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Full text of "Revue catalane"

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4 




PURCHASED FOR THE 

UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY 

FROM THE 

CANADA COUNCIL SPECIAL GRANT 



FOR 

LINGUISTICS 



\V Année. N 123 



15 Janvier 1917 



DP 

C57Ç3 
no • ''^'3 




REVUE 
CATALAN E 




I 



>RGAN£ DE 

.A SOCIÉTÉ 

^ÉTUDES ^S 

CATALANES 



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^V^RARy' 



Prix UN Franc. 



i.tr ^ ^- 



1967 



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^.^;rv 0. ^5^ 



SOMMAIRE 



LO RAM DOLJU Joan Amade 

UNE BONNE NOUVELLE p. p. Ayrol 

LISTE DES MEMBRES 

DES MEMBRES NOUVEAUX 

ETUDES ETYMOLOGIQUES: PERPIGNAN — 

ROUSSILLON Joseph Aladern 

LE CONCOURS CLAVÉ 

LE CHANOINE JOSEPH BONAFONT 

DES VERS INÉDITS DE J.-SEBASTIA PONS 

LA VERSION CATALANE DE PEAU D'ANE 

Louis Pastrh 

LA DIADA DE LA LLENGUA CATALANA 

ELS CATALANS SON PER TOT. . Santiago RusinoL 
BIBLIOGRAPHIE: UNE INTÉRESSANTE ÉTUDE 
NÉCROLOGIE 



Toutes les communications doivent être adressées 
à M . te Secrétaire général de la Revue Catalane, à "Perpignan 



Pages 
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3 
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7 
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10' Année. N" 123 i^ , .«.„ 

,^ " 15 Janvier 1917 

Les Manuscrits non inscîës ^^^ _ 

le sont pas ycndui. Ï^ÏI \f ¥ 1 Î^ 

L*s Articles parus aans ia Revue ^^ ^ ^^ 7k. W Ik 1^1 ^* 

n'engagent que leurs auteurs. ^^AA Jl «aX^AA^I ^^ 

Lo ram d'oliu 

Bon any rlou y vida Darga 
Vos desitja ej vostre amich... 

A les hores hont escrich 
(Fi d'anyada tan amarga), 
Veig lluhir entre foscor 
Un raig de sol d'esperansa : 
S'acabarâ la dolor, 
Si la mort enfi se cansa !.., 

Va creixint lo ram d'oliu 
Sus de la branca sagrada : 
Tremola encare al vent viu 

Y a la gran rufacada. 
Mes lo veig cada matî 
Pujar cap a la llum blava, 

Y brotarâ fresch y fî 
Honr la caveca cantaba... 

O benehit ram d'oliu, 

Amb dolsa ardor puja sempre, 

Y prometnos bon estiu 

Des d'eix^ fi de décembre, — 
Hont la neu belleu vindrâ, 
Mes hont la fe ja nos guarda 
De mais com el dupte va, 
L'anyorer y ,a basarda... 



2 — 



Veig lluhir entre foscor 
Un raig de sol d'esperans^. 



Lo raiq d'oliu va creixint 
Sus de la branca sagrada. 

O benehit ram d'oliu, 
Dônanos un bon estiu... 

Joan Amade. 
Paris, a fi de décembre de 1916. 



Une bonne nouvelle 

Encore une fois, la Société d'Etudes Catalanes peut se 
féliciter d'avoir été utile a l'un des siens et non des moindres 
puisqu'il a nom J. Sebastià Pons, le délicieux poète de notre 
terre. 

Voici, en effet, la lettre qui a été bienveillamment adressée à 
notre Président par M. le Secrétaire particulier de S. M. le Roi 
d'Espagne. 

EL SECRETÂRIO PARTICULAR 

de S. M. EL REY Palais de Madrid, le 28 décembre 1916. 

Monsieur, 
J'ai l'honneur de vous informer, d'ordre de Sa Majesté le Roi, que 
d'après une communication de Son Ambassadeur à Berlin, M. Pons Joseph 
Sebastià, se trouve actuellement en bonne santé au camp de Diilmen 
•/ W. 

Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération très distinguée. 

Emiiio M" de Torres. 

De telles nouvelles sont bien faites pour réjouir les amis du 
poète, et Dieu sait s'ils sont nombreux. 

P. F. Ayrol. 



LISTE 

DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 

au 1 " Janvier 1917. 

MM. 

J908. Abat, 11, rue d'Alésia, Paris. 
1915. Aladern Joseph, 52, Universitat, Barcelone. 

1906. Albar Félix, chef de bataillon en retraite, place Grétry, Perpignan. 
1914. Alcantara 1 GusART M., pubHciste, Corts Catalanes, .5.49, Barcelone. 
1906. *Amade Jean, caporal-interprète. Presse étrangère, rue François 1", 3, 
Paris (VUl'). 

— *Aragon Amédée, rue Saint-Dominique, 4, Perpignan. 

1914. Aragon Henri, propriétaire, à Chàteau-Roussillon, près Perpignan. 

— Arqués Ramon, notaire. Les Borges d'Urgell (Lleyda). 
1910. AuRioL George, banquier, rue Font- Froide, Perpignan. 

1910. Bachès Jean, professeur, sous-lieutenant au 407' d'Infanterie, 5' C". 
1906. Badoa J., 192, boulevard de Charonne, Paris. 

— Baille Léon, architecte, rue de la Fusterie, Perpignan. 

1908. Bergue Paul, conducteur principal faisant fonctions d'ingénieur des 
Travaux publics, à Hanoï (Tonkin). 

1906. Bibliothèque Municipale, Perpignan. 
1912. Bibliothèque de l'Université, Montpellier. 

— Bibliothèque Populaire, Céret. 

1907. Blancou Gabriel, avocat, rue des Trois- Rois, 3o, Perpignan. 
1906. *Boix Emile (docteur), avenue Mozart, 9, Paris. 

— *BoNAFONT Joseph (mossen), Félibre Majorai, curé-doyen d'Ille-sur- 

Tet, Vice-Président. 
191 7. Bringuier (M""), Directrice de l'Ecole Normale d'Institutrices, rue 

Valette, Perpignan. 
1914. Brousse E., député des Pyrénées-Orientales, Paris. 
1917. Brousse (M""' Veuve Charles), boulevard des Platanes, 7, Perpignan. 

1908. DE Çagarriga Henri, propriétaire, château de la Grange, Saint-Génis- 

des-Fontaines. 
1906. Calmette Joseph, professeur à la Faculté des Lettres, Toulouse. 

— *Campanaud Laurent, propriétaire, rue Petite-la-Réal, Perpignan, 

Président. 
1916. Carcassonne Henri, rue Cloche-d'Or, Perpignan. 

Les noms précédés d'un astérisque sont ceux des membres du Conseil d'administration. 



— 4 — 

1906. DE Carsalade du Pont Julcs (Mgr), évêque de Perpignan. 

Caseponçe Etienne (abbé), collège « La Salle », carrer Universilat, 

5î, 2°, 2*, Barcelone (Espagne). 
1913. Castellvi Francisco, pharmacien, à Figueras (Espagne). 

1909. Catel Jean, Bagnols-sur-Cèze (Gard). 

1906. •CoMET Joachim, Imprimerie Catalane, rue de la Poste, Perpignan. 
1916. Conte Joseph, Quartier-maître, T. S. F., à bord du Trehouart, 

Toulon. 
J909. CuiLLÉ Joseph, propriétaire, rue Manuel, Perpignan. 
191 1. Dalbiez Victor, député des Pyrénées-Orientales, Paris. 

1910. David d'Orimond ,'Madame), 3i, quai de Lorraine, Narbonne. 

1907. Delmas Joseph, capitaine au i 00' d'infanterie. Tulle iCorrèzeJ. 

1912. Dumayne, pharmacien, quai Vauban, Perpignan. 

1906. Durand Laurent, agent d'assurances. Rue Grande-la-Réal, 28, Per- 
pignan. 

1916. EspiE (M"' A. d'), femme de lettres, rue Hégésippe-Moreau, i5, 
Paris. 

1908. EsTÈvE DE Bosch Xavier, général de brigade, rue du Mail, 83, 

Angers. 

1916. Foyer du Soldat, 2' étage du Castillet,' Perpignan. 

1915. 'Francis P., 20, Rempart-Villeneuve, Perpignan, Trésorier. 

1906. Freixe Jacques, homme de lettres, Le Perthus. 

— GiBRAT Joseph (abbé), curé de Saint-Féliu-d'AvaiL 

— Giorgio (Giovanni de), prefetto di Ravenna (Italie). 

— *Grando Charles, rue de la Prison, 20, Perpignan. Secrétaire générât. 
1910. Granier (abbé), curé de Lamanère. 

1906. Gravas Charles, notaire, Prades. 

— Guiu Charles, percepteur, Latour-de-France. 

1913. Henry Alphonse (abbé), à llle-sur-Tet. 

— Janicot Albert, employé à la grande vitesse, 48, route de Prades, 

Perpignan. 
1906. Jonquères d'Oriola Henri, propriétaire, Corneilla-del-Vercol. 

— DE Lacvivier Raymond, propriétaire, Elne. 

— Llonch Jean, négociant, Figueras (Espagne). 

1914. Lopez a., publicistt, Rambla del Mig, 20, Barcelone (Espagne). 

1906. Marie Emile, propriétaire, Prades. 

1907. Marty José-Maria, pharmacien, Puigccrda (Espagne). 

1914. Maséras Alfons, homme de lettres, 4, plassa Universitat, Barcelone. 
1906. Massot Joseph (docteur), place d'Armes, Perpignan. 

— 'Monsalvatge y Fossas Francisco, banquier, calle Subida del Puente, 

Gcrona (Espagne). 

— Morel Marcel, négociant, rue Grande-la-Réal, Perpignan. 



~ 5 — 

910. MucHART Henri, avocat, boulevard Montparnasse, 145, Paris. 

916. Nérel Léon, député des Pyrénées-Orientales, Paris. 

907. Pages Raymond, domaine des Garrigues-du-Tanary, Palau-del- 
Vidre. 

916. Palau Alexis, propriétaire, place des Esplanades, Perpignan. 

907. Pams Jules, ancien ministre de l'Agriculture, sénateur des Pyrénées- 
Orientales, 33, rue Décamps, Paris-Passy. 

906 *Pastre Louis, instituteur, école Paul-Bert, Perpignan, ArchivitU. 

— Payré Joseph, avoué, rue de la République, Perpignan. 
910. Pejx Victor, industriel, Millas. 

— Pépratx Justin, notaire, rue Alsace-Lorraine, Perpignan. 
914. Pérez-Jorba J., homme de lettres, rue Boucicaut, 2, Paris. 

906. PoNs Joseph, agrégé d'Espagnol, professeur au lycée d'Angoulême, 

prisonnier de guerre en Allemagne. 
910. PuGET Eugène, cité Bartissol, Perpignan. 

907. PuiG Joseph, directeur des établissements Vallaert Frères, 64, bou- 

levard Sébastppol, Paris. 
910. PujARNiscLE Victor, industriel, San-Feliu-de-Guixols (Espagne). 
916. Rameil Pierre, député des Pyrénées-Orientales, Paris. 

— Respaud Georges, Ambulance chirurgicale, automobile n° i j , par 

rue Pinel, 2 i , Paris. 
910. R1BEILL, contrôleur des douanes, Port-Vendres. 
914. RiBERA 1 RoviRA, cscriptor, redactor al Voble cataïa, Barcelona. 
916. RiPERT Emile, attaché à l'Intendance, Carcassonne. 
912. RocARiEs, avocat, quai Vauban, Perpignan. 
914. T(oussillon (l'Amicale le), i, rue St-Denis, Brasserie Dreher, Paris» 

908. RozÈs Numa, propriétaire, Saint-Hippolyte. 

906. Sabarthez Henri (docteur), rue Saint-Martin, 5, Perpignan. 

910. Saisset Léon, juge d'instruction, avenue du Chemin de fer, 3o, 

Fontainebleau (Seine-et-Marne). 
916. Salgas (M""'), institutrice, école Michelet, Perpignan. 

906. Salsas Albert, receveur de l'Enregistrement, Castres (Tarn). 

916. Salvat François, soldat téléphoniste au 40' d'infanterie, C. H. R., 
Secteur postal i3o. 

911. SoLÉ Y Pla Joan (doctor), Ronda de San Père, 6, Barcelone (Espagne). 
91b. SouBiELLE, professeur d'espagnol, rue Vauban, Perpignan. 

907. SuDRiA, lieutenant d'Artillerie, 8, quai National, Puteaux (Seine). 

909. Suzanne François, 69, rue de Richelieu, Paris. 

916. Taix Sauveur, rue Jean Dupuy, 74, Hanoï (Tonkin). 

917. Tavera, Préfet des Pyrénées-Orientales. 

906. Tisseyre Jacques, rue Grande-la-Réal, 35, Perpignan. 

910. Thomas Romain, professeur en congé, Collioure. 



— 6 — . 

1907. ToDEsco Venanzio, professer, Bassano, Viccnza (Italie). 

1906. Tresserre François, mainteneur des Jeux Floraux, 65, rue Alsace- 

Lorraine, Toulouse. 

— Trullès Ferdinand, notaire, llle-sur-Tet. 

— Vassal Augustin, ancien banquier, place d'Armes, Perpignan. 

— *ViDAL Pierre, bibliothécaire de la Ville, rue Petite-la-Réal, Perpi- 

gnan. 

1907. Vilar Edouard, sénateur des Pyrénées-Orientales, 7, rue Faustin- 

Hélie, Paris-Passy. 
1910. Villeneuve (Marquis Charles de), 75, rue de Prony, Paris. 
1906. *VioLET Gustave, sculpteur, Prades, 'Vice-'P résident. 
191 o. Violet (M"" Veuve Lambert), à Thuir. 
1906. *DE Wittwer de Froutiguen Jules, le Boix-Saint-Sauveur, Prats-de- 

Mollo. 

C^C^^ cgOs^ ^S'IN^ cgQ\&. C^Qs^cggs^C^QS^cg'^v^cgQs^ 

Des membres nouveaux 

Chaque jour augmente la grande famille de la Société d'Etu- 
des Catalanes ; loin de la dissoudre, les événements en ont res- 
serré les liens. 

Voici, par ordre d'inscription, les noms de trois nouveaux 
membres, ce qui porte à 1 1 le nombre des adhésions de 1916 : 

M. Tavera, Préfet des Pyrénées Orientales, qui nous exprime 
sa satisfaction de se trouver à la Société d'Etudes catalanes en 
excellente compagnie. 

M. Charles Brousse, un ami des lettres et des arts. 

Enfin, Mme Bringuier, la sympathique directrice de l'Ecol*'. 
normale d'Institutrices de Perpignan. 

Nous saluons bien affectueusement nos nouveaux amis en cata- 
lanisme. 




ETUDES ETYMOLOGIQUES 

Perpignan ^-^ Roussillon 



A M. Pierre Vidal 

Tout réoemmenr, dans les pages de cette T{evue Catalane, 
un écrivain illustre, N\.. Calmette, a fait une belle et intéressante 
étude sur les origines de Perpignan. Déjà, et voilà longtemps, 
d'autres historiens et philologues réputés, parmi lesquels notre 
ami Pierre Vidal, avaient traité dans d'autres revues, et même 
dans le livre, le même sujet, avec une très grande autorité. Mais, 
à notre avis, aucun d'eux n'est parvenu à nous expliquer d'une 
façon satisfaisante, l'étymologie du mot Perpignan, et moins 
encore celle de J{pussillon, les deux, sans doute, les plus impor- 
tants et les plus significatifs de la Catalogne française, c'est-à- 
dire le nom de la contrée et celui de sa capitale. Plus tard, 
nous chercherons celles des mots : Canigou, "Esfagel, Via, etc. 

Je crois que l'ignorance d'une part et l'érudition de l'autre, 
ont contribué à embrouiller la question. La première a inventé la 
naïve légende du laboureur Père Pinya, qui quitta les cimes nei- 
geuses des Pyrénées pour descendre vers la plaine, où il fonda 
la ville à laquelle il donna son nom. La seconde inventa la fan- 
taisiste Yilla Perpinianus dont parle quelque ancien document. 

Rien de plus fantastique que ces origines, rien de plus éloigné 
de la vérité. Père Pinya n'a jamais existé en dehors de la fan- 
taisie du peuple, et quant à la Villa Perpinianus, si elle a réelle- 
ment existé, ce n'est pas qu'elle ait donné le nom à la ville 
actuelle, mais, tout au contraire, ce serait un personnage romain 
qui se serait honoré du nom que portait l'endroit où la ville était 
bâtie, comme il arrive à la noblesse actuelle qui tire ses titres 
nobiliaires des noms des lieux qu'ils habitent ou qu'ils pos- 
sèdent. 

La vraie origine est tout autre, et nous allons le voir en mar- 
chant vivement sur les chemins que nous offre la nature même 
des choses. 



— 8 -^ 

D'abord il faut rétablir la vraie graphie du mot. C'est Perpi- 
nyar, jamais Perpignan. Celui-ci est la forme française, de même 
qu'il est arrivé pour tant d'autres noms, comme par exemple : 
Corneillar-Corneillan, Lesinyar-Lésignan, Màrseillar-Marseillan, Quil- 
lar-Quillan, etc. 

Puis, on doit supposer que la ville, comme la presque tota- 
lité des villes, aura tiré son nom de quelque condition ou acci- 
dent du terrain où elle est bâtie. Dans le même nom aussi, il y 
aura une signification qui exprime quelque condition ou nature de 
la ville même, le tout dans une forme archaïque plus ou moins 
oubliée. Ainsi, pour les noms de lieu modernes, nous avons, par 
exemple : La Tour-bas-'Elne, Palau-del-Vidre, "Bourg-Madame, 
Boule-ternère, La Troque, Moni-Louis, Cases-de-Pène, Banyuls, etc., 
pour ne citer que des noms de notre département. 

En partant de ce principe, je décompose ainsi le nom de Per- 
pignan : Per-Pinyar, lequel dans son origine, devait être ainsi : 
Perg-Penyar, c'est-à-dire le Psrg du Jucher, la forteresse des 
roches. 

Dans les langues anciennes de l'Europe et même de l'Asie, 
nous trouvons le mot perg ou herg signifiant forteresse ou bâti- 
ment pour servir aux hommes de refuge ou de défense. Telle est 
l'origine de Pergame ou Bergame, de Berga dans la Catalogne et 
dans la Galicie, des Bergams et Bergantinos dans la même Galicie, 
et même les forteresses de 1 ancienne Troie, sont désianées 
sous le nom de Pergamo dans l'histoire. Dans le lexique français, 
il a formé le substantif auberge, en catalan alberg, albetgue en 
castillan et albergo en italien, et le berger n'est pas d'autre que 
celui qui habite avec ses troupeaux, un bergou, petit bâtiment 
dans les montagnes de pâturage. En plus, il y a partout des 
villes dont le nom est composé du mot berg et quelqu'autre subs- 
tantif ou adjectif, comme JSiiremberg, H^ûrtemberg, Lemberg, etc. 
Ce berg n'est qu'une variante du bourg {burg) plus commun encore 
en Europe, notamment le château de Burgos en Espagne, et par- 
fois il a l'équivalence de montagne, parce qu'il était d'ordinaire 
bâti sur un sommet comme presque toutes les constructions ancien- 
nes de caractère défensif. 

Quant à penyar (lieu ou ensemble de penyas), il est devenu 
pinyar et ensuite pinyd par chute ou élision du r final, cas bien 



— 9 — 

connu dans la Toponymie catalane, comme Sanl Tetiu deî Pinyô, 
pour Penyô, Pinyana pour Penyana, etc., etc. 

Ainsi, donc, nous sommes arrivés au bout de la question ; 
Perpignan, Perpinyd. c'est Per-penyar^ la forteresse du rocher, 
lequel serait assurément le sommet où aujourd'hui est bâti le 
palais épiscopa). la caserne, l'église de Saint-Jacques et la place 
du Puig. Là était donc le primitif Perpignan. 

{A suivre) Joseph Aladern. 

Le Concours Clavé 

Le )" janvier i^^J, à onze heures du matin, a eu lieu dans la 
grande salle du Palais de la Musique catalane à Barcelone la dis- 
tribution solennelle des prix du Concours littéraire et musical 
organisé en l'honneur du poète-musicien populaire Anselme Clavé, 
fondateur des Associations chorales catalanes. 

Voici le résultat de ce concours : 

Prix de l'Ajuntament de Barcelone à notre excellent ami 
Joseph Aladern, membre de la Société d'Etudes Catalanes, pour 
sa pièce ; A Joseph Anselme Clavé. 

Prix de la Députation provinciale, au célèbre dramaturge 
Ignace Iglesias pour sa poésie : L'ohra d'en Clavé. 

Prix des Sociétés adhérentes au bon poète Apeles Mestres et 
au musicien Sanxo Marraco pour leur hymne : Gloria à Clavé. 

Nos félicitations aux lauréats. La Rédaction. 

Le Chanoine Joseph Bonafont 

Les membres de la Société d'Etudes Catalanes et les félibres 
roussillonnais apprendront avec le plus grand plaisir que Mon- 
seigneur l'Evèque de Perpignan vient de nommer chanoine hono- 
raire de sa Cathédrale notre vice-président, M. Joseph Bonafont, 
majorai du Roussillon. 

Le Pasîorellel de la V ail d'Arles, pseudonyme qui rappelle les 
débuts de notre majorai dans la poésie catalane et aussi dans le 
ministère sacerdotal, voudra bien agréer nos hommages bien res- 
pectueux et nos félicitations. C'est de grand cœur que nous adres- 
sons au nouveau chanoine le cri traditionnel : per molls anys. 




o»a^» •"* "■ * *a*^ 




Des vers inédits de J.-SebasHà Pojs 



■2-^ 



A l'heure où S. M. le Roi d'Espagne veut bien nous donner 
des nouvelles du poète J.-Sebastià Pons, prisonnier de guerre, 
à l'heure où cet éloignement nous rend plus cher l'auteur de 
T^oses y 'Xiprers, il nous est très agréable de publier ici une des 
poésies qu'il adressait affectueusement à notre ami Francis qui, 
débutant, lui avait soumis un de ses essais. 

Lletra a n*En Francis 



Si balbuccja encar ta pocsîa, 

es que les IJeis nobles de l'armonia 

sempre han volgut la pura iniciaciô. 

L'erm de garrigue no té l'abundor 

d'aquells horts de Sant-Jaume, hont l'hortolà 

va s'afanyant, pels fer fructificar ; 

mes si ur^ bon fil), armât de bona aixada, 

vé y glevagira un troc de la clotada, 

de penya dura ne treu un somriç, 

y '1 désert trist s'ha tornat paradis. 

Y aquest obrer, no '1 séries, Francis ? 
Del bugallâ, vulguis esser l'abella ! 
Vina y feineja amb la colla novella, 
y te darém, sota l'oliu en flor, 
el raig mes clar que raji del porrô ! 

J.-Sebastiâ Pons. 







La version catalane 

de 

PEAU DANE^^ 

Si Peau d'Jlne m'était conté, -- 
J'y prendrais un plaisir extrême. 
La Fontaine. 

I. Una vegada, hi havia una dona que, a)s darrers 

Une fois, (il) y avait une femme qui, aux derniers 

moments de la seua vida, va dir al seu home : « Escolta, 

moments de la sienne vie, dit au sien homme : o Ecoute, 

si me morj i que te passi pe) cap de te casar amb una 

si (je) me meurs et que (il j te passe par la tête de te marier avec une 

altra, vu!) que ho fassis amb una dona que me sembli 

autre, (je) veux que (tu ) le fasses avec une femme qui me ressemble 

(i) Par ces raots « version catalane », il faut entendre, non pas « traduc- 
tion catalane », mais « manière de conter des Catalans ». 

Nous avons voulu donner aux élèves studieux de nos écoles la version 
catalane de ces Contes populaires, universellement connus, dont Perrault a 
donné la version française, Grimm la version allemande, d'autres les versions 
suédoise, russe, arabe, etc. Toutes ces versions se ressemblent, puisqu'elles 
contiennent toutes un fond commun, mais elles se distinguent les unes des 
autres par les additions et les modifications que chaque peuple a cru devoir 
y apporter, suivant son tempérament ou son caractère propre. 11 n'est pas 
difficile de comprendre, en effet, que si le thème reste toujours le même, la 
version peut recevoir une empreinte spéciale en variant selon, par exemple, 
que le conteur est un homme du nord ou un méridional, qu'il habite une 
région maritime ou une contrée montagneuse, etc. Le caractère de chaque 
peuple se retrouvant tout naturellement dans les additions et les modifications 
apportées aux Contes populaires, il nous a paru intéressant de faire connaître 
aux élèves de nos écoles la version qui, pendant des siècles, a charmé des 
générations d'enfants roussillonnais. 

Nous avons voulu aussi joindre l'utile à l'agréable en leur proposant de 
substituer une traduction française correcte à la traduction absolument litté- 



— 12 — 

enterament an a mi, perqué aixis, al menos, me tendras 

entièrement à moi, parce que ainsi, au moins, (tu) m' auras 

sempre en la memoria. » 

toujours en la mémoire. » 

2. L'home li va respondre que si, i quan la dona se va 

L'homme lui répondit que oui, et quand la femme 

morir, pobreta, ell se va posar a ne buscar una altra. 

mourut, pauvrette, lui se mit à en chercher une autre. 

3. Mes, busca que buscarâs, no va trobar cap dona 

Mais, cherche que (tu) chercheras, (il) ne trouva aucune femme 

que semblés à la pobra morta. 

qui ressemblât à la pauvre morte. 

4. Allavores, se va volguer casar amb la seua propia 

Alors, (il) se voulut marier avec la sienne propre 

filla que ja era el retrat vivent de la mare. 1 aixis, tôt iria be. 

fille, qui était le portrait vivant de la mère. Et ainsi, tout irait bien. 

5. La pobra minyona, auan va sapiguer aixô, va ser 

La pauvre jeune fille, quand i^elle) sut cela, fut 

tota espantada, i, plora que plorarâs, s'en va anar a 

toute épouvantée, et, pleure que (tu) pleureras, (elle) s'en alla à 

casa d'una velleta que l'estimava molt. 

(la) maison d'une petite vieille qui l'aimait beaucoup. 

6. I la velleta li va dir : « T'espantis pas per 

Et la petite vieille lui dit: « (Ne) t'effraie pas pour 

aixô, filla meua. Demana al teu pare una pell d'ase per 
cela, fille mienne. Demande au tien père une peau d'âne pour 

vestit, te la posarâs, t'embrutirâs ben bc la cara i 

vêtement, (tujte la mettras, (tu) te saliras bien la figure et 

raie que nous donnons dans l'interligne, parce que nous sommes persuadé 
que cette gymnastique intellectuelle constitue le meilleur exercice de français. 

Notre troisième but — pourquoi ne l'avouerions-nous pas? — est de 
familiariser nos élèves avec l'orthographe catalane, afin qu'ils soient en état 
d'écrire correctement la langue qu'ils entendent parler tous les jours autour 
d'eux. 

Enfin nous avons pensé que notre traduction littérale pourrait rendre 
quelques services aux Catalans, étrangers au Roussillon, qui désirent appren- 
dre le Français, et aux Français, étrangers au Roussillon, qui désirent 
apprendre le Catalan. 



- i3 - 
te presentarâs davant d'el) com si ères un ase. Aixjs 

(tu) te présenteras devant lui comme si (tu) étais un âne. Ainsi 

li farâs fâstic i te voldrâ pas pus. » 

(tu) lui feras dégoût et (il ne, te voudra pas plus. » 

7. La minyona ho va fer. Mes el seu pare li va dir : « Que 

La jeune fille le fit. Mais le sien père lui dit : n Que 

siguis ase ô no, me vull casar amb tu. » 
(tu) sois âne ou non, (je) me veux marier avec toi. » 

8. Allavores, plora que plorarâs, la minyona s'en va 

Alors, pleure que (tu) pleureras, la jeune fille s'en 

anar a ca la velleta. 

alla à (la) maison (de) la petite vieille. 

9. ] la velleta li va dir : « T'espantis pas per aixô, 

Et la petite vieille lui dit: «;Ne) t'effraie pas pour cela, 

filla meua, t'espantis pas. Ves t'en a dir al teu pare 

fille mienne, (ne) t'effraie pas. Va - t - en dire au tien père 

que consentiras â te casar amb ell si te porta bonics 

que (tu) consentiras à te marier avec lui si (il) t'apporte (de 1 jolis 

vestits i joies de tota mena, com mai 

vêtements et (des) bijoux de toute manière, comme jamais (il) 

s'en hagi vist. » 

s'en ait vu. » ^ 

10. Aixîs ho va fer la minyona, creient ben be que tais 

Ainsi le fit la jeune fille, croyant bien que tels 

vestits i joies no li portaria el seu pare. 

vêtements et bijoux ne lui apporterait le sien père. 

I 1. Mes îquest volia contentar la seua filla, encara que 

Mais celui-ci voulait contenter la sienne fille, encore que 

haguès tingut de remoure cel i terra ; i un dia li va 

(il) eût tenu de remuer ciel et terre ; et un jour (ilj lui 

portar tôt lo que demanava. 

apporta tout ce que (elle) demandait. 

12. Allavores, la velleta va dir à la minyona : 

Alors, la petite vieille dit à la jeune fille : « (Ne) 

« T'espantis pas per aixô, filla meua, t'espantis pas. 

t'effraie pas pour cela, fille mienne, (nej t'effraie pas. 

Vetaqui una capseta d'or. Posa los vestits i les joies 

Voici un petit coffret d'or. Mets les vêtements et les bijoux 



— J4 — 
jjns d'aqueixa capseta, posa-te ]a pell d'ase, i quan, de 

Jans ce petit coffret, mets-toi la peau d'âne, et quand, de 

casa del tcu pare isquin (i) )os ases, te barrejarâs tu 

(la) maison du tien père sortent les ânes, (tu) te mêleras toi 

amb ells i fugirâs de casa teua, que '] teu pare no 'n 

avec eux et (tu) fuiras de (la) maison tienne, que le tien père n'en 

sabra res. » 

saura rien. > 

14. La minyona ho va fer tal com l'hi havia dit la vella : 

La jeune fille le fit tel comme le lui avait dit la vieille : 

se va embrutjr ben be la cara, se va posar la pell 

(elle) se salit bien la figure, (elle) se mit la peau 

d'ase, va agafar tots los seus vestits i joies que desseguit 

d'âne, prit tous les siens vêtements et bijoux qui aussitôt 

se varcn tornar petitets, petitets, els va posar dins de la 

devinrent tout petits, tout petits, (elle) les mit dans le 

capseta i, quan eixiren los ases, se va posar entremitg 

petit coffret et, quand sortirent les ânes, (ellejse mit au milieu 

d'ells i s'en va anar de casa scua. 

d'eux et s'en alla de (la) maison sienne. 

(A suivre) Louis Pastre. 

I j) 3' personne du pluriel du subjonctif présent. S'emploie fréquemment 
pour la 3' personne: du pluriel du futur eixiran (ils sortiront). On ne doit 
pas confondre avec la 3' personne du pluriel de l'indicatif présent ixen (ils 
sortent). 

La Diada de la Llengua Catalana 

Le samedi 6 janvier a eu lieu à Barcelone la journée de la lan- 
gue catalane. Ce fut un hommage enthousiaste à notre vieil 
. idiome, une glorification de notre beau parler auquel nous atta- 
chons tant de prix et de filiale aflFection, 

Toutes les contrées où résonne, à la fois caressante et forte, 
la langue dels noslres avis, avaient tenu à participer à cette grande 
et inoubliable fête donnée dans la salle du Palau de la Musica 
Catalana. 



— i5 — 

Parmi les innombrables adhésions reçues, figuraient celles de 
Charles Grando, notre Secrétaire Générai, au nom de la Société 
d'Etudes catalanes et de la 7{evue. 

Nous ne pouvons résister au plaisir de publier quelques extraits 
d'une lettre de M. Emmanuel Brousse, le député catalan de la 
Cerdagne Française, membre de la Société d'Etudes Catalanes, 
doit la lecture provoqua l'enthousiasme : 

j La llengua catalana ! Quina cosa tan gran, tan formosa, tan enlairada ! 
La llengua de nostra mare, de nostre pare, de nostres avis ; la llengua amb 
que hem expressat nostra tendresa filial, després cantat l'exuberança, l'amor 
nostre ; amb que hem fet també les moixanes a nostres criatures ; la llengua 
familial, amiga, trésor el mes preuat que tinguem sus d'aqueixa terra. 

; La llengua catalana ! Com se n'aprecia les innombrables tonades cari- 
nyoses, quan el Català es lluny de sa terra i que pot enraonar-la îliurement 
amb un parent, un amie de la una o de l'altra banda del Pireneu. Les parau- 
les surten espontanies de la boca, apressades dexprimir els sentiments que 
ens commouen, apressades de recordar-nos el pais soleiat, el pais de les 
« montanyes régalades i de les riques planes » ; apressades dévocar nostre 
cel d'atzur, nostra costa incomparable, nostres turons immortals. 

I alla al front, de peus contra l'enemic, alla on els francesos Uuiten heroi 
cament, es en cada Hoc, en cada recô, en cada régiment, en cada batallô, en 
cada companyia, com un raig d'esperança que travessa l'horrenda tragédia, 
quan, trobant-se, alguns fills de Catalunya, fa la llengua maternai suau i 
forta apretar-se els cors i estrènyer-se les mans. 



Els Catalans son per lot 

Fragment du livre El Cataïd de la « Mancha », qui obtint le prix Fas- 
tenrath aux grands Jeux Floraux de 191 5. 

l Per que un català va anar a caure al cor de la « Mancha », 
tant lluny d'alli on havia nascut ? 

Si aquesta pregunta la f'eiem a cada Hoc del planeta on tro- 
bèm un català, no acabariem mai la feina. 

Aneu a qualsevulga America ; aneu a aquelles republiques que 
e;ncare no han eixit de l'ou ; aneu a una illa perduda on els 
nègres es vesteixen amb les despulles deis naufragis ; aneu al 
Japô, a Australia, alla on volgueu, i sempre hi ha un català, que 
no se sab perqué hi es ni quina tempesta li ha dut, que us par- 
larà en guarani, en gauxe, 6 en japonès, amb l'accent ben català, 
i us farà menjar all-i-oli, escuaella i faves estufades, i entre 
llàgrimes i carn d'olla us dira mal dels seus paisans i us ponde- 
rarà el seu poble. Santiago RusinoL. 



Bibliographie 

Une intéressante étude 

Notre excellent ami M. Batista y Roca, de Barcelone, vient 
de nous adresser sa première œuvre intitulée Calàlech de les ohtes 
luUanes d'Oxford. Nous le remercions bien affectueusement de sa 
délicate attention. M. Batista y Roca est un de ceux qui vinrent 
affirmer, en février 1916, leur sympathie pour la cause des Alliés, 
il nous est donc très agréable de parler de lui, car il joint à des 
sentiments nobles et élevés, une érudition très étendue. 

Profitant d'un séjour dans la vieille université anglaise d'Ox- 
ford, notre ami voulut faire une œuvre d'ardent amour à la patrie 
catalane ; avec une patience vraiment remarquable, il classifia de 
merveilleuse façon les œuvres lulliennes créant ainsi un véritable 
monument du genre. 

Nous n'insisterons par sur l'intérêt qu offre un tel livre. Qu'il 
nous suffise de dire qu'il a recueilli les suffrages les plus flatteurs 
des gens de lettres. 

A notre tour, qu'il nous soit permis d'adresser^ Al. Batista y 
Roca, en même temps que l'expression de nos sentiments bien 
cordiaux, les plus chaleureuses félicitations de la T^evue catalane. 

P. F. 

«^-^i. c^-»^ :{8'>^ ^'>>i' =^>^ -»8>i' ^>^ <^'>-s. l<§'^^ '^'^4. t^Tsi c^>i c^-ï^^ 

NÉCROLOGIE 

Sous la rubrique des membres nouveaux, nous donnons d'au- 
tre part les noms des personnalités qui ont bien voulu adhérer à 
la Société d'Etudes Catalanes. 

Nous avons appris avec peine le décès de M. Charles Brousse 
avec qui nous nous entretenions quelques heures avant et qui 
nous manifestait son enthousiasme pour la langue et la littérature 
catalanes. 

Au nom de la Société et de la T^evue Catalane nous adres- 
sons aux familles éprouvées nos sentiments de condoléances émues. 

Le Gérant, COMET. — Imprimerie COMET, rue de la Poste, Perpignan 



Orthographe et Prononciation du Catalan 

A la dïinande d'un certain nombre de lecteurs nous rappelons ci-des«ous les principale» 
règles de l'orthographe et de la prononciation catalanes: N.D.L.R. 

a tonique se prononce comme a français. Ex : mar. 
a sourd se prononce comme eu français. Ex: dont» (pr: dôneu). 
e tonique se prononce comme é français. Ex. : ribera (pr : ribêreu). 
e sourd se prononce comme eu français. Ex.: mare(pr: mâreu). 
o tonique se prononce comme o français. Ex. : rosa (pr : rôseu). 
sourd se prononce comme ou français. Ex. : dormir (pr : dourmî). 
u se prononce toujours comme OM français. Ex. : coure (pr : côoure). 
» se prononce toujours comme i français. Mais il ne se fait pas entendre 
dans les finales en aig, eig. oig, uig où le g prend le son de fg ou tj, 
t et ^ se prononcent comme bb et gg lorsqu'ils sont précèdes d'une voyelle 

et suivis de /. Ex. : cofc/a, vegla (pr : côbbleu, rêggleu). 
// correspond à /// français dans bataille. Mais dans les mots où la // catalane 
n'a pas le son de ill français comme dans illuslre on sépare les deux / par 
une apostrophe. Ex. : i/7ustre. 
r se prononce comme en français, mais il ne se fait jamais entendre à l'infi- 
nitif des verbes. Ex.: morir, mourir, se prononce niOMn. Cependant il faut 
supprim r cette lettre à l'infinitif de quelques verbes tels que viure, vivre ; 
veure, voir ; creure, croire ; heure, boire, que l'on ne doit pas écrire : viurer, 
veurer, creurer^ beurcr. 

•j ic prononce toujours comme b. Aussi n'est-il pas rare de trouver indif- 
féremment l'une ou l'autre de ces consonnes dans certains mots tels que 
rifcera, rivera; travail, travail, etc. 
ny correspond au gn français. Ex.: Perpinyâ. Perpi^wan. En catalan, ^ et n 
se prononcent toujours séparément. Ex. : ignorant se prononce i^-;jorant. 
X se prononce comme ch français. Ex. : xiular, siffler. Mais on le prononce 

aussi es et gz dans certains mots, 'comme : excavaciô, examen, 
el et al ne doivent j as être confondus. Ex. : el pare es al llit, le père es 
au lit (pr. : eul pare eo eul llit). 

Certains auteurs écrivaient les pluriels en as : la taula, las taulas. Mais 
l'institut d'estudis catalans a décidé que l'on érirait avec un e (et non avec 
a) la terminaison du pluriel des noms en a et les terminaisons en s, n, m et 
M des temps des verbes où la troisième personne du singulier se termine pa»- 
un a. 

Ex. taula, taules; força, forces, etc. — pensa: penses, pensen — 
tienca : trenques, trenquen — prega : pregues, preguen — pensava : pensa- 
ves, pensaven, pensàvem, pensàveu — dormia : dormies, dormîen, dor- 
mîem, dormieu - faria : fanes, farien, fariem, farieu. 

Louis Pastre 



^ 



j BIBLIOTHÈQUF. CATALANE 

f S'adresser an Secrétariat de la " Revue ", rue de la Poste, Perpignan. 



IAyS y AlbadeS, poésies roussmonnalses, par LO PASTO- f 

RELLET DE LA VALL D'ARLES, ëlëgant volume In-S", papier i 

I vergé, 3 fr. r 

La Mare-Terra, poésies roussillonnaises. par P. BERGA, j 

1 élégant volume in-i6 jesus, papier verge, 2 fr. f 

L'idée régionaliste, par j. amade, a fr. so. i 

I Roses y XiprerS, poésies roussillonnaises. par J.PONS 
^ élégant volume in-16 jésus, papier vergé, 2 fr. 

I Botanique catalane pratique, par l. conill, 

tf instituteur à Sournia. Franco, 4 fr. 2 5. # 

j Les Fables de Lafontaine, traduction catalane de j 

Y M. Paul BERGUE, élégant volume in-16 jésus, papier vergé, a fr. ^ 

J Anthologie Catalane cr- 5*?/ r>; L«poè/« ro««i7/oH«a«j j 

g avec introduction, traduction française, notices bibliographiques et g 

I notes, par J. AMADE. I 

« Contes Vallespirenchs « repiegats per en m... y * 

I NoNTOQuis » et publiés par Mossen Estève CASEPONCE. I 

* Le Catalan à l'Ecole, par l. pastre. * 

J Littérature Méridionale, par j. amade. J 

iL'Arlesiana, traduction .catalane de M. G. VIOLET, élégant f 

volume in-i6 jésus, papier vergé, couvertures modernes, 2 fr. J 

[ Aqueixa Mainada, > acte, par ch. grando, g fr. so. f 

* AmOS i DomeStiCS, comédleem acte par Ch. grando. * 

j Perpignan pittoresque. Les Cris delà Rue j 

g avec leur notation musicale, par Ch. GRANDO, élégant volume, f 

I papier alfa, o fr. 5o. I 

i* Poèmes de gUerra, poésies catalanes de p. FRANCIS, * 

élégant volume, 1 franc. I 






Il" Année. N" 124 



15 Février 1917 



t.// 

no il3t 




REVUE 
CATALANE 




RGANE DE 
\ SOCIÉTÉ 
ÉTUDES ^S 
\TALANES 



<î^. 



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XlW^Ry^ 



i( SEP 22 1967 



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Prix UN Franc. 




SOMMAIRE 



Pages 

COMPTE-RENDU DES SÉANCES 17 

NOUVEAUX MEMBRES 17 

ANY NOU. VIDA NOVA Caries Grandô 18 

ARTISTES ROUSSILLONNAIS: 

CÉLESTIN M AN ALT . P. Francis 1 Ayrol 19 

NÉCROLOGIE 20 

COBAZET Yves Bla>jc 2 1 

ETUDES ETYMOLOGIQUES: PERPIGNAN — 

ROUSSILLON Joseph Aladern 22 

LES HORES BLAVES P. Francis 24 

LA VERSION CATALANE DE PEAU D'ANE 

Louis Pastre 26 
MESSAGE D'HONNEUR A L'ARCHEVÊQUE DE 

TARRAGONA 29 

BIBLIOGRAPHIE 3o 



Toutes les communications doivent être adressées 
à M. le Secrétaire général de la Revue Catalane, à Perpignan 



10' Année. N' 124 15 Février 1917 

Lu Manuscrits non insërci ^^ ^P^W W 4 ^P^ 

ne sont pas rendus. M^^*^ ^m m. J .!_« 

Lfs Articles parus dans ia Revue m^ ^^ ^^^ ^^ W ^^ I^J B? 

n'engagent que leurs auteurs. ^m^A 9k A A JkA^A JkA^A^ 

Compte-rendu des Séances 

J{éunion du Bureau du i^^ février 1917 

Présidence de M. Laurent Campanaud, président 

Le Bureau de la Société d'Etudes catalanes s'est réuni le 
i" février 19» 7, à onze heures du matin, sous la présidence de 
Ni. Campanaud, président. 

M. Francis, trésorier, a fait connaître la situation financière 
de la Société et présenté un budget pour l'année 1917- Le 
Bureau, sur la proposition de M. Campanaud, a voté des félici- 
tations au trésorier. 

M- Grando, secrétaire, a lu une liste de nouveaux membres 
dont il a demandé l'admission. Cette admission a été votée à 
l'unanimité. 

M.. Pastre, archiviste, a présenté une proposition pour la pro- 
pagande qui a été adoptée après une courte discussion. 

M. Campanaud, président, avant de lever la séance, a. commu- 
niqué sa correspondance aux membres du Bureau. 

Nouveaux membres 

Les deux brillants artistes Delfau et Manalt dont le public a 
eu à maintes reprises l'occasion de goûter les oeuvres, ont bien 
voulu faire partie de la Société d'Etudes Catalanes. 

Nous nous réjouissons de posséder ces intéressantes personna- 
lités qui honorent non seulement la Société d'Etudes mais le 
Roussillon tout entier. 



Any nou, vida nova... 



Any nou, vida nova, 
Saludem la bona nova. 
Desanou cents desasset 
Veurà lo triomf del Dret ; 
S'acaba la dura prova, 
Any nou, vida nova. 

Any nou, vida nova ; 

Amb los seus hom se retrova 

Y jà es un ben dolç consôl, 
Demès l'universal dol. 

De non pas se trobar sol, 
Any nou, vida nova. 

Any nou, vida nova ; 
El sol qu'ara el bàrbre 'ns roba 
Tornarà nostra y mes gran î 
El corb V9 se desplumant, 
La fera torna a la cova... 
Any nou, vida nova. . 

Any nou, vida nova, 

Va cantant l'Europa jova, 

De nou sembrarem los camps I 

Y per les planes serenes 
D'hont monten joyosos clams, 
Sang novella infla les venes 1 

Any nou, vida nova, 

Va cantant l'Europa jova I 

Caries Grandô. 



ARTISTES ROUSSILLONNAIS 

CélesHn Manalt 

Toi lo que es caialà es nosîre. 

Dans cette même revue et en des temps moins troublés, d'au- . 
très que nous surent brillamment disserter sur notre compatriote 
et ami le sculpteur roussillonnais, Célestin Manalt. Ils saluèrent 
avec enthousiasme l'homme consciencieux et modeste qui, lente- 
ment et sans bruit, a su se créer une place honorable dans le 
monde artistique catalan. 

11 nous a plu aujourd'hui de parler encore de lui, en cette 
heure où l'artiste, avec la fièvre qui suscite les grandes choses et 
la sainte foi qui les embellit, travaille à divers sujets qu'il se 
propose d'envoyer à l'Exposition des Artistes français de Bar- 
celone. 

Manalt n'est pas de ceux qui cherchent à se produire, il a 
horreur de la réclame ; son art lui suffit à lui seul ; il l'aime ; il 
en vit spirituellement ; il en est jaloux. Son atelier relégué dans 
une banlieue, ne ressemble en rien aux somptueuses demeures des 
esthètes dans lesquelles le reporter fait antichambre pour obte- 
nir du maître de céans quelques vagues déclarations artistiques, 
d'un caractère général, qui serviront à composer une interview 
sensationnelle. 

Manalt, tout poussiéreux et simple, vous accueille, il ne peut 
vous offrir des chaises car elles font défaut ; mais en échange il 
vous procure l'émotion forte, et tout est là. Tout est là parce 
que l'Art se dégage de ses sujets avec une ampleur qui vous 
impressionne, qui fait paraître immense le hangar où il gît ; 
parce que les plâtres vivent, parce qu'ils vous font venir à fleur 
de peau le grand frisson, celui qu'éprouve le pèlerin quand il 
pénètre dans la chapelle Sixtine. Et le maître qui alors, avec des 
gestes humbles, aussi humbles que ceux de la « Mendia4\te Flo- 
rentine », vous explique banalement comment il moule un sujet, 
vous paraît très grand parce qu'il est pauvre et très noble parce 
qu'il n'est pas ambitieux. 



10 

]] n'a jamais connu les grands triomphes, car ceux-ci n'attei- 
gnent que ceux qui les recherchent ou qui courent après eux ; 
le succès ne l'atteindra que si les amis de l'artiste courent pour 
lui après ; nous sommes de ceux-là à la Société d'Etudes 
Catalanes. 

Le sort n'a pas gâté l'artiste ; il s'est complu à lui envoyer 
des épreuves. Sur le conseil de quelques hommes de bon goût, 
une fois, il adressa au Salon son « Enfant endormi », que les 
Perpignanais purent, un jour, admirer dans une exposition. Allez 
donc vaincre les préjugés d'une élite exclusiviste, si vous vous 
affublez du titre d'indépendant. Le sujet, comme bien l'on pense, 
fut refusé. Notre ami en ressentit une peine profonde ; il se 
confina jalousement dans son art ; c'est au milieu de ses oeuvres 
que nous l'avons retrouvé ces jours derniers. Ce farouche exil a 
été fertile ; il n'a fait qu'accroître l'originalité du sculpteur. 

Manalt tentera de nouveau le sort qui, jusqu'à ce jour, a été 
réfractaire. 11 exposera à Barcelone, dans la grande Ville intel- 
lectuelle, qui sait juger sainement ; il a déjà pour lui l'opinion 
roussillonnaise, il aura là-bas l'avantage d'être Catalan. 

Parmi les sujets qui seront envoyés figurera « L'Hiver de la 
Vie », pièce saisissante de réalité. Nul ne saurait devant ce vieil- 
lard courbé, demeurer indifférent tant est haute la conception 
d'une telle œuvre. 

« L'Hiver de la Vie » sera pour Manalt, espérons-le, un Prin- 
temps radieux tout auréolé de gloire, une Aube dont les doigts 
de rose poseront sur sa tête le laurier toujours vert décerné par 

la petite Patrie Catalane. 

P. Francis i Ayrol. 

NÉCROLOGIE 

C'est avec le plus vif regret que nous devons mentionner la 
mort de M. Augustin Vassal, membre du Conseil d'administra- 
tion de la Société d'Études Catalanes. 

Notre cher vice-président, M. le chanoine Bonafont, majorai 
du Roussillon, a bien voulu se charger de payer le tribut que 
nous devons à la mémoire du regretté défunt. Ce sera pour le 
prochain numéro. 








Cobazet 



A tous mes amis catalans. 

Mes yewx tiennent encor la glorieuse image 
De ce mont catalan idyllique et sauvage 

Où j'errais un matin d'été ; 
Le souvenir en garde une odeur de bruyère, 
]] se casque de ciel, il se moire d'eau claire, 
Et d'ombre et de soleil nuance sa beauté. 

Les grands pins, fins et droits, érigeaient leurs colonnes 
Que teintent tour à tour les pourpres des automnes 

Et l'argent des printemps ; 
Les sentiers indécis couraient vers la vallée ; 
La fougère penchait sa guipure effilée 

Sur les ruisseaux chantants. 

Je marchais sur des fleurs, fleurs rares et fatales. 
Cachant la pâle mort en leurs vivants pétales 

Et plus belles d'être poison ; 
Ce sont d'étranges gants, des muffles héraldiques ; 
Circé les cueillerait en ses jardins magiques 
Pour aller inspirer Locuste en sa maison. 

Et la multiple voix de l'immense nature 
Mêlait et confondait le sanglot, le murmure, 

L'hymne et le lamento, 
De Tordre des nations orchestrant le vieux thème. 
Et d'en bas où l'on peine, où l'on meurt, où l'on aime 
Montait le son vibrant des cloches d'un troupeau. 

Yves Blanc. 
I I août 1916. 



ETUDES ETYMOLOGIQUES 

Perpignan ^^ Roussillon 

L'EtymoIogie de T^ousstllon est encore plus simple et plus 
naturelle que celle de Perpignan, que nous venons d'expliquer. 

11 est déjà en dehors de tout doute que la contrée roussillon- 
naisc a pris son nom du hameau nommé Château-Roussillon, 
situé une demi-lieue environ au sud-est de Perpignan. Ce petit 
hameau, était autrefois, notamment pendant l'époque romaine, 
une forteresse située au bord de la Via Domiciana, de laquelle on 
peut encore suivre les traces. 

Eh bien, le nom que les anciens documents latins donnent à 
cette forteresse, c'est J^uscino ou Castrum T^uscino. Or, on doit 
penser tout naturellement que ce sera le nom latin, lequel serait 
tout simplement la traduction du nom catalan, ou, pour parler 
d'une façon synchronique, le nom indigène, celte ou gaulois. 

Je suis sûr que le premier a du être le nom indigène, et le 
second le nom latin, comme il est arrivé pour tant d'autres noms 
de la Gallia et de l'Espagne romanisées. Mais ni T^uscino est 
sorti de T(osseIl6 (forme catalane) ni J{pssellô est sorti de J(uscino, 
comme beaucoup l'ont prétendu, parce que les deux mots signi- 
fient une même chose. 

Mais, qu'est-ce qu'ils signifient ? Y a-t-il un seul étymolo- 
giste qui le sache ? Je crois que non. 

Ouvrez un dictionnaire catalan et cherchez le mot J^ossellô, 
comme substantif général. 11 n'y est pas. Ouvrez un dictionnaire 
latin et cherchez 1{uscino ; vous obtiendrez le même résultat. Dans 
l'un comme dans l'autre vous lirez : JNom d'une centrée... etc. 

Les mots de T^ossellà et T^uscino sont donc de ceux qui ont 
disparu de l'usage sans qu'ils aient eu la fortune de trouver une 
place dans les pages des dictionnaires, en restant pétrifiés ou 
fossilisés sur un objet quelconque. 

11 faut, donc, le chercher dans d'autres endroits, sur les plai- 



— 23 — 

nés de la nature surtout. Désireux de lire dans ce livre éternel, 
pendant l'été de 1912, avec la charmante compagnie de mon 
ami Louis Pastre, rédacteur de cette Revue, je suis allé visiter 
le fameux Château-Roussillon. Nous sommes montés sur le plus 
haut sommet de la vieille tour pour inspecter le terrain tout à 
notre aise, et je me suis aperçu que, au pied de la petite col- 
line où se dresse la tour, courait une grande rigole ou petit 
canal. 

Peu de jours après, je consultais une ancienne carte géogra- 
phique du Roussillon, carte très détaillée, et j'ai vu que ce canal 
qui passe au pied de Château-Roussillon, occupait le lit d'une 
petite dérivation de la Tet, qui prenait son origine dans les ver- 
gers de Saint-Jacques et débouchait dans la mer, au village de 
Canet. 

Nous sommes déjà sur les traces de la signification du mot 
J^ossellô. Canet, dans la toponymie catalane et même dans tous les 
dialectes languedociens, a le sens de « petite rivière », « ravin » 
ou « ruisseau ». Voir Canet de Mar en Catalogne, Canet d'Aude, 
Canet de Yalencia et d'autres encore, et aussi le mot plus répandu 
Canyet, ravin où autrefois on jetait les animaux morts ou 
inutiles. 

Par conséquent, T^ossellô, catalan (et T^oussilhn, français), 
équivaudrait à Canet, ravin, formes parallèles de ruscello (1), ita- 
lien ; riucel, languedocien ; ruisseau, français ; anciennement ruiS' 
seaul et ruscino latin, sont quatre diminutifs différents, c'est-à- 
dire, petit ru, racine celtique qui indique « courant d'eau ». 

Nous devons donc tirer la conséquence que Château-Roussil- 
lon, Castell T^pssellô, est en termes modernes Château du J^avin, 
dont le nom a passé par extension à désigner toute la plaine, des 
Albères jusqu'aux Corbières, des montagnes de Prades jusqu'à 
la mer. 

Vient appuyer notre thèse le fait déjà connu que la primitive 
église ou chapelle qui occupait la place de l'actuelle cathédrale 
de Saint-Jean, se nommait J\ostra Senyora dels Correchs (Notre- 
Dame des Ravins), parce qu'elle était située entre deux petits 
ravins qui descendaient du Puig. 

(i) 1{uscelto et T^uscino, n'est-ce pas la même chose? 



— 24 — 

Et s'il manquait encore quelque donnée plus décisive pour en 
obtenir la conviction, vous n'auriez qu'à ouvrir la carte du dépar- 
tement de Vaucluse et regarder au bord du Rhône, où, tout 
près d'une petite rivière qui débouche dans le grand fleuve, vous 
verrez un village. Ce village s'appelle aussi : T^oussillon. 

Joseph Aladern. 
Barcelone, 26 octobre 1916. 



^^i%^^^,^ 



Les hores blaves 



-*'•>• 



Despertar 

Pobrc somiador, sul camî de la vida, 
anavi tôt solet, sens gust, sens Jendemà, 
anavi escampillant, amb trcmoJosa ma, 
mes bogcs iMusions, pètals de flor marcida. 

Del Mon, del Mon immens no coneixia rés : 
l'ardcnta joventut, i ses hores serenes, 
ni lo cant de i'aucell, ni la dolçor del bés, 
ni la remor del riu fressôs per les arènes. 

De mon cor assolât mirava la vuidor, 
del misteriôs No-Rès tôt mon cor se voltava ; 
lo Desespero fosc, l'Anyoré espantador, 
feien que sens destî mon anima cavalcava. 



Ara, qui me dira, sino ma jova aimîa, 
quina força invisibla i dolça 'm va cmpentar, 
qui me dira perqué lo cel me sembla clar, 
qui me dira perqué 'n lo cor tinc valentîa ? 



Sabîa que, de Iluny, Ella ja m'estrenyîa, 
que, bona, m'esperava i 'm guardava son cor, 
sabîa que '1 Desconegut ja nos unyîa, 
en lo murmulladiç de) manancial d'amor. 

De SOS cabèlls montava un perfum de violetes, 
vaig sentir en ma vida un graciés despertar. 
llevors, a) descubrî un reialme de poètes, 
lo gran somit florit i blau va començar. 

Desde aquell dia el goig inonda mes pensades, 
lo cel de mon amor s'asserena i 's fa clar ; 
mirau, la carretera es ampja i perfumada, 
perfumada de flors com tovalla d'altar. 

Veniu, fugim tots dos, lo nostre amor vol viure, 
per l'olorôs sender jo vos vull conduî ; 
jà podrem al passar deixar en un somriure 
un poc dcl nostre cor a l'arça dcl camî. 

Quietut 

T'estimi perqué n'ets bonica i qu'has portât 

en la meua humil caseta 
Una dot d'il-lusiô i de somit dorât, 
perqué has embellit la meua vida inquiéta. 

T'estimi perqué n'ets dolça i tencs bon cor, 

ta mirada es pietadosa ; 
me sembla prop de tu que respiVi en un hort 
lo perfum sanitôs de l'espellida rosa. 

Un corriol estret me semblava un camî : 

lo camî de l'anima que erra, 
tots los que me veien se burlaven de mi ; 
deixavj un troc de cor a cada romaguera. 



— 26 — 

Trist i désemparât anavi en la foscor 
com peregrî que s'esgarrîa, 
demanavi algù, te vaig trovar a tu ; 
tu vas esser lo llum, lo Jlum qu'ara me guîa. 

Es per xô que m'estic a la Uar que llueix 

gustant tranquilitat serena ; 
també m'has ajudat valenta a porta '1 fcix, 
lo feix que n'es iligat de tristor i de pena. 

T'estimi, trésor meu, i t'ho vull repetir, 
mes d'un cop te som bcneîda ; 
manyaga, als teus entorns mai no podré patir 
ni tornar com un boig a malgastar ma vida. 

P. Francis. 

La version catalane 

de 

PEAU D'ANE 

•KJë^i^ SUITE cr rJM 

14. Quan va esser fora, camina que caminarâs, 

Quand felle) fut dehors, chemine que (tu) chemineras, (elle) 

va trobar una casa i va demanar al amo si la 

trouva une maison et (elle) demanda au maître si (on) la 

voldrien Jlogar per alguna feina. Encara que anés tant 

voudrait louer pour quelque besogne. Encore que (elle) allât si 

bruta i que fés fâstic, l'amo la va pendre per guardar 

sale et que (elle) fît dégoût, le maître la prit pour garder 

les oques. 



les oies. 



i5. Cada dematî, s'en anava amb les oques à la vora 

Chaque matin, (elle) s'en allait avec les oies au bord 



— 27 — 
del riu, mes tant bon punt hi era que se treia la pell 

du fleuve, mais à peine y était - elle qu' (elle) s'ôtait la peau 

i se posava los vestits i joies per s'enmirallar en 

et se mettait les vêtements et (les) bijoux pour se mirer dans 

le riu que la feia encare mes guapa. 

le fleuve qui la faisait encore plus jolie. 

i6. Vejent aixô, les oques no menjaven ; estaven 

Voyant cela, les oies ne mangeaient (pas) ; (elles) restaient 

totes encantades i miraven, miraven, sensé sapiguer 

toutes enchantées et (elles) regardaient,! ellesjregardaient sans savoir 

fer altra cosa que mirar. 
faire autre chose que regarder. 

17. Al arrivât a casa, cada dia, les oques deien 

En arrivant à (la) maison, chaque jour, les oies disaient 

al amo : « De senyores, prou n'hem vistes, mes 

au maître : a Des dames, assez nous en avons vues, mais 

d'herbctes, no n'hem menjat, cuac ! cuac ! 

des petites herbes, nous n'en avons pas mangé, cuac ! cuac ! 

18. Mes veusaqui que aquella casa era una masoveria 

Mais voici que cette maison était une métairie 

del rci. Veient que cada dia les oques deien allô i que 

du roi. Voyant que chaque jour les oies disaient cela et que 

mes anaven mes s'amagrien, lo fill del rei va 

plus belles) allaient plus (elles) s'amaigrissaient, le fils du roi 

volguer coneixer la causa i s'en va anar al cim d'un 

voulut connaître la cause et (il) s'en alla au sommet d'un 

turô desde aont tôt l'ample del riu se veia. 

mamelon depuis où toute la largeur du fleuve se voyait. 

J9. Allavores, va veure Pell d'ase com se posava 

Alors, (il) vit Peau d'âne comme (elle 1 se mettait 

'Is vestits i joies, i al veure una minyona tant hermosa, 

les vêtements et (les) bijoux, et au voir une jeune fille si belle, 

se va quedar tôt enamorat d'ella. 

(il) se resta tout épris d'elle. 

20. Sensé dir res, va anar a casa seua, i quan la 

Sans dire rien, (il) alla à (b) maison sienne, et quand la 

minyona va tornar del prat, ell s'en va pujar a la cambra 
jeune fille revint du pré, lui monta à la chambre 



— 28 — 

que ella ténia per veure si la trobaria. Mes jà no hi va 

que elle avait pour voir si (il) la trouverait. Mais (elle) n'y 

esser, i cerca d'aqui. cerca d'alli, sols va trobar un 

fut, et cherche d'ici, cherche de là, seulement (i!) trouva un 

ancll i '1 va guardar. 

anneau et (il) le garda. 

2 1. El fin del rei, enamorat ell corn estava, semprc 

Le fils du roi, épris lui comme (il) était, toujours (il) 

anava mirant si podia trobar la minyona sensé la pell 

allait regardant si (ilj pouvait trouver la jeune fille sans la peau 

d'ase per l'ensenyar als seus pares, mes ja mai va 

d'âne pour la montrer aux siens parents, mais jamais (il ne) 

poguer la veure com l'havia vista a la vora dcl riu. 

put la voir comme (il ) l'avait vue au bord du fleuve. 

12. Allavores, s'en va anar entristint i mes 

Alors, (il) s'en alla s'attristant et davantage 

entristint cada dia, i va acabar per caure malalt, pobret, 

s'entristant chaque jour, et (il) acheva par tomber malade, pauvret, 

sensc que ningû poguès endevinar lo mal que ténia. 

sans que personne put deviner le mal que (il) avait. 

23. Per ûltim, els seus parcs el varen pregar tant i tant 

Par fin, les siens parents le prièrent tant et tant 

que '1 pobre minyô els va confessar que '1 seu mal era 

que le pauvre jeune homme leur confessa que le sien mal était 

d'amor i que volia se casar amb la minyona de l'anell que 

d'amour et que (il) voulait se marier avec la jeune fille de l'anneau que 
ell ténia. 

lui avait. 

24. Els pares, tots contents, veient aprop la cura 

Les parents, tout contents, voyant proche la guérison 

d'aqueix mal estrany, l'hi varen concedir desseguit i varen 

de ce ma! étrange, le lui concédèrent de suite et 

enviar a cercar totes les princeses del règne, mais a 

envoyèrent à chercher toutes les princesses du royaume, mais à 

cap d'elles l'anell no podia anar de tant petit que n'era. 

aucune d'elles l'anneau ne pouvait aller de si petit qu'il en était. 

25. Allavores, varen enviar a cercar a totes les 

Alors, (ils) envoyèrent à chercher à toutes les 



— î9 — 
grans scnyores, mes tampoc no 'n varen trobar cap 

grandes dames, mais non plus (ils) ne en trouvèrent aucune 

a qui vingués bé l'anel). 
à qui vînt bien l'anneau. 

26. Per fi, encare que 'Is pares no ho volicn, varen 

Par fin, encore que les parents ne le voulaient (pas), (ils) 

envjar à cercar a les minyones que feien part del servei 

envoyèrent à chercher à les jeunes filles qui faisaient partie du service 

de la casa del rei, i quan van esser al torn de la Pell 

de la maison du roi, et quand (on) fut au tour de la Peau 

d'ase, li va venir tant bé l'anell que desseguida el fill 

d'âne, (il) lui vint si bien l'anneau que aussitôt le fils 

del rei va dir que se volia casar amb ella. 

du roi dit que (il) se voulait marier avec elle. 

27. Els pares no ho volien que se casés amb una 

Les parents ne le voulaient (pas) que (il) se mariât avec une 

pell d'ase, mes allavores ella va mostrar tots els seus vestits 

peau d'âne, mais alors elle montra tous les siens vêtements 

i joies. 

et bijoux. 

28. Veient aixô, el rei els va casar desseguit, i tots dos, 

Voyant cela, le roi les maria de suite, et tous deux, 

desde aquell dia, van esser felissos per sempre. 

depuis ce jour, furent heureux pour toujours. 

Louis Pastre. 

Message d'honneur à l'Archevêque de Tarragona 

Le 28 janvier 1917, une délégation composée de personnalités 
catalanes parmi lesquelles MM. Apeles Mestres, J. Casas Carbô, 
J. -Maria Roca, J. Masse Torrents, Joseph Montoliu, etc., partit 
de Barcelone pour aller remettre à l'Archevêque de Tarragone un 
message d'honneur, couvert des signatures des intellectuels cata- 
lans, affirmant au prélat toute leur sympathie à l'occasion de ses 
déclarations francophiles parues dans le INew-lTûrJ^ Herald, 



M%. M^ S%. M^ M^ M^ M^ M^ M^ M^ a^ ^^ Mt. A^ M^ M%. M%. A^ Mh. M^ M^ M^ Mh. 

Bibliographie 

Au pays de Jojfre 

Sous ce titre le délicat écrivain, M. Emile Ripert, membre de 
la Société d'Etudes Catalanes, vient de publier dans la grande 
publication parisienne La T^evue hebdomadaire une très intéres- 
sante étude sur le Roussillon, ses artistes, sa langue, sa lit- 
térature. 

M. Ripert, avec un rare talent, nous rappelle un souvenir qui 
nous est cher, celui de la mémorable soirée que donna au profit 
des blessés de la guerre la Société d'Etudes Catalanes ; il évo- 
que ces voix fraîches qui, dans la salle de notre vieux théâtre 
municipal, glorifiaient le grand Catalan, El nostre Joffre. 

]\ cite les artisans de la Renaissance Catalane, les Bonafont, 
Saisset, Boher, Pons, Amade, Bergue, Violet, Grande, Francis, 
etc. « qui maintiennent avec des talents divers la tradition catalane ». 

L'auteur qui, en l'espèce, a fait preuve d'une haute documenta- 
tion et d'une réelle délicatesse a droit à nos bien chaleureuses et 
bien amicales félicitations. 

Les Règles orhgràfiques de TÂcademia de la llengua catalana 

L'Académie de la langue catalane vient de publier sous ce 
titre un petit opuscule, signé de noms connus, qui peut être 
considéré comme un renouveau d'anarchie orthographique, préci- 
sément à cause de la compétence des signataires, dont plusieurs 
sont nos amis. 

11 n'y a pas bien longtemps nous avions à choisir entre quatre 
et même cinq systèmes d'orthographe. Chaque maison d'édition 
importante avait le sien. Pour mettre fin à cette situation qui 
nuisait à notre langue, il fallait que des gens compétents con- 
sentissent à fixer l'orthographe catalane et imposassent leurs 
décisions : 

C'est alors que Vlnstilul d'Esludis Catalans, composé d'hom- 
mes éminents, ayant à leur tète Pompeu Fabra, le grammairien 



— 3i — 

catalan dont nul ne peut discuter la compétence, proposa ses 
JMormes orlogrdfiques qui furent adoptées par la grande presse 
quotidienne et par les diverses sociétés d'études, maisons d'édi- 
tion et revues hebdomadaires ou mensuelles de Catalogne, sauf 
de très rares exceptions. C'était la fin du gâchis. 

Or, voici maintenant un Institut n' 2 qui, prenant le nom d'Aca- 
démie, proteste contre les JNormes de VJnstitut n i et publie ses 
J^ègles ortogrâfiques. Minorité infime, qui a peut-être raison, contre 
une majorité écrasante qui a peut-être tort. 

Si nos amis de Catalogne voulaient bien faire abstraction des 
intérêts de boutique, nous leur ferions une proposition bien sim- 
ple : grouper les membres de VJnstitut et de VAcadémie en un 
Institut unique et leur demander de s'entendre pour rédiger des 
"Règles précises, en collaboration avec tous les groupements littéraires 
des pays catalans. Louis Pastre. 



Remembrances 

Poème de M. Paul Turull, préface de M. A. Maseras. 

Voici un recueil de poèmes fort intéressant, et qui nous révèle 
un poète plein de délicatesse et de sensibilité, M. Turull nous 
offre du premier abord une personnalité riche et multiple, indé- 
pendante de toute influence littéraire, une personnalité qui se 
donne toute entière, sincèrement, tumultueusement, comme s'il 
n'avait pas, dans sa propre délicatesse, la mesure convenable à 
ses sentiments. C'est dire que le poète n'est nullement artificieux 
et qu'il ignore certains préciosismes de la dernière heure et 
encore certaine négligence voulue par les poètes qui se récla- 
ment de la liberté littéraire et que l'on pourrait appeler les 
iconoclastes du rythme. 

La muse de M. Turull, pour être simple et sincère, n'en est 
pas moins intéressante et raffinée. La langue catalane acquiert 
sous sa plume un charme ineffable qui est fait, et de la simplicité 
de l'expression, et de l'élévation de l'idée. Tel et tel autre poème 
seraient de la niusique pure et encore dune musique toute pri- 
mitive, s'il n'y avait au fond de leur rythme le profond senti- 
ment d'une âme éprise de beauté, pleine d'élévation, bien sou- 



-sa- 
vent blessée et plus encore attendrie par les tristesses de la vie 
et par la vanité des choses humaines. 

Mais M. Turull n'est pas seulement un poète délicat et fort 
intéressant en langue catalane ; il l'est aussi en langue française, 
comme il le montre par les quelques poèmes français qu'il a 
ajoutés à ses T^emembrances. Dans ces poèmes, le poète catalan 
atteint une finesse d'expression et une délicatesse de sentiment 
assez rare, même chez les grands poètes. 

Enfin, le livre de M. Paul Turull, imprimé très élégamment 
à Barcelone par les soins de « L'Avenç », a été préfacé par 
M. Alfons Maseras, l'éminent romancier catalan, et est orné 
d'une magnifique couverture du célèbre peintre M. Santiago 
Rusinol. 

Les Dones davant la guerra 

Le distingué féministe barcelonais, Miquel Poal Aregall, vient 
de publier une intéressante- brochure intitulée 'Les Doues davant 
la guerra. L'auteur y met tout particulièrement en relief les 
vertus déployées par la femme française dans le grand conflit 
actuel. 

Nous remercions bien vivement M. Poal Aregall de l'hom- 
mage qu'il rend aux femmes de notre pays. 

Par la même occasion, nous annonçons à nos lecteurs la pro- 
chaine publication d'un ouvrage sur la femme française et la 
guerre, par M""' d'Espie, notre estimée collaboratrice. 

Nous reparlerons de ce livre dès qu'il aura paru. 

Nos annales 

A l'occasion du X' anniversaire de la fondation de la Société 
d'Etudes Catalanes, le Bureau a décidé de faire paraître prochai- 
nement la table générale des travaux publiés par la J^evue Catalane 
pendant cette première période décennale qui — nous en avons 
la quasi certitude — ne sera pas la dernière. 



i,« Gérant, COMET. — Imprimerie COMET, rue de la Poste, Perpignan 



Orthographe et Prononciation du Catalan 



A la demande d'un \.crtaiii nombre de lecteurs nous rappelons ci-destouj les principale» 
règles de l'orthographe et delà prononciation catalanes: N.D.L.R. 



S. Ex : mar. 

s. Ex : dona ( pr : dôneu). 

s. Ex. : ribera (pr : ribêreu). 

s. Ex.: mare(pr: mâreu). 

s. Ex. : rosa (pr : rôseu). 

s. Ex. : dormir (pr : dourmî). 

s. Ex. : coure (pr : côoure). 

s. Mais il ne se fait pas entendre 



a tonique se prononce comme a françai 
a sourd se prononce comme eu françai 
e tonique se prononce comme é françai 
e sourd se prononce comme eu françai 
• tonique se prononce comme o françai 

sourd se prononce comme ou françai 
M se prononce toujours comme OM françai 

1 se prononce toujours comme « françai 

dans les finales en aig, eig, oig, uig où le g prend le son de tg ou //,. 

t et ^ se prononcent comme bh et gg lorsqu'ils sont précèdes d'une voyelle 
et suivis de /. Ex. : cofc/a, \e.gh (pr: côbbleu, rêggleu). ^ 

// correspond à ill français dans bataille. Mais dans les mots où la // catalane 
n'a pas le son de ill français comme dans illustre on sépare les deux / par 
une apostrophe. Ex. : i/'/ustre. 

r se prononce comme en français, mais il ne se fait jamais entendre à l'infi- 
nitif des verbes. Ex.: morir, mourir, se prononce mouri. Cependant il faut 

supprimer cette lettre à l'infinitif de quelques verbes tels que viure, vivre ; 

veure, voir ; creure, croire ," heure, boire, que l'on ne doit pas écrire : viurer, 

veurer, creurer, beurcr. 

V je prononce toujours comme b. Aussi n'est-il pas rare de trouver indif- 
féremment l'une ou l'autre de ces consonnes dans certains mots tels que 
rif»era, rivera; travail, travail, etc. 

ny correspond au gn français. Ex.: Perpinyâ, Pcrpi^g-nan. En catalan, g et n 
se prononcent toujours séparément. Ex. : ignorant se prononce ij'-worant. 

X se prononce comme ch français. Ex. : xiular, siffler. Mais on le prononce 
aussi es et gz dans certains mots, comme : excavaciô, examen. 

el et al ne doivent pas être confondus. Ex. : et pare es al llit, le père es 

au lit (pr. : eul pare es eul llit). 

Certains auteurs écrivaient les pluriels en as : la taula, las taulas. Mais 

l'institut d'estudis catalans a décidé que l'on érirait avec un e (et non avec 

a) la terminaison du pluriel des noms en a et les terminaisons en s, n. m et 

u des temps des verbes où la troisième personne du singulier se termine par 

un a. 

Ex. taula, taules; força, forces, etc. — pensa: penses, pensen — 

tienca : trenqu«s, trenquen — ■ prega : pregues, preguen — pensava : pensa- 

ves, pensaven, pensàvem. pensàveu — dormia : dormies, dormîen. dor- 

mi'em, dormîeu -- faria : faries, farien, fariem, farieu. 

Louis Pasthe , 



—si»» >^ ■■» ^— ^-ft ^— ^* w-^^%— ^^^— -.«ft^— ^*^— ^^^ 

BIBLIOTHÈQUE CATALANE 

S'adresser an Secrétariat de la " Revue ", me de la Poste. Perpignan. 



« 



A-VS Y AlbadCS, poésies rousslllonnaises, par LO PASTO- I 

RELLET DE LA VALL D'ARLES, ëlëgant volume in-8°, papier J 

vergé, 3 fr. I 

La A\ar6-Tcrra, poésies roussUlonnaises, par P. BERGA, ^ 

élégant volume in-i6 jésus, papier vergé, 2 fr. | 

L'Idée régionaliste, par j. amade, î fr. 5o. ^ 

Roses y XiprerS, poésies roussillonnaises, par J. PONS, . I 

élégant volume in-16 jésus, papier vergé, 2 fr. * 

Botanique catalane pratique, par l. conill, j 

instituteur à Sournia. Franco, 4 fr. 25. K 

Les Fables de Lafontaine, traduction catalane de j 

M. Paul BERGUE, élégant volume in-16 jésus, papier vergé, 2 fr. * 

Anthologie Catalane r'"'^^'"«- ^"p^^^" '^''""'"'"""'"^ j 

avec introduction, traduction française, notices bibliographiques et |- 

notes, par J. AMADE. j 

Contes Vallespirenchs « repkgats per en m.r y \ 

NoNTOQU.s» et publiés par Mossen Estève CASEPONCE. 

Le Catalan à l'Ecole, par l. pastre. 
Littérature Méridionale, par j. amade. 

L'ArleSiana, traduction catalane de M. G. VIOLET, élégant 
volume in-16 jésus, papier vergé, couvertures modernes, 2 fr. 

Aqueixa Mainada, i acte, par en. grando, o fr. so. J 

AmOS i DomeStiCS, comédie en i acte par Ch. grando. * 

Perpignan pittoresque, Les Cris de la Rue | 

avec leur notation musicale, par Ch. GRANDO, élégant volume, r 

papier alfa, o fr. 5o. I 

Poèmes de guerra, po«i« catalanes de p. francis, | 

élégant volume, 1 franc. J 



1 



IV Année. N^ 125 



15 Mars 1917 



DP 
CS7R.3 

PO J26 




REVUE 

CATALANE 




I 



ORGANE DE 
LA SOCIÉTÉ 
D'ÉTUDES >S ^^ 
CATALANES 





Prix UN Franc. 



SOMMAIRE 



Pages 

AUGUSTIN VASSAL ET LES DERNIÈRES ŒU- 
VRES DE VERDAGUER Abbë Bonafont 33 

LA BANNIÈRE DE VERDUN Sy 

PASTOR, PASTOR Joan Amade 38 

HOMMAGE ROUSSILLONNAIS A JOFFRE 39 

M. EMILE RIPERT 39 

DIALEG DELS MORTS Pau Berga 40 

JESUS QUE TORNA P. Francis i Ayrol 44 

RETORN F. Salvat 45 

NOS AUTEURS ROUSSILLONNAIS R.ols 45 

JUDICI Caries Grandô 47 

BIBLIOGRAPHIE 48 



^j£AS3L9 



J ouïes les communications doivent être adressées 
à M. le Secrétaire général de la Revue Catalane, à "Perpignan 



10- Année N 125 15 Mars 1917 

Les Manuscrits non insérés ^m^ ^P^^V V^ 4 ^^^ 

^c son: pas rendu». t^^T B^ ^r R I W^ 

Lts Articles parus aans ia Reviic M "^ ^^ ^^^ jV. ■ jV 1^^ 17 

n'engagent que leurs auteurs. ^i^A Wk A A JbA^A AA^ Am# 

Augustin Vassal 

^ les dernières œuvres de Verdaguer 

Si la cithara es de plata, 
Es d'or la ma que la polsa. 

« Si la lyre était d'argent et la main du poète d'or, le coeur 
du traducteur a été d'or fin. » 

En ces deux lignes, le" R. P. Exupère de Prats-de-Mollo, si 
populaire en Roussillon, a porté un jugement adéquat sur Verda- 
guer et sur son traducteur, M. Vassal. Cœurs d'or, âmes d'éli- 
tes, animes enamorades de Deu y bessones en senzillesa, iis étaient 
faits pour se comprendre. 

Cinq mois avant sa mort, Mossen Cinto vint à Perpignan pour 
rendre les derniers devoirs au meilleur de nos cataianistes, 
M. Justin Pépratx. Avant de nous quitter, le grand poète, 
malade, triste, abreuvé d'amertume, déposa en ma présence 
entre les mains de M. Vassal ses novissima verba : ie manuscrit 
de ses deux joyaux littéraires : "Eucarisîiques et sant Trancesch. 

Je viens de relire à genoux et dans les délices d'une demi- 
extase les "Eucharisliques, et jamais, à l'exception près de saint 
Thomas d'Aquin, le génie de l'homme ne m"a ébloui de telles 
clartés. Ces poésies, qui sont le suprême chant du Cygne de 
Folgaroles et les dernières pulsations de son cœur, ont, en effet, 
les envolées, la douceur du rythme et l'expression du Lauda 
Sien Salvalorem, du Pange lingua et du Sacris solemniis. Elles sont 
un monument de sa foi, de son espérance et de son amour. Je 
n'ai pas la prétention de les analyser ici et de mettre en vedette 
les images incomparables et les sublimes trouvailles qu'on y ren- 



- 34 - 

contre à chaque strophe : notre savant Evêque les a soulignées 
avec maîtrise et a magnifié excellemment « los ûliims himnes del 
cisne armoniôs que mon davant del sagrari. » 

C'est grâce aux instances, je devrais dire aux insistances réité- 
rées de M. Augustin Vassal, que les Lettres Catalanes pourront 
s'enorgueillir à tout jamais de posséder les 'Eucharisliques. Au 
mois de décembre ]896, notre compatriote suppliait Verdaguer 
de « chanter » les Saintes Hosties de Pézilla. Le poète accueillit 
cette demande avec la bonté qui le caractérisait, et trois jours 




Agusti vassal 

Cavalier de Sant Gregori 'I Gran 
Traductor de "Eucarisliques 



après, il avait composé la fameuse poésie : Lo Sol de Pezillà, 
dont le titre seul vaut plus qu'un long poème et qui a été le 
principe et la cause de tous les autres chants. « Z/« de mos som- 
nis, dira-t-il plus tard, es escriure un llibrel sobre 7 misleri de l'Eu- 
cartslia. » — Ce ne sera pas un poème que. composera le grand 
poète, ce sera une série de petits poèmes. Au lieu d'un chef- 
d'œuvre, nous en aurons plusieurs. Ce ne sera pas l'unité, mais 
ce sera la plus riche variété de splendeurs eucharistiques : circu- 
mamicla varielalibus. Dépositaire du manuscrit et des intentions 



- 35 — 

de Mosscn Cinto, M. Vassal se hâta de nous livrer ce précieux 
trésor qui renferme entre autres brillants du plus grand prix : la 
Cène, le Mystère des Mystères, le Crucifix el le Calice, le "Blé, la 
l^uit de la Tête-Dieu, h Procession, la Messe de saint Jean, la Cus- 
tode de Barcelone. 

Dans le cadre restreint qui nous est ici réservé, nous ne cite- 
rons aucun vers : nous craindrions de les déflorer en les isolant. 
Nous nous contenterons de dire, et tout le monde s'en convain- 
cra en lisant le volume, que l'encrier de Verdaguer est une 
palette et que sa plume est un pinceau. Les comparaisons les 
plus heureuses, souvent les plus imprévues — et, comme le Dante, 
il aime à les emprunter aux objets familiers, aux choses de la 
nature — s'épanouissent à la fin de ses stances mélodieuses. Cha- 
que mot retentit comme le son d'une lyre bien montée et laisse 
toujours après lui un grand nombre de vibrations. Ses vers sont 
coloriés comme un vitrail, et les rimes tintent comme les notes 
d'un carillon. La langue, la vraie langue catalane est là, là tout 
entière dans toutes les splendeurs de son lever et de son cou- 
chant. O vous, chers ennemis inconscients, qui nous dires sou- 
vent avec un sourire de dédain : « Le catalan va enfin mourir, il 
est mort ! » Regardez et voyez : Non, elle n'est pas morte, la 
langue que j'ai bégayée à mon berceau et qui ranimera les cen- 
dres de ma tombe : Oh î non, elle vit, elle vivra, puisqu'elle 
parle si merveilleusement î 

Le Dante, ravi d'admiration et impuissant, malgré son génie, à 
décrire la mystique figure de saint François d'Assise, affirmait 
que la vie de l'Evangéliste de la pauvreté ne pouvait être chantée 
que dans la gloire du ciel : 

La cui mirabil vita 
Meglio in gloria del ciel 
Se canterebbe. 

Cette vie, Jacinto Verdaguer nous l'a chantée dans un ravisse- 
ment d'extase. Au moment des persécutions, il se souvint de ce 
Père qui avait lui aussi tant pleuré, il revit et compléta les pre- 
miers vers qu'il lui avait dédiés et qu'il noqs lut aux belles fêtes 
de Banyuls, et se prépara, par le Poème de saint François, à 
cultiver les Tleurs du Calvaire. 



— 36 — 

ji y a quelques années, M. Justin Pépratx, l'ami intime de 
Verdagucr, traduisait avec un rare bonheur et en vers français le 
poème de l'TlHanlide. Quelles raisons peuvent-elles avoir déter- 
miné M. Vassal à nous donner en prose les "Eucharistiques et 
Sainl François ? 

Nous croyons les comprendre et les démêler. 

]] fut un temps, dans les lettres françaises, où la plus char- 
mante politesse envers un poète antique ou étranger était de le 
traduire en vers de notre langue : la mode en passe, et sans nul 
doute elle a raison de passer, car elle manquait essentiellement 
de logique. La traduction et les vers ne sont-ils pas incompati- 
bles par définition ? Traduire, c'est restituer strictement, mathé- 
matiquement, la personnalité d'un autre, et, par conséquent, 
abdiquer la sienne, s'oublier soi-même. 

Or, le vers est par excellence l'émanation de la personne et 
l'affirmation de la personnalité ; il n'existe et ne vaut que par 
cette affirmation-là ; tout poète véritable possède un vers qui lui 
est propre, et la signature au bas des poèmes est une chose à 
peine utile, car les belles strophes, aussi bien que les belles pein- 
tures, sont signées par leur beauté même qui ne ressemble pas à 
une autre beauté et qui a la valeur d'un nom. En d'autres termes, 
le vers doit traduire et traduit l'âme de son auteur. Comment 
pourrait-il, en même temps et du même coup, traduire une 
seconde âme, ou les traduire fidèlement toutes les deux à la fois? 
Le vers a des ailes et la traduction a des chaînes. Comment les 
associer? M. Vassal s'est complu à garder les chaînes, et nous 
pouvons affirmer ici qu'il les a gardées et littéralement et litté- 
rairement. 

Vous donc qui êtes passionnés pour l'Idéal, lisez ces pages 
d'or qui sont le testament sacré du grand poète. Jouissez de ses 
délices. Communiez de son souvenir, partageant avec lui, dans 
la Communion quotidienne, l'Hostie de l'Eucharistie poétique, 
divine. 

Vous qui avez soif de Beauté, vous dont la foi est douteuse, 
coeurs qui n'avez plus l'espérance et dont l'amour est flétri, étan- 
chcz votre soif brûlante à cette source abondante et délicieuse 
qui sort du cœur mystique de Mossen Jacinto Verdaguer. 



- 3; - 
C'est lui-même qui nous y invite tous : 

Bebeu, coloms ; bebeu de l'aygua frcsct 

Del rierô sagrat ; 
De l'aygua que es mes dolsa que la bresca 

Pel cor enamorat. 
No es aygua de la terra : sa dolçura 

Fa l'anima Felis. 
Bebeu, coloms ; bebeu de l'aygua pura... 

Que ve del Paradis. 

La part que Mossen Cinto et son Traducteur ont faite au 
Roussillon est bien belle : lis lui ont laissé le Canigou, les "Eucha- 
ristiques et Saint Trançois. Entourons à jamais leur mémoire de 
notre admiration reconnaissante, car ce que nous avons aimé 
comme Verdaguer, ce que nous sentons toujours, lui seul pou- 
vait le chanter, et ce que les étrangers à notre langue ne sau- 
raient comprendre dans le texte premier, Augustin Vassal a pu 
seul le révéler et le traduire « avec son cœur d'or fin ! » 

Abbé BONAFONT, 

Majorai du Félibrige. 

La Bannière de Verdun 

La patrie des Guiffre, Borreil et Berenguer renoua un écla- 
tant hommage à Verdun, la cité héroïque ; elle lui fera pr.'sent 
d'une bannière d'honneur qui rappellera à la France immortelle 
que des fils de Catalogne moururent sous les couleurs trir.itaires 
françaises. 

Ce drapeau sera, paraît-il, une petite merveille d'art, et le sym- 
bole de la sympathie catalane à la grande soeur latine. 

Nous avons reçu de nos amis de Barcelone une collection de 
timbres d'un dessin exquis, d'une allégorie flatteuse pour notre 
amour-propre national ; ils sont vendus dans toute la Catalogne 
et leur succès est très grand. Le produit de la vente servira à 
l'achat de la bannière de Verdun, 



Pastor, paston*. 



Me vull fer pastor de la serra, 
Deixant la plana y la ciutat, 
Per viure sol amb el ramat 

Y sol ambe la nostra terra. 

Esclops als peus me vull posar. 
Al cap la berretina roja ; 
Y, quan caurâ massa la pluja, 
M'abrigaré pel ginestar... 

Pastor, pastor, menja l'ollada 

Y toca el tendre flaviol ; 
Al demati, lo rossinyol 
Te cantarâ la bona albada. 

Bressa, la nit, ta solitut 
Amb una cansô catalana, 
Y, t'adormint, à Deu demana 
El pà de segle y la virtut... 

Aixis, passant ta vida pura. 
Seras millor que '1 ciutadà, 
Y, quan la teua mort vendra, 
La reberàs sensa amargura. 

L'home es un llop, un llop cerver 
Deixalo corre v fer son obra. 
La santa pau es d'estre pobre 
Pastor de serra 6 masover... 

Joan Amade. 



rn rn rrt rri cf t on fn rn rn rn rn fn fn en CQ rri rn en rn rn en rn frt on OQ CQ CQ "^ en rn fn r4 .frt on nn fin en en en en en en en ef. rn en 

Hommage roussillonnais à Jo^re 

Dans une réunion extraordinaire, tenue ces jours derniers, le 
Bureau de la Société d'Etudes Catalanes a discuté et adopté un 
projet qui réjouira certainement tous les roussillonnais. 

Dans un élan de fierté et de reconnaissance à l'égard du Maré- 
chal JoflFre, le Bureau de la Société d'Etudes Catalanes a décidé 
d'offrir au vainqueur de la Marne un Album composé d'oeuvres 
inédites et manuscrites des artistes, poètes et littérateurs T^oussil- 
îonnais. 

A cet effet, le Secrétaire Général de la J^evue Catalane recevra 
d'ici au i" juin les productions de ceux qui tiendront à coeur de 
participer à la constitution de cet Album. 

Conditions exigées : 

Soit un texte (poésie, pro'se), soit un dessin d'actualité ou pho- 
tographie, autant que possible relatifs au Maréchal Joffre. maxi- 
mum une feuille recto et verso, format exigé iS x 20, papier 
blanc, non rayé. 

Les auteurs sont priés, pour faciliter la reliure, de nous adres- 
ser la copie entre deux cartons et d'apporter le plus grand soin 
à leur envoi. La Rédaction. 



M* Emile Ripert 



M. Emile Ripert, le distingué professeur qui, tout récemment, 
publiait dans la T^evue hebdomadaire une étude sur le Pays .'.c Joffre, 
vient d'être chargé du cours de littérature provençale laissé vacant 
par la mort du regretté majorai Léopold Constans. 

Que M. le professeur Ripert, membre de la Société d'Etudes 
Catalanes et poète de grande envolée, reçoive nos félicitations 
les plus chaleureuses. Et puisque le Pays de loffre a eu le don de 
le séduire, souhaitons qu'après la guerre la cigale du Roussillon, 
laissée vacante par la mort du majorai Jean Monné, lui soit 
décernée. 



Diàleg dels morts 



El gênerai Galliéni. 

— Jove, de rosa galta, 
ull viu i port airôs, 
diguis, diguis que 't falta 
en est Cel venturôs ? 
D'alguns terrenals béns 
potser recança tens ? 

E/ jove. 

— Viudeta estava sola 
ma mare, sola amb mi. 
Trista ! ara 's desconsola, 
perdut menjâ' i dormî. 
Prompte faci '1 Senyô 
que 's junti al seu minyô. 

El gênerai. 

— Ai ! No 's cura amb riquesa 
la dolor de Raquel... 

Prô quelcom oiés te pesa. 
De bon fil) tret el zel, 
quin anyorê o rencor 
guardes encara al cor? 

E/ jove. 

— Amb una nina bella, 
fresc cutis, côs fornit, 

a l'anyada novella 
havîa de se unit. 
Com l'aucella i l'aucell 
feicm gallart pareil. 



Tôt eren joia i dança, 
i juraments de fè. 
Desdeixada quedant-se 
la novia, que ha de f ê ? 
A mi, gloria i llorês 
sens ella no 'm son res. 

E/ gênerai. 

— S'esbravaran, fill, prompte 

eJs fums d'amor huma. 

Déu, que a tothom fa compte 

i a l'heroe da la ma, 

te menarà a polit 

pel sant camî d'Oblit, 

Veuràs, veuràs si es l'hora 
bona als Camps Eliseus ! 
L'elet no hi sent anyora, 
per mes que pensi als seus. 
A lloure conversant, 
el temps t'irà passant. 

Mentrestant, mare i noia, 
que lliga tendra acord, 
tenen desat, com joia, 
•dintre '1 pit ton record. 
] vindrà '1 dia arreu 
que aci us retrobareu. 

Endreçanl-se a un allre. 

Perquè vos, home rude, 
del front torrat al sol, 



— 41 — 



esteu, cella sorruda, 
fora rotllo, tôt sol ? 
Acî, pobre com rie, 
tothom es hoste i amie. 

El paisà. 
— Vergonyôs, no 'n soc gaire, 
si bé lluny de ciutat 
sempre he viscut, a l'aire, 
nas en terra acatat. 
Es que un hom pot ser fort, 
bé 'n Costa de ser mort ! 

Que al jaç o a la batalla 
se plegui M ram, tothom 
fuig del mal cop de Dalla. 
Vaia de l'ûltim tom ! 
Amb tôt i se un feix greu, 
lo Viure té son preu. 

Qui dira com encanta 
la gleva ? Oi î Amb quin goig 
el fort magajl s'hi planta, 
brandat en balanç boig ! 
Poe, poc a mi 'm convé 
fc en un Jardî '1 vaivé ! 

I perxô encara encara... 
Mes me rou aqui dins 
la sort de pare i marc, 
de la dôna i dels nins. 
Prou se sab que un hostal 
decau, tret el puntal. 

EIs vells, a la masîa, 

son de poquet socôs. 

Voler, sî, eu desmasîa ; 

prô 'I cor no guanya al côs. 

La muller, dels treballs 

ja, ja 'n sab ; mes fê 'Is dalls. 



regar, podar?... A una eina 
per ser périt, cal temps, 
] ella ja 'n té de feina, 
a esblesigar-se 'Is rems, 
per cuidar, nets i farts, 
l'aviram de pillarts !... 

Malagonyada dôna ! 
Amb son briu i pedreny 
quina congoixa 'm dôna ! 
Ans tingui '1 braç ferreny 
l'hereuet de vuit anys, 
pobra ! Quin xaf d'afanys !... 

"El gênerai. 

— Calla, home ! La becada 
Déu porta als moixonets. 
No oblidà, cap vegada, 
vells, viuda i orfanets. 
Fins otorga a llur dol 
a poc a poc consol. 

Recorda 't si, al desemhre, 
el soi es fred i nud, 
quan el pages hi sembra, 
confiât, el grà menut. 
Fundo '1 pot soterrâ, 
no es perdut el bon grà. 

Quan n'es temps, grilla ; munta 
el bri d'herba, al terroç 
esbada, i al cel apunta. 
Ve juliol, 1 '1 blat ros 
mî ' ci, ait i espigat, 
fin del granet colgat ! 

Tu ets de la forta terra 
l'escollit sementer. 



— 42 — 



Pare i tôt, a la guerra 
vas partir, devanter. 
1 peJ pais volgut 
dels primers has caigut. 

Aixis te deu la França, 

al seguir sa Passiô, 

l'eterna benhauraiiça 

de doble salvaciô : 

per ben mena 'Is conreus 

que has fet, dcixes hereus. 

De ton gran sacrifici 

sera el record sagrat. 

1, en mes ira, l'ofici 

del camp, mes, vist de grat, 

valdrà, en Hoc d'escarment, 

el degut mirament. 

A un allra. 

Vos, de la cara trista 
i gest malhumorés, 
també gireu la vista 
cap aquell mon boires? 
Res val tenir recel. 
Tôt se goreix al Cel, 

L 'home. 

— La vida 'm fou ben dolça. 
Rie, tots feien ma llei. 
Corn sobre un llit de moisa, 
com en setial de rei, 
he desfilat els jorns, 
tôt roses als entorns. 

Aquest té dura faena. 
Aquell per l'infantô 



acabala, amb gran pena. 
De la Vida '1 fitô 
o creia haver comprès, 
vivint sensé fer res. 

De gènit voluntari, 

no podia sufrî 

que algû m'anés contrari ; 

i 'm vaig quedar fadri. 

Perxô ma joventut 

no 's passà^en solitut. 

El tintin de la boisa 

fa côrrer molts fervents. 

Mes la colla s'espolsa, 

com vingué, als quatre vents, 

I, a mida que '1 temps fuig, 

s'aixeca un baf d'enuig. 

Fou llavors, quan la terra 

m'era vuidô i negrô, 

que, en mon désert, la Guerra 

'sclatà com pet de trô. 

Al patri somatent 

bé respongu), amatent ! 

Jo, '1 manc, que mai havia 
obrat dels meus deu dits, 
de repent m'atrevîa, 
fent vora als mes ardits. 
A la cridoria sord, 
m'agarrava amb la Mort. 

Mes mofa d'Ella feia, 
mes Ella 'm dava '1 pas ; 
i jo, embriagat, me 'n reia. 
Prô Ella no reia pas. 
Un dîa, d'un sol toc 
m'aterrà. ] aquî soc. 



43 - 



Quand ma flor espellîa, 
que '1 cor pansit, estanc, 
esblaimat, se m'omplia 
d'un doll de roja sang, 
la bella Tasca aquî 
mig-feta haig de jaquî ! 

Si en vaga cal que 'm quedi, 
amb plers a reguitzer, 
prompte 'm pendra '1 vell tedi. 
Sens feina no es mercè 
el Paradis. Jo vull 
ara sols batibull. 

Viva Déu ! No 'm batega 
el pit per xic i mie. 
Alla, dins la refrega, 
a pugnâ amb l'enemic 
me 'n torno. Bon porter, 
rcobriu al brau solter ! 



Pot grunyir la reçaga 
d'Austriacs, Turcs i Teutons ; 
no es morta la niçaga 
de prous : Normans, Bretons, 
llevant, ponent, mig-jorn, 
surt cadascû, al seu torn, 

a ofrî al pais son estre, 
sa braô, son magi. 
Braç dret o braç sinestre, 
ell no vol distingî, 
ni mira classa o rang, 
quan pren la nostra sang. 

De bala, obus, ni espasa 
jo no soc mort ferit. 
Jo, vell soldat, en casa 
quieta rendî l'esprit. 
Prô, alabat sia Déu 
si 's eau aon se deu ! 



E/ gênerai. 

No, fill meu. La carrzra 
del Mon ja fuig ben lluny. 
No val mira en darrera, 
maldir, ni brandâ '1 puny. 
Si '1 Cel nos fou obert, 
es que '1 Deure hem complert. 

L'Avenir de la raça 
nostra, doncs qui '1 coneix 
de segû ? El que traspassa 
ne sab com el que neix. 
Mes vaia '1 bon caliu ! 
D'un flam mort ix flam viu. 



Alça, alça, fill, la testa ! 
Altres d'igual daler 
que tu, la reconquesta 
prosseguiran a pler. 
Ens succeeixen, ell, 
com nosaltres als vells. 

Denprop, altres encara 
del terrer surgiran 
i, su '1 cor de la mare, 
la França, juraran 
d'abatre, d'abismâ 
per mai pus al Germa. 

Pau Berga. 



y^ù»k?Y*y^X*x*x*x*x*\'K* X* X* \* X * K* x* X* X* X * x * X* X* X* Y!* x* X* X* x* x* X * y* y* y* y* y* y * Lt^^Lt^ùtùtù* 

Jésus que torna 



Angel Guimerà, le grand maître que nous acclamâmes en 
février 1916, et à qui la France, admiratrice du génie catalan, 
accorda le ruban rouge, vient de faire parler de lui. Nos confrères 
d'Outre-Monts sont pleins de commentaires élogieux sur la nou- 
velle pièce de l'auteur de Terra baixa. 

La première de Jesûs que îorna a eu lieu le i" mars, au Théâtre 
de Novedats de Barcelone ; elle fut non seulement un succès, 
mais un triomphe. 

11 y a, dans la nouvelle pièce du poète catalan, un mélange 
d'irréel et de naturel qui tient le spectateur en haleine et le rend 
meilleur, tant est haute la conception du sujet. 

Un homme bon passe sur la terre, y prêchant un idéal de 
générosité. Fils du. peuple, ayant souflFert avec le peuple, c'est 
dans ce milieu qu'il possède ses amitiés qui donnent naissance à 
des amitiés nouvelles. Et la vague de sympathie s'étend de proche 
en proche, s'amplifie, déferle et finit par engendrer une doctrine. 

Le succès du maître met en lumière sa puissance, la plénitude 
de son talent et de ses facultés, et fait merveilleusement ressortir 
la vitalité du théâtre catalan. 

Jesûs que Iorna a fait ressusciter le sentimentalisme populaire ; 
il a réveillé dans les masses ce sublime idéal d'amour du prochain 
que nous eûmes tous à un moment de pacifisme raisonné. C'est 
un regain de la fraternité des peuples qui veut sourdre, à l'heure 
où la folie guerrière des Hohenzollern convulsé une partie de la 
planète. 

Nous devons nous réjouir, comme catalanistes, du triomphe 

littéraire et artistique d'Angel Guimerà, mais notre joie doit 

encore être plus profonde de voir se produire, au cours du drame 

sanglant que nous vivons, une manifestation évangélique sublime 

de l'homme pour l'homme. 

|P.| Francis 1 Ay rol.^^ 



Retorn 



^ 



A J.-S. Pons, devolamenl. 



Poeta del xiprer, poeta de la rosa, 

Català de seny clar, d'esperit enlayrat, 

ma veu puja vers tu, jà que m'has ensenyat, 

amb l'encis dels teus cants, la llengua harmoniosa. 

He vist tornà '1 païs qu'âmes cpm a l'esposa... 
— Auten s'alsa mes fort quan se trova aterrat — 
Y en mi crema mes viu el pâtria amor sagrat 
al reveure ma llar y ma vall llumenosa. 

Dels teus fills, Rossellô, quan l'hora va sonar, 
te despedint de tots, eix també vas donar, 
com t'oferJa ell, la seua obra perfecte... 

Silenciosos pensem avuy al presoner... 

Ja que fruhim del cel que sa strofa reflecte — 

■ Obrim el dolç llibret de la rosa y '1 xiprer. 

F. Salvat. 
Banys d'Amelia, décembre 1916. 

Nos auteurs roussillonnais 

On vit, en milite, on répand de l'harmonie à la f^vue Catalane ; 
on y mûrit de beaux projets, on les exécute. 

A côté de nos érudits qui, d"une main lente et patiente, 
exhument de la poussière des siècles des textes et des documents 
qui font les délices du lettré, les jeunes énergies se manifestent 
et nous promettent des flots d'enthousiasme. 



- 4^ - 

C'est ainsi que vient de paraître une plaquette de vers inti- 
tulée : Les hores que passen, due à la plume délicate de notre 
ami et trésorier, P. Francis. 

Mû par un sentiment patriotique et fraternel, le poète a dédié 
son livre ^Is Volunlaris Catalans que lluilen per la llibertat del Mon. 
C'est là un hommage auquel on ne demeurera pas indifférent à 
Barcelone. 

Nous aurons l'occasion de reparler de ce livre de guerre, le 
second du genre qu'ait produit l'auteur depuis août 19J4. 

Il nous est très agréable de signaler encore un nouvel ouvrage, 
essentiellement roussillonnais-, appelé à avoir du succès dans le 
public et dans les milieux catalanistes. Charles Grando, notre 
excellent Secrétaire Général, que nous croirions désobliger par 
un trop long commentaire, va nous donner, sous le titre Tariboles, 
une première série de ses Monolegs Catalans, œuvre alerte et pim- 
pante, bien faite pour passer quelques bonnes heures de franche 
et saine gaîté. 

Après sa J^oîice Historique très documentée sur Saint-Féliu- 
d'Avail, M. l'ahbé Gibrat va nous offrir un excellent Précis d'His- 
toire du T^oussillon. 

La Bibliothèque Catalane a édité la curieuse Version catalane 
de Peau d'âne, de Louis Pastre. 

M. Henry Aragon nous donne,, enfin, trois livres d'une grande 
érudition : r Les Guerres dans l'Antiquité et la Guerre moderne 
(tome II) ; 2° La Vigne dans l'antiquité ; 3' Les origines de Castell 
7{ossello, et nous annonce la publication prochaine de deux autres 
ouvrages du plus haut intérêt : 7^a Colonie antique de 7{uscino et 
Castell T(ossello au Moyen-âge. 

Nous saluons avec joie les productions de nos amis, persuadés 
qu'elles trouveront le meilleur accueil des deux côtés des Pyré- 
nées. RiOLS. 
■rc/fej -v*^ -v</& -^^c/^ •vc^ T^^ -^c§fc ■vi^& -^t^ -r*/^ -v^/fe) -î^t^ 
NOUVEAUX CONFRÈRES 

Avec la transformation du Cri Catalan, une place d'honneur était devenue 
vacante dans la presse roussillonnaise. Le Coq Catalan est venu très digne- 
ment l'occuper, entre la Lyre et l'Etincelle, organes des jeunes. 

Notre salut fraternel à tous. 



fffffffiffffifffiffffffffiftfffffffffffffifffi 

JUDICI 

Veyeu, neutrals, ho veyeu, 
Amb vos sem de bona fè ! 

— lY ']s tractats que violeu ? 

— Cà ! per un troc de pape ! 

Mes per 'xô, reconeixiu 

Que respectem tots Jos drets ? 

— i Y ']s pobles que destruhiu ? 

— Belleu, per unes parets ! 

Puch dir, amb sinceritat, 
Qu'enlloch no he fet cap mal. 

— ^Y ')s temples qu'heu incendiât? 

— Bah ! per una catedral ! 

Faig encara gran esfors 

Per tornâ al mon l'harmonia. 

— ^ Y aixô del Lusitania ? 

— Mes es l'aygua que 'Is ha morts ! 

Amb tort de mi malparleu... 
Volia el bè de la terra. 

— l Donchs, perquè la degolleu ? 

— Y caram, perquè es la guerra ! 

Ah ! Guillem, malvat bergant, 
Jà vindrà i'ultim judici ! 

— Deu coneix mon sacrifici. 

— Si ! Deu paga y diu pas quan ! 

Caries Grando. 



M^ àK 4k 4k 4k 4lk 4k 4k 4k 4k 4k 4k 4k 4k 4k 4k 4k 4k 4k 4k 4k 4k 4k 

,,■ L^^j L^k«l i-^^J L^bJ L^«J L^bJ L.^ hJ I- ^«mI L^ ^J U^ ^J L^ ^^ 1— a-J ^^ ^J ^^^J ^^ ^J Uj — I ^^ ^J l-^^J L^ ^J L^ »m4 k^*^ L.* ^J k^ 

Bibliographie 

Llibre de Lectura escolar 

Sous ce titre, M. Rovira i Virgili, l'écrivain francophile bien 
connu, vient de publier, chez Antoni Lopez à Barcelone, un 
charmant petit ouvrage destiné aux écoles catalanes, dans lequel il 
a réuni avec soin une sélection de textes empruntés aux meilleurs 
auteurs. 

M. Rovira i Virgili a voulu montrer à l'enfant ce merveilleux 
édifice qu'est la littérature catalane et lui faire comprendre que 
cet édifice a pour base le champ immense de notre histoire 
nationale. 

Présenter aux petits lecteurs catalans la littérature catalane 
dans son unité, marquer le développement de cette littérature 
dans le temps et dans l'espace, et, par la succession logique et 
le caractère particulier des travaux choisis, faire l'histoire à la 
fois vivante et vibrante du verbe catalan et de la Renaissance 
catalane intégrale, tels sont les buts de l'auteur. 

On peut donc dire que ce livre constitue une œuvre pédago- 
gique. Ce n'est pas, en effet, une anthologie, au sens ordinaire 
du mot, un recueil complet de tout ce qui peut avoir un mérite 
littéraire, mais simplement un livre de lecture bien compris où 
l'enfant trouvera, au lieu d'un assemblement plus ou moins dispa- 
rate de morceaux en vers ou en prose, un choix judicieux de 
textes destinés à lui donner une idée exacte de notre patrimoine 
intellectuel et littéraire et à lui révéler l'existence d'un esprit 
national catalan, d'une culture catalane, bien différente de la 
grosse Kulture d'outre-Rhin, et qui, elle, ne demande qu'une 
chose : rester catalane. 

Le livre de M. Rovira i Virgili est à la fois une œuvre péda- 
gogique et patriotique qui fait honneur à son auteur. Toutes nos 
félicitations. L. Pastre. 

Le Gérant, COMET. — Imprimerie COMET, rue de la Poste, Perpignan 



s^jj^jjif'\o\o.\o.\csc'sosc-^^c.v'so:iO.\csoj;c'.\c'\c.^ 



Orthographe et Prononciation du Catalan 

A ta deniande d'tJii certHiii iioinbK de Icctcuts non» i:ippelaii9 ci-cies^Oii» le» priticfpates* 
règles de l'ortliographe et delà prononciation catalanes: N.D.L.K. 

a tonique se prononce comme a français. Ex : mar. 

a sourd se prononce comme eu français. Ex: dona ( pr : dôneu). 

e tonique se prononce comme é français. Ex. : ribera (pr : ribêreu). 

e sourd se prononce comme eu français. Ex.: mare(pr: màreu). 

tonique se prononce comme o français. Ex. : rosa (pr : roseu). 

sourd se prononce comme oit français. Ex. : dormir (pr : dourmî). 
M se prononce toujours coinme OM français. Ex. : coure (pr : côoure). 

1 se prononce toujours comme / français. Mais il ne se fait pas entendre 

dans les finales en nig, eig. oig, uig où le g prend le son de tg ou ij, 

fc et ^ se prononcent comme bb e.t gg lorsqu'ils sont précédés d'une voyelle 
et suivis de /. Ex. : cofr/a, vcgla (pr: côbbleu, règgleu). 

// correspond à itl français dans bataille. Mais dans les mots où la // catalane 
n'a pas le son de itl français comme dans illustre on sépare les deux / par 
une apostrophe. Ex. ; i/'/ustre. 

r se prononce comitie en français, mais il ne se fait jamais entendre à l'infi- 
nitif des verbes. Ex.: inorii, mourir, se prononce mourî. Cependant il faut 

supprim -r cette lettre à l'infinitif de quelques verbes tels que viure, vivre ; 

veure. voir ; creure, croire ; heure, boire, que l'on ne doit pas écrire : viurer, 

veurer, creurer, beurcr. 

o ;e prononce toujours comme b. Aussi n'est-il pas rare de trouver indif- 
féremment l'une ou l'autre de ces consonnes dans certains mots tels que 
rifcera, rivera; Xnb^W, travail, etc. 

ny correspond au gn français. Ex.: Perpi/»yâ. Perpi^/ian. En catalan, ^ et n 
se prononcent toujours séparément. Ex. : ignorant se prononce i^-norant. 

X se prononce comme ch français. Ex. : xiular, siffler. Mais on le prononce 
aussi es et gz dans certains mots, comme : excavaciô, examen. 

et et al ne doivent pas être confondus. Ex. : el pare es al Mit, le père es 

au lit (pr. : eul pare eo eul Hit). 

Certains auteurs écrivaient les pluriels en as : la taula, las taulas. Mais 

l'institut d'estudis catalans a décidé qi>e l'on érirait avec un e (et non avec 

a) la terminaison du pluriel des noms en a et les terminaisons en *, n, m et 

M des temps des verbes où la troisième personne du singulier se termine par 

un a. 

Ex. taula, taules; força, forces, etc. — pensa: penses, pensen — 

tienca : trenqu«s, trenquen — prega : prcgues, preguen — pensava : pensa- 

ves, pensaven, pensàvem, pensàveu — dormia : dormies. dormien. dor- 

mfem, dorn\ieu -- faria : faries, farien, fariem, farieu. 

Louis Pasti«b 



« 






BIBLIOTHEQUF. CATALANE 



f S'adresser au Secrétariat de la " Revue ", nie de la Poste, Perpignan. 



IAyS y AlbadeS, poésies roussUlonnaises, par LO PASTO- f 

RELLET DE LA VALL DARLES, élégant volume in-8°, papier 1 

I vergé, 3 fr. r 

La Mare-Terra, poésies roussillonnaises, par P. BERGA. J 

I élégant volume in-)6 jésus, papier vergé. 2 fr. f 

L'Idée régionaliste, par j. amade, 2 fr. 50. | 

I Roses y XiprerS, poésies roussiUonnaises. par J. PONS. I 

^ élégant volume in-i6 jésus, papier vergé, 2 fr. . ^ 

J Botanique catalane pratique, par l conill, J 

^ instituteur à Sournia. Franco, 4 fr. 25. 9 

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Y M. Paul BERGUE, élégant volume in-16 jésus, papier vergé, a fr. ^ 

j Anthologie Catalane (i- série: Zes poèles romsiUonnah) j 

J avec introduction, traduction française, notices bibliographiques et * 

I notes, par J. AMADE. 1 

" Contes Vallespirenchs « repiegats per en m.» y * 

NoNioQuis» et publiés par Mossen Estève CASEPONCE. I 

Le Catalan à l'Ecole, par l. pastre. * 

Littérature Méridionale, par j. amade. j 

iL'Arlesiana, traduction catalane de M. G. VIOLET, élégant { 

volume in-16 jésus, papier vergé, couvertures modernes, 2 fr. 1 

[ Aqueixa Mainada, > acte, par en. grando. o fr. 5o. f 

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* Poèmes de gUerra, poésies catalanes de p. FRANCIS, 1? 
I élégant volume, 1 franc. I 



l" Année. W 126 



15 Avril 1917 



DP 

Ç.SJ'RS 

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REVUE 
CATALANE 




ORGANE DE 
A SOCIÉTÉ 
'ÉTUDES fit 
ATALANES 



rrv 







Prix UN Franc. 



SOMMAIRE 



Pages 

COM TOCA LA CAMPANA Joan Amade 49 

L'ART D'EN MANALT Carles de la Real 5o 

ACCUSADORES : Los très reys, Dialeg Satanich, Ana- 

TEMA Caries Grandô 5 j 

LA RENAISSANCE DU ROUSSILLON : 

Les Hores que passen Louis Pastre 53 

Fariboles J. Pérez-Jorba 55 

UN LIVRE POSTHUME 5; 

PRIMAVERA, LO MEU COR P. Francis 58 

LA S AGRADA PASSl O Riols 59 

HISTOIRE LOCALE : Aperçu historique sur la paroisse 

DE C0RNEILLA-DE-LA-R1V1ÈRE Joseph GiBRAT 6o 

THÉÂTRE CATALAN Algû 62 



CJeSfiiSSL» 



Toutes Us communications doivent être adressées 
à M. le Secrétaire général de la Revue Catalane, à Perpignan 



J 



10- Année. N' 126 1^ Avril 1917 

Les Manuscrits non insérés ^^ V^ V W H V^ 

le son: pas rendus.. M^ta AZ^ ^m W^J ^^■^ 

L«s Articles parus oans ia Revue ^ ^ fi^ 1 fi^ J ^ jT^ 1^1 M^^ 

n'engagent que leurs auteurs. 



Corn toca la campana.*. 

M n'els atnichs P. T rancis y C. Grande. 

Com toca la campana, com toca, oh '1 meu amorî... 
No se si toca à gloria, no se si toca à mort ; 
Mes son ses batallades com batements d'un cor, 

Del cor del nostre poble, del cor de la meu' terra, 
Que me diu : « No t'en vagis, fill, no passis la serra ; 
La vila es malehida, com el llamp, com la guerra ». 

La fulla que l'escolta tremola d'hi pensar, 
Tremola su la branca, que hi canta lo pinsà... 
Ditxosa aquella fulla qu'ai pais restarà, 

Quan partirem nosaltres cap à terres llunyanes, 
Portant la nostra pena per viles y per planes. 
Pensant amb la dolsura de les fonts catalanes!... 

De la passada vida guardarâs tû '1 recort, 
Figuera que t'amagues al fonse del meu hort?... 
Com toca la campana, com toca, oh '1 meu amor!... 

Joan Amade. 




L'art d'En Manalt 

La formula de l'art d'En Celestî Manalt es tota dins la seua 
propia vida. Aixi's, res de classicisme : une acadèmia personal, 
potser una escola ; una anima que es confia tota als subjectes que 
obra y que hi deixa el millor d'ella mateixa. 

En Celesti Manalt ha molt sofert. Prou se veu en lo seu rostre 
fatigat, del quai la llum de la gloria naixenta no ha esborrat totes 
les arrugues ; prou s'endevina a l'expressiô de tristesa de la seua 
plàstica, tant definida en YHiver de la Yie. Mes l'aspra lluyta qu'ha 
sostingut contre la dissort, les llargues nits d'insomni y de trevall, 
hont lo seu geni es revelava, han enrobustit son anima, han donat 
un tempérament a sa voluntat ; En Manalt s'es fet artista dins la 
dolor. 

Les seues esculptures reflecten aqueixa austera melancolîa de 
l'artista que no ha deixat d'esser home, de sentir les lassituts de 
la vida, de coneixer tota la melangia destilada en lo penôs ambient 
de l'indiferencia, i qu'ha begut l'ijispiraciô a la font amarga, mes 
pura, de la sofrença fisica y moral. 

En Manalt ha exposât magnifichs subjectes à Barcelona, al Salé 
dels Artistes francesos que s'ha d'obrir el 2 3. La gran capital 
artistica judicarà demà el valor del nostre compatriota, d'aqueix 
català de Rossellô humil com home, gran com artista, que molts 
han apreciat, que certs han desviscantat, que pochs han ajudat. 
Demà l'exit d'En Manalt sera un honor de mes per la nostra ' 
pàtria y nosaltres, que may hem dubtat d'ell, sentirem un goig 
infinit a celebrar, de nou, lo triomf d'un artista pobre, pobre com 
la terra que pasta y que, com ella, tantes riqueses pot escampar. 

Caries de la Real. 

^"4^ -V^ât "V^-fes "î^fc ^^fej"^^^ -î^^ ^^^ ■Vt^ ^^^^^^ "î^^^^^ "î^^ "V*^ ^^^$5 ^^C^ 

"L'Exposition des Attisles français. — Les journaux de Barcelone 
font le plus vif éloge de nos compatriotes Delfau, Manalt, Sudre, 
qui représenteront l'art roussillonnais au Salon des Artistes français. 

Nous souhaitons à nos amis tout le succès qu'ils méritent et 
remercions nos confrères Catalans de l'accueil bienveillant qu'ils 
ont daigné leur réserver. 






ACCUSÂDORES 



"Los très reys 



Très, sem très, 
très reys sens reyalmc ; 
Albert se diu l'un. 
Père lo segôn 
y Nicola l'altre... 

Très, sem très. 

Très, sem très, 
très reys sens reyalme ; 
bàrbres nos han près 
lo sol de la Pàtria, 
han mort nostres fills, 
han cremat llurs cases... 



Très, sem très, 
très reys sens reyalme, 
y 'ns guia un estel 
jgual que 'Is Reys Mages, 
vers el nou Messies 
que avuy es la França. 

Très, sem très, 
très reys sens reyalme ; 
pots riure amb los teus, 
sobirà pirate ! 
Ja nos venjarà 
la santa Aliança ! 



Très, sem très, 
très reys sens reyalme ; 
de lo que 'ns han fet 
prou ho diu Lovaina 
y de l'Orient 
les crudels matances ! 



Très, sem très, 

très reys sens reyalme ; 
mes, que es nostre exili, 
mentres l'esperança 
de 't veure 6 morir 
tinguem, terra aymada? 



Très, sem très, 
très reys sens reyalme ; 
Albert se diu l'un. 
Père lo segôn 
y Nicola l'altre... 

Très, sem très. 



c^TnS. 



- 5i -^ 
Diaieg Sa la nie h 

Boy fornyigant dins les oUes 
cadavériques despuJles, 
un vel) dimonj pelut 
demanava al gran Cornut : 

« Quan s'acabj la sangrada, 

« de l'Home Roig que 'n farem ? 

« De sa testa coronada, 

(( quin mal bullici treurem ! » 

Amb una infernal rialla, 
prenguent un grimôri en ma, 
Satanàs ricana : « Calla ! 
« té, llegeix lo que firmà ! 

« Com ho veus, d'aqueixa guerra 
« porta sol la culpa en sî ; 
« era un diable sus la terra, 
« mereix d'ésser diable acî ! » 

Jlnatema 

Tant que lo mon sera mon, 
tant que la darrera anima 'n sera pas eixida, 

tant qu'hi haurà una arrel de vida, 
un aucell que canti, una flô espellida, 
los fills dels teus fills, oh Guillem Segôn, 

portaràn grabada al front 
l'horror dels teus crims, ta sagnosa lema, 
y els-e seguirà un etern anatema ! 

Caries Grando. 



La Renaissance du Roussilhn 

Les Tiores que passen 

Le bon poète Francis, dont on n'a pas oublié les jolis Poèmes 
de guerra, vient de réunir en une élégante plaquette ses dernières 
poésies, "Les Jiores que passen, qu'il a fort agréablement groupées 
en flores blaves, Tiores roges et Jiores grises. Ce petit livre, que 
tous les lettrés voudront posséder, forme un tout harmonieux et 
d'une lecture attachante. Nous allons essayer d'en donner à nos 
lecteurs un compte-rendu analytique. 

Tiores blaves, c'est le poème de la jeunesse, de la jeunesse 
ardente qui cherche sa voie et qui la trouve enfin dans l'amour, 

Perfumada de flors com tovalla d'altar. 

C'est aussi le poème de la terre. Le poète y chante l'amour de 
la petite patrie, de cette terre natale du Vallespir, où le Tech 
tumultueux fait résonner la vallée du bruit de ses cascades. Le 
poète revoit comme dans un rêve le petit fleuve aux rives enso- 
leillées, les longues théories de jeunes lessiveuses battant leur 
linge çji cadence et mêlant leurs rires argentins au doux clapotis 
de l'eau sur la grève, les grands draps blancs étendus au soleil le 
long de la « ciureda », près de la vieille chapelle romane qui se 
mire dans l'eau du fleuve et semble lui sourire aff^ectueusement 
comme le ferait une grande soeur ; et >1 se prend à regretter ces 
' heures d'antan : 

Ai ! Tech de ma joventut, 
digues-me hont son les hores 
que som passât en tes vores 
teixides de quietut ? 

Ces heures ne sonneront plus pour lui, et les cloches de son 
village, dont il croit encore entendre le « trilleig », ne peuvent 
maintenant que lui çn apporter j'éçho : 



- 54 - 

1 per la vall regalada, 
per la vall i '1 rodador, 
lo trilleig sona que sona, 
esclata, plora i se mor. 

Mais l'amour de la petite patrie n'exclut pas l'amour de la 
grande, et si le poète trouve des accents émus pour chanter le 
coin de terre où résonne « l'idioma suau », s'il aime cette 

Catalunya portant sul pit les quatre barres 

pour laquelle il tresse avec amour une couronne de roses, il se 
garde bien d'oublier la grande patrie française, qui saura tresser 
demain une couronne de lauriers au milieu de ses ruines encore 
fumantes, sur les cimetières glorieux où reposent ses défenseurs. 
Et c'est pourquoi il va chanter maintenant ses Tiores roges, où 
sa lyre vibrera magnifiquement pour glorifier les « Coses eternes », 
le Travail fécond et le geste sublime du paysan qui continue à 
jeter sa semence sur le sol libéré, le Printemps invincible qui 
s'obstine à reverdir les bois et l'Amour éternel qui ne cesse pas 
d'unir les jeunes âmes, pendant que les Barbares s'achafpent à 
tout détruire et quz Is plainte formidable des peuples s'élève 
vers le ciel, 

Mentres que monta al cel la llarga queixa 
de crits i de gemecs esterrissanta. 

Et c'est encore sa bonne lyre de guerre que prend le poète 
pour chanter le courage de nos admirables soldats qui se cou- 
vrent de gloire sur les champs de bataille. En des strophes d'une 
envolée superbe, il nous montre ces légions de héros de la grande 
guerre défilant victorieux sous l'Arc de triomphe de l'Etoile : 

Devant de l'Arc, posats en surhumanes fresques, 
los grans soldats de la gran guerra passaran. 

Le livre se termine par les Jiores grises, où le poète chante les 
angoisses de l'amour et les tristesses de l'âme meurtrie, heures 
douloureuses pleines de résignation et de poésie. 

Toutes ces Heures passent, elles s'envolent une à une à mesure 
que nous feuilletons les pages du livre, éveillant en notre âme 
les sentiments les plus intimes, en même temps qu'elles donnent 



— 55 — 

aux plus incrédules de nos compatriotes l'occasion de se rendre 
compte que la langue catalane, malgré l'opinion de Saisset, est 
capable d'exprimer des sentiments élevés. 

Nos félicitations à l'ami Francis pour ce beau recueil que les 
amis des lettres catalanes accueilleront avec joie. 

Louis Pastre. 



t^><i. 



'Fariboles 

Voici une plaquette qui nous apporte du soleil, de la vie et 
surtout de la belle humeur : T^ariboles, de Charles Grando. Dans 
ses pages vibrantes on ne fait heureusement ni philosophie ni socio- 
logie. Elles surgissent des couches les plus profondes et les plus 
saines de l'âme populaire. L'auteur laisse s'entrouvrir, devant nos 
yeux charmés, le sourire du réel et la beauté de la vie. Mais que 
ce sens du naturel ne donne pas d'ombrage aux amoureux de 
l'art classique! L'art classique, le vrai, le pur, nous a toujours 
montré la vie au sommet de la forme parfaite. 

Dans ses tableaux humoristiques, tels des fresques en miniature, 
Grando sait faire parler les individus de telle manière qu'on les 
voit devant soi agir et se mouvoir. Mais chez lui la faculté de 
création ne s'arrête pas là, sans autre puissance. L'auteur montre 
ses personnages en même temps que ce qui les environne : la cou- 
leur locale du milieu où ils vivent. Et, pourtant, le plus admira- 
ble de l'art de Grando n'est pas là. Oyez plutôt: sous la couleur 
locale, et bien au-delà aussi, l'âme ensoleillée du Roussillon res- 
plendit et palpite toute. 

L'auteur, à n'en pas douter, a écrit ces petits contes sans aucune 
prétention. Le langage en est si simple qu'on le dirait pris dans 
la conversation courante. On croit d'ailleurs entendre l'auteur 
nous parler avec le plus pur accent du pays. De là viennent ces 
réverbérations de lumière qui scintillent dans sa prose, dont la 
coupe reste toujours très littéraire, souple et serrée. La richesse 
des mots et le pittoresque des expressions montrent quel excellent 
écrivain catalan est Grando. Il doit donc à lui-même de cultiver 



- 56 — 

la prose d'une façon suivie pour rendre les meilleurs services à 
la littérature catalane. 

Un peu railleur, Grando aime à tourner finement au ridicule 
ses personnages, dans les péripéties où il les place avec une cer- 
taine malice. 11 nous les montre surtout ainsi dans "Les esHsores, 
dans Tin borne de pif, dans La cua del burro. Ils nous apparaissent 
là cûmmë des flammes vacillantes sous le coup de quelque événe- 
ment tragi-comique, dont leurs actes ou leur caractère sont en fin 
de compte les véritables fauteurs. Car, et c'est là encore un don 
littéraire de premier ordre, ces personnages se chargent de dessiner 
eux-mêmes leur contour. Grando leur prête une belle santé d'es- 
prit et les environne de soleil. Sa verve comique et railleuse 
prend quelquefois un ton tant soit peu licencieux, qui ajoute au 
charme vivant des contes. 

Ces contes développent généralement des sujets puisés aux sources 
des anecdotes locales. L'auteur arrive presque toujours au dénoue- 
ment avec des procédés de coup de théâtre, mais d'une façon 
toute naturelle, sans le moindre artifice . grossier. Il en tire une 
moralité en quelque sorte plaisante et souriante, dont Anatole 
France priserait assurément le sel méridional. C'est peut-être trop 
roussillonnais pour être parisien. Mais Paris n'a pas accaparé 
tout ce qui reste du divin héritage de l'Attique. Grando montre 
précisément une grande finesse de perception en ce qui concerne 
les travers de ses compatriotes ; il les dépeint tout à la fois avec 
amour et avec ironie. 

Nous devons donc applaudir de la manière la plus chaleureuse 
l'art vivant de ce livre. Nous devons également applaudir la cam- 
pagne si suivie et si généreuse que son auteur mène en faveur 
des lettres catalanes. Grando, par son action chaque jour grandis- 
sante, contribue pour une large part à la généralisation de la culture 
littéraire de la langue du Roussillon. Sa tâche sous ce rapport ne 
peut certainement qu'amener un bienfait idéal dans son pays, en 
lui faisant prendre une plus grande conscience cie sa personnalité. 
Ce serait d'ailleurs la seule façon de situer lumineusement le 
Roussillon, dans la sphère de l'art, aux côtés de la Catalogne ; il y 
prendrait plus de relief et vivrait par là même une vie plus à lui. 
La langue catalane y gagnerait, elle aussi, en douceur, en finesse 
d'expression et en belle humeur ; dans l'harmonie de son unité, 



- 57 - 

elle aurait à se louer d'une variété de plus. Et il est à souhaiter 
pour les catalans que cela arrive dans un avenir rapproché. 

J. Pérez-Jorba. 

P. -S. — lin anaihème. — Une bonne nouvelle nous arrive du 
Midi au moment de clore cet article. Grando vient de terminer 
un poème sur la guerre actuelle, en XX chants. C'est une œuvre 
magnifique, où le brillant poète, en présence des crimes allemands, 
dit la douleur et l'épouvante de l'âme catalane. Et l'âme catalane 
fait entendre, là aussi, ses malédictions. 

Un magistral anathème à l'adresse des barbares qui ont cor- 
rompu la science et la raison elle-même, voilà l'œuvre de Grando, 
noble et forte ; œuvre qui, d'ailleurs, couronnera par sa maîtrise 
le labeur du populaire écrivain du Roussillon : elle a le souffle 
de l'inspiration et la flamme poétique. 

Tour à tour accusateur, ironique, émouvant, lugubre, idéaliste, 
l'auteur a déployé, dans ce livre, toute la puissance de son art 
avec, à la fois, les plus admirables qualités littéraires. Nous avons 
la joie, dès maintenant, d'en saluer la prochaine apparition. 

Disons encore qu'il sera dédié à la mémoire de tous les catalans 
tombés pour la défense de l'humanité et du droit. Tout porte à 
croire que sa publication sera accueillie avec un vif enthousiasme 
en deçà et au-delà des Pyrénées. J. P.-J. 

Paris, 3 avril 1917. 

Un livre posthume 

Les amis du publiciste et patriote catalan Père Ferrés Costa, 
tué dans l'Artois le 9 mai J9i5, ont édité par souscription un 
livre intitulé Proeses d'Mmor i Palriotisme qu'ils nous ont amicale- 
ment envoyé. 

On ne saurait lire sans émotion- cette œuvre constituée par les 
productions de celui qui fut, non seulement un poète délicat, 
mais encore un idéologue épris de justice de liberté. 

Nous ne commenterons pas le livre ; il suffit de le lire pour en 
apprécier la portée, la saveur affectueuse, que les amis fervents 
du vaillant patriote ont su lui donner. 

Nous joignons à leur pieux hommage tout ce que notre cœur 
de catalanistes français contient d'admiratif et de reconnaissant 
vis à vis du héros mort pour la France. P. F. 



Primavcra 



Abril gentil ha vingut 
a despertâ 'n les airoles 
lo rossinyol, lo cucut 
i '1 perfum de les violes. 

Ha deixat su 'Is ametllers 
un escampill de floretes. 
i pels marges riallers 
colorades campanetes. 

Lo parpallolet daurat, 
d'ala fina i amorosa, 
se posa, maravellat, 
sus la flor la mes flairosa. 

Vina, nina, sota '1 roure, 
que beurem en la font pura 
sensé cuidar-nos de l'hora 
carissima criatura. 



Ballarem los halls airosos 
en les prades que verdegen, 
j desprès serem ditxosos 
com los joves que festegen. 

Igual timides palomes, 
bastirem lo nostre niu, 
amb tiques i dolces plomes, 
a la soca d'un oliu. 

Quan tornarà lo setembre, 
que les vinyes seràn netes 
i que l'hortolà ja sembra, 
seguirem les orenetes. 

] aixi cercant pel mon 
una eterna primavera, 
trovarem lo corrontom 
de la ditxa verdadera. 



Ctg-^si, 



Lo meu cor 

Lo meu cor gentil es un flaviol 
que diu lo que vol 
i que l'Amor mena, 

cantant la glôria d'un jove content, 
alegre i valent, 
que no ten cap pena. 

Es un mirallet clar i régalât, 
un somit alat 
qu'ai matî s'csborra ; 



- 59 - 

es un niuet plé de roses i Hors, 
un ram de recorts 
escrits en la sorra. 

Al fi lo meu cor es una canço 

d'agradable s6 : 

una barcarola 
que canta la mare al nin adormit, 

quan baixa la nit, 

mentres lo gronxola. 

P. Francis. 



La Sagrada Passio 



Nous nous sommes eflForcés à maintes reprises, dans cette même 
revue, de démontrer que la langue catalane, quoi qu'en ait dit 
certain auteur gai, était merveilleusement faite pour exprimer les 
sentiments les plus nobles. L'inoubliable solennité à laquelle nous 
assistâmes, le Vendredi-Saint, à la Cathédrale, nous a permis 
d'apporter un nouvel argument à la thèse qui nous est chère. 

Notre confrère la Semaine T^eligieuse, à qui nous empruntons 
quelques maîtresses lignes, a merveilleusement traduit les senti- 
ments qui agitaient toute une multitude émue, fervente et recueil- 
lie : « Le peuple a entendu, débarrassée de quelques scories, sa 
langue catalane riche, savoureuse et imagée, car il est vrai de dire 
que le peuple, en fait de langage, est le meilleur des maîtres; et 
en le voyant, pendant le récit de la Passion, si attentif, si pro- 
fondément touché, nous nous demandions : Est-ce que le peuple 
aurait cessé de nous entendre parce que nous lui parlons en une 
langue qui n'est pas la sienne?... » , 

Non, le peuple n'a pas oublié sa langue ; s'il ne la cultive pas, 
il n'a cessé de l'aimer; elle trouvera toujours dans son âme un 
doux écho. 

La belle manifestation religieuse du Vendredi-Saint mérite 
d'être enregistrée ; qu'il nous soit permis d'apporter notre tribut 
d'homma^^es à M.onseigneur de Carsalade, qui en fut le promo- 
teur, et à M. le Chanoine Patau, le très brillant interprète. 

RiOLS. 



HISTOIRE LOCALE 

APERÇU HISTORIQUE 

sur la paroisse de Corneilla-dela Rivière 



7. — Origine de Corneilla 

L'origine romaine de Corneilla ne saurait être douteuse. On 
peut y reconnaître un domaine de la gens Cornelia qui comptait, 
au siècle d'Auguste, plus de quatre cents familles répandues dans 
toutes les provinces de l'empire, surtout en Espagne (i). 

D'après un document écrit de la main de hA' Gilbi et Baumes, 
docteur ès-lois et beau-père du S' François Corneilla, citoyen 
noble de la ville de Perpignan et père de M""' de Vaudricourt (2), 
Corneilla-de-la-Rivière se trouve compris dans une donation que 
Charlemagne fit de plusieurs lieux et églises à l'abbé et au Cha- 
pitre de Notre-Dame de la Grasse (3). Une bulle de l'an 95 1 
mentionne parmi les possessions de l'abbaye de la Grasse la villa 
Cornelianum avec son église (4). Par une bulle de l'an 1119, le 
pape Gélase 11 confirme la donation faite à ce monastère et 
accorde à l'abbé et au Chapitre le droit de présentation lorsque 
la cure de Corneilla viendra à manquer. Ainsi firent également 
les papes Grégoire VlU, Grégoire IX et Nicolas V en faveur 
de l'abbé et du Chapitre de Notre-Dame de la Grasse. L'abbé 
et le Chapitre (le siège abbatial vacant) étaient seigneurs tempo- 

( I ) AJart, T^otices historiques sur les communes du T^oussillon, 1" série, p. i 07. 

(2) François Corneilla, citoyen noble de la ville de Perpignan, fut père 
de M'"' de Vaudricourt et grand'pèrc de Gaspard de Saunhac. M"' Gaspard 
de Saunhac fut mère de M"" Louis d'Ax, laquelle est la grand'mère de 
M. Louis d'Ax, propriétaire actuel du domaine de Corneilla. Un fîls de 
M. Louis d'Ax, lieutenant d'infanterie, chevalier de la Légion d'honneur, 
est mort en 1916 des suites de blessures reçues en défendant Verdun. 

(3) Archives paroissiales de Corneilla. 

(4) Gallia christiana, t. vi, p. 429. 



— 6i — 



rels de Corneilla-de-la-Rivière. La nomination du curé leur appar- 
tenait : lévêque d'Elne donnait seulement l'institution et la juri- 
diction spirituelle (i). 



77. — Eglise de Corneilla 

Toute villa gallo-romaine avait son église. La villa Corneliana 
eut aussi la sienne, et cette église était dédiée à saint Martin. 
En io34, Guillem, fils de Bernard, comte de Besalu, fait un legs 
à l'église de Sa'ini-Marlin de Corneilla (2).- 11 faut dire que, 
primitivement, les abbés de la Grasse n'étaient que simples sei- 
gneurs fonciers de Corneilla ; les droits qui constituaient la souve- 
raineté politique appartenaient aux comtes de Cerdagne ou de 
Besalu (3). 

En 1145, Udalgar, évêque d'Elne, consacre l'église Saint- 
Martin de Corneilla-de-la-Rivière (4). 

L'église de Corneilla, sauf les deux travées du fond, date de 
l'an 1186, d'après une ancienne inscription (5). 

Saint Martin est le patron et le titulaire de l'église ; sainte 
Agathe doit être considérée comme la patronne de la paroisse. 
Le culte de cette sainte est très ancien à Corneilla. Un autel lui 
avait été érigé dans l'église, et cet autel était le siège d'un béné- 
fice. Ainsi, en i33], nous trouvons la collation du « bénéfice de 
l'autel de sainte Agathe » faite par frère Guillaume Pierre de 
Hautpoul, prévôt de Pézilla (6). 

Le bénéfice de la cure est conféré, le 6 novembre 1418, à 
Martin Blazer, clerc, pourvu par Gay Flandri, seigneur de Cor- 
neilla et lieutenant de l'abbé de la Grasse, en remplacement de 
Guillaume Morer, décédé (7). 

Deux mois après — 16 janvier 1419 — Jean Savina, notaire 

(i ) Archives paroissiales de Corneilla. 

(2) Marca Hispanica, ccxii. 

(3) Alart, T^ofices historiques sur les communes du J^oussitton, 1 '* série, p. j 09. 

(4) Puiggari, Catalogue biographique des évêques d'Elne, p. Sa. 

(5) Archives paroissiales de Corneilla. 

(6) Archives des Pyr.-Or., B. 25. 
{7) Archives des Pyr.-Or., G. 774. 



— 62 — 

d'Elne, rend une sentence arbitrale au sujet -du droit de dépouille 
prétendu sur la succession de Guillaume Morer. 11 conclut qu'il 
n'y avait pas lieu de percevoir ce droit, <( cum consiel mihi alios 
redores decessisse in ecclesia de Corneliano el non proplerea ipsos ali- 
quid solvisse pro spolio » : attendu qu'il est certain que d'autres 
curés sont morts dans la paroisse de Corneilla et qu'ils n'ont rien 
payé pour le droit de dépouille (j). 

Il y avait aussi, dans l'église de Corneilla, le bénéfice de 
Notre-Dame. Le 3i août 1420, à la requête de François Forn, 
prêtre de Thuir, possédant ce bénéfice, l'official d'Elne adresse 
une sommation à Pierre Botinya, recteur de Montauriol d'Avall, 
et à En Oltracamps, fuster de Millas, pour qu'ils remettent au 
dit Forn tous les actes relatifs à son bénéfice (2). 

Martin Blazer est encore curé de Corneilla en 1422. Le 
12 mai de cette année, Jean Morer, notaire de Millas, lui notifie 
la procuration donnée par Bernard M'assanet, médecin (3). 

Un document du 18 août 1429 signale le bénéfice fondé au 
maître-autel par Cécile Cesolia Callau, appelé bénéfice de 
Na Callava. Il avait été fondé par Cesolia, femme de Raymond 
Callau, en vertu d'un acte passé par Arnaud Estêve, notaire de 
Millas, et attesté par son successeur Pierre Carbonell (4). 
(Jl suivre.) Joseph Gibrat. 

(1 ) Archives des Pyr. Or., G. 774. 
( 2 ) Ibidem . 

(3) Ibidem. 

(4) Ibidem. 



Théâtre catalan 

Janet i J(psalia 

Idylle dramatique en 3 actes, de M. Pompée Vidal, 

représentée pour la première fois à Perpignan 
le 2 5 février 1917. au Théâtre catalan des Variétés. 

Cette pièce, simple histoire d'amour, sans intrigues savantes, 
constitue une charmante idylle qui rappelle, en certains endroits, 
la Mireille de notre immortel Mistral. 



~ 63 — 

Dès les premières scènes, le spectateur s'intéresse vivement au 
sort des deux principaux personnages : Janet, fils du « masover » 
de Don Pau, le riche propriétaire des environs de Valls, et 
T^osalia, fille de ce dernier. On ne peut qu éprouver une sympa- 
thie profonde pour ce beau gars de dix-neuf ans et pour cette 
délicieuse jeune fille de seize ans à peine, qui ont vécu côte à côte 
depuis leur plus tendre enfance et joué ensemble dans la « maso- 
veria », sans se douter que leur situation sociale différente les 
mettrait un jour dans la pénible obligation de se séparer. 

Comment d'ailleurs pourraient-ils songer à une séparation pos- 
sible? Ils vivent l'un pour l'autre « desde petitets » et l'amitié qui 
les lie ne fait que s'accroître de jour en jour. Ils ont même remar- 
qué, depuis peu, que cette amitié d'enfance s'est avivée à tel point 
qu'ils se sentent l'un et l'autre transformés par cet irrésistible 
besoin d'aimer. Certes, Janet cueille toujours des fleurs comme 
autrefois pour sa petite amie, mais en les lui offrant, il trouve de 
si douces choses à lui dire que Rosalia en est toute émue et toute 
étonnée comme si quelque chose de nouveau se passait en elle. 
Aucun doute n'est possible ; l'amitié a cédé la place à l'amour. 

Les deux jeunes gens s'aiment, se le disent et jurent de ne 
jamais se séparer. 

Mais, hélas ! le bonheur ne doit pas durer longtemps. Don Pau 
accepte de donner sa fille en mariage à un jeune noble ruiné, le 
fils du marquis del Camp, qui éprouve le besoin de redorer son 
blason. Rosalia refuse, et quand elle annonce la nouvelle à Janet, 
elle se jette dans ses bras en pleurant. A ce moment entre Don 
Pau qui surprend les deux amoureux dans les bras l'un de l'autre. 
Furieux et comprenant maintenant la raison du refus de Rosalia, 
Don Pau chasse Janet et son père qui vont chercher du travail 
ailleurs. 

Quelque temps après, nous retrouvons Janet aux mines de 
l'Argentera où il avait réussi à s'embaucher et nous apprenons que, 
•se trouvant un jour sous un éboulement, un bloc de rocher lui a 
arraché le bras droit. Depuis, Janet est obligé de mendier de 
porte en porte, pour subvenir à ses besoins et à ceux de son vieux 
père qui n'a plus la force de travailler. 

De son côté, Rosalia, qui n'a pu supporter la séparation, est 
tombée gravement malade. Elle dépérit de jour en jour et le doc- 



^ 64 - 

teur qui la soigne se déclare impuissant à la sauver. 11 ne voit 
qu'une chance de salut : rappeler Janet auprès d'elle. 

Après avoir longtemps hésité, Don Pau se décide enfin, pour 
sauver sa fille, à rappeler celui qu'il avait si brutalement chassé 
de sa maison. Il se rend lui-même dans la modeste demeure de 
Janet où il apprend l'horrible malheur qui vient de le frapper. 1] 
le supplie cependant de venir, espérant ainsi sauver Rosalia d'une 
mort certaine. 

Janet et son père éprouvent une grande douleur à la vue de 
leur ancien maître. Sauver Rosalia, la revoir, la presser sur son 
cœur, n'est-ce pas là le rêve de Janet depuis la cruelle séparation? 
Mais, hélas ! il est infirme maintenant. Rosalia ne sera-t-elle pas 
impressionnée par cette infirmité? et ne risque-t-on pas d'obtenir 
un résultat contraire à celui que l'on attend de cette entrevue? 

Le père et le fils acceptent cependant de se rendre à l'invi- 
tation de Don Pau. 

Et voici la scène finale, d'une tragique beauté : Janet devient 
subitement fou de douleur à la vue de son amie qui s'est préci- 
pitée sur lui pour l'embrasser, et Rosalia, reculant tout à coup 
épouvantée, devant les yeux hagards et le corps mutilé de Janet, 
tombe morte à ses pieds. 

La pièce se termine sur cette parole du père de Janet: « Don 
Pau, vetaqui la teua obra ! » 

Cette pièce donne d'un bout à l'autre une forte impression de 
vraisemblance. De plus elle est écrite conformément aux règles 
du théâtre et si elle pèche par quelques imperfections de détail 
et de forme, le fond et l'ensemble sont excellents. Ajoutons que 
l'auteur a joué lui-même le rôle de Janet et qu'il s'est révélé un 
excellent acteur. Toutes nos félicitations à notre ami et à ses cama- 
rades et particulièrement à la gentille Senyoreta Carmen Moyans 
qui, en créant le rôle de Rosalia, a su donner au personnage la 
naïveté charmante et la grâce ingénue qui lui convenaient si bien. 

Algû. 



.-*'-» 



Le Gérant, COMET. — Imprimerie COMET, rue de la Poste, Perpignan 



k' XO ^C \0 \C* \C \0 ^i!!' \0 \0 'îO'^ \C ^ \^ \0 \C \0 \^ ^ \^ ^C fl? \0 \0 \0 ^Ot^ 



Orthographe et Prononciation du Catalan 

A U dcmaitclc d'un certain nombre de lecteurs nous l'appelons ci-dc9«ous lc( principale» 
règles de l'orthographe et delà prononciation catalanes: N.D.I..R. 

a tonique se prononce comme a français. Ex : nur. 
a sourd se prononce comme eu français. Ex: dona (pr: dôneu). 
e tonique se prononce comme é français. Ex. : ribera (pr : ribêreu). 
e sourd se prononce comme eu français. Ex.: marc(pr: mâreu). 
tonique se prononce comme o français. Ex. : rosa (pr : rôseu). 
o sourd se prononce comme ou français. Ex. : dormir (pr : dourmî). 
M se prononce toujours comme ou français. Ex. : coure (pr : côoure). 
« se prononce toujours comme i français. Mais il ne se fait pas entendre 
dans les finales en aig, eig, cig, uig où le g prend le son de Ig ou //', 
fc et ^ se prononcent comme bb et gg lorsqu'ils sont précèdes d'une voyelle 

et suivis de /. Ex. : cofc/a, re^/a (pr : côbbleu, rêggleu). 
// correspond à ill français dans bataille. Mais dans les mots où la // catalane 
n'a pas le son de ill français comme dans illustre on sépare les deux / par 
une apostrophe. Ex. : i/'/ustre. 
r se prononce comme en français, mais il ne se fait jamais entendre à l'infi- 
nitif des verbes. Ex.: morir, mourir, se prononce Miourî. Cependant il faut 
supprim.-r cette lettre à l'infinitif de quelques verbes tels que viure, vivre ; 
jueure, voir ; creure, croire ; beure, boire, que l'on ne doit pas écrire : viurer, 
veurer, creurer, beurcr. 

V ic prononce toujours comme b. Aussi n'est-il pas rare de trouver indif- 
féremment l'une ou l'autre de ces consonnes dans certains mots tels que 
rifeera, rivera; travail, travail, etc. 
ny correspond au gn français. Ex.: Perpi/iyâ, Perpignan. En catalan, g et n 
se prononcent toujours séparément. Ex. : ignorant se prononce i^-nor«nt. 
X se prononce comme ch français. Ex. : \iular, siffler. Mais on le prononce 

aussi es et gz dans certains mots, cotnme : excavaciô, examen, 
et et al ne doivent pas être confondus. Ex. : et pare es al llit, le père es 
au lit (pr. : eul pare ez eul llit). 

Certains auteurs écrivaient les pluriels en as : la taula, las taulas. Mais 
l'institut 'd'estudis catalans a décidé que l'on érirait avec un e (et non avec 
a) la terminaison du pluriel des noms en a et les terminaisons en *, «, m et 
u des temps des verbes où la troisième personne du singulier se termine par 
un a. 

Ex. taula, taules; força, forces, etc. — pensa : penses, pensen — 
ttenca : trenques, trenquen — - prega : pregues, preguen — pensava : pensa- 
ves, pensaven, pensàvem, pensàveu — dormi'a : dormies. dormien, dor- 
tn'em, dormieu -- faria : faries, farien, fariem, fariVu. 

Lci'is Pastre 






BIBLIOTHÈQUE CATALANE 



f S'adresser au Secrétariat de la " Revue ", rue de la Poste, Perpignan. 

IAyS y AlbadeS, poésies roussillonnaises, par LO PASTO 
RELLET DE LA VALL D'ARLES. élégant volume in-8°, papier . 

* vergé, 3 fr. 

j La Alare-Terra, poésies roussUlonnalses, par p. BERGA, 

I élégant volume in-i6 jésus, papier vergé, 2 fr. 

L'Idée régionalistc, par j. amade. 2 fr. 50. 

I Roses y XiprerS, poésies roussillonnaises, par J. PONS. 
^ élégant volume in-i6 jésus, papier vergé, 2 fr. 

Botanique catalane pratique, par l. conill. 

instituteur à Sournia. Franco, 4 fr. 25. 

Les Fables de Lafontaine, traduction catalane de 

M. Paul BERGUE, élégant volume in-16 jésus, papier vergé, 2 fr. 

Anthologie Catalane (x-Séne: Les poèUs roussUlonnais) 

avec introduction, traduction française, notices bibliographiques et 
notes, par J. AMADE. 

I Contes Vallespirenchs « repiegats per en mir y i 

NoNTpQUis » et publiés par Mossen Estève CASEPONCE. 

Le Catalan à l'Ecole, par l. pastre. 
Littérature Méridionale, par j. amade. 

L'Arlesiana, traduction catalane de M. G. VIOLET, élégant 
volume in-16 jésus. papier vergé, couvertures modernes, 2 fr. 

Aqueixa Mainada, > acte, par ch. grando. o fr. 50. 

AmOS i DomeStiCS, comédleem acte par en. grando. ' 

Perpignan pittoresque. Les Cris de la Rue 

J^ avec leur notation musicale, par Ch. GRANDO, élégant volume, 

papier alfa, o fr. 5o. 
Poèmes de gUerra, poésies catalanes de p. FRANCIS. 

I élégant volume, i franc. 



i 



Année. N" 127 

iSjMai 1917 

IS7R3 




lEVUE 
CATALAN £ 




iGANE DE 
k SOCIÉTÉ 
ÉTUDES ^S 
kTALANES 



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.-^^î,RARy 
I' SE? 22 1967 



Prix UN Franc. 



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.^^ 



SOMMAIRE 



NOS CATALANJSANTS : CHARLES GRANDO 

Le- 5 Pxi-TE 65 

PREF\C1 DEL CLAV\ RCIG . . Apcc^ S\ii-}zi 6- 
EL CL\>\ KCIG : L* \ -. :.e ^h 7^ziii Ci-- .^^-.'i'.i 

C s r -: : G ' » •- : -. - ; 
UNE CONFERENCE AU THEATRE. ji 
AU SUJET DU MUSEE D ARCHEOLOGIE DE PER- 
PIGNAN Hc--; Av*— h j3 

A SANT FERR:C-. -ECCRTS. p. F.-: 

JOC^-^ "■ -~ i.^ 35 c 7 'z 

NEC^__. . ... ;c 

CE'-' rN~r-:S. . Ft. 5.-v*t 77 

NC5 i, -": 5 rE.S A L EXPOSITION DE BARCELCNE 77 
HISTOIRE LOCALE: A--. .. - .. . > .. -- . . : ri 



il? _ : : î r " '— î ' » - 

N : - - E ALBUM A _ '•' i - E : - i _ : ^ - - E 79 

liX COMITË K-^-E -9 

LJViœS ^T RE\ _Ei bc 




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lÔ- Année. N 127 15 Mai 1917 

Les Manuscrits non inscrci ^^ V^W TV H V^ 

le sont pas renduw. i^^-# ^f t. J M'^ 

Les Articles parus oans ia Revue ^ ^ XV I AV M ^ XV. INi M^ 

n'engagent que leurs auteurs. 

Nos catalanisants 



Charles Grando 

Les journaux de Barcelone nous apportent une bonne nouvelle 
qui fera certainement plaisir à nos lecteurs : la Section de Philo- 
logie de Vlnslilul J'Estudis Catalans vient de décerner à notre 
dévoué secrétaire, M. Charles Grando, l'unique récompense de 
cette section, consistant en un accessit au prix de Philologie 
(accompagné d'une prime de 3oo pessetes) pour sa Monographie 
du sous-dialecte roussillonnais de Perpignan ei de la plaine du 7(ous- 
sillon. 

Charles Grando est un jeune qui s'est formé au contact des 
travailleurs de la Société d'Etudes Catalanes et qui a su, en très 
peu de temps, grâce à son intelligence et à un travail opiniâtre, 
affirmer sa personnalité et se placer dans les premiers rangs parmi 
nos confrères. 

La Société d'Etudes Catalanes se trouve donc honorée en la 
personne de notre ami. Aussi notre joie se double-t-elle d'un peu 
de fierté. 

L'oeuvre de Charles Grando, quoique ne datant que de quel- 
ques années, est déjà considérable. Elle constitue un bagage litté- 
raire suffisant, croyons-nous, pour attirer sur lui l'attention du 
Ministère de l'Instruction publique ; et nous espérons bien qu'a- 
près la guerre, nous aurons l'agréable satisfaction de voir figurer 
le nom de ce travailleur consciencieux sur la liste des récom- 
penses honorifiques. 

Aux nombreux travaux littéraires publiés par Charles. Grando, 



— 66 -. 

à ses poésies calialanes, à ses monologues, à ses chansons, à ses 
pièces de théâtre, à ses travaux de folk-lore, il nous faudra donc 
maintenant ajouter l'importante étude philologique que vient de 
récompenser l'Institut d'Estudis Catalans (i). 

Pour permettre à nos lecteurs de se rendre compte de l'impor- 
tance de ce nouveau livre qui comprendra environ 3oo pages, 
nous allons donner le plan des cinq chapitres qui le composent : 

I. Notes historiques. — Classification ; origines ; influences ibérique, 
celte, sémitique, grecque, latine, gothique, arabe, franque ; la langue 
romane ; les dialectes d'oc ; la langue catalane ; premiers textes ; premières 
inscriptions ; les grandes périodes de l'histoire de la langue ; les trouba- 
dours ; influence provençale ; le siècle de Ramon Lull et de Jaume lo Conquë- 
ridor ; le catalan langue nationale ; les plus anciens sceaux ; l'âge d'or ; la 
décadence ; influence française ; la renaissance catalane ; la renaissance en 
RoussilJon ; le roussillonnais actuel. 

II. Notes philologiques. — i* Limites-frontières linguistiques; particu- 
larités du roussillonnais et des dialectes limitrophes. 

2' Etymologie. 

3° Phonétique: voyelles, accent tonique; particularités phonétiques du 
roussillonnais ; intonations spéciales ; consonnes ; particularités ; confor- 
mation particulière de certains mots ; changements propres au dialecte. 

4° Morphologie ; article, nom, adjectif, etc. 

5° Syntaxe. 

]]]. Notes lexicographiques. — r Influences étrangères ; francesades ; 
quelques formes languedociennes et castillanes. 

2° Mots roussillonnais (vocabulaire^ avec leurs correspondants catalans et 
français. 

3° Expressions. 

4° Comparaisons. 

5° Proverbes et dictons. 

IV. Notes folkloriques. — i° Criées publiques ; 2* Cris de la rue ; 
3° Prières ; 4° Superstitions ; 5° Jeux d'enfants ; 6° Devinettes ; 7° Mimolo- 
gismes ; 8° Chants ; 9° Légendes. 

V. Notes bibliographiques. 

Comme on le voit, c'est un travail complet sur le parler rous- 
sillonnais, un travail de bénédictin que personne n'avait encore 
abordé jusqu'ici et qui fait le plus grand honneur à son auteur. 
Toutes nos félicitations. 

Mais nous devons également féliciter l'ami Grande, et le féli- 

(1) C'est la première fois qu'un Roussillonnais est lauréat de l'Institut. 



- 67 - 

citer chaleureusement, pour le nouveau volume de poésies cata- 
lanes El Clam roig, qu'il vient de faire paraître, où il s'est appli- 
qué à maudire, en des envolées poétiques superbes, ceux qui ont 
provoqué l'épouvantable tuerie à laquelle nous assistons. 

Ce volume, que l'illustre poète Apeles Mestres a honoré d'une 
magnifique préface, est divisé en quatre parties (Judicis, Ires, 
Clams, Vois) contenant chacune cinq malédictions. On ne peut 
que louer l'auteur pour cette œuvre poétique, qui est certaine- 
ment une des meilleures publiées par lui. Ces Jugements, ces 
Colères, ces Plaintes et ces Yœux du poète patriote seront fort 
appréciés dans notre Roussillon et aussi dans les milieux litté- 
raires de Catalogne où Charles Grando est déjà très avantageu- 
sement connu. 

Louis Pastre. 




Prefaci del CLAN ROIG 



En mit) del terrabastall de guerra, fet de bramul de canons y 
cspctcch de metralla, de rencres de ferits agonitzant y cruixits 
d'edificis que s'esfondren ; 

en mitj del horrible y caôtich terratrèmol que sacut al mon de 
dalt a baix y de dreta a esquerra, afollant tots els cervells y 
punyint tots els cors ; 

la veu dolça, la veu serena y amorosa de l'eterna Poesia 
emmudeix esglayada. 

l Com pot cantar avuy la Poesia de coses dolces si no veu 
cntorn d'ella mes que horror, de coses serenes si no veu mes que 
deliri, de coses amoroses si no veu mes qu'odi ?... 

Ay del poeta qu'en aquestes hores monstruoses no sent l'an- 
goixa muntarli a la gola y un clam désespérât acudirli als llavis ! 
Ay del poeta que no sent abrusàrseli el pit en una fogarada de 
llibertat y de justicia, y que malgrat ell no esclata en un rugit de 
maledicciô al ensemps qu'en un himne de viril esperança ! 

Maledicciô pel dia d'avuy ; esperança en el dia de demà ! 

Per nostra dissort — 6 per sort nostra, tal vegada ab dolor, si, 



— 68 — 

perô també ab orguU, assistim al acte mes grandies y trasccn- 
dental de la tragedia humana : al enderrocament final dcl despo- 
tisme, a la mort de la força bruta. 

Y el poeta, — el cantaire de l'hora en que viu y el vident de 
les hores futures — no pot tenir, en els actuals moments, mes 
que dues cordes en sa lira : una per entonar el de profundis a les 
derreres ténèbres que s'esbaeixen y una altra per cantar hossanna! 
a la nova y esplendorosa aurora que pressent. 

Tu cts dels que aixîs ho fan, amich Grande ; tu ets també dcis 
que, deixant de banda les dolces cantades d'ahir, s'han aixecat 
per malehir y per saludar, per cridar « Llibertat y Justicia ». 

Ho has fet y ho has fet bé. Poeta, benehit sias ! 

Apeles Mestres. 
Barcelona, maig 1917. 

EL CLAM ROIG 

(EXTTimTS) 

La Yen de les pedres 

El pobic es mort. Uns monstres, tropa esclava, 
l'han derrocat casa per casa ; 
els camps son dcvastats ; la plana es rasa; 
del vell cloquer qu'alsava 
sa gracîvola agulla en l'immensjtat blava, 
fums expirants s'emportcn lo recort; 

l Hont es la esplendor de l'hort, 
y dcl temple el sant mystcri, 
y dcls carrers l'alcgra vida ? 

El poble es mort. 
Entorn de la seu destruhida, 
de pedregals llarg cementeri, 
la ciutat avuy sembla ajupida ; 



- 69 - 

y les columncs esberlades, 

Visio fêta d'infinit, 
semblen, de Uuny, monges prostrades, 

pregant soles dins la nit. 

La movediça estesa sombra 

s'anivclJant dins l'ombra, 

dins un rodoladiç deliri 

de esbocinats fragments, 

llisa, llisa su 'Is pendents 

y cada atom, lliscant, suspira el seu martiri 

■ y, quan ploren los vents, 
jnflant-se, la remor resona mes beMica, 
sclata condamnadora ! Ay las ! santa Belgica, 

l qui 't tornarà tos monuments, 
qui 't tornarà Lovaina y Termondc cremades ? 
Gemiu, pedres de catedrals, 

destrossa dels hospitals, 
cruixiu, tombes esbalandrades, 
vilatges aniquilats, 
y vos, blanques estatues, 
trocejades 
y gitades 
nues 
dins el fang nègre dels fossats, 
campanes torcides, 
pel bàrbrc emmudides, 
llenceu vostres crides, 
junteu vostres estrepits 
a l'acusaciô formidable 
que 's dressa sus del culpable 
y l'aixafa, el misérable, 
sota el feix pesât dels crims impunits ! 

El poble es mort. Les tristes parets nudes 
s'estremeixen en munts de cendra y de rocam. 



~ 7° — 
Ha passât eJ darrer clam, 
el clam de venjança de les seus caygudes, 
y les pedres resten mudes... 
El poble es mort. 

Cant macabre 

Dins la solitut 
lugubre dels ossaris, 
mentres de mitja-nit els dotse tochs funèbres, 
amb terrîfica lentitut 
cauen damunr les ténèbres, 
els morts deixen l'atahut 
y, desplegant llurs suaris, 
spectres d'ombra, passen junts 
su '1 dol dels pobles difunts, 
cantant himnes funeraris : 

Nang ! nang ! 
Que sang ! que sang I 
Home macabre 
gita ton sabre ! 

Nang! nang! 
Gita-lo al fang ! 

Informes fantasmes 
eixits de la nit 
desmesuradement allarguen mans ossôses, 
y torcjts en cinichs spasmes, 
teixjnt dances horrorôses, 
mostren l'orient del dit. 
Passen iJuhissors sagnoses 
demès dels sinistres cossos 
y resquitlla cl clar cruixit 
dels ossos topant els ossps : 



— 71 — 

Nang ! nang! 
Que sang! que sang! 
Home macabre 
gjta ton sabre I 

Nang ! nang ! 
Gita-lo al fang ! 

Els chors funerals 

dels pàlids squeletes 
monten de les negrors en llargues agonies, 
^ gjtant l'odi sépulcral 
sus les Kulturs estrafetes 
qu'a la tomba van gitâ 'Is. 
Follets salten de les lloses, 
Hantions de melangies, 
marcant l'ossera hont finies, 
jova Europa, y hont reposes ! 

Nang ! nang ! 
Que sang ! que sang ! 
Home macabre 
gita ton sabre ! 

Nang ! nang ! 
Gita-lo al fang ! 

Els rotllos macabres 
van esperverats 
pels camps cnsangonats de l'immens mortuori 
y 'n lo cahôtich desori, 
dels marbres se drecen sabres 
qu'estrenyen punys calcinats; 
y sus l'assessî impérial, 
l'espantable y fret desvari 
amb tornaveu funerari 
crida el judici final : 



— 71 — 

Nang ! nang ! 
Que sang! que sangî 
Home macabre 
gjta ton sabre ! 

Nang I nang! 
Gita-lo al fang 1 

Caries Grando. 

Une Conférence au Théâtre 

Sous les auspices de l'Association Polytechnique, la Société 
d'Etudes Catalanes organise pour dimanche prochain, 20 mai, à 
5 heures de l'après-midi, au Théâtre municipal, une Conférence 
publique et gratuite, avec intermèdes de chant et diction catalane. 

La conférence sera présidée par M. l'adjoint Dumayne, vice- 
président de l'Association Polytechnique et membre de la Société 
d'Etudes Catalanes. 

Notre excellent archiviste, M. Louis Pastre, traitera le suj.et 
suivant : La langue catalane et la guerre. 

Au cours de la séance, un extrait du Clam roig de Ch. Grando, 
« La Veu de les Pedres », musique de Mlle Camille Besse, sera 
chanté par Mme Vilar, accompagnée au piano par l'auteur de la 
musique. 

Les poètes P. Francis et Ch. Grando liront leurs meilleurs 
poèmes d'actualité ; et le pupille Noguès, à peine âgé de 12 ans, 
dont on n'a pas oublié les brillants débuts lors de notre Concert 
au profit des Mutilés roussillonnais, reparaîtra dans son intéres- 
sant répertoire. 

Le Conseil d'Administration invite la population perpignanaise 
à cette intéressante manifestation littéraire. Les membres de la 
Société d'Etudes Catalanes sont invités à occuper sur l'estrade 
les places qui leur seront réservées. 



ftflff?lf?f?fffffllffflfffffflfffffff^ 

Au sujet du Musée d*Archéologie 

de Perpignan 

Nous formons un vœu : c'est que la ville de Perpignan recon- 
naisse bientôt la nécessité d'agrandir le Musée archéologique 
existant pour recueillir les objets de toute nature qui intéressent 
à un si haut degré l'histoire et les arts dans notre contrée, et les 
conserver ensuite comme étude du passé, réalisant ainsi dans le 
présent un progrès sensible que d'autres cités moins favorisées 
essaieraient vainement d'atteindre. Que de richesses, dont une 
collection publique aurait déjà pu s'enrichir, qui sont disséminées 
çà et là, et qui sont aujourd'hui perdues pour la science! 

Depuis les temps historiques, notre pays, si souvent traversé, 
conquis, occupé par tant de peuples divers, a conservé un peu 
partout l'empreinte de leur passage et même de leur séjour; il en 
est demeuré, notamment à Ruscino, des traces, des vestiges que 
le temps n'a pas encore tout à fait effacés, des indices même 
ignorés jusqu'à cette heure et qui surgissent soudain de distance 
en distance comme pour nous rappeler ceux qui passèrent sur 
cette terre de notre patrie. Malheureusement, leur découverte a 
presque toujours été suivie d'une complète et dernière destruction. 
Malgré les modestes collections qui sont déjà renfermées au 
musée, que d'armes antiques, celtes ou romaines; que de mon- 
naies, de médailles, de cippes ou autels votifs, d'urnes, d'amphores 
cinéraires, de sarcophages, de pierres tombales, de débris archi- 
tectoniques de diverses époques ont disparu à jamais sans avoir 
enrichi une collection ! 

Mais, dira-t-on, avec quels éléments pourra-t-on former un 
musée? Avec de la patience d'abord, car un musée ne se com- 
plète pas en un jour, et la terre n'a pas rendu tout ce qui dort 
dans son sein. D'ailleurs, la ville de Perpignan ne possède-t-elle 
pas déjà un cabinet d'histoire naturelle, créé par le regretté 
D' Donnezan, et d'autant plus intéressant qu'il se compose en 
grande partie de fossiles et autres produits géologiques de notre 



— 74 — 

sol ? Voilà, ce me semble, le noyau tout trouvé de cet établisse- 
ment scientifique auquel viendraient se joindre les dons des 
archéologues et naturalistes de la contrée, et qui en peu de 
temps centraliserait ainsi les objets de toutes sortes aujourd'hui 
disséminés sans jouissance pour personne, demain classés par la 
science pour l'instruction de tous. 

Sans passer pour optimiste, après l'épouvantable fléau déchaîné 
par l'infâme Kaiser, et après notre inéluctable victoire, on peut 
espérer plus que jamais en l'avenir de la ville de Perpignan, à 
raison de son site merveilleux, de son climat tempéré, de la situation 
nouvelle que la splendide ligne électrique de Cerdagne créée par 
des intelligences d'élite vient de lui faire, et des avantages qu'elle 
doit recueuillir de ce merveilleux et attrayant tracé que le bon sens 
pratique des compagnies, l'intérêt des voyageurs, des popula- 
tions et même du commerce ne manqueront pas de diriger vers 
nous. 11 faut donc offrir aux étrangers attirés dans nos murs par 
nos établissements thermaux et la saisissante vue panoramique 
de la Cerdagne, au milieu de ces verdoyantes forêts, non seule- 
ment les commodités matérielles, le confortable dont la fortune 
veut jouir, mais encore ce plaisir attrayant de la science dégagée 
de toute abstraction, étudiée à vol d'oiseau, rendue visible et 
palpable. 

Rien ne rehausse, n'ennoblit une cité comme ces monuments 
de l'intelligence et des arts qui accusent chez l'habitant d'autres 
préoccupations que celles de la vie positive, et rien ne plaît en 
même temps à l'étranger comme ces distractions où l'esprit trouve 
un aliment qu'il s'approprie avec facilité. 

Toute idée vraie germera forcément; nous sommes certains 
que ce progrès signalé à nos édiles recevra tôt ou tard son exé- 
cution, pour le bon renom du pays (i). 

Henry Aragon, 
Conservateur du Musée archéologique. 

( I ) Pour éviter des dépenses inutiles, on pourrait réunir le Musée archéo- 
logique au Muséum, de façon à faire progresser ces deux établissements dans 
un parallélisme complet. 



A Sant Fcrriol 

Vestit de pelegri n'he pujat la montanya, 
Ja montanya espinosa i negra de Ceret ; 
caminant, caminant sus la ruta d'Espanya, 
som arribat a la devota tôt solet. 

Som entrât peu descalç en la blanca capella ; 
desprès m'agenollant, amb el cor entristat, 
aclinant baix lo cap quan tocava l'esquella, 
he demanat tôt lo que l'anima m'ha dictât : 

Donau un poc de pà a l'orfana que plora, 
al ciego un bastonet, llet a la criatura, 
al vell que morirà una ben dolça mort ; 

lliurau-nos, Gloriôs, de mais 6 de la guerra, 
guardau l'aibre del llamp, la vinya de la pedra, 
i a ne mî tornau-me de la nina l'amor. 



t^TNi. 



Recorts 



Jo ne tinc de una donzella 
com la Visio de l'estrella 

matutina, 
perqué d'ella el bon recort 
en mon esperit n'es pas mort, 

pobra nina ! 

Nos estavem apretats, 
nos deiem enamorats 
dolces coses ; 



respiravi en sus cabells 
perfums tebis de clavells 
i d.e roses. 

Els seus ulls en la foscor 
tenien una dolçor 

serafica ; 
tant hermosa era sa veu, 
que 'm semblava oîr de Deu 

la musica. 



- 76 - 
Del Tech i del seu grave , D'una campana el batall 



ne muntava el cant seré 

de les fades ; 
les fuiles d'un pull gegant 
eren tôt birbillejant 

platajades. 

Quan se va posar a plorar, 
jo no li vaig demanar 

la seua pena ; 
son mirar se va entelar 
i desprès confondre amb la 

nit serena. 



que resonava en la vall 

sensé pressa, 
va fer neixer en el meu cor 
com el sô d'un toc de mort 

la tristesa. 

1 varem tornar tôt dos 
con\ si nostre amor ne fos 

cosa morta ; 
se va desfé 'I nostre llaç 
al despedir-nos su '1 pas 

de sa porta. 

P. Francis. 



Jochs Florals de 1917 



L'Académie des Jeux Floraux de Barcelone a célébré, le 
dimanche 6 mai, sa fête annuelle. Le jury était présidé par l'il- 
lustre romancière, Victor Cstalà. C'est un français, M. Pages, 
directeur du Télégramme de Toulouse, qui a prononcé cette année 
le « diseurs de gracies». M. Pages a parlé en langue d'oc ; son 
discours a été fréquemment applaudi et a donné lieu à une vraie 
manifestation francophile. 

Parmi les lauréats figurent les poètes M. Colell, F. Rahola qui 
fut l'un de nos hôtes en février 1916, Eveli Doria ; ce dernier 
a obtenu la Flor Natural 

NÉCROLOGIE 

Nous avons à déplorer la perte de l'un de nos membres fon- 
dateurs, M. le docteur Henri Sabarthez, bibliophile distingué. 

La Société d'Etudes Catalanes adresse à la famille ses condo- 
léances attristées. 



Cementeris 

A redôs de la serra y de la mar en vistes, 
a porta de ciutat de rovellats marlets 
es el barri dels morts, hérissât de rochs drets... 
y l'ombrejen xiprers de fesomîes tristes, 

atapahida hi creix i'herba com en les prades... 
De Mahoma els fidels aqui, desde quant d'anys, 
descansen, en vehins, lluny del mal y 'Is enganys 
amb pregàries d'Alah en la pedra enrotllades ? 

Girats vers l'Occident, que no veuràn may mes, 

ent'erren uns soldats sota el brancam espés 

de blanques creus, que 's fà mes ample cada dia. 

Poe lluny, hont olvidats, antichs fossars n'hom veu, 

se passejen, negrots, en famolenca cria, 

pels rochs y per l'herbam, els porcells d'un Juheu. 

Fr. Salvat. 
Salonica, febrer 19» 7. 

Nos artistes à TExposition de Barcelone 

Le talentueux peintre perpignanais, Louis Delfau, n'avait pu, à 
la suite d'un contretemps regrettable, exposer ses toiles au Salon 
avant le jour de l'inauguration. Le succès de ses oeuvres n'en a 
point été amoindri ; les journanx catalans ne tarissent pas d'élo- 
ges sur les brillantes qualités de notre ami et collaborateur, de 
même que sur la valeur des œuvres de nos scupteurs. Violet, 
Sudre et surtout Manalt. Ce dernier a ouvert une exposition libre 
aux Galeries Laietanes, où défilent quotidiennement des milliers 
de visiteurs ; les obres d'En Manalt, déclare la Veu de Calalunya 
du 7 mai, son celebrades per îolhom. 



fffffffffffffffffffflffffffffffffffflflfflfllf 

HISTOIRE LOCALE 

APERÇU HISTORIQUE 

sur la paroisse de Corneilla-de-la-Rivière 

n>VSr^ (SUITE) 

JJJ. — L'abbé Hugues à Corneilîa 

Le 3 mai J433, Hugues, abbé de la Grasse, arrive à Corneilîa. 
11 s'installe près de l'église, sur la place publique, avec ses 
écuyers et les moines de son abbaye qui l'accompagnent. Là, dit 
Alart (]), en présence des chevaliers Pierre de Marça (2) et 
Bernard d'Alanya, d'un chanoine d'Elne et de Guillaume Orts, 
curé de la paroisse, il reçoit l'hommage et fidélité des consuls 
Pierre Daholf et Arnal Sag, de douze autres sladanis ou incolx 
du dit lieu, et de neuf autres qualifiés d'habitants de Perpignan en 
résidence à Corneilîa. Ces derniers ne prêtèrent que le serment de 
fidélité. Après quoi, l'abbé confirme aux consuls et prohomens de 
Corneilîa tous leurs privilèges, franchises et. bons usages, qu'il 
jura d'observer en portant la main sur son cœur. 

L'abbé Hugues ne rêvait plus qu'hommages et prestations de 
serment. Il apprend qu'un des consuls et trois autres habitants 
d'Estagell se trouvent à Corneilîa. Aussitôt il les fait comparaître 
devant lui et leur enjoint de le reconnaître en qualité de seigneur 

(1 ) Alart, T^otices historiques etc., 1" série, p. i i 1. 

(2) La famille de Marça, originaire du Rases, était venue en Roussillon à 
la suite de Pons de Caramany, et s'était fixée à Corneilla-de-la-Rivière vers 
l'an 1340. Thomas de Marça est nommé gouverneur du château de Força- 
Réal par Pierre IV, roi d'Aragon (Arch. Dép., B. loo). Le donzell Jean 
de Marça, le chevalier Antoine de Fenoliet et autres bonnes gens préparèrent 
un traité de paix qui fut juré le y mai 1407 au Portai de la Cellera de Cor- 
neilîa, en présence des donzells Guillaume d'Estoher et Antoine d'Urg, et 
divers membres de la famille Pons-Ramon de Corneilîa, avec leurs valedor 
de Thuir, la Tour d'Elne, Perpignan et Falcct, renonçant à toutes discor-j 
des, bandosités et hostilités. (Notula Jac. Plani. — Alart, J^otices historiques 
çtc, i" série, p. J09.) 



— 79 - 
d'Estagell : (( 1) y a déjà longtemps, lui disent-ils, que nous avons 
« fait hommage à notre seigneur Galcerand de Vilanova, camé- 
« rier de la Grasse. Nous vous prions donc de nous délier d'abord 
« de ce serment, après quoi nous ferons à votre égard ce à quoi 
vc nous serons tenus. — 11 n'est pas question de cela, réplique 
« l'abbé, et j'entends que vous me prêtiez le serment que je 
« réclame, sinon je proteste au nom de mon abbaye contre vous 
« et vos biens, sans préjudice des poursuites que vous pourrez 
« encourir et des dommages que vous pourrez subir pour cause 
« d'infidélité ». 

Galcerand de Vilanova, camérier de la Grasse, était un person- 
nage puissant. Quoique abbé du monastère où se trouvait Galce- 
rand de Vilanova, Hugues ne put vaincre la résistance des habi- 
tants d'Estagell : ses protestations et ses menaces demeurèrent 
sans effet (i). 

(Jl suivre.) Joseph Gjbrat. 

(i) Manuale Joh. Morcrii. 

Notre Album au Maréchal J offre 

Nous avons déjà reçu de nombreux envois destinés à l'Album 
d'honneur à offrir au Maréchal J offre, au nom des Artistes rous- 
sillonnais. 

Nous adressons un nouvel appel aux retardataires en leur rap- 
pelant que le délai expire le i" juin prochain. 

Nous recevrons jusqu'à cette date les pièces de vers ou prose 
(français ou catalan), les dessins, aquarelles, compositions musi- 
cales, photographies d'œuvres d'art, etc., que l'on voudra bien 
nous envoyer, (Format : 25x20, marge comprise.) 

Un Comité J offre 

Une réunion à laquelle nous fûmes spécialement convoqués eut 
lieu, le 1 3 mai, à l'Hôtel de Ville, sous la présidence de M. Joseph 
Denis, maire de la Ville de Perpignan, pour la constitution d'un 
Comité Joffre. Nous apporterons comme toujours notre collabo- 
ration la plus dévouée à toute manifestation organisée en l'hon- 
neur du grand Catalan de Rivesaltes. 



LIVRES ^ REVUES 

Précis d'Histoire du Roussillon 

M. l'abbé Gibrat, l'un de nos plus distingués collaborateurs, 
vient de publier un intéressant Précis d'Histoire du T^oussilhn, à 
l'usage des écoles. L'auteur a condensé dans ce livre tout ce qu'il 
importe de retenir du passé de notre petite patrie ; le tout avec 
méthode et clarté, qualités d'autant plus précieuses que le but 
de l'historien était d'être compris de la jeunesse. 

Nos plus vifs éloges à M. l'abbé Gibrat. 

(Imprimerie Catalane, i fr.) 

Nemories d'un legionari 

Encore une belle oeuvre de notre confrère et ami, Alfons 
Maseras, de la Société d'Etudes Catalanes, l'un des plus jeunes 
et des meilleurs romanciers de la Catalogne. Ce livre inaugure la 
série des publications : "La JNovela i el Teatre, éditées à Barcelone, 

LeyS d'Âmor (édition de M. Joseph Anglade) 

Notre éminent compatriote M. Joseph Anglade, professeur de 
langue et littérature méridionales à l'Université de Toulouse, 
membre de la Société d'Etudes Catalanes, vient de faire éditer, 
chez Privât, le manuscrit inédit des Leys d'Amor. L'ouvrage for- 
me deux volumes de 45o pages chacun environ : il est précédé d'une 
introduction et accompagné de notes, d'un glossaire et d'un index. 
Il constitue les tomes XVll et XVI 11 de la Bibliothèque Méri- 
dionale. 

Les Leys d'/Jmcr, écrites en roman vers i35o, sont un code de 
grammaire, de rhétorique et de poétique dû aux fondateurs du 
Consistoire du Gai Savoir. L'ouvrage est un document des plus 
précieux non seulement pour étudier la langue romane du xiv" siè- 
cle, mais pour connaître les goiîts littéraires et même les mœurs 
du temps. C'est en grande partie à ce recueil qu'est due l'in- 
fluence exercée par la littérature méridionale, aux xiv' et xv* siè- 
cles, sur la littérature catalane. 

Nous adressons à notre distingué collaborateur nos vives 
félicitations. Riols. 

Le Gérant, COMET. — Imprimerie COMET, rue de la Poste, Perpignan 



Orthographe et Prononciation du Catalan 

A la demande d'un certaii) nombre de lecteurs nous rappelons ci-des«ou> les principale» 
règles de l'orthographe et delà prononciation catalanes: N.D.L.R. 

a tonique se prononce comme a Français. Ex : m^ir. 
a sourd se prononce comme eu français. Ex: dona (pr: dôneu). 
e tonique se prononce comme é français. Ex. : ribera (pr : ribêreu). 
e sourd se prononce comme eu français. Ex.: mar<(pr: mâreu). 
• tonique se prononce comme o français. Ex. : rosa (pr : rôseu). 

sourd se prononce comme ou français. Ex. : dormir (pr : dourmî). 
u se prononce toujours comme OM français. Ex. : coure (pr : côoure). 

1 se prononce toujours comme i français. Mais il ne se fait pas entendre 

dans les finales en aig, eig, oig, uig où le g prend le son de tg ou tj, 

b et g se prononcent comme bb et gg lorsqu'ils sont précédés d'une voyelle 
et suivis de /. Ex. : cofc/a, regh (pr : côbbleu, rêggleuj. 

// correspond à ill français dans bataille. Mais dans les mots où la // catalane 
n'a pas le son de /// français comme dans illustre on sépare les deux / par 
une apostrophe. Ex. : i/'/ustre. 

r se prononce comme en français, mais il ne se fait jamais entendre à l'infi- 
nitif des verbes. Ex.: tnorir, mourir, se prononce mouri. Cependant il faut 

supprimer cette lettre à l'infinitif de quelques verbes tels que viure, vivre ; 

veure, voir ; creure, croire ; beure, boire, que l'on ne doit pas écrire : viurer, 

veurer, creurer, beurcr. 

V jc prononce toujours comme b. Aussi n'est-il pas rare de trouver indif- 
féremment l'une ou l'autre de ces consonnes dans certains mots tels que 
rifcera, rivera; travail, travail, etc. 

«y correspond au gn français. Ex.: Perpinyâ, Perpignan. En catalan, ^ et ir 
se prononcent toujours séparément. Ex. : ignorant se prononce i^-norant. 

X se prononce comme ch français. Ex. : xiular, siffler. Mais on le prononce 
aussi es et gz dans certains mots, comme : excavaciô, examen. 

el et al ne doivent pas être confondus. Ex. : el pare es al Ilit, le père es 

au lit (pr. : eul pare es eut llit). 

Certains auteurs écrivaient les pluriels en as : la taula, las taulas. Mais 

l'institut d'estudis catalans a décidé que l'on érirait avec un e (et non avec 

a) la terminaison du pluriel des noms en a et les terminaisons en s, n, m et 

u des temps des verbes où la troisième personne du singulier se termine par 

un a. 

Ex. taula, taules; força, forces, etc. — pensa: penses, pensen — 

tienca : trenques, trenquen — prega : pregues, preguen — pensava : pensa- 

ves, pensaven, pensàvem, pensàveu — dormia : dormies. dormien. dor- 

miem, dormîeu -- farîa : faries, farîen, fan'em, faricu. 

Louit Pastrb 



^ 



BIBLIOTHÈQUE CATALANE 



f S'adresser an Secrétariat de la " Revue ", rue de la Poste, Perpignan. 

I 



IAyS y AlbadeS, poésies roussillonnaises, par LO PASTO- Ï 

RELLET DE LA VALL D'ARLES, élégant volume in-8% papier 1 

f vergé, 3 fr. # 

J La Mare-Terra, poésies roussillonnalses. par P. BERGA, J 

{élégant volume in-i6 jésus, papier vergé, a fr. ■ t 

L'Idée régionaliste, par j. amade, 2 fr. 50. J 

Roses y XiprerS, poésies roussUlonnaises, par J.PONS, 1 

élégant volume in-i6 jésus, papier vergé, a fr. ^ 

Botanique catalane pratique, par l. conill, j 



Les Fables de Lafontaine, traduction catalane de j 

M. Paul BERGUE, élégant volume in-i 6 jésus, papier vergé, a fr. ç 

Anthologie Ç2it2i\2l.nC (r-Séne.- tes poètes roussUlonnais) J 

Iavec introduction, traduction française, notices bibliographiques et g 

notes, par J. AMADE. I 

* Contes ValleSpirenchs a replegats per En Mir y i 

NoNTOQuis » et publiés par Mossen Estève CASEPONCE. I 

1 Le Catalan à l'Ecole, par l. pastre. i 

Littérature Méridionale, par j. amade. I 

L'Arlesiana, traduction catalane de M. G. VIOLET, élégant f 

volume in-i6 jésus, papier vergé, couvertures modernes, j fr. J 

w 

Aqueixa Mainada, i acte, par ch. grando, o fr. so. f 

AmOS i DomeStiCS, comédie en ■ acte par Ch. grando. Ç 

Perpignan pittoresque. Les Cris de la Rue j 

avec leur notation musicale, par Ch. GRANDO, élégant volume, f 

papier alfa, o fr. 5o. I 

i Poèmes de gUerra, poésies catalanes de p. FRANCIS, ç 

élégant volume, i franc. I 



Année. N^ 128 



15 Juin 1917 



DP 



t 

ho ^ l^o 




lEVUE 
CATALAN E 







(GANE DE 
. SOCIÉTÉ 
ÉTUDES ^2 
lTALANES 



f%y^ 




Prix UN Franc. 



SOMMAIRE 



Pages 

1RES : Bon cop de falç ! El Renech Caries Grandô 8i 

EMILE RIPERT Henry Aragon 84 

UNE MANIFESTATION CATALANE AU THEA- 
TRE DE PERPIGNAN A. Cantagrill 85 

NJT SERENA, NO CREIXIS AVIAT . . . P. Francis 90 

CONCOURS DE LANGUE CATALANE 91 

NOS AMIS DE CATALOGNE La Revue 92 

COMPTE-RENDU DES SÉANCES 93 

EN TEMPS DE GUERRA Jean Amade 94 

LA CHAPELLE DE N.-D. DE LA TRONA A 

L'ÉGLISE D'ELNE R. de Lacvivier 95 

HISTOIRE LOCALE : Aperçu historique sur la paroisse 

de CoRNElLLA-DE-LA-RlVlÈRE JoSCph GlBRAT 98 

ECHOS: UNE ETUDE INTÉRESSANTE ! loi 

LES VOLONTAIRES CATALANS 102 

HEUREUSE INITIATIVE 10s 

NOS BRAVES F. Riols ro3 

LIVRES ET REVUES i o3 



Toutes les communie allons doivent être adressées 
à M. le Secrétaire général de la Revue Catalane, à Perpignan 



lÔ" Année. N' 128 l5 Juin 1917 



Les Manuscrits non insérés 
ne sonr pas rendu». 



Lrs Àriicles parus aans 12 Revue 
n'cngageni que leurs auteurs. 



REVUE 

CATALANE 



IRES 

Bon cop de faîç ! 
1 

Quina polsagucra 

munta dels camins ! 

l Qu'es l'hora de batre ? 

El blat ja rosseja, mes es pas a l'cra. 

l Serien los nûvols anunciant la sega, 
la sega y la brega, 
la sega y la mort ? 
Alerta, fadrins ! 

Es la sega roja y se caldrà batre. 
Alerta, fadrins, 
son los Sarrahins ! 

Bon cop de falç ! 
Dalleu, dalleu fort, 
mana el Comte Jofre, 
Jofre lo Pilôs 
y no feu ni un, ni dos, 
scgadôs, 
enllestiu-vôs ! 
Bon cop dé falç ! 
Dalleu ferm y a cops iguals 
fins tant que no 'n resti pus ! 



— 82 — 

l Coneixiu bé Catalunya, 
gent que 'n voleu malparlâ ? 
Fou l'un dels seus fiils qu'un jorn vos saivà 

d'eterna vcrgonya, 

fou un Català ! 

11 

Quina fumatera 

munta dels camins ! 

^ Que 's fan fochs alegres? 
Els fochs porten joya me' hem passât Sant Père, 
l Sericn les fiâmes anunciant la sega, 

la sega y la brega, 

la sega y la mort ? 

Alerta, fadrins ! 
Es vostrc torn, ara, de dalla 'Is blats nègres ! 

Alerta, fadrins, 

son los assessins ! 

Bon cop de falç ! 
Dalleu, dalleu fort, 
mana Nostre J offre, 
Pelut gloriôs, 
y no feu ni un ni dos, 
segadôs, 
enllestiu-vôs ! 
Bon cop de falç ! 
Dalleu ferm y a cops iguals, 
fins tant que no 'n resti pus ! 

l Coneixiu bé Catalunya, 
gent que 'n voleu malparlâ ? 
Fou l'un dels seus fills qu'ahir vos salvà 
d'eterna vergonya, 
fou un Català î 



— 83 — 

El renech 

Anit, sus de! nègre estany, 
sinistrement l'aygua rellisca 
y ') vent mari guisca que guisca 
un funèbre refrany 
estrany. 

Passa una fressa per les canyes, 
com un plany 

que me remou les entranyes... 

Veus ploren : Enguany ! enguany! 
Passa una fressa per les canyes 

qu'acaba un renech en... any ! 

Passa una fressa per mon anima, 
com regany 

de l'eterna Justicia intima ; 

lo meu cor bat amb afany... 
Passa una fressa per mon anima 

qu'acaba un renech en... any ! 

Passa una fressa en tota cosa, 
trista glosa 

dels crims d'un monarch tomany ; 

lo ce) maleheix l'engany 

d'un govern qu'ai mon fa nosa. 
Passa una fressa en tota cosa 

qu'acaba un renech en... any! 

Anit, sus del nègre estany, 
sinistrement l'aygua rellisca 
y '1 vent mari guisca que guisca 
un funèbre refrany 
estrany. 

Caries Grando. 



Emile Ripert 

L'Académie des Belles-Lettres d'Aix vient de décerner à 
M. Emile Ripert, membre de la Société d'Etudes Catalanes, 
professeur chargé de la chaire de langues romanes à la Faculté 
des lettres de Marseille, le prix Thiers de trois mille francs, 
pour sa magnifique étude sur la Renaissance provençale : cette 
étude ne comporte pas moins de 600 pages. Le prix Thiers 
devait être attribué tous les cinq ans, selon la fondation, à l'œu- 
vre la plus intéressante sur la langue provençale. 

M. Emile Ripert, très connu dans les milieux littéraires, est 
l'auteur du bel article « Au pays de JofFre » qui a paru dans la 
J^zvue hebdomadaire de Paris. Je regrette que le cadre trop 
restreint de notre Revue me prive du plaisir de dire avec quel 
art et avec quel sentiment de foi profonde dans l'avenir de notre 
douce Trance, ce fervent régionaliste a su, dans ces lignes si éle- 
vées, mettre en pleine lumière \z génie du Vainqueur de h Marne. 
Je disais, moi aussi, en parlant du grand chef catalan, que son 
plan, le plan qui a sauvé la France de l'invasion barbare, c'est 
lui-même, élevé à sa plus haute expression. 

Emile Ripert, l'un des plus éminents dirigeants de la Revue 
« Le Feu», le plus important organe régionaliste de Provence, 
a glorifié ce héros, ce chef, en tant que catalan ; nous l'approu- 
vons hautement. 

Ajoutons que M. Emile Ripert s'est spécialisé dans l'étude 
des langues romanes; il eut l'honneur d'être élu au fauteuil de 
Mistral à l'Académie de Marseille. M. Ripert est également l'au- 
teur de vibrantes poésies françaises où toute son âme se dévoile 
dans un magnifique élan. 

La haute distinction qui vient d'être décernée à M. Emile 
Ripert honore grandement la Société d'Etudes Catalanes, qui 
est heureuse et fière en même temps d'adresser à son éminent 
collaborateur ses félicitations les plus enthousiastes. 

Henry Aragon. 



^rt fn rf% cfi cOl r!n cf i cà CQ rn "^ ci CD fn çfy nn rn nn cA rrt 1*!^ f^^ A^ fin /rt rn fn en iNS jtiS frt es fo Oa CQ C!fl cfi rTl irQ )pO ffll pO G3l cQ £Q Eu 

açpccpcooXo vpo^occoxcyvXX)oCDOCDca>'yx>ccoyx xctcùjd^ xtCDoccocco xcoMJOCOpocjOooponpoxoaOOaPOqpaopJX ân«p 

Une Manifestation catalane 

au Théâtre de Perpignan 

La Société d'Etudes Catalanes avait organisé le 20 mai dernier, 
sous les auspices de l'Association polytechnique, une manifesta- 
tion littéraire dont le succès dépassa toutes les espérances. 

Les grands élèves de nos deux établissements d'enseignement 
secondaire, ainsi que les élèves-maîtresses et les élèves-maîtres de 
nos Ecoles normales primaires, avaient été invités à cette séance 
à laquelle assistaient également les professeurs de l'Association 
polytechnique, les membres de la Société d Etudes Catalanes et 
les notabilités politiques et littéraires de la ville. 

M. Dumayne, adjoint au Maire, vice-président de l'Association 
polytechnique et membre de la Société d'Etudes Catalanes, pré- 
sidait, assisté d'un membre de l'Association polytechnique, 
M. Estève, professeur à l'Ecole normale d'Instituteurs, et du 
Président de la Société d'Etudes Catalanes, M. Campanaud. 
M. René Lavaud, professeur agrégé de l'Université, qui était 
venu représenter le Félibrige limousin à cette manifestation régio- 
naliste avait pris place sur l'estrade. 

A cinq heures précises, M. le Président Dumayne ouvre la 
séance et présente le conférencier, M. Louis Pastre, instituteur, 
dont il rappelle, en termes élogieux, les travaux pédagogi- 
ques et littéraires ; puis il lui donne la parole pour traiter le sujet 
annoncé: « La langue catalane et la guerre. » 

Le conférencier, évoquant les événements tragiques qui se suc- 
cèdent depuis bientôt trois ans, montre tout d'abord que ces 
événements ont eu leur écho dans les littératures de tous les pays : 

« Dans la tranchée comme à l'arrière, dit-il, chez les belligé- 
rants comme chez les neutres, les poètes ont chanté. Toutes les 
langues du globe se sont pliées aux exigences poétiques de 
l'heure et chacune d'elles a su traduire fidèlement les sentiments 
d'horreur et de pitié qu'inspire la guerre. 

« L'immense plainte des mères des épouses et des sœurs, le 



- 86 - 

douloureux sort des orphelins, l'exode lamentable des populations 
placées sous le feu de l'ennemi, la clameur formidable montant 
des champs de bataille, les cris de souffrance des blessés, l'aflFreuse 
agonie des mourants, tout cela a été magnifiquement chanté sur 
toutes les lyres. » 

11 nous dit ensuite que la. langue catalane, en ces heures dou- 
loureuses, s'est mise comme ses soeurs au service des poètes 
catalans. 

« Et c'est en de superbes envolées que ceux-ci ont glorifié nos 
héros immortels de Verdun et de l'Yser et ces admirables soldats 
de la Marne qui, sous les ordres du glorieux Catalan Joffre, sau- 
vèrent la France et la Civilisation latine. » (Appl. répétés.) 

Le conférencier se propose donc de faire connaître la littéra- 
ture de guerre des poètes catalans en Roussillon et en Catalogne. 

Il trace d'abord très rapidement l'histoire de la langue et de la 
littérature catalanes. En quelques mots il dit ce que furent l'épo- 
que des troubadours, l'époque classique et l'époque de la déca- 
dence, puis il s'étend assez longuement sur la quatrième époque, 
celle de la Renaissance catalane en Catalogne, conséquence de la 
Renaissance mistralienne, dont la répercussion ne tarda pas à se 
faire sentir en Roussillon. 

]i consacre quelques mots à la fondation de la Société d'Etu- 
des Catalanes, à l'appel vibrant que M. Jean Amade adressa aux 
poètes roussillonnais au nom de la Société naissante, appel qui 
suscita une nouvelle éclosion de poètes catalans, parmi lesquels 
Grando et Francis. 

M. Louis Pastre fait alors une analyse détaillée des oeuvres de 
ces deux poètes, que la salle applaudit avec enthousiasme, puis 
il interrompt sa conférence pour permettre à MM. Francis et 
Grando de lire quelques extraits de leurs poèmes de guerre. 

Le public, visiblement ému, souligne chaque lecture d'un ton- 
nerre d'applaudissements, et quand M"' Vilar paraît sur la scène 
pour chanter de sa belle voix de contralto i'émotionnant poème 
de Grando, « la Veu de les Pedres » (i) pour lequel la jeune vir- 
tuose M"" Besse, professeur de musique, a écrit une admirable 
partition symphonique, l'enthousiasme est indescriptible. 

(> j Extrait du poème El Clam T^oig. 



-87 - 

MM. Francis et Grando offrent alors à MM Vilar et Besse 

deux magnifiques bouquets et les applaudissements redoublent (j). 
Le silence rétabli, M. Pastre reprend sa conférence pour 
parler des poètes de la guerre en Catalogne. 

L'œuvre de l'un d'eux, Apeles Mestres, est particulièrement 
analysée par le conférencier qui fait dire deux de ses meilleures 
pièces (Guillaume 11 et Albert 1") (2) par le jeune Jean Noguès, 
pupille de la Société d'Etudes Catalanes, devant les auditeurs 
étonnés et ravis. Ce jeune artiste de 12 ans fait passer dans la 
salle un véritable frisson patriotique. Costumé en catalan et la 
banetina fièrement campée sur l'oreille, il met dans sa diction 
to^te sa petite âme de Français et de Catalan et sait émouvoir 
les auditeurs jusqu'à leur arracher des larmes. 

Comme MM. Grando et Francis, comme MM""" Vilar et 
Besse, le jeune élève de M. Pastre est rappelé et bissé par un 
public frémissant et vraiment empoigné; mais le conférencier 
qui a minutieusement mesuré le temps accordé à chacun de ses 
collaborateurs, reprend sa conférence en ces termes : 

« J'avais bien raison de vous dire, au début, que la langue cata- 
lane, soit en Roussijlon, soit en Catalogne, avait su être pour 
ses poètes un outil merveilleux pour l'expression des plaintes, 
des colères, des haines et des espoirs qu'inspire la guerre. » 

La démonstration, telle une leçon en classe même, venait en 
effet d'être faite par le conférencier. 

L'auditoire charmé était donc maintenant convaincu que la lan- 
gue catalane peut exprimer les sentiments les plus élevés et faire 
vibrer la lyre de ses poètes jusqu'à produire l'émotion la plus 
intense. 

« Mais, ajoute M. Louis Pastre, la langue catalane a cepen- 
dant un autre mérite : c'est d'avoir servi avant toute autre langue, 
à exprimer à la France la sympathie de tout un peuple, et cela 
dès le début de la guerre. Le premier Manifeste reçu de l'étran- 



(1) 11 convient de remercier M. Portet, membre de la Société d'Etudes 
Catalanes, qui avait mis gracieusement un piano à notre disposition. 
(N. D. L. R;, 

(2) Extraits de Thrs de Sang. Voir ces deux pièces dans la T^evue Cata^ 
ane, t. ix, pp. j 2 1 , 1 29. 



— 88 — 

ger a été, en effet, un Manifeste Catalan {}), rédigé en catalan 
et recouvert de la signature de tous les intellectuels catalans, 
heureux de proclamer leur sympathie à la France et de faire des 
vœux pour la victoire des Alliés. » 

Le conférencier lit quelques extraits de ce manifeste puis il 
arrive à cette conclusion, hachée par les applaudissements de l'au- 
ditoire : 

« Ces vœux que formulent si noblement les intellectuels de 
Cataioane nous vont droit au cœur et nous les en remercions 
bien sincèrement. Mais nous les remercions surtout et nous les 
félicitons pour les admirables résultats moraux obtenus par la 
littérature catalane depuis un demi-siècle. 

« Car — il faut bien le dire — c'est à l'influence bienfaisante de 
cette littérature sur les esprits et sur les cœurs, que nous devons 
l'arrivée spontanée sur notre front de 5000 volontaires cata- 
lans (applaudissements) dont un grand nombre ont déjà donné 
leur vie pour la défense du Droit des peuples (applaudissements). 

« Ces soldats du Droit, ces 5000 héros qui ne savent 
pas s'enfermer dans une égoïste neutralité quand des malfaiteurs 
pénètrent chez le voisin (applaudissements), ces héros dont 
l'Histoire enregistrera le geste pour le donner en exemple 
aux neutres de l'avenir, sont animés des nobles sentiments puisés 
dans la littérature catalane. Ils y ont appris que la démocratie 
catalane fut la première de l'Europe, et c'est parce qu'ils 
sont imbus des idées ancestrales de liberté et de justice qu'ils 
viennent se joindre à nos propres enfants pour défendre avec eux 
la Justice et la Liberté (applaudissements). 

« Je souhaite que la France reconnaissante grave en lettres d'or 
sur le marbre ou sur le bronze une inscription rappelant à ceux 
qui viendront après nous le geste héroïque que j'ai tenu à souli- 
gner en terminant ; et je souhaite aussi que vous acceptiez 
d'adresser aux Poilus catalans de Catalogne et à leurs éducateurs, 
les écrivains catalans, le salut fraternel de notre Roussillon et de 
"*■" Fra'ce toujours debout. » 

La conférence était terminée; mais une nouvelle surprise avait 
été réservée au public parle conférencier : le jeune Noguès repa- 

(i) Voir T^evue Catalane, t. ix, pp. 44 et 59. 



-89 - 

raît, en effet, sur la scène et prononce ces quelques mots que 
l'auditoire écoute religieusement : 

« Tôt lo que '1 meu mestre vos ha dit son coses que fan posar 
trist. Ja prou ho sabem que hi ha la guerra ! Prou ho sabem que'ls 
nostres pares i els nostres germans se truquen amb aqueixos sel- 
vatges qiie tôt ho maten i tôt ho cremen !... 

« De morts, pobrets ! Ja'n tenim !... i de ferits, i de ciegos 1... 

« Tôt aixô ja ho sabem. Mes lo que sabem també i que 'Is nos- 
tres mestres sempre nos diuen a l'escola, es que serem nosaltres 
que guanyarem î ] doncs ? que tenim menester de ser tristos ? 
Avans de saljir d'açi, vull que aixugueu les vostres Uàgrimes ; vull 
vos fer riure: Y ja veureu que la nostra llengua catalana s'hi sab 
fer. Escolleu. M'en vaig a vos dir : Metges i Cirurgians ( j ). » 

Et voilà notre artiste en herbe disant son morceau de prédilec- 
tion avec un art consommé, au milieu des applaudissements et des 
rires fous di la salle entière. 

Aussi une immense ovatiori lui fut-elle faite, quand M. Campa- 
naud se leva pour lui remettre, au nom de la Société d'Etudes 
Catalanes, le Diplôme d'honneur du Cours des Pupilles et qu'il 
l'embrassa au nom de tous. 

Le président Dumayne prononce alors quelques mots pour 
remercier le conférencier et ses collaborateurs. Puis, après avoir 
rappelé que nos coeurs et ceux des Catalans d'Espagne battent à 
l'unisson, il lève la séance au cri de « Vive la France ». 

Nous ne pouvons que féliciter le conférencier pour cette inté- 
ressante conférence qui lui a permis de nous révéler les beautés 
de la langue catalane dans la glorification de notre France immor- 
telle. A. Cantagrill. 

(i) De Mossen Esteve Caseponce (Coules T'allespirenchs) . 

Quaderns d'esludi. — La revue pédagogique catalane Quadenis 
d'estiidi a réuni, dans un numéro spécial, une série d'articles sur 
Ramon Lui! considéré au point de vue pédagogique. Parmi ces 
travaux, nous avons eu le plaisir de voir figurer une traduction 
catalane de la lonaue étude de notre collaborateur M. Louis 
Pastre, publiée dans la 7(evue catalane sous le titre : Ramon Lull 
et son oeuvre pédagogique. Nos félicitations au traducteur pour 
le remarquable travail qui rend très exactement le texte frança>6. 



Nit serena 

Serena quietut, La placeta es déserta 

i l'endret adormit ; tinc la finestra oberta ; 

el cel es estelat i respiri un perfum 

que puja poc a poc igual un ram de fum. 

Del cim de) campanar s'escampillen les hores ; 
el riu sensé brugit banya les seues vores, 

serpeja com una cinta d'argent viu 
tenyîda amb la color de la lluna que riu. 

Tôt d'un colp i de liuny el vent me porta '1 sô 
d'un antic flaviol que toca una cançô. 
Es el suspir d'amor d'un pastorell que passa, 
la veu d'un rossinyol que s'enraona amb traça ; 

es un jove que plora i que gita en la nit 
amoroses dolors que li pesen al pit. 

1 aqueixa remor es tant dolça i bonica 
que n'hom diria qu'es celestial musica. 

No creixis aviat 

A una criaiura. 

No creixis aviat, jà que '1 temps que te llegua 
la força, la salut, la bellesa i l'amor, 
manyaga, es el germa d'aquell que s'arrocega 
un poc d'aixô mateix, cada dia, i del cor 

d'aquells qu'antes de tu vivien sus la terra, 
d'aquells que 's van cuidar de tu, te gronxolant, 
d'aquells qu'estimes mes, que l'anima venera, 
que lo temps aflaqueix, que demà 's moriràn. 



— 9) — 

No creixis aviat î La flor qu'era encarnada 

i hermosa encara air, avui no ten color ; 

tôt passa en aqueix mon, i si 'm creus, estimada, 

ai ! no demanis rés a Demà traïdor ! 

P. Francis, 

Concours de Langue Catalane 

Le Bureau de la Société d'Etudes Catalanes a décidé d'orga- 
niser un Concours de langue catalane qui aura lieu le diman- 
che 11 juillet, à l'école Paul Bert. 

Les candidats seront classés en deux sections : 

j" section: Jeunes gens (garçons et filles) âgés de i 6 ans au moins. 

2'* section : Enfants (garçonnets et fillettes) âgés de lo ans au 
moins et de i6 ans au plus. 

Le concours s'ouvrira à 9 h. précises pour les enfants. La sec- 
tion jeunes gens est convoquée pour 10 h. 

La liste d'inscription au Concours, pour les deux sections, est 
ouverte au siège social, 7, rue de la Poste, jusqu'au lo juillet, 
dernier délai. 

Le Concours comprendra deux épreuves : 

r Epreuve de lecture : a) pour la 1" section : lecture d'un texte 
catalan facile ; b) pour la 1' section : Peau d'âne, de L. Pastre (1). 
2° "Epreuve de récilaiion d'un texte catalan : 

a) pour la 1" section : Al meu fillet (1), de Charles Grande. 

b) pour la 1' section : Lo Corb i la Guilla (1), de Justin Pépratx. 

Des médailles de vermeil, d'argent et de bronze, des prix en 
espèces, des objets d'arl, des diplômes d'honneur, des mentions 
honorables, des ouvrages catalans et des abonnements gratuits à 
la 7{evue Catalane seront décernés aux lauréats. 

La distribution des prix aura lieu la semaine suivante, à la salle 
Arago ou au Théâtre, et à cette occasion une soirée littéraire et 
musioale sera donnée, au cours de laquelle les lauréats diront les 
pièces primées. 

Des places seront réservées aux membres de la Société, aux 
candidats ayant pris part au concours et à leurs familles. 

(1) On peut se procurer ces textes à l'Imprimerie Catalane- 




»»^n?*«* **^^I|E*»«* *Ti6'2i^»»* *«^s^^«** **i6^^»»* 



Nos amis de Catalogne 



Monsieur le Maire de la Ville de Perpignan a reçu de nos 
frères catalans, indignés par la piraterie boche, les deux messages 
suivants, protestant avec la dernière énergie contre le torpillage 
du Medjerda. 

Ces deux manifestes frsncophiles portent la signature de notre 
illustre collaborateur et ami, le docteur Sole i Pla, membre de 
la Société d'Etudes Catalanes, qui préside les deux plus impor- 
tants groupements francophiles de Barcelone : VZIniô Catalanisla 
et le Comité de Germctnor amb eh Yoliintaris Catalans. 

Nous remercions de tout cœur nos amis de la nouvelle preuve 
de sympathie et d'attachement à notre patrie qu'ils viennent de 
nous donner. La "Revue Catalane. 

UNIO CATALANISTA 
BARCELONA 

JuNTA Permanent 

Monsieur le Maire de Perpinyà (Trança) , 

Senyor, 

La Junta Permanent de la Zlniô Catalanista, a l'ésser sabedora de l'incali- 
ficable torpilleig de) Medjerda, que tantes estimables vides germanes vé de 
costar al Rossellô, no se veu pas amb cor de poder passar sensé demanar 
vulgueu trasmctre al Conseil i al tan glorios com adolorit poble de Perpinyà, 
cap i casai de la Catalunya de l'altra bandada dels Pireneus, el testimoniatge 
de SOS sentiments de protests contra l'inhuma proccdir teuto envers els 
navilis mercants, aixi com també son pregon condol pel trasbals que an 
aqueixos pobles de! département ha produit l'enfonsament del Medjerda, a la 
quai tribulacio estigueu segur de que coralment i de tôt esperit us hi acom- 
panya, no sols aquesta Junta permanent, sinô que tota la Catalunya de pen- 
sament civilitzat, commosa davant el volpellatge atropcllador de la llibertat 
en els mars que venen duent a terme, escarnint el dret internacional, els 
submarins alemanys. 

] tant de bô que aquestes paraules donguessin consol i coratge al Ueal 



SOCIÉTÉ D'ÉTUDES CATALANES 



-»9>-08«Xf- 



Séance du 4 juin 1917 

Présidence de M. Laurent Campanaud, président 



Un ancien membre du bureau de la Société d'Etudes Cata- 
lanes, démissionnaire en août igjS, pour raisons personnelles, 
vient d'écrire contre la J^evue Catalane, organe de la Société, et 
quelques-uns de ses collaborateurs, un article diflFamatoire des plus 
violents. M. le Président donne lecture de cet article et d'un 
important dossier de lettres injurieuses adressées par la même 
personne, d'août 1935 à ce jour, à la Société d'Etudes Catalanes 
ou à divers membres. 

En présence, de cette attitude incompréhensible présentant 
tous les caractères d'une campagne de rancoeur et de haine froi- 
dement préméditée, le Conseil d'Administration déclare : 

En premier lieu, que de pareils faits ne peuvent être discutés. 
La T^evue Catalane ne saurait, d'ailleurs, sortir de la dignité, de 
la tenue exempte de toute polémique que lui assignèrent ses fon- 
dateurs, et dont elle ne s'est jamais départie durant onze années 
de dévouement à l'œuvre de renaissance régionaliste pour laquelle 
elle fut créée, durant trois années d'action patriotique constante 
qui en ont fait la plus importante organisation roussillonnaise de 
propagande française à l'étranger. 

En second lieu, quant à la question de diffamation, qu'il con- 
vient de s'en remettre purement et simplement au jugement des 

tribunaux. 

Pour extrait conforme : 

Le Président, 

L. Campanaud. 



- 93 - 

poble rossellonès, pel quai aquesta Junta permanent desitja la prosperitat i 
benestar que del proper trio/nf definitiu dcis aliats ne espéra confiada. 

Visqueu, senyor, forces anys pel bé del Rossellô i de la França. 

Lliurat a Barcelona al i 9 de maig de 1917. 

E/ Président, El Secrelari de retacions exteriors, 

D' SOLÉ I PlA. F. PlNEDA I VeRDAGUER. 

Barcelona, 20 maig de 1917. 

Monsieur le Maire de la ciutal de Perpinyà, 

El Comité de Germanor amb eh "Voluntaris Catalans protesta amb tota sa 
energia dels assessinats de dones, nins i de soldats, passatgers de les naus 
franceses, sobretot dels que anaven amb el Medjerdà, acomplit a traïciô per 
els pirates boches que per a vergonya de la humanitat encare roden com les 
feres en la foscor de les aiguës del nostre Mediterrà. 

Catalunya, germana del jardi de roses que es el Rossellô, d'aon sou la 
capital per nosaltres tan estimada, també compta al front francès i a Mace- 
donia uns mils de voluntaris catalans, també té al fons del mar soldats cata- 
lans que havien combatut sota les banderes franceses ; nostres amies Boix, 
Boldô, Busquets i Llorens han mort en naus torpillejades. 

Nosaltres, els Catalans de Barcelona, enviem a l'ill"' Ajuntament ô Conseil, 
que tant dignament presidiu, nostra penyora de condol, ai mateix temps que 
vos fem ofrena de nostre sentiment al no poder ésser junts oficialment amb 
vosaltres a la gran guerra actual. Visca la Victoria dels Aliats. Visca la 

Franca. Visca Catalunya. 

Per El Comité de Germanor, 
• Doctor SoLÉ I Pla. 

J{éunion du Bureau du 4. juin 1917 

Présidence de M. Laurent Campanaud, président 

M. le Président rend compte de tous les détails de la Confé- 
rence patriotique donnée le 20 mai au Théâtre, 

Le Conseil d'Administration vote des félicitations aux membres 
or(7anisateurs et adresse ses plus vifs remerciements à l'AsbOcia- 
tion Polytechnique des Pyrénées-Orientales sous les auspices de 
laquelle cette Conférence fut donnée. 

Un projet de concours, soumis par M. Louis Pastre, est 
adopté à l'unanimité. 

Sur la proposition de son Secrétaire, l'assemblée, avant de se 
séparer, décide d'adresser son salut aux 5ooo volontaires catalans 
qui luttent pour la France. 

La séance est levée a lo h. 



En temps de guerra 



1 

TJesHmada a l'esHmat, soldat de Trança 

Perqué m'ets sorpresa, o trista pensada ? 
Sera la tarder que me monta al cor? 
La veig a venir una altra vegada, 

Com vella endolada, 

Al fonse de l'hort. 

Sempre a tii pensant, jo, ton estimada, 

Y fent, a l'altar del meu pobre amor, 
Cremar dia y nit la flama sagrada, 

Me som confiada 
A la bon a sort. 

Encare un hivern que s'apropa ; encare 
Un rosari llarch de suspirs y planys, 
Llunv del raia de sol de la teua cara, 

Amb el mal recort dels derrers dos anys, 

Y '1 temor de rebre, o soldat de França, 
La nova que fa morir l'esperança. 

Il 

L'eshmat a l'estimada de T^ossellô 

Estimada meua, els teus ulls veurân 
Lo qu'avuy ma ma t'ha volgut estriure, 
Aqueixos ulls ciars qu'enfosqueix l'espant 

Y qu'eren per jo la rahô de viure. 

Deixate de plors, de plors d'un infant : 
Vull que, lluny de jo, floreixi ton riure. 
Que ton esperit, mes fort y mes gran. 
De tota dolor se guardi mes lliure. 



- 95 - 

Sî, la terra es santa, y may, com faig are, 
L'havia sentida a mon cor tant cara, 
La terra que vol, del pobre soldat, 

Per se conservar mes pura pel blat, 
La vermella sa'nch amb amor donada... 
Guarda mon recort, o mon estimada ! 

Joan Amade. 
Octubre de i 916. 



La chapelle de N.-D. de la Trôna 

à réglise d Elne 

Les travaux de restauration ont repris, à l'église d'Elne, avec 
la belle saison : c'est maintenant le tour du clocher nord, ou 
clocher de l'horloge, dont le sommet doit être refait avec quel- 
ques modifications (sur lesquelles nous aurons peut-être l'occasion 
de revenir), et dont le pied doit être débarrassé de la construc- 
tion parasite qui était venue le masquer et le déparer ; ce clocher 
a, en ce moment même, avec les échafaudages dont il est 
entouré, un aspect des plus pittoresques. 

Le premier résultat de ces travaux a été de réouvrir et faire 
réapparaître la chapelle annexe dite de 7V.-D. de la Trôna, restée 
pendant longtemps sans accès. 

Cette chapelle, extérieure à l'église, avait été édifiée, au 
xiv' siècle, contre la face latérale du clocher nord, au-dessus des 
locaux capitulaires longeant la galerie ouest du cloître, en uti- 
lisant quelques murs beaucoup plus anciens, dont des parties sont 
encore visibles. Son plancher se trouvait ainsi à la hauteur d'un 
premier étage un peu surélevé. 

On devait v accéder, primitivement, de l'extérieur même de 
l'église, par une porte pratiquée dans le clocher sud, où elle 
se voit encore ; un escalier, placé dans ce clocher, conduisait à 
la tribune de l'église (tribune actuelle de l'orgue), qu'il fallait 



- 96- 

traverser (d'où le vocable de la chapelle) pour descendre de 
là dans l'intérieur de la chapelle, par une porte percée ad hoc 
dans le mur du clocher nord et par quelques marches prises 
dans l'épaisseur de ce mur. 

Cette disposition primitive dut changer en partie lors des tra- 
vaux de consolidation du clocher sud, exécutés en 141 5. La 
porte extérieure du clocher se trouva murée par l'empâtement 
en pierres de taille dont le pied de ce clocher fut alors garni. 
L'escalier dut alors être modifié ; mais cet escalier et la tribune 
restèrent toujours la seule voie d'accès à la chapelle. Les docu- 
ments de 1415 (Arch. dép., série G- m, f° 1 3) parlent « del scaler 
quant hom puja à J^osira-'Dona » et Brutails a relevé les traces de 
la voûte basse, en plein cintre, qui en portait le palier. (JHonogr. 
de la calh. d'Elne, p. 33.) 

Par suite de son obstruction, l'emplacement exact de la cha- 
pelle était resté longtemps insoupçonné. Brutails était resté dans 
le doute à cet égard, en indiquant, pour cet emplacement, soit le 
clocher sud, soit la tribune ; d'autres, plus affirmatifs, mais sans 
autre raison que la seule apparence du vocable Trôna, l'avaient, 
sans hésitation, située à la tribune même. Cependant, ni l'une 
ni l'autre de ces hypothèses ne paraissait guère admissible : 
d'une part, l'intérieur du clocher n'a que quelques mètres carrés 
dont l'escalier occupe une grande partie ; d'autre part, peut-on 
imaginer, si des preuves ne surabondent, qu'un bénéfice et des 
messes aient été fondés et qu'un autel ait été érigé en un point 
aussi insolite d'une cathédrale ? Ni l'examen des lieux, ni la 
réflexion ne se prêtent à cette supposition : tout montre, au con- 
traire, que la tribune n'était que le passage pour se rendre à la 
chapelle, circonstance d'où celle-ci avait, philologiquement, tiré 
son nom. 

La chapelle est rectangulaire ; les dimensions en sont, approxi- 
mativement, de cinq mètres de largeur et de six mètres de pro- 
fondeur : elle est couverte d'une voûte à deux compartiments, à 
croisée d'ogives, dont les arcs sont constitués par une nervure en 
briques présentant une saillie prononcée et. une arête assez effilée, 
formée par deux chanfreins et un petit pan coupé terminal. Les 
deux clefs de voûte sont en pierre et portent, chacune, un écu 
avec l'étoile à huit rayons, armes du Chapitre. De maigres filets 



^ 97 — 
rouges parallèles courent sur les murs, qui n'offrent aucune autre 
trace d'ornementation. 

La façade antérieure, qui est en retrait sur l'alignement de 
celle de la cathédrale, présentait deux fenêtres cintrées, hautes 
et étroites, fortement ébrasées vers l'intérieur et surmontées d'un 
oculus médial. 

Voici, d'après les quelques documents parvenus jusqu'à nous, 
une série de dates relatives à cette chapelle : 

En 1340, Bérenger Batllc, évêque de Majorque, fondateur 
d'un bénéfice attaché à la chapelle, en concède le patronat et le 
droit de présentation à François Batlle, son neveu : un peu plus 
tard, la veuve de celui-ci donne son consentement à une permu- 
tation de titulaire (Arch. dép., G. 218). 

En i355, l'on trouve la mention d'un cens affecté au luminaire 
de la chapelle. [Ibidem.) 

En i382, il est question du service de cette chapelle dans un 
article des comptes du gérant des biens de la mense du Chapitre. 
(Arch. dép., G. 65.) 

En j385, les statuts promulgués pour l'église d'Elne, par 
l'évêque Raymond, définissent les fonctions et les obligations du 
sacristain pour les processions qui se font à la chapelle, dont le 
Moine a la clef. (Arch. dép., G. 170.) 

En 1408, une messe y est fondée. (Arch. dép., G. 179.) 

Nous avons vu plus haut la citation faite par Brutails du docu- 
ment de 1415, qui mentionne l'escalier desservant la chapelle. 
P, Vidal, de son côté, a relevé la fondation d'une messe dans 
un manuel de Gabriel Bolet, notaire d'Elne, de )44J- (Elne hisl. 
et arch., p. 78.) . 

En 1537, l'on rencontre une prise de possession du bénéfice 
de cette chapelle et, en 1567, une nouvelle fondation de messe. 
(Arch. dép., G. 218 et 186.) 

Nous voyons enfin, longtemps après, en 1689, les Chanoines 
se servir de ce local pour y enfermer de l'orge qu'ils venaient de 
recevoir. (Arch. dép., G. 139.) C'est dire que, dès avant cette 
époque, il avait cessé de servir au culte. 

R. DE LaCVIVIER. 



HISTOIRE LOCALE 

APERÇU HISTORIQUE 

sur la paroisse de Corneilla-de-la-Rivière 

(SUITE) 



La Fabrique possédair certaines propriétés. Elles sont affer- 
mées à Martin Solera le j5 mai i63i. Le fermier occupera la 
maison de la Fabrique, mais à une condition : « que no puguian fer 
d'ella palier ni eslable » (i) 

Deux ans après, nouveau bail des mêmes propriétés, avec 
clause que tout le fumier fait par le fermier sera mis sur, les 
terres louées (2). 

V. — Eglise de Corneilla incendiée 
Jlccord conclu entre les habitants et le curé Jacques Beda 

En 1(340, le lieu de Corneilla est forcé à la révolte, comme 
beaucoup d'autres localités du Roussillon, par les exactions et les 
violei'ices des soldats castillans. 11 est ravagé par les troupes de 
don Juan de Garay, et son église est incendiée (3). 

Ces ravages furent vite réparés, puisque, l'année suivante, un 
accord est conclu entre le curé, Jacques Beda, les consuls, Antoine* 
Turrié et François Baus, les obrers de l'éçlise, Pierre Baleta et 
François Casajust, tt les caps de casa: Pierre Cabestany, Antoine 
Sagi, Laurent Compta, François Prunet, Michel Simon, Laurent 
Castellet, Galceran Cartera, Jean Peyxo, Antoine Geli, Joseph 
Busquet, Jean Boschs, Jean Roaig, Montserrat Brugall, Pierre 
Pollastro, André Domenjo, Dominique Auter, Jean Gibalet et 
Pierre Baco. On se réunit dans l'église, « congregals en la dita 
iglesia ahont per los negocis de aquella y de difa universital se acostu- 

(i) Arch. des Pyr.-Or., G. 774. 

{2) Ibidem. 

(3j Alart, J^otices historiques, etc., t" série, p. j )3. 



- 99 -^ 
man convocar » , après avoir obtenu 1 autorisation de l'évèque 
d'Elne. En conséquence, d'un commun accord, la décision sui- 
vante est prise, « declaren y convenen com se segueix : 

Primerament que lo rector de dita iglesia, que vuy es y avant 
sera, perpetuament estara obligat en fer tocar las campanas cada 
dia, ço es matines y lo offici y vespres las festes, y a mig dia 
desde S' Creu de maig fins à S'' Creu d« setembre, y després 
de haver tocat mig dia fara tocar à temps (i), y la oracio à la 
tarde tôt conforme es acostumar ; 

item lo dia de S' Marti y de S' Agata estara obligat en dir 
matines y tercia cantades, y lo offici ab diaca y subdiaca, y ves- 
pres y complètes també cantades : item lo endema de dites festes 
en dir un cantar per las animas, anar al cementiri ab professo 
com es acostumat ; 

item lo endema de la festa de Sant Marri en dir offici de 
angels ab diaca y subdiaca, y fer la professo acostumada, y des- 
près dir très anniversaris per la anima de Bernât Compta, y los 
obrers per lo cantat de dit offici y anniversaris deuen donar al dit 
rector quinze reals cade any ; 

item per las quatre festas anyals, ço es la de Nadal, de Pas- 
qua de Resurrectio, de Sperit Sant y de S" Maria N" S"' de 
Agost, estera dit rector obligat en dir matines, tercia, vespres 
y complètes cantades y lo offici ab diaca y subdiaca conforme lo 
dia de la festa del Patro de dita iglesia, y lo endemà de las dites 
festas anyals aixi mateix, exceptât matines que no's diran 
cantades ; 

item lo dia de la festa de Nadal ha de dir, dit rector, las très 
misses cantades ; 

item los dias de cap de any y de la Epiphania del Senor, ha 
de dir lo offici cantat ab diaca y subdiaca, tercia, vespres y com- 
plètes cantades ; 

item lo dia de la festa de tots los Sants, ha de dir lo offici 

(i) Par ces mots, tocar a temps, on désignait une sonnerie spéciale, qui 
était destinée à écarter les orages de grêle et qui devait durer depuis le 
3 mai jusqu'au 14 septembre. — Dans toutes les paroisses, il y avait aussi 
le conjurador, petit édifice carré à quatre ouvertures, où le curé allait chanter 
les quatre Evangiles, lorsque le ciel sombre et menaçant indiquait la forma- 
tion d'un orage. 



1 oo — 



cantaf ab diaca y subdiaca, y tercia, y vespres de vius y morts 
cantades, y, acabades las vespres, anar al cementiri ab professe ; 

item lo dia de la Commemoracio dels sants Diffunts ha de dir 
!o offici ab diaca y subdiaca, anar al cementiri ab professo y fer 
tocar las campanes la nit abans com es acostumat ; 

item tots los diumenges y festes dejunades ha de dir tercia, 
vespres y complètes cantades y lo offici tambè cantat, y totes las 
demes festes de précepte lo offici cantat ; 

item los dies de las vigilias de Pasqua de Resurrectio y de 
Sperit Sant ha de fer la benedictio de las fonts baptismals ab 
missa cantada ; 

item lo dijous y divendres Sants ha de dir lo offici cantat con- 
forme lo ritu de la Iglesia ; 

item lo dimecres, dijous y divendres Sants^, à la tarde, ha de 
dir matines cantades com es acostumat, y posar quinze candeles 
al triangol ; 

item lo diumenge dels Rams ha de fer la benedictio, fer pro- 
fesso y dir la passio cantat ; 

item los dos dies de las festes de Sant Marti y Santa Agata y 
de las sobre dites quatre festes anyals, los dies y festes de cap 
de any, de Epiphania y de tots los Sants, ha de posar quatre 
ciris al altar major, y als de Nostra Senyora y S" Agata dos can- 
deles y una als dos candeleros de ferro grans ; 

item tots los diumenges y festes manades de dijuni ha de 
encendre sis candeles, dos al altar de Nostra Senyora y dos al altar 
de S'' Agata y dos als dits candaleros grans de ferro, y dog 
ciris al altar major al offici, y à vespres dos ciris al altar major 
y una candela al altar de Nostra Senyora y altre al altar de 
S" Agata ; 

item los dies de las Rogacions fer las professons per los llochs 
acostumats y cantar Evangelis ; 

item tots los dimenges y festes ha de dir missa per lo poble ; 

item lo dilluns de cade semmana ha de dir un cantar per las 
animas dels benfactors ; 

item que lo dia de la festa de la Purificacio de Nostra Senyora 
dita de la Candelera ha de fer la benedictio de la cera y pro- 
fesso y las demés bénédictions entre any ; 

item que los dies de las festes de Sant Marti y de S'" Agata 



ICI — 

y las festes anyals lo dit rector ha de donar ence^s al offici y 
à vespres, y los obrers de la dita iglesia li han de donar los sinch 
grans de encens que posan cade any al ciri Pascal... 

Telles sont les obligations que le curé s'engage à remplir afin 
d'assurer la plus grande solennité aux cérémonies de l'église de 
Corneilla. 

De leur côté, les habitants prennent la résolution suivante : 

Tots los singulars y habitants en lo lloch de Corneilla y sos 
termens hem de pagar al R"' rector bé y llealment segons lo 
précepte de la Iglçsia catholica, nostre Mare, la primitia de tots 
los fruyts que's culliran en lo dit lloch y sos termens -cade any 
perpetuament. 

Le curé Jacques Beda, les consuls, les marguilliers, obrers et 
les caps de casa présents à la réunion prêtèrent serment sur les 
quatre Evangiles en présence des témoins Antoine Peyret, prê- 
tre de Corneilla, et Julien Ribes, de Millas (i). 

(Jl suivre.) Joseph Gibrat. 

(i) Arch. paroiss. de Corneilla. 



ECHOS 

Une étude intéressante 

Nous commencerons dans notre prochain numéro la publication 
d'une intéressante étude de notre collaborateur M. Henry 
Aragon, l'une des plus éminentes personnalités de la Société 
d'Etudes Catalanes : 

TVo/es historiques sur la Ville de Perpignan : 1. Les rues de Per- 
pignan au xiv' siècle; Le Théâtre de la Loge de Mer zn lySi. 

II. Lettres closes de Jcar. 11, roi d'Aragon, relatives à la 
capitulation de Perpignan (jo mars 1475); 

III. Inventaire du trésor de la chapelle du roi Martin (chapelle 
du. roi de Majorque (aujourd'hui la Citadelle); 

IV. La Corporation des jardiniers (renouvellement de ce 
Conseil) ; 



!— 1 02 

V. Inventaire des biens des Consuls, à leur entrée en fonctions, 
« des joyhes, libres, arneses. forniments, victuelles, etc. » ; 

VI. Lettres patentes du roi Martin, concernant ie droit d'être 
habitant de la ville de Perpignan : obligation d'être présent avec 
leurs femmes, de « fer foch, jaurer i menjar » ; 

VU. Charte relative à la Corporation des drapiers (parayres), 
provenance et prix des draps, etc. 

Les Volontaires Catalans 

Nous avons reçu du Comilé de Germanor amb eh "Voluntaris 
Catalans que préside M. J. Sole i Pia, de la Société d'Etudes 
Catalanes, un enthousiaste manifeste exposant l'œuvre accomplie 
par cette admirable organisation, qui a déjà fourni 5ooo combat- 
tants à la France. 

Nous constatons avec une légitime fierté que parmi les douze 
français cités comme correspondants de ce Comité patriotique 
figurent huit Roussillonnais, dont sept membres de la Société 
d'Etudes Catalanes : MM. Emmanuel Brousse, député ; Mgr J. 
de Carsal^de du Pont, évêque de Perpignan, MM. Jean Amade, 
Gustave Violet, Charles Grando, P. Francis, Tresserre. 

Heureuse initiative 

Les élèves de 2' année de l'Ecole Normale de jeunes filles de 
Perpignan ont traduit avec sucrés,. du catalan au français, quel- 
ques poèmes du Clam J{oig de Charles Grando. 

Certains passages sont merveilleusement rendus. Voici une 
traduction d'une strophe du « Cant macabre » qui n'était pas 
exempte de difficultés : 

D'informes fantômes 

sortis de la nuit 

allongent démesurément des mains- osseuses, 

et se contorsionnant en de sinistres spasmes, 

organisant d'horribles danses, 

ils montrent l'orient du doigt. 

De sanglantes lueurs passent 

parmi les corps sinistres ; 

et le crissement cfair 

des os qui s'entrechoquent — se répercute. 

Nous félicitons bien vivement ces jeunes filles pour leur très 
louable initiative et leur adressons nos meilleurs encouragements. 



— io3 — 
Nos braves 

Nous sommes heureux d'enregistrer la belle citation dont vient 
d'être l'objet notre jeune ami Louis Villacèque, membre de la 
Société d'Etudes Catalanes : 

« Jeune gradé d'un courage calme et sûr ; s'est offert volontai- 
rement et à plusieurs reprises pour assurer la liaison de la com- 
pagnie sous des tirs de barrage les plus violents. A assuré, notam- 
ment dans la nuit du 17 au 18 avril iQiy, le ravitaillement en 
munitions en première ligne, particulièrement délicat et périlleux. » 

Nos bien vives félicitations. 

F. RioLs. 



LIVRES ^ REVUES 



LIVRES D'ACTUALITÉ (Quelques extraits) 
Les Hores que passen 

Du Coq Catalan ( i 7 mars 1917) : 

Mûrie au contact des illustres maîtres catalans, la poésie de P. Francis a 
gagné une haute tenue littéraire. 

Poble Català (abril de 1917) : 

Nostres llegidors recordaran les très poésies que varen esser publicades 
en el foUetô dei prop passât dilluns, i s'hauràn apercebut de quanta delica- 
desa de sentiments i quina mes subtil i fonda idealitat batega a la que du per 
titol « El peto de l'anima », aixis com la dolçor viril, la força d'evocaciô i el 
profôn optimisme que s despren de el « Despertar ». 1 com no admirar 
sensé reserves la grandiositat suntuosa i la construccio ferma, à la manera 
clàssica, del « Somit de Victor Hugo » ? 

Très poésies que per si soles farien la reputaciô d'un autor. Com doncs 
podriem estar-nos d'exalçar com se mereix a aqueix gran poeta que es En 
Francis, un dels millors de la Catalunya francesa ? 

J. RoSSELLÔ I ROURA. 

Ofrena (avril 1917) : 

...Moites de les derreres composicions d'En Francis porten una espe- 
rança en si ; en moites la versificacio es robusta i jo crée que si En Francis 
segueix ascendint i perfeccionant-se segôns una progressio tant ràpida com 
com la marcada en sos dos primers llibres, tenim dret a esperar molt d'ell 
per la causa de la Poesia i de nostra llengua en terres de Rossellô. . 



— 1 04 — 

Du Poble Cataîà (2 juin 19)7): 

Flors de Sang (poésies, per Apeles Mestres). 

El Clam Roig (poema, per Caries Grande, prefaci d'Apeles Mestres). 

Dos llibres germans marriben alhora. Poésies deguerra, poésies de sang, 
clams horrissons de dolor i execraciô que semblen alçar-se vers al cel com 
flamarada brunzenta, abrandada per la mes santa indignacio que niar pugui 
en el cor de l'home. 

No poden, nô, els poètes, trovar en eixos moments altres veus que les 
ferrenyes, plenes d'arrogant sublimitat i estridentes vibracions declari per 
a despertar les conciencies adormides. 

Apeles Mestres, Caries Grandô, veus-aqui dos homs, dos vers poètes, 
qui han sapigut mostrar-se dignes de Ihora, del gran moment per el quai 
esta passant l'humanitat, dos poètes qui, coratjosament, magnificament han 
viscut espiritualment la gran tragedia i han sapigut trobar épies accents per 
a cantar-la, fent-nos extremir de un sant horror, donant-nos aie per a core- 
jar ses flamejantes i virils malediccions i per a fer-nos sentir el bell optimisme 
del demà esplendoros... J. Rossellô i Roura. 

El Clam Roig 

Du Coq Catalan (2 juin 19 J 7) : 

Nous avons reçu "El Clam T{oig. . . nobles et vigoureux poèmes, les meil- 
leurs qui aient été écrits depuis longtemps en langue catalane... 

Semaine T(eligieuse {i juin >9J7) '• 

M. Ch. Grando est un de nos meilleurs poètes catalans. Son poème des 
nouveaux temps barbares en XX malédictions renferme des beautés incontes- 
tables. La Veu de les pedres et J^esurrecciô, en particulier, resteront dans 
notre littérature catalane. 

Jberia (9 juin) : 

En Grandô ja es uf> poeta conegut a nostra Barcelona. El nostre Apeles 
Mestres l'hi diu : « Ho has fet bé, poeta, benehit sias ! ». 

Le Teu (i 5 juin) ; 

L'œuvre de Grando, Clam T{oig, qui vient de paraître, est le plus formi- 
dable réquisitoire qui ait été dressé jusqu'ici contre nos ennemis par un 
dialecticien. 

Poble Calalà {12 juin) : 

Una de les composicions en la quai ha enccrtat esplendidament la seva 
alta missiô de poeta es aquesta dedicada al seu fillet. Aquesta es la veu del 
véritable poeta, i En Caries Grandô, qui té dos germans a la guerra, i es 
poeta, i sent tôt el dolor de l'immens sacrifici, ha sabut deixar en aquesta 
composiciô un sospir d'aquells que l'Alfred de Musset dcia que eren immor- 
tals, perquë son tan eterns com el dolor huma... 

LA TRAMONTANE 

Le premier numéro de notre jeune confrère La Tramontane a obtenu un 
très vif succès. Bravo les jeunes ! 

Le Gérant, COMET. — Imprimerie COMET, rue de la Poste, Perpignan 



i:«\oTC«xo.\o.\o\o.V"xc\o\c.\oso^5CSCSC.\o.\o\o.xc"\osc»\C'so.\o.v«^«;:'v» 



Orthographe et Prononciation du Catalan 

A U JeiiiMiulc li un >:<ilaiii iionibic Je lecteurs iioif» rappel. ms ci->Us^oii> lei piincipale» 
règles de l'orlliogi aphe et delà prononciHlioii catalanes: NOI K. 

a tonique se prononce comme .i français. Ex : mar. 
a sourd se prononce comme eu français. Ex: donu ( pr : dôneii). 
e tonique se prononce comme e français. Ex. : ribera (pr: ribêreu). 
e sourd se prononce comme en français. Ex.: mardi pr: màreu). 
tonique se prononce comme o français. Ex. : rosa i pr : rôseu). 
sourd se prononce comme ou français. Ex. : dormir (pr : dourmî). 
M se prononce toujours comme o« français. Ex. : coure (pr : côoure). 
i se prononce toujours comme i français. Mais il ne se fait pas entendre 
dans les finales en aig, eig, oig, uig où le g prend le son de tg ou Ij, 
b et g se prononcent comme bb et gg lorsqu'ils sont précèdes d'une voyelle 

et suivis de /. Ex. : cobl». vcgl'd (pr: côbbleu, règgleu). 
// correspond à ill français dans bataille. Mais dans les mots où la // catalane 
n'a pas le son de ill français comme dans illustre on sépare les deux / par 
une apostrophe. Ex. : i/7ustre. 
/ se prononce comme en français, mais il ne se fait jamais entendre à l'infi- 
nitif des verbes. Ex.: morii , mourir, se prononce /nown. Cependant il faut 
supprimer cette lettre à l'infinitif de quelques verbes tels que viure, vivre ; 
veure, voir ; creure, croire ; heure, boire, que l'on ne doit pas écrire : viurer, 
veurer, creurer, beurzr. 

V je prononce toujours comme b. Aussi n'est-il pas rare de trouver indif- 
féremment l'une ou l'autre de ces consonnes dans certains mots tels que 
rifcera, rivera; travail, travail, etc. 
ny correspond au gn français. Ex.: Perpi;n/à, Perpignan. En catalan, ^ et n 
se prononcent toujours séparément. Ex. : ignorant se prononce i^-/iorant. 
X se prononce comme ch français. Ex. : xiular, siffler. Mais on le prononce 

aussi es et gz dans certains mots, comme : excavaciô, examen, 
el et al ne doivent pas être confondus. Ex. : el pare es al Ilit, le père' es 
au lit ( pr. : eul pare zz eut Ilit ). 

Certains auteurs écrivaient les pluriels en as : la taula, las taulas. Mais 
l'institut d'estudis catalans a décidé que l'on érirait avec un e (et non avec 
a) la terminaison du pluriel des noms en a et les terminaisons en s, n, m et 
u des temps des verbes où la troisième personne du singulier se termine pa»- 
un a. 

Ex. taula, taules; força, forces, etc. - — pensa : penses, pensen — - 
tienca : trenqu<;s, trenquen — prega : pregues, preguen — pensava : pensa- 
ves, pensaven, pensàvem, pensàveu — dormia : dormies, dormien. dor- 
irnenn, dormieu -- faria : faries, farfen, fariem, farfu. 

Lci-'ii Paître 



î 



BIBLIOTHÈQUE CATALANE 



f S'adresser an Secrétariat de la " Revue ", nie de la Poste, Perpignan. 



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I notes, par J. AMADE. 1 

* Contes Vallespirenchs « repkgats per en m.» y * 

I NoNTOQUis» et publiés par Mossen Estève CASEPONCE. 1 

* Le Catalan à l'Ecole, par l. pastre. ç 
j Littérature Méridionale, parj.AMADE. j 

IL'Arlesiana, traduction catalane de M. G. VIOLET, élégant 
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* AmOS i DomeStiCS, comédleemacteparCh.GRANDO. * 

] Perpignan pittoresque, Les Cris de la Rue j 

Ç avec leur notation musicale, par Ch. GRANDO, élégant volume, V 

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* Poèmes de OVX^XXdiy poésies catalanes de P. FRANCIS, * 

1 élégant volume, i franc. 1 



9 



lO: Année. S' Ï29 IS iulUcl \917 



i,ti Manuscrits non inscrcs 
-c son: pas rendu*. 



,. Arricics p; 



arus aans la 



Revi 






n'tn^îgcni que leurs auteurs. 


















^3,-0. 



CoUioure, juin 1917. 

A peine les exigences du service nous ont-elles amenés 
.l'Algérie, par la Medjerda — hélas ! bientôt après coulée — à 
Port-Vendres et, un peu plus loin, à Collioure, la première 
.n'.pression produite par cette pittoresque bourgade nous séduit. 

A Collioure — il fait bon vivre )> (j), proclame un ancien dic- 

.:,?i : il rassure aussitôt ceux d'entre nous eue préoccupe l'instal- 

..:;ion matérielle. Le port àz pèche est renommé pour ses con- 

^rvcs exquises d'anchois et ses sardines fraîches, captées à pleins 

-..cTs, par la cinquantaine de barques de la flottille restant équi- 

■ ces après le départ des mobilisés. A certaines heures, les voiles 

.-•lanches prennent leur volée toutes ensemble, ou bien, comime 

wCs colombes fidèles, elles reviennent se ranger sur le sable des 

-eux plages d'« Amont » et d'« Aval », de la « Viile » c t du « Fau- 

..^ourg ». 

Sur les premières pentes des collines qui l'encerclent, dans ses 
.:gncs. peuplées, dès la prime saison, de perdreaux et de grives, 
".ùries par un soleil presque africain, Collioure récolte un vin 
.apiteux, 'Célèbre comme vin vieux [rancio), apéritif ou tonique 
Banyuls). Dans les combes par où se déversent à la mer le Dowy 
-î le 'f{avaner, tantôt minces nlets d'eau divisés entre les cailloux 
.: les blocs de- leur lit, tantôt torrents grossis par de brusques 
orages, quelques horls ou jardins de primeurs sont ombragés de' 




{\ I A Colliure — fa bon viur^. 




''<^\ T) I? ^ 



T/tC 1 1 1967 



— 1 o6 — 

ciélicieux bosc[uers. Do, rossignols y njeiir sans fin (refJUn) ici.r, 
sons éclatants : ils se cachent dans les cannaies épaisses des r.vc 
ou sous les feuillages des orangers, amandiers, oliviers « mco;- 
terranéens » mêlés aux cerisiers, abricotiers, néfliers, poiricri * 
poires fondantes-et autres essences fruitières. 

Levons les yeux sur les ravins d'où descendent ces fleuves cr. 
miniature. Quelques taches vert-sombre, parmi les croupes sch>. 
teuses, nous signalent les bouquets de chènes-iiège, maJheurc-.-^- 
ment trop clairsemés aux pentes qui montent directemcr.t ^:c 
Collioure, plus nombreux et presque continus sur celles qui s'cic- 
vent, e.n se ramifiant, vers le flanc nord du paysa^ge, jusûu'a ;,. 
chaîne des Albères, dernier rameau oriental des Pyrénées. Tu." 
sommets de cette chaîne délimitent, au bord du ciel, le c;rc„; 
où se creusent les vallons de Collioure : le piton robuste du '/'.::.. 
lefer, l'échiné allongée de la Madeloch et le puy magistral, arrc:. ■ 
et culminant du Sailforî, lisière du Roussilion et de la C^t:;, 
espagnole. 

Gravissons, en quelques minutes, vers Argelès, le plus mo.ic.-; 
contrefort, à la racine de ces hauteurs, et nous saisirons au>- 
dans un seul et vaste coup d'oeil, l'unité du Roussilion. Co;'.. 
.est un de ces points privilégiés où l'on conçoit sans c:ïc: 
notion d'un pays et de ses conditions d'existence. Là se :...; ,. 
jonction de la mer, dont le miroir étincelle sous nos picus c: 
s'étend à l'infini vers le nord er l'est, et de la plaine étaicc c:. 
un immense croissant : le cintre en est dessiné oar le rivas-c hu>. 
depuis la plage prochaine d'Argelès jusqu'au cap lointain ^ic 
Leucate, perdu au nord dans la brume lumineuse et légère ; .c 
pourtour extérieur est fern\é à l'ouest par la montagne. Ain.s. le 
rythme de ces trois éléments du paysage, mer, piainc c: .•■.•..■ 
tacrne se révèle le même, dans le Roussilion dével.ODoé tout c 
à nos yeux, que. dans le creux limité où Collioure en c... 
tout à l'heure le sens. 

Mais notre ascension nous permet de découvrir les notes don^;- 
nantes de l'harmonie de ces horizons agrandis. Dans la p!. 
les vergers et les vignes moutonnent à l'infini : ces éclatante^ 
taches disent la verte promesse du printemps; nous dcvir.^ 
fécondité de cette terre, prodigue de trésors à ses fils. Soi:s .•: 
soleil brûlant, qui éclate dans l'azur et inonde d'une pluie d'^r- 



— 1 oy — 

, .: iû plaine et la mer, notre œil fatigué cherche un repos. 
Tout près et en deçà, il s'accroche un instant aux pentes des 
Albcres, dénudées et blanciràtres ou encore parsemées des lam- 

C..UX de leur ancien manteau de chènes-liège. Tout au loin et 
nar delà les plaines, sillonnées des petits fleuves Tech, Tet et 
Agly, triple corde de la lyre que forme le Roussillon (i), il est 
srrcré, au nord, par -le mur des Corbières. Coupé de quelques 
créneaux, ce mur abaisse vers la mer son échine, au seuil de 
S..;>:cs ; par ces échappées on entrevoit, après le Roussillon, une 
...r.rc piaille, limitée par une autre muraille basse et toute bleue : 
^'c^r, au dernier horizon, la faible ligne des Cévennes. 

Ayant ainsi mesuré, du sud au nord, l'étendue offerte à sa 
.ûnicmpiation, le regard se replie et cherche -à l'ouest, vers la 
.•haîne pyrénéenne, un poinr de repère définitif au-dessus du. 
Roussillon ; brusquement il voir surgir le massif du Canigou. Une 
-.•«irurc de neiges étincelantes le couronne de ses plis ; c'est le dia- 
ccnic bans tache de ce roi de la contrée. Au-dessous se déploie 
icNcr.tail des collines et se prosternent les vallées, comme pour 
v. hommage. Cet hommage, que la première vue d'j. Canigou 
loiis inspire spontanément, le refrain célèbre qui chante au coeur 
de tous les Catalans -en exprime le sens profond. Intarissable 
•,\.>crvoir des eaux, le mont splendidé est l'immense dispensateur, 
.: ccrre terre ensoleillée, de toute fraîcheur et- de toute fécon- 
iitc : « Montagnes comblées de dons — sont celles du Canigou ; 
cciics-là toute l'année fleurissent, — au printemps et à l'arrière- 
>aison ! » (i) 

Possesseurs du secret de la constitution physique ae ce pays, 
dévoilé par une promenade sur les hauteurs de Collioure, nous 
apercevons, de ce même observatoire, l'objet de sa mission histo- 
rique. Pays de transition entre deux races et deux royaumes, 
ic Roussillon, après avoir-été loiïgtemps disputé par la France et 
l'Espagne et leur avoir servi de marche-frontière, est fait, aujour- 
vi'hui, pour les unir. En lui se sont fondus, comme en un creuset, 
ios éléments ibériques et languedociens — catalans et français. 

. f Vcrdaguer, Catii^ô. 
,' 2 I 7tÎ0nhinyes régalades — son les de Canigô, — elles lot l'any floreixen, — 
■rimavcra y tàrdor. (Canigô, cant vu : remarquer le troisième vers de cette 
■ crsion, qui la caractérise. 



— io3 — 

Le couranr entre le Nord et le Midi, à toute époque, a rcccu- 
vcrt CoUioure de son flot, resserré entre les Pyrénées et la rr.cr 
avant de déferler-'sur le Roussillon ou la Catalogne. De ces mou- 
vements, tantôt pacifiques, tantôt tumultueux des peuolcs son: 
restées des. traces éloquentes, dans la population de la bour'^a,.ic 
et dans ses curieux monuments. 

L'àpre vivacité de la montagne catalane {puig ou serra) est tcn-- 
pérée à Collioure par l'approche de l'élégante et savoureuse mol- 
lesse languedocienne. Ce mélange y est déjà sensible : fiilcs et 
garçons, hommes et femmes — femmes surtout, moins modificci. 
par la vie maritime — joignent au rythme bondissant de leurs 
allures des formes souples et pleines. Parfois le classique pror.] 
de leur visage, leur teint mat, leurs profonds yeux noirs :cr.: 
ressouvenir du type gréco-latin et sarrasin. — Ces diverses racvi 
ont bâti à Collioure, clef stratégique de cette côte, dont la pc»- 
session assurait l'emprise sur la plaine voisine et l'accès au cccur 
de la montagne, des monuments qui attestent encore leur doni:- 
nation plus ou moins durable et une alternance fondamentale 
entre l'influence du Nord et celle du Midi. 

De la Narbonnaise est venu le christianisme, rénovateur ce 
l'idée latine. La chapelle de i'îlot Saint-Vincent rappelle cc::c 
révolution morale à ses débuts. Elle s'élève sur l'em-placemenr ci; 
fut, au iv' siècle, martyrisé saint Vincent. La curieuse procession 
nocturne du 16 août, où les reliques du saint, apportées en barcuc. 
abordent aux flambeaux sur la. plage d'<( Amont», aux ace'.::.-.-. .- 
tions des marins, associe la profession principale des gens de j- 
core à ce culte local traditionnel (i). L'église des Dominicair.v 
fut fondée en 1275 — après le triomphe de Rome sur le A'\i.'., 
albigeois : l'église paroissiale actuelle (la première a été dctru;:c 
pendant le siège par Louis XI 11) a été construite en ]6S4, ave: 
une intention de luxe décoratif intérieur inspirée, comme à Pcr- 
picrnan, et par le voisinage de l'Espagne et par l'épanouisscmcnî 
un peu théâtral de la grandeur de Louis XÎV ; elles marquent 

(i) Une très gracieuse et originale « affiche artistique », <du peintre 
Aubercre de Garcias, reoresente ce Tietour de la Procession Je S^unl Ymcrr.; 
(reproduction aimablement communiquée par M. Paul Soulier). - Du 
même, dans l'escalier de la Bibliothèque municipale de Perpignan: Teilfig 
i Galanterie^, Vue de Collioure. avec un couple amoureux au premier pî»r.. 



— i 09 — 

les principales étapes de la vie religieuse à Collioure. Enfin le 
pèlerinage de la Vierge de « Consolation », — site délicieux par 
SCS sources et ses ombrages, sous des portiques classiques du 
xvii* siècle, — conserve dans tout le Roussillon une popularité 
analogue à celle de la Vierge catalane de Montserrat. 

Débordant la frontière d'Espagne, la domination sarrasine, 
très courte (vm' siècle), mais suivie d'incursions périodiques pen- 
dant quatre siècles (ix'-xn'), a laissé à Collioure deux curieux ves- 
tiges. D'abord la tour de l'ancien phare, aujourd-hui clocher de 
l'ci^lise, alors peut-être minaret en même temps qu'observatpire. 
jet de pierre solitaire et massif, à triple étage, coiffée d'une 
coupole hexagonale allongée, aux tons chauds et colorés, où l'on 
croit voir parfois culminer le Croissant, cette « tant vieille tour 
du More » est étonnée de se mirer encore aux flots bleus du 
port, où n'abordent plus les tartanes des pirates. Elle semble 
interroger l'autre témoin séculaire debout, tout en haut, à la 
limite de l'horizon, la tour de Madeloch. Mais les feux sont 
"éteints qui transmettaient les appels et les signaux de ia mer à la 
montagne, et les yeux des guetteurs sarrasins ne contemplent 
plus l'immense étendue déroulée de la plaine de Figueras à celle 
de Narbonne. Furieuse, obstinée, la reconquisla a refoulé les 
« oaïcns » par dessus la chaîne des Albères. L'un des champions 
de cette lutte épique, brûlant leur flotte au port de Collioure, 
ics pressa dans leur. fuite suprême vers la Cerdagne ; le mont 
« Taillefer », qui vit le héros fondre à l'improviste sur ces hordes, 
conserve jusqu'à nous son nom et le souvenir de son exploit (j). 

Espagnole jusqu'aux temps modernes, française pour 3o ans 
sous Louis XI et, définitivement, sous Louis XUl, qui la prit et 
y entra en 1642, CoJlioure a toujours été une ville militaire. Son 
air reste belliqueux et une impression de force se dégage des 
édifices qui en émergent, des forts anciens ou récents qui la cou- 
ronnent, des hauteurs menaçantes qui lui servent au loin de rem- 
part. La vieille ceinture de tours et de murailles qui l'enserrait 
étroitement autour de la citadelle du Château — où commandè- 
rent les comtes de Barcelone, les rois de Majorque et d'Aragon 
— a été élargie et renforcée depuis Louis X]]l. Le «Mirador» 

(1) Cf. Canigà de Verdaguer ; Cant Quint : Tallaterro, 



— MO 



s'est dressé, sentinelle sur la ville et la nier. Au loin en face, 
plus ancien et plus élancé, étoile de pierre jaillissant d'une col- 
line à sa retombée vers le rivage, le fort Saint-Elme est la clef 
des deux villes de Port-Vendres et de Collioure : sa prise, en 
J793, livra la seconde, pour la dernière fois, aux Espagnols 
Mais cette position fut bientôt maîtrisée par le coup d'audace de 
Dugommier ; il hissa à l'improviste son artillerie sur la crête 
voisine : Saint-Elme éventré et évacué, les Espagnols capitulè- 
rent. — Enfin, en 1878, « comme une guerrière lassée qui dépose 
son arme, Collioure s'est dépouillée de ses vieilles murailles, qui 
si longtemps avaient fait son orgueil, sinon sa sécurité » (1). Un 
réseau de forts, de redoutes, de batteries sur les cimes a été 
construit et s'étage jusqu'à Madeloch. A l'heure présente, est-ii 
encore besoin de rempart entre l'une et l'autre Catalogne? 
Cinq mille volontaires catalans d'Espagne ne se battent-ils pns 
dans les rangs de notre armée? Du moins l'appareil guerrier oui 
environne Collioure évoque à notre imagination de grandes ten- 
tatives, de mâles et fortes silhouettes, depuis Hannibal (2) ci 
Philippe le Hardi — forçant le col de la Massane — jusqu'à 
Charles-Quint, Vauban et Dugommier. 

(A suivre) René Lavaud, 

Agrégé de rUnivcrsitc. 

(i) D' Sériziat et P. Soulier, dans Collioure et ses environs, 3" édit., ic)Cî. 
Voir aussi Collioure, notice historique par l'abbé Joseph Falguérc, Perpi- 
gnan. Imp. Joseph Payret, 1898. 

(2) Cf. Canigà ; Cant Selé : Desencanlament (La fada de Mirmanda ; Pas- 
satge d'Hannibal). 

Mort du Docteur Marli i Julià 

Le Docteur Marti i Julià, ex-président de l'Unio Catalanistâ, 
vient de mourir. C'était l'un des plus illustres catalans de Barce- 
lone. Homme droit, fervent patriote, il incarnait tout un idéal 
de liberté et de justice. La nation voisine fait une grande perte. 

Le Docteur Marti i julià fut l'un des signataires du premier 
manifeste francophile catalan. C'est un devoir pour nous de saluer 
respectueusement ici sa mémoire. 



'f',-/'/ài\ -»%vj/*rfi.» '^<r,3/*éé^-K ^■^<i..i/'étn -'rr:.T7V«ix ^rr.nr'éàk'K •^<fj^dkî% '^^JT 

O 

L'illustre poète Apeles Mestres, en nous annonçant la publi- 
Lition très prochaine d'/Ilila, vient de nous adresser son adnnira- 
h'iC ouvrage d'actualité Tlors de sang, dont le triomphe dépasse 
toutes les espérances. Le succès de cette œuvre, qui remporta 
i'Egiantine d'or aux Jeux Floraux de 191 5, s'est affirmé, en effet, 
aux quatre coins du globe ; l'écrivain italien Bosselli la traduit 
en oc moment dans la douce langue du Dante, et nous savons que 
lo maître en a entrepris lui-même la traduction française. 

iNous donnerons dans notre prochain numéro une analyse com- 
plète de Tlors de sang. En attendant nous avons le plaisir d'offrir 
■A nos lecteurs la prinieur de l'une des plus belles pages : 

La Marscllesa 

Teniu moits canons y ametralladores, 
morters a desdir, sabres y fusells. 
Autos y furgons y locomotores 
ho teniu blindât ; tôt, com els ccrvells. 

Teniu, ademés, la brutal franquesa 
de dirvos scnyors de! mon y l'espay... 
perô no teniu una Marsellesa 
ni la tindreu may ! 

Teniu municions per girar de cayre 
tôt allô que al pas se us gosi aixecar ; 
teniu avions per dominar l'ayre, 
teniu submarins per sotmetre'i mar. 

Teniu lo que cal per tentar i'empresa 
d'esclafar el mon sota vostre peu... 
perô no teniu una 'Marsellesa 
ni may la tindreu 1 

Teniu molts soldats, tots d'igual alçaria, 
tots d'igual aplom, de ferocitat ; 
mes que homes, son parts d'una maquinaria 
hont no desdiu res, hont tôt va ajustât. 



I 1 1 



Lo que'no teniu son homes d'emprcsa 
que avancin un pas si no'ls ho mancu... 
pcrquc no teniu una Marscllesa 
ni may la tindreu î 

Teniu dinrre el cap un cervell de roca 
hont heu arrelat el convenciment, 
de que tôt lo nat per dret vos pertoca, 
homes, terres, mars, fins el firmament, 

Teniu la virtut de la Toçudesa, 
la que mena Iluny perquè va despay... 
perô no teniu una Marsellesa 
ni la tindreu may 1 

Sabeu molt de tôt ; fins sabeu de riure 
dels drets conquerits per l'Humanitat ; 
mes d'aixô que sab l'home que neix liiure, 
de viure y morir per la llibertat ; 
d'aixô no'n sab res vostra sabïesa. 
Y per xô als jlatins may dominareu ; 
perquè no teniu undi Marsellesa 
ni may la tindreu ! 

Apeles Mêstres. 

y '■ 

Divers prix ont été offerts par la Mancomunitat de Catalunva, 
l'Institut d'Estudis Catalans, l'Uniô Catalanista, l'Associacio Pro- 
tecîora de l'Ensenyança Catalana et l'Ajuntament de Barcelone. 

Nous remercions bien vivement nos amis de Catalogne de leur 
délicate attention. 

Programme défitiiUf du Concours : 

Dimanche 2i juillet. (Ecole Paul Bert, Pont d'En Vestit). 

9 heures : 3' Seclion (Réfugiés parlant le catalan). 

Epreuve unique': lecture de la version catalane de Peau d'Ane 
de L. Pastre. 

Un prix, un diplôme d'honneur et une citation pourront c:rc 
décernés. 



— 1 1 :> — 

g heures : i' Seclion (Enfants des deux sexes de moins de i6 ans). 

Lecture : Peau d'Ane, de L. Pastre. 

Recitation : "El Corb i la Guilla, de J. Pépratx. 

Prix mis à la disposition du Jury : Trois priX, trois diplômes 
d'honneur, dix citations. 

Prix Spécial : Indépendamment des prix ci-dessus, un prix spé- 
ci-àî et un accessit seront décernés aux candidats qui diront le 
mieux un morceau catalan de leur choix. Cette épreuve est 
facultative. 

10 heures i /a : /" Seclion (Jeunes filles et jeunes gens de i6 ans 

au moins). 

Lecture à vue d'un texte facile pris dans les auteurs roussillonnais. 

Récitation : Al meu fillel, de Charles Grando. 

Prix mis à la disposition du Jury : Trois prix, trois diplômes 
d'honneur, trois citations. 

Prix spécial : Ce prix sera décerné dans les mêmes conditions 
que le prix spécial de la i' section. 

Les prix sont constitués par des médailles de vermeil, argent, 
bronze, espèces, objets d'art. Les diplômes d'honneur seront 
accompagnés de volumes c\ abonnements gratuits. 

La liste d'inscription sera close le 20 juillet, dernier délai. 

Les candidats pourront se procurer les textes imposés et tous 
renseignements au siège de la Société d'Etudes Catalanes, 7, rue 

« 

de la Poste. 

Dislribulion des Prix 

Les prix seront distribués le mardi 24 juillet 1917, à 8 heu- 
res 1/2 du soir, au cours d'une soirée littéraire et musicale, publi- 
que et gratuite, donnée avec le concours des pupilles de la Socié- 
té, d'un brillant orchestre et d'excellents artistes roussillonnais, 
dan* le parc de Fantilia-Cinéma (Passage des Variétés), gra- 
cieusement offert par Mme Tujague. Une quête sera faite au 
profit des Œuvres de Guerre. 

Des places seront, tenues à la disposition des membres de la 
Sociélé d'Etudes Catalanes, des concurrents et de leurs familles. 

Les demandes de places réservées devront être adressées au 
Secrétaire Général, 3y, rue des Augustins. 






Somriu, fil), somriu ; 
tu no sabs que 's passa, 
y quan compendràs 
jà no trobaràs 
tant de dois a casa, 
tant de dois per França, 
tant de dois pel Mon... 
Tu no sabs que 's passa, 
somriu, fil), somriu ! 

Somriu, fill, somriu ; 
csposes y mares 
jà prou han plorat 
Dàgrimes amargues, 
llàgrimes de sang 
su 'Is clots dels sants martres 
de la llibertat ; 
jà prou han plorat 
esposes y mares ! 



Somriu, fill, somriu ; 
quan ^indrà l'aurora 
mil cops benehida 
dels dies de pau, 
plorarem nosaltres 
per els germans nostrcs, 
sagrades victimes 
que no rornaràn, 
plorarem nosaltres... 

Mes tu, fill, somriu ! 
De la sang vessada 
brotarà el forment 
de la redempciô : 
justicia y amor, 
les patries germanes ; 
y una nova cstcla 
al cel s'encendrà. 



Somriu, fill, somriu 
a l'esté) de gloria, 
♦ • a l'estel d'amor ! 

Caries Grando. 
Cuaîre arlisles Catalans à l'Exposition d'Art français 

Sous ce titre notre éminent collaborateur, J. Aladern, public 
dans le Pûble Català du 29 juin, un article très clogicux bur ics 
artistes roussillonnais L. Dclfau, G- Violet, Manalt. membres cic 
n,otre Société, et Sudre, 









•^ ,i.JiJ 



i#^3» 



Sohcria. /•-' Porche. 

Nous -Jio«s f.irc revivre un i„s,an. e, parcourir les anciennes 
,ucs de Perpignan, au x,V siècle, les places prmcpales ou toute 
;: :.c industrfelle et commerciale de la Ville appara.ssa.t. au 
moment de sa pleine prospérité. 

Nous reverrons la fameuse Place Je la Loge, qu,, su.vant 1 ex- 
..ession imagée d'un auteur(,), avec sa verve toute mer.d.onale. 
.un des endroits ou monde les plus bizarres et .es plus .-p.- 
nts qui! ait traverses: .. une rue, écrit-il. plutôt qu une place, 
un carrefour triangulaire, où se concentre, chaque so,r 1 an.ma- 
Te la ville On s'y installe, comme au théâtre, devant un 
a o d C :;. ou .: Barbier ,e S^.UU. La toile de fond es, 
formée par la Loge elle-même, l'ancienne Bourse des marchands. 
"Hes ogives. Tes trèfles, ses balustres découpés a ,our. Ven.se 
re-mème ne montre rien de plus par.'ait que ce pur ,oyau d ar- 
iteruTe hispano-mauresque. Sous l'éclairage factice des lampes 
1^ criques, dans le bleuissement de la pénombre 1'. lus.on d un 
d^ 'de comédie es, complète. On regarde défiler- les figurants 

. ' ■ ■^,.^^ ,n f-cc SOUS es arceaux violem- 

de Ja pièce qui aoit se jouer, en r^ce, sous ic 

me éclaires de la Loge : et c'est le contrcbano.er espagnol. 

Tec ses aloargates d'aloés. sa taillole bourrée comme une car- 

lu hc e è. sa couverture. sordide pliée sur l'épaule Ce sont es 

gar su pays; balançant au rythme de la m^che leurs courtes 

se aux ;iis nombreux et aux chamarres na'wemen, compl.- 

uTes puis, se déhanchant comme des Andalouses. les ,ol,es fi.le 

, Tcheveux ondulés ,sous la coiffe de dentelle, en jupe courte et 

( , ) Louis BE.T..ND, te livre de ta MiMIerra^ée. , 9 ■ > ■ 



— ii6 — 

souliers décolletés ; puis, les mères, toutes vêtues de noir, figures 
archaïques qui, sous la mantille et même le fichu populaire, con- 
servent quelque chose de la dignité Castillane... « 

Sur cette place où résidaient les anciennes parayries(i) (paravrc) 
les drapiers exposaient et vendaient leurs tissus sous les porches ; 
c'était l'antique Plassa deh 7\ichs Tfomens, ou dels Prosomens, viite 
aussi Plassa del Consolai. « Elle a toujours été, dit M. Vidai dans 
son Guide (2)', depuis le xm' siècle, le véri.table forum de la capi- 
tale du Roussillon, le centre de l'activité, le rendez-vous prcrcrc 
des habitants dans toutes les circonstances de la vie pubiiaue : 
c'es: encore aujourd'hui l'endroit où bat le cœur de Perpignan.» 

Nous allons suivre le cours. des rues pour voir les transforma- 
tions qui ont été faites, sous le roi Pierre IV, roi d'Aragon, 
par les clavaires (3) de Perpignan dont l'ordonnance fut approu- 
vée par les consuls Ermengald Martii^, Jean Aybrin, Bernard 
Raymond, François PaJol et Pierre Serda, qui réglèrent la cons- 
truction des boutiques et le percement des nouvelles rues à établir 
sur l'emplacement de la place de la Pella. 

La Pella ou la Pelle s'étendait a l'ouest de la Place dels Richs 
Homens ou Place du Consulat jusqu'à l'Hôtei de Ville primitif c; 
sur les terrains occupés aujourd'hui par une partie de la Loge cic 
Mer et les maisons qui l'avoisinent. 

Un document des nones d'octobre )3o5 mentionne la Plassa 
dels 7{ichs homes, au sujet du local fixé par le baille de Perpignan, 
pour la vente de la vendange des divers villages situés autour de 
Perpignan : en cas de contravention, confiscation de ce produit 
au profit (pour un tiers) du délateur. 

Pridie nouas octobris an no Dni M.CCC.V. 

Ffo (4) adordonat per En Simon Cadeyl, batlle de Perpcnya. 

u) ?• YiOAL, Guide hist. cl pill. dans le dcp. des Pyr.-Or., 1S99. Les 
parayres ou drapiers occupèrent tout le quartier dit de les Parayries ; les rues 
des Fabriques d'En Nebot, des Fabriques d'En Nadal, des Fabriques cou- 
vertes en conservent le souvenir. 11 faut v joindre la rue Notre-Dame ou 
Carrer de T^oslra-Dona. la rue yffabli, qui porta le nom de carrer de la Parayria 
d"En Ballaro, et la rue des grandes Fabriques, citée sous le nom de carrer 
del "Exauch del Porta de T^ostra Senyora. 

(2-3) P. Vidal, op. cil,-: Les clavaires inspectaient la caisse municipale et 
remplissaient les fonctions de commissaires de police d'un ordre rclcvc. 

(4) L'usage du double f au commencement des mots commence en Cata- 



I 1 



que ncgu no gaus vendre venimia dcl viyer (i) de Maylolcs, 
d'Orla, de Canoës, de ToÎQges, del Soler, de Po]e5tres(2) ni de 
negu altre loc qui sia d'aquela part, sino a la plassa qui es prop 
l'albcrch qui fo d'En Laurens Redon. 

llem que negu no gaus vendre venimia de Bajoles, ni de Cas- 
Icyl T(osseylo, ni de Saleles, ni de Cabcstayn, ni de Vilanova (3), 
ni de nul autre -loc qui sia d'aquela part, sino a la plassa que es 
acostumada de vendre, so es assaber, de la casa d'En R. Gavela 
cntro ai canto de! aiberch en que esta En Morrut sabater ; e 
dcl dit canto aval vers la Plassa dels T^ichs "Homes, negu no gaus 
vendre de la dita venimia dels dits lochs, ni negu no gaus vendre 
venimia de 1. loch per altre. E aquell qui aquest manament pas- 
sàra, perdra la venimia c '1 denonciador aura 'n lo terts (4). 

{A suivre) Menry Aragon. 

lognc à partir de I2Ô5 ; l'usage en devient très fréquent à partir de 1270 et 
dans les deux siècles suivants. 

( I ) Pour vinyer. 

[11 Ces villages sont situés à l'ouest de Perpignan. 

(3) Villages situés à l'est. 

(4) Ordinacions, 1, P 3i, v°. Reproduit par Aîart ; Documcnls sur la lan- 
gue catalane. 



e^-% 






(Q'^S.'SSI/^ 



Si, tôt passa en aqueix mon, 
la tardor, la primavera, 
l'anior, la gloria, lo Hum 
i l'aygua de la ribera. 



En uns dies molt poc bons, 
corn que jo ténia gana, 
van passar mes illusions 
igual pet de tramontana. 



Ja passa la joveutut 
com les flors 6 l'alegria, 
c!s poders i la virtut 
perqué tôt es comedia. 



] corn très i dos fan cinc, 
vos dire io que no passa : 
es un duro rais que tinc 
■ J9 fa trcs mesos a casa. 

P. Francjs. 






(c'ck-'e 



V t, « V„' w .«'■., . _. _/ , -_ s> '-^ ^"^^ ^Jj 2^ 



«r-"-! »-;-» r— , >r% V» « 



1/ M — v^' ^ s^^ ^ g M ^ >^> A^ 






^-^^ ' (SUITE) 

Yl. — Tabernacle, croix et retable 
T{elique de sainte Jlgathe — Propriétés affermées 

Le 2 1 janvier 1644, un marché est conclu avec Lazare Trc- 
mullas(i), sculpteur de Perpignan, et Joseph Balasco, menuisier, 
pour faire le tabernacle ou sacrari du maître-autei. Ce tabernacle 
devra posséder six colonnes et avoir i"'75 de hauteur: a ab sis 
columnas : té de tenir dit sacrari set palms de alsada » (2). 

Trois mois après, un nouveau marché est passé avec Honoré 
Segasso, argenler, de Perpignan, pour « fer un creuhet de la crcu 
de plata, de pes de dotze o tretze onzes, de la matexa manera 
que es la^ que té fêta per la iglesia de Millas » (3). 

Les marguiliiers de Corneilla, désirant orner de plus en plus 
leur église, résolurent de faire sculpter un nouveau rétable. Le 
S mars 1648, une délibération du Conseil général du village 
désigne divers habitants qui quêteront pour ce rétable en cons- 
truction (4) 

D'autre part, en i65i, les terres de la Fabrique sont affer- 
mées à Pierre Cabestany, pages, pour quatorze charges de blé 
par an (5) — le i5 septembre 1662, elles sont affermées à Jean 

()) Lazare Tremullas, originaire de Villefranche-del-Panadès, cxccuia 
plusieurs travaux de sculpture en Roussillon. C'est lui qui s'engage, ic 
3o octobre 1643, à faire, pour la somme de trois mille livres, le retable du 
Rosaire du couvent des Dominicains de Perpignan. Depuis Ja Révolution, 
ce retable se trouve dans l'église de Saint-Jacques. 

(.2) Arch. des Pyr.-Or., G. 774. 

(3) Ibidem. 

(4) Ibidem, 

(5) Ibidem. 



— 119 — 

, Pcixo qui payera lo charges j picotin de blé et devra laisser la 
moitié des fourrages pour le fermier suivant (i). 

En 1657, Pierre Izarr? prend possession de la cure de Cor- 
ncilla. il exerce son minisTcre sacerdotal à la grande satisfac- ' 
tion des habitants, puisque, le 10 mai i663, Jes consuls et le 
batlle de Corneilla, Laurent Castallet, attestent qu'il a rempli 
pendant six ans les fonctions curiales « magno cum applausu 
omnium habilaulium )) (2). 

Le 19 avril 1664, Antoine Segabres, mercader de Perpignan, 
donne à la Fabrique la relique d'un os de sainre Agathe(3). Cette 
relique est reçue avec reconnaissance par la paroisse entière. 

YU. — Confrérie .lu J{osaire 

Le conseil générai des habitants demande que la confrérie du 
Rosaire soit érigée dans l'église paroissiale. L'érection de cette 
confrérie a lieu le 20 juillet 1664. 

11 fallait encore à cette confrérie une chapelle spéciale 'dans 
l'église. Le 2 janvier 1667, le même conseil général prend la 
résolution de construire une chaoelle du Rosaire. Mais où la 
construire? 11 n'y a qu'à prendre la petite rue qui se trouve enirr 
l'église et le poulailler qni appartenait autrefois à don Joseph de 
Blanes : com no y âge pari mes convenient pera cdijficar aquella que 
es pendrer lo carrera que es entre la dila iglesia y gallinera que anies 
era de don Joseph de 'Blanes {4). Dès lors, on décide l'acquisi^'on 
de ce terrain, et, peu de Temps après, la chapelle du Rosaire 'est 
construite. 

Joseph Castera donne aussitôt à la confrérie trois ayminates 
de terre. 

(Jl suivre.) Joseph Gibrat. 



i; Arch. des Pyr.-ûr., G. 774. 
(;) Ibidem. 
( 3) Ibidem. 

\4f) Voir ma brochure : Ilotes historiques sur la Confrérie du '/Rosaire en 
J^oussillon, p. 23. 



Truch y Trcs! 






Dins ia'trinxada 's joga un truch recargolat, 
Mentres fan ios canons horrible udoladiça. 
Entre dos espetechs, lo joch va ben filât, 
Corn si 's jogués d'En Just (i) .dessota la verdiça. 

De vi calent, per tots, sç jogucn un bolat, 
Que se '1 beuràn anit, ab tortell y sucissa. 
Bon tortell de Nadai 1 Amb aquell temps gelât, 
Si, faràn, bol en mans, alegra cantadiça ! 

Mes un resquill de boniba un jugador escau, 

Que cartes deixa anar, y tôt dient : « Truch ! » eau. 

Lo temps del conduhir y 's segueix la partida. 

Un dels marcayres cul! lo joch vermeil dcl mort, 
Arreu l'espia y crida, ab cop de puny ben fort : 
« Truch y trcs ! Ne rebrcu, minyons, una botida ! » 

Llui's Salvat. • 

(i) Nom d'un cafetista. 

Vient de paraître..» 

J'ai entre les mains le dernier livre de Charles Grande, 
E/ Clam T^oig. La brochure est élégante, sobre, et la couverture, 
avec ses lettres rouges, éclatant sur un fond discrètement jaune, 
est" d'un très joli effet. Par une délicate attention, l'auteur dédie 
son oeuvre à tous les Catalans qui ont lutté et qui sont tombes 
pour la défense du droit. Vient ensuite une préface d'Apelcs 
Mestres, le brillant poète barcelonais, ami personnel de notre 
compatriote, et... je me mets à lire l'ouvrage... Ma foi, quoique 
je sois parfois insensible au charme d'un mot que je ne com- 
prends pas très bien, E/ Clam T^oig m'a séduit, par sa forme, 



1 1 



par sa disposition et par une foule de détails, que je vais essayer 
uc vous dire. 

L'ouvrage est- divisé en quatre parties bien distinctes: Judicis 
(Jugement), 1res (Colères), Clams (Clameurs), Yots (Voeux). 
Scntez-vcus la gradation savante qui préside à l'élaboration de 
CCS diverses parties ? Voici d'abord « Vigileu » , le cri d'alarme, le 
tocsin, et le poète interpelle Guillaume et lui demande froidement 
compte de ses actes ; puis il s'exalte à ses propres paroles, et c'est 
frémissant devant le cynisme de son ennemi, qu'il lui lance son 
aiiathème a la face: « Tant que lo mon. sera mon... els-e seguirà 
un etern anatemal (Tant que le monde sera monde, un éternel ana- 
thcme les poursuivra). Et l'appel aux armes retentit ! Sus a l'envahis- 
seur, qu'un « bon cop de falç >) le repousse dans son antre !... Vient 
ensuite l'immanquable comparaison, devenue classique, entre 
Satan et le kaiser, et je passe à la troisième partie, qui constitue 
le réquisitoire, les pièces à conviction du dossier. Voici les trois 
rois détrônés qui viennent demander des comptes à l'eijipereur ; 
voici ies pauvres petits innocents qui simplement lui montrent 
leurs plaies sanglantes ; voici les mères qui pleurent, les pierres 
qui gémissent, les morts qui hurlent contre le chacal couronné. 
Puis le ton s'adoucit, s'apaise brusquement comme harassé. Le 
peuple, las de crier sa douleur et sa rage, s'arrête, et comme un 
naufragé, s'accrochant à la moindre épave, se prend à espérer et 
à. former dés vœux pour l'avenir. C'est alors des morceaux pleins 
d'une joyeuse .espérance, légèrement voilée de tristesse, au sou- 
venir des malheurs qui se sont abattus sur le pays. C'est le peu- 
ple qui iretourne à la terre reconquise; c'est le chant du renouveau ; 
c'est la grand'mère qui refoule ses larmes pour sourire à son 
petit-fils, le dernier représentant de la race ; c'est enfin la nation 
tout entière qui consacre, en des chants d'allégresse, l'affranchis- 
sement du droit et de la liberté... Et le chant se ..prolonge, 
parmi les bruits du travail repris, les cris de joie et les tintements 
des cloches victorieuses. 

Si nous examinons maintenant l'ouvrage au point de vue poé- 
tique, nous y remarquerons une grande diversité dans la forme. 
Tous les genres y sont employés. Parfois la poésie est légère, 
le vers coule facilement, harmonieusement. « El Renech » par 
exemple n'est qu'une vaste onomatopée : « Sinistrement l'aygua 



171 



rcliisca.... En lisant à haute voix, il semble perccvon- le .gc 
dapcis Je reau ; e, si vous prononce, lentement : <■ Y 1 vent mar, 
cuisca que guisca... ». vous entendrez parfaitement les roseaux 
frissonner et siffler sous la rafale. De la, vous tombez brusque- 
ment, sans transition, sur .les vers réguliers, com.me eeux a . El 
Fusill de Canya .., qui semblent avoir été faits pour être m,s en 
musique. L-au.eur a mime employé parfois des moyens ard.s 
oour obtenir des «effets... Lisez la fin de la .. Veu oe les Pe- 
j°es . . . V les pedres resten mudes... El poble es mort! . Le 
dernier ver; ne rime pas : il es, la comme un intrus ma,s comme 
un intrus qui s'impose par sa valeur, car il termine heureusement 
a strophe? par sa note énergique ef funèbre. Dans . Bon eop de 
Fa ..les Changements de cadence donnent au vers une allure 
cne;gique qui est une trouvaille de rythme. A-t-on remarque da s 
Cant macabre , ce vers de douze pieds qui vient, oans chaque 
strophe, compléter admirablement, par son -^'-'l'^^^^^JZ 
,ueur d-ampleur. d'immensité expnmee par le poète ? Dans cette 
;;me pièce une onomatopée parfaite : . Y resquit.la el clar cru - 
T- acls ossos topant els ossos ... De même, oans ««""--. 
ciô ., l'écrivain emploie un grand nombre de mots qu,. par leur 
ns^nnance métallique, rappeilent le son des cloches .et pur 
compléter l'illusion, il a soin de bien séparer les vers a h m,st, 
ch^de façon à marquer, a la lecture, la cadence de la cloche qu, 

sonne. Ce sont là des innovations à remarquer. 

sonne. ^ ^^^^^^ 3^,, du 

do!:i:rr ; p -- érd^alre, e, qui restera aUachee a l'histoire 
d R ussillon.'wous sommes certains qu'elle ser. très gotttee 
chez nous et en Catalogne, non seulement par les lettres, ma.s 
aussi par tous les amis et les partisans de notre France. 
^ / Georges Artus. 

Académie des Inscriptions el Selles-LeUres 

r^^^c l^.. nlus en vue pour l'attribution du 
Parmi les personnalités les plus en vu p n^u^.. 

^ ô l'Aradémie des Inscriptions et iielies 
«iiècre devenu vacant a 1 Acaaen^ic u^d r 

^ 1. ^W.^W de relever le nom de notre ancien 

Lettres, nous avons le plaisir de reieve Gironde 

1 \A Uviitaik archiviste de la vaironae, 
archiviste départemental, M. Bruta.is, arcnivis 

membre de l'Institut d'Estudis .Catalans depuis .9.5, 



La Revue Catalane au Canada 



Nous recevons de notre correspondant Canadien la poésie 
suivante, empreinte de tout l'enthousiasme vécu par notre colla- 
borateur E. Bonet, lors de la visitç du Maréchal J offre, à Mont- 
réal, le 1 3 mai dernier : 

Il csî venu ! 

Triomphe! Il est venu I Montréal l'a fêté 

Plus qu'on ne fête un prince au jour de sa naissance ; 

Montréal a montré sa générosité 

Pour le héros hors pair, le sauveur de la France I 

En son passage ici, Joffre a vu la gaieté 
Rayonner dans nos yeux remplis de confiance, 
11 a pu savourer une hospitalité 
Dont il conservera la douce souvenance. 

Si tu songes jamais, plus tard, à Montréal, 
Tu te rappelleras qu'on t'aime, ô Maréchal. 
Quand au « Ritz Carleton », acclamé par la foule, 

Tu promenais sur nous ton sourire si franc. 

Moi, je pensais là-bas, au pays Catalan, 

Où le raisin mûrit, près de la Tet qui coule !... 

E. Bonet. 
Montréal, i3 mai 1917. 

Congrès de la Fédéralion Ré^ioaalisîe Française 

En dépit des difficultés de tout ordre que présentait, à cette 
heure, l'organisation d'un congrès, la Fédération Régionaliste 
Française a cru de -"On devoir de mettre à l'étude, en 1917, Le 
T^cgionalisme et les leçons de la guerre. 

Durant cinq jours, du 29 mai au 2 juin, les diverses Commis- 
sions ont examiné un programme des plus intéressants. 

La T^evue Catalane était représentée par M. Jean Amade, 
agrégé de l'Université. 



/fn rj^ ,^\ cr^ 
Pour nos blessés 

Une grande tombola comportant 1 0.000 lots, certains très im- 
portants (automobiles, pianos, etc.), a été organisée à Barcelone, 
courant juin, en faveur de la Croix-Rouge des pays alliés. La 
recette a été considérable. 

Ârchcolo^le 

MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE 

Séance de la Section d'Archéologie (1) 

8 janvier 1917 

Présidence de M. Hkron de Villefosse 

M. Héron de Villefosse présente au Comité un fragment de 
statue de bronze doré, trouvé à Castel-Roussillon. Ce fragment, 
dont la belle dorure est encore intacte et n'a subi aucune altéra- 
tion, est offert au Musée du Louvre avec le petit bouclier égale- 
ment de bronze doré(2), et un objet en os orné d'une tète de 
Ménade, découverts dans les mêmes fouilles. Tous les débris 
estampillés de poterie rouge, des fabriques d'Arezzo ou de la 
Gaule, recueillis au même endroit, sont donnés au Musée de 
Saint-Germain. Ces libéralités ont pour auteur M. Henry Aragon, 
propriétaire du domaine où ont eu lieu les recherches de 
M. Thiers. 

Le Comité adresse à M. Henry Aragon l'expression des sen- 
timents de gratitude, que lui inspire sa générosité, si profitable 
aux études archéologiques, envers les Musées nationaux. 

Le Secrétaire de la Secîion d'JIrchéoloEte, 

Maurice Prou, 
Membre de l'Institut. 

(1) Extrait des procès verbaux, janvier 1917, du Bulletin archéologique 
du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. 

(2) Ce bouclier a éré reproduit dans le Bulletin archéologique, 1913, pi. x. 
Ces objets ont été offerts au Comité pour le remercier de l'importante sub- 
vention accordée pour les fouilles (12.000 fr.) : ces dons, aux termes d'un 
décret du 17 mars 1917, ont été acceptes par l'Etat pour les Musées natio- 
naux. (Lettre du Ministère de l'Instruction Publique, Sous-Secrétariat des 
Beaux-Arts, du 17 mars 1917.) 



■— 125 — 

' A la mémoire du poêle Mara^all 

Une plaque conimémorativc vient d'être placée sur la maison 
où mourut le grand Maragali. 

Cette plaqu'e porte l'inscription suivante: 

EL XX DESEMBRE MCMXl' 
" FINÀ EN AQUESTA CASA 
L'ALTISSIM POETA 
JOAN MARAGALL ] GORINA 

InsHtul d'EsIudis Catalans 

Dans sa séance solennelle du 3o mai 1917, l'iistitut d'Estudis 
Catalans de Barcelone a admis parmi ses membres trois célé- 
brités françaises : MM. Paul Painievé, savant mathématicien, 
Ministre de la Guerre actuel; Lucien Poincaré de l'.lnstitut, et ' 
H. Gauchat, éminent philologue. 

C'est au cours de cette même séance que notre Secrétaire 
Général, Ch. Grando, eut l'honneur de se voir décerner l'accessit 
du prix annuel de philologie. 

Clôture du Salon de Barcelone 

Cette clôture a eu lieu, le 8 juillet, en présence de M. DaJi- 
micr, Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Z.rts. A cette occasion 
ont été nommés chevaliers delà Légiojt d'honneur cinq éminents 
artistes catalans, amis enthousiastes de la France ; MM. Santiago 
Rusinol, Joseph Liimona, Juan Clara, José-Maria Sert, Ramon 
Casas. . 

Une conférence sur Fra Francesc Zximenis 

L'illustre écrivain j. Masse i TorrciUs, de i'Initiîur d'Estudis 
Catalans, vient de donner à Barcelone une très intéressante cor.- \ 
férence sur la vie et les travaux de Fra Eximenis,, évèque d'Elne 
vers la fin du XIV' siècle, dont plusieurs œuvres '(El Crestia, 
dont il n'est resté que les volumes ], 11, ]11 et Xll, ei Llibre 
dels Angels, el Llibre de les Dones, Scala Dci, "Vida de jesu- 
Crist, etc..) sont arrivées jusqu'à nous et constituent de magnifi- 
ques spécimens de la littérature catalane de la fin du moyen-àge. 

Le conférencier, M. J. Masse i Torrents, faisait partie, en 



— 1 20 

février 1916, de la délégation de trois membres qui représentait 
i'Jnstitut d'Estudis Catalans à la grande manifestation francophile 
de Perpignan. Les deux autres membres de l'Institut étaient: 
MM. Perc Coromines et Pompeu Fabra, président de la section 
de Philologie, fervents amis de la France. 

Nos hÔlcs 

Nous avons eu, les j et 2 juillet, le orand honneur de recevoir 
un vaillant ami de la France, M. le Docteur Sole i Pla, prési- 
dent de l'Union Catalaniste, membre de notre société, venu dans 
notre ville Dour réolcr certains détails de l'œuvre admirable dont 
il est l'àme, celle des Volontaires Catalans. 

M. le Docteur Sole i Pla nous a remis des spécimens de 
diverses cartes, publications, timbres spéciaux destinés aux volon- 
taires, exaltant la grandeur de la cause de justice et de Liberté 
que poursuivent les nations alliées. 

Il est reparti pour Barcelone à 14 heures, salué à la gare par 
le bureau de la Société d'Etudes Catalanes et diverses person- 
nalités. 

Fesîa d'infants i de Flors 

Le 17 juin dernier a eu lieu à Barcelone la grande fête annuelle 
de la jeunesse catalane. 

Un ouvrage destiné aux enfants a été édité à cette occasion. 
Nous y avons relevé avec joie des poèmes de deux auteurs rous- 
sillonnais, Joseph-Sébastien Pons et P. Bergue, de la Société 
d'Etudes Catalanes. 

Club de La Lyre 

Notre confrère la Lyre vient de se constituer en Club de la 
jeunesse catalane, pour le maintien de la tradition roussillonnaise 
et la culture de notre langue maternelle. 

Nous ne saurions trop féliciter nos jeunes amis. 

Corpus 

Au cours d'une fête donnée par l'Orfeo Gracienc (Barcelone), 

le 7 juin dernier (diada de Corpus), un magnifique choeur de notre 

collaborateur et ami, M. Alcàntara i Gusart, musique du maître 

Balcells, a obtenu un très vif succès, 

F. RioLs. 



De Grccia estant 

Zucoîica 

El sol diu a rcveuvc a sa rendida esposa, 

y pcl tebi conrcu el rerroç disjunyit 

es bada assedeaat als avres de la nir 

mentres que, rega endins, el soich rûstech reposa. 

Y- deixa veure, en sa barrera, l'horta enciosa, 
dins l'humida penombra el trebalj benehit : 
la verdosenca mata y l'arbre atapahit 
y l'inûrila flor que se tança olorosa. 

Aprop del magraner, a la ilinda assentat, 
sôssega '1 camperol ; y s'acosta '1 remat 
umplint l'espay seré de sa alegra mûsica. 

Amanyagat per l'hora y l'encfs ambient 

el soldat foraster romia somrient 

al Uoure de la gleba y de la pau bucôlica. 

Fr. Salvat. 
Grecia, 1917; 

Mh. ^k ^U iC^ iCIk ^k ^fek A^ illL jSh. ^t^ SW Alk. AK ^V atk Jt^ ^W ^k ^^k atk A\^ il^ 



^^C5)^ 



Associacio Protectora de l'Ensenyança Caîalaaa 

L'annuaire de 1916 nous apporte la preuve réelle du développement 
croissant de, l'étude de la langue catalane. Cette association qui de 1913 à 
1917 vient de passer de 100 à 800 membres constitue un exemple frappant. 

Abdique ( Daragon, éditeur, Paris.) 

M. Jean Hennessy, député de la Charente, vient "de nous adresser ce très 
intéressant opuscule, émouvant dialogue entre un soldat de la garde et le 
Kaiser sanguinaire. 



I 



— 1^8 — 

lustitut d'Ziudcs Méridionales 

Nous avons reçu le rapport de l'année i 91 5- i 91 ô qu'a bien voulu nous 
adresser M. Joseph Anglade, membre de la Société d'Etudes Catalanes, 
professeur de littérature méridionale à l'Université de Toulouse. Ce rapport 
mentionne l'attribution avec la mention bien du Diplôme Supérieur d'Etudes 
Méridionales à notre compatriote, M. l'abbé Fouché, professeur de lettres. 

]1 est rendu compte des travaux et conférences. Parmi ces dernières, il 
•convient de signaler une série de six conférences sur la langue provençale, 
données par les professeurs de l'Institut d'Etudes Méridionales à l'Jnstitut 
d'Estudis Catalans de Barcelone, devant dix-huit maîtres en philologie. 

Ôfrena (Corts Catalanes, 55o, Barcelona) 

Cette revue, complètement transformée, vient d'inaugurer la publication 
d'une série très intéressante d'articles et d'œuvres des meilleurs écrivains de 
la jeune école catalane. Parmi les collaborateurs roussillonnais figurent plu- 
sieurs membres de notre Société. 

jNous recommandons vivement la lecture d'Ofrena à tous "nos amis. 

Lluita 

L'ami Castanyé, l'un des plus fervents francophiles de Barcelone, nous 
adresse les pr-€miers numéros de Lluita, vaillant organe catalan anti-allemand. 
Nos bien vifs remerciements. 

En Route 

La revue parisienne En T(oule publie un brillant article de notre collabo- 
ratrice M"' d'Espie, de la Société d'Etudes Catalanes (en littérature Marie 
de la Hire). sur les cités dévastées, avec de très intéressantes illustrations 
prises sur le théâtre même de la guerre. 

La qucsHo de les aiguës de Lanos ■ 

(Barcelona, Imp. Elzeviriana de Borras, yVlestres i C") 

Dans cet ouvrage se trouve synthéti^sée l'importante question de droit qui 
a surgi à la suite du projet de dérivation dans l'Ariège des eaux catalanes 
du lac Pyrénéen de Lanos. 

Nous félicitons bien cordialement l'auteur, le D' Francesço Albô i Marti, 
pour ce précieux travail. ' 

Dictionnaire orthographique 

L'Jnstitut d'Estudis Catalans annonce dans son rapport annuel la publi- 
cation très prochaine d'un dictionnaire orthographique complet(40.ooo mots ). 

Fleurs de Route (poésies, par Ch. Bauby. Jmp. Cornet, Perpignan.) 

Poèmes de jeunesse remplis de promesses pour demain, d'une inspiration 
émue, d'une facture agréable malgré quelques faiblesses. Cette plaquette, 
qu'Emile Ripert a préfacée, contient quelques pièces bien venues, sur le 
Roussillon et la Provence. 

Le Gérant, COMET. — Imprimerie COMET, rue de la Poste, Perpignan 



ir Année N- 130 .' 15 AoÛH917 



Lt4 Manuscrits non inserti 
ic sont pas rendus. 



1? 



V. 



.'?^v 






Let Articles parus aans ia Revue 
n'cnçagent que leurs auteurs. 



Diàleg de 



u «_>> u >.. 



II 



Maria-Teresa d'Auslria. 

Ets ru? Mal redimontrcl 

jamai ve massa tard 

de la peste el rencontre. 

De viure has sigut fart? 

O si es, vell arrupiî, 

que "1 mon t'hagi escupit? 

Ton amo d'Alemanya, 
ta fe, ton dret, ta Jlei, 
no t'ha, amb tôt i sa manya, 
'trobat calque remei ? 
Vols dir que, amoïnat, 
metzines t'ha donat? 

Oi I Amb quanta malicia 
i folls renées, tantost 
escombrà de Galicia 
cl Rus a la teua host, 
Guillem, en rampell d'urc, 
t'imposa T'Hindenburg! 

No 't va doncs fervcrgonya 
. deure-li '1 salvament ? 



Ni quan, sus la Polonya 
rebatent-se al moment, 
en despit d'espetecs 
l'hagué amb quatre mossecs? 

Pobra fallada closcal 
Si 't plau o si no 't plau, 
l'Amo, amb uliada fosca, 
te réclama la c.lau. 
1 ara, Prussià brutal, 
soi mana ell en l'hostal. 

Desençà de Sadowa, 

data d'esclavitut, 

l'Austria no ha trct pell nova. 

Sa antiga magnitut 

n'ha fet ximple abandô 

al feresr domadô. 

Bé pots parlar de gloria, 
progenia dels Habsburg î 
No ets pus que vil escoria 
botant als peus del Turc. 
Mai, mai dévot de) Christ 
amb tais socis s'ha vist. 



1 



— .3o — 



Déu meu ! Pcr cap de colla 
te l'heretge Luther, 
i, alçanf « Mata! Degolla ! », 
Mahom per devanter. 
Bulgres, Hongres, Austriacs 
fan <ï S), S) u, beu manyacs. 

Prou guanya noble fama 
Christià régit aixi ! ■ 
Els pobles, tors en flama, 
trepitja, corn buîxi 
estaçant dônes, veils 
i nincrs, a gavelis. 

Mes el coil se li serra 
amb humiliant nus, 
mes fa corn si la guerra 
fôs sa obra. Trist ilûsl 
Si ets fort de lloms i mans, 
afanya 't pels Germans! 

Ton cos cansat doblega ! 
Vés fent, totxo vaiiet, 
la cavada i la sega ! 
Es per l'Amo l'esplet; 
tu hauràs, com gailardô, 
la palla amb el cardo. 

Dalt de tôt l'Alemanya I 
L'aligot dels dos becs 
amb qui ho vol fa companya ; 
mes vetlla, els ulls rebecs, 
urpa a punt, su '1 pobret 
que pidola son Dret. 

Ogre, tigre, o dimoni, 
ja sabra compartî, 
tant aviat l'hora soni, 
el cobejafboti : 



les carns pendra '1 golos, 
i cIs altres tindran l'os. 

Francesc-Joscp, es broma 

o veritat.açô? 

Uix! Cal que faci a un home 

jo, dona, la lliço ! 

L'angoixa no 't confon 

de ta avia ? Doncs respon ! 

IFrancesc-Josep. 

No crideu tant 1 Ja ho sento... 
Prô 'm faig un poc.vellet. 
A pas.seig, si no 'm sento, 
em dol el cervellet... 
No deieu de i'hostal? ' 
Que va mal ? Mai ; o i îal I 

Mesos ha que ni 'm deixen 
la nit aclucar l'ull. 
De soldats que parteixen, 
Jésus I quin batibull ! 
Hom no sab com hom viu. 
No fan la guerra, diu? 

De quan en quan recados 

envîa el bon amie 

Guillem. Té tants enfadosî... 

Ara jo mai escric. 

Tôt esta pla apuntat; 

marxa a ditxes l'Estar. 

Quin home el rei de Prussa I 

Jo i son avi, un feix d'anys 

hi ha, vam fer batuça. 

Vaig perdre. Amb tôt, companys 

quedàrem mes que mai. 

El vej] Guillem, bonjail 



W Année. N' 130 I5 Août 1917 

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Manuscrits non inscres 
le sont pas rendu». 



REVUE 

Lrs Articles parus aans ia Revue K ^^ I X^L I X^k 1^^ W^ 

n'engagent que leurs auteurs. 



Diàleg dels Morts 



L 



Maria-Teresa d' A us tria. 

Ets tu? Mal redimontre! 
Jamai ve massa tard 
de la peste el rencontre. 
De viure has sigut fart? 
O si es, vell arrupit, 
que 1 mon t'hagi escupit? 

Ton amo d'Alemanya, 
ta fe, ton dret, ta llei, 
no t'ha, amb tôt i sa manya, 
trobat calque remei ? 
Vols dir que, amoïnat, 
metzines tha donat? 

Oi ! Amb quanta malicia 
i folls renées, tantost 
escombrà de Galicia 
el Rus a la teua host, 
Guillem, en rampell d'urc, 
t'imposa i'Hindenburg! 

No 't va doncs fer vergonya 
deure-li '1 salvament ? 



II 




Ni quan, sus la Polonya 
rebatent-se al moment, 
en despit d'espetecs 
l'hagué amb quatre mossecs? 

Pobra fallada closca! 
Si 't plau o si no 't plau, 
l'Amo, amb ullada fosca, 
te réclama la clau. 
1 ara, Prussià brutal, 
sol mana ell en l'hostal. 

Desençà de Sadowa, 

data d'esclavitut, 

l'Austria no ha tret pell nova. 

Sa antiga magnitut 

n'ha fet ximple abandô 

al ferest domadô. 

Bé pots parlar de gloria, 
progenia dels Habsburg! 
No ets pus que vil escoria 
botant als peus del Turc. 
Mai, mai dévot del Christ 
amb tais socis s'ha vist. 



3o — 



Déu meu ! Per cap de colla 
té l'heretge Luther, 
i, alçant a Mata! Degolla! », 
Mahom per devanter. 
Bulgres, Hongres, Austriacs 
fan « si, si », beii manyacs. 

Prou guanya noble fama 
Christià régit aixi ! 
Els pobles, tots en flama, 
trepitja, com butxi 
estaçant dônes, vells 
i ninets, a gavells. 

Mes el coil se li serra 
amb humiliant nus, 
mes fa com si la guerra 
fôs sa obra. Trist ilûs! 
Si ets fort de Uoms i mans, 
afanya 't pels Germans! 

Ton côs cansat doblega ! 
Vés fent, totxo vailet, 
la cavada i la sega ! 
Es per l'Amo l'esplet ; 
tu hauràs, com gallardô, 
la palla amb el cardô. 

Dalt de tôt l'Alemanya ! 
L'aligot dels dos becs 
amb qui ho vol fa companya ; 
mes vetlla, els ulls rebecs, 
urpa a punt, su '1 pobret 
que pidola son Dret. 

Ogre, tigre, o dimoni, 
ja sabra compartî, 
tant aviat l'hora soni, 
el cobejat botî : 



les carns pendra '1 golôs, 
i els a'itres tindran l'ôs. 

Francesc-Josep, es broma 

o veritat açô? 

Uix! Cal que faci a un home 

jo, dôna, la lliço 1 

L'angoixa no 't confon 

de ta avia ? Doncs respon ! 

Trancesc-]osep. 

No crideu tant 1 Ja ho sento... 
Prô 'm faig un poc vellet. 
A passeig, si no 'm sento, 
em dol el cervellet... 
No deieu de l'hostal? 
Que va mal ? Mal ; o i tal ! 

Mesos ha que ni 'm deixen 
la nit aclucar l'ull. 
De soldats que parteixen, 
Jesùs! quin batibuU 1 
Hom no sab com hom viu. 
No fan la guerra, diu ? 

De quan en quan recados 

envia el bon apiic 

Guiilem. Té tants enfados!,.. 

Ara jo mai escric. 

Tôt esta pla apuntat; 

marxa a ditxes l'Estat. 

Quin home el rei de Prussa ! 

Jo i son avi, un feix d'anys 

hi ha, vam fer batuça. 

Vaig perdre. Amb tôt, companys 

quedàrem mes que mai. 

El vell Guiilem, bonjai! 



— i3. — 



Bismarck també mal home! 
Es mort ; Déu li perdô ! 
Volgué pactar amb Roma. 
Jo, '1 Victors, Déu ni dô! 
Amb tota bona fe, 
d'amies costa-ns de fê... 

] es alegra l'estancia 
aquesta ? Els aires, sans? 
També 'm dôna un poc ansia 
la tertulia dels Sants. 
Corn va que en Hoc en veig 
de Sants ? No fan barreig ?... 

Vaia! Passeu-la bona ! 
vull mirar si seràn 
perquî els fills i la dôna. 
] '1 meu nebot Ferràn ? 
Ane xerrin que s6c sord, 
oï a dir que es mort. 

El Ferràn, mala plaga ; 

sorrut ; volunterôs. 

Mes al Cel tôt s'apaga. 

Igual, jo, rancoros 

no ho sôc. Doncs: « Femlapau! » 

Salut, i adeusiau ! 

L'arxiduc "Ferràn. 

Jo no sôc el que busca 
les paus. Lluny del régnât 
he volgut vida llusca. 
Mes que rei ni magnat, 
amb cor per mi bâtent 
hagués passât content. 

Perô, ma petja obscura, 
la segui l'assassi... 



Doncs, quin diable ens procur» 

vostre presencia acî ? 

Es la vellô o '1 coltell 

que us ha hagut, mala pell ? 

Prou trobà el regicida 

a la mare i a l'hereu. 

Vos, res... Bah! quina vida! 

Quedar-se al mon, poc preu, 

tôt comptât, pot valer, 

si no 's té pus daler, 

Com trémola guspira 
sempre a punt d'esvaïr, 
el vellot sols respira 
per a manja i païr ; 
mentre '1 règne, sens braç 
ni cap, va a mal borraç... 

Jo també somniava 
lluitar prop dels Germans. 
Prô en ells no confiava. 
Jo hagués, lliure de mans, 
seguint retort cami, 
fent no per ells, per mi. 

Ens ensenya l'historia 
!o que 's treu d'un amie. 
De Bismarck tinc memoria, 
anc mes de Metternich. 
No es suprema virtut 
que guanyi al fort l'astut ? 

Mes ho ha dit lAvia magna : 
« Per l'Austria esta conclôs : 
« vassalla. » Ai ! Com li sagna 
el cor de set dolôs, 
vcgent que trebaHem 
sols pel Prussià Guillem? 



— i3a — 



1 a mi ?... Encara a Déu plagui Tôt caigui, 's fongui, esclati, 
que 's cumpleixi el seu vot ! prô, a tôt preu, cal desfer 



Potser que qiialqii pagui 
fins a naltres i tôt... 
Mes si vé la dissort, 
qui pagarà? El consort... 

Ja de nou ens apreta 
el Rus. Antany espert 
a fer sàbia retreta 
deixant pais désert, 
ara 's torna, i, valent, 
fereix a cop calent. 

Si fosqueja avui-dîa, 
que sera el cel demà? 
Puix als que '1 cor odia 
cal pareixe estima, 
seguim batallant junts, 
apilant morts a munts. 

Novembre 1916. 



l'enemic. Primé 'ns mati 
el llamp de Llucifer, 
si cal veure invençuts 
Francés i Inglés toçuts ! 

Sobretot l'aborrerta 
raça de l'altiu Gall ! 
La llengua se 'm fés erta, 
la veu, amb sec rogall, 
al canyô se 'm glacés, 
per maleï al Francés 

• 
ànim sobrer tindrîa. 

D'un cop, malaverany ! 

xafar-los tots voldria... 

Que bleixeu, cap-cigrany ? 

Aixô no compreneu ? 

Aneu al llit ! AneUvl 

Pau Berga, 



Flors de Sang 



Jo era el cantayre de la Pau, 
de la bellesa y l'armonia, 

a écrit le poète dans le magnifique preludi qu'il donne à son 
récent ouvrage. 

Apeles Mestres a chanté, en effet, en de merveilleux poèmes, 
la paix et le travail, et l'harmonie touchante de la nature a fait 
vibrer sa lyre d'accents sublimes : Id'tlis, Canîs Inlims, Odes Serenes, 
Abril, Margaridô, Gaziel, Poèmes de Jfiar, Poèmes de Terra, Poèmes 
d'Amor, etc., pour ne citer que les meilleurs. Dans ces poèmes, 
l'auteur del F/ors de Sang a toujours été le chantre inspiré de la 
fraternité. L 



- i33 — 

Que l'on ne s'étonne point si nous considérons l'œuvre d'au- 
jourd'hui non comme un livre de guerre, se distinguant des pré- 
cédents par sa note belliqueuse, mais comme un livre pacifiste 
continuant l'œuvre de fraternité, d'harmonie et de beauté de 
l'illustre écrivain. L'on ne peut pas dire que l'auteur de Tlors de 
Sang, en stigmatisant le crime allemand, en soulignant l'horreur 
de la guerre actuelle et l'infamie de ceux qui l'ont provoquée, 
ait voulu exciter des passions ; l'on doit reconnaître, au contraire, 
qu'Apeles Mestres a merveilleusement réussi à flétrir dans ses 
poèmes tout ce que la guerre actuelle a d'odieux, depuis la lâche 
agression longuement préméditée des empires centraux jusqu'aux 
procédés barbares de destruction imposés à la Civilisation par la 
soif de conquêtes ou de sang des despotes. 

La conclusion de IFlors de Sang (voir Oda Iràgica) ne prête à 

aucun doute : 

Benhaurat entre tots sera aquell dia 

en que si un ambiciôs li crida al poble : 

« Sus, a mata y morir ! Sus, a la gucrra ! » 

el poble respondrà : « La guerra es morta, 

la raça de Cain es ja extingida. 

Visca la Humanitat ! Visca la Vida ! » 

Nous ne nous attarderons pas à analyser dans ses détails cet 
admirable recueil de poèmes. Nous ne pourrions qu'amoindrir la 
valeur d'une conception dont nous osons à peine effleurer le» 
bases. Toutefois, qu'il nous soit permis d'en énumérer les princi- 
pales beautés. Voici des pièces ironiques d'un piquant effet : "La 
Pau, JSova Sembra, Tïimne de boig (i). Les poèmes qui suivent, 
L'Orfaneta (a), El rey jove (3), CuHura moderna, Elegia (4) pleurent 
tous les malheurs de la Belgique. Et le poète ne se lasse pas de 
maudire le Kaiser et son entourage. Notons également T^adal a 
la Trinxera (5), le célèbre TVo passareu (6), Obsessià (7), 'La Mort de 
ta Jdea : 

(i) 7{ev. Cat., t. IX, p. 1 5o. 
(î) 1{ev. Cat., t. IX, p. 77. 

(3) 7{ev. Cat., t. ix, p. 129. 

(4) T^ev. Cat., t. jx, p. 173. 

(5) T{ev. Cat., t. ix, p. 193. 

(6) T^ev. Cat., t. x, p, 69. 

(y) Publiée par la J{ev. Cat., t. x, p. 8i, sous le titre original « Sang » 
et avec une intéressante variante. 



- .34 - 

Avuy, al caure atravessat el crani 
per un esquitx de plom, 
l qui podrà dir quantes idées fugen 
per 'quel! forât sangnés ! 

L'home remplaça al home, l'arma a l'arma 
l perè y la Idea ?... Oh no ! 
per tan gran crim Déu vos perdoni. Césars, 
jà que l'Home no pot. 

La rahâ dels Sense-cor, L'Aliga negra, La Pairulla, J\on-tion (i), 
Analema (2), La Marsellesa (3), En la mort de VEnrich Granados, 
que nous donnons ci-après, sont des pages d'une réelle valeur 
poétique. 

En la mort de TEnrich Granados (4) 

Per guardar tôt ensemps ab tes despulles 

ta inspiraciô, tos ideals, ta gloria, 

calia una gran tomba ; 

y aqueixa tomba, el monstre de la guerra 

— justicier, malgrat ell — te l'ha donada. 

Dorm en pau, alla al fons, alla hont no torben 

Us lluytes homicides 

la santa pau dels morts ! La tomba es fonda 

y es ampla y es sagrada ; 

l'onada alçant-se es el fosser que l'obre ; 

la Uosa que la clou, una altra onada. 

Quan de nit les estrelles, 
eixint del mar com notes Uuminoses, 
se desgranin pel cel y magnifiquin 
la immensitat del firmament, llavores 
ens semblaràn excelses mélodies 
sepultades ab tu, que al cel envies. 

Y per damunt del passatger estrèpit 

d'aqueix gran crim que anomenem « la guerra », 

tes derreres cançons, fêtes estrelles, 

ressonaràn eternament mes belles 

en el concert de la bellesa eterna. 

(1) T^ev. Cat., t. ix, p. 121. 

(2) Voir Coq Catalan du 1 i aojit 1917. 
(3j T{ev. Cat., t, xi, p. 111. 

(4) Célèbre compositeur catalan, victime de la piraterie boche (torpillage 
du Suisex, 24 mars 1916). 



— i35 — 

Il y a là des richesses d'expression, des trouvailles de rythme, 
des inflexions et des accords, des images qui sont de vraies 
merveilles. 

Dans toutes les oeuvres d'Apeles Mesires, l'on devine l'artiste 
peintre ; quelle expression, quel coloris, quelle netteté dans les 
images ! Certaines ont la concision d'un adroit coup de pinceau : 

Çà y enllà un cavall damunt la neu fa taca 
y la negror d'un corb fa taca damunt d'ell. 

Et voici de curieux effets, fruits d'une observation savante : 

Jà s'ôu gran remor 
de portes que s'obren, 
una, dues, très, 
^ fins a obrirse totes... 

Cette œuvre, à la fois patriotique et pacifiste, d'Apeles Mes- 
trcs, oeuvre qui n'est point terminée puisque l'auteur nous annonce 
la publication très prochaine du poème Atila {i), vient dignement 
couronner sa brillante carrière littéraire et ajouter un nouveau 
fleuron à la gloire déjà grande de l'illustre maître. 

L'auteur de Tlors de Sang est, non seulement l'un des meilleurs 

poètes contemporains, mais aussi l'un des plus estimés et, certes, 

nous ne l'en admirons que davantage, et comme homme et comme 

génie. 

Charles Grando. 

(i) Voir extrait inédit à'Atila, T^tv. Cat., t. x, p. «41. 

Mort d'En Prat de la Riba 

Ven de morir, a l'edat de 47 anys, una de les figures les mes 
ilustres de Catalunya, el mestre Prat de la Riba, président de ia 
Mancomunitat i de la Dipuiaciô, i home politic eminent. 

Nos associem al dolor dels nostres germans de rassa per tin 
irréparable perdua. 



o^ 



Desvari 



L'amor se cotxa en ta falda, 
La nit fosca en tos cabells, 
Tos Uabis semblen clavells, 
Ton mirar la llum de l'alba. 

Com poncella que floreix. 
Ta boca vermella embaume, 
Tu est la nymfa i jo '1 faune, 
El faune qu^ 't persegueix. 

Quan per la vall te passeges, 
Quan vas trestejant per l'hort. 
Me senti neixer 'n el cor 
Un clap de folles enveges. 



Quan amb raons me gronxoles, 
Quan tu m'embriagues de fum, 
Me sembla senti '1 perfum 
De vergonyoses violes. 

Com una flauta encantada 
Com los passos sus la molça, 
Voldria que ta veu dolça 
Digues un conte de fada. 

Mes pensades amorose» 
Elles totes son per tu ; 
Com voldria en un petô 
Veure nostres animes foses 1 

P. Francis. 



Impressions de Collioure 

Réflexions sur le Félibrige en Roussillon 



(SUITE) 



Ces méditations sur Collioure et le Roussillon, ville et pays 
longtemps espagnols, trait-d'union naturel entre le Languedoc et 
la Catalogne, devaient nous préparer à rencontrer sans étonne- 
ment dans la littérature catalane et dans le félibrige roussillonnais 
le sentiment d'une parenté séculaire, d'une communion assez 
étendue de langage et d'idées, gage précieux d'union entre deux 
provinces, entre deux nations sœurs. Mf,ttre en lumière ce der- 
nier « signe de famille », cultiver ces anciens germes dans un 
terrain préparé de longue date, les faire épanouir en une gerbe 
d'aspirations fraternelles, telle doit être, en deçà comme au delà 



- .3; - 

des Pyrénées, la tâche des esprits généreux, des associations et 
des groupements, conscients des nécessités de demain et des 
répercussions d'une a propagande » loyale et bien entendue, 
d'une « pénétration » réciproque, sur les intérêts matériels et 
moraux des deux nations. 

Dès la première heure de sa Renaissance, au xix' siècle, la 
littérature catalane — d'Espagne — avec un sentiment très net de 
ses origines, s'est rattachée à l'ancienne littérature des trouba- 
dours, en langue « limousine ». La langue d'à (j) comptait autre- 
fois les mêmes dialectes principaux qu'aujourd'hui, moins 
divergents parce qu'ils étaient soumis à l'influence prédominante 
de l'un d'entre eux. Illustré par les premiers et les plus grands 
troubadours, le dialecte limousin était devenu la langue littéraire 
commune à tout le Midi, et, par delà les frontières françaises 
actuelles, à l'Italie du Nord, à l'Espagne et au Portugal, jus- 
qu'aux premières tentatives de littératures nationales distinctes. 
Voilà pourquoi, de Barcelone à Valence, du Llobregat aux Ba- 
léares, l'appellation de langue limousine [llengua lemosina) s'appli- 
que encore au catalan, au valencien, au majorquin, héritiers de 
l'ancienne langue ; elle est devenue le mot de ralliement des 
poètes. 

Ecoutez le célèbre « Adieu, montagnes » ^deusiau, Turons, du 
précurseur Aribau, « premier écho de la Muse moderne en Cata- 
logne » : « En limousin résonna mon premier vagissement — quand 
je buvais le doux lait du sein maternel... Si,^ quand je me trouve 
seul, je parle avec mon esprit — je lui parle en limousin, car il 
n'entend point d'autre langue ». — Ou encore le poète valencien 
Llorente : « Amis, frères, la pairie limousine - partout renaît î 
l'églantine de notre gai savoir jette ses pousses. — Joignons-nous 
à l'armée déjà couronnée de lauriers — formons, Valenciens, une 
troupe — qui jamais ne soit défaite. 

L'activité de cette c troupe » poétique, formée des trois pléia- 
des catalane, valencienne et majorquine, avait commencé en iSSg, 
avec Rubio y Ors : vingt ans après, elle aboutit à une première 
consécration publique et solennelle de la langue rénovée. En 



( I ) Oc est devenu 6 (Midi) ; oil est devenu oui (Nord) ; dites langue d'à 
et langue d'où» et non plus langues d'oc et d'oiV. 



~ i38 — 

j859, à Barcelone, étaient rétablis les «Jeux floraux» fondés 
en 1393 par Jean 1" d'Aragon. La même année, de l'autre côté 
des Pyrénées, éclatante d'immortelle jeunesse, apparaissait 
Mirèio. C'était le fruit du rajeunissement parallèle et indépendant 
d'un autre rameau de l'ancienne langue limousine, de la persis- 
tante langue d'à. On sait quelles relations amicales s'établirent 
entre les poètes de Catalogne et les félibres méridionaux. Un 
fait suffira à les symboliser. En 1868, Mistral figurait aux Jeux 
floraux de Barcelone. Un des lauréats lui fut présenté comme la 
gloire à venir de la Catalogne. C'était Jacinto Verdaguer, le 
futur auteur de V Atlantide (1877) et du Canigo (1886), portant la 
barretina de l'étudiant (1). 

Je n'ai pas à dire dans le détail comment les félibres du Rous- 
sillon ont suivi pour leur part le conseil de Mistral ; « Des Alpes 
aux Pyrénées et la main dans la main, — poètes, relevons donc 
le vieux parler roman ! » (2). Qu'ils aient les yeux tournés vers 
le pays d'ô et la Provence ou, plus souvent encore, vers la Cata- 
logne, dont le dialecte — notamment à Collioure — frappe leur 
oreille de sonorités à peine distinctes de celles du leur propre, 
dont l'activité intellectuelle, par les livres et par la presse, est si 
féconde, ils accomplissent toujours la même tâche. Leur régiona- 
lisme littéraire n'est pas moins bienfaisant. N'ont-ils pas une 
dette particulière à payer au plus grand des poètes catalans! 11 
est devenu le premier de leurs « classiques », en chantant la mon- 
taorne nationale du Roussillon. Un bon félibre Roussillonnais 
peut-il lever les yeux vers le Canigou sans rendre en lui-même 
hommage aux gracieuses et grandioses imaginations de Verdaguer ? 
Allez à Perpignan : vous y verrez, dans les belles « Allées 
des Platanes », une œuvre charmante et forte du sculpteur Sudre. 
Un pâtre roussillonnais, en costume traditionnel — béret, boléro, 
culotte courte et espadrilles haut lacées — s'y accompagne sur la 
guitare : il chante la gloire du Canigou. Sur les pentes, derrière 

(j) Tire, ainsi que les citations précédentes, de la remarquable étude sur 
la T^euaissance de la Poésie ccitahne placée par Albert Savine en tête de son 
édition, avec traduction française, de YJltlanlide, Paris, Alb. Savine, 1887. 

(2 ) Sirvenle aux Poètes catalans, 1 Zdi, dans Mistral, lis Jsclo d'Or, Avignon, 
187D, p. 72. — Sur les poètes roussillonnais. voir Jean Amade, Anthologie 
catalane, 1" série, Perpignan, Imprimerie Catalane. 



-.39- 

les ramures, apparaissent, vaporeuses et légères, les fées de ces 
«montagnes fortunées». Elles écoutent, ravies, l'hymne sacré 
du Roussillon. On dirait le cœur des Fées [chor de gojes) venant 
bercer, de leurs incantations, le jeune héros Gentil, du poème 
de Verdaguer, et l'enivrer du rêve candide des sommets. Par un 
autre symbole, on pourrait y voir la Muse de Catalogne, entou- 
rée des autres Muses méridionales, favorisant de sa présence 
l'inspiration du poète local. 

Feuilletez le petit livre que M. Louis Pastre a consacré à 
une heureuse tentative d'enseignement, aux écoliers, du français 
par le catalan (i) vous y trouverez un cours très simple mais très 
précis de grammaire catalane, encadré entre deux séries parallèles 
de morceaux en vers et en prose, empruntés aux écrivains récents 
des deux côtés des Pyrénées. La facilité avec laquelle vous pas- 
serez de l'une à l'autre nuance du dialecte — pour aboutir à 
quelques pages puisées aux sources anciennes de la langue — vous 
montrera quel trésor intellectuel pourrait s'offrir, avec peu d'ef- 
fort, à la curiosité des lecteurs et étudiants méridionaux. 

Ne doit-on pas, après cela, souhaiter que les félibres d'en 
deçà, guidés par leur illustre majorai, J. Bonafont, âme de la 
Renaissance roussillonnaise, prennent une conscience de plus en 
plus nette de leurs affinités avec la Catalogne d'outre-mont, que 
leur vision embrasse l'ample étendue de la « terre » et qu'un jour 
prochain, faisant écho à Verdaguer, quelqu'un d'entre eux peigne 
en son œuvre toute la « Catalogne » et nous donne peut-être une 
nouvelle « Mireille » ? L'image de cette œuvre semble déjà hanter 
les rêves des plus récents. A travers « les Heures qui passent » 
du délicat et pensif poète P. Francis, elle a son heure réservée, 
«la douce Catalogne, couronnée de rose — dame à l'allure sou- 
ple, à la parole suave, — vierge infiniment pure sous le grand 
ciel bleu ». 

Catalunya la dolça ab corona de rosa, 
Dona d'anar ritmic, d'idioma suau, 
Verge purissima sota del gran cel blau. 

(i) Louis Pastre, instituteur à Perpignan, Le "Français enseigné par les 
exercices de traduction de textes catalans aux enfants de <) à i 5 ans, Perpignan, 
chez l'auteur. — Du même : Le sous-dialecte 'Bas-Languedocien de Clermont- 
l'ftérault, Perpignan, Imprimerie]. Comet, >9i3, 



— 140 — 

Cependant le moment présent n'est guère favorable à l'éclo- 
sion des poèmes de la Paix. Elle reviendra un jour « la Paix, la 
douce Paix, la reine souveraine — elle étendra son baume sur 
notre cœur blessé. » (j) Tandis que les Catalans, unis à leurs 
frères des autres provinces, maîtrisent les assauts de la' Bête, 
usent ses griffes et brisent ses crocs, avant de l'abattre, qu'ils 
écoutent plutôt la « malédiction » el Clam 7{oig du poète Charles 
Grando. Elle versera, en leurs cœurs, s'il en était besoin, un 
nouveau flot de sainte, fureur. 

La lecture des éloquents poèmes détachés les premiers de 
cette œuvre pour la J{evue Catalane (2) et, peu après, un entretien 
où le jeune poète nous en disait la genèse spontanée, et quelle 
suite de fresques désolées et vengeresses il avait voulu peindre, 
évoquait en notre esprit le souvenir des immortels « Tragiques» 
de d'Aubigné. Qu'il puisse y avoir lieu à un tel rapprochement, 
n'est-ce pas déjà une belle récompense de l'audace du poète et 
de l'autorité avec laquelle il manie une langue nerveuse, âpre et 
cinglante ? 

Le maître écrivain Apeles Mestres a envoyé, de Barcelone, 
son suffrage à l'œuvre nouvelle. 11 faut sourire, après cela, de 
certaine polémique, à propos d'un prix de 3oo pessetes que 
Ch. Grando vient d'obtenir, de VJnsHtut d'Esludis Catalans de 
Barcelone, pour une Etude manuscrite sur le dialecte de Perpi- 
gnan et de la plaine du Roussillon. Y eût-il quelques germano- 
philes égarés parmi les membres de Va Institut » — et c'est un 
peu notre faute qu'il faille aller étudier nos origines et «05 dialec- 
tes dans les Universités allemandes ! — il conviendrait de les 
remercier d'encourager un poète français dont le patriotisme est 
aussi éclatant. Félicitons M. Grando d'étudier de près, avec une 
méthode précise et une heureuse patience, les ressources de son 
dialecte. 11 imite en cela le grand Mistral. 

Si, par aventure, vous assistez à une fête « catalane » à Perpi- 
gnan, comme j'en ai eu le plaisir lors de la dernière sainte Estelle 

V 

( I ) P. Francis, Les flores que passen {Cat'Aunya ; Benvinguda), Perpignan, 
Imprimerie Catalane, 1917. 

ii)La Yeu de les Pedres (La Voix des Pierres), Canl macabre, dans le 
n* du i5 mai t^\y de la 7{evue Catalane, organe de la Société d'Etudes 
Catalanes. Perpignan. 



— 141 — 

(2o mai 1907), ne manquez pas de pousser jusqu'à Rivesaltes. 
Deux heures vous suffiront pour voir la maison natale de « notre 
Joffre ». Paisible et modeste, en la rue banale et étroite, elle 
semble ignorer l'importance qui lui est échue tout-à-coup. Elle 
n'est que l'une des nombreuses demeures provinciales où s'est 
élaboré lentement le « miracle » de nos vertus foncières et solides. 
Dans la chambre où le futur vainqueur de la Marne vint au 
monde, il n'y a absolument rien qui mérite l'attention, sauf cette 
simplicité même. Au surplus, qu'y chercheriez-vous ? La secrète 
pensée du maréchal se formant obscurément ? la source première 
de son héroïsme?... Tous les jours, à Collioure, nous passons 
devant une image familière, « un homme de guerre » — Joffre — 
assis à son bureau, relève sa tête, tout à l'heure penchée sur 
une carte. 11 vient de prendre quelque décision suprême. 11 sem- 
ble solliciter une adhésion sans réserve : chaque fois, l'aspect de 
cette physionomie nous émeut. Est-ce l'ascendant de son regard 
droit, de son front grave, de la bonté mâle peinte sur ses traits? 
N'est-ce pas aussi l'inscription en pure langue catalane? Elle a 
été évidemment choisie par quelqu'un qui ne fait rien sans des- 
sein, pour dire à tous d'où il est venu — de son cher Roussillon 
natal — ce qu'il a dessein de faire, et comment l'antique parler 
de la race soutient, à l'heure décisive, une mise au service d'un 
commun idéal : « Aux armes, tous, jusqu'à tuer la guerre » 
Amunt les armes, fins matar la guerra (1) ! 

René Lavaud, 
Agrégé des Lettres. 
(1 ) Ange! Guimera. 

o^'»,^, ^>4, ctg-ïsi, (g-^si, ^>i ^-^^i, :{8>^ ctg-î-i, ttg-^i, ^{g'^^ !^'>i. c(g'>^ c(§'>i c^^ 

PHILOLOGIE 

Essai.de Grammaire historique de la Langue Catalane (J^uscino, n° 7) 

Nous donnerons dans notre prochain numéro une analyse 
succincte de la première partie de cette œuvre de notre éminent 
compatriote, M. l'abbé Fouché. 



'y ^ ^y y» ^ 



DOCUMENTS HISTORIQUES 

sur la Ville de Perpignan 

«*^^^ (SUITE) 

En ) 340 (le 3o mai), les consuls de Perpignan ordonnèrent la 
reconstruction du porche [porlicum) ou passage couvert, voisin de 
la l^oge dels T^ichs Jiomens {Logam Procerum), entre les ateliers des 
draperies et le marché ou place de La Vella qui devra être fermé 
« versus plateam ûivitum et eorum Logam et versus plateam Boeriae » 
et éclairé la nuit par une lanterne (1). Ce porche devait être 
démoli complètement jusqu'à la maison de Pierre Garrigue, 
ancien mercader de Perpignan, et rebâti avec des poutres en bois, 
lequel serait cuberîa de fulla bona. La hauteur du porche [porticus 
de pta) aurait, du côté des ateliers (ouvroirs), vingt-trois pans et du 
côté des boutiques de la pella, vingt-trois pans également. Mais 
une contestation s'était élevée entre les drapiers Pierre et Raymond 
Laurador frères, Jean Gibert et Raymond de Peralba, posses- 
seurs d'ateliers sous ce porche, qui invoquaient la prescription 
trentenaire (2) et s opposaient, de ce fait, à la démolition de cet 
édifice, tandis que les consuls Pierre Grimald, Bernard Aybrr, 
Guilhem Adalbert, Pierre Pastor et Vincent d'Arria (Ria), dans 
l'intérêt de la ville, soutenaient que le porche était trop bas (3), 
et demandaient aux arbitres Guilhem Adalbert, bourgeois, bayle 
de Perpignan, Bernard Pin et Jean Gil, de faire abattre cet 
immeuble construit contrairement à tous les règlements, et qui, 
la nuit, pouvait être la cause de nombreux accidents (4). D'un 
commun accord, on conclut à la démolition complète du porche. 

( 1 ) En tête de la sentence arbitrale, le document porte : Caria del porxe 
dels obradors davant la pella, e una lallesa qui deu cremar de nil, e son-hi tenguls 
les obradors, aixi com se conte en aquesta sentencia. Suit le document en latin 
que je vais résumer sommairement. (Arch. comm., AA. 3.) 

( î) Triginla anni elapsi et plus. (Ibidem.) 

{ 3 » Dicti cunsules asserebant quod dictus porticus erat nimis bas» 

(4) Cum de nocte passent muîta pencula emineri hominibus per dictum porlicum 
denocle meantibus. 



- .43 - 

L'acte fut passé le 3o mars 1346 pardevant Antoine CoIIioure 
(Coquiliberi), notaire, en présence des témoins Bernard Olibe, 
docteur ès-lois, Antoine Agusti, recteur de Canet, Pierre Pastor, 
scribe, et Pierre de Pirra, mandataire du notaire public, qui a 
apposé son seing manuel (j). 

D'après l'ordonnance des clavaires de Perpignan, les rues 
devaient être percées sur l'emplacement même de la Pella et 
devaient former quatre rues pour aboutir l'une à la Loge de Per- 
pignan, l'autre au Macell. Le JHacell major (ou boucherie) était 
situé à côté de la Plassa del Pa (marché au pain), qui occupait 
lui-même une partie de l'emplacement où s'éleva le Palais de la 
Depulacio (Députation locale) ou « Ancien Palais de Justice ». 
Une autre rue devait aboutir aux rues de la Brunaieria (2) et de 
la Ganleria Yella, qui longeaient la Pella où se tenaient les pel- 
letiers, les fripiers et les drapiers (3). Une quatrième rue devait 
aboutir à la Peixoneria ou Pescaleria (4) (poissonnerie) ; cette rue, 
sous le roi Sanche, avait été portée à la Plassa INova. 

L'ordonnance des clavaires de Perpignan défendit de faire 
des étalages sur la voie publique dans la rue qui part du Consu- 
lat (de la dita Loga) et va à la « plassa de la Boheria ». 

La place de la Boria, Boeria, Boueria (la Boheria en 1387) pri- 
mitivement Bocayria déjà citée en 1249, touchait au Macell Major 

(1) Arch. comm. de Perpignan, AA. 3. Livre vert mineur, f" 280-281. 

{i\ Littéralement « rue de la Brunissure ». C'était la façon que les teintu- 
riers donnaient aux étofiFes pour en rendre la nuance plus foncée : pannus 
non ex nativi coloris lana confectus, sed quavis linctura imbutus. Dans les règle- 
ments pour les drapiers de Commercy, on stipule que « ceux dudit métier 
qui feront pers, brunette, verdz et mandres marchans soient urdis, etc. ». 
(Du Cange, Gtossarium...) — Dans l'extrait du tarif des leudes de Perpi- 
gnan : panno de bruneta... pecia de panno bruno. (Livre vert, f° 72.) 

(3) Los obradors dels drapers — obrador de pella d'En Ribes, draper. 
(Arch. comm., AA. 3, livre vert mineur. j 

(4) La poissonnerie ou marché aux poissons avait été établie à Perpignan, 
le i3 décembre i3i7, auprès du macelîum velus i boucherie), d'après les con- 
ventions faites par les procureurs royaux, Pierre de Bardoll et Hugues de 
Cantagrills : ce marché comprenait i3 tabulas et 3 boligias. (Arch. comm., 
série AA. 3, f°3i3.) Le iaulalge de la dite pexoneria, en t^cfS, se soliu 
arrendar cascun any XL llr. 140 livres |. (F° 24. — Arch. des Pyr.-Or., 
B.'.55.) 



— «44 — 

ou Macel de la Vila. C'est ici que les bastaixes (portefaix et 
commissionnaires) attendaient les clients. 11 s'y tenait le jeudi un 
marché de laine, drap, toile, coton et chanvre (i). 

C'est dans la rue de la Brunaferta (2) qu'on devait teindre les 
draps a bruneta. Une ordonnance de i3oy avait réglé d'une façon 
très minutieuse le travail délicat et recherché de la teinturerie, 
de l'apprêtage des draps, du travail de la laine et de la fabrica- 
tion des draps, dont la ville de Perpignan avait déjà la renom- 
mée. Les détails de ce travail sont fort intéressants, principale- 
ment pour les couleurs à employer. 

Voici cette ordonnance qui concernait les teinturiers : 

Ordonament deh te[n]yeyres (iSoj) 

Adordonaren los sobrepausats dels parayres e dels te[n]yeyres 
de la vila de Perpenya, per tojt] Rosseylo e per Cerdanya c 
per Vilafrancha de Confient e per tota la terra del senyor Rey 
de Malorcha, que no sia negu te[n]yeyre qui gaus te[n]ycr negu 
drap de lana a vert sino ab gauda. 

Item que negu teyneyre no gaus tejnjyer negu drap adobar (4) 
a blau, si doncs no era sarga, sal de unes caus[.s]es; — e que no 
gaus tenyer negu drap que sia d'altre color a nègre, si doncs no 

(t) Ces divers marchés occupaient toute la rue qu'on appelle aujourd'hui 
« la Barre ». Les taules de la cauîasseria étaient à la Plaça d'En Bastit. 
(Arch. des Pyr.-Or.. B. i55.) 

(2) On peut considérer cette rue comme le prolongement de la rue actuelle 
des Fabriques-Couvertes : elle aboutissait à la Barre. C'est la seule rue qui, 
au xiv' siècle, était éclairée la nuit au moyen d'une lanterne entretenue par 
les parayres du quartier, à l'heure du couvre-feu signalé par la cloche du 
larron, lo seny del Uadre. — Lettres patentes de l'infant d'Aragon permet- 
tant aux teinturiers de Perpignan dont les ateliers, situés au faubourg Notre- 
Dame, furent détruits « propler hoslilem gencium armorum introilum », afin de 
mettre la ville en état de défense, de s'établir à l'intérieur des remparts, 
dans la rue dite lo carrer deh Banys, sur des terrains appartenant au couvent 
de Saint-Dominique. ( i 4 déc. i 374.) (Arch. com., livre vert mineur A A . i , 
P î55.) 

(3) D'après Alart (Documents sur la langue catalane, page 174) et malgré 
l'opinion de Paul Meyer qui pense que la leçon est fautive, il faut traduire 
dans ce sens : « que nul teinturier n'ose teindre en bleu aucune étoffe à 
apprêter ». adobar serait équivalent d'adobador. 



- .45 - 

dcvia esser nègre de tôt; — e que negu no gaus te|n|yer negu 
drap de vermeyl a bruneta. 

Item que negu te|n]yeyre qui tenya de peyrussa escarlatats ni 
rosses, no gaus maestregar neguns draps ab senra ni ab caus. 

llem que negu teyneyre no gaus teyner negu drap que sia grog 
a vert, e que cascu teyneyre don les colors complidament als 
draps tôt aixi com adordonat es per los dits sobrepausats ; — c 
que negu no gaus te[njyer negu drap de lana a grog, sino ab 
gauda. 

E qui contre aquestes causes fara qui d'amont son dites, pagara 
per pena per cascuna vegada 4 s., de la quai pena aura lo denun- 
ciador ad obs del mester la maytat, e la cort l'altra maytat (i). 

Cette industrie était florissante à cette époque ; aussi, un siècle 
plus tard, en vue d'en empêcher la décadence, des criées étaient 
faites par le gouverneur au sujet de cette fabrication ; des pres- 
criptions concernaient le travail des laines, la défense de sécher les 
peaux « on estenen la lana, dejus del pont del Toro » ; la dispo- 
sition des ourdissoirs « segons que es en patro a la casa de la 
plassa de la Lana », au sujet des marques des drapiers et du plomb 
à apposer aux pièces qui devaient porter le mot PERPENYA : 
« Com sia manifest que lo millor y principal membre de aquesta 
vila principalment ha près augmentacio y poblacio en lo temps 
passât era lo fet de les drapades que s' fahien e s'aparellaven en 
ladita vila, de les quais en diverses parts del mon era fet gran 
compte e spécial mencio » (2). 

Plus tard, le 8 avril 1432, pour maintenir la bonne renommée 
des draps de Perpignan dans tout le royaume, Alphonse V et la 
reine Marie promulguaient une sentence royale entre la corpo- 
ration des pareurs de draps et celle des tisseurs, portant que les 
draps de toute espèce, crus ou parés, teints en fil ou en pièces, 
seront vérifiés au Consulat dans toutes ces villes, « in quibus 
panni in dicta villa fabricati tam per terram quam per mare 
exportantur » (3). 

Pour sauver d'un désastre ce commerce, on défendit (24 déc. 

(i) Extrait des Ordinacions, 1. f" 2 3 et 24. 

(2) Arch. com., AA. 4, 23 juin 1417, f' 398. 

(3) Arch. com., AA, 6, f' 307. 



— 14^ — 

144^) aux tanneurs de Perpignan d'étendre les peaux en amont 
du lieu appelé la Grava del Toro, ce qui gênait le lavage des 
laines et la fabrication des draps, dont la renommée était univer- 
selle, et menaçait de disparaître (i). 

(A suivre) Henry Aragon. 

( I ) E/ fama, que per universum quasi orbem a magno tempore ex pannis ipsius 
ville laudahiliter predicatur, ad nichilum prohoc doter deventa est. (Arch. com., 
AA. 6, f 328.) 



LA CANÇO DE LA LLUM 



Llum pura, o llum serena, 
Naixida â TOrient, 
Treume de tota pena, 
Fentme lo teu présent 
De força y de sabiesa 

Y d'eterna virtut, 
Qu'es la gracia promesa 
A l'aspra solitut !... 

Llum pura, o llum ditxosa, 

Que fas, amb tant de grat, 

A la divina rosa, 

Dins l'ayre perfumat, 

Sa color de sanch viva, 

Son ritme armoniôs ; 

A la sonora riva, 

Prop l'aygua hont nostre côs 

S'alegra à l'estiuada 

Entre los rochs lluents. 

Sa curva regalada 

Y sus recons ardents : 



A la roja garriga, 
Hont creix del bon timô 
L'aromàtica espiga, 
Son iluminaciô ; 
A la boca amorosa, 
Hont tôt lo mon somriu, 
Oberta com la rosa, 
Ferventa com l'estiu, 
Sa carn envellutada 
De fruyt nou y sencer ; 
A la casa ombrejada 
La gloria del verger... 

Llum pura, encantadora, 
O llum, filla del cel, 
Que mon ull â cada hora, 
DeslHurat de tôt vel, 
Fins â mon derrer dfa 
Pugui sempre mirar 
Lo mont blau qu'are espia 
Al pais catalâ 1... 

Joan Amadi. 



Notre concours 

La remise des récompenses du Concours organisé par la Société 
d'Eiudes Catalanes a donné lieu à une petite fête, qui eut pour 
théâtre le parc du Familia-Cinéma, gracieusement mis à la dispo- 
sition du Comité par l'active directrice Mme Tujagues, et bril- 
lamment éclairé grâce à l'obligeant électricien M. Cros. 

La quête, au profit des Œuvres de Guerre, était faite dès l'en- 
trée par nos gentils pupilles en costume catalan. Le concert 
commença à 8 h. i '2 par deux fantaisies exécutées par l'excellent , 
orchestre de Familia, augmenté de plusieurs élèves du Conserva- 
toire. Tour à tour, MM. Brutus, Ecrepont, Kempenaers, 
Mlle Antoinette Salvadou et nos pupilles, qui exécutèrent deux 
choeurs catalans, récoltèrent les applaudissements des assistants, 
et cette partie du programme prit fin sur un trio musical impec- 
cablement joué par Mme Marqués, professeur (piano), Mlle Mar- 
qués et M. J. Aspar, élèves du Conservatoire (violoncelle 
et violon). 

Après un court entr'acte, et pendant que l'orchestre joue la 
mélopée catalane, M. le Maire, qui préside la cérémonie, prend 
place sur l'estrade ayant à ses côtés MM. Emile Ripert, délégué 
provençal, Sole y Pla, délégué barcelonais, venus tout exprès 
pour assister à la cérémonie, L. Pastre, représentant ï^ssociactô 
Proleclora de VEnsenyança Catalana, et les autres membres du 
Bureau de la Société. Une véritable ovation est faite à quelques 
catalans du i" étranger, porteurs de la fourragère verte et jaune, 
qui" ont tenu à assister à notre petite fête. 

Après une allocution de M. le Maire qui, en quelques mots, 
remercie la Société d'Etudes Catalanes de ses efforts incessants, 
fait ressortir la nécessité indiscutable de la culture de notre dia- 
lecte, et termine en saluant nos vaillants compatriotes qui com- 
battent pour la défense du droit, notre Secrétaire général, 
M. Grando, souhaite en catalan la bienvenue aux délégués et à 
l'assistance. L'on passe ensuite à la distribution des prix. Tour à 
tour, les lauréats montent sur l'estrade pour recevoir leurs récom- 



— J 48 — 

penses des mains des membres du Comité. Chaque premier prix 
débite le morceau qui lui a valu la victoire, et le jeune Noguès 
obtient son triomphe habituel. 11 est bissé, trissé, et inlassable- 
ment, de sa voix juvé-nile, il flétrit l'Allemagne et ses crimes, il 
maudit le kaiser et les siens, ou bien, changeant de ton, il nous 
conte gentiment une petite histoire qui nous fait rire aux larmes. 
Ce rire se voile d'une pointe d'émotion en voyant une réfugiée, 
Mlle Raymonde Disant, lauréate de sa section, qui a, par une 
délicate attention, encadré gentiment sa jolie frimousse blonde 
dans un de ces coquets bonnets en dentelles, si aimés de nos 
aïeules et de tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à 
notre petite patrie. 

]1 est 1 I heures quand la fête prend fin aux sons de la Marseil- 
laise et tout le monde se retire en félicitant les organisateurs de 
cette charmante soirée et en leur donnant l'espérance qu'elle se 

renouvellera bientôt. 

G. DE La Plana. 

PALMARÈS 

1" Section : Adultes 

]" Prix. Méd. vermeil g. m., abonnement 1 an T^evue Cala- 
lane : Mlle Capdeville, élève-maîtresse Ecole Normale. 

1' Prix. Méd. argent g. m. offerte par VT4niô Cataîanista, 
abonnement 1 an T^evue Catalane : M. Georges Artus. 

3* Prix. Méd. bronze g. m., abonnement 1 an T(evue Cata- 
lane : Mlle Augusta Cantagriil. 

j" Accessit. 3 ouvrages : M. Albert Janicot. 

2' Accessit. Abonnement 6 mois 7(evue Catalane : M. Rousse. 

j" Citation. 1 ouvrages : Mlle Angèle Durand. 

2' Citation, i ouvrage ; M. Vinches ; M. Caillis. 

Prix spécial de diction : Objet d'art offert par M. Louis Delfau : 
M, Georges Artus. 

Citation. 2 volumes actualité : Mlle Augusta Cantagriil. 

Section des enfants 

1" Prix. Méd. argent, 3 ouvrages : M. Jean Noguès. 
2' Prix. Méd. bronze, 2 ouvrages: M. Honoré Olive. 



— 149 — 

3' Prix (ex-œquo). Méd. artistique bronze offerte par le Comité 
des Œuvres Je Guerre, i ouvrage : MM. René Llauro ; Louis 
Dabau. 

i" Accessit. Diplôme d'honneur, i ouvrage : M. Marcel Maruny. 

i" Citation, i ouvrage : M. Michel Cayrol. 

2' Citation, i ouvrage : MM. Michel Casenove, Paul Bès, 
François Baux, Louis Buxalleu, Louis Sola, Pierre Parés, Denis 
Llonguet, Louis Moulis, Joseph Raspaud. 

Prix spécial de diclion : Méd. bronze offerte par le Comité des 
Œuvres de Guerre et lo francs en espèces.* M. Jean Noguès. 

Mccessit au prix spécial : Diplôme d'honneur et 5 francs en es- 
pèces : M. Honoré Olive. 

Section des Réfugiés parlant catalan 

i" Prix. Méd. artistique bronze, offerte par le Comité des 
Œuvres de Guerre, i ouvrage : Mlle Raymonde Disant. 

i' Prix. Diplôme d'honneur, i ouvrage : M. Maxence Berguit. 
Citation, i ouvrage : M. Marcel Poupard. 



A trench d*auba 



A n'Eu P. Francis, amb moll d'afecte 
i etern agr aiment. 

Al horitzo, una franja daurada ; 

en el cel, moradenques estries, 

i en els camps, on blanquegen masies, 

perles hi resten d'una nit de rosada. 

S'ou al llunv una dolca alborada 
d'amorôsa i Heu melodia ; 
pels camins Jos carros fan via 
serpentejant la terra saonada. 

Dalt dels arbres, els aucells una tonada 
envien al nou j«rn que just comença ; 
una porta s'obra ; una dônà canta, 
i una alenada de pau dona a tôt una besada. 

Santiago Elias. 



HISTOIRE LOCALE 

APERÇU HISTORIQUE 

sur la paroisse de Corneilla-dela-Eivière 

n==tS^ (SWTE) 

Laurent Compte et Antoine Compte avaient contribué pour 
beaucoup à l'établissement de la confrérie du Rosaire. L'un 
d'eux avait demandé à être enseveli à la chapelle du Rosaire, 
dans le cas où il viendrait à mourir à Corneilla. Tous les deux 
laissèrent en mourant un certain nombre de messes à célébrer à 
l'autel privilégié du Rosaire et obligèrent leurs héritiers à four- 
nir à perpétuité quelques dourchs d'huile pour entretenir la lampe 
devant l'image de la nMère de Dieu n. Antoine Compte laissa 
même un calice, une chasuble et une aube, affectés au service de 
la chapelle du Rosaire (i). 

Les curés de Corneilla étaient les directeurs spirituels de la 
confrérie : ils s'appliquèrent à la rendre florissante. 11 importe 
de mentionner Hyacinthe Baixet, qui rédige son testament le 
14 juin 1674 (2), et Estève d'illa, qui lui succède(3). 

Le 3o décembre 1697, Gaspar Dauder, curé, François Vivent 
et Jean Danot, administrateurs de la confrérie, donnent une pro- 
curation à Jean Castera, tailleur de Corneilla (4). Jean Gispert, 
pourvu par autorité apostolique, en remplacement de Gaspar Dau- 
der, prend possession de la cure le 4 avril 1700 (5). 

Le 1} juillet 1702, une requête est intimée au régidor de la 

(i; Arch. paroiss. de Corneilla. 

(2 ) Hyacinthe Baixet laisse ses biens à scn frère Jacques, à charge d élever 
et de faire instruire son neveu jusqu'à ce qu'il ait reçu la prêtrise. (Archives 
des Pyr.-Or.. G. 774-) 

(3) Estève d'illa avait été pourvu de la cure de Corneilla par autorité 
apostolique en 1674. lArch. des Pyr.-Or., G. 774.) 

(4) Archives des Pyr.-Or., G. 774. 

(5) Ibidem. 



— ,5i - 

confrérie au sujet des messes et des offices qui doivent être célébrés 
pour les époux Jean Bach et Marianne Compte, de Millas, par 
le curé de Corneilla, le curé de PalaJda et le prieur de Saint- 
Joseph de Perpignan (i). 

La famille des Cornella hérita des biens des Compte et de 
leur dévotion à la sainte Vierge du Rosaire. Michel Cornella, 
décédé le 4 novembre «707, et Rose Cornella, née Bach, son 
épouse, décédée le 6 novembre 1711, sont enterrés devant 
l'autel de la sainte Vierge (2). 

Michel Cornella eut un fils qui entra dans les ordres et qui 
devint curé de la paroisse même de Corneilla ; il s'appelait 
Antoine-Bonaventure. En 1730, cet ecclésiastique est pourvu du 
bénéfice curial par l'abbé de la Grasse qui s'adresse, le 9 décem- 
bre J730, à l'évèque d'Elne pour obtenir la collation de la cure 
à Antoine Cornella. Celui-ci en prend possession le 29 jan- 
vier 1731 (3) ; il mérite une mention spéciale. 

VJJJ. — JJntoine Cornella 

A peine installé dans la paroisse, Antoine Cornella se distin- 
gue par sa piété, par la distinction de sa conduite et par sa 
grande charité. 11 applique rigoureusement l'accord conclu 
en 1641 en donnant aux cérémonies de léglise tout l'éclat possi- 
ble ; il travaille ardemment à propager la confrérie du Rosaire 
qui lui tient à cœur ; il console et secourt les pauvres. 

Son ministère fut court, mais fécond. Il mourut à Corneilla, 
qu'il n'avait jamais quitté, dans toute la force de l'âge, à 43 ans. 
11 fut enterré le 4 avril 1746 dans l'église paroissiale, à la cha- 
pelle de Notre-Dame du Rosaire (4). 

(^suivre.) Joseph Gibrat. 

( j) Voir : Ilotes historiques sur la Confrérie du T^osaire en J^oussilton, p. 23. 

(2) Archives paroissiales de Corneilla. 

(3) Archives des Pyr.-Or., G. 774. 

(4) Je soussigné, prêtre bénéficier de l'église paroissiale de Pézilla-de-la- 
Riviëre, déclare que le quatrième avril de l'année mille sept cent quarante 
six, dans l'église paroissiale de Saint Martin de Corneilla-de-Ia-Rivière et à 
la chapelle et autel de Notre-Dame du Rosaire, a été enterré le cadavre de 
Antoine Cornella, curé du dit Corneilla, lequel a été muni des sacrements, 
âgé de 43 ans. Signé : Fabresse, prêtre. (Archives paroissiales de Corneilla.) 



LIVRES 4 REVUES 

La Femme française, Son activilé pendant la guerre 

•par Marie de La Hire (Jules Tallandier, Paris) 

L'ouvrage de Marie de La Hire se divise en plusieurs parties consacrées 
aux différentes formes de l'activité féminine. Après une étude générale, La 
"Femme française, voici un chapitre intitulé : Son activité pendant la guerre, 
qui nous présente successivement le travail des femmes Dans les campagnes, 
A l'arrière du front. Dans tes hôpitaux, A l'œuvre sociale. Dans la famille et 
enfin A l'usine de guerre. Marie de La Hire ne s'est pas attardée à cette 
utilisation exclusive d'un capital de travail sans étudier le développement 
intellectuel et pratique des femmes et parallèlement leur éducation morale. 

La seconde partie offre un exposé parfait du féminisme en France et de 
l'action des Sociétés féministes : droits de la femme ; revendications pour 
une amélioration de son sort dans la famille comme dans l'activité indus- 
trielle ; réformes obtenues et progrès en cours ; étude des lois féministes en 
instance au Parlement ou ayant abouti ; question du suffrage des femn\es, etc. 

Cette étude est complétée par un coup d'oeil rapide sur le féminisme à 
l'étranger, et son dernier chapitre, J^ationalisme ou Internationalisme? pose 
nettement la question du patriotisme des femmes. Les femmes, féministes ou 
non, amies du pacifisme et solidaires des efforts qui conduiront les nations 
aux solutions d'arbitrage, les femmes françaises, patriotes de cœur et de 
caractère, sont, par leurs sentiments de fidélité à la Patrie, les dignes com- 
pagnes de ceux qui défendent notre sol de leur vie. 

La Novela Nova (Portaferissa, i5, Barcelona) 

Cette nouvelle publication populaire vient d'obtenir en quelques semaines 
un légitime succès. Chaque numéro hebdomadaire contient une œuvre 
inédite complète des meilleurs prosateurs catalans. Les dix premières œuvres 
publiées sont signées : S. Rusinol, J. Pous i Pages, Victor Català, 1. Igle- 
sias, P. Bertrana, Plàcid Vidal, Narcis Oller, A. Maseras, Ribera i Rovira, 
Apeles Mestres. 

En vente Imprimerie Catalane, rue de la Poste, o fr. i5 le numéro. 

Quan mes fallada es la nou — mes remor mou. 

L'envidia may morirà. 

Val mes fer envidia que pietat. . 

Le Gérant, COMET. — Imprimerie COMET, rue de la Poste, Perpignan 



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Année. N" 131 



5 Septembre 1917 



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CATALANE 




RGANE DE 
\ SOCIÉTÉ 
ÉTUDES as 
\TALANES 



Prix UN Franc 




SOMMAIRE 



Pages 

L'ORACIO GRAN Caries Grando . 53 

DOCUMENTS HISTORIQUES SUR LA VILLE DE 

PERPIGNAN Henry Aragon .55 

AU COLLÈGE ,58 

TARDOR P. Francis 1 59 

TEATRE CATALA R.ols i 59 

NOS MORTS ,60 

HISTOIRE LOCALE : Aperçu historique sur la paroisse 

DE Corneilla-de-la-Riv)Ère Joseph Gibrat 161 

MA TERRA Fr. Salvat i 65 

ESSAJ DE GRAMMAIRE HISTORIQUE DE LA 

LANGUE CATALANE Caries de la Real .65 

UN DOCUMENT INTÉRESSANT 167 

EN MISSION A BARCELONE J. Anglade 168 



CjeSâ^SL» 



Toutes les communications doivent être adressées 
à M. le Secrétaire général de la Revue Catalane, à "Perpignan 



11' Année- N' 131 15 Septembre 1917 



Les Manuscrits non insérés 
ne sont pas rendue. 



Les Articles parus aans ia Revue 
n'engagent que leurs auteurs. 



REVUE 

CATALANE 



L'ORACIÔ GRAN 

Es a l'hora baixa 

hont l'aJba Ucugera, 
portant el salut d'un dia novcll, 
muda l'horitzé d'una blanca faixa ; 

sus la terra entera, 
de blanch les animes es muden com ell 
y s'en munta al cel l'oraciô primera. 

^ Que diu la pregària 

qu'en l'hora pàlida, 

mysteriosa y càlida, 
de mil y mil cors melancolica ària, 
s'alça planyivola en l'espay finîssim ? 
^ Dira d'un gran crim l'horror repel'lida, 
ô plora del just el destî tristîssim ? 

l Ritme de la vida, 

divina psalmodia, 
qu'implora, eix matî, ton sublim cantar ? 
^ Quin mysteri sant venes celebrar, 

baix la celesta àbsida, 
hont cada~pedra es un altar, 
un càlzer la flor y '1 sol la custodia ? 



- .54 - 

No m'ha dit cap veu 
el secret que porta. 
l Hont vos en aneu, 
divines canturies 
que l'oreig s'emporta? 
l Remors que munteu 
de per les boscuries, 
que murmurejeu ? 

Mê 'n les veus confoses 
de l'eternal chor, 
queixes mysterioses 
m'ha semblât entendre 
qu'ofeguen mon cor : 
planys d'infants, d'esposes, 
mares doloroses 
que no 's volen vendre 
y amb veus tremoloses 
demanen la mort. 

El mar per vos clama 
venjança, oh naufrechs 
qu'una fera infama 
arrencà a la vida ! 
Y de Reims la flama 
te diu la mentida, 
França, dels qu'amb rechs 
de sang t'han tenyida ! 

De l'est venen ara 
vots plens de fiança ; 
el guerrer qu'ampara 
la benedicciô 
d'un Deu d'esperança 
resa una oraciô : 



— i55 — 

prega per la mare 
y dins la matança 
torna amb confiança, 
pcr salvar la França 
y la crcaciô. 

Y al plany succeheix 

la gran simfonîa 
del trevall qu'es vida y fecunditat, 
y sus la ditxosa y santa harmonîa 
dels homes de seny, de fé, de bondat, 
rcllotge sagrat de l'immensitat, 
gloriosament lo soi resplendeix. 

Caries Grando, 



bv 



DOCUMENTS HISTORIQUES 

sur la Ville de Perpignan 

t^^^ (SUITE) 

La plassa de la Pexonaria est le plus ancien marché connu pour 
la vente de la marée: ce marché consistait, en i3iy, en trois 
tabulas et trois boligias (étaux mobiles et fixes). 

En i382, la Ville fit construire le Consulat de mer, autant pour 
donner satisfaction au commerce que pour assainir tout cet enche- 
vêtrement de rues où, la nuit venue et en l'absence d'éclairage, 
si l'on en excepte une lanterne pendue à la voûte de la rue actuelle 
des "Fabriques couvertes, se réfugiaient les vagabonds et où se 
commettaient des atrocités de toute espèce. En même temps que 
l'édifice consulaire, de nouvelles constructions particulières trans- 
formèrent ce quartier, et cette amélioration eut le privilège de 
grouper de bonne heure, dans ces parages, les gros boutiquiers, 



- i56 — 

la geni de lauta (i) (les banquiers), et les trafiquants en tissus 
d'exportation : c'étaient lo Mercadal, les porxes de la Merceria et 
la Gallineria : ce dernier nom, que la rue des Marchands parta- 
geait avec les surfaces évasées de la Barre, désignait plus parti- 
culièrement le marché des comestibles, composé d'étalagistes- 
ambulants. 

Le 3o mai 1669, un édit de Louis XIV donne la note de 
l'accaparement du commerce, non pas au profit des immeubles de 
cette rue, mais au détriment de la voie elle-même : « Considérant 
que la beauté des villes consiste en ce que les places et les rues 
d'icelles soient larges et peu embarrassées afin que le peuple y 
puisse plus commodément passer et que dans cette ville la rue la 
plus belle est celle dite de la Gallineria où se trouvent la plupart 
des marchands de cette ville, rue de plus de commerce qu'aucune 
des autres et que icelle d'un côté et d'autre est remplie de jardi- 
niers... etc. » L'ordonnance royale décrète ensuite l'expulsion des 
étalagistes et jardiniers. Elle leur fixe le y^arcAe'A'eu/ comme lieu 
de débit, ainsi que la rue qui va de ce marché à la Barre. L'arrêt 
resta lettre morte comme ceux qui suivirent. 

Une ordonnance de juin i3io nous fait connaître exactement 
l'époque de la création du marché de la poissonnerie : ce marché 
a dû être installé au commencement de l'année ]3io; il était 
situé près du ruisseau Comîal : ce document est fort intéressant 
pour les usages et coutumes de l'époque. 

Pridie idus junii anno dni M.CCC.JC. 

Ffo cridat de part del veg[u|er del batlle de Perpenya, que 
tôt hom qui compre peix per revendre, en les mars o estayns 
qui son de la Vayl de Bay [n]uls entro a Canet no gaus trer aquel 
peix fora la terra del senyor Rey, si doncs no passava per la vila 
de Perpenya. E qui contre fara perdra lo peix, e pach x. s. 

(i) Les Taulers s'occupaient du commerce de l'argent. Ils facilitaient, soit 
à la Ville, soit aux particuliers, par la création des premières lettres de 
change, le paiement et le recouvrement sur des places différentes. Perpignan 
avait sa <r Taula comuna e assegurada de la vila de Perpinyâ » composée de 
« 2 regidors, de 5 taulers, de 1 scriba del llibre major de la Taula, de lo adju- 
dant scriba del llibre manual de ht Taula et du caixer. » Au moyen de cette 
banque et avec le concours des capitalistes, la Ville faisait fonctionner son 
hôtel de la Monnaie, faisait verser les fonds à Barcelone, à Madrid, les 
faisait toucher, empruntait et remboursait. La Taula existait en 149S. 



- ,57 - 

Item fo cridat que nuyl hom de la vila de Perpenya habitant 
no gaus vendre peix ni tener en la plassa de la paixoneria 
(sic) novelament feita ppop lo Rech {i). E qui contre fara 
pagara de pena per cascuna vegada v. s. (î). 

C'est à cette place ou à celle de la boucherie que, d'après une 
ordonnance du roi de Majorque (del seyor Rey de Malorcha) 
tout pêcheur péchant dans les mers ou étangs du Roi (3) était 
obligé d'apporter toute cette marchandise au marché de la ville, 
et ne devait pas la vendre à un étranger (4). 

...Item que tôt hom de Perpenya o d'altre loch, d'on que sia, 
qui porth o fassa portar peixes venais en la ville de Perpeyan, 
deya pausar e sia tengut de pausar los ditz peixes aixi com 
venrafn] dreta via, en les taules de la peixoneria o del 
mael de la vila de Perpenya... e quo no tenga los ditz peixes, 
pus sera[nj en les dites taules, en semais o en banastes ni en 
altre causa amagadament ni cuberta (5), mes manifestament en les 
dites taules, en aixi que tôt hom qui comprar vula dels ditz peixes 
los puscha veser clarament, — exceptât vayratz ho sardes, que 
puschen tener en les dites taules en semais o en banastes... 
Empero totz los peixes venais qui intraran dins la vila de Perp, 
après la hora nona passada entro sus la nuyt, dejen esser pausatz 
en les dites taules de la peixoneria [o| del masel manifestament... 

(1) 1! s'agit du ruisseau Comtal, qui passait près du prieuré de; Saint- 
Martin (Je Sant Marti tro aï aïherch Pagan), ancienne possession des béné- 
dictins de Saint-Michel de Cuxa, acquise ensuite par l'Ordre de la Merci. 
Le ruisseau entrait dans la ville de Perpignan par la porte appelée (avant la 
démolition des remparts) porte Saint-Martin. Le terrain de l'aberch Pagan 
avait été, d'après le cattulaire du Temple, concédé à Paganus /M5/erj«5 par 
les Templiers, le 3 des cal. d'avril 1241 . C'est la place neuve actuelle (Ptassa 
nova prop lo J{ech) que traversait autrefois ce ruisseau Comlat, qui suivait les 
fossés et les murs de la ville primitive, au sud. 

(a) Ordihacions, i, f° 44 v°. 

(3) Qui peschen en aquestes mars ho estayns del seyor Rey de Malorcha... 

(Ibidem, P 42. ) 

(4) ...Ni encara no sien ausars vendre los ditz peixes a negun home 
estray[n] qui no fos de la terra del dit S. Rey... (Ibidem.) 

(5) Pour cubertament. Lorsque deux adverbes en ment se suivent en 
catalan, le second perd sa désinence adverbiale et conserve la terminaison 
féminine. 



— i58 - 

Item que negun hom de qualque condicio que sia (i), pas que 
aja pausatz o feitz pausar peixes per vendre en les taules de la 
peixoneria o del masel de Perpenya, no gaus ni déjà los ditz peixes 
obrir ni salar entro la nuyt : e asso empero es entes d'aquels 
peixes qui sien vengutz en la dita plassa del matin entro a la 
hora nona (2)... 

Item que tôt peixoner ho mercader ho altre hom que port o 
fassa portar peixes en la vila de Perpenya per causa de vendre, 
no ause levar aquels de les dites taules de la peixoneria, pus hi 
seran, entro a la nut... 

Item que tôt hom qui portara peix fresch per vendre en la 
vila de Perpenya, no '1 gaus trer de la vila de Perp. entro sien 
passatz 11. dies, e si, après de 1. die, lo volia salar, que '1 pus- 
cha salar en la dita vila de Perpeyan (3). E si lo dit peix tornava 
l'endeman per vendre en les dites taules que no fos salât, que li 
deu toire de la coa entro a la polpa, aixi com dit es dessus dels 
peixes qui venen del mati entro a hora nona... E qui contre fara 
perdra la mercaderia, de la quai pena aura lo denonciador lo 
terz (4). 

(A suivre) Henry Aragon. 

(i) Plus haut... que negun pescador ni peixoner. 
(i) Ordinacions (passim), 1, f°" 42-44. 

1 3 ) Nous trouvons deux fois cette forme qui n'a jamais été usitée en 
Roussillon : on peut l'expliquer par la désinence du latin Perpinianum. 

(4) Ordinacions, ibidem. Ce document, que je cite partiellement pour fixer 
la date de création de ce marché important, a été reproduit par Alart : 
Documents sur la 'Langue Catalane, 1881, pp. 124, 129, 201. 

^■>^ ^'>^i. t^TNi. tg-irsi, c^'>>i, ^'>>S» ^-ïvS. (t§>^ t^>~i. '(§'>^ t^'>^ t^^it^'Jvt c^^ 

Au Collège 

Nous avons appris avec un vif plaisir que M. C. Lanquine, le 
sympathique Principal du Collège de garçons, membre de la 
Société d'Etudes Catalanes, vient d'être nommé Principal au 
Lycée d'Epernay. 

Cette mutation constitue pour notre ami un sérieux avance- 
ment ; elle ne manquera pas de réjouir tous ceux qui ont eu 
l'occasion d'apprécier les excellentes qualités d'organisateur de 
M. Lanquine et sa parfaite urbanité. 



Tarder 

Les fulles mortes son d'or vell 
1 la tramontana se para, 
La lluna nos mostra sa cara 
Tota groga com un rovell. 

El riu sus les pedres fa fressa 
Mentres qu'un rossinyol tardiu 
Del cor d'un marge treu un piu 
Que se nega en la nit espessa. 

Su '1 camî real tornen les nines 
Que venen de la font d'En Freixe 
] ressona de feixa en feixa 
Un brugit metàl-lic d'aines. 

El vell ha deixat el pedriç 
Perqué la serena es dolenta, 
Si no '1 mata la mort repenta 
Demà tornarà ser feliç. 

De setembre n'es el primer, 
Sus la plaça el jovent fa balles, 
Célébrant amb goigs i rialles 
Nostra Senyora del Roser. 

P. Francis. 



Teatre Català 

Una temporada de gran importancia se 'n va a començar al 
J{omea y a T^ovelats, de Barcelona, amb un magnîfich aplech d'o- 
bres novelles dels mcllors escriptors catalans. 

A JSovetah s'obrirà la temporada amb l'estrena de Mireia del 
nostre gran Mistral. Es a suposar que sera un triomf artistich. 
L'Enric Borràs que dirigeix la companyîa jà n'es une garantîa. 
Desprès s'estrenaràn : Jndèbil y Mandoni, drama tràgic en 3 actes 



— 1 6o — 

y en vers del mestre Guimerà ; Els INaufregs, drama en 3 actes 
d'En Santiago Rusinol, etc.. 

Al J^omea, dirigit pel l'ilustre autor de les Garces, l'ignasi Igle- 
sias, y amb En Gimenez per primer actor, s'inaugurarà amb l'es- 
trena de La Baronesa del bon autor J. Pin y Soicr ; y s'estrenerà 
ademès : J\iu d'Aligues de l'Apeles Mestres, un drama que sera un 
exit, nos diu l'ignasi Iglesias, puix es lo mes fort y lo mes huma 
que fins avuy ha produit l'insigne autor de Margaridô ; Damià 
7{ocabruna, tragi-comedia d'En J. Pous y Pages; T^ondalla d'espar- 
vers, del jove y fortîssim poeta J. M. de Segarra ; Gueridô y 
Trancisca, d'En Puig y Ferrater. 

També se parla d'un gran drama heroich, la primera obra tea- 
tral d'un gran escriptor català y d'un altre drama en 3 actes de) 
génial autor de Terra Baixa : De Sol a Sol. Riols. 



NOS MORTS 

Durant le troisième trimestre de 1917 nous avons eu la douleur 
de perdre quatre de nos membres : 

L'illustre historien Don Francisco Monsalvatge y Fossas, 
membre de VJlcademia de Bones Llefres de Barcelone, et de la 
T^eal Academia de Hislorta, auteur de précieux ouvrages sur le 
Roussillon, entr'autres Lo Obispado de "Elne, Sainî-Martin du Cani- 
gou, Saint-André de Sorède, Sainte-Marie d'Arles, etc. 

M. Thomas Foissin, depuis longtemps couché sur un lit de 
souffrances. 

Madame David d'Orimond, femme de lettres, auteur de diver- 
ses œuvres poétiques et d'une charmante comédie en 1 acte : 
Tendre querelle. 

Au champ d'honneur vient de tomber le sergent Louis VilJa- 
cèque, décoré de la Croix de Guerre, fils de N\.. H. Villacèque, 
marchand de meubles. 11 y a encore quelques semaines, notre 
jeune ami était parmi nous et participait avec joie à la brillante 
fête catalane que nous donnions à Familia-Cinéma. La Société 
perd en lui un ami fervent des lettres catalanes ; nous voyons 
disparaître glorieusement un affectueux et véritable ami. 

Que les familles de nos disparus reçoivent ici l'expression de 
nos sympathies attristées. P. F. 



iTW c^ çn fn r^ cri f^ ftS fn r^ en rn CQcA rn nn rn rn i*n rn ro rn fri rri rn fn ^S <Vt fn AS 

HISTOIRE LOCALE 

APERÇU HISTORIQUE 

sur la paroisse de Corneilla-de-la-Rivière 

(SKITE) 



Antoine Cornell'a avait rédigé son testament, le 17 mars 1746. 
11 ordonnait à ses exécuteurs testamentaires, au nombre desquels 
étaient François Cornella, bourgeois noble de la ville de Per- 
pignan, son frère, et Joseph d'Albert, son beau-frère, tous les 
deux ses héritiers à égale part, de vendre, après sa mort, deux 
maisons qu'il possédait à Corneilla, et, avec le prix de cette vente, 
de fonder à perpétuité dans l'église de Corneilla trois anniversai- 
res chantés. Ce qui resterait du prix de la vente devait servir à 
payer les frais d'une mission à donner de temps en temps à Cor- 
neilla ou ailleurs : « Je veux, dit le testateur, que, lors des dites 
missions, le très Révérend Melchior Gelabert, prêtre, docteur 
en théologie et bénéficier aux églises d'llle(i), y soit appelé 
pendant sa vie pour y faire les fonctions ensemble avec les autres 
missionistes ». Comme laveur, Antoine Cornella voulut que la 
communauté séculière eut le droit d'acheter les deux maisons (2) 
moyennant la somme de 25oo livres payables à l'intérêt au de- 
nier 20, à condition qu'elles serviraient pour loger le curé. La 
vente eut lieu en faveur de la communauté séculière de Corneilla 
par les soins de François Cornella et de Joseph d'Albert, exécu- 
teurs testamentaires et héritiers au curé défunt. Dans l'acte de 

(i) Melchior Gelabert naquit à Rivesaltes en 1709. 11 fit des études bril- 
lantes et conquit le doctorat en théologie en 1737. 11 s'adonna au ministère 
de la prédication et occupa successivement trois bénéfices : à llle-sur-Tet, à 
la cathédrale de Perpignan (chapelle de l'Immaculée-Conception), à Rive- 
saltes. A 111e, il se lia d'amitié avec Simon Salamo, prêtre aussi docte que 
pieux. Ces deux ecclésiastiques composèrent ensemble plusieurs ouvrages, 
en particulier la T^egla de vida. Melchior Gelabert mourut à Rivesaltes, le 
) 8 avril 1757. 

(2) Une de ces maisons devint le presbytère de Corneilla. 



~ 162 — 

vente, la communauté séculière s'engagea à payer les intérêts ou 
à rembourser le capital aux manumisseurs ou à leurs successeurs : 
« Promettant et s'obligeant (la communauté séculière) d'en payer 
les intérêts au denier vingt à raison de censal à la dite manu- 
misserie et aux successeurs d'icelle, important la pension du dit 
censal cent vingt-cinq livres par année qui devra être payé le 
vingt-sept du mois de juillet, le capital pouvant néanmoins être 
acquitté en rembourçant aux dits manumisseurs ou à leurs succes- 
seurs les dites deux mille cinq cent livres» (1). 

Joseph Duanas, successeur immédiat de Antoine Cornella, fit 
les démarches nécessaires auprès du comte d'Albaret, intendant 
du Roussillon, pour obtenir à la communauté séculière la faculté 
d'acheter. A partir de 1747, les curés de Corneilla ont agi com- 
me propriétaires et ont été considérés comme tels pgr l'autorité 
civile et l'autorité ecclésiastique jusqu'à la Révolution. Depuis, 
les intérêts n'ont plus été payés, et il est difficile de prouver que 
le capital, soit 25oo livres, ait été remboursé. En conséquence, 
les héritiers de Antoine Cornella sont dégagés de toute obligation 
et peuvent, par contre, faire valoir leurs droits sur les deux mai- 
sons qui devaient servir de logement au curé. 

JX. — Tactique de saint Martin 

Les habitants de Corneilla avaient toujours désiré posséder une 
relique de saint Martin : leurs vœux n'avaient jamais pu se réali- 
ser. Pourtant, vers le milieu du xvin' siècle, ils eurent le bonheur 
de se procurer un petit morceau des ossements de saint Martin. 
Deux pièces authentiques, conservées dans la sacristie de Cor- 
neilla, donnent à ce sujet des détails très intéressants. La pre- 
mière pièce rédigée en catalan porte ce titre : T^ota hishrica y 
aulenlica de lot lo que se es passât en la îranslatio de la santa reliquia 
de saut Marli, bisbe de Tours, patro Hlular de la parrochia de Corneilla 
de la Jettera, en lo any jy63. 

On y trouve le récit suivant: 

Com lo Deu de tota consolatio (al quai sie donada tôt honra y 
gloria) sie també glorificat en sos sants, se pot creurer y quasi 

( I ) Acte passé au mois de juillet 1 746 à 111e, par devant Montbolo, notaire. 



- i63 — 

affirmar que a inspirât lo desitx ardentissim de possehir en esta 
parrochia la santa reliquia del patro particular y titular, lo glorios 
sant Marti, bisbe de Tours. 

La ciutat de Roma es la principal dels christians ahont se dis- 
tribueixan ab profusio los trésors de la iglesia santa. Persuadits 
que en ella se trobaria reliquia del glorios patro sant Marti, se 
escrigué, en lo any 1754, al molt révérend Francisco Rovira, doc- 
tor en santa theologia, curât de la parrochia de sant Salvador y 
rector dels cathecumenos, home dotât de gran doctrina y encarc 
de major santedat. Desprès dos anys, es à dir en lo any iy56, sa 
resposta fonch que los Calvinistas, en lo temps que llurs errors 
florian en la vila de Tours, cremaren las reliquias de sant Marti, 
de sant Francisco de Paula y de la beata Joanna de Valois afi 
que los verdaders catholichs nb tinguessen per eixas reliquias la 
veneratio los y era deguda. Passât algun temps, asseguraren que 
en la vila de Auxerra y avia encare moltas portions d'eixa santa 
reliquia : se y escrigué, y no tingueren resposta. Lo convent de 
sant Josep de Carmes descalsos de la vila de Perpinya posse- 
heix un os de la cama prou considérable : no fonch possible 
obtenirne un sol fragment. 

Per ditxa nostra y en lo temps que lo desitx y passio de pos- 
sehir eixa santa reliquia augmentava de die en die, se descobri 
que lo illustre monastir de sant Miquel de Cuxa, ordre de 
sant Benêt, ne possehie un os. En consequencia se y envia als 
3 novembre 1762, un commissari per saber si lo dit illusre Capi- 
tol voldria concedir à esta parrochia eixa santa reliquia, sino tota, 
almenos un fragment; y la resposta del commissari fonch que las 
formalitats qu'es dévia fer per la cessio de dita reliquia no podien 
finirse antes lo 1 1 novembre qu'es célébra la festa de dit sant 
Marti, que ab tôt lo poble podie ser segur que lo dit Capitol 
cediria en llur favor la santa reliquia. Contents y alegres de tal 
nova, aguardaren lo afiy seguent ; y als 3o agost 1763, lo s' Isi- 
dro Cantier, mestra de minyons, ana en commissari del poble al 
dit monastir per assemblar lo Capitol y los portar la supplica 
seguent : 

« Molt illustres senyors, 

« Lo poble de Corneilla de la Ribera, dès de llarg temps molt 
« zelos de possehir en sa iglesia una reliquia del glorios S' Marti, 



— 1 64 — 

« bisbe de Tours, son patro titular, se adressa vuy al molt illustre 
« senyor abbat y capitol, supplicant-los que per caritat vullan 
« procurar à dit poble un fragment de la S'" reliquia que le molt 
« illustre Capitol té en son poder, afi de tributar-ly ab major 
« fervor las pregarias y demès oracions que acostuma fer tant en 
« lo die solemne de sa festa com en lo curs del any. Désolât 
« estava eix poble de no trobar ny en Roma ahont se es escrit, 
« ny en la vila de Auxerra ahont asseguraren que se trovava reli- 
« quias del dit sant, ny en altra part del mon ahont ab anxias se 
« era cercada dita reliquia ; y puix lo Senyor ne a tingut com- 
« passio descobrint-ly que lo illustre Capitol de S' Miquel de 
« Cuxa possehia lo trésor que ab tantas anxias dès de llarg temps 
« cercava ; per ço tôt junt ly envia un commissari ab la présent 
« supplica, espérant de la bondat de tots los senyors que com- 
« posen eix illustre Capitol que, compassius à sa miseria, ly con- 
« cediran un fragment d'eixa S'" reliquia, ab promesa que fa dit 
« poble de posarla en un reliquari décent y de tenir per ella la 
« veneratio que ly es deguda. Es la gracia que demanan y espè- 
ce ren per tôt lo poble los baix signats qui, persuadits de llur 
« bona voluntat, no aguardan sino la resolutio del molt illustre 
« Capitol per posarse tots junts en cami per anar cercar y accom- 
« panyar fins la iglesia d'esta parrochia la S'" reliquia, y asse- 
« gurar-los de la deguda regoneixensa ab laquai seran tota la vida 
« del molt illustre senyor abbat y capitol los mes humils y obe- 
« diens servidors : Joan Castany rector, Joseph Auther batlle, 
« Francisco Boy primer conçol, Joseph Bordaneil segon conçol, 
« Pera Bibent y Joseph Gassiot obrers majors, Isidro Cantier, 
« mestre de minyons y greffe per tota la communitat. » 

Par conséquent, Isidore Cantier, maître d'école, est délégué 
par la communauté entière de Corneilla pour porter à l'abbaye 
de Saint-Michel de Cuxa la supplique qu'on vient de lire, et par 
laquelle on priait le Chapitre de ce monastère d'accorder un 
fragment de la relique de saint Martin. 

(J! suivre.) Joseph Gibrat. 



o^ 



Ma terra 

Ma terra, tenes d'Orient l'encis estrany, 
eix ayre indiferent per les coses mundanes ; 
tes serres y tes valîs, tes cornes y tes planes 
tenen el ritme lent del cant qu'es com un plany. 

Del xiprer de Mahôma es l'oliu el compariy, 
y la figuera creix hont fressegen platanes ; 
son canterets d'olors tes lascives galanes 
y te volta un cel blau del cap a fi de l'any. 

El sol, de 't mirar tant, t'ha tornada morena, 

y eix raig que 't fa cantar t'ha deixat per ofrena ; 

encare te perfuma algun recort moresch ; 

ton tambori brunzina, oh î ma bruna cigala... 
Mes floreix un somris també 'n ton llabi fresch, 
somrîs d'una dolçor del tôt occidentala. 

Fr. Salvat. 
Grecia, 1917. 

Essai de Grammaire historique 

de la Langue Catalane 

Un travail comme celui que présente aujourd'hui notre éminent 
compatriote, M. l'abbé Fouché, mérite d'être parcouru avec 
toute l'attention désirable, non seulement pour la valeur linguis- 
tique et historique qu'il synthétise, mais surtout pour la voie 
toute nouvelle qu'il ouvre à nos philologues. 

C'est la première fois qu'une étude linguistique aussi complète 



— i66 — 

et aussi documentée sur l'ensemble de la langue catalane voit le 
jour en Roussillon. 

M. l'abbé Fouché, qui se vit décerner en 1916, par l'Univer- 
sité de Toulouse, le Diplôme supérieur d'Etudes Méridionales 
avec la mention très bien, possède à fond tous les secrets de la 
phonétique catalane. La première partie de son étude, publiée 
dans 7{uscino, en fournit largement la preuve. 

Ce premier livre, relatif au traitement phonétique des voyelles, 
ne comprend pas moins de soixante pages. L'auteur y examine, 
en toute érudition, la gamme des voyelles fermées, mi-fermées 
et ouvertes, tendues ou relâchées — accentuées ou atones — et 
leur évolution dans la langue depuis le latin classique, en passant 
par les étapes du latin populaire ou roman, de la chute des décli- 
naisons et des diverses lois morphologiques. C'est un travail 
savant, mené avec méthode et maîtrise. 

L'auteur a délimité ainsi qu'il suit la frontière linguistique 
septentrionale du catalan : Le Barcarès, Saint-Laurent-de-la- 
Salanque, Saint-Hippolyte, Salses, Opoul, T^utavel, Estagel, 
Montner, Neffiach, 111e, Rodés, Arboussols, Eus, Catllar, Molitg, 
Campôme, Mosset, Urbanya, Nohèdes, Jujols, Oreilla, Talau, 
Ayguatébia, Railleu, Sansa, Real, Puyvalador, Riutort, Fontra- 
biouse, Formiguères, Matemale, Les Angles, La Llagonne, 
Mont-Louis, La Cabanasse, Odeillo, Bolquère, Egat, ' Targas- 
sonne, Angoustrine, Dorres, Porta, Porté. 

Il signale qu'à Tarrerach l'on parle les deux langues (catalan et 
languedocien), mais que le catalan y est en voie de progrès. 

Qu'il nous permette ici une appréciation personnelle. Pour 
notre part, nous aurions fait entrer Tarrerach dans la frontière 
linguistique entre Mrboussoh et "Eus, de même, d'ailleurs, que 
Yingrau (entre Opoul et Tautavel), où l'on parle moins gavailx 
que catalan. Après Mosset nous aurions préféré, pour englober 
toute agglomération, si petite soit-elle {mas, cortal, etc.), suivre 
le cours de la rivière, de Mosset jusqu'à la frontière, tracer une 
ligne limite de sa source à Rieutort et de là à Porté. 

Nous avons constaté avec satisfaction que M. l'abbé Fouché 
rétorquait avec juste raison quelques anomalies philologiques de 
M^ Alcover (origine du suffixe ayre), de même que certaines 
hypothèses de Schazdel, Niepage, Brekke sur l'évolution des e 



/ 



— 167 — 

latins. I] y a cehainement bien des H.toi 

études i,ngu.ti,ues faites sur le ata ^ V'' '^"^ ^- 

philologues étrangers. «"oussillonnais par les 

.-.,, ^'"s la seua casa. 

M,„cr <,„. Ueh,- cad, h. „b ,0 eu. s'hi p,„a. ■ 
" «st temps que nous nous réveillionc 
finitiaHve de ce genre d'é.udes ""-"^m" pour prendre 

Nous sommes persuadés que M Tahhi B ... 
Panlc„,.remen, dans ce„e :ranc;::e;r;s :Z'Z ';::Z::'" 

Caries oe la Real. 




On document intéressant 



Copia exacta del nalalici de M" Jacialo Verda«.er 

-i c:;.:VererLrr:r "'r'^'^^- -' -- -.r 
^^- .w.r. .. p.,,w.:;Ltr;;f ^ ^r ''-"^"'•^' -^ 

al iMustre poeta M" Collell • ""^P'^ " deguda 

<<eVt,':r:m^Cero::\::;°'---' «-^' y p-. 

^^i-y mil vuyr cenrs curan a' e rj":, r^I^ VT' "'^^'^ 
Pbre y Vicari. ha bareja, soiemnement 'a L'' '"""' ^"" 
'o mateix dia a un ,uar, de sis del ma / fin T •''"' "''''"' '" 
Verdaguer, picapedrer. na.ural de t" ''ne f ™ '' ''"^'P'' 

natura, de F„,garo,as, cons. viven.s a ^ ;; l/""""^ «^"'^"^ 
son SOS avis pa.ernos Miquel Verdapulr "" P°'''^'='° ' 

de dira parroquia de Tavernolas Ttf ""«"' ^ ^"'^ «^'^-i- 
y Maria Planas de Folgarola le ,1 °' ^"'°'"=" S^"'='° 

^^™o„,. foren sos padrfns Jacin o GûelT^fT-":: ^'"'"" *^^''"- 
mon y de Paula, y Antonirr ' '^''""' «" «^^ Sagi- 

^^ S. Es.e.a de aLtiC^SaT:; t^ at ^"^-^"^ ^^'^^ 
paren„u esperi.ual y obligacions que per e ' ' '"" "'^""'' " 
cons,, ho autoriso y firmo en dits dL ""'"•'=" : y perqué 

roco D. Joseph M Colomer pLe ' """ ' '"'^ ^' ^"^ P"" 



En mission à Barcelone 

[Mai-Juin 1916) 

M. Joseph Anglade, professeur de langue et littérature méridionales au 
Lycée de Toulouse, vient de publier sous ce titre une relation détaillée de 
son voyage à Barcelone en mai-juin 1916. 

Nous en extrayons les lignes suivantes qlii ne manquent pas d'intérêt : 

J'étais chargé par le Ministre de l'Instruction publique d'une 
mission dans la capitale de la Catalogne, à l'effet de continuer 
des recherches déjà commencées en 1909 dans les Archives de 
cette ville. J'étais- chargé aussi par M. Cartailhac d'annoncer à la 
Section d'Archéologie de Vlnslilul d'Estudis Catalans les premiers 
résultats des fouilles que M. Mouret vient de faire dans sa pro- 
priété d'Anserune (près de Béziers). Les archéologues de VJnstitut 
accueillirent avec l'intérêt le plus vif le récit sommaire des pre- 
mières découvertes faites par M. Mouret ; ils demandèrent que 
notre Société voulût bien les tenir au courant de ces fouilles 
importantes, qui, avec celles de Castel-Roussillon et celles d'Am- 
puries, les intéressent au plus haut, degré... 

J'ai eu la joie de découvrir une rédaction rimée des Leys 
d'Amors ; nous possédons à Toulouse, à l'Académie des Jeux- 
Floraux, les deux rédactions en prose, dans deux magnifiques 
manuscrits du xiv' siècle ; l'un a été publié par Gatien-Arnouit 
(en 1844) ; nous avons mis le second sous presse. La rédaction de 
Barcelone, qui est due, comme les deux rédactions conservées à 
Toulouse, à Guilhem Molinier, chancelier du Consistoire, est en 
vers de huit syllabes : c'est une copie du xv' siècle faite sans 
doule pour le Consistoire de la Gaya Sciensa, fondé à l'imitation 
du Consistoire du Gay Saber ; il y a environ 7.000 vers ; nous 
espérons pouvoir publier cette rédaction rimée après la deuxième 

rédaction en prose... 

J. Anglade. 



Le Gérant, COMET. — Imprimerie COMET, rue de la Poste, Perpignan 



I 



k:.VSC«.\C\O.V»tov5C50.V.\S'.vc^x 



Orthographe et Prononciation du Catalan 

A l» demande d'un certiiii. nombre de J«ci».,r. „„ 
.^gUs de ro.ho,.phe e. a]u prononc^'L^ rUne.T" "''"'^"' c.-dejjo», U,^p.nc,p„e. 

a tonique se prononce^omme a français. Ex- m^r 

a sourd se prononce comme eu français. Ex : dona ,pr : dôneu) 

. ton.que se prononce comme .- français. Ex. : rib.ra (pr : ribèreu, 

e sourd se prononce comme eu français. Ex.: mar. (pr fmàreu) 

• ton.que se prononce comme o français. Ex. : rosa (pr : rôseu ) 

sourd se prononce comme ou français. Ex. : dormir (pr : dourmî) 

u seprononce toujours comme o« français. Ex. : coure (pr • côou e) 

' 'ZsTT T"'"" '°'""' '■ '""^^■^- ^^'-^ " - - f-t P- entendre 
dans les finales en a.g, eig. oig, uig où le g prend le son de fg Zfî 

et su.v.s de /. Ex. : coHa, rzgU (pr: côbbleu. règaleu) ^ 

Te :rostro;Te.'Ex: ["r^r"^'"^ '^^"^ ''-'- - ->-^ •" ^-^ ' P" 

' "rfl?" r"';' " '""'"■^' "^'^ ' "^ '^ f^'* J^-»- -tendre à l'.nfi- 
n.t,f des verbes. Ex. : ,„onV. mourir, se prononce m.«n. Cependant il faut 
uppr.m.r cette lettre à l'infinitif de quelques verbes tels que . /J Lre 

:::::;;::;;i:;r'^^ ' '-■ '''-• -- ■'- - -'^- -- '•■ -- 

u .e prononce toujours commet. Aussi nest-il pas rare de trouver indif- 
féremment 1 une ou l'autre de ces consonnes dans certains mot tel que 
riftera, rivera; traèall, travail, etc. ^ 

«y correspond au gn français. Ex. : p„pi„„i, P„p,f„„. En catalan ,« „ 
« prononcent to>,i„„rs «parement. E». : ,g„„l, ,, pronond >-„oraI, 

X « prononce comme c* français. Ex. : x,V„r, siffler. Mais onle prononce 
auss, „ e, ^, dans certains mots, comme = .„.„„«, „.„„. ' "" 

rin^":::^es7::rc::;:rrL':de^':::';.or,::„;; -"■ - r-- -- 

.; .a t„mina,son d„ p,„rie, des noms\: : :: .rrmîn-L^s^rr: ::: 
«_des temps des verbes ou la troisième personne du singulier se termine par 

Ex. taula, taules; f».<:a ,^ es ^-tr 
.-^em. dormieu '- .ria : Lrr.Vn-far.r,';:, .IT'"' •'°""""' ^"- 



-Oi'JC Pz-S-^PE 



I 



BIBLIOTHÈQUE CATALANE 



f S'adresser an Secrétariat de la " Revue ", rue de la Poste, Perpignan. 



I 



AyS y AlbadeS, poésies roussillonnais«,5, par LO PASTO- 

RELLET DE LA VALL D'ARLES, élégan volume in-8", papier 
vergé, 3 fr. 



I verge, i \x . r 

La M.are-Tctra, poésies roussillonnaises, par P. BERGA, J 

1 élégant volume in- 16 jésus, papier vergé, 2 fr. t 

L'Idée régionaliste, par j. amade, 2 fr. 50. | 

^j Roses y XiprerS, poésies roussIllonnalses. par J. PONS. 

^ élégant volume in-i6 jésus, papier vergé, 2 fr. 

— I Botanique catalane pratique, par l. conill. 

# instituteur à Sournia. Franco, 4 fr. 25. 

J Les Fables de Lafontaine, traduction catalane de 

M. Paul BERGUE, élégant volume in-16 jésus, papier vergé, 2 fr. ^ 

— J Anthologie Catalane {\"Séne: Les poèUs roussnionnais) j 

Ç avec introduction, traduction française, notices bibliographiques et g 

1 notes, par J. AMADE. 1 

- i Contes Vallespirenchs « repiegats per en mir y i 

I NoNTOQUis» et publiés par Mossen Estève CASEPONCE. 1 

i Le Catalan à l'Ecole, par l. pastre. i 

I Littérature Méridionale, par j. amade. j 

IL'Arlesiana, traduction catalane de M. G. VIOLET, élégant 
volume in-16 jésus, lapier vergé, couvertures modernes, 2 fr. 

r Aqueixa Mainada, i acte, par en. grando. o fr. so. f 

* AmOS i DomeStiCS, comédie en i acte par en. GRANDO. «J 

j Perpignan pittoresque, Les Cris de la Rue J 

g avec leur notation musicale, par Ch. GRANDO, élégant volume, r 

I papier alfa, o fr. 5o. 1 

^ Poèmes de gUerra, poésies catalanes de p. FRANCIS, * 

I élégant volume, 1 franc. I 



IP 



l' Année. N 132 



15 Octobre 1917 



1^^ 




REVUE 
CATALAN E 




I 



>RGANE DE 
A SOCIÉTÉ 
rÉTUDES ^' 
lATALANES 



Né'\ 




Prix UN Franc 



SOMMAIRE 

• 



Pages 

PROCÈS-VERBAL DE COJ^CILIATION 169 

ELS MUSICHS Victor Catala 169 

CANT NU VI AL. . Lo Pastorellet de la Vall d'Arles 170 
DOCUMENTS HISTORIQUES SUR LA VILLE DE 

PERPIGNAN Henry Aragon 172 

VERSOS DE JUVENTUT P. Francs 175 

ELS LLIBRES MES CARS Riols 176 

HISTOIRE LOCALE : Aperçu historique sur la paroisse 

DE CORNEILLA-DE-LA-R1VIÈRE Joseph GiBRAT l6l 

LA MORT DE LA VILA Fr. Salvat i8o 

LO LLOP Y LA GUILLA . L'Ermita de la Pinatosa 17a 



&je2fies^ 



Toutes les communications doivent être adressées 
à M. le Secrétaire général de la Revue Catalane, à "Perpignan 



IV Année. N* 132 15 Octobre 1917 



Les Manuscriis non insérés 
ne sont pas rendue. 



Lrs Articles parus aans ia Revue 
n'engagent que leurs auteurs. 



REVUE 

CATALANE 



Procès-verbal de conciliation 

Délégués par nos collègues pour obtenir la cessation du malen- 
tendu survenu entre deux catalanistes roussillonnais et leur récon- 
ciliation définitive,, nous avons demandé à M. Jules Delpont de 
bien vouloir retirer des articles qu'il a publiés ce qu'il peut y 
avoir de désobligeant pour M. Charles Grando ; et demandé à 
M. Charles Grando de retirer sa plainte en justice. 

MM. Delpont et Grando se sont rendus à nos désirs et se 
sont réconciliés en notre présence. 

Perpignan, le 15 septembre 1917. 

Les Délégués : 
D' Emile Bojx. P. Vioal. 

^^& ^^C^ "VC/^ ^^^ "^^^ 'S^§î: -T^^ 'T^S' ^^^ ^^8î> -^^^ "^^$5 ^^<^& ^^& ^^8î= ^^«^ 

ELS MUSICHS 

Drets sobre Is pedrissos de cada banda de portai y arrambats 
a les parets de la capella, els musichs, amb el cos enrampat y la 
cara plena de ganyotes, semblaven una exposiciô d'estatues gro- 
tesques. Feyen ab tota serietat la cômica pantomima, aixecant y 
abaixant les celles, revirant lluherterament elsulls, inflant y desin- 
flant les galtes, mentres per les prolongacions metàliques, ab for- 
mes estrambôtiques, de sos llàbis, escupfen terrabastalls de notes 
que queyen sobre el concurs com màgich exorcisme, commovent- 
lo estranyament y fent-lo bellugar tôt d'un cap al altre. 

Victor Catala, Soîiiut, 




Cant Nuvial 



71 la senyoreta Simone Poj\S 

per lo dia del seu casament 

ab lo senyor "Léon Gat 

en l'iglesia Sant-Esteba d'UIa 
j 5 d'octobre de 1 9 1 7 

Sert'es anaygada avuy, ô guapa esposa, 

Si la ilengua payrai no s'haguès fet ohir 

Al peu del sant altar, en eixa hora ditxosa 

Hont l'anell nuvial has vist al dit lluhir ; 

Hont has donat ton si, y ton cor y ta vida 

Al espôs encantat de rebre un tal trésor ; 

Hont has, per sempre mes y ab un goig sens mida, 

Jurât devant de Deu lo teu etern amor. 

Hora celestial ! Al bell mit) de la missa, 
S'es alsada una veu clara com lo cristall, 
Fresca com un roser, y ja sa cantadissa 
S'esten amantament, baixant de dalt avall. 
Com nin dins un bressol, l'orga ne gronxolava 
Lo « Jesûs dolcîssim », apulit, apulit ; 
Com si li fes non-non, ab tochs manyachs ruixava 
Lo cant pur y suau, ara y may .prou sentit. 

Demâ te 'n iras tu, ay, en terres estranyes ! 
Qu'es lo que te 'n duras, qu'es lo que deixarâs ? 
Diguis avuy adiu à les nostres montanyes, 
Diguis al Rossellô com lluny d'ell sufrirâs ! 
lUa, ahir hont poncella, en rosa ets espellida, 
111a, ab ses fonts, sos horts y son ayre tant dois, 
Com la somiarâs, desperta o adormida, 
Eixa terra pastada ab tos plers, ab tos dois I 



— x-jx - 
Ves ab ton noble espôs, sens ninguna recansa : 
Pertofhont anireu, a Jlla ab ell seras ; 
Y s, •! païs hont vas es fret, alla dins Fransa, 
Si es soviny bromes, nostre sol te 'n duras. 
Nostre so] ! Los raigs dor que, de sa cabeîiera 
S'escampen, espargint la salut y tôt bé, 
Eix sol te guardarà serena y riallera : 
Conjur enlluhernador contra tôt anyoré ! 

Has tu esbocinat lo pa de Ja^ doctrina 

Als ninets que t'escoltaven, embadalits ; 

Has fet ohir assî l'armonia divina 

Que treyes del arquet, relliscant en tos dits. 

Deixa -ns de tos vint anys la preuhada hermosura. 

La gracia, la virtut, l'agradosa bondat ; 

Y, fins que tornarâs, es ab nova dolsura 

Que dins 111a viurà ton recort estimât.. 

Ara ton nou cami, segueix-lo sens flaquesa : 
Seras forta ab l'espos que '1 bon Deu fha donat. 
Prop d'ell podrâs pohar y pau y fortalesa, 
Prop d'ell te sentiras sempre en seguretat. 

Y si, sota "Is teus peus, espines s'amagaven, 
Ab cuyta les aparterâ de tu sa ma ; 

Y si may de tos ulls uns amarchs plors rajaven, 
Ansiôs y ab afany, corn los aixugarâ ! 

Y tu per ell. oy si ! siguis sempre avinenta ; 
Sfguis '1 seu consol, sa llum, i'ûnich amor ! 
Quan sera pensatiu, trist, siguis amatenta 

A li dar alegria, à minvar sa tristor ; 

Y ta ma dins sa ma, d'ell sempre enamorada, 
Vos compartint los goigs. les pênes y la Fé,' 
Caminareu valents, y aquesta diada 

Sera l'alba d'un temps sempre clar y seré. 



— 172 — 



+ 4- * 



Si fos avuy assi lo presoner de guerra, 

Ton germa, '1 cantador de 7{oses y Xiprers, 

En versos inspirats, trets de la mare-terra, 

Desfullerîa ell flors dels mes bels rosers. 

Jo, corn ell en mos Ays, trist ahir, sols Albades 

Avuy vos he fet jo en mon dois catalâ : 

O Nûvis, agrahiu mes estrofes triades, 

Y mos vots y mos prechs : Deu los benehirâ I 

Lo Pastorellet de la Vall d'Arles. 

DOCUMENTS HISTORIOUES 

sur la Ville de Perpignan 

4^^^^» (SmTB) 

Au sujet de la place de la Boayria, on connaît une ordonnance 
du 8 des calendes d'août J 297 interdisant à tout portefaix de 
résider à l'endroit où ils avaient l'habitude de résider, mais d'ha- 
biter à l'endroit désigné à la place de la Bocayria, sous peine 
d'une amende de vi drachmes. 

Voici le document : 

Viii kls augusti anno domini M.CC.LXXXX.vii (i). 

Ffo adordonat e cridat e itianat de part del balle, a totz los 
bastaixes, que d'aqui anant negun no gaus estar en aquell loch 
en que avien acostumat d'estar, mes que estien en aquell loc en 
que hom lur ha assignat a la Bocayria. E aquell qui aquest mana- 
ment passara, pagara per pena vi drs o vi assotz. 

Lo quai manament fe en P. de Fonolet a 'N P. de Bordai c 

(i) Ordinacions. i, P 33 v°. (Reproduit par Alart : Documents sur la langue 
catalane, 1881.) 



- ,73 - 
a frae (i) Jacme d'Olers, que [o] dixessen e fessen fer al dit 
balle. 

Toutes ces ordonnances tendaient à transformer la ville : mais 
il ne s'agissait pas seulement de l'embellissement de la fière cite ; 
il fallait aussi réprimer des abus, assainir la ville infestée par les 
maraudeurs et les gens sans aveu (2). 

C'est dans ce but que Raymond Serda, jurisconsulte de la ville 
de Perpignan, lieutenant de Bérenger de Maguerole, Conseiller 
du Roi etProcureur du Roi dans les Comtés de Roussillon et de 
de Cerdagne, autorisait, le 7 octobre i382, la transformation des 
boutiques en plein vent de la Plassa de la Peîla en boutiques 
closes et couvertes, séparées par des rues, eu égard aux désor- 
dres de toute espèce, assassinats, viols qui s'y commettent cons- 
tamment pendant la nuit (3). 

On donna l'autorisation d'ouvrir une rue qui devait commencer 
au carrefour de la maison du Consulat (4) et aboutir à la place 
de la grande boucherie (5). Toutes ces rues (via sive carreroni) 

(1) Après le xiv' siècle, on a dit souvent en catalan fra pour frare, appli- 
qué à un religieux ; mais on disait déjà, en i35o, frase et frae pour frare. 
Frère Jacques d'Ollers, commandeur du Temple de Perpignan, fut procu- 
reur du roi de Majorque jusqu'à l'arrestation des Templiers roussillonnais 
(septembre iSoji. (Alart, Documents sur la langue catalane, 1881, p. 121.) 

(2) Locus inhonestus, et valde periculosus, unde multa scandala atque 
dampna sequuntur et pejora possent sequi. 1 Livre vert mineur, AA. 3.) 

(3) Ordinarunt dictas tabulas predicte ville debere reduci in botiguis 
clausis per modum et formam in subscriptis capitulis contentes... (Arch. 
comm., livre vert mineur, AA. 3, f°283.) ...Fuit conclusum quod de dictis 
tabulis dicte Vellerte sive "Pelle fiant domus et botigie in dicta platea, parie- 
tibus congruis atque viis et carreriis claudatur et limitetur atque dividatur, 
ex et per eo, inter alia, quia... dicta platea stetit et nunc stat cum dictis 
tabulis inhoneste atque periculose et sine aliquibus parietibus et clausuris, et 
mala quam plurima inibi de nocte fuerunt perpetrata puta violacio mulierum 
et puellarum atque furta maxima, et depredationes, vulnera et dampna 
maxima evenerunt... (Arch. comm., livre vert mineur, AA. 3, f° 28 i v", 282.) 

(4) Una via que incipit in compito sive quadruvio domus Consulatus. 
(Arch. comm., ibidem.) 

(5) Versus plateam macelli majoris... (Arch. comm., ibidem.) La dite 
leuda del masell de la vila de Perpenya valia e 's solia arrendar cascun any 
4 llr. (Arch. des Pvr.-Or., B. i55, P 24.' Les bouchers devaient vendre 
leurs produits à la place del Costeyl : Item que nuyl no gaus vendre carn 



— '74 — 

étaient occupées par les boutiques de Guilhem Ribes, drapier ; 
de Bernard Alanya, Raymond Comte et Nicolas Olivier, pois- 
sonniers de ladite ville ; de Barthélémy Garin, changeur de la 
ville (i) ; de Jean Sabater, drapier ; de Pierre Dominique, Jean 
Montolieu, Pierre Sabte, Antoine Giravalls et Martin Cabaner, 
peaussiers de Perpignan ; de Jacques Fabre, drapier, et Jean 
Blanquer, pareur de Perpignan. 

Cette ordonnance avait été approuvée par les consuls Ermen- 
gald Martin, Bernard Raymond et François Palol, ainsi que par 
Jacques Fabre, en son nom personnel et au nom des héritiers 
des locaux de la Pella. 

L'acte fut rédigé le 8 octobre i382, en présence des témoins 
Bernard Millars et Perpignan Benoît, délégués du Consulat, par 
François Bon-Dieu (2), notaire, qui a apposé son seing manuel. 

La veille, le 7 octobre, cette autorisation {pro licenlia et conces- 
sione) avait été donnée, moyennant la somme de vingt-sept livres 
et dix sous barcelonais de tern versée entre les mains du Procu- 
reur royal Bérenger de Maguerole, par Pierre Vital, scribe. 

L'acte avait été rédigé par Jacques Molines, notaire de Perpi- 
gnan, le 7 octobre i382, en présence des témoins Pierre Mardi, 
mercadier, Michel Monaster, de Perpignan, et Bérenger Cas- 
tilio, de Canet (3). 

Voici le document transcrit : 

Ordinacio deîs consols e clavaris sobre les boliques de la Pella 

8 octobre i 382 

Ordonnance des clavaires de Perpignan, approuvée par les 
Consuls, réglant la construction des boutiques et le percement 
des rues à établir sur l'emplacement de la place de la Pella, qui 
aboutiront à La l^oga de Perpignan (maison du Consulat), au 
Macell (boucherie), aux rues de la Brunatena (apprêtage, teintu- 

mesela, ni carn de nuyla bestia qui 's mura per si metexa, ni nafrada, ni 
embaussada, dins los masels de Perpenya, sino a la Plassa def Costeyl, e que 
no la venen a pes, sotz pena de x s. (Ordinacions, j, P Sy.) 

(1) Campsoris dicte ville... (Ibidem.) 

fî) Signum mei Francisci Boni-Domini, notarii auctoritate regia... etc 

(3) Arch. comm., AA. 3, livre vert mineur, P 281 v°, 282. 



- .75 - 

rerie des draps), de la Ganleria et à la Peixoneria ou Pescaleria 
(poissonnerie). — Défense de faire des étalages sur la voie publi- 
que dans la .ue qui part du Consulat et aboutit à la plassa de la 
Boheria () ) (triperie-boyauderie) ; défense, sous peine d'une amende 
de XX sols, de faire du feu ou de la fumée dans les différentes 
boutiques, ce qui serait disgracieux pour la ville et préjudiciable 
aux immeubles voisins. 

lA suivre) Henry Aragon. 

(i) Aujourd'hui, par une transformation ridicule, place Laborie. La 
Boheria désignait la place ; le mot macetl indiquait le local même où avait 
lieu le marché. 

Versos de juventul 

Aîr ne vaig fer una trova : 
demès dels papers, dels escrits, 
versos estaven adormits 
en un calaix del gtiarda-roba. - 

] tôt llegin-los vaig tenî 
la rialla melancolica, 
iguai qu'ois una musica, 
una mùsica de Lulli. 

En aquell temps anyoradiç 
mon cami era plé de gloria, 
i 'm semblava, si tinc memoria 
que la vida era un paradiç. 

Sus les aies de la Quimera 
me 'n pujavi cavalcadant, 
Pégase 'm treia triumfant 
del reaime d'aquesta terra. 



— ij6 — 

Nineta hermosa era per tu 
que tocavi la meua lyra 
per t'alabar o per te dire 
el foc ardent de ma passio. 

Pobres versos senzills i purs 
vostre vista reviscolava 
recorts d'un jove que cantava 
mes alegries que tristors. 

Are m'estic arreconnat 
encomanant mon anima a Deu, 
al genre huma n'hé dit l'adeu 
perqué tinc el cor endanyat. 

Ja qu'ai mon no hi ha cosa nova 
els versos qu'aqui veig escrits 
per sempre estaran adormits 
en un calaix del guarda-roba. 

P. pRANcis. 

;^'>,i, c^Th^ (^->i c^-TnS, ct8>^ .^'^4. (§'>^ tt§'ï-i. t^-Ï^S. <(8>^ t^^i- <^'^^ 

Els llibres mes cars 

Per el PsaUeri de Maguncia (1487) s'han donat iSo.ooo pesse- 
tes. Per la Biblia de Irenia-sis railles, de Gutenberg (1459) 100.000 
i per el Decameràn de Boccacio (1471) 75.000 pessetes. 

També per altres obres s'han pagat preus fabulosos : J^es obres 
de Shakespeare (ediciô original de ]623) venuda per 40.000 pes- 
setes ; les Tigures de Molière, per Bocher, adquirida per 35. 000 pes- 
setes. 

També una ediciô en grec, publicada per Didot en 1802 i enri- 
quida amb dibuixos de Prouhon i Gérard, han alcançat élevât 
preu, segons pot col'legir-se amb saber que acaba de vendres 
per 10.000 duros, casi la mateixa quantitat que s'esta pagant per 
un exemplar de les Jiores de la Verge, manuscrit de fins del 
segle XV. RioLs. 



Jt^J"^^^^^^^*" ^^^^^^t't'^t'^t t'tt't't'tt'l't'^ 

HISTOIRE LOCALE 

APERÇU HISTORIQUE 

sur la paroisse de Corneilla-de-la-Rivière 

(SUITE) 



Que] accueil fit le Chapitre au commissaire délégué ? Le docu- 
ment nous l'apprend : 

La sobra escrita supplica fonch molt bé rebuda de tôt lo Capi- 
tol, puix tots de un commu consentiment votaren de concedir lo 
qu'es demanava y lo S' monjo Ay almoiner torna resposta de la 
part del Capitol que enviarian lo die segur en loqual porian fer 
la translatio. Lo die en efiFecta era notât als 23 8'"'« : pero com 
als j6 de dit mes, die de Sant Gualderich, vingueren unas plujas 
tant abundants que ny lo aiguat mémorable de Urbanya (j), ny 
hommens nats no podien recordarse de aver vist tanta quantitat 
de aigua que à Corneilla la ribera arribave fins al camp dels horts 
de la obra, y lo Tech feu en Vallespir estregos moit extraordi- 
naris com poden tenir memoria v relatio del qui se passa en dit 
tems, tôt aço fonch causa de la dilacio de la translatio de la 
S'" reliquia. 

Ab tôt, als 9 del mes de novembre, après aver celebrada la 
santa missa à quatre horas de mati y démenât al Senvor nos 
donas bons camins, partiren los ait nomenats en la fi de la sup- 
plica per anar cerca la S'' reliquia. Arrivaren en lo monastir a 
cerca de la una hora. y en eixa tarde mateixa se feu lo présent 
acte ab so dels dos campanars qu'es troban en lo dit monastir, lo 
qui alegrâ à tots. 

Ici commence la seconde relation rédigée en français : elle 
complète le récit précédent : 

Le 9 novembre ]j63, après-midi, dans le royal monastère de 
Saint-Michel de Cuxa. Sont présents : F. Bordes, notaire royal, 

( I Cette inondation emporta le village d'Urbanya (1716- 17 17), ne lais- 
sant que cinq ou six maisons. (Arch. des Pyr.-Or., C. 739. j 



— 178 — 

secrétaire et greffier du Chapitre de Tabbave ; Ravmond Rovira, 
prieur de Notre-Dame de Riquer ; Joseph Pellissier, marguillier ; 
don Ange de Banyuls, prieur de Saint-Jacques de Calahons ; 
don Antoine de Réart, infirmier ; Pierre Roca, prévôt de Cerda- 
gne ; don Cajetan de Terrêna ; Jean Ay, aumônier; Thomas Sa- 
lera, camérier. Tous ces religieux profés. composant le Chapitre 
du monastère, ont été assemblés, au son de la cloche, dans la 
salle capirulaire, par ordre de Melchior de Bru, prieur claustral, 
à cause de l'absence de messire don Jean-Baptiste de Guanter, 
abbé. Alors sont entrés dans la salle capitulaire : Jean Castanv, 
prêtre et curé de l'église paroissiale de Saint-Martin de Corneilla- 
de-la-rivière ; Joseph Auter, barlle du même lieu ; François Boy 
et Joseph Bordanell, consuls de la communauté séculière de 
Corneilla ; Pierre Vivent et Joseph Gaciot, marguilliers ^ie la 
marguillerie majeure de la même église, députés par tous les 
habitants de Corneilla. Comme suite à leur précédente supplique 
favorablement accueillie, ces députés supplient les membres du 
Chapitre de vouloir bien leur accorder un morceau de la relique 
de saint Martin, qui est le titulaire et le protecteur de leur éalise, 
les assurant de leur parfaite reconnaissance. Ensuite ils se retirent. 
Après quelques instants de délibération, les membres du Cha- 
pitre décident à l'unanimité d'accorder au curé, au batlle, aux 
consuls et aux marguilliers de Corneilla un morceau des os de la 
hanche gauche qui se trouve déposé dans la chapelle de Notre- 
Dame de la Crèche, vulgairement appelée lo Pesebre. Aussitôt, 
les religieux, accompagnés des députés de Corneilla, se rendent 
dans la sacristie de l'église abbatiale. Le prieur se revêt de ses 
habits sacerdotaux et du pluvial. La procession s'organise, et, 
au son des cloches, on se rend de la sacristie à la chapelle de 
Notre-Dame de la Crèche. Après avoir fait une prière, Melchior 
de Bru entonne l'antienne Beatum ponlificem, etc. avec le verset 
a/iuuii eum, etc., et chanie l'oraison. Après quoi, on ouvre une 
petite porte pour aller derrière l'autel d'où a été retiré un petit 
coffre couvert de taffetas couleur ponceau, orné avec un petit 
galon d'or, cloué avec des clous dorés et fermé à clé. Ce coffre 
est déposé sur l'autel. Le prieur l'ouvre. On remarque des osse- 
ments de différents saints qui, depuis un temps immémorial, ont 
toujours été en grande vénération. Au milieu de ces reliques, on 



— 179 — 

aperçoit les os de la hanche gauche appelés en ternne de méde- 
cine et chirurgie ilion, sur lesquels se trouve cette inscription : 
SancH Martini, episcopi Turonensis. Benoît Porra, chirurgien juré 
de la ville de Prades, coupe avec une scie un morceau d'os de la 
longueur d'un pouce et demi et de la largeur- d'un travers de 
doigt : cet ilion de saint Martin avait déjà été coupé, et le Cha- 
pitre de Saint-Michel en avait adressé un fragment à l'évêque 
de Solsonne pour être distribué aux paroisses de Vial et de 
Moucles. Le morceau coupé par Benoît Porra est enfermé dans 
une boîte d'argent. La partie restante de l'ilion est remise dans 
le coffre qui est clos et déposé à sa place accoutumée. Puis, en 
procession, tous les religieux quittent la chapelle du Pesebre et 
se rendent à la sacristie, où le prieur claustral quitte son pluvial 
et ses habits sacerdotaux. Ces opérations terminées, tous les 
moines vont à la salle capitulaire : là, ils choisissent Antoine de 
Réart et Jean Ay et leur confient la boîte d'argent avec la reli- 
que de saint Martin. Ils la porteront à Corneilla même et la 
remettront au curé, au batlle, aux consuls et aux marguilliers, afin 
qu'elle soit pour toujours déposée dans l'église de cette paroisse 
et exposée à la vénération des fidèles, après, toutefois, l'appro- 
bation de l'évêque d'Elne (i). Cette approbation fut donnée le 
lendemain : Yisis omnibus supradictis, exponaiur prœfafa reliquia 
publicx fidelium veneralioni el nominatim in ecclesia S'' Martini loci de 
Cornella. Datum Thuirii die décima mensis novembris i y63. De T^eart, 
vie. général. 

(Jï suivre.) Joseph Gibrat. 

(i) Voici le nom des témoins: Gaudérique Serdan*a, prêtre et curé de 
l'église de Taurinya ; Joseph Sabiuda, prêtre et curé de la ville de Codalet ; 
Martin Molins, notaire royal, demeurant à Prades ; Isidore Gantier, précep- 
teur de grammaire ; Joseph Banet, menuisier ; Christophol Ullo, du lieu de 
Rieu. Viennent ensuite les signatures des religieux de Saint-Miche) et des 
délégués de Corneilla. — F. Bordes, notaire, le 9 novembre iy63... CoUa- 
tionné sur la minute. Signé : F. Bordes. 




La mort de la vila 

El poble es mort. Les tristes parets nudes 
s'estremeixen en munts de cendra y de rocam# 
C. Grando, El Clam T{oig. 

Mar qui joguinejaves als peus de la vila, 

mirall de sa hermosura, 
en va cerqui sa gracia en ton aigua tranquila ; 

mar insensible, olvidadora, 
aviiy reflectes sols un fantasma espantôs. 

No es p6s 
j'hermosa afalagada y cobejada, 

la blanca fada 
d'Orient, la del côs voluptuôs, 
qui de tots era estimada ! 

Tots els bens a rcCTuitzells 
te portaven els vaxells ; 
al llarch del port grollaven 
colles d'esclaus qu'emplegaven, 
aymadors per t'adornar. 
Y lo soi te feya festes, 
y 't miraves passar llestes 
les gavines sobre '1 mar, 
sobre M mar d'aicrua rissada 
suaument llisant, inflada, 
la vêla d'algun llahut. 
Ostentaves riallera, 
com el pal d'una bandera, 
el minaret punxagut. 
Tenies clares placetes 
hont gosaven hores quiètes 
tos silenciosos amants, 
a l'ombra de la filosa 
d'un xiprer, y, somptuosa, 
la vista s'espayant fins a Grecia als llunyants. 



— .8i — 

Y quan tôt n'es qu'alegria, 
quan somia 
l'hermosa tant rica 
y tant bonica, 
sobtadement se 'n fà un recort de Salonica. 

S'alsa dins l'espay 
com un crit d'esglay, 
revlincada, 
atormentada, 
la rufacada 
embriagada. 
Seguint el riu groch, 
el rju de fanch, y 'Is camps de febres, 
càrrega de dimonis eixits de les ténèbres 
s'abat sus d'un xiquet foch ; 
y '1 foch ven boig al bès de luxuries. 
Los braços de la flama son los serps de les furies. • 
Estrenyen amb xisclets, 
amb renechs 
y espetechs 
l'hermosa espantada y de llàbis frets. 

A pertot el foch pren vida, 
y la flama engolosida 
sa llepada malahida 
llença amb dolentaria. 

ja 'n fa a via 

de disbarats ! 

Per amagar sos pecats 

aixeca un vol de fumatrola 

que 's caragola 
y fins al cel, alta, tremola. 

Exhala el fum 
una pudor de secorrum ; 

y quan s'apaga 
no 'n deixa veure qu'una plaga. 

No 'n son que brases 
hont s'han esvanides les cases ; 



— l82 — 

troc de paret, 
es de la ciutat l'esquelet ; 
y la gent vaga per les runes, 
dels repeixos d'ahir cercant engrunes. 

. Quan semblés no volguer destriar qu'alegries, 
trobar rés prou hermôs per un esser que cries, 
oh ! desti, sens pietat tôt d'una l'abandones 
al silenci de mort y a la nit de l'oblit. 
Ahont era gaudir de cara a l'infinit, 
se mescla ara llarch plor al remor de les ones. 

Fr. Salvat. 
Salonica, agost i^ty. 



Le Hop y la guilla 

T^pndalla de la vora del foch 

Una vegada hi havîa une guilla que ténia dues guilles petite- 
tes. Prop de sa casa, que era una baraqueta, vivîa un Hop son 
compare. Un dia que passava per allî vegé que aquest havia fet 
obres a la casa y l'havia posada que hom hauria dit un palau. Lo 
compare li digue : entra, que la veuràs ; y vegé que hi havia cam- 
bra, alcova, cuyna y un rebost plé de bé de Deu. 

Compare, li digue la guineu, veig que aquî no te falta mes 
que una olla de mel. Ja ho es, respongué lo Hop, y com encertâ 
a passar un home que cridava : « mel d'abelles, xuch de flors ! », lo 
Hop ne comprâ y n'emplenâ une olla, dihent a sa comare que 
arreu que fossen acabades les obres la volîa convidar a una repei- 
xada y se menjarien la mel. 

Mes que may s'acabaven aqueixes obres y a la guilla, que se 
llepava 'Is dits quan ne podia tastar, pla li trigava de se la passar 
pels canyons. 

Un dîa digue al Hop : Compare, m'han convidat a un bateig 
que hi he d'esser padrina y m' feries ben plaher si te n' vingues- 
ses a casa per tenir cuydado de les nenes mentres jo estiga fora. 



— i83 — 

Vull bé, digue '1 Hop, y la guineu en lloch de s'en anar a bâte- 
jar entra a casa del Hop y se li menjà una bona part de la mel y 
nogues, avellanes, figues, pères, ametlles, tôt lo que pogué robar 
y s'en anà pe) defora per se 'Is brifar ab uns pastors que li 
daren llet y formatge. Quan va tornar a casa seua, lo llop digue : 
Anem, comare, que tal lo bateig ? — Molt bé, respongué la 
guilla. — Y '1 nen, quin nom li han posât ? Comencili, respongué 
la besti traydora. — Ay ! quin nom 1 digue '1 llop. — Aqueix 
no s" veu dins 1 almanach, qu'es un sant que se coneix poch. — ' Y 
'Is confits ? demanâ lo llop. — N'hi ha pas hagut un, respon la 
guilla. — Jésus, quin bateig! digue lo llop de mal humor, may 
n'he vist un altre aixî. Me som estât aqui tôt lo sant dîa com 
una dida ab tes nenes, creyent que m' duriis confits y te n' vens 
sensé res. Aixô es guapo ! Y s'en va anar amb una mala cara !.. 

Poch temps després, la guineu tingué ganes de tornar a menjar 
mel y feu lo mateïx cop, prometent que portaria confits del 
bateig, y amb aqueixes bones paraules lo llop la cregué ; y quan 
tornà, de nits, la guilla, desprès que se fou menjat la meytat de 
la mel, lo compare li preguntà com se deya lo ninet ; elle li va 
dir : Meytadili. — Aixô es un nom ? digue '1 compare, que ja se 
veu que era totxo, de mon recort may l'he sentir a dir. — Es un 
sant moro, li respon la vehina ; y '1 llop cregué la bertranada y 
li demanâ hont eren los confits. Elia vos se li gira : Me som 
endormiscada dessota d'un oHu y han vengut un vol d'estornells 
que se 'Is han enduts dins les potes y '1 bech. 

Lo Uop se'n anà ab la cara fosca y tôt renegant dels estornells. 

Al cap d'un mes 6 dos, mira acî que torna la guineu ab les 
mateixes rahons. — No, hi vaig pas, respongué l'altre, que me 
cal cantar com una dida per que les teues nenes cluquen l'ull y 
no m' plau a la edat que tinch de me fer bresseyrola, que fins ara 
no he vist ni de prop ni de lluny, ni ametlla torrada, ni pussa (i) 
de Puigcerdâ. No obstant la sabé engatussar tant bé y li prometé 
tant que la bestia grossa consent a s'estar ab las nenes. 

Quan va tornar la guilla, de mel no n' quedava gota. Quin 
nom li han posât al xiquet ? digue arreu lo llop. — Mcabili. — Y 
quin nom î may l'han sentit les meues aurelles. — Es que a aqueix 

(i) Pussa se âiu d'un petit confit rodôn, blanch, ab un grâ d'ani's al mitg. 



— 184 — 

sant no li plau que l'anomenin sovint. — Si, y los confits ? se li 
posa lo llop. — Lo forn del confiter s'es tirât a terra, y se son 
cremats tots, respon la mentidera. — Lo llop isqué enfurismat 
dihent : Comare, que s' poguessen menjar rochs en Uoch de confits 
vostres fillols Comencili, Meytadili, Acabili. 

La guilla deixâ passar io temps y la rabia de) llop y desprès li 
va dir : Compare, lo qu'es promès es degut ; ja son acabades les 
obres y m'haveu de dar l'âpat que m' prometéreu. Lo llop qu'en- 
cara ne ténia coragre no volîa, ni volia, mes a la fi se va deixar 
agafar y donâ un dinar a sa vehina. Quan fou Thora dels postres, 
tragué l'olla de la mel y tôt la portant deya : ay, que pesa poch ! 
Mes arreu que l'hagué destapada pensa quedar ferit, veyent que 
no hi havia gota de mel : Y com s'es fet aixô ? — Y que sera ? 
respongué la guineu ; es que no m'en voliau fer tastar y vos la sou, 
passada tota perla gargamella. — N'he pas près una llesca, digue 
lo llop. — No pot esser, es que no recordau. — Si us dich que 
no, caram ! (que '1 llop no gosava dir carall !) sou vos que me 
l'haveu robada y 'Is vostres fillols, Comencili, Meytadili, Acabili ; 
aixô vol dir untarse lo budell amb un poch, amb la meytat, ab 
tota la mel. — Donchs, vos sou menjat la mel y encare me llevau 
un fais testimoni ! Golos y mentider, com es que no vos eau la 
cara de vergonya? — Encara ho voleu aixi : Vos seu la lladra, bes- 
tia traydora, ara mateix vaig a me planyer al lleô ! — Escoltau, 
compare, no siau tant prompte, digue la guineu ; aquell qu'ha men- 
jat mel, la sua, si s' posa a dormir al sol, no ho sabiau ? — Jo, no, 
digue lo llop. — Y ben veritat qu'es ; anem a fer mitgdiada, 
y quant nos despertarem, si lo hu de nosaltres sua mel, es 
que se la sera menjada ; y se jagueren al sol per dormir. Arreu 
que la guilla va ohir que '1 llop roncava, va resclar l'olla y va 
untar la pell a son company amb la llepissada de mel que hi 
restava, desprès se llepâ la pota y dorm soldat. Lo llop se des- 
pertant se trovâ lo pel un poch untôs y cridâ : ay, suo mel, es 
veritat ; donchs som jo que me la vaig ficar dins aquest sach, que 
tant sovint es buyt ; mes jo us puch jurar que ja no me 'n recor- 
dava ; escusaume ; fem la pau y que '1 dimoni s' vaja al infern. 

L'ErmJTA de la PlNATOSA. 

(Imitât de Ferràn Caballero.) 

L< Gérant, COMET. — Imprimerie COMET, xut de la Poste, Perpignan 



k^^CViO\O\0XC^C"\O\C\0\0\C\CV\C\C\^\C^^\CSC5C25C\C^VC» 



Orthographe et Prononciation du Catalan 

A U demaniie d'un certain nombre de lecteurs non» r^ppelon» ci-de»tou^ les [>rincipale> 
règles de l'orthographe et delà prononciation catalanes: N.D.I..R. 

a tonique se prononce cotume a français. Ex : n\aT. 
a sourd se prononce comme eu français. Ex: dona (pr: dôneu). 
e tonique se prononce comme é français. Ex. : ribcra (pr : ribêreu). 
e sourd se prononce comme eu français. Ex.:- mare (pr: màreu). 
o tonique se prononce comme o français. Ex. : rosa (pr : rôseu). 

sourd se prononce comme ou français. Ex. : dormir (pr : dourmî). 
M seprononce toujours comme ou français. Ex. : coure (pr : côoure). 

1 se prononce toujours comme i français. Mais il ne se fait pas entendre 

dans les finales en aig, eig. oig. uig où le g prend le son de tg ou Ij, 
b ci g se prononcent comme bb et gg lorsqu'ils sont précèdes d'une voyelle 

et suivis de /. Ex. : cobh, rcgh (pr: côbbleu, rêggleu). 
// correspond à ill français dans bataille. Mais dans les mots où la // catalane 
n'a pas le son de ill français comme dans illustre on sépare les deux / par 
une apostrophe. Ex. : i/'/ustre. 
r se prononce comme en français, mais il ne se fait jamais entendre à l'infi- 
nitif des verbes. Ex.: inorir, mourir, se prononce mourî. Cependant il faut 
supprim r cette lettre à l'infinitif de quelques verbes tels que viure, vivre ; 
veure. voir ; creure, croire ; heure, boire, que l'on ne doit pas écrire : viurer, 
veurer, creurer^ beurer. 

V ;e prononce toujours comme b. Aussi n'est-il pas rare de trouver indif- 
féremment l'une ou l'autre de ces consonnes dans certains mots tels que 
rifcera, rivera; travail, travail, etc. 
«y correspond au gn français. Ex.: Perpiwjiâ. Perpignan. En catalan, g et n 
se prononcent toujours séparément. Ex. : ignorant se prononce i^-norant. 
X se prononce comme ch français. Ex. : xiular, siffler. Mais on le prononce 

aussi es et gz dans certains mots, comme : excavaciô, examen, 
el et al ne doivent pas être confondus. Ex. : eï pare es al llit, le père es 
au lit (pr. : eul pare ez eul llit). 

Certains auteurs écrivaient les pluriels en as : la taula, las taulas. Mais 
l'institut d'estudis catalans a décidé que l'on érirait avec un e (et non avec 
a) la terminaison du pluriel des noms en a et les terminaisons en s, n, m et 
u des temps des verbes où la troisième personne du singulier se termine pa«" 
un a. 

Ex. taula, taules; f^t^^» '■' -^s- ^^c. — pensa : penses, pensen — 
tienca : trenques, trenquen — prega : pregues, preguen — pensava : pensa- 
ves, pensaven. pensàvem. pensàveu — dormia : dormies, dormîen. dor- 
m'em, dormieu -- faria : faries, fanVn, farjem, fa»-''^u. 

Loyie P^s-PE 



î 



BIBLIOTHÈQUF. CATALANE 



f S'adresser au Secrétariat de la " Keviie ", rue de la Poste, Perpignan. 



IAyS y AlbadeS, poésies roussillonnaises, par LO PASTO- f 

KELLET DE LA VALL D'ARLES, élégant volume in-8", papier i 

f vergé, 3 fr. r 

J La iWare-Terra, poésies roussUlonnaises. par P. BERGA, J 

I élégant volume in- 16 jésus, papier vergé, 2 fr. . t 

L'Idée régionaliste, par j. amade. ^ fr. 5o. J 

I Roses y XiprerS, poésies roussillonnaises, par J.PONS, 1 

^ élégant volume in-i6 jésus, papier vergé, 2 fr. ^ 

I Botanique catalane pratique, par l. conill. J 

l9 instituteur à Sournia. Franco, 4 fr. 2 5. W 

j Les Fables de Lafontaine, traduction catalane de I 

1^ M. Paul BERGUE, élégant volume in-16 jésus, papier vergé, 2 fr. ^ 

J Anthologie Catalane (i- Séne : Les poètes roussUhum.is) j 

f a.vec introdui tion, traduction française, notices bibliographiques et g 

I notes, par J. AMADE. 1 

i Contes Valle^pirenchs « repUgats per en mir y * 

I NoNTOQuis» et publiés par Mossen Estève CASEPONCE. 1 

i Le Catalan à l'Ecole, par l. pastre ç 

I Littérature Méridionale, parj.AMAOE. I 

IL'ArleSiana, traduction catalane de M. G. VIOLET, élégant f 

volume in-16 'ésus, >apier vergé, couvertures modernes, 2 fr. J 
î 

f Aqueixa Mainada, > acte, par en. grando, o fr. 5o. I 

* AmOS i DomeStiCS, comédie en i acte par en. grando. «J 

J Perpignan pittoresque, Les Cris de la Rue j 

g avec leur notation musicale, par Ch. GRANDO, élégant volume, f 

I papier alfa, c fr. 5o. I~ 

* Poèmes de gUerra, poésies catalanes de p. FRANCIS, * 
I élégant volume, 1 franc. l 

i i 



Année. N 133 



15 Novembre 1917 



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Prix UN Franc* 



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SOMMAIRE 



Pages 

DOLOR Caries Grandô i 85 

UNE BASILIQUE LATINE DU V SIÈCLE 

L'atrium et l'église d'Arlbs-sur-Tech. . F. -P. Thiers i 86 

RASTRES D'AMOR P. Francis i 88 

DOCUMENTS HISTORIQUES SUR LA VILLE DE 

PERPIGNAN....' Heary Aragon 189 

UN MINISTRE CATALAN 19Î 

DIALEG DELS MORTS Pau Berga 193 

HISTOIRE LOCALE : Aperçu historique sur la paroisse 

DE Corneilla-de-la-Rivière Joseph Gibrat 195 

PAGES CHOISIES 198 

CARNET DE DEUIL 199 

LIVRES ET REVUES 200 



CJ^SÛ^SL» 



Toutes les communications doivent être adressées 
à M. le Secrétaire général de la Revue Catalane, à "Perpignan 



Il' Année. N' 133 l5 Novembre 1917 



Le5 Manuscrits non insérés 
ne sont pas rendus. 



Lrs Articles parus aans ia Revue 
n'engagent que leurs auteurs. 



REVUE 

CATALANE 



a)'>i^a«sic^0^il®^^&e8)'^i<SK^^i.«^Nic8n^&<S*'>^c8i'^-i<8^^ «a^O>i<^'>^<^'».t 



DOLOR 

Mireu-los, pobrets, 
orfanetes y orfanets, 
com passen acatadets 

plorant Dur martiri ! 

.Ay ! bruma roja, 
bruma de sang, 
qu'ha fet ta pluja 
de) frèvo) lliri, 
del lliri blanch ! 



Segueixen, en dol, 
viudetes que '1 desconsol 
conduheix yers lo mauseo) 

hont l'espôs reposa. 

Ay ! bruma roja, 
bruma de sang, 
qu'ha fet ta pluja 
y de la rosa, 
y de son branch ! 



Mares afligides 
clouen les tristes seguides 
y amb queixes adolorides 

t'acusen, Atila ! 

Ay ! bruma roja , 
bruma de sang, 
qu'ha fet ta pluja 
del castiç lila, 
del lila blanch ! 



Cari 



es 



IRANDO, 



,.*'•» 






One basilique latine du Y siècle ' 

L'atrium et l'église d'Arles-sur-Tech 

En écrivant ce titre incendiaire, je suis à peu près sûr 
d'appeler sur ma tête les foudres de bien des gens. Je 
signalerai certain texte, dont l'interprétation n'est pas dou- 
teuse. J'invoquerai le puissant témoignage d'Arcisse de 
Caumont, le père de l'Archéologie monumentale ; j'en 
appellerai à M. Brutails, pour qui les monuments religieux 
du Roussillon n'ont pas de secrets ; j'adresserai enfin un 
suprême appel à d'autres seigneurs de moindre importance. 

Assurément, je ne prétends pas que ces érudits aient 
résolu le problème que l'abbatiale d'Arles leur posait bruta- 
lement ; mais chacun d'eux a émis des opinions contenant 
une parcelle de la vérité. Je n'ai qu'à les grouper pour la 
faire surgir tout entière. Il n'est pas nécessaire pour cela 
d'aller à Arles. 

I. La charte de fondation 

Avant de procéder à une étude sommaire du monument, 
en l'état où les siècles l'ont laissé, j'ai à répondre à une 
objection préjudicielle, à un de ces à priori qui déconcertent 

(i) Œuvre posthume de F. -P. Thiers, archéologue, ancien Conservateur 
du Musée archéologique de Narbonne. 

Je suis heureux d'offrir aux abonnés de J,a T{evue Catalane la dernière étude 
du regretté archéologue, qui m'avait confié ce manuscrit en vue d'une publi- 
cation future. Pour certaines raisons que je n'ai pas à développer ici, j'avais 
craint de le publier. On reconnaîtra toutefois la thèse magistrale, ingénieuse, 
mais parfois très hardie, et peut-être discutable, du savant archéofogue, pour 
qui les murs des antiques abbayes n'avaient pas de secret. J'espère, en don- 
nant à la T^evue Catalane ce travail si intéressant qui concerne le Roussillon, 
ne pas attirer sur moi, comme le pressentait l'archéologue disparu, les foudres 
de tant de sympathiques lecteurs. Henry Aragon. 



— 187 — 

un homme. Comment, me dira-t-on, l'église abbatiale d'Arles 
pourrait-elle être du v*^ siècle, puisque nous savons perti- 
nemment, par un acte authentique, que le monastère d'Arles 
a été fondé par un abbé nommé Castellane, peu de temps 
après l'expulsion des Arabes, vraisemblablement sous le 
règne de Charlemagne ? (i) A cela je n'ai qu'une réponse à 
faire, et je la fais en publiant la charte de fondation elle- 
même, ou tout au moins ses parties essentielles. 
Voici ce qu'on y lit : 

...Jdcircà noverit omnium fidelium nostrorum tam przsentium 
quam et futurorum solertta quia vir venerahilis Castellanus 
Jlbba monasterii Sanctae Mariae veniens ad nos, innotuit eà 
quôd ipse cum fratrihus suis in Valle quae dicitur Jlsperia 
monasterium in aedificia antiqua construxerit, in quo nunc, 
Deo opitulante, cum turha monachorum sub sancla régula 
militât... (2) 

... « A CES CAUSES, Nous faisons savoir à nos sujets fidèles 
et clairvoyants que le vénérable Castellane, abbé du monas- 
tère de Sainte-Marie, étant venu en Notre présence, i] 
résulte de son dire qu'avec le concours de ses frères, dans 
la vallée dite Asperia, il a érigé un monastère, dans des 
constructions antiques », etc. 

On pourra épiloguer tant qu'on voudra sur le sens qu'on 
peut attacher à l'expression « in aedificia antiqua », je n'en 
aurai cure. Je me bornerai à faire remarquer qu'il s'agit ici 
de constructions restées debout, car, s'il était question de 

(1) Parmi les soldats réfugiés d'Espagne qui allèrent, en 812, solliciter 
de Charlemagne la concession définitive des terres qu'ils avaient défrichées 
en Septimanie, nous trouvons un Castellane ; c'est sans doute le même. 
Comme Guillaume de Gellone, il aurait quitté l'habit militaire pour revêtir 
le froc. Du reste, Charlemagne ne concéda des terres en Septimanie qu'à 
des Espagnols fugitifs. Dans la plupart des diplômes carolingiens, les apri- 
sionnaires sont appelés "Hostolenses vel Jspani. 

(2) Précepte de l'empereur Louis le Pieux, en date du xv d€;s calendes 
d'octobre 821. (Marca Hispanica, app. col. 766.) 



— 1 



88 



substructions ou de ruines, nous trouverions devant nous 
les termes « in futidamentis anliquis » ou toute autre expres- 
sion équivalente. Cette question est donc réglée. Il s'agit 
maintenant d'étudier les modifications que ces édifices anti- 
ques peuvent avoir subies dans le cours des âges. 

(Jl suivre) F. -P. Thiers. 



Raslres d'amor 

Quan te vaig declarar el foc que m'encenia 

te vas burlar de mi sensé cap pietat, 

el teu riure va ser horrible crudeltat 

i 'm vas considerar com boig que desvarîa. 

Als teus peus vaig posar una lyra trencadà, 
als teus peus vaig deixar el meu cor engrunat, 
als teus peus vaig plorar com un désespérât : 
tan sols no vas tenir una unica mirada î 

Si, ja se que '1 teu cor palpita per un altre, 
que '1 teu côs de sati sera sa possessiô ; 
mes, mai res no podra détenir ma passio 
ni me fer descuidar lo que '1 pit me fa batre ! 

Un dia que seras de l'estimar cansada, 
tus llavis coralîs no tendran mes dolçor ; 
un dia que vendra l'agra desiMusiô, 
belleu tendras per mi una ultima pensada. 

Allevors trovaràs mon anima consumida 

per la para flama que ténia per tu, 

cercaràs en la cendra i dins cada recô 

rastres daquell amor que 's va menjar ma vidai 

P. Francis. 



DOCUMENTS HISTORIQUES 

sur la Ville de Perpignan 

4^^^^ (SUITE) 

Les clavaires, après la délibération des consuls, ordonnèrent (i) : 
Primerament, que les dites botiguês quan sien closes no puguen 
haver lo cubert pus ait que ara han les dites taules, cascunes en 
lur loch. E aço per no tolrè vista e claror a la Loga del Con- 
solât de la dira viia ne a altres mostres e vistes de ohradors ne 
de cases. 

Item, que de tôt?, la dita Pella sien fêtes quatre carreres 
publiques : so es aquella que ja hi es e passa e parteys del canto 
de la dita hoga envers loMesell de la dita \ila (2) ; e aquella 
altra, la quai axi mateys ja hi es e parteys del obrador de Johan 
Sabater, e passa al carrer appellat la Brunateria (3) ; e altra 
qu'en sia fêta de nou per lo mig, que partescha del cami qui es 
al mig de la Pescateria e parteys davant la casa d'en Oliu tôt 
dret tro davant los obradors dels drapers o la casa de cambi 
d'en Barthomeu Gari (4) ; e altra que partescha de la carrera que 

(1 ) Dans ce document, le préambule et l'exposé sont en latin ; le dispositif 
et les clauses règlement pour la construction des boutiques, percement des 
rues nouvelles) sont en catalan. Ici, je ne reproduis que l'essentiel de l'acte 
en catalan, réservant la transcription de l'acte tout entier pour le tirage à 
part (appendice), ainsi que celle de la charte du y octobre i382, relative à 
la transformation de ces boutiques. (Caria del Procurador reat que puguen fer 
botiguês de Pella.) 

12) Je compare le texte catalan au document en latin du "7 octobre i382, 
dans lequel Raymond Serda. lieutenant du procureur roval, donna l'autori- 
sation de transformer en boutiques closes et couvertes, séparées par des 
rues, les boutiques en plein vent de la place de la Pella. 

Tina via que incipit in compito sive quadruvio domus Consulatus dicte 
ville, et protenditur recta via versus plateam Macelli majoris. ( Arch. comm., 
livre vert mineur, AA. 3, f 281 . 1 

'3'' Protenditur recta via versus viam publicam vocatam de là Brunateria. 
(Ibidem.) ( Actuellement rue des Fabriques-Couvertes : elle aboutissait ancien- 
nement à la Barre. ) 

(4) La maison de Gari, changeur, était située dans la rue de la Draperia 
(domum Garini, campsoris ville, in via publica de la Draperia ejusdem villç 



— 1 90 — 

parteys de la Ganteria vella (i) tôt dret tro davant l'obrador 
de pella d'en Ribes, draper (2). Les quais carreres sien dretes e 
dressades e hagen d'ample segons que 'Is dits clavaris o altres 
persones per ells ab conseil, dels consols elegidores conexerân 
esser fasedor. 

Item, tots los altres camins e carrers qui son ara dins la dita 
Pella pusquen aplicar e pendre à les dites botigues aquells de 
qui serân les dites botigues quan les obrarân ; e que sien partides 
entre ells a coneguda dels dits clavaris o d'altres persones per 
ells eletes ab conseil dels consols (3). 

Item, que de la part de la carrera major que parteys de la dita 
Loga e va à la plassa de la Boheria ne en deguna de les dites 
carreres no s' pusca fer deguna taula ni tauler fora les portes de 
les dites botigues que isquen mes que les aguUes que y son. 

Item, que les dites botigues se h&jen à obrar e à cloure (4) en 
forma e manera que no puguen prejudicar à la Loga de la dita 
vila ne à degun singular en lurs vistes e mostres de lurs obradors 
ne en altra manera. 

Item, que aquells de qui serân o qui tendrân les dites botigues 
no fassen ne puguen fer foch ne fum en les dites botigues, ne 

situatam...) (Arch. comm., Ibidem.) (La rue de la Draperia se trouvait sur 
le prolongement ouest de la rue actuelle Traverse des Cardeurs et aboutissait 
à la rue de la 'Brunateria : là se trouvaient les boiiguers de draps.) 

Le texte latin indique avec précision les divers locaux qui aboutissaient à 
la place de la poissonnerie : « via publica que est in platea Pexonerie dicte 
ville, inter tabulas Bernardi Alanyani, Raymundi Comitis et Nicholai Oliu, 
pexoneriorum ipsius ville... » (Arch. comm., Jbidem.) 

( 1 ) La place de la Ganterie (platea Ganterie), citée en 1242, ainsi que la 
JHerceria se trouvent dans la rue actuelle des Marchands, non loin du 
Mercadal. 

(a) ...Et alia que incipit in caVraria vocata de la Ganteria et protenditur 
recta via usque ad domum quam dictus Guillelmus Ribes habet in dicta 
platea de la "Pella. 

(3) ...Et aplicentur eisdem tabulis ac dividantur... juxta ordinationem 
dictorum venerabilium consulum et clavariorum dicte ville. (Arch. comm.. 
Ibidem.) 

(4) ...Dono, confero, atribuo et concedo plenam licentiam, potestatem et 
auctoritatem... occupare omnes et singulas vias publicas et carreronos et 
tabulas... ac illas claudere et tapare parietibus vel illis clausuris... (Arch. 
çomm.. Ibidem.) 



— IC)1 — 

en alguna d'aquelles, sots pena de xx sols, cascuna vegada ; la 
quai pena levassen e degen levar los clavaris per lur offici, axi 
com cosa que sia legesa et deformitat de la dita vila e dampnage 
dels vesJns. 

Item, que 'Is teulats de les dites botigues no puguen ne degen 
haver de les dites carreres pus avant del quart de les dites car- 
reres. 

E aquestes coses fan e ordonen los dits clavaris ab conseil dels 
dits consols, ab condicio e retencio que si per avant conexien 
ells ne lurs successors que algunes coses hi fesen adobar o mudar 
o reduyr en altre stament, que asso puguen fer, per deute de lur 
offici, tota hora qu'ls sera vist fasedor (i). 

Que fuerunt acta, ordinata et laudata Perpiniani, octava die 
mensis octobris, anno a nativitate Domini millesimo CCC°. LXXX° 
secundo, presentibus testibus Bernard© Millars et Perpiniano 
Benedicti, nunciis Consulatus dicte ville, et me Francisco Boni- 
Domini, notario, qui predicta, requisitus recepi. 

Sig-j-n-jm tnei jam dicti Francisci Boni Domini, notarii aucto- 
ritate regia publici Perpiniani, qui predicta recepi, scribique feci 
et clausi (2). 

En i332, le 17 octobre (3), Jacques II, roi de Majorque, avait 
chargé les consuls de Perpignan, Arnald Jaufîred et Raymond 
Adalbert, de défendre aux cordonniers d'établir leurs étalages 
sous le porche ou passage couvert de ia place de la Loge (4). Le 
roi prévoyait sagement l'embellissement de la ville. Ce porche, 
qui était trop bas, fut entièrement démoli en j 346. 

Quelques années plus tard, en 1480, le porche devenait le 

( I ) Suit la formule comprenant les signes de validation de cet acte, les 
souscriptions ou signatures de l'auteur de l'acte, des témoins et le signum, 
le seing manuel du notaire, dont le document est muni. Je ne transcris que 
la dernière partie des clauses finales de ce texte. 

(2) Arch. commun, de Perpignan, livre vert mineur. AA. 3, f" 283-284. 

(3) En tête du document: Palma, 27 octobre i332. [Quod sutores non 
possunt tenere solutares juxta seu suptus porticum quod est ante Logiam 
dicte ville.] 

(4) Subtus porticum seu cohopertam que est ante Logiam dicte ville... 
'Arch. comm. de Perpignan, livre vert mineur, AA. 3, f' 139.) je repro- 
duis, à l'appendice, ce document in extenso. 



— 192 — 

principal passage où se célébraient les brillantes fêtes qui avaient 
lieu dans la cité. Un document nous dit que cet édifice avait été 
peint, probablement à l'occasion d'une cérémonie royale. 

Voici cette note concernant le porche de la hoge de Perpi- 
gnan, peint « de blau ab flors de lirs ». Ce monument fut pavoisé 
ce jour-là. 

25 juillet 1480 

L'any mil CCCC vuytanta, a XXV de juliol, fou pintat lo 
cubert o porxo de la lotge de la présent vila, de blau ab flors de 
lirs, e y foren penjats los senyals reals e ios senyals de la vila, 
stants consols los honorables Mossen Laurens Paulet, Miquel 
Piquer, Père Puig, Steve Çagarro e Bernât Tallet (1). 

Le document ne dit point dans quelles circonstances eurent 
lieu ces fêtes. Il s'agissait peut-être de solenniser la visite d'un 
prince, à Perpignan qui avait capitulé le 10 mars \4jS. Mais 
plus vraisemblablement, Louis XI, roi de France, s'efforçait 
d'embellir cette belle province, encore une fois arrachée aux 
mains de nos voisins, à cette époque nos ennemis héréditaires, 
jaloux de ce beau territoire que la France avait fièrement et 
noblement conquis. 

(A suivre) Henry Aragon. 

(1) Arch. comm., livre vert mineur, A A. 3, f" xvii*. 

Un Ministre Catalan 

Nous avons appris avec une vive satisfaction que notre émi- 
nent compatriote, M. Jules Pams, membre de la Société d'Etu- 
des Catalanes, s'était vu attribuer le portefeuille de l'Intérieur, 
dans le Ministère actuel. Les hautes fonctions dont M. Jules 
Pams vient d'être investi enorgueillissent à juste titre notre 
Société en même temps qu'elles honorent singulièrement la 
petite patrie Catalane. 




Diàlcg dels Morts 



III 



Lleonarl de Vinci. 

D'abaix puja a tota hora 
descomunals remors 
de canons. Poe s'astora 
mon esperit calmés ; 
perô M brugit distrau : 
no s pot pensar en pau. 

Ni jardins, ni alamedes ; 
i no n'estem faltant... 
Ola ! Aci ve Arquimedes, 
cella-baix cogitant. 
Amie, sou massa abstret. 
No us toqui altre mal tret ! 

Arquimedes. 

Amie... Quina taleia !... 

Ei ? que hi ha ?.. Déu vos guard 

Dispenseu-me : no us veia, 

bon amie Lleonart. 

M'estudiava un canô... 

No 'm destorbeu ; no ; no... 

Sera un enginy de guerra 
que, de basarda i esglai, 
al sentir-lo, la terra 
fera un surt dins l'espai. 
Joguem qui millÀ^scup 
la Mort, de jo i 'n Krup ! 

Bé Siracusa 'm reca ! 
Bé deu ser un mal goig 



quan, igual pedra seca, 
l'acer plou del cel roig ! 
Ara no es gênerai, 
es enginyer que val. 

Deixeu 's de valentia ! 
Desafiar-se amb el puny 
no es brega d'avui die. 
De sots terra i ben lluny 
ferir d'amagatet, 
aquî esta el gran secret. 

També fent doctes trobes, 

recordà '1 vostre zel 

del vell Dédal les probes 

quan. conquerîa el cel. 

Oi î D'allà dalt, com llamp, 

xafar les hosts pel camp ! 

"Lleonart. 

Si ; si. A l'aire indômit 
domdar. Volar ! Volar î 
Bell sômit ! Prô '1 mal sômit 
es veure 't rodolar, 
torres i volta ensemps, 
seu preciosa de Rems! 

S'aixequi espessa broma 
d'avions zigzagants, 
sobre Paris o Roma 
a braçades gegants 
passant com el bufet : 
l'Irrémédiable es fct. 



— 194 



Tristament corferida, 
al soi jau per mai pus 
la Bellesa florida. 
Trencat eix fratern nus, 
Présent i Avenir solts 
Iran dels Temps revolts... 

L'aviador Pesoud. 

Escuseu a qui us trenca 
la parla, o gran Pintor ! 
No té l'anima enclenca, 
ho juro, el volador. 
La revenja a bon punt 
ilampegarà d'amunt. 

Cobla de Hors gelosa, 
ja ho sabrem assolî!... 
Jo era la gaia alosa 
que, en l'atzur, tiroli, 
se banya, canta i riu, 
en capgirell festiu. 

Oi î La noble ardalesa, 
tomba al nègre voltô 
que lluca, feble presa, 
alla baix al moltô î 
Tocat 1 Oi î quins festeigs !. 
Très bojos aleteigs ; 

i a pujar torna ; i guinya 
per si quedi en l'espai 
altre astor de rapinya... 
Por;'J-> -c acabar mai 
el joc ! Prô, un dîa, adeu î 
Abaix. 
Lleonart. 

Pobre fiil meu ! 



L'aviador Bri-de-jonc. 

Morir per morir, tira ! 
Tant se val ser la flor 
efimera : no mira 
ni 'i coltell ; mes sa oior, 
amb libéral orguli, 
regala a qui la -rull. 

Jo, l'aulendreta jove, 
de sota '1 vell terrât 
probava, amb aia nova, 
d'ascendî al cel daurat. 
D'un sol vol, sens esforç, 
vaig guanyar palma i cors. 

Quan retrunyi el clam pàtri, 
au 1 Perô '1 pit, quins tocs, 
mentres la mare, en l'atri 
endolat de mos jocs, 
sobre '1 llindar pairal 
dav!a-m l'abraç coral î 

* L'abraç de despedida !... 
Au ! Ni pjors, ni neguit. 
Ma tasca, amb braça ardida, 
emprenguî tôt seguit. 
N'he morts!.. Prô un trompitllet 
su '1 cap. 
Lleonart. 

Pobre fillet ! 



Pau Berga. 



(/I finir) 



<^D ^s jS âroas^DOOooQo o3 fio oS iffl (^&^p dS 000 XD œ6 ^S<^6<^D ^s 

HISTOIRE LOCALE 

APERÇU HISTORIQUE 

sur la paroisse de Corneilla-de-la-Rivière 

Q^i^ (SUITE) 

Maintenant, il fallait porter la relique à Corneilla... Le récit 
catalan, qui reprend, fournit des renseignements curieux : 

Partirem lo endema ab los dos commissaris del Capitol, don An- 
ton de Reart y don Ay almoiner, tots molt contents de tenir en 
poder nostre lo trésor que, dès de llarg temps, desitjavem. De 
quant en quant se cantava un verset del himna isie Confesser. Tots 
los pobles ahont passavem coneixian en nosaltres una alegria ex- 
traordinaria, que admiraven sens saber d'ahont provenia y que 
descobrian ab satisfactio a aquells que ho demanaven. 

En la vila de Millas, algunas senyoras, fervorosas de venerar 
la S" reliquia, pregaren don Anton de Reart, primer commissari 
qui la portava, de fer los veurer, y vingueren personas de tôt 
estât en tanta quantitar que, si aguès tingut la complacencia per 
tots, no seriam arribats en esta parrochia de Corneilla que a las 
sept horas de la nit. Partirem lo mes prest nos fonch possible 
d'eixa vila, y moltas personnas seguiren. 

Arribat en lo terme de Corneilla, aqui en mateix temps arriba 
la professo ; y se pot dir que era molt llustrosa, puix, encare fos 
die de traball, tôt lo poble ohint lo senyal qu'es dona ab las 
campanas, deixa lo traball par venir en dita professo. Lo tabal 
al devant, los quatre estandarts, las dos creus, tôt los homens 
ab los ciris de S'" Agatha y lo révérend Antoni Geli, vicari de 
Pezilla, ab lo reliquari ahont es enclosa -la S'" reliquia. Aqui 
mateix me estragaren (a mi J. Castany, rector de Corneilla) los 
révérends commissaris la dita S'" reliquia que no avia tingut la 
ditxa de tocar per lo cami, y antes de plaçar-la en lo reliquari, 
la feu veurer a tôt lo poble, dient-los que eixa era la reliquia de 
llur patro, y molts ploraren de alegria. Fonch tant solemne la 



— 1 96 — 

professe v tant seré lo temps que ny un sol ciri se apaga per tôt 
lo cami. Arribats a la iglesia a cerca de la sis horas, y reposais 
una mitxa hora, se canteren Complétas solemnes, après lasquals 
se feu l'adoracio, y no crech que un sol quedés sens venir à la 
adoracio. Lo tôt se es notât per donar noticia als que vindran 
desprès nosaltres del que se es passât per major gloria de Deu y 
honra y vencracio de nostre glorios patro. Vuy als 18 novem- 
bre 1763. Aixi es. J. Castany prebere y rector. 

A partir de ce jour, la relique de saint Martin sera conservée 
avec amour et vénérée avec piété dans l'église de Corneilla. 

Jean Castany, qui rédigea en catalan le récit de la translation 
de la relique, fut remplacé dans la cure de Corneilla par Pierre 
Maria, prêtre, le 2 juillet 1764 (1). 

La rectorie fut ensuite occupée par l'abbé Marcé. 

X. — L'abbé Marcé 

Ce prêtre intelligent était un fin observateur, doublé d'un 
gourmet. 11 composa un rituel qui fut rejeté par le synode dio- 
césain, le 10 avril 1780 (2). 

Quatre ans après, il fit paraître une brochure intitulée : 
« Essai sur la manière de recueillir les denrées de la province de T^ous- 
sillon à moindres frais, de les améliorer ainsi que les terres ei sur les 
autres avantages qu'elle poumit rapporter. — Perpignan, i j85 » (3) 
L'abbé Marcé constate les effets désastreux des inondations qui 
se produisent chaque année. Il affirme que, depuis vingt-un ans, 
le lit de la Tet s'est élevé, à Corneilla-de-la-Rivière, au moins 
d'une toise et demie. Quand, dit-il, les montagnes étaient cou- 
vertes d'arbres, c'étaient des inondations d'eau ; aujourd'hui ce 
sont des inondations de pierre et de sable. Il fait un tableau 
navrant ae « cette quantité prodigieuse de bonnes terres deve- 
nues stériles par l'immense quantité de sable » ; la digue Orry 
« qui coûte des sommes immenses, emportée presque chaque 

(1 ) Arch. des Pyr.-Or., G. 774. 

(2) Archives des Pyr.-Or., G. 4. 

(3) Brutails cite plusieurs passages de cette plaquette dans son ouvrage ; 
"Noies sur l'économie rurale en f^oussillon à la fin de l'ancien régime. 



— 197 — 

année » ; de Rodés à Perpignan, « ces lits de grosses pierres qui 
reposent sur de belles terres arrosables et devenues incultes » (i). 

Le blé, nécessaire à l'existence, était très cultivé. Après avoir 
ramassé les gerbes, on procédait au dépiquage, qui était effectué 
très anciennement par des chevaux galopant dans l'aire. Ce pro- 
cédé, communément usité à l'époque visigothique, était général 
dans la plus grande partie de la plaine (2). Les propriétaires 
des chevaux prélevaient pour prix de ce travail une gerbe sur 
trente, dit l'abbé Marcé (3), qui se prononce catégoriquement 
contre le battage « par les haras » : d'ailleurs, la Société royale 
d'agriculture, créé par le dernier intendant, avait condamné ce 
mode de dépiquage (4). L'abbé Marcé énumère les inconvénients 
de ce procédé. Quand un orage éclatait, le blé était exposé à se 
perdre dans l'aire. Les conducteurs des chevaux occasionnaient 
des dépenses très élevées. On voyait « une foule de gens qui 
ont la gale aux dents, qui ont toujours soif, qui croyent la bois- 
son de l'eau très pernicieuse, qui emmènent des chiens qui sont 
bien gras après ce temps » (5). Chaque bête, employée à dépi- 
quer, mangeait au moins une demi-mesure de blé par jour. Le 
dépiquage au fléau était donc plus avantageux. Corneilla-de-la- 
Rivière fournissait des dèpiqueurs au fléau (6). 

Avec le blé", on cultivait ausiii la vigne. Celle-ci donnait un vin 
plus ou moins généreux suivant la nature des terrains où elle 
était plantée. L'abbé Marcé nous apprend que les terrains gras et 
humides donnaient un vin épais, faible, difficile à conserver. (7) 

11 reproche aux vignerons l'habitude qu'ils ont de tailler la 
vigne perpendiculairement à la direction du sarment : ils devraient 
couper le sarment « tin tant soit peu en bec de flûte » (8). Et 
puis combien les procédés de vinification sont défectueux ! L'abbé 
Marcé fait un grief à ses compatriotes de vendanger toujours à 

(1 ) Essai..., p. 37. — Brutails, op. cit., p. 21. 

(2) Brutails, op. cit., p. 28. 

(3) Essai..., p. 61 . 

(4) Ibidem, 

(5) Essai..., pp. 61, 62. — Brutails, op. cit., p. 29. 

(6) Essai..., pp. 62, 63. — Brutails, Ibidem. 

(7) Essai..., p. 2 I . 

(8) Ibidem, pp. 3o, 3i. 



— 19^ — 

la même époque, sans tenir compte de la maturité plus ou moins 
hâtive du raisin, de ne pas enlever les grains verts (i) qui donnent 
au vin un goût acide, d'employer des pressoirs qui ne valent 
rien (2). 

Les haricots et les fèves étaient cultivés avec soin. Ils consti- 
tuaient la nourriture du travailleur, et les personnes aisées ne les 
dédaignaient point, d'après l'abbé Marcé (3). Celui-ci, constatant 
que les haricots dépérissaient de plus en plus, fit des expériences 
et rechercha la cause de ce dépérissement. ]1 constata que les 
feuilles étaient attaquées par la rouille. 

(Jl suivre.) Joseph Gibrat. 

(i ) Ibidem, p. 23. 

(2) Ibidem, p. 29. — Brutails, op. cit., pp. 53, 54. 

(3) "Essai..., pp. 43, 44. 

Pages choisies 

Pous y Pages (De l'Ergastule, t. 11) 

...Era un home molt especial aquest ordenança : Menut, sech, 
migrât, contrastava estranyament el seu aspecte fisich ab l'ayre 
important, una mica pretenciés, del seu posât y de les sèves 
maneres. 

Quan li donava estrena per algun petit servey, sempre remer- 
ciava degudament ; mes, en l'ayre de fer-ho, sempre hi havia un 
no se que d'altiva réserva que allunyava tôt semblant de rabaixa- 
ment, de subordinaciô. Era l'home que reb la paga deguda pel 
seu treball, sensé sentir-se inferior a ningii, sensé que ni la paga 
ni la gratitud de la paga li llevin per un sol instant la plena cons- 
ciencia de la seva dignitat d'homme. 

Es un sentiment que pot observar-se en la majoria de Catalans 
réduits a serveys de caracter domestich, o posats en qualsevulga 
altra situaciô de dependencia. 

Per mes que tractin a qui 'Is es superior ab el respecte y la 



— '99 — 
deferencia que li deuhen, tant zn el té de les paraules com en 
les maneres revelen prou que no estan disposais adeixar-se trepit- 
jar, y que fora de les obligacions del servey, se consideren de 
tant alta condiciô interior com qui 'Is mana, y n'exigeixen el bon 
tracte degut an aquesta igualtat de naturelesa. 

En cambi jun altre) ordenança, fili d'Extramadura. donava les 
gracies d'una manera tant sotmesa que s'hi sentia la confessiô de 
la propri-a inferioritat humilment regoneguda... Y die que podria 
esser cosa de la raça per qui recordo la penosa impressiô que 'm 
produi, a Madrid, la sotmesa actitut de tothom qui ven els seus 
serveys envers qui porta vestidura de poder los pagar, y el tracte 
brutal que'n toleren... 

Venint de Catalunya, ont, en l'ultim servent, hi sentiù sempre 
un homme, aquella envilida sotmissiô produeix indignada repu- 
gnancia... 

Sigui aixô essencial de la raça, sigui secular habitut adquirida, 
el contrast en un y altre poble existeix reaiment, y els dos orde- 
na'nces n'eren bon exemple... Tots dos feyen les mateixes tas- 
ques domestiques... y el tracte que 'ns donaven l'un y l'altre, la 
llur respectiva actitut en la nostra presencia no podien esser de 
mes oposada naturalesa. Pera l'Extremeny, erem els senoriios, els 
sers de condiciô superior... Pera '1 Catala, erem uns homes a 
qui ténia l'obligaciô de servir, perô sen'"e que 'Is menesters 
d'aquest servey el posessin en condiciô d'inferioritat ; v rebia les 
nostres fineses d'igual a igual, com paga afanyada de la feyna 
fêta. 



Carnet de deuil 

M. Henri de Çagarriga, membre de notre Société, a eu la 
douleur de perdre son épouse. 

Nous avons également à enregistrer la perte de M. Casimir 
Baille, compositeur de musique, frère de M. Léon Baille, de la 
Société d'Etudes Catalanes. 

Nous adressons aux deux familles nos sincères condoléances. 



LIVRES «^ REVUES 

Poésies catalanes 

Albert Janicot vient de faire paraître ses premiers essais de 
poésie catalane. 

Quoique faible, ce petit recueil révèle chez l'auteur un atta- 
chement profond à la langue et aux mœurs roussillonnaises et 
nous ne saurions trop le féliciter et l'encourager. 

BIBLIOGRAPHIE PROVENÇALE 

M. Emile Ripert, de la Société d'Etudes Catalanes, va publier 
deux magnifiques ouvrages : 

LA RENAISSANCE PROVENÇALE (1800-1860). — Introduction. 

Première Partie. — Le Mouvement Savant. — Chapitres 1". La Décou- 
verte des Troubadours. — 11. Les Historiens et l'Idée provençale.^ — 
ni. Les Amis des patois. — IV. Les érudits en Provence: le dictionnaire 
d'Honnorat. 

Deuxième Partie. — Le Mouvement Ouvrier. — Chapitres 1". Les Pro- 
tecteurs de la poésie populaire. — 11. Les Poètes ouvriers en Provence. 

Troisième Partie. — Le mouvement Dialectal. — Chapitres 1". Hobereaux 
et bourgeois traditionnalistes. — 11. Les réalistes marseillais. 

Quatrième Partie. — Les Publications et les Manifestations Collectives. — 
Chapitres 1". Deux exemples: Brizeux, Jasmin. — 11. Deux initiateurs: 
Crousillat, Roumanille. — 111. Les journaux, Li Prouvençalo. — Les J(ou 
mavàgi d'Aix et d'Arles. 

Cinquième Partie. — L'Ecole d'Avignon. — Chapitres 1". Font-Ségugne, 
VArmana Prouvençau. — 11. Les Tempéraments : Aubanel, Tavan, 
Ad. Dumas, Anselme Mathieu. — 111. La jeunesse de Mistral. Mirèio. — 
Conclusion. 

LA VERSIFICATION DE FRÉDÉRIC MISTRAL. — Introduction. 

Chapitres 1". L'Hiatus. La Contraction. L'Elision. — 11. La Valeur des 
Syllabes. — 111. Les Rimes. — IV. La Prose rythmée. — V. La Strophe 
de Mirèio. — VI. L'assouplissement du rythme: enjambements et césures. 

Vlll. Le Poème du T^hène. — Vlll. La musique du vers ; assonances et 

allitérations. — IX. Les Rythmes lyriques. — Les Sonnets. — Conclusion. 

L'on souscrit à l'Imprimerie Catalane, rue de la Poste, aux 
prix suivants : La "Renaissance provençale, 10 fr. ; La Yersificalion 
de Tréderic Mistral, 5 fr. 

U Gérant, COMET. — Imprimerie COMET, rue de la Poste, Perpignan 



i:*V«K'SC«SC»SCSeS^.VK?.\C'.V.V.V.V.V.V.V.V.V.V.V.\CSC.VSC.\C'.V^ 



Orthographe et Prononciation du Catalan 

A la demande d'un certain nombre de lecteurs nou> rappelons ci-des50U9 le» principales 
règles de l'orthographe et delà prononciation catalanes: N.D.L.R. 

a tonique se prononce comme a français. Ex : mar. 
a sourd se prononce comme eu français. Ex: dono (pr: dôneu). 
e tonique se prononce comme é français. Ex. : ribera (pr: ribêreu). 
e sourd se prononce comme eu français. Ex.: mar«fpr: màreu). 
• tonique se prononce comme o français. Ex. : rosa (pr : rôseu). 
sourd se prononce comme ou français. Ex. : dormir (pr : dourmî). 
M se prononce toujours comme ou français. Ex. : coure (pr : côoure). 
« se prononce toujours comme i français. Mais il ne se fait pas entendre 
dans les finales en aig, eig, oig, uig où le g prend le son de fg ou //, 
b et ^ se prononcent comme bb et gg lorsqu'ils sont précèdes d'une voyelle 

et suivis de /. Ex. : coblz, régla (pr: côbbleu, règgleu). 
// correspond à itl français dans bataille. Mais dans les mots où la // catalane 
na pas le son de ill français comme dans illustre on sépare les deux / par 
une apostrophe. Ex. : i/'/ustre. 
r se prononce comme en français, mais il ne se fait jamais entendre à l'infi- 
nitif des verbes. Ex.: morir, mourir, se prononce nioi/rî. Cependant il faut 
supprimer cette lettre à l'infinitif de quelques verbes tels que viure, vivre; 
veure, voir ; creure, croire ; beure, boire, que l'on ne doitpas écrire : viurer, 
veurer, creurer, beurcr. 

v ;e prononce toujours comme b. Aussi n'est-il pas rare de trouver indif- 
féremment l'une ou l'autre de ces consonnes dans certains mots tels que 
rifcera, rivera ; travail, travail, etc. 
«y correspond au gn français. Ex.: Perpi/iyâ, Perpi^;ian. En catalan, ^ et n 
se prononcent toujours séparément. Ex. : ignorant se prononce i^-norant. 
X se prononce comme ch français. Ex. : \iular, siffler. Mais on le prononce 

aussi es et gz dans certains mots, comme : excavaciô, examen, 
el et al ne doivent pas être confondus. Ex. : el pare es al llit, le père es- 
au lit (pr. : eul pare zz eitl llit). 

Certains auteurs écrivaient les pluriels en as : la taula, las taulas. Mais 
l'institut d'estudis catalans a décidé que l'on érirait avec un e (et non avec 
a) la terminaison du pluriel des noms en a et les terminaisons en s, n, m et 
M des temps des verbes où la troisième personne du singulier se termine par 
un a. 

Ex. taula, taules; f»i.;a, ,j .es. etc. — pensa: penses, pensen — 
tienca : trenques, trenquen — piega : pregues, preguen — pensava : pensa- 
ves, pensaven, pensàvem, pensàveu — dormia : dormies. dormien. dor- 
m'em, dormieu -- faria • fanes, fari^n. fariem, far><'u. 

Lo-.'il P^s^RE 



J BIBLIOTHEQUF, CATALANE | 

f S'adresser an Secrétariat de la " Keviie ", nie de la Poste, Perpignan. f 

I ' -;-- ' 1 

IAYS Y ALBADES, poésies roussillonnaises, par Lo Pasto- f 

RELLET DE LA VaLL d'ArLES, 3 fr. 1 

* ANTHOLOGIE CATALANE {i" série : Les poètes roussil- * 

I lonnais) avec introduction, traduction française, notices 1 

1 bibliographiques et notes, par J. Amade, 3 fr. 1 

ILES FABLES DE LA FONTAINE, traduction catalane f 

de Paul Bergue, i fr. I 

* BOTANIQUE CATALANE PRATIQUE, par L. Conill, * 

I instituteur. Franco. 4 fr. 25. 1 

4 CONTES VALLESPIRENCHS « replegats per En Mir y J 

INoNTOQuis » et publiés par A/lossen Estève Caseponce, 1 fr. f 

ROSES Y XIPRERS, poésies roussiilonn., par J. Pons, 2 fr. J 



1 



I 



DICTIONNAIRE DE BIOGRAPHIES ROUSSILLON- 
NAISES, par J. Capeille, 5 volumes, 5 fr. l'un. 

L'IDÉE RÉGIONALISTE, par J. Amade, 2 fr. 5o. ^ 

t LA MARE-TERRA, poésies roussili., par P. Bergue, 2 fr. / 

r AVTH A.L1 A, de iRacine, traduct. catal. du P. RjBEs (1 774), 2 fr. I 

Ç LE CATALAN A L'ÉCOLE, par L. Pastre. f 

I LITTÉRATURE MÉRIDIONALE, par J. Amade. I 

i VISCA ROSSELLO ! poème, par E. Boix, o fr 5o. ji 

I AQUEIXA MAYNADA, comédie en J acte, par Ch. Grando, | 

1 o fr. 5o. J 

Il " "ILESIANA, réduction catalane de G. "Violet, 2 fr. i 

^ ^EMES DE GUERR A., poésies catalanes de P. Francis, 1 f. j 

ÎLES CRIS DE LA RUE, avec leur notation musicale, par y 

Ch. Grando, o fr. 5o. S 

tf LES HORES QUE PASSEN, poésies roussillonnaises, par ^ 

1P. Francis, 1 fr. I 

Monolegs: 1. FARIBOLES, par Ch. Grando, o fr. 5o. J 

î 11. GATIMELLS, par Ch. Grando, o fr. 5o. ? 

I LES LIBRAIRIES A L'ÉPOQUE ANTIQUE — LES j 

Ç MANUSCRITS DU ROUSSILLON, par H. Aragon. Ç 

I PRÉCIS D HISTOIRE DU ROUSSllLON, par J.GiBRAT. [ 

^ EL CLAyVl ROI G, poème de guerre de Ch. Grando, préface a 

i d'Apeles Mestres, i fr. î 



II' Année. N° 134 

)P 15 Décembre 1917 




REVUE 



m 



CATALANE 




ORGANE DE 
LA SOCIÉTÉ 
D'ÉTUDES as 
CATALANES 



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Î367 , 



Prix UN Franc 



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S^o^Hmaire 



Pages 

NIT DE NADAL Angel Guimera 201 

HISTOIRE LOCALE : Aperçu historique sur la paroisse 

DE CoRNElLLA-DE-LA-RlVlÈRE Joseph GiBRAT 202 

LA PADRINA P. Francis 2o5 

LA SOLFA Caries Grando 206 

DOCUMENTS HISTORIQUES SUR LA VILLE DE 

PERPIGNAN Henry Aragon 207 

RÉGIONALISME 214 

DIALEG DELS MORTS . . . . Pau Berga 2i5 

UNE BASILIQUE LATJNE DU V' SIÈCLE 

L'atrium et l'église d'Arles-sur-Tech . . F. -P. Thiers 217 

MONT-LOUl S Yves Blanc 2 1 9 

LA CARTE CATALANE D'AMERICO VESPUCCl 

RioLS 219 



eCSâiSSL» 



7 oulet Us communications doivent être adressées 
à JH. le Secrétaire général de la Revue Catalane, à "Perpignan 



REVUE CATALANE 

TOME XI — Année 1917 



Tome XI 



ANNÉE 1917 




REVUE 
CATALANE 




I 



ORGANE DE 
.A SOCIÉTÉ 
>'ÉTUDES ^S 
:ATALAN£S 



PERPIGNAN 
IMPRIMERIE COMET 




11* Année. N' 134 15 Décembre 1917 



Les ManuscriTS non insérés ^m^ ^IP^^V V^V 4 ^^^ 

ne sont pas rendus. ï^ta «T« ^m W M M^ 

«# 

Lrs ÀTiicles parus aans ia Revue I Z^k I Z^ I J^^ 1^^ B^ 

n'engagent que ieurs auteurs. 

Ni( de Nadal 



Jo vul) la taula parada 
com al temps en qu'era nin, 
aprop de la llar fumosa 
baix de) sostre revellit. 

Sols vos y jo, la serventa, 
torném al casai antich ; 
tots los altres se 'n anaren 
y may mes han de venir. 

Guarniu la taula ben Uarga 
que hi câpiguen grans y xichs, 
que ha nascut lo Fill del Home, 
y es nit de goigs esta nit. 

Trayéu la vaixella fina, 
les estovalles de brî, 
ompliu los pitxers de roses 
com en temps qu'era felîs. 

Poséu en un cap de taula 
la cadira- del padri, 
en l'altre cap la del pare, 
y la de la mare al mitj. 

Avora d'eila la trôna 
de mon germ^anet petit ; 
jo m'asseuré a l'altra banda 
com en temps que van fugir. 



Encenéu la llar dels avis ; 
mitj cremat hi ha un tronch de pi ; 
l'iiltim dia que 's va encendre 
quan la mare va morir. 

Y anéusen lluny, la serventa, 
que m'ofeguen los sospi'rs, 

y vull que s'abeuri l'anima 
ab los recorts d'aquî dins. 

Jo '1 rostre damunt la taula 
posaré ben abscondit 
entre 'Is brassos que no troben 
ningû qu'estrenyer assi. 

Ab mos gemechs d'anyoransa 
la taula faré estremir ; 
millor que dringuin les copes 
corn si m'estés entre 'Is vius. 

La ventada en les escletxes 
farâ l'udol del masti 
ab qui en l'ascô m'adormia 
abrassats com dos amichs. 

Y per sobre de ma testa 
la remor haig de sentir 

de la gavia trista y sola 
que mou M vent d'esta nit. 



202 

Y en la paret los filferros Y als vidres de la finestra 

veuràn mos ulls enrojits escoltaré dois brugit, 

com los barrots d'unes reixes igual que si fos la mare 

que passen sens may finir. trucant ab lo cap dels dits. 

Entant sentiré per fora Y,ay,quela marenohad'esser 

com tresca la gent felis, sinô '1 palmé que hi deixi ; 

sonant ferrets y gujtarres, tant ayrôs quan jo '1 portava 

que '1 goig per tôt sobrehix. y ara trencat y ennegrit ! 

Angel GuiMERA. 

HISTOIRE LOCALE 

APERÇU HISTORIQUE 

sur la paroisse de Corneilla-de-la-Rivière 

(SUITE er njM) 



XJ. — Jlgrandissement de l'église 

L'église primitive, bâtie dans les fortifications, occupait la plus 
grande partie des terrains fortifiés. Elle était de style roman et 
à une seule nef sans transepts. La voûte retombait sur des piliers 
servant de contreforts intérieurs. La nef mesurait i3> mètres dç 
longueur sur 9 mètres de largeur. Entouré au midi et au cou- 
chant par le cimetière, le maître-autel regardait l'orient. C'est 
pourquoi, la porte d'entrée se trouvait au midi, en face de la 
maison actuelle de la famille d'Ax, maison qui était, à n'en pas 
douter, la maison seigneuriale de l'abbé de la Grasse. Deux 
chapelles, celles du Rosaire et du Christ ornaient l'église. 

Celle-ci était insuffisante pour la population : on résolut de 
l'agrandir. On bâtit le clocher en i8)i, date où furent commen- 
cés les travaux d'agrandissement, mais ces travaux furent aban- 
donnés parce que les fonds manquaient. 



— 2o3 — 

Cependant, le 22 avril 1829, le Conseil de Fabrique se réunit, 
Emmanuel Pérès de Riofa étant curé. François Castera, prési- 
dent du Conseil, prit la parole: «Messieurs, depuis longtemps 
« nous soupirons tous après l'heureux moment de pouvoir conti- 
« nrer les ouvrages déjà commencés par nos prédécesseurs pour 
« obtenir l'agrandissement de notre église, car il est regrettable 
« de voir que les fidèles de cette paroisse sont souvent obligés 
« de rester devant la porte durant les offices, ne pouvant y être 
« contenus, l'église n'étant pas assez spacieuse pour la population 
« actuelle. 

« Un autre motif bien puissant nous impose le devoir de con- 
« tinuer les ouvrages déjà commencés, ne serait-ce que pour éviter 
« des malheurs imminents qui nous menacent, car vous avez pu 
« remarquer les lézardes qui se manifestent sur plusieurs points 
« de la voûte et du mur oriental de notre église. En élevant les 
« murs déjà commencés, nous obtiendrons deux résultats, l'agran- 
« dissement de l'église et la consolidation de la partie qui menace. » 



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Le Conseil autorise des poursuites pour obtenir la mise en pos- 
session d'un terrain contigu à l'église. Peu de temps après, les 
travaux reprirent et l'église fut agrandie de 10 mètres en lon- 
gueur. On ajouta deux travées aux quatre qui existaient déjà. Le 
maître-autel fut placé au couchant et l'entrée de l'église au midi. 
Les pierres du portail ancien (encore numérotées) servirent au 
nouveau portail roman et massif. L'entrée ancienne devint la cha- 
pelle du Christ. La famille d'Ax donna une cave pour agrandir 



Cette chapelle, se réservant l'entretien de l'autel, des places et 
une petite porte de communication (i). 

La nouvelle église possède sept chapelles: r La chapelle du 
J{osaire. Avant la Révolution, le retable de cette chapelle était en 
bois sculpté et doré avec panneaux représentant les mystères du 
Rosaire. Détruit en 93, on n'en conserva que la Vierge, statue 
très belle, d'une belle tenue, finement sculptée sur olivier: elle 
mesure o m. 88 de hauteur ; 2° la chapelle de Sainl Jean, ancien- 
nement les fonts baptismaux ; 3° la chapelle de Saint J^erréo!, 
simple enfoncement dans le mur sous arcade. Ces trois chapelles 
se trouvent dans le côté nord. Dans le côté du midi on remarque 
r La chapelle du Christ, anciennement porte d'entrée ; la cha- 
pelle de Saint Joseph, anciennement chapelle de la Sang ; 3' la 
chapelle de Saint Gaudénque, anciennement sacristie ; 4° la cha- 
pelle de Saint T(och, simple enfoncement dans le mur. 

On distingue aussi dans l'église plusieurs tableaux: r Deux 
grands tableaux mesurant 4 m. 20 sur 3 m. 20. Celui qui est fixé 
sur le mur du côté du nord représente le martyre de saint Sébas- 
tien ; celui qui est fixé de l'autre côté, en face, représente le 
martyre de sainte Agathe. Ils ont été peints en 1819. Le nom 
du peintre n'est pas connu. La tradition locale veut que l'auteur 
de ces deux tableaux soit un artiste espagnol réfugié à Corneilla ; 
2° le tableau de Saint J^och, mesurant 2 m. o5 sur 1 in. i5, date de 
1819. ]] est dû sans doute au même peintre qui fit les tableaux 
de Saint Sébastien et de Sainte Agathe ; 3° tableau de la Présen- 
tation de la sainte "Eucharistie dans l'ostensoir par saint Ignace de 
Loyola à saint François-Xavier et à saint François de Borgia. 
Très ancien et très remarquable par la tenue des personnages et 
par l'harmonie de l'ensemble. Sans date ; 4 le tableau de Saint 
"Dominique. Ordinaire et sans date, mais très ancien. 

L'église possède encore six chandeliers très vieux en bois 
sculpté et aux armes royales, et diverses reliques avec les pièces 
authentiques. 

Joseph GlBRAT. 



(1) Plusieurs détails ont été fournis par M. l'abbé Firmin Talairach, curé 
de Corneilla-la-Riviére. Merci. 



La Padrina 

Tothom a Sant-Joan la coneix per ]a Fina, 
sabem que va ser guapa antes dels cavells blancs, 
qu'es bona pels pobrets, que ten un ramat d'anys, 
que 'Is joves de i'endrer li diuen tors padrina. 

Porta sus del seu cap una cofa de puntes 

vo trossada rodon quan travessa 'h carrers, 

condueix el bestia, rega els seus violers, 

al diumenge va a missa i prega amb les mans juntes. 

No 's pot endevinar l'edat qu'eila ne ten, 
perqué, malgrat els anys i la pell arrufida 
ten l'ull escarquillar i sempre es axurida 
amb rialla i raons fa cada-u content. 

Planta cols, ansiam, cull un desc de patanes, 
espurga els lladoners, porta alfé pels IJapins ; 
fa berga per cistells, també espigola rims, 
o, descalça per i'hort, posa aigua a les bassanes. 

Raspa força codonys per fer la confîtura, 
fa bullir un parolat de must per bon vi blanc ; 
quan maten el porc gras, ella para la sanc, 
el dia de Sant Joan cull la bona-ventura. 

Si se lleva matî, cal veure quina mina 
d'alegria i de pler la velleta ne ten ; 
ai, per la fer lievar no li cal somaten, 
sus del horriqiiet s'en va a la colomina. 

Ten setenta nou anys i frega el parador, 
vesteix el nin petit, lo condueix a estudi, 
i no vol en cap preu que dingu no l'ajudi ; 
mes d'un cop la som vista a endreçar 1 pastador. 



— 2o6 — 

Per la festa major, es un pler de la veure. 
se posa sus l'esquena els vestits bigarrats, 
els penjants nubials pel marit regalats ; 
a la plaça, en un corn, contenta va se seure. 

An tots els forasters mostra una aléara cara, 
els hi serveix soviny fins que ne diguen prou ; 
boles, colom, pollet, i truitada i pa d'où ; 
perqué de lo que ten la vella es pas avara. 

De la Mort no ten por, l'espéra cada dia, 

si la veu a venir, sera, amb serenitat ; 

Ja sab que 'Is seus bons fills, seguint sa volontat, 

feran dir una missa a l'altar de Maria. 



P. F 



RANCIS. 



OUAORETS 

La Solfa 

Es diumenge de funciô a câ La Solfa. Mestressa en côs resse- 
guit de nou, avies amb xale y capota, mamàs su '1 trente-un, 
nines en barretot y roba de menjar fideus, sensé descuydar 
mossù Taldiîletes en livita pinçada, tothom es aqui, tibat, corsetat, 
seriôs. Emprès era un veri^table rail ; ara, s'ôu pas un piu ; La 
Solfa ha alsat lo bastonet ; sembla que l'aie de tots s'hi hagi 
quedat penjada. 

Un ganyidet de cadira, una mesura per pas res, y la festa 
comença. 

La Solfa es plantada al mitj, recta com lo seu bastonet, un 
ull su 'i càrtro, l'altre sus l'crquesta. D'ella y de tôt lo qu'es sus 
d'ella, partint del dit gros dei peu fins a les pintes, tôt marca 
igualment el punt. A l'entorn s'afanyen els ulls a descallofar 
musica, de cap a cap del paper vigarrat, y els dits resquitllen sus 
les ahines dins un tremoladiç encantador... 

Caries Grandô {"Fariboles). 



DOCUMENTS HISTORIQUES 

sur la Ville de Perpignan 

*^^^s» i SUITE) 

77. — Criées concernant l'encombrement des Places ou Marchés de "Perpignan, 
l'achat, la vente des différentes denrées et la perception des leudes ou droits de 
transit (du xiii' au xvi' siècle^ : La Plassa dcl Blah Document relatif à 
l'achat du blé en Roussillon (lapS). — La Plassa Nova, dite Plaça del 
J^ech, et les Taules dels Mahels ou JHasels de la vila de Perpeyan : plassa 
del Costeyl ; masell del Call. Criées relatives à l'encombrement de ce marché 
pour la vente des légumes et du poisson (taules e botigues de caulaseras e 
encara de pesqueteria (1478). — La Place de la Boheria et de la Pella. 
— La Plassa dcl Ponl d'En Bastih — La Plassa de la Fexoneria, 
ou Plassa dels Peixos. et la Plassa del Macell vella. Criées concernant la 
vente du poisson, à Perpignan, et la perception des leudes (ifsé). — 
Les Taules Reyals. Ordonnance relative aux clavaires, qui accaparaient 
les denrées vendues sur les tables ou Marchés du Roi. 

Les différents marchés de Perpignan prirent rapidement une 
telle extension qu'ils furent vite encombrés. L'importante Plassa 
del Blat fut un des premiers marchés créés pour la vente du blé. 
Puis, la Plaça INova de la présent vila de Perpenya devint le centre 
des principales ventes du commerce perpignanais, à la fin du 
xv' siècle. 

On peut, d'après les documents que je reproduis (j), se rendre 
compte de 1 importance de ce mouvement commercial qui entraî- 
nait parfois du désordre sur les places publiques par l'envahisse- 
ment des banchs, celles e desques, dans les rues encombrées par les 
innombrables denrées étalées sur les taules caulaseras e peixoneres. 

Un autre document (2) du commencement du xvi' siècle, relatif 
aux criées du lieutenant du Procureur royal des Comtés de Rous- 
sillon et de Cerdagne, au sujet de la vente du poisson, nous 
renseigne très exactement sur les usages qui fixaient les droits de 

(1; Archives des Pyr.-Or., Manuale Curie, registre vi, P i 5o. 
(2I Arch. des Pyr.-Or., Ibidem, registre xix, f° 148. 



— 2o8 — 

vente et les droits de leude (i) ou de douane {al cullidor de la 
leuda), au profit de la ville de Perpignan. 

"La P lassa del Bhit (2) 

Le 29 juin 1293, le roi Jacques 11 de Majorque créait une 
place ou marché unique pour la vente du blé en dehors des anciens 
murs de la ville, près de la rue qui sort par le portail de la dite 
vieille ville qu'on a coutume d'appeler « Portail d'Elne », Portale 
"Elnense. L'emplacement, dit le document, en a été récemment 
couvert à cet effet, et le Précepteur du Mas Deu, ordre du 
Temple, a contribué aux dépenses pour 5. 000 sous de MelgueiL 
Les Templiers du Mas Deu percevront un droit de mesurage sur 
tout le blé qui sera vendu sur le dit marché et qui ne pourra être 
mesuré qu'avec leurs mesures (cum mensuris Templi) (3). 

Les témoins de cet acte sont Pons de Gardia. seigneur de 
Canet, Pierre de Fonollet, Jacques de Muredinis,- Arnald Bayle, 
Bernard Dalmas, docteur ès-lois, juges royaux (4). 

Les baux annuels de la Plassa del Blat (5), qui constituaient les 
revenus du domaine royal, s'élevaient à la somme de cent sous: 
De les dites citges de la plassa del blat de la vila de Perpenya, 
qui se solien arrendar cascun any x llr, es estât fet acapte per 

( j ) Les leudes étaient perçues, les unes à la frontière, les autres sur divers 
points à l'intérieur de la province... Les leudes intérieures étaient les droits 
de transit ; les leudes à la frontière donnaient lieu à la perception d'un droit 
d'exportation sur les marchandises et le numéraire. (J. Brutails, Elude sur 
la condition des populations rurales du T{oussillon, chap. xvi. 

(2 1 "Platea unica semper ad vendendum bladum publiée diehus fort in villa "Per- 
piniani... extra muros veleres ipsius ville... (Arch. comm., livre vert mineur, 
AA. 3. f° 137.) 

(3) Une ordonnance des ides de septembre i3o4 fixait définitivement 
l'emploi de ces mesures : « Fo adordonat de part del batle, que tôt hom 
dins vin. dies aja afinades les mesures del blat ab lo mig carto de la cort ». 
(Ordinacions, i, f° 19 v°. ) 

(4) Je transcris in extenso, à l'appendice, ce document en latin, extrait de.^ 
Arch. comm. de Perpignan, livre vert mineur, tome i", f° 137. 

(5) Nous verrons plus loin, paragr. v (criées relatives aux jurements, 
blasphèmes, etc.), que cette place était réservée aux portefaix, qui iugaran 
al sol en la dila Plassa del Blat. Cf. J^evue Catalane, n' i32, p. 172. 



— 209 — 

En P. Vidal, qui vuy es Procurador reyal dels dits comtats, 
a 'N Johan Marti, major de dies, blader de Perpenya, a cens 
cascun any de C s. e que les haia a reparar e obrar, e tenir 
aquelles sots dreta senyoria del s. rey (1). 

Au sujet des divers achats de blé pour la ville de Perpignan, 
il existe un document fort intéressant du commencement du 
xiv' siècle relatif aux frais de dépenses payés aux personnes qui 
s'occupaient de ces achats fora (ou) dins la terra de T^osseylo. Ce 
salaire était tantôt de 20 sous par jour, tantôt de 16 sous ou de 
J2 sous, non compris les débours de chacun. 

Plus tard, en \36z, le roi Pierre IV établit le droit d'inspec- 
tion sur les farines qui appartenait aux consuls de Perpignan 
(quod consules habeant cognitionem super farinis venalibus et 
super farinis talem qualem habent super panibus venalibus (2). 

J\oles sur l'ordre du roi de défrayer G. Tabre, Maillol Cadany 

er autres personnes qui s'occupent d'acheter du blé 

pour la ville de Perpignan 

22 mai 1 309 

Dijous XXU de maig en l'any de M.CCC.VIlll. 

Fo feyt ahordonament per mosseny (3) lo Rey e per son cossel, 
le quai ahordonament nos donaren En P. de Bardoyl,-En P. 
Matffre, e 'ns feren manament que hom donas an G. Fabre e an 
Malol Cadany e'als autres que anaren ni yràn d'a^'si avant per 
la vila de Perpenya comprar blat fora la terra de Rosseylo per 
casqu dia xx diners per lur selari tro sien tornatz en la dita vila 
de Perpenya ; e.que la vila pag les messions que faràn per lur 
menyar (4) e de les besties e per lo log[uer] de les besties e 
altres semblans d'aquestz que yrân per la dita vila. 

Item, que hom donas an G. Simon, en Vidal R., per so que 
anaren comprar -blat fora la terra de Rosseylo, per lur celari 
xvi diners per casqu die, e que la vila pag les messions que farân 

(i) Arch. des Pyr.-Or.. B. i55, P 26. 

(2) Arch. comm., livre vert mineur, AA. 3, f° 23o. — Appendice. 
Ci) Mossey. Le trait sur la voyelje donne la lecture « mosseny ». 
14) Meyar menjar). Le trait sert à indiquer la lettre supprimée n. 



— 2 1 O 

per ]ur menyar e de les besties, e als autres (i) semblans d'aquestz 
que yràn per la dita vila. 

Item, à sels o altres qui aurân servit o servirân la vila de Per- 
penya e serân anatz o yrân dins la terra de Rosseylo, que hom 
lur don per lur celari per casqu die tro sien tornatz en la dita 
vila de Perpenya xu diner? e la messio. Pero si no exien de la 
vila de Perpenya, fasen lo servezi de la dita vila, liuran blat o 
reeben o fasen altre serves! per la dita vila, agen per salari casqu 
per casqu die fasener que farà lo dit servezi per la dita vila, 
xiiii dîners sens autre messio. 

Item, an G. Ruschet e an Huch de CantagriK oer so que an 
estât dins la vila de Perpenva liuran blat per la dita vila, agen 
casqu per casqu die fasener fasen lo dit servezi xvni diners sens 
autre messio e asaltres semblanz d'aquestz. 

Item, à son fil d'En Peroenva Sartre, e als massips qui an 
escrit per lo dit blat o servit en altre manera dins la vila de 
Perpenya, agen casqu per cabqu die fasener que faràn lo dit 
servezi xu diners sens altre messio. Pero si exien fora la vila de 
Perpenya, que anassen en calque vila o casteyl de la terra de 
Rosseylo o en altres locs, ayen los ditz xii diners e lurs obs, 
casqu per casqu die. 

Aquest ahordonament vol mossenyor (2) lo Rey que sia tengut 
e servgt ara e d'aqui avant per aquels qui an feyt alcun servezi 
per la dita vila de Perpenya e per aquels qui 1' faràn d'aqui 
avant ; lo quai damondit ahordonament En Ps de Bardoyl, En 
P. Matffre, de manament de mosseny lo Rev, donarân an Bernât 
Fabre, e an P. de Corneyb que els dayen comtar ab totz aquels 
que an fevt servezi per la dita vila, e que 'Is fassen pagar per 
aytans dies co aurân servit per la dita vila. segons la forma desus 
dita ; e si negti ni ha aue ava mes ahut part (3) la dita forma, 
per tatxament de cossols o d'altre hom, que de contenent o aven 
a retre e à tornar (4). 

( I ) Cette forme catalane est peu usitée ; la forme altre est généralement 
employée. 

(2) Mossey. Le trait indique le ny catalsn : ay, seyor pour any, senyor. 

\ 3 1 Le p barré indique bien n part » . 

(4I Arch. comm., livre vert mineur, AA. 3, tome 1", f° c)3. 



2 11 



La Plassa J\ova 
er les Taules deh mahels de la vila de Perpenya 

Les principaux marchés pour la boucherie étaient : celui de la 
ville même : « al masel de la vila de Perpeycin » ; celui de la 
Plassa nova : « que iota carn que sia arsura, que 's vena a les 
taules de) maseyl de la Plassa nova, axi com es acostumat, e que 
's vena la llr. meyns i dr. (i) ; le marché du Puig, « al maseyl 
del Puig : « mana que negun mesaler qui fassa carn a masel del 
Puig, no gaus comprar carn ni bestiar viu de negun mesaler... e 
l'autra pagar aucir al maseyl del Puig (2) » ; le marché du Call, 
où étaient confinés les Juifs, al masel del Call : « item mana 
lo dit batle a totz los Juseus, que negun no gaus aucir negun bou, 
vacha ni moton ni altra bestia, sino al masel d'el Call (3) o dins 
lurs barreres, sotz pena de x s. (4) » 

Les Juifs étaient clôturés dans ce quartier (dins lo Cayl) ; leur 
communauté, qui comprenait tous les Juifs de Perpignan, établis 
dans les diverses localités du Rousssillon et de la Cerdacne, 
formait Valjama des Juifs de Perpignan. 

En 1391, le marché du Call des Juifs, affermé i5 livres, avait 
été saccagé dans une émeute : le roi, de ce fait, ne percevait 
plus qu'un faible revenu de cinq livres chaque année : "Del dit 
taulatge del masell del Call de Perpenya, lo quai se solia arren- 
dar cascun any xv llr, o mes, lo s. rey no 'n reeb vuy pus de 
v llr. cascun any, ne mes avant s'en pot haver per la destruccio 
del dit Call (5). 

La Plassa Nova devint le marché le plus important de la 
ville. 11 fut vite encombré; aussi,. pour conserver à Perpignan 
sa beauté et donner de l'air aux rues, on supprima les bancs sur 
ce marché (14 octobre 1428). 

(il Ordinacions, 1, P 39 v', 40 r°. 

(2) Jbidem, f° Sç v°. 

(3) Juxta cajlum podii. 
14) Ordinacions 1, f° 39 r°. 

(5) Arch. des Pyr.-Or., B. i55, f" 24. 



212 



En effet, une déclaration de Pierre Roure (i), lieutenant du 
Procureur royal des comtés de Roussillon et de Cerdagne, ainsi 
que de Raymond de Serinya, juge du patrimoine royal dans les 
dits comtés, révoquait les autorisations données par ceux-ci d'éta- 
blir des bancs « pour veixlre des fruits, choux et autres légumes » 
sur le marché de la Place JMeuve de Perpignan. Pierre Bayle, à 
titre d'ancienneté, pouvait avoir un banc au-dessus du pont qui 
avait été construit tout récemment à ses frais : ce banc avait deux 
pieds de largeur et six ou sept de longueur. De même Pierre 
Tregura, menuisier du Roi, avait le droit d'établir un banc de 
quatre pieds de longueur et de deux pieds de largeur, sur le 
pont qu'il avait bâti à ses propres frais, à pera e à caus. Cette 
déclaration avait été faite le 14 octobre J428, en présence des 
témoins Georges Blancha, négociant, Raymond Féliu, Jean Lobet, 
de Perpignan, et par devant Guilhem Roure, notaire, qui a 
rédigé l'acte. Le jour même, en présence des dits témoins, Ray- 
mond Tcner, notaire, et Jean Lobet, notification de cette décla- 
ration fut faite à Pierre Tregura, menuisier, par Guilhem Roure, 
notaire de Perpignan (2). 

Un demi-siècle plus tard, exactement le i3 février 1478, pour 
conserver à la ville le parfait et élégant alicrnement des rues et 
des marchés (3), on décida de faire la vente de tous les légumes 
de la Plassa JSJova dans des boutiques spéciales (en les botigues 
caulasseras de la dita Plassa sobre asso ordenades e dedicades (4). 

Voici le nouveau règlement qui fixait la vente des différentes 
denrées (ortalissa de qualsevol specie) apportées sur le marché de 
la Plassa T^ova, et le nouvel emplacement destiné à la vente de 
ces produits pour éviter l'encombrement de cette place. 



(1) « Declaracio fêta inhibint que algun no tinga hanches à la Plaça del 
Rech per vendre ortalissa ni fruyta. » Je reproduis à l'appendice le docu- 
ment tout entier. 

(2) Arch. des Pyr.-Or., B. 232, Registre de la Procuracio Real, f° 190. 

(3) Propter pulcritudinem et decorem ac amenitatem villarum et platearum 
ac viarum... (Arch. des Pyr.-Or., Ibidem.) 

(4) Arch. des Pyr.-Or., B. 410, Manuale Curie, registre vi, f" j5o-i5i. 



— 2l3 — 

Plainte relative a i encombrement de la Plassa J^ova, Je Perpignan 
€T criées publiées pour le faire cesser 

Interdiction absolue de vendre des denrées (légumes, poisson frais) 
en dehors des emplacements assignés à chaque débitant 

Obligation de vendre le jardinage de la Plassa J^ova (orïalissa) 

dans les boutiques uniquement établies pour cette vente 

sous peine d'une amende de j o sous et la confiscation de toutes les denrées 

1 3 février 1478 

Coram domino judice comparuit magister Johannes Marques, 
armtgerus (?) Perpiniani.(i), nomine suo proprio ex nomine sibi 
adherentium, qui verbe exposuit dicens fore verum : 

« Que en Falgues e en alrres tenints boriga de caulaseria en la 
plassa nova o les caulaseras, per licencia dei dit Falgues, se occu- 
pen ab banchs e denchs e celles e desauas no sol la plassa, mes 
encara los camins de les taules peyoneres, mes encara les ceras 
de les tauies caulaseras del dit Marqués e dels altres adherints, 
no tant solament caulaseras, mes encara peyoras (2), en gran dan 
à interës dels censés del senyor Rey e del ben comu e prcjudici 
c dampnatge del dit Marqués e dels altres tenints taules e boti- 
gues de caulaseras e encara de pesquetaria. E no res menys 
deduhexen per dits prejudicis e dampnatges, que molts pexonés 
c altres de la présent viia venen peix fresch en las cases propries, 
c les taules pesquateres e lochs acostumats vendre dit peix vaguen 
c remanen ronegues, contra les ordinacions e costumas antiguas, 
ultra los dessus prejudicials motius, per que requeren, supliquen 
que us placia provehir c donar recapte per Jos remedis de justicia 
acostumats, en tal forma e manera que los dits prejudicis sien 
reoarats e les ordinacions antigues sien reparades. » 

Et dictus judex ordinavit fieri mandatum, adjecta pena xxv s., 
dictis Falgues et aliis tenentibus dictos pretensos banchs, celles e 
desques, ut de cetero non teneant nisi in suis botigiis et mensis 
suis et in superficiebus iliorum, ut est juxta ordinationes assuctum 
et non alibi ultra iliorum limittes ; necnon dictis pexoneriis, cum 

! 1 ) Probablement chevalier arme. 
12) Sic. sans doute pour peycneras. 



— 214 — 

simili pena, ut non vendant pices récentes in suis domibus nec 
alibi, njsi in tabulis ad hoc dedicatis et fieri assuetis, nisi justas 
habeant rationes allegaturas infra dies... (i) 

Die veneris intitulata XI 11' dicti mensis februarii. 

Jaspar Elfa, curritor publicus ville Perpiniani, retulit se, man- 
dat© domini regii procuratoris, etc., publicasse alta et intelligibiii 
voce in platea nova ville Perpiniani preconitzationem sequentem : 

« Ara hojats que us notiffica e us fa (i) Jo molt magniffich 
mestre Johan (3), secretari e conseller del senyor Rey e, per lo 
dit senyor, procurador real, tresorer e receptor gênerai en los 
comtats de Rossello e de Cerdanya, à tots los qui acostumen de 
vendre ortalissa de qualsevol specie que sia en la Plassa Nova de 
la présent vila de Perpenya, que no la gosen tenir ne vendre 
sino en les botigues caulasseres de la dita Plassa sobre asso orde- 
nades e dedicades, e hahont se acostume e s' deu vendre la dita 
ortalissa, sots pena de deu sots e de perdre la dita ortalissa ; de 
la quai pena haurâ lo denunciador la tersa part, e les restants 
dues parts serân adquirides à la cort del. dit procurador real. Per 
tant, lo dit procurador real, instant e requirent lo procurador 
real fiscal de la sua cort, intima e notiffica à tôt hom generalment 
les dites coses, per tal que de aquelles no puxen ignorancia 
allegar (4). 

(A suivre) Henry Aragon. 

(1 ) Le nombre de jours est laissé en blanc. 

(2) Un mot passé : assaber. 

(3) Un mot passé: Adam. 11 s'agit de Jean Adam, Procureur royal des 
comtés. 

(4) Arch. des Pyr.-Or., B. 410, Manuale Curie, registre vi, P 1 5o v°, 1 5 1 . 

Régionalisme 

Une Institution provençale d'enseignement secondaire (programme du 
baccalauréat avec étude des langue, histoire et littérature provençales) vient 
d'être fondée à Avignon. 

Au titre du baccalauréat s'ajoutera celui du diplôme d'études provençales. 

Parmi les membres du Comité de Patronage figurent deux de nos colla- 
borateurs : MM. Joseph Anglade, de la Faculté de Toulouse, et Emile 
Ripert, de l'Université d'Aix-Marseille. 



^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ 



Diàleg dels Morts 



-«#>^ 



SUnt cr Tl'N 



III 



E/ capilà aviador Bell-camp. 

Si amb folla gosadîa 
caçàveu l'esparver, 
al eau mateix jo, un dîa, 
jo, l'he volgut haver ; 
posa al niu enrenou ; 
xapar les serps dins l'ou. 

Ja esta ! Ai ! L'alegrança, 
quan, lluny de) pudent jaç, 
volava cap a França !... 
La sort es per l'audaç : 
Tornem-hi !... Prô un resquill 
de bala. 

Lleonart. 

Pobre fill ! 

Arquimedes. 

De l'aire al blau abisme 
a tots vos ha tragat. 
Quanta flor d'heroisme 
ja la Mort ha segat ! 
Mes prou ! El sabi, el fort 
mati, i fugi la Mort ! 

Volar per grans bandades 
es punt major, jo ho die. 
Les aus, ben comendades, 
sobre '1 camp enemic 
passin com llamp de Deu : 
lluu ; pega ; i pus se veu. 



Torneu perfecta l'eina î 
Seny, braô i braç forçut, 
junts, fan la bona feina. 
Oi ! Jo l'hagués tingut 
vostre armeig, farga, mail, 
vapô, i tôt, quin treball î 

Apa ! A qui mes s'afanya, 
enginy nou fent surtî ! 
Haguerem vist qui.guanya, 
del Germa o del Llati. 

E/ comte Zeppelin. 

Qui guanyi ? No 'n dubteu : 
Del Teutô sera el Déu. 

Arquimedes. 

Vaia l'estrafalari, 
amb son imperiôs gest ! 
Jupiter ens ampari 
de socis com aquest ! 
Home de tal magi 
que '1 Futur sab llegî, 

qui sou ? 

Zeppelin . 

Qui sôc ? El Comte 
Von Zeppelin sôc jo, 
en qui l'imperi compta 
son servidor majô. 
Jo del cim dels espais 
escampo cls planys i 'Is ais. 



né 



Mrquimedes. 
He vist un gorb a esquerra. 

Lleonart. 

Ai ! Madonna i Jesiis î 
Ets d'aquells que la guerra 
fan amb Zetes i Us 

a l'ignocent ramat 
del poble désarmât? 

Passa camî î Aquest rotllo 

de sabis i oucrrcvs 

amb closques del teu motllo 

no 's pot avenî en res. 

De prous del degollâ 

ja 'n trobaras per lia. 

Acobla-t amb selvatges 
Hun, Norman i Mongol, 
que en feixes i ribatges 
destroça, flama i dol 
duien, llur peu feroç 
deixant erm al terroç î 

Rebat, desploma, ont passis, 
murs de pedra i maons, 
catedrals i palacis I 
Fumifres esglaons 
son del soli de fang 
pastat amb cendra i sang 



ont paeix el Déu-ogre 
son mal àpat d'orgull, 
d'enveja, d'odi i llogre, 
mentre '1 guerxo i roig ull 
de fam i crudeltat 
llurca de tôt costat. 

Aixampla en desmasîa 
ton globo botarut ! 
Mil crims de fantasia 
t'han fait l'unglot prou brut 
per que cent mil anys l'hom 
escupi el teu renom. 

Vés ! Victoria no cantis ! 
Per ninets qu'hagis mort, 
en queda. No t'espantis : 
ell mateix es prou fort 
el pare, al teu urc foll 
per fer flectâ el genoll. 

1, ans que s'enjoiin d'eura 
els sûblims enderrocs, 
altres Seus h^m de veure ' 
surgir, penons i flocs 
batenthj el Triumf gai 
del Bon Dret dins l'espai. 

Pau Berga. 



Mars '917. 

EXPOSITION MANALT 

Notre confrère et ami le sculpteur Célestin Manalt vient d'ou- 
vrir une exposition dans ses ateliers de l'avenue du Vernet. 

Cette exposition sera ouverte au public jusqu'au 8 janvier. 

L'on pourra y admirer les dernières œuvres de Manalt, VJiiver 
de la Vie., la Tuile, l'Homme qui cherche la lumière, qui obtinrent 
un si vif succès au grand salon de Barcelone. 



Une basilique latine du V siècle 

L'atrium et l'église d'Arles-sur-Tecli 



II. L'orientation 

Je lis dans le Guide publié à l'occasion du Congrès archéo- 
logique de 1906 (1), sous la signature Aug. Brutails, une 
courte notice consacrée à l'abbatiale d'Arles-sur-Tech, et 
j'y relève la phrase suivante : « L'édifice est orienté vers 
l'ouest ». Qu'est-ce à dire ? Pourquoi cette remarque ? 
Depuis les dernières années du v^ siècle, toutes les églises 
catholiques sont orientées à l'ouest, sauf, bien entendu, dans 
les cas oii la topographie a pu faire obstacle à cette orientation. 
Pour comprendre le sens que M. Brutails attache à cette 
phrase, j'ai dû avoir recours à M. Pierre Vidal, qui s'ex- 
prime ainsi à ce sujet : « Le chevet, contrairement à l'habi- 
tude des architectes roussillonnais du moyen-âge, est tourné 
vers l'ouest » (2). A la bonne heure ! on sait ce que parler 
veut dire. Puisque le chevet est tourné vers l'ouest, la 
façade doit regarder l'est; mais pourquoi M. Vidal éprouve- 
t-ii le besoin de nous dire que cette orientation a été donnée 
contrairement à l'habitude des architectes roussillonnais du 
moyen-âge? Eh! oui, des architectes roussillonnais... et 
même des autres. 

Voici ce que dit à ce sujet M. Ed. Corroyer, un des 
meilleurs guides que l'on puisse prendre, lorsqu'on veut 
étudier l'art chrétien des premiers siècles : 

« Une des constitutions de la fin du i*'' siècle, attribuée 
« à saint Clément, veut que le prêtre regarde l'orient pour 
« accomplir la consécration. Cette prescription paraît avoir 
« déterminé la situation de l'église telle qu'on la voit encore 

(1 j Page 1 3i . 

(2) Guide dans le département des "Pyrénées-Orientales, p. «85, 



— 2l8 — 

« à Saint-Pierre du Vatican et à Saint-Jean-de-Latran, c'est- 
« à-dire )a façade tournée à l'est. Le prêtre célébrait der- 
« rière l'autel, regardant l'assistance, les hommes à sa droite, 
« c'est-à-dire au midi, les femmes à sa gauche, c'est-à-dire 
« au nord ; aussi les bas-côtés, droit et gauche, furent-ils 
« déterminés par les épithètes australis et septemtrionalis. — 
« Au v^ siècle, l'orientation contraire fut préférée (i). » 

11 est certain que, lorsqu'on décida que l'officiant tour- 
nerait le dos à l'assistance, l'orientation de l'église fut 
nécessairement changée de sens. A quelle époque précise 
ce changement a-t-il eu lieu? il serait assez difficile de 
donner une date, même approximative. Pour moi, je me 
bornerai à constater que l'église d'Ensérune (près Nissan), 
dont j'ai naguère exploré les ruines, était orientée à l'est. 
Or, d'après le marbre portant dédicace (i), l'église fut 
consacrée sous le consulat de Valentinien et Anthémius, 
c'est-à-dire en 455. Je ne crois pas qu'on ait continué long- 
temps à orienter les églises dans ce sens, du moins dans 
notre pays ; car, dès le départ des derniers légionnaires, 
qui eut lieu vers l'an 460, les Wisigoths ariens, devenus 
les maîtres, persécutèrent les catholiques, dévastant leurs 
cimetières et s'emparant de certains oratoires. Dès lors, il 
eût été puéril d'ériger de nouveaux sanctuaires. 

11 résulte de tout ce que je viens de dire que l'église 
abbatiale d'Arles peut avoir été construite en plein v^ siècle ; 
il me reste à démontrer qu'elle doit avoir été érigée à cette 
époque (2). 

(Jl suivre) F. -P. Thiers. 

( \) Ed. Corroyer, L'architecture romane, p. 47. (Bibliothèque de l'enseigne- 
ment des Beaux-Arts.) En Roussillon, pays d'art essentiellement roman, ce 
petit livre, très substantiel, devrait se trouver dans toutes les mains. 

( j ) Avant la destruction de l'église, qui est toute récente, la dédicace était 
encastrée au-dessus du linteau de la porte. Aujourd'hui ce marbre se voit à 
côté de la porte de la cave de Régimont, terroir d'Ensérune. 

(2; Abstraction faite des voûtes, qui sont évidemment d'une date posté- 
rieure. 




î*^ ^mH^^'^ ^^mm^^ ^^mM^:^ ^ 



Mont-Louis 
^^ 

En sa riche beauté, la plaine de Cerdagne 
Semble une moissonneuse au cœur joyeux et fort 
Qui, lassée, au soleil, sur son gerbier s'endort 
Et garde son bonheur derrière sa montagne. 

Mais ce qui m'émeut là, bien plus que la campagne 

Si belle qu'on dirait un irréel décor, 

C'est le faste du siècle immortel dans sa mort 

Où les Bourbons portaient les lis jusqu'en Espagne. 

Je vois près du moulin le Marquis de Durban, 
Noailles chamarré, le pauvre et grand Vauban 
Dont le génie encor aarde notre frontière. 

Car, joyau précieux dont sa gloire s'accroît, 
La vieille citadelle aux armes du grand Roi 
Impose sur les monts sa couronne de pierre. 

Yves Blanc. 
14 août 1916. 

La carte catalane d'Americo Vespucci 



La « Biblioteca de Catalunya » de Barcelone vient d'avoir la 
bonne fortune d'acquérir un trésor bibliographique d'une valeur 
historique incontestable. 

Il s'agit de la fameuse carre catalane dessinée en 1439 par le 
majorquin Gabriel Vallseca et qui servit au navigateur italien 
Americo Vespucci, lors de son voyage au Nouveau-Monde. 



220 

Ce dernier i'avait acquise au prix de ) 3o ducats d'or, comme le 
mentionne une suscription authentique apposée au verso de ce 
précieux document : « Questa ampia pelle di geographia fu 
pagata da Americo Vespucci CXXX ducati de oro dj marco ». 

Rapportée à Majorque par le Cardinal Despuig qui l'acheta à 
Florence dans un stock de vieux livres, cette carte avait été, 
durant de longues années, jalousement gardée par sa famille. 

L'illustre romancière George Sand en fait mention dans une de 
ses notes, où elle narre dans quelles circonstances malheureuses 
elle faillit, durant son séjour à Majorque, en compagnie de Cho- 
pin, tacher ce joyau de haut prix, en renversant maladroitement 
un encrier. La carie fut épargnée mais le bord gauche a gardé 
la trace de quelques éclaboussures. 

Signalons à l'occasion que la Bibliothèque Nationale de Paris 
possède aussi une carte catalane du xiv' siècle. A cette époque la 
cartographie catalane avait déjà acquis un grand développement ; 
les parchemins qui en sont restés constituent des monuments glo- 
rieux de ra:ntique civilisation catalane, l'une des premières du 
monde. Riols. 

Monologues catalans 

L'Imprimerie Catalane va éditer, sous le titre Gatimells, la 
deuxième série des amusants monologues roussillonnais de Charles 
Grande. 

Le bon accueil qui fut fait à "Fariboles permet d'augurer du 
succès qu'obtiendra ce nouveau recueil. 

Une Revue locale 

Une grande revue locale, de nos excellents collaborateurs et 
amis P. Francis et Jean Balle, contenant quelques scènes cata- 
lanes des plus typiques, va être montée a l'Eldorado de Perpi- 
gnan, 

t-e Gérant, COMET. — Imorimerie Catalane, COMET, rue de la Poste, Perpignan 



Table des Matières 



Liste des Membres, "i. 

* 
Membres nouveaux, 6, 17. 

Le Concours Clavé, 9. 
Le Chanoine Joseph Bonafont, 9. 
Des vers inédits de J.-Sebastià Pons, 10. 
La Diada de la llengua catalana, 1 2. 
Bibliographie, 16, 3o, 48, 80, io3, 127. i5i, 200. 
Nécrologie, 16, 20, 76, i 10, )35, 160, 199. 
Compte-rendu des séances, 17, 93. 
Message d'honneur à l'archevêque de Tarragona, 29. 
La bannière de Verdun, 37. 
Hommage roussillonnais à Joffre, 39. 
M. Emile Ripert, 39. 
Nouveaux confrères, 46. , 

Travaux publiés par la T(evue Catalane pendant la première période décen- 
nale 1907-1917. Numéro spécial i aS bis, folioté à part. 
Un livre posthume, 5y. 
Une conférence au Théâtre, 72. 
Jochs Florals de 1917, 76. 
Nos artistes à l'Exposition de Barcelone, 77. 
Notre album au Maréchal Joffre, 79. 
Un Comité Joffre, 79. 
Concours de langue catalane, 91, 1 12. 
Nos amis de Catalogne, 92. 
Une étude intéressante, 101. 
Les Volontaires Catalans, 102. 
Heureuse initiative, 102. 

Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 122. 
Congrès de la Fédération régionaliste, i23. 
Philologie, 141. 
Au Collège, 1 58. 
Un document intéressant, 167. 



Procès-verbal de conciliation, 169. 
Un Ministre catalan, 192. 
Pages choisies, 198, 169. 
Régionalisme, 214. 

Aladern Joseph. — Etudes étyniologiques, 7, 24. 
Algû. — Théâtre catalan, 62. 
Amade Jean. — Lo ram d'oliu, 1. 

Pastor, pastor, 38. 

Com toca la campana, 49. 

En temps deguerra, 94. 

La cançô de la Hum, 146. 
Anglade (J.). — En mission à Barcelone, 168. 
Aragon Henry. — Au sujet du Musée d'Archéologie de Perpignan. y3. 

Emile Ripert, 84. 

Documents historiques sur la ville de Perpignan, ii5, 142, i55, 
172. 1 89, 207. 
Artus ( Georges j. — El Clam Roig, de Caries Grande, 120. 
Bergue (Paul). — Diàleg dels Morts, 40, 129, 193, 21 5. 
Blanc (Yves). — Cobazet, 21. 

Mont-Louis, 219. 
Bonafont ( Joseph j. — Augustin Vassal et les dernières œuvres de Verda- 

guer, 33. 
Bonet I E. ). — La T^evue Catalane au Canada : Il est venu, i 23. 
Cantagrill (A.). — Une Manifestation catalane au Théâtre de Perpignan, 85. 
Elias (Santiago). — A trench d'auba, 149. 
Ermita de la Pinatosa (L'J. — Lo Llop y la Guilla, jSî. 
Francis ^P.^. — Une bonne nouvelle, 2. 

Célestin Manalt, 19. 

Les Hores blaves, 24. 

Jesûs que torna, 44. 

Primavera, 58. 

Lo meu cor, 58. 

A Sant-Ferriol, 75. 

Recorts, 75. 

Nit serena, 90. 

No creixis aviat, 90,; 

Tôt passa, 117. 

Desvari, i36. 

Tarder, 159. 

Versos de juventut, 175. 



— m — 

Francis (P.) (suite). — Rastres d'amor, 188. 

La Padrina, 2o5. 
Gibrat (^Joseph). — Aperçu historique sur la paroisse de Corneilla-de-la- 

Rivière, 60, 78, 98, 118, i5o, 161, 177, 195, 202. 
Grando (Charles). — Any nou, vida nova, 18. 

Judici, 47. 

Accusadores : Los très reys, Diàlzg Satanich, Anatema, 5i. 

El Clam roig : La Veu de les pedres, Cant macabre, 68. 

1res : Bon cep de falç ! El renech, 81. 

Al meu fîllet, 1 14. 

Flors de Sang, d'Apeles Mestres, i32. 

L'oraciô gran, i53. 

Dolor, i85. 

La Solfa, 206. 
Guimerà (Angel). — Nit de Nadal, 201. 

Lacvivier (R. dei. — La chapelle de N.-D. de la Trôna, à l'église d'EIne, 95. 
Lavaud (René). — Impressions de Collioure. Réflexions sur le Félibrige en 

Roussillon, io5, i36. 
Mestres (ApelesJ. — Prefaci del Clam roig, de Caries Grande, 67. 

Flors de Sang : La Marsellesa, 111. 
Pastorellet de la ValJ d'Arles ( Lo). — Cant nuvial, 170. 
Pastre (Louis). — La version catalane de Peau d'âne, i 1 , 26. 

Les Hores que passen, de P. Francis, 53. 

Nos catalanisants : Charles Grarido, 65. 

Les Règles ortogràfiques de l'Academia de la Uengua catalana, 3o. 

Llibre de lectura escolar, 48. 

La langue catalane et la guerre. Conférence au Théâtre de Perpi- 
gnan {20 mai 1917). Voir compte-rendu et extraits, p. 85. 
Plana (G. de la). — Notre concours, 147. 
Perez-Jorba (J.). — Fariboles, de Caries Grande, 55. 
Real (Caries de la). — L'art d'En Manalt, 5o. 

Essai de grammaire historique de la langue catalane, de l'abbé 
Fouché, i65. 
Riols (F.). — Nos auteurs roussillonnais, 45. 

La Sagrada Passiô, 59. 

Nos braves, io3. 

Echos, 1 24. 

Teatre català, j 59. 

Els llibres mes cars, 176. 

La carte catalane d'Americo Vespucci, 219. 
Rusiriol (^Santiago). — Els Catalans son per tôt, i5. 



Sahrat (Fr. . — Retom. 45. 

Cementeris. jy. 

Bucôlica. 1x7. 

^^i Terra, i65. 

La ntort de h. vila. 180. 
Sahrat (LcNds). — Truch y Très, 120. 

Thiers (F.-P.). — Une baâilk|iie btiBe du v* sicck : l'atrim et 1 
d'Arles-stfT-Tccii. 186, 117. 





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DP 
302 
C57R3 
1. 11 



Revue catalane 



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