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of 



Stephen B. Roman 



From the Library of Daniel Binchy 



REVUE CELTIQUE 



TOME XXIII 





CHARTRES. — IMPRIMERIE DURAND, RUE FULBERT. 






FONDÉE / 



H. GAIDOZ 
iS 7 o-i88s 



PUBLIEE SOUS LA DIRECTION DE 




H. d'arbois de jubainville 

Membre de l'Institut, Professeur au Collège de France 
AVEC LE CONCOURS DE 

E. ERNAULT J. LOTH G. DOTTIN 

Professeur à l'Université Doyen delà Faculté des Professeur adjoint 
de Poitiers Lettres de Rennes à l'Université de Rennes 



ET DE PLUSIEURS SAVANTS DES ILES BRITANNIQUES ET DU CONTINENT 

Pierre LE ROUX 
Secrétaire de la Rédaction 



Tome XXIII 




PARIS (2 e ) 
LIBRAIRIE Emile BOUILLON, ÉDITEUR 

6j, RUE DE RICHELIEU, AU PREMIER 
1902 



Digitized by the Internet Archive 

in 2011 with funding from 

University of Toronto 



http://www.archive.org/details/revueceltiqu23pari 



TABLE DES MATIÈRES 



CONTENUES 



DANS LE TOME XXIII 



Pages. 
ARTICLES DE FOND ET MÉLANGES. 

Une version irlandaise du Dialogue du corps et de l'âme, attribué à 

Robert Grosseteste, article de G. Dottin 1 

The Vienna fragment of Bede, par J. Strachan 40 

L'Hercule gaulois à Salins, par Théodore Reinach $0 

Sul eensus sotto l'Jmpero Romano (specialmente nelle Galliae), par 

Francesco P. Garofalo 57 

Sui Galati dell' Asia Minore, par le même 71 

Les Celtes de la Lusitanie portugaise, par J Leite de Vasconcellos. . 74 

Notes on the Martyrology of Oengus, par Whitley Stokes. ... 83 

Notes étymologiques bretonnes, par J. Loth 117 

Chansons populaires de la Basse Bretagne, par E. Ernault. . . 121 

La déclinaison celtique des noms, par H. d'Arbois de Jubainville. . 13$ 
Etudes comiques, II, textes inédits en comique moderne, publiés par 

J. Loth ... 173 

Ro with the imperfect indicative in irish, par J. Strachan. ... 201 

I. Une correction au livre de Taliesin. par J. Loth 203 

II. Eured, par le même 204 

III. Aula Quiriaca = Les-Guiriac, parle même 20$ 

Encore un mot sur le Barzas Breiz, par H. d'Arbois de Jubainville. . 229 
Etudes comiques III. Remarques et corrections au Lexïion Ccrnu-brit- 

tannicum de Williams, par J. Loth 237 

-The Deaths of some irish Héros, par Whitley Stokes 303 

La versioïi galloise des sept sages de Rom;, par J. Loth 349 

Du patriotisme gaulois,. par C. Jullian 373 

The Death of Murchertach mac Erca, par Whitley Stokes. . . . 395 



VI 



Table Jts matières. 



BIBLIOGRAPHIE. 
Mélusine, article de M. E. Ernault. 



207 



CHRONIQUE. 



Albert Le Grand. Vies dis saints de 
la Bretagne armoriqw, 217. 

Arbois de Jubainville (H. d'). Prin- 
cipaux auteurs de l'ant quitê à eon- 
su'ter sur l'histoire des Celtes. 
109. 

Atkinson (Robert). Ancicnt L.urs of 
Ireland, t. V, VI. 96. 

Babelon, ZjxepropiÇ. 36 1 . 

Bérard (Victor). Les Phé ici ns et 
l'Odyssée. 362. 

Berthoud (L.). Étude historique et 
étymologique des noms de lie x ha- 
ll es du département de la Cô'.c- 
d'Or. 205. 

Blanchet (A.). Mélanges d'archéolo- 
gie gallo-romaine. loi. — Le Hra- 
dischl de Stradonic en Bohême et 
les fouilles de Bibracte. 103. 

Bohn (Oscar). Corpus inscriptionum 
latinarum, t. XIII, }* partie, fasc. 
1. 106. 

Brown (A.), professeur à l'Université 
de Wisconsin. Son cours à l'Uni- 
versité de Chicago. 364. 

Cagnat. Inscription s graecae ad res 
romanas pertinentes. 100, 217. 

Darlington (Thomas) dans les Tran- 
sactions of the honorable Soci ty of 
Cymmrodorion, 360. 

Devaux (Iules). l ! i<to're d'un nom de 

lieu cei:i.;ue (Pi'hiviers). 104. 
Dumuys (Léon). Découverte d'une 



inscription romaine à Orléans. 218, 
228. 

Duncombe Jewel, secrétaire de la So 
ciété comique, 2 17. 

Ernault (E.). Notes d'é'.ymolog'e, 
épenthese des liquid s. 363. 

Friedel (V. H.). Festgabe fur \V. 
Fii ster, date de l'invasion anglo- 
saxonne en Angleterre. 365. 

Gaidoz. La réquisition d'amour et le 
jet de la pomme. 90; — Le granl 
dieu d s Allobro^es. 363. 

Garofalc (F. P.). Son cours à l'Uni- 
versité d'Aix en Provence. 109. 

Gloss.ùre cryptologique breton. 104 

Gregory (Augusta). Cuchu'an 0) 
Muirtltemne. 354. 

Groome. Ses fouilLs à Tara. 364. 

Gu:-st (Charlotte). The Mabinogion. 

3SS- 

Guillevic (A). Grammaire bretonne. 

108, 2 17. 
Henebry (Richard), ancien professeur 

de gaelic à l'Université de Wa- 
shington. 89. 
Hirsc'ifeld (Otto). Festschnft fur 

Theodor Gimperz, Annibal en 2 1 î, 

36.. 
Jullian (C). Vercingêtorix. 99. 
La Borderie (A. de). La chronologie 

du cartulaire dt Redo'i. 108. 
La Roncière (Ch. de). Vit d. saint 

Yves. 93. 



Table des matières. 



vu 



Le Bayon. Grammaire bretonne. 217. 

Le Goff (P.). Grammaire bretonne. 
108, 2 17. 

Lot(J.). Métrique gallo se, p. 10;. 

Marie de France. 101 . 

Macbain (A.). The Highlanders cf 
Se tland, Le Matriarchat. 3^7. 

Matruchet (L.). Étude historique et 
étymologique des 1:0ms de l eu de 
la Côte-d'Or. 209. 

Meyer (Kuno). Otia Merseiana. 215; 
Liadain and Cuirithir, an irish 
Love-Story of the ninth Century. 
353; promet une édition du C.iin 
Adanmain. 360. 

Murphy (J. E. H.), prépare un dic- 
tionnaire irlandais. 2 1 8. 

Nissen (H.). Italische Landskunde, t. 
II. 363. 

Nutt (Alfred). The Mabinogion. 355. 

O'Growney (E.). Simple Lessons in 

Irish. 103. 
Pineau. Les vieux chants populaires 

Scandinaves. 103. 
Potter (Murray Antony). Sohrab and 
Runem, the épie Thune 0! a Combat 
between Father and Son. 356. 
Quellien (N.). Sa mort, liste de ses 

œuvres. 209. 
Rhys (J.). FellowoftheBritish Aca- 
demy for the Promotion of Histo- 
rical. Philosopliical and Philolo- 
gical Studies. 89. 
Ricochon. Tablettes d formules ma- 
giques à double sens . Premere série. 
La tablette de Poitiers. 107. 



Rikert (Edith). Choix de lais de Ma- 
rie de France. 101 . 

Roessler (C.). Les influences celtiques. 
2 10. 

Sanson. Passion has tr azéris s h n 
sdlvcr, 93. 

Sargant(A.). TheDeathofOs a-. 213. 

Skene (W. FJ. The Highlanders of 
Scjtland. 3 57. 

Sommer (F.). Phonétique et morpho- 
logie latine, 9 1 . 

Stadelmann (J.). Études de toponymie 
romande. Pays fribourgeois et dis- 
tricts vaudois d'Avcneh s et de 
Payeme. 2 16. 

Stokes (Margaret). Souscription en 
son honneur. 90. 

Stokes (Whitley), fellow of the Bri- 
tish Academy for the Promotion 
of Historical, Philosophical and 
Philological Studies. 89. — Thé- 
saurus palacohibernicus. 95, 2 16. 

Strachan (John). Thésaurus palacohi- 
bernicus. 95, 216. 

Transactions oj the honorable Society 
0) Cymmrodorion. 360. 

Weston.(Jessie L.). Morien. 101. 
Windisch (E.). Son édition du Tâin 
bô Cûailnge. 108. 

Zimmer (H.). Pelagius in Irland, 
Ttxle uni Untersuchu.ngen zur pa- 
tristischen Litteratur, Berlin, Weid- 
mann, 1901, 94; M. Zimmer est 
nommé mimbre de l'Académiedes 
sciences de Berlin et Gehimer Rj- 
gicruigsr.ith, 109. 



PÉRIODIQUES ANALYSÉS. 



American Journal of Philology. 1 14. 
AnalecU Bollandiana 110. 



Annales de Bretagne. 113, 225 
Athena:um 114, 372. 



VIII 



Table des matières. 



Beitraege zur alten Geschichte. 570. 
Beitraege zur Kunde der indo-germa- 

nischen Sprachen. 1 16. 
Bibliothèqne de l'École des chartes. 

Boletin de la Real Academia de la 
Historia. 227. 

Bulletins et mémoires de la Société 
d'anthropologie de Paris. 1 1 1 . 

Bulletin international de numisma- 
tique. 371. 

Celtia. 114, 371 . 

P'olklore, i 1 2. 

Indo-germanische Forschungen. 368. 

L'Anthropologie. 226, 366. 

Le musée belge. 11^. 

Mémoires de la Société de linguisti- 
que de Paris. 371 . 



Publications of the Modem Language 
Association of America. 113. 

Revue archéologique. 115, 227, 
366. 

Revue épigraphique. 115. 

Revue numismatique. 371. 

Society for the Préservation of the 
Irish Language. 1 1 5. 

The Athenaeum. 1 14, 372. 



The Gael. 



:6 9 . 



The Journal of the Royal Society of 
Antiquaries of Ireland. 1 1 1 , 219. 

Zeitschrift fur celtische Philologie. 
22 1 . 

Zeitschrift fur romanische Philolo- 
gie. 37°- 

Zeitschrift fur vergleichende Sprach- 
forschuns. 221. 



TABLE, par M. E. Ernault, des principaux mots étudiés dans le t. XXIII 
de la Revue Celtique, p. 439. 



UNE VERSION IRLANDAISE 

DU 

DIALOGUE DU CORPS ET DE L'AME 

ATTRIBUÉ a Robert GROSSETESTE ' 



Le manuscrit de la Bibliothèque nationale, fonds celtique 
n° roi, est un livre de prières en irlandais, du xvm e siècle, 
ayant appartenu à James Purcell. Il renferme, outre les prières 
ordinaires que l'on trouve dans les livres de messe, une tra- 
duction (p. 73-75) de la prière attribuée au prince Eugène; 
puis, p. 76-102, une traduction en prose mélangée de vers du 
Dialogue du corps et de l'âme qui figure parmi les opéra mi- 
nora de Robert Grosseteste, évêque de Lincoln de 1235 à 
1253; enfin, p. 113-132, un alphabet irlandais et des notions 
de prononciation d'ailleurs peu précises, d'après O'Coisgair. 

Le Dialogue du corps et de l'âme dont le manuscrit 10 1 
nous offre une traduction irlandaise est une longue pièce en 
vers latins rythmiques qui a eu au moyen âge un grand 
succès ; on en trouve des copies dans des manuscrits de pro- 
venance diverse, et avec de nombreuses variantes ; on en a si- 
gnalé des versions en anglo-saxon, en anglo-normand, en 
français, en allemand, en hollandais, en danois, en suédois, en 
espagnol et en italien 2 . Il a été publié pour la première fois, 

1. Sur le Dialogue du Corps et de l'Ame en Irlande, voir un article de 
M. Gaidoz, Revue Celtique, t. X, p. 463-470. 

2. Wright, The Latin poems commonly attributed to Walter Mapes, p. 321- 
324 en note. 

Revue Celtique, XXIII. 1 



2 G. Doit m. 

d'après un manuscrit de Vienne, par G. von Karajan, Friih- 
lingsgabe fur Freunde altérer Literatur, Wien, 1839, p. 85. 
Une nouvelle édition, fondée sur neuf manuscrits de Grande- 
Bretagne, en a été donnée par Wright, Latin poems commonly 
attributed to Walter Mapes, London, 1841, p. 95-106, cf. 
p. 321. Enfin Edelestand du Méril l'a publié d'après un ma- 
nuscrit de la Bibliothèque Nationale fonds latin 10636 (anc. 
suppl. lat. 1276), un manuscrit de la Bibliothèque Mazarine, 
n° 438, et un manuscrit de la Bibliothèque de Bruxelles, 
n° 4363, dans ses Poésies populaires latines antérieures au 
douzième siècle, Paris, 1843, p. 217-230. 

Bien que le nom de Robert Grossetcste figure dans plusieurs 
manuscrits, par exemple dans le manuscrit de la Bibliothèque 
Nationale : Prologus disputationis Anime et Corporis rhytmice 
compositae per magistrum Robertum Grossicapitis de fraueia epis- 
copum Linchoniensem 1 , et dans le manuscrit de Leipzig : Incipit 
disputacio inter corpus et animam composita per magistrum rud- 
bertum grossi capitis -, on a dénié à Grosseteste la paternité du 
Dialogue 3. 

Les manuscrits latins se divisent en deux classes : les uns, 
par exemple le manuscrit de la Bibliothèque nationale et le 
manuscrit de Leipzig contiennent un long prologue de 
soixante-huit vers sur les vices du temps et les misères du 
monde commençant par : Ecce mundus moritur vitio sepultus et 



1. Une main plus moderne a substitué Dialogits à Prologus disputationis, 
Grossiede à Grossicapitis defrancia et a ajouté in Anglia. 

2. Je dois une collation de ce manuscrit, par l'intermédiaire du savant 
bibliothécaire de l'Université de Rennes. M. Teulié. à l'obligeance de 
M. von Gebhardt, bibliothécaire en chef de l'Université de Leipzig. A la 
lin de la pièce on lit un explicit conçu exactement dans les mêmes termes 
que V incipit. 

3. Joseph Felten, Robert Grosseteste, Bischof von Lincoln, cin Beitrag ;ur 
Kirchen-und Culturgeschichle des dreiqehnteti Jahrhunderts, Freiburgi. B. 1887, 
p. 88, note 4. Wright attribue, sans en donner les raisons, le Dialogue à 
Walter Mapes ; il semble croire d'ailleurs que le poème du manuscrit de 
Leipzig, œuvre de Robert Grosseteste. n'est pas identique au Dialogue: il 
était trompé sans doute par la note de Lcvser dans son Historia poetarum 
et poemalum medii aevi decem post annutn a ttato Christo 400 seeuhrtim, p. 997: 
Robertus Grosseteste scripsît ... Disputationem metricam leoninam inter 
corpus et animam. Seruatur ea manuscripta in bibliotheca Paulina acade- 
miae Lipsiensis. 



Dialogue du Corps et de F Ame. 5 

finissant par huic morbo domine rex regum tnedere. Les autres, en 
particulier les manuscrits de Grande-Bretagne, n'offrent pas ce 
prologue. Le manuscrit de Vienne, comme le manuscrit de la 
Bibliothèque nationale et le manuscrit de Leipzig contient en 
outre huit vers commençant par: vir quidam extiterat dudum 
heremita, et finissant par nom visio sibimet apparuit talis où 
l'auteur explique que le Dialogue est le récit d'une vision qui 
apparut à un hermite français appelé Pilbertus dans le ma- 
nuscrit de la Bibliothèque nationale, Philbertus dans le ma- 
nuscrit de Leipzig, et Fulbertus dans l'édition d'Edelestand du 
Méiïl. Aussi notre texte est-il souvent cité sous le nom de 
vision de Fulbert, par exemple chez C. Fritsche, Die lateinis- 
chen Visionen des Mitteïalters bis ^ur Miîte des 12 Jahrhunderts 1 . 
Le Dialogue est écrit en vers latins rythmiques du genre 
trochaïque, associés par la rime en strophes de quatre vers. 
Chaque vers se compose d'un membre de sept syllabes et d'un 
membre de six syllabes : 

ûbi nûne sunt prâedia j quâe tu côngregâsti ? 

La rime porte toujours sur les deux dernières syllabes. La 
même rime peut terminer les vers de plusieurs quatrains suc- 
cessifs. 

La traduction irlandaise du Dialogue ne présente ni le pro- 
logue, ni l'attribution de la vision à un ermite ; elle commence 
ex abrupto par le premier discours de l'âme au corps. Il est 
probable qu'elle repose sur un texte plus apparenté aux ma- 
nuscrits de Grande-Bretagne qu'aux manuscrits conservés sur 
le continent. Mais de toute façon, le poème de Robert Gros- 
seteste et la version irlandaise (et c'est ce qui fait l'intérêt de 
celle-ci) ne sont pas unis par les rapports étroits que l'on 
constate d'ordinaire entre une traduction et un texte original. 
L'irlandais est le plus souvent soit un résumé, soit une para- 
phrase du latin. Dans quelques passages, par exemple p. 14, 
1. 10, cf. vers 183-184, certains détails qui ne se trouvent pas 
dans la partie du texte irlandais correspondant au texte latin 
apparaissent à un autre endroit du texte irlandais. Pour mettre 

1. Roman ische Forschnigen, t. II, p. 247-279. 



4 G. Dottin. 

le lecteur à même de juger des ressemblances et des différences 
qu'offrent les deux textes, nous avons placé les strophes latines 
au bas des pages. Nous donnons le Dialogue latin non d'après 
le texte imprimé par Wright, ce qui n'aurait pas grande utilité, 
mais d'après le texte du manuscrit de la Bibliothèque natio- 
nale qui a été publié assez inexactement par lidelestand du 
Méril, et nous y joignons les variantes du manuscrit de Leipzig 
qui n'avait pas encore été étudié. Nous fournirons ainsi des 
documents à ceux qui seraient tentés d'établir un texte cri- 
tique du Dialogue de Robert Grosseteste. Quant à déterminer 
s'il v a eu des intermédiaires entre le poème latin et la version 
irlandaise, nous ne sommes pas en état de le faire, n'étant 
suffisamment renseignés ni sur l'histoire du texte latin, ni sur 
la provenance de la rédaction irlandaise. 

Cette rédaction présente une particularité qui permettrait 
peut-être de la dater approximativement. Elle est émaillée de 
quatrains en divers mètres irlandais (Sedna et Dcbidè) se ratta- 
chant plus ou moins au sujet; ce genre de composition rap- 
pelle le Tri biorghaoithe an bhâis de Keating, où les citations 
en vers sont assez nombreuses. Il y a plus, un des quatrains 
de notre Dialogue, p. 26, 1. 7, se trouve dans le Tri bior- 
ghaoithe an bhâis, édition Atkinson, p. 216, 1. 6. Malheureu- 
sement, ces citations sont tirées de divers poètes dont les 
œuvres semblent aujourd'hui en grande partie perdues 1 . 

La langue est un irlandais moderne assez corrompu. Le 
texte présente quelques difficultés, sans doute imputables au 
scribe qui semble n'avoir pas toujours compris le texte qu'il 
copiait. Il est probable que la version irlandaise du Dialogue 
est conservée en Irlande dans d'autres manuscrits et que les 
leçons obscures ou défectueuses seront tacites a éclaircir ou à 
corriger. Aussi n'avons-nous pas cherché à améliorer dès 
maintenant par des conjectures hasardeuses un texte dont il 



1. Je dois ce dernier renseignement à M. Douglas Hyde, qui a bien 
voulu lire le Dialogue en épreuves et m'a fourni d'utiles corrections, lai 
plus des poèmes cités dans le texte, M. Douglas llvde m'a lait remarquer 
p. 12, 1. 12-17, un couplet assonance rappelant les lamentations funèbres 
(bean-caointe). Le rythme de ce couplet est interrompu par l'interpolation 
de/â dheoigh et de maUaighthe. 



Dialogue du Corps et de l'Ame. $ 

existe sans doute de meilleures copies que celle que nous 
avons eue entre les mains et dont l'intérêt n'est pas exclusi- 
vement linguistique. La traduction laisse sans doute aussi à 
désirer sur quelques points, en particulier dans les parties ver- 
sifiées. 

L'orthographe du scribe présente quelques particularités: 

i ■=. ci : chrinn, ithibh, misge, gin 

ci = i : dibeirt, go méiuig, beith sior 

ua = h : muallach 

u == ua : uthbâs 

ao =. i: haoliomad 

ai = ao: seanbhaidh 

io = i : ar bioth, ioliomad 

io — ea : aliogi'tn, lionnadh 

io = oi: anios 

a — ea: sharbh 

o = eo : olchuire 

o = u: locht 

ui = iu : stuiradh 

oi = io : ôilphéisda 

oi = ai, ei : oile 

Le changement des sourdes en sonores sous l'influence d'un 
ancien // (l'éclipsé des grammairiens irlandais) est marqué 
par le doublement de la sourde : ar Highcrna, nô go ttiomsigh- 
ther, i tligh, a ccionn. 

t = d: Ircabh =. dreamh, treamhnach = dreatnhnach 
dh = d dans : bréin-bhroidh 

th =■ gh dans dôth; fh marque dans aibhrisc = ailhbrisc 
gh — g : kaghadh, p. 32, 1. 4. 

Le dh est ajouté à tort et à travers : fuînneogadh, shiaghlcdh, 
briathradh, gairmedh, chnâmadh ; de même gh : bhfiugh. 

bh =. mh: tredbh aoineach ■==■ dreamhâineach 

bh est ajouté sans raison dans : na n-ainmhintibh = ua n- 
ainmhinte 



6 G. Dottin. 

mb = bh '. aighmhéil 

1 = c: lucht fôghïa 7 losgairt = cosguirt 

La règle caol h caol agus ïeathan le leathan n'est pas toujours 
observée. 

Voici les mots rares ou obscurs que nous avons rencontres : 

aâhbha, p. 28, 1. 9 = Eubha sans doute. 

aibhrios, p. 30, 1. 22, = aimhrios — aimhireas unbelief. 

aièir, p. 12, 1. 2; cf. v. irl. air vituperatio (Z 2 30), aor 
O'Reillv), aeradh « satirizing » (O'Reilly). 

ar ghlan, p. 24, 1. 21, peut-être pour ard-ghlann cminently 
fine (O'Reilly) illustrious (Dictionarium scoto-celticum). 

clamadh, p. 32, 1. 21, emprunt latin clamarc. 

cluidhe-caointe, p. 28, 1. 27 ; le premier terme est sans doute 
dûdh burying-ground (O'Reilly) à moins qu'il n'y ait ici une 
confusion avec cluich-caointe funeral games (Dictionarium 
scoto-celticum). 

combdach, p. 22, 1. 14, sans doute le même que côimhdeach 
safe, securc (O'Reilly). 

croithbhcô, p. 24, 1. 27, composé de la racine de croithim, 
je tremble, et de béo, vivant. 

deasda, p. 12, 1. 6? est-ce une faute pour fauta, henceforth ? 

docoisgidhthe, p. 24, 1. 5, sans doute composé de dô } pré- 
fixe péjoratif, et coisgithe, participe passé de coisgim, v. irl. 
cosclm, je réprime. 

donôg, p. 16, 1. 9, dérivé en -^ de dona « poor, unfortu- 
nate » (O'Reillv). 

duine, p. 16, 1. 1; duile[amb] donnerait un meilleur sens. 

farre, p. 32, 1. 8, cf. faire-sin, along with that (Gaelic 
Journal, \\ ', 19 a); Wh. Stokes explique fare, faire along with 
(A'. C, XIX, 386) par ifarrad re. 

gaoi, p. 26, 1. 26, graphie incomplète pour ['«a] gcaoi 

gin, p. 16, 1. 15, « anvone » (Dictionarium scoto-celticum). 

haibhrisc, p. 20, 1. 7, composé de briosg, fragile, et du pré- 
fixe intensif ail h-. 

hithibh, p. 24, I. 4, d. eitheach, perjury (O'Reilly), au 
pluriel eithigh. 



Dialogue du Corps et de l'Ame. 7 

madrach, p. 8, 1. 13, « doggish » (Dictionarium scoto- 
celticum); plutôt pour meadhrach, joyeux. 

meardha, p. 8, 1. 13 ; cf. meardhachd « madness » 
(O'Reilly), v. irl. nierai je « fool » ou mearadh, affliction 

(O'Reilly). 

riogh, p. 38, 1. 2i, cf. righim I reach, stretch ? ou rithim I 
run ? 

saeâin, p. 18, 1. 4. C'est sans doute une mauvaise graphie 
de saeâin vocatif de sacân « a bag, a tritiing fellow » (O'Reilly). 

seanbhaidhj p. 18, 1. 5, composé de sean, vieux, et baodh, 
sot. 

suilfior, p. 32, 1. 7, de l'anglais sulpbur. 

tabhadh, p. 20, 1. 8, cf. tadhbhachd, substance (O'Reilly) ? 

treabhaoineach, p. 26, 1. 13, cf. drçamhânach, fanatical, 
mad (O'Reilly). 

Les mots irlandais sont dans notre texte séparés comme dans 
le manuscrit; quand il était nécessaire d'introduire une sépa- 
ration à l'intérieur d'un mot du manuscrit nous nous sommes 
servi du trait d'union. 

Nous n'avons pas toujours respecté la ponctuation de notre 
texte qui est souvent défectueuse. Nous avons ajouté des ma- 
juscules partout où il était nécessaire. Parmi les abréviations 
nous n'avons indiqué en italiques que le développement du 
trait supérieur horizontal qui est susceptible d'interprétations 
diverses, et de 7 qui représente aussi bien eàh, eadh que elh, 
eith; le scribe a écrit et presque partout au lieu de 7 = agus ; 
nous avons restitué 7. Nous avons transcrit s, /par sh, jh. 



G. Dottin. 



AGALLAMH AN CHUIRP 7 A N ANMA IDIR MIONOI- 
BRIGHTHIB AN DOCHTÛIR DHIADHA .1. ROBERT 
EASBOCC LINCOLIN AI SAGSAIBH. 



A cholan// bhocht mhitrocairech, a chnu chraosach na n- 
anmhiana, a-reilicnamalla^toagas éisdechta easgcaoine, créud 
do chuirsan riocht sin thù, gan deilbh, gan dreach, gan bhiadh, 
gan eudach, gan tréoir, gan tapadh, acht amhâin an peacadh; 
créud do lcig ar kir thû gan mhuirnin, gan mhaôir, gan 
mhuinntir acht an peacadh; créud é an ni chuir bon 6s cionw 
dosmûaintighthesanwtachasaoghalta, acht huàbhar, 7 honôir, 
do ghairm, 7 do ghlôir; nach fan breacadh do rinnis gacb 
droch ghniomh dâ n-dernuis ; nach tusa do bhi ané go subhach, 
suaithnigh sotalach, go madhrach môrdhalach 7 go meardha 



TEXTE DU MS. DE PARIS, B. N. f. 1. 10656 

Hic auctor prosequitur propositum sufitn. 

1 Noctis sub silentio temporc brum.ili 
dedi me quodammodo sompno spiritali 
corpus carens video spiritu vitali 
de quo modo visio fit sub forma tali. 

5 Dormitando paululum vigilando fessus 
ecce quidam spiritus nouiter egressus 
de predicto corpore, vitiis oppressus 
qui carnis cum gemitu deplangit excessus. 

Hic Anima loquilur Corpori. 

9 Juxta corpus spiritus stetit et plorauit 
et luis verbis acriter carnem increpauit: 
« O caro miserrima quis te sic prostrauit 
quam mundus tam subito pridie ditauit. 
1 5 Nonne tibi pridie mundus subdebatur 
nonne te prouincia tota uerebatur ? 



Dialogue du Corps et de l'Ame. 



DIALOGUE DU CORPS ET DE L'AME, PARMI LES PE- 
TITS OUVRAGES DU PIEUX DOCTEUR ROBERT, 
ÉVÊQUE DE LINCOLN EN ANGLETERRE. 

[discours de l'ame] 

O misérable chair impitoyable, ô noix avide des passions, ô 
cimetière de malédiction et d'audition rude, qu'est-ce qui t'a 
mise sous cette forme-ci, sans figure, sans face, sans nourri- 
ture, sans vêtement, sans force, sans activité, sinon le seul 
péché? Qu'est-ce qui t'a jetée sans bien-aimé, sans serviteurs, 
sans famille, sinon le péché ? Quelle est la chose qui a mis 
sens dessus dessous tes pensées envieuses et mondaines sinon 
l'orgueil, et l'honneur, ton nom et ta gloire; n'était-ce pas 
au point du jour que tu as fait toutes les mauvaises actions 
que tu as faites; n'est-ce pas toi qui étais hier joyeux, connu, 
orgueilleux, réjoui, arrogant et follement audacieux dans ce 



quo nunc est familia que te sequebatur 
cauda tua florida iam nunc amputatur 

17 Non es nunc in turribus de pétris quadratis 
sed nec in palatio magne largitatis 
iaces nunc in feretro parue quantitatis, 
reponenda tumulo que minor est satis. 

21 Quid tibi palacia prosunt atque edes 
vix tuus iam tumulus capit septem pedes 
quemquam falsum iudicans ammodo non ledes 
est pro te nunc misera in inferno sedes. 

25 Ego que tam nobilis fueram creata 
ad similitudinem domini formata 
et ab omni crimine baptismo purgata 



Variantes du ms. de Leipzig: 1 sub manque — 2 deditus — 4 mihi visio — 

S dormiendo — 7 cum predicto — 8 sic plangit — 13-14 intervertis — 15 penitus 

iam— 20 deferendus tumulo qui — 21 quid valent palacia pulchra vel edes — 
22 vix nunc tuus — 23 quemquem — falso — 24 per te nobis misera est 



io G. Doltin. 

meanmnach ar an tsaog/// bhocht breagach so, Lin dhiomus, 7 
â-aimidechi ? gidli ataoi thû aniodh faoi thorpân criadh, gan 
t-suim, gan aràid, budh huaibhrechtionghanntac&mithuigseach 
go ttrasda thû; ca bhïuil an forba, 110 an ferons, aô an hnechus 
do bhi tu a chruinmughadh ariamh; ca hhïuilïd aa cûirtiona 
no nacaisléin do chuir tu suas; car ghabh an crodh, an c\ann, 
an conàch do sholâir tu; ca bht///7id an buna 7 an bha&ntracht, 
an t-aoibhnios, an t-ôl, an céol, an comhlûadar, an \ucht 
freasdail 7 fritheoilte do bhi ag#d dod réir. 

Dar n-dôigh as aislin do chonwairc tu, acht cion/uis thaith- 
nighios leat anios an adhbhaih dheroil-siw ina bhf«z7 tu tu anios 
ad luidhc id t-aonar san uaigh, ^xn \ucht énleapadh, acht péis- 
deogadh na talmhan dod chrin//; uch, uch, is mairg do lesaigh 
lé hiomad sôigh an corpan sin doibh ; feuch anios muallach do 
thighe ag tuitim ar doshroingan ced iompôdh go deô agad; 
ata do sûile dûnta, do bhcul druite, do thengagan ûrlabhradh, 
do chluasa gan èisàecht, do chc'/hidh uile ar gclaochlôdh, 7 
do chàilidher/;/ ar ndol seacha, acht do thruime amhain; d-i- 



iterum criminibus sum coinquinata. 

29 Tu caro miserrima tuecura es dampnata 
si scires supplicia nobis prcpar.ua 
vere posses dicere: heu quod fui nata! 
utinam ex utero fuissem translata. 

55 Nec est mirum fateor quiadum vixisti 
quicquam boni facere non me permisisti 
sed ad rea scelera multum me traxisti 
unde semper erimus in dolore tristi. 

37 In pénis miserrimis sum et semper ero 
omnes lingue seculi non dicerent pro vero 
im.im penam minimam quam infelix fero 
et habere(?) veniam amplius non spero. 

41 Ubi sunt nunc predia que tu congregasti 
excelsa palatia, turres quas fundasti 
gemme, torques, anuli quo vane portasti 
et nummorum copia quam nimis amasti. 

45 Q.uo sunt lectisternia maximi decoris 
vestis mutatoria varii coloris 
species aromatum optimi saporis 
vasaque argentea niuei candoris? 



Dialogue du Corps et de l'Ame. i i 

pauvre monde trompeur, plein de vanité et de folie? quoique 
tu sois aujourd'hui sous un monceau de terre, sans considé- 
ration, sans pages, tu étais d'un orgueil étonnant, insensé 
jusqu'à maintenant. Où est le patrimoine, ou la terre, ou l'hé- 
ritage que tu recueillais autrefois, où sont les cours ou les 
châteaux que tu as élevés, où est allé le bétail, le clan, l'abon- 
dance que tu t'étais procurés ? où sont la famille, les femmes, 
le plaisir, la boisson, la musique, la société, les gens de ser- 
vice et de ta suite que tu avais à volonté ? 

En vérité, c'est un songe que tu as vu, mais comment te 
plaît maintenant cette vile demeure où tu es maintenant 
couché toi seul dans la tombe, sans compagnon de lit, sinon 
les vers de terre qui te rongent. Hélas, hélas ! il est malheu- 
reux que ce corps-ci se soit entretenu avec tant de plaisir pour 
eux ; vois maintenant le sommet de ta maison qui tombe sur 
ton nez sans qu'il te soit permis de te retourner jamais; tes 
yeux sont fermés, ta bouche close, ta langue sans parole, tes 
oreilles sans ouïe, tous tes sens altérés, tes qualités dispa- 
rues, sauf seulement la pesanteur; elle est partie ta vigueur, 



49 Non sunt queque volucres caro uel ferina 
non murène nobiles nec electa vina 
nam cignis et gruibus redolet coquina 
es nunc esca vermium, bec est vis diuina. 
talis peccatoribus imminet ruina. 

51 Tua domus qualiter modo tibi placet(?) 
eius grauis summitas super te nunc iacet 
iam clauduntur oculi, tua lingua tacet 
nullum membrum superest quod iam lucro vacet 

58 Quicquid dudum vario congregasti more 
fraude, do!o, fenore, metu, uel rigore 



28 sic sum reprobata — 29 per te caro misera sumque reprobata — 30 vere possutn 
dicere heu quod sum nata — 3 1 utinam ab utero fuissem translata — 32 protenus ad 
tumulum sic liberata | a dyris suppliciis que sunt preparata — 33 nec te — quod tu 
dum — 34 me non — 3 \ sed semper me ad scflera pessima — 36 ubi — 37 sum 
miserrimis — 39 quam in tormentis — 40 sed magis me cruciat quod veniam non 
spero — 41 nunc sunt — 42 celsaque — 43 quos digitis portasti — 46 — 47 — 
47 = 48 vasa vel — 48 = 46 — 49 sunt tibi — <>o mutine — 51 nec — (4 tibi 
modo — s s cuius modo — super nasum iacet — 56 excecantur — $7 membrorum — 
luctu communi vacet — 59 dolo fraude 



12 G. Doit. a. 

midh do luth, 7 do lâmhach, do ghoil, 7 doghaisge, d-imidh 
do chommôradh oirechtus aoibhnis 7 aiéir, do charuid 7 do 
chompanach gâcha taobh dhiot, do bhris blath do bheatha 7 
caoindhealbhàdh do phàrta ré do mhnaoi, ré do chloinn, ré do 
chinnedhy ré câch uilc go coitchîonw, ar mhodh go hhluil na 
huile dhuine Lin d-fuathfairec^/ oit, b//<//.> dheasda ni bhiadh 
do chumhaigh, na do thuirsi ag cur ar do bhancheile ni sia, 
ôir do thruaghlidh hailne, 7 inwioll do chuirp, 7 do sgéimhe, 
7 farraor biodh nach mothaigion tu duagh, nô dochar, is 
géarr uait na pianta sionv//W/;e suathain 7 aontighios daor an 
diabhail a-ndûn bhrôghach dhuaibhsech iffrinw » 7 adubhairt: 
« mo mhallacht ort, a cholanw ghearghuinioch fâ dheoigh, is 
diombhûan ar gcomann, a chriadh tbllam, is mairg dar ttugadh 
mar chompanach 116 mar chéile thû, a drochbhean mhilltech 
mhallaighthe, is olc do mhiana, a phéisd ghranwa, is tu do 
mhill mise, is trttagh an tuigsi a-ttigh ifFrinn a-ndiol do 
mheisge, is bûan me faoi dheacra. 



longaque per tempora cum magno labore 
a te totutn rapuit sors unius hore. 

62 Non circumdas modo amicorum choris 
cum per mortem cecidit flos tui decoris 
rumpitur et vinculum cuiuslibet amoris 
tue iam tristicia cessauit vxoris 

66 In mis parentibus ammodo non speres 
quia ipsis rcmanct que tu possideres 
et thesauri copia pro qua penas f'eres 
mortem tuam breuiter iam deplangit hères 

70 Non credo quod mulier tua siue nati 
darent quinque iugera terre siue prati 
ut nos hic de medio qua sumus sublati 
a pénis redimerent quas debemus pati. 

71 O cau) miserrima quid es modo puta 
neque mundi ^loria fallax et versuta 
repleta doloribus intusque polluta 

et veneno demonum nequiter imbuta. 
78 Preciosis vestibus non es nunc induta 
tuum valet pallium vix duo minuta 



Dialogue du Corps cî de l'Ame. 1 5 

l'adresse de tes mains, ta valeur, ta bravoure ; elle est partie 
ta réunion et assemblée de plaisir et de médisance, tes amis et 
tes compagnons de chaque côté de toi; elle s'est brisée la 
fleur de ta vie, et la belle forme de ton union avec ta femme, 
tes enfants, ta race, et tout à jamais, en sorte que tout le 
monde est plein d'horreur devant toi. Désormais le chagrin 
et la douleur de ta perte n'accableront pas plus longtemps ta 
compagne, car l'élégance et l'ordonnance de ton corps et de ta 
beauté sont souillés et il est dommage que tu ne sentes pas 
de trouble ni de détresse quand tout prés de toi sont les peines 
éternelles et durables et la cohabitation comme esclave avec le 
diable dans la ville sale et obscure de l'enfer » et [l'âme] a dit : 
« ma malédiction sur toi, ô chair qui pique et blesse, enfin ; 
notre union n'est pas permanente, ô terre vide, malheur à 
celui qui m'a donné comme compagnon ou comme compagne 
toi mauvaise femme corruptrice maudite, tes passions sont 
mauvaises, ô serpent horrible, c'est toi qui m'a corrompue, 
elle est pitoyable, l'intelligence dans la maison de l'enfer pour 
payer ton ivresse et me voilà pour longtemps dans la peine. » 



paruo lintheamine iaces involuta 
modo tibi pauperes non ferunt tributa. 

82 Et licet non sentias nu ne tormenta dura 
scito quod suppliciis non es caritura 
nam testantur etiam scripturarum iura 
quod tormenta postmodum mecum es passura. 

86 Quia pater pauperum non eras, sed predo 
te rodunt in tumulo vermes et putredo 
tecum diu nequeo stare, iam recedo 
nescis ad oppositum respondere, credo. 



60 magno cum — Gi non modo circumdaris — 64 rumpebatur — cuiusvis — 
6 s que iani — 6 <, bis de qua dotis gaudium aufert vim amoris — 67 = 69 bre- 
viter plangit tuus hères — 68 = 67 quia sibi remanet terra domus teres — 69 = 68 
de quo medo mères — 72 nos qui — iam sumus — • 7 5 de pénis — 74 esne modo 
tuta 75 que mundi sit gloria — 70 posirnis et variis viciis polluta — 81 libi 
modo — 83 scio — non sis — 84 testantur omnia — S s penas mecum venies postea 
passura — 87 rodunt nunc in — 83 hic non possum amplius 



14 G. Doltin. 



FREAGRADH AN CHUIRP AR AN ANAM 

A haithle na heolchaire, 7 an ghearâin-si« do dhéunamh don 
spiorad, d-eirghe a« colanw na seasamh amuil 7 mar do bheith 
si beô, iar ndéunamh môrosna, 7 egcaoine dhi as-e rô-raidh : 
« Cia Ùiusa chanus na briathraibh buile sin liom, nach tu an 
t-anam do bhi ag stiuradh an chuirp-si go ttrasda, mà-s ni 
cheana, ni fior dhuit an-abair, ôir is uait immorro thâinig an 
uile olc chugainwe, ar an adhbhar gur chruathaigh Dia thusa 
mar dhcilbh, 7 mar chosmhu'ûeacht an aon anam arahâin thû 
7 go ttug tri tiodhlaice dhuit, mur ata tuigsi, toil, 7 meabhair, 
tu'ûlead oile, go ttug cétîaàh aille exa.mh\aidhe uaisle dhuit 
maille le hioliomrtd grisa 7 tiodlaice chuir na chen», fus gwr 
graidhigh comhmôr 7 sin tu ar mhodh go ttug aonmhac féin 
ardo sgath ar bhearaibh na croiche césda, chum do shaoradh 
ar sclabhuidhcr/;/ an diabhuil, thug mur an gcedna misebhocht- 
ôg dhuit chum do shaothair, 7 chum do sheirbhise, ïonnus go 
ndennmis léorghniomh, 7 Icisugbadh, 7 go bMuighmis loghadh 
7 luaidhecht ar saoghal-so, ar/;/ ata ni cétna budh hairm a 
laimh amide na tiodhlaicthe sin do thabhairt dhuit-si 7 budh 



Responsio corporis ad animant. 

90 Postquam tandem spiritus talia dixisset 
corpus caput erigit quasi rcuixisset 
postquam vero gemitus multos emisisset 
secum quis interrogat locutus fuisset : 

94 Esne meus spiritus qui sic loquebaris 
non sunt vera penitus ea que causaris 
iam probabo plenius argumentis claris 
quod si quedam vera sint, in multis nugaris. 

98 Feci te multocies, fateor, errarc 
a bonis operibus sepe declinare 
sed si caro faciat animam peccare 
culpa tangit animam; audi causam quare. 
to2 Mundus et demonium fedus pepigere 
et carnem miserrimam secum coniunxere 
quam si rigor anime cesset cohercere 



Dialogue du Corps et de l'Ame. i$ 



REPONSE DU CORPS A L AME 



Après que l'âme eut fait cette lamentation et cette plainte, 
le corps se leva debout tout comme s'il eût été vivant, et 
après avoir poussé un grand soupir et une plainte, voici ce 
qu'il dit : « Que m'as-tu chanté avec ces paroles furieuses, 
n'es-tu pas l'âme qui gouvernait ce corps jusqu'à présent? Si 
c'est bien toi, ce que tu dis n'est pas vrai, car c'est de toi 
qu'est venu vers nous tout le mal, par la raison que Dieu t'a 
créée à l'image et à la ressemblance, toi l'âme toute seule et 
qu'il t'a donné trois facultés comme l'intelligence, la volonté 
et la mémoire, outre qu'il t'a donné d'autres divers sens nobles 
avec un grand nombre de grâces et de dons qu'il t'a donné 
ensuite, et encore qu'il t'a aimé au point qu'il a donné son fils 
unique pour te sauver, sur les clous de la croix de la Passion 
pour te délivrer de l'esclavage du diable; il m'a donné en même 
temps à toi, moi pauvret pour ton travail et ton service afin 
que nous fassions de bonnes actions et que nous nous amélio- 
rions et que nous ayons le paiement et la récompense pour ce 
monde-ci, mais en vérité c'était [mettre] des armes dans 
la main d'un fou, que te donner ces dons-là et il était bien à 



in peccati puteum cadunt ambo vere. 

106 Sed ut iam dixeras deus te creavit 
et bonam ac nobilem sensu te ditauit 
et ad suam speciem pariter formauit 
ut ancilla fierem tibi me donauit. 

1 10 Ergo si tu domina creata fuisti 
et dabatur ratio per quam debuisti 
nos in mundo regere, cur mich.i fauisti 
in rébus illicitis et non restitisti (?) 



90 tandem postquam — 93 interrogat quis — 93 bis et quis ita acriter verba pro- 
tulisset — 9 s omnia que faris — 96 nam probabo melius — 97 que in parte vera 
sunt, in parte — 100 et si — errate — 101-105 quandoque non mirum est aûdi 
dicam quare. Mundus et dyabolus quisque suo more | trahit carnem viciis toto cum 
vigore | sed cum caro fallitur criminum fetore | horum agat animamsic deceptam fore 
— 106 sed sicut iam deus — 107 ac manque — sensuque dotavit — 109 me tibi 



16 G. Dottin. 

maith ar an nduine maith do dheanamh ort, ôir do bhris tû an 
dlighc 7 do ghlac tû slighe chodarsna na \ochta, ar an adh- 
bhar sin ô-s tusa an bhantigherna 7 g///' mise an bhanôgW/; 
7 gur-ab agad-sa do bhi an chiall agas an tuigsi tré ar dhligh tû 
sin;/ ar aon do stmradh a«-sa mbeatha iolchrothtfc/; shaoghalta 
so. Is truagh thug do thoil, 7 haonta chum na ndroch ngnio- 
mhartha truaghlighthe toirmesgacha, 7 do deimhin 6 thugais 
go hegeorach eigceart, is-ort féin is côra aithb/.xv gach uilc do 
bheith, 7 ni oram-sa donôg do bhi gan chéil gan reusûn; a 
Dhia nach léor dham m-fuil, 7 m-féol bheith ag Leaghadh, 
loghadb, 7 ag morgadh go n-dearnaidh cnumha gniomhacha 
grana bios ag creim mo colla 7 mo chnâmhadb san gearcair 
chrwaidh chumhang-si anw a-bhf///7im ar sgath uilc 7 do dhro- 
chghniomhartha 7 gan mo dhamnughrt*//; go ûorraidhz acht 
mo nûair is gin do-chuaidh ô fhurtacht me » 7 adubhairt an 
rsçan mar leanus : 

Anam nach demodh mo leas 

druid uaim 6 rinnis m-aimhleas 
Am-brigh iffrinn cuis gan çheilt 

budh soiléir an;/ ar iicomhizhleic. 



114 Non caro ?cd anima tenetur culpari 
que secum sit domina sinit ancillari 
nam caro per spiritum débet edomari 
famé siti verbere si vvlt dominari. 

118 Caro sine spiritu niehil operatur 
cuius amminiculo viuens vegetatur 
caro que per spiritum semper suspendatur 
per mundi blandicias mox infatuatur 

122 Caro que corrumpitur per se malum nescit 
c:\vo sine spiritu niehil ignotescit 
id quod iubes esequor tibi culpa crescit 
caro sine spiritu mortua quiescit 

126 Si uoluntas spiritus in opus ducatur 



Dialogue du Corps et de l'Ame. 17 

l'homme (?) de te faire du bien. Car tu as brisé le devoir et tu 
as pris le chemin contraire du vice, pour cette raison que tu 
es la maîtresse et moi la servante et que c'était toi qui avais 
la raison et l'intelligence au moyen desquelles tu devais nous 
diriger ensemble dans cette vie variée du monde. Il est mal- 
heureux que ta volonté et ton consentement se soient portés 
vers les actions mauvaises, misérables, défendues, et certaine- 
ment puisque tu t'es conduite injustement et inéquitable- 
ment, c'est à toi qu'il est plus juste de rapporter tout le mal, 
et ce n'est pas à moi qui étais sans intelligence, sans raison ; 
ô Dieu n'est-ce pas assez que mon sang et ma chair se 
fondent, pourrissent et se corrompent pour faire des vers 
actifs, horribles qui rongent ma chair et mes os dans cette 
prison dure et étroite où je suis à cause du mal et de tes mau- 
vaises actions, sans me damner éternellement, mais hélas ! 
je suis une personne privée de tout secours » et il dit les vers 
qui suivent: 

Ame qui ne me faisais pas de bien 
va t'en loin de moi, puisque tu as fait ma perte 
dans la force de l'enfer, sujet sans secret 
sera manifeste là notre conflit (?) 



per carnem pedissequam caro quid culpatur 
culpa tangit animam per quam imperatur 
id quod caro fragilis viuens operatur. 
130 Tu quidem grauius peccasti, michi crede 
carnis sequens libitum fragilis et fede 
rodunt mea latera vermes in hac ede 
iam nil loquor amplius, anima, recède. 



114 caro sed non — 116 caro nain — 117 cum vult — 120 ergo si per spiritum 
caro non domatur — 12 5-1 2 s a te quidquid feceram primitus processit | cum carni 
quod spiritus optât innotescit | donec fiant plenius ipsa non quiescit — 126 tune si 
nollet spiritus — 127 cur caro — 128 animam que pre- meditatur — 129 quidquid 
caro — 130 peccasti tu gravius dico tibi crede — 135 iam non — deinde recède 

Revue Celtique, XXIII. 2 



G. Dottin. 



« Ni fhuigfiod-sa thû fôs », ar an spiorad, « acht seasfad ad 
t-aight'J 7 tairgfidhd haighnios égcôrach do chur ar gcûl 7 as-é 
adubhairt: « A chollanw thana, tholl, thruaiUidhe, a bhocht- 
ôg, bhocht bhelsgaoilte, a shaeain shiabhartha shalach, agas a 
chonablach mhillte, mhallaighthe, a-sheanbhaidh sgaoilte sga- 
ny/alaigh, amid uallach amhnaireach dhoilighthech, a-dhro- 
chomhairleach, ciamhuinduitlabhairtcomh-gér.7 sin riom-sa, 
tuigchena gidh go n-abair tu môran don thirinwe gan iheu- 
chuin do sin, an tan budh mian liom-sa srian do chur ré 
hanmhianaibh, ré pianta corp//rdha, ré hanshogh, ré tart, ré 
trosgadh, ré tuiruis, ré dusacht thada, ré droch leabadh, ré 
smûaintigh diadha, 7 ré hûrnaighthe, gwr-ab ansin do thions- 
gnadh diomhaoincs a// tsaoig/7 do thaithneamh leat-sa mur 
aliogan iongantflch, gur tharraing brigh do chétfadh cuige féin 
go huile, ar mhodh gur léigis tharad an uile ghniomh grd- 
samhuil s-gach brudacb coinsias 7 tegasg seanmôra dâ bhfuai- 
ris 6 Dia ariamh, ag muchadh soillsi na tuigsi, ag ithe, ag 61, 
7 ag potainr/;/, ag briseadh na n-aithionta, 7 ag seachnnadh 
na suabhailce, ag labhairt go gâirseamhuil, tabhairt a-sàmhius 
féin dona cétfa corp//rdha, do ghrés nô go rug teanwdhaladh 7 
anbhuaneadh an bhais a-lionta damannta an t-sheannpeacarf/) 



Anima iterum loquitur corpori. 

134 Adliuc dixit anima: tccum volo stare 
et tua si potero dicta rcuocare 
ut quid michi loqucris corpus tam amare 
volons michi penitus culpam imputare. 

138 Tu caro miserrima que viuens i'uisti 
stulta vana friuola a quo didicisti 
verba tam asperrima que iam protulisti 
attamen in pluribus recte respondisti 

142 Istud esset consonum scio veritati 
obesse debueram tue voluntati 
sed tua fragilitas prona voluptati 
nugis mundi dedita noluit liée pati 



Dialogue du Corps et de l'Ame. 19 



[réponse de l'ame au corps] 

« Je ne te quitterai pas encore » dit l'esprit « mais je me 
tiendrai devant toi et j'essaierai de rétorquer ton injuste plai- 
doyer » et-voici ce qu'il dit : « ô chair mince, creuse, misé- 
rable, pauvre petite, pauvre bouche-bée, petit sac hideux et 
sale, etô carcasse corrompue, maudite, ô vieille sotte dissolue, 
scandaleuse, folle, vaine, impudente, affligeante, ô mauvaise 
conseillère, qui t'a appris à me parler si aigrement? comprends 
bien (quoique tu parles beaucoup de la vérité sans essayer de 
la dire) que lorsque je désirais mettre un frein aux mauvaises 
passions par des peines corporelles : la misère, la soif, le 
jeûne, les pèlerinages, les longues veilles, le mauvais lit, les 
pensées pieuses et les prières, c'était alors que la vanité du 
monde commençait à t'apparaître comme un joyau merveilleux, 
en sorte qu'elle a attiré à elle complètement la force de tes 
sens et de façon que tu as abandonné toute action bonne et 
tout mouvement de conscience et l'enseignement de la prédi- 
cation que tu as reçue autrefois de Dieu, éteignant la lumière 
de l'intelligence, mangeant, buvant, t'enivrant, enfreignant 
les commandements, évitant la vertu, parlant avec légèreté, 
donnant leur plaisir aux sens du corps sans cesse jusqu'à ce 
que les brandons et l'épouvante de la mort t'aient pris dans 
les filets damnés du vieux péché, jusqu'à ce que tu sois tombé 



146 Quando te volueram caro castigare 
siti lame verbere vigilie do mare 
mox te mundi vanitas cepit refrenare 
quando me deceperas fraude tam suave 
credis quod deliqueram(?) pena magis grave 



134 cui dixit anima adhuc — 13s et dum tempus habeo tecum disputare — 1380 
caro — vivens que — 1 39 et fallax et fatua, ubi — 140 acerrima — 142 esse — nes- 
cio — 143 quod obesse — 145 atque mundo — 146 anima castigare — 147 famé 
vel vigiliis aut verbere — 148 cepit adulare — 1 49- 1 50 et illius frivolis coegit va- 
gare | itaque dominium de me suscepisti | seductrix falsissima nichil favisti | per 
mundi blandicias me post te traxisti | in peccati puteum me leviter misisti | scio me 
culpabilem nam in hoc erravi | nam cum essem domina te non refrenavi | sed tu me 
deceperas fraude tam suavi | credo quod deliqueras culpa magis gravi 



20 G. Dottin. 

ort nôgur thuit tu agcétôir san ïeabadh phianta sin an« a-bh- 
f///7ir, as lâr haoibhnis 7 hacfainwe, agas gan ar do sheilbh, 
acht an eisléine amhâin, anios is fior gur-ab dhamh-sa budh 
do stuiradh à anfadh agus 6 anbhâin urchôide na beatha si//, 
ôir is agam-sa do bhi ârdthighearnus ort, jgidheadh ô mheall 
tusa me ré clûaine saimhe shaogrt/ta, ag tabhairt uirrni///mc 
dhuit go haibhrisc tuitmeach, aithrisim dhuit go firinwech 
g///-ab tu as mô tabhadh na bpianta dhûin//; acht chena ni 
bhéram ar ar n-athrigh feasda » iar ttuigsin don cholain// gur 
b-fior don spiomd an comhradhsm, do sgread, 7 do sgréuch ag 
gui 7 ag egcaoineadh a lochta 7 do thionsgain ag comhrairc 
ar a matha/V Eubha 7 adubhairt : 

Nior bh-eol di an chain do chomhall 
rao thruaighe nach raibh ar a bhfuighioll 

bean do chuaidh ar £id abhall 
do rug m-anam uaim ar ubhall 



F/VAGRADH XA COLLA 

Do fh/'eagair an corp an t-anam ré briathraibh guilighthe, 7 
as-é adubhairt : « A-chara ionmhuin// go ttrasda ata ar gcuir- 
rthedh a-bhtîadhnuisi Dé 7 an t-shaoig/7 7 a-lathair ar ttighe/na 



151 Si mundi delicias dolos machinantis 
despexisses fatuos sed et incantantis 
demonis astucias et celo tonantis 
adhesisses monitis essemus cum sanctis 

1 )> Sed cum tibi pridie mundi fraus arrisit 
et vitam diutiuam firmiter permisit 
mori non putaueras sed mors te elisit 
quando de palacio ad tumulum te misit. 

15g Hominum fallacia mundus habet morem 
quos magis amplectitur quibus dat honorem 
illos fallit cicius per necis rigorem 
et dat post delicias vernies et fetorem 

163 Qui tibi dum viseras amici fuerc 
iacentem in tumulo nolunt te videre. 
corpus hoc intelligens cepit quasi tlere 
et verbis liumilibus ita respondere. 



Dialogue du Corps et de l'Ame. 21 

tout d'un coup dans ce lit de douleur où tu es, du milieu du 
plaisir et de la richesse, et sans rien de ce que tu as possédé, 
sauf le seul linceul; maintenant, il est vrai que c'était à moi à 
te gouverner loin de l'orage et de la faiblesse et de l'iniquité 
de cette vie, car c'est moi qui avais la suprématie sur toi ; 
cependant puisque tu m'as corrompu par d'agréables séduc- 
tions mondaines en te rendant un hommage fragile et caduc, 
je te dis en vérité que c'était toi la grande cause des maux 
pour nous. Mais désormais nous ne pourrons plus faire péni- 
tence. » Après que le corps eut compris que le discours de 
l'esprit était juste, il cria et hurla pleurant et déplorant ses 
fautes et il se mit à crier vers sa mère Eve et dit : 

Elle ne sut pas payer entièrement l'amende ; 

c'est malheureux pour moi qu'elle ne leur soit pas 
une femme qui alla à travers un verger [restée (?) 

m'enleva mon âme pour une pomme. 



REPONSE DU CORPS 

Le corps répondit à l'âme par des paroles lamentables et 
voici ce qu'il dit: « ô cher ami maintenant, nos crimes sont 
mis en présence de Dieu et du monde et devant notre seigneur 



Corpus ad animant. 

167 Qyi viuendo potui multis imperare 

aurum gemme predia nummos congregare 
castella construere, gentes iudicare 
putasne crediderim tumulum intrare 

171 Optime nunc video et est michi clarum 
quod nec auri dominus nec diuiciarum 
nec vis nec potentia non gemme preclarum 
mortis possunt fugere stimulum amarum. 



151 blandicias dolose adulantis — 1 ç 2 fatuas — in insidias et celsi — 154 pro- 
misit — 158 palacio tumulo — 159 fallacium — 161 vigorem — 164 te nolunt — 
i6j corpus quod — statim cepit — 166 et cum verbis tristibus — 107 quando vivens 
— 1 68 gemmas — 1 70 quod credidi — 171 non sed modo video quod est — 172 auri 
copia — 173 nec genus preclarum 



22 G. Dottin. 

Iosa Criosd, ar an adhbhar tar éis é dar gcem/ach, go daôr 
doilighthe dôfhaisneisi, do leighidhmair lûach fholla 7 fheola 
amudha, 7 an-aisge an-geall ar mhaithes deareoil 7 ar sholas 
géarrbhûanaeh shaogfl/tha 7 atâmuid anios na eiraic-sin dar 
ndôth a-gcuidechta chéile chum na bpianta siorraidhe sûa- 
thain, tre mhôr cheart Dé, ni hibnanw cuir dhûinw ar aon ai- 
an adhbar gur-ab agad-sa do bhi sûmodh na beatha d-imirt 
go maith, 7 da bhrigh-sin, is côra an breithemnus as truime, 
7 is cruaidh do thabairt ort, ôir is féidir a-dhearbhadh ré 
haoliomad résûin ; dâ mudh ail leat-sa Dia orrdhercrtf/; uile- 
chumhachtach d-a.dhradh go ïoirïeiih 7 gan onôir Dé do tha- 
bhairt don t-shaoghal, na don chollain« ar chomhairle an 
dhiabhail, acht a/; deileamhuin// do ghradhug/^/; go crithegl^V; 
comhdach macamhuil ôs cionn an uile chrétûir, d-eireoch<7<//> 
dhûin/; arisgo maith ; dâ ndéanta côir 7 comhthromh idir an 
trén 7 an truagh, 7 gan do lâmh lâidir do leagadh go trom ar 
an-anbhfhanw, acht do dheirc do thabairt do locht an gill ar 
Dhia, 7 ar dhiollechta. 7 baintreachadh do chumhdach, 7 gan 
dibeirt do dhéunamh ar eaglais, do dentaoi trocaire fa dheoigh 
ori'Liin;/, an treas feacht, da seachanta drochchomhlûadar na 
ndroch dhaoinc milite mailisecha do bheir zishedh ar an uile 



175 Ambo quidem possumus a Christo culpari 
et culpamur fateor, sed non culpa pari 
tibi culpa grauior débet imputari 
multis rationibus possum hoc probari. 

179 A sensato quolibet hoc non ignoratur 
iura clamant pariter et sic hoc testantur 
ut cui plus ceteris virtutes donantur 
ab eo volt ratio ut plus exigantur. 

183 Vitam et memoriam sed et intcllectum 
tibi dédit dominus sensumque perfectura 
quibus tu compescere deberes afTectum 
pràuum, etdirigere quod non erat rectum. 

187 Postquam tôt virtutibus ornata fuisti 
et tu michi fatua prona te dedisti 
meisque blandiciis minus restitisti 
satis liquet omnibus quod plus deliquisti. 

191 Corpus adhuc loquitur corde cum amaro 



Dialogue du Corps et de F Ame. 23 

Jésus-Christ parce que après qu'il nous eût rachetés cher et 
avec des peines indicibles, nous avons laissé perdre le prix du 
sang et de la chair et gratis pour peu de bien et pour le plaisir 
mondain qui dure peu ; et pour payer cela nous sommes 
maintenant à brûler en compagnie l'un de l'autre [voués] aux 
peines éternelles et durables par la justice de Dieu; nous 
n'avons pas commis le même crime tous deux pour la raison 
que c'était toi qui devais bien gouverner la vie et pour cela il 
est plus juste de t'imposer la sentence la plus lourde et la plus 
dure, car il est possible de le prouver par une foule de raisons; 
s'il t'était agréable d'adorer parfaitement Dieu illustre et tout 
puissant, et de ne pas rendre au monde ni au corps sur le 
conseil du diable l'honneur [dû à] Dieu mais l'aimer d'un 
amour craintif, sûr, filial, par dessus toute créature, il nous 
arriverait du bien encore; si tu te faisais juste et équitable 
entre le puissant et le pauvre et [s'il t'arrivait] de ne pas poser 
ta forte main lourdement sur le faible, mais de faire la cha- 
rité aux endettés pour Dieu et protéger les orphelins et les 
veuves et ne pas commettre de manquement à l'égard de 
l'église, on nous ferait à la fin miséricorde; en troisième lieu, 
si tu évitais la mauvaise compagnie des gens méchants, cor- 



et iam michi patens est argumente» claro 
exeunte spiritu a carne quid est caro 
mouet se ve postea cito siue raro 

195 Videtne vel loquitur hoc est tibi clarum 
spiritus viuiricat, caro prodest parum 
si haberet anima deum suura carum 
nunquam caro vinceret vires animarum 

199 Si deum dum vixeras amasses perfecte 
et si causas pauperum iudicasses recte 



175 ambo dico possumus adeo culpari — 176 et debemus itaque — 178 potest 
— 179 a sensatu — 180 nam tu scis peroptime et litera testatur — 181 cui maior 
copia viitutum donatur — 182 quod plus — 183 sic et — 184 dédit tibi — i8j tu 
manque — 1 86 quidquid esterectum — 187 dotata — 188-190 et dabatur racio per 
quam debuisti | nos in mundoregere cur mihi favisti | iuribus illicitiis tu non restitisti 
■ — 191 corpus dixit iterum — 192 die mihi si noveris — 194 movet nec se — 195 
videt vel loquitur estne — 196 quod spiritus — 198 virtutes animarum 



24 G. Dottin. 

olc go michoinsiasach, ag imirt, ag altran//us, ag déiïnamh 
feille fîonghailc, 7 ag dûnmharba^ 7 ag creim 7 ag cainedh 
daoine eille, ag tabhairt na mionw mûr, ag imdheargadh Dé 
s-na naoimh, ré hithibh, ré blasphemia, ré tiomantaibh diabh- 
laighthe dôcoisgidhthe, ni daméontaoi mur so choidhche 
sin«, 7 ni bhe&radh dimhaoines ar chcr/.'/ar dhinw; anios tharr- 
\aidh mise cengailte posda leat-sa an;/ ar mbeatha 7 go bhfhûa- 
rus ran;/ dod shochar talm^am/e 7 dod shôlas saoga/ta, ar#/ 
as fior nach ttéid maith amughadh, nô olc gan dioghuilt, acht 
is é as luaidhcr/;/ damh-sa ar son do mhailise dochi ti'i anios à- 
lathair, s-na baill an-dmimar na lor/.'/a atâid agat, ag lionnadh, 
breantus morgadh, 7 drochbhalm//.' ag techt dhiobh, atâid cio- 
rogadh cnumha, 7 péisde, ait/;/'eacha nimhe, agas deamhuin 
aiéir ag dul trid eochair 1110 chleibh 7 mo chluasa, tre fhuin- 
neogadb mo chétfa, 7 tre aàhbhadh mo bhron;/ 7 as measa na 
si;/ an teghdhais cao] cumhang so an;/ a-bhf///7im çro dûnta 
daingen druidte go haonwarânach go la an breithemhnuis dei- 
glmigh, mo thruaighe mo thruaighe biadh siad dom chrâdli go 
méinig mithrocairech, gan meuchuint do si;/, atâ fhios agam 
go n-eireoch//(//.; me la éigin id chuidechta-sa, 7 farraor ni 
hathrugudh ar ghlan sin on ûaigh go sliabh Sion, 7 as sin go 
tein;/tibh ten;/dhala iffrin;/, dit am-biam dar bpianadh a// feadh 
bhias Dia ag caithemh na gloire, 6 bhas go bas do chuaidh 6s 
cion;/ an uile uathbhâs, 6 bheatha go beatha 7 6 phéin go 
pean//uid, gan crioeh, gan foirchion;/, is truagsi;/ ag dul d-éug 
gixcb momint; 7 gan ar ar geomus dul ar neimhni, acht a-bheith 
gan crioch, gan toirchion;;, croithbhéO go sior raidhe, a chrios- 



nec prauorum liominum liabuisscs secte 
min me raundi vanitas decepisset nec te. 

203 Qui viuebam splendide sericis amicta 
ore sepe prolerens verba maledicta 
putredo ciim vermibus et hec domus stricta 
quibus post delicias mundi suni addicta 

207 Nam scio preterea quod sum surrectura. 
in die nouissima tecumque passura 



Dialogue du Corps et de l'Ame. 25 

rompus et maudits qui se tournent vers tout mal sans conscience, 
jouant, commettant l'adultère, se vengeant par trahison, com- 
mettant l'homicide, rongeant et critiquant les autres personnes, 
faisant de grands serments, insultant Dieu et les saints par des 
parjures, par blasphème, par des testaments diaboliques, dé- 
réglés, nous ne serions pas damnés ainsi à jamais et la vanité 
n'eût pas pris chacun de nous; maintenant il m'est arrivé 
d'être lié et marié avec toi dans notre vie et j'ai eu part à 
tes avantages terrestres et à tes plaisirs mondains ; mais il est 
vrai que le bien ne se perd pas et que le mal [ne reste pas] 
sans vengeance, mais voici pour ta malice mon salaire que tu 
vois maintenant devant toi, et les membres où nous avons 
fait les fautes qui sont à toi, se remplissent de putréfaction, de 
corruption, et une mauvaise odeur s'en exhale; de la vermine, 
des vers, des reptiles, des serpents venimeux et les démons de 
l'air passent par la clavicule de ma poitrine et de mes oreilles, 
par la fenêtre de mes sens, et par la demeure de mon sein, et 
pire que cela est la résidence mince, étroite, où je suis serré 
fortement et enfermé seul jusqu'au jour du Jugement Dernier. 
Hélas, hélas, ils me tourmenteront souvent sans pitié et ce 
n'est rien encore. Je sais que je ressusciterai un jour en ta com- 
pagnie, mais hélas ce n'est pas là un changement excellent de 
la tombe à la montagne de Sion et de là aux feux de la four- 
naise de l'enfer, lieu où nous serons pour notre châtiment 
pendant que Dieu sera à jouir de la gloire ; de la mort à la 
mort qui est venue par dessus toute la terreur, de vie en vie, 
de peine en pénitence, sans fin, sans terme. C'est triste d'aller 
à la mort à chaque moment sans qu'il soit en notre pouvoir 
d'aller au néant mais être sans fin, sans terme, vivant éternel- 
lement de crainte! O chrétien de mon cœur, que ces paroles te 



penas in perpetuum, heu mors plus quam dura 
mors interminabilis et fine caritura 



201 si pravorum — non hesisses — ; 203 tamen quia fueram vivens tibi ficta — 
204 bis ea que non respicis sunt mini relicta — 206 manque — 207 scio quod pre- 
terea cum — 209 mors — 210 et manque 



26 G. Dottin. 

daidhe croidhe cuireadh na briathradh-so eagla ort, 7 dén 
aithrechus, tuig go grin// na roin«-so romhad. 

hodhbadb chrion;/ chnâmhadh na colla 

cumhdach fallsa féoil mo bhall 

uir gan tora criadb na colla 

talam me 7 anani an;/ 

ûir mo charad tar uir oile 

ni aithnighim i/z san ûaig 

ag so um làimh é s-ni aithnighim 

cnaimh an té d-aithnin uaim 



NUALLGHUBHA AN AN M A 

Is an» sin d-éigh an spionzd ré nuallan truagh tuirsech, 7 
ré trwaghthuirsi aighmhéil t/vabh aoineach, go gruamdha ge- 
rânach 7 go dian diocra diochoisg^/V;, 7 as-é rô-râidh : « Uch, 
uch, is truagh do rugadh me, uch, uch is truagh do gmnedh 
me, uch is trwagh do cuireadh san gcolainw ghranwa-so isteach 
mé, is mairg dham nach mo chloich, nô mo mhaide do bhios 
6 nâdûr, na neithibh neamhurchôidech. Mo shear/;/ mzlhcbt 
ar là mo thuismighthe, is truagh nar éirigh craihw, 7 clocha, 
gaoth, 7 aiéir, ran;/a, 7 relan;/a an chethardhuil a gcoitchinwe 
um aighedh dom chur ar neimhni im-broin;/ mo mhathar sul 
thainig dham dul san riocht-si an aighedh mo thigherna ; acht 
mo chradh crét far chruthaigh Dia me, 7 a-fhios aige go ra- 
bhusar sligh dhaman;/ta; acht is rô bheanwaighthe côir conâigh 
gleas na n-ainmhintibh bruideamhla, ôir téid ar neimhni uile 
éidir anam, 7 chorp tar éis am-bais, gaoi féin gan damnu- 
ghadh, a-righ nimhe, is truagh nach mar-si;/ éirghios don 



Anima ad corpus. 

21 1 Adhuc clamât anima uoce cum obscura 
heu quod vraquara fucram in rerum natura 
cur permisit dominus quod sim creatura 
cum posita fuerim esse peritura 

2i) O felix condicio pecorum brutorum 



Dialogue du Corps et de l'Ame. 27 

donnent de la crainte et repens-toi, comprends bien ces vers 
qui sont devant toi : 

bois desséché, os du corps, 

couverture fausse de chair, mon membre 

terre sans fruit, argile du corps, 

je suis terre et une âme dedans ; 

la terre de mon ami plus que la terre d'un autre 

je. ne la connais pas dans la tombe ; 

ici il est dans ma main et je ne le connais pas 

[l']os de celui que je connaissais. 

CRI DE DOULEUR DE L'AME 

C'est alors que l'esprit poussa un hurlement pitoyablement 
triste et cria un chagrin immense, furieux, amèrement, aggres- 
sivement et activement et avec intensité et sans arrêter, et 
voici ce qu'il dit : « Hélas, hélas, il est malheureux que je sois 
né, hélas, hélas, il est malheureux que j'aie été engendré, 
hélas, il est malheureux que j'aie été mis dans ce corps hor- 
rible; malheur à moi que je n'aie pas été pierre ou bâton de 
nature, choses innocentes. Mes sept malédictions sur le jour 
de ma naissance, il est malheureux qu'il n'y ait pas eu d'arbres 
et de pierre, de vent et d'air, d'astres et d'étoiles de l'univers 
en général pour me jeter au néant dans le sein de ma mère 
avant que je ne vinsse sous cette forme devant mon Seigneur, 
mais [je me demande avec] angoisse pourquoi Dieu m'a créé 
alors qu'il savait que j'étais sur le chemin de la damnation, 
mais elle est bénie, juste, heureuse la condition des bêtes 
brutes, car toutes iront au néant âme et corps, après leur 



cadunt eum corporibus spiritus eorum 

nec post mortem subeunt loca tormentorum 

talis esset utinam finis impiorum 



211 ad hoc — voce non ■ — 21? cur me deus permisit esse facturam — 214 cum 
prenoverat me esse perituram — 21s brutorum manque — 216 anime eorum 



2 8 G. Dottin. 



peacach bhocht tar cis euga, 7 nior sharbh a-dhàil fa dhekeadh, 
acht farraor is searbh, 7 is ré shearbh mar chim-si », is an// 
sin do ghlac racht gola 7 olchuire an t-anam, 7 dochan na 
briathradh-sa 



1110 sgread is truagh 1110 chas si 
mo bheith beo is trûagh an trath si 
créud fa n dearnus cionta grana 
an-aigheadh De, 7 maithes m-anma 
s-nach don chloin;/ me shiolradh à adhbha 
acht creatûr do chruthaigh righ na n-grasa 
chum na beatha siorraidhe sasda 
ré toil na colla is mairg do tharrW/; 
mo t/'/uaighc mur chonwairc me an là-si 
in//-ar chaillios an uile thairbhe, 
flaithios Dé le méud meanma 
ar an saoghal ag \arraidh garma 
6 se an samhin aithreach me/da. 
a-bheith choidhche i bpianta searbha 
ré saogrt/ na saog^// ïeth mo thigerna 
i-ttigh iffrin/z gan dâil garma 
6 phianta ifrin« is rô môr m-uall ; 
a-righ na sluagh ni maith gach ni 
mo ter/.'/ ar an saogût/ ariamh is truagh 
i leabadh thuair dam ôs crioch. 7 cetera.. 

CEISD AN CHUIRP AR AN AXA/// 

Is an// sin do labhair an corp ris an anam go truagh tream- 
hnach: a haithle na cluidhe-caointe si// 6s cion// na huaigh, 
as-é rô-raidh : « cuiriwi foircheadal ort, a-spiorad », ar si, « fan 
aithris damh crét iad na pianta is mô do chonnairc tu an- 
iffrion//, nô an bhfuil fath dôchuis ag an drong dhamannta as 



Corpus loquitur interrogando. 

219 Corpus post hec loquitur anime tara tristi 
si tu apud inferos, anima, fuisti 



Dialogue du Corps et de PAme. 29 

mort, à leur façon, sans damnation ; ô roi du ciel il est malheu- 
reux qu'il n'en soit pas de même du pauvre pécheur après la 
mort, et son sort ne serait pas amer, à la fin, mais hélas, il est 
amer et très amer, comme je le vois », et c'est alors que l'âme 
eut un accès de larmes et de chagrin et récita ces paroles : 

mon cri, c'est que mon sort est pitoyable 

il est pitoyable que je sois vivant à cette heure-ci; 

pourquoi ai-je commis des finîtes horribles 

contre Dieu et le bien de mon âme ? 

car je ne suis pas de la race qui est venue d'Eve, 

mais créature ma créé le roi des grâces 

pour la vie éternelle, satisfaite 

par la volonté delà chair c'est le malheur qui est arrivé. 

C'est une pitié que j'aie vu ce jour 

dans lequel j'ai perdu tout profit 

le royaume de Dieu, par orgueil, 

pour le monde, à rechercher le renom ; 

puisque le plaisir est regret et affliction. 

être toujours en des peines amères 

pendant les siècles des siècles, à cause de mon seigneur 

dans la maison d'enfer, sans assemblée de renom; 

des peines de l'enfer est trop grande ma plainte; 

ô roi des armées, toute chose n'est pas bonne 

que je sois jamais allé dans le monde c'est pitoyable 

puisque pour moi la tin est d'être dans un lit froid etc. 

QUESTION DU CORPS A l'a.ME 

C'est alors que le corps parla à Tâme pitoyablement et fol- 
lement après cette lamentation funèbre au dessus de la fosse et 
voilà ce qu'il dit: « Je t'exhorte, ô esprit », dit-il, « à me ra- 
conter quelles sont les peines les plus grandes que tu as vues en 
enfer, ou si la troupe damnée a un motif d'espoir [tiré de] la 



die michi te deprecor quid ibi vidisti 



219 corpus adhuc — 220 tu cum aput — 221 quid illic 



30 G. Dottw. 

trocaire, nô as pais Chriosd, 7 fôs an bhiuil sochar ag na 
daoine uaisle onôracha, ag na rioghthaibh, nô ag na rô thig- 
hernaigh nô ag na prelaidibh bheth go ttrasda a-bhflaithemhnus 
an t-shaoig/7-si, nô an bhfuil fâth dothchais aca faasglaidh d- 
taghail as forba, îerorm nô finchecuis ôr airgiod, no olla mhai- 
thiosa. In inferno nulla est redemptio Luc. ri. 



« Achollan// » ar a spiorad, « ata doehéisdgan chéilgan re- 
sûn, mur budh meinic lé do chomhrâdh go ttrasda a-bheth, ai- 
an adhbhar, nô go n-airmightlv/' rélanwa nimhe, gaincmh 
traighe 7 féur na talmhan, nô go ttiomsighther an fhairrge 
mliôr na mionbhraonaibh, ni féidir innsin nô aiihris armhéud, 
7 ar a examhlar/;/, ôir ata ayus na bpian go hallta an-ûir med- 
hôn na talmhan go domhuin diamhair, ar mhodhgombean//<//> 
duine ar lan a-dhoirnn don dorchadus an//, gan féuchuin do 
sin, do chidhrîthi tu an uile ni raclinschum dochair duit, 7 ni 
fheicfidh tu éin ni rachadh chum sochair dhuit, acht biadh an 
uile ni a-riachtanus ort, 7 ni bhiadh rwr/;/anus ar bioth ar 
faghail agfld, amhain an bas a ccionw gach môméint, ag//j tu 
mar sin ag scarga éuga do gnâth, agusdod athnuadh ans chum 
an bhdis, agus tu ar an modh sin do ghnath, gan bhas, gan 
bhetha ar mhodhaibh examhladh go sionaidhe sûathâin, biad 
tu lan d-aibhrios, lan don uile thin//ios 7 thrioblôid s-tteallach 
tinwtighe na bpian, bail a-bht///7 ioliomad breantuis, 7 droc- 
]ibaL//Jh, bail a-bhf///7 gorta plaigh, 7 ocurus, bail a-bhf///7 
comhairc osnaidhe 7 dôrta^cr, bail a-bht///7 siansân truagh 
tuirseach na ndeamhan na ndiabhal n-athgharbh neimhnech, 



si qua spes miscris de dulcore Christi. 
223 Quid ibi nobilibus paratur personis 

qui prius dum vixerant sedebant in thronis 

si sit illis aliqua spes redemptionis 

pro nummissiue prediis ceterisque donis. 

Responsio anime ad corpus. 
227 Corpus tua questio caret ratione 



Dialogue du Corps et de l'Ame. 3 1 

miséricorde ou de la passion du Christ et de plus s'il y a avan- 
tage pour les hommes nobles, honorés, pour les rois, pour 
les grands seigneurs, ou pour les prélats, d'avoir eu jusque-là 
la souveraineté de ce monde, ou s'ils ont un motif d'espérer 
qu'ils pourront se racheter par un patrimoine, une terre ou un 
héritage, de l'or, de l'argent ou toute [espèce de] bien. » In 
inferno nulla est redemptio. Luc, 11. 

RÉPONSE DE L'AME 

« O chair », dit l'esprit « ta question est dépourvue d'in- 
telligence, de raison, comme était souvent jusqu'à maintenant 
ta conversation, pour cette raison: jusqu'à ce que l'on compte 
les étoiles du ciel, le sable du rivage et l'herbe de la mer, 
jusqu'à ce que l'on dessèche la grande mer dans ses moindres 
gouttes, il n'est pas possible de le dire ou le raconter à cause du 
nombre et de la diversité, car la demeure des peines est sauva- 
gement située à l'exact milieu de la terre, profondément cachée, 
en sorte que un homme y prendrait plein sa main d'obscurité; 
et ce n'est rien encore, tu verras tout ce qui t'arrivera de mal- 
heureux, et tu ne verras rien de ce qui t'arrivera d'heureux, 
mais tu auras besoin de tout et tu ne pourras avoir rien de ce 
dont tu auras besoin, sauf la mort au bout de chaque instant 
et ainsi tu seras continuellement [en proie] au dessèchement 
de la mort; tu te renouvelleras pour la mort, et toi ainsi d'ordi- 
naire, [tu seras] sans mort, sans vie, de manières différentes, 
pour l'éternité ; tu seras plein d'incrédulité, plein de toute ma- 
ladie et trouble dans la fournaise euflammée des peines, lieu où 
il y a beaucoup de puanteur et de mauvaise odeur, lieu où il 
y a famine, peste et faim, lieu où il y a cri, soupir, et flot 



cum inferne subeunt dampnate persone 
non est spes ulterius de redemptione 
non pro elemosinis nec oratione 



222 spes sit — 223 die si quid nobilibus parcatur — 224 ipsiquidum — 226 pro 
nummisque prediis ceteris quoque — 227 ista questio — 228 semel intrans baratrum 
cuiusque persone — 228 bis mortali subaudias pro transgressione — 229 pro re- 
dempeione — 229 manque 



3 > G. Dottin. 

ag freasdal 7 ag fritheoW/> na bpian tinwtighthe dôfhaisnéisi 
dona daoinibh damanwta do réir méud, 7 miosûr a-bpecr</<//> 
achl atâ ni cena: ta drong dhiobh dhâ bpian go hexamhuil, dâ 
gcaisgairt 7 dâ ngearradh, drong dd leaghadh, 7 do lomadh, 
drong dâ rostadh, 7 dâ bhf/itheoh/<//', drong dâ mbrukh, 7 dâ 
mbearradh i-bpic, 7 i-roisin 7 a-miotolaibh examhladh e*7e, 7 
a-srothaibhtairpighe teinwtighe; suilfior, 7 salchair lé na ngnûis 
7 lé na n-aigh<'<//> farregflch pian mhôr adhbhal eile, an;/ a-bhfiwt- 
/id; atâid aithreachadh neimhe, 7 peisde granna ag siubhal ar 
g</ch bail dhiobh dâ snoidhe 7 dâ sniomh; atâid i-ttin«e nach 
muchan uisgc, 7 a-sneachta nach leaghan ré tein//e ar leacaibh 
oidhre 7 anrôdh dâ siorchradb léim aca san teas, 7 léim 
eile san bhkuicbt, 7 léim eile san tornw teinntigkthe, dd ttlei- 
gion// i-mbeul na n-ôilphéisda n-oirrderca n-iffrion#da, no go 
n-ionarbhâid uatha iad trid an uile uathbhâs tarr anios chum 
na toirntWh cédhna, 7 atâid cnumha a-gcôinsias mhaillaigh- 
the ag deunamh riadhnuisi na n-aghaidh, gur choir 7 g//r 
chomhthroma mbeith san bréin bhroidh-sin, atâ an t-édôth- 
chus dd searg<7</h, atâ an tuigsi dâ ngearradh, atâ an toil na 
sgrûdadh, racbl na feirge dâ twr/.ua, in//bh<r na bpeaù7<//.> dâ 
sgiuradb, 7 biadh mar sin ag clamhadh 7 ag imdheargadh na 
trinôide tre bheith sior. 



Do thaobh na ceisde eile do ûafraigh tu dhiom, a chollan, 
cionwus atâid na p/ionsuidlie saog///ta an itfrion//, atâid mac 
Péil, Sâesar Dompinus, Alasdran;/ uaibhreach, 7 righthe dio- 
masacha an domhuin 7 na cruinne cethardha là phiana dâora 
docharacha, acht atâ ni cedhna : is raesa 7 is truime an phean- 
naid agus an philôid an// a-bhfuilid, na droch ghuibhernoirigh 
Chriosd, prelaidigh claonbhreacthacha na hEagluisi na iad uile, 
(')ir atâ \uchl an hiarchrabhadh, [ucht àxmmhurbadh, \urht 
druise graineamhuil, \ucbt fôghla, 7 losgairt an domhuin// a- 
bfhioriar/'/ar itlrin// ta thuile na bpian agas gach drong. eile 
mar thulliadar an gniomhartha ar an saogal-si. 

Anios glac la dhcoigh uaim iuasgladh san treas ceisd do 



Dialogue du Corps et de l'Ame. ^ 

de larmes, lieu où il y a mélodie pitoyable, triste des dé- 
mons et des diables très durs, violents, servant et dispensant 
les peines indicibles du feu aux damnés selon la grandeur et la 
mesure de leur péché; mais il y a une chose encore; il y en 
a une troupe pour les tourmenter de diverse façon, les battre 
et les couper, une troupe pour les faire dissoudre et les dé- 
pouiller, une troupe pour les rôtir et les servir, une troupe 
pour les cuire et les couper en poix, et en résine et en autres 
métaux variés et en fleuves bourbeux de feu; du soufre 
et de la souillure sur leur hce et leur figure à chaque grande 
peine nouvelle; où ils sont il y a des serpents venimeux et des 
bêtes horribles qui vont sur chacun de leurs membres pour 
les mâcher et s'enrouler autour d eux; ils sont dans des feux 
que n'éteint pas l'eau et dans une neige qui ne fond pas au feu, 
sur des pierres de glace et, infortune de leur tourment, ils 
font un saut dans la chaleur et un autre saut dans le froid et 
un autre dans la fournaise de feu qui les jettent dans la gueule 
des nombreuses bêtes énormes, infernales, jusqu à ce qu'elles 
les rejettent à travers toute l'horreur sens dessus dessous vers 
les mêmes tourments et il y a les vers de leur conscience 
maudite à témoigner contre eux, que c'est juste et équitable 
d'être dans cette puante captivité; le désespoir les dessèche, 
l'intelligence les coupe, la volonté les scrute et l'accès de colère 
les étouffe, le flot des péchés les balaie et ils seront ainsi à ré- 
clamer et à taire des reproches à la Trinité pendant les siècles 
des siècles. 

Quant à l'autre question que tu m'as posée, ô chair, com- 
ment sont les princes du monde en enfer, le fils de Pelée, 
César Dominus, l'orgueilleux Alexandre et les rois vaniteux 
du monde et de la terre carrée sont dans des peines chères dé- 
sagréables, mais il y a une chose : c'est la pire et la plus 
lourde peine le piloris où sont les mauvais gouverneurs de 
Christ, prélats de l'Eglise partiaux dans leurs jugements tous, 
car il y a les hypocrites, les homicides, les luxurieux hor- 
ribles, les voleurs, et les meurtriers du monde dans le fin fond 
de l'enfer à cause du nombre des peines et tous les autres 
selon ce que méritent leurs actions en ce monde. 

Enfin reçois de moi la solution de la troisième question que 
Revue Celtique, XXIII. 3 



34 G Doit m. 

chuiris oram .i. an dentar trocaire ar an droing dhamannta, 
nô n-glacar iuasgladh asda, biodh a tios agfld d;i mbeidaois 
naoimh na cruinne ar an-ûrnaighthe go brath, 7 ûird riaghialta 
an domhuin na siorthrosgadh go héug 7 fïréiri an domhuin ag 
tabhairt maithios na talmaw mar dhéirc lé hanam aonchretûir 
amhain dâ mbiadh an-iffrion« iachta.va.ch, nach deandis fâoithe 
iurtochi no fuasgl</J/' dhô ô na phian/^/7'/;, ar an adhbhair 
nach féidir le hainglibh fhlaithios Dé ar ôr an domhuin;/ foi- 
ria;hrhin dâ laeghad do thabhairt don drong dhamannta. /// 
sariiln seculorum. 

Is brônach an treabh br//ith ifrinw 
Fuair an-driothlion// gher sias iad 
An dûn dichumanw àzoïadh 
Priosûn na bpian. R. 

Smaoinigh, a-chriosdaidhe croidhe, gur fior na briathradh 
so, 7 cuiruidh srian ré hanmhianaibh. 



231 Si tota fidelium pietas oraret 

si mundus pecuniam totara suam daret 

si tota religio iciuniis vacaret 

in inferno positum nunquam liberarct. 

235 Non daret dyabolus férus et etîrenis 
vnam vinctam animani in suis cathenis 
pro tocius seculi prediis terrenis 
nec quemquam sineret quod carcret pénis 

239 Adhoc quod interrogas quid ibi paratur 
personis nobilibus hoc pro loge datur 
quod cum quis in seculo magis exaltatur 
tanto cadit grauius si transgrediatur. 

243 Diues ergo moriens si forte dampnatur 
graùibus pre ceteris pénis implicatur 
nani qui in deliciis plus quam delectatur 
tanta pena grauior sibi deputatur 

7X' turpitudine demonum. 
247 I'ostquam taies anima miserat merores 



Dialogue du Corps et de l'Ame. 35 

tu m'as posée : si l'on fait miséricorde à la foule des damnés ou 
si on les rachète ; sache que, quand même les saints de la terre 
prieraient éternellement, et les ordres réguliers du monde jeû- 
neraient jusqu'à la mort et les justes du monde donneraient 
les biens de la terre par charité pour l'âme d'une seule créa- 
ture, si elle était dans le fond de l'enfer, ils ne pourraient la 
secourir ou la racheter de ses fautes pour la raison qu'il n'est 
pas possible aux anges du ciel pour l'or du monde de donner 
la plus petite aide à la foule des damnés. In saecula seculorum. 

Elle est douloureuse la demeure cuisante de l'enfer 
l'étincelle cuisante les a trouvés ici-bas; 
La forteresse très étroite de l'esclavage 
Prison des peines. 

Pense, ô chrétien de mon cœur que ces paroles sont vraies 
et mettez un frein aux mauvais désirs. 



ecce quatuor demones pice nigriores 
quos vere describere possent scriptores 
nec mundi depingere tocius pictores 

251 Ferreos in manibus baculos ferentes 

ignemque sulphureum per os emittentes 
similes ligonibus sunt eorum dentés 
visi sunt ex naribus prodire serpentes. 

255 Aures habent patulas veneno fluentes 
in eorum frontibus cornua gerentes 
per extrema cornuum venenum fundentes 
digitorum ungulas ut aprorum dentés. 



231 si tota devotio fidelium oraret — 232-253 intervertis 233 si omnis; 252 totam 
pecuniam — 234 bis quia Dei gratia talis quisque caret — 236 unam unicam — de 
suis — 238 nec quemquam — 239 interrogas si quid plus parcatur — 240 nonnam 
hec lex datur — 241 quod quanto — 24 ^-246 manquent — 247 rurnores — 248 qua- 
tuor manque — 249 quorum turpitudinem tocius — 250 mundi nec scriberent 
nec pingerent — 251 ferreas fuscinulas manibus — 2 54 ex eorum naribus pro- 
deunt — 2 56 et in suis — 257 venena — 258 manque 



36 G. Dottin. 

Urghairdios na ndiabhal ag breith an anam go hifrionw, 
a haitle na truagh agallamh sin do bhi ar an spiorad 7 
ar an anam iar sg&o'ùeadh o chéile dhoibh agas iar ttui- 
tim don chollainn san uaigb 7 iar gclos uthbhàs itïrin;/ 
do chonwairc an t-anam bocht chuige idir dha dhiabhal 
g/;reanacha ghranna, budh duibhe shiabhartha, na gûall gai- 
bhidhe gabhan, 7 locht fidhlidhea^f, agus pintéireacht an 
domhuin//, nior bfhéidir dhoibh égcosg nô macasamh /<?<//> 
na dise reumhraitte so do sgriobadb, nô d-fhaisnéis ar an 
ûthbhathas, 7 ar an droch dheilbh, 7 iar ttiacht do lathair 
dhoibh a-gcétôir, do shaithadar an dâ chrucadh chaîna chru- 
madh cruaidh iarneadh abhus 7 thall san spiomd dhamanta 
sin, 7 do rôladar etorra é dâ cheasadh go doirsibh uathbha- 
sacha iffrin//, 7 eision ag bûirÇeadh, 7 ag béicedh ; tangadar na 
chomhdhail an sin slûaghtedh diaibhlaighthe deamhnaidhe 
ag ulghairdios fan anam chriosdaidhe sin do dhamnûgai^ 
mar budh suabhach luaghairech léo a-bheith ag commhaoidW/; 
an cosgair sin, 7 is smhlaidh do bhadarag tabhairt buidhchuis 
dhô fli na shcirbhis ar an saogal, ôir budh iomdha duine c/7c do 
mhill se le droch éisiomplâir, misge, agus stripachuis, 7 dâ 
chionn sin go bhfuigh luach 7 luaidhecht on Lucifer À. a- 
bheith dha chnaoilosgadh na bhfochair féin i-ttin«téan na 
bpian go brâth, ag éisdecht lé huirluidher/;/ na ndiabhal, lé 
confadh na bpiasd ndeamhnaidhe, lé sûisde na druinge dama- 
n;/ta, 7 na ndiabal ar gacb taobh dhe, gan tus, gan àeireadh 6 
sin amach go siorra/W/;e suathain ; do chriothnaitaidhe an t-anam 



Hic demones capiunt au imam. 

259 Demones cuni fiscinulis animait) ceperunt 
quam secum ad inferos gementera traxerunt 
multi vero demones sibi occurerunt 
qui vice tripudii dentibus striderunt 
et de tali socio gaudium fecerunt 

264 Quidam cum corrigiis ipsam perstrinxerunt 
quidam plumbum ieruidum in eam fuderunt, 
quidam timum stercorum in os proiecerunt 
quidam suis dentibus ipsam corroserunt. 

2bX Adhuc dicunt demones 1ère lati^ati 



Dialogue du Corps et de l'Ame. 37 

Les diables se réjouissent de conduire l'âme en enfer après 
ce malheureux dialogue entre l'âme et le corps après qu'ils se 
furent séparés l'un de l'autre ; et après que le corps fut tombé 
dans la fosse et eut entendu la terreur de l'enfer, il vit venir 
à lui la pauvre âme entre deux diables hérissés, hideux, qui 
étaient plus noirs et sombres que le charbon d'une forge de 
forgeron et les poètes et les peintres du monde n'auraient pu 
dessiner l'apparence ou le portrait de ce susdit couple, ou ra- 
conter leur horreur ou leur vilaine forme, et aussitôt après 
être venus en présence de l'âme, ils fourrèrent leurs deux crocs 
tordus, recourbés, durs, en fer, deci delà sur l'esprit damné et 
le jetèrent entre eux pour le tourmenter vers les portes ef- 
froyables de l'enfer et lui de crier et de hurler. Il vint alors à 
leur rencontre des armées de diaboliques démons se réjouis- 
sant de damner cette âme chrétienne, car ils trouvaient doux et 
amusant de célébrer cette victoire, et c'est pour cela qu'ils lui 
faisaient des remercîments pour les services [qu'elle leur avait 
rendus] dans le monde, car il y avait nombre d'autres gens 
qu'elle avait corrompus par le mauvais exemple, l'ivresse, la dé- 
bauche, et à la suite de cela, elle aurait un salaire et une récom- 
pense de Lucifer, à savoir : être à brûler et à se consumer près 
de lui dans la fournaise des peines, à jamais, entendant les ba- 
tailles des diables, le rugissement des bêtes démoniaques, 
les fléaux de la troupe des damnés, et des diables de chaque 
côté d'elle, sans commencement, sans fin désormais, sans 
cesse et éternellement. La pauvre âme tremblait terriblement 
après avoir vu l'enfer ouvert et les châtiments prêts à la saisir 



hi qui nobis seruiunt sic sunt honorati 
potes modo dicere sicut buffo crati 
nam debes in centuplo duriora pati. 
Anima suspirando clamât ml daim . 
272 Post hec tandem anima gemens suspirauit 

259 isti cum fuscinulis — 260 quam apud inferos cum impetu — 261 quibus cum 
dyaboli plures — 262 manque — 263 qui pro tali — 26? bis et ei cum talibus ludis 
applauserunt — 264 viscatis corrigiis eam ligaverunt — 264 bis quidam uncis ferreis 
ventrem disruperunt — 265-267 manquent ■ — 267 bis et a toto corpore pellem 
abstraxerunt — 268 post hoc dicunt — ■ 269 hii — 270 nondum potest dicere bufo 
crati — 272 hiis auditis anima gemens exspiravit 



5 8 G. Dottin. 

bocht go habhalmhôr ar bhfaicsin iffrinw fhosguilte, 7 na 
bpianta ollamh imfeadhma chuige, 7 adubhairt: « a éin mhic 
Dé dén frocaire ar do chretùr bocht féin »; is anw-sin do 

sgairt na diabhail ag fonmhôd faoi 7 adubhradw « is rô mhall 
a-ghoires tu ar chabhair, 7 ar ainm do thigherna Dia, 7 as 
egcôir dhuit, ô-s dhuine thû do bhi ag fôghnamh, 7 ag déa- 
namh seirbhisi ar feadh do bheatha, nach orruin// îein iarrus 
tu cabhair 7 coimeirce anios tar éis breith dhamarmta do 
bhreith ort, 7 tu ag techt ar ar laimh, gan suil athbreithemh- 
nuis no cet gairnW/; ar ais go brâth agad ; 7 da bhrigh sin 
tuig feasda go mbiadh tû a-gcosamhlacht nadûir lin-«e mur 
gach diabha/ e/7e ag maWugadh Dé go suathain », 7 iar na radh 
sin, do chasadar an spiorad thruaillidh sin na mheall tin//e, 7 
do theilgiodar a-mbéul iffrin» an;zsa tinne é, nior chian amh- 
\aidh don anam hocht an ûair do chuadh an-eadôthchus ar 
Dhia, 7 ar an gcûirt neamhdha, 7 do ghabh ag griosiugh ant 
aonndia, 7 na n-aingiibh 7 adubhairt an ran;; mar leanus : 

mo thigerna dom threigion 6 ata 
ae hxraidh çrasa air ni bhfiugh. 



b 



duiltuim don ghlôir duiltuim do Dhia. 
ag rie 

Finit. 



ni bhiam ni sia ag riogh riu, 



et voce qua poterat trista marmurauit 
quando vero inferi portas subintrauit 
plorans clamabat : iîli Ihesu Dauit ! 

Demones responderunt anime. 

276 Conclamantes demones responderunt ei 
tarde nimis inuoeas nomen tui dei 
parum prodest ammodo miserere mei 
nec est ultra venie spes nec requiei 

Hic f rater euigilauil a visione. 

280 Talia cum videram dormiens expaui 
et extra me positusvere vigilaui 
mox expansis manibus ad deum clamaui 



Dialogue du Corps et de F Ame. 2.9 

et elle dit: « O fils unique de Dieu, fais miséricorde à ta 
pauvre. créature », et alors les diables crièrent en se moquant 
d'elle et dirent : « Il est trop tard pour que tu appelles à l'aide 
et [que tu invoques] le nom de ton seigneur Dieu, et c'est in- 
juste à toi, puisque c'est nous que tu servais et que tu obligeais 
pendant ta vie, que ce ne soit pas à nous que tu demandes 
secours et protection maintenant, après que la sentence de 
damnation est portée contre toi, et tu viens dans nos mains, 
sans espoir de nouveau jugement ni permission d'appel, 
jamais pour toi, et pour cette raison, comprends désormais 
que tu vas ressembler à notre nature, comme tous les diables, 
et que tu vas maudire Dieu éternellement » et après avoir dit 
cela, ils firent rouler ce malheureux esprit dans la masse de 
feu et ils le jetèrent dans la gueule de l'enfer dans le feu, et 
l'heure ne tarda pas pour la pauvre âme où elle vint à déses- 
pérer de Dieu et de la cour céleste et elle se mit à provoquer 
le dieu unique et les anges et elle dit les vers qui suivent : 

puisque mon seigneur m'abandonne 

ce n'est pas la peine de lui demander des grâces; 

Je renonce à la gloire, je renonce à Dieu; 
nous ne serons plus à tendre vers eux(?) 

G. Dottin. 



orans ut me protegat a tam pena graui. 
284 Mundumque cum friuolis suis condempnaui 
aurum gemmas predia nichil reputavi 
rébus transitoriis abrenunciaui 
et me Christi manibus totum commeudaui. 



273 potuit parum — 274 et sic intra ianua baratri clamavit — 27) manque — 
276 reclamabant demones et dicebant ei - 278 non dices de cetera miserere mei — 
279 non est — nec requiei — 279 scj. lucem non de cetero videbis diei | décor trans- 
for.nabitur tuae faciei | sic n'unc aput inferos consolantur rei | cibo potu careas sine 
fine dicunt ei | demones auctores ruine | amniodo solacium gracie divine | non est 
tibi deinceps hec sunt nostre mine — 2S1 fere — 283 pena tam 



THE VIENNA FRAGMENTS OF BEDE 



In the Royal Library of Vienna are four folios of parch- 
ment containing part of Bédés treatise De Temporum Ratione 1 . 
From this codex Irish Glosses bave been published by Stokes 
in bis Goidelica, and by Zimmer in bis Glossae Hibernicae 
and the Supplément thereto. Wbile I was working at thèse 
glosses, doubts arose about the reading ot certain passages. 
The administration of the Library courteously granted me 
permission to bave the whole photographed. The resuit sur- 
passed expectation. Not onlv did the photographs furnish 
better readings of a number of the Irish glosses already pu- 
blished, but thev brought to light a number of fresh glosses 
which seem to hâve been hitherto overlooked. The chief im- 
portance of thèse glosses is that they serve to emphasize the 
connexion between the Vienna codex and that of Carlsruhe. 

So far as the Latin text is common to both, most of the 
glosses in the Carlsruhe codex also appear in the Vienna 
codex, either wbolly or partially legible, or there are traces 
of them. As the Vienna codex is much worn and defaced, ând 
parts of some of the pages are either lost or illegible, it is 
very possible that the correspondence extended further. 

A large number of the glosses are very faint, and very hard 
to read; many can be read only in part; some are wholly in- 
decipherable. Hère I submit to fellow Celtists the best results 
that I could attain after a long and wearisome examination. 
Perhaps others will be more fortunate in deciphering what I 
hâve been unable to read. 

i. Cf. Zimmer, Glossae Hibernicse, Prolegomcna xxix sq. 



The Vienna Fragments of Bede. 41 

This paper falls into two parts, (I) readings of glosses already 
published,(II) new glosses. Hère for the sake of completeness 
hâve been given also the Latin glosses. In the glosses the ex- 
pansion of contractions is marked by roman or italic charac- 
ters; in the Latin text this is unnecessary. Letters between 
brackets ( ) are letters now illegible. The références are to the 
numbers ot Zimmer's édition. 



I 

i a i. Some of the letters are very indistinct, but it seems 
possible to read dorchai. 

i a 2. Of the third letter only the top stroke is visible; it 
may be the top stroke of a /. 

i a 7. In the photograph the last letter is doubttul; it may 
be e, which might bave been expected. 

i b 1 huare isharam is clear. At the end of the gloss are clear 
traces of indi. 

i b 3 . This marginal gloss in four Unes is very indistinct. The 
beginning seems to be .i. ôi. n. Between i and n is what looks 
somewhat like S. After this cornes assessed, of which some of 
the letters are very faint. The second line is dâu (a)trian ; the 
letter in brackets is not very clear. In the third line atri alleth 
is clear. On the extrême margin, beyond the lineof the gloss, 
are apparently three letters which look like pi 1 , m. In the last 
line àsé is clear. 

i c 1. [between the columns] bita. In the photograph the 
last letter (or letters) is uncertain ; it is not a : the first it is dirfi- 
cult to read as b, it looks rather like part of ni. leg. remitét ? 
The i of céin is visible, and there is no trace of anv following 
letter. Probably it should be read incéi I naili. 

i c 3. la wc is clear 

i c 4. Apparently betb [cil doibsem 7 bitbbiutbcb(um)s(a)natb. 
In the third word d, 0, h and s seem clear. It may mean « a 
perpétuai feast to them and a perpétuai rest from the world 
(lit. world-rest) ». 

1. The usual contraction for Pelaafius. 



42 J. Strachan. 

i d . roglandis. The first letter may be n, though it is liker 
r ; nonglandis is required. 

2'. reim ngreine. The last word seems to be ;/ grein, but 
an c may hâve followed. The first word is obscure. 

.2*4. tonimchéla is elear. More probably dincotrummus sin. 
œscaidi is very probable. In the end oi the glossZimmer reads 
chomlon, Stokes chomlan (the m is denoted by a stroke over 
the (')• At first sight the letter looks more likeo than a, but in 
this codex there is an a which is hard to distinguish from 0, 
seen also in sechtmaine 4 e 3 , and in acuirethar 4 e 6, and f/vm- 
/</// is probably right. 

3 a 3. don pnww rtftfrrf 

3*4. Over xxn is written .i. hore 

3 e . trilida indi lid 7 iunius 7 iulius. 

Before lid is what is almost certainly /W ix; before 
that are five or six indistinct letters. 

4 a . [in rriarg] For Zimmer's nocht the photograph shews 
dôtét. After (aes)cae n I can read dib isincr Of the rest of this 
gloss, which consists of seven or eight lines, only isolated 
letters are legible, except m(?) and uare bile. 

4 b 1 . This seems without doubt to represent ambas cete, 
cf. BCr. 32 h ). Afterwards acht can be distinctly read and 
there are traces of more to follow ; the faint traces seem to 
correspond to acht asrobarthar in mi of BCr. 3 2 b 5 . 

4 e 2. Clearly condib not condid, cf. BCr. 32 e ). 

4 C 4« .i. dobuith uni \d foraib 

4 e 5. but h doit h for lai m 

4 e 6. I would read: dober | frit \ âl(in) | lac othus | blia(dne 
s) | ricci alae \ //rrndairc | inbi. Over / ot frit there seems to be 
a stroke. For the last word Zimmer bas liibi, but the other is 
more like to what the photograph shews; it should be imbi. 
The meaning would be: « thou puttest the number of days 
from the beginning of the year to the présent day in which 
thou art ». 

p 1 1 . I would read: issi insin ara/m indi acuirctha(r) jobith 
is noichtech 7 xxxfilc isindargÇJ) \ sin. Ifso, then arg \ would 
be a contraction for argumint 

4 il 2. Read: .i. 7 niairmisiu | allât \ nisin « and thou recko- 



The Vienna Fragments of Bede. 43 

nest not that day ». It looks more like s than r, but there is 
an r resembling s also in dindrala 4 d 4. The first stroke of the 
following /;/ is barely visible 

4 d 3. After aocht can be read de followed by a number of 
indistinct letters. Doubtless it was aocht deac archet, as in BCr. 
32 d 2. 

4 J 4. I would read: dindrala \ huait cxuiii | dofuarat latt \ 
oienarQ) x(?) nonus | 7 xcondid xi. dindrala 

should probably be emended to diandrala : « It thou take 

away 118 there remain with thee from January io(?), 

so that it is 11 (?) ». 



II 

i a . [vu], eo quod cir(ca fines tellu)ris solis splendor undique 
diffusus ea 1 libère quas tellure procul absunt aspiciat 
uerum ne hoc omni plenilunio patialur latitudinem ei 2 signiferi 
qiuis .xii. partium est diuersarumque absidarum altitudinem 
succurrere ubi lux 3 corpore maior ibi umbra pau- 

latim rarescendo difficit. sensim4 decrescit 

ne operis auida 5 continuatio labore difficeret 
ibi ad opéra breuianda 6 et fovenda sit membra prolixior 

i b . viii. quas tamen cunctx, nisi fallor, ad unam 1 finem 
spectant : nos scilicet ammonentes post bonorum operum 
p(erfectionem in) Spiritus sancti gratia perpetuam sperare 
quietem 2 . Prima ergo singularis illa ebdoma et a qua cetera^ 
formam capessunt mox hanc 3 in laudem 



i a . 1. .i. sideera (sic) \. sil (?)... 

2. lune 

3 . ut lucerna lit 

4. paulatim 

5. auara cupida 

6. causa diei modici 

i b . 1. \. u na nonumero 

2. to .s" | ab(l) eb... (from ebdomas) might hâve been expected... The 
glossisbroken off by a holein the parchment. After is a peculiar sign liker 

3. ebdô 



44 J- Strachan. 

i c . Proximum illi 1 mercorii sidus (ix diebus ocio)re 2 am- 
bitu modo ante solis exortus, modo post occasus splendens 

haec igitur erat stultitia gentilium... qui quasi iure pri- 
mam diem soli, quia maximum luminare est, secundam lunse, 
quia secundum Luminare est, se consecrare putabant. Dein 
ordinata alternatione tertiaeî dîei primam-* a sole stellam, 
quarts primamî (a kma), quintae secundam 6 a sole, sextae7 
secundam a luna, septimae 8 tertiam a sole praeponebant 

i d . uini et olei ex ordine 1 collectis qui foris 

ad hue possiti praestulamur 2 

.ix. Septima species ebdomadis est qua profeta Daniel utitur 
more quidem legis septenis annis singulas conplectens ebdo- 
madas, sed noua ratione ipsos annos ad breuem duodenis 
uidelicet mensibus3 singulos diterminans, embolesmos uero 
menses, qui de annuis xi epactarum diebus accrescere soient 
non lege patria-* tertio uel altero anno* singulos adieciens sed 
ubi ad xiimum numerum augescendo peruenerent, pro inti- 
gro anno pariter inserens. hoc autem fecit non ueritatis 
cognitionem qiurjrentibus inuidendo, sed profœtiae more ip- 
sum querentium exercendo ingenium 6 : maliens utique marga- 
retas" à hliis 8 clausas fructuoso sudore investigari quam pro- 



ie, i. uencn 

2. Hère there is a gloss, of which the beginning scemsto hâve been lost 
through a hole in the parchment, and o( which I cm make ont nothing 
with certainty. 

3. An illegible gloss. On the margin is a glo^s, apparently in three 
Unes, of which only a few letters can be read : — 

..r ui (iu ?) lio.. 
r for (?).. 

4. ni.... 

5. mercorius 

6. ioppiter 

7 . uen.. leg. uenns ? 

8. an indistinct gloss. apparently of one word, saturnus(?) 
i d . 1. anni (?) 

2. s(pera)mus • 

3. .i. lunae 

4 iicoiii' enibo" . How much is illegibleat the beginning is uncertain. 

5 . .i. indeud ...7 epè (?) 

6. Between the columns : arg" (?) | capientihus ] 7 curi|osis. 

7. profoetie 

8. An illegible gloss. 



The Vienna Fragments of Bede 45 

fusas a porcis... calcari. împleatur uisio9 et profetia. 
Nulli dubium est quin haec uerba Christi incarnationem dési- 
gnent, qui tulit peceatum mundi, legem et profetas impleuit, 
unctus est oleo IO laetitiae prae participibus II suis, et quod eb- 
domades lxx per septenos annos distincte quadringentos et 
xc annos insinuent, sed notandum quod easdem ebdomadas 
non sempliciter annotatas siue conputatas sed adbreuiatas as- 
serit I2 . 

2 a . [.xi], quos uidelicet menses propter lufîae circulum qui 
xxuiiii diebus semis constat crcseensundetricenisque l diebus... 
undetriginta diebus 2 coneludi ac per hoc in summa3 
temporisa memorati non plus quam unde.L.dies 5 inueniri. 

luna ... quœ praesenti 6 anno... per nonas maias .xuii 
exstetit anno sequenti xxun pridie nonas 7 Maias occurret. 
notandum sane quod nimium falluntur quimensem 8 deffinien- 
dum ... autumant ... solaris autem mensis de- 

gresio sit solis per xiimam partem zodiaci9. 

2 b . sed in utroque I mense 

2 e . .xii. pnepositos 1 Martio duo menses seruauit, sed pro- 
pterea in honorem 2 Iulii Cessaris dictatoris> legem ferente 
Marco 4 Antonio Marci filio consule mensis Iulius uoeatus est. 



9. lex 

10. ip" s. s a ? 

1 1 . profoetis 7 apostolis 

12. arg" 

2 a . 1 . On the margin is a faint gloss which seems to read 7 noichtech inso 
« and this is a month of twenty nine days » 

2. Hère there seems to be something illegible. 

3. numéro 

4. .i. (or \ ?) diei 

5. .i. unus dies de .L. 

6. (i)mbe So it is probably to be read, but the b is not clear, as no 
top stroke is visible, imbè = « in which thou mayest be » 

7. 7 xxuiii for 11' 

8. .i. hr 

9. ..per(?)xii mum signuw 
2 b . 1. Solis 7 luna 

2 e . 1 . Ian" 7 Feb" 

2. meta imperii n impt'ratoris 

3. ut Iulius uoearetur 

4. .i. qui dimicauit contra Agustuw 



46 J. Strachan. 

2 d qui hodie quintanas 1 habent nouas, ceteri septimanas 2 
sed cuni hic numerus neque solis cursui' neque rationibus 
lunaH conueniret sed secutusS Numa L dies 

addidit id est, de singulis 6 singulos" 

secundum dicauit Februo, id est Plautoni 8 quo 

statuit ut iusta9 et diis manibus soluerentur cereas IO 

in manibus gestant ardentes quasi inferiîs 11 

cum ergo ex bac distribu tione 12 Pompilii... 

3 a . quippe fugit 1 eos diem unum-... additum esse a se ad 3 
Grecum numerum statuit ut quarto quoque 

anno sacerdotes qui curabant diebus4 ac mensibusî unam 
intercalarent diem. 

.xiii uoeata in Capitolium 6 plèbe iuxtaCuriam Calabram" 

3 l) . iuxta illud 1 numerorum 

xiiii. uerum ab incipiente cuiusque mensis exordio usque 
ad term(i)num 2 eius crescente simpliciter et innerrabiliter 
dierum concurrentium ordine conputando perueniunt 

anni uertentis> ordinauere circulum a primo 

u(sque) ad extrimum diem 4 augescente paulatim numéro 



2 d . 1. quintas 

2. (secb)ti. Part of the s can be read, and part of the /;; the intervening 
letters are oblîterated bv a liolc in tho parchment. 

3. ccclxu 

4. cccliiii 

5. Romulufw in regnunï 

6. .i. men" 

7. dies 

S. .i. orco 
9. sacrinciu 

10. .i. lucernas 

11. A. plu (?). lcg. Plautoni ? 

1 2 . apparently a gloss of one word 
3>. 1. fefellit 

2. .i. anni 

3. cccliiii ad grecum nume(rum) 

4. dia da " 

5. da" 

6. .i. templum idoli 

7. .i. proprium loci 
3 b . 1. exemplum 

2. [between the columns] primus dies pn'mi mensis 

3. reuertentis in suum locum 

4. .i. primus dies prt'mi secundas dies siv////di 



The Vienna Fragments of Bede. 47 

quo illos ordine5 annum obseruare et Canones 6 

qui dicuntur apostolorum quarta" iduum 

quibus etiam liber... Anatolii... asstipulatur 8 , ubi scriptum 
est : est ergo in primo 9 anno initium primi mensis 

3 e . indicat manifeste quod simul uterque l mensis initium 
sumit non uiii kalendarum sed xi 2 kalendarum 

Aprilium est dies 

c.xv. (c)um uero embolesmus, hoc est mensium lunarium 
annus occur(reret), superfluum mensem aestati apponebantî. 

3 d . gratias 1 tibi, bone Iesu 

xvi. respicis Aprilis aries Phrixeas kalendas 2 
Terminât Architenens> medio sua signa Decimbri 

4 a . [xix].Si(quisuero etiam calculandi minus ido.neus lunaris) 
tamen circuitus existit curiosus, et huic (ad ca)pacita(tem in)- 
genioli sui accommodamus argumentum quo id quod quœrit 
inueniat, siquidem totam annalis circuitus seriem, quae xii 
mensibus continetur, alphabetis distinximus, ita dumtaxat ut 
primus et secundus ordo uicenos etseptenosdies, tertius autem 
uno 1 amplius conplectatur ; illo uidelicet qui de tertio repetitis 
uiii horis superfluis accrescit. Et ut diebus quos signare uole- 
bamus litterae subricerent, non singulis 2 has diebus sed alter- 

5. supradicto 

6. caleiidariiun (?) apostolon<w 

7. .i. die 

8. adiuuat 

9. .i. est Lat. est in abbreviation. There arc no clear traces of any- 

thing following. 

Between > 5 a and j b at the top there seem to be indications of a gloss or 
glosses 
y. 1. D\strus 7 Mar///« 

2. nun...(?) 

3- -i bl(?) is(?) 

The top and the bottom of thiscolumn are so worn and faded that little 
can be distinctly read. There seem to be traces of some illegible glosses. 

1. agimus 

2. [in marg.] in 1. . . . 

3 . Sagittarius 

Betvveen columns 3 e and 3 d are traces of glosses. Beginning opposite 
principium Iani is a gloss con... b.la(?)s, the référence of which to the text 
is not clear. 
4 a . 1. Hère there are traces of a gloss 

2. (between the columns) . . . . .fa(r)dilit 

This illegible note, if it be alloue note, seem s toextendtoabouteightlines. 



48 J. Strachan. 

nis3 apposuimus. cum igitur anno quolibet 

diem quemlibet quo in signo uel cuius mensis in partibus 
lunam habeat, scire uolueris, aperto codice4 nota Litteram 
quae eidem sit praeposita diei*, et recurrens ad regularem 

paginam eodemque statim anno ex titulo 6 frontis inuento, 

illam inuenies. hinc geminorum extrema, 

illinc 7 Iunii mensis initia deprehendes esse notata. 

non enim in hoc argumento in detrimento an in cre- 
mento 8 suae lucis, in aduerso un in coita solis sit pneposita 
luna requiris, sed et si hoc scire desiJeras, aderit argumentum I0 
uetusta Egiptiorum obseruatione traditum. 

4 b . .xx. si enim uis scire quota est luna in kalendas Ia- 
nuarias anno secundo eirculi decinnoualis, tene nouem regu- 
lares, adde epactas I .xi., tiunt xx. ; uic(esima) luna est. si uis 
scire quota luna est in kalendas Iunias anno tertio, tene regu- 
lares .xii, adde 2 epactas illius anni etc. quod 

si quis obiecerit ' uel huius uel proscedentis argument alicubi 
ordinem uacillare etc. hoc autem praecedens 

quod commemorauimus 5 argumentum et nonnullis ad trans- 
cribendumS iam dedimus. sunt 6 

autem anni très eirculi decinnoualis (in quibus idem) argu- 



3. .i. da(lae) for (o)enlitir Cf. BCr. 3 1 b 3 . Of lue there arc only indistinct 
traces. 

4. felire Cf. BCr. 32*1. The last three letters arc indistinct. 

5. .i. inibi Cf. BCr. 52» 2 

6. tuassinocbtor Ct. BCr. 52* 3. The penultimate lctter seems to beo 
îmt 11. 

7. dindleth ailiu Cf. BCr. p- 1 4. It seems to be /.'//; ratlier than leitb 

8. .i. cre. . .um(?) BCr. 32 5 lias crementum leissem. The second lctter 
may be r, but the rest I cannot read as crementum. Of .1 following word 
there may be traces. 

9. There arc traces of an illegible gloss between the columns 
10. (.i.) argu... How muefa followed ooes not appear. 

Between the columns is an illegible gloss, corresponding perhaps to BCr. 
32*6. 
4b. 1 as (?)... archinn (?)... Cf. BCr. 32-17?. 

2. .i. fur xi Cf. BCr. 52* 11. 

3. .i. hifritbcheist. Cf. BCr. 32 11 1 . The letters arc indistinct, but there can 
hardly be any doubt about the reading. 

(. ..arg (J)..mintQ)...s.. ci. BCr.' }2 b 2 ? 

5 lasi's (?) ; or laris (?) 

6 bîiadni Cf. BCr. 32^6 



The Vienna Fragments of Bede. 49 

mentum? stabilitatem sui tenons conseruare (nequeat) octa- 
uus 8 uidelicet et ximus9 et xixmus IO , cuius causa n(utan)di 
uaria facit ac diuersa per annum emboles(morum) insertio. 

Sed propter embolesmum qui in Martio men(se 
in)seritur I0 etc. (uno uidelicet rat)ione saltus 11 

amisso 

4 e . et pro xxx 1 consuetis undexxx. solum diebus cogitur 
esse contenta. non autem transitoire commemoran- 

dum quod hoc argumentum a Septimbrio 2 quidam incipiunt, 
ponentes eidem > Septimbrio regulares .u., Octimbrio .u., 
Nouimbrio .uii , Decimbrio .uii.-<, cetera ut supra docuimus. 

.xxi. Simile autein huic5 tradunt argumentum ad inuenien- 
dam diem Kalendarum prumtissimum, ita dumtaxat ut aliis 6 
utens regularibus quod in hoc 7 per epactas 8 facis, in illo 9 
faciès per concurrentes septimanas dies. qui 

uidelicet regulares hoc specialiter indicant quota IO sit feria per 
Kalendas. 

.xxii toile 11 uii. 

J. Strachan. 



7. .i. ar nitoscelai arg(uniint acht bliadni s)lain. Cf. BCr. 32 b 7. 

8. finis og.. 

9. anni(?) 

10. There are traces of glosses 

u iiii kl The gloss may begin with eg. It seems possible 

that the whole gloss may be egipt" hi iiii kl 
4 e . 1. There are traces of a gloss hère. 

2. otbosuch bliad(ne) egiptaedae Cf. BCr. 32^ 2 bliad is clear; of ne 

I see no trace. 

3 u(?) for kl mis egipxacdai inso Between kl and mis there seems 

to be a small hole in the parchment. 

4. /.;""(?). .... gum i(o)r ix(?). An almost illegible gloss. 

5. supradicto 

6. (i)tsaini riaglori inso cf. BCr. 32 e 8. ni of saini is not clear. 

7. supradicto 

8. .i. bite for. xi. 

9. argumento 

10. cid lae sechtmamt. Cf. BCr. 32c 9. c oî cid can hardly be read. 

u. There there is a fragment of a gloss consisting apparenthv of ui, 
with possibly c before u and re after i. Probably the full gloss was cuire 
huait, cf. BCr. 32 e 11. Of. the last word h seems to be still legible. 



Revue Celtique, XXIII. 



l'hercule gaulois a salins 



Aymar du Rivail — en latin Rivallius, — conseiller au 

parlement de Grenoble (environ 1490 à 1560), a laissé une 
très curieuse histoire des Allobroges {De Allobrogibus libri 
noverri), dont le manuscrit, après avoir passé de la collection 
du président Boissieu à la Bibliothèque nationale (Cod. lat. 
6014), fut publié en 1844 par Alfred de Terrebasse. Au t" 179, 
verso, de cette histoire (p. 316 de l'édition), on lit ceci, dans 
un passage ajoute après coup, en marge, par rameur : L'em- 
pereur Septime Sévère, après avoir vaincu son compétiteur 
Albinus et pacifie la Gaule, retourna à Rome à la tète de son 
armée et accompagné de son fils Antonin (Caracalla) qu'il 
avait associe a l'empire (imperii particeps). Les empereurs 
firent route par le territoire des Allobroges et laissèrent, comme 
trace de leur passage, quatre inscriptions dans le bourg de 
Salins l , près de Moutiers en Tarantaise. Du Rivail, qui a 
évidemment vu ces textes, déclare que l'un d'eux était com- 
plètement effacé ; sur les trois autres on ne lisait plus que les 
lettres suivantes : 

1° IMI'l'. SEVERVS ET ANTONIN VS... 

2° EX REDITV SVO IVLIAE AVGVSTAE EX AERE PROPRIO 

(il s'agit, dit-il, de Julie, seconde épouse de Septime Sévère) 

3° EX VOTO HERCVLEIO GRAIO... 

Les marbres décrits par du Rivail ont aujourd'hui péri ; 
tout au moins ni Allmer, ni Ducis, ni Hirschfeld ne les ont- 



1. En réalité Salins, comme toute la Tarentaise, faisait partie du territoire 
des Ceutrons et non de celui des Allobroges ( Viennoise). 



L'Hercule gaulois à Salins. 5 1 

ils retrouvés à Salins, et c'est d'après l'unique copie de du Ri- 
vail que ces inscriptions ont été insérées au dernier moment, 
sous les n os 5708 à 5710, dans les Additamenta du tome XII 
du Corpus (p. 805). O. Hirschfeld, qui a reproduit in extenso 
le passage du De Allobrogïbus, ne l'a fait suivre d'aucun com- 
mentaire; seul un laconique sic souligne la forme insolite Her- 
culeio dans le n° 3. Il semble pourtant que ces textes curieux 
méritent quelques moments d'attention, ne fût-ce que comme 
un spécimen de la merveilleuse Imaginative des épigraphistes 
de la Renaissance. 

Ce n'est pas, disons-le tout de suite, qu'il y ait lieu de sus- 
pecter la bonne foi d'Aymar du Rivail, ni l'authenticité des 
textes en question. La comparaison des copies assez nom- 
breuses d'inscriptions relevées par cet auteur avec les origi- 
naux a mis hors de doute sa sincérité, sinon sa compétence; 
assez paresseux, il donne généralement moins, et non plus, que 
ce qu'on peut lire. En somme, du Rivail est un témoin digne 
de foi, et c'est à tort, comme l'a remarqué Hirschfeld (p. 220), 
que Terrebasse, en publiant son manuscrit, a pris la liberté 
de « corriger » ou de compléter tacitement ses copies d'après 
des copies postérieures qui parfois ne les valaient pas. Nous 
pouvons donc tenir pour certain que les trois inscriptions de 
Salins existaient à 1 époque de du Rivail, qu'il les a lues hon- 
nêtement et reproduites telles qu'il les lisait. Mais, dans la dé- 
position d'un témoin, il faut savoir distinguer entre les faits 
mêmes qui sont parvenus à sa connaissance, et les conclusions 
qu'il en tire ou la combinaison qu'il établit entre eux : les pre- 
miers peuvent être parfaitement exacts, les secondes complète- 
ment erronées. Tel est précisément le cas de nos inscriptions 
de Salins. Mis en présence de trois textes mutiles, qui 
n'avaient aucun rapport les uns avec les autres, du Rivail, 
qui voulait les utiliser pour son Histoire, n'a pas su résister à 
la tentation d'établir entre eux un lien chronologique, et a 
bâti là-dessus un véritable petit roman. 

Tout d'abord le texte n° 1 — Impp. Severus et Antoninus... 
— se rapporte bien, comme il l'a vu, à Septime Sévère et 
Caracalla, et représente sans doute le début de l'intitulé d'un 
resent de ces empereurs, ou encore le commencement de'la dé- 



$2 Théodore Reinach. 

dicace d'un édifice, peut-être celle des Thermes mômes de Salins. 
Mais c'est à tort que le savant dauphinois a cru que l'inscrip- 
tion était contemporaine du retour de Septime Sévère à Rome 
après la défaite d'Albinus. En effet, la défaite d'Albinus à Lyon 
eut lieu le 19 février 197; Sévère lit son entrée à Rome le 2 
juin de la même année; le passage des Alpes se place donc au 
printemps de 197. Or, Caracalla ne tut déclare Auguste, c'est- 
à-dire associé à l'empire, qu'au printemps de 198 x ; jusqu'alors 
il n'avait été que César (depuis 196), imperator destinatus (depuis 
197) 2 . Sans doute les inscriptions privées ne se conforment 
pas toujours rigoureusement à la titulature officielle; mais le 
texte de Salins, où les noms des empereurs sont au nominatif, 
est un document officiel, et il est impossible que dans un 
document de ce genre Caracalla, alors âgé de onze ans, ait été 
qualifié aimperator tout court, s'il n'avait encore été que 
Caesar, imperator designatusi. Cette inscription est donc pos- 
térieure au printemps de 198. 

Ajoutons que la conclusion tirée de ce texte par du Rivail, 
— à savoir que Caracalla accompagnait son père à son retour 
des Gaules, — est elle-même infirmée par une inscription 
(C. /. L., VIII, 7062 = Dessau, 1143) qui nous le montre, 
pendant la campagne de Sévère contre Albinus, séjournant en 
Pannonie. 

Si du Rivail a njal daté la première inscription de Salins, ce 
n'est pas seulement qu'il fût entraîné par son désir d'en tirer 
un parti historique; c'est encore parce qu'il en a indûment 



1 . Peut-être avant le 3 mai, d'après C. I. L., VIII, 2465 ; cf. Wirth , Quai s- 
tiones Severianae, p. 31 et suiv.; Cagnat, Cours d'épigraphie latine, 3 e éd., 
p. 197. C'est par erreur qu'il est déjà appelé Auguste dans l'inscription 
C.I.L.,Y, 5259. De même il est parlé à tort des Augustes dans l'inscrip- 
tion de Thamugadis, Epb. ep., VII, 353 (Dessau, 446). 

2. Pour ces dates cf. H. Schiller, Geschichte der rômischen Kaiserjeit, I, 
p. 713 ; Rohden dans Pauly-Wissowa, II, 2240. 

3. On pourrait cependant objecter la loi I, Cod. Just., IV. 19: Impp. 
Severus et Antoninus AA. FausKno P.P. prid. K. lui. Dextro II et Prisco 
conss. (196); mais on sait combien les libellés des lois ont été abrégés et 
remaniés en passant de recueil en recueil. Sans doute l'intitulé originaire 
portait Imp. Severus... et M. Aurelius Antoninus Caesar. Dans la dédicace de 
Mayence (Dessau, 419), 'qui est postérieure à la bataille de Lyon, Caracalla 
est simplement appelé César. 



L'Hercule gaulois à Salins. <j 3 

rapproché le texte n° 2 et commis sur celui-ci un gros contre- 
sens. Ce texte, on se le rappelle, est ainsi conçu : Ex reditu 
suo Iuliac Augustae ex aère proprio... Du Rivail, cela résulte 
clairement de son commentaire, a vu dans cette ligne le com- 
mencement d'une dédicace de Septime Sévère à sa seconde 
femme 1 , l'impératrice Iulia Domna, et il a interprété les mots 
ex reditu suo par « à son retour » (des Gaules). Or, ces mots, 
que je ne me rappelle pas en ce moment avoir jamais rencon- 
trés textuellement dans une inscription, doivent évidemment 
s'entendre d'après l'analogie des locutions si fréquentes sua 
pecunia, ex reditu pecuuiae, ex patrimonio suo 2 , etc., et se tra- 
duire par « sur ses propres revenus »3; ils font, en somme, 
double emploi avec les mots ex aère proprio qui suivent et qui, 
eux, se rencontrent souvent (avec ou sans ex), au point d'être 
parfois abrégés 4. 

Nous sommes donc en présence d'une dédicace banale faite 
par un particulier à ses frais, sur ses propres revenus, et s'il 
n'est pas impossible que l'impératrice honorée soit Iulia 
Domna, il pourrait tout aussi bien s'agir d'une des deux 
autres impératrices appelées Iulia Augusta, savoir Livie, femme 
d'Auguste, et Julie, fille de Titus. Pour trancher la question, 
il faudrait connaître le caractère épigraphique, et malheureu- 
sement du Rivail ne l'a pas reproduit. 

Nous arrivons maintenant à la troisième et à la plus inté- 
ressante des inscriptions de Salins : Ex voto Herculeio Graio. 

Du Rivail, hypnotisé par son système, a vu ici encore une 
dédicace des empereurs Sévère et Caracalla. Au moment 
de franchir les Alpes Graies pour descendre en Italie, ils se 
rappellent que ces montagnes doivent leur nom au demi- 
dieu grec Hercule, qui le premier y a frayé un passage 
« comme je l'ai raconté dans mon premier et mon second 



1. La première s'appelait Paccia Marciana (Dessau, 440), non Marcia, 
comme le dit la Vita, c. 3. Il est faux qu'elle fût la mère de Caracalla. 

2. Cagnat, op. cit., p. 228; Index du Recueil de Wilmanns, II, 672 suiv. 

3. Cf. CI. L., VIII, 6995 (Dessau, 441): ex reditibus locorum amphi- 
theatri. 

4. P. ex. Wilmanns, 2372. Aère ^(roprio) ^(osuerunt). 



54 Théodore Reinach. 

livre ». C'est donc à l'Hercule grec qu'ils consacrent ce 
marbre, comme à un précurseur et à un protecteur. 

Laissons de côté la relation entièrement arbitraire imaginée 
par du Rivail entre notre inscription et l'empereur Septime 
Sévère; il reste à considérer l'interprétation littérale du texte 
comme un ex-voto « à l'Hercule grec ». Or, s'il est vrai que 
des auteurs tardifs ont expliqué sottement par le passage d'Hé- 
raclès ' le nom des Alpes Graics, et en particulier du S ait us 
grains — c'est-à-dire du col du Petit Saint-Bernard 2 , — si un 
texte épigraphique atteste à l'époque romaine le culte d'Her- 
cule dans cette région >, si enfin l'Hercules Graius des 
Alpes graies correspond assez bien au Jupiter Poeninus des 
Alpes pennines4, aucune inscription n'associe, que je sache, 
l'épithète de Graius au nom d'Hercule. Herculi Graio serait 
donc déjà une singularité; mais que dire de Hcrculeio Graio ! 
La forme Herculeius pour Hercules est sans exemple en épi- 
graphie ou en littérature, même aux époques les plus barbares. 
D'autre part, du Rivail était un latiniste trop exercé pour 
substituer arbitrairement ce barbarisme à la forme correcte 
Herculi ou Herculei qu'on serait d'abord tenté de supposer sur 
la pierre ; s'il a lu Hcrculeio, c'est qu'il y avait Hcrculeio. C'est 
dans la lecture du mot suivant et dans la division des mots, 
probablement non indiquée dans l'inscription, que doit résider 

i. L'ancienne tradition, comme le fait observer Mommsen, faisait passer 
Héraclès par les Alpes de Ligurie. 

2. Nepos, Hannibal, III, 4: Ad Alpes venit, quas nemo umquam cum 
exercitu ante cum praeter Herculem Graium transierat, quo facto is hodie 
saltus Graius appellatur... Pline, Hist. nat., III, 17, § 12;: Salassorum 
Augusta Praetoria (Aoste) juxta geminas Alpium fores, Graias atque Poe- 
ninas; lus Poenos, Graiis Herculem transisse memorant. Cf. Plin., XX, 
§ 134. Petron. Sat., c. 122. — L'expression Graius Hercules est encore em- 
ployée à propos du mont Oeta par Mêla, II, 3, § 36. Frick. On dit plus 
communément Argivus ou Thebanus. 

3. Bourg Saint-Maurice : Herculi (C. I. L., XII, p. 16, n° 99). L'inscription 
d' Aoste Saint-Genix (Isère) [et non pas d' Aoste en Piémont, comme le 
croit Ducis, Alpes de Savoie, p. 1S3 suiv.], donnée par du Rivail (p. 172), 
Quieti gentium Herculis,ès\ considérée comme fausse par Hirschfeld (C. I.L., 
XII, p. 19*, n° 185*5 tOLlt en admettant la possibilité d'une mauvaise lec- 
ture d'épitaphe). Quant à l'inscription d'Aoste en Piémont : Deo sunmio 
Herculi et (lunoni) b. P. Calvisius, etc., elle est sûrement fausse (C. /. L., 
V_. 2, p. 69*, n" 726*, Mommsen). 

4. C. I. L., V ,.6805-9. 6S71 (Grand Saint-Bernard). 



L'Hercule gaulois à Salins. $5 

l'erreur du savant dauphinois, et voici la solution que je pro- 
pose de ce petit problème. La pierre portait les caractères 

EXYOTOHERCVLEIOG.'.i IO 

L'inscription, on le sait, était fort effacée; il suffit donc que 
l'antépénultième lettre ait présenté quelques éraflures pour 
qu'au lieu d'un M du Rivail ait lu RA, groupe qui comprend 
le même nombre de jambages que M. Et comme son érudi- 
tion classique lui fournissait immédiatement l'épithète Graio, 
il a divisé les mots ainsi : Herculeio Graio, sans insister — et 
pour cause — sur la forme impossible et barbare Herculeio. 
En réalité, il aurait dû lire et diviser ainsi : Herculei 1 Ogmio. 
Nous sommes en présence d'une dédicace à Hercule Ogmius, 
ou plutôt au dieu celtique Ogmius, identifié à l'Hercule gréco- 
romain. 

Hercule Ogmius n'était connu jusqu'à présent que par la 
célèbre description de Lucien (LV. Hercules, 1 suiv.), peut- 
être empruntée à Posidonius, qui le représente sous les traits 
d'un vieillard chauve et basané, orné des attributs traditionnels 
d'Hercule, mais, en outre, par un empiétement sur les fonctions 
de Mercure, traînant à sa suite une multitude d'hommes dont 
les oreilles sont attachées à sa langue par de longues et minces 
chaînes d'or et d'électrum (ou d'ambre). Cette description, 
que Lucien prétend emprunter à un tableau, a fait l'objet 
d'innombrables commentaires 2 ; mais le nom Ogmius ne 
s'était encore jamais retrouvé en Gaule, et quoiqu'on lui ait 
trouvé des étymologies celtiques et grecques à foison, quoique 
la mythologie irlandaise ait un dieu ou héros Ogma, sorte de 
Lug, inventeur de l'écriture hiératique (ogamique), un doute 
subsistait dans beaucoup d'esprits sur la réalité du nom et du 
portrait transmis par Lucien. Si ma restitution de l'inscription 
de Salins était acceptée, on aurait là un témoignage épigra- 



1. La forme Herculei (au lieu de Herculï) n'indique pas nécessairement 
une époque très ancienne. Cp. Wilmanns, 45 (Herculei), 1781 (Hercolei). 

2. Voir en dernier lieu Peter, Art. Hercules, dans le Dict. de Roscher, I, 
3020, et Roscher et Ihm, Art. Ogmios, ïbid., III, 682. Cf. J. Rhys, Celtic 
Heatbendom (Hibbert Lectures, 188S), p. 16 suiv. 



56 Théodore Rcinach. 

phique, isolé mais décisif, confirmant, au moins sur le pre- 
mier point, la véracité de l'auteur grec 1 . 



Théodore Reinach. 



1. Quant à la description figurée, on sait que Longpéricr a cru (Rcv. 
arch., 1849. P- 3^4 suivi) en retrouver les principaux éléments: i° dans 
une statuette de Saint-Dizier, aujourd'hui au musée de Saint-Germain (S. 
Reinach, Bronzes figures, p. 129), 2 U dans des statères gaulois où un buste 
de dieu (?) est entouré de chaînettes terminées par des tètes humaines. — 
Un curieux dessin d'Albert Durer, évidemment inspiré' de la description de 
Lucien, représente un Mercure volant, traînant quatre personnes par des 
chaînes d'or qui s'échappent de sa bouche (collection Ambras à Vienne ; 
copie au Musée britannique). Voir Jalm, Ans der Alterthumswissenschaft, 
p. 346 et pi. VII, n° 2. 



SUL CENSUS SOTTO L'IMPERO ROMANO 

(SPECIALMENTE NELLE GALLIAE) 



Negli ultimi tempi délia Repubblica, con la censura, non 
formalmente ma di fatto abrogata, venne meno la formazione 
del « censuspopuli », che infatti dopo l'a. 70/69 a. C. non ebbe 
più luogo. Augusto restaura la magistratura e l'operazione del 
« census civium ». Durante il suo lungo governo, egli « cen- 
sum populi... ter egit I », negli a. 28 a. C, 8 a. C. e 14 d. 
C. Piûtardila cosa fu ripetuta da Claudio, nel 47, efinalmente 
da Vespasiano (insieme con Tito), nel 74 d. C. D'allora in 
poi, scomparve definitivamente la censura romana, e per effetto 
parallelo e corrispondente, non si fecero piû censimenti dei 
cittadini. 

Questi ultimi cinque « lustra » (68°-72°), nel primo secolo 
Impériale, si effettuarono per mezzo délia predetta magistra- 
tura repubblicana, per un momento invano ristabilita 2 , e col 
concorso délie omonime cariche municipali, che giâ sotto la 
Repubblica?, sul modello e alla dipendenza e sorveglianza 



1. Cf. Sueton., Aug. 27. La prima volta lo fece insieme con M. Agrippa, 
la seconda da solo, l'ultima con Tiberio (Monum. Ancyr., éd. Mommsen-% 
p. 36 sgg., etc. I testi in De Ruggiero, Dizion. epigr. di ant., s. v. Censor, 
pp. 168. 173). 

2. Non riusci il tentativo fatto nel 22 a. C, censori Planco ed Emilio 
Lepido (Cf. Gardthausen, Augustus und seine Zeit, I, 2, p. 915). 

3. Su tutto ciô cf. Kubitschek, in Pauly-Wissowa R.-Enc, s. v. Census, 
III, 191 5. Taie ordinamento si ebbe dctinitivamente con la lex Julia muni- 
cipalis (49 a. C). La carica suprema, incaricata del census, denominata 
« quinquennales », esisteva in alcuni Comuni Italici prima di Cesare (V. 
la dissert, del Neumann, De quinquennalibus coloniarum et municipior.). 



$8 F. P. Garofalo. 

délia censura romana, inviavano al governo centrale le tavole 
censuali r . 

Siffatto « census populi » comprendeva i cittadini romani, 
<• civium Romanorum capita ». Negli ultimi cinque lustra si 
riferi certamente a tutti i cittadini romani dell' Impero. Ma 
anche nel tempo repubblicano non si doveva limitare alla sola 
Italia; almeno l'ultimo, del 70/69 a. C, dovette estendersi a 
tutte le provincie. Né mancavano infatti al governo romano i 
mezzie gli organi necessari ad assumere le notiziesui cittadini 
residenti fuori d'Italia 2 , torse non molto précise per le provincie 
meno costituite e civili, per certo meno précise che nelT etd 
Impériale. 

I census del tempo dell' Impero compresero le liste dei cit- 
tadini romani nel senso proprio e ristretto, corne si vede 
dalT espressione medesima usat'a e conservata da Augusto 
(« civium capita »), con lo stesso significato teenico tradizio- 
nale corne l'istituto richiamato in vigore. Non potevano cioé 
essi estendersi a tutta la popolazione libéra. 

In vero, le cifre dei primi tre lustra, sicurissime perché tra- 
mandate da un documento ufficiale (Monum. Ancyr., II, 2. 
5 e 8), sono molto elevate in confronto a quelle déll' ultimo 
lustrum repubblicano, cioé da 4 a 5 milioniî, in paragone a 
910 mila. Un aumento cosi grande si puô spiegare non solo 
con l'aumento del numéro délie concessioni délia eittadinanza 
romana e dell' emancipazioni degli schiavi-i, ma anche con 
l'ammettere, che la cifra di 910000 possa essere inferiore alla 
realtâ, e col ricordare, che sotto la Repubblica il numéro dei 
cittadini dimoranti o trovantisi nelle provincie non si poteva 
conoscere esattamente, e che un non piccolo numéro sfuggiva 
al computo. Non v'é pertanto bisogno di credere che quelle 
cifre di piû milioni si riferiscano a tutti i liberi, comprési i 

1. Quinquennales compariscono nel tempo del primo census Augusteo 
(CI. L., IX. 422). 

2. Per es. quanto a quelli che servi vano nelle legioni, si avevano d.\ 
molto tempo norme per farne il computo (Liv., XXIX, 57, 5). E cosi do- 
veva essere essere per i « convenais civium Roman. »,etc. 

î. Di (.063000 nel i° census Augusteo (Cf. Hieronym., Il, 140 sg. 
Schône), di | 233000 nel 2°, e di 1 037000 nel î°. 
4. Cf. Gardthaitsen, op. cit., II, 2, p. y,2, n. 3. 



Sul census sotto l'Impero romano. 59 

fanciulli e le donne, e che solo 1/3 fosse il numéro dei citta- 
dini 1 . 

Accanto al « Census populi » si ha un' altra forma di cen- 
sus, il provinciale, avente per scopo e risultato la formazione 
délie liste degli abitanti délie provincie e di quelle dei loro 
béni. Esso giâ sotto la Repubblica, e indipendentemente dal 
censo dei cittadini romani, comparisce, ma in casi singoli 
(corne per la Sicilia nel tempo di Cicérone). Ma ora con 
l'Impero, e fin dal tempo medesimo dell' origine di questo 
(dall' a. 27 a. C. per le Galliae), divento d'importanza fon- 
damentale per il nuovo reggimento, per le sue ragioni e néces- 
sita fiscali e militari. 

La prima e antica forma, il census populi, per un momento 
ravvivata dai primi Cesari, poté giovare non soltanto a fini 
statistici, ma anche a conoscere e a far vedere il continue svi- 
luppo e la sempre crescente prosperita che il nuovo governo 
aveva arrecata, in confronto al passato c al sistema politico 
antécédente; la quale constatazione era di grandissimo efietto. 
Ma poi perdette sempre piû lo scopo pratico, onde non si ri- 
petépiû 2 . Rimase quindi sola l'altra forma, il censo provin- 
ciale, perocché la sola distinzione che si conservasse, tu, per 
le considerazioni e per gli obblighi finanziari e militari, tra 
l'Italia e le provincie, sottoposte queste ultime a tali obblighi, 
senza differenza tra provinciali, cittadini romani, latini, cittâ 
libère, federate, etc. 

Questo censo provinciale dove e finché fu possibile, non si 
scosto dalle modalitâ antiche, applicate, con maggior larghezza, 
aile nuove condizioni e finalita. 

R corne p. es. in Sicilia si faceva, nell' etd repubblicana per 

1. Come suppone il Beloch, Die Bevôlkerung d. griech. — rôm. Welt, 
p. 372 sg. — scgufto da Ed. Meyer, in Jalirb. f. Nationalôkonomie u. Sta- 
tistik, III F, XV Bd., p. 61 sgg. ; e anche in Handwôrterbuch d. Staats- 
wissensch., s. v. Bevôlkerungswesen, II 2 (1899), p. 683 sgg. Questi autori 
riducono il numéro dei cittadini (maschi adulti) a non piû di 1 mil. e 1/2, 
o di 1 400000. 

2. L'ufficio impériale « a censibus », che — dopoché, perduta ogni difte- 
renza tra cittadini e non cittadini, restô çome classe la sola équestre — si 
occupava dell' ordine équestre soltanto, doveva, precedentemente, attendere 
forse al censo di tutti i cittadini. 



60 F. P. Garofalo. 

cura dci censori dci Comuni l , cosi ora, sotto l'Impero, si pro- 
cède con l'ausilio e quasi sulla base municipale, per mezzo 
cioé délie suprême cariche municipali, dei « quinquennales 
(censoria potestate) » 2 . 

Ma nelle nuove provincie era piû difficile l'operazione cen- 
suaria, essendo affatto nuova (meno in qualcuna, corne in 
Egitto, dov' era antica tradizione 3), e mancando Torganizza- 
zione urbana (Cosi nelle Galliae). Laonde si pué dire, che — 
in générale — taie operazione nuova fu nelle provincie di cui 
Augusto si assunse direttamente il governo, nelle ultime con- 
quistate, e nelle altre antiche ma ora passate a lui, special- 
mente perô in quelle. Mentreché nelle provincie lasciate al 
governo del senato, il censo era — meno qualche eccezione, 
corne nella Narbonensis<< — non ignoto e molto piû facile. 
In oltre nelle provincie imperiali esso era piû immediatamente 
e direttamente necessario per i bisogni del tributum e del di- 
lectus. Ma ciô non deve escludere che avesse luogo anche 
nelle provincie senatorie, sebbene con minore urgenza e am- 
piezza e meno gravi difficoluo. 

Senza dubbio per lutte le provincie Augusto fece raccogliere 
i dati rela'tivi alla descrizione e misurazione geografica, e anche 
aile piû impellenti nécessita dello Stato; formô cioé una specie 
d'inventario amministrativo 6 . Ma da questo a un vero e pro- 
prio censimento ci corre molto. 



i. In ogni quinto anno (Ciccron, c. Verr. act. II, lib. II, 55. 137; 56. 

139). 

2. V. sopra, pag. 57 e 58, note 3 c 1. La lex Julia municipalis rimase in 
vigore sotto l'Impero. 

Sui quinquennales cf. oltre délia cit. dissert, del Neumann, W. Liebcnam, 
Stàdteverwaltung im rôm. Kaiserreiche (Leipz., 1900), p. 258. Ad essi 
rimasero le attribuzioni del censo anche dopo (sec. II) l'istituzione dei cu- 
ratores (Cf. Liebcnam, in Philologus, LVI, p. 318, e n. 118). 

3. Vedi Ôxyrhynch. Papyri Grenfell-Hunt, II, p. 207 sgg. Cf. anche 
HaverfieM, in Clas'sic. Review, July 1900, p. 309. 

4. Dove non si ebbero quinquennales (Hirscbfeld, in Sitzungsber. Berlin. 
Akadem. 1897, p. .116). Ivi il censo fu fatto da Augusto nelP anno stesso 
in cui egli la diede al senato (Vedi Cass. Dio LUI, 22). 

5. Ncll'a. 22 a. C. Augusto censi la Narbonensis (V. nota précédente). 
Per lo stesso scopo forse egli fece nell' anno medesimo un viaggio per_ pro- 
vincie senatorie (Cass. Dio, 1. c). 

6. Cf. col « breviarium totius Imperii » (Sueton., Aug. 101). 



Sul census sotto l'Impero romano. 61 

Un' operazione cosi complessa e grave non poteva com- 
piersi presto né in ugual tempo. Da Augusto fu decretata al- 
meno per le provincie imperiali tutte, ma ebbe termine in 
alcune dopo e molto dopo la morte di lui, e in epoca rispet- 
tivamente diversa secondo le particolari condizioni. E si puô 
dire chei censi provinciali abbiano avuto detànitivo eompimento 
dopo il i° secolo; onde solo nel tempo diTraiano si poté avère 
il catasto générale. 

Délie provincie non direttamente sue, Augusto s'interessô 
meno ; ma col tempo, a mano a mano che ivi s'introdusse 
il sistema tributario, anche qui si dovette procedere al censi- 
mento organico e compiuto, e anche nel II secolo si poté fore 
il catasto. 

Si noti finalmente, che i censi provinciali iniziati da Au- 
gusto hanno correlazione, anche cronologica, con quelli « po- 
puli ». Perô mentre questi erano universali, gli altri erano ne- 
cessariamente parziali 1 . Se gli uni, corne abbiamo visto, si ri- 
ferivano ai cittudini romani in senso ristretto, i censi provin- 
ciali dovevano estendersi agit abitanti délie provincie, e non 
ai soli maschi adulti, ma a tutta la popolazione libéra; e pro- 
babilmente comprendevano le due liste separate, l'una accanto 
ail' altra 2 . 

Per la relazione osservata fra i censi dei cittadini e quelli 
provinciali, si potrebbe spiegare la notizia data daLitca (Evang. 
II, 1 e 2), di un censimento decretato da Augusto per -y.zy.-i 
tyjv oîxoujxévr^vî, verso il tempo délia nascita di Cristo (Vedi 
Res gestae d. Aug., Mommsen 2 , p. 175), quando P. Sulpicius 



1. Cf. il censo délie Galliae cominciato nel 27 a. C, con quello del po- 
polo, ch' ebbe luogo nel 28. Il censo di Druso nelle Galliae e quello délia 
Siria, col census pop. dell'a. 8 a. C. E il censo di Germanico nelle Galliae, 
col cens. pop. del 14 d. C. 

2. Poché non poteva mancare una lista apposita per quelli sottoposti ai 
pesi militari e fiscali. Se per certi paesi abbiamo le cifre di tutti gli abitanti 
liberi (corne per i tre convenais del nord-ovest délia Hispania Citerior), 
altrove si hanno cifre dei soli maschi adulti. Questo é probabilmente il 
caso per la çivitas Siriaca Apamena (C. 1. L., III 6687: « homin(um) 
civium » — benché il Mommsen, in Epbemer. Epigraph. IV, p. 541, creda 
diversamente). 

3. Notizia mancante nelle fonti autorevoli, specialmente nel Monum. 
Ancyranum, ed esistente in autori che senza dubbio dipendono da Luca. 



62 F. P. Garofalo. 

Quirinius procedeva al censimento délia Siria e délie regionr 
vicine(a. 6 d. C.) 1 . Eramolto facile conchiudereche fosse uni- 
versale il censimento vero e proprio corne questo délia Siria, 
fraintendendo sul carattere del censimento degli altri paesi. 
Taie errata deduzione derivava, evidentemente, dal sapere che 
in quei medesimi tempi Augusto raccoglieva notizie unîversali, 
e faceva compiere il censo dei cittadini romani di tutto l'Im- 
pero 2 . 



La funzione del censo délie provincie, col quale si raggiun- 
geva lo scopodi conoscere(« formula census ») il numéro degli 
abitanti e l'ammontare délie loro facultates, spettava esclusiva- 
mente ail' imperatore (cosi corne quella del dilectus). Ed era 
esercitata o personalmente,o corne d'ordinario avveniva,delegata 
in modo spéciale e straordinario, per ogni singola provincia, 
eccettoché per le Galliae nei primi tempi. Ciô vale anche per le 
provincie senatorie, dove nei primi tempi era richiesto, almeno 
dalle formalita costituzionali >, un certo concorso del Senato, 
ma sotto la direzione suprema (mains imperium) del Cesare. 

I funzionari spéciale incaricati dall' imperatore venivano 
assistiti e coadiuvati da altri per i singoli conventus, regiones, 
civitates..., sulla cui base il censimento si effettuava. Costoro 
reano detti censores, censitores, etc. 5. Taie fu quel Q. Aemi- 
lius Secundus che aiutô il governatore délia Siria Quirinius, 
attendendo al censo di una civitas (C. /. L., III, 6687 ; Ephem. 



1. Vedi Ioseph., Antiq. XVII, 15, 3 ; XVIII, 1, I e 2, 2 (clic lia molto 
valore nellc notizie dei primi tempi imperiali : Bloch, Die Quellen des Fla- 
vius Iosephus, Leipz. 1879, p. 132). I testi sono distesamente in Gardthau- 
sen, Aug. u. s. Zeit, II, 2, p. 537 sgg. 

2. Per quanto poca sia l'autoritâ di Suid. (s. v. à-oy^^r,'), é innegabile 
che Augusto mandé molti funzionari per tutto VImpero, non a tare un cen- 
simento formale certamente. 

3. Che ben presto divennero vuote (Vedi p. es. Voigt, Rorn. Rechts- 
gesch., II, p. 2 seg.).' 

4. Che raccoglievano tutti i singoli risultati, che si conservavano nei « ta- 
bularium » del capoluogo délia provincia (C. II, 4181. .4248. etc.). 

3. E anche « adiutores ad census provinciae » (C. /. L., XII. 408), 
« dispensatores ad census prov. » (C. /. L., VI, 8578), senz' altra speerfica- 
zione. 



Sul census sotto l'Impero romano. 6 $ 

Epigr., IV, p. 540 sg.) 1 . Essi erano piu di sovente ufficiali 
militari, corne appare évidente dalla strettarelazione che passava 
fra il census e il dilectus, tra le divisioni censuali e le coorti 2 . 

I funzionari supremi erano nominati dalP imperatore volta 
per volta a dirigere il censo di una provincia. Secondo l'opinione 
generahnente seguita, s'incaricavano ora i governatori stessi ora 
altri, benché qualcuno ritenga che fossero sempre i governatori 
muniti di un mandato ad hoc 5. Certo é che la funzione délia 
direzione del censo non entrava nelle regolari attribuzioni dei 
governatori, e che conosciamo dei governatori, aventi inoltre 
taie incarico straordinario e per la sua importanza onorifico 
(che perciô viene nelle iscrizioni apposto, ora prima ora dopo 
dell' indicazione dell' ufficio di governatore)^. Crediamo pro- 
babile, che si alta missione venisse affidata ai governatori, 
cioé a persone destinate nel tempo stesso a taie ufficio. Ma 
questo in principio^. Fatto perô il primo lavoro fondamentale, 
l'incarico poté darsi anche ad altri, « sempre perô dell' ordine 
senatorio 6 », che si chiamavano « legati Aug. ad census aeci- 
piendos (a censibus accip.) » (C. /. L., XIV, 2925 ; II, 4121; 
Inscr. Hclv., 175), o « leg. Aug. propr. ad census » forniti 
di un imperium propretorio spéciale, senz' essere perô gover- 
natori (C, X, 6658, etc.), o anche « censores (censitores) », 
« electi ad census », etc., per una provincia (Es., C, II, 4121 ; 
V, 7/83; VI, 332; XIV, 3593, etc.). 

Piû tardi la direzione suprema si affidava stabilmente e 



1. Non parliamo, perche era questo un fatto eccezionale corne il potere 
del loro superiore, di coloro che coadiuvarono il principe impériale Ger- 
manico nelle Galliae (Tacit., Ann. I, 31. 33; II, 6). 

2. Cf. Unger, De censibus provinciarum Roman, (in Leipzig. Studien, 
X (1887), p. 62. Che perô sbaglia nel porre relazione fra il convenais 
Caesaraugustanus e la cohors Bracaraugustanorum ! 

3. Cioé lo Zumpt, e con maggior copia di argomentazioni, V Unger, lav. 
cit -> P- 53 sgg. 

4. Anche nelle provincie senatoriali compariscono gli stessi proconsoli, 
rivestiti di un mandato impériale per il censo, « leg. ad census accipiendos » 
(C. /. L., XIV, 3602). 

5. Cosi nelle Galliae, in Siria. 

6. I tre personaggi consolari dell'a. 61 (Tacit., Ann., XIV, 46) dovevano 
avère, evidentemente, una délie Très Galliae ciascuno, puroperando simul- 
taneamente e con unita di meiodo e di risultati. Che fossero governatori, 
é incerto. In ogni modo, ciô non é escluso dal silenzio di Tacito. 



64 F. P. Garofalo 

quasi sempre ', a procuratores (ad census aceipiendos) 2 , per 
ogni provincia, anche sènatoria (C, VIII, 10 500). Questi 
funzionari di grado équestre sono per una provincia tntera. 
Ma talora ne vediamo addetti ad una circoscrizione spéciale, 
non perô corne coadiutori e dipendenti dal direttore del censo 
di tutta la provincia, ma piuttosto da se, indipendenti. Ve ne 
sono fin anco per un comune singolo, ma in casi eccezionali, 
com' era quello del censo di una cittâ fornita dell' « ius Itali- 
cum? », ch'era sempre un caso specialissimo, quantunque 
fosse sempre rimasto al governo il diritto di censire anche le 
cittâ aventi taie privilégie*. L'incarico si poteva affidare allô 
stesso censitore délia provincia intera (e allora se ne faceva 
menzione espressa^), ma anche ad altri. 

Da ciô che si é detto, rilevasi anche, che spesso riesce im- 
possibile discernere se il censor s. censitor di un conventus o 
di simile parte, di piû civitates, anche di una civitas sola sia 
stato subalterno di un funzionario incaricato nel medesimo 
tempo del censimcnto di tutta la provincia, ovvero se abbia 
avuto l'incarico egli solo, indipendentemente. Eziandio torna 
talvolta difficile distinguere se il funzionario supremo sia stato 
addetto al censo di tutta la provincia o di una sua parte. Perô 
nelle iscrizioni C, XII, 671 e 4188 « electus... [ad census] 
aceipiendos in pro[v.] Aquitanica », « censum egit in provinc. 

1. Mono in qualche caso straordinarîo, in cui si inviavano, corne prima, 
speciali legati Aug. di rango piû èlevato. 

2. « Procuratores Aug. ad census aceipiendos (a censibus accipiendis) in 
provincia (provinciae) », sive « procur. Aug. provinciae ad censum » etc. 
(C, VIII, 9730. 10500; XIV, 4250; C. 1. Gr., 3751 ; Revue archëolog., 
1883, I, p. 208, etc. Vedi E. De- Ruggiero, Dizion. epigr. di ant.. s. v., 
p. 177; e, Pauly-Wissowa, III, 1919 sg.). 

3. Per cui il suolo, in contrapposizione al provinciale, era considerato 
corne il suolo Quiritario d'italia. Sull' argomento vedi-oltre dei lavori riteri 
ti dal Marquardt (R. Staatsv., in trad. fr. VIII, 1, p. 1 19, n. 6; 325) — fra 
i piû recenti, Kornemann in Pauly-Wissowa, fasc. 49, p. 57X; e B. Heister- 
bergk, in Philologus, LVIII (1899), p. 321 sgg. 

4. Nulla dice in contrario l'argomento dell' Unger (dissert, cit., p. 63), 
che cioé gl'imperatori potevano avère per queste cittâ le tabulae dai magis- 
trat! locali. Poiché questo vale per ogni municipio e colonia, senza distin- 
zione. 

5. CI. L., IJ, 4121, dove si dice « censitor provinciae Lugdunensis 
item Liigdunensium ». cioé dell' unica cittâ che in lutte le Très Galliae 
avesse l'ius ltalicum. 



Sul census sotto l'Impero romano. 65 

Gallia Aquitanic(a) », non v'ha ragione per limitare la sfera 
di azione ad una parte di provincia; giacché l'espressione « in 
provincia » non é différente dall' altra « provinciae » (cf. C, 
III, 10804, eXIV, 4250: « ad accipiendos census provinciae » 
= « ad accipiendos census in provincia ») né diversa da « per 
provinciam » (C., XIV, 3593, che si riferisce ad un personag- 
gio senatorio, e quindi a una provincia intera). 

É incerto pure se a tutta una provincia od a una regio sola- 
mente debba riferirsi l'iscrizione C, X, 680, ricordante un 
ufliciale mandato « pro censore ad Lusitanos » nel tempo di 
Augusto. Cioé non si sa se costui sia stato, in modo eccezio- 
nale, incaricato di un' alta missione per tutta la provincia di 
Lusitania, oppure se abbia atteso al censo dei Lusitani, intesi 
nel senso ristretto ed etnico, coadiuvando il governatore délia 
provincia, o lavorando egli solo, in maniera spéciale e straor- 
dinaria. 

I procuratores Aug. per il censo di una provincia furono isti- 
tuiti definitivamente e regolarmente (cf. con gli speciali « di- 
lectatores » di grado équestre, per le operazioni délia leva, in- 
timamente connesse con quelle del censo 1 , e non solo per 
circoscrizioni particolari, ma anche per una provincia 2 ), do- 
poché fu compiuto il catasto, cioé le basi dell' amministra- 
zione. Onde, dal II secolo 3, bastava un semplice procuratore-* per 
fare le modificazioni, che di quando in quando erano richieste 
dalle mutazioni avvenute. Se ne deduce quindi, che -sino a 
quando durava l'operazione lunga del censo, non ci poteva 
essere un intervallo fisso e determinato tra i singoli atti del 
censo, che s'interrompeva e si riprendeva secondo le partico- 



1. Il dilectus era in principio un' attribuzione dei legati Aug. propraetore 
(e anche ai governatori délie provincie senatorie si poteva affidare, ma con 
un mandato spéciale: C, XIV, 3602). Poscia si affidô a funzionari equestri 
particolari. 

2. Contrariamente al Mommseti (R. Staats., in trad. fr., V, p. 399, 

3. A cominciare da Adriano (secondo 1 Unger, 1. c), e per corrispon- 
denza al sistema délie cariche equestri da lui fondato. Nelle Galliae, secondo 
l'iscrizione C, XIII, 1680, fu verso il 200 il primo caso di un personaggio 
équestre incaricato di « accipere census », ma per tutte le Galliae. Per una 
sola provincia, si hanno casi anteriori. 

4. Vedi Kubitscheh, in Pauly-Wissowa, vol. III, 1920. 

Revue Celtique, XXIII. 5 



66 F. P. Gaiojalo. 

lari circostanze. Ma dopoché l'opéra ebbe termine (e forse 
nel principio del II secolo), si passé ai « recensus » (C, III, 
p. 945), necessari a modificare e rinnovare il « census » fon- 
damentale, e che é incerto se avvenissero in fissati intervalli l , 
almeno per tutte le provincie 2 . 

Passo ora a studiare in particolare il censo délie provincie 
Occidentali dell' Impero, dove si présenta piû ampio che al- 
troveî. 

Galliac. — Fin dall' a. 27 a. C. Augusto — nel tempo del 
suo soggiorno qui — iniziô personalmente con l'ordinamento 
délie terre conquistate da Cesare 4, il loro censimento')'. Fu 
questa un' operazione assai difficile (Onde « tumultus » degl' 
indigeni per il « novo et inadsueto opère ») e di lunga durata, 
per quarantae piû anni.Venne ripresae continuatada Agrippa, 
dall' imperatore stesso (16-13 a. C.) e dai principi délia 
sua Casa, specialmente da Druso (fino al 9 a. C.) 6 , e in ul- 
timo, da Germanico (rino al 16 d. C.)", tutti forniti di un 
imperio eccezionale e su tutto il paese. Anche posciaché, sotto 
Tiberio (17 d. C), furono le Galliae detinitivamente separate 
l'una dall' altra, e ciascuna ebbe un proprio legatus Aug. 

1. Nulla di sicuro si ricava né dal periodo quinquennale nei Comuni, né 
dall' uguale in Egitto (C. I. Gr., 4957). né da C, III, p. 944 sg. (cf. 
Her^og, Gesch. u. System d. rôtn. Staaatsverf., II, 2, p. 659, n. 1), nem- 
tneno dalle date dei recensus délie Galliae. 

2. Che nelle Galliae si facessero con temporaneamente, non é da ma- 
ravigliare, se si consideri che quelle provincie, anche dopoché ebbero go- 
vematori particolari, conservarono una specie di unita amministrativa. 

3. Cluanto alla Britannia, nulla si sa del censo che dev' essere siato or- 
dinato subito dopo la conquista (verso la meta del 1° secolo). Si conoscono 
soltanto un procuratot Aug. e due censitores: dei Brittones Anavionenses,, 
e di una colonia {Bull. Archiv. Comun. Ronia, 1893, p. 84; C. I. L., XI 
5213 ; e XIV, 395s). 

4. Compresa, sino al 22 a. C, la Narbonensis, che fu censita da Au- 
gusto e ne aveva bisogno (Cass. Dio, LIV, 4). 

3. Liv., Per., 134. Cass. Dio, LUI, 22, 5. 

6. Liv., 138. 139, Orat. Claud. sull' ius honorum dei Galli, in Boissicu, 
Inscr. de Lyon, p. 136. (Vedi C. I. L. XIII, 1). 

7. Assistito da- C. Antius e P. Vitellius ( Tacit., Ann., I, 31. 33 ; II, 16), 
che s'ignora se facessero il censimento di tutte le Galliae insieme o se si di- 
videssero le provincie. Secondo Tanalogia délie abituali circoscrizioni pro- 
curatorie hnanziarie, potremmo forse ammettere, che l'uno si prenijesse la 
Lugdunensis con l'Aquitania, l'altro, le terre rimanenti. 



Sul census sotto l'Impero romano. 67 

propr., l'opéra non era ancora veramente compiuta. Perciô 
nel tempo di Claudio si fece un « census Gallorum », edi tutte 
le Galliae per cura di un unico direttore (del procurator T. 
Statilius Optatus 1 ). Si continué sotto Nerone, nel 61, per 
opéra di tre personaggi consolari (Q_. Volusius, Sextius Afri- 
canus e Trebellius Maximus) 2 , ché possono essere stati gover- 
natori rispettivamente délie Très Galliae, o legati Aug. sola- 
mente(V. sopra, p. 63, n. 6). Finalmente, da Domiziano in 
persona (a. 83/4)5. 

Tutto questo lungo lavoro^ fu unico e simultaneo per 
tutte le Galliae (comprese le due Germaniae); e con ciô si puô 
connettere il fatto, ch' esso aveva rapporto con la rappresen- 
tanza del paese ail' ara di Roma e di Augusto (concilium Gal- 
liarum)5. 

Compiuto il lavoro su basi sicure, parve sufHciente una 
semplice revisione (recensus) di quando in quando, affidata 
per lo piû, anzi quasi sempre, a procuratores Aug. 6 . 

Procuratores per tutte le Galliae si conoscono fin dall' etd 
di Claudio (V. nota 1). Ma il primo a iniziare la série non 
interrotta di procuratori dell' ordine équestre, é secondo un' 
iscrizione (C, XIII, 1680) verso l'a. 200 probabilmenre (Tib. 
Antistius Marcianus), ma per tutte le Galliae. Mentreché pro- 
curatores simili per una provincia singola avevano incomin- 
ciato precedentemente. 

I procuratori di singole provincie, fin ad oggi noti, sono : 
Uno per la Lugdunensis (C., XIV, 4250). 

Per l'Aquitania, C. Aemilius Fraternus (C., II, 4188, del 



1. Noti%. d. Scavi, 1893, p. 197. 

2. Tacit., o. c, XIV, 46. 

3. Fronlin., Stratag. I, 1,8. Da cui si puô rilevare soltanto, che anche 
allora l'operazione censuaria era ritenuta sempre di grave interesse. 

4. Vedi l'elenco dei vari census Gallici coi relativi incaricati, in Gard- 
thausen, Aug. u. s. Zeit, II, 2, p. 537, n. 34. Cf. Renier, Mél. d'épigr., 
1854, p. 54; Mommsen, R. Staatsr., Ils, 1092 sg. 

5. Mommsen, R. G. V. (j= Le Prov. rom., I, p. 91, e n. 1). Vedi anche 
Boissieu, Inscr. cit., p. 609 = Orelli-Henzen 6944. Perciô nell' archivio di 
Lugdunum si conservavano i risultati di tutte le Galliae (Cass. Dio, LIX, 
22-ber il tempo di Caligola). 

6. Puoi cf. G. Bhch, in Hist. de France di E. Lavisse, t. I, fasc. 2°, 
pp. 106. 159. 



68 F. P. Garofalo. 

i° secolo) che attese al censo di tutta la provincia (V. sopra, 
p. 64 sg.), e T. 1 Aurelius Calpurnianus « procurator... Gal- 
liae Aquitanicae a censibus 2 » (CIGr., 3751; Revue archéol., 
1883, I, p. 207 sgg. 3). E forse anche, per la Germania Infe- 
rior, T. Visulanius Crescens (C, XI, 709)4,6 un altro ignoto 
(C, III, 10804—- forse Brambiicb, Inscr. Rhen. 453). 

In oltre conosciamo : îegati Aug. propr., o censores, censi- 
tores di rango senatorio. Alcuni dcll' epoca piû antica (cioé 
del i° secolo e di parte del 2°), C. Julius Proculus (C., X, 
6658) e L. AemiliusKarus (Carus) (C, VI, 1333) nella Lug- 
dunensis ; C. Julius Cornutus Tertullus (C., XIV, 2925) nell' 
Aquitania; e un ignoto legatus di Traiano nella provincia cui 
apparteneva Aventicum Helvetiorum (Inscr. Helv., 175), cioé 
nella Germania Superior5 (non nella Belgica 6 ). 

E altri pochi, dell' età piû récente: Q. Hedius Rufus (C, 
II, 4121) nella Lugdunensis ; M. Valerius Bradua (C, V, 
7783) nell' Aquitania; T. Clodius Pupienus (C, XIV, 3593 
= Wihnanns, 12 19 a ) nella Belgica. 

Finalmente di funzionari inferiori (che dovettero essere non 
pochi, specialmente nei primi tempi, quando mancava qui 
quasi interamente la cooperazione délie cariche locali)7, si 
conosce un incaricato del censo di una civitas, la foederata dei 
Rémi, nella Belgica (D. Julius Capito : C, XII, 1869. 1870; 
vedi 1855), il quale si ignora se fosse subordinato ad un fun- 
zionario, contemporaneamente censore di tutta la Belgica, 
ovvero se avesse un incarico isolato. Si eonoscono altri impie- 
gati, e per la Lugdunensis (C, VI, 8578; XII, 4o8) s . 



1. Non P (corn' é in Prosopograpbia hnperii Romani, I, p. 197). 

2. Non ; a censibus. 

3. Vedi Ptiuly Wissowa, II, 2455. E anche Jung, in Wiener Studien, 
1892, p. 250. 

4. Che nella cit a Prosopographia manca. 

5. Vedi mio libro sugli Helvetii, 2 a ediz., paf. 78. 

6. Com'é detto erroneamente in Pauly-Wissowa, III, 1920. 

7. Di un censore di Lactora (in Aquitania) nulla si sa, essendo incerta 
la lettura dell' iscrizione di L. Volusenus Clemens (in Borghesi, Œuvres, VI, 
2, 543, nota). Vedi mio lavoro « Iberi nella Gallia », in Bolet. R. Academ. 
de la historia, XXXII (1898), p. 315, n. 27. 

8. Quanto alla popolazione délie Galliac, rimando al mio arheolo in 
questa Revue, avril 1901. 



Sul census sotto l'Impero romano. 69 



APPENDICE 



Quanto aile Hispaniae, si ha menzione délie sole due pro- 
vince imperiali. Che nella Lusitania si sia fatto il censo, 
si rileva specialmente da C, X, 680; e ciô avvenne poco 
dopo che si costitui questa provincia 1 . Per l'Hispania Ci- 
terior non si ha notizia diretta di un censo vero e proprio. 
Perô questo necessariamente ehhe luogo, principalmente 
nelle regioni poco prima sottomesse e pacificate (da Agrippa 
nell' a. 19 a. C, finalmente), cioé in quelle a nord- 
ovest, e anche nelle vicine, massimamente per le nécessita del 
dilectus. Certo é, che per quei conventus del nord-ovest (l'As- 
turicensis, il Bracaraugustanus e il Lucensis), abbiamo da 
Plinio(p. h. III, 3, 28) notizie statistiche précise, cioé le cifre 
délia popolazione, riferentisi a tutta la popolazione libéra (in 
691 000) 2 . 

Per una provincia intera, conosciamo due censitores, di cui 
l'uno fu nel tempo stesso governatore, e l'altro legatus Aug. 
per il censo solamente, ambedue per la Hispania Citerior, e 
poco prima del 200 (C, II, 412 r; VI, 332. Q. Hedius Rufus 
e P. Plotius Romanus). Forse anche di una provincia intera, 
la Lusitania, fu T. Clodius Proculus « pro censore » (C, X, 
68o)>, qualora non si preferisca credere che sia stato egli in- 
caricàto del censo di una sola parte (V. sopra, p. 63). 



1. Sulla quai cosa cf. mio articolo « Sull' amministrazione délie Hispa- 
niae ». in Bolet. Acad. hist., XXXVI, 3, p. 177 sgg. 

2. Vedi Beloch, Bevôlkerung, p. 447 sg. Il quale applica la densitâ de- 
sunta da tali cifre (di 8 per Kmq.) alla Tarraconensis e alla Lusitania, e ne 
ricava il totale délia popolazione libéra in quasi 4 milioni. Certamente, 
questa non doveva essere in realtâ molto di piû. 

3. Questo nome manca nella Prosopogr. Imp. Rom., e in Pauly-Wissowa 
R. Encyclop. 



70 F. P. Garofalo. 

A parti di provincia attesero, e per la Citerior, un anonimo 
censitor di conventus (C, VIII, 7070); un altro di moite ci- 
vitates dei Vascones e dei Varduli, C. Mocconius Verus (C., 
VI, 1463); e inoltre probabilmente un Q.. Fufius Cornutus, 
per il conventus o paese degli Astures 1 . Costoro possono aver 
compiuto il loro incarico indipendentemente dal censo délie 
rimanenti parti délia provincia. 

Francesco P. Garofalo. 

1. Cf. mio libro De Asturia, Barcelona, 1900, p. 13, nota 4. 



SUI GALATI DELL' ASIA MINORE 



Alcune iscrizioni di Ancyra dânno notizia di un casato deno 
minato dei Severi, esempio di ragguardevoli e antiche famiglie 
indigène, romanizzate, che dopo di aver coperto le piiî im- 
portanti od onorifiche cariche locali, entravano nella buro- 
crazia Impériale e nel Senato romano. 

Si conoscono infatti, oltre di un' Julia Severa l , un Severus, 
ch' ebbe dopo le funzioni municipali, cariche imperiali da 
Adriano e fu da lui ammesso in Senato. Di lui non sono ben 
certi il nome e il prenome (Ti. ?) 2 . Si hanno inoltre un C. 
Julius C. f. Fab. Severus, che rivesti notevoli uffici romani, 
fra i quali il consolato ordinario nell'a. 155 5; e un Julius Se- 
verus « -pcoTcç 'EX/.Yjvojv », di cui la moglie, avente il nome di 
KapaxuXaia, fu sacerdotessa provinciale <». Finalmente una ré- 
cente iscrizione di Ancyra 5 (spiegata da Th. Homollc in Comptes 
rendus de l'Académ. des Inscr. et Belles-Lettres, 1900, p. 
704 sgg. ; e dal Mommsen in Sitzungsber. d. Kônigl. Preuss. 
Akad. d. Wiss., 1901, fasc. I e II, p. 24 sgg.), la qualeappar- 
tiene agli ultimi anni di Traiano (cioé dopo l'a. 114-115), ci 
fa conoscere un Julius Severus [..'Iou]X(wv) Seou^pov, che ri- 
vesti i maggiori uffici indigeni, cioé i noti : di -pû-c: 'EXX^vuw 

1. Su cui cf. Dessau, in Prosopograph., III, 224. 

2. CIGr. 4033, 4034. 

3. CIGr. 4029. 

4. CIGr. 4030. 

5. Su di una statua dedicata da una délie 12 ?uXai di Ancyra, il nome 
délia quale tribu (lin. 35) é variamente letto. 



72 F. P. Gaiofalo. 

(s. -piï>~z; -.?,: 1-y.zyyj.;) , di àpyiepeuç (del xoivov xûv PaXatôv), e 
altre cariche e sacerdozi. Che questo personaggio sia tutt' uno 
con quello ricordato nelle duc iscrizioni 4033 sg. (corne crcdc 
tanto l'Homolle quanto il Mommsen), non é certo, perché 
l'espressioni'sulleottime qualit;i,sulla nobile discendenza, etc., 
non sono ben determinate, ma solite. Perciô non si puô fis- 
sare il prenome del nuovo personaggio con l'aiuto delP antico. 
Neppure si puô affermare che il Severus dell' ultimo monu- 
mento sia precisamente il padre di quello dell' iscrizione 4030, 
cioé di C. figlio di C, e che pertanto sia da chiamare C. In 
ogni modo fra costoro dovette intercedere stretto vincolo di 
parentela, e anche poco intervallo di tempo, ciô che vale per 
i due Severi délie iscr. 4033 seg. e 4029 l . 

E pero meno incerto, che il Severus dell' iscriz. nuova sia 
il marito di Caracylaea, la qua le fu moglie di un àpyiepeûç e di 
un icpÔToç K'/j:ç/(o'/ com' é il nostro. 

Certamente, si hanno pïû persone chiamate Julii Sevoi. Aile 
quali aggiungiamo Julius Amyntianus fratello di Severus del 
récente monumento (lin. 12 sg.): e oltraeciô, Claudius Seve- 
rus, Julius Aquila; e (A.) Julius Quadratus e Rex Alexander, 
consolari questi ultimi (lin. 7 sgg.): tutti parenti del detto Ju- 
lius Severus. 

Di moite altre persone, anche ragguardevoli, sono omessi i 
nomi nella medesima iscrizione (lin. 11 sg.). 

Vogliamo qui fare qualche osservazione intorno alla discen- 
denza diretta, che viene attribuita a Julius Severus nel note- 
voie documento preso in esamc. Egli cioé é detto [àzdycj*:'/ 
[■jXZ'.'/àm: [AJïjïoTâpo'j /.'À 'A;jJvt;j tcu Bpiyâxo'j v.x: Ajjlûvxou t:j 
A'jp'.âXcj -.z-.py.pyur/ y.z\ PaatXiwç \- ; .x; 'ArcaXcu (lin. 2-6). 

É dunque menzionata la discendenza da r ^y.-ù.i\; e da -i-py.p- 
yax. Anche altre iscrizioni presentanojformole simili, di discen- 
denza da $y.-ù.-Jz o da rc-epâp^at soltanto o da ambedue specie 
(Corne in iscr. 4033). Perô solo nella nostra iscr. sono speci- 
ficati i nomi degli antenati 2 , messi, sembra a noi, secondo l'or- 



1. L'iscr. 403} si riferisée al tempo délia ribellione dei Giudei (a. 135). 

2. Intorno a talc qcnealogia vedi I'articolo di Th. Reinach, nella présente 
Revue, 1901, p. 1 sgg. 



Sut GaLui deW Asia Minore. 73 

dine di prossimiti di sangue. Cioé i nomi di due pa^.Xeî; e i 
nomi di due xexpap^at. 

I due re sono Deiotarus (certamente il faz'Xi'jz délia Galatia, 
e molto probabilmente, il célèbre Deiotarus che si rese final- 
mente signore di tutto il paese e duré sino ail' a. 42 o 41 a. 
C), e Attalus (délia dinastia Pergamena). I tetrarchi sono due 
omonimi, Amyntas 1 , nessuno dei quali é certamente l'Amyn- 
tas re successore del predettp Deiotarus 2 . La loro caricadeve 
intendersi nel senso antico, etnico, cioé di singoli capi dei 12 
cantoni fondamentali, e quindi era inferiore a quella di (âaat- 
Xs'jç, presa nel significato piû récente, esteso a tutta o quasi 
la nazione Galatica >. 

Sono, in ultimo, da notare le forme non latine né greche 
né macedoniche dei patronimici dei due Amyntae, cioé Briga- 
tinsQ) e Dyrialus (?). Cf. le forme celtiche Brig — ; Duri — , 
e anche Dugi — 4. E anche celtici probabilmente sono i nomi 
del phylarchus indicato nella récente iscrizione e del padre di 
lui (lin. 36), cioé Varus, e Logiits. Come celtico é torse i! 
nome Caracylaea dell 1 iscriz. 4030 î. 

Napoli, 

Francesco P. Garofalo. 



i. Cf. col soprarmome Amyntianus, portato dal fratello di Julius 
Severus. 

2. Anche perché altrimenti sarebbe stato affatto inutile il patronimico, 
come lo fu per Deiotarus. 

3. Vedi nostro articolo « Intorno ail' istituzione délie texpap^iat presso 
i Galati », in Zeitschrift f. alte Geschichte. I, 2, p. 80 sgg. 

4. Cf. Holchr, Altcelt. Sprachschatz, s. q e v. 

5. L'illustre Th. Reinach, in cit art., p. 7 sg.. dubita dell' autenticitâ di 
taie nome, e lo avvicina a quello di Aquilius (cioé Kap (?) — 'AxuXata). 



LES CELTES DE LA LUSITANIE PORTUGAISE 1 



Pour la connaissance des Celtes de la Lusitanie, nous pos- 
sédons deux ordres principaux d'éléments historiques : les 
textes des auteurs grecs et romains, et l'onomastique. Je com- 
mencerai mon étude par le Sud de la Lusitanie. 

Parmi les anciens auteurs, nous pouvons citer en premier 
lieu Hérodote (v e siècle A. C), qui dans le livre I er des His- 
toires, chap. }}, et dans le livre IV e , chap. 49, dit que les 
Celtes habitaient l'extrémité occidentale de l'Europe, près des 
Cynésiens ou Cynètes 2 . Quoique Hérodote donne ici un 
détail, il ne tant pas attribuer à ce passage une valeur exa- 
gérée. 

Strabon est plus précis. En parlant de la Mésopotamie com- 
prise entre le Tagus et YAnas, il dit que des peuples celtiques 
l'habitaient pour la plupart'. Si la correction de Groskurd est 
juste*, il y a une autre mention dépeuples celtiques dans la 
même région, au liv. III, chap. 11, § 1. Chez les Celtiques, la 
ville de Conistorgis était fameuse, d'après Strabon 5 ; d'autres 
auteurs encore en parlent. 

Pour Pline 6 , la Lusitanie s'étend depuis le Durius jusqu'à 
l'extrême Sud. Après la mention ethnographique qu'il fait aux 
§§ 114-116 de la région située entre le Tagus et le Promuntu- 



1. Je traduis cet article du vol. II de mes Religiôvs da Lusitania, qui est 
sous presse. 

2. Éd. de Mùller (Didot), pp. S3 et 198. 

3. Ge'ogr., III, 1, 6. Éd. de Millier. 

4. Apud Mûller, p. 951, note critique à la p. 116, divis. 48. 

5. III, 11, 2. 

6. Natur. Hist., IV, 113. lid.de Detlefsen. 



Les Celtes de la Lusitanie portugaise. ~jS 

rium Sacrum, il ajoute que des gentes Celticae y habitaient. Et 
dans un autre endroit : « Quae autem regio a Baete ad fluvium 

« Anam tendit , Baeturia 1 appellatur, in duas divisa partis 

« totidemque gentis : 

« a) Celticos, qui Lusitaniam attingunt, Hispalensis con- 
« ventus ; 

« b) Turdulos, qui Lusitaniam et Tarraconensem adcolunt, 
« iura Cordubam petunt » 2 . 

Il continue : « Celticos a Celtiberis ex Lusitania advenisse 
« manifestum est ... »: c'est-à-dire, les Celtici de la Béturie 
sont d'origine celtibérienne et sont venus de la Lusitanie. Ces 
mots sont une observation au mot Celticos mentionné au § a. 
Ces Celtici de la Béturie habitent encore près de la Lusi- 
tanie, — Lusitaniam attingunt, — parce qu'ils en sont venus. 
Pline, pour démontrer l'origine celtibérienne des Celtici de la 
Béturie, cite plusieurs noms de villes, qui sont identiques chez 
les deux peuples, par exemple : Nertobriga, Segida, Ugulfu- 
niacum ; en outre, il cite dans la Béturie celtique, entre autres, 
la ville de Turobriga. Quelques-uns de ces noms sont positi- 
vement celtiques: Nertobriga = Nerto-briga « château de 
la force > », et Turobriga = Turo-briga (du moins pour le 
second élément, parce que brigaest, comme l'on sait, celtique 4). 
Segida, dont il existe la variante Segeda — Seg-eda dans 
d'autres textes, semble être aussi celtique S. Ugultuniacum est 
celtique par le suffixe -aco-s, sinon par le thème. Il est inté- 
ressant de noter cette concordance entre la toponymie et le 

i. Baeturia = Baet-uria est la forme indigène du nom qui a pour 
correspondant latin Baelica = Baet-ica. 

2. Pline établit ici une symétrie rhétorique entre : 

qui attingunt 

qui adcolunt 

(en employant attingunt et accolunt pour éviter la répétition du même verbe) 
et entre 

Hispalensis conventus 

Cordubam iura 

3. Cf. d'Arbois de Jubainville, Revue Celtique, XIV, 387. 

a. Briga signifie « hauteur », « château », et provient du thème brig-, 
qui se trouve dans l'ancien irl. bri « montagne » et dans d'autres langues 
celtiques. Le nominatif irlandais bri a perdu sa gutturale, mais celle-ci se 
trouve encore dans le génitif breg pour * bri go s. 

5. Cf. d'Arbois de Jubainville, Rev. Celtique, XV, 20-21. 



76 J. Leite de V asconcellos . 

texte où Pline parle des Ccltici du Sud de l'Hispanie. En effet, 
parmi les arguments qu'invoque l'auteur romain pour prouver 
sa thèse, il proclame la conformité de la langue des Celti- 
bériens avec celle des Celtici de la Béturie : « manifestum est... 
lingua » ; si la langue était la même, ou presque la même, 
dans les deux pays, il n'est pas étonnant que cette conformité 
se manifeste aussi dans les noms des villes. 

Ce n'est pas la seule concordance qu'on trouve entre les 
textes et l'onomastique. Ptolémée 1 , en parlant des peuples 
celtiques de la Lusitanie, leur donne comme villes, entre 
autres : Lacobriga, Mirobriga, Arcobriga, Mcribriga ; dans tous 
ces noms entre l'élément celtique briga, dont j'ai parlé ci- 
dessus. Cf. Y Itinéraire d'Antonin, qui met sur la route « ab 
Olisipone Emeritam » Mundobriga ou Montobriga, qui pré- 
sente le même élément. 

Dans la région d'Entre-Tejo-e-Guadiana que j'étudie, on 
trouve encore d'autres noms géographiques, et plusieurs 
noms d'hommes et quelques-uns de dieux, auxquels on 
peut attribuer cette provenance avec plus ou moins de sûreté. 
Parmi les villes, je mentionnerai Caetobriga = Caeto- briga 
et Equabona = Equa-bona; l'élément kona se trouve aussi 
hors de la Lusitanie, et il semble avoir la même origine que 
l'allemand Bau « bâtiment » 2 . Ebora pourra aussi être cel- 
tique. Les inscriptions de l'époque romaine nous fournissent 
beaucoup de matériaux. Dans la région d'Evora (= anc. 
Ebora), on adorait le dieu Runesus, et près d'Alandroal le 
dieu Endovellicus ; j'ai étudié ailleurs la celticité de ces deux 
noms 3. Peut-être le nom d'homme Cominius, d'Elvas-*, quoi- 
que gentilice romain, serait-il celtique; il serait en rapport 
avec le gaulois Adminius et l'irlandais ;;//';/ « doux », « clair » : 
Cominius ■= Co-min-io-s; le féminin est Cominia, qui se 
trouve dans la même inscription. Dans une autre inscription 
de la même ville, on lit Gallns, qui, en ce qui concerne la si- 



1. Géogr., II, v, 5. Ed. de Mùllcr. 

2. Vid. Holder, Alt-celt. Sprachschat^, s. v. botta. 

3. Voir O Archaeoïogo Português, V, 333 ; Revue Celtique, XXII, 308;- et 
Revista Lttsitana, VI, 231. 

4. C. /. L., II, 5214. 



Les Celles de la Lusitanie portugaise. 77 

gnification, ne peut être plus celtique qu'il n'est ; cf. Gai la 
dans une inscription de Troia-de-Setubal *. Dans une ins- 
cription de Benavilla 2 se trouve Lobesa et Lovesus (au génit. 
Lovesî) ; cf. Lovessus, Lovessius, Lobessa dans d'autres inscrip- 
tions : il semble que dans ces mots entre le thème lovo « lu- 
mière », qui existe dans le breton goiilou = (gou)lou, pour un 
primitif *wo-lou- ?.. 

Il n'y a pas de textes où l'on parle de Celtes depuis le Tagus 
jusqu'au Limia; l'onomastique supplée cependant à cette 
manque. 

Dans une inscription de Lisbonne on trouve Cantius ■*, nom 
très répété dans le monde celtique, et qui peut-être se décom- 
pose ainsi : Cant-iu-s = Cant-io-s, du th. canto- « brillant », 
« blanc » 5. A Cintra, on voit encore Cotninius 6 . A Mafra nous 
trouvons Aleba7, que M. Holder 8 compare avec Alef, nom 
d'un roi de Cornouaille ; il est intéressant à noter que dans 
une inscription d'Alcantara (Espagne) onïxt Aleba Celti f(ilia)9, 
où Celti, génitif de Celtus, nom du père de Aleba, ne peut 
être plus celtique qu'il ne Test : cette inscription est une sorte 
de registre de naissance ou de titre généalogique celtique de 
Aleba. A Torres-Vedras appartient une inscription qui dit que 
Q. Iulius Tongius a érigé un monument funèbre à la mémoire 
de M. Iulius Gallus, l'un et l'autre, comme l'on voit, de la 
même gens : or Tongius est un mot celtique qui se décompose 
ainsi: Tongi-u-s = Tongi-o-s, du th. tongo-, auquel cor- 
respond l'ancien verbe irlandais tongu « je jure » ; à côté de ce 
nom est Gallus, qui, comme dit César 10 , est le nom latin qui 
correspond à Celta, et le Gallus dont il s'agit était parent de 
Tonçius: donc ce nom-là confirme la celticité de celui-ci. 



1. Dans Archeologo Português, I, 58. 

2. Voir Archeologo Português, I, 224; cf. C. I. L., II, 105. 

3. V. Henry, Lexique ètymol. du breton, s. v. 

4. C. L L., II, 193. 

5. Holder, Alt-celt. Sprachschat^, I, s. v. 

6. C. I. L., II, 286. 

7. C. I. L., II, 5223. 

8. Loc. cit., s. v. 

9. C.I.L., II, 755. , 
10. De bello gallico, I, 1, 1. 



78 J. Leite de Vasconcellos. 

Parmi les villes que Ptolémée donne aux Lusitaniens Je la ré- 
gion comprise entre le Tagus et le Durius, on compte Arabriga 
et Tala-briga, où Ton voit briga. Une inscription de Leiria 
contient Albonius 1 , nom qui, quoique gentilice romain, pourrait 
être d'origine celtique et se décompose dans Alb-ùn-iu-s = 
Alb-on-io-s : l'élément Alb-a le même sens que le lat. albus 2 ; 
sur le suffixe -on-io-s, voir Zeuss, Gramm. Celtica, pp. vu 
et 772; cf. aussi Albonica = Alb-on-ic-a, nom d'une ville his- 
panique, cité dans {Itinéraire^. Les inscriptions des déesses 
Victoria et Trebaruna, appartenant au territoire des Igaediiani, 
contiennent des noms celtiques autres que Trebaruna, à sa- 
voir : Tongetamus, Tongius, Ardu/nuis*. Il y a des inscriptions 
appartenant à la même région, où l'on lit : Toutoni (génit.) S 
= Toiit-on-i, apparenté à plusieurs noms gaulois, par ex. 
Touto-ri.x, Teuto-matus, où entrent les éléments touta, 
tenta, qui sont en rapport avec L'irlandais tua th « peuple » 6 ; 
Reburrus, déjà donné comme celtique par Zeuss 8 ; Amminius, 
qui sera peut-être pour Am-minius9 } et sera une variante de 
Adminius, cité plus haut ; Bondira I0 , qui se décompose dans 
Boud-ica, et dont le premier élément se trouve dans Boudillus, 
Boudins, etc., et dans l'irlandais buaid « victoire » =boudi TI ; 
Càtrialus 12 = Cam-al-us, où entre le suffixe -fl/- J 3 et l'élément 
cam-, qui est en rapport avec l'irlandais rauib, cumachta 
« potestas ». A Condeixa, dont l'ancien nom est Conim-briga, 
on a trouvé des inscriptions où l'on lit ces deux noms : Lo- 



1. C. I. L., II, 5230. 

2. W. Stokes, Urhelt. Sprachschati, p. 21. 

3. A la p. 213 de l'éd. de Parthey et Pinder. 

4. Voir O Archeologo Português, I, 226-229; cf. Rev. Celti que, XVII, m. 

5. C. I. L., II. 440. 

6. Cf. aussi d'Arbois de Jubainville, Les noms gaulois che\ César, Paris. 
891, p. 15. 

7. C. /. /.., II. 448. 

8. Gramm. Celtica, éd. de H. Ebel, 1871, p. 779. 

9. C. /. L., II, 4S4- 

10. C. /. L., II, 455- 

11. Cf. W. Stokes, Urkelt. Spracbschat^, p. 175. 

12. C. I.L., II, 45 3 - 

13. Sur ce suffixe, voir Zeuss, Gram. Celt., p. 766. 



Les Celtes de la Lusitanie portugaise. 79 

bessa, dont j'ai déjà parlé, et Gallius, dérivé de Gallus 1 . Une 
inscription de Viseu contient Viriatus, nom qui provient du 
nom celtibérien viriae 2 ; une inscription où l'on lit Reburrusî 
(voir ci-dessus) appartient à la même région. Des inscriptions 
des environs de Lamego nous fournissent ces noms: Caturoi, 
dérivé du th. catu-, auquel correspond l'ancien irlandais caih 
« bataille », et qui se trouve dans plusieurs noms gaulois, 
comme Catu-marus « grand dans la bataille », Catu-riges 
« rois de la bataille », etc. ; Catur... 5, qui est ou pour Caturo 
ou pour Caturus, comme, dans la même inscription, Camal... 
pour Ca 'mal 'us; Celtius 6 , dérivé de Cclta, comme Gallius, déjà 
vu, de Gallus (cf. Celtios et KiXv.oq cités par M. Holder7). 
Une inscription de Castello-de-Paiva nous donne Tameobrigus 8 
= Tameo-brigus, dont le second élément du moins est cel- 
tique 9; cf. aussi Brigus dans une inscription de Famalicâo 10 . 

Dans une inscription de Marco-de-Canaveses on lit bri- 

censis = -brigensis 11 , dérivé debriga. Le nom Turiacus, d'une 
inscription de Santo-Thyrso I2 , est celtique du moins par le 
suffixe i k Dans une inscription de Ronfe, près de Guimarâes, 
on lit Durbedicus et Cloutios ! 4 ; sur la celticité du premier de 
ces noms, voir l'article que je cite dans la note '5 ; le second 
dérive du même thème dont dérive Cloutaios (dans d'autres 
inscriptions de l'Ibérie), et qui est en rapport avec l'irl. cloth 
« célèbre », lat. inclut us = in-clutus, gr. kXutoç. Une inscrip- 
tion de Pombeiro nous présente Lovesius 16 , dont j'ai déjà parlé. 

1. CI. L., II, 376. Cf. O Arch. Portug., IV, 304. 

2. Voir O Arch. Portug., II, 23. 

3. C. I.L., II, 411. 

4. C. /. L., II, 5250. 

5. C. 1. L., II, 5256. 

6. C. I. L., II, 5257. 

7. Alt-celt. Sprachsch., I, 976. 

8. C. I. L., II, 2377. 

9. Cf. Adolfo Coelho,dans la Revista Lusitana, I, 371. 

10. C. I. L., II, 5561. 

11. C. I. L., II, 5564. 

12. C. /. L., II, 5561. 

13. Cf. Adolfo Coelho, dans la Revista Lusitana, I, 373. 

14. C. L. L., II, 

15. Adolfo Coelho, dans h Revista Lusitana, I, 369. 

16. C. 1. L., II, 2380. 



So J. Lcile de Wisconccllos. 

Les inscriptions trouvées à Citania, qui était une briga, con- 
tiennent : Cctturo Viriati, Caturo Camali, noms que j'ai déjà 
étudiés, et Medamus, qui est peut-être aussi celtique 1 . Dans 
les inscriptions de Vizella on lit : Medamus, avec le suff. su- 
perl. -amus; Camalus, déjà vu; Caturo, aussi déjà vu 2 ; Re- 
burrimusi, dérivé de Reburrus ; Rectugenus* = Rectu-genos, 
formé selon le procédé de la glottologie celtique. Dans des 
inscriptions de Braga nous trouvons les mêmes noms et d'au- 
tres : Camalusï, avec le féminin Camala 6 , ReburrusT, Ambi- 
mogidus =■ Ambi-mogidus*, et le nom divin Tongoe-nabi-agus 
= Tonge-nabi-acos, que j'ai lu correctement le premier. 

Nous arrivons à la région où coule le Limia, auj. Lima. 
Ici, nous trouvons encore une fois des textes sur les Celtes. 
Strabon, quand il parle des peuples de la Lusitanie, dit : 
« les derniers sont les Artabres, qui habitent autour du pro- 
montoire appelé Nsptov, où se trouve la côte occidentale et 
septentrionale. Près de ce promontoire habitent les Celtiques, 
qui sont de la même origine que ceux qui habitent prés de 
l'Anas9 ». Pour expliquer cette origine commune, Strabon 
raconte ce qui suit : Les Celtiques de l'Anas et les Turdules, 
ayant fait une expédition vers le Nord, se sont brouillés, après 
avoir traversé le Limia ; à cette brouille succéda la perte de 
leur chef; c'est pourquoi ils se sont répandus dans cet endroit, 
et le fleuve a reçu le nom d'oubli I0 . Cette explication est en 
partie une légende; le géographe lui-même emploie le mot 
ox~ ! . « on dit ». De même qu'aujourd'hui notre peuple attribue 
aux Maures les événements importants, il est naturel qu'à 
l'époque où écrivait Strabon, ou les auteurs qu'il a suivis, de 
semblables événements étaient attribués aux Celtes, qui 

i. CI. L., II, 5586, 5590 et 5594. 

2. Ces noms se trouvent dans le C. I. L., II, 2402 et 2403. 

3. C. /. L., II, 2402. 

4. C. I. L., II, 2403. 

5. C. I. L., II, 2445 et 2447. 

6. C. I. L., II, 2445. 

7. C. 1. L., II, 2447. 

8. D'Arbois de Jubainvilk-, Les noms gaulois che\ César, p. 75. Ou avec 
le suffixe -et-, ou avec le suffixe -id-, 

9. Gèogr., III, m, 5. 
10. Gèogr., III, m, 3. 



Les Celtes de la Lusitanie portugaise. 81 

avaient été le dernier peuple dominant. Mais un fait positif 
reste comme base de ce récit : c'est l'existence des Celtes au 
Nord du Limia, région qui renferme l'Alto-Minho et une 
partie de Galice. Pomponius Mêla cite aussi le promunturium 
quod Celticum vocamus 1 , et parle des Artabri de Galice, etiam- 
num Celticae gentis 2 ; Pline, de son côté, mentionne les CW- 
tici cognomîne Neril. Voyons maintenant quelques éléments 
puisés dans l'onomastique. Le nom géographique, ci-dessus cité, 
Artabri, est une variante phonétique ou graphique deArotrebae 
= Aro-trebae*, dont le second élément est le même qu'on voit 
dans Treba-runa, En Galice il y a: Praesamarci et Brigantium 
Nevion, noms également celtiques >'. A la Galice et à Tras-os- 
Montes appartiennent ceux-ci : Cala-dunum, Galu-briga, Ne- 
metô-briga, Alo-briga. Le nom moderne Bragança suppose un 
*Brigantia 6 .I\ semble que Bedunus, nom d'homme, et Bandua, 
nom d'une déesse sont aussi celtiques". M. d'Arbois de Ju- 
bainville attribue aussi une origine celtique à Turo, -mis, qui 
se trouve dans une inscription appartenant au même terri- 
toire 8 . Dernièrement on a trouvé à Tras-os-Montes d'au- 
tres inscriptions avec ces noms celtiques : Reburrinus et Re- 
burrinus Bouti /"(ilius), Deogena Caret i (ûlia.) 9 ; le nom Deogena 
a été formé comme Rectugenus, cité plus haut, et il se décom- 
pose dans Deo-gena, qui signifie « fille d'un dieu » : Deo est 
pour * Devo =*deivos (cf. Deobriga, Dcobrigula), et gêna est 
la forme féminine de -gëno-s, cf. le grec -V.syÉvv;; et StoveviQç. 

En résumé : nous possédons des textes qui nous parlent des 
Celtes, quoique d'une manière très sommaire, dans le S.-O. 
de l'Ibérie (Hérodote), et d'une manière précise dans la ré- 
gion d'Entre-Tejo-e-Guadiana (Strabon, Pline, Ptolémée) et 



i. De situ orbis, III, i. 

2. De situ orbis, III, i. 

3. N. H., IV, 11. 

4. D'Arbois ùe Jubainville, dans la Revue Celtique, XV, 4. 

5. D'Arbois de Jubainville, toc. cit., XV, 3-4. 

6. Cf. Rev. Celtique, XV, 2 : et O Archeol. Port., III, 57. 

7. C. I. L., II, 2498 et 2507. 

8. Dans la Rev. Celt., XIV, 388. 

9. Dans YArcheologo Português, III, 224, et V, 79 et 144 (articles de 
M. Pereira Lopo). 

Revue Celtique, XXIII. 6 



82 J. Leite dé \'asconccllos. 

dans le N.-O. de La Lusitanie (Strabon, Mêla, Pline) ; par 
l'onomastique nous vérifions l'existence des Celtes dans ces 
mêmes régions et dans les régions intermédiaires. Exception 
faite d'Hérodote, les autres auteurs, quand ils parlent des 
Celtes, les dénomment par une sorte d'adjectif, KeXxtxsf, 
Celttci, comme s'ils disaient « branches des Celtes », c'est-à 
dire des Celtes classiques. 

Les Celtes seraient arrivés dans l'Ibérie vers les vi e -v e siècles 
A. C. 1 , où ils ont trouvé les Phéniciens, les Ligures et les 
Grecs. Le caractère de l'influence des Celtes se fait connaître 
par l'onomastique même : des noms de lieu qui signifient 
des « forteresses militaires », tels que ceux qui sont composés 
de briga et de dunum; d'autres qui signifient « victoire », 
comme, à ce qu'il semble, Segeda, Segisama, et peut-être 
Saguntiim = * Seg-untum (cî. Carn-untuni) ; il v a même un 
nom qui réunit ces deux éléments : Segobriga = Sego-briga 
« lorteresse de la victoire » ! Mais les Celtes se sont fondus 
intimement dans plusieurs endroits avec les indigènes, ce 
qu'on voit par la langue des inscriptions ; le mot Celtiberi, qui 
s'applique à des peuples du centre de la Péninsule, est le meil- 
leur témoin de ces rapports et de ces fusions. 

L'influence des Celtes a duré jusqu'à l'époque romaine. 

Lisbonne. 

J. Leite de Yasconcellos. 

i. D*Arbois de Jubainville, dans la Revue Celtique, XIV. $58. 



NOTES ON THE MARTYROLOGY OF OENGUS 



In preparing for the Henry Bradshaw Society a critical édi- 
tion (from ten mss.) of the Martyrology of Oengus the Cul- 
dee, I made the following notes, some ot which, I hope, may 
interest the readers of the Revue celtique. 

Prologue 52-53 : fodamtis au croit n 
môr do rigaib riam. 

Hère for rigaib « kings », the reading of the oldest codices, 
the Brussels and the Cheltenham mss. hâve riaghaib a tortu- 
res ». This is obviously right. « They used to suffer — 
splendid valour — ■ many tortures previouslv ». Compare 
Feb. 23, July 2, Oct. 19. 

Prol. 60. Muir-sium (rhyming with guin-sium) is = mor 
« like » Feb. 27 -f~ sium. With a différent grade of vowel we 
hâve mar, which may be, as Windisch thinks, « verstûmmelt 
aus immar ». The etymology of immar, mor is obscure. 

Prol. 87. The Cheltenham ras. has hère fororcendta « they 
hâve been ended », the Lebar Brecc has forforcennta. Read 
fororcennta from for-ror-cennta, Celt. Zeitsch. III, 472. So fo- 
rorbairt, Prol. 172, 173, {romfor-ror-bairt, where ror is = Gr. 
-zzr.pï, Skr. prapra. 

Prol. 90, Ep. 72, gérai champion (rhyming with as-r-érachi 
and mélacht), not gérait (dat. ace. sg. and nom. dual) is the 
right reading hère and in Feb. 5. It is derived from gér 
« fierce, keen », Epil. 538, and this apparently from a redu- 
plicated gegro-s, cognate with Lat. férus from ghvero-s, (labio- 
velar gb), Sommer, Handb. der lat. Laut-u. Formenlehre, 230. 

Prol. 182, 184. Hère the subjunctive ateois (from * ad-d-co- 



84 Whitley Stokes. 

fef-s-) « thou shouldst mention him », is a trisyllable, and 
Nois is disyllabic. 

Prol. 277. conruïdiur is explained by Mac Firbis as from con- 
ro-raidiur, which seems impossible. Strachan, Déponent Verb, 
p. 76, brings it from con-ro-suidiur , comparing Skr. pra-sad. 

Jan. 4. docôemnagtar « they hâve washed », from to-com-ne- 
nagtar, where coin is a perfectivè partide, Sarauw Irske Stu- 
dier, p. 43. The verbal noun is tonach. 

Jan. 19, 22. Laud 610 has hère the true reading, Estecht, 
lit. Ausgang, (not Etsecht as in Jan. 8, Mardi 8, May 2), 
an euphemism for death, as bebais (April 23) is an euphemism 
for died. 

Jan. 25, 1. 4. brethae (also in June 11) is the absolute form 
of the prêt, passive, sg. 3. So slechtae, crochthae Feb. 12, ortae 
March 6, Sept. 7, carthae May 9. crochthae May 12. 

Jan. 26 do-don-farci (rhyming with Policarpi) « encompasses 
us » : cf. do-m-farcai « encompasses me », Sg. 203% and see 
Idg. Forschungen XII, 191, where Ir. forethae « fenced » and 
Gr. Ipxoç, ôpxàvr,, and the Cyprian x,aT-e/"6pxôv are compared. 

March 3. rêtlainn « stars », nom. dual. TheOld-Irish spel- 
ling retglaind (leg. rêtglainn) is preserved by the Cheltenham 
MS. nom. sg. rétglu Corm., pi. nom. retglanna. July 29, Sait. 
5274. dat. retglannaib S. P. III, 2. réi cognate with Skr. raina ? 

March 5 Rol-eb-laing « has sprung », for * Ror-eb-laing, the 
r of the first prefix being assimilated to the / of the root, as in 
fo-rul-eb-langtar (gl. subsiluerunt) Ml. 129 e 21 : seeCelt. Zeits. 
III, 471. As to the second prefix see KZ. XXXVI, 275, 276. 

April 2. For the dr-eb-raing of Rawl. B. 505 and L. B. 
(which has been connected with Skr. rai'ih to hasten) we hâve 
the variant dreblaing in Laud 610 and the Brussels MS. The latter 
form is from* dru-eb-laing, cognate with Skr. lânghatij and Ir. 
rol-eb-laing, March 5, léim « leap ». Similar variants atAug. 26. 

April 3, as-ro-la: cf. as-ru-luûs « I hâve escaped » Wb. 
i7 d 16. 

April 17. deochain, borrowed from the Latin gen. sg. diaconi, 
supports Gùterbock's reading aneordes, Cod. Palat. 68, to. ii b 
for the normal aniardes: see Thésaurus pal. hib. vol. I, pp. 
XIV, 3. 



Noies on ihe Martyrolopy of Ocngus. 85 

Ap. 23, bebais (thyming with erais) « he dieci », literally 
« he departed », is the regular s-pret. sg. 3 of a reduplicated 
verb cognate with (Jiêaw, fitëw:, jigâti. It occurs also at Prol. 
95 and Feb., 18. The 3 d pi. bebsat, bebsait is in LL. 17 i b 34, 
27o a ,3 8. 

Ap. 28. Crist ! lui môr a thiachra. Hère, as in July 3, Crist 
is an ejaculation, like De màir « greatGod! » in Fiacc's hymn. 
So at Nov. 22, referring to S. Cecilia: Maire! loichet lain- 
drech « Mary! a shining light ». 

May 1. Hère Neth-choimi Rawl. B. 505, corresponds with 
mo-choimi Laud 610 mo choemi, LB. For neth cf. Cronan mac 
AY/[/>]semon, Fél. Oeng. p. 1. Mart. Gorm. Feb. 9, gl. 2. It 
seems to mean « servant », and to be cognate with the verbs 
ar-neithim, ind-neithim. Compare names of which gille, mttel, 
mug, and perhaps dâ are the first part. 

May 4, The S 'il lai 11 of Laud 610 and LB., correspondingwith 
the Siluain of Rawl. B. 505 , seems to shew that h may become 
// m Irish. So in Greek -ùJJ.z (Lat. pelvis) and -ù't.i- (-o>.j-). 
But see Thurneysen, K.Z., XXVIII, 147. 

June 24. Hère and at Aug. 7 fethis rhymes with Effis, 
which tends to show that in Old-Irish th was pronounced 
like the Eng. dental spirant //; in thing. So at Aug. 28 chathlaie 
rhymes with Affraie, and at Dec. 9 chlithi rhymes with 
Liffi. 

July 10, 18. Hère the gen. pi. brâthre is = the Lat. frâ- 
trium C. I. L., v. 4430. A similar genitive is athre « patrum » 
Oct. 21. But the gen. pi. brâthar, rhyming with the gen. sg. 
iinithar, occurs in Epil. 476. 

Aug. 2. Ail the mss. hâve the Middle- Irish na for the nom. 
pi. masc. of the article. So in Epilogue 285, we hâve inna 
druing-sea for Old Ir. in druing-sea. 

Aug. 5. la hOsualt uoeb n-ailme « with holy Oswald whom 
we implore ». Hère a il nie (not ail mi) is the relative form of 
the ist pi. So at Aug. 31 moîmae « whom we praise », and in 
Epil. 242, 243 canmae } guidme. See Thurneysen, Celt. Zeitschr., 

n, 79- 

Aug. 7. conatuil « lias slept » îs = con-ad-tuil, where ad is 
a perfective prefix. The conatil of Wb. 29 d 15 seems a scribal 



86 Whitley Stokes. 

error for conatuil. The ordinary perfect is contuïl, the enclitic 
verb cotlaim, verbal noun cotlud. 

Aug. 31. molmae « whom we praise », is not, as O'Clery 
thought, a participle, but the relative form ofthe 1 pi. près. 
ind. oîmolaim. 

September 2. molathe is the 21I sg. imperative of the dépo- 
nent mollir. Sec Strachan, Déponent Verb, p. 75. 

Sept. 8. The rhymes of lines 2 and 4 — tercphit, martir — 
are faultv, and there is doubtless some corruption, which I 
cannot remove. Other faulty (consonantal) rhymes are at 
Sep. 19: taithhch, aithmct, and at Epilogue 394, 39'': tichtu, 
Issu. 

October 15. damdatar môr tadlech « they endured great af- 
fliction (?) ». Strachan would emend damdatar to dadtnatar 
3d pi. perf. of dainim. For the metathesis of d and m he 
compares the metathesis of d and b in bid.hu for Old- Ir. bibdu. 

Oct. 19. as-chom-art Ire riaga « who has been slain by tor- 
tures » from es-com-orc-t, where corn is a perfective prefix. See 
Sarauw, Irske Studier, p. 43. So in las-r-ort « by whom has 
been slain » Oct. 22, the r, for ro, is perfective. 

Oct. 26. Nâsad, Beôan, Mellan, 
nach mod ata-snîciim 

(« N., B., M. in every waylweave them together »). Hère 
the mss. hâve ataniam, dùthiem, alaiiain, atachiam, atafiaid, and 
atasniam. The last isnearly right, and the rhyme with the disyl- 
labic lalr, shews that we should read aiasniaim, cognate with 
snim « nere ». For the meaning compare Jan. 20: An cethrur 
conuagu « splendid (is) the tetrad that I sew together ». 

Nov. 21. Perpétua... coniunx primda Pétri. As to coniunx for 
coniux see Sommer, Handb. 384. 

Dec. 20. lotar ùainii « they went from us ». This is the 
reading of Laud 610 and Lebar Brecc. But four of the other 
mss. hâve rertha, rerla, rcla, brethar (leg. brethà), and O'Da- 
voren's glossary s. v. ceitegbres rertha À. ruetha, which suggests 
the true reading, viz. rerlhe: cf. ro erthe Wb. 27 a i b . 

Epilogue 3 1 . ni thuesam dind linsin 
acht riga na slûagsin 

« Of that number we hâve given but the kings ol those 



Notes on the Martyrology of Oengus. 87 

hosts ». Hère tucsam is a perfective of dobertamar : see Sa- 
rauw. Irske Studier, p. 117. 

Epilogue 50. cosin câch no charim « with every one whom I 
love ». Hère no gives a relative force to carim. So in Epilogue 
358: Adsluindiu... frit an-ôg no râidiu « I appeal to thee by 
ail that I say ». 

Epilogue 105. in slûag conidn-aicert 
in lebrân col-léri 

« The host has corrected it, the booklet, with piety ». Hère 
conidnaicert (the reading of 23 P. 3) is from con-idu-ad-cert , 
where ad is a perfective prefix (Sarauw, p. 45), the verb being 
concertaim. 

Epilogue 113. Doratsat a mbendacht « they hâve bestowed 
their blessing ». Hère we hâve a perfective of dobertatar . See 
above, on Epilogue 3 1 . 

Epilogue 267. dochuaid « has gone », (from to-co-fàith) is 
hère, as in Middle-Irish, disyllabic. The co is a perfective 
prefix. See Idg. Forschungen, XII, 186. 

Epilogue 295. na mbuidnib « in their bands », for iiiua 
mbuidnib. The elision of / is distinctly Middle-Irish. 

Epilogue 432. mad co\a\ir a figes tac « if what they should 
pray be fitting ». Hère gestae is the relative form of the 3d pi. 
subjunctive of guidiu, and coairQ= Welsh cyzuir} is disyllabic. 

Epilogue 459. amal sôersai Loth: a syllable is wanting. 

Epilogue 458, In a ri rundae rathmar (rhyming with ca- 
thracti), « O king mysterious, gracions, » the voc. sg. masc. 
of rathmar is identical with the nom. But in Epil. 312, 313 
(â Dé môir), Epil. 462 (à ri uasail amri) the voc. sg. masc. 
of ûasal and autre is, rightly, identical with the gen. sg. 
masc. of those adjectives. 

Epil. 496. The Israël de monte Gilba of Rawl. B, 505 and 
LB. is hypermetrical. Read with Laud 6ro and the Brussels 
ms., Israël de Gilbae, and for the genitive after de in Irish lati- 
nity cf. très saneti de Britoniae et in una ecclesia sunt, LL. 
364 f. 

13 January 1902. 

Whitley Stokes. 



Whitley Stokes. 



CORRIGENDA AND ADDENDA 



Revue Celtique XXII. 

P. 404, 1. 4, for tho read the 

1. 5, for bining... ah- read benim... ah 

I. 6, for «h; rèad afea, and for 29^ read 296 

last line, for ilibenn read ailibenn 

407, 1. 44, bas-lethan (pi. bassleihna, LL. <S;»46)as applied to horses 

means « broad-hoofed » : cf. hass-ehaire (i. e. bass-gaire) 
lia n-ech « the hoof-ciatter of the horses ». LL. 83". 

408, 1. 5, for mouth, the female pudenda read lip, and compare labrossi 

dosreggat a mbel n-ichtarach dora (nglân). Godelica p. 71. 
418, 1. 25, for coi-rami read coir an n 

1. 4, from bottom, for is battleread in battle 
421, 1. 18, for siebebagerter read sie belagerten 

425, 1. 5, inbir coiri means a randle-free, i. e. the horizontal bar from 

which caldrons, etc. are suspended over a fire. The in- 

biurb cited from the Laws is a corruption of the dat. 

pi. inbirïb. Cf. bircrand Laws Y, 484, 1. 17. 

434, 1. 15, for weariness read torpiditv : d. au dupïuintais (gl. torpen- 

tes) Ml. 46*23. 
437, between lines 22 and 23 insert Revue Celtique, tome XXI, 
P. 437, 1. 25, for fetajdais read fetajdair 
1. 28, for [ata'] read [ata] 

1. 34. for doroirbeds read doroirbedo. where roir is = ruir (from 
ror) in do-ruir-menaiter « thev bave thought », Laws I, 
20, 1. 20. 

w. s. 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE: I. MM. Whitley Stokes et John Rhys fellows of the British Academy 
for the Promotion of Historical, Philosophical and Philological Studies. — II. Sus- 
pension du cours de langue gaélique à l'Université de Washington. — III. Clô- 
ture de la souscription en souvenir de Miss Margaret Stokes. — IV. La réquisition 
d'amour et le symbolisme de la pomme, par M. Gaidoz. — V. Manuel de phoné- 
tique et de morphologie latines, par M. F. Sommer. — VI. La Passion de Jésus- 
Christ, Mystère breton, par le curé Sanson. — VII. Vie de saint Yves, par M. de 
la Ronciére. — VIII. Pelagius in lrland,par M. Heinrich Zimmer. — IX. Le Thé- 
saurus Palaeohibemicus de MM. Whitley Stokes et J. Strachan. — X. Tomes V et 
VI des Ancients Laws of Ireland, publiés par M. Robert Atkinson. — XI. Vercin- 
gétorix, par M. C. Julliati. — XII. Inscriptiones graecae ad res romanas perti- 
nentes, tome III, fascicule I, par M. Cagnat. — XIII. Mélanges d'archéologie 
gallo-romaine, et deux autres opuscules, par M. Adrien Blanchet. — XIV. Trois 
publications de la librairie David Nutt: traductions anglaises de Morien, roman de 
la Table Ronde, et de sept lais de Marie de France; la mythologie Scandinave dans 
l'Edda. — XV. Les vieux chants populaires Scandinaves, tome II, par M. Pineau. 

— XVI. Le Hradischt de Stradonic en Bohême, et les fouilles de Bibracte, par 
M. Joseph Déchelette. — XVII. Réimpression du premier fascicule des Simple 
Lessons in Irish du Rev. Eugène O'Growney. — XVIII. Glossaire cryptologique 
breton, 3° supplément. — XIX. L'étymologie du nom de Pithiviers, d'après 
M. Jules Devaux. — XX. Corpus inscriptionum latinarum, tome XIII, 5 e partie, 
fascicule I, par M. Oscar Bohn. — XXI. Étude du docteur Ricochon sur la tablette 
magique de Poitiers. — XXII. Nouvelle grammaire du dialecte breton de Vannes, 
par MM. Guillevic et Le Goff. — XXIII. Chronologie du Cartulaire de Redon, par 
A. de la Borderie. — XXIV. État d'avancement de l'édition du Tain bô Cûailngi, 
par M. E. Win'disch. — XXV. M H. Zimmer, membre de l'Académie des sciences 
de Berlin. — XXVI. Le tome XII du Cours de littérature celtique et son errata. — 

— XXVII. Ouverture prochaine d'un cours d'antiquités celtiques par M. Garofalo. 

I. 

Nos savants collaborateurs MM. Whitley Stokes et John Rhys viennent 
d'être nommés fellows of the British Academy for the Promotion of Histo- 
rical, Philosophical and Philological Studies. Nous leur adressons nos féli- 
citations. 

II. 

Nous apprenons avec un vif regret que le Rev. Richard Henebry, doc- 
teur en philosophie, professeur de langue gaélique à l'Université de Wa- 



90 Chronique. 

shington, vient d'être révoqué de ses fonctions par l'Assemblée des 
Trustées de cette Université. Cette décision a été prise contrairement au vœu 
exprimé par le Sénat de la même Université. Les termes de la décision pa- 
raissent avoir été que le Rév. Docteur Henebrv « was not reappointed to 
the Gaelic Chair of the University ». 



III. 

La souscription ouverte en souvenir de Miss Margaret Stokes vient d'être 
close. Le montant total de la souscription s'élève à 618 1. 3 s. 3 d. ; déduc- 
tion faite des frais il reste 614 1. 5 s. Les revenus de cette somme seront 
employés à faire donner des leçons d'art et d'archéologie irlandaise dans 
l'établissement connu sous le nom d'Alexandra Collège. 



IV. 

L'Annuaire de l'Ecole Pratique des Hautes-Etudes pour l'année 1902 
commence par un très instructif et très joli mémoire de M. Gaidoz. Il est 
intitulé: « La Réquisition d'amour et le symbolisme de la pomme. » M. Gaidoz 
y établit que le jet d'une pomme à un homme par une femme est dans la 
littérature de l'Europe une façon d'adresser à cet homme une provocation 
amoureuse. Hors d'Europe la pomme peut être remplacée par un autre 
fruit, qui à Taïti s'appelle nono\ ce que M. Gaidoz ne dit pas c'est qu'au 
chapitre 3, verset 6, de la Genèse, où, comme à Taïti, la scène ne se passe 
pas en Europe, le fruit, qui n'est pas une pomme, est donné et non jeté; les 
traductions grecques et latines reproduisent exactement le sens du verbe 
hébraïque « donner ». C'est à la suite de ce don qu'au verset 16 Dieu an- 
nonce à la femme qu'elle aura des enfants, et ces enfants naissent au cha- 
pitre |, versets 1 et 2. 

M. Gaidoz nous reproche, à M. Dottin et à moi , d'avoir, à propos d'un 
fait analogue raconté dans la légende de Çondla, mal traduit la phrase ado 
chorastar ubull do Condlu. » La bonne traduction est: c< elle lança une 
pomme à Condla ». J'ai traduit : « elle avait offert, elle avait donné ». C'est 
inadmissible, dit M. Gaidoz : le verbe cuiritn n'a nulle part le sens de donner. 
Mais il ne s'agit pas ici du verbe cuirim: do-chorastar est la je personne du 
singulier du prétérit sigmatique de do-chuiriur ou do-chuirim. De ce que le 
verbe mettre en français a le sens de poser, placer, il serait bien hardi d'en 
conclure le même sens pour les verbes composés admettre, commettre, dé- 
mettre, promettre, remettre, soumettre, transmettre. 

Quelle est la signification du verbe do-chuiriur ? Ce verbe a trois sens : 
« poser ». « jeter », « inviter ». Dans le manuscrit de Milan folio 22 c, 1, 
le commentaire des mots du Psaume 6: Domine ut scuto bonne voluntatis 
oronasti nos, contient la glose irlandaise « intamail inso fri-nech tar-sa- 
tochuirlher sciath, air nach ri oie; le commencement est traduit par Zeuss, Gr. 
p. 342: Similitudo baec cum aliquo super quem itnponitur scututn; la traduction 
de MM. Whitley Stokes et Strachan est. Thésaurus Palaeohibernicus, p. 35 ; 



Chronique. 91 

« this is a comparison to one over whom is piaced a shield, that evil reach 
him not. » La traduction littérale serait en français: « La comparaison ici 
avec quelqu'un sur qui est posé un bouclier afin que le mal ne l'atteigne 
pas. » La traduction « donner » serait ici parfaitement admissible : si du 
haut du ciel Dieu jetait un bouclier sur quelqu'un, ce quelqu'un serait fort 
endommagé II y a donc un premier sens parfaitement établi qui est poser, 
mettre. A qui voudrait d'autres exemples je citerai, i° un passage du Togail 
bruidne Dâ Derga § 105 (Revue celtique, t. XXII, p. 214): ligne dochùirther 
in folt (air, littéralement « beaucoup de manières selon lesquelles est posée 
la chevelure sur lui », plus littérairement : « manv appearances which the 
hair receives » ibidem, p. 215; 2 une glose du ms. de Milan, f° 29 a, 8 
(Thésaurus palaeohïbernicus, p. 61): uni ba buthi arthuus dothochur fo diud, 
« mettre à la fin ce qui aurait dû être au commencement ». 

Un second sens est « jeter ». On doit le reconnaître dans trois passages 
du Togail bruidne Da Derga où ce verbe est associé au mot bedg « saut ». 
Tacurethar bedg, § 39 ': Toscurethar bedg, § 67 - et Ddcuirethar bedg,§ 71 5. 
Dans ces trois passages il s'agit d'un saut qui a été tait : on jette, on lance un 
saut, on ne le pose pas. 

Le troisième sens de ce verbe est « inviter, faire venir », et le grand in- 
térêt grammatical du mémoire de M. Gaidoz est de nous expliquer comment 
du sens de « jeter » on est passé à celui d'« inviter » et de « faire venir ». 
Le jet par une femme d'un fruit à un homme est une façon de l'inviter, de 
le faire venir, et c'est le sens du verbe dans la plupart des exemples que 
nous offre la Grammatica Celtiea. Ainsi: dans le manuscrit de Milan, folio 
3 a, glose 1 , docuirifar est la glose du latin eitabo 4 ; dans le même manuscrit, 
f° 16 c, glose 6, dorochurestar explique le latin exciverat S ; au f° 18 d, glose 
6, rutochurestar traduit le même mot latine. 

Le passage du sens de « mettre », « poser », à celui de « jeter », « lan- 
cer » n'est pas plus extraordinaire que le passage du sens de « jeter » « lan- 
cer » à celui de « poser » qui résulte delà comparaison du latin mittere avec 
le française mettre », mais avant. le mémoire de M. Gaidoz il était difficile 
de comprendre comment du sens de « jeter » on était arrivé à celui d'« in- 
viter, de faire venir »,citare, excirel. 

V. 

M. Ferdinand Sommer vient de publier un manuel de phonétique et de 



1. Revue celtique, tome XXII. page 42. 

2. Revue celtique, tome XXII, page 168. 

3. Revue celtique, tome XXII, page 171. 

4. Thésaurus palaeohïbernicus page 10; Grammatica celtiea, page 460. 

5. Thésaurus palaeohibernicus, page 18; Grammatica celtiea, page 413. 

6. Thésaurus palaeohibernicus, p, 24; Grammatica celtiea, p. 413. 

7. Sur les sens du verbe dochuiriur, voir ce que dit M. Thurneysen, Revue 
celtique, t. VI, p. 1^7; cf: Whitley Stokes, Revue celtique, t. XXII, p. 416. 



92 Chronique. 

morphologie de la langue latine : Handbuch der lateinischen haut- uni For- 
me iihhre. 

Le sujet de ce savant ouvrage n'est pas celtique ; mais les comparaisons 
que l'auteur fait entre le latin et les langues celtiques méritent à son livre 
l'attention des lecteurs de notre Revue. C'est ainsi qu'au § 5, page 17, 
M. Sommer étudie les points sur lesquels les deux langues s'accordent tant 
en phonétique qu'en morphologie; ce sont en phonétique le traitement du 
p initial indo-européen dans le nom de nombre cinq ; en morphologie le suffixe 
-tion- ; le génitif singulier des thèmes en ; le subjonctif en â; le passif et le 
déponent en r. On pourrait ajouter les deux façons de former la 3 e personne 
du singulier au passif, l'une sans t, ombrien ferar ' , — comparez l'irlandais 
do berar et le breton kemerer, pour com-berer — ; l'autre avec /, latin amatur, 
ombrien herter'*, irlandais carthir, carthar. Le traité du vocalisme latin, pages 
37 et suivantes, nous offre nombre de comparaisons avec l'irlandais. Aux 
pages 188 et suivantes, qui traitent du consonantisme latin, on voit de 
même apparaître un grand nombre d'exemples irlandais. A propos de Vu 
consonne, on voit citer, page 173, deux mots gallois, berwaf « je bous », 
.et ieuanc « jeune ». 

Passons à quelques critiques. A la page 98 M. Sommer admet, pour l'ac- 
centuation de la i re syllabe, l'existence d'une période italo-celtique. C'est à 
nos yeux une thèse inadmissible. L'accent latin sur la première syllabe 
remonte à la période la plus ancienne des langues italiques, tandis qu'en 
irlandais il est impossible d'établir l'existence d'un accent sur l'initiale anté- 
rieurement à la date où ont été rédigés les textes les plus anciens que nous 
possédions, c'est-à-dire avant le vi e siècle de notre ère. A cette époque il y 
avait longtemps que l'accent principal du latin n'était pas celui qui frappait 
l'initiale. 

Le seul exemple de chute de la seconde syllabe qu'on pourrait citer en 
gaulois date de l'empire romain, c'est Lugdunum succédant à Lugudunum, 
mais dans ce mot la chute du second u doit s'expliquer par l'accent de la 
3 e syllabe. Cet u était prétonique. 

A la page 54 le savant auteur admet que Cintugnatus veut dire « premier 
né ». Il ne s'est pas aperçu de la contradiction que cette traduction offre 
avec ce qu'il a dit page 43 que l'irlandais gndth veut dire « connu », bekannt. 
Cf. le breton anat « connu », anaout « connaître » 5. On peut traduire Cin- 
tugnatus par a premier connu », mais non « premier né ». La comparaison 
avec le second terme des mots latins a-gnatus et co-gnatus ne prouve rien, 
puisque le latin et le celtique ne sont pas la même langue. 



1. Bréal, Les Tables Eugubines, pp. 164, 167 ; Robert von Planta, Gram- 
matik der oskish-umbrischen Dialekte, pp. 385, 579. 

2. Bréal, Les Tables Eugubines, pp. 280, 362; Robert von Planta, Gram- 
matik der oskisch-utnbrischen Dialekte, p. 386, 563. 

3. Victor Henry, Lexique étymologique du breton moderne, page II. 



Chronique. 93 



VI. 

L'imprimerie Galles, de Vannes, vient de faire paraître un mystère de la 
Passion de J. G. composé en 1787 par le curé Sanson. Passion ha Tragèriss 
bon Salvèr Jèsus-Chrouist, groeit ir blé 17S" dré en entra Sanson. L'auteur 
était né et dirigeait une paroisse dans le département du Morbihan, arron- 
dissement de Vannes. Il a par conséquent écrit en dialecte vannetais et 
comme c'était antérieurement à la date où ont apparu les puristes bretons, 
il n'hésite pas à employer de temps en temps des mots français. Voici par 
exemple à la page 10 un dialogue entre Judas et Caiphe. Nous commen- 
cerons par donner de chaque phrase la traduction française que l'éditeur 
n'a pas ajoutée au texte breton. 

JUDAS 

Je suis capable de vous rendre service si vous le désirez. 

Il n'y a que moi pour être capable de le faire, 

Si vous voulez me donner beaucoup. 

Capabl on de iacor chervig deoh, mar caret, 

Ha n'en dès qnin meid on capable d'er gober 

Mar caret rein pand mat. 

CAÏPHE 

Et tu feras notre affaire} 
A te rei hun afér ? 

JUDAS 

Oui sans doute je la ferai, et avant demain matin 

Si vous donnez une somme honnête, il sera ici avec moi. 

Y a, sandout nier groei ; ha quent arhoah vit in 
Mar rit ur som onést, é vou amen guenin 



Va dehors un moment, ne change pas d'avis; 
Je vais exposer Y affaire à la justice. 

Que ir mes ur momant, ne changes quet avis, 
Ehan de exposein en afér d'er justis. 

VIL 

Sanctus Yvo erat Britto, 
Advocatus et non latro, 
Res miranda populo. 

Saint Yves mourut en 1303. La Bibliotheca hagiographica latina des Bol- 
landistes, pages 686-687, énumère sept vies latines de ce célèbre patron des 



94 Chronique. 

avocats, auxquelles on peut ajouter les vies françaises écrites par Albert le 
Grand : Les Vies des Saints de la Bretagne Armorique, édition Kerdanet, 
pages 259-280, et par Dom Lobineau : Les Vies des Saints de Bretagne, pages 
245-258. La principale source à consulter sur saint Yves est le volume in- 
titulé : Monuments originaux de l'histoire de saint Yves, publiés pour la pre- 
mière fois par A. delà Borderie, abbéj. Daniel, R. P. Perquis, et D. Tem- 
pier. Saint-Brieuc, Prud'homme, 1887. Une nouvelle vie vient de paraître 
à Paris, librairie Victor Lecoffre: un volume in- 12 de 203 pages, qui a pour 
auteur M. Ch. de la Roncière, ancien élève de l'Ecole française de Rome. 
C'est une œuvre de vulgarisation savante. A la fin a été imprimée une Vie 
de saint Yves écrite en français au xiv e siècle; elle est tirée de la continua- 
tion de la Légende Dorée due à Jean Du Vignay, secrétaire de la reine 
Jeanne, femme de Philippe VI de Valois; elle était inédite. 

VIII. 

L'irlandais Pelage n'a pas été, comme le breton Yves, placé dans la 
liste des saints. On entend encore, dans les salles où professent les doc- 
teurs en théologie, retentir les accents irrités de la voix de saint Jérôme 
attaquant cet hérésiarque. C'est avec un grand étonnement qu'au mois 
d'août 1881, feuilletant dans la belle bibliothèque du Collège de la Trinité 
de Dublin le célèbre livre écrit eu 807 pour l'église archiépiscopale d'Ar- 
magh par Ferdomnach, scribe officiel de cette église, je tombai au folio 
107, verso, sur le titre : Argumentum Pilagii in aepistula ad Romanos. Sur 
les 221 feuillets du livre d'Armagh, 165 sont occupés par le Nouveau Testa- 
ment; on trouve sur les autres une vie de saint Martin et les textes les plus 
importants que nous possédions sur la vie de saint Patrice. Mais à Armagh, 
au ix e siècle, Pelage était considéré comme un Père de l'Eglise. 

D'une lettre adressée en 640 par le pape Jean IV à cinq évêques d'Ir- 
lande, en tète desquels est Thomianus, archevêque d'Armagh (623-661), il 
résulte qu'à cette date non seulement les Irlandais refusaient de célébrer la 
Pâque à la même date que l'Eglise de Rome, et s'obstinaient à conserver 
sur ce point l'ancien usage romain, mais en outre les Irlandais étaient Péla- 
giens : virus peïagiane haereseos apud vos denuo reviviscit, leur écrit le pape '. 
Ce texte explique l'importance des écrits de Pelage aux yeux des Irlandais 
ses compatriotes. 

Sur les œuvres de Pelage on peut consulter dans la Pairologia latina de 
Migne, tome 48, colonnes 266-297, ^ a dissertation de Garnier, et au tome 
21, colonnes 1 155-1166, celle de Schoenemann. M. Zimmer a entrepris 
une étude plus approfondie que celles de ses prédécesseurs sur le commen- 
taire des Epîtres de saint Paul composé par Pelage. 11 s'est donné beaucoup 
de peine pour parvenir.;! reconstituer l'œuvre de Pelage à l'aide du livre d'Ar- 
magh, du célèbre manuscrit de Wùrzburg, qui contient les Epîtres de saint 

1. Bède. Historia ecclesiastica gentis Anglorum, livre IL chapitre 10. 2 e 
édition de A. Ilolder, page IOO. 



Chronique. 9$ 

Paul, avec gloses irlandaises, et d'un autre manuscrit des mêmes épines. 
n° 1247 de la Bibliothèque de Vienne, Autriche. Son travail parait fait avec 
beaucoup de soin et devra compter parmi les meilleures publications de la 
patristique contemporaine. Il le termine par une étude sur les commentaires 
des Epîtres de saint Paul publiés dans le tome XXX, colonnes 645-902, de 
la Patrologia latina de Migne et sur YExposilio Pelagii super omnes epislplas 
Paull conservée dans le manuscrit 73 de Saint Gall. Il publie le texte de < e 
dernier manuscrit, texte dont l'auteur était jusqu'ici resté inconnu ', et dont 
le titre avait disparu avec le premier feuillet. On ne peut qu'applaudir à la 
perspicacité avec laquelle M. Zimmer a restitué ce titre. 

IX. 

Sous le titre de Thésaurus Paîaeohibernicus MM. Whitley Stokes et John 
Strachan ont commencé une publication qui aura une grande utilité. C'est 
un recueil des plus anciens monuments de la langue irlandaise. Le tome I 
vient de paraître 2 . Il contient les gloses bibliques conservées par douze ma- 
nuscrits, savoir: i° page 1, Vatican, Reine Christine, Latin 215, écrit en 
876 ou 877; 2° page 2, Berne, 258, ix e siècle; 3° page 3, Vatican, Palatin, 
68, vm e siècle; 4 page 4, Saint John's Collège, Cambridge, manuscrit 
connu sous le nom de Psalterium Hamploniense ou de Southampton, X e siècle ; 
50 page 6, Franciscains de Dublin, Psautier de saint Caimin, xi e siècle; 
6° page 7, Milan, Bibliothèque Ambrosienne, manuscrit C 301, IX e siècle; 
7 page 484, Turin, Bibliothèque nationale, F. VI. 2, IX e siècle; 8° page 
484, Londres, Bibliothèque Lambeth, Evangile de Mac Durnan, X e siècle ; 
9 page 484, Turin, Bibliothèque de l'Université, IX e siècle; io° page 494, 
Dublin, Trinity Collège, Livre d'Armagh, ix e siècle; ii° page 499, Wùrz- 
burg, Bibliothèque de l'Université M. th. f. 12, vn e , VIII e et IX e siècles ; 
12° page 713, Turin, Bibliothèque nationale, F. IV. 24, IX e siècle. 

De ces douze documents, les deux les plus considérables sont les gloses 
de Milan et celles de Wùrzburg. Sur les 714 pages que le volume contient, 
non compris la préface et l'errata, les gloses de Milan en occupent 476, et 
les gloses de Wùrzburg 214. On trouve une partie de ces gloses, accom- 
pagnées de traductions latines, dans la Grammatica Cellica de Zeuss. Dans 
r Index Glossarum qui forme la i re partie des Indices Glossarum et Vocabulo- 
ruiii Hibernicorum publiés par MM. Gùterbock et Thurneysen en 1881, les 
gloses du manuscrit de Milan, publié et traduit par M. Whitley Stokes oc- 
cupent les pages 3 1-39, et celles du manuscrit de Wùrzburg les pages 40-77. 

Une édition complète des gloses du manuscrit de Milan a été publiée en 
1878 par M. G.-I. Ascoli sous le titre // Codice Irlandese del Ambrosiana. 
L'auteur au-dessous du texte latin de ce manuscrit a placé à chacune des 
610 pages de son édition le texte irlandais correspondant, mais ce texte 

1 . Gustav Scherrer. Ver^eichniss der Handschriften der Stijtsbibliothek von 
St. Gallen (1875), p. 31. 

2. Cambridge, at the University Press, 1901, 



q6 Chronique. 

irlandais n'est pas accompagné de traduction. Dans l'édition nouvelle 
chaque page au lieu de deux étages comme dans l'édition de M. Ascoli, en 
a trois: en haut le texte latin ; au-dessous le texte irlandais; plus bas la 
traduction anglaise de toutes les gloses qui présentent des difficultés. Ainsi 
à la page 9 les savants auteurs ont cru avec raison qu'il était inutile de tra- 
duire diess « derrière », glose du latin rétro et variante du dieis du Bède de 
Carlsruhe, folio 35 B, glose 5 (Zimmer Glossae Hibernicae, page 235. Cf. 
Ascoli, Glossarium Palaeohibernicum, page lx). 

Cette disposition en trois étages se trouve dans tout le volume et par 
conséquent dans les gloses de Wùrzburg. Des gloses de Wurzburg il y 
avait déjà deux éditions complètes; la première de M. Zimmer, GlossaeHi- 
bernicae, 1881, qui ne les traduit pas, et qui se borne à renvoyer à Zeuss, 
Grammatica Celtica, quand il s'agit de passages traduits par le savant gram- 
mairien. Une seconde édition a été donnée par M. Whitley Stokes en 1887. 
dans le volume intitulé The Old-irish Glosses at Wûrqburg and Carlsruhe ; 
les pages 1 - 194 contiennent chacune en haut le texte latin glosé, en bas 
la glose; la traduction anglaise est rejetée plus loin aux pages 238-337. Dans 
la publication dont nous rendons compte ici, la traduction placée au bas 
des pages est infiniment plus commode pour les amateurs du vieil irlandais 
qui ne comprennent pas à livre ouvert les monuments de cette langue. 

X. 

Quelques jours après le Thésaurus Palaeohibernicus la direction de la Revue 
celtique a reçu les tomes V et VI des Ancienl Laïus of Ireland, Dublin, 
1901, publication dont les 4 premiers volumes ont paru de 1865 à 1879 et 
dont on attendait avec impatience la continuation depuis 22 ans. Les pre- 
miers volumes étaient simplement la reproduction des copies et des traduc- 
tions faites par O'Donovan, avec renvoi marginal aux copies d'O'Curry. 
M. Robert Àtkinson ne s'est pas contenté des copies d'O'Donovan et les a 
collationnées avec les manuscrits. Les textes qu'il a publiés dans son tome V 
sont : i° p. 2, Uraicecht beee, qu'on peut traduire en français par « Manuel 
élémentaire de droit »; 2 p. 117, Heptads ou les Septaines, oeuvre d'un 
auteur bizarre qui donne la nomenclature de tous les cas où le nombre sept 
joue ou plutôt jouerait suivant lui un rôle dans le droit irlandais ; 3 p. 376, 
Brethaitn fuiUema gell «Jugements concernant des gages »; 4 p. 426, Do 
fastad cirt ocus dligid « Confirmation de droit et de loi », recueil de notes 
juridiques mises bout à bout sans ordre; 5° p. 496, Do iuaslucad cundrad 
« De l'annulation des contrats ». Quant aux traductions anglaise mises en 
regard des textes irlandais, elles sont, comme dans les volumes précédents, 
empruntées à O'Donovan, sauf quelques corrections la plupart tirées de la 
traduction d'O'Curry, 

Le volume VI contient un travail qui a certainement dû coûter beaucoup 

de travail à M. Robert Atkinson et dont on ne peut trop le remercier. C'est 

un glossaire de tous les mots contenus dans les tomes I à VI des Ancien! 

0) Ireland. Rien de plus utile qu'un pareil travail, rien de plus sujet à 



Chronique. 97 

critique comme tous les glossaires le sont inévitablement. Voici quelques 
observations. 

Le sens du mot rudrad, p. 627, n'est pas bien expliqué. Le mot ru- 
drad ne veut nullement dire « prescription » ; il signifie « long délai » 
et en matière de propriété immobilière « longue possession », comme le 
dit O'Davoren, p. ni, beth co fota for ferann « être longtemps sur une 
terre » : ru-drad, au génitif ru-dartha, est composé de ru- ou ro-, particule 
intensive, et de trâth, au génitif irâtha « espace de temps indéterminé ». 

Le droit canonique irlandais admettait la prescription acquisitive qui 
résultait d'une possession prolongée pendant cinquante ans: Quidquidper 
quinquaginta annos remanserit... in perpetuo non revertetur (Collection cano- 
nique irlandaise, 1. XXXVI, c. 7 ; 2 e édition de Wasserschleben, p. 129). 
Cette prescription de cinquante ans est mentionnée dans une lettre du pape 
Gélase I er , 492-496, insérée au Décret de Gratien, seconde partie, cause 
XVI, question 3, c. 9. On la trouve dans les heptads (Ancient Laws of Ire- 
land, t. V, p. 314, où on lit rudrad ar caegat bliadan, traduit par « a pres- 
cription upon fifty years »; suivant la glose, p. 316, il s'agit de « terre 
d'église » ferait eclasa; on est donc ici sous l'empire du droit canonique. 

Mais le droit civil irlandais n'admettait pas la prescription acquisitive : 

Fuaslaice cach rudrad ' for-sna hiatha aititiu 2 ; « la reconnaissance [du droit 
« du propriétaire] ôte tout effet à la possession des terres », littéralement 
« affranchit de toute possession des terres (quelle qu'ait été la durée de cette 
« possession). » Asingaib fir fithiu; « est enlevée la maison de bois de 
l'homme », c'est-à-dire la maison de bois construite par le possesseur sur 
le terrain d'autrui. Fmslaicter go comlabrafir sealba, seoit; « les immeubles, 
sealba, et les meubles, seoit, sont dégagés de l'occupation par une conversa- 
tion sincère ». Ni dilsigar aircse 3 na baititiu : « ni la vue ni la connaissance 
« [des faits par le propriétaire] ne transfert la propriété [au posses- 
« seur] » {Ancient Laws of Ireland, t. V, p. 495). 

Le traducteur, Ancient Laws of Ireland, t. V, p. 497, a fort mal com- 
pris ce texte: il ne s'est pas rendu compte que aiditiu, lisez aititiu « recon 
naissance, » était un nominatif, sujet de fuaslaice « dégage, affranchit », 
que fir était un génitif, complément déterminant" de fithiu et signifiant « de 
l'homme », of the man, et non the man, fer. Il n'a pas vu que fithiu « mai- 
son de bois », est le sujet de asingaib « est enlevée ». Ce n'est encore rien. 
Il lui a échappé ceci: c'est que fuasïaicter dans le texte est une troisième 
personne du pluriel passif qu'il ne faut pas confondre avec tuaislaicther ou 
fuaslaicther, troisième personne du singulier passif dans la glose; il n'a pas 
vu que sealba « immeubles », seoit « biens meubles », sont des nominatifs 
pluriels, sujets de fuasïaicter. 

On savait en Irlande que le droit romain connaissait une prescription 
résultant de la possession continuée pendant quarante ans, rudrad ceathracat , 

1. Edition, mgrad. 

2. Edition, aiditiu. 

3. Edition, airgse. 

Revue Celtique, XXIII. 7 



98 Chronique . 

Ancieni Lawsof Ireland, t. V, p. 496. De cette prescription il est question 
au Code Théodosien dans une constitution des empereurs Constance et 
Constant, l'an 349 de notre ère '. Elle remonte, paraît-il, à une constitution 
de Constantin, 306-337, citée en 365 dans un rescrit des empereurs Valen- 
tinien et Valens qui a été inséré au Code Justinien, 1. VII, titre 39, loi 2. 
Mais cette constitution de Constantin n'avait pas force de loi en Irlande 
puisque l'Irlande ne faisait point partie de l'empire romain. 

La traduction de tuinide par « usucapion », tome VI, page 758, prise 
dans la traduction anglaise t. V, p. 367, 1. 17, 30, est inadmissible : tuinide 
veut dire « possession ». Le texte irlandais, t. IV, p. 28, porte que le vaga- 
bond, raitach, qui a tuinide, sera expulsé dans le délai de trois jours, teilgead 
ar treise. Or il est élémentaire en droit romain que f usucapion est un moyen 
d'acquérir la propriété immobilière ; elle exige une possession de deux 
ans 2 ; elle rend impossible l'expulsion du possesseur; d'autre part il n'y a 
lieu à usucapion que pour la propriété italique), qui en Iriaude n'existe 
pas. O'Donovan a traduit tuinide par « possession » au tome IV des Ancient 
Laws of Ireland; et là il a été dans le vrai. 

La base des études de droit comparé est la connaissance du droit romain. 
Le droit coutumier anglais est absolument insuffisant quand de la pratique 
juridique on veut passer à la théorie. 

Ni O'Donovan ni O'Currv, ni les auteurs des préfaces, mises en tête des 
tomes I à IV des Ancient Laws of Ireland, ne savaient un mot de droit ro- 
main. Les conséquences de cette ignorance ont pénétré dans le vocabulaire 
qui fait la matière du tome VI. 

Mais grâce aux renvois, ce volume nous met à même de nous transporter 
aux pages des volumes précédents, il y a donc moyen de vérifier au- 
jourd'hui par comparaison la valeur des traductions. Ainsi tuinide « posses- 
sion », a été traduit, t. I, p. 123 et 129, par « difficult removing », « ex- 
pulsion difficile »; tome IV, pages 3, 5, 21, 29, 269, par « possession », 
t. V, p. 367, par « usucapion » ; « possession » est la seule traduction sen- 
sée. Il est regrettable que M. R. Atkinson ne l'ait pas dit. Son tome \ I est 
un recueil de notes qui sera fort utile au traducteur futur des lois irlandaises 
mais nous aurions désiré que le savant auteur lit davantage acte de person- 
nalité. 

Voici un exemple du parti qu'on peut tirer de son glossaire. 



1. Code Théodosien, 1. IV, t. 13, 1. 2, édition Haenel, col. 408. 

2. Usucapione dominia adipiscimur, tam mancipi rerum, quam nec m.m- 
cipi. Usucapio est autem dominii adeptio per continuationem possessions 
anni vec biennii : rerum mobilium anni, immobilium biennii. Ulpien, De 
regulis juris, titre XIX, § 8; ci. Institutes de Gaius. 1. II, § 42 ; Institutes 
de Justinien, 1. II, titre VI; voyez aussi M. Voigt, Die XII Tafeln, t. I, 
p. 710, et Girard, Manuel élémentaire de droit romain, p. 291, 292. 

v Provincialia praedia usucapionem |non) recipiunt. Institutes de Gaius, 
1. II, § 46, édition Haenel, col. 38; cf. Institutes de Justinien, livreTI, 
titre 6: Si immobilis, biennio tantum in Italico solo usucapiat. 



Chronique. 99 

Au tome I er de la Zeitschrift fur Celtische Philologie, p. 171, un critique 
fort compétent en littérature irlandaise mais qui connaît le Senchus mor et 
l'histoire générale du droit avec insuffisance égale à sa science en gram- 
maire comparée, a écrit que je m'étais trompé en traduisant par « homme 
de protection » \c fer difaesam des Ancient Laïcs of Ireland, t. I, p. 84; 
suivant lui j'aurais du écrire « homme sans protection ». Il lui a échappé 
que dans le même volume, p. 104, fer difaesam est glosé par: donti bis 
ar faesam neich « à qui est sous protection de quelqu'un » ; fer bis ar 
faesam neich « homme qui est sous la protection de quelqu'un ». Com- 
parez, page 102, ni hi aérai cach difaesam « no person who is under protec- 
tion is qualified to sue », « le protégé ne peut pas engager un procès [sans 
le concours du protecteur] » : c'est en droit primitif une règle universelle, 
qui se trouve notamment en droit romain, et c'est celle qu'on rencontre 
déjà dans Ancient Lan- s of Ireland, t. I. p. 84: Nis gaïbet ecuma airechta... 
ua fer difaesam ; « Ne peuvent pratiquer la saisie [c'est-à-dire l'acte intro- 
ductif d'instance, l'acte par lequel tout procès commence] « les individus 
« qui ne peuvent faire partie de l'assemblée,... les hommes placés sous la 
« protection d'autrui. » O'Donovan, p. 85 et 91 a traduit « a man wi- 
thout support » ; c'est un contre-sens évident. Si les protégés et les gens 
puissants qui n'ont pas besoin de protecteur étaient également incapables 
d'entamer un procès, qui pourrait plaider? Mais ce sont là aux yeux de 
beaucoup de gens des minuties dont ne s'occupent et ne doivent s'occuper 
ni littérateurs ni grammairiens. 

Je passe à la grammaire. 

J'ai vu avec étonnement que le verbe do-agim, tagim d'où do-sn-acht, t. I, 
p. 64, manque dans le glossaire ; pour le trouver, il faut se reporter à la 
racine ag, p. 21, et à tâin, p. 684, où l'on voit que tdin =do-ag-ni- signifie 
« driving out » par opposition à âin=ag-ni- « driving in », ce qui nous 
explique la différence de sens entre agim et tagim ou doagim. 

Quoi qu'il en soit de ces critiques, la nouvelle publication de M. R. At- 
kinson mérite d'être bien accueillie dans le petit groupe des celtistes: son 
glossaire, en rapprochant tous les passages où le même mot se rencontre, sera 
d'un grand secours à ceux qui entreprendront une traduction nouvelle des 
Ancient Laïcs oj Ireland. Disons même qu'il rendra possible une bonne tra- 
duction, à peu près impossible jusqu'ici. 

XI. 

Le Vercingètorix de M. Camille Jullian ' est une œuvre de vulgarisation 
savante, écrite avec beaucoup de talent, et dont l'auteur se montre partout 
au courant de l'état de la science. Il n'y a pas de notes au bas des pages. 
Mais l'auteur a pris la peine d'aller visiter lui-même les localités dont il est 
principalement question dans son livre, et des notes détaillées sur Bourges, 



1. Paris, Hachette, in-12, 1901, 407 pages. 



loo Chroniijiic. 

Gergovie, Alise-Sainte-Reine, sont placées à la fin du volume. Là on 
trouve tous les renvois aux sources. Signalons enfin la note finale. Amédée 
Thierry raconte ainsi qu'il suit les dernières années et la mort du héros 
gaulois : « Vercingétorix fut conduit à Rome, et plongé dans un cachot 
infect où il attendit pendant six ans que le vainqueur vînt étaler au Capitule 
l'orgueil de son triomphe; car ce jour-là seulement le patriote gaulois de- 
vait trouver sous la hache du bourreau la fin de son humiliation et de ses 
souffrances. » M. Jullian établit que suivant toute probabilité Vercingétorix 
fut non pas décapité, mais étranglé. 

XII. 

M. Cagnat vient de faire paraître le premier fascicule du tome III des 
Inscriptiones graecae ad res remanias pertinentes. Le numéro 157, page 64, 
concerne les jeux quinquennaux célébrés à Ancvre, dans Y Augusteum, de 
l'an 10 à l'an 30 de notre ère. Parmi les citoyens qui s'y sont signalés par 
leurs libéralités figure un Albiorix, fils d'Ateporix : ce dernier paraît être le 
personnage de sang royal galate que cite Strabon (livre XII, chapitre 3, 

§ 37) '• 

Le numéro 173, pages 98-99, est une inscription en l'honneur de Julius 
Severus qui est dit ot-oyovoç [ïocnXeaj; Ar/orapou xat 'Afiuvcou rou BpiyâTOU 
y.a.1 'A[j.'jvtou too AupiâXou (?) rerpap/ûv. Ce Déjotaros est le Déjotaros I, ami 
de Pompée et de César; cf. Th. Reinach, Revue de numismatique, 1891, p. 
401. Le même M. Reinach a proposé (Revue des études grecques, 1901, p. 1 
et suiv.) de corriger AupiâXou en AujivtXaou ; cf. Revue Celtique, t. XXI, p. 1-8. 

Le numéro 208, page 109, rappelle la mémoire d'une femme de sang 
royal, Latinia Cleopatra, fille de Latinius Alexander. 

Parmi les phylarques dont les noms figurent à la fin de la même 
inscription on remarque un Klii-xy/o: BwxoTjyos (génitif patronymique) 
et un râio; Aï)iÔTapoç Sa6tvtavou. 

Le numéro 225, page 115, a été destiné à honorer un prêtre d'Attis de 
Pessinunte, lequel se nomme Ti6Éctoç KXaûSio; "Atti;, r IIpà uto;, Kupeiva, 
Ar,io'xapov, et qui est galate. On remarquera qu'il est citoyen romain, 
inscrit dans la tribu Quirina; il est encore question de lui souslenuméro 230. 

Dans l'inscription numéro 226, page 115, les habitants de Pessinunte 
sont appelés ô SfjfjLOç 2ji6aaT7)v6)v ToXiOToôtoy-wv IleaotvouvTÎtov, parce que 
Pessinunte s'appelait Se6a<roj ToXicTTo6ojy;wv, comme Ancyre SsoasTrj 
TEXToastyrov, numéro 180, page 102 ; c'est une flatterie à l'égard des empe- 
reurs comme en Gaule les noms de villes Augustodunum, Augustonemetum, 
Augustobona. Le grand prêtre de l'assemblée provinciale de Galatie était 
désigné par la formule âp^tepsùç toù xoivou £c6aa77]vwv TaXa-rtôv qu'on 
peut traduire par « grand prêtre de la communauté des Galates impéria- 
listes ». 

1. Edition Mùller et Dubner, page 479. ligne 34; Meineke, page 786, 
ligne 1 3. 



Chronique. 101 



XIII. 

Dans le second fascicule des Mélanges d'archéologie gallo-romaine, publiés 
par M. Adrien Blanchet, un chapitre, p. 63, est consacré à une statuette 
en bronze représentant un paysan gallo-romain. Cette statuette a été trouvée 
dans le département du Vaucluse; le personnage est vêtu d'une tunique à 
manches courtes sur laquelle il porte un manteau à capuchon, le cucullus 
gaulois. Des souliers enveloppent ses pieds. Ce petit monument peut re- 
monter au 111 e ou au iv e siècle de notre ère. Des types analogues ont été 
publiés par M. Salomon Reinach, Répertoire delà statuaire, t. II, p. 120. 
M. S. Reinach m'en signale un autre, un petit bronze du musée de Co- 
logne, représentant un personnage que dans ce musée on appelle Der 
Ubier; il porte une tunique et il a des souliers. 

Deux chapitres du fascicule de M. Blanchet sont consacrés l'un à la no- 
menclature des ateliers de céramique dans la Gaule romaine, l'autre à la 
bibliographie de la même céramique. 

M. Blanchet a inséré dans les Mémoires de la Société nationale des Anti- 
quaires de France, année 1899, Paris, 1901, p. 189-272, un article inti- 
tulé : Etudes sur les figurines déterre cuite de la Gaule romaine, supplément. 
Nous y signalerons, p. 241-245, le relevé des statuettes de terre cuite repré- 
sentant la déesse Epona, et, p. 245-247, la description de trois statuettes de 
terre cuite dans lesquelles on reconnaît le dieu au maillet, Sucellos. Cf. Re- 
vue celtique, t. XVII, p. 45-59 (article de M. Salomon Reinach). 

Nous recevons du même auteur une brochure intitulée Antiquités du dé- 
partement de l'Indre où se trouve une notice sur la poignée en bronze 
d'épée gauloise conservée au musée d'Issoudun. Cette poignée représente 
un guerrier qui a un torques autour du cou et en tient un autre aux deux 
mains. 

XIV. 

La librairie David Nutt vient de faire paraître trois volumes de vulgarisa- 
tion. 

L'un est la traduction anglaise par M. Jessie L. Weston d'un roman de 
la Table Ronde, Morien; l'original perdu était probablement français, on 
en a trouvé la traduction dans une compilation hollandaise du xiv e siècle. 
On peut là-dessus consulter une étude de M. Gaston Paris au tome XXX 
de l'Histoire littéraire. 

Un second volume édité par la librairie David Nutt est également une 
traduction anglaise, mais ici le texte français est conservé. M me Edith Rikert, 
auteur de la traduction, nous donne un choix des lais de Marie de France, 
dont il y a eu deux éditions complètes au siècle dernier, l'une de Roquefort, 
Poésies de Marie de France, t. I, Paris, 1820, l'autre de M. Karl Warnke, 
Die lais der Marie de France, dans la Bibliotbeca Normànnica de M. Hermann 
Suchier, t. III, Halle, 1885. 



102 Chronique. 

Marie de France annonce que ses contes sont d'origine bretonne. Voici 
comment elle s'exprime au début du premier de ses lais: 

Les contes que jo sai verais, 
dunt li Bretun unt fait les lais, 
vos conterai assez briefment. 
El chief de cest comencement, 
sulunc la lettre et l'escriture, 
vous mosterrai une aventure, 
Ki en Bretaigne la mentir 
avint al tens ancienur '. 

Les premiers vers du second lai s'accordent avec cet énoncé : 

Mult ont esté noble baruri 
Cil de Bretaigne, li Bretun -. 

De même les premiers vers du troisième lai : 

En Bretaigne jadis maneient 

dui chevalier; vesin esteient 3, etc., etc. 

Les lais traduits sont les suivants : 

i° Guigemar, n° i de Suchier, p. 5-40; Roquefort, p. 48-113. 

2° Le fraisne, 11° 3 de Suchier, p. 54-74; Roquefort, p. 138-177. 

3° Les dous (deux) amanz, n° 6 de Suchier, p. 113-122; Roquefort, 
p. 252-271. 

4 Yonec, n° 7 de Suchier, p. 123-145; Roquefort, p. 272-313. 

5 Voustic (rossignol), n° 8 de Suchier, p. 146-151 ;Roquefort, p. 314-327. 

6° Chievrefoil (chèvrefeuille), n° 11 de Suchier, p. 180-185; Roquefort, 
p. 388-399. 

70 Eliduc, n° 12 de Suchier, p. 186-224; Roquefort, p. 400-485. 

Cinq lais sur douze ont été laissés de côté par la traductrice: ce sont ceux 
d'Equitan (n° 2), de Bisclavret (n° 4), de Lanval (n° 5), de Milun (n° 9), 
de Chaitivel (n° 10). 

Austic dans le titre du n° 5 (8 des éditions françaises) est une excellente 
forme archaïque du breton moderne eostik, en gallois eosig = *agustïko$ 
= * augusticos. Mais le titre Bisclavret d'une pièce non traduite, la | c des 
éditions françaises, doit être entendu comme représentant un dérivé bîeiç- 
garvet, du breton blei\-garv ou blei\-garo, blei^-garou « loup-garou ». 

L'introduction anglaise est placée à la fin. 

Le troisième des volumes de vulgarisation publiés par la librairie David 
Nutt est un résumé en 51 pages in- 12 de la mythologie Scandinave sous ce- 
titre : TheEdda:!. The divine, mythology of the North, by Winifred Faraday, 
M. A. 

1. Edition Suchier, p. 5, 6; cf. Roquefort, p. 50. 

2. Edition Suchier. p. |i ; cf. Roquefort, p. 11 |. 

3. Edition Suchier, p. 54; cf. Roquefort, p. 138. 



Chronique. 105 



XV. 

Personne ne placera parmi les publications populaires le savant ouvrage 
de M. Pineau: Les vieux chants populaires Scandinaves (Garnie Nordiske 
Folkeviser), étude de littérature comparée, 2 volumes in-8. Le premier volume, 
xiv-336 pages, a paru en 1898; le second, 584 pages, est daté de 1901. 
C'est une publication de la maison Emile Bouillon. La Revue celtique, tome 
XIX, page 34s, a parlé du tome premier qui avait pour sujet spécial, Les 
chants de magie, datant de l'époque sauvage, suivant l'auteur. Au tome II, 
consacré à la légende divine et héroïque, on trouve le sous-titre Epoque 
barbare. 

M. Pineau croità l'origine celtique d'une grande partie des légendes Scandi- 
naves et même de la plus ancienne épopée allemande, celle des Nibelungen. 
Voici un exemple: dans l'épopée des Nibelungen, Gunther va chercher au delà 
des mers une reine d'une remarquable beauté Brùnhilt, qui a déclaré ne vou- 
loir épouser qu'un homme capable de la vaincre aux trois épreuves delà course, 
du jet et du saut. Suivant M. Pineau c'est une imitation de la légende ir- 
landaise où l'on voit le héros Cùchulain appelé, dans le pays des dieux, 
une île où l'on va d'Irlande en barque: et là Fand, déesse d'une beauté 
merveilleuse, lui offre sa main ; mais le héros n'obtiendra cette épouse qu'à 
la condition d'intervenir comme auxiliaire dans une bataille que la famille 
de sa fiancée doit livrer à d'autres dieux. 

La doctrine de M. Pineau nous paraît très vraisemblable. 

Le pays des dieux, des déesses, des déesses surtout, et des morts au delà 
de l'océan à l'extrême Ouest tient dans la légende irlandaise une place 
trop importante pour qu'il nous soit possible de considérer comme un em- 
prunt aux Germains cette croyance celtique. 

XVI. 

M. Joseph Déchelette a extrait du compte rendu du Congrès archéolo- 
gique tenu à Màcon en 1899, et fait paraître comme tirage à part sous la 
date de 1901 une brochure intitulée: Le Hradischt deStradonic eu Bohème et 
les fouilles de Bibracle. Suivant lui Stradonic serait un oppidum boïen fondé 
dans le cours du I er siècle avant J.-C, et détruit vers la fin de ce siècle, et 
les monuments archéologiques qu'on y a trouvés appartiendraient à une 
civilisation identique à celle que les fouilles de feu Bulliot ont fait sortir 
des ruines de l'antique Bibracte, de ce mont Beuvray qui, comme capitale 
des Aedui. a précédé Autun. Cette thèse est d'accord avec ce que nous 
apprennent les écrivains de l'antiquité. 

XVII. 

Le Rév. Eugène (Eoghan) O'Growney avait publié trois petits volumes 
intitulés: Simple Lessons in Irish. Le premier a paru en 1894. L'auteur pro- 



104 Chronique. 

fessait alors l'irlandais en Irlande au Collège de Maynooth. Le troisième 
date de 1896; déjà le laborieux professeur avait été forcé d'aller chercher 
un climat plus sain en Amérique, à Tucson, Arizona ; une maladie lente, 
mais impitoyable, devait l'enlever trois ans plus tard à la science et à ses 
amis. 

Une nouvelle édition de son premier fascicule, qui est un traité de la 
prononciation irlandaise moderne, a paru à New-York sous la date de 1902. 

Elle a été adressée à la rédaction de la Revue Celtique par M. A.-J. Ri- 
chardson, éditeur du journal The Gacl. 

Les frais de la publication ont été supportés par TheGael Publishing Com- 
pdny. Les épreuves ont été corrigées par le Rév. Richard Henebrv, ancien 
professeur de langue celtique à l'Université catholique de Washington; 
M. R. Henebrv a pris pour base de la partie de son travail relative aux 
lettres /, n, r, le traité de M. Holger Pedersen, Aspirationen i Irsk, 
Leipzig, 1897 (cf. Revue Celtique, t. XIX, p. 236). Le volume se termine 
par un index des mots irlandais et par une courte biographie du Rév. Eu- 
gène O'Grownev. 

XVIII. 

Il v a dans les langues néoceltiques un groupe de substantifs neutres 
formés à l'aide du suffixe -men et de racines verbales, ce sont par exemple : 
i° l'irlandais léimm « saut », en bretom lamm de la racine ulexg d'où en 
irlandais le verbe lingim « je saute »; 2° l'irlandais céitnm « pas », en bre- 
ton hinun, de la racine KENG, d'où en irlandais cingitn « je marche »; 3 
l'irlandais gairtn « cri », en breton garni, d'une racine gar, d'où en irlan- 
dais le verbe gairim. A ce groupe appartient le substantif irlandais bréimm 
« pet », en breton bran;, d'une racine brag, d'où le verbe irlandais braigim 
« je pète ». Le relevé des expressions proverbiales qui, dans la Bretagne 
continentale, se rattachent plus ou moins directement à l'idée exprimée 
par le mot bratn, occupe une grande partie de la plaquette intitulée Glossaire 
cryptologique breton, 3 e supplément, Paris, Welter, 1902, 36 pages, in-16. 

Viennent ensuite tous les dictons apparentés à l'énergique et célèbre ex- 
clamation de Cambronne, cette exclamation dont la traduction littéraire 
est « La garde meurt et ne se rend pas ». Notre analyse n'est pas complète, 
mais suffit pour donner ufie idée de la brochure qui n'est pas destinée à de- 
venir un livre de lecture pour les jeunes filles. 

XIX. 

Au tome XVIII, page 246 de la Revue Celtique, on a parlé de l'étymo- 
logie du nom de Pithiviers (Loiret) qui est appelé Pedveris dans une charte 
de 1160-1161, publiée par M. Stem, page 362 du Recueil des chartes du 
prieuré de Nêronville. On' y adopte la doctrine de M. Longnon, Atlas his- 

1 . Ce que veut dire « on » est indiqué par une signature qui est placée 
plus loin. 



Chronique. 105 

torique de la France, p. 194, où est donnée comme carolingienne la nota- 
tion Petuaris, justifiée par la formule in vicaria Petuarensi, dans une charte 
de 1025, et par le nom de lieu Petuer[s], qui désigne Pithiviers dans un 
fragment de pouillédu diocèse d'Orléans, conservé par un ms. du xi e siècle. 
Petuaris et Petuers nous font remonter aux cas indirects d'un nominatif plu- 
riel masculin Petuarii supposant un nominatif singulier masculin Petuariôs, 
en breton pevare, avec chute de la dentale, qui est conservée dans le gallois 
pedwaredd. On peut penser qu'il a existé un nom d'homme gaulois Petua- 
riôs « quatrième », identique comme sens au prénom et surnom romain 
Ouartus et signifiant a quatrième fils ». Ce nom d'homme employé adjecti- 
vement au pluriel a donné au nominatif fundi petuarii, à l'accusatif fundos 
petuariôs, c'est-à-dire « fonds de terre appartenant « à Petuariôs ». Petua- 
riôs est devenu Peviers, aujourd'hui avec une orthographe prétendue sa- 
vante Pithiviers. Le même nom d'homme Petuariôs, employé adjectivement 
et s'accordant avec villa sous entendu, a donné en Grande Bretagne le nom 
de lieu EUtouapÊa, voulant dire « exploitation agricole de Petuariôs ». 

M. Jules Devaux a écrit pour réfuter cette doctrine une brochure intitu- 
lée : Histoire d'un nom de lieu celtique (Pithiviers). Il l'a envoyée à la direc- 
tion de la Revue Celtique avec la dédicace quelque peu ironique : « Au grand 
« maître des études celtiques, hommage respectueux d'un obscur admira- 
« teur. » Suivant M. J. Devaux si le mot quatre se disait en gaulois petor, 
petru (petor-rituui, pttru-corii), il n'est pas aussi sûr qu'il se disait petuar 
dans la même langue. Ce raisonnement ressemble à celui de quelqu'un qui 
avancerait ceci : quatre se disait en latin quadru : exemple quaJrupes, en 
français quadrupède, nom de l'animal à quatre pieds; donc quatuor est 
probablement une invention de grammairiens. Mais de même que l'ir- 
landais cethir suppose un primitif *qetuares = xia^apse, les formes galloises 
et bretonnes exigent un primitif * petuar = * qetuar = quatuor. 

La variante Pedeuerius = Pedeueriôs du nom primitif de Pithiviers, à l'ac- 
cusatif pluriel Petuariôs, s'explique par l'insertion d'un e euphonique entre 
le / et Vu qui est une consonne et qui devait à cette date se prononcer v. La 
conséquence de cette insertion a été le changement du t en d, puis sa 
chute: \ed=t étant devenu intervocalique est tombé en français au xi e 
siècle. De là vient la forme populaire la plus ancienne de ce nom de lieu en 
français « Peviers ». 

Ces considérations nous donnent le droit de négliger les relevés faits par 
M. J. Devaux des noms de lieu dans lesquels varia est second terme. Tou- 
tefois nous ferons l'observation qu'il en développe beaucoup trop la liste. 
Argento-varia et Durno-varia sont des composés. Mais Novaria est un dérivé 
en -arius d'une racine nov; Vivarius est un dérivé de Uiuos. 

Les nombreux noms de lieux terminés en -vier, -viers, -vière, -vières au- 
raient besoin d'être étudiés de très près ; il faudrait pour chacun remonter 
aux formes les plus anciennes ; en sorte que le relevé fait par M. J. Devaux 
dans le Dictionnaire des postes n'a quant à présent aucune utilité. 

Les connaissances de M. Jules Devaux en celtique ne sont pas encore 
très approfondies. Aux notes des pages 25 et 26, il parle à deux reprises du 



io6 Chronique. 

mot gaulois vendos « blanc », en bas breton gwenn, montrant ainsi qu'il ne 
connaît pas la forme authentique gauloise uindos, en gallois gwyn, en irlan- 
dais find. Page 27, note, il écrit: « du gaulois vas « jeune homme », en 
« latin vassus, vient le breton gwas », tandis que le gaulois était uassos, dont 
uassus n'est qu'une notation latine. Il affirme, page 26, qu'il a existé un pri- 
mitif gaulois vara signifiant « fortification », et il appuie cette doctrine sur 
la présence en gallois d'un mot gwarâ, voulant dire à la fois « clôture » et 
« clore ». Mais ce mot gallois, qui n'existe ni en irlandais, ni en breton, 
peut être d'origine germanique. 

Enfin le p, c'est-à-dire la sourde initiale de Peviers, Pithiviers rend inad- 
missible de rapprochement que M. J. Devaux propose avec le gallois baeth 
« sanglier » dont l'initiale est sonore. 



XX. 

Le Corpus inscriptionum latinarum, publié par l'Académie rovale de 
Prusse, vient de s'enrichir d'un fascicule très intéressant au point de vue 
des études celtiques. C'est le premier de la troisième partie du volume XIII. 
Il a pour auteur M. Oscar Bohn; il contient, pages 119-429, un grand 
travail sur la poterie gauloise. La plupart des noms de potiers inscrits sur ces 
vases sont ou gaulois, ou gallo-romains ; et cependant il y en a certainement 
quelques-uns de germains, comme le fait du reste remarquer l'auteur. 

Ainsi le nom écrit Cauico, numéro 429, et Ganicos, numéro 242, est évi- 
demment identique ÀGannicus, nom d'un des chefs des esclaves révoltés lors 
de la guerre serv'ûe (Fvonùn, Stratagèmes, livre II, chapitre 4, § 7, et chapitre 
5, § 32); or Gannicus est certainement germain comme le prouvent l'épitaphe 
de Garni icus, fils de Mannus (Corpus inscriptionum latinarum, tome III, n" 
5102) et le rapprochement avec le nom d'homme Gannascus porté par un 
chef des Chaud, lui-même natione Canninefas (Tacite, Annales, livre XI, 
chapitre 18). Cf. Holder, Altceltischer Sprachschat^, t. I, col. 1982. 

La nomenclature alphabétique des noms de potiers est précédée d'une pré- 
lace qui occupe les trois pages 1 19-121. L'auteur fait remarquer que l'on 
trouve dans les noms inscrits sur les vases quelques traces de la décli- 
naison celtique ; ainsi n° 680, le nominatif Cotu, d'un substantif dont le thème 
est Coton-. M. Bohn fait observer que les Gaulois ne savaient pas distin- 
guer, des syllabes longues par la nature de la voyelle longue elle-même. 
les syllabes longues par position, grâce à deux consonnes suivant une voyelle 
brève, et qu'ils doublaient souvent la consonne après une voyelle longue. 

Le nom du fabricant est souvent suivi des mots fecit, manu, ojjicina. 
Mais quelquefois, au lieu de ces mots latins, on trouve un mot barbare, 
dont l'orthographe complète est donnée par une inscription du musée de 
Gand^qui porte ici le n° 362; la légende est Buecos avotis. Des formes 
moins complètes sont avoti, avot, avo, av. M. Héron de Villefosse a 
remarqué que avot, avo, av, remplacent le latin fecit, et il en a conclu que 
avot était la traduction dt fecit, c'est-à-dire la 5^ personne du singulier d'un 
temps passé. 



Chronique. 107 

Cette conclusion qu'adopte M. Bohn pourra sembler difficilement admis- 
sible ; avotis paraît être le nominatif singulier d'un nom d'agent en ti- dérivé 
du thème verbal avo-, ave-, que l'on doit reconnaître dans la seconde partie 
du composé con-ôi, servat (manuscrit de Wùrzburg 29 d): oi = auet, c'est 
la (orme secondaire du sanscrit avati « il met en mouvement, favorise, pro- 
tège, commande » ; avotis serait un nom d'agent, au nominatif singulier, 
signifiant « directeur de fabrication ». Le suffixe ti-s, sert ordinairement à 
créer des noms abstraits, mais a été aussi employé pour créer des noms 
d'agents, tels qu'en latin hostis, en irlandais taid = *tâtis « voleur ». Du thème 
avo- dérivent aussi, le nom d'homme gaulois wvota (Holder, Altceltischer 
Sprachscharti, t. I, col. 317, et ici n° 249), le vieil irlandais aue, « petit- 
fils » ; avo- est le premier terme du nom de lieu Avo-briga. 

Le relevé des noms de potiers forme deux séries. L'une renferme les 
noms dont on peut donner une copie certaine, malgré quelques mutilations 
dans les originaux. Dans l'autre on a réuni des noms trop mutilés pour 
pouvoir être restitués avec certitude. La première série comprend 2108 ar- 
ticles et occupe les pages 122-399. La seconde série contient 1 208 articles, 
pages 400-429. La plupart des noms celtiques qu'on a recueillis dans la pre- 
mière série figurent dans Y Altceltischer Sprachschat\ de M. A. Holder, mais 
les noms latins n'ont pas été compris dans ce trésor, et ces noms sont inté- 
ressants comme témoignage de la romanisation de la Gaule. Ils peuvent en- 
core nous instruire à d'autres points de vue. Ainsi le nom du potier Patricius 
explique celui du célèbre apôtre de l'Irlande et montre qu'on aurait tort de 
considérer ce nom comme le titre d'une dignité. 



XXI. 

Dans une brochure intitulée : Tablettes et formules magiques à double sens. 
Première série. La tablette de Poitiers et une formule byzantine tirée des Anec- 
dota graeeo-byzantina de Vassiliev, M. Ricochon, docteur en médecine, a 
publié une dissertation sur la tablette de Poitiers étudiée dans la Revue cel- 
tique, t. I, p. 149. M. Ricochon admet qu'il faut reconnaître dans la langue 
de ce document le mélange de deux mots grecs avec des mots latins plus ou 
moins corrompus. Gontaurios serait la centaurée, mais il y aurait ici un jeu 
de mots et quand ce mot se présente pour la troisième fois, il pourrait signi- 
fier * genitorium d'où le français génitoires (Littré, Dictionnaire de la langue 
française, t. I, p. 1858). 

M. Whitley Stokcs, Cellie Declension, p. 68, lit dontaurios au lieu de 
gontaurios, datalages au lieu de catalages, danima au lieu de canimatl inter- 
prète cette inscription tout autrement que M. Ricochon suivant lequel elle 
signifie : « Prends deux fois de la centaurée, prends chaque fois le suc de la 
« centaurée, incante ce principe actif, extrais en trois masses pilulaires, 
« avale et garde toi, Justine, fille de Farra. » Un fac-similé de l'inscription 
est joint au mémoire et paraît, s'il est exact, justifier les lectures de M. Ri- 
cochon. 



io8 Chronique. 



XXII. 

On n'avait jusqu'ici qu'une grammaire du dialecte breton de Vannes, 
celle de J. Guillome, un volume in-12 de 149 pages publié à Vannes 
chez Galles, en 1836. Il vient d'en paraître une nouvelle, elle a pour auteurs 
MM. A. Guillevic et P. Le Goff, c'est un volume petit in-8° de 151 pages 
qui est en vente à Vannes chez Lafolve frères et qui porte la date de 1902. 

En tête de cette grammaire se trouve une savante introduction par M. E. 
Ernault, notre érudit collaborateur, qui traite des différences entre les dia- 
lectes bretons, et qui appelle par exemple l'attention sur le mot koskor, 
goskor. Ce mot, équivalent du latin familia « ensemble des serviteurs », est 
actuellement hors d'usage dans la plus grande partie de la Bretagne, mais 
il est encore employé à Sarzeau, arrondissement de Vannes, comme en 
gallois où on l'écrit cosgordd; voir sur l'emploi ancien de ce mot le Dic- 
tionnaire étymologique publié par M. Ernault à la suite du Mystère de sainte 
Barbe. 

La grammaire de MM. Guillevic et Le Goff améliore et complète sur 
divers points celle de Guillome. Une addition intéressante est un petit 
traité de la dérivation et de la composition, p. 141- 146. 

XXIII. 

On vient de réunir en un volume les articles publiés dans les Annales 
de Bretagne, par M. de La Borderie sur la chronologie des chartes contenues 
dans le cartulaire de Redon. Ce volume intitulé : La chronologie du cartuîaire 
de Redon, est un in-8° de 256 pages, qui a paru chez Oberthùr, à Rennes, 
en 1901. L'auteur y étudie les éléments chronologiques contenus dans 320 
chartes et arrive à modifier plus ou moins la date attribuée à 150 de ces 
actes par l'éditeur du cartulaire. Une partie des résultats qu'il atteint a 
pour l'historien une grande importance. Cette importance est moindre pour 
le linguiste. Le cartulaire de Redon étant non pas une collection d'origi- 
naux, mais un recueil de copies, on doit souvent se demander si une nota- 
tion intéressante se trouvait dans l'original et n'est pas fiée sous la plume 
du copiste. Un original qui était contemporain de Charlemagne a très pro- 
bablement en beaucoup de cas subi dans la copie des modifications qui ont 
substitué la langue du xi c siècle à celle du commencement du IX e . 

XXIV. 

Nous avons sous les veux la feuille 30 de l'édition du Tâin bô Cûaïlngi 
préparée par M. Windisch; elle atteint le f° 83 du Livre de Leinster. Les 
deux tiers environ, texte et traduction, de la célèbre épopée sont donc im- 
primés. Nous adressons nos félicitations au savant éditeur, dont le jubilé, 
vingt-cinq ans de professorat, sera célébré le 25 avril prochain. 



Chronique. 109 



XXV. 

Un décret impérial et royal, en date du 13 janvier 1902, a ratifié la no- 
mination de M. Henri Zimmer, récemment élu membre ordinaire de l'Aca- 
cadémie des sciences de Berlin, classe de philosophie et d'histoire. Dans le 
même décret M. Zimmer est qualifié de conseiller intime d'Etat, geheimer 
Regierungsrath. 

Tous les celtistes applaudiront à la double distinction obtenue ainsi par 
le savant professeur de l'Université de Berlin. Elle était incontestablement 
méritée, elle est en quelque sorte une consécration officielle de la science 
que la Revue Celtique travaille à développer. 

XXVI. 

Le tome XII du Cours de Littérature celtique vient de paraître à la librairie 
Fontemoing. Il a un titre spécial : Principaux auteurs de l'antiquité à con- 
sulter sur l'histoire des Celtes. Il se termine par un errata qui ne contient 
que deux articles. Il pourrait en avoir un beaucoup plus considérable. Ainsi 
page xiii l'année 1874 est donnée comme la date du premier volume des 
Fragmenta historicorum graecorum de MM. Muller. C'est bien la date im- 
primée sur le titre de l'exemplaire que possède l'auteur du tome XII du 
Cours de Littérature celtique, mais cette date est celle d'un tirage bien posté- 
rieur au premier tirage qui a eu lieu en 1841. 

La mise en vente du tome XI, Métrique galloise, fin, par M. J. Loth, 
aura lieu très prochainement, probablement avant la date ou paraîtra le 
présent numéro de la Revue Celtique. 

XXVII. 

M. Francesco P. Garofalo, professeur à l'Université de Naples, notre sa- 
vant collaborateur, compte faire prochainement à l'Université d'Aix-Mar- 
seille un cours libre sur les antiquités celtiques. 

H. d'Arbois de Jubaikville. 



PÉRIODIQUES 



SOMMAIRE: I. Analecta Bollandiana. — II. Bulletins et Mémoires delà Société 
d'Anthropologie de Paris. — III. The Journal of the Royal Society of Antiquaries of 
Ireland. — IV. Folklore. — V. Annales de Bretagne. — VI. Publications of the Mo- 
dem Language Association of America. — vu. The Gael. — VIII. The Athenaeum. 
— IX. American Journal of Philology. — X. Celtia. — XI. Society for the pré- 
servation of the irish Language. — XII. Revue épigraphique. — XIII. Revue ar- 
chéologique. — XIV. Le musée belge. — XV. Beitrae^e nu Kunde der ir.dogerma- 
nischen Sprachen. 

I. 

Analecta Bollandiana, tome XX, fasc. IV. — Aux pages 452-444 
les savants éditeurs publient une vie de saint Killian, personnage d'origine 
irlandaise, contemporain de saint Faron, qui fut évêque de Meaux de 626 
à (172. Une vie de ce saint était entre les mains de Hildegarius, évêque de 
Meaux, 855-876, qui écrivit une vie de saint Faron, et qui cite plusieurs 
fois la vie du saint irlandais, comme on le peut voir chez Mabillon, Acta 
sanctorum ordinis sancti Benedicti, tome II (1669), pages 616, 017, 010: 
mais dans la vie que Hildegarius avait entre les mains saint Killian est ap- 
pelé Chillenus avec î primitif tenant lieu de ia postérieur, comme dans le 
sermon irlandais conservé par le manuscrit de Cambrai 019, qui est une 
copie faite entre les années 763-790 sur le continent, et qui reproduit un 
manuscrit irlandais plus ancien: dans ce sermon le latin dominas est rendu 
au nominatif par féda, et au génitif par fêdot ' ; plus tard fiadu, fiado, au no- 
minatif 2 , ttftadat au génitifs. Les savants éditeurs se demandent laquelle 
était la plus ancienne des deux vies, ou celle que Hildegarius avait entre 
les mains au IX e siècle, et dans laquelle le saint irlandais est appelé Chille- 
nus, ou celle que leur ont procurée deux manuscrits de la bibliothèque de 
Douai, le manuscrit 857, folios 105-1 14, X e siècle, dans lequel le nom est 
écrit Cillianus, et le manuscrit 840 de la même bibliothèque, XII e siècle, 
folios 1 s > - 1 5 5 l'is, dans lequel le nom est écrit Killianus. Il est évident que 

1. H. Zimmer, Glossae Hibernicae, page 214. 

2. Hymne de Sanctan, vers 6, 16. Windisch, Irische Texte, tome 1. pages 
50, 51. 

3. Prière de Xinine vers 5. Windish, Irische Texte, tome I, page 23. 



Périodiques. 1 1 1 

l'orthographe Chillenus est la plus ancienne; les notations Cillianus et Killia- 

nus sont plus récentes; donc la vie dont Hildegarius s'est servi remontait à 
une date plus haute que la vie publiée par les Bollandistes. Quand a été 
écrite la première de ces vies IV celtique subsistait encore en irlandais dans 
les mots où la syllabe suivante contient une voyelle large, et il s'était 
changé en ia dans la même situation, lorsque a été écrite la vie décou- 
verte par les Bollandistes. Ce changement de l en ia se serait accompli sui- 
vant M. Brugmann vers la fin du vn e siècle ' : en effet le du-lhegot du ma- 
nuscrit de Cambrai 2 nous offre dans son second terme la plus ancienne 
notation du tiagat écrit dans le Bède de Carlsruhe, folio 18 c, IX e siècle 5. 
la pour c est aussi l'orthographe du manuscrit de Wùrzburg, VII e , viii l ', 
ix e siècle. 



II. 

Bulletins et Mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris. 
Tome II, 1901, Fascicule 4. — Note du docteur Pommerol intitulée « La 
fête des brandons et h dieu gaulois Grannus ». Le dimanche des brandons, 
c'est-à-dire le premier dimanche de carême, se célèbre en Auvergne par des 
feux de joie et par le port d'une torche de paille emmanchée sur un bâton. 
On y met le feu et on l'appelle granno mio ; mio voudrait dire « ami » ; 
en portant cette torche on chante : 

Granno, mo mio, 
Granno, mon potière, 
Granno, mo mouère ! 

Ce que le docteur Pommerol traduit ainsi : 

Grannus, mon ami, 
Grannus, mon père, 
Grannus, ma mère ! 

L'auteur considère cette cérémonie comme une réminiscence celtique. 

Suivant M. Paul Meyer, mio est féminin et signifie « amie » ; granno est 
probablement aussi féminin et par conséquent la traduction par le masculin 
Grannus est de valeur douteuse. 



III. 

The Journal of the Royal society of Antiquaries of Ireland ; 
Partie 4 du volume XXXI, décembre 1901. — Notice par M. Richard ]. 
Kelly sur la tour ronde de Killbannon dont le nom le plus ancien est KM- 

1. Gruudriss der verghichenden Grammatik, tome I, 2 e édition, p. 187. 
Cf. Zeuss-Ebel, Grammatica céltica, pages 17-18. 

2. H. Zimmer, Glossae Hibernicae, page 216. 

3. H. Zimmer, Glossae' Hibernicae, page 232. 



i i 2 Périodiques. 

bénin, c'est-à-dire cella Benigni; Il s'agirait de saint Benen ou Bénin, Béni- 
gnus, disciple de saint Patrice. 

Mémoire de M. Patrick J. O'Reilly, sur les pierres tumulaires et les 
croix monumentales de Rathdown. Des planches accompagnent ce tra- 
vail. 

Étude par M. Westropp sur les antiquités de Slane. On peut y remarquer 
un dessin représentant la motte, c'est-à-dire l'emplacement du château de 
Slane. 

Dans les Miscellatiea nous signalerons les notices: i° sur le crannog 
c'est-à-dire sur l'habitation lacustre de Mountcashel, 2° sur deux dolmens. 
M. Macalister a fourni le dernier article de ces Miscellanea, qui concerne 
deux inscriptions ogamiques inédites. Il a lu la première ainsi qu'il suit : 

... agni maqi addiloxa 
Inagene muco [bJidani 

Ce qu'il y a de plus intéressant dans ces inscriptions c'est le mot inagene 
qui serait le génitif du vieil irlandais ingen, fille, aujourd'hui ingbean. 

IV. 

Folklore, t. XII, 4 e livraison, décembre 1901. — Très intéressant ar- 
ticle de Miss Eleanor Hull sur la branche d'argent dans la littérature épique 
de l'Irlande. On peut citer d'abord à ce sujet la pièce intitulée « Aventures 
de Cormac dans la terre de promesse », Echira Cormaic i tir tairngiri, pu- 
bliée avec traduction anglaise par M. Whitley Stokes dans \eslrische Texte, 
III e série, i re livraison, page 182-229. Cormac, roi suprême d'Irlande au 
in 1 ' siècle de notre ère, étant le premier mai dans son château de Tara, vit 
arriver un guerrier qui portait une branche d'argent, et à cette branche 
d'argent pendaient trois pommes d'or. Ce guerrier lui donna la branche et 
quelque temps après Cormac armé de la branche se rendit dans la terre de 
promesse dont le roi était le guerrier qui lui avait fait visite ; ce guerrier 
était le dieu Manannan, fils de la mer, Mac Lir. Terre de promesse. Tir 
tairngiri est un nom relativement moderne du pays mythologique appelé 
plus anciennement mag mell « plaine agréable ». mag môr «grande plaine », 
où habitaient, croyait-on, les dieux et les morts. Quand Loeg, le cocher 
de Cùchulain, alla dans le pays des dieux, il vit devant la porte du château 
un arbre d'argent dont l'éclat au soleil ressemblait à celui de l'or '. C'est 
l'arbre auquel Manannan avait cueilli la branche qu'il donna à Cormac. 

Une branche semblable apparaît au livre VI de l'Enéide. Le héros 
troyen veut se rendre au pays des morts pour y voir son père. La 
sibylle de Cumes lui déclare qu'il ne pourra exécuter ce projet tant qu'il 
n'aura pas cueilli sur un arbre mystérieux une branche d'or qu'il portera 
comme présent à Proserpine. 



1. Serglige Conculain, § 33, chez Windish, Iriseiie 'Texte, tome I, page 
218, lignes 22, 23. Cf. Thurneysen, Sagen ans dem alten Irland, p. 80. 



Périodiques. \ 1 $ 

Latet arbore opaca 

Aureus et ioliis et lento vimine ramus, 
Junoni infernae dictus sacer; hune tegit omnis 
Lucus, et obscuris claudunt convallibus umbrac. 
Sed non ante datur telluris operta subire, 
Auricomos quam quis decerpserit arbore fétus. 
Hoc sibi pulchra suum ferri Proserpina munus 
Instituit. 

(Vers 136-145, cf. vers 201-211, 406, 407, 636). 
La seule différence entre le rameau de l'Enéide et celui des textes irlan- 
dais c'est que le rameau de l'Enéide est d'or, tandis que le rameau de la 
littérature irlandaise est d'argent; seulement dans le premier des textes que 
nous avons cités, des pommes d'or y sont suspendues. 

Dans un autre texte irlandais, Imram Brain maie Febail, le rameau d'ar- 
gent au lieu de pommes d'or porte des fleurs {The Voyage of Bran son of 
Febal to the Land of the Living, edited by Kuno Meyer, page 3). 

V. 

Annales de Bretagne, tome XVII, n° 2, janvier 1902. — Transcrip- 
tion phonétique, par M. J. Francés, de tous les mots du dialecte breton de 
Beuzec Cap-Sizun qu'il connaît personnellement. Chansons bretonnes re- 
cueillies et traduites par le même. — Suite des Contes irlandais recueillis par 
M. Douglas Hyde et traduits par M. G. Dottin. — Le Paganisme en Bretagne 
au vi e siècle par M. G. Guenin ; malheureusement la plupart des renseigne- 
ments recueillis par l'auteur sont empruntés à des vies de saints de beau- 
coup postérieures à l'époque dont il parle, et qui par conséquent ne méritent 
qu'une confiance médiocre. — Suite du Lexique étymologique breton de 
M. Victor Henry, Jolory-Ma. 

VI. 

Publications of the Modern Language Association of America, 
vol. XVII, n° 1. — Sous le titre Cato and Elijah, a Study in Dante, M. Charles 
H. Grandgent, professeur à Harvard University, a publié, p. 71-89, un sa- 
vant mémoire où il établit par exemple l'influence exercée sur Dante dans 
dans son Purgatoire par le Forage de saint Brendan. 

VII. 

The Gael, n° de novembre 1901, pages 351-355, article de M. Patrick 
Weston Joyce sur le degré de confiance que méritent les textes historiques 
de l'ancienne Irlande. Ce mémoire atteste la connaissance du sujet et la 
plupart de ses assertions sont au-dessus de la critique. 

N° de décembre 1901. Pages 383-384, notice sur les manuscrits con- 
servés au monastère des Franciscains de Dublin. — Page 384 il est annoncé 

Revue Celtique, XXIII. 8 



i 14 Périodiques. 

que le dictionnaire irlandais préparé depuis plusieurs années par la Irish 
Text Society de Londres est à peu près terminé et sera mis sous presse en 
1902 ; le directeur de la publication est le Rev. Father Dineen ; on compte 
sur 600 à 800 pages, et le volume coûtera au plus 1 dollar 75 cents. — 
Page 393 les lecteurs sont prévenus que l'édition du « Malheureux destin 
des enfants de Tuireann», publiée par la Society for the Préservation of the 
Irish Language, est épuisée et qu'il va être fait une nouvelle édition qui se 
vendra 1 shilling 6 pence l'exemplaire. Il est dit aussi que M. J.-P. Craig, 
professeur d'anglais à Saint-Eunan's Collège, auteur d'une Modem Irish 
Grammar, vient de faire paraître un petit volume intitulé Modem Irish Com- 
position. 

VIII. 

The Athen.eum, 4 janvier 1902, p. 21 : Compte rendu d'une séance de 
la Society of Antiquari es du 19 décembre dernier. M. W. Gowland a donné 
lecture en cette séance d'un mémoire intitulé Excavations at Stonehenge. Le 
but des fouilles était de redresser le grand menhir qui penchait et menaçait 
de tomber. Dans les fouilles on trouva près d'une centaine d'instruments 
de pierre tous très grossiers et appartenant aux derniers temps de la période 
néolithique. 

Ces fouilles n'ont mis au jour aucun objet de bronze, de fer ou d'autre 
métal, excepté à la superficie. Cependant le cuivre devait être connu 
des constructeurs, car à sept pieds au-dessous de la surface on a trouvé une 
petite tache de cuivre ; mais tous les outils dont se sont servi les construc- 
teurs étaient des instruments de pierre. Le monument de Stonehenge re- 
monte donc à une époque où, en Grande-Bretagne, le cuivre ou le bronze 
était connu, mais n'avait encore été employé à aucun usage industriel. 
M. Gowland suppose que la date peut être fixée entre l'an 2000 et l'an 
1800 avant J.-C. Suivant Sir Norman Lockyer et M. F.-C. Penrose on 
devrait préférer 1680 mais en admettant qu'on peut ajouter à ce chiffre 
deux cents ans ou en retrancher deux cents. 

IX. 

American Journal of Philology, volume 32, n° 3, page 332. — 
Compte rendu élogieux par M. O.-B. Schlutter, du livre de M. Victor 
Henry, Lexique étymologique des termes les plus usuels du breton moderne. 
M. Schlutter est l'auteur d'un mémoire intitulé Some Cellic Traces on the 
Glosses mentionné dans la Revue celtique, tome XXII, page 362,011 son nom 
est complètement défiguré : Schuilter au lieu de Schlutter. Dans ce nouvel 
article l'auteur s'occupe principalement des rapports du breton avec l'anglo- 
saxon, soit que les mots bretons tirent leur origine de l'anglo-saxon ou 
que le fait inverse puisse s'être produit. 

X. 

Celtia, novembre 1901. — Réimpression du Mémoire de M. Kuno 



Périodiques. i 1 5 

Meyer sur l'état présent des études celtiques tant sur le continent européen 
que dans les Iles Britanniques et en Amérique. — Suite du dictionnaire 
anglais-irlandais, etc., Anxiety- Appoint. 

— Décembre. Suite du dictionnaire : Appointement-Arrest. 

XI. 

Society for the préservation of the irish Language; annual re- 
port for 1 900-1. On y donne la liste des maîtres reconnus capables d'ensei- 
gner l'irlandais en 1895, 1896, 1897, 1898, 1899 et 1900, et le programme 
des examens: i°pour l'enseignement primaire; 2° pour l'enseignement se- 
condaire; 3° pour l'enseignement supérieur. 

XII. 

Revue épigraphique, juillet-août-septembre 1901. Épitaphes nouvelle- 
ment découvertes à Reims et contenant i° les noms suivants au génitif: 
Belatoni, Cintonis, Catli, Cavvae, Conni, Sucae, Santae, Senni, Sacionis, 
Gabri; i° les noms suivants au nominatif: Biatucco, Bocca, Borissa, Notta, 
Satta, Suça. 

XIII. 

Revue archéologique, mai-juin 1901. Mémoire de M. Joseph Deche- 
lette sur la fabrique de poterie gallo-romaine découverte à Saint-Rémy 
(Allier). Suivant l'auteur les plus anciens vases fabriqués en Gaule sur les 
bords de l'Allier d'après des modèles italiques datent de la première moitié 
du I er siècle de notre ère. 

Juillet-août, page 51. Article de M.Joseph Déchelette sur la poterie de La 
Tène à décoration géométrique incisée ; p. 149 dans la Revue des publi- 
cations épigraphiques par M. Cagnat : les noms d'hommes Bergussa et 
Eloppo Togeneti à Reims. 

Septembre-octobre. — Les inscriptions de l'Oise, par M. Seymour de 
Ricci. On y remarque, pages 242 et suivantes, les noms d'homme Abuco, 
Boudus, Beliniccus, Cintugnatus, Cintussa, Cambus, Condolius, Cinnamus. 

Novembre- décembre. — Costa de Beauregard : les cuirasses celtiques de 
Fillinges. — Article de M. Salomon Reinach sur la mévente des vins sous 
le haut empire romain. Le savant auteur traite, page 368 et suivantes, la 
question de savoir à quelle époque on a commencé à planter des vignes en 
Gaule. — Suite du travail de M. de Ricci sur les inscriptions de l'Oise. - 
Le volume se termine par la table des matières de la revue des publications 
épigraphiques publiée par M. Cagnat. Aux pages 486-489 se trouve le 
relevé des noms propres parmi lesquels plusieurs sont gaulois. 

XIV. 

Le musée belge, 15 janvier 1902. — M. J.-P. Walzing paraît avoir re- 



1 16 Périodiques. 

connu le premier une dédicace au dieu Volkanus dans une inscription dé- 
couverte à Tongres en 1900. Les dédicants sont des Gésates, c'est-à-dire 
des Gaulois. De ces textes M. Walzing rapproche un passage de Florus, 
où l'on voit qu'en 222 avant J.-C., les Gaulois, en guerre avec les Romains 
et comptant sur la victoire, avaient promis à Volcanus les armes des Romains '. 
Nous ignorons le nom gaulois du dieu auquel l'auteur latin donne le nom 
latin de Volcanus. Est-ce le Goibniu irlandais, dieu des forgerons, dont le 
nom est en irlandais goba, en breton geff, et dont dérive dans le De belle 
Gàllico le nom propre Gobannitiol Nous n'en savons rien. 

XV. 

BEITRàGE ZUR KUNDE DER INDOGERMANISCHEX SPRACHEN. — Le 4 e Cahier 

du 26 e volume vient de paraître, et contient une table où sont réunis douze 
mots irlandais, une locution bretonne et un mot gallois. Nous avons parlé, 
t. XXII. p. 362, de la locution bis iod, nom breton de l'index, qui est l'objet 
d'un article spécial par M. Max Niedermann. 

Mais les autres mots celtiques figurent dans des articles dont le titre 
n'annonce rien de pareil. Ainsi M. Giuseppe Ciardi-Dupré, traitant de 
l'histoire de la syncope vocalique en latin, et proposant pour volnus, vuînus, 
une base volenos, veîenos, considère la racine de ce mot comme identique à 
celle du vieux haut allemand qnelan « souffrir de vives douleurs », et du vieil 
irlandais atbaïl «il meurt ». Page 187 le même auteur reproduit, d'après 
M. Brugmann, le rapprochement du vieil irlandais buinmus « frêne » en 
breton ounnen, au pluriel ounn, avec le latin ornus, pour osinos ou osenos. 
Page 312, M. Prellwitz adopte le rapprochement fait par M. Stokes de l'ir- 
landais inmadae « sine causa », madae « en vain», avec le grec 'xx-xioz, etc. 

H. d'Arbois de Jubainville. 



NOTA. — Au tome XXII, p. 436-437, les Corrigenda s'appliquent à ce 
tome, sauf les renvois aux pages 313, 314, 315, 317, 320, 323. 323. 389, 
392, 393, 395, 402 qu'il faut chercher dans le tome XXI. 

1. Epitoma, I. I, c. 20 ; édition d'Otto Iahn, 1832, p. 34. 



Le Propriétaire-Gérant : Veuve E. Bouillon. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



NOTES ETYMOLOGIQUES BRETONNES 

(suite.) 



17. Huerni, quereller; huernus, hargneux. Victor Henry 
dans son Dict. Etymol. voit là un emprunt au v. fr. hergner 
« hargner ». Un ne s'explique pas ainsi. D'ailleurs on ne pro- 
nonce pas hu-erni mais chwerni, chwerni, à ce que m'apprend 
M. Fr. Vallée. Huerni est sûrement celtique, identique au 
gallois dmjyrnu, gronder, gronder en montrant les dents, en 
parlant d'un chien, et par extension, routier. Ce mot sort d'une 
racine indo-européenne sver, qui se retrouve dans l'allemand 
schwirren, schwarm, etc. Il est probable que l'élargissement de 
la racine par -//- nous reporte à un présent verbal vieux brit- 
tonique *svir-na-mi, indo-eur. svr-nâ-nii. 

Le gallois chwyrnu a aussi le sens de tourner rapidement. 
Si la racine est la même, l'évolution de sens s'explique par les 
vibrations produites par un mouvement rapide. 

18. Gwiber, écureuil. Pour guinver, et le gallois wiwer, v. 
Lrnault, Mémoires île la Société deLing., XI, p. 102-103; c ^ J- 
Loth, Mots latins à gwiwer. Gwiber me paraît remonter à un 
vieux-brittonique *vïpe'ro- et à indo-europ. viq-ero-, *veiq-ero-: 
la racine est la même que dans le lith. veik, rapide, et le grec 
homér. àicraw = Fai-Fix-yto, s'élancer, agiter vivement (cf. 
Brugman, Grundriss, II, p. 847, § 465. 

Gwiber est très probablement à rapprocher du gallois gwïbio, 
vagabonder. 

Quant à gwic'her, qui est plus rare, il se rattache, comme 
l'a supposé M. Ernault au gallois gwichio; sinon, on pourrait 
supposer un vieux-brittonique *vic-s-ero- pour *vicj-s-ero. 
Revue Celtique, XXII l. 9 



I i S J. Lolh. 

19. Herlegon, héron blanc, aigrette. D'après Victor Henry , 
ce mot représenterait un bas-latin *hagironem, d'origine ger- 
manique. Hagironem n'eût donné que hayron ou hagron. Il est 
évident que herlegon est un emprunt au vieux-français; mais 
aucune des formes connues ne l'explique. 

La forme de Pléchatel hegron remonte, avec une dérivation 
romane, au vieux-allemand heigir. Il a dû exister une forme- 
empruntée au doublet breiger, aujourd'hui reiher, forme qui 
a dû être approximativement *heregron. Heregron a donné 
régulièrement en breton *helegron et herlegon. 

20. Gou^icn, le serein. M. Victor Henry y voit une conta- 
mination, fort invraisemblable, de gliqen et de goi<~i~a. Gou- 
%ien me paraît composé de gou-, particule ayant un sens res- 
trictif, et de dieu, certain, en moyen-breton, et ayant, en 
gallois, le sens de clair, serein et, par extension, de sûr, certain. 
Dieu a, en gallois, d'autres sens (y. Archiv fur Celt. Lexie., I, 
4 Fasc, p. 503). 

21. gli%i, goutte, crampe. Ce mot, dont M. V. Henry dé- 
clare l'étymologie inconnue, est évidemment identique au 
gallois gloesion, pangs. La variante gli^ien est probablement la 
forme la plus ancienne. Pour l'évolution delà diphtongue, et. 
Milieu, année, et biaa~, bloe%. 

22. G but, glouton. Ce n'est pas un abstrait de glouton, mais 
bien exactement le vieux-français glout. Le gallois glwlh re- 
monte à gluttu-s. 

23. Godisa, se moquer. Ce mot ne remonte pas à gaudir ; 
c'est un emprunt au patois de l'Ouest : dans le Maine, gaodiseu, 
signifie un homme plaisant (Dottin, Patois du Haut-Maine). 

24. Friol, prodigue. D'après M. V. Henry, ce serait une 
forme moderne du moyen-bret. [rival. A priori, c'est peu pro- 
bable ; [rival, moyen-bret., signifie /rivale et est un mot savant, 
comme il y en a tant dans les textes de cette époque; friol est 
un mot populaire, contemporain du mot savant [rival. C'est le 
vieux-français friol, friand, frioler, être avide (Godefroy, 
Die t.). 

25. Fcscihl, gerbe. On a rattaché, jusqu'ici, ce mot au gal- 
lois ffasg, paquet, qui paraît bien emprunté au latin fascis. Une 
première difficulté, c'est qu'on a, non ffascad, mais fescad. Ce 



Notes étymologiques bretonnes. 119 

qui parait trancher la question et devoir séparer nettement le 
breton du gallois, c'est la forme gaélique d'Irlande et d'Ecosse 
seasgan, gerbes, poignée ou tas d'épis liés. Cela suppose une 
forme vieille-celtique spesc-. 

26. foutoula, barboter. Ce serait une onomatopée. Foutoula 
est un très proche parent du bas-vannetais fourdouil, remuant 
et maladroit, fourdoiillein, touiller et bouleverser: ce qui nous 
amène au v. français fretouiller qui doit se prononcer dialecta- 
lenient frdouiller. 

27. Flak, faible, chétif; serait un mot d'argot flac, flasque. 
C'est la forme patoise du Maine flac, faible, chétif. 

28. Foellr, foitlir, foudre. Dans foeltr il n'y a eu aucune 
contamination defoultr par foet, comme le suppose M. Victor 
Henry. Les deux formes sont simplement d'époque différente; 
foeltr est emprunté directement au v. fr. foeldre, et foultr à 
fouldr. 

29. Foitiu, fauvette mâle. Il est inutile de supposer une 
forme française hypothétique *fauvin. C'est le v. fr. fouin. 

30. Fionen, faîne; fion, des faines. D'après M. V. Henry, 
ce serait un emprunt français * fouine qui n'a rien d'hypothé- 
tique, contrairement à la supposition de M. V. Henry, dérivé 
de fou, hêtre. Fouine n'eût donné que fouin et fouinen. Si 
fouin eût existé en breton, c'eût été le représentant exact du 
latin fâginus qui eût donné fôhin, fouhin, comme vâgïna a donné 
gouhin (*wohin). Fionen est éclairé par le vannetais fouionenn, 
faine (Cillart de Kerampaud, Dict. fr. brei.). Il a dû exister une 
lorme française foiyon ou fouillon : ci. v. fr. foial, hêtre. 

3 1 . Fard, charge, n'est pas tiré du français fard-eau ; c'est 
le v. fr. jarJe. 

32. Felu, guemon. D'après M. Ernault, suivi par M. V. 
Henry, ce serait un emprunt latin ulva, évoluant par une 
série de métathèses qu'il est inutile de discuter: felu est exac- 
le v. fr. felil, algue. 

33. Eskammed, billot. Ce serait, d'après M. Y. Henry, une 
contamination du bas-lat. scamellum et du v. fr. dialectal *escaf- 
faud. Scamellum eût donne * scavell et scanvell (scâvelV). Eskam- 
med est un dérivé du v. fr. escham, escabeau, banc, ban- 
quette. 



120 ;. Loth. 

34. Eskenn, singul. eskenen; d'après Le Pelletier, morceau 
de quelque chose que ce soit, ou un peu d'une chose dont on 
veut user, soit de pain ou autre nourriture. M. Roussel, dit- 
il, l'explique par le seul mot de nourriture, et semble vouloir 
que ce soit le latin esca; Le Pelletier, lui, préfère le rapporter 
à hescen, scie, suivi en cela par M. V. Henry. 

L'absence de /; initale me parait suffire à faire rejeter ce 
dernier rapprochement. Un emprunt à esca est impossible : 
esca a e initial long et eût donné *oesc. On pourrait, il est 
vrai, supposer un vieux-celtique de formation semblable : ëd- 
sca . 

La forme eskenen suppose un vieux-brittonique *eskïnâ. Cette 
forme peut s'expliquer différemment, par exemple, par ex- 
scïnâ de ex- et d'un dérivé de sec- couper. 

Eshen n'est guère usité aujourd'hui que dans des locutions 
comme -.n'en deve^o eskenn, il n'en aura pas une miette. 

3 5 . Diibe, pigeon domestique, est donné généralement comme 
un emprunt germanique; il n'y a de satisfaisant, pour 
la forme, que le moyen haut-ail. tube, ail. taube; mais on se 
demande comment ce mot nous serait parvenu. De plus la 
voyelle de l'allemand ne devait pas donner ù breton. Il me 
paraît certain que diibé représente le v. fr. tube, pattu). 

J. LOTH. 

(à suivre.) 



CHANSONS POPULAIRES DE LA BASSE-BRETAGNE 



I. 



CHANSON AR C HOK 



i. Etre Kastel hag e gok, 
Ti de ra la, ti de ra la la, 
Etre Kastel hag e gok 
'Zou zavet eun tam diskrok. 

2. Balamour d'eur yod itu, 
Ti de ra, etc. 

E bet zavet an ergu ; 

3. A oa kaset da yenan 'méz 

O c'hortoz ar wreg da gargan léz. 

4. Ha 'font ar c'hog, ken zard ha tra, 
Ha gant i vegik d'in tanva. 

5 . Ha 'font Kastel 'laret d'e gok : 

— Me gond, më mignon, e houd zôd; 

6. Te deb ar yod a vegadou 

Hag ar re ail a renk kâd loaiou ! — 

7. Ha mont ar c'hok da laret d'an : 

— Nan e ket dibi yôd a ran ; 

8. Nan e ket dibi yôd a ran : 
Dibab ar polotez ennarï. 

9. Dibab ar polot gant më bek 

'Vit zevel hi hénor d'ez kroek. — 
10. Ha 'font Kastel komer eur vaz, 
Has e terrin e c'har en daou blas. 



1 22 E. Ernault. 

ii. — 'Teus ked eom, 'mez ar c'hok, me maltreti ; 
Me 'ni eus gret dever 'baz n es ti ; 

12. Me 'm eus gret dever 'baz 'n es ti, 
'M eus maget d'it seiz 'polezi 

13. Ha disket d'e kalz a roujou 
A-dre an lient hag ar parkou, 

14. Entre al Lezwen hag ar Stankou ; 

O deus forniset d'es kroek kals uou. — 

Chanté à Kerfot, le 27 septembre 1900, par François 
Le Guevel (Fanch Ar Gevel), de Plouezec (Plouek- 
ar-môr), âgé de 77 ans, qui sait cette chanson de- 
puis sa jeunesse. Cf. « Tassel et son coq ». Soniou 
Brei^-I^el, I, 54. 



Traduction. 

LA CHANSON DU COQ. 

1. Entre Castel et son coq — Ti de ra la, ti de ra la la, — 
Entre Castel et son coq — s'est élevé quelque débat. 2. 

C'est à cause d'une bouillie de blé noir — que s'éleva la dis- 
pute; 3. On l'avait mise à froidir dehors — en attendant 
que la femme eût versé le lait (dans les écuelles). 4. Voilà 
le coq qui s'en va, tout gaillard, — de son petit bec la goûter. 
5. Et voilà Castel qui dit au coq: — — Je trouve, mon 
ami, que tu es fou: 6. Tu manges la bouillie par bou- 
chées, — et les autres sont obligés d'avoir des cuillers ! — 

7. Et voilà le coq qui lui dit : — — Ce n'est pas manger 
de la bouillie que je fais ; 8. Ce n'est pas manger de la 

bouillie que je fais: — j'y cherche les grumeaux, 9. Je 

cherche les grumeaux avec mon bec, — Pour rehausser l'hon- 
neur de ta femme 1 . — 10. Et voilà Castel qui prend un 
bâton, — Et de lui casser la jambe en deux endroits. 
11. — Tu n'as pas besoin, dit le coq, de me maltraiter: — 
j'ai fait mon devoir dans ta maison; 13. J'ai fait 
mon devoir dans ta maison, — je t'ai nourri sept poulettes, 

1. Sa réputation de bonne ménagère. 



Chansons populaires de la Basse-Bretagne. 125 

13. Et leur ai appris beaucoup de sentiers — par le 
chemin et les champs, 14. Entre la Lezwenn et les 

Stancou : ; — elles ont fourni a ta femme bien des œufs. — 



II. 



KANOUBN AK C HEMENER 

1. Pa ha ar c'hemener d'an ti da labourât, 
Ve savet an heol; nan e ket heure mat, 
Antren a ra en ti n eur ober e bajo, 

Eur ru 'barz 'n e gerc'hen da lakat rataiïho. 

2. Pa 'n a débet e lein, ha prest da labourât: 

— Brema me gontou d'ac 'h doare ar groage mad. 
En dé ail a oan bet ebarz en ti unan; 

Eno, emezan, 'ma ket kollet ma foan : 

3. Ac'hane am oa bet eur pez kik-sall dru, 

Ken a goueze ar chaous deus daou goste ma ru. 

Mez e oan bet en ti eun ail, 

Eno, 'vit gwir, 'm oa ket bet a gik-sall ; 

4. Me bet am oa ie eur c'hochad bleud ed-du 
Ken a oa parfoeltret an daou gorn euz ma ru. 
Pejo aman koz, ha tammo aman fresk 

Me a nefe bemde war ma dervez a gresk ; 

5. Ha tammo kik-sall me am e aliez : 

Me na zervijan ket nemeur euz ar ganailhez ! 

- Daman "ta, ma den kez, daman d'ein ar ru, 
Evit ma lakein 'barz ho prezant dioustu. — 

6. Ha hi 'vont gaiîtan da goste ar c'hléu. 

— Ec'h an d'ober.eun dra ha marteze 'm o keu ; 
Ec n an da gac'het, emezi, en ru ar c'hemener : 
Mad avoalc'h eo 'vitan, pa eo ken truanter ! 

7. ■ — Dalet 'ta, kemener, setu aze ho ru; 
Maniet nan dousik, ar pez so 'r fous so dru ! — 
Ar c'hoez a oa gantan, mar kerct ma c'hridi, 

1. Localités voisines de Paimpol. 



124 E. Ernault. 

Ar re a dremene renke stoufan o tri ! 

8. Pan arruas er ger, oa c wrek korn al ludu. 

— Lemet-c'hui elese da garzafi d'in ma ru ! 

— Ar prezant a c'heuz bet, ma den, eo eur wadegen; 
Ec'h an da lakat raktal anezi cr souben, 

9. Pa vervou ma souben e trempîn ma skulad. 

Me gont eo 'barz ar tons eo chomet an treo mad... — 

Chanté pat pôt Yau, à Trévérec, vers i88j. 



Traduction. 



LA CHANSON DU TAILLEUR 

1. Quand le tailleur va à la maison pour travailler, 
le soleil est levé; ce n'est pas bon matin. Il entre dans 

la maison, en taisant ses pas (à son aise), une gibecière 

pendue au cou, pour mettre les restes d'étoffe. 2. Quand 

il eut mangé son déjeuner, et qu'il fut prêt à travailler: 

— Maintenant je vous conterai la façon d'agir des braves 
femmes. L'autre jour j'étais allé chez une d'elles; 

là, dit-il, je n'avais pas perdu ma peine. 3. De là j'avais 

eu une pièce de viande salée, grasse au point que le jus 

tombait des deux côtés de ma gibecière. J'étais allé aussi 

dans une autre maison; là, il est vrai, je n'ai pas eu de 

viande salée, 4. Mais j'ai eu une sachée de farine de blé 

noir, si bien que les deux coins de ma gibecière étaient 

tout déchirés. Des quantités de vieux beurre, et des mor- 

ceaux de beurre frais, j'en ai chaque jour, avec (le prix 

de) ma journée, par-dessus le marché ; 5 . Et des mor- 

ceaux de viande salée, j'en ai souvent : je ne sers guère 

de gens qui soient de la canaille ! — Donnez-moi, mon 

brave homme, donnez-moi la gibecière, Pour que j'y 

mette votre cadeau, à l'instant. — 6. Et voilà qu'elle 

l'emporte sur le bord du fossé. — Je vais faire une chose, 

et peut-être en aurai-je regret ; je vais ch..., dit-elle, dans 

la gibecière du tailleur: c'est assez bon pour lui, puisqu'il 



Chansons populaires de Li Basse-Bretagne. 12$ 

est si chineur \ : 7. — Tenez donc, tailleur, voilà votre 

gibecière ; maniez-la bien doucement, ce qui est au fond 

est gras! — - Il répandait une odeur, si vous voulez m'en 

croire, telle que les passants étaient iorcés de se boucher 

le nez ! 8. Quand il arriva chez lui, sa femme était au 

coin de la cendre (du foyer). — Otez-vous de là, pour 

me vider ma gibecière ! — Le cadeau que tu as eu, mon 

homme, c'est un boudin; je vais le mettre à l'instant dans 
la soupe. 9. Quand ma soupe bouillira, je tremperai mon 

écuellée. Je crois que c'est au fond que sont restées les 

bonnes choses... — 

III. 

COAT AN NE 

r. Kant skoet a deu, kant skoet a ia, 
Kant skoet an heol na n'int netra. 

2. Kant skoet an heol he koustet din 
Kad ma mestrez a dostik din. 

3. Pa c'hen d'ar studi a d'ar skoll 
Welen ma douss war doul he dor : 

4. Demad, ma douss, ma dimezel 
Me ho salud a diabell. 

5. Ma vijen tost me raje wel 
De mad ma Doussik Izabel. 

6. — Tostaït, kloarek, ha deut an ti 
Da gontan din doare ar studi. 

7. — M eus ket amzer da abuzin, 
Triwac'h kemener zo ganin 

O c'h ober eun habid neve din. 

8. C'h ober din eun habit satin gris 
Da vont a d'are da Baris. 



1. Cette expression, bien connue en haute Bretagne, est plus vive et 
plus exacte ici que le français quémandeur. Lorsque j'étais sur les bancs, à 
Saint-Brieuc, un camarade me lit remarquer que chiner serait le mot propre, 
au lieu de chercher, dans le vers où Boileau montre Colletet, qui « crotté 
jusqu'à l'échiné, s'en va chercher son pain de cuisine en cuisine ». 



126 E. Ernautt. 

9- — Da bara c'h et tu d'ar studi 
Ma na c'houlet ket Belegin ? 

10. Da bara c'h et tu d'ar studi, 

Ma ho c'h eus c'hoant da dimezi ? 

11. — Ewit diskin skruivan ha len, 
Gonit arc'hant gant ma fluen. 

12. — Pa n'eo eur pried eo a fell din 
Ne n'eo ket vun den a studi. 

13. Ankoët ar skoll ag ar studi 

Ha beet sonj mad d'em eureujin. 

14. — Ma mestrezek, ma doussek koant 
Ho ligne ne neket kontant. 

15. — Digasset ganec'h Koat an ne, 
D'em goulen digant ma ligne, 

16. Ha mar refuzont Koat an ne, 
A dra serten, na rinket me. — 

17. Ar c'hloarek vel neus klevet 
En Koat an ne e nen rentet. 

iS. — De mad a joa ar maner man, 
Ma breur mager pelec'h e man ? 

19. — Petra, ma breur, zo a neve, 
Ma c'hout en koulz man a vale ? 

20. Neubeud a woëc'h a detid dam goëlet 
A me a ran eus o karet. 

21. — ■ Me zo deut aman gant eur sujet 
Ag am eus morc'het eus lien laret. 

22. - A te neus tanet pe lac'het, 
Lac'het pe violet merc'het, 

Ma teus morc'het eus lien laret ? 

23. — Na meus na tanet na lac'het 
Lac'het na violet merc'het 
'Treo ze ouïn na direont ' ket. 

24. Deut ho d'ho klask da dont ganên 2 



I. Il v avait d'abord dereont, puis on achangé le premier (• en i, contrai- 
rement a la prononciation habituelle. Voir mon Gloss. tnoy. bret., 2 e éd., 
152; cl. na -ircoit ket en-, ne conviendra pas a, Qucllien, Chansons et 
Danses, 81. 

2- Il va ici, par exception, un trait sur l'«, pour marquer qu'il est nasal. 



Chansons populaires de la Basse-Bretagne. 127 

Da di'r Markis, da Krec'hgoure 
Da c'houl an Dimezel a c'hane. 

25. — Ma breur mager, te war er fad 
En dra ze na ve ket groet mad ! 

26. Ve eur païzant a neve 
Pennerez pemp mil skoet levé ! 

27. — Ha pa dije pemp kant mil skoet 
Wel a voa ganin bean belek 

Mes ar plac'h n'en permetfe ked. 

28. — Mar man er plac'h en tu genit te, 
Deomp breman de Krec'hgoure, 

29. Me 1110 aneï dit ac'hane 

War boëss ma lanss ha ma kleve. 

30. Markis Koat-an-ne a levere 
En Krec'hgoure pa n'arrie : 

31. — Bonjour a joa er mancr man, 
Otro 'r markis pelec'h e man ? 

32. ■ — Diskcnnet, Markis, ha deut an ti, 
Ma heï ho marc'h er marchossi. 

33. — Na ziskennin na nin an ti, 
Na neï ma marc'h er marchossi, 

34. Ken a mo bet ma c'hevridi. 
Aoén a meus rak fachiri. — 

35. Na Krec'hgoure vel m'en klevas 
Neuze souden a respontas : 

36. — Wit fachiri na savo ket 
Mar man em zi pes a glesket. 

37. — Man en o ti pez a glaskan : 
Da glask ar Bennerez a teuan, 

38. Wit e rein d'em breur mager, 
Mab a ti mat ha skruivanier. 

39. Eun den disket a ligne vad 
Deus koste e vam hak he dad. 

40. Darn deus he dud zo senechalet 
Darn Barnerien ha prokuloret, 

41. Barnerien en dech ar Roue 
Senechalet en Coat an ne. 

42. — Ha padelc nfent hanter kant stad, 



128 E. Ernault. 

Pa na nin ket demeus ar goad 
An dra ze ne ve ket groët mad, 

43. E ve roet d'eur skruivanier 
Merc'h a ti nob ha dimezel; 

44. Ve eur païzant a neve 
Pennerez pemp mil skoet levé. - 

45. Ar c'houarnerez vel m'ho klevas 
Er kroec'h gant ar vinss a pignas : 

46. — Deut an traon ha diskennet pront 
Man duman ho tad hak ho ïont ; 

47. Man Koat an ne bars er gigin 
Hak en ken glas ag er glizin 

48. Glas vel er glizin en kreïz an han 
Lac'han ma mest a fell déan. — 

49. Ar Bennerez pa deus klevet 

En traou gant ar vinss zo diskennet, 
A Koat an ne deus saludet. 

50. — Bonjour d'ac'h, Otro Coat an ne. 
Pelec'h e chomet ma c'harante ? 

51. Ho preur mager pelec'h a man ? 
Hennés eo an hini a glaskan. 

52. — Et eo ar kloarek war lie c'his, 
War eun ankane da Baris, 

53. Da wit eur chazub sulaouret 
Do ofernian pa vo Beiek. 

54. — Ewit Belek sur na vo ket 
Rag promesse dime neus groët. 
Sort dime ven ket trahisset... 

55. Kerc'het din m'ankane gwen erc'h, 
Ma hin da Baris war he lerc'h. — 

>6. Na Krec'hgoure vel ma klevas 
Gant fulor bras a respontas : 

57. — Wit da Baris na nefet ked; 
Gant chadennou vefet staget, 

58. Exernp vad dan Demezelet 
A sot ho t'en gant païzantet. 

59. - Mar zo n no ti chadennou bras 
Leket hi da staga ho chass. 



Chansons populaires de la Basse-Bretagne. 129 

60. Sort dime na vent ket staget 
Keït a ma vo tudjentil er bed. 

61. Na gomzet ket din a chadénnou, 
Komzomp da regli lion kontjou. 

62. Komzet da reïn ma madou din 
Ma hin gante lec'h nui kerin 

Gant ma kloaregek da demezin. — 
6}. Na Koat an ne ag a neuze 
Ag hen ho difoënan he kleve; 

64. Ag hen diskoël he kleve noas 
N'en ober gantan sin ar groas ; 

65. E reas gentrou de varc'h bras, 
Mes er Markis ail a zouzas. 

66. — Roet din ta Hou hag eur bluen, 
Roet din eun tam paper gwen, 

67. Ma rin deï pe deus fantazi 
Permission ewit demezi. — 

68. Markis Koat an ne a levere 
De vreur mager ag en de se * : 

69. — Dali, sell da Bennerez aze 
Me meus goneet aneï dide 

War boess ma lanss ha ma kleve; 

70. Mar gress te deï nemert mad 

Me walc'ho ma kleve gant da wad. 

71. Be sonj, ma breur mager breman 

E merc'h da wreg d'am c'hoar henan. — 

Collection Penguern, mss. celtiques de la Bibliothèque 
Nationale, n° 95. f° s 138-147. J'ai ajouté les n os des 
couplets et redressé quelquefois la ponctuation 
(non l'orthographe, souvent inexacte). Avant le titre 
Coat an ne il s'en trouve un autre, d'une main diffé- 
rente : Pt'uht>rt'~ Krec'hgoure (L'héritière de Crec'h- 
gouré).Il y a deux notes, l'une sur un petit feuillet 
intercalé f° 140: « Coadele (aux Trolong) Krec'h- 
goure a péri par le feu... », l'autre. à la fin de la 
pièce, f° 148 : « Coat an ne. Cette terre est en Tre- 
zelan, et appartient aujourd'hui à M. de Trogoff. » 

1 . Il y avait d'abord ag en nmie, alors. 



150 E. Ernaull, 



Traduction. 

1. Cent écus vont, cent cens viennent, cent écus so- 

leil I ne sont rien. 2. Cent écus soleil il m'en a coûté 

pour avoir ma maîtresse tout près de moi. 3. Quand j'al- 

lais étudier à l'école, je voyais ma douce sur le seuil de 

sa porte : 4. Bonjour, ma douce, mademoiselle, je 

vous salue de loin. 5. Si j'étais près, je ferais mieux; 

bonjour, ma petite douce Isabelle. 6. — Approchez, 

clerc, et venez dans la maison me conter des nouvelles 

de vos études. 7. — Je n'ai pas de temps à perdre, 

dix-huit tailleurs sont avec moi, à me faire un habit neuf; 

8. à me taire un habit de satin gris pour aller de 

nouveau à Paris. 9. — Pourquoi allez-vous étudier, 

si vous ne voulez pas devenir prêtre? 10. Pourquoi allez- 

vous étudier, si vous avez le désir de vous marier? 

11. — Pour apprendre à écrire et à lire, et gagner de l'ar- 

gent avec ma plume. 12. — Quand c'est un époux que 

je veux, ce n'est pas un homme d'étude. 13. Ou- 

bliez l'école et l'étude et souvenez-vous bien de m'é- 

pouser. 14. — Ma petite maîtresse, ma petite douce jolie, 

votre famille n'y consent pas. 15. — Amenez avec 

vous Coatanné me demander à ma famille, 16. et 

s'ils refusent Coatanné, pour sûr, je ne le ferai pas, moi. 

17. Le clerc, dès qu'il a entendu (ces mots), s'est 

rendu à Coatanné. 18. — Bonjour et joie en ce ma- 

noir; mon frère de lait, où est-il ? 19. — Qu'y a- 

t-il, mon frère, de nouveau, que tu es à cette heure en 

route? 20. Il est rare que vous veniez me voir, moi 

qui crève d'amitié pour vous! 21. — Je suis venu ici 

pour un motif que je n'ose dire. 22. — As-tu in- 

cendié ou tué, tué ou violé des filles, que tu n'oses 

le dire ? 23. — -Je n'ai ni incendié ni tué, tué ni violé 

des filles; ces choses-là ne me conviennent pas. 24. 



1. Ou écus wls, c'est-à-dire marqués au soleil; cf. D. Le Pelletier, v. 
scôet, et le P. Grégoire de Rostrenen, v. ècu. 



Chansons populaires de la Basse-Bretagne. 131 

Je suis venu vous chercher pour venir avec moi chez le 

marquis, à Crec'hgouré, pour demander la demoiselle de 

ce lieu. 25. — Mon frère de lait, tu sais bien que 

cela ne serait pas à taire! 26. Un paysan avoir l'héri- 

tière de cinq mille écus de rente! 27. — Quand elle au- 

rait cinq cent mille écus, j'aimais mieux être prêtre, 

mais la fille ne voulait pas le permettre. 28. — Si la 

fille est de ton côté, allons à l'instant à Crec'hgouré ; 

29. je te l'aurai de là, à la pointe de ma lance et de mon 

épée.. — 30. Le marquis de Coatanné disait à Crec'h- 
gouré quand il arrivait : 31. — Bonjour et joie en ce ma- 
noir; monsieur le marquis, où est-il ? 32. — Des- 
cendez, marquis, et entrez dans la maison, que votre 
cheval aille à l'écurie. 33. — Je ne descendrai pas, je 
n'entrerai pas dans la maison, et mon cheval n'ira pas a 
l'écurie, 34. que je n'aie obtenu ce que je viens chercher. 

J'ai peur qu'il n'y ait une fâcherie (entre nous). — 
35. Crec'hgouré, à ces mots, a repondu aussitôt: 36. 

— Pour une fâcherie, il n'y en aura pas, si ce que vous 
cherchez est chez moi. 37. — Ce que je cherche est chez 
vous: je viens chercher l'héritière 38. pour la donner à 
mon frère de lait, fils de bonne maison et écrivain; 39. 
homme instruit, de bonne famille du côté de sa mère et 
de son père. 40. Quelques-uns de ses parents sont séné- 
chaux, quelques-uns juges et procureurs; 41. juges 
sous l'autorité du roi, sénéchaux en Coatanné. 42. 

— Quand ils occuperaient cinquante places, puisqu'ils ne 
sont pas du sang, cela ne serait point convenable, 

43. qu'on donnât à un écrivain une fille de maison noble 
et demoiselle; 44. que ce fût un pavsan qui eût 

l'héritière de cinq mille écus de rente. — 45. La gou- 

vernante, quand elle les entendit, monta en haut par 

l'escalier tournant : 46. — Venez en bas, descendez vite! 

votre père et votre oncle sont ici; 47. Coatanné est 

dans la cuisine, aussi bleu qu'un bluet, 48. bleu 

comme un bluet au milieu de l'été; il veut tuer mon 

maître. — 49. L'héritière, quand elle a entendu, est 

descendue en bas par l'escalier tournant, et elle a salué 



1 3 2 E. Ernatilt. 

Coatanné. 50. — Bonjour à vous, Monsieur Coatanné, 

où est resté celui que j'aime ? 51. Votre frère de lait, 

où est-il? C'est celui-là que je cherche. 52. — Le 

clerc s'en est retourné sur une haquenée à Paris, 53. 

chercher une chasuble dorée pour dire la messe quand il 

sera prêtre. 54. ■ — Pour prêtre, certes, il ne le sera pas, 

car il m'a fait promesse; on ne trahit point des 

gens de ma sorte... 55. Cherchez-moi ma haquenée blan- 

che comme neige, que j'aille à Paris après lui. — 

56. Crec'hgouré, à ces mots, avec grande colère répon- 

dit : 57. — Pour à Paris, vous n'irez pas, avec des 

chaînes vous serez attachée, 58. bon exemple aux demoi- 

selles dont la tête est tournée par des paysans ! 50. 

— S'il y a chez vous de grandes chaînes, mettez-les à 

attacher vos chiens; 60. on n'attache point des gens de 

ma sorte, tant qu'il y aura des gentilshommes au monde ! 
61. Ne me parlez pas de chaînes, parlons de régler 

nos comptes; 62. parlez de me donner mes biens, 

que je les emporte où je voudrai pour me marier avec mon 
petit clerc. - 63. Et Coatanné alors de dégainer son 

épée; 64. et de montrer son épée nue en en faisant 

un signe de croix; 65. il donna de l'éperon à son grand 

cheval, mais l'autre marquis recula. 66. — Donnez- 

moi donc de l'encre et une plume, donnez-moi un mor- 

ceau de papier blanc, 67. que je lui fasse, puisque c'est 

son idée, une permission de se marier. — 68. Le 

marquis de Coatanné disait à son frère de lait, en ce jour : 

69. -- Tiens, voilà ton héritière, je te l'ai gagnée à la 
pointe de ma lance et de mon épée ; 70. si tu lui tais 

autre chose que du bien, je huerai mon épée dans ton 

sang. 71. Souviens-toi, mon frère de lait, à présent, 

que ta femme est la tille de ma sœur aînée. — 



Autre version. 

K O A T A N X A Y 

1 . Pa vezan bemdez e vond dam skol 



Chansons populaires de la Basse-Bretagne. i ] } 

E vez va mestrez e tall e dor 

2. Hag hi e lavaret ken ardant: 

— Dibonjour deoc'h va dousik koant. 

3. — Doc'h ar c'homzo a leveret 
Va godissa eo a ret. 

4. — Neket o godissa eo a ran, 
Kousket ganec'h a zeziran. 

5. Dcud gant ar Markis Koatanne 
Dam goulen digant va ligne. 

6. Dam goulen digant va ligne, 
Ne veet ket refuset men toue. 

7. — Dibonjour dec'h, markis Koatannay. 

— A deoc'h ive x , va breur mager. 

8. — Deud tu ganeme da Crec'hgoure 
Da houlen ar penerez ahane, 

Ne viot ket refuset e men toue. 

9. — Va breur mager, c nui e voar ervad 
An dra ze ne ve ket grcd m ad, 

10. Perc'hen pem mil skoët a levé 

A lignez nobl, a galite. 
ir. — Rentet tu dime va mado 

A baoue ma ze va zud maro. 

12. Breman pa zco ed va zud gant Doue 
Me zo mest d'ober va bolonté, 

13. Da kemeret va santimant, 
An den man pa ze kontant. 

Collection Penguern, mss. celt. de la Bibl. Nat., n° 
90, f os 9, 10. A la suite, se trouve cette indication :* 
« Jannet Puill y fév. 185 1. » J'ai numéroté les 
couplets, et ajouté quelques signes de ponctuation. 

Traduction. 

1. Qu;ind je vais chaque jour à l'école, ma maîtresse 

est près de sa porte. 2. Et elle de dire avec ardeur : 

— ■ Bonjour à vous, mon petit doux joli. 3. — D'après les 

paroles que vous dites, c'est vous moquer de moi que vous 

1. Ce mot devait être à la fin du vers, cf. Gwer^iou B.-I., I, 436. 
Revue Celtique, XXI II. 10 



i $ 4 £• Ernault. 

faites. 4. — Ce n'est pas me moquer de vous que je fais: 

je désire dormir avec vous. 5. Venez avec le marquis 
de Coatanné me demander à ma famille ; 6. me 

demander à ma famille, vous ne serez pas refusé, je le 

jure. 7. — Bonjour à vous, marquis de Coatanné. 

— Et à vous aussi, mon frère de lait. 8. — Venez avec 
moi à Crec'hgouré en demander l'héritière; vous 
ne serez pas refusé, je le jure. 9. — Mon frère de lait, 
vous savez bien, cette chose ne serait pas convenable: 

10. la propriétaire de cinq mille écus de rente, (fille) de 

famille noble, de qualité ! 11.— Rendez-moi mes biens, 

depuis que mes parents sont morts. 12. Maintenant 

que mes parents sont allés avec Dieu je suis maîtresse de 

faire ma volonté; 13. de suivre mon goût, puisque 

cet homme consent. — 

Cette dernière rédaction, comparée à la précédente, se fait 
remarquer par sa brièveté et par sa banalité. Le premier de ces 
caractères provient sans doute, au moins partiellement, de 
défaillances de mémoire, qui ont attaqué des passages très 
saillants, mais non indispensables, pour ne laisser que ce qui 
était nécessaire à l'intelligence du récit. La chanson ne s'est 
enrichie que d'un trait de grossière naïveté (au vers 8, cf. 
Odyssée, I, 366), trait qui à l'origine a bien pu être mis, un 
peu plus délicatement, dans la bouche du clerc; car il s'est 
produit une interversion des personnages du dialogue initial. 

— Comparer deux autres variantes: Gicer'iou Brei^-I^el, 1, 
434, « L'héritière de Crec'hgouré » (version traduite en vers 
dans Y Hermine, t. XV, p. 76); Quellien, Chansons et Danses 
des Bretons, p. 84, « Le kloarek de Coatréven ». 

E. Ernault. 



LA DÉCLINAISON CELTIQUE DES NOMS 1 



i° Thèmes en o 



Dans la grammaire irlandaise abrégée, Kur%gefasste Irische 
Grammatïk, de M. Windisch le paradigme des thèmes mascu- 
lins en -o est ainsi donné : 





SINGULIER 


PLURIEL 




DUEL 


Nom. 


fer 


fii- 


Nom. 


acc. da fer 


Gén. 


fir 


fer n- 


Gen. 


da fer 


Dar. 


fiur 


feraib 


Dat. 


dib feraib 


Ace. 


fer n- 


firu 






Voc. 


fir 


fi ru 







Ces tonnes sont probablement celles de la langue irlandaise 
à la date à laquelle les Irlandais ont commencé à fixer par 
écrit sur des cahiers de parchemin leurs récits épiques, c'est- 
à-dire au \"i e et au vn e siècles de notre ère. Mais on peut re- 
monter plus haut grâce aux inscriptions ogamiques des Iles Bri- 
tanniques et aux inscriptions gravées, en caractères étrusques, 
grecs et latins, tant en Italie qu'en Gaule. En conséquence 



i. Bien des savants penseront que l'excellent mémoire de M. Whitley 
-Stokes, Cellic DecUnsion, dont il a été rendu compte par M. Ernault dans la 
Revue Celtique, t. VII, p. 100-102, rend le présent travail inutile: mais il 
v a quelques points sur lesquels on propose ici une solution différente ou 
des développements que notre savant collaborateur n'a pas cru nécessaires. 
On y reconnaîtra'par exemple quelques doctrines de M. Thurnevsen portées 
a la connaissance des érudits par leur insertion dans le Grundriss de 
M. Biwmann. 



1 56 H. D'Arbois de Jubainville. 

nous restituerons la forme celtique primitive de la façon 
suivante : 





SINGULIER 


PLURIEL 




DUEL, 






Nom. 


«ïrôs 


um 


Nom . 


acc. d//âu 


//il'âu 




Gén. 


um 


it won 


Gén. 








Dat. 


wïrû 


/rirôbhis 


Dat. 


dwôbl 


lin //irob 


ihïn 


Ace. 


/nrôn 


//ïriis 










Voc. 


uirè 


//ïriis 











Singulier. 

La voyelle radicale du substantif dont il s'agit est non pas 
un e mais un i ainsi que l'établissent deux inscriptions, l'une 
de Beire-le-Chàtel, l'autre de Langres où se rencontrent les 
noms d'hommes AgeJo-uints, Sacro-uirus avec une finale 
latinisée pour * Agedo-uiros, Sacro-uiros. On trouve le même 
nom sous une forme encore plus latinisée Sacrouir, dans 
quatre passages des Annales de Tacite (Livre III, chap. _|0, 
41, 44, 46) et dans les Historiae (Livre IV, chap. 57). Sacro- 
uiros est probablement la déformation par influence latine d'un 
gaulois * Sagro-uiros signifiant a fort homme, » sur le premier 
terme duquel on peut consulter Whitley Stokes, Urkeltischer 
Sprachschat^, p. 297. Au nominatif singulier fer Yi de la syllabe 
radicale a été changé en e par l'influence rétrograde de l'o de la 
seconde syllabe, qui a disparu. La finale -os est établie par les 
exemples suivants: 

Truti-knos, lisez Druti-cnos. 

L'alphabet étrusque, ne contenant pas de consonne sonore, 
remplace la sonore de chaque organe par la sourde corres- 
pondante. Truti-cnos veut dire fils deDrutos. Ce mot Trutiknos 
est conservé par une inscription de Todi, province de Pé- 
rouse, en Italie. 

Anokopokios, lisez Ande-cumbogios; Setupokios, lisez Setu-bogios; 
TanotaloSj lisez Dannotalos. Ces trois mots sont fournis par 
une inscription de Novare, chef-lieu d'une province de l'Italie 
du Nord. 

!)v;yj.xz:; < toiXXovsoç, inscription de Yaison (Vaucluse). 



La déclinaison celtique des noms. 137 

KawttaXo? Ojepar/.V5ç, c'est-à-dire fils de Uersos ; Ksvv.X- 
A;;r, c'est-à-dire fils de Condillos; inscriptions de Nîmes, 
Gard). 

r>7.;;.:: \>.-.tj\).y.y.zz. c'est-à-dire Bimmos, fils de Litumaros; 
( hy-xY.z: HXojax.ov.oc, c'est-à-dire Uritacos, fils d'Elusconos; 
( hrfèpcupxpos, c'est-à-dire Uebrumaros, inscriptions de Saint- 
Rémy (Bouches-du-Rhône). 

Tarbeisonios ou Tarbelsonios , incription du Vieux-Poitiers. 

lecavos Oppianicnos, c'est-à-dire Iccavos, fils d'Oppidum; 
inscription de Volnav, conservée au Musée de Beaune (Côte- 
d'Or). 

Licnos Contextos, lisez Contechtos ; inscription d'Autun. 

Doiros, inscription de Dijon. 

Andecamulos Toutisicnos, inscription de Neyers. 

Essingos, inscription de Bavay (Nord). 

Bratronos, inscription de Néris (Allier). 

Cemunnos, inscription de Paris, etc., etc. 

L7 final du génitif est établi par les inscriptions suivantes : 
d'abord trois continentales : 

Alckuati, Tnilikni, lisez: Ategnati, Druticni, Todi. 

Segomari, Dijon, génitif du ^i^z^pz: de Vaison, comme 
Trutikni est le génitif du Trutiknos, Todi. 

Dannotali, Alise, génitif du Tanotalos, lisez Dannotalos, de 
Novare. 

Ces génitifs se rencontrent très fréquemment dans les ins- 
criptions ogamiques de Grande-Bretagne et d'Irlande. Ces 
inscriptions sont funéraires, et l'usage est de mettre au génitif 
le nom du défunt, en considérant comme sous-entendu le sub- 
stantif dont le génitif est le complément déterminant". Ce 
substantif signifiait monument ou tombe. Exemples: 

Sagramni Maqi Cunatami, « tombe de Sagramnos, fils de 
Cunotamos ». 

Dalagni Maqi Dali « tombe de Dalagnos, fils de Dalos ». 

Dans l'irlandais fir } au génitif singulier, le maintien de 17 
radical est dû à 17 final de *uiri qui est tombé. 

Au datif fuir =*nirn, ï'u final est attesté par une inscription 



138 H. D'Arbois de Jubainrille. 

d'Âutun qui est une dédicace au dieu Anualonnacos ; ce nom 
est écrit au datif Anualonnacn. De même à Dijon dans une 
dédicace au dieu Alisanos, on trouve son nom écrit au datif 
Alisanu ; cette dédicace est tout entière écrite en gaulois. Dans 
une dédicace latine de View (Côte-d'Or) le même nom de 
dieu au même cas est écrit Alisano. Le celtique nira = *uirôi. 

A l'accusatif irlandais fer n- est pour *iiiron. Cette désinence, 
à l'accusatif d'un nom masculin se trouve dans une inscription 
d'Alise. Elle est fournie par le mot celi-enon. Cnon est l'accu- 
satif de enos « fils », que l'on rencontre dans une partie des 
noms d'hommes cités plus haut. Cdi-cnon parait signifier 
« stèle ». Le premier terme est un thème celo- de la même ra- 
cine que le latin celsus. Ce mot gaulois a pénétré en gothique, 
où kelikn signifie « tour », ~jy;zz. Celicnos veut dire littéra- 
lement « fils de haut » c'est-à-dire « petite hauteur ». Un 
final celtique tenant lieu d'/// indo-européen comme en grec a 
été précédé d'un /;/ en celtique comme l'établit le nom dé- 
nombre irlandais sechtmoga « soixante-dix », dérivé de *sech- 
tom — septom « sept » qui est également attesté par le grec 
ïïî:ij;r t 7.zv-.z. L'irlandais sechtn- « sept » = *sechtom = *septom. 

Au vocatif fir-=*uire } c final a sur 17 de la syllabe précédente 
la même influence que 17 final de *uiri et la comparaison 
avec le grec et le latin établit que c'est un e final que nous 
devons proposer ici. 

Les thèmes neutres en -0 se déclinent de la même façon que 
les masculins, si ce n'est que le nominatif singulier est iden- 
tique à l'accusatif masculin. Un exemple de l'accusatif neutre 
nous est fourni par l'inscription de Vaison : ve^r/rov. Ce mot 
est identique à l'irlandais nciucd, glosant le latin sacelhim dans 
le manuscrit de Saint-Gall, p. 13 /'. On trouve le nominatif 
chez Ptolémée, Livre II, chap. 7, § 12 : c'est le second terme 
du nom de ville, A.l>yo'joto-vs[ji.=T3v, Clcrmont-Lcrrand (Puy-de- 
Dôme). 

Quant aux autres cas, on rencontre le génitif fid-nemid « du 
bois sacré », dans Ancien! Laïcs of Ireland, tome I, p. 162*, 
1. 29, nemid = *nemeti. Ht dans le Togail Troi, publié par 



La déclinaison celtique des noms. 139 

M. Whitley Stokes se rencontre, 1. 733, le datif fid-nemiud 
dont le second terme tient lieu d'un plus ancien *nemetu. 

Pluriel. 

Le nominatif pluriel indo-européen des thèmes en 0- se for- 
mait en -ôs. Il s'est conservé en gothique: vulfôs « les loups » ; 
en vieux saxon : dctgôs « les jours » ; en celtique l'ô s'est changé 
en û, suivant la règle qui exige cette modification de son 
dans les syllabes finales: exemple: "virils, que nous devons 
conclure de l'irlandais fini, vocatif pluriel ; cette forme en 
effet n'a été conservée en celtique qu'au vocatif pluriel I . Au 
nominatif pluriel la désinence indo-européenne -ôs des sub- 
stantifs a été remplacée parla désinence pronominale -oi : de 
là dans l'inscription de Novare le nominatif pluriel Tanota- 
li-knoi, lisez : Dannotali-cnoi. Cette désinence est celle du grec 
et celle du latin archaïque: /.y/.;-., les loups; poploe pour *po- 
ploi, plus tard popnli. Le grec Xyy.ct s'est de très bonne heure 
prononcé /,•>/.•., en latin la même modification de son s'est 
produite, lupi pour lupoi. Nous la retrouvons en celtique : 
chez César, De bello gallico, les noms de peuple Aduatuci (Liv. 
VI, 32, 35), Aedui (Liv. I, ch. 11, 16, iS), Arvenii (L'iw VII, 
chap. 5, 8), etc. Cette finale est nécessaire pour expliquer le 
vocalisme qui caractérise certains pluriels, anciens nominatifs, 
en gallois: gwyr, les hommes, pluriel de gwr ; beirdd, les 
bardes, pluriel de bardd]', meirch, les chevaux, pluriel de nuire/) ; 
en breton loua ni, renard, pluriel leeru ; crochen, peau, pluriel 
eree'hiu; qui supposent des primitifs: * lutierni âe*luuemos et 
* croccenni de * croccennos . 

Ici il v a une observation importante à placer. Le français du 
moyen âge a deux cas, le nominatif, et le cas indirect en qui 
se résument tous les autres cas du latin. Aujourd'hui ces deux 



1 . Cependant il est possible que dans l'inscription de Novare kar- 
niius soit un nominatif pluriel voulant dire « ceux qui ont entassé les 
pierres ». Cette inscription contiendrait deux nominatifs pluriels, l'un rela- 
tivement moderne tanoralihnoi, l'autre archaïque karnilus. La désinence -us 
du nominatif pluriel des- thèmes en -<> se trouve aussi en osque et en om- 
brien. Planta, Grarnmatik der oskisch-umbrischen Dialekie, t. II, p. 116. 



140 H. D'Arbois de Jubainville. 

cas sont réduits à un. Le nominatif a disparu. Le cas indirect 
subsiste seul en français moderne. Il n'y a aussi qu'un seul cas 
à chaque nombre, en breton et en gallois, mais ce cas est 
l'ancien nominatif: l'irlandais moderne conserve le génitif et 
le datif, mais confond en un seul cas le nominatif et l'accu- 
satif, et pour cette double fonction il emploie la plupart du 
temps l'ancien nominatif; mais quelquefois aussi on rencontre 
l'ancien accusatif faisant fonction de nominatif. Exemples: 

Erin « Irlande » pour Eriu ; bronna, nominatif pluriel mo- 
derne de bru « ventre » au lieu de broin, nominatif pluriel de 
ce mot en vieil et moyen irlandais. 

Le génitif pluriel vieil irlandais fer n suppose comme fer 11 
à l'accusatif singulier un primitif *uirôn. Cette désinence est 
identique à la désinence latine -uni qui a précédé la désinence 
-orum et qui a persisté, même à l'époque classique, dans quel- 
ques mots: deum pour deorum, virum pour virorum. La dési- 
nence 11m en latin est brève comme la désinence -on en 
celtique. 

L'accusatif pluriel fini s'explique par un celtique *uirûs = 
* m'rôs — *uirons. 

Au datif, feraib suppose un celtique * uirobis, avec une dési- 
nence identique à celle du latin nobis, vobis. Cest proprement 
un instrumental; l'équivalent singulier du pluriel celtique -bis, 
pour un primitif -bhis, est le grec -?i dans des mots comme 
(3tYj<ft, « par force ». Il ne faut pas confondre ce suffixe avec le 
suffixe -bus, des datif et ablatif pluriels latins. 

Les thèmes neutres en -0- se déclinent en celtique au pluriel 
comme les thèmes masculins, sauf le nominatif-accusatif qui 
prend la désinence -a comme le latin et le grec. On trouve des 
traces de ce nominatif en vieil irlandais, cét = *canta, pluriel 
de cet « cent » ; mais de bonne heure ce nominatif-accusatif 
fut supplanté par le nominatif-accusatif féminin cenela = cenelâs 
« nations ». Ce phénomène s'est produit en bas latin, le fran- 
çais en a conservé des traces: orgues = or ganas pour organa. 
On peut consulter à ce sujet le Traite de ht formation de la 
langue française, servant d'introduction au Dictionnaire général 
de la langue française d'Arsène Darmesteter, I ïatzfeld et Antoine 



La déclinaison celtique des noms. 141 

Thomas, p. 1S6, où sont cités les nominatifs accusatifs plu- 
riels bas latins tormentas de tormentum, membras de membrum. 



Duel. 

Le nominatif accusatif dâ fer suppose un primitif dijâ-virâ. 
La comparaison du breton daou et du très vieil irlandais dan 
« deux » avec le sanscrit dvâu permet de supposer une forme 
primitive celtique duâu viràu dont Vu final est tombé et dont 
Va tient lieu d'un primitif ô maintenu en grec dans X:y<o, en 
latin dans ambo et [qui est devenu à en celtique parce qu'il 
n'était pas final. 

Le génitif^ fer est très difficile à expliquer et semble avoir 
perdu une désinence rendue inutile par le nom de nombre qui 
précède. 

Le datif dib feraib pour * duobin uirobin devait avoir une 11 
finale équivalent de Vm finale du sanskrit vrkâbhyam « aux deux 
loups ». On n'a pas, à ma connaissance, d'exemple de Vn 
finale en irlandais pour le datif pluriel du substantif, mais on 
en a pour le nom de nombre deux au même cas. Cette n, 
tombée devant feraib qui commence par une sourde, se main- 
tient quand le mot suivant est une sonore: ar a dib n-ullen- 
naib « à ses deux coudes ». (Lebor na Uidhre, p. 113, col. 2, 

1. 19.) 

2° Thèmes en a. 

Le paradigme proposé par M. Windisch dans sa Kur^gefasste 
irisebe Graimuatik est : 





SINGULIER 


PLURIEL 


DUEL 


Nom. 


voc. tûath 


tûatha 


Nom. ace. tuaith 


Gén. 


tûaithe 


tûath n- 


Gén. tuath 


Datif 


tûaith 


tûathaib 


Dat. tuathaib 



Ace. tûaith n- tuatha 

Ce paradigme peut s'expliquer par les formes qui suivent 



M 2 H. D'Arbois de Jubainville. 





SINGULIER 


PLURIEL 






DUEL 


Nom. 


voc. tôta 


tôtâs 


Nom. 


ace. 


duc tôtë 


( Jén. 


tôtês 


tôtôn 


Gén. 




tôtâ (?) 


Datif. 


tôti 


tôtâbhïs 


Datif. 




duàbhïn tôtâbhïn 


Ace. 


tôtïn 


tôtâs 
Sinp 


n lier. 







Les thèmes celtiques en a sont les uns féminins, les autres 
masculins. Les thèmes masculins en -a se rencontrent dans 
les textes latins ; ainsi chez César: Celta, Belga, Volca. Celta 
se trouve non seulement chez César mais aussi chez Tite- 
Live et Pline. Belga se lit aussi chez Lucain et chez Tacite ; 
Volca chez Pline. De Galata on trouve le génitif Galatarum 
chez Tacite, Annales, livre XV, chap. 6. Cette formation est 
fréquente dans les noms propres d'hommes. En voici quelques- 
uns pris dans les inscriptions : Atepa, Ateula, Boutia, Calaua, 
Cantusa, Carussa, Mapa, Mogetissa, Mogituma, Tontksa. 

On peut se poser une question : c'est de savoir si les noms 
de fleuves en -a, comme Garumna, Sequana, n'étaient pas mas- 
culins en gaulois. Strabon a écrit au nominatif 5 Papoûvaç, 
au génitif toj rapotiv», au datif xw rapoûva. De même 2 r,- 
y.oâvxç, xou Syjy.oàva, tév 2irjy.oâvav. On trouve aussi le 
masculin chez Ptolémée : xov 2ï)y.oavav, tcu S^jy.oâva. Pto- 
lémée traite de même la Meuse : tov Mé<rav à l'accusatif; M:- 
7z: au nominatif. LV finale a été ajoutée par ces auteurs 
grecs sotis l'influence de leur langue. Comparez les noms 
propres grecs en -y.: tels que les noms de rivière : S Ëùpwxaç, 
génitif Eùpwta ; MxXoizxç, génitif MaXoÎTa (Pausanias, VIII, 
^6,, i), deux noms de rivières du Péloponèse, dont on peut 
rapprocher Boppâcç, au génitif Boppa, nom du vent du Nord, 
et Kz\j.x:. vulgairement Ejjiyj;, nom d'un dieu, au génitif 
V.yj.y. chez Pindare. 

Il y a en latin des formations semblables, comme Cotta, 
dont les Crées ont fait Kz-.-y.z, génitif Kérca, agricola, incola, 
indigena, advena, collega, etc. 

Mais la plupart des noms celtiquesdont le nominatif se termine 



La déclinaison celtique des noms. 143 

en a sont des noms féminins. Ils se divisent en deux catégories : 
le plus grand nombre fait son génitif primitivement en -es, ir- 
landais c, les autres le font d'abord en as, qui devient a en 
irlandais. 

A la première catégorie appartient l'irlandais tuath, en breton 
tud; Imilb veut dire « peuple », « cité » et sa forme bretonne 
Uni sert de pluriel à </(•// « homme»; ///<//(> et ///</ s'expliquent 
par un primitif * teuta devenu plus tard touta, enfin /(»/<?. La 
forme /<>/7/<<' se reconnaît dans le nom de femme Viro-touta, 
littéralement « peuple d'hommes », c'est-à-dire future mère 
d'un grand nombre d'entants. Virotoutct est conservé par un^ 
inscription. 

Le génitif de l'irlandais luatb est tuaithe=^*tôtês tenant lieu 
d'un ancien * toutes et d'un plus archaïque *teutè~s. 

A la seconde catégorie appartient l'irlandais ben, en breton ben 
(dans eben « l'autre femme »), primitivement bëna, dont la 
forme préceltique est*guëna. Ce mot a servi de second ternie à 
deux noms gaulois de femme, Sacro-bena pour* Sagro-bena « forte 
femme », etSeno-bena, dont le premier terme peut être traduit 
par « vieille », ou par « conquérante », suivant qu'on l'ex- 
plique parla racine sen, qui se trouve dans le brittonique hen 
« vieux », ou par la racine sen « atteindre, gagner », qui a 
fourni le second terme du verbe irlandais co-snaim « je cherche 
à conquérir ». 

Le génitif est mnâ, plus anciennement * bnâs d'un primitif 
* giinàs dont le thème est identique au grec yuvrç. La désinence 
est la même que celle du latin familiâs, du grec r,[j.izx:, et du 
gothique gibôs, génitif de giba « don », où l'ô tient lieu d'un 
à primitif. La désinence en à pour as du génitif irlandais se 
trouve aussi dans quelques mots moins usités que ben tels 
sont desimrèchta, génitif de desimrecht « exemple » (Ms. de 
Wurzburg, 26, 18) et cruithnechta « du froment », génitif de 
cruithnecht (Ms. de Saint-Gall, 66 u ). 

Comment expliquer le génitif *tôtês, en irlandais tuaithe ? 
On peut supposer un primitif * tentais, *toutais, *tôtais } Yi du 



144 H. D'Arbois de Jubainville. 

génitif singulier féminin serait dû à L'analogie des thèmes 
masculins en -o- où un i est la désinence du génitif singulier K . 

Le datif des thèmes féminins en à se fait en i. Nous en 
avons un exemple dans une inscription de Vaison. C'est le 
datif BY)XïjŒa|.u du nom de la déesse Belisatna. De cette dési- 
nence provient la forme irlandaise luailh, supposant un pri- 
mitif *teuti, * touti, * tôti à la place de tôtai qu'on devrait ce 
semble attendre. 

L'accusatif tUaith n- parait exiger un primitif * teutin, * tou- 
iin, * lôlin, au lieu de *teutan,* toutan, *tôtan } qu'exigerait la 
grammaire comparée et qui parait justifiée en celtique primitif 
par l'accusatif lokan de l'inscription de Novare, une des deux 
plus anciennes inscriptions gauloises. 

Un finale tombe en irlandais le plus souvent; pour qu'elle 
se maintienne il faut que dans le même membre de phrase on 
trouve immédiatement après l'accusatif un mot commençant 
par une sonore ar chumil n-arggit (Livre d'Armagh, f° 17 b, 1) 
« pour une femme esclave d'argent », c'est-à-dire « pour la 
valeur en argent d'une femme esclave ». On remarquera que 
les désinences de l'accusatif et du datif pour les thèmes fémi- 
nins en a sont identiques aux désinences des mêmes cas pour 
les thèmes féminins en /'. Il y a même ceci à observer: un 
certain nombre de thèmes féminins en i font leur génitif en <- 
bien que la règle générale exige pour tous les thèmes en /, 
masculins ou féminins, la désinence o = ôs. De là résulte en 
irlandais une confusion fréquente entre les thèmes féminins en 
i et les thèmes féminins en a. 

Pluriel 

Nominatif, accusatif, vocatif: tucttha=*teutas,*toutas,*tô- 
tâs; en sanscrit àçvâs « les juments » en gothique gibôs avec ôs 
tnul— </.v. Le latin et le grec ont créé un nominatif nouveau : 



1. La désinence -ais au géniiif singulier des thèmes en -a se trouve en 
osque. Planta, Gramniatikder oskisch-nmbriscben Dialecte, t. II, p. 87. 



La déclinaison celtique des noms. 145 

yfozy.'., equae, qui s'oppose à l'accusatif yûpz:, equâs; equâs au 
nominatif reparait dans la basse latinité. La désinence -as de 
ce cas existe aussi en osque et en ombrien. 

Génitif tuath »- = * teuton, tonton, tôtôn. La désinence indo- 
européenne est dm, dont l'ô long s'est abrégé en bref et dont 
Y m est devenue// en celtique. Le latin equarum «des juments », 
le grec 9sawv « des déesses », sont des formations relativement 
modernes empruntées à la déclinaison pronominale. 

Quant au datif tuathaib = *teutâbhis, *toutâbis, *tôtâbis, sa 
désinence est la même que celle des thèmes masculins en -0-, 
c'est un instrumental, en sanscrit sènâbhis de sënâ « armée ». 

Duel 

Le nominatif-accusatif duel est tuaith ■==■* tôti probablement 
pour un primitif * tentai, * toutai, contracté ensuite en *tôtê. 
Comparez le sanscrit açvè « deux juments » et le latin duae 
pour *duuai, en sanscrit duvê « deux » au féminin qui a 
donné en irlandais dî, en breton il ion pour doui avec métathèse 
de 17. Cette métathèse ne n'est pas produite dans le gallois 
dwy. 

Le génitif tuath peut s'expliquer par un primitif *tôta. S'il 
avait eu Vs finale du sanscrit açvâyôs on aurait eu en celtique 
primitif * tôtâûs contracté en *tôtûs qui aurait donné tuathu. 

Le datif tuathaib =. *teutâbhin, *toutâbin, *tôtâbin n'est pas 
exactement le même cas que le sanscrit açvâbhyam; qui ce- 
pendant joue dans la déclinaison le même rôle. Cependant 
17// finale du sanscrit a pour représentant dialectal en celtique 
17/ ; cette // se trouve dans le grec r,;xipa'.v, mais avec absence 
de la labiale qui précède 17// en sanscrit et 17/ en celtique. 



3° Thèmes en -io- et en -ia. 

Les thèmes en -io- et en -ia présentent avec les thèmes en 
-0- et en -a- quelques différences dans la déclinaison. Nous 
commencerons par les thèmes en -io- ou mieux -iio-. Ces 
thèmes sont masculins ou neutres. Nous prendrons comme 



146 H. D'Arbois de Jubainvillt . 

paradigmes: r°le substantif masculin tigerne « maître », dérivé 
de la même racine que teg = *stigos, et après la perte de Ys 
initial, * tigos, « maison »; 2 le substantif neutre criât « cœur ». 



SINGULIER 

Nominat. tigerne= *tigerni/os: 

Génitif. tigerni = *figerrii pour un primitif *tigerni/i. 

Datif. tigerniu = pour un primitif* tigerni/u=*tigerni/ô. 

Accusât, tigerne n-=*tigerni/on. 

Vocatif. tigernï = *tigerni/c. 

PLURIEL 

Nominat. tigerni — * tigerni/'i pour un primitif * tigerni/oi. 

Génitif. tigerne n- = *tigerni/ôn. 

Datif. tigernib =*tigerni/obhis. 

Accusât, tigerniu = * tigerni/ûs = * tigerni/'ons. 

Vocatif, tigerniu = * tigerni/ôs. 



Nom. accus, tigerne ^=*tigerni/â pour un plus ancien * tiger- 

ni/ôu. 
Génit. tigerne. 

Dat. tigernib = *tigerni/obhin. 

Ainsi se déclinent auc « petit hls » = auiios dérivé de auos } 
mot latin qui a dû exister en celtique et qui veut dire grand- 
père. Auc est devenu en moyen irlandais ua, en irlandais mo- 
derne 0. 

Les inscriptions de la Gaule fournissent plusieurs exemples 
de thèmes en -/<>- au nominatif singulier. Tels sont Anokopokios 
pour Andecombogios dans l'inscription de Novarej HXouaxo- 
•/•.::, dans l'inscription de Saint-Remi. Tarbeisonios dans celle 
du vieux Poitiers. Déjà en Gaule sous l'empire romain on 
trouve des exemples de IV substitué à 17 voyelle du suffixe iios. 
Tel est KcvciaXco^ dans une inscription de Nîmes. KovSiX- 
Xsoç est devenu en irlandais Condle, Condla, nom qui joué un 
rôle considérable dans la littérature épique de l'Irlande. Nous 



La déclinaison celtique des noms. 147 


citerons aussi \:~z jy.y.zzz; dans une inscription de Saint- 
Rémi, et OytXXovso? dans une inscription de Vaison. 

Le génitif singulier se rencontre dans deux inscriptions 
ogamiques où le mot signifiant petit-fils, en vieil irlandais 
aue, est écrit avi. Ces inscriptions sont celles de Ballycrovane 
(comté de Cork) et celle de Killecn Cormac (comté de Kil- 
dare). Un exemple probable d'un génitif semblable nous est 
fourni par l'inscription de Novare, dans laquelle sous l'ortho- 
graphe étrusque Esanekoti, on croit devoir reconnaître le gé- 
nitif gaulois Ex-ande-cotti dont le nominatif aurait été Ex-ande- 
cottios. Le troisième terme de ce nom composé serait identique 
au nom du célèbre roi gaulois Coltios, dont la forme féminine 
a pris un sens géographique, Al pi s Cottia ou Alpes Cottiae. 
UAlpis Cottia est le mont Genèvre. 

On remarquera que la désinence du datif singulier tigerniu 
est externe, au lieu de rentrer dans l'intérieur du mot, comme 
dans les thèmes en -0-: fiur = *uirû d'abord *uirôi; mais 
tigerniu, qui avec son u final tenant lieu d'un ô primitif nous 
offre une désinence identique à celle du latin filio. Le même 
phénomène s'observe dans les verbes : dolléciu « je jette », 
avec une désinence identique à celle du latin finio, phénomène 
phonétique qui s'oppose à dobiur, je donne, pour *doberu, 
comparez le latin af-fero pour * ad-fero, do irlandais a le sens 
de ad latin. 

En règle générale les mots irlandais portaient deux accents : 
un, le principal, sur la syllabe initiale; le second frappait or- 
dinairement la pénultième, qui est devenue finale par la chute 
de la post-tonique. Mais quand le mot se terminait par deux 
voyelles dont la seconde était longue, c'était cette seconde 
voyelle qui portait l'accent. De là le datif tigerniu, dont la 
voyelle finale est longue et par conséquent maintenue suivant 
la règle qui vient d'être donnée. 

L'z atone qui précède 11 persiste, mais probablement il est 
transformé en i consonne. 

Quant au génitif singulier et au nominatif pluriel, tous 
deux tigerni, s'expliquant par un plus ancien *tigerniii, le trai- 
tement a dû être le même. C'est 17 final qui persiste et Yi pré- 
cédent s'est contracté avec lui. 



148 H. D'Arbois de Jubainville 

Les thèmes neutres donnent lieu aux mêmes observations. 







SINGULIER 


Nom. 


cride n- 


■ = *cfdi/on. 


Génit. 


cridi 


= *c/di/i. 


Datif. 


cridiu 


= *c/di/u. 


Accus. 


cride n- 


— *crdi/on. 


Vocat. 


cride li- 


= *crdi/on. 

PLURIEL 


Nom. 


er ide 


= *crdi/a. 


Génit. 


cride n- 


= *crdi/on. 


Datif. 


cridib 


= *crdi/obhis. 


Accus. 


cride 


= *cfdi/a\ 


Vocat. 


cride 


= *cfdi?a. 

DUEL 


Nom. 


ace. cride 


— crdia = crdi/ôu 



Génit. cride. 

Dat. cridib = crdi/obhin. 

Les noms féminins en -in se divisent en deux catégories. 
Les uns tonnent leur nominatif singulier en ia, les autres le 
forment en /. 

Un des exemples les plus connus de la désinence l est le 
nom propre féminin Brigit — *Brigantî qui s'explique par un 
primitif *Bhrghi}tî, en sanscrit bfhalï. C'est le nom d'une 
déesse celtique et d'une sainte irlandaise. C'est en même temps 
un participe présent signifiant « haut, élevé »; telle est la 
valeui primitive du mot. Les Romains, qui ne connaissaient 
pas la désinence ï des substantifs féminins, ont écrit Brigantia; 
c'est un nom de femme dans une inscription de l'empire d'Au- 
triche, en Styrie, à Kobenz, district de Knittelfeld ' , et ailleurs 
le mot est décliné à la manière latine au datif, Brigantiae dans 
trois inscriptions de Grande-Bretagne, où il désigne une 
déesse celtique 2 . 

1. Corpus inscriptionum ht inarum, t. III, n° 5468. 

2. Corpus inscriptionum laliinirum, tome VII, n os 203, 875, 1062. 



La déclinaison celtique des noms. 149 

Un exemple de la formation celtique en ï au nominatif est 
adaig « la nuit » =. probablement un primitif *ad-aqï, dont le 
second terme a la même racine que le latin aquilus « sombre, 
brun ». Mais d'autres thèmes ont fait primitivement le nomi- 
en -iiâ. 

SINGULIER 

Nom. insce — *1n-sq«â « discours ». 

Génit. insce — *in-sq//es. 

Datif. insci — *in-sq//î. 

Accus. insci n- = *in-sq///n. 

La désinence du datif s'explique par les mêmes lois phoné- 
tiques que la désinence du génitif singulier et du nominatif 
pluriel des thèmes masculins en -io-. Quant au pluriel il est 
passé dans la déclinaison féminine en ï. 

PLURIEL 

Nom. insci =in-sqîs. 

Gén. insce n- = in-sq//on. 

Dat. inscib = in-sqïbhis. 

Accus, insci = in-sqis. 

Ainsi se déclinent lâne « plénitude » = *[p\îânia dérivé de 
Iân~*[p]hmos «plein », âge « virginité »■=.* augia dérivé de 
iôg « intact »,« vierge ».Sont à comparer dans les inscriptions 
de la Gaule les noms de femme Beliuia, Maricia,Mogonia, etc. 

Le mélange des déclinaisons en i et en iiâ peut être mis en 
rapport avec un phénomène dont un exemple est offert par le 
nom du canard, antis en lituanien, âtis en sanscrit, rq-iz pour 
* liât iia en grec. 

Le gëmtiî-Brigte de Brigii suppose un thème en iiâ et non 
en iic qui est le thème primitif. Régulièrement Brigii =■ 
bhrgh;/tï exigerait un génitif Brigti = bhrghytiiês où Yê delà 
dernière syllabe se changerait en i suivant la loi bien connue 
de la phonétique celtique; mais Brigte = *bbrgbijtïjâs avec 
passage de la déclinaison en lie, î, dans la déclinaison en lia. 

Au pluriel tous les thèmes féminins en iiâ sont passés dans 
la déclinaison en i. 

Revue Celtique, XXI II, 1 j 



$o H. D'Arbois dt Jubainville. 



4° Thèmes en -/-. 

Les thèmes en i se déclinent tous de la même façon, qu'ils 
soient masculins ou féminins. 

SINGULIER 

Nominatif, faith. = uâtïs. 

Génitif. fâtho, fâtha = uâto/ôs 

Datif. faith = uâtï = probablement pour un plus 

ancien uâtë = uâtai. 
Accusatif, faith n- — x uâtïn. 
Vocatif. faith. — uâtïs. 

Le génitif uàtôiôs nous offre à la désinence la forme fléchie 
du grec -se; dans oçso? = *oph-eio-s, génitif d'cçi; « serpent ». 
On a chez Euripide trois exemples ù"ioiz:- 

Comme exemple du nominatif singulier dans les inscriptions 
on peut citer: Koisis, nom d'homme conservé par l'inscription 
de Todi; Namausatis, qui veut dire habitant de Nîmes, dans 
l'inscription de Vaison ; Lixoviatis qui veut dire habitant de 
Lisieux dans une légende monétaire. 

Un exemple du datif en c nous est fourni par l'inscription 
d'Alise où on lit Ucuete. Cette inscription est une dédicace à 
la déesse Ucuetis. Le nom de cette déesse apparait à l'accusatif 
Ucuetin dans la même inscription. 

PLURIEL 

Nominatif, hithi = uâtïs = uâtês = uâtees = uâte/es. 

Génitif. fâthe =uâtë/ôn = uâtï/ôn. 

Datif. fathib = uâtïbhïs. 

Accusatif, fathi — uâtïs = uâtïns. 

Vocatif. flithi identique au nominatif. 

DUEL 

Nom. -accusatif, fâith = uàti. 

Génitif. fâtho, fâtha, emprunté au singulier. 

Datif. fathib = uâtibhin. 



La déclinaison celtique des noms. î $ i 

Le neutre se décline de la même façon, à l'exception du 
nominatif-accusatif singulier et pluriel. Nous prendrons comme 
exemple muir = mori. Mori se rencontre dans le nom composé 
Mopt-xâ^êï; dont le premier terme Mcpt veut dire « mer », 
et le second « courbe »: M tz:v. x \j.ct, signifie « golfe », littéra- 
lement « courbe de mer » (Ptolémée, livre II, chapitre 3, § 2). 
De mori- viennent les adjectifs moricos et morinos, signifiant 
tous deux « maritime ». Le premier se reconnaît dans le com- 
posé Are-moricos , épithète qui désignait en Gaule les popula- 
tions de la Bretagne moderne. Le pluriel de morinos, Morini 
désignait les habitants du département du Pas-de-Calais. 

Mori, comme le latin mare, nominatif-accusatif singulier, 
n'avait pas de désinence casuelle ; plus tard l'analogie des 
thèmes en -0- lui en a fait attribuer une en irlandais. De là la 
notation muir n-, qu'on aurait grand tort d'expliquer par un 
primitif *morin. 

Le nominatif-accusatif pluriel le plus fréquent est formé en 
-a : mora, et semble, comme le nominatif accusatif pluriel des 
thèmes neutres en 0, être emprunté au nominatif accusatif plu- 
riel féminin ; mora est formé comme dligeda. Mais il y a sui- 
vant Zeuss exemple d'une désinence plus ancienne e: mure qui 
suppose un primitif *moria, * moriia. 



5° Thèmes ex u. 

Comme paradigme nous prenons i°: l'irlandais bilh, 
« monde », thème bitu, formant le 1 e1 terme i° de l'ethnique 
gaulois Bitu-riges, d'où vient le français Bourges, 2 du nom 
de femme Bitu-daga. C'est le breton bed, le gallois byd. 

SINGULIER 

Nominatif, bith =bitus. 

Génitif. betho = bitôs = bito//os. 

Datif. biuth == bitu =bitou. 

Accusât. bith n- = bitun. 



i $2 H. D'Arbois de Jubainville 

PLURIEL 

Nominatif, bethai = bit0ttes = bite#es. 
Génitif. bithe n- = bite«on. 
Datif. bethaib = bitubhis. 

Accusât. bithu = bitûs = bituns. 



Nom. accus, bith = bite = bite/./c. 

Génitif. betha 

Datif. bethaib = bitubhin. 

L'inscription ogamique d'Emlagh East : Brusccos maqqi Ca- 
liaci, offre le génitif singulier en -ôs du thème en -u, bruscu-, 
dont on a fait un thème en -u dans un texte latin en lui don- 
nant un génitif en -/' : Brusci. 

Un exemple du nominatif pluriel en Gaule sous l'empire 
romain a été conservé par une inscription d'Avenches en 
Suisse où se lit le nominatif pluriel Lugoves, du nom divin 
Lugus, et c'est sur ce nominatif pluriel qu'en Espagne à la 
même époque a été formé le datif pluriel latin Lugovibus. 

La désinence la plus fréquente du pluriel breton et gallois 
a été empruntée au nominatif pluriel des thèmes en u-. Cette 
désinence dans les textes les plus anciens des deux langues est 
notée ou. La notation galloise archaïque ou devient au \i\ l 
siècle eu, et plus récemment au. On la trouve pour les thèmes 
en m: exemple le thème indo-européen dacru « larme », au 
pluriel en moyen-gallois dagreu, en breton moyen da^rou, 
ihrjou, aujourd'hui en Léon daelou, en Vannes dareu. 

On rencontre au pluriel le même suffixe pour un grand 
nombre de thèmes masculins en -o. Tel est penn « tête » du 
thème gaulois penno-, dans le nom d'homme Penno-uindos, au 
pluriel, en moyen gallois penneu aujourd'hui penau, en breton 
peu non. 

De même pour les thèmes féminins en a : raun « part » = 
*ranna, fait au pluriel, en vieux gallois, rannou, aujourd'hui 
rhanau, en breton rannou, ranneu. 

Cette désinence a même été appliquée à certains thèmes 



La déclinaison celtique des noms. 1 5 3 

consonantiques. Ainsi le gaulois latinisé magus, pour magos, 
thème mages-, signifiant « lieu, champ », en irlandais mag, 
nominatif pluriel maige = *magesa, fait son pluriel en ou en 
vieux gallois : union; et en eu en moyen gallois : maeu. 

Les thèmes féminins en n- sont rares. Comme exemple de 
thème neutre en u- nous prendrons l'irlandais recht, en gau- 
lois rechtu- écrit avec un 7 dans le composé Reyki-genos « fils du 
droit » connu par des inscriptions. 

Sa déclinaison se distingue de celle des thèmes masculins 
aux nominatifs-accusatifs singulier et pluriel. La désinence n 
du singulier nominatif-accusatif fait défaut dans l'irlandais le 
plus ancien, où le nominatif est recht = comme en latin cornu. 

Mais plus tard l'analogie des thèmes en a fait ajouter un n. 

Aux nominatif-accusatif pluriel la forme la plus ancienne 
est rcchle = *reytena, c'est-à-dire* rechteua. Plus tard on a dit 
rechta, où la finale -a tient lieu de -as, désinence du nominatif- 
accusatif pluriel féminin, phénomène qui se produit aussi, 
comme on l'a vu, dans les thèmes neutres en et en /. 



6° DÉCLINAISON CONSONANTIQUE, FINALE t. 

Parmi les thèmes qu'une dentale termine, il y en a quatre 
espèces: i° les thèmes en -et, dont un exemple est donné par 
le nom du Sénonais Drappes, que Hirtius au Livre VIII du De 
bello gallico décline ainsi : 

Nominatif. Drappes. 
Génitif. Drappetis. 
Datif. Drappeti. 

Accusatif. Drappetem. 
Ablatif. Drappete. 

Pour le nominatif pluriel nous citerons le nom de peuple 
que César écrit au nominatif pluriel Namnetes, et dont le gé- 
nitif pluriel est dans la Notice des Gaules : Namnetum ; il s'agit 
de Nantes en breton Naoned. 

2° Les thèmes en -al. Exemple chez César, De bel lo gallico: 



154 H D' Artois de Jubainville. 

SINGULIER 

Nominatif. Atrebas. 
Datif. Atrebati. 

Accusatif. Atrebatem. 
Ablatif. Abrebate. 



Nominatif. Atrebates. 

Génitif. Atrebatium ou mieux Atrebatum. 

Ablatif. Atrebatibus. 

Accusatif. Atrebates ou mieux Atrebatas. 

3° Les thèmes en nt dont on peut citer comme exemple le 
nom divin écrit au datif Nodonti, Nodenti, Nudente, dans des 
inscriptions de Grande Bretagne. C'est en irlandais Nuadu, 
génitif Nuadat, et Nuadu suppose un nominatif * Notions de- 
venu * Nôdôs après la chute de Vu suivi d's. Us est tombée et 
Yo long s'est changé en u comme à l'accusatif pluriel des 
thèmes masculins en ô. 

Du pluriel des thèmes en -ut- nous avons un exemple dans 
un nom de peuple de Grande Bretagne, Brigantes, génitif Bri- 
gdntum, datif Brigantibus, accusatif Brigantas, dans les textes 
latins. 

De ces trois suffixes -et-, -at-, -ni- nous allons donner la 
déclinaison en irlandais. 

D'abord les thèmes en -et. En irlandais fili, « poète », litté- 
ralement « le voyant », se décline ainsi qu'il suit : 

SINGULIER 

Nominatif. fili = wëlis = #ëlës = #ëlëts. 

Génitif. filed =//ëlëtos. 

Datif. fîlid =//èlëti. 

Accusatif. fîlid n- = yéléten ou #élëtïn = #ëlët#. 

Vocatif. fîli =»élîs. 



La déclinaison celtique des noms. 155 

PLURIEL 

Nominatif. filid = «ëlëtës. 

Génitif. filed n- = ttëlëtôn. 

Datif. filedaib -— //elétôbhïs. 

Accusatif. fileda = //ëlëtâs = uèïètns. 

Vocatif. fileda identique à l'accusatif. 

DUEL 

Nom. -accusât, filid = //elete. 

Génitif. filed. 

Datif. filedaib = //ëlétôbhïn. 

On peut rapprocher des thèmes celtiques en -et le thème 
celtique en à, druid, à l'accusatif pluriel Druidâs d'où les Ro- 
mains ont conclu un nominatif pluriel Druidœ qu'on rencontre 
chez Cicéron, chez Lucain et chez Pline. Mais César mieux 
informé écrit au nominatif pluriel Druides, au génitif pluriel 
Druidum, au datif pluriel Druidibus ; et chez Ausone, à côté 
du génitif pluriel Druidarum on trouve le génitif pluriel Drui- 
dum. 

Les thèmes en -al se déclinent à peu près de la même façon 
que les thèmes en -et. 

SINGULIER 

Nominatif. ara « cocher » = aras = arâts. 

Génitif. a r ad = à râ tôs . 

Datif. arid = ârâti. 

Accusatif. arid n- = ârâtën ou ârâtïn = arat^. 

Vocatif. ara — ârâs = ârâts. 

PLURIEL 

Nominatif. arid = ârâtës. 

Génitif. arad n- =âratôn. 

Datif. aradaib =àràtôbhïs. 

Accusatif. arata = ârâtàs r= arafcys. 

DUEL 

Nom. -accusât, arid =àrâtë. 

Génitif. arad 

Datif. aradaib =ârâtôbhïn. 



I$6 



H. D' Ai bois de Jubainrille. 



La déclinaison des thèmes en /// doit être distinguée avec 
soin de celle qui précède. 







SINGULIER 


Nominatif. 


cara, ami 


= diras — carants. 


Génitif. 


carat 


= carântôs. 


Datif. 


earit 


= cârànti. 


Accusatif. 


carit n- 


= cârântën ou cârântïn = cârântç. 


Vocatif. 


cara 


= càrâs = carants. 

PLURIEL 


Nominatif. 


carit 


= cârântës. 


Génitif. 


carat n- 


= carântôn. 


Datif. 


cairtib 


— cârântôbhïs. 


Accusatif. 


cairtea 


= câràntâs = câràntçs. 


Vocatif. 


semblable 


à l'accusatif. 



Phonétiquement câràntâs devrait donner caria et non cairtea. 
L7 et IV de cairtea sont probablement dus à l'influence du no- 
minatif pluriel carit et du datif cairtib. 

En breton et en gallois Yn du nominatif pluriel primitif 
*cârântës subsiste. Le pluriel du breton kar « ami, parent » 
est kerent, en gallois ceraint. Un persiste de même dans les 
noms de lieu français dérivés de ce mot, comme Charençay, 
Charentay, Charentenay, Charenton, Charentànay, et plus an- 
ciennement dans le nom d'homme dérivé que les Romains 
ont écrit Caranfus pour Carantos, d'où Caranto-magus, Ca- 
rantan. 

Le thème carant- est le participe. présent d'un verbe qui veut 
dire « j'aime », en irlandais carimm, en breton karann. C'est 
un thème en -à. D'un thème en -o-, dînô- pour dèno } dérive 
l'irlandais dinu = *dînôs = *dènonts « agneau » c'est-à-dire 
« tétant », participe présent du verbe dinim = *dênômi « je 
tette », première conjugaison; comparez legénitif grec XiyoYtoq. 

A côté du suffixe grec -ovt- on trouve en latin le suffixe 
-eut-, ferentis, qui se rencontre aussi en irlandais, exemples 
loche = * loukents « éclair », génitif lôchet ='* loukentos ; le breton 
luched suppose un primitif *louketos avec un suffixe différent- 



La déclinaison celtique des noms. 1^7 

De *louketos, plus anciennement *huketos } dérive le nom 
divin gaulois Leucetios. latinisé en Leucetius. 



A la même déclinaison des thèmes en / se rattachent les 
deux suffixes latins -tas = tât-s, génitif -tatis, et -lits = lûl-s, 
génitif -tûlis. Les deux suffixes peuvent être employés pour dé- 
velopper le même thème : la « jeunesse » se dit en latin jit- 
ventas et juventus. En irlandais le suffixe -lus, -tûlis s'emploie 
au nominatif, et -tas, -tatis, aux autres cas. Le grec n'a que 
la seconde forme (Jiotyjç, p.zrc~zz pour (âiVcaç, %\oxxxoz. En irlan- 
dais on décline : 

Nominatif, beothu = biwotûs = g//i/yotùts. 

Génitif. bethad — biwotâtos = gwiwotâtos. 

Datif. bethid — bi#otâti = g#iwotàti. 

Accusatif, bethid n- — biwotâtin ou Bîwotâten = gijlijotînij . 

Il n'y a pas de pluriel. 

Il y a un mot intéressant dans lequel le suffixe t se place im- 
médiatement après la racine sans aucune lettre intermédiaire, 
voyelle ou consonne, comme dans les exemples précédents. Le 
suffixe parait avoir été originairement -//-. C'est le nom de la 
nuit, en sanscrit nâktis qui se retrouve en lituanien et dont un 
souvenir persiste dans le latin noctium; mais 1'/ final de ce sut- 
fixe a disparu dans le latin nox, noctem, dans le grec vj;, génitif 
singulier vj/.t:ç, et dans le gothique nahts, en allemand moderne 
Nacht. Le même phénomène s'est produit en celtique, où le 
thème de ce mot a été nocbt-. Le nominatif primitif * nok-s 
comme en latin pour * itokt-s est sorti de l'usage en irlan- 
dais ; il persiste dans les langues brittonniques ; il a perdu sa 
gutturale ; mais, par une exception curieuse, il a conservé son 
s finale, en gallois nos « la nuit » ; dans la plupart des dialectes 
bretons /w~, avec adoucissement de Ys finale en ^ ; mais cet s 
subsiste en vannetais; il est même doublé dans le dictionnaire 
deLarmery x qui l'écrit noss. Naturellement ce nominatif s'em- 

i. Levot, Biographie bretonne, t. I, p. 352-353, au mot Cillart. 



i<8 H. D'Artois de Jubainrille. 

ploie à tous les cas ; ainsi en vannetais : ridour enn noss « cou- 
reur de nuit », en léonard reder an no\. 

Il y a cependant exception pour une formule adverbiale, en 
vieil irlandais in-nocht « cette nuit » où in paraît être identique 
à l'article, et où nochl = * noktos, génitif-ablatif du substantif 
dont il s'agit. En irlandais moderne l'article est devenu an, 
d'où la formule moderne anocht. En gallois la notation de cette 
formule a été d'abord henoid, par d barré, c'est-à-dire henoith l , 
plus tard henoeth. Comparez le vannetais hineah (Larmery), 
dans lequel IV; initial réprésente Ys initial de l'article, 
lequel s est tombé dans l'irlandais in-nocht. L'/ à'in-nocht, 
changé en e dans le gallois henoeth, persiste dans le vannetais 
hineah, hinoah, mais prend la forme dV dans la variante dialec- 
tale vannetaise henoach (Troude). Quant à la finale h (Lar- 
mery), c'h (Troude), c'est la notation vannetaise du th; le 
vannetais a perdu la dentale spirante et l'a partout remplacée 
par la gutturale spirante. Iu-uocht parait supposer un primitif 
* si nias noctos. 

En breton de léon on dit htno^, en Cornouailles hcuoa~ 
(Troude). Il y a en léonard et en trécorois une variante feno^ * 
en gallois le cas indirect noeth que nous supposons être un 
génitif-ablatif se rencontre dans les deux formules i° tranoeth 
« le lendemain », c'est-à-dire « au delà de la nuit » (en breton 
antrôno% « le lendemain »), 2° peunoeth « nocturne » littérale- 
ment « de chaque nuit » (en breton bcmuo~, baiuuo(). On peut 
supposer que Y m de bquuio^ est dû à l'assimilation avec bande;, 
chaque jour, dans lequel hem est un accusatif supposant un 
primitif gaulois *pâpon = *qâqon, en gallois beuuxdJ. 

Le même phénomène que dans le' nominatif singulier pri- 
mitif nos « nuit » s'est produit dans le moyen breton crocs, croas, 
aujourd'hui kroa\ « croix » clans la plupart des dialectes bre- 
tons, mais en vannetais croess 2 , en gallois crocs. Ces diverses 
formes sont la réprésentation d'un bas latin crox pour crtix. 
LY de crocs, Va de kroa% résultent de la vocalisation de la gut- 



i. JohnRhys, Lectures on ivclsh philology, p. 224-226. 
2. Maunoir, Le Sacré-Collège Je Jésus, 1659, p. 51, écrit aussi tir groas 
« une croix », avec s finale. 



La déclinaison celtique des noms. i $9 

turale qui précède Y s dans crox. La même vocalisation a produit 
un e dans le gallois henoeth et un a dans le vannetais hinoach, 
hineac'h, tandis que la même vocalisation a produit un i dans 
sei~ — *sekton = *septom « sept », et dans ei% « huit », en 
latin octo. 

Us final se maintient sous forme d'i en brittonique dans le 
comparatif breton lies « plusieurs », en gallois lluaws « multi- 
tude », vieux gallois liaits, en irlandais lia « plus », supposant 
un celtique lias, pour un plus ancien pl-iôs, où pi est la forme 
réduite de la racine qui est pleine et fléchie dans r.:/,-j-:, pleine 
et normale dans le gothique filu = *pelu. Citons encore le 
gallois mis, le breton mi% « mois » — *mïns = * meus, en ir- 
landais mi au nominatif. 

Us final se maintient sous forme de cl) dans un mot d'ori- 
gine latine où comme dans kroa~ = crox = aux, un k le pré- 
cède, c'est le breton peoch « paix » du latin pâx; dans peoch, e 
représente Va long de pâx et Yo qui précède le ch a été intro- 
duit pour faciliter la prononciation. Du iatin pacem, qui s'em- 
ploie dans la liturgie au moment où se donne le baiser de- 
paix, et qui se prononçait pâkem quand ce mot a pénétré dans 
les langues néo-celtiques, vient le brittonique pok, en gallois 
poc, en irlandais d'abord pôc, puis pôg « baiser », qui est 
le cas indirect de peoc'h, comme noeth le cas indirect de nos 
« nuit ». 

Un mot brittonique où ks final donne ch, avec exclusion 
cY s et de ^, est le nom de nombre c'bouec'h en breton, cbwech, 
en gallois — sueks, en irlandais se. 

Ch et s qui peut s'adoucir en ^ sont les deux représentants 
du groupe ks dans les langues brittoniques; un mot intéressant 
à étudier à ce point de vue est le thème oukso- « haut », en 
irlandais os, uns et son dérivé oiiksello-, en irlandais nasal, 
même sens ; oukso- devient en gallois uch, en breton us, 
u^; ouksello- s'écrit en gallois uchel, en breton uch, uhel 
et, avec metathèse de 17.', huel ; il y a en breton une variante 
w%el, conservé par un nom propre. 

Il y a un s final qui devient ch en brittonique; c'est celui 
du comparatif dont la finale indo-européenne est iôs, en irlan- 
dais iu. De nasal en irlandais « haut » dérive le comparatif 



160 H. D'Arbois de Jubainville. 

uaisliu, en breton uheloc'h, kueloch, plus haut, en gallois 
uchelach de uchel. Ici la prononciation ch à's suivant immédia- 
tement une voyelle est due à la nécessité universellement sentie 
de caractériser énergiquement la valeur du comparatif par op- 
position au positif et au superlatif. Le besoin de la clarté a 
triomphé des lois de la phonétique qui exigeaient la suppres- 
sion complète de la consonne finale. Le c'b final de peoc'h et de 
c'houec'h, Y s finale de nos et décrues, le ~ de no% et decroa% doivent 
leur existence moderne au k qui a antérieurement précédé Ys. 
Ailleurs Ys finale tombe; nous donnerons comme exemple: 
les formes brittoniquesde l'irlandais nia, génitif niad « neveu », 
pour un plus ancien nominatif *nëâs = *nëpâts, au génitif 
*nëâtos=nëpâtos, en latin riépôs, nepôtis, en breton moyen ni, 
au pluriel nid, nied=^*nëpàtës=^nëpôtës, en gallois uni, au 
pluriel npiaint = *nepon tes avec un n parasite. Le breton mo- 
derne nl% = nith= neptis est originairement le nom de la nièce 
devenu en breton moderne ni%e% = *neptissa. Sauf les excep- 
tions précitées, Y s finale n'apparaît dans aucun des manuscrits 
néoceltiques que nous possédons. Cet s a dû très ancienne- 
ment se changer en un h non écrit, mais prononcé qui explique 
les lois concernant les mutations des initiales. 



7° Thèmes coxsox antiques ex //. 

Comme exemple de thème en n nous donnerons le sub- 
stantif qui veut dire chien. 11 se décline en irlandais de la façon 
suivante : 

SIN'GULIER 

Nominatif, eu = kuô, sanscrit çvâ, grec -/.jt.tv. 
Génitif. con =kûnôs, sanscrit çûnas, grec -/.ni;. 
Datif. coin =kûni, sanscrit çiine ', grec ituvî. 

Accusatif, coin = kûnin ou kunen, sanscrit çv<mam, grec 
ji-jva = kunw. 

i. locatif: çûni. 



La déclinaison celtique des noms. 161 

PLURIEL 

Nominatif, coin =kûnës, sanscrit çvinas, grec v.y>z;. 
Génitif. con n- = kûnôn, sanscrit çûnàm, grec xjvwv; 
Datif. conaib = kûnôbïs 3 sanscrit çvabhis 1 . 

Accusatif, cona = kûnâs, sanscrit çûnas, grec v.yiy.:. 

On remarquera que l'accusatif singulier irlandais a, comme 
l'accusatif singulier grec, la forme faible Je la racine et non la 
forme forte comme le même cas en sanscrit. 

Le nominatif singulier et le nominatif pluriel sont conserves 
dans les langues brittoniques. Le celtique cû, conservé en ir- 
landais, est devenu, conformément aux lois de la phonétique, 
en breton ki; en gallois le son est le même et on écrit ci; c'est 
un ancien nominatif singulier qui est employé à tous les cas 
du singulier. L'ancien nominatif pluriel sert indifféremment 
aussi à tous les cas du pluriel. Il s'écrit en breton komi, en 
gallois cwn. On a constaté son existence en moyen breton; 
aujourd'hui il est sorti d'usage dans une partie de la Bretagne 
bretonnante, où il a été remplacé par ebass, qui se trouve déjà 
avec ce sens dans la Vie de Sainte Nonne et qui est probable- 
ment emprunté au français chasse. Le thème de ce substantif, 
sous sa forme réduite koun, forme la première partie du com- 
posé kounnar « rage » = koun-dar, en gallois cynddaredd; le 
gallois cynddar,' identique au mot breton, veut dire « vertige ». 

Comme eu a dû se décliner, l'irlandais patu = *batu =*guatô 
« lièvre », d'où patnide « qui a rapport au lièvre ». Le breton 
gad, au pluriel gedon semble être le même mot. 

L'// simple, qui termine le thème du mot chien en celtique à 
tous les cas autres que le nominatif singulier, est ramplacé par 
un u double dans d'autres noms, exemple goba « forgeron ». 

SINGULIER 

Nominatif. goba = gobas =gobanns. 

Génitif. gobann =gobannos. 

Datif. gobainn =gobanni. 

Accusatif. gobainn ;/ =gobanninou gobannen. 

i. instrumental. 



1 62 H. D'Arbois de Jubainville. 

1 LURIEL 

Nominatif. gobainn = gobannés. 

Génitif. orobann n = gobannôn. 

Datif. gobannaib = gobannobhis. 

Accusatif. gobanna =- gobannâs = gobann -fis. 

DUEL 

Nom. accusatif, gobainn = gobanne. 

Génitif. gobann 

Datif. gobannaib = gobannobhin. 

Le double ;/ existait dans ce mot en gaulois; on le trouve 
dans deux dérivés: r° Gobannitio, nom d'un oncle de Vercingé- 
torix, 2° le nom de la localité de Grande Bretagne appelée au 
cas indirect Gobannio dans {'Itinéraire d'Antonin. Une seule ;/ 
persiste dans le gallois gofan qui veut dire « forgeron » ; les 
deux ;/ ont disparu dans le doublet gallois gof } même sens, en 
breton gof, qui a en vannetais un pluriel goion avec ;/ simple. 

On trouve aussi ïu double dans le suffixe qui est en latin 
-iô, -iônis, en celtique -///, -innos : Eriu, l'Irlande, génitif 
Erenn = Erinnos. 

L';/ est simple dans deux suffixes : i° -nien, -mon, -mn ; 2" //'//, 
génitif -iinos, en latin -lia, -tiônis. 

Le suffixe ;;/('// sert à former des noms d'action et de chose. 
Les noms d'action font souvent fonction d'infinitif; comparez 
en grec homérique ïâ^ev, '(yj.v/y.: « avoir vu », « savoir », S6[xev, 
li\ivrx'. « donner », ïl\iv>, B\j.v/v. « manger ». Les substantifs 
irlandais céimm « marcher » et « pas »=kng-men, servant d'in- 
finitif à cingim = *kengomi « je marche » ; Uimm — *lng-men } 
« sauter » et « saut », de lingiiit = * ylengomi « je saute » ; kng 
a dû primitivement sonner en celtique kang,. d'où le breton 
kamm =kang-men « pas »; de même Ing a dû sonner lang, 
d'où le breton lamm « saut » = lang-me&. Ces mots sont 
neutres en irlandais, on décline : 

SINGULIER 

Nom. -accusatif, céimm =kangmen =k//gmen. 
Génitif. cémme = kangmens = k/./gmens. 

Datif. cémaim =kangmni =k«gmni. 



La déclinaison celtique des noms. 163 



PLURIEL 

Nom. -accusatif, céimmen = kangmena = k//gmena. 
Datif. cémenaib = kangmenobis = k//s:menobhis. 



■'•'&' 



Le breton kamm « pas » a une forme féminine kammed, 
d'où le pluriel kammejou ; mais on trouve en vieux gallois le 
nominatif pluriel cemmein, supposant un nominatif pluriel 
masculin kangmënes = kngmenes, tandis que le nominatif-accu- 
satif pluriel irlandais ceimmen suppose un plus ancien kangmena, 
primitivement kygmenct. On décline à peu près de même, mais 
avec la forme réduite /;/;/ du suffixe, a'nim, « nom », en 
breton hanv, hano, avec /; parasite, en gallois enw sans /;. 

SINGULIER 

Nom. -accusatif, ainmm =anmin = nmij. 

Génitif. anmma, anmme = anmans = anmens = 

//m;/ s. 

Datif. anmaimm = anmni = ?/mni. 

PLURIEL 

Nom. -accusatif, anmann = anmanna = //m//na. 

Génitif. anmann - anmannon — //m;/non. 

Datif. anmannaib = anmannobis=/mi//obhis. 

Comme exemple de noms masculins en -men- nous donne- 
rons le nominatif singulier tnenme « sens, sentiment »=* men- 
mens, qui du reste se décline comme les thèmes en -mou; pa- 
radigme brithem « juge ». 

SINGULIER 

Nominatif. brithem = britimu pour un plus ancien 

bhrtimô. 
Génitif. britheman = britimonos = bhrtimo- 

nos 
Datif. brithemain =britimoni = bhrtimoni. 

Accusatif. brithemain n- = britimonen ou britimonin 

— bhrtimon//. 



1 04 H. D'Arbois de Jubainville. 

PLURIEL 

Nominatif. brithemain = britiroonës = bhf tîmônës . 

Génitif. britheman n — britimonôn —bhftimonôn. 

î)atif. brithemnaib — britimonobis = bh/timono- 

bhis. 
Accusatif. brithemna = britimonâs = b/.'timon/./s. 

DUEL 

Nom. -accusatif, brithemain = britimonë = bhrtimoné. 
Génitif. britheman 

Datif. brithemnaib = britimonobin =bhftimono- 

bhin. 

Ce substantif est dérivé de brith = bhilis, qui sert d'infinitif 
au verbe berim « je porte », et le sens de brithem s'explique 
par celui de breth — brita = bhrta « jugement », qui est le 
participe passé féminin du verbe berim. A la même déclinaison 
appartiennent la plupart des cas du substantif irlandais anim 
« âme », génitif singulier anme, mais datif singulier anmin n-, 
accusatif singulier anmin n-, nominatif pluriel anmin = ani- 
mones; en moyen breton anaffuon, aujourd'hui anaoun, pluriel 
du moderne eue, en moyen breton cncjf; le gallois enaid nous 
offre l'exemple d'un suffixe différent, -//'-. 

Pour le suffixe -//'//, -lin, nous donnerons comme paradigme 
toimtiu, « opinion », — du-men-tiu dont le second terme est 
identique au latin mentio, mentionis. 

SINGULIER 

Nominatif, toimtiu = du-mentiu. 

Génitif. toimten = du-mentinos. 

Datif. toimtiu =du-mentini. 

Accusatif, toimtiu n- = du-mentinén ou du-mentinm. 

PLURIEL 

Nominatif, toimtiu = du-mentinës. 
Génitif. toimten n- = du-mentinôn . 
Datif. toimtinib — du-mentinobhis. 

Accusatif, toimtena = du-mentinâs. 



La déclinaison celtique des noms. 16$ 

La forme secondaire -tin du suffixe -tion existait en ombrien 
comme en irlandais. On trouve en ombrien natine, identique 
au latin natione. 



8° Thèmes consonantiojjes en r. 



Les noms de parents en -ter ont en sanscrit et en grec des 
cas forts et des cas faibles ; les cas forts, en sanscrit nominatif 
singulier, pluriel et duel, locatif et accusatif singulier, auxquels 
en grec il faut ajouter l'accusatif pluriel, conservent la voyelle 
de la seconde syllabe, et cette voyelle tombe aux autres cas, 
exemples: nominatif singulier sanscrit: mata « mère », mieux 
conservé dans le grec pfa'QPl accusatif singulier sanscrit: mù- 
târam, grec [ir-.ipx; locatif sanscrit mâtâri, grec \J.r,-i?'.. Nomi- 
natif pluriel sanscrit : mâtâras, grec \jx-.iziz ; accusatif pluriel 
faible en sanscrit : mâtfs, prononcez màtris, mais fort en grec 
[j.r-.ipx:; comme exemple grec de cas faible nous donnerons le 
génitif (xrj-peç, qui a l'accent sur la désinence casuelle et qui a 
perdu la voyelle du suffixe atone. 

La distinction des cas forts et des cas faibles a dû exister en 
celtique; ici elle a été conforme à la règle grecque qui fait de 
l'accusatif pluriel un cas fort. L'accusatif pluriel irlandais brâi- 
threa « les frères», exige un primitif bhrâUrâs, comparez le grec 
[AYrcépaç; en irlandais il y a eu métathèse de IV. Le nominatif 
singulier brâtbir s'explique par un primitif brâtèr, dont IV s'est 
changé en i suivant la règle. Une autre règle exigeant en gal- 
lois et en breton la chute des syllabes finales, cet i est tombé ; 
on a en moyen breton breu~r aujourd'hui breur « frère » avec 
chute de la dentale ; dans le gallois brawd la dentale est 
restée et IV final a disparu. Le nominatif pluriel gallois brodyr 
est la prononciation moderne d'un primitif bbrâtërës qui ex- 
plique aussi le nominatif pluriel irlandais brâihir; la voyelle 
de la dernière syllabe s'est assimilée à celle de la première 
syllabe dans le breton breudeur « les frères ». Voici la décli- 
naison de ce mot en irlandais : 

Revue Celtique, XXII l. 12 



I 66 // D'Arbois de Jubainrillc 

SINGULIER 

Nominatif. brâthir = brât/r = bhrâter, en latin frâtêr. 

Génitif. bràthar = brâtrôs = bhrâtros, en latin 

trâtris. 
Locatif-datif. brâthir = brâtëri = bhràtèri, en latin frâtri , 

cf. le grec \>:r-.îz\. 
Accusatif. brâthir n- — brâtërin ou brâtëren = bhrâ- 

tcr//, en latin fràtrëm, cf. grec w-iz-x. 

PLURIEL 

Nominatif. brâtir = brâtérés = bhràterës, en latin 

frâtrês, cf. le grec [i/ij-uipsç. 
l brathre — brâtri/on. 
Génitif. | bràthar = brâtrôn = bhrâtrôn, en latin 

( frâtrum. 
Instrumental-datif, brâthrib = brâtrïbïs = bhrâtrïbhïs, en latin 

frâtribus. 
Accusatif. braithrea = braderas = bhrâtén/s, en latin 

frâtrés, cf. le grec {j:r,zipxz. 

DUEL 

Nom. -accusatif. brâthir — brâtërë = bhrâtêrë, cf. le grec 

\i:r^izz. 

Ainsi se déclinent i° athir, père, tombé en désuétude en 
breton, 2° mathir, mère, dont la forme réduite modr a été seule 
conservée par les langues brittoniques dans le composé gallois 
modr-yb « tante », en moyen breton mo%r~ep> aujourd'hui 
moer-eb. 

Dans les textes irlandais modernes ces mots se développent 
au moyen dune gutturale à tous les cas autres que le nomi- 
natif singulier, ainsi au nominatif pluriel athraig « les pères ». 

Dans l'ancien irlandais ce phénomène se produit déjà pour 
les noms en thir qui ne désignent pas des noms de parents : 
cathir « ville »,- nathir « serpent », au génitif singulier cathrach, 
nathrach, au nominatif pluriel cathraig, nathraig. Mais cette 
gutturale est spéciale à l'irlandais et ne se produit pas en brit- 
tonique : cathir, en breton kcar, ker } en gallois caer fait au plu- 



Ld déclinaison celtique des noms. 167 

riel en breton kerio, en gallois caerau; natbir, en gallois neidr, 

en breton moyen a~r pour na~r, en breton moderne aer pour 
naer, fait au pluriel en gallois nadroedd, en breton moderne 
<7(T(y/ saut en dialecte de Vannes où l'on trouve aeron. 

Par exception en vieil irlandais on rencontre au datif sin- 
gulier, a côté de cathraig, cathir sans gutturale qui est la forme 
primitive. 

Un autre exemple de gutturale finale en irlandais est dair 
« chêne », au génitif singulier darach; mais a côté de cette 
forme on trouve i° le nominatif singulier daur = * daru-s , au 
génitif singulier daro, mot correspondant au grecScpu « poutre» 
et « lance », 2° le breton dero, deru, le gallois derw, qui sup- 
posent un primitif deruo- d'où Dervum, nom, au moyen âge, 
d'une forêt de chênes située dans les départements de l'Aube 
et de la Haute-Marne, et appelée aujourd'hui Der. 



8° Thèmes finissant par une gutturale. 

Il y a cependant des thèmes qu'une gutturale termine en 
irlandais et qui en celtique ont eu la même finale, tel est le 
thème rig- signifiant « roi »; il est identique au thème règ- du 
latin qui a le même sens. 

On décline en vieil irlandais : 

SINGULIER 

Nominatif, ri — rïx. 

Génitif. rig =rïgos. 

Datif. rig mrïgi. 

Accusatif, rig n- = rîgin ou rïgen. 

Dans le De bello gallico César décline a la façon latine : 

SINGULIER 

Nominatif. Vercingeto-rix. 

Génitif. Vercingeto-rigis. 

Datif. Vercingeto-rigi. 

Accusatif. Yercingeto-rigem . 



1 68 H. D'Arbois de Jubainville. 

En irlandais : 

PLURIEL 

Nominatif, rig = rîgës. 

Génitif. rig n- = rïgôn. 

Datif. rigaib = rîgôbhis. 

Accusatif, riga = rïgâs = ïigns. 

César, De BcJlo Gallico, a décliné : 

Nominatif. Bitu-riges. 

Génitif. Bitu-rigum. 

Datif. Bitu-rigibus. 

Accusatif. Bitu-riges, avec désinence latine ; mais Florus a 

écrit Bitu-rigâs, Grégoire de Tours Bilu-ricas 

avec désinence celtique. 

9° Thèmes en s. 

Les thèmes en s se divisent en deux catégories. La première 
comprend les thèmes neutres formés à l'aide du suffixe es dont 
la forme fléchie -os s'emploie seulement au nominatif-accusatif 
singulier, c'est-a-dire quand aucune désinence casuelle ne 



suit. 


U1IV ~ t- 


SINGULIER 


Nom. -accusatif. 


tech 


— stegos, en grec rziyc 


Génitif. 


tige 


= stegesos, en grec z- 
axlyouç, Téyouç. 


Datif. 


rig 


= stegesi, en grec tixiye 



PLURIEL 

Nom. -accusatif. tige = stegesa, en grec Tziytx, zéyzx. 
Génitif. tige n = stegesôn, en grec ttsyswv, --.^ion. 

Instrumental-datif, tigib =stegesbhis. 

La forme biittonique de ce substantif a perdu la gutturale 
de la seconde syllabe : en breton // et en gallois /v. Le gallois 
emprunte au pluriel, suivant l'usage général, la désinence des 
thèmes en -u : liait. Mais le breton forme son pluriel autrement: 
tie~, on pourrait supposer que, dans //V~, ^ tient lieu de Vs in- 



La déclinaison celtique des noms. 169 

tervocalique du primitif stegesa. Ce % s'est rhotacisé en vanne- 
tais, où le pluriel de ti est lier. Mais le plus probable est que 
dans tie%, tien, e%, cr est la forme moderne d'un breton plus 
ancien éd. Tout ce que le breton archaïque nous offre d'inté- 
ressant sur ce mot est le nominatif-accusatif//^, dans le com- 
posé bou-tig « étable », littéralement « maison de vaches ». 

Il y a un mot celtique où Ys final du thème teges- s'est 
peut-être conservé sous forme d'r : c'est le composé tigernos 
« maître » pour tegesnosÇT), conservé en France dans le nom 
de la ville de Thiers, en latin Tigernum. De là vient le second 
terme du composé breton mach-tiern, désignant une catégorie 
de seigneurs. Ce mot est inusité aujourd'hui. Mais le gallois 
a encore le second terme de ce composé et l'emploie comme 
substantif avec le sens de « roi » : teyrn. 

Parmi les mots, formés comme l'irlandais tech, tige, à l'aide 
du suffixe -os, -es, nous citerons : 

i° L'irlandais nem, ciel = netuos, en gallois nef, en breton 
env pour nenv (en vannetais on trouve la forme nean); 

2° L'irlandais mag « plaine » pour magos qu'en Gaule on a 
latinisé en magits, dont les Gallo-romains ont fait un nom de 
la deuxième déclinaison latine. Mag us est en Gaule le second 
terme d'un certain nombre de noms de lieux. Cette formation 
est rare en Irlande où les noms de lieux composés ont été re- 
laits à une époque relativement moderne, et en renversant 
l'ordre des termes, c'est-à-dire en plaçant le complément déter- 
minatif le second. Il y a cependant quelques exceptions: nous 
citerons Fernmag, au génitif Fem-maige. Le primitif a dû être 
* Uenio-niagos, génitif *Uenw-miigesos; c'est aujourd'hui Farney. 

3 L'irlandais di'tn « château », thème dûn-ës-, qui avait 
une variante dunon, usitée comme second terme de noms de 
lieux sur le continent; on dit aujourd'hui din en gallois. 

4 L'irlandais gli'tn « genou », pour *gntl-no-s, dérivé de la 
forme réduite gnu- du latin genu et du grec yirj, avec accent 
sur la voyelle qui de brève devient longue: en breton et en 
gallois glin. 

Il y a un mot dont le thème se termine en s, mais sans ni 
e antécédent. C'est le substantif qui veut dire mois. 



iyo H. D'Arbois de Jubainville. 

SINGULIER 

Nominatif, mi = mens, en grec ;/v-v. 

Génitif. mis = mens-os, en grec ;j.r,v;.;. 

Datif. mis = mens-i, en grec jXYJvt. 

Accusatif, mis n- = mens-//, en grec [xîjva. 



Nominatif, mis = mênsës, en grec pjveç. 
Génitif. mis n- = mênsôn, en grec ^vwv. 
Datif. misaib = mënsobhis. 

Accusatif, misa = misas = iiicusijs, en grec [j.r,-)x;. 

On écrit mios en irlandais moderne. C'est l'ancien accusatif. 

En latin le thème mens a été développé au moyen d'un i 
d'où nicnsis, prononcé mesis, en français « mois ». Le grec 
[j:r,-i a perdu Vs que le celtique conserve : en gallois mis, en 
breton mi%. 

Les substantifs to-gu, ro-gu } ont pour second terme une ra- 
cine réduite gus dont Vs final, conservé dans le latin gùs-tu-s } 
est tombé en irlandais dans ces deux mots, mais se conserve 
dans le composé Fer-gus, pour yer-gus-tu-s, en vieux breton 
Vuorgost, en gallois Gurgust, nom d'homme. Togn etrogu sont 
indéclinables. 



10° 



Le nom de la vache bô, mais plus anciennement boit, en ir- 
landais se décline de la manière suivante : 

SINGULIER 

Nominatif. bô g#ous, en grec (îouç, en sanscrit gaûs. 

Génitif. hou, bô = gijouos, en grec (3oêç, en sanscrit gds. 

Datif. boi = gnoiji, en grec (Iki, en sanscrit gàvi. 

Accusatif. boi n- = g#o##, en grec 0ouv,en sancritgâms. 



La déclinaison celtique des noms. 171 

PLURIEL 

Nominatif. bai =guoues, en grec (âéeç, (Joû;, en sanscrit 

gavas. 
Génitif. bon- = g//o//ôn, en grec (Jowv, en sanscrit 

gava m. 
Datif-instrum. buaib = g//o//obhis, en sanscrit gôbhis. 
Accusatif. bu = guouns, en grec (3ouç, en sanscrit gas. 

L'irlandais moderne est /v, l'ancien nominatif singulier. 

Le latin a perdu Vu consonne au génitif et au datif pluriels 
boum, bobus, mais il l'a conservé aux autres cas, par opposition 
à ce qui se passe en irlandais et en grec : singulier génitif bovis, 
àa.t\îbovi, accusatif bovciu. Pluriel: nominatif-accusatif baves. 

Ce substantif a existé en vieux breton, exemple bou-tig, 
« étable », littéralement « maison de vacbe ». Aujourd'hui il 
est remplacé par le dérivé buoc'h, bioe'h, en gallois buwch = 
* giutkka, probablement le même mot que le latin uacca qui 
aurait perdu un^ initial. 



ii° 

Le substantif die. dia « jour », ne s'explique pas facilement. 
On suppose que c'était un thème en s, ayant une certaine pa- 
renté avec le latin dits, mais différent puisque IV de dits don- 
nerait un i en celtique. Le correspondant gallois est dydd, en 
breton Jc~. Le dd gallois et le ^ breton sont la résultante d'une 
dentale hystérogène produite par la rencontre de la voyelle i 
avec une seconde voyelle, e, a en irlandais. Ce qui dans ce 
mot est tout à fait bizarre c'est le cas en -11 offert par l'irlandais 
in-dia « aujourd'hui », ho-dic, en gallois heddyw, en breton 
léonard hirio, ailleurs hiriou, pour un plus ancien hi^io, mieux 
hi~iou, conservé dans quelques localités, en vannetais hirihuë et 
hinihuë avec préfixe identique au préfixe irlandais dans in-diu. 
On a supposé que in-diu est un ablatif. Il n'y a pas d'ablatif 
indo-européen ailleurs que dans les thèmes en -0-, où l'on 
trouve un ablatif en -ôd, cette désinence, conservée en latin 
archaïque, donnerait un 11 final en irlandais; diu dans indiu 



172 H. D'Arbois de Jubainville. 

serait l'ablatif singulier d'un thème diiio- et tiendrait lieu d'un 
primitif diuôd, devenu ddyw dans le gallois he-ddyw, rio dans 
le breton hi-rio. 

H. d'Arbois de Jubainville. 



ÉTUDES CORNIQJJES 1 



il 

TEXTES INÉDITS EN CORN I QUE MODERNE. 
A. 

Le 3 e chapitre de la Genèse, le _/ e et le 2 e chapitres de saint 
Mathieu. 

Ces textes sont tirés des papiers de Gwavas 2 , British Mu- 
séum, Aildit. mss. 28554, PP- I0 ° a 106). Ils ne sont accom- 
pagnés d'aucune traduction. Iago(rt// English-Cornish Diction., 
XIII), sur l'autorité de la Bibl. cornub., à l'article Veale, nous 
dit que le premier et le 3 e chap. de la Genèse ont été écrits 
en comique par Elisabeth Veale, fille aînée de Gwavas. Or, 
dans le ms. on trouve, à la fin du 3 e chapitre, le nom de 
W. Kerew. Il saute d'ailleurs aux yeux que le I er et le 3 e cha- 
pitres de la Genèse n'ont pu être traduits en comique par la 
même personne. La langue du I er chap. est correcte : c'est du 
comique moyen qui ne présente aucune difficulté. Celle du 
3 e chapitre est du comique le plus moderne. Le scribe ne sa- 
vait pas le comique ou ne le connaissait que superficiellement. 
Les mots sont unis ou coupés sans méthode et parfois à 
contresens. Si Elisabeth Veale a écrit ces deux chapitres, elle 
a copié deux textes d'époques et d'auteurs fort différents. 



1. Voir Revue Celtique^ XVIII, p. 401. 

2. Gwavas naquit en 1676 et mourut en 17 19. 



174 -/'■ Loth. 



THE 3 nl CHAPTER OI- GENESIS FROM M. R's MS 1 . 

i Lebben 2 an hagar-Breeve 3 o moy 
mais le serpent était plus 

foulze4 avell4 onen vethell > an 6 

perfide qu' aucune absolument des 

bestaz an 7 gweale a reege 8 an arleth 
bêtes des champs que le seigneur 

Deew geele. Ha e a lavarraze9 
Dieu fil. Et lui dit 

tha an venrien: Eah! rees; Deeav 10 
à la femme: Eh! Dieu 

lawle: che 11 na raze 12 debre 
a dit : tu ne mangeras pas loi 

i. La coupe tics mots et la ponctuation sont souvent de moi. 

2. Un des traits du comique moderne : m = »i»i. après avoir évolué en 
bm, devient h: c(. kybar, prends (d'abord kybmar, par exemple dans Gwreans 
an bys v. 692). De même pour n = 1111 : hedna, cela, arrive à hedda. 

3. Mot à mot, le vilain reptile: comme le gallois bryf, le mot comique 
désigne toute espèce de reptile, d'insectes, de vermine. En breton, ce mot 
désigne des vers, surtout. 

4. Forme moderne représentant une prononciation moderne de l'anglais 
false. Fais représente une étape plus ancienne. 

5. velhell pour vythol, renforce onen (Gr. celt. -, p. 621). 

6. Coupez d'à. 

7. De même a'u. 

8. Prétérit de l'auxiliaire faire, précédant le verbe à l'infinitif : a reege 
geele, que Dieu fit faire, Reeg représente le moyen comique grug wrug; 
geele —gui. un des traits du comique moderne, c'est le changement de u 
en 1: tu;, gens, devient //~ ( /r< , }. 

• 9. I.ï final souvent n'a pas dé valeur réelle. 

10. Mauvaise orthographe pour Deew, 

1 1 . Plus souvenu i h 

12. Faute pour ra : chee na >a debre, lu ne feras pas manger; à moins que 
\e (ge) ne représente la nota aiigem de la 2 e personne du singulier. 



Études Comiques. 175 

a kenevrah 1 gwethan an Looar 2 . 
de tout arbre du jardin. 

2 Ha an vennen a lavarraz tha 

Et la femme dit au 

an hagar-breeve : ni a ell debre 

serpent : nous pouvons manger 

a thorr 3 oll an gweth an Looar, 
de tous les arbres du jardin 

3 Bez thorh an gwethan a ex en Creasc 
mais de Y arbre qui est au milieu 

an Loar, Deew a lavarraz : why na 
du jardin, Dieu a dit: vous ne 

ra debre anothe^ na na' rewaî 

mangere^ de lai ni ne 

e thoteba lez 6 why a varaw 

le toucherez de peur aue vous ( ne ) mouriez 

4 Ha an hagar-breeve a lavarraz 
Et le serpent dit 

tha'n vennen : why na ra seere 
à la femme: vous sûrement 

merwall. 

ne moarre: pas. 

1. L7; final n'a pas de valeur; kenefra=-heniver, gall. cynifer. Cette évo- 
lution de -er final non accentué est fréquente: et. gwandrar=wander. 

2. Après r, la spirante dentale sourde ou sonore disparait ou se réduit à 
un h faible; d'où la confusion dans l'écriture entre rth et rch (perthi pour 
perchi, respecter). Looar =lowarlh. 

3. a thorr et athort -(t figé, provenant des 3" personnes); a thor = a 
thorth ; cf. plus bas àthorh. 

4. anothe — 'i e a la valeur de i, gwethan étant féminin. 

3. Pour grewgh wJjy (ferez) : l'aspiration gutturale finale était très faible 
en comique moderne. 

6. Représente l'anglais lest. 



176 J Loth. 

5 Rag Deew a ore a en jôrria ah x 
Car Dieu sait que dans le jour où vous 

eve e debre nothe, n'ena 2 agoz 
mangerez iU ' ^ u h alors vos 

lagagow ra boz gères 5, ha why 
yeux s'ouvriront, et vous 

ra booze pocara Deew a cotfaaz 4 
sere\ comme Dieu sachant 

da ha droag. 
bien et mal. 

6 Pe reege an Vennen gwellas troî 

Lorsque la femme vit qu'était 

an wethan da rag booze lia 

l'arbre bon pour la nourriture et 

dero hi blork 6 tha'n lagagow, 

qu'il était agréable (?) aux yeux 

ha gwethan tha voaze desyryes 

et un arbre à être désiré 

tha gwelle" oncn feere, hi a 

pour rendre quelqu'un savant, elle 



1. Le texte est évidemment altéré : a eu jorna al), n'a pas de sens; lisez 
jornah reah} . 

2. Moyen comique ciui. Peut-être inlluencé par îena ; mais s'explique plu- 
tôt par le fait que ena a été pris pour un substantif; on trouve dans Gwreans 
an b\s : in nena, alors. La langue y a-t-elle vu : ( /// de-na, ce jour-là? 

}. Pour^em; moyen corn, egery etagery, ouvrir. 

4. A représente le moyen comique <nv (worth), et cothas est régulière- 
ment pour gothas (mot à mot : en savoir). 

5. Quelquefois dero-, représente yth eso (breton e\ edoa)} Pour le change- 
ment du s (1) en /-, v. J. Loth, Etudes comiques, Revue Celtique, XVIII, 
p. 416 : tro contient 0, était. 

6. Ne se trouve pas dans les dict. ; a l'apparence d'un emprunt anglais.* 

7. Devrait être écrit plutôt gweel; cf. comique moyen gwethil. 



Études Comiques. 177 

gomeras radn an haze 1 a nothe, 
prit un morceau de la production de lui 

ha roog 2 debre, ha a rowzc 
et le mangea, et donna 

radne tha e goore goshe>, hag 
part à sou mari et 

e reeg debre. 

lui mangea. 

7 Ha lagagow an Gie4 ve gerres, ha 

Et leurs veux à eux furent ouverts, et 

an Gie ovah > teler 6 an gye en hoath7 

eux surent qu'ils étaient nus. 

ha an gye a wrovas 8 delkyow 9 

Et eux cousirent des feuilles 

figgèz warbarth ha wruge tho an gye 

de figuier ensemble et firent à eux-mêmes 

aprodnies. 

des tabliers. 

8 Ha an Gye a glowhas leaufe 10 an 
Et eux entendirent la voix du 



1. Proprement semence. 

2. A corriger en reeg (gwruk). 

3. Traduit l'idée qui était avec elle; peut-être pour agos loi, auprès d'elle 
peut-être ainsi est-ce une addition à goore; le scribe aura mal lu gorty, mari 
(husbaud). 

4. Lisez angi (andji): pour l'origine de ce pronom, v. j. Loth, Et. 
corn., Rev. Celt., XVIII, p. 421. 

5. Pour a afye (corn. mov. a uvjye). 

6. Me paraît une faute de lecture; cependant voir verset 11, la note à tel 
lestah. 

7. Pour (7/ noth (cf. noeth); cf. in bans, bans, en bas (in uans). 

8. Pour wroyas; ci. gwry, un point de couture (breton gouryat, grouiyat, 
griat). 

9. yod après /est devenu explosive palatale, phénomène connu à Quiberon 
et dans le golfe du Morbihan où yod, en toute situation, subit ce traitement. 

10. Moyen comique lef, lue/. 



178 J. Lolh. 

Arleth Deèw a kerras 1 en 
seigneur Dieu marchant dans 

Looar en yeindre 2 andeeth; ha 

le jardin dans la fraîcheur du jour ; et 

Adam lia e wreege? a geeth tha 

Adam et sa femme allèrent 

gova^ thort deraage 5 an Arleth Deew 
;e cacher hors île la face du seigneur Dieu 

amisk au gweeth an Looar. 
parmi les arbres du jardin. 

9 Ha an arleth Deew a gerias 6 tha 
El le seigneur Dieu appela 

Adam ha lavarraz thotha : peleha" 
Adam et dit à lui : où 

estha 8 ? 
es-tu ? 

10 Ha e lavarraz : vc a glowhas tha 

Et lui dit : moi j'ai entendu tu 

leauve en Loohar, ha me "a vee 
voix dans le jardin, et j'ai eu 

owne, rag theram9en hoath, me 
peur, car je suis nu, je 

1. Moyen corn, kerefes. . 

2. Pour yeinder (froidure). 

3. Plus correctement tureg. 

4. Faute peut-être pour gu$a et peut-être guva(y. verset 1 5, note 5). Cepen- 
dant cova se trouve dans Gwreans un bys avec ce sens : cl. français couver. 

5. Paraît avoir été pris pour un substantif par le scribe; il a. en effet, une 
majuscule. En réalité, c'est une préposition: dyrac, dyrag, devant. 

(->. Probablement pour crias (appela). 

7. On trouve pelea et péleh; h n'a pas plus de valeur que dans jornah. 
<S. Faute pour es ta. 

9. Pour yth esa m(i) (ythesùfmi): v. J. Loth, lit. corn.,Rev.Celt., XYH1. 
pp. 415-416. Era se trouve déjà dans Gwreans an bys. 



Études Comiques. • 179 

goath 1 tha govah. 
allai me cacher. 

11 Ha e a gowzas : pu 2 reg laule theese î 

Et lui parler : qui t'a dit à loi 

tellestarH en hoath ? a restah > debre, 
que tu étais nul Est-ce que tu as mangé 

thort au gwethan a reege a vee 6 
de V arbre que moi 

laule theeze a na rosesta/ debre ? 

je t'avais il il à toi que tu ne mangerais pas? 

12 Ha an dean a gowzas: an Venin 
Et V homme parla: la femme 

a rosta 8 ry tha ve, hy a rose tha vy 

que tu m'as donnée à moi, c'est elle qui m'a donné à moi 

thor an wethan, ha ve reeg debre. 
Je V arbre, et moi je mangeai. 

1 } Ha an arleth Deew a gowzas tha an 
El le seigneur Dieu parla à la 

venen : panderew9 hema aeze 10 gwreze 

femme : quelle est cette chose-ci qui a été faite 



1. Lire geelb, à moins qu'il ne s'agisse du verbe venir: me a ifiieth; diteth 
=.<tàth. 

2. Pu=piw. 

3. Cf. breton dide moy. corn, tbyso. 

4. Probablement à décomposer en del es ta, que (comment} tu étais toi; 
téter, plus haut, est probablement pour telera = del ese. 

5. Moyen corn. : a ivres te. 
b. avee pour vevi. 

7. Le prétérit secondaire. 

8. Pour russys te. 

9. Se décompose en pan dra ew. 
10. Moyen corn. us. 



180 J. Loth. 

geneze?ha ] venen aworebaz 2 : an 

par toi ? et la femme répondît : le 

hagar-breeve a thullas ve, ha ve 

serpent m'a trompée moi, et moi 

reeg debre. 
j'ai mangé. 

14 Ha an arleth Diew a lavarras tha 

Et le seigneur Dieu dit au 

an hagar-breeve : Drefen chee tha 
serpent : Parée que loi 

weele hema, tho> chee molithees 
/// as fait ceci, tu es toi maudit 

a drêz4 ol an chattel, ha 

par-dessus tous les animaux, et 

derez kenefra bestâz an gweal ; 

par-dessus toutes les bel es des champs; 

war tha doer5 chee ra moaz oll 
sur ton ventre lu iras tous 

dethyow tha vowngas. 

les jours de ta vie. 

15 Ha ve vedn goerah 6 zoer7 treeth 8 
Et moi je mettrai haine entre 



1. Lisez ha 11. 

2. Moyen corn, worthebas. 

3. Serait en moyen comique yth ose. 

4. Le texte biblique demanderait amisc, parmi. Il est possible qu'il s'agisse 
ici de a drus (bret. adreti^), à travers ou dres, par-dessus, breton dreist. 

5. târ. 

6. Lisez : goorah; moyen comique gora, gura etgorre. 

7. La prononciation % pour s initial est connue en comique : %oer repré- 
sente sor. 

S. Le th de tic pour yntre, vient des 3" personnes : yntrefo, entre lui. 



Études Comiques. 1 8 1 

chee ha an vennen ha treeth an 
toi et la femme et entre la 

haaze chee ha e haage hie; e 

descendance à toi et sa descendit née à elle ; elle 

ra browi the pedn ha chee ra 
brisera ta tête et toi 

browi e gwewan T . 

lit meurtriras le talon. 

16 Tha an venen e cowzaz: me vedn 

A la femme il dit : f 

meare cressha tha dewhan ha 

accroîtrai beaucoup ta peine 

humthan 2 ; en dewhan che ra 
et ta grossesse dans la peine tu 

doen tha flehas, ha tha dezerio ra 
porteras tes enfants, et tes désirs 

voaze tha' goore, ha e ra tha rowtya4. 
seront à ton mari, et il te gouvernera. 

17 Ha tha Adam e a gowzas : Dreffen 
Et à Adam il dit : parce que 

chee tha gazowazs tallah 6 tha wreege, 
toi tu as écouté la voix de ta femme, 

1. Ou gweuan. Pryce le donne sous la forme gueuan. Si la forme est sin- 
cère, on peut se l'expliquer par une évolution de tf en v : gwevan aurait 
passé par gvoecfari; cf. = gallois gwadn : pour -in- cf. etfen; le voc. corn, a 
goili-ii truit, plante du pied. 

2. Se trouve dans le Credo, donné par Pryce ; est identique au gallois 
ymddwyn (Borlase donne la forme ymdhoyn, sans référence). 

3. Il faudrait thath. 

4. Faute pour rowlya; de l'anglais rule; même forme dans le ms. de 
Gwreans an b)s: voir cependant plus bas verset 6 du chap. 2 de saint Ma- 
thieu. 

5. Forme très moderne de gohonui-. 

b. Si la forme est sincère, c'est probabl. l'anglais tell ou un dérivé. 

Revue Celtique, XXIII. 13 



i»2 ,'. Loth. 

ha reege debre thor an wethan a 

et as mange de l'arbre (au sujet duquel) 

reege a vee lawle theeze chee na 
je t'avais dit à toi que tu 

raage 1 debre anothe, cushez 2 yw 

n'en mangerai pas, maudite est 

an nore rag tha crenjah; gen 
la terre pour l'amour de loi ; avec 

dewan chee ra debre notha 
peine tu en mangeras 

oll dethyow tha vowngaz. 
tous les jours de ta vie. 

18 Spearn ha askal ra e dry rag 
Des ronces et des chardons elle portera pour 

theeze; ha chee ra debre an lozo 
toi ; et loi lu mangeras les herbes 

en gweale. 

des champs. 

19 En wheeze tha godnatalle> che ra 
A la sueur de ton front tu 

debre tha vara, tereba« tha 

mangeras ton pain jusqu'au moment pour toi de 

traylyah tha noares, rag 
retourner à la terre, car 



1. Peut-être un conditionnel, 3 e pers. sg. formé sur ra, plutôt qu'une 
évolution de gzurusse. 

2. Probablement pour curshe%, de l'anglais curst'd. 

3. Composé àt-coina pour connu, proprement cou, et tal, Iront. 

4. Variantes trebe (Lhwyd, arch., 249, col. 1). trebo; composé de tre, et 
peut-être du verbe substantif (cf. pour l'évolution, le breton abaoué, depuis 
= a ba oui). 

5. Pour tha'n noare = <fa'n dor. 



Études Comiques. 18$ 

avez ta I che ve comereze ; Rag 
d'elle toi tu fus tiré; car 

douste 2 eze, ba tha douste che 
poussière tu es, et à la poussière tu 

re traylyah. 
retourneras . 

20 Ha Adam a gryazes hanaw e 
Et Adam appela sa 

wreeg Eva, dreffen o hie damalH 

femme Eve, parce qu'elle était elle mère 

a oll bewjahî. 
de tous les vivants. 

21 Ha tha Adam ha e wreeg a 
Et à Adam et sa femme 

reeg an arleth Doew goole 6 
le seigneur Dieu fit 

bo\vze7 crohan ha ez goreraz 8 
une robe de peau et les (en) vêtit. 

22 Ha an arleih Doew reeç lawle, 
Et le seigneur Dieu dit 



i. Après aves, il faudrait un pronom. 

2. Anglais dus t. 

3 . Mot à mot cria te nom . 

4. En comique moyen, on trouve déjà dama, dame pour mère, et seera, 
sire, pour père. L'a final a, en poésie, la valeur d'une syllabe : cf. en breton, 
les noms de femme empruntés au français : Perina — Perrine, etc. 

5. bavai), d'après l'orth. du comique moderne, se comprendrait, mais 
non bewjah; c'est peut être une faute pour bewjan, pluriel en -ian (-io)i) formé 
sur beiu. 

6. Lisez geele (gui). 

7. Plus correctement pow{. 

8. Comique moyen gorhery, couvrir. 



184 J. Lo^. 

mero) 7 ow' 1 : an dean y\v devethez 

voici : Y homme est arrivé 

pocara ha onen anye, da othaz 
tout comme un de nous, à savoir 

dha ha drôg. Ha leben lez e ora 

bien et mal. Et maintenant (veillons) à ce qu'il n'étende 

rag 2 e dorn a raage ha 
sa main et qu'il ne vînt 

komeraz weeth dore an gwethan 
à prendre aussi de Y arbre 

bownaz ha debre ha bowa rag 
dévie et manger et vivre pour 

nevra. 
toujours. 

23 Rag hedda an arleth Deew. 
A cause de cela le seigneur Dieu 

devanas ea a rage thoro 
l'envoya lui devant les portes 

Paraves tha gones an noare, thor 
du paradis pour travailler la terre de 

neb veva comeres. 
laquelle il avait été pris. 

24 Délia e a hellaz meaze an dean 
Ainsi lui chassa dehors l'homme 

ha e oraze elzeî neeve ha 
et lui envoya des anges du ciel et 



1. Mot à mot: vovez-vous; à corriger en meroivhy} Le gh final avait à 
peu près disparu. 

2. gorarag, étendre: a raage, en avant. 

3. Lisez : ele% (cep. moyen corn, cleth). 



Études Comiques. 185 

clotha tane reeg traylya 
une épée de feu il tourna 

kenefre vor, tha gweetha an vor 

en toute direction, pour surveiller la route 

a'n gwethan vownyaz. 
de l'arbre de vie. 

An duah 1 an dridga chaptra a Genesis 
la fin du troisième chapitre de la Genèse 

W m kerew 

A la tin du verset 22, quelques renvois : ga^owa? est ex- 
pliqué par ga/~ou>an^. A propos de b initial, on lit: tis to be 
observed that V B in the beginning of words are used promis- 
cuously one for another, as: hen vara for bar a. Pour raage dans 
le% e ora raage : the saine as rag. 



II. 



THE 4 th CHAPTER OF S 1 MATTHEW 

1 Nena a ve Jésus humbregez 2 abera> 
Alors fut Jésus envoyé dans 

tha wilderness tha voaze temptez gan 
le désert pour être tenté par 

an Joule. 
le diable. 

2 Ha pe reeg e pênes doganze jorna ha 
Et lorsqu'il eût fait lui pénitence quarante jours et 

1. Pour dhuacf, pour le sens(v. Etudes Corn., III, à duc). 

2. Signifie proprement : conduire. 

3. Pour aberh= aberth, breton ebur^. 



i86 J. Lot h. 

doganze nozc, e vé ouga 1 nena 
quarante nuits, il fui ensuite alors 

gwage. 
vide. 

3 Ha an tempter theath thotha ha 
Et le tentateur vint à lui et 

lavarraz : e, mo thoste màbe Deew, 

dit: Eh, si lues fils de Dieu, 

lavare tha an meanow tha voaz 
dis aux pierres d'être 

gwreeze bara. 
faites pain. 

4 Buz e gwerebas ha lavarraz : 

Mais lui répondit et dit : 

ethyw screffez n'ara 2 dean bewah 
il est écrit personne ne vit 

dreath bara e honnen, buz gen 
par le pain seul, niais par 

kenefra geer eze toaze5 meez meaz a 
tout moi sortant hors de 

ganaw Deaw. 

la bouche de Dieu. 

5 Nena an jowle an comeraz e inan' 
Alors le diable le prit eu haut 



i. Corn, moyen uvse, r uvge. 

2. Lisez : mi ru. 

3. Pour t\ a doi ( cst en venir); a = corn. moyen ow est souvent sous- 
entendu ; do\ mi\, venir dehors, mea\ a, hors de. 

4. Pour emban. 



Etudes Comiques. i 87 



abera en cyte veneganz 1 , ha an 
dans la cité bénie et le 

zettyas e wor gwarha 2 an egles teege3 
plaça sur le pinacle de l'église 

6 Ha lavarraz thotha: mo thosta 
Et dit à lui : si tu es 

maab Deew, towle tha honnen 
le fils de Dieu, jette-toi toi-même 

doore, rag eth ew screfîez : E ra 
à terre, car il est écrit : Il 

ry tha e eelez an pohar an hanesta 
donnera à ses anges le pouvoir 

et a go doota tro tha doone man *, 



leez a torn vethal chee ra 
de peur qu'en tournant tu ne 

browe tha drooze bedn5 mean. 
meurtrisses ton pied contre une pierre. 

7 Chreest a lavarraz thotha: eth ew 
Christ a dit à toi : il est 

screffez arta : che na raze demptya 
écrit encore: tu ne tenteras pas 

the arleth Deew. 
ton seigneur Dieu. 

1. Lisez : venega^. 

2. Corn. moy. : gwartha. 

3. Pour teag, beau ? 

4. Le texte est altéré; il faut probablement lire et ago doota, dans leurs 
mains (deux mains); Iro me parait à supprimer. Toute la phrase aurait le 
sens : « Il donnera a ses anges le pouvoir sur toi (ahanesta) dans leurs 
mains de te porter en haut (te transporter). » 

5. Abrégé de ivar byn. 



88 J. Loth. 

8 Arta an j envie an comeraz 
De nouveau le diable le transporta 

en mann wor hugez 1 meneth euhall, 

en haut sur une énorme montagne élevée 

ha disquethaz thotha oll an 
et montra à lui tous les 

gwell asketh 2 an beaze ha'n worriance^ 

royaumes du inonde et la splendeur 

nonge4. 
d'eux. 

9 Ha lavarraz thotha : oll a rimah 5 
Et dit à lui : tout ceci 

ve vedn ry theeze mar minta 

moi je donnerai à loi, si lu veux 

poz 6 cotha [th]an doer ha gortha ve. 

seulement tomber à terre et m'adorer moi. 

io A meth Jésus thotha: ke thurtam 
Dit Jésus à lui : va loin de moi 

Satnas, ry thew screffez : 
Satan, il est écrit: 

che ra gorthi tha arleth Deew 
tu adoreras ton seigneur Dieu 

hag ev e honnen che ra servya 
et lui seul lu serviras. 



i. Anglais huge. 

i. Lisez : gwïasketh ; cf. corn. moy. gwlascor. 

3. Corn, moyen : gorthyans. 

4. A passé par anotf ans i (Grweans au bys: anotfans). 

5. Emploi particulier de anre-tna, ceux-ci. 

6. Pour bo%(bu%), be^=me^. 



Éludes Cornii] ne s. 189 

n Nena an jowlc en garaz 1 e, 
Alors le diable le laissa lui, 

ha, mero 2 : elez neve theth ha droze 5 
et, voici, des auges du ciel vinrent et apportèrent 

thotha. 
à lui... 

12 Leben pe reg Jésus clowaz tero 
Mais quand Jésus entendit qu'était 

Jowan towlaz tha bressen, e geath 
Jean jeté en prison, il alla 

tha Alile. 
en Gai 1 lia. 

13 Ha4 garah Nazareth e theath ha 
Et (après) avoir quitté Nazareth, il vint et 

tregaz en Capernahum lebah 5 
séjourna à Capharnaiïm qui 

yw tre a vor en 

est une ville de mer dans le 

po Zebalon ha Nepthaly. 
pays de Zabulon et de Nephtali. 

14 Malga 6 e boaz composez 7 a ve cowsez 
Pour que pii t cela être accompli ce qui fui dit 

gen dean Deew Yzias dellma : 

par l'homme de Dieu Isaïe de cette façon : 



1. Changement de % en r; corn. moy. en gasas (gall . gadti). 

2. Mot à mot: voye%; mero=tnirougb. 

3. Supposerait un complément. 

4. Il faudrait ouga (wose). 

5. Pour neb, à moins que ce ne soit pour lemma. 

6. Se décompose en ma ul^n (alje). 

7. Signifiant plutôt en moyen comique: mettre en ordre, (en équilibre): 
cf. breton compe%, gall. cymbwys. 



190 J. Loth. 

i) An pow Zabelon ha pow Nepthalv 
Le pays de Zabulon et le pays de Nephtali 

reb an vor tha mor pelha avel 

près du chemin à la mer plus loin que 

Jordan, Allàle an Gentelles, 
le Jourdain, Galilée des Gentils, 

16 an poble erra zetha 1 en tolgo 2 a wellaz 

et le peuple qui était assis dans les ténèbres a vu 

gullow broaze; ha tha rimah erra zetha 
lumière grande , et pour ceux qui étaient assis 

en pow reb ankow ma gollow 
dans le pays près de la mort, est à la lumière 

dereves 3 man. 
élevée. 

17 Thort an terni in notha-* Jésus reeg 
A partir de ce moment Jésus 

dalla a boroga>, ha tha laale: 
commença à prêcher et à dire: 

greew gwel 6 , râg ma gwlasketh neve 
Faites mieux, car est le royaume du ciel 

tha dorn/. 
tout près. 

1. erra %etha = ese ow ysetfa, qui était en s'asseoir. 

2. Corn. moy. kivotgow. 

3. Corn. moy. drehevel; man ytntnan ruban. 

4. Signifierait de cela (moy. corn, an 1100*0). 

5. A est à remplacer par tha ; poroga est donné par Prvce dans le sens de 
prêcher. Williams prétend que Prvce aurait mal compris Lbwyd. Porogga, 
chez ce dernier, traduirait tosteal et non to read (Arch. p. 77. col. 5 à Lego 2 ). 
Ceci me paraît faux; c'est dho ladra qui traduit to steal. Williams, logique- 
ment, fait sortir porogga de L'anglais prog. Aucune des formes connues 
pour prêcher n'explique . poroga ; a-t-il existé en comique une forme prefege} 
analogue au bretonpre^ec, cette forme eût passé par perfoga, porhoga, porroge. 

6. Plutôt gwell. Le sens est :• corrigez-vous, change^. 

7. Mot à mot : à la main (cf. français : sons la main). 



Études Comiques. 191 

18 Ha Jésus gwandra reb a môr Alale, 
Et Jésus en se promenant près de la mer de Galilée 

wellas' deaw broderath 2 Simnen criez 
vit deux frères Simon appelé 

Peder ha Andrew e broder a 
Pierre et Ami ré son frère 

towlah rooze en mor, rag tho an 

jetant des filets dans la mer, car ils étaient eux 

giie poscaders. 
pêcheurs. 

19 A meth e thonge: suyow vee, he me 
Et (il) dit lui à eux : suivez-moi et je 

vedrTï gee[l] thew poscaders-* a deeze 
ferai (de vous) deux pécheurs d'hommes. 

20 Ha skaphs an Gee arass 6 go rôza ha 
Et aussitôt eux laissèrent leurs filets ci 

an suyas. 
le suivirent. 

21 Ha moaze a lenna, e a wellaz moy 

Et en allant de là, lui vit en outre 

deaw broderath, James mâb Zebde 
deux frères, Jacques fils de Zêbédée 



1. Le part. verb. relative a est souvent sous entendu. 

2. Régulièrement, il faudrait la forme du sg. broder. Il v a un renvoi 
assez bizarre à brodereth, c'est wherath (sœurs) ; de même pour broder, 
nhear. 

3. menny est devenu, en comique, un véritable verbe auxiliaire ayant un 
sens identique à l'anglais will avec un infinitif. 

4. s estime forme plurielle empruntée à l'anglais. 

5. La lecture de ce mot n'est pas sure. 

6. Pour a aras (garas .= ga^as = gadas) . 



192 /. Lotit. 

ha Jowan e broder en goral I 
et Jean sou frère dans une barque 

gen Zebde go zeerah owna- go rôza, ha 
avec Zébédée leur père raccommodant leurs filets, et 

e griaz thonze. 
lui (les) appela eux. 

22 Ha an Gye thosympyas a garaz 

Et eux aussitôt abandonnaient 

an goral ha go zeerah, ha an suyaz e. 

la barque et leur père, et le suivirent. 

23 Ha Jésus geth oll a dro der Alale, 

Et Jésus alla tout autour par la Galilée, 

deske et 3 ago eglezow an gerryow Deew 
apprenant dans leurs églises les paroles de Dieu 

a'n gulasketh, sawyarH oll sorto clevas 
et du roxaume,. guérissant toute sorte de maladies 

ha oll pesticksî mesk an boble. 
et tous maux parmi le peuple. 

26 Ha e fange 6 geeth der oll Svrya, 
Et sa renommée alla par toute la Syrie, 

ha an Gy droaze thotha oll an 

et eux amenèrent à lui tous les 



1. Moyen corn, gorhel. 

2. Pour a (ow) owna; corn. moy. tune (eeuna a des acceptions analogues, 
en breton). 

3. Pourr/m(v. plus haut). 

4. a (ow) sous-entendu. 

). En moyen corn. j pestic ; pistic a surtout le sens de douleur aiguë, 
point de côté, en breton. 

6. Rappelle le gallois fawd (=fàtum), on devrait avoir fuege (fôdj); cf. 
an-fugy. Le mot a dû exister eu comique (voc. corn, fodic, gl. feîix). 



Études Comiques. "93 

glevyan, ha rimah o comeraz gen pub 

malades, et ceux qui étaient pris par toute 

sort clevyas ha tormentyaz, ha rimah 
espèce de maladie et tour ment, et ceux 

o cornerez gen an Jowles, ha rimah 

qui étaient pris par le diable, et ceux 

o frantik ha rima o 

qui étaient frénétiques et ceux qui étaient 

palgeaz, ha e o sawyaz. 

paralytiques, et lui les sauver. 

27 Ha ennah an suyaz e ruth veer T 
Et alors le suivirent une troupe considérable 

a poble thor Alale ha thor Decapolez 
de cens de la Galilée et de la Décapolis 

ha thur Jérusalem, ho thur Judah 
et de Jérusalem, et de la Judée 

ha thur bar 2 arall a Jordan. 

t 7 de l'autre côté du Jourdain. 

■m duah a en bozverarn chaptra a 
la fin du quatrième chapitre de 

Matthe. 

Mathieu. 



THE 2 me CH: OF S r MATTHEW 

1 Leben pove4 Jésus gennez en Bethalem 

Maintenant lorsque fut Jésus né à Bethléem 

1. Orth. inexacte; ordin. écrit en comique moderne mêr, mear ; corn, 
moy. muer, mur. 

2. A passé par parh = parth. 

3. Ecrit bosvevab. 

4. A couper en po ve (pô vi). 



194 J- Loth. 

a Judeah en dethyow Herod an matern 
de Judée dans les jours d'Hérode le roi 

a reeg doaze teeze veer 1 thor an Est 
vinrent des gens sages du côté de l'Esl 

tha Jérusalem, 
à Jérusalem, 

2 Lavaral : peleah ma e yw gennez 
disant: où est-il lui qui est né 

matern an Ethewan ? Rag ma gwellez 
roi des Juifs? Car est vue 

genani e steran en Est, ha tho 

par nous son étoile dans l'Est, et (nous) sommes 

ni devethez tha gorthe thotha 2 . 
-nous venus pour l'adorer. 

3 Pe reeg Herod an matern clowaz 
Quand Hérode le roi entendit 

hemma, e ve troublez ha oll Jérusalem 
ceci, il fui troublé et tout Jérusalem 

gonz eve. 
avec lui. 

4 Ha pe reeg e contell oll an cogazers' 
Et quand il eut réuni tous les prêtres 

euhall ha'n screffars a'n hobel 
élevés et les scribes du peuple 

i. Cette mutation est régulière, en comique moderne, après le nom fé- 
minin tee\e (tus): cf. an vor, le chemin (jouf). Plus loin, elle n'est pas 
écrite: feer =corn. mo'y. fm . 

2. Mot à mot : adora' à lui. 

3. Pryce donne coggâ^ avec le sens de priest. Il est possible que ce soit 
un dérivé de l'anglais cog, tour, tromperie; l'emprunt serait naturellement 
dû au protestantisme. 



Études Comiques. 19$ 

worbarth, e avednaz 1 thoranze: pelle 2 ve 
ensemble, il (leur) demanda à eux : oit était 

Chreest gennez. 
le Christ né. 

5 Ha en gye lavarraz thotha : en Bethalem 
Et eux (lui) dirent à lui : à Bethléem 

a Judeah : râg an dellma ma thewah3 
de Judée : car c'est ainsi qu'il est 

screffez gen an prophète 
écrit par le prophète : 

6 Ha che, Bethalem, en pow Judah, 
Et toi, Bethléem, dans le pays de Judée, 

ne gooz an bethathna* amisk maternyow 

(tu) n es pas la plus petite parmi les capitales 

Judah; rag amez a che e ra doaz 

de Judas; car hors de loi viendra 

matera rag rowtia 6 tha pobel Ezarel. 
un roi pour gouverner ton peuple Israël. 

7 Nena Herod, pe reeg e prevath7 crya 

Alors Hérode, lorsqu'en particulier il eut appelé 

an deeze feere, e avednyaz thoranze 

les gens sages, lui demanda à eux 

1 . Pour e a avedna\ (govyn). 

2. ve= corn. moy. vu. 

3. Comme en maint endroit, ah n'a pas la valeur d'une syllabe : a repré- 
sente un souffle vocalique avec w\ peut-être y a-t-il le pronom e agglutiné. 

4. Forme moderne et livresque ; la forme comique est profits (=profiuyt 
=^propJh , ta). 

5. Le premier //; a été introduit ici par analogie avec les cas où lh est 
devenu /; : lisez behadna (le second //; est une faute de scribe). 

6. Probabl. raviva, à moins cependant que ce ne soit un dérivé de l'an- 
glais route: to talce one's route, se diriger. 

7. Donné par Pryce : privelh. 



\o,(j ' J. Loth. 

seer puna ' termin reeg an steere 

exactement à quel moment l'étoile 

disquethaz. 

s'était montrée. 

8 Ha e ez devannaz tha Bethalem, 

Et lui les envoya à Bethléem, 

ha reeg laule thonz : gworeuh whellaz 

et (leur) dit à eux: recherche^ 

seere 2 râg an flô younk, he pe rewe 

exactement au sujet de Veillant jeune, et quand 

why e gavaz, dro^ geere tha ve arta, 
vous Vaure\ trouvé, envoyer^ un mol à moi alors, 

m'ala ve moaze ha gortha thotha aweeth 

pour que (je) puisse moi aller et (l')adorer lui aussi. 

9 Pe rêg an gye clowaz an matern, 

Quand eux eurent entendu le roi, 

y eath caar4, ha an stearan a 

ils partirent, et l'étoile que 

reeg an gye gwelihaz en East geeth 
eux avaient vue à l'Est vint 

deractanze nerege* hi doaze 

devant eux jusqu'à ce qu'elle vint 

ha zàvaz derez leba 6 era an flô 

et se tînt au-dessus rendrait où était l'enfant 

yonk. 
jeune. 

i. Ordinairement pana. 

2. Représente siir (sûrement). 

3. Pour drowgh. ' 

4. Pour cer = cerh =cerif; moy. corn. : ke yn kerf, va. 

5. Pour na reeg : na reeg H do\ (jusqu'à ce qu'elle vînt) : fit venir. 

6. Représente ici lebma, lèmrna: cet endroit-ci. 



Études Comiques. 197 

10 Pe rêg an gye gwellaz an steran, 
Quand eux virent l'étoile 

thonge loan gen meare a loander. 

(ils) furent eux joyeux avec beaucoup de joie. 

1 1 Ha po tho an gve devethez en an 
Et quand furent eux arrivés dans la 

choy 1 , y a wellaz an flô yonk gen 

maison ils virent le jeune enfant avec 

Marcea e thama, ha an gye a 

Marie sa mère, et eux 

cothaz 2 en doar ha gorthaz tha 

tombèrent et terre et l'adorèrent 

eve; ha pe reg an gye gère* go throzor, 

lui; et quand eux ouvrirent leurs trésors, 

y a rooz thotha awr ha frokensencC 

ils (lui) donnèrent à lui de l'or et de l'encens 

ha [m]ere. 

et de la myrrhe. 

12 Ha an gye ve gwarnez gen Decw ha 

Et eux furent avertis par Dieu, et 

an gye a cuskah, ne resa an gye 

eux eu train de dormir, qu'ils n 

doaz ogaz tha Herod, ha an gye eath carr 

allassent pas près d'Hcrode, et eux partirent 

tha pow go honnen vor arall, » 

pour leur pays à eux par une roule autre. 



1. Forme moderne ti (tshey, tshoy). 

2. Pus correctement : gothas. 

3. Pour egeri. 

4. Anglais frankincense. 

Revue Celtique, XXIII. 14 



iqS J. Loîh. 

13 Ha po tho an gye geliez carr, mero, 

Et quand (ils) jurent eux partis, voici, 

elez T neeve a desquethaz (t)ha Joseph 
un ange du ciel se mont ru à Joseph 

Joseph a ve tiendrez 2 , an delma: 
qui était rêvant, ainsi 

save aman, ha kebar an flô yonk ha 

lève-toi, et prends le jeune entant et 

e thama, ha ke tha Egyp, ha 

sa mère, et vas en Egypte, et 

bethez enna terebali ve dryî thez 

sois là jusqu'il ee que moi j'envoie èi toi 

geere ; rag Herod vedn whelaz 
un moi ; car Hérode recherchera 

an flô yonk rag e latha, 

le jeune enfant pour le tuer. 

14 Pe reg e saval, e comeraz an flô 
Quand il se leva, il prit le jeune 

yonk ha e thama, en noaze, ha 
enfant et sa mère, de nuit, et 

geeth tha Egyp. 

alla eu Egypte. 

15 Ha e ve enne terebah mernaz Herod, 
Et il fut là jusqu'à la mort a" Hérode, 

m'alga boaz composez a ve cowsez 

pour que pût être accompli ce qui avait été dit 

1. Probablement pour et aves; le texte indique un ange et non plusieurs. 

2. Cf. moyen corn. Ixnrose, rêver, humus, songe. 

3. Mot à mot : jusqu'à moi envoyer. 



Études Comiques. 199 

gen Arleth neve der an prophet 

par le seigneur du ciel par l'intermédiaire du prophète 

o laule: avez a Egyp, me vedn 
disant : hors d'Egypte, j'appellerai 

crya a mâb. 
mon fils. 

16 Nena Herod, pe rêg e gwellaz 
Alors Hèrode, quand il vit 

fatal o geaze l gwreaze anotha 
comment avait été moquerie faite de lui 

gen an teeze feere, v\v engrez, 

par les gens sages, fut irrite, 

ha thavanaz mehaz 2 ha lathaz 

et envoya et tua 

oll an flehaz a era en Bethalem 
tous les enfants qui étaient à Bethléem 

ha oll an dro, en dadn deaw vloth 
c/ tout autour, (qui) sous deux ans 

coth a tho an termen a reeg e 
vieux étaient à l'époque où lui 

gofen thur an teez feere. 

avait demandé aux gens sages. 

17 Nena a ve composez a ve 
Alors fut accompli ce qui avait été 

cowzez gen Jerman an prophet, 
dit par Jérémie le prophète, 

laule : 
disant : 



1. Corn, moyen ges, représente l'anglais jest. 

2. Graphie remarquable pour mea%, n/i~, qui tendrait à faire croire que 
a dans meaz a eu une valeur réelle comme dans le léonard mêas. 



200 J. Loih. 

18 En Rama ave clowez olva, whola 
Dans Rama a été entendu gémissements, pleurs 

ha garma, Radial wholo 1 rag e 

et lamentations, Rachel pleurant à cause de ses 

flécha/, ha na venya 2 hye boaze 

enfants, et (elle) n'eût pas voulu elle être 

comfortyes rag tho an gye lathez. 
considérée, car (ils) étaient eux tués. 

19 Pe tho Herod maraw, elezî neve 
Quand fut Hérode mort, un auge du ciel 

theath tha Joseph en cuska en Egyp, 

vint à Joseph dormant eu Egypte, 

20 Laule : kebar an rlô yonk ha 

disant : prends le jeune enfant et 

e thatna, ha ke tha pow an 

sa mère, et va au pays des 

Ethewan, rag ma Herod maraw 

Juifs; car est Hérode mort (et ceux qui 4 

eva whellaz bownaz an flô youk. 

étaient cherchant la vie du jeune enfant. 

Désuni cœtera. 

J. LoTH. 

1. Pour a(ou>) wholo. 

2. Plutôt : venja. 

3. Voir plus haut verset 13. 

4. Il manque quelque chose d'après le verset de la Bible : ha rima a ve a 
zvheelaz. 



RO WITH THE IMPERFECT INDICATIVE IN IRISH 



In his Irske Studier, p. 34, Sarauw lias pointed out in Ml. 
52 d what he supposes to be a use of the imperfect indicative 
with ro; lie calls it « praeteritum consuetudinale perfectum ». 

In Thésaurus Palaeohibernicus , I, p. 723, I hâve called atten- 
tion to the difficulties in Sarauw's interprétation, and, though 
the passage is not yet clear to me, his explanation of it still 
seems to he impossible. The fatal objection is the perfect rogab 
in the main sentence. When the présent indicative is accom- 
panied by ro-, the verb of the main clause is gênerai, it does 
not refer to a particular case; instances are given by Thur- 
neysen KZ. xxxvii 65, Sarauw, p. 20 sq. In the same way, if 
ro- were used in a similar sensé with the imperfect indicative, 
\ve should expect to find in the main clause a verbal form 
which dénotes customary or repeated action, in other words, 
an imperfect. When the criticism of Sarauw's explanation of 
the Ml. passage was written, no such instances were known 
to me. Since then I hâve met with three passages which 
would agrée excellently with such a use of the imperfect, and 
which indicate that, though Sarauw's interprétation of Ml. 
82 d n cannot be accepted, the usage postulated by him is a 
real one. 

The first passage is in the Loinges mac n-Usnig, Windisch, 
Irische Texte I, 78, 1. 3. 

O rosernad Nôisi nâr fulocht for feda fianchlar, 
ba millsiu cach biud fo mil araralad mac Usnig. 

There the référence is obviously not to a single action but 
to what Noisi had been in the w r ay of doing : rosernad Nôisi fu- 



202 ■!■ Strachan. 

/()(•/'/=•« as often as Noisi had built his cooking hearth ».In the 
main clause ba may in accordance with the Irish usage be im- 
perfect. In the accompanying relative clause araralad isclearly 
imperfect ; I would suggest that it is a scribal error for a n-ara- 
lad, and translate: « sweeter tlian any food with honey was 
what the son of Usnech used to prépare ». With aralad rf. cia 
cruth aralad sin, Trip. Life, p. 2$, cia cruth arralad a thabairi 
ass, LL. 25 i b 2, ba he aridrdlastar « 'twas he that had devised it', 
Fiacc's Hymri, 1. 47, aridralastar ind noeb, Broccan's Hymn, 
1. 150. 

The other two examples are in the Cath Maige Tured, Rev. 
Celt., XII, a text which contains many old forms, and which 
must hâve corne from an original of a high antiquity. The 
passages are : 

An 1res nomad dobideed gel sgr.ai di bocsibnibh dubhoib rodub- 
tis a Icn, p. 68, 1. 1. 

O robidis ami de isin Ici h ina cerdehai dobidcetsom (=^dobidced 
soin) 11a croit eu sua crandoib, p. 94, 1. 2. 

In both thèse passages the main verb is in the imperfect. 

J. Strachan. 



CORRIGENDA 



40, 1. 2, for Bédés rend Bede's 

41, 1. 2iS, read incéi \ naili. The stroke marks the division of the Unes 

in the codex. 

42, 1. 12, The second a of sacard is written over the line. 
1. 26, for k/ read kl 

1. 29, for s) read c) 

43, 1. 3, from bottom. read to.5 w | ab (?) <■/'... 

I. 2, from bottom, for liker read Hkez 

48, 1. 6, from bottom. for for read for 

49, 11. 12, 16, 17, from bottom. for kl read M 

II. 10, 12, from bottom. for for read for 

1. j, from bottom. for apparenthy read apparently 



MÉLANGES 



I. 

UNE CORRECTION AU LIVRE DE TALIESIN 



Le poème XLIX du Livre de Taliesin (Skene, Four anc- 
books, p. 204-205) n'est pas un des plus anciens du recueil. Il 
y est question de cinq chefs de Normandie {O Nordmyn 
mandî). Il présente un vers qui n'a été compris, parce qu'il 
a été mal lu, de nature à nous fixer sur sa date. Le huitième 
chef est ainsi caractérisé : 

wythuet lin X a dyvi, 

Pour avoir un sens, il n'y a qu'à rapprocher lin de X et lire 
en un mot : linx: 

« le huitième, le lynx viendra... » 

Ce lynx parait emprunté à la ménagerie de Gaufrei de Mon- 
mouth dans la Prophétie de Merlin (Hist., lib. VII, ch. ni): 

Egredietur ex eo (le sixième, semble-t-il) 
linx penetrans omnia... 

Le poème de Taliesin ne saurait donc être, en tout cas, an- 
térieur au plus tôt à 113 5-1 140. 

J. Loth. 



204 M langes. 

IL 

EURED 

Le mot breton eured désigne les noces, tandis que dimiçi 
signifie fiançailles officielles. Dimi~i, en réalité, est le terme an- 
cien et brittonique pour le mariage; ilimi~i, comme le gallois 
dyweddî, le comique domethy, contient la racine ved-, enlever, 
et rappelle une des formes les plus anciennes du mariage. On 
sait que la cérémonie de l'enlèvement de la mariée par le 
mari se pratique encore en certains endroits de Bretagne, 
avant la messe des noces. Le mot eured est, au contraire, in- 
connu du comique et du gallois, et propre au breton. A mon 
avis, eured représente le latin oral us, çrâtio, ou oral us 1 : c'est 
proprement la formule chrétienne de bénédiction nuptiale. 

F. Walter, dans son Das alte Wales, p. 409, a fait l'obser- 
vation qu'il n'est pas question de la bénédiction religieuse pour 
le mariage gallois dans les Lois, et qu'il n'y avait pas lieu 
d'en être surpris, cette bénédiction étant souvent négligée, et 
n'étant pas même, au moyen âge, d'après le droit canonique, 
nécessaire à la validité du contrat. Elle semble n'avoir eu d'im- 
portance que chez les Bretons-Armoricains. Dans les Heures en 
moyen breton, il y a une expression qui ne laisse guère de- 
doute au sujet de l'étymologie ici proposée : c'est lavarel 
euret : 

Amser pe en heny [n]ez guillir 
dimizifu ha lavarel euret 2 : 

Lavarei turet, c'est, mot à mot, dire la prière (nuptiale). 
Il n'y a pas à s'arrêtera une forme eiiret, qui est une erreur 
de scribe, ou une tentative étymologique d'après eùr, eiirus. 



J. LOTH. 



1 V. mots latins, p. 90. 

2. J. Loth; Chrest. bret., p. 25J 



Mélanges. 205 

III. 
AULA QUIRIACA = LES GUIRIAC 

M. A. de la Borderie a toujours soutenu que les Bretons ne 
s'étaient étendus à l'Est de Vannes qu'à ht fin du vm e siècle 
et même n'y avaient formé d'établissements définitifs que 
dans le cours du ix c . S'il tenait tant à cette théorie, en réalité 
insoutenable, c'est que sa thèse de l'établissement entière- 
ment pacifique des Bretons en Armorique l'exigeait: je l'ai 
montré dans le compte rendu des deux premiers volumes de son 
Histoire de Bretagne, dans la Revue celtique. J'ai aussi démontré 
par des arguments irréfutables que les Bretons étaient en force 
dans le Vannetais oriental, dans la péninsule de Guérande, 
dans toute la portion du Rennais et du Nantais que nous trou- 
vons bretonne de langue au ix e -x c siècle. Un fait historique, 
en dehors des preuves linguistiques, nous démontre qu'ils 
avaient des établissements fixes dans le voisinage de Guérande 
au vi c siècle. Lorsque saint Félix, évêque de Nantes, va inter- 
céder auprès du chef des Bretons vannetais Weroc en faveur 
des Nantais emmenés en esclavage ou pillés par lui, il le trouve 
à Aula Quiriaca (Gr. de Tours, Hist. Franc., IV, 4). Jus- 
qu'ici on n'a pas identifié exactement ce nom. Tout le monde 
est d'accord pour placer Aula Quiriaca, près de Guérande. La 
chronique de Nantes y voit Guérande (Don Morice Preuves, 
I, p. 135). M. Léon Maitre, qui suit M. de la Borderie, place 
Aula Quiriaca à Piriae, commune voisine de Guérande : Piriac 
serait pour Pen-Kiriac, étymologie fantaisiste dont la fausseté 
saute aux yeux. Aula Quiriaca est tout simplement Les-Guiriac, 
village Je Piriac, dont on peut suivre la trace dans des textes 
du moyen âge, comme le montrera M. Quilgars dans le Dic- 
tionnaire topographique de la Loire-Inférieure, en préparation. 
Qitiriac, suivant d'autres exemples de noms de lieux de la 
commune même de Piriac composes avec les, évolue régulière- 
ment en Gniriac. Le nom breton est des plus intéressants. 



2o6 Mélanges. 

Les Guiriac est une preuve certaine d'un établissement breton 
permanent dès la 2 L ' moitié du \T siècle. Les indique très évi- 
demment la demeure d'un chef. C'est, en général, le premier 
terme des résidences occupées par les chefs bretons. Les rési- 
dences assez nombreuses du roi Salomon portent le nom de 
lis ou de aula qui en est une interprétation (Cf. A. de la 
Borderie, Hist. de Bretagne, t. II, p. 107). 

J. LOTH. 



BIBLIOGRAPHIE 



Mélusine. Recueil de mythologie, littérature populaire, tra- 
ditions et usages (fondé par H. Gaidoz et E. Rolland, 1877-1887), 
public par H. Gaidoz. Paris, librairie E. Rolland (et L. Staude, succes- 
seur), t. IX, X. 

Les deux derniers volumes de cette savante publication qui 
malheureusement se trouve arrêtée pour la seconde fois, ne 
sont pas moins intéressants que les autres pour nos lecteurs 
(cf. plus haut, xviii, 325, etc.); on pourra en juger par la 
simple énumération des articles qui ont trait directement au 
folklore celtique. 

Chansons populaires de la Basse-Bretagne, t. IX, col. 45, 
46. L'explication; 85-87 et 134-138. L'ivrogne et sa femme 
(E. E.); 189-192. La courte paille (P. Le Roux), cf. 73-77 et 
1-6. Le plongeur (G. Doncieux). 

La procédure du jeûne (en Bretagne), IX, 22 (H. Gaidoz), 
cf. X, 279. 

La stérilité volontaire (en Bretagne), IX, 61-64; (en Irlande), 
102, H. G. 

Dictons et proverbes bretons (de ennemi à journée), IX, 
208-213; 258-264; 280-287; x > I5-Ï9; 89-95; 158-163; 
187, 188; 212-214; 233-237; 259, 260; 273-281, E. E.; cf. 

IX, 199, 218, 275, 276; jeux, 227. 

Le chant de l'alouette (en Bretagne), X, 265-268; 282, 
E. E. 

Sur l'inspiration verbale (V. Hugo et Ann hini <, r o~, etc.), 

X, 1-3, E. E. 

Cadeaux aux amoureux évincés (en Bretagne), X, 265-268, 
E. E. ; cf. Rev. eelt., XX, 207, 208. 



208 Bibliographie. 

Le pronostic du premier jour de janvier (texte irlandais 
avec traduction anglaise), X, 113, 114, Kuno Meyer. 

L'étymologie populaire et le folklore: saint Gétorix, IX, 
78, G." D. 

Signalons enfin, dans la partie bibliographique, de nombreux 
et instructifs comptes rendus de M. Gaidoz sur des livres rela- 
tifs aux études celtiques: IX, 22, 46, 47, 141-143, 230-236; 
X, 22, 23, 70, 72, 120, 189-192, 210, 239, 240, 264, 283- 
287. 

Que de choses il y aurait à dire sur tant de questions sou- 
levées, et résolues en partie seulement; sur tant de recherches 
longues et délicates, que la fâcheuse interruption de Mélusine 
va laisser en suspens ! En attendant qu'une nouvelle série 
puisse paraître, sachons gré à ce recueil et à son éminent direc- 
teur de l'apport considérable qu'ils ont fourni à l'étude des 
idées populaires, et de la méthode précise que leur exemple 
contribuera puissamment à foire prévaloir dans ce domaine 
scientifique. 

E. Ernault. 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE : I. Mort de M. Quellien, ses œuvres. — Étude de MM. Berthoud et Ma- 
truchet sur les noms de lieu habités du département de la Côte-d'Or. — III. Les 
influences celtiques, par M. C. Roessler. — IV. The death of Oscar, par Miss. Alice 
Sargar.t. — V. Osia Merseiana, t. II. — VI. Etude de topononue romande, par 
M. J. Stadelmann. — VII. Encore un mot sur le Thésaurus palaeohibernicus. — 
VIII. La grammaire vannetaise de l'abbé Le Bayon. — IX. La Société comique. 
— X. Nouvelle édition des Vies des saints de Bretagne composées par Albert le 
Grand. — XI. Les lé.a.ixr^oi et les Augustani. — XII. Une inscription récemment 
découverte à Orléans. — XIII. Un nouveau dictionnaire irlandais en perspective. 

I. 

Un épouvantable accident a enlevé à la littérature bretonne un de ses 
plus aimables représentants, M. N. Quellien. La direction de la Revue Cel- 
tique adresse à sa veuve et à ses enfants l'expression de sa vive sympathie. 
Parmi les nombreuses publications du défunt auteur, voici celles qui ren- 
trent dans l'ordre des études auxquelles la Revue Celtique est consacrée: 

Annaïk, poésies bretonnes, avec une lettre- préface par M. Ernest Renan. 
Paris, 1880. 

L'argot des nomades en Basse-Bretagne. Paris, 1886. 

Loin de Bretagne. Paris, 1886. 

Chansons et danses des Bretons, Paris, 1889. 

La Bretagne armoricaine. Paris, 1890. 

Bretons de Paris. Paris, 1895. 

Brei\, poésies bretonnes. Paris, 1898. 

Contes et nouvelles du pays de Treguier. Paris, 1898. 

Articles dans la Revue Celtique, t. VI, p. 500-505 ; t. VIII, p. 389-391 ; 
— dans la Revue de linguistique et de philologie comparée, t. XVIII (1885), 
p. 30-55 ; — dans la Grande Encyclopédie, aux mots Armorique, Bretagne. . 

II. 

MM. L. Berthoud et L. Matruchet, l'un pharmacien des hôpitaux de 
Paris, l'autre professeur adjoint de botanique à la Sorbonne, voulant se dis- 
traire de leurs occupations obligatoires, ont suivi au Collège de France le 



2io Chronique. 

cours de géographie historique professé avec tant de compétence par 
M. Longnon. Marchant sur les traces du savant maître, ils ont appliqué sa 
méthode à l'« Étude historique et étymologique des noms de lieux habités 
du département de la Côte-d'Or ». Les noms de lieux habités antérieurs à 
la conquête romaine doivent suivant eux se diviser en trois catégories: 

i° Noms ibères: Calmis, aujourd'hui « Chaume, Charmes », Jarrie, Alise. 

2° Noms ligures, terminés en -ascus: Bâche, Baascha, et en -osais: Bla- 
not, qui doit avoir été primitivement * Blanoscus. 

3° Noms celtiques. 

Ces derniers sont en partie des composés dont le second terme est i° âu- 
iniiii : Belati, Broindon, Semond; 2° durum: Bierre, Izeure, Seurre; 3 
briga: Beneuvre;4° magus: Réome; 5 na«fow:Nant-sous-Thil, Arcenant, 
Echarnant, Grenant, Pernant, Ternant; 6° lanum : Malain; 7 îoeus: San- 
lieu ; 8° bona : Echevronne. 

Les deux auteurs parlent ensuite des noms celtiques dérivés. Us com- 
mencent par le suffixe -àvus, d'où Belleneuve, Renève, et de plus Bellenod, 
Bellenot. Disons d'une part que Belleneuve et Renève, supposent le suffixe 
-ava, d'autre part que Bellenod et Bellenot, pourraient, comme Blanot, 
s'expliquer par le suffixe -oscu-s. MM. B. et M. continuent en citant les 
suffixes: -entum: Nogent; -ismus: Duème, Louesme, Molesme; issa: San- 
tosse, Vandenesse; -oiaïus : Antheuil, Chazeuil, Gergueil, Marandeuil, 
Mercueil, Nantoux, Orgeux. Notons ici que l'existence d'un suffixe -oiaïus 
nous semble inadmissible. Ainsi Auctc-iqlus, Auteuil, est un composé dont 
le second terme -ialo- se reconnaît dans le gallois ial « espace découvert ». 

Une troisième catégorie de noms celtiques comprend les noms simples 
sans suffixes; i° dus à des particularités d'ordre topographique: Bar, Bard, 
Montbard, Baulme, Braux, Vesvres, 2° provenant de noms de rivières : 
Bèze, Bezouottc, Laignes, Norges, Til-Châtel, Vougeot ; 30 tirés de noms 
d'hommes, Is-sur-Tille, Vertault ; 4 dont l'origine remonte à un nom de 
divinité: Beaune, Beaunotte, Tart : ce dernier a été l'objet d'une découverte 
fort intéressante de M. Longnon. Le dérivé Taruensis, IX e siècle, établit 
que Tart est un ancien Taruos, nom d'un taureau divin, comme Beaune est 
une antique Belena, forme féminine du nom masculin du dieu Belenos. Au 
nom de lieu Taruos comparez Taruenna, Thérouanne et le Tarvos tri r ara 
uns du Musée de Cluny. 

Dans les matières traitées il se trouve, à côté de choses certaines, quel- 
ques points sujets à contestation, ainsi l'origine ibérique de Chaume, Jar- 
rie et Alise ne nous semble pas tout à fait démontrée. Mais le travail de 
MM. Berthoud et Matruchet est une œuvre très distinguée. Il est a désirer 
qu'elle soit continuée par une étude sur les noms d'origine latine et burgonde 
dans le département de la Côte-d'Or, et que, dans d'autres départements, 
elle trouve des imitateurs. 

III. 
Nous ne ferons pas le même éloge du volume que M. Charles Roessler a 
publié sous le titre de Les influences celtiques. C'est ou cela parait etre-un 



Chronique. 2 i i 

recueil de notes mal prises à un cours ou à des cours par un élève inexpé- 
rimenté, qui les a disposées sans ordre, et sans références ou avec des 
références inintelligentes. L'auteur débute ainsi : 

« Au vi e siècle avant notre ère, si nous interprétons bien les vieilles an- 
« nales, Ugaine le Grand régna quatre années sur l'Irlande et sur tout 
« l'Ouest de l'Europe. » 

Quelles sont ces vieilles annales? M. Roessler ne le dit pas. Ce sont les 
Annales des quatre maîtres. Les auteurs de cet ouvrage ont commencé à 
l'écrire le 22 janvier 1632, et l'ont terminé le 10 août 1636, sous le règne 
de Charles I er , roi d'Angleterre, quand Louis XIII régnait en France et 
lorsque Scipion Dupleix rédigeait son Histoire générale de France depuis Pha- 
ramond jusqu'en 1643 ; quelques années avant Mézeray, 1643-1651. Voilà 
ce que M. Roessler appelle de « vieilles annales », Le passage des Annales 
des quatre maîtres auquel M. Roessler se réfère, sans les citer clairement, se 
trouve dans l'édition d'O'Donovan, t. I, 185 1, p. 74-75; on y lit qu'en 
l'an du monde 4606, Ugaine le Grand fut tué après avoir régné quarante 
ans sur l'Irlande et sur toute l'Europe occidentale jusqu'à la mer Tyrrhé- 
nienne, c'est-à-dire jusqu'à la Méditerranée. Au lieu de quarante ans 
M. Roessler a imprimé quatre, il reproduit ce chiffre à la page 23 ; il avait 
dans ses notes oublié un zéro. 

Quelle est la valeur de ce texte ? 

Ugaine serait mort l'an 4606 du monde ; or la première année de l'ère 
chrétienne, est suivant les quatre maîtres, l'an du monde 5200; on devrait 
donc mettre la mort d'Ugainé en l'an 594 avant J.-C. Cette date n'est pas 
d'accord avec celles que donne, au xi e siècle de notre ère, l'annaliste irlan- 
dais Tigernach ; celui-ci commence parfaire de Cobthach Côel-Breg, fils 
d'Ugainé le Grand, un contemporain de Romulus, 754-714 avant J.-C. ', 
puis il met en l'année dix-huit du règne de Ptolémée, fils de Lagos, 306- 
305 avant J.-C, le règne d'Echu Buadach, père d'Ugainé le Grand, con- 
temporain du roi d'Ulster Cimbaed. Il constate la contradiction, et, pour 
s'excuser, il dit qu'avant Cimbaed tous les monuments de l'histoire d'Ir- 
lande étaient incertains, omnia monimenta Scottorùm usque Cimbaed incerta 
fiant 2 . 

La source où a été puisé le passage précité des Annales des quatre maîtres 
est le traité intitulé Flathiusa Hrend, dont une copie a été conservée par le 
Livre de Leinster, XII e siècle, voici le texte, p. 21, col. 2, 1. 38-43 : 

Gobais Ugaine môr, mae Echdach Buadaig, rige hErend ocus Alban ko 
Muir n-Icht. Ocus tue i//gi» rig Franc do-mn.ii, idon Cessair chrothach, \u- 
gen rig Franc ; ocus ruc-si coiciur ar xx do chlaiwd dû, idon dâ mac ar xx 
oeus teora iwgena. Atberat aile congabais Ugaine rîge Europa uile. 

« Ugaine le Grand, fils d'Echaid le Victorieux, saisit la royauté d'Irlande 
« et de Grande-Bretagne jusqu'à la Manche. Il prit pour femme la fille du 

1. Premier fragment de Tigernach édité par M. Whitley Stokes dans la 
Revue Celtique, t. XVI, p. 378. 

2. Ibid.j p. 394. 



212 C I ironie] il c. 

« roi des Francs, Cessair la jolie, fille du roi des Francs; elle lui donna 
« vingt cinq enfants, savoir vingt deux iils et trois filles. Certains disent 
« qu'Ugaine s'empara du royaume de toute L'Europe '. » 

Le mariage d'Ugaine avec la fille du roi des Francs, six cents ans ou trois 
cents ans avant J.-C, est un peu risqué, puisque les Francs n'apparaissent 
dans l'histoire qu'au 111 e siècle de notre ère. L'Europe, dont Ugaine aurait 
été roi, porte un nom qui n'est pas celtique : dans un texte irlandais, le mot 
Europe atteste que ce texte est postérieur à l'introduction de la science 
gréco-latine en Irlande. 

JoffVey Keating, écrivant son Foras feasa ar Eirinn à peu près au moment 
où étaient composées les Annales des quatre maîtres, ne fait pas étendre la 
domination d'Ugaine le Grand jusqu'à la mer Tyrrhénienne, il met seule- 
ment sous son autorité les îles de l'Europe occidentale 2 . C'est une façon 
d'entendre le co muir n-lcht, « jusqu'à la Manche », du traité intitulé Fla- 
thiusa. Co muir n-Icht est indiqué comme l'antique limite de la domination 
irlandaise en Grande-Bretagne dans le Glossaire de Cormac au mot Mooh- 
eime 5. C'est sur les bords de la Manche en Grande-Bretagne, ic muir Icht 4, 
oc muir n-Iocht 5 , que fut tué vers l'an 405 de notre ère Niall aux-neuf- 
ôtages, roi suprême d'Irlande. Cela prouve qu'à cette date une partie con- 
sidérable de la Grande-Bretagne était au pouvoir des Irlandais; sur ce point 
les textes irlandais s'accordent avec Claudien. On a attribué au légendaire 
Ugaine le Grand la même puissance qu'à Niall aux-neuf-ôtages, person- 
nage historique. C'est un procédé littéraire connu, c'est celui des copistes, 
celui auquel nous devons bien des vies de saints inventées plusieurs siècles 
après la mort des personnages hagiographiques qu'elles concernent. La 
Manche est devenue la mer Tyrrhénienne, c'est-à-dire la Méditerranée, 
parce que l'orgueil national existe chez tous les peuples ; c'est ainsi que 
Nathiou Dathi, successeur de Niall aux-neuf-ôtages, et mort, en 428, d'un 
coup de tonnerre sur une montagne de Grande-Bretagne, ic sleib Hlpa<\ ag 
sleibh Ealpal ', c'est-à-dire oc sleib Alpan ou Aïban, aurait perdu la vie, a-t-on 
dit, sur une montagne des Alpes. De là ce que raconte Keating, que Dathi 
au moment de sa mort était en train de faire des conquêtes en Gaule 8. Les 
historiens du continent ont oublié d'en parler. Ils sont si incomplets! ! ! 

J'ai été bien long sur une seule phrase, je serai plus bref sur un autre- 
passage, p. 3 ; M. Roessler y répète que suivant le sieur de La Motte, écri- 



1. Ugaine est aussi mentionné dans le poème de Cilla Coemain: « Eriu 
ard, inis na rig, » Livre de Ballymote, p. 17, col. 1, 1. 55. 

2. Do bhi c'ur air oiléanuibh iarthair Eorpa aige. Edition de 181 i,p. 346. 

3. Whitley Stokes, Three Irish glossaries, p. 29. 

4. Flathiusa Freud, dans le Livre de Leinster, p. 24, col. 1, 1. 39. 
-,. Annales des quatre Maîtres, édit. O'Donovan, t. I (1831), p. 126. 
0. Flathiusa Erend, livre de Leinster, p. 24, col. 1, 1. 39. 

7. Annales des quatre Maîtres, éd. O'Donovan, t. 1 (185 1), p. 128. 

8. horas feasa ar Eirinn, traduction de John O'Mahony, New York, 
1866, p. 396. 



Chronique . 213 

vaut en 1676, le roi gallois Arthur, au V e siècle Je notre ère, était maître 
d'une partie de la France et « fit élever une immense muraille, qui fermait 
« la vallée devant Harfleur, tout près de l'embouchure de la Seine ». C'est 
une grande découverte, puisque Grégoire de Tours n'en a rien su et qu'après 
lui tous les historiens français du siècle dernier ont passé sous silence ce 
grand événement. 

P. 46, on lit kel-i-de, reproduit p. 47, au lieu de celi-dè « compagnons, 
« camarades de Dieu », nom archaïque des moines irlandais. 

P. 44-30, l'auteur s'imagine que Columba mort en 597 après avoir fondé 
le monastère d'Iova, dit vulgairement loua, en Ecosse, et Columban fon- 
dateur de l'abbaye de Bobbio en Italie et mort en 615, portaient tous deux 
le même nom. 

Hérodote, 1. IV, c. 3, § 1 , dit que si l'on en croit les Scythes, leur premier 
ancêtre a été Targitaos, fils de Zeus, et de la fille du fleuve Borysthène. 
Au c. 7, § 1 de ce livre, cet historien raconte en outre que, suivant les Scy- 
thes, mille ans se sont écoulés depuis le règne de Targitaos, leur premier 
roi, jusqu'à l'expédition de Darius en Scythie, fin du VI e siècle avant notre 
ère. Voici comment M. Roessler, p. 75, expose cette doctrine d'Hérodote: 

« Environ mille ans avant Darius, les anciens Scythes, d'après les tradi- 
« tions des Mongols, ajoute M. Bantzoroff, adoraient le Ciel, leur père. 

C'est là une manière nouvelle de citer Hérodote. La plupart des citations 
faites par M. Roessler l'ont été suivant ce système au moins original. 

J'en ai dit assez; ceux qui liront le livre y verront justifiée la cruelle ap- 
préciation formulée au début de cette notice. 

IV. 

Miss Alice Sargant a eu l'amabilité d'adresser à la rédaction de la Revue 
Celtique deux volumes petit in-8° de vers anglais intitulés Tbe death of Oscar 
« La mort d'Oscar ». Elle y a joint un gracieux autographe. 

Oscar, fils d'Oisin, petit-fils de Finn, périt, dit-on, à la bataille de Gabhra 
où le roi suprême d'Irlande, Cairpre Lifechair, perdit aussi la vie. Cette 
bataille paraît avoir été livrée l'an 284 de notre ère. Elle est mentionnée 
parla chronique intitulée Flathiusa Erend (Livre de Leinster, p. 24, col. 1, 
1. 25, 26)1, par les Annales de Tigernach (édition de Whitley Stokes, dans 
la Revue Celtique, t. XVII, p. 23), parles Annales des quatre Maîtres (édition 
d'O'Donovan, t. I, p. 120-121), par Keating (traduction O'Mahony, New- 
York, 1&66, p. 361); tous ces textes s'accordent pour faire mourir dans 
cette bataille le roi Coirpre ou Cairpre Lifechair, qui aurait été tué par un 
personnage nommé Senioth, Seniath, Sémeon (ou Siméonj, fils de Cerb 
ou Fereherb. Cf. O'Curry, Ou tbe Manners., t. II, p. 287. 

1. Comparez ce qui est dit de Corpre dans le poème de Gilla Coemain, 
« Eriu ard, inis na rig », Livre de Ballymote, p. 48, col. 1, 1. 18 : RogiallflW 
Corp;v \u cuw/gid isi» Gabair do;; roriwd. Dans le Livre de Leinster, p. 129, 
col. 2, 1. 26, 27, on trouve une rédaction un peu différente. 

Revue Celtique, XXlll. 1 5 



214 Chronique. 

Quelques vers attribués à Ossin, plus connu sous le nom d'Ossian, "asso- 
cient le nom d'Oscar à cette bataille. On trouve ces vers dans le livre de 
Leinster, xn e siècle, p. 154, col. 1 et 2; ils ont été publiés en 1853 dans le 
tome I er des Transactions 0/ tbe Ossianic Society, t. 1, p. 49-50, avec une 
traduction anglaise écrite par E. 0'Curry;M. E. Windisch en a donné une 
nouvelle édition dans ses Irische Texte (1880), t. I, p. 158. Suivant ces 
vers il y aurait eu à Gabhra un combat singulier où Corprc et Oscar se 
seraient l'un l'autre frappés mortellement. De là dans plusieurs poèmes le 
récit de la mort d'Oscar tué par Corpre. « La lance du roi Cairbar le rouge 
blessa sous le nombril Oscar aux armes rouges, Cailte examina la blessure 
et, reconnut que la lance avait pénétré jusqu'au coude droit », dit Allan mac 
Buaraid dans le Livre du doyen de Lismore 1 , commencement du XVI e 
siècle, et plus bas dans le même recueil est insérée la pièce où le poète 
Fergus raconte le combat doublement mortel d'Oscar et de Cairbre 2 . 

On retrouve ce récit dans le poème irlandais sur la bataille Je Gabhra. 
De ce poème, si je ne me trompe, on ne connaît pas de manuscrit antérieur 
à 1 7 1 5 . Il a été publié en 1853 dans les Transactions of tbe. Ossianic Society, 
et, p. 90, on y fait dire à Ossian qu'à cette bataille son fils a été tué en com- 
pagnie de Cairbre, re ccile agas Cairbre.. 

Cette légende avait pénétré dans le « Dialogue des vieillards », Acallamb 
lia senôracb, comme on peut le voir dans l'édition donnée par M. Standish 
Hayes O'Grady, Silva Gadelica, texte irlandais, p. 232, traduction anglaise, 
p. 263, et dans celle de M. Whitley Stokes, Irische Texte, quatrième série. 
première livraison, p. 222, lignes 7940-7949. 

Le duel meurtrier d'Oscar et de Cairbre est le sujet traité dans le premier 
livre du Temora de Macpherson; Baour Lormian l'a traduit en vers fran- 
çais. Le nom d'Oscar est devenu célèbre parce que le premier qui l'a porté 
fut, dit-on, meurtrier d'un roi, et grâce à cet exploit antimonarchique le 
nom d'Oscar est aujourd'hui le nom d'un roi. 

« Mort d'Oscar » est le titre que Miss Alice Sargant a donné à son ouvrage. 
En réalité il y est question de la mort d'Oscar dans un très court passage 
de son tome I er , p. 148. Miss Alice Sargant a dans son poème reproduit 
pêle-mêle, sans quelque respect que ce suit pour la chronologie, des récits 
épiques irlandais qui n'ont aucune relation entre eux. qui appartiennent à 
deux cycles différents et qui ne sont pas du même âge; elle les lait con- 
temporains. Ainsi l'on voit, t. 1, p. $8-59, Cuthullin (lisez Cûchulainn ou 
Cùchulinn), tuer son fils Conloch ; ailleurs saint Patrice apparaît ; il y a 
quatre siècles d'intervalle et Miss Alice Sargant met tous ces événements 
dans la même année que la mort d'Oscar. 

Quelque plaisir que nous ayons à voir vulgariser la littérature épique ir- 
landaise, un procédé que Miss Alice Sargant imite de Macpherson, nous est 

1. Edition Skcn'e, p. 39 de la traduction anglaise, p. 26 et 27 du texte 
original. Carheron, Reliquiae Celticae, t. I, p. 46-47- 

2. Edition Skene, traduction, p. pS-50; texte p. 52-35; Cameron, Reli- 
quiae Celticae, t. I, p. 5(3-59. 



Chronique. 215 

désagréable. Notre façon de parler n'est pas galante. Nous traitons Miss 
Alice Sargrant comme si elle était un homme. 



V. 

M. Kuno Meyer vient d'insérer dans le tome II des Otia Merseiana, pu- 
bliés par la faculté des Arts de l'Université de Liverpool, un recueil de 
quatre morceaux irlandais fort intéressants. C'est la continuation d'une col- 
lection de mélanges irlandais dont les deux premiers articles ont paru dans 
le tome I des mêmes Oiia Merseiana (voir Revue Celtique, t. XXI, p. 118). 

Le premier des morceaux que M. Kuno Meyer a fait imprimer et a traduit 
dans le volume dont nous rendons compte, est une notice sur Ciarnat, es- 
clave et concubine du roi d'Irlande Corraac mac Airt, qui a vécu au 111 e 
siècle de notre ère. Jusqu'au règne de Cormac mac Airt c'étaient en Irlande 
les femmes esclaves qui faisaient tourner les meules de moulin ; dans l'in- 
térêt de Ciarnat, Cormac changea l'antique usage. La notice est suivie de 
trois quatrains extraits d'un poème de Cuan O'Lothchain mort en 1024. 
Ce poème a été publié par Pétrie, On the History and Antiquities of Tara-Jrille, 
p. 143-149, d'après le ms. H. 3. 3 du collège de laTrinité de Dublin, et de- 
puis par M. R. Atkinson, The Book of Ballymote, p. 351-352. M. Kuno 
Meyer, qui donne ces vers et la notice d'après le ms. Egerton 1782 du 
Musée Britannique, n'a pas collationné son texte avec celui des mss. que 
nous venons de citer. Dans l'édition de Pétrie, p. 147, il manque un mot, 
môr, et ainsi une syllabe, au second vers du premier des trois quatrains; au 
troisième vers Pétrie a écrit dech « dix » au lieu de nôi « neuf » etc. L'édi- 
tion de M. R. Atkinson, page 351, col. 2, 1. 18-25 otïrc aussi deich au lieu 
de nôi et présente d'autres différences avec le texte donné par M. Kuno 
Meyer: ainsi au commencement du second des trois quatrains : 

Ro-s-tarraig (lise% tarraid) aiege in-ri ran 
au lieu de : 

Tairr/o'tair uirri in ri ran (Egerton, 1782, f° 44). 

Le second morceau est le « chant de la mer », attribué à tort à Ruman 
macColmain, mort en 747. M. Kuno Meyer le publie d'après le ms. d'Ox- 
ford, Bibliothèque Bodléienne, Laud 610. XV e siècle. Ce poème, suivant 
l'éditeur, remonte au plus tôt au xi" siècle. La mythologie irlandaise vivait 
encore à cette date : le poète appelle les vagues « chevelure de la femme 
de Manannân » ;//<>//;' mnâ Manannâin ; or Manannân était un dieu la mer au 
temps des Irlandais payens; ce qui n'empêche pas l'auteur de terminer en 
adressant une prière au fils de Dieu le père, mac De aihar. 

Le troisième morceau nous offre un récit détaillé de la mort de Niall aux 
neuf otages, qui aurait été roi suprême d'Irlande de l'an 379 a l'an 1.05 de 
notre ère, et dont les expéditions en Grande-Bretagne deviennent des 
conquêtes en Gaule et en Italie (ci', ci-dessus, p. 212). Ce document est 
conservé à la bibliothèque Bodléienne, ms. Rawlinson B. 502, f° 47. 

M. Kuno Meyer termine ce recueil en donnant d'après le ms. de 



2i6 Chronique. 

Bruxelles, 4190-4200, XVII e siècle, une prière attribuée à Colcu ua Duinech- 
da, moine de Clonmacnois, mort en 704, et qui paraît écrite dans la langue 
du vm c siècle. 

VI. 

M. Jean Stadelmann, docteur es lettres, professeur au Collège national 
Saint-Michel à Fribourg en Suisse, vient de publier une brochure de 159 
pages et deux planches, intitulée Etudes de toponymie romande. Pays fribour- 
geois et districts vaudois d'Avenches et de Payerne. Ce mémoire est divisé en 
trois parties : i° Noms de lieu en -acus dérivés de gentilices romains; 2° 
noms de lieu en -eus, formés de noms d'homme germaniques qui ont été 
développés a l'aide du suffixe germanique -ing\ 3" noms divers. M. Stadel- 
mann me semble avoir fait œuvre vraiment scientifique, mais j'éprouve à le 
dire un grand embarras; parmi les livres qu'il cite comme base de ses études 
sur les noms de lieu, je trouve, à côté de deux de mes livres, celui de 
M. Foerstemann, Altdeutsches Namenbuch, compagnon de l'infortune d'un 
volume publié par moi, car V Altdeutsches Namenbuch a été foudroyé en 
compagnie de ce volume dans les Goettingische Gelehrte Anyeigen d'octobre 
1900, par M. E. Schroeder. Malgré l'exécution faite de nous deux par 
M. E. Schroeder, M. Stadelmann a la naïveté de prendre au sérieux 
M. Foerstemann, et de plus, chers lecteurs, le rédacteur du présent article 
accompagné de ses deux amis MM. Longnon et Philipon. Je suis donc un 
témoin sujet à récusation. Mais cela ne m'empêchera pas de parler et de 
dire ici le bien que je pense du travail de M. Stadelmann qui me paraît 
l'œuvre d'un véritable érudit. 

VII. 

Dans la livraison précédente j'ai annoncé en quelques mots le t. F' du 
Thésaurus palaeohibernicus de MM. Whitley Stokes et Strachan. Je n'ai rien 
dit de la façon dont les auteurs avaient établi le texte des gloses irlandaises 
contenues dans le ms. de Milan, en sorte que quelques lecteurs ont pu en 
conclure que ces deux savants avaient purement et simplement reproduit 
sur ce point l'édition si méritoire et si digne d'éloges que nous devons à la 
science et l'activité laborieuse de M. Ascoli. < le serait une erreur. M. Ascoli 
avait cru inutile de développer les abréviations. Par exemple, page 1. 1. 2, 
il a écrit am plus un signe abréviatif, à la page 2,1. 1 et à la page 3. 1. 3 
dii également avec un signe abréviatif; les nouveaux éditeurs ont écrit amai 
dans le premier cas, da«o dans le second ; enfin ils ont complété diverses 
lectures de M. Ascoli qui avait laissé en blanc, sans proposer de restitution, 
les lettres effacées de certains mots: exemple trop .t...donad...t, f° 15 a 
glose 2, que MM. Stokes et Strachan ont lu trop /ra donad(ba)t. Cette cor- 
rection manque dans le recueil d'additions et de corrections, integra^ioni e 
emenda^ioni, placé par M. Ascoii à la fin de son volume, p. 611-661. 

Elle n'est pas la seule qui fasse défaut. Ainsi: f° 13 c, glose 7, M. Ascoli 
a imprimé nit.bertais, corrigé en nitibertais par MM. Whitley Stokes et 
Strachan; f° 31 /', glose J,acht inso , corrigé ensuite par M. AscoH, en 



Chronique. 217 

acht so.. jet, devient sous la plume de MM. Stokes et Strachan : acht inso 

(.i.ised in)so (ad)fet, en anglais: but this, i. e. il is ibis that he says; un 
français: « sauf ceci, c'est-à-dire c'est ceci qu'il dit »; etc., etc. Enfin 
MM. Stokes et Strachan ont inséré dans le texte toutes les corrections et 
et additions que M. Ascoli avait rejeté à la fin de son volume en appen- 
dice, ce qui était beaucoup moins commode pour le lecteur. Dans l'édi- 
tion de M. Ascoli les gloses dont nous venons de parler se trouvent aux 
pages i}, 16, 89, 99, et. pour vérifier ce qui aurait pu en être dit dans les 
rj'oni e emenda\ioni, il faut se reporter aux pages 618, 619, 624. Disons 
enfin qu'une partie des integra\ioni e emenda^ioni de M. Ascoli a été suggérée 
au savant italien par M. Whitley Stokes; celui-ci, en les insérant dans son 
édition, n'a fait que reprendre son bien, gracieusement prêté par lui à l'illustre 
professeur de Milan. 

VIII. 

A la p. 10S de la précédente livraison j'ai annoncé la grammaire du dia- 
lecte breton de Vannes composée par MM. A. Guillevic et P. Le Goff. ['ai 
dit que ces Messieurs avaient eu un prédécesseur, J. Guillome, auteur d'une 
grammaire du même dialecte, laquelle a paru en 1836. Mon savant collabo- 
rateur M. Ernault me fait observer qu'il existe une autre grammaire du 
breton de Vannes, celle de l'abbé Le Bayon et qu'elle a paru en 1X96. 

IX. 

La rédaction de la Revue Celtique a reçu une feuille imprimée attestant 
l'existence d'une société comique, fondée le 15 avril 1901, et dont le secré- 
taire honoraire est M. L. C. Duncombe-Jewel habitant The Old House, 
Yeolmbridge, Launceston, Cornwall. On souscrit moyennant cinq shillings 
payables chaque année le premier mai entre les mains du secrétaire hono- 
raire. 

X. 

Nous sommes fort en retard pour annoncer qu'en 1901 a paru chez le 
libraire J. Salaun, de Quimper, une nouvelle édition des Vies des saiuls de 
la Bretagne armorique, par Albert le Grand. Outre l'ancien texte, dont la 
première édition date de 1636 ou 1637 et c l u * est réimprimée ici pour la 
quatrième fois, la nouvelle édition contient des notes dues à la plume de 
trois chanoines: MM. A. -M. Thomas, J. -M. Abgrall et P. Payron. Quand 
se décidera-t-on à nous donner un recueil critique des textes latins qui 
servent de base à la plupart des récits du bon Albert Le Crand ? 

XL 

Dans la dernière livraison, p. too, j'ai traduit par les mots français « des 
Galates impérialistes » les mots grecs ^ïZ-x-j-t^wi TxXx-.ffn qui se trouvent 
dans une inscription d'Asie Mineure. Mon savant confrère M. Gagnât s'in- 
surge contre cette traduction. ïhôa-Tr,vo; me dit-il, veut dire « habitant 
d'une ville surnommée Sc6aaT7{; en latin l'expression correspondante 
était pour la ville Augusta, d'où pour désigner les habitants le mot Augus- 



2 i S Chronique. 

tani, de même formation que Romani dérivé de Roma. Ancyre se nommant 
sous l'empire romain Augusta Tectosagum, ses habitants s'appellent sur 
leurs monnaies Augustani Tectosages. dette manière de parler n'était pas 
spéciale aux Galatcs; l'histoire naturelle de Pline. 1. III, § 23, 23. 28; 1. I\\ 
' 1 U), nous offre quatre exemples de villes d'Espagne appelées Augusta et 
dont les habitants sont dits Augustani. En Italie ces deux expressions corré- 
latives se rencontrent pour la ville de Turin (Corpus inscriptionum latinarum, 
t. V, n° s 4192, 7050). C'est une doctrine exposée dans la nouvelle édition 
de Pauly, Realencyclopaedie, t. II, col. 2363, sous la signature de M. I label : 
« W'erden die Eimvohner der Stàdte, welebe den Beinamen Augusta haben, 
« .1 m; a y hi ni genannt. «Telles sont les observations queM.Caguat m'adresse. 
On peut ajouter, quant il s'agit du mot iJ^oaiTr,'/';'', divers autres textes, 
principalement celui d'Etienne de Byzance auquel renvoie Pape dans son 
article ^sïzi-r] : « HcOcaTr,, 7tôXi; Apfisvfaç... ii-.: Zï xai iv rr, SajjLapeiTiG! 
-o).!/v.ov, -.') È0vtxÔv i]:oa7TT)vo'ç. » 

Quoi qu'il soit i]£oaaTr ( vfJç est, sous forme de nom ethnique, la continua 
tion de la flatterie que constitue lesurnomde 2Jsoaa7r| oud'Augusta pour une 
ville déjà existante sous un nom différent. On ne peut qualifier de flatterie 
le nom impérial donné à une ville qu'un empereur a fondée : Augusto-dunum, 
Autun; ici on rendait justice au créateur de la ville. 

XII. 

Dans une de ses dernières séances la société de l'histoire de France a reçu 
de M. Dumuy, l'un des conservateurs du Musée d'Orléans, la photographie 
d'une inscription récemment découverte dans cette ville: 

[div]o AVGVSTO 

MOCETI 
. [SAJCRVM 

[m]ocetes 

|dica]vervk 
I t et] rosY] k|ynt| 

C'est une dédicace à un dieu celtique MoGES, au génitii Mogetos; de ce 
nom dérive le nom divin plus connu Mogetius sur lequel on peut voir un 
article de M. Ibm, Ausfûhrlicbes Lexicon dei çriechischen und rômischen M\ 
thologie, t. I, col. 3083. Cf. Holder, Altceltischer Sprachschat^, t. II, col. 
ni 7 -Mo. l.es Mogetes peuvent être les habitants de Meung-sur-Loire, ip- 
pelé au moyen âge Mag-dununi (Holder, t. II, col. 371), auquel on peut 
supposer une variante Mog-dunum; compare/ les deux noms de Mayence, 
Mogontiacum avec dans la première syllabe, et Magontia avec a dans la 
même syllabe (Holder. Und., col. 61 I-616). — Cf., p. 228. 

XIII. 

On annonce que le Rév. J. E. H. Murphv, professeur d'irlandais à l'Uni- 
versité de Dublin, va mettre sous presse un dictionnaire irlandais. 

II. d'Arbois de Jubainville. 



PÉRIODIQUES 



SOMMAIRE: I. The Journal of the Royal Society of Antiquaries of Ireland. — 
II. Zeitschrift fur vergleichende Sprachforschung. — III. Zeitschrift fur Celtische 
Philologie. — IV. Annales de Bretagne. — V. L'Anthropologie. — VI. Revue ar- 
chéologique. — VII. Boletin de la Real Academia de la Historia. 



I. 

The Journal of the Royal Society of Antiquaries of Ireland, 
part I, vol. XXII, 31 mars 1902. — Le premier et le principal article est 
dû à M. J. Rhys; c'est une étude sur les inscriptions ogamiques de l'Aca- 
démie royale d'Irlande et du Collège de la Trinité de Dublin. En quelques 
mots d'introduction l'auteur expose qu'on a découvert en Grande-Bretagne 
et dans les petites îles voisines 54 inscriptions ogamiques, savoir : 

Dans le pays de Galles 26 

En Devon et Cornwall 5 

DansF Angleterre méridionale, à Silcliester, comté de Southampton. 1 

Dans l'Ecosse orientale, dans les îles d'Orkney et de Shetland. . . 15 

Sur les côtes occidentales d'Ecosse dans l'île de Gigha 1 

Dans l'île de Man 6 

Total. ... 54 

L'Irlande en a fourni près de cinq fois autant et il n'y a guère d'années 
où l'on n'en trouve une ou deux nouvelles. On sait que jamais la ciel de 
cet alphabet n'a été perdue. On la trouve par exemple à la page 714 du vo- 
lume in-4 intitulé : The english-irish Dictionary... le Conchobhar CBeaglaoich 
mar aon le congnamh Aodh Bbuidbe Mac Cuirtin, qui est daté de Paris 17:52. 

Les inscriptions étudiées par M. Rhys dans ce mémoire sont au nombre 
de trente et une, dont trente appartenant à la Royal Irish Academv, une 
au collège de la Trinité de Dublin. Elles ne sont aucunes bilingues comme 
une partie de celles du pays de Galles. Grâce à celles-ci l'interprétation du 
mot maqi <' du fils » n'offre aucune difficulté. On sait aussi que mucoi veut 
dire « du parent ». Il est moins aisé de traduire avec certitude poi, qui, sui- 
vant l'hypothèse de M. Rhys, voudrait dire « du neveu », et neta pour le- 



220 Périodiques. 

quel li traduction proposée par le même érudit est «champion». Parmi 
les noms propres relevés par M. Rhys, nous signalerons : i° Vortigern\i\, 
génitif du nom plus tard écrit en Irlande Fortchern ou Foirlchern : 2° Colii<it- 
cil, nom imité de celui du laineux Columba: }° Nela-ttrena-lugos, dont le 
dernier terme est le génitif du nom divin Lugu-s; 4° trois noms terminés 
en -gno- au génitif: Corba-gni, Ulca-gni et Dala-gni; le dernier désigne un 
personnage dont le père est appelé au génitif Dali; le suffixe -gui, au nomi- 
natif -gno-s, est un diminutif qui parait signifier originairement « fils de >■. 

Le texte de M. I- Hhvs est accompagné de photographies des monu 
ments. 

Suit un articlede M. P. J. Lynch sur les antiquités de Saint-Fjnnan's bay 
et de la région voisine au comté de Ken v en Irlande. Il y est parlé d'abord 
d'antiquités préceltiques, menhir, etc. Les plus anciens monument chrétiens 
sont construits en pierre, mais, je suppose, sans mortier : le mortier dan 
l'Europe occidentale est d'origine romaine. 

Le quatrième article concerne des trouvailles faites dans le comté de 
Wexford ; on y signale une urne cinéraire attestant l'usage de brûler les 
morts; on v a aussi constaté l'existence des restes de plusieurs crawiog qui 
semblent avoir été à l'origine des habitations lacustres élevées au-dessus de 
l'eau sur des poteaux. 

Nous mentionnerons enfin le mémoire de M. P. J. O'Reilly sur la ques- 
tion de savoir quel rapport il v aurait entre le Ha Fail d'Irlande et la base 
du siège en bois de chêne sur lequel on couronne les rois de Grande-Bre- 
tagne et d'Irlande. Ce siège est placé sur une pierre que certaines personnes 
croient identique au lia Fail qui apparaît dans le récit épique irlandais in- 
titulé Baile au scail: cette pierre, se trouvant un jour au III e siècle de notre 
ère sous les pieds du roi suprême d'Irlande Conn Cétchathach, jeta un 
nombre de cris égal au nombre des rois qui, étant de la race de Conn, de- 
vaient régner sur l'Irlande (voir le Baile in Scail, chez O'Curry, Mss. Ma- 
terials, p. 618,620 '). C'était sur cette pierre que les rois suprêmes d'Irlande 
étaient couronnés {Dindsenchas, § 15, éd. Whitley Stokes, Revue Celtique, 
t. XV, p. 2S1), mais, si elle était encore à sa place à Tara au X e et au XI e 
siècles, comme le disent à ces dates Cinaed 11.1 Artacain et Cuan O'Loth- 
chain (Pétrie, On the History and Antiquities qf 'l'uni Hill, p. 159), il n'est 
guère facile d'admettre qu'elle se soit trouvée en Ecosse en 850, et que de 
là elle ait été transportée à Westminster 2 . 

L'usage du mode d'installation, qui consiste à élever sur une pierre le roi 
nouvellement nommé, est germanique (Grimm, Deutsche Alterthùmer, 2 e 
édition, p. 236-237), et il peut avoir aussi été grec (Curtius et Windisch, 
Grund^ûge des griechischen Etymologie, 5 e édition, p. 562). 

Intéressants extraits de la chronique de Caradoc, tirés des Pro 



1. Xous parlons p. 222 de l'édition nouvelle, et plus complète due 
M. Kuno Meyer. 

2. Voir p. 227-22N la légende racontée, dit-on, en Espagne. 



Périodiques. 221 

the /' bire Association. L'année 410 serait la date de la captivité de saint 
Patrice en Irlande. 

II. 

Zeischrift fur vergleichende Sprachforschung auf dem Gebiete 
der indogermanischen Sprachen, t. XXXVIII. i re livraison. — Mémoire 
de M. Paul Kretschmer: i" .sur les inscriptions d'Ornavasso, 2° sur la langue 
ligure. 

Dans la première partie l'auteur donne d'après un ouvrage de l'archéologue 
italien Bianchetti, / sepolcreti di Ornavasso, un certain nombre de mots 
écrits à la pointe sur des vases extraits de tombes ; enfin il étudie l'inscrip- 
tion : latumarui sapsutaipe vinom natium sur laquelle a déjà paru un travail 
de M. Elia Lattes mentionné dans la Revue Celtique, t. XVII, p. -jiy-^i.S, où 
le nom de l'auteur est écrit avec une laute d'impression Latter. La traduction 
de M. Kretschmer est Latumari Sapsutaeque vinum NaxiumQ). Latumarui 
pour Latumaroi serait le génitii en i d'un thème masculin Latumaro-, et 
Sapsutai, le même cas d'un thème féminin sapsuta-. Si la traduction de pe 
par que est bonne, la langue est une de celles qui, comme l'osque, l'ombrien 
et le gaulois, prononçaient p le</ indo-européen. M. Kretschmer en rapproche- 
le mot pala, « tombeau », qui se rencontre aussi dans des inscriptions funé- 
raires de l'Italie du Nord, et il l'explique par une racine qal « creuser » 
qui se trouve dans l'infinitif gallois palu, et dans le présent de l'indicatif 
irlandais iochiaim « je creuse ». Il parait vraisemblable à M. Kretschmer que 
cette inscription est ligure. 

La conclusion d: la seconde partie est que probablement nous devons 
reconnaître dans le ligure un idiome indogermanique, un des rameaux au- 
tonomes produits par le tronc linguistique auquel le nom d'indogermanique 
a été attribué ; il est tout près du celtique, mais s'en distingue par les suffixes 
-ose-, -use-, par les génitifs -ui au lieu de -/ au masculin, -ai au lieu de -es 
au féminin, et par la transformation en labiale de la gutturale vélaire aspirée 
qui reste gutturale en celtique: comparez le ligure borm- avec le sanscrit 
gharmds « chaleur », en latin formus « chaud »,cn grec Sspfioç, même sens, 
et avec le vieil irlandais gorim « je chauffe », dont on peut rapprocher 
l'irlandais moderne gorttt « red-hot, burned » suivant O'Reilly. Toutefois, 
ajoute en terminant le sceptique savant: « La preuve positive de l'attribution 
des Ligures au groupe indogermanique n'a pas encore été produite avec 
une certitude absolue » ; la vraisemblance seule est établie; mais voici ce que 
l'on peut affirmer : « Les preuves font complètement défaut aux défenseurs 
de la vieille doctrine suivant laquelle la langue ligure n'était pas indoger- 
manique ». 

III. 

Zeitschrift fur Celtische Philologie herausgegebex von Kuno 
Meyer und L\ Chr. Stern*. 
T. III, 3 e livraison. 
Le premier article est un recueil de morceaux tirés du ms. du Musée 



222 Périodiques. 

britannique coté Harleian 5280, xvi« siècle, dont M. Kuno Meyer a déjà 
donne des extraits dans la livraison précédente, p. 226-263. et dont il .1 fixé 
l.i date dans l'introduction à ses Hibernîca Minora, p. vi, M. Kuno Meyer 
donne d'abord « I .es éléments. » littéralement « l'abécédaire de la religion, n 
Aipgitir crâbaid, par l'homme de Dieu Colman, maccu Beognae. Vient ensuite 
un dialogue en vers entre Guaire Aidne, roi de Connaught, mort suivant les 
Annales des Quatre-Maitres en '' an 662 de notre ère, et son frère et con- 
seiller l'ermite Marbân; Guaire Aidne commence ainsi : 

A Maruâin, a dîthriubaig, cid ni cotla forcolcaid? 

« O Marbân, habitant du désert, pourquoi ne dors-tu pas sur un 

matelas ? » 

Vient ensuite la pièce intitulée Baile in scâil, déjà publiée en partie d'après 
le même 111s. par O'Curry, Mss Materials, p. 618-620, avec une traduction 
p. 020-621. Sur les 41 paragraphes dont se compose l'édition de M. Kuno 
Meyer les onze premiers seulement ont été imprimés et traduits dans l'édi- 
tion d'O'Curry. Malgré l'addition de trente paragraphes l'édition de 
M. Kuno Meyer n'est pas complète encore. La l'indu morceau manque 
dans le rosi Harléien, elle se trouve dans le ms. d'Oxford, Bibliothèque 
Bodléyenne, Rawlinson, 512 (cf. Essai d'un catalogue de la littérature épique 
de l' Irlande, p. 43). 

Le second article est un recueil d'étymologies proposées par M. Whitley 
Stekes pour seize mots irlandais : bûritn « je frappe »,canim « je chante ». 
« je fais », cet « un coup », </<;; r </ « bourdon », drochla « cuve », droichet 
« pont », inboth <• noces », mûr « boue », mess « élève », no faisant fonction 
de pronom relatif, rogail c< quenouille », la particule verbale ror-, scie « es- 
pionnage», suaitrech « soldat », suartlech « guerrier Scandinave », lorc « co- 
chon mâle » en breton tourc'h. 

L'article suivant est dû à M. Strachan.il traite du futur-subjonctif sigma- 
tique dans le Leboi na b-uidhre, du futur asigmatique redoublé et du lutur 
en è dans le vieil et moyen irlandais. 

Vient ensuite un mémoire de M. A. Anscomb sur la date assignée par 
Bède à l'avènement de l'empereur Marcien sous lequel aurait commencé 
l'invasion anglo-saxonne en Grande Bretagne; cette date, 4,0. est suivant 
Bede 149. 

Le s L article est une note de M. Lncdcl complétant son mémoire sur les 
vers du pseudo-Nennius, Zeitscbrift fto celtische Philologie^ t. III, p. 112- 
1 22. 

Le commencement d'une édition par M. R. llenebrv de la vie de saint 
( iolumba écrite par O'Donnell (Oxford, Bibliothèque Bodléyenne, Rawlinson 
B 314 ') forme le r> article. Cette vie date de 1 , 



1. Une description de ce 111s. a été donnée par Mackay, Catalogus codicum 
manuscriptorum Bibliothecae Bodleianae, partie V, fisc. I. col. 733-734- 



Périodiques. 223 

Une traduction anglaise est imprimée en regard du texte irlandais. 

Apres ce texte vient une note de M. Whitley Stokes sur un passage 
difficile du morceau épique irlandais intitulé Cath Cairn Conaill. 

On trouve ensuite un Mémoire de M. Zimmcr sur les quelques mots 
gallois qui se trouvent dans Thé pleasant Comoedie of Patient Grisill. 

Le neuvième article est une note de M. E. Zupitza en réponse à M. Willy 
Foy sur l'histoire des diphtongues eu, ou, au, dans les langues celtiques; 
M. Zupitza v propose de considérer comme bref l'a initial de Uxello-dunum 
et de Uxama. Uxello- ne serait pas le même mot que l'irlandais uasaleX que 
le gallois uchel=5xello- =kouxello-. Dans uxello- la racine oux- apparaîtrait 
dans sa forme réduite, de même dans Uxama, ce qui expliquerait, dit l'au- 
teur, l'espagnol Osma et le fiançais Issoudun (?). 

Une étude de M. Karl Brugmann sur deux mots irlandais, le singulier 
dniiic » homme » et le pluriel dôini « hommes », forme le dixième 
article : 

Duine s'explique par un thème dhunio-, dôini par un thème *dheuenio- 
d'une racine dhew, dhou, dhu, dont la première forme dheu se reconnaît 
dans le verbe gotique divan « mourir », la seconde dans le gotique dauth-s, 
en allemand tôt « mort », mortuus, et dans le gotique dauthus, en alle- 
mand tod « mort », mors; dans le latin -fûniîs, la racine pu, peut s'expli- 
quer par dheu ou dhou. La troisième forme, la forme réduite, apparaît 
dans le sanscrit dhvan « se voiler, s'obscurcir, s'éteindre, disparaître », dans 
le grec Ovr|ay.w « je meurs », Ovt,to; « mortel ». 

.M. Brugmann suppose que duine = dhu-nio- dérive d'un primitif dhun- ; il 
pourra sembler plus naturel de le considérer comme dérivé d'un primitif 
dhunô-, engall. dyn, au pluriel dynion. M. Brugmann pense que * dhunio- a 
d'abord été un collectif, désignant une masse d'hommes, tandis que le 
thème * dhettenio- voulait dire « un homme » au singulier, « des hommes » 
au pluriel. Q_uand * dhunio- devenu duine est passé au sens d'« homme » au 
singulier, le singulier de *dheuenio- est tombé en désuétude et le pluriel 
* dheuènii, prononcé dôini, est resté usité en servant de pluriel à duine. 

La livraison se termine par des comptes rendus d'ouvrages. 

T. IV, i' e livraison. 

Le premier article dû à la plume savante de M. E. Zupitza est intitulé 
« Celtes et Galates » Kelten und Gallien. Le directeur actuel de la Revue 
celtique, a discuté la question de savoir si,' dans les textes grecs du 111 e 
et du 11 e siècle avant notre ère, les mots KcÀto'' et FaÀxTat « Celtes et 
Galates » désignent deux peuples différents; il est arrivé à la conclusion 
que ces deux mots sont synonymes (Revue celtique, t. III. p 253-257; Pre- 
miers habitants de l'Europe, t. II, p. 393 et suiv.); M. Zupit/.a est du même 
avis, mais il trouve que la question n'a pas été étudiée assez à fond par cet 
écrivain; il classe d'Arbois de Jubainville parmi les critiques qui, contre- 
disant M. Alexandre Bertrand, auf die Argumente der Gegner nichi Genùgend 
eingingen. Le sujet est traité par M. Zupitza avec quelques développements 
qui manquent dans les travaux précités dudit d'Arbois de Jubainville. Un 



224 Périodiques. 

de ces développements consiste dans une explication du nom de lieu Bralu- 
spantium. C'est, dit M. Zupitza, un dérivé en -io du nom d'homme *Brdtu- 
spanto-s signifiant « celui qui dit le jugement » ; Spanlo-S serait lui-même un 
dérivé du participe présent d'un verbe dénominatif en -a tiré de ' spo-n 
* squo-n « acte de parler » conservé dans les composés irlandais athe-sc « ré- 
ponse » =?ate-squon, co î< « réprimande »= "co-sguonen gallois co-sp, le 
nom d'homme Ale-spatus s'expliquerait d'une façon analogue, et serait le 
participe passé d'un thème verbal *ate-spâ- -*ate-squà- dérivé d'* ate-squo-n. 
Du reste M. Zupitza est en général d'accord avec son prédécesseur Frai 
Comme lui il croit que les Belges sont des Celtes et que la grande invasion 
gauloise qui a eu pour résultat la prise de Rome a commencé vers l'année 
(.00 avant J.-C. 

Vient ensuite un mémoire de M. Magnus Olsen sur une inscription 
qu'il croit celtique et qui est gravée sur un casque trouvé à Negau. localité 
située au sud de Radkersburg dans l'empire d'Autriche en Styrie. Elle a 
été publiée en 1885, par M. Pauli, Altilalische Forschungen, planche VI, n° 
99, cf. p. 50 et 122. M. Pauli la croyait étrusque. M. Magnus Olsen là lit 
Obni Banuabi. Obni serait le génitif d'un nom propre Obnios, dérivé du 
substantif-gaulois obno-, omno- « crainte », en vieil irlandais omun. Obnios 
signifierait probablement « timide ». Banuabi serait un dérivé en -abo du 
celtique *banuo-s, en vieil irlandais banb aujourd'hui banbh et banabh, en 
gallois banw « cochon ». Cette inscription pourrait en français avoir pour 
équivalent : « propriété a ou « œuvre » soit de « Timide Cochonnât » soit 
de « Timide fils de Cochonnât ». 

Le troisième article est la suite des extraits de manuscrits irlandais com- 
mencés par M. Kuno Meyer. Comme dans la livraison précédente M. Kuno 
Meyer exploite la collection irlandaise du Musée britannique. Du ms. Har- 
leian 5280, il passe au ms. Kgcrton 1782, commencement du XV e siècle; il 
publie d'après ce ms. une nouvelle édition du morceau épique intitulé Tain 
bô Fraich, « Enlèvement des vaches de Fraech », publié en 1870 d'après le 
Livre de Leinster et avec une traduction anglaise par O'Beirne Crowe dans 
les Proceeditigi oj the Royal ïrish Academy, Irish mss. séries, t. I, p. 136-157. 
M. Kuno Meyer donne les variantes du Livre de Leinster, du Livre jaune 
de Lecan, et du ms. XL de la bibliothèque des avocats d'Edimbourg. 

L'article suivant, dû à M. Strachan, est un relevé des particularités qu'offre 
l'orthographe du ms. irlandais de Milan, exemples : asidrobartsa, 1° ^a 
glose 1 ") ( Thésaurus palaeohibernicus, p. 10), lise/, avec un u au heu d'un a, 
as-id-roburl-sa, « je l'ai dit »; donib, f° 31 c, glose 3 (Tlxs. pal., p. 70), lise; 
dôinib « aux hommes »; comnactar, f° 76a, glose 7 (Thés, pal., p. 260), 
lisez coimnaclai * com-nenancontar « ils purent », nu, f° 58/', glose 7 
(Thés, pal., p. 99), lisez no « ou » (Grammatica celtica*, p. 699; Whitley 
Stokes, Urkeltischer Sprachschat^, p. 193), etc. 

Apres viennent les Remarques de M. Chr. Sarauw sur le système verbal 
de l'irlandais mordeme. M. Sarauw donne pour base à cette étude la gram- 
maire de Mac Cuirtin qui a eu deux éditions, l'une en 1728 à Louvain, 
l'autre en 1732 à Paris, et les grammaires plus récentes de: llahdav, 1808; 



Périodiques. 22$ 

O'Donovan, 184,: Charles Wright, 1855; Bourke, 1856; il leur compare 
les doctrines de Stewart, Eléments of Gaelic Grammar, Edinburg, 1812. 

Les dialectes gaéliques d'Ecosse sont le sujet d'un article de M. George 
Henderson qui depuis son enfance est familier avec la langue parlée dans les 
Highlands. 

M. ]. Loth donne quelques remarques sur le Glossariàl index des Irische 
Texte, t. IV. première livraison. Il fait d'intéressantes comparaisons avec 
tlloïs. A remarquer les quelques mots consacrés à l'irlandais macc-flaith 
qui semble signifier « jeune seigneur ». Il s'agit d'un personnage appelé M il 
qui suivant les Annales des Quatre Maîtres aurait tué en l'an 36 de notre 
ère le roi suprême d'Irlande Feradach Finnfechtnach. Ce Mal, qualifié 
de macc-flaith dans l'édition de YAcallamh un senorach donnée par M. Whitley 
Stokes, p. 71, ligne 2503, est môr-fhlaith dans l'édition du même texte pu- 
bliée par M. Standish Hayes O'Grady, Silva Gadelica-, p. 150. Môr-fhlaith 
signifie « grand chef » ^real chief, comme le dit M. Standish Hayes 
O'Grady, dans sa traduction, p. 165. M. Whitley Stokes traduit macc-flaith 
par young lord « jeune seigneur » ; le premier terme est l'irlandais macc 
« tils » ; M. Whitley Stokes en rapproche le vieux breton mach-tiern « sei- 
gneur inférieur », expression qui serait d'origine irlandaise (on pourrait 
peut-être en penser autant de tywysog mot gallois signifiant « chef, prince » 
et qui, venant du substantif irlandais tossach, même sens, remonterait dans 
les langues brittoniques à l'époque de la domination irlandaise dans la partie- 
occidentale de la Grande-Bretagne). M. Loth préfère une autre étymologie. 

Ensuite vient un article de M. J. Morris Jones sur la versification galloise. 

Les deux derniers articles de la livraison sont l'œuvre de M. Ludw. Chr. 
Stern. Le premier est une nouvelle édition du Fled Bricrend d'après le 
Codex Vossianus de Leyde. Ce manuscrit, qui daterait, semble-t-il, du XVI e 
siècle, est un peu plus complet que ceux qui ont été connus par M. Windisch 
quand il a publié son édition de ce curieux texte épique (Irische Texte, t. I, 
1880, p. 234 et suiv.). M. Windisch termine son édition, p. 303, avec le 
§94 dont même les derniers mots lui manquent. M. Stern, qui reproduit la 
division en paragraphes de M. Windisch, donne la suite jusqu'aux premières 
lignes du § 99. On sait que M. Kuno Meyer a publié en 1893 dans la Revue 
celtique, t. XIV, p. 450-459, le texte et la traduction des §91-102, d'après 
le ms. XL de la Bibliothèque des avocats d'Edimbourg. 

Le second article de M. Stern a pour objet les gloses de Berne publiées en 
1872 par M. Whitley Stokes, Goidelica, 2^ édition, p. 54-56, et en 1881, 
par M. Zimmer, (ïh^siie hïbernicae, p. 263. Entre autres choses il établit que 
ces gloses ne peuvent remonter plus haut que les dernières années du ix e 
siècle. 

Des comptes rendus d'ouvrages terminent la livraison. 



IV. 

Annales de Bretagne, t. XVII, n° 1. 

Relevé par M. Dottin des mots irlandais cités par Dom Louis Le Pelle- 



2 26 Périodiques. 

lier dans son Dictionnaire de hi langue bretonne. Ces mots n'ont pas été pris 
par Le Pelletier dans un livre, il les a écrits d'après la prononciation et 

comme il a cru les entendre. 

Notes d'étymologie bretonne, par M. Emile Ernault. 

Suite des contes irlandais recueillis par M. Douglas Hvde, publiés et 
traduits par M. G. Dottin : « Les trois iils du fermier ». 

N" 2, voir ci-dessus, p. 113. 

No 3. 

Pelage et le pélagianisme dans les églises celtiques par M. J. Tunnel. 
Cette étude a pour base le récent ouvrage de M. II. Zimmer: Peïagius in 
Irland, dont il a été parlé dans la livraison précédente de la Rame celtique, 
p. 9.|-9). Mais l'auteur ne s'est pas contenté d'analyser le savant livre de 
M. Zimmer. 11 v ajoute nombre d'observations intéressantes. 

Etude par M. J. Loth sur le mot si employé avec sens de saline dans la 
composition des noms des marais salants de la presqu'île guérandaise. 

Suite des chansons bretonnes de la collection Penguern : « Le Me- 
nobry », publié et traduit par M. Pierre Le Roux. 

Trente-cinquième et dernier des contes irlandais, recueillis par M. Dou- 
glas Hyde, publiés et traduits par M. G. Dottin : « La fille de la vieille de 
Beara ». 

Corrections et remarques par M. Loth relativement au breton de Beuzec 
étudié dans les livraisons précédentes. 

Note du même sur le personnage mystérieux qu'on appelle à l'Ile aux 
Moines Potr en or (en léonard on dirait Paolr an aod) c'est-à-dire le garçon 
de la côte. 

Recueil des textes liturgiques datant du X e siècle et concernant saint 
Samson. L'auteur est M. P. Duine. 



V. 

L'anthropologie, t. XII, n°s 5 et 6, est en grande partie occupé par le 
compte rendu du congrès international d'anthropologie et d'archéologie 
préhistorique, XII e session, tenue à Paris en 1000. Ce travail est trop long 
pour être analysé ici. Nous signalerons le mémoire de M. Oscar Montelius 
sur la chronologie préhistorique en France et en d'autres pays celtiques. 
M. Montelius résume ainsi cette chronologie: 
L'âge du bronze, 2000-850 avant J.-C. savoir: 
Période i. 2OOO-1850, cuivre pur et bronze avec très peu d'étain. 

— 2, 185O-I55O ] 

— 3, 135O-I3OO I 

' ■ bronze. 

— 4, 1300- 1050 l 

5, 1050-850 ) 

;e du 1er, de X;oàl'crc chrétienne: 1" ll.illstatt, période 1 
11. m ition de l'âgedu bronze à celui du 1er; période 2, 6 O [00 1er. 2" La 
Tene. période i, de 400-2,0 ; période 2, 250 1 >o; période ;. de 1 >o à l'ère 

chrétienne ; ces trois périodes sont la suite de l'âge du 1er. 



Périodiques. 227 

Tome XIII, n° 1. 

Le premier article est de M. Salomon Reinach, il expose les découvertes 
récemment laites en Crète et quoi qu'il ne concerne en aucune façon les Celtes 
il est d'intérêt trop général pour ne pas être signalé ici. Une grande partie 
de cette livraison est occupée par la suite du compte rendu du congrès in- 
ternational d'anthropologie et d'archéologie préhistorique. Nous y signale- 
rons : 

1° Un mémoire de M. Hubert sur la découverte d'une sépulture à char, 
non pas en Champagne, mais près de Paris à Nanterre. Cette sépulture pa- 
raît dater de l'époque de La Tène, 2 e période, 250-150. Elle contenait une 
clavette de moyeu avec croix émaillée. 

2 Un mémoire de M. J. Déchelette sur l'oppidum de Bibracte et les 
principales stations gauloises contemporaines. 

3° Une note de M. de Saint-Venant sur quatorze forteresses antiques du 
département du Gard qui paraissent celtiques, mais dont il n'indique pas la 
situation d'une façon plus précise que par l'indication du département. 

VI. 

Revue archéologique, 3 e série, t. XL, janvier-février 1902. — M. l'abbé 
Breuil décrit les haches de bronze trouvées dans une cachette à Saint- 
Etienne-de-Brillouet (Vendée). 

M. Georges Seurre expose les découvertes faites dans un cimetière an- 
tique de Sicile, sur la montagne dite aujourd'hui Pantalica où était autre- 
fois située la ville appelée Herbessos. Cette ville était probablement sicule. 
Son nom paraît être le mot duquel dérive Herbisse, nom d'un village et 
d'un cours d'eau de France dans le département de l'Aube. 

VII. 

Boi.etin de la Real Academia de la Historia de Madrid, t. XL, 5 e 
livraison. — Mémoire de M. J. H. Rivett Carnac sur la pierre du couron- 
nement dans l'abbaye de Westminster et sur sa connexion légendaire avec 
Saint-Jacques de Compostelle. 11 a déjà été question p. 120, de la légende 
qui attribue à cette pierre une origine irlandaise. Suivant la légende rapportée 
par M. Rivett-Carnac, cette pierre servit d'abord d'oreiller au patriarche 
Jacob dès le temps où il se sépara de son frère Esaù ; Jacob ne pouvant se 
séparer de cette utile pierre l'emporta en Egypte, et les Hébreux conser- 
vèrent cette pierre comme une relique précieuse, jusqu'au passage de la mer 
Rouge. 

A ce moment ils la trouvèrent trop encombrante. Le Grec Haythékès qui 
avait épousé Scota, fille de Pharaon, mère de toute la race des Scots, Ir- 
landais ou Gaëls, s'empara de la pierre et l'emporta avec lui quand, avec sa 
femme, partant d'Egypte, et traversant toute l'Afrique septentrionale, il 
alla s'établir en Espagne et fonda un royaume en Galice. La capitale de ce 
royaume lut Brigantium, c'est-à-dire, si nous en croyons la légende, Saint- 



228 Périodiques. 

Jacques-de-Compostelle. La pierre qui avait servi d'oreiller à Jacob devint 
le troue de Haythékès et des rois ses successeurs, c'était sur cette pierre 
qu'ilsétaient couronnes. Un jour les successeurs d'Haythékès envoyèrent en 
Irlande la colonie dont les Irlandais modernes descendent ; celte colonie 
emporta avec elle la fameuse pierre qui, de là, passa en Ecosse, puis fut 
transportée d'Ecosse à Westminster; ainsi la pierre sur laquelle le^ rois 
d'Angleterre sont couronnés a jadis servi d'oreiller au patriarche Jacob. 

Le mémoire qui nous apprend ces belles choses est daté du château de 
Wildeck, canton d'Argovie en Suisse. 

H. d'Arbois de Jubainville. 



Nota: Dans l'inscription d'Orléans, ci-dessus, p. 218, une partie du v 
de divo est encore visible. L'emploi du mot diva pour dea a été constate 
dans deux inscriptions d'Espagne, Corpus Inscriptionum latinarum, t. II. 
3015, 3026; cf. devos pour deus dans une inscription de Grande-Bretagne, 
ibidem, t. VII, n° 140. 

H. D'A. DE J. 



Le Propriétaire-Gérant : Veuve E. Bouillon. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



ENCORE UN MOT SUR LE BARZAS BREIZ 



En 1900 dans la Revue celtique, t. XXI, p. 258-267, j'ai 
inséré une étude sur l'état d'esprit de Macpherson, quand en 
1762 il a publié son Fingal, un volume in-4 de 14, xvi et 
270 pages, suivi en 1763 par Temora, un volume in-4 de 
xxxiv et 247 pages. Je comparais cet état d'esprit à celui où se 
trouvait La Villemarqué en 1839, quand a paru la première 
édition du Bardas Brei^. 

Macpherson en 1762 avait trente-quatre ans et comme au- 
teur n'était pas à son début; il avait déjà publié plusieurs 
poèmes anglais de sa façon qui avaient eu peu de succès, puis 
en 1760 des Fragments of ancient Poetry, collected in the High- 
lands of Scotland, and transi a ted front the Gaelic or Erse Lan- 
guage, qui avaient réussi. De là l'idée qui lui vint de se 
dédommager du mauvais accueil reçu par ses vers et de se 
venger de l'injustice prétendue de ses contemporains en 
publiant sous le nom d'un mort une œuvre composée par 
lui-même et qui, grâce au nom de ce mort, triompherait de 
l'indifférence qu'à tort on témoignait aux compositions de 
Macpherson vivant. 

Il le dit dans la préface de Fingal : 

« La poésie, comme la vertu, reçoit sa récompense après la 
« mort. La gloire, que de leur vivant les hommes ont en vain 
« recherchée, leur est accordée quand ils ne peuvent plus en 
« jouir. L'abandon où sont laissés les auteurs vivants ne doit 
« pas être attribué à la répugnance qu'auraient les hommes 
« pour louer et récompenser le génie. Il arrive souvent que 
« l'homme qui écrit diffère grandement du même homme 
« dans la vie commune. Mais la mort fait disparaître ses côtés 
Revue Celtique, XXIII. 16 



230 H. d'Arbois de Jubainville. 

« faibles, et la meilleure partie de lui-même, ses écrits, reste; 
« d'après eux on lui crée un caractère ; et l'auteur, qui était 
« un homme ordinaire pour ses contemporains, devient un 
« prodige aux yeux de la postérité. » 

Voilà pourquoi Macpherson a fait paraître sous le nom 
d'Ossian son Fingal et son Temora. Ossian suivant lui vivait 
au commencement du iv e siècle de notre ère, il était donc 
mort, et mort depuis longtemps en 1762, par conséquent mûr 
pour la gloire. 

' La Villemarqué en 1836 n'avait que vingt et un ans, et 
c'est vers cette date qu'il a commencé la préparation du Bardas 
ou Bar^a^Brei^, dont la première édition date de 1839 1 , quand 
l'auteur n'avait encore atteint que l'âge de vingt-cinq ans. Il 
ne savait pas le breton, les documents qu'il a publiés lui ont 
été fournis tantôt gratuitement, tantôt moyennant finances, par 
diverses personnes, et notamment, moyennant finances, par 
Kérambrun qui en a composé une partie. Ceux que Kérambrun 
n'avait pas écrits ont été remaniés par l'abbé Henry, aumô- 
nier de l'hôpital de Quimperlé. 

Pourquoi La Villemarqué s'est-il mis à la tète de cette en- 
treprise littéraire? J'ai exposé quelle influence avait dû exercer 
sur l'âme de ce débutant l'ouvrage de Souvestre intitulé Les 
Derniers Bretons, Paris, 1836, 4 volumes in-S°, XLvm-297, 388, 
391, 361 pages, publication dont le succès est attesté par les 
éditions qui ont suivi en 1843 et en 1866. 

Voici un des exemples de cette influence de Souvestre sur 
La Villemarqué. On lit dans Les Derniers Bretons, édition de 
1836, t. II, p. 141-142 : « Tout se réunit pour anéantir les 
« ouvrages des premiers bardes. Un seul échappa à cette des- 
« truction générale ce fut Guinclan qui dans le V e siècle chan- 
ce tait aux Bretons les destinées futures de leur patrie, et dont 
« les poèmes, consacrés par la gloire, comme ceux d Homère, 
« étaient connus sous le nom de Prophéties de Guinclan. Un 
« manuscrit de ces prophéties existait encore à Landévennec 
« en 1701; mais il fut perdu à la Révolution... Vainement le 

1. Elle a reparu en 1X40 avec un titre nouveau. 



Encore en mot sur le Barzas Breiz. 251 

« barde s'était promis l'immortalité et s'était écrié dans une 
« de ses prédictions : L'avenir entendra parler de Guinclan. » 
Et voilà pourquoi dans le Bardas Brei~ se trouve une pro- 
phétie de Gwenc'hlan fournie probablement moyennant 
finances au naïf et relativement riche La Villemarqué par le 
poète breton Kérambrun, pauvre et moins simple que le futur 
académicien 1 . 

Souvestre n'est pas le seul écrivain dont l'autorité se soit 
imposée à l'auteur du Bardas Brei~. Nous n'avons rien dit du 
chevalier de Fréminville. Souvestre n'avait publié que des 
traductions de chansons bretonnes, Fréminville avait donné le 
texte original avec la traduction de quelques-unes de ces 
poésies et voici comment : Fréminville est l'auteur de plusieurs 
volumes où il est principalement traité d'archéologie : 

i° Antiquités de la Bretagne. Finistère, 1832 ; 

2° Antiquités de la Bretagne. Monuments du Morbihan, se- 
conde édition, 1834; 

3 Antiquités du Finistère, seconde partie, 1835 ; 

4 Antiquités de la Bretagne, Côtes-du-Nord, 1837. 

Dans ses Antiquités du Finistère, seconde partie, 1835, an- 
térieure aux Derniers Bretons de Souvestre, 1836, on trouve 
p. 203-208, le texte breton et la traduction du morceau dont 
le titre est L'héritière de Kéroula^. Fréminville devait ce docu- 
ment à M. de Blois de la Calande. M me de Saint-Prix lui com- 
muniqua trois couplets manquant à cette édition; on peut lire 
ces couplets dans le volume consacré aux Côtes-du-Nord, 1837, 
p. 387-388. Ce volume est d'un an postérieur aux Derniers 
Bretons, et a précédé de deux ans la première édition des 
Bar^a~ Brei~. Dans ce même volume traitant de l'archéologie 
des Côtes-du-Nord. Fréminville a publié et traduit un texte 
breton du poème sur Le siège de Guinganip, p. 375-386, et deux 
textes bretons de la Complainte de Fontencl 'le, p. 388-395. 

L'héritière de Kéroula% a pénétré dans Les derniers Bretons de 



1. Bardas Brei\, première et deuxième édition, 1839, 1840, p. 1-11 ; édi- 
tion de 1867, p. 19-24. 



2 j2 H. d'Arbois de Jubainv'Ule. 

Souvestre, 1836, t. II, p. 265-272. Souvestre a remanie la 
traduction en y ajoutant en outre un couplet après le 7 e . Il 
n'indique pas de source. 

De chez Fréminville et de chez Souvestre L'héritière de Ké- 
roula^ est passée dans le Bardas Brei^. Elle a été insérée dans 
la première édition, 1839, 1840, t. II, p. 51-70. L'édition 
de 1867 la contient aux pages 293-300. Dans ces deux édi- 
tions il y a de nombreuses corrections : plusieurs étaient né- 
cessaires. L'édition de Fréminville fourmille de fautes d'im- 
pression. L'abbé Henry, véritable auteur du Bardas Brei^, a 
corrigé ces fautes et de plus a remplacé par des mots bretons 
les quelques mots français qui avaient pénétré dans le poème 
original. 

Voici des exemples de corrections nécessaires, Antiquités du 
Finistère, t. II, p. 203. 

Evelze e gam^ed er zall 

Pa zeue ar penhere^ er bail, 

Rag marquis Mezl voa erruet 

Gan he vamageun heul bras meurbet. 

« C'est ainsi que l'on causait dans la salle 

« quand l'héritière arrivait au bal; 

« car le marquis Mezl était arrivé 

« avec sa mère et une suite très nombreuse. » 

L'abbé Henry a écrit, au lieu de gam^ed, gom%ed ; il a fait 
subir à l'initiale de penhere^ la mutation que la grammaire exige 
et il a doublé Yn conformément à l'étymologie, d'où la no- 
tation benn-here^; enfin il a divisé en trois mots l'absurde 
composé vamageun pour vain ag cim, et il a supprimé le dernier 
de ces trois mots qui donnait au vers une syllabe de trop, 
neuf au lieu de huit; pour la même raison au second vers il 
a supprimé la voyelle de l'article ar : De là vient le texte qui 
suit: Bardas Brei~, édition de 1839, 1S40, t. II, p. 54; édition 
de 1867, page 294, colonne 2, avec les accents en moins: 

Evelsé a gomzed er zal, 

Pa zeué'r benn-herez er bal ; 

Rag markiz Melz oa erruet 

Gand hé vamm hag heul braz meurbet. 



Encore un mot sur le Barzas Breiz. 233 

Les variantes orthographiques n'ont pas d'importance; elles 
sont dues à l'adoption par l'abbé Henry de l'orthographe de 
Le Gonidec. 

Comme exemples de mots bretons substitués à un mot 
français, nous citerons: i° couplet 17 de Fréminville: Adieu, 
remplacé chez La Villemarqué par kenavo ; 2° couplet 22 : mes- 
sager auquel est substitué c'hannader; 3 couplet 28: Henry a 
écrit maro quand dans l'original de Fréminville on lisait 
decedel. 

Entre les couplets 6 et 7 de Fréminville il y a dans le Bardas 
Brei^ un couplet nouveau. Puis La Villemarqué a intercalé 
quatre couplets entre les n os 7 et 8 de Fréminville. Mais un 
couplet inédit apparaît au même endroit chez Souvestre, Les 
Derniers Bretons, t. II, p. 267 : 

« La petite bécassine, qui fait sa nichée sous la glace du 
« marais, a moins de fraîcheur autour d'elle que je n'ai 
« d'amour au fond de mon cœur. » 

Le couplet 7 de Fréminville a subi une grave altération dans 
le Bardas Brei^ : on y lit : « Je voudrais être sarcelle dans 
« l'étang où elle lave ses robes pour mouiller mes yeux dans 
« l'eau qui en dégoutte sur la prairie oit qui mouillerait ses 
« pieds. » 

Le texte de La Villemarqué est en effet : 

> 
Me garje beza krak-ouad 
War al lenn a walc'h he dillad, 
Evit glibia va zaou lagad 
Gand an dour a ver war an prad ' 

OU 

Gand an dour a chlib he daou droad 2 . 

Voici le texte de Fréminville : 

Me garje bea grac-ouad 
War lenn e welc'her he dillat 
Evit glebia va daou lagat 
Gant en dour demeus e dillat. 



1. Édition de 183g, 1840, t. II, p. 56 

2. Edition de 1867, p. 295. 



2 34 H. d'Artois de Jubainville. 

C'est-à-dire : 

« Je voudrais être sarcelle 

« sur l'étang dans lequel on lave ses vêtements, 

« Pour baigner mes deux yeux 

« avec l'eau de ses vêtements. » 

Telle est la leçon fournie à Frémin ville par M. de Blois de 
la Calande, ancien capitaine de vaisseau. Ce texte public en 
1835 n'admet pas que la riche héritière de Kéroulaz allât elle- 
même laver ses chemises dans un étang. La leçon publiée par 
Souvestre est sur ce point d'accord avec Fréminville : 

« Je voudrais être petite sarcelle, nageant sur l'étang, où 
« on lave ses vêtements : oh ! avec quel bonheur je baignerais 
« mes yeux dans ses eaux ! » 

La Villemarqué nous dit qu'il a tenu son texte d'une 
paysanne de Nizon ; elle empaysannait la riche héritière de 
Kéroulaz, et M. Luzel, dans ses Gwerfiou Brei% I%el> t. II, 
p. 130, a donné la preuve que la variante populaire àuBarças 
Brei% a dû exister. En tête des fragments et variantes de L'hé- 
ritière de Keroula^ réunis au tome II, p. 130 et suivantes des 
Gwerzjou Brei^ I^el, on lit : 

Me' garie bea krak-houad 

war ar stank ma kann he dillad. 

Luzel a traduit : 

« Je voudrais être sarcelle 

« sur l'étang où elle lave ses vêtements. » 

Ensuite : 

Demad d'ac'h, ma dous penheres. 
Ha perag ma'z hoe'h kanneres ? 
Mitijenn 'walc'h 'zo 'n ti ho tad 
Ewit karma d'ac'h ho tillad. 

Ce qui est traduit ainsi par Luzel : 

« Bonjour à vous, ma douce héritière, 

« Pourquoi êtes-vous lavandière? 

« Assez de servantes sont dans la maison de votre père 

« Pour vous laver vos vêtements. » 



Encore un mot sur le Barzas Breiz. 255 

Je ne vois pas de raison pour prétendre que les quatre 
couplets qui, chez La Villemarqué, apparaissent entre les 
couplets 7 et 8 de Fréminville aient été inventés par uh des 
collaborateurs de La Villemarqué et n'aient pas été pris dans 
la tradition des chanteurs et des chanteuses bretons. 

Luzel, dans son recueil des fragments populaires de L'héri- 
tière de Kéroula^, renvoie au Bar%a% Brei^, et à Fréminville, 
il ne parle pas de Souvestre. 

Une seconde pièce qui, de Fréminville, est passée dans le 
Bardas Brci~ est la complainte de Fontenelle, Antiquités des 
Côtes-du-Nord, 1837, p. 389-395, où deux versions différentes 
de ce poème lyrique ont été réunies; elle a été insérée avec 
de nombreuses variantes dans le Bar~as Brei^, édition de 1839- 
1840, t. II, p. 33-50, édition de 1867, p. 288-292; de là elle 
est passée sous une forme différente dans les Gwer^iou Brei^ 
l%el } 1874, t. II, p. 54-61 ; la seconde des deux versions don- 
nées par Luzel est la seconde de Fréminville. La complainte de 
Fontenelle date du temps où en France le rapt était puni de 
mort; ce qui parait n'avoir pas eu lieu avant le xvi e siècle l . 

Enfin une troisième pièce, publiée par Fréminville, et qui a 
été ensuite insérée avec variantes dans le Bardas Brei% et dans 
les Gweryiou Bra\ l%d est Le siège de Guingamp (Antiquités des 
Côtes-du-Nord, p. 375-386; Bardas Brei^, édition 1839-1840, 
t. I, p. 235-247, édition de 1867, p. 257-261; Gu/er%iou Brei? 
I~el, t. II, p. 40-53). Dans le Bar~as Brei~, ce morceau est un 
abrégé remanié du texte beaucoup plus long donné par Fré- 
minville. Le nom de l'assiégeant qui chez Fréminville est le 
prince Denoblin, devient un Rohan chez La Villemarqué, cela 
conformément à une hypothèse de Fréminville, Antiquités des 
Côtes-du-Nord, p. 3S6 2 . La chanteuse dont Luzel a reproduit 



1. Institutù coutumières d'Antoine Loysel, édition Dupin et Laboulaye, 
p. 162, 165 ; ci. l'ordonnance du 22 mars 1730, rendue à la requête des 
Etats de Bretagne, et Viollet, Histoire du droit, civil français, 2 e édition, 
p. 407- 

2. En 1488, Guingamp fut assiégé et pris par le vicomte de Rohan, Mo- 
rice, Histoire de Bretagne, t. II, p. 190-191. 



256 H. d'Arbois de Jubainville. 

la version, p. 50-53, a substitué Denobre à Denoblin, qui 
suivant Luzel serait un prince de Dombes; et il emprunte 
cette -h) T pothèse au Bardas Brci^, première édition, p. 246, 
édition de 1867, p. 261 1 . 

De tout ce qui précède que concluerons-nous ? La Ville- 
marqué a voulu compléter, en l'honneur de la poésie popu- 
laire bretonne, l'œuvre commencée par Souvestre et Frémin- 
ville, il a prétendu donner plus de chansons que Souvestre 
n'en avait traduit, il a joint, comme Fréminville à la version 
française un texte breton. Ce texte est établi d'après des prin- 
cipes qui ne sont pas ceux de la saine érudition; l'auteur a été 
dupe de gens qui lui ont vendu leurs compositions en les lui 
donnant comme des monuments de la poésie populaire; il 
était jeune, il était ignorant, il ne connaissait en rien la langue 
dans laquelle étaient écrites les poésies qu'il publiait; naïf, en- 
thousiaste il était facile à duper, il fut dupe; mais on ne peut 
l'accuser de mauvaise foi sans une flagrante injustice. Le 
Bar~a~ Brei\ n'a aucune valeur scientifique, il ne s'ensuit pas 
que celui qui a signé le titre de ce recueil fût littérairement un 
malhonnête homme comme l'a été le soi-disant éditeur des 
œuvres posthunes d'Ossian. La Villemarqué en 1839 ne con- 
naissait pas les méthodes rigoureuses qu'emploient les vrais 
érudits, il s'est montré incapable, mais il était sincère. 

H. d'Arbois de Jubainville. 



1. Sur le siège de Guingamp par le prince de Dombes en 1591, voir 
Morice, Histoire de Bretagne, t. II, p. 405. 



ÉTUDES CORNIQUES 



IV 



REMARQUES ET CORRECTIONS 
AU LEXICON C0RNU-BRITANN1CUM DE WILLIAMS 

Le dictionnaire comique de Williams a rendu et rend encore 
des services d'autant plus incontestables qu'il n'y en a pas 
d'autre. Celui de Pryce dans son Archaeologia cornu-britannica 
est loin de donner toute la matière du moyen comique et ne 
peut être consulté qu'avec la plus grande prudence, même 
pour le comique moderne. L'œuvre de Williams, quoique 
méritoire, renferme un bon nombre d'erreurs témoignant d'une 
critique rudimentaire; de plus, il n'a pas eu connaissance de 
l'important texte comique du Bewnans Meriasch dont M. Whitley 
Stokes ne s'est pas contenté de donner le texte et la tra- 
duction ; il vient d'en publier un Glossaire dans YArchiv fur 
Ce! t. Lexic, I, p. 101. 

abal, full: Crist, arluth, merci Abat (Pryce). Il saute aux 
yeux qu'il faut lire merciabal: Bewn. Mer. : mercyabyl, v. 2173, 
merciful: -abal, -abyl, contiennent une voyelle irrationnelle 
indécise, et représentent le suffixe français -able. Les voyelles 
irrationnelles, en comique, comptent, en général, dans le 
vers. Able = able, comme adjectif, se trouve dans Bewn. M. 
2495 (able). 

abem, kiss (Pryce) ; abem est une graphie pour abm, forme 
comique régulière pour auim. 

aber, servant. Cette interprétation qui est celle de Norris 

1. Voir Revue Celtique, XVIII, p. 401, et XXIII, p. 173. 



2 $8 ./. Loth. 

repose sur un unique passage de l'Or. M. 2271 : my bel aber. 
Le manuscrit porte belaver (Wh. Stokes, Archiv., î, fasc. 2, 
p. 164), à corriger en belaber pour Marner, si c'est le français 
belamour, comme le suppose M. Whitley Stokes. C'est assez peu 
vraisemblable ; aver peut représenter le v. fr. aver, cupide, avare, 
ou est simplement à décomposer en bel a veir (bel à voir). 

adof, recollection. Ce serait, d'après Williams, le repré- 
sentant du gallois ad-gof. C'est impossible; on eût eu, en 
comique ascov (cf. asiuonvos, reconnaître). Le mot est tire 
d'un passage du Gwreans an bys. Malheureusement Williams 
s'est ici encore servi du texte très défectueux de Jordan, au 
lieu de recourir à celui de M. Whitley Stokes. Il y a dans ce 
dernier : pan es thym coof, au lieu de: pan es ytbym adofÇGwr., 
p. 164, vers 2103). 

adoth, a vow : Gans bras adoth éth yn dhe chy (Pryce). Lisez 
a doth; d. mur a doth, beaucoup de haie; doth régulièrement 
pour loth, empressement. 

adriff, purposely. Voici le texte sur lequel est fondée cette 
interprétation : 

ny gowsyn yn tewolgow 
adrifTtus y'm cavas. 

Le second vers est fautif. Le texte de M. Whitley Stokes 
(Pascon ag Arl., str. 79) porte : 

adryff tus yn un hanas. 

Adrijjtus signifie clairement, comme l'a traduit M. Whitley 
Stokes : derrière les gens. Jésus répond à Caïphe « qu'il ne par- 
lait pas dans les ténèbres, derrière les gens... » Reste l'expression 
yn un hanas. M. W. Stokes la laisse sans traduction. Iago, dans 
son English-cornish Diet., la traduit par: /'// a whisper. C'est, en 
effet, ce qu'on attendrait d'après le passage correspondant de 
la Passio D. de Norris (vers 1254 : 

worth golow nos ny geusys 
na n\ tuystrys y n scoforn 

(nor whispered) (it) in the cars). Il est très probable que hanas 
représente ici le breton huanad, soupirer, avec une évolution 



Le Lextcon Cornu-Britannicum. 239 

de sens assez facile à comprendre. Lhwyd donne la forme ha- 
na^han, soupir, qui serait, en moyen comique hanasen, singu- 
latif, par conséquent, de hanas. Hanas a été probablement 
précédé par ahanas, qui est peut-être ici la bonne leçon : yn 
uhanas. 

aeran, plums, prunes. Cette forme, tirée de Pryce, est in- 
vraisemblable en comique. En supposant que aeran soit l'équi- 
valent du gallois acron, fruits, on devrait avoir, en comique 
moderne, cran. 

âge, to leave. Age appartient bien au verbe gase, laisser = 
gallois, gadn, mais dans le passage visé, c'est un condit. ou 
présent second, au subj. : 

anotho dygheth vye 
y wokyneth na âge. 

« Ce serait pitié, qu'il n'abandonnât pas sa folie. » A re- 
marquer chez Williams dychcth. Il y a toujours à se méfier de 
ses transcriptions pour les gutturales dans l'intérieur du mot. 

ahuel, dans le sens de clef, ne repose que sur l'autorité très 
douteuse de Pryce. On comprendrait ahue ou alwhe (on trouve 
ahvheoiv), mais non ahuel. 

aman, up, upwards. Cettte forme serait, d'après Williams, 
incorrecte pour avan (a ban). C'est, au contraire, la forme 
correcte, en comique moderne, pour ynibaii, *ymman. 

ancensy est adjectif et non substantif, d'après les deux pas- 
sages même cités par Williams. 

ancow aurait non seulement le sens de mort mais celui de 
chagrin, d'après ce passage de l'Or. M. 1230: 

mar tha y\v genef a vrys 
merwal kyns dos drok ancow. 

C'est Noé qui répond à Dieu le Père; il est inutile, à son 
avis, de se livrer à un travail fatigant s'il vient un second dé- 
luge: « je préfère mourir promptement que de voir venir une 
pénible fin (mort) ». Il est très probable que a vrys signifie 
promptement et répond au gallois ar frys, en hâte : gallois 
brys, hâte, brysio, se hâter. 



240 J. Lolh. 

andyllas, to forgive (Pryce). L'exemple est tiré de Gwr. an 
fyy (Williams, 94; Stokes, vers 1312, p. 104): 

agan lavyr in bysma 
ny an dyllas ha moye. 

M. Whitlev Stokes traduit avec raison : 

« our labour in this world 

we hâve deserved it and more. » 

Lisez ny an dyllas, le verbe est dylly, mériter; cf. dyndylly. 

anfugy, enfugy, correction, punishment. C'est le pluriel 
d\vifues, anfus. 

anfus, anfues est inexactement traduit par wickedness. 
Comme l'a justement remarqué M. Whitley Stokes (Archiv. 
fur C. L., 2, p. 102), c'est l'équivalent exact du gallois anf- 
fawd, opposé de ffawd=fâta; voc. corn, fodic, felix, et le sens 
est infortune, mauvaise fortune. 

axfusyk, anfugyk, hypocritical : c'est le contraire de fodic 
et, par conséquent, le sens est infortune (prononcez anfôdjic). 

arhadow; les mots en -adoiu sont toujours donnés par Wil- 
liams comme des pluriels. Il en est si convaincu qu'il a même 
inventé des singuliers en -ad (pas même en -as) qui sont des 
barbarismes et n'ont jamais existé (v. Etudes comiques, Rev. 
celt., XVIII, p. 413). 

ardac, a chocking, strangling. Le mot serait composé de ar 
-\-taga, étrangler. Ardac représente le gallois atreg, arrêt, 
délai, et est pour atrac (cf. perna pour prenaj ardar=aratr). 
Le / n'a pas été assibilé parce qu'il représente une double 
dentale (cf. ponvotter). 

arfeth. Williams rejette la traduction de Pryce (wages, 
hire) et lui donne le sens de dessein, intention, en l'identi- 
fiant avec le gallois arfaeth. Or, le sens donné par Pryce 
est certain d'après le passage visé (Pass. D. 2262). Il y a 
une discussion entre le geôlier et son aide. L'aide l'invite à le 
payer (the pe yma ow wagys). Le geôlier invoquant le traité, 
l'aide répond : 

ow arfeth byth ny whyla 



Le Lexicon Cornu-Britannicum. 241 

« Je ne vois jamais mes gages). » C'est ainsi qu'a traduit avec 
raison Norris qui fait d'ailleurs deux contre-sens aux vers 2265 
et 2266. Le mot arfeth sous la forme différente par l'ortho- 
graphe mais identique pour la prononciation, arveth, se re- 
trouve dans Bewn. Mer., 3201; M. Whitlev Stokes traduit 
par gages. Il fait venir le mot de vadium (ar-\-veth), ce qui, 
en revanche, est impossible. Il y eût eu, en comique, arweth; 
or la graphie arfeth montre clairement que l'initiale du mot 
suivant are- est b ou m : -meth pourrait remonter à un vieux 
brittonique, représentant l'indo-europ. mi%dhô-s (;j.'.-0;;) : cf. 
nyth =* ni~do-s. Le comique supposerait un i bref. 

arlottes est traduit justement par lordship, juridiction, mais 
identifié à tort avec le gallois arlwyddiaeth . L'assibilation in- 
dique une terminaison en explosive dentale : arlottes repré- 
sente arloth-tod et contient le suffixe -tat- : cf. trenses = gallois 
trindod. 

armor est donné par Lhwyd avec le sens de vague; dans son 
British Etym., il l'interprète par super mare. Il me paraît très 
probable que c'est une induction et qu'il a été trompé par les 
armor, de notre Bretagne, qui, tous, se prononcent arvor, chez 
le peuple ; l'addition de Pryce : whence Armorica ne permet 
guère d'en douter. Dans le même ordre d'idées, v. plus loin 
bagas, bet. 

arveth, to plan, to plot against: Williams identifie arveth 
avec le gallois arfaethu qui n'a que le sens de dessein. Le sens 
de ce mot, dans le passage visé (R. D. 2407 et non 2497) est : 
menacer, s'attaquer à : 

rak ny yllyn yn nep tre 

tryge dres nos, 
del us an Yethewon wheth 
pup vr worth agan arveth 

hag ow koddros 

« nous ne pouvons séjourner dans aucune ville plus d'une 
nuit, car les Juifs sont à tout instant à nous attaquer (menacer) 
et à gronder. » Arveth ici est identique au gallois arfeiddio 
que Silvan Evans traduit par to dare, challenge, ce qui ne donne 
pas toutes les acceptions du mot : 



242 J. Loth. 

L. Tal. 196. 30 : 

Colofneu Erculf 
nys arveid bygwl, 
Bygwl nys heidei 

« Les colonnes d'Hercule, la menace ne s'attaque pas à elle, 
la menace ne les atteindrait pas. » 

Cf. Cynddehv, Myv. arch., 174. 2 : Nys arveit (arfeûf) ry vel, 
Llanvaes lie uchel. 

aso, asso, assoge, assoma, assos, assevye : Williams n'a 
pas compris le sens exclamatif de cette composition avec le 
verbe substantif: assevye a le sens non de il serait, mais de : 
qu'il serait ! (pour as cvvye, comme ce serait...): v. Gr. Celt. 2 
759; cf. assefvef, ibid. 

atal, refuse, waste. Le sens de atal est clair ; il a le sens de 
talion : at-tal; in alal, en retour de (Or. M. 427): 

Adam a ol the drevas 

an degves ran thymmo gas 

wheth in atal the kesky. 

« Adam, de toute ta culture, la dixième partie concède moi 
encore en retour de tes importunités. » Pour kesky, v. plus 
bas. 

attamye, to redeem. Ce serait, d'après Williams, un com- 
posé hybride du comique al- et de -deem extrait de redeem. A 
priori, c'est invraisemblable, aussi M. Whitley Stokes a-t-il 
fait suivre redeem d'un point d'interrogation (Pascon, str. 

153): 

may teth tint may fen kellys 

rag Adam the attamye. 

« de telle sorte que vint le fruit par lequel nous avions été- 
perdus, parce qu'Adam l'avait remordu (après Eve). Attamye 
est composé de at -f- tamye, de tam, morceau ? 

avertu, de chaque côté (Pass. D. 338). C'est une hypo- 
thèse absurde. M. Whitley Stokes (Archiv., I, 2, p. 166) lit: 
pan drok us yn a vertu et traduit : what evil there is in lus [i. 



Le Lexlcon Cornu-Britannicum. 243 

e. thy] power. Je crois plutôt que a vertu est à corriger en an 
vertu, le pouvoir 1 . 

avhethys, facetious, witty (Pryce). Williams, qui adopte 
ce sens, ajoute qu 5 étymologiquement ce mot peut être joint à 
afiythys, qu'il traduit, et avec raison d'ailleurs, par wretched, 
misérable, infortunate ! 

avy aurait les deux sens de foie et d'envie. Dans les passages 
cités, c'est simplement le sens & envie, emprunté au français. 

awayl a tragedy. Le sens de ce mot est des mieux établis, 
il signifie évangile. 

a.whesyth, tender, d'après ce passage de l'Or. M., 1203 : 

the'n tas Dew yn mur enor 
war y alter my a wor 
Grugyer tek hag awhesyth 

« A Dieu le Père en grand honneur, sur son autel je place 
de belles perdrix et des alouettes. » Aiuhesyth représente très 
exactement Yevidit du voc. corn., fort maladroitement corrigé 
par Norris (d'après l'étymologie, dit-il) en ehidit ; evidit (pro- 
noncez ewkiicî ou- ehwidld) est identique au breton huedes, van- 
ne t. buidé pour ehweded. 

bad foolish, insane; bad serait identique à l'armoricain bad , 
stupidité. C'est phonétiquement impossible; on eût eu, en 
comique, bas. L'absence d'assibilation dénonce un emprunt 
anglais; c'est l'anglais bad, mauvais, méchant, comme l'in- 
dique aussi le contexte. 

bagat, multitude. Encore un exemple de la façon dont 
Lhwyd, a qui le mot est emprunté, a composé son répertoire 
au point de vue comique. Le gallois et le breton lui ont joué 
plus d'un tour. C'est un mot breton. Comique, ce serait bagas. 

baiol, voc. corn, enula; le mot serait inconnu. Or, c'est le 
gallois baiol traduisant mulctrale dans les Lois, et le breton 
beol, cuvier. Enula, mieux enulum a le sens de caldariuni (J. 
Loth, Mots latins). 

1. Cf. Mystère de ta Passion de Greban, id. Paris et Raynaud v. 11 406 : 
Donnez au moins raison aucune 
en quel signe et signifiance 
vous usez de ceste puissance. 



244 J - Loih. 

bedgeth, a face. Le sens est exact. Ce mot, qu'on ne trouve 
qu'en comique moderne, me paraît être le français visage. 
Bedgeth a dû être précédé par bisetb; le v français devient ré- 
gulièrement, comme en breton, b. Quant à -ge (dj), il a pu 
avoir un traitement analogue à ce (ich) : cf. grath=grace. 

bedidhia, to baptise. C'est une forme anti-comique, du crû 
de Williams. Lhwyd donne ia forme moderne correcte: be~hi- 
dhia, moyen corn, besylha. 

bedidhiaxs, a baptism, d'après Lhwvd, 44; or Lhwvd 
donne bedçhidhians. 

bedhaf: à côté des formes du verbe substantif, on eut dû 
trouver ce verbe fort différent de sens et d'origine et qui a été 
confondu avec lui: ex. (Gwr. an bys, p. 118, vers 15 17): 

Der henna my ny vethaf 

doos in myske pobell neb pryes 

« A cause de cela, je n'ose pas venir au milieu du monde à 
aucun moment. » 

M. Whitley Stokes y a vu le verbe substantif et a fait, en 
conséquence, de doos, le participe du verbe venir, ce qui est 
impossible; doos ou dos ne peut être que l'infinitif. Betbaf (be- 
daf) est indentique au gallois beiddio, oser. 

beisder, a window, d'après Lhwvd, 12; p. 249. Lhwyd 
donne l'expression: der an veisder, à travers la fenêtre. Cette 
forme me parait évoluée de fenester que l'on trouve dans le 
voc. corn. Fenester est devenu fenster ou fenstar, comme aradr, 
charrue, est devenu ardar ; fenstar aurait abouti ïfeisder. Quant 
■xfeisder, en construction avec l'article, il devenait régulière- 
ment: an veisder; cï. an vor, la route pour an font. D'où le 
beisder de Lhwyd. 

bet, up to, as far as. Cette forme n'a pour elle que le té- 
moignage de Lhwyd qui ne saurait prévaloir contre la forme 
régulière du moyen comique bes, bys, 

biail, an axe. Cette forme, tirée de Pryee, est un vrai bar- 
barisme en comique. La forme régulière est bool (bwl) Or. 
M. 1001, et boell, Gwr. an bys, 166, qui se prononçait de 
même; cf. gall. bwyell, breton bouhal. 



Le Lexicon Cornu-Britannicam . 245 

bluthye, to wound, d'après le passage de Pascon ag. Arl., 

str. 53 : 

tristys us worth o\v bluthye 

Ce mot ne se présentant que là, il est difficile d'en déter- 
miner le sens exact ; u peut représenter ù ou ô; le //; est égale- 
ment embarrassant. Phonétiquement, en peut songer au gallois 
blawdd, bloddio, agiter, ou -bludd dans tra-bludd, tumulte, 
grande agitation. 

bol, clay; c'est bien le sens: O. M. 1070. 

a das del whythres a bol hag a 
lyys formyys. 

« O père, comme œuvre formée de fange et de boue. » 

Bol représente pol qui a d'ailleurs quelque fois ce sens et 
non le gallois mal , concrète. Williams a lu hag a brys au lieu 
de hag a lyys ; il a voulu probablement écrire hag a bry, et 
d'argile. Lyys = ga\l. llaid. 

bom, a blow, est, bien à tort, rapproché du gallois pwmp. 
C'est le breton bom, boem. Je ne relève pas d'ailleurs les 
fausses identifications ou étymologies de Williams : il y aurait 
trop à faire, et ce serait inutile. 

boyna, unies. Le passage correspondant de Gwreans an bys 
dans l'édition de M. Whitley Stokes (vers 654) porte: bo yn 
assentys. Le texte ne parait pas sûr; le métré est fautif. Le sens 
paraît être : ou bien, donne-nous ton assentiment ; assentys paraît 
être un participe. Je lirais : 

bo thymmo byth assentys 
te aglow Eva gentill. 

caer, tair, est une invention de Pryce; cadr fût devenu 
cader ou radar : cf. lader, voleur. On peut en dire autant du 
cairder, beauté, de Lhwyd, 152, à moins qu'il ne soit pour 
cadrder: voir tarder. 

cals, hard. Williams a confondu ce mot avec cales, calys, ca- 
las, dur. Cals est identique au breton cal^, et comme lui 
signifie d'abord tas. Voici les deux exemples, cités de cals : 
Revue Celtique, XX.Hl. 17 



246 ./. Lot h. 

Pascon ag. A ri. 1 1 : 

Ha thotho y tysquethas 
cals meyn ha leverys : 
« mars os mab Du leun a ras, 
an meyn-ma gura bara dhys. » 

« Et à lui il montra un tas de pierres et dit : « Si tu es le fils 
de Dieu plein de grâce, de ces pierres-ci lais du pain pour toi. » 
Pass. D.62: 

Mars os map Dew awartha, 
dysempys arch ha lavar 
the'n cals meyn-ma bos bara. 

« Si tu es le fils de Dieu d'en haut, aussitôt demande et dit 
à ce tas de pierres d'être du pain. » 

Dans \eBewn. Mer. 2046, cals (calge) paraît, comme le bre- 
ton, être arrivé au sens de beaucoup (un tas). 

caman, camen, cammen, so that, that, so, as. Williams a 
séparé ce mot de cammen qu'il interprète fort exactement par 
a ivay, et même par any way. Or, dans les trois exemples 
invoqués pour justifier le sens de so that, c'est le sens de any 
way qui est le bon. Caman ou cammen, ce qui, dans l'ortho- 
graphe comique, est exactement la même chose, a bien le 
sens de pas, mais a évolué précisément comme le français pas, 

Pasc. ag. Arl. 204. 

y beyn o mar cref ha tyn 
caman na ylly bewe. 

« Sa peine était si grande et si dure qu'en aucune façon il 
ne pouvait vivre. » (qu'il ne pouvait pas vivre). 
Ibid. 150: 

Camen Pilât pan welas 
na ylly Christ delyffre. 

« Pilate quand il vit qu'il ne pouvait en aucune façon déli- 
vrer le Christ: » 

Dans ces deux passages, caman a été traduit par M. Whitley 
Stokes par any -way. 



Le Lexicon Cornu-Britannicum . 247 

Res. D. 990: 

Elias the vos mor woky 
cammen nevynnyth crygy... 

« Hélas (quel malheur) que tu sois si fou que tu ne veuilles 
croire en aucune façon... » 

canasow, chants, mis sous canas imaginé par Williams : il y 
a toujours à vérifier le mot en vedette ; souvent, il ne se 
trouve pas dans l'exemple cité. Il est évident que canasow est 
le pluriel de cannas, messager, bret. cannad, gall. cennad. Voici 
l'exemple de Williams (Gwr. an bys 4) : 

Y a vyth ryal ha splan 
canasow them danvenys. 

Le texte de M. Whitley Stokes porte canhasawe correctement 
traduit par massengers. 

carder, speciosus, decorus (voc. corn.): c'est peut-être une 
faute pour cader qui représenterait régulièrement, avec la 
voyelle irrationnelle régulière dans ce groupe, cadr. Il est 
cependant possible que le premier r soit né spontanément, 
appelé par la terminaison dr. 

carios, a cart or carriage (Pass. D. 2266). Le ms. porte ca- 
pios que M. Whitley Stokes explique ainsi (Archiv., I, 2, 
p. 169): In English law, the writ of capias ad satisfaciendum, 
used to imprison a debtor till he satisfies the debt and costs. 
Désormais le sens de ce passage énigmatique est clair : 

me a fyn, re Thu am ros 
the gemeres gans capios 
hag yn prison the teulel. 

caugeon, a filthy fellow. Ce mot, quoi qu'en dise Williams, 
n'a rien à faire avec le cauch, ordure, de Lhwyd : c'est le fran- 
çais cochon (cf. Stokes, a Glossary to B. M., Archiv., I, 1, 
p. 106). 

cen, adv. ccn, dans le premier exemple signifie autre, et 
dans le second, avant de (Lhwyd, Arch., 251). 

ces, joint, commun. En réalité ces ne se trouve que comme 
préfixe : kes-colon, kes-coiuethe, etc. 



248 J. Loth. 

cescy, to be ot rest. Williams n'a rien compris au passage 
qu'il vise, O. M., 427 : v. plus haut à alal. Le sens est claire- 
ment faire des demandes réitérées, importuner. 

Ce sens est confirmé par deux passages. R. D., 1429 : Si- 
mon veut convaincre Thomas de la résurrection du Christ. 
Thomas est insensible et a réponse à tout. Simon agacé, 
s'écrie : 

Aban na dal the gesky, 
dout tan yfarn the'th lesky 

« Puisqu'il ne sert de rien de te presser (d'arguments ou 
de paroles) crains que le feu de l'enfer ne te brûle. » 

Bewn. Mer., 3818. Le paterfamilias amène à Meriadec un 
fou et s'excuse de le faire en disant qu'il a cédé aux instances 
de certaines gens : 

Meryasek dyugh lowena ! 
den mes ay revle us gêna 
ha tus re ruk ov heskey 
may ellen y dry orna... 

« Meriadec, à vous joie ! un homme hors de son bon sens 
est avec moi ; des gens m'ont assailli de prières pour que je 
l'amenasse ici. » 

M. Whitley Stokes, dans son Glossaire à Bewn. Mer., le 
traduit avec hésitation par to ask et suppose une déformation 
de cest irl. cesc=quaestio. Le gallois ceis semble indiquer qu'en 
comique on eût eu ces. J'inclinerais à croire qu'on a affaire à 
une forme dérivée de seq, dire; cesky est une forme nominale 
infectée de *cosc. ou *coscio- = am-sqio-. Quant à r pour g-, 
cf. breton hesc et hesp, tari, stérile, gall. hesp. 

clihi, clehe, ice (Lhwyd, 33; Pryce). Williams rapproche 
à tort ce mot du bret. skias. C'est exactement un pluriel de 
cloch, cloche, bulle d'eau, morceau de glace : clych la, icicles, 
pièces of ice; clocha it ia (Silv. Ev., Welsh-engl. Dlct., p. 804). 
Cf. le gaël. d'Ecosse : cluigean eighe, icicle. Cet ensemble de 
témoignages me paraît suffire pour repousser L'hypothèse de 
M. Whitley Stokes dans son glossaire à Bewn. M. : urkelt. 
Klekkes, hlegnés, parent du lat. clingere, As. blence mail-coat. 



Le Lcxicon Cornu-Britannicum . 249 

clor ou clour n'a nullement le sens de glory; c'est la forme 
comique correspondant exactement au breton douar, gall. 
claear; cf. dor, terre = douar, daear. 

clut : dut lestri, a dish-clout (Lhwyd, 116). Lhwyd a été 
probablement influencé par le gallois dud, bret. dut. Or, on 
aurait dans ce cas, en comique, dus. Il faut sans doute lire 
dwt, gall. dwt, de l'anglais dont. 

coat, wood, timber (Lhwyd, 79). La forme comique est 
cos, eus; koat, dans le passage cité de Lhwyd, est dû à un dé- 
placement du mot ; il devait se trouver après Ar. (armori- 
cain). Cependant Lhwyd a pu le supposer: cf. koidgath, wild 
cat. 

coddros, to disturbe. Williams pense, avec raison, que la 
forme radicale est goddros, évoluant en hoddros après ow 
(worth); mais il est mal inspiré en le rapprochant du gallois 
godori, to hinder, ou godreisio, opprimer. Goddros = go -+- trws 
(bruit); il rappelle le breton gourd rou%, gronder en paroles, 
menacer, et a le même sens: v. plus haut, pour le sens à 
arveth. 

coer, choir, est vraisemblablement un emprunt tout moderne 
à l'anglais choir. Ce mot, donné sans référence, est emprunté 
à Pryce : v. plus loin cur. 

collan, collel, a knife (ce dernier appartient auw. coin.). 
Si ces mots sont comiques, comme cela paraît certain, au 
moins, pour le premier, ils n'ont rien à faire avec cultellus, 
que glose cependant collel. Le groupe -It-, -hï-, même précé- 
dant l'accent, n'aboutit pas à -//-, en comique, comme le 
prouvent caltor = caldàriunt, gall. callawr \ aller = allure, 
gallois allawr; colter =■ lat. cul ter. Final -// aboutit à -Is : 
gwells, herbe, gall. gzuellt, bret. (Ouessant) giïell; Itr déve- 
loppe une voyelle: colter = lat. culter. Aussi faut-il partir 
vraisemblablement de colg-; irl. colg, calg, épée ; gall. cola, 
col (cf. tira, eiry=bret. erc'b= *erg-); giuala — bret. gwale'h 
= *valg-, etc.) ; cf. v. gall. colginn, gl. aristam, gall. mod. 
colyn, pointe; caly, pénis = bret. calc'h. * Colg an, diminutif, 
a passé par colhan pour arriver à collan. La spirante gutturale 
après / a été de bonne heure t^rès faible, en comique : cal = 
bret. calc'h; er, neige, voc. corn, irgh = bret. ere'h. 



2^o J- Lotfl. 

combrynsy, rightncss, exactness. C'est un contre-sens com- 
plet et vraiment inexplicable. Le contexte seul suffirait à en 
préserver. Il faut lire en un seul mot ancombrynsy (Or. M., 
2517; 2542). C'est l'anglais encumbrance, embarras. 

cooth, familiar; plutôt connu. M. Whitley Stokes (Gwr. an 
bys, v. 603 ; cf. note , p. 201) y voit, avec raison, l'anglo- 
sax. a'uî ; den uncuth (denunchut dans le ms.) du voc. corn. gl. 
advena; cf. cothman. 

Dans le second exemple donné sous ce mot, Williams, contre 
l'évidence, traduit cooth par complaisant. C'est tout simple- 
ment une variante graphique de coth, vieux, comme l'a com- 
pris M. Whitley Stokes. Gwr., 1152: 

Cooth ew eve hag avlethis 

« Il est vieux, lui, et misérable. » 

covath, remembrance. Il est possible que le mot soit à lire 
ancovath; ce serait alors le sens de oubli. En tout cas, ce n'est 
pas du gallois cofiad qu'il fallait le rapprocher, mais de cofiaeih 
(plus exactement * cofaeth) ; cofiad eût donné, en comique, covias. 

covenec, dans le sens de remembrance, est une invention de 
Lhwyd, p. 242, qui n'aura pas compris le comique govenec : v. 
plus bas. 

covio. On trouve, avec surprise, sous ce mot un exemple 
de l'Or. M., 76 qui n'a rien à faire avec covio : c'est àngovys: 
v. plus bas, à govys. ■ 

cowms, speech, est une forme hypothétique de Lhwyd, 
48, suggérée par le breton comps et le comique cows, d'après 
une fausse analogie : dons et dos. 

creys, crys, strength, vehemency. En réalité, le sens est: 
hâte, rapidité, par extension de sens, ardeur. C'est de ce thème 
qu'est formé le gallois crysio, se hâter, se précipiter. Pour les 
exemples, v. Or. M., 1245, 2282, 2789; Pass.C, 2136. 

cronnys (sous cronny), to stagnate. La lecture est inexacte. 
Le Pascon arg. Arl. (str. 224) porte crunys, plus correct. Le 
sens paraît être se rassembla, comme M. Whitley Stokes l'a 
proposé. Le mot est identique au gallois croui, même sens, 
cra-wn, collection. Crunys, avec u = ô est plus conforme à 
l'orthographe comique. 



Le Lexicon Cornu-Britanniaun. 251 

cudhygyc, one that conceals himself. Ce mot, même d'après 
les exemples cités, n'a rien à faire avec la racine cudd-, cacher. 
C'est un dérivé en -etic de ciieth, cuth=bret.keu%,ga\l.caiudd. 
Cuthygyk signifie qui a du chagrin, du regret, contrit, et est 
identique au breton keu^eudic pour *keu%edic. A côté de cu- 
thygyk (pron. kôdedjic), il y a cuthys, qui a du chagrin. Pour 
les exemples de cudhygyc, v. Pass. D., 1423; R. D., 15 20 (et 
non 1721, comme le dit Williams). 

cuer, cur (v. cur, chez Williams), court. Suivant l'ortho- 
graphe comique, cuer, cur ne peut représenter que cur, cor, ou 
moins probablement (au moins pour les Corn. Dramas) cur. 
Il est clair que ce mot ne peut représenter ni le français cour, ni 
l'anglais court. Cuer représente vraisemblablement le français 
chœur (réunion) et peut-être, dans un exemple, le gallois cur, 
soin (v. Pass. D., 686 ; Or. M., 153 1, 1620). Res. D., 1899: 

Neffre ny gan ef yn cur. 

« Jamais il ne chantera en chœur, ou, dans notre chœur . » 

cues : lisez cnes, qui n'a nullement le sens de blood, mais de 
chair (gall. cnawd) ou de peau (gall. cnes) : v. Whitley Stokes, 
Archiv., 1. 2, p. 162. 

culedh : en réalité ce mot est toujours en composition avec 
droc; la forme ordinaire est drocoIeth=droc -\-goIelh, mauvaise 
action. 

cunduru, door-post. Dans Lhwyd, 124, il y a un point sous 
les trois u, ce qui indique ou français. 

cur. Se fondant sur l'autorité de Lhwyd, 108, Williams 
donne à ce mot le sens de uttmost part or end of a thing, bor- 
der, dans le passage suivant de la Pass. D., 2730. La femme 
du forgeron encourage un aide à forger des clous pour les 
mains du Christ : 

Gwasg war an myn, reth fo drok pyn, 

a harlot pur, 
bommyn dreys keyn, mar peth e yeyn 

ny thue the gur 

Le sens paraît être, comme l'a traduit Norris : it luill not 
corne to measure: si le fer est froid, il ne viendra pas à sa place, 



2 5 2 1. Loti,. 

comme il faut. Qu'est-ce que cur, ici ? Il est impossible de 
songer au gallois cwrr, auquel a justement pensé Lhwyd, car 
il y a un point sur Vu de son air, qui pour lui se prononçait 
cwr. Le mot rime ici avec pur, ce qui écarte avr, malgré les 
libertés extraordinaires que prend le comique avec la rime. 

cylbah. C'est une erreur de lecture pour kylban qui est à 
corriger en kylbyn (Gwr., 1 1 14) : 

may th-omelly theth kylbyn. 

« Si bien que tu te renverseras sur le dos. » 

Cylben =bret. kilpenn: à la renverse, sur le dos: war e 
gilpenn. 

cylden, lodging. C'est une pure supposition, qui paraît 
contredite par le mot suivant (cyldene) et le rapprochement 
avec le gallois cildyn, obstiné (qui tire en sens contraire) : 
cyldynu, traîner de force. 

cys, united. C'est une faute de lecture pour eys (Stokes, 
Archïv., I, 2, p. 168). M. Whitley Stokes y voit une 
graphie de îs, dessous. La graphie cy pour i long est très 
rare. Le contexte d'ailleurs n'est pas favorable à cette hypo- 
thèse : 

Pass. D., 2137 : 

Tynnouch oll gans mur a grys 
may fo dreyn an guryn eys 
yn empynnyon dre an ten 1 . 

Serait-ce un participe passé correspondant au breton et, cal, 
moy. bret. act? Sinon, on pourrait supposer heys, jusqu'à, 
aussi loin que, gall. hyd, bret. /;<•</. 

daffar, convenience, opportunity. Comme le breton et le 
gallois daffar, ce mot signifie provisions, matériaux (v. sur ce 
mot, J. Loth, Additions et remarques au Welsh. engl. Dict. 
de Silvan Evens, Archïv., I, 4, p. 497-499): v. plus bas 

DAVER. 



1. Williams et Norris : an cm. 



Le Lexicon Cornu-Britannicum. 253 

daffole, dafole, to deform, to mock. Voici les deux seuls 
passages où on rencontre ce mot. Pass. D., 1398 (et non 1438): 

Ha why yn weth cowethe, 
pup ur gwreuch y thyspytye 
ha daffole fast an gwas. » 

Ce sont les bourreaux qui exhortent leurs compagnons à 
torturer Jésus. 

R. D. 492 (La vierge Marie s'adresse à Jésus ressuscité): 

yw saw oll the wolyow 
a wylys vy the squerdye, 
a wruk an gu ha n kentrow 
the kyc precius dafole ? 

Il est évident ici que dafole ne peut avoir le sens de se mo- 
quer : a wruk dafole the kyc, qui ont meurtri ta chair. Daffole 
est le bret. dejjoul, blesser, meurtrir, v. franc, deffolef, meur- 
trir, outrager, mot d'origine française. Dôffol (avec ô bref) a 
donné daffole : ô devient assez fréquent a, c'est-à-dire, un son 
eutre a et ô. Quant à pour ou w, c'est très fréquent. Il 
est, en outre, évident que daffole n'a rien à foire avec le gal- 
lois dyfalu, imiter, par extension, moquer. Defalebys, défiguré, 
pour *dehevelebys, en passant par develebys, ne peut être invoqué; 
dehavale eût donné tout au plus défait (cf. dreheva et drefà). 

dal, dans ny dal, doit être mis sous le second dal, to pay, 
to be ivorth. C'est une expression analogue au breton : na dal 
ht, il ne vaut pas la peine (cela ne paie pas). De la construc- 
tion impersonnelle, on est arrivé en comique moderne à la 
personnelle : me dal gwellas, je dois voir; why dal, vous devez 
(Lhwyd, 252). 

dalasias, requital: l'hypothèse est des plus invraisemblables: 
Pass. D., 1845 : le soldat qui amène Jésus à Pilate, l'assure 
de l'amitié d'Hérode: 

Myghtern Erod gans onour 

re thanfonas Ihesu thys 

hag yn guyn ef re'n guyscas 

vynytha dalasias 

ef a'th carvyth, me a grys. 



254 J- Loth. 

Il faut lire: del afias, comme il l'a affirmé; le scribe a lu s 
pour/. C'est le v. franc, affyer, angl. affy: « toujours, comme 
il l'a assure, il t'aimera, je crois. » 

Cette hypothèse est confirmée par les paroles mêmes d'Hé- 
rode, plus haut, vers 1702: 

Ha Pylat rak y thanfon 
me a'u caruyth y m colon 
alemma bys gorfen beys. 

« Et Pilate, pour me l'envoyer, je l'aimerai dans mon cœur 
d'ici maintenant jusqu'à la fin du monde. » 

dar, sadness. Le sens de ce mot reste obscur. Dans un 
passage, il semble être équivalent à der, par (Rcs. D., 1259). 
Dans d'autres, il semble jouer le rôle de particule affirmative, 
renforçante. 

C'est très probablement une exclamation identique à l'anglais 
dialectal du Cumberland dar et dar bon, dar %pn, équivalent à 
ihimn (Wright, TheEnglish Dial. Dictionary). 

dava, to feel or handle. Williams le rapproche de tewél, se 
taire. Il est clair qu'il s'agit ici d'un mot identique au breton 
moyen, ta/ha, goûter (cf. Stokes, Glossary, Archiv., I, p. 139), 
auj. tàva. Le sens, en comique, est toucher: Gwr. an bys, v. 
15 91 : Lamec, aveugle, a atteint d'un trait Caïn qu'il ne con- 
naît pas; il dit : 

Gorta, gas vy the dava. 

« Attends, laisse-moi le toucher. » 

Pass. D., 1002 : Judas invite les soldats qui vont saisir Jésus 
à la prudence : 

scolkyough thy an dan dava. 

Il me semble sûr que andan représente la tonne ordinaire 
yn dan (on dan) « cachez-vous jusqu'à lui, jusqu'à le tou- 
cher). Cf. O. M., 2S07: 

tus th'y derme ef bys d'y, 
yn dan dry y s... 

Pour lava, cf. Bewn. Mer, 2367. 



Le Lexicon Cornu-Bt itannicum. 2^5 

daver, a convenience, a budget. Williams y voit daffar. 
Par extraordinaire il est tombé juste avec cette réserve que 
convenience est à supprimer. Le sens de budget est emprunté à 
Pryce. Le mot est encore en usage, aujourd'hui, en Cornwall, 
sous sa forme régulière daffer; il a le sens, d'après YEnglish 
Dial. Dict., de quantity of things, small crockery ware : bring 
the daffer (c'est-à-dire : the tea things, cups and saucer s); dans 
cet exemple il a le sens d'ustensiles. C'est un sens approchant 
qu'il a dans Pascon ag. Arl., str. 50); d'après le contexte et 
le passage correspondant de l'Evangile, le sens précis serait 
sacs ou vases à provisions : 

Daver vyth why ny thecsyugh 
the worre trevyth ynne. 

« Jamais sacs vous n'avez porté pour mettre quoi que ce 
fût dedans (en eux). » 

def, duf, a captain. C'est évidemment le gallois daw (dawf), 
bret. moy. deuff, beau-fils, gendre. Dans les deux passages 
cités, c'est Caïphe qui s'adresse à Anne : 

Pass. D., 976 (et non 797): 

Ha why, Aimas, ov defker, 

Ibid., 989: 

Fystyn, ov duf whek avy. 

« Hâte-toi, mon doux gendre à moi. » 

deffryth, dyfreth, deformed (Gwr. an bys, 86; Or. M., 
593). Dans les deux exemples, c'est Caïn, vieilli et mécon- 
naissable qui parle. Williams l'identifie avec le gallois diffrwyth, 
qui ne porte pas de fruits, stérile, inutile. Le rapprochement 
est forcé, Au point de vue phonétique, il y a, en outre, une 
difficulté; la diphtongue se fût résolue en -0-, ou -w- : cf. ar- 
loth, arluth= arglwydd. C'est, très probablement, le même 
mot que efrctb, estropié, cfrelbcc, avec la particule do-; cf. gall. 
efrydd. 

deghes, brought. Contrairement à l'évidence, ce mot est 
rapporté au thème dwc-, du verbe don (bret. doen, gall. divyn), 



256 I. Lotit. 

porter. Pass. D., 15 14: Judas, désespéré, rapporte l'argent de 
son crime : 

aban nag us ken maner, 
an arhans kettep dyner 
me a's deghes war an luer 

« Puisqu'il n'y a pas d'autre moyen, l'argent jusqu'au der- 
nier denier je le jetterai sur le sol. » 

Hic projiciat monetam in terrain. 

deghes est identique à dehesy, qui signifie frapper (Or. M., 
2703); me as deghes signifie donc: je le jetterai violemment, 
je le frapperai contre le sol. 

degy, to bear; rare, comme infinitif; l'infinitif régulier est don. 

demidhy, to espouse. L'exemple donné comme justification 
est tiré de Lhwyd (251); il porte demidhys, marié, et non 
dewidhys, comme on le lit dans le texte de Williams. L'infinitif 
de ce verbe dans Bewn. Mer. est dometby; ty a thometh, tu te 
marieras (327, 329). 

denunchut, advena (voc. corn.): v. plus haut à cothman. 

der, back. C'est un vrai barbarisme: Or. M., 2794: 

Rag ow kewsel y the der, 

alan eth e the'n teller, 

bos clevyons dretho sawyys. 

Il faut lire yth eder, on est en train de, oiu kewsel xth eder, on 
est en train de dire, on dit couramment. Cf. Or. M., 2797 : 

mayth eder worth the vlamye 1 . 

Dans le 3 e exemple cité sous der, der=dre. 

dera, I do. C'est un contre-sens: dera ou mieux thera = 
corn. moy. yth ese, et yth esofÇy. Loth, Elad. corn., I, Revue 
cell., XVIII, p. 416). ' 

deray, exploit. Williams, après Noms, y voit l'anglo-saxon 



1. M. Whitley Stokes (Archiv,, I, 2, p. 165, A collation of Norris anc. 
corn. Dr.) lit dans le ms. : y théier, may theder, et compare eder à itur, avec 
un point d'interrogation. C'est le verbe subst. avec la double particule y$, 
yt : cf. gall. yddyd-wyf; bret. e\ edy, e\ edomp ;ejth eder serait enmoyen bret. 
c\eâ-enr, ou ex ed-er. 



Le Lexicon Cornu-Britannicum. 2^7 

dere (assault, or damage). C'est le français demi, ancienne- 
ment desray et desroi, désordre. Les textes sont assez clairs : 
Or. M., 2224 (un messager annonce au roi David la mort 
opportune d'Ury) : 

Marow yw, by godys day, 
ef a vynne gui deray. 

Pass. D., 380 (en parlant du trouble qu'a occasionné Jésus 
au marché du temple) : 

ef re wruk mur a theray. 

« Il a fait beaucoup de desroy. » 

Derai est encore employé dialectalement en anglais. Dans 
Chaucer, c'est desroi qui est employé. 

descrirya, forsaken. Williams n'a pas cité exactement son 
texte {Gwr. an bys, str., 201): 

yn erna Crist a vynnas leverell : Ely, Ely; 

the strirya yw a gousas : Arlutk pragh y hysta vy. 

« A ce moment le Christ voulut dire : Ely, Ely. A l'inter- 
préter voici ce qu'il dit : « Seigneur, pourquoi m'as-tu aban- 
donné ? » 

M. Whitley Stokes propose the scrirya et en rapproche le 
breton sklerya ce qui paraît peu probable. 

desevys (sous desevy, to throw down). Pascon ag. Arl. : 

pehadoryon rag perna 
o desevys dre Satnas, 

« Pour racheter les pécheurs qui avaient été trompés par 
Satan. » 

Il est évident que desevys signifie tromper et représente le 
français desevoir (décevoir). 

desmos, rite or custom. Ce mot est emprunté à Lhwyd, 284. 
C'est une transposition maladroite en comique du gallois dedd- 
faivd, deddjod ; indigène, c'eût été dethves (dedvôs). 

devra, the bosom. Williams oublie qu'il a donné le même 
mot sous la forme correcte defran. Le texte de Gwr. an bys 
(vers 1837) P orte devra corrigé par M. Whitley Stokes en de- 



2 58 J. Loth. 

vran (voc. corn, cluit duivron, pectus; peut-être serait-il plus 
comique de lire diuvroii). 

dewedhes, the evening. Le sens exact (Or. M. 629) est 
tard; dewethes représente exactement le breton dive~at. Quant 
à diwedydd du gallois, il n'a rien à faire ici : voir plus bas do- 
chageydh. 

DEWELLENS, DEWHYLLYANS, DEWYLLYEXS, rémission, forgive- 

ness. Le sens exact est expiation, réparation (0. M., 11 73; 
Gwreans, 2484; Pass. D., 826). C'est le sens qu'a adopté 
avec raison M. Whitley Stokes dans sa traduction du Gwreans. 
Le mot me paraît différent de dewhéles, retourner (gall. dy- 
chweled). Il est, je crois, identique au gallois diwylliant. Silvan 
Evan (Welsh. engl. Dict.) donne à diwyllle sens de clearance, 
improvement (en fait de culture). Le sens d'amélioration est cer- 
tain dans les exemples un peu anciens; dans certains passages, 
il me semble qu'on pourrait arriver à celui de réparation (cf. 
Aneurin, God., 894 ; Brut Gr. ab. Arth., Myv. Arch., II, 164). 
Diwyll a aussi le sens de culte (St-Greal, 55, 14). 

deuxos, witchery, craft, subtlety. Ce sens, très hypothéti- 
que, repose sur un seul passage de la Pass. D., 20: Jésus 
parle des artifices de Satan : 

kyn fo tullys dre y deunos. 

« Quoiqu'ils soient trompés par ses artifices! » 

C'est peut-être un substantif formé de l'anglais dowyny 

(pron. dawni et deuni), rusé. Le diable s'appelle aussi donnoi ? 

(Engl. Dial. Dict.). 

dewscol, ail abroad. Williams s'appuie sur ce seul passage 

de Pascon ag Arl., str. 195 : 

Awotta omma neb yll 
tempel Du dewscol squerdye 
ha thy voth y threhevel. 

M. Whitley Stokes a dozvstol, mais dans une note, p. 96, 
il semble approuver la lecture de Williams qui rapproche 
dewscol du gallois disgwall, sans défaut, c'est-à-dire parfaite- 
ment. Sans parler de la violence faite à la forme, le sens est 
peu satisfaisant avec squerdye qui signifie mettre en pièces. Dcrws- 



Le Lexicon Cornu-Brhannicum. 259 

toi est composé de dowst, qui représente dialectalement l'an- 
glais dust et de ol , tout, qui sert si souvent, en comique, à 
renforcer le sens d'un mot ou d'un composé : dowstol squer- 
dye signifie briser jusqu'à le mettre tout en miettes ou poudre (pour 
dowst, v. Wright, Engl. Dial. Dict.). 

dewsys, Divinity. Dans deux des passages cités (R. D., 
2487, 2502), il fout lire densys, humanité (Stokes, Archiv., I, 
2, p. 174). 

dial, a déluge, a flood. C'est tout simplement le même 
mot que le précédent dial et il a le même sens, c'est-à-dire 
celui de vengeance, châtiment (O. M., 947, 1210, 1250; 1209, 
1228; Bewn. M., 1595). Au lieu de dial, il fout lire dyal, 
quelquefois dyhal et même dyel. Les l longs, en comique, sont, 
en général, écrits y, quelquefois e, très rarement i. 

disclien, piano (voc. corn.), me paraît n'avoir rien à foire 
avec le gallois dysgloen, splintes. C'est probablement un com- 
posé de dise = discus et de lien, toile. 

discuthe et dysquelhas (variante dysweth-) serait le même 
verbe et aurait le sens de uncover, et aussi de ta show, et serait 
à comparer au gallois datguddio, découvrir. En réalité, discuthe 
signifie bien uncover ; dysgwethas, signifie proprement, montrer, 
exposer; discuthe = gall. dysguddio; dysqwethas =gall. dys- 
gwyddo,àèmor\trer, révéler (cf. Silv. Evan, Welhh-Engl. Dict.). 
Il semble que dys-weth soit bien composé de dis et de gwyâ, 
gwed, savoir (breton descue^ et aussi disgue^et : v. Ernault, 
Gloss.). 

distain, an excuse (Pryce). C'est un contre-sens. Les Juifs 
amènent à Jésus une pécheresse, disant "qu'il n'y a pas moyen 
qu'elle soit innocentée : 

... y forth nynges 

may hallo bos distain gwris. 

C'est la lecture de Pryce. Le Pascon de M. Whitley Stokes 
porte deflam (str. 32), c'est-à-dire, s;ms blâme (prononcez 
divlani). Distain est probablement l'équivalent et signifie sans 
tâche : di -\- l'anglais stain, tâche, opprobre. 

dochageydh, the afternoon, evening (Pass. D., 2912). La 
traduction est juste et corrige celle de Noms ; c'est bien l'équi- 



260 J. Loîh. 

valent du gallois dyivedydd; mais la forme est inexacte; il faut 
lire doghageyth. Legh a peu de valeur dans la prononciation; 
doghageyth se prononçait à peu près dôwadjed ou dohadjed ; pour 
l'évolution de dku-, dew (dôw), non accentué en do-w-, cf. 
dowethva, fin = diweâva. 

dofys est une foute de lecture de Pryce, comme le fait re- 
marquer Williams, mais la vraie forme n'est pas dewesys, mais 
dowesys, choisi (Gwreans, 1403). 

dolos, to proclaim. C'est une hypothèse peu vraisemblable. 
Le texte de Pascon porte hadolos en un seul mot (Pascon, str. 
250): 

may lavarsans hadolos 
y pup tyller dris an vro. 

Hadolos est, sans doute, à corriger en ha dolos, qui me pa- 
raît signifier et se plaindre (ou d'une façon plaintive): cf. dolo- 
^«.x (Dottin, Patois du Maine), qui aime à se plaindre; v. fr. 
doloison, douleur; doulouser, se désoler; à moins qu'il ne faille 
penser à dol, tromperie; doleux, artificieux; cf. fr. dolosif. 

doroy, donné comme infinitif, n'existe pas comme tel; l'in- 
finitif est dry et drey. 

dour, care, concern. Williams confond ce mot avec diter, 
écrit aussi dur, der = bret. deur, gall. dawr, verbe imper- 
sonnel. Dour ne peut, en aucune façon, s'y rapporter ni pour 
le sens ni pour la forme. Dans les quatre passages de Beiun. 
M. où ce mot se trouve (1749, 2788, 2884, 4323), dour a le 
sens de véhémentement, rudement, instamment (4323 : il semble 
que le mot soit adjectif, mais je crois qu'il faut le rapporter à 
sensys et non à fléhys). Dans le R. D., 1327 (ese dour ha pon- 
vos bras), dour semble substantif, mais peut s'expliquer autre- 
ment. C'est l'anglais dialectal très répandu dour, hard, stern, 
severe (Engl. Dial. Dict.). 

drecha doit être écrit dregha ; on trouve aussi dreah ; c'est 
la forme future de drehevel; dregha est pour dreghav; le v final 
est souvent omis. On peut, il est vrai, le rapprocher du gal- 
lois dyrchu, mais ce mot, dans le sens d'élever, ne paraît pas 
très ancien. 

drem, a complaint. C'est, en effet, le sens qu'indique le 



Le Lexïcon Cornu-Britannicum. 261 

contexte et le passage correspondant de l'Evangile. Jésus portant 
sa croix parle aux femmes de Jérusalem (Pass. D., 2640): 

myrghes a Jérusalem 

na olough na na wreugh drem 

warnaf vy... 

« Fille de Jérusalem, ne pleurez ni ne vous lamentez sur 
moi... » 

Il est évident qu'il ne s'agit pas ici de drem, regard, visage. 
Il est probable que nous avons affaire ici au même mot que 
dans le breton fermai ou termi, se plaindre, gémir (en parlant 
d'un malade), ahaner; drem est pour trem, étant gouverné par 
gwrewgh, faites ; tire- pour der- n'a rien de surprenant en cor- 
nique. 

dres, bold, andacious. Williams identifie ce mot avec le 
gallois drud. La variante drevs (et non drews) de Pûscon ag. 
Arl., str. 163) prouve qu'on prononçait drôs. C'est par con- 
séquent l'équivalent du gallois draws, traws, rude, dur. 

drewyth, wretche, lamentable. Ce serait, d'après Williams, 
une mutation de trevyth. Dans le passage visé il fout lire dre 
wyth, en deux mots : O. M., 256 : 

Y won the wvr, Dew an Tas 
re sorras dre wyth benen. 

« Je le sais en vérité, Dieu le Père se fâcha par l'œuvre 
d'une femme. » 

Gwyth, var. graphique de gweth, œuvre = gall. gwaiih. 

De même le trewythyw de Bewn. Mer., 4460, doit se lire tre 
wythyov, parfois; ici gwyth a le sens de fois; bret. gwe% (aveson 
aviTJou, parfois), gall. gwaith. 

dreynyn, drynya, mut. de treynyn est emprunté au français 
traîner, comme le prouve d'ailleurs le contexte (y. treynyn, R. 
D-> 1797: 

geneugh why mos ny dreynyaj 

« je ne traînerai pas, 

je n'hésiterai pas à aller avec vous » 

thum arluth lowen yth af 

« à mon seigneur, joyeusement j'irai. » 

Revue Celtique, XXI II. iS 



2Ô2 J. Lotll. 

druyth, brought : contre-sens évident. Le sens de druxth 
est clair : il signifie cher à, aime de : 

Or. M. (Moïse exhorte les Juifs à ne pas trembler devant 
le passage de la mer Rouge) : 

The Arluth nef ythough druyth 

« Au seigneur du Ciel vous êtes chers. » 
R. D., 2492 (un ange parle de Jésus ressussité et arrivant 
au ciel) : 

Pur tha yth hevel yn nef 
y bones drulh 

« Il semble bien que dans le ciel 
il soit un favori. » 

Drud, du gallois signifiant cher, eût donné drus. Le seul 
mot qui se rapporte phonétiquement à druth est iruth en 
gallois, mais il signifie flatterie. Druth représente un vieux brit- 
tonique *droudo- 1 qui adonné en français dru, ami, amant, 
favori; ou c'est un équivalent comique du français druje : drudj 
a donné drud, comme grâce, grdth. 

due a clairement le sens de termine, fini; il se dit, par 
exemple, d'un mystère terminé : an gwary yw due lymmyn 
(O. M., 2839). On y voit une forme anormale de dizveth, ce 
qui n'explique rien et paraît impossible. Due est une forme 
dialectale comique du participe du verbe anglais to do. En 
Somerset, c'est doe, enDevon, doo. Do (dans le sens d'action), 
dialectalement présente les formes dew, doe, dew : Wright 
représente ces formes dans la prononciation par du, diu, dit, 
dio 2 . Le sens est fait, achevé (cf. O. M., 2178; R. D., 1400; 
2331). 

durdala, thanks (Pryce). Le mot est reconnu depuis 
longtemps pour un composé équivalent au moyen comique : 
Duzu'r dalo (Duw re dalo), Dieu vous le repaie... 



1. Le breton iru\ (léonard), ailleurs dru, gras, représente aussi une forme 
romane * drutf. 

2. English Dialect. Dictionury. 



Le Lexicon Cornu- Britannicum. 26} 

dyaha, safety, security. R. D., 402: 

Coskyn ny gans dyaha; 
kyn dasvewo nyn dreha 
thywar y gain. 

Williams le rapproche du gallois echw, repos, ce qui est im- 
possible. Dxaha est composé de di- privatif et de aha = moyen 
anglais aghe, Anglo-Sax. ôga, crainte (v. Skeat, Etym. Dict. à 
awé). 

dyal : v. plus haut dial. 

dyale, tomock. Le contexte indique le sens de tourmenter, 
persécuter (R. D., 1426; R. D., 1804, 1966). C'est proba- 
blement un verbe formé sur dial, punition, ou plus probable- 
ment un composé de dy- = *do- et de la racine de galar, cha- 
grin, douleur. 

dycheth, dyeth. Au lieu de dycheth, il faut lire dygheth. 
Comme le montre la forme dyeth, le -gh- n'a ici guère que la 
valeur d'un /; faible qui se développe même en simple hiatus. 
Le sens est bien celui que donne Williams: pity; dygheth vye 
« serait une pitié, ce serait fâcheux. » Cf. Pass. D., 1988; O. 
M., 1804; Pass. D., 1791, 2845. Si le gh avait une valeur 
étymologique, on pourrait songer à *dus-capto- (cf. gall. du- 
charî) qui aurait donné dechaeth, puis deheth. Mais c'est plus 
que douteux. Resterait l'hypothèse d'une composition avec 
dy-\-aeth, en gallois douleur poignante. Un poème de Gruffudd 
ab Maredudd (Myv. arch., 303. 2) présente un mot absent des 
dictionnaires gallois et dont la forme et jusqu'à un certain 
point le sens concorderaient assez avec notre mot comique : 
c'est dyedd. En parlant de la mort de son héros, le poète dit : 

Cynnydd ewybr oedd cyn noi ddyedd. 

Dyedd indique la mort ou l'infortune du héros. On peut, il 
est vrai, y voir une métaphore analogue au français trépas; ce 
peut être un composé de dy-, particule péjorative, et de ed-, 
action d'aller (eddwyd, tu es allé). 

dychlos est une mauvaise lecture du Gwreans '■ le texte 
(vers 103 1) porte dyckles que M. Whitley Stokes traduit par 
belpless. 



264 J- Loth. 

dyel: v. dial. 

DYFFRES, DYFFRAS : au lieu de gallois difrcd, lise/ diffred (et 
diffryd). 

dygnas, to oppose. Le mot signifie malintentionné, qui a de 
mauvaises dispositions et est composé de dy-, péjoratif, et de 
gnas: Pass. D., 2869: a peve don drok y gnas, si c'était un 
homme à mauvaises habitudes (lu gnas parNorris; cf. Whitley 
Stokes, Arcbiv., I, 2, p. 170). M. Whitley Stokes rapproche 
gnas du gallois gnâwd, irl. gnâth. La formation parait diffé- 
rente ; gnà-to- eût donné en comique moyen gnôs qui eût pu 
être écrit gnues, gnus et même gnes: cf. knevs = gall. cnawd. 

L'a parait assuré par les deux formes gnas et dygnas. Il faut 
donc supposer un vieux brittonique gnâ-tu-: cf. latin déi-lii-. 
Dynas (Pascon, 87) est une variante de dygnas. 

dyllo est justement rapproché du gallois dyllwng mais a 
tort du breton diloc'ha (cf. bret. gouloi, moyen bret. gollonder, 
gall. gollwng). 

dynwa, to produce. C'est un contre sens amené par un 
faux rapprochement avec doen, porter. O. M., 1429 : 

Ty a wra woge hemma 
gorre an tus a lena 
bys yn tyreth a thynzua 
leyth ha mel kefrys. 

« Tu amèneras après ceci le peuple d'ici jusqu'aux terres 
qui versent, répandent le lait et le miel ensemble. » C'est le 
présent de denewy que Williams traduit exactement par topour, 
shed, ejfuse; cf. gall. dineu, bret. dinaoïi. Pour la chute de la 
voyelle entre ;/ et w } cï~. leneiren, côté, et le plur. tenwennow. 

dyxythys, corne : dans tous les exemples donnés, il tant 
lire dyvythys: cf. gall. dyfydd, il viendra, infin. dyvod. 

dysplevyas, to display. Ce mot parait tout différent de dys- 
pleytys et dyspleytyes qui lui sont rapportés et qui, en effet, ont 
le sens de déployer. Norris traduit dyspïevyas, par to sltigger, 
je ne sais sur quel fondement. 

dyspyth est à rapporter non au français dépit, mais au breton 
despe~ = despéetn-s. 

dysquedhas, dyswedhy : v. plus haut discuàhe. 






Le Lcxicon Cornu-Bntannicum. 265 

dyvotter, is become : ce serait un passif en -er. C'est tout 
simplement un dérivé en -ter composé comme goscoîlcr, pou- 
vol 1er. C'est l'anglais devoidzvec le suffixe -ter; dyvotter signifie 
dénuement, état d'être vide. 

0. M., 365 : 

Ny wothen rag ponvotter 
pyth een yn gweel py yn cos ; 
o\v holen gwak dyvotter 
ru'n I kymmer hag awel bos 

« Je ne saurais savoir par suite de ma peine où aller, dans 
les champs ou les bois ; mon cœur vide, dénuement le prend 
et besoin de nourriture. 

dywenys, descending. Encore un faux sens provenant d'une 
fausse assimilation. Ce mot, dit Williams, s'il n'est pas formé 
de dyscynys (!), est dérivé de down, profond. C'est un com- 
posé de dy- = do- et de g-wan-, percer, pénétrer, sens qu'a 
parfois le gallois dywanu. 

O.M., 784: 

my a welas hy gwrythyow 
bys yn yffarn dywenys. 

dywysyk est à rapprocher non du gallois dyhewydus, mais de 
diwyd qui a exactement le sens de dywysyk, que Williams tra- 
duit d'ailleurs assez exactement par earnest, devout. 

dywhyxy, to shine (R. D. 2533. Le sens est exact ainsi que 
le rapprochement avec le gallois dyivyuu ou dywyno Silv. Ev. 
Welsh. Engl. Diet.), to shine. La forme radicale est dywyn et 
non tywyn, comme le montre la mutation : pan thywyn. C'est 
donc la forme qu'il faut restituer aussi dans Pascon ag. A ri. 
str. 243 : ov teiuynuye. Tywynnu a d'ailleurs le même sens en 
gallois. 

ehidit : v. awhesyth. 

emwysca, to strike one's self, est une forme de l'invention 
de Williams. L'infinitif est gwyscel. Le sens de battre, frapper, 
paraît être venu de la composition avec euuln : se serrer, se 

1 . Texte ru' m ; ha pawal. 



266 J. Loth. 

presser, lutter, se battre: cf. v. bret. demguescim, gl. confiietum. 

ERBEROwest le pluriel à'*erber qui représente le français (h)er- 
ber, anglais arbour (dial. erber) et non, directement, le latin 
herbarium qui eût donné herver. 

errya, to strive, content = Gwream, v. 1112: 

race errya sure war o\v fyn 
me a'th wiske harlot jawdyn. 

C'est Caïn qui parle à Abel. Il est très probable que errya 
est pour crthya, identique au gallois eirlhio, grogner, gronder, 
harceler. Dans Gwreans, -rtb- est arrivé à -rr- en passant par 
-;7;-: cf. cerras = *cerhes = cercîes (gall. eerdded); gorryb = 
gorthyb (Gwreans 1198). 

esumsyn, to undertake (Pryce): 

Or. m. 251 1 : 

na vo hyrre esumsyn 

na vyth cotta war nep cor. 

Probablement le condit. de assume : je prendrais sur moi que.. . 

ethlays, cursed. C'est une graphie de ellas (hélas): v. Stokes, 
Gwreans, p. 202, 1. 1040. 

evereth, ufereth, vanity, indique une forme avec initial, 
ce qui est confirmé par le breton euver, fade (goût), paresseux, 
négligent (v. Ernault, Gloss. moy.-bret.), et aussi par le gal- 
lois ofer qui ne saurait s'expliquer par // : les trois langues in- 
diqueraient une forme vieille-britt. *âbero-. Mais que faire de 
l'irlandais uabar? 

evy : ow map evy, mon fils à moi; evy—vevy = gall. fyfi. 

eysye, to praise, to extoll. Pasc. og. arl. str. 137 : 

Hag ythens the ben dowlyn 
hag y kewsens the scornye 
hag a gamma aga meyn 
pub on on rag y eysye. 

Le sens parait être, au contraire, celui d'humilier, moquer. 
faborden, the base in music. R. D. 2359 : 

Kenough why faborden bras. 
C'est le français faubourdon. 



Le Lexicon Cornu-Britannicum. 267 

false, it seems : c'est le futur secondaire d'un verbe dont il 
n'y a que quelques formes, dérivé de bavai, semblable; ythe- 
vel=yth hevel, il semble (Bewn. Mer. 3026). False (valse) 
a été amené par a afal- : Gwreans, 19 18 : 

marow seigh hy afalsa 

Il eût semblé mort desséché (l'arbre). Pryce a lu a f al sa. 

fara, regard, notice (P. C. 340; Gwreans, 1185). Cf. Engl. 
Dial. Dict.fare, condition, circonstance; lot. 

fas, a boasting. Williams y voit une variante de fos, mais 
fos (de Pryce) est une variante de bos= angl. boast, ce qui 
est impossible dans l'exemple visé : Pass. D. 21 10 : 

fy theugh a vosteryon plos 
awos agas fas ha tros 
ny wra bom y worlene. 

Awos agas fas ha tros signifie malgré votre face (comme on 
dit avoir le front de, en français) et votre tapage. Quelques 
vers plus haut (v. 2106) nous lisons : yn spit the Hhfas. 

fasow, weak: Gwreans, 326: Lucifer précipité en enfer 
s'écrie : 

owte ellas gallaf fasowe, 
vthesaf in tewolgowe, 
ny allaf dos anetha. 

M. Whitley Stokes ne le traduit pas; Williams suit Pryce. 
On pourrait songer à fatuus (me voilà sot), mais on eût eu 
plutôt fadow ; ffadw est donné par Pughe, mais le sens n'en 
est pas fixé. Il est plus probable qu'on est en lace d'un dérivé 
de l'anglais fease, chasser, mettre en fuite (Engl. D. Dict.). 

fay, fey, ne parait pas être une variante de feth, mais bien 
l'anglais fay, usité dans les exclamations et assertions (Engl. 
Dial. Dict.). 

fea, he would sin. Yfea est le prétérit secondaire du verbe 
substantif pour yth vea (pron. yâ w-f) = bret.-moy. e% vihe : 
Gwreans, 585 : 

Poken y whressen fyllell" 
hag y fea peth pur vras. 



268 J. Loth. 

« autrement j'aurais fauté 

et ce serait un péché très grand. » 

Peth est à lire peh (j>egti). M. Whitley Stokes l'a ainsi com- 
pris. 

fecyl, FECYLTin k : Pascon, str. 40: 

worth Ihesu ef a feck 

angl. ^rÂVt' et feckle: fichîy treacherous (Engl. Dial. Dict.). 

FEDHAF. Williams confond ici deux verbes: le verbe subst. 
et le verbe oser, gallois beiddio. Pass. D. 1429. 

my ny fedhafrak meth 

dos vu mysk o\v brudereth. 

« Je n'ose de peur de honte 
aller au milieu de mes frères). 

Ce verbe apparaît dans plusieurs passages. 
fernoyth, unclad : Pascon 50 : 

yn meth Crist a ban rug theugh 
ernoytth fernoyth ow holye. 

Le ms. porte sernoth. M. Whitley Stokes lit fernoyth (fer, 
voc. corn. gl. crus) et traduit, en conséquence par barefoot. 

filgeth, suie (Lhwyd, 21). Si le mot existe, c'est probable- 
ment un dérive de filt, variante dial. de filth, saletés, ordures. 

flous, flattery, excuse. C'est l'anglais fiout: cf. fraus = 
fraude. 

fors, aid, help. C'est le français force passé en anglais : 
nyns us fors, cela ne fait force (no forée, 110 matter): cf. J. 
Loth, mots latins. 

fra, dans le passage cité de Giurcans, v. 680 est une faute 
de lecture; le texte porte : ny dal tra, ne vaut rien. 

freth n'a rien à faire avec le gallois ffrawdd ni le breton 
freu~; c'est l'équivalent du gallois /fraeth, moyen hrct. frae~, 
auj. frea^, fre~ (qui parle haut, clair, etc..) 

Le premier sens est: qui parle bien et facilement, haut; puis 
prompt, rapide, véhément. 



Le Lexicon Cornu-Britannicum. 269 

fruit du Voc. corn, est à lire fruith=frûctu-s ; mais frut, 
frutys est emprunté à l'anglais. 

fu, a form, shape; ce serait une forme abrégée de fnrj ! 
C'est tout simplement le français vue. Le v est souvent ex- 
primé par f surtout à l'initiale et à la finale. Il y a d'ailleurs 
des variantes : fvu et même vu. Pour le sens, en voici deux 
exemples très clairs : 

R. D. 8842 : 

... ro thym an gras 
par ma feyf gwyw the gafos spas 
gvnes hythev sur yn nep plas 
may home vu ha guel a'th fas. 

« Donne-moi la grâce, tant que j'en serai digne, d'avoir 
place avec toi aujourd'hui en quelque endroit, pour que j'aie 
la vue et l'aspect de ta face. » 

Ibid. 863. On demande à Marie-Madeleine si elle reconnaî 
trait Jésus : 

A aises ta y aswonfos ? 

Mar. magd. 
Galsen y ta the'n kensa fu 

« Pourrais-tu le reconnaître ? » 
Mar. Madel. 

« Je le pourrais parfaitement à ht première vue. » 

La forme fvu se trouve R. D. 469 (lu fuw par Williams). 
Le sens a parfois quelque peu évolué; vu parfois signifie as- 
pect, apparence. 

Le fu donné avec le sens de [et 1er, me parait être le même 
mot. 

fyenasow, fyanasow, anxietv, trouble. Williams donne 
fyenas qui n'existe pas. Pour fyenasow il est à remarquer que 
le mot a quatre syllabes, ce qui prouve que fy- compte pour 
une syllabe. Le mot pourrait aussi bien signifier regrets: R. 
D. mar yw o:r fyenasow war x lergh ef } grands sont nos regrets 
(soupirs) après lui (ci. R. D. 17; 709; 2031). 

fyscy, to strike. Ce serait une mutation de gwyscel, ce qui 



270 J. Loth. 

est absurde. O. M. 1685 (il s'agit de Moyse passant la mer 
Rouge) : 

Yma Moyses pel gyllys 
yn mor, del hevel thymmo, 
a rag dywhans ow kertkes, 
an dour ow fysky a les, 
pup vr ol, athyragtho. 

« Moyse est allé loin dans la mer, à ce qu'il me semble, il 
marche en avant rapidement, faisant fuir la mer ' largement 
à chaque instant devant lui (de devant lui) ouverte. » Le mot 
me paraît identique au gallois ffysgio, se précipiter, poursuivre 
impétueusement. L. Noir 49, 15 : 

Tec nos y jjiscau escar 

L. Aneurin. 68. 17 chwerw fysgyat escar. Le thème vieux 
celtique serait: spëd-sco- ; cf. z-ï'jîm. 

fysmant, visage, contenance. Gwreans 527 (Lucifer au ser- 
pent) : 

thyth fysmant thethy a bleake 
« ton aspect lui plaira. » 

Bewn. M. fysmens 1205. 

Sur orth fysmens âge favs 
crustunyon yth havolsens. 

« Sur d'après leur visage 

ils sembleraient des chrétiens. » 

Le breton tasman a une toute autre origine (J. Loth, Mots 
latins), fysmant me semble être le vieux français viscmail, vue 
(Godefroy). 

i'yvak, edge (Lhwyd 41). C'est évidemment une méprise: 
c'est l'i ri. et écoss. faobhar, v. irl. faibur. 

gad, a hare, donné par Lhwyd, 5, comme comique, n'est 
que breton : on. aurait gas. 

1 . Le sens est peut-être intrausitif. 



Le Lexicon Cornu-Britannicum. 271 

gafe, to forgive, pardon; gefys, gevys, pardonné, gejyans, 
gevyans, pardon. Le mot me paraît emprunté à l'anglais. 

gal, wicked fellow; evil (Stokes, Bewn., 1528, 2412, base, 
ignoble). 

galsof, je suis allé. Ce mot est curieux, parce que c'est une 
composition de gall et du verbe substantif (gals-of pour gellys 
of), à moins que ce ne soit une nouvelle formation d'après 
la 2 e pers. du sg. et la 3 e du pluriel du prétérit primaire: gal- 
sos, g al son s. 

galwy, call thou, est un barbarisme : lis. gahv y : Pass. D. 
3056: 

ha gahv y dre a pup sorn an thewolow 

« et appelle-les de chaque coin, les diables. » 

garera, to leave (Lhwyd 80), me paraît un barbarisme : 
gara existe et est sorti de gase comme thera de yth eso. Il y a 
aussi quelques exemples de d devenant r : speras (Givreans 
947) = ^1'//;^, briars, brambles; cf. gallois yspaddaden, bret. 
speçet. 

gefe, gefes, geffo. Williams n'a pas plus compris que 
Norris certaines formations dites du verbe avoir: an arluth 
nangefes par; on a vu dans ces formes le verbe cafus avoir: 
nangefes = breton nendeveus; angeffo = a'ndevo ; angefyth = 
andeve% -0. 

gellas, to jest, to jokc. C'est l'équivalent du gallois cela, 
cacher; la forme comique ordinaire est celés, cacher. Gwreans 
1245 (Adam révèle à Eve le meurtre d'Abel). 

Eva nyngew the gellas 

« Eva, ce n'est pas à cacher. » 

gex, through (lis. though); dans le passage cité, c'est un 
contre-sens pris à Norris; gen est simplement la préposition 
gan, variante de gans : 

K. D. 195 (il s'agit du cadavre de Pilate) 

Drok gen y gyk ef a vue, 

« Mauvais avec sa chair il a été. » 



272 J. Loîh. 

gesky : v. plus haut cesky. 

geta, to thee Encore une mauvaise lecture ! Le texte de 
Gwreans 1063 porte au lieu de ha gela, hay gela : 

me a vyn thewhy poyntya 

service tha teag hay gela 

« Je vais vous fixer à vous un 

service bon et beau à l'un et à l'autre. » 

(rEAG = teg, beau). 

getgorra est pour eetgorra; l'un et l'autre sont deux bar- 
barismes de Pryce : cet- devient ces- excepté devant un mot 
commençant par une dentale. 

GEVAN (et non gewan), lies. C'est exactement le même mot 
que jevan, le diable : an jevan = an gevan (prononcez andje- 
vari); cf. R. D. 2282; Pass. D. 154, 1338. 

gewar, anger. Dans le passage cité (Pascal, str. 138), le 
mot paraît signifier : durement, sans pitié : 

bum pur gewar desethys 

« un coup très rudement déchargé. » 

Ou c'est di-war sans douceur, sans ménagement, ou un 
composé de de(do) + tuer; on a les deux formes awher, dou- 
leur, et wher. 

geyll, a scoffing, mockery (Patron i6>). C'est l'anglais 
guile (var. dial. geyï): M. Whitley Stokes l'a même employé 
dans sa traduction (ci. v. fr. guiler, tromper). 

giglot, a toolish laughier; a wanton lascivious girl (Pryce): 
Pass. D. 11 83 : 

a thov giglot a lynage 
a ty mar yonk an âge l 

A wanton, strumpet ; lighthearted girl (Engl. Dial. Dirl.). 
GLAN, clean, pur. C'est exact, mais le mot est souvent cm- 



1. Le texte de Norris a mar yonk que Williams a gâté en war yonk. 
Thov est une variante nécessaire pour le mètre. 



Le Lexicon Cornu-Britannicum. 275 

ployé comme adverbe dans le sens d'entièrement, comme 
d'ailleurs en breton : dyswul glan, défaire entièrement. Wil- 
liams d'ailleurs le traduit ici par quiie. 

GLOAS, lis. GLOSE (= glôs) '. GlurCClUS IO92. 

glu, hear thou. C'est ici l'adjectif glew, gallois glew, em- 
ployé adverbialement. La graphie // pour eiu, yw est fré- 
quente (pu=piw, qui): O. M. 2062: 

hag aspv ahas ha glu 

« Et épie malignement et d'une façon tenace. » 

Le gallois glew a également le sens de tenace, persévérant. 

goc, lying. Williams a confondu deux mots différents: 
goak, menteur, en deux syllabes (Gwreans 172), et goc, subst. 
d'où est dérivé gocy, gocyneih: Pass. D. 2890: arluth an goc; 
gock (et gowk) fou, innocent ; gokin, fou; auj. encore gau- 
kum, innocent (Uncle Jan Trenoodle, Gloss). 

gode, confusion: c'est une hypothèse. O. M. 2S22: 

Dro ve, gode thous reth fo 

Le sens est incertain. Ce qui est sûr, c'est que gode, qui 
peut être good ou God, n'a rien à foire avec le gallois gwaed, 
sang, dont l'équivalent comique tsigos. Norris, en note, sup- 
pose ingénieusement : gode thons, bonne danse. 

gole to hearken to, to listen to. C'est exact. C'est le même 
mot que cola, auquel Williams ne renvoie pas. Cola pour lui 
serait formé de clciccs. Il est évident que c'est l'équivalent 
comique régulier du gallois coelio, croire à. 

gollohas, gologhas, praise, laud. Le sens est prière. Wil- 
liams a rapproché ce mot du gallois goluchad dans lequel il 
a vu -uch- (le sens de goluchad n'est pas fixé d'ailleurs). L'équi- 
valent exact de golloghas est le gallois golychwyd (y ar. golochwyd) 
prières, adoration. 

golovas, the travails of a woman inchildbirth (Lhwyd 131). 
Il est curieux que Williams ait été chercher le gallois cyvly- 
chiad, fort différent comme sens, et n'ait pas songé au gallois 
gwelyfod (var. gwelyod), bret. moy. guelcvoud, vannet. gulc- 
voutt . 



274 ■'■ Loth. 

gonyc, governmcnt. ConyckeÇet non conyk) est l'anglais cun- 
ning par lequel M. Whitley Stokes L'a rendu: Gwreans 1.406: 

A skeans y fyth lenwys 
hag a gonycke maga ta. 

gorhel, ship. C'est exact. Ce qui ne l'est pas, c'est le rap- 
prochement avec le gallois gorchwyl, awork. De plus le lofgur- 
chel du voc. corn. gl. utensilia, est dans le ms. lofgurhc bel 
(Stokes, Archiv. 1. 2, p. 119). D'après M. Whitley Stokes, 
gurhe, c'est-à-dire, gurch =.*verg : lojgurch bel serait handiwork 
of thehalU (bel gl. aula, dans le Voc.) 

gorthewyth, very ccrtainly (Pascon, 155; R . D. 1035). Le 
rapprochement avec le gallois gorddiwyd est impossible; on 
eût eu assihilation et par conséquent gorthewys. 

C'est, je crois, tout simplement gor -f- diweâ. Dans les deux 
exemples cités, gorthewyth signifie : en fin de compte. 

R. D. 1035 (Thomas résiste et soutient que Jésus n'est pas 
ressuscité : 

an keth cor f ne gor ïhewyt h ny thassorghas 

« ce même corps-là, en fin de compte, n'est pas ressuscité. » 

govenec, request (O. M. 453). C'est le gallois gofynag, 
confiance, et le breton goanac, espérance. 

govys, to remember, to regard. Williams hésite entre cofio 
etgofal. Ce n'est ni l'un ni l'autre. M. Whitley Stokes a 
donné le vrai sens de cette expression: because of (Archiv. r. 
2, p. 120) et l'a identifié avec l'irlandais fobith : an govys, à 
cause de nous; am govys, à cause de moi. 

gowea, to falsify. Lisez gova pour cova: Giureaus 1848: 

kemerthy ha goer in ban 
in neb tellar tha gova. 

« Prends-les (les trois pépins) et mets-les en 
quelque endroit pour les cacher. » 

On trouve ce mot dans un fragment comique de la Bible 
avec ce sens (v. Etudes corn. II): cf. anglais cove, hollow, 
recess ? (Engl. Dial. Dict.) ou français couver. 



Le Lcxicon Cornu-Britannkum. 27$ 

gowlexwel esta lire goulenwel = cov-lenweï): P. D. 1092. 

gowheles, to lie to. C'est un gros contre-sens emprunté à 
Norris : R. D. 599 ( Un soldat de garde, Jésus étant ressuscité, 
dit que si le gouverneur se fâche, ils l'éviteront) : 

Ny a wra y wowbeles, 
rak pup ol a gar bewe. 

« Nous Y éviterons, car un chacun aime à vivre. » C'est le 
représentant exact du gallois gochelyd, éviter. 

gowsesow, speeches. Pour Williams, ce mot qui est, comme 
il le dit, une mutation, serait une sorte de pluriel de cows, 
discours. Or, très évidemment, de part le contexte, tous les 
cowses, et cowsesow, cités par lui, signifient pensées intimes, in- 
tentions (Pascon, 15, 36; Pass. D. 885). C'est l'équivalent du 
breton caoudet, gall. cendawd, ceudod = *cavitâtem. 

gre ; dans le premier exemple gre est bien le français gré. 
Dans le second, il faut lire a tbygre; dygre est composé de dy- 
= do-, et de cre, gall. cre et cref de creit, crefu, demander ins- 
tamment: R. D. 1923 (Pilate à l'empereur qui lui réclame, 
sous peine de mort, la robe de Jésus dont il est revêtu) : 

Arluth why y\v a thygre an bows 

« Seigneur, c'est vous qui réclamez instamment la robe ? » 
grltye, to pierce : a grup (Pass. c. 2120): c'est l'anglais 
creep (cf. Gwreans, 923, 917, cruppya, to creap, pierce to). 

gruyth, gwryth (Will. gwryth), office, duty (Pryce et Nor- 
ris). Le contexte s'oppose à ce sens: R. D. 876 (Marie-Mag- 
deleine veut embrasser Jésus ; celui-ci répond) : 

A vynyn ryth, na tuche vy nés, 
na na wra gruyth, na fo the les 

« ô femme, ne me touche pas de plus près, 
ni ne fois rien qui ne soit pas à ton avantage. » 

Quelle que soit l'origine de ce mot, il est clair que le sens 
ne peut être celui que donnent Williams et Norris. Le texte 
de la P. D. 2024 paraît devoir assigner à gruyth, gwryth (une 
syllabe) un sens voisin à celui de tustiny, c'est-à-dire de témoi- 



276 J- Loth. 

gnage, démonstration (extérieure): Jésus dit qu'il est venu dans 
ce monde : 

rag don dustiny ha guryth 
the'n lendury yn pup prys. 

grys : v. plus haut crys. 

guaf : voc. corn, castus; ce mot se retrouve, peut-être, sur 
l'inscription énigmatique de Grandchamp, près Vannes : gnapo 
(pour guappo ?) 

gurow, maie. Ce n'est pas une forme dérivée de gurruid 
du voc. corn. : c'est une forme évoluée degwrew, gall.gwryw : 
-ew, -vw, non accentués, en moyen comique, deviennent -ow. 

gurys, glass. (P. D. 1700); grueys, Bewn, Mer. 1288. Il 
est de toute évidence que ce mot ne peut représenter vîtrum 
qui a donné gzveder (Bewn. M. 1445), gall. gwydr; le groupe 
tr développe simplement une voyelle irrationnelle entre / et 
r, et reste: cf. bruder=brôdr). Gurys ne compte que pour une 
syllabe, ce qui, avec les formes grueys, assure une forme ancienne 
* jurys ou wryt. 

gwaeth est une fâcheuse invention de Lhwyd, 243 ; la vraie 
forme est gweth. 

gwail, stalks : Gwreans 1355 : 

me ny settyaf gwail gala 
M. Whitley Stokes traduit par : 

Will set (the) value of a straw. 

C'est bien le sens qui paraît naturel, mais quelle est la va- 
leur exacte du mot? 

GWAYAH, to move; cf. B. M. 3574, .4098, ^//(7y<7. Ce mot 
n'a rien à taire ni avec le breton finva, ni avec le gallois 
chwyfo. C'est l'anglais way. 

gwerdhour, a channel ol water. Il est évident, d'après le 
contexte, que c'est un nom de lieu : O. M. 2591 : 

Warbarth ol gweel Behcthlem 
ha côys Penryn yn tyen 
my as re lemyn theugh why, 
hag ol Gwerthour 



Le Lexicon Cornu-Britannicum. 277 

C'est probablement le village dont Pryce écrit le nom 
Gwarder. 

gwet, gweytyens, gweytyeugh. Ce verbe n'a rien que le 
sens de commun avec le verbe comique gwythe ; gwet et ses 
dérivés représente l'anglais tuait qui a le sens de watch en 
moyen anglais (Smith, York plays, Gloss.) 

gwethyn, weaved. Voici le texte (Pascon, str. 151): 

Kerdyn gwethyn yn mesk cronow 
may fions hyblyth the gronkye 

Il y a une syllabe de trop dans le premier vers; aussi 
M. Whitley Stokes propose-t-il de lire : 

Kerdyn gweth yn mesk cronow. 

Mais dans le ms., la spirante dentale de gweth est exprimée 
par le signe orthographique qui indique la spirante dentale 
douce et n'est jamais employée à la fin d'un mot. De plus 
gweth, que M. Whitley Stokes traduit par plaited, ne peut 
s'expliquer ; le participe du verbe laisser gwea serait gwcys, en 
deux syllabes : à mon avis, il faut lire : 

kerdyn gwethyn mesk cronow 

« des cordes souples au milieu des tenailles. » 

Gwethyn =gall. gwydn, tenacious, breton gue%n (fort à rom- 
pre), auj. g-wen (vannet. gwên, souple et résistant): sens qui 
est assuré ici par le vers suivant : may fans hyblyth the groncye 
(that they might be pliant to beat). Le groupe -In- devient, 
en comique -an-, avec voyelle irrationnelle, s'il n'y a pas 
dérivation; ethen, oiseau = (p)etno-; lothnow 1 , bétail (mais 
lodn). Les voyelles irrationnelles, en général, en comique 
comptent dans la mesure. 

gyc, noise: lis. gycke: Gwreans 535 (c'est le Diable sous la 
forme du serpent qui parle) : 

me a vyn mos heb gwill gycke 
in wethan pur smoth... 

1. Pour todn, lodnow, v. plus bas lodn. 

Revue Celtique,' XXIII. 19 



278 J. Loth. 

Gycke paraît être l'anglais geck (et £ïV£), moquerie, dérision 
ÇEngl. D. Dict.). 

GYFFE, GYFFY, GYFYF, GYFYX : Y. plus haut 'gefe. 

hanys, from thee. Ce sens est impossible dans- le passage 
cité : Gwreans 1547 (c'est le serviteur de Lamec qui lui parle): 

me a weall un lodn pur vras 
han(y)s in bus h ow plattya 

C'est peut-être le breton hanat (anal), clairement, gall. 
anad, peut-être avec l'évolution de sens qu'on remarque dans 
le gallois yn anad, tout particulièrement; hanys aurait le sens 
de remarquable; peut-être est-ce un dérivé de hen, vieux. Quant 
h. plattya, c'est le moyen anglais platte, sit down, sit flat (York 
Plays, Gloss.) 

hardh : c'est l'anglais hard. 

harlyth, exactly : lis. barlych, O. M. 2515 (cf. Stokes, Ar- 
chiv. I, 2, p. 165): c'est l'anglais hardly (moyen anglais har- 
dely, boldly, certainly : York Plays, Gloss.) 

haus, donwwards, do\vn(0. M. 1780): à corriger en bans 
(Stokes, Archiv., 1, 2, p. 164): yn bans est une expression 
assez commune pour y m nans, dans la vallée, en bans (Bew. M. 
inhans, 440, 3919). 

hawlsoxs, thev shouted : c'est l'anglais bowl. Quant à bel- 
ivys, c'est probablement le parlait comique de balloo. 

hedhy, to reach at, to reach. Williams le fait venir de hed, 
longueur, et en rapproche le gallois bydu, bret. beda, ce qui 
est, naturellement, impossible: c'est le gallois hacddu, qui, 
outre le sens de mérita, a aussi celui d'atteindre (et. Stokes, 
Gloss. to Bnun. M.). 

hel, slow: O. M. 461 : 

Abel pe feste mar bel, 
ny gothe thys bones bel 
ow mones the'n sacrefys. 

Je ne sais sur quelle autorité Williams fonde ce sens. 

HELLYRGHYS (hcllyvchy, to hunt) : ce participe me paraît 
avoir un rapport évident avec bolergh: Pan o pur holergb an 
gyth (Pascon, str. 244). Bethsabée dit au roi David qu'elle 



Le Lexicon Cornu-Britannicum. 279 

ferait sa volonté, si elle le pouvait sans crainte d'être épiée, dé- 
couverte ? : 
O. M. 2118: 

A callen hep kelladow 
ha doat ow bos hellyrghys. 

holergh a dû signifier d'abord: facile à suivre à la trace (pour 
bo=hô, cf. hoguï). Il est possible que holergh soit composé 
de bol, suite, et de lergh. 

hogen, mean, vile, evil; mortal (ces sens sont pris à Pryce). 
Voici les deux passages où se trouve ce mot. O. M. 212 
(Dieu le Père à Adam après la faute) : 

mylyge a wraf defry 

an nor yth whythres hogen. 

Gwreans 99 (Dieu créant les arbres fruitiers) : 

ow blonogath y\v henna 
may tockans omma pur splan 
frutes thom both rag maga 
seyl a theyg bewnans hogan. 

Dans ce dernier exemple, il est difficile que hogan signifie 
misérable, déplorable, ou même mortel : la faute n'a pas été 
commise. Si ce sens était assuré, hogen serait l'équivalent ré- 
gulier du gallois hy-gwyn, qui donne lieu à plainte, misérable; 
pour la phonétique, cf. holan, se\ = haloin (voc. corn.). En 
dehors de cette hypothèse, il n'y a à rapprocher de hogen que 
la conj. gall. hagen, breton hogen, cependant, encore. Mais 
pour le sens, il faudrait donner ici à hogen, le sens de désor- 
mais, ce qui est difficile à concilier. Il faut remarquer que 
hagen, en gallois, ne se met pas en tête de la phrase. 

honys, named : c'est un barbarisme provenant d'une mau- 
vaise lecture : lisez Tronys, les Trônes (Gwreans 41). 

horvenow, prop, support (Or. M. 2322); Norris le traduit 
par scaffolding. Il semble que le mot soit l'anglo-saxon hweorf 
poulie (il s'agit probablement de poulies pour élever les maté- 
riaux de la construction ? 

hudhy : v. hutyc. 



280 J. Loth. 

hutyc, glad, joyful. O. M. 2818: 

Duwon vn y corf an meek, 
ny vyth hutyk y golon. 

Il est sûr que hulyc est pour huthyc; mais ni huthyc, ni buthy 
ne sont a identifier avec le verbe signifiant s'enfler qui est 
hoihfy (Bown. M. 445 8) ou le verbe signifiant souffler : whethe 1 . 

Us sont, au contraire, à identifier avec hueth que Williams 
a transcrit par hwedh ; or /.;//r//; rime avec cueth ; l'orthographe, 
sans parler du sens, est décisive. Hueth, buthy, \but(h)yc re- 
présentent, comme prononciation bôâ, ce qui nous amène au 
gallois bawdd, qui a le sens ordinaire de facile, mais qui, évi- 
demment, n'est que l'apophonie de la même racine que hedd, 
paix. Dans les exemples comiques (pour hueth, Pascon ag. 
arl. 225 ; pour hutyk, O. M. 2818; pour buthy, R. D. 483 ; 
1877), le sens de tranquillité, paix, calme, joyeux, est évident. 
Pour ce doublet, cf. irl. consâdu, compono (degré e: irl. sid, 
paix=*m/af ; cf. Stokes, Urhelt. Sprachsch. à sed, sitzen). 

hwitel, a taie, est une forme donnée par Lhwvd (arch. 
243) et fort peu vraisemblable, à cause de la forme authen- 
tique wethlow. 

hynwys, mild, placid, gentle : Pascon ag. arluth, 24,217: 

In aga herwyth y thèse un marrag Longis hynwys, 
dal o, ny wely banna, ef rebea den a brys ; 
gew a ve yn y thewle gans an Ethewon gorrys 
ha pen lym rag y wane the golon Ihesus hynwys. 

Le sens donné a été suggéré par une fausse étymologie 
de Williams, comme il ressort d'une note de M. Whitley 
Stokes, p. 97, qui l'a adopté : il rapproche hynwys du gallois 
by-naws, ce qui est contraire aux lois du comique : on eût eu : 
be-nôs qu'on eût trouvé écrit heuues, benus ou heues. Hynwys 
se trouvant à la fin de la première ligne et de la quatrième, 
il y a les plus grandes chances pour qu'on soit en présence 
d'une erreur de scribe. 



1. Pour hoihfy, d. moy. bret., cottt-i,yj], enfler (a co + boueçvyff, gall. 
chwyddo; pour whethe, ci. gall. cliwytlm, bret. chwe^a, vann. c'hwehin'. 






Le Lexicon Cornu-Britannicum. 281 

iag, a cure, remedy. C'est tout simplement iag(h), sain, 
guéri; il n'est pas très rare de trouver h omis dans les spi- 
rantes : P. D. 2817 : 

Hemma yw sur iag a'n pla 

« Celui-ci est sûrement guéri de la peste. » 

iar, stalk (Lhwyd, 245). Le texte et la traduction, empruntés 
à Lhwyd, sont clairs: An lyziian bian gen iar nedhe% c~ a tivi 
en an halow nei, e% krcie~ Pletb Maria « the small plant with the 
twisted stalk (which) grows on ow hill, is called Plelh Maria ». 

Lhwyd a eu soin, par l'apostrophe, dans gen i'ar, de mon- 
trer qu'il s'agissait du pronom possessif et d'un substantif: i'ar 
= i gar, sa jambe, métaphoriquement, sa tige. Le substantif, 
qui est féminin, a été traité comme un masculin. 

jaudyn, an obstinate wilful fellow, a rascal. P. D. 367 Gow 
a lever an iaudyn (cf. ibid., 1691; 1792, 1894). M- Whitley 
Stokes (Archiv. I, 2, 123) propose d'y voir Jordan pour joarden : 
B. M. 778 ionden. 

JEFFO, JEVES: V. GEFFE. 

lâcha est une détestable orthographe pour lagha, laha. 

lafur, n'est naturellement pas à rapprocher du breton la- 
bour, mais bien du breton lanr=-lavur, gall. llafur. Si je lais 
cette remarque, c'est que certains linguistes ont lu pour le 
breton laitr et ont cru à une prononciation laour ! 

lathyf, to lay or place. Le sens Rattacher, clouer, est évident 
dans ce passage de Pascon, 'str. 179 (H s'agit du crucifiement) : 

Hay yll troys a ve gorris 
poran war ben y gelé, 
worth an grows y fons lathyys 
gans kenter gwyskis drethe 

(Cf. O. M. 2480: lathye). 

C'est probablement l'anglais latch. 

lavalow. Cette forme donnée par Lhwyd (10) se trouve dans 
un chapitre de la Genèse qui accompagnait le Mouni Calvary. 
Elle vient d'une assimilation amenée par l'article: 'n-avaJow 
(an avalow). 



2$2 J. Loth. 

lawan, birds, fowls. M. Whitley Stokes (Gwreans, 1721) 
traduit ce mot par fiends . Cf. plutôt gall. Uoiuion, rebut (the 
refuse of hemp or flax). 

lawethan, fiends. D'après le contexte, c'est le nom d'un 
démon, le collègue de Belsebuc. 

R. D. Belsebuc ha Lawethan 
dylleugh luhes ha taran. 

Ibid., 137 (le démon Toulfryc s'adresse à son compagnon) : 

ha my caugeon Lawethan. 

Il est possible que lawethan soit un mot comique: cf. gall. 
llauiethan et llywethan, anguille. 

legradz, a reading, varying (Pryce). Le sens réel est cor- 
ruption. C'est dans ce sens que Lhwyd (223) emploie ce mot 
qui est identique au gallois llygriad. 

lemman, lemmyn. Williams a confondu, sous la même ru- 
brique, deux mots totalement différents : lemman, lemmen, lem- 
myn, maintenant, etlemmyn, mais (Gr. Celt. 2 618, 621). Il est 
possible que lemtnyn qui répond au gallois namyn=*namwyn, 
soit en rapport avec le breton lemel, enlever (Jcmcl pour * ne- 
mel ?). 

len, a ling fish. Il faut lire lenesow: D. M. 138: 

y rof hynwyn the'n puskes : 
porpus, sowmens, syllyes, 
ol thym gustyth y a vyth, 
Jcnesow ha barfusy 

C'est probablement un lieu; lenesow serait une contraction de 
leanesow: cf. bret. leanec, lieu (cf. pour la contraction, len = 
laiaii). 

loc, sight; traduisez geôle , prison'. P. D. 2329: 

Fysteneugh, a thew pen cok, 
dreugh an prysners ol y m loc. 

Cf. B. M. 3375. C'est l'anglais loch. 

lodn, bullock : proprement bête à corne. Comme l'a fait re- 
marquer M. Whitley Stokes (Givrcans, note à vers 147 1), lodn 



Le Lexicon Coïnu-Britannicum. 283 

est une forme moderne de Ion (ibid., 1569), identique au gaé- 
lique Ion, elk (Highl. Soc. Dict.). C'est un mot différent et du 
gallois llwdn, et du breton lo~n, loen. La phonétique comique 
exigerait pour la correspondance de ce dernier mot avec le breton 
et le gallois, lothen. En revanche, la forme lothnow (cf. whelhloiu) 
est un pluriel régulier d'un mot identique à llwdn, lo%n. 

lorel, a vagrant (O. M. 1504; P. D. 1125). C'est l'an- 
glais lord que MissL. Toulmin Smith traduit par bad, wôrthless 
fellow (York Plays, 258, 113 : cf Glossary). 

lued, lyys, mire, mud. Lucd est une forme de Pryce à la- 
quelle il n'y a pas à s'arrêter. Il va sans dire que lyys ne peut 
être comparé au breton lou^. Lyys est identique au breton lebid 
et au gallois llaid = *legîto. 

lysten, napkin, towel (O. M. 808, 840). C'est l'anglais 
dialectal listin(g), usité en Somerset (the edge or selvedge of 
flannel or cloth). 

machteth, mayteth : à noter la singulière remarque qu'il n'y 
a rien de semblable en breton ni en gallois (bret. matc^, vannet. 
matec'h = *maditeth ; gall. machteith ap. Livre Noir 60. 1). 

maen est une graphie de Lhwyd, 150. La forme comique 
véritable, pour le sg. est men. 

maes n'existe pas en comique moyen: la forme est mes. 

maithes est un barbarisme de Pryce pour maghteth. 

malbew, in any wise. Il est évident d'après tous les passages 
connus (Gwr. 813, 1290, 1459, B. M. 1581) que c'est une 
exclamation, une imprécation. Malbew ne saurait être séparé 
de malbe, dont le sens, au moins, est assez clair dans plusieurs 
passages de B. M. (864, 1019, 1478): malbe dam, malheur, 
malédiction sur moi. Le sens de mal est clair dans ce passage 
de B. M. 3746: mal myscheff régis doga, qu'un mauvais acci- 
dent vous emporte (înavl 1408, 1469). Comme l'a fait remar- 
quer M. Whitley Stokes, c'est évidemment le français mal. 
Malbew a le sens de malbe d'après B. M. 3303. C'est tout sim- 
plement, je crois, le français mal beau, le beau mal, c'est-à-dire 
épilepsie (ùodefroy, à mal subst) : malbew, par l'épilepsie ! 
L'épilepsie me prenne ! 

manan, unless, if not : iiianan gejjo (Pascon, 150) est à lire 
ma nangeffo = ma nandeffo (verbe dit avoir). 



284 J Loth. 

mans, voc. corn, niancus, se trouve dans B. M. 695, 787, 
4182, 421 1) et représente, comme je l'ai montré, le français 
mans; le breton manc= lat. mancus. 

mayn, a friend, est une invention de Williams ; il a pris 
mayny pour un pluriel et en a extrait un singulier mayn: c'est 
le v. français mesnie, angl. meyny (Gwreans 465). 

medh, shame, devrait être écrit nieth, même d'après le sys- 
tème orthographique de Williams (bret. mc^, vannet. meh = 
'"'iiielh; cf. gall. methu). 

medhan, sous medha; to be ashamed (Gwreans, 825): Eve 
menace de s'en aller, si Adam ne goûte pas la pomme : 

Mar ny vethaf ow desyr. 
neffre nyn gwellaf omma 
methan un spyes 

« si je n'ai pas mon désir 
jamais je ne te verrai ici J , 
je l'affirmerais, un moment. 

C'est vraisemblablement un temps de methes, parler, gall. 
meddu (breton e me^, c me). 

melen : mar velen, yn felen (a Pascon, 183 ; O. M. 2653) : la 
forme radicale est belen (cf. B. M. 449 belen, 458 belen): 
c'est le français vilain: cf. gall. bilain, bret. bilen. 

melhues, melhuet, a lark. C'est une erreur de Lhwyd 
(arch. 11). Je ne serais pas très surpris que Lhwyd rencon- 
trant le comique mclhucs, limax 2 , ne se soit mépris sur le sens, 
et hanté par le breton alhoueder et ahiuda, ne soit arrivé à cette 
forme extraordinaire. Pour le vrai nom de l'alouette, v. plus 
haut azt'hesyth. 

mellya, to meddle with. Ce mot n'a rien à voir ni avec le 
gallois ymhel, ni avec le breton emellout : c'est l'anglais moyen 
mell, to mingle, to meddle : to màke and incll, to work and 
act (Smith, York Plays, Glossarv). 



1. Je lis nyth: on attendrait plutôt : nx'in gwylytX methaf. 

2. Voc. corn, melyen (meîpen), limax; la forme moderne donnée par 
Lhwyd est molhuii^han. 






Le Lcxicon Cornu-Britannicum . 28$ 

meuch (meugh), quickly, soon : P. D. 11 18 : 

. . . pyv a whyleugh ? 

Ihesu rum feyth a Nazareth, 

nyn gevyth meugh. 

Williams traduit nyn gevyth meugh par nous le trouverons bien- 
tôt. C'est impossible : gevyth ne peut-être une mutation de 
eafus : nyngevyth est la forme du futur 3 e pers. d'avoir: il n'aura 
pas (de moyen d'échapper ?) Cf. angl. maug, mug, décamper 
(Engl. Dial. Dict.)? 

meyny, within, in : c'est le même mot que mayny (y. plus 
haut). 

milen (mylen) : v. melen : c'est le même mot. 

mocha : mauvaise graphie pour tnogha = bret. muihaff, gall. 
nnvyaf. 

mose, to remove, to send away. Dans le deuxième exemple 
(Gwreans 972), vose est peut-être môs, aller (= ruons, mones) : 

parys yw genef pub tra 
tha vose thothans alemma 

Cependant l'ange est chargé de porter deux habits à Adam 
et Eve, ce qui rend le sens d'envoyer vraisemblable : vose n'a 
qu'une syllabe. 

Dans l'autre passage, le sens est moins clair, mais en re- 
vanche, le mot ne saurait avoir celui que lui attribue Wil- 
liams : 

P. D. 1793. Un soldat dit à Hérode que ce serait pitié de 
donner un si beau vêtement à Jésus. Hérode répond : 

Thotho ef me an vossaw. 

mothow, failing (O. M. 1226). C'est vraisemblablement 
un dérivé de nielb, gall. met h, a fail. 

mousegy, to stink. Ce mot ne saurait être rapproché du 
bret. moue~a, vannet. nnuehein. C'est un dérivé verbal de mo- 
sek, puant (B. M. 2 131); gall. mws, bret. mouicn, femme 
sale. 

much : voc. corn, filia. On y a vu une corruption ou une 
faute pour merch, ce qui est très invraisemblable. Much est 



286 J. Loth. 

assuré par le gallois uch, usité pour fille dans les généalogies 
et qui est pour much, comme ap pour map. 

murs, unless (P. D. 1764): lis. mars (Stokes, Archiv., 1. 2, 
168). 

mus, mad : R. D. 971 (Thomas à Barthélémy): 

A Bertyl, asoge mus 
ha goky dres ol an dus ! 

Vraisemblablement, l'anglais muJ, a silly, stupid person 
(Wright, Engl. Dial. Dial.). 

MLscoc(ef. mnscegy, muscocneth), mad, àmazed(P. C. 961). 
Comme Williams, M. Whitley Stokes rapproche ce mot de 
l'irl. mesgach, intoxicated. Cf. plutôt angl. miscook, to misma- 
nage any business, to bungle. 

myc, a discovery : Gwreans, 536 (Lucifer sous la forme du 
serpent annonce son plan) : 

hag a vyn mos heb gwill gycke 
in wethan pur smoth heb inycke. 

Le sens ne peut être celui que donne Williams. 
nabow, lie will know : R. D. 2120: 

me annabow dyougcl 

yth o fe deaul kyns merwcl. 

M. Whitley Stokes lit annabow au lieu de an nabow (Arch., 
1, 2, 173). On y voit une tonne de même composition que 
le gall. adnabot; mais il y a à cela plusieurs difficultés; la ter- 
minaison ow ne s'explique guère; de plus, on attendrait plutôt 
en comique une forme analogue au breton a~navoul (cf. 
aswonjos, reconnaître). L'origine de ce mot me paraît dou- 
teuse. Je serais tenté de lire: me an avow; et. Gwreans an 
bys, v. 480: me an ivre; v. 2353 : ///(' an advow. 

nan, not, that not : nan geffo, nan geves, sont des formes 
du verbe dit avoir : il faudrait lire : na'ngeffo, na'ngevesÇcî. bret. 
nendeveus): v. geffe. 

nans, now. Dans le premier exemple (O. M. 165), nans 
dans l'expression yn nans signifie en bas (mot à mot, dans la 
vallée') : v. plus haut, bans. 



Le Lexicon Coi nu-Bi itaiiiucum . 287 

nea, to deny : Gwreans, 1277 (Eve chasse Caïn) : 

rag henna voyd a lema, 
na whela agen nea 

« à cause de cela, hors d'ici ! ne 
cherche pas à nous ennuyer. » 

On aurait pu songer an breton nec'ha ; nea eût été pour neha, 
negha; mais un autre passage de Gwreans montre clairement 
que c'est une forme syncopée de annea, ennuyer : 

Gwreans, 121 5 (Caïn dit à son père qu'il est inutile de 
s'épuiser en malédictions, qu'il va le débarrasser de sa pré- 
sence) : 

nyngew reis skemyna moye : 
nyth anea 1 , perth ge cove, 
na o\v dama in teffrye 

« Il n'est pas nécessaire d'excommunier davantage : 
je ne t'ennuierai plus, souviens-toi, 
ni ma mère, sérieusement. » 

Le verbe annye, annya, to annoye, se trouve aussi dans B. 
M. 2054, 3637. Il y a à rapprocher plus spécialement de nea, 
l'anglais mov. nxe, injurv, annoyance (Chester Plays, p. 29, 
1. n). 

nedhow, news. Il fout lire annethow, qui est pour annothow : 
cf. gallois annoeth, insensé. Le sens serait: des insanités. R. D. 
(Thomas reproche aux disciples de répandre de faux bruits de 
résurrection) : 

nynsough lemmyn gowygyon, 
o\v mos dres pow, flatturyon 
o\v leverel annethow 2 . 

negis, errand, message. Ce mot est toujours rapproché de 



1 . Texte a nea. 

2. On pourrait, à la rigueur, songer encore à an~\- hecÇoii:, des choses 
qui troublent : au , privatif, et haf, paix (gall. anhedd), mais le sens et la 
forme ne sont pas irréprochables. 



288 J. Loth. 

negotium, avec lequel il ne peut, phonétiquement, avoir aucun 
rapport. Si le mot est emprunté au latin, il faut le rapprocher 
de necesse (mihi necesseest : on a dû avoir d'abord des tournures 
en gallois, comme neges yw i mî). 

nygethys, that which rlieth, birds. O. M. 914: 

Gorreugh an fais nygethys 

Cf. B. M. 2448, negethys,jjj. M. Whitley Stokes dans son 
Glossary à B. M., le tire du français nique, niche (à plostethes), 

ce qui parait difficile. En tout cas, nique, niche n'a rien a faire 
avec le moyen breton, nichiff, s'affliger, chagriner, verbe du 
même thème que nech, chagrin, gall. nych, nychu 1 . Cf. angl. 
nicky, a loolish person (Engl. D. Dict.); v. f. niqueter, faire des 
niaiseries. 

oax, a lamb. C'est une graphie équivalente à on. Cette re- 
marque peut paraître superflue; elle a pour but d'empêcher 
certains celtistes de rapprocher cette forme plus spécialement 
du breton moderne oan, évoluée de oen. 

omgwedhe, to cover one's self (Gwreans, 858): giucthen 
dans omgwethen est à rapprocher non de euthe, mais de qitctb, 
vêtement, quethens, ils couvrirent, qui n'est probablement pas 
un mot celtique : que- représente hue-, en comique; queth, par 
conséquent, n'a aucun rapport avec cuâ-. Il ne parait pas non 
plus représenter gweâ- contenu dans dysweth et dysqueth : on 
eût eu omweth 2 . Ce qu'on peut à la rigueur supposer, c'est 
que la forme queth a pu être amenée par dysqueth (v. plus haut 
à discudhe) : v. queth. 

pagya, homicide: Gwreans, 171 5, 1720; c'est le français 
page, avec le sens de gaillard (ce gaillard-là). Dans le York 
PIa\s, page a le sens de lad. Il est encore possible qu'ici pagya 
représente le h. page, paysan, rustre. 

parc, a park (Prvee). Le mot est conservé dans bon nombre 
de noms de lieux. Comme le breton parc, c'est un emprunt 

1. M. Whitley Stokes (Alt. Kek. Spr.,p. 1 90) a lui-même comparé nechif, 
nech à nych. Il serait possible que nych, nech se rapportassent à l'irl. uess, 
blessures (* iiclcso). 

2. Il est vrai que dans l'écriture les mutations ne sont pas toujours indi- 
quées. 



Le Lexicon Cornu-Britannicum. 289 

français. Il s'est glissé, à propos de ce mot, une erreur dans 
le Glossary to B. M. A propos du mot pargh 1 , dans lequel 
M. Whitley Stokes voit, à tort, je crois, le latin parcus, qui 
épargne ; le breton moyen parc, parcus, est cité. Or, dans le 
Catholicon, auquel cette citation est empruntée, il s'agit de 
parc, champ: Parc g. (gallicé) id.; 1. (latin), parcus. 

parthy, to honour (Pryce). C'est une graphie inexacte pour 
parhy, parghy ; après r, de bonne heure, //; et ch se réduisirent 
à h; de là des confusions (cf. gall. parchu). Parthy est une re- 
constitution, d'ailleurs inexacte: Pryce donne l'impératif parïh 
(parb). L'infinitif régulier est perthy (perhi) donné plus loin par 
Williams. 

pegans, nécessaires of life, instruments nécessaires. C'est là, 
en effet, le sens de ce mot : Gwreans 983 : 

âges tooles tha ballas 
hages pegans tha neiha 

ytowns parys. 

Le sens se rapprocherait de utensilia. M. Whitley Stokes 
(Glossary to B. M.) le traduit par pittance. 

pegya, to cease. Le passage de Pascon où ce mot se trouve 
est embarrassant, dit Williams. En tout cas, la traduction est 
en contradiction absolue avec le contexte. Il s'agit des miracles 
qui accompagnèrent la mort de Jésus, et en particulier de 
l'obscurité qui se répandit sur la terre. Le narrateur, à ce 
propos, dit (Gwreans, 201) : 

In délia hy a begyas 
bys hanter dyth yredy. 

Il est clair, en comparant le texte des Evangiles qui nous 
disent formellement que l'obscurité dura depuis la 8 e heure 
jusqu'à la 9% qu'il faut traduire: « Ainsi elle (l'obscurité) 
dura jusqu'à midi. ». C'est le sens du breton padout, identique 
au verbe comique, avec une différence dans la dérivation : pe- 
gyas suppose pedio ou fedia, forme équivalente au gallois 



1. Pargh est leparch, gallois, signifiant respect: riynsus pargh, on ne res- 
pecte plus rien, on n'épargne personne. 



290 J. Loth. 

peidio. Pcidio, comme je l'ai prouve par un passage des Mabi- 
nogion, a eu aussi le sens de supporter, endurer (J. Loth, Mots 
latins) 1 : V. plus bas peys. 

perfo, que Williams tire de péri est probablement prefo, 
prouvera (cf. perne pour prenè). 

pesgwytii, as often as {Gwreans 2502) : 

an gamthavas in teffry 
pesgwythe mays gwella why hy. 

Williams a raison peut-être contre la traduction de Gwreans 
(that you see it always). Il est difficile ici qu'on ait affaire à 
bysqueth. Pesgwyth est pour pet gzuyth, combien de fois, em- 
ployé dans un sens relatif. 

peyn, peynys. C'est l'anglais pain, pains. Williams a le tort 
d'y voir une forme de poen : cf. ponow; le sg. eût été pon (cf. 
ponvoi). 

peysy, to drop: un des plus gros contre-sens de Pryce : O. 
M. 1082 (on est au commencement du déluge) : 

Ota cowes pur ahas \ 

nys pyrth den m ara peys pel 

« Voici une ondée tout à fait odieuse, 

nul ne la supportera si elle dure longtemps. » 

C'est le même verbe que pegya, plus haut. 

plattya, to couch. C'est l'anglais moyen platte, sit down, 
sit flat (York Plays, GJossary). 

pose, to lean. Dans les deux exemples donnés (Pascon 206, 
205), ce verbe n'est pas une variante de poivesy, reposer ; c'est 
le français poser. On pourrait aussi songer à un verbe dérivé 
de pos, lourd: cf. gall. p-wxso, bret. pzue^a, poser sur : pwyso ar, 
bret. pwi\a war (van. pweçein ar) peser sur. 

precyows, altogeiher. Gwreans 2212; le ms. apreshyons; 

1. L'emprunt -latin à pati-re n'est pas démontré. Il est de plus possible 
que deux verbes différents soient cachés sous le gallois pcidio. 

1. Norris n'a pas compris ahas ; qu'il traduit par without ceasing : ahas = 
gall. achas, verv hateiul (* ad-casti-). 



Le Lcxicon Cornu-Britannicum. 291 

M. Whitley Stokes le corrige en preshyous. Mais O. M. 418 
donne aussi precyons : 

Gwreans : presbyous bavai thom honyn 

O. M. : precyons ha haval thum fas. 

pryweth, a space of time. C'est une conjecture; le texte de 
Norris porte pryuetb, le ms. priueth. 

pusorn, a bundle; the burden of a song\ Rien ne justifie ce 
sens : R. D. 542 : 

vynytha na theppro bous ; 
me a'n kelm avel pusorn. 

Ibid. 2353 : Ha ty, Tulfryk, pen pusorn. 

Quant à pusorn, dans l'expression peu pusorn, traduit par the 
burden of a song, c'est une de ces absurdités comme on n'en 
rencontre que dans Pryce, qui en est, en effet, responsable. 

pyment; pymeth, drink, liquor: O. M. 1915 : 

yn pow ma nynsus guel guyn 
rag hemma y\v pyment fyn. 

C'est le français piment, boisson composée de miel et 
d'épices. 

Si pyment est exact, en revanche, le pymeth qui, d'après 
Williams, en est un équivalent, n'existe pas ; il faut lire en 
deux mots : py meib : O. M. 2294 : 

kyn mos eyf ten guyn py meth 
« avant d'aller, bois un coup de vin ou d'hydromel. » 

pyst, blackish, dull : O. M. 2641: Vengeans thys, a pen 
pyst. Cf. B. M. 2438: Ty, vyl pen pyst. M. Whitley Stokes 
le traduit (Glossary to B. M.) par brayed et le tire du latin 
, pistus, ce qui est peu vraisemblable. 

queth, vêtement. Ce mot doit se trouver en anglais dialectal. 
Il est probable que quetb représente icbeâ (ci. quat=what, dans 
les York Play s). Je ne trouve, il est vrai, que wede, vêtement 
(York Plays). V. cependant omgwethe. 

rach, care. P. D. 2722 : 

me a wysk, so God me cach, 
ha henna sans mur a rach. 



292 J. Lot h. 

Il est clair que rach équivaut à ratch ou radj, puisqu'il rime 
avec cach, c'est-à-dire catch. C'est l'anglais rage, fr. rage. 

ras : dans plusieurs exemples, comme le fait remarquer 
M. Whitley Stokes (Glossary to B. M.), ras n'est pas la mu- 
tation de gras, mais représente le gallois rhad, grâce, irl. 
ni th. 

reonte, case. Le ms. porte ironie (O. M. 175 1, 2079), 
comme dans B. M. 1867, 2018, 2042. Le sens de royauté est 
très clair dans B. M.; dans les deux passages de l'O. M., le 
sens paraît être respect, honneur. 

roweth, bounty, liberality. Le sens est biens, richesses (O. 
M. 884; B. M. 313, 357, 4539). C'est le gallois rheuedd, et 
rheufedd; cf. irl. an-rô, adversité (v. J. Loth. Archiv., 1, 3, 
p. 470). 

ryth, woeful (R. D. 851; 875). Williams l'identifie avec 
wryth (gruyth, guryth) qui est substantif et paraît avoir un 
sens différent. Rnlh a été rapproché par M. Whitley Stokes 
(Kuhn's Bcitr. Y) du breton rcu~, reuçeudic, malheureux, cou- 
pable. Ryth rappelle-t-il l'anglais moy. rezuthe, pity ? (York 
Plays). Le ruthy de B. M. 908 s'y rapporte peut-être: appi- 
toyer, apaiser ? 

sawthenys (P. D. 6io); c'est le breton saou^ana; la trad. 
mislead n'est donc pas tout à fait exacte; surpris, pris au dé- 
pourvu, rendrait mieux le sens. 

SCHYNDYA, SKYNDYE, SYNDYE, tO lllirt (P. D. 1)47; O. M. 

288, 1778, 2133; Pascon 62, 74, 223). C'est le moyen anglais 
shende, to ruin, disgrâce (York Plays, Glossary). 

scornye, to contend ; c'est l'anglais scorn, fr. escorner, faire 
affront, se moquer. Williams le traduit par moquer dans R. D. 
918. 

scruth, a shiver. Pascon, 254. (Les femmes aperçoivent 
l'ange sur le tombeau de Jésus résuscité): 

scruth own mur a's kemeras 

On a rapproché ce mot du gallois ysgryd; M. Whitley 
Stokes a fait remarquer avec raison qu'on tût eu, dans ce cas, 
yscrys. Lui-même l'a comparé au gallois ysgrutb, ysgrytbu, to 
quiver, mais il est peu vraisemblable que // représente w. 



Le Lexicon Cornu-Brhanmcum. 293 

scusy, to escapc: c'est l'anglais scud, en anglais de Corn., 
auj. skeses, skeyee, to run away, frisk about (Uncle Jan Tree- 
noodle). 

scuth, a plight. R. D. 2519: 

me yw myghtern re wruk cas 
ol rag dry Adam ha'y bas 
a tebel scuth. 

Le mot rime avec rutb (rouge). 
Ibid. 2570 : 

Ha fattel duthys yn ban 
dre the gallos the honan 
lia war the corf mar drok scuth. 

C'est probablement un emprunt anglo-saxon : scyttdan, va- 
riante de scecîdan, to scathe. 

scyl, waste, dust : O. M. 2720: 

mar venys avel skyl brag 

« aussi menu que... de malt. » Cf. anglais scyl et scicll, shell ? 
scyle, base, foundation. Williams y a vu le gallois sail, d'où 
sa traduction. M. Whitley Stokes s'est rangé à cette opinion 
(Pascon, p. 92). Il n'est pas impossible que scy- représente^'-; 
mais il est bien invraisemblable que scy- représente se- ; sail 
donnerait en comique, sel (voc. corn, sel, fundamentum). De 
plus, il faut remarquer que scyle a partout deux svllabes. Voici 
les passages où ce mot paraît. Pascon 116. 

Yn meth Pilât : « scyle vas 
me ny gafe, rum lewte » 
na byth moy ef ny gavas 
prag may fe rys y dampnye. 

Ibid. 125 : 

Lemmyn merough pe nyle 
an dus a vyth delyffrys, 
po Crist, leverough scyle, 
po Barabas, den blamys. 
Revue Celtique, XXill. 20 



294 J- Loth. 

Ibid. 142: 

Pylat a gewsys arte : 

« drethough why bcthens lcthys, 

rag ynno me ny gaffe 

scyle vas may fo dampnys 

Ibid. 187 : 

Pan eth Pylat thy redye. 
scyle nynjo nag onan 

Cf. ibid. 211. 

C'est l'anglais moy. scylle, reason, motive, understanding 
(York Plays, Glossary ; d. chez Chaucer, sJcile, avec le même 
sens). 

sedhec, a seat. C'est l'interprétation adoptée aussi par 
M. Whitley Stokes : Pascon, 2975 : 

Tus Crist the ves a fyas 

peb a'y du pur vorethek, 

saw Pedyr Crist a holyas 

a bell avel un ownek 

the dyller an prins Annas ; 

ena ythese sethek : 

orto ef y a sethas 

may clewo lefF Ihesus whek. 

Un premier doute se présente à l'esprit : si sethek signifie 
siège, comment expliquer l'expression orto cf a sethas « il 
s'assit contre ce siège ? ». On s'asseoit dessus mais non contre. 
La terminaison est, en outre, invraisemblable. Si l'on se re- 
porte au passage correspondant des Evangiles, on voit dans 
ceux de saint Marc (ch. 15) et de saint Luc (ch. 22), qui ont 
inspiré ce passage, que Pierre, après avoir suivi de loin Jésus 
emmené par les soldats, entra chez Anne, et s'assit auprès du 
feu. Dès lors il -me paraît sûr que sethek représente le feu : c'est 
un dérivé de l'anglo-saxon seaâ, pit, de même origine que 
l'anglais sod, tourbe (v. Skeat, Etym. Dict.); sethek signifie: 



Le Lexicon Cornn-Britannicum. 295 

feu de tourbe. Dès lors, la terminaison -eh est très régulière l ; 
l'expression orto est également naturelle. Il y a probablement 
une correction à faire : au lieu de: orto ef y a sethas, qui ne 
pourrait signifier que : à ce feu, ils s'assirent; je proposerais, 
en supposant sethec féminin (suff, -ïcâ) : 

orty hy ef a sethas 
« à ce feu, il s'assit. » 

Si sethec est masc, lisez : 

orto ef a asethas. 

selli, an eel. C'est un sing. malencontreux tiré du plur. 
sclyas, syllyas. Le singul. eût été sylyen. 

servis n'existe pas, mais bien le plur. servygy, servysi. 
sestya, to cease: P. D. 523 : 

ha homma vyth ny sestyas 
aban duthe yn chy thys 
pup ur ol amme thum treys. 

Williams y voit sisto. C'est, je crois, l'anglais sese (York 
Plays), pour cease. Il faut lire sessyes, à moins que le mot ne 
soit hybride, c'est-à-dire l'anglais ses' à, avec une terminaison 
verbale comique. 

sordya, to arise (M. C. 160, 238), naturellement n'a rien 
à faire avec exordior : c'est l'anglais surge. 

SQUATTYA, to pluck, tear to pièces. Williams le compare au 
breton sheja ! M. Whitley Stokes (B. M. Glossary) signale sa 
parenté avec l'anglais quat, squash et surtout avec le danois 
sqvatte, to splash, squander. C'est donc vraisemblablement 
un mot Scandinave conservé dans quelque coin de l'Angle- 
terre (cf. skuat chez Uncle Jan Treeu.). 

squerdye, to tear, to rend. L'orthographe seule eût dû em- 
pêcher Williams de comparer ce mot au breton scar~a, sans 
parler du sens. C'est évidemment un emprunt anglais. Le mot 

1 . Cf. breton marradek. 



296 J. Lotit. 

existe encore en anglais de Cornwal : squarded, torn (uncle 
Jan Treenoodle, Glossary). 

tacel, a thing, tool. C'est l'angl. moy., tacyl, weapon. 

talgel : Voc. c. sigïllum, cellarium. Williams cite un breton 
talgel, a seal, qui n'existe pas, mais qui a été cité par Zeuss I . 

tarofan, phantom ; il faut lire tarosvan O. M. 2364 (Stokes, 
Archiv., 1, 2, 165). Tarosvan représente régulièrement le ta- 
ruutvan, gl. phantasma, du Voc. corn. 

tegensywe, to descend : O. M. 1079 : 

yma ov tegensywe 
hager gowes war ov feth. 

C'est au moment du déluge ; Cham dit qu'une violente 
ondée va leur tomber ou leur tombe sur la tête. M. Whitley 
Stokes (Archiv., 1, 2, 162) donne la lecture du ms. ov tegen- 
sywe que Norris lisait ov iegens ywe. Il propose, en revanche, 
de lire ou tegen, sywe! sywe serait pour syweth, alas. Outre que 
la chute de th est peu vraisemblable, on peut objecter que 
la forme syzueth n'existe que chez Lhwyd qui l'a évidemment 
reconstituée, et maladroitement, d'après le gallois ysyiuaeth. La 
forme comique est sozvetb. De plus degen n'est pas expliqué. 
Williams suppose que degensywe est le même mot que degen- 
now : R. D. 2561: un ange dit à Jésus ressuscité dont il ne 
connaissait pas le départ du ciel : 

Elias, my ny wothyen m an 
bones map Dew y honan 
degennow yn mes a'n nef. 

« I knew not at ail that the son of man had departed out ot 
heaven. » Williams subodore que degennow a un lien avec 
descene, descendre. Il est de toute évidence que degennow ne 
peut être un participe, comme semble le croire Williams en 
le rapportant à bones : boues degennow, être parti. Tous les 
participes comiques sont en -ys. Degennow me paraît une 



I. Le mot est donne par M. de La Villemarqué dans son édition du 
Dict. breton-français de Le Gonidec. C'est dans le Voc. corn, qu'il l'aura 
pris. Sigilliun paraît une erreur du scribe, cf. gallois talgell, pantry. - 



Le Lexicon Cornu-Britannicum. 297 

faute de copiste pour degensow que je rapprocherais de agynscnv, 
il y a peu de temps, récemment, gall. gynheu, breton egentaou 
et egetaou (moy. bret. eguetou). Degensywe est un verbe, 
dérivé de degensow. Dans le passage de O. M., le verbe est 
plus près du sens étymologique : « une ondée nous arrive 
juste maintenant sur la face. » 

teglene, to unloose, give way. Williams renvoie avec rai- 
son à deglene. Le sens paraît bien être, se séparer de, fuir: P. D. 
3047 (Beelzebut parle de l'arrivée de Jésus ressuscité aux en- 
fers) : 

mar ethuk yv the weles 
may tyglyn an tybeles 
pan yn guellons ketep peu. 

Cf. ibid., 12 17. 

Mais ce mot n'est pas du tout composé de de privatif, et de 
gleny, gall. glynu, to adhère. On eût eu deleny. C'est simple- 
ment l'anglais décline qui a tous ces sens (décline a de plus dja- 
lectalement*le sens de consomption, fin: Engl. Dial. Dict.). 

teroge, lands. Ce serait une déformai ion de terros. Le con- 
texte est peu favorable à cette interprétation: R. D. 2303 
(après avoir mis le cadavre de Pilate dans une barque et l'avoir 
poussé en mer, un exécuteur engage ses compagnons à s'éloi- 
gner avec lui de peur des démons) : 

Fystynyn fast thagan pow, 
rac devones dewolow 
the'n teroge. 

Le sens est : « hâtons-nous vers notre pays, de peur que les 
démons ne viennent le ... ». Quelle que soit l'origine de te- 
roge, il est sûr qu'il ne signifie pas terre. On pourrait songer à 
te poux de-, privatif, et rose, dérivé de ros, filet: cf. gall. dir- 
wydo, to extrieate, disentangle. Peut-être pourrait-on conserver 
te qui serait pour to- et traduire, au contraire, par : le prendre 
dans leurs filets. 

terros, a boasting, arrogance. Le contexte ici encore s'op- 
pose à cette interprétation. Dans les deux passages, Jésus met 
en garde ses disciples contre le démon : 



298 J. Loth. 

P. D. 43 : 

Penys a reys ragh y terros*. 

Ibid. 1 12 : 

Dun alemma, cowythe, 
war menythyow the wandre 

ha the pigy 
ow thas ker a thy-lawe, 
drc y voth th'agas gwythe 

ragh terrygy. 

Le double rr est à remarquer; il y a peut-être ici la racine 
ters-, du latin terreo; terras signifierait frayeur, manœuvre terri- 
fiante; sortilèges 2 , épouvantes. 

tervyns, a tempest: contre-sens évident: 

R. D. 2577: 

Porth yfarn me a dorras 

hag a thros lyes enef 

a ver drok, tervyns ha cas. 

« La porte de l'enfer j'ai brisé 
et tiré bon nombre d'âmes de 
grand mal, tourments et haine. » 

Tervyns est un pluriel de *tnrvens= tonnent uni . 
tewl, deceit : 
R. D. 1274: 

ysough gokky ha fellyon 
ha tenl yn agas colon 
rak fout crygy. 

Il est évident qu'ici tewl est adjectif. Dès lors, il ne peut être 
question d'une variante orthographique de toul ou lull, gall. 
twyll, tromperie. C'est l'adjectif tewl, sous sa forme non con- 



1. ragh vaut rag: a dans a reys est également fautif. 

2. Dans tdrosfan, qui paraît un mot composé, y aurait-il le même mot ? 
fan serait pour ban ; racine bba bhan; tarosjan, apparition effrayante? 



Le Lexicon Cornu-Bntannicum 299 

tractée taual, obscur; cf. tewl-der, obscurité; cf. cowal et 
cowl. 

tevy, to grow. Williams a mis indûment sous ce chef les 
formules de la 3 e pers. du verbe dit avoir: ny's tevyth ; ny's 
teve, a' s tefo, toutes composées du pronom infixe -h de -f- le 
verbe substantif. 

tovys (Gwreans 1056): lis. tevys 1 . 

toy (to swear) ne se trouve pas comme infinitif; l'infinitif 
est ty ou tyc (une syllabe). 

trewyth, pitiable. Dans le premier exemple, il faut lire art 
wythj par l'œuvre : dre wyth benen, par l'œuvre d'une femme 
(O. M. 1996). Dans le second exemple trewath représente le 
breton true%. 

treynye, to render misérable : c'est le français traîner. 

tristys, trystyys, sadness, est probablement le français tris- 
tesse, a moins que ce ne soit simplement là une évolution de 
trystyns, trystans, dérivé de tristis avec une terminaison cor- 
nique. 

trumeth, mercy. Le sens est impossible : O. M. 1650 (les 
Hébreux reculent devant le passage de la mer Rouge) : 

vyth ny yllyn tremene 
an mor ma, war ov ene, 
nynsus trumeth vyth thynny. 

Le contexte semble indiquer pour trumeth, le sens de passage 
ou moyen de passer. M. Whitley Stokes l'a rapproché de tru- 
mach (Gloss. to B. M.) en proposant de lire trumalh, mais 
dans B. M. v. 1075, trumach est assuré par la rime avec da- 
mach. Il n'est pas impossible que dans les deux mots, avec une 
dérivation différente, on ait affaire à l'anglais to trim: angl. de 
Cornwall : brudge = bridge (uncle Jan Treenoodle). Je croirais 
volontiers que trumeth est à lire trumech =. trumach . 



1. Le texte porte : 

ha tevys ythyns tha dues ; 
il faut lire dues. M. Whitley Stokes l'a sans doute supposé car il traduit le 
mot par men. 



500 J. Loth. 

tryher, mighty. O. M. 1235 (Noc répond à une promesse 
de Dieu que contre la force il n'y a pas de promesse sûre) : 

Ambosow orth tryher gwreys 
annethe nyns es laha 

Je ne vois pas sur quelle autorité Williams et Norris fon- 
dent leur traduction. Comme on ne trouve nulle part ailleurs 
ce mot, les hypothèses sont permises. Tryher me paraît com- 
posé de try=trî, trois (cf. tryhans, trois cents) et dcker. Ker 
me paraît devoir être rapproché du gallois kereU que Silv. 
Evans donne sous ccr, sot, clique, et auquel il reconnaît un 
sens différent (M. A., 1. 331, cf. 31). 

Archaf arch y Duw, ar doreu nef 
na dotto Pedyr gloeu 
ym llutyas ym adas yr meu 
y m treftad ym caryad kereu l . 

Ce serait un composé plus récent avec tri et ccr, analogue à 
Tri-corii; pour corio ou cario- irl cairc, vieux-haut- ail. heri, cf. 
Stokes, Altkelt. spracb. Tryher = * tri-car jo-, celui qui aune 
puissance triple, la Trinité. 

uchon, on high. C'est une préposition avec pronom suffixe: 
nchoii, au-dessus de nous: cf. rchvi, près de nous. 

unver, of one mind, unanimous (Pascon, 39). Il ne sau- 
rait y avoir de doute sur le sens; sur l'origine du mot, il n'y 
a, en revanche, rien de satisfaisant. Unver est un composé de 
un- et de ber, même racine que dansbarn et brues (gall. brawd, 
bret. breui); cf. gaélique aon-bharailleach, unanimous; barai- 
leach est un dérivé de barail, opinion, irl. mov. baramail (bar 
-j- s a m ha il). 

urrian, the border (Pryce). Cf. bret. fnoy. euryen (v. bret. 
oriori). 

vuel, humble : à lire iivel. 



1. Myv. arch., 2 e éd. 231. 2: « Je fais à Dieu cette demande, que Pierre 
ne mette pas de serrure sur les portes du ciel, pour m'empêcher (d'aller) à 
ce qui me convient, à ce qui m'appartient, à mon héritage, à mes troupes 
chéries. » 



Le Lexicon Cornu-Britannicum. 501 

vygyens, victuals (O. M. 131). Ce mot serait fait, avec 
une terminaison comique, d'après vytal, viçtual (B. M. 275) 
Serait-ce plutôt un dérivé de triage, acheter, v. angl. bycgan 
(Engl. Dial. Dict.) 

volaveth, High priest (P. C. 953, 1 3 5 1 , 2049). Dans les 
trois cas, on a affaire à une exclamation. C'est très vraisembla- 
blement l'anglais moy. weîaway, alas ?(York Plays, Glossary). 

wadow, sous ivaà, a forefather. C'est un des plus extraor- 
dinaires contre- sens de la collection. Dans les deux exemples 
cités (O. M. 1624, 187 1), au lieu de a thy'th wadow, il faut 
lire a thythwadow, comme le porte le ms. M. Whitley Stokes 
v a vu avec raison un substantif très proche parent de dythy- 
iu\s, promis, et il promit (O. M. 704, 816; R. D. 796): cf. 
Stokes, Archiv., 1, 2, p. 163, 164, dythewadow signifie claire- 
ment promesse : cf. gallois addaiu, addewid. 

whas, good. Whas serait pour yn fas (mas = mad, bon). 
C'est évidemment impossible. 

Pascon, str. 232 : 

Josep the Gryst a vynnas 
y arrow hav theffregh whek 
yn vaner delve yn whas. 

wlos, a sight. Ce serait une corruption pour wolos qui 
n'existe pas et qui serait parent de goîoc (gall. golwg). C'est 
tout simplement une mutation écrite de glos, pang, pain, an- 
guish=gall. gloes, bret. gloas. Pour w, ci. wîan=glan, 
pur : 

Pascon- 171 : 

Rag gwander war ben dow lyn 

hy a'n guelas o\v cothe 

ha'n zvlos as kemeras mar dyn 

may clamderas hy arte. 

wrexxye, to iron, fasten with iron. Ce serait une forme de 
bernia, ce qui ne saurait se soutenir. P. D. 1887 (Le geôlier 
invite à serrer, lier Jésus de façon qu'il ne s'échappe) : 

gueyt y wrennye prest yn tyn 
byth na scapye. 



302 ./. Lot h. 

Wrennye ne compte que pour une syllabe. C'est vraisembla- 
blement le même mot que le breton gronna, envelopper, em- 
mailloter. 

ymcener, let it be sung to each other. Cette forme invrai- 
semblable repose sur une mauvaise lecture. M. Whitley Stokes 
a reconnu que le ras. porte yn) kever (Archiv., i. 2, p. 162; 
O. M. 562). J'avais déjà fait cette correction en 1897 et l'avait 
communiquée à M. Whitley Stokes qui ne l'a pas mentionnée, 
par un oubli bien concevable. 

yttern, pity, compassion (Pryce) : Giureans, 1334. Un 
ms. dit Williams, a ynten, qui est la leçon véritable (yn toi, 
tightly). 

J. LOTH. 



ON THE DEATHS OF SOME IRISH HEROES 



According to the annalist Tigernach, Cinaeth hua hArta- 
çâin, the author of most of the following mnemonic verses, 
was the chief poet of the northern half of Ireland (primecis 
Lethi Cu'niJ), and died cire. A.D. 975. Cinaeth's verses are 
valuable as proving the existence, in the tenth century, of a 
mass of traditions respecting the ancient Irish heroes. Three 
vellum copies, ail more or less imperfect, are known. The 
oldest is contained in the Book of Leinster, pp. 3i a — 32 of 
the facsimile. This copy is sadly mutilated. It lacks quatrains 
4, 5, 6, and the first half of 7. It has also lost the second half 
of quatrain 33, the whole of34, and the first half and the last 
quarter of 35. On the other hand, the scribe has inserted' 
quatrains 37 — 47, which he attributes to Find, bishop of 
Kildare, who died in 1160. The Leinster copy contains only 
two legible glosses. 

The second copy is in Laud 610 (f° 74* — 74 b ), a fifteenth- 
century ms. in the Bodleian library, described in d'Arbois de 
Jubainville's Essai d'un catalogue de la littérature épique de l'Ir- 
lande. It contains twenty-nine quatrains, of which ten are 
glossed. 

The third copy is in the British Muséum, marked Egerton 
1782, f° )2 a , a vellum of the fifteenth century. It contains 
thirty-eight quatrains, most of which are glossed. Attention to 
it was first called by O'Curry, in bis Lectures, pp. 479, 643, 
and his Manners and Customs II 107. He edited and transla- 
ted the first and parts of two other stanzas. 

In the présent édition of Hua hArtacain's verses (I cannot 
call them a poem), the Leinster version is first printed — the 



504 Whitlcy Stokes. 

quatrains which it lacks bcing supplied from the other copies. 
Aliterai translation isi ri terpaged. Then, as suppléments, corne 
the copies in Laud 610 and Egerton 1782, together with their 
glosses, so far as I hâve been able to read them. Notes com- 



AIDHEDA FORNI DO HUAISLIB EKENN INSO ' 

CINAED HUA ARTACAIN [CECINITJ 
(LL. 31a 42). 

1. Fianna batar i n-Emain 
ir-Raith Chruachan, i Temair, 
il-Luachair luatis euraid, 

i n-Alind, i n-Iarmumain. 

2. Ni marat, ni fil a-mba 2 , 
cia batar ili a n-aideda, 
marait dianeis a scéla, 
acht mad dûi nis-dichela. 

3. (Fer)gzw macc Léite ba laech 
luid cosin mbéist, ba bidg baeth, 
(co) torchratar [imjmalle 

for Fertais ruâid Rudraige. 

4. |Atbath macc Nessa in ri 
for toeb Letrach Lamraigi, 
dos-cel Slea Sliab co rath 
ocus Fach[t]na macc Sencath. 

5 . Goet Conaire cond ferga 

i cath Bruidne Da Berga, 
i mBruidin da Coca? ro class 
lechtan Cormaic Conlongas. 

6. IN 4 Bruidin cclni Da Coca 
dorochratar côim occa, 

1. Egerton 1782, fo. 52*. 

2. Cf. ro-bd infïa '] 32: no-m-baad (gl. mori) Ml. 23' 1 13, no-m-batis (1 
mori) Ml. [O 3 2. 

3. leg. Choc, as in Eg. 

4. leg. 1M. 



On the Deaths oj sonic Irisli Heroes. 305 

prising translations of the glosscs arc then given, and, lastly, 
there are indexes of the persons and places mentioned in the 
texts and notes. 

W. S. 



THE DEATHS OF SOME OF THE NOBLES OF ERIN, 

THIS: 

CINAED HUA ARTACAIN [SANG] 

1. Champions who dwelt in Emain, in Rathcroghan, in 
Tara, in Luachair which heroes used to celebrate, in Allen, 
in West-Munster. 

2. They remain not, there is not what has died : though 
many were their deaths, stories of them remain after them : 
no one save a fool will conceal them. 

3 . Fergus son of Léite was a hero : he went to the monster 
— 'twas a silly start — so that they hâve fallen together on 
the red Fertais Rudraigi. 

4. (Conchobar) mac Nessa the king died on the side of 
Letir Lamraige. Mount Slea graciously hides him and Fachtna 
son of Sencha. 

5. Conaire, wrathful chief, was slain in the fîght of Bruden 
Da Berga. In Bruden Da Coca has been dug the little grave 
of Cormac Conlongas. 

6. In the same Bruden Da Coca nobles hâve fallen by him : 



306 Whilley Siokes. 

inti ba forderg fuirri 

gaeta Cacht macc Finguinc. 

7. Lia Fail i n-uachtar Bruidne 
lia foraccai 1 ilbuidne] 
Lugaid Lamdc/g rodas-la 
for Illaind macc Fergwja. 

8. I Sléib Uillind imbid glend, 
ro bith [Furbaide] Ferbend, 
Lugaid Riab ndnrg rod-bi and 

i ndigail Cruachna Clothrand. 

9. Amargin ba garg a glecc 
eter mor is eier bec, 
matan i n-Imliuch Àë 
immalle ata a lecht Lae. 

10. Lecht Co//-rûï i Sléib Mis, 
lecht Lugdach fo lecaib lis, 
i nDûn Binne brig de roi 

ro bith Fiamain macc Forôi. 

11. Docer Cuchulaind co fi 

ïor Cness Corthe Crwmtheri, 
îor Traig Baile, bressim rigle, 
dorochair Ôinfer Aife. 

12. Ere macc Corpn gdet i tress 
i cômair Themra fodess, 
ata - lecht Lugdach cia thois 
fon charn i Maig Argetrois. 

1 3 . Lecht Fir death forsind âth 

la Coin culainn, atchi (câch)3 
Cethern macc Fintain anair 
dorochair oc Smirammair. 

14. Erca Iuchna, amnas bùar*, 
oca togâil docer L(ûar)ï, 
oc techt immach assa thaig 
frith [lecht] Loegaire Buadaig. 



1. foranacca Laud; lia foraca Eg. 4. buan 

2. LL. and atâ 5. Facs. 6[>j 

3. Facs. atclm [4] 



On the Dcatlis of some Irish Heroes. 307 

he who was crimson (with blood) at it, Cacht son of Fin- 
guine, was slain. 

7. A Stone of Fal in the npper part of the Bruden, astone 
near many bands, Lugaid Redhand hurled it on Illann son 
of Fergus. 



8. In Sliab Uillenn with abundance of glens Furbaide Fer- 
;nn was smitten. Lugaid Riab 
revenge for Clothru of Cruachain. 



benn was smitten. Lugaid Riab nderg smote him there in 



9. Amargen, fierce was his fight, both with great and 
small : in the morning in Imbliuch Aë, together (with his 
grave) is Laë's grave. 

10. Cû-rôi's grave (is) on Sliab Mis: Lugaid's grave under 
leca lis 1 : in Dûn Binne, — might of the battle-field — Fia- 
main son of Foroi has been smitten. 

1 1 . Cûchulainn fell with venom on Cness Corthi Crum- 
theri. On Traig Baile, — clear noise — Aife's Only-Man has 
fallen. 

12. Ere son of Carbre was slain in a fray overagainst 
Tara on the south. Lugaid's grave is, though silent(?), under 
the cairn in the Plain of Argetross. 

13. Fer deadh's grave at the ford, (brought about) by Cû- 
chulainn, every one sees it. Cethern son of Fintan from the 
east has fallen at Smirammar. 

14. Iuchna's kine, a troublesome herd, Luar fell when de- 
stroying them. Corning out of his house the death of Loe- 
gaire the Victorious was found. 



1. See the notes on this stanza infra. 



$o8 Whitley Stokes. 

15. Atbath Celtchâir conad ail 
fri Dûn Leth glasse anair, 
bas Blai Briuga tria chin mna 

i ndesciurt Oenaig Mâcha. 

16. Aided Cuscraid la Macc cecht 

de Luin Cheltchair, croda in t-ccht, 
dorochair Macc cecht iartain 
la Cona.ll macc Amargein. 

17. Guin macc n-Uslend, ba helgna, 
fescur ar bru na hEmna. 

nirbo chian iarsin mebail 
congôet Fiacha i Temair. 

18. INa ndigail, nirbu rom, 
gaeth Gergend macc Illadon, 
la macc Rossa frith a lecht 
ocus Eogan macc Durthecht. 

19. I fleid Belcon ro lamad 
cetguine Cet maicc Magach, 
Belchu Breifne cona chlaind 
goita do cherddaib Conaill. 

20. Conaïi Cernach, croda in t-echt, 
is and ro bith im-Maig Slécht, 

ic Raith Cruachan, gnim do rind, 
dia laim dorochair AUilL 

21. Ro bith Fevgas matan moch 
do sleig Lugdacb i Findloch. 
isse sin in scél dia ta 
Oenét amnas AiMla. 

22. Mesgegra ro med cecb rôen 
dorochair la Cowall Clôen, 
ocus dodechaid a lind 

dar Munremur macc Ger[r]gind. 

23. [Hi] Cath Etair bitha iir 
im Mes ndé macc Amairgin, 
do leim assa dûn immach 
dorochair Forgull Manach. 



On the Deaths of some Irish Heroes. 309 

1 5 . Celtchair pcrished, so that it is a shame, to the east of 
Dûn Lcthglaisse. Blai Briuga's death through his adultery 
(was) in the south of Oenach Mâcha. 

16. The death of Cuscrad by Mac cécht with Celtchar's 
spear — cruel the murder ! — afterwards Mac cécht has 
fallen by Conall son of Amargen. 

17. The slaying of Uisliu's sons, — 'twas of malice afore- 
thought — at eve on the brink of Emain : it was not long 
after the disgrâce that Fiacha was slain in Tara. 

18. In avenging them — it was not soon — Gerg son of 
Illad was slain: by the son of Ross his death was caused 1 , 
and by Eogan son of Durthecht. 

19. At Bélchu's feast has been dared the first slaying by 
Cet son of Maga. Bélchu of Brefne with his children was 
killed by Conall's arts. 

20. Conall Cernach — cruel the murder — there has he 
been smitten, in Mag Slecht : at Rathcroghan — deed of spear- 
point — by his hand Ailill had fallen. 

21. Fergus was smitten one morning early by Lugaid's 
spear in Findloch : that is the taie from which is the « Sole 
keen Jealousy of Ailill. » 

22. Mesgegra, who has greatened every rout, has fallen 
by Conall Cloen, and his lake came over Munremar son of 
Gerrcenn. 

23. At the battle of Howth men were smitten including 
Mes dé son of Amargen. In leaping out from his fort Forgull 
Manach has fallen. 



1. litcrally, his grave was fbund 
Revue Celtique, XXIII. 



3 10 Whitley Stokes. 

24. Do laim Perches ciarbo chol 
doroehair Lugaid Macc cou, 
is de ro gaet issin très 
Ferches macc Commain eices. 

25. Gaet Art uas Muccrama meirg 
co ro adnacht il-Luachair deirg, 
ata lecht Cormaic iar fir 

for in n-ath ic Ros na rig. 

26. Ata lecht Murchtrtaig mûaid 
for taib Chlettig anairtuaid, 
ata lecht Taidc issin glind 
foraecai Finddahur find. 

macc Maelicoba is do chcstaib in tsenchais aided Taidc 

27. Ro bith oss la Tadc macc Céin, 
Tadc macc Céin la oss ro bith, 
la o(ss) ro bith Tadc macc Céin, 
Tadc macc Céin ir-Ross na rig 1 . 

28. Ata lect Chellaig sin Bruig 
i n-ec n-uachta ni maluid, 
im-Maig Mucrama ata 
lechtan Céin maicc Ai/dla. 

29. Morigan ba mind cacb dîne 
docer la féin Cindtire, 

la féin Luagne aided Find 
oc Âth Brea îor Boïnd. 

30. Ro bith Finn d«a, ro bith Finn, 
ba do goeib gomach guin, 

do thall Aicclech mac Duibrenn 
a chenn do mac Murni muin 2 . 

3 1 . Doroehair Niall macc Echach 
uas Muir Icht, ni gnim clethach, 
Nathi tolchar gaet iar mbûaid 

o Slebib Elpa sairtuaid. 

32. I n-Grt'llaig Dollaid ro ba 
Finnachta macc Dunchada, 

1. This quatrain is in tlie lower margin of p. 31, and is § 37 in Eg. 

2. This quatrain is lacking in LL., and stands !ast in Eg., froni which 
is taken. 



On the Deaths of somc Irish Heroes. 5 1 1 

24. By thc hand of Ferches, though it was a sin, Lugaid 
Mac con has fallen : hence in the combat Ferches son of 
Comman, the poet, has been slain. 

25. Art was slain over the... of Muccrama, and has been 
buried in Luachair Derg. The grave of Cormac is of a truth 
by the ford at Rossnaree. 

26. The grave of noble Muirchertach is beside Cletty on 
the north-cast. The grave of Tadg is in the glen near to fair 
Finnabair. 



27. A deer has been slain by Tadg son of Cian : Tadg son 
of Cian by a deer has been slain : by a deer Tadg son of Cian 
has been slain : Tadg son of Cian in Rossnaree. 

28. Cellach's grave is in the Brugh: into death from cold 
lie went not well. In Mag Mucrama is the little grave of 
Cian son of Ailill. 

29. Mongan was the diademof every troop : he fell by the 
Fian of Cantire. By the Fian of Luagne was Find's death at 
Âth Brea on the Boyne. 

30. Finn then has been slain, Finn has been slain : 'twas 
by spears, a... slaughter. Aicclech son of Duibriu eut off the 
head from the neck of Murne's son. 

3 1 . Niall son of Eochaid has fallen above the Sea of Wight 
— no hidden deed — Nathi the wilful was slain after triumph, 
north-east of the Alpine mountains. 

32. In Grellach Dollaid has died Finnachta son of Dunchad. 



3 1 2 Whitley Stokes. 

im-Maig Linc, ba tria laing, 
docer Diarmait macc Ccrbaill. 
33 . Robith Fogartach macc Néil 
in Druim rig tes Taltin tréin 



34. Docher Suibni, sid n-uailli, 

la hAed Sk/ne îor Suaine, 

doxochair Aed Skmi de 

(or bru Locha Simdidi. 
3 5 . Docer Fergal, finn a gné, 

i cath Mona Almaine, 

i cat[h] Uchbad ro bith Bran 

la dith n-Aedha maie Colgan r . 

36. Ata lecht Mail i nDruim Gam 
foracca éca imnam, 

ocus lecht maicc Gwcrechta 
la Ferdomun oenechta. 

[marg. 1.] hûc usque Cinaed cecinit. Find episcopus Cilli dara 
hoc addidit : 

37. Lecht maicc Carbad ir-Rea 
is cian môr o Sruib rea, 

lecht maicc Carbad i nDruim Gat 
la macc Inair(?) maie Abrat. 

38. Aided Branduib co mbini 
i Cluain Senboth[e] Sini, 

rue bas macc Rudrach na n-ech 
i fi ad moralaind Masten. 

.i. Muridach mac Rudrach. Cellach mac Brain ro gab teg fair 

39. Cid cath Âilbe, ard in elû, 

ro bi in mairt for Mumnechu, 
diar gôet Cormac, ard in rand, 
ria Tadc ocus ria Ccrball. 

1. Quatrain 34 is wholly lacking in LL., and of quatrain 35 only the 
lctters icat ucba rob... are visible. Thèse two quatrains are hère supplied 
from Eg. 



On the Deaths of somc Irish Heroes. 3 1 3 

In Magh Line — 'twas by treachery — Diarmait son of Cer- 
ball fell. 

3 3 . Fogartach son of Niall was slain at Druim Rig south 
of strong Taltiu 



34. Suibne fell — seat of pride — by Aed Slâne on the 
Suaine. Aed Slâne lias fallen thereby on the brink of Lough 
Semdidi. 

35. Fergal fell — fair his form — in the battle of Môin 
Almaine (the Bog of Allen). In the battle ofUchba Bran has 
been slain, with the destruction of Aed son of Colgan. 

36. Mâl's grave is in Druim Gam, near to..., and the 
grave of Cû-crechta's son (brought about) by Ferdomun of 
the one murder. 



So far Cinaed sang. Find bishop of Kildare added this : 

37. The grave of Mac carbad in Rea: 'ris a great distance 
from Srub Rea: the death of Mac carbad in Druim Gat, 
(caused) by Mac Inair (?) son of Abra(?). 

38. The death of Brandub with (by ?) crime, in Cluain 
Senbothe Sine. The son of Ruadri of the steeds died in the 
deliçhtful land of Maistiu. 



39. As to the battle of Ailbe, high the famé, the Munster- 
men were defeated on a Tuesday, when Cormac was slain — 
high the stave — before Tadg and before Cerball. 



$ 14 Wftitley Stokes. 

40. Hi Cind-fuait, nîr gnim gremma, 
Augaire macc AiMla, 

ocus fer ba glôrda gair 
Maclmorda macc Muricain. 

41. Niall Glundub macc Aeda aird, 
Conchobar o Thulaig Thaidc, 
is Maildub ri Airgiall an 

ocus Aed macc Eochocan, 

frith a n-airlech cen timmi 

ria sluag nda[ijg;rch' Dublinni. 

42. Dorochair macc Mailmit/;/V 
CVwgalaeh Cnogba crichid 
la sluag saerger sidi Gall 

ic Ailen Tigi Giugrand. 

43. Domnall macc Lorcan ba losc 
o fuair Murchad a môrchosc. 
gnim dia fuair déni 2 ocus dod 
'na thig féin ? icon athôl. 

Domnall Cloen mac Lorcain ro mairb Murchad mac Find maie Mudmorda 
iar comlugi fo minnaib Brigti 7 Caemgin ina thig fodein iar comol 7 com- 
langud. 

44. Hi cath Croibi, cwmain lib-t, 
Eochu macc Ardgair... 

airicc \n Domnaill déin 

robo dodraing d'Uib degNeill. 

45. Sochaidi tue i n-écin 

aided Briain maicc Cenn-etig 
riasin ligass riglorda co rïgail 
ria Maelmôrda macc Murchaid, 
ria sluag Gall riibrogach mbuada 
i cath torach Tarbchluana. 

46. IN cath i Sleib Crott cumnech 
tue socht ïor sluag saer M/mincch, 

1. derived from daigir À. teine gelan, « liffhtnine », Rawl. B. 512. 

tO. IOy> 2. 

2. leg. déin ? 

3. Ms. fodeni 

.(. For cumain lib (sic Ms. according to K. Meyer) the facsimile has 
camlib, which is unmetrical rionsense 



On the Dcaths of some Irish Heroes. 5 1 $ 

40. At Cennfuait — 'twas not a deed of profit — Augaire 
son of Ailill (fell), and a man whose shout was loud, Mael- 
morda son of Murican. 

41. Niall Glûndub, sonof high Aed, Conchobar from Tul- 
ach Taidg, and Maeldub king of the splendid Airgéill, and 
Aed son of Eochocan, their slaughter was found without 
fear, before the fiery host of Dublin. 



42. Congalach, son of Mael-mithig of Cnogba the com- 
plète, has fallen by the rush of the noble-keen hosts of Fo- 
reigners, at the island of Tech Giugrand. 

43. Domnall son ofLorcan was blind when Murchad recei- 
ved his great check, a deed from which he found violence and 
fire, in his own house at the carouse. 



44. In the battle of Croeb, remember ye, Eochu son of 
Ardgar... of Domnall the swift, 'twas hard for good Niall's 
descendants to overcome. 

45. A multitude broughtabout in need, the death of Brian 
son of Cennétig, before the loud valourous scion, before Mael- 
morda son of Murchad, before the strong, victorious host 
of Foreigners, in the multitudinous battle of Clontarf. 



46. The battle on Sliab Crot the mémorable brought si- 
lence on the noble host of Munstennen: when Limerick got 



Ji6 Whiiley Stokes. 

Lagin tuillmech dia thorud 
dia fûair Lumnech luathgorud 1 . 
47. Cath na Monad, môr in dail, 
dorât bron issin Mumain, 
sluaig Lagen ro baid hua Blait 
grain a dagfer im Diarmait. 



Cinaed hune utrsum cecinit : 

48. Andso dôib matât i péin 
cen adrad rig roithes grein, 
ro choscair macc Maire mass 
conos-ro scar fri fiannas. 

49. Macc Dé rom-anacht co se 
ar immad na n-erraite, 
isse romm-ain iarmotha 
conna. toith«^ la fianna. 

1. MS. luathsorad 



On the Deaths of some Irish Hcroes. ] 17 

a swift burning, Leinster was well paid by its produce. 

47. The battle of the Bog — great the décision ! — brought 
grief into Munster : the host of Leinster has overwhelmed 
Hua Blait, the horror of his nobles around Diarmait. 



Cinaeth sang this verse : 

48. Hard for them if they are in pain, without adoring the 
King who speeds the sun : Mary's excellent Son has destroyed 
them, and has severed them from championship. 

49. The Son of God has hitherto protected me against the 
multitude of the enemies : 'tis He that will protect me hereaf- 
ter, so that I may not fall with the Fianna. 



]\S Whitley Stokes. 



LAUD 6 10, F° 74 a 2 
CINAED HUA HARTACAlN CECINIT 

1. Fianna batar i n-Emam, 
ir-Raith Cruachan, hi Temair, 
hil-Luachair luatis curaid, 

i n-Ailind, i n-Airmumain. 

2. Ni marat nis fail imba 
ciaratar ile a n-aideda, 
marait dianéis a scéla, 
act mad [d]ûi nis dichela. 

3 . Fergwi macc Lasta ba laech 

.i. ri UW 
luid cossin bcist ba beo baeth 
co torcratar immalle 

.i. Fergits 7 in beïst 
ior Fertas ruaig Rudraige. 

4. Atbath macc Nessa in ri 
for toeb Letrach Lamraigi, 
dos-cel Slea sliab co rath 
ocus Fachnamocc Sencath. 

5 . Goet Conaire cond ferga 
i cath Bruidne Da Berga, 

.i. macc Etirsciuil 7 Meisc buachalla, rod-marb Ingcel cacch macc Conaic 
do Brctnaib. 

i mBruidin Da Coca ro class 
lechtan Cormrt/c Conlongas. 

.i. doccr la Connac7;/a 



On thc Deaths oj somc Insh Hcrocs. 319 

6. IN 1 Bruidin cctwi Da Coca 
dorochratar côim occa, 
inti ba forderg fuirri 

gaeta Cacht macc Finguine. 

7. Lia Fail i n-uachtar Bruidne 
foran-acca ilbuidne 
Lugaid Lamderg rodas-la 
for Ilann macc Ferg/wa. 

8. Hi Sleib Uillenn imbids glend 
ro bit h. Furbaide Fermben», 

.i. mac Concuba/r maie Nessa 

Lugaid Riabh nderg rod-bi and 
.i. mac na tri Find-emna 

i ndigail Clothrarm Cruachamz^. 

9. Amargein ba garg a gleicc 
eter mor 7 eter becc, 
matan i n-Imlech Ai 
iwmalle a ta a ledit Lae. 

10. Leacth Conrûi hi Sleib Mis, 
.i. Cuculainn rod-marb 

lecht Lugdach fo leccaib leis, 
.i. e féin ro niarb hi cuwaid a mna .i. darat a claideb un fein 
i nDun Binnid brigh do roi 
ro bith Fiamaiw macc Forôi. 

1 1 . Docer Cuchulairm co fi 
.i. la cethri coicedaib Herain 

im Cnes Corthe Chumtheri 
.i. i Maig Muirthimne 

for Traig Baile, br(cssi)m ngae, 
dorochair Oenfer hAife. 



1. leg. IM : the Une is hypermetrical. 

2. Ms. imbiid, with a punctum delens under thc second i. 

3. Ms. cruacha ann 



520 Whiîley Stokes. 

12. Ere mrt£c Corpn gôet hi très 
hi comair Themrach fodes, 
ata ledit Lugdach cia thois 
fon charn i Maig Argetrois. 

13. Lecht Fir dea forsind ath, 
la Conculainn ro ortha, 
Cethern macc Fintain anair 
ro marbad oc Smiramair. 

14. Erca Iuchra, amnas bûar, 
oca thogail docer Luan : 

oc techt ammach assa thaig 
frith lecht Loegaire Buadaig. 
.i. a cenn ro ben frisin fordoras co «-erbaUt de 

.i. do thessarcain Aeda mate Annind dia wbas occa badud i Loch Laig la 
Concubar hi cinaid tec/tfa doco[m] Mugain is and ro ben a cenn Laegaire 
Buadach frisin (ordorus co »-apad de, ar ni leced nach cathmib'd di hUWtaib 
a modugwd fora [îjerann ara hespaige 

15. Atbath Celtchar conad ail 

fri Dun Lethglaisse anair : 

.i. Dôelcu chelch. me co torcair bainne do neim do rind in gai i cenn 
Celtcair con-apad de 

bas Blai Brugu tria chin mna 
i ndesciurt Oenaig Mâcha. 

16. Aided Cuscraid la Mac cecht 

de Luin Celtcair, croda in t-echt, 
dorochair M.acc cecht iarsin 
la Conall macc Amargein. 

17. Guin marc Uislend, ba helgna, ba helgna, 

fescor for bru na hEmna, 

.i. Naise, Ardan, Ainnle. Eogan mac Durtacht rodos-marb tria forcongru 
Coacubair 

nirbo chian iarsin meabail 
rongXet Fiacha hi Temair. 



On the Deaths of some Insh Heroes. $ 2 1 

18. INand digail nirbo rom 
goet Gerchend macc Illadon, 

.i. athfliV Munremair 

la macc Rossa frith a lccht, 
ocus Eogan macc Daurthecht. 

19. Hi fleid Bélchon ro lamad 
cetguine Cet maicc Mag(ach), 
Belchu Breiffne cona claimz 
goeth 1 do cerdaib Conaill. 

20. Conall Cernach, croda in t-écht, 
is and ro bith i Maigh Slecht : 

na tri Ruadcoin Martine rod-marbsat Conall Cernach. 
ir-Raith Chruachan, gnim do rind, 
dia laim dorochair Ailill. 

21. Ro bith Fergws matain moch 
do sleig Lugdach hi Findloch, 
is e sin in scél dia ta 

oenet amnas Ailella. 

22. Mes gegra roinned cach roén, 
dorochair la Conall Claen, 
ocus dodeochaid a lind 

dar Munremar macc Ercind. 

23. Hi cath Etair bithu fir 

im Mes dé 2 macc Amairgein, 
de léim assa dun imach 
dorrochair Forgull Manach. 

24. Do laim Fercbis ciarba col 
dorochair Lugaid M^rc con, 
is dé ro gaet isin très 
Ferches macc Commain eces. 



1. leg. goeta, as in LL. 

2. Ms. im hes dé 



322 Whitley Stokes. 

25. Gaet Art huas Mucn/ma meirg 
coro adnacht il-Luachair deirg, 
atâ lccht Cormaic iar fir 

dia ro gaet oc Ros na rig. 

26. Ata ledit Muircmaig muaid 
(or toéb Cletig aniartuaid, 
ata lecht Taidhg isin glind 
îor acai Finnabair find. 

27. Ata lecht Cellâid isin bruig, 
i n-éc Nualle ni mad luid, 
im-Maig Mucruma ata 
lechtan Cein maicc Ailella. 

28. Mongan ba mind cach tire 
docer la féin Chind thire, 
la fein Luaigne aided Find 
oc Ath l Brea ior Boainn. 

29. Dorochair Niall macc Echdach 
huas Muir Icht ïm glinn chetach 2 . 
Nathi tolchair gaet iar mbuaid 

o Sleb Elpa aniartuaid. 

[Caetera desunt]. 

1 . Ms. oscath, with punctum delens under s. 

2. sic Ms. Read ni gnfrn (or guin) chthach. 



On the Deaths of some Irish Heroes. 323 



EGERTON 1782, F° 52*. 

AIDHEDA YORSl DO HUÂISLIB ERENN INSO. 

1. Fianna bazar i nEmain, 

i Raith Crûac/?arc, hi Temraig, 
il-Luachair luaides curaidh, 
ind Alind, i n-Iarmumain. 

2. Ni marait nis fail i mba 
ciaptar ile a n-aidt'^a, 
marait dianéis a scéla 
acht ma[d] dui ni dichela. 

3 . Fergwj- mac Lete ba laech 

luid cus'm mbéist, ba bedc baeth, 

co torc/;ratar imolle 

hi Feartais ruaid Rûdgraide. 

.i. Fergws dochuaid frithrosc forsin Sfnigh Locha Rudhruighi co 

torcratar immolle 

4. Atbath mac Nessa in ri 

fri tôeb Leitrech Lamraigi 

à. dia ro selaidh Concbobar Fidh Lamra;Vc is ann luidh a inchinn Mes 
gedhra asa chinn 7 a einchind féin posl. 

tosceil Slea Sliab co rath 

ocus Fachtna mac Sencath. 

.i. is ann ro adnacht Concorw 7 Fachtna hi Sléib Slea os Loch Laigh hi 
Semni hi n-Ulltaib. 

5 . Ga2t Conuiri, conn fergga, 
hi cath Bruidwt' Da Bcrcga, 

.i. Incél Coéch 7 F(v[g]el 7 Fer rogain 7 Fer roroguin it e béotar Conaire 



324 WhitleyStokes. 

i mBruid/n Da Choc ro clas 
leachtan Corma/c Gwlongas. 

.i. Cond loinges .i. loc .i. col loingis .i. Concobar dorigwz fria a mdthah 
tria mesci .i. fri Ncis, unde àiciliir col long(es) 



6. IMm Bruidin cétna Da Cocca 
doroc/;ratar oie occa 

inti ba forderg fuili 
gaét[a] Cacht mac Ilguini. 

.i. da choc sui .i. da chomsûi gobannrobatar inti, Foroà Forodan-anmann. 
Mug corbb righ Laigen r(o marb) Corbmacc Connloinges. 

7. Lia Fail i n-uachtar brûidne 
lia foraca ilbuidne, 

Lugaid Ldimdcrg roda-la 
for Illann mac Fergusa. 

8. Hi Sleib Uillenn immaid glenn 
ro bith Furbaide Ferbenn, 
Lugaid Reo nd^rgg rom-bi ann 
in ridigail Chruachna Clot/;rand. 

.i. Lugaid ro marb Ethne mdthair Furbaide 7 Furbaide ro marb Clothra 
mâlhaiï hmgdech 7 Lugaid ro marb Furbaide part in ndîgail a mathar. 

9. Amargin ba garg a gleicc, 
eithiér môr is eithier bec, 
matan i n-Imlech Aii 
imolle a lecht la haii. 

.i. Aimergin Iargiunnuch isse ro marb da ethiar n-lmlech Ae. 

10. Lecht Conrùï hi Sléib Miss, 
.i. Cucu\ainn 7 Ulaid ro marb Coinrui ina tigh iarna brath dia mnai 
loin .i. do Blathnait ingin Minn. 

lecht Luighdcch fo leccuib liss, 
.iii. lecca liss Lu'igdech .i. gress 7 ruicci 7 mcbul. 
i nDûn Binni, brig for roi, 
ro bith Fidmuin mac Forai. 



On the Deaths of sortie Irish Hcroes. 325 

1 1 . Ledit Fir-diad atchi cach 
rc Coin culuinn forsin âth, 

.i. Cuchulainn 7 Ulaid ro marbsat Fer di'ad ar ath iarna tuidecht ar as- 
lach Medba 

Cethern mac Finntain co ngail 
dorochrt/r icc Smiramair. 
.i. is ann Aa.no dorochair Cethernd mac Finntain maie Neillc... legis do 
.i. in smircomairt. 



12. Docer Cuchulainn co fi 
hi très Choir thi Cumperi, 

Ulaid i cath Coirthi chuimpiv 

(fo)r Traigh Baile, breissim ngle, 
do(ro)chair Oenfer Aitfc. 
.i. AifFe ingen Airdgemin muime Conculainn a mâthair. 



13. Ercc mac Coirpre gaet sin très 
hi comair (The)mm fodess 

Ercc inn digail Con culuinn. 

on atâ ledit Luighdeach ce tois 
(fon) charnn hi Muig Argatroiss. 

14. Ercca Iuchna amnus bûar 
oca toghail docer Lûar, 

.i. for forbais Fer Falga dorochair Luar do tucait cairi Mind 7 Blathna/a 
oc«5 .iii. erca Iuchna À. tri bae. 

ic techt immach asa thigh 
frith ledit Laeghaire Bûadhaigh. 

.i. Aed mac Aindin» in fil; condrsmic fii Mummain mnai Conchobair co- 
robus badad co vuecad co Loch Lâig axbelaib thigi Lacg;/;'re .i. co luid Lae- 
guiri co dian dia tesarewm, co rue elethi a chinn de co ;;-apad. 

i). Atbath Celtcair conià ail 

fri Dun Léthgk.à anair, 
.i. Cealtchuir romarb Dael coin dia luin .i. diaghae, 7 braen fola in Choti 
iarsan ngae chuici co ndeachaz'd trit co talmain gwrros-marb. 

bas Blai Brigo tria chin mnâa 
in ndeiscert Oénuig Mâcha. 

.i. Blai Briuga ro luidh ria mnai Cheit no Cûtchair conad ro marb Ceat 
no Celtchar ind iaromh. 

Revue Celtique, XXJIJ. 22 



326 Whiîky Stokes. 

16. Aidcd Cumscraidh, cruaid in t-écht, 

di Luin Celtchair la Mac cccht. 

.i. Mac cecht is e ro marb Cumsgra^ Mend mac Conchobair don luin 
Chealtcha/'r 

dorochair Mac cecht iartain 
la Conall mac n-Amorgin. 
.i. rocher Mac cécht iartain la Cona.Ua ndighail CumsgraoY,! maie Concho- 
bair. 

17. Guin mac n-Uislenn ba helgno 
fèsgwr ar bru na HEmno, 

.i. Eogan mac Duixhacbt ros-marb tre forowgra Conchobair ar foesam 
Fergusa 

ni rochian iarsin meb»/7 
gaéta Fiachna 'na ndeguidh. 

.i. Fergîts dawo ro marb Fiacha mac Conchobaz'r a ndighail mac nUisnigh 

18. INa ndigail, nirbo rom, 
gaet Cerrcen mac Illadon, 

.i. is a ndigail mac nUisnig ro marbad Gerrcenn atha/r Munreamhair 

re mac Roaig 1 frith a 1er/;/ 

ocits Eoghan mac Durrtecht. 
.i. is na ndigail ro marb Fergits Eoghan mac Durrthecht ri Fernmoighe. 

19. Hic Reid Belcon ro Limadh 
côfguine Cet maie Màgach. 

.i. Cowall Cernach ro marb Ceat a cath 7 ic iledh Bélchon ro cocrathao 1 

Belr// Brefni cona chlaind 

gaéta do cerduib Conaill. 
.i. Conall ro marb tri maco Belchow i ndighail a n-athar iar marbarf a 
n-athar doib tria celg Conaill 

20. Conall Cernach, cruaid in t-ccht, 
is ann ro bith i Muig Slecbl, 

À. na tri Ruadcoin Martine ro marbsat a ndigail Ailealla 



I. Rossa LL. and Laud. 



On the Deaths of some Irish Heroes. 327 

ir-Raith Cruachun gnim do rinn 
dia laim dorochair Ai/z'll. 
.i. Conall dawo ro innsma gae tria. Ailill ar irail Medba tria et 

21. Gaéta Fergwj matan moch 

do sleigh Lugduch i Finnloch, 
.i. Ailill isbert (ri Lugaid Dalleces alainn connâgat in t-ag 7 in élit, ar 
se. .i. ail... isin loch, irasoei gae forrae a Lughaigh 

issé sin in gnim dia ta 
oen-et amnuss Aililla. 

22. Hi cath Étuir gaéta fir 

im Mess ndead macc Amorgin 
.i. dia ro gabatar Laigin Etar (ri .ix. trath for Uliachaib is ann doroc/;»/> 
Mes-degad 

hic léim asa dûn immach 
dorochair Forgull Manacn. 
.i. hic èlugud dô asin bruigzn amach is ann dochomart a chnaim daela. 

23 . Mess gegra ro met gac/7 roen 
dorochair la Cowull Clden, 

.i. Conall Cernach ro marb Mesgeghra a ndfgail Mes degad 7 Lueguiri 
7 Coula. 7 BeothazV 7 Cownad 7 ri. 

ocus dodechuid a linn 
dar Mundremur mac Ceirrginn. 
.i. a badud ina loch bodein .i. a Loch Munreamair. 

24. Atâ lecht Smôil hi Sléib Dam h 
foraicca éca imnam, 

ocus lecht maie Con créchta 
la Fergoman oeinéchta 1 . 

25. Gaet Art os Mucraime meirg 
co n-a.dnacht hil-Luachair deirg, 

À. Lug&id Mac con tue in cath 7 Lugaid Lâgha ro marb Art 7 Bene Brit 
no Lighairne rus-marb Artt. 



1. This quatrain corresponds with LL. 36, Smôil being put for Mail, 
SUïb Damh for Druitn Gain, and Fergom anoeînêchla for Ferdomun oenechta. 



3 28 Whitley Stokcs. 

atâ \echi Corma ic iar fir 
for in àth hic Russ na righ. 
.i. cnâim bratain tus-len ina brâghuit co n-apthad de 

26. Do lai m Feras ciarbo col 
dor ochair Lu ga ici Mac con 

.i. Ferches mac Comain égis cathmil/rf Aïïilla Uluim 

is de ro gaet issin tress 

Ferchiss mac Commain éceas. 
.i. dorochair la fein Find hf Baiscne Feirchisa n-uaim Esa Fidgrinde 

27. Mongan ba minn car/; dîne 
docer la féin Chinn tire, 

.i. tian Chind tiri ro marb Mongan ar bru Locha Lo no Locha Mflrcil 
la féin Luaighne zided Finn 
for Ai» Brea os Bôainn. 
.i. la Aichlech mac Duibrenn dorocha/V Find ac Ath Brea os Boaind 7 
ni a mBeola Broghoige a Luachair. 

28. Atâ lecht Muirchertat£ muâid 
for tôeb Cleitigh anairtûaigh 

.i. badud a ndabaig fina 7 losgad a tene 7 goin co rinnib ros-fuc 

dofuil lecht Taidhg isin glinn 

foraicce FinnabflîV finn. 
.i. osro marb ac Ath Ruis na righ f?i hAird Findabrach anall 

29. Dofuil lecht Céllaig sin Bruigh 
i n-éc Nuaille niimaluidh 

.i. a éc do luacht na habhee no galur brége do chur a g?-aid ina mnaib 

imMaig Muccrami atâ 
lechtan Céin maie A'ûillti 
.i. Cian mac AWiJla XJlad axhair Taidg is ann torcha»... 

30. For Muir Icht, ni guin clethuch, 
dorochair Niall mac Echach : 

.i. Eochrt/'(/ mac En[n]a Cennselaig... 

Nathi torcuir gaet iar mbuaid 
o sfo'/ùb Elpa sairtuaid. 



On the Deaths of some Irish Heroes. ] 29 

31. Hi nGirïiaig Dallaig ro bd 
Finnechta mac Dunchach, 

À. Aed mac Dluthaig 7 Cowaing romarbsat Finnachta 7 Bresal a mac. 

Greallach Dallaich ro marb Cuculan;» isin grealbuV sin... cosinar is ann 

ro imraided cath Muige(?) 

im-Maig Lini, batar... 
orta Dianrum mac Cerbaill. 
.i. Aed Dub mac Suibni ri UW ro marb 

32. Docher Suibni, sid n-uailli, 
la h Aed Slame îor Suaine, 

.i. Aed Slaine ro marb Suibne mac Colmain moir i mBri dam ior Suaine 

dorocbair Aed h Slan'i de 

for bru Locha Simdidi. 
.i. Aed Gftstan comalta Conaill Guthbinn ro marb Aed Slaine 

33. DoctT Fergal, finn a gné, 
i cath Mona Almaine 

.i mac Finn ri LaigfK ro marbad F^rgal 7 Co/zall mend 

i cath nUchba ro dith Bran 

la dith nAedha maie Colgati. 
.i. la hAed Allan .i. hi Raith hua nAllan i n Ulhaib ro ait, undc Aed 
Alla» 

34. Aidt'J Brannduib co mbine 
i Cluain Senbothi Sine, 

.i. Sàrân sôebderc do muinnt/r Senbothi ron-gedhnae. 
rue bas mac Ruadrach na n-edh 
i fiadh moraluinn Maistean. 

35. Mflcc De rom-anocht co se 
ar imnead ar eccraide, 

is e roinm-ain armutha 
corn taeth/^ la fianna. 

Fia;/;/a. 

36. Annsom dôib atat hi péin 

cin adhradh righ retins gré'm, 



? 3° Whitlcy Stokes. 

ro tascair Ma ce Muire mas 
dos-rascair re fîânnachas, 



Fianna 



37. Ro bith oss la Tadg mac Céin, 
Tadg mac Céin la hoss ro bith, 
la hoss ro bith Tadg mac Céin, 
Tadg mtfc Céin ic Ross na righ. 

38. Ro bith Finn dwa ro bith Finn 
ba do goeib gomach guin, 

do thall Aicdech mac Duibrcnn 
a chenn do mac Mwnii muin. 



On }he Deaths of some Irish Herocs. 3 3 1 



NOTES 

The bare numbers refer to the quatrains in the Bookof Leinster, supra pp. 314-516. 



1. Emain, commonly called Emain Mâcha, now the Navan 
Fort, near Armagh. 

Raith Cruachan, now Rathcroghan, co. Roscommon : see 
the Dindsenchas, LL. 1 57 a 6, iyo a 42. 

Temair, now Tara : see Cormac's Glossary and the dindsen- 
chas, LL. 1 5 9 a 1. 

Luachair, « now Slieve-Logher, a range of mountains 
which divides the county of Limerick from Kerry, and extends 
into Cork », Hennessy, in his translation of the Tripartite 
Life 472, and see the Dindsenchas, nos. 50, 52, 79. 

Alenn in co. Kildare, now represented by Knockaulin, see 
the Dindsenchas, LL. 162*31, Rev. Celt., XV, 309. See also 
Three Fragments of Irish Annals 56. 

Lirmumu « West Munster » (Airmumain « East Munster », 
Laud), gen. sg. çhrinde Dia dighaltas anois, ar iaîh Iarmhumhan, 
Mise. Celt. Soc. 336. 

2. dut « dunce, fool », from *du-vet, opposite of sui « sage », 
from * su-vet, Urkelt. Sprachschatz, 261. 

3. The taie of Fergus mac Léiti (king of Ulster, Laud) and 
his fight with the water-monster.is fully told in Ancient Laws 
I, p. 71-74, and Silva Gad. II, 283-285. The gloss in Eg. 
means: Fergus went back to the Sinech of Loch Rudraigi, so 
that they (i. e. Fergus and the monster, Laud) fell together. 

Fertais Rudraigi was in Loch Rudraigi, now Dundrum Bay, 
co. Down. It is called « red », because for a month the lough 
was red from the fighters' blood (Laws I, 74). 

4. Conchobarson of Ness, daughterofEochaid Yellow-heel, 
succeeded Fergus as kingof Ulaid. seeLL. io6 a 1, Bkof Lismore 



] 52 Wlr.tlcy Stokes. 

T2) b i. The first gloss in Eg. means : « i. e. when Concho- 
bar eut down the Wood of Lamraige, then Mes gegra's brain 
went out of bis (Conchobar's) head and his own brain after- 
wards ». A bail compos'ed of lime and Mesgegra's brain had 
been slung by Cet mac Magach into Conchobar's skull. 

Letir Lamraige : tins is Coill Lamrigh in O'Mahony's Kea- 
ting p. 273, where the legend of Conchobar's death is told. 
See also LL. I23 b 40, 150* 26 and O'Curry's Lectures, 
pp. 637, 643. 

According to Tigernach, Rev. Celt., XVI, 408, Concho- 
bar died in the eighth year of Tiberius. But see ibid., p. 410. 

Fachtna son of Sencha. His judgments are mentioned in 
Laws I. 19, and one of them is quoted in Cormac's Glossary, 
s. v. fir, and in the Bodleian Amra Choluimbchille, Rev. Celt., 
XX, 250. The second gloss in Eg. means: « i. e. 'Tis there 
that Conchobar and Fachtna were buried, on Sliab Slea above 
Loch Léigh (Vituli Stagnum, Belfast Lough) in Semne in 
Ulster. » « Semhne », says Hennessy, in a note to his trans- 
lation of the Tripartite Life of S. Patrick, p. 443, « was 
the ancient name of Island Magee, lying to the northeast 
of Carrickfergus, county Antrim ». 

5. Conaire, the hero of the taie Togail Brudne Dâ Derga 
(hère Berga), published in this Review, tome XXII. 

The gloss in Laud means: « i. e. son ofEterscél and Mess 
Buachalla. Ingcél the Squinting, son of Con[m]ac of Britain, 
killed him. » The glossator of Eg. says: « i. e.-Incél Caech 
and Fer|g]el and Fer rogain and Fer roroguin are thev that 
slew Conaire. » 

Cormac Conlongas, the incestuous son of Conchobar mac 
Nessa, is the hero of the taie Bruden Dû Choca, published in 
this Review, tome XXI. The gloss in Laud means « i. e. lie 
tell by the Connaughtmen ». The gloss in Eg. means: « i. e. 
Condloinges, i. e. incest of exile, i. e. Conchobar through 
drunkeness begat him on his (Conchobar's) mother, i. e. on 
Ness, whence is said col loingis « incest ol exile ». 

6. The glossator in Eg. etymologises thus on the name Da 
Cocca: « i. e. da'choc-sui i. e. two equal smith-sages (master- 
smiths) who were in it. Forod and Forod their names », and 



On the Deaths of some îrish Heroes. 555 

adds « Mugh Corb, king of Leinster, killed Cormac Conloin- 
ges ». Cacht son ofFinguine seems identical with Cacht son 
ofllguine, Rev. Cclt., XXI, 388. 

7. The incident hère mentioned is related in Rev. Celt., XXI, 
323, §53, wherethe stone of Fdl (Rev. Cclt. XII 56, LL. 9") is 
simply called nertlia cloiche moire. Lugaid Lamderg was a Con- 
naught champion. 

8. Furbaide Ferbenn, son of Conchobar mac Nessa, Laud. 
According to the glossator in Eg. « i. e. Lugaid killed Ethne the 
mother of Furbaide, and Furbaide killed Clothra the mother 
of Lugaid, so Lugaid afterwards killed Furbaide on the top of 
Sliab Uillenn in revenge for his mother ». See the dindsen- 
chas of Carn Furbaide, Rev. Celt., XVI, 38, and Cuan hua 
Lothchain's poem, LL. 1 99 a 3 5 • 

As to Lugaid Riab nderg (or Reo nderg), « son of the three 
Finds of Emain » (Laud), by their sister Clothra, see Ir. Texte 
III 332, 415, and Tigernach, Rev. Celt., XVI, 411, 414. 

9. The gloss in Eg. means: « i. e. Aimergin the Dark- 
haired r , 'tis he that killed two Ethiars in Imbliuch Ae ». Who 
or what thèse Ethiars or eithiers were, I know not. 

10. The first gloss in Laud means : « i. e. Cûchulainn killed 
him » : the first çloss in Eç. means : « i. e. Cûchulainn and the 
Ulaid killed Cûroi in his house after he had been betrayed by 
his own wife, i. e. by Blàthnat daughter of Menn ». The story 
is told in the dindsenchas of Findglass (Rev. Celt., XV, 448- 
449) and in O'Mahony's Keating, pp. 284-284. More as to 
Cû-rôi in Celt. Zeitschrift III, 37, 41. 42. As to Blathnat' s 
grave, ibid., p. 46. 

Sliab Miss is a mountain in Kerry where the sons of Miled 
and the Tuath de Danann fought their first battle. 

Lugaid, according to the second gloss in Laud, « killed 
himself in grief for his wife, i. e. he put his sword through 
himsell. » « There ean be no doubt, says O'Curry, Lectures, 
p. 479, but that the Lugaid h hère mentioned was Lugaidh 
mac-na-tri-con, that is, son of the three Cons (or Cûs), that 
is, of Cu-roi mac Daire, Cu-chulainn and Conall Cearnach ». 

1. See Côir Anmann § 253, Ir. Texte, III, 394. 



3 34 Whitley Sîokes. 

He was so called, thinks O'Curry, because his mother Blath- 
nait had had connexion with Cûchulainn and Conall Cer- 
nach, as well as with her husband Cû-r6i. But the Lugaid son 
of Cûroi § 12 seems différent from the Lugaid of§ 10. 

According to the second gloss in Eg. the three lecca liss 
under which Lugaid was buried were Insuit and Shame and 
Disgrâce. Sec O'Curry's Lectures, p. 476. A similar expression 
is found in LL. i4) b 14: mani betis leca Luigdech lis. 

D/hi Binni, and Fiamuin mac Forôi. A cath Duma Beinne is 
mentioned in the Battle of Magh rath, p. 210, and O'Dono- 
van, ibid. p. 313, says that Fiamuin was a Munster chieftain 
contemporary with Cûrôi. 

11. The first gloss in Laud means: « i. e. by the four Pro- 
vinces of Ireland », According to the second, Cnes Corthi 
Chumtheri was in the Plainof Muirthemne, i. e. in the présent 
county of Louth. The legible part of the first gloss in Eg. 
§ 12 means : « Ulaid, in the battle of Coirthe Cuimper ». 

For the story of Cûchulainn's death see Rev. Celt., III, 175, 
and Tigernach, Rev. Celt.. XVI, 407. 

Oenfer Aiffe « Aiffe's Only-man » was an alias for Conlaech, 
Cûchulainn's son by Aille, daughter of Airdgemen, (ac- 
cording to the second gloss in Eg.) and of Scâthach, Cûchu- 
lainn's fosteress. See the Yellow Book of Lecan, p. 214% 
the dindsenchas of Lecht Oenfir Aiffe, Rev. Celt., XVI, 46, 
O'Mahony's Keating, pp. 279, 280, and O'Curry, Manners 
and Customs, II, 312. 

Trâig Baili (also called T. B. dûine Delgan and T. B. maie 
Buain) now Dundalk in the county of Louth. 

As to the death of Cethern at Smir-ammar (« Marrow- 
bath »), now Smarmore in the co. Louth, see LL. 91* and 
O'Curry, Manners and Customs, III, 101. 

12. The imperfect gloss in Eg. § 13 means: « Erec in re- 
venge for Cûchulainn ». Ercc (i. ri Temrach) mac Coirpri 
Xiad fir, Tigernach, Rev. Celt., XVI, 407. 

Lugaid mac Con-roi, slain by Conall Cernach, ibid. 
Mag Argatroiss, a plain in co. Kilkennv, to the right of 
the river Nore. ' 

13. The first gloss in Eg. § 11 means: « i. e. Cûchulainn 



On the Deaths of some Irish Herocs. ; ] , 

and theUlaid killed Fer diad at the ford (of Ardee, Co. Louth) 
after he had corne by Medb's allurement ». For the account of 
his death see the Tain bô Cùalnge, LL. 87*: see too the Four 
Masters, A. D. 941, note w, and 1452, note t. 

The second gloss in Eg. (so far as it is legible) means : 
« i. e. 'tis there that Cethernn, son of Fintan, son of Ni ail, 

fell healing for him, i. e. the marrow-mash ». See the story 

in the Tain bô Cualnge, LL. p. 91*. 

14. This quatrain is cited in the Bodleian Amra Choluimb- 
chille, Rev. Celtique, XX, 250. The first gloss in Eg. means: 
« at the beleaguerment ofthe Men of Falga (the Isle ofMann) 
Lûar fell because ofthe caldron of Menn (the king of Mann), 
and of Blathnat, and of Iuchna's three erta, i. e. three cows. » 

More of thèse cows in Cormac's Glossary s. v. fir, and in 
the dindsenchas of Findglais, Rev. Celt., XV, 448. And see 
the dindsenchas of Adarca, LL. i6o b 36. 

The first gloss in Laud means « i. e. to sav'é Aed son of 
Annend when he was being drowned by Conchobar in Loch 
Lôig for the crime of going to Mugain, [or Mummain, Con- 
chobar's wife] 'tis then that Loegare Buadach struck his head 
against the lintel, so that he perished therebv, for he used not 
to allow any battle-soldier of the Ulaid to be destroyed on his 
territory for his naughtiness » (cspdiijc). And the second gloss 
in Eg. means : « Aed son of Aindenn, the poet, forgathered 
with Mummain Conchobar's wife, so that there was drown- 
ing ', and he was brought to Loch Lôeg in front of Loeg- 
uire's house, whereupon Loeguire went vehemently to rescue 
him, and the roof of his (Loeguire's) head was taken off him, 
so that he perished ». 

See the story in O'Mahony's Keating, p. 277. 

i). Aided Celtchair maie Uthithir, LL. 1 i8 b 4, and Edin- 
burgh Ms. XL, tells the taie of Celtchar's death. 

The gloss in Laud is corrupt : « i. e. Doelcu so that a 

drop ofvenom fell from the point ofthe spear on Celtchar's 
head, so that he died thereof. » The first gloss in Eg. is 
clearer : « i. e. Celtchair killed Daelcu with his luin, i. e. with 

1. i. e. he was condemneJ to be drowned. 



3]6 Whitley Stokes. 

his spear, and a drop o( (Dael)cu's blood (flowed) to him along 
the spear, and went through him to the ground, so that it 
killed him ». 

As to Celtchar, son ofUthechar (or Uthider), sec Fled Bri- 
crenn § 12 and the other références in Wind. Wtb. 871. For a 
description of his deadly litin sec Togail Bruant Dû Derga 
§ 129 (Rcv. G//., XXII, 301). 

The second gloss in Hg. mcans : « i. e. Blai Briuga had gone 
with the wife of Cet or Celtchar 1 , so that for tins Cet or 
Celtchar killed him afterwards ». The burial-place of Blai 
Briuga's head (cend Blai Briugad) is mentioned in LU. i34 b , 
last Une. A Bruden Blai Brugad is mentioned in the Book of 
Lismore, f. 1 58 b 2. 

Oenach Mâcha (lit. Macha's Fair) : see the dindsenchas of Ard 
Mâcha, Rcv. Cclt., XVI, 44, and Four Masters, A. M. 3579, 
where O'Donovan says that it was another name for Emania 
or the Navan fort, near Armagh. 

16. The first gloss in Eg. means : « i. e. Mac cécht, 'tis he 
that killed Cumscraid Menn, son of Conchobar, with Celt- 
char's ////'// », as to whieh see above § 15. And the second: 
« i. e. Mac cécht afterwards feli by Conall in revenge for 
Cumscraid son of Conchobar ». See Tigernach, Rcv. Cclt., 
XVI, 410. 

As to Cumscraid (also speltCûscraid) the Dumb of Mâcha, 
seeCoir Anmann§278 (Ir. Texte, III, 405) and LU. 1 1 3 a -i 1 3 b . 

« Conall son of Amorgen », commonly called Conall Cer- 
nach. See his interview with his father after the destruction of 
the Bruden Dà Derga, Rcv. Cclt., XXII, 2, 327-329. More 
as to Conall, LL. 107" 2. 

17. The gloss in Laud means : « i. e. Nâise, Ardan, Ainnle. 
Eogan, son of Durthacht, killed them by Conchobar'sorders ». 

The first gloss in Eg. « i. e. Eogan son of Durthacht killed 
them by Conchobar's orders (while thev were) under the safe- 
gaard of Fergus. » The second gloss: « i. e. Fergus, then, 
killed Fiacha son of Conchobar in revenge for the sons of 
Uisnech. » 

1. According to LU. 134b 41, Celtchar was the aggrieved husband. 



On the Deaths of somc Irish Heroes. 337 

For the famous story hère rcferred to sec Ir. Texte i. pp. 67- 
82, II 2 122-152, The Atlantis III, and The Transactions ôf the 
Geielie Society of Dublin, 1808, pp. 16-134. 

18. The gloss in Laud means « i. e. Munremàr's father ». 
The glosses in Eg. mean : « i. e. in revenge for the sons of 
Uisnech, Gerrchenn father of Munremar. » « i. e. in revenge 
for them Fergus killed Eogan, son of Durthacht, king of 
Fernmag », now Farney, co. Monaghan, in Oriel (Airgéill). 

Macc Rossa, i. e. Fergus. 

19. The first gloss in Eg. means: « i. e. Conall Cernach 
killed Cet in battle, and at Bélchu's feast he was... » The se- 
cond gloss means : « i. e. Conall killed Bélchu's three sons in 
revenge for their father, after their father had been killed by 
them through a wile of ConalPs. » 

Conall, i. e. Conall Cernach, ancestor of the O'Mores of 
Leix, Mise. Celt. Soc, 372. The « wile » by whiçh he caused 
Bélchu's sons to kill their own father isdescribed in O'Mahonvs 
Keating, p. 274. 

Bélchu a Connaught champion. A taie called Togail Bruidni 
Bélcon Bref ni, or Or gain Belcon Breifne is said to be in H. 2. 17. 

20. The gloss in Laud means : « the three Ruadchoin of Mar- 
tine killed him, Conall Cernach. » So the first gloss in Eg. 
« i. e. the three Ruadchoin of xMartine killed him in revenge 
for Ailill ». As to thèse Ruadchoin see Nettlau, Rev. Celt., 
XII, 446. Accordingto the Dindsenchas, LL. 1 66 h 41, 21 i a 48, 
Conall was killed at Mag Luirg in revenge for the death of 
Cû-rôi mac Dari. As to Mag Slécht see LL. 2i3 b 38 and K. 
Meyer, The Voyage of Bran, II, 391 : it was a plain near Bally- 
magouran in the county Cavan. 

The second gloss in Eg. means : « i. e. Conall then drove a 
spear through Ailill at Medb's behest through jealousy. » 

See the Aided Ailella 7 Chonaill Chernaig, Celt. Zeitschr., 
I, 104, and the dindsenchas of Mag Luirg, Rev. Celt., 
XV, 472. 

21. The gloss in Eg. means: « i. e. Ailill said to Lugaid 
Dall-eces (« the blind poet ») : Delighttully the stag and the 
hind swim (?) together in the lake, saith he. Cast a spear at 
them, O Lugaid ! » 



3 $8 Whitley Stokes. 

The « stag » was Fergus, thc « hmd » was Mcdb, Ailill's 
wife. Sec the story in O'Mahony's Keating, p. 275. 

Findloch, perhaps the lake mentioned in Dinds. 156, Rev. 
Ccll., XVI, 272, or « the Lowcr Lough Erne in Fermanagh » 
FM. 1369. 

Oenét AiJella « Ailill's only Jealousy » seems thetitle of a story. 

22. The first gloss in Eg. § 23 means: « i. e. Conall Cer- 
naeh killed Mes-gegra in vengeance for Mes-degad and Loeg- 
uire and Conla and Beothach and Conna etc. » See LL. 
n6 L) 9. The second gloss means « i. e. his drowning in his 
own lake, i. e. in Loch Munremair » (now Lough Ramor, 
co. Cavan, Four Masters, A. M. 2859). 

For an account of Mes-gegra' s death see Rev. Ccll., VIII, 
58, 60. 

2;. The first gloss in Es;. 22 means: « when the Leinster- 
men for nine days detained the Ultonians, then did Mes degad 
fall. » As to Cath Etair, see LL. ii4 b 1-117 a 39. Rev. Celt., 
VIII, 54. See also the dindsenchas LL. i6i a 1. 

The second gloss : « i. e. in fleeing forth from the palace, 
there he fractured his... bone. » 

As toForgull Manach and his àûn (or bruden) near Lusk see 
Scél Mucce maie Dâ thô, Ir. Texte i. 9 b . He was the father of 
Emer, Cûchulainn's wife, Fled Bricrenn § 21. Celt. Zeitschr. 
III, 231. 

24. The first gloss in Eg. 26 means : « i. e. Ferches, son of 
Comman the Poet, the battle-soldier of Ailill Crop-ear. » The 
second means: « Ferches fell by thc fian of Find hua Baiscni 
in the cave of Ess Fidgrinde. » 

As to Lugaid's death by Ferches, LL. 288% 292* 16, Rev. 

Ccii., xm, 465. 

25. The first gloss in Eg. means: « Lugaid Mac con deli- 
vered the battle, and Lugaid Lâga killed Art, and Benne the 
Briton or Ligairne killed him, Art. » 

See Rev. G7/.,XIII, 458, and LL. 131* 24, 146* 15. Ligairne 
is callcd Liogairne leacanfoda (« of the Long Cheeks ») by the 
Four Masters A". D. 195. 

The second gloss means : « i. e. the bone of a salmon stuck 
in his throat, so that hc died thereof. » 



On the Deatlts of some Insh Heroes. 339 

As to Cormac's death and his burial at Rosnaree on the 
Boyne, see Tigernach, Rev. Celt., XVII, 21 : Senchas rut Relec, 
LU. 50 b : O'Mahony's Keating, p. 357; and S. Ferguson's 
ballad The Burial ofKing Cormac. 

26. The first gloss in Eg. 28 means: « i. e. a drowning in 
a cask of wine, and a burning by fire, and a slaying with 
spearpoints took him off. » 

For the storyof Murchertach's death sec Aided Muirchertaig 
maicc Erca, H. 2. 16, cols. 310-320, H. 2. 7, pp. 248-254, of 
which O'Donovan (Four Masters, A. D., 526, note b) has 
given a précis. See also the notes to the dindsenchas of Clet- 
tech, Rev. Celî., XVI, 66, and Fland's verse, LL. I32 b 15 : 

Murchmach robcrta blaid, mac Erca, macc Muredaich. 

i Clettiuch co ngrain, gnim glé. rod-bàid fin, ro-loisc tene. 

The second gloss in Eg. means : « A stag killed him at the 
ford of Rosnaree just beyond Ard Findabrach. » The Tadg 
hère mentioned is probably the Tadg mac Céin of quatrain 
27. The gloss in LL, however, makes him the son of Mael- 
coba, and adds that « the death of Tadg is one of the 
(doubtful) questions of history ». The story « which told 
how he and a deer killed each one the other at Rosnaree on 
the Boyne is lost unfortunately », Silva Gadel., II, XV. 

As to Tadg son of Cian, son of Ailill Aulomm, see Tigernach , 
Rev. Celt., XVII, 16, the Echtra Taidg maie Céin, Book of 
Lismore, 1 iy a 1, I23 b , d'Arbois de Jubainville, Essai d'un ca- 
talogue, p. 125, and S. H. O'Grady, Silva Gadelica, i. 342-359, 
II, 359-368, 385-401. 

28. The first gloss in Eg. 29 means « i. e. his death by the 
cold of the river, or a disease feigned to put love of him in 
his wives». Hence it would seen that Nuaille is the gen. sg. 
of a river name Nuall ? I know not either of the stories hère 
referred to. 

The second imperfect gloss means : « i. e. Cian son of Ailill 

of Ulster, tather of Tadg : 'tis there fell » 

As to Mag Mucrama see the dindsenchas, LL. i62 b 13. 

29. The first gloss in Eg. 27 means: « i. e. the fian of 
Cantire killed Monç?an on the brink of Loch Lo or Loch 



340 Whilley Stokes. 

Maicil ». Two accounts ofthedeath of thisMongan (mac Fia- 
chna Lurgan) are given byTigernach, Rev. Celt., XVII, 178. 

The second gloss means : « i. e. by Aichlech, son of Duibriu, 
Find fell at Àth Brea on the Boyne, and not at Beola Bro- 
ghoige in Luachair. » 

Luagni (or Luagni Temrach) a military sept in Meath, des- 
cended from Luaighni, one of the brothers of Conn of the 
hundred battles, Oss. Soc, IV, 288. See F. M. 122, 283, 
759, 842. 

30. Find's death by Aichlech is mentioned also in the gloss 
just translated. So Tigernach, Rev. Celt., XVII, 21, and F. 
M. 283. For other accounts of the death, see the Baille oj 
Ventry, éd. K. Meyer, pp. 72-76. 

3 r. The imperfect gloss in Eg. 30 means : « Eochaid son of 
Enna Cennselach ». He slew Niall of the Nine Hostages. Sec 
LL. i04 a 10, F. M., A. D. 405, Orcuin Ncili Nôigiallaig, 
Rawl. B. 502 f. 47 1 (éd. K. Meyer, in Otia Merseianà) and 
O'Mahony's Keating, p. 189. 

As to Niall and his hostages see the Côir Anmann, § 118, 
Ir. Texte, III, 338, and Rawl. B. 512, f. i02 b 2 (côic géill 
Herend 7 giall Allmn 7 Bretctn 7 Saxan 7 Franc), and as to 
Enna Cennselach, Côir Anmann, § 209, Ir. Texte, III, 372. 

As to the death of King Nathi (or Dathi) see LU. 38* the 
Côir Anmann, § 14e (Ir. Texte, III, 352), O'Donovan's 
Hy Fiachrach, pp. 17-27, and the Four Masters A. D. 428. 

32. The fîrst gloss in Eg. is partly illegible. So far as it 
can be read, it means : « i. e. Aed son of Dlûthach killed 
(Finnachta) and Bresal his son at Grellach Dallaich... Cûchu- 
lainn killed in that mire... till then, for it is there that the 
battle of Magh... was planned. » 

As to the battle of Grellach Dallaich or Dollaith (now 
Girly, two miles south of Kells, in Meath), A. D. 693, see 
Tigernach, Rev. Celt., XVII, 213, Three Fragments, p. 94, 
and O'Mahony's Keating, p. 481. 

The second gloss means: « Aed the Black, son of Suibne, 
king of Ulaid, killed him ». 

According to O'Mahony's Keating (p. 442) the killing 
took place at Rath Beg in Magh Line (a plain in co. Antrim, 



On the Dcaths of somc Irish Herocs. 341 

extending from Lough Neagh to near Carrickfergus). So- 
Flann, LL. i32 b 2o: 

Aed Duh ir-Raith Bic bil bain 
ro gaeth co trie 'na thigdàil, 

and seeTigernach, Rev. Celt., XVII, and F. M. 558, 146. 

The Four Masters say that Diarmait's head was taken to 
Clonmacnois and buried there, whîle his body was interred 
at Cuniri. As to the traditional date of his death see Gilla Coe- 
mâin, LL. 1 3 1 a 4 1 . As tohis quarrel with St. Ruadan and the 
conséquent désertion of Tara, see LL. i49 b 26. See further 
Aided Diarmata maie Fer gusaCerrbeoil, Egerton 1782, f°3y 1 1, 
H. 2. 16, col. 829, and Lismore Lives, pp. xxviii-xxix. 

33. Fogartach mac Néill, overking of Ireland (A.D. 719, 
Four Masters) was killed in the battle of Delgthiu by Cinaed 
son of Irgalach. So Fland, LL. r 3 3 a n : 

La Cinaed calma cen chair la mac n-amra n-Irgalaig 
fûair ing Fogartach na feb i cind dronaltach Deilgthen. 

See also Three Fragments, pp. 20, 108. This Fogartach was 
buried at Cluain Irairdd (Clonard), Rawl. B. 5 13, fo. I03 b 1. 
There seems to be a mistake as to the name of the battle, 
the fight at Druim rig (now Drumree, near Ratoath, Co. 
Meath) having occurred in 793. 

34. The first gloss in Eg. 32 means : « i. e. Aed Slaine 
killed Suibne, son of Colman Môr, at Bri dam on the Suaine ». 
So Tigernach, Rev. Celt., XVII, 163. Bri dam « the hill of 
the oxen », the name of a hill over a stream called the Suainin 
in the parish and barony of Geshill, Queen's county, Hennessy, 
in his Trip. Life, 477, note b. See Four Masters A.D. 596, 
and Reeves Columba, 42, note c. 

Aed Slâine (A. D. 595 F. M.), so called from the river 
Slaine (now Slaney), on the banks of which he was born, 
O'Mahony's Keating, p. 467. But see the Côir Anmann, 
§ 133 (Ir. Texte, III, 344). For a strange account of his birth 
see LU. J'2 b and LL. i45 b 2, edited and translated by Win- 
disch. See too Silva Gadelica II, 88. 

The second gloss in Eg. 32 means « i. e. Aed Gustan, a 
fosterbrother of Conall Guthbinn, killed Aed Slaine: » see 
Revue Celtique, XXIII. 23 



342 Whiîley Stokes. 

Tigernach Rev. Celt., XVII, 165 : C6ir Anmann § 244. But 
according to Fland Manistrech, LL. i32 b 34, rodmbi Conall... 
mac Suibne oc Loch Semtide (now Lough Sewdy in Westmeath). 
The slaying took place A. D. 600 (F. M.). For the vengeance 
taken on Conall bv Aed's son Diarmair, sec Tigernach, Rev. 
Celt., XVII, 183. 

35. The first gloss in Eg. 33 means... « son of Finn, king 
of Leinster Fergal was killed, and Conall Mend. » But accord- 
ing to the Four Masters, A. D. 718, the slayers of Fergal were 
Dunchad son ot Murchad and Aed son of Colgan. FergaPs 
death in battle (A. D. 718) is mentioned also by Tigernach, 
Rev. Celt., XVII, 228, and Fland, LL. 133*8: 

Docer Fergal, find a gné, i cath erglan Almaine. 

And Gilla Cocmain, LL. 131*5, commémorâtes not only 
Fergal but Conall Mend : 

Côic bliadna coicat gnim ngle co cath n-armach n-Almaine, 

and dorochrï/ï Conall Mend, ocus Fergal flaith hErcnd. 

Fergal was buried in Dermag (Durrow), Rawl. B. 512, 

fo. I03 b 2. 

A Moin (dat. Mônaidh) Almaine is mentioned in the dind- 
senchas of Belach Gabran, Rev. Celt., XV, 426. Almain, now 
Allen, is a hill about five miles north of the town of Kildare. 

The second gloss means : « i. e. by Aed Allan, i. e. in Raith 
hua Allan in Ulaid he was fostered, whence Aed Allain ». 

Other explanations of Allan are in Côir Anmann, § 122, 
Ir. Texte, III, 340. 

Thedeaths of Bran Becc, son of Murchad, and of Aed (Alcnd) 
mac Colgan at the battle of Uchba (A. D. 733, F. M.) are 
commemorated by Tigernach. Rev. Celt., XVII, 241, and by 
Gilla Caemain, LL. 1 3 1 b 1 : 

co cath Uchbad i mbith Bran 
i torchair Aed Mend mac Colgan, 

where mend makes the line hypermetrical. Uchba is now Bal- 
lyshannon (Bel àtha senaich). co. Kildare, F. M., 753. 

36. Mal, perhaps Mal son of Rochraide, O'Mahony's Kea- 
ting, p. ÎOJ. 



On the Deaths of somc Irish Heroes. 343 

Druim Gain, Cû Crédita, Ferdoman : place and persons 
unknown to me. And I cannot translate line 2. 

37. Mac Carbad in Rea : mac Carbad in Druim Gat : also 
unknown to me. 

38. The gloss in Eg. 34 means : « i. e. Sâran the squint- 
eyed, of the community of Senbotha, slew him ». Sce Tiger- 
nach, Rev. Celt., XVII, 166, where Sârân is styled airchindeach 
Senboth Sine. Sce also the Boroma, Rev. Coll., XIII, 32, and 
Four Masters, A. D. 601. 

Senbotha Sine, now Templeshanbo, Co. Wexford. 
Mac Rudrach is, according to the gloss in LL. Muridach. 
Cellach, son of Bran, stormed bis house (literally, « took a 
house upon him »). 

For the dindsenchas of Mastiu, gen. Masten, now Mullagh- 
mast, co. Kildare, sce LL. 195* 59. Sec too F. M. 1577. 

39. This was the battle at Belach Mughna in Magh n- 
Ailbe, now Moynalvey in Bregia, A. D. 903, in which 
Cormac, son of Culennari, king of Munster, was killed. Sec 
Three Fragments, p. 200. 

Tadg s. of Faelan, king of Hûi Cinnselaig : Cerball s. of 
Murigen, king of Leinster, ob. 909. 

40. Cenn-fuait, now Confey, near Leixlip, co. Kildare. The 
date of this battle is A. D. 915. 

Augaire mac Ailella is the Ugaire mac Ailella of the Four 
Masters, A. D., 915. 

Maelmorda mac Murieain, lord of Airther Lifi. 

41. So Fland, LL. 133*37: 

La Sittriuc ngdle co ngrain iar n-âne, iar n-imforrâin, 
hi fich Atha Cliath co cul ro bith in Niall glan Glûndub. 

Niall son of Aed's death is also mentioned in LL. 13 i b 13. 
It took place A. D. 917. He was buried in Cenannas (Kells), 
Rawl. B. 5 12, fo. I05 b 2. With Niall, according to Gilla Coe- 
main, LL. 131'' 14, rive other warriors fell : 

Ro marbtha malle ra Niall Conchobar, Flaithbertach fiai. 
Maelmithig, Maelmaire in mal, ocus Aed mac Eochocan. 

Tulacb Taidg is unknown to me. Airgéill : their territory is 



344 Whitley Stokes. 

now the counties of Armagh, Louthand Monaghan. As to Ath 
diathsee LL. 19 \ h 18. As to Dublinn see LL. i6o A 1, I93 a 5 3 . 

42. Congalach's death (A. D. 954) is thus recorded by 
Flann, LL. 133*41, 42 : 

La gaethu Gall gairgge gen ocus la laechu Lagen 

docer Cowgalach cet cland oc Taig glondbladach Giugrand. 

Cnogba, now Knowth, near Droghcda. Sidi, better side, 
rhymes with Tigi (better Tige) in 1. 4: cf. rabert Cûchulainn 
sidi da saigit LL. 87 a 47, 177'" 12. Teach Giugrand, thename 
of a place near the river Liffey, F. M. 954, not identified. 

43. Theglossin LL. means: « Domnall Cloen, son of Lor- 
can, killed Murchad, son of Find, son of Maelmorda, after 
swearing together by the relies of Brigit and Coemgen, in his 
own house, after eating and drinking together. » The story is 
briefly referred to in F. M., 970. Find's death is mentioned in 
F. M., 928. 

44. Calh crôibe, the battle of Crôeb Tulcha, Four Masters, 
A.D. 1103, between the Ulaid and the Cenél Eogain, in 
which the Ulaid were defeated, and Eochu son of Ardgar, 
k. of Ulaid, was slain. H ni Néill the descendants of Niall of 
the Nine Hostages. 

45. The dïbad Briain Boroma(A. D., 1013) is mentioned 
also in LL. I30 b 18, and Fland, LL. 1 33 n 50, says of Brian: 

ar torec tromm, ba galar garg, 
ort la drong ridanar nDanmarg. 

46. The battle of Sliab Grot, (now Mount-Grud in the 
baronv ofClanwilliam, co. Tipperary) was fought A.D. 1058, 
between Diarmait mac Maoil na mbô, k. of Leinster, and 
Donnchad, son of Brian, k. of Munster. As to Lumnech (the 
lower part of the Shannon) see the dindsenchas, LL. 1 5 5 l 2 5 . 
Herc it means the town ot Limerick. 

47. Cath na Mônad. Tins is the battle of Môin Môr in 
Munster fought, A. D. 1151, between the kings of Connaught 
and Leinster and the king of Munster, in which the latter was 
defeated with great slaughter, O'Curry, Manners and Cus- 
toms, II, 107. 



On the Deaths of some Irish Heroes. 



345 



INDEX OF PERSONS 



Aed Dub mac Suibni, Eg. 31. 

Aed Gustan, Eg. 32. 

Aed mac Aindinn, Eg. 14. 

Aed mac Colgan, k. of Leinster, 35. 

Aed mac Eochacan, 41. 

Aed Slâne, 34. 

Aicclech mac Duibrenn, 30. 

Aife, 11. 

Ailill queen Medb's husband, 20, 
gen. Ailella, 21, Ailill f. of Au- 
gaire, 40. Ailill Ulomm, Eg. 26. 

Aindenn Eg. 14. 

Ainnle Laud 17. 

Amargen (Iargiunnach), 9, gen. 
Amargein, 16, Amargin, 23. 

Ardan, Laud 17. 

Ardgemen, Eg. 12. 

Art, 25. 

Augaire (Ugaire) mac Ailella, 40. 

Baiscne Eg. 26. 

Bélchu gen. Bélcon, 19. 

Benne Brit, Eg. 25. 

Beothach, Eg. 23. 

Blai Briuga, 1 5. 

Blâthnat 10, 14. 

Bran, 35. 

Brandub, 38. 

Brian mac Cennétig, 45, 46. 

Brigit, 43. 

Cacht mac Finguine, 6. 

Cellach mac Brain j8. 

Celtchar, 13, gen. Celtchair, 16. 

Cerball mac Murigin 39. 

Cet mac Mâgacb, 19. 

Cethern mac Fintain, 13. 

Cian mac Ailella, 28. 



Clothru Cruachnd, 8. 

Coemgen, 43. 

Colman M6r, Eg. 34. 

Comman, gen. Commain, 24. 

Conmac gen. Con[nvaic, Laud, 5. 

Conaing, Eg. 3 1 . 

Conaire, 5. 

Conall mac Amargein, 16, 19, C. 

Cernach, 20. C. Claen, 22. 
Conall Guthbind Eg. 32. 
Conehobar, Eg. 4, 5, Laud 8, v. Mac 

Nessa. 
Conehobar 6 Thulaig Thaidg, 41. 
Congalach s. of Mael-mithig, 42. 
Conla, Eg. 23. 
Connad gen. sg. Eg. 23. 
Cormac mac Culennain 39. 
Cormac Conlongas, 5. 
Cormac hua Cuind, 25. 
Cû-chulainn, 11, gen. Conculainn, 

Eg. 12, 13, ace. Coin-culainn, 13. 
Cu-rôï, gen. Con-roi, 10, ace. Coin- 

rui, Eg. 10. 
Cuscraid, 16, Cumsgraid Eg. 16. 
Da Berga, 5. 
Da Cocca, 6. 
Dael-chû Eg. 13 . 
Diarmait mac Maoil nambô 46. 
Diarmait mac Cerbuill, 32. 
Dluthach Eg. 3 1. 
Domnall mac Lorean, 43. 
Donncbad mac Briain, 46. 
Durthacht, Laud, 17, Daurthecht ib. 

18, Eg. 17. 
Entier 23. 
Eochaid Sâlbuide, 1 a. 



456 



Whitley Stokes. 



Eochu mac Ardgair, 44. 

Eogan mac Durthecht, 18, Laud, 17. 

Ere mac Corpri, 12. 

Eterscél, gen. Etirsccuil, Laud, 5. 

Ethne mâthair Furbaidi Eg., 8. 

Fachtna macc Senchath, 4. 

Perches macc Commain, : {. 

Fer dcdlh, 13. 

Ferdomun, $6(corruptly Fergom an, 

Eg. 24.) 
Fergal, 35. 
Fergel, Eg. 5. 

Fergus, 21, mac Roaig Eg. 18. 
Fergus mac Léiti, 3. 
Fer rogain, Eg. 5 . 
Fer roroguin, Eg. 5. 
Fiacha, 17, Fiachna Eg. 17. 
Fiamain mac Forôi, 10. 
Find, 29, 30, macc Murne, 30. 
Find-Fmna, tri, Laud, 8. 
Finnachta macc Dunchada, 32. 
Finntan macc Néill Eg., 13. 
Fogartach macc Néill, 33. 
Forgull Manach, 23. 
Forod Eg. 6. 
Forôï gen. sg., 10. 
Furbaide Ferbenn, 8. 
Gergenn (Gerrchenn?) mac llladon, 

18. 
llladon gen. Eg. 18. 
Uland mac Fergusa, 7. 
Inair(?) macc Abrat, 37. 
Ingcéi Caech, Laud, Eg. 5. 
Iuchna, 14. 
Lae, 9. 

Ligairne lecanfota Eg. 23. 
Lôeguire Bûadach, 14. 
Lorcan f. of Domnall Cloen, 43. 
Luar, 14. 

Lugaid (mac na tri Con?), 10. 
Lugaid (mac Con-roi?), 12. 
Lugaid Dalleces, 21. 
Lugaid Ldga, Eg. 25. 
Lugaid L.imderg, 7, 
Lugaid Mac con, 24. 
I aid Riab (Réo) nderg, 8. 



Macc Carbad, 37. 

Macc Gccht, 16. 

Macc con, Eg. 24, sec Lugaid Mac 

o>n. 
Macc Concréchta, 36. 
macc Maclmorda, 43. 
Macc Nessa, 4, see Conchobar. 
Macc Rudrach, see Muridach. 
Maelmithig, 42. 
Maclmorda macc Murchaid, 43. 
Maelmorda macc Muricain, 40. 
Magach gen. sg., 19. 
M.iildub ri Airgiall, 41. 
Maire, 48. 

Medb gen. Medba, Eg. 11, 20. 
Menn,gen. Minn, Eg. 10, Mind, Eg. 

14. 
Mes buachalla, Laud 5. 
Mes-dé macc Amargein, 23 = Mes 

degad, Eg. 222. 
Mes-gegra, 22= Mesgedhra, Eg. 4. 
Mongan, 29. 

Mug Corbb, Eg. 6. F. M., 195. 
Mummain ace. sg. Eg., 14. 
Munremar macc Gerrgind, 22. 
Murchad macc Find, 43. 
Muridach macc Rudrach 38. 
Murchertach, 26. 
N.iise, Laud 1 7. 
Nathî, 31. 
Ness Eg. 5. 

Ni'all Glûndub macc Aeda, 41. 
Niall macc Echach, 3 1 . 
Oinfer Aife, 1 1 . 
Ross gen. Rossa, 18. 
Ruadcoin Martine, Laud, Eg. 20. 
Kudraige, 3. 

Smôl gen. Smôil, Eg. 24. 
Suibne, 34. 
Tadg m. Faelain, 39. 
Tadg gen. Taidc, 26, 'F. macc Céin, 

27. 
h-Ua Blait, 47- 
Uslius gen. Uslenn, 17, Uisnigh Eg. 

17- 



On the Dcaths of some Irish Heroes. 



547 



INDEX OF PLACES AND TllIBES 



Âilbe, 39. 

Ailén Tige Giugrann, 42. 

Airgéill, gen. pi. Airgiall, 41, also 

called Fiauu Ennui, Mise. Celt. 

Soc, 156. 
Alcnn, 1 . 

Almainnow Allen see Môin Almaine. 
Ard Finnabrach, 26. Eg. 28. 
Argatross, see Mag Argatroiss. 
Ath (Ain LL.) Brea on the Boyne, 

, 2 9- 

Ath Ruis na Righ, Eg. 28. 
Belach Mughna 39 n. 
Beola Broghoige, Eg. 27. 
Boïnd, Boainn, 29. 
Breifne, 19. 

Bretain, dat. Bietnaib, Laud 5. 
Bri dam, Eg. 32. 
Bruden Dâ Berga (Derga), 3. 
Brudcn Di Choca, 6. 
Brug, 28. 
Cenn-fuait, 40. 
Cenn tire, 29. 
Clettech, 26. 

Clûain Senbothc Sine, 38. 
Cness Corthe Crumtheri. il. 
Cnogba, 42. 
Coirthe Cumperi, n. 
Connachta, Laud 3. 
Crôeb, Cath Croibe, 44. 
Cruaehain, 8. 
Dermag 3 5 . 
Druim Gam, 36. 
Druim Gat, 37. 
Druim Ris, ; 3. 



Dublinn, 41. 

Dûn Binne (= Du ma Beinne?), 10. 

Dûn lethglaisse, 15. 

Emain, 1, gen. Emna, 17, etv. Laud, 

8. 
Ëriu, Laud, 1 1. 
Ess Fidgrinde, Eg. 29. 
Etar gen. Étair, 23. 
Fâl 7. 

Falga see Fir Falga. 
Eernmag, gen. Fernmoighe, Eg. 18. 
Fertais Rudraigi, 3. 
Fid Lamraigi, Eg. 4. 
Findloch, 21. 
Fir Falga, Eg. 14. 
Gaill, gen. pi. Gall, 42, 43. 
Grellach Dollaid, 32. 
Iarmumu, dat. -ain, 1 . 
Icht v. Muir n-Icht. 
Imbliuch Ae, 9. 
Lagen, gen. pi. 47, Laigen, Eg. 6, 

pi. nom. Laigin, Eg. 22. 
Letir Lamraige, 4. 
Loch L6, Eg. 27. 
Loch Lôig, Eg. 4, 14. 
Loch Maccil, Eg. 27. 
Loch Munremair, 22. 
Loch Rudraigi, Eg. 3. 
Loch Semdidi, 34. 
Luachair, 1, Eg. 27. 
Luachair Derg, 23. 
Luagne, 29. 
Lumnech, 46. 
Mag n -Ailbe 39 n. 
Mag Argetrois, 12. 



148 



Whitley Stokes. 



Mag Line, 32. 

Mag Mucruma, 28. 

Mag Muirthemne, Laud 1 1 . 

Mag Slécht, 20. 

Martine, Laud, Eg. 20. 

Mastiu gen. Masten, 38. 

Môin Almainc, 35. 

Môin M6r gen. M6na, 47. 

Muccrama, 25. 

Muir n-Icht, 31. 

Mumnech gen. pi., 46, ace. Mum- 

nechu, 39. 
Mumu, dat. Mumain, 47. 
Nuall a river? gen. Nuaille, Eg. 29. 
Oenach Mâcha, 1 3. 
R.iith Cruachan, 20. 
Râith hua n-Allan, Eg. 33. 
Rea, 37. 
Ross na n'g, 23, 27, dat. Russ na 

rïgh, Eg. 25. 
Semne Eg. 4. 
Slâne, 34. 



Slébe (Sliab) Elpa, 51. 

Sliab Crott, 46. 

Sliab Dam, Eg. 24. 

Sliab Miss, 10, in Kerry. 

Sliab Slea, 4. 

Sliab Uillenn, 8. 

Smirammar, 13. 

Srub Rea, 37. 

Suaine, 34. 

Taltiu, ace. Taltin, 33 

Tarb-chluain, 45 — Clûain (da) thaï b. 

Tech Giugrann, 42. 

Temair, gen. Temra, i2,dat.Temair, 

17- 
Traig Bai le, 1 1. 
Tulach Taidg, 41. 
Uchba, 33, gen. Uchbad, LL. 1 3 i b 2. 
h-Ui Néill, 44. 
Ulaid, Eg. 10, gtn. Ulad, Laud 3, 

dat. Ultaib, Eg. 4. 
Ultach, dat. pi. Ultachaib, Eg. 22. 



Cambcrley, 8 July 1902. 



Whitlcv Stokes. 



LA VERSION GALLOISE DES SEPT SAGES DE ROME 



LE MABINOGI DE KULHIVCH ET OLWEN 



Sur la version galloise des Sept sages, je renvoie au compte 
rendu qu'a fait M. Gaston Paris de la collection où elle se 
trouve, les Sélections from the Hengwrt mss. II, p. 301 etsuiv., 
traduction anglaise, p. 647 (Remania, XXII, p. 29S). Cette 
version présente, au début, un passage qui ne se trouve dans 
aucune des versions connues, si je ne me trompe, et qu'on 
retrouve, en revanche, à peu prés dans les mêmes termes dans 
le Mabinogi de Kulhwch et Olwen. Je mets les deux textes en 
présence avec une traduction française. 

SEPT SAGES > MJBIXOGIi 

A diwaraawt y doeth hi y ty Dydgweith yd aetli y wreic da 

gwrach vsgymmun, unllegeidiawc, allan y orymdeith ; y deuth y dy hen 

heb un dant yn y phen ; a dywedut wrach oed yn y dref heb dant yn y 

wrth y wrach : « Yr Duw, mae phenn, ac y dywawt y vrenhines : 

plant yr Amherawdyr ?» — • « Nit « ha wrach, a dywedy di y mi y 

oes iddaw vr un heb y wrach'» — peth a ovynnaf itti : yr Duw, ble 

« Gwae vinneu, heb hi, y vod efyn mae plant y gwr am llathrudawd 

anvab! » Yna y truanhaawdd y yggordwy? » Heb y wrach: « nyt 

wrach wrth yr yscymmun arall, gan oes blant idaw. » Heb y vrenhines : 

ddywedut: « nyt reit itti hvnny; « Gwae vinneu vyn dyvot at an- 

darogan yw iddaw gaffel plant, ag vab ! » ac yna y dywawb y wrach : 

1. Sélection fr. H. M., II, p. 302, j III. 

2. Edit. Rhys-Evans, p. 101. La ponctuation dans les deux textes est de 



350 J Lotli. 

agatvyd ys ohonat ti y keiff, kynys « nyt reit itti hynny ; darogan v\v 

kaffo o arall; ag na vydd trist : un idaw kaffel etived ohonat ti yr nas 

vab yssyd iddaw ar vaeth ygan doc- kaffo o arall. Na wna dristit hevyt : 

thon Rufein. » Ac yna y doeth hi i'r un mab yssyd idaw. » Mynet a 

llys yn llawen orawenus, a dywedut oruc v wreicda yn llawen atref, ac 

wrth yr amherawdyr : « Pa ystyr y y dy wawt hi wrth y chyraar: « Pa 

kcli di dy blant ragof », heb hi ? — ystyr yw gennyt ti kclu dy blant 

«Nyskelafvinneu bellach, hebef... » ragofi? » Hcby brcnhin : « a minheu 

nys kelaf wcithon. » 



FRANÇAIS FRANÇAIS* 

Et un jour elle vint à la maison Un jour, la reine alla se promener: 
d'une vieille sorcière excommuniée, elle vint chez une vieille sorcière 
à un seul œil, sans une seule dent qui se trouvait à la ville, sans une 
dans la tête; et elle dit à la vieille: dent dans la tête. Et la reine dit: 
« au nom de Dieu, où sont les en- vieille, veux-tu me dire, au nom de 
fants de l'empereur? » — « Il n'en a Dieu, où sont les enfants de celui 
pas un seul », dit la vieille. — Que qui ma enlevée par violence? La 
je suis malheureuse, dit-elle, qu'il vieille dit : « Il n'a pas d'enfants. » 
soit sans enfant! ». Alors la vielle eut La reine dit: « Que je suis malheu- 
pitié de l'autre excommuniée, disant: reuse, d'être venue à un homme 
« Inutile de gémir 2 ; il lui est prédit sans enfant! » Et alors, la vieille 
qu'il aura des enfants, et il se peut dit: « Inutile de gémir ; il lui est pré- 
que ce soit de toi qu'il les ait quand dit qu'il aura un héritier de toi, quand 
même il n'en aurait pas d'une autre; même il n'en aurait pas d'une autre; 
et d'ailleurs ne sois pas triste : il a un ne te livre pas à la tristesse, d'ail- 
fils qui est élevé par les sages de leurs : il a un fils. » La princesse re- 
Rome. » Et alors elle vint à la cour tourna joyeuse à la maison et dit à 
transportée de joie, et dit à Tempe- son mari : « Pourquoi caches-tu tes 
reur: ■• Pourquoi caches-tu tes en- enfants de moi ? » Le roi dit: «Je ne 
fants de moi? », dit-elle. Je ne le le cacherai plus désormais 5. » 
cacherai pas plus longtemps », dit-il. 



Il n'y a pas le plus léger doute que l'un des textes ne soit 
une copie de l'autre, avec quelques variantes insignifiantes; 
et il n'est pas douteux non plus que l'emprunteur ne soit l'au- 



i. Cf. ma traduction des Mabinogion; ici, je m'astreins à un mot à mot 
absolu, dans l'intérêt de la comparaison. 

2. Mot à mot, dans les deux textes: cela n'est pas nécessaire pour toi. 

3. Pour la justification de certains points de ma traduction de ce pas- 
sage, mal compris en certain endroit par l.tdv Charlotte Guest, v. mes 
Mabinogioiij I, p. 338. 



La version galloise des Sept Sages de Rome. ^ i 

reur de la version galloise des Sept Sages, lequel auteur, 
d'après l'en-tête, serait un prêtre gallois du nom de Llywelyn. 
Le passage ne se trouve dans aucune autre version; de plus, 
il ne cadre pas du tout avec le récit même des Sept sages. 

Il serait intéressant de savoir à quelle époque remonte la 
version galloise. La version de Hengwrt est tirée vraisembla- 
blement du ms. 350 de la bibliothèque actuelle de Peniarth. 
D'après le catalogue nouveau de Gwenogfryn Evans 1 , ce ms. 
est de la fin du xvin e siècle. C'est une copie, pour les Sept 
sages et d'autres traités, d'un ms. du Collège de Jésus, coté 
3 = XX par G. Evans. Une note du continuateur de l'œuvre 
de Williams pour les Sélections from the Hengwrt mss. (II, 
p. 754), Hartwell Jones, nous dit qu'une version galloise des 
Sept sages 2 se trouve dans le Livre Rouge: c'est vraisemblable- 
ment la version la plus ancienne. Il doit y en avoir d'autres 
encore. 

Je ne peux que m'associer aux critiques formulées par 
M. Gaston Paris au sujet des Sélections front Hengwrt mss. 
L'œuvre de Williams et celle de son continuateur se distinguent 
par l'absence de critique. Il est venu cependant à l'idée de 
M. Hartwell Jones de comparer le texte de Hengwrt avec 
celui d'autres mss., mais, en général, il ne nous dit pas 
avec lesquels. De plus, sa comparaison a dû être bien som- 
maire, car le texte de Hengwrt n'en a guère été amélioré. De- 
puis, MM. Morris Jones et John Rhys nous ont donné le 
texte de quelques-uns des traités contenus dans le second vo- 
lume des Sélections front Hengwrt mss.î; malheureusement la 
version des Sept sages ne s'y trouve pas. De plus, leur édition 
est diplomatique ! Elle reproduit scrupuleusement toutes les 
particularités, même les fautes du manuscrit. Il faudrait enfin 
renoncer à cette mode d'éditions diplomatiques en ce qui 



1. Report on mamtscripts in the welsh language, vol. I. Part II. ■ — Peniarth, 
p. 730. 

2. Sur le contenu du Livre Ronge, v. Cambro-briton , II, pp. 75-78, 106- 
1 10. 

3. Anecdota oxoniensia, Mediaeval and modem séries, part. VI. Il y a 
quelques notes lexicographiques utiles de Morris Jones, des versions latines 
plus ou moins rapprochées du texte gallois, mais pas de traduction. 



$$2 /. Loth. 

concerne les ouvrages en prose de l'époque du moyen gallois, 
au moins pour les textes qui ne présentent pas de grandes 
difficultés, dont il y a plusieurs versions et qui ne sont eux- 
mêmes que des traductions ou des imitations de textes français 
ou latins. C'est à la fois coûteux et rebutant pour le lecteur. 

J. LOTH. 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE : I. Liadain and Cuirithir, texte irlandais, publié par M. Kuno Meyer. — 
11. Cuchulain of Muirthcmne, par Lady Gregory. — 111. The Mabinogion, traduc- 
tion de Charlotte Guest, nouvelle édition par M. Alfred Nutt. — IV. Sohrab and 
Rustem, par M. Murray Antony Potier. — V. skene, The Highlands of Scotland, 
nouvelle édition par M. Macbain, le matriarchat et l'exogamie. — VI. Le Cdin 
Adamniiin. — VII. Le dialecte parle dans la partie centrale du Pays de Galles, mé- 
moire de M. Thomas Darlington dans les Transactions of the honorable Society of 
Cymmrodorion. — VIII. Les pertes d'hommes éprouvées par Hannibal clans son 
passage en Gaule en 218 avant J.-C., mémoire de M. 0. Hirschfeld. — IX. Noms 
gaulois dans des monnaies d'Asie Mineure. — X. L'île de Calypso chez M. Victor 
Bérard, Les Phéniciens et l'Odyssée. — IX. Second volume de Vltalische l.andskunde 
de M. H. Nissen. — XI. H. Gaidoz, Le grand dieu des Allobroges. — XII. M. E. 
Ernault au concours Volney. — XIII. La pierre du couronnement à Westminster et 
les tables de la loi à Tara. — XIV. La littérature celtique dans l'enseignement de 
M. Arthur Brown à l'Université de Chicago. — XV. L'irlandais dans le Thésaurus 
linguae latinae. — XVI. La date de l'arrivée des Anglo-Saxons en Grande-Bre- 
tagne suivant M. Victor H. Friedel. 

I. 

M. Kuno Meyer vient de publier à la librairie David Nutt une brochure 
de trente pages : Liadain and Curitbir, an irish Love-Story of the ninth C:n- 
tury. Liadain était une poétesse, Curithir, un poète, qui désira épouser Lia- 
dain. Celle-ci, sans refuser formellement, prit le voile, et par là s'interdit 
le mariage, mais elle aimait Curithir et regretta toujours de n'avoir pas 
accepté son offre ; Curithir l'aimait aussi, mais le vœu de religion fut tou- 
jours respecté. 

Le texte irlandais est accompagné d'une traduction et d'une préface où 
l'auteur expose le défaut d'une partie des textes épiques irlandais que nous 
possédons. Ils sont l'œuvre de compilateurs malhabiles, qui, ayant sous les 
yeux plusieurs rédactions différentes du même thème primitif, ont tenu à 
être complets, ont découpé les fragments de ces rédactions et les ont entre- 
mêlés sans aucun sens littéraire, sans se préoccuper des doubles emplois et 
des répétitions. Pour donner une idée de ce qu'a dû être la littérature épique 
irlandaise, il faut supprimer doubles emplois et répétitions, faire un 
choix entre les différentes rédactions que nous offrent, juxtaposées et en- 
chevêtrées les unes dans les autres, les manuscrits conservés dans les biblio- 



354 Chronique. 

thèques d'Irlande de Grande-Bretagne et du continent. M. Kuno Meyer 
félicite M. R. Thumeysen d'avoir employé ce procédé avec succès dans ses 
Sa^en aut don allai Irland ; cf. Revue Celtique, t. XXII, p. 459-460. 

II. 

Un essai du même genre a été tenté par lady Augusta Gregory: Cuchu- 
lain oj Muirthemne, the Story of the Moi of the red Brunch of Ulster arrangea 
and put inlo english by lady Gregory wilh a Préface by II'. B. Yeats '. A mon 
sens elle a trop arrangea les textes irlandais. Je prends comme exemple 
l'Exil des Jils d' Usnecb. 

On connaît le début de ce morceau. Une fête a réuni les guerriers d'Ulster 
chez Fedlimid, conteur du roi Conchobar. Tout d'un coup on entend un 
cri; c'est le premier vagissement de l'enfant que la femme de Fedlimid 
porte dans son sein. Le mari surpris, — on le serait à moins, — fait appel 
à la science du druide Cathbu. Cathbu palpe le ventre de la femme, puis il 
prophétise: L'enfant qui va naître sera une fille merveilleusement belle; on 
se disputera sa main, à cause d'elle il y aura beaucoup de morts parmi les 
guerriers d'Ulster ». « Qu'on la tue ! » s'écrient les guerriers présents. 
« Non, » dit le roi, « elle sera ma femme un jour ». Derdriu naquit peu 
après. 

Lady Gregory a trouvé ce récit inconvenant. 

Voici le résumé de sa rédaction : 

Le druide se trouvant chez Fedlimid prédit que son hôte aura une fille 
d'une remarquable beauté et que des héros d'Ulster seront tués à cause 
d'elle. Après cette prédiction la femme de Fedlimid devient grosse, puis 
accouche de Derdriu. 

On sait comment, dans le texte le plus ancien, Derdriu perdit la vie. Après 
le meurtre de son mari mis à mort par ordre du roi Conchobar, elle fut 
pendant un an la concubine de ce prince cruel. Elle ne cessait de pleurer. 
« Qui hais-tu le plus » lui demanda Conchobar. « Toi », répondit-elle « et 
celui par qui tu as fait tuer mon mari ». — « Eh bien tu seras pendant un 
an sa concubine ». Conchobar la fit monter dans un char avec le meur- 
trier. Elle se précipita du haut du char et sa tête se brisa contre un rocher. 

Lady Gregory n'a pas admis que Derdriu ait pu supporter d'être con- 
cubine du roi par ordre duquel son mari avait reçu le coup mortel. Dans le 
récit de Lady Gregory, Derdriu, une fois son mari mort, refuse d'aller 
trouver le roi et se tue d'un coup de poignard. 

La valeur du morceau est, suivant moi, fort diminuée par ces correc- 
tions; elles nous font sortir du milieu vrai, bien qu'à moitié barbare, dans 
lequel nous transportent les monuments les plus anciens de la littérature 
épique irlandaise : or ces monuments sont des témoins d'une civilisation 
primitive qui, sauf quelques détails secondaires, a été, à l'origine de l'his- 
toire, la civilisation de tous les Indo-européens. 

1. London, John Murray, Albcmarle Street. 



Chronique. 



m 



III. 

Nous n'adresserons pas la même critique à un joli petit volume publié 
tout récemment: The Mabinogion, mediaeval wélsh Romances, translatée by 
lady Charlotte Guest, ivith Notes by Alfred Nuit, and piiblished by David Nutt 
al iheSign ofthe Pfwenix, Longacrc. L'ordre observé dans l'édition de Char- 
lotte Guest, trois volumes in-8°, 184g, a été abandonné avec raison ; M. A. 
Nutt l'a remplacé par l'ordre qu'ont suivi en 1887 MM. John Rhys et 
Gwenogvryn Evans dans leur édition du texte, en 1889 M. J. Loth dans 
sa traduction. Voici les divisions adoptées par M. Alfred Nutt avec la con- 
cordance : 

MYTHOLOGIE DE LA BRETAGNE ANCIENNE 

Les quatre branches du Mabinogi. 

NOUVELLE 
LADY GUEST RHYS LOTH ÉDITION 

Pwyll, prince de Dyved. . . . III, 5, 371 1 I, 27 3 

Branwcn, fille de Lyr III, 79, 103 26 I, 63 26 

Manawyddan, fils de Lyr. . . III, 141, 162 44 I, 97 43 

Math, fils de Mathonwy. . . . III, 187 217 59 I, 117 58 

HISTOIRE ROMANESQUE DE BRETAGNE 

Songe de Maxen Wledic. . . . III, 261, 276 82 I, 155 83 

Histoire de Lludd et Llevelys. . . III, 295, 306 93 I, 173 92 

ARTHUR, CHAMITON DE BRETAGNE 

Kilhwch et Ohven ou Twrch 

Trwyth II, 193, 249 100 I, 183 101 

Songe de Rhonabwy II, 369, 395 144 I, 283 147 

ARTHUR, FLEUR DE LA CHEVALERIE 

La dame de la fontaine I, 1, 39 162 II, 1 167 

Geraint, fils d'Erbin II, 4, 67 244 II, 111 196 

Peredur, fils d'Evrawc. . . .' . I, 233, 297 193 II, 45 244 

Vient en dernier lieu, p. 293, Taliesin. morceau qui est chez Charlotte 
Guest, t. III, p. 321, 333, mais qui fait défaut dans l'édition du texte par 
MM. J. Rhys et G. Evans et dans la traduction de M. J. Loth. 

On sait qu'on ne peut faire remonter le Red Book of Hergest au delà de 
la première moitié du xiye siècle, mais M. Alfred Nutt croit que la rédac- 
tion des récits légendaires contenus dans ce manuscrit doit se placer entre 



1. Le premier chiffre indique la page où commence le texte, le second 
chiffre la page où commence la traduction. 



3 $6 Chronique. 

1080 et 1260 sans qu'on puisse cependant affirmer avec certitude que cette 
rédaction soit antérieure au milieu du XII e siècle. Toutefois la substance des 
quatre « branches du Mabinogi » doit, suivant M. A. Nutt, remonter à une 
époque préhistorique et peut sous certains points être plus rapprochée de la 
forme primitive que les textes irlandais analogues. 

Les deux récits réunis sous le titre d' « Histoire romanesque de Breta- 
gne » datent suivant le même éditeur du milieu du XII e siècle et sont pos- 
térieurs à GeofTrcy de Monmouth. 

Ceux qui sont placés ensuite avec le titre général : « Arthur, champion 
de Bretagne, » sont, dit M. A. Nutt, des imitations de la littérature irlan- 
daise et datent probablement de la seconde moitié du XII e siècle. 

Quant à la dernière section: « Arthur, fleur de la chevalerie », les trois 
morceaux qu'elle contient nous montrent Arthur et ses compagnons changés 
en chevaliers du xn e siècle: ces récits sont-ils un abrégé des romans fran- 
çais: « Le chevalier au lion », « Erec », « Le conte del graal », dont les 
deux premiers ont pour auteur unique Crestien de Troves et dont le troi- 
sième a été en partie composé par lui ? C'est l'opinion de M. Foerster. 
M. Gaston Paris croit qu'il y a eu trois romans anglo-normands aujourd'hui 
perdus, et qui avaient consisté en un arrangement de contes gallois égale 
ment perdus; ces trois romans anglo-normands auraient été la source a 
laquelle aurait puisé Crestien de Troyes, et les trois morceaux gallois en 
seraient la traduction immédiate plus ou moins altérée par l'insertion de 
quelques traits vraiment gallois qui faisaient défaut dans les rédactions 
anglo-normandes. Suivant M. A. Nutt la doctrine de M. G. Paris est plus 
vraisemblable que celle de M. Foerster. 

Taliésin paraît être une composition de la fin du xv e siècle. Le manus- 
crit qui la conserve ne peut être antérieur à la fin du xvie. 

IV. 

I\-u après la publication du volume dont nous venons de rendre compte 
la librairie David Nutt a mis en vente un autre volume : Sohrab and Rustem, 
tbe epic Thème of a Combat between Fatlicr and Son, a Study of ils Genesis and 
Use in Literature and popular Tradition, by Murray Anthony Potier. 

Tous ceux qui ont étudié la littérature irlandaise connaissent le vieux 
récit où l'on voit le héros Cûchulainn tuer son fils Conlaech dont la mère 
est Aife. Le plus ancien manuscrit où l'on trouve ce texte est le Livre jaune 
de Lecan, XIV e siècle, p. 214-215. Le titre y est donné sous cette forme: 
Aiged fiijir Aiji, mieux Aided oinfir Aife, « Mort violente du fils unique 
d'Aife ». Il est établi que cette légende existait déjà en Irlande au X e siècle. 
Le même thème a été traité dans la littérature germanique ; c'est le combat 
d'Hildebrand avec son tils Hadubrand qui est vaincu mais non tué; on en 
trouve un fragment dans un ms. du vm c siècle. Hn Perse, le père s'appelle 
Rustem et le fils Sohrab : leur combat est raconté dans le Schah Naineh, fin 
du X e siècle. 

M. Murray Anthony Potter signale l'existence du même thème: p. 12 



Chronique. 5 yj 

en Océanie chez les Maori, peuple de la Nouvelle-Zélande; p. 21, en Amé- 
rique dans la Guyane anglaise; p. 28, en Russie; p. 36, dans le monde 
musulman; p. 40, dans la mythologie grecque; p. 41, chez les Scandinaves; 
p. 44, chez les Hindous; p. 46, dans la littérature française du moyen 
âge, etc. Il en étudie les variantes en détail. L'origine reste incertaine. 



V. 

On connaît les importants travaux que William F. Skene nous a laissés 
sur l'histoire d'Ecosse: The Highlanders of Scotland, deux volumes in-8, 
1836 ; Chronichs of Picls and Scots, un volume in-8, 1867 ; Fordun's Chro- 
nicle, deux volumes in-8, 187 1; Céltic Scotland a Hisiory of ancient Alban, 
trois volumes in-8, 1 876. On lui doit en outre une introduction et des notes 
à l'édition du Livre du doyen de Lismore, donnée par Thomas Mac Lau- 
chlan en 1862,, enfin un recueil fort estimable, mais qui avec l'Ecosse n'a 
guère de relation, les Four ancient Books o> Wales, texte gallois et traduction 
anglaise, 1868. Nous ne parlerons pas de son livre sur la pierre de Scone ou 
pierre du couronnement. 

Le premier de ces ouvrages étant épuisé, il vient d'en paraître une édi- 
tion nouvelle grâce aux soins de M. Alexandre Macbain '. M. A. Macbain y 
a joint quarante-deux pages de notes critiques, p. 381-422, où il atteste la 
compétence qu'ont universellement reconnue chez lui, notamment ceux 
qui ont lu son Etymological Dictionary of the Gaelic Lauguage. Dans la 
nouvelle publication que nous annonçons, l'étude sur les Pietés, p. 387 et 
suivantes, mérite d'être signalée à l'attention des érudits. Elle établit que 
la langue des Pietés était celtique contrairement à la doctrine de Skene et 
de M. Rhys. 

Reste la question du droit des mères dont parle aussi M. Macbain. Est-il 
prouvé que le matriarchat existât chez les Pietés au temps de Bède, VIII e 
siècle de notre ère? Doit-on tirer cette conclusion du fait qu'à cette date 
chez les Pietés le fils d'une sœur d'un roi défunt pouvait monter sur le 
trône après son oncle. Nous ne le croyons pas et nous allons donner nos 
raisons. 

Nous commencerons par une observation. 

La puissance maternelle exclusive de la puissance paternelle ne peut s'être 
établie que chez des populations qui ne connaissaient pas la propriété, c'est- 
à-dire qui n'avaient ni maisons, ni vêtements, ni animaux domestiques, et 
qui ne se servaient que d'armes tout à fait rudimentaires et sans valeur. Dès 
qu'il y a eu des maisons, des vêtements, des animaux domestiques, le ma- 
triarchat a du disparaître si jamais il a existé. Voici pourquoi. Dans la 
société primitive il n'y avait d'autre police que celle qui résultait du droit 
de guerre privée : l'Etat ne protégeait personne contre l'abus de la force. 
La faiblesse physique de la femme faisait d'elle et de son avoir une proie 
facile à conquérir, et, dans cet état social primitif, si l'autorité du père d'abord, 

1. Eneas Mackav, 43, Murray Place, Stirling. 

Revue Celtique, XXIII. 24 



3 $8 Chronique. 

des frères, du mari ensuite, n'eût été la sauvegarde de la fille, de la sœur 
et de la femme, sa personne et ses biens auraient été un butin saisi par la 
premier venu un peu fort et hardi. Le matriarebat était donc alors impos- 
sible. 

Du droit héréditaire résultant de la parenté par les femmes, c'est-à-dire 
du droit héréditaire des cognats, conclure la puissance maternelle à l'exclu, 
sion de la puissance paternelle, c'est momentanément oublier ce que nous 
enseigne l'histoire du droit, c'est ne pas se rappeler qu'en droit romain 
par exemple, en droit français également, le droit héréditaire des parents 
par les femmes est une innovation relativement moderne et que le droit 
exclusif des agnats a chronologiquement précédé le concours des cognats ; 
or le droit des agnats est le complément naturel de la puissance paternelle. 

Le droit irlandais donne à la femme légitime, cétmontar, une grande 
autorité sur la fortune du ménage au cas où la moitié seulement de cette 
fortune vient du mari, c'est-à-dire quand il v a lanamnas comtincuir; la 
femme peut alors faire annuler tous les marchés conclus par son mari, 
quand ils sont bêlement faits, mat bailli'. A plus forte raison, l'autorité de 
la femme est grande, quand toute la fortune a été apportée par elle, c'est- 
à-dire en cas de bantidnacur 2 . Mais cette autorité ne s'exerce que sur les 
biens. La femme n'a jamais la puissance sur les enfants. Les enfants appar- 
tiennent au mari, cela nullement à cause du fait physique de la génération: 
l'importance attachée à ce fait physique est une conception moderne. Dans 
le droit primitif le mari, en achetant la femme, a acheté les enfants à naître 
d'elle, de même qu'en achetant une vache on achète les veaux et les gé- 
nisses que cette vache pourra donner à son propriétaire; l'opinion domi- 
nante ne tient pas compte du droit que pourrait produire sur le veau et sur 
la génisse la collaboration masculine du taureau à l'acte de la génération. 
La règle observée quand il s'agit d'une vache et de ses produits l'est égale- 
ment quand il est question d'une femme et de ses enfants. Si le mari 
n'est pas content du procédé par lequel sa femme est devenue mère, 
il a le droit île se débarrasser de l'enfant en l'exposant ou en le tuant ; 
l'enfant est sa propriété, pater is est quein nuptiae demonsîrant. Quand une 
fille est à marier, c'est-à-dire à vendre, c'est au mari de la mère que le 
prix de la vente appartient; on ne pose pas la question de savoir s'il l'a 
engendrée. Enfin la puissance paternelle en droit celtique comme en droit 
romain dure autant gue la vie du père, à moins que l'âge et les infirmités 
ne fassent tomber le père dans une seconde enfance, et ne mette ainsi le 
père sous la puissance du fils. 

Comment concilier ces faits avec l'accession des neveux à la couronne, 
quand ces neveux sont fils, non d'un frère, mais d'une sœur du précédent 
roi. Remarquons d'abord ceci, c'est qu'en principe en Irlande la couronne 

1. Ancient Laïcs of Ireîand, t. II, p. 356, 368, 380, 382. 

2. Teit 1er i n-uidiu mna, ocus ben i n-uidiu lir. Ancient Laws of Ireland, 
t. Il, p. 390; « l'homme vient à la place de la femme, la femme à la place 
de l'homme ». 



Chronique. 359 

est élective, et non héréditaire. Tous les celtistes connaissent le procès- 
verbal d'élection d'un roi suprême d'Irlande contenu dans le texte épique- 
intitulé Serglige Conculainn '. Dans leSenchus Môr on lit que le chef de la 
fine « famille », doit être véritablement le plus distingué, le plus noble, le 
plus riche, le plus savant, le plus aimé, le plus fort 2 . Donc ce chef est 
électif. 

De plus en Irlande le christianisme a introduit le droit des filles à la suc- 
cession paternelle, même quand il y a des fils, et la part de la fille passe 
après sa mort à son fils, plus tard à son petit-fils, après lequel cette part 
retourne à la famille paternelle 3 ; ainsi s'explique le brocard ban ciâba taisic 
« propriété de femme revient ». 

Le droit du fils à l'héritage maternel est surtout incontestable quand ce 
fils a été adopté par son oncle maternel, lorsqu'il est gorniac, c'est-à-dire 
quand il a contracté l'obligation de prendre soin de son oncle au temps où 
cet oncle, vieux ou malade, aura besoin d'un protecteur 4. 

Telle étant la législation irlandaise il n'y avait aucune difficulté à ce que 
le fils de la sœur d'un roi fût élu pour succéder à ce roi. 

Un fait de ce genre se sera produit chez les Pietés au temps où écrivait 
Bède, et Bède en aura conclu que chez les Pietés, en matière de droit suc- 
cessoral, les descendants par les femmes étaient préférés aux descendants par 
les hommes. 

De là prétendre tirer la conséquence que le matriarchat existait chez les 
Pietés, c'est raisonner aussi juste que si on disait : le matriarchat existait 
chez les Gaulois : voilà pourquoi le roi suprême gaulois Ambicatus a mis 
les deux fils de sa sœur à la tête des armées envoyées par lui à la conquête 
de la Bohême et de l'Italie septentrionale > . 

Pourquoi ne pas prétendre aussi que le matriarchat existait à Rome, 
lorsque C. Octavius, petit-fils de Julia, sœur de C. Julius Caesar, ayant été- 
adopté par son grand-oncle, lui succéda et fonda l'empire romain ? 

Chez les Pietés, les neveux par les sœurs peuvent succéder au trône 
comme les frères de préférence aux fils. M. Macbain constate qu'en cer- 
tains cas c'était le frère qui succédait. Il ne paraît pas comprendre que le 
neveu peut succéder pour la même raison. Le matriarchat n'est pas l'expli- 
cation de ce dernier phénomène. 

Ce qu'on dit du matriarchat est aussi peu rationnel que ce qu'on raconte 

1. Windisch, Irischc Texte, t. I, p. 212-213. 

2. Ccnn caich iar n-duinibi fine besid sruithe, besid n-aisliu, bcsid tre- 
baire, besid n-eenuigiu, besid sochruigiu co fir, besid tréisiu. Ancient Laws 
of Ireland, t. II, p. 278. 

3. Cours Je littérature celtique, t. VII, p. 352 et suiv. 

4. Cours de littérature celtique, t. VII, p. 252; ci'. Ancient Laïcs oj Ire- 
land, t. I, p. 206, 1. \b : imorba mie niath do comruind ./'. mac sethar ./. in 
001111, te. La traduction de mie niath par si>ler's son est inexacte : le sens est 
« fils de neveu par sœur ». 

3. Bellovesum ac Segovesum, sororis filios, impigros juvoies, Tite-Live, 
livre V, c. 34, § 3. 



$6o Chronique. 

de l'exogamie. L'exogamie est une manière de contracter alliance. L'am- 
bitieux helvétien Orgétorix, voulant s'assurer l'appui des Aedui, fait épouser 
sa fille à Dumnorix, un des Aedui les plus influents. Un de mes confrères 
de l'Académie me racontait récemment l'histoire d'un explorateur qui arri- 
vant dans une tribu d'anthropophages, commença par violer une femme 
de cette tribu; de ce moment il fut un allié et les mangeurs d'hommes le 
reçurent en ami. En France ce procédé brutal n'est pas admis; mais, sous 
le second empire, j'ai connu un député qui avait assuré son élection par les 
baisers que dans la rue, pendant sa tournée électorale, il avait déposés sur 
la joue de toutes les femmes vieilles ou jeunes qu'il rencontrait dans les 
villages de sa circonscription, il contractait ainsi avec elle une sorte d'al- 
liance. Encore aujourd'hui en France les parents par les femmes s'appellent 
des alliés. 

Ceux qui se seraient mariés dans leurs familles, n'ayant pas d'alliés, 
auraient forcément vaincus par les exogames. 

On lit dans un psaume : sicut sagittae in maint potentis, ita filii excussorum; 
chez les exogames le vieux père a pour appui non seulement ses fils, mais 
aussi ses gendres. 

Les érudits, qui aujourd'hui parlent du matriarchat préhistorique et qui 
considèrent l'exogamie comme une nouveauté relative, paraissent oublier 
qu'aux époques primitives de notre histoire il n'y avait ni licteurs, ni gen- 
darmes, ni sergents de ville pour protéger les femmes et les vieillards contre 
les cambrioleurs et contre tous les hommes violents ou avides qui désiraient 
par exemple récolter le blé semé par leurs voisins ou s'emparer de leurs 
bestiaux ; à défaut de licteurs, de gendarmes, de sergents de ville, il fallait 
aux femmes des pères, des maris et des frères pour prendre leur défense. 

VI. 

Quand en Irlande les femmes héritèrent, elles durent avoir l'obligation 
du service des armes toutes les fois que la famillle se trouvait dans la né- 
cessité d'exercer le droit de guerre privée. Un traité de droit irlandais parle 
de cette obligation '. De là cette conséquence qu'à la guerre en Irlande au 
VII e siècle on tuait les femmes et les enfants. Cet usage fut prohibé vers la 
lin de ce siècle par le Cdin Adamnain, autrement dit Lex innocenlium. 
M. Kuno Meyer nous promet la prochaine publication de ce texte conservé 
par deux manuscrits et encore inédit 2 . 

VIL 
Les Transactions of the honorable Society of Cymmrodorion pour l'année 

i. Ancient Laws cf Ireland, t. IV. p. |o, 1. 15. 

2. Sur le Câin Adamnain, voyez Whitley Stokes, Martyrology of Oengus, 
p. CXLVI-CXLVII ; c(. Chronicon Scotorum, p. ri2 ; Aimais of Ulstcr, t. I, 
p. [46; Fragments of irish Annals, p. 96; Annaîs of Tigemach dans la Revue 
Celtique, t. XVII, p. 21 >. 



Chronique. 361 

1900-1901 contiennent une étude linguistique sur la façon dont on parle 
le gallois dans les comtés de Merioneth, de Montgomery et de Radnor, 
plus une partie des comtés de Cardigan, Denbigh et Brecknock ; c'est-à- 
dire dans la région centrale qui s'interpose entre la partie septentrionale et 
la partie méridionale du Pays de Galles. On appelle cette région Mid-Wales. 
L'auteur de ce mémoire est M. Thomas Darlington, inspecteur des écoles 
dans le district d'Aberystwyth. Il étudie d'abord la prononciation des 
voyelles u et y, puis celle de la consonne chw et de la voyelle a. 

VIII. 

Dans le Festschrift fur Theodor Go/iiper^ M. Otto Hirschfeld a inséré u ne- 
étude sur le passage où Polybe parle des pertes éprouvées par l'armée 
d'Hannibal en 218 avant notre ère à partir de la sortie d'Espagne et jusqu'au 
moment où ayant traversé les Alpes cette armée arriva en Italie. Ce voyage 
militaire appartient à l'histoire de la Gaule. Suivant M. Mommsen, Rœ- 
mische GescÙchte, 6 e édition, t. I, p. 583-584, l'effectif de l'armée d'Hanni- 
bal, au moment où elle venait de traverser les Pyrénées, était de 50 000 
fantassins et 9 000 cavaliers ; plus de moitié avait péri quand Hannibal eut 
terminé la descente des Alpes ; le général Carthaginois n'avait plus que 
20000 fantassins et 6 000 cavaliers. Ces chiffres nous sont donnés par Polybe, 
1. III, c. 55, § 7; c. 56, § 4: Polybe les a copiés, dit-il, 1. III, c. 33, 
§ 8, sur une inscription gravée par ordre d'Hannibal lui-même à Lacinium 
aujourd'hui Capo délie Colonne en Calabre. Tite-Live, 1. XXI, c. 38, re- 
produit ces chiffres, mais dit que certains auteurs en proposent de différents, 
et entre autres renseignements nous donne celui-ci : Cincius Alimentus 
tenait d'Hannibal lui-même que le général carthaginois avait perdu 36000 
hommes entre le passage du Rhône et son entrée en Italie. M. Hirschfeld 
suppose que Cincius Alimentus a mal compris et que cette perte de 36 000 
hommes aurait eu lieu entre le départ de Carthagène et le moment où 
Annibal venait de passer le Rhône. Dans cet intervalle suivant Polybe 
(1. III, c. 34, § 3 ; c. 60, § 5), Hannibal a perdu 35 000 hommes, tandis 
que d'après le même Polybe la perte entre le Rhône et la descente des Alpes 
n'a été que de 20000. De 35 000 à 36000 la différence n'est pas forte, 
tandis que de 20000 à 36000 elle est énorme. 

IX. 

Mon savant confrère M. Babelon me communique les deux notes suivantes : 

i° Sur une monnaie de bronze de la ville d'Eumenia en Phrygie on lit 
au revers: 0YAAEPI02 ZMEPTOPIE EVMENE12N. 

Le type est un taureau cornupète à droite. 

Au droit l'effigie d'Auguste. 

Collection Waddington n° 6024 . 

2° Sur une monnaie de bronze de la ville de Fulvia Eumenia en Phrygie 
à l'effigie de Fulvie, femme de Marc Antoine, on lit au revers ; «l>< ) VA- 
OTIANQN ZMEPTOPirOS *IAQNIAOT 



362 Chronique. 

Collection Waddington, n° 6046. 

Le Z initial, prenant place de l's devant »/, est spécial à la prononcia- 
tion grecque d'Asie mineure: Z[rjpva pour EjrJpva, Z[J.sp?OfJt.<zpa pour Sp.£p- 
TO{xàpa Nous devons donc reconnaître dans ces légendes monétaires le 
nom gaulois Smerto-rix, au génitif Smerto-rigos. 

X. 

M. Victor Bérard a publié tout récemment un beau et savant volume 
intitulé: Les Phéniciens et l'Odyssée, t. L r '. Il y développe la doctrine de 
Strabon, livre III, c. 2, § 13, 142, suivant laquelle l'Espagne lut le terme 
des voyages d'Ulysse. L'Espagne, ajoute Strabon, était connue d'Homère, 
grâce aux Phéniciens; c'est en Espagne qu'il faut chercher les Champs Llv- 
sées, HXuatov 7Cc8t'ov, et même le Tartare qui n'est autre chose que Tar- 
tesse 3 ou le pays des Turdetani, c'est-à-dire la région sud-ouest de la 
péninsule ibérique. 

Telle est la doctrine du géographe grec. 

Je ne puis la partager. Je suis de ceux qui croient que les Champs Ely- 
sées et le Tartare sont une conception mythologique et que cette concep- 
tion n'a aucun rapport avec la géographie physique quoique en aient pu 
dire à une date relativement récente les disciples d'Evhémère. Les Champs 
Elysées d'Homère n'ont jamais existé pas plus que les [/.axâpcuv vf^oi d'Hé- 
siode 4. Le Tartare, les Champs Elysées, les piaxâptov vf t aoi, sont des con- 
clusions tirées de la croyance à l'immortalité de l'âme et à la justice divine, 
ce ne sont pas des notions dues aux découvertes des navigateurs 5 . De même 
les colonnes du ciel ont existé dans l'imagination des hommes avant d'être 
localisées par "les marins et par les géographes. 

Je ne conclus pas de là qu'il t'aille tout rejeter dans la thèse qui considère 
les voyages d'Ulysse comme un développement d'un antique périple phé- 
nicien. Je veux dire seulement qu'il y a dans ces voyages une partie com- 
plètement mythologique. Telle est la description du séjour d'Ulysse dans 
l'île deCalypso. Cette île à mon avis est une des [xaxàp'ov vifaot. Levoyage 
d'Ulysse dans l'île de Calypso est la première édition, l'édition grecque du 
voyage irlandais de Mael Duin. Mael Duin, parti avec trois compagnons 
de trop, les perd, et c'est seulement après leur disparition qu'avec dix-sept 
compagnons seulement il arrive dans l'île des femmes où dix-huit femmes 



1. Librairie Armand Colin, Paris, 1902, grand in-8, vu- 391 pages. 

2. Edition Didot, p. 124-125; édition Meineke, t. I, p. 202-205. 

3. Strabon, 1. III, c. 2, § 12: cf. pour les champs Elysées, l'Odyssée, 
1. IV, vers 363-569; et pour le Tartare. Vlliade, 1. VIII, vers 13-16, 481. 

|. Opéra et dies, vers 168-173. 

5. Compare/ chez M. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient 
classique, t. 1(1895). p. 183 et suivantes, les pérégrinations des âmes des 
morts égyptiens en route vers l'île où elles trouveront tous les plaisirs, et 
notamment de belles et jeunes femmes. 



Chronique. 365 

attendaient ces dix-huit hôtes et les font coucher avec elles. Ulysse avait 
six compagnons, ils étaient de trop, comme trois des compagnons de 
Mael Duin, et après leur mort le héros grec aborde dans une île où la 
déesse Calypso le fait entrer dant son lit. Mael Duin et ses compagnons 
quittent l'île au bout de trois mois et retournent en Irlande. De même 
Ulysse abandonne Calypso et prend la route de sa patrie. Il est inutile de 
chercher dans l'Océan l'iie où Mael Duin fut si bien accireilli. On n'y dé- 
couvrira pas d'avantage bile de Calypso; c'est l'île où habite la déesse qui 
désire se cacher et qui est si bien cachée qu'elle est introuvable. Au nom 
propre Calypso comparez le verbe xocXu/ïtsiv. 

Cette réserve ne m'empêche pas de considérer comme très vraisemblable 
une grande partie des identifications proposées par M. Bérard et d'admirer 
la science comme le talent d'exposition que tout son volume atteste. 



XIV. 

Le premier volume du remarquable ouvrage de M. Henri Nissen, Jtalis- 
che Landskunde, remonte à 1883. Nous recevons à l'instant la première partie 
du tome II, de dix-neuf ans postérieure au tome précédent. Elle a un titre 
secondaire : Die Staedte « Les villes ». Une portion considérable de ce vo- 
lume concerne les populations celtiques de l'Italie : le rovaume de Cottius, 
les Salassi, les Libici, les Insubres, les Cénomans, les Carni, les Boii, les 
Lingones, les Senones, Quoique le but de l'auteur ne soit pas d'écrire l'his- 
toire des Gaulois, son volume nouveau mérite, comme le premier, l'atten- 
tion des savants qui désirent approfondir cet important sujet d'études. 



XV. 

Dans une brochure intitulée: Le, Grand dieu gaulois che\ les Allobrt 
M. H. Gaidoz. reprenant un sujet traité dans la Revue Celtique, t. I, p. 1-8, 
par M. A. de Barthélémy, et t. XVII. p. 45-39, P ar M- Salomon Reinach, 
croit reconnaître le dieu au marteau dans un bas-relief de la cathédrale de- 
Genève, xf siècle. Je ne puis avoir d'opinion sur ce sujet archéologique. 
Les archéologues consultés par moi m'ont paru hésitants. Je reste hésitant 
tout en constatant l'intérêt qu'offre le mémoire de notre savant confrère. 



XVI. 

A l'Institut de France la commission du prix Volney a partagé ce prix 
entre trois concurrents. Un des trois concurrents couronnés a été M. Emile 
Ernault, notre collaborateur, auteur de deux mémoires sur la langue bre- 
tonne. Ces mémoires sont intitulés, l'un « Notes d'étvmologie », l'autre 
« L'épeuthèse des liquides ». Ils sont en vente chez le libraire Prudhomme 
à Saint- Brieuc. 



JÔ4 Chronique. 



XVII. 

Dans la livraison précédente, p. 227-22.S. il a été question de la pierre 
sur laquelle repose à Westminster le trône destiné à servir de siège aux 
mis d'Angleterre dans la cérémonie du couronnement, cette pierre aurait 
été l'oreiller du patriarche Jacob. Un amateur zélé d'archéologie biblique a 
la prétention de faire figurer à la même cérémonie une relique beaucoup 
plus importante que l'oreiller du patriarche Jacob ; cet oreiller peu moel- 
leux avant d'arriver en Angleterre avait, dit-on, fait un séjour en Irlande, 
à Tara, résidence des rois suprêmes d'Irlande jusqu'en l'an 565 de notre 
ère. Dr quelques personnes croient qu'il y a été en compagnie de l'arche 
d'alliance où Moïse avait placé les tables de la loi. Un certain M. Groome, 
ancien charcutier, agissant de concert avec M. Gustavus Villiers Briscoe, 
propriétaire d'une partie de la colline de Tara, y fait détruire les remparts 
de terre et les éminences factices qui étaient la seule trace des antiques 
constructions de bois élevées par l'ordre des monarques irlandais, et habi- 
tées par eux ; un plan de ces débris historiques a été donné par Pétrie, ( hi 
the History and Antiquities of Tara-Hill. M. Groome compte trouver sous 
un de ces remparts ou sous une de ces éminences artificielles la célèbre 
Arche d'alliance des juifs et les Tables de la loi biblique, et offrir ces pré- 
cieuses reliques au roi d'Angleterre. Dans cet espoir chimérique il détruit 
une partie des monuments les plus intéressants que l'Irlande possède. 
Heureusement le comte Russel, auquel appartient une autre portion de la 
colline de Tara, a refusé de s'associer à cet acte de vandalisme. Honneur 
au comte Russel ! 



XVIII. 

M. Arthur Brown, professeur à l'Université de Wisconsin, a dû faire à 
l'Université de Chicago, pendant le Summer Quarter, un cours exposant 
« l'influence de la pensée celtique sur la littérature anglaise et sur d'autres 
« littératures modernes ». Les points spéciaux indiqués dans le programme 
de ce cours sont 1° l'œuvre des maîtres irlandais chrétiens; 2" le dévelop- 
pement des légendes concernant le roi Arthur, et saint Brendan ; 3 les 
poèmes ossianiques. Enfin une question importante et dont le professeur 
doit chercher la solution, est de savoir quelle action ont pu exercer les 
mœurs et les idées celtiques. 

XIX. 

Le Thésaurus linguae latitiae se publie avec une remarquable rapidité. Les 
livraisons quatrième du tome I, et troisième du tome II viennent de paraître. 
La partie étymologique est très soignée comme dans les livraisons précé- 
dentes, et le vieil irlandais n'est pas négligé: ard est cité sous ordutlS, aed 
sous aedes, et même ici le mot irlandais a le pas sur le grec x'iOo;. 






Chronique. 365 



XX. 

Bède, Historia ecclesiastica gentis Attglorum, livre I er , chapitre 15, s'ex- 
prime ainsi : Anno ab incarnatione Domini quadringesimo nono Marcianvs, cuiii 
Valentiniano, qudragesimus sextus ab Auguste, regnum adeptus, septem annis 
tenuit. Tune Anglorum sive Saxonum gens, invitât a a rege praefato [Vurtigernd], 
in Britanniam tribus hngis navïbus advehitur '. Suivant ce texte l'invasion 
anglo-saxonne en Grande Bretagne daterait du règne de l'empereur d'Orient 
Marcien, 449-436. plus exactement 4)0-457, et probablement du commen- 
cement de ce règne; 449 pour 450 est aussi la date donnée par la chronique 
dite de Nennius-. Dans un mémoire inséré au Festgabe fur W . Fôrster, 
p. 280-296, M. Victor H. Friedel, étudiant les sources de la chronique at- 
tribuée à Nennius, prétend parvenir à ce résultat que la véritable date est 
418-419. Il tire cette conclusion de ce fait que chez Nennius le récit de 
l'arrivée des premiers saxons paraît contemporaine de la mission de saint 
Germain en Grande Bretagne. Mais faut-il attacher grande importance aux 
synchronismes du soi-disant Nennius? Faisons en outre observer que la date 
de la mission de saint Germain est 429 et non 418-419 3. 

H. d'Arbois de Jubaixville. 

Paris, le 3 juillet 1902. 

1. Seconde édition de M. Holder, p. 23. Cf. Bedae chronica, chez 
Mommsen, Chronica minora, t. III, p. 304. 

2. Mommsen, Chronica Minora, t. III, p. 170- 171. 

3. Chronique de Prosper chez Mommsen,' Chronica minora, t. I, p. 472. 



PÉRIODIQUES 



SOMMAIRE: 1. L'Anthropologie. — II. Revue archéologique. — 111. Indo-germani- 
sche Korschungen. — IV. Bibliothèque de l'Ecole des Chartes. — V. The Gael. — 
VI. Beitraege zur alten Geschichte. — Vil. Zeitschrift fur romanische Philologie. 
— VIII. Revue Numismatique. — IX. Mémoires de la société de linguistique de 
Paris. — X. Celtia. — XI. Athenaeum. — XII. Bulletin international de numis- 
matique. 

I. 

L'anthropologie, t. III, n° 2. — M. S. Reinach rend compte des trou- 
vailles faites dans la nécropole celtique de Montefortino, près d'Arcevia, 
province d'Ancone, à dix lieues de Senigallia,~mème province, dans l'an- 
cien territoire des Senones, 390-283 avant J.-C. Les tombes sont à inhu- 
mation ; elles contiennent des objets étrusques, notamment des bijoux, 
mais les couteaux, les fers de lances, les épées sont certainement de fabri- 
cation celtique. On y a recueilli dix-sept casques, c'est-à-dire dix-sept de 
ces galeae Senoniim, mentionnées par Silius Italicus, 1. I, vers 624. Ces 
casques sont probablement de fabrication étrusque, tandis que ceux de 
Champagne doivent avoir été l'œuvre d'artistes gaulois. 



II. 

Revue archéologique, y série, t. XL, livraison de mars-avril 1902. 

Article de M. S. Reinach sur les divinités équestres et supplément à ses 
catalogues des monuments relatifs à lipona. Cf. Revue celtique, t. XVI, 
P- 3 5 S ~ 3 5 6, t. XX, p. 114; Revue archéologique, t. XXVI, p. 163, 309; 
t. XXXIII, p. 187; t. XXXV, p. 61. Les mémoires de M. Reinach sur 
cette déesse formeraient, s'ils étaient réunis, un volume aussi joli qu'ins- 
tructif. 

Etude développée de M. Déchelette sur les sépultures gauloises de Mon- 
tefortino et d'Ornavasso et sur la civilisation des Gaulois cisalpins. Inven- 
taire des objets trouvés dans les 47 sépultures fouillées à Montefortino. 
Comparaison des sépultures de Montefortino avec celles qui ont été explo- 
rées à Ornavasso, province de Novare, c'est-à-dire dans la nécropole de 
San Bcrnardo, second siècle et premier quart du premier siècle avant J.-C, 



Périodiques. 567 

et dans celle de Persona qui appartient à une période commençant l'an 
88 avant J.-C. et finissant vers Tan 57 de notre ère. 

M. Déchelette conclut en classant comme il suit les sépultures gauloises 
d'Italie: i° Sépultures gauloises sans trace d'influence italique: Mar/a- 
botto, province de Bologne, Ceretolo même province, I er âge de La Tène, 
390-250 avant J.-C. ; San Bernardo à Ornavasso, province de Novare, et 
Soldo, province de Corne, 2 e âge de La Tène, 250 à 100 av. J.-C. ; — 2° 
sépultures gallo-étrusques Montefortino, province d'Ancone, Benacci, pro- 
vince de Bologne, Serra S. Quirico, province d'Ancone, I er âge de La 
Tène, 390-250 av. J.-C; — 3 sépultures gallo-romaines, quelques-unes 
de celles de S. Bernardo et toutes celles de Persona à Ornavasso, province 
de Parme, 3 e âge de La Tène, de l'an 100 avant J.-C. à l'ère chrétienne. 

Des planches nombreuses, représentant des casques, des épées, des fers 
de lance, des fibules, des bracelets, des vases, accompagnent ce mémoire. 
Comme celui de M. Reinach, analysé p. 366, il a été écrit pour établir 
que dans les nécropoles italiennes il y a des traces d'un art gaulois, dont 
les origines remontent â une date plus ancienne que l'invasion gauloise 
en Italie, et qui a donné au Nord des Alpes des produits semblables â ceux 
qu'on trouve en Italie. Le savant M. Edouard Brizio, dans les Monuments 
antichi dei Lincei, t. IX, fasc. III, 1901, a publié un mémoire où il exagère 
beaucoup l'influence de l'art étrusque sur l'art gaulois. MM. S. Reinach et 
Déchelette sont convaincus que le savant italien se trompe quand il prétend 
que l'art gaulois est d'origine étrusque. Rappelons que, suivant M. Kret- 
schmer, cité ci-dessus, p. 221, une des inscriptions trouvées à Ornavasso 
serait ligure. 

Livraison de mai- juin 1902. 

Mémoire de M. C. Jullian sur la littérature poétique des Gaulois ; travail 
excellent, mais dans lequel l'auteur exagère un peu quelquefois l'impor- 
tance de son sujet. Je veux dire qu'il considère comme compositions celti- 
ques des légendes évidemment grecques et romaines. Ainsi on ne peut 
considérer comme d'origine celtique le récit par Tite-Live du siège de 
Rome par Brennos en 390. Ce récit se termine ainsi, 1. V, c. 49, 5 6 : 
Caedes oninia dbtinuit, castra capiuntur, et ne iiitiitins quidem cladis relichts, 
« des Gaulois il ne serait resté pas un pour aller porter â ses concitoyens la 
« nouvelle de ce désastre. » Jamais une épopée gauloise n'a pu se terminer 
ainsi. Le siège de Rome par les Gaulois tel qu'il est rapporté par Tite-Live 
est une épopée romaine. 

Dans le traité sur les noms des fleuves attribué à Plutarque, le passage 
relatif à la Saône mentionne un gaulois du nom de Celtiberos. Celtiberos est 
un mot de fabrication grecque qui atteste que ce récit est de provenance 
hellénique. La légende qui, dans le même traité apocryphe, concerne la 
fondation de Lyon, a la même origine. En voici la preuve : 

Le premier terme Jugu- de Lugu-dunon ne peut venir d'un mot Xoùyo; 
signifiant « corbeau » et il est fort douteux qu'il ait jamais existé en cel- 
tique un tel mot ayant ce sens ; le gaulois dûnon signifie « forteresse » et 



?68 Périodiques. 

non « lieu élevé » ; c'est l'irlandais dân, au génitif dût'n '. L'auteur du récit 
de la fondation de Lyon est un Grec qui en fait de celtique ne savait 
rien. 

Les légendesqui attribuent une influence funeste à l'or enlevé de Delphes 
par les Gaulois sont d'origine grecque; Apollon est un dieu grec et non 
gaulois. 

Voici quelques autres critiques: suivant Silius Italiens, Ducarius, nom 
d'homme gaulois, in e siècle avant J.-C., est un noruen gentile; pourquoi? 
parce que, au temps où écrivait Silius Italiens, tous les nobles gaulois, 
étant devenus citoyens romains, avaient un nom de famille et que ce nom 
de famille, comme Ducarius, se terminait ordinairement en -ius. Silius Ita- 
liens, écrivant vers l'année ioo après J.-C., plus de trois siècles après la 
date où apparaît le nom de personne gaulois Ducarius, a raisonné comme 
si le personnage appelé Ducarius avait été son contemporain. 

Suivant M. C. Jullian la mission belliqueuse donnée par Ambigat aux 
fils de sa sœur est « l'indice d'un temps où régnait le régime matriarcal ». 
M. C. Jullian sait bien qu'en France les fils delà sœur peuvent hériter de 
leur oncle maternel, à plus forte raison recevoir de lui un mandat; et nous 
ne vivons pas encore sous le « régime Matriarcal » 2 , ou nous ne sommes 
plus sous l'empire de ce régime absurbe qui suivant moi n'a pu jamais 
exister chez nous. 

Je n'aurais pas tant insisté sur la critique de cet article de M. Jullian, 
sans la haute valeur que je lui reconnais. 

Dans la même livraison M. Déchelette publie une étude sur un petit 
monument conservé au musée de Rome, c'est une statuette représentant un 
esclave qui porte une lanterne. Cet esclave est vêtu du cucullus, manteau 
d'origine celtique. 

III. 

Indo-germanische Forschungen, t. XIII, 3 t et 4 e livraison, An%eiger 4 

i rc livraison. 

Dans la partie intitulée Anqeiger, p. 49-52, M. E. Zupitza a rendu 
compte du Lexique étymologique breton Je M. Victor Henry. Il commence 
par en faire un éloge très mérité, puis il passe à quelques critiques de 
détail. 

Par manière d'introduction à ces critiques il pose quelques principes : il 
y a, dit-il, — et c'est incontestable, — un certain nombre de mots celti- 
ques qui ne se trouvent pas dans les autres langues indo-européennes et 
qui se moquent des laborieux efforts faits par les étymologistes pour les 
expliquer; il donne une liste de ces mots, mais parmi eux il comprend 
i" prenn = *qrenno-s qui ne se sépare du grec rcpé|xvov que par l'assimilation 
de 1'»/ à 1'/; suivant (Brugmann, Grundriss, t. I, 2 e édition, p. 375-576); 2° 



1 Ancieni Laïcs oj Irelani, t. VI, Glossaryde M. Atkinson, p. 283. 
:. Cf. Revue celtique, t. XVI, p. 1 18-120. 






Périodiques. 369 

rann = *pranna — * prnna, d'une racine pr qui se trouve dans le latin pars, 
partis, portio (Brugmann, Grundriss, t. I, deuxième édition, p. 477, 480; 
Stolz, Griechischenndlottinische Spracliwissenschaft, p. 285). 

Il affirme ensuite qu'en irlandais il n'y a pas trace à'àblàut; je ne saisis 
pas comment il explique iaitb « il courut, » tâich « il s'est enfui », 3 e pers. 
du singulier du parfait des verbes qui font rethid, techid à la 3 e p. du singu- 
lier du présent de l'indicatif. Je donne seulement ici deux exemples; pour 
en trouver d'autres, il suffit d'ouvrir la Kur^gefasste irisebe Grammatik de 
M. E. Windisch, p. 75, 76, ou de consulter le Grundriss de M. Brugmann, 
t. II, p. 1245. 

Entrant dans le détail, M. Zupitza reproche à M. Henry d'avoir cité le 
vieil irlandais baîg dans l'article consacré au mot breton Imtlc'h « brèche». 
M. Zupitza dit qu'à sa connaissance le vieil irlandais bàlg « brèche » n'existe 
pas. Or ce mot est mentionné dans le glossaire d'O'Clerv {Revue celtique, 
t. IV, p. 370). On le trouve aussi chezO'Reillv, An irish-english Vocàbulary, 
où ce mot est traduit par a great gap, et où, comme autorité, il y a renvoi 
à O'Clery. Cf. Kuno Meyer, Contributions lo irish Lexicography , p. 171. 

A propos du verbe breton devi « brûler » M. Zupitza repousse l'hypo- 
thèse d'une racine celtique deb qui serait identique à la racine indo-euro- 
péenne dheguh d'où le sanscrit dahati « il brûle »; mais il ne donne pas la 
bonne raison qui est que le g aspiré vélairc devient toujours g et non b en 
celtique (Brugmann, Grundriss, t. I, 2 e édition, p. 586, 606). 

M. Zupitza rejette avec mépris les étvmologies proposées par M. V. 
Henry pour Gwened, nom breton de la ville de Vannes, Veneti chez César. 
Je ne vois pas pourquoi repousser l'hypothèse qui fait dériver ce mot du 
breton moyen goueu « race », = *ucnô- dont dérivent 1° l'irlandais fine. 
« famille » = uënia; 2° le vieil islandais viu-r « ami » = *uenô-s. Quand 
donc, s'écrie M. Zupitza, les étymologistes prendront-ils l'habitude de laisser 
en repos les noms de peuple? M. Zupitza refuse-t-il d'admettre les étymo- 
logies proposées pour des noms de peuple tels que Deutsch, Petru-corii, Bri- 
gantes} Ignore-t-il ce que signifie la formule anglaise United States et d'où 
viennent en français les mots Autrichien, Lorrain ? 

Sa critique est en général excellente, les quelques réserves que nous ve- 
nons de faire n'ôtent rien à la valeur de l'ensemble; de même les objections 
qu'il oppose à quelques-unes des doctines proposées par M. V. Henry ne 
nous empêchent pas de considérer le Lexique étymologique de M. V. Henry 
comme une publication très utile. 

IV. 

Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, t. LXIII, ire e t 2^ livraison. — 
Notice sur la vie et les travaux de M. de la Borderie, par M. Charles 
Joret. 

V. 
The Gael, mai 1902. — Compte rendu de la séance annuelle de l'Aca- 



370 Périodiques. 

demie royale d'Irlande. Des rapports qui y ont été faits il résulte que pro- 
chainement paraîtra l'édition annoncée du Livre d'Armagh et que la 
préparation du grand dictionnaire irlandais se poursuit activement, le dé- 
pouillement des volumes de fac-similé est à peu près terminé. 

M. R. Atkinson a été réélu président. 

Al'Université de Washington on compte avoir pour professeur d'irlan- 
dais dans deux ans un M. Dunn, gradué de l'Université de Yale. M. Dunn 
a suivi pendant deux ans le cours de M. llenebrv à Washington, actuelle- 
ment — en mai dernier — il est élève de M. Robinsonà Harvard Univcr- 
sity; il doit passer l'été et l'automne dans l'Irlande occidentale où l'on ne 
parle qu'irlandais, et ensuite il ira en Allemagne suivre un cours de vieil 
irlandais. 

Juin 1902. 

Découverte en Irlande de deux canots, chacun creusé dans un tronc de 
chêne; l'un, trouvé il y a quelques mois dans le comté de Galway à 
sept pieds sous terre, était long de 52 pieds anglais, soit de presque 16 
mètres, large de 4 pieds ou i ni ,20 à un bout, de deux pieds et demi en- 
viron 75 centimètres à l'autre bout. L'autre canot également creusé dans 
un tronc de chêne a été découvert l'année dernière dans le comté de Tyronc, 
mais il est de beaucoup moindre dimension. 

VI. 

BEITRAEGE zur alten Geschichte, t. II, i re livraison. — Mémoire de 
M. C. Jullian sur la nécessité d'un corpus topographique du monde ancien. 
Il est incontestable que ce corpus dont le savant auteur présente le plan au- 
rait une grande utilité. Mais on ne peut l'entreprendre avant la publication 
de travaux locaux qui en seraient la base indispensable. Or en France les 
Dictionnaires topographiques par département que le gouvernement a entrepris 
sont encore en bien petit nombre: vingt-deux, il en manque les trois 
quarts. 

VIL 

Zeitschrift fur romanische Philologie, t. XXVI. 

Mémoire de M. Schuchardt sur Tétymologie du mot français creuset. 
L'auteur cite le moyen irlandais crocan « pot », et l'irlandais moderne cro- 
yait « cruche ». Ces mots sont évidemment apparentés avec le français 
moderne cruche et avec les mots de même famille en provençal et en ancien 
français: on ne peut en séparer l'allemand hrug « cruche »,i son dérivé 
hrause « friture, « jabot » et le français « creuset ». cf. le grec xpuxrco'ç 
« cruche » = *xp«>}cid$. 

M. Schuchard fait remarquer que le français meule, venant du latin môla 
« meule de moulin ». a pris le sens de « tas de foin », « tas de paille ». Ce 
sens nouveau résulterait de l'influence exercée par un mot celtique, en ir- 
landais mol « tas », qui a un doublet mell « tas, colline » et un dérivé mul- 



Périodiques. 371 

lân « sommet, hauteur, colline ». De même le latin cochlea « coquille », 
qui dans les langues romanes a pris le sens de « tas » en général, de « tas 
de foin » en particulier, aura dû ce sens nouveau à la contamination du 
celtique *krouka « tas », en irlandais cruQcb, en gallois crug, en breton kru- 
géll, mots qui expliquent le second terme du nom de lieu de Grande Bre- 
tagne Penno-crucion dans l'Itinéraire d'Antonin. 

VIII. 

Revue Numismatique, 4e série, t. VI, i er trimestre de 1902. 

Mémoire de M. Babelon sur les monnaies qui nous offrent la représen- 
tation du célèbre chef gaulois Vercingétorix. Les plus connues de ces mon- 
naies sont gauloises, et datent probablement de l'année 52 avant J.-C. 
Mais M. Babelon croit reconnaître le buste du malheureux héros, non seu- 
lement sur les monnaies gauloises où se lit son nom, mais aussi sur des 
monnaies romaines frappées à l'occasion du triomphe de Jules César en 
l'année 46 avant notre ère. 

Etude de M. Adrien Blanchet sur les monnaies celtiques de l'Europe cen- 
trale. 

IX. 

Mémoires de la Société de Linguistique de Paris, t. XII, fasci- 
cule 4. 

M. Bréal explique le grec 7.3.-7. par la forme réduite km du latin coin, 
emn, et par un suffixe -Ta. Le breton, gant « avec » offre de même cette 
forme réduite et il la développe au moyen d'un suffixe dont la lettre initiale 
est /. Le vieil irlandais cet est le même mot que le breton gant. Dans le 
gallois cyd« tandis que », cyda « avec », la nasale manque et nous reporte 
à la forme latine co du préfixe coin. 

Etudes d'étvmologie bretonne par M. Emile Ernault. Ce travail, très 
important et tout à fait digne du savant auteur, ne comporte guère une 
analyse. Il ne faut pas confondre les Etudes d'ètymohgie bidonne avec les 
Notes d'ètymohgie auxquelles la commission du prix Volney de l'Institut de 
France a décerné une partie de ce prix. 

X. 

Celtia, janvier-juin 1902. 

Suite du dictionnaire anglais, irlandais, gaélique d'Ecosse, mannois, bre- 
ton, fin de la lettre a. — Compte rendu du Congrès international celtique 
tenu à Saint-Brieue du 15 au 19 octobre 1867. — Manuel irlandais de la 
conversation. — Les mutations de l'initiale en gallois et en breton. — Re- 
cueil de triades irlandaises conservées par le Livre de Ballvmote, f os 65-66; 
une traduction anglaise accompagne le texte irlandais, elle est en quelques 
points plus élégante que fidèle, exemple : 

Tri dodehaidh trebaire .i. targad do droch mnâi, f ognum do droch fiâilh, 
caemijdodh fri droch irind 



572 Périodiques. 

Veut dire : « il y a trois malheurs pour un cultivateur : avoir sous ses 
« ordres une mauvaise femme, servir un mauvais maître, échanger [sa 
« bonne terre] contre une mauvaise terre ». Suivant le traducteur ces trois 
malheurs sont « to serve a bad woman, to /;<■//> a bad prince, to exchange 
« for bad land ». Dans la croyance du traducteur toutes les femmes irlan- 
daises commandent à leurs maris et, tous les maîtres en Irlande sont des 
princes qu'on aide, mais qu'on ne sert pas. 

Texte et traduction d'un traité irlandais d'astronomie écrit vers l'année 
1400 de notre ère. — Introduction à la grammaire bretonne. — Résumé 
d'une leçon faite par le D r Maclean à l'Université de Glasgow le 1.4 jan- 
vier 1902 sur les Four ancient Dooks of Wales. — Clef de la prononciation 
de l'irlandais. — Traduction anglaise du morceau apocryphe intitulé Merlin 
devin (Bardas Brei^, édition de 1839-1840, p. 58-61, édition de 1867, p. 
62-63). L'auteur de la traduction, M. L. C. Duncombre Jewell, secrétaire- 
honoraire de la Celtic-cornish Society, semble prendre au sérieux cette com- 
position qui ne remonte pas plus haut que la date du Bardas Brei\, 1839. 

Nous nous sommes bornés à signaler parmi les nombreux articles con- 
tenus dans le dernier semestre de Celtia ceux qui nous ont paru les plus 
intéressants. 

XI. 

Athenaeum, 12 avril 1902. 

Article de M. Julian Moore qui appelle l'attention sur un village situé 
près de Dublin et appelé Chapel-Isod. Il s'y trouve une tour quarrée haute 
de 45 pieds qui aurait été, dit-on, bâtie par ordre de la célèbre et roma- 
nesque Iseult. 

4 juin 1902. 

Séance delà British archaological Association, 4 juin dernier, où M. Astley 
a lu un mémoire sur le culte des arbres qui, dit-il, existe encore en 
Irlande aujourd'hui. 

XII. 

Bulletin international de numismatique, t I, i rc livraison. 

Notice par M. Edmond Gohl conservateur adjoint au Musée national 
hongrois sur une trouvaille de monnaies celtiques à Nadasd, Hongrie. Ces 
monnaies sont de fabrication boïenne. Les Boii seraient arrivés en Hongrie 
vers l'an 60 avant J.-C. Ils ont été attaqués et décimés par Boerebistès, roi 
des Daces, en l'an 45 de notre ère. De là suit la date de ces monnaies. 

H. d'Arbois de Jubainville. 
Paris, le 3 juillet 1902. 

Le Propriétaire-Gérant : Veuve E. Bouillon. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 






DU PATRIOTISME GAULOIS 



LETTRE A M. SALOMON REINACH 

Paris, 24 mai 1902. 

Mon cher ami, 

Bien des fois, dans nos longs entretiens de Saint-Germain, 
nous avons parlé du « patriotisme gaulois » ; jusqu'à quel 
point les Celtes ont eu la conscience de l'unité, le désir de 
l'union, a-t-il existé chez eux une solidarité de race : voilà ce 
dont nous nous sommes souvent préoccupés, en face de ces 
vieux monuments qui rappellent leur nom. 

Je voudrais, puisque vous l'avez désiré vous-même, vous 
exposer ici les raisons que j'ai de croire à l'existence d'aspira- 
tions « panceltiques »; je prononcerai même, sans hésiter, le 
mot de patriotisme gaulois, en tant que ce mot signifie 
communauté de traditions, fraternité de culte et de guerre, 
union morale de cités et de citoyens. 



Le plus ancien écrivain qui ait parlé des Gaulois avec détail 
et intelligence est Polybe. Il les représente comme les enne- 
mis naturels du monde civilisé, Grèce et Italie : ce sont à ses 
yeux des Titans déchaînés sur les terres pacifiées des hommes 
et des dieux ; leur nom signifie pour lui le danger de l'in- 
vasion et la périodicité du brigandage r , et il en parle 

1. Voyez surtout II, 35. Cf. d'Arbois de Jubainville, Cours de Littérature 

celtique, t. XII, 190:, p. 113 et suiv. 

Revue C chique, XXIII 25 



374 Camille Jullian. 

comme Claudien aurait dû toujours parler des Francs et des 
Goths. 

S'il les groupe tous, Celtes du Danube et Celtes du Pô, sous 
une dénomination commune, et presque dans un tableau 
d'ensemble 1 , il ne leur prête nulle part des sentiments collec- 
tifs, un idéal de race : ce ne sont que des bandits qui font 
toujours la même chose, venir, piller, tuer et emporter 2 . 

Une seule fois, cependant', Polybe relève chez eux quelque 
chose de plus que l'amour du butin. En 225 avant notre ère, 
les Insubres et les Boïens d'Italie sollicitèrent l'appui des 
Gaulois Transalpins ; pour les décider à se joindre à eux contre 
les Romains, ils leur rappelèrent les faits et gestes des ancê- 
tres, les vainqueurs de l'Allia 4. — Ainsi, les Gaulois n'avaient 
point perdu le souvenir de la prise de Rome et de la rançon 
du Capitole. Ce souvenir constituait pour eux une sorte d'hé- 
ritage glorieux 5. Ils s'excitaient à ne le point dissiper, et à 
imiter l'exemple des lointains aïeux qui avaient vaincu, qui 
s'étaient enrichis, et dont on parlait encore. 

Ce sentiment de la gloire, ce besoin de n'être pas oubliés, 
nous le trouverons désormais toujours dans l'histoire des 



1. Même chapitre. Cf. d'Arbois de Jubainville, Les Premiers habitants de 
l'Europe, 2 e édit. , t. II, p. 400-1. 

2. II, 17. Cf. II, 7: Tt)V XOIV7JV JtSpî FaXatlOV 5p7)U.Ï)V. 

3. Je n'attache en effet aucune importance aux expressions « lutter &nèp 
f,v£|j.ov;'a; xect ojvaaTsîa; « qu'emploie Polybe à propos des Celtes (II, 21), et 
je ne pense pas qu'elles doivent être rapprochées de ces pensées de domi- 
nation universelle que leur prêtent César {Guerre des Gaules, VII, 29, 6) et 
Tacite (Histoires, TV, 55 et 54). 

4. Polvbe, II, 22 : 'AvajxiavrfcïxovtEs ttj; xwv îSîwv Jtpoydvtov ~oà£îtoç 
aùxoû;. 

5. Cela est bien marqué par Silius Italicus(IV, 150-3): 

Ipse, lumens atavis, Brenni se stirpe ferebat 

Crixus, et in titulos Capitolia capta trahebat, 

Tarpeioque jugo démens et vertice sacro 

Pensantes aurum Celtas umbone gerebat. 
Et plus loin, le même Crixus, disant à son adversaire romain (IV, 280-1): 

Ut tibi, quas Brenni populus ferremus in arma 

\\u nu et dextras. 
Il s'agit de la seconde guerre punique, mais je suis de plus en plus con- 
vaincu que Silius a suivi de très près des sources anciennes, et presque 
contemporaines : ce qui était du reste la thèse, trop combattue depuis, de 
Heynacher (JJëber die Stellung des Silius Italiens, etc., Nordhausen, 1877; 
voyez, sur l'épisode en question, p. 23 et 24). 



Du Patriotisme gaulois 37$ 

Gaulois. Il donnera naissance aux poésies des bardes 1 , aux 
préceptes des Druides 2 . Il fera rougir de honte les Gaulois 
vaincus par César, humiliés d'avoir perdu le renom militaire 
légué par leurs ancêtres'. Il expliquera en partie la longue ré- 
sistance des assiégés d'Alésia, lorsque Critognat l'Arverne leur 
eut dit : « Imitez vos ancêtres, qui se sont entre-dévorés plutôt 
que de se rendre. Et, s'ils n'avaient pas donné cet exemple, 
vous devriez l'imaginer, pour le transmettre à la postérité 4. » 
Certes, ce désir de la renommée est autre chose que le pa- 
triotisme. Mais il y conduit. Il établit un lien entre les actes 
des morts et la pensée des vivants. Il est, pour ainsi dire, une 
solidarité dans le temps. Il fonde peu à peu un patrimoine de 
traditions et de rêves, commun à toutes les familles d'une 
même race ou d'une même langue. 

* 
* * 

C'est après Polybe, et c'est peut-être avant César, que ce 
sont formés les récits sur l'empire celtique d'Ambigat. Les 
Gaulois 5 racontaient 6 qu'au temps des derniers rois de Rome, 
« la Celtique » ne formait qu'un seul empire 7, et qu'elle 
avait un roi très vieux, très riche et très puissant,, Ambigat : 
son peuple était devenu une multitude immense, si nom- 
breuse qu'il avait fallu chercher pour elle de nouvelles terres 8 . 



1. Diodore, V, 29: Ta; xz Kpoyôvow ivopy.~{xQîoi.ç, IÇ'jjxvoù'a'.. Lucain, I, 447- 
449. Etc. Cf. Revue archéologique, 1902, I, p. 307 et s. 

2. César, VI, 14, 5. 

3. V, 29, 4 (en 54). Cf., en 58, les paroles de Divico l'Helvète à César: 
Pristina virtus (I, 13, 4), a patribus majoribusque suis didicisse (I, 13, 6), a 
majoribus suis institutos (I, 14). 

4. César, VII, 77. 

5. De ce récit, Niebuhr a, peut-être le premier, dit qu'il était einheimisch 
gallisch (II, p. 582 = 450, édit. Isler), ce que personne, depuis lui, n'a 
contredit : c'est « quelque chant épique gaulois », dit d'Arbois de Jubain- 
ville {Les Premiers habitants de l'Europe, 2 e édit., t. II, p. 301); même re- 
marque chez Hirschfeld (Timagenes, p. 343). 

6. Les deux fragments de cette tradition sont chez Tite-Live (V, 34) et 
chez Trogue-Pompée (Justin, XXIV, 4). 

7. Pênes Bituriges summa imper ii fuit. Ii regem Cellico dabant. Tite-Live, 
V, 34, I. 

8. Missurum se esse in quas dit dédissent auguriis sedes ostendit. Tite-Live, 



376 Camille Jullian. 

Le vieux roi consulta les dieux, et réunit deux grandes trou- 
pes, qu'il donna chacune à un des deux « fils de sa sœur », 
Sigovèse et Bellovèse : toutes les deux partirent, et allèrent 
où les dieux les conduisirent. L'une franchit les Alpes et créa 
en Italie une nouvelle Gaule; l'autre traversa la Forêt Hercy- 
nienne et s'arrêta dans la vallée du Danube. Les hommes de 
la première finirent par arriver jusqu'à Rome 1 , la grande ville 
de l'Occident; les hommes de la seconde pénétrèrent jusqu'à 
Delphes, le plus célèbre sanctuaire de l'Orient et P« oracle 
de toute la terre 2 ». Les principales tribus de nom celtique 
s'étaient donc groupées autrefois autour d'un même chef, elles 
avaient été « engendrées par les mêmes terres 3 », et elles 
avaient été lancées ensuite à la victoire sur les autres races 4 
et à la conquête du monde méridional 5. 

Je n'ai pas à démêler ici ce que ces traditions renferment 
de vrai et de faux. Ne les acceptons, si l'on veut, que comme 
des chants populaires, des légendes publiques, des rêveries de 
poètes. Admettons que l'empire d'Ambigat et l'exode de ses 
deux neveux ne soient qu'une de ces fantaisies où se complai- 
sent les imaginations de tous les peuples en mal d'histoire. 
Mais ce sont précisément des récits de ce genre qui tradui- 
sent le mieux les aspirations générales d'une nation; c'est par 
des épopées de cette sorte que se prépare souvent son unité 
morale. Ne demandons à ces fables aucune donnée précise sur 



V, 34, 3. Ducibus avibus, chez Justin (XXIV, 4, 3), indique aussi une in- 
tervention divine. 

1. Justin, XXIV, 4, 2. 

2. Cicéron, Pro Fonteio, X, 20. Tite-Live, XXXVIII, 48. 

3. Cf. Justin, XXIV, 4, 1 : Galli abundante multitudine, ami eos non cape- 
rent ternie qitae genuerant, etc. 

4. Remarquez ce que Tite-Live (V, 36, 4) fait dire aux Gaulois : Quan- 
tum Galli virtule ceteros mortales praestarent. Cf. le tîjç z:\>r.'.[). : .x; de Dio- 
dore, XIV, 115. Cf. Arrien, Ami base, IV: Méya ir:\ uçtai ppovoovteç. 

5. Il ne serait pas impossible que les Gaulois nient opposé eux-mêmes 
leur race, en tant que race du Nord, aux peuples du Midi. Lueain, analy- 
sant les opinions des Gaulois sur la destinée des hommes, ajoute immédia- 
tement après (I, 458): Populi, quos despicit arctos, felices. Tacite, résumant 
des prophéiies gauloises, dit (Histoires, IV, 54): Possessionem rertim kuma- 
narum Transalpinis genlibus portertdi. Cf. Tite-Live, XXX. 33 : Galîis proprio 
atque insilo in Romanes odio. 



Du Patriotisme gaulois. 377 

le passé des peuples qui les ont fabriquées ; mais acceptons-les 
comme les témoins de leurs pensées au moment où elles ont 
pris naissance. Les chants militaires de Roncevaux et les ro- 
mans carolingiens nous ont révélé, à travers les pires discordes 
que notre pays ait traversées, la force vitale grandissante de 
l'idée de France r . C'est par les œuvres d'Hérodote et d'Es- 
chyle que l'hellénisme a achevé de prendre possession de 
lui-même. L'épopée d'Ambigat, montrant que tous les Celtes 
avaient été jadis un seul et même nom, et que ceux du Pô, 
du Danube et du Sang.irios étaient les fils d'une même terre 2 , 
cette épopée était à la fois le produit et la créatrice de rêves 
panceltiques. 



Vers l'an 100 avant notre ère, il n'y avait plus guère de 
Celtes indépendants qu'au Nord des Cévennes et dans l'île de 
Bretagne. La « Celtique » avait été repliée sur elle-même, res- 
serrée à l'angle Nord- Ouest de l'Europe; ses frontières, par la 
force des choses, avaient été fixées sur plusieurs points. Plus 
circonscrite, mieux définie, la Gaule pouvait prendre une 
idée plus nette de ce qu'elle était et un sentiment plus intense 
de ce qu'elle voulait devenir. 

C'est alors qu'apparaissent, chez les écrivains anciens, des 
renseignements fort précis sur la manière dont les Druides de 
la Transalpine envisageaient la race de leurs peuples et ensei- 
gnaient son histoire. 

Car, dans leur enseignement, ces prêtres fusaient une 
part à l'histoire nation.de. Leur théogonie ou science du 
monde était complétée par l'étude des origines ou de la ge- 
nèse de leur race. Ils la figuraient comme née tout entière 
d'un dieu souterrain, auteur et père des hommes gaulois >. 



1. Je fais de5 réserves sur qujlques-uneî des conclusions de Hcefft, qui a 
étudié ce pjint (France, Franceis et Franc, Strasbourg, 1892). 

2. Justin. XXXVIII, 4. 10: Ssdibus tantum distare, diginem quidem ac 
virhitem gemisque pugnae idem habere. 

3. Galli se omnes ab Dite pâtre provnatos praedicant, idque ab Druidibus 
proditum dicunt, César, VI, 18, 1. Cf. Justin, XXIV, 4, 1 : Galli... tenue 

qiiae genuerant. 



378 Camille Jullian. 

Puis ils racontaient comment ces hommes habitaient autrefois 
des terres lointaines, voisines de l'Océan, comment ils avaient 
été chassés de leurs premiers domaines par quelque miracu- 
leuse catastrophe, comment enfin ils avaient franchi le Rhin 
pour conquérir sur d'autres hommes le sol qu'ils occupaient 
maintenant dans le pays appelé de leur nom 1 . 

Ces récits, que les Druides faisaient à la jeunesse confiée à 
leurs soins ou à la noblesse associée à leur vie, n'étaient-ce 
pas comme des réserves de traditions communes et de souve- 
nirs nationaux qu'ils déposaient dans l'esprit des Gaulois? 



Le souci de la postérité, des légendes « impérialistes », l'his- 
toire mythique de leur race fille d'un dieu, tout cela était au- 
tant d'éléments d'un patriotisme gaulois, ou, si l'on préfère, 
d'un amour-propre celtique. 

A l'époque où poètes et prêtres contribuaient à le produire, 
la Gaule Transalpine se groupait en une vaste domination 
sous l'hégémonie des Arvernes, de leur roi Bituit, de leur chef 
Celtill. 

On a nié que ce peuple ait exercé « le principat de toute la 
Gaule » : mais on ne peut le nier qu'en supprimant d'un coup 
et Strabon et César, c'est-à-dire les deux meilleures sources 
sur les peuples de la Gaule Transalpine. 

Strabon dit: « Les Arvernes ont étendu leur pouvoir et 
jusqu'à Narbonne et jusqu'aux frontières de la Massaliotide, 
et ils étaient maîtres des peuples jusqu'aux Pyrénées et jus- 
qu'au Rhin 2 . » — César dit : « L'Arverne Celtill avait obtenu 
le principat de toute la Gaule >. » 



i. Timagène chez Ammien Marcellin, XV, q, 4: Drasidaè metnorant rê- 
vera fuisse potnili partem indigenam, sed altos quoque <//> insulis extimis cou 
lluxisse, et tractibus transrhenanis, crebritalebellorum et adluvione fervidi maris 
sedibus suis expulsos. 

2. Strabon, IV, 2, 3, p. 191. — Confirme par : Apollodore, aptid Etienne 
de Byzance, au mot 'Ap^pvoi ; Titc-I.ive, XXVII, 59 ; Appien, Celtica, 12; 
César, I, .15 (bello super atos Arvernos... populi romani justissimum < 
Galliae itnperium). 

3. VII, 4) 1. 



Du Patriotisme gaulois. 379 

Mais, objectera-t-on, que savaient César et Strabon de ces 
choses anciennes et lointaines ? — Strabon les tenait de Posi- 
donius, qui a traversé le Sud de la Gaule vers l'an 100 l , qui 
a peut-être visité l'Auvergne, qui a par là même connu quel- 
ques-uns des compagnons, des sujets ou des poètes du roi 
Arverne, pris par les Romains vers 121. César est venu en 
Gaule en 58, moins de quarante ans après la mort de Celtill, 
et il a connu comme allié son frère Gobannitio, comme ad- 
versaire son fils Vercingétorix 2 . 

Or, si, pendant près d'un siècle, pendant trois générations, 
la Gaule Transalpine a accepté l'hégémonie d'une de ses na- 
tions, je ne peux pas croire que cette unité politique n'ait pas 
été, au même titre que renseignement religieux, un ferment 
de pensées communes. Obéir à un même chef, c'est contracter 
une fraternité d'armes. 



Même après la fin de l'hégémonie arverne, quelques insti- 
tutions subsistèrent ou naquirent, qui furent les témoins per- 
manents de ces aspirations panceltiques>. 

Il y eut d'abord l'assemblée des Druides dans le pays car- 
nute. Quoi qu'on dise, on ne pourra jamais nier ni même at- 
ténuer le caractère national de cette assemblée ; c'est là que 
les Druides se réunissent chaque année, c'est là qu'ils pronon- 
cent leurs jugements; on y vient à eux de toutes parts, et la 
région où se trouve leur sanctuaire « est regardée comme le 
milieu de toute la Gaule 4. » 



1. Cf. Didot-Mùller, Fragmenta historîcorum graecorum, t. III, p. 246; 
Mùllenhoff, t. JI, p. 128 et s.; Susemihl, t. II, p. 129; etc. 

2. César, VII, 4, 1 et 2. 

3. Je laisse décote deux institutions communes à toute la Gaule : i° celle 
des dieux comme Teutatès, parce que je me réserve de l'étudier ailleurs 
(Revue des Etudes Anciennes. 1902, tasc. 2 et 3); 2° celle du concilium Gal- 
liarutn, parce qu'il n'apparaît nettement qu'à propos de la présence de Jules 
César en Gaule (I, 19, 4; concilium totius Gàlliae, I. 30, 4). Je renvoie 
pour cette dernière question à la thèse de Fustel de Coulanges (Gaule ro- 
maine, p. 4 et s.), mais sans dire par là que je l'accepte; cf. aussi Des- 
jardins, Gaule romaine, t. II, p. 341 et s., et, plus récemment, Carette, Les 
Assemblées provinciales delà Gaule romaine, p. 2 et s. 

4. HucomneSjQtc... Ouae regio totius Galliae média /.w/Wi»'. César, VI, 13, 10. 



380 Camille Jullian. 

Remarquons cette dernière expression, que César emprunte 
sans aucun doute à des paroles gauloises : « le milieu de 
toute la Gaule ». Les ligues de tribus ou « les cités » avaient 
parfois des chefs-lieux qu'elles appelaient « le milieu » de leur 
petit État fédéral 1 : tels que Mediolanium, « le milieu » des In- 
subres de la Cisalpine, Mediolanum, « le milieu » des Santons 
de la Transalpine -. Voici que les prêtres fédérés de toutes les 
cités de la Gaule propre se réunissent en un point qu'ils esti- 
ment le centre de toute cette Gaule, de même que les Grecs 
faisaient du sanctuaire de Delphes le centre de toute la Grèce?. 
— Pour la première fois une idée géographique s'ajoute, dans 
l'esprit des Gaulois, à des sentiments de race et de solidarité 
humaine. Ils se figuraient donc la Gaule comme quelque 
chose de délimité, ayant à la fois son unité morale et maté- 
rielle, puisqu'elle possédait un « ombilic » physique et un 
chef religieux, le prince des Druides. 

La région des Carnutes n'était pas le seul sanctuaire commun 
à toute la Gaule. Diodore de Sicile rapporte d'après Posido- 
nius4 une légende qu'il faut rapprocher du texte de César sur 
l'assemblée des Druides. Hercule (et Diodore semble avoir 
adapté ce nom au mythe de quelque héros ou dieu des tradi- 
tions celtiques), Hercule aurait jadis groupé les Gaulois en un 
corps de nation, et aurait tonde pour eux une « très grande 
ville », Alésia, la cité même qu'assiégea César S ; depuis sa 

i. Cf. Holder, Altceltischer Spraçhschatç, t. II, col. 497 et s. — Comparez 
au locus consecratus des Carnutes dans la regio média de la Gaule, le Medio- 
nemeten que l'Anonyme de Ravenne (V, 31) mentionne en Bretagne. — 
Voyez, en partie à titre de curiosité, Toubin, Elude sur les champs sacrés de 
la Gaule, Paris. 1861 . 

2. Ils sont bien au milieu des cités; c'est aussi le cas de Mediolanum Or- 
dovicum en Bretagne. Il doit y avoir aussi des Mediolanum de pagi. L'insti- 
tution est commune à tout le monde celtique (cf. Roscher, II. col. 520 et 
439). Ma conviction est que, en cherchant bien, on trouverait des théâtres 
ou des forêts (cf. la forêt du Mans = Medantum ? chez les Meldî), c'est-à- 
dire des rendez-vous de tête ou de culte, qui représentent « le milieu » de 
régions politiques, civilates ou pagi. 

3. Tite-Live, XLI, 24: lu medio umbilico Graeciae... Delphos; etc. Cf. 
Curtius, trad. franc., t. II, p. 25. — En Sicile. Enna et son fameux sanc- 
tuaire umbilicus Siciliae nominatur, Cicéron. Verrines, II, IV. 48, 106. 

4. C'est ce qui me parait évident, comme à Hirschfeld (Corpus, XIII, p. 
521). 

5. Diodore est aussi net que possible là-dessus: et il faut, selon moi, un 






Du Patriotisme gaulois. }8i 

fondation, « elle ne cessa d'être honorée par les Gaulois comme 
le foyer et la métropole de toute la Gaule ! ». Cela ne veut point 
dire, évidemment, qu'elle ait jamais joué un tel rôle 2 . Mais, 
si les Gaulois ont cherché à transformer une de leurs plus 
vieilles villes en « foyer et métropole », c'est qu'ils avaient au 
moins le désir d'un centre religieux. Ils se constituaient peu 
à peu les formules et les rendez-vous d'un culte national. 

Au travers de toutes les dissensions, la pensée qu'on appar- 
tenait à une même race ne disparaissait jamais de l'esprit des 
hommes de la Gaule, et même de la Bretagne sa colonie. Les 
Belges nouaient avec les Eduens des liens solides d'hospitalité 
ou de clientèle î ; les Bretons envoyaient des secours aux Ar- 
moricains-^; ils obéirent pendant un temps au même roi que les 
Belges >; la discipline druidique relevait souvent de maîtres de la 
Bretagne 6 ; les différents peuples gaulois se servaient entre eux 
des termes de parents ou de frères, affines, j retires, propinquil. 
Il y avait, comme on disait à Rome, droit de mariage ou con- 
nubium entre la noblesse de toutes les cités 8 . Ils se disaient 
tous « proches et consanguins », propinqui consanguineique9. 



véritable parti-pris d'hypercriticisme tendancieux pour prétendre que Dio- 
dore s'est trompé et que PAlésia fondée par Hercule serait toute autre ville 
que celle de César, par exemple Alais dans le Gard (Dictionnaire Archéolo- 
gique de la Gaule, t. I, p. 32). Alais doit être YArisitum mérovingien. 

1. Diodore, IV, 19: 01 31 KeXxoj ui/piTtûySe tôv xaiptov ri{io>7[ xaùxr\v 
T7)V noA'.v, r'j; Kjîâar)? 77;; Ks/.T'./.r,; où?av £<mav v.y.\ [/.TjTpo'jcoXiv. 

2. Je suis frappé du caractère religieux et je dirai volontiers panceltique 
des inscriptions trouvées à Alésia et datant des premiers temps de l'Empire 
romain. Ce sont des dédicaces Marti et Belhnae (XIII, 2872). et Victoriae 
(2874), divinités que nous savons par ailleurs être parmi les principales du 
nom celtique (Ammien Marcellin, XXIV, 4, 4 ; Dion Cassius, LXII, 7 ; cf. 
Revue des Etudes anciennes, 1899, p. 48); ce sont des monuments élevés par 
des hommes qui paraissent avoir été magistrats suprêmes dans plusieurs 
cités (2873, 2877, 2878); c'est une des plus belles inscriptions gauloises 
que nous possédions (2880): très peu d'épitaphes. 

3. César, II, 14, 2. 

4. II, 14, 4 ; III, 9, 10; cf. 8, 1 ; IV, 20, 1 ; cf. V, 12,2; IV, 21, 7. 

S- 11,4, 7- 

6. VI, 15, 1 1 et 12. 

7. II, 3; II, 4; I, 11. Cf. Hirschfeld, Die Haeduer und Arverner unter 
roemischer Herrschaft, 1897, P- mi- 

8. I, 3, 5 ; 18, 6 et 7. 

9. VII, 77, 8 (texte interprété par Hirschfeld, p. mi, n. 2). Cf. Strabon, 
IV, 4, 2: U'jyy£v;'.: «XXVjXotç. 



582 Camille Jullian. 



Nous arrivons ainsi au temps de la grande guerre, de 58 
à 51. 

Qu'il y ait eu entre les Gaulois d'alors des haines inexpia- 
bles, je serai le dernier à en douter. Eduens et Arvernes, 
Rèmes et Suessions, ont presque toujours préféré la domina- 
tion de l'étranger à celle de leurs congénères 1 . Mais qu'un 
sentiment soit constamment méconnu, il ne s'ensuit point 
qu'il n'existe pas. Les villes latines étaient d'incorrigibles ad- 
versaires, et il y a eu un « nom latin » ; les luttes éternelles 
entre Athènes et Sparte n'empêchaient pas la durée d'une 
« conscience hellénique ». 

Je sais bien, mon cher ami, que notre maître commun 
Fustel de Coulanges a intitulé le premier chapitre de ses Institu- 
tions: « Qu'il n'existait pas d'unité nationale chez les Gaulois ». 
Plus d'une lois, depuis dix ans 2 , on m'a fait souvenir de ces 
lignes, que j'ai écrites presque sous sa dictée : « La seule es- 
pèce de patriotisme qu'ils pussent connaître était l'amour du 
petit Etat dont chacun d'eux faisait partie*. » Mais en les écri- 
vant, j'ai lait de respectueuses réserves, et Fustel de Cou- 
langes ne me les eût point reprochées. Je n'ai jamais pu, je 
ne pourrai jamais, sur ce point, suivre la parole de celui dont 
nous vénérons tous deux la mémoire. Fustel de Coulanges 
était trappe surtout des divisions qui séparaient les Gaulois, 
comme il l'avait été de celles qui détruisirent la Grèce. Certes, 
il faut les voir, y insister, y revenir sans cesse en racontant 
leur histoire. Mais il faut aussi voir autre chose, et songer 
parfois à l'union rêvée par quelques-uns. Toute la vie poli- 



1. Voyez le sentiment contraire exprimé même chez les Eduens, César, 

I, '7, 5- 

2. A. la suite de ce que j'ai écrit dans Gallia, 1892, p. 24: « La Gaule, 
malgré son état d'anarchie, tendait à l'unité. » 

j. La Gaule Romaine, p. 50. — M. Mommsen a développé (Roemisclie 
Geschichte, t. III, p. 2;6 et s.) un point de vue opposé : Die nationalen Ein- 
beitsbestrebungen, dit-il dans un titre de paragraphe, et je n'affirmerai pas 
que Fustel de Coulanges n'a pas voulu, dans les premières pages de sa 
Gaule romaine, réfuter M. Mommsen, 



Du Patriotisme gaulois. 383 

tique de l'humanité est pleine de ce contraste entre les espé- 
rances d'un petit nombre et les réalités qu'entraînent les pas- 
sions de tous : mais les destinées d'une espérance font partie 
de l'histoire aussi bien que le récit d'une bataille. 

* * 

Cette espérance d'unité, nous la trouvons chez Orgétorix 
l'Helvète : il persuada à ses compatriotes qu'ils pouvaient, 
étant les plus forts, « s'emparer de l'Empire de toute la Gaule », 
totius Galliae imperio potiri 1 . C'est Jules César qui parle, et 
ces expressions sont à peu près les mêmes que celles dont il 
s'est servi ailleurs pour caractériser l'hégémonie de Celtill l'Ar- 
verne, et c'est toujours l'épithète de tota qui revient s'accoler 
au mot de Gaule 2 , pour bien marquer qu'il s'agit de créer un 
empire à vastes prétentions celtiques 5 . 

D'Orgétorix, l'idée se communique à l'Eduen Dumnorix, 
au Séquane Castic, ses alliés : tous s'associent, pour « être 
maîtres de la Gaule entière », totius Galliae potiri*. 

Que ces hommes aient été des ambitieux et des intriguants, 
c'est fort possible, encore que le texte de César n'autorise pas 
à les traiter avec mépris. On a prononcé en tout cas, dans leur 
entourage, des paroles qui sonnaient bien ; ils ont dit « qu'il 
valait mieux obéir à des Gaulois qu'à des Romains 5 ». Le fait 
que le proconsul, à propos d'eux, parle sans cesse de « l'Em- 
pire de toute la Gaule » permet de croire que cette idée, im- 

1. César, I, 2, 2. 

2. Cf. totius Galliae animi (I, 20. 4); totius fere Galliae legati (I, 30, 1); 
totius Galliae plurimum (I, 3, 6); etc.; tota ou omnis Gallia revient 4 fois 
dans les chapitres 30 et 31 du premier livre. — Je n'ai pas à parler ici des 
différents sens qu'a le mot Gallia chez César, désignant tantôt la Caule 
Propre sans la Belgique, tantôt toute la Gaule ethnique y compris la Bel- 
gique (III, 11, 3), tantôt toute la Gaule géographique y compris l'Aquitaine 
(I, 1, 1; III, 20, 1; 28, 1). Etc. 

3. Je ne nie pas que, dans ces passages et les suivants, Gallia même avec 
tota ou omnis ne puisse exclure les Belges (cf. II, 1,254, 2). En revanche, 
Diviciac, qui est roi chez les Belges, est dit totius Galliae potentissimus (II, 

4, 7)- 

4. César, I, 3, S. 

5. I, 17, 3. Les chefs éduens disaient praestare, si jam principatum Gal- 
liae obtinere non • possint, Gallorum quant Roniauoiunt itnperia perferre (en 58). 



384 Camille Jullian. 

périale et nationale, flottait partout au profit de quelques am- 
bitieux ou de quelques patriotes '. 



On sait comment, sous forme de résistance à Rome, cette 
idée tut réalisée par Vercingétorix, qui, en 52, acquit peu à 
peu « le principat de toute la Gaule », autrefois possédé par son 
père Celtill. 

Nulle part César ne nous dit en vertu de quel titre il com- 
manda à la Gaule entière 2 : s'il n'était roi, ce n'était que 
« chez les siens »>, les Arvcrnes. Cependant, en une circon- 
stance solennelle, il semble que le mot de « royauté de la 
Gaule » ait été prononcé. Les adversaires de Vercingétorix 
l'accusaient de trahison ; ils affirmaient « qu'il préférair tenir 
le royaume de la Gaule, regnum Galliae, de la grâce de César 
plutôt que de la faveur des siens » : qu'est-ce à dire, sinon 
qu'on a peut-être, autour de Vercingétorix, parlé un instant 
d'une royauté ou d'un roi de la Gaule ? A quoi l'Arverne ré- 
pondit que ce « pouvoir suprême », impcriiiiii, il pourrait le 
recevoir de la victoire 4. 

Que ce mot de « Gaule », ou plutôt de « Gaule entière »5, 



1. Dumnorix en 54 (V, 6, .6) : Jusjurandum poscere ut, quoi! esse ex ustt 
Galliae intellexùsent, communi consilio administraient . 

2. Dans la première ligue, omnium cotisensu ad eum defertur imperium 
'VII, 4, 6); dans la seconde, ad unum omnes Vercingetorigem probant impe- 
ratorem (VII, 63, 6); cf. VII, 21, 1 : Summum esse Vercingetorigem ducem. 
Plutarque, César, XXV. Tô 8â aûu.;tav aîosôèîs v.yx->; i\/i. 

3. Rex a suis appellatur, VII, 4, 5. — On trouve chez Florus, à propos de 
Vercingétorix, le mot de rex et rien de plus(I, 45 = III, 10, 26). Plutarque 
dit aussi simplement tou (Ja<nX«i>; (César, XXVII). Je ne trouve roi des 
Gaulois que chez deux auteurs auxquels on ne peut ajouter complètement 
foi: l'un, Orose, qui copie César, mais avec une très grande légèreté, nous 
dit que les Gaulois, au Mont-Beuvray, omnes consensu pari regem praeoptave- 
rant (Vercingetorigem, VI, 11, 7), ce qui est simplement la traduction 
inexacte de César, VII, 63, 6 (cf. la note précédente); l'autre, Polyen, qui 
est indépendant de la tradition césarienne, appelle Vercingétorix, avant le 
siège de Gergovie, |in:/.;j; raXatdiv (VIII, 9): mais il y a de telles né- 
gligences chez Polyen ! 

4. César, VII, 20, 2 et 7. 

5. A côté des exemples de tota Gallia, cités plus haut, placez, sous la 
date de j2, ceux de omuis Gallia. In consilio capiendo omuem Galliam respi- 



Du Patriotisme gaulois. 385 

désigne chez César, ici et ailleurs, un groupe bien délimité de 
peuplades celtiques, une unité géographique et ethnique, 
c'est ce qui me paraît résulter de la manière dont il raconte 
l'assemblée du Mont-Beuvray. « Un conseil de toute la Gaule», 
dit-il, « fut convoque à Bibracte. On y vint de toutes parts. Il 
n'y manqua que les Lingons, les Rèmes et les Trévires »*. 
Pour qu'un tel conseil ait été convoqué, pour qu'on ait noté 
ceux qui auraient dû y être, et constaté ou flétri leur absence, 
il fout que les Gaulois aient eu la notion précise de leur collec- 
tivité, et des peuples qui en faisaient partie. 

Que les sentiments de ce corps gaulois n'aient pas été long- 
temps unanimes, que les Lingons et les Rcmes 2 , que la moitié 
des Pictons3 aient refusé d'y adhérer, que les Eduens4 et peut- 
être les Santons 5 n'y aient apporté qu'une volonté négligente, 
cela importe peu. Le séparatisme de quelques-uns ne fait 
qu'accentuer les sentiments des autres; et, si César même pro- 
nonce le mot de séparatisme, afuerunï ah hoc concilia 6 , je ne 
puis pas appeler les sentiments d'union de la majorité autre- 
ment que du mot de patriotisme celtique. 

La nature et la portée de ce patriotisme nous sont indiquées 
dans quelques passages très nets des Commentaires de Jules 
César. 

C'est d'abord le désir de rendre la liberté à « toute la 
Gaule », c'est-à-dire à la Gaule d'entre Rhin et Cévennes, à 
celle qui s'était réunie au Mont-Beuvray ; l'on vit, dit César, 
« un consentement universel à vouloir la liberté/ », ce qui 
est peut-être la forme élémentaire du sentiment patriotique. 



ciamtts (VU, 77, 7); omnem Gallican proslernere et perpetuae servituti subjkere 

(VU, 77, 9)- 

1. VII, 63, 5: Totius Galliae concilium. La liste de toutes les nations qui 
y prirent part doit être celle de tous les peuples qui ont fourni un contin- 
gent à l'armée de secours, VII, 75. 

2. VII, 63, 7: je ne parle pas de l'absence des Trévires, qui se battaient 
alors contre les Germains. 

3. D'après VIII, 26, 1. 

4. VII, 03, 9. 

5. D'après la situation que les empereurs romains feront aux Santons, 
rapprochée du texte de César, III, 11,5. 

6. VII, 63, 7. 

7. VII, 76, 2; Tanta université Galliae consetisïo fuit liber talis vindicandae. 



386 Cunille Jullian. 

A ce désir se mêlait cette passion de la gloire, que nous 
avons vue poindre chez les Celtes dont parle Polybe. Ces mêmes 
Gaulois, ajoutait César, voulaient « recouvrer leur antique 
renom militaire » r . Tâchez, disait l'un d'eux à ses compa- 
gnons, de prendre modèle sur vos aïeux, et de laisser comme 
eux « de très beaux exemples » aux siècles à venir 2 . 

Cette Gaule et ces Gaulois, « qu'il faut avoir sous les 
yeux »3, ce n'est pas seulement la terre et les hommes les plus 
proches, c'est « toute la Gaule », ce sont tous les Gaulois, 
« parents et consanguins »4. 

Au delà de cet amour pour la Gaule encore libre, celle qui 
s'étend des Ce venues à l'Océan, les hommes de cette année 
52 ont aussi songé à leurs frères du Midi, Volques et Allo- 
broges, jadis indépendants : « Regardez », disait un des chefs 
d'Alésia, « la Gaule voisine de la nôtre : elle est opprimée par 
une constante servitude »S, et Vereingétorix essaie de délivrer 
les Allobroges, et leur promet 1' « empire » sur toute cette 
Gaule méridionale 6 . 

Enfin, ce patriotisme gaulois ne tendait rien moins qu'à 
faire de la race celtique, débarrassée de l'invasion romaine, la 
conquérante du monde, « Je vais », disait Vereingétorix après 
la chute d'Avaricum « je vais constituer une seule volonté de 
toute la Gaule, et quand cette unanimité sera faite, pas même 
le monde entier ne pourra y résister". » 

■ — Cf. en 57: Gallis... qui, ut Gertnanos diutius in G allia versari noluerant, 
ita exercitus populi Romani inveterascere in Gallia moleste fefébant (II, 1, 3). 
En 56 : Ut in ea libertate, quant a majoribus acceperant, permanere quant Roma- 
norum servitutem perferre mallent (III, 8, 4). En 54: Esse Gallîae commune 
consïliunt... cunt de recuperanda libertate consilium initum videretur (V, 27, 5 
et 6). — Florus, I, 45 = III, 10, 21 : Vereingétorix... ad jus pristinum liber- 
tatis trexit. César, VII, 77, 13: Liber tatis causa; 77, 3 : Turpissimam servi- 
tutem. 

1. VII, 76, 3: Consensio... pristinae belli laudis recuperandae. 

2. Posteris prodi pulcherrimum, VII, 77, 13. — Cf. en 54 (V, 29): Ar- 
dere GalUam, tôt contumeliis acceptis... superiore gloria rei militât is extincta. 

3. César, VII, 77, 7 : lu consilio capiendo omnem Gallium respiciamus. 
4- VII, 77, 8. 

5. VII, 77, 16 : Respicite fiuitiuiam Gàlliam, etc. 

6. VII, 64, 5 et 8. 

7. VII, 29, 6 : Unum consilium totius Galliac effeclurum, cujus consensui ne 
orbis quidem terrarum possit obsistere. Il y a consensu dans 2 mss. de la classe 
Pj posset dans un ms. de la classe a; cf. l'édit. de Meusel, p. 177. 



Du Patriotisme gaulois. 387 

Un peu d'amour du sol 1 , le désir de la liberté commune, le 
sentiment de la fraternité de la race, l'orgueil du nom, la pas- 
sion démesurée de la gloire, le besoin d'imiter les ancêtres, 
le souci de la postérité gauloise, l'ambition des conquêtes : 
voila, si je ne me trompe, les éléments de ce patriotisme com- 
mun, tel qu'il trouva, dans la guerre de 52, sa plus complète 
expression 2 . 



Je devine les objections qu'on peut faire à cette manière de 
présenter les sentiments de la Gaule. Nous ne les connaissons 
que par Jules César : qui sait si le proconsul n'a pas imaginé 
de toutes pièces cet élan de patriotisme pour grandir sa victoire 
de toute la grandeur morale qu'il prêtait à ses adversaires ? 

Un tel excès de doute est la négation même de l'histoire. 
Il n'est pas un texte, pas un, qui, avec de telles objections, 
échapperait au scepticisme'. Nous aurions le récit de la guerre 
de 52 fait par un Gaulois: nous l'écarterions comme le pam- 
phlet d'un vaincu. Il a été fait par César: veut-on l'écarter 
comme l'apologie du vainqueur 4 ? 

Ceux-là mêmes qui douteront de César quand il rend hom- 
mage aux Gaulois, recourront à lui quand il insiste sur leurs 
divisions. Ils hésitent à le croire, s'il prête à Vercingétorix 
l'amour de la liberté de tous S ; ils le citeront complaisamment, 
s'il parle de la trahison des Eduens. 

César n'est pas, tout compte fait, notre source unique. 
Il y d des échos d'une tradition différente de la sienne. Nous 
avons les épigones de Tite-Live et les tenants d'Asinius 



1. VII, 77, 15: Inagris; 14: A gros. 

2. De même Tacite, faisant décomposer par Arminius le patriotisme en 
ses éléments, énumère patriavi, c'est-à-dire le sol, parentes, antiqua, c'est- 
à-dire les traditions, gloria, libertas {Annales, I, 59). 

3. La vraie réponse à cette objection a été faite par Fustel de Coulanges, 
parlant de Tite-Live (Questions historiques, p. 405-409). 

4. Cf. Fustel de Coulanges, Questions historiques, p. 408: « Ne disons 
pas que Tite-Live a imaginé ce discours pour embellir un récit...; nous 
devons croire, sauf preuve du contraire, que dans ce discours il a reproduit 
les pensées qui étaient ordinaires au temps dont il parle ». 

5. Postero die Vercingétorix concilie convocato id bellum se suscepisse von 
suarum nécessitai um sed communis liber lut is causa demonstrat ; VII, 89, 1. 



388 Camille Jullian 

Pollion 1 . Leur lecture n'infirme pas celle des Commentaires. 
Lisez chez Florus l'éloquent et rapide résumé de « la conjura- 
tion commune des Gaules » 2 ; pnreourez YEpitome, Plutarque, 
Dion Cassius ; voyez ce beau passage de Strabon, opposant 
la résistance en masse des Gaulois au morcellement des guerres 
d'Espagne >, et vous aurez l'impression que la campagne de 52 
a été, chez ceux qui l'ont conduite, l'œuvre compacte et con- 
sciente du patriotisme gaulois. 

Enfin, toutes ces paroles et toutes ces pensées que César 
prête à Vercingétorix et aux meilleurs de ses compagnons, 
sont merveilleusement d'accord avec tout ce que nous savons 
du tempérament gaulois. 



Qu'on se reporte, notamment, à quatre générations plus 
tard, au temps de la révolte des Gaules en 69-70 de notre 
ère. 

Il suffira de traduire deux passages des Histoires de Tacite. 
« La défaite de Romains avait relevé les esprits des Gaulois : 
mais rien ne les excita autant que l'incendie du Capitole, au 
point qu'ils crurent que c'en était fait de l'Empire. Alors les 
Druides, dans une vaine superstition, se mirent à chanter 
ceci: « Que jadis les Gaulois avaient pris Rome; mais le 
« sanctuaire de Jupiter était resté debout, et l'Empire avec 
« lui. Le voilà en flammes maintenant: incendie fatal que les 
« dieux ont allumé comme un signal de leur colère ; et c'est 
« la possession des choses humaines qui est promise aux 
« nations d'au delà les Alpes4. » — A la même date, les 
Trévires et les Lingons disaient, en termes presque identi- 
ques : « Les discordes ont mis en fureur le peuple romain. 



1. Cf. Kornemann, Die historische Scbriftstellerei des C. Asinius Pollio 
dans les Iahrbûcher fur Philologie, t. suppl. XXII. 

2. I, 4$ = III, 10, 20: Conjuratio fuit Galliarum communis. 

3. Strabon, IV, 4, 2, p. 196. 

4. Histoires, IV,. 54: Fatal i nunc igné signum caelestis iraedatum etposses- 
sionem rerum humanarum Transalpinis gentibus portendi superstitione vana 
Druidae canebant. 



Du Patriotisme gaulois. 389 

Que les Gaules s'entendent dans une solide liberté, et elles 
pourront fixer à leur gré le terme de leur puissance I . » 

Cet empire du monde que se promettaient les peuples 
transalpins, mais n'était-ce pas la réminiscence de celui d'Am- 
bigat, de Bellovèse et de Sigovèse ? et n'était-ce pas aussi 
l'écho de la menace que Vercingétorix dirigeait contre la terre 
au nom de la Gaule unanime 2 ? Les expressions des Gaulois 
de Tacite semblent la paraphrase de celles des Gaulois de 
César ; le rêve des prophètes et des chefs contemporains de 
Classicus est le même que celui du roi des Arvernes après le 
siège d'Avaricum >. 

Paroles de poètes et harangues de guerriers, c'est là parfois 
que s'énoncent le plus clairement les formules du patriotisme. 
Si nous cherchions la pensée d'une patrie germaine, c'est aux 
discours d'Arminius et aux poèmes mythiques qu'il faudrait la 
demander. 



C'est qu'en effet, mon cher ami, cette question, d'un pa- 
triotisme de race, d'un amour-propre du nom et de la langue, 
ne se pose pas seulement pour les Celtes. Elle se retrouve à 
propos des Germains, des Grecs, et de plusieurs autres. Elle 
est une des nombreuses questions que comporte le problème 
de l'histoire morale des hommes, des nations ou des races 



1 . Histoires, IV, 5 5 : Coalita libertate, dispecturas Gallias quem vîriutn sua- 
rum Urminum velint. 

2. Voyez plus haut le texte de César, VII, 29, 6. 

3. On pourrait montrer aussi comment l'idée d'un empire gaulois fut 
reprise en 69-70 (il est vrai, si nous en croyons Tacite, avec le titre de im- 
perium Galliarum, et non pas, comme au temps de César, imperium Gal- 
liaé): le fait même de discuter à Reims en assemblée plénière/MJ auspicium- 
que (IV, 69), c'est-à-dire les formules politiques et religieuses de cet 
empire, révèle la persistance de ce rêve chez quelques Gaulois ; les expres- 
sions assertor Galliarum (II, 61), nomine Galliarum (IV, 69), in verba Gal- 
liarum (60, 61), pro imper io Galliarum (59), imperium sacramentumque Gal- 
liarum (58), suggèrent plutôt des pensées indigènes, celtiques, que des 
adaptations gallo-romaines. Mais qu'il y eut, à côté de ces réminiscences 
nationales, des imitations d'institutions romaines, c'est ce qui est évident 
(cf. Tacite, Histoires, IV, 59, 67; peut-être aubsi l'emploi du pluriel Gallia- 
rum). — Voyez sur cette question, en sens divers, Fustel de Coulanges, 
Gaule romaine, p. 77 et s.; Mommsen. Roemische Geschichte, V, p. 121 et s. ; 

Revue Celtique, XXIII, 26 



590 Camille Jùllian. 

d'autrefois 1 . L'historien et le sociologue doivent toujours se 
demander si ces vastes groupements humains à nom collectif, 
hordes nouvelles venues sur les terres d'Europe, ont eu un 
trésor commun d'idées et de rêves, comment ce trésor s'est 
formé, a grandi ou s'est dissipé. 

Je ne sais jusqu'à quel point cette solidarité nationale exis- 
tait chez les Germains du temps d'Arioviste. Nous ne les con- 
naissons que par César, et il est impossible de dire, d'après 
lui, s'ils avaient une conscience collective 2 , ou s'ils n'étaient 
qu'un amas mouvant de tribus à peine organisées. Un siècle 
plus tard, tels que Tacite nous les décrit, ils connaissaient le 
patriotisme germain >. Ils avaient, pour les peuples de leur 
langue, un nom commun 4. Us chantaient les mêmes héros; 
un même dieu, disaient-ils, était leur père à tous; ils avaient 
dressé la généalogie de toutes leurs tribus, et elles sortaient 
d'un seul tronc 5. Ils formaient un corps et un tout 6 : il est vrai 
que c'était uniquement en parole et en pensée. La Germanie 
d'Arminius et de Civilis ressemblait à la Gaule de Dumnoiïx et 
de Vercingétorix. C'était, avec le minimum d'unité politique, 
le même appel périodique à la vertu de la patrie germaine. 

Je ne peux pas croire, en effet, que l'on doive faire du 
« vrai et pur patriotisme », « le privilège des sociétés calmes 
et bien unies 7 ». Qu'il y ait, du patriotisme, des variétés 



Bloch, Histoire de France, p. 1 12 et s. — L'empire gaulois du 111 e siècle ne 
paraît, jusqu'à plus ample informé, avoir été tout autre chose. 

1. Et même de certaines tribus ou fédérations de tribus de pays non civi- 
lisés, aujourd'hui. 

2. On pourrait peut-être le croire d'après César, IV, 7, 3 : Germanorum 
l.hwc sit consueludo a majoribus tradita, et d'après Florus, I, 45 (III, 10), 1 1 : 
Quid agat nostrà Germania. Mais ces deux textes n'ont pas une grande im- 
portance. 

3. Cf. Germanie, 2: Qitis Germanium peteret , nisi si patria sit. Annales, I, 
59. Bien entendu, ces deux textes n'ont pas la portée de ceux qui suivent. 

4. Germanie, 2. Quelle qu'en soit d'ailleurs l'origine: sur quoi voyez en 
dernier lieu Hirschfeld, Kiepert Festschrift-, p. 261 et s. 

3. Germanie, 2, cf. 3; cl. Annales, I, 39. Vobis ceterisque Germants, 
consanguineis noslris, Tacite, Histoires, IV, 63. 

6. Redisse vos in corpus nomenqiie Girmaniae communïbus deis et praecipUO 
deoiiun Marti grates agimus, disent les Tenctères auxUbiensen 70 (Tacite, 
Histoires, IV, 64). 

7. C'était la pensée et ce sont les expressions de Fustel de Coulanges, 
La Gaule Romaine, p. 57. 



Du Patriotisme gaulois. 591 

infinies, suivant le degré de civilisation et la nature de la 
société politique; qu'on puisse l'entendre et le définir d'autant 
de manières que le mot de liberté, cela va de soi; et le pa- 
triotisme du paysan boïen Maricc n'est pas de même sorte que 
celui du roi arverne Vercingétorix, ni celui de Viriathe que 
celui de Décébale. Mais enfin les uns et les autres, avec des 
façons diverses de le manifester, éprouvèrent ce même senti- 
ment humain qu'on doit appeler l'amour de la patrie. 

Deux éléments contribuaient à le former : l'élément social, ou 
la solidarité avec d'autres hommes; l'élément terrien, ou l'at- 
tachement au sol qu'on cultive. Ni les Germains ni les Gau- 
lois n'ont eu peut-être longtemps ce dernier motif d'être 
patriotes. Si l'amour de la Gaule comme pays gaulois est ap- 
paru chez les Celtes, ce ne fut sans doute qu'au moment où 
César, faisant la conquête de leur sol, les a, par effet de réac- 
tion, disposés à aimer ce sol même. Mais l'amour de la Gaule 
ou des Celtes comme nom de leur peuple, les Gaulois l'ont 
eu depuis le jour où, prenant ce nom, il ont fraternisé en lui 
quelque part dans le monde 1 . 



Ce sentiment collectif est peut-être un des traits qui distin- 
guent les Gaulois des populations mystérieuses, Ligures et 
autres, qui les ont précédés dans l'Europe occidentale. Plus 
j'étudie ces Ligures, plus il me semble constater chez eux 
l'absence d'idées générales, d'amphictyonies religieuses, de 
fédérations politiques. Je ne peux pas me les représenter au- 
trement que comme des tribus juxtaposées, se groupant ou se 
séparant au hasard, vivant avec leurs dieux autour de leurs 
sources, morcelant leur culte et limitant leur pensée, attachées 
à la terre par le travail, sans ambition lointaine et sans rêve 
généreux 2 . Et, par-dessus ces masses profondes et vagues sont 



1. Cf. Mommsen, Rœmische Geschichte, t. III, p. 227: Trot% der Unter- 
schiede in Sprache undSitte..., scheint dennochein enger gegenseitiger Verkehr, ein 
geistiges Gejiïhl der Gemeinschaft die Vœlkerschaften von der Rhône und Ga- 
ronne bis \um Rbein und der Tbeinse %usammengeknùj)ft {er haben. 

2. Après avoir écrit ces lignes, j'ai relu chez Curtius (trad. fr., t. I, p. 32 



^02 Camille Jullian. 

arrives quelques myriades de conquérants gaulois 1 , marchant 
avec leurs dieux, leurs prêtres, leurs héros, leurs poètes et 
l'amour de leur nom 2 . A partir de ce moment, il y a eu, dans 
le monde occidental, quelque chose de nouveau et de vivant, 
l'ébauche d'une nation, et le rêve d'une grande patrie?. 



Rome, comme toujours, établit un compromis entre cette 
nation qui devenait et les intérêts de son Empire. Les empe- 
reurs ont excellé dans ces compromis: ils convenaient à la 
fois à la médiocrité de l'intelligence des vainqueurs et à la 
médiocrité de caractère des vaincus. 

Bien que la Gaule qui avait cédé dans Alésia eût été divisée 
en trois provinces, elle forma cependant une unité religieuse 
et morale. Elle eut, près de Lyon, son autel commun, son 
grand-prêtre, son conseil, son enceinte sacrée ; et, comme le 
sanctuaire carnute au temps de Vercingétorix, la terre du Con- 
fluent parut le milieu de la Gaule. 

Pareille institution ne se rencontre dans aucune autre ré- 
gion de l'Empire: nulle part 4 nous ne voyons une fédération 

et s.) ce qu'il dit des Pélasges et des Hellènes. C'est, à peu de choses près, 
ce que je viens d'écrire et ce que je pense sur les Ligures et les Celtes. Il 
est possible que j'aie obéi à quelque réminiscence de l'historien allemand. 
Je ne le regrette pas. 

i. Roget de Belloguet, Le Génie gaulois, p. 54 et s. ; d'Arbois de Jubain- 
ville, Les premiers habitants de l'Europe, t. II, p. XV et s. 

2. Cfr. Curtius, t. I, p. 34: « L'époque pélasgique s'étend à l'arrière- 
plan, comme une vaste et monotone solitude : Hellen et ses fils donnent 
l'impulsion et le mouvement. » Cf. p. 40, et cp. à de Belloguet, p. 34-5. 

3. M. Paul Adam a écrit, dans le Journal du I er août 1901, les paroles 
suivantes, qui sont l'écho d'une opinion contraire, très répandue aujour- 
d'hui : « Avant l'invasion romaine, la Gaule n'a point d'élite. Donc point 
d'esprit particulier. Chasseurs, pasteurs, bateliers, nos ancêtres diffèrent 
peu, quant à l'âme, des populations actuelles du Soudan. César entre. 
L'intelligence brille dans les cités, sur les traces du sillage que laissent 
parmi l'air les étendards des Légions. Notre esprit date de là. Rome créa 
notre âme spirituelle. » 

4. A une exception près, en Dacie : exception qui peut s'expliquer par 
le fait que la Dacie a été une seule province avant d'en former trois, mais 
qui peut s'expliquer aussi, comme en Gaule, par des considérations tirées 
de son histoire nationale; cf. Komemann, Beitraege %iir aîten Geschichte, t. I, 
1901, p. 115- 



Du Patriotisme gaulois. 393 

religieuse et nationale se superposer aux districts provinciaux. 
Ce que Rome n'a fait ni en Italie, ni en Espagne, ni en 
Grèce, ni en Orient, elle l'a fait en Gaule. 

Peut-on dire, vraiment, que cette idée des « Trois Gaules », 
associées et fondues autour de l'Autel de Lyon, soit l'œuvre 
propre d'une pensée romaine, la création spontanée d'un Au- 
guste ou d'un Drusus ? J'hésite aie croire 1 . Je ne vois pas 
quel intérêt avaient les Romains, une fois les Trois Gaules 
créées, à ne pas les laisser vivre à part. S'ils les ont soudées 
en un corps et un nom, c'est qu'ils n'ont pas voulu briser à 
tout prix l'unité morale de la Gaule; c'est que la Gaule tenait 
encore à son nom, et qu'elle imposa le respect de son amour- 
propre. 

Seulement, les Romains ont dérivé cet amour-propre au 
profit de leur domination. Ils ont fait de la collectivité gau- 
loise, représentée au Confluent, un principe de loyalisme, en 
la subordonnant à 1' « Autel de César » et au a Temple de 
Rome et d'Auguste ». 

Les empereurs en agirent toujours ainsi chez les meilleurs 
de leurs sujets. Aux êtres de l'indépendance ils opposaient des 
êtres romains, presque semblables, et concurrents. Une des 
plus grandes divinités de la Bretagne était une déesse celtique 
qui ressemblait vaguement à la Niké des Grecs et à la Victoire 
des Latins 2 ; quand les Romains fondèrent leur colonie de 
Camulodunum, destinée à devenir le Lyon de la Bretagne 5, ils 
firent de la Victoire romaine la titulaire de ce grand sanc- 
tuaire provincial, dressant la déesse impériale face à sa rivale 
bretonne. C'est ainsi que, près de Lyon, la fédération des 
Gaules romaines effaça peu à peu le souvenir de la Gaule cel- 
tique, patrie espérée des hommes d'autrefois. 



1. Cf. Guiraud, Les Assemblées provinciales, p. 45, avec les réserves faites 
Revue historique, nov.-déc. 1889, p. 409. 

2. Dion Cassius, LXII, 6 et 7 ; cf. l'existence d'une localité appelée 
OùixTcopîot en Ecosse (Ptolémée, II, 3, 7). Cf. Revue des Etudes anciennes, 
1899, p. 48. 

3. Hùhner apud Wissow a, t. III, col. 1449. 

4. Tacite, Annal: s, XIV 32. 



394 Camille Jullian. 

Il est possible, mon cher ami, que je me trompe. L'histo- 
rien a le triste privilège, entre tous les chercheurs de vérités, 
de ne travailler que sur des textes et des monuments, c'est-à- 
dire que sur des ruines. Son œuvre ne sera jamais que l'agen- 
cement plus ou moins vraisemblable de matériaux disparates. 
Il faut qu'il se résigne à l'infirmité naturelle de sa science. 
Mais ce à quoi il ne doit jamais se résoudre, c'est à subor- 
donner à des scrupules d'art l'exposé de ses recherches, et à 
des pensées du présent son désir de connaître le passé. 

Bien à vous, 

Camille Jullian. 



THE DEATH OF MUIRCHERTACH MAC ERCA 



This is a taie of the vengeance taken by a beautiful witch 
on the slayer of her parents and lier sister and the destroyer 
of her clan. It is now for the first time edited from two vel- 
lum mss. in the library of Trinity Collège, Dublin, the Yel- 
low Book of Leean (H. 2. 16), cols. 310-320, a ms. of the 
fourteenth century, and H. 2. 7, pp. 248-254, a ms. about 
a century younger. There is a lacuna in the Yellow Book, 
cols. 317-8, which I hâve filled up from H. 2. 7, p. 252 b . 
And with the exception of fifteen quatrains, H. 2. 7 omits 
ail the verse. In other respects the mss. substantially agrée. 
The prose is, more Hibernico r , intermingled with verse, 
most of which I hâve left out as merely repeating what has 
been already told in clearer language. 

The death of Muirchertach (the first overking of the race of 
Eogan and the hero of our taie) is mentioned by Cinaeth 
hua hArtacain, who died in t)j<y,Rev. Celt., XXIII, 310, 333, 
in the Armais printed in the Rolls édition of the Tripartite 
Life, p. 512, and in the Dindsenchas of Cletech, Rev. Celt., 
XVI, 66. And two poems, from another recension now 
unknown, are quoted by the annalist Tigernach (-J* 1088) 
at the year eorresponding with the Chronicum Scotorum, A. 
D. 53i,Annals of Ulster, A. D. 533, and Annals of the Four 
Masters, A. D. 526. See also Petrie's Tara Hill, pp. 96,97, 
and d'Arbois de Jubainville, Essai d'un catalogue de la litté- 
rature épique de l'Irlande, p. 29. 

The following précis of our story is by O'Donovan (Four 
Masters, i. p. 173, note b) : 

« Muirchertach fell a victim to the revenge of a concubine 

1. See Rev. Celt., V, 364, XII, 319, note 2. 



396 Whitky Stokes. 

namcd Sin (Sheen), for whom he had abandoned his lawful 
queen, but whom he afterwards consented to put away at 
the command of St. Cairneach. This concubine having lost 
her father, mother, sister and othcrs of lier family..., by the 
hand of Mûirchertach in the battle of Cerb or Àth Sighi on 
the Boyne, threw herself in his way and became his mistress 
for the purpose of wreaking her vengeance upon him with 
the greater facility. And the story states that she burnt the 
house of Cletty over the head of the monarch, who, when 
scorched by the fiâmes, plunged into a punchcon of wine, in 
which he was sufïocated. Hence it was said that he was 
drowned and burned. » The tragedy is deepened by the death 
of his queen of grief for her husband, and by the death of Sin 
of remorse and love for the man she lias maddened by lier 
enchantments and then murdered. 

With the principal motif of our taie there seems to be a cu- 
rious coïncidence in a Japanese story. According to Aston, 



AIDEAD MUIRCUERTMG MAIC ERCA INSIN 

(YBL. col. 310, Facsimile p. 3 1 3 b ) - 

1. Dia mbui Mûirchertach mac Muiredaig maie Eogain rig 
Erenn i tig Cletig os ur Boinne in Broga, 7 ba hi ba bancheli 
dosum, Duaibsech ingen Duach Tenga umai, rig Cownacht 
— tanic in rig sin amach oenda lai do milrad fa imell in 
Broga, 7 ro ihâgsat a lucht sealga a aenar he ina dunïa 
shelga. 

2. Ni cian dia raibe ànn co facaid oen ingen cruthalaind 
chennfind chnes[s]ol///5, 7 brat uaine impe, i suide 'na tho- 
chrâib isin fert fodmuigi, 7 dar leis nocon faca don droing banda 



The Dùith of Muirchertach mac Erca. 397 

Japanese Literature, p. 367, the novelist Tanehiko lias a he- 
roine of fifteen years of âge, who sets out to travel through 
Japan in quest of lier father's murderer, with the intention of 
making love to him and thus finding an opportunity of putting 
him to death. » 

The student of folklore and of ancient Irish manners and 
customs will be interested in Murchertach's prophétie dream 
§§ 36, 37 : the fear ot having one's name uttered §§ 4, 34, 36 : 
saint Cairnech's procédure in cursing the king § 10 : the account 
of the standards of Tyrconnel and Tyrone § 12 : the blood- 
covenant §§ 14, 15 : the magical powersof Sin, §§ 16, 17, 19, 
21, 31, 32; the practices of beheading foes and placing their 
heads on stakes § 27, ofwashing corpses in a river §43, and 
ofwomen going to battle § 49; and, lastly, the libération of 
Muirchertach's soûl from hell, §51. 

The glossarial index contains some interesting words, and 
will, I hope, be deemed a useful supplément to Professor 
Windisch's Wôrterbuch. 

THE DEATH OF MUIRCHERTACH MAC ERCA 



1. When Muirchertach son of Muiredach, son of Eogan 1 , 
king of Ireland, was in the House of Cletech 2 , over the brink 
ot Boyne of the Brugh>, — and lie had a spouse, Duaibsech 
daughter of Duacli Brazentongue4, king of Connaught — that 
king came forth onc day to hunt on the border of the Brugh, 
and his hunting companions Left him alone on his hunting- 
mound. 

2. He had not been there long when lie saw a solitary 
damsel beautifully formed, fair-headed, bright-skinned, with 
a green mantle about lier, sitting near him on the turfen 
mound ; and it seemed to him that of womankind lie had 

1. son of Niall ofthe Nine Hostages. 

2. sce the Dindsenchas, Rev. celt., XVI, 66. 

3. near Stackallan Bridge, Co. Meath. 

4. slain A. D. 499. 



39S Whitley Stokes. 

a comalaind na a comchuanna, g«ra linwrtar a cholann uile 
da grad, 7 a aicncd, uair dar leis re fégad doberad Eriu uile 
ar a hiasacht ôen-aidche, mar do char co hadbal hi re faicsin. 
Ocus ro fersom fàilti fria mar bud aichnid dô hi, 7 ro fhiar- 
faig scela di. 

3. Adersa frit, ol si, isam ieannansa do M///Ycht.vtach mac 
Erca, do rig Erani, 7 is da shaigid tinagus inso. Ba maith la 
Muirchenach sin, 7 atbfrt fria: in tabrai aichne ormsa, a in- 
gen ? ol se. 

Doberim, ol si, aair isam éolach i n-inadaib is diamru ina 
so, 7 is aichnid dam tusu 7 firu Eremi archena. 

IN tice limsa, a ingen? ol Muir chertach. 

Doragaind, ol si, acht comad maith mo chôma. 

DobeVsa mo chumang duit, a ingen, ar Mac Erca. 

Do brethir ris, ol in ingen. 

Ocus tue som (ochétoir, 7 adubairt si in rand : 

Ni lie in cumang nach eimech, 
acht tecttsca nacleireach, 71I. 

4. [Col. 312]. DobfVsa cet di cech crud duit, 7 cet cornd 7 
cet copan 7 cet falach oir, 7 fois cech dara haidche a tig 
Cletig. 

Ace her, ar in ingen, nocha n-amlaid sin bias, achl cen 
m'ainmsea do rada duitsiu co brath, 7 cen Duaibsig mâthair 
do claindi do beith im agaid, 7 cen na clerig do thoidecht i 
n-oenteach rium co brath. 

Ragaid duitsiu, ol in rig, uair tuais* brethir riut, 7 ropad 
usa limsa leath Erenn duitsiu ina sin. Ocus abair rium co 
fir, ol in rig, ca hainm fil fortsu iur, da fédmais a seachna 
gan a rada. 



b 



The Dcath of Muirchertach mac Erca. 399 

never beheld her equal in beauty and refinement. So that ail 
his body and his nature filled with love for her, for gazing 
at her it seemed to him that he would give the whole of Ire- 
land for one night's loan of her, so utterly did he love her at 
sight. And he welcomed her as if she were known to him, 
and he asked tidings of her. 

3. « I will tell thee », she said. « I am the darling of 
Muirchertach son of Ere 1 , king of Erin, and to seek him I 
came hère. » That seemed good to Muirchertach, and he said 
to her : « Dost thon know me, O damsel ? » saith he. 

« I do », she answers ; « for skilled am I in places more 
secret than tins, and known to me are thou and the other 
men of Erin. » 

« Wilt thou corne with me, O damsel ? » says Muircher- 
tach. 

« I would go », she answers, » provided my guerdon be 
good. » 

« I will give thee power over me, O damsel, » says Mac 
Erca. 

« Thy word for this ! » rejoins the damsel. 

And he gave it at once, and she uttered the stave : 

This is power that is opportune, 

but for the teachings of the clerics, etc. 

4. « I will give thee a hundred of every herd, and a hundred 
drinking-horns, and a hundred cups, und a hundred rings of 
gold, and a feast every other night in the House of Cletech ». 

«Nay »,says the damsel. « Not so shall itbe. Butmy name 
must never be uttered by thee, and Duaibsech, the mother of 
thy children, must not be in my sight, and the clerics must 
never enter the house that I am in ». 

« (Ail this) thou shalt hâve », says the king, « for I pledged 
thee my word; but it were easier for me to give thee halfof 
Ireland. And tell me truly », says the king, « what name is 
on thee, so that we may avoid it by not uttering it ». 

1. Muirchertach's mother. Hère, as in the names Conchobar mac Nessa, 
etc., we seem to hâve a trace of matriarchy. See the Martyrology of Oen- 
gus, p. 22, note 3. . 



400 Whitley Stokes. 

Ocus asben si; Osnad, Easnadh, Sin, Gaeth Garb, Gam- 
adaig, Ochsad 1 , lachtad 2 , Taet[h]ean*. Gwad andsin atbm 
in laid-sea sis : 

Abair rim h'ainm, a ingen, 
a bean rochaemda rindgeal, yrl. 

5. Ro gellad disi tra cech ni dibsin, 7 ro naisc aralaid. 
Dochuadar marôen iarsin co teach Cletig. Ba maith suidiugad 
in tige sin tra, 7 ba maith a muindter 7 a theglach, 7 mai- 
thi Cloindi Neill uile co m///Vneach mormmmnach, co su- 
bach sobronach ic caithem chisa 7 conaich cacha cuicid i tig 
comrwmach Cletig 6s ur na Boinne bradânaigi bithailli, 7 os 
ur in Broga barruaine-K 



6. O ro fég Sin immorro in teach cona muintir, aslvrt : Is 
maith in teach a tancanw, ol si. 

IS maith, ol in rig. 7 ni dernad do Themair, na do Nas, na 
do Craeb ruaid, na do Emain Mâche, na do Ailech Neit, na 
do Cleitech teach a leithéid. Ocus tabair teisi in tige sea, ol 
in rig, 7 atbtvt [si] : 

Ni dernad ic rig, dar lind, 

teach mar do theach, os Boïnd s, yrl. 

7. Cid dogentar ann îodesta. ? ol in ingen. 
Ani is maith latsu, ol Muirchertach. 

Maseadh, ar Sin, téigead Duaibsech corn, cloind asin tig 
amach, 7 ticed fer cecha cerdi 7 cecha eladan a n-Er/«» cona. 
mnai isin teach n-ôil. 

Doronad amlaidsin, 7 ro gab cach ic molad a cherdi 7 a 
ealadan fein ann, 7 doronad rand da cech duine cherdi 7 ela- 
dan do bi andsin uile. 



1. Cognate with ochfad Ir. T. III, 541. 

2. MS. iadad, but see Tigernach, 527. 

3. Taethen Tig. 527. 

4. Note the allitération in this sentence 

5. Hère, as elsewhere in Early Middle Irish, Bôind (ex Bo-vinda") is a 
disyllable 






The Deaih of Muirchertach mac Erca. 401 

And she said : « Sigh, Sough, Storm, Rough wind, Win- 
ter-night, Cry, Wail, Groan ». So then he uttered this lay 
below : 

Tell me thy name, O damsel, 

thou most beloved, starbright lady! etc. 

5. Each of those things was promised to her, and thus he 
plcdged (himself). Then they went together to the House of 
Cletech. Good was the arrangement of that house, and good 
were its family and its household, and ail the nobles of the 
Children of Niall cheerfully and spiritedly, gaily and gladly 
consuming the tribute and wealth of every province in the 
trophied House of Cletech above the brink of the salmonful, 
ever-beautiful Boy ne, and over the border of the green-top- 
ped Brugh. 

6. Now when Sin saw the house with its family she said : 
« Good is the house \ve hâve corne to! » quoth she. 

« It is good », says the king; « and never has there been 
built for Tara 1 or for Naas 2 , or for Craeb ruaid 5, or for Emain 
Mâcha 4, or for Ailech Neit*, or for Cletech a house the like 
of it. And give thou a testimony as to this house », says the 
king. So she said : 

Never has been built by a king over flood 
a house like thy home above the Boyne, etc. 

7. « What shall be done there now ? » demands the damsel. 
« That which thou desirest », replied Muiredach. 

« If so », saith Sin, « let Duaibsech and her children go 
forth from the house, and let a man of every craft and art in 
Ireland corne with his wife into the drinking-hall. » 

Thus was it done, and each began praising his own craft 
and art, and a stave was made by every craftsman and artist 
who was therein : 



1. Dindsenchas. Rev. célt., XV, 277. 

2. Dinds. Rev. ait., XV, 518. 

3. a palace in Emain, Wind. Wtb., p. 880. 

4. now the Navan fort, near Armagh. Rev. celt., XVI, 283. 

5. Sue infra § 12. 



402 Whitley Stokes. 

Aibind, aibind rigi nin 
tire Ere»», mor a grad, yrl. 

8. [Col. 312]. O thairnic in t-ôl aslvrt Sin fri Muirchef- 
tach : Is mithig foàesta in teach do légud damsa, amaz/ ro gel- 
lad dham. 

IS annsin do chuir-si clanna Neill 7 Duaibsech coin claind 
a Cleitech amach, 7 is é lin ro batar, iterfiru 7 mna, da cath 1 
comrriora rc/;/aclacha. 

9. Dpchuaid Duaibsech çona cloind o Chleitech co Tuilén 
do shaigid a hanmeharad .i. Cairnech naemespw. O ro siacht- 
si co Cairnech atbtrt na brlathra sa : 

A clerig, k'/maig ino chorp, 
is eagail lim bas anocht, yrl. 

Erig fein, a clérig ann 

co hEogan is co Co»all, 71'L 

10. Tanic Cairnech iarsin co hEogan 7 co ConaW, 7 docua- 
dar maroen doridisi co Cleitech, 7 nir' leic Sin a légud i far- 
rad in dûine uile. Badfl/' dubaig toirsig clanna Neill don gnim 
sin. Fergaigt/vr co mor Cairnech annside, 7 ro eascain in 
baile, 7 dorigne leacht don rig, 7 asbm : Tairnic inti isa 
leacht so, 7 is âeread da rigi 7 da flaithemn»j co fir; 7 do- 
chuaid (or mullach in lecta, et dixit : 

Duma na clog so co brath 
fodesta. ro fînnfa cach, 
leacht in trenfhir maie Erca 
nirba tlaith a imthechta. 

Mallacht (or sin tulaig-si 
{or Cletiuch cétaib cuana. 
narap maith a ith na a blicht 
gwrop lan d'fuath is d'anricht. 



t. A cath, according to Zimmer, KZ. XXVIII, j57,consisted in peaee 

500 men. 



The Dcath of Muirchertach mac Erca. 403 

Delightful, delightful the noble realm, 
of Erin's land, great is its rank, etc. 

8. When the drinking ended Sin said to Muirchertach. 
« It is time now to leave the House to me, as hath been pro- 
mised. » 

Then she put the Clans of Niall, and Duaibsech with her 
children, forth out ofCletech ; and this is their number of them, 
both men and women, twoequally great and gallant battalions. 

9. Duaibsech went with her children from Cletech to Tui- 
lén, to seek her soulfriend, the holy bishop Cairnech '. When 
she got to Cairnech she uttered thèse words : 

cleric, bless my body, 

1 ara afraid of death tonight, etc. 
Go thou thyself, O cleric there 

to (the Children of) Eogan and Conall 2 , etc. 

10. Thereafter Cairnech came to the Children of Eogan 
and Conall, and they went back together to Cletech, but Sin 
did not let them near the fortress. At this act the Children of 
Niall were distressed and mournful. Then Cairnech is greatly 
angered, and he cursed the steading, and made a grave for 
the king, and said : « He whose grave this is hath fînished ; 
and truly it is an end to his realm and his princedom ! » And 
he went on the top of the grave, and said : 

The mound of thèse bells 3 for ever 

henceforward every ont will know, 

the grave of the champion Mac Erca : 

not slack hâve been his goings. 

A curse upon this hill, 

on Cletty with hundreds of troops ! 

may neither its corn nor its milk be good, 

may it be full of hatred and evil plight ! 

1. Cairnech of Tuilén (now Dulane), a British saint. His day is May 
iô.See Mart. Gorman, pp. 98, 99 : the Latin Life in Vesp. A. XIV, f° 90, 
Cambro-British saints, pp. 97-101 . Tech comairci Erenn .i. tech Cairnich 
for sligi Assail, H. 2. 17, p. 183 e . 

2. i. e. to Tyrone and Tyrconnell. 

3. For another instance of the use of bells in ecclesiastical cursing, see 
Rev. celt., XX, 427. « The ancient Irish saints were accustomed to curse 
the offending chieftains while sounding their bells with the tops of their 
croziers », O'Donovan, Banquet of Dùn na nGéd, 387. See also O'Davoren's 
glossary, p. 62, s. v. cimbal. 



404 Whitley Stokcs. 

Narab ann rig na rcwrech, 

ni dig neàch ass co buidech, 

bid cumain limsa rem la 

lccht rig Erenn 'sin duma. Duma n. 

ii. Ro escain Cairnech tra in dûn annsin, 7 ro bennach 
locc 1 ann, 7 tainic ass iarsin fo brôn 7 fa thoirsi. Ro raidsct 
immorro clanna Neill fris: Bmnaig sinne, ol siat, anosa, a cle- 
rig, co ndigsium dâr tir fcsin, uair ni eintach sinne riut. 

12. Ro bennaig Cairnech iat 7 ro ragaib 2 fagbala doib .i. 
do Clandaib ConaWl 7 Eogain, in uairnach biad ùrecU us Erenn 
nô a rige acu, a spraicc (or cach côiced 'na timchell, 7 comar- 
bus Oilig 7 Temrach 7 Ulad acu, 7 cen tuar/^tal do gabail o 
neach, ar is e a ruidles fesin, rigi nErenn, 7 cen glas îor giall, 
7 meath for na giallu dia n-elâd, 7 buaid catha acu acht co 
tucad fa adbar coir, 7 co rabat tri mergi acu .i. in Chathach 7 
in Clog Padraic (.i. in Udachta), 7 in Misach Cairnig, 7 no 
biad a rath sin uili ar ôen minddib re hucht catha, amrt// ro 
fdgaib Cairnech doib, ut dixit 3 : 



Mo bennacht forai b co brath, 
a clanna Ncill co rognath, 7rl. 

[Col. 315]. Docliuaid cach dib ina dunad 7 ina degbaile 
fesin. 

13. IbAihusa. Cairnig, tanic side renie d'innsaigid a mainis- 



î. What is this locc"i 

2. MS. fhâghaib 

?. This paragraph is citcd and translatcd in Reeves' Columba, p. 329. 



The Death of Muircherîach mac Erca. 405 

May neither king nor prince be in it, 
may no one come out of it victoriously ! 
during my day I shall remember 
the king of Erin's grave in the mound ' . 

11. So then Cairnech cursed the fortress and blessed a place 
therein, and thereafter he came forth in grief and sorrow. 
Howbeit the Clans of Niall said to him. « Bless us now, O 
cleric, that we may go to our own country, for we are not 
guilty as regards thee ». 

12. Cairnech blessed them and « left leavings » to them, 
namely, to the clans of Conall and Eogan, that whenever 
they had not the leadership or the kingship of Ireland, their 
power should be over every province around them ; and 
that they should hâve the succession of Ailech 2 and Tara and 
Ulaid ; and that they should take no wage from any one, for 
this is their own inhérent right, the kingship of Ireland; and 
that they should be without fetter on bostage', and that 
there should be decay on the hostages when they abscond ; 
and that they should gain victory in battle provided it is de- 
livered for a just cause, and that they should hâve three stan- 
dards, namely, the Cathach and the Bell of Patrick (i. e. of 
the Bequest), and the Misach Cairnig4, and that the grâce of 
ail thèse reliquaries should be on (any) one of them against 
battle, as Cairnech left to them, saying : 

My blessing on you till doomsday, 
O Children of Niall wontedly, etc. 

Each of them went into his stronghold and his own good 
steading. 

13. Touching Cairnech: he came on towards his monas- 

1. For another spécimen ofthis kind of indignant cursing, see The Ban- 
quet of Dûn na nGèd, pp. 18, 20, where part of Cairnech's curse is translated 
by O'Donovan. 

2. Also called Ailech Neit (§ 6), now Elagh or Greenan Ely in the ba- 
rony of Inishowen, see the dindsenchas, Rev. celt., XVI, 41. 

3. Thus paraphrased by O'Curry, Lectures, 600: that no hostage of 
theirs should require to be locked (up). Compare saint Féchfn's blessing 
on the fort of Naas, Rev. celt. XII, 348. 

4. As to thèse reliquaries see the Glossarial Index. 

Revue Celtique, XXIII. 27 



406 Whitley Stokes. 

treach, 7 tarladar do sloig mora 'na agaid .i. s'il Taidg maie 
Cein maie AiMla Oluim, 7 tuesat sein leo Cairnech do de- 
nara a coraigechta 1 7 a codaig îr\ Mitirehenach mac Erca, 7 6 
ro hinnisead eiséin don rig tanic asin baile amach 7 ro fer 
failti friu. 

14. O'tconnaixc immorro yi.uirzherta.ch in cleirech acu tainic 
loisi mor de, 7 asbf/'t: Cid fa tanagais chugaind, a clerig, ol 
se, 'arnar n-eascaine duit ? 

Do denam shida lier sil Taidhg maie Cein 7 sil Eogain 
maie Neill tanac, ol se. 

Dognithir iarwm codach annsin ctitrru 7 cumaiscid Cair- 
nech a fuil i n-oenleastar diblinib, 7 scribais amail doronsat 
in codach annsin, 7 asbsrt M/wrchertach : 

Erig, a clerig, do chein, 

na bf i (ocus 'gâr n-aimreir, jrl. 

15. O doronad iarsin in oentu, 7 o ro bennaig Cairnech 
iat uile, 7 ro facaib gairdi saegail 7 ifernn don ti ro millfed in 
codach co fis dô, ro facaib iat iarsin, 7 luid renie da mainistir. 
Teit immorro in rig da dûn, 7 na sluaig sin leis dia choimed 
dareis Cloindi Neill. 

16. Suidid 2 in rig ina righsuidi 7 suidid 2 Sin ior a deis, 7 ni 
thànic i talmain mndi 3 bud îcrr delb na tuar/wcbail ina si. O ro 
fég in rig iiiirn ro bûi ic iarraid eolais 7 ic fiarfaigid cheast di, 
uair dar leis ropa bandéa o morcwmachta hi, 7 ro iarfaig di 
créd in eumachta ro bi aice. Conïd ann asb^rt soin 7 ro fregair 
si : 



M.J Abair, a ingen eimech, 
in creidi Dia na cleirech, 
nô cia 6r' genis i bus, 
innis dûn do bunadus. 

1 . MS. coraidechta 

2. MS. suidig 

3. Note the accusative hère for the nom. (heu) 



The Death of Muirchertach mac Erca. 407 

tery, and there met him great hosts, namely, the race of Tadg 1 
son of Cian, son of Ailill Ôlomm 2 . And they brought Cair- 
nech with them to make their arrangement and their treaty 
with Muirchertach mac Erca; and when the king was told of 
this, he came forth from the steading and bade them wel- 
come. 

14. Howbeit, when Muirchertach espied the cleric with 
them, there came a great blush from him, and he exclaimed : 
« Why hast thou corne to us, thou cieric, after cursing us ? » 

« I hâve came », he answered, « to make peace between 
the race of Tadg son of Cian and the race of Eogan son of 
Niall. » 

Then a treaty is made between them, and Cairnech mingles 
the blood of both of them in one vessel, and wrote how 
they had made the treaty then. And Muirchertach said (to 
Cairnech) : 

Go, thou cleric, afar, 

be not near, against our will 3, etc. 

15. Then when the treaty had been made, and when Cair- 
nech had blessed them ail, and left shortness of life and hell to 
him who should knowingly infringe the treaty, he quitted 
them and fared forth to his monastery. Howbeit the king 
went to his stronghold, and those hosts with him, to guard 
him against the Children of Niall. 

16. The king sits on his throne, and Sin sits on his right, 
and never on earth has there corne a woman better than she 
in shape and appearance. When the king looked on lier, he 
was seeking knowledge and asking questions of her, for it 
seemed to him that she was a goddess of great power; and 
he asked her what was the power that she had. So then he 
spake and she answered : 

M. Tell me, thou ready damsel, 

believest thou in the God of the clerics? 

or from whom hast thou sprung in this world, 

tell us thy origin. 

1. See Four Masters, A. D. 226. 

2. Rev. celt., XIII, 434. 

3. Or « in opposition to us ». 



408 Whiilcy Stokes. 

S.] Credimsi in firDia cedna 
dom churp ar amus eca : 
ni dernaid mirbail a bus 
nach dingnind-si a cosmailw5. 
Misi am ingen mna ocus fir 
do sil Eua ocus Adaim, 
am dingbala duit i bus. 
na rot-gaba aithrechw. 
Dogenaind grein is esca 
ocus renna roglesta, 
dogenaind daine co lond 
ica tachur i comlond. 
Dogenaind fin, nocha brég, 
don Bôinn mar ata fa m'éd, 
ocus câirig do clachaib, 
is muca do raithneachaib 
Dogenaind airged is ôr 
i fiadnaisi na morshlog, 
dogenaind fini co mblaid 
anosa duitsiu, is abair. Abair. 

17. Demi dûn, ol in rig, ni dona mirbuilib mora sin. And- 
sin ro erig Sin amach 7 do chôraig da cath commora com- 
nerta «wwaclacha, 7 indar leo ni thânic i talmain da chath bud 
croda 7 bud cwrata ina siat ic airlech 7 icc athchuma 7 ic 
dianmarbad a cheli i fiadnaisi chaich. 

18. IN faici siud ? ol in ingen, 7 indar-lim ni brég mo 
c/wmachta her. 

Atcim, ol se, Muirchenach, co rc-ebairt : 

Atciu da cath croda cain 
ar in leirg ag imargail, 71-1. 

19. [Col. 314]. Téit in rig com muindt/V isin dûn iarsin. 
O ro badar seal ag fégad in cathaigthi tucad ni de uisci na 
Boinde chuca iarsin, 7 atbtrt in rig f/isin n-ingin fin do de- 
nam de. Linais in ingen tri dabcha don uisqm iarsin, 7 cuir- 
id bricht indtib, 7 nocho tâinic for talmain fin rob fearr blas 
nabrigdarleo inas. Dorigne didu mucca doilbthi druidechta 
don raithnig, 7 dorad in fin 7 na muca don tslog iarsin, 7 ro 



The Dcath of Mairchertach mac Erca. 409 

S. I believe in the same true God 

(helper) of my body against death's attack ; 

ye cannot work in this world a miracle 

of which I could not work its like. 

I ara the daughter of a man and a woman 

of the race of Eve and Adam ; 

I ara fit for thee hère, 

let no regret seize thee. 

I could create a sun and a moon, 

and radiant stars: 

I could create men fiercely 

fighting in conflict. 

I could make wine — no falsehood — 

of the Boyne, as I can obtain it ' 

and sheep of stones, 

and swine of ferns. 

I could make silver and gold 

in the présence of the great hosts : 

I could make famous men 

now for thee — and say ! 

17. « Work for us », says the king, « some of thèse great 
miracles. » Then Sin went forth and arrayed two battalions 
equally great, equally strong, equally gallant; and it seemed 
to them that never came on earth two battalions thaï were 
bolder and more heroic than they, slaughtering and maiming 
and swiftly killing each other in the présence of every one. 

18. « Seëst thou yon? » says the damsel; « and meseems 
that my power is in no wise a fraud. » 

« I see », says Muirchertach, and he said : 

I see two battalions bold and fair 
on the plain in strife, etc. 

19. Then the king with his household cornes into the fort- 
ress. When they had been a while seeing the fighting, some of 
the water of the Boyne was brought to them, and the king 
told the damsel to make wine thereout. The damsel then 
filled three casks with the water, and casts a spell into them ; 
and it seemed to the king and his household that never came 
on earth wine of better taste or strength. So of the fera she 



*&* 



1. literally, as it is under my obtaining. 



410 Whitley Stokes. 

caithedar co rabadar saitheach dar leo. Ro gell-si immorro co 
tibred a comméit cétna doib cech lai tria bithu sir, coma, ann 
asbert Muirchertach : 



Ni thanic sunna co se 

biad mar in mbiad atcîthe jr\. 

20. Dogniat didu sil Taidg maie Céin faire in rig in aidchi 
sin o thairnic tôchaithem na fledi draidechta sin. O ro erig 
in rig iarnabarach is amlaid ro bôi, mar do beith i seargga- 
lar, 7 is amlaid ro bhui cech oen archena ro caith in fin 7 in 
fheoil dolbthi draidec/;/a ro ordaig Sin doc/;//m na fledi sin, 7 
atbert in rig : 

A ingen, ro scaich ] mo nert, 
sûail nach tâinic mo tiuglecht, "]r\. 

21. Asbm in rig riasi annsin : Dena ni dot ealadain dûn, 
a ingen, ol se. Doghen immorro, ol in ingen. Docuawramach 
.i. Muirchertach 7 na sloig uile 'na fiadnaisi. Dorigne Sin im- 
morro annsin fini gorma dona clochaib 7 fir eli co cennaib 
gabur, co rabatar cet/;ri catha mora fon armgaisc/W 'na fiad- 
naisi for faichthi in Broga. Gebid Muirchertach a armgaisc^i 7 
a trealam catha iarsin, 7 luid fuithib mar tharb ndian ndiscir 
ndasachtach, 7 nos-geib foc/;c/oir for a n-airlech 7 for a n-ath- 
chuma, 7 cech fer no marbad som dib no eirged focMoir dia 
eis, 7 ro bui si»m'ga marbad marsin thar 2 in chaemla chaidh- 
chi. Ger'ba mor luindi 7 ferg in rig ro scithaiged hé mar sin, 
7 attart and : 



Atciusa ingnad anall, 

for doslinntib na habann, jr\. 

22. O ropa scith immorro in rig ag in cathugad ic slaidi 
na slog teit co toirsech isin dun, 7 tue Sin fin draider/;/a 7 



1. MS. roscaith 

2. MS. char 



The Death of Muirchertach mac Erca. 41 1 

made fictitious swine of enchantment, and then she gave the 
wine and the swine to the host, and they partook of them 
until, as they supposed, they were sated. Howbeit, she pro- 
mised that she would give them for ever and ever the same 
amount; whereupon Muirchertach said : 

Hitherto never has corne hère 
food like the food ye see, etc. 

20. So the race of Tadg son of Cian, when the partaking 
of the magical feast had ended, kept watch over the king that 
night. When he rose on the morrow he was thus : as if he 
were in a décline, and so was every one else who had partaken 
of the wine and the fictitious magical flesh which Sin had ar- 
ranged for that feast. And the king said : 

damsel, my strength has departed, 
my final grave has almost corne, etc. 

21. Then the king said to her : « Shew us something of 
thine art, O damsel !» « I will do so, indeed », quoth she. 
They[fared forth, that is, Muirchertach and ail the hosts in his 
présence. Then Sin made ofthe stones blue men, and others 
with heads of goats 1 ; so that there were four great battalions 
under arms before him on the green of the Brugh. Muircher- 
tach then seizes his arms and his battledress, and went among 
them like a swift, angry, mad bull, and forthwith takes to 
slaughtering them and maiming them, and every man of them 
that he killed used to rise up after him at once. And thus he 
was killing them through the fair day till night. Though 
great were the rage and wrath of the king, he was wearied 
thus, and then he said : 

1 see a marvel on that side 

on the bushy pools of the river, etc. 

22. So when the king was weary fighting and smiting the 
hosts, he cornes sadly into the fort, and Sin gave him magical 



1. As to the gobitrcbinn see LU. 2*45. Atkinson, The Yclloiv Book of 
Lecan, Contents, p. 17, strangely misunderstands the Irish of this passage. 



412 Whitley Stokes. 

muca àraidechta do. Caithid-siwm sin cona muintir, 7 codlaid 
œ trom 'na diaid œ matain, 7 ni raibi nert na tracht ann 
'arnabdrach ic ergi, ut dixit : 



Atu gan nert, a ben blaith, yrl. 
Tabair, ar in cleirech câid, 7H. 

23. Mar do bawr ian/m fiwsna briathraib sin co cualatar 
tromgair na slog 7 na sochaidi ic togairm [col. 31$] Muir- 
cherta'ig amach 7 'ga greannugad dodwm in catha. Is ann ro 
badar da cath commora isin Brug 'na fhiadnaisi .i. fir gorma 
isind-ara cath 7 fir cen chind isin cath ele. Ro fergaiged im- 
morro Muircbertach fa greannugad na slog, 7 ro erig co ho- 
punn, 7 ro tuit co héneirt ar lar, co n-ebairt in laid : 

Gair trom tairm donîat sluaig 

cath fer ngorm rind atuaid. 

Fir cen cind fobrus treass 

isin glind rind an[d]eas. 

Fand mo n^rt dochum sluaig, 

ba nior fecht rugus buaid. 

Mor in sluag tenn a ndâil 

borb a n-ainm garb a ngdir. Ga;>. 

24. Luid-sium iarsin isin mBrug, 7 teit fana slogaib, 7 ga- 
bais îor a n-airlech 7 for a n-athchuma co foda do lo. Tanic 
Sin iarsin chucu, 7 dobeir rigi îorro do Muircbertach, 7 anaid 
dia cathugud, 7 tic in rig rcme iarsin co Cleiteach, 7 delbais 
Sin da cath mora etwrru 7 in dûn. O ro feg s//m iat-sein teit 
fuithib, 7 ro gab for cathugad friu. 

25. INtan iar/mi ro bi-sium ac cur in catha sin, is ann ro 
chuir Cairnech Masân 7 Casan 7 Cridan diasaigid-sium ardaig 
fwrtachta Dé, uairdo ûter in naem uasal in t-anforlann ro bi 
fair in uair sin. Comraicit na clcrig fris isin Brug iarsin 7 se 
ag leadrad na cloch 7 na fôd 7 na nguisén archena, coma ann 
atlwt : 



1. MS. leagai 



The Death of Muirchertach mac Erca. 41 3 

wine and magical swine. He and his household partake of 
them, and at the end he sleeps heavily till morning, and 
when rising there on the morrow he had neither strength 
nor vigour : as he said : 

I am without strength, thou gentle lady, etc. 
Give, says the chaste cleric, etc. 

23. As they were saying this, they heard the heavy shout 
of the hosts and the multitudes, calling 'Muirchertach forth and 
challenging him to battle. Then in his présence in the Brugh 
were two battalions equally great, to wit, blue men in one 
of the two and headless men in the other. Muirchertach was 
enraged at the challenge of the hosts, and he rose up sud- 
denly, and fell strengthlessly on the floor, and uttered the lay : 

A heavy shout, a noise which hosts make, 

a battalion of blue men to the north of us, 

Headless men who begin battle 

in the glen to the south of us. 

Weak is my strength : unto a host, 

'twas many times that I hâve brought victory, 

Great the host, stark their division, 

rude their name, rough their shout. 

24. Then he went into the Brugh and charged through the 
hosts, and took tô slaughtering and maiming them lengthily 
for the day. There came Sin to them and gives Muirchertach 
kingship over them, and he rests from battling. There after 
the king fares forth toCletech, and Sin formed two great bat- 
talions between him and the fortress. When he saw them he 
charged through them and began to do battle against them. 

25. Now w 7 hen he was delivering that battle, then Cair- 
nech sent Masàn and Casan and Cridan to seek him, so that 
he might hâve God's assistance, for the high saint knew of 
the oppression which he sufïered at that time. Thereafter the 
clerics meet him in the Brugh, while he is hacking the stones 
and the sods and the stalks besides, so then (one of the 
clerics) said : 



414 Whitley Stokes. 

[Clérech] Cid fâ lecai ' na clocha 

a Muircbertalg gan fotha ? 

is truag lind do beith gan nert 

doréir idail ic draidecht. 
[M.] An cleirech ro ataig rim, 

tanag i comlann da chind, 

nocha nfeadar armotha 

nachat croda na clocha. 
[Clérech] Tabair cros Crût co rûinib 

anosa dar do sûilib, 

toirind fri head do brotha 

cid fa lecai na clocha. Cid. 

26. Airisid ferg in rigmiled iarsin, 7 tic a chiall dô, 7 do- 
beir sigean na croiche dar a ngaid, 7 ni facca ni ann iarsin 
acht clocha 7 fôid in talman archena. Ocus iarfaigis scela dona 
clcrchib iarsin 7 atbért; Cid 'ma tancabar ? ol se. Tancamar 
arcenn do chuirp siu, ol siat, uair is ïocus bas duit. Ut 
dixit : 

Cid ma tancabar on chill, 
a macu légind lanbind ? 

27. Doronsat na clerig tôraind chilli andsin isin Brug, 7 
asb^Ttadar frisium a clad do thachailt i n-anôir in Choimded 
moir na ndûl. Dogentar, ol se. Ro gabswtn ic tachailt in cluid 
annsin, conid annsin do cAmilled foichthi in Broga ariûs riam. 
Ocus ro boi s'ium oc innisin a scel fesin dona clerchib 7 oc 
aithrigi ndic/;ra fri Dia, ut dixit: 

Atlochur do Mac Maire, 
tairnic sunna mo luinne, 7rl. 

O thanac Erind dar 1er 

cumain lim in lfn bliadan : 

ni raba la, buan in blad, 

cen cheann curzà 'sa choscar, 7rl. 

Da bliadain me i n-Albain tair 
ro marbus mo senathair, 
lucus slog a sni'maib ann, 
dom gnimaib dothuit Loarnd. 

[col. 316] Da bliadain damsa iarsin 
i rigi for Danaraib, 



The Death of Muirchertach mac F.rca. 41 $ 

Cleric : Wherefore dost thou fell the stones 

Muirchertach, without ground ? 
we are sad that thou art strengthless 

according to the will of an idolater working magie. 
M. The cleric who attacked (?) me 

1 came into conflict with him : 
I know not furthermore 

that the stones are not alive. 
Cleric. Put Christ's mysterious Cross 
now over thine eyes : 
abate for a time thy furies : 
wherefore dost thou fell the stones? 

26. Then the royal soldier's wrath ceases, and his sensés 
corne to him, and he puts the sign of the Cross over his face, 
and then he saw nothing there save the stones and sodsofthe 
earth. Thereafter he asked tidings of the clerics, and said : 
« Why corne ye ? » « We came », they answered, « to meet 
thy corpse, for death is near thee. » As he said : 

Why came ye from the church, 

sons of full-melodious study ? etc. 

27. The clerics marked out a church there in the Brugh, 
and told him to dig its trench in honour of the great Lord 
of the Eléments. « It shall be donc », quoth he. Then he 
began digging the trench, so that it was then for the first 
time that the green of the Brugh was injured. And he was 
telling the clerics his own tidings, and making to God a fer- 
vent repentance. As he said: 

1 give thanks to Mary 's Son, 
my wrath has ended hère, etc. 

Since I came over sea to Erin, 

I remember the number of years, 

I hâve never been a day — lasting the famé — 

without a hero's head and triumph over him, etc. 

Two years I was east in Alba : 

I hâve killed my grandsire : 

I hâve brought a host there into troubles : 

by my deeds Loarn fell. 

Two years I was afterwards 
in kingship over Danes ' : 

1. a noteworthy anachronism. 



4i 6 Whitley Stokes. 

ni raba aidche risin 

gan chind desi (or cuaillib, yrl. 

28. A haithli na faisite immorro ro bennachsat na clerig 
uisq//i dô iarsin, 7 ro caith corp Crist, 7 dorigne aithrigi ndi- 
chra co Dia. Ocus asbert friu a innisin do Chairnech ama/'l do- 
rigne a faisite 7 a aithrigi, coma, and asb<?rt : 



Hidan, idan corpan criad, 

cuman, cuman crutli na ndael, yrl. 

29. Anait na clerig in aidche sin a cill in Broga, 7 teit in 
rig do Cleitech, 7 suidis îor deis a mna ann. Fiarfaigis Sin de 
créd ro toirmisc a chomlann uime isin lo sin. Na clerig tan- 
cadar chucum, ol se, 7 doradsat sigen na croiche Crist darm' 
agaid, 7 ni faca ann 'arsin achi m ad raithnech 7 clocha 7 bolca 
belcheo 7 gasana sanais. Ocus o nach raba ann neach in chom- 
laind damsa xAnzcus ass. 

30. Et dixit Sin: 

Na clerig na creid co brath, 
uair ni chanait acht anfath, 
na len a rann cen bindi 
uair ni adrait firindi. 

Na hadair do clerchib cell 
mad âil leat beathu cen feall : 
ferr do charait misi i bus 
na ticed duit aithrechMj. 

[M.] Biatsa caidche malle rit, 
a ingen find cen anricht, 
is dochu limsa do drech 
ina cella na cleirech. Na. 

31. Ro saeb tra Sin a menma. som annsin, 7 tanic eturru 

7 tecosca na cleirech, 7 dorigne fin draidechta doib in aidche 
sin, 7 ro bi Sin in sechtmaà aidche doib forsin draidecht 7 
adaig mdirti iar samain do sunnrud sin. O robdar mescda na 
sloig tic osnad gdithe moire ann. Is osnad gemaidche so, ol 
in rig, 7 atbm Sin inso : 



The Death of Muirchertach mac Erca. 417 

there has been no night there at 
without the heads of twain on stakes, etc. 

28. Now after this confession the clerics blessed water for 
him, and he partook of the Body of Christ, and made to God 
a fervent repentance. And he told them to relate to Cainnech 
how he had made his confession and his repentance. So then 
he said : 

Faithful, faithful, a poor body of clay, 
remember, remember the for m of the stag-beetles. 

29. The clerics remain for that night in the church of the 
Brugh, and the king goes to Cletech and sat on there on his 
lady's right hand. Sin asked him what had interrupted his 
combat on that day. « The clerics came to me », he answer- 
ed, « and they put the sign of the Cross of Christ over m y 
face, and then I saw nothing save fern and stones and puff- 
balls and sprigs of sanas(J). And since there was no one there 
to right me I came away. » 

Then Sin said : 

Never believe the clerics, 
for they chant nothing save unreason : 
follow not their unmelodious stave, 
for they do not révérence righteousness. 

Cleave not to the clerics of churches, 
if thou désire life without treachery : 
better am I as a friend hère : 
let not repentance come to thee. 

M. I will be always along with thee, 
O fair datnsel without evil plight ; 
likelier to me is thy countenance 
than the churches of the clerics. 

3 1 . Then Sin beguiled his mind and came between him and 
the teachings of the clerics, and on that night she made a 
magical wine for the king and his troops. The seventh night 
she was at lier magie, on the eve of Wednesday after All-saints- 
day precisely. When the hosts were intoxicated there cornes 
the sigh of a great wind. « This is the sigh (osnad) of a 
winter-night » (gem-adaig), says the king. And Sin said : 



4i8 WhitleySlokes. 

Is misi Gaeth garb ingcn airech fn]ael 

is Gemadaig m'ainm ar cach airm maraen. 

Osnad ocus Gaeth Gemadaig imne, yrl. 

32. Asa haithle sin tra ro delb-si snechta mor ann, 7 ni 
thainic riam tairm catha bud mô inas in cith dlaithsnechta ro 
fear ann in uair sin, 7 iniartuaid do sunnrad tanic. IS annsin 
tanic in rîgamach isin teach n-inclethi, 7 dochùaid is' teach 
doridisi, 7 ro gab for tathair na sine, coma, ann asbert: 

IS olc in adaig anocht, 

ni thanic riam a comolc, ~jr\. 

33. O thairnic in fledugad immorro ro laigset na sloig iar- 
sin, 7 ni raibi tien mna seola a nduine dib. Laigid in rig ina 
imdaid iarsin 7 tuitid suan trom fair. Dogni d'ulit iachtad 
môr tren asa chodlud 7 musclais asa sûan. Créd sin iter ? ol 
in ingen. [Sluag] siabra môr rom-tarfâs, ol se. Conïd ann 
asben : 

Domarfâs recht ruadtheined, jr\. 
[col. 317] teach Cletig 'na tromthenid 

im chenn chaidche ar comlasad, 
clanna Neill a n-étualang 
tre upthaib ban ndraidechta, 7rl. 
gair morsluaig fa dergthenid 
is ed tarfâs dam. Domarfâs. 

34. Ergid in rig suas 7 nir' leic in taidbsi atro/mairc tinda- 
brad dô, 7 tanic asin tig amach, 7 atchi tenid mbic i cill isin 
Brng oc na clerchib. Tanic siwm chucu iarsin, 7 atlwt friu: 
Ni uil nert na tracht innumsa anocht; 7 ro innis a thaidbsi 7 
a aislingthi. Ocus is decair damsa, ol se, degengnum anocht 
cid sloig eaehtrand tisad dom indsaigid trena anfaindi a tâm 7 
tre olcus na haidche, ol se. Ocus ro gabsat na clerig 'ga tecosc 
iar«m annsin. Tanic s/wm isteach îochéto'ir, coma ann asbtvt : 



[Muirchertach) IS ldnolc in tsin-sa anocht 
dona clerchib 'na longpbon, 



The Death of Muirchertach mac Erca. 419 

Tis I am the Rough Wind, a daughter of fair nobles: 
Winter-night is my name, for every place together. 
Sigh and Wind : Winter-night thus. 

32. After that she caused a great snowstorm there; and 
never had corne a noise of battle that was greater than the 
shower of thick snow that poured there at that time, and from 
the northwest precisely it came. Then the king came forth 
into the hidden house, and went into the house again, and 
began reproaching the storm ; whereupon he said : 

Evil is the night tonight, 

never came one equally bad, etc. 

33. When the feasting ended, then thehosts lay down, and 
in no one of them was the strength of a woman in childbed. 
Then the king lies down on his couch, and a heavy sleep falls 
upon him. So he makes a great screaming out of his slumber 
and awoke from his sleep. « What is that ? » says the damsel. 
« A great host of démons has appeared to me » : he answers; 
whereupon he said : 

A Form of red fire has appeared to me, etc. 

The house of Cletech as a fatal fire : 

round my head blazing for ever, 

the Children of Niall in wrongful suffering 

through the spells ofwitches, etc. 

The cry of a mighty host under red fire; 

this is what appeared to me. 

34. The king risesup, for the vision which he beheld did 
not let him sleep, and he came forth out of the house, and in 
the church in the Brugh he sees a little fireby the clerics. To 
them then he came and said : « There is neither strength nor 
vigour in me to-night. » And he related his vision and his 
dream. « And 'tis hard for me », quoth he, « to shew prowess 
tonight even though hosts of outlanders should attack me, 
because of the weakness in which we are and the badness of 
the night. » So then the clerics began instructing him. He 
came in at once and there he said : 

M. Full evil is this storm tonight 
to the clerics in their camp : 

1. « a great sand-storm », Atkinson, op. cit., 17. 



420 Whitley Stokes. 

ni lamait codlud chaidche 

d'aggairbe sin na haidche. 
[Sin:] Cid fa n-abrai m'ainm, a fir, 

a maie Erca is MuzVedaig, 

fogeba bas, lith cen ail, 

a tig Cletig na cotail. 
M. Abair ruim, a ben cen br6n, 

cia lin tuites lim don tslog? 

na ceil orra, innis cen chain, 

ca lin dofaeth dora deslaini. 
S. Ni thuitfi neach leat ar lar, 

a maz'c Erca na n-ardgrad, 

tairnic tû co becht, a ri, 

dochuaid do nen ar nefni'. 
M. Esbaid mor mo beith gan nen, 

a Shïn uasal na n-ilreacht, 

menic ro marb«5 laech lonn 

ge tû anocht i n-ecomlonn. 
S. Sochaide ro tuit dot spairn», 

a maie ingine Loairnd, 

tucais ilar sluag i socht, 

monûar ge tâi co lanolc ! Is lânolc. 

35. IS fir tra, a ingen, ol se, is îozus bas damsa, uair do bi 
a tairng/ri dam com[b]ad chosmail m'aidid 7 aidid Loairnd 
mo seanathar, uair ni a comlann iter dorochair, acht a loscad 
cena doronad. 

Codail tra anocht, ar in ingen, 7 leic damsa h' thoraire 7 
h' fhorcoimet îor na slogaib, 7 mata a ndan duit ni loiscfit/w 
anocht drumsa in teach. 

Dofil îor ar ri et/V, ol se, Tuathal Maelgarb r mac Cormaic 
Caich maie Cairpn maie Neill MVgiallaf^. 

Ce raib Tuathal com slogaib uile ar do thi, ni heacail duit- 
siu anocht tarumsa he, ol in ingen, 7 codail-siu festa. 

36. Dochôid sium 'na lebaid iarsin, 7 do chuindig dig ior- 
sin ingin, 7 do chuir-si bricht suain forsin fin mbréci ûd, g« 
fa ib-sium dig de, co nderna mesc aimn^rtach é cen sûg cen 



1. slain A.D. y } 8, according to the Four Masters 



The Death of Muirchertach mac Erca. 421 

they dare not ever sleep, 

from the roughness of the night's storms (sîti). 
Sin : Why sayest thou my name, O raan, 

O son of Ere ' and Muiredach ? 

thou wilt find death — feast without disgrâce — 

sleep not in the House of Cletty. 
M. Tell nie, thou griefless lady, 

what number of the host falls by me? 

hide it not from me, tell without commandaient, 

what number will fall by my right hand ? 
S. No one will fall by thee on the floor, 

O son of Ere of the high ranks : 

thou, O king, hast surely ended : 

thy strength has gone to nought. 
M. A great defect is my being without strength, 

O noble Sîn of the manv forms, 

often hâve I killed a fierce warrior, 

though tonight I am in oppression. 
S. Many hâve fallen by thine effort, 

O son of Loarn's daughter ! 

thou hast brought a multitude of hosts to silence, 

alas, that thou art in evil case ! 

35. « That is true, O damsel », says he : « death is nigh 
me; for it was foretold that my death and the death of Loarn 
mygrandsire would be alike; for nowise in battle did he fall, 
but no doubt he was burnt alive. » 

« Sleep then tonight », says the damsel, « and leave to 
me to watch thee and to guard thee from the hosts ; and, if it 
is thy fate, the house will not be burnt over me to night. 

« Truly there is coming with designs upon us Tuathal Mael- 
garb son of Cormac the Blind-of-an-eye, son of Cairbre, son 
of Niall of the Nine Hostages. » 

« Though Tuathal with ail his hosts be coming with de- 
signs upon thee, hâve thou no fear of him tonight 2 », says 
the damsel, « and sleep now. » 

36. Then he went into his bed and asked the damsel for a 
drink, and she cast a sleep-charm on that deceptive wine', so 
that lie drank a draught of it, and it made him drunk and 



1. daughter of Loarn, king of Alba, O'Mahony's Keating, p. 424. 

2. literally : no fear to thee tonight over me (is) he. 

3. Cf. the deog suain in Tochmarc Emire, Rev. celt., XI, 448, 450. 

Revue Celtique, XXIII. 28 



422 Whitley Slokes. 

xiert ann. Codlais co trcn iarsin 7 atchi aislingthi ann .i. tccht 
i lunga for fairgi, 7 a long do bâdud, 7 in grib ingnech de 
thoider/;/ chuigi 7 a breith-sium lé ina nead, 7 in nead do 

loscad ime-sium iarsin, 7 in grib do tuitim leisium. 

37. Musclais in righ 7 atlvrt a fis do breith dochum a chc- 
malta, co mac Saignen druad .i. Dub dâ rind, 7 rue sein a 
breith: Is i in long i rabadais, ol se, .i. long in flaithiwja for 
muir 1 in tsaegail, 7 tusa ic sdiurad in flaithiwja, 7 is i in long 
do bâdud, tusa do taircsin 7 do saegal do tholdecbt. Is i in 
grib ingnech rot-fuc lée ina nead, .i. in beau fil it fharrad dot 
chur for mesci 7 dot breith le in a kbaid 7 dot fhastôd a tig 
Cletig com[b]a he loiscfit/;/V fort. [An gnbh immorro do toitim 
letsa .i. in ben do éc tret fochaind-si. IS i sin tra breath na 
haislingi sin, ar se. H. 2. 7, p. 252'']. 

[H. 2. 7, p. 2)2 b ]. 

38. Colla id in ri iarwm co t(rom) iar cur in brer/;/a suâin 
do Shin fair. An fat tra ro bi-sin isin collud sin, eirgid Sin 7 
coirgis gâe 7 slegha na sluag ar indillaigh i ndoirrsibh in tighi 
7 a renna uili cum an tighi iarsin. Delbaidh si tra ilimud [p. 
253] 7 sochaidi a timcill an dûnaidh. Teitfein istech 7 scailid 
in teine ar gach aird fon tech 7 fona fraightibh, 7 teit isin le- 
baid. 

39. Ba handsin doiio do muscail in ri asa colW. Créd sin? 
ar an ingen. 

Tarfas dam, ar se, slûag siabra ic losgudh in tigi form 7 ic 
orleach 1110 muindttri fon dorus. 

Ni fuil olc duidsi de sin, ar an ingen, acht chena ro tarfas. 

40. Antan immorro ro b:\dar ar an comradh sin, do chuala- 
dar breasmaidm ic a loscudh 7 gair na slnag siabra 7 ndrâi- 
dechta 2 imon tech. 



1 . MS. muig 

2. MS. ndrsàgechtta 



The Death of MuircherUch mac Erca. 423 

feeble, without sap or strength. Then he slept heavily and he 
sces a vision there, to wit, that he went in a ship to sea, 
and his ship foundered, and a taloned griffin came to him and 
carried him into her nesf, and then he and the nest were 
burnt, and the griffin fell with him 1 . 

37. The king awoke and ordered his vision to be taken to 
his fosterbrother, Dub dâ rind, the son of the druid Saignén, 
and Dub dd rind gave the rede thereof (thus) : « This is the ship 
wherein thou hast been, » quoth he, « to wit, the ship of thy 
princedom on the sea of life, and thou a-steering the prince- 
dom; and this is the ship that foundered, thou to be offered(?) 
and thy life to corne (to an end). This is the taloned griffin 
that lias carried thee into her nest, the woman that is in thy 
company, to make thee intoxicated, and to bring thee with 
her into her bed, and to detain thee in the House of Cletech 
so that it will be burnt upon thee. Now the griffin that fell 
with thee is the woman who will die by reason of thee. This 
then is the rede of that vision. » 

38. The king then sleeps heavily after Sin h ad cast the 
sleep-charm upon him. Now while he was in that sleep Sin 
rose up and arranged the spears and javelins of the hosts in 
readiness(?) in the doors, and then (turned) ail their points 
towards the house. She forms (by magie) many crowds and 
multitudes around the fortress. She herself goes in and scatters 
fire in every direction throughout the house and the side- 
walls, and then she enters the bed. 

39. 'Twas then the king awoke from his sleep. 
« What is that? » asked the damsel. 

« A host of démons lias appeared to me, burning the house 
upon me, and slaughtering my people at the door. » 

« Thou hast no hurt from that », says the damsel, « save 
that it bas appeared » . 

40. Now when they were thus in converse they heard the 
crash of the burning house 2 , and the shout of the host of 
démons and wizardry around it. 



1. For another example of the prophétie dream,see Laud 610, fo. 

2. literally « a crash buiuing it » (or them). 



424 WhitUy Stokes. 

Cia fil 'mon tech ? ar an ri. 

Tuathal Maelgarb rruzc Cormaic Caich maie Cairbri maie 
Neill corn slwd^aibh, ar Sin. Ata ann ic digailt cathz G/-anaird 

ortsa. 

Ocas ni fitir sin nachar fïr sin 7 nachar sluag corpo/'dha do 
bi 'mon tech. 

41. Eirgidh sein eo dian iarsin, 7 tic d'iarraid a airm, 7 ni 
iuair nech da freagra. Teit in ingen amach asin tigh 7 teit sin 
ina degaidh iochétoir, 7 ncraid s\uag ina ucht co ndechaid trit 
co comtrom. Impoidh on âorus aris docum a leptha. Do- 
c[h]uadar na ûuaig amach fâi sin, 7 ni terno nech dib gan 
guin no gan \oscud. 

42. Tanic in ri iarum docum in dorais dorisi, 7 batar na 
smola 7 na casracha teinedh etair é 7 an dor/tf. O ro lin an 
teine in dorwj 7 an tegh uili 'macuairt^ 7 nflch fuair din uirre, 
teit isin àabaigh fina, 7 baiùv innti é ac dul fuithi gach-re 
n-uair ar omun na teined. Tuitid^in tech ina cenn iarsin, 7 
loisct/;er .u. troighti de, 7 aincidh in fin a corp gan loscud 
o sin amach. 

43. O thanicc in maiden 'arnamarach, tiaguid na clâ'ich 
'na agaid .i. Masan 7 Casan 7 Cridan, 7 berid in rig leo gusin 
mBoin[dJ, 7 dogn[i]at a thonach indti. 

44. Doroich doao Cairnech corla. manchaib cuca faisin, 7 
dorighne féin toirrsi môr ica écaine, 7 bui ac tabairt a thesta, 
[7] atb'.rt : Esbaid môr do [p. 25 3 b ] Erian aniu mac Erca .i. 
in cethramad nech is ferr ro ter/;/aidh Ere gan clesaiger/;/ 7 
gan cumachta .i. Muirchertach mac Erca 7 Niall Nôigiallach 7 
Corni Cétchathach 7 Ugaine Mor. 



I. MS. Tuiti. 



The Drath of Muirchertach mac Erca. 425 

« Who is around the house ? » asked the king. Says Sin : 
« Tuathal Maclgarb, son of Cormac the Blind-of-an-eye, son 
of Carbre, son of Niall, with Iris armies. He is there taking 
vengeance on thee for the battle of Granard 1 ». 

And the king knew not that this was untrue, and that 
no corporeal host was surrounding the house. 

41. Then he rises swiftly and cornes to seek his arms, and 
found no one to answer him. The damsel goes forth front the 
house, and he follows lier at once, and he meets(?) a host 
in front of him, so that he went heavily through them. From 
the door he returns to Iris bed. The hosts thereupon went 
forth, and no one of them escaped without wounding or bur- 
ning. 

42. Then the king came again towards the door, and be- 
tween him and it were the embers and the hailsof fire. When 
the fire had filled the doorway and ail the house around, and 
he found no shelter for himself, he got into a cask of wine, and 
therein he is drowned, as he went under it, every second 
hour, for dread of the fire. Then the fire falls on his head, and 
five feet (length) of him is burnt; but the wine keeps the 
rest of his body without burning. 

43 . The day after, when the morning came, the clerics, 
Masan and Casan and Cridan, go before the king, and carry 
him to the Boyne, and wash his corpse therein 2 . 

44. So Cairnech with his monks thereupon visits him, and 
the saint himself made great grief in bewailing him, and bore 
witness of him, and said: « Agréât loss to Ireland today is 
Mac Erca, one of the four best men that hâve gained posses- 
sion of Erin without trickery and without force, namely 
Muirchertach mac Erca, and Niall of the Nine Hostages3, 
Conn of the Hundred Battles-^, and Ugaine the Great ^. » 



1. This was the battle of Granard, A. D. 480 (or 497, or 492), see 
Four Masters, éd. O'Donovan, i. 151, note h., where « Granard » is 
said to be a mistake for « Graine », now Grane in the north of Kildare. 

2. See Rev. Celt., XIII, 38, I2^and Ir. Texte, IV, 310. 

3. slain A. D. 405 (F. M.). 

4. slain A. D. 157 (F. M.). 

5. slain A. M. 4606 (F. M.). 



426 Whitley Siokes. 



[YBL., col. 318, 1. 14]. 

45. Togbtf/thir in corp le Cairnech iarsin da breith co Tui- 
lén dia âdnacul ann. 

46. Dorala Duaibsech .i. ben Muirchertaig, dona elerchib 
iarsin, 7 in corp eturru, 7 dorigne sein nuallguba môir toir- 
sig, 7 ro buail a basa, 7 àobeir a druim iarwm tVisin mbile i 
n-Oenach Reil, 7 ro mebaid crômaidm dia craide 'na diab, 7 
fuair bas fochétoiï annsin do chumaid a fir. Tucsat na derig 
corp na rigna iarsin maroen 7 corp in rig. G'//id ann asbm 
Cainnech : 



Duaibsech ben maith maie Erca 

claittr lib sunn a lechta, yrl. 

47. Adnaicthir in rigan iarsin 7 claittr a fert. Adnaictbir 
d'ulit in rig i fa i 1 in tempuill ailatuaid, 7 ro bi Cairnech ic ta- 
bain teasmolta in rig, co w-ebairt in laid-si : 



Feart rig Ailig biaid co brath 
a Tuilén atcluinfe cach, etc. 

48. O tairnic dona elerchib in t-adnacul [col. 319] do de- 
înim, co facadar chucu in oenmhndi n-alaind n-edroicht, brat 
naine cona chimais orshnaith inipe. Léine do sida shoinemail 
impe. Doriar/;/ ian/m ma rabadar na clerig 7 bmnachais doib, 
7 Lv;/nachsat didu na clerig disi. Ocits ro airigset gné mbroin 
7 toirsi (uirrij 7 doratsad aichne (uirrl comd hi ro mill in rig 
7 ro bi Cairnech ic iarfaigid scel di, 7 atbévt : 



INnis dun do bunad, 
a ingen gan dubad, 
dorignis ar pudar, 



The Death of Muirchertach mac Erca. 427 



45. The body is afterwards lifted up by Cairnech, to be 
carried to Tuilén 1 and there interred. 

46. Then Duaibsech, the wife of Muirchertach, met the 
clerics while the corpse was among them, and she made a 
great, mournful lamentation, and struck her palms together, 
and leant her back against the ancient tree in Oenach Reil ; 
and a burstofgore broke from her heart in her chest, and 
straightway she died of grief for her husband. Then the 
clerics put the queen's corpse along with the corpse of the 
king. And then said Cairnech : 

Duaibsech Mac Erca's noble wife, 

let her grave be dug by you hère, etc. 

47. Thereafter the queen is buried and her grave is dug. 
Then the king is buried near the temple on the north side, 
and Cairnech was declaring the king' s character, and uttered 
this lay : 

The grave of the king of Ailech will abide for ever, 
in Tuilén, every one will hear it, etc. 

48. When the clerics had finished the burial, they saw co- 
ming to them a lonely womari, beautiful and shining, robed 
in a green mantle with its fringe of golden thread. A smock 
of priceless silk was about her. Then she reached the place 
wherein the clerics were, and saluted them, and so the clerics 
saluted her. And they perceived upon her an appearance of 
sadness and sorrow, and they recognised that she it was 
that had ruined the king. Cairnech was asking tidings of her, 
and said : 

Tell us thy origin, 

O damsel without darkening, 

thou hast wrought our shame, 

1. now Dulane, near Kells inMeath. 



428 Whitlcy Stokes. 

cid alaind do chorp, 

ro marbais rig Temracb 

co n-ilar a theaglach, 

tria gnim n-uathmar n-olc, 71-I. 

49. Ro batflr na clerig iarsin ica iarfaigid di cuich hi fein 
nâ cia a hathair //<» a mâthaiv, 7 cia cuis do bi aice don rig 
in uair ro mill-si mar siûd he. 

Sin m'ainm-si, ol si, ocus Sighi mrtc Déin maie Triuin 
m'athair, 7 Muirchertach mac Erca, ol si, ro marb m'athair 
7 mo mâthair 7 mo dcrbshiur iccatb Chirb ior Boinn, 7 ro 
dicenn sentuatha Temrach 7 m'atharda uilc isin cath sin fos. 
conad ann aslvrt : 

[Cairnech:] Abaîr, a Shi'n, râd gan chair, 
tacair co fir cia h'athair, 71-I. 

Nirb annsa duit t'athair fein 
ina Muirchertach hua Neill, yrl. 

[Sîn:] Atbelsa fein diachumaid, 
rig uasal iarthair domain, 
i cinta na n-imned tenn 
tuctti for airdrig Ere////. 

Dorigni».y neim dô, monuar, 
do forraig rig na saersluag, 7rl. 

50. Dorignc a fàiside iarsin do Cairnech, 7 dorigne aithrgii 
ndichra co Dia, zmail ro tecaisced di, 7 dochuaid dôrèir 
Cairnig, 7 fuair bas iochétoir andsein do c/;/nnaid in rig, 7 
attart iarwm Cairnech fert do denum di, 7 a cur fo tuind 
lalmaii. Dorigne iannn amail asbert in cleirech, etdixit: 



Sin nirb inmain a dâla 
gwsin laithi sea a tâma, 7 ri. 

51. IMth/^a Cairnig immorro, dorigne sein f/ichnam mor 
for anmain Muirchertsàg, 7 ni tue a hifernn he. Dorigne im- 



The Deajh of Muirchertach mac Erca. 429 

though beauteous is thy body : 
thou hast killed the king of Tara, 
with many of his households, 
by an awful, evildeed, etc. 

49. Then the clerics were asking her who she herselfwas, 

or who was her father or her mother, and what cause she 
had from the king when she ruined him as aforesaid. 

« Sin », she replied, « is my name, and Sige 1 son of Dian, 
son of Trén, is my father. Muirchertach mac Erca killed my 
father, my mother and my sister 2 in the battit' of Cerb on 
Boyne, and also destroyed in that battle ail the Old-Tribes 
ofTara and my fatherland ». So then Cairnech said : 

Say, O Sin, a say without question, 
tell truly who was thy father, etc. 

Not dearer to thee was thine own father 
than Muirchertach, Niall's descendant, etc. 

Sin. Myself will die of grief for him, 

the high king of the west of the world, 
(and) for the guilt of the sore tribulations 
that I brought on the sovran of Erin : 

I made poison for him, alas ! 

which overpowered the king of the noble hosts, etc. 

50. Then she confessed to Cairnech, and to God she made 
fervent repentance, as had been taught her, and she went in 
obédience to Cairnech, and straightway died there of grief for 
the king. So Cairnech said that a grave should be made for 
her, and that she should be put under the sward of the earth. 
It was done as the cleric ordered, and he said : 

Sfn, not dear were her doings 

until this day irr wh i ch w s-are, etc. fnJLf d&#Jk> 

51. Touching Cairnech, now, he shewed great care for 
Muirchertach's soûl, but he did not bring it out of hell. How- 



1. Hence Âth Sigi on the Boyne, now Assey, a parish in the barony 
Deece and co. of Meath, Four Masters, A. D.,'524. Vadum Segi, Bk of 
Armagh, fo. n a 1. 

2. Until the time of Adamnan (f 704) Irish women used to go to 
battle: see the note to the Félire Oengusso at Sept. 23, and Reeves, Co- 
umba, p. 179 n. 



450 Whitley Stokes. 

morro in irnaigthe dianad ainm da tosach, Parce mi/;/ Domine, 
Dtus Pater omnipoténs, Dais anime egrotanti, 7 ro gab co 
gresach îor anmain in rig hi, co tucad a hifernn do ainim in 
rig. Ccwad annsin tainic in t-aingel doebum Cairnig 7 atbtrt 
fris cip é no gabad co gresach in irnaigthe sin c/mi[b]ad nime- 
dach cen chunntab.//rt he. Gwid ann asbt-rt in t-aingel na 
briat/;ra sa : 

Cipé not-gaba co dur 
irnaigthi Cairnig na run 
Iudas is measa ro gein 
ropad lor dâ forithin, yrl. 

52. [Col. 320, 1. 6]. Conid aided Mwcfortaig maie Erca 
comee sin, nmail ro indis Cairnech 7 Tigernach 7 Ciaran 7 
Mochta 7 Tuathal Maelgarb, gît ra scribait 7 g«ra lesaigit ' 
oc na clercib naema sin ica chuimniugad do chach o sin 
ille. 

FINIT. 

1. In Middle-Irish the passive forms in -ait, -il are regularly plural, 
Zimmer KZ. XXVIII, 352. Strachan C. Z., II, 482. Hère, however, ra scri- 
bait, ra lesaigit are singular. 



The Deatli of Mairchcrtach mac Erca. 43 1 

beit lie composée! the prayer which from its beginningis named 
Parce mihi Domine, etc., and he repeated it continually for sake 
of the soûl of the king, so that (at last) the soûl was given 
to him out of hell. Whereupon the angel came to Cairnech 
and told him that whoever should sing that prayer continually 
would without doubt be a dweller in heaven. So then said 
the angel : 

Whoever should sing strongly 

the prayer of Cairnech of the mysteries 

'twould be enough to succour 

Judas, who was the worst ever born, etc. 

52. So far the Death of Muirchertach, as Cairnech related 
it, and Tigernach l and Ciaran - and Moehta> and Tuathal 
Maelgarb-*; and it was written and revised by those holy 
clerics, commemorating it for every one from that time to 
this. 

It endeth. 



1. bishop of Cluain Eouis (Clones), whose day is April 4. Ob. 548. 

2. probably Ciarân mac in tsaeir, abbot of Clonmacnois. Ob. 548. 

3. bishop of Louth, ob. 534. 

4. slain A. D. 538. 



4 5 2 Whitley Stokes 

GLOSSARIAL INDEX 

The bare numbers refer to the paragraphe). 



adaigira = Lu. adig», prêt. sg. 3, ro ataig 23 : adagar « adigitur », Ir. 

Texte IV, 375. 
adaraim do I cleave to, Ir. Texte IV, 375, imperat. sg. 2 na hadair do 

clerchib 30, lenfaid 7 adéra do chomairle Diabuil, Rev. eût. II, 384, 

where the translation is wrong. 
ael, 31 = z6\\, pleasant, fair, O'R., and cogn. with ioileanda .i. alainn 

O'Cl., « excellent, fine, charming », O'Br. 
aggairbe (acairbe from ad + gairbe = Cymr. garwedd), 34, roughness: cf. 

acarbaigte(gl. asperantia) Ml. 87b 14. 
aided = O. Ir. oided (gl. interitus), oidid gona, Trip. 230, 3. 
aim-nertach, 36, strengthless, feeble. âmnertach, Meyer Contrib., a deriva- 

tive of aimnert (ria n-amniurt, Rev. celt. XX, 2S0). 
aire a noble, gen. pi. airech, 31. 

airissim / remain (O. Ir. airissiur), près. ind. sg. 3 airisid 26. 
alla tûaid, 47, on the north side, Mart. Gorra. p. 256, alla ex an-leth, cf. 

allathair. 
an-fainde 34, great weàkness, anbandi, L. B., 1 i4 b . 
an-fath 30, unreason, cf. drochfâth, Ir. Texte IV, 398. 
an-forlann 25, Lism. Lives p. 384 = oppression, overwhelming force, Meyer 

Contrib. anborlan, Ir. T. IV, 378, forlann force, P. O'C. 
an-richt 10, 30, an evilplight, = ainreacht, Meyer Contrib. ce dorât (su in 

anrecht, LU. 40 b . 
ard-grâd, bigh rânk, gen. pi. 34, 
armothâ 25, for iarmothâ, LL. 32-» 54. 
ro-atrig rim, 25. 

atlochur 27, I give thanks, atlochor LU. 40 3 . 

barr-ûaine 5, green-lopped, Ir. Texte, IV, 38'J, n. pi. barrûani, LL. 89-» 10. 
becht, co becht surely 34, LL. 129» 19. 
ben secla a woman in childbei, gen. mn.i seola 53. pi. n. mna siuil, Ir. T., 

III, 195- 
bith-âlaind 3, ever-beautiful. 

bolg bélcheo, puffball (bofist), pi. bolca b 29, bolg belchi(or belce) Corm., 

bolc belce LL. 186', et v. Meyer Contrib., 237. 
bratânacb salmonful, gen. sg. fem. bradânaigi 3. 
bres-maidm 40, a crash. 
bricht suain 36, a sleep-cbarm, gen. brechta suain 37, bricht (gl. carmen), 

Ml. 76a 21. 



The De,iih of M uirchertach mac Erca. 433 

caem-la 21, afair day. 
câin 34, cotnmandment. 
cair (gl. numquid) Wb. > b 11, .i. cinnas, O'Dav. 64, cair hc biit(gl. quani 

obrem .. fiunt) Sg. 242 b , from Lat. quaere, radgan chair 49. Cf. is maith 

a clann can chaiti, Aided Crimthainn 1 1 (YBL). 
casair bail, pi. n. casracha 42. 

Cathach 12, a standard, O'Curry, Lectures, 327, 330. 
cenn-find 2, fair-headed, Ir. Texte, IV, 387. 
cest a question, gen. pi. 16. 
cethramad 44, otie of Jour, in cethramad cath one of the four battalicns, Rev. 

célt., XIII, 56 (where it is wrongly rendered). For like use of other or- 

dinals see Rev. célt., XXII, 434, Celt. Archiv., I, 322, and Sg. 71* 5, 15, 

where ochtmath rann in insci means one of the eight parts in speech. 
cét-millini I first destroy, prêt. pass. do céttnilled 27. 
cintach 11, guïlty, deriv. cf. «m, gen. cinad, pi. ace. tinta. 
clad 27, trench, dvke, gen. cluid 27, dat. clud LL. 302* 17. 
clessaigecht 44, trickery, deriv. of cless for cliuss (ex kli^l-tu), which Thur- 

neysen connects with Skr. krîdati « plays ». 
Clocc Pâtraic (in Udachta) 12, O'Curry, Lectures, 336, 337; Annals of 

Ulster, cited by Reeves, Cohnnba, p. 326. 
cnes-solus 2, bright-skinned : cf. cnes-bân Trip. Life, 545. 
coma 3, guerdon, bridegijt, Lism. Lives, p. 388. Aisl. p. 167. 
com-aclach 8, 17 equally gallant (com-ad-galach). 
com-alaind 2, equally beautiful. 
com-arbus 12, héritage, successorship, Rev. celt., II, 89, gen. comarpsa, 

Trip. 138, 13. 
com-chuanna 2, equally refined. 
com-lasad 33, blating. 
com-olc 32, equally bad. 
com-tromm 41, equally hearx, heavily. 
con-maiscim / mingle, près. ind. sg. 3 cu[n]maiscid 14, imperat. sg. 2 cum- 

maisc âel air, Rev. celt., VIII, 62, prêt, pass., conmescad uisci airi, Rev. 

celt., X, 70, ro cumaisethea na bérlai, LU. i b 14. 
copân cap, gen. pi. 4. 
côraigecht 13, arrangement: cf. do chôraig 17, coirgis 38, côirigim, Ir. T., 

IV, 389, rachôraig LL. 238 b ro coraigit LL. 1 1 i a 48. 
corpàn 28, a poor body, Fél. Apr. 19, dimin. of corp. 
corporda 40, corporeal, based on Lat. corporeus. 
cotach 13, 14, i), a covenant, treaty (con-tog...) Trip. 154, 21, gen. co- 

daig 13 = cotaig, Rev. celt., XX, 286 ; cf. com-luga. 
cré clav, gen. criad 28, also in Fél. Ap. 19, where it isdisyllabic. Cymr. priai. 
crod cattle, dat. sg. crud 4. 
crô-maidm 46, a burst ofgore. 
cros a cross, ace. sg. cros 25. So in the Sg. Incant. dobir cros dit sailiu for 

ochtar do chinn. 
cruth-âlaind .2, having a beautiful for m. 



454 Whitley Stokes. 

cuana 10, seems gen. pi. of cuan « a troop ». 

cuimniugud J2, commémoration, Trip. Life 258, 27, cumnigud LU. 53», foi/. 

r<7/., XX, 406. 
dJla 30, doings. 
dan 35,/afe, destiny: cf. ftw. a>//. XIV, 65 na nethe aurdhalta bis a cin- 

ded ocus a ndan doib, Book of Fenagh 38. 
danar rt Daiie, dat. pi. danaraib 27. 
dara 4, second, a corruption of ind-ara, ind ala. 
dcg-baile 12, agood homestead. 
deg-engnam 34, engnam prowess, Trip. Life, 648. 
des-lâm 34, righl hand. 

dian-marbad 17, a sivift hilling. Ir. Texte, IV, 396. 
di'-cennaim, lit. I behead, but in § 49 / destroy. 
digailt 40, act of uvenging, for digail, with excrescent t, Rev. celt., XIX, 

388. 
dlûith-snechta 32, dense snow. 
dofil 33, cornes, dolil na fini, YBL col. 767. 
dôss-linn a bushy pool, pi. dat. doslinntib, 21. 
drong banda 2, féminine sex. 
drumsa = tarumsa 35. 

dubad 48, blackening, darkening, dubad erlama, Rawl. B. 512, fo. 37b 1. 
dutna selga i, a huniing-mound. Ir. Texte, IV, 398. 
ecail (eagail), 9, ^6,fear. 
éimech 3, 16, opportune, ready, Lism. Lives, p. 391 : cf. isnaib emechaib 

(gl. in oportunitatibus) Ml. 27^ 3. 
éneirt slrengtbkss, 23. 
escainim I curse, prêt. sg. 3 ro escain 10, 11, ro eascain, Rev. celt. XX, 

427, verbal noun eascaine 14. 
esnad 4, cogn. with esnam « music », Trip. xxxvii, xxxviii. Or = asnadh 

.i. osnadh, O'Cl. 
et 16, act of obtaining : du et (gl. ad petrandum) Ml. 1 i8 a 16, du eit(gl. ad 

inpetrandum) Ml. ii8 J 5, verbal noun of étaim, Trip. Life 649. 
étualang 33, wrongful. suffering, 
fàcbala 12, (a saint's) leavings, i. e. blessings or curses, Three Fragments 186 

n. Rev. celt., XII, 319, 348. Faccbais Molling annsin faccbala maithe 

do righ Caisil, Betha Molling, c. 10. 
fail ring, gen. pi. falach 4 : coica falach LL. 2o6 b 31. 
fâi-sin 41, 44, fdi = bizai, fôisin « darauf », Ir. T., III, 575, foisin, LU. 41 1 
festa 35 = fodesta q. v. 
fin bréce 36, lit. wine of falsebood, cf. fin drâidechta 31, and for bvëce, cf. 

for scél mbréci, Tog. Troi, 181 7. 
fochunn (gl. occassionem) Wb. i^ d 2, fochond LU. 39 b , msc. or neut. but 

tret fochaind-si 37, shews that in Mid. Ir. this word became fem. see 

Meyer Hib. Min., p. 97. 
fodesta 7, 8, tiow, benceforward, KZ. XXX, 20, « for tbe future ». 
for-raigim I overpower, 1 overcome, prêt. sg. 3 do forraig 49, see Tog. 



The Dejth of Muirchertjch macErca, 43$ 

Trôi, pp. 160, 161; ra forrged Cuchulainn cach caur, LL. 86 a 47, denom. 

of forrach .i. foirncart, O'Cl. 
fotha 25, ground, reason. 

frichnam 51, for fritli-gnam : cen frithgnam a duiniu oca, YBL. col. 762. 
gach-re-n-ûair 42, every second hotir = cach ra n-ûair LU. 30 b i3. 
gam-adaig 4, gem-adaig 31, winter-night, one of Sin's names, gen. 
gemaidche 3 1 . 

gasana sanais 29, sprigs of sanas (?), some plant, 
genis 16, thon hast been born : sg. 3 nir gein, co ngein, Ir. Texte, III, 542. 

Kev. celt., XX, 400. 
grennugud 23, act oj bearding, chaïlenging, verbal noun of grennaigim, Ir. 

T. IV, 408, Rev. celt. v. 200. 
grib 36, gen. gribi, Sait. 921, from grypbus, Lism. Lives, p. 394, a grib in 

gascid, Ir. T. III, 508. 
guisén 25 = guiseog a straw, slalk, O'R., cogn. with gass. 
iachtad 33, crying, yelling. 
iasacht 6en-aidche 2, a loan for one nighl : cf. lenn.an aidche, Ac. na Sen. 

5687. As to iasacht v. Lism. Lives, p. 394, gen. iasachta LL. 54 b . 
ibus, abus 16 in tins world = i fuss, dat. of foss. 
idal idolater, KZ. XXXVII, 252, gen. sg. idail 25. 
il-imud 38, many crcnvds. 
ilrecht 34, many j omis, gen. pi. 
imne 31 thus, ra fetarsa tra imne bid forderg in sluagsa de, LL. 56 11 38, ed 

imne, Ir. Texte, III, 526, for amne, Asc. Gloss. XL 
indellach adfustment ? readiness ? ar indellaigh 38, deriv. oiindell. 
isa 10, whose is. O. Ir. asa. 
lân-bind 26, full-mehdious. 
lân-olc 34, fuïl-evil. 
lecaim I lay low, Ifell, près ind. sg. 2 lecai 25 : cf. leagaim / throïc down, 

CVR., Se. Gaelic leagail a throiving down. 
lechta 46, a by-form of lecht « grave », 10. 
lenn.in 3, darling (liebling), Togail Troi 2 1674. 
lethéit 6, for leth-séit : cf. do loitt do letheit LL. 84 a 19. 
lfth cen ail 34, lith = -Àt,0j;, Thurneysen. 
locc 11, a place, from Lat. locas. 
loise 14, blush, loisse, Mart. Gorm. p. 280. 
longphort 34, a camp. 
lucht selga 1, huntsmen, huniers. 
lunga dat. sg. 36, a by-form of long « vessel » : or a loan from longa 

(navis)? dat. ace. lunga LU. i26 a u, 12, dat. longai, ace. lungai, Ir. 

Texte, II, 1, 137. 
mainistir monastery, dat. sg. 15, gen. mainistrech 13. 
mar siûd 49, cf. asiût LL. 2o6 b 20, ann-siut Ir. Texte, IV, 378. 
merge standard, pi. n. mergi 12. O. N. maki. 
meseda 31, intoxicaled, cf. so-meseda, Ac. na Senôrach 420. 
milrad 1, hunting. 



436 Whitley Stokes. 

Mîsach (« menstruum ») Cairnig 12. O'Curry, Lectures, 536, where he 
says that this reliquary was « probably a calendar ». Its case is now in 
the Collège of S. Columba, near Dublin, Reeves, Cohunba 328-9. 
monûar 34, 49, alas. 
muirnech 5, cheerfuïl 
musclaira / awake, do muscail 39, musclais 37, Ir. Texte, IV, 419. Zimmer 

Kelt. Bèitr. II, 185. 
nech 44, in cethramad nech. 
nefni 34, nothing = nephni Sg. 95» 3. 

nemidach 51, a dweller in beaven (nem) = nimidech, Trip., p. 304, 1. 23, 
deriv. of nemid « heavenly », Mart. Gorm. p. 284, and opposite of ifer- 
nach. Rev. celt., X, 82. 
nocha-n feadar = no con fetar LL. 56* 37, where no cou is frora ni-con. 
ochsad 4, cry, oxad leoman LU. 106*40, dat. co n-ochsaid moir 7crieit 7 

accaini LB. 144 1 . 
ôenda lai 1 , an unique day ? 
orleach slaughter, for airlech 39. 
osnad 4, sigh. Rev. celt., xiii, 122. 
pudar, 48, shame. From Lat. putor. 
raithnech 2(),fern, dat. raithnig 19, pi. dat. raithnechaib 16, deriv. ot 

raith, Cymr. rbedyn. 
rind-gel 4, starbrigbt. 
ro-chaemda 4, most bchved. 

ro-gléstu 16, very bright, cogn. with glési « brightness », Fél. Oeng. ep. 454. 
ro-gnâth 12, very usual. 
ruad-thene red jire, gen. ruadtheined 33. 
ruidles 12 (= ro -+- diles) inhérent right, a ruidles LU. 51*23, inad is 

ruidles do rig, LL. 196*. Hence rudilse LU. 35* 2. 
scithaigim I grow weary, prêt. pass. ro scithaiged 21, pi. ro scithaightea 
iat ar romet a n-ingrema forsin popul pectach truagh sin, Laud 610, 
fo. 226 2. A déponent in Old Ir. ni cou satbigfar (gl. neque in eo de- 
fetiscar), Aug. Soliloquia n d ). 
sen-tûath an old tribe, pi. .\cc. sentuatha 49. 
serg-galar 20, a décline, consumption, cf. serg galair Lism. Li\es, p. 399, ro 

sercai Trp. 176, 21. 
siabrae an evilelf, a démon, 33, LU. 1 1 5*3 1 , gen. pi. 39, 40, dord siabrai, LL. 
Il4 a i, il-siabrai À. sithaigi, Rawl. B. 512, lo. 102*2. Cf. the verb ro 
siabrad iinmi, LL. 73 a 2i sia[ba}rtha, LU. 70*23. Is the Cymr. name 
(Gweti-) biL'vfar cognate? 
sigen na croiche 26, 29, Trip. 484,8, signum crucis, in tsigen satuirn, LL. 

230», from signa regarded as nom. sg. of a fem. a-stem, 
sin (= Cymr. /;/;/) 4, 34, storm, gen. sine, 32. Rev. celt., XIV, 40. 
smôl ember, pi. n. smola 4:, perhaps cogn. with Eng. smoul-der, Dutch 

smeulen . 
so-brônach $,cheerful, cf. Cymr. hyfrwyn): opp. ofdobrônach sad, Ir. T., 

IV, 397- 



The Death of Muirchertach mac Erca. 437 

socht silence, tucais i socht 34, cf. tue socht for sluag, Cinaeth hua 

hArtacan. Rev. Celt., XXIII, 314, last line. 
sôer-sluag a noble host, gen. pi. 49. 
spairnn 34, effort, from O. N. sporna « to spurn ». 
spraicc 12, poiver, from O. N. sprakr « sprightly ». 
stiurad 37, act of steering, directing. Ir. Texte, IV, 428. O. N. stjôma. 
sûail Utile, sûail nach almost, 20. 
sûg ]6, juice, sap, cf. sûg bis isnaib ballaib, Ml. 44 d 8, cin seg, cin sûg, 

LB. 163b 8. Like Welsh sug, from Lat. sïicus. 
tacair (= to-ad-gair), 49, te// thon. 
tachur 16, fighting, an affray. Ir. Texte, IV, 428-9. .i. deabaidh no comrac, 

O'Cl. = tochar Aisl., p. 197. 
tacraid 41, leg. tachraid « meets »? Lism. Lives, 1. 4305. Or is it for to- 

ebraid, près. ind. sg. 3 of tochraim « I fight », Aisl., p. 197? 
taethen 4, groan. Cf. toethinach, gestôhn, Alex. 267. 
taircsiu an offering} dat. taircsin, 37. 

talam earth, gen. sg. in talman 26: so Ml. 2 > a 8, enaird in tahnan. 
tathâir 32, Wb. 16*24, reproach. 
tech inclethe 32, a hidden bouse} a privy} 

*techtaigim I get possession, prêt. sg. 3 ro techtaidh (leg. -taigh) 44. 
teist in tige 6, testimony as to tbe house. 
tesmolta char acier istics, peculiarities, qualifies, gen. teasmolta 47, pi. n. 

(pn'm-) thesmalta iffirn, LU. 33b 24, tesmolta tigernais, B. of Moira 116. 
tf design, intention, for ar ti, ar do thi 35. Ir. Texte, IV, 130, ba himda 

gilla... for tî in mie sin, Rev. celt., V, 198. 
tindabrad 34, sleep, tionabhradh, Four Masters A. D. 1 178 and O'R. 
tiug-lecht 20, last grave, do thiglecht, LL. 84a 12. 
to-chaithem 20, act of partàking, consuming. 
toirind 25, hiver thon, àbate, imperat. sg. 2, cf. * dorindim : with infixed 

pron. do-n-rind, Fled Bricr. 36, Eg. 
tonach 43, a washing, verbal noun of do-nigim, LU. 119b 14, 20. 
tonn talman tbe surface of tbe carth, tbe sward, fo tuind talman 50, arna tu- 

daich tond talman torut, LU. ii) a 29. 
tôrand F. verbal noun of doforindim « I mark out » (prêt. sg. 3 dororaind 

Trip. 70, 236), ace. tôraind 27, but the dat. toorund, Tirechan 13, 

shews that tôrand must hâve been msc. or neut. in Old-Irish. 
traeht 22, strengtb, Aisl. p. 198. 
tromm-gâir 23,3 heavy shout. 
tromm-thene 33, a serions fire. 

tuarascbail 16, description, appearance, bâ ingnada tuarascbail 7 a delb,LU.4i a . 
ucht breast, re hucht catha 12, ina ucht 41. 
udacht for aidacht, edocht a bequest (from Lat. ëdictum, Vendryes), gen. 

udachta 12. Lism. Lives, p. 402-3. 
usa 4, easier, ussa fa chach, Ac. na Senôrach 6980, usa .i. coir, O'Cl. 

usacbd facilitas, O'Gr. Cat. 274. 

Whitley Stokes. 

Revue Celtique, XXIII. 29 



ADDENDA AND CORRIGENDA 



Revue Celtique, t. XXIII. 



P. 303, 1. 6, after heroes insert most of which are embodied in sagas still 
extant. The verses are therefore of some importance for 
the history of Gaelic literature. 
304, delete note 4. 

308, 1. 29, Strachan would correct romed into rôined « he used to rout »: 

rôined cech roen would then resemble phrases like u-i/r t v 
iaâyovTO, pugnam pugiiabaiit. 

309, 1. 9, for disgrâce rend treachery. 

310, 1. 27. Fr. Henebry connects goutach with goimh « pain, anguish, 

hurt », Three Shajts, p. 388. 
314, 1. 28, Strachan would correct i n-ecin to in n-écin « the need ». 
316, 1. 14, romm-ain a scribal error for nomm-ain (Strachan). 
319, note 1, delete leg. IM. 
327, 1. 16. Fr. Henebry thinks that daela should be completed to 

daeîame = doe lame (gl. lacertus), Sg. 68 a . 
341, 1. 3, from bottom, after Windisch insert Berichteder philol.-histor. 

Classe der Kônigl. Sachs. Gesellschaft der Wissenschaften, 

1884. 

W. S. 



TABLE 



DES PRINCIPAUX MOTS ÉTUDIÉS DANS LE TOME XXIII 
DE LA REVUE CELTIQUE'. 



I. Gaulois ou vieux-celtique, 

ET OGAMIQUE. 
(Voir pp. loo, ioi, 105, 105-107, 210, 

217, 2l8, 221, 227, 363, 366, 367). 

-a, nom. sg., 1 42, 143 . 

Abuco, 115. 

-aco-s, 75 , 79, 80, 2 16. 

ADDILONA, 112. 

Adminius, 76, 78. 
Aduatuci, 139. 
Aedui, 1 39. 
Agedovirus, 1 36. 
-agni, 112. 
-al-, 78. 
Albiorix, 100. 
Albonica, 78. 
Albonius, 78. 
Aleba, 77. 
Alisanu, 138. 
Alobriga, 81 . 
Ambimogidus, 80. 
Amminius, 78. 
•an, ace. fém. sg., 1 44. 
Andecamulos, 137. 
Anokopokios, 136, 146. 
Anvalonnacu, 1 38. 



Arabriga, 78. 

Arcobriga, 76. 

Ardunnus, 78. 

Aremoricos « maritime », 151. 

Argentovaria, io$. 

Arotrebae, 8 1 . 

Artabri, 81. 

Arverni, 139. 

-as, ace. pi., 168. 

Ateknati, 1 37. 

Atepa, 142. 

Ateporix, 100. 

Atespatus, 224. 

Ateula, 142. 

-atis, 1 50. 

Atrebates, 1 54. 

Augustobona, 100. 

Augustodunum, 100, 218. 

Aù"foj7Tovip.s70v, 100, 138. 

avi « du petit-fils », 147. 

-avo-, 2 10. 

Avobriga, 107. 

A vota, 107. 

avotis « directeur de fabrication »?, 

106, 107. 
Bandua, 8 1 . 



I. Cette tabk a été faite par M. Ernault. 



440 Table des principaux mots étudiés dans le tome XXIII . 



Banvabi, 224. 

Bedunus, 81. 

Belatoni, 1 1 5. 

Belenos, 210. 

B^Xr)aa[xt, 144. 

Belga, 142. 

Belinia, 149. 

Beliniccus, 1 ! $. 

Belisama, 144. 

Bergussa, 115. 

Biatucco, 115. 

[b]idani, 112. 

Bi;i.;j.o;, 137. 

bitu- « monde », [51. 

Bitudaga, 151. 

Biturigas, 168. 

Bituriges, 151, 168. 

Bocca, 115. 

Bwxdr]yo;, 100. 

-bona, 76, 2 10. 

Borissa, 115. 

Boudica, 78. 

Boudillus, 78. 

Boudius, 78. 

Boudus, 115. 

Bouti, 81. 

Boutia, 142. 

Bratronos, 137. 

brâtu- « jugement », 224. 

Bratuspantium, 224. 

...bricensis, 79. 

briga « hauteur, château », 75, 

78-82. 
Brigantes, 1 54, 369. 
Brigantia « haute, élevée », 148 
Brigantium, 81 , 227. 
Bp'.yâxoj, 72, 73, 100. 
Brigus, 79. 

BRUSCCOS, 1^2. 

Buccos, 106. 
Caetobriga, 76. 
Caladunum, 81. 



Calava, 142. 

caliaci, 152. 

Calubriga, 8 1 . 

Camala, 80. 

Camalus, 78-80. 

Cambus, 115. 

Cantius, 77. 

Cantusa, 142. 

Carantomagus, 1 $6. 

Carantus, 156. 

Careti, 81. 

Carnuntum, 82. 

Carussa, 142. 

Catti, 11$. 

Catumarus «grand dans la bataille», 

79- 
Caturiges « rois de la bataille », 79. 
Caturo, 79, 80. 
Cavvae, 115. 
celicnon « stèle », 1 38. 
Celta, 77, 79, 142. 
Celtiberi, 82, 367. 
Celtici, 75-77, 80-82. 
Celtios, 79. 
Celtus, 77, 223. 
Cernunnos, 1 37. 
Cinnamus, 11$. 
Cintonis, 115. 
Cintugnatus, 92, 11$. 
Cintussa, 115. 
Cloutaios, 79. 
76, Cloutios, 79. 

-cnos « fils de », 1 36-1 38. 
columcil, 220. 
Cominia?, 76 
Cominius?, 76, 77. 
Condolius, 115. 
Conimbriga, 78. 
Conni, 115. 
Contextos, 137. 
corbagxi, 220. 
Cottia, 147. 



Table des principaux mots étudiés dans le tome XXI II. 441 

Gobannio, 162. 

Gobannitio, 1 16, 162. 

Grannus, 1 1 1 . 

-i, gén. sg., 137, 147, 220, 221, 

224. 
-i, dat. f. sg., 144. 
-ia, 148, 1 49. 
-ialo-, 2 io, 
Iccavos, 137. 
-id-, 80. 

-in, ace. sg., 1 $0. 
inagene « de la fille », 112. 

-io-, '37: '45i '4 6 - 22 4- 

-is, nom. sg., 1 $0. 

-ismus, 2 10. 

-issa, 2 10. 

Kapoo'.iAaia?, 71, 73. 

karnitus « ceux qui ont entassé les 

pierres »?, 139. 
KaaaitaXo;, 1 3 7. 
Koisis, 1 50. 
KovodXso;, 137, 146. 
Lacobriga, 76. 
Leucetius, \ 57. 
Licnos, 1 37. 
Ai-o-j'ixpîo;. 137, 147. 
Lixoviatis, 1 $0. 
Lobesa, 77. 
Lobessa, 77-79. 
Logius, 73. 
lokan, 144. 
Lovesius, 79. 
Lovessius, 77. 
Lovessus, 77. 
Lovesus, 77. 
Lugoves, 1 $2. 
Lugdunum, 92. 
Lugu-, 92, 220. 
Lugudunum, 92, 367. 
Magontia, 218. 
-magus « lieu, champ », 153, 169, 

2 10. 



Cottios, 147. 
Cotu, io6. 

CUNATAMI, 137. 
DALAGNI, I 37, 220. 
DALI, I 37. 220. 

Dannotali, 1 37. 

A7]''.07apo;, 72, 73, 100. 

Deobriga, 81 . 

Deobrigula, 8 1 . 

Deogena, 81. 

Dervum « forêt de chênes », 167. 

Doiros, 137. 

Drappes, 153. 

druides, 1^5. 

Ducarius, 368. 

-dunum « forteresse «,82, 169,210, 

218, 367. 
Durbedicus, 79. 
A'jptâXo'j?, 72, 73, 100. 
Durnovaria, 105. 
-durum, 210. 
-e, dat. sg., 1 50. 
-E, gén. f. sg., 112. 
Ebora, 76. 
Eloppo, 115. 
HXout/.ov'.o;, 137, 146. 
Endovellicus, 76. 
-entum, 210. 

-eos « fils de », 137, 146, 147. 
Epona, 101. 
Equabona, 76. 
Esanekoti, 147. 
Essingos, 1 37. 
Gabri, 115. 
Galata, 142, 223. 
Galla, 77. 
Gallius, 79. 
Gallus, 76, 77, 79. 
Garumna, 142. 
Tapouva;, 142. 
-genos « fils de », 81 . 
-gni « du fils- de », 220. 



442 Table des principaux mots étudiés dans le tome XXIII. 



Mapa, 142. 

maqi « du fils », 112, 1 37, 2 19. 

MAQQI « du fils », I $2. 

Maricia, 149. 

Medamus?, 80. 

Meribriga, 76. 

Mirobriga, 76. 

Mogetes, 2 18. 

Mogeti, 218. 

Mogetissa, 142. 

Mogetius, 218. 

Mogituma, 142. 

Mogonia, 149. 

Moguntiacum, 218. 

mori « mer », 151. 

Mopixâu.671 * courbe de mer, golfe », 

Morini « maritimes », 151. 
MôrsoLç, 142. 
MUCO, 112. 

mucoi « du parent », 219. 
Mundobriga ou Montobriga, 76. 
Namausatis, 1 $0. 
Namnetes, 153. 
-nantus, 2 10. 
Nemetobriga, 81 . 

V£[J.7]TOV, I38. 

Nertobriga « château de la force », 

75- 
neta « champion »?, 219, 220. 

NETATTRENALUGOS, 220. 

Nodonti, Nodenti, Nudente, 1 54. 

Notta, 115. 

Novaria, 105. 

Novion, 81 . 

Obni « du timide » ?, 224. 

Ogmios, 55. 

-oi, nom. pi., 1 39. 

-on-io-s, 78. 

Oppianicnos, 1 37. 

-os, nom. sg., 1 36, 1 37. 

-os, gén. sg., 152, 220. 



Pennocrucium, 371. 

nEvvooo'.voo:, 152. 

IlETO'japi'a « la quatrième », 105. 

Petrucorii, 369. 

poi « du neveu » ?, 2 19. 

Praesamarci, 81 . 

Reburrimus, 80. 

Reburrinus, 81. 

Reburrus, 78-80. 

Re/tugenos « fils du droit », 80, 

81,153. 
Runesus, 76. 
Sacionis, 115. 
Sacrobena, 143. 
Sacrovirus, 1 36. 

SAGRAMNI, 137. 

Saguntum, 82. 

Santae, 1 i $. 

Satta, 115. 

Segeda, 75, 82. 

Segida, 75. 

Segisama, 82. 

Segobriga « forteresse de la victoire », 

82. 
Segomari, 137. 
ïsyouapo;, 1 36. 
Senni, 115. 
Senobena « vieille femme », ou 

« femme conquérante », 143. 
Sequana, Srjzoava;, 142. 
Setupokios, 1 36. 
-spant- « disant », 224. 
Suça, Sucae, 115. 
Sucellos, îoi. 
Talabriga, 78. 
Tameobrigus, 79. 
Tanotaliknoi, 139. 
Tanotalos, 1 36, 1 37. 
Tarbelsonios, 137, 146. 
Tarvenna, 2 10. 
tarvos « taureau », 210. 
Teutomatus, 78. 



Table des principaux mots étudiés dms le tome XXIII. 44 3 



Tigernum, 169. 

Togeneti, 115. 

Tongetamus, 78. 

Tongius, 77, 78. 

Tongoenabiagus, 80. 

-touta « peuple », 143. 

Toutisicnos, 1 37. 

Toutissa, 142. 

Toutoni, 78. 

Toutorix, 78. 

Trebaruna, 78, 81 . 

Tricorii, 300. 

Trutikni, 1 37. 

Trutiknos, 1 36, 1 37. 

Turiacus, 79. 

Turo, 81 . 

Turobriga, 75 . 

-u, dat. sg., 138. 

Ucuete, 1 50. 

Ucuetin, 1 50. 

Ugultuniacum, 7 5. 

ulcagni, 220. 

-untum, 82. 

•us, nom. pi.?, 1 39. 

Uxama, 223. 

Uxellodunum, 223. 

-varia, 10$. 

Varus, 73. 

Ou7)6pouu.apo;, 137. 

Veneti, 369. 

Vercingetorix, 167, 208, 371. 

Ouepaixvo;, 1 37. 

OutXXovêûç, 136, 147. 

•vindos, blanc, 1 06. 

viriae « bracelets », 79. 

Viriatus, 79, 80. 

-viros « homme », 136. 

Virotouta « peuple d'hommes », 

Vivarius, 105. 

Volca, 142. 

VORTIGERN[lj, 220. 

O'jpiTay.oç, 137. 



'43- 



Z;j-:oTo;j.aoa, 362. 
ZfiepxopiÇ, 361 , 362. 

II. Irlandais. 

(Voir pp. 6, 7, 84-88, 97, 99, 1 1 1, 112, 
201, 202, 212, 215, 215-217, 220, 
222, 224, 304, 514, 331-348, 3j8, 
5 59> 364, 432-438)- 

-a, nom. -ace. pi., 151, 153. 
-a, gén. f. sg., 143. 
adaig, nuit, 149. 
âilme, que nous implorons, 85. 
ainm, nom, 163. 
anim, âme, 164. 
anmin, les âmes, 164. 
anocht, cette nuit, 1 38. 
anrô, adversité, 292. 
-ar, 3 e pers. sg. passif, indic. prés., 92. 
ara, cocher, 155. 
aschomart, qui a été tué, 86. 
asruluûs, j'ai échappé, 84. 
atasni'aim, je les joins, 86. 
atbail, il meurt, 1 16. 
ateois, tu le mentionnerais, 83, 84. 
athesc, réponse, 224. 
athir, père, 166. 
athraig, pères, 166. 
athre, des pères, 85. 
aue, petit-fils, 107, 146, 147. 
bai, vaches, 171. 
balg, brèche, 369. 
banb, banbh, cochon, 224. 
baramail, opinion, 300. 
baslethan (cheval) « aux larges sa- 
bots », 88. 
bebais, il mourut, 84, 8^. 
ben, femme, 1 43. 
beothu, vie, : 57. 
berim, je porte, 1 64. 
bibdu, bidbu, coupable, 86. 
bith, monde, 151, 152. 
bô, vache, 170, 171 . 



444 Table des principaux mots étudiés dans le tome XX III . 



braigim « pedo », 104. 

braithrea, frères (ace), 165, 166. 

brathar, des frères, 85. 

bràthir, frère, frères, 85, 165, 166. 

brûthre, des frères, 85. 

bréimm, pet, 104. 

breth, jugement, 164. 

bri, montagne, 7$. 

Brigit, 148, 149. 

brith, porter, 164. 

brithem, juge, 163,1 64. 

broin, bronna, ventres, 140. 

bûaid, victoire, 78. 

bûrim, je frappe, 222. 

caire, troupe, 300. 

cairtea, amis (ace), 1 56. 

cairtib, aux amis, 1 56. 

camh, pouvoir, 78. 

canim, je chante, 222. 

cara, ami, 1 56. 

carimm, j'aime, 1 56. 

carit, amis, 1 $6. 

cath, bataille, 79. 

cathir, ville, 166. 

cathir, à la ville, 167. 

cathraig, villes, 166. 

céimm, pas; marcher, 104, 162. 

ceimmen, les pas, 1 63. 

cenela, nations, r40. 

cesc, question, 248. 

cet-, avec, 371 . 

cet, un coup, 222. 

cet, cent, 140. 

cethir, quatre, 10$. 

Chillenus, 110, 111. 

Cillian, 110, 1 1 1 . 

cingim, je marche, 104, 162. 

cloth, célèbre, 79. 

coair, convenable, 87. 

coin, chiens, 161 . 

colg, calg, épée, 249. 

conatuil, il a dormi, 85, 86. 



Condle, Condla, 146. 
conidnaicert, il l'a corrigé, 87. 
conôi, il garde, 107. 
consddu, j'apaise, 280. 
cosc, réprimande, 224. 
cosnaim, je cherche à conquérir, 143. 
cride n-, cœur, 148. 
Cri'st !, 8j. 
crocan, pot, 370. 
crogan, cruche, 370. 
crûach, tas, 371 . 
cruithnechta, du froment, 143. 
cû, chien, 160, 161 . 
da-, serviteur?, 85 . 
dd, deux, 135, 141 . 
dair, chêne, 167. 
dau, deux, 141 . 
daur, chêne, 167. 
dega, bourdon, 222. 
desimrechta, de l'exemple, 143.- 
dî, deux, f., 145 . 
dib n-, à deux, 135, 141 . 
die, dia, jour, 171. 
dieis, diess, derrière, 96. 
dinim, je tette, 1 $6. 
dinu, agneau, 1 $6. 
dobiur, je donne, 147. 
dochuaid, il est allé, 87. 
dochuiriur, je mets, je donne ; je 
jette; j'invite, je fais venir, 90, 

docôemnagtar, iis ont lavé, 84. 

dodonfarci, il nous entoure, 84. 

dôini, hommes, 223. 

dolléciu, je jette, 147. 

doratsat, ils ont accordé, 87. 

doruirmenaiter, ils ont pensé, 88. 

drochta, cuve, 222. 

droichet, pont, 222. 

dui, sot, 531. 

duine, homme, 223. 

dûn, château, forteresse, 169, 368. 



Table des principaux mots étudiés dans le tome XXIII. 445 



-e, gén. f. sg., 141, 143. 
Eriu, Erin, Irlande, 140. 162. 
estecht, sortie, décès, 84. 
faibur, faobhar, tranchjnt, lame, 270. 
faith , devin, 1 50. 
fâtho, fâtha, du devin, 1 50. 
féda, fiadu, seigneur, 1 10. 
fer, homme, 135, 136. 
fer difaesam « homme de protec- 
tion », 99. 
feraib, aux hommes, 140. 
Fergus, 170. 

fer n-, homme (ace), 135, 138. 
fer n-, des hommes, 13$, 140. 
Fernmag, 169. 

fidnemid, du bois sacré, 138. 
fili, poète, 154, 155. 
find, blanc, 106. 
fine, famille, 369. 
tir, ô homme, 135, 138. 
fir, de l'homme, 135, 137. 
firu, ô hommes, 1 39 
firu, hommes (ace), 135, 140. 
fiur, à l'homme, 1 37, 147. 
fobith, à cause, 274. 
Foirtchern, 220. 
forethae, enclos, 84. 
fororcendta, ils ont été finis, 83. 
gairim, je crie, 104. 
gairm, cri, 104. 
gér, ardent, 83. 
gérât, champion, X ;. 
gestae, qu'ils demanderaient, 87. 
gille, serviteur, 85. 
glûn, genou, 169. 
gnâth, connu. 92, 264. 
goba, forgeron. 1 16, 161. 
gobainn, forgerons, 162. 
Goibniu, 1 16. 
gorim, je chauffe, 22 1 . 
gorm, brûlant, 221. 
huinnius, frêne, 1 16. 



inboth, noces, 222. 

indiu, aujourd'hui, 171. 

ingen, fille, 1 1 2. 

inmadae, sans cause, 1 16. 

innocht, cette nuit, 1 58. 

insce. discours, 149. 

Killbenin, 111, 112. 

lâne, plénitude, 149. 

lasrort, par qui a été tué, 86. 

léimm, saut; sauter, 84, 104, 162. 

lia, plus, 1 59. 

lingim, je saute, 104, 162. 

loche, éclair, 1 $6. 

macc, fils, 225. 

maccflaith, jeune seigneur, 225. 

madae, en vain, 1 16. 

mael, serviteur, 85. 

mag, plaine, 169. 

maige, plaines, 153. 

Maire!, 85. 

Manannân. 215. 

mar, mor, comme, 83. 

màthir, mère, 166. 

-me, -mae, i re pers. pi. relative, 8$. 

mell, tas, colline, 370. 

menme, sens, sentiment, 163. 

mesgach, ivre, 286. 

mess, élève, 222. 

mi, mois, 1 59, 1 70. 

min, doux, clair, 76. 

mfos, mois, 170. 

mnâ, de la femme, 143. 

mol, tas, 370. 

molmae, que nous louons, 85, 86. 

mora, mers, 151. 

môrfhlaith, grand chef, 225. 

mug, serviteur, 8$. 

muir, muir n-, mer, 151. 

mulLin, sommet, hauteur, colline, 

37°. 37 ' - 
mûr, boue, 222. 
mure, mers, 151. 



446 Table des principaux mois étudiés dans le tome XXIII . 



na, les, 8\. 

na, dans leur, 87. 

nathir, serpent, 166, 167. 

nathraig, serpents, 166. 

nem, ciel, 169. 

nemed, sanctuaire, 1 38. 

ness, blessures, 288. 

neth-, serviteur?, 85. 

nia. neveu, 160. 

no-, que, 87, 222. 

Nuadu, 1 $4. 

0, petits-fils, 146. 

ôge, virginité, 149. 

Ogma, $e 

Oisin, Ossian, 213, 214. 

omun, crainte, 224. 

6s, ûas, en haut, 1 $9. 

Oscar, 213, 214. 

patnide, qui a rapport au lièvre, 

161. 
patu, lièvre, 161 . 
poc, pôg, baiser, 1 59. 
raith, il courut, 369. 
rath, grâce, 292. 
recht, le droit, 153. 
rechte, rechta, les droits, 153. 
rétlainn, étoiles, 84. 
ri, roi, 167. 
rig, les rois, 168. 
ro-, partie, verbale, 201, 202. 
rogait, quenouille, 222. 
roleblaing, il a sauté, 84. 
ror-, partie, 222. 
rudrad, long délai ; longue possession, 

97- 
se, six, 1 59. 
seasgan, gerbes, poignée ou tas 

d'épis liés, 1 19. 
sechtmoga, soixante-dix, 138. 
secht n-, sept, 1 38. 
selc, espionnage, 222. 
sid, paix, 280. 



Sillain, Siluain, 8^. 

snim, filer, 86. 

suaitrech, soldat, 222. 

suartlech, guerrier Scandinave, 222. 

sui, sage, 331. 

suilfior, du soufre, 7, 32. 

tàich, il s'est enfui, 369. 

taid, voleur, 107. 

tech, maison, 168, 169. 

-thir. -thar, 3 e pers. sg., passif de 

l'ind. prés., 92. 
tige, maisons, 1 68. 
tigerne, maître, deux maîtres, de 

deux maîtres, 146. 
tigerne n-, maître (ace), des maîtres, 

146. 
tigerni, du maître, maîtres, ô maîtres, 

146, 147. 
tigernib, aux maîtres, 146. 
tigerniu,au maître, maîtres (voc. et 

ace), 146, 147. 
tochlaim, je creuse, 22 1 . 
toimtiu, opinion, 164. 
tongu, je jure, 77. 
tore, cochon mâle, 222. 
tossach, chef, prince, 22^. 
trâth, espace de temps indéterminé, 

97- 
tûaith, au peuple, deux peuples, 141, 

144, 145 ■ 

tûaithe, du peuple, 141, 143. 
tûaith n-, peuple (ace), 141, 144. 
tûath, peuple, cité; de deux peuples, 

78, 141, 143, 145. 
tûatha, peuples, 141, 144. 
tûathaib, aux peuples, 141, 14$. 
tûath n-, des peuples, 141 , 145. 
tuesam, nous avons donné, 86, 87. 
tuinide, possession, 98. 
-u. nom. sg., 1 54. 
ua, petit-hls, 1 46. 
ûabar, orgueil, 266. 



Table des principaux mots étudiés dans le tome XXIII . 447 



uaisliu, plus élevé, 1 60. 
ûasal, élevé, 1 59, 223. 

III. Gaélique d'Ecosse. 
aonbharailleach, unanime, 300. 
barail, opinion, 300. 
cluigean eighe, morceau de glace, 

248. 
faobhar, tranchant, lame, 270. 
Ion, élan, cerf, 283. 

IV. Gallois. 

(Voir pp. 441-444.) 

-ach, comparatif, 160. 

achas, très odieux, 290. 

addaw, promesse, 301. 

aeron, fruits, 239. 

aeth, douleur poignante, 263. 

allawr, autel, 249. 

anad, spécial, 278. 

anffawd, infortune, 240. 

annoeth, insensé, 287. 

ap, fils, 286. 

arfaeth, dessein, 240, 241. 

arfeiddio, défier, s'attaquer à, 241, 

242. g ^ 

atreg, arrêt, délai, 240. 
-au, piur., 1 52. 
baeth, sanglier, 106. 
banw, cochon, 224. 
beiddio, oser, 244, 268. 
beirdd, bardes, 1 59. 
berwaf, je bous, 92. 
beunydd, chaque jour, 158. 
bilain, vilain, 284. 
bloddio, agiter, 245. 
brawd, frère, 165, 300. 
brodyr, frères. 165. 
buwch, vache, 171. 
brys, hâte, 239. 
bwyell, hache, 244. 
byd, monde, 151. 



caer, ville, 166, 167. 

caly, pénis, 249. 

callawr, chaudron, 249. 

cawdd, chagrin, 251. 

ceis, question, recherche, 248. 

celu, cacher, 27 1 . 

cemmein, les pas, 163. 

cennad, messager, 247. 

ceraint, amis, 1 56. 

cereu, troupes, 300. 

ceudawd, cœur, disposition, 27$. 

ci, chien, 161 . 

cildyn, obstiné, 252. 

cloch, cloche, bulle d'eau, morceau 
de glace, 248. 

coelio, croire à, 273. 

col, cola, pointe, 249. 

colginn, épi, 249. 

colyn, pointe, 249. 

cosgordd, suite, serviteurs, 108. 

cosp, réprimande, 224. 

crefu, crëu, demander instamment, 
275. 

croes, croix, 1 ;8, 1 60. 

croni, se rassembler, 250. 

crug, tas, 371. 

crysio, se hâter, se précipiter, 250. 

cur, soin, 251. 

cwn, chiens, 161 . 

cyd, tandis que, 371. 

cyda, avec, 371 . 

cymhwys, en équilibre, en ordre, 
.89 

cynddar, vertige, 161. 

cynddaredd, rage, 161 . 

cynifer, tout, 175. 

chwech, six. 1 59. 

chwyddo, enfler, 280. 

chwyrnu, gronder, grogner en mon- 
trant les dents, ronfler, 1 17. 

chwythu, souffler, 280. 

daear, terre, 249. 



448 Table des principaux mois étudiés dans le tome XXIII . 



dagreu, larmes, 1^2. 

datguddio, découvrir, 2 j 9 . 

daw, gendre, 255. 

deddfawd, coutume, 257. 

derw, chêne, 167. 

dien, ciair, serein; sur, certain, 1 18. 

din, château, 169. 

dirwydo, débarrasser, 297. 

divvedydd, soir, 2^8, 260. 

diwyd, dévoué, 265. 

diwyll, réparation?, culte, améliora- 
tion, 258. 

draws, traws, rude, dur, 261. 

drud, cher, 262. 

duchan, satire, 263. 

dwyn, porter, 25 $. 

dy-, du-, particule péjorative, 263. 

dybydd, il viendra, 264. 

dychweled, retourner, 258. 

dydd, jour, 171. 

dyedd, mort, infortune?, 263. 

dylhvng, relâcher, 264. 

dyn, homme, 223 . 

dyrchu, élever, 260. 

dysglôen, éclat de bois, 259. 

dysgwyddo, démontrer, révéler, 259. 

dywanu, percer, pénétrer, 265, 

dyweddi, mariage, 204. 

dywynu, briller, 265. 

echw, repos, 263. 

eddwyd, tu es allé, 263. 

efrydd, estropié, 2^. 

eira, eiry, neige, 249. 

eirthio, grogner, gronder, harceler, 
266. 

enaid, âme, 1 64. 

enw, nom, 163. 

eosig, rossignol, 102. 

-eu, plur., ! 52. 

ffasg, paquet, 1 18. 

ffawd, bonheur, 192, 240. 

fyti, moi, 266. 



fysgio, se précipiter, 270. 
gadu, laisser, 189, 239. 
glew , tenace, persévérant, 273. 
glin, genou, 169. 
gloesion, douleurs, i 18, 301. 
glwth, glouton, 1 18. 
glynu, s'attacher, 297. 
t;na\vd, habitude, 264. 
gochelyd, éviter, 275. 
gof, gofan, forgeron, 162. 
gofynag, confiance, 274. 
golychwyd, golochwyd, prière, ado- 
ration, 273. 
Gurgust, 170. 
gwala, satiété, 249. 
gwara, clôture, clore, 106. 
gwelyfod, gvvelyod, couches, 273. 
gwellt, herbe, 249. 
gwibio, vagabonder, 1 17. 
gwichio, crier, 1 1 7. 
gwiwer, écureuil, 1 1 7. 
gwydn, tenace, 277. 
gwydr, verre, 276. 
gvvyn, blanc, 106. 
gwyr, hommes, 1 39. 
gynheu, récemment, 297. 
haeddu, mériter, atteindre, 278. 
hagen cependant, 279. 
hawdd, facile, 280. 
hedd. paix, 280, 287. 
heddyw, aujourd'hui, 171, 172. 
hen, vieux, 1 43. 

henoid, henoeth, cette nuit, 158, 159. 
hesp, stérile, 248. 
ial, espace découvert, 210. 
ieuanc, jeune, 92. 
liaus, lluaws, multitude, 1 59. 
linx, lynx, 203. 
Ilafur, travail, peine, 281 . 
1 laid , boue, vase, 245, 283. 
llawethan, llywethan, anguille, 282. 
llowion, rebut, 282. 



Table des principaux mots étudiés dans le tome XX III. 449 



llygriad, corruption, 282. 

maou, maeu, lieux, champs, 153. 

meddu, parler, 284. 

meirch, chevaux, ; 39. 

meth, défaut, 285. 

mis, mois, 1 59, 170. 

modryb, tante, 166. 

mwyaf, le plus, 285. 

nadroedd, serpents, 167. 

nai, neveu, 160. 

namyn, sinon, 282. 

nef, ciel, 169. 

neges, affaire, 288. 

neidr, serpent, 1 67. 

nith, nièce, 160. 

nos, nuit, 1 57, 1 59, 160. 

nych, peine, 288. 

ofer, vain, 266. 

-ou, plur., 1 52. 

palu, creuser, 22 1 . 

parch, respect, 289. 

parchu, respecter, 289. 

peidio, cesser; supporter, endurer, 

290. 
penneu, penau, têtes, 1 52. 
peunoeth, nocturne, is$. 
poc, baiser, 1 59. 
pryf, reptile, 1 74. 
pwyso, peser, 290. 
rannou, rhanau, parts, 152. 
rhad, grâce, 292. 
rheufedd, abondance, 292. 
sail, base, 293 . 
sug, jus, sève, 437. 
talgell, garde-manger, 296. 
teyrn, roi, 169. 
trabludd, tumulte, grande agitation, 

24S- 

tranoeth, le lendemain, 158. 
truth, flatterie, 262. 
ty, maison, 168. 
tywynnu, briller, 265. 



tywysog, chef, prince, 225. 

uch, haut, 1 59. 

uch, fille, 286. 

uchel, haut, 1 59, 160, 223. 

ydd ydwyf, je suis, 256. 

ysgryd, frisson, 292. 

ysgrythu, trembler, 292. 

V. Corxiq.ue. 

Voir pp. 174-200; 237-302.) 

a, partie, verbale, 191 . 

a, signe de participe prés., 176, 

186, 192, 200. 
abera, dans, 185. 
abm, baiser, 237. 
a cothas, sachant, 176. 
adryff, derrière, 238. 
afalsa, semblerait, 267. 
afias?, affirma, 253, 254. 
agynsow, récemment, 297. 
ahas, très odieux, 290. 
alter, autel, 249. 
alwheow, clefs, 239. 
aman, en haut, 239. 
ancombrynsy, embarras, 250. 
ancow. mort, 239. 
anfus, anfues, infortune, 240. 
angeffo, il aura, 27 1 . 
angi, eux, 1 77. 
annethow, insanités?, 287. 
annye, annya, ennuyer, 287. 
aradr, ardar, charrue. 244. 
ardac, arrêt, délai, 240. 
arfeth, arveth, gages, 240, 241. 
a rimah, (tout) ceci, 188. 
arlottes, seigneurie, 241 . 
arveth, menacer, s'attaquera, 241. 
assevye, qu'il serait!, 242. 
aswonvos, reconnaître, 238, 286. 
atal, (en) retour de, 242. 
attamye, remordre?, 242. 
a vrys, promptement ?, 239. 



4^0 Table des principaux mots étudiés dans le tome XXIII , 



avy, envie, 243. 

awayl, évangile, 243. 

awher, douleur, 272. 

awhesyth, alouette, 243, 284. 

bad, mauvais, 243. 

baiol, chaudron, 243. 

bedgeth, visage, 244. 

bedzhidhians, baptême, 244. 

balen, vilain, 284. 

bes, bys, jusqu'à, 244. 

besytha, bezhidhia, baptiser, 244. 

bethaf, j'ose, 244. 

blork, agréable?, 176. 

bom, coup, 245. 

bool, boel, hache, 244- 

brues, jugement, 300. 

cales, calys, calas, dur, 245. 

cals, calge. tas; beaucoup, 245, 246. 

caman, cammen, un pas; pas du 

tout, 246, 247. 
canasow, messagers, 247. 
caltor, chaudron, 249. 
capios « capias ad satisfaciendum », 

247. 
caugeon, homme sale, 247. 
celés, cacher, 27 1 . 
cen, autre, 247. 
cen, avant de, 247. 
cesky, faire des demandes réitérées, 

importuner, 248. 
choy, maison, 197. 
clihi, glace, 248. 
cnes, chair ou peau, 251. 
codnatalle, front, 182. 
coer, chœur, 249. 
cogazers, prêtres, 194. 
cola, écouter, 273. 
collan, couteau, 249. 
collel, couteau, 249. 
colter, coutre, 249. 
composez, accompli, 189. 
conycke, finesse. 274. 



cooth, connu, 250. 

cos, eus, bois, 249. 

coth, cooth, vieux, 250. 

cova, cacher, 178, 274. 

cows, parole, 250. 

cowses, pensée intime, intention, 

2 7S- 

creys, crys, hâte, rapidité ; ardeur, 
250. 

crunys, se rassembla ?, 250. 

cuer, cur, chœur, 251. 

cueth,cuth, chagrin, regret, 251. 

cushez, maudit, 182. 

cuthygyk, qui a du chagrin, du re- 
gret, 251. 

daffar, provisions, matériaux, 252. 

daffole, meurtrir, 253. 

dal : me dal, je dois, 253. 

dama, mère, 183. 

daver, ustensiles, sacs à provisions, 

2 55- 

Deew, Deeav, Dieu, 174. 

def, duf, gendre, 255. 

defalebys, défiguré, 253. 

deflam, sans blâme, 259. 

defran, poitrine, 257, 258. 

degensywe, arriver à l'instant, 296, 
297. 

deglene, se séparer de, fuir, 297. 

dehesy, frapper, jeter violemment, 
25$, 256. 

delkyow, feuilles, 1 77. 

demidhys, marié, 256. 

denewy, répandre, 264. 

densys, humanité, 259. 

der, par, 2 54. 

deray, désordre, trouble, 256, 257. 

desevys, trompé, 257. 

deunos, artifice?, 258. 

dewedhes, tard, 258. 

dewellens, dewyllyens, expiation, ré- 
paration, 2 58. 



Table des principaux mots étudiés dans le tome XX III. 45 1 



dewheles, retourner, 258. 

dial, punition, 263. 

disclien, « piano », 259. 

discuthe, découvrir, 2^9, 288. 

distain, sans tache?, 259. 

doghageydh, soir, 2^9, 260. 

dolos, se plaindre?, de façon plain- 
tive?, 260. 

domethy, marier, 204, 2 $6. 

dor, terre, 249. 

dos, doos, dons, venir, 244, 250. 

dour, véhémentement, rudement, 
instamment, 260. 

douste, poussière, 183. 

dowesys, choisi, 260. 

dowethva, fin, 260. 

dowstol, (briser) jusqu'à réduire en 
poudre, 259. 

dres, par-dessus, 180. 

dres, drevs, hardi, 261 . 

dro, envoyez, 196. 

drocoleth, mauvaise action, 251. 

druyth, druth, cher, aimé, 262. 

duah, fin, 185 . 

due, fini, 262. 

durdala, Dieu vous le rende, 262. 

dy-, péjoratif, 264, 265. 

dyaha, sûreté, 263. 

dyal, dyhal, dyel, vengeance, 259. 

dyale, tourmenter, persécuter, 263. 

dyckles, sans secours, 263. 

dygheth, pitié, 263 . 

dygnas, dynas, malintentionné, 264. 

dylly, mériter, 240. 

dyrac, dyrag, devant, 178. 

dyspleytys, déployer, 264. 

dysqwethas, montrer, exposer, 259, 
288. 

dyswethas, montrer, 259, 288. 

dythewadow, promesses, 301. 

dyvotter, dénuement, 265. 

dywhyny, briller, 265. 



efereth, ufereth, vanité, 266. 

efreth, estropié, 2$ $. 

egery, agery, ouvrir, 176. 

ellas, hélas, 266. 

ena, n'ena, alors, 1 76. 

errya, disputer, 266. 

esumsyn, je prendrais sur moi?, 
266. 

ethen, oiseau, 277. 

eune, owna, raccommoder, 192. 

evidit, alouette, 243. 

evy, moi, 266. 

eysye, humilier, moquer, 266. 

faborden, faux-bourdon, 266. 

fais, foulze, perfide, 174. 

fara, considération, 267. 

fas, face, 267. 

fauge, renommée, 192. 

fenester, feisder, fenêtre, 244. 

flous, flatterie, excuse, 268. 

fodic, heureux, 192, 240. 

fors, force, 268. 

frelh, qui parle bien; prompt, ra- 
pide, véhément, 268. 

frokensence, encens, 197. 

fruith, fruit, 269. 

frut, fruit, 269. 

fu, fvu, vu, vue; aspect, apparence, 
269. 

fur, feer, sage, 1 94. 

fyenasow, peines, regrets?, 269. 

fysky, faire fuir?, 269, 270. 

fysmant, visage, aspect, 270. 

gafe, pardonner, 271 . 

gai, vil, 271. 

galar, chagrin, douleur, 263. 

gar, jambe, tige, 281 . 

gase, gara, laisser, 189, 191, 239, 
271. 

geele, faire, 1 74. 

gen, avec, 271 . 

ges, geaze, moquerie, 199. 



452 Table des principaux mots étudiés dans le tome XXIII. 



gevyans, pardon, 271 . 

gewar, durement?, 272. 

giglot, fille légère, 272. 

glan, pur; entièrement, 272, 273. 

glew, glu, tenace; avec ténacité, 

2 73- 
glos, peine, angoisse, 301. 
gnas, habitude, 264. 
goak, menteur, 273. 
goc, fou, innocent, 273. 
goddros, gronder, menacer, 249. 
goden truit, plante du pied, 181. 
gologhas, prière, 273. 
golovas, couches, 273. 
goreraz, il vêtit, 183. 
gorhel, goral, barque, 192, 274. 
gorthewyth, en fin de compte, 274. 
gorthyans, worriance, splendeur, 

188. 
govys, à cause de, 274. 
gowheles, éviter, 275. 
grath, grâce, 244, 262. 
gre, gré, 275. . 

grug, wrug, reege, il fit, 174, 177. 
guaf, chaste, 276. 
Gwarder, 277. 
gwayah, se mouvoir, 276. 
gweder, verre, 276. 
gwells, herbe, 249. 
gwethyn, souple, 277. 
gwewan, talon, 181 . 
gwry, point de couture, 177. 
gwyth, gweth, œuvre, 261 . 
gwyth, fois, 261 . 
haloin, holan, sel, 279. 
hanas, soupir?, 238, 239. 
hawlsons, ils crièrent, 278. 
hedhy, atteindre, 278. 
hedna, hedda, cela, 174. 
hel, cour, 274. 
hellyrchy, chasser," 278. 
henrose, hendrez, rêver, 198. 



hol, suite, 279. 

hothfy, s'enfler, 280. 

hueth, tranquillité, 280. 

hugez, énorme, 1 88. 

humthan, grossesse, 181. 

huthy, joyeux, 280. 

iagh, sain, guéri, 28 1 . 

irgh, er, neige, 249. 

jevan, diable, 272. 

kenevrah, tout, 175. 

kybmar, kybar, prends, 1 74. 

lathye, attacher, clouer, 281. 

lavalow, pommes, 28 1 . 

Ief, luef, leaufe, voix, 177. 

legradz, corruption, 282. 

lemman, iemmen, lemmyn, mainte- 
nant, 282. 

lemmyn, mais, 282. 

lenesow, sortes de poissons, lieux?, 
282. 

lez, de peur que, 175. 

lien, toile, 2 59. 

loc, geôle, prison, 282. 

lofgurhc hel, ustensiles, 274. 

Ion, lodn, bête à cornes, 282, 283. 

lorel, vagabond, 283. 

lothnow, bétail, 277,283. 

lysten, serviette, 283. 

lyys, boue, 245, 283. 

ma, si, 283. 

mal, mal, 283. 

malbe, malheur, malédiction, 283. 

malbew, épilepsie, 283. 

malga, pour qu'il pût, 189. 

mans, manchot, 284. 

mayny, gens, 284, 285. 

mehaz, dehors, 199. 

mellya, se mêler, 284. 
melyen, limaçon, 284. 
menny, vouloir; auxil. du futur, 

191. 
mercyabyl, miséricordieux, 237. 



Table des principaux mots étudiés dans le tune AT///. 4^ 5 



mero, voici, 189. 

methes, parler, 284. 

mogha, le plus, 285. 

molhuidzhan, limaçon, 284. 

mos, aller, 285. 

mosek, puant, 285 . 

mousegy, puer, 285. 

much, fille, 285. 

muer, mur, mèr, mear, meer, grand, 

'93- 

muscoc, fou, 286. 
nea, ennuyer, 287. 
negis, affaire, 288. 
nonge, d'eux, 188. 
notha, de cela, 190. 

0, était, 1 76. 
can, agneau, 288. 

01, tout, 259. 
oyah, il sut, 177. 
pagya, gaillard, 288. 
parc, parc, 288. 

pargh, respect, action d'épargner, 

289. 
pegans, instruments nécessaires, 

289. 
pegyas, il dura, 2S9. 
perthy, respecter, 175. 
pesgwyth, autant de fois que?, 290. 
pesticks, maux, 192. 
peyn, peine, 290. 
peys, il dure, 290. 
plattya, s'aplatir, 290. 
pol, fange, 245 . 
poroga, prêcher, 190. 
pos, lourd, 290. 
poscaders, pêcheurs, 191. 
pose, appuyer, poser, 290. 
poz, seulement, 188. 
preeve, reptile, 1 74. 
prevath, priveth, (en) particulier, 

195. 
profus, prophet, prophète, 19$. 
Revue CdUque, XXIIJ. 



pyment, boisson, 291. 

queth, vêtement, 288, 291. 

rach, rage, 291 , 292. 

ras, grâce, 292. 

reoute, royauté; respect, honneur?, 

292. 
ros, filet, 297. 

roweth, biens, richesses, 292. 
rowtya, rowtia ?, gouverner, 181, 

'95- 
ruthy, apitoyer, apaiser?, 292. 
-s, plur. , 191. 
sawthenys, surpris, pris au dépourvu, 

292. 
schyndya, blesser, 292. 
scornye, moquer, 292. 
scruth, frisson, 292. 
scusy, échapper, 29?. 
seera, père, 183. 
seere, exactement, 196. 
sel, fondement, 295. 
selyas, anguilles, 295. 
sestyas, il cessa, 295 . 
sethek, feu de tourbe, 294, 295. 
sordya, se lever, 29 $. 
soweth, hélas, 296. 
speras, buissons, 271 . 
squattya, mettre en pièces, 295. 
squerdye, déchirer, 295. 
tacel, objet, outil, 296. 
tallah, voix, 181. 
taruutvan, tarosvan, fantôme, 296, 

298. 
tava, toucher, 2^4. 
teeze, gens, 1 94. 
tellestah, que tu étais, 17). 
tenewen, côté, 264. 
tenwennow, côtés, 264. 
terebah, jusqu'à, 198. 
terros, frayeur, manœuvre terrifiante?, 

298. 
tervyns, tourments, 298. 



4^4 Table des principaux mots étudiés dans h tome XXlll . 



tewal, tewl, obscur, 298, 299. 
tewlder, obscurité, 299. 
tcwolgow, tolgo, ténèbres, 190. 
tha dorn, tout près, 190. 
theram, je suis, 178. 
thyso, theese, à toi, 179. 
toth, empressement, 238. 
trebe, trebo, tertba, jusqu'à, 182, 

198. 
treeth, entre, 180. 
trewath, pitié, 299. 
tre wythyow, parfois, 261. 
treynyaf, j'hésiterai, 261 . 
tristys, tristesse, 299. 
tro, dero, il était, 176. 
Tronys, les Trônes, 279. 
trumeth, passage, ou moyen de pas- 
ser?, 299. 
try, trois, 300. 
tryher, Trinité?, 500. 
tuz, teez, gens, 174. 
ty, tye, |urer, 299. 
uchon, au-dessus de nous, 300. 
unver, unanime, 300. 
urrian, bord, jco. 
uvel, humble, 300. 
vertu, pouvoir, 242, 243. 
volaveth, hélas?, 301 . 
vygyens, vivres, 301 . 
wher, douleur, 272. 
whethe, souffler, 280. 
wose, woge,ouga, ensuite, 186. 
wrennye, envelopper, 301, 302. 
y fea, il serait, 267. 
yn nans, yn hans, en bas, 278, 286. 
yth eder, on est, 256. 

VI. Breton armoricain - . 

(Voir pp. 232, 233.) 

abaoué, depuis, 182. 
aered, aeron, serpents, 167. 
aet, eat, et, allé, 2^2. 



alcT.oueder, alouette, 284. 

anaffuon, anaoun, âmes, 164. 

anat, connu, 92. 

antronoz, le lendemain, 1 58. 

arvor, côte, 24; . 

austic, rossignol, 102. 

avechou, aviziou, parfois, 261. 

aznavout, connaître, 286. 

azr, aer, serpent, 167. 

bagat, multitude, 243. 

bed, monde, i $ 1 . 

bemdez, chaque jour, 1 $8. 

bemnoz, bamr.oz, chaque nuit, i$8. 

beol, cuvier, 243. 

bilc-n, vilain, 284. 

bis iod, index, 1 16. 

bleiz-garo, loup-garou, 102. 

blizien, année, 1 18. 

bloaz, bloez, année, 1 18. 

boni, boem, coup, 24s. 

bouhal, hache, 244. 

boulc'h, brèche, 369. 

boutig, étable, 169, 171. 

bramm, pet, 104. 

breudeur, frères, 165 . 

breut, débat, 300. 

breuzr, breur, frère, 16$. 

buoc'h, bioe'h, vache, 171. 

caoudet, esprit, disposition, 275. 

chass, chiens, 161. 

c'houec'h, six, 1 59, 160. 

c'noueza, souffler, 280. 

couezuyrï, enfler, 280. 

cro:s, croas, kroaz, croix, 1 $8-160. 

daelou, larmes, 1 $2. 

daffar, provisions, matériaux, 252. 

daou, di-ux, 141 . 

dareu, larmes, ! \ 2. 

dazrou, dazlou, larmes, 1 $2. 

derïoul, blesser, meurtrir, 253. 

demguescim « conflictum », 266. 

dero, chênes, 167. 



Table des principaux mots étudiés dans le tome XXIII . 4$ 5 



descuez, montrer, 2^9. 

despez, dépit, 264. 

deuff, gendre, 255. 

devi, brûler, 369. 

dez, jour, 171. 

dide, à toi, 1 79. 

dien, certain, 1 18. 

dimizi, fiançailles officielles, 204. 

dinaoui, découler, 264. 

diou, deux (f.), '45- 

direont, ils conviennent, 12?. 

disguezet, montré, 259. 

divezat, tard, 2 $8. 

doen, porter, 255. 

douar, terre, 249. 

dreist, par-dessus, 180. 

dru, druz, gras, 262. 

dubé, pigeon domestique, 120. 

ebarz, dans, 185 . 

eben, l'autre (f.), 143. 

eeuna, redresser, 192. 

egentaou, egetaou, récemment, 297. 

eiz, huit, 1 59. 

e me, dit (-il), 284. 

emellout, (se) mêler, 284. 

endeveus, il a, 27 1 , 286. 

eneff, ene, âme, 164. 

env, ciel, 1 69. 

eostik, rossignol, 102. 

-er, indéfini ou passif du prés., 92. 

erc'h, neige, 249. 

eskammed, billot, 1 19. 

eskenn, morceau, miette, 120. 

eured, noces, 204. 

euryen, bord, 300. 

euver, fade; paresseux, négligent, 

266. 
ez edoa, il était, 176. 
ez edy, il est, 256. 
fard, charge, 119. 
felu, goémon, 119. 
fenoz, cette nuit, 1 58. 



feskad, gerbes, 1 18. 

fionen, faîne, 1 19. 

flak, faible, chétif, 1 19. 

foeltr, foultr, foudre, 1 19. 

fouin, fauvette mâle, 1 19. 

fouionenn, faîne, 119. 

fourdouih, remuant et maladroit, 
1 19. 

foutouilha, barboter, 1 19. 

fraez, freaz, frez, qui parle haut, 
clair, 268. 

friol, prodigue, 1 1 8. 

frivol. frivole, 1 1 8. 

gad, lièvre, 161, 270. 

gant, avec, 371 . 

garm, cri, 1 04. 

glan,pur; entièrement, 273. 

glin, genou, 169. 

glizi, glizien, goutte, crampe, i 18. 

gloas. peine, angoisse, 301. 

glout, glouton, 1 1 8. 

goanac, espérance, 274. 

godisa, se moquer, 1 1 8. 

goff, forgeron, : 16, 162. 

goion, forgerons, 1 62. 

gollonder, vider, 264. 

goskor, serviteurs, 108. 

gouen, race, 369. 

gouhin, gaine, 1 19. 

gouloi, vider, 264. 

goulou, lumière, 77. 

gourdrouz, gronder en paroles, me- 
nacer, 249. 

gouryat, grouiyat, griat, coudre, 

1 77- 

gouzien, le serein, 1 18. 
gronna, envelopper, 302. 
guapo, chaste?, 276. 
guelevoud, gulevout, couches, 273. 
guelt, herbe, 249. 

guezn, gwen, souple et résistant, 
277. 



4$6 Table des principaux mots étudies dans le tome XXIH. 



gwalc'h, satiété, 249. 

gwas, garçon, 106. 

Gvvened, Vannes, 369. 

gwenn, blanc, 106. 

gwiber, guinver, écureuil, 1 17. 

gwic'her, écureuil, 1 1 7. 

hanat, anat, clairement, 278. 

haut, hano, nom, 1 63 . 

lied, jusqu'à, 2^2. 

henoac'h, cette nuit, 1 $8. 

henoaz, henoz, cette nuit, 1 58. 

herlegon, héron blanc, aigrette, 1 18. 

hesk, hesp, tari, stérile, 248. 

hesken, scie, 1 20. 

hineah, hinoah, cette nuit, 1 $8, 1 59. 

hinihuë, aujourd'hui, 171. 

hirio, hiriou, hirihuë, aujourd'hui, 

171, 172. 
hizio, hiziou, aujourd'hui, 171. 
hogen, mais, 279. 
huanad, soupir, 238. 
huedez, huidé, alouette, 243. 
huel, uhel, haut, 1 59. 
huelcc'h, uheloc'h, plus haut, 160. 
huerni, quereller, 1 17. 
huernus* hargneux, 117. 
kalc'h, pénis, 249. 
kalz, tas; beaucoup, 245, 246. 
kamm, pas, 1 04, 162, 163. 
kammed, pas, 1 G]. 
kannad, messager, 247. 
kar, ami, parent, 1 56. 
karann, j'aime, i 56. 
kear, ker, ville, ! 66, 167. 
kerent, parents, 1 $6. 
keu/., regret, 251. 

keuzeudik, qui a du chagrin, du re- 
gret, 25:. 
ki, chien, 161 . 
kilpenn, (sur le) dos, 252. 
klouar, tiède, doux, 249. 
koat, boh, 249. 



komps, parole, 2 ^0. 

konpez, en équilibre, en ordre, 189. 

koun, chiens, ;6i . 

kounnar, rage, 161 . 

krec'hin, peaux, 1 39. 

krugell, tas, 371 . 

lamm, saut, 104, 162. 

laùr, douleur, peine, 281 . 

leanek, lieu, poisson, 282. 

leern, renaids, 1 39. 

lehid, vase, boue, 283. 

lemel, enlever, 282. 

les, lis, résidence d'un chef, 20^, 

206. 
Les-Guiriac, 20$, 206. 
lies, plusieurs, 1 59. 
lozn, bête, 283. 
luc'hed, éclairs, 1 56. 
Luzel, 159. 
machtiern, « seigneur inférieur », 

169, 22^. 
mank, manchot, 284. 
mirradek, écobue, 295. 
matez, mateh, servante, 283. 
méas, champ, 199. 
mez, meh, honte, 284. 
miz, mois, 1 $9, 1 70. 
mouzen, femme sale, 28^. 
mozrep, moereb, tante, 166. 
muihalï, le plus, 285. 
Naoned, Nantes, 153. 
nean, ciel, 1 69. 
nec'h, chagrin, 288. 
nec'ha, chagriner, 287. 
ni, neveu, 1 60. 
nichiff, s'affliger, 288. 
ni/, nièce; neveu, 160. 
nos, noz, nuit, 157, 158, 160. 
oan, agneau, 288. 
-oe'h, comparatif, 1 60. 
orion, bord, 300. 
-0 , plur. ,1^2. 



Table dis principaux mots étudiés dans le tome XXIII . 4^7 



ounnen, frêne, 1 16. 

padout, durer, 289. 

parle, champ, 2S9. 

pennou, têtes, 152. 

peoc'h, paix, 159,1 60. 

Perina, Perrine, 183 . 

pevare, quatrième, 105. 

pistik, douleur aiguë, point de côté, 

192. 
pok, baiser, 1 59. 
potr en or, « le garçon de la côte », 

226. 
poueza, peser, poser (sur), 290. 
prenn, bois, 368. 
prezek, prêcher, 190. 
rann, part, 369. 
rannou, parts, 1 < 2. 
reuz, malheur, 292. 
reuzeudik, misérable, 292. 
saouzana, surprendre, 292. 



seiz, sept, 1 59. 

si, saline, 226. 

skeja, couper, 295 . 

skias, glace, 248. 

skoet an heol, écu soleil, 1 30. 

spezet, groseilliers, 271. 

tafia, tanva, goûter, 254. 

tal, il vaut, 253. 

tasman, fantôme, 270. 

termal, termi, se plaindre, gémir, 

261. 
ti, maison, 168, 1 69. 
tier, maisons, 169. 
tiez, maisons, 168, 169. 
tourc'h, pourceau, 222. 
truez, pitié, 299. 
tud, gens, hommes, 143. 
us, uz, en haut, 1 59. 
Vuorgost, 170. 



ERRATA 

P. 8 1, 1. 12, au lieu de Nevion, lisez Noz'ion. 

P. ico, 1. 30, au lieu de "Atti;, lisez "Arceiç ; au lieu de At);ot<xgov, lisez 

Arj'.OTapo;. 
P. 107, 1. il, au lieu de Spracbscbart^, lisez Sprachschat^. 



Le Propriétaire-Gérant : Veuve E. Bouillon. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



PB 1001 .R5 V.23 SMC 
Revue celtique 



Does Not Circulate