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Full text of "Remarqves necessaires pour la culture des flevrs. La maniere avec laquelle il les faut cultiver, & les ouvrages qu'il faut faire selon chaque mois de l'année. Avec une methode facile pour faire toutes sortes de palissades, bosquets, & autres ornemens qui servent à l'embellissement des jardins de plaisir; & un catalogue des plantes les plus rares: le tout diligemment observé"

ICI 



il 



hi&i bù^'S 




Library 

of thc 

Universitv of Toronto 



Digitized by the Internet Archive 

in 2010 witii funding from 

University of Ottawa 



http://www.arcliive.org/details/remarqvesnecessaOOmori 




pour A I 

j1 



REMAROVES 

NECESSAIRES 
POUR LA CULTURE 

DES FLEVRS 

Là manière avec laquelle il les faut 
cultiver , & les Ouvrages qu'il 
faut faire ielon chaque Mois ds 
rAnnée. 

^vec une AI ethode facile pour faire tontes 
fortes de Paliffades , Bofrjueîs ,[^ autres 
Oi-nemens cjui fervent à l'emhelliff ment 
des Jardins de plaijlr -, ^ un Catalogue 
des T'antes les plus rares ; Le tout dtU~ 
gemment ohfervé par P. Morin , F leurij^e» 

NOUVELLE EDITION. 

augmentée d'un Traité des Oeillets ^ (£ de la trumc'' 
qu'il Us faut cyltfuer 

A PARIS, 

Chez CHARLES DE SERCY , au Palais , a^a 

Sixiéii>e pilier de la Grand' Salle , vis à vis la 

Montée de la Cour des Aydes , à la 

Bonne- Foy couronnée. 

M. DCTL XXVII i. ' 
AVEC PRIVILEGE DV RQr- 




AUX CURIEUX 



DE 




FLEURS 

' A ï fait toute 
yna njie recher-* 
che de beaucoup 
de chofes curie u^ 
neujes, & puù dire fans 'va- 
nité na^joirpas 'mal reiifj a 
celles u ie mefids appliqués 
mais nen ayant trou^vépas- 
une f conforme a mon hu- 
meur ^ que celle des Plantes ^ 

âiij 



cefl celle aufi eu te me fuis le 
plus ejludiépourles bien con- 
noîjtre. On dit qf4e ceji un 
bonheur tout particulier ^ 
quand la fatisfadion de no- 
fire esprit eftiointe al' utilité 
que noflre Trofe^ion nou^ 
apporte : ^jant receu cette 
fa'veur du C 'tel ^ te croirois /- 
tre ingrat y de la poffèder ^/tie 
ne fMt-fois part a ceux qui 
aiment l'Agriculture du peu 
de connoî^iince que t'en aj 
tirée par ?na propre exPe^ 
rien ce . C'cji ce qui m 'a po r- 
té a donner au Public ces Re- 
marques curieujes a ceux qui 
aiment les Fleurs ^ afin quils 



y trouvent (\uelo[iie facilité a 
les bien cnltiver. Si ce def- 
fein Cilié tay fris pour leur 
fatisficiion ne leur déplat H: 
■pas :, te me tiendray ht en ré- 
compenfé de la peine queij 
ay ' mije pour leur en faire 
prefent. 




a 111 




•^ -r*». ^" |if* •«?■ 4^ 4*1 : 4f?" 4^ 4^' 4ê^: 4?»' 7^ 4v# 

TABLE 

DES MATIERES- 

Alendrier wcmori al des Ouvra- 

ges au il faut faire au Jardin 

des Fleurs , Jelorf chaque mois de 
r Année t i 

Janvier , 1 

Février^ % 

M.^rs , 5 

Avrils 5" 

Majt y 

Juin, 7 

liiJht^ 8 

Aouji 5 9 

Septembre , 5) 

Ocîûhre , lO 

Novembre .^ ii 

Décembre^ 1 1 

Mémoire dis Plantes f,ù font f« jet- 



tes k périr far la gelée, jz 

Hantes les fltu deitcates qui crai- 
le froid an premier degré y 1 3 

Tlantes qui craignent le froid au fé- 
cond de gré y 14 

Fiantes plm rohufies qui craignent le 
fioid au troifiéme degré, 1^ 

£/? quels folagès ou af^ccfs du Jardin 
on doit planter les Fleurs , 16 

Fiantes qui aiment la terre grajfe à* 
humide^ 17 

Fiantes qui aiment la terre maigre 
& feche , 15) 

Celles faifons font les plm propres 
pour femer Us graines, ic) 

^ue/ies graines il faut femer are 
Printemps en pleine terre, ou dans 
des pets, 21 

^iêlUs graines ilfausfcm^r au Pri?:^ 
temps fur couche , pou'>^ de là efire 
tronffl/intées cnpUine terre , quand 
elles feront levées, 25 

Celles graines il faut femer en Au- 
tomne^y 1 4 

Mémoire des faifons ouf quelles cha- 



que hille TUnte [é trouvé en T]cur\ 
\tion les dougjir/jOisdi C/inr.éc , i$ 

Février i 2^ 

AJm-s^ 26 

Avrils z-f 

JtiUJ y 20 

. Juillet^ "ip 

Ac'îsft, 31 

Sipier-^hrCy 32 

Cet' ht e 7 j4 

Novembre y ^j 

D cambre^ 3$ 

J>Ci Fleurs cdcrtferentfs, 3^ 

Catalogue des fUins de mcilUt.re 

cdcrr^ 37 

T>ei hobci odorifcrcptc? ^ 38 

i fi Arbres , (^ Jrbfijjeaux tcûjourf 

'verds, propres h faire Bofquets dans 

les lardins df plaifir , 40 

Arbres é^ Arbri^c/iux toujours verdsy 

4f 

Dijlîr/cïîon diS Fiantes félon lems 
genres, 41 



C^LiIogtie des PUntes du premier gen- 
re , ou BolfeufeSf 45 
Des Arbres, 45 
Des /îfhfiJj^eauXf 47 
Des Pl^r^us Ltgnepifes , ot4 fous-Ar- 
bïi^caux , 49 
Employ des Plantes Boifeufes 
Lieneuies. 
Arhres propres a faire Bofqueis de 
hautt fiijlaye ) je 
Arhres a fane d liées couvertes ^ 52 
Arbres commodes à f^ire Palijfades 
a'^x Allées des BolquetSt 53 
Arbres propres h faire les avenues des 
Mations de Campagne y 53 
Arbres qui entrent en la compofition 
des Plans ^ Vergers ^ 54 
JPlantef propres à fane hayes. ^4 
Arbres toujours verds agréables àfm- 
re E [paliers pour ofler la veu'e des 
murSf f5 
4^bres qui perdent leur verdure , 
dont on fe jcrt encore pour faire 
F (paliers, 56 
Arbres en Arbujles h fruits pour la 



f lus grande partie , dont on fsii 
Ef^alierSi 57 

Arbres pour les PaUjfades hautes , 
dont on fe fert comme de murç y 57 

plantes propres pour faire Palijfades 
d'apu)', 5 S 

riantes dont Ion fe fert pour les Pa- 
Ujfades plus baffes que celles d^a^ 
puyt 60 

plantes pour les bordures des plat te s 
bandes , Ciirreaux , (jr planches , 60 

Plantes pour les bordures de parterres 
coupez, ou de broderie , 60 

Lifte de quelques Plantes fibreufes qui 
fe trouvent ordinairement dans les 
Jardins de plaifir , 61 

Catalogue des Plantes limitageufes^ 
plus fréquentes dans les Jardtns des 
plaifir, 6i 

Plantes Bulbeufes que Pon cultive 
dans les Jardins des Curieux ,6^ 

riantes tubercufesplus Curieufes , 64 

^elques Plantes charneufes, ou char- 
nues y 6^ 

^HÏques Plantes genoïtilleufe Si 6j 



J^el^ucs Tlantc^ îmf^tyf^ites pâur 
jcrvir d'exempUy 6$ 

Traité des Oeillets, (jr la manière de 
les cultiver, 66 

De l'excellence de cette Fleur, 66 
Sa natffance parmy les Fleurs, 6 8 
Les noms ^ les "jertus de cette Fleur^ 

69 

L3S divers noms c^te les curieux luy 

ont donu9, 73 

Les différentes couleurs di cette Fleur» 

Les foins du Jardinier pour le bien 
élever, 79 

Du Soleil quil demande , 81 

La terre qui luy efl" convenable, 83 
Veau dont il le faut arrouftr, 85 
£n quA temps il fleurit , 89 

La Serre pour retirer cette Fleur en 
Hyuer , (^ la metPjode de Fy con- 
fer ver, 91 

Defcription de la cofe ou ejl la grai- 
ne, 9j 
La pépinière des Oeillets , 97 
La iticthgdepourbic/^ csflUtonneryioo 



ta façcfi de marcotcr les Oeillctiy\o\ 
Si l^ bedUté de l'OetlUt je Peut con^ 

'ûoître par la dif^ofition du fait lia* 

ge i ou fanage^ lio 

Les maladiei des Oeillets , ^ leurs 

remèdes f 112 

^uafid il faut renouveler la terre des 

Oeillets i lis 

Catalogue de quelques Plantes à 

fleur , qui Te font trouvées au 
Jardin de M.Morin. 
anémones pluche, 135 

Ranoncule de Tripoiy , 1 42 

Tulipes^ 147 

Iris Bulbeux, ij7 



Fin de la Table* 




CALENDRIER 

MEMORIAL 

DES OUVRAGES 

Qujl faut faire au Jardin des 

Fleurs, félon chaque mois 

de l'Année. 



EN 1 JN y 1ER. 

L feint couvrir les Plantes 
qui craignent le froid , à la 
veille du mauvais temps , & 
n'attendre pas que la terre 
Toit endurcie par la gelée. 

Sur les carreaux couverts, il faut tenir 
des Souricières tendues pour prendre 
les Rats de Jardin , de les Mulots qui 
voclà chercher dequoy paiftre: l'amor- 
ce icra des poix,au-iande5^auavelame5. 




1 Remarques pour la Culture 

L'on doit prefcrver les Anémones 
qu'on aiuoit plantées dans des Pots, des 
trop grandes pluyes , auiïî-bien que 
des gelées : comme au(îi plufieurs jeu- 
nes Plantes qu'on auroit femées dans 
des pots ou cailles. 



I 



EN F E P' R I E F. 

L faut obferver les trois articles du 

Mois précèdent. 

Au commencement de ce Mois on 
doitfemer iur couche les Plantes tardi- 
ves à porter leurs fleurs ou leurs fruits 
en ce Pavs , comme Baliamine, M élan- 
zene , ou Pommes d'Amours , Datura, 
Canne d'Inde , Pomme d'Ethiopie , 
Pomme Dorée , Amarante , ou Pall'e- 
velours ; à condition de les bien pre- 
fcrver des gelées , les couvrant lors 
qu'elles font levées , de cloches de 
verre , jettant encore de la paille pat 
delliis , s'il en efl: befoin j ainii qu'on a 
de couftume de conferver les Melons 
f^ <" encombres. 



des Fleurs. j 

e N iJ^ A RS. 

EN ce Mois on oftc les couvertures 
des Plantes nprés le dix ou douziè- 
me jour , ou melme plus tard , crainte 
d'eilre furpris par la queue des gelées. 

Il vient quelquefois de grands vents 
ou haies qui delïèchent la terre , pen- 
dant lefquels on ne doit femer ny tianf- 
planter. 

A la mi-Mars on peut replanter , fi 
l'on veut, les Plantes fibieuies , comme 
les Violettes de Mars, Hépatiques, Pâ- 
quettes , ou Marguerites, Primevères, 
Ellébores , Matricaires , Camomilles, 
t?c autres femblabîes j & auiîi les Ja- 
çiiîtes tubereufes. 

En ce mefme temps on Temera flir 
couche diverfçs fortes de graines, com- 
me Oeillets , Giroflée, Balilic, Oeillets 
d'Inde , 2vlarjo!aine , Phafeol nacarac 
d'Inde , Merveille du Pérou , ou herbe 
à Suilîe, Cieiron d'Inde, Souci double. 
Volubilis des trois efpeces , Poivre 
d'Inde , Lentifque, Myrthe, Carouge, 
ou Carobe , & d'autres que la fraî- 
cheur de la terre ne peripet pas de les 
y femer, 

A ij 



/f remarqua pour la Culture 

Il faut mettre les Oeillets , Giro- 
Hées , Myrtes, &; telles autres Plantes 
qu'on fort de la terre , à l'ombre pen- 
dant huit ou dix jours , pour les prepa- 
ler à ne pas craindre les chaleurs de 
cette Saifon. 

L'on tranfplante les ArbrilFeaux qui 
craignent le froid , comme les JalFemins 
«i'Efpagne , Orangers , Myrtes , Lau- 
fier-rote, &îes Cyclamens autumnaux. 

C'eft la meilleur faifon pour planter 
le Buis en compattimens, &pour mar- 
coter les Alaternes , & autres Arbrif- 
feaux. 

Il vient quelquefois des gelées de nuit 
qui fe foiident le lendemain au Soleil, 
& durent quelquefois quatre ou cinq 
juiits : pendant lequel temps il faudra 
foi^neuiemcnt couvrir les belles Tu- 
lippes pour les preferver j dautant que 
ces oelées leur caufent des taches blan- 
ches en leurs feiiilles , dont la mort en- 
fuit le plus fou vent. 

On doit obfcrverlamefînechofeaux 
Anémones, Oreilles d'Ours, Chameiris^ 
Jacintes brumales , &: Cyclamens prin- 
faniers , afin de preicrYtr leurs Fleurs 
4c ces geîée&. 



des Fleurs, 



EN AVRIL, 

LE commencement de ce Mois e(l 
la meilleure faifon pour tranf- 
planter toates fortes de Plantes fibreu- 
fes , fpecifiées au lecond article du 
Ivlois preccdeiit. 

L'on fort de la terre toutes les Plan-' 
tes qui craignent le froid, il l'on avoit 
oublié de les fortir en Mars. 

Il faut arrofer foiçrneufemcnt les A- 

o 

nemones , dz Ranoncules , lors que la 
terre eft delïechée , & auffi toutes les 
plantes qu'on tiendra dans des pats ou 
caillas. 

li faut preferver des pluyes , vents, 
grefles , & Soleils ardens , les belles 
Tulipes panachées , Oreilles d'Ours, 
Anémones , Ranoncules , Vautres bel- 
les fleurs j &: pour cet efFet préparer & 
tenir des couvertures preftes dés le 
commencement de ces Mois. 



L 



EN rjli A r. 

'On tranfplante les Cyclamen? 
autLUiinaux , (î on les veut chan- 
A ii| 



C 'Remarques pour la Culture 

ger de place j car il n'eft pas necefîaire 
autrement. 

En ce Mois la graine d'Anémone fe 
trouve meure , qu'il £mt recueillir & 
garder en lieu feCjjufqu'au temps qu'on 
la doit fcmer. 

L'on départ les Giroflées mufquées 
doubles , dires Juîianes , pour les multi- 
plier. 

L'on fcme diverfes fortes de foraines 
de Plantes annuelles , pour en avoir des 
fleurs tout le long de l'Eté , comm.e de 
Soucy double , Thlafpide Candie, Mu- 
fcipula , Scabieufc veloutée, Cyanus de 
toutes fortes , &: Penfée de Jardins. 

Les Iris bulbeux flcuriilent vers la fin 
de ce Mois : lors qu'ils font fleuris, l'on 
coupe leurs tiges , que l'on fiche en des 
pots pleins de terre , Se les tenir ainfi 
en une falle fraîche , les arrofant tous 
les jours d'eau fraîche : tout cela pour 
les faire durer plus long temps. On les 
peut auilî tranfplanter au mefme temps, 
les arrofant auflï-toft qu'ils feront re- 
plantez. 

A la fin de ce Mois l'on commence 
à déplanter les Tulipes plus hâtives qui 
font delFcchées. 

L'on couvre les autres comme au 



d es Tlcurs, 7 

Mois précédant , pour les preferver 
principalement des pluyes trop fré- 
quentes qui les endommagent. 



nuelli 



EN J "V I N. 

'On peut encore femer diverfci 
fortes de graines de Plantes an- 
nûelles pour en avoir des fleurs tout le 
refte de l'Eté, & en Autoinne , ainfî 
qu'au Mois de May. 

Il faut recueillir les graines meures, 
comme de Jacinte Orientale, Narciflcs, 
Oreilles d'Ours , P.anoncules , & au- 
tres fembîables , & les garder en lieu 
fec, pour les fermer chacune en fa faifon. 

L'on déplante les Tulipes, & replan- 
te incontinent celles qui fe trouveront 
dépouillées , ou qui femblent de fe def- 
fecher , fo; t avant en terre ( ou en lieu 
frais moins avant ) les arrcîant par le 
delfus pour tenir feulement la terre 
fraîche. 

A la mi-Juin l'o:! commence d'enter 
en éculfon les Jalfemins , Orangers , 
Rofîers , &: autres Arbrilfeaux. 

Il faut déplanter les Anémones & 
Ranoncules , après les pluyes qui vicn- 

A iiij 



s Rcmarcjucs four h Culture 

aient vers la fin de ce mois, non devant. 
L'on peut à la fin de ce mois lever 
les Plantes qui ne veulent pas demeu- 
rer long-temps hors de terre , & les 
replanter incontinent , comme Cycla- 
mens printaniers , Jacinte Orientale t, 
& autres Jacintes bulbeufes , Iris , Fii- 
tilaires. Couronne Impériales , Mufca- 
xis , Hemerocales , Martagons , ^ plu- 
iieurs autres femblables. 



E N yv I L L e T. 

C'Eft la meilleure faifon pour ton- 
dre le Buis en compartimens. 

L'on peut encore lever les Cycla- 
mens printaniers , ôc les Plantes bul- 
beufes fpecifîées au dernier article du 
Mois précèdent , pour les tranfplanter 
aufïï-toft. 

La graine de Cyclamens printaniers 
fe trouve meure en ce Mois ; la finit 
recueillir & femer en mefme temps 
dans des pots. 

L'on ente en aproche les Myrtes, 
Jaflemins , Orangers , RofîerSj ôc au- 
tres pareils Arbrilleaux. 

Depuis le commencement de ce Mois 



des T leurs. 9 

jufqii'en Septembre , on fait des MaF- 
CGtces d'Oeillets. 

£ N ^ OIJ S T. 

AU commencement de ce Mois on 
feme la graine d'Anémones , la 
couvrant légèrement de terre , 5^ tien- 
dra t'on à Tonibre , rarroC';nt fouvent, 
pour emp^^cher que la terre fe dellè- 
che. 

L'on plante auiïî les Anémones, (im- 
pies , pour en avoir des fleurs en Au- 
tomne, 6c tout leîong del'Hy^'^er. 

C'eft la faifon pour femer les graines 
de Narcilibs & dejacintes Orientales, 



EN SEPTEMBRE, 

L'On tranfplante les Orangers , 
Myrtes , Lauriers-rofe,Jairemins, 
Se toutes autres eipcces d'Arbriffcaux 
qui font fujets à la gelée, ou toujours 
verds • & aulïi toutes fortes de Plantes 
fibreufes , comme Hépatique, Oreilles 
d'Ours, Ellébore, Capilaires , Matri- 
caires. 

Il faut femer les graines d'Oreilles 



lo Tscnhirqucs pc^urta Lmiure 
cî'Onrs , Raiioncules , Alaternes , Iris, 
Couronne Impériale , Martagons , He- 
rncrocale , Tulipe , Pied-d'aloiiette , 
Nigelle, Thlnfpi de Candie, Pavots, 
&: généralement àcs Plantes annuelles 
qui ne font pas fujettes à la gelée. 

C'eft la meilleure fliifon pcurceillet- 
tonnerles Oeillets, Giroflée, Auronne, 
Afj?ic , & autres Plantes ligneufes. 

IJon plante toutes fortes d'Anémo- 
nes après les premières pluyes qui vien- 
nent en ce Mois , &auiîi les Ranoncu- 
les de Tripol;, 

L'on peut commencer à planter les 
Tulipes , mais il vaudroit mieux atten- 
dre à les mettre en terre en Novembre, 
parce qu'en ce dernier temps elles ne 
s'avancent pas tant de pouller en Hy- 
ver j (Sj par ce moyen ne font pas tant 
fujettes à la pourriture : ce qui en fait 
périr pluileurs. 

EN O C T O B k E. 

L'On peut encore planter Se femer 
toutes les plantes ôc graines fpe- 
cihéts au Mois précèdent. 

Il fiut mettre dans b terre par un 
beau temps, fur la fin de ce Mois , les 



des VUurs, h 

Aibii(r?aux qui craignent la gelée ; 
commet Orangers , Myrtes , Jalîemins, 
Liuriers-rofe , & autres femblables , en 
îaillant toutes les portes & feneftres 
ouvertes , jufqu'à ce que la gelée y 
puilïè entrer , & la fermer alors. 



EN N O r E M B R ^. 

L faut préparer les couvertures pour 

les pla:ites qui font fajettes au froid, 
afin de les couvrir lors qu'on jugera le 
temps eftie dilpofé a la gelée. 

L'on plante les Rofiers , Althea fru- 
tC'X , Lilac , Syringa , Rofier de GueU 
dre , Citife , & généralement tous Ar- 
bres & Arbriflbaux qui perdent leur 
verdure , & ne font pas fujets à la c^elée; 
comm^ aufTi les Pivoines , Se autres 
plantes robuftes. 

L'on peut planter & femer encore les 
plantes fibreufes , & les graines mar- 
quée au Mois de Septembre. 

Voyez èc obfervez les trois articles 
du Mois de Janvier. 

Ce Mois eil la meilleure faifon pour 
planter les belles Tulipes panachées , 
principalement dans les petits Jardins 



12. 'Remarques foî4rld Culture 

icnfcrmcz de hantes murailles , ^ qui 
n'ont gucrc de Soleil. 



EN "DECEMBRE. 

IL faut obfcrver encore les trois arti- 
cles contenus au Mois de Janvief , où 
je renvoyé le Ledeur , pour éviter le» 
redites. 

^' S,< ^ yj Ki s?.' R« »î'. ya ^i ^.\ wj «' p.» ^î tt5 SJ ^ 

^JlfEA^O/RE DSS PLANTES 

qui font fiijitîes à périr par 

la gelée, 

D Autant qu'il y a des ge'ées pRis 
âpres les unes que les autres , &c 
aufîî que les plantes y refirent plus ou 
moins , félon qu'elles font délicates ou 
robuftcs i j'ay reconnu qu'il eftoit à 
propos d'en faire diftindion , que je 
diviferay en trois claiTes : En la premier 
re , feront les plus tendres au froid , & 
qui ont peine de redfter mcfme aux 
premières celées : En la féconde , celles 
qui ne meurent que par de plus fortes 
gelées : En la troifiéine , celles qui y 



des Fleurs, i j 

refirent encore davantage , Ôc ne pe- 
riilent qne par de grands Hyvers -, qui 
feront comme trois dcgrez de o-elées 
qu'il faudra obferver , a'fin d'en g!iran- 
tir leidites plantes par des couvertures 
convenables. Voicy comme j'en fois la 
diilindion. 

f Unies les fins délic^ves ejui craianenî le 
p'oid an premier dearé. 

ALoë d'AfFri- Gladiole d'Etbio- 
que. pie. 

Amaranthe , ou Joubarde arborée. 

Palîe- velours. Lis narcillè d'Inde. 
Amaranthus trico- Melanzene ou 

^^^- ' Pomme d'Amour. 

Balfamine mafle. Nafcurtuim mdicû 
^'^^ilic. Narcidedajapon, 

Canne d^Inde. [ ^ autres Narcii- 
Elycliri-DO,oa Fleur 

immortelle. | 
Figuier d'Inde 

d'Amérique très-' 

épineux. 
Figuier d'Inde de 

la plus gra!:dc 

efpece. ' 



fesdcs Indes. 

Oeillets d'Inde. 

Ornithogalo d'A- 
rabie. 

Phafeol nacarat 
des Indes. 

Poivrier dinde. 

Pomme d'EthioDiç 



M Rcw^^njucs pour la Cu Iturc 
Pomme doicc. dite Datura. 

Pomme épineufc, Sariette d'Eté. 



Plantes e^ni craignent le froid an 
jecoTîd degré. 



i\ Loe d'Ame 
.,Z\ rique. 
Aniomum Plinij. 
Anémones. 
A l'on des Indes. 
Baiba-jcliis arbor 
Caroubier. 
Cham.clca des AL 

pes. 
Ciûc , ou Ciftus. 
Citronier. 
Cyclamens printa- 

nicrs. 
Cyclamen pourpre 

d'Eté. 

Cyclamen de Vé- 
rone. 
Digitvile feruginée 

d'Efpagne. 
Figuier d'Inde, de 

la plus petite q(- 

pecc. 



Fleur du Soleil. 

Gcranion trifte. 

Girofliers. 

Fdedifarum clipea- 
tum. 

Jacinte du Pérou. 

Jaiîcmin d'Elpa- 
gJie. 

Jalï.min jaune àai 
Indes. 

Iris de Suze. 

Laurier d'Alexan- 
drie. 

Laurier-rcfe. 

Limonium elec^ans 

Mvrte. 

Narcillls à Bou- 
quets du Levant, 

Oeillets. 

Oranger. 

Palmier ctoillé. 

Phalanguium de 



des Flcurf. 



^ 



Crète. 

Raaonciilcs Afia- 
tics , ou de Tri- 
poli , doubles ôc 
finiples. 

Ranoncule de Por- 
t îgal. 

Rue de montii^ne. 



aux feuilles étroi- 
tes. 

Saucée de Crcce. 

Soucy double. 

Squille. 

Violiers doubles , 
de quelque cou- 
leur qu'ils foient. 



Fiantes plus robnfus , cjui c'ttignenî le 
fioid au troiJîc?ne dearé. 



ABrotone, mâ- 
le & femelle. 
Aconit d'Hyver. 
Adiantum vcrum. 
Afpic. 

Bellis d'Efpagne. 
Calceolus maria: 

de Canada, 
Câprier. ) 

Cineraria. 1 

Cneorum Mat- ' 

thioli. I 

Cycifus maranthï. 
Eryngium planum 

totum cœruleum. 
FricUaires des | 



moicagncs. 

Geneft d'Efpagne, 
à fleur blanche. 

Grenadier à flc-uc 
double, & autres. 

Jacinte à fl-ur dou- 
ble , & autres. 

Jacints Orientale 
zu-ibuline. 

Iris bulbeax^ 

Lavande. 

Laurier. 

Laurier-ce:iiîer. 

Lentifq.ie. 

LychniSjOU [ ichée 
blanche, double. 



\6 Ee marques p 

Marjolaine. 
Matiicaire à fleur 

double 
Olivier. 
Pancrarion. 
Pavot épineux. 
Plante de la Paf- 

{îon. I 

Romarin. | 

Rue. 
Serpentaire à trois 

feuilles. 
Sifynrinchium. 
Stachys de Mont- 



our la Culture 

pcllier àfeUillccIe 

Sauge. 
Terebinthc, 
Teucrium majus. 
Thimbre. 
Tithimale à feliillc 

de Myrte. 
Vctonique à fleur 

double. 
Violiers Amples ^ 

car les doubles 

refiftent moins au 

froid. 



Bn quels fola^ea ou ajptcls du Jardin ojt 
doit flanter les V leurs, 

N cecy il faut conliderer quel eft 
le naturel de la Plante qu'on veut 
mettre en terre , qui confifte en deux 
chofes. Premièrement, fçavoir fi elle 
ett fujctce à la gelée, ou non , ce qu'on 
pourra apprendre par la Table précé- 
dente. Secondement, lî elle aime la. 
terre eialîe & humide , ou maio;i-e 5c 
ÏQxhQ ; ce que vous apprendrez par les 
d:ux Tables fuivajites. Et ayant par là 

reconnu 



ief fleurs] 17 

reconnu fa nature , il vous fera aifé de 
la placer au lieu qui luy fera le plus 
propre. Par exemple , fi vous recon» 
noiilez qu'elle craigne la gelée , ou 
qu'elle aime une terre feche , la faudra 
planter au lieu le plus chaud du jardin: 
Au contraire , fi elle ne craint pas THy- 
ver , ^ qu'elle aime une terre gralfe & 
humide , vous la mettrez au lieu le plus 
froid , & à l'ombre , comme celuy qui 
conferve plus l'humidité pendant les 
chaleurs de l'Efté Toutes les autres 
Plantes fe pourront placer par tous les 
autres endroits des Parterres. Ainfi 
TOUS leur donnerez le lieu où elles fe 
plairont mieux , & par confequent pro- 
fiteront davantafic. 

D 



Plantes ifui aimtnt U terre g^^-jfc &' 
humide. 



ADjanton. 
Anapodo - 
phvUon. 



Calccolus Marîaî. 
Caltha paluftris. 
Cardamme trifo- 



Aîiemone des Bois. 1 lia. 
Ar.emone 3. Mat-' Ccterach. 

thioli. Chelidoine petite, 

Baiîinet double. 1 double & fimple. 

B 



s PwmanjHes pour îa Culture 



Cotylédon. 

Cyclamens autum- 
naux. 

Ellébores. 

£upatorion de Ca- 
nada. 

Filix (axatilis. 

Pritilaires comuns. 

Pumettere bulbeu- 
fe. 

Gentialle. 

He-pacique de tou- 
tes ibrtcs. 

Hydrophyllon. 

Laureole. 

Laurier-tin. 

Lirrionium vulgai- 
re. 

Lonchitis. 

Marguerites. 

Martagons. 

Mezereon d'Aîe- 
magne. 

Muguet des bois. 

Nafturckmi indi- 
cum. 

Narcifïe blanc dou- 
ble. 



ble à molette d'e- 
peron 

Oreilles d'Ours 

Orobus pannoni- 
cus. 

Penfée jaune & les 
communes aufïï. 

Pervanche. 

Phalançion de Vir- 
ginie. 

Pi lofelle grande. 

Polytric. 

Primevère de tou- 
tes fortes. 

Pullatille. 

Pulmonaire. 

Ranoncule bouton 
d'or. 

Ranoncule blanc 
double d'Angle- 
terre. 

Rue de mur. 

Sanguinaria. 

Saty rions. 

Sedum Serratum. 

Serpentaire à trois 
feuilles d'Améri- 
que. 



NarciiT" jaune dou»' Sifymbrium, 



des Tleurs. \9 

Soucy double, ; Vetoniqne grande 
Scatice. I & petite. 

Thaliccrnm. Vetoniqne droite. 

Valériane Greque. Violettes. 



TlaiV.es ijui aiynent h terre maigre 
& fechr. 



A 



Biotone mâle Polion de monta- 
&z femelle, j gne, 
Afpic. I Pouliot. 

Câprier. i Romarin. 

Ciftus. I Rué". 

Coq. \ Sifvrinchium^ 

Geneft d'Efpagne. Thym. 
Hylïbpe. { Thimbre ou Sa* 

Lavande. | nette toujours 

Marjolaine. l verte. 



Quelles faifons font les plus propres pour 
femer les Graines. 

LEs graines fe peuvent femer en 
diveifes faifons j mais il y en a 
aucunes qu'il faut necelïairement femer 
au Printemps , d'autres en Automne 
feulement , & d'autres en divcrfes fai- 

Bij 



lo 'Remarques four ta Culture 

fons , comme l'on verra cy-aprés. Cela 
s'entend pour les graines qu'on con- 
îioift ; car pour les autres qu'on ne con- 
noift pas encore , comme fl l'on en re- 
cevoir venant de pays étrangers fans 
Jioms , ou qu'elles fulîént des plantes 
à nous inconnues , il faudroit en ce cas 
les départir en trois portions égales, 
pour en femer l'une en Automne en 
pleine terre , ou dans des pois; les deux 
autres au Printemps -, Tune d'icellcs en 
pleine terre , ou dans des pots , l'autre 
fur couche , comme les ftmences des 
plantes qui font fujcttes à la gelée. 
C'elt Là l'unique moyen pour les élever 
léurement : car fi on les femoit toutes 
en mefme temps , &: que ce ne fuft pas 
îa faifon propre , il ne faut pas douter 
qu'elles ne viendroient pas en perfe- 
ction i Se au lieu d'en recevoir du con- 
tentement ,ron nan auroit que du dé- 
plaifir. Il y a encore d'autres règles 
générales pour femer des graines qu'on 
connoift , foit qu'on les aye recueillies 
foy-mefme , ou receues d'ailleurs. 

I.. Si elles font des plantes annuelles 
craignant la gelée , il les faut neccHài- 
rement femer au Printemps. 

2.. Si elles font des plantes annuelles. 



des Fleurs^, ii 

dfqui ne craienenc pas le froid , la (lii- 
fon plus propre c'eft l'Automne. 

5. Si elles font produites de plantes 
vivacos ou pcrrennelles , il les faut fe- 
mer devant que leurs meres-plantes 
pooirent leurs germes , Toit qu'elles 
craignent la gelée , ou non. 

Toutes ces différences fe remarque- 
ront f-icilement par le Calendrier mé- 
morial cy-devant écrit , ôc par les Ta- 
bles fuivantes. 



Quelles graines il faut fe?ner au Trir^ 

temps en t>!eine terre , ou dans 

des pots. 



ALarernes ^ &:. 
en Autom-' 

ne aufîi. 1 

Ambrette, pour en 

avoir des fleurs 

en Eté. 
Ana^alis Lufitani- 

ca. 
Barba-jciiis arbor. 
Beleveder. ! 

Chondrille aux j 

fleurs carnées. ' 
ChrYfauteraun Va- 



lentinum ClufT]. 

Ciftus , & fur la 
couche aulîi , fi 
1 on veut. 

Coqueîicoc double 

Cyanus de toutes 
les couleurs , 
pour en avoir des 
fleurs en Eté. 

Cyprès , il n'y a 

que celle des Cv- 

prés mâles qui 

foit propre pour 

B \i] 



Remarques pour la Culture 



germer. 
Cytidis maranthir. 
Hyllope. 
Lauricr-rofe. 
Laurier-tin. 
Lentifqne. 
Lilac. 
Marjolaine , Se Air 

couche aufîi il Ton 

vent. 
Mufcipula,pour en 

avoir des fleurs 

en Eté. 
Nafturtium indien, 

Scfur couche aufîî. 
Nigelle de Damas, 



6c 



les 



autres 



encore en Eté, Sc 
en Automne. ^ 

Penrée,{iron veut. 

Rue. 

Sariette d'Eté. 

Scabieufe, pour en 
avoir des Fleurs 
en Eté , Se Au- 
tomne. 

Sefamoïdes coro- 
nopus. 

Soucy double. 

Thlafpi de Candie, 
pour en avoir 
des Fleurs en Eté 
Se Automne. 

Thvm. 



pour en avoir des Tymbre,Du Sariet- 
Fleurs en Eté. j te toujours verte. 
Oeillets , Se fur Violiers , ou Giro- 
couche aufîi -, on flierSjfi Ton veut. 
les peut femer, 



des Vleurs) 



i-^ 



^j^elles graines il faut femer au Prin- 
temps Cur couche ,'pour de la eftre tranf. 
plantées en pleine terre , qnand elles 
font levées. 



A 



Maranrhe, oii; Melanzene on 



Pomme d'amour?. 
Naftiirtium indi- 

cum, & en pleine 

terre aufîî. 
Oeillets , ik en 

pleine terre fi l'on 

veut. 



Padtvvelours. 
Amomum Plinij j 

&C en pleine terre 

aufîî. 
Baliaminemâle. 
Bafilic. ' 

Canne d'Inde. 
Ciftus, ou dans des Oeillets d'Inde. 

pots, fi l'on veut.' PalTc-velours. 
Fleur du Soleil. Phafcol incarnat, 
Gcravium trifte. des Indes. 
Girofliers , fi l'on Poivre d'Inde. 

veut. I Pomme d'Etiopie. 

Hedifarum clipea- Pomme dorée. 

tum, fi l'on veut. Pomme cpineufe. 



Lentifque, & dans 

des pots aulîî. 
^laijolaine d'Eté. 



Violier, ou Giro- 
flier j (\ l'on veut. 



4 KemdTf^ues f)OUY la Culture 



Quelles graines il faut femer en 



ALaterncs. 
Ambrctte. 
Ancolics. 
Anémone , &: en 

Eté auffi. 
Antirrhinon. 
Argemone. 
Chame-îris. 
Coqneiicoc. 
Couronne Impé- 
riale. 
Cyanus Je toutes 

fortes. 
Cyclamen. 
Digitile. 
Elkborenoir. 
Eryngium plannm. 
Fraxineile. 
Hépatique , fi Ton 



veut. 
Laurier , & la pre- 

ierver du froid en 

Hyver. 
Mufcipula. 
Nigelle de Damas, 

& autres. 
Oreilles d'Ours. 
Pavot, 

Pavot épineux. 
Pied d'alouette de 

toutes forces. 
Pulfitille. 
Scahieufe de mon- 

taene. 



Thlafpi 

die. 
Tulipes. 



de Can- 



Mimeire 



des VUhyî, 



iT 



^yktemoire des faifons anpjuelies chAqnç 

belle Plante je trouve en fleur .félon 

les douz.e Aiok de V Année. 



EX J.^NFIFR. 

AConit d'Hy- 
ver. _ 
Ancmones limples 
de toutes cou- 
leurs. I 
Anémone , VioJ 
Ictte à peluche ,' 
rouge j & les Ré- 
gates plantées au 
commencement 
de Septembre. 
Cyclamens hyver-' 
naux. 
Ellébore noir. 
Jacintes brumnles. 
Narcilles du Le- 
vant à bouquets 
de diverles efpe- 
ccs. 

Primevères fimples 
de plufieurs cou- 
leurs, ' 



SX FErRfEF. 
Aconit d'Hvver. 
Anemo; es limples 
de toutes cou- 
leurs. 
Anémone à pelu^ 

clie hâtives. 
Crocus printaniers 
Ellébore noir. 
Hépatiques fira- 

pies. 
Iris de Perle. 
Leucoyon à trois « 

feuilles ,ouP-erce 

neige. 
Leucoyon cxaphi- 

Icn. 
Violiers jaunes à 

grandes fleurs , 

font quelquefois 

en fleur en ce 

Mois. 



'i6 Remarques pour la Culture 

Mars, Jacinces Orienca- 
Aconicd'Hyvereft les. 
en fleur efi ce Jonquille firaple à 



Mois. 

'Anémones de tou- 
tes cipeces, 

Chame-Iris de tou- 
tes les couleurs. | 

Ellébore noir, en- 
core, j 

Chelidoine petite,' 
à fleur double. 

Cyclamens prin- 
taniers. 

Crocus printaniers 

Chame-Iris. 

Fumeterre culbeu- 
fe. 

Fritilaires. 

Hépatique double, 
& les iimples en-! 
core. 

Hermodate , ou I- 
ris tubereux. 

Jacintes zumbuli- 
nes. 

Jacinies brumales. 
Jacintes ePcoilécs 
d'Alemagne. 



grand calice. 
Iris de Perfe. 
Leucoyon exaphi- 

lon. 
Leucoyon triphilo. 
Mefereon d'Ale- 

matriie. 
NarciUes à bou- 
quets de toutes 
fortes. 

Narcilïc jaune dou- 
ble commun. 
Narciilc jaune dou- 
ble d'Angleterre. 
Narcilïc jaune iim- 

ple. 
NarciiTe jaune dou- 
ble , dit de Tra- 
( defc[ue. 
Oreilles d'Ours 
hâtif. 
Primevère fimple 
de diverfcs cou- 
leurs. 
Tulipes precoxes. 
Trombous U'Efpa- 



Jf j Vlet^rs', 



2.7 



Jacinte d'Angleter- 
re. 

Jonquille double. 

Jonquille réflexe , 
ou renverfée. 

Iris de Florence. 

Maro-uerites. 

Mulcari. 

Narcilîe à bou- 
quets de toute* 
fortes. 

Narcifle jaune dou- 
ble vulgaire. 

Narciffe d'Angle-, 
terre , dit Trom- 
bon double. 

Narcid'e blanc à 
calice orançé. 

Narciil'e blanc dou< 
ble. 

Oreilles d'Ours. 

Penfée. 

Primevère. 

Pulfatille. 

Ranoncule de Tri* 
poli. 

Tulipes. 
Jacintes Orientales Violerte de Mars, 
tardives 

Ci; 



wne , qui efl: une 
efpcce dejonquil- 
le. 

Violier jaune d'A- 
Icmagne. 
EN A^RIL. ' 

Anémones de tou- 
tes fortes. 

Chame Iris de tou- 
tes couleurs. 

Couronne Impé- 
riale. 

Chevre-feiiille, 

Cyclamens printa- 
niers. 

Deus caninus. 

Fritilaires de tou- 
tes efpeccs. 

Giroflée (impie & 
double , de tou- 
tes les efpeces 

Hépatique double 
eft encore en fleur.' 

Jacintes eftioilées 
d'Alema^ne. 

Jacintes grapucs 
dites grapettes. 



2.8 Rcmanjjics pour la Culture 

E N Ad AT. f Iris bulbeux hâtifs. 



Anapodophylon. 

i\neinone 3. de 
niatchiole. 

Ancholies. 

BJataire de toutes 
les couleurs. 

Chame Iris à feuil- 
le étroite. 

Ci^inus , dit Aubi- 
foin , de toutes 
les couleurs. 

'Caîta paluftrisdou- 
ble. 

Cotilcdon de tou- 
tes efpcces. 

Diritale. 

Flambes de diver- 
fes efpcces. 

Fraxinelle. 

Gladioles. 

Giroflées de tou- 
tes fortes. 

Geranions de tou- 
tes fortes. 

Horminun de 

Crète. 
Heinerocalle jaune 

Jacintcàpanachp. 



Lys Aphodcllc 
jaune. 

Lys orangé hâtifs. 

LychniSjdirJacée, 
double , blanche 
&c rouge. 

Marguerites. 

Mille . feiiiUe , à 
fleur jaune. 

Moly blane , de 
Difcoride. 

Moly à fleur jaune. 

Muguet des Bois , 
ou Lys de vaîée. 

Oeillets de monta- 
gne. 

Oeillets des Poè- 
tes. 

Penfée. 

Prunelle. 

Pivoines de toute* 
fortes. 

Phalangion des Al- 
pes. 

Ranoncules de 
toutes k'sefpeces. 

Rofe commune,dc 
Canelle^deCuel- 



des Tleurs, 
^re , à cent-fcuil-j efpcces. 
les , ôc plufieurs 
autres. 

Saucée. 

Syring.T. 

5eduin ferraruin. 

Sifimbyiiin double 

Talierron purpure. 

Tulipes tardives. 

Valériane de tou- 
tes fortes. 

Vetonique grande 
&petite. 

Violiers mufquez 
doubles ôc /im- 
pies. 
EN JVIN. 

Antirrhinon de 
toutes les cou- 
leurs. 



i5> 



Argemone. 
Clematis pannoni- 
ca. 



Geranion de tou- 
tes efpeces. 

Horminum de 
Crète. 

Hieracium de tou- 
tes les efpcces. 

Jacinte tubcreufe 
des Indes. 

Iris bulbeux. 

Iris maritime. 

Iris jaune varié ,' 
d'Angleterre. 

Lychnis, dit Jacée, 
double , blanche 
èc rouge. 

Lychnis alcynx 
folio. 

Martagons. 

Millefcuilla à fleur 
jaune- 

Nafturtium d'Inde, 
ou Capucine. 



Cyanus de toutes' Oeillets de toutes 

les couleurs. \ fortes. 
Digitale de toutes Orangers. 

efpeces. Ornithogalon à 

Filipendule. épi. 

Giroflée de toutes Penfée. 

C iij 



30 Remarques pourîd Culture 

ocîorifcranr. 



Phalancrion de Vir 

ginie. 
Pied d'aloUettehà- 

tif.^ 
PilotcUe grande. 
Roiîiers fe tiouvct 

encore en fleur. 



Digitale feruginéc 

d'Efpagne. 
Eryngion plannm. 
Fafeol dinde na- 



carat. 
Gancelée. 



Sauge à Fleur blâ- Geranion crifte, & 

che. i celny de Grèce. 

Satyrions de plu- Giroflée. 



fleurs efpeces. 
Thlafpî de Candie, 

& autres. 
.Vetonique, grande 

& petite cfpece. 
Viola pentagonia. 
£N JVILLET. 
jLmbrecte,ou Fleur Lychnis 

du Grand Sei- donica, 



Grenadier à Fleuç, 
double & fimple. 

Jacinre tubereufe 
des Indes. 

Laurier-rofe. 

Limonium. 

Linaire de Crète. 
Chaice- 



Lychnis , dit lacée 
blanche double. 
Marguerites fe 
encore 



Acanthe, ou bran- 

que urfine. 
Bafilic. trouvent 

Campanelle. en Fleur. 

Ciematia , double Millefueille. 

&: fimple. Nafturtium d'Inde 

Cyclamen de Ve- Oeillets. 

ronne. Penfée. 

Cyclamen pourpre Prunelle. 



des Fleurs, 31 

Pied d'alouette 1 Cyclamen pourpre 



double, de toutes 

couleurs. 
Rofe mufcade. 
Rôle d'outremer. 
Soiicy double. 
Thafpi de Candie. 



odoriférant. 

Cyclamen autom- 
nal Byfantin. 

Datura de Tur-' 
quie. 

Elychifon,ou Fleur 



Véronique, grande immortelle. 



& petite. 
Volubilis à feiiille 

de Mauve. 
eN J40VST. 
Ambrette. 
After aticus , ou 

Oculus Chrifti. 
Anaqalis Lufitani- 

ca. 
Belcveder. 
Bafilic. 
Bellis grande d'Ef- 

pacjne. i 

Campanelle bleue, 

6c blanche. 
Canne d'Inde. 
Carline blanche. 
Clematis de toutes 

les efpcces. 
Cyclamen de Vé- 
rone. 



Eryngion ainethy- 
ftinum, planum» 
Gantelée. 

Geaj'ition de Crète 
Geranion trifte. 
Giroflier jaune. 
Grenadier , double 

& fimple. 
Hieracion petit ^ 

des Alpes. 
Jafîemîn d'Efpa- 

gne. 
Jademin jaune _, o- 
doriferant , des 
Inde^. 
Jaciucc tubereufe 

des Indes. 
Laurier- rofe. 
Limonium de tou- 
tes fortes. 
Linaire de Crece, 
C iiij 



3t 'Remarques pour la Culture 

Lychnis , ou Jacéej Vctonique. 
blanche , double.' Volubilis de tou- 



Merveille du Pé- 
rou. 
Millefeiiille jaune. 
Myrte de toutes 

fortes. 
Nafturtion d'Inxie. 
Oeillets d'Inde de 

toutes fortes. 
Orangers. 
PafTe-velours. 
Penfée jaune de' 

montagne. 
Pied d'alouette de 

toutes couleurs. 
Plante de la Paf- 

fion. 
Phafeol nacarat 

des Indes. 
Rofe rnufcade. 
Rofe d'outremer. 
Ritro de Theo- 

phrafte. 
Soucy double. 
Staticé. 
JLhlafpi de Candie, 

femé en Mars , 
ou Avril. 



tes efpeces. 
£ N SEPT8MB. 
Amaranthus tri- 

color. 
Ambrette , femée 

au Printemps. 
Anagaiis de Portu- 

Antirrhinon de 
toutes couleurs. 

Amomon de Pline. 

Aller aticus , ou 
Ocuîus Chrifti. 

Bafilic. 

Beleveder. 

Bellis grande d'Ef. 
pagne. 

Canne d'Inde. 

Campanelle , à 
Fleur blanche. 

Carline, blanche & 
noire. 

Colchiques autom- 
naux. 

Cyclamens d'Au- 
tomne. 

CKryfantheum à 



des TleiiYs, 

feiiille menue. ( 
Eupatorioii de Ca- 
nada. 

Fleur du Soleil. \ 
Girofliers, ! 

Gantelée, bleue Se 
blanche. 
Geranio:i de Crète 
Geranion nifte. 
Gentiane-Je an- 
nuelle, 
Hieracion petit , 

des Alpes. 
Jaflemin d'Efpa- 

gne. 
JafTcmin jaune o- 
dorifcrant des In- 
'dcs. 
Jacince tubereufe 

des Indes. 
Laurier -rofe. 1 

Linaire de Crète ' 
Lychnis blanc , 

double. 
Limonium de tou- 
tes fortes, 
Lys-narcilïe des 

Indes. 
Melonzenc , ou 



55 

pomme d'amour. 
Merveille du Pé- 
rou. 
Millefeiiille jaune. 
Myrte de toutes 

fortes. 
Nafturtium d'Inde 
Nareiile de Perfc 

automnal. 
Oeillets d'Inde de 
tontes fortes. 
Oeillets d'Inde fe 
trouvent encore 
en Fleur. 
Orangers. 
Palle-velours, 
Penfée. 
Pomme dorée. 
Pomme d'Ethio- 
pie. 
Poivrier dinde. 
Plante de la Paf- 

fion. 
Pomme épineufe , 

dite Datura. 
Phalangion de Vir- 



Phafeol nacarat des 
Indes, 



34 Ecmarques pour la Culture 

Pilofcllc grande, i Fleur du Soleil. 
Ranonculedc Por-i Girofliers. 

tug.ll , double &' Geranion tri fie. 

fimplc. Gantclcc bleue & 

Roie mufcade, blanche. 

Rcfe de cous les Jairemin d'Efpa- 

mois. 



Soucy double. 
5taticé. 



Jalîemin jaune des 
Indes. 



Thlafpi de Candie, Jacinte tubereufe 
fcmé au Printëps. ■ des Indes. 

Veronicjue fctrou- Limonium de di- 
ve encore en i verfcs efpeces. 
Fleur. i Lychnis blanc , 

Volubilis pourpré.' double. 

£N OCTOBRE. ■■ Melonzene , ou 

^^maranthus trico- pomme d'amour, 
lor. 

A fier aticus. 

Amomum de Pli 
ne. 

Antirrhinon. 

Bafilic. 

Beleveder. 

Canne d'Inde. 

Cyclamen d'au- 
tomne. 

Colchiques au- 
tomnaux. 



Merveille du Pé- 
rou, 

Milîefeuillc jaune. 

Marouerice fe trou- 
vent fouvent en 
iîéur. 

Narcifle d'autom- 
ne. 

Narcilfe d'Alep. 

Narciiîè de Perfe 
automnal. 

Narcifle fphericjue 



des VlcHTsl 35 

Naflurtium d'In- Véronique fs trou* 

de. i 

Oeillets d'Indes de 

toutes fortes. 
Orangers. j 

Oeillets fe trou-' 
e n 



vent encore en 
fleur. 
Violettes fe trou- 
vent encore en 
fleur. 



vent encore 

fleur. I 

Palle-velours. 
Pcnfée , femée en 

Aouft. I 

Pomme dorée. j 
Pomme d'Etiopie. ; 
Pomme épineufe. : 
Pomme d'Inde. ! 



EN NOl^EMB, 

Ancirrhinon. 

Girofliers. 

Gantelée. 

Marguerites. 

Oeillets. 

Pcnlée. 

Vetonique. 
Phalangium de vir- Violette double. 

Jalîemin d'Efpa - 
gne. 

Rôle mufcaJe , fe 
trouvent en flear. 

Cyclamen de Perfe 
hyvernal. 

Ellébore noir hatif. 

Anémones (impies 
de toutes cou- 
leurs. 



gmie. 

Pilefclle grande. 

Plante de la Paf- 
fîon, ! 

Ranoncule de Por- 
tugal , double & 
fîmple. j 

Rofe mufcade. 

Rofe d'outremer , 
femce au Prin- 



temps. 
Soucy double. 
S ta tic é. 



EN DECEMB, 
Anémones fimples 



3^ Remarques pour la Culture 



de tontes cou- 
leurs Se les pelu- 
chécs haftifs. 

Cvclamcn de Pcrfe 
hyvernal. 

Cyclamen d'hy ver, 
commun. 

Primevère fimpîe. 



Soucy double. 

Oeillets. 

i^.ntirrhinon. 

Girofliers. 

Iris î.clufij/e trou- 
vent encore quel- 
quefois en fleur. 



Des Fleurs odoriferentes. 

LA couîetir 6c Todeur foi-tlcs deux 
principales qualitez qui font aimer 
les Fleurs , mais fçavoir laquelle des 
deux eft préférable , c'eft une queftion. 
Il y a des perfonnes qui n'aiment gueres 
les Fleurs , fi elles ne Tentent bon , & 
ceux-cy préfèrent toujours l'Oeillet à 
la Tulipe. D'autres au contraire , n'en 
font point d'eftat , fi elles ne font re- 
vêtues des plus riches couleurs , c'eft 
à dire des plus vives , & avec cela bien 
diverfifiées. Ceux-cy eftimercnt plu- 
tofl: la Tulipe , que la Rofe ou l'Oeil- 
let. Ainfi on voit la diverfité des goufts, 
& j'eftime qu'en cecy chacun doit avoir 
la liberté de choifir ce qui eft le plus 
conforme à fon naturel : aufîi je ne pre- 



des Fleurs, 37 

tcns pas de régler icy perfonne , mais 
de montrer en cetce cable , quelles 
Fiei)rs font eftimées , à caufe de leurs 
excellentes odeurs. Que fi vous me de- 
mandez encore de celks-cy , quelles 
font préférables aux autres ? la mefnie 
réponfe que je viens de faire , pourra 
fervir. 



Catalogue des fleurs de meilleur odeur. 

OReilIes , Jacinte tubeieax 
d'Ours. I des Indes." 

Boiiillon-blanc. 'jalïemins d'cfpa- 

Chevrc-feiiille. | gne. 

CyaiTUS Bifantin. Jalfemin jaune 

Cyclamen, de Per- d'Inde, 
le , de Vérone, & Iris pour la plus 
Printanier. | grande partie. 

D^tura. • Jonquilles , pour la 

Fleurs de la Paf- plufpart. 
iîon , Vigne , Se Leucoyon bulbo- 
Feve. j fum hcxa philon. 

Geranion trifte. ; Lis blanc. 

Gyroflée double & Lis afpondele jau- 
fimple. I ne. 

Giroflée jaune. j LilacIcalicacJcPer* 

Jacinte Orientale. 1 iïca. 



3S Remarques pour la Culture 

Merveille du Pe- Pomme de Paradis." 

ron. Ranonculcs jau- 

Adczcrcum d'Ale- nss, de Portugal, 

magne. j Automnaux. 

Aluicari, : Roquette fauvage. 

Muguets de bois. Rofes, pour la plus 
Narcifles , pour la grande partie, 
plus grande par- Safran commun, 
tie. j Satyrium odorant. 

Nafturtium indi- 5yringa. 

Tilleu vulgaire. 
Thymelée. 
Violette de Mars. 
Violier mulqué 
double. 



Nard demonta2;ne. 



eu m. 
s^ard d 
Oeillets. 
Orangers. 
Penfées cultivées. 



Des H.rbcs odoriferenles. 

LA diference qu'il y a entre les 
Fleurs de bonne odeur & les Plan^ 
tes odoriferentes , eft que celles-cy 
Tentent bon en toutes leurs parties , 
fleurs , fcliilles , branches , tiges & ra- 
cines , ou celles-là ne Tentent bon qu'en 
leurs fleurs ; &: mefme ce qui eft de 
plus remarquable , eft qu'il y en a de 
telles dont la tcHe de la Pkaite eft de 



des VUîirs, ^9 

trcs-mauvaife odeur , comme le Sureau 
& le Datura à fleur double, donc les 
fleurs font de cres-bonne odeur j mais 
les feliilles & tiges font fi puantes qu'el- 
les font mal au cœur , èc blelfenc le 
cerveau. Ces Herbes odoriferences font 
bonnes à plufieurs ufigesjlcs Cuifiniers 
s'en lervent à leurs fauces , potages , &: 
fciladcs -, les Médecins en beaucoup de 
rencontres , à diverfes maladies j les 
Jardiniers à la décoration de leurs Par- 
terres : mais leur uiage plus particulier 
cfl: d'en faire jonchée au Printe'.nps Se 
en Elle , fur les planchers des filles de 
chambres qu'on veut entretenir fraî- 
ches & de bonne odeur, fi cous les ma- 
tins on en fait apporter de nouvelles 
cueillies devant que le Soleil ait feiché 
la rofée de delïlis. 



Lifle dei Herbes odoriferentes. 

B fin te Ro -' Ai^re^noine odori- 



» 



f[\, maine, Pon-i ference. 

tique, vulgaire j&i Afpic. 

autres. 
Abrotane. 
Acorus veius. 



Athanade. 
Aller luiea odo - 
rata. 



40 Remarcj^Hes p 


our la Culture 


Bafilics. 


nu m. 


Baume. 


MclilFe. 


Calamcnt de mon- 


Melilot. 


tagne. 


Merthe. 


Camomille. 


Origan. 


Coq des Indes. 


Crvales. 


Conyfa odorata. 


Piment, 


Clinopodium. 


Poulior. 


Didamne de Crè- 


Rue. 


te. 


Rofmarin. 


Eupatorium Me- 


Sauges de toutes 


Cux. 


fortes. 


Fenouil. 


Sariet e d'Efté , ôc 


Geranion trifte. 


d'Hyver. 


Hyfoppe. 


Serpollet. 


Herbe à Chat. 


5perula odorata. 


Lavende. 


Stœchas. 


Matricaire. 


Teucriummajus. 


Marjolaine. 


Tragium. 


Marrube blanc. 


Tragorigan. 


Marum Maftice- 


Thym. 



Des Arbres & Arhrijfeanx ton jours verdss 
propres a faire des Befquets dans les 
Jardins de fUiJir, 

N peu trouver dans ce cl"mic 
beaucoup d'Arbies & d'Arbrif- 

feaux. 



O 



def "Fleurs, 4t 

féaux , qui confervent leur verdures en 
toutes Saifons , & qui neantmoins ne 
font pas propres à compofer des Bof. 
quets ; d'autant que pour cet effet il 
faut qu'ils ne craignent point la gelée 
afin de pouvoir demeurer dans les Jar- 
dins en Hyver , auHii bien qu'en Efté: 
de plus ils ne doivent pas eftre de na- 
ture à devenir trop grands avec le 
temps , ce qui obligeroit de les arracher 
alors , pour faire place aux autres , (î 
ce n'eftoit qu'ils peulfent (ouffrir la 
taille; car en ce cas on s'en peut fervir: 
par quoy je ne reprefenteray icy que 
ceux qui font plus propres à cet ufage, 
pour le foulagement des perfonnes eu* 
rieufes qui voudront s'en fervir. 



arbres & jirbnjfeaux tottjours verds. 

ALiterne. ( Haîimus. 
Citronier au- Kermès, 
cunes fois. i Laurier com mun. 

Chanirelea Italica. Laurier Cerilîer. 
Cytifus Maran - Laurier rhy m. 

thae. i Laureole. 

Figuier d'Inde. ; Oliviers. 
Genévriers, ; Orangers. 

D 



"A^ Remarques pour la Culture 



Pyracantha. 
Rof^iiarin. 
Sofcli d'Ethiopiif 



Saviniers. 
Yf. 



J^iftirjnïon des Plantes félon leurs genres. 

IUfqu'à pre/ent il a efté parlé des 
Plantes fclon les diverfes proprietez 
«qu'elles ont , comme d'eftre toujours 
"Verres , d'avoir bonne odeur , ou de 
faire de belles fleurs ; en quoy con/ïfte 
principalement l'ornement des Jardins. 
II refte maintenant à les dillinguer en 
leurs claifes , ou genres , comme elles 
font confîderées en la Botanique. 

La Botanique eil un Art dépendant 
de l'Agriculture qui enfeigne à con- 
noiftre & cultiver les Plantes. 

Plante eft un corps mixte vivant , 
«îoyen entre l'animal Se le minerai , 
ayant fuc Se racine , parquoy il fe fou- 
tient & attire l'aliment qui luy eft con*. 
venable. 

On peut généralement divifèr les 
plantes en deux , conlîderant que» 
Elles font parfai-| faites, 
les , ou impar- 



des Tieury. 



45 



Les plantes parfaites font celles qui 
portent fruits on femences. 
Elles font BoifeiT- i nomment: Arbres 



fes , ou non Boi- 
feiifes. 

Les non Boifeufes, 
font de fix gen- 
res , fçav oir , Fi- 
breufes , Liga- 
menteufes , Bul- 
bcufes, Tubcreu- 
fes , Charnues , 
Genouilleufcs. 

Les Plantes Boi- 
leufcs, c'ed à dire 
qui ont leurs ra- 
cines , tron.cs , 
branches & ra- 
meaux de bois, fe 



cxcedans la hau- 
teur de dix ou 
douze pieds : Ar- 
brilFeaux , celles 
qui ne parvien- 
nent d'ordinaire 
à telle hauteur : 
Arbuftes , ou 
Plantes ligneu - 
fes , celles qui 
font plus petites 
que les Arbrif- 
feaux , Sz les der- 
nières en gran- 
deur de cet or- 
dre. 



Les Plantes Fibreufes , font celles qui 
n'ont que des racines menues & déliées 
comme des fibres ou filets. 

Les L-ramenteufes , ont leurs racines 
plus grolles que les fibreufes , les ayant 
comme menus cordages , ou li?,amens; 
dont les unes font fort longues ^ les au- 
tres plus courtes. 

Les BuUeufes ont des racines fibreu- 
fes ou ligaiïienteiifcs , Se avec cela des 

P'i ' 



'44 'Remarques pour Id Culture 

oignons on bulbes , qni font prcfque 
toutes compofées de plufienrs peaux &• 
envelopes, excepté auiïi quelques-unes 
qui n'ont que des écailles , qui forment 
leurs bulbes à la manière des pommes 
d'Artichaut,qu'on nomme Bulbes écail- 
leufes. 

Les Tubereufes , ont auiïî des fibres 
ou ligamens comme les précédentes, & 
outre cela des Tuberes , qui font raci- 
nes rondâtres de couleur rourte ou bru- 
ne pour la plufpart , n'ayant ny peaux, 
ny écailles , jettent plufieurs tiges , à la 
différence des Bulbes , qui n'en produi- 
fent qu'une à la fois fur chaque oi- 
gnon. 

Les charnues , ont leurs racines groC 
fes & longues fans envelopes , aufquel- 
les font attachées quelques fibres aufîi, 
& les ont feules Se uniques , comme les 
Raves Se Naveaux ^ ou en nombre & 
multipliées , comme les Pivoines & Af^ 
phodeles. 

Les Genouilleufes ont des fibres ou 
ligamens & des racines épailFes qui de- 
meurent à fleur d£ terre , Se ne font 
unies , ou de metine venue ; mais fonr 
comme de plufieurs pièces , qui toute- 
fois fe couvent jointes enfeinble à la 



des Tleurs. 45 

minière d'im gcnouilqui joint U cuiirc 
avec la j.\mbe. 

Les Plantes impaifaites font engen- 
drées de putrefatftion , ou des fucs & 
fels vegetables , ne portant fruits ny fe- 
mences qu. très- rarement , & font en 
comparaifou des plantes parfaites , ce 
que les infcdes font aux Animaux par- 
faits. 

Après avoir donné la définition de la 
Plante , la divifion en fes efpeces ou 
genre fubalternes , leurs dcfcriptions 
ou définitions , il en faut dreflér des ta- 
bles , afin de les mieux faire compren- 
dre , en obfervant l'ordre de leur divi- 
fion , ainiî qu'il enfuit. 



Catalogue dei Tîantes du premier genre» 
OH Boifeitfes. 



Et premièrement des yirbres. 

Carouge , ou Ca- 
roubier. 

Cerifiers. 

Charme. 

Ch.iftaigniers. 

Chiftaignier de 
Cheval. 
D iij 



ABricotiers. 
Acacia de l'A 
merique. 
Amandiers. 
Arborjud^. 
Aune. 
Boulerai. 



4^ "Remarques pour la Culture 

ChcTncs. Micocoulier. 



fleur 



Cormier. 

Cornouiller. 

Cyprcs. 

Erables. 

figuiers.. 

Frefne. 

Grenadier à 

& fruit. 
Guinieis. 
Heftre. 
If. 

Jujubiers. 
Lauriers commun. 
Liec^es- 
Meleze. 
Alcuriers. 



Ncffliers. 
Noyers. 
Olivier franc 

fauvage. 
Ormes. 
Peuplier, 
Pins. 
Plane. 
Poiriers. 
Pommiers- 
Pruniers. 
Sapin. 
Sorbier. 
TiUeu. 
Yeufe. 
Ypreau. 



& 



L'on remarquera qu'il y a beaucoup 
plus d'Arbres que ceux qui font fpeci- 
ncz cy-dcvant ; mais on n'a voulu met- 
tre que ceux que l'on peut avoir allez 
£icilement en France, & dont la culture 
û'eft pas tout a fait inipoiliblCo 



des Vhun, 



47 






A 



Des ArbriJfeaHX. 

Cacia d'E - Coccigria deThee» 
gypce. 



Agnus caftiis» 



phiafte. 
Co'>niers. 
CoiVnafîiei's. 



Alaterne. 

Alifies. Coudrier; ou Noi- 

Amandier nain. fetier Huivage & 

Amomum , ou So- franc. 

lanum arboref- Cytifus. 

cens. Cytroniers. 

Anagitis. ■ Efoine vinettc^ 

Aibouiler. Framboifîer. 

Arbre à poifon. Fufèiin. 



Aubergiers. 

Aubefpine. 

Azarolier. 

Baguenaudier. 

Barba-joiiis. 

Buis. 

Ceriiîer nain. 

Ceterach. 



Geneft dTfpagnc. 
Genévriers. 
Grenadiers à fleur 

& à fruit. 
Groifeliers &c Ri- 

bes. 
Houx commun & 

épineux. 



Petits ChefneSjdits Kalime. 

EfculuSjHcmeris.' JaiTemin commutt,' 
Chamelea trico- d'Alexandrie , à 



cos , des Alpes. 



fleur doubIe,d'Ef- 
pagne^ des ludes. 



4^ TicmarLjues pour la Culture 



Pommier de Para- 
dis , ou de Saint 
Jean. 

Pommiers nains ^ 
ent?zfurceluyde 
Paradis. 

Prunelicr , ou Pru- 
nier fauvage des 
hayes. 

Raifins d'Ours, ou 
una urfina. 

Rhamniîs. 

Romarins. 



de Gtiel- 



à fleur jaune. 

Kermès. 

I.aburnum. 

Laurier d'Alexan- 
drie , Cerifier 
Rofe , Thym. 

Laureolc. 

Lentifque. 

Liiac commun & 
de Perfe, 

Limoniers. 

Mefereum d'Ale-' 
magne. 

]VlyrtcmâIe,àPeur,' Rofiers. 
femelîe , fimpie Rofier 
& double, j 

Nerprun. ' 

Orangers. 

Palivre. 

Palmier étoile. 

Pefchors. 

Piftachier. 

Phillyrea. 

Poiriers nains , en- 
tez fur le Coi- Troefne. 

fgnier, ou Coin-j Viorne, 
dalïier. ' 

On ne doit pas s'étonner de rencon- 

acj: icy ail rang des Arbrifleaux , des 

plantes 



dres. 
Roure. 
Sabincs ^ 

niers. 
Sumac. 
Sureau. 
Syringa. 
Tamaris. 
Terebinthe, 



ou Savi- 



âcs Tic un] 4 ci 

Plantes qui ont cép. elle mi Tes en ccluy 
des Arbres ; car la raifon en eil qu'au 
climat de Paris , elles ne s'élèvent pas 
fi haut qu'en d'autres Provinces j ou que 
par l'artihce del'entagne , elles -meu- 
rent plus balFes. 



S OH!- yir. 



Des P Unies Ligneufes , 
brijfeayx. 

A Spic. 
JTIl Canne ou 

Rofeau d'Inde 

non fleuriiîànte. 
Câprier. 
Chevre-feiiille. 
Cineraria , ou Ja- 

cobée marine. 
Cematis. 
Cneoron de Ma- 

thiole. 
Cyprès ou Abro- 

tonum , femelle. 
Garderobe , ou A- 

On auroit pu mettre un bien plus 
grand nombre de Plantes Ligneufes ; 
mais on s'cft contenté de faire mention 
feulement de celles qui iervent d'otnç-» 
nieat aux Jardins. 



brotonum , niâîe. 
Hylfope. 

Joubarbe arbufle. 
Lavande. 
Marjolaine, 
Plante de la Paf- 

fîoru 
Rue fauvage. 
Sauges. 
Teucrium arboreC 

cens. 
Thym. 
Thymbre. 



50 Remarques pour ta Culture 

Il icftc maintenant à faire voir Tem-' 
ploy de toutes ces Plantes Boifeufes; 
daiitant que les unes font propres à faire 
des Bofquets , des Allées , Se des Ave- 
nues , d'autres des Plants ou Vergers, 
«utres des Efpaliers , autres des Palilïli- 
des hautes ou d'appuy , autres des Bor- 
dures de Parterres , éc enfin les autres 
à couvrir des Berceaux ou Cabinets. 

IL a efté parlé cy-devant des Arbrif- 
feaux verds pour les petits Bofquets 
des Jardins de plaifir des Villes ; mais 
pour les Maifons de Campagne , ou 
l'on taille ordinairement en plein drap, 
l'ony defîre le Bofquet de haute fuftaye, 
comme l'un des principaux ornemens 
de ces lieux-là. Pour cet effet il efl. bon 
de fçavoir quels Arbres y font les plus 
commodes , & les confiderations que 
l'on doit avoir fur ce fujet. L'on y peuc 
procéder en deux façons ; l'une par fe- 
mences , l'autre par plant enraciné. Si 
l'on fe fert de la première manière, qui 
demande un long-temps , l'on doit faire 
élection , entre les Arbres que l'on peut 
facilement recouvrer , des femences de 
ceux qui croillent audi promptement 
les uns que les autres , autrement ceux 
^uî font déplus tardive venue, périront 



des VhuYsl ^l 

fous ceux qui prenant le deffus leur 
oltent tour l'air qui les fait vivre. Si 
l'on mec en ufage le plant enraciné , la 
mefme aonfidcration doit encore avoir 
lieu , fi on ne compenfe adroittement \% 
tardiveté des uns en les prenant déjà 
plus avancez , Sz de plus grand âge , à- 
la hativeté des autres moindres en âge, 
&c en force, afin qu'ainfi cous enfemble 
ils puilFent de mcime venue prendre leur 
accroiiï'ement. Voicy les 
Arbres propres a faire Bofquets de haut:, 
fuji-aye. * 

Acacia de l'Ame- If. 



rique. 


Liège. 


Alizier. 


Meleze, 


Aiborjudaï, 

Aune, 

Bouleau. 


Meurier. 

Noyers. 
Ormes. 


Charme. 
Chaftaigniers. 


Peuplier. 
Pins. 


Challaignier de 


Plane. 


Cheval. 
Chefnes. 


Sapm. 
Sorbier, 


Cormier. 


Sicomore, 


Cornouiller. 


TiUeu. 


Erable^. 


Tremble, 


Frefne. 


Yeufe. 


Heftre. 


Ypreau, 

Eij 



5) t Kef)?aYques pour la Culture 

ON pratique des Allées dans Jcs 
Boiqiiets, pour y prendre le plaifir 
Se la fraîcheur de la promenade -, & l'on 
defire -quelquefois qu'elles ioient cou- 
.'vertes , ou bien à Ciel ouvert. Si Ton 
[Veut de celles-là , on les bordera prin- 
jcipalcment des Arbres qui fuivent. 

uirbrei a faire .AUées couvertes. 



p\cacia de l'Amé- 
rique. 

j(2hafi:aigner de 
Cheval. 

^Noyers. 



Ormes. 
Sicomore. 
Tilleu. 
Ypreau. 



C Elles qu'on voudra à Ciel ouvert, 
doivent eftre bordées des autres 
[Arbres du Bois , qui s'élèvent plûtoH: 
'en hauteur qu'en largeur j ou bien fi 
l'on y employé tous arbres indifferem- 
'nient , il les faudra fiire tailler au croif- 
fant. Il y a encore une autre forte d' Al- 
lée à Ciel ouvert qui efl: bordée de Pa- 
îilîàdes, à laquelle s'accommodent plus 
heureufemcnt & plus agréablement le* 
fui van s. 



des Tlcurs, 



îS 



^Arhrei commodes a faire Palijfades AliH 
Allées des Bo fouets. 

Charme. | Erables. 

Cyprès. | 

L'On fait ordinairement puifienr^ 
Allées , que Ton nomme Avenues, 
par lefquelles on aborde les Maifons 
de Campagne. Les Arbres qu'on y em- 
ployé , font le plus fouvent ceux qui 
fui vent. 

Arbres propres a faire les Avenues deS 
A'îaifons de Campagne, 

Acacia de l'Ame- i Ormes. 

nque. - I Peupliers, 

Cenficrs. ! Pins. 

Plane. 



Chaftaigniers. 
Chaflaigner de 

Cheval. 
Coudriers. 
Cyprès. 
Meuriers. 
Noyers. 
Oliviers. 



Poiriers. 

Pommiers. 

Pruniers. 

Sicomores. 

Tilleu. 

Trembles, 

Ypreau. 



L 



Es Plans 6c Vergers ne difFeref?*- 
qu en ce que ceux - la font cm 
£ iij 



'54 E cm arques pour la Culture 

pleine Campagne , ceux-cy enclos de 
mius , ou du moins de hayes. Ils font 
compofez d'Arbres plantez ordinaire- 
jnent à la ligne , ou d'une forte d'Ar- 
bres , félon la nature du terroir , ou de 
plufieurs fortes , lors que la terre les 
peut fcuffrir. On n'employé gucres que 
les fruitiers , qui font ceux qui fui- 
vent. 

'arbres <^ni entrent en la cowpojîiion des 
PUns & J'ergers, 



"Abricotiers. 

Amandiers. 

Aube-giers. 

Azarolieis. 

Cerifiers. 

Chaftaigners. 

Coigners. 

Coignaflîcrs. 

Cormiers. 

Cornouillers. 

Cytronniers. 

figuiers. 



Grenadiers. 

Guignjers. 

Jujubiers. 

Limoniers. 

Neffliers. 

Noyers. 

Oliviers francs. 

Orangers. 

Pefchers. 

Pommiers. 

Poiriers. 

Pruniers. 



Hacun fçait allez que les Plantes 
'propres a faire hayes font les fui- 



vantes. 



des 

Aubefpines. 

Coudriers. 

Hlpine viuetce. 

Fufan. 

Nerprun. 

B:ilivre. 

Prunelicr. 



Tleurs» 

Rhamits. 
Ronce, 
Roficrs. 
Sureau. 
Et autres 
fauvages. 



5? 



Arbres 



IEs Efpaliers qui font dredez pro- 
^clie des murs , fe font à diverfes 
fins. Car on les fait , ou à delîein d'ofter 
la veuc des murailles , ou bien pour 
mettre les arbres qui les compofent , à 
couvers des vents 5c des gelées , ou faire 
ainfi meurir mieux leurs fruits. Si c'eft 
afin de ne borner la veuc que par la 
verdure, les Arbres ôc Axbrilleaux tou- 
jours verds y font les plus agréables. 

iy^rbres loii jours verdi , agréables a faire 
Ejpiiliers pour ofttr la veué des mnrs» 



Alatcrnes. 
Bilis. 

Chefnes verds. 
Cyprès. ' 

Houx. ! 

Tafmin commun. 
Laurier , Ccniîer , 



Rofe, Se Thym. 
Lierre. 
Myrtes. 
Pervenches, 
Phillyrea. 
Romarins. 

E iiij 



'5^ Remarques pour la Culture 

ENcore que les Plantes fuivantes ne 
foient pas toujours verdes , on ne 
lailFe pas de s'en feivir afTez fouvent. 

jîutres (jHt jferdent leur verdure , doMt on 
fe fert encore pour faire Effaliers. 

Capriet. 
Charme, 
Chevre-feiiille. 



Clcmatis. 
Coigners. 
Coiçnafïïers. 
Coudriers. 



Grenadiers. 

Lilacs. 

Piftachiers. 

Rofîcrs, 

Syringa. 

Troèfne. 

Treille à Verjus. 



ON fe peut encore fervir des Plan- 
tes qui fuivent j mais c'efl: à re- 
commencer tous les ans j dautant que 
ia plufpart périt entièrement chaque 
année , ou au moins tout ce qu'elles 
poulfent hors de terre. 



Balfamine , femel- 
le. 
Convolvuîus. 

Latyrus. 



Pepons. 
Phafeol des Indes. 
Plante de la Paf- 
fîon. 



Nallurtium d'Inde. Tolubilis. 



L 



vans. 



Es autres ETpaliersTont compofez 
des Arbres , ou Arbriiïèaux fui- 



des Fleurs, 57 

jifhres OH Arbujl^cs à fruits pour la plus 
çrande partie , dont on fait Efpaliers, 

Abiicotiers. ; Jadèmin d'Efpa- 
Amandier nain. j gne. 
Aubeigiers. Limoniers. 
Azarolier. 1 ^Pefchcrs. 
Cerifier nain. : Poiriers nains. 
Cytronniers. 1 Pommier de Para- 
Figuiers. I dis. 
Grenadier à fieur Viennes rares. 
& a truie. | 

LEs Paliiîades différent des Efpa- 
licrs , en ce que ceux-cy font tou- 
jours épaulez d'un mur,(5<: celles-là font 
face de deux coftez , bordant ordinai- 
rement une Allée , Se la fcparent de 
quelque Parterre. On peut les réduire 
à trois fortes , la première haute, qui 
borne la veuc , & rcmpefche de décou- 
vrir ce qui efl: de l'autre cofté ; la fé- 
conde d'appuy , fur laquelle on fe pour- 
roit commodément accouder, lailïànt la 
veuc libre par dellus ; &: la troifîéme 
balfe , que la veuc commande de haut 
en bas. 

Les Palidàdes hautes dont on fe fert 
comme de murs pour feparer une partie 



5^ Remarques pour la Culture 

du Jardin d'avec Taiitre , fera rarement 

£iice de fruitiers , mais bien des arbres 

iuivans. 

Acacia de l'Ame- Cytronniers. 

rique. Erables. 

Alaternes. Figuiers. 

Chclnes vcrds. Grenadier à fleur 
Charmes. 6i à fruit. 

Chaftaigner. Laurier commun. 

Coudriers. Limoniers. 

Cyprès. 

Remarquant fur ce fujet , que ces 
fortes de Paiiflâdes reu/îilfent mieux 
d'une feule forte de ces Arbres que de 
plufieurs mêlées coiifufément enfcm- 
bie. Il eft vray qu'avec les Cyprès il eft 
bon de joindre quelques autres Arbres 
qui fallênt liaifon ; dautant que ceux- 
là n'en faifant point du tout , la Palilîà- 
de n'en eft pas ny bien affermie , ny de 
bonne clofture , lailUmt toujours l'ef- 
pace libre entre deux Arbres. 

Les autres Paliffades , depuis celle 
d'appuy qui doit cftre de trois pieds & 
demy à quatre de hauteur, jufques à 
huit ou neuf pieds , peuvent eilre faites 
de tous les Arbres fuivans. 
Abricotiers. Azaaolier. 

Alaternes, Boiiis. 



fleur 



des Tic un, 

I O rangers. 
Phillyrea. 
Piltachier. 
Poiriers. 
Pommiers. 
Pruniers. 
Rofiers. 
Rofiers de 

dres. 
Romarins. 
Syrin<^a. 
Troëfne. 



5^ 



Guel- 



Charme. 
Cerifîers. 
Coigners. 
Coignaiïicrs. 
Grenadier à 

&■ à fruit. 1 

Guigniers. i 

Houx. I 

Laurier , Cerifier 

& Thim. I 

Lilac commun de 

Perfe. 
Myrrhes. 

Ces Arbres néanmoins ne feront pas 
employez indifféremment enfemble, car 
les fruitiers s'accordent fort bien entre 
eux ; mais non pas avec les autres. Ceux 
qui font toujours verds doivent aulîl 
aller enfemble, Se non point avec ceux 
qui mettent bas leur verdure. Enfin ceux 
qui fe dépouillent , Se qui ne font pas 
du rantr des fruitiers.feront mis en ufa^e 
encore en particulier. 

Les Palilîades au deflbus de celles 
d'apuy, fe font ordinairement des Plan- 
tes fuivantes. 
Abrotonumfcmel- j Afpic. 



le. 

Amandier nain. 



BoUis. 
Framboiflers, 



^o Remarques pour la Culture 



Rue. 
Sauges. 

Teucrium arboreC 
cens. 



Grcifeilliers. 

Hyllope. 

Lavende. 

A-iyithes. 

Ribes. 

Obfervant de n'employer en chacune 
de ces Paliiîàdcs bailès qu'une feule de 
ces efpeccs de Plantes daufant qu'ou- 
tre l'inégalité de leur verdure ^ qui ne 
caufercit pas un bel effet à la veuë, vou- 
lant eftre cultivées & taillées diverfe- 
ment, elles ne reiifïïroient pas enfemble. 

Pour les bordures de Pîatte-bandes, 
Careaux , & Planches , dles peuvent 
eftre faites de 



Biiis. 
Fraifiers. 
Hyffope. 
Joubardes. 
Myrthes. 
Nompareille » ou 



très petit Oeillet 

des Alpes. 
Sauges. 

Staticé de Pline, 
Thym. 
Violette de Mars^ 



Quand aux bordures des Parterres 
coupez , ou de broderies , l'on y em- 
ployé plus communément le Boiiis , ou 
le Myrte , 6c quelquefois les Violettes 
de Mars ; mais il faut retailler conti- 
nuellement, néanmoins elles ne lai ffent 
pas de faire un affez bel effet dans Tes 
grands lieux. 



des Vlcîtrsl 6\ 

Tout ce qui a efté dit cy-devant de 
l'employ des Plantes Boifeufes & Li- 
gneufes enfuite de leurs Catalogues^ 
n'eft: pas de TAutheur , néanmoins oîi 
l'y a joint , comme eftant chofe du fujet, 
& mefmes necellaire pour faire voir a 
quoy elles peuvent élire employées. 

hifte de qnel^Hes Plantes Fibreufes , q:il 

fe trouvent oriin.nirement dafis 

Us lardins de pUiJîr, 



ABrotone. 
Adiante. 

Ambrette, ou fleur 
du Grand Sei- 
gneur. 

Amarante , ou paf- 
fe-velours. 

Amarante de trois 
couleurs. 

Anagallis^ou Gref- 
fon. 

Anchclies. 

Anémone troifié- 
me de Mathiole. 

Anthirrinon. 



Afîzemone. 

Armeries. 

Aller purpuL-é dç 

Monrasiae. 
Aubifoin, dit Cya- 

nus. 
Balfamine,mâle Se 

femelle. 
Bafilic. 

Baume,ouMcnthe. 
Bellis grande d'tf- 

pagne. 
Beiveder. 
Blattaires. 
Bouillon blanc. 



6i Remarques pour la Culture 



Campancllcs. 

Camomille. 

Cradamine. 

Condrille. 

Cotiledon. 

Chryfantemon. 

Coq. 

Coqnelicoc,ou Pa- 
vot des bleds. 

Coquelourde , ou 
Oeillet Dieu, ou 
Lychnis corona- 
ria. 

Cortufe de Ma- 
thiole. 

Cotiledon. 

Cyanus , ou Aubi- 
foins. 

Digitales. 

Elichiyfon,ou fleur' 
immortelle. 

Eryngion. 

Eupatoire de Ca- 
nada. 

Figuiers d'Inde, 

Filix. 

Gantcîée. 

Gentiauellc, 

Geranioii deCrete. 



Girofflier , ou Vio- 

lier. 
Hedifaron Clypea- 

tum. 
Hépatique. 
Hieracius. 
Joubardes." 
Limoniuin. 
Lonchitis. 
Lychnis , ou Jacée, 
Lyfiniachie. 
Marguerites ou 

Betlis. 
Marrube. 
Matricaite j ou Ei^ 

paigoute. 
Malanzene,ou Po- 

mes d'amours. 
Millefeuilles. 
Muguet. 
Mufcipula. 
Nafturtium. 
Nivelles. 
Oculus ChriftijOH 

After aticus. 
Oeillets. 
Oeillets d'Inde. 
Oreilles d'Ours. 
Palïe-velours, 



des Vlcurs, ^5 

Sarietcc d'Efté. 
Soucy double. 
Seabieufe de Mon- 



tagne. 



Pavots. 

Pavot épineux, 

Penfées. 

Pervenches. , - c-- 

Phafeol nacarat des Veconique, 

Indes. j Violier mufqué 

Poivre d»'Inde. double. 

Pomme d'Etiopie. \ Violiers , ou Vio- 
Pomme dorée. i lettcs de Mars. 
Pomme d'amours. I 

Catalogue des Plantes Li^annemtHfes plus 

fréquentes dans les Jardins de 

plai/ïr. 



ALoë. 
Alphodeles. 
Canne d'Inde. 
Carline. 
Caltha paluftris. 
Chelidoine 

double. 
Condrillc. 
Elebore. 
Eryngion, 
Filipendula. 



FranxineJIe. 
Geranion triftc. 
Hieracium. 
Lys Afpodelle,jau- 
ne. 
petite Palle-Rofe. 
Pivomes. 
Ranuncules, 
Sefamoides. 
Stachis de Alont- 
pelier. 



Fleur du Soleil. 

On a rangé icy les Plantes qu'oi^ 



64 Rcfndrqiies pour la Culture 

nomme vulgairement Grumeufcs avec 
les Ligamenteufcs , d'autant qu'elles ne 
diftcrent enti'clles , que par la grandeur 
ou petitelle de leurs ligamens. 

Blantes Biilbeufes , cfue Von cultive dam 
.les Jardins des Curieux. 

, Lys narcilTès. 



Colchiques. 
Crocus. 



Martagons. 



Couronnes Impe- Moîys. 



/ 



naîcs. 
Fritilaires. 
Fumeterre. 
Gladioles. 
Hemerocalles. 
Jacinte. 
Iris, 

Leucoyons. 
Lys. 

Plantes Tnlereufes pins curieufes. 

Aconit d'Hyver. i Calceolus Ma - 



Mulcaris. 

NarcilFes. 

Ornichocralons. 

Pancration. 

Safrans. 

Squille. 

Silyrinchium. 

Tulippes. 



Anémones à peti-j 
tes feuilles & à 
larges feiiilles. j 

Aron des Indes. .1 



nx. 

Condrille. 
Colocaffia. 
Hermodate. 



Bafîinet des prez, Jacinte. 



double. 
Cyclamens. 



Serpentaire. 

Q^elqHCi 



des Fleurs: 6^ 

Quelnuei Plantfs Charncufes , on 
Charnues. 

Acanthe, ou Bran-' I.achyms.. 

que urfme. . '. Raves. 

Bece. I 

Ces Plantes font feulement pour fer- 
vir d'exemple 5 daucant que de cette 
efpece on n'en cultive gueres dans les 
Jardins à fleurs , que la Branquc urfine; 
& le Lathyrus. 

Quelques Plantes Genouilleufes, 

Chame-Ir'is. Flambes. 

Cclles-cy pareillement ferviront d*e^ 
xemple. 

Q^el<^nes Plantes imparfaites pour [srvit; 
d'exrmple. 

Champignons. | Guy. 

Coral. Lychen. 

Cufcute. ! MouÛes» 

Efponges. \ 






(^6 Remarques pour la Culture 
TRAITE' 

DES (EILLETS> 

ET LA MANIERE 

de les cultiver. 



De l'Excellence de cette Fleur, 

LEs Curieux engagent au combat 
rOeillet avec la Rofe , pourfça- 
voir fi l'un fera le Rov , &c l'autre la 
Reyne dans la petite Monarchie des 
"Fleurs. 

Pour moy j'admire comme une grai- 
ne ( qui n'eft qu'un atome) ayant pouifé 
quelques feiiillcs , courtes grolîes , & 
fînilïant en pointe -, & en fiaitte jette 
plufieurs tiges rondes & noiieui'es , ve- 
nant enfin peu à peu à fe fortifier, voila 
des tendres branchettes qui fortent de 
a cime , au bout defquelles la main 
d'un excellent Ouvrier attache de pe- 
tits tuyaux verts , découpez & chiq^ue- 



des Vleurs. 7S 

tez aux extrcmitez , lefquels voulant 
cpanoliir & montrer les trefors qu'ils 
enfeiment, un poinçon de couleur com- 
mence à paroiftre qui petit à petit fenc 
la preflTc , & par un fecret accroitrement 
prend des forces pour fe mettre en li- 
berté , & ouvrir la prifon étroite qui le 
tient efclave. 

Ce qu'ayant tranché elle fe jette de- 
hors, défait les plis de fes feliilles, affine 
fes couleurs , tire du fond de la fleur 
trois menus cheveux d'argent , de l'efl- 
pace de pludeurs jours agence joliment 
en rond fa délicate dentelle, remerciant 
avec ufu.re la main foigneufe du Jardi- 
nier qui la cultive par la beauté de fes 
couleurs , 'ic la douceur de fon mufc , 
dont elle embaume l'air : Beauté d'au- 
tant plus rare que la cofte de l'Oeillet 
eft groire èc longue , que la couleur eft 
vive & naturelle , que le panache e(t 
grand <3c bien étendu depuis le fond de 
la fleur jufques aux extremitez , &c qui 
jette fans crever , les feiiilles avec uni 
as^reable confufion. 

Et voila rOeillet, que les uns croyent 
ainfi nommé pour marqua de fa beauté, 
ne fervant pas moins à relever l'éclat 
de nos Parterres , que les yeux à enri- 



^8 I{cm arques pour la Culture 

dm le vidij^ic de nos morcelles Deelfes, 
dont ils font le principal ornement , 6c 
comme les agréables Idoles , à qui on 
prefente des Sacrifices fur ces Au'tels 
animez. 

D'autres l'appellent Giroflée , d'au- 
tant qu'elle répand une fuave odeur de 
Clou-dc-girofle , ôc que plufieurs élè- 
vent avec fi grand foin & curiofité , 
qu'il fcmble aujourd'huy qu'crtant preC 
que le dernier venu , il foit le premier 
en eftime , d'autant qu'il ne fe dérobe 
point à nos yeux Teipace de neuf ou dix 
mois , comme fait la Tulipe ) fi fort 
néanmoins en eftime ) pour montrer 
puis après huit ou dix jours fon écar- 
îate rayonante , & fon émail de diverfcs 
couleurs , puis qu'en tout temps il étale 
une belle verdure , donne des fleurs au 
plus fort de l'hyver , 5c n'enfanglante 
point nos mains en le cueillant , comme 
fait la Rofe par fes épines. 

Sa naijfance parmy les Fleurs. 

CEtte petite Graine eftant entée en 
terre, germe en bien peu de jours, 
êc par fes minces chevelures s'attache 
fortement à fa mère nourice , dont elle 
tire fon principal aliment , pour iioiis 



dcf Fleurs. 69 

donner en fa Saifon des fleurs confor- 
mes , autant qu'il eft en elle , à la tige 
dont elle a efté tirée ; Et pour nous in- 
ftruire aufîi bien que le grain de fro- 
ment de la Refurrediion général des 
Corps à la Confommation des Siècles, 
nonobftant la Pourriture de nos Tom- 
beaux , & le combat des Elemens qui 
nous a réduit en cendre ; puilque Tun &c 
l'autre demeureroit fteril s'il ne mouroit 
dans la terre , comme nos corps fans 
aucun falaire de leur mérites , fi après 
une honteufe Sépulture ils n'eftoient 
rappeliez à une meilleure vie. 

Le nom <è' les vertus de cette Fleur. 

1E fçay bien mon Lecteur , que fous 
ce nom d'Oeillet, il y a plufieurs 5c 
différentes efpeces de cette Fleur qui 
compofent diverfitez de noms , 6c qui 
en pouroient établir Se conftituer un 
genre particulier , comme Armeria , Su- 
perba, Ayacinthus , Tnnica , Vetonica, 
Flos Africanus , Othonna , Staticé , 
Mulfcipula , five Armoraria , que les 
François dénomment Oeillets , comme 
Oeillets d'Inde, Oeillets dePoëte, Pe- 
tites amourettes , & que les Latins mo* 
dernes comprennent fous le nom de 

F iîj 



70 Rem ctrque s pour la Culture 

Cariophylus tant à lAiion de leur rc- 
fcniblance à l'œil pour les François, 
que de leur odeur de Clou-de-girofle 
pour les Latins. Mais mon dcilcin eftant 
tout particulier , fi dcfïrez avoir une 
partaitc connoilïànce de toutes ces ef- 
peces , je vous renvoyé aux Autheurs 
qui en ont très - amplement traitté , 
comme Dalechans en fon Hiftoires des 
Plantes i Lobel ôc Pena en leurs Obfer- 
varions, 8c Dodonée au Livre des Plan- 
tes Coronaires.Pour moy jeme reftrains 
à la feule efpece qui a plus d'éclat entre 
toutes les autres , Se qu'un chacun efti- 
me plus particulièrement comme l'uni- 
que Fleur 6c le favory du Jardin des 
Curieux, les autres efpcces eftant plû- 
toft pour les amateurs de la Médecine 
ôc des Plantes en gênerai , que pour la 
fatisfadlion de ceux qui s'attachent feu- 
lement à la beauté. Renfermant donc 
mon difcours dans les bornes de la re- 
ftriârion que j'ay prife ^ je diray que 
plufieurs courtifent l'Oeillet , qui n'en 
fçavcnt pas le véritable nom , foit pent- 
eftre que jadis elle n'ait pas efté en efti- 
me , foit que mille autres fleurettes qui 
iuy reflèmbîent l'ayent confondue par- 
my une nniltiuide de Plantes des Prcz, 



des Fleurs, 71 

des Campagnes, de des Jardinages, ainfî 
que j'ay remarqué cy-devant. On l'ap- 
pelle communément Oeillet , à caufe 
de fa beauté 6c de la conformité qu'il a 
en fa figure à l'Oeil , cette precieufe 
partie du corps humain , foit que ceux 
qui ont fait l'anatomie de l'un & de 
l'autre , y rencontrèrent proportion des 
trois humeurs vitrée, criftalin, 8c ^lobe 
d'eau que les tuniques y foient fembla- 
bles , laragnée , la rediculaire lunée, 
la dure de déliée ; foit qu'il s'y trouve 
de tendres filamens qui correfpondent 
aux mufcles , qui fupportent , condui- 
fent , mènent & ramènent ces deux 
beaux Aftres du miciocofme. 

Quelques-uns le prennent pour la 
Giroflée , Se leur raifon aveugle, efi: la 
fuave odeur du Cloude-gncfle qui en 
fort, ôc qui embaume ceux qui le por- 
tent. 

t)'autres le font palTèr pour un Nar- 
ciffe, tant la difpolltion de cette Fleur, 
la variété de les couleurs , la verdeur 
de fonfeiiillage, l'abondance 6c la durée 
de fes boutons leurs plaifent. 

Enfin ce que le vulgaire appelle Oeil- 
let , les Sçavans l'ont nommé Tunica, 
& nous alTeurent que de fes petites 



7^- Kcmanjues pour h Culture 

feiiilles on peut faire un Vinaigre très-, 
dclicat lequel non feulement reçoit la 
grâce de la fivcur de cette Plante, mais 
contient en foy par infufion une vertu 
animée , qui fait que d'ordinaire dans 
ce Vinaigre naift & fourmille une quan- 
tité de petits Vers , qui vivent Se fe 
nourrillcnt dans cet elprit acide qui 
caufe la corruption & la mort aux au* 
très Animaux , lefques font aufïï petits 
que des Atomes , ik ne paroi lîbnt quç 
dans leur mouvement ; ledit Vinaigre 
n'en devient pas toutefois mal fain , Ci 
on le met en fauce ou en falade. Pour 
ce qui eft de ces petits Vers , j'eftime 
(comme je montreray au Chapitre des 
Maladies ) que ce font les mefmes en- 
nemis qui ont perfecuté noftre Fleur du- 
rant fa vie , qui l'accompagnent après 
fa mort, & la fuivent jufques au tom- 
beau. 

L'Oeillet eftant alambiqué 6c diftillc 
en eau , fert d'un reraçde exquis pour 
le mal caduc. Mais fi on en compofe de 
la conferve , c'eft la vie & les délices du 
cœur humain, a^ité de quelque batte- 
ment ou palpitation extraordinaire, puis 
qu'il s'appaife & devient tranquille ^ 
auili-to 11. qu'il fenc dans l'eftomach la 

moindre 



des Vleurs, 



75 



moindre partie de cette douce manne. 

Expérience fans doute qui luya don- 
né le titre du généreux Ajax dedans nos 
vieilles Fables , puis qu'outre ce porc 
agréable de £3. tige ^<. de les Fleurs, qui 
jî'a rien de rampant contre terre , mais 
je ne fçais-quov de noble & de maje- 
ftucux , il a encore cette perfedbion & 
qualité fecrete , d'affermir \û cœur de 
l'homme tremblant par lâcheté , ou par 
infirmité , & de le remettre dans foa 
alîlette naturelle. 

Les divers Noms que les Curieux Iny 

ont donné. 



LA Sainte 
Cr/oix. 
L'Impérial. 
Le Royal. 
L'Admirai. 
L'Archiduc. 
Le Duc. 
Le Prince. 
L'Au^ufte. 
La Reine des 

Fleurs. 
La Marquife. 
Le Parifîen. 
Le Picard. 



Le Bourdelais. 

Le Tournefien pur. 

Le Tournefien vio-. 
let. 

L'Allemand. 

Le Portugais. 

Le ens de RoUe», 

Le Saint Denys. 

La Sainte Marthe, 

Le cTiis de Paris. 

Le Boifliconte. 

Le Beau Vaillant. 

Le Gris delà Rei- 
ne. 

G 



74 îlcmdrc^uçs four h Culture 

I.'Obertin. 
Le Pourpre Oua- 
Jon. 



Le Nomp:ircil 



gcanr. 
Le Mommorcncy. 
De Creil pur. 
De Creil panaché. 



LeCinquante mille Morillon violet. 

francs. Morillon de Gan. 

L'Incarnadin de \ Morillon Pourpre. 



Chalis. 
Le Solorc. 
Le Rubican. 

Le Nacarat. j geois. 

L'Incarnat de Pif- Le Monftre , oa 



Morillon la Viizne. 
M orillonMadame, 
Morillon Bour - 



Crcftede Coc. 
L'H ermite. 
Le Sauvage. 
Le Pauvre. 



le. 

Le Marbrié. 
Le Celeftm. 
Le Cappucin. 
, L'Augurtin. 
Le Pourpre E - 

rotiard. 
Le Suilï'e Violet. 
Le Hulot blanc. 
Le Hulot gris. 
Le Hulot tiqueté. 
Le Colombin pur. 
LeColombin chan-' 

Ce font les beaux noms des Oeillets, 
^ plufieurs autres à moy encore incor- 
jms , que les Curieux ajouteront s'il 
Içur plaiit à ce Chapitre : Oeillets di--^ 



L'Huguenotte. 
L'Antihuguenotte. 
Le Marbré. 
La Provence. 
Le Grain fec. 
Le Beau Soldat. 
Le Gris d'Aras, 
La Plante. 



des Vlcurç. 7Ç 

ftinéls feuletnenn en couletu-s , &: les 
cnfans de difl-orcns Pères , qui les oiic 
veii tous les premiers fleurir lous leur 
conduite !k. jettcr des boucons & des 
fleurs , non encore formées par la Na- 
cure. 

Leplailîr qu'à y a den élever quel- 
«jue beau & rare , outre le profit qu'il 
apporte a fon Maillre , ell: de le voir 
vilîte de plufieurs Jardiniers , efperans 
en tirer quelque douceur, & courtifé 
Je quantité de Perfonnes^^de condition 
&:de mente, qui viennent en examiner 
toutes les parties , remarquer le feiiil- 
lage , diftinguer les couleurs , y trouver, 
ou cacher les défauts , lelon l'elprit gé- 
néreux ou envieux qui Tanime , & ce 
avec le petit pofnçon d'argent qui en 
développe les merveilles pour ne pas 
altérer fa beauté par Tattouchcment 
d'une ma-n échauffée. 

Je louhairte iouvent cette bonne for- 
tune à tous ceux qui le cultivent , à la 
charge qu'ils le feront tirer au naturel 
par quelque adroit pinceau , & qu'il 
nous en confervent la race , fi non &.\ 
tfte: , du moins en peinture. 



Gij 



7^ Remarques pour la Culture 

Les différentes couleurs de cette Fleur. 

L'Intcrcfl: & la curiofitc ont inventé 
pliilicuis moyens de panacher & 
chaniaier de diveries couleurs les Fleurs 
de nos jardins , comme de faire des 
Rofes vcrdes , jaunes & bleues, de mê- 
me en bien peu de temps donner deux 
ou trois coloris à un Oeillet , outre ion 
teint naturel. Par exemple ayant pul- 
verifé de la terre gralfe cuite au Soleil, 
& l'arroufant puis après refpace de 
quinze ou vingt jours d'une eau rouge, 
jaune ou autre teinture , lors que l'on y 
aura femé la graine de cette Fleur d'une 
couleur contraire à cet arroufoir artifi- 
ciel. 

Quelques-uns l'ont femée & grcfFée 
dans le cœur d'une ancienne racine de 
chicorée fauvage , la reliant puis après 
étroittement , & l'environnant tout au 
tour d'un fuminer bien pourry , d'où 
on a veu fortir ( par le grand foin du 
Jardinier) un Oeillet bleu, autant beau, 
qu'il eftoit rare. 

D'autres ont enfermé dans une petite 
cane bien déliée èc frefle, ttois ou qua- 
tre graines de noftre Fleur , la couvrant 
foigneufemcnt de terre & de bon fu- 



des Vhurs. 7^ 

mier -, Icfqaelles femences de diverfcâ 
ti2;es fe metcans toute en une, & n3 
fnfans qu'une racine , ont cnfuite pro-^ 
duit des branches admirables pour I<li 
divcrfitc Se variété de leurs Fleurs. 

Enfin quelque fubtil Fleurifte a apJ 
^iqué far une tige divers écufrons 
d'Oillets diffèrcns , qui ont poulie des 
Fleurs de leur couleur naturelle , di qui 
ont ravy les yeux des Ignorans , ne {co.-^ 
chans pas la caufe de ces diverfes pein-^ 
tures. 

Mais /ans tous ces artifices qui iowt 
un grand effort à la Nature , la violen- 
tant à produire ce qu'elle ne veut pas,^ 
Se la forçant d'accommoder fa fevc à 
un écuiFon étranger, lequel ayant lan- 
guy quelque temps caufe fouvent L-t 
mort à la tige qui luy a donné la vie,' 
punilFant ainii la curiofité d'une maim 
trop hardie. 

C'eft une récréation innocente de 
voir cette Fleur d'un fatin blanc comme 
neige, cette autre d'une écarlatc étin- 
celante, celle-cy enfanglantée de mille 
petits filets , c^lle-là détranchée d'une 
agréable confufionde brillantes étoilles 
fur un fatin rouge ou colombin. 

AlFez fouvent il arrive que fur une 
G iij 



7S Rcmarcjucs pour !d Culture 
mefme tige le Suiflc prend diverfes li- 
vrées (5c chamarre fcs vcflcmemens de 
paflcmens bien fantafques. Bref pour 
tout dire en un mot , la palette du Pein- 
tre chargée de carnation , de fin azur de 
laque de Venile , de cendrée , de verd 
de terre,de maflîcoc, de blanc de plomb, 
ôc de vermillon d'Elpagne , ne fournit 
pas encore les mères couleurs neceflâi- 
res à fon imagination pour en tirer, une 
parfaite image. 

Et après tout, un peu de foin & de 
boup , deux poignées de terre , &c un 
rayon de Soleil , produifent tous ces 
miracles, que toute l'induftrie des Hom- 
mes , le pinceau des Maiftres les plus 
habiles , & le burin le plus hardy , ne 
peut contrefaire , aflez glorieux d'en 
cftre le petit copifte , ôc de nous faire 
connoiftre par le nom de la Fleur qu'il 
t^rave au bas de fon ouvrage , qu'il n'a 
pu nous exprimer ce qu'il eft contraint 
de nous dire. 

Ce qui fait , mon cher Lcdcur , que 
je vous invite d'en reconnoiil:re 1 Au- 
theur , pour avouer ingenucment avec 
moy, à moins d'eftrc un aveugle volon- 
taire , que Dieu a tellement compofé 
toutes les créatures, que l'on ne peut en 



des Fleurs, 7^ 

êximinei- la moindre, fans y rcncontrcc 
aiifTi-roft quelque trait furnaturcl de ion 
amour &c de la puillànce , bien plus 
adroittemenc que cet Ancien , y ayanc 
gravé par tout [on image^querEternité 
ne pourra jamais effacer. 

Les foins du J ardinler oour le bien élever^ 

Ï 'Expérience ayant fait connoillrrs 
^aux curieux de cette Fleur ^ que 
l'œillet ne s'aime pas en pleine terre, dc 
que dans les planches les mieux culti-' 
vées de nos parterres, où la Tulipe étala, 
fes beautcz & fait merveilles, fon feliilJ 
lage flétrit; & fes petits boutons avorJ 
tent ; en fa tendre jeunelFe on le plante 
dedans des bonichons percez qui deJ 
viennent des pots parfaits ^ éc plus 
grands quand il eft en un âge plus avan-J 
céj Et enfin que Ton change en des vaif- 
feaux plus fpacieux , que les Jardiniers!' 
appellent des mères , alors qu'il eft en' 
fa force , afin que rien ne luy manque 
en fi vieillellè , & qu'il puilfe porteries 
petits potelées & les entonoirs dont on' 
le fert pour marcoter fes oeilletons , 6c 
provignerlesmontans que le Maiftre y 
trouvera. 

Or c'cft un pLiifir de le voir tancolK 



m 



So Remarques pourîa Culture 

dans un treillis d'ofier qui fe voûte jfiir 
fa tefte, &c qui foûticnt par divers cer- 
cles les branchcttes qu'il jette de toutes 
part. Icy on le traite à la ruftique , luy 
donnant deux ou trois baguettes pour 
foutenir ces raineaux & empêcher que 
le vent ne les déchire. 

Quelques-uns le gardent comme un 
■prifonnier d'importance , l'cnfcrmans 
dans une petite Baftille , où il ne voit le 
jour qu'à travers des barreaux d'un fil 
de fer bien délié , ôc acolans fcs mon- 
«ans de quelques lien de plomb bien 
«endres & délicats , qui les arrefte en 
place fans les meurtrir. 

D'autres accouplent fes tiges à des 
îioufîines bien polies &c peinturées de 
jioir, avec des anneaux ou petites bou- 
cles d'argent, ce qui relevé beaucoup 
l'éclat de fes couleurs. Enfin les porce- 
laines de quaifife d'yvoire ou d'ébeine 
îuy fervent quelquefois de glorieux ber- 
ceaux , où il fernble qu'il fe furmonte 
luy-mefine & s'effoiceà faire merveil- 
les , tant il eft ravy defe voir fi fouvenc 
courtifé de fon Maiftre , & flaté de la 
main délicate qui prend le foin de fa 
jiourriture. 

Cela n'empêche pas toutefois que 



des Fleurs. 8i 

l'abondance des feiiiiles que la Nature 
enferme dans fon bouton ne le F-slTe 
crever &: qu'il n'ait befoin d'un fecours 
artificiel pour fupléer à ce défaut. De 
fai: quelques-uns d'une pointe d'épin- 
gle entr' ouvrent fa petite dentelle pour 
luy aidera s'épanoliir rondement. 

D'autres y appliquent la peau d'une 
fcve écollee , laquelle venant à fe fe- 
cher foutient également fon peinturé 
feuillage. Le Jardinier à la ruftique , y 
pafl'e le filet arrefté d'un fimple nœud, 
& le curieux y fait entrer doucement un 
anneau d'argent , pour reparer , avec 
honneur le manquement auquel toute 
fon induftrie n'a pu remédier. 

Bref les amateurs de cette Fleur en- 
tièrement épanoiiye, pour la faire durer 
un plus long-temps , coulent un petit 
rond de carte, ou blanche, ou noire, 
félon la couleur de l'œillet par dellbus 
fes fciiilles, qui embraffe mignardement 
fon tuyau , & qui le conduit avec ma- 
jefté jufques au tombeau ; mais l'efpate 
de quinze jours ôc davantage , il le fait 
beau voir agencer joliment fes feiiilles 
pefle-meflées de diverfes couleurs , & 
trancher du petit Prince , pour ne pas 
dire du Pvoy des Fleurs. 



8r Remarques pour la Culture 

Le Soleil t^u'il demande. 

I L fe remarque , cjiie fi l'œillet cft: 
1 placé tellement à l'ombre , qu'il ne 
voye point de Soleil , jamais il ne pro- 
fitera , non plus que le refte des plantes 
qui tirent la vie de l'entretien de ce bel 
i^ftrc. 

Il ne faut pas tout à l'oppofite l'ex- 
poier direôlement à toutes les ardeurs; 
car autrement l'humide radical qui l'en- 
tretient venant à fedellccher, la fève 
luy manqucvoit&le reduiroit bien-tofl: 
en cendre. Et comme un aliment bien 
préparé, de une nourriture bien délicate, 
entretient cette Fleur épanouye , les 
accidens d'une famine prochaine la fe- 
roicnt bien-tofl: flétrir, &c en peu d'heu- 
res éclipferoient toute L\ beauté, fi telles 
cuifantes chaleurs devoroient brufquc- 
ment la portion de l'humeur qui la doic 
conferver un mois entier. 

C'eft pourc]uoy rafpedb du Soleil qui 
luy eft convenable , doit eftre le levant 
ou le couchant, oîi il fera merveille, 
tant pour fii verdure que pour Tes Fleurs, 
èc au furplus un grand air j les. lieux 
humides, lombres & aquatiques, eftans 
plus propres à l'enfevelir qu'a l'entre- 



des '^kiirs, 8ç 

tenir , qnoy que pour un temps Ton 
fciiillagc y lemblcra profiter , car jamais 
il n'y portera Fleurs , ou bien elles y 
feront toutes malades , de comme ayant 
les pâles couleurs. 

C'eft le confeil des Maiftres , qui 
tiennent le folage fi neccilaire à tout 
leur ouvrage, que tranfplantant un ar- 
bre d'un lieu en un autre , ils ont un 
foni p.irticulier de luy tourner le vifage 
au mefine Soleil qu'il avoit dedans (à 
pépinière , ou le long de l'elpalié d'où 
il a efté arraché. 

Toutefois l'expérience m'a fait con- 
noiftre, qu'en expofant noftre Fleur au 
grand Soleil , & l'arroufant foigneufe- 
ment tous les jours , vifiblement on la 
fera croiftre & profiter davantage en 
huit jours , qu'elle ne feroit autre part 
en trois mois. Mais fi l'arroufoir de fon 
Maiftre l'oublie un jour ou deux , il eft 
certain qu'elle eft perdue fans refource. 

La terre ejHÎ luy ejt convenable, 

POur élever feulement une Fleur , il 
faut chercher une terre vierge & qui 
jie rcllente rien de la malédiction géné- 
rale de produire des ronces & des épi- 
ne j fi elle eftgralfe & trop matérielle. 



84 lUmarques pour la Culture 

l'œillet n'y cft pas fi-tofl: planté qu'il y 
y étouffe , comme fi la pefanteur l'avoit 
en peu cîe temps foufFoqué. Si elle en: 
gralFc & trop moileufe , il y prend \X 
jauniHe, Se après une langueur ennuyeu- 
feily expire. Si on la fume trop , il y 
fuce petit à petir un venin qui l'em- 
poifonne ôc le tuë. S'il la trouve trop 
argilleufe & comme de la glaife , après 
en avoir goûté par quelques nouvelles 
racines que fa fraîcheur luy foit poufTcr 
d'abord , bien-toft en fuite il pourrit Se 
fe dépouille de la tendre écorce qui le 
couvre. 

Quelques-uns luy labourent des plan- 
ches entières, ou luy dcftinent de grands 
vaiflêaux remplis d'une terre d'égoût, 
laquelle ou par trop d'humiJité , ou par 
quelque fecrcte qualité qui luy eft en- 
nemie. Se luy caafe des maladies mor- 
telles. D'autres mixtionnent du fumier 
de Vache ufé avec de la terre franchej 
du Tarot bien confommé , Se une poi- 
gnée ou deux du mar de raifiia ce qu'ils 
croyent fervir d'antidote ou prefervatif 
contre tous les accidens des faifons qui 
l'attaquent , principalement en Hyver, 
pour la chaleu'' douce & modérée que 
cela peut jetter dans le vailTeau où cette 



de! Fleurs, 85 

belle Fleur efl; plantée. 

Il y en a qui raniairenc de la cendre 
ôc de la poulFiere , plutoft que de la ter- 
re , qui le trouve dans le creux des 
vieux Saules à demy pourris , &c diienc 
qu'elle eft très-propre pour faire re- 
prendre les œilletons que l'on y plante. 

Tout cela néanmoins efl: preique lans 
beaucoup de bon luccés. Pourmoy j'e- 
ftijne qu'une bonne terre bien criblée, 
mélangée d'un peu de vieux tarot bien 
pourrye , avec une ou deux poignées de 
fablon noir, que c'eft (a vraye nourritu- 
re, & l'aliment le plus proportionné à 
fa nature. Toutefois fi mefme parmy 
les fletirs comme entre les Hommes, il 
y a divers appétits félon leurs diff-erens 
temperamens , le foigneux Jardinier y 
fatisfera à peu de frais. 

L'eaH dont il le faut arroufer. 

C Eux qui courtifent cette fleur, doi- 
vent ie fouvenir de mettre la cru- 
che dans les mains de la Prudence pour 
l'arroufer avec diicretion, plus ou moins 
félon la diverfité des Saifons ; au Prin- 
temps , judicieufement ; en £0:2, libé- 
ralement j durant l'Automne , rarement 
& tout le long de l'Hyver, tres-échar- 



S6 R cmarquespourla Culture 

ccinenc : mais point du tout lors qu'il 
Fêle, ou t]ue les neiges viennent à fon- 
dre. 

J e ruppofc que le Ciel le prive de fe» 
pluyes réglées , de fa douce rolée , Se de 
quelques orages palTagers que la foudre 
& les tonnerres produifent allez fou- 
vent fur noftre hemifphere; le ferviteur 
pour lors n'ayant qu'a fe rcpofer & re- 
mercier la main du Souverain qui don- 
ne la pluye dedans fon temps j cet arrou- 
foir celeltefaifant mille fois mieux que 
toute l'induftriedes Hommes : mais s'il 
vient à manquer, on pourra pratiquer 
ic confeil cy-delîiis. 

Il cft (econdemenr tres-dangereux, 
en quelque faifon que ce foit, del'ar- 
rouler d'une eau froide & fraîchement 
puiléc j car vifiblement après on le voit 
périr , ou luy arriver des maladies in- 
curables. 

Troifiémement , l'eau ilile & puante 
ne luy efi; pas propre, bien moins encore 
qu'aux autres Fleurs qui font en pleine 
terre , attendu qu'ayant infedté tout le 
pot qui contient fa nourriture , cette 
odeur y demeure long-temps , qui atta^ 
que enfin fes racines , lefquelles venant 
à (q dégoûter de leur aiinient ainfi cor- 



des Tleun. Sj 

rompu , il faut après qu'il meure 

Quatrièmement , toutes les eaux' im- 
bues de quelque teinture , telle qu'elle 
puillc- eftre, luy font du tout contraires, 
quoy qu'en diient ceux qui s'en veulent 
fcrvir pour luy donner de différentes 
couleurs : car outre que cette expérience 
efl encore inconnue , il eft tres-certain 
qu'il y a des qualitcz dans ces bois 5c 
matières propres aux Teinturiers , qui 
font ennemis de nos Fleurs. Que fi je me 
trompe , j'offre à me dédire lors qu'elles 
auront montré d'autres effets de leurs 
fecretes vertus ; mais cela eftant dou- 
teux j'aimerois mieux ne m'en pas fer- 
vir. 

Cinquièmement , l'eau dégourdie fur 
le feu , Se tiède , ne luy eft pas faine , êc 
comme à plufieurs perfonnes elle càufe 
des défaillances de cœur Ôc provoque 
des vomiiîemens ; demefine elle a je ne 
fçay quelle antipatie contre les Fleurs 
de contre les Arbres, mais fi grande, 
que mille épreuves nous ont foit voir 
qu'elle les fait mourir tous vivans. 

Enfin l'eau qui eft à fonufage, de for- 
table à fon tempérament , eft celle des 
rivières , des fontaines & des puits , re- 
i^rvéç dans T^n ba(En ou quelque aytrc 



88 "Remarques f^ouT h Cklture 

vaiireau, expofc aux ardeurs du Soleil, 
& doucement picpaiéc par la reverbe- 
ration de Tes royons ; Le mefme Aftrc 
qui après Dieu a fervy à fa génération, 
contribuant ce qui eft neccilaire à fà 
confervation ; & ainfi rarroudint avec 
difcretion de cette liqueur naturclle,(ans 
beaucoup mouiller Ton fciiillage , qui 
autrement jaunit & fe fane , on le verra 
profiter avec plaillr &: contentement; 
encore faut-il que le pot oi\ il eft planté 
foit percé par le bas pour égouter ce qui 
fera fuperflu, comme la fentine du vait- 
feau pour le décharger de ce qui l'in- 
commode j car autrement l'humidité de 
.cette boiie , Se l'ordure de ce mortier, 
empoifonnera bien-toft fes racines , 6c 
le fera mourir. 

Mais qui voudra le régaler , qu'il le 
mouille du jus de fumier de Vache , car 
enyvré de ce nedar il fera des mira- 
cles. 

Bref que celuy qui le nourrit & le 
conferve , fe fouvienne de la maxime 
d'un plus grand Maiflre que luy ; qu'il 
le grave lur le frontifpice de fa mailon; 
au pied d'eftail de toutes les figures de 
fon jardin , dedans les grottes & fontai- 
nes de fon Parterre; Que celuy qui plan- 
te ou 



des Vkun. ■ 8^", 

fc (Mi celuy qui arroufe, travaille inuti- 
lement , fi Dieu par fa fainte benedi- 
élion ne fait croiftre Se profiter ce qu il 
cultive. 

En ijuel temps il fleitrîf. 

ÎE l'appellerois volontiers la Fleur im- 
mortelle , puis qu'en toutes les fai- 
fbns de l'année il nous donne des fleurs. 
Les marcottes avancées dans l'Autom- 
ne , & qui ont eu le loifir 6.e(ç: fortifier, 
pouirent mille boutons fî-toft qu'elles 
fentent la douceur du Printemps. Les 
mères qui marchent plus lentement en 
foifonnent tout rE{l:é,&: par des reguins 
agréables, ou des œilletons plus tardifs, 
en enrichirent l'arriere-iaifon , qui les 
nourrit plus gros & plus long-temps, à 
caufe des violentes ardeurs du Soleil ^ 
qui pour lots ne font pas fi brûlantes. 

Il ne reft'e que le froidureux Hyver 
( qui dépoiiille tous les Arbres , qui 
couvre de neiges, de grêles & de frimas 
les campagnes ; qui fait de nos lieux les 
plus délicieux des afîreufes folitudes) 
lequel ne peut par ces places , ces vents 
& fes tempeftes , empêcher ce petit fa- 
vory de nous donner le bon jour , quay 
ç[ue tres-melancolique & ennuyé de voir 

H 



50 Rcm^npies four la Culture 

des nuits i\ longues , comme fi le monde 
avoit perdu fon Soleil. 

Il ell: vray que pour lors fon feuillage 
perd ce vcrd-gay qui luy cft ordinaire, 
&: devient plus morne , Tes branches 
font plus languillantes , fes boutons 
plus mal fiits , &l fes fleurs moins colo- 
rées 5 mais néanmoins il cft encore a- 
greable , & ne laifïê pas de jctter une 
fuave odeur , & de fe trouver avec ma- 
jefté au milieu de quelque verdure arti- 
ficielle pour compofer des bouquets. 

Pliifieurs fois entrant dans la ferre 
des curieux , j'ay efté farpris , & ay crû 
eflre tranfporté en cette région deTar- 
tarie, au Royaume de îviontgal,ciiune 
partie du jour eft extrêmement froide, 
& l'autre agréablement chaude, dautant 
que j'y trouvois un Printemps de ces 
Fleurs , cependant qu'au dehors les nei- 
ges couvroienc nos maifons , & la gelée 
glaçoit le cours de nos rivières. 

Or c'efl; en ces lieux que je dis qu'il 
fleurit en Hyver ; car autrement fi les 
pierres fe fendent, fî la terre s'endurcit 
çonime un Rocher, fi les Hommes Sc 
îes animaux furpris du froid meurent 
par les chemins j comme ces délicates 
plantes pourroient-elles refifter à de fi 



des Thurs, ^i 

graines rii^nears ? S<i rajeunir par la 
beauté de leurs couleurs , la nature, qui 
femble expirer en ce temps , réduite à 
une extrême viellelle , & qui n'a pas 
un cheveu qui ne ioit blar.c comme 
nei^e. 

Cependant que par le Chapitre fui-- 
vant je difpote la lerre pour les y retirer, 
fouvenez-vous , mon cher Lefteur, de 
ne point rompre, ny coupperles bran- 
ches des pieds d'Oeillets, defquels vous 
fouhaictez avoir quelques agréables re- 
giiins , fi vous le faites n'en attendez; 
point ; mais (i vous les y laiilez, je vous 
en promets , & peut-eltre de lî beaux 
qu'ils farmonteront toutes vos efperaui. 
ces. 

La Serre pour retirer cette Fleur en Hyver, 
Cv* /<î /net ho de de l'y conferver, 

GE que la difpofition de noftre Païs 
natal ne nous donne pas, S: ce que 
nous ne pouvons faire dans l'étendue de 
tous nos héritages , quelques curieux le 
pratiquent dans l'enclos de leurs ferres, 
yrenfermans les Orangers , Citroniers, 
jàllemins d'Efpagne , Grenadiers, Myr- 
rhes , Lauricrs-rofes , Oeillets , Giro- 
flées <3c autres Plantes precieufes , lef- 

H ,j 



S>t Rem Arquer pour la Culture 

quelles ils entretiennent tout l'Hyver 
avec grand foin & vigilance , fiippleant 
par une chaleur externe à l'éloignement 
de la caufc féconde qui eft le Soleil: Et 
c'eft cette pratique qu'il nous faut main- 
tenant décrire pour avoir des oeillets 
tout le louCT de cette fàcheufe faifon. 

La demeure propre pour prcferverles 
œillets de la c^elée l'efpace de trois ou 
quatre mois , doit cftre un lieu fec , &c 
expofé autant que l'on peut au Midy , 
fans aucuns jours ny ouvertures du côté 
de la bife j & au cas que pour la cime- 
trie du lieu il s'y en trouve, il les faut 
bien fermer de bons chafTis Ôc contre- 
vents. 

Là-dedans on drelïbra des tablettes 
par degrez fur lefquelles on pofera en 
ordre les pots d'oeillets en telle manière 
que les yeux du Maiftre les puilfe tous 
Voir. 

'^ ' Cek fait , environ la my-Novembre, 
bit aura le foin de leur donner de Tair 
par l'ouverture des feneftres , lors que 
le Soleil les pourra regarder, quand ce 
ne feroit que pour leur dire bon jour & 
bon foir; comme par exemple depuis dix 
heures du matin , jufqu'à trois ou quatre 
k^ures du foir ^ ôc ne les point arroufer 



des Fleurs. 5 5 

du tout , fincii en cas que l'on s'apper- 
ceut vihblemcnt qu'a quelques-uns les 
ffHiillcs vinflent à faner , & quelques 
montans à bailFer la tefte , fuite d'un 
petit fecours , car alors il faudra mettre 
de l'eau dédormir au Soleil , ôz environ 
fur le midy les mouiller médiocrement, 
prenant bien garde de ne point verfer 
d'eau fur fon feuillage , ou le long de fa 
tige , de que cette mouillure necellaire 
ne fe falfe pas au temps qu'il gcle , car 
il vaudroit beaucoup mieux les laifTcr 
faner , qui n'eft qu'une marque de foi- 
bleffe , que de les tuer tout à fait. 

Pour le feu qui eft requis à la lerre 
durant l'Hyver , je l'approuve dans les 
fortes gelées , pourveu que ce foit ra- 
rement , & qu'il fe falïe feulement de 
charbon bien fec ; car fi c'eft fcuvent , 
cela les attendrit, Se les rends h déli- 
cats , que les voila perdus , Ci une fois 
le Jardinier y manque. Mais fi c'eft un 
brafier de flame & de fumée^ tenez pour 
certain que ce fera un miracle , fi quel- 
qu'un en ré chape. 

Que fi vous demandez le temps au- 
quel il faut mettre en liberté tous ces 
petits prifonniers , je vous diray qu'il 
cft tres-dangercux de le faire avant la 

H il) 



94- Remarques pour la Culture 
Lune de Mars , à caufe des dernières 
gelées, pluyes froides , on grêlons. Que 
il la douceur du temps vous invite à le 
fciire auparavant , ne vous plaignez pas 
puis après , lî cftans lurpris de quelque 
iieige fondue , le chancre , la pouriture, 
& le blanc, ravagent toutes vos fleurs. 

J'ay veu une ferre garnie des plus 
beaux œillets de Paris , laquelle fut en- 
tièrement perdue pour les avoir arrou- 
fez durant un temps difpofé au froid ; 
car cette eauc mal préparée ayant at- 
tendry leur petite écorce , & venant 
par après à fe rafroidir , toutes les tiges 
fe pelèrent à un doigt preft de terre ^ Ci 
bien que toute la tefte cftant encore 
verte , & les racines vives , cela vous 
euft fait compalîion de les regarder petit 
h petit fe rider , flétrir , & tomber les 
uns furies autres, comme fedonnans le 
baifer de paix , & en mourant fe difans 
adieu. Ce trill:e fpeélacle m'en a depuis 
fait tirer Texperiencelurdes œillets peu 
confiderables , qui m'ont confirmé dans 
le confeil que je donne. 

Chacun pourra toutefois prefenter à 
boire à ces pauvres altérez, en quelque 
temps qu'il luy plaira , nonobllianc tous 
J,es avis à ce contraires , puis que cha- 



des Tlcurs, jPÇ 

cun eft maiftre de Ton bien , & en peut 
difpofcr à fa fantaific. 

T)efcription de la Cojfe ou efl la graine, 

L 'Oeillet ayant fervy à la Nature 
d'un petit cabinet de curiofitez , 
pour y étaler toutes les beautez qui pa- 
roillent en cette fleur peu a peu fe chan- 
ge en un magazin prcfque impercepti- 
ble à nos yeux , dans lequel il fc voit 
autant de pièces miraculcures , que la 
main du Toutpuiflànt y forme de grai- 
nes pour en perpétuer Tefpece. 

Une mince pellicule y eftant née , iin 
brin de cotton s'y attache qui tient au 
fond de la fleur , fur lequel la Nature 
arange de petits grains qui ne font que 
des atomes de lait, emmaillotez chacun 
en fon petit lange. 

Or cependant que la Divine Provi- 
dence fe cache pour y faire le refte, ce 
fourreau s'endurcit & fe ferme pour dé« 
rober aux yeux des hommes les miracles 
qui s'y vont opérer , dont ils ne font pas 
capables. 

Car alors cette commune nourice 
donne le lait (Se la fubllance à tous ces 
petits prifonniers qui s'engrailfcnt & 
tnflent petit à petit , s'attachans opi- 



s ^ "Remarques pour la Culture 

niâtrcmcnt & forcement à la grape ou 
épy qui les noiiric , par un poind: plus 
obfcur qui paroill fur la graine blanche, 
&C qui n'eft auure que le germe de l'œil- 
let. Ainfi ce foureau armé contre les 
injures du temps , cft fermé aux orages 
de Tair , qui pouroient autrement noyer 
dans Ton berceau cette race innocente. 

Le Soleil par fa chaleur perfedlionne 
tout cet ouvrage, vivifie ce germe, meu- 
rit CCS grains , les défile fubtilement les 
uns des autres , feche la boure qui les 
entoure fend cette guaine en cartiers, & 
de ce petit cofret fort une femence plate 
&: noire , qui marque en une extrémité 
un point tout blanc , l'entretien des pé- 
pinières , & le fond fur lequel on bâtit 
toutes les efoerances des raretez futu- 
res. 

Le temps pour la recueillir eft celuy 
auquel elle fera feche &: bien houtée : 
car d'attendre plus long-temps , c'eft la 
perdre, puis que d'elle-mefme elle tom- 
be , ou les petits oifeaux la dérobent. 

Voila les miracles que la Nature opère 
tous les jours à nos yeux & dedans nos 
mains , par la force de cette parole in- 
crée , qui commanda autrefois à la terre 
4e produire , & aux arbres & autres 

plantes 



des Tlcursl Sj 

plantes de donner les femences propor- 
tionnées à leur eftrc. Parole aufîi puif- 
fante maintenant qu'aux premiers mo- 
u:ens qu'elle fiit prononcée , & qui fera 
toujours écoutée des créatures les plus 
infenfibles pour luy obéir promptemcnt. 
Heureirx fi nous les imitons au/Ti bien 
dans les mouvemens de la grac^, qu'el- 
les nous en donnent l'exemple dedans 
l'ccconomie de la Nature. 

La pépinière des 0(ilU:s, 

IL feroit facile d'élever de beaux œil- 
lets , fi chaqoe tige portoit delà grai- 
ne, 6\: que cette graine ne démentit point: 
les couleurs & la groficur de la mère qm 
l'a produite j Mais l'un & l'autre venant 
À manquer , c'eftce qui fait que cette 
plante eft rare quand elle eft belle , & 
que ceux qui par une bonne fortune 
l'ont rencontrée, la gardent precieufe- 
ment, & ne la communiquent qu'à force 
d'argent , de faveur , ou de prières. 

De plufieurs colles qui fe difpofent k 
grainer, la Nature n'en achevé que bien 
peu j & fi elle en perfectionne quantité 
far une mefnie tige , les œillecs qui eu 
proviendront iont en danger d'eftre tou£ 
fimplcs ^ comm.uns. 

î 



5 8 K (marques pour la Culture 

Ce qui fliit que les Maiftres du Mé- 
tier n'en laifîènc qu'une ou acux fur la 
maiftrede branche , lefquelles cftant 
nourries en bonne table , & délicatc'es 
comme des cnfans de bonne rnaifon, une 
multitude de puifnez ne partaî^eans 
point avec elles les biens de la famille, 
de la (cve qui les entretient, c'eft par 
après grand accident fi telle femence ne 
fait des Auguftcs ,des Rubicans, ôc des 
princes. 

J'avoue que l'Impérial, le Royal, ÔC 
autres d'illuflire tige , nelortirontpas de 
parens vils Ôc de balle condition; auiïi 
ièroit-ce perdre fon temps que d'en at- 
tendre : mais je dis que la graine de ces 
ceilîets remarquables cultivée , comme 
je montreray cy-aprés , furpallèra l'ef- 
perance & l'ettente de fon Maiftre. 

L'ayant donc recueillie ny trop tofl:, 
de crainte que la Nature n'y ayant pas 
mis ia dernière main , le germe fe pou- 
riile en terre -, ny trop tard , de peur de 
n'y en plus trouver , mais autant qu'il 
fe pourra faire en pleine Lune , vous la 
mettrez un peu elforer , afin qu'elle ref- 
pire Tair , qu'elle s'y endurcilfe, Ôc que 
lortant d'une étroite prifon, elle n'entre 
pas aulTi-toA: dans le tombeau. Et ce- 



des Fleurs. 99 

pendant vous dirpcfercz quelque vaif- 
lèau portatif, le remplillânc d'une terre 
mixtionéc comme eO: ditcy-deflus, bien 
palïcc &c criblée , dedans laque le vous 
lemerez clairement la graine prefque à 
fleur de terre , que vous arroiiferez in- 
continent , pour expoicr par après le 
tout en plein Soleil, lequel par fes rayons 
montrera bien-toft les efFcts d^/apuif- 
fance. C'cft à foire au Jardinier d'arrou- 
fer cette petite pépinière à proportion 
que la lechereife fera grande , & de la 
retirer dans la ferre avant les premières 
gelées , lelquelles pour longues &c rudes 
qu'elles puiiïènt cftre , ne l'endomma- 
geront pas beaucoup, G. elle a efté femée 
de bonne heure , & fi elle a eu le temps 
de fe fortifier , car autrement je n'eu 
répondrois pas. 

Le Printemps venu , il faudra l'expo- 
fer au jour , afin d'aprivoifer ces petits 
nouveaux nais, <c leur faire goûter dou- 
cement l'air &c l'afped du Soleil , fous 
lequel déformais ils doivent vivre. Et 
connoiiïant par leur verd guay , Se leurs 
petits bras plus ouverts qu'cà l'ordinaire, 
qu'ils en font contens , on leur donnera 
à chacun un bonichon , les fevrant dou- 
cement , de les enlevant avec leur petite 



l'oo Kcmarcjues pour la Culture 

motte , Icins blciîcr ou dcchiicr leurs 
tendres chevelures ; eu fc voyans au 
large 6c fans compagnons qui partaient 
la portion, an dedans ils fortifieront 
leurs racines , & au dehors ils foifone- 
r.ont à merveille, 6c travailleront Ci bien, 
qu'ils recompenferont leur Maiftre dans 
peu de mois de tous les foins qu'il a pris 
d'eux au temps de leur enfance. 

La méthode tour bien œîllitoner, 

IL n'y a point d'artifices que les 
Champs & la Ville n'ayen.t inventé 
pour faire prendre racine à des petits 
oeilletons feparez de leur tige ; les uns 
en ont planté dedans la terre de Saule, 
jpour eftre extrêmement légère, & ayant 
je ne fçay quelle qualité fecrette pour 
s'attacher fortement à ce qu'elle em- 
bralîe \ les autres ont préparé du crotin 
pur, & ayant encore un peu de chaleur, 
où ils ont fait de nouvelles épreuves. 

Il y en a qui ont pétry du taro avec 
delà terre ^laife, de laquelle compofi- 
tion ils en ont enveloppé pluiieurs 
pieds. Quelques-uns les traitent comme 
on fait les croflèts des vivres , les cou- 
chant doucement fur quelque bout de 
-.coach-e. Commuriémeriî on les fend , &" 



des Flcurr, i ô i 

puis on les met en terre ^ r.v.^nt jette & 
relïbrré dans l'ouverture deux ou trois 
grains d'orç^c ou d'avoine , afin que ce 
germe venant à fortir , il anime Ion voi- 
tm par fa vic;ueur & ion exemple à en 
faire autant. 11 y a des mains il heureu- 
fes , que tout leur reiilTît , de cncorfc 
qu eiks ne foient celles d'un Taumacur- 
gue, qui feroient reverdir des bâtons (î 
elles les plantoient : c'cft pourquoy je 
ne blâme aucunes de ces méthodes. Mais 
celle que j'ay veu pratiquer par les fça- 
vans Mailhes , eft bien digne de tenir 
icy fa place , puilque par mes propres 
expérience je Tay trouvée infaillible. 

Il y a de la kience à bien tailler un 
ûtilleton , tant afin qu'il reprenne faci- 
lement , qu'à ce qu'il ne tue fa mers 
pour remercimenc de fon éducation , eu 
luy difant adieu. 

L'arracher de (à tige , & y laiirer une 
longue playe qui fuit necelîairement la 
main meurttierc qui le veut avoir de la 
forte, c'cft allez pour tiierTun & l'au- 
tre : lit fi on y veut pren ire garde , cette 
cicatrice ne fe guérira qu'après plulîeurs 
mois , durant lefquels la tige eft fufcc- 
ptible d'une tres-dangereufe gangrené. 
Pour à quoy obvier il le faut couppcr 

I uj 



jot Refrarques pour la Culture 

avec des cifcaux , non pas tout joignant 
le maiftie montant ou la Nature l'a at- 
taché, mais à deux ou trois nœuds prés 
du coeur de l'œilleton j par ainfi il arri- 
vera que ee refte qui demeure en pouf- 
fera de nouveaux -, & que ccluy qui cfl: 
coupé n'aura pas tant de bois à entrete- 
nir. Un œilleton feul , & qui ne fera 
point chargé de beaucoup de rejcttons, 
reprendra plus facilement qu'un autre , 
à caufe qu'il fuccera allez de douceur de 
la terre pour s'entretenir jufquesàtant 
qu'il falfe chevelure -, ce qu'il ne peut 
pas , lors que fa famille eft grande. 

Les plus forts ne font pas les meil- 
leurs , c;;: les plus petits languifTent trop 
long- temps. Il faut les prendre de bon- 
ne forte , ny lailfer que deux ou trois 
nœuds tout au plus, les fendre en qua- 
tre , & commencer la fente au dernier 
defdits nœuds pour la terminer au fé- 
cond , ébarbant à deux ou trois doits 
prés du cœur de l'œilleton , toutes les 
extremitez de fon feiiillage; puis l'ayant 
mis en ce lugubre équipage, vous le jet- 
terez dans un feau d'eau pour y prendre 
de nouvelles forces , & y apprendre à 
chercher fon pain fans plus eftre à char- 
ge à perfonne. 



Jff Thurs. 10? 

Qjdc]ucs heures écoulées , vous le 
verrez plus verd que jaiDcUs , Cou- 
vrant laigement comme une rave fen- 
due les quatre parties de fa cicatrice, 
bien délibéré de travailler k fa confer- 
vation , & de ne fe laider pas mourir. 

Alors l'ayant retiré de ce baui falu- 
taire , vous le mettrez dans une cailïè 
difpofée à cet effet , l'y enfonçant dou- 
cement jufques au fécond nceud , à ce 
que la terre entre dans cette délicate 
ouverture , ôc qu'elle l'invite à l'em- 
bralîer promptement par quelques nou- 
velles chevelures , i'arroufant par après 
dune mam libérale , & continuant en 
faite avec grand foin , fans permettre 
aucunement que le Soleil le regarde. 

Ce petit famélique en tres-bon ap- 
pétit , ôc affimé de manger , fc voyant 
entouré de bons morceaux de n'avoir 
aucunes dents pour s'en fervir, ny mains 
pour les prendre , faccera fortement la 
fcve de la terre qui l'environne, mais 
avec tant de vivacité , que de petites 
pointes blanches fortirom d'entre l'é- 
corce ôc le bois , qui croiftront comme 
des cheveux , & enfin qui deviendront 
des racines , parle fecours defquelks lî 
grandira , de fe fortifiant donnera des 

I liij 



1 4 Kcmarqucs pour ta Culture 

Fleurs en fa faifon toutes pareilles à la 
tige , dont il a efté fevré, fi elles ne font 
plus vives & plus belles. Ouvrage fe- 
crct qui paroiftra bien-toft au dehors 
par des jets nouveaux , & un feuillage 
qui multipliera de toutes parts. Si cela 
arrive un peu avant THyver , il ne fau- 
dra pas toucher à ce petit trefor j mais 
iî c'eft au Printemps , il ne faut rien 
craindre de le tranfplanter avec fi mot- 
te, & de le mettre au large. 

Cette invention eft d'autant plus 
conliderable , que Ton peut facilement 
rraniporter , de cent , & deux lieues , 
quantité de beaux œillets fans aucuns 
frais de chariages ou de voitures , 6c en- 
lever toutes les richelles de la Picardie 
fans craindre les voleurs des grands che- 
mins. Ce qui n'eft pas (i facile , lors que 
ce font des marcottes , comme je diray 
au Chapitre fuivant. 

LafiÇon de rnarcoter Us œiltetf. 

LEs œilletons propres à marcotter, 
fe rencontrent tout joignant le 
maiftre pied de l'œillet , ou attachez 
plus haut à des montans élevez. Pour 
les premiers , les ayant fendu d'un 
îicEud à autre , par le moyen du petit 



des Tïcurf, tôt 

couteau qui aura palTé délicatement 
tout par le milieu de la tige , fans l'avoir 
entièrement coupé , mais feulement en- 
trouvert , il faudra couler doucement 
dedans cette ouverture un brin de ver- 
dure , ou quelque petit morceau de la 
plus large fciiille deTOeillct, pour tenir 
cette fente ainfi entrebâillée , afin qua 
la terre puilîè mieux s'y glilïer , &c gue- 
rÏE promptement cette playe , par le 
baume fecret qu'elle y appliquera : Et 
pourc». faire on couchera cette marcotte 
dedans le pot que l'on couvrira de terre^ 
après l'avoir arrefté d'un petit crochet , 
de crainte qu'elle ne fe relevé , prenant 
bien garde de ne la pas éclatter au lieu 
où elle fe colle à la maiftreile tige , ^^ 
de la caller en qiielqu'un de fes autres 
nœuds , car autrement tout le travail 
feroit inutile. 

Si les marcottes font hautes Se éle- 
vées les avant entr'ouvertes, comme eft 
dit cy-delTus , il les faut plier adroite- 
ment entre les noeuds jufques à ce qu'el- 
les foient alFez courbées pour les cou- 
cher en terre , ou bien fe fervir de cer- 
tains petits entonnoirs de fer blanc ou 
de potelets deftinez à cet ufage , foûte- 
iius f u" des fourchettes. Inventions que 



i06 Ec tndrLji/cs pour la Culture 
lt?s MaiOrcs nous ont donné , &z <]iie )e 
ne m'amufcray pas à décrire , la prati- 
c]ue les ayant rendus tout communs. 
Tant y a que par leur fecours il n v •x 
branche que Ton n'cmbrafîè, œilleton 
que Ton ne mai cotte , (Se montant que 
l'on n'arrefte pour luy faire prendre 
chevelure. On en peut mettre plufieurs 
enfemble, félon qu'elles font difpofées, 
qui ne manqueront pas à reprendre 
toute", , pouveu qu'elles ne fe rencon- 
trent pas proche les bords , ouvertures, 
& petits parois , foit des pots ou dc$ 
petits entonnoirs j cariî cela arrive ils 
ne feront rien , la terre ne les ayant pu 
enibrairer. 

D'un feul maifti-c pied on en tire quel- 
quefois des vin2;t &z trente marcorces , 
fans toutefois l'avorter , luy lailïànt 
toujours quelque œilleton pour l'entre- 
tenir, 6c l'animera repouitcr autant de 
nouveaux rejettons que Ton luy a faic 
deblelïures. 

Ce qui arrivera , fi l'arroufoir les vi- 
fite fouvent. Ce qu'il ne faut point 
craindre de faire , non plus que de les 
expofer au 2;rand Soleil , puifque les 
chaleurs de l'un , & l'humidité de Tau- 
tre, doivent achever cet ouvrage. 



des Ticurj. 107 

C'crt un prodige dans la Nature, cîe 
voir un ccullbn , on une grefî-c, fe ccî'er 
fi fortement à Tarbre ou elle eft appli- 
quée , qu'en peu d'années , un fauva- 
gcon fe trouve chargé de fruits excel- 
lents ; & un tortu Coignaiïier meta- 
morphofé en un Poirier de bon Chre- 
ftien : Mais à mon avis ce n'eft pas un 
moindre ( en matière de Fleurs ) de voir 
une maui invifîble attacher des cheve- 
lures Se des racines à des rameaux en- 
tr'ouvcrts , Se rcfîufciter par une nou- 
velle vie autant de plantes , qu'un ap • 
prentifpeu expérimenté aurait cru avoir 
enterré de morts. 

D'autres Maiftres du meftier ayant 
incité le nœud de la marcotte , font une 
entaille au deffous , enlevant la pièce 
jiifqu'à Tincifion faite , par ce moyen 
arreftcins îa fève qui monte à ce nœud, 
S: de l'autre luy laifTans un petit conduis 
pour luy porter la vie , d'où il arrive 
que ce nœud venant infcnfiblement à 
grofïïr , en peu de jours il jette de tou- 
tes parts de petits germes blancs , qui 
deviennent des cheveux, & ces cheveux 
fe changent en racines , qui foifonnent 
peu après en abondance, portans toute 
la fève à la marcotte , qui n'eft aucune- 



loS Tlcmarqncs pouy'Li Culture 

njcnt r.ftoiblic par cette mcrhodé , & fe 
trouve hors des dangers de .!a plufpart 
des maladies q'ni accueillent les Oeillets 
tnarcote?, , ielon la première invention, 
à caufe de la grande cicatrice qu'ils re- 
çoivent , & du chancre cui s'arrache le 
plus foiîvent à leur moelle. Cette mé- 
thode cft d'une facile pratique , &: plus 
ièure que toutes les autres , pour les 
raifons cy-devant alléguées : s'en fè-r- 
vira toutefois qui voudra , mais enfin 
il eft viay que l'une & l'autre incifion 
fait ce miracle de donner la vie aux 
Biorts , & d'une plante d 'œillets en 
produire tout autant que la main du 
fçavant jardinier y trouvera de niar- 
Gcttes. 

Quinze jours ou trois femaines de 
temps rendent cette propcfition fi véri- 
table , que celuy qui a fait telles mar- 
cottes , les afouvent promileSjVendu:"?-, 
ou troquées , fans y avoir préalable- 
ment regardé ; &: celuy qui les acheté , y 
appofe feurement Ion cachet , comme 
eftant tout certain du fuccés de ce tra- 
vail. Succès qui fe rend enfin fenfible, 
puis que l'on trouve à chaque playe un 
bouquet de filamens & blancs cheveux 
attachez. à la terre, & fe haftans de fe 



des Tic un, jcp 

fyrtih(.r, comme prévoyans ce qui leur 
doit bien-tofl: arriver. 

Qjj n'eft autre que la recherche dit 
Jarduiier à fcvrer tous les petits nouiif- 
lons , ou plûtofl à leur fervir de ûge- 
fcHime pour couper adroitement la par- 
tie par laquelle ils fout encore adherans 
à leur mère , ^' par laquelle ils ont tiré 
Tentretien de leur vie durant le temps 
de leur bleiîure : ce qu'étant fait , on 
les enlèvera doucemejit de l'entonoir, 
ou pptclet , avec la petite motte pen- 
.dante aux racines , & on les plantera 
dedans les bonichons deftinez aux Fleurs 
de céc âge , oii cette dernière coupe & 
încifion venant encore à prendre che- 
velure , en peu de mois on les verra 
cr 'iftie puillàmment, & former autant 
de maiftrefîes 6c vieilles tiges , que l'on 
aura compté de nou /elles marcottes. 

C'cfl: perdre ion temps ôc fa peine, 
de f.iirecouchure d'un dard ou montant; 
car eftant tout plein de moiielîe , il eft 
fort fujet à pourriture , êc ce fera un 
grand miracle s'il échape THyver fui- 
vant. 

Il n'y a point de fiifon limitée pour 
cet ouvrage , puis que toute Tannée y 
c{\ pra.p;;e , ponrveu qi;e les ceii!cti).;s 



iio Remarques pour la Culture 
foicnt allez forts. Ctîii voudra toutefois 
en avoir prompte expédition , qu'il tra- 
vaille de bonne heure , afin que les 
mar cotes qu'il fevrera ayent le ioifir de 
iê fortifier avant l'Hyver. 

Et voila tous les leciets du meftier, 
peut-elhe un peu obfcurs en leur def- 
cription , mais que la pratique d'une 
heure peut rendre tres-faciis & heureux 
à exécuter. 

Si lit beauté de Cœillet fe peut cofjfjoiflre 

par la dijpojiiion du fcnilUge , ou 

fanage. 

Quelquefois vous verrez dans une 
planche d'oeillets une de ces plan- 
tes toufucs , verte , jettant un feuillage 
recoquillé , large & épais , pouilant une 
tige forte 6c genereufe , àplufieurs grcs 
nœuds , comme fi la Nature en vouloir 
faire une colomne pour y pofer une pie- 
ce de Cabinet , ou quelque Fleur ad- 
mirable. Attendez encore fept ou huit 
jours , &: voila un long tuyau qui s'at- 
tache à ce montant , duquel enfin for- 
tent quatre ou cinq feuilles d'un œillet 
incarnat , plus fimplement veftu qu'un 
Hermite, & plus pauvre que le pauvre 
mcfine , qui ell tout le grand tiéior qui 



des Fleurf, lU 

eRoit fi precicurcmenc enfemié dediiis 
cette code, & d'où l'on attendoic avec 
impatience & grands picpacatif lanaif- 
fance d'un Im|erial , ou d'un héritier de 
cinquante mille francs. 

Autrefois tout au contraire d'une 
mince ôc tendre verdure d'œillets, dont 
les branchettcs , les montans , & les 
feuilles font tres-dclicaces , on verra 
naiftre des Augulles , des Princes , & 
des Ducs ; la nuiftrefle main qui les tire 
du ncant, l'ayant voulu ainh lans autre 
raifon queia volonté, afin que l'Hom- 
me n'attribua pas feulement aux caufes 
fécondes tant de beaux ouvrages qui pa- 
roilfent à fes yeux , mais qu'il reconnut 
Dieu qui en eil: la première de princi- 
pale , qui conduit & anime toutes les 
autres , qui fait dés le commencement 
du Monde d'une poignée de terre un 
Homme , &c d'un rien tout l'Univers , 
dans la Police , d'un pauvre Ber- 
ger , un Empereur ; dans la Grâce , 
de quelques ignorans Peicheurs , des 
Apoftres ; & dedans la Narure , d'un 
peu d'eau de de paille , des Fleurs, ôc 
ce d'autant plus belles ëe précieufes, que 
la tige qui les produit en a moins d'ap- 
parence. 



lit E( marques ^our la Culture 

Il cfl vray que les Sçavans après luie 
longue pratique, connoiftiont bien par 
le fanage & la verdure , les efpeces de 
plufieurs oeillets , comme de la Plame, 
du Monftie,de l'Impérial, du Picard, 
de quelques Morillons ,& autres j -mais 
il eft impoffible par cet extérieur , non 
pas mefme par 1 cpaiflèur & la fermeté 
des feuilles , qu'ils jugent de la beauté 
des Fleurs que ces mères tiges produi- 
ront. 

Les maladies des œillets , ^ leurs 
remèdes. 

L'Oeillet jcttant un gros feiiillage, 
poullhnt des œilletons de toutes 
parcs , & fe préparant à donner une a- 
greable moiifon de Fleurs , puis tout à 
coup pâle , ridé , &c tout flétry , la tefte 
penchante , Se montrant jufques ati 
cœurfes feiJilles feches ôc retrefîies, fait 
croire que c'eft un pauvre infirme qui 
demande fccours , & c'eft un mort qui 
eft déjà pourry en terre. De fait qui 
voudra l'arracher , en remarquera les 
racines noires &: puantes , l'écorce qui 
s'en va en iîlace , & le bois tout putre- 
£é , fans que l'on puiilè fçavoir ny la 

caufe 



des Fleuri, n;. 

caufe de cette maladie , ny le remède 
pour la guérir. 

Ces accidens inopinez m'ayans fait 
confulter les Dodeurs en cet Art , on 
m'a fait voir que c'efi: un chancre qui 
mange l Oeillet jufqu'au cœur, caufc 
|xir quelque pluye froide , ou quelque 
vent malin : lî vous deiîrez le fecourit 
en ce trille eftat , coupez & tailler 
promptemcnt & fans mifericorde jul- 
qu'au vif , tout ce que le mal a déjà 
corrompu : (ï voftre Fleur a encore un 
peu de vie, vous la (Imverez, iinon ells 
eil morte 6c fans remède. 

Seconde maladie. 

En plein Etlé la fève de la terre ani- 
mant toutes les plantes à poulîer de nou- 
veaux jets. Se noftre Oeillet multipliant 
de tous endroits , un petit vcrmilTèau 
vient l'attaquer , que les Maiftres ap- 
pellent la Nulle , qui n'efl autre chofe 
qu'un arôme , &z un rien vifible; mais 
ce rien a un corps , des pieds, des aifles, 
ôc des yeux , que nos yeux ne peuvent 
prefque voir le petit venin qu'il jette efi; 
trop fenfible , mais quand il en faut pu- 
nir l'autheur , il court , il vole, il iaute^ 
il paroift, ôc n'eil plus, puis tout à coup 
il fe montre Se devient invifible. Que il 



\ 



îf4 Eemdrqucf pour la Culture 
après une longue patience , une fubtile 
recherche, & une adrelTè particulière, 
vous en furprencz un fur le foit , voftre 
colère fe pafîe à divifcr un poinâ; qui 
n'efl: point . puis que vous ne trouvez 
plus qu'un brin de pou/îîere. 

Il porte néanmoins un Ci grand dom- 
mage à noftre Fleur, qu'aufTÏ-toft qu'elle 
le fent, elle ne develope plus Tes feiiil- 
les , fon tein commence à jaunir, ôc le 
plus beau fciiilîage qu'elle aye poulfé^ 
rn devient tout galeux 5c ridé , les œil- 
]f rons en avortent , le cœur de la mar- 
cote s'en pourrit , & n'en faut plus ef- 
perer de l'année aucun profit ny hon- 
neur. 

Ce qui fait que ceux qui connoiiîent 
leurs Oeillets attaquez de cette maladie, 
& la jugeans tres-dangereufe , ne par- 
doîinent à pas un , fi beau , ou lî rare 
qu'il puilfe eftre; mais luy arrachent le 
cœur qu'ils brûlent ou écrafent, hazar- 
dans de le faire mourir , ou de le forcer 
à repouillr quelques nouveaux œille- 
tons , plutoft que de l'abandonner an 
pillaae de ces petits voleurs. 

Onnefcait pas encore ce qui produit 
ces petits avortons , mais on a éprouvé 
^ue pour les faire mourir , il f.uit ouvrir 



deç Tkurs, if^ 

foignenfcmenc les feuilles qui fe trou- 
vent fermées far l' Oeillet , où cette mé- 
chante vermine eft fins doute renfer- 
mée, pour y jctter du perun piilvcrifé, 
ou de l'eau dans laquelle on en ait mis 
tremper • ou à fliute de tout cela, un peu 
de cendre bien criblée; car alors la place 
ii'eftant plus tenable, cette maudite lé- 
gion l'abandonne. 

Le perce oreille perfecute encore ex- 
trêmement rOeiUet, tant en fon fanage 
qu'en fes fleurs , fuçant la petite rofée 
qui Tenrretien , Se infectant de petites 
taches noires toutes Çqs couleurs , tel- 
lement qu'un bouton n'eft pas fi-toft 
épanoiiy , qu'il eft remply d'ordure^ ou 
que fes feiiilles ne tombent , rongées 
qu'elles ont efté par cette befte affamée 
du doux miel qu'elle trouve dans cette 
coiîe. Ceux qui leur font la chalfe , at- 
tachent des cornichons aux baguettes 
qui fouriennent les dards de l'Oeiller ; 
mais pour les exterminer il ne faut que 
4iîettre,far le pot un morceau de linge 
humide , car s'y amairtns tous en trou- 
pe 5 il fera facile de les y tuer. 
£/Hcitriéme tuMafiie. 

Environ le commencement de l'Au- 

Kij 



iî6 Remarques pour laCt^hurc 
tomne , une clpcce d'araignée verte & 
vencnciife fe jette fur le feuillage de 
rOcillet , où elle file une toile dont elle 
fe couvre, & fous laquelle elle fait le 
guet pour furprendre les petits mouche- 
rons qui viennent fucer la rofée & le 
nîiel de noftre fleur , laquelle voulant 
s'exempter de loger ce mauvais hofte, 
replie fcs fciiilles , &; les ferme autant 
qu'elle peut , mais en vain , fî bien que 
s'y trouvant contrainte , vous la voyez- 
jaunir petit à petit, & abandonner tou- 
tes les feuilles qui font infectées de ce 
venin , qui fcinent,& fletnlfent en bien- 
peu de temps. 

Or ce feroit peu , fi cette malicieufé 
befte arreftoit-là ces entreprifes , ^• 
n'inventoit point d'autres rufes. En ce 
temps l'Oeillet commenç-ant à grainer , 
il arrive que ce larron domeftique perce 
& fait ouverture dans fi colFe , ou im- 
perceptiblement & en fecret il dérobe 
le petit tréfor que la Naturey cachoit ; 
fi bien que le !ardinier venant pour faire 
Ja récolte de fes precieufes feniences , 
n'y trouve plus rien , mais feulement la 
brèche par oii le voleur efl entré & for- 
ty, £ins que l'on puille le découvrir, fi 
on n'y regarde de bien prés. Qui vou- 



des Fleurs. n? 

dra éviter cet accident , cjii'il veille à 
fiu-prendre l'animal qui en eft la caufe , 
car en vain on criera puis après au vo^ 
leur , lors que tout fera pris & dérobé. 

Pour moy ayant découvert le mal, je 
crois y avoir donné le remède , puis que 
de montrer cet ennemy , c'eft apprendre 
le moyen de le vaincre. 

Cincjuiéme maladie. 

Le limaçon , la fourmis , & une efî- 
pece de chenille blanche . luy font en- 
core une cruelle guerre. Le premier, af- 
frz fréquentés lieux humides 8c aquati- 
ques , s'attachant à fes dards ou mon- 
tans , les coupe en deux , & après avoir 
bavé fur toutes les fleurs , cherche une 
autre branche pour la ronger , ne cclîant 
j-amais qu'il n'ait ravagé tout TOeillet^ 
oii il s'eft une fois, opiniâtrement atta- 
ché. 

La fourmis ayant aperceu une de ces 
fleurs épanoiiye , attirée qu'elle eft par 
l'odeur qui en fort , Se qui fans doute 
ne luy déplaift pas, fuivie d'un petit ba- 
taillon de gens de pied , l'alîîege rude^- 
ment , force ces remparts, entre dedans 
Ces murailles , de en moins de rien le 
met au pillage , luy tirant la fève fucrée 
qui nourrit. les feuilles, lefquelles tom- 

K iij 



n8 JUnhirquei pour !a Culture 

bcnt incoiicincnt Je tentes parts fans 
mot dire , crians au voleur ; langage que 
le Jardinier entend fort bien par Jcs 
yeux , ôc auquel s'il eft adroit il répond 
diligemment par les mains , défaifant 
luy fcul une armée entière fans répan- 
dre une g;oute de (anfr • S: Ci tel fecours 
n'eft bien prompt , li ne faut attendre 
de vos Oeillets ny fleurs pour le prefcnt, 
Jiy graines pour le futur. 

La chenille eft feule, mais néanmoins 
elle ne fait pas un moindre dcgaft que 
cette îefrere infanterie: dec^ail d'autant 
plus dangereux, que la caufe en eft pref- 
que inconnue aux yeux les plus clair- 
voyans -, car ce méchant animal fe reti- 
rant du jour fous le pot de l'Oeillet , le 
long des rebords , ou dans le noeud des 
petites baguettes qiii le fontiennent, 
jufques à temps qu'il ait trouvé fon lo- 
gement, la nuit Icnlement il fe met en 
campagne , & va à la picorée de toutes 
les plus belles de nos Fleurs encore en 
bouton , & avant qu'elles viennent à le 
développer , perçant en rond le tuyau 
ou graine d'une dent aiguë, s'y renfer- 
mant bien fouvent pour (uccr à plaifir , 
&: piller le petit m.agazin de graines que 
la nature y prépare.: Ci bien c|ue vous ne 



CiCS TlcUYS. 119 

voyez jamais une fleur d'Oeillet en Ça 
perfcdion , mais les unes à dcmy man- 
gées, & les autres entièrement perdues. 
Le remède à ces maladies , ou plutoft 
les moyens pour refifterà tant d'enne- 
mis ; ne font autres que de furprcndre 
tels efpions faméliques , & fans autre 
forme de procès leur faire prompte & 
brieve jufdce. 

Sixième rnala'iîe. 
Si l'Efté eft chcuid & Ç^c , la fève ic 
Jioftre fleur devenant vifqueufe &c 
gluante, & ce qui luy eft contraire , on 
s'apperçoit qu'elle plie fon feiiilîaire qui 
fe colle Ç\ étroitemement , & s'attache 
fi opiniâtrement l'un à l'autre , qu'à 
peine le peut-on feparer fans le rompre. 
C'eft toutefois le fecrct de le preferver 
d'une pourriture prochaine , laquelle 
fans doute luy arriveroit , fi la main du 
Médecin n'y apporrcit le remède. Les 
impatiens par une trop grande cruauté, 
luy arrachent jufques au cceui- tout ce 
qu'ils trouvent ain/î blclfé ; ce qui n'efl: 
pas guérir un malade, mais bien achever 
de tlicr un pauvre languilîant. 

Je fçavois bien que Dieu irrité de nos 
ciimes , chaftie aufli-bicn les Villes par 



ïiQ Fxcm.iyquef pour la Culture 

le flcau de la pcfte comme il punit les 
peuples par celuy de la guerre ; mais 
jufques à prcfenc j'ignorois qu'un air 
empefté & corrompu eût allez de mali- 
gnité pour infefter nos jardinages. Se 
faire pourrir en un moment une petite 
forei]: de Fleurs. Je n'ay veu ce dcfor- 
dre que rarement , & ce aux années fer- 
ches , es lieux marécageux , lors das 
foudres, éclairs & tonnerres : Mais s'il 
€Ù: vray que le P&mmier eftant en fleur, 
ne portera que peu ou point de fruit , (i 
en ce temps la {Idfon produit quantité 
d'éclairs , de mefme les boutons de nos 
Oeillets ne s'épanouvront jamais , fi un 
mauvais air corromp le lieu de leur de- 
meure -, mais feulement poulîeront une 
quantité de feuilles en defordre, & tou- 
tes livides, lefrcfte de la tige Se du fa- 
nage, eftant frais &c en lanté. Les cu- 
rieux qui ouvriront le cœur de ces cof- 
fes moribondes , les trouveront toutes 
noires &: puantes. 

Le remède à ce mal doit- eftre le 
changement de lieu pour les infirmes^ 
& au cas que cela ne fe puilfe com- 
modément faire, on allumera des feux 
aux environs des fleurs ; &c tout ainfi 
que par ce moyen celuy-là garantit fa 

patrie. 



des Fleurs. itr 

patrie d'une générale peftilence , de mê- 
me nous preferverons nos Oeillecs de 
cette vilaine contagion. 

H unième maladie. 

L'expérience & l'amour que les cu- 
rieux portent à cette fleur, ont inventé 
des remèdes à tous ces maux precc- 
dens -, mais pour celuy que les Fleu- 
riftcs appellent le blanc , qui n'eft au- 
tre qu'une dangereufe gangraine , ou 
jilûtoft une pefte mortelle , il n'y a 
Icience , connoillance , heibes , artifi- 
ces , mixtions , cliangement'd'air ou de 
nourriture, qui puilïe fauver l'Oeillet 
qui en eft une fois attaqué. 

Cette maladie eft nommée le blanc, 
d'autant que l'Oeillet qui en eft infe- 
€lé ; au lieu de pouirer une belle ver- 
dure , blanchit de tous coftez , Se fe- 
che peu à peu , comme fi enfin iiavoit 
pallé par le feu : & le venin qui l'a 
empoiionné ( qui n'eft autre à ce que 
j'eftime qu'une eau infeftée ou un mau- 
vais vent ) eft fatal , que fi vous fevrez 
& enlevez une marcotte ou Oeilleton 
d'une tige ainfi corrompue, ce pauvre 
enfant peu à peu fuivra Ton père, de 
tous deux fecheront en peu de jours. 

Ceux qui ont fait l'anatomie de ces 

L 



1 2.x Kemdrqucs peur la Culture 
pauvres défunts , ont remarqué qu'ils 
ont les racines noires, & d'une tres- 
mauvaiie odcnr , & que le petit fila- 
ment qui portoit en fauté la fève par 
toutes les branches , efl: chanf^é en cire 
jaune détachée entièrement du bois Se 
de l'écolle de T Oeillet , Se le refte des 
parties tout noir Se brûlé. 

Je ne m'arefteray pas à rapporter 
icv pluGeurs ordonnances de trcs-fca- 
vans Médecins j comme de Tarroufer 
du jus de fumier de Vache, luy laver les 
racircî dedans un fceau d'eau claire : 
îe replanter en une terre plus fablon- 
neufe , le faire fuer dedans un fumier 
brûlant , mefme palier par le feu le pot 
ou l'Oeillet eft devenu malade , avant 
de s'en fervir pour un autre , lequel 
fans doute y prendroit la mefme conta- 
gion. 

Jetter bien loin cette terre ainfi em- 
pellée , qui pour l'ordinaire fent le ci- 
metière Se la terre de trépatlë , Se mille 
autres pratiques inventées , puifque 
tout cela eft enfin inutile , Se que ceux 
qui fçavent la malignité de ce venin , 
jettent fur le fumier le premier de leurs 
Oeillets qu'ils en trouvent empeftç , 
fut-il Prince , Duc ou Aixhidac. 



des Fleurs, iij 

Le prcfervatif à tant de maux eft de 
ne foufFrir jamais fin- un Oeillet des 
fieliilles mortes , jaunes , ou languilîàn- 
tes , non plus que les chicots fecs & 
pourris , car cette partie gaftée uns 
doute en infcdcra une autre, & l'eau 
fe coulant doucement par cette petite 
ouverture putréfiée, produira enfin le 
chancre qui ruinera tout. 

Que fi autrefois au Temple d'EpiJ 
daure , les malades trouvoient les remè- 
des necclkircs pour recouvrer leur lan- 
té , Ôc pour en remercier les Dieux , y 
attachoient le tableau de leur guerifon j 
je fouhaiterois rencontrer une pareille 
fortune pour nos petits malades , m'en 
dût-il coûter autant qu'à ces pauvres 
refufcitez , Se un plus raifonnable re- 
nierciment à une feule Divinité. 

Et je ne doute pas que s'il fe trouvoit 
un Médecin qui voulufl: entreprendre 
ces belles cures , que 1 on ne le couron- 
nât comme jadis Hypocrate d'un dia 
deme d'or en luy dreilhnt quelqua 
glorieule Statué'. ^ 

Peut-eftre qu'il n'auroit pas les ea ' 
ges du public , comme Erafillratus cent 
talens d'or du Roy Ptolomée, ou dix 
^milieecus tous les mois comme Jacques 

Lij 



U4 Remarciue s pour Id Culture 
Cotrier <dc Louis XI. Mais enfin il 
connoiftroic par les libcraliccz des cu- 
rieux , qu'il n'auïoic pas en vain com- 
muniqué Ton fecret. 

Pour moy connoilTànt bien par {la 
fiagilitc de noll:re cftre , quei'f-Iomme 
du berceau court au tombeau ; &: ny le 
Sceptre qu'il porte , ny les coutelas 
dont il menace _, ny la clef de fes tre- 
iors qu'il ofFie , ny les fciences dei- 
quelles il s'enorgueillit , ny la beauté 
dont il fc flatte , ny les Palais où il ha- 
bite , ny les armées qui l'environnent , 
n'empêchent pas que la mort ne le fai- 
fiife au colet , & le reduife en poufTie- 
re j à plus forte raifon tout le refte des 
compoiez de la Nature , qui ne font 
que fes fujets &c fes efclaves. 

Tout ce que j'ay fait en ce Chapi- 
tre , a efté d'imiter ces peuples anciens 
qui expoient leurs malades en public , 
afin que les paflans leurs difent les re- 
mèdes qui les ont ^uaris eux ou leurs 
amis , lors qu'ils fe font trouvez atta- 
quez des mcfmes infirmitez, conjurant 
ceux qui peuvent fecourir nos Fleurs ma*- 
laides , d'ajouter à cet ouvrage le nom de 
l'herbe qui a Tes nobles qualicez, ou ce- 
luy du Saint qui fait ces grands miracles. 



des Ticurs, 115 

Q^and il faut renouvelc la terre 
des OeiUets. 

CEttc Fleur , comme nous avons 
die , ne ic plaiianc pas en pleine 
teire , mais dedans des pots avec une 
médiocre nourriture ^ il eft très- certain 
que cet aliment ne peut pas toujours 
durer, les racines qui s^'en nournlîenc, 
& par elles toute la tige , épuifan.s en- 
fin la fubftance qu'elles y trouvent , a- 
prés quoy faute de provifion il faut ne- 
ceiîàirement qu'elle meure , Teau dont 
ou l'arroufe par après luy fervant com- 
me à un Homme afîàmé pour appaifer 
Ù. foif , mais non pas à le ^nourrir. 
Partant il eft befom d'y pourvoir , & 
ce comme nous dirons cy-aprés , en 
deux temps difFerens de l'année , fça- 
voir , au Printemps & à l'Automne ; la 
première peur palier tout l'Eftc , de là 
féconde pour vivre durant l'Hyver. 

Pour cet effet, mon cher Lcdleur , 
vous choifirez un vailfeau quelque peu 
plus grand que celuy duquel dcflrez ti- 
rer voftre Oeillet , dedans lequel avant 
mis deux ou trois poignées de terre 
préparée comme nous avons cnféigné. 



S2.<5 'Remarques four la Culture 
vous renvcrfcLTZ far une main voftre 
pot d'Oeillets , le fecoUant doucement 
à ce qu'il en forte avec toute fa motte, 
prenant garde qu'il n'échape , ou que 
des morceaux de terre ne tombent fur 
luy , qui froilîeroicnt ou éclatcroient 
fcs oeilletons. 

Cela fait, & le tenant à voftre dif- 
pofition, vous luy taillerez d'un cou- 
teau deux ou trois doigts en rond tou- 
tes fes chevelures petites ou grolles , 
vieilles ou nouvelles , félon qu'elles fè 
rencontreront , rafraichilTànt paeille- 
ment le dellus & delfous de ladite plan- 
te ; puis en cet eftat vous le poferez 
au milieu du vaiffeau préparé à ce 
dellein , le rempliflant de bonne terre, 
&: l'arroufint auiïï-toft , afin que tout 
fe lie par enfemble , &c que la Nature 
anime toutes ces menues racines à en 
pouHer d'autres , & à guérir les playes 
qu'elles ont receuës. 

Ceux qui fe contentent de jetter fur 
le pot une ou deux poignées de terre 
nouvelle , ne font rien qui vaille , fî- 
non qu'ils martyrifent noftre Fleur com- 
me le miferable Tantale de la Fable, 
qui prend toujours ce qui fuit fans cef- 
fe 5 qui mord dedaus le fruit c^"\\ croit 



des Tîcurf. ity 

tenir , & qui luy échappe -, bref qui 
meurt de foim fans pouvoir mourir; 
puis que c'eft au fond & au bas de fes 
racines ou il a befoin de ce fccours , &: 
non pas au tour de fa verdure , où tel- 
le adi fiance devient une charge qui le 
fufFoque , qui engorî^e fes oeilkcons , 
& qui enfin pourrit f-i tige. 

QneiqMes uns l'arrachent à force de 
ù terre natale , pour luy en donner de 
nouvelle ; & ceux-là rellemblent au 
perionnagc , oui pour fiire une fois 
bonne chère à fon amv , voudroit au- 
paravant à force dç jeûner qu'il fûc 
piefque mort de fiim j ou au Jardinier 
Jequd au lieu de bien cultiver fes ar- 
bres , les tranfplanteroit tous les ans 
aux lieux qu'il jug:roitplus avantageux ■ 
pour les y faire frudifier. Or tout de 
meflîie que celuv-cy p^r ce continuel 
changement perd tout enfemble l'ar- 
bre , le fruit , fon temps , &: fon tra- 
vail j de mef ne noifcre Fleuri fte enle- 
vant ainil brufquement fes Oeillets , 
rifque à tout perdre , lorfque peut-ê- 
tre il auroit deiîèin de bien faire. Les 
autres qui le mettent en terre avec fort 
pot , enfemcnt un prifonnier entre 
quatre murailles , *Sc font alï^fz. cruels 

L iiij 



i 2.8 Remarques pour la Culture 

Ae l'y regarder par les barreaux , fans 
Juy donner aucune provifion pour le 
fuftenter ; & il arrive ou que ce pauvre 
captif au defefpoir mange à belles dents 
fes chailnes & fcs liens , ou qu'à de- 
my enragé il fe dévore foy-mefnie. 

La plufpart pour la peine qu'ils 
trouvent à le changer ( comme nous 
avons dit ) l'abandonnent entièrement, 
ôc veulent que refpace <ie plufîeurs an- 
nées il ùHTc bonne chère de rien ; qu'é- 
tant aiïiegé dedans fon fort , fans ja- 
mais fe rendre fur peine de la vie, il 
xefifte à mille alfauts , comnie aux cha- 
leurs de l'Efté j & aux rigueurs de T'Hy- 
ver , aux maladies , éc à. une armés 
ennemie qu'il a perpétuellement fur les 
bras ; de tout cela fins parler de ravi- 
tailler la place , & par quelques le- 
oers convois luy fournir des vivres , 
îionobftant que par fa crifte contenan- 
ce ôc fon langage' muet , il montre af- 
fez fon extrême necefïïté. 

Enfin quelques aprentifs en noftre 
Jardinage voyans leurs Oeillets qui 
fechenc &c languilTênt fiute de nour- 
riture; en plein Elle , Se au milieu des 
pius cuifintes ardeurs du Soleil, fcloa 
que le loidr ou la fmtaiile leur prend^ 



^es V leur si 119 

ils les arroLifcnt, les changent déterre, 
les remuent & les taillent , femblabics 
au Médecin ignorant, qui commai-îde- 
roit de faire grande chcre au malade 
fi-toft que la fièvre l'auroit quitté 5 ou 
au Gouverneur mal-avife qui pcrmec- 
troit à Tes foldats de vivre à diferetion, 
& faire des excefîîves débauches après 
les grandes incommoditez d'uu long 
fîe^e. 

Car tout aind que le premier tue- 
roit fon malade , fournilïànt la matiè- 
re au redoublement de la fièvre , & 
le fécond perdroit fi garnifon y fouf- 
frant ces excès au fortir d'une extrême 
ncceiïité ; de mefine le jardinier rui- 
nera toutes fes Fleurs , Çi apré§ un§ 
longue difecte ou d'eau ou de terre, il 
les crevé tout a coup de l'un ou de 
l'autre. 

Je compare un pauvre Oeillet en ce 
temps à quelque Citoyen infortuné, 
qui void brûler fa maifon j il court à 
fes enfans qu'il entraîne, il entre, il 
fort , il crie à l'aide , il cherche ce 
qu'il ne 'peut plus voir , il enlevé tout 
ce qu'il rencontre , il retourne pour 
emporter fon lit, il jette un meuble par 
les fcneflres , bref on le croiroit une Sa- 



130 "Remarque!^ fourli CuUure 

lemandre qui vit dedans les flammes ; 
lors que tout à coup un torrent de feu 
rinveftit , le b' ûle , & à peine pcut-il 
trouver Va porte pour fe fauver. 

Il en va de méfiée pour noftre pau- 
vre Fleur , ch.^rgée , déracinée , &c re- 
muée en Ffté ; car ia rhaleur alîiegeant 
fon vaiflcau dedans &: dehors , il prcllè 
fes racines de faire la quelle , dz de fu- 
cer quelque douceur pour luy fubve- 
nir , fes œilletons penchent la lefte , 
& fans parler, crient au voleur ; fes 
montans altérez implorent la niiiericor- 
de du Jardinier -, il fait ombre de fon 
feUillape courbé à fi tige échaufée j il 
hafte la nuit devenir, en efperanc la 
rofce'; mais le Soleil achevant de le 
biûîer , & l'arroufoir ne venant prom- 
ptement au fecours , en deux ou trois 
jours le voila moit fans refource 

Q'ip fî après tous ces avertilTemens, 
quelqu^^n me demande quand & com- 
ment i! fuit donc traiter cette Fleur j 
qu'il a'iprenne qu'un jour un de nos 
Rois recherchant d'un fage Perfonnage 
les n^oyens poui bien policer fon 
Royaume ; Cet Homme expérimenté 
prit une carte blanche , & écrivit def- 
fiis ce mot , Modhs , qui veut diie , 



des Tîeurf; \^i 

tout avec prudence. C'cfl: le dernier avis 
que je donne , qui réglera & ferarelif- 
fir tous les autres. 



CATALOGUE DE ^EL- 
que s TLvnes à Fleurs , quifc 
font troH\->ces au Jardin de T. 
Moriîj Vkurtjlf^ 



Avertiilcment. aux Curieux toucluiil 

les Anémones à plucf^e. 

— . — ^ 

IL y a trois ans CjHt je fis imprhmr U 
Catalogue des principales Fleurs <jiii 
£JUient tn ce Umps-U en mon Jardin , 
afn de le communie^ h er anx curieux Fleu^ 
rifles éloignez, de cette Ville , & par cê 
moyen leur faire connoiflre celles <jue j§ 
pofedois pour lors , pour apréf leur en de~ 
partir à prix raijhinabU , & félon mon 
pouvoir; ce cjni a rcïiffi ajfe'^bien félon 
mon intention. Or depuis ce temps AÀ 
i'ay acquis de divers Pays (Quantité d'au^ 
très belles Fleurs , principalemtnt des 



nt AVERTISSEMENT. 

j^tiemonts de fhis de cent tfvtca dif~ 
fcrcmes , dont la vhf^art ne i'epoient poi 
encore Vc u'cs en France , c^ cjue j'ay laif- 
fé voir aux Curieux de cette J'ille <jiii 
les ont admirées -, d'nne partie defijuelles 
j'ay fait la defcrip'ion ejnand elles é- 
t oient en fleur , ayant laijféà décrire l'an- 
tre partie pour e^nel^ues empahemens e^ue 
fay eus : ce cjiie j'efpere d'achever l'année 
prochaine , Jî je les puis eonferver. Ce- 
pendant je vous en rtpre fente icy les cou- 
leurs avec les noms cjn'on a donneT^ a 
celles qui n'en avaient pas encore , afin 
^ue par ce moyen elles pHÏjfcnt eflre con- 
finés d'un chacun. Je donne encore avis 
AUX Curieux a ne je n'emens parler en ce 

tîêïi îiVic de* /iy-f^y'Otiet p,lu/:it*'>( . /■/iwjj»;^ 

les pim belles ô" IfS plm (liturJes de îoiu 
tts : Laiffani à a ce 'ire les lierrées , 0* 
celles t^u'on appelle hermaphrodites , ainfi 
nommées a caufe qu'elles participent de la 
Ttature des deux efpices fufdites. C'efl a 
fçavoir des plue! ées en leur verdure (^ 
feuillages , & d(S lierrées en leurs fleurs. 
Q^uoyciue ces hermaphrodites ne [oient fi 
helles que les pluchées , je ne laijfe pas 
pourtant d'en avoir de plufieu^s efpeces, 
cornrnt aujfides lierrées afin de pouvoir con. 
tenter au befoin les plm curieuxF leurifles , 



S fô * i7< ^ >^ * >'?> * f« 5 Jï> * '■^ » s« * fiî 
CATALOGUE 

DES ANEMONES 

A PLUCHE. 

L'AlhAnoife, eft toute blanche, fi- 
non un peu d'incarnat au fond, 
des glandes fcudies &: de la pluche. 

Aihertine , ell de couleur de chair 
nuée d'incarnat aucuns la nomment Pa- 
rangon ou Palîc-Scalla. 

yihicante , fes grandes feiiilles font 
d'un blanc fale, fa pluche eft blanche à 
l'extrémité , couleur de rofe : en Bre- 
tagne on la nomme Carnée. 

Amarantine , fes grandes feuilles font 
d'un rouge blafard , fa pluche d'une a- 
marante brun , ilar laquelle vient par 
fois une houpp:? ou floquet incarnadin. 

/IngeltcjHe , eft blanche , à pluche gris 
delin : cellc-cy a efté élevée de graine 
en cette Ville , Se eft encore rare. 

j4(ÎAtic]He , fes grandes feuilles font 
blanches mêlées d'incarnadin , fa plu- 
che eft de couleur de grenade mêlée 
de blanc. 



i54 Catalogne 

y^flcrte , qu'aucuns nomircnt Aflrie-, 
eft blanche mclcc d'incarnat , faicgi-oH- 
fes Fleurs» 

y4»çrif(i:lr;e , Ç<:9, '^ïcinàQ^ fciiillcs font 
blanches mêlées d'nicarnat, fa pluche 
couleur de feu. 

Bl Anche V14I chaire , celle- cy ed: toute 
blanche, les Fleurs en font petites. 

Bleue , ou quafi Bletrë , fa Fleur en 
fon entrée approche du bleu , par après 
s'éclaircit , & finalement devient gris 
dclin. 

Bôulor.oife , Tes grandes feuilles font 
blanches à fond incarnat , fa pluche 
entremêlée de blanc , d'incarnat & ci- 
tron j elle demeure long-temps en Fleur, 
fa pluche eft fort bien rangée. 

Briote , a les grandes feuilles blan- 
ches mêlées d'incarnadin , fa pluche 
,toute incarnadine. 

La Bury , cft d'un blanc fale mêlç 
d'incarnat , fa pluche eft fort étroite. 

Candiottca les grandes feuilles d'un. 
oris blanchâtre, fur fond incarnat , fi 
pluche incarnate bordée de feuille-mor* 
re verdâtre. 

Cajf^fidre , eft toute de couleur de 
Fleur de Pêcher , plus haute en couleur 
que k Percicj^uiaç vulgaire. 



dey Anémones» î3> 

Ca^f^ea {^^ojfj, cft toute couleur de 
chiir en iricanuUjfa pkiche allez Lufre: 
elle a cfté élevée en Italie. 

CxXerte ou CAZ.ert»nt , a les grandes 
feuilles rouges bordées de couleur de 
foulfie, la pluche d'un haut ronge de 
feu. 

Celfjllne , a les grandes feuilles blan- 
ches , fa pluche blanche mêlée de ci- 
tron qui blanclxit fur la fin. 

Cc'idée, porte les giandes feuilles 
blanches mêlées d'incarnat , ù pluche 
céladon mclé de couleur de rôle. 

Clitte , elt de couleur de chair entre- 
mêlée d'incarnadin ,fa pluche fort bien 
rangée à la manière de Fleurs de lou- 
cy double ; ôc eft l'une des plus belles 
Anémones à pluche qu'on puilïè voir. 

Colombine j celle-cy cft toute d'une 
couleur qui retire plus à la Fleur de 
Pêcher qu'au Colombin -, parquoy elle 
a efté mal-nommée j elle eft fort vuL 
gaire. 

Cordon violet , ou cinq couleurs , a 
les grandes feiiilles 6c la pluche rouge, 
fa fiaife ou co:don ( qui croifl: plus 
qu'aux autres Anémones ) devient de 
couleur violette tirant fur l'Amarante 
jpeu dç jQurs avant quelle dcfleudllê j 



11^ Cdt-dlogue 

fa tige ne fe foûdcnc pas bien droite, 
ce qui fait qu'on ne l'eftime gueres. 

Crarnoife , eft d'un rouge hrun ve- 
louté , fi pluchc fort bien rangée. 

Darnafine > cft incarnate & blanche , 
panachée diftinélcmtnt ; c'eft l'une des 
plus belles Anémones qu'on puilî'e voir, 
6<: avec cela fort rare. 

T)orifmene , fes grandes feiiillcs font 
'incarnates mêlées de blanc, fi pluche 
rougeâtre. 

Èxifiée i Perciquine nouvelle Se tres- 
belle. 

Extravagante , ainfi nommée à cau- 
fe que fa pluche eft d'une figure toute 
extraordinaire j fes couleurs font blan- 
ches , rouge ôc verte. 

Cabrielle , fes grandes feuilles font 
blanches, fa pluche verte , blanche «Se 
incarnate. 

Galipoly de Toitloufej eft de couleur 
de feu mêlée de blanc. 

Gayetane , fes premières Fleurs font 
blanches à pluche pourpre, mais les 
dernières deviennent colombines mê- 
lées de Fleur de Pêcher. 

Herijfée , fes grandes feuilles font 
rouges , Se quelquefois mêlées de 
blanc j fa pluche eft de couleur de feu. 

Incdrnadinc 



des /Uicmonc^. 147 

Incarnadine d'Efp.iqne , celle- cy por- 
te le nom de u couleur qui eft tres- 
vire j elle efl fort commune par tous 
les Jardins des Fleiuiilcs. 

f olivette , eft de couleur de chair 
mêlée de roùge; fa pluche couleur de 
brique. 

Indique , Tes grandes fciiilles font 
couleur de chair mêlée d'inCarnat , Çà 
pluche céladon blanchilïànt mêlé de 
rouge. 

Jiiliane, aies grandes fciiilles blan- 
ches mêlées d'mcarnat j fa pluche eil 
incarnate. 

Limojîne , eft des mefmes couleurs de 
l'Extravagante, verd, rouoic , & blanc, 
& luy reiremble alTez du refte. 

Lionoife , a les grandes feuilles & la 
fraife ou cordon gris blanctiaftre à 
fonds colombin , fa pluche colombine a 
l'extrémité verte. 

Mantuar.e , eft de couleur de citron 
à fonds incarnat. 

A/fa-'gmriîe de Martelleti , eft de 
couleur iîamete; fa pluche qui reirem- 
ble alîèz bien à une fleur de Margue- 
rite , eft foLivent entremêlée d'une au, 
tre pluche , <\\\i vient plus large quel? 
première. 

M 



138 Catalogué 

Melidore > eft toute de couleur de ^iT^ 
brune , à fond blanc. 

Meteline , eft d'un gris fale mclé de- 
vert (Se d'incarnat. 

Milan iCe , eft une Perfiquine nou- 
velle qui fait de grolFcs Fleurs. 

MorefcjHe , eft d'un mêlé d'incarnat^ 
(a pluche eft étroite. 

Moy'tte, eft de couleur de chair,' 
la pluche blanche , aux pointes rouges, 

M orine > eft d'un haut violet ^ appro- 
chant du pourpre , tant en fes grandes 
faillies y qu'en fa pluche. 

Nan^oife , eft toute incarnate ; ellé- 
vient de belle hauteur , & a efté enle* 
vée en Bretaa;ne. 

Natolie . eft blanche , meflée d'incar^ 
nadin , tant en fes grandes feuilles ;, 
qu'en f.i pluche. 

Noiynn , a les grandes fueilles rouge, 
fa pluche rouge , méfiée d'une couleur 
noiraftre. 

01 in de y a les grandes fueilles violet- 
tes , quelquefois bordées de blanc : fa 
pluche eft toute violette. 

O -icntale , eft d'un gris lavande , ti- 
rant fur la couleur d'ardoife , tant en fa 
pluche , qu'en fes grandes fuieiUes ; eUf 
fcùt de groiïes âcurs. 



des Àncmones, î0 

Vanne ifabelle , on la nomme ainfi h 
caiife que fa pliichc cil; de couleur ifa- 
belle j fes grandes fucillcs font colom- 
bines , au plutoft couleur de Fleur de 
Pefcher : Il faut noter que celle-cy eft 
fujette à dégénérer en la pluche , la- 
quelle change par fois la couleur , & 
devient comme les grandes fucilles. 

Tanfienne . a fes tirandes fueilles blan» 
ches ; fa pluche au commencement eft 
couleur de citron pâle , qui blanchie 
après. 

Tarmefa.ne , porte les grandes fueil- 
les blanches à fond rouge , fa pluche 
couleur de rofe incarnat , & fueills 
morte jaunâtre. 

Perci^ninf . eft toute de couleur de 
Flenr de Pefcher , fa pluche bien ran- 
gée , & ell fort commune à Paris, 

Picarde , nommée d'aucuns funon s 
cfi: blanche, méfiée de couleur de Fleur 
de Pefcher , tant en fa pluche qu'en fes 
grandes fueilles : elle produis de grolfcs 
Fkurs. 

Pieimontoife , fes grandes fueilles & 
fa pluche font d'une ilabelle tirant fur 
rincarnar. 

Provençale , eft verte , &c Fleur <fe 
Pefcher , aiïèz. belle,. 

M ij 



I40 Catalogue 

Quatrtcolor , dite à Paris Amarante 
rc'j:;ate : J'en ay de quatre clpeces. 

La première porte Tes grandes fueil- 
les rouges méfiées de blanc , fa pluchc 
d'un Amarante brun , &: une honpe 
©u flo quête rouge au milieu. 

La féconde porte Tes grandes fueiiles 
toutes rouges , fa pluche Amarante 
brun , fil houpe de nacarac bordé de 
blanc. 

La troifiéme , dite Belle Françoife , 
a les grandes fueiiles blanches . méfiées 
d'un peu de rouge ; fa pluche efl: d'A- 
marante brun , comme les autres pré- 
cédentes , fa houpe incarnadine. 

La quatrième a les grandes fueiiles 
rouges méfiées de blanc , fa pluche 
Amarante brun , excepté le milieu qui 
eft incarnat : celle- cy eft la plus rare 
des quatre. 

Ranonculée , la fieur de celle-cy eft 
toute de pluches larges , ne portant pas 
de grandes fueiiles comme les autres 
Anémones : elle eft de couleur rofe- 
feche , tirant au violet. 

R:0ate , eft rouge , mtflée de blanc, 
principalement en fcs grandes fueiiles. 

Rott^e 'unlçraire , cclle-cy eft toute 
rouge j qui eft tres-comnumej & eft la 



des Jncmones, 14I 
première Anémone pliichée qu'on a 
apportée en France,qui fut en l'an 1595, 

Lafaint Carie , eft d'un blanc (aie, & 
ronge vers le fond ; L\ pluche cfl: fort 
déliée. 

Sunguim de Martelleti , celle-cv eft 
toute ronge ; fà Fleur n'eft: pas fi gran- 
de que la Rouge vulgaire. 

ScaHa , a les grandes fueilles d'un 
blanc fale , la pluche couleur de feu. 

Sermonette , a les grandes fueilles, ^ 
la pluche couleur de feu , entrcmeilée 
de chamois. 

Synople , efl: toute carnée , différente 
toutefois de la CarneagrolI!i, cy-devanc 
décrite, 

Sv-ienne , fes grandes fueilles («jnt 
ifabelle pâle nué de carné , fa pluche 
verd-clair,nué aufîi de couleur de chair. 
Tofcane, eft d'un rouge blafard , méfié 
quelquefois defueille-mortc : elle dure 
plus loiig-temps en fleur que beaucoup 
d'autres. 

Tripo'aine , eft de couleur de citron 
blanchillans , s'élève haut de terre Se 
ù\t de groflès Fleurs. 

TunfHoife , eft blanche à fond incar- 
nat , tant en fa pluche qu'en fes gran- 
des feuilles 3 elle eft tres-tardive à fieu- 

M iij 



f4t Catalogue 

rJr , ^'C fnic fes tiges haute?. 

nûorieufe . a fcs grandes feliilles cou-^ 
leur de chair j mêlée d'incarnat , fa 
plnche feliiUe-morue «S»: incarnate. 

Fioletie vulgaire , cellc-cy en fleuriC 
fant cft toute violette , mais après elle 
s'apâlit , ôc devient grifâtre : les Ita- 
liens la nomment Pavonailb j les Fia* 
mans , Cul de Tahon. 

GATA LOGUE 

DES RANO N eu LES 

DE T R I P O L Y. 

Avertiiîemment. 

L^ ^la?ite c^ue Charles de l'IËcliife 
nomme dan ^ fes Livres , Ranonculus 
Afiaticus grumcfa radice, '/? cp ame t:om 
vcymnom en Franfoii , Ranoncule de 
Tripoly, Il y en a diverfes efp^ces , les 
ftm ponant Fleurs fîmphs , les autres dcH'- 
hle\ Pour bien entendre la deÇcription 
ejue j'en faits , il faut ff avoir e^ui' y en 
a ojiii ne portent cjiiune feule couleur :lef- 
In antres en portent plujîeurs » dont U 



AVERTISSEMENT. 145 
dehors des feuilles de la fleur" fc trouve 
e^Heltjuefoîs d'une couleur y mais le de. 
dans d'une autre. Parlant de cef derniers, 
je fommenceray à nommer la couleur du 
dehors le première, à caufe ijtte celle-là 
Cjui s'apperçoit la première à noft're venë, 
l&rs me [me cjue la T'iante n'efi encore qu'en 
bouton , puis la couleur ejui eflpa^ le de. 
dans de la Fleur, ce cjne je nommer xy 
fond : le bouton noir en forme de Tidban 
cjui efi au rndieudechacjiie F leur des Sim- 
ples oh fe forme la femmcf , ne varie point 
de couleur : cejî'pourcjunyje nenparleray 
pas en décrivant leurs Fleurs cy-aprés. Je 
commencera} par ceux qui ne portent qu'a» 
'ne couleur , & font fimples» 

CATALOGUE Des RyiNON^ 
ciiles de Tripoly, 

_ 1 r \ '. Blanc, 

KanoHcules iimpies, ' , 1 /> 4 

j ^ , / ' , Jaune dore. 

de limpie couleur , s-i ^1 

^ ^ ^ ' jjaune pale. 

fort cniq efpeces , <^ç^^^^^,^,,, j. Citron; 

^fcavou-le J^Ronge brun , qui 

*, eft odoriférant. 



14 4 Ca'alooue 

RANONCULES SIMPLES 
de double couleur, 

V africain , eft jaune doré , marqueté 
de dacarat , fur fond jaune. 

L'au-rsre , eft jaune panaché de naca- 
rat par le dehors de la Fleur , fur fond 
jaune d'aiîrore. 

BefiKçon ^ celuy.cy eft d'un jaune 
pâle, marqueté de rouge , fur fondjaune. 

Calabrois , eft chamois bordé de rou- 
ge, fur fond chamois. 
?• Drap d'or^ eft jaune doré, mêlé de 
rouge par le dehors de la Fleur , de for- 
te qu'il relîemble à du drap d'or ^ ce 
qui eft caufe qu'on le nomme ainfi. 

Melidor , eft rouge cramoify , bordé 
d'iiabclle par dehors la Fleur feulement^ 
îe fond eft ifabelle. 

Parme fan ^ celuv-cy eft jaune doré , 
bordé de rouge, fur fond jaune. 

Pa/fe-ro/e , eft de couleur de rofe 
vermeiil-e , nué de blanc , fur fond b'aiic. 

Romain , eft chamoic , marqueté de 
rouge par le dehors de la Fleur , le fond 
eft chamois. 

Kofé frife' , celuy-cy eft blanc & cou- 
leur de rofe par le dehors ftuloncnc 
fur fond blanc, , 

Saline) 



rouge , 



Cdtaî. des "Rdnonculcs] i4f 

Satiné , eft blanc , marqueté de rou- 
ge par le dehors , fur fond blanc. 
Sydonien , eil chamois., marqueté de 
fur fond chamois, 
r Rouge cramoify , ou fling 
1 de BcEuf. 

Géant ouTeaune de Ro- 
me , eft toute rouge , fait 
grolïès Fleurs ; mais les 
feiiiJles n'en, font pas tien 
unies. 

Géant de Conftantinoplej 
celuy-cy porte fes Fleurs 
plus grandes que le prece- 
onçute. dent -, aufïî fes feuilles fonc 
double ,C^ mieux rangées, 
de fmiplel Jaune à feliillede rue j ce- 
rr^nlpMi- I luy-cy porte fes Fleurs plus 
petites que les precedens. 
Jaune d'Italie, à feuille 
I d'ache , fes Fleurs relFem- 
I blent à celles des grands 
i i>affinets doubles. 



RatiencnU 



couleur 

dit. 



N 



14^ CdtaL des Ration culcf. 



C Bofueli ccluy^cy provient 
du petic Rat ora.igé vuU 
gaire, lequel s'eft rayé de 

', jaune. 

* Géant ou Paune de Ro- 
me , rayé de jaune, il efl: 
fnjet à varier , portant par 

^ammiU( ^^^^ P^"^ ^^ ^°"g^, ^^^e de 
double ( 1''^"''^' ^ quelquefois plus 
de double^ ^^ )'^^"^^ ^"^ de rouge : J'en 

couleur , ^Y "" ^" ^^^"^' ^ P.^"^^'^"^ ^î" 
^ elt prelque tout jaune : s il 

j revient tous les ans de mef>. 

\ me , je Peftimeray le plus 

I beau de tous : je le garde- 

(_ray fur cette eiperancelà. 



4ic, 






^i 



147 

va SOI $ i'ii 3 fn i» 4.^ 5 fs * rrf * 5ÏÎ jF jïî », 
CATALOGUE 

DES TULIPES* 

PRE F ACF. 

ENtre les plui belles V'eurs ,iln'yc» 
a foinî ejui fe diverjîfient en tant de 
cohLcirn Çy" manières que les Tulipes -, ce 
qui les a fuit nommer a bon droit , Rei^e 
des Fleurs : Et qui les voudrait jpecifier 
toutes t nauroit jamaii fait -, car on en 
découvre ioiu les ans de nouvelles provc» 
fiantes de leurs femences , qui apnetent 
naturellement ce changement de couleurs, 
c'ejl pourqnoy fans vouloir décrire toutes 
celles qui fe laijfcnt voir au Printemps à 
ms jeux, je me contentcray d'en repre~ 
fenter icy quelques.-unes des miennes les 
pins confiderables , avi€ leurs nomspar 
ordre alphabétique , qui fervira comme 
d'une vive peinture pour les faire connot- 
tre AUX Curieux , qui f e/hant élo'gneT 
d'icv , ç-r n'en pouvant avoir leurs lor^ 
traits ) font defireux de ff avoir qui font 
celles que nous ejtimons a Paris, Encore 
qne fen aje me çrand quantité dç pla^ 



Ï4S PREFACE. 

jleHrs ejpeces , je me contenteray tou^ 
îefois d'en reprefenter en ce lieu de cent 
fortes di^erentei des plm ht lies , t^ui efl 
un nombre complet & affe\^ fi^ffi fan t pour 
remplir un carreau oh planche de médiocre 
çrandeur : ç^ je ne l'eflimerois pas moins 
eflant cornpofé de ce nombre bien choifï » 
ait un autre (fui en contiendroit trois fois 
davantage de médiocre ou o'e moins belles, 
préférant en cela la cjualiîéa la cjuantité, 
qui efi neantmoins recherchée de la pluf^ 
fart , & pour y parvenir, ]ay retranché 
plufîeurs noms de Tulipes que j'avais mis 
dans mon premier Catalogue , c^ j'en ay 
éidjoHté d'autres pltu belhs en leur place, 
tjberant par ce moyen contenter davantage 
les anciens Curieux , cjui recherchent ordi^ 
fiairement les chofes belles & nouvelles» 
JEt pour la fatisfatlion des nouveaux , ou 
de ceux ^ui ne voudraient pas faire la 
dépenfe pour acquérir les pi'm rare! ( qui 
ordinairement font chères ) je httr donne 
avli <jHe j'en conferve encore dam mon 
Jardin beaucoup d'autres efpeces moin^ 
ares & vulgaires , cjUe je puis donner à 
fiéfle prix : mon dejfein eftant de fatis^ 
faire a la curiofîtç de tous les aituteiirs 
dei Tulipes, 



Catalogue des Tulipes] 149' 
faut noter que celles qui font mar- 
quées d'un P. au bout des lignes , font 
précoces , c'eft à dire des plus hâtives à 
fleurir : V M. marque les medionuelles: 
toutes les autres font tardives,- 

CATALOGUE 

DES TVLIPES: 

L' ÂC'->(^e ou VAvan^on d^ Aco(la , a 
la Fleur blanche panachée de 
pourpre & de gris de lin. 

Admirai Cafielein refiifie , blanc ^ 
rouge , clair , & colombin. 

AoAte dentelée , colombin chargé ^ 
rouge & blanc. 

Açr^ate Mann, eft blanche, grisfale, 
ôc pourpre, 

y^gate Royale , pourpre palilî^int , rou- 
%t , de blanc. 

Atbertine . gris de lin lavé , & blanc 
environné de trois pourprez par menus 
panaches. 

Jlptife , eft panachée , de jnine Sc 
rouge : cette Fleur eft de belle forme, 
qui vient fur une tige droite ôc ferme, 
Ôc n'eft pas fautive. 

Ankbrife > colombin , ronge 6c blane^ 
N^iiji 



Î5Û Catalogue 

AmAranùne , pourpre , & blanc, 

j^midor , eft de couleur de pain d'é- 
j)ice, peu de rouge , ifabelle jaunâtre, 
^ amarante : quand il eft reâiific , c'eft 
une des belles Fleurs qu'on puifïé 
iVoir. 

Amarille j porte trois couleurs , qui 
Tont pourpre clair , rore-feche , ^ 
îîlanc. 

Anàinàon , amarante , blanc de lai<5k, 
2c peu de rouge. 

Angloife » colombin , rouge , & 
blanc. 

AugHfUne i eft panachée de violet Se 
de blanc. 

Bnjloife , eft de trois couleurs , rou- 
ge , colombin , & blanc. 

Braufrê , rouge & blanc. 

BtUn-ofe y eft gris de lin , rouge mort, 
&: beau blanc. 

Bellincourt , eft de couleur de feu , Se 
blanc de lait. 

lieÇ^rtçonne , colombin & chamois 
blanchiftlmt. 

Brabançonne , pourpre blanc de lait ^ 
& peu de rouge. 

CailUrde , eft de quatre couleurs , 
colombin, chamois, incarnat, Se jau- 
ne doré. 



des Tulipe s'I lu 

Carite , eft fiamette , rouge , 6c 
bknche. 

Cartie , gris rongeâtre , Bc chamoiV; 

Cedanull' , eft panachée , de pourpre, 
blanc de lait , & peu de rouge. 

Celefiine , violet pourpré , & blanC 
de lait. 

Du Che/he , pourpre , blanc de lait , 
ôc peu de rouge. 

Chinoife . efl de quatre couleurs ^ 
gris , colombin , rouge , de chamois. 

Citaietit ou Palfe. Citadelle , cft de 
trois couleurs, gris de lin , pourpre ôc 
blanc. 

Corinne > jaune doré , bknc , ^ 
rouge. 

Dolincoiirt j eft pourpre , rouge «Si 
blanc. 

Dorade y rouge , & chamois blan- 
chi ifan t. P. 

Dorilée , violet , Se blanc de lait. 

Diileine , blanc de lait 6»: couleur de 
laque. 

é* 'Z,'^ ^ pourpre , violer , d<. blanc , dés 
fon entrée. 

Erigée , blanc , Se pourpre. 

Brimante , eft feiiille- morte , rouge , 
^' jaune , c'eft l'une des plus bdles 
Tulipes du temps. 

N iiij 



xj£.' Catalogue 

E (perance , j3.uneh\arnchiiTa.nt , fiamet 
Se rouge. 

é-Jhmpe j colombin , blanc , & in- 
carnat. 

tfioillée , violet & blanc , approchant 
:^ort aux couleurs de la Dorilée. 

Eugène ^ ïouge, brun & blanc , P, 
Eiifebe , colombin , rouge , & cha- 
mois. 

Eiirifiée , colombin mêlé de blanc ^ 
eft de fin panache. 

Faufilne , eft d'un colombin rougeâ- 
tre -, & blanc fatiné , fur un fonds bleu^ 
& eft fort bien panachée. 

Félicité , rouge mort ^ ôc jaune bor- 
dé d'un filet rouge. 

Flamboyante coîomhîne 3 eft colombinc^ 
panachée de blanc. 

Fleuricourt , eft panachée d'un haut 
pourpre , avec un blanc de lait , & peu 
de rouge : c'eft une des plus belles fleurs 
qui porte du pourpre. M., 

Fleurimo m , gris de lin , pourpre , & 
blanc. 

Fleurifette , gris, incarnat, ôc cha- 
gnois.. 

Frigienne , eft panachée d'un rouge 

d'êcarlate , avec un blanc de lai:. P. 

frontevale , couleur de rofe ^ rouge 



des Tulipe f] i^j 

Bc blanc ^ fa Fleur eft d'une cres-bclle 
forme. 

Galatèe , eft panachée d'un ifabelle 
blanchilïànt , avec du jaune doré , qui 
font des couleurs à la mode. 

Geande , colombin , rouge , &: blanc, 
& n'eft guère fautive. 

Gentille , colombin changeant , Se 
chamois. 

Générale Picot , haut pourpre , Sc 
blanc de lait , eft allez fcmblable à 
Fleuricourt. 

Hélène, eft de couleurs fort appro- 
chantes de la Geande , à fçavoir Co- 
lombin, rouge , &c blanc. 

Heliodore , eft de quatre couleurs af- 
fez diftinétes , fçavoir , orangé , jaune, 
gris de lin , èc rouge , qui font les cou- 
leurs à la mode, M. 

Herian , eft panaché d'un rouge brun, 
a-vec du chamois qui blanchit en deux 
ou trois jours. 

Hercnlée , eft panachée d'un rougr 
de fang , &: de blanc de lait. 

Impériale , eft de trois couleurs , 
pourpre brun , blanc de lait , & peu de 
rouge. 

Ignace , rouge mort , fur fond de 
chamois , eft de très- fin panache,. 



154 Catalogue 

JêlicoMrt , couleur cic tiiillc jaune 6c 
ronge, c]ui font des couleurs qu'on re- 
cherche à prefei r. 

Jofephe : ifabelîe ronG;eâtre , pana» 
chée de jaune , avec un peu de rouge. 

*nlitifif, de trois couleurs , colom- 
bain , blanc & î^ris. 

J i}ire cft panachée de deux rouges, 
fur un fond fuin. 

L'arme on .'igaihe -pem'cho^ s eft gris 
de lin , & blanc par menues pana- 
ches. 

Lafl-.irce , eft: de corJeurs fiamet^» 
blanc 8c rouge. 

Lapponte , colombiu , blanc , Sc 
rouge. 

Leandre > colombin , rouge , &^cha-. 
mois. 

lAfa , rouge , orangé , & jaune par 
menues panaches. 

Ai <iyir,c' entre en Fleur incarnate &" 
chamois , puis elle fut paroiftre du co- 
lombin 8l clii icuge. 

Mtl'tde > eft incarnat , blanc , & cou- 
leur de rofe. 

A^ellnde, pourpre brun , Se bîanc de 
de lait. 

Aionfo' , incarnat , rouge , & cha- 
mois blanchillant, 

Morine , eft: incarnat chargé , avec 



des Tulipes. 1^5 

du blcinc dés l'entrée de fa Fleur. 

Afon(l--e , on Ta nommée ainfi , à 
caufe qiia fa Fleur eft fort monflrueufe, 
a pour couleurs le jaune Se rouge , com- 
me du drap d'or. 

Monfire double , cette Tulipe porte 
ordinairement plus de fix-vingt feiiilles 
en chaque Fleur, qui eft rouge, jaune, 
& orangée j & en ;porte pour l'ordi- 
naire trois ou quatre fur (a tige , qui 
eft aufîi environnée de neuf ou dix 
feuilles. 

Nantoife > eft gris de lin chargé mê- 
lé de rouge, & panaché de blanc 

Nicée y rouge fur fond blanc fatiné. 

Noiron , eft d\iu rou^e de fanfi de 
boeuf, colombin chargé & chamois. 

Olirnpe , eft de trois couleurs, fca- 
voir d'un fiamet tirant iur le gris , blanc, 
Se rouge. M, 

Ondée , cette Tulipe eft admirable, 
principalement à caufe de fes feiiilles 
qui font d'une belle largeur , du mefîne 
verd des feuilles d'Oeillets , toutes 
bien godronnées & environnées d'une 
bande auffi blanche que des lys ; telle- 
ment qu'on peut dire que c'eft un chef- 
d'œuvre de la Nature j fi Fleur eft tou- 
te blanche. 



1)6 Catalogue 

opale , cil de quatre couleurs , cô- 
lonibin chargé , jaune doré , rou2;e Se 
blanc ; mais ces couleurs , viennent 
fouventesfois enfcmble : fi bien qu'on 
ne l'eftime pas tant que fi elles ctoienC 
diftindement panachées. 

Orientale Adovin , ccllc-cy efl: de 
trois couleurs afiez diilindes , fçavoir, 
gris de lin, blanc & pourpre. 

PaUmede , eft de trois couleurs , co- 
lombin , rouge & blanc ; fa Fleur eft 
ample , & s'élève allez haut de terre. 

Panfilie , celle-cy porte un beau gris 
de lin bordé de pourpre , panachée de 
blanc de lait , à grandes pièces comme 
appliquées, 

Pa(p:2iaiblon j eft d'un beau violet, 
avec du potu'pre , & du blanc de lait, 

Perriundre , très-beau paltot , elï 
paiTaché rouge brun , avec du jaune 
doré. 

Ouirhiu 3 eft de trois couleurs , rou- 
ge velouté , colombin , & blanc de 
lait. 

Raphaclle , ronge, orangé , &r jaune.- 

Haimonde :, e\k blanche & rouge , P. 

J?}chcmont , eft de trois couleurs , griS' 
de lin , rouge &C blanc, 

Roféi , incarnat chargé &: blan€^ 



des Tulipes, 157 

Sultane , cft l'Agace Royale rcdli- 
fiée , &; porte aufll les mefmes couleurs, 
fçavoir , pourpre rouge ^ blanc pa- 
liiïant. 

Tam'ife > efl: panaché de trois couleurs, 
pourpre, violet ,& blanc. P, 

Tarante , eft blanche , panachée de 
rouge. 

Tenebreufe , cft une cfpcce de Paltot 
panachée de rouge ôc de jaune. 
La Fallée , eft pourpre & blanc. 
IJniijue de Delphes , eft panachée de 
violet , &: blanc , avec un peu de pour- 
pre. P. 
Virginie , eft de couleur de rofe , 
chamois , avec un peu de rouge. 

i^ •?* «^ «A* * «TW «fv «^ «^ ^^ ^Â Z^ «|w ^* «t^ ■•> JS* .«4« Z^ <-2*> 

C AT ALOGUE 

DES IRIS BULBEUX- 
AVERTISSEMENT. 

L£; /r/j Bulbeux portent ordinaire" 
mont neuf fe'kiHes en chaque fleur -^ 
la extremitez. des trois feuilles qui s'in^ 
elinent ç^' panchent vers la terre > fe nom- 
ftf^nt Menisns •> Us trois qui foni jointes k 



j^S AVERTISSEMENT. 
Cille- cy-, (jr dont rexfremifé fe relcve en 
hant , fc nomment Langues \ & les trois 
fiiperiettres cjni s' élèvent an d'Jfm des au^ 
très pour former la fleur , fe nomment e- 
tenda^fs ou faciles, faut noter ^ue lom I~ 
ris Biill^^^iX aux fenilles étroites portent 
une marcotte jaune âjfez, l^^ge > au militu 
de chaque fufdit menton , ce qu'on nom' 
fne S'cujjon jaune, duquel je ne feray men- 
tion cy-aprés , puis qu'il efl commun a tom 
cefdits Iris , £7' <«^<j(/^ ^fn d'éviter les rr- 
ditcs, 

l^ varletédes couleurs qiuife rencontre 
aux l'i^ii rfl grande , provenant en partie 
des divers climats où ils font élevez. , & 
de la d'oH font venues tantd'ejpeces dijfe^ 
rentes . & a qui on a aujji donné diffe. 
rens noms , eu de ceux qui les ont élevez, 
les premiers de graine , ainji qu'on pour^ 
ra remarquer en aux que je vais décrire. 

C 'K Gâté, a les mentons ^ 

I £\ les langutà d'un jaune do- 

j lé mêlé de cette d'ombre, les 

VIris étendarts guis , panachca de 

violet. 

1 à.' Afrique ^ a les mentons 

j jaunes , mêlez de bleu , les lan- 

Vgucs de bleu clair, les cteii- 



Cdtdl. des Iris Bulbeux. 159 

rdarts violets. 

à'Alfp, aies mentons jau- 
nes , les langues & étcndarts 
blanc foupe de lait mêlé de 
jaune. 

d' ^mholfe. aies mentons jau- 
nes ^^ les langues jaune <3c bleu, 
i les étendarts d'un ^ris de liu 
pale. 

des Anciens , a les mentons 
blancs , bordez de bleu pâle , 
les langues & les étendarts 
bleus ; il elt tres-odoriferant Se 
tardif a fleurir. 

a les mentons d'un 
il- 

Iic-iiiuite enrumee , les éten- 
darts violets. 

à' /lrm?nie . a les mentons 

jaunes Se feulle-morte , les 

langues d'un jaune pâle , m Hé 

de fciiille-niorte , les étendarts 

' violets. 

d' uiverçrne y a les mentons 
jaunes Se mêlé de bleu , les lan- 
gues de pur bleu ; les étendarts 
font violets , panachez de bleu 
^ de feuille-morte. 
V du Mois » 3 le$ mentons j aune 



. tardif a fleu: 

VUU. \ d' -Irabie , 

^ jaune doré, 1( 



les langues de fc 
le-morte enfumée 



1^0 



Catalogue 
rpâlc , les langues Se les éten- 
darts blancs , tirant au bleu pâ- 
il demeure nain , au rcfte 



ie 



reiïemble à l'Iris de Caftille. 

Blaifois , a les mentons de 
jaune & d'aurore , les langues 
jaunes , mêlé de bleu , les éten- 
darts gris de lin , rayez d'au- 
rore en long par le milieu. 

des 5re/<77/.f , a les mentons & 
les langues jaunes ; les éten- 
'\ darts d'un blanc terny. 

de Brie > a les mentons jau- 
nes , les langues blancs, aux ex- 
î tremitez jaunes j les étendarts 
Ins. ^ i^Qj^j. bl^iics^ panachez de bleu. 

de 'Boloffrie , a les mentons . 
leslaneues & les étendarts d'un 
blanc lulphuré. 

de Ca'abre , porte fa Fleur 
toute jaune. 

Cameloté ^ a les mentons jau- 
ne & feuille-morte , les langues 
de couleur de trillamie , les é- 
tendarts couleur de gorge de 
ramier & fciii Ile-morte ; c'eft 
l'Iris des Morins lors qu'il fe 
panache , foit par vieillelïè , ou 
\^,autre indifpolicion , ainfi que 

font 



VJ, 



i,A 



des Iris Bulbeux^. i^i 

r font les Tulipes de hmples cou- 
leurs , qui fe panachent avecle 
temps. 

de Candie , a les mentons 
d'un verd d'Olive jaunâtre \ les 
langues aufîî font de la mefine 
couleur , entremêlée de bleu 
pâle , les étendarts font gris de 
lin. 

àeCAflille , a les mentons 
jaunes ,les langues de les éten-^ 
darts couleur de foupedelait^ 
qui eftun blanc impur. 

de la Chine , eft panaché de 
bleu ; il demeure nain , ne s'é- 
levant de terre que de la hau- 
teur de demy pied , ou environ, 
de Crète , eft tout blanc ^ s'é- 
j levé haut, & fait fa Fleur allè^ 
ample. 

Danidcè , efi: bleu , pa-aché 
de violet: c'eft l'Iris dePoitu» 
gai quand il fe panache; 

à'Sffypte , a les mentons St 
les langues bleus , les étendarts 
1 violets,. 

I de Florence . eft tout blanc 
I comme l'Iris de Crète cy-dc- 
Vvant décrit : mais celuy-» 
O 



l^l 



rirîs 



A 



Catalogue 

Cnt croift pas fi haut , & fa Fleur 

In'cft pas fi ample, 
de la Floride , a les mentons 
d'un bleu mêlé , les étendaits 
violets, mêlez de gris de lin. 

de la Frontière > a les mentons 
bleus &■ jaunes ; les langues 
font d'un h\tu. chargé les éten- 
darts violets. 

des Feïtillani , a les mentons de 
couleur feuille-morte , les lan- 
gues triftamie , les cftendarts 
couleur de gorge de Pigeon ra- 



mier, 

de Gafcogne ,a les mentons Se 
] les langues d'un gris de perle , 
ii les êtendarts de bleu pâle. 

I Grand Seigneur, a les men- 
tons d'un jaune qui eft bordé 
I de fcuille-morte , les langues 
,: gris de lin mêlé, les étendarts 
'■ I gris de lin chargé. 
; ^âiQ Grèce , a les mentons &c 
les langues de bleu mêlé d'un 
'■} peu de jaune , les étendaits vio- 
lets avec du blanc. 

de Gnine'e , a les mentons de 
couleur feiiille-morte , les lan- 
i^gues d'un bleu mêlé , les éteii- 



t 



des Iris Bulhcux. vè^ 

r'darts font 'violets. 

des Indes , a les mentons ÔC 
les langues jaunes , les étendarts 
font d'un gris de lin mêlé de 

- violet. 

de la Judée , a les mentons 
jaunes mêlez de bleu ; les lan- 
gues & les étendarts font d'un 
violet chargé ; il porte fà Fleuc 
plus courte que les autres I- 
ns. 

de Labbé , a les mentons , les 

^ langues & les étendarts d'un 
/7m. '•' liaut pourpre , eft tardif à fleu- 

j rir , & ne croift guère haut ; 

I quand il poulFc hors de terre, 

• le fourreau de fes feuilles eft 

j verd, marqueté d'un pourpre, 
ou rouge pourpre à la manière 
de la Plante nommée grande 
Serpentaire. 

Levantin , a les mentons if^- 
belle, mêlé de terre d'ombre, 

I les langues d'un blinc ^ clair 

! bleu , les étenssctrcs de bleumê- 

! le de violet. 

I des LdviharAî j a les mentons 

1 t< langues blancs j les êtcn- 

' darts font bleus, 

O ij 



i64 



Catalogue 

r de Loraine , a les mentons 
blancs , les langues & les éccn- 



tirant au bleu 



darts blancs 
: mourant. 

' de I.ybie , a les mentons jau- 
nes ; les langues &" les étendarts 
font d'un jaune mêlé. 

de Macédoine , a les mentons 
de les langues d'aurore &: jau- 
' ne , les étendarts couleur de 
gorge de Pigeon ramier. 

des Maldives , a les mentons 
d'un jaune paille , meflé de bleir^, 
les étendarts de clair bleu, mê- 
lé de jaune. 

/»r •. i de Melinde , efi; tout cou- 
9 iris, <' -, j ,., ' 1" r 

1 ieur de penlee , excepte I ecul- 
fon qui eft jar.ne doré , & plus 
petit qu'à aucun autre Iris. 
} de là ^^ fcxiijpts . a les men» 
S tons j.nines , les largues jau- 
j nés, méfiées de bleu, leséten- 
! darts gris de lui ôc violets, 
de MiLin , n les mentons &.- 
les langues d'un clair bleu , les 
! étendarts, gris de lin. 

des A/(?/«^«<'-S aies mejitons 
! de jaune d'aurore, les langues 
t^cQuleur de citron , meflé de hkw 



des Iris Bulheux^. îff 
rfes eftendarcs bleus à fonds 
violet. 

O/iental . aies mentons d'un 
bleu violet & jaune , les langues 
violettes , les étendarts font 
violets , panachez de pourpre: 
c'eft l'un des plus beaux Iris 
qu'on puilTe voir , & avec cela^ 
! n'eft pas commun en ce pays. 
• Par" fait, les mentons font d'un 
violet rougcâtre , panachez de 
. pourpre , les langues de violet 
méfié , les étendarts font d'un 
j violet fore vif; il pafle pour- 
rins.] l'un des beaux Iris du temps. 

de Parme , cet Iris eft tout 
violet , mais bien plus beau & 
plus rare que l'Iris de Portu- 
gal,, qui eft de. cette couleur- 
audî. 

de PtcArdie , a les mentons 
feuille-morte & bleu enfumé ; 
les cftendarrs font couleur d« 
gorge de Pigeon ramier. 

de Picardie panaché . les men- 
tons de celuy-cy font méfiez de 
f iiille-mortc Se de pourpre , les 
' langues d'une feliille-morte en- 
Lfumée, les étendarts font de 
O nj 



i66 Catalogué 

'^pourpre, colombin , Se un peu 
dcfciiillc-mortc: c'cfU'Iiis prc- 
cedcnt loifqu'il le panache par 
vicilIelFe , comme (ont aulliles 
Tulipes. 

des Poëtfs i a les mentons 
d'un verd d'Olive meflé de bleu, 
les langues de les écendarts font 

j bleus. 

» de Poitou , a les mentons Se 
les langues jaunes -, les eften- 

I darts font feiiine-morte. 

Ide Portiigtil y eft fort commun 
il porte fa Fleur toute violette. 
Se eft des plus hâtifs. 
Vlris. <j j4^ Pf^y ^ ^ les mentons jau- 

\ nés , Se de couleur de terre 

d'ombre, les langues d'un bleu 

meflé de terre d'ombre j les é- 

tendarts font d'un violets pers. 

des Pyrénées , a les mentons 

jaunes , les langues , méfiées de 

bleu ; les eftendarts font de 

clair bleu. 

j Rochetain , porte fes mentons 

j & fes langues jaunes ; les éten- 

I darts font gris de lin. 

! Eoyal , a les mentons fcilil- 

V le- morte pâle J panaché de ter^ 



Jes Iris Bulle tix. i6y 
^re d'ombre, les langues fiieille- 
' morte fale , méfiez de bleu , 
les étendarts gris de lin, pana- 
chez de violet. 

de Savoye ,^ les mentons jau- 
ne d'aurore; les langues font 
d'un jaune enfumé ;"les éten- 
darts fueille-morte. 

de S avoye panaché , eft le pré- 
cèdent lors qu'il panache par 
vieiilefTe, comme il advient à 
plufieurs antres Iris , & aux 
Tulipes aufli. 

l'Iris "*> , ^<^'^°^f ' cfl: tout jaune comm e 
• j l'Iris de Calabre -, mais ceiuy- 
I cy porte ordinairement cinq 
ou fix Fleurs fur fa tige, lors 
principalement que fon bulbe 
eft alîtz gros ^ autrement il 
n'en porte que deux ou trois , 
comme la plufpart des autres 

(Iris. 
de Sicile , eft tout jaune aulïï 
mais fa Fleur n'eft fi ample que 
I riris de Calabre cy-dcvant dé- 
j cri t. 

. des SuiJJe! , a les mentons 
j jaunes , les langues <^' les éten- 
dais font jaunes rneflcz de bleu. 



ï.^. Catalogue 

^ Syrien , a les mentons de- 
I terre d'ombre : les langues & 

Iles étendarts ibnt de clair bleu, 
de Tdnarie , a les mentons 
j d'un jaune pâle m.flé , les éten- 
' darts de bleu impur. 

Ide Touraine , a les mentons 
(Se les langues de jaune bleu ,, 
les étendarcj bleus.. 

de Tuycini' a les mentons 
d'un minime clair : les langues 
font d'un bleu nu fié defueille- 
morte , les étendarts violets. 
âcs P^allées , a les mentons 
rirlf \ ^^ ^-^^ y mcflé de fucille-mor- 
^ te , les langues d'un bleu meîlé' 
les étendarts violets. 

des / a/ois , porte les men- 
tons jaunes, fes langues font 
d'un jaune méfié , les étendarts 
gris de lin fale , rayé de jaune' 
en lonç; par le milieu , il ref- 
femble fort à l'Iris Blaifois cy- 
, devant décrit. 

des raif^orf , eft tout bleu ^ 
excepté l'éculTon jaune qui efl 
au milieu de chaque menton ,, 
ôc portP fouvent douze ou 
quinze feiiilles en fa fleur. 



II; 



A\>'is dux Curieux. i^9 

Venifien , porte les memtons 
d'un bleu méfié de blanc , les 
langues bleus , les eftendarts 
(. fonc violets. 



^1^ ^:)S,e^'95Sg^^«g^^l^ 

Advis aux Curieux. 

OUtre les Plantes cv-devant dé- 
crites , j'en ay encore d'autres 
très-rares , dont je n'ay en le temps d'eii 
faire des Liftes particulières , d'autant: 
que je n'en poirede la plus grande par- 
tie que depuis peu , par le deceds de 
René Morin mon Frère, Homme qui 
pendant la vie a cfté auiïî curieux qu'au- 
tre de l'Europe. J'ay jugé à propos 
d'en faire icy ^.v^. avertitlement en çros 
pour la fatisfaélion de ceux qui fonc 
amateurs des chofes rares. 

Pluiieuis Simples rares &:cutieux. 

Beaucoup de Plantes Boifeufes 5^. 
Ijgneufes. 

Quantité de Fibreufes. 

Force Ligamenteufes , &: abondance 
de Bulbeufes , Tubereufes , & GenoliiU 
leufes , entre lefquelles il y a de belles 
Jacintes , Colchiques, Jonquilles, &: 
Nar cilles. 

P 



Lys-Narcilfes des Indes de plufieurs 
efpcces. 

Autres Plantes des Indes. 
CoiuTnnes Impériales à grandes 
Fleurs , à plufieurs eftages , à Fleur dou- 
ble, à Fleur jaune. Se à feuille rayée 
ou de la Chine. 

Sur tout une grande diverfité de Tu- 
lipes de la Chine , c'eft à dire à fueille 
rayée , entre lefquelles il y en a d'aulîi 
belles , bien panachées de couleurs auf- 
fi rares ôc fantafques , que des pana- 
chées ordinaires. 

Excellentes Anémones à larges fueil- 
les , & Jdiverfité de celles qu'on nom- 
me hermafrodites. 

Mufcaris nouveaux de difercntes 
couleurs des Anciens , &: quelques-uns 
de la Chine , ou à fueilles bordées. 

Cyclamens de Veronue, rares, de 
Sevant , eu Mont-Lyban , de Scyo , de 
Corfou , de Perfe , d'Antioche , a\ Fleur 
fimple ôc double. 

Hugueteau , de différentes couleurs , 
d'un aiïbrtiment defquels on peut avoir 
des Fleurs toute Tannée. 

Oreilles d'Ours de toutes couleurs. 

Enfin nombre de Capilaires très- 

beaux ^ rares , dont la piufpart ne por- 



aux Curieux, iji 

tent pas de Fleurs , neantmoins l'on cii 
peut faire eftat , tant à caufe de leurs 
fliclcez medecinales , que pour leuc 
verdure , qui eft: la plus belle , nette dc 
?.greable qu'on puifl'e voir , &: qui avec 
cela dure tout le long de l'année. 

Ils fe confervent facilement dans les 
Jardins , fans aucune culture , pourveii 
cju'on les plante en lieu frais , ou au^ 
tre part à l'ombre de quelque murail- 
le , (Se que le Soleil n'échaufe guère. 




•i<^- fô^- •• ■'t^. -î^i i-m * i «-^ M&>3 c-^f--^. : K[o3 - 1^ .^04* 
"îr -ir tt ■^ *'* *'•• «» «t- 4- - ^- -^'■» -î» -I- «^^ .1.- - 1- -4- >*• 

:■& ;fe :*. .3K Jf ;?: af .è .^ ^ .iR .-«î .1R ;$: :S .-ît .^ .V. -?: 

1? li 1 y I L E G R 

du Roy, 

ouïs par la grâce de Dieu 
Roy de France & de Navar- 
re : A nos Amez $c Féaux 
Confeillers , les Gens cenans 
nos Cours de Parlement , Maiftres des 
Requeftcs Ordinaires de noftre Hôtel, 
Baillifs , Senefchaux , Prevofts , leurs 
Licutenans , & à tous autres nos Offi- 
ciers & Jufticiers qu'il appartiendra: 
5alut. Noftre amé Charles de 
s E R c Y Libraire à Paris , nous a fait 
remontrer qu'avec grande peine & dé- 
penfe il a recouvré deux Manufcrits de 
Jardinage , qui traitent de la Taille des 
arbres , les hanter , griffer & cultiver t 
pour faire des E {paliers , ^' pour toutes 
hs chofes neceffaires pour les Jardins : 
Comme auffi la manière d'élever toutes 
fortes de Flfurs y chactines félon leurs ef. 
peces y & les façons if u' il faut faire pour 
isi culiiucr : Lefquels il deiireroit fiùie 



imprimer , avec V Abrégé des bons Tnnt*,-^ 
c'y les RcrnArijîies pour la ciil'uye des 
'Fleurs : Compofez par Ic Sieiit Mor in, 
qu'il a cv-devanc fait imprimer en vcr- 
tu de deux Pcimiiïioiis que nous luy 
avons accordez , lefqucls font bientoft 
expirées : mais rEypofant craint qu'a- 
prés avoir fait unedcpenfe qu'il auroic 
faire pour l'imprefîion defdits Livres j 
C'eft pourquox il nous a très- humble- 
ment fupplié de luv accorder fur ce nos 
Lettres ncceflâires. Aces Causes, 
defirant fivorablement traiter l'Expo- 
faut , Nous luy avons permis & per- 
mettons par ces prcfentes , d'imprimer 
lefdits Ma uifcrits , Préimprimer l'A- 
brégé des bons fruits, & les Remar- 
ques pour la culture des Fleurs dudit 
Morin , conjointement ou feparément, 
ainfi que bon luy femblera , & iceux 
faire vendre & débiter en tous les lieux 
de noftre Royaume , & Terre de nô- 
tre obeylLince , pendant le temps & 
cfpace de dix années -, à commencer du 
jour que chacun defdits Livres feront 
achevez d'imprimer pour la première 
fois. Durant lequel temps faifons tres- 
exprelîès inhibions 6c défenfes à tou- 
tes perfonnes de quelque qualité &: 



condition qu'elles foient , d'imprîmer 
ou faire nnprimer , vendre ou débiter 
lefdits Livres , fous quelque prétexte 
que ce foie , fins le confentement dudic 
Expofint, ou de ceux qui auront droit 
de luy, à peine de fix mil livres d'a- 
mende payable fins déport pour cha- 
cun des contrevenans ; applicable un 
tiers à l'Hôpital General , un tiers aux 
dénonciateurs , & l'autre tiers à l'Ex- 
polant , confîfcation des Exemplaires 
contrefaits , & de tous defpens, dom- 
mages de interefts. Et outre défendons 
à tous Marchands Forains , nos Sujets 
ôc Etrangers : d'en apporter vendre ou 
échanger en nolhe Royaume , fur les 
mefmes peines que delTus , Se de con-- 
nfcation des autres marchandifes qui s'y 
trouveront jointes ; à la charge d'en 
mettre deux Eycmplaires en noftre Bi- 
bliothèque publique, un au Cabinet de 
noftre Cafteau du Louvre , & un en 
celle de noftre très-cher & Féal Che- 
valier Garde des Sceaux de France le 
Sieur d'Aligre , avant que de les expo- 
fer en vente , à_peme de nullité des 
prefenses : Du contenu defquelles vou- 
îcns que vous fafîîez jouyr & ufer ledic 
Evpofailt . ou ceux qui auront droiï dç 



îuy , pleinement de paihblemcnt. Se 
qu'en inettvint au conimencemenc ou à 
la. fin de chacun des Exemplaires un Ex- 
trait des prefentes , elles foicnt tenues 
pouL- bien &: decment figiiifiécs , ôc 
qu'aux copies collationnées par l'un de 
nos Amez 5c Féaux Confeillers & Se- 
crétaires , foy foit abjoûtée comme au 
prêtent Oriorinal. Si m a n d o n s au 
premier Huifficr , ou Sergent fur ce 
requis , de faire pour l'cxecucion des 
prefcntçs tous Aéles Exploits que be- 
foin feri , fans demander autre permif- 
iion , nonobllant mefîne Clameur de 
Haro, Chartre Normande , & autres 
Lettres â ce contraires. Car tel 

IST NOSTRE PLAISIR. Donué à 

Pasis le douzième jour de May mil fix 
cens foixanse-treize. Et de noftre Rè- 
gne le trentième. Par le Roy en Ton 
Confeil , B £ R A u D. 

Regiftré furie Livre delà Commnnatité des 
Libraires & Imprimeurs de Paris le 14. May 
KÎ75. fuivant rArreO; du Parlement du 8. Avril 
165-5. & ^el»y du Confêil du 17. Fc/ricr 166), 
Signé Thierry , Syndic. 

le 12. Mars tCyv. 
Les Exemplaires ont elle fournis» 



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J.