussi îU^. boû:(a. 
Le bouza de Syrie est différent du bosan défini par Littré. 
C'est une boisson glacée faite de lait ou d'eau de rose et 
de sucre. D'après Mallouf (4) le lait et le sucre entrent 
aussi dans la composition du ojj» turc. L'Académie on ne 
sait trop pourquoi écrit bosan. Comme l'observe M. 
Defrémery bou:{a ou bousa seraient plus corrects. 

Bostangi. Quand le Grand Seigneur va se promener 



(1) De^c on ne sait pourquoi transcrit berda, 

(2) V. Dozy. Gloss. 243 et aussi Diction, des vêtements, p. 59. 

(3) D'après De la Boulaye les Tuiles « en boivent beaucoup et c'est ce 
qui les rend si robustes et si forts» Voyages. 

(4) Dict. turc-français, - «U y a une liqueui* blanche et épaisse nommée 
Busa; elle est préparée avec de la farine» ( Niebuhr. Description de l'Ara- 
bie. 1. 18.) Les Egyptiens dit M. de Maillet «se servent d'un breuvage an- 
ciennement appelé Sithus et qu'on nomme aujourd'hui Bouza qui enivre 
comme le vin. Il est fait avec de la farine d'orge détrempée dans de l'eaa 
et l'on y mêle quelque drogue qui entête. » Description de VEgypte, Paris 
1785. - «Leur boisson est une espèce de bière. Ils l'appellent housa; elle 
est fort épaisse et d*un fort mauvais goût. Voici la manière dont ils la pré- 
parent: ils font rôtir au feu la graine de dora; ils la jettent ensuite dans l*eaa 
froide et après vingt-quatre heures ils en boivent. » Relation du voyage de 
Gh. Poncet en Ethiopie dans les annéesl698, 1699 et 1700. Lettres édifiant, 
et curieuses L p. 602. 



BOUR 55 

sur le canal « c'est le Bostangi-Backi (i) qui tient le timon 
de la Galliotte ; et ce sont les Bostangîs ou les jardiniers 
du sérail qui rament. Quand il arrive à quelqu'un de ces 
rameurs de rompre sa rame, le Grand Seigneur lui fait 
donner un sequin pour le récompenser. » (D'Arvieux. IV. 
473 ). Bostangi est la transcription de ^t*-} bostângi, 

mot formé de l'arabe-persan ûtu^ jardin et de la termi- 
naison turque ^j^ qui indique les noms de métier. 

Bougie. Etymologie bien connue (2) tirée du nom de la 
ville de Bougie, en arabe Vbj bi^âya^ qu'on prononçait 
vulgairement bougaîe et même bougie^ en esp: bugia 
ptg : bugia. 

Bouracan (3). gros camelot. Esp : barragan. cat : barra- 
gaxi.vat: barragâ, ptg: barragana. Bas-lat: barracanus, 
baracanus. ital: baracane; de CMssss>j^ barrakân ou ùMsssèj^ 
barankân, qui désignent un habit noir, ou un manteau en 
«bouracan », on trouve encore ûlSÛ^ barnakân, J, 1*=^ jr 

barrankânî , et "iî^l^s^a barnakânU Ce luxe de formes 
trahit un mot d'origine étrangère : 4* c-J^ss^ jïj <^jn) ^jJt 



(1) Ou l'intendant des jardins du Gi*and-Seigneur; «il a 4000 jardiniers 
BOUS sa charge appelés Boustangis » Du Loir p. 94. 

(2) Elle est de Ménage, ce pauvre Ménage 

Dont on dit tant de maU a du bon quelquefois» 
(8) On barracan comme on disait autrefois. 



BRAl 

ui^ly dit Algawaliql. Il dérive probablement dupersais 

ùl^^s^ jT barankan « vestis, indomentum » Vuller^. 

B(mt&rgii0. £5/7; botagra. iVa/: buttagra. Œufs de 
muge, et caviar fait avec ces œufs. De rj^^ baiarikh^ 

même sens ; au sîng <ijlL bhârikha. En vulgaire on cfit 

Sil^U bairâkhcu « On vend quelquefois du ^o^rf (muge).,. 
aussitôt qu^on a péché on en lève la boutargue » P. Sicard. 
Lettres édifiantes et curieuses^, édit. Aimé-Martin. T. î. 
5 3 î. On écrit aussi Poutargue (V. D^Arvieux I. 2 18). Sur 
Porigine de ^IL qui n'est pas arabe V. Dozy Suppt. 

Braise. Esp : brasa. ptg : braza» Bas-lat r brasa. 
M. de Eguilaz dérive tous ces mots de <^^ ^assa, forme 

vulgaire de o^^â» ba%wa et signifiant braise tous les 

deux ( I ) On peut admettre que ï-o» est formé régulière- 
ment (quoique postérieurement à Tépoque classique) de 
^^ , ^ass, micwt (Freyt.) Dans Belot \^^ est un char- 
bon ardent pour alhimer la pipe. Nous pensons que 
d'après l'opinion du savant Espagnol il faut admettre pour 
brasa. (de X^ba:^) Tintercalation d*un r, feit qui n'a rien 

d'extraordinaire (Cfr. baldresào, ^'J^J Pourtant cette 



(1) Aax aatoritôs citées par Eguil. ajaat«K Heiury. MaroeL Bost. et S^ 
lim Ânhouri (auteoi* d'une compilation intitulée ji^S ^Ua^^ J»^\ JtS'UcS 
Beyrouth. 1878. -p. 66.). 



BROD 57 

étjrmok^ie nous, mspire peu de confiance. Nous préfé* 
ions chercher à biaise une origine scaindTnave ou sans^ 
crite, ( V. Jour. Asiat. Nov. 185 j . pv çjS }. 

Brodeqidai. Esp. et catr borcegui. esp:^ borzeguT. 
ptg: borceguin. kal: borzacchino. Les formes espagnole, 
portugaise et italienaie indiquent que nous avons afSaite à 
un adjectif relatif^ à ce que les Arabes appeUent <Li • 

Muller avait d^abord proposé <-^jf , nom de îa ville de 

Brousse, dont Tadjectlf serait iSjL>jx brôusâwî. Dozy a 
montré que ce n'est pas dans TAsie mineure qu'il faut 
aller chercher; IS^Jj. étant parfaitement inconnu aux 
auteurs espagnols ou] africains. Le savant orientaliste 
hollandais propose ensuite avec un luxe incroyable 
cf érudrtion une étymologie que M. de Eguilaz traite de 
«purement fantastique» (i) Après avoir de la sorte 
déblayé le terrain le Professeur de Grenade établit son 
explication. Borcegui est un adjectif dérivé de ^►-w Bag-- 
dadj on plutôt d'une des nombreuses formes de ce nom 
propre BaldaCy Baudac; (2) bas-lat. baldequinus ^ boude- 

(1) La qualiôcatioQ na paraîtra peut-être paA trop forte ài ceux qui se 
donneront la peine de lire rartide de M. ûo^ ( p. 242. } - M. de Eguilaz 
traite avec la même séTéritô Tôtymologie de Scheler ( qoi est aussi celle de 
D&ez ) proposant le flamand brooîeken dimin. de broos ; parce qu^eUe n'est ap-^ 
puyée que sur une hypothèse. 

(2) Comp. Bavdac a^ee le nom propre Boabdilê IàVjla j{0 qu^on trouve 
écrit aussi Boaudile. 



58 BURN 

quinus; vieux franc, boudequin (i). Le P. de Alcala cite 
beldraquiq qu'il traduit par cuir fin; l'espagnol a aussi 
baldes et baldres avec la même signification. Or, dans 
l'ancien français, brodequin désignait précisément une 
sorte de cuir. Voici par quelles permutations baldaqij 
baldaquin j baldequin est devenu brodequin. Le fatha s'est 
changé en damma (2), ce qui a donné boldequin; le 1 est 
devenu r ; (j) et moyennant la métathèse nous avons obte- 
nu la forme actuelle brodequin. Des modifications analo- 
gues conformes au génie de chaque langue ont produit 
les autres mots appartenant aux idiomes ibériques. 

Bulbul. Transcript. de JX bolbol^ nom du rossignol 
en persan, [et celui du chardonneret en arabe. Le ros- 
signol n'existe pas dans le Levant; son nom arabe est jlj^ 

ou , Jji:p (V. Comment, du Magânî p. 4jo ). 

Burnous. Esp. albornoj^. Val : albornoç. Ptg : alber- 
noz. Maj: albernus. Cat: albernuz. Basq: albernoza. — 
Au siècle dernier on disait : albornoz et albornos ; (4) dé 



( 1 ) Je n^ai pu retrouver ailleurs cette forme citée par Egnilaz. 

(2) Comp. Tesp. hoque (de gi). 

(3) Ces deux liquides se substituent facilement Tune à l'autre : ôpist/e 
devenu épitre; grousser (de (Tocire ) g/ousser. Le rossignol s'appelait jadis 
lossignoL 

(4) Dans le Dernier des Abencerrages Chateaubriand écrit des 
« albumos ». 



BUSE 59 

^ X bournouSj qui signifie proprement bonnet long, sorte 
de capuchon, comme dans ces passages de Mas'oudi: 

^Jlr* 3^ u^-^* ^'-^ (^^ ^^ ^^^^^ coiffé d'un burnous de soie 
écrue haut de forme » (Prairies d'or VIII. 1 69) et ailleurs : 
«JîtuLs Ji^ ^j^x ^'-> Jcjcoiffé d'un burnous haut de forme, 
orné de bandes et de grelots» (i). Il s'est dit plus tard 
d'un manteau muni d'un capuchon. Le mot ^jS^ paraît 
dans un vers du fameux Mouhalhil (Hamâsa. 420 ) : 

^x ^ f:^^\ H^^j ^'-> Qr-^ ^'-> *^ '^l> 

« Si tu le veux, tu verras un visage découvert et le bras 

d'une femme en pleurs portant un bournous. » D'où il 

> > 

appert que ^x ^^ P®"^ pas être une corruption de m^r/- 
nosj comme un plaisant l'a prétendu ; il est plus probable 
qu'il dérive de Bl^^oQ — Les Berbères nomades étaient 
appelés ^Inll kJ^\ parce qu'ils ne quittaient pas le ^J^x 
{ Ibn-Khaldoun : Hist. des Berb. I. 106). 

Buse. On dérive habituellement ce mot du lat. buteo. 
Ne serait-il pas plus simple de voir dans buse ou busard^ 
comme on disait encore, une altération de 3l bâ:[ ou ïiJ^» 
bâ:{î^ faucon au naturel sauvage, que les Arabes em- 
ployaient pour la chasse (2). Le mot iS)\ ne paraît pas 



(1 ) Yni. 284. Trad. de M. Barbier de Meynard. 

(2) Synon, Arab, N® 608. M. GasseliD traduit buse par ji,b. 



âo CABA 



ancien en arabe ; et la plupart des espèces de cet oiseau 
de proie sont étrangères aux climats tempérés. 



C 



Caaba. Temple de la Mecque. Transcription de <^ 
ka^baj cubique, à cause de la forme du bâtiment. En arabe 
US^ ka^'èa^ se dit de tout « bâtiment é^ forme cubique ; 

<£y^ U^ ( *IJI ) ûlS" ty » {Fo^al-logha^p. J04). 

Caban. Esp : gaban. Ptg: gabâo, gabbâo. Basq: gaba- 
nà. Ital: gabbano. Manteau àe feutre à manches et à 
capuchon servant contre la pluie et contre le soleil. On 
disait autrefois gaban (i). Un demi-^aban est un caban 
sans manches^ Diaprés Brachet ce mot est venu au 16^ 
siècle de l'espagnol gaban. Littré indique comme étymo- 
logie »Lp^aM. L'a^âs est un manteau d'étolfe grossière le 
plus souvent sans manches {1). Il est surtout porté par leâ 

«*» - |« «* ■ " ■' — - II. l u ..— i..ll I . >| ...I ..IIIJ 

(1) On lit dans Thiatoire des chérifs : « On fait à Mé:|uinez au royaume 
de Fez des albêmoses^ qui scHit lea. Galons der Totquie ir G. 6&. --«^ et daiM 
le P. Le Moyne : 

Ha ont certes vaiaon des courrier? lumineux 

De prendre lem*s gabans et leurs manteaux sur eux. 

(2) Outre »Lfr on a encore s^Çp et i^Çé . De ce dernier mot vient proba- 
blement cabaie^ longue robe dont il est question dans le Rouiier des côtes 
des Indes orientales. 



CABÀ 6i 

Bédouins ; « teur aba ( i ) est presque toujours de baracan 
myé de blanc et de noir ».. Dans le Levant les gens de hi 
campagne et les montagnards le portent aussi. L'arabe 
•U a été aussi transcrit habe^ vêtement des Arabes (Trô- 
voux ). — M. de Egviiaz n'accepte pas cette étymologie j 
elle peut pourtant se justifier : ^cun en espagnol se trans- 
crit souvent pas g comme dans algarade ( machine de 
guerre) de S^l^l (2), L'adjonction de n n'a ici rien de 

plus extraordinaire que dans Kesp : cabacatans de w*-U 

•5WI sâhib as-salâ. ( Eguîlaz. p. 351). 

Cabas. Esp : capacha, capacho, capaza, capazo. Ptg : 
càhBz. Bas-lat : cabacus, cabacius, cabassio. — La lumière 
ne semble pas encore complète sur l'origine de ce mot. 
Mais en attendant mieux, c'est l'arabe qui fournit les ex- 
plications les plus plausibles. Alix propose ZùS qafa^ 
« sporta non magna sine ansa ex foliis palmse contexta» 
(Freyt. ); seulement ce mot ne rend pas compte des 
différentes terminaisons de caha^ dans les langues ro- 
manes. L'étymologie de M. Defrémery est plus satisfai- 



i^^i^*»«ii»**^^— ^w» 



(1) Dans le texte des Mémoires de d^Arvieux àba est écrit avec un 5 au 
sing. J'ai retranché cette lettre qui doit être mise sur le compte du P. J. B. 
Labat, Dominicain, éditem* des ces mémoires. De temps en temps ce Père 
admet des transcriptions orientales dont il ne &ut pas rendre responsable 
le CheTalier fort au com*ant de la langue arabe. 

(2) Mot écrit i^i^lpar M. de Eguilaz; c'est sans doute une errem» typo- 
graphique. 



62 CABL 

santé sous ce rapport. Ce savant dérive cabas de ^S 
gafâs^ cage et aussi panier pour transporter le blé et 
absolument: panier (i). Pour le changement de /en p 
en espagnol, on a déjà alpico:{^ concombre, à côté de 
alfico:[^ concombre venaAt de ^yiS\ al-faqqoâs. 

C&ble. Esp : cable, I^g : cabre. Vieux franc, chable. Diez 
pense que capulum ou caplum se trouvant dans Isidore de 
Se ville ( 7® siècle ) au sens de corde, "exclut Tétymologie 
arabe. Câble n'apparaît pourtant en français qu'au 1 2® 
siècle. Nous croyons que l'arabe peut encore prétendre à 
la paternité du mot. jX haH signifie corde, câble {2). 
Ce mot aura passé en français avec plusieurs autres ter- 
mes de marine empruntés aux Arabes. Il y a plus; il 
n'est pas impossible que câble ne soit qu'une simple 
transcription d'un autre mot arabe ^^5 kabl^ lien solide, 

câble (j). C'est le nom d'action de J^kabal, compedibus 
constrinxit ( Freyt ). 



(1) V. Glossaire sur le Bayan M-Moghrih par Dozy p. 40. 

(2) j^ est on terme employé couramment parles autem's arabes qui 
parlent de navigation dans le sens de cable. 

(3) Fârès Chidiac fait le même rapprochement dans le ^Uîl>.. Pour 
rendre câble ( de navire ) Tarabe a encore j;^^ qui signifie aussi chameau. 

Le grec dit aussi liimXoq dans le même sens, «^a/i^^oç 8h to noLvv 
(Ttotxt^v^ dit Suidas. Le mot appartient à la langue alexandrino-byzantine. 



CADI 6j 

Ce vers] de Houdaïl fils de Houbaira est ainsi traduit 
par Freytag : « Et post Chalidum Djandalum non desidero 
noctu advenienti aut captivo vincto » (Hamâsa, 459). Et le 
commentateur arabe ajoute : j^I JXTIj oJU JjS^^ 

Les historiens des croisades parlent de certaines ma- 
chines de guerre des Arabes appelées Châbles; elles 
étaient mues par des ressorts et des cordes bridées (1). 
Je ne doute pas que cette dénomination ne soit empruntée 
à Tarabe jl^ . Or l'identité d'origine de cable et de 
châble est admise aujourd'hui. 

Cadi. Esp. ptg : cadu — Pluriel catal : cadisos. Plur. cat. 
et val : cadins. Transcription de ^5 q&àl ou plutôt de 

J^B , comme tous les participes présents de cette classe 
de verbes employés sans l'article. Mais c'est là une par- 
ticularité dont le langage populaire ne tient pas compte. 
Le mot ^^B est prononcé q&7^ ou cAt^ par les Turcs ; de 

là le nom de ca\à •UJ donné aux ressorts de justice. 

Cela rappelle le fameux texte de TEvangile : Fadliua est camelum per 
foramen acus transii'e etc.. en arabe (Trad. S. J. Beyrouth) ..^i J^-V *i\ 
•Xi\ ^Skâ ^ J«^l j^ji£(Mat. 19-24) où ^ a le sens très naturel de câble. 
Le Coran a un texte assez approchant où j;^ peut avoir cette même signi- 
fication de cable. ( Sourate W. 38. ) ù>JI>j^ Vj 1»ÇaîI >:; ^ *^^\ ^ j^ 
'i:^V Les interprètes expliquent aussi le j;^ de ce passage par chameau» 
V. S^non. Arabes. N® 1043. 

(1) Rey. Colonies Franques en Syrie, p. 38. On sait qu^au deiiiier siècle 
le mot câble était encore prononcé chdble par le peuple. 



64 CAJFA 

Cadie. Arbrisseau qui croit nâturetlement en Arabie 
(V. Dict. Déterv. ); de ^ qa^î même sens. Ce ra>m 
arabe lui a été imposé par Forskal. Il ne faut pas le con- 
fondre avec le <5SIS^iS:^, arbre originaire de Tlnde et de 
laChine décrit par Mas'oûdî. II. 202. 

Gadilesker. Grand juge turc ou chef de la magistra- 
ture^ de jdJI ^Joi qâtjî al-^askar, juge de l'année, juge 
principal. ( V, Mille et une Nuits, pass). 11 y en a deux.: 
«les CadUeskers de Romélie et de Natolie, c'est-à-dire 
les grands juges d'Europe et d'Asie» (D'Arvieux. v, 5 j6). 
Tous deux résident à Constantînople et siègent après le 
Cheikh uHslam (Jour. Asiat. Juin 1854 p. 502). « C'est 
un des deux cadiles^p^rs, dit encore le chev. d'Arvieux, 
qui nomme tous les cadis de l'empire chacun dans son 
ressort » ( VI. 446 ). Le célèbre Chehab ed-din al-Khafàgî 
était i ^r-all fLJ I ^U cadilesker ou grand juge d'Egypte. 

Conxparez cadilesker avec xi)- .^^ qâiî al-gond^ juge 
des troupes, titre donné au juge suprême en Espagne* 
( Dozy. Supplém. ) 

Cafard (i). Il paraît assez naturel de rattacher ce mot 
à la racine arabe j^ kafar^ être infidèle; car l'étjmo- 
logie latine de caphardum n'est pas sérieuse. Mais quelle 

(1) On écrÎTait aossi capAar. 



. CAFÉ 65 

■ — ■ — — — — ■ — — ^ . 

est la forme de ^o qui a donné naissance à Cafard? 
Probablement un des pluriels de }\^kâfir^ mécréant (i), 
comme j^kouffAr, j(Lj^ kifâr^ l j^ kafara. Ce ne serait 
pas la première fois qu^un mot français dériverait directe- 
ment d'un plur. arabe; nous urons occasion de le remar- 
quer. Quoiqu'il en soit, Bocthor traduit hardiment cafard 
par j}^ {2). C'est aller un peu vite. Les auteurs arabes 

font remarquer que celui, qui ne croit pas, est y If"; quant 
à celui qui montre des sentiments religieux qu'il n'a pas> 
ils l'appellent jiUi mounâfiq (V. Synom. arabes, n*' io8j ). 

Je ne sache pas non plus que }^ soit employé par le 
peuple dans le sens de cafard. 

Café, de l^ qahwa (3), prononcé par les Turcs kahvéj 
qui chez les arabes désigne la liqueur plutôt que le fruits 
Cette signification est relativement moderne. Le sens 
primitif du mot est vin, liqueur (4). Le vin appelé qahwa^ 
dit al-Kisâî, est celui qui enlève l'appétit : ^juu jJl ^ S^g3l 

M MM 

<«UL S^w^Jbt^l \fXû . Niebuhr (Descript. de l'Arabie, 

-^^^^^—^ - ■■ -- - — - - m niBir 

(1) D'où vient Vesp. et le ptg. cafre, dur, cruel. 

(2) M. Gasselin en fait autant ( DIct. fî»anç.-arabe ). 

(3) « Le Cahué ou Ca^fé comme nous prononçons » ( D'Arvieux V. 275. ). 

(4) « Le sens piimitif du mot, dit M. Devic, parait être vin. » Cela est 
hors de doute, comme on peut s'en convaincre par une infinité de passages 
d'anciens poètes. V. notre Synonymie, le iljiàVI olsTp. 149. édit, Houts^ 
ma, et le Kitâb al-Aghânî. ( V. 174, VI. 45 etc.. ). 

5 



66 CAFT 

I. 79 ) rapporte que dans le Yémen le café ( boisson ) est 
appelé Bânn. Il y a là probablement une confusion. Car 
0: boun chez les arabes n'a jamais désigné que la fève (i ). 

C'est ce mot qui a dû donner naissance au Néerlandais 
boon, kaffieboon. 

Le café a été employé assez tard en Europe. Rauwolflf 
en a parlé ( 1583 ) dans la relation de son voyage en 
Orient. Ce fut à Venise qu'on prit du café pour la pre- 
mière fois en 161 ç. Il fut apporté directement de l'Orient 
à Paris par le voyageur Thévenot en 1667. Aussi le 
P. Besson pouvait-il écrire «que le café est une eau 
noire et bouillante, plus saine qu'agréable, inconnue en 
France, où elle passerait pour une boisson de lutins ». 
( Terre Sainte et S/rie p. 43 6). Le P. Nau se croit de mê- 
me obligé de la décrire à deux reprises (p. 5 26 et 557). 

Caftan ou Cafetan. «Le cafetan est une espèce de 
surtout de drap ou de soye qu'on met sur les épaules des 
personnes que l'on veut honorer ». (De la Roque. Voyage 
de Syrie p. 15 ). Esp. et Ptg : cafetan; de l'arabe Jcsi^ 
khaftân^ vêtement décrit par Dozy ( Vêtem. arab. 1 62). Je 



(1) « Lorsque cette fève qui en arabe se nomme j^t'en (sic) est rôtie, 
broyée et réduite en boisson, cette liqueur se nomme Cahoué, mot qui se 
prononce en aspirant fortement Tb. » JJescript, de l'Egypte par M. de Mail^ 
let.ILl5. 



CAIM 67 

serais assez embarrassé pour établir l'âge exact de ce 
mot (i). Mas'oûdî remploie couramment dans les Prairies 
d'or ( VIII. ç 2 etc ). Je ne vois donc pas la nécessité de 
recourir au turc otiï , qaftân^ vêtement d'honneur. L'a- 
rabe moderne a d'ailleurs la forme J^ qaftân ( Mille 

et une Nuits. /?a^^.)- Au lieu de ôHa^ qu'on trouve dans 
l'édition d^bn Batôuta (2), il est plus que probable qu'il 
faut lire J^a^i fouchiân leçon de tous les manuscrits, et 
qui s'accorde mieux avec le contexte. 

Calmacan ou Caimacam. Fonctionnaire en Turquie ; de 
XtA Ai qâïm maqârriy que notre mot lieutenant traduit fort 
bien. La réunion de ces deux expressions arabes en une 
sorte de mot composé est du fait des Turcs qui écrivent 
^iScS qâïmaqâm, (j) « Il faudrait écrire caîmniacam selon 
l'étymologie » (Trévoux). 

( 1 ) Bostani, je ne sais trop d'après quelle autorité, doune à ce mot une 
origine persane. Ëg^laz écrit olks»-* forme qui m'est inconnue. Le savant 
étymologiste espagnol n'est peut-être pas assez sévère pom* Torthographe 
arabe. Ainsi à l'article Cufica, il dérive ce mot de « *Jj3 venant de *i^»- 
Même remarque pour « azarca de iSjj fém. de jjj\ » ( p. 320 ) cabacalans 
de ^iCaîl vU-d (p. 351 ) poui' ^>ia ou s^LaJl u^^^l A l'article Arcam il y a une 
distraction autremen1> grave Ce mot serait «metatesis de la diction ar. 
jiljjl , que se encoentra en Marcel» ( p. 273 ). Mais il est facile de voir que 
arcam est une simple transcription de ^j\ arqam, serpent très dangereux. 
( Freytag ) défini dans Foqh-al-lougha, (p. 163) «Cf^Uj il^-. ^ ^^JiJI». 
Voir aussi Prairies (Tor. T. V. 49. 485. 486, 

(2.) Edit. Defi-émery. I. 351. 

(3) On trouve aussi j»uu.'3 qayemaqâm. 



68 CALF 

Cakile et CSaquilier. Le cakile maritime se trouve en 
abondance sur le littoral Ouest et Sud de la France, 
particulièrement aux environs de Boulogne-sur-Mer. 
C'est la transcription presque exacte de ^C , qâqollâ^ 
plante alcaline longuement décrite par Ibn el-Beithar. 
Devic pense que c'est la même plante nommée 3î6 
par Avicenne ( Edit. de Rome. p. 249 ). C'est une erreur : 
la dernière est une plante odoriférante du Yémen et des In- 
des, qui a, comme le Cakile, des propriétés stomachiques. 

Calam. Transcription de JS qalamy roseau à écrire ; 

mot qui, comme les autres termes, ayant trait à l'écriture 

n'est pas d'origine arabe et représente le grec %âhxaoç 
( V. S. Fraenkel, Aram. Fremdw, 246 ). 

Calebasse. Esp : calabaza. Ptg : cabaza. Sicilien : cara- 
vazza; de ijqirba, outre pour Teau. Le 1 médial est 
devenu r. ( Sur ce changement Cfr. Engelm. XXVIII. et 
Eguil. XX. et plus haut Brodequin, p. 57). 

Calfater. Esp: calafatear, calafetar, Plg: calafetar. 
Ital: calafatare. Grec mod : xa^aqpawfi'. Voilà bien une 
des étymologies les plus désespérantes qu'il soit possible 
de rencontrer. Engelmann et Dozy ne veulent en aucune 
façon admettre ici une origine orientale (i). Ils ont re- 

(1) M. de Eguîlaz est sans doute de leur avis puisque calafatear etc. ne 
figurent pas dans son Glossaire. 



CALF 69 

cours a de vieilles formes françaises calfaiter^ calfader^ 
calfecter, calefeder ^ qui sont pour le moins suspectes 
(si tant est qu'elles existent ), afin d'établir que le mot en 
question dérive de calefacere ou calefectare. Pour appuyer 
cette dérivation, Engelmann, à la suite de Jal, suppose que 
« calfater fut d'abord chauffer le navire; le chauffeur fut 
en même temps un ouvrier habile à réparer le bâtiment ». 
Malheureusement calfater, c'est remplir d^étoupes et de 
fibres végétales les insterstices des planches, exactement 
comme l'arabe ijïï qalafa^ ferruminavit et fibris palmae 
vel musci stipavit navim ( Freyt). Il y a là, croyons-nous, 
plus qu'une simple ressemblance de sens et de son. En 
tout cas sj& ne dérive pas des langues européennes. 

Bocthor a Jailï qalfsX^ mot très-moderne , que Bostani 

donne comme une corruption de Jail». ga//at II y a cepen- 
dant contre notre dérivation une objection fort sérieuse : 

c'est l'existence de cette dernière forme iaiU . Les Ara- 
bes eux-mêmes la signalent comme d'origine étrangère. 
Une lettre du Calife *Omar citée par le Ma*arra^(i) donne 
JaiU et\UUL gilfâi. Algawâlîqî ajoute que ces mots ne 



( I ) Edit. Sachau. 49 et 50. ^ui?* est ainsi défini dans ce passage : « ^i))y^ 
U^Ld^j "y..." ^\j^ Jii^, c'est celui qui réunit les planches du navire et les 
répare. x> 



70 CALI 

sont pas arabes, c^^p jvê ïJL53"i oÔa J^Ij . Ibn Doraïd 
(né en 839) donne J^lÂÎ>: gilinfâi comme le terme em- 
ployé en Syrie pour designer le calfat. jUI J.^ ^jA y^j 

cijb S^' w^l r^^ ùji J^*^-^ • L'existence de toutes 
ces formes montre beaucoup d'incertitude dans le terme 
arabe et trahit évidemment une origine étrangère. De plus 
sJiS OU Jï qallafne renferment pas de t et auraient dû 
donner calafer selon la remarque de M. Siegm. Frœn- 
kel (i). Ou bien l'introduction du t est-elle la suite d'une 
confusion faite entre ^JSi et laiU. On le voit, l'origine 
de calfater est loin d'être claire. 

Calibre, de ^^lï , qâlab, qâlib, moule où Ton verse 
les métaux, forme d'un soulier, ceintre servant à former 
une voûte. Le sens de moule, calibre, apparaît nettement 
dans ce vers d'AboûPAtâhiya, cité par le Kitâb al-Aghâ- 
nî(lll. i6j). Ju.lj ^S i l»l -AÎ (^u^\'i\ à^^ 
« Comme si les hommes avaient tous été coulés dans le 
même moule ». On voit que les significations de qâlih 
conviennent assez au sens de calibre, quoique Dozy ait 
soutenu le contraire (2). Le mot calibre est aussi employé 



(1) Aram. Frendw. 230. 

(2) Voir rintéressant article de M. Devic qui répond à robjection tirée 
de Vaccent. M. âasâelia n^hésite pas à tradau*e calibre par ^il 



CALO 71 

par les Espagnols qui ont encore la forme calibo. Pour 
rinsertion de r, comp. l'esp. adufre de ^JjJI 

Le mot ^C n'est pas arabe ; il dérive du grec italo'- 
nffv;; ou %aXm6dio9 , forme en bois pour les chaussures ; 
c'est ce qui explique la forme ^ lï qàhxb^ assez étrange 
en arabe, mais que les Arabes eux-mêmes déclarent pré- 
férable à wJ 5 ({àlib. Cette dernière accentuation paraît 
surtout avoir été employée par le peuple, comme l'indi- 
que la forme espagnole : galibo. En Syrie on prononce ^4- 
lib. L'ancien français gaU?e et garbe, qui ont à peu près la 
même signification que calibre, se rattachent aussi à 
qâlibj et aident à faire comprendre la formation de calibre. 
Sur garbe V. Dict. de Trévoux. 

Calotte. Origine inconnue, dit Brachet. L'arabe a le 
mot X>jS^ kallouta on kallaùta (comme prononce Dozy ) , 

qui signifie précisément calotte (1). Mais ïjJS^n'est guère 

connu avant Maqrîsî. Il y a bien encore îL>G qalloûsa, 

forme vulgaire de lyjf^ qalansoua. Ce dernier mot est 
très ancien, mais il désigne un bonnet haut de forme. 
( V. Aghânî et Mas'oûdî. pass. ) {2). A moins qu'on ne voie 

(1) Qnatremère. SuUam Mamel, II. 2"* part. p. 70 et Dozy. Vêtent. 
et SuppL s. V. 

(2) Do'.y (Vêtem.) en avait d'abord fait une calotte; il s'est rétracté 
depuis. L'epithête la plus habituelle de Sj.JU3 est Jij^» 



ji CAMP 

dans calotte le diminutif 'LJi qoulaïsa^<l)^ n'est, cqt-- 

tainement pas d^origine arabe ; lyJSi dérive probable- 
ment du latin calautîca (i). Des le treizième siècle, on 
trouve calota. Les mots arabes cités plus haut auraient-ils 
eu quelque influence sur le mot calotte.? Nous laissons 
à de plus érudits la tâche d'élucider ce problème étymo- 
logique. 

Camard et Camus. Origine inconnue, dit Brachet; 
origine incertaine, dit Littré. En arabe Jl aqma'' signi- 
fie : simuSy depressus nasus ( Freyt. ). Que le ç- final ait été 
rendu ici par r, c'est ce qui me paraît assez vraisembla- 
ble, La lettre arabe, impossible à rendre dans les langues 
européennes, a certains points de contact avec la liquidé, 
surtout quand cette dernière est grasseyée. 

Camphre. Esp: alcanfor. Esp. et Ptg: alcamphor. 
Ital: canfora; de jji€^ kâfoâr^ même signification. On 

trouve aussi jylï qâfoûr eij^ qafoûr. D'où l'auteur du 
Mu*arrab conclut avec raison que le mot n'est pas d'ori- 
gine (2) arabe, (p. 1 29 ). Le fi*ançais a perdu To ( resté 



(1) Qu^on a lu calantica, leçon préférable, si la dérivation arabe est 
fondée. Il serait piquant de voir Tarabe servant à fixer un mot latin. 

(2) Dans une thèse sérieuse d'ailleiu^s, on n'est pas peu surpris de lire: 
«j^tTe Lat. camphora ortum est» (De Vocabulis in antiquis Ârabum Car- 
minibus et in Corano peregrinis - 5. Frœnkel. p. 1 1 ). 



' CANC 7Î 

dans les autres langues romanes) conformément à la règle 
de l'accent latin. Comp. ancre de ancora. 

Cancan. Je ne puis m'empècher de rapprocher ce 
mot dans le sens de bavardages^ malins propos de l'ex- 
pression arabe û^ J^ 9 kân wa kân^ ou tout simplement 

J^J^ kân kan (i). Cette répétition du verbe kâriy il était, 
vient au commencement de toutes les historiettes arabes, 
et est employée pour signifier des bavardages , des racon- 
tars, des cancans enfin. C'est ce qu'atteste Al-Khafâgf : 

♦ ôli î! UP llS^vr^jS^ zS^ J u l^ ^V , kdn wa kân est 
une expression moderne employée pour désigner des 
propos futiles, de même que kaït wa kaït désigne des 
affaires d'importance» (2). Cette même expression ûlSj J^ 
est signalée par Zamakhchari avec le même sens dans 
son Commentaire sur la sourate des Grecs ( ^3}^ Ijy^ ). 
Elle était aussi en usage pour désigner des contes rimes, 
débutant habituellement par J^ ( V. Freyt. Dozy. Sup- 
fe/w. Mille et une -nuits. I. 182, édit. Habicht ). Voici ce 
qu'en dit Ibn Khaldoûn : « Le û'Sj J^ se compose de 
quatre chatr (lignes, hémistiches) ayant tous la même 

(1) V. Heury s. v. Cancan, 

(2) V. J5UI 'Uà 194. 



74 CAPH 

m ..i.!» -■-»■ .1 - -■■ m ■■ .. ■■ ■■■ ■■■ ■.■■■■ , m ^ 

rime, mais étant de mesures différentes; le premier chair 
de chaque vers est plus long que le second. La lettre qui 
forme la rime doit-être précédée d'une des lettres faibles 
ï. i- iS {Proleg. III. 452. Tr. Reinaud). 

Candi. Esp. et Ptg : cande, candi. Cat. et Ptg : cadde, 
candil. Ital: candito; de l'adjectif "ii-^ig'a/iûf?, formé sur 

Jij qandj canne à sucre, mot d'origine persane, dit Al- 
gawâlîqî, connu des anciens Arabes (Mu'arrab 119) 
:ljHS ^ji\ îdUL-» jSj f^\ ^i (^ <U Jiîj ^'^ ^j^ Uai) » 

« JJÂaJ ^y/LA Jy— 

Caphar ou CafFar ( i ) a Les Caphars sont de certains 
droits que les voyageurs sont obligés de payer à plusieurs 
passages, où il y a des officiers pour les recevoir. Ces 
droits étaient autrefois recueillis par des chrétiens, pour 
l'entretien des grands, chemins, aussi bien que pour em- 
pêcher les courses des Arabes. Les Turcs ont continué 
depuis cette collecte avantageuse, » [Voyage cTAlep à 
Jérusal. par H. Maundrell. p. 6. Utrecht. 1705). Caphar 
représente l'arabe Sjlii. khafàra^ protection. Il faut ratta- 
cher à la même étymologie le Caphar dont parle Bruce 

(1) Le chev. d'Arvieux éciit toujours Caffar. «Le Caffar ou péage pour 
le passage » IL 15. «le caifar ou di'oit de passage». Ibid. 18. Litti^é a don- 
né de Caphar une définition inexacte, ou plutôt il n'a fait que reproduire la 
définition du Diction, de Trévoux. 



CARA 7$ 

et qui est d'après lui un poste d*homme$ percevant une 
contribution pour l'entretien et la sûreté des chemins (i). 
Sur SjUi. ou peut lire une note intéressante de Quatre- 
mère, Sultans Mamelouks. I. i^^^ part. p. 208. 

Caracole (2). Mouvement en rond, ou en demi-rond; 
qu'on fait faire à un cheval (Acad. ). Esp : caracol. Littré 
y voit l'arabe f^ ^karkar, revenir sur ses pas, recom- 
mencer à plusieurs reprises; r final serait devenu 1. 
Je ne saurais y contredire. 

Carafe. Esp : et Plg : garrafa. Ital : carafia. M. Dozy 
ne doute pas. que le mot vienne de la racine J»^f garafa, 
puiser. Mais quand il s'agit de déterminer la forme arabe, 
qui a donné naissance à l'esp. garrafa^ l'illustre orienta- 
liste n'a plus guère que des conjectures et des analo- 
gies (3). Lerchundi a sJ\J^ gharrâf^ petit vase; il y a 

encore ôjjP cruche. Mais il faudrait trouver une forme 

SljP ou au moins J>^ /- ayant le sens de notre mot 
caraffe. 

M. de Eguilaz abandonnant franchement la racine ijjt 

propose SI j3 , parafa, dont le plur. seul Oliljj parafât ^ 

(1) Voyage en Nubie, Tradact. franc. T. I. Introduct. LXÏJ. 

(2) Oa éci*It aussi caracol : « Les Theasalians, faisant promptement le 
caracol, revinrent à la charge». Vaug^elaa. 

(3) V.GI08S. p. 274. 



76 CARA 

• ■ I I I ■ ■ I ■ ■ ■ I 

se trouve dans les dictionnaires classiques avec le sens de 
seau de noria servant à Tarrosage des jardins. La trans* 
cription du zaîn par g ne fait pas grande difficulté en 
espagnol. Mais parafa s'adapterait mal à Tital. caraffa^ 
et à notre mot cara/^. 

CarameL On trouve aussi carameUe. D'après Littré ce 
mot viendrait de Tarabe kora^ boule et mochalla^ chose 
douce. En effet S/^, korra^ veut dire boule dans la 
langue usuelle. Pour nnochalla je ne vois trop à quelle 

forme de >U Yvalâ, être doux, il peut s'appliquer. Cette 

étymologie ne semble rien moins que sûre. • 

Caramoussal. Esp: caramuzal. cat: caramussal. Le 
supplément au Dictionnaire de l^ Académie (i 786 ) écrit ca- 
ramoussatSy dont il fait un substantif masc. plur. D'autres 
écrivent caramoussat. « Le caramoussal est un vaisseau 
de Turquie, qui a une poupe fort élevée. 11 porte seule- 
ment un beaupré, un petit artimon, et un grand mât avec 
son hunier, qui est extrêmement haut; il n'a ni misaine, ni 
perroquet, sinon un petit tourmentin ». ( Trévoux ). Cara- 
moussal paraît une corruption de i^jlS qârebj barque, et de 
J=**^ , mousatiahy ponté. { V. plus loin Mistique). 

Caraque. Un des plus grands vaisseaux ; il servait à la 
guerre et au commerce. Esp : carraca, caracoa, coracoa. 



CARA ^^ 



>• ^ 



Ptg: caracora, corocora. îtaU caracca (i); de jy^ 
qorqoûr^ grand vaisseau marchand, ou plutôt de son plu- 
riel j^\J qarâqir. Ce mot était employé par les arabes 
du désert (2). Il paraît dans les vers de Nâbigha: 19, et de 
Ar-Râgez etc. Voir aussi Aghânî XX 24. Il, 61 (édit. 
Salhani); Hamâsa 726. Il n'est pas pourtant d'origine 
arabe; on s'accorde à le dériver de i^Qwvqoç^ en lat. cer- 
curus. Mais il n'est nullement nécessaire de chercher son 
origine dans la langue malaise (3). 

Caratch ou Eharad j. Capitation que payent au Grand- 
Seigneur les sujets non-musulmans (Litt.); de pif kharâg, 
impôt foncier, et non capitation comme on trouve par- 
tout (4). « Les Chrétiens payent le carach c'est-à-dire 
une capitation de 6 piastres par tête, depuis l'âge de 



(1) Tous ces mots, comme Ta observé M. Devic, sont anciens dans nos 
langues, du XIV® siècle au moins. L'espagnol carraca est encore plus an- 
cien. Car on le trouve déjà dans la Cronica gênerai. M. de Eguilaz le déri- 
ve de :3\y», auquel il ne donne que le sens de brûlot. 73\j> a encore le sens 
de barque. (Voir Ibn Batouta. II 116 Mas^oûdi. VI. 477, 78 et pass. Mille 
et une nuits ( éd. Salhani pass, ) et le Gloss. de Dozy s. v. faluca . 

(2) Mu'arrab. 123. 

(3) Comme le voudrait M. Devic. Je crois pourtant que le savant étymo- 
logiste a raison quand il affirme que les formes portugaises coracora, cora- 
cara, ainsi que le français coracore,vaisseau des Philippi -es, viennent dii*ec- 
tement du malais (jjS^^) korakôra, grande embarcation en usage par- 
mi les habitants de Parchipel indien. 

(4) V. Synon, arabes. n°' 300 et 921. En Egypte les terres kharadjis 
sont des terres grevées d'impositions plus fortes que les terres ouchouris, 
V. Répertoire de législaU égyptienne,, par Ph. Gelât. 



78 CARQ 

puberté; et demi-piastre de plus pour le Receveur et 
Collecteur » Mémoires de d'Arvieux VI. 339. On trouve 
aussi Carache et Carag, 

Caroube ou Carouge. ( i ). Esp : garroba , garrubia, 

algarroba. Val: algorfa, garrofa. Ptg: alfarroba. Ital: , 
carruba, « Le Caroubier ou caroulier, dit d'Arvieux ( II. 
250) est un arbre de médiocre grandeur qui pousse une 
quantité de branches et de rameaux qui s'étendent beau- 
coup et font un bel ombrage » ; de l ^j- kharrouba ou 

s^yT khornoub, même sens ; cette dernière forme est 

m 

préférée par Ibn-el Beithar. De IjlT vient carrobe, com- 
me on disait autrefois. En Languedoc on dit encore 
carroube. On appelait carrobes « certaines fèves qui vien- 
nent en abondance dans Tisle de Chypre; la plupart des 
habitants s'en nourrissent » (Trévoux). Ces fèves sont des 
caroubes que Chypre produit encore en quantité. 

Carquois. Après les savants articles de Defrémery, 
Dozy, etc. il est prouvé aujourd'hui que ce mot dérive de 
l'arabe, qui vient lui-même du persan; Ji5j^ , terkech, car- 

quois a fait J^ISjr tarkâch^ (2) et ^^J {})tarkachy sig- 
nifiant tous les deux carquois. 

»■■ ■ - »■■■■■ ■■■■■■■■ Il ■ ■■ ■^■^»^i^^^»^M^—i— ^^^^W^i— ^^M^— — —^i^^— * 

(1) On trouve aussi carouche, 

(2) Voir Sultans Mamelouks I. 1 à 13 et Dozy supplém, 

(3) Cette forme est dans le Chifa al-Ghalil avec la remarque sui* 



CASE 79 

■ — ■ • ■ -._.- ,, . . _ ^^^ 

Casauba, Casba, Casbah. Forteresse, de iJa» qasaha^ 
qui parmi ses nombreuses significations a celle de forte- 
resse. « Le principal château ( d'Alger) est appelé Valcas- 
sabe ». (D'Arvieux III. 231). 

Caserne, de 1 jLaï qaisâriyâ (i). Ce mot qui en Orient 
signifie halle, ba^ar, a eu dans le Nord de l'Afrique le 
sens de caserne ( V. Dozy supplêm, ). En Algérie « on 
appelle Caisseries (2) de grandes et vastes maisons faites 
comme nos cloîtres, où logent les soldats (j). Elles ont 
une vaste cour, au milieu de laquelle il y a plusieurs fon- 
taines. Les chambres qui sont tout autour sont distribuées, 
de manière qu'il y a huit hommes dans chacune. Ce grand 
nombre d'hommes, qui logent dans le même lieu, n'em- 
pêchent pas que tous ces appartements ne soient fort 
propres». (D'Arvieux III. 230). Rappelons que les ca- 
sernes ne datent en France que de la fin du XVII siècle. 
Au commencement du règne de Louis XVI elles étaient 

I . I ■ I - - |- -ri ■! I r ■III I ^ ■ . - ,^—^ ^^ 

vante : a^ \^y<Sj ojJ^jiS *<> >iU-JI ^2/^ Sï-ÇiTC jSj ) 

(1) Du latin cœsarea, ou si Ton veut, du grec y^aitraçHa 

(2) Kazimirski et M. Edouai*d Gasselin n'hésitent pas à traduire caseï*- 
ne par îjj^ 

(3) Et dans la table des matières des Mémoires du chèv. d'Ârvleu^ 
caisserie est expliqué par caserne. «Les arabes de la Terre-Sainte nom- 
ment caser ies ce quVn appelle aiileura des Kana et des Caravanseras». 
Trévoux. 



8o CASS 

loin d'être générales et la plupart des soldats logeaient 
encore chez les habitants. 

Casâe. Poêlon, chaudron, vase à puiser et à boire, 
grande cuiller. Esp: cazo. Ptg: caço. Ital: cazza. M. 
Devic propose de dériver tous ces mots de ^^kas^ 
coupe (i). M. de Eguilaz propose une étymologie qui est 
définitive a^ qâs^'a^ scutella, lanx escaria, dans Freyt. 
C'est une grande écuelle qui peut contenir de la nourri- 
ture pour environ lo personnes. Cette même capacité 
est indiquée par Tha^alabî ; (2) s^l^^l^JI «JS îwaS 
Le même auteur observe qu'elle était en bois, comme 
toutes les écuelles des Arabes : w-Jt^ ^y *-JjJI ^^j 

Cassis ou Cacis. Boisson, dont l'origine est inconnue 
(Litt. Brachet). En arabe ,jJuJS^ kasîs est une liqueur 
fermentée extraite des dattes (3). Littré remarque que 

(1) M. Devic ne trouve ce mot pour la l*'''®fois que dans le j^ Sj^, strat 
^Antaty Aventures d'Antar. Or le Kitâh al-Aghânî en parle déjà; de même 
Tha'âlabi(morten 1038) dans son bel ouvrage îexicographique îaUI «S. 
foqh al'lougha, ( La Jurisprudence ou la Ciitique du langage page 1 5 ). Il y 
établit d'après Aboû-'Obéida ( 733-826 ) la synonymie de JiS'Kâs et Sç^v^^ 
Zoug^gà, verre. ^iT est encore dans 'Alqama ( 13-38) et dans A'châ cité 
par Yâqout ( II. 538 ). 

(2) îiUl u> p. 264. Edité par le P. Cheikho S. J. Beyrouth. 

(3) On lit dans une note de la traduction du Diwân d*al Hansd'que «les 
Arabes buvaient peu de vin, même avant les prohibitions de l'Islam; lem's 
orgies consistaient d'ordinaire à se gorger de lait» p. 213. Cette assertion 
déjà émise par Ibn Khaldoûn dans ses Prolégomènes ne tient pas devant la 
lectui'e des poésies antéislamiques et da Kitâb al-aghânî, ce mh'oir fidèle 



CEND 8i 

quelques personnes prononcent Ts final de cassis , usage 
qu'il n'a garde d'approuver. Et si c'était une trace de son 
origine arabe ? 

Cavas ou Cavass (i). Sorte de janissaire ou gendarme 
employé dans les consulats; de ^j-ly ^aM^zz;^^, (prononcé 
cavas par les Turcs ) signifiant proprement archer. 

Cendal ou Cende. Esp : cendal. Ptg : sendal. Engel- 
mann avait d'abord admis ce mot dans son Glossaire. 
Dozy lui répond que Jjc^ , sandal, est un emprunt fait par 
les Arabes aux Européens. Je n'oserais être aussi affir- 
matif .• Jjiip , il est vrai, ne s^rencontre pas, avec ce sens, 
dans les dictionnaires classiques. Mais il ne me semble pas 
impossible que ces tissus qui nous arrivaient de l'Orient 
aient gardé leur nom arabe. Les cendes ou cendeaux de 
Tyr étaient, nous dit Edrisi, d'une qualité supérieure et 
formaient un important objet'd'exportation (2). Un article 
des assises de Jérusalem obligeait les fabricants de cen- 



de la ¥16 des anciens Ai'abes. D^où viendraient les innombrables noms don* 
nés au vin par les Arabes ? Que signifie le serment si familier aux vieux 
guerriers du désert : Je ne boii*ai du vin qu'après m'être vengé ? (Aghan. 
L 207. n. 53. 84. 158 etc.. éd. Salhani). Les MohalhlU n^étaient pas rares 
Le vin, le^ij , ou marchand de vin, paraissent dans les moindres petits 
campements. L^histoîre racontée au 1^^ I. d'Aghani ( p. 255 ) est réellement 
topique; elle prouve que Tusage du vin était général dans la Péninsule. 
On peut voii' aussi 5. Frœnkel ( Ai'am, Fremdw. p, 154). 

(1) Cette dernière orthographe est de Lîttré. ( SuppL), 

(2) F. Michel. Hist de la soie. T. I. 83. et Rey. Colon. Franq. 215. 

6 



82 CHAC 

__ j m-m I I., uMi_ j _ ■ ■ - r I ----- ^— 

des, cendal ou syndous à présenter leurs pièces en blanc 
à l'examen (i). Maintenant que l'arabe Jjiup dérive de 
cLvddip , je n'y vois aucune difficulté (2). 

Censal. Courtier. Ital: sensale; de jusr simsâr, mê- 
me sens» Bocthor donne aussi la forme jUc^, simsâr\ 
Marcel a même jLr^ , simsâl (V. sensal). Sur l'origine de 

jL<, etc. Voir Aram. Fremdw (186). L'établissement 
des censaux à Marseille est ancien. En 1 5 99 on y comp- 
tait déjà j 8 censaux ; il y avait défense à toute autre per- 
sonne d^exercer cette charge. 
Chachia ou Chéchia. Bonnet rouge fabriqué dans la 

M* 

Tunisie. C'est la transcription de i^Ll cAâcAf/a, qui est 

un adjectif de ^\^chach, bonnet de mousseline (j) dont 
on entoure le tarbouche ou bonnet, comme le dit al-KLha- 
fâgt : y^3 <À^ J^' JiUI -u j ^\}\ Je LiiL' ^j^ y^ C J.b ) 

\xX\ î^l ^ JjîL^ « châch est cette pièce d'étoffe qu'on 
roule autour de la tête et qui prend alors le nom de tur- 
ban. Le mot est emprunté à la langue indienne» (4) 



(1) AssifieB de Jérusalem T. IL 36. 

(2) Du môme mot grec les Arabes avaient déjà fait ^!)Cw:l ( V. Syn. Ar.) 

(3) Comme dans ce passage des Mille et une nuits : *^^>* JJ^ u^j ^j 
(IL 370. édit. Salhani) et cet autre de Soyoûtî: c:^ix5<3t c» mO^ ^ Jïr^^^J 

(4) D'après cette remarque de l'auteur du JJUJI 'Ui ne serait-il pas per- 
mis de conjecturer que ^sZJtAJti est un adjectif formé du nom de la ville de 
^U, Ckàck où cette étoffe aurait été fabriquée (V. Yaqout DL p. 233). 



CHAL 8j 

< JJUII •Ul ) . Dans Niebuhr le tarbouche est appelé /ce^ 

<,j-li) , et sach 1 ^H )est la pièce d'étoffe dont on le 
oouvrè(i), 

Chafoaa. Huitième mois de l'année musulmane (2), de 
ôl^i» cha'^bân. Du Loir écrit chahban. « La lune de chah'- 
ban est une des trois pendant lesquelles les Mosquées 
«ont ouvertes pour le Temgid ou la prière de minuit » 
(p. 145 ). Oh trouve encore chavan et même chuan «Cha - 
bân était ainsi appelé parce que les Arabes se disper- 
saient (wJti3 /ocAa^à^ ) pouf chercher des citernes et pour 
piller » ( Mas'oûdî. IIL p. 4 1 8 ). 

Chaland. Bas lat : chelandium, chelandrium, salandra. 
Sorte de bateau plat. Ce mot se rencontre déjà dans la 
chanson de Roland, M. Devic hésite donc à y voir l'arabe 
"SJcjl chalandîj navire, qui servait aussi en temps de 

guerre. On trouve encore (^jG^ charandi '( j ). ( Ibn-Hau- 
qal p, I j 2-2 et 1 9 ). Les deux formes sont des transcrip- 
tions du Byzantin laXi^^iop. Au moyen âge on disait encore 
salandrcy :{alandre et même palandrie, dénominations bien 
connues des croisés (4). 

(1) V. de Sacy ChresL ar. I. p. 199. 

(2) Et non pas troisième mois comme écrivent Trévoux et Gasselin. 

(3) Deux fois M. Paulin Paris a trouvé chaland, écrit charlan. On trouve 
aoftsi chalan. Mais les plus anciens textes ont un U 

(4) Rey. Colon Franq, 160. 



84 CHÀL 

Chalef et Calaf. « Le Calaf est un petit saule qui ne 
s'élève jamais à une hauteur considérable, dont le tronc 
est droit, la feuille ovale, faite comme une lancette et 
profondément dentelée à ses bords. Il n'y a point d'arbre 
plus fameux en Egypte à cause de l'eau que Ton tire de 
ses fleurs... Us l'emploient dans toutes sortes de maladies. 
Il y a des Apothicaires au Caire dont l'unique emploi est 
de vendre du Calaf \ c'est le nom qu'ils donnent à cette 
eau». ( Hasselquist ) Le Dictionnaire de Déterville l'ap- 
pelle macahalef et il considère comme très-probable que 
le Calaf est un Chalef Effectivement les deux mots vien- 
nent de ^^U khalâf, saule d'Egypte qui paraît être le 

même arbre que le ô\ bân. Quant à macahalef c'est une 

transcription vicieuse de J^*^\ *l* ma al-khalâf eau de 

Chalef ou de calaf (i), différente de ^i<i-l ^^ , l'essence 
de fleurs de Chalef décrite par Ibn el-Beithar. (IL io8). 
Chaloupe. Esp : chalupa. // : scialuppa. On considère 
généralement ces mots comme une altération du néerlan- 
dais shep. Avec M. de Eguilaz je préfère les tirer de ïJU. 
galba ou goulba, grande barque (i), faite de planches 

(1) V. Glossar. Geograph, Arab» éd. de Goeje p. 37 «l'eau de Calaffe est 
un sudorifique et un cordial excellent qui se tire par distillation des fleurs de 
l'arbre qui porte ce nom». Description de l'Egypte par M. de Maillet. Tré- 
voux écrit'macAa/a/" mais il a tort d'obliger à écrii'e coUaf au lieu de calaf, 

(2) Je soupçonne que les galvettes dont Niebuhr parle fréquemment dans 



CHAR 85 

jointes avec des fibres de cocotier (Ibn Batoûta. II. i jS), 

Ce mot revient souvent dans Edrisi, Ibn ôoubair, Maq- 

rîzî etc.. et longtemps avant ces écrivains dans le Livre 

des Merveilles des Indes. ( p, 93 ). 

Charabia. Esp. et Ptg: algarabia. Basq: algarabiâ. 

Fïg: algaravfa, algravia, arabia. On s'accorde générale- 

^ ^ ^ 
ment à dériver toutes ces formes (i) de ï-»jJI alarabîa 

proprement : la langue arabe. De là on aura passé au sens 

de baragouin. Le ch qui commence le mot français peut 

jf ^ ^ 

être comparé avec l'espagnol alcaraviat [à^^ji\) où 

le f^est réprésenté par un c dur. (2) M. A. Sédillot dit 
que charabia « est tout simplement le jargon arabe char 
ou jar arabiah » (3). En effet Z^f^yt, charr ^arabîa, con- 
viendrait à merveille à charabia. Mais il faudrait, comme 
toujours, des preuves à l'appui de cette conjecture. (4) 



la Description de l'Arabie ne sont autre chose qu'une transcription de XJ^' 
Yoir pourtant la note de la p. 152 du Voyage en Arabie. T. U. 

(1) Pour les formes espagn. le doute n'est plus permis. Com{$^. ce texte: 
a palabras que se dicen en algarabia : non hay otro sinon Dios, é Mahomad 
es su mensagero» (Castigos e docum. del rey D. Sancho p. 135). 

(2) Comp. le texte d'Ambroise Paré où l'arabe est qualifié de baragouin 
(V.Bézoard). 

(3) Hist. des Ai*abes. 1. 423. 

(4) M. Sédillot oublie trop souvent de les donner. Ce qui est encore 
désespérant dans les innombrables étymologies orientales qu^il propose, 
c^est que les mots ne sont jamais transcrits en arabe. Voici d'aillem*s 
quelques échantillons de ses connaissances étymologiques. Abandon d'après 
M. Sédillot vient de l'arabe ahadoun (?). Baisser, abaisiser du verbe arabe 



86 CHEI 

Sans cela la science étymologique rentre dans la voie 
des rapprochements arbitraires, d^où elle a eu tant de 
peine à sortir. 

Chebec. Bâtiment à 3 mâts de la Méditerranée. Ancien 
franc: chabek. Esp\ jabeque; javeque, xabeque, euxabe- 
que. Val: jabech. Ptg: xabeca. Caf^ xabech, xavega- 
Ital: sciabecco. Tous ces mots n'ont rien à faire avec le 
turc S-^ sounbakîj (i) et dérivent de Tarabe fJLi , ckoub^ 
bâk ou chabbâky même signification, qui date au moins du 
XV™® siècle. « Lorsque la goélette maltaise ou le chebek 
arabe est bon marcheur... » B. de Krafft. Tour du monde 
i®^sem. 1861. p. 66. A moins qu'on ne préfère J^ 
chaboâqy navire qui est dans Moqaddas! (2). 

Cheikh^ Cheik ou Sheik. Transcription de ^ cheikh^ 
litt : vieillard. A propos du titre ' de )>ieux de la montagne 
donné par les historiens des croisades au prince des 



bassa, à la 4™^ fonne abassa, La plapart des noms de grades militaûres 
sont aussi d^origine arabe. Maréchal vient de maresh-al-kyla ou mehella^ 
le gardien des forteresses ou du camp.De même caporal, sénéchal (seich-al« 
cazar ) connétable ( connetioun ? ! ) général etc.. ( V. Hist. gén. des Ai*abes. 
Append. I.) Pour ôtre exact ajoutons que dans plusieurs de ces étonnantes 
étymologies M. Sédillot suit Narducci, guide souvent dangereux. Comme 
historien M. Sédillot n'inspire guèi*e plus de confiance que comme étjmolo- 
giste V.La Poésie Arabe Anté-islamique. Par M. René Basset, p. 78. 

(1) Comme le voudrait Devic. Voir aussi Dozy ( Suppl, ) L'étymologîa 
acceptée par Littré dans son Supplem.. ne semble pas non plus admissiblôT 

(2) Géographes Arabes. UL Vol. p. 82. L. 2. (édit de Go^je). 



CWA 87 

Assassins, on Ht dans les Lettres édifiantes i «Nos vieux 
historiens ont mal entendu l'Arabe. Scheik signifie vieax^ 
senior; mais il signifie aussi Seigneur. Il n'est pas vrai que 
les Assassins choisissent pour prince le plus ancien 
de la nation; il fallait donc traduire le Seigneur de la 
montagne. » (VII. p. 206. Paris-1728). 

Chôrif . « On appelle chérifs tous ceux qui descendent 
de Mahomet ou Muhamed... Ils portent un turban verd : 
il n'est permis à aucun autre qu'aux chérifs de porter ce 
turban,» (i) C'est la transcription de sJ^jt charîf, 'illus- 
tre, noble. Le prince de la Mecque ne porte le titre de 
Chérif qu'en vertu de cette même descendance, 

Chewal. Dixième mois musulman, de Jl^ chawwâl^ 
parce que « les chameaux dressent leur queue dans cette 
saison.,. Les Arabes ne permettaient pas le mariage pen- 
dant ce mois »[(2). 

Chiaoux ou Chaoux. De J^jb chawoâch ( Gasselin) mot 

pris du turc ^^jU tchâouch^ huissier, appariteur, sergent 

^ . . .* * 

d'mfanterie, chiaoux* On trouve aussi chaoulx dans les 

anciennes relations. 

> * 

Chibotlque. Pipe de jJ:. chobouq , tuyau de pipe ou 



(1) D^Arvieux 1. 84.- Sur les noms que portent les Chôrifii dans les diffé* 
reots pays arabes V. Mebuhr Description de l'Arabie p. 16. 

(2) Cfr. Mas'oûdi III. 419 et ChamB eddin de Damas, p. 401, 



88 crvE 

dit choboukj comme écrit Bocthor* Les deux formes 

viennent du turc 3y^ tchoboâq^ baguette et pipe. 

Cîd. De al- sayîd^ seigneur, prononcé vulgairement 

sîd : de là Sidî, monsieur ( j^ju- ) 

Cime. Esp. ItaL Provi cima. Ptg: cimo; «du latin cy-ma 
et cuma^ tendron, cœur de chou » nous dit Littré. Pour 
ma part, je trouve plus satisfaisant de rapprocher cime de 
ï^ , qimma^ cime, sommet (de la montagne etc.. ). 

Cimeterre. Du persan >1^ chimchîr^ même sens. Let 
turc a le même mot. M. Mie. Schapiro le dérive du grec 
Htî^a etc. [Révélât, étymol. n^ j8) et ne conçoit pas « com- 
ment le persan schimschir s'est métamorphosé en cime- 
terre ». 

Civette. Esp: civeta. Ital: zibetto. Le mot civette (i) 
ne date que du 1 6°^® siècle. Il vient de ^l> j , :{abâd (2) qui 
désigne la substance parfumée que sécrète l'animal de 
même nom, appelé par les Arabes ^l»jl Jaï , ^att a:{- 
:{abâd^ chat qui fournit la civette, le gatto :[ibetto du P. 
Ange de S. Joseph. L'auteur du Qâmoûs veut absolument 

(1) Ou plutôt Civetta, qae Belon aurait employé le premier en 1553. 

(2) M. deEguil. dérive civeta de ««a^j) zebeda, muscum». ^ous ne con- 
naissons pas ce sens à ;jl{ j , zoubda. Ce mot signifiant crème de lait, éco- 
mei beurre frais. Aux Indes «outre les chats ordinaires, il y en a d^autrea 
entièrement semblables à eux, qui produisent cette matière odoriférante 
que nous appelions en France Civette et que les Portugais nomment algalia.» 
(R. P. Philippe, p. 374 ) de sJUI. 



COIF 89 

■ — ■ ■_ _^ ^^ ^-^__^.^^_^^^__- 

que ce soit le chat vulgaire. Le Chérif el-Edrîsî dit positi- 
vement que la civette est plus grande que notre chat 
domestique. Dans Aghânî (II, 5 2. Salh.) ^l 3 est expliqué 

par peaux parfumées. <^ ï^lj U :^ y^j ^Ij 

he\Zibeth est une variété de civette vivant dans les 
Indes et dans les îles de l'archipel Indien. Ce nom imposé 
par Buffon se rapproche encore plus que civette de l'ori- 
ginal arabe ^Ij . Voici comment Mas'oudi décrit cette 

espèce indienne: Jbjl >LJIS^^ljJI xX\ Jbj) (O CA^j 

t>l, ^j^l ^1 l^j> ^ ^ U jvS^lj ^yJir s/ in;irj.MJyi 

v.^ v^Jall j^ çyll lÔAj iljl . Parmi les petites espèces de 
quadrupèdes de Hnde on trouve le zibeth ; il y est aussi 
commun que le chat en pays musulman; comme lui, il a le 
pelage tigré. C'est de ses mamelles surtout qu'onlire le pré- 
cieux parfum appelé lait de zibeth» (Prairies d'or, III. 57) 
D'après Chams ad-dîn de Damas « la civette abyssinienne 
est meilleure que l'espèce indienne, ^ j^ llxi-t ^l jj 

Sx^ (2) » 
•• • 

CoifEé. Esp : cufia. // : cuffia. MûUer a proposé de dé- 
river coiffe de li^koûfija^ coiffure arabe bien connue. 



(1) Poar le sens de cA,j^ que Freytag semble confondre avec ^lj*notis 
renvoyons à nos Synonymes Arabes N^ 1540. 

(2) j»J\j j^) wJl^P . Edit. Mehren p. 159. 



90 CORV 



ST. i. 



Dozy a montré que cela n'était pas sérieux. Zi^ est un 
mot arabe qui ne paraît pas remonter au delà de l'époque 
de Maqrîzî. 

Corvée. Pihanle fait venir deî/^, korba, tristesse, 
sollicitude, sens évidemment trop éloignés de corvée. Nous 
croyons Fétymologie latine beaucoup plus fondée. Telle 
n'est pas pourtant la pensée de M, A. Sédillot : « Au mot 
corvada qu'on rencontre dans un capitulaire de Charle- 
magne on aurait pu indiquer le terme arabe corveh (i) 
qui a la même signification. Les Musulmans qui oc- 
cupaient la Gaule méridionale depuis plus d'un siècle 
imposaient aux habitants des corvées que nous appelons 
aujourd'hui des réquisitions^ et il ne serait pas surprenant 
qu'on leur eut emprunté ce nom.» (Hist. des Arab. ÏI. 
p. 221 ). Accordé! Mais tant qu'on n'aura que i*^ 
ou corveh^ l'étymologie de corvée n'aura guère avancé. 

s 

Corvette. Esp: corbeta. Ptg: corveta. Ce mot ne 



(1) Qae peut bien repréBenter corvefû M. Sédillot est réellement découra- 
geant. Ailleurs à propos de curée il propose comme étymol. l'arabe « Kurehy 
action de dévorer». A quel mot fait-il allusion? serait-ce j^ , qarw, vase 
quo canis bibere solet (Fi-eyt.), est-ce i^^, ^'ir^, repas donné à im hôte, du 
verbe 4^^, auquel Bocthor donne le sens de dévorer (au figuré) ? Il y a en- 
core j9^ , qarad, [ronger. Quoiqu^U en soit, les formes anciennes de curée 

établissent sa dérivation de cuir^ explication qui inspire tant de dégoût à M. 
SédiUot. 



1. 



CRAV 91 

viendrait-il pas de U^f- ghorâb^ corvette, comme tra- 
duit M. Amari (Bibl. Ârab. Sic.)* Dâas un manuscrit 
arabe du Vatican on trouve cette description : « 'jJlH Ut 

ôy\^3 aîûi Kij 6»jf ûu) jb iTc vJJii^ili olj^at J^j. Quant 
à la galère, appelée autrement gorâb^ elle est mise en 
mouvement par 140 rames, et porte des combattants 
et des rameurs. » ( V. Quatremère. SuU, mamel. I. i ** 
p. I42), C'était donc un navire de guerre. V, plus loin 
Gabarre (i). 

Couscous et Cpuscoussou. De ,jiCjS^ komkous et 

\2)kou$kousoûjTtitme sens, de ^j,i!ll^^a^^a^, broyer 
menu. « Le couscoussou n*est autre chose que de la farine 
aspersée légèrement d'eau, qui à force d*être remuée se 
forme en petits grains comme des têtes d'épingle. Ils 
l'apprêtent avec la viande et le beurre à peu près 
comme le ris.» D'Arvieux. V. 280 (V. Dozy. Sapp.). 

Gravache. Esp : corbacho. M. de Eguîlaz assigne com- 
me origine au mot espagnol l'arabe pi *^, kirbag, dé- 
rivé du turc «ly , qorbâch. Il est plus probable que tous 




(1) Y. aussi Ibn Batoûta. IV. 59. Dans un curieux passage Al-^Aïnî 
joue sur le double sens du mot. V. Historiens Orientaux des Croisades 

n. 1'" part. p. 242. 

(2) Forme préférée par Maqqarî, Ibn Batoûta etc. 



92 CURC 

* 

ces mots ont une origine slave : c'est d'ailleurs l'opinion 
des Turcs eux-mêmes (i). 
Croupe. Namur : crupe. Prop : cropa. Cat : gropa, Esp .• 

^grupa. Ptg: garuppa. //: groppa. J'adopte l'opinion de 

* 

Narducci qui dérive l'ital: groppa de o'^ ghorâb ^ 
« proeminentior pars coxse in equo et camelo qudô supra 
caudam est, » ( Freyt. ) Du Gange dérive croupe de l'ital : 
groppa; ce qui revient au même» 

Cubèbe. Esp : cubeba. liai : cubebe. Vieux fr. : cubebbe; 
de iu , kabâba^ même signification (2). M. Devic ob- 
serve qu'aucun dictionnaire arabe ne donne la voyelle u, 
ouj pour la première syllabe tandis qu'elle se trouve dans 
toutes les formes européennes. Cela tient, croyons-nous^ 
à la prononciation populaire arabe, qui donne une valeur 
vague, entre u et ou, à la syllabe précédant la longue af- 
fectée par l'accent tonique. 

Curcuma. Esp. Ptg. Ital: curcuma. C'est une plante 
dont la racine est appelée dans le commerce safran des 
Indes. Aux Indes le curcuma remplaçait le safran, dit Ibn 
Batoûta ôlji^j!' Jî»^ (^-^ y^ ( in. 103). On trouve cttfca- 

ma dans un tarif français du XVIP® siècle; de J^f 



(1) V. Mallouf.-et Dozy. SuppL 

(2) Synon. arabes ^"^ lOBS. 



I 



CURC 9j 

kourkoum^ ou ^ilT^^ kourkouma^ safran, û'^jjly^j %^^ 

<S^^ljJ\)\ ( Mu'arrab ). Il paraît que la coquetterie fémi- 
nine en fait usage en Arabe pour teindre le visage, le cou, 
le bras etc. (y. Journ, Asiat. 1845. ^ov. p. 396.). On lit 

dans un hadîth : « JuS^îlIT'iU ^ Si-^ 4^j jC • Le vi- 
sage de Gabriel s'altéra et prit la couleur du safran», 

L'Avicenne de Rome donne la leçon U^yy , qourqouma% 

que les dictionnaires n'ont pas relevée; avec raison, 

selon nous. C'est là sans doute une des nombreuses fau- 

tes dont fourmille le texte imprimé d'Avicenne (i). 



(1) Tout comme mi manuscrit du *uà du grand Philosophe arabe que 
nous avons sons les yeux. - Cfî*. Journal Asiat. ( Janv. 1867. - p. 22 ) une 
exceUente remarque du IK Leclerc. Dans ce môme article le savant médecin 
relève une foules d'erreurs. Nous ne voyons pas pourtant pourquoi il donne 
le nom de hims au pois chiche, FAi^abe ne possédant que les formes^^M;, 
himmas, et j^i^ , hzm wts. ( Cfr. Mu^arrab. 53.) Le peuple prononce 

hommos* 



94 DAMB 



D 



Dalle. Esp ; adala. « Terme de Marine. Petite auge qui 
sert dans un brûlot à conduire la poudre aux choses 
combustibles » ( Trévoux ). Tuyau qui sert à conduire 
l'eau de la pompe hors du vaisseau. On a déjà fait remar- 
quer avant nous que ce mot ne peut pas dériver de 3 V^» 
La véritable étymologie est donnée par M. Schapiro, 
Révélations étymologiques ^ N^ 78. Aux mots cités il peut 
ajouter dalots, morceaux de bois percés et disposés en 
pente le long du tillac, qui passent au travers du bordage 
et servent à faire écouler Teau des pompes et des gout- 
tières. 

Dame-Jeanne. Esp : damajuana. Ce curieux mot paraît 
bien avoir une origine arabe et aura été probablement 
« introduit par le commerce avec le Levant». (Litt.) Voici 
comment Bostani décrit la dame-jeanne: li^lj 5ao î«rW3 
UyblU Jp ^ Jiï ^Ji pCLi. ^\ 2^ J^^, C'est une grande 

bouteille revêtue d'osier ou de jonc. Et à côté de Z G^tS 
dâmigâna ( qu'il préfère ) il cite les formes vulgaires 
<;l^3 damagâna^ et ïiU^ damangâna. Le même auteur 



DENA 95 

I I I . I .. . .1.. 

prétend que le mot est d'origine persane. Heury traduit 
dame-jeanne par Z\^^ (i) damangâna, 

Dauek ou Daiik. Esp : danique. C'est la sixième par- 
tie d'une drachme arabe, qui pèse douze carats. (Trévoux) 
Transcription de JtlS dâniq. 

Dajrse. Esp: et Cat: d'arsena* Cat: et Maj: drassana, 
drasena. //; darsena;de iû^ jl^ ddr-^an'aj <m ScL^jl^ 
dâr-sanâ''a (2). Ce qui confirme cette dérivation , c'est 
que sur le littoral méditerranéen au lieu de darse on 
disait aussi darcinè et darsine. 

Degré. Esp : adaraja, adraja. Esp. Cat. et Ptg : darga. 
Les formes ibériques dérivent évidemment de S>-j3 

daraga , degré , échelle , gradin , avec l'article 4>.j j!I ad- 
daraga. Je préfère y voir aussi l'origine du français degré, 
venu de a>-j^ , daraga, au moyen d'une métathèse, dont 
t'esp : adraja nous offre un exemple assez approchant. L'a- 
rabe ic^j^ daraga a d'ailleurs tous les sens du franc, degré. 

Denab. C'est l'a du Cygne ; de ^i ^ da/za^, queue, 
à cause de sa situation sur la queue de l'oiseau qui figure 

(1) Qu'il signald comme vulgaire. Lenoaveaa dictionnaire français- 
arabe par le P. Belot (en prépara tioix), ouvrage ti^ès complet, donne les 
mêmes formes. 

(2) Voir Arsenal et comp. ce passage d'Edrisi; Edit. Dozy. p. 90. 
« Jib^Jb chUIj v^Jlb J-J^^VI 'lliV Sc-UL^ jU Ifij» Les deux formes s^u^ jb 
et z^Cma jU sont employés indi£Eeremmeut par Ibn Batoûta. IV. 356, 357, 
359. 



96 DENE 

la constellation, (i) On sait que la véritable prononciation 
du S est entre le z et le d pur ; le a du grec moderne 
représente exactement le S arabe. Mais dans tous les 
pays de langue arabe le peuple lui donne presque 
toujours la valeur d'un d pur. Cette particularité de pro- 
nonciation date de loin. Le granimairien Al-laith (2) remar- 
que qu'elle était générale dans toute la tribu de Rabî'a. 

Dénébola. B. du Lion (Arago. et Bescherelle) Alté- 
ration de JuVi wSS danab al-asad, queue du Lion ( V. 
Nébulasit). On dit aussi dénébalé^et^ altération moins 
forte. 

Dey. L'étymologîe de ce mot a été indiquée il y a plus 
de 200 ans par le chevalier d'Arvieux. «Le mot Day signi- 
fie en langue turque un oncle du côté maternel. La raison 
pour laquelle ils (lès- Algériens) ont donné ce nom au 
Chef de leur République, c'est qu'ils regardent le Grand- 
Seigneur comme le père, la République comme la mère 
des Soldats, parce qu'elle les nourrit et les entretient, 
et le Da/ comme le frère de la République et par consé- 

(1) V. les planches qui terminent la Cosmographie de Chems-^ârdin 
Ed-Dimichqui (éd. Mehren). Voir aussi Les Etoiles fixes d'Abdurrahman 
As-Sufi p. 79. 

(2) Il s'appelait Aboul-Harith Al-laith-ben-Sa'd al-Fahmî, et vécut de 
694 à 782 de l'ère chrétienne. Ce personnage n'était pas moins célèbre par 
son érudition que par ses immenses richesses. Il jouissait d'un revenu 
annuel de 80 000 dinars, soit environ 12 00000 de francs. 



DJÉR 



97 



quent comme l'oncle maternel de tous ceux qui sont sous 
sa domination » (i). Ce n'est donc pas de l'arabe c/l^ 
dâHj missionnaire, qu'il faut dériver ce mot, mais du turc 
(il^ dâî ou t$U> 4àt {2) oncle maternel (j ). 

Djérid ou Grérid. Jeu favori des Orientaux. «Voici la 
manière dont ils font cet exercice. Ils se séparent en deux 
corps,... poussent leurs chevaux à toute bride, et tâchent 
par cent détours de gagner la croupe de celui contre 
qui ils combattent, et lorsqu'ils se trouvent assez proches, 
ils lui dardent sur le dos le bâton qu'ils ont à la main 
droite » (4). Djérid est la transcription de ju j>- garîd, 
proprement : branche de palmier dépouillée de feuilles, de 
^j>. dépouiller ; et absolument: bâton employé dans les 
joutes ou Djérid. Le djérid s'appelle aussi l'exercice du 
Meidan (5), expression encore usitée de nos jours dans 
le Levant. Le meidan ou midan est une place publique 
dans les villes de l'Orient. C'est la transcription de J^jS 
maïdân ou mîdan, esplanade, hippodrome. Le mot a passé 



(1) Mémoires du Chevalier d'Arvieux III. 249. 

(2) Ou encore yyi», iâii (Bianchi),- 

(3) Y. les judicieuses remarques de M. Defrémery. Journ. AsiaU Jauv. 
1862. p. 85-et 1867-p. 180. 

(4) D'Arvieux. H. 325. 

(5) Op. cit. II. 325. - «Ils n'ont ici que le meîdan c-à-d. la course des 
chevaux; les cavaliers se lançant des bâtons etc.» La Syrie et la Terre 
Sainte au XYII^^ siècle par le P. Besson. 

7 



98 DJIN 

en turc avec la même signification. Beaucoup de villages 
du Liban ont encore leur meidan. C'est là que les émirs 
et les cheiks venaient se livrer aux divertissements de la 

■ 

fantasia et du djérid. 

•* 

Djinn. Transcription de j>., djinn. Par ce mot les 
Arabes désignent tous les êtres invisibles, mêmes les 
Anges. Pour eux les créatures raisonnables sont divisées 
en 2 classes: J^j ^^iVI . Les hommes et les djinn, (i) 
Car «génie» rendrait mal le sens du mot. Dans une signifi- 
cation plus restreinte les djinn désignent une classe d'êtres 
assez mal définis, sur lesquels nous n'avons que des notions 
vagues. Us tiennent le milieu entre l'ange et l'homme ; ils 
ont été créés du feu. Parmi eux il y en a de bons et de 
mauvais ; il y en a qui se convertissent , et d'autres qui 
persistent dans l'erreur (2). D'après une opinion, popu- 
larisée surtout par les Mille et une Nuits, les génies man- 
gent, boivent et propagent leur espèce ; ils sont en outre 
sujets à la mort (j). Bref! les djinn sont distincts des dé- 
mons qui sont toujours des êtres malfaisants et confirmés 

dans le mal. 

Il ■ » ■« III ■ 1 1 1 1 ■ I » 

(1) Gomme dans oe vers d^Antai*, où P Achille arabe déclare qu'il ,ne 
craint personne : C^j CJi ^\>\ 'c.Ah U/i O j,4m^ Ui}» 

(2) Le Coran (som*ate LXXQ) parle de génies musulmans et d'autres 
qui sont infidèles Y. aussi Qazwîni. Cosmogr, L 368. et Damîri. I. 229^ 

(8) Bîvân d^aU Hansd, Traduit par le P. de Coppier. V. note de 
la p. 167. 



DOUA 99 

Doroxdc Esp : doronica. Ptg : doronico. Plantes de la 
famille des synanthérées. C'est une altération d'un mot 
arabe qui se présente sous les formes suivantes, ^jd 

daranagj ^\j^^rânag, fjj^ daroûnag. La dernière for- 
me est celle de Tédition égyptienne d'Ibn el-Beithar; 
Leclerc lit /j^ douranag. D'après l'auteur du traité des 
Simples j c'est « une plante abondante dans les montagnes 
de Beyrouth en Syrie ; on en trouve aussi à Kafr Solwân 
dans le Liban » ( i )• 

Douar. Esp : aduar (2). En « Algérie, dit d'Arvieux, on 
appelle une tente Dar et Douar au pluriel. Ainsi un 
kdouar (j) est un amas de plusieurs tentes, ce qui fait un 
village portatif et ambulant» ( IIL 23 5 )« jb dâr^ maison 

a parmi ses nombreux pluriels jl j^l adwâr. Dozy donne 

comme étymologie de douar le mot j\}^ douwwâr qui fait 

au plur. j\j^\ (Bocth.) jj\j^ (Paulmier y et j^jlj^ (Cher- 
bon. - Gasselin etc. ). 



( 1 ) Plus loin il répète encQi*e qu^elle se rencontre surtout dans les mon- 
tagnes de Beyrouth. Ibn el-6eitbar avait exploré le Liban où il ayait dé- 
couvert plosieui's plantes nouvelles. 

(2) L'esp. aduar peut représenter le plur. jij^i ou le sing. jijSJI . 

(3) «Leurs tentes qui composent lem*s Adoûards (sic) ou YiÛages ambu- 
lAitts etc..» (D^Arvienx IV. 28). «Ils di'essent leurs tentes les unes proches 
det autres ainsi qu^en un camp. Tout cela joint ensemble s'appelle on 
douarn P, Dan. 



loo DOUM 

Douane. Au 1 7°^® siècle Ménage dérivait déjà ce mot de 
ô\yj> dîwârij qui, chez les écrivains du Maghreb et de 
l'Andalousie, a la signification spéciale de bureau de doua- 
ne. Voir les nombreuses autorités citées (i) par Dozy 
( Gl. Esp. et Suppl. ). Dans le Livre des Merveilles de 
VInde (X°^® siècle ap. J. C.) douane est traduit par 
oJâL* ou jlâJ (p. .119) lieu d'inspection Je sJaU il 

îni«Vl Jp l^ ^j:oï JaiLlI - Il y a sur le rivage un bureau de 
douane, où l'on perçoit une taxe sur les marchandises. » 
Douxn ou Douxne. Palmier nain de la Haute Egypte 
Voici comment le P. Sicard décrit « une forêt de doums 
ou dattiers sauvages. Cet arbre que l'on ne voit en Egyp- 
te que depuis Girgé, en tirant vers la Nubie, a cela de 
singulier sur tous les autres arbres, que son tronc se di- 
visant et se fourchant en deux parties égales, chaque 
branche se subdivise en deux autres, qui se partagent 
chacune de même façon Jusqu'à ce qu'elles parviennent 
à la cime des dernières branches. Ce ne sont que ces 
dernières branches qui produisent des feuilles semblables 
à celles des palmiers. Le fruit, qui est de la couleur de 
son écorce est gros comme une petite grenade. La chair 

(1) On peut y ajouter le passage du Collier de perles de Badr ad-dîn Al- 
*Aïnl où il est parlé de droits de douane :^'ijijdl 3jhi\ ( V. HUtorienB dôi 
Croisades. H. 1'" pratie. p. 223). 



DROG loi 

• ■ *- 1 ■ ^ - Ml I I I T I - I I IT . _ _ ■ _ _ ■ I ■ Il ■ I ■ .1 I I. ^11 ■ imt 

est si dure qu'une hache bien affilée ne l'entame qu'avec 
peine (i). Les paysans... trouvent moyen d'en venir à 
bout. » (2) Doum est la transcription de ^j^ daum ou 
doâm. Cette dernière prononciation est celle de presque 
tous les voyageurs. Poncet dans sa relation d'Ethiopie (3) 
l'appelle domi. Bruce (Nubie. I, 228 et V. 60) écrit 
doom. (Prol. Ibn K.hal. II. 216). 

Drogman ou Dragoman. Esp : truchiman. Ptg : turge- 
man. Cat : turcimany, trutxiraan. It : drogmano, dragomano, 
turcimanno; deû\^jtourgoumânj interprête. Il y a encore 

les formes CÀ^j tourgamân^ et CÀ^j targamân, ce que 
les Historiens des Croisades rendent par Durgeman ( V. 
Hist. Occid. II. Gloss. )- Drogman et surtout Dragoman 
ont certainement subi l'influence du grec moderne 
àçay6it,avoç. (4) Truchement n'est qu'une variante qu'on 
rencontre déjà au XV"^® siècle. D'Ar vieux écrit constam- 
ment trucheman. 



(1) On en feit encore une grande consommation au Caire. V. Missions 
Catholiques. 1882-p. 539. -Ce qu'on mange au Caire^ ai'ticle du P. Jullien. 

(2) Lettre au Comte de Toulouse dans la collect. des Lettres édif, (éd. 
Martin ) T. I. p. 473. 

(3) Lettres. édi£ L 604. 

(4) V. le substantiel article du Dict. de Trévoux au mot drogman, F. Gé- 
nin ( Récréât. PhiloL) raille souvent les Révérends Pères. C'est peut-être 
pour leur faire payer l'honneur d'avoir enregisti'é mainte étymologie 
oriôDtale qu'on voudrait mettre à l'actif d'auteurs beaucoup plus modernes. 



Î02 



ÉBU 



Dubhé. Étoile appartenant à la constellation de la 
Grande Ourse ; de fLill a(irdtbâ\ les Hyènes» { V. Cos^ 
mographie de Chems edrdin^ éd. Mehren, fig. 2.) 



E 



Ébahir. Il y a en Rouchi le participe bahi^ étonnant; 
au 1 6°^® siècle la lettre h était encore aspirée dans ébahir. 
Tout cela, joint à l'insuffisance des explications données 
jusqu'à ce jour, fait penser à c^ bahîta^ s'ébahir, comme 

traduisent Bocthor , Heury etc. ou bien à c^^ abhatUy éton- 
ner, ^Z^aA/r (i), comme dans Ibn-6oubair p. 148 et 239. 
A moins que l'on ne préfère ^^1 abhara^ éblouir, auquel 
conviennent mieux le vieux radical baïr^ étonner, l'espag. 
embaïr, faire illusion, et Titalien : baire, étonner. 

Éblis ou Iblis. Le démon, de ^jJi1)[ iblîs^ altération de 
diaSolog. Certains étymologistes arabes voudraient dériver 

^jA\ de ^jJù) ablaSj désespérer , «Iblis ayant désespéré de 
la miséricorde divine». Al-ôawâltqî, sans toutefois établir 
la vraie origine du mot, leur répond que si le mot était 

0mmmmmm,^^-^^mi m m ■ ■ ■ < ■. — ■■■ m I ^.» I ■ ■ 1^ ■ ■ ^1^^^— m , »■■■■-■ ■■^--■■■w> ■■■ ^Êm ■ i i ■ i n ^ ■■ ■ ■■, 

(1) Dans Pancien franc, ébahir était aotil Littré a raison de regretter 
qnll n*en soit plus ainsi. 



ÉCHE 



103 



arabe il se déclinerait • • «^ I \^\y ùb c^^ ^^ ctA"^'-^ 
sjj^ ii^ ù^rV St ( Mu*arrab, 17. ) 

Échecs. Ptg : escaques. /i? ; scacchi. - On a proposé 
l'arabe >^* ach^heikh; mais la présence de Va dans 

escaques et scacchi ne le permet pas. Échecs vient de dliJI 
ach-châh^ formé de l'article arabe et du persan chah] roi. 
« Le joueur qui met le roi sous le coup d'une prise avertit 
son adversaire en disant: ech-châh, le roi!» (Devic). 
La présence du c dans échec s'explique par la manière 
dont les Arabes faisaient sentir le o A persan final ; ils lui 
donnaient habituellement la valeur d'un J , d'un ^ ou 
d'une autre lettre sonore (i). 

L'expression échec et mai est une altération de Cj\a oLlil 
echrchâh mât^ que M. Dozy avait d'abord traduit par « le 
roi est mort » prenant ZX* , mât^ pour le verbe arabe 

mourir- Plus tard dans son Supp. il s'est corrigé (2). vIjU 
mât serait tout simplement un adjectif persan signifiant 
étonné, surpris (jv^ ) On dit indifféremment oU oit 

chah mâtj ou cX^ chahmâtn d'où l'ital: scacco matto; 



(1) Compar. igiL^ (d'où l6 franc: Belléric, sorte de m^rrobolan) venant de 
p6i*8an J^ - et Emblic de ^pXA amlag, da persan ^, amlefu On éciit en- 
core Emblique et Amblique, Poui* le changement da y en j comp. JjJyf da 
penan , jj^ , et j*^ du pers. «i^ ( Muarrab, 42 ) etc. 

(2) Sur les observations de M' G^demeister et de Mirza Kasem-Bey. 



I04 



ÉLIX 



OU bien «1»U ©llll echchâh mât, d'où vient notre échec et 
mat et Tespagn : xaquey mate. La présence de la particu- 
le conjonctive me semble due à l'aspiration médiale (o) de 
OUdLltl ech-châhmât^ qui dans la prononciation du peuple 
devient ech-chahêmat. 

Élizir. Esp. Ptg: elixir. //: elisire. C'était chez les 
alchimistes la matière, qu'on répandait sur les métaux, 
pour les changer en or ; de jiS)l[al-iksîr, pierre philo- 
sophale. La formation en est ainsi expliquée par les Mille 
et une Nuits. {UL 191. éd. Salhani): a dO^ç^ ^'jl^jVlo' 

w^ôll l^ ûy^^j l^jiiLi Ijui^l juJj Sjl^l vT^ . Les fleurs 
de cette île desséchées par le soleil tombent et sont em- 
portées par le vent. Elles se ramassent sous des pierres 
où elles se changent en iksîr, qu'on ramasse et dont on 
fait l'or. » (i) Khafâgî rapporte ( JJLil •LU ) qu'on l'apr- 

pelle encore ^f^^. Il est parlé de Viksîr dans le joJb 

d'Ibn-Mo'tarr (mort en 909 \jJ^\ vient de %nqôv^ sec- (2) 
Il a subi une dérivation de sens analogue à celle d'alcool ; 
le mot ne se dit plus que de liqueurs (j) résultant d'un 

(1) V. Ibn Batouta 1. 136. et Ibn Khaldoûn. Prolégom. III. 192. 229. 

(2) Ménage rattachait j\gS\ a la racine ^^ briser, «Télixir ayant la 
force de rompre les maladies». 

(3) Cette dérivation de sens avait déjà eu lieu en arabe, car là aassi il 
se disait de préparations liquides (Oozy. Suppl, ). 



ÉMIR 105 

mélange de certains sirops avec des alcoolats» (M. 
Devic). 

Émir. Prince; de >•! , amîry commandant, prince. 
Dans les historiens latins des Croisades ce mot est 
transcrit de la façon la plus variée : amirarius, ammiraius^ 
ammirarius, ammiravissuSj admiravissus^ amiratus, admi- 
ratuSj amiralius, admiralius (i), admiralis, amiraldus. 
D'où vient ce luxe incroyable de formes? (2) surtout de 
celles terminées en alis, aidas etc? Est-ce un souvenir du 
titre J^jJXju) amîr al' goyoâchj commandant des troupes, 
porté à l'époque des croisades par le premier visir (3) des 
Califes d'Egypte? (V. Aboul-Féda. I. 34, 1^^ Vol. des 
Hist. Orient. Crois, pass. ) ou bien de •I^VI jul amîr al- 
oumarâ^ prince des princes, et d'autres titres analogues 
qui allèrent se multipliant à la cour des Atabecs et des 
Sultans Mamlouks, et qui débutaient toujours par ... Jl>*l 
amîr âL.» (4) . 

(1) Comp. le néerlandais adrniraal, amiral. 

(2) Toutes n'ont pas été relevées ici. Qu'on n'oublie pas que dans tous 
les passages aux quels nous avons emprunté ces formes (Y. Tables et Gloss. 
des Hist. Occid. des Croisades ] il s'agit toigours d'émirs commandant les 
troupes de terre. 

(3) Avec qui les croisés eurent tant affaire, 

(4) nEmin ou Emir (c'est-à-dire commandant) est une appela tion 
honorifique que portent tous ceux des musulmans issus de Mahomet. Par 
extension, ils ont seuls le droit de porter le turban vert... ». Hist, générale 
de l'Eglise. Tome XV. p. 380, par l'abbé DaiTas. Dans ces lignes l'éminent 
historien confond émir, émin (de cq*)* amin, loyal, fidèle] et chérif. 



io6 ÉPIC 

Enif. Va de la constellation de Pégase. C'est la pronon- 
dation vulgaire de^^anf, ncjf. ^yi\^\ anf al-faras ^ 

le nez du cheval ou Pégase, appelé en arabe Jà^VI ^^^1 

al'faras al-a'dam, le grand Cheval. Au lieu de ^^^11 ^\ 

cette étoile est appelée beaucoup plus souvent ^yi\ i 

bouche du cheval, ou ^ji\ Zi^ lèvre du cheval, noms 
qui indiquent mieux sa position. (V. Abdurrahmân Es-su fi. 
Ed. Schjeller. p. 113). 

Épicerie. Il me semble prouvé que l'espagnol abaceria^ 
boutique où Ton vend du vinaigre, de l'huile, des légumes 
etc. dérive de j\j\ ab:{âr ou de jj)\i\ abâ^ir^ condimen- 
tumollae, aromata etc. (Freyt. ), épicerie dans Heury. 
C'est aussi l'explication du Cheik Moharamad 'Abdoû dans 
son commentaire sur la îjuaH i^ll^de Badi'uz-Zamân (i). 

D'après « Uy^ JSyllj JiJUllToiJad ^UJI ç^ ^y^ U^iWl » 
cela serait-il téméraire d'assigner au mot français la même 
origine? M. Sédillot pour sa part affirme que épicerie 
vient de « ebe:(erij marchandises.» Le mot est mal tran- 
scrit et encore plus mal traduit, mais l'étymologie mérite 
considération. 



(1) Séances de Badi^uz-Zaman aî-Hamadànî oommentées par le Cheik 
Moh. Abdou. - Imprimer. Cathol. Beyrouth. 18S9.-En français les épice- 
ries désignent les drogues et «surtout celles du Levant yf(T!véYOoj,). 



ESCA 107 



^^^itm^i^K^^m^^mmmmm^r^ 



Ë^inard. Esp : espinaca. Ptg : espinafre. Le vieux 
franc, aies formes: espinace^ espinoche. On s'accordait 
généralement pour dériver ce mot du latin spina. M* 
Devîc a fait justice de cette étymologie qui ne repose sur 
rien de solide- Il paraît prouvé que épinard vient de 
ç^tU-l (i) îsfânâkh ou Î^L-I isbânâkh^ même sens. Les 

formes ^U-l , isfânâgj ou ^-.1 Ufinag ont probable- 
ment donné naissance au flamand spinage. Ibn el-Beithar 
( édit. Boulac ) donne encore î^lj :(abânakh, et le dîa- 

lecte vulgaire a ^L- sabânakh et î^Up ^abânakh. 

L'épinard était inconnu aux Grecs et aux Romains; 
il fut introduit par les Arabes en Espagne, d'où il se ré- 
pandit dans le reste de l'Europe, Il croît spontanément 
en Orient. Au XP® siècle Ibn-Haggâg avait déjà com- 
posé un traité sur Tépinard, où il assure qu*à Séville on 
en semait de précoces en Janvier (2). 

Escaté. Soulier, chaussure. Escarpin soulier léger qui 
laisse le cou de pied à découvert (Litt). Escafignorij 
(vieux mot) même sens que escarpin. Il est difficile de 
ne pas songer à ùiS^\ iskâf, J^\ askaf^ <J/Ill ouskoûf^ 



(1) Forme la pluB olaaslque donnée par Qazwfni (Cosmogr. L 272). Ibn 
el*Beithai* etc.. 

(2) Agriculture à'Vûn'Bl'k^yfkm, (Trad. CiémenIrMulet II. 154). 



io8. ESTR 

• - - »— ^^^ — ^^ i^ a . ■ *•• ... -■■ — ■ — - -^— - ■ ■ ■■■—,» 

"i^lSCll iskâjiy signifiant cordonnier. Les souliers des Ara- 
bes rappellent fort bien les escarpins, leur nom ^JUi- 

viendrait même de uJ»>-, Ahaff, être léger. De vie ratta- 
che à escafe et à escarpin les mots suivants : escoffraie^ 
boutique de marchands de cuirs ; escoffier, marchand de 
cuir. Je n'oserais Ten blâmer : ^IsCll est ancien en arabe ; 

on le rencontre dans le mil -ui et longtemps avant dans 

le poète Al-A'châ ; ^Isdl est un nom propre porté dès 
les premiers temps de l'Islam. 

Estragon. L'étymologie arabe de ce mot a été solide- 
ment établie par M. Devic. La forme ôy^}^ iarkkoân (i) 

même sens, est la plus ordinaire. On trouve aussi ûj>/ 

tarkhoun, 0^-w labarkhoan et û^ talkhaun. Il paraît 

que le mot û>>J» était jadis trouvé bien dur par certains 

délicats: ù^ ^ *6l:ij tCl .IjûV ô>-Jall ,«-l> û^. Vj 

^1^1 j)^o ûj^l oU.««'j f*!^! Ijûl fvf-^. aU.m» jSj «IaIII (3> Hl^^L^â^ii 4^ 

oUi^ Jl -i^i 'J^. « Ces gens évitent de prononcer le mot 
tarkhoûn à cause de la dureté des lettres qui le commen- 
cent; ils emploient donc des circonlocutions et le font 
passer comme menthe. Quelques-uns l'appellent herbe des 

(1) D'où vient en droite ligne targon que Trévoux déclare être la même 
chose qu^eatragon. Devic n^a pas signalé cette forme dans son article si 
savant d^aillem*s sur estragon. 



FABR 109 



affamés^ d'autres, camphre du cœur ; tout cela pour désigner 
le tarkhoûn. » ( Geogr. Arab. Gloss. p. 289 ). 

Eyalet. Nous qu'on donne quelquefois au Vîlayet ( V. 
ce mot. ) de SC^ iyâla^ prononce eyalé ( cJl»' ) par les 

Turcs, et qui dérive de J I être à la tête. 



F 



Faal. Noms que les habitants de Saint-Jean d'Acre 
donnent à un recueil d'observations astrologiques qu'ils 
consultent en beaucoup d'occasions. ( Dictionnaire infer- 
nal par CoUin de Plancy ). C'est l'arabe Jli fâl^ présage. 

Fabrègue. Plante dont les feuilles ressemblent à celles 
du serpolet {V\ii.).Esp: alhabaca, albahaca, alabega, 
alfabega, alhabega. Cat : alfâbrega ; de jii al-habaq^ qui 
désigne le basilic dans le Levant et en Algérie (i); ou 
plutôt c'est un nom générique qui s'applique à des plantes 
la plupart labiées. Il ne faut donc pas s'étonner de voir 
^jliisi mal défini par les dictionnaires, vu que l'arabe 
compte une dizaine de plantes au moins qui méritent ce 
nom. (2) Le changement de C (b) en /ne doit pas arrê- 



( 1 ) V. Mai'cel - Paulmier- Heury - Bocthor etc. 
(2) y. Ibn el-Beithar et Dozy. Suppl. 



no FAIA 

« 

ter^ Fabrèque nous est venu probablement par Tespagnoi ; 
or en cette langue le C initial ou médial $e change eh f. 

Fagariiir. Plante exotique de la ftmille des xanthoxy- 
lées, de S'^^li fâghira. D'après Avicenne le f agora est 
un fruit apporté de Sofàla. D'autres auteurs arabes le font 
venir du Soudan. Le Livre des routes et des provinces indi- 
que aussi rinde comme pays de provenance. D'après le 
Dict. de Trévoux, le «fagara est un petit fruit des Indes. » 
Le Suppl. au Dict. de l'Académie dit que c'est un « petit 
fruit des Philippines; il est aromatique, fortifiant et ré- 
chauffant. » 

Falaque. Esp : falaque. Ptg : falaca. « Instrument de 
supplice (i) usité au Maghreb» (Litt.) et en Orient «Le 

(1) Voici ce que dit un vieux missionnaire d'Orient de «la peine du Falaq 
que les écoles de Syrie avaient emprunté à la justice turque et sans laquel- 
le un maître arabe se serait cru désai^mé en ^ce de ses élèves. Qu'on se 
figure un rouleau de bois de 75 à 80 centimètres de long et une corde de 
plus d'un mètre solidement fixée à deux trous pratiqués a^x extrémités du 
rouleau, voilà le Falaq ; et voici maintenant la manière d'en faille usage. 
Le patient se déchausse et s'étend sur le dos, au beau milieu de la classa. 
Aussitôt deux de ses camarades lui passent sans pitié les deux pieds souii 
la corde du Falaq, Après l'avoir fixée un peu au-dessus de la cheville, ils la 
raccourcissent en la roulant sur la pièce de bois, jusqu'à ce que les pieds y 
soient pris comme dans des ceps. Alors les deux aides soulèvent le Falaq d\ni 
bon dermi-mètre et l'exécuteur décharge hori2sontalement sur la plante des 
pieds une série de coups de baguette.... J'ai hâte d'observer que ce procédé 
est tombé en désuétude dans pi'esque toutes les écoles chrétiennes, gràoe à 
l'influence des missionnaires. Mais en 1850 le Falaq régnait encore en maî- 
tre dans les écoles. )> Lettres de Mold. T. III. 84. Cette publication étant 
assez rare, nous avons cru devoir citer le passage in extenso malgré sa 
longueur. 



J 



FANF III 

cady l'interrogea... il fut couché par terre et on apporta 

les falaques pour lui donner des coups de bâton » (D'Arv. 
VI. 166) de js falaq^ même sens, et non Z& falaqa^ 
comme écrivent presque tous les étymologistes. Falaca 
se trouve pourtant dans plusieurs relations (V. Dozy. 
Gloss. 262 ) et dans le Diction, de Trévoux. L'addition 
du l paraît propre au Maghreb. En Syrie on ne connaît 
que Je falaq. Les Persans ont 45CS 

Fanal. Esp. Cat. et Pfg : fanal. It : fanale. Bas lot : 
fanale, fanarium; de jb,/a/idr, lanterne, fenal, phare (i). 
Le mot arabe est sans doute d'origine grecque, et doit 
probablement son origine à (^avà^K^v 

Fanfaron. Esp : fanfarron. Cat : fànfarro. Ptg : fanfar- 
râo. Gallic: fànfurrîna. Basq: pomparroya. It: fanfano. 
Marina propose j^ , fankhar^ gloria se jactavit înanî 
(Freyt. ) Cette explication rend parfaitement compte de 
la nasalité qui se retrouve dans toutes les formes citées (2). 
On n'en peut pas dire autant de Ji} farfâr^ multiloquus 

( Freyt. ) léger, ihçonstant. Fanfaron doit-il se rattacher 



(1) V. Synonymes arabes p. 164. 

(2) La transcriptioa du ^ par f est trop û^ueote en espagnol pour qu'il 
Boit nécessaire d'en donner ici des exemples. Dans ^^ il est &cile de re- 
connaître la racine j,à 9 se vanter, et\es congénères j^ , s'anorguedllii*) 



112 FAQU 

» _ 

à Fanfare} Diez fait de ce dernier mot une onomatopée. 
Littré avoue qu*on ne lui trouve pas de racine, (i) 

Faquin. Huet a proposé jvS /a jfr, « comme étymo- 
logie de l'italien fachino, portefaix, qui est notre fa- 
quin (2) ; esp : faquin, ptg : faquino (balayeur de la Patriar- 
chale de Lisbonne ). Le changement de r en n ne ferait 
pas grande difficulté; mais nous manquons d'arguments 
à l'appui de cette conjecture » (M. Devic ). Elle peut être 
définitivement abandonnée. Le ptg. faquino est de la 
même racine que facho^ fagot de menu bois ; faxo^ terme 
populaire pour dire bois; le latin fax^ facisy torche, 
flambeau en bois {^),facula, éclat de bois. Le faquin était 
originairement une figure de bois en forme d'homme, con- 
tre laquelle'on s'exerçait au maniement des armes (Trév.) 
de là le sens de portefaix j coquin^ homme de néant etc (4). 

( 1 ) Sédillot tire ÊEtofare «de Pai^abe fanchara, même sens (?) » HisU IL 2 1 9. 
Nardacci domie comme étymologie de fanfarone jU> qu'il transcrit farfa- 
ron, C'est attacher trop d'importance à la nunnation, pom* expliquer la 
tei*minaison one.Même remarque pour gabbano de iUp soigneusement trans- 
crit abâon. (V. Narducci. s,v.) 

(2) Faquin, au sens propre : portefaix (V. Littré )•; ne pas confondre avec 
aJfaquin (Trévoux), altération de «juji al-faqih, le jurisconsulte, et qu'on 
trouve écrit faquis, foquis, afoquis, ce sont lor prêtres y> Estoire de 
Brades Empereur, Hist. Crois. II, 384, où le Glossaire donne foquis 
comme] une vaiiante de faquir (?). 

(3) Proprement : morceaux de bois fendus dont on fÎEdsait des flambeaux. 
V. Syn, latins de Gardin Dumesnil. n® 1074. 

(4) V. M. Schapîro n^ 75, qui apporte à Tappui une abondance de preu- 
ves, ne laissant plus lien à désirer. 



FARF II j 

Farde , Fardeau. M. Devic prouve très pertinemment 
que ces deux mots dérivent de S^y , farda ou de ^^ 
fard^ ballot, sac, charge de chameau (i). Mais nous hési- 
tons à le suivre, lorsqu'il s'efforce de démontrer que l^} 
farda, est « arabe non seulement par l'usage, mais aussi 
par l'étymologie »• Nous pensons que le mot arabe doit 
se rattacher plutôt à tfioçftoq fardeau, charge (2). D'après 
M. Génin (j) fardeau «primitivement hardeau, hardel » 
se rattache à « hart dont le fardeau est lié. » 

Farek. C'est la Bauhinie acuminée décrite par Bruce 
(vo/ag. V. 73 ) «Le nom de farek, dit le célèbre voya- 
geur, lui a été donné à cause de la manière dont sa feuille 
est divisée»; dejjifâreq part. prés, de J/faraq diviser, 

ou de Jj fareqy dispersé, d'où Sy Jbjl , terre dont la 
végétation est clair-semée. 

Farfodet En Ital: farfalla signifie, papillon, homme 
volage; dans le pays de Côme, farfatah, homme volage. 
On peut sans témérité rattacher ces mots à Ji} farfâr 



(1) V. Glossar. Geogr. arabum p. 314. 

(2) De Sacy considère de même s^^ comme étranger à la langue arabe. 

Voir aussi l'art, de M. de Eguilaz p. 396. où sans doute ç^oQTtoç est un 

mendum typogr, pour q^oçzoç* 

(3) Bécréations philolog, L 335. 

8 



114 FEDD 

-^ -- — - - — - - - — - - - ■ -■ ^^— ^^^ 

( V. Fanfarron ). L'arabe vulgaire a encore j^} forfoûr^ 
papillon (Bocthor.-Heury, etc.) 

Fargoe ou Falque. Petits panneaux placés sur les 
bords des bateaux pour les exhausser. Esp : falca. Dozy se 
donne des peines infinies pour dériver ces termes de la 
racine j^halaq^ entourer, d'où jU halq clôture, mur 
d'enceinte. Cette étymologie peut être rejetée : l'idée 
fondamentale de falca^ falcas^ falque est bois. Ces 
mots doivent être rattachés au grec ^iX%riq\ planche de 
navire, lat: falx^ faux, hache des bûcherons; français: 
fauque^ planche à coulisse ; fauconneau^ pièce de bois 
posée en travers (Litt.), vieux franc : fauc^ faucois^ buisson. 
Ptg : falqueador, charpentier. 

Farsanne. Chevalier, Cavalier. (Trév.) Le mot est aussi 
dans le Suppl. au Did. de r Académie (i 786). Transcrip. de 
ûL^ forsân^ plur. de ^j-jli , fâres^ cavalier. « Les Maures 

appellent les chevaliers chrétiens Farsannes^y GoUut. 

Mémoires des Bourguignons, IV. c. 32. 

Feddan. Esp : fadan, fadin. Mesure agraire en Egypte, 

qui vaut 3 j j kasabah carrées et 1/3 ; la kasabah a 3 °^, 

55 (i) de longueur ( Litt. Supp. ); de ô*-^ faddân^ agri 

(1) Cfr, Répertoire de la législation et de Tadimnistration égyptiennes 
par Philippe Gelât artic. arpentage. 



FELO 115 

spatium quadringentorum kazebeh ( Freyt. ) ; Bocthor lui 
donne le même sens (i). En Syrie lefeddan c'est ce qu'une 
paire de bœufs peut labourer en un jour. Dans Edrisi (2)1 
Ibnat-'Awâm (j), Qazwînî(4), Ibn-Batoûta{5) ûU a le 
sens de champ ( ager ). 

Fellah. Transcription de ^%faUâ\ï^ laboureur (6). 

Felouque. Esp : faluca. Ptg : faluga. // ; feluca, filuca, 
filluca ; en franc, du XVIP® siècle, falouque. Les étymo- 
logistes rattachent généralement tous ces termes à cUif 

foulky ou à 35^ , faloûka^ désignant un petit navire, une 
felouque. Engelmann hésite à accepter cette dérivation. 
Il n'est pas loin d'admettre que les Arabes ont emprunté 
ï^jli , faloûkuj aux Italiens ou aux Espagnols. Dozy s'écrie 
que cette étymologie doit « être rejetée immédiatement 
et sans réserve , dUi , foulk, étant un vieux mot employé 
seulement par les poètes, et étranger à la langue parlée 
au moyen-âge. » Voilà qui est exagéré * dllî , folk^ est un 

Il L -j ■ I mm\ ■ rr Lfi - ,- i " ^^ — ' ' ' " ~" 

' (1) S. V, champ - Marcel. ( s. v. terrain ) 

(2) Desciùp. de TAfiîque ( Dozy. ) p. 154. 

(3) n, p. 89. Voir note du traducteur. 

(4) 4Îiaj JUi. «i;»>i Oj> jJj n. p. 364. 1. 7. 

(5) 4îiâ> i} \4A^j l^ls» d;V>JI UsJI Je*- ( Batoûta. IV. ) 

(6) «Les naturels du pays et les Bédouins fixes sont tous compris ici 
BOUS le terme générique àeFélaqties c.-à.-d. paysans ou villageois... Dans la 
bouche des Turcs ce terme est si iiyurieux que s'ils veulent marquer pour 
quelqu'un le dernier mépris ils se contenteront de dire, c'est un F élague y> 
Description de VEgypte par M. de Maillet. I. p. 25. 



li6 FELO 

« ■ _ ' '■ - .!■■ ' ' I I ■! .1 I . 

mot moins savant que ne le prétend Dozy. Il se trouve dans 
les Mille et une Nuits, non seulement dans lés éditions 
existantes, mais encore dans les manuscrits, comme dans 
celui de l'Université S*-Joseph ( Beyrouth), où le mot dAli 
est répété à satiété; et ce qui me paraît décisif, on 
le lit dans un passage de Mas'oûdt(i)(I. 292.) et dans 
un autre de Zamakhcharî. Les PP. Heury et Belot(ce 
dernier dans ses deux dictionnaires ) n'hésitent pas à tra- 
duire felouque par dlU dont le diminutif <5Cl» folaika est 
employé en Syrie (V. Le Journal arabe, le Bachir^ 27 
Nov. 1889.) Le mot dlLi existe aussi en turc avec le 
sens de navire, bateau, petit vaisseau. Les Turcs ont dû 
remprunter aux Arabes avec le sens que ces derniers y 
attachaient. L'existence de haloque en espagnol, qui se 
rattache étymologiquement à faluca prouve aussi que le 
mot dlli ou î5^ était employé au moyen âge (2). 

Quant à la prétention de Dozy de dériver felouque de 

" ^ ^ 
51^^ harrâqa, nous hésitons à l'admettre. Il est bien vrai 

(1) Je ne comprends waiment pas ce qui porte le savant étymologîste à 
contester la valeor de ce passage. <^ y est employé par Tauteur dans le 
sens de vaisseau; et cela sans autre explication; ce qui prouve que le mot 
n^est pas exclusivement poétique. Les critiques de Dozy contestant la valeur 
probante des passages des Mille et une Nuits sont plus heureuses. Il est 
certain que souvent le contexte réclamerait plutôt (t\i^ kalak, radeau, que 
^U». Mais comment admettre que les copistes aient remplacé dJÛif par ,^Ui, 
si ce dernier mot est aussi inconnu que le prétend Dozy? 

(2) Voir le substantiel article de M. de Eguilaz p. 394. - 



FOMA 117 

que Slj>.ne signifie pas seulement brulôt, mais encore 
barque (i),' surtout barque de plaisance. Mais de là à felou- 
que il y a encore une certaine distance; et il faudrait 
prouver qu'elle a été franchie, malgré les difficultés pho- 
nétiques, qui ont bien aussi leur importance (2). 

Fennec Bruce a longuement décrit ce quadrupède 
dans ses Travek p. 1 28. Ce qui est moins louable chez 
lui, c'est d'avoir ajouté un n k l'arabe dli fanek. Chams 
ad-dîn, le cosmographe damasquin en fait « un animal de 
la grandeur de la gazelle (}); J'jill jj5 çiôl^^ ^3 Les moder- 
nes lui donnent des proportions beaucoup plus modestes. 
Les passages de Mas'oûdî et d'Ibn el-Beithâr, où il est 
question de fourrures de fennec provenant des bords du 
Volga ou des pays slaves, ne doivent pas s'appliquer à no- 
tre dLi qui paraît être un animal exclusivement africain (4), 

Fomalhaut. Étoile de première grandeur, a du Poisson 

austral. En arabe Cj^ ^ fam al-hoûtj la bouche du pois- 
son, ou '4yf^*i^ (^ 9 la bouche du Poisson austral {Ab- 
durrahman as-sufi. p. 189 et 25 5 ). 

(1) Voir notre note 1. p. 77. 

(2) Dans le livre des Merveilles des Indes il est parlé d^un canot appelé 
^ ce que le traducteur M. Devic rend par felou ^jjl ^JS *^Ji ^uiJl Si>^ 

(3) Ëdit. Mehi*en. p. 238. 

(4) V. 6aki*i p. 171. et les articles de Dozy et De^ic. 



y 



H 8 FOND 

Fonda, Fondic, Fondique, Fondouc et Fondue. On 

trouve encore fondigue. — Esp: alhondiga, alfbndeca, 
alfondega, alfondiga, fondaca, fonda. Maj : alfondec. Gall: 
alfondiga. Cat: alfondech. It: fondaco (i). Tous ces mots 
ont signifié boutique, magazin, hôtellerie pour recevoir les 
marchands étrangers, ce qu'on appelle aujourd'hui un khan 
dans le Levant. A Alexandrie dit le chev. d'Arvieux, les 
nations d'Europe ont «toutes leurs Fondiques qui sont 
de très-grandes maisons comme les khans ou karavanse- 
rails » I. 176. Dans les principautés fondées par les Croi- 
sés la fonde était une sorte de bourse, où les marchands 
se réunissaient et traitaient d'affaires commerciales (2). 
A Jérusalem on appelait cour de la Fonde un tribunal 
de commerce (j). Tous ces mots dérivent de 3^ foun- 
douqy que Al-gâvsrilîqî dit être « dans le dialecte de Syrie 

un khan où descendent les voyageurs, comme on en trouve 

sur les chemins et dans les villes : ûU. ÀJti\ J^bl ^ (4) JoLai 



(1) Signifie locanda en Sicile. Cfi.\ Amari. Bibl. Arab, Sicul. p. 826. 

(2) Rej, Colon, f rang. 191. 

(3) Ibid. p. 59. ^ 

(4) U existe auBsi une forme j^, attestée par le Mu^rrab: ^ Cl^ 
ùUîlyfcj Jxjai J24 Ja XpU3 ^ (si\j^\ c-*- : -\yi\ Les deux formes sont cer- 
tainement d^origine grecque et dérivent de napàoMÎop ou nafàoiHOV^ au- 
berge. La ti*ibu de Qoudà^a était établie en Syrie depuis le VIP^ siècle ap. 
J. G. ( V. Hamza Al-Arfahânt ). 



FUTA 1 19 

— T - - ■ ■! I 11 I I I ■ I I II» I ~ — ^—^^— ^^ 

(Mu'arr. 109). JIjAIj j'jLji >^ôp ^ Ir^^ Ujô J« CJ^\ cy 

Fonde représente Jai prononcé fondo\ à la manière 

syrienne, c'est-à-dire en émettant le J sans explosion 
et en lui donnant la valeur d'un simple hamzé. 

Frise. Terme d'architecture. Esp: alfiz, friso. Ital: 
fregio. Dozy et après lui Eguilaz dérivent ces termes de 
Xji , ifrî:(^ corona et supercilium parietis ad pluviam 
arcendam. (Freyt). Chez Boct. Belot et Heury c'est frise. 
Je n'ai aucune raison de ne pas admettre cette hypothèse, 
qui me semble la plus plausible de toutes celles propo- 
sées jusqu'à ce jour. {Plur. V. Dozy Gbs. 270). (i) 

Futaine. Esp : fustal, fustan. Cat. fustani. Val. fustany. 
Pig : fustâo. // : fustagno; de ù^LH fouchtân (2), étoffe de 

coton dans Ibn-Batoûta (I. 351) l'y^M J<^\ ^[^ ^i^ 
ùlklill ( V, Dozy. Suppl. ) P. de Alcàla a Jlkli' ou Jli^i 
fiitaine. M. de Eguilaz voit dans fustal et fustan une alté- 
ration de i»lk*J , fousiâi {}) nom de la ville du Caire. 



(1) Dozy pense que j^^ vient de f(»g)oo)^». Tel n'est pas l'avis de Frsen- 

kel {Aram. Fremdw, 22) Pour les autres étymologies proposées. V. Litt. 
et Joum. Asiat. Nov. 1853. Littré croit que /"me s'est formé au XVI"« 
siècle de l'esp. friso. 

(2) On trouve fustein, signifiant une étoffe, Sans un acte fait en 1407. 

(3) Bochart dérivait futaine directement de fustat, nom du Caire. 



1 20 GABE 



C^est sans doute aussi Topinion de Littré quand il parle 
de Fouchtân^ faubourg du Caire, d'où Ton apportait la 
futaine. 



G 



Crabare (i). Esp : gorab, gorabo, corabo, currabi, gua- 
rapi. Tous ces mots ne viendraient-ils pas de v^l ^ ghour 
râby vaisseau, galère, brigantin? Gabarre serait une métha- 
thèse du mot arabe. D'après Al-Khafâgi s^\j^ ghourâb, 
est un mot tout-à-fait propre au Maghreb (2). On le 
rencontre aussi avec le sens de galère dans le Voyage 
en Espagne (3) d'un ambassadeur Marocain ( 1 690-1 691 ) 

Crabari et Grabarit. Littré dérive ce mot de l'esp. 
galibOj autre forme de calibre et venant tous les deux de 
l'arabe wlS qâlib, forme ( V. Calibre ). Gabarit a été 
appelé aussi calibre et garbe. 

Grabelle. Esp : alcabala, alcavala, gabela. Ptg : alcavÉp- 

(1) Et le àunmxiiiî Gabarot, 

(2) jjjUîl 'Ui. p. 162. V. aussi Syn. Arab. N® 969. 

(3) Traduit de Tarabe par H. Sauvaire. Paris. 18S4. La traducteur 
met en note: aaghrébah pi. de ghorâb, corbeau»; c^est le sens littéral du 
mot. Al-khafô.gi se demande si ce nom est le résultat d^une comparaison 
faite avec le corbeau «45JL31 Jip ja Ja ^j^i v» Le plus simple est d'y voir 
une altération du latin carabus. 



GALA 121 

la, âlcabâlle, alcabella, gabella. // : gabella. Tous ces mots 
dérivent bien de 3 U qabâla, qui a signifié, impôt, taxe, 
droit de douane, etc.-.. (V. Gloss. du Bayan par Dozy 
p. 3 8). On a objecté que le J ^ ne deviendrait jamais g dans 
les langues romanes. Dozy a suffisamment répondu à cette 
difficulté ( Gloss. p. 75). Ajoutons que ce changement a 
lieu même en arabe. Car dans bien des districts le J 

q se prononce f- gh^ lettre avec laquelle il a une grande 

analogie (i). Comp en esp. galapago de jJS j galibo de 

V 

^B , etc. 

Gala. L'origine arabe de ce mot, abandonnée aussitôt 
que proposée par Engélmann, est absolument repoussée 
par Dozy. Devic et Eguilaz la passent sous silence. C'est 
pourtant, croyons-nous, l'arabe qui fournit l'explication 
la plus plausible. Si Ton observe que gala est souvent as- 
socié à l'idée de vêtement, de costume, on hésitera moins 
à le rapprocher de ÏJL^. , MzTa, vêtement de gala, comme 
dit M. Barbier de Meynard dans sa belle traduction de 
Mas'oûdt : VIII. 339. {^ii'^'Ui^ ùj-JJ ^ Jii^l ^ et ail- 



leurs : ûc*^l-juV IJi' oJa jOwJ:^! ^I ( VII-270. ) M^ Amari 



(1) Ce sont deux lettres gutturales. Aussi ne comprenons-nous pas pour- 
quoi quelques grammaires conseillent de donner au ^ la valem* d'un r gras- 
seyé. C'est là une prononciation inconnue en Orient. 



122 GAMA 

■ *> . ,., — ■■, 

traduit de même U^par Casacca di gala (Bibl. Ârab. 

Sicula ). Engelmann avait opposé que le ^ ne se change 
jamais eng^. Dozy réfute solidement cette objection (i) 
dans son Gloss. espag. (p. 13). 

Galanga. Esp. Ptg : galanga. Esp : garengal, garingaL 
Cat : galangal, calanca. Ancien français : galangal, garin- 
gai Toutes ces formes dérivent d'un mot arabe, qu'on 
rencontre écrit J^ khalangân^ ^^y^ khaulangân^ 
4j\^j\i khâwalangân, plante des Indes Orientales. ( V. 
Ibn al-Beithâr. n*^ 829. Trad. Leclerc.) Le galanga ù^y- 

avec un iamma sur le r- , paraît dans un précepte (2) en 
vers didactiques cité par Mas'oûdî (VIII. 402 ): 

(c Puis du sel et du galanga que les mains se sont fatiguées 
à lier » (Trad. de B. de Meynard.) 

Gramache (5). Bottine, ou bas de drap, ou de toile 
cirée, qu'on met par-dessus les autres pour les garantir. 
{ Trévoux ) Avec M. Devic j'y vois le nom d'une ville 



■'^^^^■"^■■■•*^ 



m^^^^m^mm^ 



(1) Comp. algorithme de VJtjïjiJI . galanga de ol^^Ui.- Pihan dérive gala 
de »^ , splendeur. On peut ajouter 3^ honneur. |mais ce sont là de purs 
rapprochements, ne reposant que sur une ressemblance de son. 

(2) Culinaire. 

(3) Trévoux écrit avec s. 



GEMM ti) 



africaine ^j-^^J^ , Gadamès ( État de Tripoli ), puisqu*au 

rapport de Qazwînî « de cette ville du Maghrib on ex- 
portait des cuirs moelleux comme une étoffe de soie ; 

^» •• • 

(Cosmographie IL j 8) «. îydl Sj^\ ^Lî V*^^*^^' S^ ^y </''^ 
Pour plus de détails nous renvoyons aux excellents ar- 
ticles de Dozy et de Devic. 

Garbin. V. Maugrebin. 

Grazelle. Esp: gacel. Ptg: gazel. Esp. et Ma]: gasela. 
Ancien Ptg: gazella, gasella. Gall: gancela. De Jljt 
gha:{âl^ même sens. Dans la plaine d'Antioche « il y a 
quantité de venaison, et sur tout des biches qu'ils ap- 
pellent Ga:{elles en leur idiome. » R. P. Philippe de la 
T. S. Trinité (i)- Et dans le désert situé entre Alep et la 
Mésopotamie « il parait souvent des troupeaux entiers de 
Biches, appelées en vulgaire Gai^eles» p. 76. Effecti- 
vement en vulgaire Jl jp est prononcé gha:(êL 

Gemmadi. Cinquième et sixième mois chez les Musul- 

> 

mans, de (S^\^goumddâ «Les deux goumâdâ rappelaient 
la congélation de l'eau, pendant ces deux mois, qui avait 
lieu à Tépoque, où ils reçurent leur nom». (Mas'oûdî. 
IIL418.) 



(1) Voytje en Orient (p. 18) fait en 1631 par un missionnaire Carme. 



124 GERB 

Genêt. Esp : ginete. Cheval d'Espagne, petit mais bien 
conformé (i). Dozy a prouvé que ces termes dérivent de 
otj :{enâia, nation berbère, connue pour la valeur de sa 
cavalerie. Trévoux avec raison réprouve l'orthographe 
genest quand il s'agit du genêt d'Espagne. 

Grenette, courte lance, a la même origine. Les Gêné-- 
taires étaient des cavaliers armés à la légère et vêtus à 
la moresque, qu'on trouve dans les armées espagnoles 
jusqu'au XVP® siècle. Commines fait mention des gêné- 
taires. 

Grengéli. Espèce de sésame. Esp : aljonjoli, aljonge. 
Cat: aljenoli, ajonjoli. Basq: ajonjoli. Ptg : zirgelim, ger- 
gelim. De '^^ gongolî, qui se trouve dans P. de Alcala, 

conjoinctement avec J^l^ gongolîl^ et c^^ gongolîn (2). 
Ce sont autant d'altérations ou formes vulgaires ( espa- 
gnoles ) de ui\^ golgolân^ sésame, dans Ibn el-Beithâr 
(N*^ 499, Leclerc), chez d'autres «semen coriandri ; nomen 
sesami sua obsitum membrana » ( Freytag et Mohît)û^tf^ 
était prononcé gongolîn en Espagne, Timalé donnant à l'a 
long la valeur de ê et même de /. 

Grerboise. Esp : gerbo; de 9xx, > yarboû\ sorte de rat 

(1) Comme un genêt furieux qiu porté de caprio 

Franchit en bondissant les bornes de la lice (P. Le Moyne). 

(2) D^où dérivent sans doute jugeoline, jugoline qu'on trouve dans le 
vieux français. 



GERB 125 

I ■» «■ ■■■Il I. I 11 ■■ I I 11 la^i— — — M . I I ■., 

très commun dans les déserts d'Arabie (i) et dans le Nord 
de l'Afrique. Il paraît que les Arabes ne dédaignaient pas 
la chair de cet animal. Aussi l'empereur Nicéphore (2) les 
appelait-il fjî-j" J^' , le peuple qui. aime les gerboises. 
A la cour du sultan de l'Inde un émir arabe était appelé 
le mangeur de rats; «parce que les Arabes mangent la 

gerboise, qui est une sorte de rat; ô^Pli ^i^Ul o^ ùV 
jUll -ulyj çjj^l . IbnBatota. T. III. 282. Dans les diction- 
naires algériens on trouve aussi la forme 9y^*j>-garboâ\ (j) 
D'après Bruce ce serait même la forme que les Arabes 
emploient de préférence. Le même auteur déclare que la 
chair de la gerboise (4) ne diffère guère de celle du lapin. 
( Voyage en Nubie. V. p. 149 et 1 5 1, etc.). Niebuhr écrit 
jarboa et rapporte que les Arabes en mangent volontiers. 
( Descript. Arab. I. 2 j 4 ). La forme garbuka donnée par 



(1) Palgrave- Voyage en Arabie, passim. 

(2) Il s'agit de Nicéphore IL Phocas; il conquit la Cilicie, la Syrie et 
Chypre. Le passage mérite d'être cité en entier: jAli^.y-^^ Ji>iO j^ JS 

La plante 2»i est expliquée un peu plus haut: ^«Jî ^^ cj^ SJBI Jll» c^ ^j » 

^^ 9, iify^ ^JJt^ ( AlmoqaddasL 254. note i Edit. De Goeje ). 

(3) Dans une revue arabe PÉglise catholique ( II. ann. p. 274) je trouve 
fjijf employé avec le sens de marmotte^ bien distinct de ^y^, cité quelques 
mots plus loin. 

(4) Qu'il nomme constamment y^r^oa. 



i;t6 GIBB 

■ 

Hasselquist (Voyages au Levant* II. 6. } est une preuve de 
Texistençe de^^ prononcé garbou"^ par les Egyptiens (i ). 

Ohazel ou (àazel. Petite pièce de vers amoureux chez 
les Arabes. (V. D'Herbelot. Bibliothèque Orientale,) 
C^est la transcription de Jj^ gfia:{alj même sens. Aboû 
Nasr Al-Qâsim fils d'Ahmad Al-Khabzârzi réussissait 
tellement dans ce genre poétique que « presque tous les 
airs en vogue aujourd'hui, dit Mas'oûdî, sont sur des paro- 
les de sa composition. »( Prairies d'or. VIII. 372, 374.) 
Il était contemporain du célèbre historien. 

Oibbar. Cétacé. C'est le Baleinoptère Gibbar, ou 
Baleinoptère à ventre lisse. « Ce semble être l'arabe ^(^ 
gabbâr, géant» dit M. Devic. Effectivement le Gibbar 
est plus grand et plus vigoureux que la Baleine ordinaire, 
et atteint jusqu'à 3 3 mètres de longueur. Mais on peut se 
demander pourquoi on aurait imposé un nom arabe à un 
cétacé, qui fi'équente surtout les mers du Nord; quoiqu'il 
paraisse aussi dans l'Océan indien. Les auteurs arabes 
n^en parlent pas. Aussi a-t-on avec raison cherché à 
gibbar une étymologie latine (V. Devic. Dict. étym. s. v.). 



(1) Les transcriptions arabes de ce voyageur sont habituellement 
inexactes. Ainsi sous sa plume jiU> pigeon devient haram, j^i^ tourte- 
relle est transcrit jamara etc. 



GOUL 127 

< ■ I II ■ ■ ■ .1. ■ I . ■ I ■ ■ ■ '■ ., ■ ■ , ^ 

4 

Girafe* Esp : girafà, jlrâfa {ancienn. azorafa). It : giralTa; 
de i\jj , :{arâfa^ i^ourâfa. On trouve aussi 31 j3 1 sfour- 

rdfa^et SI j>., goard/a, forme moins classique, mais très 
voisine du nom de la girafe dans les langues romanes (i). 

Girbe. Vieux mot désignant le péritoine. Ptg : zerbo. 
Ptg. et ItaL zirbo. Dozy,^ suivi trop facilement par 
Devic, dérive ;{irbo de Sj tharby même sens. M. de 
Eguilaz prétend que c'est là une distraction du savant 
étymologiste Hollandais, vu que Zirbus se rencontre dans 
Cœlius Apicius avec le sens de membrane qui enveloppe 
les intestins. S'il y a emprunt, il a été effectué au détri- 
ment du latin. 

Groule, Gholes, Grallan. L'auteur du Dictionnaire infer- 
nal Qn fait trois classes distinctes de démons malfaisants, 
vampires etc.^En réalité tous ces mots dérivent de J^ 
ghoâly démon qui dévore les hommes (2) et qui d'après 
Chams ed-dîn tient le milieu entre l'homme et le djinn 
(p. 72. 92 ), au plur. o^ghàîlân^ d'où Gailan. Algol, 



(1) Sur la Gii-afe V. Qazwînî. Cosmographie (édit. Wust) I. 383. II. 12 
13.25. 

(2) Synon. arab. n® 870,— «Venez sans remords, 

Nains aux pieds de chèvre 
Goules dont la lèvre, 
Jamais ne se sèvre, 
Da sang noii* des morts.» 
Victor Hugo. Ballades: La Ronde du Sabat. 



I a8 GUID 

■ I 1 1 I I I ■ I I . » ■ ■■ Il 11 I ■ » 

étoile de la constellation de Persée est la transcription de 
Jyll alghoûL Persée est appelé en arabe JjJl ^j-b J^l^ 
portant la tête de la goule, parce qu'on le représente 
tenant suspendue la tète de Méduse (i). Goule est féminin 
en français, parce que dans les auteurs arabes il est habi- 
tuellement de ce genre. Cfr. Mas'oûdt III. 319. 

Goure. Terme de pharmacie ; toute drogue falsifiée ; 
et, dans le langage populaire, attrape, de Tarabe gharur, 

tromperie, dît Littré. Cette explication est exacte. En 

> > 
effet jjf' ghouroûry (2) signifie tromperie. 

Grrèbe. Oiseau plongeur. M. Devic le rapproche de 
^tf' gf^^^habj qui serait une sorte de pélican. Nous ren- 
voyons à son article. Damîrî dit expressément que w^ 

est le mâle de Tautruche, aIuII f^h w-^l (j), sens qui ne 
s'accorde guère avec le rapprochement imaginé. 
Guider. De ^lï qâd, conduire, guider (Narducci). 



(1) V. Abdurrakman As^Sufi» 86 et Cosmogr. de Ckams edrdin 
(Mehren)figui\ 11. 

(2) Et non ghanir qui correspond à j/jg, gharour, acQectif de la même 
i*acine ^ , .tromper 

(3) C^est diaprés Damiri que Freyt. a traduit struthioeamelus mas. D0Z7 
dans son Supplément semble approuver Texplication de M. Devic. 



HABZ 1 29 



H 



Habesch de Syrie. Sorte d'oiseau de passage, tenant 
du pinson et du canari, qu'on trouve décrit dans le Dic- 
tion. d'Hist. naturelle de Déterville. Est-ce une tran- 
scription de l'arabe XX^\abbâcha^ serin ou canari? (i). 

Habzéli et Habalzélin (2). C^est le Cyperus esculentus, 
plante appelée aussi souchet comestible ( Nouv, Flore 
Franc.) de ij|l w>»- h^bb a:{:^alam. Ibn el-Beithâr l'appel- 
le encore i 3 , :{alam^ tout court et il en fait un cryptoga- 
me: «il ybjVjjj^V ». Il ajoute que c'est la même plante 

que le Jr^jJI L^ \iabb al'a:^^î:^, d'où les noms de Habelas- 
sis, Haba:^i:{ donnés au souchet comestible par certains 
botanistes. Cette plante était autrefois très commune en 
Espagne, et y est encore cultivée ainsi que dans le Midi 
de la France. D'après Técrivain Chams ed-dîn de Damas 
« le habb al-'azîz frais est comme le lait caillé et sucré ; on 
ne le trouve que dans le pays de Qastîlia, appartenant à la 
province d'Ifriqîa, où il pousse sans être semé, sur un ter- 
ritoire à part; on le reconnaît à son feuillage, qui ressem- 
ble à celui de Tache » ( Edit Mehren. p. 27 5 . ) 

(1) V. Bocth. et Dozj. Supplém. aux diction, arabes. 

(2) Dans habalzélin rassimllation avec la lettre solaire a été omise. 



. I 



^ 



i;o HAJE 

Hadji. Transcription de ^^\^ htîggi, pèlerin, et spé- 
cialement, celui qui a été à la Mecque. En parlant de 
l'élection du Daj de Tunis, le chev. d'Arvieux observe 
qu'il doit être "Hagj, c'est-à-dire, qui ait été à la Mecque. 
Hagy signifie Pèlerin (i), ce qui est une distinction chez 
les Turcs » Mémoires IV. p. 5 1. 

Haïk. Esp : jaique , hayque. — « Noms dans l'Orient 
d'un vÈtement très-léger... c'est une pièce d'étoffe non 
taillée. » (Litt). Dozy le décrit longuement dans ses 
Vêtements arabes; il y voit les termes dUU ht!;/: ou dd 
hâîk, qui manquent dans le Dictionnaire. « Je crois ce- 
pendant , ajoute-t-il , qu'ils sont d'origine arabe et qu'ils 
dérivent du verbe iJl.-, tisser. » 

Ha je. C'est l'espèce de vipère à laquelle les anciens 

ont donné le nom d'aspic de Cléopâtre ou d'Egypte; de 

iS. haîVii , nom générique du serpent en arabe. «Les Arabes 

l'appellent Haje. On la trouve en Egypte. Lorsqu'elle est 

irritée, elle enfle sa gorge et son cou quatre fois plus que 

(1) L(t K. P. Philippe de la T. S. Ti'inité enli-evoit mieus; «La Mecque 
est la patrie da Mahomet ; d'où vieat que ceux qui 3 vont et qui sont appel- 
iez Aiji, possible do mot Grec âyLog, c'eat-à-dîre Sainet, jouissent de plu- 
sieufa privilèges,» Voyage d'Orient, p. 314. jf[^ est k forme tui'co-pei'- 
aane de l'ai'nbe ^\^. La forme J». relevée pai- GoIinB est incojanua au peu- 
;= i„^flE««.™ ,..=■,. ... etii»,V, Dict.TuTC-Franç. par Youa- 



f 



HARA 1 3 ï 

ne Test son corps ». ( Hasselquist. II. 48 ). Ce détail s'ac- 
corde bien avec le vers de Lucain ( Phars. IX. 701 ). 

Aspida somniferam tumida cervice levavit 
Outre la vipère Haje il n'y a que le serpent Naja de l'Inde 
qui a la particularité d'offrir un gonflement remarquable 
du cou ( Diction, des sciences, par Privat-Deschanel ). 

Hallali. C'est une onomatopée, dit Brachet. Sédillot a 
raison de ne pas se contenter de cette explication. Il est 
beaucoup plus naturel de voir dans hallali une imitation 
du cri de guerre des musulmans -ûji VI -ill V £2 ilah illallak, 
il n'y a de Dieu que Dieu! prononcé avec l'imalé; cri 
représenté par alilies dans diverses relations.. L'espagnol 
a lelilies { Don Quichote) //////, leli etc. Ajoutez que JU 

hallala, signifie pousser le cri ii\ VI 4!! V , il n'y a de Dieu 
que Dieu. (i). 

Hanéfite ou Hanifite. Appartenant à la secte ou au rite 
d' Aboû-Hanîfa ^iju:^ y} une des* quatre sectes orthodoxes 
chez les musulmans. Les Turcs sont du rite hanéfite. 

Haras. Diez et Littré ne trouvent pas de meilleure éty- 
mologie à proposer que ^'^j faras^ cheval. On a ob- 
jecté la difficulté du changement de / en h. On en a 



( 1 ) M. de Ëguilaz cite (p. 437 ) Texpression ancienne lealâ signifiant: 
non ! nullement ! de i^ Vi non ! (pai*) Dieu! en sous entendant le ^^l^tj. 



pourtant des exemples dans kardes, (i) dans hors {foras}, 
dehors (deforis). L'espagnol nous offre fahtca et haloque 
(V. felouque), fangea et hanega, l'un et l'autre de ïî^ ■ 
Il est vrai que haras n'a pas de correspondant dans les lan- 
gues romanes, hors le bas lat haracium, et l'espagnol alfa- 
ras, qui signifie proprement un cheval de race. On trouve 
pourtant dans Trévoux que « haras, signifie aussi les che- 
vaux et cavalles de bon poil, qui font le haras-» Les haras 
de l'Europe ont été peuplés de chevaux arabes. Serait-il 
étonnant qu'on eut emprunté ce terme aux Arabes? D'a- 
près Littré le vieux français auferaiil ne serait autre qiie 
^j-jîll , alfaras, J'inclinerais aussi à rattacher à la même 
origine le verbe Harasser ( V. Littré ), et surtout Hari- 
delle (2). Harasser dans le principe s'est dit des chevaux 
fatigués, et ensuite, au figuré, des hommes. (V. Màidan : 
note. ) 

Harem. Esp: haren. Esp. Ptg. Val: harem; de^^ 
haram, littér. chose défendue, illicite, et gynécée. « Les 
Persans sont extrêmement jaloux de leurs femmes; c'est 
pourquoi ils leur bastlssent des appartements en la plus 

(1) Au la™' siècle on diiaXt fardes. Engelmann proposa comme étjmo- 
logie ji-Js fard iipannus, Beu Teatimentumo (V, Devic). 

(2) Brachat [Dicl. étym. Introd. LXl) admet l'origine arabe de haras, 
ainsi que de hasard. Dans haridelle, la finale elle est peut-être une ternù- 
naiaoa ditninutiïe ayant le sens péjoratif. 



► 



HATT 153 

intérieure partie de leurs maisons... Nul homme n'y entre, 
si ce n'est qu'il soit eunuque et c'est pour cela que ce 
lieu est nommé Aram^ c'est-à-dire, lieu défendu ». R. P. 
Philippe, p. j 27. Pour désigner les femmes qui habitent 
le harem, on dit £j^ harîm, 

Hasard{i). Esp.ptg lazar. Val: açar, atçar. Cat: atsar, 
atzar. Basq: azarâ. It: azzardo, la zara. Ce mot ayant 
signifié primitivement jeu de dés ou plutôt le point de six 
(Génin. I. 132) on s'accorde généralement à le faire 
venir de y^ji) , a:{-:{akr, dé à jouer, sens qui doit être re- 
lativement moderne; car on ne le trouve que dans Boc- 
thor et Heury (2). Marcel a jUj , :{ahdr. Le Mohît le 

donne aussi mais avec la note Sol"^. En turc j\j , :{âr, 
signifie dé (Meninski et R. Youssouf. p. 1 295). On le voit, 
l'origine de hasard est encore pleine d'obscurité. 

' Hatti chérif. « On appelle Khat chérif un Ordre ou 
commandement du Grand Seigneur , conçu dans les ter- 
mes ordinaires, au bas duquel le Sultan écrit de sa main : 
que ce commandement soit exécuté selon sa forme et 



■• I 



(1) Écrit primitivement azard; et il n'y a pas bien longtemps que le h 
de hasard est aspiré. Au sujet de ce mot, Génin afifii'me «qu'il vient de 
l'arabe». 

(2) yfcj «dé» ne se ti»ouve pas dans ^ji^li ^J\ dictionnaii»e arabe par 
Mi-Sa'îd Ghartouni, Imprimerie Catholique. Beyrouth 1889. (le 1®' vol. a 
seulement paru). Cet ouvrage ne s'occupe que de la langue classique. 



teneur. C'est h cause de cela qu'on l'appelle Kkat-Ckérif 
c'est-à-dire ligne noble». (D'Arvieux. III. J02). Cette ex- 
pression ^jtlti-Khatt charîf employée par la chan- 
cellerie ottomane est en effet formée de deux mots ara- 
bes Jai- /ihatt, ligne, écriture, et _i/i charîf, illustre (i), 
prononcé chérîf. Hatti huma/oun, expression analogue, 
est la transcription de o^j^ Jai KJiatthoumâ/oân;o)>\^ 
houmâvoûn est persan et signifie auguste, royal. 

Helbe, Hebbe ou Helbeh. Fenugrec de Ûa-, houlba. 
Le fenugrec ou saine graine est cultivé comme fourrage 
dans l'Europe méridionale. En Orient sa graine sert en- 
core à la nourriture de l'homme. Râzî, Avicenne, Ibn 
el-Beithar et la plupart des médecins arabes le conseil- 
lent contre la constipation. Avicenne, cité par Qazwt- 
nî {2), lui reconnaît encore d'autres propriétés, comme de 
faire disparaître les cicatrices, d'entretenir la fraîcheur 
du teint etc. De là le dicton populaire : « ^ U ^jU\ Je J 
«C*i l^jj; UjjîlV Ui-I . Si les hommes connaissaient la va- 
leur du houlha, ils l'achèteraient au poids de l'or ». Et ce 
proverbe Egyptien : «Heureux sont les pieds qui marchent 

(1) Il Ils lea acciuârent d'avoir établi une église publique, sans avoir 
obtenu le Kata-Chérif du Grand Seigneur» (D'Ameux. VI. 365. ) L'i qui 
se trome au milieu deHatti-Chérif «marqueen persan l'union du subatantif 
avec son adjectif » { Eteric ). 

(S) oSyiJi _îl^e (Édit. WuBtenfeld) p. 219. 



L 



HOUL 135 

sur la terre où est semée la helbe ». Vansleb. loi. 

Henné. Parmi les plantes particulières à l'Egypte le 
P. Sicard énumère « le henné, dont le jus est d'un beau 
rouge» (i)de •u?- hinnâ, même plante. La coquetterie 
orientale en fait grand cas. (Cfr. Aghâni, éd. Salh. I. 292 
et pass. ). 

Houle. Voici un exemple de mot pour lequel les rap- 
prochements avec l'arabe semblent tout naturels. M. 
Devic a essayé et il propose JyT hauU qui signifie pro- 
prement terreur, objet terrifiant, mais qui souvent pour- 
rait se traduire par houle- Ihen cite trois exemples plus ou 
moins concluants. (2) On pourrait y joindre le suivant d'Ibn- 
Batouta (II. 180): « -Jy^ Soi Je j^l (3 c^l kjull : nous 

préférâmes passer la nuit sur mer, malgré la houle. » De 

même, p. 218. Mais quelques lignes plus loin (p. 219) Jy^ 
reprend le sens de tempête, bourrasque, par lequel d'ail- 
leurs on peut toujours le traduire (3). Maintenant ces rap- 

(1) Discours sur l'Egypte, dans la précieuse collection des Lettres 
édifiantes. 

(2) Qui empêche de traduire [Merveilles de l'Inde): ^pjl ïJLa Jji JaS\^ 
ij.ï^»ïj de la sorte : ne vois-tu pas Tétat horrible de cette mer et de se^ va- 
gues ? A la p. 76 du même ouvrage, il est absolument impossible de donner 
à Jyk le sens de houle. 

(3) V. Gloss. d'Ediisi. (édit. Dozy) p. 385 et Gloss. d'Ibn Djob air. 
(édit. Wiight) p. 35. Dans Marcel, etc. JyK est prononcé Jyk koul (V. tem- 
pête) Aux exemples cités dans Tarticle ajoutez aussi: ^^1 Jiykt ^ ^sM^y^j 
aJ\^j ^Jla^j (Mille et une Nuits. Edit. Salhani.Vl. 189.). 



i;6 IMÀR 

prochements sonHls suffisants pour permettre d'affirmer 
que houle est d'origine arabe? Nous ne le pensons pas. 
L'étymologie germanique nous paraît beaucoup plus 

probable. 



I 



Imam ou Iman. Transcription de ^Ul imâm. Pour les 
fonctions d'îmam on dit Imamat et quelquefois Imanat, 
comme écrit M. Engelhardt dans son livre sur la Turquie 
et le Tan^imat [p. 9). « A un des bouts de la mosquée, du 
côté du midi, il y a une niche, où se met Vlman, qui est 
ie curé de la mosquée. » Paul Lucas (i), 

Imaret. Sorte d'hôtellerie où les étudiants vont pren- 
dre leur nourriture, et aussi hospice : « Dans toute la Tur- 
quie il y a des hôpitaux appelés Imarets, où les pauvres 
de quelque religion qu'ils soient sont assistés. » Du Loir. 
p. 189, Imaret est la prononciation turque de l'arabe 
iM '//«dm, littér. construction, bâtisse, qui a en turc le 
sens d'hôtellerie et d'hospice. (Dict. de R. Youssouf.) 



(1) Vojaga du Sieur Paul Lucas fait eu MDCCXJV, etc. par ordre de 
Louis XIV... Tome L p. 88. 



JAMB 137 



Jambette. Esp : ganibete, canivete, jambette. On ren- 
contre jambette « avec le sens de couteau de poche dont la 
lame se replie dans le manche. Je le ferais venir de ijc>- 
ganbiyuj qui manqué dans les dictionnaires^ mais que l'on 
trouve souvent, dans les relations de voyage avec le sens 
de poignard ». Defrémery. (i)Dozy accepte Tétymologie 
et la renforce de nouvelles citations (2). M, deEguilaz pen- 
se que ganibete est la transcription de canivet (3 ), diminutif 
de canin Cette explication conviendrait peut-être aux for- 
mes espagnoles ; mais peut-elle s'adapter au mot français 
jambette} (4) M. Michel Schapiro ne voit dans le mot, qui 
nous occupe, qu'un diminutif de jambe ou gambe dont le 
sens primitif serait bois, et il lui compare jambage de 
porte, rital : gambo^ tige, tronc, etc. (V. Révélations éty- 
mologiq. n^ 70); J'avoue que cette dérivation me paraît 
beaucoup plus plausible que les précédentes. 

(1) Joiirn. Aaiat. Janv. 1862. 

(2) Cfi\ GI0S8. Espag. p. 290. 

(3) Ecrit ganivet par le savant Espagnol. Sur canivet V. Littré s. v. 
canif ei Révélations étymolog, n^ 6ô. 

(4) Dozy pense que l'esp. jambette a été emprunté au français. 



I }S JASE 

Jaque. Armure faite de mailles de fer couvrant le corps 
depuis le cou jusqu'aux cuisses (Litt.). Esp. : Jaque, jaco. 
Pig : jaque. // : giacco. M. de Egullaz propose de dériver 
ces mots de dli chakk, lorlca augustis angulis contexta 
(Freyt). 

Jarre, (i) Grande cruche; de ïjr garra, même sens. 
C'était autrefois un terme spécial à la marine; et encore, 
une mesure pour les liquides usitée au Levant. « La jarre 
de Mételin est de 50 ocques » (Trévoux). 

Jaseran. Esp '■ jacerina, jaceran, jaseran, jasaran. It : 
ghia^zerino. Diez le fait venir de Jlj»- ga:{â'ir, Alger, 
parce que l' espagnol y'a^ar /no signifie Algérien et « qu'il est 
dil, (r) qu'Alger fabriquait d'excellentes cottes de mailles. » 
Mais, comme l'observe Dozy, on ne voit nulle part chez 
les auteurs arabes trace de cette industrie algérienne (2}. 
Le savant Orientaliste voit donc dans/dcer/na un mot com- 
posé pour les deux dernières syllabes de l'arabe 3 j j , :^ard, 
maille et cotte de mailles, et pour la première, du mot 
jaque, (Voir plus haut). M. Defrémery trouve peu probable 
cette réunion d'un mot roman à un mot arabe; et il re- 
court à une étymologie purement persane ( j). On a encore 

(1) Ou G!aw( Trévoux). 

(2) Voir pourtant Eguilaz. p. 431. s. v. jasaran, 

(3) Jom-n. Aaia, 1869. Mai. p.529. 



JULE 1^9 

assigné à jaseran une origine flamande a/cerej ring, » 
anneau de fer. Le vieux franc, ja^erenc serait assez favo- 
rable à cette dernière hypothèse. 

Javari. Sanglier de TAmérique méridionale, plus con- 
nu sous le nom d^ pécari. C'est ï espagnol jabali, jabalin, 
qu'on rencontre aussi sous les formes de jauari, javari, 
javaliy javalin; de ^^C^ gabalî, montagnard, le sanglier 
étant appelé porc des montagnes, comme dans P. de 
Alcala qui traduit puerco montes o javalin par Khim^it 
djavali. Le J médial et final en passant dans les langues 

romanes devient souvent r. Comp. Tesp. arcadu:^ de ^j^l3l 

et acetre de jLJI. Voir aussi notre Introduction. 

Jonque. Esp : junco. Ces mots sont d'origine chinoise. 

«Les vaisseaux.de Chine, dit Ibn Batoûta, sont de trois 

espèces ; les grandes sont appelées gonoûk, au singulier 

gonk] Uj^ij ^y^^ J^ l^ jL<n ùfci^\ ï5^ OyJI s^\f^ 

« 
« dl:^(IV. 91-95 etc. 239-264, etc. ). V. aussi Frejrtag. 

Jubarte. Sorte de baleine . « C'est le même mot que 
gibbar » M. Devic. — V. Gibbar. 

Julep. Esp : julepe. Ptg: julepo. Majorq : culepe It : 
giulebbo, ginlebbe de l'arabe ^>U goulâb ou goullâbj 
eau de rose; sirop (i). Ce mot d'origine persane est 

m i . . . ■ I i I I I < 

(1) Sacy. Abdalîatif.ç. 317, note 12. 



ancien en arabe. On le trouve cité dans un iiadith attribué 
à 'j^icha. [i). 



K 



Kabyle. Do 3_j ^jabUa, tribu; les kabyles étant orga- 
nisés en tribus fédérées. Pour les autres étymologies 
proposées V. La Gr.niJc K.î/'r/v par le général Daumas. 
p. î- 

Kadaïf ouKataïf. " Mets ou entremets arabe composé 
de pâte, de miel et de noix pilées; ce plat est surtout 
confectionné pendant le Ramadhan. » {Gasselin; Dict. 
franç.-arabe ) ; de ^\L'> ,]jt'i'if, même sens, pluriel de 
ïiiaî . Voici sur les qatàif des vers de Ahmad, fils de 
Yahyà (2). 

Jjj- JO-'J li '0;^~ jj^ ^^^ Iji' à ^ 

3_ji!' y_i cr^ ^ij-' 

« Des /tiT^aï/ farcies, comme la banane, avec des amandes 

et du sucre raffiné; elles nagent dans des flots d'huile de 

[1} Aima'^arr'ib (éd. Sachaii) p. 47, «JuU'p est un mot Persieoqui signi- 
fie bi-euvage (iom. Le julep lies Anciens (■toit beaucoup plus auorà qui la 
nôtre; oaf c'était pro|ii'Biaent ua svi'O]) claii-,» ( Phannacapie Unieenelle. 
parNic. L'EiûBi'y. p. "3 J. 

'.2) Voii' sa uotice Jans le coramentaire du -Maô-âai p. 445. 



KAND 141 

noix, et ma joie, quand elles deviennent mon bien est 
comparable à la joie d^Abbâs , lorsqu'il touchait au sucr 
ces » (i). Ibn Roûmî a chanté aussi les kataif'. 

« Puis viennent des kataif délicieuses. » 

Kafis. Mesure de capacité pour les grains en Tunisie; 
il équivaut à 650 litres environ (Gassel. ); de jvS qafi^^ 
qui se trouve déjà dans les poésies antéislamiques. On 
trouve aussi Caffis^ mesure pour les grains à Alicante. 

Kaîd. Étoile de la Grande Ourse : les Arabes « nom- 
ment rétoile de l'extrémité de la queue -CUl , alqâidj le 

Gouverneur » {2), littér. le conducteur, de ^U ducere. 

Khamsin ou Chamsin. Vent d'Egypte; de ùj^^ 
A:Aa/72rf/î , cinquante. « On l'appelle hamséen parce qu'il a 
coutume de souffler à la Pentecôte» dit Bruce (3) ou mieux 
dans « l'intervalle de Pâques à la Pentecôte, lequel ils (les 
Egyptiens ) nomment khamsin en arabe, c'est-à-dire cin- 
quantaine » {4). 

Kandoul. De Jj JL3 , qandoûlj arbre du Levant, d'où 
Ton tire une huile appelée huile de fleurs de kandoul 



(1) Traduct. de M. B, de Meynard. Voir aussi Prairies d*or VIII. 406. 

(2) Ahdurrahman Es^Sufi. p. 50. Trad. Schjellerup. 

(3) Voyage en Nubie. I. 105. 

(4) Lett. édif. I. p. 581. 



Khandjar. V. Alfange. On écrit aussi khandger. « Les 
femmes turques, dit Du Loir, attachent à leur ceinture un 
khandger, c'est-à-dire poignard, qu'elles portent plutôt 
par galanterie que par bravoure » p. 185. Le sieur Paul 
Lucas dans son Voyage a constamment gangiar. 

Kautar. Nom en Egypte d'un poids de 45 kilogrammes 
environ [Lit}. C'est la transcription de jiJaiï, jant^r. mê- 
me sens ; jlia5 vient lui-même du latin centenarium [pondus). 

Kazine ou Ehazine. « Le trésor du Grand-Seigneur 
qu'ils appelent kka:^ine est un peu au-delà du Divan. Là 
on met les Registres des recettes, les comptes des Pro- 
vinces... » Du Loir. Voyage du Levant. 8i. De ôji- 
kha^Uia, trésor, de la racine ùj»- kha:^an , emmagasiner , 
serrer. Cette même racine nous a donné magasin (i), de 
o'js- , makh:^in, lieu de dépôt, magazin. « Il construisit des 
cliambres, des magasins tûjtf-\ un four et un bain.» 
(IbnBat. IIL 295, 299, etc.). Ssp: almacen, almazen. 
magacer. Plg: almazem, armazem. Eip. et Val- alma- 
gacen. Ces formes ne laissent aucun doute sur l'origine 
arabe de magazin. 

Khan. « Le nom de /ckan se donne en ces quartiers 

(1) M. Gasaeiin se contente de relevai- ii l'analogie» de magasin avec 
ùji^- Il y a lÀ pion qae de l'analogie. 



d'Orient k certaines maisons bâties pour servir de retrai- 
tes aux voyageurs... Les grands sont d'ordinaire compo- 
sés de quatre grands corps de logis à deux étages ; dans 
le bas sont les magazins et les écuries, et dans le haut 
sont les chambres à loger, dont les portes s'ouvrent sur 
une galerie qui règne tout à l'entour du khan... Il y a aussi 
dans les villes de ces khans, destinez pour les diff^^rentes 
sortes de marchandises qui se débitent en gros; et pour 
cela, on nomme les uns les khans des soyes, les autres du 
ris,desgalleSjetc.)>(P. Nau. Voy. en Terre^aintc p. 549). 
Au lieu de kkan on trouve aussi camp dans les anciennes 
Relations. « Il y a (à Alep} un grand nombre de bâtiments 
faits comme des monastères; on les appelle camp!^. Nous 
allâmes au grand camp qui est la demeure de M. Dupont, 
consul français» (Lett. édif. p. 198). Khan est la trans- 
cription de l'arabe-persan J^khân, même sens. Dans le 
sens de prince, le mot a la même origine et la même 
orthographe. 

Kibla ou Kiblat. « Point vers lequel les musulmans 
doivent se tourner en faisant la prière » ( De Slane } ; 
de 3Ji qibla, qui signifie chose placée en face. Les musul- 
mans sont souvent appelés gens de la kibla. (V. Ibn Khal- 
doûn. Protégom. II.171}. 

Kiosque. Du persan-turc ilijS^ , ^oiJcM, même sens. 



Le mot nous est venu par les Turcs qui font sentir un i 
bref(i) après l) K. (2). Ibn Balouta apprit le mot à la 
cour de Dehlî. Le Sultan, dit-il, «ordonna à son fils de 
lui bâtir un palais, ou, comme ils l'appellent un kochk, 
avecundammasurlejtâ/etun soaAoto sur le c^//z. «Jj j.\ 

(111.212 et 2ij). Le mot se rencontre aussi dans les 
Mille et une Nuits sous cette forme arabisée de iLis 
kochk (V. Dozy. SuppL), et dans l'Histoire des Atabecs 
de Mosssoul d'Ibn al-Athîr. {V. Hîstor, Orient, des 
Croisades. 11. l'^part. p. J41). 



(1) Lo Miihit écrit iiif Kichk, aooentuation en dëaaccord avec l'oii- 
gine persane. 

(2) Comme dans sirasquier ds _^L^ ^^^; Kiainil, de J/^l^ Kdmil etc. 
(V. la lettre ff dana le Diction. Turc-Fraoçais, en caractères latins et 
tui'ca par R. Youasouf,)- Dans tin poème grec moderne je trouve x 



si cïpliqué en note: yj KiôaMor être tovçwxop deçirùr olxi/fta 



LEBB 145 



L 



Lazuli ( Lapis- ). Voy . A:{ur. 

Laskar. Matelot indien. Ptg : lascarim, lascar, liscarim, 
liscar ; du persan Jihi , lachkar, armée, troupe, qui vient 

de l'arabe f^Zj\ , al-askar^ armée. Il est probable que 
les Arabes ont à leur tour emprunté ce mot au grec by- 
zantin è^QT^^ov (exercitus) V. S. Frœnkel. Aram. Fremdw. 
p. 259. (i) Sérasquier ou Sérasquier, commandant en chef 
de l'armée en Turquie vient de J^j^ , ser ^as/car, 

formé du persan j^ , ser^ tête et de fl.^ 'askar , armée- 
Sur l'insertion de Ti Voir Kiosque. 

Lebbeck. Acacia africain et asiatique nommé par 
Hasselquist « mimosa lebbeck, acacia d'Egypte, en arabe 
Lebbeck » (2) ; de îf^ labkh. Forskal donne le nom de 
lœbac/i et lebbek, à cet acacia cultivé fréquemment en 
Egypte et en Arabie à cause de l'ombrage qu'il procure. 
Les belles promenades du Caire sont plantées de cet ar- 
bre incomparable, qui atteint jusqu'à 1 5 mètres de hauteur. 

(1) Les Philologues Ai»abes pensent au contraii''e que^CLt leur vient du 
persan (Almu*aiTab. 105). 

(2) Voyages, p. 68 et 154. 

lO 



146 UMO 

Il rie faut pas le confondre avec le lèbakh ou perséa , ( i ) 
qui n'existe plus en Egypte. M. Devic pense que « le nom 
du genre lébeckie ( Lebeckia ) qui comprend des arbustes 
du cap de Bonne-Espérance a la même origine étymo- 
logique.» Avec le Dictionnaire de d'Orbigny nous pré- 
férons y voir un adjectif formé sur un nom propre. 

Lésine. (2) Ce mot a avec Tarabe ô*) , la:{inay être 
serré, être étroit, une telle ressemblance de sens et de 
forme qu'il y a lieu de s'étonner qu'on n'y ait pas fait plus 
d'attention. On dit ôj J^ , ''aïch la:{in, vie mesquine, 
plein de lésinerie. 

Lila.s. Esp ; lila, lilac ; de dlU lîlak ou iJ^ , lîlâAj 
même sens. Jusqu'à la fin du 18°^® siècle, on disait en 
français indifféremment lilas et lilac:, d'où Lilacée. 

Limon. Fruit. Esp. : limon. Pig. : limâo. Cat. Uimo, 

f. ^ 

Uimona. ît : limone; de Oy^ , laimoûn, même sens. On 

trouve aussi ^^ , lîmôu, Dans Moqaddasî le û>J^ 
lîmourij est décrit comme un fruit propre à Tlnde, res- 
semblant à l'abricot, mais d'un goût fort acide. -v^Ui-j 

(1) Relat d'Âbdellatif. p. 47. On lit dans le Qamous: Vr^l J3U. î^ ^ 
^\ \J^Ci\ : -uîl ^»vjt>^r2^^ Jw? ;ibl Jl Jii* Ça; ù» ^j-^i De Sacy propose de lire 

l;Iy notre prophète au lieu de uû et pense que cette tradition se rapporte 
à Mahomet. 

(2) On a écrit lezine, Régnier même a dit léùna ( substantif). 



LOOC 147 

Il II» Il ■ ■ I ■ ■■ ■ ^M^^^ I - - - |- 1 H |- — ■ ■ ■H^— I J__M^ -^—^^^.^^^ 

llw îi^U jLr^l Ji4 SjC ^j ^y ( -uJI (^l ) . Lime (espèce 
de citronnier) Esp. Ptg : lima. Maj. et Va/ : Uima, vient de 
J lînij nom générique des citrus; ou de ij ft/wa, nom 

d'unité à Tripoli de Syrie, où on cultive un citron nommé 
(^oi) J lîm baladî\ lime du pays. 

Lisme. Droit payé aux états barbaresques pour la pê- 
che du corail; de Z())i , lâ:^ima, littér. : chose obliga- 
toire, et aussi impôt j dans Edrîsî, Ibn Hauqal (v. Glossar. 
sur Edrisi p. j'76). î«*jl^ /i!^ma, est une forme moderne qui 
s'adapte encore mieux à lisme (V. Ckerbonneau. Dict. 
fr.^ar. et Do:^. SuppL). On appelle lesma ou le:{ma en 

Algérie un impôt de capitation payé par les Indigènes (i) 
A Alger dit le chevalier d'Arvieux : « on lève tous les ans 
les Liâmes et les Garâmes (2) qui sont comme les Tailles, 
les Impositions et -les Conditions que les Maures de la 
campagne payent à la milice » (mémoires III. 253).' 

Looch. Ptg : looch, lohoc. Terme de pharmacie, de 
Jp /a'oû^' (j) litt. : ce qu'on lèche, potion, médicament 

qu'on prend à petites gorgées, de jJ Idaq^ lécher , qui 



(1) Voii' plus loin le mot Zekkat 

(2) De s^t^ dette impôt, taxe d*où en espag. ^arrama^ contribution chez 
les Maui*6s. 

(3) On dit aussi j^ lo^oùq; forme vicieuse relevée parHarîrî (o^l>)l Sj^ 
p. 102. édit. Thorbecke ) mais qui se l'approche plus des dérivés européens. 



148 LUTH 

a en médecine le sens de prendre un loock ( V. Ibn Beith. 
s. V. ^l4^). Voici un JjJ contre la toux indiqué par Soy- 

oûtî : (i) « vjt^j J^ J-« ^j^J^ ôCr"jj» ; on fait cuire des 

graines de lin pétries dans du miel d'abeille ». 

Luth (2). Esp\ laud. Ptg\ laude, alaude. Ital: liuto, 

leuto ; de :>pl al'oâd, nom du même instrument. On peut 
lire dans Mas'oûdî (VIII. 88 et 99.) ce qu'il dit sur rori- 

gine du ^oâd. Voir plus loin Rebec. 



(1) 0j9Jil\ <ÎXU)lj ù^oll JîSOi i^\:S' Edit d'Egypte, p. 165. nLooch, ectegma 
et Linctus sont 3 mots qui signifient une même chose, léchement, sucement; 
le premier est Arabe.» {Pharmacopée Univ, par Nie. L'Emery.|p. 271). 

(2) «On peut écrii»e aussi Lut, » ( Trévoux). { 



MACH 149 



M 



Macabre. Esp: almocaber. Ptg: almocâvar. almocô- 
var. Esp : macabro. Tous ces mots viennent évidemment 
de jrll«(i), maqâbir^ pluriel de SjCU maqbara, tombe et 

surtout cimetière ; car la forme 3«^ indique un collectif. 
Cela étant vrai pour les langues ibériques ; pourquoi dans 
le français macabre faire intervenir chorea Macckabœprum? 
Puisque dans aucune des danses macabres, qui nous res- 
tent, les Macchabées ne figurent aucunement. Pour s'en 
convaincre, on n'a qu'à lire l'article : Danses des morts 
d^ns le Dictionnaire infernal {2). Avec l'étymologie arabe, 
forme, accent, sens, (j) tout s'explique naturellement, 
tandis que l'étymologie latine soulève de sérieuses, pour 
ne pas dire insurmontables, difficultés. 

liàche. Plante du genre des valérianes, qu'on mange 
en salade. Probablement de mâcher, dit Littré. Bocthor 
traduit mâche par J:»U, mâck (4). Mais pour faire accepter 

(1) Avec ou sans Tarticle al. 

(2) V. aussi Gloss. étymol. de M. Devic s. v. macabre. Littré maintient 
l'étymologie latine dans son Supplément. 

(3) La danse macabre est la danse ^.12> du cimetière ou des tombeaux. 

(4) Devic dans son Glossaii'e se demande «si Bocthor a fait quelque con- 



I50 MACH 

cette étymologie il faudrait des autorités plus sérieuses (i). 
J-U n'a dans aucun dictionnaire ni auteur le sens de salade 

« 

ou d'herbe. Ibn Batoûta après avoir dit que le rfiâch est une 
espèce de pois J^\ ^ 9y ( III. 131) ajoute plus loin que 
dans rinde « on donne aux animaux en place de fourrage 
vert des feuilles de mâch » ( p. 132). Mais de là à Tidentî- 
fication que nous combattons, il y a loin. Ibn el-Beithar 
cite selon, son habitude, les opinions de plusieurs mé- 
decins-botanistes. Or tous s'accordent a en faire un légume 
du genre des pois ou des lentilles. Le livre de l'Agriculture 
d^Ibn aPAwâm (II p. 67) ne parle pas autrement. Dans la 
suite de son traité des Simples Ibn el-Beithar revient bien 
des fois encore à J^U ; mais jamais dans ses expressions 
rien qui permette d'en faire une herbe. Enfin on peut voir 
sur mâche une excellente note de ^illustre de Sacy 
[Abdallatif. p. 119, n^ 118). Ajoutons que le P. Sicard 
dans le Plan de son ouvrage sur l'Egypte dit expressément 
que le « mach est une espèce de haricot de l'Iémen. » 



fusion ou si vraiment ^u se prend dans le sens de notre mâche?». Dozy 
dans son Supplôm. reproduit ce passage sans rien ajouter. D^aprôs Trévoux 
« mâche est un mot arabe, c^est un grain rond, sain. On le mange comme 
les lentilles... On fait un mets^composé de ris et de mâche »% 

(1) Sur la valeur du Diction, de Bocthor, Voir ce que dit le comte C. de 
Landberg dans la Préface de Bâsim le Forgeron ( p. XII. ) On trouvera 
peut-être le jugement sévère. Mais n*est-il pas quelque peu mérité? . 



MAHA 151 

Madrague. Esp : almadraba. Pêcherie pour le thon ( i ). 
Deux explications sont en présence. M. Dozy fait venir 
le terme espagnol de îjjll , al'ma:{raba, du verbe «-jj3 
jfaj^a^a, entourer d'une haie. On peut voir son argumen- 
tation p. 148 de son Glossaire. Seulement on ne connaît 
pas encore d'exemple on le 3 » ^àîn soit devenu d (2). 
Je préfère l'étymologie de M. Defrémery (j) qui propose 
\j<>^ madraba, de o^ àarabaj planter, enfoncer un 
pieu (V. Journ. Asiat. Mai. 1869 p. 538 etEguilaz p. 207). 

Mahaleb ou Magalep. En botanique : Prunus mahaleb. 
« Nom arabe devenu nom vulgaire et spécifique du ceri- 
sier mahaleb » Littré. de ^J^ , mahlab, même sens. Ses 
fruits odoriférants ont été décrits par Râzî, Avicenne, 
Ibn al-Beithâr, Ibn al-'Awâm; Livre de T Agriculture. II. 
ï'^ partie. 367. ) etc. 

Mahari (4). « Il est des dromadaires (5) que Ton dresse 
pour être montés et que les Arabes désignent sous le 
nom de mahari. Le mahari ne constitue pas une race à 
part; c'est tout simplement un animal de choix que sa 

(1) V. description de la Madrague dans le Dict, Déterville à l'art, thon. 

(2) M. Dozy aurait dû dans son Introduction donner au moins un exem- 
ple de ce changement. Il est probable qu'il n'en aura point trouvé. 

(3) Ou plutôt du P. Guadix, qui l'a émise longtemps avant le savant 
français. 

(4) M. Barbier de Meynard dit maharite. 

(5) C. Flaubert : Magasin Catholique illustré. 1853. p. 285. 



152 MAHA 

• ■ I ■ ■ ■ I ■■ ■— — ^- .M^— ■ ■■-■■■■■Il ■!■■■! ■■■■■■,■ ■ I ■■ 

conformation individuelle rend apte à faire par jour des 
courses soutenues de loo à 1 50 kilomètres... Le maharî 
marche et trotte à l'amble et son galop est si rapide que 
le meilleur cheval ne peut le suivre. Les Arabes désignent 
sous le nom de djemel{i) le dromadaire de somme, de 
mahary^ celui de course. » C'est la Transcription de 
(SJ^ mâhârî^ pluriel de 1 ^ . Ce nom leur viendrait de 
Mahr-Ben-Haidan père d'une tribu du Yémen ou de la 
ville de Mahra dans l'Oman. Les Arabes ne tarissent pas 
en éloges sur ces merveilleuses montures. Elles devancent 
les coursiers les plus rapides; elles volent^ selont l'ex- 
pression d'Ousâma ibn Monqid(p. 8. 2"^® lig.): «^i^jl^b» 
elles comprennent les moindres signes du cavalier et 
souvent préviennent ses désirs (V. Ibn Batouta. IIL 42 1 )• 
« C'est cette même race (2) que Diodore et Strabon ont 
nommée camehs-dromaSj et qui seule devrait porter le 

nom de dromadaire.» On donne parfois comme synonyme 
de mahari le mot raguahil (j). Ce dernier représente 

J>:Oj rawâhil, plur. de S^ljqui se dit d'une magnifique 
chamelle de race, choisie exclusivement comme monture 

(1) Jj*^ gamil, diatinctîon établie ici est exacte. 

(2) Dict. Déterville qui écrit maihari, 

(3) Déterville. XIII. 526. 



\ 



MAID 1 5 3 

et à qui on n'impose jamais des fardeaux (i). Voici com- 
ment ce terme est expliqué par l'auteur dé Silll 43 (la Cri- 
tique du langage) ji3-l ^Cj îlf^l Je <5^ J^JI Ujtil ISI 
( îUb ) ^ Jadl j,.*oo , et il cite a Tappui le hadith sui- 

vant (2) : 3*b lé -^^ ^^ "^ ^^'^ J-X cr^' 

Mahômétan. Nom formé sur -u^ Mouhammad, litt. le 
loué, l'exalté, ou plutôt sur- la transcription vicieuse 
Mahomet, qui a prévalu. 

Mahonne. jEs/? : mahona; galère turque. On a proposé 
l'arabe à^\^ md'oû/z, vase; marmite, ustensile. Diaprés 
MûUer le mot arabe en passant en turc aurait pris le sens 
de galère. Je n'ai pu retrouver ôyX* en turc; mais en 

revanche cette langue fournit <iymA ma^'oûna, -ÛjpU mâ'oâna 

ij\^ ^ mâoûna (V. R. Youssouf. Die. Turc-Fr,) allègej 
gabarre, bateau. C'est évidemment là qu'il faut chercher 
l'origine de mahonne. 

Maïdan ou Meidan. Les Croisés avaient emprunté aux 
Indigènes les exercices du Meidan (3). On peut lire à ce 

(1) Celles qui portent des fardeaux s'appellent Ja\jj. De là le sens figu- 
ré en parlant d'un homme de peu de valeur: JaIjjîI ^ [J\ J>\jJ\ c/'j^xré' 
(Foqhal-lougha. 158). 

(2) Foqh. p. 157. Compai». AganiU, p. 277 (édition Salhani) xÇf J*^ 

(3) Quelques auteurs ont même pensé que les tournois ne sont qu'une 
imitation du jeu équestre du djérid ou du meidan. (V. Rey. Colonies Franq. 
54. ) Les chevaliers francs se rendaient chaque année aux bords du Kison, 



154 MANG 

sujet une drolatique histoire dans Ousâma ibn Monqid 
(p. loi et 102). Pour Tétymologie Voir Djérid. 

Mamelouk. Esp. Ptg : mameluco. Vat: mameluch. 
It : mammaluco; de fJjlU , mamloâky littér. celui qui est 

possédé. En Syrie et en Egypte fJ^ désigne un esclave 

blanc, tandis que le terme JUp(i) ou ^3U.(en Afrique) 
est réservé aux esclaves nègres (2). De fait les Mamelouks 
étaient d'origine Circassienne. Il semble donc que Mala- 
moquej albatros au bec noir, au plumage entièrement noir 
ne peut pas être une altération de f]^ , comme le vou- 
drait M. De vie. 

Manège. Esp : manejo. On trouve dans les Diction- 
naires : « manège de maneggio, manus». Pour ma part, je 
préfère le rapprocher de ^^ manhège, via aperta et 
manifesta (Freyt.) et aussi, direction, manière de se com- 
porter. Sur l'omission de o médial. V. Introduction. 

Mangala. Jeu arabe sur un damier de douze cases 
avec 72 coquillages ( Kazimirski ). Ce jeu très connu en 
Orient est longuement décrit par Niehuhr [Vot/ag. en 
Arabie. I. 1 39 et Mille et une Nuits, édit. Habicht. I. 257). 

pour y célébrer le haraz, où tous s'excerçaîent à des joutes, auxquels les 
Sarrazios prenaient part. — Saint-^enois, Mém. de l'Acad. royale de Bel- 
gique. T. ni. 

(1) Même jup désigne absolument un nègre, esclave ou non. 

(2) V. Proîèg. d'Ibn Khaldoun III. p. 291. Mr. de Slane, note 1. 



MARA 155 



C'est la transcription de 3^, minqala^ qui s€| rattache 

à la racine JIj transporter. On écrit aussi, ïÛl« manqala. 
Marabotin. Monnaie d'or, qui eut' longtemps cours 
dans le midi de la France. ( V. Bouillet. EHct, Scienc. ) 
Au lieu de marabotin on trouve aussi marmotin^ qui n'est- 
qu'une corruption du premier. Prop : raaraboti. Bas. lot : 
marabotinus, merabatinus(i). Il est souvent parlé de cette 
monnaie dans plusieurs titres de la ville de Montpel- 
lier (2). Marabotin dérive certainement de ùjLlj^ morâ- 

bitîn ou ôvL)' Jll al-mourâbiiîn , nom de lia dynastie des 
Almora vides, sous lesquels cette monnaie fut frappée* 
Les marabotins ayant dans la suite des temps perdu con* 
sidérablement de leur valeur, devinrent des maravédh^ 
qui ont absolument la même origine. ( V. Dozy. Recher-- 
ches. p. 470). 

Marabout. Esp. et Ptg: morabito. I^g: morabita, 
marabuto. Cat. VaU et Maj: morabit; de ]a>}J morâbit^ 
qui est assidu, appliqué. « Des mérabouts jetèrent dans le 
puits soixante-dix outres en pierre » Baron de Kraffl (j), 

(1) Voy. les autres formes dans le Dict. de Tr.évoux s, v. 

(2) Les évêques de Maguelonne étaient en partie Seigneurs de Mont- 
pellier et il parait par deux vers de Théodulphe d'Orléans que la monnaie 
des évêques de Maguelonne portait des inscriptions arabes: 

Ipfie gravi numéro nummos fert divitis auri, 
Quod Arabum sermo sive character erat. 

(3) Toui' du Monde. Promenade dans la Tripolitaine. 1861. 1®' sem. 



156 MARA 

Ce qui confirme cette dérivation c'est que la dynastie 
des Almoravides ( V. le mot suivant ) a été longtemps 
appelée en français la dynastie des Marabouts; et ce 
passage d'une ancienne relation où l'on lit que « les mora- 
vites sont une espèce de leurs prêtres. » (i). 

Maran, Marslne ou Marrane. Terme injurieux dont 
les Français appellaient les Espagnols (2) ; il se disait en- 
core des Maures de la Péninsule, et des chrétiens d'ori- 
gine juive etc. « Ce serait proprement un africain^ dit 
Trévoux, mais dans les poésies de Marot, c'est une injure. 
Dans le temps que nous autres français étions ennemis 
des Espagnols, nous les traitions de marranes^ comme ils 
nous traitaient de gavaches. Gloss. sur Marot. « Nous ne 
devons pas croire que les Espagnols soient meilleurs 
chrestiens que nous... le marranisme est plus fréquent en 
Espagne que l'hérésie en France. » — Guy Coquille (cité 
dans Littré, Supplément). Marrane, en espag. marrano, en 
portug. marrâo. n'est autre que ûly morrân, qui d'après 
le P. la Torre, est un terme employé par les Arabes du 

p. 79. Eaturc ynuràbit Jaijy» signifie marabout (R. Youssouf). C'est donc 
de Jaji^ que le mot dérive et non de ^yj!^ marboût, comme on ti-ouve enco- 
re souvent. 

(1) Voy. aussi Trévoux s. v. Morabites. 

(2) La couleur marrane était la couleur Espagnole. On trouve dans La 
Fontaine. 

«Peuple hérétique et maran,ï> — ^Virelai sur les Hollandais. 



MARF 157 

Maroc dans la même acception que les mots espagnol 
et français, c'est-à-dire, maudit, excommunié etc. 

Marcher. Hypothèse pour hypothèse, j'aime autant 
celle qui rattache marcher à J^a , mâcha, même sens. 
Pour l'insertion de rvoir l'Introduction du Gloss. deDozy 
p. 2j et la nôtre. 

Marfil ou Morfil. Ivoire tel qu'il est livré par les nè- 
gres, sur les côtes d'Afrique. Lorsque le morfil est coupé 
et travaillé, il s'appelle ivoire, dit un exemple cité dans 
Trévoux. Esp : marfil. Ptg : marfim. Basq : marfilà. On a 
proposé comme étymologie J^l sJi , nâb al-ftl^ litt : dent 
de l'éléphant, terme par lequel les Arabes désignent l'i- 
voire. Cette dérivation oblige d'admettre des altérations 
trop fortes. De plus elle n'explique pas l'existence des 
formes almafil et olmafi, plus anciennes que marfil. C'est 
ce qui m'engage à accepter comme très probable l'hypo- 
thèse de M. de Eguilaz qui voit dans marfil une altération 
de JJII pJip , 'azm al-fîl, os de l'éléphant, par l'aphé- 
rèse de la syllabe 'ai. Que l'ivoire ait été appelé 
JJll ^Jâp , il le prouve par un texte arabe très-curieux (i) 



(1) V. Glosar. etim.^, 444. A propos de ^yi\ ç^U nab alfil. M. Dozy fait 
observer que le génie de la langue arabe ne permet pas la suppression de 
l'article et de dire ndb fîU Cette remarque, si juste pourtant, est contestée 
par M. Devic qui cite à l'appui j^i J^ , sinn fil dans Bocthor. Mais nous ne 



i;8 MÂRM 



L'aphérèse admise dans marfil n'est d'ailleurs pas plus 
forte que celle du ptg. emaj autruche, de ZAmÔ , na'^âma^ 
même sens. 

Markab. Etoile de Pégase; elle est située dans 
l'aile de cette constellation. C'est la transcription de 
l'arabe ^i^ markab^ litter. monture. 

Marmite. Esp. et Lombard : marmita; de Ia j^ bomm^ 
marmite surtout en pierre (i), mais il s'est dit aussi d'un us- 
tensile en métal ; ( V. Geogr. Ar. Glors. 1 89 ) et Beaussier 
à raison de traduire î^, par «grande marmite en terre 
ou métal » . Chez Moqaddasî il est tout simplement syno- 
nyme de jJtî . Dans la cuisine d'un couvent Copte le 
P. Sicard vit «trois grandes marmites de pierre, celles-ci 
cuisent fort bien et durent des siècles. Cettç sorte de 
pierre se nomme baram» (Lett. édif. I. p. 45c.) Il dît 



sommes pas loin d^y voir une des nombreuses fautes de détail échappées au 
lexicographe égyptien. Quoiqu'il en soit près de Beyrouth sm* un tertre do- 
minant le iVa/ir-iîeyroit^A se trouve un petit village appelé Sinael-fîljjJI t^. 
L'article s'y fait toujours bietisentii*; et cela date de loin, puisque au temps 
des croisades le lieu s'appelait Senes/il comme l'atteste Rey ( Colon, 
franq, p. 524 ). 

(1) Pour le changement de o en m. Comp. les variantes orthographiques 
du nom de Balbec (dUU) dans les écrivains des Croisades, où l'on trouve 
Màlbec, Mabeth, Maubec. (Quinti Belli sacri Scriptores Minores., éd. R. 
Rohricht) «adoncques seront prises Malbec et la Chamelle» p. 237. La 
Chamelle désigne la ville de Homs « Vastabunt. Mahetk» p. 213- « Maubecy> 
p. 213. Guillaume de Tyr écrit de môme Malbec. 



MASC 1 59 

'~^ !■ -■ - Il m ■ii^r-Ji ^M ■ ■■ ■■ ^ ■ ■ - ■ - ^ ^ ^,_^ ^^^ 

ailleurs que cette pierre se durcit au feu, et que les ri- 
ches et les pauvres s'en servent » (Id. 477). 

Marmouset. J'inclinerais à rapprocher ce mot de Tesp: 
mamarrache et momarrache ^ altérations de moharrache^ 
et qui signifient marmouset ^ petit homme grotesque, et qui 
dérivent de n^jf mohrrig , bouffon , plaisant , comme 
M. Dozy l'a prouvé (Gloss. Esp. J07, 308 etc,). Mar- 
mot aurait la même origine. Tel n'est pas pourtant l'a- 
vis de M. F. Génin. (V. Récréations Philologiques. 182). 

Marquise. Toit. Les dictionnaires ou ne disent rien 
ou ne donnent sur l'origine de ce mot que des explica- 
tions embarrasées. Si ce n'était abuser du droit de faire 
des conjectures, nous verrions dans marquise une porte 
altération, de JljJI ar-riwâq, ou arroivâq, qui a toutes les 
significations du mot fi:*ançais : espèce de surtout qui se 

met par dessus, les tentes, pour les garantir de la pluie; 
toit avancé; cloître; péristyle. Jljj est ancien en arabe 
comme on peu le voir dans S. Frœnkel (Aram. Fremdw. 
166). De Jlj j on a fait û^'jj > qui désigne les Stoïciens, 
ol (XTzo rfig Sroâg • M. F. Génin donne de marquise une 
étymologie saxonne ( Recréât. 207). 

Mascarade. Esp. et Ptg. : mascara. Val maixquera, 
masquera, Ital : maschera. Il y a longtemps que Ménage 



i6o MATA 

avait assigné à ce mot une origine arabe. Les étymolo- 
gistes postérieurs n'ont pas eu de peine à prouver que 
mascarade vient en effet de ij^ maskhara (i), bouffon- 
nerie, grosse farce (Bost.); et même masque, personne 
masquée (Belot), mascarade (Heury). Il est certain que 
même en français mascarade a eu le sens de bouffonnerie, 
que Littré n'a pas suffisamment indiqué. En 1 63 1 le R. 
P. Philippe de la T. S. Trinité écrivait que les Arabes 
« festinent et font des mascarades toute la nuit et dorment 

• tout le jour.» p. 321. Dans ce passage le Carme mission- 
naire a sans doute voulu rendre l^ maskhara. Le 
franc. Masque est souvent rattaché étymologiquement au 
même mot arabe, dont il ne serait qu'une abbréviation (2). 
M. de Eguilaz y voit 5^=*^ ma^M, métamorphose , et tout 
spécialement celle qui transforme l'homme en bête, 
chien (2), singe etc., Cfr. S/non. Arab* 188 et Chams 

' ed-dîn de Damas, p. 275. Cette explication n'est pas 
improbable, étant donné la façon cavalière, dont le fran- 
çais traite la finale des mots arabes. ( V. Introduction ). 

Matamore. Esp. Ptg : mazmorra. Val. : maçmorra Ptg: 
masmorra, matamorra. Cat : marmorra, massmorra de 

(1) Les Persans ont pris le même mot dans le sens de moquerie, visé 
( V. Berge. Dict. Pers-Franç. s. v. ). 

(2) V. à ce sujet une plaisante histoire dans Aghâni (I. 257. édition 
Salhani ). 



MATE i6i 

SjjUa^ ma\moùra^ fosse souterraine, silo; et aussi pri- 

son, de j».U tamar, cacher. « Il y a des criminels que l'on 
pend par les pieds sur la bouche d'un puits ou d'une ma- 
tamore\ c'est ainsi qu'on appelle des puits secs et pro- 
fonds, où l'on conserve les grains et les légumes. ))(i) 
On peut lire dans Aboûl-Fédâ l'histoire de la maimoâra 
creusée pour servir de prison à An-Nâsir Dâwoûd (Histor. 
des croisades T. I. p. 137). 

Matelas. Esp : almandraque, matraque. Esp. Ptg : al- 
madraque Cat : àlmatrach. Prov : almatrac. diminut. esp. 
et ptg : almadraqueja, almadraquexa. // ; matarazzo, ma- 
terasso. Vieux fr. : materas, matteras, matelat; de r}^ 

/natrah, lieu où l'on jette, lit (2), de rj» tamh, jeter. Tout 
homme qui a passé par l'Orient comprend comment de 
jeter on est arrivé à l'idée de lit. Les lits des Orientaux 
sont de simples couvertures ou des matelas fort légers, 
qui pendant la journée sont roulés dans un coin, et qu'on 
étend le soir, ^j farch, mot dont on se sert habituel- 

lemenr pour désigner un lit vient de même de ^^ farach^ 
étendre par terre. « Les Arabes couchent d'ordinaire par 
terre sur un matelas îo-IJi» ; toute la lilterie nécessaire 



I • 



(1) D'Ai»vieux> m. 278. 

(2) V. ^jijLi o»j?i Dict. de Farabe classiq. par M. Saïd Chârtouni ; - et 
Dozy. Supp, 

II 



i62 MELC 

s'appelle Hy » {Proverbes arabes^ par le O^ de Land- 
berg.p, 349). 

Maugrebin et Mogrebin. De ^^^ maghribî, adjectif 
formé sur ^^J»a maghrib, occident, qui est notre mot 
Magreb. Le nom de Megrebin^ comme écrit le P. Nau, « se 
donne aux Mahométans, de devers Algier et Maroc, 
parce qu'ils sont occidentaux » (i). En Orient, Maugrebin 
est souvent synonyme de sorcier ; et cela était déjà reçu 
du temps du missionnaire que nous venons de citer (2). 
V. aussi âJ sJi\ . pass. 

Garbln, vent du sud-ouest, en ital. garbinOj se rat- 
tache à la même racine ; de d./^ gharbî , adject. de 1^^ 
occident. Dans le Languedoc on appelle aussi Garbin un 
petit vent frais, qui s'élève vers midi dans l'arrière-saison. 

Médresseh. Collège. C'est la prononciation turque de 
l'arabe î-o-^ madrasa , lieu d'étude, de ^^-^^ darasy é- 

tudier , sur la forme Z^ , comme 5m^ (V. Macabre). 

Melchites. C'est le nom donné aux Chrétiens Grecs 

du Levant; de ^^ssaeU , malakî, royaliste, adjectif de 

dUT , malekj roi (3). La raison historique est connue: 

(1) Voyage nouveau de la Terre^Sainte. p. 621. 

(2) iôid. p. 621. 

(3) «Les Grecs qui confessent deux natui*es en J. C. selon le concile de 
Chalcédoine.... sont appelés melchites c-à-d. royalistes, du mot arabe melek, 
qui signifie roi... Il n^est pas difficile de reconnaître Tétymologie du nom des 



I 



MESC 165 

à l'époque de l'hérésie eutychienne, les empereurs de 
Byzance, catholiques pour lors, protégeant les saines 
doctrines , les hérétiques donnaient la qualification de . 
melchites à tous les bons catholiques. Voir ce qu'en dit le x 
P. Nau dans son Voyage Nouveau de la Terre Sainte 
p. 2 1 2. Fleury écrit Melquites. 

Mélochie. Plante de la famille des malvacées , de 
ï-i-jL , moloâMia, (V. Molequin) . 

Mérak. C'est ? de la Grande Ourse (i). Transcri- 
ption de Jl jl 1 almarâqq. « Elle est parmi les étoiles bril- 
lantes de la troisième grandeur; Ptolémée la dit de la 
deuxième ». ('Abdurrahmân as-Sûfî. 49 ef 54). 

Mescal. Esp : mitical. Ptg : métical, metical, methcaes, 
{plur. Ptg. ) « Petit poids de Perse, qui fait environ la 
centième partie d'une livre de France de seize onces. 
C'est le demi-derhem (2), ou demi-dragme des Persans.» 

(Trévoux) Transcription de ^i^imisqâlj (ou mesqâld'a- 

» j , ■ 

Melchites. L'empereur Marcien et les empereurs suivants, si l'on en excepte 
peu d'entre eux, employaient leur autorité à faii*e recevoii' le concile de Chal- 
cédoine; c'était la foi des empereurs, et ceux qui avaient la même foi fui*ebt 
appelés melchites ou royalistes». Lettre du P. Du Bernât (en 1711). Lett. 
édif. 576. Sui* les Melcliites ou :^<a/i V. Mas'oûdî, al-Makîn etc. pass. 

(1) Ai*ago. Astronomie populaire I. 338. 

(2) Actuellement on dit plutôt Dirhem de l'arabe ^3^ dirham, dérivé 

de ÔQaji^fiij, de même que le français Dinar est la transcruption de jUj^ 
dinar ( du gi\ di]paçiop ) 

l 



i64 MINA 

' ~ ■ ,. , , — ^ — ^^_^^-.— ^— 

près la prononciation vulgair^ poids bien connu. Bouillet 
parle aussi d'un instrument de musique, en usage chez les 
, Turcs, et qui n'est autre chose qu'une espèce de flûte de 
Pan, qui ne compte pas moins de vingt-trois tuyaux. 
^ [Dict. Scienc.) Effectivement J\2U [misqâl\ «est une sorte 
de fifre fait d'une rangée de roseaux. » R. Youssouf. 

Mesquin. Esp : mesquino, merquino. Cat : mesqui. Val: 
meçqui. Ptg : mesquinho. // ; meschino. Transcription de 
i>5Cl«^, miskîn. pauvre prononcé vulgairement meskîn (i). 

Pour la synonymie du mot et celui de jjS faqîr , pauvre, 
d'où nous avons pris fakir et faquir. V. nos Synon. arab. 
n^93 3. 

Mézérion, Mézéréon ou Almézérion. Plante; de 
l'arabe-persan ùjoSU ou ôj^jj^* mâj^anjoû/z, qui manque 
dans Freytag, mais que donnent Avicenne^ Ibn el-Beithar, 
Qalioûbî, Bostani, etc. (V. Devic. Dict. étym. et Journ, 
Asiat. 1870. Janvier p. 68). 

Minaret. Esp: minarete. On assigne généralement 
comme origine à ce mot Sjlu , manâra, proprement, 
lieu où il y a une lumière ; (2) puis, lampe, chandelier, 
fànal et enfin minaret; d'où le turc ©jLu , minaré, mina- 

( 1 ) c^iCJL^ a aussi le sens de mesquin chez les Turcs (Y. R. Youssoof- 
Dict. 5. V. miskin.) 

(2) ïjl> est poui» zyjÎA sur la forme :ùiÀÂ* 



MIRZ 165 

% 

ret. Dans ce dernier sens les Arabes se servent surtout 
de Z iU maàana ( i ), lieu d'où le mue^:{in C û^i^ ' ^ appelle 

à la prière, de il • Aussi inclinerais-je à croire que le 
mot nous a été transmis par les Turcs, ou bien qu'il dé- 
rive du pluriel arabe Oljlu , manârât. Le terme Sjb« 

est pourtant employé par les Arabes (2) aJU} Jp jiJ'SI » dit 
Moqaddassî (44. et pass.). Quoiqu'il en soit, l'esp. mina- 
rete semble bien devoir se rattacher à la forme Zj\Jc^ 
(Eguilaz. 453 ). Dans les Vo/ages du Sieur Lucas on lit 
« minarats tours faites en pointe et à plusieurs étages » 
I. p. 89. 

Miramolin. On trouve en esp : miramamolin^ miramulim, 
et même miramomni Ce sont des altérations de v>ji«\ll jul 
amîr-al-moâmenîn, prince des croyants. 

Mirza. En Perse, dit le R. P. Philippe de la T. S. Tri- 
nité, «les Princes sont appelés mir:^a». p. 326. C'est la 
transcription du persan Ijjt* mîr:{ây pour ©^Ij >«l amîr- 
{âdeh^ fils d'émir. Emir est arabe ;' ;j'4(i^Â est persan. Ce 
mot mir:[a « placé avant le nom d'une personne signifie un 
homme lettré ou simplement monsieur \ quand il suit un 

(1) «Mosquées dites en Ai'abes gamea et les clochers, madene» Voyages 
de M"^ de Monconya I, 355; et ailleurs: «clochers, dits minares en Tui^c, et 
madenhe en Arabe». (L 385). Inutile de faire remarquer que muezzin 
vient de ô'^y» prononcé mouezzen, V, Introd. lettre i 

(2) Ibn Hauqal et Istakhri ont le collectif ji> mandr. 



i66 MOHA 

nom propre il s'emploie pour désigner un prince du sang » 
Berge. Dict. Pers. ^ Franc. Compar. Tespag. mirque- 
bir de j^j\a\ amîr kabîr; et le turc \JjtA et ^sV^ju 
ou mîr est la contraction de Târabe amîr. Cette coutume 
de retrancher le hamzé au commencement de certains 
mots très employés est particulière au langage populaire ; 
qui par ex. dans Jes mots composés de y} aboâ, père, 
possesseur, prononce bou. ( i ) Voy. plus loin Patacon. 

m 

Mîstique ou Mistic. Esp : mistico. Cat : mestech. Sorte 
de barque. Altération de ^=*-^ mosaiiah (2), barque pontée 
qui a un ^ , pont; d'autres traduisent barque armée 

( V. Dozy. SuppL s. M^ ). 

Mobed- Ministre de la religion de Zoroastre , sorte de 
prêtre Persan; de Tarabe-persan J»y4 rnoûbed. Ce mot se 
rencontre trop fréquemment dans les auteurs arabes, pour 
qu'il soit nécessaire d^insister. 

Moharrem. Premier mois des Musulmans; de ^/ 

moharranij sacré, interdit. C'était un des mois sacrés 

(Mas'oûdî. III. 419. )• <^fno\\arram porte ce nom parce 

que dans ce mois la guerre est interdite » (Chams ed-dîn. 

401 .) Trévoux écrit maharum. ( V. Introd. lettre S . n. ). 

(1) C'est ce système de prononciation qui a fait donner an dernier m de 
Grenade le nom de Boahdil au lieu de Abou Abdallah ^tjup yS . 

(2) V. M. Devic qui est d'un autre avis. 



MOLL 167 

Moka. «Le meilleur café, dit Palgrave, est celui de 
rYémeiij connu dans le commerce sous le nom de 
moka (i), parce que la ville de ce nom est le principal 
port d'où il est exporté ». Le nom arabe de Moka s'écrit 
^mokhâ. (2) ^ . 

Molequiu. Terme de teinture ; vert molequin, vert de 
mauve; de Li-jU maloûkhiây mauve des jardins, (i3Li-l 

ciLJI , d'après les auteurs arabes, qui prônent ses pro- 
priétés émoUientes. U-jU vient lui-même de ^hyxrj. 

II y a encore les formes \Jsss9^ et SjU moioùktya^ em- 
^ployées surtout en Syrie et qui se rapprochent plus du 

français (3 ). 

—, ^ 

Mollah. De ^^^^ , maulâ^ maître, (4) prononcé vulgai- 

rement en Turquie iU môlla. a Leurs docteurs sont 
appelez moula » R. P. Philippe. 3 26. On le fait encore 

venir de >U mollâ, ou Mi* monta, sorte de prêtre en 

■ -- " — — I - " - - r r-M Mil- 

(1) Ceux qui s^imagineraient en Ëui^ope boire du vrai Moka pouiTOut se 
détromper en lisant la p. 31 du 2"°® vol. de Palgrave. Voyage en Arabie. 

(2) 4j> u ^\^\j OUI ,pjU. crip ^ ^^ijL la-Ji «jaiTs^iP j^,j ï^ju. u» » 

J>LJI J» )> (Moqaddasî. 58.) Ailleurs l^auteur se contente de relever le 
nom. D^autres géographes de Pépoque ne prennent pas même ce soin. 

(S) Molequin semble avoir désigné une étoffe amolequins arabesr) 
(La Rose. 21206 ). Peut-être était-elle teinte en vert de mauve. 

(4) Ce terme signifie aussi esclave. C^est un de ces mots que les Arabes 
nomment ^\j^\ contraires, malhem*etisement trop nombreux dans la langue 
et ayant des significations diamétralement opposées. Sur 3y^ Y. wLJ;^ 
dU^VI Ëdit. Houtsma. p. 29. etc. 



Tartarie ( V. Bost. s. v. ). De S y* on a formé le verbe 
dy* donner le titre de mollah (Cfr. Ibn Ôobair Ed. 
Wright, p. 299. et Gloss. sur le même auteur p. 54. ) 

Momie. Esp. et Ptg: momia. Ptg : mumia. // : mummia; 
de i~.j^ nioàmia ou L«^ moumiâ, (i) qu'on dérive de l'a- 
rabe persan ^^ moâm, cire. (V. Istakhrî; 1 50.} La L._^* est 
une substance commune en Egypte dont on se servait pour 
embaumer les morts; témoin ce passage d'Ibn el-Beithâr: 

jù::j" Vj ULtf **aU*-l iii^ ^ ^^y • j*^ ( 2 }. La momie 
des tombeaux se trouve abondamment en Egypte. C'est 
un mtilange avec lequel les Grecs Jadis embaumaient 
leurs morts pour les conserver et les préserver de toute 
altération » {3). « La Munimie minérale, dit Hasselquist, 
est une substance bitumineuse, luisante, friable, noire et 
presque sans odeur.... Les Egyptiens prétendent que 
c'est un vulnéraire excellent. Us en composent un on- 
guent en la pulvérisant et la mêlant avec de l'huile de 
senteur. Cassez la jambe à une poule; oignez-la avec cet 

(1) M. lie Eguilaz distingue nettement les deai formes; L^ji serait le 
piaBaphaltc et Lj>>> la momia égyptienne. Sans doute le savant pi'ofâa- 
aeui' duit avuir ses raisona pour faire cette dietinctioii. Moqaddasi a encore 
•"Ci-j^ (428). En Pei'san \^y, a le aend de pétrole. ( V. Berge ), 
'(2) V. ols^ d'Ibn el-Beithâr IV. p. I69.{édit. deBoulac) et laremai'- 
([im du D' LëcIbpc dans la traduct. du même auteur n" 2190. 

(3J \'. Dict. DéterriUe s. momie et Reiat. (CMdellatif. p. 201. 






MOUC 169 

onguent, et si la Mummie (i) est véritable, elle sera gué- 
rie au bout de trois heures. » (II. i02). On trouve aussi 
la forme tSL^/* dans Istakhrî, Tha'âlibî (Latâïf) etc. 

Mosch. Plante originaire d*Asie. La semence s'appelle 
ambrette, graine musquée, et aussi abelmosCj de dXJiJ Lj>. 
habb ahMisky litt. graine de musc. Mosch est la tran- 
scription de dLw«. misk. Tournefort appelle cette plante : 
Ketmia Egyptiaca semine moschato. Rochefort et le 
• P. du Tertre l'appellent herbe au musc. 

Mosette ou Mozette. Voir Aumusse: c'est le même 
mot, moins la syncope de l'article a/.L^aumusse ou aulmu- 
ce était une sorte de coiffure en peau. Sous Charles V 
(de France) on rabattit l'aulmuce sur les épaules, et on 
commença à se couvrir la tête d'un bonnet. 

Mosquée. Esp : mesquita. // .• meschita. Vieux franc. 
meschite,. musquette. De j^^ masgid, lieu où l'on se 
prosterne, où Fon adore. 

Moucre. De Monconys écrit moukre, orthographe sui- 
vie par beaucoup d'auteurs. Esp : almocrebe. Ptg : al- 



(1) Dans son Voyage d'Orient le R. P. Philippe de la Très-Sainte Trini- 
té explique bien autrement la formation de la momie : « L'on rencontre en 
divers endroits de ce désert (Arabique) quantité de collines de sable... Les 
passants en sont quelquefois ensevelis, et de leurs corps desseichez par le 
sable se fait la Mommie que les Arabes trouvent lors que les vents empor- 
tent delà ces collines.» p. 75. 



I70 MOUC 

mocreve almucreve, almoqueve, almoqueire; de cSj'SÛII 

al-moukârîy (i) part. près, du verbe iSJ^j louer (des 

montures) :« Ù^JSCTI ^ ^o^ly i^ Jcj ôy^^ A^ J^b 

vljlLi-lj ùv».^b . Il défraya Mâmoûn, ses généraux et 
jusqu'aux moucres, matelots et portefaix. » ( Mas'oûdî. 
Prairies d'or. VII. 66). Le pluriel populaire \j^ , fnou- 

kârî/é, est déjà dans Ousâma ibn Monqid : î-.jrjl ^^oa^ 

Cjltrb \jIs3l Ij » (p. i8). Le français moucre a négligé 
Taccent tonique arabe ; c'est le portugais almoqueire 
qui se rapproche le plus de (ijlS^fl prononcé vulgaire- 
ment almokérî^ en donnant à IV la valeur d'une longue 
bien marquée. A moins que moucre^ ne dérive de j^ 
moukrj qui loue, qui donne à louage (Belot) forme qui 
n'est plus employée par le peuple, mais qui a pu l'être ja- 
dis ; témoin ce passage des Mémoires ( 2 ) d'Ousâma ibn 

*■■ ' ' ■— — ■ ■■■■■■ ■■ — ■ .11 ■ ^ ■»■-■»■ M , !■ I . ■ , ■ ■ . ■ » , , ■- - — ■ * 

( 1 ) Devic traduit ^f j6C« par conducteur ou loueur de chameaux. Cette 
traduction peut se justifier. Pourtant il est remarquable que dans la prati- 
que on distingue constamment le moucre du chamelier : le lecteur a déjà 
pu le remarquer dans le texte d*0usàma. Cette observation n^a pas échap- 
pé au Comte Carlo de Landberg: «Le chamelier, dit-jl, n'a jamais le nom 
de moucre, trop bas pour son rang et sa noble monture. » Et il cite la fière 
réponse que lui fit un chamelier : « jik3 Jl^Cj jU3 ^JsS; jfù 4>i5C» U ^ • Nous 
autres ne sommes pas moucres; nous traversons les déserts, et nous char- 
geons un quintal.» (Prov. Arabes. 204*) Ce livre est rempli d'obser- 
vations de ce genre, qui dénotent une profonde connaissance de la vie des . 
Arabes. Que ne pouvons-nbus le louet sous tous les rapportai 

{2) Editées par Hartw. Dérenbourg. p. 59. Ces Mémoires sont écrits 
dans un style tout-à-fait populaire. 



MOUS 171 

Monqid, émir contemporarn des croisades.: « Ji tSjlj 

\\f\ ^ (il iLi 6tjt 4I Jli Ul^ ^j , il' loua le mulet 

d'un chrétien, nommé Yoûnân, qui le conduisit à Tendroit 

convenu ». 

Mousselin. Lieutenant d'un pacha. (Bouillet. Scienc.) 

De JL* , mousallim, part. prés, de Â^ sauver. C'est 

le nom donné autrefois au gouverneur d'une ville (i) par 
délégation, ou au sous-goûverneur d'un district. La forme 

régulière est Aji* , moutasallim^ mais dans la pratique le 

Cj t se supprime. Presque toujours la forme jiuJ devient 

ji dans la bouche du peuple, qui cherche à simplifier. 
La langue écrite connaît aussi cet emploi. 

Mousseline. Esp: murselina. P/g : musselina. Val: 
mosolina. Maj : mossolina. It : mussolina de ^^y 

mausilîj adjectif de J^jl' almausil, nom de la ville de 
Mossoul. Quand d'Herbelot écrit moussai il veut sans 
doute reproduire la forme vulgaire ^'y mousallî, (2) 
mossoulin. Les fabriques de Mossoul étaient célèbres 
pendant le moyen-âge non pas seulement par les «draps 

( 1 ) « J'avais une lettre pour le Muselem c'est ainsi qu'ion appelle en Tur- 
quie le commandant d'une ville » Hasselquist. I. p. 59.» D'Arvieux se rappro- 
che plus de la forme arabe et écrit mutsallem et mutsellem: «le mutsellem 
fait toutes les fonctions du Gouverneur quand il est absent » VI. 429. 

(2) Qui a donné naissance à des noms de familles originaires de Mos- 
soul. Le nom de J^y est commun en Syrie. : 



de soie et d'or qu'en appelle mosulen » (Marco Paolo) 
mais encore par des étoffes légères comme nos mous- 
selines (i). Ce dernier mot est traduit par J-«_^ dans 
Bocthor, Heury etc. D'autres traduisent mousseline pw 
J.\t . Ces deux mois J^-j^ J-U se rencontrent fré- 
quement ensemble. Ce qui ne peut que confirmer l'étymo- 
logie arabe de mousseline. Rappelons que dans les Etats 
Latins du Levant les Moussoulins ou Mosserins tenaient 
le premier rang parmi les négociants indigènes. (2) 
Dans les Mille et une Nuits les 3^1^ ou marchands de 
Mossoul jouent également un rôle important. C'est le 
déguisement que prend le calife Harôun pour faire ses 
tournées nocturnes dans Bagdad. (V. Bâsim le Forgeron. 
Manuscrit de l'Univ. S. Joseph, folio. 2. recto). 

Mousson. Esp : monzon. Ptg: mouçaô. Il .-mussone de 
rt—^ mausiin, prononcé quelque fois moâsim (j), époque 
fixée, fête, foire (4}. «On appelle mausim en Yemen le 
temps de l'année, qui comprend les 4 mois d'Avril, May, 



(1) Cfi: Dozy, Suppl.et B.ej. Colon franques. Chap. Commerce pasj. 

(2) iieji.ibid. p. 199.204. 

(3) Comp, J^fyt , nom de la ville de Moaaoul, prononcé mouSel au lieu 
de mausel. — h Mousson, mot qui vient de l'arabe et signifie saison parce 
que ces vents aoufSent S mois dans un sens et six mois dans l'autre, a 
Arago. IV. 585. 

(4) Comme la foire de liiSCs ■ Oh: Aghani éd. Salh. D. 262 et pass. 



MUFT I7Î.. 

Juin et Juillet ; c'est alors que les vaisseaux des Indes 
ont coutume de partir.» (Niebuhr. Vb/, Arab. I. J51). 
En Syrie ^y signifie moisson (i), récolte, spécialement, 
récolte des vers-à-soîe. Il signifie encore saison. Ainsi on 
dira: Xa^^J^\^y^ , la vigne a bonne apparence; la 
récolte des raisins s'annonce bien, (V. l'Introduction: 
lettre ù). 

Mozarabe. (2) Esp : muztarabe , muzarabe , mozarabe. 
Ptg^ et Cat : mosarabe. Val: moçarab, musab. — Ce nom, 
dit Engelmann, désignait les Chrétiens vivant au milieu 
des Maures, et en particulier ceux de Tolède « Ego 
Adefonsys ad totos Muztarabes de Tolèto tam caballeros 
quam pedones » ( dans Munoz ). De ^^^CL^ mousta^rib, 

arabisé. On sait que les Arabes se divisent en îjW 

'âr/^a, i%^ » monta' arriba^ et î^nlw* mousta'rïba. Ce 
dernier terme désignait les descendants d'Ismaël fils 
d'Abraham, qui étaient venus s'établir au milieu des habi- 
tants primitifs de la Péninsule Arabique. 

Mufti ou Muphti. Esp. et Ptg : mofti. Ptg : mufti, mu- 
phti. Cat : musti ; de ^^ moufti^ jurisconsulte, celui qui 



(1) On aura i^emarqué la curieuse i^ssemblance de ces mots. Je serais 
d'ailleurs embarassé de rattacher ^y^ à une racine arabe. ' 

(2) Les anciens dictionnaires français ont encore musarahe^ et mesa" 
rabe. (,V. Introd.). 



[ 



. 174 MULA. 

« 
rend d'après le texte de la loi des décisions juridiques (i ) 

pu (Syi fatwâ. Ce dernier mot prononcée la turque est 

devenu Fetva^ qu'on écrit aussi Fetfa. « Le mufti à donné 
un Fatoué ou commandement, par lequel il déclare qye 
selon la Loi etc. » D'Arvieux VI. 367. — « Aux obsèques 
du Sultan Mourat le muphti fit une oraison fiinèbre, et 
après chanta avec les Imans les prières ordinaires pour 
les morts. » Du Loir. p. 1 20. 

Mulâtre. Esp. et Ptg : mulatto. Dans Trévoux on trouve 
mulat^ mulâtre j mulatte. « On appelle jijA , mouwallad^ 
celui qui est né d'un père cirabe et d'une mère étrangère, 
ou d'un père esclave et d'une mère libre. C'est, 'je pense, 
de là et non de mulus que vient mulâtre » (de Sacy. chrest. 
ar.). Voilà l'explication généralement admise (2). Dozy la 
repousse sous prétexte que jJ^ n'a jamais désigné un 
' mulâtre. Effectivement les dictionnaires de la langue clas- 
sique ne donnent pas ce sens. Mais J^y s'est dit d'un 
enfant dont le père ou la mère étaient de condition ser- 
vile, ou bien d'après Ibn-Qoutaïba «d'un esclave né dans 
votre maison», par opposition à Julf (3); de là, au sens de 

(1) Syn.Arah\f 962. 

(2) Par Defrémery, Engelmann, Devic, Egiiilaz. 

(3) Esclave [acheté jeune et qiii grandit chez voua. V. Synon, Aj-ak 
n» 179. 



MUSC 175 

mulâtre il n'y a pas loin. Car les esclaves nègres étaient 
nombreux en Arabie, comme l'attestée Moqaddasî. (59. 
lig. 18.) Bocthor, Beaussier, PauJmier (i) ne font aucune 
difficulté de traduire métis ^ mulâtre para!"j>« (2). 

Musacées. Famille de plantes dont le bananier est le 
type. M. Devic prouve pertinemment que ce mot est 
Tarabe 3^^ , mawjf , S3^ mau^^a, bananier, latinisé par les 
botanistes sous la forme de musa. Cette plante nous est 
venue de TOrient, où sa culture était fort développée 
dans les principautés franques (3). En Egypte avec les 
feuilles on faisait du papier. Les Malais allaient plus loin ; 
ils s'en servaient comme de papier à cigarettes. Ils y 
enveloppaient les pains de sucre, pour être expédiés en 
Europe (4). 

Muse. Nom donné à quelques figues d'Egypte plus 
douces que les autres ( Litt. ) vient évidemment du même 
mot (M. Devic). Cela paraît au moins très probable. 

Musc. II ne vient pas de l'arabe dL^^ miskj comme 



(1) Et le p. Belot dans son Dictionnaire Français^Arabe (en pré- 
paration ). / 

(2) V. Dozy Suppl, s. v. 

(3) Jacq. de Viti7. Ap. Bongars. p. 1099. — « Musa : plap*e qu'on 
appelle Bananier dans les hles de T Amérique... le fruit est appelé amusa 
ou musa par les Indiens. » Dict. de Trévoux. 

(4) Du Tour. Dict. d'His. Nat. II. p. 537. 



L 



1 76 MUSU 

pense M. Gasselin, mais du lat. muscum (i). L'arabe 

dL^ est d'origine persane [Mu'ar. 143) ^-IJI • dU'j 

«^ • •• ^ 

Musulman. f's'yD : mosolîman, musulman. Ptg : musul- 
mano. La plupart des étymologistes se contentent de dire : 
« de JLI4 mouslem, au pluriel : ùu-l— • mouslimîn , qui 
fait profession de l'islam » (2) Cette explication ne rend 
pas compte de la terminaison an. Musulman nous a été 
transmis par les Turcs, qui disent vulgairement ûLL^ 
mot qu'ils prononcent musulman et qu'ils emploient 
comme un singulier. (V, Did. de R. Youssôuf). Ils l'ont 
emprunté aux Persans qui disent ùUlw/ mosolmân\ 
(V. Berge. Dictionn. Persan. Français). C'est de l'a- 
rabe ^Ll« mouslim, que dérivent directement les formes 
espagnoles : musolîme, muslime, mu^lemo, moslemita. 



(1) Oa inuscus qui est dans Arnobe et Apulée. 

(2) Islam transcription de ji^l islam, litter. résignation '( à la volon- 
té de Dieu). On en a formé un adjectif: Islamite (V. Engelhardt. La Tur- 
quie et le Tanzimat) Cheikh ul-is'am est la transcript. de ^>L.V» ^ui? 1^ 
chef de lïslam. / 



NABA 177 



N 



Nabab. Esp. May, : nabab. Esp. et Ptg: nababo; de 
Tarabe ^\y nowwâb, pluriel de ^t nâUb , lieutenant , 
vice-roi. Le mot a été emprunté par les Portugais à 
Thindoustani. Or dans cette langue, remarque de Sacy, 
on emploie souvent des pluriels arabes, comme des sin- 
guliers. Comparez Omara ( écrit plus souvent omhra ) de 
•j^l omarâ\ pluriel de jul amîr, prince, qui est devenu 

dans l'Inde un nom de dignité : « VOmkra est obligé de 
fournir deux chevaux à ses soldats. » P. Catrou. Comme 
l'a fait observer M. le comte C. de Landberg, (i)«la 
plupart de ces singuliers ont été formés sur un sol étran- 
ger par des peuples, qui comprenaient peu la langue ara- 
be . » (2) Voy. Raia. 

Nabathéen. Adjectif de Ja^ nabai, nom que les Ara- 
bes donnaient à certaines tribus, qui n'étaient pas d'ori- 
gine arabe. « Quant à moi, dit Palgrave {V Arabie cen- 
traie. II. 213), je verrais dans le mot Nabathéens moins le 



(1) Proverbes Arabes. P. 195. 

(2) C'est ainsi qu'au moyen-âge des pluriels latins neutres de la 2°^* dé- 
clin, étaient considérés comme des singuliers et traités en conséquence ; 
par ex : folia, poma, libra etc. {Nouv. Gramm. franc, par Chassang, p. 37). 

12 



1 78 NAFE 

nom d'un peuple qu'un terme de convention. Les Syriens 
et les Arabes appellent ainsi toutes les populations qui 
habitent la vallée du Tigre et de TEuphrate quelle que 
soit leur origine. » 

Nabca, Esp. et Ptg : anafega. Fruit d'une espèce de 
jujubier, ayant la grosseur d'une cerise^ de SJ nabiqa, 

et nibqa^ nom d'unité de j^ nabiq. Chez les Arabes, 
c'est le fruit du jju sidr^ : « ij^l\y <i jjjtjl j-^ (i^j^ Jr" 
jjlJI s^ S^ ybj^ » (Moqaddasî. 204. lig. 6). Freytag 
l'appelle Rhamnus nabeca, et les Botanistes Rhamnus 
SpinaChristu «Il y a toute apparence, dit Hasselquist 
(IL 91.) que c'est l'arbre, qui fournit la couronne d'épine, 
que l'on mit sur la tête de Notre Seigneur (i) » Sur les 
discussions soulevées à propos du nabca V. Relation 
d'Abdellatif. j 0,60 et 69, et traduction d'Ibn el-Beithar 
N° 1165. 

Nafé. « Depuis un certain temps le charlatanisme a 
prôné une pâte, un sirop dits de nafê^ nom arabe. Ces 
préparations sont composées avec le fruit de la ketmie. {2) 
On connaît les propriétés adoucissantes de cette plante; 
mais il n'était pas besoin d'aller chercher un nom arabe 

( 1 ) Le voyageur suédois écrit aussi nàba^ peut-être d'après la pronon- 
ciation levantine et égyptienne du j q. (Voy. introd. lettre J .) 
(2) Plante; de ^Ja> Khatmi ou KhiimU même sens. 



NARG 179 

- — ^m* 

inconnu, pour servir d'appât à la crédulité publique. » (i)^ 

•• 

Nafé vient, non de l'arabe ^ nafha, odeur, mais du per- 

san 4it naféj qui est peut-être le même mot, et qui si- 

gnifie vésicule de musc. (Devic). L'arabe î# nafha a for- 
mé aussi naffe (eau de), en espag : aguanafa, nafa et nefa. 
Aguanafà est un mot hybride composé de Vesip:agua, 
eau, et de nafa représentant Tarabe ï# (V. Eguill. 69.) 

Narghileh ou Narguilé. Ce mot est proprement d'o- 
rigine persane. L'arabe J^jt nâragîly vient du persan 

Ji^t nârghîl, eF signifie noix de coco, et ensuite la 

pipe orientale nommée narghileh ( ^U-jt nârgîlé ), non pas 
comme on l'a écrit, parce que la capsule qui renferme le 
tabac est formée d'une noix de coco, ce qui ne serait guère 
pratique ; mais parce que, au lieu du flacon de verre ou de 
cristal, destiné à contenir l'eau, on se sert souvent d'une 
noix de coco ou d'une boule en métal, ayant la forme de 
ce fruit (V. Proverbes arabes. Landberg. p. 69). Cette 
pipe est vulgairement appelée en Syrie <l5jl nrkhîlé, mot 
où la forme persane est à peine altérée, (2) Niebuhr écrit 



(1) DtctioD.des Sciences, PrivaUDeschanel et Focillon. 

(2) Dana le Tour du monde l^ sem. 1861 M. Spoll parle d'une pipe 
syiienne appelée chuchet, qu'il compare au narghilé. Est-ce de ujui. 
thkhé^ narghileh, ou de houka (mot francisé, du turc d> ) qu'il veut 
parler ? M. Spoll estj peu exact dans ses^ transcriptions. Il l'est encore 



«jrSS^I any^ïr^, c'est probablement »jf'j\ arkîré, qu'il faut 
lire. [Description de l'Arabie. TA. 8j}. 

Natron. Esp '■ anatron. Val : anatro ; de ^ij» nairoûn , 
soude carbonnée native. « Je partis pour aller voir le lac 
de Nilrie ou Natron. On y tire tous les ans 36 000 quin- 
taux de nairon pour le Grand-Seigneur.» (P. Sicard. Lett. 
édif.ï.^^g.) 

Nébulasit. Etoile |5 de la queue du Lion. C'est une al- 
tération de J--VI ^'i danab ulasad, queue du Lion, où 
la première syllabe a disparu comme dans MarfiU Compa- 
rez Kalbélasit (de j^-VI wl* , cœur du lion) nom que les an- 
ciens traités d'astronomie donnent à l'a du Lion ou Ré- 
gulus (V. Régulus.) 

Nems. Nom imposé par Buffon à l'ichneumon ou man- 
gouste d'Egypte; de ^_ ni'ms, même sens. (i). Cet ani- 

moins dans les déta,ils qu'il donne siir Beyrouth et le Liban. uSaonin, 
point 1q pius élevé du Libanii {p, 2). «les Pina plantés par Faklir 
âl-Dio.i) (p. 3) qoaad Edmi et Guiii. de T<fi' en pai'Ient. « Chapelle 
(fothique (?) dédiéa à S* George » ( p. 8. jaNahi- ei-tifian (sic,)» tout 
cela au sorlir de Beyrouth, { p. 9 etc. ) Un Toyage plus récent ( Tour da 
Monde. IS^O I" aeraestra) ne manque pas non plus d'erreiu's de ce 
genre. La fable de la forêt île Pins, plantée par Fakhr ed-din, est l'epro- 
duite: à la p. 180 on est étonné d'apprendre que Beyrouth possède 
oun liôpltal ti-èa bien tenu, édifié par les dames de Nasaretk» etc. U 
y a peu dis récits de voyages en Orient, où l'on ne puisse i-elever des 
inexactitudes encore plus graves. Le malheur est qu'on continuera à les 
citer comme des autorités. 

(!) Si/nort. Arab. o." 1489. o JVemj, nom égyptien de la mangouste 
d'Egypte.» (Déterv.) 



L 



NÉNU i8i 

mal est longuement décrit par Damîrî qui ne manque pas 
de lui attribuer les plus curieuses propriétés. « Les Fran- 
çais établis en Egypte Tapellent le Rat de Pharaon. Il y a 
apparence qu'ils ont été trompés par la ressemblance 
qu'il a avec le rat ordinaire par son poil et sa couleur.... 
Les Arabes ne l'appellent point Phar, rat, mais Nems. » 
(Hasselquist. IL 5 .) 

Nénufar. Esp, Cat et Ital : nenufar. De l'arabe jyj^ 
nînoûfàr ou naïnoûfar^ qui est dans Moqaddasî ( p. 44} ), 
Mohît, Belot; ou de y^ nîloâfar, comme écrivent 

al-Bîroûnî ( i ), Ibn el-Beithâr, Syoûtî iôyA\jiS:f\ ) et la 
plupart des dictionnaires arabes ou persans. Au lieu de 
jyi ou yjU , on trouve parfois jy noûfar : c'est un mot 
d'origine persane dont nos botanistes ont fait Nuphar^ (2) 
« genre de plantes de la famille des Nymphéacées» (d'Or- 
bigny). Le nuphar jaune abonde dans les étangs et ruis- 
seaux de la France. 

M. Devic suppose que y>U est un « composé de JJ 

nîl^ indigo (3) et jy noâfar. )> Celte hypothèse est plau- 



(1) AlberunVs India, édit. Ed. Sachau; texte arabe p. 195. On y trouve 
aussi la forme jd^ » ainsi que S^jLJ et ùCy^U 

(2) Dans Ronsard on trouve « le blanc neu6rt »; citât, de Littré. 

(3) D'où Anil (V. plus haut). Cfr. ce texte de Moqaddasî : ^Jl-oi-^j 



i82 NICH 

sible ; à moins qu'on ne préfère voir dans yjU le noùfar 

du Nil. Les fleurs dû nénufar sont appelées JJI ^\f 
famées du Nil; et l'on [sait que cette plante était sacrée 
pour les anciens Egyptiens^ qui en ont couvert leurs mo- 
numents. 
Neskhi. Transcription de ^^ naskhî. L'écriture 

neskhi est plus simple que le divani ( cil^»^ ) qui est 
celle du Divan ou chancellerie ottomane. Ce nom lui 
viendrait de ce qu'elle est surtout employée dans les 
transcriptions des copies, de >^ transcrire (i). On l'ap- 
pelle aussi ^^.!X^ kanâïsîj (écriture d'église) , parce que 
les livres des offices dont on se servait dans les églises 
étaient de cette écriture simple et courante. Au lieu de 
neskhi Trévoux a neskré, forme à rejeter. 

Nichan. Décoration turque. Du persan oLîI nichân , 
marque, insigne, employé par les Turcs dans le sens spé- 
cial de décoration (R. Youssouf), et que les Arabes 



De ce ijjjv lâzoward, (98.1.10,) n^jjjS ij\S'iijijsû^ ^fiïl I4L5Î ^.J^ \ja 
lâzaward, écrit aussi ^j^V vient notre mat Azur ; le / initial reparait 
dans (( lapis lazuli ». 

(1) «Amba Kirollos parait avoir une cinquantaine d^fuinées... Avant son 
élévation au patiiarcat il se nommait Johanna^el-nassekh ( Jean rEcri- 
vain). C'était un habile copiste.» P. Jullien. S. J. Voyage dans la Basse- 
Thébaïde. 



J 



' NUQU 183 

, ■ Il ■ Il - ■ ■■■ ■ I * ■ - 

transcrivent OÛj^ nîckân. (V. Heury etc.) 

Nizéré. Essence de roses.' De Co^ nisrîn, rose 
musquée, rose pâle ou rosa canina. Les auteurs arabes 
ne la séparent presque jamais de ju^\jàsimîn^ d'où nous 
avons fait Jasmin. 

Noria. Esp : noria, nnora, anoria , anaora , alnagora. 
GalL : nora. fV^; nora; de Sj^b nâ^'oûra^ même sens. Il 
est curieux de voir le Syrien Moqaddasî se croire obligé 
d'expliquer Sj^t par v-^Vji ( i ) quoique Sj^^k ait tou- 
jours été d'un emploi fréquent en Syrie. ( V, Ousâma ibn 
Monqid. p. 105.) Le terme arabe est d'origine araméenne 
ou hébraïque (i) et n'a probablement rien à faire avec la 
racine arabe jH dont Devic le rapproche ; Sj^t étant ^ 
aussi bien connu au Maghrib (V. Iba Batoûta L 142. 143 
IV. 222, etc.) et en Espagne (V. P. de Alcala). 

Nuque. Ce mot a été employé par les anciens méde- 
cins dans le sens de moelle épinière. Bochart et Du 
Cange avaient depuis longtemps assigné une origine 
arabe à ce mot (2). Effectivement ^ nokhâ' signifie 



(1) Sur la différence des deux termes V. Syn. Arab, iV° 1401. « Juxta 
flamen Toleti et in ipso Humine molendinum aut alnagora sive piskera 
©dificare qui sierit. » Texte de 1 1 1 8. • ^ 

(2) C'est aussi l'avis de Defi^émai'y et de Devic. 



t 



L 



184 NUQU 

moelle épinière. On trouve aussi 9^ avec un fa^a sur le 
noun. C'est sans doute le nacka de nos anciens étymoio- 

gistes. 

Quant à dériver nuque du néerlandais nocke, colonne 
vertébrale, (ijne^f:, nuque, la chose souffre beaucoup de 
difficultés. (Voy. Littré. j. nuque). 



(1) Coiiima le propose Braeliet. Diction, étymologique 



OLIB 185 



Ocque. Poids usité dans l'empire ottoman. L'ocque 
est « la douzième partie du ratl ; îJjl jts^ Lîl jLj Jp • ^^ 

(Moqaddasî. p. 182. 1. 2.) De îi>l oâquîa, et iJj , même 
sens ; ou plutôt de la forme vulgaire Sjl , oûqqa, ( le turc 
dit Jjl ) . Sur l'origine de ïJjl • V. Aram. Fremdw.ip. 201 
« Ce nom de poids, dit M. H. Sauvaire, me paraît relative- 
ment moderne, et il était inconnu à l'époque de Mahomet : 
les lexiques arabes n'en font aucune mention» (i). En 
Syrie SI est un demi-ratl et ïi^l le 1 2™® du ratl. 

Ogre. M. de Eguilaz dérive l'esp. ogro de Jy- ghoûl, 
sorte de démon qui dévore les hommes, et dont nous 
avons fait Goule. Mais le mot arabe ne rend pas compte 
de Vo initial. Il semble préférable de dériver ogre du 
latin orcus ( Brachet D/c/. étymoL). 

Oliban. Encens. Terme de Pharmacie Je pense avec 
M. Devic que le mot dérive de ûtill al-loubân, même sens. 
Vo du commencement représenterait l'article al devenu 

■ ■ I - I I I - m \rm m - - - - 1 " ' - !■-■■-■ ■ , , _ — " 

(1) Journal Asiat. Mai. 1885. p. 500. xjîji est dans Ibn Doraïd. u^lsT 
oi2:iVI » 188. Bokhârî.1. 355. Qâmoûs. etc." 



i86 OLIB 

« - - - 

ol. On a des exemples de ce changement, entre autres : 
le mot Olinde ; la forme olmaji à côté de almafi ( V. Mar- 
fil). «L'Olibanum ou encens, dit Hasselquist, croît dans 
les deux Arables, d'où on l'apporte à Giedda qui est le 
port de la Mecque ». ( Vo/ages II. 96). « L'encens de 
Mahra (en Arabie), au rapport d'Ibn Hauqal, était trans- 
porté dans l'univers' entier ; ^ JliVl cil J^ cSÔ!) ùliib 

«4» <2Ju^ fj^^J ^\^ (p. 3 2. 1. I }• ) Chercher dans Oliban, 
oleum Libani n'est pas sérieux puisque le Liban ne 
produit point d'encens. û^J a encore donné naissance 
à un autre mot français Benjoin. Esp: benjui, benjugi. 
Ptg : beijoim, benzoin, beijuim. En arabe le benjoin se dit 
ISj\^ ôU lobângâwî (i), littér. encens Javanais. Le meil- 
leur benjoin nous venait de Sumatra appelée SjU Gâwa^ 
par les géographes Arabes. Le témoignage d'Ibn Batoûta 
est formel sur ce point. (IV. 228). L'île |de Java est ap- 
pelée par lui ajU ^y Mol Gâwa ou la Gâiva primitive (2). 
Le R. P. Philippe de la T. S. Trinité l'appelle toujours la 
Grande Jave. Voici ce que ce missionnaire dit du benjoin : 
«Aux Royaumes de Sian, de Camboïa, de Pegu, et aux 
autres voisins il y a des arbres fort hauts (j), d'où distille 

( 1 ) Au moyen de l'imalé lobén géwî V. Dozy Gloss. 239. 

(2) Traduction Defrémery. IV. 239. 

(3) Ibn Batoûta les dît au contraire petits. IV. 240. 



OR AN 187 

la gomme odorante, que Ton appelle vulgairement 
Benjoin; la plus excellente est la noire.» Voyage en 
Orient, p. 395, (Voy. Introduction. Damma, note.) 

Olinde. Sorte de lame d'épée très fine. Olinde repré- 
sente bien l'arabe Jiil al-hind, les Indiens, qu'il faut mettre 
à côté des formes esp : alinde, alhinde^ aUiynde. On sait 
combien les lames indiennes ou, si l'on préfère, les épées 
faites avec le fer importé des Indes (i), sont vantées dans 
les documents que nous ont laissés les anciens Arabes. La 
multiplicité des formes qu'ils employaient pour lesdésigner 
suffirait seule à le prouver: Jiy mouhannad, c5-^. ? hindî^ 
tîljoiA hindwânî, se rencontrent souvent dans les poètes 
antéislamiques. (2). 

Orange. Esp : naranja. Cat : naronja. Ptg : laranja. It : 
arancia. Vénitien : naranza. Grec mod. pe^ôipx^ty de /yt 

nârangj en persan dfcjt , même sens. Orange à été altéré 

par l'influence de or ou de awrwm. On trouve aussi ^jV 

lârang^ d'où le ptg^ : laranja. (V. Introd. Ov^ote 3) Il 



(1) V. Journ. As. 1854. Janvier, p. 66, et la traduction du Divan d'al- 
Uansâ p. 128. 

(2) Ajoutons que la plupart des armes ont été empruntées par les Ara- 
bes aux peuples qm les entourent et gardent dans les noms qu'ils portent 
des traces de cette origine. L'arc et la lance sont des armes vraiment ara- 
bes. On ne pourrait être aussi afifirmatif à l'égard des autres. 



i88 ORAN 

n'est pas inutile de rappeler que les anciens ne connais- 
saient pas Torange (i), que son introduction en Europe 
par les Arabes n'est pas antérieure au XI"^® siècle. Aussi 
a-t-on remarqué avec raison que la fable du jardin des 
Hespérides doit concerner un autre pays que le Magh- 
reb[2)o\x un autre fruit que l'orange. Bodée pense que 
les fameuses /?om/72^^ étaient des coings, malum c/donium, 
li^Xop %v8fipiop. On pourrait y voir aussi des cédrats, fruits 
bien connus de l'antiquité; la Bible en fait mention, tandis 
qu'elle ne dit mot des oranges. 



( 1 ) Ce qui n'empêche pas Quicherat de traduire orange par malum au- 
reum qu'il attribue à Varron et à Virgile. Ce poète n'en a pas parlé. Au 
lime ^ypQ jjgg Géorgiq. v. 1 26 c'est le citronnier ou le cédratier qu'il décrit. 
Les maîa aurea de la 3"°* Eglogue ( v. 71.) sont probablement des coings. 
Au témoignage de Mas ^oûdî, le calife al-Qâhir possédait «un petit jardin 
planté d'orangers qu'il avait fait venir de l'Inde, par la voie de Basra et 

de rOmân; j^) c^^ji ^ J^ C^ ùUpj v^I c/" ^' à^J ^J^^ ^ ^J' «^^^ 
( Vm. 336 ). 

(2) Suivant Qoutsami, un des auteui's cités dans V Agriculture Naba- 
théenne «l'orange est originaire de l'Inde, cultivée et venant bien dans la 
plupart des pays, ceux sui'tout qui inclinent vers une température chaude* 

JjJI Jl XJLAll l4- olJdJI J 'Uiii 7t\Âij '^xj^ CjU «sùjUI». 

L'Agricultui»e d'Ibn-Awarn dit de même que Toranger est un végétal 
indien (v. Limon). Cet arbre originalité de Médie s'est introduit en Arabie 
au IX™* siècle; de là il a passé en Syrie, en Egypte, et dans le reste de 
l'Afrique Septentrionale o'*-j pjjJ SiL-J^UÎl jm, j^\ J^J'o^ v^ îîwjU) j^ 

. . . ylii\ >3I ^» \t^J:^j-^^J^i tr-l^l jj> J JS'J^ >iU.ÎIj Ji^lj" IrôJI J^JSJ'J 

^^*l^j -^*iûir ^jy^oAj CfylxJ^j ( Prairies d'or IL p. 438 et VIII. 336,) 



PAPE 189 



P et Q 



Pacha. Le mot vient du turc lib pâchâ. Mais les formes 
Bassaj Bachuj Bascha^ qu'on rencontre dans les auteurs 
et surtout dans les récits des voyageurs sont dues à l'in- 
fluence de l'arabe qui n'ayant pas de p prononce liL 
bâcha. Même remarque pour Babouche ( pantoufle ) de 
l'arabe J^y\ , bâboâch, ou ry}» bâboâg (V. Dozy suppL) 

qui dérive lui-même du persan J-yl) , pâpoâch. Autiernier 
siècle on écrivait papouche et pabouche. Cette dernière 
orthographe est celle de Galland dans les Mille et une 
Nuits. En décrivant le costume des Arabes, d'Arvieux 
ajoute : « Leurs babouches sont des espèces de pantoufles 
de maroquin, qui leur tiennent lieu de souliers, qu'ils 
quittent quand ils veulent s'asseoir. » ( T. V. 288 ). 

Papegai ou Papegaut. Esp : papagayo. Ptg: papagaio. 
Cat : papagall. It : pappagallo Vieux franc : papegault ; 
de •U^ ILj (i) ou oli-) babaghâ (2). Le peuple dit encore 



( 1 ) x^l %^Jb»fr p. 1 1 5 Chams ad-din Ad-Dimachqî. 

(2) Albîroûnî; Mas'oûdî, Prairies d'or, III. 56. écrit u-< plur. ^l^. Voici 
un passage de Qazwîni sur cet oiseau ^L-:JI y^'^r^ : J^^ ùtJj . • • ( U-P* ) 
*?»jft-» '3jj>J^ ^\lj '«Un/» i^jJi Vj '•ju»d . M. Devic a déjà relevé Tét range 



190 



PARA 



JUlT babaghâl, auquel semble se rattacher le catalan et 

ritalien. Quant à la forme J^, ou même 0^. ©lies sont 

employées en Egypte. Bocthor a noté la première. Buffon 

• a donné le nom de Papegaik un groupe de perroquets 

exclusivement américains, distincts des autres espèces 

en ce qu'ils n*ont pas de rouge dans les ailes (i).- Le 

célèbre naturaliste ne fut pas plus heureux -en cette occu- 

rence que lorsqu'il imposa le nom à^alga:{elle à une 

espèce qui ne diffère pas de la gazelle proprement dite. 

Les Arabes tiraient leurs perroquets des Indes. Mas bûdî 

nous représente le calife Al-qâhir dans son bosquet 

d*orangers où Ton avait réuni « les perroquets etc. ame- 

nés de .tout pays; ;U^VIj siiHJll ^ <Jl vJU- Si t liJIj 
(VIII. 337). 

Para. Ce mot dérive du turc-persan © jb pâra^ en arabe 

S jl bâra. Il n'est pas inutile de faire remarquer que le 
para ne vaut qu'un demi-centime et non pas 4 centimes, 
comme le prétend M'^ Devic dans son Glossaire. En 
Orient n^ avoir pas un para est synonyme de n'avoir pas 

étymologie de M. Génin (L4â8). «Le papegault a certainement (!)reçu 
ce nom de ce qu'il pape.,.)^ Oh! si Ménage ou Trévoux avaient fait 
cette trouvaille, comme M'. Génin aurait ri des Révérends Pèresl M. Génin 
ne doute pas, n'hésite pas. « En vérité, il serait bien utile d'hésiter quel- 
quefois», comme le spirituel auteur l'a dit ailleurs. Le flamand a 
Papegaaù 

(1) Dict. d'Hist. nat. (d'Orbigny.) 



PATA 



191 



un liard. « Le parât vaut en Candie six liards de France... 
A la Canée on en donne 44 pour Tabouquel ou piastre 
d'Hollande» (Trévoux). Actuellement le para est la qua- 
rantième partie de la piastre turque, dont la valeur va- 
rie souvent; elle est à Beyrouth de 18 centimes 1/2. 
Pastèque (i). Il est admis que les mots esp. ou ptg: albw- 

dega^ albudieca. pateca représentent ^fe^l , a/-^?tU>Aa, 
prononcé vulgairement albattîkka ou battech, comme é- 
crit Hasselquist (Voyages. H. 88), avec un fatha sur le V 
b. Je n'hésite pas à assigner la même origine à pastèque. 
(V. Introd. Obs. gén.) C'est aussi l'avis de Clément-Mul- 
let (2). (Voir l'article de Devic, qui conserve des doutes 
à cet égard). 

Patache. Anciennement : vaisseau de guerre rond et 
de haut bord; actuellement : bateau servant pour la police 
des ports. Esp: albatoza, patache. Ptg : albatosa. pataxo, 
patacho. It : patacchia , patassa. Probablement de iiL> 

batchay ou ï J» baisa^ vaisseau de guerre. Le mot n'est 
pas ancien dans la langue arabe. Mais à partir des Croi- 



■ ii ' I 



( 1) « Ces jardins (d*AIep ) sont remplis de pastèques; c'est ainsi qu'on ap- 
pelle ces prodigieux melons d'eau si sains et si excellents... Leur chair est 
d'un beau rouge, délicate et se fondant en une eau sucrée, qui rafraîchit 
infiniment et qui ne fait jamais de mal. C'est la ptysanne ordinaire des' 
malades » ( D'Arvieux. VI. 4 1 3 ). ; 

(2) Joum.Asiat. 1870. Janv. 98. 



[ 



192 ' PATA 

sades il est employé couramment par les auteurs Orien- 
taux, (i) qui n'ont pas trop Tair de le considérer comme 
un néologisme. Dombay a J-IL baiâch^ grand navire à 
deux mâts, que M. de Eguilaz traduit par navis bellica, 
: sans nous donner les raisons de cette interprétation 
insolite. 

Patagou ou Patacou. Monnaie des Flandres faite d* ar- 
gent, qui a valu d'abord 48 sols et depuis 58 sols. 
(Trévoux). On la confondait souvent avec les réaux es- 
pagnols. La piastre d'Espagne était appelée pataca en 
Portugal ; patacca en Italie ; pataque, (2) pactac en France. 
Le pafac d'Avignon , monnaie bien connue en Pro- 
vence et en Dauphiné, a Vraisemblablement la même 
origine. A tous ces mots les anciens étymologistes ont 
trouvé de^ explications dont la plupart appartiennent au 
domaine de l'imagination. Il semble plus naturel de les 
faire venir de SlL j\ aboû tâqa ( j ), littér : le père de la 
fenêtre. « Lorsque les écus d'Espagne avec des armes à 
plusieurs écussons parurent pour la première fois en 

(1) Ibn Athîp. (^lydl j.ir)Bohà-ed-din(Vï/a. Sal.) Nowaïïû, Aboul- 

féda, Maqrîzî. ( Quatremère). Mamelouks, II. 86-272. Ousàma ibh-Monqid 
(féd. Dérenbourg) p. 25 etc. 

(2) La pataque était aussi une monnaie des Etats Barbaresques; et une 
monnaie turque, d'une valeur bien supérieure à la première. 

(3) Dans le Voyage au Ouaday par Perron on trouve aboû chebbâk ( y} 
dlli ) dénomination rigoureusement synonyme de aboû tâqa. 



PATA 19 j 

Egypte, les Kahiréniens, ou ceux du Caire, les nom- 
mèrent abutâAa, ou par abbréviation, Butaka^ c'est-à-dire 
la monnaie aux fenêtres. Les Européens, qui négocioient 
alors en Egypte, lui donnèrent de là le nom de Patack, 
comme on y nomme encore aujourd'hui Pataks les écus 
d'Allemagne; quoique ces derniers soyent rarement 
appelés abâ-tâkay non plus que les piastres d'Espagne» (i). 
On connaît l'habitude des Arabes de former des com- 
posés avec y) aboâ, père. On en a eu un curieux exemple 
dans Abouquel (2) ( V. ce mot ). On sait aussi que dans la 
Haute-Egypte et dans le Soudan la monnaie préférée des 
indigènes est le thaler autrichien à l'effigie de Marie- 
Thérèse, appelé jiay boû iair oujvUj»! aboâ \aïr^ le père 
de l'oiseau, à cause de l'aigle qui y figure. La raison de 
cette préférence est indiquée parNiebuhr (3). Loi^squ'on 
s'aperçut à Vienne que les thalers passaient de plus en 
plus en Egypte, la Monnaie en fit à plus bas titre. Mais les 
Egyptiens ne s'y trompèrent pas. Et voilà pourquoi on 
donnait dans tout le Levant cinq pour cent de plus pour 



(1) Niebuhi*. Description de l'Arabie, H. 49. «Le prix de notre passage 
était de 27 patakas, qui valent à peu près 6 livres 5 shellings sterling, p 
Bruce. Voyage en Nubie, I. 50. 

(2) k}o\itez abouburs, uboukarne , etc. (V. Introd. Observât gén,) 

(3) Ibid. - « La seule monnaie connue au désert est le thaler autrichien 
de Marie-Thérèse, » M. Jeannier, chancelier à Bagdad. 1888. 



les écus frappés avant 1756. Enfin une autre monnaie 
européenne, devenue assez rare, porte encore en Orient 
le nom de ^jSy\ aboU madfa', ie père du canon. Toujours 
pour les mêmes raisons, qui ont valu à l'abouquel, au pata- 
gon, etc. leurs pittoresques dénominations. 

Patar, Patart ou Fatard- C'était encore une monnaie 
de Flandre et des Pays-Bas, de la valeur d'un sou, 

« qui n'avait vaillant un pcdart » 
dit Villon. On voit dans ces mots une corruption de P^er 
(Pierre) parce que le patar a sur une de ses faces l'image 
de S' Pierre. 

Devic rattache Patard à Sll»>.l.Onpeut objecter que 
Vaboâ iâqa des Arabes a toujours désigné une monnaie 
autrement importante que le patar flamand, qui signiôe 
une obole, un liard. 

Paturon ou Potiron. Nom de quelques champignons 
comestibles qui croissent dans les pâturages. Probable- 
ment de l'arabe jU fo\r ou jL* fo\or, qui désignent 
le champignon vénéneux {i), d'après certains lexicogra- 
phes; l'espèce comestible s'appelant beaucoup mieux Ji 
fkr. La terminaison on viendrait-elle de la nunnation, com- 
me dans :{édaron? (Pour J» devenu p. V. Introd.) 

(1) Cette dUtinctiou eat încomiiie à Ibn el-Beithar ctiez qui ^ déaigne 
ûmplemeat U champignon. Aussi Devic pi-étand-il qua Freytag a eu tort àa 



QUIN 19 J 



aM^»M«iaiMMMaa<MMaa* 



Pénide(i). Sucre tors, cuit à la plume avec une dé- 
coction d'orge. ( Bouill. Scien.). Ce terme a été introduit 
par les apothicaires. Il vient de Tarabe -lili fânîd^ dérivé 

lui-même du persan JLôb /?(î/2Î<i « species dulciorum, sac- 
charum. » Alphénic (2), autre nom de pénide, est le même 
mot arabe augmenté de l'article. Le Dict. de Trévoux 
écrit Alphœnix et prétend qu'on a donné au sucre tors 
« ce nom extraordinaire pour le faire valoir». Cette fois 
les Aristarqaes de Trévoux font erreur. 

Quintal. Esp. et Ptg: quintal. Catah guintar. Ital: 
quintare. De jlkS qiniâr , vulgairement prononcé qan" 

iâr\ d' où Kantar j (Y . ce mot.) de même que, de I^Lnî 
qîrât graine de caroubier, son poids, nous avons fait 
Carat; esp: quilai. Esp. et Ptg: quilate. Ital: carato. 
Le carat a été autrefois appelé ckira ou ckirast. Nous ' 
avons indiqué Fétymologie de i^inï dans les Synonymes 
arabes n® 1072. 



n'attribuer à J^ d'antre sens que celui de fwng^ terrœ muUum vener 
nosus. 

(1) Le Diction, de Trévoux ue connaît que le plur. pénides. La Pharma^ 
copie Universelle fait de môme. Ce dernier ouvrage écrit encore épenides, 

(2) Esp. alfenique. Ptg: alfenim; en latin de pharmacie penidia. oc On 
prétend que ce nom vient de poena, peine, parce que cette préparation de 
sucre donne bien de la peine à faire. » Pharmac. mùverselle. 



Rac, Arac, et Arack. Esp : arac, erraca. Pig : araca, 
arak, araque, orraca, rak. Tous ces mots représentent 
l'arabe J^ 'araq, liqueur extraite du palmier, qu'on fai- 
sait fermenter. (V. Mohît et S. 'Anhoûrî) et dans le vul- 
gaire, eau-de-vie, {Mohît, Heury, Belot). Il y a aussi la 
forme Jy. 'araqt (Dartias), d'où dérive probablement 
l'expression populaire riquiqui, pour désigner de l'eau- 
de-vie f 1 ). En turc usuel j^ 'araq devient rake, eau-de- 
vie. (V. R, Youssouf. s. V. 'arak). 

BaÎEu Nom des sujets de l'empire turc soumis à la ca- 
pitation. (Littré.) C'est la transcription de Ht-j ra'tîîjl, 
pluriel de l'arabe **j , proprement troupeau, et au figuré 
sujet. Sous l'influence turque (2) I. ûj ra'âiâ, a été em- 
ployé, comme un véritable singulier, pour désigner un 
sujet, un raia. Ce n'est pas la première fois que le dialecte 
vulgaire employé un pluriel, auquel il donne la valeur du 

(1) Voy. lea Proverbes arabes de M^ le Comte C. de Landberg. p. 180. 
Comme toujours, la description de l'auteur eut d'une rigoureuse exactitude. 

(2) aRi'aya i^iej, pliu-. de repayé, troupeaux, ai\jetfi tributairea; fâaga' 
lier (comme mot turc) sujet non musulman de l'empire ottomaji; en ce cas, 
on prononça ra'ya.» R. Youssouf. Diction, turc -franc. 




RAIS 197 

singulier. Le comte C. de Landberg en a cité un certain 
nombre d*exemples. (Proverbes, p, 195.) Mais ni en turc 
ni en arabe lUj n'a le sens méprisant, qu'ont voulu y voir 
certains voyageurs (i), pas plus que le irtoifiépa Xamp d'Ho- 
mère. « Tous, dit un hadîth, vous êtes responsables de 
votre troupeau, » c-à-d. de votre famille Jj---* 

Cxj ^^ . Parmi les conseils adressés par Abdelmalik, fils 

de Sâlih, à Rachîd il y a celui-ci : « ^ 15^ -flVj U -ujl Jl 

fjLUj • Craignez Dieu dans l'exercice de votre pouvoir, 
redoutez-le en gouvernant les sujets (ra'âyâ) qu'il vous a 
confiés. » (Mas^oûdî. VI, p. joj). 

Rais pu RôIs. (2) Capitaine de navire. Esp : arraez. Ptg : 
arraes, arrais, arraiz, arrayo. Maj. arraes, array. Caf, ar- 
raix; de ^j raïs y chef, mais qui a aussi le sens spécial 
de capitaine de vaisseau (Cfr. Moqadd. ji-1. ij. Mas- 
'oûdî : I. 282. et les Mille et une Nuits, pass.) « On répéta 
au Rais ou Capitaine ce qu'on avait dit aux trois officiers.» 
(D' Arvieux. VI. 202). « Notre Raïs me dit alors qu'il car- 
guerait un peu les voiles. » (Bruce. Voyage I. 93 et pass). 

(1) Tour du Monde. 1» sem. 1861. p. 70. Promenade dans la Tripoli" 
taine. 

(2) «Oà de fortune estoient deux Chaoulx Turcs, avec quelque troupe 
d'autres: dix Rays, c'est-à-dire Rois de Barque». Histoire nouvelle du maS" 
sacre des Turcs faict en la ville de Marseille en Provence, le 14 de Mars, 
mil six cents vingt etc. Lyon, MDCXX. 



198 RAMë 

Dans le dialecte vulgaire on écrit ^j qu'on prononce 
raîès ou rêïes. Comme dans ce passage des Mémoires 
de l'émir Ousâma ibn Monqid (i) : ùtj; ^J' 'â' diJ^^ 
^jSJii dliU US (cy.^ Jjljî - » Nous en étions là quand le 
raïès (2) Yoûnân arriva précipitamment. Nous lui criâmes 
qu'y a-t-il, ô raîès? ». 

Ramadan. Esp. Ptg : ramadan. Ptg : ramadâo. Cat. et 
Val : raraada. « Nous avons été obligés de séjourner à 
Alep, à cause du ramadan; c'est le carême des Turcs. » 
(Lett.édif 198). Ramadan ou ^/no^on comme pronon- 
cent les Turcs est la transcr. de Ji^J ramadan, ç""* 
mois musulman. Comme le Thermidor républicain, « il 
doit son nom à la chaleur brûlante qui se dégage du sol 
pendant ce mois, » dit Mas'oùdî, ou comme s'exprime 
Al-BîroÛQÎ : ^1 «ai ^ *i ^j ïji^ ( Chronol. Orien- 
tale. Édit. Sachau. p. 60.) 

Ramberge. C'est, dans Bouillet, une très ancienne es- 
pèce de navire de guerre de la Méditerrannée, adopté 
par les Anglais ; elle était de la force d'une frégate. Ce 
mot serait composé de rame et de berge. Berge et Barge 
sont un seul et même terme, qu'on employait autrefois 
indifféremment l'un pour l'autre. Cela me semble confir- 

( 1 ) jUjeVI v^f- ^^^ P*'' Hartwig Dérenbonrg. p. 59. Parie, 
(2) 11 s'agit ici d'nn condactear de caravane, d'un ohef-moucre. 



RAZE 199 

mer Tétymologie proposée à barge. Ce dernier mot ne si- 
gnifie plus qu'une embarcation plate. Mais il a désigné ja- 
dis un grand navire (i) : « Navem magnam quam Bargam 
vocant» (In diplom. an. 1080. ap. Mirœum in DipL Belg. 
p. 295); et encore : un navire de guerre, comme l'indique 
son composé ramberge. Le Dict. de Trévoux pense aussi 
que les barges étaient de grandes barques armées. Barge 
et ramberge dériveraient donc bien réellement de l'arabe 
î>.jlï bâriga^ vaisseau de guerre. 

Rame. Esp : resma. Cat : raima. It : risma, Vieux fr. : 
rayme; de m3j ri^ma^ paquet de hardes (2); et vulgaire- 
ment : cahier des charges et impositions conservé chez le 
wali, rame de papier. (Bocthor et Dozy. Supp.) On trouve 
aussi i«3 j ra:{ma (3). J'assigne la même origine à « coton de 
ramesyy^ qui se disait autrefois d'un coton filé de médiocre 
qualité venant de Judée, et dont on se servait pour faire la 
trame des voiles de navire. (V. Trévoux et Bouill.) Car 
l*jj signifie aussi ballot. 

Raze (huile de). « Les Provençaux distillent en grand 
le galipot. Ils en tirent une huile qu'ils nomment huile de 
ra:^e. » (Bosc) M. Devic voit dans ce dernier mot l'arabe 

( 1 ) V, Da Bellay Mémoires, Livres X. 

(2) Gompai». Aghani L (éd. Salh): «Sj^âToU L#^ C»3jj. . .ClTi t>,^^ai>b» 

(3) Yoii* le savaDt article du Glossaire de Dozy. p. 333. 



jjl ar^. Ce nom s'applique en effet au pîn, au sapin, au 
cyprès et à d'autres arbres résineux, {i) Quand il s'agit 
du cèdre proprement dit, les savants arabes se servent 
plutôt de Objl charbtn , qu'il faut peut-être lire C:^Jt. 
( sapplnus ). « Avicenne a employé le même mot défiguré 
par les éditeurs de Rome (2) sous la forme de ^'jt. 
adoptée trop facilement par Freytag». (D' Leclerc.) Ra:{e 
ne serait donc qu'une métathèse de jj' . En espagnol 
are:^ et cilerce (3) désignent le cèdre; il est facile d'y 
reconnaître jjl . « tiUl jjVl Ji* ^^ » dit le manusc. à&Habqâr 
le Sage; et plus loin il est question de ùliJ jj' • 

Saziaou Bazzia- Ptg. gacia, gazia, gaziva, gazu, gazua. 
De *3U gkâ:^ia, forme algérienne de «j^ gha:^iva, atta- 
que, incursion militaire {4). Le mot ne date en français 
que de la conquête de l'Algérie. Dans les Alpujarres 



(1) En Syrie et surtout dans le Liban j^i désigne le cèdi-aj ulaa eèdrea 
que les haMtanta appellent Ars (bIc) a "Voyage du R. P. Philippe, 159. 
Dana les Litaoiea (irabeB la St* Vierge eat appelée oUJ ïjjl cèdi-e du Liban. 

(S) Lea éditiona d'AvicenDS sont inalheureiiaement incorrectes. Les ma- 
nnsct'its ne le sont guère moins. J'ai sous les jeux un manuscrit du ue^ 
•UiJI da l'illuatro Philosophe, qui donnera bien du travail & son futur éditeur. 

(3) aAlerce. Arbre du Chili en Amérique. Ces arbres sont pins gros 
que ta cjpris. Leur bois est rouge, mab avec le temps il perd û vivacité 
de sa couleur et prend celle du nojer. Ces arbres sont d'nne grosseur pro- 
digieuse...» Trévoux. Sur jji et ùi^ji. V. Niebuhr. (Descript, 1. 210- ). 

(4) H îjjt y :ijt expedtdon militari campana: gnerra » Chrestùmathie 
araL du P. Lerchnndi et Simonet p. 284. 



REAL 



20I 



racia^ ricia^ ( même origine ) ont le sens spécial de dégât, 
dévastation (i). V. Introduction lettre i- 

Rôalgar et Réagal. Vieux fr\ réalgal, riagal. Espi 
rejalgar. Cat ; realgar. // ; risigallo. Bas-lot : risagallum* 
De jUll /j raha^ al-ghâr^ littér. : poudre de la caverne* 
Dozy suppose que ce nom a été donné à l'arsenic parce 
qu'on le tirait des mines d'argent. Ce n'est là qu'une 
supposition. L'Ibn el-Beithâr de Boulaq a partout jUll ^ j 
rahag al-fâry poudre des rats. Le traducteur allemand 
et le D' Leclerc reproduisent la même leçon. Ce dernier 
la maintient malgré les critiques de M. Defrémery. Nous 
croyons que c'est la vraie. Le contexte d'Ibn el-Beithar 
semble le prouver. Après avoir dit ( article fJjlU ) que 

l'arsenic s'appelle jlill ^, poison des rats, il ajoute que 
dans le Maghreb on l'appelle poudre des rats jUI ^j (2). 
Pourquoi lire jUH , la caverne au lieu de jÛl , les rats} 
Ailleurs ( article "dH ) le botaniste arabe relève le nom de 
cJlU" ^\l , litt ; poussière qui tue, donné dans l'Iraq à 
l'arsenic. Il ajoute encore une fois qu'on lui donne le 

(1) « Gazua, espèce de Croisade chez les Maures». (Trévoux). — « le com- 
mandement des chérifîs, et la multitude qui les suivait, jointe à la supersti- 
tion de la Gazua, y feisait accomir tous les habitants. » HisU des Chérifs, 

(2) L'arsenic rouge se dit en Berbère rahadj el ahmar. Dictionnaire 
français-berbère par le P. Gras, S. J. essai manuscrit. C^est Tezpression 
arabe. 



nom de poison des rats, et dans le Maghreb celui de 
jlijl j^j {i ). Franchement le sens s'accommode-t-il de jU ? 
Pourtant l'accord des formes romanes terminées toutes 
par gar, gai semble indiquer l'existence de jUII ^j 
venu sans doute de la confusion très ordinaire entre le f 
et le .j placés au milieu du mot (2). Chams ed-dîn de Da- 
mas a pourtant un texte favorable à l'opinion de Dozy. « A 
Calatrava, dit-il, se trouve une caverne où l'on recueille 
le rtfalgar, appelé aussi dlk bardtk et poison des rats : 
« ■ jU!l 1^ il Jli j ilijjr dLi 3 : Jli j jU!l A ô t5 j)l jUII \.} 
(p. 242 ). Ajoutons que ce passage ne se trouve que dans 
les manuscrits de Paris et de Copenhague. 

Rebec. Esp : rabel. Gallic. : rabela. Cat. et Val: rabell. 

fVg- : rabil, rebel, rebeca, rabeca, arrabil, arrabeca. /if: 

ribeca, ribeba. V.fn rubebe de *L j rabâha {Journ. As. 

186^. Juin. 565 ) ou •jiij sorte de violon ou de vielle : 

Me rendre en me torchant le bec. 

Le ventre creux comme un rebec. (Régnier ). 

Parmi les instruments des Grecs, Mas'oûdî ( VIII. 
91 ) cite la lyre qui n'est autre, dit-il, que le rebâb; 

(1) Uq9 l^ne pInB loin Ibn el-Baithar cita RàzL- . cl* jU» i:> JT!) . . . . 

jsU tiïj 4ÎJ «s».fl >fji-»-iIl!p>oj^j» JU!1^^)>3^ïJ«;jî'ol*J- 
(^) On peut en ùmv TeaBai ; les compoaiteuro arabes confondront 8 foia 

Rur 10 eus lettrea. L'expérience s'est renoureléeeurcettepage même. 



RÉBI 



?Of 



4^1 Jl ^y l^ll • V. aussi sur le rabâb. Ibn Khaldôûn. Prolàg* 
II. 41 2. ( i) Le c final de rebec étonne moins quand on voit 
que la dernière consonne a été bien diversement rendue 
dans les langues romanes. Le passage suivant de Guil- 
laume de Machaut renferme plusieurs noms d'instruments 
empruntés àl'Orient parle Moyen-Age.^ 

Orgues, villes, micanons 
Rubebes et psaltérions 
Leus^ moraches et guiternes... 
Cymbales, citoles, naquaires (2)... 
Cors sarrasinois et doussainnes 
TabourSf flaûstes jtraverseinnes— 
Trompes, huisines et trompettes 
Guigues, rotes, harpes, chevrettes 
Cornemuses et chalemielles. 

( Edit. de la Société de l'Orient latin, p. j6 ).| 

Rébi. Deuxième et troisième mois, de l'année musul*^ 

mane;de »-»j rabf. Pour les distinguer on les appelle 

JjVî «jj rabt* premier et (iWI ^-jj deuxième rabî\ OU 



■^k^^^^a^B^ba 



(1) Les jours de fête, on peut encore voir dans les villes du Levant les 
Bédouins, qui viennent racler leui* monotone rebabé, 

(2) De 0j\Su naqâra, timbale ou de Sj^ noqaîra, SjiS; naqqâra^ etc. tous 
ces mots signifient tambouiN timbale (V. Dozy Abbadid. 243 ). 



304 à I^ÉDI 

Il a été appelé ainsi ou parce que « les deux rabî' corres- 
pondaient à l'époque, où les Arabes campaient sur les 
pâturages («j raba') avecleurs troupeaux; si l'on ob- 
jecte que le campement avait lieu aussi pendant d'autres 
mois, on doit remarquer que ces deux mois furent nom- 
més pour la première fois ainsi au moment du pâturage 
et qu'ils conservèrent leur nom lorsque le rapport entre 
les noms des mois et les saisons n'existait plus- » [ Mas- 

'oùdî. ni. 418). 

Récit ou EesSif. Ce terme n'est pas très ancien en 
français, et nous est venu probablement de l'Amérique 
espagnole. (V. Dict. Trévoux.) Esp: arracife. Esp. et 
Ptg: arrecife. Val: arracif, arrecif. Ptg: arrife, recife; de 
.Jufij ra&tf, chaussée (dans tous les sens), trottoir, (Mohît) 
levée, digue (Dozy. Gloss. et suppL ) et même quai d'un 
port. Voir dans Le Backir (18 déc. 1889. 4"^ p. i" 
col.) un article sur le rachat des quais de Smyrn.eju3l.JL0}- 

Rédif. Ce mot désigne l'armée de réserve en Tur- 
quie ; de i'arabe wôsj radlf, qui vient après, qui vient 



(1) Cfr. ;ntUij^y.jj_^ v*l-s«J>l>.r^' J^>Vlftj(jjA»iie^» 

^j-i\ » { ibn ai-Athir. «(jiyii j.ir y 

(JB) Chama ed-din. p. 401.— Ou d'sprèa Al-Bîroûnl; «j. .jIjiVIj ji.yi 



k. 



RIBE 205 

à la suite (i)*Dâns Tarabe classique wJu^j se dit de celui 
qui monte en croupe. 

Redjeb;?® mois 'musulman. De^^j rageb : d'après 

Chams ed-din « parce qu'il est le milieu des mois, w<rb^ 
désignant les jointures des doigt du milieu, ou parce que les 
Arabes tiennent ce mois en grande estime, le verbe raggab 
signifiant estimer.» ou encore : « parce qu'ils évitaient tout 
mouvement pour combattre ; rogba signifie étai ; de là JÛp 

^^s^j^ palmier étayé, (al-Bîroûnî ChronoL 60. et 32c). 
Redjeb était aussi un des mois sacrés (2). 

Bégulus. Etoile de première grandeur, ou le cœur ou 
r a du Lion (V. Nébulasit ). Régulus est une altération de 
JuVi ^j rigl al-asady pied du lion, nom donné quelque- 
fois à cette étoile et qui lui convient mieux que tout autre 
à cause de sa position (j). 

Ribes. Nom scientifique du genre Groseillier, appelée 
encore Rhubarbe, Groseille, Rheum Ribes (Linné). De 

(1) V. Engelhardt. La Turquie et le Tanximat. p. 71. 
■ (2) ûlAiîl^ : ^ ûj^LJJdV ijîiT^V >*Vi .^JJ^ ci\Sj ^j jt^j j.\j^\ ^^\ 
. 3L.VI DjVlj . 'JjVl j^ C^\ ^j . Cj\j\ii\i ^ ùj^\:Si Vj ca^ttid Vj ù^k 
J4^^ ^rj^^T^J^ ci'-sL-Vi t>âî» •^j Jô.^ ii» tjîir. (Agani IL 114. E<L 
Salhani ) . ^| était le nom païen de «^j . Car dans le S^V ^^ ^^^ 
avaient des noms diffêrents de ceux que Tislam a fût prôyaloii*. (V. al- 
Bîi»oûnî» Chronologie Orientale, Sj3Ul jUVI loc. cit.) 

(3) Chams-eddin. fig. 22. On 7 yeiTa que Régulus se trouve dans le pied 
du Lion. Melu*en traduit «^tjj par doigts du milieu. (?) 



^j.G'j , iihâs,(i) même sens. La lettre s, du mot fran- 
çais, représente le ^ arabe. Ibn el-Beîthar dit que cette 
plante es( commune en Syrie, (2) et dans les contrées 
septentrionales. AI-Basrî la met sur les montagnes froi- 
des et couvertes de neiges. Dans la Cosmographie de 
Chams ei-din de Damas elle est au nombre des plantes 
poussant naturellement et sans culture sur te Liban. (V. 
p. 199). D'après Moqaddasî, l'espèce la plus estimée, 
celle qui « figurait sur les tables royales u était exportée 
de Nîsâpoùr. ( j 26. note e). On a fait en Europe des 
essais d'acclimatation d'après des individus provenant de 
graines envoyées du Liban en 1 788. 

Ce nom de rilfes doit son origijie aux apothicaires, 
dont on connaît Les goûts arabesques comme aurait dît 
Guy Patin (3]. Ils appelaient ro^ (fe rt^^s le suc confit des 
groseilles rouges^ 

(1} ProQoncé ribis au moyen da l'imalé. 

(2) L'eapece pai-ait y être indigène ; vollÀ pourquoi on l'&ppeUa âucore 
Rhubarbe de Syris. Voy. aoaù Al.KroiM. Chronol. 99 «t 100. 

(3) Le oDuragauz mâdecin batailla toute sa rie [contre les apothicaireB. 
uJe m'en vats^ dit-il daoa une de ae% latti'es, travailler à quelque chose c<»i- 
tre la cabale àaa ÂpotlùcaL-eB... en bquelle aeroat reftités le béioard... les 
confectioaa de hyacinthe et d'alkermès, les fragments précieux et autres 
bagatelles arabesques, n L'alkermâs, le jnlep, mais surtout le bézoard l'in- 
dignent et sont constamment ^Kommâs dans sa correspondance. Dana une 
lettre de 1 547 U se vante d'avirir û bien secoué le bézoard « qu'il n'en de- 
meura qua poudre et ceadre. » D'apràt lui « il ne iaut gsère de remèdes... 



ROB 207 

Rigel. Etoile ^ d'Orion située dans le pied de cette 
constellation. De là sa dénomination J>.^ rigl^ prononcé 
vulgairement rigel. (V. Introd. Observât, génér.) 

Bisque. M. Devic s^efforce de rapprocher étymologi-» 
quement risque de Jjj ri^q^ qui efTectivement signifie 
chance, chose arrivée fortuitement. Le mot français peut 
à la rigueur être ramené au sens de Tarabe. M. de Eguilaz 
ne croit pas pourtant devoir accepter cette étymologie. 
Conservant les mêmes scrupules que Tétymologiste 
espagnol, nous renvoyons à son article. 

Rob. Esp. arrope, rob. Cat. Val: arrobe. Port, arrobe. 

Basq : arropea. Rob « est en usage dans les boutiques 

des Apothicaires, quoiqu'originairement il soit purement 

arabe, où il signifie un simple suc desséché au soleil, (i) 

ou sur le feu, afin qu^il se puisse garder longtemps... 

Quelquefois on le confond avec looch. » (Trévoux). En 
- > 

effet v-j j robb est le suc ou le jus des plantes épaissi par 
la décoction ; de ce mot on avait fait ^j j rabbab (2), faire 

la quantité desquelles est propre à entretenir la forfanterie des Arahe$ au 
profit des Apothicaires... L*infusion de trois gros de séné pux*ge aussi bien 
qn^un tas de compositions arabesques. Le peuple est lassé de leur tyrannie 
barbaresque, et de leur forfanterie bézoardesque. » Bref! il 7 a peu de lettres 
où il n'y ait une charge contre « ces cuisiniers arabesques» c'est-à-dire, les 
Apothicaires. (Letti^es. Edit. de Cologne. MDCXGII. Vol L 30. 46 et pass.) 

(1) Celui-ci était le plus estimé des Arabes (V. Ibn al-'Awâm, 11.399. 

(2) Y. Ousàma Ibn Monqid (éd. H. Dérenbourg. p. 99). Le passage 



2o8 ROCK 

du rob, forme que les dictionnaires n'ont pas relevée, 
quoiqu*ils aient ^^y morabbabj confit, dont le peuple à 

fait 4j^i confitures; (V. Heury. s. v. ) Quant aux robs, 
on sait combien la médecine arabe les multipliait. On n'a 
qu'à consulter, pour s'en convaincre, la Table d'Ibn el- 
Beithar. (Trad. Leclerc. ) Dans les anciennes pharma- 
copées françaises on rencontre robubj employé comme 
synonyme de rob ; c'est l'arabe v-jj»j roboûb^ pluriel de 

Lo robb. A ce dernier pluriel M. Devic propose de ratta- 
cher Ripopée (écrit autrefois ripopé et rippojDé). Le 
changement de ^ en ^ a déjà eu lieu dans les formes hispa- 
niques, comme rop, arrope. 

Boche. Un des noms du borax impur de l'arabe Rakka 
nom moderne (?) de la ville d'Edresse (Litt. abrégé). 
C'est Roha qu'il faut lire; car Uj ou Ujl est le nom arabe 
d'Edesse, mentionné dans Istakhrî, Ibn-Hauqal, Mas'oûdt 
etc.. Le nom moderne est Orfa, en turc ^jj\ 

Bock. Esp : rocho. Oiseau fabuleux de fj rokk , même 
sens. ( Ibn-Batouta IV. 305) en parle sérieusement Le 



mérite d'être transcrit : « ^\j c-^jîl^ Lîjj <Jf>*» ù>»Ji» jjt ùUu-ï J>t 

XJLri^». Le texte imprimé porte «jb forme grammaticale(?);Q0U8 avons écrit 
^ jb conformément à la leçon *da manuscrit, notée par Péditem* lui-même. 
C'est là une incorrection , que le dialecte vulgaire de Syrie garde opiniâ- 
trement. U dira par ex : \j^ au lieu de ^^i que réclamerait la sjntaxe. 



ROUP 209 

,,,11,1,,, , -.__ _____ ---- I -- -1-" ' •■ ■ ■ ' ■ «"^ 

crédule Damîrî dans un long article qu'il lui consacre 
donne « à chacune de ses ailes loooo brasses ; (^ ji^ rj' 

4 ^VTs^ ju-l^l iUb»- o/T *^' ?f: ^* ^^^ ^^^^® ^^ "^® 
Nuits ne sont pas plus outrées (i ). 

Anciennement au jeu d'échecs la tour portait le nom 
de Roc ( Trévoux s, v.)\ de fj rokh. (Al-Bîroûnî. 
VInde. 202. lig. 17). De ce mot on a formé le terme 
Roquer (\\x\ appartient au même jeu. (V. Douillet ). 

Roupie. Esp : rubia, rupia. Ptg : ropia. M. de Eguilaz 
propose comme étymologie Tarabe ^Çj roubâ^, le quart 

m 

du dinar. On peut voir sur ^Ij j le Supplém. de Dozy et 
le Glossaire de la Bibliotheca Arabo-Sicula de M. Amari. 
Actuellement le «jj roub\ en Orient désigne le quart du 

Magîdî (2). Il y a encore en turc -uo j roubHyé qui désigne 



(1) Â comparer avec left [récits du x^\ ^J^ UcS p. 6. 8. 12. garan- 
tis authentiques. H est vrai, qu^en dépit des ^ix^fl c^est un recueil de 
contes. Leur exagération paraît presque excusable quand on voit un auteui* 
à prétentions scientifiques comme Chams ed-din de Damas parler « d^un 
œuf de rokh grand comme une coupole » suffisant à tout Téquipage d^un 
navire etc., (V. op. sup. laud, p. 161), 

(2) Monnaie d^argent dont la valeur vaiie; diaprés PAlmanach du 
Béclûr (1890) elle équivaut actuellement à 4û* 15, cent. Le Diction.de 
Trévoux parle d'une ancienne monnaie turque appelée roup et qui valait 
un quart de piastre d'Espagne, C'est' bien là notre f^j , 

u4XXoç (TODQog Ile Qovma^ aXXog fiè ^aQayçotna» 

( Poèmes historiques, par E. Legi*and. 214 ). Dans ce passage 

14 



21 o SACR 



une petite monnaie en or ( Mallouf ). M. Devic voit dans 
roupie le persan -ujjj , roupia, mot d'origine hindoue. 



S 



Sabot. Voir Savate. 

Sacre (i). Faucon. Esp. et Ptg : sacre; de y^ saqr (2), 

faucon employé pour la chasse. Les sacres jjip figurent 
honorablement dans les intéressants récits de chasse (3) 



il est facile de reconnaître les jijj3 ou Jt-j^ Ae f^jon ro ^vnt . Celui-ci 
(( valait 31 aspres, c'est-à-dire à peu près le quart de la piastre ou de 
1' àffXavî • • • Cette monnaie marquée au lion de Hollande valait une 

piastre et deux paras. On accentue àtrXavi, quand ce mot désigne le 
lion. » (Ibid. Glossaire.) Voy. Abouquel note. M. Legrand se demande dans 

son Glossaire si TrsQSaCooiAévog encadré ne vient pas de TgaQtSâl^a}* 

Le mot vient du turc-arabe j\jj( cadre, comme Byzantios Ta déjà indi- 
qué. Il y a d'autres mots dont M. Legrand aurait pu signaler l'origine 

orientale ; p. ex : SipÎ * plateau vient de :^u^ , même sens; rovSXèr ( 70 ) 

est le tui*c-arabe cJj^ , gouvernement; <yapToMj l'arabe Jjx^ ^ ro (rayopt 

l'arabe ^^^.^ sahn^ prononcé vulgairement en turc sahan, etc. 

(1) Il y a longtemps que Ménage avait proposé comme étymologie Ta- 
rabe sacron, où on i*eprésente la nunnation. 

(2) V. Syii. arab. n"" 60S. a En Egypte, dit M. de Maillet, on prend une 
petite espèce de Êiucons, que l'on nomn;ie Saer, (lisez saor) dont TEgypte 
doit fournir un certain nombre qu'elle entretient pom* la chasse du 
Grand-Seigneui' ». Description de l'Egypte, II. 22. 

(3) Ces pages contiennent des notions très curieuses, non seulement 
pour la lexicographie arabe, qui y trouvera beaucoup de termes de vénerie 



SAFA 211 

■ ' ' «■ ■ ' ■ Il II II ■! ■■ .1 ..PI» ■ I I ,»l. ■— ^11^» 

d'Ousâma ibn Monqid (p. 141. 142, etc.). Ce mot était 
connu des Arabes du désert, qui n'ont par conséquent 
pu l'emprunter aux langues romanes. Cette remarque est 
d'Engelmann qui renvoie au divan des Hod:^aiIites p. 208 
Ajoutez-y le divan de Hansâ' (éd. Cheîkho.) , le Hamâsa 
265 et leMu^arrab 28. 1. 3. Le mot n'est pas pourtant d'o- 
rigine arabe; c'est la transcription du latin sacer (i)* 

« Quam facile accipiter saxa sacer aies ab alto. » (Éneid. 
XI. 721). Dans la tribu de Tamîm, au rapport d'Ibn 
Doraïd, au lieu de Jl^ on disait jj ^aqr. (V. Introd.) 

Safar. Deuxième mois de l'année musulmane. Trans- 
cript. De Ju^ safar ^ « parce que durant ce mois^ où les 
Arabes font des expéditions, leurs maisons restent vi- 
des » (2). Cette explication est connue de Mas'oûdî, qui 
en donne une seconde (IIL 417). D'après lui «Safar 



qa^aacan Iexiq«e n*a relevés, mais encore poor Thistoire de la chasse au 
temps des Croisades. Ds complètent admirablement les quelques détails 
réimis sur cette matière pai» M. Rey. (Colonies. 55). On y voit que sur le 
terrain de la chasse émirs et chevaliers s'entendaient à merveille, et échan- 
geaient amicalement faucons, chiens, et surtout des onces (j^) que les 
éleveurs arabes ( ^iji ) parvenaient à di^esser d'une manière surprenante. 
Voir sur ce dernier point p. 152 (Ousàma). 

(1) Ce n'est pas le seul terme fourni par la langue latine à l'idiome du 
désert. Nous en ayons relevé un: certain nombre dans les notes des Synon, 
arab. Le même radical sacer a encore contribué, selon nous, à la formation 
dô Jli^ saqqâr, maudit, scélérat exécrable, qui ne peut se rattacher à au- 
cune racine arabe. 

(2) Chams ed-din de Damas p. 401. 



212 SALE 

j _ _ r - - - - „ ,- ,1 f - - ■ — - — 

devait son nom aux foires dites safarîya qui se tenaient 
dans le Yémen, etc. » (i) 

Safre ou Saffre. Oxyde de cobalt. En espagn. :{afre est 
un oxyde de bismuth, demi-métal d'un blanc jaunâtre 
(Dozy. Gloss.) Ces mots sont certainement d'origine 
orientale. On peut y voir ^ , so/r, cuivre jaune, ou S^yi^ 
so/ra, couleur jaune. Devic se demande si safre n'est 
pas « ûlji^j ^a^arân^ safran (2) privé de sa finale, comme 

dans le pluriel jlCj \a!'âjir. Les alchimistes appelaient 
safran de Mars (3) l'ocre rouge; et le safran des métaux 
était une préparation pharmaceutique où entraient du 
soufre et de l'oxyde d'antimoine. » 

Salep (4). Substance aliriientaire tirée des tubercules 
d'orchis et dont les Orientaux font grand usage. Le salep 
nous arrive ordinairement de la Perse où on le prépare 
en grande quantité. Les tubercules ont une faible odeur 
de bouc surtout lorsqu'on les humecte (5). Salep vient de 
wJ^ sahlab, salep. En arabe l'orchis porte le nom de 

(1) Al-Bîroûnî, qui avait d'abord expliqué, comme Mas'oûdî, le nom de 
Safai% ajoute à la fin de sa Chronologie Orientale : olT »Uj) l^i^ j^j 

(2) Inutile de faire remarquer Torigine arabe de notre mot safran, 

(3) j^jbJI ù)jipj 611 arabe. 

(4) Esp : salep. Pûg : salepo, formes modernes et probablement déiivées 
du français. 

(5) V. Diction. d'Orbigny s. salep. 



SAPH 21? 

wJnîtl ^^^ khasd ath'thalebj testicules du renard (i), ex- 
pression qui serait devenu ^JUÎ thalab , et que les Persans 
prononcent salep. 

Sambac. Arbrisseau nommé aussi jasmin d^Ârabie ; de 
ji3 ^anbaqy oleum jasmini, jasminum album. (V. Moqad- 
dasî. pass. et Freyt. ) En Syrie c'est le lis blanc, qui croît 
sur le Liban (2). En turc jûj < ( prononcé :{ambaq en turc 
vulgaire) a aussi le sens de lis. (V. Dict. turc-franç. 
de R. Youssouf. ) Mais la signification propre du mot est 
jasmin blanc. 

Sand^ ou Saiital. Esp. Ptg. Cat. Ital: sandalo. Ce mot 
a été écrit aussi en français sentail. Nous pensons avec 
Devic que malgré le grec aartalov , le mot a subi l'in- 
fluence de Jx^ sandal, même sens, à cause de la persis- 
tance du d dans la plupart des formes romanes. Gawâlîqî 
ne croit pas J-U^ arabe (Mu'arrab. p. 100). Devic lui 
assigne une origine indienne. Au rapport de Mas'oûdî, 
Zobeïda «fut la première qui se servit de palanquins 
d'argent, d'ébène et de sandal. » (Prairies d'or. VIII). 

Saphène. Nom de deux veines de la jambe. Esp : saflna. 
Ptg. safena; de ^[^sâfin^ qui est dans Gauharî^ et que 

(1) V. Traduct. d'Ibn el-Beithar, par le ET Leclerc. 

(2) Spécialement sur le mont Gharîb^ ( «^-^ Jt^ ) ^^ montagne étran-' 
ge^ qui domine la vallée de Ghazir. 



214 SâRB 

Tha'âlibî dans le Âiii)éS5 { Ed. Cheikho. p. 1 1 1 ) explique 

par : « veine de la jambe ; jiUl JUI ^^ »• On trouve aussi 

ôuL. sa/îriy et v>iL sdfïn. Il est difficile de rattacher ces 
formes à une racine arabe. Aussi ne vois-je aucune dif- 
ficulté à admettre que ^[^ dérive de aatp^priç, visible, 
apparent « à cause de la situation de ces veines.» (De vie). 
Sarbacane. La forme correcte est sarbatane (i) qui se 
trouve dans Balzac ( XVIP* s. ). Le changement est dû 
sans doute à l'influence de canne qu'on croyait y retrouver 
( Litt. ). Esp : cebratana, cerbatana, zarbatanâ, zebratane. 
Ptg : sarabatana, saravatane. La forme classique est <J U» 3 

\aba\Ana^ ou ÎÎUa-^ $aha\àna^ même sens. Mais il est 
certain qu'un r s'est glissé après la première syllabe. 
On trouve iS u» ji3 \arha\àna^ forme qui n'était pas seu- 
lement connue en Espagne. Harîrî observe que déjà de 
son temps le peuple disait iîlla» j3 \arha\àna au lieu de 

olLL» sabaXAna (2). C'est naturellement la forme employée 

par l'émir Ousâma (p. 164. ) : « b Ijy^ôP cJ} Îill»j3 ^^J 

<i\^ Sjlui 4i^ i k^ «JSIj bl JalU • Je tenais une sarbacane 



(1) Le Dict. de Trévoux donne «aréatone, tout en avertissant que sar- 
bacane est plus usité. 

(2) Y. JUi;i)| li) (s. «îUujJ ) Cet ouvrage est une compilation asse^ 
indigeste d^un Raja Indien. Gôr. aussi Harii*i ^\*yÀ\ Vj^ . p. 187. éd. 
Thorbecke; et le Commentaii*e ^ja\yi\ Sj^ ^^ d'Al-Khafîlgî. édit. de 
Constantinople. ( Imprimerie ^j^\ ) 



SAVA 315 

quand j'aperçus un moineau sur le mur, au pied duquel je 
me tenais. Je lui lançai une balle, mais je le manquai. » 

Sarrasin. Esp. Ptg: sarraceno, sarracin, Cat: sarrahi, 
sarrayn, Val: sarracé. De ùyî^ charqiyîn^ pluriel de 

i^jL charqîy Oriental, adjectif de Jjt charq^ Orient. (Voy. 
Introduction : Observât, générales.) 

Satin. Probablement de iXfyj , ^altoânî^ adject. de la 
ville chinoise de Tseu-thoung, que les Arabes appelaient 
Zaîtoân (i), où se fabriquaient des étoffes de satin. Bouillet 
assure que le premier satin est venu de Chine. L'arabe 
:[eitoûnî est peut-être le :{atouin ou :{atouij que Du Gange 
prétend être un vieux mot français signifiant satin et dont 
il voudrait dériver ce dernier mot. 

Savate. Esp : zapata, zapato Ptg : zapato. // .• ciabatta, 
Ba^/a/:sabbatum; de i^L-^a^Mt, savate, pantoufle sans 
talon qui laisse le cou-de-pied à découvert. Le mot n'est 
pas dans Freytag. Le Mohît le donne avec la note uij^* 
On le trouve aussi dans Bocthor, Dozy, Paulmier, Belot, 
Heury (s. savate); Marcel (s. soulier) donne i?L- sans le 

redoublement du c^j b, et 1»L^ sabbâi (2). A savate doit 
se rattacher étymologiquement sabot. 

(1) Pour plus de détails V. Dozj, Gloss^ s. v. setuni. 

(2) Cfr. rhjpothèse de M. de Ëguilaz sui* l'étymologie de zapato. U nous 
a été impossible de retrouver le latin sabatenum, -^ A Constantine a les 



2i6 SCHI 



K It: sbirro, birro. Esp: esbirro. D'après M. 
Narducci de ju>l asbar^ coegit, detinuit. Mais ce n'est pas 
habituellement le passé d'un verbe arabe qui a fourni des 
substantifs; surtout quand le sens est si vague, comme 
c'est le cas. J'aimerais autant recourir à SjUp sabbâra^ 

sentinelles, soldats qui font le guet, ou à (5jU:> sabârî^ 
soldats d'élite (Dozy. Supp. ), ou à birrum^ casaque rouge 
( Litt, ). Le lecteur décidera. ) 

Scheat, Sheat et Sead. C'est le y de Persée (i). De 
acL sâ^'id^ littér, avant-bras. Sead serait l'orthographe la 
moins illogique. Voltaire, Arago, etc. écrivent sheat. 

Schiite. Sectateur d'Ali ; adjectif formé de lui ChVa, 

secte, et surtout, celle des Schiites; ou peut-être de 

chiaH adject. de ïa-i Dans les écrivains arabes ce mot 

est très souvent opposé aux Sunnites ou musulmans, qui 

j > 
suivent la tradition ou iw. , sonna : celle-ci contient les 

paroles et actions du Prophète. En parlant des sectes re- 
ligieuses de l'Arabie, Moqaddasî indique clairement cette 
opposition : « J*lj • • • 3L- r-yj •L-iu^j i«l^j 5?x j^lX»j 



chaussures les plus communes, très larges et très découvertes s'appellent 
sébbat ». Magasin pittoresq. 1878. p. 57. 

(1) Devic écrit; « Sheat, étoile de 2"* grandeur |9 de Pégase». Or 

dans Pégase il n'y a pas d^étoile nommée opU « il y a bien pjUI 
mais il serait violent de l'identifier avec Sheat. 



SEID 217 

m ■ ■ a^^i»^»! I ■ I II !■ ■ ^l^M^^I I II» I ■ — — ^^— I^M !■ ■ ■— ■■■■■■ ■■■■■■ I ■■ «^l. ^^MW. M I — ■ I .1 ■^■^■^— ^— ^Mfci^M 

(p. 66. lig» 3) « • 3jfu^ • • • SJU-tf'j ûl^ <«^j • iu^ j^j Ol^. tS'JI 
Sôbeste. Fruit du sébestier, le même arbre que le 
j>3 d'après Ibn el-Beithar. Or le j»3 est l'arbre à glu, bien 
connu en Syrie. «Ses environs (de Beyrouth) sont de 
bonnes terres,., avec des sébestes dont on tire la glu,... 
On fait de ce fruit concassé et bouilli une glu excellente 
et on transporte beaucoup de ces fruits en Europe » ( i ) ; 
de ôbu- sabastâriy sébestier. 

Sébile. On a proposé Tarabe-persan J-jG'j :^anbîl, ou 

J-»3 :{abîlj qu'on rencontre aussi sous la forme de jJj 
:{îbbîL Tous ces mots sont anciens en arabe et signifient : 
panier d'osier destiné à renfermer les dattes, corbeille, 
sac, besace (V. S/n. Arab. N^ 624 ). Dans son introdu- 
ction Moqaddasî nous dit « qu'il a tour à tour possédé 
nombre d'esclaves et porté le panier sur sa tête ; c^j 

ô^.:}\ trl> <> ^^^^ -^' '' ( p- 44.. % lo-) 

Sécacul ou Seccachul. «Plante qui croît auprès d'Alep 
en Syrie... Sécacul est un mot arabe » (Dict. de Trévoux). 
Esp. et Cat : sécacul. Le sécacul est une sorte de pa- 
nais ; de Jï6* chaqâqolj même sens. 

Séide. De Jbj laîd, nom d'un affranchi du Prophète, 



(1) D'Arvieux. Mémoires I. 339. - H. 334. V. aassi RelaL d^ Âbdellatif, 
page 70. 



2i8 SÉLA 

aveuglément soumis à ses ordres. {V. Al-Maktn, Historia 
Sarracenica p. 9, edit. d'Erpenius). Ce nom a été tran- 
scrit Séide par Voltaire dans sa tragédie de Mahomet (i). 
C'est à tort que» Brachet(Dict. étym, Introd, LXIII) voit 
dans Séide « la francisation de l'arabe Said » qui corres- 
pondrait à JU-* saHd^ heureux, félix,. La transcription 

de 3 par s est très fréquente en français, comme on peut 
s'en convaincre par les nombreux exemples cités dans 
notre Introduction (V. Lettre 3 ). 

Sélam ou Sélan. Bouquet de fleurs dont l'arrange- 
ment forme un langage muet(Litt.); de j»!iL salam^ salut, 
paix [2). Nous ne saurions déterminer comment de salut on 
est arrivé au sens du frsinç.sélam. Cette dernière significa- 
tion n'existe ni dans la langue classique arabe ni dans le 
dialecte vulgaire. Faut-il assigner la même origine à un 
autre Selam} On appelle ainsi dans l'Amérique « certains 
postes disposés le long des côtes, où les Espagnols met- 
tent des Indiens en sentinelle ; ce sont comme des es- 



(1) Séide ne se trouve pas dans la 6°^^ édit. du Diction, de PAcadénoie. 

(2) Premier mot de la formule de salutation dULp >^ salâm ^alaik^ 
la paix, le aalut sur toi ! d'où Salamalec* On trouve dans d^Arvieux « on lui 
fait une grande saîamalée^ c-à-d. une profonde révérence » I. 85. L^éditeur 
aura mal lu. C'est évidemment salamalec qu^il faut. « On s'est longtemps 
servi de cette formule à Paris, dans les repas, pom' saluer une personne 
en buvant à sa santé ». Bouillet (Dict. scien).- 



SENS n 219 

pèces de guérites» (Trévoux), Mais on ne voit pas que 
^Mm. ait eu le sens de signal. 

Séné. Plante et médicament purgatif. Esp: sena, senes. 
Ptg: sene, senne. Cette plante croît spontanément en 
Arabie et en Egypte, (i) Ce dernier pays a eu long- 
temps la spécialité d'en fournir toute l'Europe. Le séné 
d*Âlep, ainsi nommé de son point d'exportation, est moins 
commun en Occident. La quantité de séné qu'on trans- 
portait annuellement dans les entrepôts de Boulac s^éle* 
vait à environ 2 millions de livres par an. « On en fait j 
lots : un pour Marseille, le second pour Ligourne (sic), et le 
troisième pour Venise» (2). Séné est la transcription de 
l'arabe iL (3) sanâ, même sens. Parmi les productions de 
l'Arabie Moqaddast cite le séné de la Mecque (98. lig. i j). 

Sensal. « Tout le commerce du Levant se fait par le 

(1) « I^e séné croît aatui^ellement dans TEgypte, dans la Syrie, dans 
TAvabie, qui semble être le pays des drogues médicinaleB et des aromates» 
(D^Arvieux 1.341.) ' 

(2) V. Hasselqaiflt. Yoyag. au Levant : H. 101. et Dict. Univ, cTHigt. 
nat. Diaprés le P. Sicard le séné ne vient pas en Egypte « quoique les 
égyptiens en fournissent une gi*ande quantité à TEurope; ils le tirent de la 
Nubie » . Discours sur l'Egypte. 

(3) Ou 'U:: avec le madd. 

Enfin d^habiles gens et des têtes bien saines 

N'auraient jamais ici fait venir le séné. 

Que la nature avait tout exprès condamné * 

A prendi*e sa naissance dans des teiTes lointaines ; 

De peur que notre monde en fut empoisonné. N. Cb. De Vers. 



220 # SEQU 

moyen des Sensals ou Courtiers. La plupart des Censals 
sont Juifs ou Arméniens. Ces gens entendent le négoce 
en perfection et y sont très-rafinez. A l'égard de la bonne 
foi il y ^en a infiniment du côté des Turcs ; mais on les a 
trompés tant de fois qu'ils sont plus sur leur garde. Natu- 
rellement ils aiment la justice et la droiture; ils tiennent 
leur parole, il ne faut point de notaires avec eux. » ( V. 
D' Arvieux. I. 79, qui écrit indifféremment sensal^ censal et 
sansal). Sensal dérive comme Censal [dont il n'est qu'une 
variante orthographique ) de jLr* , simsâr. Une ancienne 
tradition rapporte que ce nom aurait été changé par 
Mahomet en celui de M- , marchands : ^yi ^ ^^J^ ' ^^ 

On peut voir dans le Mu'arrab d'al-Gawâlîqî les autres 
preuves de l'ancienneté de ce terme jUr* (p. 90 et 91). 
Sequin. Esp : cequi. Plg\ sequim, zequim. ît : zecchino. 
Grec mod : ^^8>i^n et z^rjwpi (i); de Jw sikkîj denarius, 

adjectif formé de Î5C1 sikia^ coin à frapper la monnaie, 
et aussi monnaie en général, l 

Le vieux mot français Sequin^ épée, est la transcription 
à peine altérée de o^ sikkîn^ couteau. 



(1) V. Poèmes historiques en grec vulgaire^ par Emile Legi'and. On re- 
marquera comment le grec garde fidèlement Paccent tonique de cj^L^ • 



SHER 221 

r 

Sesban, Seâbane et Sesbanie. Genre de la famille des 
Légumineuses-Papilionacées , très communes en Egypte 
et en Palestine ; de oÇ^ saïsabân^ même sens. D'après le 
docteur Figari les feuilles de cette espèce sont employées 
comme purgatives en Egypte presque aussi souvent que 
celles du séné, (i) On ne voit pas comment cela s'accor- 
de avec l'assertion des *l)b^ d'ibn el-Beithar: « la 

sesbane constipe : luJall ^j^ . » A part cela; les descrip- 
tions des modernes cadrent avec celles des auteurs 
arabes. 

Shagarag ou Sheregrig. La première orthographe est 
deShaw; la seconde de Bruce. C'est un rollier de la 
grosseur et de la forme du geai, avec un bec plus petit et 
des pieds plus courts ; le dessus du corps brun, la tête, 
le cou et le ventre d'un vert-clair ; des taches d'un bleu 
foncé sur les ailes et la queue. Le mot est une altération de 
3}jt chiraqraq ou J'/j^ charaqrâq, qui d'après les 

dictionnaires désigne le pivert. On trouve aussi Jlyi 
chaqrâq. Bruce pense que le Sheregrig doit son nom à 
l'éclat de son plumage et il le dérive d'un mot qui signi- 
fie briller ( Vo/ag. V. 215), sans doute de Oj^ charaq^ 
briller. 



(1) Dict. d'Hist. Nat. (d'Orbigny). 



112 SIRO 

Simoun ou Sraioun. E^p\ semun; de ^f samoûm^ 

vent brûlant, littér. empoisonné, de ^ samm^ empoî- 

sonner, (i) Diaprés le <iltl <A le ^y^^ et le jj^>. haroûr 

(de "> chaleur) désignent tous deux un vent brûlant. 
Aboû 'Obeida et le Kitâb al-Gerathfm (2) établissent en^ 
tre ces deux mots une distinction: le samoân serait le 
vent chaud qui souffle le jour, et le haroâr celui qui se fait 
sentir la nuit ( V. Glossan Biblioth. Arab Sicul. IL 830.) 
Sur les terribles effets du semoum on peut voir Ibn Batoû- 
ta. I. 2^9 et 261. 
Siroco ou Siroc. [De Sjt charq^ orient, disent les 

étymologistes, ou de C^Jt» charqî^ oriental (vent.) Seule- 
ment à la place du soukoûn arabe^ toutes les langues 
européennes mettent un qui porte Taccent tonique. Ital : 
scirocco, scilocco. Esp. xaloque, jaloque. Maj. xeloque 
Cat. xaloch, xaloque Ptg. : xarouca. VaU jaloch. Prov. : si- 
roc, eyssiroc. fj) Cette unanimité ferait croire à l'existence 
d'une ancienne forme vulgaire 03 J^ charoûq. Aujour- 



(1) D^aprèa Nidbahrles Arabes recoimaitraieiit le BÎmoumà une odeur 
de souffre (I. 11). Palgrave, qui donne du sunoun une description détaillée 
et quelque peu thé&trale, ne dit rien de semblable V. Voyage en Arabie 
l 22. 

(2) Y. uOI 42) p. 355. D'importants extraits du Kitdb al-Gerathtm ont 
été publiés à la suite du uUt' «S i par le P.^Cheikho S. J. 

(3) Devic cite encore d'autres formea où Vo persiste toi\jocirs. 



SODA 22 j 

d'hui le peuple dit JJC^ choloâq ou cheloûq comme on 
prononce. Les Européens résidant au Levant n'ont pas 
d'autre terme pour signifier ce vent chaud et désagréable, 
qui souffle du côté de TEst, surtout en automne et au 
printemps. 

Quoiqu'il en soit, en partant de Jyt on peut appliquer 
à sirocco l'explication phonétique dont nous avons parlé 
dans l'Introduction à propos de énif^ algénib, camocan^ 
sarrasin. Ce dernier exemple surtout aide à faire com- 
prendre la présence d'une voyelle adventice portant 
l'accent tonique. _ . 

Soda. Mot employé en médecine pour signifier le mal 
de tête ou céphalalgie ( Bouill. Scien. ) Transcription de 
^J^ sodd'' (i) mal de tête; tandis que Xilt de ji fendre 

est la migraine; comme l'établit nettement le passage 

_ . , 

suivant du Foqh al-lougha (p. 121 ) ^ ^\J\ à •>.jll J^V:i\ 

'^ ^ lT^)^ ûr- ^ ^ '^^ Hr^' ' Qalîoûbî dit aussi que 
«la <aJî1 est la soda ou céphalalgie, quand elle est bornée 
à run des côtés de la tête ; ^U -ul ^^1 ç^IjUIT j^ ÏLIlll 
^^lt'jII (V. ÙJI ^Uil . Journ. asiat. Oct. i86ç. p. J96. ) 



(1) Et non de louad^ comme le prétend Booiilet. De ^iji^on a fonné ^^ 
cauaer le mal, de tête, j^ j^ ^jl^; j,^\ ; (Al-Bîroûnî. Chronol, Orient). 
passage à %joater aux exemples cités dans Dozj. Suppléni, s. ^j^ . 



224 SOFA 

« Galien parle du silure et dît que pour calmer instanta- 
nément une violente douleur de tête ou une migraine, il 
faut l'appliquer vivant sur la tête du malade Je v2JU>. 6' 

. il ïlil jl Jbot j^a^ <) ^ jj-!^l (i). C'est sans doute par 
une distraction, dont les plus grands savants ne sont pas 
toujours exempts, que M. Barbier de Meynard traduit ici 
ÏLH par blessure. Le contexte d'ailleurs demande autre 
chose. 

Sofa ou Soplia. Esp. Ptg. et Ital. sofa. Ptg : sopha. De 
<i^ sq^a, coussin que l'on met sur la selle. Ce mot a si- 
gnifié encore plus tard estrade, banquette, (2) divan et 
sofa. Dans Mas'oûdî, le père d'Ibn Bassâm est représenté 
« assis sur un sofa^ au milieu de sa chambre, d'où il pou- 
vait jouir de la vue de son jardin, de son enclos de ga- 
zelles, etc. ttôVji!ljJ>-^J ôt^i ^^ \^^ '-^^y^J *^ ^-^-^^ ^^ 
(VIII. 269). Le mot est aussi dans Ousâma fils de Mon- 



(1) Prairies d'or. IL 392. Tout en reconnaissant le mérite de rœuvre de 
M. B. de Mejnard, nous osons prendre la liberté de lui signaler encore la 
traduction inexacte de quelques passages du discours prononcé par ^Alt à 
la bataille de Siffîn (IV. 355), et dans le V°»® vol. les pages 29 et 30. Nous 
avouons que ce dernier morceau est d'une difficulté désespérante. Quand on 
en demanda Pexplication dans la classe de i*liétorique arabe de notre 
Université, des élèves, d'ailleurs intelligents, avouèrent n'avoir pas com- 
pris; et pom*tant c^était leur langue. 

(2) Cfr. cette comparaison originale de Moqaddasî sur la Péniasnle 
arabique : « ^ j^^ l^jj ^i jj J> J^| t|J d^ JijT ;Lc J?J* •^ ^fi^ ù\ 
^1 Wik J) l*;Xd ...» 



SORB 225 

qid (p. 7 etc.) dans le sens de banquette ou sofa. 

On appelait ïi^l J^l (i) certains pauvres mouhâgirs^ 
qui dormaient dans la mosquée de Médine pendant la nuit. 
On est parti de là pour dériver Souji (V. ce mot) de ïi^- 

Sorbet. Esp : sorbete, Ptg : sorvete. Ital : sorbetto ; 
de la forme pluriel CJ»jt ckarbât, prononcé vulgaire- 
ment charbèt; ou simplement de Z^t comme dans ce 
passage d'Ibn Batoûta : « on apporte des coupes rem- 
plies de Teau du sucre candi, c'est-à-dire de sirop délayé 
dans de Teau. On appelle cela du sorbet ; <lc ij\c r^aSl J^ 

î^l dûs ùji^j V^' ^^ '-^^' ^^ ( ^^^' ^ -^4' ^^7 ®^ P<^^^' ) 
« Le cherbet, ou comme nous disons le sorbet j ne se trou- 
ve que chez les Princes et quelquefois chez les Cheikhs, 
qui sont riches. (2) On le sert dans les visites comme nous 
servons en France la limonade , Torgeat et autres li- 
queurs. » (D'Arvieux. V. 272.) Le persan et le turc ont 
aussi C^j^ dans le sens de sorbet. 



(1) Dans une note de la tradaction dee Prolégomènes dlbn Khaldoûn 
d^l jAt est rendu par gens de la banquette ou sqfa ( III. 86. ) et 
Ton ajoute que ces mohâgirs « se tenaient assis sui* une banquette, à Tex- 
térieur de la mosquée, pendant le jour » (Ibid.) Seulement :d^ désigne ici 
un endroit du temple, couvert avec des branches de palmier. (Cfr. Freyt. 
Mohit, ^j\^\ ^^\ et Dict. arabes en gén.) 

(2) « Le Sorbet est une espèce de limonade, musquée et ambrée, qui est 
assez bonne » P. Nau. Voy, de la T, Sainte, p. 557. Du Loir édit ha- 
bituellement cherhet : a II nous fit boire du cahué et du cherbet, et il nous 

ï5 



226 SOUF 

A la même racine se rattache Sirop. Il vient de i-jV^ 
charâb, qui en vulgaire a le sens spécial de sirop ( Belot , 
Heury, etc. ) ; sens qu'on retrouve aussi dans les traités 
de médecine arabe : « ^\j^^ ^f^\ •^^^'^^ '■^J î on le 
rend épais cpmme du sirop^ au moyen du sucre » dît 
Qalioûbî, en parlant d'une décoction. ( V. ïlUl ^-Ual^ 
de Qalioûbî, passim.) 

Souche. Berry : soche. Bourguign : suche. Prov : soc, 
socca. It : zocco. Esp : zoca. Cat. et Val : soca. Bas lat : 
zoccus, soccus. D'après Brachet Torigine de souche est 
inconnue. M. de Eguilaz fait remarquer que ;[oca en An- 
dalousie désigne la tige de la canne à sucre, et il n'hésite 
pas à y voir l'arabe JU sâqy tige d'une plante. Pour les 
changements phonétiques voy. l'Introduction : alef. 

Soufi. Ecoutons Ibn Khaldoûn : « Lorsque dans le se- 
cond siècle de l'islamisme le goût pour les biens du 
monde se fut répandu. . .on désigna les personnes qui se 

consacrèrent à la piété par le nom de soufis... Soufi vient 

> 

très probablement de ^y^ ^oûf, laine, car la plupart de 
ces dévots portaient des vêtements de cette étoffe pour 
se distinguer du commun des hommes, qui aimaient le 



fit pai*fuiner sous une tavayole, que deux valets tenaient étendue sur notre 
tête » p. 315. Dans les Voyages du Sieur Lucas on lit sorbec. 



SOUF 227 

faste dans les habits.» (i) Voilà Tétymologie générale- 
ment admise. Al-Qocheïrî (2) n'en veut pas. D'après lui 
« on ne saurait assigner à ce nom une étymologie, qui soit 
tirée de la langue arabe et conforme à l'analogie ; on ne 
peut pas le dériver de soâf^ laine, vu que les soufis 
n'avaient pas l'habitude de se distinguer des autres en 
portant des vêtements de laine,» (j) Il se peut bien que 
Al-Qocheïrî ait raison et que (i^ ne soit qu'une trans- 
cription de <y(xf6ç. On a pu donner ce nom aux sages de 
Hslarrin de même que les Pères de l'Eglise appelaient 
q)il6(TO(poc les moines chrétiens. Les Arabes perdant de vue 
cette dérivation, comme pour beaucoup d'autres termes (4), 
auront cherché à soufi une origine dans leur propre lan- 
gue (5). C'est exactement l'opinion de l'illustre Al-Bîroûnî. 
Après avoir résumé la doctrine des philosophes (iJyJI) 

grecs, il ajoute : « l^^^— ^^b ^ wj jïd' ^y ^^Vt S w^^ ^J 

(i \^\^\ ^\j SSiâlI cil ifj^ CV^ (^é^. wJÎUI ^Jl M &é^. 



( 1 ) Prolég. m. 60. 

(2) Théologien musulman, mourut en 1072 de J.-C. Voy. la note que lui 
consacre De Slane ProL I. 456. 

(3) Comparez pourtant ce que raconte Moqaddasî. p. 415. ligne 7 : 
irfï^ Kjya *?^ Vj . • 'f^^^ Cjj^ . Aussi les soufis le prennent-ils pour un 
des Ws : «'gj© Ujj'îl l^^ii^ J ^a> C^. ^3 llU :§>aîl ^^^ Jl 'c-iJ^ » • (Ed. 
de Goeje. ) 

(4) Cfr. ^^ , dJUll J^lTl Alchimélech , Ci^^, 

(5) Dans Mas^oûdî le costume d^un soufi est ainsi décrît : « <^U ^ «>j 
J^^ J^ » (Vn. 89) . 



228 SULT 

• (2) « jj-jJI J>^ ^y ^j dllS Ju» Jii^ jT (i ) j^JL^^ ^1 
{Al-Biruni's Indïh. Edit. E, Sachau. p. 16. lig, 6). 

Sucre. Du lat. saccharam dit Brachet. Mais saccharum * 
n'aurait pas fait sucre. Comment expliquer d'ailleurs l'ac- 
cord des langues européennes à prononcer u au lieu de 
a. ( j ). Le sucre n'a été vraiment connu que depuis les 
croisades, et surtout depuis que des ouvriers Tyriens ap- 
portèrent à l'Europe les secrets de la fabrication syrien- 
ne (1239). L'exportation du sucre formait un des princi- 
paux articles du commerce de TyT{Moqad. p. 180.) Pour 
conclure nous croyons avec M. Devic que sucre a subi 
l'influence de f~^ soukkar, même sens. {4) 

Sultan* Vieux franc. : soudan et soldait qu'on trouve 
encore dans Fléchier, « Un Religieux de S* François du 



(1) V. plus haut sofa. 

(2) L^émineut écrivain consent ensuite à faii*e mention honorable de 
Pingénieuse explication trouvée pai* *s^l ^csàS y}^ . La voici : « ^Eji ^ju 

'J^l JS^ j> . (Al-Bîroûnî, ibid). 

(3) V. Dict. étym- de M. Devic (s. sucre). 

(4) Le Diction, de d^Orbigny affirme que la culture de la canne à sucre 
ne fut introduite en Syrie qu'au XTS^"*® siècle. C'est une erreur. Les Croi- 
sés en arrivant en Syrie y trouvèrent en pleine prospérité cette industrie, 
qui ne fit que s'accroître sous le gouvernement des rois latins. (V. Colon, 
franq, 248). Dans la province de ^Omân la canne à sucre était cultivée en 
grand du temps d'Ibn Hauqal. (V. Edit. de Goeje. p. 36. note m.) La vallée 
du Jom*dain était couvei*te de plantations de cannes à sucre, Ul^\ ^Jy 
(Moqaddasî. 162 lig. 9.) 



SUMA 229 

couvent de Jérusalem vint député du Soldan d'Egypte 
vers les Rois Catholiques.» Histoire de Ximénès, IL p. i $8* 
Quant à Soudan «(géogr.) il vient de ôb^ soûdân, plur, de 

^jJ aswadj noir. Le Soudan est appelé par les Arabes 

ôb^l 3>t bilâd as-Soâdân [i) j pays des noirs. Sur la sy- 
nonymie d* Abyssins^ Zeng et Soudan on peut consulter les 
Prolégomènes d*Ibn IChaldoûn. L 171. Trad. de Slane. 

Sumachou Sumac. Plante appelée aussi vinaigrier. 
Esp: zumaque, çumaque. Ptg : summagre. It: sommaco; de 
JU— soummâqj même sens, qui porte en arabe le nom de 
sumac des corroyeurs (2), parce qu'il était employé par les 
tanneurs. On s'en servait aussi pour assaisonner les mets 
ou comme collyre, après l'avoir fait mariner dans l'eau de 
rose. Actuellement encore « c'est pour l'Oriental un ré- 
gal de saupoudrer sa galette de pain des graines extrê- 
mement acides du sumac. » ( 3 ) Dans la Pharmacopée 
Universelle le sumach est nommé parmi les remèdes r^^- 
serrants. Le 3^ est encore cité parmi les productions de 



(1) (( oUu{ etobj^ se disent des hommes seulement ; s^il s^agit des 
animaux on emploie ^^ et ^^^ » • De Slane. 

(2) Ce nom lui est conservé en français. — «La glu qu^on tire du fruit de 
Parbre, appelé cordia sebesten est un des articles les plus considérables de 
son (la ville de Seyde) commerce.... Le sumach y est aussi fort abondant. » 
Hasselquist I. 240. 

(3) Souvenirs bibliques; par le P. Jullien. S. J. 



250 SUMB 

la Syrie dans Moqaddasî ( i8i ), Yaqoût (IV. 1005. ) Ibn 
Hauqal parle du sumac de Sangâr en Mésopotamie, et 
dans les environs d'Alep une montagne en avait retenu le 
nom : j(r^l J->. mont du sumac. ( V. Geogr. arab. Gloss. 
264, édit. de Goeje. ) 

Suxnbul. Plante ombellifère de la Perse dont on extrait 
une matière médicale ( Litt. ) ; de Tarabe-persan jIl 
sounbouU qui désigne le nard indien. Aujourd'hui on s'ac- 
corde à en faire une Valériane (i). Râzî et Ibn el-Beithâr 
en font des descriptions détaillées. Le Sounboul croît 
aussi en Syrie ( Moqaddasî. p. 181. 1. 1 1). 



(1) Df Leclerc. Traduct. d'Ibn el-Beithâr. 



i 



TABA 2JI 



T 



Tabaschir, Tabashir, et Tabaxir. Transcription de 
jiiCU tabâchîry concrétions siliceuses, qui se forment dans 
les entre-nœuds des bambous (i). Ce fait singulier de 
concrétions pierreuses à l'intérieur des végétaux a frappé 
l'imagination des peuples^ qui habitent les contrées, où 
croissent les bambous. Aussi leur ont-ils ■ attribué des 
propriétés merveilleuses. Râzî, Avicenne, Ibn el-Beithâr, 
Soyoûtî, Qalioûbî sont unanimes là-dessus ; (2) et le Dict. 
de Trévoux n'a garde de médire du tabaxir. Voici à pro- 
pos de cette singulière panacée une épigramme d'Ibn 
Bassâm, contre son propre père Aboû 6a 'far : 

« Le pain d'Aboû-ôa'fàr est un tabaschir plein d'aromates 
et de simples. C'est un remède à tous les maux, douleurs 
de ventre, de la poitrine et flux de sang.» (Cité par 
Mas'oudi. VIII. 262 ). 

(1) C^est la déâmtion de Massergouaïhi, cité par Ibn el-Beithâr : 
^jCyfJl ua)t 3yf ^ j^ji *^ jA j^ukll . Le tabaschii* est une substance, 
qui se trouve à Pintérieur de la canne indienne ». 

(2) Voici ce qu'en dit Syoûti : skJU3l Jj-ai)tj j.jJI aJîj JU-JI ^ ^ 
Ja^S) J>\iJLii\ %^j ZkbJI v^\^ j^\j> ^jt «i30 J>>>.Zg)l ^jjj JJJ^\ f^jj 
( ùj*all «tiUJIj ci>jlt JMI ). ù!?^j\i^ . 



2p TALC 

Tabis. Étoffe de soie (i). Esp. Ptg. Ital : tabi. Bas lat : 
attabi. Vieux fr: thabit, zatabiz. De (^li 'attâbî^ étoffe de 
soie, comme le dit expressément Istakhrî {199. 1. }.)• 
«jj^jt-l ^\Ji\ jLj (^bJI ; Vattâbî et autres étoffes de soie» : 

Ou comme parle Ibn Hauqal \^^j^\ oLîll JLj ^^)j <^lLJI. 
(261. lign. II.) 

Talc. Esp: talco. talque. Ptg: tâlco. De jî^ ta/^^, 
même sens. De Monconys écrit taUc. Ibn el-Beithâr nous 
apprend qu'on en fabriquait des vitres pour les bains etc.. 
pUjIl j.lî« Ajij *1)UL^ (ijUu* iujliw. Les alchimistes en 
faisaient aussi grand usage ; voici sur le talc une de leurs 
formules conservée par Mas'oûdî. 

«Prends le talc avec Tammoniaque et avec ce qui se 
trouve dans les chemins ; prends une substance qui res- 
semble au borax et pondère tout cela sans commettre 
d'erreur; puis si tu aimes ton Seigneur, tu seras maître 
de la nature. » (2) 



(1) « Ma grande Croix de chevalier était passée dans une lai*ge ruban 
de tdbis blanc » (D^Àrvieux. m. 510). Sur y^(hp Y. Dozy et SulU MameL 

(2) Prairies ior.yiSL 176. Trad. de M, Bai»bier de Meynard. Dans 



TAMB 



23> 



Talisman. Esp : talisma. Ptg : talismâo. Val : talisma. 
De ^^Jji^ tilasm ou tillasmy même sens, du grec TêlaafA(K. 

Voici à propos de J-lfe un spécimen de la science 

des étymologistes arabes : « Jii) tîbl • ♦ • o>C Jly I aJ jjé^b 

Sur ce mot il y a trois opinions principales... d'après la 
deuxième, c'est un mot grec signifiant nœud insoluble ; 
d'après la troisième c'est un anagramme de JaL^ » (i). 

Tambour. Esp : tambor, atambor. Ptg: tambor. Bas laf: 
tabur, taburcium, taburlum. It: tamburo. Il me semble 
difficile de dériver ce mot de l'arabe jjlîL tonboûr, qui dans 
la langue classique ou parlée n'a jamais désigné qu'une 
lyre (2), guitare, ou mandoline, comme traduit M. Bar- 
bier de Meynard. La dérivation du persan>J tabîr (3) 
me parait également forcée. A toutes ces explications 

I II ■ . ■ - . ■■ . . I I »■■■■■ I ■ I ■ I ■ I . « y 

ces vers nous rencontrons le mot borax qui déi'We de Tarabe Jjjf boûraq, 
même sens, venant lui-même du persan «j^^ boûrah, « On trouve le borax 
en Perse » (Trévoux. ) Le pluriel de Jjy est Jj|^ employé quelques li- 
gnes plus haut par Mas ^oûdi (175). Tout ce passage est curieux. On y 
rencontre plusieurs termes d'alchimie, les éîixirs obj-TV» » les alambics 
(de jswVI ) < los cornues, la soUdification du mercure, etc. 

(l)**Ar-Râgheb: ^Jikl» SiJij ^\J\ Z\Jl>^ V. aussi jjuîI •Ui» p. 153. 
Cet anagramme • rappelle assez-bien celui qu^on fit sur la a révolution fran- 
çaise », un Corse te finira. 

(2) Mu^arrab. p. 102 et le Kitâb al-Aghânî, pas. Mas^oûdî VIIL 15. 
89. 91 etc. Hist. Orient, des crois, pass, Cfr. pourtant le ej^^ ^q 
Bâsim le Forgeron (texte, égypt. p. 5 ). 

(3) Devic. Dict, étym. s, tambour. 



234 TANZ 






je préfère Tarabe jlL» iabl^ tambour, au pluriel Jji 
touboâl, avec lequel tabour (i), tabouririy tabouriner, ta- 
bourdeur^ comme on disait autrefois, ont bien de la 
ressemblance. Il suffit d'admettre le changement 4© / en 
r (2). De tabour dérive Tabouret. A cause de la commu- 
nauté d'origine nous faisons suivre ici : 

Timbale. E^p : atambal, atabal; en //a/: taballo, vient 
encore de J-U \abl, (vulgairem. prononcé iabal. V. Infrod. 
Observ. gên.) qui désigne en général un tambour. Les tim- 
bales nous sont venues de l'Orient. (Trévoux ). Ici encore 
un m s'est glissé avant le bj peut-être sous l'influence du 
lat. t/mpanum. Pour expliquer l'insertion de m dans tam- 
bour on peut en rapprocher trombe dérivé du latin turbo. 

Tandour. Instrument de chauffage chez les Turcs, de 
j^ tannoûr (V. athanor et Prov. Arab. 14.) four, duquel 

les Turcs ont fait tandoâr. V. jjjUj dans Mallouf. 

Tanzimat. Ensemble des réformes administratives 



( 1 ) Cette étymologie est assez clairement indiquée dans le Dict. de 
Trévoux.— <( Des jarres, dont l'ouverture paraît recouverte d'un parchemin, 
et qui cordées sur les côtés comme un tambour étaient sans doute cette 
espèce d'instrument nommé taboT't qui dans les premiers siècles s'accor- 
dait avec la harpe, et dont on se sert encore en Abyssinie.» Bruce 
Voyage en Nubie I, 140. En note on ajoute que l'instrument tahor se nom- 
me aussi TàbreL 

(2) V. Introduction. « Tel noise i avait de tabour z et de tymbres, de 
cornes, de criz etc. » Continuateur de Guillaume de Tyr. ( EKstoriens Occi- 
dentaux des Croisades. II. p. 543 . 



TARB 2J5 

' ' ' «^ — — 

décrétées par le Sultan Abdul-Medjîd (i). De CjUâiî 

. ^ •» 

tanzîmâty plur.de Jkj taniîm^ jXa^ de J», mettre en 

ordre. A la même racine se rattache N{:(am, troupes 
régulières en Turquie ; de ^U» nizârriy ordre. C'est aussi 
le titre du roi du Décan dans THindoustan. Sur la pronon- 
ciation turque de ]i Voy. Introduction. 

Tarazacum ou Taraxacon. 'Chicorée sauvage; de 
ày^jatarakhckaqoânj même sens. Ibn el-Beithar en parle 

sous les rubriques ùjï^J^ et \x^ . M. Devic croit 

aussi avoir trouvé la forme ùy^y^ tarachaqoûn encore 
plus voisine de taraxacon ( V. Dict. étym. s. v. ) Dozy 
( Supplém. ) note f^)^ et Hutres altérations plus ou 

moins fortes de oyli-^ • 

Tarbouch. Bonnet de couleur rouge ( Litt. ) Transcri- 
ption de J^j» J^ tarbouch ou J|j» ja torboûch, même sens. 

C'est probablement une altération de J^y^jt , mot sur 
lequel on peut consulter Quatremère (Sultans Mamelouks. 
I. i'® part. p. 245). Le comte Henri de Champagne écri- 
vit à Saladin pour « lui demander un habit d'honneur : 
Tu sais, lui disait-il, que l'usage de la tunique et du char- 
boûch est chez nous un déshonneur. Je les revêtirai de 

■ ■ I . Il I 11, ■ . fil -m ' 

(1) La Turquie et le Tanzimat. pai* Ed. Engelhai^dt. Pai'is. 1882. 



2j6 TARG 

ta main, par amitié pour toi, v^j»^b •UltjjJ û' Ji^cJ' 
♦ «dJIîu^dU^L^I lljw-^ ta:p (i ).Dozy (V^^m^/i/^.p. 220. 
250 et 289), a longuement décrit le tarbouch (2). 

Targe. Espèce de bouclier (j) carré et courbé. « Il y 
avait sur la selle de chaque cheval de main une Targe ou 
bouclier de vermeil doré. » (4) Esp : tarja, adarca, adarga. 
Cat. et Pig : darga. Ptg : adarga. Il est plus que proba- 
ble que les formes hispaniques dérivent de Sjoll (5) ad- 



(1) Kâmil d'Ibn al-Athîr. Histor. Crois. IL l^ part. 59. 

(2) Il 63 1 à croire que si Pillustre savant avait séjourné quelque temps 
en Orient il aurait modifié quelque peu sa detcription du tarbouch, ainsi 
qu3 de certaines autres parties du vêtement arabe. On peut en dire au- 
tant de quelques articles de son SuppL aux Dict arab, où il lui échappe 
des confusions regrettables, par ex. au mot x^^ju* . N'ayant pu comprendre 
la description qu^en fait le MohiU il se demande si c^est un meuble, 
une table. Si M. Dozj était venu en Syrie, il aurait vu que x.j^ n^est 
autre chose quW trépied terminé par ime plate-forme à la pai'tie 
supérieure • On s^en sert pour cueilUr les fruits et les feuilles de mûrier. 
Dans les MiUe et Une Nuits deHabicht (IX. 291, 341,350) 5^0- doit 
signifier encore un petit trépied, Macnaghtenet leP.SaUiani(in. vol.) lisent 
partout x^ qui semble plus naturel. Mais le manuscrit des Mille et 
Une Nuit3 de la bibliothèque de PUniveraité S« Joseph maintient partout la 
leçon \-, f , , f . 

(3) De ses plumes te couvrira 
Seur sera sous son asile 
Sa défense te servira 
De targe et de rondele 

Marot. Psaume 91. 

(4) Voyage d'Alep à Jérusalem en 1697, par ^enri MaundrelU cha^ 
pelain de la Facture Angloise à Alep. 

(5) :^jd daraka^ donné par M. de Bgullaz m'est inconnu, à moins que 

ce ne soit une faute d'impression. Le Gtec moderne a ti^a , bouclier. 



TARI 237 

daraqa^ bouclier en cuir, mot connu au vulgaire, comme 
à la langue classique. (V. Ousâma p. 91. 157)- Pourquoi 
donc assigner targe et à targette (i) une origine germar- 
nique ? Comp. encore Tarjette^ morceau de gros cuir pour 
protéger les mains. (Trév.) De SjjJl dérive encore le ter- 
me Adargue, qui désigne un petit bouclier adapté sur une 
lance courte. On peut voir la description d'une adargue 
mauresque dans les Armes et les Armures de P. Lacombe 
p. 225. Elle rappelle assez-bien le bâton recouvert de fer- 
blanc, avec lequel les Bédouins parent le coup de lance 
et qui a conservé le nom de bouclier. (2) D^ targe serait 
venu se targuer (autrefois tarquer), comme si Ton se cou- 
vrait d'une targe. Ce verbe signifiait jadis, selon Borel, 
se couvrir le corps de ses bras, en mettant les poignets 
sur les flancs. 

Tarif. Esp. et Ptg : tarif Esp : latarif Transcription de 

wi j«î ta'rîf^ nom d'action de ^f- faire connaître, publier. 

En turc A^y^ ta'rîfa a de même le sens de tarif, taxe. 
Le dialecte vulgaire de Syrie emploie aussi de préférence 
ïi j«o ta^rifa. 

- ■ »■ ■ T ..11. I ■ ■ I ■ PII ■ I M — I ■ ■ Il ■ ■ «ai» 

(1) Qui dans l^ancieime langue désignait un boucliei\ Targette est-il le 
diminutif de targe, ou la terminaison eUe tient-elle Jn place du ta 
marboûta ? — Voy. poui*tant ïijii» dans Dozy. Supp. 

(2) V. Le Diwàn (TAl^Hansât traduit par le P. de Coppier. S. J. 
p. 47, Beyrouth, Imprim. Catholique. 



• «^ 



238 TASS 

Tartre. Esp. Ptg. It: tartaro ; de iS^j^ dourdî, dépôt, 

sédiment d'huile, de vin^ tartre. En arabe ^jS daradj 
aurait aussi le sens de tartre ou carie des dents, d'après 
Freytag, qui oublie de citer ses autorités. Le t art arum 
des Alchimistes est une altération de \s^J^ dourdîj re- 

pris par les Arabes sous la forme de JÙ9J9 iariîr. ( Bocth. 

Heury etc). Certains dictionnaires écrivent aussi jSj 
tartîr. 

Tasse. Esp : taza. Plg : taça. // ; tazza. De ^jJ^ tass, 
mot d'une haute antiquité, comme on peut le voir dans 
le Mu'arrab (p. loi) et dans Frœnkel [DeVocab. in 
antiq. Arabum carminibas peregrinis). On trouve encore 
la forme c^J^ tarf, moins arabe, mais qui se rapproche 

plus de l'original persan c^ tarf. (i) Î-IL iâsa^ avec 
le sens d'écuelle, tasse, se rencontre fréquemment 
dans les Mille et une Nuits et dans Bâsim le Forgeron. 
( Manuscrit de l'Univ. S. Jos. pass ). Le célèbre Ménage, 
qui a donné tant d'étymologies bizarres, n'était pas loin 



(l) On voit un changement analogue dans ]^ brigand, qui était pri- 
mitivement ^:^\ (transcrip. de XriGTriq ) au plu. Oj-aî • (V. Syn. Arab, 
p. 422. note). Dans ^ik«i il y a eu un dédoublement en sens contraîi'e, 
qui, de Tancien ^t!i (fossatum, (pdaaarov ) a fait ^ik«i • Au lien 
de l^ on trouve aussi ^ife tàs, etc. (Mille et une Nuits, pass ). 



TERF 239 

s 

de la vérité quand il assignait comme origine à tasse 
l'arabe tâsson, grand verre. 

Téréniabin ou Tringibin. Manne de Perse (i), dont le 
nom français se présente sous les formes les plus variées, 

De c^^J tarangabîfij mot d'origine persane, écrit ù}->/ 
targabîrij dans un manuscrit de Qalioûbî, «La manne nom- 
mée Tarandjubîn ou Tarandjubil se recueille en grande 
quantité dans la contrée à^Isfahan sur un petit buisson 
épineux. Je me fis montrer de cette sorte de manne à 
Basra et je trouvais qu'elle consistait en petits grains 
ronds, jaunes... Dans le Kiurdestân^ à Mosul, Merdîn^ 
Diarbekr, Isfahân on ne se sert que de manne au lieu de 
sucre. » { Niebuhr. Descr. I. 207 ). Moqaddasî avait déjà 
signal^ cette particularité : (p. 125. lig, 11) « ^^ Jj Icjj 

Terfez. Truffe qu'on trouve dans les déserts de TAfri- 
que. Elle est blanche et d'une saveur rappelant celle de 
la viande ( Déterville et Trévoux s. v* ). Transcription de 
^jMj torfâSj tirfâs, mottjui en Berbère désigne la truffe, 

comme le dit l'Ibn el-Beithar de Boulac, qui écrit J»"^} (2) 



(1) Voir plus haut Alhagées. 

(2) Forme paraissant être une des nombreuses fautes, qui défigurent 
Fdition égyptienne. 



240 TOMA 



* â. 



tîrfâch : « \xJ^\ sUiJ ' ^ J^^j ». Bocth. et Dozy SuppL 

Tesk6ré. Passe-port. Prononciation turque de 5^^ 
taàkira, propr. souvenir, et ce qui aide à se souvenir. 
Il est employé couramment dans le sens de billet, certi- 
ficat, passe-port etc. 

Tiber (i). Poudre d'or; en esp: tibar. De jjt. tibr^ 
transcrit tibar par Eguilaz. Ce mot désigne Tor natif, les 
lingots d'or, et en général : l'or avant qu'il soit travaillé ; 
Wrfu« j^ f^b U Vl j^ ^AÔU Jll V {i). On peut voir dans 
Qazwînî ( Cosmogr. II. p. n .) la curieuse description du 
Pays de la poudre d^or jcll 3>l , bilâd at-tibr^ que nous nom- 
mons Côte d^or. (Afrique). L'arabe jC tibr^ est devenu 
tiber par un procédé phonétique, que nous avons signalé 
dans l'Introduction. 

Toman. Monnaie de compte chez les Persans (V. 
Berge. Dict. Pers-Franç. ) « Le Sophi lui a fait présent 
de quatre mulets chargés de la valeur de j ooo tomans, 
ou çooGo^écus chacun» (j). C'est un mot d'origine 

(1) Le Dict. de Trévoux écrit « tibir , nom que ron donne à la poudre 
d'or en plusieurs endroits des côtes d'Afrique ». 

(2) 5iUI ai de Tha<âlibî. 

(3) Lettre de Mgr. Pévêque de Césarople ambassadeur en Perse, au 
Chevalier d'Ai»vieux. Mémoires, YI. 145. et plus loin : « fl en a coûté au 
peuple 100 000 Tomans, c'est-à-dire environ cinq millions, à raison 
d'un Toman, ou cinquante francs » . Tournefort a sur le toman un curieux 
passage : m un toman vaut douze écus et demi romains» qia font diz-hait 



TURB 241 

y 

tartare qui signifie proprement dix mille. De ôt«^ 
toûmàn\ dans le Dictionnaire turk-oriental (Pavet de 
Courteille) ôUy signifie aussi ^0,000 dinars. Rubruquis 
écrit tumen. Marco Paolo tomman et d'Herbelot touman. 
CM^ a passé aussi en arabe. (Cfr. Ibn Batout. IV. 300.) 

Toque. On a rapproché ce mot de ïJlt» tâqî/a, sorte 
de calotte. (Dozy. Vêtements. 280.) Mais que toque dé- 
rive de ïJlU , c'est ce qui ne nous semble nullement 
prouvé. Nous croyons que le mot en question a une ori- 
gine celtique: toc en bas-breton signifie chapeau. On 
disait anciennement torque ou lieu de toque. 

Toutenague, Tintenague et Tintenaque. Ptg : tute- 
naga. « Alliage de zinc, de cuivre et de nickel, qui nous 
vient des Indes et de la Chine» (Dict. Déterville). Le 
mot toutenague, dit M. S. de Sacy, vient assurément de 
toutia (V. Tuthie ) et peut-être est-ce un mot purement 
persan fjtl^ toûtiânâk , substance d'une nature analogue 
à la tutie. » ( Chrest. III. 453) Bocthor traduit toutenague 
par ciJU^ l^ litt. : tutie minérale. 

Turbith. Esp : turbich, turbit Ptg. et Cat : turbit. 
Plante ombellifère, employée jadis comme purgatif; (i) de 

Assassins (lisez assalanis ) ou Abouquels ; ce sont des écua que Ton frappe 
en Hollande pour le Levant. » Voyage. II. p. 31 1. 

(1) — «...^'j^l i>^^ ^^1 &!»( Qalioûbî : iU-JI ^Ull ). 

16 



242 TYPH 

Tarabe-persan j»J tourbidj tîrbid. On trouve aussi \*j 
tourbaà. « Le Turbith minéral seu Praecipitatum flavum est 
une préparation de mercure jaune, vomitive, purgative » 
(Pharmacopée universelle, p. 51). Un mauvais plaisant 
s'est imaginé de dériver turbith de turbare « à cause qu'il 
trouble toute l'économie du corps. » 

Tuthie ou Tutie. Oxyde de zinc. Esp : tutia, atutia; 
de Al y (i) toûtiâj substance minérale dont les Arabes 
faisaient usage pour fortifier les yeux. Le mot est ara- 
bise cjj^ (V. Mu'arrab. p. 39); c'est la transcription de 
Tovrla « Les femmes arabes noircissent légèrement les 
bords de leurs paupières avec une poudre composée de 
/w//^ qu'on appelle K^A^/» (D'Arvieux. V. 297). Latutie 
nous venait autrefois d'Alexandrie ; elle est « dessicative, 
propre pour les maladies des yeux. » (Trévoux). 

Tjrphon. Esp : tifon. Ptg: tofaô, tofano. Ouragan, 
tourbillon dans les mers de Chine et du Japon. Navarette 
et Littré après lui dérivent typhon du chinois. Ne vien- 
drait-il pas de o^^ toûfân , pluie torrentielle couvrant 
tout, inondation, {Al-Bîrounfs India. p. 193), ouragan^ 
tourbillon? On ne peut douter que les formes portu- 



(1) Avec an hamzé à la fin, mieux que UT^ . Le jju)) »Ui;. le dit ex- 
pressément (p. 59). ^>Ju>yo vS^ ù>^ x-ï y/» 



TYPH 24J 

gaises ne soient tirées directement de l'arabe. Il n'y a pas 
si longtemps encore qu'on disait : « Toufan. s. m. tour- 
billon de vent, qui agite la mer de telle façon que les va- 
gues bouillonnent en la même manière qu'on voit bouillir 
l'eau sur le feu (i). » (Trévoux). Renaudot trouvant la 

description d'un toufân dans une Relation arabe, traduite 

» 

par lui, fait la réflexion suivante : « Nos auteurs (2) re- 
marquent que la côte de la Chine est sujette à de grandes 
tourmentes, et particulièrement à des coups de vent qu'ils 
appellent Toufan en leur langue, du mot grec «'t-çoîi'. » 
Cette observation est juste 0^^ toâfân , qu'on serait 
tenté de rattacher à la racine lJH» tourner, avec le mot 

ôliy» iawafân^ qui n'en diffère que par l'accentuation, est 
vraisemblablement dérivé du grec. Et il est aussi probable 
que notre vieux mot toufan aura été réformé sur le type de 



(1) C'est la traduction du texte arabe: «fc,»^ «j^isbif» jU^JI «JIa ^ jO 
«.jjJûCI ùUur^ j>. 4^5^j <uaâ7 . V. î^iijljdl UJL- . "Chaîne des Chroniques 
n. p. 12. Cet ouvrage fut traduit en 1718 'par l'abbé Renaudot. Reynaud 
a depuis édité le texte arabe en 7 joignant une traduction plus fidèle. 

(2) C'est-àrdire les auteurs arabes que Renaudot traduisait; il s^agit 
de la Chaîne des Chroniques ^\jâ\ 7X 



244 



USNÉ 



u 



Uléma ou Ouléma. Esp. Cat. Val: ulema; de»lji^ 

'oulàmâ , pluriel de ^^U ^âlerrij ou JIp ^attm , savant. 
« Les uléma sont plutôt des magistrats, et le corps des 
uléma, c'est la magistrature; ce qui n'empêche pas les 
uléma d'être de véritables docteurs de la loi musulmane 
et d'avoir des élèves vulgairement nommés ^o^a.» (i). 

Usnée. Esp.^ Ptg : alosna. Plg : losna. Genre de plantes 
de la famille des lichens. Elle était employée pour for- 
tifler l'estomac. De <:^\ ouchna^ mousse, lichen; mot 

d'origine persane. On l'appelle encore jy^\ ïjlI , calvi- 
tie de la vieille, et ^jyll fjl^-^ , cure-dent des singes, 
parce qu'elle teint la bouché quand on l'emploie comme 
dentifrice. V Al-Mansoârî de Râzî et les Simples d'Ibn 
el-Beithâr font mention de l'usnée. Cependant les auteurs 



(1) Garcia de Tassy. Jour, AsicU, Juin 1854. p. 475. Un scfta est un étu- 
diant en théologie chez les Tui*cs. C'est la transcription du turc ia»^^ saâfta, 
ou l:ijj^, altérations du pei*san c!>j^ soûkhta, brûlant (de Tamour de Diea 
et de la science ). 



USNÉ 245 

arabes ne semblent pas avoir connu Pusnée humaine^ 
c'est-à-dire les lichens, qui poussaient sur les crânes des 
morts, exposés à Tair, et spécialement des pendus. La 
superstition populaire lui attribuait les plus merveilleuses 
vertus, (i) 



^ " =»5 Cg3 '§< 



(1) On s'est à ce propos apitoyé sur « rignorance et la barbarie de nos 
pères». Le comte de Maistre dans je ne sais plas quel endroit de son Exa-^ 
men de la Philopphie de Bacon raconte que le grand chancelier, qui se 
croyait pourtant bien au-dessus des préjugés vulgaires, attachait beaucoup 
de prix à la possession du crâne d'un Irlandais couvert de mousse. La 
Pharmacopée universelle de Nie- L'Emei^ a un paragraphe sui» la prépara- 
tion du crâne humain. Elle recommande de « choisir celui d'une personne 
morte de mort violente» p. 124. 



246 VARA 



V 



Validé. Sultane validé c'est-à-dire sultane mère ; pro- 
nonciation turque de » Jlj wâlidây mère, en turc ôUU^ ùJi\) 
validé soultân. C'est la mère du sultan régnant, elle a un 
rang officiel à la cour ottomane. «Le plus beau Khan est 
celui de la Sultane Validé^ ou mère de l'Empereur Maho- 
met quatrième. On l'appelle Validé Khana » . D'Arvieux. 
T. IV. 484. 

Varan. Grand lézard d'Egypte. « Les Arabes nomment 
ouaran l'espèce d'Egypte; ce nom francisé et latinisé a 
fourni les dénominations génériques. Les espèces du gen- 
re Varan sont, après les Crocodiles, les Sauriens qui at- 
teignent les plus grandes dimensions. » (i) Varan est une 
altération de Jjj waraL « Nous aperçûmes, dit le P. Si- 
card, un lézard nommé ouaral... Cet animal ressemble 
au crocodile, à l'exception qu'il est plus petit, n'excé- 
dant pas la longueur de trois à quatre pieds^ et qu'il ne 
vit que sur terre » . (2) En Algérie d'après M. Cherbon- 



^» 



(1) Dict. Univ. dHiBt. Nat. et Relation d'Abdellatif. p. 142 et 160. 

(2) LetL édif. I. 505. Le reste du passage est cui*ieux : a Comme il est 



VILA 



247 



neau on pronoce ouaran. Forskal écrit aussi varan. Peut- 
être faut-il voir dans ce mot l'influence du pluriel ûVjj 

wirlân. Sur la forme ÛJ-J rvaran au lieu de Jjj waral on 
peut voir le Supplém. de Dozy. 

Vilayet. Province ; la plus grande division territoriale 
en Turquie, appelée aussi Eyalet (i). Vilâ/et est la pro- 
nonciation turque de l'arabe i Vj wilâya^ province, pré- 
fecture. Vali ou Wali est de même la transcription de ^b 
ou tlij wâU^ (V. Cadi) gouverneur. (2). Tous ces mots 
sont formés du verbe (^ j walia^ être préposé. 



fort friand du lait de chèvre et de brebis, il se sert d^un expédient poui* les 
traii*e. 11 entortille fortement avec sa longue queue une des jambes de la 
chèvre ou de la brebis, et la suce tout à son aise». Dans son récent voyage 
( 1884 ) au Désert de la Basse-Thébaide le P. Jullien S. J. parle aussi «du 
ouaran ou crocodile du désert.» L'orîgine du vai*an est ainsi expliquée 
par Chams ed-din de Damas: j^ ù^j^jj»*è^ ôjj Ji^ l/^ VSi «^'js»- j^WUI» 

.a0j2a-<6ir:>jJI S? ^ U.» G.L.W ûiTAjJ ( Ed. Mehren. 91 ). 

(1) Ces deux mots ne diffèrent que par Tétymologie: Eyalet vient de 
7ib\ gouvernement, administration, ( V. plus haut ) comme dans ce texte 
d'Al-Birotîni: x^Ojîl Jl^^l^ cJlT^ûyVJ j>»J ûI bj^« Le passage mérite 
d'être cité en entier, il fait trop honnem» au génie élevé de l'écrivain 
arabe. Voici donc le début de son chapitre sur les châtiments chez les 
Indiens: ^j ^ ;^) 1^ j^\ jp tx^ \^ :§l.^l JUe 45fi Je j^ JWI JU/^» 



•«Î-.U-JI :;;;Jf V U^ja^i S>H ci'» (ïn<^a- P- 280). 

(2) On lit dans les Mémoires de Trévoux: a Wali est prœfectus, prœses 
provinciœ, prœtor, mais non pas possessor ( comme Erpenius Pavait pré- 



248 VIZI 



OU Vizir. Prononciation turque de jjj iva:{îr, 
aide. Sur Tétymologie de ce mot on peut voir Khalil 
Dhahéri^ (Chrestom. de Sacy. IL 9.) et sur les fonctions 
de visir sous les différentes dynasties Ibn Khaldoûn (Pro- 
ég. II. 4. etc.) Actuellement le titre de vi:{ir est donné 
dans l'empire ottoman à tous les ministres à portefeuille. 
Le grand vizir prend ordinairement le titre de Jitl jJ^ 
sadr a'^am. 



tendu); car à parler exactement, Walin (lisez Jïj) ne se peut dii'e d'un 
possesseur, que pour marquer l'administration ou Vautorité, et nullement 
la possession,!» Remarques critiques sur les Proverbes arabes, p. 1464. 
Août 1770. L^auteur se trompe, quand dans le proyerbe: «X!i Vjl ^^) ^^\ ^ 
• • ,^jj\^ » il propose de lire iV}) liwilâîn au Ueu de [Vj) lawlâ, leçon soup- 
çonnée par Ërpennius. Mais sa remarque sur le sens de wali est exacte. 



WÉGA 249 



w 



Waggart. «Plante qui fournit un médicament; sans 
doute de wadjctr^ faire avaler un remède. » (i). En effet 
j>-j t^CLgar signifie « medicamentum j^j in os indîdit » 
(Freytag). Persuadé que les substantifs français sont venus 
de substantifs arabes nous dériverions plutôt waggart 
de jy^j wagoâr. Mais cette étymologie nous inspire peu 
de confiance. Nous la mentionnons faute de mieux. 

Wahabites. ;Secte musulmane d'Arabie ; elle tire son 
nom de son chef Mohammad fils de 'Abd al-Wahhâb, 
*->Uj wahhâb. Sur ces sectaires on peut voir le Voyage 
en Arabie de Palgrave. 

Wali ou Vali. Voy. Vilayet. 

Wôga. Etoile de i'^ grandeur, « de la Lyre. De ^b 
ii>âqi% tombant. « Les astronomes, dit Alfergânî, mettent 
Wéga parmi les étoiles de première grandeur ; aILJI Ijjuai 

^^S^\^\i^^\^\^\^pz^\. D'après Abdurrahmân 

(1) Lucien Gautier. Reyue critique d'histoire et de littératui*e. p. 363. 
15 Dec. 1877. 



250 WÉGA 

As-Sûfî (i) cette étoile a été nommée Jljll^pJll an-nisral- 
wâqi'' \ l'aigle tombant, parce que les Arabes l'ont com- 
parée à un aigle, qui ferme les ailes comme pour se laisser 
tomber. De même l'étoile AUair (écrit aussi Atair) a été 
appelée ^iLH^pJ! an-nisr at-t4?r, l'aigle volant, «parce 

que l'aigle tombant iJljll ^^^1 est situé en face, et comme 

à cause de ses ailes il s'appelle le Tombant ^\^ l'autre 

aigle s'appelle le Volant JlLlI at-MFr, parce qu'il étend 
les ailes comme s'il volait » (2). 



(1) Edit. Schjellerup. 

(2) A cette explication d'an astronome de profession joignez celle d'Ibn- 

Qoutaïba:cn:J» o^.^ ^V ;3b J3^ JJ uS\j • 2Îk^ • ^» *^ >» J^» -r-^i » 
( ^IS:^! oi» ) « fi\j S^ iî^ 55<» U4*^ ^ • ojijiij 5si^ i> • BouiUet fait de 
Wéga un astronome autrichien. Cette distraction est relevée comme elle 
le mérite par M. Devic. (Dict. étym. ). 



ZACC 251 



z 



Zaccon, Zacon et Zachum, Esp : Zacoum. Ptg : Zacum. 
« Il est fait mention dan$ la Bible d'une plante désignée 
sous ces noms, dont le fruit jaune est semblable à une 
prune et fournit une huile employée par les Hébreu)^ 
comme fondante ». (i) C'est ce que les voyageurs en 
Terre-Sainte appellent l'huile de ZacHe ^ et qu'ils si-* 
gnalent comme un vulnéraire précieux. (2) La plupart 
des auteurs font du Zaccon une^ espèce de prunier 
d'Orient. Hasselquist n'est pas de cet avis et demande si 
ce ne serait pas « l'olivier sauvage qui est commun dans 
les plaines de Zéxicho. Les Arabes tirent de son fruit une 
huile qu'ils vendent aux voyageurs et prétendent qu'elle 
guérit les blessures. Le noyau de son fruit est de la gros- 

(1) Dietiozu). de d'Orbigny. s. t;. et Palestine par Munk. 

(2) «Il y a une huile médecinale et vulnéraire, que Ton fait du ûniit d'un 
arbre nommée Zacchoum. C^eat un arbre d*une grandem* médiocre, plein 
d'épines longues très-piquantes, il jette quantité de branches assez minces, 
mais d'un bois fort, qui est couvert d'une écorce assez ressemblante à celle 
des citi*onniers. $a femUe a du rapport à celle des pruniers pour la figure, 
mais elle est un peu plus ronde, et beaucoup plus dure et plu3 verte. Son 
fruit aussi ne revient pas mal à la prune... Je m^imagine qu'on l'a appelé 
Zacchoum du nom de Zacbée» (P.Nau p. 351 )• 



252 ' ZAIN 

seur d'une noix de figure ovale et a 4 côtés.» {Vo/agedans 
le Lev. II. 90). Zaccon n'est qu'une légère altération de 
pî 3 :{aqoûm^ arbre très commun dans le Ghôr et les en- 
virons de Zéricho, d'après Ibn el-Beithâr, qui en fait une 
description concordant avec les traits principaux four- 
nis par les savants et les voyageurs européens. 

2jahorie. « Nom qu'on donne à ces gens qui ont la vue 
si perçante qu'ils voient au travers les murailles et dans 
les entrailles de la terre. C'est chez les Espagnols et les 
Portugais qu'on voit de ces sortes de Zahories » 
(Trévoux). Aussi Zahorie n'est-il autre que l'espagnol 

m 

:{ahorî^ même sens, dans lequel Dozy voit l'arabe iSfô 
s^oharî^ (i) géomancien. (V. le Gloss. esp. j6i). Avant lui 
le P. Benoît Feyjoo avait présumé que le mot était d'o- 
rigine arabe. 

Zain. Esp. Ptg. et Ital : zaino. Dozy se demande si 
c'est une altération de ^\ asamm^ qui chez Bocthor sig- 
nifie \ain. Les transformations phonétiques pourraient 
être expliquées : le cP initial ou médial (2) étant souvent 
transcrit :{. (V. Introduction). Mais suffit-il de l'autorité 



(1) '^yO -> serviteur de la planète •jt^J\t qui est Vénus, comme le dit 
Al-Bîroûnt ^J^>jJ\ •jmj\ » . 

(2) Le hamzé initial aurait été supprimé comme dans camard de f^\ 
aqma^ ; ûîse de j^t « le mtm aurait permuté a^ec le noûn. 



ZAPT 25 j 

de Bocthor pour faire passer une traduction aussi meta- 
phorique que celle de j^am par ^\ . Tha'âlibî ( ï;Ji)l iS ) 
dans le chapitre qu'il consacre aux couleurs et spéciale- 
ment aux nuances de la robe du cheval ne mentionne pas 
^\ , pas plus que Tauteur du ^Ijl^^jVI «^CS^, lorsqu'il 

énumère (p. 104 et 105) les synonymes de ^y^ noir. Le 
dialecte populaire est également muet sur ce point. 

Zammara. Genre d'Hémiptères de la section des 
Homoptères, tribu des Cicadiens, créé au dépens du 
grand genre Cicada; de jC*3 :{ammâr^ joueur de flûte, de 

la même racine qu[ a donné jU^^ mii^mâr^ flûte et 

jy^ y ma>{moûr^ psaume (de David). 1 

Zaouia. « La ^^aouia, dit le général Daumas (i), est tout 
ensemble une université religieuse, et une auberge gra- 
tuite. » C'est la transcription de l jlj qui signifie propre- 
ment, angle, coin, cellule. En Orient Zâouîa a un sens 
moins large ; il se dit d'une petite mosquée, d'un ermi- 
tage, etc. (Ibn Batoûta. Voyages, passim). 

Zaptieh. Nom des gendarmes chez les Turcs (Litt); de 
-uLU d<î^/t?ja, agents de police, gendarmes, prononcé 

à la turque, de Ja^ da^at, «firmiter tenuit. » « Les Zaptiés 

(1) La Grande Kahylie, p. 60. 



2^4 ZÉPO 

(gens de police) ont débarrassé de quelques piastres les 
gens peu zélés». iVo/». dans la Tripolitainej Tour du mon- 
de. 1 86 1 . Dans Bâsim le Forgeron (texte égypt. p. 3 8.) 
ûiLU ddé/tl/) y les saisissants j (partie, plur. de Ja^ } est 

orthographié ùjLlli lâbiiîn(i). 

Zarater. Un des noms de Tétourneau (Dict. Déterv. ) 
formé sur l'arabe jj\yj :{arâ;{îr (2), pluriel de jj^ji ^or- 
jfoûr, étourneau (V. Glossaire d'EdrisL p. j 1 1 . Dozy). 

Zamecdi ou Ztaic. Mercure (?) philosophai, (3) terme 
d'alchimie. (Trév.) L'arabe aj-o jftAaj', mercure ; d'où 
Zaibar, mercure en alchimie. Zarnich ou Zarnec (Devic) 
est l'orpiment et dérive de ^j3 ^arrdkh^ arsenic jaune, 
orpiment. Zarnech, Zénic sont sans doute la même chose. 

Zédoaire. Esp. et Ptg : zedoaria. Ptg : zedoeira* Esp. 
ancien : çetoal, sitoval, sitouar. Prov : zeduari. It : Zetto- 
vario ; de l'arabe-persan jlj^j jfaiM^dr ou jljJU gadwdn 

(1) Voici le texte: >j •}» a>jJ Jl> Vj «^«^j « l^tLJJ»-» 4^^\ 5pU^. iSb 

(2) Gomp. (iAlzamsir, nom arabe de rôtoumeau.» (I&ct. d^hiât. nat. L 
263) tranBcription de ^jlj^l . 

(3) Si Trévoux ne fait pas erreur. ~ Zénic n^eat pas dans Devic ( article 
Alchimie) pas plus que zerci, vitriol (^tj) et xadir, auti'e terme de philo- 
sophie hermétique. C'est Vénus, pris pour le vert-de-gris. De ï^j zohara, 
Vénus ( plante ). A propos de jjj , voici la spirituelle description d'un 
avare, d*aprôs un poète arabe: 



ZERD 255 

Cette plante excitante était fort appréciée des Croi- 
sés, qui rappelaient citouart. Le Dîct. de Déterville 
écrit constamment ^{éodaire. C'est là une métathèse que 
réprouve Tétymologie. 

Zéen. Chêne zéen, espèce de chêne d^ Algérie dit aussi 
chêne \ang^ dont le bois est remarquable par sa densité 
(Litt.), de ùlj ^àn, même sens. On se servait de ses ra- 
meaux pour faire des lances. Cfn remarque du D'Leclerc: 
Ibn eUBeithâr .: N^ 1 08 1 , et le géographe Bakrî. ( i ) 

Zekkat. Impôt; de olésa»3 ou S/j :{akâ^ aumône, im- 
pôt. oISj :{akâ signifie proprement pureté, purification, 

comme îT/ ta:{kia; l'aumône, comme disent les Arabes^ 
étant un moyen de purifier les richesses (2). Il signifie 
aussi, augmentation, accroissement, impôt « La lesma se 
payait avant 185 5,.. elle a été remplacée par les impôts 
achour et :(ekkat. » Lettre de P empereur Napoléon III, sur 
la Politique de la France en Algérie. 

Zerda ou Zerdo. Noms donnés mal à propos au fennec 
par Sparmann. Zerda est une altération de S j>- gorad^ 

(1) Joum. Asiat. 1859. Janvier, p. 72. 

(2) iiZacah, s. f. C^est le noin que les Mahométans donnent à la partie 
de leurs biens qu'ils doivent distribuer selon leur loi aux pauvres. Ce n'est 
pourtant pas proprement une dime... car 1^ elle ne se donne point aux 
Imans, 2® elle ne va qu*à un quinzième» (Trévoux ), et même à moins. Cfr. 
Moqadd.366. H'^ô^^l''^ j^j> ,f^ o^^\»/'J^i\y^\ ô^^ 



256 ZILC 

sorte de rat qu'on prononce vulgairement gorad. (V. 
Bruce. Voyage en Nubie. V. 1 57.) Le ^ g se transcrit 
souvent j(. (V. Introduction.) 

Zérumbet et Zurembet. Esp : zurumbet, zerumbet. 
Transcription de Tarabe-persan ^U'j3 :{oronbâd, plante 
longtemps considérée à tort, selon Leclerc, comme sy- 
nonyme de :{édoaire ( V. Traduct. d'Ibn-Beit. ). On trouve 
aussi :{érumbert. 

Zibeth. Viverra zibetha Linn. Nom d'uçe espèce in- 
dienne du genre Civette. Transcription de ^1*3 :{abâd. 
(V. Civette.) 

Zigzag. D'après A. Sédillot de £3 J{îg, tables astro- 
nomiques : « oUlf (iJJI £j!l ^ »\^ ; nous avons établi ce 
fait dans nos tables astronomiques. » { Al-Bîroânî : India. 
p. 300 etc. Voy. aussi ïJli-l 6jj3l ^i îiUl jlîVl ♦ pass. Edit. 
Sachau). 

Zilcadé, Zilhagé. Les deux derniers mois de l'année 
musulmane. Il faudrait plutôt écrire Zoulcadé^ Zoulhagéj{i) 
selon l'arabe SaiSll jS àotCl qa^'da, et ï^ 1 jS àoûH higga. 

La première partie de' ces deux mots est jS doû, pos- 
sesseur, à laquelle correspond en vulgaire Boû ou ahoâ 

(1) La première orthographe a prévalu depuis Montesquieu. 



ZIRC 257 

(V. Patacon). 5^ qa'da , signifie séance , session , état 
d'un homme qui est assis, au repos, (i) Pendant ce mois les 
Arabes du désert s'abstenaient de guerroyer. ^^ h/gga, 
signifie pèlerinage; c'est en ce mois qu'on se rendait à la 
Mecque. 

Zinzolin. « Couleur d'un violet rougeâtre ; de l'arabe 
djoldjolân, semence du sésame dont on fait cette couleur» 
(Littré). Qu'on se reporte à Gengéli on y verra, outre 
Cy^ go^oiî/i, la forme ùjl^ gongottrij d'où dérive 
probablement zinzolin. Cette étymologîe avait déjà été 
indiquée par Bochart. 

Zircoji. Pierre précieuse. Nous y voyons une trans- 
cription de oyjj :{arqoûn , mot qui ne paraît pas d'o- 
rigine arabe; la forme est tout-à-fait étrange (2). C'est 
probablement le persan o/^j3 :{argoûn^ couleur d'or, 
qui a déjà donné à l'arabe un des multiples noms du vin 
ûj>-yj ^argoûn, et peut-être a,ussi ù^jj :{arqoân (j). M. 



(1) Cfr. Mas'oûdv Al-Bîroûnî (Chronologie Onentale)et Chams ed-dîn. 

(2) Quand on se trouve devant un singulier arabe terminé par le[ si- 
gne du pluriel externe oj oûn, on peut conclui*e que le mot est de 
provenance étrangère. 

(3) V. Dozy. SuppL s. v. A propos de o^jj faisons une dernière fois 
remarquer avec quelle £eicilité les liquides permutent entre elles. Au lieu de 
ûjSjj on trouve CiPUU et û>LLr*- • Dans le MostaHnî on lit ; oj^^fOÎ 
ù^jj\ ^j . Comp. Introduction» Lettres j . J et ^ • 

17 



258 ZIRC 

Devic dérive du même mot 4)ersan û/j3 i^argoûn, le 
français Jargon^ gemme de couleur jaune tirant sur le 
rouge, dont les minéralogistes font une sous-espèce du 
Zircon. Le « Jargon » est originaire des Indes et du Pégu. 
Comp. VEsp. azarcon , açarcon. Ptg, azarcâo, zarcâo. 
(Eguilaz. 3 20.) Ajoutons ici Zarca qui en alchimie désigne 
Tétain. C'est probablement une altération de Ôyj3 ^ar- 

qoûn ; car au sujet de ûyji; on lit dans le Mosta^înî 

^j^\ ^ r^^^ '-^^ (V. Dozy. Gl. Esp. 225.) Zarca 
n'est pas dans Devic. 




APPENDICE. 



Liste des autres mots français d'origine arabe (i). 

Abdallas. Nom donné aux religieux en Perse; de 
-iblxp 'abd Allah^ serviteur de Dieu. (V. Littré.) 

Aigrefin. Monnaie; peut-être de i^jt\ achrafi mon- 
naie persane. (V. Devic ). 

Alchimie. De U^l al-kîmiâj composé de l'article al 
et de Uj^ , mot d'origine grecque. 

Alfler. Porte-drapeau ; de ^jlill al-fârisy le cavalier. 
Le Dict. de Trévoux a aussi « Alfère : porte-enseigne. 
Ce mot se dit des officiers ou Flamans, qui servent en 
cette qualité. » 

Alhandal. Coloquinte; de jJâjii al-hanialj même 
sens. 



(1) Afin de rendre notre travail moins incomplet, nous réunissons dans 
cet appendice les mots d^orîgine arabe sur lesquels nous n'avons rien de 
spécial à dire. Pour les détails nous renvoyons à Texcellent Dictionnaire 
étymologique de M. Devic, publié à la suite du Supplément de Littré, et 
par conséquent entre toutes les mains. On pourra aussi consulter avanta- 
geusement le Glossaire espagnol de Dozy, qui tout en traitant des idiomes 
hispaniques a éclairci Torigine de bien des mots français. 



26o ATLE 

f 

Alkékenge. Plante; de P \!S^\ al-kâkang , même sens. 
On trouve aussi les formes fr. alquaquenge, alkéquenche. 

Almageste. De ^J*^ /zl-magistî, nom donné en arabe 
au grand ouvrage de Ptolémée, corruption de \^9yUnri 

Almicantarat ou Almucantarat. ( Astronomie ) ; de 
CjljjkSll al-moqaniarât, cercles de la sphère parallèles à 
l'horizon. On trouve aussi almicantdrats , forme où s 
apparemment représente le pluriel arabe ( V. al-Bîroûnî. 
India. p. 1 67. 1. 20,). 

Ambre. De y^ ''anbar^ ambre gris. Le terme arabe 
composé avec liquide a formé Liquidambar. 

Antimoine. Peut-être de j1\ outhmoud (V. Bismuth). 

Arzel. De J».jl argal^ même sens. « Les superstitieux 
croient que ces sortes de chevaux sont infortunés» 
(Trévoux). * 

Assogue. Navire pour le transport du mercure (i); de 
JjijII a^':{âoûq, le mercure. Ce mot se prononçait Sjj|l 
a:{':{OÛqa, en Espagne. 

Atlé. Espèce de tamarisc ; de aîl aM/(î, même sens. La 

chaire de Mahomet était en bois de tamarisc. ( V. Ibn 

(1) Voir Dict. de Trévoux, 



CALI 261 

Batouta. T. I. 27 $ . ) A Jîl ou ^MJÎl { Aghânî. XXI. 191. 
1. 2.) rattachez Ithel «sorte de mélèze fort abondant en 
Arabie et qu'on ne trouve nulle part ailleurs. » Palgrave. 
Ayan. Magistrat turc chargé de veiller à la sûreté pu- 
blique ; de ûUl ayân plur. de ùjc ^am, œil. 

Azoth. Prétendue matière première; de JjljJI a\-:[âoûq^ 
mercure. 

Ballote. Chêne à glands comestibles ; transcription de 
1»^^ balloûi, même sens. 

Balzan. D'après M. Devic de •l3b balqây fémin. de jll 
ablaqy bigarré de blanc et de noir. 

Bangue. Chanvre de l'Inde ; de ^ bang^ même sens. 
On écrivait autrefois Benge et plus souvent Benghe. 

Benetnach; v de la Grande-Ourse; de J^ cA :> 

banât na^chj les filles du cercueil, nom arabe de cette 
constellation. 

Boudjou. Pièce d'argent en Barbarie, de y^y, boûgoû. 

M. Gasselin traduit boudjou par j>y Jlj rîâl boâgoû. 

m 

Bran. Bœuf sauvage en Provence. Peut-être de ûU 
barrân, signifiant étranger, et aussi, sauvage. 

Calife. De ZlM. khaltfa^ successeur. « EQialifa. Nom 
en Algérie du chef indigène le plus élevé dans la hiérar- 
chie. C'est le même mot que calife. » fLittré). 



202 COLC 

Carabe. Ambre jaune; de l'arabe-persan \^ kahribà^ 
succin. 

Carthame. De J^y qorXom^ même sens. 

Carvi ou Chervis. De l j f^ karawiâ , même plante. 
(Ibn Hauqal, p. 50. ) On écrit aussi chervi sans s\ ce qui 

est bien plus conforme à Tétymologie. ' 

Cheiranthe. Giroflée. D'après Léman : de deux mots 
grecs i^iQ et «'«'^otf , ou bien de ^^oç et de cheiri, nom 
arabe des giroflées. Chéri, Alcheiri et Keiri, noms de di- 
verses variétés de giroflées, viennent aussi de {Sj^ Khev- 
rî, giroflée (V. Ibn-Beith. II. 82 et Mas'oûdî. VIII. 270). 

Chiffe et son dérivé Chiffon ; de Lii, chiffe étoffe légère 
et transparente. Le mot français chiffe a encore mainte- 
nant la signification d' « étoffe légère et de mauvaise qua- 
lité ». (Litt.) La terminaison on dans chiffon est pour le 
diminutif et non la* nunnation, comme on Ta écrit. ( V. 
Génin. Récréât, philolol. 86 ). 

Chiffre. De Jl^ sifr, vide. Zéro est étymologiquement 
le même mot. 

Coran et Alcoran; de 0' j^ qorân^ lecture. Alcoran, 
malgré l'autorité des classiques, tend à disparaître. 

Colcothar. Transcript. de jUaïîï qolqoiâr^ corruption de 



. FIRM 26 j 

Gorge ou Courge. Paquet de toile de coton des Indes 
(Litt.) Probablement de nj>- kkorg, besace, sac de vo- 
yage. Dans ce dernier sens le mot est très employé dans 
le dial. vulgaire. (V. Ousâma ibn-Monqid p. 8, 53, etc.). 

Coufique. Ancienne écriture arabe ; du nom de la ville 
de S/^ koûfa, la rivale grammaticale de Basra. 

Courbaii. Fête musulmane; de 01»^ qourbân^ sacrifice. 

Cuiue. Cornue qui servait à la distillation de Teau-forte. 

Probablement de ÎL^ï qanîna, bouteille, fiole, écrit aussi 

<xjS^ qinnîna. (V. Freyt., Belot et Ousâma p. 100.) 

Damas. Etoffe; du nom de la ville de Syrie, en arabe 
j^ 3 dimachq. « Le J ç final fait comprendre la forme 
des dérivés damasquiné^ damasquette » (Devic) ou plu- 
tôt ces termes ont été formés sur le latin Damascus. 

Doura. De Sj S àourra^ même sens. 

Élémi. Résine du balsamier élémifère. Peut-être de 
^V lâmîj gomme élémi. Mais il n'est pas impossible que 
les Arabes nous aient emprunté ce terme, récent chez eux. 
Etymologie douteuse. (V. Dozy, Gbss. et Devic). 

Filali. Industrie des cuirs dont le siège principal est 

Tafilet dans le Maroc. C'est l'adj. d^U fllàU^ de Tafilet. 

Firman. Du persan ô^^firmân^ ordre royal, ordon- 
nance. Le mot a passé en turc et en arabe. 



204 -IRAD 

Foutah. De l'arabe-persan <Ly foùXfl. 

Grenette. Quadrupède africain, deiaJj»- garnaitj même 
sens. 

Goudron. De ô^J^ qatrân^ (i) même sens. (V. Introd.). 

Goum. Contingent militaire des tribus algériennes, de 
pï qaumy troupe, prononcée gkoâm en Algérie {V. Devîc 
et Gasselin). 

Grourbi. Hutte, ou village de tentes en Algérie; de l'a- 
rabe algérien J^J gourbU 

Grabeler. Eplucher ( Pharmacie). Ce mot semble avoir 
subi l'influence de Jl^ gharbâly crible. 

Haret. Chat sauvage. Devic le rapproche de S^a hirra, 

chat, 

«»• »» 

Harmal. Plante ; de J^ j>. harmal, même sens ; ou du 
latin harmala^ qui est dans Apulée. 

Hégire. De Ij^ hagra, émigration (de Mahomet). 

Hoqueton. Vieux fr. auqueton, aucolon^ etc. de ^Ja!i\ 
al-qoion, le coton ; d'où Coton lui-même. 

Houri. De iSjy>' hoûrf, même sens. 

Iradé. Décret impérial en Turquie. Transcription de 
S^ljl irâda, volonté, prononcé avec l'imalé. 

(1) fiAlgatrane Espèce de poix. Elle se troave dans la baie que for- 
me la Pointe de S^ Hélène, au sud de Tisle de Plata». (Trévoux) C^est la 
transcr. de 'Cf\J^^ al-qatràn, le j q étant souvent prononcé ^ gh. 



MEDJ 265 

é 

M III !■ Il I ■— M^^^p^— i» ^^^mm^^mmmmm^^ 1 ■ ■ 11 ■ 1 ^ 

Jarde ou Jardon. Tumeur qui se développe à la partie 
externe du jarret du cheval; de S jj- g^rad, même sens. 

Jubis. Raisins secs en caisse ; de ^^^) :{abîb , raisin sec. 

• •• 

Jupe. De t^ goubba^ robe. (V. Dozy. Vêtements.) 

Kermès. De y^j, qirmq, même sens* (V. Carmin.) 

Kharbèga « Nom d'un assemblage de trous, que Ton 
creuse symétriquement sur une surface plane, et dans 
lesquels on pose des cailloux ou des noyaux de datte, en 
guise de pions : ÏS»^ kharbèga^ » (Çherbonneau. Diction- 
naire franç.-ar. pour la conversation en Algérie). 

Laque^ Gomme laque; de Tar.-pers. dU lakk^ ou iN 
lâk. 

Marcassite. De l^utjy marqachîthâj même sens. 

Matassins. De ù^^ moutawaggihîn, plur. de A>yU 

moutawaggikj masqué. (V. Dozy. Gloss.) 

Matraca. Roue garnie de marteaux de bois ; de S^ 
miiraqa, marteau; vulgairement mairaqa; d'où Matraque, 
bâton, trique en Algérie. 

Matras. Vase employé en chimie; de Sjk» matara^ 

outre de cuir. 

Medjidieh. Décoration instituée par le sultan Abd-ul- 

Magîd, en arabe -usil ju. ^abdoul-magîdj le serviteur du 



266 ORCA 

Glorieux (c-à-d. de Dîeu). Medjidieh est un adi. fém. i jl^ 

' «• ••• 

formé sur magîdy glorieux. 

Mérinos. Probablement de la tribu des Béni-Mérîn, 
établie aux environs de Tlemcen. (V. Litt. Suppl.) 

Metel, Methel ou Pomme xnételle ; de JîU mâthil, 
même sens* 

Moire. De j^ mokhaîyar. Ménage écrit mouaire» 

Moise. Terme de charpente ; de (Sj^y mowâ;{î, parallèle. 

Moringe. Le même arbre que le berij de A» mirnagj 

ou de /j» mirnah ou morannah. 

* }. 
Mortaise. Peut-être de j^ morta\:{ , planté , fixé 

(Devic). 

Moustapha ou Mustapha. Gros homme barbu ; venu 
sans doute d'un ^^ka« MosUifâ quelconque. (V. Litt. ) 
Mustapha est aussi une variété d'œillet. 

Orcanète. Plante originaire de l'Orient avec laquelle 
on colore Talcool employé pour les thermomètres. On 
l'appelle encore alcana ^ alkanna, alkanetj et alhenna. 
Bocthor traduit orcanète par S^ill U- \iinna al-ghoâla, ou 

Jjill L>. litt : hinna de la goule^ qui est aussi une plante 
tinctoriale. Pour les transformations qu'a subies al-hinna 
avant de devenir Orcanète V. Devic. 



TART 267 

Baquette. Ce mot désignait primitivement la paume 
de la main; de ï>b rdha, même sens (V. Devic). 

Bècamer, Broder en relief; Jb raqarriy même sens. 

Romaine. Instrument de pesage; de iiuj rommâna^ 
même sens. 

Smala ouZmala;de <U3 :{amla, famille d'un chef 
et son mobilier. 

Solive. Devic rattache ce terme de charpenterie à 
wi- salaby arbre d'une longueur notable.* Peut-être ce 
mot est-il d'origine celtique. 

Sophi « de iSy^ sefwî , adject. dérîv^ du nom du 
cheikh Séfi, sixième ancêtre du chah Ismaïl, fondateur 
de la dynastie des Séfis » (Defrémery. ) On a dit sophi 
sans doute par confusion avec souju (Voir ce mot ). 

Tamarin. De ^S-^^ J^ tamar hindîy datte indienne. 

Tare. De l>''Js> turha^ de la racine rj^ tarahy jeter. 

Tartane. Petit navire de la Mediterrannée. Esp : tarida. 
Plur. Val: terides. On veut généralement que tartane 
dérive de l'arabe. Est-ce de SjljI» \artday vaisseau de 
transport (i), d'où les croisés avaient fait taride} Mais 
alors d'où vient la finale ane^ L'arabe possède encore la 
forme ^IjU tarâd, 

(1) Sultans Mamelouks. T. I. l'*pai*t. p. 144. 



268 ZAGÀ 

Thuban. Etoile de 3 ^^ grandeur dans le Dragon ; de 
(jtii tkou'bâriy' dragon. 

Trique. Ne trouvant rien de mieux je propose de rat- 
tacher ce mot à JJa taraq^ frapper. 

Vacouf et Wacouf . « Nom dans T Algérie ( et dans les 

pays musulmans ) des biens appartenant aux mosquées. 

On écrit plus souvent vacouf » (Litt.) conformément à la 

prononciation turque de sjyj woqoûfj pluriel de ,JSj 

waqf legs pieux ; ou simplement de ce dernier mot, qui 
dans la bouche des Turcs devient vaqoûf; JSj a passé 

également en Persan. 
Valise. Peut-être de iéj ^d^cL^ saccus frumentarius, 

cophinus magnus. (V. De vie). . 

Zagaie. Arme dont se servent les Maures, qui est une 
espèce de javelot. Les Turcs ont aussi des Zagaies. 
(Trévoux.) Le mot est emploie dans toute l'Afrique et 
même en Australie. De îUj :{agâïay mot d'origine ber- 
bère, et que les Arabes emploient dans le sens de baïon- 
nette (Bocthor.) Ar:^gaie est le même mot avec l'article. 
C'est « une lance anciennement employée par la cavale- 
rie ; elle était courte et ferrée par les deux bouts. » 
(Littré. Supplém.) . 



ZOUI 269 

2lk>uav6. Nom pris d'une confëdération de tribus 
kabyles. 

Zouidja. Terme d'administration en Algérie; éten- 
due de terre que deux bœufs peuvent labourer dans la 
saison (Cherbonneau). Transcription de i^jj ^ouîga^ qui 

■ 

se rattache à jo j former une paire (Devic). 




ADDITIONS ET CORRECTIONS 



Page 5. note. Aboukom est aussi le nom d'un quadru^ 
pède du Soudan, qui porte au front une protubérance 
osseuse, mince et droite; de ^j} y} aboâ qonrty littér. le 
père de la corne. Liiiré. Supplément, s. v. 

Adive. C'est un animal qui ressemble beaucoup au 
chacal. Esp. et Maj: adiva. Plg: adibe. Maj: adiré. 
«Les Arabes et les Barbaresques, dit Sonnini (i), l'ap- 
pellent thaleb (2) et les paysans Egyptiens abou-hussein^ 
c'est-à-dire père de hussein. (})... On trouve les adives 



(1) Hist. Nat, T. I. p. 108. 

(2) ^j^ thaHab, renard. Dozy blâme les voyageurs, qui ont cru recon- 
naître le renard dans Tadive. Comme le fait remarquer M. de Eguîlaz 
adiva (ou z^i)l) parait avoir désigné aussi le renard. H cite à l'appui Tex- 
pression uva de raposa qui dans P. de Alcala correspond à ainab a dit. 
Et chez les médecins arabes ^ji\ «^ , morelle noire, est synonyme de 
«juâ) w2% .Rien détonnant en cela. Car dans les descriptions que les natu- 
ralistes nous ont laissées de Tadive on voit que ce quadrupède tient beau- 
coup du renard. 

(3) Lisez ùj^ji) aboû housatn, surnom du renard en Arabe. Ce qui prou- 
ve que Tadive était considéré comme un renard en Egypte. Sonnini semble 
avoir compris c^ housaîn avec un ^ et en faire un nom propre. La dis- 



ADIV 271 

dans presque tous les pays que fréquentent les chacals^ 
c'est-à-dire en Afrique et dans quelques parties de l'Asie.» 

Adive vient évidemment de w»ji)l ad-dîb, prononcé vul- 
gairement addîb. Ce mot signifie proprement loup. Mais 
il est incontestable qu'en Algérie et dans le Maghreb il 
a désigné aussi le chacal (V. Dozy Ghss. 45 . ) Il semble 
qu'il en ait été de même en Orient. Dans le désert Ara- 
bique, raconte le R. P. Philippe de la S, Trinité « il y a 
un animal qu'ils nomment Dib^ assez semblable au loup , 
mais d'une autre espèce, comme il est aisé de juger par 
ses hurlements.» p. 77. Dans cette description il est facile 
de reconnaître le chacal, dont le hurlement est tout-à-fait 
caractéristique. On trouve encore chez les naturalistes 
adiré, au lieu de adive, et même adil. Belon définit Vadîl: 
une « bête entre loup et chien, que les Grecs nom ment 
vulgairement squilachi, et croyons être le chryseos ou 
lupus aureus des anciens Grecs. » BufTon rapporte que 
beaucoup de dames à la cour de Charles IX avaient de s 



tinction entre le ^ et le ^ échappe facilement à une oreille européenne ; 
quoique ces deux lettres différent autant que le b et le p. H faut en dire au- 
tant du ^ Qi àxk ja quoique Dozy {Gloss, p. 208). ait écrit que ces deux 
lettres se prononcent presque de la même manière. Quelques années 
de séjour en Orient aiu^aient encore modifié cette opinion du savant 
professeur. 



272 ALCH 

adives au lieu de petits chiens. Cette fantaisie ne dura 

qu'un temps. 

Albacore. Wicquefbrt écrit albicore. «Les albicores 
que Ton tuait étoient la plupart aussi grands que des 
Thons.» Quelques anciennes relations portent albch 
cores ( forme portug. ) et. appellent albocorets les jeunes 
aWacores. 

Albogues. Esp : albogue ( espèce de trompette ). « Ce 
sont deux instruments de cuivre, en manière de chan- 
deliers, qu'on frappe Tun contre l'autre] pour en tirer un 
son, qui s'accommode bien avec la cornemuse et le petit 
tambour (i). Ce nom-là est morisque. » C'est l'arabe J^l 
al-boâq, la trompette. 

Alchimélech. H^ : alchimelech. «C'est, dit Bosc, le 
nom arabe d'une espèce de mélilot, qui croît en Egypte». 
Effectivement alchimelech semble une corruption de 
dUll JiT'l iklîl al-malek, qui désigne le mélilot en arabe. 

dUll JJTÎ à son tour est une altération du grec iMliXmov 

Ibn el-Beithâr Taffirme expressément : « JJS^I yb ^^^[» 

dW.t » (2). Mais, les Arabes, à qui ook^y^ ^^ fisUhA^rov 
ne disaient rien l'ont transformé par un procédé éminem- 

(1) Dict, Trévoux 5. v, 

(2) Trad. de Leclerc n*» 128. et Edition de Boulac. I. p. 50. 



ADDITIONS 275 



ment propulaire dans le nom poétique de dWl JJ^I 
c'est-à-dire, la couronne royale. Voici les propriétés 

que lui attribue Ibn Gazla : < UJI ^ b/^' cçb JÎ^J ^j^ Jxl 

^ J^l ^iJoj »ll>Vlj J^Ull ç^ ( man. déjà cit. ). 

Alcôve. Dans le passage arabe cité, traduisez : «sous 
un pavillon». Pour le sens de pavillon, dais, baldaquin 
Cfr. Ibn Batoûta III. 263, 287 et pass.; palanquin, litière 
couverte: Mas'oûdî VII. 108. Quant au sens d'alcôve, 
on le trouve dans Ibn Khallikân : a Z ^ <^j ïi il cJ^ 

l^iVI •ti^b .-ImôIIc^ ^j-KV ; il avait une alcôve d'hiver 
etc.». Historiens Orient, des Croisades AU. jq(). — Du 
Loir [Voyage du Levant p. 70) parle des alcôves con- 
tenant le lit chez les Turcs. 

Aliboron. Ce terme étant invariablement accompagné 
de maître, je ne puis que souscrire à l'étymologie de 

Devic, qui dérive aliboron de Jj^l al-bîroûnî (1), sur- 

■" « * 

nom du fameux Jj jdl Jl^l ù: ^^^ CM:^ y} • Ce savant, 

contemporain et rival d'Avicenne, a joui d'une réputation 
immense, non seulement chez les Arabes, mais encore 
chez nos ancêtres, qui en faisaient un grand magicien, 
possédant à un haut degré le don de prédire les choses 



(1) 0[ji al-baîroûnt, 

18 



274 



ALMÉ 



futures (i). «Le nombre de ses ouvrages, dit Al-Baïhaqî, 
dépasse la charge d'un chameau ; « ju» J^ Je iiJUb Zj^Vj » 
On peut en voir l'interminable liste (2) dans l'introduc- 
tion de la Chronologie Orientale ( ïiUl ;CVl . édit. Sachau). 
On se demande comment un homme a pu suffire à cette 
tâche. Ainsi «sa main ne quittait pas la plume ; JjU/ ^l5o V 

J2\ oJl»» (Ach-Chahrazoûrî). Elle aborde tous les sujets : 
théologie, mathématiques, jurisprudence, astronomie^ 
astrologie judiciaire, science des talismans, etc. Et 
dans les travaux vraiment scientifiques Aboû-Raihân mon- 
tre souvent une élévation, une supériorité, qui dénotent 
une intelligence d'élite. (3) Quoi d'étonnant que son 
nom soit devenu synonyme de maître, «de personnage 
éminent.?» (Littré) . (4) 

Aimée. «Les aimées forment en Egypte une caste à 
part. Elles sont beaucoup plus cultivées que les autres 



(1) Dictionn. infernal, art. Abou-Ryhan, 

(2) L^article que M^ Leclei*c consacre à Al-Bîroûni, dans -son Histoire 
de la médecine arabe, ne fait pas suffîsamment, croyons-nous, ressortir 
cette prodigieuse activité. 

(3) Voj. par ex. son livre sur VInde que nous avons cité fréquemment. 

(4) Scheler (art. aliboron) parle « d^un subst. arabe alborân^ âne ( plutôt 
bête de somme).» Ce mot arabe n'existe pas. G^est ùj^^I, al-hirdaun que 
le savant lexicographe a voulu dire. A Part, almanach il est question de 
«Parabe manaj^ feuilles, d^un verbe manaj.» Tout cela nous est inconnu. 



ADDITIONS 275 



femmes de l'Orient, savent livre et écrire et un grand 
nombre sont poètes » . Du Belloc, Revue du Monde Ca- 
tholique, p. 490, Sept. 1889. 

Alula.. «Les étoiles des pattes se nomment, A etft Ta- 
nia, y et S Ahcla, c Talita. » (Arago. Astron. pop. I. 338), 
Tania et Talita sont des prononciations vulgaires de 
<jt thâniay deuxième, et de ïîlt thâlitha, troisième (i), 

M 

en sous-entendant o)S saut. (Abdurrahmân. 5 3 .) Alcor^ qui 
se trouve dans la queue de la Grande Ourse «ne vient-il 
pas de ojl^ ou même de ûb>>- ? » (2). Cela paraît vrai- 
semblable. Phegda et Mégre:{ (3), 7 et ^ de la même 
constellation représentent respectivement J^ fakhà^ 

fikhà, cuisse; (V. 'Abdurrahmân. 53 ) et 3^ magkre:^^ ou 

^■^ , 
^ ô!) 3ji^ racine delà queue {Ibid.). 

Amarre. L'origine germanique paraît pourtant aussi 

probable ; le contraire de amarrer est démarrer. 

Nous disons en note que ^^ ou ^ÙJ^ a proprement 



(1) La 4°^* patte n^a pas de nom spécial, les deux pieds antérieui*s, 
collés ensemble, sont désignés sous^le nom collectif de talita ou ^iUU)! Sjjudi 
( Y.Chams ed-din de Damas, fig. 2 ). 

(2) Note de M. Schjellerup. p. 50. Âlcor est appelé par les Arabes 
JjUd saidaq, le fidèle (^AbdmTahmân. 50), et non l'épreuve comme 
traduit A. de. Humboldt. j 

(3) Voy. Arago. Mtron. Populaire loc cit. 



276 AUBE 

_ ç . 

« • 

le sens d'amarre. Cela est exact; mais il signifie primi- 
tivement corde (Ag^ânî. XXI. p. 193. 1. i) Il apparaît 
dans un vers de Motalammis. {Ibid. 192. 1. 23). 

Amogabare. Ancienne milice espagnole ; Esp. : almo- 
gavar, almugabar. Cat. : almogaver, almugaver. (V. 
Eguil.) Trévoux se trompe quand il dérive « Amog^a^ar^ 
de mugabar qui vient de gabar^ (lisez jU- ) géant, fier»; 

c^est ^jUH al-moghâwer qu'il fallait dire, soldat qui court 
la campagne pour faire une razzia^ une algarade dans le 
sens étymologique de ce dernier mot. 

Assaki. Sultane favorite. Littré (i) dans son Sa/?/)/, 
donne la véritable étymologie; ^iClUU khâssekîy formé 

de l'arabe Ï^U khâssa, et de S^kîj terminaison turque. 
Sous les Sultans Mamelouks les Khassékis étaient les 
intimes du sultan. A la cour ottomane ^h-^^ s'emploie 
encore pour désigner les personnes attachées au service 
intérieur du palais, et surtout la sultane préférée, qui 
pour cela s'appelle ôliaL- jC^U khâssekî soltân. 

Aubergine. Es/?. P/g-. Va/.: berengena. Ptgr. bringela.Ca/.: 
alberginiera. Esp. : alberengena. CaLMaj*: alberginia.D' Ar- 



(1) Résumant Quatremère : Suit. Mamel. I. vol. 2°^® p. 159. 



ADDITIONS 277 



vieux a merînjane; à^ CM:!\ibâdin^ân ou bâdingân (i). 

Le vulgaire dit ûlf^» betingân et ûl^-M bîdangân. L'arabe 

africain a Jl^^l» bâdingâl. Le Mahâ^m ack-Ckâm (2) met 

♦ 
le ôl^^^. au nombre des plantes propres à Damas. Parmi 

les vers qu'il cite on remarque les formes pju> et 4^-ui 

et même l'épithète n-x;^» appliquée à un repas où abonde 
l'aubergine. Dans Mas'oûdî il est également question 
«d'aubergines àlaBourân (3), bonnes à ravir; Ô^Stj 

^^ siXJu ^)* ij\jj> (VIII. 395). Pour les autres formes 
françaises et orientales du mot nous renvoyons au savant 
article de M. Devic. 

Page }2, ligne 17, lisez :aij cô 

Azédarac. Conformément à l'étymologie persane 
nous écrivons c-^j^^ljl , mot que les auteurs d'accord 
avec nos manuscrits orthographient habituellement avec 
un seul ^ . (Les deux Minkâg, Splendeurs de Damas, etc). 



(1) Cette forme est celle du Mu^arrab, d'Ousâma ibn Monqid, dlbn 
'Gazla, de Soyoûtî ( jlW» c(\ ob>i/i^r«:s»^.ïnanuscrit.), etc. Devic ne la men- 
tionne pas. ù^J^U. &^3C un dâl est adopté par la plupart des autres manu- 
scrits de notre bibiothèque : Minhàg ad-dokkdn, le Kitâb al-MoÛ'giz de 
*Alâ ad-dîn, etc. 

(2) Man. déjà cit. L'autem» énumère deux espèces d'aubergine : ^y^>i\ 

(3) Allusion, croyons-nous, à la célèbre épouse de Mâmoûn. 



278 BAZI 

Notre traduction «pour allonger leurs cheveux» est peu 
claire. Mettez : «pour faire grandir.» Cette propriété est 
.également attestée par Ibn ôazla : ^^i>.ISl j«i!l J^y^j» 

«.jj-yl 4) -, et par Ibn Mâgid. (manusc. cités). 

Azirna^h : de Jt^l (i) avec kasra^ accentué de la sor- 
te jusqu'à trois fois dans Ibn Mâgid (^Uaill S3j>-jVl manusc.) 
N'ayant chez aucun auteur arabe trouvé une description 
précise de cette maladie, je croisa propos de transcrire 
les premiers vers que lui consacre notre manuscrit. 

Pag. 39. Ug. i®^® et 2"^®. Trop général; à comparer avec 
ce que nous -disons dans l'Introduction à la lettre *1> 

Balle. Paquet de marchandise. N'admettant pas que 
ce vocable ait la même origine que balle à jouer, je pro- 
pose de le dériver de l' arabe-persan 31 M/a, sac (2). 

Bazin. Etoffe. J'y verrais volontiers l'arabe j; ^ajfjf, 



( ^ ) 3lr^ paraît une simple faute d'impression chez Devic. 
(2) î)i{ ballot, en volgalre, est un emprunt fait à PEurope. 



ADDITIONS 279 



pannus lîneus,bombacinus, sericus(i). J'assignerais lamé- 
me origine à bombasin et bomba^ine. Plus tard ces deux 

termes auront été réformés sur le lat. bombix et le 
bas grec ^afiSaMOP^ qu'on croyait y reconnaître. 

Betelgeuse. «De ibt al-djau^â^ épaule (2) d'Orion. 
La forme Beldelgeuse semble confirmer cette étymologie, 
la lettre / pouvant provenir de la prononciation empha- 
tique du /.» (Luc. Gautier). Cette explication sera con- 
vaincante le jour où Ton signalera chez les astronomes 
arabes •'3>f-l ^} ib\ al-gau:{â pour Betelgeuse. Malgré nos 

recherches, nous n'avons trouvé que **3>p-^ et ^\jjX^jS3^j 
épaule d'Orion. De ^S^ à J»! il n'y a pas loin, et peut- 
être ne faut-il pas désespérer de rencontrer la»} 

P. 52. /. iç. lisez : la présence de b. A la ligne 17 
c'est encore b qu'il faut lire. 

Bourrache. On prétend que ce nom de plante dérive 
de l'arabe. Est-ce de J^J^jt boû kharîch, nom de la 
bourrache dans Ibn el-Beithâr? (Voy. trad. D'^ Leclerc 

r 

n^ 2024). 



(1) Il y a encore cty^, , étoffe de soie. ( Mu^arrab. 79. et Aram, Fremd" 
worter p. 42). 

(2) Littéralem. aisselle. Au lieu de i^i Scaliger écrit ^0. hât; que 
M. Schjellerup fait suivi'e d^un point d'interrogation, ^b est la forme vul- 
gaii»e de ^| . (V. BeloL Dict. fr.-ar. et Landberg. Prov. 266 ) . 



28o CAMO 

P.67. 1. 8. Au Heu deôlla^ lisez ôlia^, ainsi que Tindique 
la transcription européenne. 

P. 67. lig. 10. Mettez un trénia sur Vi : caïmacan. 
Calioun ou Ckdioun. Pipe orientale ; du persan ûjJi 

qalioûn ou ô\S qaliân, dont en Syrie on a fait oy^ gka- 
lioûn (i), pipe dans le genre du chîbouque. (V. Mohît, 
Bocthor, Heury). Dans les relations de voyage on trouve 
encore les formes calian, kalian et kaléan. 

Camocan. Esp. : camocan, camucan, çamoçan, can- 
nucan. V/^w^r/r, : kamoukas, camocas. Probablement de 
Mùkamkhâ ou kimkhâ (2), mot qui est dans Ibn Batoûta 
(IV. 269 et pass.) dans les Mille et une Nuits IV. p. 358. 
éd. Habicht, dans Bostani, etc. avec le sens de brocart 
(V. Dozy. Gloss.yCanque espèce de toile de coton qui se 
fabrique à la Chine «paraît être le même mot.» (De vie). 
J'assignerais la même origine à Cancanias «atlas (j)ou 
satin que Ton tire des Indes Orientales. M. de Jong dans 
un manuscrit de Tha'âlibî (Latâïf al-ma'ârif) a trouvé 



(1) Pluriel : cq^. Dans un dialogue (arabe vulgaire) on lit t ^^.^ U ^1 » 
« c*xr^. jÊkj ^yM^JCi Jj-W^l JA) I4J {^«A^ U Jyf\ IfJ (Almanach du Bachir. 
18807p.92)/ 

(2) Qui paraît être la meilleure leçon. 

(3) Transcription de Parabe ^^JWt «pannus glaber sericus, nostrum 
Atlas » ( Freyt ). V. allas dans Trévoux. 



J 



ADDITIONS 281 



jUi[S^ Dozy se demande s'il ne faudrait pas lire i}o^^ 
( Gloss. Es/?. 246). Camocan et Cancanias rendent cette 
conjecture bien probable. 

P. 74. lig. 4; lisez : Trad. de Slane. 

P. 92 : l C^avec ^amma est dans Ibn Mâgid. 

Dague. Malgré le Portug. adaga nous pensons que ce 
mot ne se peut rattacher à aucune racine arabe. L'é- 
tymologie germanique est très satisfaisante. 

Dubhé. Corrigez ainsi : de i^ doubba, ourse. Elle est 
au centre de la Grande Ourse. 

P. 1 08. 1. 4, Escoffraie doit probablement naissance 
à schapraey (V. Scheler) mot très usité en Flandre avec 
le sens d'armoire, garde-manger ; le sens primitif d'es- 
cofFraie étant établi d^ ouvrier^ ou «grosse table qui sert 
à plusieurs artisans à préparer leur besogne.» (Trév.). 

P. 108. note : targon est cité par Devic. 

Fanègue. Esp. Cat. Ptg : fanega. Y al : fanega. Esp : 
hanega. La fanègue est une mesure d'Espagne pour les 
substances sèches (i), équivalant à 60 litres. (Littré). Ce 
mot ne date en France que du milieu du siècle dernier. 
On écrivit d'abord fanega^ qu'on faisait masculin. La 
première fois que ce terme parut avec une terminaison 



N 



(1) Pour les liquides, dit M, Devic; détail à corriger. 



282 GARA 

française et le genre féminin, ce fut dans la Relation du 
voyage de la mer du Sud par Frezier^ Fa/z^g^a et Fanègue 
viennent de 3Li fanîqa «mensura aridorum in Hispanîa 
dimidium kafizi continens » (de Goeje) ; ou comme dit 
Moqaddasî : ïLij %j ^p olî ^J\j %j ô}^ ^jGVI j^ » 

c( • Jû3l ^Jiji . Dozy ( p. 240. 1. 5 ) traduit ZJs par boisseau. 
(Supplément aux did. an). 

P. 1 1 6. 1. 7 : dl!i foulq est encore dans le titre de l'ou- 
vrage bien connu de Soyoûtî : 0^^* vîJUilb ûy-jA*3î^ ; le 
Trésor caché et la Felouque chargée, où dl6 ne figure 
pas pour la rime. 

P. 122. 1. 9 : et ô^ji- khaulagân. Ibn Mâgid. man. 

Garance. Au 13*^® siècle warance, plus tard wàrenche, 
garance.-V oici la filière imaginée pour Tétymologie de 
ce vocable : parant ia (Ducange) pour verantia, qui lui- 
même est pour verans color, sive verus^ hoc est vere 
ruber. C'est là un tour de force, dirons-nous avec Sche- 
1er. L'arabe nous fournit heureusement une explication 
plus naturelle : jj-jj ivars est une plante rouge (Avicenne : 
Qânoûn et Ibn ôazla : MmA(îg) servant à la teinture, ou 
comme parle Ibn Hauqal : (p. j i , 1. 15). ^ (^ /^\ oU» 

« 4) i^ O'ji^j!' . De là ^'jL? yj? habit rouge, littér. teint 

avec le wars. La plus belle espèce de garance venait 



ADDITIONS 283 



d'Orient, «d'où elle paraît originaire». (Privat-Descha- 
nel.) D'après les Arabes le ^j-jj ne se rencontre qu'au 
Yémen (i). En français la garance porte déjà le nom ara- 
be àioli^an (V. ce mot) ^j-jj est prononcé waras;lei lettre 
n est adventice (Cfr. Introd. Observ. génér.). 

Gemmadi. Sur cette transcr. incorrecte écoutons Ibn 
Kamâl-Bâchâ : i^\ l^>k^ ^\yi\j 3^U JUIj (ijL^cS^lr^ 

^ %, ' 

« Ijo JiJcJtHj ♦ ( -uju . p. II). Toutes ces fautes se ren- 

contrent en effet chez les Turcs qui disent J/Vl fS*^\^- 

Dans nos manuscrits le mot est souvent écrit (^^U- ; et 

dans les inscriptions de Cordoue on trouve (iSU*, j^\ (i^l^ 

et JjVI (i^U- (2). 

Hanéfite. Les autres sectes orthodoxes sont les Cha- 
féites'( disciples de l'imâm ^UUI), les Hanbalites (disci- 



(1) Cfr. AsmaH: «^^v» ^j w-aJIj ùUîIj u-jjλ ^ ù^^ VI ù^V :e:iW. 
V. aussi Ibn el-Beith&i* : « le luars d^Inde est rouge, d'un rouge éclatant. » 
N^ 2283, et le Minhâg adrdokkân : J^taJI jjt Ji^ «jji . .^1 ^^, c/" h iji 

(2) Inscripciones arabes de Cordoba^ par R. de los Rios. pass» J'y rencontre 
aussi les expressions : ^^^K^v^JH^^^à; ce qui confirme notre observation 
précédente. ( Introd. XVII. n. 2.) Dans le trjïljï j^^SZ>\ ^ J>j^\}i\ u^lsf (man. 
Univ. S. Joseph ) on trouve également ^^i , Le héros de cette histoire 
est un certain Jj^\^^tiKir de Saladin, sur le compte duquel on met les plus 
drôles aventui'es. N'est-ce pas l'oidgîne du karagouz ou caragueuz 
des Tui'cs (V. Littré. Supplém, et Devic). 



284 MAND 

pies de (ÎUHI Jj» C/. -J^O ^^ ^^^ Malèkites (disciples de 

P. 1 3 9. 1. 9 ; lisez : khin:{ir. 1. 2 1 lisez : giullebbe. 

P. 142. 1. 14. Un autre mot, étymologiquement sem- 
blable à magazin, est Ifagzem «qu'on écrit habituelle- 
ment mag:{en ou magh:{en.» (Littré. SuppL) Mais pour- 
quoi ajouter que l'orthographe exacte est matcken ^ Le / 
surtout est de trop. 

P. 145» 1. 8. — lisez : Sérasquier ou Séraskier. 

P. 1 5 1. 1. 4. lisez :{araba; à la 9°^® 1. ajoutez : la p. 546 
de L. de Eguilaz. 

P. 152. note I. lisez : J»^ gamal. 

Mandille. Esp. Ptg* Val Prov. et vieux fr : mandil ; de 
Jj jlI* mandil ou mindîl ( i ), sorte de long voile en coton à 

l'usage des femmes (2). Comp. JoJ ^^xs,J]^*' (Aghânt. 
IV. 171. Boulac). 



(1) La premiôre accentuation est la plus ancienne et la plos conforme 
a Toriginal mardile ou au byzantin ^ai^di/ltof^. Mindil doit naissance 
à la forme J^^JU à laquelle Font ramené les Ai*abes. Môme remarque pour 

f^^j» tirrikk, petits poissons, de tOQtfOL ; j^ denaf^di/la, Jy^ blâmé par 
Ibn Kamâl Bâcha est étymologiquement la meilleure forme. 

(2) y. Syn. Arab. n. 807. Scheler ne connaît à Tarabe que le sens de 
«linge à essuyer.» C'est là une traduction insuffisante. L'œuvre du savant 
professeur de Bruxelles gagnerait, si on en revoyait les étymologies ara- 



ADDITIONS 285 



P. 1 56, 1. 2. lisez : V. le mot précédent. 

Maraud. Le sens primitif de maraud étant gueux, misé-- 
raNe, nous croyons qu'il est chimérique de le rattacher 
à ^jU mârîdj qui signifie rebelle, et aussi, sorte de Djinn. 

La forme ^jy maroûd, si elle était employée, aurait le 

sens de 3jU mârid. 

P. 1 58. note I. Le Mu'arrab (p. 7) met le mîm au nom- 
bre « des labiales qui sont : iJ . v-j • ^ ». 

P. 159. lig. ij™® lisez : une /or/^ altération. 

Molequin; du L. molochinus. Le reste est à effacer. 

Moucharaby. Balcon grillé des maisons turques. 
Nous croyons avec M. Lucien Gautier (Revue critique. 
art. cit.) que l'on pourrait admettre ce vocable dans nos 
dictionnaires. Il vient de ij^^ machrabîa (Mohît), ainsi 

appelé, paratt-il, parce qu'on y laisse ' rafraîchir le i^^ 

ou gargoulette. Ne pourrait-on pas aussi le rattacher à 

tf , - 

o»^^ mocharrab (Golius), mêlé, enchevêtré, et à iSjt 

charrâba, flocon du tarbouch? Rien n'est en effet plus 

capricieusement enchevêtré que les carreaux en bois 

sculpté de certains moucharabys. 

*- ■ . - ■ i . - .. - 

bes, surtout les transcriptions. Ainsi il n'est plus peimis de répéter avec 
Ménage que lArsIr (élixir) a est issu du verbe kasara » ; dans nahan (art. ca- 
ban) capote avec des manches et un capuchon» n est de trop. Qu'est-ce 
que l'arabe. « hard^ impedimentum » ? ( V. fardé) Marabout vient de morabît 
et non de marahatk^ qui ne correspond à aucun terme arabe. 



286 REAL 

— ■ !■ ■ I ] J_J__^ _^^_^__l_„ ■ ■ t - !■■ J. -1_J 1 ■■ ■ _ _ ■ 

Noria* La noria reçoit en Egypte le nom de iïL sâqia^ 

de ^y- arroser^ et qui signifie proprement ruisseau, canal, 

rigole ; ÏJL avec le sens de noria est dans Moqaddasî, 
Ibn Hauqal etc. Littré (Supplément) a noté ((Sakieh, s. m» 
pompe à chapelet en Egypte». 

P. 184. 1. I à^o\Mi^y^jJJ\^j^^^^^ : ^ 
• •îi-I^Ull^l ancien manuscrit de médecine de notre bi- 
bliothèque sans indication de titre ni d'auteur. Ibn Mâgid 
emploie ^ dans le sens de moelle, qui est aussi celui 
du vulgaire. 

P. 195.1. 16. A I»W5 qîrâi Littré rattache «Quirat 
s. m. Terme de droit maritime. Part de propriété d'un 
navire indivis.» (Supplém.) 

P. 200. 1, 10. Lisez Hîqâr ou Haîqâr C jCL>. ); de mê- 
me p. XII, note. Sur jtL>. Cfr. Mu'^arrab. p. 54. 

Réalgar : jlill JA ls^^<^^J ^J^<^* -^l*" ^^ • -)^l V- 
C^X\ ^ mliloj {Minhâg ad-dokkân. man. cit.) 

P. 203. 1. 10. L'orthographe usitée est nacaire. 

P. 2 1 1 . 1. 20 (note). Dans les déserts de Syrie, Ton- 
ce est encore employée pour la chasse. V. Lettres de 
Mold III. p. 441 ; on y trouvera la description d'une 
de ces chasses. L'auteur y confond la panthère avec 



ADDITIONS 287 



l'once. Cette confusion se retrouve d'ailleurs dans la 
plupart de nos dictionnaires d'histoire naturelle. 

Sajaiorin ou Zamorin. Nom du souverain de Calicut, 
qu'on retrouve souvent dans les relations des voyageurs; 
de l$j#L sâmarî, pensons-nous. V. Ibn Bat, IV. 89. 94. 

P: 217.1. I . Lisez : lui ^j — 1. 8. Lisez : ôt-*-*- Il est 
rafraîchissant, d'après Soyoûtî : JlLJI ^^f^ [man. cit.). 

P. 218. 1. 5. La transcription saïd (Brachet) peut 
correspondre encore à SL^ saïyed^ seigneur. Comp. 
Tesp. io^aida, senora.» (Eguilaz.) identification repoussée 
par Dozy. 

Tarazacon. oy^J^ que je ne connaissais que par 
Devic m'est fourni par notre beau manuscrit du Minhâg 
ad-dokkân à côté de ûjAli-jî^» 

Taude. Banne de toile ; du vieux flam. feW^. L'arabe a 
ïïUi ?o//a, operimentum, umbraculum. Mais il faudrait 
admettre l'insertion d'un d, et la transcription de Ji z par 
t. Ce serait l'unique exemple de cette transcription en 
français et en espagnol. 

P. 260. 1. 16. Le Mu'arrab (p. 76). écrit Jjjlj 

P. 262. Colcothar. jlLïlï est dans Ibn Mâgid(4Uaill o3>>jyi. 
manusc. ) il est dans le Minhâg d'Ibn ôazla avec c^ 



288 ADDITIONS 



et ^S2S • Qazwîni a -uïlï ; ces deux formes sont aussi 

en marge du Minhâg. Ibn Mâgid a même jlLîU. qui est 
encore plus grec. Colcothar n'a donc pu être forgé 
par Paracelse. 

P. 263. Ëlémi. (/V n'était connu que par Antâkî, 
( Dozy. SuppL ) et par Qalioûbî, ( i ) Voici un passage du 
Minhâg ad-dokkân : ^j\ cà^à^^^^jê' ^ ^^ ^ ^^ ^ 
c( ^1^1, IpI ^Ij C^U^I j^ JuAl {2); et un autre de TA- 
brégéd'Ibn el-Bailâr (3) par Soyoûtî: : iu ^x jï I^iUl» 

P. 266. Métel. JÇj.Câ)! (tU 3^j jï^ 3^ y»J • Jl^ 3 j>- ^' 
« ô^^j^l ^ fjî il JÏ?" 0:1 . ( Minhâg ad'-dokkân ; man. cit.) 

Moringe. Le Minhâg (Ibn ôazla) porte ^ (sans 
accents) : îîlbll (i ^l jUybj (^x^ 3^. Dans ce passage 
les points diacritiques font presque complètement 
défaut. 



(1) Voy. aussi Dozy. Gloss. Espagnol. 

(2) La copie de notre manuscrît a été terminée en 1089 de l'hégire, 
(1629 de J. C.) L'ouvrage est daté de 658 ( V. Hâg' Khalîfii). 1259 
de J. C. 

(3) Une note finale avertit que ce manuscrit a été achevé le 2 de 
Rabi'al-Akher 1014 de l'hégire (1605 de J. C.) 



INDEX DES MOTS FRANÇAIS « 



A 




Albor 


XXX 






Albogues * 


272 


Abattre 


1 


Albora 


5 


Abdallas * 


259 


Albornos * ; Albornoz 


58 


Abencerrage 


32 


Albotin 


6 


Abit 


XXII 


Album -Rhazis 


*52 


Abouburs * 


5 


Alburnos * 


*58 


Abou-Hannes * 


*5 


Alcade 


7 


Abonka,rne 


*5 


Alcali 


7 


Aboukel 


2 


Alcana 


266 


Aboukorn 


270 


Alcaron * 


7 


Abouquel 


1 


Alcarraza 


7 


Abricot 


2 


Alcarrazas 


7 


Abuburs * 


5 


Alchandes * 


8 


Abutilon 


' 3 


Alcheiri 


262 


Achernar ^ 


3 


Alchimélech * 


272 


Achour 


4 


Alchimie 


259^ 


Adagio 


4 


Alcool 


XIV 


Adargue * 


237 


Alcoran 


262 


Adène, Adénium 


4 


Alcôve 


8; 273 


Adil, Adiré * 


270 


Aldébaran 


8 


Adive 


270 


Aidée 


9 


Affion 


4 


Alépine 


10 


Afrite 


4 


Alezan 


10 


Aigrefin 


259 


Alfa 


XXXI 


Akharnar 


3 


Alfange' 


11 


Afambic 


*232 


Alfaquin * 


M12 


Alancabuth 


4 


A] fier 


259 


Albacore "" 


5; 272 


Algarade 


12 


Albara 


5 


Algazel * 


13 


Albatros 


5 


A.lgazelle 


13 


Alberge 


6 


Algèbre 


. 13 


Albicore * 


272 


Algorithme 


13 


Albocorets * 


272 


Alguazîl 


13 



* L'astérisque indique que le mot ou la forme ne se trouvent 
pas ehez Devic ; joint au chiffre, il renvoie aux notes. 



— 291 — 



Alhabor XXV 

Alhagée 14 

Alhagi 14 

Alhaiot 14 

Alhambra * L 

Alhandal 259 

Alhenna 266 

Alhidade " XXV 

Aliboron 273 

Alicate 14 

Alidade * 15 

Alizari 15 

Alizarine 15 

Alkanet 266 

Alkékenge 260 

Alkéquencbe * 260 

Alkermes XIX 

Allah 16 

Allez * - 15 

Almade, Almadie 16 

Almageste 260 

Almagra XXXIX 

Almanach 17 

Almargen 18 

Aimée* 18; 274 

Almène XL VI 

Almézérion 164 

Almicantarat 260 

Almoravides * 155 

Almoude, Almude 18 

Almucantarat 260 

Alphanesse 19 

Alphanette 19 

Alphard 20 

Aloës 20 

Alphénic 195 

Alquifoux 20 

Altair, Atair 250 

Aludel XII 

Alula * 21;, 275 

Alvarde 21 



Amalgame 
Aman 


21 
22 


Amarel * 


22 ^ 


Amarre * 


22; 275 


Amblique 
Ambre 


L 
260 


Amiral, Amirantz * 
Amiratz, Amiraut 


23 


Amogabare * 
Anafin 


276 
24 


Anil, Aniline 


25 


Antimoine 


260 


Arabi * 


25^ 


Arac, * Arack 


- 196 


Arcan 


*25 


Ardeb 


X 


Argan, Arganier 
Argousin 
Arquebuse * 
Arratel 


25 
14 
25 

27 


Arrobe 


27 


Arsenal 


27 


Arzegaie * 
Arzel 


268 
260 


Asangue 

Aslani, Assalani * 
Assaki * 


XIV 

*1 

276 


Assassin 


* XXI; 28 


Assogue 
Ataur 


260 
XÏI 


Athanor 


28 


Atlas * 


280 


Atlé 


260 


Aubère 


29 


Auberge 

Aubergine 

Aucoton 


6 
276 
264 


Aucube * 


xxxvni 


Aufe, Anffin, Aufin 
Auge 
Aumusse * 


XXXI 
29 
30 





— 292 -^ 


X 


Auphin 


XXXI 


Barboteur 


43 


Auqueton 


264 


Barbotière 


48 


Avanie 


31 


Bardache * 


43 


Avarie 


32 


Barde 


43 


Averroës 


32 


Bardeau *, Bardot * 


44 


Avicenniée 


32 


Bargache * 


44 


Avives 


32 


Barge * 


45 


Axirnach 


33; 278 


Barque * 


45 


Ayan 


261 


Barracan 


55 


Ayuk 


14 


Bassa*, Bascha * 


189 


Azamoglan 


33 


Baudac 


40 


Azadaracht * 


33 


Baudequin * 


40 


Azadirachta * 


*33 


Baudrac * 


40 


Azédarac 


33 


Bayad 


xxir 


Azédarach * 


*33 


Bazar 


46 


Azerbe 


34 


Bazin * 


278 


Azérole 


35 


Bedaine * 


47 


Azimech 


36 


Bédégar, Bédégard, 




Azimuth 


XIX; LU 


Bédéguard 


48 


Azoth 


261 


Bédouin 


48 






Béhen 


48 


B 




Beldelgeuse * 


279 






Belléric, Belliric 


*XX 


Babouclie 


189 


Ben XXXV; 41 


Bagage * 


37 


Befietnach 


268 


Bagasse * 


38 


Benge, Benghe * 


261 


Bagatelle * 


39 


Benni 


49 


Balais 


39 


Bérat * 


41 


Baldac, Baldach ' 


40 


Berbeth 


42 


Baldaquin 


40 


Betelgeuse 49 


• ;279 


Baliverne * 


40 


Beteigeuse 


49 


BaUe* 


278 


Bézestain *, Bézestan 


50 


Ballote 


261 


Bézestin * 


*50 


Balourd * 


40 


Bézoard 


51 


Balzan 


XTiVIU; 261 


Biûni 


49 


Bangue 


261 


Bismuth 


52 


Baphomet * 


XXXU 


Blanc-raisin 


52 


Barat 


40 


Blanc rasis 


52 


Barbacane 


41 


Bochir * 


53 


Barbet 


42 


Bombasin, ^Bombazine * 


279 


Barboter 


42 


i Bonduc 


53 



— 293 — 



Borax 

Bordât 

Bosan 

Bostangi 

Boudjou 

Bougie 

Bouquelle 

Bouracan 

Bourrache 

Boutargue 

Braise * 

Bran 

Brodequin 

Bulbul 

Burnous 

Buse * 

Busard * 

Bynni 



C 



Caaba 

Cabaie * 

Caban 

Cabas 

Câble * 

Cacis * 

Cadi 

Cadie 

Cadilesker 

Cadilesquer * 

Cafard 

Café 

Cafetan * 

Caflfeir 

Caftan 

Caïmacam * 

Caîmacan 

Cakile 

Calaf 

Calam 



2;232 
53 
54 
54 
261 
56 

XLVn 
56 
279 
56 
56 
261 
57 
58 
58 
59 

Ln 

49 



60 

60 

60 

61 

62 

80 

63 

64 

64 

64 

64 

65 

66 

74- 

66 

67 

67 

68 

84 

68 



Calebasse * 


68 


Calfeiter 


68 


Calian *, Calioun 


280 


Calibre 


70 


Calife 


^61 


Calotte * 


71 


Camard * 


72 


Camocan, Camocas 
Camphre 
Camus * 


280 
72 
73 


Cancan * 


73 


Cancam'as * 


280 


Candi 


74 


Cangiar 
Canque 
Caphar 
Caquilier * 
Carabe 


11 
280 

74 

68 

262 


Caracole 


75 


Carafe 


75 


Caragueuz 
Caramoussal * 


*283 

67 


Caramoussat * 


76 


Caraque 
Caratch 


76 
77 


Carmin 


*3;XIX 


Caroube 


78 


Carouche * 


*78 


Carouge 
Carquois 
Carrobe * 


78 
78 
78 


Carthame 


262 


Carvi 


262 


Casauba 


79 


Casba % Casbah 


79 


Caserne * 


79 


Casse 


80 


Cassis * 


80 


Cavas *, Cavass * 


81 


Caza * 


63 


Cendal 


81 



# 


— 294 — 




Cende * 


81 


Coufique 


263 


Censal 


82 


Courban 


263 


Cétérach 


XIV 


Courge 


263 


Chaban 


83 


Couscous, Couscoussou 91 


OhA-ble * 


62 


Cramoisi 


*XIX 


Ohachia 


82 


Cravache 


91 


Chaféite * 


283 


Croupe * 


92 


Chaland 


82 


Cubèbe 


92 


Chalef 


M9 


Cuine 


262 


Chaloupe * 


84 


Curcuma 


92 


Ciiamsin 


141 


Cuscute 


L 


Chaoux 


87 






Charabia 


85 


D 




Chébec 


86 






Chébule 


XXIX 


Dague * 


281 


Chéchia 


82 


Dalle 


94 


Cheik, Cheikh 


86 


Damas, Damasquette 


263 


Cheikh ul-islam 


M75 


Dame-jeanne 


94 


Cheiranthe 


262 


Danek *, Dank * 


95 


Chéri XXXVir ; 262 


Darcine *, Darsine * 




Chérif 


87 


Darse 


95 


Chervi 


262 


Dauphin 


XXXI 


Chewal 


87 


Debab * 


XXXVII 


Chiaoux 


87 


Degré * 


95 


Chibouque 


87 


Denab 


95 


Chiffe 


262 


Dénébalézet * 


.96 


Chiffon 


262 


Dénébola * 


96 


Chiflre 


262 


Dey 


96 


Chott 


XLn 


. Dinar 


*163 


Cid 


88 


Dirhem 


• 163 


Cime * 


88 


Divan 


XXXVI 


Cimeterre 


88 


Divani 


182 


Civette 


88 


Djérid 


97 


Cohober * 


XXXIV 


Djinn 


98 


Coiffe 


89 


Doronic 


99 


Colcothar 


262 


Douar 


99 


Coran 


262 


Douane 


100 


Corge 


262 


Doum *, Doume 


100 


Corvée 


90 


Doura 


263 


Corvette 


90 


Dragoman, Drogman 


101 


Coton 


264 


Dubb 


XLII 





— 295 — 




Dubhé ' 


281 


Fellah 


113 






Felouque 


115 


E 




Fennec 


117 






Fez 


XX 


lïhahir ' 


102 


Filali 


263 


Éblis 


102 


Firman 


263 


Échecs 


103 


Fomalhaut 


117 


Klémi 

* 


263 


Fonde 


118 


Élixir 


105 


Fondic, Fondique 


118 


Emblic, Emblique 


h 


Fondouc, Fondue * 


118 


Émir 


105 


Fou 


XXXI 


Enif 

9 


106 


Foutah 


264 


Epicerie 


106 


Frise * 


119 


Épinard 


107 


Futaine * 


119 


Escafe 


107 






Escafignon 


107 


G 




Escarpin 


107 






Escoffraie . 108; 


, 281 


Gabare * 


120 


Escoffier 


108 


Gabari *, Gabarit ' 


120 


Estragon 


108 


Gabarot * 


*120 


Eyalet 


109 


Gabelle 


120 






Gâche 


*xvm 


P 




Gaïlan* 


127 






Gala* 


121 


Paal* 


109 


Galanga 


122 


Pabrègue 


109 


Galbe 


71 


Fagarier XXVII; 


110 


Galée* 


'^XXXIII 


Falaque 


110 


GaUe* 


XXX m 


Falque 


114 . 


Galvette * 


*84 


Fanal * 


111 


Gamache 


122 


Fanéga, Fanègue 


281 


Ghimbra * 


LI 


Fanfare * 


112 


Garance * 


222 


Fanfaron * 


111 


Garbe* 


71 


Faquin 


112 


Garbin 


123 


Farde, Fardeau 


113 


Gazel, Ghazel 


126 


Farek * 


113 


Gazelle 


123 


Farfadet * 


113 


Gemmadi 


123; 283 


Fargue 


114 


Genêt 


124 


Earsanne * 


114 


Genette 


124; 264 


Féci 


' XX 


Gengéli 


124 


Feddan * 


114 


Gerboise 


124 





— 296 — 






Gérid 


97 ^ 


Hoqueton 




264 


Gholes " 


127 


Houka 




*179 


Q-ibbar 


126 


Houle 




135 


Girafe 


127 


Houri 




264 


Girbe 


127 


HuUa- 




XLH 


Goudron 


264 








Gouldran, Gouldron * 






let J 




Goultran 


XTiVIII 






1 


Goule 


127 


Iblis 




102 


Goum 


264 


Imam 




136 


Goure '' 


128 


Iradé 




264 


Grabeler 


264 


Islam 




* 176 


Grand raisin * 


*52 


Jambette * 




137 


Grèbe 


128 


Jaque * 




138 


Guider * 


128 


Jarde 
Jardon 




265 
265 


H 




Jarre 
Jaseran 




138 
138 


Habalzélin, Habzéli 


129 


Javari 




139 


Habaziz, Habelassis 


129 


Jonque * 




139 


Habe 


61 


Jubarte 




139 


Habesch 


129 


Jubis 




265 


Habous * 


XTiTX 


Jugeoline, Jugoline 


^124 


Hachich 


28 


Julep 




139 


Hadji 


130 


Jupe 




265 


Ha.ïk* 


130 








Haje 


130 




K 




Hallali 


131 








Hanbalite * 


283 


Kabyle 




140 


Hanéflte \ Hanifite 


131 


Kadaïf ^ 




140 


Haras 


131 


Kafis* 




141 


Harem 


132 


Kaïd 




141 


Haret 


264 


Kaléan *, Kalian 


280 


Harmal 


264 


Kali* 




7 


Hasard 


136 


Kamoukas 




280 


Hatti-chérif 


133 


Kandoul * 




141 


Hebbe 


134 


Ka.ntar * 




142 


Hégire 


264 


Karagouz * 




233 


Helbe, Helbeh 


134 


Kasdir 




XIX 


Henné 


136 


Kataïf * 




140 


Heyque * 


XTJT 


Kazine^ Khazine 


142 







— 297 — 




Keiri 




262 


Mahonne . 


153 


Kermès 




265 


Maidan 


153 


KhaUfa * 




261 


Malékite * 


284 


Khamsin 




141 


Mameïôuk 


154 


Khan 




142 


Mandille * 


284 


Khandjar, Khanjar 


11 


Manège * 


154 


Kharadj 




77 


Mangala * 


154 


Kharbéga 




265 


Marabotin * 


155 


Kibla, Kiblat 




148 


Marabout 


155 


Kiosque 




142 


Maran *, Marane *, 




Koclilani * 




XV 


Marrane * 
Marcassite 


156 
265 




L 


• 


Marcher * 
Marfil 


157 
157 


Laque 




265 


Markab 


158 


Laskar 




145 


Marmite * XXm 


;158 


Lazuli 




145 


Marmot * 


159 


Lebeck 




145 


Marmouset . * 


159 


Lésine * 




146 


Marquise * 


159 


Lilas 




146 


Maraud 


285 


Lime 




147 


Mascarade 


159 


Limon 




146 


Masque * 


160 


Lisme 




147 


Matamore 


160 


Looch 




147 


Mat 


103 


Luth 


XVI; 148* 


Matassins 


265 


Lyfa 




XXXVII 


Matelas 
Matraca 


161 
265 




M 




Matraquef' 
Matras 


265 
265 


Macabre 




149 


Maugrebin 


162 


Mâche 




149 


Medjidieh 


265 


Madrague 




151 


Médresseh 


162 


Magalep * 




151 


Mégrez 


275 


Magzem *, Maghzen 


* 


Melchites 


162 


Magzem * 




284 


Mélochie 


163 


Mahalep 




22 ; 151 


Mérak * 


163 


Mahari 




151 


Mérinos 


266 


Mahomerie * 




XLVI 


Mescal 


163 


Mahomerois * 




XLVI 


Mesquin 


164 


Mahometan 




153 


Metel, mételle, méthei 


266 


Mahometois * 




XLVI 


Mézéréon 


164 



V 


— 298 — 




Mézérion 


146 


Nabca 


178 


Midan 


153 


Nacaire, Naquaire 


286 


Minaret 


164 


Nadir 


xxrv 


Miramolin 


165 


Nafé, Naffe 


178 


Mirza 


165 


Narghileh, Narguilé 


170 


Mistic, Mîstiqùe 


166 


Natron 


180 


Mobed 


166 


Nébulasit 


180 


Mogrebin 


162 


Nems 


180 


Moharrem 


166 


Nénufar 


181 


Mohatra 


XV 


Neskhi 


182 


Moire 


266 


Nichan 


182 


Moise 


266 


Nizam 


235 


Moka 


167 . 


Nizéré 


182 


Molequin 


285 


Noria 


183 


Mollah 


167 


Nuphar 


.181 


Momie 


168 


Nuque 


183 


Morfil 


157 


• 




Moringe 


266 







Mortaise 


266 




. 


Mosch * 


169 


Ocque 


185 


Mosette * 


169 


Ogre 


185 


Mosquée 


169 


OUban XLIV; 185 


Moucharaby * 


285 


Olinde 


187 


Moucre» Moiikre * 


169 


Omara *, Ombra * 


177 


Mousselin, Mousseline 


171 


Orange 


178 


Mousson 


172 


Orcanète 


266 


Moustapha *, Mustapha ^ 


' 266 


Osmanieh * 


XTT 


Mozarabe 


173 


Ottoman, Ottomane 


xn 


Mozette * 


169 


Ouléma, Uléma 


244 


Mufti, Muphti 


173 






Mulâtre 


164 


PetQ 




Musacées 


175 






Musc 


175 


Pabouche *, Papouche 


' 189 


Muse 


175 


Pacha 


189 


Musulman 


176 


Palandrie * 


83 






Papegai, Papegaut 


189 


XT 




Para 


190 


N 




Pastèque 


191 






Patac *, Patacon 


192 


Nabab 


177 


Patache 


191 


Nabathéen 


177 


. Patagon 


192 





— 299 — 




Pataque 


192 


Rock 


208 


Patar *, Patard, Patart 


194 


Romaine 


267 


Paturon *, Potiron 


194 


Roquer 


209 


Pénide 


195 


Roupie 


209 


Phéci 


*XX 






Phegda " 


275 


S 




Poutargue 


56 


■ 




Quintal 


195 


Sabot* 


215 


Qnirat * 


286 


Sacre 


210 






Safar 


211 


R 




Saffi>e, Safre 


212 






Safran 


212 


Rac 


196 


Sahin * 


XXXÎV 


Raguahil 


152 


Sakieh» 


286 


Raîa 


196 


Salatnalec 


•218 


Raïs' 


197 


Salandre *, Zalandre ' 


83 


Ramadan 


198 


Salep 


212 


Ramberge * 


198 


Sambac 


213 


Rame 


199 


Samorin *, Zamorin 


287 


Raquette 


267 


Saiidal 


213 


Rasas 


52 


Sansal 


220 


Ratle 


27 


Santal 


213 


Raze 


199 


Saphène 


213 


Razîa, Razzia 


200 


Sarbacane 


214 


Réagal, Réalgar 


201 


Sarrasin * 


. 215 


Rebec 


202 


Satin 


215 


Rébi 


808 


Savate * 


215 


Récamer 


267 


Sbirre 


216 


Récif, Ressif 


205 


Scheat 


216 


Rédif 


204 


Schiite 


216 


Redjeb 


205 


Sébeste 


217 


Régulus * 


205 


Sébile 


217 


Réïs 


197 


Sécacul , Seccachul 


217 


Ribes 


205 


Séide 


217 


Rigel 


207 


Sékm, Sélan 


218 


Ripopée LU 


;208 


Semoun, Simoun 


222 


Riquiqui 


196 


Séné 


219 


Risque 


207 


Sensal 


220 


Rob 


207 


Sequin 


220 


Roc 


209 


Séraskier, Sérasquier 


145 


Roche 


?os 


Sesban, Sesbanie 


:^i 





— 300 — 




Shagarag * 


221 


Tarbouch 


235 


Shead 


216 


Tare 


267 


Sheik 


86 


Targe, Targette *, 




Sheregrig * 


221 


Tarjette * 


237 


Siroc, Siroco 


222 


Targuer 


237 


Sirop 


226 


Taride ♦ 


267 


Smala 


267 


Tarif 


237 


Soda 


223 


Tartane " 


267 


Sofe, 


224 


Tartarot * * 


XXXIV 


Soldan 


228 


Tartre 


238 


Solive 


267 


Tasse 


238 


Sopha 


224 ' 


Taude » 


287 


Sophi 


267 


Térénlabin 


239 


Sorbet 


225 


Terfez ♦ 


239 


Souche * 


226 


Teskéré * 


239 


Sultan XXTTT 


;228 


Thuban 


268 


Soufi 


227 


Tiber 


240 


Sourate 


XI 


Tibir* 


♦240 


Sucre 


228 


Timbale 


234 


Sumac, Sumach 


229 


Tineal, Tincar, Tinkal 


•XXX 


Sumbul 


230 


Tintenague 


241 






Tintenaque 


241 


T 




Toman 


240 




■ 


Toque 


241 


Tabaschir, Tabashir *, 




Toufan ', Typhon * 


243 


TabaiLr 


231 


Toutenague 


241 


Tabis 


232 


Tringebin 


239 


Tabour 


234 


Trique 


268 


Tabourdeur 


» 


Truchement 


101 


Tabouret 


» 


Turbith 


241 


Tabourin 


» 


Tuthie, Tutie 


242 


Tagarot *, tagerot * XXXIV 






Talc 


232 


U à Z 




Talisman 


223 




. 


Talita * 


275 


Usnée 


244 


Tamarin 


267 


Vacouf*. Wacouf 


268 


Tambour 


233 


Vali.WaU 


249 


Tandour 


234 


VaUdé 


244 


Tania* 


275 


Valise 


260 


Tanzima.t 


234 


Varan 


246 


Taraxacon, Taraxacum 


235 


Vilayet 


247 



• 


— 301 — 


i 

■ 

■ 


Visir, Vizir 


248 


Zédaron 


XLVI 


Wadi* 


* XXXVII 


Zédoaire 


254 


Waggart * 


249 


Zéen 


255 '■ 


Wahabite 


249 


Zekkat 


255 


Warance *, Waranche * 281 


Zénic* -^ 


254 


Wéga 


250 


Zénith 


XIX 


Yed 


xxxvu 


Zerci * 


» 254 : 


Zaccon *, Zachum 




Zerda % Zerdo " 


255 ' 


Zacon* 


251 


Zénirabet, Zurembet 


256 


Zadir * 


* 254 


Zibeth 


256 


Zagaie 


268 


Zigzag " 


256 ' 


Zahorie * 


251 


ZUcadé 


256 


Zain 


251 


Zilha-gé 


256 


Zammara * 


253 


Zinzolin 


257 


Zaouia 


253 


Zircon 


257 


Zaphar 


*XXXIV 


Zmala 


267 


Zaptieh* 


253 


Zouave 


269 


Zarater 


*254 


Zouidja 


269 • 


Zarca * 


258 


Zufagar 


XVII 1 


Zarnecli 


254 




1 

1 
1 



INDEX DES MOTS ORIENTATJZ « 







o>L.j| 


* 1 


javi 


oSjl , ùlfrj» 


25 


^m" 




J:» 


*27 


^1 >l 


3 


^1 


179 


jU» , JL^^S 


106 


UUjl 


2 


J^» 


♦ XLvm 


c^j^^U' 


34 


cH^.» 


102 


Ci-j^Ul 


277 


o^Ajcrt 


32 


yjl 


11 


lu- cri 


32 


^Um>I 


107 


«r'-^Crï 


32 


c.i:i-» 


50 


^» 


102 


^UU-l 


1Ô7 


Cû-a>>j| 


*270 


riii-l 


107 


cAi>j<» 


*5 


ç^-Ui-l 


107 


SJU>^» 


131 


^\^— I,«jl5^l 


107 


ilÇ^^Ï 


*192 




107 


OO^j^J 


192 


JijC^J 


107 


-^>îl 


193 


^%-t 


♦ 176 


ùA^ji» 


3 


sJcpU-.V 


*XXI 


ù^yiS 


270 




XXXIII 


^yS 


1 


Aral 


259 


;^-^jf' 


194 


JSUil 


XXI 


Jbl 


XII 


s:Ji.l 


244 


d»>iJl,ïb*l 


260 


oS^I 


*1 


j^\ 


52 


>»i 


252 


a>| 


*XLVI 


0^1.1 


*290 


^r^* 


10 


ùUcI 


261 


^» 


*LI 


^^> 


119 


SAlji 


264 


ÙJ^I 


4 


Ojij» 


XLvn 


^» 


72 


ûW 


25 


o>àri 


L 


>JÏ 


260 


.K^ 


* 104; 231 


. ^^jl 


*X 


dUll JJiTl 


272 


JJ\ 


200 


Al 


16 



♦ Arabes, turcs, persans. Les mots arabes sont rangés, non par 
racines, mais par ordre alphabétique. 



— 303 — 






*231 

20 

135 

22 

*LI 

XLVII 

105 

23 

24 

165 

W05 

106 

180 

1 

*XXIX 

3 

29 

208 

185 

108 



Ul 



S^yM^T'jiV 


189 


^Jj\^k 


48 


^jj^U 


48 


^j^^ 


51 


Jbtî^b. 


277 


ùi?^'^b. 


277 


ùt?>;^l{ 


277 


:>jy^k 


48 


^jA 


45; 195 


^?A 


2 


s^Jli , jli 


59 


j\jk 


46 


iUiîl jii 


19 


^>. 


51 


• jb>. 


48 


\jL\i 


189 


M* 


»279 


S^\i 


*XXI 


Cl'j^^ , dJjt\i 


xn 



ou. 

Ji 






38 

278 
49 

189 

190 

277 
55 
47 
48 
41 
46 
41 
42 
43 
43 
43 
21 
21 
54 

261 
55 
44 
2 
46 
46 

158 
59 
56 

209 
57 

278 
50 

279 
55 
55 
56 
56 
56 

192 
47 
56 

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