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Full text of "Revue belge de numismatique et de sigillographie"

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REVUE BELGE 



DE 



NUMISMATIQUE 



SOUS LIS AUSPICES DE LU SOGIBÊ ROYALE DE NUMISMATIOUE. 



1896. — CINQUANTEDEUXIÈME ANNÉE. 




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BRUXELLES, 

J. GOEMAERE, IMPRIMEUR DU ROI. 
T^ue de la Limite, 1 1 . 

1896 







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REVUE BELGE DE NUMISMATIQUE. 



REVUE BELGE 

DE 



NUMISMATIQUE, 



DIRECTKURS : MM. le Vf B. de JONGHE, G. CUMONT tx A. dk VVITTE. 

189e 

CINQUANTE-DEUXIÈME ANNÉE. 




BRUXELLES, 

J. GOEMAERE, IMPRIMEUR DU ROI, 
'T^we de la Limite, 21. 

1896 



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REVUE BELGE 

DE 

NUMISMATIQUE 

TROIS MONNAIES LIÉGEOISES INÉDITES. 




I. Droit. Buste de profil adroite. 
Devant le buste, une crosse. 
L^^^w^é : •S-LA(NBERT)VS. 
Rev. Bâtiment avec trois tours et porte centrale 
au fond d'une enceinte emmuraillée. 
Légende : LE— (G)— lA (i). 

Argent. Poids : og'',72. Notre collection. 

Ce curieux denier, dont l'attribution est certaine, 
est resté inconnu au baron de Chestret de Haneffe. 
Il semble être contemporain du denier de Huy, au 
buste de Saint-Domitien, figuré sous le n" 21. 
dans le bel ouvrage de cet auteur: Ninnismatique de 
Liège et de ses dépendances. Les deux pièces sont du 
même module et ont entre elles un air de famille 
incontestable. Les poids même devaient concor- 
der, si l'on tient compte qu'il manque un morceau 

(1) L'E de LEGIA, qui peut paraître douteux sur la vignette, est 
absolument certain sur notre denier. 



assez conséquent au denier de Huy, connu à un 
seul exemplaire. 




2. Droit. Armoiries de George d'Autriche, 
prince-évêque de Liège, remplissant le champ. Ces 
armes sont : écartelé, au i et au 4, de gueules à la 
fasce d'argent {Autriche)] au 2 et au 3, d'or au lion 
de gueules [Habsbourg). 

Légende : ^ GEORGIVS + AB -r AVSnHRIA 
+ DE(I -!- GR)A. 

Rev. Croix ancrée, ornée, coupant la légende et 
cantonnée de deux (A)? et de deux perrons. Dans 
le centre évidé de la croix, une étoile (?). 

Légende : EPS + LE — OD + DV(îv) — BVIjL(O) 
-' GO -V LOS — . 

Billon blanc. Poids : ie'",2o. Notre collection. 

Ce demi-patard (?), qui est légèrement ébréché, 
paraît être, à cause de la forme ancienne des 
lettres de la légende, le demi-patard évalué dans 
le cri de 1545, tout au commencement du règne de 
George d'Autriche. Le baron de Chestret donne, 
sous les n°^ 479 et 480 de son livre précité, deux 
patards et, sous le n" 481, un quart de patard, qui 
paraissent, tous trois, être contemporains de notre 
pièceetfai repartie, avec elle, d'une mêmeémission. 




3. Droit. Écusson découpé et orné de l'évêque 
Robert de Berghes. L'écu est coupé : au i, parti : a. 
de sable au lion d'or armé et lampassé de gueules 
[Brabant), 6. d'or à trois pals de gueules {Berthottt); 
au 2, de sinopleàtroismâcles d^Rrgent {Bautersem). 
L'écusson est surmonté d'un heaume couronné 
avec lambrequins, ayant pour cimier une tête 
d'âne (?) entre deux jambières. Aux côtés de 
l'écu : 15-58. 

Légende : ROBERTVS hc A * BER — EPS * 
LEO' * D' * B' * C * LOS' — . 

Rev. Double aigle impériale couronnée. 

Légende : FERDINANDVS * ELEC % ROM' % 
IMP * SEP' * AV — . 

Argent. Poids : i4S''.34. Notre collection. 

Ce rarissime demi-daeldre n'a pas été connu du 
baron de Chestret, qui a donné le daeldre au même 
type sous le n° 5o4 de son ouvrage. Il dit, avec rai- 
son, que ces pièces pourraient bien avoir été 
frappées à Hasselt, en vertu de la commission de 
waradin de cet atelier, donnée, le ig août i558, à 

Jean van Honycke. 

V** Baudouin de Jonghe. 




RESTITUTION D'UN FLORIN ffOR 



GOEDARD (GOTHARD), SEIGNEUR DE HEIJDEN. 



M. Piot nous a donné dans la Revue belge de 
7iumisinatique, tome V (1849), un intéressant Essai 
sur les monnaies des seigneurs de Heinsberg, et a 
attribué, à Godefroid III, un florin d'or au type de 
Florence, gravé planche VIII, figure 14. Voici le 
dessin et la description d'un second exemplaire de 
cette rare monnaie. 




>}< S. lOHA — NNES B. ^ Saint Jean debout 
de face, nimbé. 
Rev. ►î< G0G:D — I^SIDS:. Grande fleur de lis. 

L'auteur du catalogue de la collection Michiels 
van Verduynen, dans laquelle se trouvait l'exem- 
plaire unique de ce florin d'or, l'a également attri- 
bué à Godefroid III, de Heinsberg, ainsi que mon 
ami M.Paul Joseph, dans son Uebersicht der Gold- 



gulden vom Florentiner Gepràge [Anhang zum Bret- 
zenheimer Goldguldenfunde) . 

J'ai eu, dernièrement, la bonne fortune de faire 
l'acquisition du florin d'or en question, et quoique 
la remarque de M. Piot « qu'il paraît que les gra- 
veurs de ces monnaies (de Heinsberg) n'étaient 
pas forts sur l'orthographe » se trouve confirmée, 
un examen attentif du florin d'or au point de vue 
de la gravure et notamment de celle de ses lettres 
très soignées, prouve que le graveur devait être un 
ouvrier de premier ordre. Il faut donc être étonné 
qu'on ait classé, jusqu'à ce jour, cette pièce avec 
la légende GOSD b^eiIDS, d'un travail si bon, 
parmi les monnaies des seigneurs de Heinsberg. 

Je vais essayer de restituer cette rare monnaie à 
son véritable auteur, Gothard de Heijden, voisin 
et allié des seigneurs de Heinsberg. 

Le professeur P. O. van der Cbijs, dans son 
ouvrage célèbre : De Munten der leenen van de voor- 
malige Hertogdonwien Braband en Limburg, enz, 
nous donne quelques notes sur la seigneurie de 
Heijd ou Terheijden et Blijt et, à la planche XVI, 
le dessin d'un thaler de Guillaume I", de Bongart, 
seigneur de Heijd (lisez Heijden) et Blijt, et, à la 
planche XXXI, celui d'un teston de Guillaume III, 
de Bongart, seigneur des mêmes localités. C'est 
dans la même seigneurie de Heijd, Heijden ou 
Terheijden que la monnaie d'or qu'on a classée, 
jusqu'ici, parmi les monnaies des seigneurs de 
Heinsberg, a été frappée. 



lO 



Je n'ai pu reconstituer l'histoire des seigneurs 
de Heijden antérieurement au seigneur qui nous 
occupe, mais il résulte dedivers actes de la seconde 
moitié du xiv^ siècle que ce Godefroid, Gothard 
ou Goedard de Heijden était un des chevaliers les 
plus en vue de la cour de Wenceslas et Jeanne, 
duc et duchcvSse de Brabant et de Limbourg. 

On lit dans Ernst, Histoire du Limbourg , tome V , 
page log: « Dans le temps que le duc (Wenceslas) 
était à Maestricht, Godefroi Van der Heijden lui 
ayant offert la maison ou le château-fort qu'il avait 
à Oyes, au comté de Daelhem, le duc, après y 
avoir ajouté les biens qu'il possédait dans le 
même village binnen d en synen lui donna le tout 
ensemble pour le tenir en fief mouvant du duché 
de Limbourg, sous la condition, néanmoins, que 
ceux qui, dans cet endroit, auraient commis un 
crime méritant la mort, seraient livrés au duc ou 
à son officier pour subir le châtiment encouru, 
mais que les biens en seraient confisqués au profit 
du seigneur vassal. (Acte daté de Maestricht, 
le 8 février i55y.) 

On lit dans le même tome, page 120: 

« Avant les sires de Gronsfeld, Godefroi Van der 
Heijden avait tenu quelque temps en engagement 
le premier de ces endroits (le village d'Eysden), 
avec des rentes assignées sur la douane de Roi- 
duc » (i). Cette douane était alors considérable, 

(1) Tables des dipl. Bel^. Godefroi, sire van der Heiden, libère 



1 1 



puisque toutes les marchandises chargées à 
Cologne pour la rive gauche de la Meuse devaient 
passer par Rolduc, Fauquemont et Maestricht (i). 
GoTHARD,siRE DE Heijden, fut nommé, le II no- 
vembre 1364, juré pour le maintien de la Land- 
friede par les ducs Wenceslas et Jeanne, ce qui 
résulte du texte dans Ernst, loc. cit., page 124. Dans 
cet intervalle, la confédération pour le maintien 
de la paix publique ou Landfriede, faite sous les 
auspices du duc Jean III pour dix ans, était expi- 
rée. Wenceslas et Jeanne, qui, à leur avènement, 
avaient promis de la maintenir, et qui même 
l'avaient encore renforcée en i358, jugèrent à pro- 
pos de la renouveler pour dix ans avec le magis- 
trat de la ville d'Aix-la-Chapelle. L'acte en fut 
dressé le 11 avril 1364. Ces princes s'y engagèrent 
à garantir la liberté des chemins publics entre la 
Meuse et le Rhin, parce que, disaient-ils, la domi- 
nation et le droit de conduite leur en appartenaient. 
Ils nommèrent pour leurs jurés ou juges des 
infractions au repos public : Reinard, sire de 
Schoonvorst, Jean, sire de Wittem et Henri, sire 
de Gronsveld, lequel, trois ans après, fut remplacé 

Wenceslas et Jeanne, ducs de Brabant, de leurs dettes, moyennant 
qu'il retienne, sa vie durant, Esden (Eysden) et les renies qu'il perçoit 
sur la douane de Rolduc. (9 janvier iSôg ) 

(1) Tables desdipl. Belg. Attestation des hommes de fief, Godkfroi 
VAN DER Heiden, Adam d'Oud-Eresteijne, Jean de Gronsfeld et autres, 
déclarant que toutes les marchandises chargées pour le pays au delà 
de la Meuse doivent passer par Rolduc, Fauquemont et Maestricht. 
Donné à Rolduc i363, le i5 mars, secundum stylupi curta Leodiensis. 



12 



parHerpen de Rode. Guillaume VI, duc de Juliers, 
ayant demandé à entrer dans cette confédération, 
on en dressa, le ii novembre de la même année, 
un nouvel acte pour cinq ans, et nos ducs ajoutè- 
rent encore à leurs jurés trois autres chevaliers, 
qui étaient Gothard, sire de Heijden, Herman, 
sire d'Einenberg ou Einenbourg et Gérard, sire 
de Roitstock. 

Notre Godart van der Heijden mourut sans 
laisser d'enfants, le 5 décembre iSyS, après avoir 
disposé de ses biens en faveur de son neveu, Jean 
de Gronsveld, par acte du 8 février i368. 

« Wir, GOIDART HERE ZER Heiden, doiiitkont allen 
luden die diesen brieff sollen sien off hoeren lesen, dat wir 
heren Johanne van Grontzelt Ritter onsne lieven neven 
gegeven haven énd oevermitz diesen brieflf geven ind in 
kenlichen scholt bekantzij en dusent goiden swairegulden 
goit ind gewichte, ane aile deme erve slos lant ind liede 
waskunne die sijn die wir haven of laissen moegen, also 
dat de vurs, her Johan na ons me doide die vurs, somme 
guldenane aile derti vurs, onsme erve ind goide haven hef- 
fen ind bueren sal sonder einge wieden spraich van 
yemanne van geisdichen reichte of werrendiche. Ind umb 
dal eine dièse vurs scholt ind vurwerden des briefs vast 
ind stede sij, ind he da ane bewart sij ind blieve, so hain 
wir GOIDART HERE ZER HeideN, vurs heren Johanne 
vurs, diesen brieff mit onsme siegel besiegilt gegeven. Ind 
vort gebeden heren Heinrich den hère van Grontzelt onsen 
lieven swag-er dat he zo mère steitgeide ind sichereide aile 
dieser vurwerden sijn siegel bij dat onse an diesen brieft 
hancijen wille. Dat wir Heinrich hère zo Gronzelt umb 



i3 

beden wille des vurs heren VAN DER Heiden onss lievsn 
swagers int in steitgeide ind sichereide heren Johans onss 
soens vurs, onse siegelan diesen brieff gehancgen. Gegeven 
int jair Onss Heren dusent dri hondert sieven ind seistzich 
des Eichden daichs in febraario » (Voir Histoire de la Sei- 
gneurie impériale de Gronsveld, par le baron J. de Ches- 
trel de Haneffe, d'après J. Strange : (Généalogie der Her- 
ren und Freiherren von Bongart) . 

Godard de Heijden était de la même famille des 
Bongart qui ont frappé les monnaies du xvi^ et du 
commencement du xvii^ siècle, dont j'ai fait men- 
tion ci-dessus. Le seigneur Henri de Gronsveld 
l'appelle son gendre, et lui-même avait épousé 
Mech tilde (Mathilde, d'après Wouters) van der 
Heijden, fille d'Arnold, dit de Bongart. Godard 
van der Heijden et la dame Mechtilde étaient les 
enfants d'Arnold de Bongart. 

Gothard van der Heijden scella, en i365, avec 
Jean de Gronsveld, chevalier, l'engagement par 
lequel Thierry d'Eijs, chevalier, se soumettait aux 
jurés de la Landfriede. 

En i367, le chevalier Jean de Gronsveld et 
l'écuyer Guillaume de Ghoer donnèrent procura- 
tion à Renaud, seigneur de Schoonvorst, Henri, 
seigneur de Gronsveld et à Goedart, seigneur à 
Heijden pour régler le différend qui avait surgi 
entre eux et la famille de Husen. 

« Wir, Johann van Gronselt, ritter, ind Willem van Goer, 
wonende te Wolfrôde, chassie van wapen, doen kunt allen 
lûden overmitz diesen oflfenen brief ind bekennen offen- 



beirlichen. Wantzwyst, zweyungevijantschaffindunminne 
uperstanden geweist sijnt als van den doetslagen die ges- 
chiet sijnvan Adam van Husen charp, ind ijren môgen ind 
helperen up eijn sijde ind uns ind unsen môgen ind hel- 
peren dp die ander sijde, w^ilche sachen ind aile geschefts 
diesich dan afFbis up diesen hûdigen dagh ergangen haven, 
w^ir mit gueden willen, gentzlich ind ze môle in hand ind 
maicht unss liever môge ind vrûnde mit namen hère 
Reijnartz herr zu schoinvorst, hère Heijnrich, hère zû 
Gronsfelt, ind heren GOEDART, hère zer HEU DEN, gesat 
haven ind haint die vûrsch unse môge ind vrûnde dièse 
sachen niet unsen gueden willen so wie sich die verloissen 
haven, vort in hant maicht ind beveijlness der vûnfzien 
gesworenre des lantvreden unss genediger heren der heren 
ind der stede tuschen Mase ind Rijn gesat, etc. » 

Gothard de Heijden fut mêlé, en i36g, à toutes 
les querelles des remuants seigneurs deGronsveld, 
ses parents. Jean de Gronsveld fit la guerre à 
Thierri de Wildenrath et à son fils Guillaume van 
der Stege. Il avait pour auxiliaires, Gothard van 
der Heijden, Gérard de Nurheim et Renaud 
de Vlodorp. Toutefois, les deux partis furent 
obligés de déférer le jugement de leur querelle aux 
députés de la Landfriede. 

« Ich, Dyederich van Wilderade, ritter, duin kunt allen 
luden dat alsulcher sachen as ich inde Willem mijn son 
her Willem vamne stege in aile unse helper gaëntz inttze 
schaffen haen mijt heren GODART hère VAN DER Hejden, 
heren Johanne van Grunsfilt, Gérard van Nijertheijm, 
Reijnardt van Vlodorp, inde aile yrren helperen inde sij 



i5 

wieder mijt uns gesetzlich inde tzemail bleven si)n an den 
gesworrenen des verbontz der heren inde der stedetusschen 
Mass in de Rijn in al sûlcher vuijgen dat so wat sij uns 
na unsen ijgelichs ansprachen in de antwarden sagen vur 
recht na ijren besten sinnen inde mir under sijegel des 
verbontz over beschreven gheven in guden truwen inde ii;î 
Eytzstalich Didderôde vurschr : gelasst hain inde gesicher^ 
vast stede tze halden in de duin halden sonder aile arge- 
list, etc. )i ^ 

(Voir, pour les trois dernières citations, l'ouvrage de 
M. J. Wolters : Recherches sur V ancien comté de Grons- 
veld et sur les anciennes seigneuries d'Elsloo et de 
Randenraedt.) 

La forme, en bas -allemand, du nom du seigneur 
de Heijden dans l'acte du 8 février i368, savoir 
GoiDART, et celle de Goedart, dans l'acte de iSôy, 
du jour de Saint Jean-Baptiste, où il est qualifié : 
hère zer Heijden, ne permettent pas de douter qu'il 
ne faille restituer à ce Goedard, seigneur de ter 
Heijden, de Richterich, Bank,Steinstrass,Eygels- 
hoven et Berensberg, au pays d'outre Meuse, et 
d'Oijes, dans le comté de Dalhem, le florin d'or 
qu'on a erronément attribué à Godefroid, seigneur 
de Heinsberg. Nous en avons donné ci-dessus le 
dessin et la description d'après l'exemplaire que 
nous avons récemment découvert, exemplaire 
d'ailleurs tout à fait semblable à celui décrit et 
figuré dans l'article précité de M. Piot. 

Le seigneur de Heijden étant mort en i373, 
l'attribution à ce prince de ce florin d'or, au type 



i6 

de Florence, concorde admirablement avec l'émis- 
sion des pièces semblables de ses voisins, entre 
autres de Thierry Loef de Hornes (iSSS-iSgo), de 
Thierry de Looz (i336-i36i); de Godefroid de 
Looz (i36i-i363) ; de Renaud deSchoonvorst-Fau- 
quemont (i354 55). Ce dernier prend également un 
aigle comme marque monétaire. 

On trouvera sans doute, un jour, un florin d'or 
appartenant aux seigneurs de Heinsberg, auxquels 
nous enlevons aujourd'hui un florin qui leur avait 
été indûment attribué, pour le rendre à un sei- 
gneur inconnu jusqu'à ce jour dans la numisma- 
tique si intéressante du Limbourg. 

J. SCHULMAN. 
Amersfoort, août i8g5. 



HISTOIRE NUMISMATIQUE 



HUITIÈME ARTICLE (l). 



CHARLES II 

TUTEUR 

1420-1424. 

Au jour de son mariage avec Isabelle de Lor- 
raine, célébré le 14 octobre 1420, René d'Anjou, 
le nouveau duc de Bar, seulement âgé de douze 
ans et demi, étant incapable de s'occuper du gou- 
vernement de ses États, le duc Charles prit en 
main l'administration de l'héritage de son jeune 
gendre, se qualifia dès lors du titre de mainbourg, 
ainsi que le prouvent plusieurs actes publics (2), 
et joignit à ses armes celles du duché de Bar. 

A partir de cette époque, le duc de Lorraine 
introduisit dans le type de ses monnaies un chan- 
gement notable, sans cependant modifier en rien 
le coin du droit, qui, sur les gros, nous montre le 
duc debout, portant une large écharpe aux armes 

(i) Vqy. Revue, 1894, pp. iG5, 828 et 437, et 1895, pp. 24, 180, Saô 
et 477. 

(2) « Nous, Charles de Lorraine, duc et marchis, mainbour ayant 
« le bail et gouvernement de notre très cher et très amé fils messire 
« René d'Anjou, duc de Bar, marquis ds Pont, comte de Guise. » 
26 mai 1421. — Histoire de la maison du Châtelet, par Dom Calmet. 
Preuves xlix. 

Année 189G. 2 



de Lorraine, l'épée à l'épaule, la main gauche 
appuyée à la hanche et la légende KAROLVS 
DVX LOTHOR • ig • M. Désormais, la croix du 
revers sera cantonnée des armes de Lorraine et de 
Bar, puis brochant sur le tout, sera placé un 
écusson parti au premier de Jérusalem, au second 
de Naples (Anjou ancien) et d'Anjou moderne, 
qui était celui de la famille de son gendre et 
pupille (i).' 




I^TÎROIiVS DVX LOnni-jOR £ ^ m. Le duc 
debout, coiffé d'un chapel de roses, tient son épée 
à l'épaule; il a la main gauche appuyée sur la 
hanche ; son écharpe porte les alérions de Lor- 
raine. 



(i) Lorsque, le i3 août 1419, le cardinal Louis Ht don du duclié de 
Bar à René d'Anjou, celui-ci promit « de porter le nom et armes de 
« Bar, excepté que dedans l'escu des pleines armes de Bar il pourra 
« porter un petit écusson des armes d'Anjou dont il est issu ••). 

La reine de Sicile Yolande, duchesse d'Anjou, et Louis d'Anjou, son 
fils, consentent à ce que René d'Anjou, leur fils et frère, porte les armes 
de Bar : « Consentons et voulons que nostre dict fils et frère sa vie 
durant prengne, doye et soit tenu de porter les armes de Bar à l'or- 
donnance, dewis et bon plaisir de nostre dict oncle... » Meun-sur- 
Yèvre, le 24" jour de juin, l'an 1419. — (Bibliothèque nationale. Fonds 
français, collection Dupuy, vol. Syô, p. 108.) 



19 

Rev. sinn .^ uo ma $ Dm BsneiD lexnnvm. 

Croix coupant la légende. Champ écartelé de Lor- 
raine et de Bar; au centre, brochant sur le tout, 
un écusson parti au i" de Jérusalem, au 2^ de 
Naples et d'Anjou moderne. 

Gros d'argent. Poids 2.610 (Saulcy, PI. VII, 
fig. 3). 

Ancienne collection Monnier (17 fr.). 

Dans la collection de M. Widranges, de Bar-le- 
Duc, il se trouvait un exemplaire dont chaque 
mot des légendes était accompagné d'une étoile. 




Mêmes types, mêmes légendes. 

Demi-gros d'argent. Poids 1.458 (Saulcy, PI. VII, 

fig- 4)- 
Ancienne collection Monnier (10 fr.). 

Nous ignorons si le gros et le demi-gros décrits 
ci-dessus, qui n'offrent ni l'un ni l'autre le nom 
de l'atelier d'où ils sont sortis, ont été frappés à 
Nancy, ce qui est probable ; l'exemplaire suivant 
prouve que des monnaies au même type furent 
émises dans l'atelier de Saint-Mihiel par le tuteur 
de René d'Anjou. 



2b 




Même type et même légende au droit. 

Rev. mona ïïs-k % paTî' • m % s t m 

IdPjTTIi. Dans le champ mêmes armoiries. 

Gros d'argent. Poids 2.655 (Saulcy, PI. VII, 
fig. 5). 

Ancienne collection Voillemier, de Senlis (lofr., 
3o fr.). 

Dom Calmet, on le voit, n'était pas bien informé 
en déclarant que « depuis la cession du Barrois au 
« duc René on n'a plus frappé monnoye ni à Bar, 
« ni dans aucune autre ville du Barrois » (i). 

Notre historien lorrain aurait pu éviter cette 
erreur, s'il avait porté plus d'attention aux termes 
précis de la déclaration faite en i583 par Fran- 
çois de Rosières qui rapporte « avoir vu des vieux 
« sols et carolus du Barrois auxquels étaient deux 
« barbeaux et une épée qui avoient été forgés au 
« duché de Bar » (2). 

Or, ces vieux carolus ne sont autres que les 
variétés suivantes : 



(i) Histoire de Lorraine, 2^ édition, t. III. Dissertations, p. cxv. 
(2) Idem, id., t. Vll. Id., p. xcj. 



21 




I^TTROliVS "^s DVK LOrri^O)^ '^'s 2 =o%> JT?. Épée, 
la pointe en bas, recouverte par un écusson de 
Lorraine penché. 

Rev. mORS WT^FaTÎ m 'Is S 'Is m IGCï^TCL. 
Croix coupant la légende, cantonnée d'alérions 
et de barbeaux accostés de croix au pied fiché. 

Billon. Poids 0.972 (Saulcy , Monn. Lorr., 
PI. IX, fig. i5). 

Notre collection (3 fr., 4 fr.). 

Variété : I^TÏROIiVS * DV2C * liOnnï^OR t 



Rev. mono: fttî * fgctî m î s t m lah.Tïij. 

Billon. Poids 1.200. 
Notre collection. 

Charles II fit également frapper, à ce type, des 
monnaies où le nom de l'atelier n'est point indi- 
qué; la présence du bar dans les cantons de la 
croix nous engage à considérer ces pièces comme 
de véritables monnaies barroises émises de 1420 
à 1424. 




22 



7?^u. sirr o no ma o Dm BansD lecnnvm. 

Billon. Poids 0.92. 
Notre collection. 

Variété avec étoiles remplaçant les annelets 
comme points séparatifs. 
Billon. Poids 0.92. 
Notre collection. 

Les monnaies à ce type furent imitées par les 
seigneurs de Sombreffe, sires de Reckheim, qui 
ont possédé cette terre de i3go à 1442 (i). 

Le type à l'aiglon essorant, créé par Jean I" et 
que le duc Charles II avait continué dans ses ate- 
liers de Nancy et de Sierck, fut fidèlement copié 
dans celui deSaint-Mihiel, pendant toute la durée 
de l'administration du. duc de Lorraine. Au lieu de 
deux roses, de deux étoiles qui accostent l'épée 
sur les produits de l'atelier de Nancy, de deux 
aiglons qui se remarquent sur les espèces sorties 
de celui de Sierck, les monnaies frappées à Saint- 
Mihiel présentent dans le champ du revers l'alé- 
rion de Lorraine et le barbeau du Barrois. 

(1) Van der Chus, Monnaies des feudataires du Brabant, p. xxv, 
fig. 3. Revue num. belge. i852, t, II, 2e série, pi. IV, fig. 2, p. i58. 

Chautard, Imitations de quelques types monétaires propres à la 
Lorraine, etc., etc., pi. II, fig. 2, p. 35. 



23 




Vi'K^OhVB 8 DV2C. Aiglon essorant sur un 
écusson de Lorraine. 

Rev. îT2one:nn7T = ds = s o miai^izu. Épée, 

la pointe en bas, accostée d'un alérion et d'un bar. 
Billon. Poids 0.57 (Saulcy, PI. IX, n° 6). 
Notre collection. 

Variété : I^T^ROIjVS -h DVX -1-. 

Rev. monerTTT . De . S : miaii'Kh. 

Billon. Poids o.5o. 

Notre collection. 

C'est également à cette période de 1420-1424 que 
l'on doit classer les monnaies suivantes, au même 
type, sorties de l'atelier de Nancy, sur lesquelles 
l'aiglon et le bar accostent l'épée du revers. 




i^TTROLVS -I- DVX -h. 

Rev. Mouan}?: : ds . ui^nau. 

Billon. Poids 0.622 (Saulcy, PL IX, n° 4). 




I^TÎROIJ.. DV2v. 



24 

Rev. monsnnTT n2^nae:io pgtt. 

Bas billon. Poids 0.324 (Saulcy, PI. IX, n" 5). 
Cabinet de M. de Geneste {Recueil de Mory d'El- 
vange). 

RENÉ I 



Roi de France . ■ 

Duc de Lorraine 
Duc de Bourgogne . 
Comte de Luxembourg 
Evêque de Metz. . 
Evêque de Toul . . 
Evêque de Verdun . 



1419-1431. 

Charles Vi, le Fou . . . 1380-1422 

Charles VII, le Victorieux . 1422-1461 

Charles il 1390-1431 

Philippe III 1419-1467 

Elisabeth et Jean de Bavière. 1415-1451 

Conrad-Baycr de Boppart . 1416-1459 

Henri de Ville 1409-1436 

Louis, cardinal de Bar ■ . 1420-1430 



Les renseignements sur les maîtres de la mon- 
naie deviennent déplus en plus rares à mesure que 
l'on avance dans le xv" siècle. Ne rencontrant 
point de monnaies au nom du duc Edouard III, 
pour la période de 141 1 à 1415, nous avions émis 
l'idée que, peut-être, durant ce court règne, l'atelier 
de Saint-Mihiel était demeuré inactif, sans per- 
sonnel, ni directeur. Or, le cardinal-duc ayant, 
en 1428, rappelé à Saint-Mihiel certains mon- 
nayeurs qui avaient pris du service dans l'atelier 
royal de Châlons-sur-Marne, on doit admettre 
qu'à cette époque l'officine sanmihieloise avait 
repris un peu d'activité sous la direction de Jehan 
Desmoines, alors maistre de la Monnoye qui, 
quelques mois plus tard, était remplacé par maistre 
Arnold le monnoier. Cest pendant l'administration 



25 

de ces deux personnages que furent émises les 
monnaies suivantes : 

Jehan Desmoines 

....-1427. 

Arnould 



1427- 



Le monnayage de René se divise en deux groupes 
nettement déterminés : le premier en date com- 
prend les espèces frappées entre le 4 août 1424, 
époque à laquelle prit fin la tutelle exercée par 
Charles II, et la mort de ce prince, arrivée le 
25 janvier 1431 ; dans l'autre prennent place les 
monnaies sur lesquelles René d'Anjou, héritier 
des Etats de son beau-père, joint à son titre de duc 
de Bar, qui lui appartenait en propre, celui de duc 
de Lorraine. 

PREMIER GROUPE. 

1424-143 1. 




RSnTîrr? D B7ÎR? • m? P*aO'. Le duc armé, 
debout et coiffé d'un chapel de roses, tenant l'épée 
nue à l'épaule, s'appuie sur un écusson écartelé 
d'Anjou et de Bar, Lorraine brochant sur le tout. 



26 

Rev. mon (SJ^'K S' mi GCI^TT. Croix recou- 
pant le grènetis et la légende intérieure. En 
légende extérieure : >ï< Sim nomsn •:• DO^IRI 
.;. BeRSDIGCrrvm. 

Gros d'argent bas. Poids 2.25 (Saulcy, PI. X, 
n*» lo). 

Notre collection (lo fr.). 

Il existeplusieurs variétés, offrant des différences 
soit dans les signes séparatifs, soit dans les abré- 
viations du mot Benedictum reproduit BEHE- 
Diari^, BSRSDia. 




Ce type du duc armé s'appuyant sur un écusson 
à ses armes est une modification de celui du duc 
Charles II, décrit par Saulcy (i); il rappelle le gros 
de Maestricht aux noms de Venceslas et Jeanne de 
Brabant (i355-i383) (2). Sur cette pièce, le jeune 
prince prend les titres de* duc de Bar, de marquis 
de Pont et de comte de Guise, qui lui appartenaient 
du chef de sa famille. En effet, il n'est pas pos- 
sible de découvrir dans les trois dernières lettres 
de la légende du droit : Tulli CO mes, comme le 

(1) Numismatique lorraine, pi. IX, n" lo. 

(2) Serrure, Notice sur le cabinet monétaire du prince de Ligne, 
1880, p. 161, n<'423. 



27 

croyait Dom Calmet (i), ni, avec Saulcy, Vrovinciœ 
COr.ies (2), titre dont René hérita seulement 
en 1434, à la mort de son frère Louis d'Anjou. 

On acceptera d'autant plus facilement notre 
explication, que le premier acte de René, duc de 
Lorraine, daté du 22 février 143 1 (nouveau style), 
commence ainsi : « René, fils du roi de Jérusalem 
et de Sicile, duc de Bar et de Lorraine, Marchis, 
marquis de Pont et comte de Guise... » (3). Sur 
le sceau appendu à cet acte les armoiries du duc 
sont identiques à celles qui se voient sur l'écusson 
du droit : d'Anjou au i**" et au 4% de Bar au 2° et 
au 3% Lorraine brochant sur le tout. 

Ici on peut se demander, avec Dom Calmet, 
pourquoi sur cette pièce apparaît en cœur l'écu 
aux trois alérions, puisque le jeune prince n'était 
pas encore duc de Lorraine; et même, en admet- 
tant que le gros en question ait été frappé posté- 
rieurement à l'année 1431, pourquoi René, devenu 
dès lors duc de Lorraine, n'en prenait il pas le 
titre sur cette monnaie? 




^ RSnTTrUVS + DVS B7ÏR' m\ Écu écar- 

(i) 26 édition, t. II, no 22 

(2) Numismatique lorraine, p. 88. 

(3) PiCART, Origine de lamaison de Lorraine, ip. 3ç)b. 



28 

télé d'Anjou et de Bar, Lorraine brochant sur le 
tout. 

Rev. mona^T^ S^^ miGCb^TTSIi. Épée, la 
pointe en bas, entre un alérion et un bar. 

Billon. Poids 0,40 (Dumont, PI. IV, fig. 8). 

Notre collection. (10 fr.). 




>h RSnT^nnVS DVX BT^? m\ Mêmeécusson. 
Rev. ÎIÎORennTT s % ÇnmiiK, Épée, la pointe 
en bas, entre un alérion et un bar. 
Billon. (Dumont, PL IV, fig. 9.) 
Ane. collection Gillet, de Nancy (3 fr.). 




>h RSOTCWVS DVS B7TR. Champ écartelé 
d'Anjou et de Bar, Lorraine brochant sur le tout. 

Rev. mou eiïïST^ Sffil GI^TT. Croix coupant 
le grènetis et la légende, cantonnée d'une croix 
à pied fiché, d'un lis, d'un bar et d'une croisette. 

Billon. Poids 0,41 (Dumont, PI. IV, fig. 10). 

Notre collection (4 fr.). 

Variété : mOXl SnHTÎ S • m\ Q^, 



2q 




^ RERTînni DVX : BSRR. Champ écartelé 
d'Anjou et de Bar, Lorraine brochant le tout. 

Rev, ffiOnEO^TÎ •:• DE •:• S •:■ ffîiai-jTÎIi. Croix. 

Billon. Poids 0.27 (Dumont, PI. IV, fig. 7). 

Ane. collection de M. Remy, avocat au Parle- 
ment de Nancy. Manuscrit de Mory d'Elvange. 

Variété avec ÇQlOr^T^, du poids de 0,40. 
Notre collection. 




>h RERTîrri D V Dans le champ R?E ou RR? 

Rev. mORSnnTÎ Oa s? • lai^T^U. Épée, la 
pointe en bas. 
Billon. (Dumont, PI. IV, fig. 11). 
Ane. collection Gillet, de Nancy. 

SECOND GROUPE. 
143 1-1445. 

A lamortde son beau-père, Charles II, René I", 
d'Anjou devint duc de Lorraine et prit aussitôt en 
mains l'administration de son nouveau duché. 
Toutefois, considérant le Barrois comme un bien 
qui lui était propre, il voulut pour ce motif que, 



3o 

dans tous les actes publiés en son nom, le titre de 
duc de Bar précédât celui de duc de Lorraine, Les 
légendes des monnaies suivantes viennent con- 
firmer ce fait. 




ÎXX'. Champ écartelé d'Anjou et de Bar, Lorraine 
brochant le tout. 

Rev. moHEnnTr * novTî de^s-^ miaiiT^UE. 

Epée, la pointe en bas, entre un bar accosté de 
trois croisettes et un alérion. 

Gros d'argent. Poids 2,46 (Dumont, PL V, fig. i). 

Notre collection (3 fr.). 




Variété : B7ÎRRE^^SIS -î- 2 : LOT^ï^O- 

Rev. DE -h S 4- ffilŒI^^U. 

Poids 2,43. 

Ane. collection Saulcy (Saulcy, PI. XI, n° i). 



3i 



Mory d'Elvange cite un exemplaire de la collec- 
tion Dordelu, du poids de 2,376, offrant le nom 
de l'atelier sous la forme ffîlGï^TTElJ. 




* m' -k. Champ écartelé d'Anjou et de Bar, Lor- 
raine brochant sur le tout. 

Rev. monan:^7i * F7\:ann7T * m * s * mi- 

GCI^TTL. Epée, la pointe en bas, entre un bar 
accosté de trois croisettes et un alérion. 

Billon. Poids i,35 (Saulcy, Num. lorr., PL XI, 
n*» 2). 

Notre collection. 




Variété dans la disposition des lis de l'écusson 
d'Anjou. 

Poids 1,242. 

Ane. collection Saulcy (Saulcy, Num. lorr., 
PI. XI, n°3). 

Variétés : avec ffîlQI^T^ ou miCII^TTeiL, indi- 



32 



quées par Saulcy, mais non reproduites dans ses 
planches. 




>i< RERT^rri X DVK X BTÎRRSn ^ UO. Champ 
écartelé d'Anjou et de Bar, Lorraine brochant sur 
le tout. 

Rev. 'i< mOREWTÎ x in x S x miGI^TT. Croix. 

Billon. Poids o,3o. 

Notre collection. 

Alamême époque l'atelier de Nancy émettait 
des monnaies au même type et dans les trois 
modules que nous venons de reprodu ire. 




♦ RenTTmVS DVX hmn\\ champ écartelé 
d'Anjou et de Bar, Lorraine brochant sur le tout. 

Rev. mon SnnTÎ Smi GI^TÎU. Croix coupant 
le grènetis et la légende , cantonnée de quatre 
trèfles. 

Nous ignorons si Saulcy avait quelque doute 
sur la fidélité de ce dessin, relevé par lui dans le 
recueil de M. le baron Vincent; nous ne pouvons 
nous expliquer la valeur des initiales li.ffî.nn. 



33 




RERTTrm DVX * BTÎRREH * 2 * liOnHI^ ^ m. 
Epée, la pointe en bas, sur laquelle est appliqué 
un écusson écartelé d'Anjou et de Bar, Lorraine 
brochant sur le tout. 

Rev. >i< BNDiccnnv sinn noma om rri iî^v 

2CPI, en légende extérieure; ^ ÇUOUEWK ^ S 
SIÎIGC^jTTIi, en légende intérieure. 

Dans le champ, croix de Lorraine potencée à ses 
extrémités. 

Gros d'argent. Poids i,85 [Rev. mim. 1862, 
PL V, n°3). 

Notre collection. 

Nous croyons cette pièce postérieure à Tan- 
née 1435, puisque ce fut seulement après cette 
époque que René, légataire universel de Jeanne de 
Duras, reine de Naples et de Hongrie, put joindre 
à ses titres celui de roi de Hongrie et adopter dans 
ses armoiries la croix à double traverse, dite de 
Hongrie ou du Saint-Sépulcre. Placée, dès lors, 
partout, sur les monnaies, les vitraux, les meubles, 
les tapisseries, etc., cette croix perdit bientôt son 
nom originaire pour prendre celui de croix de 
Lorraine. 

Année 189G. 3 



H 

Dans la commission donnée, le i" juillet 1445, 
par René P"" à son fils Jean d'Anjou, duc de Cala- 
bre, pour gouverner en son absence les duchés 
de Lorraine et de Bar, il est dit que le jeune prince 
est autorisé à « faire battre et forgier monnoyes 
« en nos dits pays et chacun d'iceulx armoyés de 
« nos armes, comme il appartient, laquelle ait 
'« cours en iceux et les pays voisins (i) ». On peut 
donc croire que bon nombre des espèces précé- 
demment décrites furent frappées durant la période 
comprise entre le mois de juillet 1445 et le 
26 mars 1453, époque à laquelle René I", devenu 
veuf, remit à son fils le duché de Lorraine, qui 
était la propriété de sa mère Isabelle. 

En faisant cette cession, René ne s'était point 
dépouillé de son duché du Barrois ; il le conserva 
jusqu'à sa mort, arrivée en 1480, le laissant « à 
Madame Yolande, sa fille aisnée, et à cause d'elle 
au duc de Lorraine, son seul fils et héritier ». 
Toutefois, René II ne put entrer définitivement en 
posseSvsion de tout le duché de Bar avant l'année 
1485, par suite du traité conclu, le 23 sep- 
tembre 1484, avec Madame de Beaujeu, tutrice du 
jeune roi Charles VIII. 

(0 Dom Calmet, Histoire de Lorraine, t. V, pr., p. clxxj. 



35 



Rois de France 



Duc de Bourgogne 
Evèques de Metz. 



RENE II. 
14731508. 

. Louis XI 1461-1483 

. Charles VIII 1483-1497 

. Louis XII 1497-1515 

. Charles le Téméraire . . 1467-1477 

Henri de Lorraine . . . 1484-1505 

. Jean IV, de Lorraine . 1505-1550 



Maître de la partie du Barrois non mouvant de 
la couronne de France, il se peut, comme le dit 
M. Dumont, que René II, héritier des deux duchés 
de Lorraine et de Bar, « pour ses besoins ou pour 
« laisser une trace de son passage dans cette double 
« souveraineté », ait fait reprendre la fabrication 
dans l'atelier de Saint-Mihiel. Cependant aucun 
document authentique ne vient à l'appui de cette 
supposition. 

Jean d'Anjou et Nicolas, son fils, ducs de Lor- 
raine, mais non de Barrois, n'ayant pu utiliser 
l'atelier de Saint-Mihiel ,' celui-ci , abandonné 
depuis plusieurs années, converti en habitation 
particulière, avait été loué successivement, en 1457, 
à Jeannotle Brailly, puis, en 1463 et 1464, à Jehan 
l'Avantgarde. 

Si donc René II fit frapper monnaie dans cet 
atelier, demeuré si longtemps inactif, ce fut sans 
doute dans le cours des trois premières années de 
son règne, puisque, en l'année 1476, il ascençait à 
perpétuité à Trusson Xaubourel, prévôt de Saint- 
Mihiel, les bâtiments de l'ancien hôtel des mon- 



36 

naies, sous la condition « que toutes et quantes 
fois qu'il plairait au duc de Bar faire forger mon- 
noie au dit lieu de Saint-Mihiel les monnoyers la 
5^ feront faire et forger, ainsi que l'on a fait du 
temps passé ». En i5oo, ce prince cédait définiti- 
vement la maison de la monnaie à Jehan de Sam- 
pigny, en échange de la part que celui-ci possédait 
à Rembercourt-aux-Pots. 

Nous reproduisons d'après Mory d'Elvange, qui 
l'avait dessinée sur l'exemplaire de Dupré de 
Geneste, la pièce suivante, classée par Saulcy à 
René II, duc de Lorraine. 




RSnTïrrVS • DV2C • LOrri^OR. Épée, la pointe 
en bas, accostée de deux R. 

Rev. ►î< rnOOSn^TÎ • F STîRri! rRICI^TT. Croix 
de Lorraine. 

Billon. Poids o,3i8 (Saulcy, M/w. lorr,, PI. XIII, 
fig. 5). 

Mory d'Elvange cite également une monnaie 
au type reproduit par Saulcy, pi. XII, fig. i3, mais 
avec les légendes ReinTîrTVS • R • SI • liCW • 

Dvx. — îî^oneinaTî • psao^s • m • s • m\- 

GI^TTIj. Nous n'avons rencontré dans les collec- 
tions qui nous ont été ouvertes ni cette pièce, ni 
la précédente. 



37 

CHARLES III. 
1545-1608. 

Fermé vers l'année i32i, l'atelier de Bar ne fut 
point rouvert sous les successeurs de Henri IV et, 
jusqu'aux dernières années du xvi* siècle, les ducs 
de Lorraine s'abstinrent d'exercer, dans la partie 
du duché de Bar qui relevait de la couronne de 
France, le droit de monnayage dont ils usaient 
dans le Barrois non mouvant. Rien ne faisait pré- 
voir la réouverture de cet atelier, lorsque, vers 
i56g, soulevant à nouveau la question toujours 
irrésolue des droits régaliens dans son duché de 
Bar, Charles III revendiqua, pour lui et ses succes- 
seurs, l'exercice des droits de souveraineté dans 
l'étendue des terres du Barrois situées sur la rive 
gauche de la Meuse. 

Déjà en iSSg, à la suite de conflits survenus 
entre les officiers du roi de France et ceux du duc 
de Lorraine, au sujet de la juridiction et de l'exer- 
cice de la justice dans le Barrois, le duc Antoine, 
s'appuyant sur les services rendus à la France par 
les princes de sa maison, avait réclamé du roi 
François I" le libre exercice des droits de régale 
dans les terres de mouvance française. 

Cette demande fut agréée sans trop de difficultés, 
car en accordant, par un privilège spécial , au 
duc de Lorraine, les droits régaliens dans tout le 
duché de Bar « pour en jouir sa vie durant seule- 
ment ». le roi de France espérait amener Antoine 



38 

à se reconnaître son vassal. Cette condition humi- 
liante que lui imposait le traité de Rumilly fut 
repoussée par le duc de Lorraine; toutefois celui-ci 
et son fils François, duc de Bar, par un acte daté 
de Bar, le i5 novembre 1541, durent reconnaître 
ne pouvoir user des droits de régale qui leur avaient 
été concédés par le roi de France « que leurs vies 
« durant, n'entendant pas pour cela les prétendre, 
« ne acquérir, ny que leurs successeurs ou ayant 
« cause y puissent aucune chose quereller ne 
demander » (i). 

Cette tentative de complète émancipation, après 
avoir échoué sous Antoine, fut menée à bonne fin 
soixante ans plus tard; les temps, il est vrai, 
n'étaient plus les mêmes : Claude de France, sœur 
du roi Charles IX, était duchesse de Lorraine et 
le duc son mari était cousin des Guise, alors tout 
puissants sur l'esprit du jeune roi. C'est pourquoi, 
malgré les observations de son conseil, cédant 
aux pressantes sollicitations qui lui étaient faites, 
Charles IX accorda à son beau-frère, pour lui et 
tous ses descendants : « tous droits de régalle et 
« de souveraineté es terre du bailliage de Bar, 
« prévôté de la Marche, Châtillon, Conflans et 
« Gondrecourt » (2). Cette concession, accordée le 
25 janvier 1 571, fut confirmée en termes plus expli- 
cites, le 8 août 1575, par le roi Henri III : « pourra 



(i)^Bibliothèque nationale. Collection Decamps, Barrois, p. 53. 
(2) Éibliothèque nationale. Collection Decamps, Barrois, p. 304. 



39 

aussy nostre dit frère faire forger monnoie et y 
donner cours en son dit bailliage de Bar et terres 
de la mouvance, de telles sortes et espèces, prix et 
valleur que bon lui semblera » (i). 

Dès lors, aux termes de ce concordat, le duc de 
Lorraine, remis en possession du droit de frapper 
monnaie dans les terres du Barrois mouvant, pou- 
vait mettre à profit la concession inespérée qui 
venait de lui être concédée parle roi, malgré les 
remontrances du Parlement. 

Le privilège enfin accordé, on ne pouvait songer 
à utiliser l'ancien atelier de Saint-Mihiel ; c'était 
sur les terres de mouvance française que devait 
s'exercer ce droit de monnayage octroyé par la 
faveur du roi, droit qui devait affirmer aux yeux 
de tous l'étendue du pouvoir souverain du duc de 
Lorraine et de Bar. 

Il ne paraît toutefois pas qu'aussitôt obtenu ce 
privilège ait été mis à profit; les monnaies de 
Charles III continuent à être frappées dans le seul 
atelier de Nancy et rien dans les archives du duché 
de Bar ne fait allusion à la création d'un nouvel 
atelier monétaire dans le Barrois. Cependant, la 
découverte que nous avons faite dans les manus- 
crits delà Bibliothèque nationale d'un document, 
sans date ni signature, intitulé : Estât de ce qu'il 
fault pour dresser une nionnoye à Bar {2), prouve que 

(1) Bibliothèque nationale. Collection Decamps, Barrois, p. 3j4. 

(2) Collection lorraine, n" 464. Bibliothèque nationale, manuscrits. 



40 



l'on se préoccupait fort de cette question. Quand 
cet atelier fut-il établi? nous l'ignorons, mais le 
teston suivant prouve son existence momentanée 
en l'année 1600. 




CAROL • D • G • GAL • LOTH • B • GEL • DV. 

Buste à gauche ; au-dessous : 1600. 

Rev. ♦ MONETA • NOVA • BARRI • CVSA. 
Écu de Bar couronné. 

Teston d'argent. Poids 9^'". 40 (Saulcy, Num. 
lorr., PI. XXIV, n° i). 

Cabinet national. Le cabinet national possède 
un exemplaire en cuivre rouge qui est, peut être, 
un essai de ce teston. 

Dans la légende du revers, sous l'écusson, se 
trouve inscrite la lettre G, omise dans le dessin 
reproduit ci-dessus ; c'est l'initiale de Nicolas 
Gennetaire, maître des monnaies du duché de 
Lorraine depuis l'année i582. 

Ni Dom Calmet, qui le premier fit connaître 

Ce document a été publié in extenso dans nos « Recherches histo- 
riques sur les monnayeurs et les ateliers monétaires du Barrois. » 
Revue de la numismatique belge, 5" série, t. VI, p. 325. 



41 

cette pièce (i), ni Saulcy, qui la décrivit avec exac- 
titude, ne nous ont fourni le moindre renseigne- 
ment au sujet de son émission. L'exemplaire vu 
par notre historien dans le Cabinet du roi est 
demeuré unique; aussi, croyons-nous, peut-on 
considérer ce teston comme ayant été frappé, non 
pour être mis en circulation, mais pour affirmer 
l'existence du droit monétaire que possédait le 
duc Charles dans toute l'étendue des terres sou- 
mises à sa puissance souveraine. 

On ne connaît aucune monnaie émise aux noms 
des successeurs de ce prince; l'ordonnance rendue, 
le 2 juillet 1662, par le duc Charles IV, prescrivant 
la fabrication des monnaies d'or et d'argent à 
Nancy et à Bar (2), demeura sans effet, ainsi que 
le prouve le compte rendu en i663 par M. Claude 
Vaultrin, commis-trésorier-général des finances 
de Lorraine et de Bar. C'est désormais à l'aide des 
jetons émis par la Chambre des comptes, de ceux 
de l'Hôtel de ville et des médailles frappées par 
quelques personnages ou à l'occasion d'événe- 
ments remarquables, qu'il deviendra possible de 
continuer V Histoire numismatique du Barr ois jusqu'à. 
l'époque de la Révolution. 

(1) Histoire de Lorraine, i^e édition, t II, pi. 4, n° LXXI. La 
légende : CAROLVS • D • G • LOTH ■ B GELD • DVX est inexacte 
et la date 1600 est omise. 

(2) Layette Ordonnances II, n» i5o. 



42 

Dès le début des recherches entreprises pour 
réunir les matériaux de cette étude, nous avions 
relevé avec soin, dans les documents mis à notre 
disposition, tous les actes où il est fait mention de 
paiements en monnaies ayant cours dans le Bar- 
rois aux xiii^, XIV® et xv^ siècles (i); nous espé- 
rions trouver dans le dépouillement de ces notes 
de précieux renseignements permettant de déter- 
miner, en deniers tournois, la valeur des diffé- 
rentes espèces émises par nos princes, puis éta- 
blir le rapport qui pouvait exister entre ces 
monnaies et celles des provinces voisines. Nous 
n'avions pas alors songé que les continuels chan- 
gements survenus dans la fabrication des mon- 
naies barroises , l'altération fréquente du titre 
auquel elles avaient été émises, leur grande perte 
au change, devaient rendre bien difficile l'accom- 
plissement d'une telle tâche. En effet, dans un 
même compte, bien souvent on rencontre les esti- 
mations les plus diverses pour une même mon- 
naie; de plus, la dépréciation de certaines espèces 
était tellement rapide que, dans l'espace de quel- 
ques jours seulement, elles perdaient parfois la 
moitié de leur valeur. 

Les comptes de cette époque, dressés par les 
receveurs généraux du Barrois, les prévôts et 
receveurs particuliers, les gruyers et autres officiers 

(i) Ces relevés sont à la disposition de ceux de mes confrères qu'ils 
pourraient intéresser. 



43 

dans l'étendue de leurs juridictions, ne sont pas 
toujours établis en francs et deniers barrois, mais 
bien en espèces les plus diverses ayant cours dans 
la région. Quelques-uns sont stipulés en monnaies 
messines, d'autres en estevenans et, suivant les 
temps et les régions, c'est en deniers /ors ou /lèves, 
tournois ou provinois, en châlonnais, toulois et 
verdunois, en gros, sols, francs, livres, écus et 
florins que sont rédigés ces comptes, où appa- 
raissent rarement les mentions : momiaie de Bar, 
monnaie de Saint-Mihiel, 

Dans l'un d'eux, établi en i527-i528, par 
Mengin de Saulsure, seigneur de Dommartin, 
prévôt, gruyer et receveur de Bouconville, on 
retrouve l'indication du 50/ nantais (i), dont la 
dénomination apparaît pour la première fois en 
Lorraine dans un pouillé de Toul antérieur au 
xiii^ siècle, puis dans un acte de i3oi, par 
lequel Mathieu de Charmes, écuyer, reconnaît 
devoir au duc Ferry la somme de 48 livres de 
nantais qu'il avait reçue de ce prince à titre de 
prêt (2). 

Quelle était cette monnaie, dont il est parlé dans 
une ordonnance de Guy, comte de Flandre, du 
II juin 1299 (3), puis dans une autre, rendue, le 

(1) « et vault le sol nantois deux blancs monnoie de ce compte. » 
Archives de la Meuse, B, iSyy. 

(2) Trésor des Chartes, layette Charmes, n" i3. Archives dç 
Lorraine 

(3) Revue numismatique, iSSy, p. 21 3. 



44 

10 août i3g4, par les échevins de Metz? (i)Elle ne 
saurait être le nantois de Jean le Roux, duc de 
Bretagne, auquel fait allusion l'édit de saint Louis 
de 1265 (2); serait-ce autre chose qu'une monnaie 
de compte? 

Dans les documents consultés par nous appa- 
raissent quelques dénominations officielles, telles 
quQ plaqtte, heaume, beguinette, poillevillain ; puis, en 
plus grand nombre, des monnaies désignées par 
le peuple : aillets, aillots, aglots, aiguillons, alletins, 
behardons, cabochins, clinquars, couronnes, estevins, 
estevenans, griffons, jollutruis, macquarels, niquets, 
palefrois, wissepains 

Cette multiplicité d'espèces si diverses, en circu- 
lation dans les différentes prévôtés et châtellenies 
du Barrois, trouve son explication dans la situation 
géographique de ce petit État. En effet, son terri- 
toire étant enchevêtré dans les terres de Luxem- 
bourg, de Lorraine, de Franche-Comté et de Cham- 
pagne, dans les possessions des évêques de Toul, 
de Metz et de Verdun, les nécessités commerciales 
le contraignaient à admettre les monnaies de ses 

voisins. 

L. Maxe-Werly. 

(1) « ung bon Nantois pour ij angevines. » Histoire de Met^, IV, 
p. 454 

(2) (c que l'on prangnc nantois à l'écu et angevins quinze pour dix 
tournois et mançois. » Recueil des Ordonnances des rois de France, 
t. I, p. 94. 



4i 



LES MONNAIES 

FRAPPÉES A AVIGNON 

DURANT LA VICE-LÉGATION DE MAZARIN 

(1634-1637). 



Planche I. 



Les meilleurs auteurs enseignent que Mazarin 
fut vice-légat d'Avignon de 1634 à i636 ; la der- 
nière de ces dates est erronée. Le futur ministre 
de Louis XIV fut désigné par le pape Urbain VIII 
pour occuper la vice-légation de cette ville au 
mois d'août 1634, à la suite de la nomination du 
vice-légat, Marins Philonardi, au poste de nonce 
auprès du roi de Pologne. Il quitta Rome le 
25 août de cette année pour passer par la Toscane 
et visiter le duc et la duchesse de Lorraine et la 
grande-duchesse de Florence, conformément aux 
instructions que lui avait données le cardinal 
Antoine Barberini. C'est seulement le ig octobre 
suivant qu'il fit son entrée à Carpentras, capitale du 
Comtat-Venaissin. Cette ville avait au xvii^ siècle 
une Monnaie, où il fut fabriqué pas mal de pièces 
et même des monnaies de grandes dimensions, 
telles que des piastres. Néanmoins, pour se con- 
former aux usages locaux, on n'offrit pas la moin- 



46 

dre médaille à Mazarin ; il lui fut remis par les 
consuls dix-huit boîtes de dragées ou de confi- 
tures sèches, deux salmées de vin blanc, deux 
salmées de vin clairet et enfin un veau. Le 
21 octobre, il parvint enfin à Avignon, capitale de 
l'Etat de ce nom et siège du gouvernement. De 
nombreuses pièces littéraires, écrites soit en 
latin, soit en français, en prose ou en vers, furent 
rédigées pour fêter cet événement. L'atelier moné- 
taire d'Avignon ne frappa pas de médaille, selon 
la coutume observée. 

Mazarin partit d'Avignon le 28 octobre, pour se 
rendre à Paris. Il avait choisi auparavant pour 
lieutenant ou, pour employer l'expression techni- 
que, pour pro-vice-légat, l'évêque de Cavaillon, 
Fabrice de la Bourdaisière. Au commencement 
de l'année i636,les intrigues espagnoles obtinrent 
du Saint-Siège le rappel de Mazarin de la cour de 
France et son renvoi dans sa vice-légation. Ce 
prélat quitta Paris dès les premiers jours du mois 
de mars et arriva à Avignon le 8 avril i636. Grâce 
à d'habiles menées, il réussit six mois plus tarda 
se faire rappeler à Rome ; il abandonna Avignon 
pour toujours, au mois d'octobre i636. Son pro- 
vice-légat, Fabrice de la Bourdaisière, signa en 
cette qualité sa dernière ordonnance le i5 mai 
1637. C'est à cette époque que le successeur de 
Mazarin, Frédéric Sforza, fut désigné. Les docu- 
ments historiques mis au jour démontrent que 
La Bourdaisière ne fut qu'un simple lieutenant, 



I 



47 

agissant sous les ordres et sous la propre respon- 
sabilité de Mazarin. Malgré le très court séjour 
fait, soit dans l'Etat d'Avignon, soit dans le Com- 
tat par ce dernier, il se préoccupa jusqu'à l'expi- 
ration de ses fonctions des besoins et des vœux 
de ces pays et se consacra activement à leur admi- 
nistration (i). 

Jusqu'à ce jour on n'a attribué à la vice-légation 
de Mazarin qu'une seule pièce, un quadruple écu, 
daté de i635 et offrant ses armes sous le buste du 
pape Urbain VIII. En réalité, le quadruple écu 
émis à Avignon l'année suivante présente égale- 
ment cette particularité. D'autre part, diverses 
monnaies ont été frappées de 1634 à 1637, sous le 
gouvernement du héros de Casai, et sur à peu 
près toutes est figurée une étoile, qui est empruntée 
à son blason. 

I. Quadruples écus. 

Ces monnaies sont fort rares; on ne connaît 
qu'un très petit nombre d'exemplaires de chaque 
variété. Scilla, copié par Cinagli (2), décrit une 
pièce de quatre écus de 1634, en indiquant qu'au- 
dessous du buste d'Urbain VIII se trouve un 
écusson aux armes du vice-légat. Ces deux auteurs 
disent à propos du quadruple de i635 ; s Rittrato, 

(1) Mémoires de V Académie de Vaucluse, i885, 3e trimestre. A/a^a- 
rin, vice-légat d'Avignon (i634-i636). 

(2) Le monete dei papi, etc , p. 210, 



48 

e sotto l'arm' d'un' altro vicelegato » (i). 11 s'en 
suit que le blason gravé sur la pièce de 1634 est 
celui du prédécesseur de Mazarin, c'est-à-dire 
celui du vice-légat Marius Philonardi. Il n'était 
pas émis des monnaies d'or toutes les années par 
la Monnaie d'Avignon. Pour se servir de l'expres- 
sion usuelle, « la costume encienne estoit en la 
dicte ville de en fourger, après quelques années, 
quelques quantités ». Si Mazarin a fait forger des 
quadruples en 1634, aucun spécimen n'est parvenu 
jusqu'à nous, 

I.— VRBANVS, étoile entre deux points, VIII • 
PONT- MAX • i635 • entre deux grènetis. Buste à 
droite du pape Urbain VIII, la tête nue, mais revêtu 
des ornements sacerdotaux. Au-dessous, les armes 
de Mazarin : d'azur à tme hache consulaire d'argent 
futée d'or, environnée d'un faisceau dîi même, lié 
d'argent, posée en pal; à la fasce de gueides chargée de 
trois étoiles d'or brochant sur le tout (2). 

Rev. Étoile • ANTON IVS • GARD ' BARBE- 
RINVS • LEGAT • AVEN • entre deux grènetis. 
Dans le champ, l'écu du légat Antoine Barberini, 
d'azur à trois abeilles d'or, posées 2 et 1, accolé de la 

(1) Ibid., p. 210. — SciLLA. Brève notice délie monete pontificie, 
antiche e moderne, etc , p. 143. 

(2) Reynard-Lespinasse, Armoriai historique du diocèse et de l'État 
d'Avignon, p. ig3. — Le Dictionnaire Héraldique de la Coll. Migne 
p. 464, donne la même lecture, sauf pour la hache qu'il appelle « hache 
d'armes ». 




49 

croix de l'ordre de Malte et d'une croix tréflée de 
légat (i). 

L'étoile insérée dans la légende du droit et 
dans celle du revers fait allusion aux trois étoiles 
de la fasce du blason de Mazarin. 

Le dessin de Poey d'Avant donne à tort la date 
de i633 (2). D'autre part, le rédacteur du catalogue 
de la collection Gréau a lu par erreur i636 (3). 

Cabinet de Marseille. Poids : i3^%6o cent. 
Planche 1, n" i (4). 

Cette pièce, peut-être unique, a été découverte à 
Benêt (Vendée). Après avoir appartenu successi- 
vement à Benjamin Fillon, à M. Gréau et à 
Charvet, elle a été acquise par M. Laugier, l'érudit 
conservateur du Cabinet des médailles de la ville 
de Marseille, au prix de 750 francs. Elle a été 
gravée dans les catalogues des collections dont 
elle a fait partie. En comparant les dessins entre 
eux, on remarque, en dehors de l'imperfection de 
la frappe du droit, les mêmes détails dans le 
contour et dans les grènetis. Il s'en suit que la 
monnaie du Cabinet de Marseille est bien celle qui 
a été mise au jour en Vendée. 

(1) L'Art héraldique de Baron, nouvelle édition par Playne, 
indique que ces trois abeilles sont marquetées de sable (p. loô). 

(2) Monnaies féodales de France, no 4,402. 

(3) Description des monnaies françaises et étrangères exc, n° 1,217. 

(4) Ce dessin, comme ceux des monnaies du Cabinet de Marseille, 
reproduites dans ce mémoire, est dû à la plume si habile de 
M. Laugier. 

Année 1896. 4 



5o 

Les chapeaux qui surmontent les écus de 
Mazarin et d'Antoine Barberini sont tous les deux 
à six houppes. Cependant, les traités de blason 
nous enseignent que les cardinaux ont un chapeau 
de gueules à quinze houppes, que les archevêques 
portent un chapeau de sinople à dix houppes et 
que le chapeau des évêques est de sinople à six 
houppes; ces nombres de houppes, quinze, dix et 
six, ne se rapportent qu'à un seul côté du chapeau. 
Ces principes semblent avoir été méconnus par 
les graveurs de la Monnaie d'Avignon : il n'en 
est rien. Les auteurs de la fin du xvii* siècle (i), 
après avoir mentionné ces règles, indiquent 
qu'elles n'ont pas toujours existé. On peut exa- 
miner, une à une, toutes les monnaies forgées 
durant le xvi^ et le xvii^ siècle, soit à Avignon, soit 
à Carpentras,qui portent les armes d'un cardinal, 
accompagnées du chapeau. On y verra toujours 
un chapeau à six houppes, même sur les dernières 
pièces émises à Avignon en 1692 et en i6g3, les 
pièces de cinq sols avec le nom et les armes du 
cardinal Pierre Ottoboni. D'autre part, si l'on con- 
sulte Ciaconius, imprimé en i63o (2), on consta- 
tera que les chapeaux de cardinaux n'ont que six 
houppes. C'est donc à bon droit que le tailleur des 
coins du quadruple de i635 n'a attribué que six 
houppes au chapeau du cardinal Antoine Barbe- 
rini. Le seul reproche qu'on puisse lui adresser, 

(i) Baron, op. cit., p. i38. 

(2) Vitce et ves gestce Pontificum Romanorum, elc. 




51 

c'est d'avoir dessiné au-dessous une croix bou- 
lonnée au lieu d'une croix tréflée. Certaines mon- 
naies, telles que la piastre de Carpentras de i5g8, 
au nom de Clément VIII, ne présentent qu'un 
chapeau à quatre houppes. Quant aux chapeaux 
accompagnant l'écu des vice-légats, ils n'ont par- 
fois que trois houppes ; quelquefois ils ne sont pas 
reproduits. 

L'usage de mettre leurs armes sur les monnaies 
a été adopté par les vice-légats à la fin du 
xvi^ siècle, durant le pontificat de Clément VIII. 
Au xvii^ siècle, les cardinaux italiens plaçaient 
une croix tréflée derrière leur écu, lorsqu'ils étaient 
légats ou archevêques; les quinze houppes appa- 
rurent à Avignon pour la première fois sous la 
légation de Pamphili Camille (1644- i65o), ainsi 
qu'il résulte de l'examen des bulles scellées avec 
son sceau. Enfin les grands prieurs et les com- 
mandeurs de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem 
avaient seuls le droit d'insérer la croix de Malte 
dans leurs armoiries (i). 

2. — Mêmes légendes et types. i636. Poey 
d'Avant, n° 4408. 

Cabinet des médailles à Paris. Planche I, n° 2. 

Ce quadruple a été frappé avec beaucoup plus 
de soin que le précédent. 

(i) Menestrier. La nouvelle Méthode raisonnée du Blason {ij3^), 
p 209. — Blancard. Iconographie des sceaux des archives des Bouches- 
du-Rhône, pi. III , n» 3. 



52 

Le quadruple de i635 n avait jamais été décrit 
complètement. Celui de l'année suivante n'a été 
cité que par Poey d'Avant. Les légendes étant les 
mêmes, il n'y a pas lieu de recommencer une des- 
cription. Le dessin prouve qu'il s'agit encore 
d'une monnaie due à l'initiative de Mazarin. 
L'étoile du droit et celle du revers de la pièce n° i 
n'avaient pas pu être interprétées. Il en est de 
même de la croix de légat et de la croix de Malte à 
huit pomtes qui accolent l'écu du légat Antoine 
Barberini. Ce prince de l'Eglise était, en effet, sim- 
plement légat à ce moment et ce n'est que plus 
tard qu'il devint archevêque. D'autre part, il avait 
été destiné à l'ordre de Malte et il fut nommé 
grand-prieur de Rome lorsque son oncle fut élu 
pape(i). Richelieu s'opposa enfin avec la dernière 
énergie à l'élévation de ce légat à la souveraineté 
élective de l'ordre, à la suite du décès du grand- 
maître, Antoine de Paul, survenu au mois de 
juillet i636. 

Lorsque j'ai publié un méreau uniface de 
l'Aumône générale d'Avignon, j'ai été indécis au 
sujet de l'origine de la croix tréflée qui se trouve 
au-dessus de l'écu aux armes de la ville. Personne 
n'avait pu expliquer la présence de croix analo- 
gues sur certaines monnaies papales ouvrées à 
Avignon, ou battues à Carpentras. J'avais sup- 
posé qu'il s'agissait d'une croix de légat, mal 

(i) MoRERi. Le grand dictionnaire^ etc., t. II, p. gg (édition 
de 1759). 




53 

dessinée (i). Eh bien ! toutes ces croix sont réelle- 
ment des croix tréflées de légat, correctement 
reproduites. Au xvii^ siècle, les cardinaux italiens, 
qui étaient en même temps archevêques ou légats, 
plaçaient une croix de cette nature derrière leur 
écu (2). Le plus souvent, les légats d'Avignon 
étaient cardinaux, sans être revêtus de la dignité 
d'archevêque. On doit donc appeler croix de légat, 
les croix tréflées que l'on voit sur les monnaies 
d'Avignon, sur celles de Carpentras, ou sur les 
jetons et les méreaux. 

Les quadruples émis à partir de lôSy inclusive- 
ment, ont, au lieu de l'étoile du droit et de celle 
du revers de ceux de i635 et de i636, une petite 
croix, qu'avec un peu d'attention on détermine 
rapidement : c'est une croix de Malte, allusion à 
la situation du légat Antoine Barberini (3). La 
représentation de ces deux croisette^ cessa natu- 
rellement lors de l'expiration des pouvoirs de ce 
prince de l'Eglise. 

Les rarissimes exemplaires connus du quadru- 
ple de 1637 sont aux armes de Frédéric Sforza, 
successeur de Mazarin. Ils ont été forgés posté- 
rieurement au mois de juin de cette année. 

(i) Marques de la confrérie du Saint-Esprit, etc., d'Avignon, p. 12. 
Des trois vice-légats que je cite (p. i5), on ne doit laisser subsister que 
Hyacinthe Libelli, qui était archevêque. 

12) Menestrier. La nouvelle méthode raisonnée du blason, p. 210. 

(3) Le plus souvent la légende du revers débute par un point clos 
(ma collection). 



54 



II. Demi-francs. 



On a décoré des noms de Jules, de deux jukvS, 
de demi-écu ou de teston, les monnaies d'argent 
de grandes dimensions, au nom de Urbain VIII, 
sur lesquelles ce pape est représenté au droit en 
buste tourné à droite et au revers desquelles une 
grande croix feuillue et fleurdelisée orne le champ. 
Le poids ordinaire des pièces de cette nature, 
lorsqu'elles sont bien conservées, atteint 6^',8o (i). 
D'autre part, leur type est une contrefaçon des 
demi-francs de Louis XIII, créés en i636, au 
poids théorique de y^^og^. Ce sont donc aussi des 
demi-francs; ils sont du reste peu communs. 

Poey d'Avant cite l'une de ces monnaies sous 
le n" 4,435, avec la désignation « jules », d'après 
Cinagli (2), et sans dessin. Quelques numéros plus 
haut, le même numismatiste mentionne une pièce, 
sous le vocable « demi-écu » , datée de 1637 (3) , ayant 
au droit « un buste » et au revers une « croix 
fleurie », tout en renvoyant à la Revue Numisma- 
tique (4), 011 cette espèce est publiée comme étant 
au type du demi-franc de France de Henri III et de 
Henri IV. Les n°' 4,407 et 4,435 de Poey d'Avant 
ne concernent qu'une seule pièce. On doit, dès à 
présent, rayer l'un de ces deux numéros. Enfin 

(i) Ma collection. 

(2) Op. cit., p. 220, n» 214. 

(3) No 4,407. 

(4) i83g, p. 280, n" 80. 



55 

Scilla décrit avec raison un demi-franc analogue, 
daté de 1640 (i), mais il l'appelle à tort un double 
Jules. 

Je possède ces deux demi-francs de 1637 et de 
1640. Ce n'est pas le lieu de les étudier. Je dois 
seulement constater que celui de 1637 a été émis 
pendant la vice-légation de Frédéric Sforza et 
qu'il est étranger à Mazarin. Les mots de la 
légende de l'avers sont séparés par une feuille 
triangulaire et une petite croix de Malte accom- 
pagne cette légende. Ces monnaies reçurent le 
nom vulgaire de Barberines. 

III. Quarts de franc. 

Scilla a mis au jour la monnaie suivante : 
« Urbanus • VIII ' Pont • Max • i636. Ritratto. » 
« Antonius • Card • Barberinus • Le • Ave. Nel 
mezzo, una Croce gigliata. . . . Giulio » (2). 

Cartier l'a mentionnée dans la Revue Numisma- 
tique (i83g, p. 280, n° 80) sans commentaires. 
Cinagli (n"2i3) reproduit la description de Scilla, 
sous le nom de giulio. Poey d'Avant déclare que 
c'est une variété du n° 4,435, sans la croisette de 
la légende du droit (n° 4,436). 

(0 Op. cit., p. 84. La planche XCVI, no 8, où est figuré le dessin 
du n" 4.407, nous montre au contraire une pièce hybride qui n'a jamais 
existé que dans l'imagination de Poey d'Avant : d'un côté au nom 
d'Urbain VIH et à la date de 1637 et de l'autre côté au nom du légat 
Scipion Borghèse (i6o5-i62i). 

(2) P. 83. 



36 

,, Cette pièce est un quart de franc ç^i non un jules. 
Jusqu'à ce jour, elle n'a pas été publiée avec exac- 
titude et aucune reproduction n'en a été donnée. 

• VRBANVS • VIII • PONT • MAX • étoile, 
feuille triangulaire, i636. Dans le champ, buste 
du pape à droite. 

: ANTONIVS • CAR • BARBERINVS • LE 
AVE • Croix feuillue et fleurdelisée. 

Pièce unique au Cabinet de Marseille. Poids 
3g^35. PLI, n°3. 

L'étoile du droit rappelle le blason de Mazarin. 
S'il faut en croire Scilla, une variété porterait au 
revers Card, au lieu de Car. 

Je n'appelle pas ces pièces, monnaies de cinq 
sols; je leur donne simplement le nom de quarts 
de franc. A cette époque, en effet, le franc ne 
valait pas 20 sols, mais il circulait pour 27 sols. 
Le quart de cette somme s'élève à 6 sols 3 liards. 

On connaitles demi-francs de 1637, i638, 1640, 
1641 et 1642(1). Celui de 1639 n'a pas été retrouvé. 
Deux variétés du quart de franc existent et sont 
datées de i636. Ces dates, d'Un côté, le type, d'un 
autre côté, établissent clairement que ces mon- 
naies sont des contrefaçons des demi-francs et des 
quarts de franc de Louis XIII, émis en vertu des 
lettres patentes des 8 mai, 28 juin et 22 sep- 



(i) lôSy et 1640 (ma collection); i638, 1641 et 1642 (Cab. de Mar- 
seille). 



57 

tembre i636 (i), notamment à Lyon pour le sud- 
est du royaume. Quant au nom de demi-franc et à 
celui de quart de franc que je leur attribue, je 
peux, après avoir insisté sur le poids et sur la 
forme du champ du revers, citer un texte relatif 
aux demi-francs de 1640. Le 14 mai de cette der- 
nière année, l'Avignonnais Paul-Antoine Roure, 
ouvrier à la Monnaie, fit constater que son 
recochonnage ou apprentissage était terminé et 
demanda à être admis à faire son chef-d'œuvre. 
On lui remit « deux marcs argent, à faire demy- 
francs »,à 7 heures du matin. On l'enferma ensuite 
à clef dans une pièce. A une heure de l'après- 
midi, le personnel de l'atelier constata, par procès- 
verbal régulier, que Roure avait « exhibé et fait voir 
à tous dans un bassin sur la table de la dite salle 
les deux marcz de demy- franco, ouvrez en 
68 pièces » (2). Il était d'usage d'imposer pour les 
chefs d'œuvre la fabrication d'un certain nombre 
de pièces courantes. 

Sur les demi-francs et sur les quarts de francs 
on distingue une feuille triangulaire, d'aspect 
bizarre. Le moindre signe, reproduit sur une 
monnaie avignonnaise, doit s'expliquer. Dans les 

(1) Le Blanc, Traité historique des monnayes de France, -ç. 329 — 
Hoffmann. Les monnaies rojales de France etc., § Louis KFII, 
nos 63 et 64. 

(2) Archives municipales d'Avignon, CC, boîte 17, n» 27 : En 
France, les demi francs, créés en i636, furent taillés sur le pied de 
34 1/4, au lieu de 34, au même marc de Paris. 



58 

armes du pro-vice-légat de Mazarin, Fabrice de la 
Bourdaisière, figure un rameau de vesce; dans 
celle du vice-légat Sforza, successeur de Mazarin, 
on voit une branche de cognassier au naturel (i). 
Ni les feuilles de vesce, ni celles du cognassier, 
n'offrent le moindre rapport avec la feuille qu'il 
s'agit de déterminer (2). Durant le gouvernement 
de Mazarin. la Monnaie d'Avignon fut dirigée, 
d'abord , par deux maîtres associés, Sébastien Bour- 
don et Samson. La même marque se retrouvant 
sur des monnaies faites après 1637, lorsque Bour- 
don était maître unique, je l'attribue au graveur. 

IV. Barberins ou pièces de cinq sols. 

Le 28 janvier 1634, le conseil de ville d'Avignon 
se réunit à la nouvelle que la cour des comptes 
de Louis XIII venait de décrier les gros patards, les 
liards et les barberins « qui se font en ceste ville au 
grand détriment du public et du commerce d'i- 
celle. » Les consuls exposèrent qu'ils avaient déjà 
prié le vice-légat de faire cesser la frappe de ces 
monnaies. Marins Philonardi avait déclaré qu'a- 
vant de prendre une décision, il voulait envoyer 
des délégués en Provence et dans le Languedoc 
pour examiner si dans ces deux provinces « les 
dictes monnaies auraient mise non obstant les 

(1) Reynaud Lespinasse. Op. cit., pp. 19461195. 

(2) Du reste, les dates s'opposent à ce que ce soit un différent, faisant 
allusion au blason de l'un ou de l'autre de ces prélats. 



59 

dicts arrêts, lesquelz bien souvent ne sont point 
mis à exécution. » On délibéra cependant de 
supplier le vice-légat de « faire superséder » (i) à 
la fabrication de ces espèces (2). 

Quelle peut être la pièce désignée sous le nom 
de barberin? Il s'agit évidemment d'une monnaie 
où sont figurées un grand nombre d'abeilles ou 
barbarini{3). D'autre part, cette pièce a une valeur 
supérieure au liard et au patard, d'après l'ordre 
indiqué dans la délibération du 28 janvier 1634. 

Une seule monnaie remplit toutes ces condi- 
tions. Au droit, on voit dans le champ un grand 
écu aux armes du pape; le champ du revers est 
orné d'une image de Saint-Pierre, représenté à 
mi-corps, au-dessus des armes du légat. Il existe 
sur cette pièce six abeilles, à raison de la figuration 
du blason d'Urbain VIII et à cause de la représen- 
tation de l'écusson du légat, son neveu. Le nom 
de barberin est pleinement justifié. 

Le type des barberins est emprunté aux pièces 
similaires émises à Avignon durant le pontificat 
de Clément VIII (i5g2-i6o5). Les armes de ce pape 
remplissent le champ du droit; au revers, Saint- 
Pierre est figuré au-dessus des armes du légat 

( 1) Faire surseoir à . 

(2) Archives mun. d'Avignon, registre des conseils, i634, fol. ijy. 

(3j A mon sens, la meilleure description des armes des Barberini a 
été donnée par Menestrier Le véritable Art du blason ou l'usage des 
Armoiries, p. 36) : d'apir à trois mouches ou taons d'or, que les 
Italiens nomment barbarini. 



6o 

Aquaviva. Sur un second type, la légende du 
revers rappelle Saint-Pierre et Saint-Paul, dont 
on voit les deux images au-dessus de l'écu du 
légat: d'autre part, le mot Avenio a été supprimé, 
à cause du défaut de place (i). Ces monnaies 
ne peuvent recevoir le vocable de pdes que les 
auteurs leur infligent. Les ordonnances monétaires 
inédites, que j'ai consultées, les dénomment clé- 
ments ou clémentins. Il était tout naturel d'adopter 
le nom de barberins pour celles frappées durant le 
règne d'un Barberini. 

Le commerce accueillit les clémentins avec une 
défaveur tellement marquée, qu'aucune espèce de 
cette nature ne fut forgée sous les deux successeurs 
immédiats de Clément VIII, Paul V et Gré- 
goire XV. Quoiqu'ils valussent un peu moins de 
cinq sols, le légat Aquaviva avait essayé, en effet, 
de les faire circuler sur le même pied que les 
quarts de franc. 

Dès 1623, le légat François Barberini fit frapper 
des barberins. On retrouve ces pièces avec les 
dates 1623, 1624, 1626, 1627, 1628, i63o, i63i, 
i632, i633,i636, 1637 et 1640. En outre, une variété 
ne porte pas de date (2). Comme les clémentins 
n'étaient pas datés, j'estime que le barberin 
dépourvu de date a été forgé en i623, au début de 
l'émission. Les barberins avaient une valeur de 

(1) SCILLA, op. cit., p. 69. 

(2) CiGNALi, op. cit., pp. 219 et 220. Je possède les barberins de 
1634, 1627 et de i63o. 



6i 

cinq sols, le prix du marc d'argent ayant été haussé 
lorsque leur frappe commença. 

La Monnaie d'Avignon ouvra un nombre con- 
sidérable de barberins en i633. De là les protes- 
tations du public et la délibération du 28 janvier 
1634 que j'ai analysée en tête de ce paragraphe. 
La fabrication fut suspendue à ce moment; elle 
ne fut reprise qu'en i636 et en 1637. 
Scilla décrit les deux pièces suivantes : 
« VRBANVS • VIII • PO • M • i636. Arme. 
« S • PETRVS • AVENIO. Mezza figura, e 
sotto l'arme del Card. Antonio Barberini. Giulio. 
« VRBANVS • VIII • PO • M • 1637. Arme. 
« S • PETRVS • AVENIO. Mezza figura, e 
sotto l'arme del Card. Antonio Barberini. Giu- 
lio » (i). 

La première de ces monnaies se rattache évi- 
demment au gouvernement de Mazarin, à cause 
de la date de i636. Je considère la deuxième 
comme ayant été émise durant la même période, 
c'est-à-dire, au plus tard, au mois de mai 1637. 

J'aurais été bien aise de pouvoir donner le dessin 
de ces deux barberins. Mais ils n'existent dans 
aucune collection à ma connaissance. Depuis 
Scilla, aucun auteur ne les a vus. Les abréviations 
PO • M • du droit se traduisent par Pontifex Maxi- 
mus. D'habitude une rose est gravée après le mot 
Avenio. Je ne sais si sur les deux barberins de 

(1) Scilla, op. cit., p. 83. 



62 

i636 et 1637, la rose n'est pas remplacée par une 
étoile, rappelant les armes de Mazarin. Quoi qu'il 
en soit, ces deux barberins sont au nombre des 
monnaies les plus rares de la série pontificale 
d'Avignon (i). Le cabinet des médailles de Mar- 
seille, qui est si riche, grâce à l'activité de M. Lau- 
gier, ne les a pas. 

V. LiARDS. 

De même qu'au début de l'année 1634, le trop 
grand nombre de liards pontificaux en circulation 
à Avignon provoqua d'énergiques réclamations 
de la part des consuls, les nouvelles émissions de 
ces pièces, en i636, obligèrent ces derniers à faire 
entendre leurs doléances à Mazarin, dans les pre- 
miers jours de l'année 1637. Le 3 février de cette 
année, on exposa au conseil de ville que « les 
monnaies basses et particulièrement les liards ont 
causé un très grand désordre en ceste ville, dont 
le négoce en est grandement interrompu, jusques 
même que tout plein de populace, qui n'ont que 
des liards, sont venus crier en la maison de ville, 
disant qu'ils meurent de faim, quoiqu'ils aient 
d'argent en main pour acheter du pain, lequel 
argent on ne veut recevoir parce que ne consiste 
qu'en liards ; ce qu'ont voulu faire savoir au con- 



(1) Le barberin que j'ai vu le plus souvent dans les collections est 
celui de 1 633. 



63 

seil. Sur quoi a esté conclu d'écrire à Mgr Mazarin, 
vice-légat, et le supplier de vouloir remédier aux 
désordres que les liards qui se fabriquent en ceste 
ville portent en la dicte ville et le supplier de faire 
superséder à la fabrique des liards et gros patacs 
et remis à MM. les consuls et assesseurs de faire 
et dresser les mémoires nécessaires pour cet 
effet » (i). 

Il s'en suit que Mazarin a fait forger à Avignon 
des liards. On connaît deux types de liards d'Ur- 
bain VIII : le liard à l'M et le liard au V (2). 

Le liard à l'M était destiné à faire concurrence 
aux liards analogues faits à Orange, au nom du 
prince Maurice (1618-1625), puis à celui de son 
frère Frédéric Henri (1625-1647). Ceux-ci étaient 
eux-mêmes une contrefaçon des liards de Marie 
des Bombes (1608 1626). Gaston d'Orléans (1627- 
1657) émit de son côté des liards au G. 

Aucun des liards d'Urbain VIII n'est daté. 
Aujourd'hui ilssontfort rares et, commeleurfrappe 
a été bien négligée, il est très difficile d'en rencon- 
trer à légendes entières. 

J'estime que les liards au V sont postérieurs à 
la vice-légation de Mazarin, à qui j'attribue la 
variété suivante de liard à l'M, qui est inédite : 

(+ . VRBANVS • V) III • PONT • OP. Dans le 
champ, sous une couronne, un M accosté de trois 
abeilles mal ordonnées et dépourvues de leur 

(1) Archives d'Avignon, 23e registre des conseils, fol. 32 1 et 322, 
o ^2) PoEY d'Avant, op. cit., n"s 4438 et 4439. 



64 

aiguillon, de leursantennes et de leurs pattes. Cha- 
cune de ces trois abeilles ressemble à un volant 
dont on se vsert dans le jeu de ce nom. Etant ren- 
versées, elles imitent les trèfles des liards d'Orange 
et les lis des liards des Dombes. OP est l'abré- 
viation à'Optimus. La formule pontifex optimus 
maximus se lit sur un certain nombre de monnaies 
avignonnaises de Paul V et de Grégoire XV, pré- 
décesseurs d'Urbain VIII. 

Rev. (+ ANT • CAR • B) AR • LE • AV • Croix 
dite du Saint-Esprit, ornée au centre d'une feuille 
dans chaque canton. 

Poids : 0,70 cent. Cabinet de Marseille. PI. I, n° 4. 

J'attribue cette pièce à la vice-légation de 
Mazarin à cause surtout delà forme extraordinaire 
donnée aux abeilles, forme que nous allons 
retrouver sur les doubles tournois ou gros patards. 
Peut-être que l'on distinguera une étoile sur un 
exemplaire de parfaite conservation. 

VI. Gros patards ou doubles tournois. 

Les patards avaient été émis en si grandes 
quantités durant la première partie du règne d'Ur- 
bain VIII que leur cours fut prohibé en France, en 
même temps que la circulation des liards et des 
barberins. Le vice-légat fut obligé de faire sus- 
pendre leur frappe, au début de l'année 1634. 

Mazarin maintint cette décision, mais il ordonna 
de continuer à imiter les doubles tournois français. 



65 

La nouvelle monnaie valut deux sols comme les 
patards, avec cette différence que son poids fut 
presque trois fois supérieur. Sa ressemblance avec 
les doubles tournois faits à l'atelier royal de Ville- 
neuve-lez-Avignon (i), fut poussée à un tel point 
que son admission dans les provinces voisines ne 
souffrit aucune difficulté. C'est à tort que les 
numismatistes appellent cette espèce un quattrino; 
c'est un double tournois, ou pour employer l'expres- 
sion vulgaire de l'époque, un gros patard. 

Les patards n'étaient pas datés. Il est tout 
naturel que les premiers doubles tournois aient 
présenté la même particularité. Il existe plusieurs 
variétés de doubles tournois dépourvus de date ; 
ils sont peu communs. Cinagli les mentionne. Ils 
sont restés inconnus en nature à Poey d'Avant. 

M. Laugier a publié le double tournois sui- 
vant : 

I. — Étoile. VRBANVS • VIII • PONT- MAX. 
Buste du pape à droite. 

Rev. ANT • CARD • BARB • LEG • AVEN. 
Trois abeilles mal ordonnées et privées de leurs 
antennes ornent le champ (2). 

Cab. de Marseille. Ma collection. Poids 2^'",g25. 
PI. I, n° 5. 

(1) Roger Vai.lentin. Les doubles tournois et les deniers tournois 
frappés à Villeneiive-le^- Avignon, durant le règne de Louis XI IL 
(1610-1643). 

f2) Monnaies inédites ou peu connues de papes et légats d'Avignon 
appartenant au cabinet des médailles de Marseille, § Urbain VIII. 
. Année 1896. 5 



66 

Les doubles royaux dont celui-ci est la copie Ont 
au droit la lettre d'atelier et sont datés ; au revers, 
la légende, précédée d'une croisette, commence à 
droite et en haut. Le différent est remplacé ici par 
une étoile, empruntée à Técu de Mazarin. Les 
abeilles du revers sont plus aisées à déterminer 
que sur le liard précédent, car cette fois, on leur a 
conservé au moins leurs pattes. Etant renversées 
et leurs antennes ayant été supprimées, elles 
imitent assez bien des lis. 

Sur mon exemplaire, les antennes sont vague- 
ment indiquées. En outre aucun point ne sépare 
les mots Barb. et Leg. 

Cette pièce est la seule connue de nos jours. Il 
existe deux autres variétés, d'après Cinagli. 

2. — Même légende au droit, sauf M au lieu de 
MAX. Même type. 

Rev. Même légende et même type. 

3. — Même légende et même type. 

Rev. ANT • CAR • BAR • LE • AVE. Même 
type (i). 

Cinagli n'annonce la présence d'aucune étoile 
sur les trois doubles non datés qu'il décrit. Si les 
deux dernières de ces monnaies ont une étoile 
comme la première, on doit lés attribuer à Maza- 
rin. Si, au contraire, l'étoile n'est pas figurée 
sur l'une d'entre elles, ou sur toutes les deux, ces 

(i) Op. cit., § Urbain VIII, n"» 370 et Syi. Le n" Sôg est un double, 
identique à celui de ma collection. 



67 

monnaies ou cette pièce doivent être rattachées 
à la vice-légation de Marins Philonardi. 

Quoi qu'il en soit, je classe à l'année 1634 les 
doubles tournois de Mazarin non datés. 

4. — Dès i635, la fabrication des doubles fut 
pratiquée à Avignon sur une vaste échelle. 

Étoile • VRBANVS • VIII • POiNT • MAX. 
Buste du pape à droite. Le graveur a inscrit par 
erreur une molette au lieu d'une étoile. 

ANT • CAR • BAR • LE • AVE • i635. Dans le 
champ trois abeilles, pourvues de leurs pattes, 
d'une sorte d'aiguillon et de légères antennes. 
Cette fois les abeilles sont bien ordonnées. Cette 
mesure dut être prise sur les réclamations du roi 
de France. La copie des doubles français est encore 
flagrante; mais on voit très bien dans le champ 
trois abeilles et non trois lis. L'atelier royal de 
Villeneuve, situé de l'autre côté du Rhône et en 
face d'Avignon, n'ouvrait plus depuis 1627 (i). Du 
reste le moulin installé à cette Monnaie fut brisé, 
en vertu d'un arrêt du mois d'août i635 (2). Les 
généraux-maîtres du royaume surveillaient atten- 
tivement les émissions papales d'Avignon. En 
retournant les doubles, les trois lis sont remar- 

( 1 ) R. Vallentin, Les doubles tournois et les deniers tournois frappés 
à Vil leneuve-le^- Avignon, durant le règne de Louis X/// (1610-1643), 

P- 14. 

(2) Delombardv, Catal. des monnaies françaises de la collection de 
M. Rignault, p. 54. 



68 

quablement simulés. Le vice-légat d'Avignon 
pouvait affirmer que la contrefaçon des doubles 
de Louis XIII n'était pas absolue. 

Ma collection. Cinagli, n° 357. Poey d'Avant, 
n°44i6. Le numéro 4416 et le n° 4414 paraissent 
faire double emploi (i). Quelques exemplaires 
peuvent être dépourvus au revers du grènetis inté- 
rieur. Poids : a^'jSo cent. Planche I, n° 6. 

5. — Variété, avec LEG au lieu de LE au revers. 
Cinagli, n" 355. Poey d'Avant, n° 4415. 

6. — Variété du n" 4, avec BARB. à la place de 
BAR dans la légende du revers. 

Cartier, Revue Num. , iSSg. Cinagli, n" 358. 
Poey d'Avant, n° 4417. 

Comme pour les doubles non datés, Cinagli ne 
signale pas d'étoile avant la légende du droit sur 
les doubles de 1635. 

Il existe encore d'autres variétés, relativement à 
la ponctuation des légendes. Elles sont trop peu 
importantes pour être signalées. 

7. — Mêmes légendes et types que sur le n° 4. 
i636. Les mots de chaque légende ne sont séparés 
par aucun point. Les pattes et les antennes des 
abeilles sont rigoureusement supprimées, comme 
sur le liard déjà étudié. 

Ma collection : deux exemplaires. Sur l'un d'eux, 

(1) Poey d'Avant, Description des monnaies seigneuriales fran- 
çaises composant la collection de M. F. Poey d'Avant, n" 1292. 



i 



69 

l'étoile précédant la légende du droit est très bien 
figurée. Sur l'autre, on voit une molette au lieu 
d'une étoile. Planche I, n° 7. Inédit. Poids : a^^gS 
et 2S'",g5. 

8. — Variété du numéro précédent : LEG à la 
place de LE. 
Cinagli, n° 35g. Double omis par Poey d'Avant. 

g. — Variété du n° 7 avec BARB au revers. i636. 

Cartier, Revue Num., i83g. Cinagli, h" 36 1. 
Double oublié par Poey d'Avant. 

Cinagli n'a pas mentionné encore l'étoile, 
précédant la légende du droit sur les deux variétés 
de i636. 

10. — Nous avons vu que Mazarin quitta Avi- 
gnon pour toujours au mois d'octobre i636. Son 
remplacement paraissant certain, on supprima 
l'étoile du droit des doubles avignonnais pour lui 
substituer une croix que personne n'a encore pu 
identifier. C'est une petite croix de Malte empruntée 
au blason du légat. 

Les légendes nous montrent une ponctuation 
régulière. On lit BARB au revers, comme sur 
le numéro 8. 

Le surplus est identique au n° 4. i636. Les 
antennes et les pattes des abeilles ont disparu (i). 

(1) Généralement, on indiquait sur les blasons les antennes et le 
paUes des abeilles d'une façon très superficielle. Voj'., par exemple, 
les armes de M. Des Entelles, gravées sur l'estampe de C. N. ^'arin, 
intitulée t< Les spadassins en fête de vilage «. (Ma collection.') 



70 

Ma collection : deux exemplaires. Cinagli, n°36o. 
Poey d'Avant, n°44r8. Planche I,n° 8. Poids 2S'",7o 
et 2S'",3o. 

11. — En 1637, l'étoile apparut de nouveau sur 
les doubles. Mêmes légendes que celles du 
numéro g. 1637. 

Cinagli, n° 364. Omis par Poey d'Avant. 

12. — Légendes du numéro g. 1637. 
Cartier, Revue Num., i83g. Cinagli, n*'365. 

i3. — La croix de Malte fut de nouveau substi- 
tuée à l'étoile. Légendes du numéro g. 1637. 

Ma collection : deux exemplaires. Cinagli, n^362. 
Planche I, n° g. Poids : 2S^8I et 2e%8o. 

14. — Légendes du numéro 4. 1637. 

Cinagli n" 363. Poey d'Avant, sous le n° 4413, 
décrit ainsi cette monnaie : « Même légende. Buste 
du pape à gauche (????), dans un grènetis. 

ANT • CAR • LE • AVE. Dans le champ, trois 
abeilles simulant des lis. 

Cuivre. Quattrino. 5i grains (Poey d'Avant, 
n° I2g2. Revue, 18 3g, n" 82). » 

Le dessin donné par cet auteur est cependant 
correct. Le chapitre consacré à Urbain VIII est 
tout entier à refaire. 

Lorsque le successeur de Mazarin fut nommé, 
la frappe des doubles tournois d'Avignon avait 
cessé. Elle ne fut reprise qu'en 1640. 

J'ai indiqué plus haut que les doubles tournois 



7' 

dépourvus du millésime et n'ayant pas d'étoile au 
droit devaient être classés au prédécesseur de 
Mazarin. C'est à Marins Philonardi qu'est due, 
en effet, la création de cette espèce. La délibéra- 
tion consulaire du 28 janvier 1634 en fait mention 
et voici la copie d'un autre texte encore plus expli- 
cite. Je considère les premières émissions de gros 
patards comme ayant eu lieu dans les derniers 
jours de l'année i633 : 

« Du temps de Monseigneur Philonardy, arche - 
» vêque et vice -légat, on a fait faire si grande quan- 
» tité de petites et basses monnayes, que non seule- 
» mentlesparticuliers, maisaussi notre ville encore 
» en a reçu de très grands dommages et pertes. 

» Plus le dit seigneur archevêque et après lui 
» autres (i) ont fait battre une énorme quantité de 
» gros patats pour la fabrique desquels on travail- 
» lait nuit et jour et y avait certain nombre d'ou- 
» vriers pour le jour et certain nombre pour la nuit. 
» On pourra faire aussi voir à Sa Sainteté quelques- 
» uns des dits doubles. 

» Et pour faire que personne ne dit mot, le dict 
» seigneur Philonardy fit mettre dans le contrat du 
>> maître des monnaies un pache (2) que les doubles 
» et patats se débiteraient hors de l'Etat de Sa 
» Sainteté. 

» Mais cette grande et effrénée quantité de dou- 

(i) Les consuls visent Mazarin et son successeur Sforza. 
• (2) Condition, en langue vulgaire (pactiim). ' 



72 

» blés fabriqués dans Avignon a été cause qu'ils 
» ont été décriés, et quand nous avons voulu atta- 
» quer le maître de la Monnaie, conformément à 
» son obligation, le maître s'est retiré et ses cau- 
» tions ont répondu qu'ils n'étaient cautions que 
» pour la Chambre (i) et non pour autre personne. 
» Et d'ailleurs nous n'avons jamais pu avoir copie 
» du dit contrat, duquel le notaire disait qu'il lui 
» avait été défendu d'en donner aucune copie, 
» tellement que le public et les particuliers y ont 
» fait de grosses et signalées pertes, même plus que 
» du double de ce que les dits gros patats s'expo- 
» saient (2). » 

Ces lignes sont extraites des instructions iné- 
dites données par les consuls d'Avignon à leurs 
délégués, ou, pour se servir de l'expression con- 
sacrée, à leurs ambassadeurs, auprès du pape 
Urbain VIII. Ces instructions sont un véritable 
réquisitoire contre les émissions de monnaies 
faites sur les ordres des vices-légats successifs 
Philonardi, Mazarin et Sforza. Le nom de Maza- 
rin est passé sous silence, quoique les plaintes 
formulées visent aussi les mesures monétaires 
qu'il crut devoir prendre. Les premiers magis- 
trats de la cité d'Avignon demandaient l'inter- 
vention formelle du souverain pontife et blâ- 

(1) Chambre Apostolique d'Avignon, 

(2) D'après une copie fautive de Paul Achard, se trouvant dans ses 
papiers au Musée Calvet. Le texte original fait partie des archives 
municipales d'Avignon. Il n'est pas classé; je n'ai pas pu le retrouver. 



73 

maient ouvertement le vice-légat en fonctions, 
Frédéric Sforza. 

VIL 

On peut lire dans les Mémoires de V Académie de 
Vmicluse (i), une ordonnance rendue par le pro- 
vice-légat de Mazarin, le i5 mai 1637, relative- 
ment aux faux patards. Les trois états du Comtat 
Venaissin et le procureur -général d'Avignon 
s'étaient fait l'écho, auprès de ce prélat, des 
plaintes du commerce au sujet des « petits pataz 
noirs à deux clefs, faux et contrefaitz ». Fabrice 
de la Bourdaisière décida que tous les détenteurs 
de patards quelconques devaient, avant de les 
mettre en circulation, les montrer « aux commis 
qui seront spécialement députés », pour en effec- 
tuer « la triaille et séparation et ceulx qui seront 
recognus faulx, estre par iceulx commis, en pré- 
sence des parties, coupés et sizellés (2) et les pièces 
rendues aux dites parties ». 

Le pro-vice-légat de Mazarin rendit deux ordon- 
nances, absolument inédites, relatives au billon- 
nage, le 11 février et le 4 mars 1637 : 

« 1° Du mandement de Monseigneur Illustris- 
» sime et Révérendissime, évesque de Cavaillon, 
» pro-vice-légat pour Monseigneur l'Illustrissime 
» Julie (sic) Mazarin, vice-légat et gouverneur 
» général ez-cité et légation d'Avignon et à la 

(0 i885, p. 170. 
(2) Cisaillés. 



74 

» requeste de Monsieur Sébastien Bourdon, fer- 
» mier général des Monnoyes de Nostre Sainct 
» Père en cet Estât, joint à luy illustre seigneur 
» Monsieur François de Labeau-Bérard, advocat 
» et procureur général de Nostre Sainct Père, ez- 
» cité et légation du dict Avignon, en exécution et 
» conformité des ordres cy-devant faicts , et notam- 
» ment le vingt huictiesme septembre mil six 
» cent trante trois, par ces présentes est inhibé (i) 
» et déffandu à toutes personnes de quelle qualité 
» et condition que ce soit de billoner, achepter, 
» ny vendre, ny faire achepter ou vendre de billon 
» en or ou en argent, monoié ou non monoié, 
» ny autre mestail meslé et servant de billon, tant 
» en ceste ville que ailleurs dans le présent estât, 
» transporter ny faire transporter le dict billon 
» hors d'icelluy , le tout sans l'exprès consantement 
» du dict sieur fermier général et licence de mon 
» dict seigneur, à paine de confiscation du dict 
» billon et de vingt cinq marcs d'argent qu'encou- 
» riroyt chascun des vandeurs, achepteurs et entre- 
» meteurs ou courratiers (2), aplicables au fisc de 
» Sa Sainteté sans autre déclaration, le tiers de 
» laquelle confiscation, dès maintenant comme 
» pour lors, appartiendra au dénonciateur ou 
» dénonciateurs de tels contrevenants, lesquels 
» seront tenus secrets, et le restant appartiendra 
» un tiers à la révérende Chambre et l'autre tiers 

(1) Inhibere. 

(2) Courtiers en provençal. 




75 

» au dict sieur fermier. Mandant et commandant 
» mon dict seigneur à tous juges, magistrats, 
» justiciers, officiers de Nostre Sainct Père et à 
» chascun d'iceux de procurer l'exécution des 
» présentes, lorsque seront requis par les dits ins- 
» tants(i), etleurpresteraide,faveur et assistance, 
» à paine de désobéivssance, et à ce que aucun ne 
» puisse alléguer ignorance des présentes, mon 
» dict seigneur a voulu et ordonné, veut et or- 
» donne les présentes estre publiées àson et cry de 
» trompe et affigées (2) par tous les lieux et carre- 
» fours de la présente ville et autres lieux du comté 
» que besoing sera. 

» Donné en Avignon au palais apostolic, ce 
» onziesme jour du mois de febvrier mil six cens 
» trente sept. 

» F. Ep. Cav., p. V. leg. (3). » 

Cette ordonnance fut publiée à Avignon, le 
16 février lôSy, par Jean Palme « trompette juré 
du dict Avignon ». Elle ne donna pas les résultats 
qu'on attendait. Le transport du billon continua 
à être effectué sur une vaste échelle. 

Fabrice de la Bourdaisière se vit contraint de 
prendre une nouvelle décision : 

(i) Demandeurs [instare). 

(2) Affichées. 

(3) Copie d'une ordonnance de Monseigneur l'évesque de Cavaillon, 
provicelégat, an sujet du billionage de l'an lôSy, cottée G, no 7. — 
Archives d'Avignon, boite 17. 



76 

« Du mandement de Monseigneur riUustrissime 

» et Révérendissime Julie (sic) Mazarin, refféran- 

» dère de l'une et l'aultre signature, vicelégat et 

» gouverneur général en ceste cité et légation 

» d'Avignon et à la requeste de Monsieur l'advo- 

» cat et procureur général de Nostre Sainct Père 

» en ceste dicte cité et légation du dict Avignon, 

» ayant au préalable sa dicte Seigneurie lUustris- 

» sime révocqué, comme révocque par les pré- 

» sentes, toutes criées et proclamations faictes de 

» l'authorité des antécesseurs de sa dicte Seigneu- 

» rie Illustrissime que sienne sur le faict du billon 

» et notamment celle du onziesme de febvrier 

» dernier et réduisant toutes les dictes criées aux 

» présantes qu'a voulu et veut mon dict seigneur 

» avoir effaict tant seulement, conformément à 

» autre criée faicte le quinziesme febvrier de l'an- 

» née mil six cents trante quatre. Est inhibé et 

» deffandu à toutes persones, dequel estât, degré 

» et condition qu'ils soient^ de transporter ny faire 

» transporter hors la présante ville et comté de 

» Venisse du billon en or ou argent, monoié ou 

» non monoié, ny autre meslé servant de billon, 

» sans l'expresse licence par escript de mon dict 

» seigneur, à peine de confiscation du dict billon 

■X et de vingt-cinq marcs d'argent fin incourables 

» (sic) par chasque contrevenant, sans aultre décla- 

» ration ; un tiers de laquelle confiscation dès main- 

» tenant comme pour Ihors appartiendra au fisc de 

» Nostre Sainct Père, l'aultre tiers au sieur fer- 



77 

» mier général de la Monoie et le restant au dénon- 
» dateur de tels contrevenants, lequel sera tenu 
» secret. Mandant et commandant mon dict sei- 
» gneur à tous juges, magistrats, justiciers et offi- 
» ciers de Nostre Sainct Père et à chascun d'iceulx 
» de procurer l'exécution des présantes, lors que 
» requis seront par le dict sieur advocat et luy pres- 
» ter aide, faveur et assistance, àpainededésobéis- 
» sance.Etàce que aucun ne puisse alléguer igno- 
» rance des présantes, mon dict seigneur a voulu 
» et ordonné, veut et ordonne ces présentes estre 
» publiées à son et cry de trompe et affigées par 
» tous les lieux et carrefours de la présente ville et 
» autres lieux du comté que besoing sera. 

» Donné au palais apostolique du dict Avignon 
» le quatriesme mars mil six centz trante sept. 

» F. Ep. Cav., p. V, leg. (i). » 
Roger Vallentin. 

(i) Copie d'une ordonnance de Monseigneur l'évesquede CavailU n, 
provrcelégat, au sujet du billionage de Van lôSy, cottée G, n" 7. — 
Archives d'Avignon, boîte 17. 



78 



^N 1 



con'ce:<nant les 



CORPORATIONS DE MEDECINS, CHIRURGIENS, BARBIERS 

AUX XVIie ET XVIIie SIÈCLES. 



Planche II. 
I. 



NOUVEAU SCEAU DE LA FACULTE DE MEDECINE DE 
PONT-A-MOUSSON. 

Postérieurement aux recherches que je fis paraî- 
tre en 1873, sur les sceaux médicaux de Lor- 
raine (i), M. le chanoine Hyver nous révéla 

(1) Cf. : a, Sceaux des anciennes institutions médicales de Pont- 
à-Mousson et de Nancy, par J. Chautard, 1 broch. in-S». (Extrait 
des Mémoires de la société de Médecine de Nancy pour 1871-1872 
et de la Rev. num. belge, 5^ série, t. VI, année 1874, avec planches.) 

b) La Faculté de médecine de l'université de Pont-à-Mousson, par 
l'abbé Hyver, i broch. in-8°, 1876. (Extrait des Mém. de la Soc. 
d'arch. lorraine pour 1876.) 

c) Essai sigillographique, par le Dr Dauchez, à propos de la 
société de Saint-Luc, Saint-Côme et Saint-Damien. 1891, broch. in-8", 
avec de nombr. vignettes dans le texte. (Extrait des Mém. de la Société 
de médecine de Lille, 1890.) 

d) Mœurs et usages des corporations de métier de la Belgique 
et du nord de la France, par Félix de Vigne, un volume gr. in-S°. 
Gand, 1857. (Planches XXIX, XXX et XXXI, sceaux des barbiers de 
Bruxelles, Audenarde, Bruges, etc..) 



79 

l'existence d'un nouveau cachet de la faculté de 
médecine de Pont à-Mousson, reproduit depuis 
par M. le docteur Dauchez dans un intéressant 
essai sigillographique relatif à Saint-Luc, patron 
des anciennes facultés de médecine de France. 
Peut-être ne sera-t-il pas indifférent aux lecteurs 
de la Revue de connaître ce nouveau sceau qui est 
circulaire et d'un diamètre légèrement inférieur à 
celui de la pièce décrite dans mon premier travail 
sous le nom de Sigillum magnum : 62 millimètres 
au lieu de 66 que portait cette dernière. J'y joins la 
gravure sur bois que M. le docteur Dauchez a bien 
voulu me confier. 




On lit d'abord en légende circulaire, placée 



8o 

entie un double filet intérieur et une bordure exté- 
rieure formée de calices de fleurs se pénétrant 
l'un l'autre : « ♦ SIGILLVM «i- RECENS * FA- 
CVLTATIS * MEDICIN^ * PONTI '^ MVSSI », 
le tout précédé d'une croix à pieds fichés, et les 
mots intercalés d'une très petite croisette de 
même. Dans le champ, on voit trois personna^^es 
portant la toque et la longue robe de docteur. 

Deux d'entre eux sont debout et ont sur les 
épaules une pèlerine de fourrure. Ils tiennent dans 
la main divers attributs : l'un a dans la droite un 
CŒur enflammé et dans la gauche le miroir sym- 
bolique de la médecine, dont le manche se con- 
fond avec un objet assez peu distinct que le second 
personnage porte de la main droite et qui pourrait 
être un serpent, tandis que de la gauche il tient 
une espèce de sceptre ou bâton, rappelant celui 
que roulait à la main la personne que l'on sai- 
gnait, afin de faciliter l'écoulement du sang. Le 
troisième personnage, coiffé comme les deux 
autres, mais vêtu smiplement de la robe à larges 
manches, sans chape de fourrure, est a genoux, 
dirigé à gauche de profil et les mains jointes vers 
les deux premiers. Au-dessus, flotte une bande- 
rolle ou phylactère avec ces trois abréviations : 
ANA PEY POI, semblant désigner ainsi, par 
des mots grecs abrégés, les sciences enseignées 
alors à la faculté de médecine. ANA serait l'abré- 
viation de ANATOMIA, anatomie et chirurgie, 
sciences indiquées du reste assez clairement par 



8i 

les emblèmes que porte le premier de ces person- 
nages; POI, de POIA, herbe, indiqueva.it la botani- 
que; enfin PEY, de PEUSIS, rappellerait la thé- 
rapeutique, l'une des branches importantes de la 
science médicale. 

Tout porte à croire que les personnages du 
milieu représentent Saint-Côme et Saint-Damien, 
patrons comme Saint Luc de la médecine, et le 
personnage agenouillé figurerait le candidat qui 
attend d'être investi du pouvoir de guérir. Ces 
deux saints avaient, du reste, dans l'église Saint- 
Laurent, paroisse des médecins et des légistes à 
Pont-à-Mousson, une chapelle qui leur était con- 
sacrée et une congrégation sous le vocable de 
Saint Côme et de Saint-Damien. 

La matrice de ce sceau n'existe plus, mais 
l'empreinte en cire en est conservée à la biblio- 
thèque de Pont-à-Mousson ; elle est renfermée 
dans une capsule de fer blanc, comme les sceaux 
des autres facultés. 

L'iconographie chrétienne a donné quelquefois 
comme caractéristique, aux S. S. Côme et Damien, 
le serpent d'Esculape enroulé autour d'un bâton 
et a revêtu les deux saints des insignes du docto- 
rat universitaire : bonnet carré, chape herminée,' 
longue robe, etc., et ainsi que nous le dirons plus 
loin, on a vu à la. main de ces mêmes saints, un 
cylindre, un étui d'instruments de chirurgie, un 
bocal de pharmacien et, comme cela pourrait 
être sur notre sceau, une baguette rappelant le 

Année 1896. 6 



82 

bâton manié, pendant la saignée, par le malade. 
Quelle était la destination de chacun des deux 
sceaux de la faculté de médecine de Pont-à- 
Mousson? On ne peut à ce sujet que se livrer à 
des conjectures. Dans certaines universités, on 
retrouve la mention de trois sceaux, l'un de 
baccalauréat, un autre pour la licence, un troi- 
sième pour la maîtrise ou doctorat. Dans son 
histoire de « Rabelais à l'ancienne faculté de méde- 
cine de Montpellier »(i), le docteur Gordon repro- 
duit la matrice des trois sceaux de formes diffé- 
rentes, d'inégale grandeur, réservés à la sanction 
des épreuves en question. La mention sigillum 
magnum sur le plus ancien de nos deux sceaux, 
celui que nous avons décrit autrefois, semble 
indiquer à Pont-à-Mousson, comme à Montpellier, 
l'existence d'autres cachets de grandeur et de 
destination différentes, celui-ci étant réservé à la 
consécration doctorale. Le second, de date plus 
récente, à en juger non seulement par l'inscription 
mais par l'ensemble de sa facture, aurait été 
destiné aux épreuves de baccalauréat ou de 
licence, et pourrait être contemporain de l'édit 
promulgué le 6 janvier lôgg par le duc Léopold, 
au moment de sa rentrée dans ses Etats, pour 
restituer à la faculté de médecine de Pont-à- 
Mousson son ancienne splendeur. 

(i) Fr. Rabelais à la Faculté de Montpellier , 1876, pp. i3 etsuiv. 



83 
II. 

SCEAU DU COLLÈGE DE CHIRURGIE DE NANCY. 

Jusqu'à l'abolition des anciennes universités, les 
médecins et les chirurgiens formaient des corpo- 
rations distinctes, qui étaient loin de présenter 
l'accord qui règne aujourd'hui entre les deux pro- 
fessions. 

Les premiers, supérieurs aux seconds en science, 
en dignité, dédaignaient, d'après les préjugés de 
l'époque, les opérations manuelles, dont ils aban- 
donnaient le soin aux chirurgiens et aux barbiers, 
qui parfois, de leur côté, empiétaient sur le terrain 
de la médecine. De là des luttes perpétuelles, des 
rivalités sans nombre, des prétentions excessives, 
dont on chercha à atténuer les effets par la créa- 
tion, à côté des facultés de médecine, d'institu- 
tions nommées collèges de chirurgie. 

De même que Paris , Rouen et plusieurs 
autres villes, Nancy possédait une institution 
de ce genre , à laquelle se rattache un sceau 
qui fait partie du Musée lorrain et dont nous 
ignorions l'existence à l'époque de notre travail 
sur les sceaux des institutions médicales de la 
Lorraine. 

Ce sceau, dont nous avons pu obtenir obli- 
geamment une bonne empreinte en cire, est ovale, 
de 4 centimètres de long sur 3 et demi de large, et 
bordé extérieurement d'une série de petites étoiles. 
Le champ, est occupé par un cartouche, de même 



84 

forme que le sceau, entouré de deux branches, 
l'une d'olivier, l'autre de palmier, qui se confon- 
dent avec des ornements en volutes que surmonte 
une couronne de feuillage. Sur ce cartouche, sont 
les armes des chirurgiens de Nancy : d'azur à trois 
boîtes d'onguent d'or, munies de leur couvercle, deux 
et un, portant en chef le chardon de Nancy. En haut 
se trouve la devise VIRTVTI ET MERITO, 
inscrite circulairement, puis en bas ces autres 
mots en lettres capitales, comme les précédents, 
mais plus petits : COL • R • — CHIR • NAN • 
Abréviation de Collège royal de chirurgie de Nancy, 
indiquant ainsi l'usage spécial du cachet. (PL II, 
n" I.) 

On retrouve les mêmes meubles sur les armes 
des chirurgiens de Paris, de Rouen et autres villes 
avec une fleur de lis en abîme comme brisure. 
Quant à la devise virtuti et merito, elle n'est pas 
spéciale aux chirurgiens de Nancy. On la voit 
accompagnan t l'écu de la famille espagnole Lopez 
de la Huerta, ainsi que la croix de divers ordres 
chevaleresques : ordre équestre des Etats romains 
fondé en 1847 P^i" S. S. le Pape Pie IX; ordre 
d'Espagne de Charles III , fondé en 1771 par 
Charles III, roi des Deux-Siciles et ensuite d'Es- 
pagne (i). 

Ce fut en 1770 que les chirurgiens obtinrent du 
roi Louis XV l'autorisation d'avoir une école 

(i) Dictionnaire des devises de Cuk^^&ruT et ^Avsi^, t. II, p. 741. 



85 

dans le collège qu'ils avaient fondé à Nancy et 
c'est de cette époque vraisemblablement que date 
le sceau dont nous donnons la description. 

III. 

SCEAU ET ENSEIGNES DE BARBIERS. 

Concurremment avec les chirurgiens qui visaient 
à l'omnipotence de leur art, se trouvait la petite 
corporation des barbiers considérés comme une 
espèce d'exécuteurs des basses œuvres chirurgi- 
cales, mais qui voulaient aussi se faire une place 
honorable (i). 

En i5yi, les barbiers de Paris (2) avaient mis 
leur confrérie sous l'invocation du Saint-Sépulcre. 
Peut-être doit-on à cette circonstance le choix du 
monogramme du Christ IHS, que l'on trouve joint 
au blason de plusieurs d'entre eux, en France 
tout aussi bien qu'en Lorraine. 

On rencontre, en effet, dans l'église paroissiale 
de Vézelise, de curieux vitraux qui semblent con- 
firmer cette manière de voir et dont la description 
a été donnée par M. Bretagne, en 187g (3). 

L'un des vitraux de la chapelle latérale de 



(1) DiGOT, l'historien de la Lorraine, a donné sur la profession des 
barbiers-chirurgiens au xvii* siècle des détails intéressants, insérés au 
journal l'Espérance, de Nancy, du 22 août 1844. 

(2) Voir CoRLiEU : L'ancienne Faculté de médecine de Paris, 
p. 168. 

(3) Cf. MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ d'archéologie LORRAINE, année 1879, 
Description de l'église de Vézelise (pp. iSoetsuiv.). 



86 

gauche, sous le vocable de Saint-Joseph, « porte 
le monogramme du Christ, dans une couronne 
de feuillage vert et au-dessous, en forme d'écu 
armorié, l'enseigne d'Etienne Thouvenin, barbier 
juré à Vézelise, représenté, agenouillé, les mains 
jointes, vêtu d'une robe bleu fourrée ». 

Cet écu - enseigne , que nous reproduisons 
(pi. II, n° 2), est coupé en chef d' argent, chargé d'une 
palette de chirurgien de gueules, dans laquelle coule 
du sang, en pointe d'azur avec deux roses placées 
en fasce. La partie inférieure du vitrail, en 
verre blanc, contenait autrefois une inscription, 
enlevée antérieurement à la Révolution (i), et 
ainsi conçue : « Sous cet autel gU le corps de Thou- 
venin, barbier juré, et Aurèle, sa femme, qui mou- 
rurent en i52g. Prié Dieu pour eux. Léonard Thou- 
venin, leur fils, fit faire ces verrières et les donna à 
l'église de céans. Prié Dieu pour eux ». 

Cette mention de deux verrières vient de ce 
qu'on comptait probablement pour une verrière, 
chacun des deux compartiments séparés par le 
meneau de la fenêtre. 

Sur le vitrail du compartiment de droite est 
répété le monogramme du Christ dans une cou- 
ronne, avec divers personnages dont l'un est le 

(1) Ces renseignements sont extraits d'un manuscrit de la biblio- 
thèque du Musée lorrain, intitulé : Origine du comté de Vaudémont, 
par Charles Féron, p. 7. Cet auteur était procureur du roi :iu bail- 
liage de Vaudémont et subdélégué du chancelier à Vézelise; il est 
mort en 1750. 



87 

donateur Léonard Thouvenin, agenouillé auprès 
de Saint Léonard, patron des prisonniers (i). 

Le sentiment religieux était si profondément 
entré dans les mœurs aux xvi^ et xvii" siècles, que 
nous voyons beaucoup de familles en manifester 
l'expression parle monogramme du Christ, intro- 
duit dans leur blason. Constatons, en particulier, 
la famille Périchon, dont un membre, Guillaume 
Périchon, consul de Paris en i653, fut en même 
temps receveur général des pauvres et adminis- 
trateur des hôpitaux de l'Hôtel -Dieu et de la 
Trinité. Sur un de ses jetons, cité dans l'ouvrage 
de d'Affry de la Monnaie, page ig6, se trouve un 
écu portant le monogramme du Christ, sommé 
d'une croix et soutenu d'un cœur chargé de trois 

(i) FÉLIX Vigne, dans son ouvrage intitule : Mœurs et usages des 
corporations de métiers de la Belgique et du nord de la France, 
cite et représente (pi. XXX, n° 5) le blason d'un maître barbier de 
Bruxelles sur lequel se trouve le monogramme du Christ IHS, comme 
pièce principale. 

Le même auteur cite d'autres cachets de barbiers-chirurgiens dont 
les gravures viennent à l'appui de plusieurs assertions développées 
plus haut : 

Ainsi 1° le sceau des barbiers de Bruxelles porte au milieu Saint 
Côme et Saint Damien, l'un tenant un mortier et son pilon, l'autre 
une fiole (pi. XXX, n« 4); 

2" Sur le sceau des chirurgiens-barbiers de la ville d'Audenarde, on 
a représenté les deux patrons de la confrérie Saint-Côme et Saint- 
Damien, ayant chacun un va^e ou une fiole en main (pi. XXIX, n° 2), 
tandis que de l'autre, ils tiennent un bâton ; 

3° Les mêmes saints sont gravés sur le sceau des chirurgiens-bar- 
biers de Bruges. Chacun d'eux tient d'une main une fiole, tandis que 
de l'autre ils portent un livre (pi. XXIX, n" 3). 



88 



n 



clous; indications héraldiques incomplètes, vu 
l'absence des émaux. L'écu est enveloppé d'une 
couronne formée d'une palme et d'une branche 
de laurier. Ce jeton est reproduit sur la planche II, 
n° 5, d'après l'exemplaire de notre collection. 

Mentionnons encore la famille d'Etienne 
Geoffroy, célèbre apothicaire de Paris, et échevin 
de i636 à 1637, dont les armes étaient d'azur au 
monogramme du Christ d'or, accompagné en chef de 
deux boules d'or et en pointe d'une sphère céleste (i). 
(PL II, n° 3.) 

IV. 

QUELQUES JETONS DES CHIRURGIENS DE PARIS. 

Les attributions des barbiers ou chirurgiens à 
robe courte, sont parfaitement définies sur un 
jeton qui fait partie de notre cabinet et qui sem- 
ble être une sorte de méreau, servant pour ainsi 
dire d'ordonnance ou mot de passe à remettre au 
barbier par le malade auquel une saignée devait 
être faite. Bien que ne rentrant pas précisément 
dans l'objet de cette notice, la pièce est assez 
curieuse pour que nous croyons devoir en donner 
ici la description : d'un côté, un bras tendu 
qu'une main saigne avec la lancette ; le sang 
coule dans une palette posée sur une table, tandis 
que la main du patient roule le bâton traditionnel. 

(1) Armoriai des gouverneurs, lieutenants, prévôts des marchands, 
échevins, etc., de la ville de Paris, gravé par Beaumont, i6g8. 



89 

En légende circulaire, entre un grènetis et un filet, 
une rose suivie de ces mots NE PARS SINGERA 
TRAHATVR {de peur que la partie saine ne soit 
atteinte). Au revers, une flamme au-dessus de 
l'eau, entourée des mots VIX • NATA • EXTIN- 
GVITVR • entre un filet intérieur et un grènetis 
extérieur {par ce traitement, le mal, symbolisé par la 
flamme, est étouffé à sa naissance). En exergue, au- 
dessus d'un filet, la date i635. (PL II, n°4.) 

Ce jeton a déjà été indiqué dans le tome XXV 
du Magasin Pittoresque, année i857, page 25, Il en 
est de même de deux autres jetons, fort bien gravés, 
des chirurgiens de Paris que nous mentionnons 
pour terminer, en y ajoutant un troisième, complè- 
tement inédit : 

A. D'un côté, deux médecins, figures de Saint 
Côme et Saint Damien, patrons de la médecine, 
coifl"és du bonnet carré, vêtus d'une longue robe, 
avec pèlerine de fourrure : l'un debout, l'autre 
agenouillé près du lit d'un malade dont ils pren- 
nent la main et auquel ils semblent présenter un 
remède ; des lits d'infirmerie dans le fond à droite. 
Ce sujet est entouré d'une légende circulaire, com- 
mençant par une croix: + S. S. COSMA • ET • 
DAMIANVS • 1668 • 

De l'autre côté, écu des chirurgiens avec la 
légende: + SCOLA • REGIA • M. M. (magistro- 
rum) CHIRVRGIi' {chirurgicorum PARISIEN- 
SIVM. (PL II, n" 6,) 

B' Table de dissection à pivot mobile, sur 



90 

laquelle est étendu un cadavre; derrière, une 
femme debout (sans doute Hygie, déesse de la 
santé), procède à l'examen des viscères par la dis- 
section de l'abdomen; le socle de la table porte 
circulairement sur la base les mots : AVRY • F * 
{■pour fecit), nom du graveur (i). La légende du 
pourtour présente en tête une étoile suivie des 
mots : * REPERIT • MONSTRATQ' {que) IN • 
MORTE • SALVTEM • {Elle découvre et enseigne 
le salut dans la mort même.) 

Du côté opposé, écu des chirurgiens, surmonté 
d'un soleil rayonnant figurant le roi, avec deux 
serpents dressés sur leur queue pour supports, 
accostés au bas des lettres P et R, dont nous n'avons 
pu découvrir la signification (2). En légende, les 
mots VIGENT • SVB • LVCE • BENIGNA • {Ils 
sont florissants sous un soleil bienfaisant. ){^\. Il, n°7.) 

(1) Plusieurs graveurs du nom de Aury ont exercé leur profession 
dans le courant du xvne siècle. C'est d'abord Augustin Aury, qui 
paraît en 1648 comme graveur de cachets. Son décès, d'après le 
dictionnaire de Jal, serait du 26 février 1661. 

Pierre Aury, fils d'Augustin, né le 4 décembre 1622 et mort 
en 1692. 

Antoine Aury, graveur ordinaire du roi, dont le nom paraît, de 
1674 à 1686, sur plusieurs jetons et médailles. 

(2) Plusieurs jetons de Rouen de la fin du xviie siècle sont signés 
P. R. et semblent indiquer le graveur Pierre Racine de Borcherville, 
qui a travaillé à la Monnaie de Rouen de 1701 à 171 3, ou bien son fils, 
de même prénom, qui a rempli des fonctions analogues de 1713 à 1743. 
Mais rien n'indique la conclusion que l'on pourrait en tirer au sujet 
de notre )eton, d'une fabrication antérieure à ces dates et qui porte 
déjà sur l'une de ses faces le nom d'un autre graveur. 



9ï 

C. Buste de Saint Louis couronné et drapé, 
monté sur un socle derrière lequel se trouvent le 
sceptre et la main de justice croisés. Ce buste est 
posé sur une table et porte, en avant du pied, en 
guise d'exergue, l'écu royal aux trois fleurs de lis. 
La légende consiste dans les mots : DIVVS • 
LVDOVICVS • IX • FRANCORVM • REX • 

Au revers : écu des chirurgiens de Paris, repo- 
sant sur des volutes qu'entoure de chaque côté 
une branche de palmier. La fleur de lis de l'écu 
est environnée d'une gloire. En légende les mots : 
^ ' SOCIET • CHIRVR • PARIS • FVNDAT • 
1268 • En exergue, sur deux lignes : SCOLA • 
REGIA • CHIRVRG • PARISIEN • ; au-dessous : 
1690. (PL II, n° 8.) 

Les maîtres en chirurgie de Paris tenaient, en 
effet, leurs privilèges de Saint Louis, et furent 
constitués en collège l'an T268, date mentionnée 
sur le jeton bien que les bases en aient été posées 
dès 1226 (i). 

J. Chautard. 

(i) Voir CoRUEU : L' ancienne faculté de médecine de Paris, p. 164. 



92 



SCEAU 

lliAlLLESET 



DE LA VILLE DE HASSELT. 



Planche III. 



La ville de Hasselt, capitale effective de l'ancien 
comté de Looz, devenue postérieurement l'une des 
localités les plus importantes de la principauté de 
Liège, a possédé, dans le cours des siècles, des 
gildes armées puissantes qui, non seulement con- 
couraient au maintien de Tordre intérieur mais 
servaient aussi à la défense des remparts. Ces gildes 
mi-bourgeoises mi-militaires, dont nous entre- 
prenons l'histoire interne et détaillée dans une 
autre publication archéologique (i), nous ont laissé 
quelques documents métalliques qu'il importe de 
tirer de l'oubli et dont l'étude appartient à notre 
société de numismatique. Les documents de cette 
nature, il faut bien l'avouer, ont été, malgré l'intérêt 
historique qu'ils présentent, peu étudiés dans notre 
pays. Ces notes constitueront quelques jalons que 
pourra utiliser un jour celui qui voudra entre- 

(i) Ce travail, fait en collaboration avec M. le professeur Emile 
Geraets, de Hasselt, est soumis à l'Académie d'archéologie de Belgique. 



93 

prendre, pour notre pays, la monographie complète 
d'un sujet qui intéresse peut-être autant l'histoire 
de l'art que celle des mœurs et des coutumes de 
nos ancêtres. 

Les archives de la ville de Hasselt ne remontant 
pas au-delà de la fin du xv^ siècle, postérieurement 
à la mort de Charles le-Téméraire, nous n'avons 
pu recueillir aucun renseignement antérieur à 
cette époque sur ces compagnies (i). 

C'est dans le compte communal de 1486-1487 
que nous voyons la première mention d'une société 
d'archers, qui possédait un jardin de tir à Hasselt. 
Le compte de l'année suivante signale l'existence 
d'arbalétriers dans cette ville. 

Ce n'est que dix ans plus tard (1497) que nous 
voyons apparaître une gilde bien déterminée, les 
Tireurs de saint-Quentin, Sint-Qitintens schutteren, 
à laquelle le magistrat accorde un subside extra- 
ordinaire. 

Au commencement du xvi" siècle, il existait 
encore deux autres corporations d'arbalétriers, 
celle de saint-Georges et celle de saint-Sébastien. 

Le II décembre i5oo, Jean de Hornes, pour 

(1, Un très intéressant travail de M. Josepli Demarteau, traitant Du 
flamand dans l'ancienne principauté de Liège et publié dans le premier 
volume des Conférences de la Société d'art et d'histoire du diocèse de 
Liège, année 18H8, nous apprend qu'il existait déjà dans la première 
moitié du xV siècle une société d'arbalétriers à Hasselt. « En juin 1441 , 
dit M. Demarteau, la cité liégeoise organisa des joutes d arbalète. Les 
tireurs de Hasselt, de Maestricht, de Tongres et de Bilsen y vinrent, 
avec les Hutois, enlever la plupart des prix. » 



94 

mettre fin sans doute aux nombreux tiraillements 
que l'existence de plusieurs sociétés armées devait 
nécessairement produire dans une petite localité, 
résolut de grouper toutes ces forces en un seul 
faisceau, en accordant à l'écoutète, aux bourg- 
mestre, jurés et conseil de la ville de Hasselt 
le droit de créer une compagnie de tireurs d'un 
serment et avec un serment et pas davantage (i). 

Quelques jours après, les deux chambres de 
tireurs de saint-Georges et de saint-Sébastien se 
fusionnèrent, furent assermentées par le magis- 
trat, subsidiées par lui et devinrent dès lors un 
rouage assez important dans l'organisme com- 
munal. Ils prirent le nom de Serment des Tireurs 
[Gesworene scutters). 

Cette corporation n'eut pas la vie longue, car, à 
la fin de l'année i5o6, elle fut dissoute. Une partie 
de ses membres s'engagea dans la naissante Société 
des arquebusiers [cloeveniers ou hantbuschieters) , 
fondée en vertu d'une ordonnance réglementaire 
du magistrat de Hasselt, à la date du 7 décem- 
bre i5o6 et se mit sous l'invocation de saint- 
Georges. L'autre partie resta fidèle au drapeau 
des arbalétriers et se fusionna avec les Tireurs de 
saint-Quentin dont ils adoptèrent le patronage. 

Le sceau figuré sous le n° i de la planche III 
appartient aux Gesworene scutters. Il a donc dû être 

(1) Voir Recueil des ordonnances de la Principauté de Liège, 
i'^ série, p. igS. L'original de cette pièce, écrit en flamand repose aux 
Archives communales de Hasselt. 



95 

émis entre les années i5oi et i5o6. C'est sans doute 
grâce à l'existence si éphémère de cette société qu'il 
faut attribuer la parfaite conservation, Xo. fleur-de- 
coin de ce cachet buriné avec un art exquis, bien 
supérieur, quant à la gravure, aux monnaies de 
l'époque et dont le réel mérite perpétuera dans 
l'histoire le souvenir de ceux qui l'ont fait exécuter. 

Ce cachet, qui appartient à notre collection, est 
gravé sur bronze ou sur cuivre rouge. Il est de 
forme ronde et offre un diamètre de 45 millimètres. 
La partie centrale représente un homme sauvage 
soutenant deux écus. Celui de droite porte les 
armes de la ville de Hasselt. Dans celui de gauche 
figure une arbalète, l'arme de la société. 

Un enroulement de rubans remplit les vides 
entre la figure principale et le cercle intérieur de 
l'inscription. Celle-ci est ainsi conçue, en carac- 
tères gothiques : 

6 : lier • gljcsujucrcu • scultcrs • ua • J^assc It • 

Les entailles sont nettes et profondes et le relief 
de l'homme sauvage, porteur des écus, est remar- 
quablement accentué et dénote le travail d'un 
artiste supérieur. 

Les enroulements de rubans et le caractère de la 
figure semblent bien indiquer, pour l'époque, la 
transition entre le style ogival et la renaissance 
(fin du xv^, ou commencement du xvi* siècle pour 
nos régions). 

Cette époque semble se préciser encore par le 



96 

manche, fort élégamment ouvragé, du cachet. Ce 
manche est formé d'une accolade, flanquée au 
centre, d'un fleuron trifolié. Ce fleuron indique 
bien l'influence de la Renaissance, tandis que la 
section quadrangulaire, à vive arête, de l'accolade, 
ofl're des réminiscences, non douteuses, du style 
ogival. 

On remarquera que, contrairement à l'usage 
généralement adopté à cette époque, notre sceau 
ne porte aucune effigie de saint. Seulement, comme 
nous l'avons dit, ce serment de tireurs s'était 
constitué par la fusion de deux sociétés, dont l'une 
avait saint-Georges et l'autre saint-Sébastien pour 
patrons. Pourne pas soulever d'inévitables suscep- 
tibilités, le graveur aura jugé prudent de remplacer 
le saint traditionnel par un homme sauvage, nu, 
velu et écheveléjCe symbole de la force, si souvent 
employé dans l'ornementation au moyen âge (i). 

La corporation des arquebusiers, issue du Ser- 
ment des tireurs ne tarda pas à acquérir une grande 
influence, une véritable prépondérance parmi les 
gildes similaires à Hasselt, car nous coUvStatons 
que, dans la deuxième moitié du xvi* siècle, les 
arbalétriers étaient placés sous leurs ordres. 

Aussi, cette Chambre de saint-Georges s'intitu- 
lait-elle pompeusement la grande Chambre des 
Arqtiebusiers. 



(i) Voir sur ce sujet un intéressant article de M. Ch.-F. Comhaire 
dans le tome XXIII du Bulletin de l'Institut archéologique liégeois. 




97 

Nous possédons quelques insignes de membre 
de cette confrérie armée, frappés au commence- 
ment du xviii^ siècle. 

Ces insignes, en argent massif, très variables 
dans leur forme,leurs dimensions et leur poids (i), 
représentent une croix de Malte bifurquée de dif- 
férentes manières aux extrémités des branches, et 
portant en cœur un médaillon rond. Sur l'une des 
faces de ce dernier, on voit un saint-Georges ter- 
rassant le dragon avec la devise : ''" reddit constia 
(sic) fortes. Au revers figurent deux arquebuses 
reliées en sautoir par des rubans et la date 17-16 (2). 

Voir n"^ 2, 3, 4, 5 de la planche III. 

Les arbalétriers de saint- Quentin firent frapper, 
peu de temps après, des insignes d'un genre 
analogue. 

Nous n'en connaissons qu'un exemplaire appar- 
tenant à M. Philippen, de Hasselt, notre ami et 
collaborateur. 

Ils sont aussi d'argent massif et ont la forme 
d'une croix ancrée. Au centre de celle-ci se voit 
un médaillon ovale, représentant, au droit, un 
saint-Quentin, les bras dressés, semblant bénir, 
et la légende : St-Quintine ora pro nobis. 

Le revers porte une arbalète surmontée d'une 

(1) Leur poids varie entre lo et i5 grammes. Leur longueur, prise 
entre les extrémités opposées de la croix, mesure de 4 1/2 à 5 centim. 

(2) M. J, Petit de Rosen a décrit cette décoration, qui n'a jamais 
été reproduite par la gravure, dans le tome VI de la Revue de la Numis- 
matique belge. 

Année 1896. 7 



98 

couronne et entourée de deux paires de flèches en 
sautoir. Deux de ces flèches ont la pointe acérée 
et représentent des projectiles de combat; les deux 
autres, à l'extrémité tronquée, constituent des 
flèches de concours de tirs, dont l'agencement 
symbolise sans doute la devise de ces sociétés : 
Inpacelœiitiainbellovirtus! En dessous, en exergue, 
figurent deux arquebuses également en sautoir. 
Des deux côtés de la couronne, la date 17-17. 

Pourexpliquer, dans la gravure de cette médaille, 
l'association des deux espèces d'armes qui y figu- 
rent, nous dirons que, depuis l'an 1548, les arbalé- 
triers, tout en se trouvant hiérarchiquement sous 
les ordres des arquebusiers, étaient chargés, en 
même temps, du service des arquebuses de rem - 
part conjointement avec leurs collègues de la 
Chambre de saint Georges. 

Voir n° 6 de la planche III. 

Plusieurs autres confréries armées ont existé à 
Hasselt pendant les siècles antérieurs, mais aucune 
d'entre elles ne nous a révélé de souvenirs métal- 
liques. L'avenir nous réserve-t-il d'en découvrir 
encore? Nous l'espérons. 



D^ C. Bamps. 



99 



LE FLORIN 



SXI^.-A.I^Ï'PlA.IIDSaHE a-XJXjlDE3Sr 



Occupé à consulterks actes publiés par M. Nij- 
hoff (i), je fus frappé par le nom de Godert van 
Stramprade, intendant de Guillaume I, duc de 
Gueldre. 

Je me demandais de suite s'il ne pouvait y 
avoir quelque rapport entre ce nom et le florin 
cité par M. van der Chijs (2), dit « Strampraidsche 
gulden ». On sait que bien des monnaies ont em- 
prunté leurs noms aux maîtres de la Monnaie qui 
les avaient frappées; par exemple les « Paedsche 
grooten », frappés par le maître de la Monnaie 
PaedSjles « Falcon Schilde », frappés à Anvers par 
Falco de Lampage de Pistoie, etc., etc. Restait 
donc seulement la question : y a-t-il eu un maître 
de la Monnaie gueldroise du nom de Stramprade? 

Le fait qu'en 1414 Arend van Stramprade était 
chargé de ces fonctions à De venter, ville limitro- 
phe de la Gueldre, augmenta beaucoup ma pré- 

(1) NiJHOFF : Gedenkwaardigheden uit de Geschiedenis van Gel- 
land. 

(2) Van der Chus : De miinten der voormalige graven en hertogen 
van Gelderland, p. Sgo. 



lOO 



somption qu'en Gueldre il y avait eu de même 
un maître de la Monnaie de ce nom, surtout parce 
qu'on sait que ces fonctions étaient presque 
héréditaires dans une famille. 

D'abord mes recherches n'eurent qu'un résultat 
négatif, mais, m'étant adressé à M. le baron Sloet, 
conservateur des chartes de la Gueldre, avec 
prière de vouloir bien consulter les pièces renfer- 
mées dans le dépôt confié à ses soins, tout chan- 
gea de face. En effet, non seulement il eut l'extrême 
obligeance de me faire part que ma présomption 
était parfaitement juste, mais il m'envoya eh 
même temps la copie de trois ordonnances, où 
Godert van Stramprade figure comme maître de 
la Monnaie de la Gueldre. 

Ces actes (reproduits à la suite de cette notice 
nous apprennent que Stramprade était en fonc- 
tion depuis i38o. M. Sloet m'écrit, en outre, que 
dans un acte de l'année rSôg il est déjà nommé 
ff muntmeister in den lande van Gelren », mais 
qu'en i3go il est dit qu'il était alors intendant ou 
receveur « nu ter tijd rentmeister ». 

L'ordonnance du 29 juillet i385 dit que Stram- 
prade est nommé pour la durée de six années 
consécutives, ce qui coïncide assez bien avec 
l'évaluation qu'on trouve dans M. van derChijs^ 
page 390, laquelle est intitulée : Nota van den Her- 
toghe of Grove Munte, où il est dit : « Item int' jair 
van xcii due sluechmen gulden geheyten stram- 
praidsche gui elck stuk xiiii witden ». 



lOl 



Or, si on rencontre Gode rt van Stramprade, 
tantôt comme maître de la Monnaie (i36g, i38o, 
i385, i386), tantôt comme intendant (1378, 1390, 
1392, 1394), il me semble assez probable qu'il a 
réuni ces deux fonctions dans sa personne et que 
c'est bien à lui que les florins mentionnés dans 
l'évaluation citée ont emprunté leur nom, tandis 
que le titre de ce document indique assez qu'il n'y 
est question que de monnaies gueldroises. 

Il est presque incroyable que personne, pas 
même M. van der Chijs, le savant auteur de l'his- 
toire monétaire néerlandaise, n'a remarqué ce 
fait, qui prouve à l'évidence que ce florin n'appar- 
tient pas au petit, village de Stramproy, dans la 
province actuelle de Limbourg, mais bien dûment 
au duché de Gueldre, surtout puisque cet écrivain 
avoue, en traitant des monnaies de l'abbaye de 
Thorn, à laquelle ressortissait le village de Stram- 
proy, ne pas connaître de monnaies de cette 
abbaye antérieures au seizième siècle. 

C'est pour ces raisons que je revendique le florin 
dit « strampraidsche gulden » pour la Gueldre et 
que je le crois frappé par Godert van Stramprade. 

Th. -M. RoEST. 

Leyde, mai iSgo. 

PIÈCES JUSTIFICATIVES. 



'i38o, 11 februari (fol. i3). 
WiJ Willem van Gulich, bi der genade Godfe, Hertoge 
van Geire ende Grève van Zutphen, doin kont ende kenlich 



102 

allen luden dat wij gemaket hebben ende gesat, maken 
ende setten overmids desen apenen brieve, Henric Hert- 
man, Gadert van Stramprade, Johanne van den Putte 
ende Gheerken van Hijnsberge, onse muntemeijstere in 
onser stat van Arnhem of in anderen onsen steden daer 
hem des ghenoghet, sess jaer lanch naest na eijnvolgende 
na datum des teghenwordigen briefs, in voerwarden ende 
in manieren als hier na bescreven steet. Dats te w^eten 
dat onse muntemeijsteren vuer genoemt solen maken ende 
munten enen gulden hellinch mit unser wapenen also guet 
als onse Ueve Hère ende neve die Hertoge van Hollant 
doet munten ende maken, ende dijere sal gaen up die 
troijessche marc golds ghewegen tseventich. Vortmer so 
solen onse voerg. muntemeijstere maken ende munten 
eijnen silveren penninck die sal heten eijn grote, die sal 
halden sess penninge coningx silvers, drie greijn onder of 
baven, ende dijere sal gaen op die troijessche marc gewe- 
gen hondert ende vive, eijne dijere grote onder of boven 
om bevangen. Vortmer selen onser vorg. muntemeijstere 
maken ende munten eijnen silveren penning die sal heijten 
een half grote, ende dijer selen twe also guet wesen als 
dijere vorg. grote eijn. Ind van desen vurg. guldenen solen 
wij hebben te sleeschat van der marc golds wegen eijnen 
halven der vuerg. guldenen, ind van den silveren gelde solen 
wij hebben te sleeschat van der marc ghewegen dijere voerg. 
grote twe. Voirtnier oft sake were dat ergher gelt geslagen 
worde up onse munte dan onse gelt, des en solden onse 
voerg. muntemeijstere niet te schafîen hebben in gheenre 
wiis vorder dan up hoer busse daer onse gheswaren war- 
deijne aver ende aen hebben geweest bij oren ede den sij 
ons daer up ghedaen hebbe, ind tôt allen tiden solen onse 
vuerg. muntemeijstere quijt ziin van der aensprake also 



io3 

verre als men haer busse vint na inné halden hoerre brieven. 
Ende w^art zake dat ijemant up onse vuerg. muntemeijs- 
tere ghelt spreke, dat solen si altoes verantwerden mit 
hoerre bussen ende mit hoerre werdeijnen ende niet voerder, 
ende si solen w^esen ende bliven in allen rechte dat ons 
lieven Heren ind neven des Hertoghe van Hollant munt- 
meijstere ziin ende bhven. Voirt mer so hebbe wij gelaeft 
ind laven onsen muntemeijsleren vorg., horen knapen ende 
coepluden, dan niemant van onsen amptluden si aentasden 
sal an hoer hif, noch aen hoer goet, noch geynen man van 
onser wegen om eijnigher hande saken w^ille die si misdaen 
moghen hebben,uijt ghesceijden drije punten.diefte, moert 
ende vrouwen krachte. Aile dese vuerg. punten hebben wij 
Hertoge van Ghelren voerg. gelaeft ende ghelaven in 
gueden treuven mit desen apenen brieve voer ons ende 
voer onse erven onsen muntemeijsteren voerg. dese voerg. 
jaeren uijt vaste stede ende onverbrekelich te halden ende 
te doen halden sonder aile argelist. In oercunde ons segels 
dat wij an desen brief hebben doen hangen, ind hebben 
bevalen heren Hcnric van Steijnbergen, praest van Zutphen, 
onsen lieven neve ende rentmeijstere ons lands van Gelre, 
dat he sûn segel bij dat onse an desen brief heft gehangen. 
Ind ic Henric van Steijnbergen, praest ende rentmeijster 
vuerg. miins lieven genedigen hère des Hertogen van Gelre 
voerg. ; kenne ende lie dat ic van geheijte ende bevele 
miins lieven heren van Gelre voerg. miin zegel bij dat sine 
an desen brief hebbe gehangen, want ic mit anders miins 
lieven heren vriende van Gelre voerg. aver dese voers. 
dedinghe gewest bin daer die ghededinck wart. 

Gegeven in't jaer ons Heren dusent driehondert ende 
tachtentich, des sonnendages in der vasten als men singet 
Invocavit. 



I04 



i385, 29 juli (fol. 12). 

Wij Willem van Gulich bi der ghenade Gaids, H ertoge van 
Ghelreende Grevevan Zutphen, doin kont endekenlichallen 
luden mit desen apenen brieve ende bekennen dat wij ghe- 
maickt hebben avermids desen apenen brieve Gadert van 
Stramprade onsen muntemeijster totArnhem,alsal dairthe 
munten van onser w^egen sess jair lanck na datum des brief 
guldene die sullen halden ain golde twijntich karaet, ende 
dier selver gulden sullen gain up die marck ghewegens 
tseventich, eijn quartier van enen gulden onder of baven 
onbegrepen. Voirt so en sal Gadert onse muntmeijster 
vorg. noch siin knechte noch aile die ghene die eniger 
handen goit brengentot onsen munten vorg. dese sess jaer 
lanck vors. voir nijmande ten rechten stain dan voir ons 
ende voer onse werdeijne tôt Arnhem, ende aile die broe 
ken die Gaderts onss muntemeijsters knechte of die tôt 
onser munten tôt Arnhem ghehoiren verbreken dair en 
sullen sij voir nijmande verantwerden noch ten rechten 
staen dan voir onsen m ntemeijster voirg. of voir onse 
werdeijne tôt Arnhem, uijtghenamen drie punten als 
vrouwen krachte, doitslach ende diefte daer si mitter daet 
begrepen werden. Voirt so en sal Gadert onse munte- 
meijster vorg, dit voirg gelt niet voerder verantwerden 
dan voer onse werdeijne tôt Arnhem uijt wes heren lande 
dat si siin, aile weren si oick uijt onser viande lande, eijn 
gode seker veijiicheijt ende geleijde mit aile hoiren gode 
hebben te varen ende te komen aile onse lande doir, baven 
ende beneden, beijde te water ende te lande, voir ons ende 
voer aile onse ondersaten ende voer aile dieghene die 
omme onsen willen doin ende laten willen viertennacht 
langh naden dat wij dat up seggen ain Gadert onsen mun- 



io5 

temeijster voerg. mit onsen brieven, sonder argelist. 
Voirtmer so sullen wij hebben van illiker marck goltz te 
sleeschat eijnen halven gulden, die Gadert onse mûnt- 
meijster voerg. muntet. Aile dese vors. punten ende illich 
punte sonderlinge hebben wij ghelaift ende laven in 
goeden trouwen vaste stede ende onverbrekelich te halden 
sonder enich wederseggen. Inorcundedes is onse segel mit 
onsen rechter wetenheijt ghehangen an desen brief. Ghe- 
geven in den jair onss Heren dusent driehondert viifende 
tachtentich, des saterdages na sunte Jacob dach des heij- 
ligen Apostolen maioris. 

i386, 14 september (fol. 11) 

Wij Willem van Gulic, bider gnaden Gaids, Hertoghe 
van Gelre ende Grève van Zutphen, doen kont allen luden 
mit desen apenen brieve ende bekennen dat wij gheoerloft 
hebben ende dat id mit onsen w^ille sij ende is dat meijster 
Gadert van Stramprade onse muntemeijster th Arnhem 
slaijn ende munten mach ende sal in onser munten tôt 
Aernhem guldene na ghewichte ende weerde als onse lieve 
neve die Hertoghe van Hollant nu ter tiit in siinre munten 
tôt Dordrecht slain doet, van wilker onser munten voerg. 
die voers. meijster Godert van elker marc golds die he wer- 
ken sal ons sal gheven te sleeschat eijnen ghulden als he 
slaijn sal als voers. is. Ende dese voerg. ghuldene sal he 
slaen thent onsen wedersegghen ende niet langher. Voert 
sal meijster Godert voerg. tôt driehondert marc silvers toe 
ijn onser voerg. munten slain doijtken ende halve doijtken, 
wilker doijtken vier sullen èijn floirken ghelden, ende dier 
selver doijtken vier hondert ende twe lene sullen gaijn op 
die marck, wilke marck halden sal vier penninghe coninx 
silvers, vier greijne onder of vier greijne baven. Ende 



io6 

meijster Godert voerg. sal ons daer af te sleschat gheven 
van elker marcK silvers die hij werricht ses floirkiin. Voert 
so confermiren ende bestedighen wij meister Godert voerg, 
aile alsullike brieve als he van ons heeft sprekende op onse 
munte voerg. ende van sinen muntmeijster ampt, die in 
hoerre alingher macht te bliven, sonder arghelist. In 
orkonde des in onse seghel met onser rechter wetentheit 
gehanghen an desen brief. 

Ghegeven in't jaer ons Heren dusent driehondert sess 
ende tachtentich, op des heijligen-crucis dach Exaltât. 

Sig. jussu domini Ducis per Johannen Kodke de Zeller, 
presentibus de consilio domino Nijcolao Liefger, reddi- 
tuario et Johanne Mompelier de Oeverhaghen. 




107 



UN MANUSCRIT DE PEIRESC 

DU 

MUSEUM MEERMANNO WESTHRENIANUM 
A LA HAYE. 



Lecture faite à l'Assemblée générale de la Société royale do iiuiiiismatiqii 
de Belgique du 7 juillet 1895, 



Messieurs, 

Je ne réclamerai votre bienveillante attention 
qu'un instant, non pour le récit d'une trouvaille 
ou d'une étude purement numismatique, maispour 
vous faire connaître un document très précieux 
relatif à l'histoire de la science qui nous est chère. 

Il s'agit d'un manuscrit que j 'ai trouvé à La Haye 
dans le Muséum Meermanno Westhrenianum et 
qui contient les annotations et les études du célè- 
bre archéologue et numismate français du xvii* siè- 
cle, Peiresc. Dans ce manuscrit, Peiresc a annoté 
tous les résultats de ses essais pour former une col- 
lection de monnaies grecques, romaines, gauloises, 
mérovingiennes et carlovingiennes. C'est, comme 
nous espérons le démontrer, un journal très cons- 
ciencieux et très complet de son travail de numis- 
mate et de collectionneur. Je n'ai guère besoin de 



io8 

vous rappeler que Claude Fabre de Peiresc naquit 
en i58o à Beaugensier en Provence, qu'on lui 
donna une éducation soignée dans les collèges des 
Pères Jésuites à Avignon et à Tournon pour le 
préparer à la carrière de jurisconsulte, mais qu'il 
s'éprit de l'étude de l'antiquité et de l'archéologie 
et voua la plus grande partie de sa vie à ces études 
préférées. Pour les numismates, c'est toujours une 
cause de fierté que Peiresc soit entré dans le do- 
maine de la science par la porte de la numisma- 
tique. Un jour, un paysan avait trouvé, en labou- 
rantla terre, une monnaie d'or romaine etl'apporta 
au père du jeune élève des Jésuites. Peiresc, âgé de 
quatorze ans, sut reconnaître la monnaie, un au- 
reus de l'Empereur Arcadius et sut lire l'inscription . 
Son oncle, ayant entendu ce récit, lui donna d'autres 
médailles romaines et des livres numismatiques ; 
et, de cette première collection, naquit chez Peiresc 
la passion pour l'archéologie et l'étude de l'anti- 
quité (i). Le manuscrit, pour lequel je demande un 
moment votre attention, est un manuscrit en deux 
volumes sur papier, in-folio, reliés. Sur la reliure 
dés deux volumes les armoiries d'Achille d'Harlay 
comte de Beaumont — d'argent à deux pals de sable 
— sont incrustées, sur le dOs les initiales entrela- 
cées AD H C D B. A l'intérieur de la couver- 
ture du premier volume, est collé Vex libris de van 



(i) Gassendi. Viri illusbissimi : Nicolai Clan dii Fabric de Peiresc 
vila. (Ed Parisis, 1641.) ' 



Damme,le célèbre collectionneur Hollandais, et à 
l'intérieur du second volume un ex libris avec les 
armes de la famille de Boze, d'or au chevron 
dentelé de gueules accompagné de trois merlettes. 
Au dessus de ctt ex libris, se trouve, comme dans 
le premier volume, r^;i;/i6m de van Damme. 

Ce manuscrit fut, après la mort de son auteur, 
en possession du comte Achille d'Harlay (1629- 
1712), comte de Beaumont,puis de Claude Gabriel 
de Boze (1680-1753). Des mains de ce dernier, il 
passa dans là possession du président de Cotte, et 
à la vente des livres de ce dernier, il entra dans 
la bibliothèque de van Darhme; enfin Westhreene 
l'acheta et après sa mort le précieux document 
devint propriété de l'Etat Néerlandais. 

Lipsius, dans sa Bibliotheca Numaria (II, n° 3io), 
en fait mention en ces termes : M. de Peiresc, 
recueil de catalogues, notices et dissertations de 
toutes sortes de médailles et autres antiquités, 
pièces composées ou rassemblées. (Ms vol. II.) 

Le manuscrit est écrit de la main de Peiresc, 
comme nous l'avons pu constater en le confron- 
tant avec une lettre autographe de Peiresc à Hugo 
Grotius. Cette lettre se trouve à la Bibliothèque de 
l'Université de Leyde. 

Le premier volume a pour titre principal : De 
Nummis Grœcorum, Romanorum, Sudœonmi. Trac- 
tatusde monetis Catalogi rerum antiquarum. Parcou- 
rons rapidement ce volume. Peiresc a beaucoup 
voyagé et encore plus écrit de lettres à presque 



no 



tous les collectionneurs et savants de son temps. 
Nous trouvons les traces de ses voyages et de sa 
correspondance dans les manuscrits qui nous occu- 
pent. Il voyagea en France , visita les collections 
de Paris (Tristan, Lauson), de Marseille, de Lyon 
d'Aix, etc. Dans toutes ces villes il faisait des 
annotations et les enregistrait dans son journal : 
en haut de la page, on lit par exemple : « Paris. — 
J'ai vu chez M. Tristan...; » suit une liste de mon- 
naies, pierres gravées et antiquités. Quand il 
venait dans une ville il avait l'habitude de demander 
les noms des connaisseurs et des curieux. C'est 
ainsi que nous lisons : 

Il me nomma les curieux de Lyon... 

M. Villaris, chez qui je vis : 
Une médaille gauloise. 
Une pièce d'argent de deux drachmes 

ayant une tête fort belle d'Arsaces. 
Un tétradrachme à une tête ceinte du dia- 
dème d'Antioche. 

M. le Camarier de Saint-Pol. 

M. Frouilleur, changeur au bout du pont de 
Saône, du côté de Bellegarde. 

Le parfumeur du roy, vers le change à l'autre 
bout du pont. 

L'orfèvre Jacquemin, rue Saint-Jean. 

Son voisin Guainier, — 

Claude le moindre « A l'enfant qui pisse ». 

Un balancier, rue Mercière. 

Un Mareschal... 



I II 



Vous voyez, McvSsieurs, c'est un vrai Gnecchi 
du XVII* siècle ! 

Peiresc voyage en Angleterre et visite longue- 
ment les collections Sanderson et surtout Cotton. 

A Rome, il étudie les collections Pasqualini et 
Sirmondius; àBruxelles, il admire surtout le musée 
du peintre et antiquaire Venceslaus Goberger, il 
écrit dans ses notes: «ex musaeo eximiiD.Vences- 
lai Cobergii » et comme d'ordinaire suit une longue 
liste de monnaies. En outre, il inscrit la note 
suivante : ex Musaeo ornatissimi D. Francisci 
Billodii rerum antiquarum studiosissimi, Bruxel- 
les. Chez M. Bromans , il voit des antiquités 
romaines. 

En Hollande, où il passe en 1606, le célèbre Gor- 
laeus, l'auteur de la Dactyliotheca, lui montre des 
pierres gravées et des monnaies Romaines et 
Grecques. 

En visitant les savants et les connaisseurs, il 
reçoit de temps en temps des cadeaux ; il en tient un 
registre : par exemple, Lugduni praeses Villanensis 
dono dédit (10 nov. 1612) « un denarius d'argent 
» figura equestris galeata, caput galeatum romano 
» more; un dragme d'argent... » etc. Lui aussi 
donne des cadeaux ; il note quelque part : « il a 
eu de moi : un as de Janus, un semis de Saturne, 
une lampe antique... » etc. 

Mais, comme tout collectionneur, il échange des 
pièces; par exemple, il échange, le 26 février i6og, 
« un tétradrachme d'argent contre un Néron d'or, 



112 



un tableau de Flora, l'effigie en bois en forme de 
lion » etc. 

En 1614, un tétradrachme, un « lampas ficti- 
lis,etc., » et il ajoute « habuit ipse » « un cabinet 
d'Allemagne, un coutelas damasquiné, un pisto^ 
let ». On pourrait multiplier ces exemples àl'infini. 

Mais à côté des échanges, il y a les achats. 

Les notes de ses achats abondent; littéralement 
il prend son bien où il le trouve ; il achète partout : 
« d'un marchand obscur, d'un lapidaire venu 
des Indes, d'un paysan qui fouille ordinaire- 
ment en la rivière la Seine, à Paris ». Quelque- 
fois les achats sont plus sérieux, par exemple 
nous rencontrons la notice suivante ; « Deux cent 
l> et six médailles d'or, partie françaises et partie de 
» celles qu'on nomme vulgairement gothiques, 
» pesantes vingt et quatre onces deux gros douze 
» deniers, à raison de trente-six francs l'once. » 

« Deux cent quatre-vingt-douze médailles d'ar- 
» gent gothiques, tant grandes que moyennes, à 
» raison de huit sous pièce. » Voilà les résultats 
de ses voyages. Quant aux résultats de ses corres- 
pondances, nous rencontrons les mêmes noms 
que M. Tamisey de la Roque a publiés dans le 
curieuxjournal de la correspondance de Peyresc(i). 
Parmi les Français citons : le président Lauson, 
à Paris, connu par ses relations avec Rubens ; le 
Camérier de Saint-Pol et M. de Villaris, à Lyon ; 

(1) IV, « Petits mémoires de Peiresc ». 



ii3 

Antoine Brascas Bagarris , le célèbre « cimé- 
liarque » de Henri IV; Jean Tristan (iSgS-iôSô), 
à Paris; les Pères Jésuites Sirmondius, à Rome 
(i55g-i65i), et Raynaud (i583-i663); puis Jean- 
Baptiste Le Ménétrier (1564-1634) ; Honoré d'Agut, 
conseiller au parlement d'Aix; Boniface Borilly, 
notaire à Aix. 

Les Italiens : Ulysse Adroandi, Pasqualini et 
Aleandro. 

Les Belges : Charles, sire et duc de Croy et 
d'Aerschot; Venceslaus Goberger, à Bruxelles, et 
Bromans Laevinus, prêtre à Anvers; Jérôme de 
Winghe, chanoine de la cathédrale de Tournai et 
Rubens. Le Hollandais Gorlaeus. 

Mais à côté de ces listes et notices, le manuscrit 
contient une suite de planches très bien gravées, 
qui reproduisent des monnaies grecques. Elles 
sont signées par Duino, un sculpteur vénitien. 
Un certain nombre de planches non signées con- 
tiennent des dessins de monnaies romaines. Des 
dissertations et des monographies sur des sujets 
ayant rapport à la numismatique ancienne sont 
dispersées dans ce volume. Un catalogue manus- 
crit du cabinet Zanobis (?) précède des catalogues 
imprimés du cabinet de M. Guiges, avocat au par- 
lement de Provence, un « rool » des médailles et 
autres antiquités du cabinet de M. du Périer.et un 
inventaire en italien de toutes les médailles du 
« vir clarissimus, Sebastiano Erizio », gentil- 
homme de Venise. En outre, il y a de nombreuses 

Année 1896. 8 



114 

citations et remarques sur les œuvres de Goltzius : 
(LesFasti, Julius Caesar, etc.), de Fulvius Ursinus 
« illustrium imagines ex antiquis marmoribus » 
d'Agostino , de Gorlaeus , et sur un travail du 
peintre Goberger ; nous ne saurions affirmer si ce 
livre a été imprimé. Lipsius n'en fait pas mention. 

Le second volume contient : Nummi Gallici, 
GoUhici, Italici, Britta'dnici, Arabici et Turcici. 
. Le caractère de ce volume diffère de celui du 
premier. On y rencontre seulement quelques rap- 
ports sur des musées visités et quelques listes 
d'achats et d'échanges ; mais le nombre des notices 
est beaucoup plus grand. 

La première partie traite des « monnaies gau- 
loises», en commençant par les« Monnaies d'or des 
» Gaulois chevelus imitées sur les pièces de Phi- 
» lippe Roy de Macédoine » ; ensuite viennent 
» les monnaies nommées, Nummi a priscis Gallis 
» qui antequam in Romanorum deditionem venerint. » 

Ensuite le manuscrit traite des nummi aurei 
argentei ex prima stirpe regum Franciœ (monnaies 
mérovingiennes). En troisième lieu, les nummi 
secundœ stirpis (monnaies carlovingiennes) ; enfin 
les nummi ex tertia stirpe regum Franciœ. 

Dans cette partie, nous trouvons des copies des 
ordonnances monétaires, qui me paraissent inté- 
ressantes. Une excursion sur les florins d'or de 
Florence et de Provence suit comme transition à 
une étude sur les « nummi regum Siciliœ. » 

Des listes, notices et dissertations sur des mon- 



ii5 

naies anglo-saxonnes et arabes suivent et finis- 
sent ce volume. Les noms, que nous y rencon- 
trons, ne sont pas les mêmes que dans le premier 
volume ; nous y retrouvons le duc d'Aerschot et 
l'Anglais Cotton , mais les autres étrangers ne 
sont pas mentionnés. 

A côté de collectionneurs inconnus nous y trou- 
vons Bigot de la Turelle (+ 1647) conseiller au 
Parlement de Rouen et Petaux conseiller au Parle- 
ment de Paris. 

Avant de quitter nos manuscrits, nous sollici- 
tons encore un moment votre attention. Serrure, 
dans Vintroduction de sa notice sur le cabinet 
du prince de Ligne, mentionne le cabinet du duc 
d'Aerschot et M. Ruelens, dans le Bulletin Rubens 
(t. II, p. 37), donne un aperçu aussi intéressant que 
complet de l'histoire de ce cabinet et de la publi- 
cation du catalogue par Jacobus de Bie. M. Rue- 
lens a aussi reproduit l'article du Courrier de l'Art 
de M. Bonaffé, qui traite de la vente de ce cabinet, 
ou au moins d'une partie, à Paris. Il paraît qu'on 
avait essayé en vain de vendre la collection à 
Bruxelles. En i623, Rubens, le célèbre peintre, part 
pour Paris et emporte une partie de ses monnaies. 
Là il fait une convention avec M. le Président de 
Lauson qui achète la collection pour en vendre 
bientôt la plus grande partie à Peiresc. 

Nous trouvons tous ces détails dans nos manus- 
crits. Pendant la vie du duc d'Aerschot, Peiresc eut 
des relations avec ce gentilhomme belge. Page 5i 



Il6; 

du premier volume nous lisons : « Nummi aenei a 
duce Arscotano mihi dono dati » suit une liste de 
II monnaies en bronze de la Sicile et de l'Italie 
méridionale. 

Page iSgdusecond volume, nous lisons «nummi 
» aurei et argentei dono mihi a principe Carolo 
» Croyo duce Arscotano, dati XII kal.sept. (année 
» malheureusement illisible) Bellomonti » (Beau- 
mont a été un château du duc de Croy). Suit une 
liste de 5 monnaies en or mérovingiennes, des 
monnaies en argent mérovingiennes et carlovin- 
giennes, et de 40 monnaies romaines en bronze. 

Du transport des monnaies de la collection 
d'Aerschot à Paris et de la convention de Rubens 
et de Lauson, nous trouvons les traces page 27. 
« Numi argenteimihi reservati cum aeneis paginis 
» subsequentibus et auro plumboso Vespasiani 
» pro pretio librarum centum Parisiis 4 junii 
1623. » En marge sont inscrits les noms : Duc 
d'Aerschot, M. Rubens, M. Lauson. 

P. 517, nous lisons. 

« Dénombrement des pièces demeurées au par- 
» tage du s' de Peiresc sur le marché fait entre 
» M. de Lauson et M. Rubens à tant moing des 
» 6,000 Ib. au prix du total. 

» De la dernière table des Grandes Grecques 

» d'argent (i) 4 

ofte quatre pièces. 

(1) Naturellement, la table du livre de la description de la collection 
d'Aerschot (i''^ édition). 



1 



1i 



117 

» La Bérénice, l'Aigle d'Agrigentum, une teste 
» de Cibèle et une gothique. 

» Des moyennes Grecques d'argent ofte treize 
» pièces i3 

» Des grandes Grecques de cuivre ofte trois 
» pièces 3 

» L'Antonin Pie du mont Garizzi. 

» Le — (?) d'Appolonia. 

» Une gothique espagnole. 

» Des moyennes Grecques de cuivre ofte 
» quatre pièces 4 

» Un Hadrien de tour. 

» Un Marc Aurèle du mont Argée. 

» Un Lucius Verus d'une couronne. 

» Une de Philadelphie. 

* Des petites Grecques de cuivre ofte un . i 
ZEY^ 0ACIOC. 

» Des petites Grecques de cuivre sans cer- 
» clés, deux pièces 2 

» Un Auguste de Ptolomée. 

» Un Trébonien d'Apollon. 

» Des med^ d'or. 

» Le Vespasien du Neptune fourré de plomb. » 

En bas de la page est l'avertissement publié par 
M. de Bonaffé dans lequel M. Peiresc constate 
qu'il achète les pièces. 

A la page 419, suit la copie de la convention 
signée par de Lauson, Petro-Paulo Rubens, « de 
« Peiresc présent » et que nous retrouvons dans 
le bulletin Rubens. 



ii8 

A la page 428 nous trouvons un autre « dénom- 
brement de quelques suittes des médailles du 
duc d'Aerschot ; » ce sont des suites de médailles 
impériales en bronze de 58o pièces taxées 
1,800 livres, une moyenne suite de 406 pièces, 
400 Ib., quelques petites médailles basses au nom- 
bre de 120 pièces, 3olb.,une suite de médailles 
impériales d'argent, i,25o Ib., trois autres suites 
de médailles, le tout ayant une valeur de 4,360 Ib. 

A la page suivante est copiée par la main de 
Peiresc la liste totale des monnaies apportées à 
Paris en juin i623 : ce sont des suites de 600 mé- 
dailles de cuivre enchâssées dans des cercles de 
corne. Les médaillons et médailles Grecs au nom- 
bre de 120 enchâssés dans des cercles de corne. 

Des médaillons d'argent et deux grosses mé- 
dailles Grecques. La suite moyenne de 408 mé- 
dailles de cuivre dans descercles de corne, médailles 
grandes et moyennes sans cercles, etc., etc. 

Puis, suite des médailles d'or au nombre de 
de 807 en tablettes d'ébène. 

A la page 529 suit encore un dénombrement. 
Ce sont des médailles d'or, d'argent et de cuivre. 
En tout 4,677 pièces pour 9,460 Ib. A la page 431 
enfin, une traduction en italien du même dénom- 
brement. 

Voilà ce que, pour le moment, j'ai cru devoir 
vous communiquer. Je n'insisterai pas maintenant 
sur la valeur de ces deux manuscrits. Avant d'en- 
treprendre une étude plus approfondie, il faudrait 



119 

confronter notre manuscrit avec les autres manus- 
crits de Peiresc, surtout avec le codex IV de la 
bibliothèque de Carpentras qui traite de la numis- 
matique et est composé par Peiresc. Si le ma- 
nuscrit est inédit, sa publication aurait, à notre 
avis, un triple intérêt. 

En premier lieu, il nous apprendrait à mieux 
connaître le sympathique et savant collectionneur 
Peiresc, ce type d'un homme passionné de sa 
science, de l'art et de l'archéologie, cet homme aux 
idées larges et universelles, qui évita de se retran- 
cher dans les bornes trop étroites d'un collection- 
neur limité dont l'horizon ne s'étend guère au delà 
du champ qu'il s'est tracé pour ses tendances 
particulières. Peiresc sut combiner les qualités 
d'un collectionneur zélé et consciencieux avec 
celles d'un savant, dont les yeux étaient largement 
ouverts pour tout ce qui est beau et intéressant. 
Admirateur passionné du grand trésor que la 
Renaissance avait révélé aux hommes d'étude, 
fervent adepte de Rome, de la Grèce et même de 
l'Orient remis en lumière après l'obscurité du 
moyen-âge , il fut l'initiateur d'une nouvelle 
science et un des meilleurs travailleurs et pion- 
niers de notre science moderne. On ne saurait assez 
étudier la vie de ce Français du xvii^ siècle : comme 
tous les grands hommes, il impose les traits de 
son caractère très personnel à tous les détails de 
sa vie. 

En second lieu, ces manuscrits forment de pré- 



120 



cieux matériaux pour apprendre à connaître l'his- 
toire intime des savants et des collectionneurs 
du XVII* siècle. Avec Peiresc nous prenons place 
devant leurs tablettes et leurs « bahuts », nous 
apprenons à connaître leur vie et leurs goûts parti- 
culiers. 

En troisième lieu, un examen nouveau et cons- 
ciencieux de ces manuscrits montrerait leur im- 
portance pour l'histoire de la numismatique. Je 
suis persuadé que telle monnaie grecque ou mé- 
rovingienne , dont on ignore maintenant l'ori- 
gine, pourrait être retrouvée dans ces manuscrits, 
que telle pierre gravée, de l'authenticité de laquelle 
on doute maintenant, serait réhabilitée parce que 
Peiresc en a fait mention. 



DE DOMPIERRE DE ChAUFEPIÉ. 



121 



MÉLANGES. 



UNE EXPERTISE DE MONNAIES A ANVERS EN 1678. 

En parcourant dernièrement les minutes du notaire 
Em. H. Pérès (i), il nous a été donné de trouver un 
document, résumant en quelque sorte le résultat d'une 
expertise de monnaies au XVll^ siècle. Les actes de ce genre 
n'étant pas communs, nous avons cru bien faire d'en donner 
une analyse succincte, 

David Hagenel, maître de la Monnaie d'Enckhuysen, 
se trouvait à Anvers, et, pour des motifs que nous 
ignorons, voulut faire expertiser une pièce de monnaie 
provenant de son atelier, contradictoirement avec une 
autre de même valeur frappée à Dordrecht. S'il faut- en 
croire la qualification donnée au monnayeur hollandais, 
l'atelier qu'il dirigeait était de création récente. En effet, 
dans l'acte que nous analysons, il est qualifié de Munt- 
meester vande nieujpe munte tôt Enckhuysen. 

On pourrait donc s'expliquer l'expertise, en supposant 
qu'il aura voulu juger de la valeur des produits de sa fabri- 
cation en les comparant avec ceux des ateliers voisins. 

Quoi qu'il en soit, Hagenel, comme étranger, ne pouvait 
pas agir personnellement; il donne donc procuration, le 
17 février 1678, à un négociant anversois, Mathieu Hooft. 
Ils se rendent ensemble chez le notaire; et en présence de 
deux témoins : Joos Smoudt le vieux, et Judocus Smoudt 

(1) Archives communales d',\nvers, fol. loi. 



122 

le jeune, tous deux orfèvres, procèdent à leur expérience 
comparative. 

La première pièce, un escalin appelé scheep schellingie, 
avait été frappée en 1671 à Dordrecht. Elle portait à 
l'avers un lion, entouré de l'inscription : 

MO • NO • ORD • HOLL • ET • WESTFRI • 1671 
et au revers ces mots : 

VIGILATE DEO CONFIDENTES. 
La pièce d'Enkhuysen avait été frappée en 1677, et portait 
à l'avers également un lion avec l'inscription : 

MO : NO . ORD : WESFRISCE . 1677. 
au revers étaient gravés ces mots : 

DEUS . FORTITUDO ET SPES NOSTRA. 
Les deux pièces furent soigneusement pesées, et celle de 
Dordrecht atteignit 3 esterlins et 6 as, tandis que celle 
d'Enkhuysen n'accusait qu'un poids de 3 esterlins et un 
as (i). 

Mais cette épreuve ne suffisait pas. On prit les deux 
pièces, et à coups de marteau on les rendit tout à fait 
informes, de manière qu'il ne fut plus possible de les 
identifier, ^^oodanich platgeclopt dat beyde geheel onken- 
baer van munt \yn. Toutefois, on avait eu soin de les 
marquer pour pouvoir les reconnaître après l'opération : 
l'une portait une lettre T, l'autre une rose. 

Le notaire Pérès remit les pièces à Pierre Clenaerts, 
essayeur juré de la Monnaie ducale d'Anvers, et le pria de 
bien vouloir procéder à l'essayage des deux pièces. Celui-ci 
y consentit, et après avoir terminé cette opération, déclara 

(1) L'esterlin, en flamand fMg-e/s, représentait la 160» partie du marc 
de Troye, et valait 32 as ou 1.538 grammes. L'as, en flamand aes, 
formait la 5,i2oe partie du marc, et valait 4,806252 grammes. 



123 

que la pièce la moins blanche, marquée d'un T, contenait 
6 deniers et 21 grains, et l'autre 10 deniers et i3 grains 
d'argent. Comme preuve de son expertise, il délivra une 
attestation, een assay hriefken, scellée de son sceau. 

Ici se bornent les renseignements fournis par la pièce 
notariée. Il est regrettable qu'après avoir décrit si minu- 
tieusement les deux pièces expertisées, les parties n'aient 
pas fait insérer dans le procès-verbal les motifs qui les 
avaient poussées à faire constater comparativement le 
poids et le titre des pièces provenant des deux ateliers 
voisins. 

Les pièces appelées scheeppes-schellingen , provenant de 
l'atelier de Dordrecht, sont assez rares. Elles furent frappés 
par le monétaire Simon Rottermond en 1670 et en 167 1 (i). 

Quant à l'atelier d'Enckhuysen, il n'avait été que pério- 
diquement en activité. En effet, la Monnaie de la Frise 
Occidentale était fixée, tantôt dans cette place, et tantôt à 
Hoorn ou à Medenblik. Au commencement, chacun de ces 
ateliers travaillait à tour de rôle pendant trois ans ; plus 
tard cette période de travail fut portée à sept, puis à dix 
années. Les scheeppes-schellingen d'Enckhuysen sont 
assez communs ; ils furent frappés par le monétaire Gerrit 
vanRuijmund. L'atelier d'Enckhuysen eut une fort longue 
existence; il frappa les monnaies provinciales jusqu'en 
1796; à partir de cette époque jusqu'en i8o3, date de sa 
suppression, il ne subsista plus que comme atelier général, 
fabriquant des monnaies hollandaises. 

La marque monétaire de l'atelier de Dordrecht était une 



( 1 ) Renseignements fournis par M . Th. Roest, de Leyde. président de 
la Société de numismatique néerlandaise, et obligeamment communi- 
qués par notre confrère et ami, M. Alph. de Wittç. 



124 

rosette, tandis que celle d'Enckhuysen était un astérisque. 

Ce dernier atelier frappa encore en 1673 une monnaie 
obsidionale. Elle fut fabriquée au moyen de la vaisselle que 
les patriotes apportèrent, et qu'ils sacrifièrent généreu- 
sement pour subvenir aux frais nécessités par les travaux 
de défense nationale et la levée d'une armée. 

Cette monnaie, qui est décrite dans Mailliet et dans Van 
Loon (1), porte d'une part un cavalier armé galopant à 
droite, le sabre à la main. En dessous, coupant la légende, 
un écu couronné aux armes de la Frise Occidentale, et 
comme inscription : 

MO • NO • ARG • CONFOED • BELG • PRO 
WEST FRIS. 

et, d'autre part, au revers, les armes des États Confédérés, 
sommées d'une couronne royale, et soutenues par deux 
lions couronnés. Au dessous, les armes d'fi!nckhuysen, qui 
sont d'azur à 3 poissons d'argent, posés en fasces super- 
posées, et acccompagnées de la légende : 

CONCORDIA RES PARVtE CRESCUNT 1673. 
Sur la tranche : GEEFT ONS VREEDE HEERE IN 
ONS DAAGEN. 

Tels sont les quelques renseignements que nous avons 
pu nous procurer au sujet des pièces soumises à l'expertise, 
dont nous venons de donner une courte analyse. 



Fernand Donnet. 



Novembre 1895. 



Nous apprenons avec le plus vif plaisir que la Chambre 
des députés de l'île de Crète vient de voter un subside de 



[1) Nederlandsche historipenningen, t. III, p. 80. 



125 

cinq mille francs pour permettre à M. S. Svoronos, conser- 
vateur en chef du Cabinet des médailles d'Athènes, de 
publier la seconde partie de son beau travail sur la numis- 
matique Cretoise. Nous sommes toujours heureux de voir 
les gouvernements venir en aide aux écrivains numisma- 
tistes ; seulement, il paraît qu'il faut aller en Crète pour 
cela. 

A. DE W. 



Peintre de faux monnayeurs (i). — J'ai publié dans le 
tome I de la Correspondance historique et archéologique 
(1894), pp. 6 et 7, les documents suivants : 

« 21 février iSSg (n. s.). — La Court [des Monnaies 
» de Paris] a ordonné à M*" Jacques Morel, receveur des 
» exploitz et amendes d'icelle, bailler et payer à Jehan 
» Rondel, me paintre à Paris, la somme de cent sols tour- 
)) nois, à luy tauxée et ordonnée, pour avoir faict une 
» efigye à la semblance de Estienne Vernoillet, soy-disant 
» maistre de la Monnoye de Romans, en Dauphiné, pour 
» estre pendue et bruslée en la place de Grefve, suyvant 
» l'arrest de ladicte Court du XVIIl« février présent moys. 

» Faict en la Court des Monnoyes, le XXF jour de feb- 

» vrier mil V^LVIII. 

» [Signé) DE LATOURRETE. DE VALLES. » 

(Original, Archives Nationales, ZIb 604.) 
— Fo/r aussi registre ZIb i36. 

« 28 mars iSSg. — Aultre mandement [de la Court des 
» Monnaies] sur ledict Morel, du XXVIIIe dudict mois de 
» mars V^LIX, pour paier à Jacques Blasme, me painctre 

(1) Voir Revue belge de numismatique, 1895, pp. 449-450. 



126 

» à Paris, la somme de LX sols tournois, pour l'effigie de 
» la sembldnce de Estienne Vernoillet. » 

(Arch. nat. Reg. ZIb i36.) 

« 2"^ juillet i582. — Autre [mandement de la Court des 
» Monnaies] sur ledict Morel, pour payer à Jacques Gadot, 
» me painctre à Paris, la somme de II escus et demy, pour 
» avoir faict un tableau paint en huille qui représente 
» Anthôine Mauclerc, receveur de Mery-sur-Seyne, con- 
» demné par arrest de ladicte Court, du XIII^ du présent 
» mois, à estre pandu ei estranglé pour le crime de faulce 
» monnoye. » 

(Arch. nat. Reg. Zl" iSy, fol. 65 vo.) 

Les portraits des faux monnayeurs dont il est question 
dans ces documents, servaient à l'exécution en effigie des 
condamnés par défaut. 

Le premier des documents cités ci-dessus, prouve que 
« l'effigie » fut pendue et brûlée. 

F. Mazerolle. 



Monete Romane, par FrangesgoGnegchi, vice-président 
de la Société italienne de numismatique. — Milano, 
1896. 

Ce petit volume de propagande scientifique fait partie 
de la série des manuels Hoepli. Illustrées de nombreuses 
vignettes, accompagnées de quinze planches, imprimées 
avec soin, les Monnaies romaines constituent un livre de 
182 pages, d'aspect coquet et agréable à feuilleter ; ce qui a 
son importance, car avant tout il faut rendre la science 
attrayante aux débutants. En vingt-six courts chapitres, 
M. Francesco Gnecchi résume avec clarté et méthode l'his- 



127 

toire du monnayage romain. C'est une œuvre utile de plus 
à ajouter à la bibliographie numismatique italienne qui 
doit tant déjà à l'érudit et dévoué vice-président délia 
Società italiana di Numismatica. 

A. DE W. 



Les pièces de la trouvaille de Niel (voir la description de 
ces pièces, Revue, 1895, p. 408) ont été vendues, à 
Malines, le 8 octobre dernier. Elles ont produit, au total, 
1,566 francs sans compter les 10 p. c. de frais. Le joyau de 
cette trouvaille, l'ange d'or de Jeanne de Brabant, a été 
adjugé à M. Aug. Coster, riche amateur bruxellois, au prix 
de 1,400 francs, c'est-à-dire, 1,540 francs avec les 10 p. c. 
— L'Etat belge avait poussé les enchères jusqu'à i ,000 francs 
et à partir de ce prix, déjà très beau, la lutte s'établit entre 
M. Bayet, de Bruxelles, M, R. Serrure, de Paris, et 
M. Coster, l'acquéreur. 

C'est la première fois, croyons-nous, qu'une monnaie du 
moyen âge ait atteint, dans notre pays, un prix aussi 
élevé. Parmi les autres pièces nous ne citerons que le 
ducat de Richard de Simmeren et l'écu de Philippe de 
Valois, adjugés respectivement à 19 et à 26 francs au même 
M. Coster. 

Bref, les pauvres de Malines n'auront qu'à se féliciter du 
brillant résultat de cette vente qui était faite à la requête du 
bureau de Bienfaisance de cette ville, dans une propriété 
duquel la trouvaille avait eu lieu. 

G. CUMONT. 



128 ■ 

M. G. Riat est nommé sous-bibliothécaire au Cabinet 
des me'dailles de Paris en remplacement de M. Adrien 
Blanchet, démissionnaire. M. A. Blanchet est nommé 
bibliothécaire honoraire. Notre confrère, dont le passage 
au Cabinet a été marqué par d'importantes publications, 
reste secrétaire de la Revue de numismatique. 

A. DE W. 



Nous apprenons, avec une vive satisfaction, que notre 
aimable et savant confrère M. Roger Vallentin a entrepris 
d'écrire une histoire numismatique du Dauphiné. Cette im- 
portante monographie, qui comprendra plusieurs volumes, 
ne pourrait être faite par nul de plus compétent et nous 
sommes persuadé que M. Vallentin élèvera un précieux 
monument à la numismatique de son pays. Aussi le 
résultat des travaux de M. Vallentin est-il attendu avec 
impatience par les numismates du monde entier. 

G. C. 



TROUVAILLE DE MONNAIES ROMAINES A JUPILLE. 

Au mois de juin 1895, à l'endroit dit « Git-le-Coq », à 
Jupille, on a mis au jour, lors de travaux de terrassement, 
une urne contenant un grand nombre de monnaies romaines 
en argent. L'ouvrier qui l'a rencontrée n'a pas trouvé mieux 
pour montrer sa brutale ignorance, que de la faire voler en 
éclats, par un violent coup de pic, dispersant ainsi les nom- 
breuses piècesqu'ellerenfermait.Sescompagnonss' en empa- 
rèrent immédiatement et, séance tenante, les distribuèrent 
presque toutes à Jupille, à qui en voulait, pour une pièce de 



r29 

dix sous ou une bouteille de genièvre. Il est vrai que les 
pièces étaient noircies parla rouille et que leur valeur vénale 
leur a échappé absolument. L'urne, d'après les morceaux 
que j'ai vus, était en terre cuite noire, très dure, sans aucun 
dessin ni aucune inscription. Elle était à un mètre de pro- 
fondeur, dans de la terre non remuée, mais avant d'arriver 
à elle on avait déterré de nombreux débris de briques 
romaines, de verres, de clous et de vases dont un élégam- 
ment travaillé, représentant une chasse. La découverte de 
ce trésor a été vite connue aux environs, et, trois Jours 
après, le nombre des curieux était tel qu'on approchait 
difficilement du travail des fondations. Il est vrai qu'à ce 
moment on découvrait l'entrée d'une ancienne galerie rem- 
plie de débris romains également et qui se prolonge dans 
le jardin voisin. Des fouilles seront bientôt entreprises de 
ce côté. 

Des mauvais plaisants se sont même amusés à enfouir 
dans une partie du terrain à travailler une tête de vache 
dorée qui avait servi anciennement d'enseigne à un boucher. 
L'ouvrier qui l'a trouvée, croyant à un trésor, a failli en 
perdre la raison. 

Pour en revenir à nos monnaies, il sera toujours impos- 
sible d'en donner le détail complet, le propriétaire du 
terrain, M. Thonnard, n'ayant pu en recueillir que 
400 environ. Il y en avait, paraît-il, i5 à lôkilogs; mais en 
tenant compte de l'exagération, toujours excessive en pareil 
cas, en descendant à la moitié, on sera moins éloigné de 
la vérité. Cette trouvaille ayant fait beaucoup de bruit, j'ai 
pensé qu'il était intéressant de la faire connaître. Il est, en 
effet, plus utile avant tout de déterminer la date de 
l'enfouissement et je pense que, dans ces 400 pièces, et une 
centaine que j'ai vue en d'autres mains, il se trouve des 
Année 189G. g 



i3o 

éléments suffisants pour fixer l'époque de l'établissement 
des Romains à Jupille. 

La plus ancienne pièce remonte à Néron, la plus récente 
à Philippe. Néron est mort l'an 68 et l'avènement de 
Philippe à l'empire date de 244, sa mort de 249. 

Ce trésor comprend donc un espace d'à peu près deux 
siècles et a dû être caché entre 244 et 249. 

Les pièces de l'empereur Maximin I^r et d'Alexandre- 
Sévère forment le fond de la trouvaille et sont de beaucoup 
les plus nombreuses. Voici d'ailleurs la nomenclature des 
deniers de M. Thonnard : 

Néron, i pièce ;Nerva, 1 pièce; Vitellius, i pièce; Adrien, 
8 pièces; Sabine, i pièce; Antonin, 16 pièces; Faustine, 
II pièces; Marc-Aurèle, 9 pièces; Lucile, i pièce; 
Commode, 2 pièces; Septime-Sévère, lo pièces; Julia 
Domna, 26 pièces; Julia Paula, 2 pièces; Caracalla, 84 
pièces; Plautille, i pièce; Géta, 5 piè:es; Macrin, 4 pièces; 
Diaduménien, 2 pièces; Héhogabale, i3 pièces; Juha 
Soemias, 2 pièces; Alexandre-Sévère, 60 pièces; Mamea, 
22 pièces; Maximin, 95 pièces; Balbin, 5 pièces; Pupien, 
3 pièces; Gordien-le-Pieux, 20 pièces ; Philippe, 7 pièces; 
enfin Otacilie, i pièce. — Total : 363 pièces. 

Toutes ces pièces sont d'une belle conservation, elles 
sont toutes connues, la plupart ont même des revers très 
communs; mais elles appartiennent à un très grand 
nombre de princes et de princesses et comprennent un long 
espace de temps. 

11 n'en n'est pas toujours ainsi, car il y a deux ans, à 
Tilff, on a trouvé environ 3oo deniers ne comprenant 
qu'une période de 27 années et appartenant à quelques 
empereurs seulement. Il y a, je pense, à considérer ici deux 
sortes de trésors : ceux qui sont amassés de longue date et 



i3i 

ceux qui sont enfouis par des soldats en temps de guerre et 
qui n'ont que des pièces gagnées à la solde de l'empereur et 
immédiatement fabriquées à sa suite. Ces derniers trésors 
révèlent plutôt le passage d'une armée qu'un établissement 
proprement dit. 

On atrouvé aussi à Git-le-Coq une intaille représentant la 
fortune debout à gauche, tenant une corne d'abondance de 
la main droite et la main gauche appuyée sur un gouver- 
nail. Cette intaille a la grandeur d'un quinaire et est 
parfaitement conservée. 

La découverte de ce trésor vient donc confirmer une fois 
de plus l'origine romaine de Jupilie. A différentes reprises, 
on y a encore trouvé des antiquités romaines qu'on a fait 
remonter, Je crois, jusqu'au IIP siècle. La date de l'enfouis- 
sement au milieu du IIl^ siècle viendrait corroborer cette 
attribution. Jupilie devait donc être alors un endroit déjà 
important; peut-être Jupilie et H erstal, immédiatement vis- 
à-vis de l'autre côté de la Meuse, étaient-ils sur une route 
romaine, une étape pour les voyageurs qui allaient à 
Tongres ou qui en revenaient. 

Dr SiMONIS. 



Nous avons trouvé dans les archives du Conseil des 
finances (Monnaies, Carton n^ 389, Archives générales 
du royaume), un tableau de l'augmentation de lu valeur 
des espèces d'or depuis 1489 jusqu'à 1749. Nous croyons 
qu'il est utile de reproduire ici ce tableau, non seulement 
au point de vue numismatique mais aussi au point de vue 
économique. Nous ne citerons que les monnaies de notre 
pays. 



r32 








il 








REAL d'or de 


Lion d'or 


ORDONNANCES. 


Ducats. 


Charles Quint. 

(Titre 

23 k. 8 1/2 gr.) 


DE Flandre, 

(Titre 
22 k 9 gr.) 


Du 14 décembre 


1489 . 


FI. 1-5 s. 


» 


I — 10 


— 22 novembre 


l520 . 


I — 18 


3—0 


2—4 


— 17 juillet 


1548 . 


2 — 


3—3 


2-7 


— 23 mars 


i552 . 


2 — I 


3-6 


2—8 


— 28 octobre 


i359 . 


2—4 


3-10 


2 — 10 


— 27 juillet 


1572 . 


2-7 


3-12 


2 — l3 


— 25 octobre 


1576 . 


2 — 12 


4—0 


2 — 19 


— 1 1 novembre 


1577 • 


3—3 


4 10 


3-10 


— i3 janvier 


i586 . 


3—6 


5—0 


)) 


— 3o avril 


1590 . 


3 — 10 


5—6 


» 


— 23 juin 


1602 . 


3— 15 


)) 


» 


— 22 mars 


161 1 . 


3—19 


6—0 


» 


— 18 mars 


i633 . 


4—1 


6—2 


4—10 


— 3i mai 


1644 . 


4— 10 


6—16 


4 — 10 


— 3 janvier 


1698 . 


5—1 


» 


5—5 


— 19 septembre 


1749 . 


5 — 1 


» 


)) 



i33 



Double 


Double 


Florin 


Florin 


Couronne 


Souverain. 


Albertin. 


Saint-André. 


Carolus. 


d'or. 


(22 k. 3/4 gr.) 


(21 k 5 gr.) 


(18 k. 11 gr.) 


(13 k. 10 gr.) 


(22k.4l,2gr.) 


» 


)) 


I— O 


» 


» 


)) 


» 


1-9 


1 — 


» 


)) 


» 


t — 1 1 


I I 


I — 18 


» 


)> 


I — 12 


I — I 


1 — 19 


» 


» 


I — 13 


I - 2 


2 — 10 


») 


)! 


I — 15 1/2 


1—4 


2—3 


'' » 


)) 


1 — 181/2 


1—6 1/2 


2-8 


» 


» 


2—2 


1—8 


2—14 


» 


)> 


2—9 


I — 13 


3-0 


» 


)) 


2 — 1 1 


I— i5 


3—3 


» 


)) 


)) 


» 


)) 


SIJMT. 1614 12—0 


» 


2—18 


I— 18 


3 — 12 1/2 


» 


5—8 


)) 


2—0 


3-14 


i3-6 


6— o 


3—4 


2-4 


» 


i5— o 


6—1 5 


» 


» 


4— to 


i5-6 


6-i5 


» 


» 


» 



i34 



Dans cette Revue, 1890, p. 69, M. Chalon a publié un 
tableau indiquant les monnaies de compte et les monnaies 
réelles en usage, dans le Brabant, à Fépoque de l'invasion 
française, en 1794. On voit, d'après ce tableau, qu'à cette 
époque, le ducat valait 5 flor. 8 sols (argent de change), le 
double souverain i5 flor. 19 s. 6 d. 

Les autres monnaies du tableau que nous publions 
n'avaient plus cours à la fin du XVIIF siècle et ne sont, par 
conséquent, pas mentionnées dans le tableau de M. Cha- 
lon. Les évaluations du Conseil des finances sont faites en 
florins de change ou anciens florins dont M. Chalon indique 
(p. 71) le rapport avec le florin courant établi en 1704. 
Il résulte de ces évaluations et des chiffres indiqués par 
M. Chalon que la valeur du florin a graduellement et 
continuellement diminué depuis 1489 Jusqu'à la fin du 
XVIIF siècle, lorsque la monnaie décimale française est 
venue le supplanter en Belgique. 

G. CUMONT. 



La dernière délivrance de monnaies frappées à Namur 
date du 7 décembre 1714. Voici une lettre, classée aux 
Archives générales du royaume entre les années 1734 
et 1736, qui prouve que des démarches furent faites sous 
le règne de l'empereur Charles VI pour que l'atelier de cette 
ville fût remis en activité. Elle est adressée au représentant 
du souverain autrichien dans les Pays-Bas méridionaux: 




(( Monseigneur, 

» La grande nécessité où se trouve le publicq par la 
» rareté des liards.me fait prendre la liberté de représenter 
» à vostre Excellence que si s'estoit le bon plaisir de vostre 



i35 

» Excellence d'en ordonner la fabrication pour une somme 

» de cent mille escus dans nostre ville de Namur, icy un 

)) homme à la main (existe), lequel at la matière preste et 

» qui laisseroit suivre pour le compte de S. M. certain 

» tantième qui pourat monter à une somme de 10,000 

)) escus plus ou moins suivant que vostre Excellence con- 

» vienderat avec luy, laquelle somme il veut bien compter 

» prestement pour faire le service d'un maître sitôt qu'on 

» lui aura délivré sa commission. 

« {Signé: H I PO LITE FRANÇOIS BRACONIER. » 

(Archives du Conseil des finances.) 

Cette demande est, semble-t-il, restée sans effet. 

A. DE W. 



La date du décès de Théodore Van Berckel. 

Dans son très intéressant article sur les Dernières quin:^e 
années de Théodore Van Berckel, notre savant collègue et 
ami M. le chevalier C. von Ernst a définitivement établi 
que le célèbre graveur général était mort le 21 sep- 
tembre 1808. (V. Revue, 1895, pp. 440-441.) 

M. von Ernst a bien fait de ne pas se laisser influencer 
par un certificat, délivré le 4 décembre 1894 par l'officier de 
l'état-civil de la ville de Bois-le-Duc, qui déclarait que 
Van Berckel était décédéie 23 septembre 1808. Le certificat 
porte cependant qu'il est extrait du registre des décès de la 
commune de Bois-le-Duc pour l'année 1808. Eh bien ! qui 
l'aurait cru? cette indication officielle est inexacte et M, von 
Ernst a eu raison de supposer que la date du 23 sep- 
tembre 1808 est celle des funérailles de Van Berckel. En 
effet, voici que notre cher ami et collègue M. le chevalier 



M. A. Snoeck, de Bois-le-Duc, nous écrit, le 9 octobre 
dernier, que le certificat délivré par l'officier de letat-civil de 
Bois-le-Duc a été extrait d'un registre sur la première page 
duquel M. Snoeck a lu le titre suivant : « Register van aile 
» de lijken begraven in de Sint-Janskerk en op het kerkhof, 
» beginnende met i^^" meij I778. » C'est-à-dire : Registre 
de tous les cadavres enterrés dans l'église Saint-Jean et 
dans son cimetière, commençant au i^r mai 1778. 

Ce registre était tenu par le sacristain de cette église. 
Actuellement, ce registre est conservé au bureau de l'état- 
civil, à l'hôtel de ville de Bois-le-Duc et il n'y existe pas 
d'autres registres (i) concernant les décès survenus pendant 
l'année 1808. Le registre de l'église Saint-Jean ne se rap- 
porte, d'après son titre, qu'aux inhumations et il en résulte 
que Van Berckel a été enterré à l'église Saint-Jean le 
23 septembre 1808, deux jours après sa mort, arrivée le 
21 septembre comme il conste de la procuration publiée 
par M. von Ernst. 

G. CUMONT. 



Albert de Saxe-Teschen et Marie-Christine, collectionneurs de médailles. 

— Le 3 septembre 1791, Leurs Altesses Royales Albert de 
Saxe-Teschen et Marie-Christine, gouverneurs-généraux 
des Pays-Bas, écrivent au conseil des Finances : 

« Etant intentionnés de nous procurer pour notre 
» compte une collection des médailles détaillées dans la 



(1) Il n'existe pas. à Bois-le-Duc, de registres relatifs aux naissances 
et aux décès antérieurs à 181 1. C'est en cette année que Napoléon I" 
organisa l'état-civil en Hollande. Précédemment, les registres des 
baptêmes et des mariage^ étaient tenus par le clergé, qui abandonnait 
aux marguilliersle soin de tenir les registres des inliumations. 



i37 

» liste ci-jointe, et dont les quarrez se trouvent à l'Hôtel 
» des Monnaies en cette ville (Bruxelles), nous chargeons 
» le conseil de faire expe'dier au waradin Marquart l'ordre 
» ne'cessaire, afin qu'il fasse frapper deux médailles d'argent 
1) de chaque quarré spécifié dans la susdite liste, et qu'il 
» nous les envoie à mesure qu'elles seront frappées. » 

(Archives du Conseil des finances ) 

A. DE W. 



IROUVAILLE DE LOKEREN. 

Au commencement de septembre 1895, en démolissant 
une cheminée, à Lokeren (Flandre orientale), au lieu dit 
Puttenen, on trouva les monnaies suivantes : 

Demi-noble à la Rose de Campen, — Ducat de Campen 
(type des ducats de Ferdinand et Isabelle). — Florin d'or 
de Metz, 1621. — Florin d'or de Worms, 16 17, lég. : 
MON • NOV • LIB • IMP • CIVIT • VORMAT. Au 
revers : SUB • UMB • ALA • TUA • PROT • N • 1617. 
— Florin d'or de Lunebourg de 1 588 : M ONE • NOVA- 
LVNEBVR. Rev. ^ RVDOLPHVS • Z • ROM • IM • 
SEM • AV. — Demi-réal d'or de Charles^Quint (majeur, 
i5i5-i555) frappé à .-Vnvers (usé). — Charles-Quint, double 
ducat : CAROLVS : DEI GRACIA : REX : ARAGO. 
Rev. VALENCIE : MAIORICARVM : SER. — 
Ducat de Frise, 1607. — Pistolet de Philippe II, roi d'Es- 
pagne et des Deux-Siciles; tête du roi couronnée : PHI- 
LIPP • REX -ARA • VTR. Rev. HlERVSA-SICl- 
LIAE. Ducat de Savoie : //'. EMANVEL • D • G • DVX • 
SAB • \bo\.Rev Vierge, PAX • IN • VIRT • TVA. — 
Double ducat de Ferdinand et Isabelle d'Aragon et de 



38 



Castille; entre les deux têtes : • S • — Florin d'or, de 
THOMAS LB (liber baro) AB EHRENFELS DIH. 
Rev. : INSV • NATE • DEI • QVAESO • ME • MEN • 
ME. 

Ces douze pièces d'or figurent toutes (sauf le double 
ducat de Charles-Quint), quelques-unes avec des variantes, 
dans l'Ordonnance et Instruction pour les changeurs, 
imprimée à Anvers, chez Jérôme Verdussen, en i633. 

Parmi les pièces d'argent et de toute la trouvaille la plus 
ancienne est un double briquet de Phihppe-le-Beau (assez 
fruste) pour la Gueldre, frappé à Malines en 1492. Lég. : 
^ Pî^S -h TîRGCî^IDVX -!- TÎVSrrRIS r BVRG t 
2 4- GSIi sous les deux lions, l'écu de Malines. Rev. ; 

STîij vvm -^ P2ÎGC 4- POP vijvm + m vvm -r DTca 

li^gZ. — Citons ensuite une pièce de huit réaux d'Espagne, 
de i562; un quart d'écu de Henri UI roi deFrance, dei585; 
un escalin de la ville deGand (règne d'Hembyze), i583 ; un 
ducaton ou philippus daldre de Philippe II, frappé à 
Anvers en i573; un cinquième du philippus daldre, frappé 
à Anvers en 1 586 ; un dixième de la même pièce, frappé 
à Anvers en iSyi; un cinquième du philippus daldre, pour 
la Gueldre, frappé en i565; un daldre d'Overyssel, de 1617; 
une pièce de trois réaux (bustes à gauche) d'Albert et Isa- 
belle, frappée à Anvers en 1608; trois escalins au Paon des 
mêmes, pour le Brabant, frappés en 1620 et 1621 ; un réal 
d'argent des mêmes pour Tournai ; six patagons des 
mêmes, sans date, frappés à Anvers ; quatre patagons des 
mêmes, sans date(DOM • TOR ■ et TORN • ), frappés 
pour Tournai et le Tournaisis; un patagon, des mêmes, 
frappé à Bruxelles en 16 18; un autre frappé à Anvers 
en 1618; un patagon des mêmes pour la Flandre(CO • FL.), 
sans date ; un demi-patagon des mêmes, frappé à Bruxelles 




i39 

en 1621; quart de patagon (trois pièces) des mêmes, pour 
la Flandre; un demi-ducaton des mêmes, frappé à Bru- 
xelles en 16 18; Philippe IIII : Escalins au lion d'Anvers 
(1622), de Bois-le-Duc (i623), d'Arras (1623), de Bruxelles 
(1625) et d'Anvers (1626 . Patagons : Bruxelles (1622); Bour- 
gogne(DVX ET COM BVRG),de 162? et 1626; Bruxelles, 
de 1624 (deux pièces) et de 1628; Anvers, de 1625 et 1626 ; 
enfin Tournai (trois pièces) de 1626. 

Il résulte de ces différentes dates que le trésor de Lokeren 
a été caché en 1628 ou peu de temps après. 

G, CUMONT. 



Dans un compte rendu de M. G. Cumont, paru à la 
page 58o de la Revue de l'an dernier, l'auteur se demande — 
si nous le comprenons bien — ce que peut être et ce qu'est 
devenue la médaille d'or de Sa Majesté impériale et royale 
Charles VI dont il est question dans un testament qu'il 
cite, médaille que le mari de la testatrice avait reçue en sa 
qualité de commis des finances. 

Nous croyons être à même de satisfaire la curiosité, si 
naturelle, de notre collègue. En effet, les comptes des 
maîtres de Monnaie du XVIF et du XVlIie siècle, apparte- 
nant à nos provinces, donnent la solution du problème. 
Il s'agit tout simplement d'une de ces pièces de poids 
fort, ou gros deniers, à l'efïigie et aux armes du Souverain, 
qui se distribuaient à chaque émission d'un type nou- 
veau. L'usage était d'en offrir, entre autres, aux conseil- 
lers et commis des finances. Ce qui est bien ici le cas. 
C'est, très probablement, parmi ce qu'on a fautivement cou- 
tume d'appeler des essais en or des ducatons de Charles VI 
qu'il faut chercher la « médaille » en question, et, dès lors, 



peu importe ce qu'elle a pu devenir, puisqu'elle ne se dis- 
tingue en rien des autres pièces de l'espèce. 

A. DE W. 



Le 8 octobre 1895, le grand-duc et la grande-duchesse 
Constantin de Russie et leur neveu, le prince Nicolas de 
Grèce, se sont rendus à dix heures du matin à l'Hôtel de la 
Monnaie de Paris. 

Les journaux rapportent que le directeur de cet établisse- 
ment, M. de Foville, fit frapper des médailles de circon- 
stance devant les princes et leur en offrit plusieurs, dont les 
unes sont des reproductions de la médaille commémorative 
de la visite de Pierre-le-Grand à la Monnaie, œuvre de 
Duvivier et dont les autres représentent la façade de l'Hôtel 
sur le quai Conti, avec inscriptions mentionnant la visite 
faite le jour même par les princes. 



Plaques ifpour la régie des droits d'entrée et de sortie. — Le 

7 avril 1758, ordre est donné au « waradin », ou garde de 
la Monnaie de Bruxelles, de laisser J.-B. Marquart frapper 
'.( les médailles ou placques en cuivre sur le carré qu'il a 
)) gravé pour les gardes et à l'usage de la Régie pour les 
» droits d'entrées et de sorties n, à lui commandées par 
Mgrs les surintendant, trésorier général, conseillers et 
commis des finances de Sa Majesté. 

(Archives du Conseil des finances.) 
Jean-Baptiste Marquart avait été nommé essayeur général 

le 7 juin 1749. 

^ ' ^ A. DE W. 



14' 

Du prétendu monnayage mixte de Dieiidonné d' Estaing, 
évêque de Saint-Paul et de Charles VI, par ROGER 
Vallentin, Valence, iSgS, in-S», lo pages. Extrait du 
Bull, de la Soc. d'Archéologie et de Statistique de la 
Drôme. 

L'article 6 du traité conclu à Grenoble, le 2 5 septem- 
bre 1408, stipulait : 

« Item.Dominus noster Delphinuspoteritet valebit cudi 
facere etfabricari in dicta civitate Tricastina monetam tam 
auri quam argenti, arma Régis Delphini domini nostri et 
crossam communiter habentem. )^ 

Comme il re'sulte de ce texte, le monnayage mixte e'tait 
laissé à Yinitiative du dauphin. 

L'évêque n'était pas maître d'en prendre la responsabi- 
lité. Les espèces delphinales pouvaient désormais libre- 
ment circuler aux environs de Saint-Paul-Trois-Châteaux 
et d'autre part le Roi-Dauphin n'avait aucun intérêt à 
consacrer officiellement un droit régalien d'un prélat. 

Donc, à priori, on est en droit de nier l'existence de ces 

monnaies mixtes. Aucune ordonnance relative àceprétendu 

monnayage n'a été rencontrée ; aucune trace d'apurement 

de comptes y relatifs. Notre érudit collègue Vallentin en 

conclut que ce monnayage mixte n'a jamais eu lieu et que 

l'officine commune de S^-Paul est purement imaginaire. 

Nous pensons que tous les numismates se rangeront à son 

avis. 

G. G. 



Sous le titre Sveriges mynt under mideltiden (Monnaies 
suédoises du moyen âge), M. Hans Hildebrand, l'érudit 
conservateur en chef du Cabinet des médailles de Stock- 



holm, vient de publier un important mémoire, orné de 
nombreuses vignettes, qui ne compte pas moins de 
i6o pages grand in-S". Nous regrettons vivement que notre 
ignorance du suédois nous oblige à nous borner à porter à 
la connaissance de nos lecteurs l'apparition de l'œuvre nou- 
velle du secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Suède. 

A. DE W. 



Une vente d'aurci romains recueillis en Orient a eu lieu, 
à Paris, le 29 octobre de l'année dernière, sous la direction 
de M. R. Serrure, expert. La pièce décrite sous le n» 21 du 
catalogue vient combler une lacune de la numismatique 
impériale de Rome, car jusqu'ici on ne connaissait aucune 
monnaie authentique de Saturnin, général d'Aurélien,né en 
Gaule et proclamé, en 280, empereur par les habitants 
d'Alexandrie. Voici la description de l'aureus frappé à son 
effigie : 

IMP • G • IVL ■ SATVRNINVS AVG. Buste lauré 
de Saturnin en profil droit. 

Rev. VIGTORIAE AVG. Victoire marchant à droite, 
tenant une couronne et une palme. 

On sait que le règne de Saturnin eut une durée tout 
éphémère. Assiégé dans son camp par Probus, il mourut 
étranglé par un de ses soldats. Son aureus a été adjugé 
6,200 francs. Il est fort probable que la tête de Saturnin 
n'a pas rapporté autant à son meurtrier. 

A. DE Vv^. 




Nous avons sous les yeux le rapport pour 1894, de M. de 
Dompierre de Chaufepié, directeur du Cabinet royal des 
médailles de La Haye. Ce document, qui renferme beau- 



143 

coup de renseignements utiles et intéressants, donne les 
accroissements des collections de cet important établisse- 
ment pendant cette année, et témoigne hautement du zèle 
et de l'intelligence de la Direction de ce dépôt, 

Vte B. DE J. 



Noti:{ie storiche intorno alla institu\ione délie officine 
monetarie italiane dalla cadiita deirimpero romano 
d'occidente fino ai nostre giorni, par G. Gaucich, 
Firenze-Roma, 1895, Fascicolo I. 

Depuis la création de la Rivista italiana di numismatica 
et la fondation d'une Société de numismatique, les numis- 
matistes italiens semblent s'être pris tout à coup d'une 
belle ardeur de production. Grâce à l'active impulsion 
imprimée aux études numismaliques par MM. Francesco 
et Ercole Gnecchi, nous voici revenu au beau temps des 
Promis, des Lazari, des Brambilla, des San Quintino, des 
Kunz, des Strozzi dont MM. Ambrosoli, Papadapoli, 
Ruggero, E. et F. Gnecchi, Sambon et bien d'autres sont 
les dignes successeurs. 

M. Guido Caucich, fils de M. A.-R. Gaucich, l'ancien 
directeur du Biilletino de numismatica italiana, saisi 
d'émulation, descend aujourd'hui à son tour dans l'arène, 
ses notifie à la main, Le premier fascicule des recherches 
historiques sur l'établissement des ateliers monétaires ita- 
liens, depuis la chute de l'empire romain d'occident jusqu'à 
nos jours, est, nous semble-t-il, un heureux début. Il com- 
prend la liste des hôtels monétaires où les princes de 
l'antique et noble maison de Savoie firent frapper et, toute 



144 

une suite de chapitres consacrés aux ateliers de S. Giovanni 
di Moriana, Acqui, Alexandria, Asti, Cuneo, Ivrea. 
Novara, Tortona et Vercelli. 

Le travail de M. Caucich dénote un chercheur patient, 
parfaitement au courant de la bibliographie numismatique 
italienne et à la hautenr de la tâche qu'il s'est imposée dans 
l'intérêt de tous. 

A DE W. 



Sommaire des publications périodiques. 

Revue Suisse de numismatique. 1895, livraisons I à III. 

— THOMMEN. Ein Mûnzvertragausdem XV Jahrhundert. 

— Vallentin, De la moneta Blaffardorum. — Haas. 
Die Mûnzen des Standes Luzern — Grossmann. Berner 
RoUbatzen oder Plappart zu 24 Haller. — Mazerolle. 
Dassier et Montesquieu. — Mayor. Médailles suisses 
nouvelles. — Mélanges. 

Annuaire de la Société française de numismatique. 
4e liv. — Bordeaux. Etat des connaissances numisma- 
tiques concernant les ateliers monétaires de Compiègne et 
de Melun pendant la Ligue. — DE MarchÉVILLE. Les 
francs à pied frappés à Limoges et à la Rochelle. — 
TRACHSEL. Une curieuse petite médaille satirique 
inédite, avec légende latine en caractères runiques. — 
R. VallENTIN. De la détermination des monnaies du 
dauphin Louis 1er. __ Bon r, dE PoNTON D'AMÉCOURT. 
Description générale des monnaies au type chinonais. 

5« livraison. — BORDEAUX. Les ateliers monétaires de 
Clermont-Ferrand et de Riom pendant la Ligue; le sceau 
de l'hôtel des monnaies de Riom. — Bo" R. DE PONTON 



145 

D'AMÉCOURT. Description générale des monnaies au type 
chinonais. — DUTILH. Monnaies alexandrines, terre 
cuite du Fayoum et les seize génies de la statue du Nil. — 
L. Blancard. Rectifications numismatiques concer- 
nant le quaternal et le patac de Provence et d'Avignon 
frappés en 1414. 

Revue numismatique. 1895, 3^ trim. — Babelon. 
Étude sur les monnaies primitives d'Asie-Mineure ; l'étalon 
milésien. — DROUIN. Onomastique arsacide; essai d'expli- 
cation des noms des rois Parthes. — CASANOVA. Numis- 
matique des Danichmendites. — RONDOT. Le diamètre 
des médailles coulées. — DE LA TOUR. Jean de Gandida. 

Bulletin de numismatique. T. III, n» 5. — O^ DE 
Castellane. Double parisis inédit d'Eudes IV, duc de 
Bourgogne. — Vallentin. Du prétendu atelier carolingien 
de Venasque. Mélanges. 

Mittheilungen des Clubs der Mun:{-und Medaillen- 
freunde in Wien, N» 63. - CUBASCH. Die Munzen unter 
der Regierung des Kaisers Franz Joseph I. — VOETTER. 
Ahnenmûnzen Kaiser Constantin des Grossen. — VON 
HoFKEN. Weihemûnzen. — SCHALK. Ein Zeitgenosse ûber 
die Tûrkischen Munzen zu Ende des XVI Jahrhunderts 

No 64. — CUBASCH. Die Munzen unter der Regierung 
des Kaisers Franz Joseph I. — J. N. Œsterreichische seltene 
Schulprâmièn aus der guten alten Zeit. Neue Prâgungen. 

N°65. — CUBASGH. Die Munzen unter der Regierung 
des Kaisers Franz Joseph I. — NENTWICH. Wiener 
Stiftungspfennige.— Die rômische Mûnzstâtte Viminatium. 

Monthljr numismatic circular, N" 34. — H. W^ 
Uebersetzungen aus Eckhels Proiegomena zur Doctrioa 

Année 1896. 10 



Ï46 

Numorum Vetefum. — HANDS. Chats ôa Roman Coihè 
wiih young coUectors. '—r J. P. Modem MedalLic Art. --r 
HazliTT. Hazlitt's coins ôf Europe. 

N° 35. — H. W. UebersetzLingen aus Eckhel's Prolego- 
mena zurDoctrina; Numorum Veterum. — Hands. Chats 
on Roman Coins with young colleclors — HAZLITT. Haz- 
litt's Coins of Europe. — The new Bronze Coinage, 1&95. 

N<> 36. — Hands. Chats on Roman coins with young 
coUectors. — H. W. Uebersetzungen aus Eckhel's Prole- 
gomena zur Doctrina Numorum Veterum. — The new 
British colonial Dollar. — The baron Schroder medal. 

N» 37. — Hands. Chiits on Roman Coins with young 
coUectors. — NUDROWSKI. Humor in der Numismatik. 
— Hazlitt. Hazlitt's Coins of Europe. — H. W. Ueber- 
setzungen aus Eckhel's Prolegomena generalia zur Doctrina 
Numorum veterum. — P. W. M. The mints of byzantine 
Coins. 

American Journal of Numismatics. T. XXX, n° i. — 
SVORONOS. On the signification of certain ançient 
monetary types. — StoreR. The medals, jetons and 
tokens illustrative of the science of medicine. — LymaN 
Haynes LOW. Some observations upon the counterfeiting 
of coins and medals. — M.\RVIN. The Botetourt iftedal of 
William and Mary collège. — Bastow. Furlher notes on 
spanish-american silver coins. — MARVIN., Masonic 
medals. — Storer. The medals and tokens of Rhode 
Island. 

T. XXX, no 2. — SVORONOS. Ulysses on a coinoF 
Mantinea. — The new dollar for English Colonies in the 
last. — PRENTISS CÛMMINGS. Homer and astronomie 
coin-types. — The « Money on Folly, » -^ STORE R. Thé 



H7 

medals and tokens of Rhode Island. — The « Mexican 
Martyrs » Masonics. — Storer. The medals, jetons and 
tokens illustrative of thé science of medicine. — Marvin. 
Masonic medals. 

Tijdschrift van liet Nederlandsch Genootschap voor 
Munt- enpenningkunde. T. III, 4e liv. — Vallentin. De 
la circulation des florins d'Utrecht en Dauphiné, à 
Avignon et dans le Comtat. — Chev. A. Snoeck. Drie 
Penningen op het 5o jarig jubilee der nieuwe Koninklijke 
Harmonie te Tilburg, in 1893. — LE MÊME. Zeven 
religieuse draagpenninkjes op Onze Lieve Vrouw van 
'sHertogenbosch. — V^e B. DE JONGHE. Quatre monnaies 
de Guillaume de Bronckhorst, seigneur de Batenbourg et 
de Steyn. — Van Gemund. Het leven en de werken van 
den Stempelsnijder Johann Crocker. 

Rivista italiana di numismatica. Fasc. III, 1895. — 
F. Gnecchi Appunti di Numismatica Romana. Ancora 
intorno ai Contorniati.— GabrICI. Contributo alla Storia 
délia monetaromanada Augustoa Domiziano. — MlLANI. 
Monetina aurea col nome e col ritratto di Sesto Pompeo. 
— ROSSI. Il fiorino d'oro di Urbano V. — MOTTA. 
Documenti Visconteo - Sforzeschi per la storia délia zecca 
di Milano. 

Wiadomoscî numi:{matyc^nO' archeologic^ne , N»** 24 et 
25. — PlEKOSINSKI. Monnaies trouvées à Gorzow. — 
T. POCHWALKI. Supplément à l'étude sur le « Trojak » à 
la couronne de Sigismond 111 et divers articles archéolo- 
giques. 

The numismatic Chronicle, 1895, part. HI. — J. P. Six. 
Monnaies grecques inédites et incertaines. — Lient. -col. 
B. LOWSLEY. Coins and Tokens of Ceylon. 



148 



SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMiSMATigUE. 



EXTRAITS DKS PROCES-VERBAUX. 



Béunlon du bureau du tt septembre 180S. 

... A la demande de M. le Chevalier M. A. 
Snoeck et sur la proposition de MM. le vicomte 
B. de Jonghe et A. de Witte, le titre de membre 
associé étranger a été conféré à M. le notaire 
Auguste Sassen, à Helmond, Pays-Bas. 

Le Secrétaire, Le Président, 

G. CuMONT. V^^ B. DE Jonghe. 



149 



SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMISMATiQUE. 



LISTE DES OUVRAGES REÇUS PENDANT LE 4« TRIMESTRE 1895. 



Avis important : Les publications et les dons destinés à 
la Société doivent, sans exception, être ailressés à M. Alph* 
de Witte, liibliotliécaire fie la Société royale de nniliisma- 
(Ique, Palais des Académies, à llrnxeiles. 



Ouvrages périodiques. 

Allemagne. — Blâtter fur Mûn^freunde, n"^ 202 et 206.— Berliner. 
Mûn^blàtter, n° 17g. — Niimismatisch-sphragistischer Ani^eiger, 
.•895, nos 3-10. — Ntimismatisches-Litterattur Blatt, nos 85 à 88. 

.Amérique. — American Journal of numismatics, t. XXX, n" i. 

.Angleterre. — The Monthly mimismatic circular, nos 3^^ 36 

Autriche-Hongrie. — Mittheilungen des Clubs der Mûn^- und 
Medaillenfreunde in Wien, nos 63-63. — Wiadomosci numisma- 
tyc![no-archeologic^nc, n"* 2461 25. — Monatsblatt, nos 142 à 147. 

Belgique. — Bulletin de V Académie royale, t. LXV, nos y et 8. — 
Revue belge de numismatique, t. LI. — Messager des Sciences 
historiques, iSgS, 2" liv. — Annales de la Société archéologique 
de Namur, t. XXI, i^e ijv.; Rapport, 1894. — Analcctes pour 
servir à l'histoire ecclésiastique de la Belgique, t XXV, 4e liv. — 
Académie d'archéologie : Annales, t. XLVIII, 3^ liv.; Bulletin, 
no XXIII. — Bulletin du Cercle archéologique de Gand, t. III, n" 5. 
— Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XXIV, 2'-' liv.; 
Rapport, 1894. — Institut archéologique du Luxembourg, Annales, 
t. XXX. 

i-'rancc. — Annuaire de la Société française de numismatique, iSgS, 
liv. 4 et 5. — Polybiblion, partie littéraire, t. LXXIV, 3e et 4e liv ; 
partie technique, t. LXXV, liv. 9 et 10 . - Revue numismatique , 1895, 
3^ liv. — Société de Borda, Bulletin, 1895, 2^ trim. 

Kalie. — Rivista di Storia antica, t. I, 2e Hv, 



i5o 

Pays-Bas. — Tijdschrift van het Nederlandsch Genootschap voor 

munt- enpenningkunde, \..\\\,^'^\\v. 
t^iiède. — Numismatiska middelanden, nos 6, 7, 12 et i3. — Auti- 

quarisk tidskrift, t. XVI, 11° 1. 



Ouvrages non périodiques. 

Bethune (Bon). — Méreaux des familles brugeoises. — Jean 

de Vleeschomi>er, chevalier et Barbe de Witte. Bruxelles, i8g5, 

in-8*, 4 pages, 1 vignette. {Hommage de l'auteur.) 
DE JoNGHE (Vte B.). — Deux monnaies frappées à Luxembourg par 

les archiducs Albert et Isabelle. Bruxelles, iSgS, in-S». 4 pages, 

2 vignettes. — Nécrologie : Le comte Maurin de Nahuys. Bruxelles, 

1895, in-80, 2 pages. [Honimàge de l'auteur.) 
DE Man (Mlle). — Médaille uni/ace de Levinus Bloccenus à Burgh. 

Bruxelles, in-80, 6 pages, i vignette. {Hommage de Vautour. ) 
DE Renesse (Cte). — Dictionnaire des figures héraldiques, t. II, liv, 6. 

{Don des éditeurs.) 
de Witte. — Notes sur les Roëttiers, 2e article, Paris, iSgB, in-8", 

4 pages. — Médaille religieuse et méreau de Notre-Dame de 

Miséricorde, à Verviers. Bruxelles, 1895, in-80, 6 pages, 1 planche. 

{Hommage de l'auteur.) 
Hess (A.). — Medaillen-Sammlung Eugen Félix. Frankfurt-am- 

Mein, iSgS, in-4°, 47 pages, 6 planches. {Hommage de l'auteur.) 
Hildebrand (H.). - Sverigesmyntunder mideltiden. Stockholm, i8g5, 

in-80, ,5o pages, vignettes. {Hommage de l'auteur.) 
Ladé (Dr A.). — Le Trésor du Pas-dc l'Échelle, contribution à l'his- 
toire monétaire de l'évêché de Genève Genève, 1895, in-40, 12g pp. 

12 planches. {Don de la Société suisse de Numismatique.) 
Mazerolle. — Dassier et Montesquieu. Genève, i8g5, in-8°, 3 pages. 

{Hommage de l'auteur.) 
Mellier. — Étude sur François Chéron, graveur en médailles. 

Nancy, i8g4, in-8", 26 pages, i planche. {Don de M. J. Rouyer.) 
RoEST. — Die Mûn:ien der Herrschaft Anholt. Amsterdam, 1895, 

in-80, 47 pages. {Hommage de l'auteur.) 
Snoeck (CHer.), - Drie penningen op het 5o jarig jubilee der nieuwe 

koninklijke Harmonie te Tilburg in 18g?, etc. Amsterdam, iSg^, 

in-80, 4 pp. {Hommage de l'auteur.) 



I5'I 

SvoROiJOS. — Numismatique de la Crète ancienne. Mâcon, 1890, un 

vol. in-4" de 358 pages et un atlas de 35 planches. 
Trachsel (Dr). — Die MûHien und Medaillen Graubundeus, etc , 

m* et IVe parties, pages 65 à 127, planches III et IV. {Hommage de 

r auteur.) 

Ouvrages anonymes et catalogues. 

Der Frankfurter Mûnifreund, n» 6. — Catalogue de vente avec 
2 planches. [Envoi de M.Hess.]— Numîsmatisches Offerten-Blatt, 
de E. Rappapôrï, ï)P^ 27-29. — Catalogue de monnaies suisses, 
ire partie. {Envoi de M. C. Stroehlin). — Collection du baron de 
Oliveiro Castro. [Envoi de M Schulman). — Collections Hoeufft 
van Vel^en et Vostennan van Oyen. [Envoi de M. Bom). — Cata- 
logue à prix marqués de Fejer Jo^sef à BiidaPest. — Auktions 
Katalog, n° iHg. — Catalogue Zschiesche et Koder, no 63. — La 
circulaire numismatique universelle, nos g et 10. — Catalogue 
Marchio, de Venise, n° 6. — '• Vente Joly, 2 planches. {Envoi de 
M. Duprie:{). — Monnaies antiques et françaises ; Monnaies royales 
françaises, 2 planches. [Envoi de M. Serrure). — Catalogue Baer, 
livres de numismatique. — Catalogues Weyl, n^s i3 et 14. — 
Numismatischer Verkehr, 1895, nos y et 8. — Berliner MUn:{- 
Verkehr, n° 26. — Catalogue Schulman, n» XXIX. — Antiquités 
Himyarites et Palmyréniennes du musée impérial Ottoman. [Don 

. de la direction du musée'. 



CABINET NUMISMATIQUE. 



Don de M. Peny. 

Inauguration du nouvel hôtel communal de Morlanwelz. Médaille en 

bronze, par P. Fisch. - Jeton en laiton commémoratit du même 

événement. 

Don de M. Soil. 

Cinquantenaire de la Société historique et littéraire de Tournai, 
médaille en bronze, fournie par la maison de Vigne-Hart. 

Don de M. Fisch. 
Exposition du Cycle. 1895. — XXlI« fête fédérale belge de gymnastique. 



l52 

— Exposition d'aviculture. Trois médailles, bronze-vieil argent, 
gravées par P. Fisch. 

Don de M. Naveau. 
Evêché de Liège. Brûlé de Jean de Horn ; 2 brûlés d'Ernest de 
Bavière ; daler et escalin de Ferdinand de Bavière ; escalin et cuivre 
de Maximilien-Henri ; escalin de Jean-Théodore. Deux méreaux de 
Saint-Lambert et un méreau de Saint-Jacques. , 

Don de M. Baetes. 
Chambre de commerce d'Anvers, centenaire de la libération de l'Es- 
caut, bronze argenté et Régates internationales, bronze : 2 médailles 
gravées par Baetes. 

Don de M. Ch. Stroehlin. 
Jeton personnel de M, Charles Stroehlin, numismate genevois. 

Don de la Société suisse de numismatique. 
Jeton de présence à la réunion de Lucerne (iSgS). 

Don de M. A. de Witte. 
Colonies anglaises : Guyane, iles Bermudcs, Nouveau Brunswick, 
Virginie, Canada, 6 pièces cuivre. — Colombie, 3 pièces cuivre. — 
Chili, une pièce cuivre. — Médaille en bronze à l'effigie de Charles 
Robert, par Bellevoye. 

Liquidation de doubles; acquisitions. 
Brabant : réal d'or de Philippe II et 10 pièces d'argent. — Luxem- 
bourg : 6 pièces d'argent. — Tournai : une pièce d'argent. — Hainaut : 

5 pièces d'argent et de billon, 4 pièces de cuivre. — Namur : 5 pièces 
d'argent et de billon. — Liège : 7 pièces d'argent. — Heinsberg : 
1 denier. — Elincourt : demi cromstert. — Jean de Louvain : 2 petits 
gros. — Dombes : un denier. — Honoré de Monaco : pièce de 5 francs. 

— Cosme de Médicis : 1 pièce d'argent. — Gaule : 1 aureus et 

6 pièces de poiin et de bronze. — Obsidionale d'argent de Bréda. — 
3 jetons belges, dont 1 en argent. — 2 méreaux anversois. — Louis- 
r Enfant et Charles-le-Gros: 2 deniers pour Cologne — Jeton d'argent 
des pharmaciens de Paris, — Médaille de Marie -Thérèse frappée 
en étain. 

Soit en tout : 74 monnaies 7 jetons, 5 méreaux et 9 médailles. 
Bruxelles, le 1 5 octobre 1895. 

Le bibliothécaire-conservateur des collections, 
Alphonse de Witte. 



i53 



TRIENS MÉROVINGIEN INÉDIT 

FRAPPÉ A HUY. 




Tm + OHO. 

Buste à droite, la tête ceinte d'un diadème perlé. 
Grènetis extérieur. 

BEï/ToALDo. 

Croix, la traverse ornée de deux pendentifs, sur 
une base trapézoïdale encadrant un point. Cercle 
perlé extérieur. 

Poids : ig'".32. 

Ce tiers de sol, dont la pièce décrite par M. Prou 
dans son Catalogue des monnaies mérovingiennes de 
la Bibliothèque nationale, sous le n° 1206, pourrait 
passer pour une barbare imitation, fait partie des 
acquisitions que M. G. Picqué, le savant conser- 
vateur du Cabinet des médailles de la Bibliothèque 
royale de Belgique, a faites, l'année dernière, pour 
le médaillier de l'État belge. 

Année 1896. 11 



i54 

D'une gravure relativement soignée, il offre au 
droit cette particularité curieuse qu'il porte, comme 
letriens précité, une légende rétrograde, plus cor- 
recte toutefois (i). Cette anomalie résulte évidem- 
ment de l'inadvertance du graveur à qui il est 
parfois arrivé, après avoir fait une tête, un buste 
ou certaines lettres dans les conditions voulues, 
d'oublier tout à coup que ce qu'il trace sur son 
coin sera renversé sur le flan monétaire (2). 

Du côté du revers, se lit au cas indirect (3), assez 
souvent employé en numismatique mérovin- 
gienne, le nom du monétaire Bertoaldus, nom 
d'origine germanique dont le thème a donné nais- 
sance à quarante et un autres noms recueillis par 
Fôrstemann (4), duquel sont également dérivés 



(1) On remarquera que la croisette qui surmonte le profil diadème, 
tient lieu de l'E dans la légende. 

(2) Vqy. Prou, Catalogue des monnaies mérovingiennes de la 
Bibliothèque nationale. Introduction, p. 88. 

(3) Dans le latin de l'époque mérovingienne, l'ablatif est, pour les 
noms propres francs, la forme presque unique du cas indirect de la 
2e déclinaison en usage dans les diplômes, tandis que l'accusatif était 
resté en usage pour les noms d'origine latine. Les monnaies donnent 
lieu à une observation identique. Quand les noms de monétaires s'y 
présentent à un autre cas que le nominatif, ce cas est l'ablatif, à moins 
que la voyelle de la flexion casuelle n'ait disparu. (d'Arbois de Jubain- 
viLLE, Etude sur la déclinaison des noms propres dans la langue 
franque, p. 322; Bibliothèque de l'École des chartes, t. XXXI.) 

M. Prou {op. cit. Introd., pp. 77, 78) est davis de voir, dans ce cas 
indirect, une espèce d'ablatif absolu, que monetario soit alors exprimé 
ou sous-entendu : un tel étant monétaire. 

(4) Alt deutsches Namenbuch. 



ceux des saints encore vénérés de nos jours Ber- 
told, Bertou et Bertaut. 

Jusqu'aujourd'hui, on connaissait de Bertoal- 
dus (i), pour la citéhutoise, six triens différents. 
Celui-ci augmente donc d'une -unité la liste des 
monnaies signées de son nom, et cette liste, des 
trouvailles viendront probablement la grossir 
encore. Il ressort aussi de l'examen des produc- 
tions de notre monnayeur, en admettant l'hypo- 
thèse suivant laquelle les monétaires étaient à la 
fois directeurs d'ateliers et artisans — témoins 
Abbon et saint Eloi — que son faire fut très 
inégal et que la pièce que je publie peut être 
considérée comme sa meilleure œuvre. 

Le type de la croix ornée de pendentifs que l'on 
rencontre ici est un de ceux qui furent le plus en 
usage à Huy, où l'on employait aussi : la croix 
chrismée, la croix grecque potencée seule ou sur 
un globe, la croix latine sur un degré, la croix 
avec les lettres alpha et oméga suspendues au 
croisillon (monétaire Rigoaldus) (2). 

M. Prou, dans la savante introduction de son 
livre (3), nous donne du type de la croix ornée de 
pendentifs une explication très nette. « Ce fut 
l'habitude, dit cet auteur érudit, dans les premiers 
siècles chrétiens et pendant la période barbare, de 

(1) Il est à supposer qu'il n'eut pas d'homonyme à Huy. 

(2) Vo)^. DE Belfort, Description générale des monnaies méro- 
vingiennes, t. I, no 1546, p. 4?9. 

(3) Catalogue des monnaies mérovingiennes, Introd., p. 88. 



i56 

suspendre à la traverse de la croix, avec de petites 
chaînettes, les lettres AetCO. Le monnayage méro- 
vingien (i) témoigne de cet usage. Le mode de sus- 
pension est même sommairement indiqué sur des 
triens de Frisia et de Huy ». Et M . Prou se demande 
si les chaînes de suspension ne seraient pas l'ori- 
gine des pendentifs qui tombent des bras de la croix ? 
Evidemment, c'est là leur origine et j'ajouterai 
que l'on peut suivre à Huy, notamment, la dégéné- 
rescence du type. N'y voit-on pas, en effet, sur 
un triens du monétaire Rigoaldus, la croix avec les 
lettres A et CD suspendues, tandis que sur d'autres 
elles ont déjà disparu et que, seuls, les pendentifs 
restent, que sur une troisième série de pièces, les 
pendentifs ont fait place à des points (2), et qu'enfin 
sur d'autres triens encore, les points n'existent 
même plus. Le type primitif a subi le sort très 
fréquent des figures représentées sur les monnaies : 
en s'altérant progressivement, il est finalement 
arrivé à l'immobilisation. 

Donc, en observant la marche suivie par la dis- 
parition successive des deux lettres symboliques, 
des pendentifs et des points, on pourra, si l'on 
veut, établir un classement plus ou moins chrono- 
logique des triens de Huy appartenant au type delà 
croix placée sur une base trapézoïdale. De cette 

(1) Et aussi les inscriptions {vqy. Leblanc, Inscriptions chrétiennes 
de la Gaule, t. I, passim, et pi. XV, no 67). 

(2) J'entends parler des points placés sous le croisillon, car ceux 
que l'on voit parfois au-dessus ont une autre origine. 



1^7 

dégénérescence du type découlera d'ores et déjà 
pour moi cette constatation que le tiers de sol 
du Cabinet de l'Etat doit être postérieur au n" 1546 
de la Description générale des monnaies mérovin- 
giennes de M. A. de Belfort, et certainement anté- 
rieur aux triens au revers desquels les pendentifs 
sont remplacés sous le croisillon par des points. 
La pièce est, en outre, frappée dans un métal 
assez pur et accuse un poids presque fort : Is^32. 
La bonne qualité de l'or, l'élévation du poids (i), 
la correction relative du style ou plutôt du faire 
étant autant d'indices d'ancienneté, je ne croirai 
pas m'être beaucoup abusé si j'assigne à ce tiers 
de sou les premières années du vii^ siècle pour 
époque de fabrication. 



* 

* * 



Avant de terminer cet article, j'insisterai, une 
fois de plus, sur l'exactitude de l'identification 
avec Huy des légendes monétaires mérovingiennes 
Choae, Choe, Choiu, Choi, etc., ne fût-ce que 
pour enrayer certaines tendances (2) à en revenir 

(1) Le poids des monnaies mérovingiennes suit une progression 
décroissante depuis iRr.^o jusque ogi'.gS. (Ponton d'Amécourt, Essai 
sur la numismatique comparée à la géographie de Grégoire de Tours, 
p. 7.) 

(2) Le vicomte de Ponton d'Amécourt écrit, vingt ans après DeCoster : 
« Il est permis de se demander si l'on n'a pas eu tort d'attribuer à Huy 

les nombreuses monnaies dont la légende est Choae fit )^ {Comptes 

rendus de la Société française de numismatique, t. I, p. 21 3,) 



i58 

encore aux Coye et aux Cayeux des Combrouse 
et des Voillemier, et faire disparaître de la carte 
des ateliers monétaires annexée au Catalogue des 
monnaies mérovingiennes de la Bibliothèque nationale, 
le point d'interrogation qui s'y trouve placé à 
côté du nom mérovingien de Huy. 

Si beaucoup d'identifications de localités ont été 
faites un peu au hasard et fournissent encore 
matière à discussion, il faut reconnaître qu'il ne 
peut en être de même de celle que proposa jadis 
De Coster (i). Basée sur les trouvailles, les textes 
et des raisons linguistiques on ne peut plus accep- 
tables, elle est et restera l'une des plus vraisem- 
blables et des plus sûres de la numismatique 
mérovingienne. 

Huy, en latin Hoyum (2), en néerlandais Hoey 
ou Hoei, à laquelle certains auteurs attribuent une 
origine gauloise, fut bâtie, selon les anciennes 
chroniques (3), par l'empereur Antonin le Pieux. 
Cette assertion que semblent corroborer des trou- 
vailles de monnaies et d'antiquités romaines (4) 
faites sur l'emplacement et dans les environs de la 

(1) Revue belge de numismatique, 1849, P- ^^^■ 

(2) Hoium (626). — Albric), Chron. apud Pert^, Scr. 23, 696, 8. 
Hogium (744). — Diplom., I, 88, 25. 

Hoyum (844). — Gesta abbat. Trudon. contin., III, Scr. 10,374, 1. 
Hoy (1121). — Ann. Rodens., Scr. 16, 700, 5i. 
Hoye (1225, 1228, i328, 1406, etc.). — Oesterley, Hist.-geogr. 
Worterbuch des deutschen Mittelalters . 

(3) Joan, Presbyt. ap. Chapeauville, t. II, p. 32o. 

(4) Voy. ScHUERMANS dans les ^ «Ma/es rfM Cercle liutois des Sciences 



i59 

ville actuelle, mérite croyance, bien que la ville 
ne figure ni dans l'Itinéraire d'Antonin, ni dans 
celui de Théodose, connu sous le nom de Table 
de Peutinger. Si l'on ajoute à ces quasi-arguments 
que l'on possède des preuves certaines de son exis- 
tence à partir de saint Materne, premier évêque 
de Tongres, auquel Maestricht, Dinant, Namur, 
Ciney, Saint-Hubert sont redevables de leur pre- 
mière église et dont l'apostolat est fixé au com- 
mencement du iv"" siècle (i), il n'est guère néces- 
saire d'invoquer plus de raisons pour étayer 
l'attribution de monnaies mérovingiennes à Huy. 
Cependant il resterait à citer un monument dont 
on n'a pas apprécié l'importance capitale, puis- 
qu'il fut écrit au vii^ siècle et non au ix*", comme 
on l'a dit précédemment dans cette Revue; 
j'ai nommé la Cosmographie de l'Anonyme de 
Ravenne (2), qui range la ville au nombre des 
cités de la Francia Rhenensis sur la même ligne 
que Nassaga (3), Deonantis, Namon, Neonsigo (?) 
et Trega. 

et des Arts, 1875-1876, p. 157, et le prince C. de Looz dans le Bulle- 
tin des Commissions d'Art et d'Archéologie, t. XIV, p. 202. 

(1) MÉLART et GoRissEN, Histoire de Huy, p. 32. 

Voy. aussi Gilles d'Orval dans Pert^, Scr. XXV, et les Acta 
Sanct. Belgii, t. I, 81. 

(2) Ravennatis Anonymi Cosmographia, edid. Pinder et Parthey, 
Berolini, 1860, p. 233, chap IV, 26 

(3) Nassogne, simple commune aujourd'hui, est une des localités 
dont l'antiquité est le mieux constatée. En 372,Valentinieny rendit trois 
constitutions insérées au Code Théodosien. 



lOO 



L'existence de Huy, en tant que ville, à l'époque 
mérovingienne, est donc parfaitement établie 
par un texte irréfutable. De plus, la preuve de son 
existence, comme ville forte, castrum, résulte de la 
lecture d'un triens (i). Toutefois, l'Anonyme de 
Ravenne donne à la cité du Hoyoux (2) le nom 
à.' Oint, mais il est à peu près certain que, comme il 
est arrivé souvent pour les noms géographiques, 
l'orthographe du mot a été altérée par les copistes 
et qu'il faut lire Oitim, appellation équivalente, à 
l'aspiration près, àHoium. 

De Hoium à Chom, l'hiatus est alors assez 
faible, surtout si l'on admet que le monétaire a 
pu négliger de placer sur Vu le signe abréviatif 
tenant lieu de Vm. De Hoium à Choae ou Choe, au 
contraire, il y a une grande distance. 

Pour expliquer cet écart, il faut, selon moi, con- 
sidérer que Hoium était déjà au vii^ siècle le nom 
latin officiel de Huy, tandis que Choae, Choe 
n'étaient que des appellations appartenant à la 
langue vulgaire, c'est-à-dire à la langue parlée 
par la population germanique de l'endroit. Ces 
appellations, dont Choae est la première en date (3), 

(i)Prou, Op. cit., n°i2oi. 

(2) La rivière qui passe par Huy se nommait primitivement Hoïus 
(Mir. II, 935 an. 885 : hoc est in vico super fluvium ejusdem nominis 
Hoio), mais on a préféré ensuite la forme diminutive Hoiolus, d'où 
le nom actuel : Hoyoux. (Grangagnage, Mém. sur les anc. noms de 
lieux, p. i3o, tome XXVI des Mém. cour, de l'Acad. royale de 
Belgique.) 

(3) Contrairement à l'opinion de Voillemier (Revue française 



i6i 

ont dû donner naissance à une forme adoucie 
Choei, que je ne trouve, il est vrai, ni dans le livre 
de M. de Belfort, ni dans celui de M. Prou, 
mais qui a dû être lue sur une monnaie de Huy, 
puisque je la relève dans la liste des légendes 
monétaires mérovingiennes publiée parM.Blan- 
chet dans la nouvelle édition qu'il a donnée du 
Manuel de numismatique du moyen âge, de M. de Bar- 
thélémy. 

Or, si de Choei, on retranche le c placé devant Vh, 
à la manière germanique, pour en renforcer l'aspi- 
ration (i), on obtient Hoei, c'est-à-dire la forme 
fixe sous laquelle le nom de Huy (2), traversant les 
temps et les dialectes, est arrivé jusqu'à nous en 
néerlandais. 

Fréd. Alvin. 

de numismatique, 1846, p. 100), car les monnaies sur lesquelles se lit 
Choae avec a se rapprochent bien plus des types romains, que celles 
qui portent Choe. 

(1) Les noms de personnes offrent plus d'exemples de ce renforce- 
ment d'aspiration que les noms de lieux : Chariulfus pour Hariulfus, 
Charoald pour Haroald, Chlodowich pour Hlodowig, Chugobert pour 
Hugobert, Chattuarii pour Hattuarii et Attuarii, Chaganbach pour 
Haganbacli(VIII«S.). 

(2) Voillemier et De Coster ont noté ce phénomène phonétique 
d'une importante signification que Huy se prononce encore aujour- 
d'hui dans tout le pays de Liège comme s'il s'écrivait par un chi grec. 



102 



JESA 



SEIGNEUR DE MARQUETTES, SUPERINTENDANT DU QUARTIER O'YPRES 

(i582-i583). 



Nous possédons, depuis quelque temps déjà, un 
écu de Philippe II, pour l'Overyssel, frappé en i563. 
Cette pièce est contremarquée d'un Y couronné. 




Notre confrère et ami, M. de Witte, a dans ses 
cartons un double sou de Philippe-le-Beau, pour le 
Brabant, de 1496, surfrappé de la même manière. 

Ces Y couronnés, quoique plus petits, sont en 
tout semblables à celui figuré sur le plomb de la 
draperie décrit page 320 et donné sous le n° 3 de la 
planche 00 de V Essai de numismatique yproise, par 
Alphonse Vandenpeereboom. Ce plomb date vrai- 
semblablement du xvii^ siècle. 



)63 

La ressemblance que nous signalons est frap- 
pante. Y et couronne sont les mêmes sur les trois 
pièces et il ne serait pas du tout étonnant que 
contremarque de notre écu et coins du plomb 
fussent sortis du même burin. 

La comparaison des trois monuments ne permet 
donc pas le moindre doute quant à l'origine 
yproise de la contremarque qui nous occupe (i). 

(i) On a voulu donner au Portugal les monnaies contremarquées 
d'un Y couronné, à cause de la ressemblance de cette estampille avec 
le type des réaux d'argent de Jean II, roi de Portugal (1481-1495). 
(V. Descripçâo gérai e historica das moedas cunhadas em nome dos 
rets, régentes e governadores de Portugal, par A.-C. Teixeira 
DE Aragâo, 1. 1, p. 241 et pi. XIII, nos 6, y, 8, 9, 10 et 1 1.) Nouscroyons 
que cette attribution ne peut subsister si l'on compare les pièces ainsi 
poinçonnées avec le plomb dont nous avons parlé au commencement 
de cette notice, plomb dont l'origine yproise est absolument certaine. 
Il serait, en outre, étrange que les rares pièces connues contremarquées 
d'un Y couronné fussent presque toutes des monnaies ayant été frappées 
dans les Pays-Bas, si l'estami iile en question avait réellement une 
origine portugaise. De plus, la gravure de la contremarque aurait été 
alors, semble-t-il, d'un tout autre style, ce que l'examen attentif des 
réaux de Jean II, roi de Portugal, prouve à l'évidence. Enfin, et ce 
dernier argument semble bien difficile à réfuter, Jean II et Jean III, 
rois de Portugal, étaient tous deux morts en i563, date de la frappe de 
notre écu de Philippe II. La contremarque qui s'y trouve ne peut 
donc représenter l'initiale du nom d'un de ces princes. Il n'est pas 
vraisemblable que ce soit celle de Jean IV, dont le règne commença 
seulement en 1640, cette même estampille figurant aussi sur une 
monnaie de Charles le Téméraire, qui vient de nous être commu- 
niquée. Le duc de Bourgogne étant décédé près de deux siècles 
avant l'avènement du roi Jean IV, il n'est guère probable que le 
numéraire de Charles le Téméraire circulait encore en Portugal à 
cette époque. 



164 

Des Y couronnés du même genre fiorurent encore 
sur les n°^ I, 2 et 3 de la planche PP du même 
ouvrage. 

Il nous reste à rechercher à quelle époque et à 
la suite de quels événements nos deux monnaies 
ont été contremarquées. 

Le millésime i563, qui se trouve sur notre écu 
de Philippe II, assigne à ces événements une date 
postérieure à cette année. D'un autre côté, la pré- 
sence de l'Y couronné sur un double sou de 1496 
nous force à limiter nos recherches à une époque 
pas trop postérieure à i563, vu la période de temps 
déjà longue comprise entre ces deux dates. Nous 
avons borné nos investigations à la fin du xvi^ siè- 
cle, tant à cause de la parfaite ressemblance de 
l'estampille de nos pièces avec l'Y du plomb de la 
première moitié (?) du xvii* siècle dont nous avons 
parlé, que de la succession rapide, pendant ces 
années troublées, d'événements ayant pu donner 
lieu à des faits monétaires extraordinaires. Il est 
de plus avéré que les dépôts de monnaies enfouis 
sous le règne de Philippe II renferment souvent 
des espèces de Philippe-le-Beau, preuve évidente 
que le numéraire de ce prince circulait encore à 
cette époque, concurremment avec celui de Phi- 
lippe II, ce que les tarifs du temps, réglant le 
cours des monnaies, constatent d'ailleurs sura- 
bondamment. 

En i582, la Flandre était profondément trou- 
blée. Gand, Bruges, le Franc de Bruges et Ypres, 



i65 

qui en constituaient les quatre membres, suivaient 
une politique différente, 

Gand, le premier viiemhre, qui se qualifiait, 
dès i58i, de métropole des Flandres, sur les mon- 
naies frappées dans ses murs, reconnaissait cepen- 
dant le duc d'Alençon à cette époque, mais plutôt 
comme protecteur que comme souverain. La 
faction d'Hembize, qui triompha définitivement, 
en i583, de celle de Ryhove, ne voulait pas se 
soumettre à ce prince étranger. 

La ville de Bruges, le deuxième membre, et le 
Franc de Bruges, le q^iatrieme membre, avaient tous 
deux leur juridiction dans cette cité. Ces deux 
membres, qui suivaient, en i582, le parti du duc 
d'Alençon, formaient, en i583, un groupe soute- 
nant en apparence les États pour arriver, à la suite 
d'une espèce de neutralité armée, à une réconci- 
liation avec le duc de Parme. Le duc de Croy pré- 
sidait, comme gouverneur, aux destinées de ces 
deux membres. 

Ypres, le troisième membre, resta bientôt isolé 
dans son attachement sincère à la cause des États. 
Cet isolement devint complet à la suite de la prise 
de Menin et de Dixmude par les Espagnols. 

Le 3 septembre i582, le duc d'xA.lençon informait 
le magistrat d'Ypres (i) qu'il lui envoyait, ainsi 



(i)Kervyn de Volkaersbeke et Diegerick, Docuynents historiques 
inédits concernant les troubles des Pays-Bas, Gand, 1849, t. II, 
p. 362. 



i66 

qu'il l'avait demandé, un gentilhomme bien expé- 
rimenté en fait de guerre, le seigneur de Mar- 
quettes, pour l'assister de son conseil, en ce qui 
avait trait à la guerre et à la défense de la 
ville, etc. 

Quelques jours après, le 12 septembre, le prince 
d'Orange écrivait lui-même au magistrat (i) : 
« Comme Son Alteze a trouvé bon de commeetre 
» le sieur de Marquettes à la superintendance de votre 
» ville (2) au faict de la guerre et que présente- 
» ment il se porte vers vous pour s'étendre à sa 
» charge, je n'ai pas voulu le laisser partir sans 
» l'accompagner de ces mots pour vous prier de 
» luy vouloir porter le respect et donner Vobéis- 
» sance qui convient. » 

Le seigneur de Marquettes avait donc reçu des 
pouvoirs étendus de l'autorité centrale qui tenait 
parti contre Philippe II. Il est donc bien naturel 
d'admettre qu'il ait pu, en vertu de ces pouvoirs, 
faire relever, quand le besom s'en fit sentir, la 
valeur des espèces qui formaient son trésor. Cette 
nécessité dut se produire rapidement. Les com- 
munications avec le dehors étaient devenues diffi- 
ciles, Farnèse s'étant étendu partout dans le plat 
pays, tactique qui rendait la chute des villes iné- 
vitable. 



(1) Kervyn DE VoLKAERSBEKE et DiEGERicK, Documents historiques 
inédits concernant les troubles des Pays-Bas. Gand, 1849, t II, p. 363. 

(2) La ville et le quartier d'Ypres formaient une seule et même super- 
intendance. 



167 

L'isolement complet dans lequel se trouvait dès 
lors le quartier d'Ypres dut amener, à bref délai, 
une grande pénurie d'argent monnayé et le sei- 
gneur de Marquettes dut bientôt se voir obligé de 
relever la valeur des rares espèces qu'il avait à sa 
disposition. Ce fut alors, croyons-nous, que furent 
contremarquées les pièces qui nous occupent. 

Plus tard, le siège se continuant, le numéraire 
devint de plus en plus rare et la détresse des assié- 
gés alla en augmentant, surtout après que deux 
grandes sorties, tentées pour ravitailler la place, 
eurent été repoussées, l'une, près de Bergues 
Saint-Winocq, l'autre, aux portes mêmes d'Ypres. 

C'est à la suite de ces désastres que furent sans 
doute émises les pièces obsidionales, en étain, 
de XX et de X sous, pièces portant la date i583. 
La frappe.de ces dernières monnaies n a pas laissé 
de traces dans les archives. Cela résulte à l'évi- 
dence du mutisme du livre de M. Vandenpeere- 
boom à cet égard. 

Quoi d'étonnant dès lors que la mesure du relè- 
vement de la valeur des espèces, mesure aussi 
mise en pratique au pays de Waas (i) et qui a dû 
précéder l'émission du numéraire en étain, ne se 
trouve non plus mentionnée dans aucun document? 

Les recherches à ce sujet gracieusement faites, 
à notre demande, dans les archives d'Ypres, par 
M. Merghelynck, dans celles de Gand, par M. Die- 

(1) Revue belge de numisynaliqtie, 1894, p, 367, 



i68 

gerick, dans celles deBruxelles, par M.Verkooren, 
sont restées sans résultat. Cela ne doit pas nous 
surprendre, disons-nous, car, en vertu de ses pou- 
voirs de guerre discrétionnaires, le seigneur de 
Marquettes a dû prendre les mesures financières 
en question sans consulter le magistrat, dont il 
n'avait pas à demander l'autorisation. 

Le 14 avril 1684, le prince de Parme donne ses 
instructions aux commissaires envoyés à Ypres, 
après la reddition de cette ville (i). 

Il leur prescrit, entre autres, d' « enquester les 
» moiens que ceulx de la dite ville et chastellenie 
» ont tenu et observé pour trouver argent au 
» paiement et entretènement de leurs garnisons ». 
11 est vraisemblable que la découverte de cette 
enquête, restée introuvable, fournirait des rensei- 
gnements intéressants sur le sujet qui nous occupe. 

Le silence des archives de l'époque nous paraît 
bien naturel après tout ce qui précède, et il nous 
semble avoir suffisamment établi que les mon- 
naies contremarquées d'un Y couronné ont été 
estampillées à Ypres vers i582, par les ordres du 
seigneur de Marquettes, superintendant de la ville 
d'Ypres et de son quartier. 

V'^ Baudouin de Jonghe. 



(1) Archives du royaume à Bruxelles et Compte-rendu des séauces 
de la Commission royale d'histoire ou Recueil de ses bidletins, 3« S., 
t. XIII. Bruxelles, Hayez, 1872, p. 84, ccccxxxiv. 



lôg 



RECHERCHES NUMISMATIQUES. 



TEOISIEME AKTICLE. 
Planche IV. 



I. 

BRONZE GAULOIS A LA LÉGENDE GAI CA... 

Tête de Janus. Lèg. : CAI CA... 
Rev.hïon passant à droite; un rameau au-dessus 
de lui. Pas de trace visible de légende. 

Bronze. Poids : 2gr.4o Collection de Witte. 

Trouvé en Belgique. PI. IV, n° i . 

Cette pièce n'est pas inédite, c'est une simple 
variété de la monnaie déjà publiée ; elle n'en est 
pas moins intéressante, car les lettres que laisse 
voir notre exemplaire viennent contredire la lec- 
ture de la légende, admise jusqu'ici. Nous avons 
donc cru faire œuvre utile en reproduisant le petit 
bronze de notre collection d'après un dessin que 
nous devons à l'obligeance de notre confrère 
M. Seeldrayers, artiste-peintre et numismatiste. 
Chacun pourra se faire ainsi une opinion en 
connaissance de cause. 

Lorsqu'il s'agit de numismatique gauloise, 
chaque monnaie de quelque importance a pour 
ainsi dire son histoire. Celle de notre petit bronze 
n'est pas des moins intéressantes, 

ANNÉE 1896. 12 



170 

M. Duchalais, dans la Description des médailles 
gauloises faisant partie des collections de la Bibliothè- 
que royale, classe cette pièce sous la rubrique : 
Autonomes de Cavaillon et la décrit comme suit : 

44. — CAL.. (COL. CAI). Tête de Janus, barbue 
et laurée. Grènetis au pourtour. 

Rev. ... AN... Lion marchant à droite. 

JE. Diamètre -M 5 millimètres. PI. I, n" 3. 

(MioNNET, Gaule narbonnaise, x\° 27, JE. 4.) 

Puis il ajoute : « Pellerin et M. Mionnet ont lu 
» sur cette pièce CABE au droit, et M, ANT au 
» revers ; ils voyaient tous deux de ce côté une 
» tête de Marc-Antoine, au lieu d'un lion(!) mais 
» M. de la Saussaye, p. 145 de la Gaide narbon- 
•» naise, a déjà détruit cette erreur; c'est bien un 
» lion qu'il faut reconnaître dans ce type. Jamais 
» on n'a pu retrouver sur notre pièce CABE ou 
» M. ANT, comme le prétendent ces deux savants. 
» Il n'y a que CAI et AN, ou tout au plus ANT. 
» Cependant, en tournant l'exemplaire que pos- 
» sède le Cabinet d'une certaine façon et en l'ex- 
» posant à un certain jour, on arrive à grand'peine 
» à reconnaître quelques traits qui semblent se 
>^ rattacher au I et peuvent, si ce ne sont des aspé- 
» rites du flan, avoir formé un B lorsque la pièce 
» était entière. Aussi avons-nous hésité longtemps 
» avant d'adopter la classification reçue, et ne 
» l'avons-nous acceptée qu'après avoir trouvé 
» dans le Catalogue des médailles de M. Desains (de 



T7I 

» Saint-Quentin), rédigé, en 1843, par M. de Long- 
» périer, la description d'une médaille semblable, 
» où on lit COL. CAI. Toutes les pièces de Ca- 
» vaillon décrites plus haut portent, on se le rap- 
» pelle, COL. CABE. Le mot COL. se retrouvant 
» ici est un grand argument en faveur de l'opinion 
5 admise, et il peut bien se faire, en outre, que le 
» I final soit un signe indicatif d'une qualifi- 
■» cation, et qu'il faille lire COhonia CABellio 
» lulia. On sait combien, en Espagne, cette sorte 
» d'épithète était alors fréquemment usitée, et que 
» cet usage était passé en Gaule, puisque sur les 
» grands bronzes de Vienne nous lisons C. L V., 
» que l'on explique par Colonia lulia Vienna. » 

Cette note sent vraiment trop la gêne, l'hési- 
tation. 11 faut avouer que pour donner le bronze 
à la tête de Janus et au lion à Cavaillon, il fallait 
le tourner dans bien des sens, supposer bien des 
choses ; aussi, M. Muret, dans le Catalogue des 
monnaies gauloises de la Bibliothèque nationale paru 
en i88g, laisse-t-il prudemment ces monnaies aux 
incertaines de la Narbonnaise. Il n'en décrit pas 
moins de six exemplaires : 

2614. CAL.. Tête de Janus. 
Rev. Lion à droite. Br. 2^'. 04. 

2615. Id. Br. 2«'.36. 

2616. CAL.. Tête de Janus. 

Rev. Lion à droite ; à l'exergue AN. Br. 2'^Mo. 

2617. CAITIO. Tête de Janus. 
Rev. Lion à droite. Br. i^'.go. 



172 

26i8. Id.Br. 28^55. 

261g. CAL.. Tête de Janus. 

Rev. Lion à droite; à l'exergue AN. Br. I8^g5. 

« Ces pièces, fait remarquer M. Muret, sont 
» classées à Cabellio dans la Numismatique de la 
» Gaide narbonnaise, par M. de la Saussaye. Voyez 
» pi. XVII, 5, et page 143 du corps d'ouvrage. 
» A Apta Julia, Dictionnaire archéologique de la 
» Gaule, page 66. » 

Du moment où la légende ne peut se lire CABE 
COL, il faut bien avouer qu'il est difficile de 
maintenir à Cabellio l'attribution des bronzes 
« Janus-lion », qui n'ont ni la fabrique ni le type 
des espèces émises dans la Gaule narbonnaise. 
L'emploi de la tête de Janus est assez rare sur le 
numéraire gaulois (i) ; il en est tout autrement du 
lion, qui se rencontre sur une infinité de mon- 
naies; mais il est à noter qu'en dehors des pièces 
dont nous nous occupons, la tête de Janus ne se 
retrouve accolée à la figuration d'un lion que sur 
des bronzes anépigraphes, qu'on est généralement 
d'accord pour donner au pays des Rèmes (2). 

Nous ne voyons donc pas trop pourquoi les 
pièces CAI CA... n'appartiendraient pas aussi à la 
région occupée par ce peuple, l'allié fidèle des 

(1) Muret. Catalogue des monnaies gauloises de la Bibliothèque 
nationale, nos 2614-2619; 8io6-8i23; 8933-8944; 9464-9465; 9897- 
9899. 

(2) Muret. Catalogue des monnaies gauloises de la Bibliothèque 
na^/oMfl/^, nos 8106-8123. 



Romains, sur les espèces duquel apparaît parfois 
la signature A HlRtius, IMFerator (i). CAlus CA... 
— nous n'osons écrire Caius Carinas (2) — y serait 
donc fort bien à sa place. Dans tous les cas, ce 
qu'il y a de certain, que l'on admette la lecture de 
M. Muret, CAITIO, ou la nôtre, CAI CA, c'est que 
la leçon COL CABE est fautive et que, dès lors, 
tombe d'elle-même l'attribution à Cabellio-Cavail- 
lon et à la Narbonnaise. Cette seule rectification 
a son importance. 

II. 

DUCAT DE MARGUERITE DE BRÉDERODE. 

Écu écartelé de quatre lions : ^^ MARGA D ® 
BREDROD ® AB ® THORE'. 

Rev. Vierge couronnée, assise, tenant dans ses 
bras l'enfant Jésus nimbé. A ses pieds, un crois- 
sant; à l'exergue, coupant la légende, un petit écu 
au lion : MONETA ® NOV — AVREA ® 
THORN ® 

Ducat d'or. Collection du Vicomte B. de Jonghe. 

Poids : 3gr.37. PI. IV, no 2. 

(1) M. Maxe-Werly ne croit pas pouvoir attribuer ces monnaies aux 
Rèmes proprement dits, mais bien uh la partie delà Gaule Belgiquedont 
dépendait cette nation». Revue belge de tiumismatiqiie, t.XLIV,p.433. 

Nos faibles connaissances en numismatique gauloise ne nous per- 
mettent pas de prendre parti en l'occurence. 

{2) Caius Albius Carinas succéda dès l'an 3i avant J.-C. à Aulus 
Hirtius, propréteur de la Gaule Belgique. On lui donne une monnaie 
à l'éléphant et aux insignes du Pontificat, avec la légende CARINA, en 
rétrograde, à l'exergue du droit. Revue belge de numismatique, 
t. XLIV, p. 440. 



174 

Van der Chijs, lorsqu'il publia ses Munten der 
Leenen van Brahand en Limburg, ne connaissait pas 
cette rare monnaie en nature : 

« Op PI. XVI, geven wij onder n° i, écrit-il, 
» een ducaat, die wij alleen uit het Thresoor ken- 
» nen » (i). 

Il y a deux ou trois ans, nous avons rencontré 
cette pièce chez un antiquaire de Gand. L'exem- 
plaire, mieux conservé, que nous reproduisons 
aujourd'hui, appartient à la collection de notre 
excellent confrère M. le V*" B. de Jonghe. 

Marguerite de Bréderode était fille de Walraven 
van Bréderode et de sa seconde femme Anne van 
Nuenar ou Nieuwenaar. Thorn est un bourg qui 
fait actuellement partie du Limbourg hollandais. 
Il est situé à une lieue et demie au nord de 
Maeseyck, sur la grand'route qui conduit de cette 
ville à Venlo. Au x^ siècle, un certain comte 
Ansfrid et sa femme Hilsonde y fondèrent un 
monastère, qui fut converti, plus tard, en chapitre 
de chanoinesses. 

L'abbesse de Thorn était dame temporelle du 
pays de ce nom et des communes de Graethem, 
Ittervoort, Hunsel, Eelen, Baexem et Stamproy. 
Elle possédait aussi la seigneurie de Neeroeterein, 
dans le comté de Looz, et celle d'Ubach, au pays 
de Juliers (2) . 

(1) Page 196. 

(2) WoLTERS, Notice historique sur l'ancien Chapitre impérial de 
Chanoinesses à Thorn, pp. 6 et 7. 



175 

Sa monnaie, depuis Marguerite de Bréderode 
(i53i-i577), relevait du cercle de Westphalie. 

La plus ancienne monnaie connue des abbesses 
de Thorn est un denier du commencement du 
xi^ siècle, signé Gerberga (i). 

Le 17 juillet 1548, Charles-Quint publia une 
ordonnance vStipulant que, désormais, toute mon- 
naie frappée en terre d'empire porterait, outre le 
nom du seigneur qui l'émettait, l'emblème impé- 
rial et le nom de l'empereur régnant (2). 

L'abbesse de Thorn fut un des rares souverains 
des Pays-Bas qui se soumit à la volonté de Charles 
Quint. 

Le ducat que nous publions ne porte pas le nom 
de l'empereur d'Allemagne; il a donc, selon toute 
vraisemblance, été forgé antérieurement à l'année 
1548. 

IIL 

DENIER NOIR DE BORN. 

^ IIOnanaTÎ BORKŒLDans le champ, en deux 
lignes : I^GI — ÏÏGCL 

Rev. Croix brève et pattée. Lég. ♦ IIOnGCO^TÎ 
BORRa. 

Denier noir, poids : igr.ôo Collection de Witte. 

PI. IV, no 3. 

(\) Cm \i.oii. La plus ancienne monnaie des Abbesses de Thorn. 
Revue belge de numismatique, t. XVIII, pp 466-469. 

(2) DE BoRGHRAVE. //zstoire dcs rapports de droit public qui existè- 
rent entre les vrovinccs belges et l'empire d' Allemagne, p. 206. 



176 

Van der Chijs, pi. IV, n°* 2 et 3 des Munten dey 
Leenen van voormalige hertogdommen Braband en 
Limburg, donne à Renaud de Dalembroeck, sire 
de Born (i378-i396)deux billons noirs, légèrement 
variés, portant dans le champ du droit l'inscrip- 
tion bilinéaire RQil/nSR. C'est M. Perreau qui 
proposa le premier la lecture Reinerus et l'attri- 
bution à Renaud de Born, bien que ce seigneur 
soit toujours désigné dans les chartes sous le nom 
de Reinoldus (i). Cette attribution a été admise; 
nous n'avons nullement l'intention d'y contredire. 

M. Piot a publié, dans le tome XI de la Revue 
belge de numismatique (2) une généalogie des sires 
de Born à laquelle nous croyons pouvoir nous 
rapporter, en raison de l'autorité que lui donne 
le nom du savant archiviste général du royaume 
de Belgique. Cette généalogie nous apprend que 
Renaud de Dalembroeck mourut le 17 janvier i3g6. 
Son neveu Simon, comte de Salm, hérita de ses 
biens. Simon mourut le 16 janvier 1398 et la sei- 
gneurie de Born devint, d'après M. Perreau, la 
propriété de son frère Jean et de sa sœur Odile. 
Jean et Odile auraient vendu à Guillaume de 
Juliers, le 8 décembre 1400, Born, Sittard et Sus- 
teren pour une somme de 70,000 florins d'or. 
M. Piot cite, comme auteurs de cette vente, Odile 
et son époux Jean, sire de la Lecke et de Bréda. 

(1) Revue belge de numismatique, t. I«r, pp. 365-368. Avant 
M. Perreau on donnait ces pièces à la Gueldre. 

(2) Pp. 49 et 5o. 



177 

Les deniers noirs de Renaud de Dalembroeck, 
publiés par Van der Chijs d'après les planches de 
Lelewel, sont imités des pièces émises par la du- 
chesse Jeanne de Brabant à la suite de la conven- 
tion conclue entre elle et le comte de Flandre, 
Philippe-le-Hardi. Les deniers noirs de Jeanne, 
appelés « mites » dans les comptes, furent frappés 
à Louvain, du i6 septembre i384 au i6 mars i386, 
au nombre de 662,640. Ils avaient cours les douze 
pour un gros (t). Au centre, sur deux lignes sépa- 
rées par un trait, se lisaient les noms des associés, 
la duchesse et le comte, I0P7/PI^S. 

L'inscription du billon de Born de notre collec- 
tion se rapproche davantage de la légende IOI7/PI7S 
que ne le fait l'inscription des pièces déjà connues 
du même type, frappées par Renaud de Dalem- 
broeck. La similitude est même telle qu'il semble 
tout d'abord voir écrit, en rétrograde, IOI7/IOI7, 
ce qui classerait la pièce au Jean, successeur de 
Renaud. Mais, un examen plus attentif des carac- 
tères graphiques et la comparaison des lettres qui 
composent l'inscription centrale avec les lettres 
qui constituent les légendes circulaires, viennent 
complètement modifier cette première impres- 
sion. Nous nous trouvons tout simplement en 
présence d'un trompe-l'œil des mieux réussis, et 
c'est Rei/Rei, ou Rai/uai qu'il faut lire. Notre 

(1) A. DE WiTTE, Histoire monétaire des comtes de Louvain, ducs 
de Brabant, t. I, p. 166. 



178 

pièce constitue donc une troisième variété des 
deniers noirs émis, à Born,par Renaud de Dalem- 
broeck. La seigneurie de Born était située au pays 
d'outre-Meuse, dans le duché de Juliers, à peu de 
distance de la petite ville de Sittard. Le village 
de Born appartient aujourd'hui au royaume de 
Prusse. 

IV. 

QUART DE GROS DE MARIE DE BOURGOGNE POUR 
LA HOLLANDE. 

M en plein champ. Lég. : «f CPTÎRITïei 

GCominnissTî * 17. 

Rev. Croix courte et pattée ayant en cœur une 
petite rosace. Dans les cantons, deux rosaces et 
deux fleurs de lis. ^ IR -h HOmiRS * DOmiI?! *. 

Quart de gros, poids : oz'^.'j^ Collection de Witte. 

PI. IV, n° 4. 

Ce petit billon, élégamment gravé, n'est donné 
ni par Van der Chijs, De munten der voormalige 
Graafschappen Holland en Zeeland, ni par Jean 
Meyer, dans la suite d'articles qu'il a publiés dans 
la Revus belge de numismatiqtie, concernant les 
monnaies rares ou médailles inédites du cabinet 
de La Haye, dont il était le conservateur. 

Le quart de gros de Marie de Bourgogne de 
notre collection offre la particularité de présenter, 
au revers, une croix cantonnée de deux fleurs de 
lis et de deux petites roses. Or, la rOvSe de Dor- 



179 
drecht ne se retrouve, ainsi employée, que sur des 
pièces de billon émises au temps de Philippe-le- 
Beau (1496-1506) (i). Elle est accompagnée alors 
de deux lions ou d'un lion et d'une fleur de lis. 
On sait que certains petits deniers à tête, forgés 
par les comtes de Hollande au xiii^ siècle, por- 
taient déjà, dans les cantons de la croix qui 
marque leurs revers, des petites roses ou quinte- 
feuilles. 

Le quart de gros de Marie de Bourgogne est 
doté d'une légende fautive au droit : Mariae comi- 
tissa h, y lit-on pour Maria comitissa h. C'est une 
intéressante variété à joindre à la liste, déjà longue, 
des espèces hollandaises frappées au nom de 
l'épouse de Maximilien. 

V. 

MÉREAU DE JEAN BONT, CHANTRE DU CHAPITRE DE 
SAINTE-GUDULE, A BRUXELLES. 

>h SKUamiSi * DSI : * : GVDaUK : -k : 
VIRGO : * : Sainte-Gudule, la tête nimbée, 
s'avance de face ; elle tient de la main droite une 
lanterne et de la main gauche un livre ouvert. Le 
tout séparé de la légende par un cercle perlé et par 
un entourage formé de neuf arcs de cercle, ornés à 
leurs intersections de tiercefeuilles. Dans la partie 
concave de chaque arc de cercle, une étoile. 

(i) Van der Chus. De miinten der voormalige Graafschappen Hol- 
land en Zeeland, pi. XXI, nos 5 à 11, nos i3 et 14. 



i8o 

Rev. ^ : -^ : lOï^TTNNQIS : * : BON^T : ^ : 
GCTîHnnOR : * : Dans le champ un V, placé dans 
un entourage de neuf arcs de cercle, ornés à 
chacune de leurs intersections d'une tiercefeuille. 
Une étoile est placée à leur centre. Le tout séparé 
de la légende par un cercle perlé. 

Cuivre jaune. Coll. de M. Éd.VandenBroeck. 

PI. IV, no 5. 

M. R. Serrure a déjà fait connaître ce méreau (i). 
Si nous nous en occupons une fois encore, c'est 
que la publication, dans la Revue, d'une pièce au 
même type, avec la lettre STÎ au centre, a donné 
lieu à une interprétation fautive qu'il importe de 
rectifier dans le recueil même où l'erreur a été 
commise. 

Jean Bont, chanoine trésorier et chantre du 
chapitre de Sainte-Gudule, à Bruxelles, occupa 
diverses fonctions publiques. Il embrassa le parti 
du duc de Brabant, Jean IV, lors des démêlés de 
ce prince avec les Etats et fut nommé chancelier 
du Brabant, en 1427, par Philippe de Saint-Paul. 
Bont mourut en l'année 1453. 

M. Goddons a fait graver, planche III, n" 10 du 
tome XIII de la Revue belge de mmismatique, un 
autre méreau de ce personnage qui ne diffère du 
méreau de la collection de M. Vanden Broeck 
que par la lettre (D, qui, au revers, remplace la 

(1) Bulletin de numismatique, t. II, p. 7g. 



I«I 



lettre V. M. Goddons considérait la lettre (D 
comme l'initiale du mot merellus, méreau. 
M. Minard, qui, lui aussi, a reproduit le méreau 
à rCD du chantre de Sainte-Gudule, à la page i6g 
du tome III de la Description des méreaux et jetons 
de présence des Gildes et corps de métiers des Pays- 
Bas, lisait (Varia, car « ces méreaux étaient desti- 
» nés », ajoutait-il, « à être distribués de préférence 
» aux membres de la réunion de la Vierge, fondée 
» par le chanoine Bont » ! 

Il faut évidemment voir dans les lettres O") et V 
de nos méreaux les initiales des noms des offices 
religieux, au cours desquels ils étaient distribués, 
comme marques de présence, aux chanoines qui 
assistaient à ces offices. 

Une ordonnance du chapitre de Sainte- Gudule, 
du 27 novembre 1497, enjoint aux chapelains de 
réclamer, chaque jour avant de dire la messe, un 
plomb, afin qu'il soit possible ainsi de déterminer 
le nombre de messes qu'ils ont célébrées pendant 
le mois (i). 

Sans parler de la messe, les heures canoniales 
dites chaque jour par les chanoines sont laudes 
et matines, prime, tierce, sexte, none, vêpres et 
compiles, auxquelles viennent s'ajouter, la veille 
des fêtes, les vigiles. 

Les méreaux au nom de Jean Bont, chantre et 
trésorier du chapitre, marqués de la lettre fP, ont 

(1) Revue belge de numismatique^ t. XLVI, p. 553. 



l82 

donc pu convenir comme jetons de présence aussi 
bien pour la messe que pourles matines. Quant aux 
méreaux au V, il semble qu'en les faisant ouvrer, 
on ait eu surtout en vue les vêpres, offices quoti- 
diens, plutôt que les vigiles, qui ne se disaient 
qu'exceptionnellement. 

Il est à remarquer qu'il existe pour Termonde 
des méreaux signés Theodericus cantor ou Theo- 
dericus de Gorthem, portant au centre du revers 
l'une des lettres m, P ou V et qui semblent avoir 
avec les méreaux de Jean Bont, une commune 
origine, un objet identique (i). 

VI. 

PLOMB DES DRAPS DE BRUGES. 

En plein champ les armes au lion de Bruges, 
en partie, tout au moins. 
Rev, Un mouton couronné. 

Plomb. Collection de Witte. 

PI. IV, no 6. 

Les principaux métiers qui s'occupaient de la 
fabrication des draps, sans parler des teinturiers, 
étaient les tisserands, les foulons et les tondeurs. 
Les tisserands travaillaient les dr.aps aux métiers, 
les foulons, appelés aussi foulonniers et mou- 
liniers, préparaient les étoffes de laine en les faisant 

(i) MiNARD. Description des méreaux et jetons de présence des 
gildes et corps de métiers, etc., t. 111, pp. 174-176. 



i83 

fouler, presser au moulin , ce qui rendait le drap plus 
ferme et plus serré. Les tondeurs donnaient au 
tissu son dernier apprêt. A Bruges, les tondeurs 
étaient divisés en deux classes, les uns étaient 
nommés raemscheerers, tondeurs au châssis, 
parce que, pour exercer leur métier, ils étendaient 
le drap sur un espèce de châssis; les autres, scep- 
scheerers, qui tondaient avec plus de perfection. 
Les tondeurs brugeois étaient fort renommés. Au 
XV* siècle, c'était à Bruges que les draps de Gand, 
Bruxelles, Ypres, Malines, Saint-Omer, Dix- 
mude, Tourcoing, Eecloo, Commines, Roulers, 
Warneton, Maubeuge, Valenciennes, Vilvorde, 
recevaient souvent leur dernier apprêt. 

Les scepscheerers pouvaient, comme les ton- 
deurs au châssis, fermer les pièces de draps pliées. 
Cette dernière opération se faisait avec des fils 
de soie ou de lin. On y mettait des nœuds et des 
franges (roosen en fringen) en forme d'ornements. 

Le plomb était apposé par le doyen du métier et 
par ceux que les échevins désignaient pour cette 
opération qui servait de contrôle au point de 
vue fiscal et de garantie au point de vue de l'ori- 
gine de la marchandise. 

Dans les Flandres, les métiers étaient régis par 
des « Keuren » qui énonçaient les règles à suivre 
par le fabricant, le producteur. Les «Neeringhen » 
servaient de code au commerçant, au marchand. 
Les premiers s'adressaient à l'industrie, les 
seconds concernaient le commerce. Bien que les 



i84 

corps des métiers de Flandre apparaissent dès le 
xiii° siècle dans des documents authentiques, les 
« Keuren » des drapiers de Bruges parvenus jus- 
qu'à nous ne remontent pas au-delà des premières 
années du xv* siècle. On peut consulter à leur 
égard le livre des Ambachten en Neeringen van 
Brugge de Gailliard et le livre des Keures des drapiers 
et foulons de Bruges, publié, en 1842, par la Société 
d'émulation de cette ville. 

Le plomb des draps de Bruges de notre collec- 
tion nous semble de la fin du xv^ ou du commen- 
cement du XVI* siècle. Minard n'en fait pas mention 
dans sa description des « Méreaux et jetons de pré- 
sence, etc., des Gildes et corps de métiers, églises des 
Pays-Bas » (i). Nous avions signalé, jadis, ce 
plomb à M. de Schodt, qui en a dit un mot dans 
son « Résumé historique de la numismatique bru- 
geoise » (2). Cet auteur donne comme fabriquant à 
Bruges les coins des marques de marchandises aux 
XV* et XVI* siècles: Charles deGrute ouden Grutere, 
Antoine den Grutere, Chrétien den Grutere, Arnold 
Cabilliau, Hubert Poire, Guillaume Hebbrechts, 
Pierre Lamsins, Vincent Van Helzen, Josse 
Warnier, Pierre Lodewyck et Corneille de 
Cueninck. 



(1) Voir t. III, pp. 117-123. 

(2) Page 46. 



i85 



VIL 

DEMI-ONCE DE BINCHE. 

Poids de forme rectangulaire, arrondi aux 
angles. Écu du Hainaut aux quatre lions. 

Rev. Dans une sorte de carré, orné d'un annelet 
à chacun de ses angles, les armes de Binche, un 
lion de sable armé et lampassé de gueules. 

Cuivre jaune, poids : 25g'".o5 Cabinet de l'Etat belge. 

PI. IV, n» 7. 

Nous avons fait connaître dans la Revtie belge 
de numismatique, t. XLVI, pp. 5i7-52i, une double- 
once de Binche remontant au xiv^ siècle, du poids 
de Tio grammes. L'exemplaire, fort avarié, du 
cabinet de l'Etat belge correspond donc à la 
demi-once. C'est une unité de plus à joindre à la 
petite série de poids belges de marchandises déjà 
publiés. Espérons que peu-à-peu ces intéressants 
monuments sortiront ainsi de l'oubli où une cou- 
pable indifférence les a laissés plongés trop long- 
temps. 

VIIL 

MÉDAILLE DE l'aCADÉMIE DES BEAUX-ARTS DE LIEGE. 

Voici comment le baron deChestret de Haneffe, 
dans son excellente A^o/ic^ sur P. J. Jacoby, graveur 
liégeois du xviii* siècle (i), décrit cette médaille : 

(1) Revue belge de numismatique, t. XLVII, pp. 88-102, pi. III, n" 3. 
Année 1896. i3 



i86 

« Inscription en six lignes, remplissant le champ: 
REGNANTE — FRANCISCO CAROLO — ACA- 
DEMIA— PICTURyE SCULPTUR^E — SCALP- 
TUR^ — LEODII ERECTA. 

» Rev. Les génies de la Sculpture, de la Peinture 
et de la Gravure, sous les figures de trois enfants, 
avec le perron au milieu d'eux. L'un taille un 
buste antique, l'autre peint un héros tenant une 
corne d'abondance, le troisième grave les armes 
du prince de Velbruck. 

Légende: ARTES m^TAURKTM. AVexergue: 
MDCCLXXV; et plus bas: Jacoby f. 

» Un document récemment découvert (i), ajoute 
le baron de Çhestret, nous apprend, en effet, qu'un 
certain Jean Simons, au nom du prince de Vel- 
bruck, demanda et obtint, en 1776, la permission 
de frapper à la Monnaie de Bruxelles « plusieurs 
médailles pour l'Académie de peinture, de sculp- 
ture etde gravure à Liège», parce que le balancier de 
cette ville était brisé ». 

Les papiers de la Jointe des monnaies aux Ar- 
chives générales de Belgique renferment la requête 
de Jean Simon ou Simons, le jeune, maître sellier 
en la ville de Bruxelles, adressée, en décembre 1777, 
à S. A. Mgr le prince de Starhemberg, ministre 
plénipotentiaire. Jean Simon remontre humble- 
ment « qu'étant chargé de la part de S. A. le Prince 
de Liège de faire frapper à la Monnaie de 

(1) Revue belge de numis^natique, t. XLII, p. 1 16. 



Bruxelles deux médailles d'or et vingt cinq en argent 
destinées pour l'Académie de peinture et gravure 
érigée à Liège », il lui serait fort agréable d'obte- 
tenir l'autorisation de faire exécuter ce travail aux 
frais de l'évêque. 

Le gouvernement, ne s'expliquant pas trop cette 
demande, ordonna tout d'abord une enquête. 
Simon exposa alors qu'il avait été chargé de faire 
frapper ces médailles à Bruxelles, parce qu'à Liège 
le balancier de la Monnaie était cassé. 

Comme preuve de sa mission il montra, dit le 
rapport, les carrés, lesquels consistaient « l'une 
» pièce dans un obélisque (i) au pied duquel 
» travaillent quelques Génies, et l'autre pièce en 
» une inscription analogue au sujet. » 

La demande de Simon lui fut accordée le lo jan- 
vier 1778. 

Alphonse de Witte. 

(1) Le perron liégeois. 



i88 



PIÈCES RARES OU INÉDITES 



Encore un méreau du moulin communal d'Alost. — Méreau 
anépigraphe de Louvain. — Jeton à déterminer. — Jeton 
de Charles II, duc de Savoie. — Deneral d'une monnaie de 
Louis XIII, par W. Briot. — Jeton satirique de Louis XIV. 
— Plaque des douanes sous Marie-Thérèse. — Méreau du 
fermier des domaines ducaux, à Anvers, en 1771. 



Planche V. 



I 

Dans cette Revue, année iSgS, p. 400, j'ai dit que 
mes recherches m'avaient permis de porter à sept 
le nombre des méreaux du moulin communal 
d'Alost connus jusqu'à maintenant. Voici que 
mon obligeant ami et collègue, M. P.-J. van Dijk 
van Matenesse, bourgmestre de Schiedam, me 
signale un huitième méreau de ce moulin et me 
permet de décrire ici cette pièce unique de sa riche 
collection, autorisation dont je le remercie bien 
vivement. Ainsi se complète, petit à petit, la série 
de ces méreaux si peu connus jusqu'aujourd'hui, 
qui s'augmentera, je l'espère, encore, si mes col- 
lègues veulent bien m'indiquer les pièces nou- 
velles du même ordre qu'ils posséderaient dans 
leurs cartons. Ceci dit, je me hâte de décrire cet 
intéressant méreau : 

Droit. Monogramme du Christ surmonté d'une 
couronne à trois fleurs de lis. 



iSg 
Entre deux cercles dentelés : mautfocn m 

mautc ^ tjan ^ aclCt ^ 

Rev. Quatre briquets posés en croix, les bases 
tournées vers le centre ; au milieu, un silex ou le 
joyau de la Toison d'Or. Entre deux cercles den- 
telés : 

;. tttTîutsoen ;. VTîn ;. ^îsijst 

Laiton. Collection de M. P. J. van Dijk van 

Matenesse. 

Ce méreau porte, au droit, le monogramme du 
Christ, comme au revers du méreau décrit planche 
XI, n° I {Revue, 1894). Ce monogramme paraît sur 
de nombreux méreaux et jetons du xv^ siècle. 

Le revers est presque identique à celui du mé- 
reau décrit planche VII, n° 4 [Revue, i895), que 
M. Chalon considérait comme contemporain de 
Philippe-le-Bon, mais qui pourrait bien être plus 
récent. Cette grande analogie fera facilement ad- 
mettre que ces deux méreaux ont été frappés à une 
époque assez rapprochée. A remarquer le mot 
mautsoen répété au droit et au revers et dont j'ai 
essayé de donner l'explication dans \2iRev11e, i8g5, 
p. 404, explication justifiée par la légende du droit, 
où, à l'instar du méreau n° 2, planche VII, Revue, 
189.5, on voit le mot maute à la suite du mot maut- 
soen. répété comme synonyme de ce dernier, signi- 
fiant l'un et l'autre mouture (i). 

(1) Mon excellent confrère et ami M. J. Moens, de Lede, pense que 



190 

II 

Il ne sera pas inutile de reproduire ici un 
méreau anépigraphe de Louvain, de la seconde 
moitié du xv^ siècle et très inexactement dessiné 
dans le Messager des Sciences et des Arts, 1837, t, V, 
p. 465. 

Ce méreau porte au droit et au revers, comme 
celui que M. C.-P. Serrure a décrit, la même con- 
tremarque représentant sans doute deux feuilles 
trilobées ou des fleurs quelconques. Cette contre- 
marque existe très souvent sur ces méreaux de 
Louvain. 

Cuivre Ma collection. 

III 

Droit. L'agneau divin allant vers la droite, la 
tête nimbée et tournée vers la gauche, accom- 
pagné de la bannière à la croix dite de la Résur- 
rection ; la hampe est surmontée d'une croix. 

Devant l'agneau la lettre I. Le champ est en- 
touré de onze arcs de cercle juxtaposés et réunis 
par des fleurs de lis. Le tout dans un cercle cir- 
conscrit par un grènetis. 

Rev. Cor accosté, à droite et à gauche, de la lettre 
gothique S, dans un entourage formé de cinq arcs 
de cercle et d'un angle saillant ; le tout dans un 

le mot mautsoen signifie simplement malt. La présence sur le méreau 
ci-dessus décrit des mots mautsoen et maute écrits à la suite l'un de 
l'autre et comme synonymes semble corroborer l'opinion de M. Moens. 



d 



iqi 

cercle circonscrit par un grènetis. Au-dessus du 
cor, une contremarque consistant en la lettre b- 

Laiton. Ma collection. 

Ce jeton paraît être de la fin du xv* siècle. L'en- 
cadrement du revers ressemble étonnamment à 
celui du jeton bruxellois décrit par M. Chalon 
dans la Revue, i86g, p. 294, et figuré, planche IX, 
sous le n" 3. 

Faut-il en conclure que mon jeton est bruxellois 
ou du moins brabançon? Une simple analogie 
peut être trompeuse, d'autant plus que l'agneau 
divin figure vsur beaucoup de jetons ou de mé- 
reaux et que le cor est non moins ordinaire sur 
ces pièces. 

Faut-il considérer les lettres S accostant le cor 
comme les initiales de saint Eustache dont la 
légende, bien que beaucoup plus ancienne, est la 
même que celle de saint Hubert ? 

[Voy. dans J. de Fontenay, Manuel de l'Amateur 
de jetons, 1854, pp. 219-222, des jetons avec un cor 
semblable accosté de deux lettres S que Fontenay 
dit être les initiales d'Eustache.) 

Ne s'agit-il que d'un jeton banal sans autre 
usage que celui de compter ? 

Avec d'aussi faibles indices toutes les suppo- 
sitions sont permises, et je serais très satisfait si 
quelque collègue, mieux informé ou documenté, 
pouvait me donner une explication plus pré- 
cise. 

Dans cet espoir, j'ai cru bon de publier ce jeton, 



ig2 

dont le type est, en tout cas, intéressant par ses 
analogies avec d'autres pièces connues. 

IV 

Écu penché, aux armes de Savoie, qui sont de 
gueules à la croix d'argent. Au-dessus de récu,un 
casque dont la partie supérieure représente une tête 
de lion ayant comme cimier cinq tiges terminées 
par des fleurs de chardon et orné de lambrequins 
finissant par des houppes. Dans le champ, et 
accostant le casque, à gauche une rose à cinq pé- 
tales, à droite la lettre K. — Bordure de quinze arcs 
de cercles festonnés. 

Rev. Dans une même bordure de vingt- trois arcs 
de cercles festonnés, deux grands lacs d'amour 
terminés aux deux extrémités par des houppes, 
placés perpendiculairement, entre deux annelets à 
droite et à gauche; au centre et entre ces deux 

. PB 
lacs d'amour, la devise des ducs de Savoie • 

au dessus et en dessous un annelet. 

Laiton. Ma collection. 

On sait que l'ordre du Lacs d'amour a été insti- 
tué en Savoie, en i355, par Amédée V. 

Si l'on compare ce jeton aux monnaies des ducs 
de Savoie (Promis, Mon. dei reali di Savoia), on 
voit qu'il se rapproche le plus des pièces de 
Charles II(i5o4-i553) et qu'il est permis de l'attri- 
buer au règne de ce duc. En effet, le style du jeton 



193 

convient parfaitement à cette époque ; l'initiale K 
est celle de KAROLVS ; les lacs d'amour sont ter- 
minés par des floches et l'écu est échancré à sa 
partie supérieure, exactement comme sur les mon- 
naies de Charles II. 

Le revers de ce jeton, qui n'a pas été décrit par 
M. F. Rabut {voyez Revue, 1873, pp. 463-470 et pU. 
XII et XIII), rappelle beaucoup le revers du jeton 
que ce professeur a fait dessiner sous le n" 12 de 
sa planche XIII. 

Dans leur Histoire du Jeton au moyen âge, i858, 
MM. J . Rouyer et Hucher ont fait connaître un autre 
jeton de Savoie dont le type est assez différent de 
celui du mien (voyez pp. 176-177 et pi. XVII, 
n° 142) ; mais M. E. Cartier a signalé en 1848, dans 
la Revue française de Numismatique (p. 223, pi. XII, 
n° 5) un jeton qui a grande analogie avec celui que 
je viens de décrire. Ill'attribue, sans hésitation, 
à René de Savoie, surnommé le Grand Bâtard de 
Savoie. 

Je ne sais si M. E. Cartier a raison, mais je me 
bornerai à objecter que la lettre ¥1 gothique peut 
facilement être confondue avec la lettre R (ce qui 
m'est du reste arrivé, à première vue, pour la dé- 
termination de mon jeton) et que l'interprétation 

S • R • 

des lettres R • S *, peut-être peu distinctes ou 
P • II 

mal lues, par la phrase Sabaudiae Renatus Phi- 

lippi Ilfilius me semble peu naturelle et très sujette 

à caution. 



194 

Cette réserve est d'autant plus nécessaire qu'en 
1848 la précision dans la description et la repro- 
duction des pièces était généralement négligée. 
La même observation paraît devoir être faite au 
sujet d'un jeton encore beaucoup plus semblable 
au mien (il diffère par le cimier, accosté de deux 
roses) publié par M. J. de Fontenay dans le Manuel 
de l'Amateur de jetons, 1854, p. 46, et attribué aussi 
à René de Savoie. Ce jeton a t-il été exactement 
dessiné et interprété? On en douterait, quand l'au- 
teur voit entre les deux lacs d'amour les lettres 

RP 

• qui, très probablement, auraient dû être lues 

PSRnn, comme sur le jeton que j'ai montré à mes 
collègues lors de la réunion générale de notre 
Société, le 7 juillet dernier (voyez Revue, 1895, 
p. 597 et Revue, 1896, pi. V, n° 4). Comme nous 
ne possédons pas à la Bibliothèque royale ni dans 
la collection de notre Société de Numismatique le 
livre de Vincent Promis : Tessere dei principi délia 
Casa di Savoia, publié à Turin en 1879, je me suis 
adressé à notre savant collègue italien M. Fran- 
cesco Gnecchi, qui a eu l'obligeance de me faire 
connaître que mon jeton n'a pas été publié par 
Promis. Les numéros 3i à 39 de la planche III de 
cet ouvrage ressemblent beaucoup à ma pièce, 
quant au droit, tandis que les numéros 3i et 32 
ont un revers analogue, mais pas identique. Mon 
jeton est donc une variété nouvelle. Promis consi- 
dère la lettre K du droit comme un R (initiale de 



195 

Renatus), de sorte que le jeton appartiendrait à 
René de Savoie. Mais il me semble que la lettre R 
du mot FSRnn, au revers de mon jeton, diffère 
sensiblement de l'initiale du droit qui me paraît, 
à cause de cette différence, devoir être considéré 
comme un K dont la branche supérieure con- 
tournée peut faire confondre cette lettre avec 
un R. Quelques monnaies de cette époque portent 
la lettre K tracée de cette manière (voir notam- 
ment les pièces de Charles-Quint) . Je citerai 
comme preuve le nom de KAROLVS écrit avec la 
lettre K dont la branche supérieure forme presque 
boucle. 

Il est bon de signaler cette difficulté de lecture, 
rien que pour remettre en discussion l'attribution 
de ces jetons. 

V 

Dans son très intéressant article sur V Œuvre dii, 
médailleur Nicolas Briot, M. J. Rouyer dit : «Nous 
sommes persuadé qu'il existe beaucoup de dene- 
raux français, de la fin, peut-être, du règne de 
Louis XIII dont les coins ont été gravés par 
Briot, encore bien que la signature B y fasse 
défaut. » (Voyez Revue ^ 1895, p. 532). 

Il y a peu de temps, j'ai eu la chance de trouver 
un poids d'une monnaie de Louis XIII, portant la 
signature, c'est-à-dire l'initiale de Briot. Ce poids 
est du type de celui de Louis XIV jeune, figuré 
sous le n" 71 de la planche IX du travail de 



196 

M. Rouyer. Voici la description de ce deneral : 
LVD • XIII • D: G • FRAN • ET • NA • REX • 
Tête de Louis XIII couronné de lauriers. Sous le 
cou, l'initiale W renversé. Le tout dans un cercle 
de perles. 

La figure du roi disparaît sous une contremarque 
composée d'une couronne surmontant une fleur 
de lis placée au-dessus de la lettre B aussi renver- 
sée. Ce poinçon aurait-il aussi été gravé par Briot? 
La lettre B le ferait croire. 

Rev. Sous la couronne royale de France, l'in- 
dication de la pesanteur, V . de . Vî . gr . (5 deniers 
6 grains). Plus bas, une fleurde lis entre deux points. 
Le tout dans un cercle de perles. 

Poids : 6s>',65 (le poids normal est Ma collection. 
6sr,68, mais le deneral a perdu 
3 centigrammes par l'usure). 

D'après M. Rouyer c'est le deneral de l'écu blanc 
de i5 sols, ou quart de louis d'argent. (Voyez Revue, 
1895, p. 53o, où il s'agit d'une pièce de même poids 
mais de Louis XIV). 

VI 

Dans son ouvrage intitulé : Le jeton historique 
des dix-sept provinces des Pays-Bas, M. le D"" J. F. 
DugnioUe décrit^ sous le n° SySS (t. III, p. 228), 
un jeton qu'il dit inconnu mais que le catalogue 
de Roye de Wichen avait naguère mentionné sous 
len°ii9o. 



197 

La description donnée par M. DugnioUe, sans 
doute d'après les indications de ce catalogue, est 
très incomplète et peu exacte. Il suffit de la com- 
parer à celle que je suis à même de présenter 
aujourd'hui, avec la pièce sous les yeux. 
Voici d'abord la description de M. Dugniolle : 
LVDO XIIII D • G FR ET NA • REX CH • Le 
roi, assis à une table. 
Rev. PROPAGO • IMPERI • 1618 • 
En réalité, ce jeton doit être ainsi décrit : 
Le roi n'est pas assis à une table, mais debout 
devant une table drapée supportant un casque orné 
d'une plume. Le roi tient de la main droite un 
sceptre fleurdelisé et de la main gauche un bâton 
de commandement. Il porte à la ceinture une 
longue épée. Sa couronne est à pointes, son cos- 
tume assez extraordinaire est plutôt du commen- 
cement du xvii^ siècle et tout-à-fait fantaisiste pour 
Louis XIV. 

Le roi pose les pieds sur un pavement en car- 
reaux. Il est probable que cette figure, comme les 
personnages du revers, a été copiée d'un jeton ou 
d'une médaille d'une époque plus ancienne; ainsi 
s'expliquerait l'anachronisme du costume royal. 
Lég. : LVDO • XIIII • D : G • FR • ETN AREXCH 
On voit qu'à la fin de la légende, le graveur, 
n'ayant plus assez de place, n'a plus espacé les 
mots et ne les a plus séparés par des points (i). 

(1) Le dessinateur de la planche n'a pas bien suivi la ponctuation. 



Rev. C'est une mauvaise copie du revers d'une 
médaille de Georges Dupré, représentée sous le 
n° 4, planche III, du Trésor de mcmismatique et de 
glyptique, médailles françaises, Paris, 1834. 

Ce revers est ainsi décrit : PROPAGO IMPERI 
(Perpétuité de l'empire) i6o3 ; Henri IV, en cos- 
tume de guerrier antique, donnant la main à Marie 
de Médicis, revêtue des attributs de Minerve. 

Entre eux , leur jeune fils — depuis Louis XIII — 
pose le pied sur un dauphin, et s'efforce de placer 
sur sa tête le lourd casque de son père. Près de lui 
est un grand bouclier. Un aigle, descendant du 
ciel, apporte au-dessus de la tête du dauphin une 
couronne non fermée. 

En i6o5, Dupré a repris ce sujet pour le revers 
d'une médaille d'un module beaucoup plus grand. 
Voici sa description dans le même ouvrage 
planche XX*>'«: PROPAGO IMPERII (rejeton de la 
royauté) i6o5. Henri IV et Marie de Médicis, vêtus, 
l'un en Mars, l'autre en Pallas, sedonnant la main. 
Entre eux, leur jeune fils nu essaie de soulever le 
casque de son père, et pose le pied sur un dauphin. 
Au-dessus, un aigle descendant du ciel, apporte 
une couronne. 

La légende du jeton est celle-ci : ^ PROPAGO 
^ IMPERI ^ 16 §8. 

C'est donc la légende de la médaille de i6o3. La 
date du jeton n'est pas 1618, comme dit DugnioUe 
(Louis XIV n'était pas encore né), mais 1678, le 
chiffre 7 étant représenté par un petit dauphin qui 



I 



199 
a pu facilement être confondu avec le chiffre i. 

Cuivre. Ma collection. 

C'est en 1678 que fut conclue la paix de Nimègue 
(11 août). Louis XIV venait, en vrai barbare, de 
ravager les Pays-Bas, aussi était-il exécré et mau- 
dit dans nos provinces. On ne lui ménageait pas 
la satire sous toutes ses formes. 

Le jeton que je viens de décrire serait donc une 
pièce satirique, frappée probablement en Hollande 
ou dans une ville frontière d'Allemagne pendant 
la guerre des Pays-Bas, pour tourner en ridicule 
le Grand Roi auquel précisément venait de naître 
le 6 juin 1678 un fils adultérin de la marquise de 
Montespan (i). C'était là en effet une belle propage 
imperii ! 

VII 

A l'assemblée extraordinaire tenue à Anvers le 
27 mai 1894 (Voyez Revue, 1894, p. 431), j'ai parlé 
d'une large pièce de plomb du temps de Marie- 
Thérèse, qui porte l'inscription : Droits • d'entrée 
et ' sortie. 



(1) Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, duc de Dam- 
ville, etc., bâtard de France (fils de Louis XIV et de Françoise- Athé- 
naïs de Rochechouart-Mortemar , femme de Louis de Gondrin , 
marquis de Montespan), légitimé en 1681, amiral de France en i683. 
Ce bâtard fut la tige des ducs de Penthièvre. Voir la liste des nombreux 
enfants naturels de Louis XIV dans le Siècle de Louis XIV, par 
Voltaire. 



200 



Depuis lors, j'ai trouvé une plaque presque sem- 
blable, mais en bronze, d'un module plus petit. La 
plaque en plomb est frappée ; elle a 80 millimètres 
de diamètre et 6g millimètres seulement jusqu'au 
bord extérieur du cercle qui entoure l'armoirie. 
La plaque en bronze est coulée et son diamètre 
total est de 67 millimètres. D'après leurs inscrip- 
tions presque identiques (variantes dans les 
lettres), ces deux plaques paraissent se rapporter 
aux douanes. 

Leurs armoiries sur une grande croix de 
Bourgogne surmontée d'une couronne impériale, 
comme sur les monnaies de Marie-Thérèse (voyez 
Ordonnance de Marie-Thérèse donnée à Bruxelles 
le 19 septembre 1749) indiquent que ces plaques 
furent en usage dans nos provinces sous le règne 
de cette impératrice. 

Voici la description de la plaque en bronze que 
je reproduis sous le n° 7 de la planche V : 

Armes mi-partie d'Autriche et de Bourgogne 
ancien sur une grande croix de Bourgogne, l'-écu 
surmonté de la couronne impériale. A chaque 
extrémité des bras de cette croix, deux trous qui 
servaient sans doute à fixer cette plaque au moyen 
de ficelles. 

Légende : DROITS • D'ENTRÉE 

ET • 
SORTIE 

Bronze uniface. Ma collection. 



201 



La plaque en plomb diffère encore de la plaque 
en bronze par la dimension plus petite de la 
couronne qui surmonte les armoiries. La pre- 
mière est aussi plus épaisse que la seconde. Il 
s'agit donc de 2 plaques à l'usage des douanes, 
mais probablement d'un emploi distinct. (Voyez 
ci-dessus p. 140, plaques pour la régie des droits 
d'entrée et de sortie, gravées et frappées par 
J.-B. Marquart, essayeur général de la Monnaie 
de Bruxelles,) 

VIII 

C'est un méreau, en cuivre rouge, gravé au trait. 
Les inscriptions expliquent clairement sa destina- 
tion, qui se rapportait à l'administration des 
domaines de la couronne. 

Droit. Au centre,les armoiries d'Anvers. Autour, 
entre deux cercles, la légende : vj' HENRICUS J: 
B : BOGHE (tel est le nom du fermier). Extérieure- 
ment une couronne de feuilles avançant l'une sur 
l'autre. 

Rev. Au centre, une croix de Bourgogne ayant 
en cœur un briquet (comme sur les pièces de 5 sols 
et de dix liards de Marie-Thérèse, voyez Ordon- 
nance du ig septembre 1749), surmontée d'une 
couronne ducale (duché deBrabant) et accostée de 
la date 17 — 71. — Sous le briquet, quatre étin- 
celles. — Autour, entre deux cercles, la légende : 
ERFLAET * VAN * SHERTHOGHEN * DO- 
MYNEN * (Fermier des domaines ducaux). A 

Année 1896. 14 



202 



l'extérieur, une couronne de feuilles semblable à 
à celle du droit. 



Ma collection. 



Mon cher et aimable collègue M. Fernand 
Donnet, si versé dans tout ce qui concerne l'his- 
toire de sa ville natale, a eu l'obligeance de faire 
quelques recherches dans les archives d'Anvers 
au sujet du mot flamand erflaet. 

Ce terme signifie tout simplement celui qui 
prenait à ferme, le fermier. — Il y avait le fermier 
des domaines ; il y avait encore le fermier de la 
Chambre du tonlieu (erflaet van Syne Majesteit 
tholcamere). 

On mettait, dit M. Donnet, en adjudication 
l'exploitation soit d'un certain impôt, soit de cer- 
tains revenus ducaux pendant un temps déterminé 
et celui qui restait adjudicataire de la charge était 
erflaet. Il ne s'ajoutait à ces fonctions temporaires, 
que le premier venu pouvait remplir, aucune idée 
féodale ou héréditaire. 

D'autres méreaux anversois du même genre 
existent probablement. 

G. CUMONT. 



203 



UNE MÉDAILLE LIÉGEOISE INÉDITE 




Grande médaille 
avec bélière et an- 
neau. 

Droit. Buste de trois 
quarts à droite, en fort 
relief et finement re- 
touché au burin, de 
François-Lambert de 
Sélys, grand doyen 
du Chapitre de Liège. 
Revers. Dans le 
champ sont gravées 
les armes du prélat 
(d'azur à la croix d'ar- 
gent chargée de cinq 
coquilles de sable), 
placées dans un car- 
touche de style Louis 
XIV et surmontées 
d'une couronne à 
neuf perles; en des- 
sous, sur une bande- 
role, sa devise : VIR- 
TUS IN CRUCE. 

Cuivre doré. 

Baron F'erdinand 
de Sélys- Fanson. 



204 

François-Lambert de Sélys naquit à Liège le 
29 auguste 1668, de François de Sélys, échevin de 
la Souveraine Justice et membre du Conseil privé, 
et de Jeanne de Liverlo. 

Il appartenait à une famille dont plus d'un 
membre s'était distingué au service du pays. 

Destiné à l'Eglise dès son jeune âge, il alla 
faire ses études au Collège liégeois de Louvain, 
puis à Reims et enfin, après avoir suivi les cours 
de droit à l'université de Pont-à-Mousson, il y 
prit ses licences le 6 octobre 1698. 

En 1689, le Chapitre de Liège l'avait désigné 
comme coadjuteur de son oncle Arnold-Philippe 
de Sélys et, le 12 décembre 1698, il fut admis dans 
cette illustre compagnie en qualité de chanoine 
gradué. 

Dès lors, François-Lambert ne cessa de prendre 
une part active au gouvernement de la princi- 
pauté, et nous verrons qu'il eut bientôt l'occasion 
de servir son pays dans des temps difficiles. 

Au début de la guerre de la succession d'Es- 
pagne, l'alliance du prince-évêque Joseph- Clément 
de Bavière avec Louis XIV avait amené les Fran- 
çais dans le pays de Liège. La capitale elle-même 
n'avait pas tardé à tomber entre les mains des enva- 
hisseurs (novembre 1700). Le séjour des troupes 
françaises dans notre pays ne fut pas long, car, 
dès le mois d'octobre de l'année suivante, une 
armée des alliés, sous les ordres du duc de Marl- 
borough, du comte d'Athlone et de Coehorn, les 



2o5 

força de repasser nos frontières et obligea le 
prince Joseph-Clément de Bavière, mis au banc 
de l'Empire, d'aller chercher un refuge à Bonn. 

Ces succès des alliés avaient délivré les Pro- 
vinces-unies de la perspective d'une invasion 
française et les Etats-Généraux, pour parer au 
danger d'une invasion future de leur territoire par 
le pays de Liège et la vallée de la Meuse, faisaient 
tous leurs efforts auprès de l'empereur Léopold 
pour qu'il leur permît de mettre désormais des 
garnisons hollandaises dans les citadelles de Liège 
et de Huy. Ils avaient, dans ce but, ouvert des 
conférences à La Haye. 

En l'absence du prince, le Chapitre et le magis- 
trat de Liège, d'accord avec le gouverneur im- 
périal, résolurent d'envoyer en Hollande une dépu- 
tation chargée de défendre la neutralité du pays. 

Le Chapitre chargea le tréfoncier de Sélys du 
soin de le représenter à ces conférences et la ré- 
gence lui adjoignit comme collègues les barons 
de Méan et de Horion. 

Après d'assez longs pourparlers, ces députés 
obtinrent un arrangement stipulant que les Lié- 
geois payeraient aux Etats-Généraux une contri- 
bution annuelle au moyen de laquelle ceux-ci 
s'engageaient à subventionner un corps d'armée 
destiné à faire cause commune avec les troupes 
impériales.* Par ce moyen, dit l'historien Bouille, 
» le pays de Liège fut délivré, non seulement des 
» demandes et contributions de la France, mais 



206 

» aussi des grosses tailles que les Etats-Généraux 
» lui demandaient chaque mois avant la prise 
» de cette ville (i) et qui auraient achevé de le 
■» ruiner (2). » De retour à Liège, à l'issue de cette 
mission, François-Lambert de Sélys fut arrêté et 
incarcéré à la citadelle (i3 avril iyo3), sous l'in- 
culpation d'avoir conspiré avec la France contre 
les alliés. Il ne recouvra sa liberté que le 10 oc- 
tobre suivant, après que la femme qui l'accusait 
d'avoir ainsi trahi son pays, ayant été condamnée 
à mort pour de nombreux méfaits, eût avoué au 
moment suprême, que son accusation contre notre 
tréfoncier était calomnieuse et inventée par elle. 
L'historien FouUon , en rapportant ce fait, ajoute 
que cette réhabilitation valut à François-Lambert 
de Sélys une lettre de félicitations des Etats- Géné- 
raux (3). 

(1) Le 14 octobre 1702. 

(2) Vqy. B0V11.LE, Histoire de la Ville et Paysde Liège, r.. III, p. 522. 

(3) Voy. FouLLON, Historia Leodiensis, t, III, p. 471. 

Le hasard nous a fait découvrir le texte de ce curieux document, et 
nous avons pensé qu'il ne méritait pas de rester dans l'oubli. Le voici : 

Monsieur, 

» Ayant reçu vôtre lettre du 21 de ce mois, nous avons bien voulu 
vous asseurer, par la présente, que nous sommes entièrement persua- 
dez et convaincus de la fausseté des accusations, par lesquelles on a 
tâché de rendre suspecte vôtre conduite et qui ont donné lieu à vôtre 
arrêt duquel et de la parole que vous aviez donnée nous vous déchar 
geons entièrement : mais aussi nous déclarons très volontiers que nous 
n'avons rien à vôtre charge étant fort indignez de ce qu'on a voulu 
vous imposer à votre désavantage. 

» Nous espérons que cette affaire fâcheuse, dont l'issue s'est tout à 



207 

Deux ans après ces événements, nous retrou- 
vons Sélys à La Haye. Une nouvelle invasion du 
pays de Liège par les Français, en juin lyoS, avait 
remis en question l'existence du traité de 1703 : les 
Etats-Généraux tenant plus que jamais, et pour 
cause, à leur barrière, faisaient de nouvelles 
instances pour pouvoir faire occuper par leurs 
troupes les citadelles de Liège et de Huy. 

Dans cette occurrence, sur la proposition du 
Chapitre, on avait renvoyé en Hollande (octobre 
1705) MM. de Méan, de Sélys et de Horion, avec 
mission d'obtenir le maintien de ce traité de 1703 
qu'ils avaient autrefois aidé à conclure. Les dé- 
putés rentrèrent à Liège l'année suivante, après 
avoir, une vseconde fois, mené à bonne fin leurs 
négociations. 

Le 3i mai 1709, François-Lambert de Sélys 
fut député par le Chapitre aux Etats du pays et 
cette mission lui fut confiée une seconde fois, le 
i5 novembre 1723. Dans l'intervalle, ses confrères 
l'avaient honoré de la dignité de grand doyen de la 

fait tournée à vôtre honneur et vous doit donner une entière satisfac- 
tion, ne changera rien en vôtre conduite ni en vôtre zèle pour le bien 
public 
» Nous vous prions de croire que nous sommes véritablement 

» Monsieur, vos très affectionnez à vous rendre service 
» Les Etats-Généraux des Provinces-unies des Païs-Bas. 

» Par Ordonnance d'Iceux 
» Du Tour, ut. Fagel. 

» à la Haye, ce 24. septembre lyoS. « 



2o8 

cathédrale — (12 d'auguste 1710). Il était, depuis 
1717, prévôt de Maeseyck, d'Hansinne, de Heusden 
et d'Hilvarenbeeck et proviseur du séminaire (i). 

A la mort du prince Joseph- Clément de Bavière 
(1723), le Chapitre, lassé de voir le trône occupé 
par des princes d'origine étrangère, toujours les 
alliés de l'un ou de l'autre souverain puissant et 
entraînant par là le pays dans les malheurs de la 
guerre, forcés de plus par leurs nombreuses 
dignités de résider la plupart du temps à l'étranger, 
au grand préjudice de la marche régulière des 
affaires et de la tranquillité intérieure, résolut cette 
fois de confier le pouvoir à un prélat qui réside- 
rait dans la capitale et digne par son mérite d'oc- 
cuper cette charge suprême. 

En présence de ce courant de l'opinion publique, 
le grand doyen de Sélys posa sa candidature et la 
manière dont elle fut accueillie ne laissa pas de 
lui en faire espérer le succès. 

Malheureusement, il rencontra bientôt un con- 
current redoutable en la personne du grand prévôt 
de Liège, Maximilien-Henri comte de Pottier. Il y 
avait en outre sur les rangs quelques prélats étran- 
gers, mais comme ils n'avaient d'autres titres aux 
suffrages que leurs dignités et l'appui de leurs sou- 
verains, leurs candidatures, dans l'état actuel des 
esprits, jouissaient d'un succès fort médiocre (2). 

(1) Vqy. DE Theux, Le Chapitre de Saint-Lambert, t. III, p. Syo. 

(2) Vqy. Daris, Histoire du diocèse et de la principauté de Liège 
(1724-1852), tome 1er, p. 54. 



2og 

Il en était bien autrement du grand prévôt : des- 
cendant d'une ancienne et importante famille du 
pays de Liège il avait, au cours d'une longue car- 
rière, eu l'occasion de rendre maints services à la 
principauté ; aussi pouvait-il compter d'avance 
sur les suffrages de bon nombre de ses confrères. 

Dans de pareilles conditions, il devenait certain 
qu'aucun candidat n'obtiendrait la majorité abso- 
lue des voix ; c'était pour le pays les graves incon- 
vénients d'une élection contestée, la prolongation 
de l'interrègne et partant, celle des intrigues, suite 
nécessaire de toute vacance du siège. 

Le grand prévôt et le grand doyen eurent alors 
l'abnégation bien rare de mettre le bien public 
au-dessus de leur propre gloire : l'un et l'autre 
retirèrent leur candidature et, d'accord en ceci avec 
le chapitre, ils convinrent de faire élire par leurs 
confrères celui de trois candidats désignés par le 
grand prévôt que choisirait le grand doyen. — 
Ainsi se fit l'élection de Georges-Louis de Berghes 
au trône épiscopal (7 février 1724). 

Là se termine la carrière politique de Fran- 
çois-Lambert de Sélys ; il mourut à Liège le 
14 mars 1729. 

Il nous reste, en terminant, à dire un mot de 
l'événement auquel la tradition rapporte l'origine 
de notre médaille : nous voulons parler de la 
reconstruction de l'Hôtel de ville de Liège. 

L'ancienne « Maison de la Cité », communément 
appelée « la Violette » , avait été ruinée de fond en 



210 



combleparles boulets rouges du maréchal deBouf- 
flers, lors du bombardement de i6gi. Les guerres 
continuelles de cette époque et la misère qui s'en- 
suivit n'avaient point permis aux magistrats de 
songer à reconstruire l'édifice. En 1714 seulement, 
le calme étant enfin rétabli, on put mettre la main 
à l'œuvre: la pose de la première pierre fut fixée 
au 14 auguste de cette année. Retenu à l'étranger 
et ne pouvant donc commencer par lui-même les 
travaux de maçonnerie, le prince Joseph-Clément 
de Bavière chargea du soin de le remplacer le grand 
doyen de Sélys, en lui recommandant d'entourer 
cette solennité de tout l'éclat possible. 

La cérémonie se fit, et nos annalistes, en rappor- 
tantles détailsde lafête, sont unanimes à constater 
que le grand doyen sut à merveille exécuter les 
ordres du prince, tant par le luxe qu'il déploya en 
qualité de représentant du souverain, que par les 
largesses qu'il fit au peuple et dont celui-ci con- 
serva longtemps l'agréable souvenir. 

Pour en perpétuer la mémoire, la régence fit 
encastrer dans une des murailles de la salle des 
Pas Perdus de la nouvelle « Violette » une plaque 
en marbre noir portant une incription commé- 
morative surmontée des armes du grand doyen 
et elle offrit à celui-ci la médaille décrite au début 
de cet article. 

Léon Naveau. 



MEREAU GRAVE 

DE LA 

VIELLE GILDE DES ARBALÉTRIERS 
DE BOIS-LE-DUC 

1680. 



La collection de jetons et monnaies de feu le 
chevalier Albéric van den Bogaerde van Moer- 
gestel, conservée au château d'Heeswyk, renferme 
un méreau en argent, gravé au trait, pesant 
48 grammes et ayant 66 millimètres de diamètre. 
{Voyez tableau de mensuration Stephanik.) 

Au droit, ce méreau porte les armoiries couron- 
nées de la ville de Bois-le-Duc. 

Légende circulaire : * ONDER • S^ (sieur) 
VAN • BOXMEER • SARGANT • VAN DEN • 
ED • (elen) OUDEN • VOETBOOGH. 

Rev. Un écu (croix de Saint-Georges, de gueules 
sur un champ d'argent), au-dessus duquel un tron- 
çon de branche auquel pend un ruban terminé par 
des houppes entourant l'écu des deux côtés. 

Légende circulaire : * INT • lAER • ANNO • i68o- 
WAS • CORPERAEL • ARNOLDVS • OOMS 



212 

Ce méreau provient de la collection 't Hooft van 
Benthuijzen vendue à Dordrecht, le 14 juin 187g 
(p. 126, n° 3734 du catalogue). [Voyez Dirks, 
Kepertorium, n° i865 et mes Bijdragen, n° igS.) 

L'année 1680 était une époque de troubles pour 
Bois-le-Duc à cause de la guerre avec la France. 
Les quatres corporations armées qui, en l'an- 
née 1672, avaient, sur la plaine d*exercice, prêté 
serment de fidélité à Leurs Hautes Puissances, 
jouaient un rôle sérieux dans la défense de la 
place. 

Elles étaient sous la dépendance de l'admi- 
nistration communale, comme il résulte de 
diverses résolutions aussi bien de Leurs Hautes 
Puissances que du pouvoir communal lui-même. 
Elles furent, pour ce motif, toujours conservées 
sur pied de guerre, plus considérées et mieux 
traitées que d'autres troupes. Les anciennes cor- 
porations armées cessèrent d'exister en 1787. 

En cette année, le gouverneur de la ville s'op- 
posa tellement à ce que ces gildes continuassent 
à monter la garde et à se réunir pour s'exercer au 
maniement des armes, sans avoir préalablement 
obtenu sa permission, que cette défense souleva de 
très vives réclamations. Dans ces circonstances, 
parut un décret du i3 août de cette même année, 
qui faisait remarquer que depuis quelque temps, 
plusieurs communes de la Mairie de Bois-le-Duc 
avaient organisé des corporations armées, sans 
l'autorisation de Leurs Hautes Puissances et qui 



2r3 






214 

faisait défense d'organiser ou de former désormais 
d'autres réunions du même genre. 

Ce décret fut aussi proclamé à Bois-le-Duc, mais 
ne fut cependant pas appliqué à ses quatre corpo- 
rations armées, de sorte qu'elles continuèrent à 
s'exercer au maniement des armes et que, le 
24 septembre 1787, l'administration de la ville 
délégua quelques-uns de ses membres pour passer 
la Revue de ces corporations. 

Par résolution des États en date du 3 octobre 
suivant, elles furent cependant désarmées et dis- 
soutes, sous prétexte que Bois-le-Duc était une 
forteresse frontière et que sa garde incombait 
uniquement au gouverneur militaire. L'admi- 
nistration communale protesta contre cette déci- 
sion et invoqua les anciens droits et privilèges des 
gildes; mais ce fut en vain, car leur suppression 
fut définitivement consommée par résolution de 
Leurs Hautes Puissances, le g novembre 1787. (i) 
Il semble que l'émission de ce méreau n'est pas 
due à la ville. Je croirais plutôt qu'elle a été faite 
par la gilde elle-même. 

Les van Boxmeer (2) étaient d'estimables bour- 

(1) Jonkheer M'' J. B. Verheuen, Bijdrage tôt de Geschiedenis der 
vôormalige schuttersgilden te 's Hertogenbosch, p. Sy. 

(2) Heraldieke Bibliotheek, 1876, p. 288. « De famille van Boxmeer 
oudtijds zeer aanzienlijk in de stad en meijerij van 's Hertogenbosch, 
uit welke Jonker Henrik van Boxmeer omtrent liet jaar 161 5, getrouwd 
met juffrouw Anna, dochter van Jonker-Hugo van Berckel, schout 
van Peelland, die het slot ten Hout, te S'-Oedenrode met haar be- 
kwam » (La famille van Boxmeer autrefois très considérable dans la 



2ID 

eeois : les Ooms étaient aussi dans une bonne 
position. 

Dans les archives de la ville il n'existe aucun 
document au sujet de l'émission ou de l'usage de 
ce méreau. 



Jonkheer M. A. Snoeck. 



ville et mairie de Bois-le-Duc, dont Jonker Henri van Boxmeer 
épousa vers l'an i6i5, demoiselle Anne, fille de Jonkheer Hugo van 
Berckel, échevin de Peelland, qui obtint avec elle le château de ten 
Hout, à S*^-Oedenrode.) Armoiries : d'or semé de billettes d'azur, au 
lion du même brochant sur le tout. 



2l6 



NÉCROLOGIE. 



M. Butor. 

M. Butor, ancien magistrat, associé étranger de 
notre Compagnie depuis le 7 mars 1891, est mort 
à Saint-Omer, le 7 novembre 1895. Président de 
la Société des Antiquaires de la Morinie, M. Butor 
était bien plus un archéologue qu'un numis- 
matiste. Il avait formé, cependant, des suites 
assez importantes de monnaies françaises et 
romaines ; mais nous ne connaissons de lui aucun 
écrit se rattachant à nos études. 

A. DE W. 



Edmond VANDERSTRAETEN. 

La mort vient de conduire dans la tombe un des. 
vétérans de lanumismatique. M. Edmond Vander- 
straeten est décédé à Audenarde, sa ville natale, le 
25 novembre dernier, âgé de près de soixante-dix 
ans. Attaché pendant de longues années aux; 
Archives générales du royaume et chargé ensuite 
par le Gouvernement de faire des recherches aux 
archives en France, en Allemagne, en Italie et en 
Espagne, Vanderstraeten y compléta les éléments 
de son histoire, en six volumes, sur « La musiqtie 



Mix Pays-Bas avant le xix^ siècle » ; parurent ensuite 
son « Histoire du Théâtre villageois en Flandre » 
ainsi que quantité d'autres travaux du savant 
musicographe. 

Ces publications spéciales ont fait connaître 
l'historien de la musique; il ne nous reste plus qu'à 
dire un mot du numismate. 

Audenardais de naissance et plus encore de 
cœur, tous les travaux de Vanderstraeten furent 
consacrés à sa ville natale. En i85i, il publia dans 
noiTt Revue, ses recherches sur les méreaux d'Au- 
denarde et d'Eyne. Ce premier travail fut suivi de 
plusieurs autres qui traitaient de jetons aux armes 
d'Audenarde,d'un jeton aux besicles et de méreaux 
religieux. 

Enfin, en 189^, parut le dernier travail numisma- 
tique de notre regretté confrère. Il y complétait, 
avec sa compétence ordinaire, l'attribution d'une 
maille à Audenarde, faite par M. Caron dans les 
Mémoires du Congres international de numismatique 
de Bruxelles. Il nous reste à mentionner parmi 
les ouvrages de Vanderstraeten un volume fort 
rare, paru à Audenarde en i858 et 1860 et inti- 
tulé : « Recherches sur les communautés religieuses 
et de bienfaisance établies à Audenarde depuis le 
xif siècle jusqu' à la fin du xviii^ ». Cet ouvrage, qui 
n'a été tiré qu'à 40 exemplaires, contient des ren- 
seignements très intéressants sur les méreaux des 
récollets, des capucins, de la corporation de Saint- 
Michel et des pauvres d'Audenarde. 

Année i8q6. l5 



2:8 

Pendant les dernières années de sa vie, Vander- 
straeten vivait fort retiré, ne recevant que quelques 
rares amis, qui étaient heureux de profiter de ses 
avis, toujours empreints de la plus profonde lo- 
gique. Sa mort est une perte pour la science et 
l'hommage que nous venons rendre à la mémoire 
de ce fécond et infatigable travailleur nous est 
dicté par le respect et la sympathie que nous ont 
toujours inspirés la franchise et la droiture de son 
caractère. 

M. Vanderstraeten fit partie de 1861 à i86g de la 
Société de numismatique en qualité de correspon- 
dant regnicole. 

V. De Munter. 

Audenarde, le 7 décembre iSgS. 



Ghalib Edhem Bey. 

La Société royale de numismatique de Belgique 
vient de perdre l'un de ses membres les plus 
distingués. 

J. Ghalib Edhem Bey, fils de l'ancien Grand 
vizir Edhem Pacha, naquit à Constantinople, en 
18^7. Il suivit avec succès les cours des écoles 
supérieures ottomanes et, fort jeune encore, entra 
au Conseil d'État qui venait d'être créé. * 

Après avoir brillamment rempli pendant plu- 
sieurs années les fonctions de second et de 
premier adjoint à la section des Travaux publics, 



219 

il fut nommé, en 1881, conseiller d'Etat dans la 
section législative, poste qu'il quitta, en i8g5, 
pour se rendre à La Canée, en qualité de con- 
seiller du gouvernement de l'île de Crète. C'est 
dans ce pays qu'il contracta la maladie qui devait 
l'enlever à l'affection des siens et à l'estime de ses 
collègues, le i5 décembre dernier. 

J. Ghalib Edhem Bey commença à s'occuper de 
collections et d'études numismatiques en 1870. 
Depuis, il se passionna de plus en plus pour la 
science des monnaies et c'est aux recherches et 
aux travaux de notre savant ami que la numisma- 
tique ottomane doit, en grande partie, d'être 
enfin sortie des limbes où, trop longtemps, elle 
avait sommeillé. 

L'œuvre de Ghalib est colossale, non-seulement 
par le nombre des sujets qu'elle embrasse, mais 
encore par la somme des connaissances histo- 
riques et numismatiques mises en œuvre. Ses 
essais de numismatique seljoukide et ottomane, 
ses catalogues des monnaies turcomanes et des 
monnaies des califes sont des travaux de haut 
mérite, qui font époque et qui placent leur auteur 
au premier rang des numismatistes contempo- 
rains. 

La Société royale de numismatique de Bel- 
gique avait l'honneur de le compter, depuis le 
27 décembre 1894, ^^ nombre de ses associés 
étrangers. 

Il publia dans la Revue de l'an dernier une 



220 



intéressante notice sur : Une monnaie d'Alaeddin- 
Qeirobad III, associé au nom du Grand Ilkhan. 

Heureusement pour la science numismatique 
ottomane que son fils, Mubarek Ghalib Bey, 
promet de suivre les traces de notre éminent et 
regretté confrère. 

Alphonse de Witte. 



22 I 



MÉLANGES. 



MONNAIE DE BRUXELLES, 1895. 



FABRICATION. 

Il a été frappé pour le Gouvernement belge en monnaie 
de nickel : 

12,916,065 pièces d'une valeur nominale de fr. 859,073.75 
se décomposant comme suit : 

4,265,410 pièces de 10 centimes == 426,541. » 

et8,65o,655 » 5 » = 432,532.75 

DÉMONÉTISATION. 

9,695,000 pièces de deux centimes retirées de la circula- 
tion en 1894 et représentant une valeur nominale de 
193,900 francs ont été coupées en deux fragments au cours 
de l'année 1895. 

Il a été fait face aux frais résultant de cette opération : 

1° Par le bénéfice provenant de la fabrication des pièces 
de un centime faite en 1894 (art. 3, § 3 de la loi du budget 
des recettes et des dépenses extraordinaires pour 1894); et 

20 Par une partie du crédit de 25o,ooo francs inscrit à 
lart. 38 du budget du ministère des Finances, exercice 
1895, pour retrait et annulation de pièces de deux centimes. 

ACTES OFFICIELS. 
Par arrêté royal du 28 janvier 1895, l'emploi de Graveur 



222 

des monnaies, vacant depuis le de'cès de M. Léopold 
Wiener (24 janvier 1891) a été supprimé. 

Le Graveur des monnaies est remplacé par un agent por- 
tant la qualification de chef de la fabrication des Coins 
monétaires. 

M. Alphonse Michaux, artiste-graveur, attaché depuis 
18 ans aux ateliers de la gravure de la Monnaie, a été 
nommé chef de la fabrication des Coins monétaires, par 
arrêté ministériel du 29 Janvier 1895. 

Réouverture du bureau de change aux matières d'or 
destinées au monnayage. 

Le Ministre des Finances, 
Revu l'arrêté ministériel du 21 août 1891 portant que le bureau de 
change de l'Hôtel des Monnaies de Bruxelles est provisoirement fermé 
aux matières destinées à être monnayées ou affinées, 
Arrête : 
L'arrêté du 21 août 1891 est rapporté en ce qui concerne les 
matières d'or propres à être monnayées et contenant au moins 9/10 de 
fin, pour autant que les quantités présentées correspondent à une 
frappe d'au moins deux millions de francs. 

Bruxelles, le 2g janvier 1895. 
P. DE Smet de Naeyer. 

Loi relative à Vinterdiction des monnaies de billon étran- 
gères et à la faculté d'échange des monnaies de billon 
nationales. 

LÉOPOLD 11, Roi DES Belges, 
A tous présents et à venir, Salut. 
Les Chambres ont adopté et Nous sanctionnons ce qui suit : 
Art. i«'". ^-11 est défendu de donner en payement des monnaies 
étrangères de bronze, de nickel ou de cuivre. 



223 

Toutefois, dans les localités voisines de la frontière qui seront dési- 
gnées par arrêté royal, ces monnaies pourront être données en 
payement jusqu'à concurrence, pour chaque transaction, d'une valeur 
nominale ne dépassant pas 2 francs. 

Art, 2. — Il est défendu à tous comptables de l'État, des provinces 
et des communes d'accepter les dites monnaies en payement des 
sommes qu'ils ont à recevoir en vertu de leurs fonctions. 

La même défense s'applique à toutes entreprises de transport de 
voyageurs en commun. 

Art. 3. — Les contraventions aux articles 1" et 2 seront punies 
d'une amende de 5 à 200 francs 

Art. 4. — Le Gouvernement est autorisé à étendre aux monnaies de 
cuivre belge de 1 et de 2 centimes les dispositions de l'article 8 de la 
loi du 20 décembre 1860, relatives aux monnaies de nickel. 

Promulguons la présente loi, ordonnons qu'elle soit revêtue du 
sceau de l'Etat et publiée par la voie du Moniteur. 

Donné à Ostende, le 19 juillet 1895. 

LÉOPOLD. 
Par le Roi : 
Le Ministre des Finances, 
P. De Smet de Naeyer. 



Circulation des monnaies de hillon étrangères 
Tolérance admise. 

LÉOPOLD II, Roi DES Belges, 
A tous présents et à venir, Salut. 

Vu les articles i", 2 et 3 de la loi du 19 juillet iSgS, ainsi conçus : 

Art. ler. — n est défendu de donner en payement des monnaies 
étrangères de bronze, de nickel ou de cuivre. 

Toutefois, dans les localités voisines de la frontière qui seront dési- 
gnées par arrêté royal, ces monnaies pourront être données en 
payement jusqu'à concurrence, pour chaque transaction, dune valeur 
nominale ne dépassant pas deux francs. 

Art. 2. — 11 est défendu à tous comptables de l'État, des provinces 




2 24 

et des communes d'accepter les dites monnaies en payement des 
sommes qu'ils ont à recevoir en vertu de leurs fonctions. 

La même défense s'applique à toutes entreprises de transport de 
voyageurs en commun. 

Art. 3. — Les contraventions aux articles i et 2 seront punies d'une 
amende de 5 à 200 francs. 

Revu l'article i^r de la loi du 16 août 1887 portant que les salaires 
des ouvriers doivent être payés en monnaie métallique ou fiduciaire 
ayant cours légal ; 

Sur la proposition de Notre Ministre des Finances, 

Nous avons arrêté et arrêtons : 

Art. iT. ^ Sauf les cas où l'emploi de la monnaie de billon étran- 
gère est interdit d'une manière absolue par l'article i*^"^ de la loi du 
16 août 1887 et par l'article 2 de la loi du 19 juillet 1895, ceux qui don- 
neront en payement, dans les communes indiquées sous les litt. A, B, 
C et Z) de la liste ci-annexée, les monnaies de billon étrangères, respec- 
tivement désignées sous les mêmes lettres de cette liste, ne seront 
point passibles de l'amende édictée par l'article 3 de la loi précitée du 
19 juillet 1895, à la condition que la valeur nominale des dites mon- 
naies n'excède pas, pour une même transaction, le total de 2 francs. 

Art. 2 — Notre Ministre des Finances est chargé de l'exécution du 
présent arrêté. 

Donné à Aix-les-Bains, le 6 septembre 1895. 

LÉOPOLD. 
Par le Roi : 
Le Ministre des Finances, 
P. DE Smet de Naeyer. 



ANNEXE. 

Litt. A. — Monnaies françaises de 10, de 5 et de 2 centimes. 

Toutes les communes dont le territoire est contigu au territoire fran- 
çais ou au territoire du grand-duché de Luxembourg, et, en outre, les 
communes suivantes : 

Flandre occidentale. — Aelbeke, Belleghem, Bulscamp, Courtrai, 



22:) 

Coyghem, Dottignies, Espierres, Furnes, Gheluwe, Helchin, Lauwe, 
Marcke, Proven, Reninghelst, Rolleghem et Saint-Génois; 

Province de H autant — Athis, Audregnies, Baileux, Baillœul, 
Beaumont, Bougnies, Bourlers, Croix lez-Rouveroy, Esquelmes, 
Estaimbourg, Forges, Froidmond, Harchies, Hoilain, Jollain-Merlin, 
Lesdain, Marquain, Monceau Imbrechies, Montignies-sur-Roc, Mont- 
rœul-sur-Haine, Onnezies, Péronnes lez-Antoing, Pommerœul, Quévy- 
le-Petit, Rance, Robechies, Saint-Remy, Salles, Taintignies et Villers- 
la-Tour ; 

Province de Namur. — Baronville, Blaimont, Bourseigne-Vieille, 
Finnevaux, Gimnée, Gochenée, Hermeton-sur-Meuse, Houdremont, 
Javingue-Sevry, Louette Saint-Pierre, Membre, Niverlée, Rienne, 
Vencimont, Vierves, Vodelée et Vresse; 

Province de Luxembourg. — Arlon, Dohan, Ethe, Habergy, 
Heinsch, Meix-devant-Virton. Mussy-la-Ville, Thiaumont, Villers-la- 
Loue et Virton. 

LiTT. B. — Monnaies du grand-duché de Luxembourg 
de lo, de S et de 2 centimes. 

Toutes les communes dont le territoire est contigu au territoire du 

grand-duché de Luxembourg, et, en outre, les communes suivantes: 

Arlon, Bastogne, Habergy, Heinsch, Mussy-la-Ville et Thiaumont. 

LiTT. C. — Monnaies allemandes de 10, de 5 et de 2 pfennigs. 

Toutes les communes dont le territoire est contigu au territoire alle- 
mand. 

LiTT. D. — Monnaies néerlandaises de 2 1/2 cents et de 1 cent. 

Toutes les communes dont le territoire est contigu au territoire 
néerlandais. 
Vu pour être annexé à Notre arrêté en date de ce jour. 

Donné à Aix-les-Bains, le 6 septembre iSgS. 

LÉOPOLD. 
Par le Roi : 

Le Ministre des Finances, 

P DE Smet de Naeyer. 



220 



Echange des monnaies de nickel. 

La loi du 3o mai 1894 autorisait le Gouvernement à sus- 
pendre pendant un an, au plus, les stipulations de l'art. 8 
de la loi du 20 de'cembre 1860 relatif à l'échange des mon- 
naies de nickel. 

Par arrêté royal du i^r juin 1894, l'échange des monnaies 
de nickel fut totalement suspendu. 

L'échange fut rétabli aux bureaux du Caissier de l'État 
à Bruxelles par arrêté royal du 2 5 juillet 1894; aux bureaux 
du Caissier de l'État, à Anvers, à Gand et à Liège par 
arrêté du 2 février 1895 ; et à tous les bureaux du Caissier 
de l'Etat, sauf aux agences de Furnes, de Tournai et de 
Péruwelz par arrêté royal du 6 septembre 1895. 

N. B. — L'échange ne peut avoir lieu que par somme 
de cent francs au minimum pour chaque espèce de mon- 
naie. 

Ch. van der Beken. 



NUMISMATIQUE MALINOISE. 

Dans le tome huitième de ^Inventaire des archives de 
la ville de Malines (Mahnes, 1895, in-80, 417 pages), 
M. V- Hermans, archiviste-bibliothécaire de cette ville 
publie quelques renseignements intéressants (pp. 3 1 5-328) 
sur les médailles, jetons, méreaux et monnaies de Malines. 
Parmi ces pièces, signalons les moins connues : 

Un méreau en plomb pour les ouvriers sans travail 
prescrit par l'administration française, à la fin du XVilI^ siè- 
cle. Lég. : Attelier [sic] public de Malines. — Un méreau 
de i656 pour les pauvres de l'Église Saint- Pierre et Saint- 



227 

Paul. Un méreau pour les chantres de Saint- Rombaut, 
portant le chiflfre i8o. — Soixante plombs des XIIF, xive, 
XV^, XVF et XVIie siècles ayant servi à marquer les draps 
fabriqués à Malines. Sept d'entre eux sont encore attachés 
à des échantillons de drap. Cette précieuse collection a été 
formée par M. A. A. E. De Bruyne. 

En outre, trois anciens grands plombs des fabricants de 
drap, mais d'un type tout différent. 

Un plomb des boulangers, mais autre que celui de 
Minard-Van Hoorebeke. — Dix-neuf petits plombs encore 
indéterminés. — Deux méreaux de la Gilde des Archers. 
— Dix jetons différents de la fondation Jean Van Heme- 
Iryck, donc huit en argent et deux en bronze. Ces jetons 
furent fournis à la ville, par Jacob de Keyser, en iyb3 ; 
par P. Alewaters, en 1773 ; par C. Gillis, en 1780 et par 
J. Boschmans, de 1785 à 1792. Voici quelques extraits des 
comptes communaux relatifs à cette fondation : 

i55i-i552, p. 287 yo : Payé pour les jetons au Saint- 
Esprit qui sont distribués chaque année, au mois d'août, 
aux magistrats, à l'époque du renouvellement de la régence, 
conformément à la fondation Jean Hemelrycx. 

1 568- 1569, p. 216 vo : Payé (quinze florins) à Jérôme 
van Antwerpen pour enfoncer et graver les coins des jetons 
au Saint-Esprit qui sont annuellement distribués aux 
magistrats. Payé (vingt florins) au maître de la monnaie 
van Antwerpen pour frapper les dits jetons. 

1 599-1600, p. 2o5 : Payé à Nicolas vanden Bossche, 
orfèvre, trente-cinq florins quinze sous, pour soixante-deux 
jetons au Saint-Esprit Hvrés à la ville et distribués aux 
magistrats et à d'autres dignitaires, à la messe du i5 août, 

1644-1645, p. [65 vo : Payé à Thierry van Eyck, orfèvre, 
la somme de trente florins dix-huit sous, pour quarante- 



228 " 

sept Jetons au Saint-Esprit distribués aux magistrats à la 
messe du Saint-Esprit, etc. 

1743-1744, p. i53 V" : Payé à Jean Verschueren, qua- 
rante-neuf florins, deux sous, un liard, pour ces mêmes 
jetons distribués à la messe du Saint-Esprit, en l'année 1744. 

1791-1792, p. 124 : Payé à J. Boschmans, quarante-neuf 
florins, deux sous, trois deniers pour ces mêmes jetons de 
l'année 1792. 

Dans ses chroniques, Rombaut Gootens décrit ainsi 
(p. 162) ces jetons : 

D'un côté, un Saint-Esprit autour duquel les mots sui- 
vants : Santé (sic) Spiritus adsit nobis gratia tua; de 
l'autre côté, une sorte de maison du ciel avec deux portes que 
garde un ange qui y laisse entrer les âmes des élus en 
disant : Pax huic domui et omnibus habitantibus in ea. 
(A consulter encore sur ces jetons : « Wekelycks bericht 
voor de provincie van Mechelen », 1778, pp. 414 et suiv.) 

Méreau en laiton de la fondation faite, en [590, dans 
l'église Saint-Rombaut par Anna Bernaerts, veuve d'Aard 
van den Wiele. — Méreau obituaire en laiton du célèbre 
prédicateur et écrivain Rombaut Backx (né à Malines le 
24 août 1648 et décédé à Anvers le 3 juin 1703). Un chapitre 
(p. 325) est spécialement consacré aux monnaies des sei- 
gneurs de Malines frappées dans cette ville. Toutes ces mon- 
naies sont bien connues. L'auteur transcrit deux documents, 
publiés dans cette Revue (1845, pp. 83 et suiv.) par 
M. Ch. Piot et qui se rapportent à la Monnaie de Malines 
oùlemonnayagecommença le 8 août 1 357, dans une maison 
achetée à Jean Sconejan. M. Hermans ajoute les renseigne- 
ments suivants : « Par suite d'une lacune dans nos actes 
échevinaux, allant de 1 354 à 1 371 , il nous est impossible de 
fixer l'emplacement du premier atelier monétaire de 



229 

Malines. Dans un acte échevinal du 4 février 1407 (carton 
n° io3), il est question d'une maison sise à la chaussée (den 
steenweg) du côté de la rue des Béguines, nommée à cette 
époque La Monnaie (de Munte) et, depuis le 3 janvier 1701, 
Le Pélican (den Pellicaen), comme il est dit dans les regis- 
tres des divers quartiers de la ville (Wijkboeken, reg. 10, 
fol. 201 et 211). L'auteur se demande si ce n'était pas là 
qu'était située la Monnaie primitive. 

Par lettre du 5 août 1423, Philippe le Bon vend à Adrien 
Adeleyn le local de la deuxième Monnaie : « Par ces pntes 
vendons, cédons, transportons et délaissons au dessus nomé 
Adrien Adeleyn, une aut maison appellée la Monnoye, 
séant en nre avant dite ville de Malines en la rue appellée 
le oude Brueil, tenant dun costé à lostel te heritoige de 
Messr. Henry de Collem, dune part et daut costé à une 
petite ruelle appelée Tstoofstraetken, et sestent jusques à 
la rivière appellée le Melane, semblemt avec tout ce qui y 
apptient devant etderrie... » Du 12 avril 1485 au 24 dé- 
cembre 1489, on frappa à Malines une énorme quantité de 
monnaies dont relativement peu d'exemplaires sont arrivés 
jusqu'à nous. Ces pièces furent forgées dans une maison 
de Jean Schoof, située rue d'Adeghem, entre den Kemps 
(le chanvre) et den Lepeleir (la Cuiller), comme il résulte 
du suivant acte échevinal du i5 avril 149 1 (reg. 1488- 1492, 
fol. 69 vo) : (( Claes Schoof, wylen Jan Schoofs sone, heeft 
terve gegheven Janne Schoof sinen brueder, syne huy- 
singhen ende erven metten hoven, plaetsen, stallen, 
gronde ende allen anderen haeren toebehoerten, dair 
men geplogen heeft de munte te hoiiden (où avait été 
la Monnaie), geleghen inde Aedegeemstrate, tusschen een 
erve geheeten den Kempe, toehoerende Gommaren de 
Poirtcr, aen deen zyde,ende een erve geheeten den Lepeleir, 



23o 

toehoerende Merten de Reghere, aen dander zyde » 

Verachler dit que cette maison fut louée, en 1485, par 
Jean Schoof aux archiducs, moyennant un loyer annuel de 
quatre-vingt-dix florins du Rhin. 

G. CUMONT. 



CHROIVIQUE. — QUELQUES PUBLICATIONS FRAN- 
ÇAISES RÉCENTES. 

Monnaies gauloises trouvées à Vermand (Aisne). — 
J'ai, dans une précédente livraison de la Revue, signalé 
une publication de M. Derôme, sur la Numismatique du 
Vermandois ; je dois aujourd'hui indiquer une note assez 
courte de M. Pilloy, sur les monnaies gauloises recueillies 
à Vermand. Beaucoup de ces pièces, trouvées depuis de 
longues années, ont été dispersées et sont conservées par des 
amateurs qui en ignorent la provenance ; aussi Fexamen de 
M. Pilloy n'a-t-il porté que sur trente-neuf pièces, mais 
elles ont semblé assez intéressantes à M. Anatole de Bar- 
thélémy pour qu'il en ait proposé la publication dans le 
Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques 
et scientifiques (i). — A l'exception d'une pièce apparte- 
nant à la Bretagne insulaire, toutes les monnaies trouvées 
à Vermand émanent de peuples du Nord de la Gaule. Six, 
en bronze coulé, portent au droit une tête à gauche garnie 
de grosses boucles de cheveux et la légende SOLLOS, et 
au revers un lion en marche avec la même légende qu'au 
droit (2). Ces pièces paraissent devoir être attribuées aux 
Veromandui. 

(1) Paris, Imprimerie nationale, 1894, pp. 479-484. 

(2) Cf. Bibliothèque nationale, n^s 8370-8572. 



23l 

La trouvaille d" Aiitrèches (i). — Peu de temps avant sa 
mort, M. Albert de Roucy, président honoraire du tribu- 
bunal de Compiègne (2) avait communiqué à la Société 
historique de cette ville une note sur la trouvaille faite à 
Autrèches d'un vase de terre gris noirâtre, retourné, ren- 
fermant une suite de monnaies romaines du troisième 
siècle, huit cents environ, et deux bagues en argent, dont une 
ornée d'une pâte de verre entaillée d'une figure représentant 
un guerrier. Ces monnaies appartiennent toutes à la 
seconde moitié du IIF siècle, la plupart sont de Gallien, de 
Victorin, des deux Tétricus et de Claude. Une pièce de 
Probus permet de fixer la date extrême de l'enfouissement 
de ce petit trésor à 276 ou 277. C'est du reste la date habi- 
tuelle, 262-278, de ces cachettes dans la Picardie et l'Ile- 
de-France. 

La numismatique dans le département de la Seine- 
Inférieure en 1894. — J'ai eu plus d'une fois l'occasion 
de signaler dans mes cueilloirs numismatiques des décou- 
vertes ou des travaux dont l'indication m'était fournie par 
les Bulletins de la Commission des Antiquités de la Seine- 
Inférieure. Si, dans chaque département les sociétés 
savantes prenaient le même soin que cette Commission, il 
est peu de découvertes qui resteraient ignorées du public. 

Le fascicule consacré aux procès -verbaux de l'année 
1894 qui vient de paraître (3) n'est pas aussi bien fourni que 

(1) Canton d' Autrèches (Oise). — Bulletin de la Société historique 
de Compiègne, iSgS, pp. i28-i33et 2 planches. 

(21 M. de Roucy est mort à Compiègne le 6 janvier 1894. Le recueil 
des Procès verbaux, rapports et communications diverses de la 
Société historique , t. III, 1894, pp. 7-14 renferme à la suite d'un dis- 
cours de M. Sorel, une liste de ses publications. 

(3) T. X, irp livraison. Rouen, imprimerie Cagnard, 1895, in-8". 



232 

plusieurs de ceux qui l'ont précédé ; j'y relève cependant 
quelques renseignements qui ne me semblent pas sans 
intérêt. Je les résume par ordre chronologique. 

Découverte à Longroy, d'une monnaie en or de Marc- 
Aurèle, avec la légende ANTONINVS, AVG. ARME- 
NIACUS. Rev. Victoire debout, etc. Je ne signale cette 
pièce que parce que M. Drouet a fait remarquer à cette 
occasion que les monnaies d'or se rencontraient fort 
rarement dans cette partie de la Normandie (p. 20). 

Cachette monétaire, au petit-séminaire du Mont-aux- 
Malades à Rouen. Découverte d'un vase en terre vernissée 
verte, du XVP siècle, renfermant environ 200 monnaies 
du XVF siècle, dont la plus récente est un huitième d'écu, 
pièce posthume du cardinal de Bourbon frappée à Rouen, 
avec la date de iSpi, ce qui indique que ce petit trésor à 
été caché au commencement des guerres de la Ligue. On 
y distingue onze pièces en or de François I^r, d'Henri II, 
de François II et de Charles IX; de Charles-Quint, de 
Philippe II et de Don Sébastien de Portugal et deux cents 
pièces d'argent, dont 197 françaises, d'Henri II, de 
Charles IX, d'Henri III et de Charles X ; plusieurs de ces 
pièces sont frappées à Rouen et M l'Abbé Tougard a 
donné au sujet de ces dernières d'assez curieuses indica- 
tions (p. 181). 

Monnaies du cardinal de Bourbon. M. l'abbé Tougard, 
à l'occasion d'autres monnaies de celui que l'on a appelé 
le Roi de la Ligue, a signalé la saisie de coins de ces pièces 
opérée chez les jésuites de Paris en 1763 et leur dépôt aux 
archives du Parlement, en faisant remarquer la singularité 
de cette saisie « rétroactive» (p. 11 5). 

Jeton de la famille de Piperay. — M. P. le Verdier a 
donné la description d'un jeton portant au droit un écusson 



233 

d'argent à trois têtes de grue de sable, au chef d'azur 
chargé de trois molettes d'éperon du champ (les émaux ne 
sont pas indiqués), supporté par deux licornes, timbré d'un 
casque de face, fermé, orné de lambrequins et surmonté 
d'une tête de licorne en cimier. On lit en exergue la devise : 
Vïr p7'obus prœest. Le revers porte un chardon entouré 
de la devise : Nemo me impune lacessit et la date 1647. 

Ces armoiries sont celles de noble homme maître 
Robert Piperai, écuyer, sieur de MaroUes et Monthérault, 
etc., conseiller du roi, général des monnaies de Normandie. 

M. Le Verdier a donné des renseignements sur cette 
famille dont trois membres ont occupé successivement les 
fonctions de général des monnaies. Il a rapproché pour 
l'exécution, ce jeton d'une série de jetons frappés, de 1616 
à 1645, par une autre famille normande, les Morant du 
Mesnil-Garnier, pour célébrer leurs mariages (p. 3i). 

Jeton et méreau. — M. Lormier a communiqué aussi 
un jeton de la ville de Rouen (1608), dont le type est bien 
connu (1), avec la signature de Nicolas Briot (p. 34), et 
une petite pièce de cuivre portant la légende : Rouen, visite 
générale, surmontant le mouton des armes de Rouen. 
M. Charles de Beaurepaire croit que celte pièce se rattache 
au contrôle de la draperie qui était confié par le roi à des 
inspecteurs (p. 12). 

Je supprime quelques autres communications de pièces 
sans intérêt. 

Les jetons des maires de Nantes. — Pendant de longues 
années, M. Alexandre Perthuis-Laurent s'est attaché à 
réunir une collection probablement unique des jetons des 
maires de Nantes et, il y a quelque temps, il les publia dans 

(1) Cf. Revue belge de Numismatique, 1894, pp. 38 et Sg. 
Année i8q6, 16 



234 

une nouvelle édition du Livre doré de V Hôtel de Ville de 
Nantes (i). M. Perthuis est mort le 14 novembre 1894, 
mais il n'a pas voulu que cette collection fût dispersée et il 
ena fait don au musée archéologique de la ville de Nantes(2). 

Médaille toulousaine inédite. — M. Delorme a lu à la 
Société archéologique du Midi de la France une note sur 
la pose de la première pierre de l'écluse de l'Embouchure 
à Toulouse, en 1667, sur le canal des Deux-Mers, ou canal 
de Riquet. Il a fait connaître une médaille de bronze 
frappée à cette occasion et qu'il croit inédite. En voici la 
description : Droit. Buste cuirassé et drapé de Louis XIV 
lauré. Légende : VNDARVM TERREE Q. POTENS 
ATQVE ARBITER ORBIS. (Cette légende, ainsi que celle 
du revers, est gravée au burin, sur un fond pointillé. Exergue, 
sur deux lignes : LVD. XI III. FRA. ET NA. REX. 

Rev. Vue de Toulouse à vol d'oiseau. Légende : 
EXPECTATA DIV POPVLIS COMMERGIA PAN- 
DIT. Sur une banderole au-dessus de la ville : TOLOSA 
VTRIVSQVE MARIS EMPORIVM. Exergue 1667. 

Diamètre, 42 mill. 

M. Delorme signale une médaille à peu près semblable 
en argent, avec les mêmes légendes, plus petite et mieux 
gravée. Un procès-verbal contemporain rappelle le dépôt 
de ces médailles de bronze dans les fondations avec une 
inscription gravée sur une lame de bronze (3). 
20 décembre 1893. 

Comte de Marsy. 

(1 ) Avec les armoiries et les jetons des maires, en collaboration avec 
M. S. delà Nicollière-Teijéro, Nantes, 1873,2 vol. grand in-S», planches. 

(2) Bulletin de la Société archéologique de Nantes, t. XXXIII, 1894. 

(3) Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France. Tou- 
louse, Privât, 1893, in-80, pp. 198-201 et reproduction du revers de la 
médaille. 



235 



LA MEDAILLE DONNEE A COLUMBANUS. 



Dans une note imprimée ci-dessus, p. iSg, M. de Witte, 
répondant à une question que J'ai faite dans cette Revue, 
l'an dernier, prétend que la médaille dont j'ai parlé n'est 
qu'une monnaie de poids fort. 

L'usage était d'en offrir aux conseillers et commis des 
finances. Cet usage, je le connaissais; mais, est-ce bien cer- 
tain qu'il ne soit pas question d'une vraie médaille dans le 
testament (i) que j'ai cité? Celle-ci avait été conférée au 
défunt mari de la testatrice, François Columbanus, seigneur 
de Berenhove, depuis 1706, conseiller et commis des do- 
ma,ines et finances du Brabant. 

L'électeur Jean-Guillaume, comte palatin du Rhin, 
l'avait nommé son conseiller et son résident à la Cour de 
Bruxelles dès 1690, et, cinq ans plus tard, son intendant de 
la seigneurie de Winendale. 

Il rendit de grands services à ce prince, ainsi qu'il ré- 
sulte, parmi d'autres documents contemporains très nom- 
breux, de l'acte du 26 juillet i852, par lequel le roi Maximi- 
lien II de Bavière confère le titre de chevalier au fils de la 
dernière descendante de François-Joseph Stroobant, lequel 
fils avait invoqué, dans sa requête tendant à obtenir cette 
faveur, les mérites de son aïeul maternel Columbanus. Ce 
dernier était donc un important personnage et sa haute 
situation à la Cour de Bruxelles explique très bien qu'il 
ait reçu une véritable médaille d'or de l'empereur et roi 
Charles VI. 

(i) Testament du 26 février 1722, par lequel Dame Marie-Catherine 
Munos lègue la grande, médaille d'or de Jean-Guillaume, comte pala- 
tin à son petit-fils, François-Joseph Stroobant seigneur deTer-Brug- 
gen et la médaille d'or de Charles VI à sa petite-fille, Marie-Henriette 
Stroobant, dame de Berenhove. 



•236 

Quoi d'étonnant et d'extraordinaire dans une pareille 
distinction, puisque Columbanus avait de'jà été gratifié 
d'une grande médaille en or, que lui avait donnée le comte 
palatin Jean-Guillaume pour reconnaître les services rendus 
en qualité de son résident à la Cour de Bruxelles. 

S'agissant de médailles d'or, pièces évidemment plus 
rares et plus précieuses que des monnaies de poids fort, 
distribuées à chaque émission d'un type nouveau et par 
conséquent assez banales, on comprend la clause du tes- 
tament qui stipulait que ces deux médailles devaient être 
éternellement conservées, comme souvenir, dans la famille 
de la testatrice. 

Cette recommandation expresse eût été vraiment risible 
pour de vulgaires monnaies de poids fort que tout con- 
seiller et commis des finances possédait dans ses tiroirs. 

G. CUMONT. 



NOUVEAU JETON AU TYPE DE L ORANGER 
DE LA FAMILLE DE LANGHEAG. 

En décrivant, il y a quelques mois, un jeton anépigraphe 
au type de l'oranger, de la maison de Langheac, je laissais 
quelque peu indécis le nom du personnage auquel la pièce 
devait se rapporter. Grâce à un nouveau et fort joli jeton 
complètement inédit, entré depuis peu dans ma collection, 
également au type de l'oranger et de la même famille, je 
suis en mesure de pouvoir préciser mon assertion. 

Cette pièce porte d'un côté deux écus ovales et accolés, 
l'un aux armes de LANGHEAC, d'or à trois pals de pair, 



237 

l'autre à celles de MONTPEYROUX {\),fascé d^or et d'azur 
à la bordure de gueules, posés sur un cartouche orné de 
volutes et surmontés d'une couronne de marquis; en cimier, 
une queue de Dauphin contournée vers le haut à gauche; 
en exergue, au dessous d'un trait, la date 17-25 séparée en 
deux par le bas des ornements de l'écu. Le revers est au 
type ordinaire de l'oranger dans sa caisse au milieu de la 
campagne. 




La terre de Montpeyroux était une ancienne baronnie 
située en Bourgogne et dépendant de celle de Bourbon- 
Lancy. Elle fut donnée en dot, au XV^ siècle, à Catherine 
de Bourbon par son mariage avec Guyot Palatin de Dyo, 
tige des seigneurs de Montpeyroux. Cette terre, érigée en 
baronnie, vers i5go, en faveur de Jacques Palatin de Dyo 
de Montpeyroux, devint marquisat sous son fils François- 
Éléonore, comte de Montpeyroux, et fut réunie à la 
maison de Langheac par le mariage, en 1725, de Jeanne- 
Marie-Palatin de Dyo de Montpeyroux avec Marie-Roger 
de Langheac, capitaine au régiment du Roi (2). Ce person- 
nage, fils de Gilbert- AlHre VI de Langheac, comte de Dalet, 
marquis de Coligny, mort au siège de Condé en 1676 (3), 

(1) Voir Armoriai général, de Rietstap, t. II. 

(2) BouiLLET, Nobiliaire d'Auvergne, t. III, pp. 338 et SSg. 

(3) Quoiqu'en dise M™*^ de Sévigné, qui écrit à sa fille (lettre du 



238 

rendit hommage au roi, en 1722, à cause de Dalet et de 
Malintrat et décéda à Avignon en 1746, n'ayant eu de son 
épouse, Marie de Montpayroux, que six filles. Quatre 
furent religieuses; les deux autres prirent alliance dans les 
maisons de la Guiche et de Cugnac de Dampierre. 

Après les détails qui précèdent, nous pouvons être fixés 
sur les jetons aux armes de Langheac dont nous avons 
parlé antérieurement et sur celui que nous décrivons aujour- 
d'hui. Ceux-ci furent incontestablement frappés par Marie- 
Roger, soit à l'occasion de son mariage, soit en sa qualité d'élu 
de la noblesse aux États de Bourgogne. Le jeton qui nous 
occupe actuellement porte une date irréfutable. La pièce à 
l'oranger du précédent article n'est pas moins sûre d'attri- 
bution. 

Quant aux deux autres jetons aux armes de Langheac, 
très incomplètement indiqués par FONTENAY (i), sans 
description du revers, et rappelant l'élection, en 1724, de 
Marie- Roger aux États de Bourgogne, comme représen- 
tant de la noblesse, ils portent l'un et l'autre la date 
de 1725, sans coupure, au dessous de i'écusson de la 
famille dont un trait la sépare. Cet écu est surmonté d'une 
couronne de marquis avec une queue de dauphin pour 
cimier et offre comme support, de chaque côté, un hercule 
appuyé sur sa massue. Sur la face opposée, l'une des pièces 
porte les armes de la province sur un riche manteau semé 
d'hermines et timbré d'une couronne ducale (collection 
Richard, à Paris). Sur la seconde pièce, suivant les tra- 
ditions de l'époque, le roi devenu majeur est représenté 
par un soleil dardant ses rayons sur un cadran solaire avec 

29 avril 1676) : « Cette victoire ne nous coûte que quelques soldats et 
pas un homme qui ait un nom. » 

(1) Manuel de l'amateur de jetons, pp. 267, 3o3 et 322. 



239 

la devise : REGIT ME ET DIRIGIT ORBEM, avec la 
date 1725 reproduite. (Collection Sarriau, à Paris.) 

Il étaitd'usage, en effet, qu'à chaque triennalité des États, 
les Élus fissent frapper un jeton, offrant d'un côté leurs 
armes personnelles et reproduisant, de l'autre, le revers du 
jeton des États. Pour la famille de Langheac, cette repro- 
duction aff"ecte exceptionnellement un double caractère, 
puisque les deux faces du jeton des États sont alternative- 
ment reproduits sur celui aux armes de Langheac, ce qui 
perpétue ainsi, par deux pièces distinctes, le souvenir de 
l'événement qui en a provoqué l'émission. 

Nous pouvons juger de la diff"usion des jetons au type de 
l'oranger à la fin du 17^ et au commencement du 18^ siècle 
par Je tableau que nous donnons ici (i). 

A. — Jetons à la tête de Louis XIV. 

1° Tête nue du roi signée HRF (Jérôme Roussel Fecit). 
2° id. même signature en caractères plus 

petits, 
3° id. signée R (Roettiers). 

40 id. signée G (Chéron). 

5° Tête laurée du Roi avec les lettres I . B. (Jean Leblanc). 
6" id. avec les lettres IGL (Lazare Gottlieb 

Lauffer). 
7" Tête nue du Roi avec la signature précédente. 

B. — Jetons de famille. 
go Mre Philippe Habert, sieur Dumesnil. 

(1) Se reporter à la description complète qui en a été donnée, 
Revue belge de numismatique, i8gi, avec addition en 1895. 



240 

9° Radegondede Hodon. 
10» Marie de Rubentel. 
1 1° M"" le Marquis de Pontcallec. 
12° Guillaume Heurtaut, s»" de Merolles. 
i3o Perdrix, Paumier du Roi. 
140 Filley'de la Barre. 
i5o J. B. Girard de Villetaneuse. 
160 Marie-Roger de Langheac. 
170 Le même aux armes de Montpeyroux. 

G. — Jetons banaux anonymes. 

18° Goin associé au revers des trois pensées. 
190 id. au type de l'amour ailé. 

D. — Jetons de petit module de fabrique allemande. 

20° Louis XVI couronné avec la signature IGR. (Jean 

Ghrétien-Reich). 
21° Léopold empereur d'Autriche. — E. L. S. (Lauer). 

J. Ghautard. 



Mûn^geschichte der Schn^ei:(, von Leodegar GORAG- 
GIONI, Verlag von Paul Strœhlin & Gi^, comptoir de nu- 
mismatique et d'héraldique, Genève, rue des Granges, 5, 
1896, in-40 de XI-184 pages et L planches. Prix de 
l'ouvrage cartonné : 3o francs. 

Ce beau volume, édité par la maison P. Strœhlin et G'^, 
est l'œuvre d'un membre de la Société suisse de Numis- 
matique, M. Goraggioni. G'est un excellent corpus de l'his- 
toire monétaire suisse, où l'on trouve résumé avec science 
et méthode tout ce qui a été écrit, jusqu'ici, sur le mon- 



241 

nayage helvétique, depuis les « Regenbogenschûsselchen » 
des Boïens, jusqu'aux pièces de 20 et de 5 francs, frappées 
en 1890, par la Confédération suisse. Cinquante magni- 
fiques planches reproduisent les types principaux des mon- 
naies émises par les anciens habitants du pays, par les 
cantons, les villes, les prélats, les seigneurs, la République 
et la Confédération helvétiques. 

Si l'auteur n'a reculé devant aucun labeur pour parfaire 
son travail — et à ce point de vue la liste des ouvrages 
consultés par lui est démonstrative — les éditeurs, eux, 
n'ont reculé devant aucune dépense pour faire de la Mun:{- 
geschichte der Schjpei:{, non seulement un des plus luxueux 
livres de numismatique qui soit, mais encore un monu- 
ment vraiment national. Tout, en effet, a été exécuté en 
Suisse : le texte sort des presses de l'imprimeur H. Keller, 
de Lucerne, les planches, de superbe venue, sont signées 
Brunner et Hauser, de Zurich. Toutes les monnaies repro- 
duites font partie des musées suisses ou de la collection 
personnelle de M. Paul Strœhlin. C'est donc bien une 
œuvre nationale dans la plus large acception du mot ; 
elle fait honneur à tous ceux qui y ont contribué. Nos féli- 
citations à l'auteur et aux éditeurs. 

A. DE W. 



Quelques médailles. — Les méreaux des pompiers de 
Weesp. 

Il y a trois mois, M. Kuneman, secrétaire de la ville de 
Weesp, Hollande septentrionale, me montra une petite 
série de médailles, qu'il me pria de vouloir bien déterminer 
ou expliquer. Je crois utile d'en donner dans cette Revue 



% 



242 



un bref aperçu, car cette collection renferme des pièces 
restées inconnues Jusqu'ici. Ce sont les me'reaux des pom- 
piers de la ville deWeesp. Dirks ne décrit pas de méreaux 
de cette localité, et nulle part, dans aucune collection, je 
n'eu ai rencontré, sauf dans le catalogue de Bom, 19 juin 
1876, no 1624, où ils sont décrits en ces termes : « Als- 
voi^en van Weesp, K, » sans indication de figures. Ce 
méreau a 40 mill. de diamètre et nous montre à l'avers 
les armoiries de Weesp (d'azur au pal d'argent) sommées 
de la couronne impériale et soutenues par deux lions ; au- 
dessous, dans un cartouche : W * S • B, qu'on peut expli- 
quer : Weesper Slang Brandspuit. 

Le revers offre une pompe à feu d'ancienne construction, 
entourée d'un serpent. Un autre exemplaire de ce méreau, 
appartenant au bourgmestre, a les mêmes armoiries que le 
précédent, mais les lettres N» 3 • B au lieu de W • S * B. 
Au revers on voit une pompe de la nouvelle construction, 
entourée d'un serpent et le numéro 60. 

Cet exemplaire est indubitablement coulé. 

Quand on examine plus exactement ces deux méreaux, 
on peut s'étonner de la cowonne impériale au-dessus de 
l'écu, car la ville de Weesp n'a jamais eu le droit de porter 
une pareille couronne, comme Amsterdam, Nimègue, 
Medemblik et d'autres villes. Mais cet étonnement dispa- 
raît quand on remarque sur le pal les restes de trois sau- 
toirs, que la lime a négligé de faire disparaître entièrement. 
Les lettres doivent s'expliquer ainsi : W(ijk) S(chouw) 
B(urg) = Quartier du théâtre, et : N» 3 B(uitenwijk) == 
N° 3 faubourg. 

Ce sont tous les deux des méreaux d'Amsterdam, géné- 
ralement connus. 

Voici l'explication la plus vraisemblable : 



243 

Le magistrat de Weesp aura acheté une quantité de 
méreaux de la ville d'Amsterdam pour les distribuer à son 
corps de pompiers, après les avoir rendus propres à ce but 
en écartant à la lime les trois sautoirs d'Amsterdam ; il 
était cependant impossible de faire disparaître la couronne 
impériale et de la remplacer par une couronne à cinq fleu- 
rons. Lorsque la quantité fut épuisée, le gouvernement 
municipal a fait mouler en cuivre jaune une nouvelle pro- 
vision et a anéanti les traces de la fonte au bord par la lime. 
Les preuves de la fonte et du limage sont incontestables. 

Les comptes des trésoriers, dans les archives de Weesp, 
ne m'ont donné aucun éclaircissement sur cette affaire; 
au surplus les pièces elles-mêmes racontent leur histoire. 

La petite collection qui nous occupe, comprend encore 
une médaille en fer de 59 mill. de diamètre, au millésime 
de 1687, rappelant les victoires de Siklos, Peterwardein, 
Valpo, Bulsyen et Essek, remportées par les Autrichiens 
sur les Turcs (i), une médaille d'argent commémorative 
du traité de commerce conclu entre la ville d'Amsterdam 
et la République américaine (1782), suite à van Loon, 
no 575, deux médailles d'argent offertes, suivant un usage 
assez répandu en Hollande, à MM. Hendrick Ogelwight 
(5 oct. 1783) et lohs Kuneman(5 feb. 182 1) à l'occasion du 
cinquantième anniversaire de leur naissance, une petite 
médaille d'argent aux armes d'Amsterdam, souvenir du 
dévouement déployé par les médecins lors de l'épidémie 
cholérique de i852, enfin une médaille d'argent gravée par 
C.-F. Kons à l'occasion du centenaire de la fondation de 
l'orphelinat luthérien d'Amsterdam. 



(1) Cette pièce se trouve aux Archives de la ville de Weesp. 



244 

Voilà donc une toute petite collection compose'e d'élé- 
ments assez hétérogènes. De pareils cabinets en miniature 
se cachent encore partout chez des particuliers et dans des 
institutions publiques et contiennent parfois des objets qui 
piquent la curiosité des amateurs, qui leur sont même 
inconnus, comme les méreaux des pompiers de Weesp. 

J.-E. TER GOUW. 



Histoire de la monnaie, 1 252-1894, par W.-A. Shaw, 
traduit de l'anglais par Arthur Raffalovich. Paris, 1896, 
in-80, 384 pages. 

Sérieux travail qui vient pour ainsi dire compléter \ His- 
toire économique de la propriété, des denrées, etc., du 
vicomte d'Avenel. C'est dire que le volume de M. Shaw, 
qui a déjà eu deux éditions anglaises, s'adresse à la fois aux 
numismatistes et aux économistes. Trois chapitres sont 
consacrés à l'histoire de la monnaie proprement dite : 
1° Depuis le commencement des frappes d'or jusqu'à la 
découverte de l'Amérique (i 252- 1492); 2° depuis la décou- 
verte de l'Amérique jusqu'à la fin du premier cycle de l'in- 
fluence des métaux du Nouveau-Monde sur les monnaies 
de l'Europe (1493-1660) ; 3" de la fin du premier cycle de 
l'influence américaine jusqu'à nos jours (1660-1894). Puis 
viennent, en appendice, des aperçus des systèmes moné- 
taires de Florence, de Venise, de l'Espagne, des Pays-Bas, 
de l'Allemagne, de la France, des États-Unis et de la 
Russie. 

« Le but de ce livre est double, écrit l'auteur dans sa 
» préface : d'abord, d'éclairer avant tout une question de 
» principe par l'assistance et l'application de la preuve his- 



245 

)) torique; en second lieu, de fournir à ceux qui étudient 
» l'histoire un manuel élémentaire des monnaies des prin- 
» cipaux États de l'Europe du XIII^ siècle à la fin du 
» Xixe siècle. » 

Ce double but, M. Shaw semble l'avoir très convena- 
blement atteint, et son ouvrage a tout au moins le mérite 
d'être établi à l'aide de données sérieuses puisées le plus 
souvent à des sources numismatiques. U Histoire de la 
monnaie n'a malheureusement pas gagné en clarté à la 

traduction. 

A. DE WiTTE. 



A propos de lange d'or de Jeanne de Bradant. 

J'ai dit, ci-dessus, p. 127, que l'ange d'or de Jeanne de 
Brabant avait été vendu 1,540 francs. Depuis lors, on a 
répandu le bruit qu'un expert avait attribué à cette mon- 
naie une valeur de 3oo francs. 

Cela paraît un conte inventé à plaisir: en effet, qui 
aurait l'idée d'estimer à un si faible prix une monnaie 
unique, du plus haut intérêt, puisque tout le monde sait 
combien, des amateurs, se disputant une pièce, peuvent 
faire monter son prix. Donc, serait vraiment téméraire 
celui qui oserait fixer, dans ces conditions, une valeur 
précise. C'est ce que j'ai pensé lorsque M. le receveur du 
bureau de bienfaisance de Malines m'a fait l'honneur de 
me consulter au sujet de la trouvaille de Niel. Je lui ai 
répondu qu'il était impossible d'assigner à cette pièce 
unique une valeur exacte. Tout au plus pouvait-on affir- 
mer qu'elle YSLlah plusieurs centaines de francs et qu'elle 
se vendrait peut-être, en vente publique, à un prix même 
supérieur à mille francs. Cette prévision a été complète- 



246 

ment réalisée, et si le prétendu amateur-expert dont on 
parle avait agi avec la même prudence, nul aristarque, 
même le plus sévère, n'eût trouvé à lui faire des reproches. 

G. CUMONT. 



Sous ce titre : The war medal record, a monthly chro- 
nicle for collectors of naval and military medals and 
orders of chivalrjr, la maison Spink and son, 17 et 18 
Piccadilly, Londres, vient de créer un périodique nouveau 
qui ne sera pas sans intérêt pour les numismatistes. 
L'abonnement est de 12 sh. 6. 

A. DE W. 



Deux jetons pour les noces d'or de Simon Van den Bergh 
et d'Elisabeth Van der Wielen, célébrées en novembre 
1894. 

A. Jeton en cuivre doré, avec bélière et anneau ; diamètre 
33 millim. ; — Ma collection. 

Droit. Les bustes affrontés des deux époux jubilaires vus 
de trois quarts, chacun dans un médaillon ovale entouré 
d'un grènetis. Au-dessus, dans un assemblage de branches 
de laurier : à droite, sur une banderole : S.^imon) V.(an) 
D.(en) B.(ergh); à gauche, sur une autre : E.(lisabeth) 
V.(an) D.(er) W.(ielen). Ces deux banderoles sont réunies 
par une troisième sur laquelle on lit : 4. NOV.(ember). 
Sous les médaillons, également un assemblage de branches 
de laurier et une banderole avec les dates : 1844-1894. 
Le tout entouré d'un cercle de perles. 

Rev. Dans un cercle de perles et en cinq lignes, se trouve 



247 

l'inscription suivante : TER | HERINNERING i AAN 
HET I GOUDEN | HUWELYHSFEEST (i). Dessous, 
un ornement. 

B. Jeton en argent, de forme rhomboidale. Un ruban 
aux couleurs nationales (rouge, blanc et bleu) est attaché 
à l'anneau de la bélière. Diamètre : 27 millim, — Ma col- 
lection. 

Droit. Au milieu d'un cercle de perles, les armes de la 

ville de Clèves (2); tout autour, l'inscription : Z(ur) 

ER(innerun) G A.(n) D.(er) FEIER D.(er) GOLD(enen) | 

HOCHZEIT I D.(es) BEGRÙNDERS D.(er) FIRMA 

1 SIMON VANDENBERGH | NOVEMBER 18940^ 

Rev. Le rhomboïde est divisé en trois; au-dessus, l'in- 
scription : FABRIK CLEVE ; au milieu, vue de la fabri- 
que de Clèves ; au-dessous, case vide ; le tout dans un cercle 
de perles. 

Exécuté dans l'établissement de gravure et de frappe de 
G. Schnûrle, à Dûsseldorf. 

Simon van den Bergh (3), né à GefFen le 26 octobre 1819, 

(i) On aurait dû graver correctement : HUWELIJKSFEEST. 

(2) V. Volker, professeur au Gymnasium royal de Clèves. « Cleve und 
dessen Umgegend», p. 17. « Dièses Wappen ist ein herzfôrmiges rothes 
Schild, worauf sich drei vergoldete Kleeblâtter in einem versilberten 
Herzschilde befinden zum Schildhalter hat es eine mànnliche Figur in 
Panzerrûstung mit vergoldeten Bûgeln ; den Helm ziert eine grâfliche 
Krone, auf der Krone sitzt ein weisser Schwan, an dessen Halse das 
soeben bezeichnete Schild im Kleinen hângt. An beiden Seiten hat der 
Helm Arabesken zu Verzierung, die aussen roth und inwendig ver- 
goldet sind. Der Schildhalter hâlt in stehender Stellungdas Wappen 
mit nach beiden Seiten hin ausgestreckten Armen an zwei blauen Bân- 
dern;inder rechten H and hat er zugleich einen Speer, und an der 
Seiten einen Degen mit vergoldetem Gefâss. » 

(3) Fils de Zadok, qui mourut à GefFen, le 11 octobre 1857, âgé de 



248 

épousa, à Oss, en octobre 1844, Elisabeth van der Wie- 
len (i), née à Oss le 17 Juin 182 1. Simon van den Bergh, 
un des plus considérables fabricants de margarine, com- 
mença par fonder une fabrique à Oss, qu'il transféra en- 
suite à Rotterdam (2), et depuis il éleva encore des fabri- 
ques à Bruxelles, à Londres et à Cièves, C'est à l'occasion 
de ses noces d'or que furent frappés les jetons que je viens 
de décrire. Les jetons aux légendes allemandes mentionnés 
sous litt. B furent spécialement faits pour être distribués 
au personnel de la fabrique de Cièves. 

Jonkheer M. -A. Snoeck. 



M. Alph. de Witte a réuni des documents d'archives 
en quantité suffisante pour qu'il lui soit possible de com- 
mencer l'an prochain, dans la Revue, l'étude des jetons 
et médailles d'inauguration aux Pays-Bas. Il prie ceux de 
ses confrères qui posséderaient sur ce sujet des renseigne- 
ments intéressants de bien vouloir les lui faire parvenir. 
Il lui serait surtout utile de savoir où. se trouvent les 
exemplaires d'or de ces diverses pièces. 



Chronique des ventes en Belgique. -- Les 14 
et 16 décembre 1895, a eu lieu à Bruxelles, sous la direction 

89 ans et d'Elisabeth van der Wielen qui mourut à Geffen, le i5 février 
i83o, à l'âge de 56 ans. 

(1) Fille d'Abraham, qui mourut à Oss, le 8 mars 1857, âgé de 76 ans 
et d'Aldegonde van Osten qui décéda à Oss, le 16 décembre 1861, à 
l'âge de 68 ans 

(2) Voy. l'article « Over Kunstboter » dans 1'^ ms^er^ammer Week- 
blad voor Nederland, n° 924, 1895, avec deux représentations de la 
fabrique de Rotterdam, vue delà Meuse et vue à l'intérieur. 



249 

de M M. Van Duyse et Fiévez, la vente de la collection que 
M. Boddaert, de Deynze, avait mis cinquante ans à former. 
' La perle de cette collection, surtout riche en monnaies 
flamandes, était un petit denier signé du monétaire Simon, 
portant un R dans le champ du droit. Cette pièce, publiée 
jadis par M. Piot dans la Revue belge de numismatique, 
t. XIV, p. 280, est restée unique ; elle a été adjugée au prix 
relativement modeste de 5o francs (i). 

La vente de la collection Boddaert marque une reprise 
pour les monnaies flamandes, que des trouvailles impor- 
tantes étaient venues déprécier outre-mesure depuis une 
dizaine d'années. Voici d'ailleurs quelques prix de mon- 
naies d'or : 



Florin de Louis de Crécy 



5i francs 



Mouton d'or de Louis de Mâle ... 26 — 

Cavalier du même 3o — 

Lion heaume 41 — 

Noble de Philippe-le-Bon . . . . i5o — 

àM.Coster. C'est le prix le plus élevé atteint jusqu'ici, 
en vente publique, par cette monnaie. 

Quart de Noble de Gand révolté . . Sy francs 
Quelques jetons complétaient les séries de M. Boddaert. 
Ils ont été vendus par lots de 1 5 à 40 pièces à des prix fort 
convenables. Les 434 numéros du catalogue ont produit 
environ 2,000 francs. 

A. DE W. 

(1) Cette maille est entrée depuis dans la collection de M. le vicomte 
B. de Jonghe. 



Année i8g6. 17 



M. Cumont, page 235, s'occupe à nouveau de la mé- 
daille Columbanus. Il nous semble que notre confrère 
oublie le passage du testament cité par lui dans son compte- 
rendu {Revue, i8g5, p. 58o) ; qu'il nous soit permis de le 
rappeler : « la médaille d'or de Sa Majesté impériale et royale 
Charles VI que feu le mari de cette femme (Columbanus) 
avait reçue, en sa qualité de commis des finances de Sa 
Majesté » . 

C'est donc simplement comme commis des finances que 
Columbanus reçut une médaille et Je ne vois pas, dès lors, 
en quoi mon hypothèse puisse tant surprendre M. Cumont. 
Je ne l'ai d'ailleurs émise, cette hypothèse, que pour répon- 
dre à son appel. 

A, DE W. 



AJUSTEURS JURES DES POIDS ET BALANCES AUX 
PAYS-BAS AUTRICHIENS. 

De Corduanier. — Dans une supplique adressée le 
17 février 175 3 à la Jointe des monnaies, concernant ses 
fonctions d'ajusteur juré des poids et balances, à Bruxelles, 
Corduanier fait remarquer : « Que le suppliant depuis un 
» an passé, étant à la ville de Bruges sur la foire, y a débité 
)) ses poids comme aussy cette année, mais cette dernière 
» fois, il s'est informé aux achepteurs d'iceux, même jus- 
» qu'au greffier* du magistrat, s'ils en étoient comptants, 
» ont unanigmement répondu qu'ouy, que plus est ont dit 
)) qu'il seroit très nécessaire d'avoir un adjusteur en leur 
)) ville tel que le suppliant. » Corduanier conclut en 
priant la Jointe de daigner lui accorder cette place. Cette 
demande lui fut accordée, car en marge du document on 
lit : « Le ig juin 1753, tous présens, résolu de faire dépêcher 



2D1 

» gratis commission au supliant pour faire la fonction 
» d'ajusteur des poids de Troyes et balances dans la ville 
» de Bruges jusqu'à ce qu'il y aura un ajusteur des poids 
» et balances domicilié dans la d'^ ville. » 

Everard Op de Beek. — Le 24 octobre 1753, la Jointe 
prévient l'auditeur Van den Boom de bien vouloir informer 
l'horloger Everard Op de Beek, à Anvers, qu'en suite de 
l'avis dudit auditeur il a été résolu « de faire dépécher en 
» sa faveur une commission d'ajusteur des poids de Troye 
» et de balances avec la charge que vous avez proposé qu'il 
» ne pourra faire aucune balance ou poids d'essay pour 
» personne sans la permission de la jointe. » 

Mousset. — Le i5 janvier lySy, l'ajusteur des poids et 
balances Mousset présente requête pour obtenir la place de 
directeur de la Monnaie de Bruxelles, qu'il croit être libre. 
— On sait que Mousset ne fut pas nommé à ce poste. 

A. DE W. 



Sommaire des publications périodiques 

Revue numismatique, 1895, 4"^ trim. — Reinach. 
Sur la valeur relative des métaux monétaires dans la Sicile 
grecque. — SOUTZO. Nouvelles recherches sur les origines 
et les rapports de quelques poids antiques. — DE Cas- 
TELLANE (Gte). Demi-gros de Henri V d'Angleterre, 
frappé à Caen. — DE LA ToUR. Médailles modernes 
récemment acquises par le Cabinet des médailles. 

Annuaire de la Société française de numismatique, 
1895, 6™e liv. — Bordeaux. L'atelier monétaire de Laon 
pendant la Ligue. — Trachsel. Laurea Noves Petrarc 
amata, médaille originale du xive siècle. — Vallentin. 



252 

Calculs sur le marc de Paris et ses subdivisions. — DE 
Ponton D'AmÉCOURT. Description ge'ne'rale des mon- 
naies au type chinonais. 

Tijdschrift van het Nederlandsch Genootschap voor 
Miint- en Penningskunde. T. IV, liv. I. — J.-A.Van DER 
CHUS. Particulier papierengeld in Nederlandsch Indië. — 
A. DE WiTTE, Le jeton dans les comptes des maîtres des 
monnaies du duché' de Brabant aux XVIF et XVIIie siècles. 
D. C. Twee penningen van Koningin Wilhelmina. — 
Gedenkpenning uitgereikt aan M^ G. N. de Stoppelaar. — 
J. E. TER GOUW. Onuitgegeven munt van Batenburg. — 
DE DompierredeChaufepiÉ. Les trouvailles de mon- 
naies en 1894. 

Revue suisse de yiumismatique , 1895, liv. IV et V. — 
Haas. DieMûnzen des Standes Luzern. — Vaf.lENTIN. 
Du compte par livre, sol et denier, synonymes respectifs 
des nombres 240, 12 et 1. — Grossman. Médaille reli- 
gieuse inédite de Fribourg, — Stuckelberg. Barbaren- 
mijnzen des III Jahrhunderts n. Chr. aus der Schweiz. — 
Mayor. Médailles suisses nouvelles. 

Bulletin de numismatique, i.Wl, liv. 6. — R SER- 
RURE. Note sur un denier de Henri 1er, duc ^e Brabant. 
— Van Gennep. Jeton de Yolande de France, duchesse 
de Savoie. —VAN Bemmel. Les projets de monnaies de 
nickel de M. T. Michelin. — Varia. 

N" 7. — Ch. de Pas. Denier inédit de l'abbaye de 
Saint-Bertin à Saint-Omer. — FORTH. Le nouveau dollar 
colonial anglais. 

Mittheilungetî des Clubs der MUn:{-und Medaillen- 
freunde in Wien , n° 66. — CUBASCH. Die Miinzen 
unter der Regierungdes Kaisers Franz-Joseph I. — Nent- 




233 

WICH. Wiener Stiftungspfennige. — SCHALK, Nachtrag 
zum Verzeichniss der im historischen Muséum der Stadt 
VVien ausgestellen Mûnzen. 

N» 67. — An unsere Léser. — VOETTER. Kryptogramme 
auf rômischen Mûnz-Serien. — VAN HôFKEN, Weih- 
mûnzen. 

No 68. — Unger. Zur Geschichte der Wiener Raths- 
und Salvator-Pfennige. 

Monthly numismatic Circular, n» 38. — Hands. Chats 
on Roman Coins with young Collectors. — M'^e MARIE 
DE M AN. Inedited or liltle known Anglo-Saxon Sceattas. 
— HaZLITT. « Coins ofEuropa ». — The mints of Spanish 
Coins. — Un médailleur suisse. — Vauxhall Gardens 
admission Pass. — An unpublished two and six Penny 
Token of Birmingham. 

N» 39. — Hands. Chats on Roman Coins with Young 
Collectors. — HAZLITT. « Coins of Europa ». — The 
Coinage of Switzerland. 

Rivista italiana di nnmismatica, 1895, 4"^^ liv. — 
F. Gnecchi. Appunti di numismatica Romana XXXVI. 
Suir autenticita degli aurei di Uranio Antonino. — Dl 
Palma. La Zecca di Campobassa. — Papadopoli {O^). 
La Zécca di Nasso. — Mariani. Desana-Mirandola. — 
Van Gennep. Les viennois noirs d'Amédée VIH, duc de 
Savoie, de 1416a 1439. — MORSOLIN. Medaglia in onore 
di Mursiglio da Carrara; medaglia in onore di Nicolo 
Quinto. 

Wiadomosci niimiimatyc!^no-archeolo:[ic\ne, n» 26. — 
POCHWALSKI. Sur le triple gros à la couronne de Sigis- 
mond HL — BOLSUNOWSKY. Les marques en plomb trou- 
vées près de Drohiczyn, et divers articles archéologiques. 



■■H 



% 



Zeitschriftfûr Numismatik, Band XX, Heft I. — Dan- 
NENBERG. Unedirte Mittelaltermûnzen mciner Samm- 
lung. — WUNDERLICH, Mecklenburgische Mûnzfunde. — 
HEINEMANN. Ein Beitrag zur Kenntniss der Brakteaten 
Bischof Hartberts von Hildesheim, — Friedensburg. 
Ein verkannter Schlesischer Denar. — VON Fritze. Bei- 
trag ziir Mûnzkunde von Delphi. — KULL. Studien zur 
GeschichtederMiinzender Herzôge von Bayern-Landshut. 

Heft IL — Friedensburg. Ein Dukat des Bischofs 
Johannes V, Turzo von Breslau. — Seltmann. Eine 
unbekannte Mûnze der Antonia und Julia, die Tociiter 
des Augustus. — Dannenberg. Mûnzfunde aus Pom- 
mern und Meklenburg. — voiST Fritze. Die Mûnztypen 
von Athen im 6. Jahrhundert V, Chr. — J. CaHN. Ein 
Beitrag zur Frage des Munzrechts deutsciier Konige in 
Stadten mit autonomer Miinze. — Gaebi.ER. Zur Mûnz- 
kunde Makedoniens. 



255 



SOCIÉTÉ ROYALE DE NUIVIISIVIATIQUE. 



EXTRAITS DES PROOÈS-VERBAM. 



r 



iréiiiiion du bureau «lu 9 Jnnvlcr 1S90. 

... Sur la proposition de MM. le vicomte B. de 
Jonghe et A. de Witte, le titre de membre associé 
étranger a été conféré à M. Mubarek Ghalib Bey, 
attaché à la dette publique ottomane, à Constan- 
tinople. 

Le Secrétaire, Le Président, 

G. CUMONT. V*^ B. DE JONGHE. 



Itcuiiioii «lu bureau «lu 9 5 février 1906. 

... Sur la proposition de MM. Pety de Thozée 
et A. de Witte, le titre de membre associé étranger 
a été conféré à M. D. E. Tacchella, conservateur 
du musée national de Sophia. 

Le Secrétaire, Le Président, 

G. CuMONT. V"" B. DE JONGHE. 



256 



SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMISMATIQUE. 



LISTE DES OIJVKAGES REÇUS PENDANT LE !«>• THIMESTRK 1896. 



Avis important : l.es publication.s et les dons def«(lné«i à 
la Société doivent, sans exception, être ndresséM à M. Alpli. 
de Witte, iiil>liotliérnire de la Société royale de numiNina- 
tlque, l'alalN dew Académies, à Hriixclles. 



Ouvrages périodiques. 

Allemagne. — Blâtter fur Mûn^freunde, no 207. — Zeitschrift des 
Historischen Vereins fur Niedersachsen, année 1895 — Berliner 
Mûn:{blâiter, n°i8o. — Neues Lausikisches Maga:{in, t. LXXI.— Zeit- 
schrift fur Numismatik, t. XX, liv. 1 et 2. — Sit^ungsberichte der 
numismatischen Gesellschaft :{ii Berlin, .8g5. — Numismatische.s 
Literatur-Blatt, nos 89 et 90. — Numismatisch-Sphragistischer 
An:(eiger, iSgS, nos 11 et 12. 

Amérique. — American Journal of numismatics, vol. XXX, n" 2. 

Anicleterrc. — Numismatic Chronicle, 1895, part III. — The 
Monthly numismatic circular, nos 3y à 89 

Autrlche-llon$;rie. — Mittheilungen des Clubs der Mûn^- und 
Medaillenfreunde in Wien, nos 66 à 68. — Wiadomosci numisma- 
tyc:{no-archeologic:{nc, n» 26. — Monatsblatt, nos 148 à i5o. — 
Magyar Tudomanyos Akademia : .° Archœolog. Ertento, t. XIII, 
n°s 3-5, XIV, nos i-5, XV, nos i_3 ; 20 Archœologiai ko^leményeh, 
t. XVII; 3° Ungarische Revue, i8g3,6-io; 1894, i-io;i895, 1-4; 
4° Rapports, 1898 et 1894 ; 5° Hampel: A Régibb ko^epkor emlekei, 
t. I; 60 Meyer, S^t. -Simon c^^ûst koporsôja Zârâban. 

Uelgique. — Annales de la Société d'archéologie de Bruxelles, 
t. IX, 4<' livraison; t. X, ire livraison. — Annales du Cercle archéo- 
logique d'Enghien, t. IV. 4^ livraison. ~ Annales du Cercle histo- 



2D7 

tique et archéologique de Gand, t. Il, 2® livraison; Bulletin, t. III, 
liv. 6 et 7. — Bulletin de TA cadémie royale, iSgS, liv. 9- 1 2 ; J nnuaire, 
1896. — Alessager des Sciences historiques, iSgS, 3" livraison. — 
Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XXIV, 3<= livraison. — 
Revue bibliographique belge, année I, II, III et IV [don du bibliothé- 
caire). Vie année, liv. no 10.— Bulletin de V Académie d'archéologie 
de Belgique, nos 24 et 25. 
France. — Bulletin de la Société de Borda, t. XX, 3« et 4e trimestre. 

— Polybiblion, partie littéraire, t. LXXIV, liv. 5 et 6, t. LXXVI, 
liv. 1 ; partie technique, t. LXXV, liv. 11 et 12, t. LXXVIII, liv. 1. — 
Revue numismatique, 1895, 4e trimestre. — Annuaire de la Société 
de numismatique, iSgS, b"^ livraison. — Bulletin de la Société archéo- 
logique du Midi de la France, série in-8°, n° i5. ^ Société archéolo- 
gique de l'Orléanais : Bulletin, n^s 154 et i55. — Antiquaires de 
Picardie : Bulletin, 1894, no 4 ; 1895, n° i. — Académie d'Hippone : 
Bulletin, \\° 27, et Comptes rendus des séances, 1894, pp. xlix-lxi ; 
1895, pp. I-XXIV. 

Luxembourg; (Grand-Duché). — Publications de la section histo- 
rique de Vlnstitut, t. XLII, XLIII et XUV. 

Pay-ti-ita^. — Tijdschrift van het Nederlandsch Genootschap voor 
Munt- en Penningkunde, t. IV, liv. i. 

Portugal. — O archeologo Portugues, vol. I, liv. 1-10. 

Quelle. — Antiquarisk Tidskrift, t. XVI, liv. 2 et 3. 

(Suisse. — Revue numis7natique, 1895, liv. IV-V. 

Ouvrages non périodiques. 

Bordeaux. - Monnaies royales françaises inédites ou peu connues. 
Paris, i8u5. in-8'', 5i pages, i planche. — État des connaissances 
nutnismatiques concernant les ateliers monétaires de Compiègne et 
de Melun pendant la Ligue. Paris, 1895 grand in-8", i5 pages, 
vignettes. — Les ateliers monétaires de Clermont-Ferrand et de 
Riom pendant la Ligue. Paris, 1895, grand in-80, 25 pages, vignettes. 

— Le sceau de la corporation des monnayeurs de Figeac, etc. 
Paris, 1895, grand in-8", 56 pages, vignettes. — Uatelier monétaire 
de Laon pendant la Ligue. Paris, 1890, grand in-80, 14 
vignettes. [Homtnage de l'auteur.) 



258 

Carnoy. — Le comte Arthur de Marsy. Paris, iSgS, petit in-4°, 

7 pages, portrait. {Don du comte de Marsy.) 

Caucich. — Notifie storiche intorno alla institu:[ione délie officine 
monetarie italiane. Firenze, 1895, fascicule I. (Hommage de 
Fauteur.) 

Chautard. — De la préparation et de la conservation des empreintes 
de monnaies et jetons. Essai de classification à suivre dans l'étude 
du jeton français. Genève, in-80, 12 pages. [Hommage de l'auteur ) 

CoRAGGioNi. — Mun:^geschichte der Schwei^. Genève, 1896, in-4°, 
XI- 184 pages et L planches. (Don des éditeurs, MM. Stroehlin et C"'.) 

Daremberg et Saglio. — Dictionnaire des antiquités grecques et 
romaines, fascicule 21. {Hommage des auteurs.) 

DE DoMPiERRE DE Chaufepié. — KoninkHjk kabinet van Munten Pen- 
ningen en gesneden Steenen. La Haye.iSqS. {Hommage de l'auteur.) 

de Jonche (V'te B.). — Quatre monnaies de Guillaume de Bronckhorst, 
seigneur de Batenbourg et de Steyn. Amsterdam, 1895, in-80, 
5 pages, 1 planche. — Trois monnaies liésceoises inédites. Bruxelles, 
1896. in-8°, 3 pages et vignettes. (Hommage de l'auteur.) 

de Marsy (Oe A.). — L'exposition rétrospective de Reims. Paris, i8g5, 
in-S^», 20 pages. — Notes bibliographiques. Anvers, i8g5, in-8°, 

8 pages. (Hoynmage de l'auteur.) 

DE WiTTE (A.). — Histoire monétaire des comtes de Louvain, ducs de 
Brabant, etc. T. II, i^e livraison. (Envoi de l'Académie d'archéo- 
logie.) — Notes sur les Roëttiers, 3e article, Paris, 1895, in-8", 
10 pages. {Hommage de l'auteur.) 

DoNNET (F.) — Rapport sur le congrès de Tournai. Anvers, 1896, 
in-80, 23 pages. {Hommage de l'auteur.) 

Gnecchi (F.). — Monete romane. Milano, 1896, in-12, xv-182 pages, 
i5 planches et vignettes. — Appunti di numismatica Romana, 
XXXVI, Milano, 1895, grand in-8°, 3o pages 1 planche. {Hommage 
de l'auteur.) 

Leite de Vasconcellos. — Elencho das Liçoës di numismatica. 
Lisboa, 1894, in-80, gy pages. {Hommage de l'auteur.) 

Maxe-Werly (L.). — Histoire numismatique du Barrois. Bruxelles, 
1895, in-80, 265 pages, nombreuses vignettes. (//owmag-ef/f^/'aMfewr.) 

Mazerolle — Les Blarti, orfèvres et graveurs parisiens Paris, 1895, 
in-8°, 35 pages. {Hommage de l'auteur.) 



259 

QuiNTARD. — Les fouilles du Vieil-Aître, cimetière mérovingien. 
Nancy, i8g5, in-8o, 38 pages, 5 planches. {Hommage de l'auteur.) 

RoEST. — Le florin dit a Strampraidsche Guldenn. Bruxelles, i8g6, 
in-8°, 8 pages. {Hommage de l'auteur.) 

RouYER. — L'œuvre du médailleur Nicolas Brioi en ce qui concerne 
les jetons. Nancy, i8g5, in-8°, 238 pages, XIV planches et vignettes. 
{Hommage de l'auteur.) 

Storer. — The medals and tokens of Rhode Island. Boston, 189?, 
petit in-40, 14 pages. {Hommage de l'auteur.) 

Trachsel. — Laurea Noves, Petrac amata, médaille originale du 
xive siècle. Paris, 1895, grand in -8°, 10 pages, 2 planches. {Hommage 
de l'auteur.) 

Vallentin (R.). — La monnaie d'Embrun. Paris, 1895, grand in 80 
57 pages, — Du prétendu monnayage mixte de Dieudonné dEstaing 
évêque de Saint-Paul, et de Charles VI. Valence, 1895, in-8" 
10 pages — De la moneta Blaffardorum. Genève, iSgS, in-80 
18 pages. — Les liards créés par Henri III en iSyy. Paris, 1895 
in-8°, 10 pages, vignettes. {Hommage de l'auteur.) 

Ouvrages anonymes et catalogues. 

Circulaire numismatique universelle, n"» 11-1 3. — Zschieeche et 
Kôder, Catalogues n°^ 14 et i3. — Numismatischen Offerten-Blatt , 
nos 3o-'<2. — Auktions Katalog, nos 140-141. — Catalogue Mer!{- 
bacher. — Bidletino numismatico, de Sangiorgi, à Rome. — Cata- 
logo de monete antiche, n» 7, de Morchio et Mayer, — Collection 
du marquis Luigi Paulucci de' Calboli Pia^:ja. Rome, 1896, avec 
1 planche. {Envoi de M. le chevalier Vitalini.) — Catalogue de 
vente, de M Hess; Catalogue de la collection Schult^e, avec 2 pi.; 
Catalogue de collection von der Heyden, avec 4 planches. {Envoi 
de M. Hess] — Vente de monnaies françaises, Paris, i8g5, avec 
1 planche. Collection Timothée Brent ; Collection Rodrigo 
J. Alve:{ Soiit:{o, avec 1 planche. Monnaies romaines et grecques 
recueillies en Orient, avec 2 pi. Collection Butor, avec 2 pi. {Envoi 
de M. R. Serrure.) — N umismatischer Verkehr, 1896, nos 1-2. — 
Catalogue no 19 à prix marqués, de M. A. Sattler. — Catalogue 
à prix marqués, de M. de Nobele. — Catalogue m 20 à prix mar- 



26o 



qités, de M. C. Dupriez — De drie stempehnijders ofmedaiUews 
Theoioriciis van Berckcl. {Don du bibliothécaire.) — Feuille- 
ordonnance monétaire de l'évêque de Liège, 1772. {Don du bibliothé 
caire.) 



CABINET NUMISMATIQUE. 



Don de la ville de Bruxelles. 
Médaille en bronze à l'effigie de Joseph Godefroid, par Jul. Dillens. 

Don de M. Vanden Broeck 
Médaille en bronze à l'effigie d'Ignace van Brée, par Hart. 

Don de M. le lieutenant Docq. 
Jeton de cuivre frappé à Bruxelles, en 1576. 

Don de M. A. de Witte. 

Gauloise, en potin, attribuée aux Nerviens. — Saïga mérovingienne. 

— France : Florette de Charles VII et pièce d'argent de Louis XIV. 

— Quatre jetons français. — Deux monnaies, argent et billon, de 
Charles-Quint pour la Franche-Comté. — Cuivre de Napoléon III. — 
Deux poids monétaires d'Anvers. 

Soit en tout : 7 monnaies, 5 jetons, 2 médailles et 2 poids monétaires. 

Bruxelles, le 18 février 1896. 

Le bibliothécaire-conservateur des collections, 
Alphonse de Witte. 



26 1 



UN DENIER INEDIT 



I^EÏ'Ilsr TulB BREF 



(752-768). 



L'or fut, dans les premiers temps de la période 
mérovingienne, le métal à peu près exclusivement 
employé à la frappe des monnaies. 

Les raisons, généralement admises, de sem- 
blable organisation monétaire assez peu fré- 
quente, sont les suivantes : 

i°Le produit des impôts, lesquels se percevaient 
vraisemblablement, en majeure partie, en nature, 
était transformé en or par les officiers receveurs, 
monnayé par eux et mis en circulation avec la 
garantie de leur signature et le nom de la localité 
qui avait fourni les taxes ; 

2° L'immense quantité de deniers d'argent et de 
erands bronzes romains encore en circulation à 

o 

cette époque, suffisait amplement aux besoins de 
la population chez laquelle les transactions par 
échanges étaient d'ailleurs encore fort nom- 
breuses. 

Cet état de choses fut probablement modifié 
à la fin de la période mérovingienne, tant à 

Année 189^. 18 



202 

cause des nombreux abus qui s'étaient glissés dans 
la fabrication des monnaies d'or que de la dispa- 
rition progressive des espèces monnayées ro- 
maines en argent et en bronze. De plus, les 
besoins monétaires avaient sensiblement aug- 
menté aux vii^ et viii^ siècles, et le développement 
des mines d'argent avait naturellement fait songer 
à l'utilisation de ces nouvelles richesses métal- 
liques. . 

Ces temps virent sans doute la cessation de la 
frappe des monnaies en or et l'émission de ces 
nombreux deniers mérovingiens en argent, si rares 
avant les découvertes de Plassac, de Vence et de 
Cimiez et dont la circulation devait être abon- 
dante au moment de l'avènement de Pépin le Bref. 

Ce prince puissant ne dut pas changer les usages 
monétaires existant au début de son règne, ce qui 
explique parfaitement que l'on n'ait pas retrouvé 
de pièces en or à son nom, sans que l'on connaisse 
pourtant de document où il parle de la suppres- 
sion de ces espèces. Ses premières monnaies 
furent certainement des deniers petits et épais res- 
semblant beaucoup aux pièces mérovingiennes en 
argent et aux sceattas ou saïgas, ces monnaies de 
transition dont l'émission suivit celle des deniers 
mérovingiens. 

Nous avons eu la bonne fortune de mettre la 
main sur une de ces rares premières monnaies de 
petit module de Pépin le Bref. En voici le dessin 
et la description : 



263 




Droit. Monogramme dont les éléments prin- 
cipaux sont les lettres : P, I, R et F (PIpinus Rex 
Francorum). Plusieurs globules se voient dans le 
champ. 

Revers. Croix très pattée, à bras très larges, 
avec un globule au centre, et que l'on rencontre 
pour la première fois sur une monnaie de Pépin. 
Chose très curieuse, une croix analogue se re- 
trouve sur les deniers dits bastiniens, du Brabant. 
Des globules se voient également dans les bran- 
ches et dans les cantons de la croix. 

Argent. Poids: iff^'-agô. Notre collection. 

Notre denier est frappé sur flan très épais et rap- 
pelle beaucoup les saïgas et comme aspect et 
comme style. Il a un air de famille incontestable 
avec le numéraire des dernières années de la 
période mérovingienne et a dû être forgé tout à 
fait au début du règne de Pépin, peut-être même 
avant qu'il n'ait pris le titre de roi des Francs (752) . 
Cette dernière hypothèse expliquerait la petitesse 
des caractères P et I par rapport aux lettres R et F, 
qui seules désigneraient la personnalité du roi des 
Francs. Notre denier serait alors un des premiers 
essais d'usurpation des droits monétaires par 
Pépin, encore maire du palais (i). 

(1) On pourrait être tenté, vu le caractère encore si mérovingien de 
notre pièce, d'y voir peut-être le résultat d'un monnayage plus ancien 



264 

Quant au lieu d'origine du denier qui nous 
occupe, il faut vraisemblablement le chercher 
dans le nord de la monarchie, où les monnaies 
pipiniennes portent fréquemment le nom du 
prince sous la forme pipi, forme qui se rencontre 
rarement dans le centre et dans le midi du 
royaume. Le caractère particulier de la croix du 
revers vient fortifier cette manière de voir. 

Le denier que nous venons de décrire diffère 
sensiblement des monnaies de Pépin retrouvées 
jusqu'à ce jour. L'importance de cette pièce, qui 
fait connaître un rare échantillon du tout premier 
monnayage de petit module de Pépin le Bref dans 
le nord de la monarchie, n'échappera pas aux 
nombreux amateurs de monnaies de la deuxième 
race. Ils peuvent, à partir de maintenant, espérer 
découvrir encore de nouveaux deniers de cette 
période historique si intéressante et trop peu 
connue. Ces pièces viendraient peut-être jeter un 
peu de jour sur l'histoire monétaire si obscure de 
ces temps reculés. 

V'^ Baudouin de Jonghe. 

encore, dû à Pépin de Herstal, major domus d'Austrasie, soit même à 
Pépin de Landen, qui a occupé les mêmes fonctions. Une semblable 
tentative d'émancipation nous semble cependant complètement inad- 
missible, aune époque aussi reculée. 



i 



265 



MONNAIES 

DES 

COMTES DE LIMBURG-SUR-LA-LENNE 



I 



Pl. VI ET VII. 

Le comté de Limburg-sur-la-Lenne était un 
démembrement de l'ancien comté d'Isenburg ou 
Isenberg, qui avait été confisqué sur le comte 
Frédéric d'Isenburg, condamné, en 1226, à la 
diète tenue à Francfort, pour le meurtre de saint 
Engelbert, archevêque de Cologne, qu'on lui 
imputait; d'après la sentence, les fiefs devaient 
faire retour aux seigneurs dont ils relevaient et 
les alleux partagés entre les plus proches parents 
du comte, à l'exclusion absolue de sa femme et de 
ses enfants. Cette sentence était à peine connue, 
que les seigneurs voisins, et parmi eux le plus 
ardent était le comte Adolphe de la Marck, cousin 
du comte Frédéric, envahirent le comté pour se 
le partager. 

Le duc Henri IV, de Limbourg, beau-frère du 
comte d'Isenburg, qui désapprouvait la sévérité de 
la sentence qui frappait le comte et ses enfants, et 
la rigueur avec laquelle elle avait été mise à exécu- 
tion, prit la défense de ses neveux et, pour empê- 
cher qu'on ne les dépouillât entièrement du patri- 
moine de leur père, fit sommer le comte de la 

Année 1896. 19 



266 

Marck, qui s'était déjà emparé d'une grande partie 
du comté, de se dessaisir de ses conquêtes. Sur son 
refus, le duc se vit contraint de recourir à la force 
des armes pour l'y obliger (1227) ^^ d'attaquer le 
comte, qui était soutenu parle nouvel archevêque 
de Cologne. 

La guerre se prolongea quelques années ; elle 
ne se termina qu'en 1243, par suite d'un accord 
conclu avec Adolphe, comte de laMarck, parleduc 
Henri et Englebert, évêque d'Osnabruck, oncles 
de Thierry d'Isenburg, fils de Frédéric. Grâce à 
cet accommodement, Thierry recouvra une partie 
de la succession de son père et consentit à ce que 
l'autre partie, dont l'archevêque de Cologne avait 
déjà investi le comte de la Marck, restât à celui-ci. 
Cet accord fut confirmé par Frédéric, frère de 
Thierry et leurs trois sœurs. Ce sont les biens 
attribués à Thierry qui formèrent le comté de 
Limburg (i), pas bien étendu et presqu'enclavé 
dans le comté de la Marck. 

On était convenu dans cet arrangement que 
Thierry serait libre de faire fortifier le château de 
Neuen-Limburg, qui était sa résidence, mais qu'il 
ne pourrait fortifier la ville bâtie au pied de la 
forteresse. 

Le château de Limburg, appelé également 
Hohen-Limburg ou Neuen-Limburg (Novi Castri 
Limburg super Lennam) (2) , bâti sur une montagne 

(1) Vojy. Kreuer, Academische Beitràge, II, p. 124. 

(2) Accord de 1243. 




267 

que baigne la rivière la Lenne, avait été construit 
par le duc de Limbourg pour son neveu, au com- 
mencement de la guerre qu'il avait entreprise pour 
le réintégrer dans les possessions de sa famille (i). 
Afin de s'assurer plus promptement de ce poste, le 
duc en fit d'abord faire les constructions en bois 
et le munit de fortifications ; on disait dans le 
temps que le duc y avait amené autant de soldats 
qu'on avait employé d'ais pour le fortifier (2). 

Le 17 juillet 1242, Thierry, qui s'intitule sei- 
gneur d'Isenberg, reprit en fief de son oncle Henri, 
duc de Limbourg, comte de Berg, l'alleu du châ- 
teau de Limburg sur la Lenne avec les curtes de 
Hufele et de Wamemell, du consentement de ses 
oncles paternels; c'était un moyen de s'assurer 
un appui contre ses puissants voisins. 

Le Roi des Romains, Guillaume de Hollande, 
accorda, en 1252, à Thierry, comte d'Isenburg, le 
droit d'établir des foires hebdomadaires dans 
tels endroits de ses domaines qu'il le jugerait con- 
venable; c'est à cette concession que Grote croit 
pouvoir faire remonter l'origme du droit de battre 
monnaie que les comtes ont exercé à Limburg, 
car ce droit était ordinairement la conséquence 
de la concession d'un marché (3). 

Il ne faut pas confondre le château de Limburg 

(i) Ce fut vers 1227, mais les opinions varient sur cette date. 

(2) Levold von Northof, Chronik der Grafen von der Marck, 
p. 76, édit. de Tross. 

(3) Grote, Blàtter fur Mûn^kunde, lil, p. 116. — Voy. Leitzmann. 



268 

avec les autres endroits portant le même nom, où 
a été exercé le droit de monnayage. Sans compter le 
duché de Limbourg, en Belgique , on en trouve 
plusieurs en Allemagne : il y a d'abord la seigneu- 
rie de Limburg-sur-la Lahn, au duché de Nassau; 
en outre, le comté de Limpurg, situé sur les con- 
fins de la Souabe et de la Franconie, et l'abbaye 
de Bénédictins de ce nom, dans le comté de 
Linange (Bavière rhénane) que le Roi des 
Romains, Henri IV, donna à Einhard, évêque 
de Spire, abbatiam Lintburch in pago Spirgowe, 
en y attachant le droit de battre monnaie, droit 
que les comtes de Linange ont exercé en qualité 
d'avoués de l'abbaye. Il existe un denier d'un de 
ces seigneurs qui porte la légende EMECHO 
COMES DE LI, et au revers LI. M. B. V. R. G. 
E. N. SIS (i). On donne aussi parfois le nom de 
Limborch à la seigneurie de Limbricht, située 
dans le Limbourg, et les abréviations usitées dans 
les légendes des monnaies ont amené une confu- 
sion entre les monnaies de Limburg et celles 
frappées à Limbricht (2). 

Les comtes deLimburg-sur-la-Lenne ont frappé 
des monnaies non seulement à Limburg, mais 
également à Broich et à Rellinghausen, en qualité 

(1) Vqy. Leitzmann, Wegwciser auf dem Gebiete der deutschen 
Mûnzkunde, p. 456. — J.-G. Lehmann, Geschichte des Klosters 
l.imburg bei Durckheim an der Hàardt. 

(2) Van der Chus, De Munienderleenenvan de voormalige herio^- 
dommen Braband en Limburg, p. 3o8. 



26o 

d'avoués du Chapitre des Dames qui y existait. 

La Revue belge de Numismatique a publié un tra- 
vail sur les monnaies de Limburg : plusieurs des 
pièces ici publiées y ont été décrites. Aussi l'étude 
que la Revue a bien voulu accueillir n'est-elle 
pas entièrement nouvelle, mais nous avons pu 
compléter la série des monnaies et, grâce aux 
indications qu'un numismate a bien voulu nous 
fournir, nous avons cru pouvoir imprimer cette 
nouvelle édition. L'attribution de certaines pièces 
peut soulever des objections, mais il est souvent 
difficile de déterminer des monnaies quand celles-ci 
ne nous fournissent pas, par elles-mêmes, des 
éléments de solution. 

L'histoire des comtes de Limburg-sur-la-Lenne 
a été faite par Kremer, qui l'a publiée dans le 
second volume de ses : Beitràge zur Jiilischen 
Geschichte; il l'a établie sur des documents de 
l'époque et il a pu rectifier les erreurs que conte- 
naient les anciennes généalogies. 

Thierry L 

Thierry, premier comte de Limburg, porta 
jusqu'en 1263 le titre de comte d'Isenburg, mais 
en 126g on le trouve qualifié de comte de Lim- 
burg, bien que ce ne fût qu'en 1275 qu'il céda à 
l'archevêque de Cologne le château d'Isenburg, 
avec l'avouerie et d'autres biens, moyennant le 
paiement d'une pension. Sur son sceau, il conserva 
la rose d'Altena ou d'Isenburg, qui était l'écusson 



I 



270 

primitif de sa famille; ses descendants modifièrent 
leurs armoiries pour adopter le lion de Limbourg, 
mais ils conservèrent la rose sur leurs monnaies 
comme souvenir de leur origine. Ces changements 
d'armoiries étaient fréquents à cette époque ; on 
en trouve un exemple dans la famille d'Altena 
dont descendait le comte Thierry : les trois bran- 
ches qu'elle form^a avant le xiii^ siècle portaient 
toutes les trois des écus différents. 

On ne connait pas de monnaies de Thierry I, 
mais si on peut accepter l'opinion de Grote que la 
concession d'un marché entraînait celle du droit 
de monnayage, il n'est pas improbable que ce 
seigneur ait usé de ce droit après l'octroi qui lui 
fut fait, en I252, par le Roi des Romains. 

Thierry I vécut jusqu'à un âge très avancé, car 
il vivait encore en 1297, et, d'après les historiens, 
il n'avait guère plus de quinze ans lors de la con- 
damnation de son père, en 1225. On lui connait 
deuxfils,Jean etEverard; celui-ci fut l'auteur de la 
branche cadette de la famille connue sous le nom 
de Limburg-Stirum. 

Jean continua la lignée des comtes de Hohen- 
Limburg ou Limburg; il fut associé par son père 
au gouvernement, mais il mourut avant lui ; il est 
encore cité en 1275, mais en 1280 il n'existait 
plus, comme le prouve l'accord conclu cette année 
avec l'abbaye de Werden. Jean laissa deux fils, 
l'aîné nommé Thierry comme son grand-père, le 
second, Frédéric. C'est avec Thierry II que l'on 



2^1 



peut commencer la série des monnaies des comtes 



de Limburg. 



Thierry II. 



Thierry II et son frère Frédéric, fils de feu 
Jean de Limburg, figurent dans un accord conclu 
en 1280, par leur grand-père, le comte Thier- 
ry, avec l'abbaye de Werden pour l'avouerie à 
Eicholt (i). En 1297, il donna à l'abbaye de Fron- 
denberg, du consentement de son grand-père 
Thierry et de son oncle Everard, un bien à 
Bertinclo, nommé Wiegut (2). 

Aucun historien ne nous apprend si les comtes 
Thierry de Limburg prirent part à la guerre qui 
éclata, en 1288, entre le duc Jean de Brabant et 
Renaud, comte de Gueldre, pour la succession au 
duché de Limbourg; il est probable qu'ils se ran- 
gèrent du parti du comte de Gueldre, comme le 
fit le comte Everard (3), car le comte de la Marck, 
allié du duc de Brabant, s'empara du château de 
Limburg, où l'archevêque de Cologne avait mis 
garnison (1288 ou 1289). 

Bien que la bataille de Woeringen eût décidé 
du sort du duché de Limbourg en faveur du duc, 

(1) Kremer, [cite), p. 42. 

(2) vonSteinen, Westfâlische Geschichte, II, p. 828. 

(3) Une chronique citée par Willems dans son édition de Van Heelu, 
nomme parmi les alliés du comte de Gueldre un Jean, seigneur de 
Limburg. S'il n'y a pas une erreur dans le nom. ce Jean ne peut être 
que le lîls aîné de Thierry II (Van Heelu, p. 379). Voy J.-T, Bro- 
sius. Ann. CHviœ, II, p. 25. 



272 

la guerre continua en Westphalie entre le comte 
de la Marck et Sigefroid, archevêque de Cologne, 
successeur de l'archevêque Wighbold de Holte. 
En 1299, 1^ chevalier Sobbe qui était venu au 
secours de l'archevêque, ravagea avec ses troupes 
le comté de la Marck et reprit le château de 
Limburg au profit du jeune comte. L'année sui- 
vante, le comte de la Marck détruisit le château de 
Sobbe, à Warden sur la Ruhr et fit bâtir sur le 
mont Eicke, en face de Limburg, un château, 
auquel il donna le nom de Eickel (i), pour servir 
de poste d'observation. La paix conclue peu de 
jours avant la Noël de cette année, remit de nou- 
veau le comte de la Marck en possession du 
château de Limburg. 

Les hostilités ne tardèrent pas à reprendre et de 
nouvelles vicissitudes vinrent fondre sur le châ- 
teau. En i3o3, Ludolf de Dycke, chanoine de 
Cologne et officiai de l'archevêque, reprit le châ- 
teau sur le comte de la Marck, mais le nouvel 
archevêque de Cologne, Henri de Virnenburg, 
qui devait en partie son élection au comte de la 
Marck, le lui rendit. Quelques années plus tard, 
grâce, sans doute, à l'influence d'amis, il le 
remit à son légitime propriétaire, qui, entretemps, 
avait atteint un âge plus viril (2). Cette dernière 
circonstance indique qu'il s'agit de Thierry III et 



(1) Levold von Northof, VI, i3o. 

(2) VON Steinen, /. c, II, 6i3i7. 



I 



non de Thierry II, qui n'est plus cité dans les 
chartes après 1297. 

On peut attribuer à Thierry II, un denier sur 
lequel le comte est représenté de face à mi-corps, 
la tête ceinte d'un chapel de roses ; il tient de la 
main droite une branche et de la gauche une fleur ; 
sur la poitrine, il porte un écu au lion de Lim- 
bourg, la queue fourchée. La légende manque. 

Rev. Dans un triangle, le buste du comte posé 
de face, la tête ceinte également d'un chapel de 
roses, dans les coins des angles trois globules 
posés un et deux; on ne lit plus qu'un fragment 
de la légende : MOn-STTÎ. 

PI. VI, no 1. 
Notre collection. 

Ce denier rappelle ceux de Guillaume I", comte 
de Berg (1296-1308) (i) qui, eux-mêmes, s'inspi- 
rent des deniers impériaux deDortmund, d'abord 
émis par Rodolphe de Habsbourg (2). 

Le comte Thierry II avait épousé Berthe de 
Gotterswyck, dont il eut un fils nommé Jean; la 
pénurie de documents de l'époque relatifs à la 
famille, comme le constate Kremer, ne permet pas 
d'établir d'une manière certaine le degré de 
parenté existant entre Thierry II et son successeur 
Thierry III : celui-ci était son fils ou son petit- fils, 



(\) Çjv.ot'e, Mùn^studien. Bandj,p[. VII. 

(2) Cappe, Die MUn^en der Deutschen Kaiser. Dresden, li 
pi. XI, n°» 75a à 757. 



274 

fils de Jean. Kremer pense que Thierry III était 
frère cadet de Jean. 

Thierry III. 

Thierry III, comte de Limburg, fut, comme on 
l'a vu plus haut, réintégré dans la possession du 
château de Limburg, vers iSog, par la cesvsion 
que lui en fit le comte de la Marck. Une charte de 
l'année i3i8 nous apprend que l'archevêque de 
Cologne l'excommunia à cause de ses empiéte- 
ments sur les droits de l'abbaye d'Essen, dont il 
s'était injustement approprié les biens. L'arche- 
vêque interdit aussi à sa femme l'entrée des 
églises de son diocèse ; celle-ci nommée Lise ou 
Elisabeth, est renseignée dans l'acte de renon- 
ciation qu'elle et son mari firent à Thierry, comte 
de Clèves, de leurs prétentions sur la seigneurie 
de Strunckede. 

Thierry III vivait encore en 1342. Kremer pense 
qu'il mourut peu après et qu'en 1348, Thierry IV 
lui avait déjà succédé. Il y a, à mon avis, une 
confusion entre les deux membres de cette famille : 
il est d'autant plus important de la relever, que la 
filiation que cet auteur a établie a été générale- 
ment admise, sauf par l'éditeur des Westfàlische 
Siegel des Mittelalters, qui fait vivre ce comte 
jusqu'en i354. 

Le comte Thierry de Limburg, son fils Cracht 
et son petit-fils (eenclin) Thierry, ainsi que ses 
parents Jean de Limburg, chevalier, dit von 



i 



I 



275 

Styerheim, et Thierry, frère de celui-ci, apparte- 
tenant à la branche cadette de cette famille, et 
Burchard de Broich conclurent, en 1348, un traité 
d'alliance avec Gérard de Juliers, comte de Berg, 
en vertu duquel les seigneurs de Limburg s'en- 
gagaient à perpétuité à venir en aide au comte de 
Berg, s'il avait une guerre à soutenir (i). 

Cet acte doit concerner Thierry III et non son 
successeur, comme le dit Kremer, qui n'a pas pris 
garde que la chronologie s'oppose à ce que ce 
dernier eût déjà un fils, et à plus forte raison un 
petit-fils, majeur en 1348; en calculant le nom- 
bre de générations existant entre Thierry P*" et 
Thierry IV, celui-ci était né au plus tôt en i32o; 
cette date correspondrait à peu près à celle de la 
naissance du petit-fils (eenclin) (2) de Thierry III, 
qui était fort jeune en 1348. puisqu'il n'avait pas 
encore de sceau propre. 

En outre, le chevalier Cracht, qui, d'après 
Kremer, était un fils de Thierry IV, était, d'après 
un document de l'année 1340, frère d'Everard, 
fils aîné du comte Thierry III, mais qui mourut 
jeune. Cracht est encore cité en i35o comme fils 
du comte Thierry dans l'acte par lequel celui-ci 
reconnaît que son château de Limburg sera ouvert 
au comte de Berg et qu'il y aura libre accès. Ce 

(1) Kremer, cité, p, 146 Le traité de 1348 a été publié également 
par Lacomblet, mais d'après une expédition moins complète. 

{2) Les glossaires allemands varient sur la signification du mot 
penclin, qui correspondrait à Enkel. 



276 

droit avait été reconnu dans un accord conclu 
en 1271, et le comte de Berg en avait usé en y 
plaçant Gérard Schinkert après que le comte 
Thierry avait été dépossédé dans la lutte qu'il 
avait soutenue contre le comte de la Marck. Le 
comte le confia, en i35o, au comte de Limburg, à 
condition de donner une nouvelle reconnaissance 
de cette obligation. Il semble indiqué qu'il s'agit 
ici de Thierry III. 

On peut attribuer au comte Thierry III un gros 
tournois ne portant que le prénom du seigneur 
qui l'a fait frapper avec la m.ention de son titre de 
comte, sans indication du lieu de provenance. 

>P nnVRONVS CIVIS. Type ordinaire des gros 
tournois, châtel entouré d'une bordure de fleurs 
de lis. 

Rev. >i< DIDERICVS COMS en légende inté- 
rieure ; la légende extérieure porte BNDICTV 
I SIT NOflQSN DNI 1 NRIHVXII; un lion 
précède la légende ; au centre une croix. 

PI. VI,n°2. 
Notre collection. 

Van der Chijs (i) l'attribue à Thierry de Heins- 
berg, comte de Looz. Cette attribution concordait 
pour la date, ce comte étant un des rares seigneurs 
ayant droit de frapper monnaie qui portaient à 
cette époque le prénom de Thierry ; mais il faut 
faire observer que les autres gros tournois de ce 

(v) Van der Chus, Miinten van Braband, pi XXXIl, n» 2. 



277 

seigneur portent le nom de la localité pour 
laquelle ils ont été frappés, et il serait difficile 
d'expliquer sur celui-ci le petit lion qui précède 
la légende, car il ne fait pas partie des armes de 
Looz, ni de Heinsberg, et il ne se retrouve pas 
sur les autres gros tournois de ces seigneurs, 
tandis qu'il est tout naturel de l'attribuer à Lim- 
burg, où il a sa raison d'être. 

On ne peut guère séparer cette pièce d'une 
autre qui porte un type semblable : 

>ï< rrvRONVs • aivis. 

Rev. DIDERICOS GCOMS en légende inté- 
rieure ; la légende extérieure porte : BHDIGCTV * 
vSITHOmeHDHI • HRH ; au centre une croix. 

PI. VI, nos. 

Revue belge de numismatique, 1862 

Ce gros doit être de provenance allemande. Le 
seul exemplaire connu porte au revers une contre- 
marque à la roue, emblème de Mayence ou d'Os- 
nabruck, preuve qu'il a circulé en Westphalie 
ou dans les provinces rhénanes. Le fait qui 
rend l'attribution à Limburg plus probable, c'est 
que l'on connaît des monnaies de cette nature 
frappées par les abbés de Werden, les abbesses 
d'Essen et les comtes de Nassau, qui étaient voi- 
sins de ce comté. 

La forme os donnée au nom n'est pas sans 
exemple dans la numismatique allemande du 
xiv^ siècle : sur les deniers de l'empereur Charles IV 



frappés à Dortmund, on lit Carolos imp. au lieu 
de Carolus. 

Je n'oserais attribuer à Limburg le mouton 
d'or avec la légende DOD — GO — Li, cette mon- 
naie doit plutôt revenir à Thierry de Heinsberg, 
comte de Looz ; elle est identique de gravure au 
mouton frappé par Arnould d'Oreye, seigneur de 
Rummen, proche voisin de Looz, la légende elle- 
même est conçue dans une forme analogue : 
7ÎR' — DO • R. 

Mais on peut lui donner avec plus de raison un 
florin d'or avec la légende : S lOHA — HHES B. 
Dans le champ de la pièce un Saint-Jean-Baptiste 
debout tenant une croix longue ; à côté de la tête, 
une aigle. 

Rev. DQ:0RI — a : aOMeCS. Une fleur de lis. 

PI. VI, no 7 
Notre collection. 

On l'a attribué à Thierry de Heinsberg, comte 
de Looz, mais le florin d'or de ce seigneur est 
d'une gravure toute différente et porte la légende 
nnERIGCS — UOS COM • . Le nom du comté de 
Looz est également indiqué dans la légende du 
florin d'or de Godefroid de Dalenbroeck, qui 
prétendit à la succession de Looz après la 
mort de Thierry de Heinsberg et il est calqué 
sur celui de son prédécesseur. 

Celui que nous décrivons a un aspect plutôt 
rhénan que belge. Il est exactement imité de celui 
de Guillaume V, duc de Juliers (i357-i36i) qui porte 




279 

l'inscription ^ WILHSLMVS DVX, sans indi- 
cation non plus du pays où il a été frappé. Les 
autres princes qui ont frappé de ces florins, ont 
tous monnayé de i35o à i36o. 

Quelques autres différences entre les florins de 
Looz et de Limburg méritent d'être signalées. La 
croisette qui précède le nom ne se retrouve pas 
sur les florins frappés en Belgique; le comte de 
Looz semble s'être attaché à imiter exactement 
le type de ceux-ci, car l'aigle placée à côté de la 
tête de Saint-Jean est plus petite sur le florin de 
Looz que sur celui de Limburg, et on peut 
remarquer que les têtes de lion qui se trouvent 
sur les florins de Brabant et de Flandre sont de 
dimension moindre que les aigles ou les lions des 
florins allemands. 

La diff'érence dans la manière d'écrire le nom 
DGIORIGC au lieu de OlSRIGCS rend aussi très pro- 
bable la supposition que ces deux pièces n'ont pas 
été frappées par le même seigneur. 

Il existe pour cette époque une série de billons 
imités de ceux que Louis de Crécy, comte de 
Flandre (i322-i346), frappa d'abord avec indica- 
tion des ateliers monétaires d'Alost et de Gand, 
puis sans indication d'officine monétaire (i). Le 
classement de ces petites pièces présente certaines 
difficultés; on peut cependant attribuer à Thier- 



(i) Recherches sur les monnaies des Comtes de Flandre, par 
Victor Gaillard. Gand, i852. 



28o 

ry III, trois d'entr'elles portant une légende alle- 
mande. 

HF< GReVS l DIDDSRIGC | ï^. Dans le champ 
un grand L, accompagné de deux tréfeuilles et de 
deux quatrefeuilles ; les mots de l'inscription sont 
séparés par des rosettes ainsi que les deux der- 
nières lettres. 

Rev. GCIVI-nnTîS-IiVM-aOM. (Civitas lymbur- 
gensis comitis ou comitatus.) Croix longue cou- 
pant la légende. 

Cette pièce, par son aloi et son style, rappelle 
plutôt les billons flamands de la première caté- 
gorie, il n'en est plus de même des suivantes qui 
sont de plus bas titre. 

PI. VI, no 4. 
Notre collection. 

GRSVe: DIDDSRIGCI^"-- Même type que le 
numéro précédent. 

Kev. Mon — an^K — osl — kdb'. 

PI. VI, no 5. 

Notre collection. 

Revue belge de numismatique, 1862. 

>i< GRSVG: DIDDGIRIGCr^- - 
Rev. MOU — SrrTÎ — DSIj — IMB. Une 
croix coupe la légende comme surles autres pièces. 

PI. VI, n" 6. 
Notre collection. 

La lettre L placée au milieu du champ de 
l'avers est peut-être destinée à faire suite à la 



légende et à la compléter. Ce même type à l'L a 
été employé par différents seigneurs: par Jean, sei- 
gneur de Cunre, par Arnould, seigneur de 
Stein, etc. 

Thierry IV. 

Thierry IV, comte de Limburg, était petit-fils 
de Thierry III ; son père Everard est cité dans une 
charte de 1342, comme fils aîné du comte, mais 
il mourut peu de temps après, et avant son père, 
car il n'est plus cité dans le traité conclu en 1348 
entre le comte de Berg et tous les membres de la 
famille de Limburg. Thierry, petit-fils de Thier- 
ry III, y figure aussi, mais il devait être fort jeune 
à cette époque, car il n'avait acquis alors aucun 
des degrés de la chevalerie, et il ne scella pas ce 
traité parce qu'il n'avait pas encore de sceau. 

Il put terminer d'une manière avantageuse, 
en i366, le conflit qui existait déjà entre son 
grand-père Thierry etBourchard de Broich, rela- 
tivement au patronage de l'église de Mulheim-sur- 
la-Ruhr que celui-ci lui contestait; les arbitres, 
Engelbertde laMarck et Guillaume de Berg, comte 
de Ravensberg, se prononcèrent en sa faveur. 
Bourchard de Broich mourut peu après ; son fils 
Thierry, désirant mettre fin à cette contestation, 
abandonna toutes ses prétentions au patronage de 
l'église ; l'acte en fut dressé à l'abbaye d'Essen 
le 2 juillet i368, 

Thierry IV a également fait frapper des mon- 
naies de billon. 

ANNÉE i8q6, 20 



282 

>î< MOnennTT o li'BOReineCS. Grand L entouré 
de tréfeuilles ou quatrefeuilles. 

Rev. ^ rnoo — GCOS — L'BO — ReiR. Croix 
coupant la légende. 

PI. VI, n" 8. 
Notre collection. 

^ MOnSnnTÎ ... BORH. Le grand L du champ 
est surmonté de 3 roses posées en triangle et il est 
accompagné de deux quatrefeuilles et d'un trèfle. 

Rev. ÏÏSDO — aom... S. Croix coupant la 
légende. 

Pl.VI, nog. 
Notre collection. 

*h MOnSnnTÎ lilMBORenS. Grand L accom- 
pagné de deux roses en chef et d'une en pointe, 
et de deux quatrefeuilles sur les côtés. 

Rev. Le nom du comte est remplacé par une 
devise pieuse TîVe! — mTÏR — I7ÎG — RTTrr. 

Pi. VI, n° lo. 

Notre collection. 

On ne pourrait voir dans les roses qui se trou- 
vent sur ces petites pièces une réminiscence des 
anciennes armoiries de la famille que Thierry et 
Guillaume I" ont fait reproduire sur leurs deniers 
en y plaçant la rose; elles me semblent devoir 
servir ici de simple ornement. 

Thierry IV ne posséda pas longtemps le comté 
de Limburg, car, d'après Kremer, son fils lui avait 
déjà succédé en i377; le seul document le con- 
cernant d'une manière certaine est l'arbitrage 



283 

de i366, je ne crois pas pouvoir m'écarter de la 
filiation établie par cet auteur : elle a été admise 
par les auteurs modernes, notamment par Grote 
et par l'éditeur des sceaux de la Westphalie {Die 
Westfàlische Siegel des Mittelalters. Munster) ; elle 
peut se concilier avec la chronologie; mais rien 
ne s'opposerait à ce qu'on eût prolongé l'exis- 
tence de Thierry IV jusqu'en 1.397 pour lui attri- 
buer les actes rapportés à Thierry V ; son ma- 
riage avec Lutgarde de Broich aurait été le gage 
de la réconciliation des deux familles en i368, 
d'autant plus que notre comte était du même 
âge que Thierry, frère de Lutgarde, car, dans 
l'accord de i368, il est dit que ni l'un ni l'autre 
n'ont pu sceller cet acte, ne possédant pas 
encore de sceau. La comparaison des sceaux des 
comtes de Limburg pourrait seule élucider ce 
point, mais ceux qui sont connus ne donnent pas 
de renseignements assez précis. 

Thierry V. 

Thierry V, comte de Limburg, fils et successeur 
de Thierry IV, acquit la seigneurie de Broich (i) 
par son mariage avec Lutgarde de Broich, qui 
en hérita, en 1372, au décès de son frère Thierry. 
Elle était fille de Burchard,-' seigneur de Broich, 
qui eut des démêlés avec nos comtes au sujet du 
patronat de l'église de Mulheim et qui prit part au 

(1) VON Kamp, Dus Schloss und die H errschaft Broich. Mûlheim, 

i85i. 



284 

traité d'alliance conclu par eux avec le comte de 
Berg en 1348. Le 20 septembre i3g4, Lutgarde 
renonça aux droits de douaire que son mari le 
comte Thierry lui avait constitués sur le bien de 
Kothen à Keverlo, vendu par lui à l'abbaye de 
Relinghuysen (i). 

En 1377, le comte s'engagea envers Guillaume 
de Juliers, comte de Berg, à lui remettre dès qu'il 
en serait requis, les châteaux de Limburg et de 
Broich et à venir à son secours en cas de guerre ; 
en 1397, il prit avec son fils Guillaume un engage- 
ment de même nature et il stipula que, pendant 
que durerait la guerre contre le comte deLaMarck, 
il lui donnerait tous les mois une aide de 200 flo- 
rins du Rhin. 

Thierry mourut peu de temps après, car en 1401, 
ses fils Guillaume et Thierry reçurent l'investiture 
des châteaux de Limburg et de Broich. 

Ses prédécesseurs avaient adopté pour leurs 
monnaies le type belge, mais Thierry V reprit, 
tout en modifiant le revers, un type allemand qui 
avait pour point de départ primitif les deniers 
impériaux de Dortmund; il faut peut-être cher- 
cher les raisons de ce changement dans les consé- 
quences de la bataille de Bastweiler (i373). 

On connaît de Thierry V un denier avec la 
légende : 

C& rrSODSRI — GCOmSS. Une rose précède la 

(1) Lacomblet, cité, II, p. 881. 



285 

première lettre. Le comte à mi-corps, la tête cou- 
ronnée, est assis sur un siège; il porte l'épée de la 
main droite et de la gauche trois tiges de plante. 
Rev. ^ mOneirUTT ^ m ©iJimBOR. Rose dans 
le champ. 

PI. VII, n» n. 

Revue belge de numismatique, 1862. 

Grote décrit, d'après Mader, un denier qui est 
une variété de celui-ci; la légende du revers seule 
diffère : mORST^TÎ m liimBORGPj, elle est plus 
complète. Il cite également, d'après le même 
auteur^ un denier en tout semblable ; dans la 
légende du droit on ne lit plus que le mot : GOn^SS 
et au revers : mOneirTTT IH SmoeiO (?), et il en 
mentionne deux autres où le nom de l'atelier 
monétaire est illisible. Il existe aux limites du 
comté de Limburg une localité nommée Enden, 
située dans le comté de la Marck, près de la petite 
ville de Herdicke (i), mais il faut plutôt croire que 
ce denier appartient à une autre famille, peut-être 
aux comtes d'Oostfrise, qui avaient un atelier 
monétaire à Emden. D'autres seigneurs ont fait 
frapper des deniers au même type. M. Roest, dans 
son étude sur les monnaies d'Anholt, en reproduit 
un de Gisbert de Batenbourg, et il ajoute que 
Jean III, de Megen et Guillaume de 'SHeerenberg 
en ont frappé de semblables (2). 

(1) Grote, Blâtter, etc., III, p. 116. 

(2) Roest. Die Mûn:{en der Herrscha/t Anholt, p. 22. Dans la : 
Tijdschrift van het Ned. Gen. voor Munten Penningkunde. 



286 



Guillaume P'. 



Après la mort de leur père, le comte Thierry 
Guillaume et Thierry, son frère firent, en 1401, le 
relief des châteaux de Limburg et de Broich. 
Guillaume prend dès lors le titre de comte de 
Limburg et de seigneur de Broich ; mais en 1407 
Thierry prit le dernier titre, en vertu sans doute 
d'un arrangement conclu entre les deux frères (i) ; 
car, en 1412, ils firent un nouvel accord au sujet 
de la succession de leur père : Guillaume obtint le 
château et le comté de Limburg, Thierry, le châ- 
teau de Vitinghofe et l'avouerie de Rellinghausen. 
Quant à la seigneurie de Broich, il fut stipulé 
que la maison d'en haut (oberste Haus), qui 
contenait la tour, serait attribuée à Guillaume et à 
ses héritiers et le château d'en bas (niederste 
Schloss) dans lequel se trouvait la maison de 
pierre (Steinhaus) reviendrait à Thierry. Celui-ci 
conserva cependant certains droits sur le château 
de Limburg, tels que la libre entrée quand il 
conviendrait à son frère, des droits au bailliage 
et à la juridiction; les officiers du château de- 
vaient prêter serment de fidélité à tous deux, et il 
fut stipulé que si l'un des deux voulait vendre sa 
part dans Broich, il devait en donner connais- 
sance à son frère (2). En 1437, Guillaume aban- 

(1) Guillaume est encore qualifié de seigneur de Broich en 1425. 
Lacomblet, IV, no ii5. 

(2) VON Steinen, IV, p. l332. 



287 

donna complètement sa part dans Broich à son 
frère, en échange de la cour et des dîmes de 
Wulfrad. 

Guillaume I épousa, en 1403, Mathilde ou Metta, 
fille de Jean de Reifferscheid, seigneur de Bedbur 
et de Dick, et de Richarde de Bollanden ; il fut 
stipulé dans le contrat que Mathilde, à la mort de 
son père, aurait les seigneuries de Bedbur et de 
Hakenbruch. Mais, à la mort de Jean de Reiffer- 
scheidt, la possession de ces terres lui fut con- 
testée par Jutte de Calembourg, sa veuve, au 
nom de son fils Jean ; le différend fut soumis au 
comte Renaud de Juliers et de Gueldre, qui, en 
qualité d'arbitre, se prononça en faveur de Guil- 
laume I et déclara que Jean aurait les terres de 
Reifferscheid et de Dick. 

Guillaume n'eut qu'une seule fille, Marguerite, 
qui épousa, en 1425, Gumbrecht, seigneur de 
Nuenar et avoué héréditaire de Cologne ; la sei- 
gneurie de Bedbur fut assurée à Marguerite, par 
contrat de mariage, le père ayant réservé Lim- 
burg, en cas de naissance d'un fils; mais, en 
1442, il en fit don à sa fille et à son gendre ; cette 
donation donna lieu, à la mort de Guillaume, à 
de longues difficultés. 

Vassal du duc de Berg, Guillaume prit part 
aux guerres entreprises par le duc, soit contre le 
comte de la Marck, soit contre l'archevêque de 
Cologne ; en 1425, il signa la trêve conclue entre 
celui-ci et Arnould, duc de Gueldre et Juliers; il 



est mentionné également dans la lettre que le 
légat du Saint-Siège adressa en 1442, à l'arche- 
vêque et à Jean, duc deClèves, pour amener la fin 
de la guerre qu'ils se faisaient (i). 

On connaît du comte Guillaume I" un grand 
nombre de monnaies ; Grote en cite quelques- 
unes qu'il croit pouvoir lui attribuer d'une ma- 
nière certaine. Les deniers qu'il fit frapper sont du 
même type que celui de son père Thierry V. 

B WILHSL — M. B GCOM S. Le comte, à 
mi-corps, assis sur un siège, porte sur la tête le 
chapel de roses, de la main droite il tient l'épée, 
de la main gauche, un objet que l'on ne peut 
déterminer. 

Rev. MOnennTÎ ^ ROVTÎ <S3 LinB... Dans le 
champ une rose. 

PI. VII, no 12. 

Revue belge de numismatique, 1862. 

. . . CCOMQ! ... Ce denier offre le même type que 
le précédent, mais il est d'un faire tout différent ; 
on distingue la branche de roses que le comte 
tient de la main gauche. 

Rev. MOne: . . . LIRB. Une rose. 

PI. VII, no i3. 
Notre collection. 

. . . GCOMfl! . . . L'extrémité de la chaise est 
surmontée d'une rose ou quatrefeuille. 

(1) Lacomblkt, IV, p. 346. 



m 



289 
Rev. . . . LiIMBSR . . . Une rose. 

PI VII, n» 14. 

Notre collection. 

WIIiliQiLiMVS © GC ... La légende commence 
par en bas, à la droite du comte. Le comte tient 
une rose dans la main gauche. 

Rev. MOnSrnz: cg3 nOV2ï <g3 m . . . Une 
rose. 

PI. VII, no i5. 

Notre collection. 

^ VILMVS '%> GCOM ^3 DS -3^ LIBGS % 
Rev. ^ œonSrTTT # R0V7Î ^ LiIBSaVS- 

PI. vu, n» i6. 
Notre collection. 

-^ WILM' a ô^ DG: cg. LIMB'.Ce denier, comme 
ceux décrits plus loin, diffère des précédents par 
la position que l'on donne au comte ; la tête est 
placée contre le rebord de la pièce et la légende 
continue sans interruption. 

Rev. <S3 MORSrrT^ «5 RO' «3 LIMBVR'. 

PI. VII. n» 17. 

Revue belge de numismatique, 1863. 

/^ WIIjM' GCO? DSLP B' Trois roses dans 
la légende avant le nom du comte. 
Rev. <5 MOner^TÎ <3 RO <3 LIMBVR'. 

PI. VII, no 18. 
Notre collection. 

Obole n'offrant pas de légendes. 

Le comte de face à mi-corps porte l'écu de 



290 

Limburg sur la poitrine et de la main droite 
tient l'épée. 

Rev. Heaume de profil avec deux branches 
feuillues comme cimier. 

Cette obole pourrait être de Thierry VI. 

PI. VII, n» :g. 
Notre collection. 

wiiiffî' aom' — De: ° iJimBO°. 

PI. VII, n" 20. 
Notre collection. 

Wllim? aom? — DS + LIMB'. 

Rev. s MORSrrTÎ ^&^ nOV2î <^ LIÎI2BVRG. 

PI. VII, no 21. 
Notre collection. 

WILM' aC — De lilMB'. 

/e^ï;. «3 MonsnnTT ^ no? © ijIMbor'. 

PI. VII, n° 22. 
Notre collection. 

C* Th. de Limburg-Stirum. 

(.4 continuer.) 



291 



QUELQUES MONNAIES 

R-A-RES OTJ IITÉrJITES 

DE LA 

PRINCIPAUTÉ D'ORANGE. 



Planche VIII. 



GUILLAUME LE TACITURNE, l544-l584. 

M • N • G • III • P • AVR • C • N • i56o • 
(Moneta nova Guillelmi III, princîpis Aurasicae, 
comîtis Nassaviae.) 

Croix à fuseaux dans un cercle à huit lobes fleu- 
ronnés. 

Rev. 'i< MANV • TENEBO • NASSAV • Dans 
le champ, deux cornets et un lion. 

Poids : igr.45. 
PI. VIII, n» j. 

Les monnaies de Guillaume le Taciturne sont 
très peu nombreuses. Poey d'Avant, dans son 
ouvrage sur les monnaies féodales de France, n'en 
cite que deux, l'écu d'argent du Cabinet de la 
Haye et la petite pièce de cuivre de la collection 
Nogent Saint-Laurent, qu'il indique comme étant 
une obole, mais qui est plutôt un liard, et dont il 



292 

donne une description inexacte à cause de son 
mauvais état de conservation (i). 

On ne connaissait jusqu'à présent aucune mon- 
naie d'or de ce prince; l'exemplaire que je décris 
peut faire supposer qu'il n'est que la fraction d'une 
monnaie plus forte. En me basant sur le poids des 
pièces d'or de Philippe-Guillaume, son succes- 
seur, celle-ci serait, à quelques centigrammes près, 
le quart de la pistole, ce qui fait supposer l'exis- 
tence de la pistole et de la demie, car la fabrication 
de la monnaie d'or n'a pas dû ne se borner qu'à 
cette petite pièce. 

La légende MANV TENEBO NASSAV n'a 
pas été continuée telle quelle sur les monnaies 
des successeurs de Guillaume le Taciturne. On 
n'en retrouve qu'une variante sur un douzain de 
Philippe-Guillaume, où le mot NASSAV est rem- 
placé par PIET • ET • IVSTITIA • 

PHILIPPE-GUILLAUME, I584-1618. 

^ PHIL • G • I • D • G • PRINC • AVR • 

COM • NA • Buste du prince à droite , des- 
sous : F. 

Rev. • SOLI • DEO • HONOR • ET • GLOR • 
1617 • Ecusson portant dans ses partitions les 
armes de Nassau, Catzenellenbogen, Vianden, 

(1) L'exemplaire du Musée de Marseille un peu plus complet laisse 
voir parfaitement le nom du prince G • III après les lettres M • N 
{Moneta nova]. 



29^ 

Dietz, Chalon, Orange et Genève, dans le champ, 
l'indice II-II. 

Poids : ygr.e. 
PI. VIII, no 2. 

Poey d'Avant cite deux pièces du Cabinet de 
France qu'il désigne sous les noms de pistole et 
demi-pistole (n°* 4680 et 458i), mais comme il n'en 
donne pas le dessin et qu'il renvoie comme 
légendes et types à la pièce précédente (n° 457g), 
qui est un teston, sa description insuffisante ne 
donne aucune idée de ce que peuvent être ces deux 
monnaies d'or. Si celle qu'il indique comme pis- 
tole est de la dimension du teston, elle est incon- 
testablement une quadruple. Celle du Cabinet de 
Marseille que j'ai publiée dans la Revtie en 1873, 
et que j'avais improprement appelée pistole, pèse 
12 grammes 8 décigrammes. C'est le poids ordi- 
naire des quadruples de Frédéric-Henri et du pape 
Urbain VIII, lesquelles varient d'environ un 
gramme, soit en plus soit en moins, car il y a 
beaucoup d'irrégularité dans le poids de ces mon- 
naies. 

La pièce que je donne aujourd'hui est absolu- 
ment au même type que la quadruple que j'avais 
publiée ; elle diffère donc des monnaies d'or indi- 
quées par Poey d'Avant. L'indice IIII placé dans 
le champ semblerait indiquer qu'elle n'est que le 
quart de la quadruple; cependant, son poids étant 
de 7 grammes 6 décigrammes, me la fait désigner 
commeen étant la demie. Dans ce cas, les pièces 



294 

de Frédéric-Henri, dont le poids varie entre 
3 grammes 4 décigrammes et 5 grammes 3 déci- 
grammes, seraient réellement des pistoles. 

FRÉDÉRIC-MAURICE DE LA TOUR d'aUVERGNE, 
PRINCE INTÉRIMAIRE, 1673-1679. 

FRE • MAV • D • L • TO ' PR • AV • Buste du 
prince à droite. 

Rev ^ DENIER ^s TOVRNOIS %"s 1677. Trois 
grandes fleurs de lys et une plus petite au-dessus 
d'une petite tour. 

PI. VIII, n" 3. 

Ce revers porte une partie des armes de Frédéric- 
Maurice qui étaient : Écartelé au i" d'azur, semé 
de fleurs de lis d'or, à la tour d'argent, qui est La Tour ; 
au 2^ d'or, à trois tourteaux de gueides, qui est 
Boulogne ; au 3"* cotticé d'or et de gueules, qui est 
Turenne ; au 4°* de gueules, à la fasce d'argent, qui 
est Bouillon, et sur le tout Auvergne. 

Ce denier tournois est bien différent de celui 
que Poey d'Avant décrit sous le n" 4657 des mon- 
naies de Frédéric-Maurice, auquel il donne le nom 
de Godefroy, commettant ainsi une erreur de per- 
sonne attendu que Godefroy-Maurice n'a jamais 
été prince d'Orange. C'est son frère puîné, Fré- 
déric-Maurice, qui devint le souverain de la princi- 
pauté, par le don que lui en fit Louis XIV pour 
l'indemniser des propriétés qu'il possédait dans 



295 

les Pays-Bas et que le prince Guillaume-Henri lui 
avait confisquées. 

Cette souveraineté, qui ne fut qu'intérimaire, 
dura six ans; elle prit fin en 1679 lors du traité de 
Nimègue, par lequel il fut stipulé que la princi- 
pauté serait restituée à son prince légitime; mais, 
les troupes du roi ayant été maintenues dans le 
pays, Louis XIV resta en quelque sorte maître de 
la principauté, puisqu'il y établit un gouverneur et 
un commandant militaire. Toutefois, il laissa une 
ombre d'autorité à ceux qui commandaient dans 
l'État pour le prince d'Orange, mais cette autorité 
était à peu près illusoire. 

Poey d'Avant ne donne pas le dessin de ce 
denier, dont la description est fautive par suite de 
la lettre G qui commence la légende et à laquelle 
il faut substituer le véritable nom du prince FRE- 
deric. 

Les premiers deniers fabriqués au nom de 
Frédéric-Maurice offrent une particularité singu- 
lière, c'est le buste jeune vêtu à la romaine qu'on 
y a figuré et qui n'est nullement son portrait. Le 
graveur a utilisé un poinçon qui avait déjà servi 
pour Guillaume-Henri enfant; ce type connu était 
un espèce de trompe-l'œil des monnaies de ce 
prince. Ce n'a été que sur les émissions posté- 
rieures qu'on a mis le buste de Frédéric-Maurice 
coiffé d'une grande perruque, absolument comme 
l'époque le comportait. 

Les deniers à ce dernier type n'ont encore été 



296 

cités nulle part, du moins je n'en ai jamais vu la 
description ni le dessin. En le publiant, je crois 
devoir en faire connaître un autre très curieux et 
tout à fait original. 

TANDIS « n V ^% PVT. Buste de Frédéric-Mau- 
rice semblable au denier précédent. (Deux lettres 
illisibles.) 

Rev. DENIER A PLAISIR • 1680 • Trois trèfles 
simulant les fleurs de lis. 

PI. VIII, n» 4. 

On rencontre parfois dans les suites monétaires 
des pièces bizarres qui constituent de véritables 
énigmes: tel est le cas de ce denier dont je n'ai pu 
trouver le sens de la légende qui entoure la tête et 
qui est bien celle de Frédéric-Maurice. Le revers 
est doublement curieux. Au lieu de représenter les 
armes de ce prince, qui se composent de la tour et 
du semé de fleurs de lis, on y voit les trois trèfles 
qui se trouvent sur les deniers de Guillaume-Henri 
et de ses prédécesseurs, de plus, il porte la 
date 1680. Or, à cette époque, Frédéric-Maurice 
n'exerçait plus aucune autorité dans la principauté 
et ne pouvait plus y émettre des monnaies à son 
effigie. 

La légende DENIER A PLAISIR indique bien 
que ce denier n'était pas destiné à la circulation, 
mais il est bien singulier d'y voir les trèfles de 
Guillaume-Henri au revers du buste de Frédéric- 
Maurice et une date qui n'a plus de raison d'être 




297 

pour ce dernier prince. Ces particularités font de 
cette pièce une curiosité numismatique qu'il est 
bon de signaler, quoiqu'elle ne tire pas beaucoup 
à conséquence. 

Laugier. 



Année 1896. 



298 



LA NUMISMATIQUE 

DU 

JUBILÉ DE SAINT ROMBAUT A MALINES 

E3Sr IT'T'S 



Après des siècles d'agitations et de luttes inces- 
santes, nos provinces avaient vu renaître enfin, 
sous le gouvernement bienveillant des princes de 
la maison d'Autriche, une ère de paix et de tran- 
quillité. Le règne bienfaisant de Marie-Thérèse, 
l'administration sage et éclairée de Charles de Lor- 
raine vinrent mettre un baume sur nos blessures, 
faire revivre notre commerce, favoriser l'essor des 
arts, et rendre à notre vie intérieure son ancien 
cachet de richesse et de luxe. Certes, le temps 
n'était plus où l'opulence inouïe de notre bour- 
geoisie forçait l'étonnement et l'admiration des 
cours étrangères; mais les populations de nos 
villes, entourées des splendeurs du passé, vivant 
au milieu des monuments somptueux qu'avaient 
édifiés nos pères, étaient restées, comme eux, 
éprises de luxe. Le peuple aimait à voir se dérou- 
ler dans les rues, à l'ombre des édifices superbes, 
des fiers palais communaux et des grandioses 



'■■r^ 



299 

cathédrales, les cavalcades brillantes qui faisaient 
revivre à ses yeux les gloires des temps passés. Il 
aimait à revoir les riches costumes aux couleurs 
chatoyantes, les cavaliers élégants caracolant 
autour des chars somptueux, les nobles dames aux 
riches atours, les gens de guerre à l'allure martiale, 
rappelant les communiers d'autrefois. Le clergé, 
si puissant à cette époque, ne dédaignait pas de 
s'associer à ces fêtes du peuple, et, souvent, on le 
voyait organiser des cortèges religieux, où. le luxe 
de la bourgeoisie se confondait avec la pompe 
majestueuse de l'Eglise romaine. 

Malines, siège d'un archevêché, dut être — 
naturellement — l'une des villes de Belgique où 
les cortèges religieux furent organisés le plus fré- 
quemment, et avec le plus de succès. Cette ville 
avait de tout temps consacré un culte spécial à 
saint Rombaut, son patron et son fondateur, 
mort, dit-on, en 775. Dix siècles plus tard, on 
songea à célébrer le millénaire de cet événement 
par une cavalcade dont l'éclat est attesté par les 
historiens du temps (i). Les dimensions de notre 
modeste travail ne nous permettent pas de rap- 
porter ici les détails, assurément fort intéressants, 
qui nous ont été obligeamment communiqués au 

(i) Voir le récit détaillé de la cavalcade et des fêtes qui eurent lieu 
à Malines dans : Gedenk-schriften dienende tôt ophelderinge van 
het leven, lyden, wonderheden ende duysent jaerige eer-bewysinge 
van den heyligen Rumoldus , door I. I. Demunck. Mechelen, by 
Joannes-Franciscus Vander Elst, 1777. 



-•-oo 



sujet des fêtes mémorables de 1775. Nous devons 
nous borner aux seuls faits qui présentent un 
intérêt spécial, au point de vue de la numisma- 
tique. 

Les gildes malinoises, dans le but de rehauSvSer 
autant qu'il était en leur pouvoir l'éclat du jubilé, 
avaient conçu le projet d'organiser des concours 
de tir, et leur premier soin, naturellement, fut 
de s'adresser au magistrat dans le but d'obtenir 
un large subside. Celui-ci ne se laissa pas trop 
tirer l'oreille ; il se montra disposé à octroyer le 
subside sollicité et il chargea son secrétaire, le 
sieur Vanderlinden, de présenter une requête au 
Conseil des finances pour obtenir l'autorisation 
de faire frapper, à la Monnaie de Bruxelles, un 
certain nombre de médailles en argent doré, qui 
devaient porter, au droit, le buste du gouverneur 
général et, au revers, un trophée aux armes de 
Malines, entourées des attributs des gildes. 

Quelques jours plus tard, Vanderlinden fit con- 
naître qu'après avoir obtenu du Conseil des finan- 
ces l'autorisation de faire frapper le nombre de 
jetons d'argent qu'on jugerait nécessaire, il s'était 
rendu à Bruxelles auprès du sieur Marquart, wa- 
radin de la Monnaie, et, aidé de ce fonctionnaire, il 
avait examiné les différents coins ayant servi anté- 
rieurement à reproduire le buste du gouverneur 
général : l'un d'eux fut trouvé d'un module conve- 
nable pour l'exécution de la médaille projetée (i). 

(1) Le coin sur lequel Vanderlinden et Marquart fixèrent leur choix 



3oi 

Le waradin, qui s'était chargé de faire graver le 
coin du revers portant l'écu aux armes de Malines 
et la date du jubilé, s'engageait à prendre sur lui 
tous les soins que demandait cette affaire ; mais il 
désirait connaître le nombre exact de médailles 
dont on avait besoin. Le conseil délibéra et décida 
de faire frapper provisoirement trente-six jetons 
d'argent qui, d'après l'estimation du waradin, 
devaient revenir, tous frais compris, à environ 2 
ou 3 florins la pièce. Mais cette décision étant 
prise, la pensée vint apparemment au magistrat 
de Malines qu'un simple jeton en argent doré était 
peut-être une amorce un peu maigre, insuffisante 
pour déterminer les gildes étrangères à accourir à 
Malines. Or, on voulait les avoir en grand nombre, 
on voulait attirer aux fêtes une grande affluence 
de monde, et les gildes désiraient rendre aussi 
alléchantes et attractives que possible les invita- 
tions et circulaires, qu'elles comptaient distribuer 
à profusion. Le magistrat, ayant pesé toutes ces 
considérations, chargea son secrétaire de s'infor- 
mer si la médaille projetée ne pouvait être exécu- 
tée en or, pour le prix de trois ou quatre doubles 
souverains. 

Vanderlinden s'en retourna donc auprès du 
waradin, l'instruire du nouveau desideratum de 
l'édilité malinoise. Celui-ci ayant répondu qu'il 

est celui qui a servi de droit au jeton gravé, en 1771, par Roéttiers. 
pour le phare d"Ostende. — Médailles de Marie-Thérèse, w 242, 
p. 339. — PioT. Catalogue des coins de l'État, n° 889, p. 99. 



3o2 

lui était défendu d'employer de l'or sans une auto- 
risation expresse, le zélé secrétaire courut immé- 
diatement chez le Trésorier général, qui accorda 
gracieusement la dite autorisation, et fit envoyer 
des ordres en conséquence à la Monnaie. 

L'après-midi du même jour, nouvelle visite de 
Vanderlinden auprès du waradin Marquart, qui, 
cette fois, accepta de faire ce qu'on lui demandait. 
Il lui était cependant arrivé un mécompte : un 
premier coin du revers s'était fendu lors de la 
trempe, et il avait été obligé d'en faire graver un 
autre. Il promit, aussitôt que ce second coin serait 
en sa possession , d'envoyer à Malines une 
empreinte de la médaille, avec le prix de revient 
de chaque exemplaire en or. 

Le magistrat de Malines eut lieu d'être satisfait 
de la célérité avec laquelle le sieur Marquart 
s'acquitta de la mission qui lui avait été confiée : 
car, tandis que la commande avait été faite le 
29 mai, déjà le conseil, en sa séance du 12 juin, 
soit quinze jours après, avait sous les yeux le coin 
de la médaille destinée à être offerte aux gildes. 
Le waradin, en envoyant le coin, avait fait savoir 
que la médaille aurait une valeur de trois doubles 
souverains d'or, non compris les frais résultant 
de la gravure et de la frappe. Ce prix étant con- 
forme à celui fixé par la délibération du 8 juin, le 
magistrat fit la commande de six exemplaires 
en or. 

Notre obligeant ami M. Alphonse de Witte, au 



3o3 

cours des patientes recherches qu'il fait constam- 
ment aux archives, a retrouvé l'autorisation don- 
née, le 19 mai, au commissaire de la Monnaie 
Vanderveld, de faire procéder à cette fabrication. 
Il a, en outre, découvert que, le magistrat de Ma- 
lines ayant réclamé presque immédiatement un 
plus grand nombre de médailles, il fut frappé en 
réalité, le 19 juin, huit exemplaires d'or et trente- 
sept d'argent, comme l'établit le compte du maître 
de la Monnaie de Bruxelles, Thomas van der Mot- 
ten. Cependant, M. Henry Cordemans, qui a bien 
voulu faire pour nous des recherches dans les 
comptes de la ville de Malines, n'a trouvé mention 
que d'une somme de 370 florins i3 sous, pour le 
paiement des six premières médailles d'or et n'a 
rien pu découvrir quant au paiement des deux 
autres, ni quant aux trente-sept médailles d'ar- 
gent. 

Comme on pourra le voir plus loin, la ville n'a, 
en effet, distribué que six médailles d'or aux diffé- 
rentes gildes, et puisque, ni dans les comptes 
communaux, ni dans les résolutions du magistrat, 
on ne trouve de traces soit du paiement, soit de 
l'emploi des médailles faisant l'objet de la fabri- 
cation supplémentaire, je crois qu'il faut en con- 
clure que les deux médailles d'or et les trente-sept 
médailles d'argent ont été payées et employées 
par un tiers. 

Dès que la ville fut en possession des médaillen 
d'or, elle les confia à l'orfèvre Van Campenhout, 



3o4 

pour y ajouter des bélières du même métal et un 
ruban de soie jaune et rouge, aux couleurs de 
Malines. Le conseil décida en même temps de 
donner, à titre de gratification, au directeur de la 
Monnaie, un double souverain d'or et un jeton 
d'argent, comme témoignage de reconnaissance 
pour l'avance faite par ce fonctionnaire du métal 
nécessaire à la fabrication des pièces (i). 

Les jeux furent inaugurés le 28 juin par la gilde 
de la Vieille Arbalète : aux frères de Tirlemont 
échut la médaille en or attribuée à la gilde venue 
de la ville la plus éloignée, tandis que ceux de 
Lierre obtinrent la médaille réservée à la gilde qui 
avait déployé le plus de luxe par le nombre de ses 
membres et par la richesse de ses costumes. Le len- 
demain, les deux gildes malinoises de la Vieille 
et de la Jeune Arbalète, vinrent également recevoir 
sur le perron de l'hôtel de ville, chacune, un exem- 
plaire en or de la même médaille. 

Les couleuvriniers, auxquels étaient destinés 
deux exemplaires, se rendirent le 5 juillet à l'hô- 
tel de ville, précédés de leurs insignes et d'un 
corps de musique. Pour les couleuvriniers comme 
pour les arbalétriers, ce furent les frères de Lierre 
qui reçurent la médaille d'or attribuée à la gilde 
la plus luxueusement costumée, tandis que les 
Termondois, qui étaient venus de la ville la plus 
éloignée, emportèrent la dernière des six médailles 

^solutions du magistrat de Malines, tolio 1 13. 



. 



?o5 

Il nous a naturellement été impossible de con- 
naître le sort réservé à la plupart de ces médailles. 
De Munck (i), cependant, nous apprend que la gilde 
des arbalétriers de Lierre offrit sur l'autel de saint 
Gommaire, patron de la ville, la médaille d'or 
qu'elle avait obtenue à Malines. Cette médaille fut 
portée par une jeune pucelle, sur un plateau d'ar- 
gent, et remise au sieur Van Brand, marguillier, 
pour être pendue au reliquaire de saint Gommaire. 
Le lendemain, la gilde des couleuvriniers revint 
également de Malines avec un autre exemplaire 
de la même médaille, qu'elle pendit au reliquaire 
du même saint. Quelque temps après, les frères des 
deux gildes firent orner les médailles ; les arbalé- 
triers y ajoutèrent une chaîne en or, qui venait se 
rattacher à la médaille par une couronne traversée 
de deux flèches. 

Nous ignorons combien de temps ces deux sou- 
venirs du jubilé restèrent la propriété de l'église 
de Lierre; toujours est-il qu'actuellement ils ont 
disparu, ayant eu probablement le sort de tant 
d'autres objets d'art, détruits, perdus, dispersés 
dans la tourmente révolutionnaire de la fin du 
siècle passé. S'il ne nous a pas été donné de trou- 
ver trace d'aucun exemplaire en or, nous avons 
été plus heureux en ce qui concerne les exemplai- 
res d'argent; car nous avons pu en acquérir un 
pour notre collection, et il nous est arrivé d'en 

(i) De Munck, Gedenk-Schnften , etc. Supplément, pp. 35 et 36. 



3o6 

rencontrer d'autres exemplaires. Les comptes de la 
Monnaie, qui ne renseignent que la frappe de trente- 
sept médailles en argent, viennent d'ailleurs proU' 
ver la rareté relative de la pièce. 

Les comptes de la ville de Malines ne nous 
apprennent pas le nom de l'artiste qui a gravé le 
revers de la médaille qui nous occupe. Ce qui est 
certain, c'est qu'il n'est pas dû au burin de Van 
Berckel : il suffit de l'examiner pour se convaincre, 
sans aucun doute possible, que cet artiste y est 
resté étranger. S'il m'est permis d'émettre une 
opinion, qui, à la vérité, ne repose sur aucun 
document, je dirai que cette pièce, à mon sens, a 
été gravée par Marquart lui-même. Marquart 
était graveur, à ce qu'il paraît. C'est à lui que le 
magistrat de Malines s'est adressé directement 
pour faire frapper cette pièce. Il y a par consé- 
quent lieu de croire qu'il en est l'auteur. Ce qui 
est certain à nos yeux, c'est que la médaille gravée, 
en 1775, aux armoiries de Christophe, baron de 
Bartenstein, est due à l'artiste qui a produit notre 
médaille jubilaire. On retrouve, dans l'une comme 
dans l'autre, la même sécheresse dans le dessin, 
avec le même écu se détachant sur des ornements 
qui, groupés tout autour de façon maladroite, ne 
parviennent pas à s'allier entre eux pour donner 
de l'unité au travail. 

Voici, maintenant, la description de la médaille 
dont le droit est, comme nous l'avons dit, le même 
que pour le jeton gravé, en 1771, par Roëttiers 



3o7 

pour le phare d'Ostende,à l'exception de la date, 
qui a été enlevée après la frappe. 

Au droit, le buste du gouverneur général Charles 
de Lorraine, cuirassé et drapé du manteau de 
l'ordre teutonique; sur la coupure du bras, la 
lettre R, initiale de Roëttiers. Légende : CAR • 
ALEX • LOTH • DUX • BELG • PR^F. 

Rev. Armes de Malines : d'or à trois pals de 
gueules, ayant sur le tout, en .cœur, un petit écu 
à l'aigle de l'empire. L'écu est surmonté d'une 
couronne comtale et entouré de branches de lau- 
rier, de drapeaux, d'arbalètes et d'autres attributs 
des gildes. Légende : ANNO JUBIL.EI M • DCC • 
LXXV • S • P • Q • MECHLIN • 




Cette pièce est gravée, mais imparfaitement, 
dans De Munck, loco citato, page 284. Le coin du 
revers fait partie de la collection des coins de l'Etat 
et est catalogué dans la 2* édition sous les n"' 940 
et 941. 



* 
* * 



I^a médaille que nous venons de décrire n'est 



3o8 

pas le seul monument qui ait vu le jour à l'occa- 
sion du millénaire de la mort de saint Rombaut. 
De Munck nous apprend que, pendant la période 
des fêtes, on vendait des exemplaires, en or et en 
argent, d'un jeton frappé en Hollande, portant, au 
droit, le buste du saint et, au revers, la pucelle de 
Malines appuyée sur un écu aux armes de la ville. 
L'administration communale fit également usage 
de ce second jeton dans les circonstances sui- 
vantes. En séance du 12 juillet 1775, le trésorier 
avait fait connaître au conseil qu'il avait trouvé 
dans les comptes de la ville des documents d'où 
résultait que précédemment les enfants qui avaient 
participé à la cavalcade avaient reçu de la part de 
la ville un paquet de sucre de la valeur d'un florin. 
Le trésorier trouvait bon de continuer à donner 
un petit présent aux enfants, mais il estimait que, 
ceux-ci étant très souvent incommodés par le 
sucre, il semblait préférable de donner à chacun 
d'eux un jeton en argent. Ce don, un peu plus 
coûteux, avait cet avantage, suivant l'observa- 
tion profonde du sage trésorier, d'être de beau- 
coup plus agréable aux parents, qui avaient à 
supporter la dépense considérable des costumes 
d'apparat de leurs enfants. 

Le conseil, après avoir entendu le rapport du 
trésorier, décida de le prier de s'informer par 
lettre du prix que devait coûter chaque exemplaire 
du jeton proposé, et, pour le cas où ce prix ne 
dépasserait que d'un ou deux sous la valeur d'un 




3o9 

paquet de sucre, il décida que l'on distribuerait 
des jetons commémoratifs. 

Il est assez intéressant, par parenthèse, d'ob- 
server que cette coutume de distribuer en de sem- 
blables occasions du sucre aux enfants existe 
encore de nos jours dans certaines villes. C'est 
ainsi notamment qu'à Louvain, à chaque sortie 
annuelle des processions paroissiales, il est distri- 
bué aux enfants qui ont figuré dans le cortège 
quelques menues dragées. 

Le 17 juillet, le trésorier Poullet fit connaître 
que chaque jeton ne reviendrait pas à moins de 
vingt-six et demi sous la pièce, ce qui dépassait 
de six sous et demi le prix de chaque paquet de 
sucre : or trois cent quarante enfants avaient 
droit au jeton, ce qui faisait pour la ville une aug- 
mentation de dépense de cent dix à cent douze 
florins. Le conseil résolut néanmoins d'autoriser 
le sieur Poullet à commander le nombre voulu de 
jetons, attendu que le jubilé ne se célébrait que 
tous les cent ans et que la mémoire de cet événe- 
ment ne pouvait être mieux conservée que par un 
jeton ; de plus la ville avait fait de beaux bénéfices, 
grâce au grand nombre d'étrangers que les splen- 
deurs de la cavalcade avaient attirés à Malines. 

Le magistrat s'étant montré si large et si géné- 
reux vis-à-vis des enfants, d'autres demandes ne 
tardèrent pas à se produire. C'est ainsi que nous 
voyons, le 24 juillet, le préfet du collège des Ora- 
toriens réclamer trois ou quatre jetons en récom- 



3io 

pense des services qu'il avait rendus pour l'orga- 
nisation et la direction du cortège. Le conseil, en 
veine de générosité, fit droit à cette demande. 

Après avoir obtenu pour son propre compte 
quelques jetons d'argent, et encouragé par ce 
premier succès, le préfet du collège des Orato- 
riens fit une nouvelle demande à la ville, dans 
le but d'obtenir quelques jetons pour être distri- 
bués aux lauréats des concours. Le préfet préten- 
dait que ses élèves avaient consacré tout leur 
temps aux préparatifs de la cavalcade et que, par 
suite, il avait dû renoncer à l'idée de leur faire 
représenter une petite pièce théâtrale le jour de la 
distribution des prix ; dans ces conditions, il crai- 
gnait de ne pouvoir trouver un Mécène qui voulût 
offrir des prix, et il lui semblait convenable, de la 
part du magistrat, d'exciter l'émulation parmi les 
élèves en distribuant quelques jetons. Il suffisait 
de vingt-trois ou vingt-quatre médailles pour 
satisfaire à la demande du préfet, et le conseil, 
après avoir entendu les explications du bourg- 
mestre, autorisa le trésorier à se les procurer en 
Hollande aux frais de la ville. 

Le jeton dont nous parlons se trouve gravé 
dans De Munck, page 284, n° 2. Nous avons jugé 
nécessaire de le reproduire ici, attendu que la 
gravure en laisse énormément à désirer et que, 
d'ailleurs, peu de bibliothèques privées possèdent 
cet ouvrage. 

Au droit, l'on trouve le buste de saint Rombaut, 



3ii 

à droite, entouré de la légende : S • RUMOLDUS 
MART • MECHLIN • PATRON • 

Au revers, la Ville de Malines, une couronne 
murale sur la tête, appuyant le bras droit sur un 
écu ovale à ses armes. Dans la main gauche elle 
tient un encensoir, dans la droite, une croix et la 
palme des martyrs. A l'exergue MeChLInIa. Lé- 
gende du tour : PraesULI sUo DeVota JUbILat. 




Les coins du droit et du revers font actuelle- 
ment partie de la collection de l'Etat Belge et 
sont catalogués sous les n°' 942 et 943. 

Il est hors de doute que le jeton qui nous occupe 
en ce moment n'ait été gravé par Théodore Van 
Berckel : le plus simple examen de la pièce 
démontre que ce grand artiste en est l'auteur; 
mais comme en numismatique, de même qu'en 
toute autre science, abondance de preuves ne nuit 
pas, je ferai remarquer, d'une part, que dans les 
Résolutions dti magistrat de Malines, folio 119, il 
est dit que les jetons ont été fabriqués en Hol- 
lande et, d'autre part, que les coins ont été acquis 
par l'Etat des descendants de Van Berckel, lors 
de l'achat d'une grande partie de coins gravés 



3ia 

par cet artiste. Le compte communal de Malines 
de 1775, registre 1452, folio i57, nous apprend 
qu'il a été payé au sieur PouUet une somme de 
5ii florins i3 sous 6 deniers pour le rembourse- 
ment du paiement fait par lui de quatre cent quatre 
jetons d'argent à 22 sous pièce, argent courant de 
Hollande. 

Le jeton qui vient d'être décrit se rencontre fré- 
quemment en argent. Nous ne l'avons jamais vu 
en or, quoique De Munck nous dise que pendant 
les fêtes on vendait de ces jetons en or et en argent. 
Nous ne connaissons d'autre exemplaire en cuivre 
que celui que nous avons pu acquérir il y a peu de 
temps à une vente publique à Malines. 

Avant de terminer, il nous reste à adresser nos 
plus sincères remerciements à M. Henry Corde- 
mans, de Malines, pour la rare complaisance avec 
laquelle il a bien voulu nous laisser mettre à profit 
ses patientes et fructueuses recherches dans les 
archives de la ville de Malines. 

Victor De Munter. 

Audenarde, le 7 mars 1896 



LE NOM DE JÉSUS 

EMPLOYÉ COMME TYPE 

SUR LES MONUMENTS NUMISMATIQUES DU XV^ SIÈCLE 

PRINCIPALEMENT EN FRANCE ET DANS LES PAYS VOISINS. 



Planche IX. 



Au milieu des calamités de toutes sortes, sans 
nombre et sans mesure, qui s'appesantirent sur 
l'humanité au cours du xv* siècle, la dévotion 
envers le nom de Jésus se montra et se propagea 
comme un remède souverain. Quiconque avait foi 
en elle et la professait par les manifestations d'un 
culte extérieur, comme, par exemple, le port d'une 
image ou d'une enseigne représentant ce nom sous 
un type convenu, devait avoir l'espoir d'être moins 
éprouvé, quand il n'avait pas celui de se trouver 
à l'abri de tous les fléaux. 

Le rôle de saint Bernardin de Sienne, dans ce 
qui se fit pour l'établissement de cette dévotion, est 
aujourd'hui bien connu. Ce que, généralement, on 
n'ignore pas non plus, c'est que saint Bernardin de 
Sienne, l'une des gloires de l'Eglise au temps même 
où il vécut, était un religieux de saint François, de 
ceux dits de l'Observance, ou Observantins. 

Nous ne saurions nous dispenser de luiconsacrer 

Année 1896. 32 



3i4 

toutd'abordquelquespages, àproposdelaquestion 
que nous avons l'intention de traiter. Le sujet en 
vaut d'ailleurs lapeine, ayant été jugé assez intéres- 
sant pour trouver place, au moyen de quelques pré- 
cautions littéraires, jusque parmi les matières sou- 
mises aux lecteurs de la Revue des Deux Mondes (i). 

Notre saint avait vu lejour à Massa,ville de l'Etat 
Siennois, le 8 septembre i38o, fête de la Nativité 
Notre-Dame, comme si ce dût être un gage du culte 
de marque pour la Vierge Marie, qu'il professerait 
toute sa vie. Il commençait, en 1403, son année de 
probation, qu'il passa dans un couvent d'Italie, 
et il célébrait sa première messe en 1405 (2). 

Dégagé de ces premiers soins, le nouveau moine 
songea à rendre sa vie utile à tous par le dévelop 
pement de son inclination pour la prédication 
publique. 

Longtemps, et dans la mesure de ce que lui per- 

(1) Jeanne d^ Arc et les Ordres mendiants, par M. Siméon Luce ; 
mémoire inséré dans la Revue des Deux Mondes, fascicule du 
i«' mai 1881. — Mentionnons, en outre, l'étude, d'un attrait si vif et 
si soutenu, que M. Thlreau-Dangin, de l'Académie française, vient 
de faire paraître (en un beau volume in 18» de XIII-328 pages) au sujet 
de S. Bernardin de Sienne, de ses travaux et de ses dévotions, le tout 
sous le titre suivant : Un prédicateur populaire dans l'Italie de la 
Renaissance. Paris, Pion, i8g6. 

(2) Les Vies des Saints (par Adrien Baillet), édition de Paris, 
1724, in-f^, t. II ; rubrique du 20 mai, col. 334- — Ayant ici à citer un 

hagiographe, sans vouloir entrer dans des détails fastidieux pour celui 
qui nous lirait, et plus que superflus pour notre but, nous avons choisi 
Baillet, de préférence à tous autres, cet auteur étant particulièrement 
connu pour sa concision et pour l'autorité de sa critique. 



3i5 

mettait l'accomplissement de ses obligations quo- 
tidiennes, il travailla à se perfectionner dans la 
pratique de cet art tout de dévouement. « Il se 
préparoit au ministère de la prédication, écrit 
Baillet (i), dans le silence, la retraite et la médita- 
tion continuelle de la parole de Dieu.... Quatorze 
ans se passèrent dans ces premiers essais, jusqu'à 
ce qu'étant venu prêcher à Milan [1418], les applau- 
dissements extraordinaires qu'il y reçut commen- 
cèrent cette haute réputation à laquelle on le vit 
arriver depuis... » 

Il avait reçu du ciel, « avec les talents extérieurs 
du geste et de la voix, toutes les qualités qui pou- 
voient rendre un prédicateur accompli : une intel- 
ligence profonde des Saintes-Ecritures,... une 
imagination vive et brillante, une facilité de conce - 
voir promptement, de s'exprimer avec autant 
d'élégance que de force. On ne parloit par toute 
ritalie que des fruits surprenans de sa prédication, 
de conversions miraculeuses, de renoncemens au 
monde procurés par son moyen... » 

On cite, comme ayant été principalement le 
théâtre de ses prédications et de ses succès mer- 
veilleux. Plaisance, Bergame, Vérone, Venise, 
Milan, Bologne, Modène, Florence, Lucques, 
Pérouse, et bien d'autres endroits encore dont 
nous omettons les noms pour abréger. Mais s'il est 
une ville que nous ne devons pas oublier, dans 
nos mentions, c'CvSt Rome, à cause de faits qui 

(1) Ibid., col. 335. 



3i6 

sont ici du plus sérieux intérêt, comme se rappor- 
tant aux pratiques de vénération du saint, à l'égard 
du nom divin dont il a introduit le culte. Nous 
copions encore : 

« Ce fut en cette ville (de Rome) que l'envie des 
médisans, qui le poursuivoit partout, fit de nou- 
veaux efforts pour ruiner sa réputation [1427]. Des 
personnes mal intentionnées l'accusèrent devant le 
pape Martin V d'avancer beaucoup de choses 
téméraires et de nouveautés dangereuses dans ses 
sermons. N'ayant pu réussir à décrier sa morale, 
qui n'étoit autre que celle de l'Evangile, ni à le 
convaincre d'aucune erreur dans ses dogmes sur 
les mystères, comme ils se l'étoient promis, ils se 
trouvèrent réduits à lui objecter pour tout crime 
qu'il portoit ses auditeurs à adorer le nom de 
Jésus, sous prétexte qu'en prêchant il tenoit sou- 
vent à la main un petit tableau où ce saint nom 
étoit écrit en lettres d'or environnées de rayons. 
Le pape voulut l'entendre dans ses défenses, et il 
fut si satisfait de ses raisons et de toute sa conduite, 
qu'il l'exhorta à continuer l'ouvrage du Seigneur, 
où il travailloit avec tant de succès... » (i). 

Le nom divin, que nous venons de voir inscrit 
en lettres d'or au centre d'un cercle de rayons 
éblouissants, ce que l'on appelle une gloire dans 
le langage emblématique de l'art religieux, tel 
fut le symbole originaire et constant sous le cou- 

(i) Baillet, ibid., col. 336. 



vert duquel la dévotion envers ce même nom fit, 
dès le début, de si rapides et gigantesques progrès. 
Il serait d'ailleurs assez difficile, pensons-nous, 
de préciser à quelle époque, entre 1405 et 1427, 
l'ardent et pieux cordelier a commencé à utiliser 
dans ses sermons, ou à exposer à la suite de ses 
sermons, le tableau dont il vient d'être parlé. 

Quoi qu'il en soit, nous n'avons pas à suivre 
avec détail l'hagiographe dans les circonstances 
qu'il relate de la vie et, pourrait-on dire, de l'apos- 
tolat de ce même religieux. Il nous suffira d'ajouter 
encore, d'après Baillet, que Bernardin de Sienne, 
après s'être vu porté, non sans la plus vive oppo- 
sition de sa part, aux fonctions les plus élevées de 
son ordre (i), et aussi après avoir, à maintes 
reprises, décliné l'honneur de l'épiscopat, que lui 
offrait avec insistance le Saint-Siège, mourut à 
Aquila le 20 mai 1444, en tournée de prédication, 
et dans l'état le plus complet de pauvreté mona- 
cale; qu'il fut canonisé en 1450, et que le pape 
Nicolas V célébrait solennellement sa canoni- 
sation le 25 mai de cette année. 

En raison de l'intérêt des faits, sous le rapport 



(1) En 1438, il avait, à son grand désespoir, été nommé et reconnu 
«vicaire général de l'ordre pour toutes les maisons ou couvents de 
Saint-François, dans l'Italie, que l'on appeloitde l'Observance». Aussi 
longtemps qu'il conserva la charge de cette fonction, il y rendit les 
plus grands services à la cause de la religion ainsi qu'aux institutions 
de saint François, dont il procura la réforme et le développement. 
(Baillet, loc. cit., col. SSy et 338.) 



3i8 

de la dévotion au nom sacré de Jésus, nous devons 
revenir pour quelques instants sur les circon- 
stances de la cause dénoncée au Saint-Siège 
en 1427, en vue de ruiner le crédit dont jouissait 
à Rome le fidèle disciple, le fils spirituel dévoué 
de saint François d'Assise. L'étude très remar- 
quable de M. Siméon Luce, à laquelle nous avons 
déjà eu l'occasion de nous référer dans une note, 
nous fournira, cette fois, l'élément de nos obser- 
vations. Nous ne pouvons assurément mieux faire 
que de laisser au savant académicien lui-même 
le soin de s'exprimer (i) : 

« Au commencement de 1427, Bernardin prê- 
chait le carême à Viterbe, lorsqu'il fut invité par 
le Saint-Père à se rendre immédiatement à Rome 
pour y répondre à une accusation d'hérésie. On 
avait dénoncé au pape Martin V, comme entachée 
d'idolâtrie, cette dévotion aux images ou représen- 
tations matérielles du nom de Jésus que le pieux 
cordelier s'efforçait d'introduire. Les principaux 
auteurs de ces dénonciations étaient des frères 
prêcheurs et des ermites de Saint-Augustin (2), 
qui avaient compulsé avec le plus grand soin tous 



(1) Voir dans la Revue des Deux Mondes, fascicule du i«r mai i88i, 
p. 73, au mémoire mentionné plus haut. 

(2) Aux époques dont il s'agit, il n'arrivait que trop souvent que des 
religieux de différents ordres fussent en guerre les uns contre les 
autres, pour des questions de doctrine ou de rivalité, ce qui s'est parti- 
culièrement produit entre les frères prêcheurs, ou dominicains, et les 
cordeliers, ou franciscains, 



les écrits de Bernardin de Sienne afin d'y trouver 
des chefs d'accusation contre lui. Les cordeliers, 
comprenant qu'on les voulait frapper dans la per- 
sonne du plus illustre d'entr'eux, se levèrent tous 
comme un seul homme pour détourner le coup 
qui les menaçait. Jean Capistran et Mathieu 
Cimarra (i) accoururent à Rome, où ils avaient à 
cœur de concourir à la défense de leur maître... 

» Capistran se trouvait alors à Aquila, sa 
patrie. Aussitôt qu'il apprend l'accusation qui 
pèse sur Bernardin de Sienne, il arbore une ban- 
nière où resplendit le nom de Jésus, et décide sans 
peine un certain nombre d'habitants de sa ville 
natale à le suivre. En chemin, son escorte se gros- 
sit peu à peu de tous les fidèles zélés qu'il ren- 
contre et qu'il entraîne sur ses pas. Lorsqu'il fait 
son entrée dans Rome, cette escorte est devenue 
une armée. Capistran, qui porte la sainte ban- 
nière, s'avance le premier, et ses prosélytes le 
suivent en chantant un cantique composé en l'hon- 
neur du nom de Jésus. . . Electrisés par ce spectacle , 
les Romains eux-mêmes s'empressent de se joindre 
à la manifestation et la rendent ainsi plus impo- 
li) Le Napolitain Jean de Capistran et le Sicilien Mathieu Cimarra, 
étaient tous les deux « des principaux disciples de saint Bernardin de 
Sienne ». L'un comme l'autre, ils « contribuèrent surtout à propager, 
chacun dans le pays d'où il tirait son origine, la doctrine du maître. » 
(SiMÉON Luge, dans la Revue des Deux Mondes, loc. cit., p., 72.) Il va 
de soi que, dans ce que l'on entend ici par la doctrine du maître, la 
dévotion envers le nom de Jésus n'est pafe oubliée. 



320 

santé... Du reste, l'issue du procès de 1427 fut 
entièrement favorable à Bernardin de Sienne. A la 
suite d'un débat contradictoire, la cour de Rome 
reconnut solennellement l'orthodoxie des prati- 
ques recommandées par le prédicateur de Viterbe, 
et le culte extérieur rendu au nom de Jésus, soit 
seul, soit associé au nom de Marie, fit dès lors 
partie intégrante de la liturgie catholique (i). La 
victoire remportée par Bernardin de Sienne sur 
ses adversaires fut considérée par les frères mi- 
neurs comme un triomphe de l'ordre tout entier... 
Les vicaires provinciaux, les prieurs de couvents, 
les simples religieux, qui assistèrent au chapitre 
de Verceil [8 juin 1427], furent invités à user de 
toute leur influence afin de propager dans les 
diverses parties de la chrétienté la dévotion au 
nom de Jésus. Entraînés par l'exemple de leurs 
frères d'Italie, les observants cismontains se 

(i) Le récit émouvant qu'on vient de lire ne doit pas empêcher de 
prendre en sérieux intérêt ce que Baillet dit de saint Jean de Capis- 
tran, dans la vie de ce dernier : « 11 se tenoitdans un commerce conti- 
nuel avec Dieu, auquel il tâchoit. de s'unir encore plus étroitement par 
le repos de l'oraison mentale et de la contemplation ; il n'en sortoit que 
pour secourir les malades dans les hôpitaux, et pour aller prêcher la 
parole de Dieu : ei il se rendit le disciple de saint Bernardin de Sienne 
par le désir de se perfectionner dans ce saint ministère. Il suivit de fort 
près les vestiges d'un tel maître ; et, non content d'être devenu le secta- 
teur de sa vertu et de sa doctrine, il se fit encore son apologiste, et 
alla exprès à Rome pour le défendre devant le Pape et les Cardinaux, 
contre les calomnies de ceux qui l'accusoient d'enseigner des erreurs 
en prêchant la dévotion au saint nom de Jésus...» {Les Vies des Saints, 
t. m de l'édition citée, coi. Syi de la partie d'octobre.) 



^21 

mirent aussitôt à l'œuvre pour répandre autour 
d'eux cette dévotion nouvelle... Un des mission- 
naires qui se dévouèrent en France à la propa- 
gande franciscaine, le seul dont l'histoire ait con- 
servé le souvenir, fut le célèbre Frère Richard...» 
Rappelons que ce Frère Richard, dont le nom 
se mêle dès la fin de 1428 aux événements histo- 
riques de l'époque de Charles VII (i), est une con- 
naissance de date ancienne déjà dans les études 
numismatiques, envisagées notamment au point 
de vue des méreaux, ainsi que des enseignes et 
médailles religieuses. Voilà près de soixante ans 
que Leber, dans son Coup d'œil sur les médailles de 
plomb, etc. (2), appelait l'attention sur la person- 
nalité de ce prédicateur populaire et particulière- 
ment actif, qui, sous le règne encore mal établi 
de Charles VII, voulut, par sa présence et l'in- 
fluence de sa parole parmi les troupes du roi, 

(1) Ce fut d'abord, suivant des appréciations qui paraissent être 
fort justes, vers F Avant de Noél 1428, « pendant la seconde quinzaine 
de décembre », au cours d'une mission prêchée par ce cordelier, dans 
les Diocèses de Troyes et de Châlons en Champagne, mission dont 
l'objet, dans un langage à mots plus ou moins couverts, n'aurait pas 
été, suppose-t-on, moins patriotique que religieux. (Siméon Luge, loc. 
cit., pp. 75 et 76.) 

(2) Ce travail a paru à Paris en 1837, et comme Introduction, en tête 
du curieux ouvrage du Docteur Rigollot sur les Monnaies inconnues 
des Evêques, des Innocents, des Fous et de quelques autres associations 
singulières du même temps. Le volume, bien qu'ayant vieilli à certains 
égards, n'en a pas moins conservé un grand intérêt tant pour le texte du 
principal auteur que pour l'Introduction de Leber, dont nous aurons à 
reparler, 



322 

contribuer au relèvement de celui-ci, aux temps 
mêmes où Jeanne d'Arc, secondée d'un prestige 
bien autrement manifeste, travaillait à replacer le 
royaume sous l'autorité de son légitime souverain. 

En ces temps-là mêmes, en 1429, que vint faire 
notre franciscain à Paris, dont les habitants se 
trouvaient encore sous l'autorité et l'ascendant 
moral des Anglais? N'y fut-il chargé d'aucun rôle 
secret? Ce n'est pas à nous, assurément, qu'il 
appartient d'en décider. Quoi qu'il en soit, le but 
avoué de l'armagnac Frère Richard, durant le 
séjour qu'il fit à Paris dans la seconde quinzaine 
du mois d'avril, fut la prédication publique. 

Laissant forcément dans l'ombre ce qui concer- 
nait la politique et les partis, il obtint dans ses 
sermons, entremêlés de pratiques de dévotion 
envers le nom de Jésus, — adjonction qu'atteste 
clairement certain mériau d'estaing empreint de ce 
nom sacré, qu'il recommandait à ses auditeurs de 
porter (i), — un succès qui tint presque du prodige. 

Ce à propos de quoi nous avons rappelé le tra- 
vail de Leber,en lui laissant avec toute justice 
l'initiative de la mise en lumière des faits, est tiré 
du Journal d'tm bourgeois de Paris, sous les règnes 
de Charles VI et de Charles VII. Aussi est-ce à cette 
source, d'ailleurs très connue, qu'il convient de 
recourir quand on veut être plus complètement 
renseigné (2). Sous la plume de l'auteur de cette 

(1) Nous reviendrons plus loin sur ce sujet. 

(2) Nous avons suivi, pour les extraits que nous reproduisons de ce 



323 

chronique, et malgré son respect constant de la 
chose religieuse, si l'on peut dire, l'ironie perce 
bien un peu, parfois, dans les endroits où il parle 
du missionnaire cordelier; mais cela ne surprend 
pas si l'on se rend compte des situations : l'auteur 
du Journal tenait alors pour le parti des Anglais, 
et ce n'était pas sans raison qu'il entrevoyait un 
ennemi dans le nouveau venu. 

Après avoir signalé un fait remontant au 
4 avril 1429, sans rapport avec ce qui nous occupe, 
l'auteur du Journal mentionne l'arrivée dans la 
capitale, à huit jours de là, environ, de ce « corde- 
lier nommé Frère Richart, homme de très grant 
prudence, sçavant à oraison, semeur de bonne 
doctrine pour édifier son proxisme ». Chacun le 
voulait voir : « enviz le crevoit qui ne l'auroit 
veu ». Il fit entendre à Paris la parole de son divin 
ministère du 16 au 26 avril, inclusivement, prê- 
chant par les rues et sur les places publiques, au- 
devant des églises, monté sur un échafaud dont 
la hauteur ne mesurait guère moins d'une toise et 
demie (i). Durant son séjour dans la capitale, « il 
ne fut qu'une jornée sans faire prédication ». Ce 
n'est pas qu'il ménageât ses forces, car il « com- 
mençoit son sermon environ cinq heures au 
matin, et duroit jusques entre dix et onze; et y 

Journal, l'édition estimée qui s'en trouve dans les Mémoires pour 
servir à l'histoire de France et de Bourgogne, volume publié à 
Paris, 1729, par De la Barre. 
(1) Un peu moins de trois mètres. 



avoit toujours quelque cinq ou six mille per- 
sonnes à son sermon... » 

Le sujet mêm.e du présent mémoire nous oblige, 
ainsi qu'on le verra par la suite, à constater les 
résultats de ces prédications. Voici ce qui se pro- 
duisit : c'est que, vers la fin de la mission du cor- 
delier, « furent les gens de Paris tellement tournez 
en dévocion, et esmeus, qu'en moins de trois 
heures ou de quatre, eussiez veu plus de cent feux 
en quoi les hommes ardoient tables et tabliers, 
dés, cartes... et toutes choses à quoy on se pou- 
voit courcer et maugréer à jeux convoîteux ». — 
Les femmes de commune condition brûlèrent, à la 
vue de tous, « les atours de leurs testes », et les 
damoiselles « laissèrent leurs cornes et leurs 
queues », sans compter maints autres ornements 
de toilette frivole. Et vraiment, conclut le chro- 
niqueur, dix sermons que le cordelier fit à Paris, 
et un à Boulogne-la-Petite, « tournèrent plus le 
peuple à dévocion que tous les sermoneurs qui 
puis cent ans avoient presché à Paris » (i). 

Il semblerait bien, après de semblables témoi- 
gnages, que le Frère Richard eût répandu la bonne 
parole dans le lieu le mieux préparé pour la rece- 
voir; malheureusement, il en fut com.me des se- 
mences que le laboureur de l'Evangile avait laissé 
tomber sur une terre inféconde, et, dans l'espèce, 
la politique étant venue se mêler aux affaires de la 

(i) Journal, p. 120. 



325 

religion, il en résulta pour celle-ci un véritable 
échec/Quand on sut à Paris, quelques mois après 
le départ du cordelier, que celui-ci était un arma- 
gnac résolu, vivant au milieu des soldats de 
Charles VII, les sentiments de vive sympathie et 
d'enthousiasme que les bourgeois avaient témoi- 
gnés jusque-là pour sa personne et les œuvres de 
piété recommandées dans ses prédications, se 
changèrent tout à coup en un bruyant mépris. On 
lit dans la chronique citée qu' « ils le maudissoient 
de Dieu et de ses saints, et, qui pis est, les jeux de 
tables, de boules, dez, brief tous autres jeux qu'il 
avoit deffendus, recommencèrent en despit de 
luy; et mesmes ung mériaii d'estaing où estait 
empraint le Notn de Jésus, qu'il leur avoit fait 
prendre, laissèrent-ils; et prindrent, tretous la 
Croix S. Andry (i). » 

Pour ne pas interrompre outre mesure le cours 
de nos remarques d'ensemble, nous devons différer 
de quelques pages encore, nonobstant l'intérêt 
tout spécial qu'il présente, la description de 
l'exemplaire, dont une chance heureuse nous a 
rendu possesseur, du méreau d'étain au nom de 
Jésus mentionné ci-dessus. On peut bien penser 
que ce sera l'un des pivots de notre mémoire. 

Ce que devenait le Frère Richard à la divStance 
de deux années de là, on ne le sait. On suit bien 

(i) Journal, p. laS, à l'année 142g, vers la fin de juillet. - La Croix 
Saint- Andry, ou Croix de Saint-André, était le signe de ralliement des 
Bourguignons, qui étaient alors les alliés des Anglais. 



sa présence dans la milice royale plusieurs mois 
encore après la délivrance d'Orléans par Jeanne 
d'Arc (8 mai 1429). Plusieurs fois il fut en confé- 
rence avec l'héroïne inspirée. On sait également 
qu'en mars 1431, suivant le style actuel, il prêchait 
le carême àOrléans: mais on peut conjecturer qu'il 
rentra vers le même temps « dans l'obscurité d'où 
ses relations avec la Pucelle l'avaient un moment 
fait sortir. » 

Cette opinion, très vraisemblable, est de 
M. Siméon Luce (i), aux travaux duquel nous 
ferons encore un emprunt avant de nous séparer 
du Frère Richard. Il s'agit, cette fois, de la pro- 
pagation du culte extérieur voué au nom de Jésus, 
à laquelle, dit l'auteur, on sait que le religieux 
franciscain « se livra avec ardeur dans tous les 
pays qui furent le théâtre de ses prédications. » 
Nous transcrivons : 

« Ce n'est pas seulement à Paris qu'il persuada 
à ses auditeurs, ainsi qu'on l'a vu, de porter, en 
guise d'amulettes, des médailles frappées à l'em- 
preinte du nom de Jésus. A Orléans, où il se 
trouvait avec le titre de « prêcheur de la ville », 
pendant le carême de 1431, nous lisons dans les 
comptes municipaux qu'un graveur, nommé 
Philippe ou Philippot d'Orléans, exécuta, moyen- 
nant six saluts, un « Jésus en cuivre », qui lui 
avait été commandé par Frère Richard. » (2) 

(1) Revue des Deux Mondes, loc. cit., p. 83. 

(2) Ibid. p. 77. 



327 

Nous croyons avec M. Luce que le Jésus en 
cuivre fait en ou vers I43i, à Orléans, est un 
Nom de Jésus en cuivre, et non pas une image du 
Christ. Sculpture, ciselure ou estampage, ce ne 
devait pas, d'ailleurs, être peu de chose que l'objet 
religieux exécuté sur la commande du Frère 
Richard, à en juger par la dépense que le travail a 
coûté (i). C'était, peut-on croire, quelque plaque, 
digne d'être mise en parallèle avec le tableau à ce 
même nom sacré, dont saint Bernardin de Sienne 
usait si heureusement en ftalie à la même époque. 

Deux des femmes qui, au xv* siècle, ont fait le 
plus d'honneur à leur sexe, Jeanne d'Arc et sainte 
Colette de Corbie, n'ont pas peu contribué non 
plus, chacune de son côté, à l'exaltation du nom 
sacré de Jésus, que, dans leurs invocations, elles 
accompagnaient ordinairement du nom de la 
mère du Sauveur. Notons, à ce propos, que, de 
même qu'il en avait été pour le nom de Jésus 
vénéré isolément, et auquel la suprématie fut tou- 
jours conservée, la dévotion envers les deux noms 
réunis de Jésus et de Marie avait, elle aussi, pris 
naissance en Italie et chez les franciscains. On 

(i) Six saluts, a-t-on vu. La frappe du salut, monnaie déclarée d'or 
fin, avait commencé sous le règne de Charles VI, mais elle s'était tout 
particulièrement multipliée sous la domination des Anglais en France, 
au temps de Henri V et de Henri VI. Elle avait le plus communément 
lieu à la taille de 63 au marc, ce qui donnait 7.3 grains pour le poids 
moyen, soit 3 grammes 87. Hoffmann signale les poids de 3 grammes85, 
3 grammes 80, 3 grammes 40, et 3 grammes 42. (Monnaies rojales de 
France, 1878, pp. 49, 53 et 56.) 



328 

cite particulièrement, pour leur zèle à propager 
le culte en double objet, les deux plus distingués 
disciples de saint Bernardin de Sienne, dont les 
noms se sont déjà trouvés sous notre plume : 
saint Jean de Capistran et Mathieu Cimarra (i). 

On se rappelle qu'en 1429, étant encore de 
séjour à Tours, Jeanne d'Arc, un mois à peine 
avant son départ pour la levée du siège d'Orléans, 
avait fait faire, ainsi que le dit Vallet de Viriville, 
« deux bannières ou enseignes de guerre pour son 
usage » (2). Il nous suffira ici de décrire, d'après 
le même auteur, la bannière principale, et encore 
ne le ferons-nous qu'en raison des sujets que 
Jeanne elle-même y avait fait représenter. Cette 
bannière était blanche, et peinte des deux côtés. 
Sur la face principale, semée de fleurs de lis, on 
voyait le Père éternel en majesté, ayant pour siège 
l'arc-en-ciel, et portant dans sa main le globe du 
monde. Au-dessus se lisait l'inscription Jhesus 
Maria (3). Deux anges agenouillés offraient à Dieu 
une fleur de lis, emblème du royaume de France. 

(1) Cf. Revue des Deux Mondes, loc cit., p. 72. 

(2) Hist. de Charles VII, Roi de France et de son époque, Paris, 
i863, t. II, p. 65. 

(3) Dans le texte donné par Vallet de Viriville, au lieu de Jhesus 
Maria, on lit Jhesu Maria, leçon qui est d'ailleurs particulière à cet 
auteur, si toutefois ce n'est pas quelque faute d'impression. 

Quant à l'intrusion de la lettre h dans le mot Jhesus, ce dont il se 
présente ici un double exemple, on sait assez combien cette forme anor- 
male du nom du Sauveur a été employée fréquemment aux xiv" et 
xye siècles. Nous laisserons, dans chacune de nos citations, ce nom 



329 

Il y avait au revers un écu de France, tenu par 
deux anges. 

Il est constant que, dans l'esprit de Jeanne 
d'Arc, la formule Jhesus Maria, qu'elle y eût été 
initiée par quelque religieux franciscain ou par 
ailleurs, avait une signification de haute portée. 
On la retrouve sur les différentes lettres d'un carac- 
tère politique, ou respirant l'amour national, 
écrites au nom de Jeanne, que l'on possède encore 
en original, ou dont on conserve des copies 
authentiques. « Les sommations aux Anglais, 
datées des 22 mars et 5 mai 1429, le billet envoyé 
de Gien le 25 juin suivant aux habitants de Tour- 
nai, le message transmis de Reims le 17 juillet à 
Philippe, duc de Bourgogne, la réponse au comte 
d'Armagnac, dictée àCompiègne, le 22 août de la 
même année, la lettre comminatoire adressée aux 
Hussites, le 3 mars 1430, tous ces documents sont 
précédés de lasuscription ou suivis de la souscrip- 
tion j^A^sws Maria (i) ». Les mêmes mots étaient 
gravés sur une bague de minime valeur que por- 
tait la Pucelle, et qui lui fut enlevée lorsque, 
devant Compiègne, le 24 mai 1430, elle tomba au 
pouvoir des Bourguignons, qui combattaient avec 
les Anglais (2). 

écrit avec ou sans A, suivant la forme sous laquelle nous l'avons trouvé 
à la source même d'où la citation aura été tirée. 

(1) SiMÉON Luge, loc. cit , p. 83. 

(2) Dans le cours de son procès, interrogée à propos de cet anneau 
c< où il estoit escript Jésus Maria », Jeanne répond qu'elle le 

Année 1896. 33 



33o 

Sainte Colette de Corbie usait, elle aussi, avons- 
nous dit, de la formule Jhesus Maria. La célèbre 
et pieuse réformatrice des religieuses de sainte 
Claire (i) faisait en France et dans les Pays-Bas 
bourguignons, pour la dévotion envers le nom 
divin, de même qu'envers le nom de Marie, ce que 
Bernardin de Sienne, Jean deCapistran et d'autres 
encore de leurs frères et sœurs en saint François 
d'Assise, faisaient, dans le même but et dans 
le même temps, de l'autre côté des Alpes. Fran- 
ciscaine de cœur et d'âme, ainsi que de fait, elle 
pratiquait le culte recommandé dans les diffé- 
rents ordres institués par saint François, et elle 

tient de ses père et mère ; qu'elle ne sait à proprement parler de 
quelle matière il est; qu'en tous cas, s'il est d'or, il n'est pas de fin or; 
qu'elle ne sait même « se c'est or ou laton ». C'était donc, simplement, 
quelque bijou de pacotille, comme on en fabriquait tant pour les per- 
sonnes d'une condition peu aisée et notamment pour les habitants des 
campagnes. Et vraiment, ici, l'objet ne nous paraît en avoir que plus 
d'intérêt, par son caractère populaire. 

Les interrogatoires que l'on fit subir à Jeanne d'Arc, et dont le 
contenu a été conservé, fourniraient aisément d'autres témoignages 
plus manifestes de sa dévotion pour les noms de Jésus et de Marie. 
A cet égard, d'ailleurs, les faits relatés au procès ne font guère que 
rappeler ce que l'on connaît de reste. Nous fermons, pour ne plus 
les rouvrir, les pages de cet instrumentum maudit. 

Nous ne saurions terminer cette note sans rappeler que, sur le 
bûcher qui devait consumer la sublime martyre, le dernier cri qu'elle 
fit entendre fut le nom de Jésus, itérativement invoqué. 

(i) Sans compter, nous dit Baillet, différents a monastères 
d'hommes qui voulurent bien se réformer aussi sur le plan qu'elle leur 
donna ». [Les Vies des Saints, t. I de l'édition citée, col. 69 de la parti e 
de mars.) 



33t 

le pratiquait en prêchant d'exemple. « Cette sainte 
entretenait une correspondance très active, soit 
avec les religieux et les religieuses des couvents 
qu'elle avait fondés ou réformés, soit avec des 
personnes séculières, affiliées au tiers-ordre de 
saint François, qui avaient embrassé sa réforme. 
Quelques rares monuments de cette correspon- 
dance sont parvenus jusqu'à nous... En tête de 
chacune de ces lettres figure la suscription Jhesus 
ou Jhesus Maria, parfois avec l'addition Franciscus 
et Clara. L'adresse, même, est le plus souvent pré- 
cédée du moi Jhesus... » (i) 

Quand l'abbesse Colette Boylet, dite de Corbie, 
mourut à Gand, le 6 mars 1447 (n. s.), âgée de 
soixante-six ans, elle en avait plus de quarante de 
profession. Jean de Capistran décédait en 1455, et 
Bernardin de Sienne était sorti de ce monde 
en 1444. A l'époque où l'on voit disparaître ces 
figures de premier ordre pour notre sujet, c'est-à- 
dire vers le milieu du xv^ siècle, la dévotion pour 
le nom du divin Maître avait fait déjà de si grands 
progrès qu'elle s'étendait à tous les degrés de 
l'échelle sociale par tous les pays chrétiens. 

Tels avaient été les résultats du zèle et de la 
persévérance qu'avait déployés la grande famille 
séraphique, répandue en si grand nombre dans 
toutes les régions où la foi avait pénétré ; mais on 
peut bien dire que la dévotion envers le saint nom 

(1) SiMÉON LucE, loc. cit., p. 84 



332 

avait fini par gagner tous les ordres religieux, 
et non seulement ces ordres, mais aussi les 
fidèles de tous les rangs et de toutes les classes, 
laïcs aussi bien que personnes d'église. Le cou- 
rant qu'elle formait avait pris un si grand déve- 
loppement qu'aucun effort humain, si tant est qu'il 
eût pu s'en produire, ne serait parvenu à enrayer 
les effets irrésistibles d'une puissance de cette 
force. 

Une situation aussi prospère devait entraîner la 
création d'une fête annuelle, de nature à en assurer 
la perpétuité. Nous ne saurions dire si l'on est 
aujourd'hui très bien fixé sur les circonstances et 
l'époque de ses commencements; mais voici ce 
qu'on en écrivait au xviii* siècle: 

Cette fête de dévotion libre (i)... « a un office 
particulier qui est autorisé par le Saint-Siège. 
L'attention singulière qu'on doit faire sur la vertu 
de ce saint nom que nous ne saurions même pro- 
noncer comme il faut, selon l'apôtre (2), que par 
le mouvement du Saint-Esprit, est cause qu'on en 
a détaché la solennité d'avec celle de la Circonci- 
sion, afin de pouvoir la célébrer à part... Plusieurs 
églises d'Allemagne et des Pays-Bas la célèbrent 
le i5 de janvier, quelques-unes le 8 du mois, 
comme pour honorer l'octave de la Circoncision ; 
d'autres le dimanche suivant... Quelques auteurs 



(1) La « fête du Saint Nom de Jésus, » 

(2) Cor., XII, 3. 



estiment que nous avons l'obligation de cette fête 
aux religieux de saint François, qui semblent 
avoir procuré l'établissement public et fixe de 
cette dévotion aux fidèles dès les commencements 
du xvi° siècle. L'on croit effectivement que ce fut 
sur leurs remontrances que le pape Clément VII 
en permit la fête avec l'office, l'an i53o. Mais on 
ne peut disconvenir que quelques bréviaires et 
quelques martyrologes n'en fissent déjà mention 
avant ce temps... » (i). 

Le fait auquel nous devons maintenant une 
mention a bien son importance à un point de 
vue général, mais il ne peut manquer surtout 
d'appeler l'attention de ceux qu'intéresse particu- 
lièrement l'étude de l'histoire religieuse dans les 
provinces méridionales de la Belgique. Un prêtre 
flamand, Jacques Meyer, historien et chroniqueur 
estimé, qui, à ses heures, a cultivé la poésie 
latine, livrait à l'impression dès i53i, tant à 
Bruges qu'à Anvers (2), certain hymne en vers 
trochaïques, ayant pour objet l'exaltation du saint 
nom de Jésus, et dans laquelle il posait en prin- 
cipe l'établissement, à cette fin, d'une fête univer- 



(1) Baillet, Vies des Saints, t. I de l'édition citée, Paris, 1724. Voir 
aux col. 7 et 8, sous la rubrique du i«r janvier. 

(2) Jacobi Meyeri Baliolani, Flandricarum rerum tomi X.. , cum 
Hymno de Sanctissimo Nomine lESV. L'édition que nous avons sous 
les yeux, de ce rare opuscule, réimprimé à Bruges en 1843, est celle 
d' Anwers [Antwerpice, apiid Guilielrmcm Vorstermammm), i53i, pet. 
in-8°. FoiV au folio 67, verso. 



334 

selle. On jugera de son enthousiasme parce début : 

Surge qui soles fidelem convocare Ecclesiam ; 
Surge, cantus aedit aies, appétit diluculum. 
Scande sacri celsa templi sedulo fastigia. 
Tange funes, aéra pelle, fac modos laudabiles. 
Omnis hoc die per orbem ferietur civitas, 
Dulce JESV nomeii odis et canat celebribus... 

Nous craindrions de dépasser notre but, en 
prolongeant cette citation, qui suffit bien, au sur- 
plus, dans les conditions où nous l'avons donnée. 

Le nom de Jésus tel que nous le voyons au 
xv^ siècle, en iconographie, consiste le plus ordi- 
nairement dans le chiffre ou monogramme i|)S, 
avec le montant de la lettre 1) traversé horizon- 
talement d'un trait d'abréviation qui lui donne 
l'aspect d'une croix. Parfois, la lettre t est rem- 
placée par un J ce qui modifie ainsi le mono- 
gramme : jl]S (i). Cette formule il)9, ou jl]S, 
crucifère, présentée à tous chrétiens comme un 
symbole de vénération essentiellement efficace, 
avait pénétré, durant le même siècle, dans toutes 
les classes de la société, comme nous l'avons dit, 
et, ajouterons-nous, dans tous les usages de la 
vie. On en constatait la présence sur les hosties, 

(i) La forme gl^s est plus fréquente que nous n'avions pu le penser, 
quand nous avons écrit cette partie de notre mémoire On le verra 
plus loin. Autant que nous en pouvons juger, c'est en Italie qu'elle 
paraîtrait avoir pris naissance. 



335 

OU pains d'autel (i); elle ornait, non seulement les 
édifices religieux, les vêtements sacerdotaux, les 
vases sacrés, les cloches de quantité d'églises (2) 
et maints autres objets affectés au culte, mais 
aussi les habitations des particuliers (3), tant à 
l'extérieur des maisons (4) qu'à l'intérieur des 
appartements ; elle se trouvait reproduite sur les 
mobilier des ménages, sur les ustensiles de toutes 
sortes. Des couvents en ornaient leurs sceaux (5); 
on en historiait des tombes (6), des reliures de 
livres (7). On imprimait au même type des images 
en papier ou en parchemin, et l'on tapissait de 

(1) E. HncHER, Notice sur quelques monuments historiques du dépt 
de la Sarthe. Paris, i85o, p. 5i. 

(2) G. Vaulïer, Inscriptions campanaires du département de l'Isère. 
Montbéliard, i8H6, passim. - Léon Germain, Les anciennes cloches de 
Saugues. Nancy, i8go, p. 12, — Barbier de Montault, Traité d Ico- 
nographie chrétienne, t. II, p. io5, et pi. XXIV, fig. 268. — Etc. 

(3) SiMÉoN Luge, loc. cit., p. 72. 

(4) C'est ce qu'à Sienne, particulièrement, on voit encore fréquem- 
ment aujourd'hui en divers quartiers de la ville, ce que constate en 
partie un article du Correspondant , fascicule du 10 mai 1896. p, 562. 

(5) G. Demay, Le costume au moyen âge d après les sceaux, p. 353. 
L'auteur donne pour exemple le sceau de la Grande-Chartreuse, 

usité en 1441. 

(6) Bernard Prost, Notice sur sept dalles funéraires. Lons-le-Saul- 
nier, s. d., passim. (Communication de M. Léon Germain.) 

^7) Un livre de notre bibliothèque, incunable en latin, traitant 
de matières religieuses, imprimé à Venise en 1483, et demeuré dans 
sa reliure primitive, a les ais recouverts de veau brun, avec gaufrures 
figurant un fretté. Les compartiments en claire-voie de ce frelté sont 
occupés chacun p;ir un petit médaillon, soit au monogramme i|)ô 
crucifère, soit au monogramme ma, donnant en abrégé le vnox. Maria. 
Ces médaillons ont été appliqués de manière à alterner entre eux. 



336 

ces estampes l'intérieur des coffres-forts, à l'effet 
de protéger le contenu contre tous mauvais des- 
seins (i). Les fidèles la portaient sur eux ou à leur 
chaperon, en guise d'enseigne, nom sous lequel 
étaient encore désignées les images en tous métaux, 
en toutes matières, et de toutes formes qui ont 
précédé nos médailles de piété actuelles. Au 
résumé, peut-on dire, elle était placée partout. 

La numismatique, dont les investigations em- 
brassent tant de faits, pour y jeter la lumière ou un 
redoublement de preuves, ne pouvait pas demeu- 
rer étrangère à l'étude de ceux dont il est question 
dans ce mémoire. C'est de la numismatique, prin- 
cipalement, qu'il s'agira désormais ici, pour la 
description et l'interprétation des monuments de 
son ressort dont il nous est loisible de soumettre 
la connaissance à l'intérêt du lecteur. 

Nous ne saurions trop répéter, en terminant 
nos remarques générales, que nous ne nous occu- 
perons pas, dans l'étude que nous portons aujour- 
d'hui à la connaissance de nos confrères, des 
témoignages de vénération ou d'adoration rendus 
au nom du Sauveur avant le xv^ siècle. Il faudrait, 
pour aller à la source, remonter aux années que 
le Christ a passées sur la terre, où son nom fut 
dès lors si souvent invoqué, et parfois même, 
comme nous l'apprend l'Evangile, employé, pour 

(i) Nous avons vu dans la collection d'un ami, un de ces coftres- 
forts, du xve siècle, armé intérieurement de l'image au ll)S crucifère. 
Cette image était placardée à l'intérieur du couvercle. 



337 

opérer des miracles, par des individus demeurés 
en dehors du cercle de ses disciples (i). Quant à la 
forme il]S donnée au nom de Jésus, on sait assez 
qu'elle était un emprunt fait à l'épigraphie grecque, 
où le mot est écrit IH20Y2, et l'on ne connaît 
pas moins les métamorphoses par lesquelles elle 
est passée pour s'introduire dans l'épigraphie 
latine en la façon IHESVS, puis dans les écritures 
du moyen âge dites gothiques. Ainsi, encore, le 
XPirr02 des Grecs fut transformé en XPISTVS, 
ou XPS, pour tenir la place, dans les textes ou 
les inscriptions en latin, des formes régulières 
CHRISTVS, CHRS. 

L'institution des ^m^^/^s, ordre religieux italien 
qui n'eut jamais une très grande importance, 
remonte, paraît-il, à i355 environ (2). On dit que 
« les Jésuates ont été ainsi appelés parce qu'ils 
avaient souvent le nom de Jésus en la bouche (3) » . 
D'autres ajoutent que ces religieux ont porté, 
entre autres insignes, et se dessinant sur un fond 
d'azur, un nom de Jésus avec des rayons d'or. 
Que le fait soit exact ou non, nous n'avons pas, en 
raison de l'époque où il se serait produit, à faire 
plus que de le signaler. Notre travail a ses bornes 

(1) Li;c , cap. IX, v.4g: « Respondens autem Joannes dixit : Prce- 
ceptor, vidimus quenidani in nomme tuo ejicientem dœmonia, et pro- 
hibuimur eum, quia non seqiiitur nobiscuin... » 

(2) Hermant, Hist.des Ordres religieux et des Congrégations régu- 
lières et séculières de l'Eglise. Rouen, 1710, t. II, p. 342. 

(3) Hermant, Ibid. 



338 

naturelles marquées par la dévotion dont Ber- 
nardin de Sienne se fit avec amour l'initiateur et 
le divulgateur, dévotion dont il a été conservé, 
grâce surtout à la numismatique, tant de vestiges 
contemporains, et qui, debout depuis près de cinq 
siècles, se manifeste encore aujourd'hui, si cons- 
tante et si inaltérable. 



Nous arrivons aux descriptions de nos monu- 
ments métalliques. La première description sera 
celle de certaine enseigne dans laquelle il nous 
paraîtrait difficile de ne pas reconnaître un exem- 
plaire du mériau d'estaing que le Frère Richard, 
en 1429, recommandait aux Parisiens de porter, et 
que beaucoup de ceux-ci rejetèrent bientôt après, 
à la suite des circonstances que nous avons rela- 
tées plus haut. Notre exemplaire, que nous possé- 
dons depuis plus de quarante ans, a été retiré de la 
Seine, à Paris, dans des travaux de dragage 
exécutés entre la Cité et les dépendances du Quar- 
tier Latin. 

I. Le nom de Jésus, figuré par la formule tl)S, 
dontla lettre l], en signe d'abréviation, a la hampe 
traversée d'un trait horizontal, qui donne au som- 
met l'apparence d'une croix, d'autant mieux carac- 
térisée que ses bras improvisés sont chargés de 
deux clous de la Passion. Cette formule est dans 
un encadrement circulaire de douze rayons flam- 
boyants, enjolivés de petits jets de lumière, placés. 



330 

trois par trois, dans chacun des intervalles qui 
séparent les rayons l'un de l'autre. 

Rev. Répétition du type précédent, sauf pour ce 
qui concerne la première lettre de la formule cru- 
cifère du nom divin, commençant cette fois par 
un g, au lieu d'un i, ce qui produit la leçon jl)S. 
Deux clous de la Passion adhèrent aux bras de la 
croix. Un troisième clou a la pointe enfoncée dans 
le montant de cette croix, vers le bas. Les rayons 
dans le cercle desquels le monogramme est enca- 
dré offrent la même disposition que sur le côté 
opposé. 

Enseigne ronde avec bélière. Nous avons dit 
qu'elle est en étain. Son diamètre, non compris la 
bélière, est de 25 à 26 millimètres. 

PI. IX, fig. I. 

Tout, dans cette pièce capitale, est à considérer 
et à examiner avec un soin scrupuleux. 

On ne saurait douter qu'elle soit aux types 
qu'offraient aux hommages de tous saint Bernar- 
din de Sienne et les autres religieux attachés à 
propager la dévotion nouvelle. Mais, d'autre part, 
on est naturellement porté à se demander pour 
quelle raison, sur l'enseigne en cause, la formule 
crucifère du nom divin se trouve orthographiée de 
deux manières si distinctes, îl)S et fllS. Il est, 
certes, très intéressant de trouver ainsi réunies les 
deux leçons sous lesquelles apparaît au xv^ siècle 
le dulce Nomen; mais le fait, à première vue, n'en 
semble pas plus normal. 



340 

Disons sans plus tarder que l'on se trouve ici en 
présence d'une difficulté plus apparente que réelle. 
Evidemment, celui qui a présidé à la composition 
de l'enseigne s'est laissé guider, en y introduisant 
le nom de Jésus sous une double expression, par 
la pensée qu'il la mettrait par ce moyen d'autant 
plus à la portée de tous, bon nombre de fidèles 
pouvant ne connaître la signification du mono- 
gramme divin que sous l'une des deux formes, et 
ne se trouver disposés à placer leur confiance et 
leur dévotion que dans le symbole qui leur était 
familier. 

Dans les régions françaises, dans les Pays-Bas, 
et ailleurs encore, la forme t[)S était, incontesta- 
blement, de beaucoup la plus commune ; mais on 
peut douter qu'il en fût de même partout, notam- 
ment dans certaines contrées de l'Italie et de l'Alle- 
magne (i). Il ne serait même pas surprenant, ainsi 
qu'on le verra dans la vsuite de cette étude, que 
saint Bernardin de Sienne eût tenu pour la 
forme gl]S. 

(t) Dans une Notice sur quelques manuscrits précieux sous le rap- 
port de l'art, tirage à part de la Ga^^ette des Beaux-Arts, mai-novem- 
bre 1866, M. Vallet de Viriville, Professeur à l'École des Chartes, 
a consigné quelques observations, dont nous donnons un extrait : « Au 
moyen âge, a-t-il dit, Vi et le j étaient alternativement voyelles et 
consonnes. Us s'employaient absolument l'un pour l'autre... Dans 
quelques noms, l'Y a pu se substituer, non seulement à l'I voyelle, 
dont il était l'équivalent, mais même au J consonne. Ainsi Jésus, 
Jérusalem, Jérôme, ont pu s'écrire Ihésus, Ihérusalem, Ihérôme, et 
même, par conséquent, Yésus, Yérusalem, Yérôme.. » Vallet de Viri- 



341 
Ce qui complète particulièrement le rapport 



ville n'a agité à ce propos aucune question de lieux, bien que cela eût 
pu avoir son intérêt. 

En Italie, d'autres, mieux placés que nous pour y effectuer des véri- 
fications bien nécessaires, examineront, à Rome et à Modène, sur les 
tableaux circulaires au nom de Jésus que l'on sait avoir appartenu à 
saint Bernardin de Sienne, comment, en réalité, y est composé le 
monogramme divin. Ce que nous pouvons, quant à nous, constater dès 
à présent, c'est que sur certains médaillons d'art italien, dont quelques- 
uns reproduisent les traits de Bernardin de Sienne, et qui sont de 
bien peu postérieurs à sa mort, le monogramme divin qui y figure est 
formé des lettres g!l6. Il existe à Paris, au Musée de l'Hôtel de Cluny, 
dans les collections de faïences d'art italien, fabrique de Cafagioli, 
n° 2807, une plaque votive de forme circulaire, et du diamètre de 
44 centimètres, qui paraît être une imitation, mais trop capricieusement 
exécutée, des tableaux circulaires à l'usage de saint Bernardin de Sienne. 
Au centre de cette plaque votive, la première des trois lettres compo- 
sant le monogramme divin crucifère est un j). Une inscription, boi- 
dant l'objet, est ainsi conçue : -f- NICOLAVS : DE- RAGNOLIS- 
AD • HONOREM • DEI • ET • SANTI • MICHAELIS • FECIT • 
FIERI • ANNO • 1475. 

En l'église Sainte-Croix-de-Jérusalem, à Rome, les étiquettes de 
différentes reliques y conservées sont ainsi conçues : « De lapide quo 
tegitur sepulchrum Yhesu; de sepulcliro Xpisti Yhesu », etc. (^Mgr 
Barbier de Montault, l'Année liturgique à Rome, édition de f870, 
p. iSg.) 

Une estampe, datée de 1434, image populaire de dévotion exécutée 
dans le genre dit criblé, dont les produits sont assez généralement, 
pour la plupart, attribués à des Allemands plus artisans qu'artistes, 
montre saint Bernardin entièrement à l'action d'une prédication 
publique sur son théâtre en plein vent. Debout et les bras étendus en 
croix, il expose, de la main droite, le tableau, en forme de cercle 
radié, chargé du monogramme divin crucifère, dont la première des 
trois lettres qui le composent est un ^ ; de la main gauche, il porte 
une sorte d'écriteau sur lequel est formulée cette exhortation : 
PtîlC, UflC bulcc no{men). — Voir dans la Bibliothèque de VEnsei- 



342 

entre notre enseigne et le tableau (i) à l'usage de 
saint Bernardin, ce sont les rayons qui entourent 
le monogramme crucifère. On sait que, pour être 
en harmonie avec les principes du saint, les 
rayons devaient être au nombre de douze, comme 
ils sont en eftet sur l'enseigne. On trouve, dansun 
des sermons que l'on a conservés de lui, l'énumé- 
ration des « douze rayons mystiques ou attributs du 
nom de Jésus » (2). Mais, sans se livrer, sur un 
semblable sujet, à des considérations par trop 
spéculatives, chacun, du moins, peut se souvenir 

gnement des Beaux-Arts, le volume intitulé : La Gravure, par le 
Vte Henri Delaborde, pp. 44 et 48. 

On retrouvera encore, dans la continuation de ce mémoire, et en 
dehors des médaillons italiens dont il vient d'être succinctement parlé, 
quelques exemples du monogramme ^1)6 crucifère, quand nous serons 
à la description des jetons de fabrique nurembergeoise que leurs 
types font entrer dans notre cadre. 

(1) Au lieu de le tableau, on pourrait dire les tableaux, car Bernar- 
din de Sienne en a eu plusieurs. Voir à la note suivante. 

(2) Voir ce qu'AoRiEN de Longpérier a écrit au sujet du nom de 
Jésus, dans la Revue numismatique française, année 1860, p. 894, en se 
fondant principalement sur les deux opuscules suivants, dus à l'éru- 
dition de Cavedoni : 

Dell' origine e valore délia scritura compendiosa IHS del sacro- 
santo nome di Gesu. Modena, 1846. 

Dell' orig. e val. délia scritt. comp. IHS del sacr. nome del Salva- 
tore, e del suo culto. Modena, i855. 

Longpérier aurait pu citer un travail plus ancien, de nature à 
prouver l'intérêt que les Italiens attachent depuis longtemps à l'étude 
de ces questions ; c'est le livre de Vettori, De vetustate et forma mono- 
grammatis Nominis Jesu Roma, 1747. 

Rappelons, d'après Longpérier, que Bernardin de Sienne « avait 
donné, en 1423, à l'église Sainte-Marie délie Asse, à Modène, un 



343 

que le nombre douze était celui des apôtres du 
Sauveur, et remarquer que ce nombre fut égale- 
ment celui des premiers compagnons de saint 
François d'Assise, accourus successivement à sa 
parole, pour travailler avec lui, dans leur évan- 
gélique pauvreté, à la fondation de l'institut séra- 
phique.Pourtoutbon cordelier, comme Bernardin 
de Sienne ou le Frère Richard, il ne pouvait y 
avoir à méconnaître le haut caractère de ce 
« dernier trait de ressemblance entre le nouvel 
institut et le collège apostolique » (i). 

Le mérite de l'auteur ne nous permet pas de 
passer absolument sous silence, nonobstant les 
bizarreries dont elle est semée, l'attribution tentée 

tableau représentant en or sur fond d'azur le monogramme sacré 
entouré de rayons et de fleurons ». 

Nous trouvons, d'autre part, dans V Année liturgique à Rome, 
par Mgr Barbier de Montault, 1870, les deux mentions que nous 
allons reproduire. Elles sont extraites du Propre des Saints : 

P. 44. 20 mai : S. Bernardin de Sienne... « Sa vie a été peinte à fres- 
que au xv» siècle... sur les murs de sa chapelle, à Sainte-Marie in Ara 
Cceli, où l'on expose le monogramme du Christ, qu'il portait dans les 
missions. » 

P. 89. 23 octobre : S. Jean de Capistran... «A Sainte-Marie in Ara 
Cceli, on conserve le monogramme du nom de Jésus, dont il prit la 
défense, à la basilique vaticane, en présence de Martin V et des cardi- 
naux. » 

On a vu ci-dessus dans quelles circonstances Jean de Capistran avait 
jugé bon d'intervenir, moins pour la défense du monogramme de 
Jésus que pour la défense de Bernardin de Sienne, attaqué à propos de 
ce monogramme. 

(1) Saint François d" Assise, par le R. P. Léopold de Chérancé, de 
l'Ordre des Frères Mineurs Capucins. Edition de Paris. 1886, p. 80. 



344 

autrefois par Leber, au sujet d'une pièce de plomb 
ou d'étain , et de conservation moins que médiocre, 
qu'il aurait volontiers présentée comme étant 
quelque exemplaire du mériau de 142g. Il lisait en 
fragment de légende sur cette pièce, autour d'une 
sorte de rébus dont il a donné une interprétation 
assez singulière pour ne pouvoir être prise fort au 
sérieux, les mots: AVCTORE. lESV. PETRVS. 
C'est en se fondant sur le mot Jesu placé, sans 
aucune marque spéciale de nature à éveiller 
l'attention, dans le contexte de cette inscription 
incomplète, qu'il conclut surtout à l'attribution 
qu'il propose. Son argumentation est d'ailleurs 
des plus faible (i), et elle ne peut empêcher de recon- 
naître aujourd'hui, dans la pièce en question, une 
de ces monnaies des Innocents et des Fous publiées 
en si grand nombre dans le travail du docteur 
Rigollot, auquel celui de Leber sert d'introduc- 
tion. 

Il est peu de mots qui aient eu au xv* siècle et 
encore longtemps après, autant d'acceptions diver- 
ses que le mot méreau sous ses différentes formes : 
mériau, mérel, etc.; et il n'y a certainement pas de 
quoi être surpris de le voir employé par l'auteur 
du Journal d'un bourgeois de Paris pour désigner 
une enseigne ronde, une sorte de médaille de 
dévotion, comme l'est notre enseigne n° i, oià le 

(1) Nous reprendrons dans une note additionnelle l'examen des 
explications de Leber. 



345 

nom de Jésus, exprimé dans les deux formes les 
plus usitées à l'époque, se trouve exposé en pleine 
évidence, et non pas comme abrité obscurément 
parmi les autres mots d'une légende où. rien ne le 
distingue à la vue, où rien ne provoque à l'y aller 
chercher. 

Nous n'insisterons pas davantage sur l'attribu- 
tion que nous nous sommes attaché à mettre en 
relief, et dans laquelle nous avons, quant à nous, 
une confiance entière. Les uns l'accepteront ; 
d'autres, peut-être, la contesteront; et le temps, 
comme il est arrivé tant de fois dans les élucubra- 
tionsnumismatiques, finira bien par donner raison 
à la vérité. Mais, à propos même de notre attribu- 
tion, on pourrait nous reprocher, et ce ne serait 
pas sans raison, de n'avoir pas fait usage d'une 
des considérations le plus particulièrement de 
nature à la fortifier, si nous n'en disions pas, tout 
au moins, quelques mots ici. Il s'agit d'un rappro- 
chement qu'il convient d'établir, ce à quoi nous 
regrettons de n'avoir été que tardivement en 
mesure de songer, entre notre enseigne n° i et les 
médaillons italiens du xv° siècle sur lesquels figure 
le monogramme jl]S crucifère, avec les détails 
significatifs que saint Bernardin de Sienne paraî- 
trait surtout avoir adoptés. Nous ne pouvons 
pour le moment que prendre simplement acte des 
faits, sauf à y revenir lorsque nous serons à l'exa- 
men des médaillons italiens. 

Une dernière question est, pensons-nous, à 

Année 1896. 24 



346 

poser plutôt qu'à résoudre, parce qu'elle ne nous 
paraît pas avoir pu encore être l'objet d'une étude 
suffisamment mûrie. 

Les enseignes au nom de Jésus mises en faveur à 
Paris, en 142g, par les prédications du Frère 
Richard, ont-elles été exécutées dans la capitale, 
ou bien y avaient-elles été apportées par ce reli- 
gieux, qui en aurait eu ainsi à sa disposition le 
débit, dès les premiei'S temps de sa mission ? 

Notre enseigne n** i ne présente, en tout cas, 
aucun caractère spécial à une localité plutôt qu'à 
une autre; et c'est ce qui convenait tout particu- 
lièrement, ainsi qu'on a pu le voir ci-dessus, au 
but que tout religieux de saint François devait se 
proposer pour la propagation cosmopolite de la 
dévotion envers le nom sacré. Nous avons rap- 
pelé plus haut, également, et d'après les observa- 
tions de M. Siméon Luce, que le Frère Richard 
n'a pas poursuivi ce but seulement à Paris, mais 
qu'il s'y montrait attentif partout où l'appelait son 
ministère. D'après ces considérations, il n'y 
aurait rien de surprenant à ce que des exemplaires 
de notre enseigne n° i pussent être retrouvés à des 
distances des plus éloignées les unes des autres. 
Il est évident que la question est encore de celles 
auxquelles le temps, aidé de l'observation des 
archéologues, pourra surtout se charger de répon- 
dre avec utilité. 

{A suivre.) J. Rouyer. 



347 



NÉCROLOGIE. 



Adrien-Juste Enschedé. 

Enschedé, qui était membre associé de notre 
société depuis le 2 août 1880, vient de mourir à. 
Harlem vers le milieu de mars dernier. 

C'était un des plus anciens associés de l'impri- 
merie Joh. Enschedé et fils, éditeurs du journal 
Haarlemsche courant. 

Il remplit pendant longtemps, avec le plus 
grand zèle, les fonctions d'archiviste-bibliothé- 
caire de la ville de Harlem, à laquelle il rendit 
d'éminents services comme président de la com- 
mission directrice du Musée local et comme pré- 
sident de la Société pour le développement des 
collections artistiques de ce musée, dontplusieurs 
objets remarquables sont dus à sa générosité. 
Enschedé allait même jusqu'à abandonner son 
traitement de bibliothécaire pour acheter de nom- 
breux livres qui manquaient aux collections de la 
ville. 

La Société pour l'embellissement de Harlem et 
de ses environs eut à se réjouir maintes fois de 
compter Enschedé parmi ses directeurs : grâce à 
à lui, plus d'un précieux monument historique 
fut conservé et restauré. 



348 

L'Eglise wallonne dont il faisait partie n'eut pas 
moins à se louer de ses services, surtout pour le 
classement des archives qu'elle possède et aussi 
comme membre de la Commission de l'histoire 
des églises wallonnes. 

En outre. Enschedé dépensait sa grande activité 
à diriger la Société hollandaise des sciences, à 
soutenir, comme membre, la Société Teyler, la 
Société Néerlandaise de l'Industrie dont il était du 
Comité et à remplir les fonctions de commissaire 
de l'Ecole des pupilles de la marine. 

Le défunt n'a rien écrit dans notre Revue de 
numismatique. 

Il était officier d'académie, chevalier du Lion 
Néerlandais et chevalier de 4* clas'se du Lion d'Or 
de Nassau, 

G. C. 



'49 



MELANGES, 



Documents relatifs à F. Harrewyn et à J.-B. Marquart. 

Gravé pour Son Excellence le comte de Cobenzl, deux 

passeports par ordre de M. Crumpipen, secrétaire d'État 

et de Guerre. 

Gravé par moi, F. Harrewyn, graveur général de 

S. M. l'Impératrice- Reine. 

Pour la gravure du grand passeport, 4 gui- 
nées = fl. 53-5 

Pour le petit passeport, 2 guinées = . . 26-12 1/2 

Quittance du i5 novembre 1753 fl. 79-17 1/2 

Renouvelé le petit passeport de S. A. R. par 
ordre de M. Crumpipen (regravé et renou- 
velé) fl. i3-6 1/4 

(Secret. d'État et de Guerre: Gastos Secrelos. Reg. 678, 

Archives générales du royaume.) 



Nous chargeons l'essayeur général des monnaies de Sa 
Majesté, Marquart, de faire une stampille pour le nom de 
Nobili et il s'en servira pour l'usage que le conseiller d'État 
de Nobili lui prescrira de notre part; à l'effet de quoi le dit 
Marquart est autorisé par le présent acte, fait à Bruxelles 
le 1 1 octobre 1758. » (Quoique cet acte porte la date du 
1 1 octobre, il n'a cependant été signé et remis à Marquart 
que le 6 novembre 1758.) 



35o 



La veuve Nettine paiera au graveur des monnaies de 
Sa Majesté, Harrewyn, la somme de quarante-deux florins 
argent courant de Brabant, pour avoir gravé selon l'état 
ci-joint notre petit titre et corrigé le grand titre de la 
planche des passeports pour rapport aux changemens sur- 
venus dans les titres de Sa Majesté parle mot Apostolique. 

Fait à Bruxelles, le 22 décembre lySS. 
Pour le petit titre, pour les dépenses courantes, fl. 3i-io 
Pour la correction du passeport lo-io 



fl. 42-0 

(F. Gastos Secretos. Reg. 680, Archives générales du 
royaume.) 

La veuve Nettine paiera au graveur de Sa Majesté, 
Harrewyn, la somme de 91 fl. 10 sols argent courant de Bra- 
bant, à quoi monte l'état ci-joint du chef de deux platines 
de cuivre qu'il a fournies ainsi que le prix de la gravure 
qu'il y a faite de nos titres comme ministre plénipotentiaire 
(comte de Starhemberg), pour l'expédition des lettres closes 
et des passeports, laquelle somme sera portée aux gastos 
secretos. 

Deux platines de cuivre rouge fl. 7-10 s. 

Pour la gravure de la petite platine 21-0 

Pour la gravure de la grande et les passeports . 63-o 



fl. 91-10 s. 

Ordonnance du 16 juillet 1760. 

(Gastos Secretos. Reg. 681, Archives générales du 
royaume.) 



35 1 

Nous avons trouvé la mention que Harrewyn fils s'oc- 
cupa de gravure, à Vienne. 



La veuve Nettine paiera à Tessaieur général des mon- 
noies Marquart pour avoir gravé le passeport à nos titres, 
les planches de nos petits titres ainsi que le cachet à nos 
armes, la somme de 1 59 florins argent courant de Brabant. 
le tout ayant eu lieu à l'occasion des changements qu'exige 
notre qualité de Grand Maître de l'Ordre Teutonique 
(Charles de Lorraine). Bruxelles, le 9 juin 1761. 

(Gastos Secretos. Reg. 682. Archives générales du 
royaume.) 

Gravé par le soussigné essayeur général des monnoies 
de Sa Majesté aux Pays-Bas. 
Gravé sur cuivre le passeport au grand titre de 

S. A. R. à 8 pistoles . . . . . . . . fl. 84-0 

Gravé deux fois, aussi sur cuivre, le petit titre de 

S. A. R. à 2 pistoles chaque 42-0 

Déboursé pour les platines de cuivre polies . . . 9-0 
Gravé le cachet de S. A. R. sur argent avec les 

attributs de la Grande Maîtrise de l'Ordre Teu- . 

tonique, à 2 pistoles 21-0 

Pour l'argent et le manche du cachet 3-o 

fl. 159-0 
Bruxelles, le 6 juin 1761. 
J.-B. G. Marquart. 

(Même registre.) 

(( La veuve Nettine paiera à l'essaieur général des mon- 



352 

noies de Sa Majesté, Marquart, la somme de 42 florins 
i5 3/4 sols argent courant de Brabant, à quoi selon le 
billet ci-joint montent les frais d'impression des passeports 
et des feuilles de nos titres servant aux dépêches pour les 
affaires du gouvernement y compris le renouvellement de 
la gravure de la planche des dits titres. Bruxelles, le 23 fé- 
vrier 1764. 

Imprimé pour la secrétairerie d'État et Guerre par ordre 
de M. de Crumpipen, depuis le 22 juin 1761 jusqu'au 
17 février 1764 : 

i,5oo petits passeports à 3 escalins le cent. . fl. i5-i5-o 
675 grands passeports à 7 escalins le cent . . . 16-10-9 
Avoir raccommodé et regravé la planche . . . lo-io-o 

fl. 42-15-9 
(Gastos Secretos. Reg. 683, Archives générales du 
royaume.) 

Le waradin de la Monnoie de Sa Majesté Impériale et 
Royale Apostolique, Marquart, aiant gravé par nos ordres : 
1° une planche pour l'impression des passeports que le 
ministre plénipotentiaire, prince de Starhemberg, sera dans 
le cas de faire expédier et 2» une planche pour l'impression 
du titre du même ministre, sur du papier destiné à servir 
pour l'expédition de lettres et actes du gouvernement, la 
veuve Nettine paiera 84 florins argent courant de Brabant. 

Bruxelles, le 7 mai 1770. 
Gravure des passeports à fl. 63 

— du petit titre pour lettres, actes, etc. ...21 

fl. 84 
(Gastos Secretos. Reg. 686, Archives générales du 
royaume.) 



353 



Nous pensons qu'il est inutile d'ajouter à ces actes un 
commentaire quelconque; ils sont assez explicites par eux- 
mêmes. Nous les avons donc publiés tels que nous les 
avons trouvés dans les Gastos Secretos afin de compléter 
les renseignements biographiques sur F, Harrewyn et 

J.-B. Marquart. 

G. CUMONT. 



Denier de Born. — En faisant connaître dans la 
Revue de cette année, p. lyS, un denier noir de Born, nous 
avions cru pouvoir reproduire, de confiance, quelques 
renseignements concernant cette seigneurie, puisés dans 
des articles publiés, jadis, par MM. Perreau et Piot(i). On 
va voir, par l'extrait suivant d'une lettre que notre excel- 
lent confrère M. le baron de Chestret de HanefFe, dans son 
amitié pour nous, a pris la peine de nous adresser, com- 
bien nous avons eu tort de ne pas vérifier les dires de nos 
devanciers : 

« Je tiens avec vous pour absolument certain que le 
» billon noir publié dans la dernière livraison de la Revue 
» (p. 175), doit être attribué à Renaud, seigneur de Born 
» (1378- 1396), que l'on trouve indifféremment désigné 
» dans les chartes et les reliefs sous les prénoms de Rei- 
» noldus, Renerus, Reynarr, etc. Seulement, au lieu de 
)) l'appeler Renaud de Dalembroeck, il importe de lui 
» restituer son véritable nom : Renaud de Fauquemont, 
» seigneur de Born et de Sittard. C'est ainsi notamment 
» qu'il s'intitule dans l'acte du 9 janvier i393, par lequel 

(1) Revue belge de Numismatique, t I, p. 365 et t. XI, p. 49 — Voir 
aussi VANDER Chijs, Leenen van Braband, etc., p. 71. 



354 

» il constitue en douaire à sa femme Elisabeth de Clèves, 
» de la maison de la Marck, le château de Ravenstein, 
» avec les terres de Herpen et d'Uden (Lacomblet, t. III. 
» n" 977). Ce qui a donné lieu à M. Piot d'en faire un 
» sire de Dalembroeck, c'est qu'il éleva des prétentions sur 
» cette terre, qu'il voulait enlever à la maison de Heins- 
» berg-Looz (KreMER, Akad. Beitràge, t. I, p. 37). 

» J'ajouterai que la Seigneurie de Born n'était pas située 
» dans le duché de Juliers, mais qu'elle relevait du comté 
» de Looz, comme fief du Maesland. Aussi fait-elle partie 
» aujourd'hui du Limbourg hollandais et non du royaume 
» de Prusse. » 

Grâce aux profondes connaissances historiques de M. le 
baron de Chestret et à son obligeance toute confraternelle, 
voilà donc rectifiées une série d'erreurs que nous avions 
commis la légèreté de rééditer. 

A. DEWITTE. 



Droits d'entrée et de sortie. 

Nous avons parlé, ci-dessus, p. 199, d'une plaque rela- 
tive aux droits d'entrée et de sortie, sous Marie-Thérèse. 
Les bureaux principaux des droits d'entrée et de sortie 
étaient en 1745 : Mons, Charleroi, Namur, Anvers, 
Turnhout, Tirlemont, Navagne (1), Ruremonde, Luxem- 
bourg, St-'Vith et Marche. 

Il y avait encore : Bruges, Ypres, Nieuport. Tournai, 

(i) Navagne, dépendance de Mouland, province de Liège, canton de 
Dalhem. 



355 

Beaumont, Bruxelles, Gand, Ostende, St- Philippe, Cour- 
trai, Anvers, Manage et Ath. 

(Secret. d'État et de Guerre : Gastos Secretos. Reg, 677, 
Archives générales du royaume.) 

G. G. 



Le monnayeur franc sur la monnaie mérovingienne, par 
Louis Blancard. (Extrait des Mémoires de l'Aca- 
démie de Marseille.) 

Le curieux et rare revers d'un tiers de sou d'or représentant 
un monnayeur franc occupé à frapper monnaie, a fourni à 
notre savant confrère l'occasion de définir les fonctions de 
ces officiers monétaires. Il s'étend ensuite longuement sur 
le sens qu'il faut donner au mot metallum et termine son 
intéressante notice en démontrant que le triens devait 
être la véritable unité monétaire à l'époque mérovingienne. 

Un fidèle agrandissement du revers qui fait l'objet de la 
notice que nous résumons, agrandissement dû à des procé- 
dés photographiques, accompagne le travail de M. Blan- 
card. 

Vte B. DE J. 



Die Mûn\en unter der Regierung seiner Kais. u. Kon. 

Apostolischen Majesîat des Kaisers Fran:^ Joseph I. 
Bis :{ur Einfiihrung der Kronenwàhrung. Beschrieben 
von HEINRICH Cubasch, Jun. Wien, 1896, in-40, 
81 p., 2 pi, ' 

Les travaux de numismatique contemporaine sont rares 
de nos jours; peut-être est-ce un mal, et les numismatistes 



356 

de l'avçnir regretteront-ils l'oubli dans lequel nous laissons 
de parti pris les monnaies du XIX^ siècle, qui sont loin, 
cependant, de manquer d'intérêt. Ces réflexions nous sont 
suggérées par la lecture du beau volume que M. Henri 
Cubasch, junior, vient de faire paraître sur le numéraire, 
si varié, créé en Autriche au cours du règne de l'empereur 
François-Joseph I^r. 

On se fera une idée du soin apporté par l'auteur dans 
ses recherches en constatant qu'il ne décrit pas moins de 
244 monnaies diverses. 

M. Cubasch complète son œuvre par de nombreux ta- 
bleaux fort instructifs, la liste des ateliers monétaires et 
leurs différends, la suite des maîtres des Monnaies et, 
enfin, la nomenclature complète des graveurs de coins. 

Deux planches viennent donner un intérêt de plus à cet 
excellent mémoire. 

A. DE W. 



Médaille pour les représentants de Malines pendant 
l'occupation française de 1792 à 1793. 

Dans cette Revue, année 1886, pp. 296 et 467, nous 
avons déjà parlé de cette médaille et nous avons dit que 
Th. van Berckel semblait avoir terminé la gravure des 
coins (droit et revers) lorsque survint, le 27 avril 1793, la 
défense de graver et de distribuer ces médailles. Le revers 
de cette médaille étant conservé dans la collection de la 
Monnaie de Bruxelles, mais le droit n'ayant pas été 
retrouvé, on pouvait douter si van Berckel avait eu le temps 
d'achever les deux coins. Aujourd'hui, nous avons la certi- 
tude que ces coins étaient achevés lors de l'interdiction 
ci-dessus mentionnée, et si le coin du droit n'existe pas dans 



357 

la collection, c'est qu'il a été détruit ou égaré. La requête 
du Pensionnaire Goubau au Conseil des finances (v. Revue 
1886, p. 3o2) nous avait du reste déjà fait présumer que van 
Berckel avait achevé la gravure des deux coins. 

M.V. Hermans, archiviste-bibliothécaire de la ville de 
Malines, qui avait eu l'obligeance, en 1886, de nous com- 
muniquer plusieurs documents relatifs à cette médaille, 
vient de trouver dans le dernier registre des comptes com- 
munaux de 1719 à 1793. le renseignement inédit que 
voici : 

('. Au sieur van Berckel, pour avoir fait, à la requête du 
Magistrat, une paire de coins pour les médailles destinées 
à être offertes aux ex-représentants du peuple à l'époque de 
l'occupation de l'armée française, i3i-5. » (Traduction du 
texte flamand.) 

La dite somme lui fut payée en vertu de la résolution 
suivante du Magistrat, prise le 7 octobre 1793 : 

« Le 7 octobre 1793, est lue la lettre du sieur van 
Berckel avec compte détaillé des frais et honoraires pour la 
gravure des coins des médailles commandées pour être 
distribuées aux membres ayant composé la représentation 
du peuple de Malines à l'époque de la dernière occupation 
française, le dit compte se montant à fl. i3i-5-o que les 
sieurs trésoriers ont été autorisés à payer et le sieur Pen- 
sionnaire du Conseil Goubau a été chargé de prier van 
Berckel de vouloir nous envoyer ces coins. » (Traduction 
du texte flamand. Voy. Résolutions du Magistrat de 
Malines, reg. 27, fol. 29.) 

Nous savons que les efforts faits par Goubau pour 
mettre le Magistrat en possession des coins de la médaille 
n'aboutirent pas. 

Ces deux notes des comptes communaux, publiées par 



358 

M. V. Hefmans dans son intéressant Inventaire des 
archives de la ville de Malines, tome huitième, p. 424, 
viennent compléter très heureusement les pièces justifica- 
tives que nous avons insérées dans la Revue, 1886, p, 3o2, 
à la suite de notre première étude sur la médaille en ques- 
tion. 

G. CUMONT. 



Sceaux armoriés des Pays-Bas et des pays avoisi- 
NANTS (Belgique, Royaume des Pays-Bas, Luxem- 
bourg, Allemagne, France), par J.-Th. DE RAADT. 

Voici un livre qui sera certainement bien accueilli par tous 
ceux, et ils sont nombreux, qui s'occupent d'histoire, de 
généalogie ou de blason. 

Admis par l'auteur à en feuilleter le manuscrit, nous 
croyons être utile à nos confrères de la Société royale belge 
de Numismatique en attirant d'avance (ce qui est du reste 
un peu dans les traditions de la Société) leur attention sur ce 
vaste recueil, fruit de longues et patientes recherches dans 
les archives du pays et de l'étranger. 

Disons tout de suite que le travail de M. de Raadt repose 
sur des documents d'uneauthenticiié absolue, c'est-à-dire les 
chartes et diplômes, et surtout les sceaux qui y sont appen- 
dus. L'auteur donne de ceux-ci une description générale- 
ment très fidèle, souvent accompagnée de fac-similé ou de 
dessins, ainsi qu'une analyse succincte des pièces, quand 
elles présentent des renseignements intéressants au point 
de vue de l'histoire. Le tout est accompagné de l'indication 
des sources, ce qui permet de vérifier les données fournies, 
et aussi, si on le désire, de se procurer, soit la copie des 
documents cités, soit les moulages des sceaux décrits. 



359 

L'auteur, que l'aridité d'un pareil travail n'a point rebuté, 
passe en revue des milliers d'actes concernant la noblesse, 
tels que reliefs de fief, actes d'inféodation ou de réconci- 
liation, nominations, partages, etc., etc. 

Aux précieux détails, presque tous inédits, que fournis- 
sent ces documents, viennent se joindre des renseignements 
analogues sur la grande et la petite bourgeoisie. Enfin, un 
nombre considérable de quittances relatives aux indemnités 
payées par nos princes aux chevaliers, écuyers et simples 
hommes d'armes qui ont pris part à leurs guerres et à leurs 
chevauchées complètent l'ouvrage. 

Si l'historien, l'archéologue et l'amateur de généalogie 
pelivent être assurés de trouver dans ce vaste répertoire 
une somme inespérée d'indications, a fortiori les numis- 
mates, qui ont toujours eu à regretter l'absence d'un livre- 
outil pouvant les guider sûrement dans leurs difiiciles 
recherches, pourront-ils y puiser largement. Depuis long- 
temps déjà, les représentants les plus autorisés de la science 
numismatique ont reconnu les défauts et les lacunes de 
l'armoriai de RiETSTAP, le plus considérable dont ils aient 
pu disposer jusqu'à présent. Heureusement, cet armoriai 
est aujourd'hui rendu d'une consultation plus facile, grâce 
à l'ouvrage, en cours de publication, du comte Th. de 
Renesse, ce qui n'atténue en rien cependant les critiques 
que nous venons de rappeler. 

Dans son Introduction, qui constitue une sorte de traité 
héraldique, spécialement basé sur les éléments sigillogra- 
phiques mis en œuvre, et qui contient une foule d'observa- 
tions nouvelle>, M. de Raadt donne un aperçu méthodique 
qui est appelé à rendre aux chercheurs en général, et parti- 
culièrement à ceux qui étudient les jetons et les monnaies, 
de très réels services. Nous voulons parler du relevé des 



36o 

familles portant dans leurs armoiries des meubles iden- 
tiques. En effet, l'auteur y groupe les noms de façon à 
permettre à chacun de retrouver immédiatement dans son 
livre toutes les familles ayant scellé des mêmes figures héral- 
diques. 

Qu'il nous soit permis de nous borner à deux exemples : 
les cinq losanges en croix, appartenant à une des plus célè- 
bres familles bruxelloises, les de Mol, se rencontrent égale- 
ment dans les blasons des Ghindertalen, des Kessel, des 
Conincxloo, des Ophem, des Rode, des Schoor, des 
Slaterbec, des Spiegel, des Wellen, des échevins à'Eegen- 
hoven, etc. ; en second lieu, les cinq coquilles en croix 
forment, entre autres, les armoiries des hvcnWQs Eschweiler , 
Esselen, Hertoghe, Camborne, Coninc, Mans, Noot, Pla- 
tea, Spiegel, Steemveg, Storm. 

L'auteur, tout en embrassant dans ses recherches les 
Pays-Bas, dans la plus vaste acception du terme, et la par- 
tie des pays les plus proches de nos anciennes provinces, a 
fait une place très large à l'héraldique bruxelloise, en décri- 
vant tous les sceaux des anciens échevins, receveurs, 
conseillers, qu'il a pu rencontrer dans les dépôts publics et 
dans les collections particulières, d'un accès parfois si diffi- 
cile aux chercheurs, ou ignorés d'eux. 

Les armoiries étant dépourvues de l'indication des émaux 
sur les sceaux du moyen âge, il a été suppléé à celte lacune 
par l'emprunt fait à d'anciens manuscrits, à des chroniques, 
et même à des romans de chevalerie, des couleurs dont ils 
offrent quelquefois la description ou l'image enluminée. 

Les documents publiés par M. de Raadt serviront au 
surplus de contrôle aux assertions contenues dans ces diffé- 
rentes catégories d'ouvrages et aideront puissamment à une 
meilleure compréhension de certains anciens travaux très 



36i 

étendus et constamment consultés, tels que le Miroir des 
nobles de Hasbqye, de JACQUES DE HemricouRT, le 
Wapenboek du hérault d'armes GELRE, les Chroniques de 
FROISSART, etc., etc. 

Tout en n'excluant, en principe, aucune époque, c'est le 
XI ve siècle qui se trouve le plus largement représenté dans 
l'ouvrage dont nous avons tenu à signaler à nos confrères 
la prochaine apparition. 

J. VAN MALDERGHEM. 



Numismatique malinoise. 
A te lier s monétaires . 

Nous avons publié, ci-dessus, p. 226, quelques rensei- 
gnements concernant la numismatique malinoise, extraits 
du tome huitième de XInventaire des archives de la ville 
de Malines, par M. V. Hermans, le savant et zélé archi- 
viste-bibliothécaire de cette ville. Aujourd'hui, M. Hermans 
vient d'augmenter ce tome huitième de quelques pages de 
rectifications et de documents nouveaux. Parmi eux nous 
devons mentionner ici les textes relatifs aux Ateliers moné- 
taires. Le premier atelier monétaire, remontant à l'année 
1357, était établi, dit M. Hermans, au Vieux Bruel, comme 
il résulte de trois passages du compte communal de iBôg- 
iSyo, fol. 70. (Les citations sont en flamand et sont trans- 
crites dans le supplément du tome VIII, p. 438-439.) 

Le nom de munte donné, en 1407, à une maison, rue de 
la Chaussée (v. ci-dessus, p. 229), n'était, dit l'auteur, 
qu'un nom d'emprunt et rien de plus. Ainsi donc vient à 
tomber, ajoule-t-il, sa conjecture relative à l'endroit de la 
ville occupé par le premier atelier monétaire de Malines. 

« Par acte du 5 août 1423, comme il est dit à la page 327, 
Année 1896. 25 



362 

» Adrien Adeleyn acquit l'ancien hôtel de la Monnaie, 
» situé rue du Vieux Bruel. Le i8 octobre 1425, celui-ci 
» échut à Jacques de Heffene et, le 19 août de l'année sui- 
» vante, à Gauthier de Duffle, dit Berthout. En 1448, il 
» appartenait en partie aux frères Jean et Florent Bock. 
» L'année suivante, ceux-ci vendirent à Jean de Muysene 
» leur part dans la moitié du dit hôtel. De 1476 à iSoy, il 
» fut habité successivement par le chancelier de Bour- 
» gogne Guillaume Hugonet et son fils Guillaume de 
» Saillant, qui le vendit alors à Philippe Wielant, conseil- 
» 1er et maître des requêtes près le Grand Conseil. De 
» i5o7 à 1 558, cette propriété fut possédée, d'abord par 
» Messire Ferry Laureyns, seigneur de Tardeghem, puis 
» par Albert Bouw^enssen, procureur près le Grand Con- 
» seil, et enfin par Messire Jacques Quarré. En i635, elle 
» passa sous la désignation vulgaire de "t Huys van Quarré 
)) en mains de Pierre de Dryver, qui la convertit en bras- 
» série. Dès lors disparaît cette dernière dénomination 
» pour faire place à celle de den Eenhoren (la Licorne), 
» nom qu'elle porta jusqu'à sa démolition, en 1870. » 

Telles sont les vicissitudes de cet hôtel monétaire. 

Le savant archiviste de Malines a pu réunir, pour les 
établir, une série de documents écrits en latin et en flamand 
et mentionnés sous le titre de pièces justificatives dans le 
supplément ci-dessus indiqué, pp. 439 à 446. Nous félici- 
tons vivement M. Hermans d'avoir réussi à former un 
aussi important faisceau de preuves. 

G. CUMONT. 

Dans le même supplément (pp. 432-438 et p. 456), 
M. Hermans indique, d'après les comptes de Malines de 
1443-46 à 1706-07, une liste des sceaux scabinaux et les 



363 

noms de leurs graveurs (i). Cette liste vient compléter 
celle que feu notre regretté collègue Pinchart nous a fait 
si bien connaître dans ses Recherches sur la vie et les tra- 
vaux des graveurs de médailles^ de sceaux et de monnaies 
des Pays-Bas. 

G. C. 



v 



Sur le rapport de M. Muntz, le prix Duchalais, d'une 
valeur de 800 francs, a été décerné à M. de la Tour, biblio- 
thécaire au Cabinet des médailles à Paris, pour les quatre 
mémoires qu'il a présentés sur des médailles italiennes de 
la Renaissance, 

La commission accorde en outre une mention toute 
spéciale à l'ouvrage de M. de Belfort : Description générale 
des monnaies mérovingiennes, qui avait été présenté au 
même concours. 

Nos félicitations les plus chaleureuses aux deux lauréats 
dont les travaux sur la numismatique sont si avantageuse- 
ment connus du monde savant. 

VieB. DE J. 



Il y a un an à peine, on s'en souvient, M. le comte 
de Nahuys réclamait, dans la Revue, de l'obligeance de 
tous ses confrères, la communication des renseignements 
inédits qu'ils pourraient posséder sur le monnayage du roi 
Jérôme de Westphalie. Depuis, la mort est venue frapper 
notre excellent collègue, au moment même où il terminait 
son travail. 

M.Goemaere, éditeur, 21 rue de la Limite, à Bruxelles, 

(1) Voir encore quelques graveurs d'autres sceaux, pp. 448-449. 



364 

s'inspirant du seul intérêt scientifique et avec un désintéres- 
sement auquel nous nous plaisons à rendre hommage, est 
tout disposé à entreprendre la publication de L'HISTOIRE 
NUMISMATIQUE DU ROYAUME DE WESTPHALIE, SOUS 
LE RÈGNE DU ROI JÉROME-NAPOLÉON (i), à la seule 
condition d'obtenir, tout d'abord, l'appui de quelques 
souscripteurs qui le mettraient à couvert d'une partie de 
ses frais. Nous espérons que son appel sera entendu et que 
l'œuvre du comte de Nahuys ne sera par perdue pour les 
numismatistes. 

A. DE W. 



La monnaie de Jovinpeu ou Saint-Donat {894-I02S?) 
par M. Roger Vallentin. Valence, imp. Jules Céas 
et fils, 1895, in-80, 24 pages. Extrait du Bulletin de la 
Société d' Archéologie et de Statistique de la Drôme. 

Les auteurs les plus récents ont négligé de signaler 
l'existence de l'atelier épiscopal de Saint-Donat (Drôme). 
Cependant il est bien établi que les évêques de Grenoble 
ont battu monnaie dans cette localité. Notre savant collè- 
gue pense que celte officine a été installée après le 1 1 août 
894, à une date inconnue, et qu'elle a été mise en activité 
de temps à autre jusqu'en io25 environ au plus tard. Il 
démontre qu'il est tout naturel que les évêques de Grenoble 
aient exercé dans ce village l'un de leurs droits régaliens, 

(1) Édition de luxe, grand in-40, enrichie de nombreuses planclies 
en couleur et de documents inédits, sur le plan de l'Histoire numis- 
matique du royaume de Hollande sous le règne de Louis-Napoléon 
et l'Histoire numismatique de la Hollande pendant sa réunion à 
r Empire français. — Prix : 20 francs. 



365 

Jovinzieu se trouvant dans le comitatus onpagus de Vienne. 
Le nom de Jovinzieu fut changé en celui de Saint-DonaL 
vers g 10. L'auteur ajoute que les espèces ouvrées à Saint- 
Donat devaient mentionner d'une manière plus ou moins 
explicite ce même Saint-Donat, patron de cette ville, mais 
que la rareté extrême de ces espèces, inconnues aujourd'hui, 
permet de prétendre que l'atelier de Saint-Donat n'a eu 
qu'une existence éphémère et n'a fonctionné que d'une 
manière très intermittente durant le laps de temps indiqué 
ci-dessus. 

Espérons que ce desideratum de la numismatique du 
Dauphiné finira par être comblé, car M. R. Vallentin a très 
bien déblayé la route pour y parvenir. 

G. G. 



Bibliographie des travaux de Frédéric Soret, relatifs 
à la numismatique. 

La Société d'histoire et d'archéologie de Genève a publié 
à l'occasion du Congrès des Orientalistes qui eut lieu en 
cette ville en 1894, une fort élégante plaquette (i) rédigée 
par M. Edouard Favre, actuellement président de la 
savante compagnie. Cette plaquette contient un inven- 
taire des nombreux travaux d'orientalisme lus aux séances 
de la Société depuis sa fondation, en i838, Jusqu'à l'année 
du Congrès ; on y trouve deux excellents portraits d'orien- 
talistes célèbres, membres-fondateurs de la Société, Adolphe 
Pictet, l'auteur des Origines indo-européennes, et Frédé- 
ric Soret, l'illustre numismate, l'un de nos zélés collabora- 
teurs de Jadis. Et M. Favre a pensé fort Judicieusement 

(x) Les études orientales à la Société d'histoire et d archéologie 
de Genève, 1838-1894. Genève, imp. Kûndig, 5o pp., in-S". 



■366 

que c'était le cas de donner la bibliographie des nombreux 
travaux numismatiques de Soret; on ne pouvait mieux 
taire. Malheureusement, l'opuscule en question a été 
réservé aux seuls membres du Congrès et de la Société 
d'histoire ; les numismates, nos confrères, ne pourront pas 
facilement profiter de cette précieuse bibliographie qui ne 
comprend pas moins de 17 pages in-S", consacrées à la 
nomenclature des écrits publiés par Soret lui-même, et 
des lettres à lui adressées, concernant ses collections et 
annotées par le savant numismatiste. 

J. M. 



Denier royal et épiscopal frappé à Melle sous Charle- 
magne, par LOUIS BlancARD. Extrait des Mémoires 
de r Académie de Marseille, 3 pages in-8° et figure. 

On sait que l'église de Poitiers jouissait du droit de 
monnayage à l'époque mérovingienne. 

L'auteur démontre qu'elle avait encore ce droit sous 
Charlemagne, mais en participation avec le roi. Cela 
résulte de la double légende du curieux denier publié par 
notre savant collègue. Au droit, le nom de Charlemagne, 
CAROLVS. Au revers, un monogramme signifiant 
MetuUum (Melle), les autres lettres pouvant être interpré- 
tées £P(iscopus) (Crosse) P(ictaviensis). En effet, la ville 
de Melle est dans le diocèse de Poitiers et l'évêque de Poi- 
tiers était le seul évêque qui piàt avoir droit de seigneu- 
riage sur la monnaie de Melle. 

M. Blancard constate donc qu'au monnayage de Melle 
participaient, au commencement du règne de Charle- 
magne, l'Évêque et le Roi. 

G. C. 



367 



De drie merkwaardige Schellingen : het Schild, het Lam 
en de Gulden van gewicht of de munten van 3, 2 1/2 
en 2 Tremissen met daarmede in verband staande 
Pondenstelsels. Uitvoerige beschrijving van het middel- 
eeuwsche Pond- of Geldwezen met tal van berekeningen, 
zoo voor het bepalen van het gewicht, als voor de waar- 
de van oude munten, door A. HOLLESTELLE, te Tho- 
len. Tholen, J. M. G. Pot, 1896, i^ partie. Un volume 
in-80 de 98 pages. 

Le remarquable travail de M. HoUestelle est le complé- 
ment d'un ouvrage du même auteur intitule' Het Schild 
en de daarmede in verband staande Pondenstelsels. Notre 
regretté collègue, M. le comte de Nahuys, en a donné un 
excellent compte-rendu dans nos annales de 1893, i« livrai- 
son, p. 108. 

Dans l'ouvrage qui nous occupe maintenant, l'auteur a 
élargi son terrain : il ne se contente plus d'étudier l'écu, il 
englobe l'agnel et le florin. 

Successivement, les marks de Cologne, de Louvain, les 
denarii aurei sont étudiés. Puis, il s'attaque aux onces, 
aux sterlings de Londres et aux deniers de 1257, aux mon- 
naies du monnayeur Rednathes ; plus loin, il parle du 1/4 
de mark (Fertho). de l'aureolus. des drachmes d'or et des 
livres de Groningue. 

L'agnel d'or et l'emploi de la livre de 63 fl. ; deux inté- 
ressants esterlings de fl. 0.14 7/12 et de fl. o.ii 2/3; la 
monnaie de Gulm; le double agnel d'or; l'écusson et l'an- 
gelot sont tour à tour étudiés, discutés. 

M. HoUestelle nous livre un travail fortement écha- 
faudé; il fourmille de données exactes, puisées aux sources 
les plus certaines, les plus sûres; maints points obscurs 



368 

sont élucidés et les numismates y trouveront des éléments 
utiles pour la numismatique du moyen âge. 

C'est un monument précieux, pour lequel nous expri- 
mons toute notre gratitude au consciencieux auteur. 

M. le comte de Nahuys regrettait de ne pas trouver une 
table analytique à la première étude de M. Hollestelle. Je 
m'associe au regret de notre ancien collègue et l'exprime 
encore au sujet de l'ouvrage qui nous occupe aujour- 
d'hui. 

Seeldrayers. 



Plombs des toiles de Courtrai et de Menin. 

Le tome VI du Recueil des anciennes ordonnances des 
Pays-Bas autrichiens renferme une ordonnance de l'inten- 
dant, pour le roi de France, Moreau de Séchelle, donnée le 
22 juin 1744, dont nous extrayons le passage suivant : 

« Que les baillis et échevins des villages de la châtel- 
« lenie de Courtray et de la verge de Menin seront tenus 
« de se pourvoir, dans la huitaine, à compter de ce jour, 
« d'une marque chacun pour apposer sur les toiles qui se 
« trouveront actuellement dans les dites paroisses, prove- 
« nant de la fabrique des habitants, sur celles qui s'y fabri- 
« quent actuellement et qu'ils fabriqueront à l'avenir, des- 
« quelles marques ils remettront une des empreintes dans 
« les bureaux de Menin et de Courtray, avec leur certifi- 
« cat, pour y avoir recours au besoin ». 

Cette ordonnance est rendue à la requête de M« Jacques 
Forceville, adjudicataire général des fermes du Roi, qui 
démontre la nécessité d'établir une police concernant la 
marque des toiles fabriquées dans la châtellenie de Cour- 
trai et la verge de Menin, afin de pouvoir les distinguer 



369 

de celles que l'on fabriquait dans les pays voisins. Les 
plombs qui, désormais, devaient être apposés aux toiles de 
Courtrai et de Menin, portaient, d'un côté, « les armes de 
la châtellenie de Courtray et verge de Menin », et, de l'au- 
tre, « le nom du lieu où les dites toiles étoient fabriquées. » 

^. DE w. 



\ 



Voyage de J. B. Marquart, à Paris, pour Vétalon- 
nement des poids des monnaies de Sa Majesté aux 
Pays-Bas. 

Voici quelques documents intéressants, relatifs à ce 
voyage, tirés des Gastos Secretos (Secret. d'État et de 
Guerre, Reg. 679, Archives gén. du royaume) : 

« Indépendamment des 20 pistoles à 10 florins 10 sols 
pièce, que, par notre ordonnance du 26 octobre lySS, nous 
avons assigné sur les Gastos Secretos à N. Marquart pour 
fraix d'un voiage qu'il devoit faire à Paris pour le R. ser- 
vice, relativement à l'étallonnement des poids pour 
les monnoies de Sa Majesté aux Pais-Bas, le même Mar- 
quart a dû faire des dépenses ultérieures pendant son 
séjour à Paris, du su et de la connoissance du Ministre 
Impérial le comte de Starhemberg, dont l'import va à 
douze cens livres de France, lesqueles lui ont été avancés 
par ledit Ministre (hors des deniers que le comte de 
Cobenzl avoit à Paris), nous chargeons la veuve Nettine 
d'en faire rembourser ce dernier et de porter les douze 
cens livres dans ses comptes des Gastos Secretos où la 
même somme lui sera passée parmi la présente ordonnance 
et respectives les quittances y afférentes. Fait à Bruxelles, 
le 1 1 mars iy56. » 



Syo 



« Le soussigné reconnois avoir reçu de S. E. le comte de 
Starhemberg tant pour mon voiage que pour les fraix de 
l'étallonnement des poids que pour ma subsistance, la 
somme de cinquante louis faisant douze cent livres de 
France. 

» Â Paris, ce trois de mars de l'année mil sept cent cin- 
quante-six. 

» J. B. Marquart, 1756. » 



« Fraix faits au sujet de l'étallonnement dit vérification 
des poids de soixante-quatre marcs en la Cour des mon- 
noyes de Paris : 

Primo, pour avoir fait graver les armes de 
Sa Majesté l'Impératrice Reine sur la pille et 
les lettres sur le poids 18 livres. 

Pour avoir fait faire un étuy garni de ferure 
et crochet de fer 18 — 

Payé aux balanciers LeCanu et Fremin pour 
une pille que je leur ai fait faire, 8 louis d'or =192 — 

De plus payé aux susdits balanciers pour 
leurs vacations, chacun douze livres, pour 
avoir étallonné laditte pile à la Cour des mon- 
noyes 24 — 

Payé au procureur le S"" Harmand pour de- 
voir et ses droits 3o — 

Donné aux quatre huissiers pour gratifica- 
tion 18 — 

Aux serviteurs tant de la buvette qu'à d'au- 
tres domestiques de la Cour 24 — 

Au laquais du procureur général .... 6 — 



3ji 

Aux laquais du premier président .... 12 livres. 
Aux commis et écrivains du greffe. . . . 18 — 
Donné tant aux laquais des commissaires, 
greffier en chef et substitut du procureur géné- 
ral la somme de 18 livres, les dits commis- 
saires et greffier en chef et substitut n'ayant 
pas voulu recevoir de vacations 18 — 



Approuvé, le comte de Starhemberg . . . 378 livres. 

La veuve Nettine paiera hors de la caisse des Gastos 
Secretos à N. Marquart la somme de i5o florins argent 
courant qui lui est encore due pour reste de la dépense 
qu'il a faite pendant son séjour à Paris. 

Bruxelles, le 29 juillet 1756. 

La veuve Mathias Nettine tenait une banque à Bruxelles 
et était chargée, à cette époque, du service des Gastos 
Secretos ou dépenses secrètes. 

Quant à J. B. Marquart, il était, en 1756, essayeur géné- 
ral des monnaies de S. M. l'Impératrice Marie-Thérèse. 

G. CUMONT. 



Les casques francs sur les monnaies mérovingiennes, par 
Louis BlanCARD. (Extrait des Mémoires de l Académie 
de Marseille.) 

L'érudit archéologue fait défiler sous nos yeux les nom- 
breux et différents types de casques représentés sur le numé- 
raire mérovingien. Monnaies et textes ontété consciencieuse- 
ment consultés par l'auteur. Il prouve victorieusement, pour 
finir son travail si curieux, que le type prétendu diadème 
est simplement Une tête casquée. La notice si instructive 



372 

dont nous venons de donner un aperçu très sommaire, 
sera lue avec un vif intérêt par tous ceux qui s'occupent de 
l'étude si attrayante des costumes et des armures à l'époque 
franque. 

V^-^B. DE J. 



Notes sur Forigine de la monnaie tournois, par M . A. DE 
Barthélémy. Extrait dés Mémoires de V Académie des 
inscriptions et belles-lettres. Paris, 1896, in-40, 14 pages. 

Travail du plus haut intérêt. Nous ne pouvons mieux 
faire, vu l'importance du sujet, que de transcrire in extenso 
les conclusions auxquelles arrive l'éminent académicien : 

jo Que, depuis 8o5, la monnaie de Tours fut frappée 
pour le roi, par les comtes, jusqu'en 909; qu'alors le duc- 
abbé Robert obtint de Charles-le-Simple le droit de frapper 
monnaie en faveur de la communauté dont il était abbé 
laïque ; 

2" Que, depuis 919, la monnaie fut ouvrée à Tours pour 
le duc-abbé et pour ses successeurs, jusqu'au couronnement 
de Hugues Capet ; 

3° Que les ducs-abbés avaient donné une grande exten- 
sion à leur privilège, en faisant monnayer dans plusieurs 
villes de leurs dépendance, comme Chinon, Blois et 
Orléans ; 

4« Qu'à l'avènement des Capétiens, les lieutenants des 
anciens ducs des Francs frappèrent pour eux-mêmes dans 
leurs fiefs, en conservant traditionnellement un type qui 
rappelait le chef de saint Martin ; 

5" Que la monnaie de Tours, après la disparition du 
dernier duc, continua d'appartenir aux comtes, représentés 
successivement par les comtes de Blois, puis ceux d'Anjou ; 



373 

6° Que Philippe- Auguste prit possession de la monnaie 
de Tours à titre de successeur des comtes ; 

7° Que, lors de la promulgation de l'ordonnance moné- 
taire de i3i4, la collégiale tenta, sans succès, de faire 
revivre son privilège, devenu caduc depuis plusieurs siècles. 

A. DE W. 



Chronique des ventes en Belgique. 

I. Vente Cocheteux . — Les 12 et i3 mars 1896 ont été 
dispersées, à Bruxelles, par les soins de MM. Dupriez et 
Cordemans, experts, les collections numismatiques d'un des 
plus anciens membres de notre société, le général Cocheteux. 

Tournaisien de naissance, notre confrère s'était surtout 
appliqué à réunir une suite, aussi complète que possible, 
des monnaies frappées dans sa ville natale ; 224 numéros 
du catalogue sont consacrés à Tournai. 

Parmi les pièces de cette série, dont malheureusement 
peu d'amateurs s'occupent, nous citerons, comme ayant 
atteint des prix assez élevés, une couronne d'or de Philippe 1 1 , 
65 francs; un rare ducaton d'Albert et Isabelle, 70 francs ; 
enfin, un double florin d'argent des mêmes princes, 5o fr. 

M. Cocheteux possédait aussi une assez jolie suite de 
monnaies romaines et quelques jetons et méreaux : 

N0519. — Denier d'argent de Constantin Jer, offrant, 
au revers, au dire du catalogue, la Porta- Nigra de 
Trêves fr. 42 

N'^ioSS. — Jeton de Tournai : Vive Carie empereur 
de Romme fr. 1 1 

N» 1069, — Jeton des maîtres de la Monnaie de Bruges, 

1468 fr. 10 

etc., etc. 



374 

Parmi les pièces de provenance diverse, il nous faut 

encore citer : 

N° i533. — Un statère dor de Panticapée, adjugé 

looo francs à M. Coster. 
N» 1 543. — Demi-statère d'Agathocle de Syracuse, fr. 200 
N» i633. — Médaille d'argent, de grand module, commé- 

morative de la paix de Westminster entre les Pays-Bas et 

l'Angleterre fr. 120 

Les 1,655 numéros du catalogue ont produit en tout 

fr. 7,264.30. 

C'est là un résultat dont les experts peuvent se féliciter. 
1 1 . Collection de feu M. V. de L.. . , capitaine d'artillerie 

en retraite, à Landrecies. Vente à Bruxelles, les 18 et 

19 mai 1896. Expert M. R. Serrure. 
Des monnaies grecques et romaines, une assez jolie suite 

du Hainaut, quelques pièces de Brabant, de Tournai, de 

Flandre, de Liège, etc., etc., des monnaies étrangères, des 

médailles et des jetons, en tout 544 lots. 
Voici quelques prix. 
Panorme sous la domination carthaginoise. Tétra- 

drachme à la tête d'Hercule jeune fr. 59 

Cyme. Tétradrachme 54 

Démétrius II, Nicator, roi de Syrie. Tétradrachme 5o 
Ptolémée I, Soter, roi d'Egypte. Tétradrachme . 80 
Antonin le Pieux. Aureus au revers de la Félicité . 61 

Pupienus. Grand bronze à la Victoire 3o 

Jovien. Sou d'or 60 

Les monnaies belges ont atteint des prix élevés. 
Hainaut, Guillaume II. Tiers de gros au lion, en argent; 

connu jusqu'ici seulement en cuivre saucé .... 76 

Guillaume III. Grand mouton d'or i65 

Flandre. Noble de Philippe le Hardi 102 



375 

Minorité de Philippe le Beau. Demi-florin d'or . fr. 95 

Brabant, Jeanne etWenceslas. Florin d'or au Saint- 
Servais à M. Meyer, de Paris . . . . . . . fr. 327 

Cette monnaie avait été adjugée 200 francs, en i885, 
à la vente Dugniolle et 176 francs tout récemment à la 
vente Dumoulin, tenue à Amsterdam en avril dernier. 

Gros de l'évêque-élu de Liège, Henri de Bavière, frappé 
à Saint-Trond fr. 55 

Piedfort, en bas argent, du mouton d'or de l'évêque 
d'Utrecht, Florent de Wevelinckhove fr. ib5 

La vente a produit environ 5,900 francs. 

A. DE W. 



SOMMAIRE DES PUBLICATIONS PERIODIQUES. 

Numismatic chronicle. 1895, Part. IV. — IMHOOF- 
Blumer. Grieschische Mûnzen. — MONTAGU. Furlher 
notes concerning Bishoph de Bury and the Durham coinage. 
— Parkes Weber. Medals of Centenarians. 

Revue numismatique. 1896, ic trim. — BabeloN. 
L'éléphant d'Annibal. — Blanchet. Les fonctions des 
triumvirs monétaires romains. — Van Gennep. Notes 
sur le monnayage d'Amédée IX, de Savoie. — ROBERT. Les 
jetons des États de Bretagne. — DE La ToUR. Médailles 
modernes récemment acquises par le Cabinet de France. 

Rivista italiana di numismatica. T. IX, fascicule I. — 
F. Gnecchi. Appunti di numismatica romana. — CanO- 
BIANCHI. Il denaro pavese ed il suo corso in Italia nel XII 
secolo. — RUGGERO. Annotazioni numismatische geno- 
vesi. — ClANI. Frinco e Messerano : monete inédite. — 
MoRSOI.lN. Una medaglia satirica di Camillo Mariani. 



376 

— MOTTA. Documenti Visconteo-Sforzeschi per la storia 
délia zecca di Milano. — Ambrosoli. Bibliografia numis- 
matisca di Giangiacomo de' Medici. 

Annuaire de la Société française de numismatique . 1896, 
i^e livraison. — Vallentin. Deux nouveaux ateliers 
monétaires delphinaux. — DE VIENNE. La prétendue livre 
de Charlemagne. — JOUY. Lettre à M. le Directeur de 
l'Annuaire au sujet de la médaille de Laure de Noves. — 
Sambon. Monnaies de Charles VIII frappées en Italie. — 
Trachsel. Trouvaille de Chevroux, en 1886. 

Wiadomosci numi\matyc:{no-archeologicine, n» 27. — 
PlEKOSINSKI. Deux monnaies polonaises inconnues du 
moyen âge. — BOLSUNOWSKI. Les marques en plomb 
trouvées près de Drohiczyn. — Triple gros à la couronne 
de Sigismond III et divers articles archéologiques. 

American Journal of numismatics. Vol. XXX, no 3. — 
J. A. Blanchet. a curions eretrian coin-type. — P. Six. 
Some undescribed Greek coins. — PARKER Weber. 
Gems used as money. — StoreR. The medals, jetons, 
und Tokens illustrative of the science of medicine. — A 
curions rosicruciam medal. — The Louisburg medal of the 
Society of colonial wars. — E. Cleveland. Jeton of the 
Prince of Orange and princess Anna. — MARVIN. Maso- 
nic medals. 

Mittheilungen des Clubs der Miin^- und Medaillen- 
freunde in Wien. N» 6g. — T. Unger. Zur Geschichte 
der Wiener Raths- und Salvator Pfennige. 

No 70. — T. Rhode. Das Mûnzzeichen O auf ôster- 
reichischen Kupfermunzen von Kaiser Franz I, aus den 
Jahren 1812 und 1816. — Beilagen aus den Oberkamme- 



377 

rants-Raittungen und Wirthschafs-Protokollen der Stadt 
Wien von 1 575-1777. 

N» 71. — Scharff-Medaillen. — Beilagen aus den Ober- 
kammerants-Raittungen und Wirthschafs-Protokollen 
der Stadt Wien von 1575-1777. 

Monthly numismatic circular. N°40. — FarcINET. Un 
spécimen de médaillier. — Hands. Chats on Roman coins 
vvith young collectors. — HazLITT, The coins of Europe. 

N° 41. — Hands, Chats on Roman coins with young 
collectors. — HAZLITT. The coins of Europe. — NOR- 
MAN. Money. 

N« 42. — W. C. Hazlitt. Coins of Europe. -— 
HANDS. Chats on Roman coins with young collectors. — 
Norman. Money, 

Mittheilungen der Bayerischen Numismatischen Ge- 
sellschaft. T. XIV, — FlKENTSCHER. Versuch zu einer 
Mùnzgeschichte der Herzoge von Meranien, Markgrafen 
von Istrien, Grafen von Andechs und Plassenburg welti- 
chen und geistUchen Standes. — RaimaNN. Der Mûnz- 
fund bei Pfuffenmûnster. — RlGGAUER. Eine unedirte 
Médaille auf Ludiger von Raesfeldt. — Tauber. Eine 
Denkmûnze des Grafen Sébastian I, von Ortenburg. 

Bulletin de numismatique. T, HI, liv. 8, — DE Mar- 
CHÉVILLE. Les florettes de Charles VII. — Zay. Mada- 
gascar. La primitive monnaie coloniale. — Chronique. 

Revue suisse de numismatique. T.V, liv. 6. — IMHOOF- 
Blumer. Zur Munzkunde Kleinasiens. — CahorN. 
Les monnaies de Claris. — Van Gennep. Les monnaies 
d'Amédée VIII, de Savoie. — Liebenau. Ein luzerner 
Pathenpfennig. — Mayor. Médailles suisses nouvelles. 
Annke 189G. 26 



378 

Tijdschrift van het nederlandsch Genootschap voor 
Munt-en Penningkunde, t. IV, 2^^ liv. — TER GOUW. 
Het muntwezen op Lombok. — SNOECK. Gedenkpen- 
ningen ter herinnering aan het bezoek van HH. MM. de 
Koninginnen aan de zuidelijke Provinciën. — M^^^ DE 
Man. Gildepenning van Abraham Hildernisse, deken van 
het timmersmansgilde te Middelburg. — Z. Aanvulling 
van Dirk's Repertorium. — DE DOMPIERRE DE ChauFE- 
PIÉ. Les trouvailles de monnaies de l'année 1894. 



379 



SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMISMATIQUE. 



Réunion du bureau du 18 avril 1990. 

... A la demande de M. le chevalier Snoeck et 
sur la proposition de MM. le vicomte B. de Jonghe 
et A. de Witte, le titre de membre associé étranger 
a été conféré à M. le chevalier G.-J.-Th. Beelaerts 
van Blokland, docteur en droit, membre de la 
chambre des Etats généraux des Pays-Bas, envoyé 
extraordinaire et ministre phénipotentiaire de la 
République Sud-Africaine à Berlin, Paris et Lis- 
bonne. 

Résidence à La Haye, Koninginne gracht, 62. 

Le Secrétaire f Le Président, 

G. CUMONT. V** B. DE JONGHE. 



AMMenibiée ((énéraie tenue h 1%'aniiir, le iO avril flfl90, au 
Munée de la Noclété archéologique de cette ville. 

La séance est ouverte à une heure. 

Sont présents : Monseigneur le chanoine baron 
Félix Bethune, président d'honneur; MM. le vicomte 
B. DE JoNGHE, président; le comte Th. de Lim- 
burg-Stirum, vice-président; Cumont, secrétaire; 
Vanden Broeck, trésorier; deRoissart, contrôleur; 



38o 

MM. le baron Liedts, Bequet, Peny, l'abbé 
Daniels, de Schodt, Wallaert, Lemaire, Wil- 
LEMS et le capitaine-commandant Tinne, membres 
effectifs; MM. Gautier de Rasse, Simonis et Ver- 
MEYLEN, membres correspondants regnicoles. 

Assistent à la séance : M. Coliez, associé étran- 
ger et M. Adrien Oger, conservateur du musée 
de la Société archéologique de Namur. 

Se sont excusés: MM. de Witte, bibliothécaire; 
le baron de Chestret de Haneffe, le baron 
J.-B. Bethune, van Schoor, Bamps, de Munter, 
le baron Surmont de Volsberghe, le major che- 
valier VAN Eersel, Naveau, Moens, le chevalier 
Mayer van den Bergh, Seeldrayers, Visart de 
BocARMÉ et le comte de Ghellinck d'Elseghem, 
membres effectifs; MM, Van der Beken, Ballion, 
van der Stappen, Liégeois, Donnet, Van Mal- 
derghem, Moyaux et Bernays, membres correspon- 
dants regnicoles ; M. Roest, membre honoraire ; 
M"*"*^ DE Man, mm. le comte de Marsy, le che- 
valier Snoeck, le chevalier de Grez, De Meu- 
nynck, Blanchet, Bordeaux et de Dompierre de 
Chaufepié, associés étrangers. 

Le Président remercie vivement M. Bequet, 
vice-président de la Société archéologique de 
Namur, de l'accueil si aimable qu'il a bien voulu 
réservera la Compagnie. M. le vicomte de Jonghe 
dit que les membres de la Société de numisma- 
tique ont été émerveillés des nombreuses richesses 
que renferme le musée de Namur et rappelle, avec 



38i 

satisfaction, que ces magnifiques collections ont 
été réunies et classées, pour la plus grande partie, 
par notre zélé et savant confrère, M. Bequet. 
Celui-ci exprime, en son nom et au nom de la 
Société d'archéologie, tout le plaisir que leur 
fait la visite des membres de la Société royale de 
numismatique. 

i\I. le Président remercie ensuite, au nom du 
bureau, M. Coliez et les membres belges d'être 
venus à la réunion. 

Le procès-verbal de l'assemblée générale du 
7 juillet i8g5 est approuvé sans observations. 

M. de Jonghe rend hommage à la mémoire de 
M. le comte M. de Nahuys, membre honoraire, et 
de MM. Butor, Enschedé et Ghalib Edhem Bey, 
associés étrangers, décédés depuis la dernière 
séance. 

L'assemblée passe ensuite à l'examen des candi- 
datures aux places vacantes. 

M. Vermeylen est délégué pour représenter la 
Société au Congrès historique et archéologique de 
Gand, au mois d'août prochain. 

Le Président annonce que la Société française 
d'archéologie, dirigée si brillamment par M. le 
comte de Marsy, tiendra son congrès, cette année, 
du 3 au II juin, en Bretagne, à Morlaix et à 
Brest. M. le comte de Marsy sera très heureux 
d'accueillir ses collègues de la Société de numis- 
matique qui voudront bien répondre à son invi- 
tation. 



382 



LECTURES ET COMMUNICATIONS 

M. le docteur Simonis fait circuler un maeni- 
fique denier à tête inédit de Louis-le-Débonnaire, 
frappé à Trévise. Cette pièce sera publiée dans la 
Revue. 

Le même membre présente ensuite l'une des 
deux médailles en or frappées à l'occasion de la 
fondation de l'Académie des Beaux-Arts de 
Liège. 

11 exhibe, enfin, une médaille de bronze de 
Jean IV, évêque de Strasbourg. On en connaît un 
seul exemplaire en plomb, au musée de Stras- 
bourg. {Renier ciments .) 

M. Frantz Vermeylen montre divers médaillons 
et médailles, représentant les personnages sui- 
vants : 

1° Isabelle de Capoue, femme de Ferdinand de 
Gonzague, par Jaccopo de Trezzo. (V. Loon, t.I, 
p. i6.) 

2° Hippolyte de Gonzague, fille de Ferdinand 
de Gonzague, par Léon Aretino. (V. Loon, t. I, 
p. 266, n"i.) 

3° Anna-Maurella Oldofredi. (Idem.) 

4" Le duc d'Albe, iSyi. (V. Loon, t. I, p. 134, 
n" I.) 

5° J.-B. Christyn, par Denis Waterloos, 1674. 
(V. Loon, t. III, p. 206.) 

6° Georges d'Egmont, par Stéph. H. 

7" Nicolas Todin. 



383 

Il soumet encore à ses confrères : 

Un médaillon genre Renaissance italienne, signé 
Laura Pezan, une médaille de travail français, 
du xvii^ siècle, trois intéressantes médailles 
padouanes et un médaillon de femme inconnue 
par Denis Waterloos. {Remer ciments.) 

M. Gautier de Rasse fait circuler une médaille 
en argent d'Alexis Michaelowitch, 1662. {Remer- 
ciments.) 

M. Peny exhibe trois pièces relatives à la numis- 
matique des mines : 

i" Un bronze romain (D = 18 m/m) pour les 
mines d'Ulpiana, en Dardanie (actuellement 
Lipljan, en Serbie). 

A l'avers : IMP CAES TRAIAN AVG GER 
DAC, buste lauré de Trajan, à droite. Au revers : 
METALLI VLPIANI, l'équité debout, à gauche, 
tenant une corne d'abondance et ime balance. 
Un autre exemplaire de cette pièce minière est au 
Cabinet de Copenhague; 

2" Un méreau en cuir^ uniface, pour les mines 
de Suède, usines de Wattholma : « I LAST. — 
WATTOLMA. BRUKS. KOLMARKE. » ; 

3" Une médaille, en argent, très rare, à l'effigie 
du roi Charles et de la reine Amélie, 1754, pour les 
mines de la Calabre, dont la vue extérieure a été 
reproduite à l'avers avec un maître mineur en cos- 
tume et un Mercure lui apportant sa lampe de mine. 

Au nom de M. de Witte, absent, M. le Président 
parle d'une médaille inédite, en argent au buste 



384 

de profil droit du baron Charles de Berlaymont, 
chevalier de la Toison d'Or, gravée probablement 
à l'occasion de sa nomination de gouverneur du 
comté de Namur. Sous le bras, la date 1564. 

Cette œuvre, du plus haut mérite artistique 
et dont M. de Jonghe fait circuler une repro- 
duction photographique, est malheureusement 
anonyme, comme tant de chefs-d'œuvre de la 
médaillistique belge du xvi^ siècle. 

La médaille de Charles de Berlaymont a été 
exposée lors de l'Exposition rétrospective d'art 
industriel à Bruxelles, en 1888. Elle appartenait 
alors au comte de Berlaymont de Bormenville, à 
Hamois (i). 

Cette médaille est vraisemblablementde Jacques 
Jonghelinck, né à Anvers, le 25 octobre i53o, 
y décédé le 3i mai 1606. [Remer ciments. ) 

M. de Jonghe lit enfin une notice sur un esterlin 
inédit au type édwardin, frappé par Renaud de 
Schônau, comme engagiste des comtés de Durbuy 
et de la Roche. [Applaudissements.) 

Il montre encore : 

1° L'écu et le quart d'écu d'Herman de Lynden 
(i5go-i6o3), seigneur de Reckheim. Ces monnaies 
sont imitées des pièces de la ville impériale de 
ZwoUe. Wolters a décrit l'écu et fait dessiner le 
quart dans sa Notice historique sur l'ancien comté 
impérial de Reckheim; 

(1) Voir l'article de feu M. le comte M. de Nahiiys, Revue belge de 
numismatique, 1889, page SgS. 



385 

2" Un esterlin à tête de Jean l'Aveugle, comte de 
Luxembourg (i3og-i346). La pièce, qui estfrappée 
à Poilvache, est le seul esterlin à ce type portant 
le titre de comte de Luxembourg ; 

3" Un florin d'or au saint Jean Baptiste d'Ar- 
nould d'Orey et de Quaetbeke, seigneur de Rum- 
men (i33i-i364) ; 

4° Une pièce qui semble être l'obole du denier 
de Gui deDampierre, comte de Namur(i263-I297), 
décrit par Chalon sous le n** 55 de son ouvrage : 
Recherches sur les monnaies des comtes de Namur; 

5" L'exemplaire unique de l'esterlin au lion, 
frappé, à Bouvignes, par Guillaume I" comte de 
Namur (Chalon, n° iSy); 

6° Le florin d'or Philippus de la minorité de 
Charles-Quint pour Namur. Inconnu à Chalon. 
{Remer ciments.) 

La séance est levée vers deux heures. 

Le Secrétaire^ Le Président, 

G. CUMONT. V* B. DE JONGHE. 



néiinlon fin bureau du tl avril 1896. 

... Sur la proposition de MM. le vicomte B. de 
Jonghe et A. de Witte, le titre de membre associé 
étranger a été conféré à M. Adolphe Hess, succes- 
seur, 7, Westendstrasse, Francfort s/M. 

Le Secrétaire, Le Président, 

G. CuMONT. V** B. DE JONGHE. 



386 



SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMISMATigUE. 



LISTE DES OUVRAGES REÇUS PENDANT LE 2« TRIMESTRK 1896. 



Avis important : r.es pubIication.<i et le» «Ions dcHtinéM à 
la Mocictc doivent, MaiiM exception, être ndreAHés à ill. Alph. 
de %Vitte, bibliothécaire de la Société royale de nnniliinia- 
tlque, Palain dew Académies, à KriixelleM. 



Ouvrages périodiques. 

Alleniagno. — Mittheilungen der Bayerischen Numismatischen 
Gesellschaft, t. XIV. — Berliner Mûm^blàiter, n° 181. 

Amérique. — American Journal 0/ mimismatics, t. XXX, n" 3. — 
Thirteenth annual Report of the public Muséum of the city of 
Milwankie. 

Ansleterrc. — The numismatic Chronicle, \8gô, part. IV. — The 
Monthly numismatic Circular, nos ^o à 42 

Autriche-Hongrie. — Monatsblatt, nos i5i à i53. — Mittheilungen 
des Clubs der Mûn^- und Medaillenfreunde in Wien, nos 69 à 71. — 
Wiadomosci numismatyc^no-archeologic^nc, n" 27. 

Belgique. — Bulletin de V Académie royale, 1896, liv. 1 à 3. — 
Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie, 1894, 
n°s 7 à 12; 1895, n°s 134. — Messager des Sciences historiques, 

1895, 48 livraison. — Cercle historique et archéologique de Gand : 
Bulletin, 3e année, n°s8 à 9; 4e année, n" 1. Annales, t. II, 3e fasci- 
cule. — Annales de la Société archéologique de Namur, t. XXII, 
2® livraison. — Analectes pour servir à l'histoire ecclésiastique de 
la Belgique, 2e série, t. X, ire livraison; 11^ section, série des cartu- 
laires, fasc. 2. — Revue bibliographique belge, 1896, n"' 2 et 3. — 
Société d'archéologie de Bruxelles : Annales, t. X, 2^ livraison; 
Annuaire, 1896. — Académie d'archéologie de Belgique : Annales, 
t. XLVIII, 4e livraison; t. XLIX, ii« livraison; Bulletin, n° 26. 

France Polybiblion, partie littéraire, t. LXXVI, liv. 2 à 4; partie 

technique, t. LXXVIII, liv. 2 à. 4. — Revue numismatique, 1896, 
icr trimestre. — Annuaire de la Société française de numismatique, 

1896, ire livraison. 

Italie. — Rivista italiana di numismatica, t. VIII, fasc. 2^4; t. IX, 
fasc. 1. 



387 

Payiw-lias. — Tijdschrift van het nederlandsch Genootschap voor 

munt- en penningkunde, t. IV, liv. 2. 
P«r(ugal. — O archeologo Português, t. I, n°s 11 et 12; t. II, n» 1. 
SuiMsc. — Revue suisse de numismatique, 1895, liv. 6. 

Ouvrages non périodiques. 

Cahorn. — Les monnaies de Claris. Genève, 1896, in-8°, 27 pages, 

2 planches. {Hommage de l'auteur.) 

CuBASCH (H. JuN.). — Die Mûn:^en unter der Regierung seinerkais. 

M. kon. apostolischen Majestàt des Kaisers Fran^-Joseph I. Wien, 

1896, in-4°, 80 pages, 2 planches. (Hommage de Fauteur.) 
DE JoNGHE (Vte B.). — Monnaies contremarquées à Ypres, par le sei- 
gneur de Marquettes (1 582-1 583). Bruxelles, 1896, in-8'>, 7 pages et 

vignettes. (Hommage de l'auteur.) 
Deloche. — Le port des anneaux dans l'antiquité romaine et dans 

les premiers siècles du moyen âge. Paris, 189b, in-40, 112 pages 

(Hommage de l'auteur.) 
DE Man (Ml'e M.). — Gildepenning van Abraham Hildernisne. Ams 

terdam, 1896, in-8", 9 pages. 
DE Renesse (Ct« T.). — Dictionnaire des figures héraldiques, t. I II 

fasc. 1 et 2. [Don de Véditeur.) 
DE WiTTE (A.). — Ghalib Edhem Bey, nécrologie, Bruxelles, 1896 

in-8°, 2 pages. — Recherches numismatiques . Bruxelles, 1896, in-S" 

19 pages, 1 planche. (Hommage de l'auteur.) 
Gnecchi (F.). — Appunti di numismatica Romana, n» XXXVII. Milano 

1896, grand in-8°, 1 1 pages, 1 vignette. (Hommage de l'auteur.) 
Hollestelle. — De drie merkwaardige schellingen : Het Schild, 

het Lam en de Gulden van gewicht, etc. Eerste gedeelte. Tholen 

1896, in-80, 96 pages. (Hommage de l'auteur.) 
Naveau. — Une médaille liégeoise inédite. Bruxelles, 1896, in-80 

8 pages, 1 vignette. (Hommage de l'auteur.) 
Papadapoli (C'e N.). — La Zecca di Nasso. Milano, 1895, grand in-8'' 

10 pages, 1 vignette. (Hommage de l'auteur.) 

RoLLiN et Feuardent. — Collection de feu M. H. Montagu. Paris, 189(3 
grand in-8°, 180 pages, XLI planches. (Envoi des experts.) 

Snoeck (Jonkheer). — Méreau gravé de la vieille gilde des arbalé 
triers de Bois-le-Duc. Bruxelles, 1896, in-8°, 5 pages, 1 vignette. — 
Cedenkpenningen ter herinnering aan hetbe:{oek van HH.MM.de 
koninginnen aan de Zuidelijke Provinciën. Amsterdam, 1896, in-8» 

3 pages, 1 planche. — Varia. Amsterdam, 1896, in-80, 3 pages 
1 vignette. (Hommage de l'auteur.) 

Ter Gouw. — Het muntwesen op Lombok, Amsterdam, 1896, in-8" 

1 1 pages. (Hommage de l'auteur.) 

Vallentin (R.). — La monnaie de lovin^ieu ou Saint-Donat, Valence 



388 

iSgS, in-8o, 24 pages. — Du prétendu atelier carolingien de Venasque. 
Paris, 1895, in-8", 8 pages. — De la circulation des florins d'Utrecht 
en Dauphiné, à Avignon et dans le Comtat. Amsterdam, i8g5, in-80, 
8 pages. — De la détermination des monnaies du dauphin Louis /e'. 
Paris, 1895, gr. in-8°, 38 pages, vignettes. {Hommage de l'auteur.) 

Ouvrages anonymes et catalogues. 

Numismatisches Offerten-Blatt, n°s 33 à 35. — Vente de monnaies à 
Munich, mars 1896. {Envoi de M . Helbing.) — Collection du général 
Cocheteux. [Envoi de M. C. Duprie^.) — Collection de la Roche. 
(Envoi de M. Floranges.) — Catalogues Flor anges, à prix mar- 
qués, nos 14 à 16. — Numismatische Corresponden:^, nos 14g et i5o. 
— La Circulaire numismatique universelle, n" 14. — Collection 
Kube, 1 planche. {Envoi de M. Weyl.) — Catalogue à prix mar- 
qués, de E Fischer, à Vienne. — Catalogue Cubasch, de Vienne, à 
prix marqués. — Catalogue à prix marqués, de Fejer, de Buda- 
pesth. — Catalogue n° 66, de Zschiesche et Kôder, de Leipzig. — 
Numismatischer Verkehr, 1896, nos 3 et 4. — Catalogue à prix 
marqués, n" 8, de Marchio et Mayer, à Venise. — Bollettino numis- 
matico, no 66. — Colle^ione delfu marchese Dura^^o. Gênes, 1896, 
5 planches. {Envoi de M. Rutto.) — Collection de M. L, Courtin. 
Paris, 1896, IX planches; Collection du co7tite de Castellane. Paris, 
1896, 3 planches; Monnaies antiques et françaises. Paris, 1896. 
(Envoi de M. R. Serrure.) — Gedenkpenning uitgereikt aan 
Mr. G. N. de Stoppclaer. Amsterdam, 1896, in-80, 3 pages, i planche. 



CABINET NUMISMATIQUE. 



Don de M. A. de Witte. 

Monnaies russes : deux dengas d'argent, trois pièces de billon et 

quinze pièces de cuivre. 
Soit en tout : vingt monnaies. 

Bruxelles, le 11 mai 1896. 



Le bibliothécaire-conservateur des collections, 
Alphonse de Witte. 



389 



POIDS ANTIQUES AUTONOMES 

IDE TOn^vdlIS- 



Planche X. 



Nous reproduisons sur notre planche trois 
poids antiques en plomb que l'on peut, avec cer- 
titude, attribuer à l'antique Tomis. 

Les deux premiers appartiennent au musée de 
Bucarest et ont déjà été publiés : l'un (fig. i), par 
nous, dans notre première étude sur les poids 
grecs (i), l'autre (fig. 3), par M. E. Bormann, dans 
son travail sur les poids antiques en plomb trou- 
vés dans la Dobrogea (2). 

Le troisième (fig. 4) est encore inédit et nous 
l'avons acquis récemment. Tous trois ont été 
trouvés , sur place , à Constantza , l'ancienne 
Tomis. Ce fait ne constitue pour eux qu'une pré- 
somption d'origine, car l'on a trouvé à Tomis 
d'autres poids antiques qui sont manifestement 
étrangers à cette cité (3). 

(1) Etalons pondéraux primitifs et lingots monétaires, pi. III, fig. i. 
(Extrait de la Revue roumaine d'archéologie, 1884.) 

(2) Archaelogische-Epigraphische Mittheilungen aus Oesterreich- 
Ungarn, JahrXIV, 1891. 

(3) Etalons pondéraux primitifs, no 3o3, pi. III, fig. 2 (poids de 
Mangalia) et n" 299, fig. 3 (poids d'Héraclée). 

Année 1896. 27 



^9o 

Nous laisserons un instant de côté le dernier de 
ces poids pour nous occuper des deux autres. Ils 
nous représentent un type commun, le buste de 
Mercure à gauche ; le dieu est coiffé du pétase et 
l'on a figuré devant lui un caducée placé oblique- 
ment. 

Le n° I porte la légende TE HPo, dont la pre- 
mière partie est indicative de la valeur (le quart) 
et dont la seconde nous donne l'abréviation du 
nom d'un magistrat de Tomis préposé à la sur- 
veillance des étalons pondéraux. 

Notre poids pèse i6i grammes et la mine uni- 
taire à laquelle il se rapporte est d'environ 
644 grammes. 

Le poids n'' 3 porte la légende TPITH et pèse 
2I2S^20 ; il représente le tiers d'une mine d'environ 
636s^6o qui s'identifie sûrement avec la précé- 
dente. Nos deux poids sont des fractions évidentes 
d'une unité commune. 

On retrouve sur quelques petites monnaies de 
bronze autonomes de Tomis la tête de Mercure 
coiftee du pétase, mais cette tête n'est nullement 
caractéristique des monnaies de Tomis ; d'autres 
têtes divines : de Jupiter, des Dioscures, etc., 
figurent beaucoup plus souvent que celle de Mer- 
cure sur les pièces autonomes de notre ville. 
L'attribution de nos deux poids à Tomis resterait 
donc incertaine, si une monnaie autonome de 
cette cité ne venait heureusement la confirmer. 

La figure 2 de notre planche représente cette 



3gi 

monnaie dont les types sont connus depuis long- 
temps : la tête de Jupiter (i), au droit et, au revers, 
l'aigle dans une couronne de chêne avec la 
légende TOMI. Le nom de magistrat HPO inscrit 
sur notre exemplaire est au contraire tout à fait 
inédit. Ce nom est le même que celui qui figure 
sur le poids n° i, etla manière identique dont il est 
écrit avec un o minuscule équivaut à une signa- 
ture et témoigne avec certitude que le magistrat 
dont le nom commençait par ces lettres, était pré- 
posé à la fois à la frappe des monnaies de Tomis 
et à la fabrication de ses étalons pondéraux. 

Notre poids n° i et par suite le n° 3 sont donc 
bien des poids autonomes. Ils sont contemporains 
de notre monnaie et antérieurs à la domination 
romaine. 

Il est assez naturel de croire que le poids de 
Tomis et la monnaie de cette ville, qui portent le 
nom du même magistrat, ne sont pas étrangers 
l'un à l'autre. Le bronze était le seul métal moné- 
taire employé à Tomis; et la drachme de cuivre, 
centième de la mine, l'unité monétaire probable 
de cette ville. Notre monnaie de bronze pèse 
IIS^20 et il lui manque deux petits fragments ; de 
plus, nous savons que les cuivres anciens pèsent 
effectivement beaucoup moins que leurs poids 
légaux. Il nous semble donc présumable que notre 

(i) M. Pcrcy Gardnev {Catalogue of Greek Coins) croit reconnaître 
un Neptune cians ce dieu. 



392 

monnaie devait peser normalement un double 
centième de la mine de Tomis reconnue plus 
haut, c'est-à-dire I2S^88 environ, et qu'elle nous 
représente un staûre de bronze de Tomis. 

Dans notre dernière étude sur les poids grecs (i), 
nous avons déjà identifié la mine de Tomis de 
644 grammes avec la mine bilibrale des Romains 
et la mine commerciale attique de i5o drachmes, 
dont le poids légal est de 657 grammes. Le talent 
de cette mine est mentionné par l'Anonyme 
d'Alexandrie, sous le nom de « talent de l'île » , parmi 
les plus célèbres unités de pesée de l'antiquité. 

Les rapports existants entre la mine bilibrale, 
les statères d'argent d'Egine et les tétradrachmes 
cistophores ont déjà été signalés par nous dans la 
même étude. 

Le statère de cuivre de Tomis aurait donc un 
poids égal à celui de ces deux monnaies, c'est-à- 
dire I3-^o8. 

Le statère de cuivre de Tomis vaudrait ainsi 
I Va chalque macédonien et la drachme d'argent 
d'Alexandre de poids attique, qui vaut 60 chalques 
macédoniens, valait en même temps 40 statères 
de cuivre de Tomis. Les tétradrachmes d'argent 
macédoniens et ceux de Thasos^ contemporains 
de notre monnaie, valaient 160 statères de cuivre 
de Tomis et les cistophores d'argent 120 statères 



(i) Nouvelles recherches sur les origines et les rapports de quelques 
poids antiques [Revue numismatique française, iSgS). 



393 

de cuivre. Cette monnaie était en même temps 
identique à l'as semi-oncial des Roma,ins. 

Il nous reste, pour finir, à parler du troisième 
poids autonome de Tomis que nous possédons. 
Il porte la légende TO HM et son origine est cer- 
taine. Son poids étant de 29IS^25, il nous repré- 
sente la moitié d'une mine d'environ 582^^5o, sen- 
siblement plus légère que celle étudiée plus haut. 

La figure virile, coiffée du pileus (?), représentée 
sur ce monument, nous paraît être Mercure, mais 
cette attribution est assez incertaine; l'absence 
du caducée et la forme de la coiffure établissent 
une différence bien tranchée entre la tête figurant 
sur ce poids et les bustes de Mercure représentés 
sur les deux premiers monuments que nous avons 
décrits. Il n'est pas très aisé non plus de fixer le 
poids normal de la mine à laquelle se rapporte 
ce poids et l'on pourrait hésiter entre plusieurs 
unités pondérales antiques. 

En présence d'un seul monument et sans autre 
élément d'information, tout essai d'identification 
nous paraît prématuré et nous devons attendre 
que des monuments nouveaux, poids ou mon- 
naies, viennent nous aider à résoudre le pro- 
blème. 

Michel C. Soutzo. 

Bucarest, 5 août iSgG 



394 



UN DENIER 



A TETE DE LOUIS LE DÉBONNAIRE 



FRAPPE A TREVISE. 



Nous avons, tout récemment, acquis à Liège, 
d'un inconnu qui en ignorait lui-même la prove- 
nance, un denier à tête de Louis le Débonnaire 
pour la ville de Trévise. 




Il porte, au droit, le buste de Louis le Débon- 
naire, avec la tête couronnée, tournée à droite, et 
la légende suivante : HLVDOVVICVS IMPAVG. 

Au revers, se voient une porte de ville ayant 
une croix sous elle et la légende circulaire : TAR- 
VISIVM. 

Cette pièce, qui pèse i gr. 60, est très bien con- 
servée. 

Les monnaies carolingiennes connues pour cette 



395 

ville italienne appartiennent, d'après Gariel, à 
Charlemagne, à Louis et à Lothaire empereurs. 

Les pièces deCharlemagne (T.II,pl.XII,n°'i8o, 
i8i, 182) sont de deux types différents: 

Les n°® 180, 181 offrent au droit, en deux lignes, 
le nom de Charles ; au revers, une croix et, en 
légende circulaire, le nom de l'atelier, TARVI- 
SIVS. 

Le n° 182 nous donne, autour d'une croix, l'ins- 
cription : CARLVS REXFR. et, au revers, autour 
du monogramme carolingien, le nom de l'atelier, 
TARVIS. 

Voici maintenant comment Gariel décrit les 
deuxdeniersdeLouisleDébonnaire (T. II, pi. XIX, 
n°' i38 et iSg) : 

N° i38. ^h HLVDOVVICUS IMP entre deux 
grènetis, croix au centre. 

Au revers :TARVI-SIVM en deux lignes, cercle 
de grènetis. 

N° i3g. HLVDOVVICVS IMP entre deux grè-. 
netis ; croix au centre. 

Au revers : TARVI-SIUM en deux lignes, au 
centre quatre points disposés en losange, cercle 
de grènetis. 

La pièce de Lothaire (T. II, pi. LX,n° 27) porte 
V HLOTARIVS IMP AV entre deux grènetis. 

Rev. SRBISIO (TA liés), dans un grènetis, en 
une ligne. 

Les deniers à tête de Louis le Débonnaire connus 
jusqu'à ce jour appartiennent, selon Engel et 



396 

Serrure, aux sept villes suivantes : Arles, Orléans, 
Pavie, Sens, Strasbourg, Toulouse et Tours. 

Le denier à tête de Trévise était donc inconnu 
jusqu'ici et, bien qu'il n'appartienne pas à nos 
provinces, il n'en présente pas moins beaucoup 
d'intérêt pour nous, le bassin de la Meuse étant 
pour ainsi dire le berceau de la race carolingienne. 
Cette pièce, qui date des premières années du 
règne de Louis, est encore une preuve vivante de 
la renaissance momentanée de l'art monétaire, 
tombé si bas sous les rois de la première race. 

D*" J. SiMONIS. 



397 



SIX MONNAIES LIÉGEOISES INÉDITES. 



Planche XI. 

« Décidément, la numismatique liégeoise est 
inépuisable », disait le baron de Chestret de 
Haneffe, en se voyant forcé de donner à son grand 
travail sur les monnaies de notre principauté un 
supplément, comprenant cinq pièces découvertes 
pendant la publication même de sa mono- 
graphie. 

Les paroles de notre savant confrère se sont 
encore justifiées davantage depuis lors. 

En effet, dès le mois de juin i8go, M. Georges 
Cumont publiait dans la Revue belge de numisma- 
tique (i) une magnifique couronne d'or de Jean de 
Bavière découverte au Huis ter Lune en Frise. 

Trois ans plus tard, à la réunion de la Société 
royale de numismatique du 2 juillet iSgS, M. Ca- 
mille Picqué faisait passer sous les yeux de ses 
confrères un vierlander inédit frappé en 1485 par 
Jean de Hornes. 

Enfin, cette année même, notre sympathique 
président décrit dans la Revue « Trois monnaies 
liégeoises inédites » de sa collection (2). 

(1) Voy. Revue belge de numismatique, année i8<.jo. p. 33o. 

(2) Voy. Revue belge de numisinatique , année 1896, p. 5. 



Nous allons augmenter quelque peu cette série, 
déjà longue pourtant, en décrivant six monnaies 
inédites de notre médaillier. Celles-ci non plus, 
sans doute, ne seront pas les dernières et nous 
espérons bien que d'autres trouvailles pourront 
bientôt permettre à M. de Chestret d'ajouter un 
nouveau supplément à son excellent ouvrage. 



* * 



I. Droit. Tête à cheveux hérissés, de profil à 
gauche. 
Légende : S 'ôOMITIAN. 

Rev. HOII dans un cercle perlé. 

Légende : (blET) VINVcn. 

Argent. Poids : iS'',ioo. PI. XI, n° i. 

Collection de l'auteur. 

Le revers de ce denier est presque identique à 
celui du denier qui figure sous le n° 3i dans la 
Numismatique de la principauté de Liège et de ses 
dépendances. Une légère différence, pourtant: les 
quatre petites boules qui sont aux côtés des deux 
petites croix du champ sur la pièce décrite par le 
baron de Chestret ne figurent point sur la nôtre. 
Ajoutons que celle-ci est d'une fabrication telle- 
ment barbare que, vue seule, elle donnerait une 
très pauvre idée du talent des monnayeurs de 
l'évêque Théoduiiî. 



-^99 

IL Droit. Buste à mi-corps, de face, tenant de 
la main droite une crosse tournée à gauche. Tête 
à chevelure étagée. 

Rev. Dans un grènetis, un mur percé d'une 
porte et renfermant un dôme de style roman 
accosté de deux tourelles. 

Argent. Poids : ogr,438. PI. XI, no 2. 

Collection de l'auteur. 

C'est au règne d'Otbert, déjà si riche tant par le 
nombre que par la variété des types et la finesse 
de leur exécution, qu'il convient de restituer cette 
jolie obole. Elle ne déparera pas, d'ailleurs, cette 
belle série. A notre avis, elle est un produit de 
l'atelier de Liège et le bâtiment flanqué de deux 
tours du revers est, à n'en point douter, l'église 
romane de Saint-Lambert. Cet édifice, identique à 
celui que nous montre le denier d'Otbert, décrit 
par M. de Chestret (i) sous le n° 44, est bien 
aussi le même que celui que donne, accompagné 
delà légende LEGIA, le denier de l'évêque Théo- 
duin décrit sous le n° 2g et dont l'origine est, sans 
doute, incontestable. 

IIL Droit. Tête de face, à longs cheveux, 
coiffée d'un chapel de roses. 

Légende: ♦ ffiOnsrTA x I^CYGnse. 

Rev. Croix anglée de douze globules et traver- 
sant la légende. 

(1) Voy. DE Chestrf.t, ouvrage cité, p. 82. 



400 

Légende. I^VG — ORI — SSP — ISG. 

Argent. Poids : i&^285. PI. XI, no 3. 

Collection de l'auteur. 

La phrase de M. de Chestret citée en tête de cet 
article, a-t-elle donc été tout spécialement écrite 
pour la numismatique du règne de Hugues de 
Châlon ? Depuis 1890, voilà la troisième pièce 
à ajouter à la série de cet évêque. En outre, ces 
pièces nouvelles sont toutes trois à ce type anglais 
si rare autrefois dans la série liégeoise. Ajoutons 
que notre esterlin est en métal de bon aloi, autre 
rareté pour une monnaie de Hugues de Châlon. 

IV. Droit. Croix gothique avec un quatre-feuilles 
au centre, ajourée et ornée, séparant quatre écus- 
sons placés en sautoir, la pointe vers le centre, 
deux aux armes de La Marck alternant avec deux 
aux armes d'Arenberg. 

Légende : >ï< SVSRS! D S ffiSRG'o PROWl 

Rev. Saint Hubert mitre, debout et traversant 
la légende. Il tient la crosse de la main gauche et 
de la droite un missel (?) sur lequel est le dix-cors 
avec la croix entre la ramure. 

Légende: °o° — SSnanr.VS — Î^VPSRWV'.SP'. 

Or pâle. Poids : 2g'", 700. PI. XI, n" 4. 

Collection de l'auteur. 

Pour établir la date de l'émission de ce superbe 
florin d'or et, autant que possible, l'atelier moné- 



401 

taire où il fut frappé, il nous faudra passer briève- 
ment en revue les principaux événements du début 
du règne de Jean de Hornes. 

Sans parler des contestations qui surgirent à 
propos de son élection au trône épiscopal, con- 
testations qui le mirent, dès lors, aux prises avec 
les seigneurs de la maison de La Marck et aux- 
quelles la paix de Tongres mit fin (21 mai 1484), 
nous rappellerons seulement que, en l'année qui 
suivit cette paix, un complot entre Maximilien 
d'Autriche, l'évêque Jean de Hornes et Frédéric, 
sire de Montigny, son frère, débarrassa le pays 
de la tyrannie de Guillaume de La Marck et fit 
mourir sur l'échafaud, à Maestricht, le redoutable 
Sanglier des Ardennes (i5 juin 1485). 

Cet assassinat eut pour conséquence immédiate 
la reprise de la guerre de désolation à peine ter- 
minée. 

En effet, Everard et Robert de La Marck jurèrent 
de venger la mort de leur frère et ne tardèrent 
pas à tenir trop fidèlement leur serment. Maîtres 
de la plupart des châteaux-forts du pays, ils en 
firent bientôt des repaires de routiers et de pillards 
vivant de rapines et ne sortant de ces retraites que 
pour rançonner et piller le plat pays, pendant 
qu'eux-mêmes faisaient au prince une guerre à 
outrance. 

Stockheim, Hasselt et Saint-Trond étaient 
tombés en leur pouvoir en quelques mois. Deux 
entreprises contre Liège (i486 et janvier 1487) 



402 

étaient restées sans résultat, quand, le i3 mars 1488, 
Everard de La Marck parvint à s'en rendre maître. 
Il se décerna aussitôt le titre de « Protecteur des 
église, cité et pays de Liège ». 

Sa dom.ination dans la capitale dura deux ans 
environ : en avril 1490, la paix d'Aix-la-Chapelle, 
en rétablissant le pouvoir de Jean de Hornes, 
confia le gouvernement du pays, avec la qualité de 
mambour,à Englebert de Nassau, jusqu'à l'exé- 
cution complète des clauses du traité. 

A peine signée, cette paix fut violée : le 28 octo- 
bre de cette même année 1490, Robert de La Marck 
se présenta devant Liège, pénétra dans la ville le 
2 novembre suivant et prit immédiatement le titre 
de mambour. L'anarchie recommença de plus 
belle et il fallut la paix de Donchéry (avril 1492) 
pour y mettre définitivement un terme et permettre 
à Jean de Hornes de prendre enfin paisible posses- 
sion de son trône épiscopal. 

Toutes les monnaies liégeoises d'Everard de 
La Marck connues jusqu'à ce jour, portent le 
titre de « Protector Leodiensis » et furent, par consé- 
quent, frappées de 1488 à 1490, années pendant 
lesquelles il exerça sa protection (?) sur la princi- 
pauté. Sauf notre florin, toutes d'ailleurs portent 
au revers l'une des deux dates 1489, 1490. 

Quant à l'atelier où fut forgé notre florin, il est 
bien difficile à déterminer. Ce n'est pas, toutefois, 
celui de la capitale, car le perron, signe distinctif 
de l'officine liégeoise, n'y figure pas comme diffé- 



4°^ 

rent monétaire, tandis qu'on le remarque sur 
quatre autres monnaies du protecteur. 

Il faudrait donc ranger notre pièce, en com- 
pagnie des trois autres pièces d'Everard (i) por- 
tant comme elle la croix comme différent, parmi 
les espèces « forgées dans les forteresses », sui- 
vant la qualification donnée à certaines monnaies 
de Guillaume de La Marck par l'édit de Jean 
de Hornes de 1487. Or, la question de savoir dans 
quelles forteresses le protecteur monnaya n'est 
guère facile à résoudre. 

La présence de saint Hubert au revers du florin 
nous a fait croire (2) qu'il pourrait bien avoir été 
frappé au château de Mirwart : ce domaine voisin 
de Saint-Hubert, et dont dépendait l'avouerie de 
cette ville, comptait au nombre des seigneuries 
féodales de Liège et était possédé à l'époque qui 
nous occupe, ainsi que l'avouerie de Saint-Hubert, 
par Éverard de La Marck (3). 

D'autre part, en mettant sur son florin d'or 
l'effigie du second patron de Liège, Éverard n'a 
peut-être fait que copier servilement le postulat de 
Messire Guillaume, émis jadis par son frère le San- 
glier, ou celui de Jean de La Marck, dit le Postulé, 

(1) Voy. DE Chestret, ouvrage cité, pp. 21701 2 18 et n°s 379, 382 et 384. 

(2) Voy. Revue belge de numismatique, année 1893, p. 563. 

(3) Everard fit le relief delà seigneurie de Mirwart le 23 janvier 1480 
et, le 3 janvier 1498, son fils Everard releva la même terre par décès 
d'Everard son père. Voy. Bormans, Seigneuries féodales de Liège, 
p. 277, Mirwart. 



404 

pièces qui ne nous sont, hélas! connues l'une et 
l'autre que par la mention qu'en fait le « Cri de 
i486 ». La découverte de l'une d'elles viendrait à 
propos pour dissiper nos doutes à cet égard. 

V. Droit. Ecu de Hornes; au-dessus, des nuages. 

Légende. ^ IOI7S • S (PS • h) SOD (DVX) 
BVIi ŒQ • LOS'. 

Rev. Croix légèrement ornée, coupant la légende 
et renfermant au centre un fleuron. Dans les 
angles, deux lions alternant avec deux cors. 

Légende : (SI DSV) / r>OB'((I) / OSaon / 
nO(S-9) 9.. 

Cuivre jaune. PI. XI, n° 5. 

Collection de l'auteur. 

Ce brûlé, frappé à Liège, en 1494, est, sauf quel- 
ques légères différences, la copie exacte du nouveau 
blanc de Liège émis la même année. 

VL Droit. Buste à droite de Maximilien-Henri 
de Bavière coiffé de la longue perruque Louis XIV 
et vêtu du costume électoral. 

Légende : MAX • HEN • D • G • ARC • COL • 
PR • EL. 

Rev. Dans un écu ovale terminé en pointe, posé 
sur un cartouche et sommé du bonnet ducal, les 
armes écartelées de Bavière et du Palatinat avec 
l'écu de Bouillon sur le tout. Aux côtés du bonnet 
ducal : 16—64. 



Légende : EP • ET • PRIN • LEOD • DVX • BVL • 
MA • FR • CO • LO • HO 

Or. Poids: 3gr,436. PI. XI, no 6. 

Collection de l'auteur. 

Ducat d'un autre type que celui reproduit sous 
le n" 634 à.2in^ l'ouvrage de M. de Chestret, et 
d'une gravure beaucoup plus fine. Inconnu en 
nature jusqu'à présent, la date de sa frappe seule 
nous était renseignée par les registres de la Cham- 
bre des finances. 



* 
* 



» 



Nous est-il permis de terminer ce travail par la 
description d'une modeste pièce d'essai en cuivre 
d'un ducat liégeois du milieu du xviii^ siècle ? 
Nous craignons fort qu'elle fasse pauvre figure à 
la suite des pièces d'importance décrites plus haut. 
Toutefois, nous est avis qu'en numismatique, de 
même qu'en histoire, les détails ont souvent leur 
importance et qu'en ces matières le superflu même 
peut devenir chose très nécessaire; comme, d'ail- 
leurs, notre pseudo-ducat est seul aujourd'hui à 
tenir la place de la monnaie d'or dont il fut jadis 
l'épreuve, nous ne ferons peut-être pas chose 
complètement inutile en le signalant aux numis- 
mates, à défaut du ducat lui-même. 

Droit. Buste à gauche de saint Lambert mitre ; 
au-dessous, 1744. 

Année 1896. 28 



4o6 

Légende:^ • LAMBERTUS — PATRO-LEOD. 

Rev. Armes écartelées de la principauté (Bouil- 
lon, Franchimont, Looz et Hornes, avec Liège 
sur le tout) dans un écusson ovale sommé du 
bonnet ducal et placé sur un manteau fourré 
d'hermine. 

Légende : ^s DEC • ET • CAP • LEOD • SEDE • 
VACANTE. 

Cuivre. PI. XI, n° 7. 

Collection de l'auleur'. 

Le revers de cette pièce n'a aucune ressem- 
blance avec celui du ducat « sede vacante » de 1744 
que l'on connaît. Par contre, le type de ce revers 
est très exactement celui que donne le ducat de la 
vacance du siège de 1763. Sur cette dernière pièce, 
toutefois, outre une légère variété dans la légende, 
les armoiries sont représentées avec leurs émaux, 
chose qui n'existe pas sur notre essai. 

Léon Naveau. 



407 



UN ESTEKLIN 

AU TYPE ANGLAIS 

FRAPPÉ PAR RENA.RD DE SCHÔNAU 

COMME ËNGAOISTË DES c< COMTES » DE DURBUY ET DE LÀ ROCHE. 




Droit. Tête de face couronnée. 
Légende : ^ QQORefTTÎ ^ GOMinHIS ^ . 
Rev. Croix coupant la légende et cantonnée de 
douze globules. 
Légende : >î< RE — P2ÏR _ D' GO — ffias. 



Argent. 



Poids : i&r. 102. 



Notre collection. 



ï 



Notre première pensée avait été de donner l'es- 
terlin qui nous occupe à un des Renaud qui ont 
régné sur la Gueldre. M. Roest, pour qui la numis- 
matique gueldroise n'a pas de secrets, veut bien 
nous écrire que les raisons suivantes s'opposent 
à cette attribution : 

i°La forme i^^w^fi pour Renaud ne se rencontre 



4o8 

sur aucune monnaie et dans aucun document 
gueldrois. 

2° Les monnaies de la Gueldre, contrée impor- 
tante, portent toujours soit le nom du pays, soit 
le nom de la ville où elles ont été frappées. Le 
mutisme de notre esterlin à cet égard est la preuve 
presque certaine qu'il est l'œuvre d'un petit sei- 
gneur dont les droits monétaires étaient plus ou 
moins bien établis. 

Il nous a donc fallu chercher ailleurs le lieu 
d'origine de notre esterlin. 

Les comtés de Hanau, en Hesse, et de Wester- 
bourg, en Nassau, ont été gouvernés, au moyen 
âge, par des comtes du nom de Reinhard. Nous 
ne croyons pas cependant que notre esterlin puisse 
être donné à aucun de ces seigneurs, le type de 
l'esterlin édwardin primitif n'ayant pas été copié 
dans ces régions. De plus, le style de notre pièce 
doit faire rechercher sa patrie beaucoup plus vers 
l'ouest, dans les environs de nos provinces de 
l'est. 

La forme Renard du nom du dynaste qui a fait 
frapper notre esterlin, nous a fait songer à Renard 
de Schônau, sire de Schoonvorst, dont le nom 
figure, ainsi orthographié, sur les sceaux dont se 
servait ce seigneur. 

Mais que faire du titre de comte que notre 
Renard ne semble jamais avoir eu le droit de 
porter ? 

La lecture d'un travail remarquable sur Renard 



409 

de Schônau, de notre confrère et ami, le baron 
J. de Chestret de Haneffe (i), nous a permis de 
résoudre cette difficulté qui, au début, semblait 
insurmontable. L'auteur, dans cet écrit, cite les 
nombreuses sources auxquelles il a puisé ses 
renseignements si instructifs. Nous nous dispen- 
serons d'en faire autant et nous bornerons à 
renvoyer le lecteur au travail en question. 

Nous lisons dans cette intéressante étude que 
Renard de Schdnau, dynaste aussi avide au gain 
que rusé, était le plus jeune fils de Raes II, dit 
d'Oulpixhe ou Ulpich et de la sœur de Gérard du 
Jardin, laquelle paraît avoir été de la maison de 
Bongaert ou de Pomerio. 

Élevé au milieu des Bénédictins de Saint-Trond, 
Renard obtint un canonicat à Saint-Servais à 
Maestricht et vécut alors dans l'intimité de Guil- 
laume V, margrave de Juliers. 

Il commença dès cette époque les nombreuses 
opérations financières qui devaient en faire un des 
seigneurs les plus riches de son temps. Nous ne le 
suivrons pas dans sa carrière agitée et passerons 
immédiatement aux faits qui amenèrent Renard de 
Schônau à devenir engagiste des comtés de Durbuy 
et de La Roche. 

Walram de Juliers, frère du margrave, occupait 
alors le trône archiépiscopal de Cologne. Ce 

(i) Renard de Schônau, sire de Schoonvorst. — Un financier gentil- 
homme duwv^ siècle. Extrait du tome XLVII âc^ Mémoires couronnés 
et autres Mémoires ■puhWts'ps.v l'Académie royale de Belgique. 



410 

prélat, très obéré à la suite de guerres nombreuses, 
se vit obligé d'engager à Renard ses domaines, 
châteaux et revenus particuliers. Le roi Jean de 
Bohême, comte de Luxembourg, qui voulait faire 
parvenir son fils Charles à l'Empire, acheta la voix 
deWalram en promettant à Renard de Schônaules 
64,000 royaux et les i5,5oo écus, le tout de bon or 
et de poids, que lui devait l'électeur. Renard, aussi 
prudent que rapace, obtint, par convention passée 
le i5 juin 1346, que 20,000 royaux et 3,3oo écus de 
sa créance fussent garantis par l'engagement du 
château, de la ville et du pays de Durbuy, avec 
leurs appartenances. Jean l'Aveugle fut tué, le 
26 août 1346, à la bataille de Crécy, avant d'avoir 
pu rembourser entièrement sa dette à Renard de 
Schônau. La transaction du 17 avril 1348 nous 
apprend que Renard avait en outre reçu en gage 
le comté de La Roche. Par cette transaction, les 
héritiers d'Arnouldd'Arlon promettent à Baudouin 
de Luxembourg, archevêque de Trêves, stipulant 
pour son petit-neveu Charles, roi des Romains et 
comte de Luxembourg, de payer à « Renier de 
Schonowe » 20,000 royaux d'or, pour dégager les 
comtés de La Roche et de Durbuy. Baudouin racheta 
lui-même, peu après, le comté de La Roche à 
Renard et cela sans attendre le remboursement 
stipuléci dessus. Charles IVreconnut,le6mai 1348, 
devoir à « Reinhard de Schonawe » une première 
somme de 9,5oo royaux et une autre de 5oo florins, 
en garantie desquelles il lui donna le château de 



I 



411 

Rulland, la ville et le château de Durbuy, ainsi 
que l'avouerie de Stavelot et de Malmédy. Tous 
ces biens, patrimoine de sa famille, furent finale- 
ment rachetés par l'archevêque, qui s'en fit délivrer 
une reconnaissance par le roi Charles, le 4 fé- 
vrier 134g. 

Il résulte des faits qui précèdent que, suivant les 
coutumes en usage au moyen âge, Renaud s'est 
trouvé, pendant le temps qu'il tenait les comtés 
de Durbuy et de La Roche en gage, en possession 
légale des droits et des prérogatives des proprié- 
taires légitimes de ces comtés. Les avantages 
pécuniaires à retirer de semblable situation n'ont 
pas dû échapper à un financier de la valeur de 
Renard. Quelle belle occasion d'augmenter ses 
capitaux lui offrait l'exercice du droit de mon- 
nayage dans ces nouvelles acquisitions tempo- 
raires situées dans ce même Luxembourg où circu- 
laient les nombreuses espèces de Jean de Bohême 
et spécialement les innombrables esterlins à tête 
au type anglais si connus sous le nom de lucebour- 
nes (i) ! Il n'y avait qu'une difficulté à l'exécution 
des projets que devait sans doute nourrir l'insa- 
tiable Renard, c'est que les droits monétaires des 
comtes de La Roche étaient peu solidement établis 

(1) Les temps, de plus, étaient assez favorables pour tenter pareille 
usurpation si profitable, Charles IV ne s'occupant guère du gouverne- 
ment du Luxembourg. Il en avait laissé le soin à son grand-oncle 
Baudouin, archevêque de Trêves, qui, lui aussi, ne songeait à ce mal- 
heureux pays que pour en tirer]de l'argent. 



412 

et avaient même déjà été contestés par les comtes 
de Luxembourg. C'est à cause de ces difficultés, 
sans doute, et surtout pour s'épargner des désagré- 
ments éventuels, que l'habile Renard se sera con- 
tenté de faire forger des esterlins portant son nom 
avec son titre temporaire de comte et ne men- 
tionnant, à dessein, ni les indications de seigneu- 
ries ni celles d'atelier monétaire. Ces prudentes 
omissions lui permettaient, le cas échéant, de 
nier toute participation dans cette affaire sca- 
breuse et lui assuraient tous les bénéfices de cette 
opération plus ou moins licite. 

Telles sont, croyons-nous, les circonstances 
qui donnèrent lieu à la frappe de notre curieuse 
monnaie au nom de Renard. Cette monnaie a un 
air de famille évident avec les nombreux esterlins 
à tête de Jean l'Aveugle, air de famille qui a frappé 
M. VanWerveke, à qui nous avons écrit de l'attri- 
bution de la pièce qui nous occupe. Cet obligeant 
savant, qui connaît l'histoire du Luxembourg 
dans ses moindres détails et qui a bien voulu faire 
des recherches au sujet de l'estedin de Renard, 
nous écrit qu'il n'a trouvé aucun document per- 
mettant d'affirmer positivement que Renard a 
frappé monnaie pendant qu'il tenait les comtés de 
Durbuy et de La Roche en engagère, mais qu'il 
est néanmoins très porté à croire à la possibilité 
de l'existence de semblable numéraire. Quarante 
ans plus tard, dit M. Van Werveke, nous voyons 
Jean de Luxembourg, alias de Goerlitz, porter. 



4i3 

dans les actes, le titre de duc de Luxembourg en 
même temps que Wenceslas II, dont il avait reçu 
le duché en engagère. Josse de Moravie et Elisa- 
beth de Gœrlitz, qui tinrent postérieurement le 
même duché en gage, agirent de même. Nous 
pourrions encore citer de nombreux exemples de 
faits semblables, qui prouvent à l'évidence que les 
seigneurs engagistes se substituaient légalement 
aux seigneurs dont ils tenaient les possessions en 
gage et cela dans tous leurs droits et prérogatives, 
celle de frapper monnaie entre autres. 

Nous nous contenterons, pour terminer cette 
notice, de mentionner à l'appui de cette dernière 
assertion , parmi les nombreuses monnaies forgées 
dans les mêmes conditions : 

1° Le tuin frappé par Jean de Looz, de Heins- 
berg et de Lewenberg, à Schoonvorst qu'il tenait 
en engagère (i) ; 

2° Le gros à l'effigie debout de Jean de Meurs, 
seigneur de Bare, gros forgé à Gangelt que ce 
prince tenait en gage (2). 

V** Baudouin de Jonghe. 

(1) Revue de la numismatique belge, 1864, p. 2i3 et pi. XIII, n» 5. 

(2) Revue de la numismatique belge, 1864, p. 445 et pi. XXIV, n" 2. 



414 

MONNAIES 

DES 

COMTES DE LIMBURG-SUR-LA-LENNE. 

{Suite) (i). 



Planche XII. 



Guillaume I, comte de Limburg (suite). 

Ouire les deniers frappés par ce comte, on peut 
lui attribuer les pièces suivantes, forgées à Lim- 
burg : 

• • • I-jGIL — o M • aOMSS — DS • IjIM • Écu 
au lion de Limbourg posé dans un entourage 
triangulaire, formé de trois ogives reliées par des 
demi-cercles ; dans les ogives, une rose séparée 
de l'écu par un chevron. 

Rev. . >ï< iMOnSrrTÎ S • - • • 8 MBVRnnb^ % Dans le 
champ, une croix fleuronnée portant en cœur un 
écu au lion à queue fourchée. 

PL XII, no 23. 

Notre collection. 

Ce gros est imité de ceux des ducs de Juliers 
Guillaume (i3g3-i402) et Renaud (1402 -1423). 
Thierry, frère de Guillaume, a fait frapper pour 
Broich un gros à peu près semblable. 

«3 WIIjI'^SIjM I GCOMQiS t^^t lilMBSRSb,. 

(i) V on Revue, 1896. p. 265. 



4.5 

Ecu parti : au premier, un lion à queue fourchée, 
au second, une figure qui semble être un lambel; 
ce sont peut-être les armes de la femme de Guil- 
laume, Mathilde de Reifferscheidt. 

Rev. ^ SirrnO * — * MeOD | — » BSHGID * 
— * IGCn[^ V «•', en légende extérieure ; la légende 
intérieure se lit : MGR — fiOV — IjIM — "Q^^GK 
Dans le champ, une croix coupant la légende. 

PI. XII, n" 24. 

Revue de la numismatique belge, 1862. 

>ï< WIlJl^EIjmVS % GCO l LI^BVRGEn. Un 
lion en plein champ ; il porte sur l'épaule un 
écusson avec une aigle. 

Rev. >h mOnETITî % HOVTÎ § PaTî % liim- 
BVRG'. Une croix pattée accompagnée de quatre 
étoiles chargées d'une rose. 

Gros au lion imité de ceux des ducs de Luxem- 
bourg, Wenceslas II et Josse de Moravie. 

PI. XII, no 25. 
Notre collection. 

^ WILI^SIiM l DSI l GRS l aOM l IjIM- 
BSR'. Lion couronné portant sur la poitrine un 
écu écartelé de deux lions et de deux fleurs de lis. 

Rev. ^ monsnnTT § kovtî § fgtï i lim- 

BSRCCI^SRS. Croix cantonnée de deux lions et 
de deux fleurs de lis. 

Ce gros au lion, dit Cromstert, est imité de ceux 
frappés par Antoine de Bourgogne, comme duc 
de Luxembourg (1409-1415). 

PL XII, no 26. 

Revue de la numismatique belge, 1862. 



4i6 

>ï< WlIiï^aiimVS o GCOMSS. Façade d'en- 
ceinte à trois tours, avec porte d'entrée. 

Rev. ^ MORSnnTÏ o LIMBVRG. Même façade 
que sur l'avers. 

PI. XII, no 27. 

Cette monnaie a été publiée, d'après le seul 
exemplaire connu de la collection Wippo , à 
Munster, dans les Blàtter fïir Miinzfreimde, en 187g, 
n° 78, p. 689, pi. 58, n° 5. Grote, en publiant cette 
monnaie, dit qu'elle est une reproduction exacte 
de celles frappées à Hambourg de 1408 à 1413, 
avec les armes de la ville sur chaque côté; les 
cercles ou boules de la légende se retrouvent sur 
la plupart des sceaux de Hambourg à cette époque. 
Le comte Guillaume mourut en 1459 ; c'est 
l'opinion généralement admise. Kremer, toutefois, 
dit que ce fut en 1449 (i) ; mais cet auteur a dû se 
tromper, car, en 1460, le comte Guillaume de Lim- 
burg, seigneur de Bedbur, assivSta à la réunion des 
seigneurs qui apposèrent leur signature à la con- 
vention conclue entre l'archevêque de Cologne et 
le duc Gérard de Juliers et de Berg, pour régler la 
succession de ces duchés au cas où le duc vien- 
drait à mourir sans enfants ; le comte Guillaume 
figure en tête des signataires (2). 

Il est à croire que le comte avait de son vivant 
associé son gendre au gouvernement; car celui-ci, 



(1) Akad. Beitràge, II, p. 64. 

{2) Brosius, Annal. Juliac, p 5g. 



4'7 
en 1456, avait nommé les frères Engelbert et Daen 
von den Westhove, officiers du haut-château de 
Limburg (i). 

On a vu plus haut que Guillaume n'avait eu de 
son mariage avec Metza de Reifferscheidt qu'une 
seule fille , Marguerite , mariée à Gumbrecht , 
comte de Nuwenaer, et qu'il avait donné à celui-ci, 
en 1442, son château et comté de Limburg. Cette 
donation comprenait toutes ses possessions en 
terres, bois, fiefs, droits seigneuriaux et même 
son titre et ses armes, son heaume et sa mon- 
naie (2), ce qui indique sans doute le droit de 
battre monnaie. Le roi des Romains avait ratifié 
la même année cet acte de transfert et investi en 
même temps le comte de Nuwenaer de tous les 
fiefs de la couronne; en 149g, l'empereur Maximi- 
lien le confirma également. 

Cette donation avait vivement mécontenté les 
neveux du comte Guillaume, fils de son frère 
Thierry, seigneur de Broich, qui étaient ses plus 
proches agnats, Guillaume III, Henri etThierry VIL 
A peine leur oncle eut-il fermé les yeux, qu'ils 
obtinrent de Gérard, duc de Juliers et de Berg, 
dont Henri était conseiller, l'inféodation du châ- 
teau et du comté de Limburg (25 juin I45g). Ils 
mirent ensuite le siège devant le château, dont ils 

( 1 ) Nouvelles archives historiques des Pays-Bas, t.V, pp. 228 et suiv. 

(2) Die Graf- und Herrschaft fw Limburg, mit Helm, Schilte, 
Wapen und Wahremtitel, Schlossern und Mûn^en, etc. — von Stbinen, 
/. c, IV, p. 1337. 



4i8 

s'emparèrent avec l'aide du drossart de Berg , 
Jean de Nesselrode , seigneur de Stein , et de 
Bertrand de Nesselrode , seigneur d'Ehrenstein , 
maréchal héréditaire du duché de Berg ; Guil- 
laume II prit dès lors le titre de comte de Lim- 
burg. 

Grâce à l'intervention de Thierry, archevêque 
de Cologne, et de Vincent, comte de Moers et de 
Sarwerden, la paix ne tarda pas à se faire, et les 
parties belligérantes firent un arrangement qui fut 
signé le vendredi après la fête de la Nativité de la 
Vierge, 1460. 

Il fut stipulé que le château avec le comté de 
Limburg et tout ce qui en dépendait appartien- 
drait en commun par moitié à chacune des parties 
contractantes, que le château serait divisé en 
deux habitations. 

Cet accord qui était une vraie burgfrede, conte- 
nait les conditions stipulées ordinairement dans 
les paix de cette nature, relativement aux attentats 
consommés sur les personnes et sur les biens. 
Cette paix devait s'étendre sur le pays qui com- 
prenait le château et le Nieuwenhuys et qui était 
délimité par une ligne partant de la montagne 
droit au Namer, et du Namer, en descendant la 
montagne, jusqu'à la Lenne, et le long de cette 
rivière jusqu'au pont où se trouve l'image de 
Notre-Dame, où la Weschelbeek se jette dans la 
Lenne, et de là jusqu'au Kuythassel, pour remonter 
ensuite en ligne droite jusque sur le mont vers 



» 



419 

le Nieuwenhuys. Dans ce territoire, la paix devait 
exister et demeurer ferme. 

Il était stipulé que tous les hommes de fief de 
Limburg recevraient des deux partis l'investiture 
de leurs fiefs et devraient les aider tous les deux. 
Le patronat de Milheim et les autres bénéfices 
ecclésiastiques devaient être exercés alternative- 
ment, les dettes partagées par moitié, et le comte de 
Nuwenaer devait conserver la maison et les autres 
biens de Wulfrad ainsi que la rente de 20 florins 
que l'abbesse d'Essen devait payer annuellement 
sur la maison de Greusel. 

L'année suivante, les frères de Limburg accor^ 
dèrent à Jean de Nesselrode, seigneur d'Ehren- 
stein, maréchal héréditaire du duché de Berg, qui 
les avait aidés dans la reprise de Limburg, un 
logement dans le haut-burg de Limburg, une 
écurie pour ses chevaux dans la seigneurie, l'exer- 
cice du bailliage sous Limburg pour la revendi- 
cation de ses droits, mais en réservant les droits 
des baillis. En outre, ceux de Nesselrode et ceux 
de Limburg devront réciproquement jurer de tenir 
la burgfrede, leurs héritiers devront s'y engager 
également aussi souvent qu'il sera 'nécessaire. 
En 1478, le duc Guillaume de Juliers donna son 
approbation à cet arrangement, sous la réserve 
que ses droits et ceux de ses héritiers, au point 
de vue de la vassalité, fussent sauvegardés (i). 

(1) VON Steinen, /. c, IV, pp. iSSg et suiv. 



420 




Pendant l'époque que le comté de Limburg était 
possédé en commun par le comte de Nuwenaer et 
les neveux de Guillaume I, on continua à frapper 
monnaie à Limburg; la seule pièce de cette émis- 
sion que l'on connaisse ne porte pas le nom du 
seigneur, mais seulement l'indication de l'atelier 
monétaire, ce qui permet de croire que le droit de 
monnayage a été exercé en commun. 

Voici la description de cette intéressante mon- 
naie : 

>ï< sinn + ROMsn -î- d — vv f BsneiDiarr. 

Double aigle tenant dans ses serres un écu fascé. 
Rev. >-'b MOnSnaTÏ + nOVT^ + ijUBORGeiRSI. 
Croix pattée. 

Notre collection. 

Cette monnaie est imitée des plaques de Gro- 
ningue, fra^^pées d'après Van der Chijs vers le 
milieu du xv^ siècle (i). 

La paix conclue en 1460 ne fut pas de longue 
durée, comme il était à prévoir; à la mort du 
comte Guillaume II, en 1478, le duc Guillaume 



(1) Van der Chus, De Munten van Friesland, Groningen en 
Drenthe, pi. IX, n"s 28-29, pi. XXII, n» 6. 



421 

de Juliers et de Berg inféoda à Henri, son frère 
et son héritier, les châteaux de Limburg et de 
Broich, en son nom et comme tuteur de Jean et 
de Marie, enfants de son frère (i). On ignore les 
raisons qui amenèrent cette rupture de la paix 
conclue entre les familles de Nuwenaer et de Lim- 
burg. D'ailleurs, tout ce qui se rapporte à l'his- 
toire de nos comtes à cette époque dénote les 
troubles qui agitaient les esprits, les querelles 
intestines qui divisaient les familles; dans tous 
les cas, cette rupture de la bitrgfrede donna lieu à 
de nouvelles difficultés qui ne furent aplanies que 
parle mariage, dont il sera parlé plus loin, de Jean 
de Limburg avec l'héritière de Nuwenaer, en 1492. 

Thierry VI de Limburg, seigneur de Broich. 

Ce seigneur était le frère cadet de Guillaume I, 
comte de Limburg. Les deux frères, après la mort 
de leur père Thierry V, avaient relevé les châteaux 
de Limburg et de Broich (1401). Guillaume prit 
depuis lors le titre de comte de Limburg et de 
seigneur de Broich, mais, à partir de 1407, 
Thierry, qui portait seulement soti nom de 
famille, s'intitula seigneur de Broich, bien que 
son frère prît encore parfois ce titre. En 1412, les 
deux frères conclurent un arrangement dont 
nous avons rapporté les principales clauses et qui 

(1) VON Camp, p. 48. Cet auteur fixe en 1478 la mort de Guillaume ; 
cette date a été contestée. 

Année 1896. 29 



422 

stipulait la division du château en deux parties. 
Le comte Guillaume abandonna, en 1437, à son 
frère tous ses droits sur la seigneurie de Broich, 
en échange d'autres biens ; mais il faut croire que, 
déjà avant cette époque , Thierry possédait la 
seigneurie, car, le 9 juillet 1413, il s'engagea vis 
à vis du duc Adolphe de Berg à l'aider de sa per- 
sonne en tout temps et contre tous ses ennemis, 
à l'exception de son frère Guillaume et de son 
cousin Evert de Limburg, à Stirum, et il comprit 
dans cet engagement son château de Broich et 
toutes ses forces. 

Il fut admis de ce chef parmi les nobles vassaux 
de Berg et reçut en fief une pension de 20 florins 
et, en outre, la moitié de la dîme de Wulfrad et 
deux foudres de vin. En 1423, le même duc 
Adolphe l'admit comme noble dans sa noblesse 
à Angermund et lui donna en fief une rente 
annuelle de 40 florins du Rhin dans le bailliage 
de Medman. 

Peu d'années après, il rompit avec son suzerain 
pour s'attacher à Adolphe , duc de Clèves et 
comte de la Marck. 

En 1420, le duc de Berg avait donné en enga- 
gère, à ce dernier, la ville de Mulheim-sur-la- 
Ruhr avec le château de Broich, pour six mille 
bons vieux écus. Pour des raisons que l'on ne 
connaît pas, le seigneur de Broich prêta, le i" sep- 
tembre 1432, hommage au duc de Clèves pour son 
château de Broich qui était un fief de Berg et il 



423 

en fut réinvesti le lendemain. Quelques années 
plus tard, il tomba en disgrâce et le duc de Clèves 
le déposséda de son château et en investit, en 
143g, Henri, second fils de Thierry, mais celui-ci 
dut promettre de ne pas laisser entrer son père 
dans le château. 

Henri resta pendant quelque temps en posses- 
sion du château et Thierry mourut avant d'avoir 
pu le récupérer. On ignore l'époque de sa mort, 
mais elle suivit de près ces événements. 

Thierry de Limburg, seigneur de Broich, avait 
épousé Rica de Wisch, qui vivait encore en 145g. 
Il en eut un grand nombre d'enfants, qui sont : 
Guillaume II, seigneur de Broich, 
Henri, que nous avons cité, 
Thierry VII, 

Eberhard, qualifié de seigneur de Limburg et 
d'Hardenberg, 
Jean, prévôt de Werden, 

Agnès, qui épousa son cousin, Guillaume de 
Limburg, seigneur de Stirum, lequel reçut, en 
1442, de l'empereur Maximilien l'investiture des 
fiefs possédés par sa famille (i), 

Lutgarde, mariée à Kraft Steke. — Ce seigneur 
fut envoyé, en 1444, àSoest, parle duc de Clèves, 
avec une troupe de soixante cavaliers pour y pré- 
parer son arrivée (2). Il posséda, du chef de sa 
femme, l'avouerie de Rellinghausen. 

(1) Chai te en ma possession. 

(2) Seibertz, Quellen der westfal, Geschichte, II, p. 281. 



424 

Et Catherine. 

Thierry VI, de Limburg, a frappé monnaie à 
Broich et à Rellinghausen, en qualité d'avoué. 

La seigneurie de Broich était située sur les 
confins des comtés, puis duchés de Berg et de 
Clèves, entre la seigneurie de Stirum et les 
abbayes d'Essen et de Werden ; elle était traversée 
par la Ruhr, rivière qui reçoit la Lenne et se 
jette elle-même dans le Rhin, à Ruhrort, près de 
Duisburg. C'était un fief de Berg. 

On connaît , pour Rellinghausen , plusieurs 
deniers qu'on peut lui attribuer : 

DIDSRIGC — GRSVe: ^. Écu au lion de Lim- 
bourg, surmonté d'un casque avec cimier formé 
de deux branches feuillées. Ce cimier est celui de 
la branche des seigneurs de Broich et diffère de 
celui de la branche aînée des comtes de Limburg. 

Rev. * MORSnnTÎ * RSIilRGCI^VSSn. Rose 
dans le champ. 

PI. XII, n0 28 

Revue de la numismatique belge, 1862. 

Notre collection. 

— DIDSR — GRSVe: *. Même type que sur 
le numéro précédent. 

Rev. ^ MOnSnnTÎ <a RSIiinai^VSe:'. Rose 
dans le champ. 

PI. XII, no 29. 

Revue de la numismatique belge, 1862. 

Notre collection. 

^ DIDSl^IGC^ * GRSVe * . Le comte, à mi- 
corps, la tête couronnée. Il porte de la main droite 



4^5 

l'épée, sur la cuirasse unécu au liondeLimbourg. 
Rev. - MOnSnnAx 1^0' RSIilOGCP^VS. Même 
type à la rose. 

PI. XII, n"3o. 

Revue de la numismatique belge, 1862. 

Notre collection 

* DIDSRIGCh ^ GReVS *. Ce denier est une 
variété du précédent. 

Rev. ^ MonannTc 4- ne ReiLinai^v'. 

PI. XII. n°3i. 
Notre collection. 

* DIRa?j' — oGRSVe: ^. Le comte, à mi- 
corps, la tête couronnée du chapel de roses. Il 
tient l'épée de la main droite et appuie la gauche 
sur un écusson au lion. 

Rev. ^ MORSnnT: -:- ne RSIiinGCr^V. Type à 
la rose. 

PI. XII, n°.33. 
Notre collection. 

Le monastère de Rellinghausen (i), dépendance 
de l'abbaye d'Essen était situé sur la Ruhr, entre 
Werden et Steele,non loin de l'abbaye d'Essen et 
se trouvait tout près du château d'Lsenburg, rési- 
dence du comte Frédéric, ancêtre des comtes de 
Limburg-sur-la-Lenne. Le comte Frédéric était 
avoué de ce monastère et avait hérité de ce fief à 
la mort de son père. Cette dignité lui donnait la 
juridiction sur les biens du monastère, certains 

(i) Il ne faut pas confondre Rellinghausen avec Recklinghausen, 
comme l'a fait Leitzmann : cette dernière localité était un atelier moné- 
taire des archevêques de Cologne 



426 

droits, tels que le tODlieu et le droit de monnayage, 
et lui procurait des revenus importants ; il était, 
en outre, avoué des abbayes d'Essen, de Wer- 
den, etc. Ce furent les empiétements qu'il se per- 
mettait sur les droits de l'abbaye d'Essen , en 
abusant injustement de sa qualité d'avoué, et les 
mesures de rigueur que dut prendre saint Engel- 
bert, archevêque de Cologne, pour réprimer les 
violences et la rapacité des seigneurs envers les 
abbayes, qui furent l'origine du complot tramé 
'contre l'archevêque, complot dont il fut la mal- 
heureuse victime. 

Après la sentence de condamnation prononcée 
contre le comte d'Isenburg, pour la part qu'il 
avait prise à ce meurtre, et la confiscation de ses 
biens, les avoueries des abbayes d'Essen, de Rel- 
linghausen, de Stoppenberg et de Werden, qui 
lui appartenaient, devinrent vacantes et firent 
retour aux abbayes. C'est dans ce sens que s'ex- 
prime le légat du Saint-Siège dans la lettre qu'il 
adressa à l'abbé de Werden, relativement aux 
avoueries des cinq curtes que Vimpius Fredericus 
quondam cornes de Ysenbergh tenait en fief de l'ab- 
baye . Elles étaient dévolues de plein droit à celle-ci 
en vertu de la sentence, et le légat défendit de les 
aliéner à l'avenir (1226). Cette lettre fut confirmée 
l'année suivante par l'empereur (i). Les avoueries 
ne furent pas supprimées , mais la nature des 

(1) KrEMER, /. C, II, p. 121. 




427 

fonctions de ceux qui en étaient titulaires fut mo- 
difiée. Ils devinrent représentants des abbés, dont 
ils furent des fonctionnaires dépendant d'eux. 

Les descendants du comte Frédéric élevèrent 
des prétentions sur l'avouerie d'Essen, en 1275; 
le comte Thierry la comprit dans l'échange qu'il 
fit avec l'archevêque de Cologne quand il lui 
céda le château d'Isenburg contre une rente ; mais 
on ne trouve pas de documents qui prouvent 
qu'ils l'aient possédée. 

Quant à l'avouerie de Rellinghausen, le comte 
Adolphe de la Marck s'en était emparé après la 
confiscation des biens du comte d'Isenburg, lors- 
qu'il avait envahi le comté. Il en avait reçu l'in- 
vestiture de l'archevêque de Cologne, mais il fut 
obligé de s'en dessaisir par ordre de l'empereur 
et l'avouerie fit retour à l'abbaye d'Essen. 

Après l'accord conclu, en 1243, entre la famille 
de Limburg et le comte de la Marck, en vertu 
duquel une partie du patrimoine et des fiefs du 
comte d'Isenburg fut rendue à son fils Thierry, 
celui-ci reçut en fief de l'abbesse d'Essen l'avoue- 
rie deRellinghausen avec les revenus de l'avouerie 
sur les maisons d'Ehrenzell, Brockhof et Beck, 
mais les droits d'avouerie sur ces maisons res- 
tèrent à l'abbaye qui les fit exercer par ses officiers. 
Le 25 juin 1286, le comte Thierry engagea à l'ab- 
besse Berthe l'avouerie d'Ehrenzell (i). 

(1) F'uNCKE, Geschiclite des Fiïrstentimms iind der Stadt Essen. 
Elberfeld, i85i. 



428 

En i363, le comte Thierry de Limburg et 
Thierry de Limburg, fils d'Evrard, firent à Dus- 
seldorf un arrangement avec la prieure du mo- 
nastère de Rellingbausen, concernant l'exercice 
du droit de justice dans cette localité. Les deux 
parties, après avoir consulté leurs amis, recon- 
nurent qu'elles y avaient des droits égaux et 
qu'on partagerait les amendes. Cet accord est 
mentionné dans les conventions faites, en 1577 
et 1647, entre le chapitre et les possesseurs de 
l'avouerie. Celle-ci échut à Thierry VI, de Lim- 
burg, dans le partage de la succession de son 
père, en 1412. En 1474, elle fut donnée en dot à 
Lutgarde de Limburg, quand elle épousa le che- 
valier Kraft Steeke, en même temps que la partie 
de l'avouerie située dans la seigneurie d'Harden- 
berg avec goo florins donnés par son frère Guil- 
laume pour le rachat d'une somme pareille dont 
elle était grevée. L'inféodation qui en fut faite par 
l'abbesse d'Essen dut être ratifiée par les cinq 
frères de la future. Parmi eux il y en avait un qui 
était prévôt du couvent d'Aix-la-Chapelle. En 
i5i3, l'avouerie appartenait à Gosken Steeke, de 
Baldenei, fils de Kraft et de Lutgarde; lui-même 
avait épousé Stina de Vitinghof. 

L'historien de l'abbaye d'Essen, Funcke, dit, 
d'après Gelenius, que le possesseur du château de 
Baldenei était chambellan de l'abbaye d'Essen, 
avoué de Rellingbausen et maréchal de l'abbaye 
de Werden. Le château de Baldenei avait été 



429 

construit après la destruction du château d'Isen- 
burg, et près de celui-ci, avec les pierres prises 
dans ses ruines. 

Thierry VI frappa également différentes mon- 
naies à Broich. On connaît de lui un denier et 
quelques gros : 

* DIDQIRiab^ * GRGIVe: *. Même type que 
sur le n° 3i. 

Rev. ^ MORGirrîT ^ R0V2Î ^ Br^OGCI^. Type 
à la rose. 

PI. XII, n» 32. 

Notre collection. 

DIRia <g3 — ^ aOîTîSS * — <5 lil^BO *. Ecu 
au lion, la queue fourchée, posé dans un entou- 
rage triangulaire formé d'ogives reliées entre 
elles par des demi-cercles; dans les ogives, des 
quatrefeuilles, séparés de l'écu par des triangles. 

Rev. MonsnnT^ îrovtîîdcc t BRoai^i^^e:. 

La légende est précédée d'une aigle (?). Croix fleu- 
ronnée portant en cœur un écusson à la double 
aigle éployée. 

PI XII, no 34. 

Grote, Blâtter, etc., 187g. 

Ce gros a été publié par Grote (i), qui en indique 
le diamètre : 24millim. et le poids : is',75; c'est, 
dit-il, une imitation des monnaies frappées à Dùren 
par les ducs de Juliers Guillaume III (1398-1402) 
et Renaud (1402-1423). 

(1) Grote, Blâtter fur Mûnifreunde, n° 78 (1879), p. 658. 



430 

DIDSRIG)^ cS5 aO' Da <S3 lilMBOR?. Saint 
Pierre, à mi-corps, sous un portique; il tient de 
la main droite une croix longue. 

i?^?;. *MOne:m * — * 7Î RO V A * — * BROGCI^ *. 
Le revers est le même que l'avers du numéro pré- 
cédent : un écu au lion dans un entourage trian- 
gulaire. 

PI. XII, no 35. 

Revue de la numismatique belge, 1862. 

Grote, 1837, pi. VI, no 126. 

Grote attribue ce gros à Thierry VI. Il fait à son 
sujet quelques observations, qui ont un certain 
fondement car l'attribution de ce gros soulève des 
difficultés ; il en est de même des deniers que nous 
donnons à ce seigneur. 

Au point de vue de la classification des Rader- 
Albus, dit-il, celui-ci doit être antérieur à 1430; 
il peut, en ce cas, appartenir à Thierry VI, bien 
qu'on ne le voie nulle part qualifié de comte. Son 
père, Thierry V, posséda, il est vrai, le comté de 
Limburg et la seigneurie de Broich, mais il est 
mort à une époque qui ne permet pas de le lui 
attribuer, car ce serait trop reculer la date de son 
émission : cette pièce est postérieure à sa mort. 
Grote ajoute qu'il n'est pas à supposer qu'un aussi 
petit seigneur ait frappé monnaie en Westphalie 
et dans le Bas-Rhin, mais cette observation ne 
peut pas avoir la portée qu'il lui donne, parce que 
le gros décrit sous le numéro suivant prouve que 
l'un des deux Thierry, le père ou le fils, a frappé 



43i 

monnaie à Limburg et à Broich. On ne peut guère 
séparer ces monnaies, car elles sont contempo- 
raines. 

<S3 nnb^SODR -B aOUaS <^ LIMB? «3. Saint 
Pierre sous un portique, comme sur le n° 35, 
sauf que le saint porte une clef dans la main 
gauche. 

Rev. <5 MOn' — «3 RO V — LIM «? — <S3 BOR'. 
Écu au lion de Limbourg, dans un entourage qua- 
drilobé formé d'ogives alternant avec des angles; 
dans les ogives quatre petits écussons, le i" por- 
tant une aigle, le 2* et le 3^, un lion, le 4°, quatre 
pals. 

PI. XII, no 36. 
Notre collection. 

Ces écussons n'ont aucune signification parti- 
culière. Ils ne se rapportent pas aux armoiries de 
la famille ni à ses possessions, sauf peut-être le 
lion. 

On se demandera comment il se fait que 
Thierry VI ait frappé monnaie à Limburg, qui a 
appartenu à son frère Guillaume, et à quel titre il 
se qualifiait de comte. Ce seigneur a possédé pen- 
dant quelque temps, il est vrai, le comté en com- 
mun avec son frère, jusqu'au moment où ils 
firent une convention, que nous avons rappelée, 
pour le partage de la succession de leur père. 
J'hésite, toutefois, à admettre que chacun des 
deux frères ait battu monnaie en même temps. 

Quant au titre de comte qui se trouve sur les 



432 

deniers aussi bien que sur ces dernières mon- 
naies, il n'était pas porté exclusivement parle pro- 
priétaire du comté. Ainsi, l'on voit qu'au xiv^ siècle 
il a été porté par Jean, frère cadet de Thierry V. 
Henri, seigneur de Broich, le prend également 
sur ses monnaies, bien qu'il n'ait pas possédé 
Limburg; et quoique l'on ne retrouve pas dans 
les rares documents connus de cette époque qu'il 
soit qualifié ainsi, il l'est toutefois sur les deniers 
décrits aux n°^ 28 et 29, que je crois pouvoir lui 
attribuer d'une manière certaine, parce que le 
cimier surmontant le casque de l'écusson est celui 
de la branche de Broich, tandis que celui de la 
branche aînée était formé de deux vols ou queues 
de paon et d'un lion. 

Des découvertes ultérieures viendront peut-être 
donner un jour une vsolution plus certaine à ces 
difficultés. 

C"= Th. de Limburg-Stirum. 

{A suivre.) 



I 



433 



MÉDAILLE 



DU COMTE ET DE LA COMTESSE DU NORD 



DITE MEDAILLE DES PRINCES RUSSES 



GRAVÉE PAR VAN BERCKEL EN 1782. 




Au cours d'un voyage en Pologne, en Allema- 
gne, en Italie, en France et dans les Pays-Bas, le 
grand-duc de Russie Paul Pétrowitz et son épouse 
Marie Federowna s'arrêtèrent à Bruxelles, en 
juillet 1782. 

Les gouverneurs généraux Albert de Saxe- 
Teschen et Marie-Christine mirent tout en œuvre 



434 

pourdistraire leurs hôtes princiers, qu'ils comblè- 
rent de prévenances et d'attentions de toutes 
natures. C'est ainsi que la visite de la Monnaie 
de Bruxelles qu'ils firent faire à Paul Pétrowitz et 
à Maria Federowna, le ii juillet dans l'après- 
midi, n'eut d'autre objet que de ménager aux 
princes russes l'aimable surprise de recevoir, des 
mains mêmes de l'auteur, une médaille à leurs 
effigies, gravée par Théodore Van Berckel et 
frappéesous leurs yeux. La lettre suivante, adressée 
de Gand, le lo juillet 1782, par le secrétaire et 
conseiller d'Etat Crumpipen au trésorier général 
baron de Caziers, va nous renseigner complète- 
ment sur l'organisation de cette petite fête intime 
de la cour bruxelloise, qui coûta la somme, assez 
rondelette pour l'époque, de i,554 florins, argent 
courant de Brabant. 

« Monsieur le trésorier général, 

» Il m'est ordonné de vous prévenir (Jue 
LL. AA. RR. conduiront le Comte et la Comtesse 
du Nord demain à quatre heures de l'après-midi 
à la Monnaie, où je suis chargé de vous prier de 
voustrouver.Onneparcourrera pas les chambres, 
et on n'examinera pas les détails de la manipula- 
tion. On se contentera de voir frapper quelques 
souverains et couronnes et même on n'y restera 
qu'un quart d'heure ou demi heure tout au plus, 
on ne fait même cette visite que pour donner lieu 
à la surprise de voir sortir d'une presse la médaille 




435 

que le graveur a faite. Je suis chargé de vous 
prier d'arranger les choses de manière qu'on soit 
conduit, après avoir vu battre des souverains, 
dans une pièce où on battra pour la forme quinze 
ou vingt de ces médailles, mais d'en faire battre 
auparavant quatre en or et cent en argent. Van 
Berckel lui-même présentera deux en or au Comte 
du Nord et deux en or à la Comtesse. Il donnera une 
médaille d'argent à chacune des personnes de la 
suite de LL. AA. RR. qui seront dans la 
chambre avec les Princes, et il en offrira nommé- 
ment aussi une d'argent à l'archiduchesse et une 
autre à Mgr le duc Albert. S'il en faut d'autres 
plus tard, LL. AA. RR. le feront dire, mais 
tout doit être arrangé dans l'esprit de la sur- 
prise. 

» P. S. — Comme il faut quatre médailles en 
or pour le Comte et la Comtesse du Nord, vous 
pourriez faire frapper d'avance douze en or dont 
vous me ferez remettre huit par M. Vander- 
veld, etc., etc. » 

* 



* 



Les prescriptions du conseiller Crumpipen 
furent ponctuellement observées et Van Berckel 
offrit lui-même deux médailles d'or au comte du 
Nord et à la comtesse deux autres médailles d'or. 
Il présenta ensuite une médaille d'argent à Son 
Altesse royale Madame l'archiduchesse, à Son 
Altesse royale le duc Albert et à chacune des per- 



436 

sonnes suivantes : Son Altesse le prince Star- 
hemberg, Son Excellence le prince de Gavre, 
Son Excellence le prince de Grimberghe, monsieur 
le comte de Sart, monsieur le baron de Kempelen, 
monsieur le bai on de Seekendorff, monsieur le 
conseiller d'Etat, secrétaire d'Etat et de guerre 
Crumpipen, monsieur le baron de Caziers, 
madame la grande-maîtresse de la comtesse du 
Nord, Son Excellence la princesse de Gavre et 
madame la comtesse deSart.Le même jour, furent 
remises à la secrétairerie d'État 8 médailles d'or et 
60 d'argent, le lendemain 12 juillet, 4g autres 
médailles d'argent furent encore déposées au 
même endroit. Van Berckel avait frappé en tout 
12 médailles d'or, pesant chacune un marc sept 
onces et trois esterlins au titre des ducats, et 
148 médailles en argent dont il garda 28 pour 
compte, le Gouvernement n'ayant fait usage que 
de 12 médailles d'or et de 120 médailles d'argent. 

Van Berckel nous montre les bustes conjugués 
du comte et de la comtesse du Nord, en profil 
droit, entourés de la légende : PAUL'PETROW • 
et MAR • FEDEROWNA MAGNI RUTHEN • 
DUCES. Sous la coupure du bras de Paul les 
initiales de l'auteur, T. V. B. Le revers offre un 
trophée bizarrement composé d'emblèmes com- 
merciaux, scientifiques et guerriers. 

A l'exergue : BRUXELLIS. | MENSEJUL. | 
MDCCLXXXII. 

La médaille des princes russes est à classer 




437 

parmi les meilleures productions du célèbre gra- 
veur général des Pays-Bas autrichiens. L'œuvre de 
Van Berckel ne se ressent guère de la hâte qu'il 
dut mettre à l'exécuter. Le modelé hardi des têtes 
nous donne même le sentiment d'une certaine 
recherche de réalisme ; seules, les chevelures lais- 
sent quelque peu à désirer et ne présentent pas la 
finesse de burin habituelle à l'artiste. 

Les coins de la médaille existent encore aujour- 
d'hui à la Monnaie de Bruxelles (i). Les renseigne- 
ments que nous venons de publier à son sujet ont 
été puisés par nous aux archives de Belgique. 



* 
* * 



Paul Pétrowitz était fils du Czar Pierre III de 
Holstein-Gottorp et de Catherine II, d'Anhalt- 
Zerbst. Il naquit le i octobre 1754; notre médaille 
le représente donc à l'âge d'environ vingt-huit ans. 
Paul épousa en premières noces (10 octobre 1773) 
une des filles du landgrave de Hesse-Darmstadt, 
Nathalie Alexéievnaeten secondes noces (18 octo- 
bre 1776) la princesse de Wurtemberg, Marie 
Federowna. Après la mort de sa mère Catherine II, 
Paul P"" devint empereur de Russie, le 17 novem- 
bre 1796. Il mourut, étranglé, dit-on, dans son 
palais par quelques seigneurs russes mécontents, 

(1) PioT, Catalogue des coins, poinçons et matrices, etc., 2^ édition, 
nos 987 à 989. 

Année 1896. 3o 




438 

le 23 mars 1801. Sa veuve lui survécut jusqu'au 
5 novembre 1828. On voit que le comte et la com- 
tesse du Nord étaient des personnages de marque 
et l'on s'explique , dès lors, les prévenances dont ils 
furent l'objet, à leur passage à Bruxelles, de la part 
de l'archiduchesse Marie-Christine et de son époux 
Albert de Saxe-Teschen. 

Alphonse de Witte. 



I 



4^9 

LE NOM DE JÉSUS 

EMPLOYÉ COMME TYPE 

SUR LES MONUMENTS NUMISMATIQUES DU XV^ SIÈCLE 

PRINCIPALEMENT EN PRASCE ET DANS LES PAYS VOISINS. 
Suite (i). 



Planche XIII, 



Quelques médaillons d'art italien, à l'examen 
desquels nous n'avons malheureusement songé 
qu'un peu tard, et lorsque notre travail était déjà 
fort avancé, doivent maintenant nous occuper. 
Nous en donnons ici la description : 

2. COEPIT • FACERE • ET • POSTEA • 
DOCERE. Effigie en buste de Bernardin de Sienne, 
tournée à gauche. Le saint, tout courbé, porte l'habit 
de son ordre, et a sous le bras un livre fermé. 
Ses traits, vieillis et amaigris, sont protégés par un 
capuchon de forme arrondie au sommet. La tête 
est légèrement ornée d'une auréole consistant 
en quelques rares rayons de modeste étendue. 

Rev. MANIFESTAVI • NOMEM (2) • TVVM • 
HOMINIBVS. Dans un cercle de douze rayons 
flamboyants, brochant sur un nombre indéfini 
de rayons droits, que, volontiers, nous dirions 

(1) Voir Revue, 1896, p. 3i3. 

(2) Cette faute dans le mot NOMEN, improprement écrit NOMEM, 
existe sur le médaillon. 



440 

ardents, le nom de Jésus figuré par le mono- 
gramme vl]Q crucifère. Les bras delà croix formés 
par le tiret horizontal traversant le montant de la 
lettre 1] sont surmontés de l'écriteau de Pilate, 
mais sans inscription. On lit dans les espaces 
vides entre les rayons flamboyants : ANTONIO • 
MARESCOTO • DA • FER ARA • F {ecit). 

Des deux côtés de la pièce les légendes sont en 
caractères romains. 

Médaillon en bronze du diamètre PI. XIII, fig. 6 (i). 

de 75 millimètres. 

La légende qui accompagne l'effigie de Bernardin 
de Sienne est l'application à ce religieux, aussi 
éminent par le savoir que par ses vertus, d'un 
texte emprunté aux Actes des Apôtres, et dans 
lequel saint Luc rappelle ce qu'il a écrit déjà pour 

(i) Une gravure de celte pièce, particulièrement importante, a été 
publiée dans le Trésor de Numismatique et de Glyptique, série des 
Médailles coulées et ciselées en Italie, Paris, 1834, t. II, pi i3, fig. 4. 
Le médaillon était alors la propriété de M. Rollin, à Paris. Il ne 
paraît pas que ce soit l'exemplaire qui repose actuellement au Musée 
de Berlin, donné en phototypie par Julius Friedlaender dans ses 
travaux sur les Médailles italiennes de 1430 à i53o. Ce dernier exem- 
plaire a été signalé depuis par Aloïss Heiss dans ses recherches sur 
les Médailleurs de la Renaissance. Alfred Armand n'a pas manqué 
non plus de donner une description sommaire de notre médaillon 
dans Les Médailleurs italiens des quinpème et sei:{ieme siècles, 
!''« édition, 187g, p. 16, et 2« édition, i883, t. I, p. 28. Voir, en outre, 
le Muséum Ma^^^uchcllianum. Venetiis, 1761 , 1. 1, pi. g, fig. 1 . L'habile 
graveur de la Revue, M. G. Lavalette, a utilisé pour l'exécution de sa 
planche le livre de Friedlaender, mis gracieusement à sa disposition 
par M. Camille Picqué. 



441 

la glorification du Sauveur, « de omnibus quœ cœpit 
Jésus facere, et docere...-» (i) 

Quant à la légende du revers, autour du mono- 
gramme sacré, elle est tirée de l'admirable Discours 
après la Cène, tel que saint Jean nous l'a transmis 
dans sa version de l'Evangile. Le disciple bien- 
aimé y fait ainsi s'exprimer Jésus dans ses invoca- 
tions au Père éternel : « Pater,... manifestavi nomen 
tuum hominibus quos dedisti mihi de nmndo... ». 

On comprend aisément l'application qui est 
faite, sur le médaillon, de la première partie de 
ce texte à Bernardin de Sienne, parlant en ces 
termes à Jésus-Christ : MANIFESTAVI NOMEN 
TVVM HOMINIBVS. On remarquera, au surplus, 
que le même texte a toujours été considéré par les 
frères de son ordre comme étant celui qui caracté- 
risait le mieux la mission du saint sur la terre, 
mission particulièrement consacrée à l'exaltation 
du nom du Sauveur. 

Dans une Vie de saint Bernardin, imprimée 
à Cologne en 1483 parmi divers suppléments à la 
Légende dorée, nous lisons ce passage tout parti- 
culièrement significatif : « Approprinquante hora 
qua spiraret ad Dominum, morem sui patris Francisa 
seqtiens, se poni fecit in terrain, et statim quasi ridens, 
spiravit ad celas, videlicet ad Deuni qui miser at illum, 

(1) Actus Apostolorum, cap. I, v. i. — Saint Mathieu (cap. V, v. ig) 
avait déjà mis dans la bouche du Sauveur, formant ses disciples à 
pratiquer leurs enseignements, ces propres paroles : « Qui autem 
fecerit et dociierit, hic magnus vocabitur in regno cœlorum. » 



442 

w vigilia Ascensionis dominicœ, die Mercurii, hora 
xxij, in qua die per fratres, antea illa, ducebatur 
occurrens: Pater, manifestavi nomen tuum homini- 

BUS QUOS DEDISTI MIHI, NUNC AUTEM PRO EIS ROGO ET 
NON PRO MUNDO, QUIA AD TE VENIO... » (l). Il aurait 

été difficile de mieux condenser, en même temps 
que d'approprier plus heureusement à la circons- 
tance, le texte déjà visé de l'Evangile selon saint 
Jean, chapitre 17, versets 5, 6, g et i3. On peut bien 
dire, d'autre part, que l'esprit de saint Bernardin 
de Sienne a des mieux inspiré, dans la composition 
de notre médaillon, types et légendes, l'auteur ou 
les auteurs de cette œuvre de haut intérêt. 

3. Autre médaillon à l'effigie de Bernardin de 
Sienne. Cette effigie serait d'une assez complète 
similitude de travail avec celle du médaillon 
précédent pour qu'Armand ait pu considérer les 
deux pièces comme étant sorties de la main du 
même artiste, Antonio Marescotti (2). 

Le second médaillon est sensiblement plus 
grand que le premier, son module ne mesurant 
pas moins de 96 millimètres. Il est représenté dans 
les planch es du Muséum Mazzuchellianum (3) , d'après 
un exemplaire indiqué comme n'ayant pas de 

(i) Legenda Sanctorum aurea, qiiœ alio nomine dicittir Hystoria 
longobardica, (Colonise) 1483 ; fol 402, col. 3 et 4. 

(2) Les médailleurs italiens, 1879, p. 16; i883, p. 28. Nous n'avons 
pas eu l'occasion de pouvoir vérifier les données qui ont servi de base 
à Armand pour asseoir son opinion. 

(3) T. I, pi. g, fig. 2. (Armand, loc. cit., 1879, p. 17.) 



443 

revers. La légende, que l'on nous dit être en belles 
capitales gothiques rangées en cercle autour de 
l'effigie, est ainsi reproduite par Armand, quant à 
sa composition : q< lU • RO^me: • II^G: (i) • 

Il semblerait assez, d'après certaines proba- 
bilités dont il convient de tenir compte, que le 
second des médaillons à l'effigie de Bernardin de 
Sienne (notre n° 3) était, comme le premier, destiné 
à avoir un revers, et que ce revers devait, aussi, 
être au nom de Jésus en monogramme, accom- 
pagné de ses douze rayons mystiques, suivant le 
type adopté par le fervent Observantin. 

Sur ce dernier point, un troisième médaillon, à 
l'effigie, cette fois, d'un doge de Venise, pourrait 
bien ne pas être inutilement à rapprocher des 
deux précédents. Le voici : 

4. (Légende en caractères romains:) NICOLA VS * 
MARCELLVS • DVX. Buste du doge Nicolas 
Marcello, appelé à cette dignité en 1478, vers 
l'âge de quatre-vingt-six ans, mort en 1474. Le 
buste est signé des lettres G. T. F., qui n'ont pu 
servir encore à en faire découvrir l'auteur. 

Rev. (Légende en capitales gothiques, parmi les- 
quelles il en est plusieurs qui sont liées : ) >ï* IR • 

(1) Nous pensons qu'il a dû se glisser ici quelque erreur de trans- 
cription, et qu'il convient de lire Il^CJi» au lieu de II^S. — On ne 
sera pas, d'ailleurs, sans remarquer que le nom de Jésus commence ici 
par un I, alors qu'il commence par un W dans le monogramme figuré 
au centre du type. 



444 

nomiva- ihja • o mua • caim • PijSGcniTTriiaR 
• eceijeisnnia • rr.aRssnnRia z mpeiRno. Le 

monogramme Jjl)5 crucifère, au centre à^une gloire 
en forme de cercle entouré de rayons ardents et de 
rayons flamboyants, ceux-ci au nombre de douze. 
Rien ne saurait donner mieux l'idée de la magnifi- 
cence de ce symbole que la reproduction scrupu- 
leusement exacte qui suit (i) : 




Médaillon de bronze du diamètre de 96 millimètres. Exemplaire 
du Cabinet des médailles, à Paris. Communication obligeante 
de M. Henri de la Tour. 

(1) Voir la gravure de ce médaillon, pour le droit et le revers, déjà 



445 

Le xv^ siècle a été le plus beau temps des 
médaillons italiens, exécutés presque tous par des 
artistes de haute valeur. Aussi ces médaillons 
rendent-ils chaque jour encore les plus grands 
services aux études iconographiques par les 
portraits des célébrités les plus diverses qu'ils ont 
transmis à la postérité, ainsi que par les sujets 
dont traite le revers, et qui intéressent le plus 
souvent, sur quelque point, la biographie des 
personnages représentés. Malheureusement, on 
ignore en général beaucoup trop sur la commande 
de quels intéressés, et sous les inspirations de 
quels hommes instruits, plus ou moins versés 
dans l'art des devises, ces mêmes artistes ont eu 
à travailler. 

PourcequiconcerneparticulièrementBernardin 
de Sienne, la grande vénération, l'admiration 
sans bornes dont ses vertus évangéliques et ses 
talents oratoires l'avaient rendu unanimement 
l'objet dans toute l'Italie, suffiraient bien, sans le 
moindre doute, pour expliquer l'existence des 
médaillons faits en son honneur. Il n'y aurait, 
d'ailleurs, rien de surprenant à ce que les Frères 



donnée dans le Trésor de Numismatique, t. II des Médailles italiennes, 
pi. 26, fig. 4. L'exemplaire d'après lequel la gravure a été faite y est men- 
tionné comme appartenant au Musée Impérial de Vienne. Le revers de 
celui du Cabinet de France, qui a servi pour la gravure de la vignette 
ci-dessus, se trouve reproduit en phototypie dans le Saint François 
d'Assise, édition de grand luxe de la maison Pion, Nourrit et Oe, 
Paris, i885, gr. in-40, pi. 2g, en regard de la page 3i2, fig. 4. 



446 

Mineurs de TObservance ne fussent pas demeurés 
étrangers à la composition de ces monuments, 
tant le tout s'y trouve, pour le choix des légendes 
comme pour les types, en harmonie parfaite avec 
l'esprit deleurordre et les enseignements du saint. 

Nous avons donné ci-dessus les explications 
que pouvaient comporter utilement les deux 
légendes du premier médaillon. Quant au texte 
In nomine Jhesu, omne genu flectatur, cœlestium, 
terrestrium et infernorum, qui encadre, sur le 
second médaillon , l'effigie de Bernardin de Sienne, 
on serait tenté, pour si peu qu'on en médite 
l'esprit, de se croire en présence de quelque 
précepte dont il aurait arrêté la formule, si l'on ne 
se rappelait que l'exhortation est tirée en réalité 
de l'un des passages les plus saillants de l'Epître 
de saint Paul aux Philippiens (i), celui même que 
tout le monde catholique entend lire chaque 
année à la messe du dimanche des Rameaux. La 
parole de l'Apôtre ne pouvait assurément trouver 
un plus complet à-propos qu'ainsi placée dans la 
bouche de Bernardin de Sienne. 

Antonio Marescotti, qui peut avoir exécuté, 
comme le suppose Armand, les deux médaillons 
reproduisant les traits du célèbre religieux, et qui, 
dans tous les cas, est bien certainement l'auteur 
de celui décrit en première ligne (2), est présenté 



(1) Cap. II, V. 10. 

(2) N° 2 de nos descriptions 



447 

comme ayant travaillé de 1446 à 1461. On a vu 
déjà que Bernardin de Sienne mourut en 1444 et 
qu'il fut canonisé en 1450. Il résulterait de ces 
données que les médaillons n'ont pu qu'être faits 
assez peu de temps après sa mort. 

Quant au médaillon du doge de Venise, Nicolas 
Marcello, dont l'importance ici consiste surtout 
dans le monogramme sacré occupant le revers, on 
sait déjà qu'il ne paraît pouvoir être que de 1473 
ou 1474. A cette époque, et en Italie surtout, le 
culte rendu au nom de Jésus depuis plus d'un demi- 
siècle était parvenu à son plus complet dévelop- 
pement, et n'était pas moins pratiqué dans la vie 
civile, la vie parmi le siècle, suivant l'expression 
du temps, que dans la vie religieuse proprement 
dite. Il n'est certes besoin d'aucune autre consi- 
dération pour expliquer, sur le médaillon vénitien, 
la présence de l'emblème alors honoré et glorifié 
de tous. 

On a vu, en lisant la description du médaillon, 
que la lettre des légendes est toute différente d'un 
côté à l'autre de la pièce. Aussi est-il hors de 
doute que le droit et le revers ne sont pas d'une 
même exécution. De l'avis d'archéologues des plus 
compétents, il ne serait pas impossible que ce 
revers, où l'expression du chiffre divin répond si 
bien à la représentation qu'en avait adoptée 
Bernardin de Sienne, eût d'abord servi pour quel- 
que médaillon à l'effigie de ce dernier. On ne peut 
pas ne pas remarquer, en effet, un rapport franche- 



448 

ment accusé entre le revers dont il s'agit et le grand 
médaillon au buste du saint, sans revers connu jus- 
qu'ici, n° 3 de nos descriptions. Même module de 
96 millimètres ; mêmes caractères gothiques pour la 
légende; même disposition de celle-ci, en sa forme 
d'un cercle complet. Ce qui pourrait laisser quelque 
doute,quantàlaquestiondesavoirsiletoutajamais 
été employé à la composition d'un même médail- 
lon, c'est que la légende aurait été la même au droit 
et au revers. Nous abandonnons la solution de cette 
difficulté aux appréciations du lecteur (i), pour 
nous livrer à l'examen d'une autre question qui 
nous préoccupe davantage ici : nous voulons parler 
de la composition du monogramme sacré, telle 
qu'elle ressort de l'étude des productions italiennes. 

Lorsqu'en ces derniers mois, avec plus d'en- 
traînement pour la grandeur du sujet que de 



(1) Ce qu'Armand a avancé, tout au moins dans la première édition 
de son travail (p. 34), en écrivant que le revers du médaillon de Nicolas 
Marcello « a été emprunté à la médaille de saint Bernardin, ouvrage 
d'Andréa Guaccialotti », n'est pas seulement une erreur de nom ; on 
peut dire, sans la moindre méchanceté, que l'auteur s'est perdu com- 
plètement dans ses souvenirs. Non seulement il n'existe pas de médaille 
de saint Bernardin de Sienne sortie de la main d'Andréa Guaccialotti, 
mais ce serait bien en vain que l'on chercherait dans les différents 
volumes mis au jour par Armand une médaille du même saint ayant 
le revers indiqué. 

Des médailles de Bernardin de Sienne connues jusqu'à présent, une 
seule, classée par Armand, sous le 2, dans l'œuvre d'Antonio Marescotti 
(n° 3 du présent Mémoire), est à la lég^de In nomine Jhesn, etc ; et 



449 

préparation pour le traiter, la pensée nous est 
venue de nous mettre à la rédaction de ce Mémoire, 
jamais encore nous n'avions songé que le mono- 
gramme du nom du Sauveur, tel que saint Bernar- 
din de Sienne le présentait à l'adoration de son 
auditoire, pût commencer autrement que par un t 
ou un t. Il y avait là, de notre part, une faute 
lourde, et d'autant plus fâcheuse que la première 
partie de notre travail a été écrite, et même 
imprimée, sous l'influence de cette idée pré- 
conçue (i). Nous remettrons ici les choses dans 
l'état où elles auraient dû être placées tout d'abord. 

Il est connu, et nous l'avons déjà rappelé (2), 
que l'on expose à la piété des fidèles, dans l'église 
de Sainte- Marie m Ai'a Cœli, des Pères de l'Obser- 
vance, à Rome, un petit tableau sur lequel est 
figuré le monogramme du nom de Jésus, et 
présenté comme ayant été porté par saint Ber- 
nardin de Sienne dans ses missions. Le même 
tableau, sommairement désigné sous le titre de 
« Monogramme d'Ara C^/i», aurait servi en outre 
à saint Jean de Capistran (3). 

Dans la situation qu'a prise la question, il nous 

cette légende n'y accompagne pas un monogramme du nom divin, 
mais bien l'effigie même du religieux vénéré. 

(1) Ce n'a été qu'au moment de la correction des épreuves que nous 
avons pu y porter quelque remède. 

(2) Revue, 1896, p. 348; tirage à part, p. 3i. 

(3) Ibid. — 11 s'agit de notes tirées de l'Année liturgique à Rome, 
de Mgr Barbier de Montault. 



était d'un grand intérêt de savoir et de pouvoir 
dire en quoi consiste, en réalité, cette relique 
vénérée. Une gravure que nous avons pu récem- 
ment nous en procurer, avec divers renseigne- 
ments (i), nous permet de parler aujourd'hui sur 
ce sujet en assez pleine connaissance de cause. 
Ainsi pouvons-nous dire que le tableau est carré 
et qu'il mesure la dimension de trente-quatre cen- 
timètres et cinq millimètres sur chacun de ses 
côtés. Le centre est occupé par un monogramme 
crucifère du nom de Jésus, inscrit dans un cercle 
d'où jaillissent des flots de lumière, figurés par une 
multitude de rayons droits accompagnés de 
rayons flamboyants, qui leur sont superposés. Cet 
ensemble a pour encadrement un listel affectant 
la forme de quatre arcs de cercle disposés en croix 
et séparés les uns des autres par un pareil nombre 
d'angles saillants. Le texte, déjà cité (2), des 
Épîtresde saint Paul, IN NOMINEIHESV OMNE 
GENV FLECTATVR, CELESTIVM, TERRES- 



(1) Nous adressons nos remerdments les plus sincères aux religieux 
éminents auxquels nous devons ces renseignements, pour la parfaite 
obligeance qu'ils ont bien voulu mettre à nous les procurer. Tous nos 
hommages, en conséquence, auT. R. P. Raphaël d'Aurillac, Procureur 
Général des Franciscains, à Rome ; au T. R. P. Louis-Antoine de 
Porrentruy, Provincial des Frères Mineurs Capucins, à Marseille, 
appelé depuis à Rome pour faire partie du Conseil du Ministre 
Général de la Congrégation ; et aussi au R. P. Léon de Lyon, du même 
Ordre, conservateur du Musée franciscain du couvent des Capucins, 
à Marseille. 

(2) Voir ci-dessus, au n° 4 de nos descriptions. 



45, 

TRIVM ET INFERNORVM, tout en capitales 
romaines (i), se poursuit d'un bout à l'autre du 
listel, et celui-ci est soutenu par quatre anges, 
cantonnés dans les quatre coins du tableau. 

Complétons cette description par quelques par- 
ticularités d'un intérêt plus spécial. Les rayons 
flamboyants, autour du cercle dans lequel est 
inscrit le monogramme divin, sont bien au nom- 
bre de douze comme sur les médaillons italiens, 
n**^2 et 3 de nos descriptions, et sur l'enseigne de 
piété, n^iimaisaulieu d'être touségalementespacés 
entre eux, comme nous les avons vus jusqu'à 
présent, ils sont ici réunis trois par trois, et placés 
de manière à produire, en leurs quatre groupes, 
l'apparence d'une croix. D'autre part, la première 
lettre du monogramme divin est très distinctement 
un y comme sur les médaillons décrits. Par un 
effet d'enjolivement, très artistement rendu, le 
peintre a dessiné les trois lettres et le trait hori- 
zontal d'abréviation comme si le tout était com- 
posé de morceaux de ruban ajustés et collés à la sur- 
face du tableau, à l'exception de leurs extrémités, 
laissées flottantes. Il eût été difficile d'allier à cette 
composition toute gracieuse les clous de la passion 
du Sauveur; aussi n'en remarquons-nous aucune 
trace sur la croix qui résulte de la hampe de la 

(i) C'est, du moins, ce qui résulte de la gravure que nous avons sous 
les yeux, mais dont l'exactitude, pour ce qui concerne la forme des 
caractères de l'inscription, ne nous paraît pas offrir de garantie 
absolue. 



452 

lettre i) et du trait d'abréviation dont elle est tra- 
versée, encore bien que ces clous fi.i^urent assez 
généralement sur les plus anciens monuments de 
la dévotion mise en pratique par saint Bernardin. 
Que le Monogramme d'Ara Cœli ait été à l'usage 
de saint Bernardin, c'est un fait dont il n'y a pas 
à douter. Ce qui nous paraît moins certain c'est 
qu'il soit le tableau dont le. même saint a fait 
montre le plus habituellement dans le cours de ses 
missions et de ses prédications. Ce dernier tableau 
devait être de forme circulaire, et limité, en tous 
cas, à l'image du nom sacré, tout rayonnant dans 
sa gloire, sans aucune addition d'anges. Ainsi le 
font voir deux des plus anciennes représentations 
du saint, remontant l'une et l'autre au xv^ siècle, et 
dans lesquelles il est figuré avec les attributs le 
plus propres à le caractériser (i) ; il devait, en 
outre, d'après le témoignage des mêmes sources, 



(i) Nous avons déjà cité une de ces deux pièces iconographiques 
{Revue, 1896, p. 341 ; tirage à part, p. 29) ; c'est l'estampe, genre criblé, 
où saint Bernardin est représenté, préchant en plein air, et dont une 
phototypie se trouve tant dans le livre intitulé La Gravure, par le 
vicomte Henri Delaborde, que dans le Saint François d Assise, 
splendide publication de la maison Pion, Nourrit et C'^, Paris, i885, 
p. 33o. Dans les deux ouvrages, l'estampe est présentée comme étant 
de 1454. Nous ne sommes pas bien sûr, quant à nous, que la date qui 
y est gravée ne soit pas 1474. 

Quant à la seconde des dites anciennes représentations de saint 
Bernardin, on peut la voir également dans le Saint François d'Assise 
de l'édition Pion, etc. C'est une miniature reproduite d'après un 
antiphonaire du xV siècle, conservé au Musée de Nuremberg. 



453 

être muni, dans sa partie inférieure, d'une sorte 
de tige ou de manche permettant de le tenir à la 
main et de l'exposer aux regards de ses auditeurs, 
comme on aurait fait d'une monstrance (i). Le saint 
a donc eu plusieurs tableaux au chiffre divin, et 
l'on ne peut pas dire, aussi longtemps qu'on ne 
sera pas mieux renseigné, qu'ils aient tous, en 
dehors des trois lettres sacramentelles, été conçus 
uniformément à certains égards, notamment pour 
ce qui concerne la présence ou l'absence des clous 
de la Croix, et l'agencement des douze grands 
rayons autour du nom de Jésus. 

Cette observation ne fait rien perdre de son 
intérêt au Monogramme à' Ara Cceli; mais elle 
démontre qu'il ne peut, à lui seul, suffire pour fixer 
les idées en ce qui concerne la composition de 
l'emblème divin, tel que Bernardin de Sienne l'a 
offert à la vénération des peuples ; il faut s'aider, 
en outre, pour se former solidement une opinion 
sur ce point, des éléments que nous ont conservés 
les médaillons italiens. Ce que nous considérons 
comme la vérité, en tenant compte de tout, c'est 
que saint Bernardin ne s'est pas arrêté à un type 
immuable jusque dans les détails, et qu'il a, au 
contraire, admis dans ceux-ci les variétés concilia- 
blés avec l'essence de son modèle. Mais l'usage en 
Italie, du moins l'usage le plus ordinaire (2), à 

(1) C'est le nom que l'on donnait alors aux ostensoirs. 

(2) L'usage le plus ordinaire, disons-nous, mais non pas absolu. 
Voir la note à la page 448, Sg des tirés à part. 

Année 1896. 3i 



454 

l'époque où les aspirations de son zèle y ont fait 
triompher le culte du nom de Jésus, était d'expri- 
mer le commencement du nom par un J, ce qui 
donnait vljCSUS, et, quand on voulait le repré- 
senter en abrégé, de le faire au moyen des trois 
lettres jl)5, alors que dans les contrées du Nord 
on écrivait il)S^ il)C (i), etc. Saint Bernardin se 
conforma, pour le choix du type qu'il voulait 
glorifier, à l'expression habituelle du nom, comme 
elle était surtout connue dans son pays, et nous 
ne voyons pas qu'il se sait jamais, en ce point, 
écarté de sa première conception. Les variantes 
nombreuses qui ne tardèrent pas à se produire 
dans le tracé du monogramme (2) furent, pour la 

(1) Sur les monnaies d'or dites Nobles frappées en Angleterre dès 
le règne d'Edouard III, qui mourut en iSyy, le nom de Jésus est ainsi 
formulé : 11^(1, au commencement de la légende du revers, Jesiis 
autem transiens, etc. 

(2) Un assez grand nombre de ces variantes, rapportées au « Type 
de saint Bernardin de Sienne » sans trop de justification parfois, sont 
figurées dans le Saint François d'Assise de l'édition Pion, etc., 
pp. 292, 329, 33o, 33 1, 359; pi. 29, en regard de la p. 3 12, fig. 4 et 5; 
et pi. 35, en regard de la p. 43o, sur la prédelle de la scène représentée. 

Dans les parties de l'ouvrage qui traitent des époques postérieures 
à la vie de saint François, les auteurs nous montrent (pp.329, 33o) 
saint Bernardin de Sienne, à peine arrivé dans telles villes où il venait 
prêcher une mission, peignant lui-même ou faisant peindre sous sa 
direction quelque tableau au monogramme du nom de Jésus entouré 
de rayons d'or, puis, bientôt, quand ses prédications étaient commen- 
cées, distribuant « d'innombrables tablettes sur lesquelles était repré- 
senté ce nom glorieux... « 

Les mêmes auteurs nous font voir encore, après Jeanne d'Arc et 
sainte Colette de Corbie, après sainte Jeanne de Valois, tertiaire de 



455 

plupart, le résultat de copies faites hors de l'Italie 
et sous l'influence d'éléments orthographiques 
différents de ceux que l'Italie avait adoptés. 

Mgr X. Barbier de Montault, dont la vaste éru- 
dition iconographique, au point de vue de l'art 
chrétien, est si généralement appréciée, veut bien 
nous écrire ce qui suit : 

« La forme jl)5 est italienne ; elle est antérieure 
à saint Bernardin. 

» J'en connais plusieurs exemples à Rome. Je 
l'ai trouvée à la cathédrale de Côme également. 

» Je n'en connais pas d'exemple en France... » 

Les déclarations du savant prélat sont à rappro- 
cher de ce que nous avons dit, sous le n° i de nos 
descriptions, en publiant le méreau-enseigne que 
le cordelier Frère Richard faisait porter par les 
Parisiens en l'an 142g; méreau qui accuse si bien 
les deux caractères, méridional et septentrional, 

Saint-François et fondatrice de l'ordre des Annonciades, cet autre 
tertiaire, Christophe Colomb, le grand Génois, s'adonnant au culte du 
nom de Jésus : « Tous les écrits, constatent-ils, les rapports, les lettres 
de Christophe Colomb portent en tête les noms sacrés de Jésus et de 
Marie, et son invocation habituelle est cette belle prière : Jésus, cum 
Maria, sit nobis in via » (p. 346). 

Outre les sources, pour l'étude du monogramme divin, que nous 
avons mentionnées au cours de notre travail, nous ne pouvons nous 
dispenser de citer également les Caractéristiques des Saints dans l'art 
populaire, parle P. Cahier, Paris, gr. in-4<^, t. I, aux mots Auréole, 
Chiffre, etc. 



456 

dans la double forme qu'y revêt le symbole du 
nom sacré. En même temps, les divers emblèmes 
représentés sur cette pièce sont si correctement 
exprimés, que l'on se sent, avec elle, tout aux 
débuts, encore, de la dévotion qu'elle concerne. 
Mais ce serait très vainement, pensons-nous, que 
l'on se demanderait où elle peut avoir été faite, 
tant elle convient, sous le rapport des indices 
topographiques, aussi bien à Rome qu'à Paris, à 
l'Italie qu'à la France, et réciproquement. Le seul 
point qui paraisse incontestable, quant à la ques- 
tion d'origine, c'est qu'elle doit le jour aux reli- 
gieux de saint François (i). 

(i) Ainsi que nous l'avons dit plus haut, Leber a publié autrefois, 
en proposant d'y voir quelque exemplaire du méreau du Frère 
Richard, une pièce de plomb qui ne pouvait être à aucun titre ce pour 
quoi il la présentait. Nous donnions à entendre, dans la première 
partie de ce Mémoire (Revice, i8g6, p. 344; tirage à part, p. 32), que 
nous réfuterions l'attribution de Leber. 

Nous avons pu juger, depuis lors, que des raisonnements étendus, 
à propos de cette matière, seraient aujourd'hui tout à fait surabondants 
et inutiles, ce dont nous nous sommes aperçu en relisant certain article 
de Danicourt, concernant des « Enseignes et médailles d'étain ou de 
plomb trouvées en Picardie ^y, inséré dans la Revue Numismatique 
française, année 1887, pp. 49 à 67. 

Une des pseudo-monnaies provenant d'évêques des Innocents 
d'Amiens, publiées par Danicourt dans l'article dont il s'agit, est 
semblable, pour l'un des côtés, à celle dans laquelle Leber avait cru 
reconnaître le méreau du Frère Richard. En partant de ce point, il est 
aisé de conclure avec assurance, de ce que l'on sait actuellement, que la 
pièce découverte par Leber n'a jamais été, ainsi que celle recueillie 
par Danicourt, autre chose que la monnaie de liesse d'un évêque des 
Innocents, sorti de l'abbaye de Saint-Martin-aux-Jumeaux d'Amiens, 



457 

Nous considérons comme étant de la même 
époque encore, à bien peu près, l'enseigne ou le 
méreau dont la description suit : 

5. La Sainte-Vierge, couronnée, nimbée, ayant 
dans les bras l'enfant Jésus, se tient debout sur un 
navire conduit par deux anges, montés sur les 
galeries de poupe et de proue. 

Rev. Dans un cercle tout uni qui lui sert d'enca- 
drement, le nom de Jésus figuré parle monogramme 
crucifère, ayant ici pour première lettre un t. 
Trois clous de la Passion complètent le chiffre 
divin, fixés à la croix comme on les a vus sur le 
méreau du Frère Richard ; et, comme sur ce 
méreau, également, ledit monogramme est accosté 
de deux gros points quadrilatéraux. 

Plomb ou étain. Diamètre de PI XIII. fig. 7. 

22 millimètres environ. 

Nous ne connaissons cette enseigne que par la 
gravure qu'en adonnée Arthur Forgeais (i), avec 

haut dignitaire postiche et de bouffonne mémoire, qui s'appelait 
Pierre Hénin, si son nom a été bien lu; enfin, que cette même pièce 
est postérieure de tout un siècle, pour le moins, à l'époque qui lui 
avait primitivement été assignée quand on l'a fait connaître. 

Nous comptons faire paraître sous peu, dans la Revue Numisma- 
tique française, un article spécial contenant les explications que 
comportent les deux monnaies d'évêques des Innocents dont il est fait 
mention dans la présente note, où l'on conçoit qu'il ne pouvait en être 
question que très sommairement. 

(1) Collection de plombs historiés, trouvés dans la Seine. Deuxième 
série : Enseignes de pèlerinages ; Paris, 186I-), in-S". p. 26. 



458 

indication que l'original a été découvert dans des 
travaux de dragage de la Seine, exécutés à Paris, 
près du pont Notre-Dame. L'état d'oxydation et 
de dégradation dans lequel la pièce a été recueillie 
ne permet pas déjuger si elle avait jadis été munie 
d'une bélière ou si elle n'en a jamais eu. 

Dès le xiv^ siècle, il existait à proximité de Paris 
un lieu de pèlerinage très fréquenté par les habi- 
tants de la capitale, connu sous le nom de Notre- 
Dame de Boulogne-la-Petite, puis aussi de Bou- 
logne-sur-Seine. C'était, pour le voisinage, et 
même dans un rayon assez étendu, la succursale 
d'un sanctuaire des plus célèbre : celui de Notre- 
Dame de Boulogne-sur-Mer ; et la représentation 
de la Mère du Sauveur qui y était offerte aux hom- 
mages des fidèles, la représentation de Marie, 
avec l'enfant Jésus entre les bras, montée sur un 
bateau où l'on voyait pour nautoniers deux anges, 
était la même dans l'un et l'autre lieux. Ainsi, du 
reste, en est-il encore aujourd'hui (i). 

L'origine de notre n° 5, enseigne ou méreau, 
pourrait donc, pour ce qui concerne le type de la 



(i) Des nombreux ouvrages traitant de l'histoire et du culte de 
Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer, dont plusieurs relatent les origines 
de la succursale de Boulogne-sur-Seine, nous devons nous borner à 
renvoyer aux deux suivants : 

Antoine Le Roy, Histoire de Nostre-Damc de Boulogne. Paris, 1681 
et 1682, in-8". 

L'abbé F. -A. Lefebvre, Histoire de N.-D. de Boulogne et de son 
pèlerinage. Boulogne-sur-Mer, 1894, in-12. 



459 

Vierge, être rapportée aussi bien à Boulogne-sur- 
Mer qu'à Boulogne-sur-Seine. Toutefois, le mo- 
nogramme divin du revers nous paraît si manifes- 
tement avoir été reproduit d'après un des côtés du 
méreau du Frère Richard, le côté, surtout, d'ap- 
parence française, que nous ne pouvons pas ne 
pas nous persuader que ce n° 5 a été fait bien peu 
de temps après, pour le compte du sanctuaire de 
Notre-Dame de Boulogne-sur-Seine, et pour être 
débité aux pèlerins, dans les temps les plus rap- 
prochés du sermon que le même cordelier était 
venu y prêcher avant l'achèvement de sa mission 
de Paris. Ce sermon, déjà mentionné plus haut (i), 
l'avant-dernier mais non pas le moindre de l'œuvre 
qu'il avaitentreprise, fut prononcé le jour de Saint- 
Marc, 25 avril 1429, avec des résultats qui ont fait 
époque. Ce fut, en effet, en revenant de Boulogne- 
la-Petite et de la fructueuse prédication du Frère 
Richard, que la population parisienne sut se 
résoudre à livrer aux flammes, dans maints feux 
allumés par les rues de la ville, d'innombrables 
quantités d'objets de jeu et de toilette (2). On a vu, 
d'ailleurs (3), comment le tout se terminait à 
quelques mois de là. 

[A suivre.) J. Rouyer. 

(1) Revue belge de numismatique, 1896, p. 324; tirage à part, p. 12. 

(2) Journal d'un bourgeois de Paris, p. 120 de l'éditioii citée. 

(3) Revue, loc. cit., p. 324. 




460 



MÉLANGES, 



REFRAPPE d'anciennes MONNAIES POUR L'EX- 
PORTATION. 

Nous avons été très surpris de lire dans un journal 
financier, sous ce titre : Avis aux numismates, l'articulet 
suivant : 

« De 1891 à i8q5, il a été frappé en Autriche 2,000,000 
« thalers de Marie-Thérèse (pour l'exportation), au millé- 
« sime de 1780. Le bénéfice de frappe a été de 53o,ooo flo- 
« rins environ. « 

Quelle est la portée de cet avis, et la Belgique va-t-elle 
bientôt diminuer le stock de ses pièces de cinq francs en les 
convertissant en monnaie pour l'exportation ? 

É. V. D. B. 



Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'on fabrique, en Autriche, 
des thalers à l'effigie de Marie-Thérèse pour le Levant, où 
ils circulent sous le nom de talaris. Cette fabrication 
remonte à environ un siècle et demi. Actuellement les 
principaux marchés de ces pièces d'argent sont Trieste, 
Alexandrie, Zanzibar, Massouah et Tripoli. On en a fait 
usage, entre autres, lors de la guerre d'Abyssinie en 1867 
et dans le pays des Ashantis en 1873. Les thalers, au mil- 
lésime de 1780, sont encore en grande estime au Maroc, 
en Egypte, à Zanzibar, an Bornou, à la côte occidentale 
d'Afrique et dans l'Adamouah. 



461 

La note de M. Vanden Broeck nous fournit roccasion 
de publier un document qui prouve que Charles de Lor- 
raine eut, un moment, l'idée de faire des Pays-Bas autri- 
chiens le centre de celte fabrication monétaire : 

« Le 17 avril 1766. 

« Monseigneur, 

« Par décret du 28 mars dernier, V. A. R. nous ordonna 
d'examiner la question si l'on ne pourroit point établir pour 
le compte de S. M. avec le Levant un commerce des cou- 
ronnes qui se frappent en ce pays et de lui rendre compte 
de notre sentiment sur cet objet. 

« Pour pouvoir donner à Votre A. R. les éclaircisse- 
ments qu'elle nous demande nous souhaiterons avoir nous- 
mesmes plusieurs connoissances que nous n'avons eu Jus- 
qu'à présent ni l'occasion ni les moyens de nous procurer. 

« Ce pays-cy ne fait aucun commerce direct avec le 
Levant, mais tout ce qui nous vient de là ou ce qui de ces 
pays-cy va vers ces contrées se réduit à fort peu de chose 
et ne parvient à sa destination que par seconde et tierce 
main. Nous devrions être informés avec exactitude et cer- 
titude quelle proportion subsiste dans ces pays-là entre l'or 
et l'argent, en œuvre et hors-d'œuvre. Cette connoissance 
nous seroit indispensablement nécessaire, car pour qu'on 
puisse établire un semblable commerce pour le compte de 
S. M., nous pensons que ce ne pourroit être que dans le 
cas que les peuples du Levant nous donnassent de l'or en 
échange de nos couronnes, toute autre marchandise ne 
pourroit point avantageusement entrer en compte, attendu 
que S. M. ne peut point se mètre dans le cas de devoir les 
faire revendre. Lorsque nous aurions connoissance de cette 
proportion entre les métaux, allors nous devrions encore 



462 

calculer les fraix de transport, de commissions, et ceux 
d'assurance si le transport doit se faire par mer, et ceux 
de voiture s'il doit se faire par terre. Le but de louttes ces 
combinaisons seroit de voir si par le commerce nous pour- 
rions avoir l'or à mellieur marché qu'on nous le livre 
actuellement, et c'est le seul cas dans lequel le commerce 
pourroit être utile. Car comme ce pays-cy ne produit ni 
or ni argent, nous devons nous-mesmes acheter ces métaux 
chez l'étranger; ainsi le seul profit que nous pourions faire 
seroit si les peuples du Levant nous fournissoient pour 
la même masse d'argent monnoyé plus d'or proportione- 
ment qu'on ne nous en donne, dans lequel cas nous pou- 
rions peut-être profiter de ce double échange aussi long- 
temps que ceux dont nous tirons actuellement les matières 
d'argent voudroient bien nous laisser jouir à leurs dépends 
d'un bénéfice qu'ils pourroient faire eux-mêmes. 

« Par touttes ces raisons, nous croyons qu'un tel com- 
merce ne seroit point praticable dans ce pays-cy, mais si 
V. A. R. désire d'avoir sur cet objet des notitions plus 
précises de notre part, nous la supplions très humblement 
de daigner nous procurer quelques connoissances de la 
façon dont la monnoye de Vienne fait à ce qu'on nous dit 
un semblable commerce avec le Levant, ces connaissances 
nous meteroient probablement en état de satisfaire V. A. R. 
sur cet objet plus amplement et plus particulièrement que 
nous ne le pouvons faire à présent. » 

(Archives générales du Royaume : Jointe 
des monnaies, n° 65.) 

Il semble qu'il n'a pas été donné d'autre suite à ce 

projet, du moins n'avons-nous rien retrouvé aux archives 

le concernant. 

A. DE W. 



463 

Concours de médailles. — Voici du travail pour nos 
graveurs. La classe des beaux-arts de l'Académie de Bel- 
gique vient de mettre au concours pour 1896 les deux 
questions suivantes : 

Art appliqué. — Peinture. — « On demande une frise 
destinée à décorer un asile de nuit. » 

Les cartons pourront être faits en dessin ou en grisaille; 
ils devront avoir i™.6o de longueur sur o^^.So de hauteur. 

Un prix de 1,000 francs sera attribué à l'auteur du 
projet couronné. 

Gravure en médailles. — « On demande un projet de 
médailles pour les lauréats des concours de l'Académie 
royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de 
Belgique. » 

Les modèles en cire ou en plâtre devront avoir o'^.45 de 
diamètre. 

Un prix de 600 francs est attribué à l'auteur du médaillon 
couronné. 

Les cartons et les projets de médailles devront être remis, 
francs de port, au secrétariat de l'Académie, avant le 
i^r octobre 1896. 

De son côté, s'il faut en croire la Chronique, la ville de 
Tournai met au concours le projet pour un nouveau jeton 
de présence du conseil communal. 

Une somme de 200 francs sera allouée au projet classé 
premier, et une de 5o francs au projet classé en second 
rang. 

Demander le programme du concours à l'administration 
communale, bureau du secrétariat. 

É. V. D. B. 



464 



Un sculpteur italien à Bar-le-Duc,en 1463, par M.Maxe- 
Werly. Extrait des Comptes-rendus de V Académie des 
inscriptions et belles-lettres, in-S», 1 1 pages. 

Nous n'avons à rendre cpmpte de cette notice, d'un vif 
intérêt archéologique, qu'au seul point de vue numisma- • 
tique. 

Pierre de Milan , architecte et célèbre modeleur de 
médailles, vint en France avec Francisco Laurana, à la 
cour du Roi René, pendant les premières années de la 
seconde moitié du XV^ siècle. Certains passages du compte 
du receveur général du duché de Bar, Jean de Barbonne, 
autorisent M. Maxe-Werly à supposer qu'en 1463 Pierre 
de Milan avait suivi René d'Anjou au pays barrois, où se 
trouvèrent groupés, durant quelques mois, autour du roi 
de Sicile et de la reine Jeanne de Laval, Ferri de Lorraine, 
son gendre, sa femme Yolande et leur fils René de Vaudé- 
mont, Nicolas de Lorraine, enfin l'infortunée Marguerite 
d'Anjou et le prince de Galles, chassés de leur royaume. 

De la coïncidence de la présence de tous ces personnages 
dans le duché avec celle de Pierre de Milan à Bar-le-Duc, 
M. Maxe-Werly déduit qu'il est logique d'attribuer 
l'exécution « des deux médailles sans millésime, aux 
« eflfigies de Ferri de Lorraine et de Marguerite d'Anjou, à 
« l'année 1463-1464 », le roi René, arrivé le 16 juin 1463, 
n'ayant quitté le Barrois que le 27 avril de l'année suivante. 

Notre savant confrère est fort porté à croire que Lau- 
rana aurait, lui aussi, suivi le roi dans le Nord et que 
c'est là qu'il exécuta la médaille aux bustes conjugués de 
René et de Jeanne de Laval, datée de 1463. 

A. DE W. 



465 

Monnaie obsidionale de Maestricht. 

J'ai recueilli aux Archives nationales, à Paris (K, i556, 
no i3) une note dont voici la copie : 

« Ceulx de Mastrique ont forgé certaine pièce de mon- 
« noyé de cuivre, sur laquelle y a escript : Traiectum ab 
(( Hispanis obsessum pro iustœ caussae deffensione, 
« avecque une main tenant unne espée nue séparante la 
« susdicte sentence, et ung nombre de i6, qu'on dict val- 
« loir seize patart Flandre qui vallent 19 solz tournois de 
« France. 

« De l'aultre costé y a unne estoille avec ung heaulme et 
« unne queue de paon, dans laquelle queue y a unne 
« petitte estoille, et plus bas y a le nombre et datte iSyp, 
« et l'escripture est : 

« Propter nominis tui gloriam, protège. Domine, po- 
« pulum tiium. » 

Au dos du document, on lit : « Titulo y devisa de 
« cierta moneda de cobre que havian hecho ultra mar 
« bâtir los de Mastrich. » 

Ce document, qui a rapport à l'une des pièces frappées 
pendant le siège de Maestricht, en iSyp, est assez intéres- 
sant à cause des descriptions qui sont à peu près contem- 
poraines de la pièce. De plus, la note donne la valeur 
relative du patard et du sol tournois. 

J. Adrien Blanchet. 



Nous apprenons que le i^ octobre prochain paraîtra, à 
Bruxelles, sous la direction de M. Charles Dupriez (i), la 

(1) 26, place de Brouckère. 



466 • 

Galette numismatique, publication qui aura surtout pour 
objet de tenir le public au courant du mouvement numis- 
matique et de tout ce qui se rattache à la science des mon- 
naies. La Galette sera distribuée tous les mois, d'octobre à 
juin, c'est-à-dire qu'elle aura huit numéros par an. Le prix 
de l'abonnement est fixé à fr. 2-5o. 

Nous souhaitons à M. Dupriez de réussir dans son 
entreprise, car il manque, en Belgique, un journal entre- 
tenant les collectionneurs des menus faits de la numisma- 
tique et fournissant, au jour le jour, des renseignements 
sur les ventes, les trouvailles et les publications scienti- 
fiques. De tels organes sont des éléments de propagande 
qu'il est utile d'encourager dans l'intérêt de tous. 

A. DE W. 



Gedruckte Sclupei^er Mun:{mandate d'ALFRED Geigy, 
Dr phil. — Baie, 1896, de 120 pages et deux planches. 

Notre honoré collègue M. Georges Cumont, lorsqu'il 
nous dota de sa bibliographie générale et raisonnée de la 
numismatique belge, compléta son œuvre en y ajoutant une 
nomenclature des placards, tarifs et ordonnances moné- 
taires parus en Belgique 

Le travail du D^ Geigy s'occupe exclusivement des 
placards et ordonnances monétaires parus en Suisse 
depuis le XVF jusqu'au XIX^ siècle. Un court mais très 
instructif prolégomène nous initie à la numismatique 
suisse, si variée, si compliquée à cause du peu d'entente 
qui existait entre les différents États, entre les différentes 
villes. 

La nomenclature des placards cités dans l'ouvrage qui 
nous occupe, est faite d'après les lieux où se faisaient les 



467 

ordonnances. L'auteur cite ainsi 24 villes, cantons, etc. où 
lesédits, placards, ordonnances furent publiés. 

Un registre chronologique énumère les 544 pièces citées. 

Quoique le D'' Geigy ait surtout visé les monnaies 
suisses, l'étude consciencieuse qu'il nous donne sera d'un 
grand intérêt pour la numismatique en général et est 
appelée à rendre le plus grand service aux chercheurs. 

Seeldrayers. 



Petite bibliothèque d'art et d'archéologie. — Les monnaies 
romaines, par ADRIEN Blanchet. Paris, 1896, in-i8 
de 145 pages avec XII planches. 

En 1894, M. Blanchet nous donnait les Monnaies 
grecques (i) qui lui valurent les éloges de la presse numis- 
matique tout entière; notre confrère, complète aujourd'hui, 
ce premier travail en publiant les Monnaies romaines. 
Ecrit sur le même plan, ce nouveau livre est certainement 
appelé à avoir le succès de son aîné, car il possède une 
qualité primordiale : la clarté de l'exposition. 

Les Monnaies romaines comprennent quatre chapitres. 
I. Le système monétaire ; 
II. Fabrication et organisation monétaires; 

III. Les types monétaires. Leur origine et leurs trans- 
formations ; 

IV. L'art dans les monnaies romaines, 

chapitres que viennent compléter les listes des familles 

romaines, des empereurs, des marques d'ateliers, etc., etc. 

Nous nous permettrons de signaler surtout à l'attention 

(1) Revue belge de numismatique, t. L, pp. 399-400. 



468 

du lecteur le chapitre IV dans lequel l'auteur établit un 
utile parallèle entre l'art monétaire grec, souvent tout 
d'idéalisation religieuse, et l'art romain, beaucoup plus 
teinté de naturalisme dans ses reproductions de portraits 
impériaux. 

A. DE W. 



La Société archéologique de Montpellier possède un 
important cabinet numismatique. Afin que tout le monde 
puisse profiter des richesses qu'il renferme, elle s'est décidée 
à en publier les catalogues; M. Emile Bonnet a été chargé 
de ce soin. La i""*^ partie : Monnaies antiques, i ,265 numé- 
ros, vient de paraître. Nous y rencontrons quelques raretés 
de premier ordre. La méthode et la science avec lesquelles ce 
catalogue est établi fait bien augurer de l'œuvre entreprise 
parla Société, et il y a lieu de féliciter M. Bonnet d'avoir 
bien voulu se charger de cette pénible et fastidieuse besogne. 

A. DE W. 



Une médaille brug-eoise. 

C'est une médaille de bronze, de forme ovale, de By sur 
28 millimètres, et représentant deux petits garçons enlacés 
et tenant ensemble un flambeau ; entre eux se trouve une 
ruche et tout le groupe repose sur un socle. Dans l'ouver- 
ture de cette base, on lit le nom de la ville : BRUGGE. 
Sous ce mot, le nom du graveur : RAYÉ. 

Légende : YVER EN - BROEDERMIN. 

Revers lisse, pour recevoir probablement le nom d'un 
sociétaire, ou l'inscription d'un prix. 

Cette jolie petite médaille, non décrite par feu Guioth 



469 

dans son Appel aux numismates, pour la publication des 
médailles relatives au royaume des Pays-Bas (i), était 
également inconnue à S. Dirks, lors de la publication des 
médailles de la Néerlande, par la Société Teyler de Haar- 
lem, en 1889, œuvre que cette Société avait couronnée. 

Depuis, ayant communiqué l'exemplaire de notre collec- 
tion à M. Th. -M. Roest, le savant président de la Société 
néerlandaise de numismatique et conservateur des collec- 
tions de la Société Teyler,il la décrivit, sous la date de 1822, 
dans son 2^ supplément à l'œuvre de feu S. Dirks, et la 
fit reproduire sous le n" 69 dans l'Atlas accompagnant 
cette belle publication. 

Désireux de rassembler des notes sur les graveurs en 
médailles de ce siècle, nous serions charmé de recevoir 
quelques détails biographiques sur le graveur Rayé, ainsi 
que la nomenclature de ses œuvres. Nous convions prin- 
cipalement nos confrères de Bruges à nous donner ces 
renseignements. 

ÉD. Vanden Broegk. 



M. Stenersen, conservateur du cabinet des médailles de 
l'université de Christiania, vient de nous faire parvenir 
trois savantes études sur les trouvailles de Graeslid i Thy- 
dalen, d'Imsland i Ryfylke, d'Helgeland i Hole. Les deux 
premières sont déjà anciennes, puisqu'elles datent de 1878 
et de 1886; la troisième est de 1892, sa description a paru 
seulement l'an dernier. 

Parmi les pièces étrangères à la Norwège qu'elle ren- 
ferme, nous signalerons deux deniers namurois, le premier 

(1) Tome IV de la Revue de la numismatique belge, 1848, pages 87 
à 123 et pages 489 à 453. 

Année 1896. 32 



470 

à la légende CAPVT autour de l'effigie du prince, le 

second est frappé à Dinant. Ces pièces sont données 

par Chalon et Dannenberg au comte Albert III. (Chalon 

nos I et 9. — Dannenberg n°^ 164 et 176.) Pour bien des 

numismatistes, cependant, le denier Caput est d'Albert II. 

La trouvaille d'Helgeland, qui comprend des pièces de la 

fin du X^ siècle à l'année 1076 ne vient malheureusement 

jeter aucun jour sur cette question, si intéressante pour 

notre pays. 

A. DEW. 



Die Mun\en von Frankfw~t-am-Matn nebst einer muni- 
geschichtlichen Einleitung und mehrere?î Anhàngeti, 
von Paul Joseph und Eduard Fellner, Frank- 
furt a/M., 1896. Gr. in-80, viII-681 pages, avec yS 
planches phototypiques et 52 gravures dans le texte. 

Depuis la pubHcation de la chronique de Lersner (i), 
c'est-à-dire depuis plus d'un siècle et demi, les monnaies 
francfortoises n'avaient plus été décrites dans leur ensemble. 
Quelques travaux de détail avaient bien été élaborés, avec 
un zèle louable, par Euler sur les florins d'or, par Rûppell 
sur les médailles et insignes, par le docteur Finger sur les 
gros tournois de Francfort ; mais aucun de ces travaux, si 
acceptables qu'ils fussent pour l'époque o\x ils virent le 
jour, ne portait sur une réunion de monnaies qu'il eût été 
possible de recueillir et d'étudier conformément à la cri- 
tique. 

Aujourd'hui, le magnifique ouvrage dû à la collaboration 



(1) Der Weit-berûhmten Freyen Reichs-Wahl und Handels-Stadt 
Franckfurt-am-Mayn Chronica. 2 vol.; 1706 et 1734. 



471 

de MM. Paul Joseph et Edouard Fellner, répond au desi- 
deratum, 

La première partie du livre, comprenant le moyen âge, 
est intégralement l'œuvre de M. P. Joseph et débute par 
un aperçu de l'histoire monétaire francfortoise, rigoureu- 
sement appuyé sur les archives. On y voit que la plus 
ancienne mention d'un atelier monétaire à Francfort est 
contenue dans une charte de l'empereur Henri VI, donnée 
à Landau en 1194, et que les primitives monnaies de 
la ville sont des deniers taillés sur le pied de ceux de 
Cologne, c'est-à-dire à raison de 1 3 sous 4 deniers au marc : 
ce qui donne i gr. 46 pour le poids d'une pièce. 

Francfort, comme l'a démontré l'auteur dans un précé- 
dent travail, a frappé aussi des bractéates, dites du Wet- 
terau (trouvaille de l'Odenw^ald), aux noms des empereurs 
Frédéric I^r et Henri VI, et a continué à émettre des deniers 
sous Henri VII, Frédéric II, Rodolphe de Habsbourg et 
ses successeurs jusqu'à Louis de Bavière (i 3 14-1347). 
A partir de cet empereur surgit une nouvelle monnaie, qui, 
bien qu'elle ne cessa d'avoir simultanément cours avec les 
florins et les gros tournois, marque la transition entre la 
période des deniers et celle des gros. 

Cette monnaie, c'est le heller, proprement /îa//er, qui doit 
son nom à la ville de Hall en Souabe, d'où il est origi- 
naire. Les plus anciens hellers portaient d'un côté une 
main ouverte et de l'autre une croix. La moitié du heller 
était dénommée hàlbeling, et trois hellers équivalaient à un 
denier colonais. 

Aux premiers hellers succédèrent bientôt les florins d'or. 
Ace propos, je remarque que M. P.Joseph attribue à Franc- 
fort les florins au type florentin et au différent de l'aigle 
de l'empereur Charles IV (1347- 1 378). Le savant auteur 



472 

décrit ensuite les florins des successeurs de ce prince 
jusqu'à Charles-Quint, au type du Saint-Jean-Baptiste 
diversement interprété, aux revers de l'aigle et du globe 
crucigère. Puis viennent des gros de Prague, contremar- 
ques d'une petite aigle (francfortoise), que l'on retrouve 
exactement semblable sur les gros tournois. Ceux-ci 
paraissent avoir joui à Francfort d'une popularité sans 
exemple, qui fit qu'on en monnaya jusque dans le cours 
du XVI IF siècle. 

Avec l'apparition des gros tournois coïncida celle des 
esterlins, à l'écu espagnol écartelé de quatre aiglons et à 
la croix fleuronnée, imitant servilement nos esterlins bra- 
bançons de Jean III. 

M. Paul Joseph fait à l'endroit de chacune des espèces 
énumérées ci-dessus les remarques les plus judicieuses, 
indique leur prototype et leurs imitations, et termine la 
partie du livre qu'il s'était chargé d'écrire en nous donnant, 
dans un chapitre spécial, la description d'anciens coins dont 
certains contrefacteurs se servirent pour frapper des mon- 
naies hybrides : telles des tournois avec avers de florins. 

Dans la seconde partie des Mûn^en von Frankfurt, com- 
prenant la période qui s'étend de 1540 à 1895, M. Fellner 
ne décrit pas moins de deux mille pièces. L'ordre chrono- 
logique, strictement suivi par l'auteur, lui a malheureuse- 
ment fait classer les médailles parmi les monnaies, à 
leur date respective. On voit ainsi se succéder, au milieu 
des ducats (imités de ceux des Provinces-Unies), des 
doubles thalers, thalers, guldenthalers, tournois, demi- 
batzen, schûsselpfennigs, thalers de tir, monnaies commé- 
moratives, etc., frappés à Francfort, les médailles et les 
jetons des élections et des couronnements des empereurs, 
les médailles se rapportant aux événements de l'histoire 



473 

de la ville ou aux personnages qui y jouèrent un rôle. 

Parmi les nombreux thalers décrits et reproduits, je 
crois devoir faire remarquer ceux de l'année 1620, imités 
à Charleville par Charles I^r, prince d'Arches, duc de 
Mantoue (1627- 1637), ceux plus modernes sur lesquels se 
développe le magnifique panorama de la ville et du Main, 
ceux non moins intéressants au point de vue artistique 
qui reproduisent les traits de l'actrice Fanny Janauschek. 
Ces dernières pièces, au dire de M. Fellner, étaient 
naguère encore très recherchées et atteignaient des prix 
élevés en Amérique où on les appelait « Rothschild-love 
dollars ». 

Au nombre des monnaies de dimension moindre qui 
sollicitent particulièrement l'attention, il me faut citer les 
demi-batzen, schûssel pfennigs et albus frappés en com- 
munauté par Mayence, Hesse-Darmstadt, Nassau-Saar- 
brûck et Francfort, de 1623 à i636. 

Un chapitre spécial a été également consacré par 
M. Fellner aux décorations des différents ordres et aux 
insignes maçonniques; un autre, aux monnaies que les 
comtes de Slolberg-Kônigstein auraient frappées à Franc- 
fort et qui se distinguent par leur différent à l'écu à 
l'aigle. , 

En somme, tout a été colligé et décrit avec le plus grand 
soin, jusqu'aux contremarques de théâtre, marques d'om- 
nibus, de tramways, jetons de jeu contemporains, etc., et 
le livre se termine par un excellent index alphabétique. 

On ne peut, par conséquent, que féliciter M. Paul Joseph 
de s'être adjoint un collaborateur qui, comme M. Fellner, 
a mis le fruit de ses patientes recherches au service de sa 
science et l'a puissamment aidé à élever à la gloire de 
Francfort un monument impérissable que l'on peut consi- 



474 

<iérer comme l'histoire de cette ville par ses propres 
monnaies et médailles. 

FrÉD. a. 



The memorîals of Edward Jenner, 1796-1896. — Address 
delivered at the centennial célébration held at Atlanta, 
by HORATIO R. Storer. Chicago, 1896. 

Notre actif confrère a réuni dans cette plaquette, publiée 
à l'occasion du centenaire de la découverte de la vaccine, 
les médailles, les peintures, les statues, les bustes, les gra- 
vures, les lithographies, les bois et les photographies 
rappelant d'une façon quelconque l'illustre médecin de 
Berkeley. Les médailles concernant Jenner, décrites par 
M. Storer, sont au nombre de dix-sept, dont une gravée 
en Belgique par Charles Wiener (i\ 

A. DEW. 



Les monnaies des ducs de Bourgogne, par M . Ed. DE LUZE. 
Auxerre, 1896, in-80, 79 pages. 

Ce travail n'est autre que le catalogue de la collection 
des monnaies des ducs de Bourgogne léguée, Jadis, par 
M.Gariel au Musée d'Auxerre. Il se compose de282 numéros. 
Dressé avec le plus grand soin et d'après les dernières 
données de la science, il fait honneur aux connaissances 
numismatiques de son auteur. La collection Gariel com- 
prenait un certain nombre de pièces frappées par les der- 
niers ducs de Bourgogne dans leurs possessions des Pays- 
Bas. Nous regrettons que M. de Luze n'ait pas cru devoir 
consulter à leur sujet les travaux des auteurs belges et 

(1) Voir la Revue belge de mim., 1888, p. 243. 



47^ 

néerlandais, il aurait évité ainsi certains lapsus, tels par 
exemple de citer des heaumes d'or, des botdragers et des 
briquets d'argent parmi les monnaies émises, en Brabant, 
par Philippe le Bon. 

A. DE W. 



O. VlTALINI. Un nuovo grosso inedito di Gio. Antonio 
Falletii, conte di Benevello, grand in-S", 7 pages, 
3 vignettes. 

Dans cette intéressante brochure, M. le chevalier Vitalini 
ne se borne pas à faire connaître un gros nouveau au cava- 
lier et au saint debout de Jean-Antoine Falletti, comte de 
Benevello. 11 résume avec soin tout ce qui a été dit du 
monnayage de ce seigneur du XVF siècle. C'est donc une 
vraie monographie. 

La nouvelle monnaie de Falletti faisait partie de la 
collection Durazzo, vendue à Gênes en mars dernier; elle 
est entrée, depuis, dans les cartons de S. A. R. Mgr le 
prince de Naples qui, on le sait, est un passionné numis- 
mate. Sa collection est l'une des plus belles qui soient en 
monnaies italiennes du moyen âge. 

A. DE W. 



CHRONIQUE DES VENTES EN BELGIQUE. 

Collection de feu le major A. Daufresne de la Cheva- 
lerie. Vente à Bruxelles,' le mardi 26 mai 1896. Experts : 
MM. H. Cordemans et Ch. Dupriez. 

Collection générale comprenant 893 lots. 

Quelques pièces grecques assez rares : 

N» 5 Gelas, Type du taureau à face humaine et du 
cavalier. Quart de statère. . . . fr. i5o 



476 

Nos j2 Smyrne. Tête de Cybèle. Tétradrachme. loo 
14 Mithridate, roi de Pont. Tétradrachme . 25o 
i5 Locride. Tête de femme au revers d'Ajax 

nu i3o 

16 Cyzique. Statèrè 120 

Des monnaies romaines : Cassius, aureus à la tête de la 
Liberté, 195 francs, à M. Coster; Agrippine et Caligula, or, 
180 francs, au même; Lucius Verus, Rev. : REX ARMEN 
DAT, 170 francs, toujours au même amateur. 

Parmi les pièces du moyen âge et modernes, nous citerons 
un bel exemplaire, de poids double, du ducaton de Phi- 
lippe V frappé à Anvers, 5o francs ; un double louis aux 
lunettes de 1776, 60 francs; un rare écu de Guillaume de 
Bongaert, 2 5o francs, à M. Coster. A la vente van der 
Straelen-Moons van Lerius, à Anvers, un écu semblable 
fut adjugé au prix élevé de 460 francs. 

Parmi les Jetons et les médailles, nous ne trouvons à 
noter qu'un Jeton en or, au buste de de Thou, des biblio- 
philes de Paris, 52 francs; une belle médaille, en or, de 
Roettiers, inauguration de Marie-Thérèse, 180 francs, et 
une médaille, en or, au buste de Louis XVI, du Cercle 
des Phialadelphes établi au Cap, 1784. 

La vente Daufresne a produit en tout fr. 9,223-5o. 

A. DE W. 



Nos abonnés apprendront avec regret la retraite de 
M. Georges Cumont, de la direction de la Revue. Les 
services que M. G. Cumont a rendus pendant de longues 
années à cette publication lui ont acquis les droits les plus 
justifiés à la reconnaissance de nos lecteurs. 

M. le comte Th. de Limburg-Stirum, vice-président de 
la Société royale belge de numismatique, 166, rue de la Loi 



477 

à Bruxelles, a e'té désigné pour remplacer, à partir de la 
prochaine livraison, M. G. Cumont dans ses fonctions de 
Directeur de la Revue belge de numismatique. 

La Direction de la Revue. 



SOMMAIRE DES PUBLICATIONS PERIODIQUES. 

Annuaire de la Société française de numismatique, 1 896, 
2^ fasc. — G. -A. Serrure. Les monnaies des Voconces, 
essai d'attribution et de classement chronologique. — 
Marc Fabre de Larche. Les billets de confiance émis 
pendant la guerre de 1 870-1 871. — Vallentin. De l'envoi 
à la cour des monnaies des boîtes de Villeneuve (1622). — 
E. Garon. Monnaies mérovingiennes. 

3^ fasc. — DUTILH. Monnaies alexandrines et terres 
cuites du Fayoum. — G. -A. SERRURE. Les monnaies des 
Voconces, essai d'attribution et de classement chronolo- 
gique.— MARC Fabre DE Larche. Les billets de confiance 
émis pendant la guerre de 1 870-1 871. — SamboN. Les 
deniers siciliens de billon pendant le XIF et le XIIF siècles. 

American journal of numismatics, vol. XXX, n» 4. — 
Further notes on Mantinean coins. — Bastow. Gems 
used as money . — Storer. The medals, jetons and tokens 
illustrative of the science of médecine. — MARVIN. Masonic 
medals. — The columbian exposition medal, etc. 

Vol. XXXI, no I. — Talfourd Ely. The process of 
coiningas seen in a Wall-Painting at Pompéi. — Parkes 
Weber. Analogy betw^een Piéforts and Roman bronze 
medallions. — Gleveland. The EHot Anglo-American 
medal of 1772. — MARVIN. British indian medals. — 
LOW. Goinage of the confederate states with U. S. Dies. — 
Storer. The medals, jetons and tokens illustrative - of 



478 

the science of medicine. — Croeker. The Bartram 
medal. — Marvin. Masonic medals. 

Numismatic chronicle, 1896, part. I. — Weber. On 
some unpublished or rare Greek coins. — HiLL. A portrait 
of Perseus of Macedon. — J. EVANS. On some rare or 
unpublished Roman medalHons. — Talfourd Ely. The 
process of coining as seen in a Wall-Painting at Pompéi. 
— Packe. The coins ofStephen. LAWRENCE. On a 
find ot coins chiefly of the time of Edward IV. 

Part. II. — Warwick Wroth. Greek coins acquired 
by the British Muséum in 1895. — A.-J. EVANS. Contri- 
butions to Sicilian numismatics. — G. Macdonald. Notes 
on Combe's catalogue of the Hunter cabinet. — White 
KiNG and Surgeon-Captain William Vost. Some 
novelties in Moghal coins. 

Rivista italiana di numismatica, 1896, fasc. II. — 
F. Gnecchi. Appunti di numismatica Romana. — 
LiSINL Medaglie di Zecche italiane. — RiCCI. Il ripos- 
tiglio consolare di Romagnano Sesia. — MOTTA. Docu- 
menli Visconteo-Sforzeschi per la storia délia zecca di 
Milano. 

Monthly numismatic, circular n" 43. — HaNDS. Chats 
on Roman coins with young collectors. — Hazlitt. 
« Coins of Europe ». — NORMAN. Money. — FarCINET- 
Les anneaux antiques. 

N» 44 - Hands. Chats on Roman coins with young 
collectors. — HAZLITT. « Coins of Europe ». — NORMAN. 
Money. — Farcinet, Les monnaies des doges de Venise. 

No ^5. — Farcinet. Une vente sensationnelle de 
médailles romaines. — NadrowsKI. Die Mûnzenkunde 
im Dienste der Padagogik. — Hazlitt. « Coins of 



479 

Europe ». — HanDS. Chats on Roman coins with young 
collectors. 

N046. — Hazlitt. « Coins of Europe ». — Hands. 
Chats on Roman coins with young collectors. — 
Gnecchi. Umberto Rossi. — GUY TOMEL. La collection 
Waddington. — Varia. 

• Mittheilungen des Clubs der Mun:{- tind Medaillen- 
freunde in Wien. N» 72. — Erzherzog Carl-Ludwig. 

— Medaillen auf Erzherzog Carl-Ludwig von Oesterreich. 

— Beilagen aus den Oberkammeramts-Raittungen und 
Wirlhschafts-Protokollen der stadt Wien von 1 575-1777. 

— C. Schalk. Bemerkungen zu einigen Goldmûnzen 
des Meidlinger Fundes auf Grund zeitgenossischer Quellen. 

— Dr. C. Pfeiffer, zur Jenner-Feier des 14 mai 1896. 
Medaillen, Portrats und Abbildungen betreffend E. Jenner. 
Tubingen, 1896. 

No 73. — Millenium in numis. — Beilagen aus den 
Oberkammeramts-Raittungen und Wirthschafts-Proto- 
kollen der Stadt Wien von 1575 bis 1777. — Nentwich. 
Portratmedaillen des Erzhauses Oesterreich von Kaiser 
Friedrich III bis Kaiser Franz II, von C. Domanig. 

No 74. — Das erste Mûnzportrat Kaiser Franz-Josefs I. 

— LOEHR. Geldzeichen. Jetons, Gedachtniss-Munzen und 
Medaillen von und fur Eisenbahnen. — Beilagen aus 
Oberkammeramts-Raittungen und Wirthschafts-Proto- 
kollen der stadt Wien von 1575- 1777. 

No 75. — Zu denwiener Thalerpragungen Jozefs II. — 
Geldzeichen, Jetons, Gedachtnissmûnzen und Medaillen 
von und fur Eisenbahnen. — Beilagen aus den Ober- 
kammeramts-Raittungen und Wirthschafts-Protokollen der 
Stadt Wien von 1575-1777. 



48o 

Bulletin de numismatique, t. III, liv, IX. — R. Val- 
LENTIN. Les florins d'or de Gaucher- Adhémar, seigneur 
de Monlhélimar. — PUIG. Obole inédite de Gumfred, 
comte de Roussillon. — Raimbault. A propos des 
florettes de Charles VII. 

X« livraison. — Comte DE Castellane. Les premiers 
écus à la couronne fabriqués à Poitiers. — F. Mazerolle. 
Dispute entre les ouvriers de la Monnaie de Paris et Jean 
Beaucousin, tailleur, au sujet de la fourniture des coins 
nécessaires pour fabriquer les pièces de six et de trois 
blancs, i3 juin i583. 

Wiadomosci numismatjyc^no-archeologic^ne, n» 28. — 
KOSTRZEBSKI. Jean-Thamm, essayeur et maître-mon- 
nayeur à la Monnaie de Cracovie. — PlEKOSINSKI. Demi- 
gros à double croix du roi Wladislas Jagiello. — KOPERA. 
Médaille ou monnaie de Jean-Casimir, etc. 

Numismatische Zeitschrift, 1895. ~ Imhoof-Blumer. 
Die Mûnzstâtte Babylon zur Zeit der makedonischen 
Satrapen und des Seleukos Nikator. — RaiLLARD. Pole- 
mon von Pontos und Antonius Polemon von Olba. — 
i^ICK. Die Personen- und Gôtternamen auf Kaisermûnzen 
•von Bysantion. — KenNER. Der Mûnzfund von Simme- 
ring in Wien. — KUBITSCHEK. 'Ey Ko</>£jy«<«- «?<><«• K«>i<««v. 

— KENNER. Goldmûnzen der Sammlung Bachofen von 
Echt in Wien - LE MÊME. Silbermedaillon der Samm- 
lung G. Weifert in Belgrad.— ROHDE. EininedirterAnto- 
ninian des Kaisers Aurelianus aus der Mûnzstâtte Siscia. 

— WiLLNER. Moderne Falschungen rômischer Mûnzen. 

— QuiLLING UND Wehner. Das specifische Gew^icht 
als Echtheitskriterium rômischer Messingmûnzen. — 
FlALA. Verschiedenes aus der Haller Miinzstâtte. — UNGER. 



48 1 

Der guldene Ehrpfenning auf die Geburt der Erzherzogin 
Elisabeth von Oesterreich aus dem Jahre iSyy. — FlALA. 
Die Beamten und Angehôrigen der Prager Mûnzstatte, 
1 537-1660. — MÏJLLER. Die ersten Mûnzen und Me- 
daillen des Kaisers F'ranz-Joseph I. 

Repue numismatique, i8g6, 2« trimestre. — Babelon. 
Le tyran Saturninus. — MOWAT, Monnaies inédites ou 
peu connues de Carausius. — DROUIN. Notice sur les 
monnaies des grands Kouciians postérieurs. — Vallen- 
TIN. Les florins d'Aymar VI, comte de Valentinois et de 
Diois. — GiRAUD. Un atelier de monnayage à Ville- 
neuve-du-Plat. — ROBERT. Jetons des Etats de Bretagne, 
— Casanova. Numismatique des Danichmendites. — 
Blanchet. Essais monétaires romains, à propos de deux 
pièces inédites de Tetricus et de son fils. 

Tijdschrift van het Nederlandsch Genootschap voor 
Munt- en Penningkunde, 1896, 3^ liv. — A. DE WiTTE. 
Le jeton dans les comptes des maîtres des monnaies du duché 
de Brabant aux XVIie et XVIIie siècles. — BruINVIS. De 
Alkmaarsche vroedschapspenning. — J HR M . A. Snoeck. 
Twee gouden-bruiloftspenningen van de familie de Jong 
van Beek en Donk. — W. S. Penning op de verlegging 
van de uitmonding der Maas. — DE DOMPIERRE DE 
ChaufepiÉ. Les trouvailles de monnaies pendant l'an- 
née 1894. 

Revue suisse de numismatique, t. VI, i''^ livraison. — 
Imhoof-Blumer. Zur Mûnzkunde Kleinasiens.— LadÉ. 
Contribution à la numismatique des ducs de Savoie. — 
Mayor. Médailles suisses nouvelles. 



4^: 



SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMISMATIQUE. 



Assciiiblcc générale du iO Juillet 180B. 

La séance est ouverte à onze heures. 

Sont présents : MM. le vicomte B. de Jonghe, 
président; le comte Th. de Limburg-Stirum, vice- 
président; CuMONT, secrétaire; Vanden Broeck, 
trésorier; de Roissart, contrôleur; MM. le comte 
de Nédonchel, le baron de Chestret de Haneffe, 
Van Schoor, Peny, De Monter, le baron Sur- 
mont DE Volsberghe, Naveau, de Schodt, Seel- 
drayers, Lemaire, Willems et le capitaine-com- 
mandant TiNNE, membres effectifs; MM. Donnet, 
SiMONis et Vermeylen, membres correspondants 
regnicoles. 

Assistent à la séance : MM. De Meunynck et 
Blanchet, associés étrangers. 

Se sont excusés : Monseigneur le chanoine baron 
Félix Bethvne, président d'honjteur; MM. de Witte, 
bibliothécaire; Picqué, le baron Liedts, Bequet, le 
baron J.-B. Bethune, Bamps, le major chevalier 
van Eersel, Cogels, l'abbé Daniels, Moens, le 
chevalier Mayer van den Bergh^ Wallaert et le 
comte de Ghellinck d'Elseghem, membres effec- 
tifs; MM. Van der Beken, Ballion, Gautier de 
Rasse, vanderStappen, le sous-lieutenant Jooris, 



483 

Liégeois, Lombaerts et Moyaux, membres corres- 
pondants regnicoles ; MM. van Dijk van Mate- 
NESSE et RoEST, Membres honoraires; MM. le comte 
DE Marsy, le chevalier Snoeck et de Dompierre 
DE Chaufepié, associés étrangers. 

Un jeton de présence, en bronze, à l'effigie de 
Van der Chijs, est distribué aux membres de 
l'assemblée. 

M. le Président rappelle que ce jeton est dû au 
talent de M. Victor Lemaire qui a bien voulu 
graver un revers spécial pour la séance d'aujour- 
d'hui. Il remercie M. Lemaire au nom de la 
Société. [Applaudissements.) 

M. le Président adresse ensuite des remercî- 
ments, au nom du bureau, aux membres étrangers 
et belges qui assistent à la réunion. 

Le procès-verbal de l'assemblée tenue àNamur, 
le ig avril i8g6, est approuvé sans observation. 

M. le Trésorier expose la situation financière de 
la Société pendant l'année i8g5. 

Cette situation continue à être brillante, grâce 
à l'appui prêté, jusqu'ici, à la Société par le Gou- 
vernement. 

M. le Président adresse de vives félicitations à 
M. le Trésorier dont l'excellente gestion pendant 
un tiers de siècle nous vaut la prospérité dans 
laquelle nous nous trouvons. 

Il fait remarquer que c'est le 3i décembre pro- 
chain que cesseront les fonctions du trésorier/ 
M. Vanden Broeck, qui permutera, à cette date, 



484 

avec M. de Roissart, contrôleur, si l'assemblée 
veut bien en décider ainsi. Cette heureuse combi- 
naison permettrait à M. Vanden Broeck de conti- 
nuer à faire partie du bureau. 

Le compte des recettes et dépenses est arrêté et 
approuvé. [Remer ciments.) 

M. le Secrétaire lit ensuite son rapport sur les 
travaux de la Société pendant l'année iSgS : 

Messieurs, 

La numismatique belge a tenu une place importante 
dans notre Revue de l'année dernière : 

M. le baron de Ghestret de Haneffe a décrit, avec la plus 
grande compétence, les monnaies frappées dans les sei- 
gneuries d'Obbicht et de Grevenbicht. 

Les renseignements historiques et généalogiques recueillis 
par l'auteur, augmentent l'intérêt de cette étude pleine 
d'aperçus nouveaux. 

Deux monnaies de Godefroid de Dalenbroeck, seigneur 
de Heinsberg, comte de Loo^, font l'objet d'une notice non 
moins digne de fixer votre attention. M. le vicomte B. de 
Jonghe a mis sous nos yeux un gros, seule monnaie connue 
de Godefroid, avec le titre de comte de Looz et un rare 
florin d'or, au type de Florence, où ce seigneur se dit 
simplement de Looz. 

Notre dévoué président nous a encore montré deux 
monnaies frappées à Luxembourg par les archiducs 
Albert et Isabelle. Le patagon et le demi-patagon de ces 
princes, frappés à Luxembourg, avaient échappé aux 
investigations de M. R. Serrure, qui mentionne cependant 
un patagon ayant fait partie de la collection van der 



485 

Straelen, d'Anvers. M. de Jonghe, qui possède aujourd'hui 
ces deux pièces, nous en a donné une bonne reproduction 
et nous a indiqué, en même temps, combien on avait frappé 
d'exemplaires de chacune d'elles. Enfin, dans une troi- 
sième notice, M. de Jonghe nous a parlé d'une plaque de 
Charles IV, comte de Luxembourg, frappée à Marche, et 
de deux autres monnaies de ce prince. C'est la seule mon- 
naie de Charles, frappée à Marche, qui ait été retrouvée 
jusqu'ici. 

M. J.-E. Ter Gouw nous a entretenu des fausses mon- 
naies au XVIF siècle {deuxième article). Il s'agit de pièces 
imitées par les seigneurs de Reckheim et de Gronsveld. 
Notre collègue hollandais en a donné d'ingénieuses expli- 
cations. 

M. de Witte s'est occupé de quelques ajusteurs jurés 
des poids et balances en fonctions aux Pays Bas autri- 
chiens durant la seconde moitié du XYIII^ siècle. Après 
avoir défini leurs fonctions, il indique les mesures prises 
par le gouvernement autrichien pour assurer la régularité 
et la justesse des poids monétaires et mentionne de nom- 
breux renseignements sur quelques ajusteurs jurés d'An- 
vers, d'Audenarde, de Bruges, de Bruxelles, de Gand, de 
Louvain, de Malines, de Mons, de Namur, de Saint- 
Nicolas et de Tournai. 

M. de Witte nous a encore expliqué, d'une manière très 
complète, une médaille religieuse et un méreau de Notre- 
Dame de Miséricorde, à Verviers. 

Signalons particulièrement une étude très détaillée et 
très précise sur les dernières quinze années de Théodore 
van Berckel. Cette partie de la vie du célèbre graveur 
général de la Monnaie de Bruxelles était restée dans l'obs- 
curité. Grâce aux patientes recherches de M. le chevalier 
Année i8q6 33 



486 

C. von Ernsl, nous connaissons maintenant l'existence 
misérable que van Berckel mena en Autriche, après l'inva- 
sion française en Belgique et comment il mourut à Bois-le- 
Duc, sa ville natale, le 21 septembre 1808. 

Notre dévoué correspondant regnicole M. le docteur 
J. Simonis a publié ce qu'il savait sur les ajusteurs jurés 
de l'ancienne principauté de Liège. Sa notice, pleine de 
faits nouveaux, a vivement attiré l'attention de tous ceux 
qui collectionnent les poids monétaires. 

M. le baron Bethune poursuit, avec succès, son remar- 
quable travail sur les méreaux de familles brugeoises. 
Il nous a donné la primeur d'un méreau de Jean de 
Vleeschouwer, chevalier, et de Barbe de Witte, 1473. Sou- 
haitons à notre zélé collègue de trouver d'autres méreaux 
inédits pour compléter sa belle monographie sur ces pièces 
si spéciales à Bruges. 

Votre secrétaire a eu la chance de découvrir la médaille 
au buste de Charles-Quint par le poète Jean Second, 
médaille que Pinchart déclarait introuvable et que vous 
avez pu examinera notre séance générale du i^r juillet 1894. 
Il est regrettable que l'imperfection du cliché, qu'il n'a pas 
été possible d'obtenir meilleur par les procédés de photo- 
gravure usités à Bruxelles, n'ait point permis aux lecteurs 
de notre Revue d'apprécier cette médaille aussi complète- 
ment qu'il eût été désirable. 

Un billùn noir inédit frappé à Vilvorde par Jean III, 
duc de Braba?ît{i3i2-i355) fait l'objetd'une seconde notice, 
et un troisième article est consacré à la description de 
quelques pièces rares ou inédites et de la trouvaille de 
Niel-sur-Rupel qui contenait le fameux ange d'or de 
Jeanne de Brabant vendu à Malines, en octobre dernier, 
au prix considérable de 1,540 francs. 



487 

Passons à la numismatique étrangère : 

M. Maxe-Werly a terminé son excellente monographie 
sur la numismatique du Barrois. Les tirés à part de ce 
travail sur les Monnaies des comtes et des ducs de Bar 
forment un beau volume de 265 pages, in-S», imprimé en 
1895 chez M. J. Goemaere, à Bruxelles. Le tirage n'a été 
fait qu a yS exemplaires. Ce livre est donc non seulement 
un précieux traité de numismatique mais encore une 
rareté bibliographique. 

Notre dévoué collègue M. J. Rouyer a aussi achevé son 
admirable étude de Y Œuvre du médailleur Nicolas Briot, 
en ce qui concerne les jetons. Outre ceux-ci, M. Rouyer a 
signalé plusieurs deneraux dont les coins ont été gravés par 
Briot. Nous ne reviendrons pas sur l'éloge que nous avons 
fait de ces consciencieuses recherches (voir rapport sur les 
travaux de l'année 1893]. Un excellent tirage à part, avec 
quelques observations additionnelles, a été fait à 5o exem- 
plaires in-80, de 238 pages et 14 planches. 

Les Observations relatives au type des monnaies 
d'Erétrie, de Dicaea et de Mende sont très ingénieuses. 
M. Adrien Blanchet pense, à juste titre, que l'idée du type 
de ces monnaies a pu être inspiré par un fait naturel : un 
oiseau posé sur le dos d'un quadrupède et le débarrassant 
de ses parasites . 

Trois monnaies frappées à Elincourt en Cambrésis ont 
été publiées par M. le vicomte de Jonghe : d'abord un 
gros (double tiers?) à l'aigle de Marie de Bretagne qui 
avait échappé aux investigations de MM. Poey- d'Avant et 
Caron; ensuite un botdrager, très rare, de Gui VI, comte 
de Luxembourg-Ligny ; enfin un botdrager de Wallerand, 
son fils. 

M. le chevalier M. -A. Snoeck a eu le mérite de faire 



488 

connaître exactement le médaillon rond, iiniface et coulé, 
du docteur Jean Ingéniions^, médecin en chef et conseil- 
ler de la cour impériale autrichienne, 1779. Ce médaillon 
est cité dans la dernière suite de Van Loon, mais cet 
ouvrage ne donne ni la légende correcte ni le dessin. 
L'auteur explique dans quelles circonstances ce médaillon 
a été coulé et ajoute quelques détails de la vie du docteur 
Ingenhousz. 

M. Ém. Caron nous a parlé d'Une singulière trouvaille 
à Jérusalem. Il s'agit d'une grosse pierre trouvée par le 
R. P. Gré non loin de l'enceinte sacrée de l'ancien temple 
de Jérusalem et qui ne serait rien moins qu'un poids du 
roi David. L'auteur examine les déductions tirées par le 
père Gré du poids de cette pierre, 42 kilos, et du poids 
des sicles hébraïques, 14 grammes, et démontre très juste- 
ment qu'à l'époque de David, il ne pouvait être question 
d'argent monnayé mais seulement d'une unité de poids, le 
sicle n'étant devenu unité monétaire que plus tard. D'après 
le système phénicien, le sicle d'argent était de 14 grammes, 
ce qui, pour 3, 000 sicles, donne exactement 42 kilo- 
grammes. Mais encore faudrait-il savoir si l'inscription 
remonte réellement au roi David et n'est point le nom per- 
pétué d'un poids consacré par lui. 

Les appellations monétaires sur les monnaies du moyen 
âge ont été très savamment énumérées par M. H. Dannen- 
berg. Ges légendes, conclut judicieusement l'auteur, ne 
doivent pas toujours être prises à la lettre, car il arrive 
qu'elles sont trompeuses. 

M. J. Ghalib Edhem a eu l'obligeance de nous commu- 
niquer une monnaie d'Alaeddin Qeikobad III, associé 
au nom du grand Ilkhan. Gette monnaie d'argent inédite 
démontre et constate que l'empire seldjoukide, du temps 



489 

de Ghâzân Mahmoud, était presque entièrement tombé au 
pouvoir des Ilkhaniens. 

La monnaie de Rodez, au XF siècle, n'avait encore été 
signalée que par des textes. M. Anatole de Barthélémy 
aura été le premier à nous en faire connaître un exem- 
plaire : il s'agit d'un denier de Hugues, comte de 
Rouergue (1008- 1054). Cette pièce a été trouvée à Rodez 
même et présente, au revers, le type du chrisme adopté 
dans plusieurs localités du Languedoc et du Sud-Ouest. 

Dans une lettre adressée à M. de Witte, M. Fr. Gnecchi 
a donné l'explication et le fac-similé d'un curieux médail- 
lon inédit de Philippe père, trouvé à Rome, en avril iSgS, 
près de la Porta Salaria. Le revers de ce médaillon est 
complètement nouveau et représente une entrée triom- 
phale, ïadventus de Philippe, comme empereur, à Rome, 
en l'année 244. 

Enfin, M'ie Marie de Man, reprenant la description d'une 
médaille uniface de Levinus Bloccenus a Burgh, publiée 
par M. Picqué, dans la Revue, 1879, p. 228, est parvenue à 
déterminer très complètement l'identité du seigneur zélan- 
dais dont la médaille reproduit les traits. M. Picqué n'avait 
pu déterminer quel était ce personnage et s'était trompé au 
sujet de la date inscrite sur la médaille qu'il faut lire i556, 
année de la mort de Liévin Bloxsen, et non pas 066. — 
Remercions notre gracieuse collaboratrice d'avoir si parfai- 
tement élucidé ces deux questions. 

Les Mélanges de notre Revue continuent à briller par 
leur importance et leur variété. — La description des 
Médailles modernes, confiée aux soins de M. de Witte, a 
été non moins bien faite que les années précédentes. Il s'agit 
d'une grande médaille au buste de Christophe Colomb, 
frappée à l'occasion de l'exposition universelle de Chicago, 



490 

en 1893, organisée à l'occasion du 400^ anniversaire de la 
découverte de l'Amérique ; d'une médaille offerte par ses 
élèves et ses amis (3 mai 1894) à M. Alphonse de Marbaix, 
professeur à l'Université de Lou.vain, et enfin des jetons 
commémoratifs de l'exposition universelle d'Anvers, en 1 894. 

Ces pièces sont dues au talent de MM. Victor Lemaire, 
Franz Vermeylen, A. Michaux et P. Fisch. 

Pendant l'année 1895, notre société a perdu le plus 
ancien de ses membres honoraires, M. le comte Maurin de 
Nahuys. Ses titres et ses nombreux travaux ont été rap- 
pelés par M. le vicomte B. de Jonghe dans une notice 
nécrologique publiée dans notre Revue, 1895, p. 564. — 
La mort nous a encore enlevé deux associés étrangers : 
M. Butor, ancien magistrat, et J. Ghalib Edhem Bey, 
conseiller du gouvernement de l'île de Crète. Un de nos 
anciens correspondants regnicoles, qui avait quitté notre 
compagnie depuis 1869, M. Edmond Van der Straeten, 
est décédé à Audenarde, sa ville natale, le 25 novembre 
dernier. C'était un musicographe distingué, mais ses tra- 
vaux sur la musique et le théâtre ne l'ont pas empêché de 
s'occuper, avec talent, de notre science favorite. 

M. le Président remercie M. le Secrétaire pour 
le soin qu'il a mis à rédiger ce rapport. {Applau- 
dissements.) 

M. le Président s'excuse d'avoir oublié, chez 
lui, la note sur les accroissements des collec- 
tions et de la bibliothèque que M. de VV^itte, 
absent pour cause de maladie, lui a remise avant 
son départ pour les eaux. Il constate avec satis- 
faction que, grâce au zèle de M. de Witte, nos 



49ï 

collections augmentent sans cesse. {Applaudisse- 
ments.) 

Voici le rapport du bibliothécaire : 

Messieurs, 

Des circonstances indépendantes de ma volonté m'empê- 
chent, à mon grand regret, d'assister à la séance. Veuillez 
donc m'excuser si mon rapport s'en resserrt. 

Pendant l'exercice écoulé, i6o volumes ou brochures ont 
été offerts à votre bibliothèque; ii3 monnaies, 17 jetons, 
12 médailles, 6 méreaux et 5 poids monétaires sont entrés 
dans votre médaillier ; enfin, neuf membres ont envoyé 
leurs portraits, ce qui porte le nombre de nos photographies 
à 27 t. 

Le service des échanges s'est fait régulièrement; il s'est 
même augmenté notablement cette année, car si nous avons 
cessé l'envoi de nos publications à l'Académie d'Hippone, 
nous les adressons au Cercle historique et archéologique de 
Gand, au Cercle archéologique de Malines. à la Société 
archéologique de Lisbonne, à la Société suédoise de 
numismatique, et, de plus, grâce à l'obligeant intermé- 
diaire de M. Friedenburg, président de la Société numis- 
matique de Berlin, la Zeitschrift fiir Numismatik nous 
parvient depuis janvier dernier. La Société reçoit ainsi 
presque toutes les publications périodiques, de quelque 
importance, consacrées exclusivement à la numismatique; 
nous en comptons une vingtaine. Elle n'en recevait que 
quatre en 1886. 

J"ai terminé aussi le classement des séries métalliques 
vous appartenant. Ces suites comportent 2,847 monnaies, 
médailles, jetons, méreaux et poids monétaires divers. 



492 

L'assemblée procède ensuite aux élections aux 
diverses places vacantes : 

M. le chevalier Snoeck est nommé membre hono- 
raire pour remplacer M. le comte M. de Nahuys, 
décédé. MM. Paul Fisch, médailleur à Bruxelles; 
le baron de Vinck de Winnezeele, membre du 
comité du musée duSteen, à Anvers; l'avocat Big- 
wood, à Bruxelles; le vicomte Eugène de Jonghe, 
à Bruxelles, et Mac Leod, professeur de botanique 
à l'université de Gand, sont nommés membres 
correspondants regnicoles. 

L'assemblée procède ensuite au renouvellement 
du bureau, qui, d'après les statuts, doit être élu 
pour une période de trois ans prenant cours le 
i*"" janvier 1897. 

Après avoir rempli pendant treize ans les fonc- 
tions de secrétaire, M. Cumont prie l'assemblée 
dé ne pas renouveler son mandat. Il ajoute que sa 
détermination est irrévocable. 

M. de Jonghe, au nom de tous les membres de 
la réunion, remercie M. Cumont pour le zèle qu'il 
a apporté dans l'exercice de ses fonctions et prie 
l'assemblée de laisser la place de secrétaire ouverte 
jusqu'à la prochaine assemblée générale de juillet. 
Le bureau chargera provisoirement un de ses 
membres du secrétariat à partir du i^'' janvier 1897, 
date où prend fin le mandat de M. Cumont. {Adhé- 
sion unanime.) 

M. Van Schoor regrette la décision prise par 
M. Cumont et remercie également M. le Secrétaire 



493 

des longs services qu'il a rendus à la Société. 
L'assemblée s'associe à ces paroles. 
Le scrutin donne les résultats suivants : 

Président : MM. le vicomte B. de Jonghe ; 

Vice-président : le comte Th. de Limburg- 

Stirum ; 
Secrétaire : X. ; 

Bibliothécaire : A. de Witte ; 

Trésorier : Am. de Roissart ; 

Contrôleur : Ed. Vanden Broeck. 

M. le vicomte B. de Jonghe, au nom du bureau, 
remercie l'assemblée de ses suffrages. Le bureau, 
comme par le passé, fera tous ses efforts pour 
justifier la nouvelle preuve de confiance qui vient 
de lui être donnée par les membres de la Société. 

Il est procédé ensuite à l'élection annuelle des 
membres de la commission directrice de la Revue. 

M. Cumont, qui a dirigé cette RevtLe pendant 
dix ans, fait la même déclaration que pour le 
secrétariat. 

M. de Jonghe, comme président de l'assemblée, 
remercie M. Cumont pour sa longue collabora- 
tion, aussi active qu'intelligente, à notre recueil 
et propose à la réunion de désigner M. le comte 
Th. de Limburg-Stirum pour lui succéder dans 
les fonctions de directeur de la Revue. 

M. Van Schoor adresse aussi de vifs remercî- 
ments à M. Cumont et espère qu'il continuera sa 
collaboration à la Revue. 



494 

Le président fait partie de droit de la Com- 
mission directrice de la Revue (Art. 17 des Statuts). 

Sont élus, par acclamation, directeurs pour 
l'année 1897 '- MM. le comte Th. de Limburg- 

StIRUM et A. DE WiTTE. 

En conséquence, la direction de la Revue sera 
confiée l'année prochaine à : 

MM. le vicomte B. de Jonche; 

le comte Th. de Limburg-Stirum ; 
A. de Witte. 

M. le comte Th. de Limburg-Stirum remercie 
l'assemblée de son élection. 

L'assemblée décide que l'effigie à placer sur le 
jeton de présence pour 1897-1899 sera celle de 
Vredius (Olivier de Wree), proposée par M. le 
baron Bethune. 

M, Vermeylen veut bien se charger de l'exécu- 
tion de ce jeton. {Remerclments.) 



lectures et communications. 

M. Blanchet lit une intéressante notice sur les 
monnaies en or des empereurs romains Trébonien 
et Volusien. [Applaudissements.) 

A la demande de M. le Président, qui lui adresse 
ses félicitations, M. Blanchet promet de laisser 
imprimer son travail dans la Revue. 

M. Naveau a entretenu une correspondance 
avec M. Jolivot, secrétaire du conseil d'Etat de 



495 

la principauté de Monaco, au sujet de certaines 
monnaies liégeoises (particulièrement celles de 
Maximilien-Henri de Bavière) que M. Jolivot pré- 
tend avoir été copiées à Monaco. 

M. Naveau, d'accord avec M. le baron deChestret, 
pense que certaines imitations des espèces de 
Maximilien-Henri ont pu effectivement avoir été 
frappées à Monaco, mais qu'il serait bien difficile 
de les différencier des monnaies de cet évêque. 
C'est ainsi que, pour les nécessités du com- 
merce, on frappe encore aujourd'hui des cou- 
ronnes de Marie-Thérèse et des dalers de Hollande. 
M. Naveau promet d'insérer une note sur ce sujet 
dans les mélanges de la prochaine livraison de la 
Revue. {Renier ciments.) 

M. Cumont donne quelques renseignements 
relatifs à la collection numismatique de Charles 
de Lorraine et fait connaître la liste des personnes 
auxquelles, après la mort de ce prince, fut envoyé 
le catalogue de sa collection. [Applaudissements.) 

M. le Président remercie M. Cumont pour son 
intéressante communication et espère que l'auteur 
voudra bien la laisser imprimer dans la Revue. 
(A dhésion unanime . ) 

M. Peny fait circuler quatre jetons religieux 
trouvés dans les fouilles des ruines de l'abbaye de 
l'Olive, à Morlanwelz (Mariemont). {Remer ciments.) 

Le docteur Simonis exhibe une jolie médaille 
ovale au buste de Wolfgang-Wilhelm , comte 
palatin du Rhin (Neubourg), duc de Bavière, de 



49^ 

Juliers, de Clèves et de Berg. Elle est reproduite 
dans Van Loon, t. II, p. 63. Elle est en vermeil 
et entourée d'un encadrement à jour de l'époque 
(1626) , admirablement travaillé et très finement 
émaillé. Bien qu'elle ne soit pas signée, Adolphe 
Erman, dans la Zeitschrift fur Numismatik, de 
Berlin, t. XII, croit pouvoir l'attribuer à un artiste 
de Munich, graveur d'estampes et de médailles 
du nom de Paul Zeggin, qui travaillait de i623 
à 1666. 

M. le vicomte de Jonghe lit un travail sur un 
denier de l'empereur Lothaire, frappé à Mayence. 
[Applaudissements.) 

Le même exhibe encore : 

1° Un dalder de Philippe II, frappé, en 1672, à 
Maestricht et portant, en contremarque, une croix 
patriarcale terminée, à sa partie inférieure, par un 
triangle ; 

2° Un très curieux cuivre de Ferdinand de Lyn- 
den, comte de Reckheim (i636-i665), imité des 
pièces de 12 hellers (?) de Frédéric-Guillaume, 
comte de Ravensberg (1640-1688). Le prototype 
porte ; « Ravensberg Lant Muntz. » Le sceptre 
avec couronne du droit se trouve aussi sur le numé- 
raire de Hervord, où il subsiste encore en 1810; 

3'' Une pièce de deux sous, unique, de Joseph- 
Gobert de Lynden , comte d'Aspremont et de 
Reckheim (1708-1720). Ce curieux billon est le 
seul souvenir monétaire que nous ait laissé 
Joseph-Gobert, qui avait épousé la fille du mar- 



497 
quis de Prié, gouverneur par intérim des Pays- 
Bas. C'est peut-être grâce à son mariage que le 
comte Joseph-Gobert se crut autorisé à émettre 
la piécette qui nous occupe , pensant que son 
beau-père fermerait les yeux sur cette tentative 
d'émancipation. Le jeune comte semble d'ailleurs 
avoir été fort bien vu à la cour de Vienne, témoin 
la charte donnée en sa faveur par l'empereur 
Charles VI, charte lui confirmant le privilège de 
non evocando, etc. Joseph-Gobert mourut à l'âge 
de 26 ans. 
La séance est levée à i heure. 

Le Secrétaire, Le Président, 

G. CUMONT. V** B. DE JONGHE. 



498 



LISTE DES MEMBRES 

DE 

LA SOCIÉTÉ ROYALE Dl] NUMISMATIQllK 

AU !«■■ OCTOBRE 1896. 
MEMBRES D'HONNEUR. 

NOMS KT QUALITÉS. DATE DK l'aDMISSION. 

S. A. R. MONSEIGNEUR LE PrINCE 

Philippe DE Saxe-Cobourg et 

Gotha, duc de Saxe 7 juiuet 1878. 

S. A. S. MONSEIGNEUR LE PrINCE SOU- 
VERAIN DE IVIONACO, Albert h' . . 24 novembre 1889. 

s. A. MONSEIGNEUR LE PrINCE PierPe 

DE SAXE-COBOURG et BRAGANCE. 26 novembre 189. 

S. A. R. MONSEIGNEUR LE PrINCE 

DE NAPLES ... . 22 avril 1892. 

MEMBRES HONORAIRES (i)- 

MM. 

Teixeira de Ahagaô, directeur du cabinet des 

médailles de S. M. le Roi de Portugal, à 

Lisbonne 2 juillet 1871. 

Harabacek (le docteur Josef), professor ordina- 

rius und Mitglied der kaiserl. Akademie der 

Wissenschaften, Seidlgasse, 41,3 Vienne, III. 7 juillet 1872. 

(1) Le nombre des membres honoraires est limité à vingt-cinq. 



• 499 

KOMS BT QUALITÉS. DATE DE I,' ADMISSION. 

MM. 

ScHMJMBEnGER (Gustave), membre de l'Institut, 

27, avenue d'Antin, à Paris 7 juillet 1878. 

Van Hende (Edouard), officier de l'instruction 

publique, rue Masséna, 5o, à Lille .... G juillet 1879. 

DE Barthéi,e.uy (Anatole), membre de l'Institut, 

rue d'Anjou-Saint-Honoré, 9, à Paris. ... 3 juillet 1881. 

ROUYER (Jules), directeur honoraire des postes, 

à Thiaucourt (Meurthe-et-Moselle) 1 juillet i883. 

Van Dijk van Matenesse (P.-J.), Groote Markt, 

123, WijkE', à Schiedam 4 juillet 1886. 

Caron (Emile), avoué honoraire, 2^«'», rue du 

Havre, à Paris . . 1 juillet 1888. 

Dannenberg (Herman), Landgerichtsrath, prési- 
dent d'honneur de la Société de numismatique 
de Berlin, Lessingstrasse, 8, Berlin, N. W. . — — 

Babelon (Ernest), conservateur du département . 
des médailles et antiques de la Bibliothèque 
nationale, à Paris, 23, rue de Verneuil. ... — — 

]>Iaxe-V^''eri,y (Léon), officier de l'instruction 

publique, rue de Rennes, 61, à Paris ... 7 juillet 1889. 

Evans (John), président de la Société des anti- 
quaires et de la Société anglaise de numisma- 
tique, correspondant de l'Institut de France, 
Nash Mills, Hemel Hempstead, Angleterre. . 24 novembre 1889. 

Ghactard (J.),' doyen honoraire de la faculté 

catholique des sciences de Lille , villa 

Saint-Marc, par Croissanville (Calvados), 

France . G juillet 1890. 

ROEST (Tliéod.-M.), directeur du Musée de la 

Teyler Genootschap, président de la Société 

néerlandaise de numismatique, Rapenburg, 

3s, Leyde 5 juillet 1891. 



5oo 

TfOMS BT QUALITÉS. DATB DE l'ADUISSION. 

MM. 

llii^DEBRAND (Hans), secrétaire perpétuel de 
l'Académie royale de Suède, directeur des 
musées d'antiquités de l'État, Storgatan, 24, à 
Stockholm 5 juillet i8gi. 

LlTSCHIN VON EBENGREUTH (d"" ET PROF., CHEVALIER 

Arnold), membre de l'Académie impériale et 

royale des sciences à Vienne, ancien doyen de 

l'université de Gratz, l'hiver : Merangasse, i5; 

l'été : Quellengasse, 4, à Gratz (Autriche) . . 3 juillet 1892. 

Papadopoi.i (le comte INicolas), sénateur, pré- 
sident de la Société italienne de numismatique, 

palais Papadopoli, Grand Canal, San-Silves- 

tro, Venise — — 

Laugier (Joseph), conservateur du cabinet des 

médailles, rue Barthélémy, 32, à Marseille . . — — 

Joseph (Paul), professeur, Schweizerstrasse, 70, 

Sachsenhausen (Francfort-sur- M ein) 2 juillet iSgS. 

Gnecchi (Francesco), directeur de la Revue ita- 
lienne de numismatique, via Filodrammatici, 
10, à Milan (Italie) — — 

Imhoof-Blumer (Frédéric), à Winterthur 

(Suisse) ler juillet 1894. 

Deloche (Maximin), membre de l'Institut, rue 

Herschell, 5, Paris — — 

Bahrfeldt (Max), major au 79" régiment d'infan- 
terie, Hannoversche Strasse, 7, Hildesheim, 
(Hanovre) — — 

VOM Ernst (le chevalier Charles), conseiller 
supérieur des Mines de l'Etat, Ungargasse, 3, 
Vienne (Autriche) — — 

Snoeck (le chevalier Mathieu-Adrien), cham- 
bellan de S. M. la reine des Pays-Bas, à 
Hintham, près Bois-le-Duc ig juillet 1896. 



5or 
MEMBRES EFFECTIFS (t). 

NOMS ET QUALITÉS. DATE DE l'ADMISSIOS. 

MM. 

Bethune (monseigneur le baron F.), chanoine et 
prélat de Sa Sainteté, rue d'Argent, 40, à 
Bruees . Fondateur. 

Pety de ïnozÉE (J.), agent diplomatique et : 

consul général de Belgique, à Sophia ... 4 juillet i852. 

PiCQUÉ (Camille), conservateur du cabinet des 

monnaiesetmédaillesà la Bibliothèque royale, 1 

rue Dupont, 70, à Schaerbeek 8 juillet 1860. 

DE NÉDOSCHEi, (le COMTE Gcorgcs), président de 
la Société historique de Tournai, rue Becque- 
relle, 3, à Tournai 5 juillet i863. 

Vandew BnOECK {Edouard), rue du Com- 
merce, 5o, à Bruxelles 3 juillet 1864. 

DE Limburg-Stirum (le comte Thierry), séna- 
teur, rue de la Loi, 166, à Bruxelles ... 7 juillet 18G7. 

DE JoHGHE (le vicomte Itauilouiii ) , rue du 

Trône, 60, à Ixelles 4 juillet 1869. 

LiEDTS (le baron), archéologuc, rue de la Loi, 

88, à Bruxelles 3 juillet 1870 

DE Chestret de Uaneffe (le baron J.-IV.->I.- 
Juies), membre titulaire de l'Académie royale 
de Belgique, rue des Augustins, 3i, à Liège . 2 juillet 1871. 

de Roissart (Amédée), conseiller à la Cour 

d'appel, avenue de la Couronne, 12, à Ixelles. 7 juillet 1878. 

CCMONT (Georges), avocat à la Cour d'appel, rue 

de l'Aqueduc, 19, à Saint -Gilles- Bruxelles 

(quartier Louise) 2 juillet 1882. 

Bequet (Alfred), archéologue, rue Grandga- 

gnage, 8, à Namur 6 juillet 1884. 

(1) Le nombre des membres etiectifs est limité à trente-cinq. 

Année 1896. 34 



5 02 

NOMS BT QUALITÉS. nATB BB t' ADMISSION, 

MM. 

Bethune (le baron Jean-Baptiste), membre de 

la dépuration permanente, lo, rue Saint- 

Georjcs, à Bruges 5 juillet i885. 

Van Schoor (Charles), procureur général près la 

Cour d'appel de Bruxelles, avenue Louise, gS, 

à Bruxelles — — 

Bahps (Constant), docteur en médecine, rue 

Maegdendries, à Hasselt. . . — — 

DE WiTTE (Alplionse), ingénieur, rue du 

Trône, 49, à Ixelles 4 juillet 1886. 

Pr!«y (E(lmond-Ph.-A.), ingénieur et échevin, 

à Morlanwelz . . . . , 3 juillet 1887. 

De Munter (Victor), agent de la Banque natio- 
nale, rue Haute, 3o, à Audenarde — — 

SuRMOKT DE VOLSBERGnE (le baron), sénateur et 

bourgmestre, à Ypres 7 juillet 1889. 

Van Eersel (le major chevalier Léopold- 

Charles- Marie), chef d'état-major de la 

2«= circonscription militaire, 70, Vieille Route, 

Berchem, Anvers . 24 novembre 1889. 

INaveau (Marccl-François-Léon), au château de 

Bommershoven (par Jesserenj — — 

C06EI.S (Paul), château de Boeckenberg, Deurne 

lez-Anvers 6 juillet 1890. 

Daniels (l'abbé Polydore), au château de Vogel- 

sanck, par Zolder (Limbourg) — — 

De Schodt (Georges), avocat, rue de Londres, i5, 

à Ixelles 5 juillet 1891. 

MOENS (Jean), avocat, à Lede, prèsd'Alost, Flandre 

orientale. . . . , — — 

Maver van den Bergh (le chevalier Fréd.), rue 

de l'Hôpital, 21, à Anvers '. . . 3 juillet 1892. 

DtJitois (Fernand), sculpteur et médailleur, rue 

du Mont-Blanc, 69, à Saint-Gilles — — 



5o3 

KOMS KT QUALITÉS. BAIB DB l'aDMISSION. 

MM. 

Seei.dkaters (Emile), artiste-peintre, rue Pota- 
gère, 123, à Saint-Josse-ten-Noode . . , . . 2 juillet i8g3. 

ViSART DE BocARMÉ (Albert), rue des Aiguilles, 

18, à Bruges — — 

WALiiAERT (Em.), docteur en droit, rue Marie- 
Thérèse, 71, à Bruxelles — — 

Lemaire (Victor), médaiileur, 10, rue de la 

Calandre, à Gand — — 

W11-1-EMS (Joseph), notaire, à Saint-Trond ... 1" juillet 1894. 

DE Ghellinck d'Ei.seghem (le comte Amaury), 

1 3, rue de l'Industrie, à Bruxelles — — 

TiNNE (O.), capitaine-commandant au régiment 

des Grenadiers, 38, rue de Trêves, Bruxelles 7 juillet 1895. 

Dei.beke ( a ) avocat, membre de la Chambre des 

Représentants, i5, rue Bourla, Anvers ... — — 

CORRESPONDANTS REGNICOLES (O- 

Van Even (Edouard), membre titulaire de l'Aca- 
démie royale de Belgique, archiviste de la 

ville, rue des Bouchons, 6, à Louvain. ... 4 juillet 1869. 

ou Chastel de la Uowakdekie (le comte AI- 

béric), au château de la Havette, à Spa . . . 3 juillet 1881. 

A i-viBi (Frédéric), attaché au cabinet des médailles 

de l'Etat, rue Van Volsem, 17. à Bruxelles. . 5 juillet i885. 

Van der Beken (Charlcs-Auffuste-Pierre). 

contrôleur au change et au monnayage, etc., 

à l'Hôtel des Monnaies, rue de Moscou, i, à 

Saint-Gilles (Bruxelles) 7 juillet 1889. 

IJRBAN (Ernest), 81, rue du Trône, à Ixelles . 6 juillet i8go 

SiBENAiiER (J.), conservateur du musée de l'Institut 

archéologique d'Arlon, à Arlon — — 

(1) Le nombre des correspondants regnicoles est limité à trente-cinq. 



5 04 

NOMS BT QUALITÉS. JIATK DE l'ADMISSION. 

MM. 
De Jaer (Léon), no, quai Orban, à Liège ... 5 juillet 1891. 

Balmon-Vf.rsavel, chaussée de Courtrai, 367, 

Saint-Pierre-Alost, à Gand 3 juillet 1892. 

Gautier de Rasse (Léopold), avocat à la Cour 

d'appel, i5, rue du Prince Royal, à Ixelles. — — 

de Loê (le baron Alfred), secrétaire général de la 
Société d'archéologie de Bruxelles, 11, rue de 
Londres, à Ixelles. — — 

Van Baemdonck, . avocat et bourgmestre, à 

Beveren-Waes (Flandre orientale) ..... — — 

Vervloet (Constant), notaire, place Saint- 
Alphonse, à Roulers (Flandre occidentale) . . 2 juillet 1893. 

Van der Stappen (Charles), statuaire, avenue de 

la Joyeuse- Entrée, 21, à Bruxelles — — 

Jooris (Franz), sous-lieutenant au i^r régiment 
de Guides, boulevard de Waterloo, n» 5i, à 
Bruxelles — — 

Mergheianck (Écuyer Arthur), archiviste des 
villes d'Ypres et de Furnes, rue d'Elver- 
dinghe, no 1 , à Ypres — ^ 

Liégeois (Edmond), bibliothécaire de la ville, 

35, rue au Beurre, à Ypres i»'' juillet 1894. 

DONNET (Fernand), 22, Longue rue Lozane, 

à Anvers — — 

SiMONis (J.), docteur, à Jemeppe-sur-Meuse. . . 7 juillet 1895. 

Van Malderghem (Jean), archiviste-adjoint de 

la ville de Bruxelles, 26, rue Anoul, à Ixelles. — — 

LOHBAERTS (Edmond), 146, Avenue des Arts, 

à Anvers. — — 

MOTAUX (Auguste), ingénieur. Boulevard du 

Régent, 3 1*, à Bruxelles. . — — 



5o5 

NOMS ET QUALITÉS. DATE DE l'aDMISSIOB 

MM. 
Vermeylen (Franz), statuaire et médailleur, rue 

des Récollets, 49, Louvain 7 juillet i8g5. 

Lambo (l'abbé Aloïs), professeur au Petit Sémi- 
naire, à Malines — — 

Hermans (Charles), Canal des Brasseurs, 2g, 

à Anvers. . — — 

Bernays (Edouard), avocat. Avenue Van Eyck, 42, 

à Anvers — — 

FiscH (Paul), médailleur, 42, rue Antoine Dan- 

saert, à Bruxelles 19 juillet 1896. 

DE ViNCK DE Wii«»iE7.EEi,E (le baron), membre du 

comité-directeur du musée du Steen, i3g, 

avenue des Arts, à Anvers — — 

BiGwooD, avocat, rue Washington, 3 (avenue 

Louise), à Bruxelles — — 

DE JoNGHE (le VICOMTE Eug.), 6o, rue du Trône, 

à Ixelles — — 

Mac Leod, professeur de botanique à l'université 

de Gand, rue du Héron, 3, à Gand — — 

ASSOCIÉS ÉTRANGERS (0. 

MORIN-PONS (Henri), banquier, rue de la Répu- 
blique, 2, à Lyon 3 novembre i856. 

Madden (Frédéric-W.), esq. , membre de la 
Société numismatique de Londres, 1 3, Grand 
Parade, à Brighton 14 janvier i865 

de Marsy (le comte Arthur), directeur de la 
Société française d'archéologie, 26, rue Saint- 
Jacques, à Compiègne 14 mai 1871. 

Trachsel (le docteur Charles-François), nu- 
mismate, Petit-riant Site, descente Mont- 
benon, à Lausanne — — 

(1) Le nombre des associés étrangers est limité à cent cinquante. 



5o6 

M OMS ET QUALITÉS. DATE DE l' ADMISSION. 

MM. 

SuDBE (L.), sous-directeur honoraire des mon- 
naies, 3, quai Malaquais, à Paris 25 janvier 1876. 

LEHMAni»! (baron von), lieutenant général, Adolfs- 

allee, 7, à Wiesbaden 4 décembre 1877. 

Du Lac (Jules), archéologue, 10, rue des Minimes, 

à Compiègne 10 avril 1878. 

Engel (Artbur), 66, rue de l'Assomption, Paris- 

Auteuil 11 mai 1878. 

RiGAUx (Henri), archiviste de la ville, mairie 

de Lille (Nord). . 23 mai 1878. 

ScHOLs(L.-P.-H.), docteur en médecine, à Maes- 

tricht 10 août 1878. 

VEnsiiEB (Achille), banquier, rue de Thion- 

vilie, 34, à Lille 23 octobre 1878. 

DE Grez (le chevalier Jcan- Marie- Hcnri- 

Josepli), numismate, à Bois-le-Duc 4 février 1879. 

DisSARD (Paul), conservateur des musées de la 

ville de Lyon 5 juillet 1879. 

Pnii.MPS J«- (Henry), Gare of the American 

Philosophial Society, 1811, Walnut Street, 

Philadelphia 10 juin 1880. 

• Ehrensvakd (le comte Augustin), officier au 

régiment des hussards de Scanie, à Liatorp. 17 mars 1881. 

Weyl (Adolphe), directeur des Berlîner Mùn^- 

blâtter, Adlerstrasse, 5, à Berlin, G. . . . 19 janvier 1882. 
De Meunysck (Auguste), membre de la direction 

du Musée numismatique, rue Masséna, 23, 

à Lille 9 mars 1882. 

Ouarré-Retbourbobi (L.), archéologue, boule- 
vard de la Liberté, 70,3 Lille .... 2 mai 1882. 
Terme (Georges), quai des Tanneurs, 3, à Liège. 6 mai 1882. 
Andbé (Ernest), notaire, à Gray (Haute-Saône). 2 octobre 1882. 
Cavalm (Gustave), pharmacien, à Skôfde (Suède). 9 août i883. 



5o7 

NOMS ET QUALITÉS. DATK DK I/'ADMISSIOR. 

MM. 
Wedberg (J.-O.), conseiller de justice, Stor- 

gatan, 29, à Stockholm . 9 août i883. 

BOM (Adrien), numismate, Keizergracht. 149, à 

Amsterdam 20 janvier i885. 

JoiiïvOT (Pierre-Charles), secrétaire du gouver- 
neur général et du conseil d'Etat de la princi- 
pauté de Monaco 27 avril i883. 

DE Man (M"" Marie), rue Saint-Pierre, à Middel- 

bourg (Zélande) . 3o mai i885. 

Resier (Louis-Guillaume-Alexandre), référen- 
daire près la Commission des monnaies des 
Pays-Bas, Maliesingel, 20, à Utrecht .... 2 octobre i885. 

IWyer (Isaac), membre de la Société numisma- 
tique de Philadelphie, 21 East, 6oth street, 
à New-York 3o novembre i885, 

BuKOWSKi (H.), membre de la Société suédoise 
de numismatique, Arsenalsgatan, 29, à Stock- 
holm 7 janvier 1886 . 

Germain (Léon), bibHothécaire-archiviste de la 
Société d'archéologie lorraine, rue Héré, 26. 
à Nancy. . . ... 14 avril 1886. 

Cahn (Adolplie-E.), membre des Sociétés numis- 
matiques de Vienne et de Munich, Niedenau, 
55. à Francfort-sur-Mein: 4 juillet 18S6. 

IIei.bikg (Otto), membre des Sociétés numisma- 
tiques de Vienne, de Munich et de Suisse. 
Maximilianstrasse, 32, à Munich — — 

Santosi (le chanoine Milciade), professeur à 

l'université de Camerino (Italie) ..... 7 novembre 1886. 
IIermerei. (Jules), rue Oberkampf, i3, à Paris, 28 avril 1887, 

Corbei,ijs-Battaerd (C.-H.-F.-A.), à Groenloo 

(province de Gueidre) ... — — 



5o8 

sous ET QrALITSS DATE DE I.'AI>MI8SIOir. 

MM. 
ScHULMAN (J.), Langestraat F. 54, à Amersfoort 

(Pays-Bas) 28 avril 1887. 

Gnecchi (Ercole), directeur de la Revue italienne 

de numismatique, \ia Gesù, S, a M'ûan (Italie). 4 juin 1887. 

Storer (Horace-R.), président de la Société 
médicale de Newport, Washington street, 58, 
à Newport, Rhode-Island (États-Unis). ... 28 juin 1887. 

Me Lachlaw (R.-'V^''.), Sainte-Monique street, 55, 

Montréal (Canada) 3o juillet 1887. 

Mazerolle (Fernand), archiviste de la Monnaie, 

91, avenue Niel, à Paris 1er décembre 1887, 

Kenner (le docteur Frédéric), membre de l'Aca- 
démie impériale et royale des sciences de 
Vienne, directeur du Musée impérial des 
médailles et d'antiquités, Augustiner Gang, à 
Vienne (Autriche) i3 janvier 1888. 

Stephanik (Joh.-W.)? secrétaire de la Société 
numismatique néerlandaise, Heerengracht, 
23 1, à Amsterdam 26 août 1888. 

Blanchet (J.-Adrien), bibliothécaire honoraire à 
la Bibliothèque nationale, membre résidant 
de la Société des Antiquaires de France, secré- 
taire de la Revue numismatique, 164, boule- 
vard Pereire, à Paris 23 novembre 1888. 

Barozzi (Nicolas), ancien conservateur du Musée 
Correr et directeur actuel des Galeries royales 
de Venise, Palais ducal, à Venise 23 décembre 1888. 

nE Ponton d'Amécourt (le baron R.), rue Saint- 
Nicolas, 2, àSaint-Calais(Sarthe), France . . 6 février 1889. 

Vallentin (Roger), officier d'Académie, receveur 
des Domaines, à Saint- Péray (Ardèche), 
France 28 septembre 1889. 

Sattler (Albert), 7, Blumenrain, à Bâle (Suisse). 12 octobre 1889. 



5 09 

NOMS ET QUALITÉS. DATE DB l'ADMISSION. 

MM. 

SouTzo (Michel-C), Strada Romania, 4, à Bucha- 

rcst (Roumanie) 12 octobre 188g. 

Van Werveke (Nicolas), secrétaire de l'Institut 

grand-ducal de Luxembourg i5 février 1890. 

Ki;iPERs(II.), Wilhelminastraat, 46, Haarlem . . i5 mars 1890. 

Nentwich (Joseph), rédacteur en chef des Mit- 

theihingen des Clubs derMûn^- undMedaillen- 
freunde in Wien, Auerspergstrasse, 2 1 , Vienne, 

VIII (Autriche) — — 

Stroehlin (Paul), président de la Société suisse 

de numismatique, 86, route de Chêne, à Genève 7 juin 1890. 

IIercolani (le prince), 144, rue de la Loi, à 

Bruxelles — — 

Meili (Julius), ancien consul de la Confédération 

helvétique, à Zurich 4 novembre 1890. 

de Palézieux Du Pan (Maurice), rue Bellot, 4, 

à Genève 20 Janvier 1891. 

RIayor (Jacques), secrétaire de la Société suisse 

de numismatique, Chemin de Saint -Jean, 

à Genève — — 

Il0LLEBEKE(Paul),Grand'Place, à Bailleul(Nord), 

France 27 février 1891. 

BÉTHUNE (C*. G.), 25, rue Saint-Jacques, à Lille, 

France 7 mars 1891. 

Tolstoï (comte Jean), Académie impériale des 

Beaux-Arts, à Saint-Pétersbourg — — 

COMEz, docteur en médecine et officier d'Acadé- 
mie, à Longwy (France) 1 5 mars 1891. 

Ruijs DE Perez (Pierre-Jean-Iiaptiste) , rue 

Joseph II, 26, à Bruxelles Si mars 1891. 

BiERHAN (A.-E.), 18, Oudekerksplein, à Amster- 
dam (Pays-Bas) 11 avril 1891. 

Lankei.ma (P.), 3, Choorstraat, à Utrecht (Pays- 
Bas) ' _ _ 



5io 

NOUS BT QUALITÉS. BATli DE l'aDMISSIOK. 

MM. 

DE Gyselaar (le chevalier IVicolas-Cliarles), 

docteur en droit, Arkelstraat (Gorcum) . 20 mai 1891. 

VAN DER DOES DE "V\'"lLLEBOIS U-E CHEVALIER 

P.-J.-J.-S.-M.), bourgmestre de la ville de 

Bois-le-Duc i""" juillet 1891. 

Van Meeuwen (le chevalier P.-Hl.-F.), vice- 
président de la Cour d'appel, à Bois-le-Duc. — — 

DE Marchévii.le (Marcel), ancien maître des 
requêtes au conseil d'Etat, i38, boulevard 
Haussmann, à Paris. ... .... 9 juillet 1891. 

AMBROSOLi(Solon), conservateur du cabinet royal 

des médailles de Brera, à Milan — — 

RiGGAUER (Hans), conservateur en chef du cabinet 
royal de numismatique, Neuhaùserstrasse, 5, 
à Munich — — 

BliARCARD (Louis), correspondant de l'Institut de 
France, archiviste du département des Bouches 
du Rhône, rue Silvabelle, 2, à Marseille. . . 24 juillet 1891. 

(jENtim di RovEMiONE (le COMTE Tarquîiiio), à 

San-Severino (Marche), Itahe 3o octobre 1891. 

Chaix (Eugène), quai des Grands Augustins, 46, 

à Paris .26 novembre 1891. 

Uadberg (P.), conservateur du cabinet royal de 

numismatique de Copenhague, Danemark. . — — 

HÉNAVi.T (Maurice), archiviste municipal, place 

d'Armes, i3, à Valenciennes 7 janvier 1892. 

pRESL (Jeaii),Gumpendorferstrasse, 59, à Vienne. 

VI, Autriche 2 mars 1892. 

Geradts (J.) , au château de Terwinkel, à Poster- 

holt, lez-Ruremonde (Pays-Bas) 24 avril 1892. 

Castei>i.ani (Giuseppe), à Santarcangelo di Ro- 

magna (Italie) 14 mai 1892. 



5ii 

NOMS ET QUALITÉS. DATE DJJ l'aDMISSION. 

MM. 

Heloring (O. g. h.), capitaine d'infanterie, Lan- 

gesiraat, 3o, à Amersfoort (Pays-Bas) .... 21 mai 1892. 

ViTAMNi (le CHEVALIER Ortenslo), via Vittoria, 81, 

à Rome 2 juin 1892. 

DE Casteixane (le comte), rue de Villersexel, 5, 

à Paris ........ 7 juin 1892. 

QuiNTAno (LéopohI), rue St-Michel, 3o, à Nancy. 28 juin 1892. 

Sagnier (Alphonse), docteur en droit, rue Petite 

Saunerie, 17, Avignon (Vaucluse), France. . 11 juillet 1892. 

, Maignien (Edmond), conservateur de la biblio- 
thèque de Grenoble, à Grenoble (Isère), France. — — 
Ruijs DE Perez (Willie), rue Joseph II, 17, 

à Bruxelles 22 août 1892. 

RuGGERO (Gluseppe), colonel commandant le 

9« régiment des Bersaglieri, à Florence (Italie). 14 septembre 1892. 
IVERSEN (Jules), conseiller d'État, conservateur 

en chef du cabinet des médailles au Musée 

impérial de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg. 25 octobre 1892. 
SvoRONOs (Jean-N.), directeur du Musée national 

de numismatique, 21, rue Kolletis, à Athènes. 25 novembre 1892. 
Uai'PAPORT (Edmond), banquier, Hallesche 

strasse, 18, à Berlin 28 novembre 1892. 

Troutowski (W.), secrétaire général de la Société 

impériale d'archéologie et président de la 

Société de numismatique de Moscou (Ber- 

sénewka), à Moscou 12 décembre 1892. 

Stenersen (le Dr L.-B.), directeur du cabinet des 

médailles de l'Université, à Christiania (Nor- 

wège) ... _ _ 

Hoffmann (Henri), rue Benouville, n, à Paris. i5 décembre 1892. 
Marvin (W.-T.-R.), directeur de The American 

Journal of ninnismatics, Fédéral street, -j'i, à 

Boston (Massachusetts), U. S 26 janvier i8q3. 



5 12 

NOMS ET QUALITÉS. DATE DE L'ADMISSION- 

MM. 

DiûsiNC (Prof. D' Adalbert), à Quedlinburg. . . 26 janvier i8g3. 

BORDEAL'X (Paul), avocat, 98, boulevard Maillot, 

à Neuilly s/Seine, France 21 février i8g3. 

VON HOFKEN VON HaTTINGSHEIM (lE CHEVALIER R.), 

directeur de l'Archiv fur Bracteatenkunde , 

Feldgasse, 35, à Vienne (Autriche) 22 février iSgS. 

Ter Gouw (J.-E.), Koningsstraat, 38, àHilversum 

(Hollande septentrionale), Pays-Bas 25 février 1893. 

ZwiERziNA (W.-R.-F.), receveur de l'enregistre- 
ment et des domaines, à Ossprès Bois-le-Duc. 18 juin 1893. 

Barbey (Maurice), cliâteau deValleyres (par Orbe), 

canton de Vaud (Suisse) 20 juin 1893. 

Oettinger (Si^i^mund), professeur, membre de la 
Société américaine de numismatique et d'ar- 
cliéologie, 107, East 45th Street, New- York. . 12 janvier 1894. 

de Dompierre de Cha€Fepié(D.-H.-J.), directeur 
du cabinet royal de numismatique , rue de 
Java, 70C, à La Haye 17 mars 1894. 

Bahrfeldt (docteur Emile), Tempelhofer, Ufer 

3a, à Berlin 28 mars 1894. 

ROSA (A.Iexandre), président de la Junta de 
numismatica americana, 5^3, Galle Péru, 
à Buenos-Aires n mai 1894. 

Vam Eeghen '(Clir. J.), bourgmestre, à Putten 

(Veluwe), Pays-Bas 19 juin 1894. 

van Meeuwen (le chevalier Pierre-Louis), Ter- 

w^eepark, 4, à Leyde (Pays-Bas) 21 juin 1894. 

Speelman (chevalier M.-H!), Schotersingel , 11 , 

àHarlem 28 juin 1894 

Van der Crab (A.-J.-E.), Bezuidenhout, 63^, 

à La Haye 4 octobre 1894. 



5r3 

irOMS ET QUALITÉS. DATE DE L'ADMISSION. 

MM. 

Derome (Cil.), notaire à Ribemont(Aisne), France. 28 octobre 1894. 

Vaw Lanschot, avocat, Kruisstraat, à Bois-le-Duc. 3 décembre 1894. 

Kleinschiuidt (docteur Arthur), professeur à 
l'Université, 20, Untere Neckkarstrasse, à 
Heidelberg 5 janvier 1895. 

FREDZE.SS (W.-.T), étudiant, Zoutmansstraat, 19, 

à 's Gravenhage 21 janvier 1896. 

Grossel (Arsène), Grand'Place, 20, à Bergues 

Saint- Winoc (Nord), France i3 mai 1895, 

Sassew (Auguste), notaire à Helmond (Pays- 
Bas) 20 septembre 1895. 

MuBARER Ghalib Bey, fonctionnaire à la Dette 

publique ottomane, à Constantinople .... 9 janvier 1896. 

Tachella (M.-D.-E.), conservateur du cabinet des 

médailles, au Musée national, à Sophia. . . 25 février 1896. 

Beelaerts van BrOKLAND (le chevalier), mem- 
bre de la 2" chambre des Etats Généraux, 
62, Koninginnegracht, à La Haye 19 avril 189G. 

Hess (Adolpli), Nachfolger, Westendstrasse, 7, 

à Frankfurt a/M . 21 avril 189G. 



BUREAU DE LA SOCIÉTÉ PENDANT L'ANNÉE 1897 : 

Président d'honneur à vie : .ligr le chanoine baron Félix Bktuvne. 

Président : M. le vicomte B. de Jowghk. 

Vice-Président : .... m. le comte Th. de E.iiiibi;bg-<^tiri;m. 

Secrétaire : »I. X. 

Bibliothécaire : «W. A. de %Vitte. 

Trésorier : M. Ani. db Uoismart. 

Contrôleur : M. Éd. Vanden Broeck. 



COMMISSION DE LA REVUE PENDANT L'ANNÉE 1897 : 

MM. le vicomte B. de Joivghe. 

le comte Th. de Limrurg-Stirijm. 

A. DB IViTTE. 



5i4 

SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMISMATIQUE. 



LISTE DES OUVRAGES REÇUS PENDANT LE 3« TRIMESTRE 1896. 



Avis important : re» publicationni et len dons ileNtiiiéH à 
la Société doivent, sans exception, être adressés à ill. Alph. 
de IrYitte, liibliotliéealre de la Société royale «le nnniisnia- 
tlque, Palais des Académies, à llruxelles. 



Ouvrages périodiques. 

Allemagne. — Blâtter fur Mûn^freunde, n"s 211 à 2i3, pi. I25. — 
Numismatisches Literatur-Blatt, n^s gi-g2. — Niimismatisch sphra- 
gistischer Ani^eiger, 1896, n^s 1 à 6. — Berliner Mûn:{blâtter, 
n"s 182 à 184. 

Amérique. — American Journal of nuynismatics, t. XXX, 1104; 
t. XXXI, no 1. 

Angleterre. — Monthly numismatic Circular, n^s 43 à 45. — The 
Numismatic Chronicle, 1896, part. I et II. 

Autriche-Hongrie. — Archivfûr Bracteatenkunde, Band III, liv. 9 
à 1 1 . — Mittheilungen des Clubs der Mûn:{- iind Medaillenfreunde 
in Wien, nos ya à 74. — Monatsblatt, n^^ 1 54 à 1 Sj — Ntimismatiscke 
Zeitschrift, t. XXVII. — TFiadomosci niimi^matyc^no archeolo- 
gic:^ne, n» 28. — Wy- Dawnictwo Academii umiejetnosci w. Kra- 
koivie, wiek XIV. 

Belgique.— Académie d'archéologie : .<4«Ha/es, t. XLIX, 2e livraison; 
Bulletin, n° XXVII. — Bulletin de l'Académie royale, 1896, liv. 4 
à 6. — Bulletin du Cercle historique et archéologique de Gand, 
t. IV, no 2. — Annales de la Société d'Archéologie de Bruxelles, 
t. V, liv. III et IV. — Revue bibliographique belge, 1896, n"' 5 à 6. 
— Congrès de Tournai : Compte-rendu des travaux. — Annales de 
la Société archéologique de Nivelles, t. VI, ire livraison. 

Vrance. — Revue numismatique, 1896, 2« trimestre. ~ Annuaire de 
la Société française de numismatique, 1896, liv. 2 et 3. — Anti- 



5iS 

quaires de France : Bulletin et Mémoires, années iSgS; Tables des 
années 1807 à 188g. — Publications de la Société archéologique de 
Montpellier, 2« série, n° 2. — Bulletin de la Société archéologique 
de Tarn et Garonne, t. XXII et XXIII. — Bulletin de la Société 
archéologique du midi de la France, no 16. — Bulletin delà Société 
des antiquaires de Picardie, année i8g5, n°s 2 et 3. — Académie 
d'Hippone : Compte-rendu, fin iSgS; idem, 1896, pp. i à vni. — 
Société archéologique de l'Orléanais : Mémoires, t. XXVI, avec atlas ; 
Tables des mémoires et Bulletins des années 18^8 à 1894. — Poly- 
biblion, partie litttéraire, t. LXXVI, liv. 5 et 6, t. LXXVII, liv. 1 ; 
partie technique, t. LXXVIII, liv. 5 à 7. 

Italie. — Rivista italiana di numismatica, 1896, t. IX, fasc. I. 

PayN-Bas. — Tijdschrift van het nederlandsch Genootschap voor 
munt- en penningkunde, t. IV, 3^ livraison. 

Portugal. — O Archeologo Portugues, vol. II, n°s 2 et 3. 

i^nèdc. — Numismatiska Meddelunden, n° XIV. 

Ouvrages non périodiques. 

Ambrosoli. — Umberto Rossi : In memuriam. Milano, 1896, grand 

in-80, 20 pages, vignette. (Hommage de l'auteur.) 
Daremberg et Saglio. — Dictionnaire des antiquités grecques et 

romaines, fasc. 22. (Hommage des auteurs.) 
DE Barthélémy (A.). — Note sur l'origine de la monnaie tournois. 

Paris, 1896, in-40, 14 pages. {Hommage de l'auteur.) 
DE JoNGHE (Vte B.). — Un denier inédit de Pépin-le-Bref. Bruxellt s, 

1896, in-80, 4 pages, vignette. {Hommage de l'auteur.) 
De Munter. — La numismatique du jubilé de saint Rombaut à 

Matines en 1775. Bruxelles, 1896, in-80, i5 pages, 2 vignettes. (Hom- 
mage de l'auteur.) 
DE Renesse (Qe T.). — Dictionnaire des figures héraldiques, t. III, 

3® fascicule. (Envoi des éditeurs.) 
DE WiTTE (Alph.). — Le développement de la science numismatique 

en Belgique, i83o-i895. Anvers, 1896, in-80, 10 pages. (Hommage 

de l'auteur.) 
Geigy. — Gedruckte Schwei^er. Mûn:^mandate. Basel, 1896, in-8'', 

120 pages, planches. (Hommage de l'auteur.) 
Joseph et Fellner. — Die Mûn^en von Frankfurt-am-Main, 2 parties, 



5i6 

gr. in-8°. Frankfurt-am-Main, 1895 et 1 896, 680 pages et yS planches. 

{Hommage des auteurs.) 
Maxe-Werlv. — Un sculpteur italien à Bar-le-Duc en 1463. Paris, 

1896, in-8°, 11 pages. {Hommage de l'auteur.) 
PiETTE. — Etudes d'ethnographie préhistorique. Paris, 1896, in-8°, 

24 pages, vignette. {Hommage de l'auteur.) 
Snoeck (Chev.). — Twee gouden-bruiloftspenningcn van de familie 

de Jong van Beek en Donk. Amsterdam, 1896, in-80, G pages, 1 pi. 

— Deux jetons pour les noces d'or de Simon van den Bergh. 

Bruxelles, 1896, in-8°, 3 pages. {Hojnmage de l'auteur.) 
Stenersen. — Myntfundet fra GroesUd i Thydalen. Christiania, 

1881, in-40, 74 pactes, VII planches. — Om et myntfund fra Ims- 

land i Ryfylke. Christiania, 1889, in-8'', i3 pages, 1 planche. — 

Om et myntfund fra Helgeland i /fo/e. Christiania, 1893, gr. in-80, 

32 pages et IV planches. 

Ouvrages anonymes et catalogues. 

La circulaire numismatique tiniverselle, n^s i5-i6. — Numismatischer 
Verkehr, 1896, n°^ 5 et 6. — Marchio et Mayer, Catalogo di monete 
antiche, n° 9. — Numismasiisches Offerten-Blatt, n°s 36 à 38. — 
Catalogue Wormser, n"s 4 et 5. — Catalogue Baer, livres de numis- 
matique. — Collection Dumoulin; Collection van Ende. {Envoi de 
M. Bom.) — Catalogue TFeigel, livres de numismatique. — Cata- 
logue Cahn, n° 14. — Catalogue Schulman, n» XXXI. — Numis- 
matische Correspo7iden^, n°s i5i à 154. — Auktions Katalog, de 
Wevl, n° 143. — Collection G. de L.; Collection de la marquise 
de X., 3 planches; Collection Lucien R.; Collection Victor M.; 
Collection Courtin, 2 planches. {Envoi de M. R. Serrure.) 



CABINET NUMISMATIQUE. 



Don de M. A. de Witte. 
Pieter d'or de Philippe le Bon, frappé à Valenciennes. — Pièce 
de 120 grammi de Ferdinand II, roi des Deux-Siciles, i852. 

Jeton de présence à l'assemblée générale du 19 juillet 1896. 
Soit en tout : deux monnaies et un jeton. 
Bruxelles, le 11 août 1896. 

Le bibliothécaire-conservateur des collections, 
Alphonse de Witte, 



TABIE DES MATIERES. 



mkhioires. 

Trois monnaies liégeoises inédites, par M. le Vte B. DE JoNGHE. . 5 
Restitution d'un florin d'or à Goedard, seigneur de Heijden, par 

M. J. SCHULMAN 8 

Histoire numismatique du Barrois {huitième et dernier article), 

parM.L. Maxe-Werly 17 

Les monnaies frappées à Avignon durant la vice-légation de 

Mazarin (1634-1637), par M. R. Vallentin 43 

Quelques sceaux, jetons et armoiries concernant les corporations 
de médecins, chirurgiens, barbiers aux xvne et xvni» siècles, par 

M. J. Chautard 78 

Sceau, médailles et insignes des anciennes corporations armées 

de la villede Hasselt, par M, le D"" G. Bamps 92 

Le Florin dit « Strampraidsche Gulden », par M. Th. -M. Roest. gg 
Un manuscrit de Peiresc du muséum Meermanno Westhrenia- 

numà la Haye, par M. DE DoMPiERRE DE Chaufepié 107 

Untriensmérovingieninédit, frappé à Huy, par M. Fréd. Alvin. i53 
Monnaies contremarquées à Ypres par le seigneur de Mar- 
quettes, superintendant du quartier d'Ypres (i582-i583), par 

M. le Vte B. DE Jonche 162 

Recherches numismatiques [troisième article), par M . A. de Witte 1 69 

Pièces rares ou inédites, par M. G. GuMONT 188 

Une médaille liégeoise inédite, par M. LÉON Naveau 2o3 

Méreau gravé de la vieille gilde des arbalétriers de Bois-le-Duc 

(1680), par M. le Jonkheer M. A. Snoeck . . . • 2u 

Un denier inédit de Pépin le Bref (752-768), par M. le V*e B. de 

JoNGHE 261 

Année i8q6. 33 



5i8 

Monnaies des comtes de Limburg-sur-la-Lenne, par M. le 

Qe Thierry de Limburg-Stirum ... - 205 

Quelques monnaies rares ou inédites de la principauté d'Orange, 

par M. Laugier , 291 

La numismatique du jubilé de Saint- Rombaut à Malines en 1775, 

par M. Victor De Munter 298 

Le nom de Jésus employé comme type sur les monuments numis- 

matiques du xv» siècle, principalement en France et dans les 

pays voisins, par M . J. Rouyer. . 3i3 

Poids antiques autonomes de Tomis, par M. Michel C. Soutzo. 389 
Un denier à tête de Louis le Débonnaire frappé à Trévise, par 

M. le D"^ J. SiMONis 394 

Six monnaies liégeoises inédites, par M. Léon Naveau 397 

Un esterlin au type anglais, frappé par Renard de Schônau 

comme engagiste des a comtés » de Durbuy et de La Roche, 

par M. le V^^ B. de Jonghe 407 

Monnaies des comtes de Limburg-sur-la-Lenne {deuxième article), 

par M. le C*» Th, de Limburg-Stirum 3 14 

Médaille du comte et de la comtesse du Nord, dite médaille des 

princes russes, gravée par Van Berckel en 1782, par M. A. 

DE WiTTE 433 

Le nom de Jésus employé comme type sur les monuments 

numismatiques du xv« siècle, principalement en France et dans 

lespays voisins {deuxième article), par M. J. RovYER .... 439 



NECROLOGIE. 

M. Butor, par M. A. DE WiTTE 216 

Edmond Vanderstraeten, par M. V. De Monter 216 

Ghalib Edhem Bey, par M. A. de Witte 218 

M. Adrien-Juste Enschedé, par M. G. CuMONT 347 

lflÉLA]\GES. 

Une expertise de monnaies à Anvers en 1678, par M. F. Donnet. 
— Subside accordé par la Chambre des députés de l'île de Crète 
à M . Svoronos pour la publication de la seconde partie de la 



5rQ 



Numismatique crétoise ; note par M. A. de Witte. — Peintre 
de faux monnayeurs, par M. F. Mazerolle. — Monete Romane, 
par M. F. Gnecchi; compte rendu par M. A. de Witte. — La 
vente des monnaies de la trouvaille de Niel, par M. G. Cumont. 

— Démission de ses fonctions au cabinet national des mé- 
dailles de M. A. Blanchet; note par M. A. de Witte. — 
Annonce de la publication d'une histoire numismatique du 
Dauphiné par M. R. Vallentin; note par M. G. Cumont. — 
Trouvaille de monnaies romaines à Jupille, par M. le D^ Simonis. 

— Tableau de l'augmentation de la valeur des espèces d'or 
depuis 1489 jusqu'à 1749, par M. G. Cumont. — Proposition 
de frapper des espèces de cuivre à Namur, au temps de l'em- 
pereur Charles VI, par M. A. de Witte. — La date du décès 
de Théodore Van Berckel, par M. G. Cumont. — Albert 
de Saxe-Teschen et Marie-Christine, collectionneurs de mé- 
dailles, par M. A. de Witte. — Trouvaille de Lokeren, par 
M. G. Cumont. — Réponse à une question posée par 
M. G. Cumont; note parM. A. de Witte.— Visite du grand-duc 
et de la grande- duchesse Constantin de Russie et du prince 
Nicolas de Grèce à la Monnaie de Paris. — Plaque pour la 
régie des droits d'entrée et de sortie, par M. A. de Witte. — 
Du prétendu monnayage mixte de Dieudonné d'Estaing, 
évcque de Saint-Paul et de Charles VI, par M. R. Vallentin;, 
compte rendu par M. G. Cumont. — Sveriges myni under 
mideltiden, par M. H. Hildebrand ; compte rendu par 
M. A. de Witte. — Une vente d'aurei romains à Paris, par 
M. A. DE Witte. — Rapport pour l'année 1894 de M. de Dom- 
pierre de Chaufepié, directeur du Cabinet royal des médailles 
de La Haye; compte rendu par M. le Vte B. de Jonghe. — 
Notizie storiche intorno alla instituzione délie officine mone- 
tarie italiane, par M. G. Caucich ; compte rendu par M. A. 
de Witte. — Sommaire des publications périodiques . . . 

Monnaie de Bruxelles, 1895. Fabrication, par M. C. Van der 
Beken. — Numismatique malinoise, par M. G. Cumont. — 
Chronique : Quelques publications françaises récentes, par 
M. le comte de Marsy. — La médaille donnée àColumbanus, 
par M. G. Cumont. — Nouveau jeton au type de l'Oranger de 



?20 

la famille de Langhéac, par M. J. Chautard. — Mûnzge- 
schichte der Schweiz von L. Coraggioni; compte-rendu par 
M. A. de Witte. — Quelques médailles. Les méreaux des 
pompiers de Weesp, par M. J.-E. Ter Gouw. — Histoire 
de la monnaie, par M. W.-A. Shaw; compte-rendu par 
M. A. de Witte. — A propos de l'ange d'or de Jeanne de Brabant ; 
note par M, G. Cumont. — Une nouvelle publication de la 
maison Spink ; note par M . A. de Witte. — Deux jetons pour 
les noces d'or de Simon Van den Bergh et Elisabeth van der 
Wielen, célébrées en novembre 1894, par M. le Jonkheer 
M.-A. Snoeck. — Appel de M. A. de Witte à ses confrères. — 
Chronique des ventes en Belgique, par M. A. de Witte. — 
Réponse à M. Cumont, par M. A. de Witte. — Ajusteurs jurés 
des poids et balances aux Pays-Bas autrichiens, par M. A. de 
Witte. — Sommaire des publications périodiques 221 

Documents relatifs à F. Harrewyn et à J. B. Marquart, par 
M. G. Cumont. — Denier de Born publié par M. A. de Witte; 
rectification par M. A. de Witte. — Droits d'entrée et de 
sortie sous Marie-Thérèse, par M. G. Cumont. — Le mon- 
nayeur franc sur la monnaie mérovingienne, par M. Louis 
Blancard; compte-rendu par M. le V^e B. de Jonghe. — Die 
Mûnzenunter der Regierung seiner Kais. u. Kôn.. Apostolis- 
schen Majestat des Kaisers Franz-Joseph I, etc. von Heinrich 
CuBASCH ; compte-rendu par M. A. de Witte. — Documents 
relatifs à la médaille pour les représentants de Malines pen- 
dant l'occupation française de 1792 à 1793, par M. V. Hermans; 
résumé par M. G. Cumont. — Sceaux armoriés des Pays-Bas 
et des pays avoisinants, par M. J. -Th. de Raadt; annonce de 
cet ouvrage par M. J. Van Malderghem — Numismatique 
malinoise : ateliers monétaires, par M. V. Hermans ; compte- 
rendu par M. G. Cumont. — Liste des sceaux scabinaux de 
Malines de 1445-46 à 1706-07, par M. V. Hermans; compte- 
rendu par M. G. Cumont. — Le prix Duchalais est décerné à 
M. de la Tour, bibliothécaire au Cabinet des médailles à Paris 
et une mention spéciale est accordée à M. de Belfort; annonce 
par M . le Vt^ B. de Jonghe. — M . J .Goemaere, imprimeur du Roi, 
se propose de publier l'Histoire numismatique du royaume de 



321 

WestphaHe, sous le règne du roi Jérôme-Napoléon, par feu 
M. le Comte Maurin de Nahuys ; annonce par M. A. de Witte. 
— La monnaie de Jovinzieu ou Saint- Donat (894-1025?), par 
M. Roger Vallentin; compte-rendu par M. G. Cumont. — 
Bibliographie des travaux de l'Yédéric Soret, relatifs à la 
numismatique; compte-rendu par M. J. Mayor.— Denier 
royal et épiscopal frappé à Melle sous Charlemagne, par 
M. Louis Blancard; compte-rendu par M. G. Cumont. — De 
drie merkwaardige Schellingen : het Schild, het Lam en de 
Gulden, etc. door M. A. Hollestelle; compte-rendu par 
M. Seeldrayers. — Plombs des toiles de Courtrai et de Menin, 
par M. A. de Witte. — Voyage de J.-B. Marquart à Paris, 
pour l'étalonnement des poids des monnaies de Sa Majesté 
aux Pays-Bas, par M. G. Cumont. — Les casques francs sur 
les monnaies mérovingiennes, par M. Louis Blancard; 
compte-rendu par M. le Vte B. de Jonghe. — Notes sur l'ori- 
gine de la monnaie tournois,par M. A. de Barthélémy; compte- 
rendu par M. A. de Witte. — Chroniques des ventes en Bel- 
gique, par M. A. de Witte. — Sommaire des publications 

périodiques 849 

Refrappe d'anciennes monnaies pour l'exportation; note par 
MM. E. Vanden Broeck et A. de Witte, — Concours de 
médailles; communiqué par M. E. Vanden Broeck. — Un 
sculpteur italien à Bar-le-Duc en 1463, par M. Maxe-Werly; 
compte rendu par M. A. de Witte. — Monnaie obsidionale de 
Maestricht; note par M. J. -Adrien Blanchet. — M. Charles 
Dupriez entreprend la publication d'une Galette numisma- 
tique; annonce par M. A. de Witte. — Gedruckte Schweizer 
Mûnzmandate, par Alfred Geigy; compte rendu par M. Seel- 
drayers. — Les monnaies romaines, par Adrien Blanchet ; 
compte rendu par M. A. Witte. — Catalogue des monnaies 
antiques de la Société archéologique de Montpellier, dressé 
par M. Bonnet; compte rendu par M. A. de Witte. — Une 
médaille brugeoise; note par M. É. Vanden Broeck. — Les 
trouvailles de Graeslid, d'Imsland et d'Helgeland, par M. Ste- 
NERSEN; note par M. A. de Witte, — Die Mûnzen von Frank- 
furt-am-Main nebst einer mûnzgeschichtlichen Einleitung und 



522 

mehreren Anhàngen, von Paul Joseph und Eduard Fellner; 
compte rendu par M. F. Alvin. — The mémorial of Edward 
Jenner. par H. Storer ; compte rendu par M. A. de Witte. — 
Les monnaies des ducs de Bourgogne, par Ed. de Luze ; compte 
rendu par M. A. de Witte. — Un nuovo grosso di Gio Antonio 
Falletti, par O. Vitalini ; compte rendu par M. A. de Witte. — 
Chronique des ventes en Belgique, par M. A. de Witte. — 
Communiqué de la direction de la Revue. — Sommaire des 
publications périodiques 460 

SOCIÉTÉ ROYALE DE nuiaisMATiQUE. — Extraits des procès - 

verbaux : 

Réunion du bureau du 21 septembre i8q5 148 

Réunion du bureau du 9 janvier 1896 255 

Réunion du bureau du 25 février 1896 255 

Réunion du bureau du 18 avril 1896 879 

Assemblée générale tenue à Namur, le 19 avril 1896, au musée 

de la Société archéologique de cette ville 879 

Réunion du bureau du 21 avril 1896 385 

Liste des ouvrages reçus 149, 256, 386, 5i4 

Cabinet numismatique . 1 5 1, 260, 388, 5 16 

Assemblée générale ordinaire du 19 juillet 1896 482 

Liste des membres de la Société au le"" octobre 1896 .... 498 

Bureau de la Société pendant l'année 1897. . . . . . 5i3 

Commission directrice de la Revue pendant l'année 1897. . . 5i3 

Table des matières 5i7 

Table des planches 523 



523 



TABLE DES PLANCHES ET DES FIGURES, 

AVEC nENVOr AUX PAGES OÙ ELLES SONT EXPLIQUÉES. 



Numéros Numéros 

des des 

figures. pages. 



Planche I. 



5., 

6. 

7- 
8. 



5i 
56 
63 
65 
67 
68 
70 
70 



Planche II. 



86 
88 
89 

87 
89 
90 
91 



Planche III. 

1 94 

2 97 

3 97 

4 97 

5 97 

6 98 



Numéros Numéros 

des des 

fîgures. pages 



Planche IV. 



169 
173 
175 
178 
179 
182 
i83 



Planche V. 



188 
190 
190 
192 
196 
197 
200 
201 



Planche VI. 



2 
3 

4 
5 
6 

7 
8 



4-. 
5. , 
6. 

7 • 
8. 



273 
276 
277 
280 
280 
280 
278 
282 
282 
282 



Vuméros 

des 
figures. 



Numé^o^ 

des 

pages. 



Planche VII. 

Il 284 

12 288 

i3 288 

14 288 

i5 289 

16 289 

17 289 

18 289 

19.. .. 289 

20 290 

21 290 

22 290 

Planche VIII. 



291 

292 

294 
206 



Planche IX. 

1 339 

Pour les nos 2, 
3, 4 et 5 voir 
l'année 1897. 

Pla.nche X, 



J90 
3go 



Numéros 

des 
6gures. 

3.... 
4... 



Numéros 

des 

pages. 



090 
393 



Planche XI. 

1 398 

2 399 

3 399 

4. . . . . 400 

5 404 

6 404 

7 • 4o5 

Planche XII. 

23 4'4 

24 414 

25 415 

26 415 

27 416 

28 424 

29 • 424 

3o 424 

3i 425 

32 42g 

33 425 

34 429 

35 43o 

36 43 1 

Planche XIII. 

6 439 

7 457 



RETOE BELGE DE NUMSMHTIQUE 




S-liivalette^dBl' (i^sculp' 



EEVUE BELGE DE NUWSMTIQUE, 1896 



PL. Il 




G^. Uavalette , Sel! âç ^culpî 



EE'^AJE BELGE DE NUMIsMlICp. 1896- 



PL m 




C^-Livalette, del'à ^cu^' 



REVUE BELGE D. 




&. Ifds^htte ^ iel'^Srficdlp' 



KEVUE BELGE DE NJJMlSMilTIOUE 1896 



PL.V. 




Q ■ Ls^rsihtte . iel^ é^ Scujpf 



REVUE BELOE DE NUMISMiiTIQUE, : 



PL VI 



Thierry II 





Thierry III 












a 

HT 



fo 



M 



ffj 




Thierfiyiv 





'j Lr/slettc, âeV & ^ci'&i.' 



REVUE BELGE DE NU7/SIS24RTIQUE, 1896 



PL. VII 




Guillaume i 




/Cf5!Ej%. 1^ 












Q.L.avahch^ de!^ 6^ sculp ^ 



REVUE BELGE DE lUMISMHTIQUE. 



PL VIII 








h^^xhtr , 



î^ i,a:v4lette , scalj' 



REVUE BELGE DE l^IFiISMRTIQUE 



PL. IX 




^ . I{3vâlttte , del'^ sculp^ 



KhVUE BELGE DE NUMISMATIQUE 1896. 
N? 1 



PL.X 



N» 4 




poids: 212,2 fr 



Q Ifaydette, dé'é^sa^f 



REVUE BELGE DE NUMISMATIQUE 1896 



PL. XI. 




Q. Ifêoralette, dePée sclSp. 



:,ïï BELGE DE UUMISMF.TIOUE 1896 



PL.XJI 



r^TT 



•UILLAUME I C Suite ) 




(^lavéHeae. iel' é^ scalp' 



EEVUE BELGE DE MMISMRTIQUE 1896 



PIXUI 




Q .Uayelettu , àtl" ^ 5cuZj;* 



TABLE ALPHABIÎTIOUE 



DES 



mm ÏOiOMES COMPOSANT LES TROISIÈME ET OMTRIlME SlEIES 



REVUE NUMISMATIQUE 

(4857-1868) 
Par Alexandre PINCHART 

CHEP DE BECIION AUX AKCHIVBS GÉNÉEAIES PU ROYAUME, MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ 
KOYALE DE NUMISMATIQUE BELGE, ETC. 



BRtrX.EX.LES, 187S 



Pour recevoir la table, il suffît d'adresser un bon de poste de 
5 francs à M. Ed. Vanden Broeck, trésorier de la Société royale 
de numismatique, rue dn Commerce, 50, à Bruxelles. 11 en est de 
même pour la table des années 1842-1856, 

On peut aussi souscrire, dès à présent, à la table des années 
1869-1892 (en préparation) au prix de 10 francs. 
























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Hevue belge de numismatique 
et de sigillographie 









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